ADANS
NIA
Source : MNHN, Paris
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
ADANSONIA
TRAVAUX PUBLIÉS
AVEC LE CONCOURS
du Centre National de la Recherche Scientifique
SOUS LA DIRECTION DE
A. AUBRÉVILLE
et
Jean-F. LEROY
Membre de l’Institut
Professeur
Professeur Honoraire
au Muséum
au Muséum
Série 2
TOME 10
Fascicule 4
1970
PARIS
LABORATOIRE DE PHANÉROGAMIE
DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
16, rue de Buflon, Paris (5 e )
Source : MNHN, Paris
COMITÉ DE RÉDACTION
A. Aubréville : Membre de l’Institut.
Professeur Honoraire au Muséum national d’Histoire naturelle.
E. Boureau : Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
F. Demaret : Directeur du Jardin Botanique national de Belgique.
A. Eichhorn : Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
P. Jaeger : Professeur à la Faculté de Pharmacie de Strasbourg.
J. Leandri : Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle.
J.-F. Leroy : Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle.
R. Letouzey : Maître de Recherches au C.N.R.S.
J. Miège : Directeur des Conservatoire et Jardin Botaniques de Genève.
R. Portères : Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle.
R. Schnell : Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
M. L. Tardieu-Blot : Directeur de laboratoire à l’E.P.H.E.
J. Trochain : Professeur à la Faculté des Sciences de Toulouse.
M. Van Campo : Directeur de Recherches au C.N.R.S.
Rédacteur en chef : A. Le Thomas.
RECOMMANDATIONS AUX AUTEURS
Les manuscrits doivent être accompagnés de deux résumés, placés en tête d’article,
l’un en français, l’autre de préférence en anglais; l’auteur ne doit y être mentionné
qu’à la troisième personne. Le texte doit être dactylographié sur une seule face, avec
un double interligne et une marge suffisante, sans aucune indication typographique.
L’index bibliographique doit être rédigé sur le modèle adopté par la revue.
Ex. : Aubréville, A. — Contributions à l'étude des Sapotacées de la Guyane française.
Adansonia, ser. 2, 7 (4) :451-465, tab. 1 (1967).
Pour tous les articles de taxonomie il est recommandé aux auteurs de préparer
leur index en indiquant les synonymes en italiques, les nouveautés en caractères
gras et les noms d’auteurs des différents taxons.
Le format des planches doit être de 16 x 11 cm après réduction. Les figures dans
le texte sont acceptées.
Les auteurs reçoivent gratuitement vingt-cinq tirés à part; le supplément qu’ils
doivent indiquer s’ils le désirent sera à leurs frais.
Toute correspondance ainsi que les abonnements et les manuscrits doivent être
adressés à :
ADANSONIA
16, rue Buffon. Paris V e — Tél. : 402. 30-35
Prix de l'abonnement 1969 : France et Outre-Mer : 50 F
Étranger : 60 F
C.C.P. Paris 17 115 84
Source : MNHN, Paris
Adaxsoxia, scr. 2. 10 (4) 1970
SOMMAIRE
Aubréville, A. — Vocabulaire de biogéographie appliqué aux
régions tropicales. 439
Leandri, J. — Deux galles d’inflorescence chez les Crolon mal¬
gaches (Euphorbiacées). 499
Capuron, R. — Deux nouvelles Bignoniacées . 501
— Notes sur les Icacinacées. 507
Markgraf. — Espèces et combinaisons nouvelles d’Apocynacées
malgaches. Il . 511
Dokosi, O. B. — Une nouvelle Acanthacée d’Afrique occidentale.. 515
Airy Shaw, B. K. — The genus Androstachys Prain in Madagascar 519
Berhaut, R. P. — Nouveautés dans la Flore sénégalaise. 525
Peltier, M. — Singularités de la graine et de la plantule chez Phyl-
loxylon ensifolium H. Baill. (Papilionacée) . 533
Cadet, Th. — Contribution à l’étude des Composées de la Réunion.
I. — Les Inulées . 537
Latham, M. et Dugerdil, M. — Contribution à l’étude de l’influence
du sol sur la végétation au contact forêt-savane dans l’ouest et
le centre de la Côte d’ivoire . 553
La publication d’un article dans Adansonia n'implique nullement
que celte revue approuve ou cautionne les opinions de l’auteur.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2,10 (4) 1970
VOCABULAIRE DE BIOGÉOGRAPHIE
APPLIQUÉE AUX RÉGIONS TROPICALES
par A. Aubrévii.le 1
« Without tropical orientation, biologij in losl »
Corner, Aimais of Botany, 1949.
INTRODUCTION
Confucius disait que s’il revenait sur terre, sa première tâche serait
de définir à nouveau les mots dont il se servait.
Tous les penseurs et chercheurs, dans tous les domaines, éprouvent
toujours, à quelque moment de leur existence, le besoin de repenser et
de préciser leur vocabulaire. Dans les sciences surtout, le progrès continu
fait naître des mots nouveaux, tandis qu’au contraire d’autres mots
vieillissent et s’éteignent. Le langage se renouvelle constamment, c’est
une constatation courante. Le sens aussi des mots que l’on n’emploie
pas souvent s’estompe dans la mémoire, ou même se déforme dans la
langue usuelle. Bref, le retour au dictionnaire est souvent devenu utile,
sinon indispensable. Les dictionnaires techniques ou scientifiques eux
aussi vieillissent très vite. Les auteurs dans les comptes rendus de leurs
travaux toujours inventent des termes nouveaux ou donnent des sens
nouveaux à des mots anciens.
La biophytogéographie est une science récente, c’est-à-dire qu’elle
est née au début du xix e siècle sous le nom de géographie botanique.
Depuis, son domaine s’est considérablement étendu sur la terre; de
modestement descriptive elle est aussi devenue explicative, tandis que
se forgeait la terminologie dont elle avait besoin. Nous y incluons aujour¬
d’hui la description des territoires floraux et des régions botaniques
naturelles, c’est-à-dire la chorographie avec sa technique de l’aréographie,
puis la chorologie des taxons et des formations végétales, ou interprétation
1. J’adresse mes remerciements à M. le Professeur Leroy, à M. Raynal, à
51"' Le Thomas, dont les observations sur ces définitions volontairement condensées
m’ont été très utiles.
Source : MNHN, Paris
— 440 —
des données de la chorographie par l’écologie et même occasionnellement
par la paléoécologie ou écologie des temps géologiques. Enfin, car il ne
faut pas oublier que les plantes vivent en communauté, la sociologie
végétale et la dynamique des groupements végétaux complètent cet
ensemble de phytogéographie biologique.
L’intérêt des botanistes dépassant la Métropole, l’Europe et les
régions tempérées en général, s’est étendu de plus en plus au Monde
tropical, encore si imparfaitement connu. Nous y trouvons des formes
et des conditions de vie très différentes de celles qui nous sont familières
en France et, par conséquent, la terminologie a dû être renouvelée et
complétée pour elles.
Nous avons donc conçu pour nous-même un vocabulaire plus
spécialement adapté à la connaissance de la biologie des plantes et
des formations tropicales. C’est un aide-mémoire qui nous est utile. Nous
avons pensé le mettre à la disposition de tous ceux qui s’intéressent à la
phytogéographie des tropiques. Il est sans aucune prétention scientifique
ou dogmatique et n’a certainement pas celle d’être définitif. Il se référé
au vocabulaire le plus usuel nécessaire pour lire les nombreuses études
qui paraissent aujourd’hui sur les flores et les végétations tropicales, à
l’exclusion toutefois du langage de la systématique botanique qui est
évidemment commun à l’étude de toutes les plantes des pays chauds
comme des pays froids, et ne fait donc pas l’objet de ce propos.
J'ai désiré que les définitions soient les plus brèves possible, mais
cependant compréhensives. Il est évident qu’il ne s’agit pas d'un traité
de phytogéographie, même si l’on observe que je me suis un peu étendu
sur certaines notions qui parfois prêtent à confusion.
A
Abondance. - Fréquence relative d’une espèce dans une formation
(communauté) végétale. Elle peut être appréciée soit par des inven¬
taires, soit parfois approximativement, mais sommairement, sim¬
plement dans la physionomie du peuplement.
Proportion d’individus d'une espèce par rapport au nombre
total des individus de la communauté (= densité de l’espèce).
Dans une forêt tropicale les espèces dans chaque strate se répar¬
tissent pratiquement en 3 groupes quant à leur fréquence : dominantes,
abondantes, disséminées.
L’échelle de fréquence peut être plus étalée dans le langage
courant : dominante, abondante, commune, occasionnelle, rare,
très rare. — Voir Fréquence.
Source : MNHN, Paris
— 441
La notion d’abondance est primordiale tant au point de vue
de la phytosociologie biologique, étant liée à la notion de vitalité,
que d’un point de vue pratique ou descriptif. Les espèces les plus
abondantes sont celles qui jouent le plus grand rôle dans les inter¬
actions entre les plantes composant la communauté et le milieu.
Ce sont à cet égard des édificatrices de la communauté. — Voir
Phytosociologii-:.
Archétype. — Type primitif d’un phylum.
Aire minimale. - Notion de l’école de Phytosociologie lloristico-
statistique (di: Rietz) : la plus petite aire d’une association végétale
dont le relevé des plantes permet la reconnaissance des caractéris¬
tiques de l’association et par conséquent sa détermination.
Une autre définition, relevant d’une conception floristico-bio-
logique, met en cause la plus petite aire inventoriée permettant de
définir une communauté végétale, c’est-à-dire de relever toutes les
espèces caractéristiques et de décrire la structure de cette commu¬
nauté. C.ette aire peut être très grande en forêt hétérogène tropicale
de basse altitude vu la dispersion et le nombre relativement grand
des espèces caractérisées par leur fréquence-abondance.
Aire de répartition géographique (d’une unité systématique, d’un
type de formation végétale). — La partie de la surface de la terre
où se trouve cette unité floristique ou phytosociologique.
Aires linnéennes. — Relatives aux espèces linnéennes.
Aires jordaniennes. — Relatives aux espèces jordaniennes (jor-
danons) satellites des espèces linnéennes.
Espèces allopatriques. — Leurs aires de répartition ne coïncident
ou ne se chevauchent pas.
Espèces sympatriques. —- Leurs aires de répartition coïncident
ou se chevauchent largement.
Aires disjointes. — Voir Disjonction.
Espèces cosmopolites. — Leurs aires très vastes peuvent s’étendre
sur tous les continents ou sur plusieurs continents (subcosmo-
polites).
Aires pantropicales. — • S’étendent sur toute la zone tropicale.
— néotropicales. — id. —- du nouveau Monde.
— paléotropicales. — id. —- de l’ancien Monde.
On estime parfois qu’une aire continue est en progression (en
extension), et une aire discontinue en régression (en déclin).
Certains auteurs distinguent la répartition géographique de la
Source : MNHN, Paris
— 442 —
distribution géographique; celle-ci serait l’étude des processus ayant
conduit à la répartition constatée. La répartition est une science
descriptive, la distribution serait la science des causes et moyens
ayant conduit au fait actuel de la répartition. Elle est donc syno¬
nyme de chorologie.
Syn. : Aire d’habitation, aire de distribution géographique.
Allochtone. — Qui n’est pas originaire du pays. — A l’opposé : auto¬
chtone.
Allogamie. — Pollinisation croisée.
Alluvions. — Matériaux arrachés par l’érosion, transportés, puis dépo¬
sés. — Voir Iu.uvions, Eluvions, Collcvions.
Anthropogénétique. - Créé par l’homme; résultant de l’activité directe
ou indirecte de l’homme. Ex. : Une formation végétale anthropo¬
génétique.
On a utilisé aussi le terme A nlhropogénique pour anthropo¬
génétique; où encore anthropique dans le même sens. Ex. : savanes
anthropiques, dues à l’occupation d’un sol déforesté et incendié par
l’homme par des formations herbeuses (savanes).
Anthropogène à un autre sens, la terminaison -gène désignant
la création de l’être indiqué par la racine, c’est-à-dire l’homme.
Anthropophile (Espèce). — Propagée indirectement par l’homme, en
conséquence de ses activités.
Arbre. - Comprend : la tige ou tronc, les racines, la cime ou houppier
formée par l’ensemble des branches et du feuillage.
Le fût est la partie du tronc en dessous de la première grosse
branche. 11 est épaissi au niveau du sol (empatté) et, dans les forêts
tropicales fréquemment renforcé par des contreforts. La frondaison,
dans l’aspect de la cime est l’ensemble des motifs physionomiques
formés par le feuillage.
Cime (Types de) : en chandelle; coniféroïde ( — en écouvillon);
tabulaire (simple ou étagée); pyramidale; en ombrelle; en parasol
(en disque); en balai; en chou-fleur; étalée et retombante;
ovoïde, ellipsoïde allongée, obovoïde, etc.
Tronc (Types de base du) : à contreforts ailés (ailes à profil concave,
convexe, droit); à racines aériennes adventives (racines échasses);
à arcs boutants; empatté (faiblement, puissamment).
Fut (Types de) : droit, cylindrique; sinueux, courbé, contourné,
tortueux, contortionné, noueux; cannelé; fusiforme, en bouteille,
ventru; épineux.
Source : MNHN, Paris
— 443 —
Racines (Types de) : pivotantes, fasciculées, tuberculeuses, adven-
tives, à pneumatophores. à appendices genouillés, superficielles,
échasses.
Arbrisseau, Arbuste. — L’arbuste est un petit arbre, à une seule tige,
ayant moins de 7 m de hauteur totale.
Arbrisseau au sens général, signifie simplement petit arbre.
Dans le langage forestier ce mot désigne un petit arbre multicaule,
ou ramifié près de la base, ayant moins de 7 m de hauteur totale.
Pour certains auteurs : l’arbrisseau est un petit arbre dépassant
la taille d’un homme; un sous-arbrisseau n’atteint pas la taille d’un
homme; un arbuste est une plante ligneuse de très faible taille.
Les définitions sont donc très différentes de l'un à l’autre.
Nous avons adopté celles du premier paragraphe.
Aréale (Richesse). — Nombre d’espèces rapporté à une surface de réfé¬
rence. Notion permettant la comparaison des richesses floristiques
de diverses flores.
Comptée sur 10 000 km 2 , dans les régions humides des continents,
elle doublerait chaque fois que la température augmenterait de 7 0 . r >
(dans l’intervalle de température -— 15° + 27°. Cailleux, 1953).
Son logarithme pour un territoire déterminé serait proportionnel
à la température moyenne annuelle du territoire.
Elle est de l’ordre de plus de 5 000 espèces pour Madagascar,
de 2-4 000 espèces pour l’Afrique tropicale humide, de 2 000 pour
l’Europe, de 1 600 pour l’Afrique du Nord, de 200 pour le Sahara.
Aréographie. - Description des aires de répartition géographique des
unités systématiques et des types de formations végétales.
L’aréographie est fondamentale pour la connaissance écolo¬
gique des formations végétales et pour la détermination des grandes
unités phytogéographiques. Elle permet de faire ressortir clairement
les anomalies éventuelles des répartitions.
La comparaison des cartes bioclimatiques et des cartes de la
végétation fondées sur l’aréographie, est indispensable à la compré¬
hension des faits de répartition des unités systématiques et des
formations végétales. Ces cartes sont ou devraient être complémen¬
taires lorsque les équilibres biologiques, végétation-milieu sont
atteints.
Méthode pour l’étude des ensembles d’aires sympatriques.
Méthode aréographique en vue de déterminer avec le plus de pré¬
cision possible les divisions phytogéographiques.
Syn. : Chorographie.
Aréotypes. — Types d’aires de répartition caractéristiques des unités
systématiques.
Source : MNHN, Paris
— 444
Association végétale. Unité phytosociologique (phytocœnosis), défi¬
nie diversement selon les auteurs.
Le concept est parfois floristique, écologique et phytocénotique.
Une association est une communauté végétale caractérisée par une
composition floristique, une structure, un spectre biologique, et un
milieu. Toutes les espèces présentes dans l’association contribuent
à l’édification de la communauté, mais les espèces les plus caracté¬
ristiques sont celles qui sont dominantes (association à une seule
dominante dans les forêts tempérées, polydominantes dans les forêts
tropicales), ou abondantes, puisqu’elles jouent le plus grand rôle
dans l’édification de l’association. — Voir Classification phyto¬
sociologique DE CLEMENTS.
Dans l’école de Zürich-Montpellier, l’association est une notion
floristique statistique. Les espèces les plus caractéristiques sont celles
qui ne se trouvent que dans l’association, ou qui s’v rencontrent
toujours (constantes), ou qui y sont plus fréquentes qu’ailleurs. Elles
n’y sont donc pas nécessairement abondantes ou dominantes.
Dans d’autres conceptions, le groupement floristico-statistique
est associé à l’écologie, c’est-à-dire à un type défini de milieu.
Il paraît préférable à certains auteurs d’adopter le terme général
de « Communauté végétale » ou de « Groupement végétal », en raison
des sens très divers et parfois précis que celui d’association a eu
dans la littérature phytosociologique.
Par ailleurs les espèces végétales dans une biocénose ne sont
qu’exceptionnellement « associées » au sens commun du mot; mais
plutôt concurrentes pour l’eau, la lumière, etc... Leur « association »
n’est ordinairement qu’une apparence fallacieuse dans la communauté.
Autécologie. —■ (autos = soi-même). Schrôter, 1902. — Écologie de
l’individu et de l’espèce. — Voir Écologie.
Autochorologie. Chorologie de l’espèce. — Voir Chorologie.
Autogenèse. — Évolution autonome.
Biocénotique. — Études d’écologie dynamique de l’action (concurrence,
inhibition, assistance mutuelle) des organismes dans les communautés
et de leurs relations avec l’environnement.
Elle se sépare en phytocénotique. zoocénotique, protistocé-
notique.
Bioclimat. - Ensemble de tous les facteurs du climat qui ont une
influence sur les êtres vivants.
Source : MNHN, Paris
— 445 —
Biocénose (koïnos = commun). G. F. Morozov, 1914. — Toute la com¬
munauté vivante des plantes (phytocénose) et des animaux d’un
biotope, y inclus les micro-organismes.
Analyse biocénolooioi e : Exemple d’un biocénose spécifiquement
très riche, la hêtraie centro-européenne (Frei-Sulzer, cité par
Gaussen, 1952) : 4 000 espèces végétales dont 200 spermato-
phytes, 15 ptéridophytes, 190 bryophytes, plus de 1 300 cham¬
pignons. — 6 800 espèces animales dont 27 mammifères, 70
oiseaux, 570 arachnoïdes, 5 200 insectes, 380 vers, 350 pro¬
tozoaires...
Biogéochimie. Analyse du cycle des matériaux utilisés par les plantes
et les animaux.
Les principaux cycles biogéochimiques sont ceux du carbone,
de l’eau, de l’azote, du phosphore, du soufre.
La productivité primaire brute est le produit de la photosynthèse
totale (assimilation totale), comprenant la matière brûlée par la
respiration. La productivité primaire nette ou photosynthèse appa¬
rente, est la quantité de matière organique formée en surplus de
celle qui est perdue par la respiration; c’est celle que l’on peut
mesurer en pesant la récolte.
Biogéocénose (koïnos = commun, bio et géo = la nature vivante et
morte). V. N. Sukachev, 1941. — Aux éléments constituants de
la biocénose s’ajoutent ceux du milieu composant le matériel primaire
de la biogéocénose : les éléments climatiques et microclimatiques,
la phytogéosphère comprenant une couche assez épaisse du sous-sol
où pénètrent les racines, le sol au sens usuel, la couverture morte
et l’eau du sol.
Elle comprend tout ce qui concourt aux transformations de
matière et d’énergie dans une communauté vivante.
Les « processus biogéocénotiques » sont les modes d’interaction
et d’interrelation de tous les éléments qui contribuent à l’édification
de la biogéocénose. Ils mettent en iruvre plusieurs sciences : météo¬
rologie, climatologie, géologie, pédologie, hydrologie, botanique,
zoologie, microbiologie, etc., et spécialement la biocénolique.
La limite territoriale d’une biogéocénose coïncide avec celle
de la phytocénose. puisque cette dernière est finalement l’effet de
tous les éléments constituant la première.
On considère qu’il y a un équilibre à double sens entre le bio¬
tope et la biocoenose, le milieu ayant une action sur les commu¬
nautés biotiques et inversement.
Syn. : Écosystème.
Source : MNHN, Paris
- 441)
L’organigramme de la biocénose peut être ainsi schématisé :
Climat aérien (clima-
tope = macroclimat)
Microclimat
Couverture morte du
sol, climat du sol,
régime de l'eau dans
(Edaphotopc, phyto-
géosphère)
biotope = biosphère
= écotope =
milieu (s.s.) =
environnement (s.s.)
biogénocénose =
Éléments biotiques
| Communauté végétale
Phytocénose + myco-
cénose + microphy-
tocénose (pédoflore)
biocénose =
Communauté animale : = biome
zoocénose + micro- = community
zoocénose (pédo¬
écosystème
= milieu (s.l.)
Biogéographie (Panbiogéographie). — Ensemble phytogéographie et
zoogéographie, c’est-à-dire la connaissance descriptive et causale de
la distribution spatiale des êtres vivants.
Panbiogéographie
Biophytogéographie
Géographie
botanique Territoires floraux
Chorographic Régions botani-
(incl. Aréograpliic) ques naturelles
| Disjonctions
Chorologie
IDe:
taxons, des
flores, des for¬
mations végé-
Écologie
Sociologie végétale
(Phytosociologie s.l.)
Dynamique des groupeme
Biologie [des espèces végétales). — Voir Espèces végétales.
Biologie (des formations végétales). — Voir Formations végétales.
Biomasse. - Ensemble des matières édifiées par la photosynthèse dans
une biogéocénose (écosystème) déterminée. La productivité de la
biogéocénose est la biomasse produite par jour (ou par an).
Biome. —- Syn. : Biocénose, Communily.
Source : MNHN, Paris
— 447 —
Biomorphose. - Modification d’un organe sous l’action d’un être vivant.
Bionomie (bios = vie, nomos — loi). — Science des lois de la vie.
Syn. : Biologie.
Biophytosociologie. Voir Phytosociolooiiî.
Biosphère. — Ensemble des biotopes du Monde.
Syn. : Biotope (dans l’élude d’une biogéocénose).
Biosystématique. — Systématique des espèces comprises par le sens
large de « populations », c’est-à-dire en tenant compte de toutes leurs
variations écologiques (phénotypes) ou génétiques. Sur un plan
théorique elle complète la systématique classique dans laquelle la
description de l’espèce est en fait, la description d’un individu ou
d’un groupe restreint d’individus.
— Ensemble de disciplines biologiques, apportant des données
nouvelles, non visibles directement, à celles simplement morpho¬
logiques de la systématique classique : par ex. cytologie, embryo¬
génie, écologie, phytochimie.
— Systématique approfondie faisant appel notamment à la caryo-
logie et à la génétique, utilisant les méthodes expérimentales, et ayant
pour objet l’étude des taxons inférieurs (variétés, sous-espèces,
espèces) et des processus de spéciation.
Biotope bios, topos = lieu). - Milieu d’une station déterminée, carac¬
térisé par le climat et le sol.
Syn. : Biosphère, Ecolope, Environnement.
Bowal (pl. bové). — Dans les régions soudano-guinéennes de savanes
boisées et de forêts claires, affleurements de cuirasses latéritiques,
parfois de grande étendue, occupés par une maigre savane herbeuse.
C
Campina. - Petit campo en langage courant; plus précisément for¬
mation de l’Amazonie très ouverte, du type savane boisée sur sables
blancs superficiellement humifères. Porte une flore ligneuse arbus-
tive distincte de celle des campos cerrados du Brésil central, appa¬
rentée à celle des fourrés amazoniens sur sable blanc.
Source : MNHN, Paris
— 448 —
Campina rana. —- Brésil. Végétation de transition sur la lisière des
forêts denses humides qui entourent les campinas, de type plus
fermé, ressemblant ou aux fourrés de la pseudo-catinga amazo¬
nienne ou aux campos-cerrados (mais avec une flore totalement
différente).
Campo de varzea. Brésil. Savane herbeuse de varzea, inondée à la
saison des crues et des pluies. Ces campos sont d’anciens lacs de varzea,
ou d’anciens bras de l’Amazone ou de ses affluents, comblés par des
sédiments et envahis par la végétation herbacée. Ce terme s’oppose à
campos firmes qui sont les savanes sur sol jamais inondé.
Campos. — Brésil. Savanes. On distingue les campos limpos ou campos
lavrados, savanes purement herbeuses; les campos cobertos, savanes
pauvrement arbustives, piquetées de petits arbres et d’arbustes;
les campos cerrados, véritables savanes boisées.
Campos geraes. - Brésil. Savane de grande étendue.
Capoeira (pl. capoeiras). — Brésil. Forêt secondaire; capoeirào (pl.
capoeiroes augmentatif de capoeira, vieille forêt secondaire).
Capôes. — Brésil. Ilots de forêt, boquetaux, dans les campos et campos
cerrados, constitués d’une végétation à caractère ou primaire ou
secondaire (capoeira). Ils sont établis souvent dans des creux, ou
des ravins du modelé, ou au contraire au sommet de buttes ou sur
des crêtes.
Carrascal. — Fourré très dense, impénétrable dans les pays arides.
Syn. : charravascal, chavascal.
Garrasco. —• Fourré ou forêt basse de l’Amazonie très humide sur sables
blancs superficiellement humifères (horizon noirâtre). Flore distincte
de celle de la forêt dense humide. Formation totalement distincte
de la catinga du Nord-Est du Brésil au climat aride.
Syn. : Catinga amazonienne.
Cartes botaniques. En France :
Cartes de la végétation au 1 /200 000 (Toulouse). Gaussen,
Rey. Les unités fondamentales sont les étages et les séries de végé¬
tation.
Cartes des groupements végétaux au 1 /20 000 (Montpellier).
Emberger, Braun-Blanquet.
Les unités fondamentales sont les associations floristiques ou les
groupements floristico-écologiques.
Source : MNHN, Paris
— 449
Pays tropicaux.
Carte internationale du tapis végétal au 1 /1.000.000. Ceylan,
Sud de l’Inde (Gaussen, Legris, Viart, Labroue). — Madagascar
(Humbert, Cours Darne).
Unités : types de végétation climatique et édaphique, et séries
intérieures caractérisées par quelques espèces dominantes.
Catena — Succession topographique de types de végétation liée à des
variations dans la nature du sol ou dans la stratigraphie du sous-
sol. Elles se reproduisent régulièrement dans une région déterminée,
le plus souvent avec un aspect zonal répétant les mêmes variations
du sol ou du sous-sol.
Ex. : Catena liée à une succession locale de sols éluviaux, collu-
viaux, illuviaux.
Catena « forêt dense — savane herbeuse », correspondant au pay¬
sage topographique de la forêt tachetée; ou encore à la zone péri¬
phérique forêt-savane.
Syn. : Mosaïque caléniqiie.
Gatinga (ou Caatinga). — Voir Mosaïque.
Génologie. - ou biocénologie (phytocénologie) (koïnos = commun),
étude des communautés végétales (biocénoses); terme qui peut prêter
à confusion — Voir Biocénotique.
Cénozoïque, ère cénozoïque (tertiaire), dérivé de kaïnos =
Cénologie, de kéno = vide, est la science du vide, ou l’étude des
phénomènes se produisant aux basses et très basses pressions.
Centre d'origine (berceau) d’un groupe systématique. - Dans le
cas d’une hypothèse monotopique, l’aire réduite où le groupe systé¬
matique (taxon) se serait initialement formé et d’où il aurait migré
et évolué.
Un centre d’origine (supposé) ne coïncide pas nécessairement
avec le centre de concentration (d’accumulation, de masse, de
fréquence) actuel du groupe, là où les représentants actuels sont les
plus nombreux et les plus variés.
Syn. : Centre de dispersion, Centre de variation maximale.
Ghaparral. - Fourrés épais des régions arides à xérophytes. Fourrés
d’épineux, « espinares » (Vénézucla, Mexique).
Chorographie khôra = pays, graphein = décrire). — Description des
aires de répartition des espèces, des groupes systématiques, des for-
Source : MNHN, Paris
— 450 —
mations végétales, des disjonctions d’aires, des territoires floraux,
des ensembles d’espèces sympatriques, des ensembles d’espèces vica-
riantes.
Chorologie. Haeckel. — Science de la distribution des êtres vivants
à la surface de la terre. La chorographie est descriptive, la chorologie
devient explicative.
L’explication des aires de répartition actuelle se trouve dans la
connaissance de l’éthologie des êtres vivants, des conditions éco¬
logiques et géographiques actuelles, mais aussi dans la paléobioclima¬
tologie et la paléogéographie.
Dans le sens plus restreint de certains auteurs, la chorologie
est l’étude des conditions de transport et de migration des espèces
(modes de dispersion).
Écologie, au sens large qui lui est parfois donné, est synonyme
de chorologie.
Autochorologie, Synchorologie.
Classifications. — Voir Espèces végétales (Biologie des), p. 45(i.
a. Classification physiologique d’après les modes de nutrition
b. — d’après les modes de dissémination des graines ou
d’après les procédés de pollinisation.
c. —- écologique.
d. — d’après les formes biologiques. Raunkiaer.
e. — des types biologiques et physionomiques.
Aubréville.
/. — d’après l’abondance et la situation des bourgeons.
Mangenot.
g. — d’après l’épaisseur des rameaux. Corner.
Ii. —■ génétique d’après les nombres chromosomiques.
Voir Formations végétales, p. 471.
a. Classification écologique générale des formations végétales tro¬
picales et subtropicales.
b. — morphologique et écologique de Yangambi.
c. — bioclimatologique simplifiée. Aubréville.
d. — des principales biogéocénoses. Rübel.
Voir Phytogéographie, p. 485.
a. Classification des territoires floraux. Drude, Diels, Embergeii.
b. — de l’Afrique tropicale. Monod, Aubréville.
Source : MNHN, Paris
— 451
Voir Phytosociologie, p. 488.
a . — phytosociologique de Cléments.
b . — — de Braun-Blanquet.
c. — de phytosociologie dynamique.
Climax (échelle — le plus haut barreau de l’échelle). — Biocénose en
équilibre avec le biotope correspondant à un optimum biologique
pour ce milieu. — Voir Phytosociologie dynamique.
Climax climatique. — - Stade final et unique du climax, en équilibre
biologique stable avec le milieu, essentiellement avec le climat.
Optimum biologique.
Monoclimax (Théorie du). Weaver et Cléments, 1929.
Climax multiface des forêts tropicales humides (Théorie du).
Aubréville, 1934. — Voir Biologie des espèces végétales.
Pseudoclimax. —- Formes approchées du climax, soit progressives,
soit régressives :
Paraclimax. — Forme appauvrie du climax (sols dégradés).
Proclimax. — Communautés arrêtées vers le climax par des
causes souvent biotiques.
Plagioclimax (Tanley), Anlliropogenic climax (Beadle), Dys-
climax, Pénéclimax , Peniclimax, Quasiclimax, Antéclimax.
Fireclimax. — Communauté en équilibre, apparemment stable
avec le milieu et les feux périodiques. Type de paraclimax
ou de proclimax. Les savanes boisées, les forêts claires,
sont des fireclimax (pyroclimax).
Plésioclimax. —• Forme climacique hypothétique (distincte du
climax primitif) que prendrait un type de végétation dégradée,
si on lui laissait pendant 100 ans (par ex.) la possibilité d’évoluer
librement, c’est-à-dire à l’abri des influences humaines.
Pédoclimax. —- Climax du sol.
Phytoclimax. — Climax floristique. Composition floristique stable
qui pourrait être celle d’une communauté climacique.
Physiographic climax. — Communauté climacique déterminée
par la physiographie.
Golluvions. — Dépôts par glissement au bas des pentes de matériaux,
sans triage par le ruissellement.
Source : MNHN, Paris
— 452 —
Communauté (végétale). — Ensemble des plantes vivant en commu¬
nauté dans un certain biotope. L’association végétale est une notion
plus précise, floristique et, dans une certaine mesure, abstraite
(association de Flahaut).
Syn. : Phytocénose , Synécie (Gaussen).
Compagnes (Espèces). — Accompagnent les espèces caractéristiques
d'une communauté, sans y être attachées pa r quelque lien déterminant.
Cortège d’espèces commensales.
Syn. : Espèces commensales.
Consociation. - Pratiquement, peuplement pur d’une espèce.
Voir Phytosociologie, Classification de Cléments.
Couvert. —■ Dans une communauté végétale, le toit formé par les strates
de feuillage, continu ou discontinu, épais (dense) ou léger.
Dembos. — Dans les régions de forêts claires de l’Afrique tropicale
méridionale, dépressions de terrain, mal drainées, occupées par des
savanes herbeuses.
D
Disjonction. —- Une aire discontinue est disjointe (A. de Candolle,
1855) lorsqu’elle est morcelée et que les fragments sont très éloignés
les uns des autres.
Aires antiéqlatoriales. — Distribution discontinue de part et
d’autre de la région équatoriale. (Subst. anliéqualorialité.)
Aires bipolaires. — Espèces présentes à la fois dans les zones
arctiques et antarctiques, mais non dans les zones intermé¬
diaires. (Subst. bipolarité.)
Aires bitempérées. — Espèces présentes à la fois dans les zones
tempérées, boréales et australes, mais faisant défaut dans la
zone tropicale.
Aires bitropicales. — Espèces présentes à la fois dans les deux
zones tropicales boréale et australe, mais absentes de la zone
équatoriale. (Subst. bilropicalilé.)
Aires amphiboréales. — Distribution discontinue en deux régions
éloignées dans l’hémisphère boréal. Ex. : Aires boréales amphia-
tlantiques.
Source : MNHN, Paris
— 453 —
Aires amphitropicales. — Distribution discontinue en deux régions
éloignées à l’intérieur de la zone inlertropicale. (Subst. amphi-
Iropicalilé). Ex. Aires tropicales amphiatlantiques, amphipaci-
fiques.
Les disjonctions peuvent s’expliquer, soit par morcellement
d’une aire autrefois continue et étendue, soit par des transports
à longues distances, soit par migration divergente à partir d’une
aire originelle réduite, soit par migrations successives par étapes,
soit par origine polytopique des taxons, soit, plus particulièrement,
en conséquence des changements intervenus dans la configuration
géographique ou dans le relief des continents (dérive continentale,
ponls intercontinentaux) ou encore des déplacements des zones clima¬
tiques.
Les disjonctions peuvent concerner toutes les unités systéma¬
tiques, de l’espèce à la famille.
Syn. : Diaslème (Monod).
E
Ecologie (oikos = maison, logos = discours). — Terme créé par Haeckel
(1866) pour nommer la science des rapports des organismes avec
le milieu. Elle étudie les rapports entre les biotopes et les biocénoses.
Elle définit les éléments et les facteurs des biotopes. Elle est intéressée
par les manifestations globales de l’activité vitale de la plante aux
conditions faites par le milieu.
La physiologie, fondement de l’écologie, étudie les phénomènes
élémentaires de la réaction de la plante aux divers facteurs du
milieu.
La chorologie a des rapports évidents avec l’écologie, mais
dans la mesure où la répartition des espèces dépend aussi de la paléo¬
écologie et de l’histoire de la Terre, elle constitue une science diffé¬
rente.
Autécologie. — Écologie de l’espèce.
Synécologie. — Écologie d’une communauté végétale.
Écologie végétale. — Warming, 1895; Schimper, 1898.
Écologie forestière, base de la sylviculture.
Écologie expérimentale. — Étude des réactions d’une espèce
introduite expérimentalement dans différents milieux.
Source : MNHN, Paris
— 454 —
Ecophylétiques (Espèces). Aubréville, 1949. — Espèces transformées
apparemment sous l’influence du milieu. Elles sont très proches
taxonomiquement d’autres espèces vivant dans des milieux diffé¬
rents, mais sont nettement différentes biologiquement. En Afrique
tropicale, il existe ainsi des séries d’espèces écophylétiques de part
et d'autre des lisières forêt dense-savane. Les systématiciens consi¬
dèrent qu’il s’agit d’espèces différentes bien qu’évidemment très
proches parentes. Les aires de répartition de ces espèces les unes
en milieu humide, les autres en milieu aride peuvent se toucher,
sans se chevaucher. Ce sont des espèces vicariantes mais séparées
par des milieux et des formes biologiques différentes, tandis que
des espèces simplement vicariantes, de même forme biologique,
peuvent se rencontrer dans des milieux homogènes.
Ex. : Lophira de savane ( lanceolata ) et Lophira de forêt dense
[ulula) en Côte d’ivoire. — Khaya anlholheca et Khaya ivorensis,
espèces d'acajous d’Afrique vicariantes de la forêt guinéo-congolaise.
—■ Khaya grandifotiola des lisières forêt-savane, et des galeries
forestières, Khaya senegalensis des savanes boisées soudaniennes,
sont deux espèces écophylétiques proches entre elles et des deux
précédentes.
Ces séries écophylétiques font penser à la possibilité de la
physiogenèse.
Notion distincte de celles d’écotype, de phénotype et même de
génotype, toutes relatives à des formes intraspécifiques, celle de
l’écophylétisme est à l’échelle des espèces.
Ecosystème. — Syn. : Biogéocénose. Voir ce terme.
Ecotype. - Type biologique infraspécifique, non ou peu distinguable
morphologiquement, correspondant à une variation génotypique,
et liée à un milieu particulier. Taxonomiquement on les traite, suivant
leur degré de différenciation, comme des sous-espèces, variétés, races
ou formes.
Edaphiqnie. — Qui a rapport au sol.
Edaphologie. Rapports entre le sol et la végétation. Diffère de la
pédologie qui est la science des sols.
Eluvions. Ce qui reste d’un sol érodé.
Endémisme. - Les espèces ou groupes systématiques dits endémiques se
se rencontrent exclusivement dans des territoires déterminés, parfois
très limités (îles, montagnes, régions); ils sont ainsi des éléments
caractéristiques de leur flore. Ex. : Familles endémiques d’Aus¬
tralie, espèces et genres endémiques de Madagascar, etc.
Source : MNHN, Paris
— 455 —
L’endémisme est une notion essentielle de la phytogéographie,
liée à l’écologie et à l’histoire des flores, fondamentale pour la recon¬
naissance des unités phytogéographiques.
Endémisme domanial, pluridomanial, régional, plurirégional,
à l’échelle des diverses unités phytogéographiques, domaines, régions.
A l’opposé, unités systématiques cosmopolites.
Paléoendémisme. — Endémisme réalisé déjà au tertiaire.
Indice d’endémicité spécifique. — A l’intérieur d’un territoire
déterminé, rapport du nombre des espèces endémiques au
nombre total des espèces, pour un genre, une famille, ou la
flore entière.
Indice d’endémicité générique. —• Même rapport relatif aux
genres.
Endogène (endon = en dedans, genos = origine). —- Régi par les facteurs
internes d’un être vivant ou d’un organe. S’oppose à exogène.
Ex. : Rythme biologique endogène.
Environnement. - Ensemble de la biocénose et du biotope.
Syn. : Biogéocénose, milieu (s.l.).
Epharmonique (Adaptation). — Adaptation à l’environnement, modi¬
fiant la croissance et la forme d’une plante.
Harmonie entre la structure d’une plante et les facteurs exté¬
rieurs.
Syn. (subst.) : Epharmosis.
Epiphyte. —- Plante vivant sur d’autres végétaux qui lui servent de
supports, sans puiser sur eux de substance vivante, donc différente
d’une plante parasite.
Les épiphytes corticoles sont nombreux sur les écorces des
troncs et des branches en forêt dense humide. Ils appartiennent
souvent aux groupes systématiques suivants : — Monocotvlédones :
Broméliacées : Tillandsia, Vriesea; Orchidacées : Bulbophyllum ,
Caltleya ; Aracées : Polhos, Bhaphidophora. — Fougères : Asplénium ,
Plalycerium, Polypodium, etc. — Lycopodes. — Mousses. — Lichens.
Esobé. - Clairière en forêt dense humide congolaise occupée par une
savane herbeuse.
Source : MNHN, Paris
— 456 —
Espèces végétales. (Biologie des). — Elles ont des exigences écologiques,
une phénologie, et ont une forme biologique.
Leur biologie n’est pas nécessairement une adaptation à des
conditions de l’environnement : bilan hydrique, périodes sévères
ou critiques de leur existence (intempéries, gel, neige, dessiccation);
mais elle est en partie inhérente à une tendance interne, génétique
et évolutive.
Des représentants des types biologiques les plus divers peuvent
vivre ensemble dans un même biotope. La différenciation des formes
biologiques n’est donc pas le résultat d’une contrainte écologique.
Voir dans cette même rubrique les différentes Classifications
des types écologiques et des formes biologiques.
Biologie des espèces végétales en tant que membres d’une
COMMUNAUTÉ ( AuBRÉVILLE).
Les espèces tendent à occuper toute la place que permet le
biotope. Leur pouvoir d’occupation est limité outre les conditions
du milieu physique, par la compétition des espèces compagnes et
par leurs possibilités endogènes. Il en résulte une notion de « vitalité »
qui est. à notre point de vue biologique, le critère le plus important
d’une espèce dans la communauté. La vitalité dépend de diverses
qualités biologiques (physiologiques).
— croissance dans le sol et dans l’air, permettant de concurrencer
les espèces voisines, à court ou moyen terme;
— longévité, permettant la concurrence à long terme;
— puissance et vitesse de reproduction, fructifications abondantes
et abondance de la régénération naturelle (liée au mode de
dissémination ainsi qu’à la plasticité écologique des plantules);
— multiplication végétative éventuellement (vigueur et résistance
des souches).
— résistance naturelle aux agents inhibiteurs (toxines) etc... aux
agents de destruction (intempéries, conditions climatiques
exceptionnelles, insectes, champignons, feux (formations sèches);
De cette vitalité résulte un certain pouvoir colonisateur et une
puissance de compétition d’où résultent les critères d’abondance,
de sociabilité (grégarisme ou à l’opposé sporadisme), de constance,
d'exclusivité, ou de préférence.
Le grand nombre des espèces en présence dans chaque strate
des forêts tropicales, ayant des biologies différentes, conduit à des
formations très hétérogènes où cependant un classement moyen se
produit entre quelques espèces abondantes (au moins relativement)
et à un grand nombre d’espèces compagnes disséminées. En règle
quasi générale, résultant de la considération d’inventaires portant
sur de grandes superficies de forêts denses humides, il y a un petit
nombre d’espèces (10-12) qui, statistiquement, constituent ensemble
Source : MNHN, Paris
— 457 —
un fort pourcentage du nombre des arbres du peuplement (40-60 %),
le reste étant partagé entre plus de 100 espèces compagnes. Chacune
de ces espèces « abondantes » est très inégalement répartie dans la
forêt, pouvant même être localement absente. Ensemble, elles
constituent un « invariant » floristique et biologique, caractéristique
de la formation végétale considérée, ou encore une sorte d’« asso¬
ciation polymorphe » ou « Climax multiface ». Un climax climatique,
stade final et unique, dans le cas de formations hétérogènes tropi¬
cales de forêt dense et humide ne serait donc jamais atteint.
Les inventaires détaillés, par parcelles, montrent par ailleurs
que la composition dans le sous-bois des espèces destinées â rem¬
placer celles des étages supérieurs est en général différente de la
composition actuelle de ceux-ci, c’est-à-dire que la stabilité de la
composition dans chaque parcelle est impossible. Elle n’est qu’instan¬
tanée, pour un moment déterminé. La flore des sous-bois est géné¬
ralement moins hétérogène et moins riche que celles des étages
supérieurs.
Ces considérations ne sont pas valables pour les formations
occupant des biotopes très spécialisés (mangroves, marais, bords
de cours d’eau, sols très humides, sols sableux très pauvres, forma¬
tions montagnardes de haute altitude, etc...). La composition floris¬
tique dans ces cas extrêmes est généralement très simplifiée, et les
peuplements mono- ou paucispéci Piques y sont communs. Il en est
de même pour les formations secondaires en général.
CLASSIFICA T ION S
a. Classification physiologique, d’après les modes de nutrition.
aérobies — ne peuvent vivre qu’en présence d’oxygène gazeux ou dissous dans l'eau.
anaérobies —• peuvent vivre en l’absence d’oxygène libre ou dissous, en l’empruntant
à d’autres êtres vivants (cas des champignons, nombreuses bactéries).
aulolrophes — fabriquent elles-mêmes leur matière organique, à paitir de substances
minérales. Elles sont productrices de matière première (plantes vertes, quelques
bactéries). Syn. : holophyles.
eulrophes — vivent dans les milieux riches en substances nutritives.
Iiélérolrophes — vivent aux dépens des autotrophes (saprophytes, parasites), champi¬
gnons, bactéries. Syn. : allotrophes.
oligotrophes — vivent dans des milieux extrêmement pauvres (certaines plantes de
tourbières acides, algues, lichens).
b. Classification d’après les modes de dissémination des diaspores
ou d’après lf.s procédés de pollinisation.
allogames — fécondation croisée entre individus différents.
anémochores (anemos, vent + chorisis dispersion) — disséminées par le vent. Les
diaspores sont souvent munies de dispositifs favorisant la dissémination (ailes.
Source : MNHN, Paris
— 458 —
anémophiles —• pollinisation par l’action du vent. Syn. : anémogames.
anlhropochores (anthropos, homme) —- dispersées par l’homme directement ou indi¬
rectement.
anlliropophiles (subst. : anthropophytcs) — s'introduisent par l’homme et se main¬
tiennent hors de leur milieu naturel en suivant l’homme dans ses déplacements.
autochores — disséminées sans intervention d’un agent étranger.
aulogames — fécondation des gamètes 2 par les gamètes S d'un même individu (en
particulier dans une même fleur).
barochores (baros, poids) — à fruits ou graines lourds, dispeisées à faible distance des
porte-graines.
endozoiques (endon, en dedans + zôon animal) — dont les graines sont propres à germer
après passage dans le tube digestif des animaux. Qui vit à l’intérieur des animaux
(bactéries). Syn. : endozoochorcs.
épizoïques — disséminées passivement par les animaux. Notamment par des graines
pourvues de crochets ou de soies qui se fixent à l’extérieur des animaux. Syn. :
ipizoochores.
entomophites (entomon, insecte) — Pollinisation par l’intermédiaire des insectes.
Syn. : enlomogames.
hydrochores — disséminées par les eaux.
myrmécochores — disséminées par les fourmis.
ornithochores (omis, oiseau) — disséminées par les oiseaux.
ornithophiles — pollinisation par l'intermédiaire des oiseaux. Syn. : ornithogames.
zoochores ■ — disséminées par les animaux. Syn. : zoophiies.
c. Classification écologique.
acidophiles — vivent sur des sols acides. Syn. : oxyphiles.
adventices — introduites accidentellement dans les terrains cultivés, mais dont l’ins¬
tallation est précaire; peuvent disparaître plus ou moins tôt.
anlhropochores — disséminées par l'homme directement ou indirectement (cas des
espèces rudérales ou adventices).
arénicoles (lat. colere, habiter) —- vivent sur les sables.
calcicoles — vivent sur les terrains calcaires.
calciphiles — ne peuvent vivre que sur les terrains calcaires.
calcifuges — ne peuvent vivre sur les terrains calcaires.
chasmophytes (chasma, abîme) — plantes des falaises.
cuprophytes — liées aux minerais de cuivre.
éphémérophytes — à cycle biologique très court en milieu désertique (acheb).
épiphytles —- vivent sur les feuilles (mousses, lichens, algues).
érémophiles (erèmos, désert) (subst. : érémophytes) — vivent dans les déserts et
steppes.
eurylhermiques (eurus, ample) (subst. : curythermes) — endurent de larges variations
de température.
halophites (hais, sel) (subst. : halophytes) — vivent sur les sols salés.
héliophiles (hèlios, soleil) (subst. : héliophytes) — aiment les milieux ensoleillés; espèces
de lumière. Syn. : photophiles.
hélophites (helos, marais) (subst. : hélophytes) — vivent dans les milieux marécageux.
Source : MNHN, Paris
— 459 —
humicoles — recherchent les dépôts de matière organique et d’humus.
hydrophiles (hudôr, eau) (subst. : liydrophytes) — vivent de préférence, ou exclusive¬
ment sur les sols très humides, ou dans l’eau.
hygrophiles (hugros, humide) (subst. : hygrophytes) — vivent dans les milieux dont
l'atmosphère est très humide.
macrolhermiques — vivent dans les pays chauds. Syn. mégathermes,
mésophiles (mesos, qui est au milieu) — vivent dans des conditions climatiques
moyennes pour un pays déterminé.
mésothermiques — vivent dans les pays à climat doux ou tempéré. Sun. mésothermes,
messicoles — vivent dans les cultures, les moissons.
microthermiques — vivent dans les pays froids.
myrmécophiles. (subst. : myrmécophytes) — plantes hôtes de fourmis.
naturalisées — intioduites et définitivement adaptées, se reproduisant comme les
espèces spontanées.
nitrophites (subst. : nitrophytes)— recherchent les sols à matière organique riche en
composés nitrés.
ombrophiles (ombros, pluie), (subst. : ombrophytes) — vivent dans les climats très
pluvieux.
orophiles (oros, montagne), (subst. : orophytes) — habitent les montagnes.
parasites — vivent aux dépens d’un autre être vivant.
pélophiles (pèlos, boue) — vivent dans les dépressions argileuses humides.
pyrorésistanles (subst. : pyrophytes) — adaptées au feu, en dépit des pyromorphoscs.
prairiales — vivent dans les prairies.
psammophiles (subst. : psammophytes) — vivent sur les sables.
rhéophiles (rhéo, couler) (subst. : rhéophytes) — vivent dans les cours d’eau rapides.
retictes (voir p. 493).
rudérales — vivent dans les décombres.
rupestres — vivent sur les rochers. Syn. : rupicotes.
sabulicoles (sabulum, sable) — vivent sur les sables.
saprophiles (sapro, pourriture) (subst. : saprophytes)— vivent aux dépens de la matière
en décomposition.
saxicoles (saxum, rocher) — vivent sur les rochers. Syn. : saxiphiles.
sciaphiles (skia, ombre) (subst. : sciaphytes) — aiment l’ombre; espèces d’ombre.
sitoicoles, sylvicoles (silva, forêt) —- vivent en forêt.
termitophiles — vivent sur les termitières.
thermophiles (thermos, chaud) (subst. : thermophytes) -— aiment la chaleur.
tropophiles (tropo, changement) (subst. : tropophytes) — recherchent les milieux à
variations saisonnières marquées.
ubiquisles — capables de vivre dans de nombreux biotopes différents. Syn. : plastiques,
tolérantes, versatiles.
xérophiles (subst. : xérophytes) — vivent adaptées dans les milieux arides.
Source : MNHN, Paris
— 460 —
d. Classification des plantes d’après les formes biologiques (life-
FORMs) 1 , SELON RauNKIAER.
ÉQUIVALENTS
Phanérophytcs Ph*.
Chaméphytes Ch 3 .
mégaphanérophytes Pma > 30
mésophanérophytes Pme 7-30
microphanérophytes Pmi 1-7 m
nanophanérophytes Pn < 1 m
phanérophytcs grimpants Pg
phanérophytes fruticuleux Pf
épiphytcs ' Pe
jjjjarbres
arbustes, arbrisseaux
s /arbrisseaux
aspect des arbrisseaux
rampants herbacés Chr
sous-ligneux Chl
succulents Chs
graminécns Chg
Hémicrvptophytes H* cespiteux
rosettés
subrosettés
scapeux
Géophytes G* ou Crypto- bulbeux
phytes tubéreux
rhizomateux
parasites
Gb
Gt
Gr
Gp
Hccs
Hr
Hsr
Hsc
Hélophytes Hel
it dans les marais.
Thérophytcs Th*
cespiteux Tces
rosettés Tr
prostés Tp
érigés T
parasites Tpar
Plantes annuelles ne
subsistant durant la
période d'arrêt de
la végétation qu’à
l’état de graines.
Hydrophytes
entièrement submergés Plantes vivant dans
flottants l’eau.
1. D'après la position des bourgeons par rapport au sol, leur exposition aux intem¬
péries, et l’adaptation des plantes à l’hiver (gel, écrasement par la neige) par une pro¬
tection efficace des bourgeons au froid. Conçue pour les plantes des pays à hivers
accusés par la neige et le gel, elle est encore adoptée par de nombreux auteurs dans
leurs descriptions des plantes en pays tropicaux. Sa terminologie à forme savante n’est
pas indispensable pour certains groupes biologiques.
2. de phaneros = visible, phuton = végétal.
3. de chaînai = à terre. Tige courte, ordinairement recouverte par la neige,
bourgeons à 25 cm environ au-dessus du sol.
4. de hemi = à moitié, kruptos = caché. Les bourgeons se forment au niveau
5. De gè = terre. Les bourgeons se forment en dessous du niveau du sol, ou sous
l’eau. Plantes pérennes.
6. De théros = été.
Source : MNHN, Paris
— 461
■e. Classification des types biologiques et physionomiques des
ESPÈCES DE PLANTES VASCULAIRES ENTRANT DANS LA COMPOSITION
DES FORMATIONS VÉGÉTALES TROPICALES 1 (ÂUBRÉVILLE 1963).
I 1 Arbres® > 7 m
Arbrisseaux (s.l.)
Grands arbres > 30 m
Arbres 15-30 m
Petits arbres 7-15 m
Arbustes 4-7 m
Arbrisseaux (s.s.) 4-7 m
Sous-arbrisseaux < 4 m
Sous-arbustes < 4 m
Sous-arbrisseaux
nains < 0,5 m
II. Palmiers et formes si¬
milaires (Cycadécs)
Grands palmiers > 15 m
Palmiers 4-15 m
Petits palmiers < 4 m
Palmiers nains < 1 m
Types secondaires
Succulents
Arbrisseaux buisson-
Arbrisseaux sarmen-
Arbustes et arbris¬
seaux succulents
Sous-arbrisseaux en
coussinets
Mégacaules, mono-
caulcs, à stipes bi¬
furques
Multicaulcs, brevi-
caulcs, acaulcs, cryp-
tocaules (à tige sou-
Volubilcs, herbacées
agrippées
à crochets
à racines adhésives
palmiers-lianes épineux
IV. Epiphytes
V. Saproparasites
rampantes
succulents
herbacés
radicicoles
ramicoles
1. D’après la biologie, la physionomie et le type d’organisation de la plante
entière, c'est-à-dire d’après les caractères et la position des organes pérennes, ceux de
l’appareil assimilateur ou encore d’après les types physiologiques et les formes de
croissance: brièvement d’apiès leur éthologie globale.
2. Arbres et arbrisseaux peuvent être : spinescents, à racines aériennes, à contre-
forts (arbres), à tronc renflé en bouteille, d’origine épiphytique; d’après le feuillage,
sclérophylles. mégaphylles, aphylles, hétérophylles: d’après le rythme végétatif,
sempervirents (à feuilles persistantes), décidus (caducifoliés), pseudosempervirents (les
feuilles nouvelles de certaines branches sont déjà en place alors que le vieux feuillage
n’est pas entièrement tombé sur d’autres branches), etc...
3. Quand la cime domine nettement la voûte de la strate continue de la forêt,
l’arbre est dit émergent; les autres sont subordonnés.
4. Voir les définitions au mot « liane ».
Source : MNHN, Paris
— 462 —
Herbacées 10 (
Petites herbacées
(érigé
Ucsp
Jcespiteuses
jrosettées
(prostrées
I Fougères arborescentes.
Fougères
(Bambous
Jrhizomatcuscs, bulbeuses
là souche ligneuse
là souche herbacée
| jonciformes succulentes
, (plantes grasses)
/ paludicolcs
X —■ rhizomatcuses
. / ■—• bulbeuses
Jimmergées (flottantes)
(entièrement submergées
/. Classification des espèces d’après l’abondance et la situa¬
tion des bourgeons (Mangenot).
Plantes monoblastiqnes (ou oligoblastiques). Un seul bourgeon apical.
Monoblastiques monocarpiqucs ou hapaxanthes (de hapax = une seule fois).
Toutes ces plantes sont tropicales. Ex. : agaves.
Monoblastiqucs polycarpiqucs ou pléonanthcs (de plcion).
La monoblastic serait un caractère archaïque.
Plantes polyblasliques. L’appareil caulinaire est très ramifié. - Les bourgeons apicaux,
axillaires et adventifs sont très nombreux.
g. Classification des espèces d’après l’épaisseur des rameaux
(Corner).
Plantes leptocatiles (de leptos = mince, grêle). Rameaux peu épais. A rapprocher de
polyblastiqucs.
Plantes pachycautes (de pachus = épais). Un ou un petit nombre de bourgeons édi¬
fient un appareil caulinaire simple ou peu ramifié, parfois massif.
A rapprocher de monoblastiques.
h . Classification génétique des espèces d’après leur nombre
chromosomique de base.
a - = nombre chromosomique de base pour l’espèce (ou le groupe systématique) = nom¬
bre haploïde = génome.
n = nombre chromosomique du gamète.
Espèces diploïdes : 2 x chromosomes (n = x).
Espèce polyploïdes (n > x) :
— cuploïdes (n = ax) :
triploïde. .
tétraploïde
pentaploïde
hexaploïdc.
3 x chromosomes
4 x
5 x
1. Toutes les plantules et semis provenant des espèces d'arbres et d'arbrisseaux
(s.l.).
Source : MNHN, Paris
— 463 —
—■ aneuploïdes (n = ax ± b; a> 2) :
hypoploïde inonosomique (ax —■ 1 chromosomes),
hyperploïde trisomique (ax -+ 1 chrosoinomes).
hyperploïde tétrasomique (ai + 2 chromosomes).
Espèces autopolyploïdes : génomes de même origine, identiques.
Espèces allopolyploïdes : génomes d’origine différente, dissemblables.
Cellules haploïdes, à n chromosomes (champignons, gamétophytes).
Caryotype, ensemble des caractères d’un génome : nombre, forme, dimensions, etc...
des chromosomes dont il est constitué.
NOMBRE (des espèces actuellement vivantes)
Espèces végétales (Wagenitz, 1957) Le
Chlorophytes. 12.000
Champignons. 50.000
Bryophytes. 26000
Ptéridophytes. 12.000
Gymnospermes. 500
Angiospermes. 226.000
soit environ. 400.000
Les Angiospermes comptent 105 ordres
et 332 familles (Hutchinson).
Insectes .
Mollusques
Araignées
Crustacés
Poissons
Reptiles .
Oiseaux .
Mammifères
850.000
128.000
40.0000
25.000
23.000
6.000
9.000
5.000
1.200.000
Etages (de végétation). — La végétation et la flore changent avec
l’altitude, en fonction des conditions physiographiques, édaphiques
et climatiques. On définit suivant l’altitude des ceintures de végé¬
tation, ou étages, ou horizons de végétation.
Ethologie (éthos = mœurs, caractère). — Nom créé (1854) par Geof-
froy-St-Hilaire pour la science des conditions de vie des animaux.
En généralisant à tous les êtres vivants, c’est la science des mœurs
et du comportement.
L’éthologie forestière est la connaissance du tempérament des
espèces forestières, de leur comportement, c’est-à-dire de leurs
réactions (exigence, plasticité, tolérance) vis-à-vis de la chaleur, de
la lumière, de l’hygrométrie de l’air et du sol, de la nature du sol,
des vents, etc... Elle peut se confondre avec l’écologie.
Les jeunes plants ont une éthologie particulière. Ils sont plus sen¬
sibles aux conditions extérieures que les adultes.
Evapotranspiration
— réelle : Dans une communauté végétale, la quantité d’eau
évaporée physiquement et transpirée biologiquement.
— potentielle : Quantité d’eau qui pourrait être transpirée par la
végétation et évaporée par le sol si l’alimentation en eau du sol
était constamment suffisante.
Source : MNHN, Paris
— 464 —
Cette notion (Ep) est très utilisée aujourd’hui dans les classi¬
fications bioclimatologiques. Dans la réalité les formations végétales
se suffisent d’une alimentation en eau inférieure à l’Ep. jusqu’à une
certaine limite inférieure, qui constitue pour elles un seuil écolo¬
gique vrai, dont les classifications bioclimatiques devraient tenir
compte.
Evolution. - Hypothèse à peu près unanimement admise selon laquelle
toutes les unités systématiques (taxons) existantes sont issues d’unités
plus anciennes par transformations successives, suivant certaines
lignées divergentes (phvlums).
Modes de l’évolution. — Conceptions très variées :
—- Darwinisme. Multiplicité de petites variations dont la stabilité
est assujettie à la sélection naturelle. Évolution par transforma¬
tions insensibles.
—- Lamarckisme. Transformations sous l’effet des conditions du
milieu.
— Mulationisme (De Vries). Transformations (mutations) appa¬
raissant brusquement alïectant les organes les plus divers,
pouvant être d’amplitude et de direction quelconque.
— Macroévolulion par bonds (larges mutations), non adaptative.
— Évolution, adaptation progressive.
— Préadaplalion (Cuénot). Des mutations sans utilité pour l’espèce
peuvent prendre dans des circonstances nouvelles un caractère
adaptatif avantageux pour elle.
— Mutations « létales » agissant défavorablement sur le développe¬
ment de l’embryon ou de la forme juvénile.
—- Autogenèse. Évolution autonome.
—• Eclogenèse. Évolution par action des facteurs du milieu. Syn. : Phy-
siogenèse.
—• Typogenèse. Évolution d’un type de plan d’organisation.
— Orlhogenèse. Évolution orientée des lignées.
— Évolution lyposlrophique. Discontinuité entre les types successifs.
— Évolution divergente. Formation d’espèces différentes, divergentes
à partir d’une même souche ou d’une même lignée.
— Évolution convergente. Évolution adaptative, physiologique et
morphologique vers les mêmes formes biologiques, d’espèces
différentes pouvant appartenir à des groupes systématiques
divers, mais soumises à des environnements semblables.
Source : MNHN, Paris
— 465 —
— Évolution parallèle. Homologie de l’évolution entre des groupes
différents. Ex. en zoologie, parallélisme des placentaires et des
marsupiaux en Australie.
— Évolution allomélrique. Croissance allométrique, variable suivant
les phylums, ou suivant les éléments de la structure de la plante
(dysharmonique).
— Vitesse de Vévolution. Inégalité de la vitesse évolutive. Poten¬
tialités évolutives. Survivances tardives.
— Évolution explosive.
— Ilologenèse. Une espèce primitive se transforme en d’autres espèces,
et disparait.
Centre d’évolution. Voir Monotopisme, Polytopisme.
Processus d’évolution (Types de). Deux opinions opposées chez
les naturalistes. Pour les uns les formes primitives seraient au
point de vue morphologique les plus simples. Les formes les
plus compliquées seraient les formes les plus évoluées.
Pour d’autres ce serait le contraire. L’évolution tendrait
vers la simplification par la réduction du nombre des pièces et
vers la spécification fonctionnelle d’un petit nombre d’entre elles.
Le fait de décider de la primitivité ou du degré d’évolution
d’une forme reste donc encore problématique.
Quelques types de processus d’évolution sont probables :
— Oligomérisation des organes homologues de la fleur. Le nombre
des organes homologues diminue au cours de l’évolution.
— Réduction du grand nombre indéterminé des organes des types
primitifs de la fleur et apparition de fleurs à nombre fixe d’or¬
ganes. — Syn. : réduction , atrophie , avortement , suppression,
contraction.
— Néoténie. Voir ce mot.
— Dioecisme. Évolution de la fleur bisexuée à la fleur unisexuée,
monoïque ou dioïque.
—- Adhérence. Fusion des organes homologues floraux et végétatifs :
ovaires, corolles, (sympétalie), calices, stipules, feuilles. —
Syn. : soudure, connalion.
— Synanthie, syncarpie. Fusion de deux fleurs.
— Lacinialion, des corolles, androcées, des feuilles, stipules.
— Zygomorphisme. Passage de la symétrie radiale à la symétrie
bilatérale. Chez les fleurs zygomorphes, il peut y avoir inverse¬
ment retour à la symétrie radiale primitive, c’est le phénomène
de la pélorie (fleurs péloriées).
Source : MNHN, Paris
— 466 —
— Métamorphose. Calice, étamines, à structure pétaloïde. Trans¬
formation en éperons (tubes) d’organes tloraux et végétatifs
(scyphogénie). Allongement du gynécée en gynophore ou même
androgynophore.
— Enalions. Excroissances superficielles.
—- Métamorphoses adaplives des diaspores (à Tanémochorie, à la
dispersion par les eaux).
— Monovulie. Monospermie.
— Dérive génétique. Évolution par diversification génétique.
F
Feuillage (Types de). — Syn. : frondaison (frons = feuillage).
aphylle
lauriforme
caduc, caducifolié, décidu
macrophylle
clair, ouvert
microphylle
dressé
notophylle
en dentelle, en nappes retombantes
pendant
épais, fermé
rosetté 2
éricoïde, éricophylle
sclérophylle
étagé
semi-caducifolié
étalé, aplati
sempervirent, persistant
étoilé 1
vertical
hétérophylle
(Classification des). — Raunkier
amendée par Webb.
D’après leur surface.
mégaphylles
> 1 460 cm 2
macrophylles
182-1 640 cm 2
mésophylles > 12,5 cm
45- 182 cm 2
notophylles 7,5-12,5 cm
20,25- 45 cm 2
microphylles < 7,5 cm
2,25- 20 cm 2
nanophylles
0,25-2,25 cm 2
leptophylles
< 0,25 cm 2
1. Feuilles composées pennées, groupées en étoile à l’extrémité des rameaux.
Fréquent dans les méliacées, anacardiacées etc.
2. Grandes feuilles groupées en rosette à l'extrémité des branches (Vernonia,
Anthocleista, Musanga, Cecropia etc...).
Source : MNHN, Paris
— 467 —
La surface du limbe d’une feuille est environ les 2/3 de l’aire
rectangulaire entourant la feuille.
Texture des feuilles :
membraneuses
coriaces
sclérophylles (lignifiées)
cartacées
malacophylles (molles au toucher)
Fidélité. — Voir phytosociologie. — Syn. : constance.
Forêts. — Communément une formation végétale composée principale¬
ment d’arbres. La forêt peut présenter plusieurs étages, ou strates
de végétation. Dans la forêt dense tropicale humide on distingue
souvent : un étage supérieur constitué de très grands arbres avec leur
cortège d’épiphytes et de lianes, un étage moyen constitué d’arbres
plus petits et le sous-bois. L’étage supérieur est souvent continu,
mais parfois dominé de place en place par des arbres géants dont
les cimes s’épanouissent en « choux-fleurs ».
Le sous-bois comprend : tous les végétaux ligneux de moyenne
et petite taille, les arbustes, arbrisseaux, s-arbustes et s-arbrisseaux
avec les lianes et épiphyles qui les accompagnent, et une strate her¬
bacée qui, lorsqu’elle n’est pas très élevée et que son degré de
recouvrement est assez important, prend parfois le nom de Lapis her¬
bacé (couverture herbacée). Dans les forêts denses humides au cou¬
vert très épais, le sol est parfois presque nu, sauf quelques lianes
tendues.
Une forêt basse est composée presque exclusivement de petits
arbres (type édaphique, sur sol très sableux).
La futaie, terme forestier, est formée par l’ensemble des arbres
de la forêt. Sommairement la forêt est constituée d’une futaie et
d’un sous-bois.
Une formation ligneuse fermée constituée d’arbustes, arbrisseaux
et lianes est un fourré. Si le fourré est dominé de quelques petits
arbres épars, c’est un bois-fourré.
Lorsque le peuplement ligneux est ouvert et associé à un peuple¬
ment herbacé parfois très important (la savane) ou la steppe her¬
beuse, c’est-à-dire pratiquement, en pays tropical, dans le cas de
« formations mixtes forestières et graminéennes », où il y a en pro¬
portion variable des arbres moyens et petits, des arbustes et arbris¬
seaux, plus ou moins espacés, les formations prennent, suivant les
types, les noms génériques de : forêt claire, savane boisée, steppe
boisée. Une formation dite « arborée » ne comporte que quelques
arbres disséminés au-dessus d’une formation principalement herbeuse.
Voir Classification des formations végétales tropicales.
Source : MNHN, Paris
— 468 —
FORÊT DENSE HUMIDES TROPICALES.
Structure floristique.
Fondamentalement différente en général des forêts tempérées
par plusieurs caractères :
— Plus grande richesse floristique.
— Grande hétérogénéité floristique caractérisée par :
■— Rareté des peuplements monospécifiques. Ceux-ci généralement
édaphiques : forêts marécageuses, ripicoles, etc... Ou réduits à de
petites taches.
— Mélange intime des espèces, celles-ci pouvant cependant être
groupées en plusieurs catégories d’après leur degré statistique
d’abondance.
Voir Fréquence, Espèces végétales (Biologie des).
— Grande densité d’espèces (jusqu’à 100) et très faible densité
moyenne des individus de chaque espèce dans les strates supérieures,
par hectare.
— Les sous-bois et étages inférieurs sont généralement plus homo¬
gènes.
— Densité spécifique des genres très variable :
— Genres monospécifiques, ou oligospécifiques.
— Genres complexes, comprenant de nombreuses espèces peu
différenciées, allopatriques ou sympatriques, mais différentes géné¬
tiquement, par dysploïdie, et polyploïdie.
— Genres comptant de nombreuses espèces nettement différenciées.
— Densité moyenne d’occupation des espèces très variable :
— Espèces rares ou rarissimes.
— Espèces disséminées, ou isolées sans support écologique (niches
écologiques) apparent.
— Espèce, de communes à très répandues. Voir Abondance,
Fréquence.
Biologie.
—■ Liées écologiquement à des mégabiotopes homogènes, stables,
non soumis à des facteurs extérieurs perturbateurs importants (vents,
cyclones). Absence de variations saisonnières de grande amplitude
pouvant avoir des conséquences phénologiques accentuées. Crois¬
sance annuelle continue ou presque (plan ligneux homogène ou
presque).
Source : MNHN, Paris
— 469
— Rapidité de la décomposition de la litière forestière.
— Compétition entre individus et entre espèces dans le sol et dans
l’air. Importance du pouvoir disséminateur des diaspores et de
l’éthologie des espèces.
— Milieu vraisemblablement favorable à la spéciation, certainement
à la conservation des espèces et notamment à celle des vieilles espèces
relictes.
— Formations incombustibles bien que les espèces soient très sen¬
sibles au feu. Voir Forêt denses (Incendies dans les).
— Parfois installées sur des sols superficiels, vivant en quelque sorte
de leur propre substance, mais très instables (reconstitution dilïî-
cile après défrichements et incendies).
— Voir Espèces végétales (Biologie des).
Incendies.
Bien que les incendies de forêts denses soient pratiquement
inconnus sous les climats tropicaux humides, il y a des exceptions
localisées :
— Dans des périodes très sèches même courtes la foudre peut pro¬
voquer des incendies sur les crêtes des hauts reliefs où les sols sont
très superficiels; même la « sylve des mousses et lichens » peut brûler,
les mousses sèches constituant un aliment favorable à l'incendie;
des incendies ont été allumés spontanément dans les peuplements
de séneçons arborescents des hautes montagnes de l’Afrique orien¬
tale; de même dans les bambuseraies denses d’Arundinaria alpina;
des forêts marécageuses peuvent aussi être incendiées lorsque le sol
est totalement asséché.
On s’explique ainsi la dénudation des crêtes de certains hauts
reliefs en pays tropical humide.
— Sur les lisières forêt dense humide-savane, des feux de brousse
peuvent parfois pénétrer dans le sous-bois, et bien que simples
feux courants de la couverture morte de la forêt ou même feux
souterrains dans les racines, amener la destruction du peuplement
ligneux.
—- Les cas d’incendies de forêt sont évidemment d’autant plus
à craindre que le climat comporte une saison sèche assez longue.
Sous ces climats des forêts, normalement incombustibles, peuvent
être incendiées volontairement par les populations, en mettant, le
feu à des bûchers de bois secs. Des foyers ainsi créés le feu se propage
alors spontanément à la forêt.
Source : MNHN, Paris
- 470
FORÊTS SECONDAIRES.
Toutes les formations forestières qui s’installent sur l’emplace¬
ment des forêts primaires après défrichements culturaux, dès que
le terrain ainsi découvert est abandonné à lui-même, après récolte
par le paysan défricheur. La composition floristique de la nouvelle
formation est très différente de celle de la forêt détruite. Elle est
formée d’espèce â croissance rapide, souvent grégaires, à bois souvent
tendres.
Par la suite d’autres espèces issues de graines propagées depuis les
forêts anciennes subsistantes y prennent place et finalement rem¬
placent les espèces de première installation médiocrement longé-
vives. — Voir Formations végétales (Stabilité).
Quand les biotopes des forêts primaires offrent des conditions
limites pour l’existence de ces forêts, celles-ci peuvent être, après
défrichements suivis d’incendie, remplacées directement par des
savanes herbeuses.
FORÊTS CLAIRES.
Formations forestières ouvertes, décidues (exc. Eucalyptus ,
Melaleuca, à feuillage persistant), comprenant une strate arborescente
de hauteur moyenne ± continue, à couvert clair; un sous-bois
arbustif lâche; un tapis graminéen ± dense.
Flore distincte de celle des forêts denses humides, beaucoup
moins riche en genres et espèces. Les peuplements sont encore assez
hétérogènes, mais ils sont généralement caractérisés par quelques
espèces d’arbres nettement dominantes. Les groupements mono¬
spécifiques sont communs.
Reconstitution vigoureuse de la flore ligneuse par rejets et
drageons, après défrichements. Grande résistance physiologique des
souches.
Parcourues par les feux de brousse en saison sèche.
Voir Formations végétales (Classification bioclimatique).
Le terme de forêts claires a été donné d’abord aux Forêts sèches
claires à Diptérocarpacées de l’Asie du Sud-Est. Il fut étendu aux
formations homologues africaines soudano-zambéziennes à Légu¬
mineuses ( Isoberlinia , Brachtjslegia, etc...).
Forêts claires d’ Eucalyptus (Australie); de Melaleuca leucaden-
dron (Nouvelle-Calédonie); de chênes tropicaux (Mexique).
Il fut aussi parfois employé à tort pour désigner des forêts
basses peu denses (sans tapis graminéen), ou à des forêts à tapis
épais de grandes herbacées (marantacées) et à futaie peu dense
(Bassin de la Sanga-Congo Brazzaville), toutes formations très diffé¬
rentes écologiquement et morphologiquement des véritables forêts
claires définies ci dessus.
Source : MNHN, Paris
— 471
La forêt claire diffère de la savane boisée par son aspect de forêt
au sens commun du mot.
Les forêts claires n’existent ni à Madagascar, ni en Amérique
du Sud.
Les feux de brousse sont des feux d’herbes sèches dans les
régions à climat aride ou semi-aride, parcourant, poussés par le vent
en saison sèche, des étendues parfois considérables de savanes boisées
ou herbeuses et de forêt claires. Ils détruisent partiellement la régé¬
nération naturelle des végétaux ligneux, blessent arbustes et arbres,
entravent leur croissance, et leur impriment des formes de dégrada¬
tion (pyromorphoses.)
Les feux de brousse sont la plaie de l’Afrique sèche.
Ils sont plus ou moins destructeurs suivant la densité des her¬
bages. Les feux de fin de saison sèche (tardifs) sont plus dangereux
pour la végétation ligneuse que les feux de début de saison (précoces).
Ces feux sont principalement la cause agissante, depuis que
l’homme primitif eut le contrôle du feu, des formations actuelles
pseudoclimaciques de savanes boisées et de forêts claires. Ces forma¬
tions plus ou moins dégradées dérivent de forêts denses sèches. Les
faits de régression s’observent encore de nos jours, bien qu’aujour-
d’hui la transformation en savanes boisées des forêts sèches pri¬
mitives soit très largement accomplie.
La preuve expérimentale a été plusieurs fois établie que par la
simple suppression des feux durant plusieurs années, les savanes
boisées se referment, et qu’un couvert forestier reconstitué amène
la quasi-élimination du tapis herbacé.
La savane boisée est une forme ultime très ouverte de dégra¬
dation des anciennes formations forestières sèches denses (Aubré-
ville). Cette opinion n’est pas admise par de nombreux naturalistes,
qui impressionnés par l’étendue considérable des savanes boisées,
et la disparition quasi-totale des forêts sèches primitives, attribuent
aux savanes boisées un caractère pseudoclimacique. Outre l’obser¬
vation de la régression actuelle des derniers restes de forêt sèche
dense, les arguments en faveur de la thèse du caractère non climacique
des savanes boisées, sont l’identité du fond de la flore des forêts
sèches et des savanes boisées (et forêts claires), l’opposition biolo¬
gique de la flore ligneuse et de la flore herbacée qui ne continuent
à cohabiter qu’en raison des effets des feux de brousse favorables
à la savane herbeuse, et enfin les résultats des expériences de recons¬
titution d’un état boisé fermé, par protection contre les feux.
Formation végétale. — Unité supérieure, physionomique, écologique
et biologique, dans la classification des communautés végétales.
Elle groupe des types divers de communautés ayant des physionomies
et des structures comparables, qui sont donc soumises à des condi¬
tions écologiques similaires. Elle peut comprendre de nombreuses
Source : MNHN, Paris
— 472 —
phytocénoses et de nombreuses associations végétales (sens Braun-
Blanquet). Une formation forestière en particulier peut comprendre
de nombreux « types forestiers », lesquels sont des unités secondaires
dues à des variations secondaires locales du milieu.
Du Rietz (1930) a proposé un système hiérarchisé d’unités pour
les communautés de plantes :
Panformation
Formation
Subformation
Fédération
Association
Consociation
Sociation
Une formation végétale particulière, bien que par définition
unité physionomique et biologique, mais non floristique, est en fait
également un ensemble d’unités floristiques, composées d’espèces
caractéristiques de la formation par leur fréquence-abondance, ou
leur endémicité, ou leur physionomie spéciale, et accompagnées
d’espèces dites « compagnes », sans qualification particulière. Ces
espèces caractéristiques sont en effet non seulement adaptées au
milieu de la formation comme toutes les espèces constitutives, mais
elles sont favorisées par ce milieu (croissance, reproduction, concur¬
rence interspécifique).
Syn. : Phylocénose, Type de végêlalion.
CLASSIFICATION
a. Classification écologique générale des formations végé¬
tales TROPICALES ET SUBTROPICALES.
Formations humides (hygrophiles, ombrophiles, pluviophiles) :
Forêts denses à feuillage sempervirent (persistant).
Forêts denses à feuillage caducifolié (décidu, caduc), comprenant
les formations dites tropophiles ou méso-
philes.
Forêts denses â feuillage semi-décidu, formations également tro¬
pophiles ou mésophiles.
Formations sèches :
Forêts sèches denses décidues.
Forêts sclérophylles sempervirentes.
Fourrés et bois fourrés; à feuilles persistantes, à feuilles caduques.
Forêts claires décidues.
Savanes boisées, savanes herbeuses.
Steppes boisés, steppes arbusfifs, steppes herbeux.
Source : MNHN, Paris
- 473 —
Formations hydrophiles: Ripicoles, marécageuses (paludicoles), inondées
périodiquement. Mangrove.
Formations physiographiques : Formations orophiles (montagnardes).
Forêts vallicoles (de vallées), planitiaires (de plaines). Forêts tache¬
tées : taches de forêts sur les parties hautes du relief, séparées par
les vallons couverts de savanes herbeuses.
Formations édaphiques locales : Rupestres, rudérales, psammophiles (sabu-
licoles), calcicoles.
Formations primaires. Formations secondaires : substituées à des forma¬
tions primaires, après destruction de celles-ci par les défrichements,
et les feux.
Formations forestières fermées et formations ouvertes:
Dans les premières le couvert des cimes ne laisse pas, ou à peine,
passer les rayons du soleil. Le sol est alors nu ou occupé par un
maigre tapis herbacé. Dans le cas de forêts sèches denses, le feu
de brousse insuffisamment alimenté par le tapis herbacé ne pénètre
que difficilement dans le sous-bois.
Le couvert peut être discontinu. Il y a alternance entre des
taches de forêt (ou fourré) dense et des plages herbacées.
Dans les secondes, deux formations concurrentes coexistent :
une strate supérieure arborescente ou arbustive dont les cimes laissent
largement passer la lumière; une strate herbacée continue et parfois
épaisse. En général durant la saison sèche, le feu parcourt le sol,
brûle la végétation herbacée desséchée, et mutile plus ou moins le
peuplement forestier. Cas des savanes boisées et forêts claires.
b. Classification morphologique et écologique des formations
TROPICALES ET SUBTROPICALES (YaNGAMBI, 1957).
I. Formations forestières fermées.
A. Climatiques.
a. Forêts de basse et moyenne altitude.
1. Forêt dense humide.
Forêt sempervirente (à feuilles persistantes) 1 .
Forêt semi-décidue (semi caducifoliée) 2 .
2. Forêt dense sèche 3 .
3. Fourré, bois fourré, forêt basse; continus ou discontinus 4 .
1. Syn. : rain forest, forêt dense, forêt équatoriale, forêt ombrophile.
2. Syn. : semi ombrophile.
3. Sous-types : sempervirent, sclérophyllc, décida. semi-décidu.
4. Types topographiques particuliers : fourrés tigrés (Niger), fouriés ridés (plaines
littorales du Ghana), fourrés ocellés (criblés de taches circulaires au sol nu, dues à des
grandes termitières érodées).
Source : MNHN, Paris
— 474
b. Forêts de montagne.
1. Forêt dense humide de montagne 1 .
2. Forêt dense sèche de montagne.
3. Forêt de Bambous.
4. Forêt à Conifères.
5. Forêt à Éricacées (fourré à Éricacées, lande).
6. Forêt des nuages.
7. Fourré, forêt basse, altimontains 2 .
8. Fourré à séneçons et lobélias (hautes montagnes africaines).
c. Formations secondaires : formations substituées, jachères fores¬
tières, forêt secondaire, forêt mosaïquée, « broken forest »,
fourrés de bambous des hautes altitudes ( Arundinaria , Chus-
B. Edaphiques.
a. Mangrove.
b. Forêt marécageuse, (palmeraie marécageuse) 3 .
c. Forêt périodiquement inondée 4 .
d. Forêt ripicole*.
e. Galerie forestière (mélange des 3 types précédents), suivant
les cours d’eau, au delà des lisières des forêts denses humides.
II. Formations ouvertes.
Formations mixtes forestières, graminéennes et herbacées.
Formations graminéennes et herbacées.
A. Forêts claires (forêts sèches claires).
B. Savanes ®.
a. Savane boisée 7 .
b. Savane arborée 8 .
1. Types particuliers : sholas des forêts de montagne du sud de l’Inde, forêts valli-
coles (ait. > 1900 m); forêts des crêtes (influence de vents violents).
2. Syn. : fruticée altimontaine. Type particulier : Forêt basse à mousses (profusion
des épiphytes).
3. Ex. : igapo de l’Amazonie.
4. Ex. : varzea de l’Amazonie.
5. Syn. : ripisylve.
6. On distingue les savanes édaphiques et les savanes anthropiques. Les pre¬
mières sont naturelles et dues aux conditions du sol (sableux, roches affleurantes,
carapaces latéiitiques, savanes des bas fonds à hygrophytes). Les secondes sont le
résultat des déboisements suivis des feux de brousse de saison sèche.
Ces dernières sont de beaucoup les plus importantes par l’étendue. La savanisation
généralisée par l’effet des feux périodiques répétés est un phénomène qui affecte les
pays tropicaux depuis que l’homme préhistorique eut l'usage du feu; elle prit une
Source : MNHN, Paris
c. Savane arbustive.
d. Savane herbacée (herbeuse).
e. Savane à boqueteaux (type parc) 1 .
C. Steppes 2 .
a. Steppe arborée et /ou arbustive 3 .
b. Steppe buissonnante 4 .
c. Steppe à succulents 5 .
d. Steppe herbacée et/ou graminéenne.
e. Steppe subdésertique 6 .
D. Landes 7 .
E. Prairies.
a. Prairie aquatique.
b. Prairie marécageuse.
c. Prairie altimontaine 8 .
F. Mosaïques de formations 9 .
Terminologie des formations tropicales et subtropicales.
Elles sont souvent nommées en ajoutant au nom du type physio-
nomique de la formation celui (ou ceux) d’une ou plusieurs unités systé¬
matiques caractéristiques.
Ex. Forêt dense humide sempervirente à Gilberliodendron Dewevrei
(Congo).
Forêt dense humide sempervirente à Lophira alata et Sacoglotlis
gabonensis (Cameroun).
Forêt claire à Brachyslegia (Afrique australe).
énorme extension simultanément avec celle de l'élevage et de l’agriculture. Voir
Forêts claires.
7. Dite par les forestiers, pauvre ou riche suivant l’importance du matériel ligneux.
Cas particulier : savane à épineux.
8. Types particuliers : savanes verger, savane palmeraie.
1. Type particulier : savane à grandes termitières buissonnantes. Le terme « forêt
parc » a été utilisé tantôt pour désigner une savane herbeuse coupée de boqueteaux
tantôt pour la savane boisée commune.
2. Formation intermédiaire entre savane et steppe : savane steppique.
3. Type particulier : steppe à épineux (arbustes et arbrisseaux épineux).
4. Ex. : puna andine, à végétation buissonnante plus ou moins diffuse.
5. Ex. Steppes à Yucca, à Cactées.
6. Types particuliers : diffuses; contractées (le long des lits d’oueds, ou au pied
des falaises, ceintures des marcs).
7. Ex. : lande à Fougères (fougeraie), à Bruyères, à Ajoncs, à Ericacées.
8. Ex. : paramo andin. Types particuliers : pelouse, pelouse écorchée.
9. Alternance de formations en mosaïque : forêt-savane, fourré-savane, forêt
claire-savane, forêt tachetée.
Peuvent être désignées par des vocables régionaux. Ex. : miombo de l’Afrique
australe, forêt claire à Diptérocarpacées du S.-E. asiatique, catinga du N.-E. du Brésil.
Source : MNHN, Paris
— 476 —
Savane boisée à Terminalia (Soudan).
Savane herbeuse à Imperata cylindrica.
On a souvent recommandé de renoncer à l’emploi de certains termes,
parce que vagues ou susceptibles d’amener des confusions : brousse, bush,
scrub, parc, pseudosteppe; ou ayant un sens local précis, qu’il est pré¬
férable de ne pas généraliser: maquis, garrigue; ou climatiques imprécis :
forêts de mousson, forêts saisonnières; ou rapprochés abusivement de for¬
mations des zones tempérées, cas de certaines forêts de montagne dans
la zone tropicale, dites « tempérées » parce qu’elles contiennent certains
éléments floristiques habituels des flores tempérées.
k. Classification bioclimatologique simplifiée, dans les pays
DE FAIBLE ET MOYENNE ALTITUDE, DES GRANDS TYPES DE FORMATIONS
VÉGÉTALES TROPICALES ET SUBTROPICALES (AUBRÉVILLE).
bioclima-
Indices
ptuvio-
mélriques
Durée de
la saison
Durée de
la saison
Déficit de
saturation
moyen
annuel
Types de forma¬
tions végétales
Equatorial
assez foit
7-12 mois
très faible
Forêts denses lui-
et
tropical
humide
à
dérable
^ à i
mides, semper-
virentes ou se-
mi-décidues
id.
faible à
fort
1-3 mois
6-8 mois
11 'fort”
Forêts sèches
denses - Forêts
Tropical
d’fort à
4-6 mois
5-6 mois
moyen-
fort
F'orêts sèches
denses - Forêts
claires - Sava¬
nes boisées
'1 ropical
aride
très faible
à faible
6-7 mois
3-4 mois
fort
Formations step¬
piques
id.
très faible
5-7 mois
1 mois
moyen
Fourrés - Bois
fourrés
Tropical
subdéser-
très faible
7-11 mois
0-1 mois
fort
Formations sub¬
désertiques
continentales
très faible
8-12 mois
0-2 mois
moyen
Formations sub¬
désertiques ma¬
ritimes
Des cas écologiquement aberrants se rencontrent, par exemple de
savanes herbeuses, non anthropiques, sous des climats de forêts denses
humides ou plus rarement de forêts denses humides sous des climats
semi-arides. Ils peuvent correspondre à des formations paléoclimatiques
relictes, en pseudoéquilibre écologique.
Source : MNHN, Paris
— 477 —
Barème de valeurs des principaux éléments du bioclimat tropical
el sub-lropical (Aubréville)
Amplitude thermique : très faible
faible
moyenne
très forte
Indice pluviométriquc : considérable
très élevé
fort
assez fort
moyen
faible
très faible
subdésertique
désertique
Durée de la saison éco¬
logiquement sèche 1 très courte
courte
moyenne
assez longue
longue
très longue
extrême
Déficit de saturation : très faible
moyen faible
annuel moyen
fort
très fort
< 2" Amplitude thermique : diflé-
2-4 rcnce entre la températur
1- 10 moyenne du mois le plus
10-15 chaud et celle du mois le
> 15 plus froid.
4 000 mm Indice pluviométrique an¬
nuel = quantité d’eau
de pluie tombée dans l'an¬
née. exprimée en mm.
2 000-4 000
1 500-2 000
1 200-1 500
1 000-1 200
600-1 000
400-600
200-600
< 200
1 mois Saison écologiquement sèche
Mois secs : précipitations
< 30 mm.
2- 3
5-6 Saison tiès pluvieuse : mois
très pluvieux à précipi¬
tations > 100 mm.
8-9 Saison sèche amortie : mois
à précipitations comprises
entre 30 et 100 mm.
10-12
< 2 mm Différence entre la tension
2-4 maximum de la vapeur
4-8 d’eau F pour la tempéra-
8-16 ture de l’air et la tension
>16 réelle de la vapeur d'eau f.
(F -f) mm*.
1. Il est difficile de choisir rationnellement la limite écologique entre un mois
pluvieux et un mois sec, puisqu’elle dépend non seulement de la pluviosité, mais du
déficit de saturation, des réserves d'eau du sol, des précipitations occultes et, pour
un type de végétation, de la nature et de la topographie du sol.
1. cs limites choisies par les auteurs sont donc nécessairement approchées, et n’ont
qu'une valeur relative pour des comparaisons entre stations climatiques. Deux para¬
mètres empiriques sont cependant importants et sûrs, la pluviosité en dessous de laquelle
la végétation accuse la sécheresse, c’est la limite du mois écologiquement sec, et la
pluviosité d’un mois très pluvieux de la saison des pluies lorsque celle-ci est bien
établie. Ce sont des paramètres limites peu contestables, d’où le choix de 30 mm de
pluies pour le premier, qui est approché par défaut, et de 100 mm pour le second qui
est approché par excès. La limite écologique vraie est entre 30 et 100 mm, mais elle
est variable suivant les climats locaux et la nature des sols et de la végétation.
Pour apprécier enfin le climat écologique vrai, il faut tenir compte également
de l’irrégularité d’une année à l’autre, des durées de la saison sèche et de la saison
des pluies. Lorsque les variations sont très grosses, elles rendent les moyennes portant
sur de nombreuses années peu significatives.
2. Si h désigne l’humidité relative X, le déficit de saturation s’exprime aussi par
F(1 -h). '■
Source : MNHN, Paris
— 478 —
I . Classification des principales biogéocénoses de Rübel
Pluviisilvae : forêts denses équatoriales humides, semper-
virentes, à feuilles molles.
Hiemisilvae : forêts claires et savanes boisées tropicales
caducifoliées.
Durisilvae : forêts méditerranéennes sempervirentes à
petites feuilles dures.
Aestisilvae : forêts feuillues tempérées caducifoliées.
Aciculisilvae : forêts sempervirentes de conifères.
Duriherbosa : steppes et savanes.
Sempervirentiherbosa : pelouses et prairies.
Siccideserta : déserts chauds.
Frigorideserta : déserts glacés.
Cultures.
En équilibre écologique apparent avec le milieu, les formations
forestières sont plus ou moins stables selon leur pouvoir de recons-
tition spontanée, après destruction par l’incendie ou les défriche¬
ments.
Celles qui sont établies sur des sols superficiels, ou en forte pente,
et les formations relictes sont particulièrement instables. Les savanes
boisées ou herbeuses, sous climat forestier sont également instables,
l’état boisé ayant tendance à se reformer, mais la reconstitution
spontanée est mise en échec par les feux de brousse annuels.
Formations relictes. — Une formation forestière crée son propre micro¬
climat qui contribue à assurer sa permanence. Si dans le temps le
macroclimat régional vient à se détériorer, l’équilibre écologique de
la forêt peut ne pas être immédiatement modifié en raison de la
persistance du microclimat. Il y a une inertie des formations fores¬
tières qui s’oppose au changement.
Ces formations en déséquilibre avec le climat général modifié
sont des formations relictes.
Leur stabilité est cependant menacée, elles sont plus sensibles
aux incendies et leur pouvoir de reconstitution après défrichement
ou incendie est diminué.
Cas des formations forestières humides persistant en milieu
devenu plus sec. Cas vraisemblable des forêts de l’Ouest et du
Centre de Madagascar.
Cas inverse des savanes en pays humide sous climat forestier,
maintenues à l’état de savanes herbeuses par les feux de brousse
annuels qui enrayent une reforestation spontanée.
Saltus . |
Desertus j
Ager . .
STABILITÉ
Source : MNHN, Paris
— 479 —
Fréquence d’une espèce. Dans les descriptions sociologiques deux
sens :
—• fréquence-constance, l’espèce se rencontre fréquemment dans
les prospections (relevés), mais peut n’être ni statistiquement,
ni localement abondante.
-—• fréquence-abondance, l’espèce est statistiquement abondante,
mais non nécessairement présente dans tous les relevés.
La seconde notion d’abondance s’exprime empiriquement par
l’échelle décroissante : dominante, très abondante, abondante, fré¬
quente, occasionnelle, rare, très rare, localement présente (fréquence
non estimée).
Pratiquement dans des prospections en forêt, 4 classes suffisent :
dominante, abondante, disséminée, rare, présente.
G
Génotype. - Ensemble des gènes régissant la transmission des carac¬
tères héréditaires.
Constitution génétique d’un organisme, non nécessairement
exprimée. Opposition au phénotype qui désigne l’aspect.
Des organismes identiques phénotypiquement peuvent être
différents génotypiquement et réciproquement.
— Le terme générotype désigne l’espèce - type d’un genre,
en nomenclature.
Géoclase. (klasis = rupture) — Cassure de l’écorce terrestre.
Géocratique (kratos = force mouvement). —■ Mouvement d’ensemble
des continents et des mers, ayant pour effet de faire émerger les
continents.
Période géocratique du permien.
Géographie (gê = terre, graphein = décrire). — Description de la
Terre.
Géographie botanique. — Description physionomique et floristique
des plantes et des communautés végétales existant sur la terre.
Humbolt (1807), de Candolle (1855), Grisebach (1872), Drude
(1890).
Géomorphologie. — Science du modelé de la terre.
Source : MNHN, Paris
— 480 —
Géonémie (nemein = habiter). — Conditions et état de la distribution
des organismes à la surface de la terre.
Syn. : Biogéographie.
Géonomie (nomos = loi). — Connaissance des causes des changements
opérés dans la forme superficielle de la terre.
Grégaire (espèce). -—- Se trouve en peuplements purs. (Subst. : Gréga-
RISME.) — A l’opposé : SPORADIQUE.
H
Habitat. — Station habituelle d’une plante.
Habitus. — Port, aspect, forme de croissance habituelle d’une plante.
Homologues, (espèces, séries). — Dans un genre, espèces (ou groupe
d’espèces) affines mais différentes, vivant dans des milieux semblables
géographiquement très éloignés les uns des autres. Ex. : espèces
affines, les unes dans l’hémisphère boréal, les autres, symétriquement,
dans l’hémisphère austral.
Igapo. - Brésil. Forêt igapo, forêt marécageuse, se présentant aussi
bien dans la forêt de varzea que dans la forêt de terre ferme; en indien
de ig = eau, et apo = dormante.
Illuvions. — Matériaux érodés, lorsqu’ils se déposent dans les interstices
d’un sol qu’ils colmatent.
Indaing. — Forêts claires à Diptérocarpacées du Sud-Est asiatique.
Essence dominante : Diplerocarpus tuberculatus.
Introgression. — Hybridation introgressive. Processus d’évolution.
Involution. — Processus d’évolution par réduction du format de l’appa¬
reil végétatif (aérien), soit par adaptation au milieu, soit par éco¬
nomie énergétique.
« L’appareil végétatif s’involue. »
Source : MNHN, Paris
— 481 —
L
Lande (de landa, celtique). — Formation de sous-arbrisseaux et de
plantes herbacées. — Ex. : Lande à Fougères (fougeraie) : générale¬
ment stade de dégradation de la forêt incendiée.
Dans les pays tempérés, formation de terres siliceuses : lande à
Bruyère ( Calluna vulgaris ); lande d’A joncs ( Ulex europaeus)', lande
à Genêts (genêtraie; Sarolhamnus scoparius)', lande à Rhododendrons
(rhodoraie), etc...
Dans une échelle de hauteur des formations fermées, la lande
se place en dessous du fourré.
Lianes. 1 — Plantes grimpantes herbacées (climber), ou ligneuses (vine);
parmi elles beaucoup d’ampélidacées, ménispermacées, annonacées,
apocynacées, asclépiadacées, légumineuses, palmiers, etc...
Plusieurs types d’après les dispositifs d’accrochage ou d’enrou¬
lement sur les supports :
1. lianes sarmenteuses ou arbrisseaux sarmenteux (vimineux) (angl. :
scandent shrubs, scramblers, scrambling shrubs) qui s’appuient
simplement par leurs longs rameaux sarmenteux sur les plantes
voisines, parfois loin de la tige;
2. lianes volubiles (twiners, twining plants), poussent en spirales
autour de supports, herbacées ou ligneuses (twining shrubs);
3. lianes agrippées, munies de dispositifs d’accrochage :
— aiguillons, épines, crochets; cas des palmiers épineux à pétioles
et nervures médianes des feuilles munis de crochets, et dont les
ilagelles prolongeant le rachis foliaire sont également munis de
crochets et de harpons dirigés vers l’arrière;
— rameaux courts s’enroulant autour du support;
— vrilles (tendril climbers) : l’extrémité de la tige se 'différencie
en vrille et cesse de croître; cependant un bourgeon latéral reforme
l’axe principal qui continue à s’allonger. —- Ex. : Landolphia, Cissus,
Adenia, Cucurbitacées, Enlada gigns ;
— à racines crampons (root-climbers); racines adhésives. — Ex. :
Piper guineense, Aracées ( Culcasia ), Orchidées ( Vanilla) ;
4. lianes rampantes (creeper).
Llanos. — Grandes plaines de savanes herbeuses et de savanes à boque¬
teaux (matas) du bassin de l’Orénoque (Vénézuela).
t. La langue anglaise dispose de nombreux termes, pour différencier les divers
types de lianes, contrairement à la langue française. Comme ils sont d’un usage courant,
nous les rappelons ici.
Source : MNHN, Paris
— 482 —
M
Macroclimat. - Le climat aérien, extérieur à une communauté; distinct
du microclimat de l’intérieur de la communauté.
La forêt se crée un microclimat favorable à sa permanence.
Les grands massifs forestiers influencent le macroclimat, par une
élévation de l’humidité atmosphérique et dans une certaine mesure,
de la pluviosité.
Macroenvironnement. - - L'environnement extérieur d’une commu¬
nauté.
Mangrove. — Formations côtières tropicales du bord de mer et des
lagunes, remontant les rives des fleuves tant que l’eau est saumâtre,
installées sur des sols vaseux, recouverts par la mer à marée haute.
Biologie et flore très spéciales. Espèces d’arbres et d’arbustes à
racines-échasses (palétuviers : Rhizophora), à pneumatophores (Avi-
cennia).
La mangrove atlantique est beaucoup plus pauvre en espèces
que la mangrove indienne ou pacifique.
Arrière-mangrove : atteinte par les eaux aux très fortes marées.
11 y a une zonation floristique entre la mangrove du front de mer et
l’arrière-mangrove.
Maquis serpentineux. • Formation édaphique néo-calédonienne de
bois fourré, généralement très dégradée par les feux, couvrant les
terrains (miniers) serpentineux (à silicate de magnésium hydraté).
Matorral. - Formation de fourrés de sous-arbrisseaux au Maroc (Sau¬
vage). Matorral arboré : type de dégradation intermédiaire entre
la forêt et le matorral.
Landes à Bruyères (à Erica arborea, à E. umbellala, à E. austral is).
cistaies, matorrals à Ajonc (l ier), à tigra ( Rhus pentaphylla ), chaméo-
ropaie(à palmier doum, Chamaerops humilie), lavandaies (à Lavan-
dula).
l'n maquis (de machia, corse) est un matorral dense, sur sol
calcaire, difficilement pénétrable.
Mésologie (mésos = qui est du milieu). — Connaissance des milieux :
biotopes, biocénoses, biogéocénoses.
Milieu. — Voir biotope, biocénose, biogéocénose.
Syn. : environnement, biotope.
Miombo. - Voir Mosaïque.
Source : MNHN, Paris
— 483 —
Monopodiale. (croissance). — Elle est assurée par un fonctionnement
indéfini des bourgeons végétatifs.
Mobilisme. — Conceptions générales de la distribution des plantes,
fondées sur les variations géologiques des connections entre terres
émergées (coalescence des continents, dérive continentale) et sur les
variations concomitantes des climats ainsi que sur les déplacements
de l’équateur.
Hypothèses mobilisLes.
Monotopisme. — Voir polytopisme.
Syn. : monocenlrisme.
Mosaïque. - Ensemble irrégulier de petites unités de sol-végétation
séparées, liées souvent au micro-relief, et donnant au paysage végétal
un aspect tacheté. — Ex. : fourrés tachetés.
A une plus grande échelle, mélange par taches irrégulières,
plus ou moins confus, de formations végétales différentes, mais
cartographiquement indifférenciables en raison de l’enchevêtrement.
—• Ex. : la catinga brésilienne (Nord-Est), est. une mosaïque de forêt
sèche dense décidue, de fourrés et de' steppes arbustifs épineux;
le miombo (plateau africain austral) une mosaïque de forêt claire,
de savanes boisées, et de savanes herbeuses; en Asie du Sud-Est,
la forêt claire à diptérocarpacées, est une mosaïque de forêt sèche
dense, de forêt claire, et de savane boisée.
La « forêt parc » est une mosaïque, ensemble de bosquets isolés
dans une savane herbeuse. Ce terme a été parfois utilisé pour désigner
la savane boisée. D’où une certaine confusion possible par son emploi.
La savane à boqueteaux est un paysage mosaïqué, très spécial
(certains llanos du Vénézuela), les boqueteaux disséminés dans la
savane herbeuse étant de petites dimensions.
Les lisières forêt dense-savane sont souvent très découpées,
et dans une certaine bande de transition, limite forêt-savane, bois
et savanes forment un paysage mosaïqué.
On donne parfois aussi le nom de « forêt mosaïquée », à une
forêt tropicale humide, occupée par une population pratiquant
l’agriculture itinérante sur brûlis, qui est ainsi transformée en une
mosaïque de parcelles imbriquées : de forêt intacte, de cultures
récentes, de formations secondaires d’âges et de structures diverses
sur les aires anciennement défrichées puis abandonnées.
Syn. : complexe de végétalion.
Muulus. - - Boqueteaux de forêt dense guinéenne, isolés dans la savane
boisée sur les limites méridionales de la forêt équatoriale congolaise
(Katanga).
Source : MNHN, Paris
— 484 —
N
Néoténie. - Processus d’évolution par l’évincement des phases termina¬
les de l’ontogénie par ses phases initiales.
Selon cette théorie les herbacées auraient pris naissance à partir
des arbres par voie néoténique. Elles représenteraient alors la fixa¬
tion des phases juvéniles des formes arborescentes. Les monocoty-
lédones en particulier devraient leur origine aux formes néoténiques
de plantes herbacées dicotylédones.
Origine néoténique d’une espèce.
Niches écologiques.— Dans une formation végétale, stations d’étendue
restreintes ou régnent des conditions écologiques particulières qui
favorisent l’installation de certaines espèces.
Nycthéméral. - Relatif à la nuit et au jour.
Rythme biologique nycthéméral, à périodicité en rapport avec
l’alternance des jours et des nuits.
Syn. : rythme circadien (circa = environ, dies = jour), quotidien,
périodicité à l’intérieur de la période cosmique de 24 heures.
O
Oecumène (oikouménè = la terre habitée). — La partie de la terre
habitée par l’homme.
Ontogénie. — Science du développement de l’individu â partir du germe.
Ontogenèse.
Orthogenèse. - - Évolution orientée des lignées (phylums).
P
Paysage végétal. — Aspect de la végétation, dans son ensemble.
Pédologie (pedon = sol). — Science du sol. La géologie est la science
du sous-sol.
Pelouse. — Prairie de faible hauteur; dans les régions tropicales, géné¬
ralement limitées aux hautes altitudes.
Source : MNHN, Paris
485
Phénologie. — Connaissance du régime des phénomènes physiologiques
périodiques des plantes : croissance, floraison, fructification, matu¬
ration des fruits, défeuillaison, feuillaison.
Phénotype. — Voir Génotype.
Photosynthèse. — Synthèse des hydrates de carbone par les plantes
vertes sous l’action de la chlorophylle, à partir du gaz carbonique
et de l’eau, avec dépense d’énergie fournie par les radiations solaires.
Une très faible partie des radiations atteignant le sol est utilisée
pour la photosynthèse (0,66 %, Browin et Escombe).
Phylétique (phulon = tribu). — Qui se rapporte à la phylogenèse. — Voir
Espèces écophylétiques.
Phylogenèse (genesis = formation). — Genèse de l’espèce. — Syn. :
Phylogénie.
Phylogénie. - Histoire de l’évolution des végétaux. Les groupes systé¬
matiques ont suivi au cours de leur évolution certaines lignées
(phylums), chacun d’eux dérivant d’un autre plus ancien.
Systèmes phylogéniques.
Phylum. — Lignée phylétique.
Rapports phylétiques entre groupes systématiques.
Physiogenèse (phusis = nature, genesis = formation). —■ Production
de variations spécifiques sous l’influence du milieu.
Voir Espèces écophylétiques.
Physiognosis (gnôsis = connaissance). — Science de la nature, des lois
naturelles.
Phytocénose. — Communauté végétale.
Phytocénologie. - Syn. : Phylocénotique.
Phytogéographie. - - Connaissance de la répartition des plantes à la
surface de la terre. Elle est fondée rationnellement sur l’aréographie,
c’est-à-dire sur la connaissance des aires de répartition des taxons,
des formations végétales, donc sur la chorographie et la chorologie.
Elle se propose aussi de mettre en évidence des groupements
floristiques naturels, ayant à l’intérieur de territoires déterminés
Source : MNHN, Paris
— 486 —
une certaine homogénéité de composition, et différents les uns des
autres. Ces territoires peuvent être hiérarchisés. Lorsqu’ils sont établis
sur des bases saines ils sont normalement en rapport avec les facteurs
du milieu et avec l’histoire de la vie végétale, c’est-à-dire aussi avec
l’histoire de la terre.
Les critères (éléments) fondamentaux préférentiels et diffé¬
rentiels de ces territoires essentiellement floristiques sont : l’endé¬
misme des groupes systématiques (taxons), l’absence de certains
taxons ou au contraire leur particulière abondance, et la relative
richesse floristique générale. La notion des aires sympatriques, en
faisant ressortir les groupements géographiques de taxons est ici
particulièrement importante.
Syn. : Biochorologie.
a . Classification des territoires floraux (Drude, Diels).
—- Empires floraux : caractérisé par des endémismes d’ordres et de
familles.
— Régions : subdivisions fondées sur des endémismes de familles,
sous-familles, tribus, genres.
— Domaines : subdivisions des régions, caractérisées par un endé¬
misme générique faible et un endémisme spécifique accentué.
— Secteurs : correspondent à un endémisme générique faible ou nul,
et à un endémisme spécifique encore assez accentué.
— Sous-secteurs : correspondent à un endémisme infraspécifique.
Division en empires floraux (selon Diels, Emberger).
— Neotropis : Empire américain : Amérique du Sud (à l’exclusion
de sa partie la plus australe), Amérique centrale etsud de l’Amé¬
rique du Nord. Endémisme portant sur 4 ordres (Garryales,
Léotneriales, Broméliales, Cyclantales, et environ 32 familles
(notamment Cactacées et Broméliacées).
— Paleotropis : Empire africano-malgache : Afrique tropicale, lais¬
sant l’Afrique du Nord et la pointe extrême de l’Afrique du Sud.
24 familles endémiques (particulièrement les Welwitschiacées).
Empire asiatico-pacifique : dans la zone intertropicale, l’Asie,
l’Australie et les îles du Pacifique. 16 familles endémiques.
— Antarctis : Empire antarctique : toute la partie du globe au sud
des 3 Empires inlertropicaux précédents. Environ 20 familles
endémiques.
-— Holarctis : Empire holartique; couvre tout l’hémisphère nord
extra-tropical. Environ 40 familles endémiques.
Source : MNHN, Paris
— 487 -
b. Division phytogéographique de l’Afrique (a l’exclusion de
l’Afrique du Nord 1 ), ou Empire africano-malgache (Monod,
Aubréville).
1. La connaissance des divisions phytogéographiques de la partie tropicale des
autres continents n'est pas assez avancée pour permettre de dresser un tableau sem¬
blable à celui de l'Afrique.
Source : MNHN, Paris
— 488 —
Phytomorphoses. — Modification de la forme d’un végétal sous des
influences extérieures.
— Pyromorphoses sous l’effet des feux. — Ex. : port des arbres
et arbustes des savanes boisées sous l’effet répété des feux
de « brousse ».
— Anémorphoses. — Déformation de la cime des arbres sous l’effet
violent et continu des vents dominants. Cime déjetée.
Phytosociologie. - Paczoski, 1896. Sociologie végétale. Science des
groupements végétaux (communautés végétales).
Description, inventaire, comparaison, classification, cartes des
groupements végétaux.
Le mot est souvent employé en France dans le sens très parti¬
culier de méthode de description et de classement des groupements
végétaux d’après les principes et les méthodes statistiques de l’École
dite zuricho-montpélliéraine. Cette phytosociologie est exclusivement
floristique, statistique et statique.
D’autres méthodes courantes de sociologie des communautés
végétales sont à la fois biologiques, floristiques et écologiques. Elles
font intervenir les notions de structure, de répartition des types
biologiques qui constituent les différentes strates (synusies), de spectre
biologique, de spectre floristique, de caractérisation de la compo¬
sition floristique d’après les degrés d’abondance (fréquence) des
espèces constituantes. Lorsqu’elles sont en outre écologiques, elles
lient à la description de la biocénose, les conditions existantes du
milieu.
Cette forme de sociologie végétale peut être appelée biogéo-
cénologie, ou plus simplement phytocénologie, ou biophytosociologie,
ou phytosociologie biologique.
a. Classification phytosociologioue de Cléments.
Association. —- Grande communauté végétale caractérisée par un
ensemble d’espèces abondantes.
Elle peut présenter des variations localisées (stationnelles),
avec apparition en abondance d’espèces autres que les caracté¬
ristiques habituelles de l’association et être ainsi subdivisée en
» faciations », ou même à un échelon inférieur, en « lociations ».
Une « community » est un groupement floristique dont la posi¬
tion hiérarchique dans l’association est provisoirement indé¬
terminée, faute d'informations suffisantes.
Consocialion. —- Dans une grande communauté végétale, association
secondaire caractérisée par une seule espèce dominante. Elle
peut être aussi subdivisée en « faciès » et «< community ».
Source : MNHN, Paris
— 489 —
Assemblage. — Groupement floristique mal connu, constituant une
association encore indéfinie, non certaine. II peut également
comporter des « faciès ».
Ecolone. — Communauté de transition, floristiquement et structu¬
ralement, sur la frontière de deux types distincts.
Société (society). — Petite communauté dans laquelle une espèce
est dominante, mais où hors de laquelle elle ne l’est plus. Concept
différent de celui de la consociation.
b . Classification phytosociologique de Braun-Blanquet,
1900. Pavillard, Emberger, Guinochet, etc...
École franco-suisse, dite de Zürich-Montpellier. Une autre école,
dite Scandinave, a des critères de classification différents.
L’unité phytosociologique fondamentale est « l’association végé¬
tale ». Elle est un groupement floristique statistiquement homogène
de relevés (de faible superficie chacun), eux-mêmes pris sur des sur¬
faces floristiquement homogènes, groupement qui possède au moins
une espèce caractéristique.
Chaque relevé de l’association est considéré comme un « individu
d’association » analogue à l’individu, au sens commun du terme.
L’association végétale correspond au concept de l’espèce.
Les espèces qui ne se trouvent que dans un groupement floris¬
tique ou qui y présentent une fréquence (constance) significativement
plus élevée que dans les autres sont dites « caractéristiques » de
celui-ci; les autres sont les « compagnes ». Le critère des espèces
caractéristiques est un degré de « fidélité » (constance) élevé. Une
espèce constante n’est pas forcément caractéristique si elle se trouve
également constante dans d’autres groupements.
Dans un individu d’association, les diverses espèces constituantes
ont une « sociabilité » différente (dispersion, groupements en agrégats
plus ou moins nombreux et importants); elles ne comprennent pas
le même nombre d’individus (notion d’abondance), ni n’occupent
la même surface ou le même volume (notion de dominance).
Tous ces éléments forment ensemble l’essentiel de la physio¬
nomie de l’individu d’association. Ils s’évaluent quantitativement
suivant des échelles conventionnelles d’appréciation.
L’association peut présenter des « faciès » dus localement à la
dominance ou la grande abondance d’une espèce, et des « variantes »
dues à de légères variations dans la composition floristique, générale¬
ment d’ordre géographique.
Les unités phytosociologiques sont hiérarchisées. Elles com¬
prennent : la sous-association, l’association, l’alliance, l’ordre, la
classe.
Les règles de la nomenclature consistent à adjoindre aux noms
Source : MNHN, Paris
— 493 —
d’une ou deux espèces considérées parmi les plus représentatives du
groupement, diverses terminaisons caractérisant les unités.
Pour les associations on adjoint — elum au radical du nom de
genre et l’épithète spécifique est mise au génitif. Pour les trois unités
supérieures on emploie les terminaisons : — ion, — eialia, — etea.
Pour une sous-association, on fait suivre le nom de l’association
à laquelle elle appartient de celui d’une espèce différentielle, au
radical duquel, on ajoute la terminaison — etosum.
Le nom de l’auteur est, comme pour les espèces botaniques,
ajouté à chaque unité décrite.
E.
iples 1 :
- alliance
- classe
Klaincdoxato-
Aningueri-
Mabo-Parina-
Pycnanthe/ea
(faciès de rain forest en
Guinée française, à
Klainedoxa et Anin-
gueria).
(faciès de « muulu » du
Congo, à Maba et Pa-
(désigne la « rain forest «
feuilles persistantes
i Côte d’ivoire),
(désigne les forêts hu¬
mides de la Côte
d’Ivoire).
— En France on a dénombré 30 classes, 51 ordres, 117 alliances
répartis en 5 groupes : rochers et éboulis, mauvaises herbes, eaux ou
bords des eaux, pelouses et prés, landes et bois.
Échelles phytosociologiqces. — Notations chiffrées.
Abondance (dominance)
l’espèce couvre tout, soit > 80 %
le sol, ou > 3/4
r = degré de recouvrement 4
3
2
I
+
3 /4 > r > 1/2 env. 60%
1 /2 > r > 1/4 — 40 %
r < 1 /4 — 20 %
recouvrement faible,— 5 %
malgré une assez
grande fréquence
espèce présente, recouvrement inap¬
préciable.
1. Cette nomenclature n’est pas unanimement adoptée.
Source : MNHN, Paris
491
5 peuplement très dense
Sociabilité ou dispersion 4 peuplement assez dense
3 groupements nets iso¬
lés
2 en tou fies
1 par pieds isolés.
Fidélité (= constance) V l’espèce se trouve dans plus des 4/5
des relevés
(régularité de la présence IV
d’une espèce donnée dans III
les dilTérents relevés) II
>3/5
> 2/5
> 1/5
1 /
Importance d’une espèce
dans une association ou
abondance moyenne.
Total des pourcentages de recouvre¬
ment obtenus dans tous les relevés
Nombre des relevés
c. Phytosociologie dynamique. — Syn. : Syngénélique.
Les stades successifs de l’évolution d’une communauté végétale
sont des « successions » ou « séries ». Ce sont des paliers temporaire¬
ment et apparemment stables.
Groupements pionniers. — Végétation pionnière. Les successions
primaires (prisères, primary seres) sont celles d’une communauté
s’installant sur des surfaces qui n’ont jamais été occupées par la
végétation.
Groupements transitoires. Les successions secondaires (subsere,
secondary seres) s’observent sur un sol où la végétation a été complète¬
ment ou partiellement détruite, par le feu, le défrichement, l’inon¬
dation, le pâturage. Les jachères, le recru forestier, les forêts secon¬
daires en général, entrent dans cette catégorie.
Une succession qui commence en station sèche est une xérosère
(lithosère sur rocher, psammosère, pédosère); à partir d’une station
d’eau salée, une halosère; une hydrosère à partir d’une station très
humide, ou de l’eau (limnosère).
La phase finale théorique est le climax précédé d’un subclimax.
—• Voir Climax et Biologie des espèces végétales.
Polychore. - Espèce dont l’aire de répartition s’étend à plusieurs régions
florales. — Syn. : Plurirégionale.
Polyphylétisme. - Concept d’après lequel un groupe systématique
pourrait avoir deux ou plusieurs origines phylétiques différentes,
les phylums correspondants aboutissant par convergence morpho¬
logique à un même appareil floral. D’après Emberger, les Angios-
Source : MNHN, Paris
— 492 —
permes se seraient différenciées, les unes à partir des Bennettitales,
les autres des Cycadales, et d’autres enfin des Conifères. Leur origine
serait polyphylétique.
Polytopisme. - Théorie d’après laquelle la genèse d’une espèce (d’un
groupe systématique) aurait pu se produire en des lieux différents
de la terre, par des voies indépendantes les unes des autres.
Elle s’oppose au monotopisme où l’espèce serait issue d’une
souche unique, dans une aire originelle réduite (berceau) et se serait
ensuite propagée et étendue par migrations.
Une espèce polytopique aurait pu apparaître indépendamment
en diverses stations, même très éloignées les unes des autres. Il en
serait résulté des aires disjointes, qui ensemble composent l’aire
actuelle de l’espèce polytopique.
Un groupe polytopique est descendant d’une même souche,
issue de lieux divers.
Un groupe polyphylétique est originaire de plusieurs souches
qui peuvent être très différentes.
Syn. : polycentrisme.
Profil-diagramme. — Reconstitution précise par le dessin du profil
d’une formation végétale, à partir de relevés et mesures faits dans
une bande étroite délimitée dans la formation. — Ex. : en forêt, ban¬
des de 100 m., larges de 5 m.. découpées en carrés de 5 X 5 m..
successivement inventoriés.
Le dessin du profil peut être avantageusement complété par le
plan de la bande étudiée où figurent les projections des cimes, ce qui
donne une idée du degré de recouvrement.
Ces dessins de profil sont autres que les profils schématiques
qui sont des représentations synthétiques interprétées par leurs
auteurs, souvent très avantageusement à défaut de profils-dia¬
grammes.
R
Refuges (Territoires). — Dans le cas de modifications paléo-climatiques
ayant affecté un pays et ayant entraîné des changements dans la
répartition générale des formations végétales, le biotope primitif a
pu se maintenir localement dans des territoires limités où la végé¬
tation primitive restée en place a trouvé ainsi un refuge.
Dans le cas de retour aux conditions climatiques antérieures,
ces territoires de refuge peuvent devenir des « centres de repeu¬
plement «.
Syn. : Asiles. Stations relicles.
Source : MNHN , Paris
— 493 —
Régions naturelles. - - Système chorographique et chorologique, fondé
sur la considération à la fois de la répartition des formations végétales,
des facteurs du milieu et des éléments floristiques.
Diffère de la conception des unités phytogéographiques dite des
territoires floraux établies uniquement d’après la floristique.
Flore, végétation et milieu étant plus ou moins liés, en fait
régions floristiques et régions naturelles peuvent plus ou moins
coïncider, mais les conceptions originelles sont différentes.
Syn. : Régions ( territoires ) botaniques.
Relictes (espèces). — Au sens de l’écologie et de la biogéographie :
espèces vivant dans des stations très spéciales, résidus d’aires anciennes
étendues qui correspondaient à des milieux disparus.
Espèces témoins d’un passé plus ou moins ancien, n’existant
plus que dans certaines stations refuges où elles trouvent encore des
conditions de vie comparables à celles qu’elles connaissaient autre¬
fois dans des aires plus vastes.
Espèces en voie d’extinction, subsistant, temporairement dans
des milieux modifiés qui ne leur sont plus écologiquement favorables.
Stations relictes. Formations relictes (voir ce terme).
Ex. : Relictes glaciaires. Relictes tropicales humides tassiliennes
près de sources thermales en pays volcanique saharien.
Reliques (espèces). — Au sens de la paléontologie : espèces vivant
actuellement, généralement de type archaïque, et proches d'espèces
connues è l’état de fossiles. Par extension : formes anormales, confi¬
nées généralement à des habitats spéciaux, représentant des lignées
très anciennes. Fossiles vivants (Darwin). Ex. : Metasequoia, Ginkgo.
Types panchroniques.
Stations reliçues.
Restinga (pl. restingàes). —■ Brésil. Étroites bandes d’alluvions surélevées
accompagnant les bords des grandes rivières amazoniennes et de leurs
canaux latéraux, jamais ou rarement inondées. Elles sont couvertes
d’un mélange d’arbres de la forêt de varzea et de la forêt de terre ferme.
Ce terme est appliqué également à des formations côtières sur
sable, sur le littoral entre Rio de Janeiro et Santos, ayant superfi¬
ciellement une ressemblance avec la Catinga, mais avec une flore
très différente.
S
Série (de végétation). — Gaussen. — Expression d’un milieu déterminé,
traduite par une couleur dans les cartes de végétation, dans une
gamme allant du rouge au bleu, combinant une notation de tempé¬
rature et une notation d’humidité.
Source : MNHN , Paris
- 494
Sertào. —- Région de catinga inhabitable et déserte.
Société (angl. Society). — Type de communauté végétale. — Voir
Classification phytosociologiqüe de Cléments.
Sociabilité. —- Mode de groupement des individus d’une espèce à l’inté¬
rieur d’une communauté végétale.
Espèces dominantes, grégaires, groupées par bouquets, dissé¬
minées, sporadiques, etc...
Spéciation. — Genèse des espèces.
Foyers de spéciation. Foyers génétiques.
Spectre biologique (d’une communauté). (Life-form spectrum). Raun-
kier, 1934. Tableau synthétique de la répartition proportionnelle
des différentes formes biologiques d'une communauté ou d’un terri¬
toire.
Il y a deux types de spectres biologiques :
1. Pourcentages du nombre des espèces appartenant aux divers
types biologiques, par rapport au nombre total des espèces
de la communauté. Spectre biofloristique.
2. Degré d’abondance (de recouvrement) de chaque type biolo¬
gique en nombre d’individus par rapport au nombre total
des individus sans tenir compte des espèces. Spectre biologique
réel J. Carles, 1948.
Le premier est une notion surtout floristique, le second est
biologique et structural.
Un spectre biologique caractérise une formation végétale, les
divers éléments du spectre pouvant varier floristiquement à l’intérieur
de la formation.
Station. — Localité et milieu allèrent. Conditions stationnelles.
Steppe (stepj, russe) — Formation herbeuse sous des climats semi-
arides ou arides. Sens étendu à des formations mixtes, herbeuses et
ligneuses : steppes arbustives, buissonnantes, à succulents, etc...
La distinction entre deux grands types de formations herbeuses,
savanes herbeuses et steppe herbeuse, est parfois plus ou moins
subjective. Écologiquement les savanes correspondent à des climats
plus humides, comportant une nette et assez longue saison pluvieuse,
les steppes à des climats plus arides, et font transition avec des
formations désertiques.
Genre masculin ou féminin, indifférent.
Source : MNHN , Paris
— 495 —
Sympodiale (croissance). — Elle est assurée par un fonctionnement
défini des bourgeons végétatifs. Il en résulte des axes (tige, tronc,
rameaux ou rhizome) formés par la superposition de segments de
générations successives.
Stratification. — Les plantes et les formes biologiques dans une for¬
mation végétale se distribuent par strates superposées. Leur ensemble
donne sa structure à la formation. — Voir Classification des
TYPES BIOLOGIQUES ET PHYSIONOMIQUES DES ESPÈCES DANS LES
FORMATIONS VÉGÉTALES TROPICALES.
Structure (d’une communauté végétale). — Voir Stratification.
Symbiose. — Association intime avec l’arbre de bactéries ou de cham¬
pignons (mycorrhizes), sous forme d’organes spéciaux où coexistent
les cellules de l’arbre et celles du symbiote. Arbre et symbiote béné¬
ficient mutuellement de leur association.
Mycorrhizes ectotrophes. — Les ramifications du thalle d’un
champignon (hyphes) forment un feutrage autour des radicelles,
et pénètrent plus ou moins les tissus de l’arbre entre les cellules.
Mycorrhizes endotrophes. — Les hyphes du champignon enva¬
hissent les cellules mêmes des radicelles.
Synchorologie. — Chorologie des formations végétales.
Synécologie. — Écologie d’une communauté. — Voir Écologie.
SyngénétiqTie. — Constitution et évolution des groupements végétaux.
— Voir phytosociologie dynamique. Successions syngénétiques.
Relations syngénétiques de groupements végétaux.
Synécie (Gaussen). — Syn. : Communauté végétale.
La symphytie est la liste des espèces de la synécie.
Synusie (Gams, 1928; Rübel). — La phytocénose a une certaine struc¬
ture en rapport avec son spectre biologique.
Dans chaque strate, les diverses formes biologiques constituent
des synusies.
Èn forêt dense humide tropicale, la strate des grands arbres
forme une synusie, à laquelle s’ajoute la synusie des lianes et la
synusie des épiphytes qui s’épanouissent dans les hautes cimes,
avec leur écologie spéciale. Dans les sous-bois se trouvent la synusie
Source : MNHN , Paris
496 —
des arbrisseaux et celles, différentes écologiquement de celles de
la strate supérieure, des lianes et des épiphytes. Toutes ces synusies,
diverses écologiquement, le sont généralement aussi lloristiquement.
Les différentes synusies d’une phytocénose se placent dans les
diverses « niches écologiques » offertes dans la biogéocénose.
Analyse synusiale.
Aérosynusies (Hosokawa, 1951). —• Ensembles épiphytiques à
différents niveaux, cime de l’arbre, tronc, base du tronc.
Système radiculaire. — Superficiel, profond, pivotant.
Les espèces à enracinement pivotant profond n’ont généralement
pas de contreforts. Leur fût est alors cyclindrique jusqu’au sol,
sans empattement.
T
Taxologie. - Science des classifications. Syn. : Systématique.
Taxon. — Unité, de rang quelconque, des systématiques zoologique ou
botanique. Les taxons les plus utilisés sont : variété, sous-espèce,
espèce, genre, tribu, sous-famille, famille, ordre.
Taxonomie (taxis = arrangement, nomos = loi). — Classification des
groupes systématiques. Règles de la classification des taxons. —
Syn. : Taxinomie.
Territoires floraux. — Voir Phytogéographie, Classification des
TERRITOIRES FLORAUX.
Topographie (topos = lieu). — Connaissance des formes du terrain. —
Syn. : Topologie.
Toponymie. - Connaissance des noms de lieux. — Syn. : Toponomas-
lique.
Type écologique. — Syn. : Ecolype.
Type forestier. —- Groupement physionomique et écologique à l’inté¬
rieur d’une communauté forestière.
Type de végétation. —- Caractérisé par une structure : forêt, fourré,
savane, steppe. Il comprend de nombreuses formations végétales.
Source : MNHN , Paris
— 497
Typogenèse. — Dans les théories de l’évolution, genèse d’un plan d’or¬
ganisation.
Typologie (tupos = empreinte). — Description de certains types mor¬
phologiques et écologiques dans des communautés végétales.
U
Ubiquiste. - Plante peu exigeante, capable de vivre dans des milieux
très divers. Ayant une grande plasticité (tolérance, amplitude
écologique).
Syn. : versatile.
V
Varzea. — Brésil. Terres basses inondées à la période des crues annuelles
des rivières. Mata de varzea : forêt de varzea, s’oppose à la « mata
da terra firme », la forêt de terre ferme, jamais inondée; campos de
varzea : savane herbeuse de varzea. inondée à la saison des pluies
et des crues; lacs de varzea.
Vicariants (genres, espèces). — Morphologiquement très proches des
uns des autres, ayant très probablement une souche commune ou
l’un descendant de l’autre, habitant en général des aires de réparti¬
tion voisines, et qui ainsi semblent se remplacer en passant d’une
aire à l’autre.
Vitalité. — Voir Biologie des espèces végétales en tant que
MEMBRES D’UNE COMMUNAUTÉ.
Laboratoire de Phanérogamie,
Muséum - Paris.
Source : MNHN , Paris
Source : MNHN , Paris
Adansonia, ser. 2,10 (4) 1970
DEUX GALLES D’INFLORESCENCE
CHEZ LES CROTON MALGACHES (EUPHORBIACÉES)
Résumé : Description de deux galles d’inflorescence observées sur des Crolon
(Euphorbiacées) du sud-est de Madagascar.
Summary : Two gall-nuts on inflorescence of Crolon species in south-east Mada¬
gascar are pointed ont.
Selon les termes de son fondateur, le but de cette Revue est de
publier « tout ce qui peut être utile à la connaissance approfondie des
plantes tropicales ». Les rapports de ces dernières avec les autres êtres
vivants doivent pouvoir entrer dans ce cadre. Bien que, dans l’état
actuel de la science, l’étude des galles soit mieux à sa place entre les
mains des entomologistes, il n’est sans doute pas inutile que les botanistes
signalent les cas nouveaux ou intéressants qu’ils rencontrent au cours de
leurs propres travaux.
Les galles d'inflorescence connues à Madagascar sont peu nombreuses.
Dans sa très importante « Contribution à l’étude des zoocécidies mal¬
gaches » (Mém. Inst. Sci. Madag., B-II, 1962, p. 1-106, 6 pl.), M me L.
Paulian de Féuce n’en cite que 24 sur un total de 227 galles obser¬
vées, dont aucune sur le genre Crolon, un des plus importants de la
Flore. L’ouvrage classique de C. Motard (Zoocécidies des plantes d’Afri¬
que, d’Asie et d’Océanie. 1922, p. 448) ne cite que les fascicules de faux-
rameaux produits par un Kriophyide indéterminé sur l’inflorescence
du C. insularis (Nouvelle-Calédonie), très différents des deux galles
signalées ici.
Un révisant le genre Crolon pour la « Flore de Madagascar et des
Comores », nous avons observé sur deux espèces du sud des galles d’in¬
florescence dont nous donnons ici la description.
Croton Decaryi .1. Leand.
Sur échantillon Decart / 4446. Massif de l’Angavo, à l’est d’Anta-
nimora (« province » de Fort-Dauphin). Buisson en boutons et fleurs
19 juillet 1926.
Probablement Cécidiozoaire. plus un Insecte inconnu parasite des
cavités.
Source : MNHN, Paris
— 500 —
Tuméfaction diffuse de l’axe d’inflorescence, englobant des pédi-
celles et jusqu’à la base de certaines fleurs, et portant des excroissances
coniques émoussées; dimension : 2,5 X 1 cm.
Le tissu de la galle est creusé d’alvéoles en général ovoïdes-allon-
gées, à paroi lisse dure, dirigées vers la surface. La galle est couverte de
poils hérissés.
Croton divaricata .J. Leand.
Sur échantillon Decary 3174. Ambovombe (extrême sud), sur sable.
Buisson à fleur jaunâtre, en fleurs le 19 octobre 1924.
Cécidiozoaire? Peut-être un autre Insecte hôte des cavités, qui s’ou¬
vrent à l’extérieur.
Tuméfaction sphéroïdale plus localisée que la précédente sur l'axe
d’inflorescence, mais portant aussi des protubérances coniques émous¬
sées. Certaines des cavités sont sphériques, ou ont leur plus grande
dimension parallèle à la surface. Cavités à paroi moins lisse et dure que
chez la galle précédente. Surface couverte de poils hérissés, montrant
qu’il s’agit d’une galle, non d’un nid surajouté. Dimension : 1 cm environ.
Des galles semblables se rencontrent sur d’autres échantillons à
caractères voisins, mais, ou bien elles ne sont pas assez développées, ou
bien c’est le spécimen qui ne peut être attribué à celte espèce en toute
certitude.
Résumé : Description de deux galles d’inflorescence observées sur
des Crolon (Euphorbiacées) du sud-est de Madagascar.
Summary : Two gall-nuts on inflorescence of Crolon species in
south-east Madagascar are pointed out.
Laboratoire de Phanérogamie
Muséum. Paris.
Source : MNHN, Paris
ser. 2,10 (4) 1970
DEUX NOUVELLES BIGNONI ÂGÉES
par R. Capuron
A. —UNE CRESCENTIÉE A FLEURS RÉGULIÈRES :
RHODOCOLEA PERR1ERI R. Capuron
La tribu des Crescentiées est représentée à Madagascar par 5 genres
tous endémiques ou tout au moins spéciaux à la Région malgache. Per-
rier de la Bathie les a divisés en deux groupes suivant que les anthères
ont une ou deux loges développées. Trois genres appartiennent à ce der¬
nier groupe et parmi eux le genre Rhodocolea Bâillon que caractérisent
ses feuilles imparipennées et opposées (les deux autres genres sont Pli'il-
loclenium Bâillon, à feuilles simples et rameaux épineux, et Phyllar-
Ihron DC. ex Meissn., à feuilles réduites aux articles du rachis). L’est au
genre Rhodocolea, dans lequel Perrier a reconnu six espèces, que nous
allons rapporter une espèce que nous avons observée dans le Nord-Est
et qui se distingue de toutes les autres par des caractères remarquables
tels que la régularité des fleurs, les lobes de la corolle valvaires-indu-
pliqués dans le bouton, l’androcée constitué de cinq étamines égales.
On pourrait être tenté de considérer ces caractères comme suflisants
pour définir un nouveau genre; nous n’adopterons pas cette manière de
voir, car par tous ses autres caractères (port, anthères, ovaire, fruit,
graines) la nouvelle espèce ne se dilîérencie pas des autres Rhodocolea.
Rhodocolea Perrieri R. Capuron, sp. nov.
A ceteris speciebus generis Rhodocoleae diflert floribus caulinaribus
regularibus, lobis corollae in alabastro valvatim induplicatis, androceo
Frutex vel arbor parva 7-8 m alta, floribus exceptis fere omnino
glabra. Ramuli hornotini resinoso-glutinosi. Folia opposita, 20-45 cm
longa, imparipinnata (5-)7-9-foliata; petiolus 2-10 cm longus, supra compla-
natus; rhachis supra complanatus et lateraliter anguste marginatus;
foliola (inferiora minora) petiolulata (petiolulo supra canaliculato 5-15 mm
longo), limbo ovato-oblongo vel oblongo-elliptico (5-15 X 3-6,5 cm), basi
(saepe leviter asymmetrico) plus minusve late cuneato et in petiolulum
ima basi anguste cuneatim decurrenti, apice obtuso et plus minusve longe
acuminato; costa supra leviter impressa et brevissime puberula, subtus
valida; nervi secundarii (4-)6-9-jugi supra vix prominuli (basi brevissime
Source : MNHN, Paris
— 502 —
Source : MNHN, Paris
— 503 —
puberuli), subtus prominentes. Flores in nodis trunci vel ramorum fas-
ciculatis; pedicelli (initio resinosi) 5-12 mm longi; calyx campanulatus vel
leviter obconicus, 5-7,5 mm longus, extra sparse glandulis minimis peltatis
instructus et infra apicem loborum (vel dentorum) glandulis peltatis quant
praecedentes valde majoribus praeditus, margine (brevissime ciliata)
truncatus (dentibus 5 minimis) vel obscure 5-angulatus; corolla actino-
morpha recta, tubo bipartito, parte inferiore (ca. 5-7 mm longa) anguste
cylindrica, parte superiore (supra inferiorem abrupte dilatata) late cylin-
drica vel subcampanulata (lobis excluais ca. 20-35 mm longa, 16-22 mm
diam.), extra sparse breviter pilosula intus glabra (ad insertionem stami-
norum pilis capitatis excepta); lobi corollae utraque faciei breviter pilosuli,
in alabastro juvenili leviter imbricati deinde valvato-induplicati et longi-
tudinaliter sulcato-plicati, per anthesin semicirculares (ca. 13-20 mm lati,
6- 8 mm longi, apice leviter emarginati) et revoluti: stamina 5, aequalia, ad
dilatationem corollae inserta, filamentis 20-28 mm longis basi dilatatis
et glanduloso pilosis, antheris (leviter inclusis vel per anthesin exsertis)
2-locularibus, loculis (2-2,5 mm longis) initio parallelis et descendentibus
deinde divaricatis; discus crassus, annuliformis glandulis peltatis nonnullis
instructus; ovarium sessile, fusiforme glandulis peltatis minutissimis
omnino vestitum, extremo apice excepto 2-loculare; Stylus ca. 30 mm
longus apice stigmato foliaceo obovoideo vel subrhomboideo 2-fido ins-
tructo; ovuli in quoque loculo numerosissimi, irregulariter 5-6-seriati.
Fructus baccatus (immaturus solum visus) fusiformis (ad 10-12 mm diam.,
7- 8 cm longus) basi nonnunquam stipitatus. Semina compressa, lenticu-
laria. — PI. 1.
Typis sPECiF.i : 27310 SF (Holo-, P).
Est (Nord) : Forêt littorale, sur sables, au Sud de Voliémar, 27310 SF (Fl., Fr.
imm., 19 déc. 1966). — Forêt littorale, sur sables, au Sud de Sambava, 27140 SF (Fl.,
Fr. imm., 21 déc. 1966).
Le Rhodocolea Perrieri, que nous ne connaissons encore que des
deux localités citées ci-dessus (où il est rare) est tantôt un arbuste, tan¬
tôt un petit arbre de 7-8 m de hauteur. Ses organes végétatifs sont presque
entièrement glabres ; ce n’est qu'à la face supérieure du rachis et surtout
à la face supérieure de la nervure médiane (et à la base des nervures
secondaires) que l’on peut observer de minuscules poils peu denses. Les
inflorescences sont insérées sur la tige principale ou sur les grosses bran¬
ches ou rameaux, toujours au-dessous des feuilles; les fleurs s’insèrent
directement, parfois en grand nombre, sur des nodosités de l’écorce;
à la base du pédicelle floral on observe une petite bractée très étroite,
longue de 1-1,5 mm. Dans le très jeune bouton les dents calicinales sont
assez nettement indiquées; dès que la corolle dépasse le calice ces dents
s’atténuent beaucoup et le bord du calice est Lronqué (chaque lobe du
calice n’étant alors marqué que par un petit denticule) ou très obscuré¬
ment 5-sinué; parfois le calice se fend irrégulièrement. La face externe
du calice est parsemée d’assez nombreuses glandes peltées; outre ces
glandes, très petites, on observe aussi des glandes beaucoup plus grosses
disposées régulièrement en groupes situées de part et d’autre des cinq
Source : MNHN, Paris
— 504 —
nervures du calice, vers le tiers supérieur du tube; il y a ainsi dix groupes
de glandes (ayant chacun 2-8 glandes). La corolle, dans le bouton très
jeune, a des lobes faiblement imbriqués; un peu plus tard on observe
que les bords des lobes s’incurvent vers l’intérieur du bouton, les lobes
devenant ainsi pratiquement valvaires-indupliqués; dès ce stade on
peut observer également que les lobes se replient en gouttière le long de
leur ligne médiane; peu avant la floraison, par suite de ces divers replie¬
ments le bouton présente un aspect assez particulier à son sommet;
celui-ci est comme tronqué et présente cinq profonds sillons radiaux qui
alternent avec cinq saillies qui présentent chacune à leur face supérieure
un fin sillon (radial également) correspondant à la commissure entre
deux lobes corollins. Au moment de l’épanouissement les lobes de la corolle
se rabattent vers l’extérieur tout en se recurvant fortement (de même
parfois que le haut du tube corollin lui-même). Le tube de la corolle
est constitué de deux parties : la partie inférieure est étroitement cylin¬
drique et se dilate brusquement en tube campanulé subcylindrique.
Dans l’échantillon 27140 SF la corolle est plus grande (jusqu’à 43 mm
pour le seul tube) que dans l'échantillon type et entièrement (sur ses
2 faces) d’un pourpre assez foncé; dans l’échantillon type le tube de la
corolle (de 25 mm environ) est de teinte plus claire et la gorge est de
teinte jaunâtre. Sauf à son extrême sommet l’ovaire est à deux loges
complètes; au cours de la transformation de l’ovaire en fruit, la cloison
reste complète mais elle se laisse très aisément diviser en deux moitiés.
B. PHYLLARTHRON CAULIFLORUM B. Capuron
lin 1960 (Nol. Syst. 16 : 75, tab. 3,5-8) nous avons décrit un Phyl-
larthron [P. anlongiliense) qui se sépare de ses congénères par ses fleurs
disposées en grappes simples le plus souvent caulinaires, à calice nette¬
ment spathacé et à corolle très fortement zygomorphe (avec lobes se
rabattant nettement vers l’arrière de la Heur). Dans la région de Sambava
nous avons découvert un Phyllarthron dont les caractères lloraux sont en
tous points identiques à ceux de P. anlongiliense mais qui en diffère
nettement par ses feuilles constituées de quatre articles et non deux.
Phyllarthron cauliflorum R. Capuron, sp. nov.
Valde affinis P. anlongiliense a quo dififert foliis articulis 4.
Frutex 4-5 m altus, floribus exclusis omnino glaber. Folia opposita,
ad 40 cm longa, articulis 4 ample foliaceo-marginatis, supra glandulis
minimis peltatis sat densis instructa; articulus infcrior latc obtrullatus
(ca. 14 X 9,5 cm), angulis lateralibus rotundatis, basin versus longe sen-
sim attenuatus et in petiolum decurrens, apicem versus magis abrupte
attenuatus; articuli bini sequentes transverse rhombici (8-9 cm longi,
11-12,5 cm lati) angulis lateralibus rotundatis; articulus ultimus quadrato-
rhombicus (ca. 7,5 X 7 cm) vel obeordatus (ca. 5x6 cm); Costa supra
canaliculata, subtus valde prominens; nervi secundarii 5-7 jugi, patuli.
Source : MNHN, Paris
x 1 12; inflorescence, x 2/3;
Source : MNHN, Paris
— 506 —
vix prominuli; margines leviter revoluti. Inflorescentiae (caulinares, sitn-
plices, racemiformes) et flores eis P. antongiliensc omnino similes. Fructus
(immaturus solum visus) fusiformis. — PI. 2.
Typus speciei : 27709 SF (Holo-, P).
Est (Nord) : Foidts littorales, sur sables, au Sud de Sambava, 27709 SF (Fl..
Fr. imm., 1-10 avril 1967).
Étant donnée l’identité des caractères floraux de cette espèce avec
ceux du Phyllarthron anlongiliense on peut évidemment se demander
s’il y avait lieu de séparer le P. cauliflorum spécifiquement et s’il n’au¬
rait pas mieux valu le considérer comme une simple forme ou variété
du P. anlongiliense. Certes les feuilles des deux espèces sont très dissem¬
blables et permettent de les distinguer aisément; mais il n’est pas exclu
que l’on découvre un jour des formes intermédiaires ce qui remettrait
en question l’attitude que nous avons adoptée. Nous pourrions en dire
autant, pour terminer, des autres Phyllarlhron. ceux que l’on pourrait
appeler « à fleurs normales »; Perrier en a distingué 11 espèces, aux¬
quelles nous en avons nous-même ajouté une douzième (P. megaphyl-
lum); d’un examen, sans doute trop succinct pour que nous puissions
adopter une position définitive, du matériel conservé dans l’Herbier du
Service Forestier, nous avons retiré l’impression que la séparation des
« espèces » était des plus délicates et qu’il faudrait sans doute se résoudre
à diminuer considérablement le nombre de ces dernières; à moins de les
multiplier sans fin.
C.T.F.T. - Tananarivc,
Source : MNHN, Paris
Adansoi.na, ser. 2,10 (4) 1970
NOTES SUR LES ICACINACÉES
par R. Capuron
A. — RÉHABILITATION DE L ’APODYTES THOUVENOTII P. Danguy
Dans un précédent article (Not. Syst. 16 : 62, 1960) nous avions
déjà eu l’occasion de nous pencher sur les Apodyles de Madagascar, en
particulier de décrire une espèce nouvelle (A. macrocarpa) et de trans¬
férer au genre Potameia R. et S. (Lauracées) Y Apodyles Ihouarsiana
Bâillon ex Grandidier. Dans ce même article nous avions fait allusion
à la possibilité de rétablir l’autonomie de Y Apodyles Thouvenolii Danguy
que Perrier de la Battie avait rattaché, à titre de simple variété, à
Y Apodyles dimidiala E. Mey. ex Arn. A vrai dire les échantillons « à
feuilles assez coriaces, de teinte claire sur le sec » que nous pensions
pouvoir rapporter à Y A. Thouvenolii ne sauraient lui appartenir comme
nous l’a montré l’examen du Type de cette espèce, et leur statut demeure
encore incertain.
En revanche nous rattachons sans hésitation à VA. Thouvenolii
l’échantillon 28768 SF que les caractères (forme et coloration) de ses
fruits permettent de séparer sans équivoque de VA. dimidiala.
Dans VA. dimidiala le fruit (PI. 1. fig. 8), presque perpendiculaire
au pédicelle, de couleur noire à maturité, nettement comprimé latérale¬
ment, est. flanqué à sa base (entre le pédicelle et le style) d’une glande
charnue rouge (et non blanche comme l’indique Perrier); cette glande
n’occupe qu’une faible partie de la périphérie du fruit. Dans l’/l. Thou¬
venolii le fruit, glande comprise, est grosso modo oliviforme (PI. 1, fig. 6-7).
beaucoup moins dissymétrique et faiblement ou non comprimé; il mesure
15-18 mm de longueur sur 10,5-12 mm de diamètre dans sa section la
plus large; la glande, de couleur noir-violacé sur le frais, épaisse de 2-
2,5 mm, enveloppe la majeure partie du fruit proprement dit; celui-ci
n’apparaît que sur une plage elliptique (de couleur pourpre verdâtre’
d’environ 9 mm de longueur sur 7 mm de largeur, située entre le pédicelle
et le style persistant (rabattu contre la partie apparente de l’exocarpe).
Le noyau a des parois crustacées et fragiles, minces (un peu épaissies
le long de sa ligne médiane dorsale), lisses extérieurement.
A VApodyles Thouvenolii nous rapportons les échantillons suivants,
Source : MNHN, Paris
— 508 —
provenant tous de forêts situées aux environs de 900-1 200 m d’altitude,
c’est-à-dire à la limite inférieure du Domaine du Centre.
Centre : Befody, Ambatondrazaka, 490 R 56 (F., Bois, 27 juill. 1952, Hazoma-
lany; échantillon douteux). — Versant Ouest du massif de l’Ampahana, à l’Est de
Fie'rcnena (Moramanga) vers 1 000 m d’alt., 28768 SF (Fr., Bois, 10-16 mars 1969).
28757 bis et 28757 1er SF (F'., même date). — Forêt d'Analamazaotra, Périnet, 18398
SF (Fl., 6 nov. 1957). — Environs de Sandrangato, au Sud de Moramanga, 21923
et 21924 SF (Fl., 16 nov. 1964, Sirambengy). — Andrambovato, Tolongoina, Fort-
Carnot, 70 R 230 (F., Bois, Votradambo), 9548 SF (fr. imm., 7 janv. 1954. id.), 14385
SF (Fl., 15 oct. 1954, id.).
En définitive trois espèces d’Apodyles sont, à l’heure actuelle, recon¬
nues à Madagascar. L.’y\podyles macrocarpa R. Cap., se distingue aisé¬
ment par ses grandes feuilles et ses très gros fruits entièrement jaunes.
L'Apodyles dimidiata E. Mey ex Arn. et VA. Thouvenolii P. Danguy ont
des feuilles beaucoup plus petites que l’espèce précédente, le premier
a des fruits noirs à glande rouge et réduite; le second a des fruits pour¬
pres verdâtres presque complètement entourés par une glande noir-
violacé; à l’état stérile ou lleuri la distinction des deux espèces est. assez
délicate; on peut noter que dans VA. Thouvenolii les feuilles sont générale¬
ment aiguës au sommet et que les nervures (sur les échantillons secs)
sont assez nettement saillantes sur les deux faces du limbe; mais ce sont là
des caractères que l’on retrouve dans certaines formes d’/l. dimidiala.
Dans notre description de l 'Apodyles macrocarpa nous n’avions pas
précisé que la glande entourait presque complètement le fruit propre¬
ment dit, ne laissant apparaître de celui-ci qu’une longue mais étroite
bande méridienne; il y a donc une certaine analogie entre les fruits de
cette espèce et ceux de l’.-l. Thouvenolii.
Il est possible que deux autres espèces d’ Apodyles existent à Mada¬
gascar; nous avons déjà fait allusion à l’une d’elles que pourraient carac¬
tériser ses feuilles particulièrement coriaces et devenant brun rougeâtre
clair sur le sec, certainement très affine de 1V1. dimidiata. Quant à la
deuxième elle pourrait être représentée par des échantillons provenant
de la région de Fort-Dauphin où elle est connue sous le nom de « Bebile »;
ce n’est peut-être qu’une forme de VA. macrocarpa qu’elle rappelle par
le feuillage; faute de fruits mûrs il nous est impossible de nous prononcer.
B. — UN REPRÉSENTANT MALGACHE DU GENRE RAPHIOSTYUS
Planch. ex Benth.
Voisin du genre Apodyles. dont il diffère surtout par ses inflores¬
cences axillaires et ses fruits sans appendice (glande) charnu, le genre
Haphioslylis n’était connu que par six ou sept espèces d’arbustes ou de
lianes d’Afrique tropicale; l’une de ces espèces, /?. beninensis Planch.
ex Benth., se rencontre jusque dans l’Afrique orientale.
Une liane, parfois de très grande taille et que, pour le moment,
nous ne connaissons que des forêts du nord-est de Madagascar, appar¬
tient indubitablement à ce genre. Ses fleurs sont encore inconnues mais
Source : MNHN, Paris
— 509 —
Source : MNHN, Paris
ses fruits sont en tous points identiques à ceux des espèces africaines que
nous avons pu observer dans les collections du Muséum d’Histoire Natu¬
relle de Paris. Nous n’avons pu l’identifier à aucune des espèces décrites.
Ses feuilles, de forme générale obovale-elliptique, à nervures secondaires
fortement ascendantes, la séparent assez nettement des autres espèces
du genre. Par sa glabréité quasiment totale (à l’exception de la base du
style), ses fruits longuement pédicellés, l’espèce malgache paraît proche
du R. beninensis.
Raphiostylis madagascarensis H. Capuron, sp. noo.
Frutex alte scandens, omnino (basi styli excepta) glaber. Ramuli
subangulati, brunnei, vetusti epidermo fulvo squamoso tecti. Petiolus
3-6 mm longus, transverse corrugatus, supra longitudinaliter profunde
canaliculatus; limbus obovato-ellipticus (3-8 X 1,5-3 cm) e tertia parte
superiore basin versus cuneatim attenuatus, apicem versus abruptius
attenuatus, coriaceus, saepissime secus cotam longitudinaliter plicatus
et apice plus minusve curvato-deflexus, in sicco statu brunnescens (supra
lucens); Costa supra impressa, subtus prominens; nervi secundarii (3-5-
jugi) utroque latere prominuli, valde ascendentes; nervi tertiarii laxe
reticulati praesertim subtus conspicui. Flores ignoti. Fructus axillis folio-
rum fasciculati, pedicellis 5-10 mm longis; calyx glaber; fructus trans-
versus, depressus (ca. 16-18 mm longus, 20-22 mm latus, 11-12 mm crassus)
in vivo statu ruber, in sicco niger, extus leviter reticulatus, apice stylo
persistente (ca. 5 mm longo, basi pilis sparsis instructo) apiculato. — PI. 1,
fig. 1-5.
Typus speciei : 24889 S F (Holo-, P).
Est (Nord) : Environs Sud d’Antsirabe-Nord, entre Vohémar et Sambava.
2 4889 S F (Fr., 21 OCt. 1966).
Le Raphiostylis madagascarensis est une liane qui peut atteindre
de fortes dimensions (plus d’une trentaine de mètres de long, avec une
tige de 15-20 cm de diamètre dans sa partie inférieure). Sur les rameaux
âgés l’épiderme se soulève (à partir, semble-t-il, des lenticelles) et se
desquame en petits éléments de couleur fauve. Les feuilles sont pliées en
gouttières le long de leur nervure médiane et leur partie supérieure se
recourbe vers le bas; le limbe a sa plus grande largeur dans son tiers supé¬
rieur et de ce point s’atténue longuement en coin vers la base; il est brus¬
quement atténué vers le sommet qui est plus ou moins aigu.
Le Raphiostylis madagascarensis ne nous est connu que du nord-
est de l’île; en dehors de la localité du type, nous l’avons également
observé dans les forêts littorales, sur sables, aux environs immédiats de
Sambava. Il est probable que l’aire de l’espèce s’étend bien au delà de
celle que nous connaissons actuellement.
G.T.F.T. - Tananarivc,
Madagascar.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, sei. 2,10 (4) 1971
ESPÈCES ET COMBINAISONS NOUVELLES
D’APOCYNACÉES MALGACHES. II
par F. Markgraf
Summary : A survey of tlie holotype of Alyxia madagascariensis A. DC. conserved
at Geneva, has revealetl thaï it coincides with Cabucala glauca Pichon. Cabucala
( Alyxia ) madagascariensis auctorum must change its naine into Cabucala (Alyxia)
erylhrocarpa (Vatke) Markgraf. Moreovcr some new taxa and new combinations of
Cabucala and a new Pandaca are published.
Zusammenfassung : Eline Uberprüfung des Holotyous von Alyxia madagasca-
riensis A. DC. der in Genf aufbewhrat wird, hat ergeben, dass er mit Cabucala glauca
Pichon zusammenfâllt. Cabucala (Alyxia ) madagascariensis auctorum muss ihren
N'amcn in Cabucala (Alyxia) erylhrocarpa (Vatke) Markgraf ândern. Ausserdcm werden
ncue Taxa und ncue Kombinationen Von Cabucala und eine neue Pandaca verôffent-
licht.
(>. CABUCALA
Cabucala Humberti Markgraf, sp. nor.
Arbuscula 1,5-3 m alta. Ramuli teneri. Folia subcoriacea, rhomboidea
ad suborbicularia, obtusa vel obtuse acutatta, basi cuneiformia, 2-4 X
1,2-2,3 cm; nervi latérales indistincti, utrinque 8; petiolus 2-3 mm longus.
Inflorcscentiac laxac, tenerae; pedunculus 12-14 mm longus, ramuli patuli,
pedicelli 3-5 mm longi. Flores 3-5 in quoque pedunculo. Sepala obtusa, 1 mm
longa. Tubus corollae 5 mm longus, 1 mm latus, lobi 2 mm longi, 1 mm
lati, alabastrum acutum, vix tortum formantes. Antherae 1,3 mm longae.
0,5 mm latae; thecarum basis acutiuscula. Ovarium oblongo-ovoideum,
1 mm altum, 0,6 mm latum, plane bipartitum. Fructus desunt.
Madagascar : pentes orientales du massif du Marojejy, à l'Ouest de Manantenina,
aflluent de la Lokoho, ait. 1 500 m, Humbert 22595 (Holotype, P.).
Cabucala macrophylla Pichon var. acuta Markgraf, var. non.
Folia obtuse acuta, non acuminata, saepe paulo obliqua.
Madagascar : forêt d’Analamaitso (haute Bemarivo), Perrier de la lidlhie 8840
(Holotype de la var., P).
Cabucala penduliflora Markgraf, sp. non.
Arbuscula vel frutex. Ramuli teneri. Folia subcoriacea, elliptico-
oblonga, apice acuminata, basi rotundata, 9-16 X 3, 5-6,5 cm; nervi late-
Source : MNHN, Paris
raies distincti, utrinque 12, subcurvati et 1-2 mm intra marginem con-
juncti; petiolus 2-3(-7) mm longus. Inflorescentiae densiusculae, sessiles,
in axillis foliorum supremorum aut in bifurcatione rami pseudotcrminales,
1- ad 3- florae (in una axilla); pedicelli nutantcs, 3-6 mm longi. Sepala
acute triangularia, patula, 2 mm longa. Corollae tubus 15-18 mm longus,
lobi lineares, acuti, 12 X 1,2 mm, in alabastrum acutum, 8 mm longum
valde contorti. Antherae anguste oblongae, longe acuminatac, 2,5 X 0,3 mm.
Ovarium cylindricum, 2 X 0,8 mm, plane bipartitum. Articuli mericar-
piorum usque ad 11, interstitiis contractis separati. Endocarpia 7x4
X 2 mm. Semina matura desunt.
Madagascar : Betampona (Réserve naturelle n° 1), Tananarive, R. Y 4242 (Holo-
Gabucala caudata Markgraf, sp. nov.
Arbuscula vel frutex 1-3 m altus. Folia submembranacea, orbiculari-
clliptica, apice saepe longe caudato-acuminata, basi rotundato-contracta
4-6 X 1,5-2,5 cm; nervi latérales distincti, utrinque 8, additis inter-
stitialibus fortibus et conspicuis; petiolus 2-3 mm longus. Inflores¬
centiae tenerae, sessiles, 1- ad 3- florae, pedicelli 2-4 mm longi. Sepala
acuta, patula, 2 mm longa. Tubus corollae 20 mm longus, lobi lineares,
acuti, 9-11 mm longi, in alabastrum acutum valde contorti. Antherae
1,4 mm longae. Ovarium 2 mm altum, plane bipartitum. Mericarpia patula,
articuli usque ad 20, interstitiis contractis separata. Endocarpia 8x3
X 2 mm. Semina matura desunt.
Madagascar : Ifaho-Ambila (Manankara), Debray S33 (Holotype, P).
Cabucala madagascariensis (A. DC.) Pichon, Not. Sysl. 13 :
203 (1948).
— Alyxia madagascariensis A. DC., Protir. 8 : 345 (1844).
—■ Cabucala glauca Pichon, l.c. : 204 (1948), syn. nov.
L’Holotype d’ Alyxia madagascariensis A. DC., conservé dans l’her¬
bier du Conservatoire Botanique de Genève, provenant du « Musée de
Paris » mais dépourvu d’indication de collecteur ou de numéro, n’a pas
été étudié par Pichon. Or cet échantillon appartient manifestement au
même lot que 4 exsiccata conservés dans l’herbier du Muséum National
d’Histoire Naturelle de Paris, dont l’un porte l’inscription suivante :
« Madagascar, Sainte Marie, n° 106, M. Bernier 1834 ». C’est d’après ce
même échantillon que M. Pichon a décrit son Cabucala glauca. En
l’absence d’une citation précise du type <l'Aly.ria madagascariensis
dans le Prodrome, M. Pichon n’avait pas rapporté à cette espèce le
matériel de Bernier. En outre, des plantes récoltées en 1849 par Boivin
avaient antérieurement été déterminées —- avec quelque doute -—- comme
Alyxia madagascariensis. C’est ce dernier matériel qui avait servi de
référence pour la détermination des nombreuses récoltes ultérieures
entrées dans les collections parisiennes. Or il s’agissait, en fait, d’une
autre espèce, distincte d ’A. madagascariensis A. DC., décrite en 1883
Source : MNHN, Paris
— 513 —
sous le nom d ’Ellertonia madagascariensis Radlkofer. L’épithète mada¬
gascariensis ne pouvant être transféré dans le genre Alyxia, Vatke
changeait en 1885 le nom en Alyxia erylhrocarpa : pour la même raison
c’est cette dernière épithète que nous transférons aujourd’hui sous
Cabucala.
Gabucala erythrocarpa (Vatke) Markgraf, comb. nov.
— Ellerlonia madagascariensis Radlkofer, Abh. Naturw. Vereins Bremen 8 : 402
(1883), non Cabucala madagascariensis (A. DC.) Pichok.
— Alyxia erythrocarpa Vatke, Abh. Naturw. Vereins Bremen 9 : 124 (1885); type :
Hildebrandl 3232, Nossi-Bé.
Les variétés intermedia et anguslifolia, rapportées à tort par Pichon
au Cabucala madagascariensis doivent être en réalité rattachées au
Cabucala erylhrocarpa (Vatke) Markgraf.
Var. intermedia (Pichon) Markgraf, comb. nov.
— Cabucala madagascariensis var. inlermedia Pichon, Not. Syst. 13: 203 (1948).
Var. angustifolia (Pichon) Markgraf, comb. nov.
— Cabucala madagascariensis vai. anguslifolia Pichon, 1. c. : 203 (1948).
Pandaca affinis Markgraf, sp. nov.
Frutex. Folia membranacea, elliptico-lanccolata, longe acuminata,
4-7 X l,5-2,5 cm; nervi latérales curvati, 5-6 in utroque laterc; petiolus
1-1,5 cm longus. Inflorescentiae tenerae, laxae, 8- ad 12- florae. Pedunculus
8-20 mm longus, pedicelli 4-7 mm longi. Sepala clliptica, obtusa, 2 x 1,5 mm.
Corollae tubus 6 mm longus, lobi oblongo-elliptici, 8x4 mm, glabri,
alabastrum ovoideum formantes. Antherae sub ipsa fauce insertae, 2 mm
longae, sagittiformes, apice aristatae, caudis basalibus rectis. Ovarium
globosum, 1 mm altum. Clavunculus claviformis, basi annulatus, in parte
media longe cylindricus. Mericarpia valde recurvata, ovoidco-acuminata,
lateraliter bialata (immatura 5x3 cm).
Madagascar : Ankara-Diego Suarez, d. 27 nov. 1952, S F. 6197 (Holotypf., P);
fr. 11 mais 1954, SF. 9395. — Sur Basaltes, près de Maraotaolana (Anivorano Nord),
fr. 4 févr. 1966, R. Capuron.
Nom vern. hazompiky.
Cette espèce est voisine du P. minuliflora (Pichon) Markgraf, connue,
elle aussi, de Diego Suarez. Elle n’en diffère que par des (leurs plus grandes,
à corolle glabre, à pédoncules plus longs et à anthères munies d’arêtes.
Rauvolfia obtusiflora A. DC var. trichophylla (Bak.) Markgraf,
comb. nov.
— Rauvolfia trichophylla Bak., Journ. Linn. Soc. 25 : 334 (1890).
Botanischcr Garten. Universitat. 8039
Zurich.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
r. 2,10 (4)1970
UNE NOUVELLE AGANTHAGÉE D’AFRIQUE
OCCIDENTALE
par 0. 13. Dokosi
Elytraria ivorensis Dokosi, sp. nov.
Elytrariae marginatae Vahl proxima; sed habita sempcr acauli, foliis
brevioribus versus basin late cuneatis vix attenuatis, lamina subintegra
vix crenata inter nervis supra pubescenti, pedunculo robustiore, distin-
Herba acaulis, annua; folia omnia basalia, bullata, obovata, apice
obtuso, basi cuneata vel obtusa, margine subintegro basin versus undu-
lato-corrugato; pagina foliorum subtus glabrata supra pubescens, Costa
nervisque subtus pubescentibus, costa supra villosa; inflorescentiae 4-
10 axillares simplices vel cum 1-2 ramis; pedunculo (7,5-) 10(-13,5) cm
longo 1,5-2,5 mm diametro, spica puberula purpurascenti tereti (13-) 15
(-20) cm longa, bractcae cvmbiformes ovatae vel lanceolatae primum
aristulatae, laeves, margine scariosa ciliata 5 X 2-2,5 mm, bracteolae
binae anguste ovatae; corolla 5,5-6,0 mm longa, labiilobo centrali 2-2,5 mm
lato; calycis lobi 5 elliptici, posterior 5x2 mm, latérales anterioresque
5 X 1,5 mm; capsula 6-6,5 X 1,5-2 mm; semina laevia 0,6 X 0,4-0,5 mm
diametro. Habitat in Ora Eboris ad humum in sylvis.
Typus : Dokosi GC -Il 481 (Holo-, K; iso-, P, GC.)
Elyiraria ivorensis Dokosi has a wide distribution in the forest
région of the Ivory Goast. It is close to Elylraria lyrala Vahl in being
acaulous, but difTers front it in the possession of a permanent taproot
System and absence of adventitious roots, obovate leaves with subentire
margin, being an annual and in the morphology of the floral parts.
E. ivorensis Dokosi is similar to E. marginata and E. marilima in
floral characters, but dilTers from these two species in being acaulous,
also in the mode of branching, leaf-shape and hairiness and inflorescence
length.
Material studied is from the Abidjan University Botanical Garden.
The plants cultivated there were collected from the wild. Some of this
material was brought to Ghana and cultivated in the Legon Botanical
Garden with the kind permission of Professor L. Ake Assi. The gene-
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 517 —
rations of plants raised from seed of these plants resemble their parents
in every respect. E. marginata, E. marilima and E. ivorensis are interfertile
but their hybrids produce bad pollen and are stérile. E. lyrata does not
hybridise with any of the other three species.
The following herbarium specimens were studied in the Abidjan University Her-
harium : Forêt d’Amitioro, 6 déc. 1957, L. Aké Assi -i486. — Jardin Botanique d'Adio-
podoumé, nov. 1961, L. Aké Assi 6069. — Al. Bodard 00.803, 10 avril 1953, Abcn-
gourou; 3793 Lac de L'Arumbo-Boka, 28 August. 1948.
Professor L. Ake Assi later sent me his herbarium collections for a
doser study.
Department of Botany
University of Ghana
Legon - Ghana.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
dansonia, ser. 2,10 (4) 1970
THE GENUS ANDROSTACHYS Prain IN MADAGASCAR
par H. K. Airy Shaw
By the courtesy of the Director of the Paris Herbarium I hâve had
the opportunity of examining ali the material of Androslachys from
Madagascar preserved in that institution. The existence in Madagascar
of plants with digitate leaves, evidently related to Androslachys , has been
known since the brief reference to them made by M. R. Capuron in his
Kssai Fl. Forest. Madag. : 46, 100 ( 1957). Stérile or fruiting material
had in fact been obtained long ago, by Du Petit Thouars in the last
decade of the 18lh century, by Boivin in 1849, and by Baron in 1891,
but it is only within the last 20 years that adéquate flowering material
has corne to hand. This has revealed the surprising fact thaï, despite
the great différences in végétative characters between these plants and
Androslachys Johnsonii, in floral characters they are almost identical,
and there can be no question of establishing for them a distinct genus.
The floral similarity is somewhat disappointing, inasmuch as it had been
hoped that the flowers of these Madagascan plants might perhaps hâve
thrown light on the aflinities of Androslachys. Unfortunately, too,
three of the forms provisionally described below as “ species ” are only
known from a single fertile collection each, and until further collections
become available, to give some idea of the actual populations, the taxo¬
nomie status of these forms must remain in doubt. They are certainly
closely inter-related.
KEY TO THE SPECIES
Leaves simple, cordate or pcltate; stipules free from petiole. .. A. Johnsonii
Leaves digitately 3-7-foliolate; stipules adnate to petiole :
Leaves without free petiole between stipules and leaflets; leaflets
3-5 . A. merana
Leaves with long free petiole between stipules and leaflets :
Leaves trifoliolate; stipules and capsules without long rufous
hairs . A. imberbis
Source : MNHN, Paris
— 520 —
Leaves 5(-7)-folioIate; stipules with long rufous hairs :
Mature capsules without long rufous hairs; pétioles of
mature leaves sparinglv rufous-pilose. A. viticifolia
Mature capsules with long rufous hairs; pétioles of mature
leaves coarsely rufous-pilose. A. rufibarbis
1. Androstachys Johnsonii Prain
Bull. Mise. Inf. Kew 1908 : 438 (1908); Anon. (?Phain) in op. cit. 1909 : 201-4
(1909) & 1912 : 307 (1912); Hutch. in Dyer (ed.), Fl. Trop. Afr. 6 (1) : 741 (1912),
1049 (1913); Pilger & Krause in Engl. et Prantl, Pllanzenfam., Naclitr. 4 : 168
(1914); Hutch in Dyer (ed.), Fl. Cap. 5 (2) : 377 (1915); Pax & Hoffm. in Engl.,
Pflanzenr. IV 147 xv ; 287 (1922); Pax & Hoffm. in Engl. & Hahms, Pflanzenfam..
cd. 2, 19 c : 75 (1931); Gomes & Sousa, Dcndrol. Moçamb. 1 : 103-9, c. tab. (1951);
Pardy, Rhodes. Agric. .Journ. 51 : 5 (1954); Capuron, Essai Fl. Forest. Madag. : 100
(1957); Leandri in Humbert (ed.). Fl. Madag. (am. 111, I : 198 (1958): Write,
For. Fl. N. Rliod. : 193 (1962); Airy Shaw, Kew Bull. 18 : 251 (1965).
— Weihea (?) subpellala Sim, For. Fl. Port. East Afr. : 66, t. 61 A (1909).
Madagascar (W.) : Vallée moyenne du Mandrare près d'Anadabolava. Mont
Vohilrotsy, vers 850 ni (sommet), forêt basse sclérophylle, déc. 1933, Humberl 12679:
Petit aibrc (4-6 cm). Nom. vernac. : * onibafo ’. Ce nom m'a été donné ici pour une
autre espèce également. — Massif gréseux de l'Isalo, à l’Ouest de Ranohira, dans les
ravins (très rare), févr. 1955, Capuron s.n. : Arbre atteignant 10 ni de hauteur et 0,50 m
de diam. — Massif gréseux de l'Isalo, ravin de Fararotsy, au N.W. de Ranohiia, 18 juin
1958, Capuron 18576-SF: Arbie pouvant atteindre de fortes dimensions. — Forêt
de Zombitsy. à l'Est de Sakaraha, vers 700-800 m d'altitude. 20 juin 1958, Capuron
18591-SF: Gland ou très grand arbre atteignant près de 1 m de diamètre. — Massif
de l'Isalo, ravin abrité des feux, au lieu dit Angebolava (à l’Ouest de Ranohira). 20 déc.
1961. Capuron 20560-SF : Arbre atteignant 25 m de hauteur et 0,50-1 m de diamètre.
So far as it goes the Madagascar material of A. Johnsonii agréés
perfectly with thaï from the continent of Africa, but no (J flowers from
Madagascar hâve yet been seen. In addition to the végétative dis¬
tinctions given in the key, the fruits of A. Johnsonii are smaller, smoother
and more deeply lobed than those of the other species, with a finer and
more evanescent indumentum. and the hairs on the anthers are sparser
and paler.
2. Androstachys merana Airy Shaw, sp. nov.
Foliis (supra stipulas) quasi epetiolatis (i.e. parte libéra petioli supra
stipulas nulla) 3-5-foliolatis, stipulis longe laxe pilosis, capsulis rostratis
longe laxe pilosis distincta.
Arbor 10-20 m alta, ramulis cortice ruguloso cinereo-fusco obtectis,
novellis ferrugineo-sericeis dein ochraceo-pilosis. Folia digitatim 3-5-
foliolatis, petiolo 5-10 mm longo per totam longitudinem stipulato suffulta;
foliota subaequalia, elliptico-oblanceolata, 2-4,8 cm longa, 0,5-l,2(-2,2) cm
lata, basi cuneato —- angustata, apice acuta vel obtusa vel rotundata vel
emarginata, interdum breviter vel longius mucronata, margine integro,
tenuiter coriacea, supra minute pilosula, minute granuiosa, siccitate viridula
vel brunnescentia, subtus argenteo-sericea, lineis plicaturae saepe mani-
festis; Costa subtus prominula, sericea, supra (saltem basin versus) etiam
prominula, puberula; nervi latérales numerosi, patuli, immersi, valde
inconspicui; petioluli 1-2 mm longi; stipulae petiolo fere omnino adnatae,
Source : MNHN, Paris
— 521 —
apice breviter liberac sed connatae, petiolum per 1-2 mm excedentcs,
plerumque oblongae et semi-cylindricae, apice obtuso, brevissime cinereo-
tomentellae et longe ochraceo-pilosae, rigide induratae, sibi diu arctissime
valvato-adpressae, demum hiantes et caducae. Inflorescentia <J e triade
florum axillarium sistens, flore medio circitcr 2 cm lateralibus circiter
1,5 cm longis (pedicellis 8-9 mm et 4-5 mm inclusis), rhachibus pubcrulis.
Tepala 5-6, subspiraliter disposita, angustc oblonga vel lanceolata, 5-6 mm
longa, 1-2 mm lata, subacuminata, acuta, parallèle nervosa, extra longe
rufo-strigosa, intus glabra, patentia vel reflexa. Stamina pernumerosa,
densissime disposita, (ilamentis brevissimis, antheris lineari-oblongis
2 mm longis apice copiose rufo-barbatis. Flores S solitarii, axillares, ex
axillis oppositis exorti, pedicello 8-9 mm longo puberulo. Tepala 3 —(- 3,
elliptica, 7-8 mm longa, exteriora 3 mm interiora 2 mm lata, acuminata,
acuta, dorso longe rufo-pilosa vel cupreo-sericea, intus glabra. Ovarium
ovoïdeum, 3 mm longum et fere aequilatum, triquetrum, tomentellum et
longe rufo-pilosum, superne in stylum robustum rufo-pilosum 4 mm longum
angustatum, stylo in ramos 3 valde contortos circiter 8 mm longos rufo-
pilosos desinente. Capsula semi-matura (10 X 7 mm) ovoïdea, rostrata,
dense ochraceo-tomentella et longe laxe patentim fulvo-pilosa; matura
oblongo-ovoïdea, 2 cm longa, basi intrusa, rostrata, rugulosa, dense bre¬
vissime velutina, parcissime longe pilosa, endocarpio rigide lignoso intus
nitido striatulo castaneo. Semina applanata, ovoïdea, 9-10 mm longa,
6-7 mm lata, 2-3 mm crassa, basi rotundata, apice obtusa, minute carun-
culata, laevissima, nitidissima, rubro-brunnea.
Madagascar (N.W.) : Diégo-Suarez, 1849, Boivin 2785. — Sine loc., 1891, Baron
0431, 6441. — Presqu’île d’Orangea, Diégo-Suarez, 4 juillet 1954, Capuron 10520-
SF. — Enviions d’Orangea, à l'Est de Diégo-Suarez, 18 oct. 1954, Capuron 11325-SF.
— l-'oièt d'Orangea, près de Ramena, Diégo-Suarez, 13 févr. 1955, Capuron 13011-SF ;
ibid., 20 mars 1955, Capuron 13012-SF: ibid., sur sables, |22 févr. 1962, Capuron
20947-SF : Arbre (atteignant ici 10-12 ni). — Foret de Sahafary (sur sables), bassin
de la Saharaina, vers 200 m d'alt., 20 févr. 1962, Capuron 20002-SF : Arbre 10-20 m.
Forêt d'Analafondro, dans le bassin inférieur du Rodo, 26 févr. 1964, Capuron
23335 (Type, P); 23336-SF: Arbre de 10-15 m., à écorce très crevassée. Très abondant.
This is the most distinct and apparently the most abundant of Lhe
digilale-leaved species in Madagascar. The absence of a length of free
peliole between the apex of the adnate stipules and the base of the
leallets, combined with the silvery sericeous indumentum of the lower
leaf-surface, renders it easilv recognisable. Baron 6431 is exceptional in
its broadly obovate leaflets, rounded or reluse at the apex (cf. Kew Bull.
18 : 252, 1965). but il must apparently be referred here.
3. Androstachys imberbis Airy Shaw, sp. nov.
Foliis petiolatis trifoliolatis, stipulis marginc imberbibus, capsulis
velutinis parce longe albido-pilosis vel epilosis distincta.
Arbor magna, ramulis cortice rugoso cinereo obtectis, novellis non
visis. Folia digitatim trifoliolata, matura petiolo 2,5-3,2 cm longo gracili
minutissime cinereo-tomentello pilis longis carente sufTulta; foliota sub-
aequalia. elliptico-oblanceolata, 3,5-5,5 cm longa, 10-16 mm lata, basi
cuneato-angustata, apice obtusa vel rotundata, saepe mucronulata, mar-
gine integro, tenuiter coriacea, supra glabra, minute granuloso-chagrinata.
Source : MNHN, Paris
- 522 -
siccitate pallide purpureo-brunnescentia, subtus minute densissime cinereo-
velutina, lineis plicaturae inconspicuis; Costa subtus prominens, minute
ochraceo-tomentella, supra angustissime insculpta; nervi latérales per-
numerosi, patuli, immersi, valde inconspicui; petioluli 2-3 mm longi;
stipulae petiolo omnino adnatae (apice per 2-3 mm ab eo liberae et inter
se connatae), obovatae, 12 mm longae, 5-7 mm latae, lignoso-induratac,
extra minute cinereo-tomentellae, intus ochraceo-tomentellae, marginc
(nisi valde juvéniles) ebarbatae, apice obtusae vel subacutae. Inflorescen-
tia S non visa. Flos ? non visus. Capsulae solitariae, axillares, pedicello
robusto 2,5-3 cm longo 2,5 mm crasso tereti dense ochraceo-tomentello
apice anguste disciformi-expanso suffultae, triloculares, sed integrae non
visae, e valvis delapsis 2-2,2 cm longae, basi intrusae, apice subacutae,
extra rugulosae, dense brevissime ochraceo-velutinae et sparse longe
albido-pilosae, endocarpio crasse lignoso fere 2 mm crasso intus castaneo
nitido dense striolato parce pilosulo, coluniella relicta 1,5 cm longa. Semina
applanata, ovata, plano-convexa, 12-13 mm longa, 7 mm lata, 3 mm
crassa, basi rotundata, apice subacuta et minute carunculata, brunnea,
laevissima, nitidissima.
Madagascar (NW) : Bassin de la Saharaina, forêt de Sahafary, 23 oct. 195),
Capuron 11361 SF (Type, P) : Grand arbre. Nom. vernac. : ‘ merana '.
As far as can be judged from a solitary specimen, Ihis dilTers froni
the remainder in its trifoliolate leaves and in the absence of long rufous
hairs on lhe stipules. Long hairs are also sometimes lacking on the ripe
capsules.
4. Androstachys viticifolia Airy Shaw. sp. nov.
Foliis petiolatis quinquefoliolatis, stipulis margine rufo-barbatis,
capsulis velutinis pilis longis rufis carentibus distincta.
Arbor 15-25 m alta, ramulis cortice rugoso fusco-cinereo obtectis,
novellis ferrugineo-tomentellis. Folia digitatiin quinquefoliolata (raro
trifoliolata), petiolo 2-3 cm longo gracili primuin ferrugineo-tomentello
et longe piloso demum cinerco-tomentello fere epiloso suffulta; foliola
elliptico-oblanceolata, 3,5 cm (exteriora) usque 7 cm (medianum) longa,
1-1,8 cm lata, basi cuneato-angustata, apice rotundata vel minute emar-
ginata et mucronata, margine integro, tenuiter coriacea, supra glabre,
minute granuloso-chagrinata, siccitate castanea vel fusca, subtus minute
densissime cinereo-velutina, lineis longitudinalibus plicaturae 2 notata
(cf. Erythroxylon) ; costa subtus prominens, ferrugineo-tomentella, supra
angustissime insculpta; nervi latérales pernumerosi, patuli, immersi,
inconspicui; petioluli 2-3 mm longi; stipulae petiolo omnino adnatae et
apice connatae, ellipticae, 10-18 mm longae, 5-6 mm latae, petiolo fere
omnino adnatae (apice per 2 mm liberae), extra minute cinereo-tomen¬
tellae, intus ferrugineo-tomentellae, margine longe ferruginco-barbatae,
apice obtusae vel subacutae. Inflorescentia non visa. Flores . solitarii,
axillares, sub anthesi non visi, e fructibus junioribus descripti. Pedicellus
1,5-2,5 cm Iongus, 1,5 mm crassus, saepe arcuatus, fcrrugineo,tomentcllus.
Tepala 3 -f— 3, oblonga vel anguste elliptica, 8-10 mm longa, exteriora
3-5 mm, interiora 2 mm lata, subacuminata, acuta, patentia, extra pubcrula
et strigosa, intus glabra et nitida, striato-nervosa. Ovarium ovoldeum.
Source : MNHN, Paris
-— 523 —
4-5 mm longum, 3-4 mm latum, dense breviter vclutinum. Capsula imma-
tura 10-12 mm longa et crassa, dense ochraceo-velutina, trilocularis, ut
videtur leviter triloba, in stylum (mancum) usque 5 mm longum puberulum
abrupte desinens (stigmatibus delapsis), tepalis persistentibus levissime
accrescentibus suffulta.
Madagascar (NW) : Forêt de Sahafary (sur sables), bassin de la Saharaina.
vers 200 m d’alt., 20 févi. 1962, Capuron 20975-SF (Type, P) : Grand arbre (15-25 ni,
sur 0,60-0,70 m de diamètre). Nom vernac. : ‘ merana
Distinguished by its 5-foliolate leaves, rufo-pilose stipules and com¬
plété absence of long hairs on lhe capsules.
5. Androstachys rufibarbis Airy Shaw, sp. nov.
Foliis petiolatis 5(-7)-foliolatis, stipulis dense longe rufo-barbatis,
capsulis aurantiaco-velutinis longe rufo-pilosis distincta.
Arbor 25-35 m alta, ramulis cortice sublaevi fusco-cinereo obtcctis,
novellis dense longissime rufo-strigosis. Folia digitatim 5(-7)- foliolata
(plantularum folia primaria 1-3-foIiolata), matura petiolo 3-4 cm longo
1,5 mm crasso striato rufo-piloso immatura petiolo usque 12 cm longo
suffulta; foliola elliptico-oblanceolata, 4 cm (exteriora) usque 6 cm (media-
num) longa 1,5-2 cm lata (juniora usque 14,5 cm longa et 4,5 cm lata),
basi cuneato-attenuata, apice obtusa vel emarginata et saepe mucronu-
lata, margine integro, tenuiter coriacea, supra sub lente minute sparse
albo-pilosula et granuloso-chagrinata, siccitate sordide purpureo-brunnes-
centia, subtus sub lente ctiam granulosa et minutissime dcnsissime adprcsse
albido-puberula, lineis plicaturae nullis; Costa subtus prominens, minute
rufo- vel albido-puberula, supra angustissime insculpta; nervi latérales
pernumerosi, patuli, immersi, valde inconspicui; petioluli 2-3 mm longi;
stipulae petiolo omnino adnatae, apice ab eo per 3 mm liberae et sibi conna-
tae, obovatae vel ellipticae, 11-14 mm longae, 6-7 mm latae, lignoso-indu-
ratae, extra dense minutissime fusco-tomentellae et longe rufo-pilosac,
intus ut videtur glabrae, marginihus saepe approximatis, apice obtusae.
Inflorcscentia <J (ex excmplaribus in solum silvaticum delapsis tantum
cognita) 2-4 cm longa (ignotum anne trias anne flos solitarius), rhachi
(« pedicello ») basi per 1-2 cm nuda 1 inm crassa saepe flexuosa minute
tomentella et rufo-pilosula. Tcpala (vel bracteolae) 5-6, spiraliter appro-
ximata, anguste subulalo-oblonga, 5 mm longa, 1 mm lata, acuta, subtus
(dorso) glabra, supra longe rufo-pilosa. Antherae lineares, 2 mm longae,
numerosissimae, dense dispositae, filamentis brevissimis suffultae, superne
dense longe ferrugineo-barbatae. Flos 2 non visus. Capsulae (vix maturae)
solitariae, axillares, pedicello 2-4 cm longo 1,5-2 mm crasso minute cinna-
momeo-tomentello suffultae, trilocularcs, breviter trigono-ovoïdeae, 15-
17 mm longae, 15-18 mm latae, tricoccae, coccis dorso obtuse carinatis,
basi leviter intrusae, apice fere rotundatae, rugulosac, dense aurantiaco-
tomentellae, parce longe pilosae, in columnam stylarem 4-5 mm longain
1,5 mm crassam trisulcatam tomentellam subito desinentes, stylis superne
liberis glabris revolutis caducis. Semina matura non visa.
Madagascar (E.) : Environ de la Baie d'Antongil, forêt sublittorale, au Sud de
Hantabe, mars 1954, Capuron 9177-SF (Type, P) : Très grand arbre 25-35 m de bail¬
leur, 0,60-1 m de diam., à bois très dur; dioïque. Nom vernac. : ‘ merana
Source : MNHN, Paris
524 —
The following stérile specimens vvith juvénile foliage are provi-
sionally referred here.
Madagascar : Sine loc. vel dat., Thouars s.n. —■ NW : Bassin de la Saharaina,
forêt de Sahafary (Diégo-Suarez), 13 juin 1952, SF 30 I< 6 & SF 2366. — Belambo.
près d'Antsahambaro, ctn. de Fanambana, Vohémar, 9 juillet 1955, SF 20 R 300.
The very strong development of rufo-pilose indumentum on the
stipules and capsules is the main feature of this species. As with the
two previous species, only one fertile specimen has been seen, and its
taxonomie status must remain in doubt.
Royal Botanic Gardens
Kew - England.
Source : MNHN, Paris
>, ser. 2,10 (1) 1970
NOUVEAUTÉS DANS LA FLORE SÉNÉGALAISE
par le R. Père Berhaut
En novembre 1968 nous récoltions dans la forêt classée d’Okout, près
d’Oussouye. en (iasamance, un Cissus dont les feuilles ne ressemblent à
aucune des autres espèces africaines : les feuilles relativement fines
portent au sommet trois pointes qui sont souvent à peu près au même
niveau. M. Descoinc.s qui a examiné cette plante a attiré notre attention
sur le fait que les feuilles ressemblent étrangement à celles du Vitis
riparia Mich. d’Amérique septentrionale. De fait les feuilles ont les
mêmes pointes, la même texture papyracée. la même vrille avec une
courte ramification avant le sommet, mais un certain nombre de carac¬
tères les différencient nettement.
Malgré la pauvreté du matériel, il nous paraît utile de décrire cette
espèce nouvelle qu’en l’absence d’inflorescence nous rapportons encore
avec quelque doute au genre Cissus dont presque toutes les espèces
sénégalaises possèdent des racines tuberculées.
Cissus okoutensis Berhaut, sp. nov.
Frutex sarmentosus scandens caulibus herbaceis annuis, foliis alternis,
cirris oppositifoliis. Folia tenuia simplifia tricuspidata, basi late cordata,
palminervata, nervis plerumque 5, leviter pubescentibus; nervis tertiis
laxe parallelis. venulis sparsis haud reticulatis. Foliorum marginc dentata,
dentibus acutis ciliolatis.
Petiolus 3-5 cm longus, pubescentia tenui aliis pilis glanduliferis
sparsis eminentioribus intermixta, sicut et caules; cirro opositifolio parce
ramoso, uno brevi ramusculo versus apicem tantum praedito. Stipulae
acutae triangulares, opacae, erectae.
Flores et fructus ignoti (Fig. 1).
Types : Okout, in silva, Berhaut 7667 (P.).
Le tableau comparatif suivant permet de préciser les différences
qui séparent Cissus okoutensis de Vitis riparia:
Source : MNHN, Paris
— 526 —
Source : MNHN, Paris
— 527 —
A l'occasion de cet article nous signalons encore quelques espèces
à ajouter «à la liste des plantes sénégalaises. Nous indiquerons aussi
quelques erreurs à rectilier dans la 2 e édition de notre Flore du Sénégal.
AMPÉLIDACÉES
Cissus Gambiana. Desc. — Récolté par J. Adam dans les environs
de Kédougou (Adam 14.439).
ASCLÉPIADACÉES
C’est par erreur que le Gomphocarpus physocarpus K. Mev est signalé
dans les Niayes du Sénégal. Il s’agit du G. frulicosus (Linn.) Ait. (Ber-
haul 1386, Leprieur s.n. (L) 1830, Trochain 10).
COMPOSÉES
Pluchea odorata Cass. — Plante arbustive récoltée par Perrottkt à
St. Louis, près des Fours à Chaux; un autre échantillon récolté par Lepri¬
eur. C’est une plante commune en Amérique ('.entrale, sans doute intro¬
duite accidentellement au Sénégal : elle en a disparu de même. On ne
l’a jamais retrouvée depuis.
Vernonia plumbaginilolia Fenzl. —- Petite composée haute de 10 à
20 cm, à souche vivace, récoltée au Niokolo-Koba par J. Adam, n° 14.230.
Ce numéro est cité comme V. cinerascens Sch. Bip. dans la F.W.T.A., et
dans notre Flore du Sénégal. Après examen de l’échantillon de J. Adam,
nous pensons maintenant qu’il s’agit de l - . plumbaginilolia et que V.
cinerascens n’existe pas au Sénégal.
HUMIRIACÉES
Sacogloltis gabonensis (Baill.) Urb. —• Récolté par F. Dolmbia dans
les forêts humides de la Casamance. Arbre pouvant atteindre jusqu’à
25 m de haut (D. 1.430).
LABIÉES
Ocimum canum Sims. — Petite plante annuelle venant en tou Iles
dans les rizières proches de la ville de Bignona (Berliaul 7432, 7561).
Sculellaria paucifolia Bak. — Récolté par J. Adam au Niokolo-Koba.
LENTIBUI.ARIÉES
Utricularia fimbriala H.B.K. — Récolté par Doumbia dans le maré¬
cage de Borofage. aux environs de Ziguinchor (D. 1759).
Source : MNHN, Paris
- 528 —
Pavetta cinereifolia Berh.
Jusqu’ici cet arbuste du Sénégal Oriental n’était connu qu’en feuilles
et en fruits. Grâce au n °K 82 de Fotius récolté en fleurs aux environs de
Kédougou, nous pouvons maintenant compléter diagnose parue dans les
Mémoires de la Société Botanique de France, en 1953-1954, p. 8.
Frutex 1-2,50 m altus, ramis vetustis albidis. Folia subsessilia, vel
vix petiolata (2-5 mm); laminis large obovatis siccitate nigrescentibus,
12-16 cm longis, 5-7 cm Iatis in parte superiore, basi attenuatis cuneiformibns,
apice obtuse cuneatis, indumento cinereo-velutino hinc inde vestitis, supra
rariore; nervis lateralibus 8-10. Stipulae late triangulares basi connexae.
Inflorescentia corymbosa, 4-6 cm lata, pedunculis oppositis 3-5 cm longis,
axillaribus : corymbis maturis nudis ad basim ramorum frondentium ter-
Flores circiter 40, pedicellis primariis 2-3 cm longis, oppositis, apice
crassiore, bracteolis ovatis; pedicellis tertiariis 10 mm circiter longis, brac-
teolis laciniatis. Corolla tubo 7-8 mm longo, 1,5 mm lato, lobis quatuor
cllipticis 7 mm longis, apice rotundato, siccitate nigrescentibus. Anthc-
rae 4,4-5 mm longae, in sinu loborum insertae. Stylus 2 cm longus, apice
clavato.
Drupa globosa, nigra, 4-6 mm lata, calice coronata (Fig. 2).
Source : MNHN, Paris
— 529 —
SCROFULARIACÉES
Torenia spicala Engl. —- Petite plante herbacée annuelle récoltée
par J. Adam au Niokolo-koba.
SOLANÊES
Solanum cerasiferum Dunal — Échantillon récolté depuis longtemps
sur la route de Mbour (B. 3616) et confondu avec S. uculeatissimum.
Nous remercions M. Urine pour cette détermination.
T1I.IACÉES
Deux espèces intéressantes récoltées par F. Doumbia en Casa-
mance :
Clapperlonia ficijolia (Willd.) Decne. — Arbuste de 1 à 2 m de hauteur,
ou davantage (D. 1726).
Glyphaea brevis (Spreng) Monach. — Arbre à feuilles variables,
entières ou trilobées (D. 538).
CYPÉRACÉES
Scirpus Michelianus L. — Échantillon haut de 2 cm, récolté par M. le
Chanoine Corillon, en 1968, près de Richard-Toll, sur les vases craque¬
lées de la rive sénégalaise du Fleuve Sénégal. Petite Cypéracées en toulïe.
commune en France où elle peut avoir de 2 à 20 cm de hauteur. Arrivée
sans doute accidentellement au Sénégal.
GRAMINÉES
Panicum laxum Sw. — Échantillon récolté depuis longtemps par
Pkrrottet au Sénégal, et découvert par M. Adam dabs les Herbiers du
Muséum de Paris, en analysant une de ses récoltes du Liberia appartenant
à la même espèce.
Penniselum glabruin Steud. — C’est sans doute à cette espèce que cor¬
respond le n° 1512 de F. Doumbia récolté en Casamance.
Grâce aux fleurs récoltées par Doumbia dans le bois sacré d’Ous-
souye, nous pouvons rectifier le nom Canarium (?), à la page 75 de la
Flore du Sénégal, et le remplacer par Trichilia Tessmannii Harms ( — Tri-
chilia lanala A. Chev.).
MORACÉES
Ficus macrosperma Warb. — Petit arbre récolté dans la forêt classée
de Djibélor, en Casamance (B. 7821) et aussi dans le bois sacré de Kar-
tiak, par J. Adam.
Source : MNHN, Paris
— 530 —
Dorstenia. — En déterminant une nouvelle récolte de Naegelé, nous
avons constaté que le Dorstenia Preussii Sweinf. de notre Flore (p. 295)
correspond en réalité à deux espèces : D. Walleri Hemsl(= D. gourmaeensis
A. Chev.) et D. Preussii Sweinf. Le paragraphe 4 du tableau de cette
page doit donc être dédoublé de la façon suivante :
5. Réceptacle d’une seule pièce, en forme de triangle, ayant une
longue pointe à chaque angle (B. 3164,1645. 3164 bis, 5481 ;
Naegelé 153) . Dorstenia Walleri
5. Réceptable profondément divisé en 2 à 4 lobes (B. 6159,6234)
. Dorstenia Preussii
MYRTACÉES
Eugenia salacioides Laws (?) — Nom d'espèce donné avec un doute,
la plante ayant été récoltée en feuilles seulement par Doumbia (sans n°),
en C.asamance.
PAPILIONACÉES
Aeschynomene lalerilia Harms — Petite plante grêle, semi-étalée, dans
une rizière près de Brin, en C.asamance (B. 7653, 7762, Doumbia 1806).
Dolichos falcatus Klein — Récolté par J. Adam.
Rhynchosia Buetlneri Harms — Récolté en C.asamance par F. Doum-
bia, (s. n.).
RHIZOPHORACÉES
Cassipourea Barleri N. E. Br. — Arbuste ou petit arbre des régions
côtières, pouvant atteindre 10 à 20 m de haut. Récolté par F. Doumbia
en Casamance (D. 2125).
RUBIACÉES
Diclymosalpinx Abbeolatlae (Hiern) Keay —- Arbuste gripmant à
longues fleurs en tube blanc crème ( Doumbia 466, 2084, Casamance).
Pavetla mollis Afzel. — Arbuste ou buisson de 4 à 5 m de hauteur.
Récolté aux environs de Kédougou par Adam (n° 14715). en juin 1958.
Rulidea Smilhii Hiern — ( Doumbia s. n.. Casamance). — Arbuste
grimpant pouvant monter jusqu’à 8 à 10 m de hauteur.
Vangueria venosa Hochst. — Arbuste, ou petit arbre, récolté au
Niokolo-Koba par J. Adam.
focgEres
Trois Fougères, non encore vues au Sénégal, ont été récoltées en Casa¬
mance en 1963, par Fassoko Doumbia. La détermination est due à l’ama¬
bilité de M me Tardieu.
Source : MNHN, Paris
— 531
Pilyrogramma calomelanos (L.) Link. ( D. 1431). — Récolté dans
la forêt de Dianthène.
Arthropleris oblilerala (R. Br.), J. Sm. — Sans localité et s. n. Plante
connue aussi en Extrême-Orient.
Adianlum Vogelii Mett. — Sans localité et s. n. Plante déjà connue
dans les forêts humides de Guinée, et d’Afrique Équatoriale.
Il faudrait aussi ajouter, pour les ORCHIDÉES, llabenaria cir-
rhata (Lindl.) Rchb., récolté, semble-t-il, dans les environs de Kédougou,
et connu déjà de cette région, en Guinée.
Et pour les IRIDACÉES, le Gladiolus psillacinus Hook., de la même
région, à fleurs jaunes : sans doute l’espèce que M. Adam nous avait
déjà signalée du Niokolo-Koba, mais dont nous n’avions pas vu le spécimen
(mentionné à la p. 308 de la 2 e éd. de la Flore du Sénégal comme Gladio¬
lus sp.).
Laboratoire de Phanérogamic
Muséum - Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, scr. 2,10 (4) 1970
SINGULARITÉS DE LA GRAINE ET DE LA PLANTULE
CHEZ PHYLLOXYLON ENSIFOLIUM H. Baill.
(PAPILIONACÉES)
par M. Peltier
Résumé : Description morphologique et biologique des graines d'une espèce
dont les cotylédons sont normalement soudés et qui se trouvent ainsi dépourvues de
gemmule, la reproduction étant assurée par développement de bourgeons adventifs
sur l’axe hypocotylé.
Le genre Phylloxylon a été créé en 1860 par Bâillon pour un échan¬
tillon de plante recueilli par Boivin, d’un aspect particulier, mais insuffi¬
samment complet pour permettre d’en déterminer exactement la position
systématique. Il s’agissait d’un arbuste aphylle dont toutes les tigesétaient
transformées en cladodes. D’abord placé dans les Euphorbiacées, puis
rapproché des Santalacées, ce genre n’a reçu qu’en 1884 sa véritable
place parmi les Papilionacées.
En effectuant une étude sur la graine et le développement de la plan-
tule chez les Légumineuses de Madagascar, nous avons constaté qu’une
des espèces de ce genre, P. ensifolium H. Baill., se caractérise par ses
graines d’une constitution et d’un développement biologique particuliers.
Morphologiquement, la graine ovoïde se présente, après élimination
du tégument peu résistant, comme une masse homogène, sans trace de
séparation entre les cotylédons, mais avec une petite dépression circulaire
située à la hauteur du micropyle et obturée par un court appendice. Les
coupes longitudinales passant par cet endroit montrent que cet appendice
correspond à la radicule, mais aucune trace de gemmule ne peut être déce¬
lée, les cotylédons se soudant probablement à un stade très précoce de
développement de l’embryon (fig. 1 a et b).
Des observations portant sur plus de 200 graines de provenances
diverses permettent de considérer ce fait comme constant,. Nous avons
cependant noté que la trace des cotylédons est parfois observable dans
la région opposée au micropyle, la soudure n’étant pas alors totalement
achevée, mais la gemmule étant toujours absente (fig. 2 a et b).
Les essais germinatifs ont mis en évidence une maturité presque
immédiate, pratiquement contemporaine de l’ouverture de la gousse,
et un pouvoir germinatif limité à six mois environ. La germination pro-
Source : MNHN, Paris
— 534 —
prement dite consiste en un allongement de l’ébauche radiculaire (fig. 3)
qui pénètre rapidement dans le sol, tandis que la masse cotylédonnaire
reste placée dans la position qu’elle occupe à l’origine sur le sol, dans les
pots de culture aussi bien que sur le terrain. Nous devons mentionner
que deux jeunes racines accidentellement traumatisées quelques jours
après le début de la germination ont produit, chacune, une nouvelle
racine.
Après 3 à 4 mois, la jeune plante se trouve composée d’une racine
fusiforme de 10-15 cm de long pour un diamètre de 5-8 mm, et de l’axe
hypocotylé généralement recourbé en crosse et encore attenant aux restes
de la masse cotylédonnaire qui est à peu près complètement vidée de ses
réserves et qui ne tarde pas à s’en détacher (fig. 4).
A ce stade, la jeune plante marque un temps de repos jusqu’à la
saison des pluies suivante, sans avoir encore élaboré d’organes chloro¬
phylliens. Ceux-ci se développent donc très longtemps après le début de
la germination, à partir d’un bourgeon adventif, rarement deux ou trois
(fig. 5 a et b), naissant à une certaine distance sur l’axe hypocotylé, le
plus fréquemment dans la région de la crosse. Ces bourgeons produisent
Source : MNHN, Paris
uniquement des cladodes typiques, dépourvus de feuilles et semblables
à ceux de la plante adulte (fig. 6). Ce fait très particulier n’a jamais été
signalé à notre connaissance chez les Légumineuses. Le développement
obligatoire de bourgeons sur l’axe hypocotylé paraît également excep¬
tionnel dans le cycle de la reproduction naturelle d'une espèce.
L’espèce P. ensifolium présente donc un cas remarquable de soudure
cotylédonnaire entraînant la disparition de la gemmule dont le remplace¬
ment est assuré par la formation de bourgeons adventifs sur l’axe hypo¬
cotylé. Il faut noter enfin que l’espèce voisine P. Perrieri Drake dont les
cladodes sont normalement foliés possède des graines banales à cotylé¬
dons bien distincts et à gemmule typique.
O.R.S.T.O.M.
Laboratoire de Phanérogamie,
Muséum - Paris.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, scr. 2,10 (4) 1970
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES COMPOSÉES
DE LA RÉUNION
I. — LES INULÉES
par Th. Cadet
Résumé : Description de 14 espèces de Composées Inuiées de la Réunion, dont
(> endémiques des Mascareignes, appartenant à 6 genres. Quelques indications sur leur
écologie et leur répartition géographique dans Tllc sont également données.
Abstract : In this work, the author dcscribes 14 species of Compositae Inulae,
six of which are endemic plants in the Mascarene Islands. He gives some indications
about their ecology and geographical distribution through the island.
Le but initial de notre stage au Laboratoire de Phanérogamie du
Muséum d’Histoire Naturelle de Paris était de déterminer un certain
nombre de plantes récoltées à l’île de la Réunion et que, localement,
nous n’étions pas arrivé à nommer avec certitude. Mais de nombreuses
difficultés surgirent par suite de la rareté des travaux modernes traitant
de la llore des Mascareignes. La Flore de Jacob de Cordemoy (1895),
élaborée loin des grands herbiers européens, contient de nombreuses
erreurs de nomenclature et ne doit être utilisée qu’ave circonspection.
Aussi avons-nous décidé de conduire notre étude d’une manière plus
approfondie et, en fonction du temps dont nous disposions, de la limiter
à un groupe restreint : les Composées Inuiées.
Cette étude a pu être réalisée grâce à MM. les Professeurs Aubréville et Leroy,
Directeurs du Laboratoire de Phanérogamie. qui nous ont autorisé à consulter les
herbiers du Muséum, à MM. Aymonin et Hallé, Sous-Directeurs, qui nous ont assuré
les meilleures conditions matérielles de travail, à M. Bosser, Directeur de Recherche
à l’O.R.S.T.O.M. et à M. Heine, dont les conseils éclairés nous ont été très précieux.
Nous leur exprimons nos plus vifs remerciements.
CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE LA TRIBU DES INULÉES.
Capitules hétérogames disciformes, multiflores (rarement uniflores :
Sloebe), à fleurs externes 2 fertiles, à fleurs centrales <? fertiles ou stériles.
Involucre plurisérié, à bractées imbriquées. Réceptacle nu ou fimbrilli-
fère. Anthères à connectif prolongé en appendice au sommet, plus ou
moins sagittées à la base, le plus souvent caudiculées (sauf chez une espèce
Source : MNHN, Paris
de Blumea). Styles des fleurs d à branches ou bien tronquées et terminées
par une touffe de poils collecteurs au sommet, ou bien effilées-subaiguës
non tronquées, à revêtement externe de poils collecteurs souvent prolongé
sur la colonne stylaire. Fleurs 2 à corolle filiforme, plus ou moins distincte¬
ment dentée au sommet, fleurs d à corolle plus ou moins étroitement
tubuleuse, 4-5 fide. Pappus à soies bien développées, scabérules ou
plumeuses.
Herbes ou arbustes à feuilles alternes ou parfois en rosette basilaire.
CLÉ DES GENRES
A. Styles des fleurs d à branches tronquées au sommet et munies
d’une couronne terminale de poils collecteurs. Bractées invo-
lucrales formées d’une partie inférieure indurée (onglet)
et d’une partie supérieure scarieuse blanc-jaunâtre (appen-
B. Fleurs du disque d beaucoup moins nombreuses que les
fleurs externes 2. Plantes herbacées. I. Gnaphalium
B'. Fleurs d au moins aussi nombreuses, généralement beau¬
coup plus nombreuses que les fleurs 2 du rayon. Plantes
arbustives ou au moins un peu ligneuses à la base.
. II. Helichrysum
A'. Styles des fleurs d à branches effilées, non tronquées, revêtues
extérieurement de poils collecteurs courts et denses. Brac¬
tées involucrales pas comme ci-dessus :
C. Anthères bilobées à la base mais à auricules obtuses non
caudiculées . 11la. Blumea
C'. Anthères sagittées à la base, à auricules nettement caudi¬
culées :
D. Capitules pluriflores, hétérogames. Soies du pappus sca¬
bérules mais non plumeuses
E. Bractées involucrales toutes lancéolées linéaires, per¬
sistantes. Capitules à nombreuses fleurs d (plus de
4). Plantes herbacées ou un peu ligneuses àla base...
. Illfe. Blumea
E'. Bractées involucrales pas comme ci-dessus : les externes
herbacées, persistantes, ovéeslancéolées, les internes
caduques à maturité, plus ou moins linéaires.
Fleurs £ 1-4. Arbustes :
F. Fleurs d 3-4. Fleurs 2 plus que 11. IV. Pluchea
F'. Fleurs d 1-2. Fleurs 2 8-11. V. Monarrhenus
D'. Capitules formés d’une seule fleur, celle-ci d. Soies du
pappus plumeuses . VI. Stoebe
Source : MNHN, Paris
— 539 —
I. GNAPHALIUM L.
Gcn. PI. : 250 (1737) n” 946 pro parte; Benth. et Hook., Gen. PI. 2, 1 : 305
(1873).
CLÉ DES ESPÈCES
a. Capitules en glomérules denses, disposés en corymbes termi¬
naux, ou plus rarement axillaires mais alors nettement
pédonculés . 1. G. luteo-album
a . Capitules en glomérules denses, axillaires, sessiles ou sur des
axes courts, disposés en inflorescences racémiformes, allon¬
gées, feuillées :
b. Soies du pappus cohérentes en anneau à la base, se détachant
globalement . 2. G. purpureum
b'. Soies du pappus non cohérentes à la base, caduques sépa¬
rément . 3. G. indicum
1. Gnaphalium luteo-album L., Sp. PI., ed. 1 : 851 (1753).
— Gnaphalium pallidum Lam., Encyc. Métli. 2 : 750 (1786).
Planle herbacée pouvant atteindre 40 cm de haut, souvent rameuse
inférieurement, tomenteuse-blanchâtre. Feuilles inférieures oblongues
spatulées, les supérieures lancéolées à linéaires, toutes sessiles amplexi-
caules. Inflorescence en panicule corymbiforme. Bractées involucrales
tomenteuses à la base, à appendice scarieux blanc-jaunâtre. Réceptacle
plan, nu. Corolle des fleurs 2 filiforme, papilleuse au sommet, celle des
fleurs <? tubuleuse, régulière, à peine évasée vers le haut, 5-fide, à dents
papilleuses extérieurement. Akène oblong, non ou faiblement nervuré,
finement papilleux. Soies du pappus scabérules, cohérentes à la base.
Nom vernaculaire ; Immortelle marronne.
Espèce rudérale et messicole, 0-2 000 m.
Matériel étudié : Plaine des Cafrcs, 1 500 m : Commerson s.n., Rivais s.n..
Bosser 9446'. - Bélouve, 1 500 m : Bosser 11930. — Bébour, 1 400 m : Barclay 580 (K),
Cadet 1132. — Grand Bénard, 2 000 ni : Rivais s.n. — Grand Tampon, 1 400 m : Cor-
demoy (M), Cadet 1078. — Moka, 1 350 m : Bosser 12107. — Hauts de Saint-Leu :
G. de l’isle 635. — Sans localité : Commerson s.n., Boivin 1163, Richard 108, 459, s.n.
(K), Bréon s.n., Balfour s.n. (K), Frappier 262, 263.
Espèce cosmopolite; Madagascar, Maurice.
2. Gnaphalium purpureum L., Sp. PI., ed. 1 : 854 (1753).
Plante herbacée ayant le même aspect que la précédente. Feuilles
toutes oblongues spatulées, sessiles amplexicaules, tomenteuses sur la
1. N 0 ' suivis de la lettre K : Kew Hcrbarium; M : Herbier Jacob de Cordemoy à
Marseille; MRISI : Hcrbarium du Mauritius Research Industry Sugar Institute, Ile
Maurice; sans indication : Herbier Muséum Paris.
Source : MNHN, Paris
— 540 —
face inférieure, glabrescentes sur la face supérieure. Inflorescence en
panicule racémeuse, allongée, étroite, feuillée. Bractées involucrales
externes ovées-lancéolées, à onglet court tomenteux, les internes plus
étroites, allongées, à onglet développé et faiblement tomenteux. Appen¬
dices scarieux, glabres, blanc jaunâtre. Fleurs comme dans l’espèce pré¬
cédente. Akène légèrement comprimé, glabre ou faiblement papilleux.
Soies du pappus unisériées, coalescentes en anneau à la base, caduques
globalement.
Nom vernaculaire : Immortelle marronne.
Espèce rudérale et messicole.
Matériel étudié : Saint-Benoît: Cordemoy s. n. (M). — Saint-Denis': Rivais s. n..
Cadet 1110. — Trois-Bassins, 1 300 m : Bosser 11407. — Sans localité : Boivin 1164,
s. n. (K), Richard 428 , Frappier 26S.
Pantropicale; Madagascar. Maurice.
3. Gnaphalium indicum L., Sp. PL, ed. 1 : 852 (1753).
Herbe annuelle, rameuse à la base, dressée, haute de 10 à 15 cm,
blanchâtre. Feuilles jusqu'à 4 cm de long, oblongues-spatulées, glabres¬
centes supérieurement, tomenteuses blanchâtres inférieurement, rétrécies
en pétiole dans la moitié inférieure. Capitules petits, en inflorescences
racémiformes, étroites, feuillées.
Espèce très ressemblante à G. purpureum. Elle s’en distingue par sa
taille et ses feuilles plus petites, son aspect plus grêle, son pappus à soies
indépendantes et caduques séparément.
Matériel étudié : Sans localité : Lenormand 04.
Paléotropical; Madagascar.
II. HELICHRYSUM Gaertn.
Fruct. 2 : 404 (1791); Benth. et Hook., Gen. Plant. 2, 1 : 307 (1873).
CLÉ DES ESPÈCES
a. Bractées involucrales externes et moyennes à onglet glabre ou
tout au plus finement pubérulent. Capitules épanouis de
15 à 20 mm de diamètre. Plantes herbacées ou un peu
ligneuses à la base. 1. H. fœtidum
a'. Bractées involucrales externes et moyennes à onglet velu
tomenteux. Capitules n’atteignant généralement pas les
dimensions précédentes. Plantes arbustives ou à tige
ligneuse courte, souterraine ou couchée :
b. Tige ligneuse courte et souterraine (plus rarement dévelop¬
pée et alors couchée rampante), à rameaux terminés par
une rosette de feuilles . 2. H. arnicoides
Source : MNHN, Paris
— 541
b'. Tige dressée ramifiée, à feuilles non disposées en rosette,
Port d’arbuste :
c. Réceptacle fimbrillifère. Feuilles à 3-5 nervures visibles
. 3. H. heliotropifolium
c . Réceptacle nu. Feuilles à nervures cachées sous un tomen-
tum (sauf la médiane parfois discernable). 4 .H. proteoides
1. Helichrysum foetidum (L.) Cass., Dict. 25 : 469 (1822), 26 : 53
(1823); D.C., Prodr. 6 : 187 (1837).
— Gnaphalium foetidum L., Sp. PL, ed. 1 (1753).
Plante dressée pouvant atteindre 60 cm de haut, herbacée ou un peu
lignifiée à la base, simple ou rameuse, tomenteuse blanchâtre, à odeur
fœtide, feuilles lancéolées, amplexicaules, couvertes à la face inférieure
d’un tomentum blanchâtre, à la face supérieure de poils moins denses
à flagelle aranéeux plus ou moins caduc, mélangés à des poils courts glan¬
duleux. Capitules larges, pouvant atteindre 20 mm de diamètre, disposés
en une panicule terminale dense plus ou moins corymbiforme. Involucre
campanulé à bractées plurisériées, glabres ou finement pubérulentes, à
appendice scarieux blanc jaunâtre ou jaune toujours plus long que l’onglet,
celui-ci très court sur les bractées externes. Réceptacle plan. nu. Fleurs
2 3-4 sériées, à corolle tubuleuse 3-4 fide, papilleuse au sommet, à style
exerte à 2 branches renflées à l’extrémité. Fleurs p multisériées à corolle
tubuleuse dilatée à la base, à 4-5 lobes papilleux. Akène noirâtre, oblong,
nervuré, finement papilleux sur les nervures ou glabre. Soies du pappus
unisériées, régulièrement scabérules, libres.
Jachères dans la région moyenne; lieux rocailleux en altitude.
Matériel étudié : Plaine des Salazes : Rivais s. n. — Ilet à Guillaume : G. de
l’isle s. n. — Cilaos : Cordemoy s. n. (M). — Ravine de Petite Ile, 700 ni : Rivais s. n. —
Saint-François : Boivin 1160.
Afrique tropicale.
2. Helichrysum arnicoides (Lam.) Cordem., Flore de l’Ile de la
Réunion : 533 (1895).
— Gnaphalium arnicoides Lam., Encycl. Meth. 2 : 762 (1786); D.C., Prodr. 6 :
227 (1837).
Plante n’excédant pas 40 cm de haut après la floraison, à rhizome
ligneux portant des tiges courtes dressées garnies de feuilles formant une
rosette radicale étalée à la surface du sol. Feuilles elliptiques ou oblongues
lancéolées, un peu atténuées à la base, sessiles, 3-5 nervées, tomenteuses
blanchâtres. Hampe florifère dressée, soyeuse, portant 2-4 feuilles espa¬
cées, plus courtes et plus étroites que les radicales. Inflorescence termi¬
nale corymbiforme contractée, dense, formée de capitules serrés en glomé-
Source : MNHN, Paris
— 542 —
rules sous-tendus par des feuilles bractéales. Capitules hémisphériques,
à bractées plurisériées imbriquées, les externes oblongues obtuses, à
onglet court et velu cotonneux, devenant progressivement plus étroites,
les internes linéaires à onglet plus long que l’appendice, glabres. Appen¬
dices bractéaux blanc jaunâtre ou plus ou moins roussâtres. Réceptacle
fovéolé, plan. Fleurs comme dans l’espèce précédente, les externes aussi
nombreuses que les internes. Akène de 1 mm de long environ, oblong,
cylindrique ou plus ou moins angulaire mais sans nervures, pubescent.
Soies du pappus unisériées, finement et régulièrement scabérules.
Nom vernaculaire : Petit velours blanc.
Espèce des pelouses altimontaines et des landes à Philippia, de 1 500 m
à 2 500 m.
Type : Coinmerson s. n., Plaine des Cafres, herbier Lamarck (P).
Matériel étudié : Plaine des Cafres : Du Petit Thouars s. n., Boivin 1162 pro parle,
Hichard 623 et 773, Cordemoy s. n. (M.). — Grand Bénard, 2 200 m : Rivais s. n.. Cadet
1861. — Plaine des Salazes, 2 400 ni : Rivais s. n. — Rivière des Marsoins : G. de L'Isle
16. — Plaine des Remparts, 2 200 ni : Rivais s. n., Barclay 467 (K). — Plaine des
Sables, 2 200 m : Schtieben 12367 (MSIRI). — Sans loc. : Giraudy Balfour s. n. (K).
Endémique.
Lorsque l’espèce croit dans les fissures des rochers, elle acquiert un
port différent de celui décrit ci-dessus. Il se développe une tige rameuse,
non souterraine mais couchée rampante, pouvant atteindre 15-20 cm
de long, à rameaux terminés par un bouquet de petites feuilles de 3 cm
de long environ. Les capitules sont médiocres, à squames 3-4 sériées
seulement, à fleurs 2 peu nombreuses.
Possèdent ces caractères les échantillons suivants :
Bélouvc, 1 500 m, rochers du lit d'un torrent : Bosser 9439. — Bébour, 1 400 m,
rochers du lit d’un torrent : Cadet 2101. — Rempart de Bellecombc, 2 300 m, rochers
d’un ravin ombragé : Bosser 11839. — Plaine des Chicots : Boivin s. n. — Piton des
Neiges, 2 800 m : Slaub 13013 (MSIRI). — Sans loc. : Boivin 1162 pro parle.
Observation : Baker, dans « Flora of Mauritius and the Seychelles »
(1877, p. 165), considère G. arnicoides Lam. comme une variété de G.
luteo-album L. La plante récoltée par Commerson et décrite par Lamarck
est nettement distincte de G. luleo-album L. Elle est endémique des régions
montagneuses de la Réunion. Nous n’avons vu ni à Paris ni à Kew de
spécimens de l’île Maurice se rapportant à llelichysurn arnicoides (Lam.)
Cordem..
3. Helichrysum heliotropifolium (Lam.) D.C., Prodr. 6 : 209
(1837).
— Gnaphalium heliotropifolium Lam., Encycl. Méth. 2 : 743 (1786).
Arbuste de 1 à 3 m de haut, blanchâtre, à rameaux dénudés infé¬
rieurement, pubescents, marqués de cicatrices foliaires semi-annulaires
Source : MNHN, Paris
— 543 —
rapprochées. Feuilles totalement recouvertes d’un tomentum soyeux,
blanchâtre sur le vivant, devenant fréquemment roux à la dessication,
sessiles, oblongues-lancéolées, entières, 3-5 nervées, pouvant atteindre
1,5 cm de large sur 9 cm de long. Inflorescence en corymbe dense enve¬
loppé de feuilles bractéales, souvent sessile au sommet du rameau. Capi¬
tules hétérogames, à involucre hémisphérique, à bractées plurisériées,
imbriquées, les externes oblongues-obtuses à onglet tomenteux, les plus
internes presque linéaires, glabres. Appendices scarieux glabres, blanc
jaunâtre, ceux des bractées internes étalés, parfois récurvés. Réceptacle
plan, fimbrillifère. Fleurs 2 paucisériées, fleurs <? multisériées. Corolles
blanches ou jaunâtres, papilleuses au sommet. Akène oblong, nervuré,
pubescent. Soies du pappus unisériées, régulièrement scabérules.
Nom vernaculaire : Velours blanc.
Espèce de la lande à Philippia des régions élevées et de la forêt hygro-
phile (1 000 à 2 700 m).
Type : Commerson s. n., herbier Lamarck (P.).
Matériel étudié : Plaine des Cafrcs, 1 500-1 700 ni : Boivin s. n., Cordemoy s. n.
(M ),Bosser 441, Cadet -5 14, Schlieben 1234 5(MRSI), Wiehe 11487 (MRISI). — Bélouvc :
G. de t’Iste 218, Rivais s. n., Bosser 9440. — Grand Bénard : Boivin s. n., Edgerley
13378 (MRISI). — Plaine des Salazes et Piton des Neiges, 2 150-2 700 m : G. de l'Isle
583, Rivais s. n., Boivin s. n.. Cadet 1716 et 1929 ./. — Plaine des Remparts : Rivais s. n.
— Rivière des Remparts : Barclay 490 (K), 493 (K), 1265 (K), 1273 (K), Cadet 1716.
— Pas de Bellecombe, 2 200 m : Rivais s. n. — Plaine des Chicots : Rivais s. n. —
Rempart des Sables, 2 200 m : Bosser 11576. Schlieben 12355 (MRISI). — La Roche
Écrite, 2 000 m : Bosser 11748. — Sans loc. : lia Petit Thouars s. n., Boivin 30, 1161,
Richard 107 et s. n. (K), Frappier 248, 249, Giraudy s. n., Balfour s. n. (K).
Endémique.
4. Helichrysum proteoides (Lam.) Raker, Flora of Mauritius and
lhe Seychelles : 167 (1877).
— Gnaphalium proteoides Lam., Encycl. Méth. 2 : 742 (1786).
Gnaphalium protéiforme D.C., Prodr. 6 : 227 (1837).
— Helichrysum protéiforme Baker, loc. cit.
Espèce proche de la précédente. Elle s’en distingue essentiellement
par ses capitules à réceptacle nu (et non fimbrillifère), les soies du pappus
dilatées à leur extrémité, ses fleurs â corolle pourpre, son inflorescence
pédonculée en panicule étalée nettement corymbiforme, ses feuilles à
nervures invisibles (sauf la médiane parfois un peu apparente) couvertes
d’un tomentum blanc jaunâtre ou un peu brunâtre mais ne devenant
jamais roux après dessiccation.
Type : Commerson s. n., Ile Maurice, herbier Lamarck (P.).
D'après de Candolle, Bouton aurait récolté cette espèce à la Plaine
des t'.afres. Jacob de Cordemoy et plus récemment Rivals la signalent
également. Mais aucune des récoltes des anciens collecteurs ni de celles
Source : MNHN, Paris
— 544 —
plus récentes de Rivals, Bosser et nous-mêmes ne contient de spécimens
se rapportant à IL proleoides. Par conséquent, nous doutons de l’appar¬
tenance de cette espèce à la flore réunionnaise malgré la présence dans
l’herbier Maire d’un échantillon étiqueté « Ile Bourbon », sans collecteur.
Signalons que Baker, dans sa Flore, a décrit II. proleoides sous le
nom de II. yuccaefolium (Lam.) D.C. et vice-versa. Cette dernière espèce
ainsi que H. caespilosum (Lam.) D.C. sont endémiques de l’Ile Maurice.
III. BLUMEA D.C.
In Guill., Arch. Bot. 2 : 514 (1833); Prodr. 5 : 432 (1836).
A. J. Randeria, dans une monographie du genre Blumea (in Blumea
10, 1 : 176-317, 1960) bien qu’adoptant la distinction des genres Blumea
et Laggera, émet quelque doute sur la valeur de ce dernier. Humbert,
dans la Flore des Composées de Madagascar (1962) reconnaît que cette
séparation est arbitraire (p. 358), mais conserve également le genre
Laggera. Philipps (Gener. S. Afr. PL, ed. 2: 787, 1951) et, plus récem¬
ment. Wild (Kirkia 8, 1 : 125-132, 1968-69) estiment que Laggera
ne peut être considéré comme un genre distinct de Blumea. Nous ren¬
voyons le lecteur aux études critiques des auteurs cités. Nous adoptons
le point de vue des deux derniers en ce qui concerne la seule espèce de
la Réunion qui aurait pu être placée dans le genre Laggera : Blumea
salvifolia.
CLÉ DES ESPÈCES
a. Anthères caudiculées :
b. Réceptacle finement fimbrillifère. Corolle blanc-jaunâtre,
celle des fleurs 3 à lobes papilleux sétifères. Feuilles
habituellement lobées, parfois lyrées. 1. B. lacera
b'. Réceptacle nu. Corolle pourpre, celle des fleurs d à lobes
papilleux mais non sétifères. Feuilles dentées mais non
lyrées-lobées . 2. B. axillaris
a'. Anthères non caudiculées . 3. B. salvifolia
1. Blumea lacera (Burm. f.) D.C. in Wight, Contr. Bot. Ind. : 14
(1834); Prodr. 5 : 436 (1836).
— Conyza lacera Bubm. f.. Fl. ind. : 180, tab. 59, fig. 1 (1768).
Plante herbacée pouvant atteindre 1 m de haut, à tige simple ou
rameuse. Feuilles de 2,5-5 cm de large sur 7-17 cm de long, obovales ou
elliptiques, irrégulièrement lobées-dentées, fréquemment lyrées, les supé¬
rieures sessiles, les inférieures rétrécies en un pétiole ailé. Tiges et feuilles
à revêtement plus ou moins dense de poils simples et de poils glanduleux.
Source : MNHN, Paris
545
Inflorescence en panicule terminale ample ou dense, feuillée à la base.
Capitules sur des pédoncules densément velus glanduleux. Bractées
involucrales herbacées, réfléchies à maturité, linéaires, velues glandu¬
leuses, les internes à marge scarieuse. Réceptacle plan à fimbrilles courtes
et fines. Corolles blanc jaunâtre. Lobes corollins des fleurs <? portant des
papilles et des poils raides. Revêtement papilleux externe des branches
du style ne se prolongeant pas sur la colonne stylaire. Appendices des
anthères lancéolés-aigus au sommet. Akène pubescent, d’environ 1 mm
de long, oblong, nervuré. Pappus à soies blanches unisériées, scabérules.
Nom vernaculaire : Lastron bâtard.
Bord des routes, alluvions des torrents, éboulis et rochers suintants.
Matériel étudié : Saint-Denis : Boivin 1143, Potier s . n. — Saint-Benoît : Cor-
demoy s. n. (M). •— Cilaos : Rivais s. n. — Saint-Paul : G. de L'Isie 128. — Ravine à
Jacques : Rivais s. n. — Sans loc. : Richard 216, 226, s. n. (K), Frappier 34.
Afrique et Asie tropicales, Insulinde, Australie, Ile Maurice? (tous
les spécimens de Blumea du Muséum de Paris et du Kew Herbarium
provenant de cette île appartiennent à l’espèce suivante, à laquelle se
rapportent d’ailleurs la description et la synonymie que Baker donne
de B. Lacera: loc. cit., p. 164).
2. Blumea axillaris (Lam.) D.C., Prodr. 5 : 434 (1836).
— Conyza axillaris Lam., Encycl. Méth. 21 : 84 (1786).
Cette espèce se distingue de la précédente par le réceptacle plan
et nu, l’involucre et les corolles pourpres, les lobes corollins papilleux
non sétifères. Les feuilles ont un limbe ovale-elliptique, obtus au sommet,
denté-mucronulé, de 2-3 cm de large sur 4-8 cm de long, les inférieures
brusquement rétrécies en un pétiole de 1-3 cm, les supérieures atténuées
en un pétiole très court, presque sessiles. La panicule est plus étroite,
une partie des capitules disposés en petites grappes denses à l'aisselle
des feuilles supérieures.
Type : Commerson s. n., Ile Maurice, herbier Lamarck (P).
Observation : Cette espèce fait-elle partie de la flore de notre île?
Tous les spécimens de B. axillaris des herbiers de Paris et Kew proviennent
de Pile Maurice, à l’exception d’un échantillon de Du Petit Thouars
dont l’origine est douteuse et d’un fragment d’inflorescence étiqueté :
« Ile Bourbon, Commerson ».
En se basant sur les descriptions in litteratur et en se référant à
l’opinion de Randeria qui a étudié des spécimens de cette espèce de
l’herbier de Paris, B. axillaris serait très alïine de B. mollis (Don) Merrill
(Philip. Journ. Sci., 1910). Nous n’avons pu observer le type de cette
dernière espèce basée sur Erigeron molle Don (Prodr. Flora Népal., 1825),
nom qui s’applique à une plante du Népal récoltée par Wallich. L’Her-
Source : MNHN, Paris
— 546 —
barium de Kew possède l’herbier Wallich mais aucun échantillon ne
peut être considéré comme le type de Don avec une absolue certitude.
En tout état de cause, si l’identité des deux espèces est prouvée ulté¬
rieurement, le binôme de De Candolle serait prioritaire puisque basé
sur Conyza axillaris Lam. (1786).
3. Blumea salvifolia (Bory) D.C., Prodr. 5 : 448 (1835).
— Conyza salvifolia Bory, Voy. Iles Mers d’Afr. 31 : 176 (1804).
— Laggera alata (D.C.) Sch. Bip. var. salvifolia (Bory) Humb., Mém. Soc. Lin.
Normandie 25 : 58 (1923).
Plante herbacée un peu ligneuse à la base, rameuse au sommet
Feuilles oblongues, amplexicaules, parfois légèrement décurrentes sur
la tige, finement dentées, pubescentes ou tomenteuses à la face inférieure,
glabrescentes à la face supérieure. Inflorescence en panicule rameuse,
ample, les feuilles bractéales souvent décurrentes sur les rameaux en ailes
entières ou dentées. Capitules pédonculés, penchés. Involucre multisérié,
à bractées imbriquées, étroites, lancéolées, rigides et garnies de poils
glanduleux, les ultimes linéaires, glabres, les externes souvent récurvées.
Réceptacle plan, nu. Capitules hétérogames à fleurs toutes fertiles.
Anthères des fleurs â bilobées à la base, à auricules obtuses non caudi-
culées. Branches du style linéaires-subulées, à revêtement papilleux
externe se prolongeant sur la colonne stylaire. Akène de 1 à 1,5 mm de
long, cylindrique, pubescent. Pappus à soies unisériées, étroitement
scabérules.
Nom vernaculaire : Sauge.
Espèce assez fréquente dans les jachères des cirques et les alluvions
des torrents.
Type : non vu.
Matériel étudié : Plaine des Cafres : Commerson s . n . — Saint-Denis : Boivin
lin. — Cilaos : Cordemoy s. n. (M), Rivais s. n. — Mafate (La Maria), 1 600 m : Rivais
s. n. — Grand Bassin : G. de l’isle 460. (Ce spécimen a été comparé au type de Df.
Candolle par Humbert). — Sans loc. : Du Petit Thouars s. n., Richard 464, Giraudy
Madagascar (Ile Sainte-Marie), Ile Maurice? L’espèce n’est pas
signalée à l’Ile Maurice par Baker. L’opinion de Humbert (loc. cit..
p. 360) qui la considère comme existant dans cette île repose très certaine¬
ment sur la présence à Paris d’un spécimen étiqueté « Commerson, Ile
de France » et dont un double se trouve à Kew.
Observation : Nous n’avons pas suivi Humbert (loc. cit., p. 360)
qui considère notre plante comme une variété de Laggera alala (D.C.)
Sch. Bip.. Si les spécimens de la Réunion ont une inflorescence à rameaux
plus ou moins ailés comme chez L. alala, les feuilles inférieures ne sont
jamais décurrentes en ailes sur la tige. Les capitules sont de plus petite
taille, les bractées involucrales plus molles, à poils glanduleux moins
Source : MNHN, Paris
denses et moins rigides. Les liges sont nettement moins ligneuses et les
feuilles beaucoup plus molles que chez L. alala.
IV. PLUCHEA Cass.
Bull. Soc. Philom. : 31 (1817); Benth. et Hook., Gen. PI. 2, 1 : 290 (1873).
CLÉ DES ESPÈCES
o. Feuilles à limbe oblong-lancéolé, 6-8 fois plus long que large
très entier . 1. Pluchea aff. Grevei
a'. Feuilles à limbe elliptique-lancéolé, 2-5 fois plus long que
large, denté-mucronulé dans les deux tiers supérieurs. . ..
. 2. Pluchea Bojeri
1. Pluchea alT. Grevei (Bâillon) Humb., Mém. Soc. Linn. Nor¬
mandie 25 : 60 (1923).
— Psiadia Grevei Bâillon cx Dkake in Gkaxdidieh, Hist. Madag., PI. 6, atl. IV,
tab. 486 (1897).
Arbuste de 1 à 3 m, faiblement pubescent. Feuilles étroitement
oblongues, subsessiles. Inflorescence en panicule corymbiforme, peu
fournie. Capitules courtement pédonculés ou sessiles, groupés en petits
glomérules soutendus chacun par une bractée lancéolée aussi longue
que l’involucre. Bractées involucrales imbriquées, les externes ovées-
lancéolées, herbacées, pubescentes, ciliées, d’environ 3 mm de long,
passant assez brusquement aux internes allongées linéaires, glabres ou
ciliées, nettement plus longues que les externes, violacées, caduques à
maturité des akènes. Fleurs cî 3-4. Akène oblong, nervuré, glabre, d’envi¬
ron 1 mm de long. Soies du pappus blanches, unisériées, scabérules.
Sols hydromorphes.
Matériel étudié : Savannah, sols inondables autour de l’Étang de Saint-Paul :
Cadet 1476. (L’espèce a été également observée à l’embouchure de la Ravine du Butor
à Saint-Denis d’où elle a récemment disparu à la suite de travaux.)
Observation : La plante de la Réunion n’est pas tout à fait identique
à l’espèce malgache qui possède des feuilles densément pubescentes-
scabres, plus larges dans le tiers supérieur et longuement atténuées infé¬
rieurement, ainsi que des akènes pubescents. Elle en est cependant étroite¬
ment affine.
Madagascar.
2. Pluchea Bojeri (D.C.) Humb., Mém. Soc. Linn. Normandie 25 :
60 (1923).
— Conyza Bojeri D.C., Prodr. 5 : 384 (1836).
Source : MNHN, Paris
— 548
Arbuste très rameux; tiges, feuilles et inflorescences couvertes de
poils simples et de poils glanduleux courts peu denses. Feuilles subsessiles,
à limbe denté-mucronulé dans les deux tiers supérieurs. Inflorescence en
panicule corymbiforme terminale. Capitules comme chez Pluchea Grevei.
Fleurs S 3-4. Akène oblong, nervuré, glabre.
Matériel étudié : Saint-Denis, au pied des rampes du Biùlé, fossé : Rivais s. il.
Madagascar.
Madagascar.
V. MONARRHENUS Cass.
Bull. Soc. Philom. : 31 (1817); Dict. 32 ; 433 (1824).
Ce genre créé par Cassini et basé sur Conyza salicijolia Lam. est très
voisin du genre Pluchea. Aucun caractère important ne les sépare si ce
n’est le nombre des fleurs des capitules, peu élevé (9 à 13) chez Monarrhe-
nus , plus grand chez Pluchea. Bentham et Hooker donnent le nombre
de fleurs <î comme l’un des rares caractères distinctifs : 1-2 chez Monar-
rhenus, « peu » chez Pluchea, mais les capitules du Pluchea Grevei mal¬
gache n’ont parfois que 2 fleurs <?. Hoffmann (in Pllanzenfamilien)
sépare les 2 genres d’après le mode d’arrangement des capitules dans
l’inflorescence et place Monarrhenus dans un groupe comprenant aussi
Plerocaulon et Sphaeranlhus, caractérisé par des capitules associés en
capitules de second ordre. Cela est incontestable pour les deux derniers
genres mais chez Monarrhenus, on observe simplement de petits groupes
de capitules sans enveloppe bractéale commune comme chez P. Grevei et
P. Bojeri. lin conclusion, la séparation entre Pluchea et Monarrhenus
nous paraît assez arbitraire. Adoptée dans tous les ouvrages classiques,
elle est conservée dans le présent travail. Mais une élude d’ensemble des
Plucheinae amènerait très probablement à fusionner ces deux genres.
Cne seule espèce polymorphe 1 .
1. Monarrhenus salicifolius (Lam.) Cass., Dict. 32 : 434 (1824).
— Conyza salicifolia Lam. var. a et P, Encycl. Méth. 2 : 89 (1786).
— Monarrhenus pinifolius Cass., Dict. 32 : 434 (1824).
Arbuste n’excédant pas 1 m de haut, très rameux. à rameaux pubes-
cents. Feuilles très polymorphes, étroitement elliptiques à linéaires, de
1 à 15 mm de large sur 25 à 180 mm de long, de 8 à 80 fois plus longues
que larges. Limbe plan ou à bords enroulés par dessous. Face supérieure
à poils simples peu denses et à poils glanduleux sessiles, un peu glutineuse
au début, glabrescente à la fin. Face inférieure couverte d’un tomentum
1. Monarrhenus rufescens D.C. désigne line plante récoltée par Bouton à Mada¬
gascar et dont le type est à l’Université de Cambridge. Cette plante est identique à
Pluchea aphananta (Baker) Humb., espèce des zones marécageuses de Madagascar
(communication personnelle de MM. Jeffrey et Marais, Kew).
Source : MNHN, Paris
— 549 —
soyeux blanc ou un peu roussàtre, à nervures distinctes si le limbe est
plan. Capitules en petites cymes tri flores, sessiles, elles-mêmes groupées
en glomérules denses courtement pédonculés, ceux-ci disposés en inflo¬
rescence corymbiforme. Réceptacle nu, étroit. Bractées involucrales
plurisériées, les externes herbacées, ovées-lancéolées, pubescentes, per¬
sistantes, de 2 à 2,5 mm de long, passant progressivement aux internes
oblongues à linéaires, scarieuses, ciliées, caduques à maturité des akènes,
d’environ 4 mm de long. Fleurs 2 fertiles 8-11, à corolle filiforme de
couleur lilas, nettement 3-4 fide. Fleurs <$ 1-2, stériles, à corolle dilatée
vers le haut, à 5 lobes étalés, papilleux sur leur face externe. Anthères
très exertes d’environ 1 mm de long, à auricules et caudicules conniventes
avec celles des anthères voisines. Style à branches étroites, courtes, aiguës,
à revêtement papilleux externe prolongé sur la colonne stylaire. Akène
oblong, nervuré, pubescent au moins supérieurement. Soies du pappus
unisériées, scabérules.
Nom vernaculaire : Bois de Chenilles.
Plante rupicole, assez commune sur les falaises du littoral et des
gorges des torrents de la région sèche Sous-le-Vent, de Saint-Denis à
Saint-Joseph, observée plus rarement dans les alluvions caillouteuses
des ravines. L’espèce croît à basse altitude, mais elle remonte dans les
cirques de Mafate et de Cilaos où nous l’avons rencontrée à 1 000 m.
Type : Commerson s . n., Ile de France, herbier Lamarck (P).
Matériel étudié : Rochers littoraux de Saint-Denis à Saint-Paul : Commerson
s. n., du Petit Thouars s. n., Richard s. n. (1<), Cordemoy s. n. (M), Rivais s. n., Barclay
1305 (K), Moral 2759, Cadet 1467. — Rivière de Saint-Denis : Boivin s. n., Potier s. n.
— Rivière des Galets (Cap noir) : Rivais s. n. — Ravine Divon, Saint-Paul : Cadet
1483. — Ravine des Trois-Bassins, 350 m : Cadet 1798. — Ravine La Fontaine Saint-
Leu : Cadet 1828. — Bras de Cilaos, 900 m : Cadet 1500, 1840, Barclay 1307 (K). —
Bras de la Plaine : G. de l'Isle 506. — Sans loc. : Boivin 1146, Richard s. n., 81, 83,
Perottel s. n., Bréon s. n., Barthe s. n., Giraudy s. n.
Endémique des Mascareignes (Maurice et Réunion).
Observation : Nous n’avons pas cru devoir retenir la variété 3 de
Lamarck érigée en espèce par Cassini (M. pinifolius). Baker (loc. cit.,
p. 166) l’a ramenée au rang de « forme ». Mais la comparaison d’un grand
nombre d’échantillons et l’observation de la plante dans son milieu
montrent que la largeur des feuilles et l’enroulement marginal du limbe
sont des caractères extrêmement variables. Nous avons rencontré des
individus possédant des feuilles à limbe enroulé linéaire sur les tiges
florifères et des feuilles à limbe plan sur des rejets de la base. Aucune
différence au niveau du port, des organes floraux ou de l’écologie ne vient
étayer une séparation en deux taxons basée uniquement sur la morpho¬
logie des feuilles.
Source : MNHN, Paris
— 550 —
V. STOEBE L.
Gen. PI. n° 1001 (1737); Benth. et Hook. Gen. PI. 2, 1 : 323 (1873).
Une seule espèce.
1. Stoebe passerinoides (Lam.) Willd., Sp. PI., ed. 4, 3, 3 : 2408
(1797).
— Seriphium passerinoides Lam., Enc. Meth. 1 : 271 (1783).
Sloebe paniculala Cass., Dict. 51 : 63 (1827).
Stoebe passerinoides Cordem., Flore de l’Ile de la Réunion : 534 (1895).
Arbuste éricoïde très rameux, à port variable, de quelques déci¬
mètres et en toulles hémisphériques blanchâtres aux hautes altitudes à
à 3-4 mètres avec un tronc bien développé et feuillage assez pauvre dans
la forêt hygrophile. Feuilles de jeunesse étroitement lancéolées à linéaires,
assez souples, sessiles, de 6 â 10 mm de long sur moins de 1 mm de large
à la base, progressivement rétrécies en une extrémité rigide, tomenteuses
en dessous, glabrescentes en dessus. Feuilles des rameaux adultes plus
petites, de 2 à 3 mm de long, appliquées contre la tige, rigides, à face
ventrale tomenteuse blanchâtre, à face dorsale tomenteuse à la base et
glabrescente à l’extrémité.
Inflorescence en épis simples ou disposés en grappes ou en panicules.
Capitules allongés, les bractées involucrales inférieures ayant l’aspect
de feuilles réduites, les internes plus longues et scarieuses. Réceptacle
étroit, nu. Une seule fleur bisexuée, à corolle tubuleuse rouge, brièvement
5-fide, un peu dilatée vers le haut. Anthères sagittées, courtement caudi-
culées. Branches du style allongées, tronquées au sommet et terminées
par une touffe de poils collecteurs. Akène oblong, court (%mm de long
environ), nervuré, pubescent. Pappus unisérié à soies plumeuses et
cohérentes à la base.
Nom vernaculaire : Branle blanc.
Espèce pionnière à exigences écologiques très larges, très commune
dans toute l’île de 300 à 3 000 m.
Typk : Commerson s. Plaine des Cafres, herbier Lamarck (P).
Matériel étudié : Plaine des Cafres : lioivin s. n. — Environs du Volcan : 2 200 m-
2 300 m : Bosser 11845, 11858, Cadet 1564. — Plaine des Remparts, 2 000 ni : Rivais
s. n. — Plaine des Salazes (Caverne Dufour, 2 500 m) : G. de l'isle 589. — Plaine des
Palmistes, 1 000 m : Bosser 9436, Vaughan s. n. (MRISI). — Cirque de Mafatc : Bosser
11713. — Grand Bénard, 2 200 m : Edgerley 13373 (MRISI). — Hauts de Trois-Bassins :
Bosser 9435, Rivais s. n. —- Plaine des Chicots, 1 800 m : Bosser 11733. — Mont Saint-
François : Boivin 1165. — Sans loc. : Gaudichaud s. n., Giraudy s. n., Richard 121,
482, Vieillard et Deplanche s. n., Frappier 246, G. de l’isle 389, Cordemoy s. n. (M).
Endémique.
Source : MNHN, Paris
— 551
Bibliographie
Baker, J. (1. - Flora of Mauritius and thc Seychelles, 556 p., London (1877).
Enoler et Phantl. — Natur. Pllanzenfam., Composilae par Von Hoffmann, 4, 5
(1894).
Humbert, H. — Flore de Madagascar : Les Composées, I et II, Paris (1962).
Jacob de Cordemoy, E. — Flore de l’Ile de la Réunion, 574 p., Paris (1895).
Randeria, A. J. — The Composite genus Blumea, a taxinomie révision, Blumea 10 :
176-317 (1960).
Rivals, P. — Études sur la végétation naturelle de la Réunion, 216 p.. Toulouse (1952).
Wild, H. — The Composilae of thc Flora Zambesiaca area (2) : Inulae, Kirkia, 7, 1
(1968-69).
Centre d'Enseignement Supérieur
Scientifique de la Réunion.
Saint-Denis-de-la-Réunion
Laboratoire de Phanérogamie.
Muséum - Paris.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Andansonia, ser. 2, 10 (4) 1970
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DE L’INFLUENCE
DU SOL SUR LA VÉGÉTATION AU CONTACT
FORÊT-SAVANE DANS L’OUEST ET LE
CENTRE DE LA COTE-D’IVOIRE
par Marc Latham et Marianne Dugerdil 1
Résumé : Des transects ont été délimités au contact forêt-savane dans les régions
de Séguéla et Dimbokro en Côte d’ivoire.
La comparaison des relevés quantitatifs de végétation et des caractéristiques des
sols montre :
— une relation significative entre réserve hydrique calculée et types de végétation.
— une influence de l'engorgement du sol dans la formation de certaines savanes
herbeuses,
— une liaison probable entre la fertilité chimique des sols et la végétation.
Le passage de la forêt à la savane en moyenne Côte d’ivoire se fait
par une zone de mosaïque dans laquelle forêts et savanes s’interpénétrent.
Dans cette mosaïque le sol semble jouer un rôle souvent déterminant sur
les différents aspects de la végétation. Ce rôle édaphique peut se décompo¬
ser en trois facteurs : alimentation hydrique, aération au niveau des
racines, alimentation chimique. Certains de ces facteurs ne sont pas
spécifiques des sols mais peuvent être liés à la végétation par la décompo¬
sition de la litière. Il est alors difficile de séparer l’action de la végétation
sur le sol de sa réciproque.
1. LOCALISATION ET MÉTHODES D'ÉTUDE
1. LA LOCALISATION.
La localisation de cette étude a été faite en vue d’éliminer un cer¬
tain nombre de facteurs pouvant interférer sur les relations sol-végé¬
tation, en particulier le climat, les reliefs trop accusés et l’inlluence
humaine. Deux régions ont été retenues : celle de Vavoua-Séguéla dans
l’Ouest et celle de Toumodi-Dimbokro dans le Centre (cartes 1 et 2), où
treize parcelles d’étude ont été implantées.
1. Travail subventionné par le F.N.R.S., R. n° 4975.
Source : MNHN, Paris
E3
Forêts
Ces deux régions, qui possèdent un déficit hydrique annuel cumulé
sensiblement égal (Eldin et Daudet, 1967), diffèrent légèrement par la
répartition de la pluviométrie. Cette dernière s’échelonne plus nettement
en deux saisons dans la région centrale que dans la région occidentale
(«g- 1).
ETP annuelle
Dimbokro
1574 mm
1338 mm
Seguéla
1478 mm
1352 mm
Vavoua
1 478 mm
1318 mm
Source : MNHN, Paris
□ H 0 1 ffl j
. r s5'« % passai ssswy*
Les reliefs trop accusés sont absents : la grande majorité des tran-
escts coupent des collines qui s’élèvent rarement de plus de 40 m au-dessus
du niveau des talwegs. Seuls les transects sur roches vertes sont situés
sur des reliefs d’une certaine importance.
L’influence humaine a, dans la mesure du possible, été évitée. Il est
toutefois impossible de l’éliminer. Elle apparaît de façons diverses, par
les cultures, les coupes de bois ou d’herbes et les feux de brousse.
Source : MNHN, Paris
— 556
Fig. 1. — Durée de la saison des pluies à Dimbokro, Seguela et Vavoua.
Source : MNHN, Paris
2. LES MÉTHODES.
La méthode des transects suivant des catenas topographiques a été
retenue en raison de la répartition des formations végétales dans cette
zone :
—- forêt dense semi-décidue en sommet de colline;
— savane boisée et arbustive en pente;
—■ forêt-galerie en bas-fond.
Les transects ont une largeur de 20 m sur une longueur variant de
400 m à 2 000 m. Ils sont divisés en quadrats successifs de 20 X 20 m
dans lesquels nous avons relevé : les espèces arbustives et arborées, le
nombre d’individus par espèce, la hauteur des arbres et arbustes et le
diamètre des troncs. Ces mesures nous ont permis de définir plus préci¬
sément différents faciès : savane herbeuse, arbustive, boisée, forêt claire,
forêt-galerie, forêt semi-décidue et secondaire (fig. 2).
Les sols ont été observés sur des fosses pédologiques de 1,50 à 2 m
de profondeur, réparties sur le transect après une étude préliminaire
par sondage. Sur ces fosses nous avons effectué des observations mor¬
phologiques et des prélèvements de terre en vue d’analyses physico¬
chimiques au laboratoire.
Les racines, intermédiaires naturelles entre le sol et la végétation,
ont été étudiées sur les trous pédologiques pour les espèces herbacées et
sur des fosses spéciales creusées au pied des arbustes et arbres.
2. LA VÉGÉTATION
Les paysages végétaux se succédant sur les transects sont très variés
et se répartissent en divers types de savane et de forêt.
1. LES SAVANES.
Savane est le terme général appliqué à toute formation graminéenne
tropicale brûlant généralement chaque année. Des plantes ligneuses
peuvent s’y trouver ou non. Un inventaire de celles-ci, en ce qui concerne
les transects a déjà été fait, de sorte que nous ne nous y arrêterons pas
(M. Dugerdil, 1970).
a. La savane herbeise.
Ces savanes ne sont constituées que d’une ou plusieurs strates herba¬
cées, essentiellement formées de Graminées, auxquelles se mêlent parfois
quelques Dicotylédones herbacées, à l’exclusion de buissons ou d’arbustes,
sauf sur de vastes bas-fonds où le palmier rônier (Borassus aethiopicum)
peut apparaître en grand nombre.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 559
Les savanes herbeuses sont caractérisées, dans nos régions tout au
moins, par l’espèce Loudelia simplex, accompagnée d’autres Loudelia,
de Sehizachyrium et de Cypéracées.
b. Les savanes arbustives, arborées et boisées.
La distinction entre ces trois aspects d’une savane se fait moins au vu
des espèces en présence que du nombre des individus et de leur taille.
Une savane arbustive comprend des arbustes disséminés, ne dépas¬
sant guère 6 à 8 m de hauteur, à part quelques exceptions, comme dans
la région de Séguéla, où un très grand Lophira lanceolata ou Daniellia
Oliveri peut dominer le paysage.
Les mêmes essences, plus quelques-unes, se retrouvent dans la savane
arborée. Mais elles sont de taille plus élevée et plus nombreuses.
Dans la savane boisée, pour les mêmes espèces et d’une taille iden¬
tique, le peuplement est plus dense, et influence déjà légèrement, de par
l’ombre qu’il dispense, la strate herbacée sous-jacente.
Mais la distinction entre la forme arborée et boisée est difficile à
faire sur le terrain, car toutes les formes de passage sont présentes dans
la nature. Pour simplifier nous n’utiliserons que les termes savanes arbus¬
tive et boisée, qui se distinguent facilement.
Les espèces graminéennes ne varient pas non plus notablement d’un
paysage à l’autre. Les Ilyparrhenia et Andropogon dominent en général,
avec pour la région de Séguéla, Panicum phragmiloides, Elymandra andro-
phila et Digitaria uniglumis. En savane boisée Aframomum lalifolium,
Imperala cylindrica, des Papilionacées et des Composées se mêlent aux
Graminées.
c. La forêt claire.
Cette formation végétale, répandue dans les zones soudaniennes,
ne se rencontre que rarement sur les transects. Il s’agit d’un peuplement
assez dense d’arbres de haute taille (15-20 m) qui ombragent une strate
arbustive constituée d’espèces de savane et une strate graminéenne
clairsemée.
Le transect B est le seul à posséder sur une cinquantaine de mètres,
en sommet de pente, une véritable forêt claire de type soudanien à Daniel¬
lia Oliveri. Une autre forêt claire, étalée en lisière sur une centaine de
mètres, se trouve sur le transect DK2. Mais ici ce sont des Terminalia
glaucescens, de taille spectaculaire, qui forment la strate arborée.
Source : MNHN, Paris
— 560 —
2. LA FORÊT.
a . La forêt semi-décidue.
Des essences de forêt semi-décidue avec quelques essences de la frange
septentrionale de cette forêt constituent l’essentiel de tous les îlots fores¬
tiers et lambeaux de forêt à cette latitude. Il s’agit souvent de grands
arbres, qui eux-mêmes sont dominés par quelques géants. Aux espèces
typiques de forêt semi-décidue septentrionale s’ajoutent parfois des
espèces de forêt sempervirente qui se trouvent dans ces régions à l’extrême
Nord de leur aire. Tous les relevés de la région baoulé en possèdent. A
Vavoua la forêt du transect E est particulièrement riche en sempervi-
rentes, par contre les transects F, et B, D, I dans la région de Séguéla
n’en contiennent aucune.
b . La forêt secondaire.
Douze relevés forestiers sur treize montrent des traces de cultures,
ou du moins de présence humaine, sous forme d’espèces secondaires.
Celles-ci peuvent comprendre des espèces cultivées comme le manioc,
l’ananas, le manguier ou le palmier à huile. Ces plantes marquent beau¬
coup plus l’aspect dégradé de l’îlot de forêt, que d’autres plantes, elles
aussi secondaires, mais témoignant de l’ancienneté de l’action humaine.
3. DYNAMISME DE LA VÉGÉTATION FORESTIÈRE.
Tous les transects des régions de Dimbokro et de Vavoua, sauf celui
sur roches vertes, montrent dans leurs carrés de lisière une nette avancée
de la forêt vers la savane. Cette avancée se fait par l’intermédiaire de
plantes pionnières qui s’installent en savane boisée, à l’ombre d’arbres
de savane. Petit à petit les Graminées régressent et les essences fores¬
tières deviennent de plus en plus nombreuses.
Dans la région de Séguéla par contre, la lisière est surtout marquée
par une forte densité d’arbres de savane, les essences forestières y étant
plus rares.
3. LES SOLS
Les sols de ces régions sont formés à partir des principaux types
de roches observés dans le pays (granité, schiste, roches vertes). Assez
variés, ils sont classés (classification CPSC 1967) dans les sols ferralli-
tiques, les sols hydromorphes, les sols à mull, les vertisols et les sols peu
évolués.
Source : MNHN, Paris
— 561
1. LES SOLS FERALLITIQUES.
Ils couvrent la majeure partie des zones granitiques et schisteuses.
Généralement très profonds, de couleurs vives et relativement bien
structurés, leurs horizons B sont désaturés en bases échangeables et ils
ont une composition minéralogique à base de quartz, d’argile kaolinique
et de sesquioxydes de fer et d’alumine.
Les sols les plus souvent rencontrés sont des sols remaniés graveleux
sur une assez grande épaisseur. Ils peuvent être appauvris en argile dans
leurs horizons supérieurs, indurés à faible profondeur ou modaux. Ils
sc situent généralement en position de plateau ou de haut de pente.
Sur pente se développent des sols remaniés colluvionnès très générale¬
ment appauvris en argile, et parfois indurés.
Dans certaines régions très érodées (région des inselbergs de Séguéla)
l’horizon d’altération de la roche peut être observé à proximité de la
surface. On observe alors des sols rajeunis ou faiblement rajeunis, très
souvent appauvris en argile.
2. LES SOLS HYDROMORPHES.
Ces sols sont caractérisés par un horizon de gley ou de pseudogley
qui remonte jusque dans l’horizon humifère. Ils sont dus à des conditions
topographiques particulières qui permettent un engorgement temporaire
ou permanent. Ils se développent sur toute sorte de matériau originel.
3. LES SOLS BRUNS EUTROPHES.
Ces sols, prennent naissance dans les massifs de roches vertes, en
position bien drainée. Ils sont caractérisés par une couleur brune, une
structure très bien développée, une faible profondeur, une grande richesse
en bases échangeables dans tout leur profd et la présence d’argile de type
2 - 1 .
On distingue plusieurs sols à mull des pays tropicaux :
—- bruns eutrophes peu évolués lorsque l’érosion a fortement décapé
le profil,
— bruns eutrophes ferruginisés lorsque ce sol se développe norma¬
lement,
— bruns eutrophes vertiques lorsque le profil est engorgé tempo¬
rairement.
4. LES VERTISOLS.
Ces sols s’observent également sur roches vertes, mais en position mal
drainée. Ils sont caractérisés par une structure prismatique grossière bien
développée, avec fentes de retrait et fentes de glissement oblique (sliken-
sides) et par la présence d’argiles gonflantes.
Source : MNHN, Paris
5. LES SOLS PEU ÉVOLUÉS.
Dans cette classe ont été rangés des sols dont l’évolution pédogé¬
nétique est faible, soit parce qu’elle n’a pas eu le temps de se faire (sol
peu évolué d’apport sur alluvions récentes) soit parce qu'elle ne peut
se faire (sol peu évolué d’apport sur matériau colluvial sableux).
4. RÉPARTITION DE LA VÉGÉTATION EN FONCTION
DES TYPES DE SOLS SUR LES TRANSECTS
Sur le tableau suivant sont regroupées les observations pédolo¬
giques et botaniques par transects.
On remarque que les sols ferrallitiques remaniés modaux et remaniés
faiblement appauvris sont particulièrement propices à l’installation de
la forêt. Ceci semble dû tant à la profondeur de ces sols qu’à leur texture
relativement argileuse et donc à leur bonne réserve hydrique. Il faut
noter que la présence de gravillons n’est pas un élément limitant pour la
végétation, mais semble au contraire, liée au milieu forestier.
Les sols ferrallitiques remaniés indurés et remaniés colluvionnés
indurés dont la profondeur est limitée par une carapace ou une cuirasse
ferrugineuse supportent généralement une savane boisée assez fournie
et correspondent à la zone de lisière.
Sur les sols ferrallitiques remaniés colluvionnés appauvris pousse
le plus fréquemment une végétation de savane arbustive. Ceci tient à
leur texture sableuse et à leurs faibles réserves hydriques.
Un problème se pose pour les sols faiblement rajeunis faiblement
appauvris. Ces sols qui ne sont ni limités par la profondeur ni par la
réserve hydrique totale sont le plus souvent couverts d’une végétation
de savane arbustive assez claire.
Parmi les sols à mull, seuls les sols bruns ferruginisés ont la possi¬
bilité de porter une forêt. Les sols bruns peu évolués et bruns vertiques
sont très généralement en savane.
La mise en évidence de ces relations entre types de sols et paysages
végétaux nous a conduit à rechercher une explication à ce phénomène
par une étude du système racinaire et des caractéristiques physico¬
chimiques du sol.
Source : MNHN, Paris
4. RÉPARTITION DE LA VÉGÉTATION EN FONCTION DES TYPES DE SOLS SUR LES TRANSECTS
H savane herbeuse
Source : MNHN, Paris
— 564 —
5. LA PÉNÉTRATION RACINAIRE
Des mesures de l’enracinement de la végétation ont été faites afin
de voir jusqu’à quelle profondeur les plantes utilisent le sol.
1. STRATE ARBORÉE ET ARBUSTIVE DE SAVANE.
Les faibles enracinements sont provoqués soit par un obstacle méca¬
nique, cuirasse ou carapace ferrugineuse, soit par un engorgement (fig. 3).
Au contact de la cuirasse certaines racines prennent des formes de vrilles
pour tenter de la pénétrer, mais dans les exemples observés elles sont
très rapidement arrêtées. La grande majorité des racines au contact
de l’obstacle le longent.
Dans les sols engorgés les racines sont le plus souvent superficielles,
certaines pénètrent l’horizon à gley mais s’arrêtent au niveau de la nappe
phréatique.
Lorsqu’aucun obtacle ne se présente la pénétration peut être rela¬
tivement profonde, ce qui n’exclut pas de grosses racines dans les horizons
superficiels.
La taille des arbres et leur espèce semblent pour leur part avoir peu
de rapport avec la profondeur de l’enracinement. Par exemple sur le
transect G un Piliostigma Thonningii de 7 m de haut pénétrera jusqu’à
1 m dans un sol induré à ce niveau, alors que dans un sol sableux pro¬
fond un Piliostigma Th. de 4,50 m descendra à 1,90 m.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 566 —
2. STRATE ARBORÉE EN FORÊT.
En foret semi-décidue les racines descendent à plus de 2 m, ce qui
n’empêche pas de retrouver dans les 50 premiers centimètres la plus
grande partie du système racinaire. Des carotages de terre effectués dans
la région de Zuénoula ont donné les poids de racines suivants :
Profondeur
(en cm)
30
50
125
175
200
Poids de racines en
g /m 1 de terre
150
121
30
27
10
La présence de racines à 2 m s’explique par la profondeur des sols
de forêt qui dans la majorité des cas ne sont pas indurés. Les cuirasses
observées sous forêt sont en voie de démantèlement et les racines peuvent
alors s’enfoncer entre les blocs. La présence de gravillons dans les sols
ne semble pas empêcher la pénétration des racines mais détermine un
aspect noueux de celles-ci.
3. STRATE HERBACÉE.
Les racines de la strate herbacée envahissent les premiers décimètres
du sol et pénètrent rarement à plus de 1 m. Ces observations que nous
avons faites sur fosses pédologiques, confirment celles de W. A. E. van
Donselaar (1966).
6. L’ALIMENTATION HYDRIQUE
Dans les zones à saison sèche relativement longue, l’alimentation
hydrique des plantes peut être déficiente pendant une grande partie
de l’année. La longueur de cette période de sécheresse édaphique peut
être déterminante pour la végétation. J.-M. Avenard (1967), après des
mesures d’humidité du sol, a émis l’hypothèse que certaines savanes de
l’Ouest de la Côte d’ivoire pouvaient être expliquées ainsi.
Cette différence d’humidité, que l’on peut constater entre des sols
ayant reçu une même pluviométrie, doit être mise en relation avec la
capacité de rétention du sol pour l’eau ou réserve hydrique.
1. MÉTHODE DE CALCUL DE LA RÉSERVE HYDRIQUE.
Cette réserve sera calculée par la formule de M. Hallaire (1961) :
—h,' a*
Source : MNHN, Paris
— 567 —
dans laquelle
Q = réserve en eau du sol
o = densité apparente
h = profondeur de frange radiculaire
H 0 — H, = gamme d’humidité utile
z = profondeur
Deux méthodes ont été testées : la méthode du cylindre et la méthode
sur motte.
La méthode sur motte, qui consiste à peser une motte de terre sèche,
à l’enrober de paraffine et à mesurer son volume, est pratique mais elle
surestime la mesure car elle ne tient pas compte des macrospores.
La méthode du cylindre pose des problèmes dans les sols graveleux
mais est plus proche de la réalité. Les valeurs de la méthode du cylindre
ont été retenues quand le prélèvement a pu être fait.
b. Profondeur de la frange radiculaire.
L’observation des profils pédologiques et des systèmes racinaires de
certains arbres nous a permis de déterminer cette profondeur. Elle a été
prise égale à la profondeur racinaire observée sur les profils avec un
maximum de 2 mètres. En savane les racines atteignent rarement cette
profondeur, par contre en forêt elles peuvent la dépasser. Cette valeur
de 2 m a été retenue car elle semble correspondre à la pénétration de la
presque totalité des racines.
c. Gamme d’humidité utile du sol.
C’est la quantité d’eau contenue dans le sol entre la capacité au champ
et le point de flétrissement.
Terre fine: Le point de flétrissement a été pris à pF 4,2. La capacité
au champ n’a pas été mesurée, mais l’utilisation du graphique de Gras
(1962) nous a permis de retenir les valeurs de pF 2,5 pour les sols sablo-
argileux et argilo-sableux kaoliniques et de pF 3 pour les sols argileux à
montmorillonite.
Éléments grossiers: Un problème se pose pour les sols graveleux :
les mesures de pF sont faites sur la terre fine parce que ces mesures sur
terre totale sont délicates. Or les éléments grossiers ont une certaine
Source : MNHN, Paris
— 568 -
porosité et peuvent ainsi contribuer à l’alimentation hydrique de la
plante.
i FERRUGINEUX
Quartz s /schiste
Ces porosités sont très variables en fonction de la qualité des éléments
grossiers : les gravillons de quartz ne sont pratiquement pas poreux et les
gravillons ferrugineux peuvent l’être plus ou moins. Nous suivrons
R. Gras (1962) en admettant que les réserves en eau des gravillons sont
comparables à celles des sols.
2. RÉSULTATS.
Nous envisagerons successivement trois types de sol dont les régimes
hydriques sont sensiblement différents : des sols drainés sur granité et
sur schiste (essentiellement ferrallitiques), des sols drainés sur roches
vertes (sols bruns), des sols à engorgement permanent ou temporaire
(vertisoi et sols hydromorphes).
a . Sols drainés sur granité et sur schiste.
Sur ces sols, en éliminant les affleurements rocheux et de cuirasse,
trois types de végétation peuvent pousser : une savane arbustive, une
savane boisée et une forêt dense.
Réserve hydrique des sols en mm d’eau sous divers paysages
Transect
Savane
arbustive
A
79
B 33
50
C
F
G
1
2
62
Moyenne
68
87
49
71
81
51
164
237
186
180
Source : MNHN, Paris
— 569 —
Le tableau ci-dessus indique toutefois une grande hétérogénéité dans
les réserves en eau du sol. Certaines valeurs soulignées sortent nettement
de la population et ne sont donc pas déterminantes pour la végétation.
Cependant ce simple calcul met en évidence une réserve hydrique sous
forêt supérieure de près de 150 mm à celle calculée sous savane arbustive.
L’alimentation hydrique de la plante pourrait donc se faire en régime
d’E.T.R. 1 2 proche de l’E.T.P.* pendant un mois et demi à deux mois de
plus sous forêt que sous savane.
Il faut noter que dans le transect 1 à Dimbokro, on observe des
réserves hydriques en forêt parfois très faibles et même inférieures à
celles observées en savane boisée. Ceci semble indiquer un certain désé¬
quilibre climacique qui est confirmé par la présence dans les savanes
boisées de nombreuses essences forestières.
Mais d’une façon générale nous nous trouvons face à deux milieux
édaphiques dilïérents et l’installation d’une plantule de forêt en savane
pourra être problématique. Sa croissance risque d'être compromise par
un manque d’eau qui sera non seulement dû à un fort déficit en saison
sèche, mais aussi à des alternances humectation-dessiccation en saison
des pluies. Pendant cette saison, l’intervalle entre deux pluies peut être
suffisant pour dessécher les horizons supérieurs du sol.
Le calcul de la réserve hydrique sur les premiers 50 centimètres, qui
représentent grossièrement la possibilité de pénétration des racines d’une
plantule, donne les moyennes suivantes :
— Forêt : 52 mm,
— Savane boisée : 37 mm,
— Savane arbustive : 32 mm.
Les risques d’assèchement du sol pendant de courtes périodes sèches
seront donc plus forts en savane qu’en forêt, de ce fait l’installation d’une
plantule de forêt en savane sera d’autant plus difficile. Malgré ces condi¬
tions à première vue peu favorables nous observons dans tous les tran-
sects, surtout en carrés de lisière, un grand nombre d’espèces de forêt
de toute taille.
b. Sols drainés sur roches vertes.
Ces sols sont situés sur les sommets et les pentes des collines de
roches vertes. Ils sont le plus souvent couverts d’une végétation de savane
avec quelques petites galeries forestières le long du réseau hydrographique.
On trouve cependant quelques beaux lambeaux de forêt semi-décidue
■en position drainée.
1. Évapotranspiration réelle.
2. Évapotranspiration potentielle.
Source : MNHN, Paris
— 570 —
Les observations du transect I nous ont donné les réserves hydriques
suivantes :
Forêt dense : 105 mm.
Forêt claire : 100 mm,
Savane arbustive : 50 mm.
Ces valeurs ont été calculées en tenant compte de la capacité au champ
à pF 3 sur sol à montmorillonite.
Cette réserve en eau relativement faible est difficilement accessible
aux plantes, le taux d’humidité au point de flétrissement étant très
élevé (supérieur à 20 %, fig. 4). La proportion d’eau utile par rapport
au taux d’humidité du sol est ainsi beaucoup plus faible que sur granité
ou sur schiste : environ 20 p. 100 sur roches vertes, environ 35 p. 100
sur granité et sur schiste. Cette valeur élevée du taux d’humidité à pF
Source : MNHN, Paris
— 571
4,2 est importante car en saison sèche la déshydratation de ces sols peut
être très poussée. On observe en effet à la surface du sol un réseau de
fentes de retrait dû à la présence d’argiles gonflantes qui favorise une
évaporation en profondeur. Lors de la réhydratation, les premières pluies
vont donc servir à réhumecter la terre mais ne seront pas utilisables
par la plante. Sur ces sols on a donc une réserve hydrique relativement
faible, difficilement accessible.
c. Sols engorgés.
L’alimentation hydrique dans les sols hydroinorphes et les vertisols
peut être déficitaire pendant une grande partie de l’année, leur réserve
hydrique étant faible. Ceci est assez net dans certaines savanes herbeuses
bordant les forêts-galeries. La succession engorgement-dessiccation dans
les sols ne convient ni aux arbres de savanes qui ne supportent pas un
engorgement prolongé, ni aux arbres de forêt qui a l’état de plantules
ne tolèrent pas une dessiccation trop longue. En forêt galerie par contre
l’alimentation hydrique peut se faire pendant toute l’année.
7. AÉRATION DU SOL
Le manque d’aération du sol peut aussi être un facteur de diffé¬
renciation de la végétation.
Dans certains larges bas-fonds de la région de Vavoua coexistent
des sols hydromorphes généralement argilo-sableux à gley d’ensemble,
portant une savane herbeuse et, sur termitières, des sols peu évolués,
engorgés en profondeur seulement et portant souvent de petits bosquets
(fig. 5).
La présence d’une nappe n’entraîne pas forcément une asphyxie
car les forêts-galeries vivent sur une nappe pendant toute l’année. La
circulation de l’eau provoque probablement l’aération de celle-ci et son
oxygénation.
8. L'ALIMENTATION CHIMIQUE
L'alimentation chimique est rarement, dans cette région, un facteur
déterminant pour la végétation. On note toutefois une baisse de fertilité
chimique très nette lorsque l’on passe de la forêt dense à la savane arbus-
tive. Cette baisse est souvent liée à la quantité de matière organique
des sols apportée par la litière et aux remontées biotiques.
Source : MNHN, Paris
— 572 —
Comparaison des richesses chimiques moyennes des horizons humipères
ET PROFONDS SOUS DIVERS TYPES DE VÉGÉTATION
1. LA MATIÈRE ORGANIQUE.
Les chiffres moyens donnés dans le tableau ci-dessus indiquent une
baisse sensible du taux de matière organique lorsque l’on passe de la forêt à
la savane. Ceci s’explique par une biomasse plus forte sous forêt que sous
savane : G. Lemée (1967) donne les chiffres suivants :
Savane à Andropogonées de Guinée.5-10 t. mat. sèche /ha
Forêt secondaire de 40-50 ans, Ghana .... 360 t. mat. sèche /ha
Un autre facteur sont les feux de brousse qui détruisent la majeure
partie des organes aériens des Graminées en savane.
2. L'AZOTE.
Les quantités d’azote sont beaucoup plus faibles dans les sols de
savane que dans ceux de forêt. Ceci est lié à la quantité de matière orga¬
nique et à un lessivage plus fort de l’azote sous savane que sous forêt.
3. P s Oj.
Les réserves phosphatées sont plus fortes sous forêt que sous savane.
4. LE PH, LES BASES, LA POTASSE.
Le pH dans tous ces sols baisse en partant de la surface vers la pro¬
fondeur. Cette baisse est toutefois plus accentuée sous forêt que sous
savane.
Les bases échangeables et en particulier la potasse sont en moyenne
beaucoup plus élevées dans les horizons humifères de forêt que dans ceux
de savane. Ceci est lié à la remontée biotique, car dans les horizons de
profondeur cette différence n’est plus significative.
On note donc en moyenne une baisse des teneurs en éléments miné-
Source : MNHN, Paris
— 573 —
raux des horizons humifères lorsque l’on passe de la forêt à la savane.
Cette baisse, principalement due aux matières organiques, est donc liée
à la végétation et n’est pas une caractéristique intrinsèque du sol. Toute¬
fois dans le cas de l’installation d’une végétation forestière en savane
elle peut être un frein.
9. TENTATIVE DE CORRÉLATION ENTRE LA VÉGÉTATION
ET LE SOL
Afin de préciser quantitativement les relations envisagées précédem¬
ment, nous avons défini un indice botanique que nous comparerons aux
données pédologiques.
1. INDICE BOTANIQUE.
Pour chaque carré nous avons calculé un indice devant être repré¬
sentatif du paysage végétal. Pour cela nous avons choisi la végétation
pérenne, car elle représente environ les 4/5 de la biomasse totale d’une
savane guinéenne (Nye, 1958 b).
T surface terrière (en cm * 2 ) x nombre d’individus
b = ÏOÔ
En ce qui concerne la surface terrière et le nombre d’individus, seuls
les arbustes dont le tronc est d’un diamètre supérieur à 6 cm ont été
retenus. En savane la même surface terrière peut représenter soit un seul
gros arbre, soit plusieurs petits, ce qui ne correspond pas au même type
de végétation. La multiplication par le nombre d’individus permet ainsi
de tenir compte de la densité.
Pour la forêt I ft a été calculé à partir des données du C.T.F.T. (1967).
2. RELATION INDICE BOTANIQUE — RÉSERVE HYDRIQUE.
Pour établir ces relations nous n’avons utilisé que les sols drainés.
Vu l’étalement de l’indice de végétation, nous prendrons pour les deux
termes de la comparaison leurs logarithmes. Log. de Q sera donc comparé
à log. de I fc .
L’analyse statistique indique une bonne corrélation entre ces deux
indices avec un r = 0,65 et un F observé de 18 pour 27 mesures.
La droite de régression obtenue est :
Log. I„ = 2,82 log. Ô — 3,47 (fig. 5).
La réserve hydrique est donc en relation significative avec la végé¬
tation pour ces sols.
Source : MNHN, Paris
— 574 —
l°gQ
Fig. 5. — Corrélation entre indice botanique et réserve hydrique.
3. LIAISON INDICE BOTANIQUE — INDICE DE FERTILITÉ CHIMIQUE.
Comme précédemment nous utiliserons les logarithmes. L’indice
de fertilité testé sera celui de J. Forestier (1959) :
S 2 S = somme des bases échangeables
A + L A + L = argile + limon
La liaison pour 22 points répartis entre Séguéla et Dimbokro est
mauvaise (r = 0,22, non significatif). Si par contre nous séparons la popu¬
lation en deux, l’une représentant les observations de Dimbokro, l’autre
celles de Séguéla, nous trouvons pour Séguéla une bonne corrélation
Source : MNHN, Paris
— 575 —
(r = 0,81 et F observé = 18 pour 14 observations) entre log. Ij, et log.
S 2
—-—. On peut calculer la droite de régression :
log. I„ = 1,68 log. — 1,21.
Pour Dimbokro par contre la corrélation est très mauvaise (/• = 0,16
pour 8 observations). Cette mauvaise corrélation pourrait être due au
petit nombre d’échantillons et à l’hérétogénéité lithologique qui indue
ici tant sur la richesse en bases échangeables que sur la texture.
Il semble donc que la fertilité chimique et l’aspect de la végétation
soient liés mais qu’un plus grand nombre d’analyses soit nécessaire pour
établir une corrélation valable.
10. CONCLUSION
La transition entre forêt semi-décidue et savane en moyenne Côte
d’ivoire paraît bien être due à des causes climatiques; la séparation n’est
pas brutale mais se fait par l’intermédiaire d'une mosaïque formée d’îlots
forestiers et de différents faciès de savane.
Une étude descriptive de la végétation et des sols, sur treize parcelles
où savane et forêt sont représentées, montre que certains rapports existent
entre sol et végétation. Afin de les préciser, nous avons cherché parmi les
caractéristiques des sols celles qui pourraient avoir une inlluence.
La réserve hydrique théorique, liée à la profondeur du sol, à sa texture
et à la nature de ses minéraux argileux, est en relation significative avec
l’indice botanique représentant les différents types de végétation. Dans
quelques cas cette relation peut cependant être mauvaise ou même inexis¬
tante. Ainsi les sols rajeunis ont une forte réserve hydrique totale mais
mal répartie. Par ailleurs, dans certains sols engorgés argilo-sableux, une
asphyxie des racines peut être un obstacle au développement de la végé¬
tation ligneuse.
Une relation a aussi été observée entre l’aspect de la végétation et
la fertilité chimique des sols, mais elle n’est pas spécifique du sol car elle
dépend du cycle biologique des éléments minéraux, lui-même lié à la
végétation.
D’une façon générale la distribution en mosaïque forêt-savane de
cette zone de contact correspond à une mosaïque édaphique et montre
bien la prépondérance du facteur sol sur la répartition des formations
végétales. Une avancée actuelle de la forêt sur la savane, malgré l’in¬
fluence des feux de brousse, est constatée par de nombreux auteurs
(E. Adjanohoun. 1964, J. Miège, 1966, J. L. Guillaumet, 1967). Toute¬
fois cette progression est en partie dépendante du substratum pédologique :
la forêt installée sur les meilleurs sols tend à recouvrir l’ensemble de la
zone de contact mais elle est plus ou moins retardée dans son dynamisme
par les caractères édaphiques défavorables des sols de savane.
Source : MNHN, Paris
— 576 —
Bibliographie
Adjanohoun, E. — Végétation des savanes et rochers découverts en Côte d’ivoire-
Centrale. Mémoire O.R.S.T.O.M., Paris, 178 p. (1964).
A.S.E.C.N.A. — Résumé mensuel des observations météorologiques, Dakar (1968).
Aubert, G., Seoalen, P. —- Projet de classification des sols fcrrallitiques. Cahiers
O.R.S.T.O.M., série pédologie, IV, n° 4 (1966).
Avenard, J. M. — Une année d’observation de l’eau dans le sol dans la légion de Man
(Côte d’ivoire) en relation avec l’étude du contact forét-savanc. Ronéo. O.R.S.
T.O.M., Abidjan, 108 p. (1967).
Commission de pédologie et de cartographie des sols (C.P.C.S., 1967). — Classi¬
fication des sols. Grignon.
C.T.F.T. (Centre Technique Forestier Tropical). — Étude de reboisement et
de la protection des sols. Fasc. IV : 67-69. République de Côte d’ivoire (1967).
Van Donselaar-Ten Bokkel Huinink-W.A.E. — Structure, root Systems and perio-
dicity of savanna plants and végétations in northern Surinam. North-Holland
publishing company-Amsterdam, 162 p. (1968).
Dugerdil, M. — Quelques aspects de la végétation et de son évolution en savane
préforestière de Côte d’ivoire. Candollca, Genève (sous presse).
Eldin, M. et Daudet, A. — Notice explicative de la carte climatologique de la Côte
d’ivoire. Ronéo O.R.S.T.O.M., Abidjan (1967).
Forestier, J. —• Fertilité des sols à caféiers en R.C.A. Agronomie Tropicale n° 3 (1959)
et n» 1 à 5 (1960).
Guillaumet, J. L. -— Notice explicative de la carte de la végétation au 1 /500 000 de
la R.C.I. O.R.S.T.O.M., Abidjan (1967).
Gras, R. — Quelques observations sur les relations entre les propriétés physiques
du sol et la croissance du Pécher dans la vallée du Rhône entre Vienne et Valence.
Annales agronomiques 13 (2) : 141-174 (1962).
Hallaire, M. — Irrigation et utilisation des réserves naturelles. Annales Agronomiques
12 (1) : 87-97 (1961).
Latham, M. — Notice explicative de la carte pédologique de reconnaissance au
1/200 000 de Séguéla. Ronéo O.R.S.T.O.M.. Abidjan. 84 p. -f 1 carte (1969).
I.emée, G. — Précis de biogéographie, Masson et C u , Paris, 358 p. (1967).
Miège, J. — Observations sur les fluctuations des limites savanes-forêts en Basse-
Côte d’ivoire. Ann. Foc. Sc. Dakar, 19 : 149-166 (1966).
Nye, P. H. — The relation importance of fallows and soils in storing plant nutrients
in Ghana. J. W. Afr. Sci. Ass. n» 4 (1958).
M. L., Laboratoire de Pédologie, O.R.S.T.O.M.»
B. P. 4, Nouméa.
M. D., Centre Suisse de la Recherche
Scientifique, B. P. 1303, Abidjan
Institut de Taxonomie Université,
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 10 (4) 1970
INFORMATIONS
COOPÉRATION ENTRE LES BOTANISTES SOVIÉTIQUES
ET INDIENS
Les travailleurs scientifiques du Jardin botanique Nikitski en Crimée
ont été amenés à la conclusion que les plantes tropicales contiennent
des substances de flavone qui leur permettent de mieux supporter les
fluctuations de la température.
Les botanistes soviétiques ont l’intention de poursuivre leurs
recherches conjointement avec des confrères indiens.
D’après Viatcheslav Kriventsov, du Jardin botanique Nikitski,
ces recherches seront importantes pour l’agriculture et la médecine.
Les substances de flavone auraient des propriétés curatives et, en parti¬
culier, serviraient à préparer la vitamine « p ».
Les botanistes des deux pays étudieront les problèmes liés à la
protection des plantes tropicales et subtropicales contre les parasites,
à l’acclimatisation, à la sélection, etc. (A.P.N.).
Le prix de Coincy de l’Académie des Sciences a été décerné en 1970
à M me Annick Le Thomas.
MISSIONS
M. le P r J.-F. Leroy, M. G. Aymonin et M me M. Aymonin, après
avoir suivi le congrès sur la protection de la nature à Tananarive ont
prospecté le sud de Madagascar, la région de la montagne d'Ambre
et celle de Morondava.
M. J. Bosser, Directeur de Recherche à l’O.R.S.T.O.M., a effectué
une mission de prospection botanique à Madagascar, de janvier à
juin 1970. s’intéressant particulièrement à l’inventaire des Graminées
et Orchidées dans les zones Nord et Nord-Est de l’île. De janvier 1971
à mars 1971, il se rendra à l’île de La Réunion et l’île Maurice pour
en étudier la flore.
MM. R. Letouzey et J.-F. Villiers effectueront une mission de
février à mai 1971 dans le Sud-Est du Cameroun.
Source : MNHN, Paris
- 578 —
FLORE DU LAOS, DU CAMBODGE ET DU VIETNAM
Vol. 11 : M. Lescot. Flacourtiacées (9 g., 42 sp.), Bixacées (1 g.,
1 sp.), Cochlospermacées (1 g., 1 sp.), 114 p., 12 pl. -— 34 F.
FLORE DU CAMEROUN
Vol. 10 : H. Jacques-Félix. Ombellales : Alangiacées (1 g., 1 sp.),
Araliacées (3 g., 6 sp.), Apiacées (15 g., 24 sp.), 108 p., 23 pl. — 30 F.
Vol. 11 : R. Letouzey et F. White. Ebénacées (1 g., 36 sp.);
R. Letouzey. Ericacées (3 g., 3 sp.); 208 p.. 39 pl., 10 cartes. — 34 F.
FLORE DU GABON
Vol. 17 : N. Hallé. Rubiacées (2 e partie) : Argostemmatidées
(1 g., 1 sp.), Gardéniées (26 g., 128 sp.), 333 p., 76 pl. —- 78 F.
Vol. 18 : R. Letouzey et F. White. Ebénacées (1 g., 30 sp.),
189 p., 27 pl., 10 cartes. — 30 F.
Source : MNHN, Paris
ÉDITIONS DU CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
15, quai Anatole-France — 75-PARIS-7 e
C. C. P. Paris 9061 11 Tél. 5552670
CENTRE D'ÉTUDES PHYTOSOCIOLOGIQUES
ET ÉCOLOGIQUES
(Montpellier)
CODE POUR LE
RELEVÉ MÉTHODIQUE
DE LA VÉGÉTATION
ET DU MILIEU
(Principes et transcription sur cartes perforées)
Rédigé et publié sous la direction de
L. EMBERGER
Directeur du C. E. P. E.
par
M. GODRON et Ph. DAGET, L. EMBERGER, G. LONG,
E. LE FLOC’H, J. POISSONET, Ch. SAUVAGE, J.-P. WACQUANT
Ouvrage in 4 coquille, relié, 292 pages, 37 figures et 7 pages de
formulaire précodé — Prix : 45 F
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
ACHEVÉ D’IMPRIMER LE 29 JANVIER 1971
SUR LES PRESSES DE FD EN SON
IMPRIMERIE ALENÇONNAISE - 61-ALENÇON
Dépôt légal : 1" trimestre 1971 — 9.252
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris