Source : MNHN, Paris
Ce volume
est dédié à la mémoire
de
René CAPURON
(1921-1971)
Source : MNHN, Paris
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
ADANSONIA
TRAVAUX PUBLIÉS
AVEC LE CONCOURS
du Centre National de la Recherche Scientifique
SOUS LA DIRECTION DE
A. AUBRÉVILLE
et
Jean-F. LEROY
Membre de l'Institut
Professeur
Professeur Honoraire
au Muséum
au Muséum
Série
TOME 12
Fascicule 1
1972
LABORATOIRE DE PHANÉROGAMIE
16, rue de Buffon, Paris (5 e )
Source : MNHN, Paris
COMITÉ DE RÉDACTION
A. Aubréville : Membre de l’Institut.
Professeur Honoraire au Muséum national d’Histoire naturelle.
E. Boureau : Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
F. Demaret : Directeur du Jardin Botanique national de Belgique.
A. Eichhorn : Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
P. Jaeger : Professeur à la Faculté de Pharmacie de Strasbourg.
J. Leandri : Professeur au Muséum national d’Histoirc naturelle.
J.-F. Leroy : Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle.
R. Letouzey : Maître de Recherches au C.N.R.S.
J. Miège : Directeur des Conservatoire et Jardin Botaniques de Genève.
R. Portères : Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle.
R. Schnell : Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
M. L. Tardieu-Blot : Directeur de laboratoire à l’E.P.H.E.
J. Trochain : Professeur à la Faculté des Sciences de Toulouse.
M. Van Campo : Directeur de Recherches au C.N.R.S.
Rédacteur en chef : A. Le Thomas.
RECOMMANDATIONS AUX AUTEURS
Les manuscrits doivent être accompagnés de deux résumés, placés en tête d’article,
l’un en français, l’autre de préférence en anglais; l’auteur ne doit y être mentionné
qu’à la troisième personne. Le texte doit être dactylographié sur une seule face, avec
un double interligne et une marge suffisante, sans aucune indication typographique.
L’index bibliographique doit être rédigé sur le modèle adopté par la revue.
Ex. : Aubréville, A. — Contributions à l'étude des Sapotacées de la Guyane française.
Adansonia, ser. 2, 7 (4) :451-465, tab. 1 (1967).
Pour tous les articles de taxonomie il est recommandé aux auteurs de préparer
leur index en indiquant les synonymes en italiques, les nouveautés en caractères
gras et les noms d’auteurs des différents taxons.
Le format des planches doit être de 16 x 11 cm après réduction. Les figures dans
le texte sont acceptées.
Les auteurs reçoivent gratuitement vingt-cinq tirés à part; le supplément qu’ils
doivent indiquer s’ils le désirent sera à leurs frais.
Toute correspondance ainsi que les abonnements et les manuscrits doivent être
adressés à :
ADANSONIA
16, rue Buffon. Paris V« — Tél. : 331-30-35
Prix de l’abonnement 1972 : France et Outre-Mer : 50 I-'
Étranger : 60 F
C.C.P. Paris 17 115 84
Source : MNHN, Paris
SOMMAIRE
Aubréville A. — Adieu à Capuron. 7
Bernardi L. — Capuron ne répond jamais (plus). 11
Leroy J.-F. — René Capuron (1921-1971), Fondateur de la Bota¬
nique forestière de Madagascar . 13
Capuron R. — Myoporacées famille nouvelle pour Madagascar . 39
Capuron R. — Note sur les Verbénacées de Madagascar .... 45
Aubréville A. — Etude phytogéographique de la famille des Sapo-
tacées malgaches dans le cadre géographique africain. 1 . ... 55
Markgraf F. — Capuronetta, genre nouveau d’Apocynacées mal¬
gaches. 61
Leandri J. — Croton nouveaux de l’Ouest de Madagascar (Euphor-
biacées). 65
Bosser J. et P. Morat. — Contribution à l’étude des Orchidaceae
de Madagascar. XVIII. 73
Sleumer H. — Révision du genre Ludia Comm. ex Juss. (Flacour-
tiacées). 79
Raynal J. — Notes cypérologiques. 17. Révision des Cladium P.
Browne s. lat. ( Cyperaceae ) de Madagascar et des Mascareignes 103
Keraudren-Aymonin M. — Reliquiae Capuronianae. Observations
complémentaires sur quelques Annonacées malgaches. 113
Lourteig A. — Le genre Hedychium à Madagascar (Zingibéracées) 121
Boiteau P. — Sur la première mention imprimée et le premier échan¬
tillon de Calharanthus roseus (L.) G. Don. 129
Peltier M. — Les Sophorées de Madagascar. 137
Le Thomas A. — Le genre Ambavia à Madagascar (Annonacées). . . 155
La publication d'un article dans Adansonia n'implique nullement que
cette revue approuve ou cautionne les opinions de l'auteur.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (1) : 7-9. 1972.
ADIEU A CAPURON
par A. Aubréville
La mort de Capuron prive Madagascar de son meilleur botaniste
après la lignée des Perrier de la Bathie et Humbert et, du coup le Muséum
National d’Histoire Naturelle d’un collaborateur émérite. Capuron avait
choisi à la sortie de l’Institut National agronomique la carrière fores¬
tière de la France d’Outre-Mer. Elle s’est entièrement déroulée à Mada¬
gascar, de 1948 à sa mort en 1971. Je l’avais rencontré à Tananarive en
août 1948 au début de son premier séjour au cours d’une mission d’ins¬
pection forestière que j’accomplissais dans la grande île que je visitais
moi aussi pour la première fois. Visiblement, dès le premier entretien, sa
vocation de botaniste était transparente. Il avait emporté avec lui dans
ses bagages une vraie bibliothèque botanique qui comprenait notamment
les quelque dix volumes du dictionnaire des genres de Lemée. Je ne connais
aucun forestier amateur de botanique qui se soit chargé pareillement de
livres. Dès le départ de sa carrière à Madagascar il avait donc l’intention
ferme de se consacrer à l’étude de la flore du pays. Il s’y est appliqué durant
plus de vingt années avec fidélité, avec passion et avec bonheur. A cet
égard il fut servi par une double chance. La flore qui s’offrait à lui est une
des plus riches du monde proportionnellement à la surface qu’elle occupe.
La statistique générale n’en est pas encore faite. En dépit des nombreuses
familles déjà publiées par la « Flore de Madagascar et des Comores »,
publication fondée par le P r Humbert en 1936, et poursuivie par le labora¬
toire de Phanérogamie, des familles très importantes restent à décrire;
d’autres anciennement publiées seraient déjà à reprendre, tant est apparue
depuis l’extension des recherches leur vraie richesse. Humbert puis Capuron
avaient notamment aperçu l'extraordinaire foisonnement en espèces de
certains genres dépassant probablement l’importance même de leur repré¬
sentation en Afrique continentale. Cette flore malgache est un monde
végétal, d’une complexité considérable, donc passionnant à inventorier
et à classer scientifiquement. Elle prendra certainement une place impor¬
tante dans l’histoire générale de la flore mondiale.
La seconde chance de Capuron fut que le service des Eaux et Forêts,
et l’administration malgache comprirent rapidement la valeur excep¬
tionnelle du botaniste et, lui faisant totale confiance, lui laissèrent toute
Source : MNHN, Paris
liberté pour ses recherches de botaniste, l’exemptant pratiquement des
occupations administratives. Pour qui connaît la réaction jalouse habi¬
tuelle des administrations pour ceux de leurs membres qui s’adonnent à
des recherches spéculatives et paraissent ne pas concourir à ce qu’elles
considèrent comme leur tâche essentielle et prioritaire: assurer le fonctionne¬
ment administratif de leurs services, c’était un cas rare. Capuron put se
livrer à ses recherches, entreprendre à sa guise toutes les prospections utiles
dans tout le territoire de l’île, autant et aussi longtemps qu’il le désirait,
puis revenir à Tananarive, préparer, classer et étudier ses herbiers. Il béné¬
ficiait évidemment des facilités de déplacement et de toute l’aide que pouvait
lui procurer l’administration. 11 partait, disparaissait durant des semaines,
des mois même, ne gardant pas ou peu de contact avec son administration
centrale, heureux dans la brousse, seul avec les plantes, puis un jour il
reparaissait.
Hélas son œuvre est inachevée. Il a accumulé les herbiers, les notes,
mais ses ouvrages définitivement mis au point et publiés sont relativement
peu considérables eu égard à la longue durée de ses séjours à Madagascar.
Dans le même numéro de cette revue la liste en est mise à jour. II était
extrêmement scrupuleux, et il ne voulait rien publier qui ne fût complet
et sûr. Or tous les botanistes tropicaux savent combien il est difficile de
réunir tous les éléments permettant la description d'une espèce; il manque
ou le fruit, ou la graine à pleine maturité, ou les fleurs ne sont pas complète¬
ment développées, ou au contraire sont trop passées, etc. Le botaniste
doit donc toujours chercher, être aux affûts des floraisons et des fructifi¬
cations des plantes imparfaitement connues. Ce n’est possible que par une
investigation permanente et persévérante.
Capuron était un forestier qui, dans les dernières années, était affecté
au Centre technique forestier tropical. Il avait l’ambition d’écrire un jour
une « Flore forestière de Madagascar », œuvre scientifique mais conçue
essentiellement pour l’usage des forestiers. Il ne s’intéressait pas ou peu,
aux familles de plantes non ligneuses; suivant la tendance naturelle aux
forestiers, il n’accordait que peu d’attention aux plantes herbacées qui ne
sont d’ailleurs qu’une part médiocre de la flore malgache autochtone et
primitive laquelle est essentiellement une flore ligneuse. Nul doute qu’il eut
quelque jour réalisé son projet. Lui disparu, qui donc reprendra sa tâche?
La « Flore de Madagascar et des Comores » de Humbert a certes toujours
sa souche vivace. Mais rares sont les botanistes qui, au delà de la connais¬
sance taxonomique des plantes, les ont connues vivantes et sont capables
de les reconnaître dans la forêt, dans leur milieu, avec leur port, leur biologie
et leur localisation géograpnique. Ce forestier de terrain fut également un
systématicien perspicace et savant. On lui doit la découverte de nombreux
genres nouveaux pour la science, de multiples espèces nouvelles, même de
groupes hiérarchiques élevés et la rectification de déterminations erronées
faites par des botanistes moins bien informés. Révisant personnel¬
lement la famille des Sapotacées qu’il avait étudiée parmi toutes les
autres, je lui avais dédié un genre nouveau et de nombreuses espèces
nouvelles.
Source : MNHN, Paris
— 9 —
Quant à l’homme, tous ceux qui l’ont connu, ou prospecté avec lui
dans la forêt, ont apprécié sa compétence, sa résistance physique et au delà
sa complaisance, son caractère franc, loyal et gai. Ses boutades, son humour
quasi permanent, en faisaient un compagnon agréable. Sur son lit d’hôpital,
il plaisantait encore. Les forestiers, les botanistes, tous ceux qui partageaient
sa passion ne l’oublieront pas. Adieu Capuron.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (1) : 11-12. 1972.
CAPURON NE RÉPOND JAMAIS (PLUS)...
par Luciano Bernardi
Voilà ce que me disait M. Léandri, il y a quelques années : demander
un renseignement à Capuron, par lettre, tâche vaine!
En 1967 pourtant, faisant sa connaissance dans sa « niche écologique »,
je n'avais pas décelé les symptômes d’une misanthropie accusée. Néanmoins
M. Léandri disait la vérité : si dans l’île, Capuron aidait généreusement
les naturalistes intéressés à la Flore de Madagascar, la correspondance
avec l’extérieur n’existait pas dans son rayon d’activité.
Dans son Laboratoire magnifiquement en désordre — à côté de l’Her¬
bier très bien arrangé — à Ambatobé, Tananarive, se trouvaient étalées
des séries imposantes de tirés-à-part qu’il n’avait pas expédiées.
Tout son organisme, asthénique comme une statue de bienheureux ou
damné de la cathédrale d’Autun, était voué — dans son unité d’action-
pensée — à la flore de Madagascar. Bon, bon, mais cela ne devrait pas
empêcher...; la vie est immensément plus que la flore d’une île saccagée...;
l’homme a mille antennes et liaisons pour comprendre l’Univers qui nous
encercle...
Oui, arguments faciles, pour qui veut s’accommoder d’une situation
confortable, pour qui soigne ses « Human relations » en époussettant la
vitrine d’un « soi » agréable et « gentil » à tous azimuts : ce-faisant, on réussit
dans les « businness », on vend beaucoup de marchandise, y compris le
« soi-même ».
Capuron était un naturaliste —et de quelle stature! — profondément
pénétré de sa mission — vocation — raison de vivre; il n’avait rien à vendre,
dans ce monde, très peu à acheter, beaucoup à apprendre, énormément à
nous faire connaître. Sa vie donc, n’était pas mutilée d’un contexte plus
vaste et opulent, mais était donnée prodigalement : les saisons dans la
brousse, à récolter; les jours au Laboratoire, quand il oubliait l’heure du
repas, acharné à comprendre les Sapindacées, les Combrétacées, les Tiliacées,
les Légumineuses, etc., etc., etc.; la période de vacances, dont il passait
une bonne partie au Muséum, pour arranger et nommer les collections.
Probablement même son monde onirique était hanté par la Flore de la
Grande Ile. 11 était homme qui n’avait pas de temps à perdre : comme s’il
savait que sa vie devait durer seulement 10 lustres, et que les forêts malgaches
étaient condamnées à l’anéantissement à courte échéance.
Source : MNHN, Paris
— 12 —
Dans ce contexte existentiel, il savait être gai et spirituel, mais au fond
il était très amer. Peut-on ne pas l’être, sur cette planète où se jouent tant
de tragi-comédies dont l’auteur est le plus souvent Madame l’Impréparation ;
sur cette terre où nous vendons à chaque moment, pour les trente sordides
deniers du confort up-to-date, les splendeurs irremplaçables de la Nature?
Conservatoire et Jardin Botaniques
Genève - Suisse
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (1) : 13-38. 1972.
RENÉ CAPURON (1921-1971)
FONDATEUR DE LA BOTANIQUE FORESTIÈRE
DE MADAGASCAR
par J.-F. Leroy
La disparition soudaine de René Capuron ne prive pas seulement la
botanique d’un de ses plus brillants représentants; c’est la science forestière,
la Grande Ile de Madagascar, la France elle-même qui sont touchées.
L'événement aura des répercussions immédiates sur le développement de
la connaissance dans un domaine qui pour être à l’écart de l’actualité appa¬
rente, y compris celle de l’enseignement supérieur et de la recherche univer¬
sitaire, et pour n’avoir pas sa place dans la conscience des hommes d’État,
n'en est pas moins celui où se détermine la vie à venir des hommes. Mada¬
gascar et la Nouvelle Calédonie, je retiendrais volontiers ces deux points
du globe vers lesquels convergent les regards de tous les naturalistes, depuis
Washington ou Berkeley jusqu’à Tokyo, Londres ou Heidelberg, pour
mesurer au cours de la décennie qui commence les chances de la survie
humaine, maintenant si profondément compromises. J’écris ces lignes sans
passion, en toute sérénité, sous le contrôle le plus total de ma raison. La
mort de Capuron doit nous être l’occasion d’une réflexion précise sur le
phénomène qu’il a incarné, à savoir : l’ascension fulgurante d’un esprit
épris de raison réussissant à lui seul à déplacer visiblement la grille de notre
savoir posée sur Madagascar après trois siècles d’étude. Qu’on ne crie pas
au génie! S’il y a génie, ce fut de prendre une certaine attitude et d’attaquer
avec détermination, dans la ferveur. L’explication est dans la nature,
ici la nature malgache, dont nous ne soupçonnons pas encore la leçon
qu'elle eût pu, que ce qu'il en reste pourrait peut-être toujours, nous donner.
L’ingénieur des Eaux et Forêts Capuron, doué des qualités les plus
rares de caractère et d’intelligence, arriva à Madagascar en juin 1948, à
l’âge de 27 ans. 11 en revint en juin 1971, pour mourir deux mois plus tard
dans sa maison natale de Lialores, dans le Gers. Chaque année il prenait
deux mois de congé en France, dont un consacré à l’étude au Muséum de
Paris.
Source : MNHN, Paris
14 —
En 23 années de séjour dans la Grande Ile, il avait effectué 154 tournées
et passé 1650 journées en forêt, soit près de 5 années, restant parfois jusqu’à
5 mois de suite sur le terrain, vivant dans les villages et souvent à la façon
des malgaches, compensant l’effort et la privation par la nourriture idéale
des découvertes, par la foi qu’il mettait en elles, constamment illuminé
de l’intérieur, sur un chemin féérique inaperçu des autres.
« La liste précise de ses tournées serait trop longue et fastidieuse pour
la donner ici, les noms des villages ne disant quelque chose que si l’on a
sous les yeux des cartes extrêmement détaillées. 11 a vu toute I’Ile, maintes
fois, fait une mission à Pile Europa du 6 au 13 avril 1964, une autre à la
Réunion du 31 janvier au 11 février 1968 et à l’Ile Maurice en février 1968,
une autre encore à l’île Sainte Marie du 15 au 20 mai 1969 1 . »
En 23 années d’une activité incessante, exclusive, il avait récolté à lui
seul 10 226 échantillons botaniques, accumulé les observations, acquis une
expérience telle qu’il était devenu le seul grand connaisseur de la flore
ligneuse de Madagascar dans son ensemble. Jamais avant lui ce niveau
n’avait été atteint dans les limites qu’il s’était assignées. Jamais l’étude
générale et méthodique jointe à la pénétration et au souci de rigueur n’avait
été menée aussi sûrement, aussi allègrement, aussi magnifiquement. Si le
nom de Capuron se trouve maintenant associé indissolublement à ceux
de ses grands maîtres, Perrier de la Bâthie et Henri Humbert, il marque
aussi une œuvre profondément originale, unanimement reconnue, saluée
comme un apport de première grandeur. Malheureusement interrompue
au moment où on pouvait en attendre des développements synthétiques,
éventuellement porteurs d’idées nouvelles et d’ouvertures, elle reste la base
des recherches qui se poursuivent et s’intensifient présentement. Elle reste
la base, mais aussi le modèle, le cadre pour la taxonomie et pour la géogra¬
phie.
En 23 années, Capuron s’était approprié la forêt malgache, littérale¬
ment; en ayant fait son parc et son jardin expérimental, il en connaissait
la composition élémentaire au niveau des taxons génériques et souvent même
spécifiques; il y faisait ses traces à la matchette (combien de fois n’avons-
nous pas dit, n’est-ce pas Vianney? 2 : « Tiens Capuron est passé là! »),
il y marquait les arbres à suivre : champ d’expérience qu'il parcourait jusqu'à
l’épuisement, qu’il a parcouru jusqu’à la mort et qu’il n'a cessé d'interroger
avec une colossale énergie.
Je me souviens encore à peu près de la réponse que me fit le Directeur
Bégué, son chef à Madagascar, quant un jour de 1957 je lui demandai
d’entrer en rapport avec son collaborateur. « Mais c’est presque impossible »,
s’exclama M. Bégué, qui avait fort bien compris que la valeur et l’épanouis¬
sement de celui-ci allaient de pair avec une nécessaire indiscipline, « Capuron
ne répond guère aux lettres, et qui sait où il est, parfois, durant des mois? ».
1. M me F. Chauvet, in lin.
2. Mon camarade dans la prospection des caféiers sylvestres de Madagascar.
Source : MNHN, Paris
— 15 —
Me voici maintenant devant son œuvre écrite, devant la tranche parue
dont la première page remonte à 1952 mais qui ne sera livrée vraiment qu’à
partir de 1960. Entre 1960 et 1971 pas une année ne s’écoule sans apporter
sa moisson de résultats publiés. Leur auteur, un inconnu, a tout lu, tout
assimilé, tout vu déjà, ou presque, avec la sagacité qui fonde l’autorité.
D’emblée c’est un maître; la densité et la qualité de ses écrits ne laissent pas
de frapper.
En 10 ans quelques centaines de pages, en fait une pluie de découvertes,
un ensemble éclatant, l’un des rares et beaux monuments de la taxonomie
au xx e siècle. Nous sommes un peu dans le prodige ou dans le vertige : la
nature malgache prend soudainement dans l’œuvre de Capuron une multi¬
tude de traits précis que nous ne lui connaissions pas encore (je pense un
peu à Victor Jacquemont). Elle s’y singularise un peu plus, elle gagne en
beauté, elle atteint au niveau où la problématique biologique se trouve
éclairée dans ce qu’elle a ici d’unique et d’essentiel pour la pensée. Mais
comment faire connaître cette œuvre à laquelle les initiés ont été si sensibles?
Que ne puissions-nous, transcendant la technique, dire à tous ce qu’est
Madagascar, ce qu'en y perdant la nature, abattue ou brûlée chaque jour
davantage, nous sommes en train de perdre, nous tous, hommes de la
planète : des ressources merveilleuses, inconnues et non renouvelables,
un bien fondamental de la science dans la perspective de l’avenir.
Dès mars 1957, un mémoire ronéotypé de 125 pages, diffusé à quelques
centaines d’exemplaires met son auteur — il a 36 ans — en pleine lumière :
c’est un « Essai d’introduction à l’étude de la flore forestière de Madagas¬
car ». Cet Essai d'introduction, malgré la double réserve du titre, malgré
les multiples précautions prises dans l’Avant-Propos, malgré aussi la discré¬
tion du mode de diffusion, est en fait une téméraire et ambitieuse leçon
assénée assez hautainement. Il y a dedans, sinon du mépris, du moins un
certain parti-pris d’indépendance, l’affirmation d’une volonté ferme de
repenser et de penser la taxonomie des plantes ligneuses de Madagascar
dans leur totalité, la démonstration d’une compétence égalant celle des
maîtres, et surtout la révélation explosive d’un poids de découvertes accu¬
mulées dans un long silence. L’Essai fait état de 450 genres et de 100 familles :
rien n’est avancé qui n’ait été contrôlé. L’œuvre de Capuron, telle qu’elle
nous sera présentée un peu plus tard, est déjà là, fermement esquissée,
riche de beaucoup sinon de la plupart de ses résultats, définie dans son
esprit et dans ses méthodes. Le taxonomiste a fait son suc de John Hutchin-
son et des botanistes malgaches d’une part, de l’étude directe de la flore
d'autre part : il définit diflerentiellement les genres et leur donne une place.
Beaucoup n’en avaient pas, il la leur trouve; il réserve des cases pour de
probables genres : Bilan : 19 genres nouveaux pour la science, deux familles
et 26 genres nouveaux pour Madagascar, il multiplie les clés et renouvelle
les descriptions où abondent les observations pertinentes.
Source : MNHN, Paris
— 16 —
Préparé par 9 ans d’un travail anonyme, opiniâtre, total, presque de
démesure, l’Essai de 1957 est en bref la somme schématique mais déjà
intégrée des découvertes qui sera explicitée à partir de 1960; un avertisse¬
ment circonstancié, un prodrome du niveau des classiques. Si l’on met à
part deux courts articles sur la pêche et la chasse, il n’est précédé que de
3 notes, d’ailleurs fort remarquables, qui prennent rang successivement
en 1952, 1953, 1954 où il est notamment démontré, d’une part, que le
Cistanthera africain (Sterculiacées) est un Nesogordonia, genre considéré
comme propre à la Grande Ile, et d’autre part qu’une Chloranthacée (d’un
genre nouveau : Ascarinopsis) vit à Madagascar. Mais notre botaniste
n’est point encore complètement autonome, et deux noms sont associés
au sien : D. Normand, H. Humbert.
En I960, Capuron prend la parole et dicte au monde, cette fois-ci
en termes définitifs, la leçon de son expérience. Elle porte sur chaque plante,
sur chaque problème, fût-il de nomenclature. Il veut que l’on sache ce dont
on parle, que le vocabulaire soit parfaitement défini, que l’outil soit maniable
sans pour autant être déformant. Il s’insurge contre tel maître qui accepte
de sacrifier la vérité (le genre naturel) au profit du commode, mais il refait
une clé en substituant l’artificiel au naturel, si besoin est sous l’angle prati¬
que. Taxonomiste de grande intelligence, nourri aux sources bibliographi¬
ques, mais aussi à la pratique permanente du terrain, il a produit une systé¬
matique fondamentale extrêmement solide, faite de rigueur et de prudence.
Homme de faits, il a généralement refusé de prendre parti sur le plan de
l'hypothèse ou de la théorie. Position qui fut aussi celle de H. Humbert,
mais celui-ci, plus écologiste n’hésitait pas à sortir des frontières strictes de
la systématique. Il n’y a pas lieu de celer que les deux hommes se heurtèrent
parfois sous cet angle, animés qu’ils étaient par des mobiles différents.
Capuron avait en tête de fonder les bases botaniques de la foresterie malga¬
che; sa fonction était exclusivement de donner des noms selon les caractères
et les rapports objectivement mis au jour. Jamais il ne sortira de cette nécessi¬
té à ses yeux impérieuse. De cette nécessité d’établir le genre et l'espèce en
s’appuyant sur un faisceau d’arguments; de faire des clés à la fois nettes et
bien assises, allant parfois jusqu’à s’éloigner, au moins provisoirement,
de la pensée véritablement biologique quand elle risque d’oblitérer des
contours. Je pense à tels taxons qu’il décrit comme sous-espèces alors que
les populations sont strictement sympatriques et, selon ses propres obser¬
vations, ne se croisent jamais. Dans la conception de Capuron, l’espèce
doit être bien tranchée, aisément identifiable : d’où sa prudence, d’où son
inclination louable à rattacher à des taxons connus ou à situer à des niveaux
infraspécifiques. Je pense notamment à VAIIophyllus cobbe (Sapin-
dacées) qu’il fragmente en 20 taxons ayant rang officieux de sous-
espèces.
Source : MNHN, Paris
— 17 —
Voici maintenant sous forme d’examen critique, année par année,
la série des résultats publiés par Capuron à partir de 1960 :
1960 — Le genre Leioclusia Baill. (de famille indéterminée) devient un Carissa (Apocyna-
cées).
— Le Nephelium malgache décrit par Poiret (Lamarck, Encycl. IV) est le Deutero-
mallotus acuminatus (Baill.) Pax et Hoffmann (Euphorbiacées).
— L 'Apodytes thouarsiana Baill. (Icacinacées) doit devenir le Poiameia thouarsiana
(H. Baill.) R. Cap. (Lauracées).
— Un deuxième Apodytes est décrit (A. macrocarpa) , ainsi qu'un Baobab ( Adanso-
nia perrieri - Nord de Madagascar - apparenté à A. fony du Sud).
— 3 Bignoniacées nouvelles : Stereospermum tongifolium, Phyllarthron antongiliense,
Ph. megaphyllum.
— 1 Buxus nouveau : B. macrocarpa.
En 21 pages de nombreux résultats sont réunis, les uns définitifs, les
autres appelant de nouvelles recherches. Huit familles y sont concernées
(Apocynacées, Sapindacées, Euphorbiacées, Icacinacées, Lauracées, Bomba-
cacées, Bignoniacées, Buxacées). Le souci de mener de front les recherches
sur le terrain et au laboratoire et l’examen critique méthodique de la litté¬
rature botanique s’y expriment clairement.
La découverte du Phyllarthron antongiliense, plante aux caractères
singuliers, est à souligner. En 1970, en prospectant les forêts littorales au
Sud de Sambava, si riches en taxons particuliers (mais en voie de destruction
rapide devant la plus honteuse des pseudo-promotions économiques),
Capuron découvrira une forme nouvelle apparentée à cette espèce : il la
décrira sous le nom de Ph. cauliflorum. Et voilà posé un problème majeur
qui se retrouve dans nombre de cas à Madagascar : y a-t-il là deux espèces?
« Les feuilles des deux espèces, écrit Capuron, sont très dissemblables et
permettent de les distinguer aisément; mais il n’est pas exclu que l’on décou¬
vre un jour des formes intermédiaires, ce qui remettrait en question l’attitude
que nous avons adoptée... ». Certes, mais on peut envisager une autre
hypothèse : nous sommes devant un groupe certainement naturel de deux
excellentes espèces, groupe individualisé par un ensemble de caractères
floraux (inflorescence en grappe simple, fleurs très zygomorphes, calice
spathacé), une troisième hypothèse, celle d’une convergence florale chez deux
espèces-bien distinctes paraissant peu vraisemblable. Ainsi donc, ce groupe
serait déjà en voie de fragmentation, les divergences portant principalement,
sur les feuilles. A la vérité, les espèces diffèrent aussi par les fleurs (forme,
taille), et je serais fort surpris que des faits nouveaux vinssent un jour infirmer
la distinction spécifique. Nous sommes devant deux belles espèces d’un
sous-genre ou, mieux, d’un genre nouveau à retirer du Phyllarthron. Ce
genre pourrait d’ailleurs n’être pas bien caractérisé par les fruits — qui
restent inconnus — mais il a, semble-t-il, une biologie particulière.
Le cas du Phyllarthron illustre bien l’extrême prudence du détermina¬
teur conscient et parfaitement instruit des difficultés énormes que pose
l’étude de la flore malgache et de son exceptionnelle variabilité. La découver¬
te d’une deuxième espèce, vue par lui comme ayant les mêmes caractères
floraux que la première (ce qui est un peu inexact), mais bien différenciée
Source : MNHN, Paris
— 18 —
par ses feuilles, loin d’inciter à la reconnaissance d’un genre, conduit contre
toute attente à un renforcement dans la réserve et même à envisager qu’il
n’existât qu’une seule et unique espèce dont nous ne connaîtrions que les
variations extrêmes.
1961 — Le genre Chloroxylon (Rutacées) est représenté à Madagascar (par 2 espèces).
Monotypique jusqu'aujourd’hui, il n’était connu que de l’Inde et de Ceylan.
— Le genre Fagaropsis (Rutacées) considéré comme africain (3 espèces) compte 2
espèces malgaches ( F. glabra , F. velutina) de l’Ouest et du Sud.
— Une espèce nouvelle de Vepris: V. lucida (Rutacées). Un genre nouveau de
Rutacées (Ivodea) composé de 6 espèces.
— Une espèce nouvelle de Perriera (P. orientalis), genre endémique de Madagascar,
jusqu’alors monotypique, de Simarubacées.
— Un genre nouveau de Simarubacées : Pleiokirkia (Ouest).
— Observations sur les Rhizophoracées.
— le genre Richeopsis J. Ar, est un Scolopia (Flacourtiacées);
— le genre Petalodactylis J. Ar. est un Cassipourea (Rhizophoracées) mais
à fleurs unisexuées dioïques (Cassipourea sect. Petalodactylis) ;
— une espèce nouvelle de Cassipourea (sect. Petalodactylis) : C. delphinensis ;
— deux espèces de Macarisia Thouars, genre endémique proche de VAnopy-
xis africain, sont admises au lieu de 7 par J. Arènes.
42 pages; 2 genres nouveaux pour la science; 2 genres nouveaux pour
Madagascar; un ensemble de données taxonomiques et biogéographiques
de très grand intérêt. Notons cependant que les genres Ivodea et Pleiokirkia
étaient déjà définis et nommés dans l’Essai où par ailleurs la présence du
Chloroxylon à Madagascar était consignée.
Le traitement du Chloroxylon, et pour une toute autre raison, celui du
Perriera, valent qu’on s’y arrête. En un premier temps (1961) l’une des
espèces malgaches du Chloroxylon est assimilée à l’espèce asiatique C. swiete-
nia. Sans doute les traits particuliers en sont notés, mais, écrit Capuron,
ils « ne nous paraissent pas de nature à motiver la création d’une espèce
distincte de l’espèce indienne, tout au moins en l’absence de fleurs ». L’espèce
distincte en question ne sera reconnue que 6 années plus tard (1967) à
la suite de la découverte d’individus en fleurs, sous le nom de C.faho R. Cap.
Bon exemple encore de la taxonomie prudente — parfois jusqu’à l’excès —
de Capuron; de sa préférence à rattacher les formes nouvelles aux taxons
connus plutôt que d’instituer de nouveaux binômes; d’une tendance aussi,
parfois manifeste, à sous-estimer l’importance de la discontinuité géogra¬
phique. A. Aubréville a montré une démarche similaire de notre botaniste
relativement aux Sapotacées et qu’il ne fallait pas suivre celui-ci proposant
l’assimilation du Pouteria américain au faux Sideroxylon de Madagascar
qui représente bien plutôt un genre nouveau (Capurodendron). A la vérité,
ce ne sont là que des exceptions, et de façon générale la position de Capuron
devant l’option taxonomique assimilation-création, souvent si difficile,
entraîne l’adhésion.
Le texte sur le genre Perriera fait état de réflexions sur la division
biogéographique de Madagascar en domaine de l’Est et domaine de l’Ouest :
la coupure entre les deux domaines serait moins tranchée qu’on ne l’a dit
jusqu’à présent, et le cas offert par le Perriera, joint à beaucoup d’autres,
Source : MNHN, Paris
19 —
viendrait à l'appui de cette vue. En effet le P. orientalis n’est qu'une espèce
vicariante du P. madagascariensis de l’Ouest malgache, une espèce aussi
difficile à définir différentiellement quant aux caractères botaniques qu’évi¬
dente sous l’aspect du port et du caractère global. « Il est incontestable que
chaque région possède en propre un certain nombre de familles, un assez
grand nombre de genres et une proportion beaucoup plus importante
d’espèces. Mais cela ne devrait pas empêcher de noter que la majorité des
familles et des genres ont des représentants dans les deux Régions, et que
si le nombre des espèces strictement identiques est relativement restreint,
beaucoup constituent des couples d’espèces vicariantes ou très affines, que
très souvent des caractères végétatifs seuls, mal définissables, permettent
de séparer. »
Il est temps de commencer à prendre pour thème des recherches
l’écotaxonomie de la Grande Ile, et en particulier celui que suggèrent les
lignes précédemment rappelées. Il y a là matière à toute une série de grandes
thèses, car les choses sont complexes et d'un intérêt décisif. Capuron, dont
l’exceptionnelle expérience malgache doit toujours être rappelée, a été
frappé par certains faits paraissant ici assez singuliers ou qui ne se retrouvent
ailleurs que dilués ou incertains : j’ai rappelé la variabilité des plantes, et
par voie de conséquence l’appréhension constante, chez le déterminateur,
d’en être victime. Les mêmes dangers surgissent dans le cadre géographique
défini jusqu’à présent de façon un peu rigide : l’amateur de frontières nettes
n’y trouve pas son compte. Mais comment pourrait-il en être autrement?
En fait, la spéciation se poursuit de nos jours — et fort activement — et
doit s’exprimer par l’existence d’espèces vicariantes en rapport avec le
milieu, ce qui n’exclut nullement l’existence de flores très anciennement
différenciées et d’âges divers. D’où la présence d’une communauté de genres
— dont on avait sous-estimé le nombre — dans les deux domaines. Et
aussi d’une communauté de familles : tout cela relève du néoendémisme.
L’existence, par ailleurs, de familles, de genres, de sous-genres, d'espèces pro¬
fondément différenciées propres à l’un ou à l’autre domaine, tous faits res¬
sortissant au paléoendémisme, n’a cependant pas une signification moindre.
La biogéographie de Madagascar.est un champ de recherches presque vierge.
La découverte du Pleiokirkia (Simarubacées), genre de l’Ouest, peut-
être paléoendémique, apparenté au Kirkia africain, rapporté à la suite de
celle du Perriera orientalis, n’est-elle pas quelque peu significative? En tout
cas, elle pose de bien passionnants problèmes.
1962 — Un genre nouveau de Sapotacées (Tsebona) (genre tout à fait isolé actuelle¬
ment par rapport aux Sapotacées de la Grande Ile).
— Neuf espèces jusqu’à présent mal identifiées changent de genre entraînant des
transferts de famille, et la création d’une combinaison nouvelle (Phanerodiscus
diospyroidea - Olacacées - au lieu de Diospyros sphaerosepala Baker - Ébénacées).
— Révision des Rhopalocarpacées :
— mise en synonymie des genres Rhopalocarpus et Sphaerosepatum et
description de 5 espèces nouvelles de Rhopalocarpus ;
— description du genre nouveau Dialyceras (domaine oriental).
Source : MNHN, Paris
— 20 —
— Note sur les Burséracées :
— présence du genre Boswellia à Madagascar : B. madagascariensis ;
— description commentée de 7 espèces de Commiphora dont 4
nouvelles;
— Présence à Madagascar du genre Alangium (A. grisolleoides R. Cap.)
(Alangiacées).
64 pages; 8 familles concernées ; Sapotacées, Myrtacées, Gentianacées,
Ebénacées, Pittosporacées, Olacacées, Célastracées, Alangiacées; 2 très
remarquables genres nouveaux (du domaine oriental) pour la science
(déjà indiqués dans YEssai); I genre nouveau pour Madagascar; un lot
d’espèces nouvelles et un ensemble d'observations concernant la nomen¬
clature, la taxonomie, et la biogéographie.
La découverte d’une espèce endémique dioïque chez le Boswellia et
chez Y Atangium, genres ne comptant en dehors de Madagascar que des
espèces à fleurs $ est un fait de grand intérêt. Capuron, mû par un très
strict désir de taxonomiste le relègue un peu, mais à tort. Il y a chez le
Boswellia un très bel exemple d’évolution : fleurs unisexuées dioïques,
pétales valvaires. Le Boswellia malgache me paraît représenter une phase
remarquable vers la constitution d’un genre nouveau qu’il y aurait peut-être
lieu d’établir compte tenu de l’isolement géographique dans un pays où
par ailleurs se différencie activement le genre Commiphora (de la même
famille). Capuron a noté, sans s’y arrêter spécialement, que d’autres genres
à fleurs généralement d se trouvent représentés à Madagascar par des espèces
unisexuées-dioïques : Cassipourea (Rhizophoracées), Octolepis (Thyméléa-
cées). Ce fait est-il susceptible de généralisation? Il mérite en tout cas de
faire l’objet d’une enquête méthodique (sur l’ensemble de la flore) conduite
avec rigueur et sous un angle plutôt critique que statistique, enquête qui
pourrait être poussée jusque dans le cadre de la différenciation taxonomique
à l’intérieur même de la Grande Ile, en fonction des domaines floristiques.
Il y a lieu aussi de faire ressortir tout l’intérêt qui s’attache à la recon¬
naissance du Dialyceras, genre qui, par rapport au Rhopalocarpus, marque
une divergence évolutionnelle remarquable intervenant au niveau du gynécée
et du fruit — à carpelles libres —, les fleurs étant par ailleurs d’un même
type. La première récolte à des fins scientifiques d’un Dialyceras remonte
à 1950 (par Rakotoniana, Réserve Naturelle d’Ambodiriana, près de
Tamatave); elle concernait des échantillons en fruits. Dès 1953, la plante
était retrouvée aux environs de la baie d’Antongil par Capuron. En 1956,
le genre était reconnu et nommé. Les problèmes taxonomiques posés par
l’existence de trois phénotypes ont été résolus par Capuron, comme toujours,
dans le sens de la rigueur et de la réserve. Peut-être restons-nous assez
insatisfaits, mais il n’y avait pas, sans doute, de meilleure position d’attente.
1963 — Révision des Tiliacées.
—- Le Christiana madagascariensis DC. (Ouest de Sambirano) doit être rattaché
à l’espèce africaine, C. africana DC.
— Le Carpodipiera boivini Bâillon des Comores est le Carpodipiera africana Master,
peut-être introduit.
— Examen critique des Sparmannia L. (genre propre à l’Afrique orientale et à
Madagascar).
Source : MNHN, Paris
— 21 —
— Le genre Grewia (70-80 espèces malgaches) est subdivisé en 3 sous-genres.
— Pseudocorchorus, genre nouveau (tribu nouvelle des Pseudocorchorées) : 5 espè¬
ces de l'Ouest et du Sud, 1 orientale.
— Clé de détermination des 6 espèces du Corchorus (toutes rudérales).
— Clé de détermination des 5 espèces de Triumfetta (aucune endémique).
— Clé de détermination des 4 espèces de Piriqueta (Turnéracées) dont 1 nouvelle
et 1 confondue dans le genre Paropsia (Piriqueta integrifolia Claverie).
— Présence du genre Ocro/ep/s (Thyméléacées, sous-famille monotypique des Octo-
lépidoidées). Domaine central.
— Présence du genre Nectaropetalum Engler à Madagascar (Erythroxylacées).
— Présence d'un Macadamia (Protéacées) à Madagascar, ce qui porte à 3 le nombre
de genres de cette famille dans la Grande Ile (Dilobeia, Faurea).
— Le genre Stelechanteria Thouars ex Bâillon est un Drypetes (Euphorbiacées).
— Le genre Ardisia à Madagascar (Myrsinacées) : 2 espèces (sous-genre Madardisia)
l’une occidentale, l’autre orientale.
— Diegodendron, genre nouveau, type de la famille nouvelle des Diegodendracées
(Ochnales).
— Deux nouveaux Schizolaena; clé de détermination des 7 espèces.
— Rhopalocarpacées in Flore de Madagascar et des Comores (H. Humbert).
Les résultats publiés en 1963 représentent un ensemble sans doute
sans égal dans l'année où ils paraissent. La découverte du Bubbia et celle
de YOctolepis mises à part (dont fait état Y Essai et quelques autre de
moindre importance), ils expriment une activité qui se situe entre 1957 et
1963. L’auteur, alors dans la plénitude de ses moyens, s'offre tout parti¬
culièrement au jugement critique de l’historien qui tente de dégager des
traits, de saisir la leçon.
145 pages; 1 famille et 2 genres nouveaux pour la science; 1 famille,
I sous-famille, 1 tribu et 6 genres nouveaux pour Madagascar; clés, obser¬
vations, 12 familles concernées; ainsi, sèchement, se peut évoquer le bilan.
II est dense et massif. L’institution de la famille des Diegodendracées en
donne la mesure quant à la qualité. Nous nous trouvons là devant une plante
singulière — ovaire à carpelles libres contenant chacun deux ovules basilaires
ascendants, à micropyle inférieur et extérieur, style unique gynobasique,
étamines très nombreuses, feuilles alternes ponctuées-pellucides à stipules
intrapétiolaires — de l’Ouest (Nord) de Madagascar — d’abord récoltée
par Humbert en 1937, puis en 1938 sur les plateaux calcaires d’Analamera,
puis retrouvée par Capuron dans l’Ankarana en 1958. L’exigence du nom
à donner entraîne toute une étude, analyse rigoureuse et recherche des
rapports, et finalement débouche sur l’introduction d’une famille nouvelle
au sein des Ochnales, en un lieu où sont en vue les Rhopalocarpacées et
aussi les Sarcolaenacées. Ce bloc de trois familles endémiques comprenant
11 genres et 50 espèces pose à son tour un problème majeur : celui du pourquoi
et du comment devant une différenciation privilégiée de cette amplitude dans
cette région du monde.
Taxonomiste exclusif par goût et par nécessité. Capuron se trouve
constamment confronté à des problèmes biogéographiques que, semblant
les tenir en réserve, il se contente d’évoquer. Jamais en tout cas il ne les
néglige. La découverte du Bubbia, par exemple, lui inspire cette profonde
réflexion :
« Le Bubbia perrieri et le Macadamia alticola sont des espèces, dans la
Source : MNHN, Paris
— 22 —
nature actuelle, géographiquement isolées, leurs plus proches congénères
se trouvant en Nouvelle-Guinée. Toutes deux croissent dans les formations
primitives du Domaine du Centre, formation représentant sans aucun
doute les derniers vestiges des plus anciens éléments floristiques ayant
recouvert la Grande Ile ».
Parfois abusé par une sorte d’expérience excessive de la formidable
variabilité, il lui arrive de trébucher. Ainsi, au sujet du Piriqueta: « Nous
avons hésité, écrit-il, en traitant de la nouvelle espèce Piriqueta antsingyae,
à séparer cette espèce du Piriqueta madagascariensis (O. Hoff.) Urb. dont
elle diffère surtout par des caractères tenant à la taille des organes... 11 se
pourrait que de nouvelles récoltes de P. antsingyae et de P. madagascariensis
amènent à réunir les deux espèces». Eh bien non! Jamais sans doute cette
éventualité ne se produira. Je tiens les deux espèces pour profondément
distinctes l’une de l’autre par de nombreux caractères relevant non seulement
de la taille, mais de la structure. Soumis à la fois aux normes taxonomiques
linnéennes d’une part, à une variabilité biologique inimaginable d’autre
part, le botaniste hanté par le démenti possible des faits (infligé si souvent
aux auteurs un peu légers qu’il connaît bien) craint toujours de s’enliser et
d’entraîner les praticiens dans la confusion. Son principe est bien établi :
en l’absence de preuve quasi absolue, s’en tenir à ce que l’on a, rattacher à
un taxon connu. Combien de fois ne nous a-t-il pas fait part de ses hésita¬
tions! En identifiant le Macadamia malgache, par exemple, ou le Bubbia.
Cette position comporte une conséquence sur le plan de l’interprétation
scientifique : l’isolement biologique de Madagascar ou de telle partie de
Madagascar tel qu’il ressort de l’œuvre de Capuron est plutôt en deçà de
sa véritable valeur. Une communauté de genres avec le Pacifique (Maca¬
damia, Bubbia) ou avec l’Afrique (Octolepsis, Nectaropetalum, Ardisia)
marque des affinités plus fortes entre les flores en cause que ne le feraient
des genres distincts mais apparentés.
Sous l’angle biogéographique, il est remarquable que le Piriqueta,
genre américain, soit représenté à Madagascar par quatre espèces endémi¬
ques dont une (P. integrifolia) profondément isolée morphologiquement
(et à laquelle on devrait donner le rang générique).
On doit à Capuron d’avoir opéré le transfert de cette espèce identifiée
jusqu’alors comme Paropsia integrifolia (Passifloracées) dans le Piriqueta
(Turnéracées), marquant ainsi ce que ce faux Paropsia avait de singulier,
et posant un problème d'un extrême intérêt quant à la validité de la famille
des Turnéracées par rapport à celle des Passifloracées. La plante décrite
par Jumelle est à mes yeux un taxon fort original qu’il n’y a pas lieu d’assi¬
miler à un Piriqueta. Il y a une coupure parfaitement nette entre le Piriqueta
bernieriana, à fleurs périgynes et à ovaire sessile, et le Piriqueta integrifolia
à fleurs hypogynes pourvues d’un androgynophore. D’autres caractères
renforcent les dissemblances, tels que : grandeur des anthères, pubescence,
type de couronne, signalés par Capuron. J’ajouterai : caractère du pédicelle.
Chez les Piriqueta malgaches celui-ci semble constitué de deux articles,
'inférieur (pédoncule) portant deux discrètes bractéoles non opposées.
Chez le Piriqueta integrifolia, les bractéoles flanquées de petites « stipules »
Source : MNHN, Paris
— 23 —
prennent une importance qui évoque celle du Mathurina des Mascareignes,
et se situent à l’extrémité du pédoncule. En somme l’articulation peu visible
chez les Piriqueta, est ici d'un calibre d’organe fonctionnel. Le Piriqueta
integrifolia se situe à une dichotomie évolutionnelle décisive : l’engagement
n’est plus celui des Piriqueta à coupe périgynique.
11 serait déplacé de s’étendre ici sur l’analyse de la plante en cause et
de ses rapports ; il m’a semblé cependant intéressant de montrer comment
l’acuité du botaniste se trouve à l’origine d’une question taxonomique
essentielle. D’autant plus essentielle que dans le même texte sur les Turné-
racées de Madagascar, se trouvent rapportées les étroites ressemblances
des fruits d’une plante considérée comme taxonomiquement éloignée,
le Prockiopsis Hildebrandtii (Flacourtiacées), avec ceux du Piriqueta.
Sont-ce là de simples convergences?
Telle est la densité du texte chez Capuron.
1964 — Révision des Tiliacées de Madagascar :
— le Grewia pubescens P. Beauv. et le G. mollis Auct. deviennent respective¬
ment synonymes de G. mollis Juss. et G. venusta Fresenius;
— les Grewia de la section Axillares comptent 13 espèces—dont 9 nouvelles.
Clé de détermination. Diagnoses. Description et commentaires. « Toutes
ces espèces paraissent endémiques de Madagascar — quelques-unes
sont cependant très affines d'espèces africaines — et sont localisées dans
la région occidentale. »
1965 — Un genre nouveau pour la science (Cieistanthopsis) d'une famille nouvelle
pour Madagascar (Irvingiacées).
— Le genre Dapania (Lépidobotryacées, famille nouvelle pour Madagascar,
mais très proche des Oxalidacées).
Deux genres nouveaux pour la science — et institués ici sans réserve —
deux familles nouvelles pour Madagascar et un exemple de plus des affinités
floristiques de Madagascar et de i’Indo-Malaisie : le genre Dapania (l re
récolte, M lle Homole, 1944) comptant trois espèces, l’une malaise, une autre
de Sumatra et Bornéo, la troisième de Madagascar. Quant à Plrvingiacée
malgache (l re récolte, Louvel, 1925) elle révèle un type de fruit nouveau
dans la famille (capsule à déhiscence septicide) et une réduction considéra¬
ble des stipules si caractéristiques dans les autres genres. Elle devait être
l’occasion d’un développement des travaux immédiat et tout à fait imprévu
où il serait question là aussi de Bornéo. Le hasard fit que la plante malgache
fut officiellement décrite le 27 juillet 1965 et qu’étant congénérique d’une
espèce de Bornéo, le genre de cette dernière avait été décrit par l'anglais
Forman le 26 juillet de la même année sous le nom d'Allantospermum.
I. Il y aurait lieu d'ajouter que la communauté n'exclut pas de profondes différences,
au moins de niveau subgénérique : inflorescences contractées, bractées bien développées
et persistantes, ovaire sessile, structures florales persistant sous le fruit, graines caron-
culées à raphé non visible, bois à pores relativement petits et nombreux, rayons larges,
caractères d'Allantospernum miilticanle qui ne se retrouvent pas chez A. borneense. La
découverte éventuelle d'une autre espèce bien différenciée et présentant des caractères
aussi importants que la caroncule et la persistance des pièces florales à la base du fruit
pourrait amener à rétablir le genre Cieistanthopsis.
Source : MNHN, Paris
— 24 —
Un jour séparait les publications du genre nouveau sous deux noms diffé¬
rents. Dès lors, comme Noteboom le montra en 1967, le Cleistanthopsis
devenait un AUantospermum. Toutes ces vicissitudes n’allaient pas, cepen¬
dant, sans poser des problèmes divers. D’une part, deux espèces distinctes
d’un même genre séparées par l’Océan Indien, soudainement révélées;
d’autre part, deux chercheurs de renom sur un même thème inopinément
confrontés : cela créait une situation plutôt singulière qui ne pouvait man¬
quer d’attirer l’attention. Elle offre en tout cas à l’historien que je suis un
critère objectif de jugement : il y avait coïncidence essentielle des résultats,
et les divergences secondaires sur l'appartenance familiale ne faisaient
qu’ajouter à l’intérêt. Ce qu’il faut retenir c’est que le fait biogéographique
mis au jour était d’une particulière importance : le Cleistanthopsis-AUantos¬
permum et le Dapania, placés par hasard à côté l’un de l’autre, dans une
même publication, relevaient en fait d’un même et rare type chorologique.
Sur le plan taxonomique, le genre nouveau (dont, je crois important
de le noter, certains caractères évoquent étrangement ceux d’un Croton)
venait rejoindre les genres endémiques Perriera et Pleiokirkia et même
Dapania: nouveau bloc, (le Cedrelopsis en est-il loin?), dont il faudra tenter
d’élucider les liens. Pourquoi ne pas nourrir l’espoir de trouver d’autres
espèces de tel ou tel de ces genres à Madagascar et en Indonésie?
1966 — Sur les Rhamnacées arbustives ou arborescentes :
— mise au point relative au Ziziphus et au Berchemia ;
— un genre nouveau Bathiorhamnus (2 espèces) (typifié par le Macrorham-
nus louvelii);
— révision des Colubrina malgaches (5 espèces dont 1 nouvelle et 4 combi¬
naisons nouvelles), le genre Macrorhamnus passant en synonymie et le
Lasiodiscus attuaudi devenant un Colubrina.
— Hazomalania (Hernandiacées), genre nouveau typifié par Hernandia voyroni
Jumelle.
Avec le Berchemia nous tenons un bon exemple pour illustrer la méthode
de Capuron. Là où Perrier avait vu deux espèces, et, en créant le genre
Araliorhamnus, s’était laissé prendre à la tentation de voir trop souvent
des taxons endémiques, Capuron ne retient qu’une seule espèce déjà connue
de l’Afrique : Berchemia discolor. La même année, partant d’une espèce
connue, Hernandia voyroni, en un mouvement inverse, plus rare chez lui
que le précédent (le même qui avait conduit à l’instauration du Bathiorham¬
nus), il est amené à proposer formellement le genre Hazomalania (cité
dans l’Essai de 1957) : quand l’auteur se détermine à ce mouvement, on
peut être assuré spécialement que le genre est solide '. L 'Hazomalania
voyroni est une essence du domaine occidental exploitée depuis longtemps,
dont le bois très léger, imputrescible et très résistant aux attaques des
termites, convient particulièrement à la construction des pirogues.
1. Il est cependant déjà contesté par Kubitzki qui l’a mis en synonymie de Hernan¬
dia, Flore du Cambodge, du Laos et du Vietnam, 1971.
Source : MNHN, Paris
— 25 —
1967 — Deux espèces de Caesalpinia font partie de la Flore malgache naturelle : C.
insolila (Harms) Brenan et Gillett., C. antsiranensis R. Cap., les trois autres
espèces, seules connues avant les travaux de Capuron, sont l'une cultivée, les
autres propres aux formations secondaires.
— Sur les Rutacées de Madagascar :
— création du binôme Chloroxylon faho R. Cap.;
— localités nouvelles et observations sur les Fagaropsis;
— une nouvelle espèce d 'Evodia (E. tsaratananensis R. Cap.);
— le genre Ivodia R. Cap. Clé des 10 espèces, 4 étant nouvelles, diagnoses,
observations taxonomiques et géographiques.
Il faut noter, en particulier, dans cette publication deux remarques
d’ordre biogéographique. La première concerne les secteurs Nord et Nord-
Est relevant respectivement du domaine occidental et du domaine oriental.
Le Fagaropsis glabra se rencontre dans l’un et l’autre types de forêts. 11
« partage ce caractère, écrit notre auteur, avec un certain nombre d’autres
espèces parmi lesquelles on peut citer Caesalpinia insolila , Celiisphilippensis,
Hymenodictyon sp., Lepidolrichilia convallariaeodora, Crossonephelis per-
villei, etc. » Peut-être y-a-t-il là un fait d’ordre scientifique.
La deuxième remarque, suscitée à la suite du constat de pauvreté des
collections d ’lvodea en herbier, est que la raison de cette pauvreté pourrait
être en rapport avec la structure même des espèces. Toute espèce occupant
une aire assez vaste à Madagascar est généralement constituée d’une mosaï¬
que de petites populations isolées l’une de l’autre, chacune étant homogène,
densément pourvue en individus et pouvant couvrir quelques ares. J’ai de
mon côté fait les mêmes observations sur la distribution des Coffea. Il reste
à tenter de comprendre cette dispersion par taches homogènes en se référant
à la biologie sexuelle, à la génétique et à l’écologie.
1968 — Thespesia gummiflua R. Cap., espèce nouvelle de Malvacées.
— Les Caesalpiniées (9 espèces malgaches) :
— le genre Delonix (9 espèces malgaches) : réduction du genre Aprevalia au
rang de section; description d’une espèce nouvelle (D. velutiiia R. Cap.);
— les Cassiées malgaches : 5 genres dont 2 nouveaux ( Eligmocarpus et
Mendoravia). 3 espèces nouvelles de Cassia, 1 espèce nouvelle de Dia-
lium ; observations sur les Baudouinia (4 espèces) ;
— les Swartziées malgaches (2 espèces de Cordyla dont 1 nouvelle).
— Observations sur le genre Physena (de position taxonomique incertaine), sur les
Protium (Burséracées), sur le Prockiopsis hildebrandtii (Flacourtiacées).
74 p., 2 genres nouveaux. Le Mendorovia, qui était reconnu dès 1957,
se caractérise en particulier par ses feuilles simples, comme le Baudouinia.
La présence du genre Cordyla à Madagascar est intéressante sur le plan
géographique, car il est représenté par deux espèces vicariantes, bien carac¬
térisées, l'une étant occidentale (C. madagascariensis Viguier), l’autre
orientale (C. haraka R. Cap.).
1969 — Sur les Rubiacées-Vanguériées de Madagascar : principes d'un système nouveau
des Vanguériées malgaches fondé sur les caractères de l’embryon; admission au
moins provisoire de 4 genres (Vangueria, Rytigynia, Canthium et Psydrax) et
Source : MNHN, Paris
— 26 —
clé permettant de les identifier. Les genres Pyrostria, Peponidium et Pseudopepo-
nidium passent dans la synonymie du Canthium.
— Place du genre Kaliphora (monotypique et endémique), considéré à tort comme
une Connaracée, dans les Escalloniacées.
— Révision des Sapindacées de Madagascar (ouvrage de 189 p.). 4 genres nouveaux :
Tsingya, Beguea, Chouxia, Neotina, 42 espèces nouvelles.
Capuron, si l’on met à part un tout petit fascicule sur les Rhopalocar-
pacées, n'a publié aucun volume dans la grande Flore de Madagascar.
Son œuvre écrite a été diffusée au moyen d’articles dans les Revues (notam¬
ment Adansonia), ou de volumes multigraphiés. 11 y a là, sans doute, l’effet
d’une volonté : celle de refuser de fixer prématurément une œuvre en plein
développement, celle aussi de ne point s’arrêter alors qu’il reste tant à
faire de toute urgence. Le gros mémoire sur les Sapindacées qui vit le jour —
dans une publication de série — en 1969, ne marque encore qu’une étape.
Commencée vers 1957 (les genres Beguea, Chouxia et Neotina ont leur place
dans VEssai), à la demande du P r Humbert, la recherche a demandé
plus de douze années : la totalité des espèces malgaches (soit 108) a été
vue sur le terrain. Exemple encore de la ténacité, de la passion, du don total
à la connaissance. J’ai parlé d’étape. En fait, l’auteur a bien le sentiment
d’arriver au bout d’un immense effort, d’avoir accompli son devoir envers
son Maître, disparu hélas! quelques années auparavant.
« A la mémoire du P r H. Humbert, dit la dédicace, qui a consacré
tous ses instants à la connaissance de la flore malgache et avec lequel
j’ai eu le plaisir de faire mes premiers pas de botaniste dans les forêts de la
Grande Ile. »
1970 — Sur les Sarcolaenacées : clé des 10 genres, et observations; élévation au niveau
générique du sous-genre Mediusella du genre Leptolaena, et rétablissement du
genre Xerochlamys.
— Deux nouvelles Bignoniacées ( Rhodocolea perrieri et Phyllarthron cauliflorum).
— Sur les lcacinacécs :
— réhabilitation de VApodytes thouvenolii;
— un représentant malgache du genre Raphiostylis.
1971 — Sur les -4//!>/z/a(Mimosoidées):25 espèces indigènes dont 11 établies dans ce texte.
— Myoporacées, famille nouvelle pour Madagascar.
— Sur les Verbénacées de Madagascar : Clerodendron bosseri R. Cap., Premna
orangea R. Cap., Vitex menabeensis R. Cap.
— Le Holmskioldia angnslifolia Moldenke (Verbénacées) devient un Capitanopsis
(Labiées).
Je viens de passer en revue vingt années de recherches, douze années
de publications : les notes de 1970 et de 1971 m’apportent la même joie
que les premières, le rythme des découvertes n’a pas faibli. Le savoir est
immense. Et aussi la contribution à nos connaissances.
Source : MNHN, Paris
— 21 —
Je dois maintenant faire le point de ma réflexion et la terminer. Temps
de l’épure où l’homme et l'œuvre devraient apparaître sous tel ou tel trait
qui serait comme l’indice de l’être profond, trait indécelable dans le quoti¬
dien mais qui se dessine au bout d'une vie ou à la surface d'une totalité.
Ce trait quant à l’homme — dont un de ses proches nous dira, en des propos
que je vais rapporter, quel il a été — ce trait pourrait être ou la volonté
que rien ne peut fléchir, ou l’absolue et constante exigence de rigueur (l’amour
du travail bien fait), ou l’ambition noblement nourrie, ou la foi dans le
dépassement incessant... mais tous ces éléments d’un caractère hors du
commun l’individualisme farouche de Capuron n’est-il pas leur commune
mesure? 1
Ayant passé au crible d’une critique implacable le savoir qu’on lui a
enseigné, il a très rapidement fait le tri de ses auteurs et pris sa détermination.
Il écrira lui-même, et seul, une flore forestière de Madagascar, bousculant
ainsi la tradition à laquelle il ne fait que quelques concessions mineures.
Il ne sera point le spécialiste de telle ou telle famille, mais celui de la flore
ligneuse dans son ensemble. Homme de terrain tout au long de vingt années,
récolteur du matériel qu’il étudie, il n’hésitera pas à s'affranchir d’un certain
formalisme qui, en l’empêchant de traiter de telle ou telle famille déjà à
l’étude en d’autres mains, freinerait considérablement les progrès en général,
et ceux de son projet en particulier. Il n'est point homme de cabinet tenu
en visières et souvent victime d’apparences. On le sent engagé vis-à-vis
des forestiers qui attendent de lui la construction d’un outil élémentaire
de connaissance.
La mort est venue mettre un terme à ce travail de géant que personne
ne peut reprendre dans l’immédiat : les pièces de l’outil ont été en grand
nombre fabriquées, il reste à les augmenter encore, et à les assembler.
En ce qui concerne l’œuvre, je l’admire suffisamment pour tenter de
la voir à nu dans ce qu’elle a d’essentiel relativement aux développements
de la Taxonomie végétale; dans ce qu’elle a de remarquable, de singulier
même, quand on considère l’homme et le cadre, tous deux exceptionnels;
pour tenter de saisir au travers des difficultés un mouvement profond —
fût-ce celui d’une crise encore inarticulée — annonciateur de renouvel¬
lement.
Les difficultés rencontrées par Capuron et dont il fait état de façon
répétée montrent à mes yeux l’inadéquation du système binaire pour expri¬
mer la réalité biologique. Capuron au fur et à mesure de ses progrès dans
la prospection et dans l’inventaire des formes est amené à souder entre eux
des taxons, parfois à les nommer en se gardant d’entrer dans le cadre de la
nomenclature régulière (cas de VAIIophylus). L’un de ses principes les plus
généralement appliqués est de rassembler jusqu’aux plus extrêmes limites.
De là procède la sécurité inspirée par son système, la stabilité véritable
de ses créations. De là aussi, corrélativement, une concentration qui ne
donne pas toujours sa part à la variabilité fixée, la recherche de la disconti-
I. A partir de 1960, le nom de Capuron en tant qu'auteur ou récolteur de plantes
n'est jamais associé à aucun autre botaniste.
Source : MNHN, Paris
— 28
nuité morphologique absolue pouvant amener à tourner le dos à la réalité
biologique du taxon. Le vieux conflit entre la biologie et la taxonomie est
toujours là, sous-jacent, dans chacune des pages que je viens de lire. L’objec¬
tif de Capuron était de faire, dans le cadre de Madagascar, un instrument
pratique de détermination et d’inventaire. Il y a contribué au niveau de la
plus grande et admirable tradition. Littéralement, en se pliant aux règles
qu’impose l’instauration d’un langage, il a jeté les bases de l’étude biologique
et de l’approfondissement taxonomique. Chacun de ses apports est une de
ces bases, le schéma moteur d’une réflexion, d’un projet, d’une nouvelle
démarche. Aucune des pages qu’il a écrites, belles de nouveauté comme de
sécurité, ne pourra manquer de déclancher l’action nouvelle. Partout en
retrait, et comme repliée sur elle-même, la connaissance n’en est pas moins
à l’extrême pointe de la ligne de front comme dans une position de détente.
Position apparemment paradoxale, mais d’une exceptionnelle fécondité
qui donne à l’œuvre son cachet, et le rayonnement d'un moment de la
Taxonomie.
Un de ses camarades de jeunesse et ami de toujours, M. Jean Tartas,
architecte à Condom, a bien voulu m’adresser quelques pages de notes
écrites à mon intention sur René Capuron. Elles méritent, je pense, d’être
reprises ici selon les termes mêmes de leur auteur.
Fils unique de petits paysans gersois, René Capuron est mort à Lialo-
res, à 8 kilomètres au N.O. de Condom, dans sa maison natale. Le village,
une dizaine de foyers rassemblés autour d’une charmante et modeste église
romane avec un clocher en mur-fronton, est bâti sur un plateau dans un
pays vallonné où la vue porte jusqu’à 10 kilomètres à la ronde. Au centre
du hameau, la maison, petit jardin d’accès et cour arrière, s’inscrit dans un
carré d’environ 15 mètres de côté et comprend les éléments habituels d’une
unité familiale de paysans villageois : salle commune, escalier de pierre
vers l’étage, chambres, cour avec porte cochère, hangar à matériel, chai,
courtil à cochons. On y accède par un étroit chemin vicinal bordé de champs
où les voitures ne se doublent qu’à grand-peine.
« L’amitié qui me lie à René Capuron, écrit M. Tartas, est une amitié de sentiment
car je suis natif de la même terre, et sur le chemin, celui de la jeunesse et de l’adolescence,
nous nous sommes coudoyés journellement avec sans doute, ces années-là, les mêmes
buts et les mêmes espoirs.
Je fus son condisciple au vieux collège de Condom dans la même classe de 6 e A
(latin) et dans toutes les autres classes jusqu’au Baccalauréat, lui-même faisant en sus du
grec, à partir de la 4°.
René Capuron, comme d’autres fils de gens moyens ou d’ouvriers, a gravi, grâce
à une scolarité offerte par le gouvernement de la République dans les années d’avant
la dernière guerre, tous les échelons qui ont fait de lui un secondaire accompli, prêt à
affronter tous les concours des Grandes Écoles, une parfaite élite intellectuelle, un éminent
spécialiste. Mais il est certain que sans les qualités de base, c’est-à-dire la volonté, la téna¬
cité, l’ambition, la discipline, l’esprit de sacrifice, l’amour de la chose étudiée, l’idéal
dans un beau métier au service de la collectivité, ces échelons n’auraient pu être gravis... »
Source : MNHN, Paris
— 29 —
Le collège de Condom avec ses murs écrasants avait plutôt l'aspect d’une prison,
mais « pour une âme bien trempée, pour ce fils obéissant d'une mère qui n’a pas eu l’avan¬
tage de recevoir l’instruction, le vieux marronnier de la cour d’honneur, la cloche des
récréations, l’étrange escalier à vis conduisant à la classe de chimie, tout cela devenait
sympathique, magique, lumineux. Ainsi orgueilleusement, pour récompenser sa mère,
puisqu'il en avait le moyen, René Capuron a étudié.
Pendant 7 ans, pensionnaire, enfermé dans les réfectoires, les salles de cours et d’étu¬
des... il a « potassé » sauf les dimanches très espacés et pendant les vacances scolaires,
jours sacrés qu’il passait en famille à Lialores, s’y rendant je crois à cheval et à charreton.
Physiquement, il était grand, maigre, élancé, l’œil vif et pétillant derrière ses lunettes,
les cheveux en baguettes de tambour, la mèche sur l’œil...
Des matières ne l’intéressaient guère : la philosophie, les lettres, les arts '. Par contre,
où j'étais franchement mauvais, la chimie, la physique et surtout les sciences naturelles
étaient pour lui un jeu, et je le vois encore répondant à des professeurs en composant lui-
même la réponse juste par déductions et imagination, sans certainement avoir lu le moindre
mot dans le bouquin. Il avait en ces matières des facilités énormes.
Très équilibré, apparemment à l’abri des excès, il se contentait de broyer chaque jour
sa quantité de culture comme un ouvrier son travail journalier.
Il avait l'esprit d'équipe, même dans les petits chahuts sans méchanceté. D’esprit
pétillant, critique, rabelaisien, gascon, sa moquerie était saine et sans la moindre aigreur;
il savait ramener tout à une juste proportion. Malgré sa qualité, malgré ses dons supérieurs,
il se voulait l’égal des autres; jamais il ne se vantait de ses actes ni de ses succès.
Attiré par la botanique et les sciences naturelles, il s’y vouait avec passion, consacrant
ses vacances scolaires à la récolte de spécimens d’herbiers, de toutes petites plantes, de
bestioles qu’il étalait dans des casiers. Déjà donc il s’intéressait à des choses hors program¬
me qu’on n'enseignait pas au collège.
Avec le bac, la guerre, la première étape de la vie de Capuron était déjà presque
terminée... D’autres chemins bien différents s’offraient à nous et allaient nous séparer.
René Capuron allait suivre la filière qui de la Grande École allait le conduire à la colo¬
nie, à Madagascar. Tous les ans, fidèlement, il revenait dans son pays natal, mais pour
un très bref séjour. De bonne heure, il avait perdu sa mère et il en portait en lui la dou¬
leur. Plus tard son père disparut aussi. Il y a 3 ans, en juillet 1969, quelqu’un sonna à
mon cabinet. C'est avec plaisir que je le revis, toujours aussi modeste. D’apparence, il
était exactement le même qu'autrefois. Toujours aussi subtil. 11 désirait renouer avec le
passé, restaurer cette petite maison de Lialores. Les plans furent adoptés et mis en
exécution. Je ne le revis que brièvement en 1970 et m'en étonnai ».
Un mot encore : ce savant qui a consacré sa vie à l’étude de la Grande
lie Rouge aimait son village natal et sa Gascogne avec l’âme d’un enfant.
Il en connaissait admirablement le dialecte dans toute sa précision et sa
saveur. Je sais par M me Chauvet qu’à Tananarive ou dans le Tsaratanana
ou ailleurs dans la brousse malgache, il ne se départait jamais du béret
basque : « Plus qu’une coiffure, c’était un drapeau! »
La chère maison de Lialores, transfigurée par le passage d’un être,
marque pour les naturalistes un haut lieu de notre pays. Elle est maintenant
en de bonnes mains, et je sais que ceux qui seront poussés vers elle y seront
admis : ils y verront des souvenirs et s’y recueilleront dans la pensée de
notre grand Ami.
1. Ce manque de goût pour les choses non scientifiques n’a pas été confirmé par la
suite et ceux qui ont bien connu Capuron savent que sa culture étonnante s'étendait
à la littérature et à la musique.
Source : MNHN, Paris
— 30 —
CHRONOLOGIE SOMMAIRE
— né le 20 octobre 1921 à Lialores, près de Condom, Gers (32)
— études secondaires au collège de Condom, 1934-1940
— Baccalauréat mathématiques élémentaires, 1940 (A. B.)
— préparation Institut national agronomique (Toulouse, 1940-1942)
— reçu au concours d’entrée de l’Institut agronomique (1942)
— chantier de jeunesse (novembre 1942-août 1943)
— Institut agronomique (1944, 1945)
— École nationale des Eaux et Forêts (Nancy, 1945-1947)
— Inspecteur des Eaux et Forêts, 3 juillet 1946
— stage d’enseignement forestier (novembre 1947-avril 1948)
— Départ pour Madagascar (30 juin 1948)
— Correspondant du Muséum (1955)
— Inspecteur principal des Eaux et Forêts (1959)
— Prix Gandoger de la Société botanique de France (1960)
— Conservateur des Eaux et Forêts (1 er janvier 1962)
— Réunion A.E.T.F.A.T. (Gênes-Florence, 1963)
— Conservateur des Eaux et Forêts de classe exceptionnelle (1 er octo¬
bre 1969)
— Congrès international de Botanique (Seattle, États-Unis, 1969)
(à cette occasion il participe à une grande excursion dans les Parcs
nationaux des États-Unis)
GENRES DE PLANTES DÉDIÉS A RENÉ CAPURON
— Capuronianthus J.-F. Leroy, (Méliacées) 1958
— Capuroniù Lourteig, (Lythracées) 1960
— Capurodendron Aubréville, (Sapotacées) 1962
— Capuronetta Markgraf, (Apocynacées) 1972.
Source : MNHN, Paris
Fig. I. — Quelques représentants du Capuronianthus mahafaliensis (Méliacées), le Vazoa.
essence à feuilles persistantes dans la forêt sèche très dégradée des environs de Tuléar.
Site où fut faite l’une des premières récoltes de cette plante par Capuron en 1953. (Treize
années après il récoltait une deuxième espèce aux environs de Vohémar et dans la forêt
de Sahafary au sud de Diégo Suarez — non encore décrite.) Là se rencontre aussi le
Terminalia gracilipes R. Cap.
Cl. J.-F. L., 1962.
Source : MNHN, Paris
32 —
Fig. 4. — Près d’itampolo, piste d'itampolo à Ejeda (Plateau calcaire Mahafaly). Quelques
beaux exemplaires du baobab Adansonia fony, voisinant avec PAIluaudia montagnaci
(site du Lcmuropisum edule H. Perrier).
Cl. J.-F., 16-10-1970.
Source : MNHN, Paris
— 33 —
Source : MNHN, Paris
Fig. 7. — Formation dégradée au pied de la Montagne des Français, près de Diégo-Suarez
Ouest (Nord). Dans une région où se rencontrent : Diegodendron humbertii R. Cap.,
Adansonia pcrrieri R. Cap., Nectarosepalum sp., Terminalia micans R. Cap., Terminalia
ankaranensis R. Cap., Stereospermum longitlorum R. Cap.. Rhopalocarpus undulatus
R. Cap., Caesalpinia antsiranensis R. Cap., Thespesia gummifera R. Cap.
Cl. J.-F. L., 4-11-1966.
Source : MNHN, Paris
— 35 —
PUBLICATIONS DE RENÉ CAPURON
1950. — La Pêche. Revue de Madagascar, 9 : 11-15.
— La Chasse. Revue de Madagascar, 9 : 33-35.
1952. — Identité des genres Nesogordonia H. Bn. et Cistanlhera K. Schum. et description
de deux espèces nouvelles de Madagascar. Notulae Systematicae 14 (4) : 258-263.
1953. — Compte rendu d'une tournée dans les forêts du Nord de Madagascar avec le
P r Humbert. Notulae Systematicae 30 : 27-35.
1954. — Découverte d'une Chloranthacée à Madagascar Ascarinopsis coursii, gen. nov.,
sp. nov. (en collab. avec H. Humbert). Comptes rendus de l'Académie des
Sciences 240 : 28.
1960. —■ Contribution à l'étude de la flore forestière de Madagascar. I. Notulae Systema¬
ticae 16 (1-2) : 60-80. (1. Identité du genre Leioclusia H. Bn. — 2. Sur deux
plantes rapportées à tort à la famille des Sapindacées. — 3. Observations sur
les Icacinacées. — 4. Un baobab nouveau du Nord de Madagascar, Adansonia
perrieri. — 5. Trois Bignoniacées nouvelles. — 6. Un Bitxus nouveau.)
— Contribution à l'étude de la flore forestière de Madagascar. II. Observations
sur les Rhizophoracées. Mémoires de l'Institut Scientifique de Madagascar,
sér. B, 10 (2) : 145-158.
1961. — Contribution à l'étude de la flore forestière de Madagascar. III. Sur quelques
plantes ayant contribué au peuplement de Madagascar. Adansonia, sér. 2,1 (I) :
65-92. (A. — Rutacées nouvelles. B. — Notes sur les Simarubacées.)
1962. — Contributions à l’étude de la flore forestière de Madagascar. Adansonia, sér. 2,
2 (1) : 122-128.
IV. Tsebona, genre nouveau de Sapotacées.
V. Synonymie et combinaisons nouvelles concernant la flore de Mada¬
gascar.
— Révision des Rhopalocarpacées. Adansonia, sér. 2, 2 (2) : 228-267.
— Contributions à l'étude de la flore forestière de Madagascar. Adansonia, sér. 2,
2 (2) : 268-284.
VI. Note sur les Burséracées. ( 1. Présence du genre Bosweilia à Madagas¬
car. — 2. Commiphora nouveaux du Sud de Madagascar.)
VII. Présence à Madagascar du genre Alangium et description d'une
espèce nouvelle.
1963. — Révision des Tiliacées de Madagascar et des Comores. 1"' partie. Adansonia,
sér. 2, 3 (1) : 91-129.
— Contribution à l’étude de la flore forestière de Madagascar. Adansonia, sér. 2,
3 (1) : 130-141.
VIII. Notes sur les Turnéracées de Madagascar.
IX. Présence du genre Ociolepis à Madagascar.
X. Présence du genre Nectaropelalum Engl, à Madagascar.
— Contribution à l'étude de la flore à Madagascar. Adansonia, sér. 2, 3 (3) :
370-400.
XI. Présence à Madagascar d'un représentant du genre Macadaniia F.
v. M. (Protéacées).
XII. Présence à Madagascar d'un nouveau représentant ( Bubbia perrieri
R. Capuron, de la famille des Wintéracées.
XIII. Deuxième note sur le Stelechanteria thouarsiana Bâillon.
XIV. Le genre Ardisia Swartz (Myrsinacées) à Madagascar.
XV. Diegodendron R. Capuron, gen. nov., type de la nouvelle famille
des Diegodendraceae (Ochnales sensu Hutchinson).
XVI. Deux nouveaux Schizolaena Dupetit-Thouars (Sarcolaenacées).
Source : MNHN, Paris
— 36 —
— Rhopalocarpacées, in H. Humbert, Flore de Madagascar et des Comores,
127 e famille, 42 p., 7 pl.
1964. — Note sur deux Crewia africains. Adansonia, sér. 2, 4 (1) : 99-100.
— Révision des Tiliacées de Madagascar et des Comores (suite). Adansonia, sér. 2,
4 (2); 269-300 : Les Grewia de la section axillares Burret.
1965. — Une Irvingiacée malgache. Adansonia, sér. 2, 5 (2) : 213-216.
— Un représentant malgache du genre Dapania Korth (Lépidobotryacées). Adan¬
sonia, sér. 2, 5 (2) : 217-220.
— Description des fruits de Diegodendron humbertii R. Capuron (Diegodendracées).
Adansonia, sér. 2, 5 (4) : 503-505.
1966. — Notes sur quelques Rhamnacées arbustives ou arborescentes de Madagascar.
Adansonia, sér. 2,6(1) : 117-141.
— Hazomalania R. Capuron, nouveau genre malgache de la famille des Hernan-
diacées. Adansonia, sér. 2, 6 (3) : 375-384.
— Rapport succinct sur la végétation et la flore de l'île Europa. Mém. Mus. nat.
Hist. nat., n.s., sér. A, Zoologie, 41, fasc. unique : 19-21.
1967. — Deux Caesalpinia nouveaux pour Madagascar. Adansonia, sér. 2,7 (2) : 199-205.
— Nouvelles observations sur les Rutacées de Madagascar. Adansonia, sér. 2,
7 (4) :479-500. (1. Un nouveau Chloroxylon. — 2. Localités nouvelles et observa¬
tions sur les Fagaropsis. — 3. Une nouvelle espèce d 'Evodia. — 4. Notes complé¬
mentaires sur le Genre Ivodea et description de trois espèces et d'une variété
nouvelles.)
1968. — Contributions à l'étude de la flore forestière de Madagascar. Un Thespesia
nouveau de Madagascar (Malvacées). Adansonia, sér. 2, 8 (1) : 5-9.
— Contributions à l’étude de la flore forestière de Madagascar. Réduction du
genre Aprevalia Bâillon au rang de section du genre Delonix Raf. et description
d’une espèce nouvelle (Lég. Césalp.). Adansonia, sér. 2, 8 (1) : 11-16.
— Contributions à l'étude de la flore forestière de Madagascar. A. Notes sur quel¬
ques Cassiées malgaches (l re partie). Adansonia, sér. 2, 8 (1) : 17-37.
— Contribution à l’étude de la flore forestière de Madagascar. Adansonia, sér. 2,
8 (2) : 199-222.
A. Notes sur quelques Cassiées malgaches (2 e partie).
B. Les Swartziées de Madagascar.
— Sur le genre Physena Noronh. ex Thouars. Adansonia, sér. 2, 8 (3) : 355-357.
— Sur les Protium (Burséracées) de Madagascar. Adansonia, sér. 2, 8 (3) : 359-363.
— Sur le Prockiopsis hildebrandtii Bâillon (Flacourtiacées). Adansonia, sér. 2,
8 (3) : 365-366.
— Proposition sur la Conservation de Bosqueia Thouars ex Bâillon (1863) à l’encon¬
tre de Trilepisium Thouars (1806). Taxon 17 (6) : 731-732.
1969. — A propos des Rubiacées-Vanguériées de Madagascar. Adansonia, sér. 2, 9 (1) :
57-55.
— Contribution à l’étude de la flore forestière de Madagascar. Sur la place du genre
Kaliphora Kook. f. Adansonia, sér. 2, 9 (3) : 395-397.
— Observations sur le Grevea madagascariensis Bâillon. Adansonia, sér. 2, 9 (4) :
511-514.
— Révision des Sapindacées de Madagascar et des Comores. Mém. Mus. Nat.
Hist. Nat., n.s., sér. B, Botanique 19, 189 p., 48 pl.
1970. — Observations sur les Sarcolaenacées. Adansonia, sér. 2, 10 (2) : 247-265.
—- Deux nouvelles Bignoniacées. Adansonia, sér. 2, 10 (4) : 501-506.
A. Une Crescentiée à fleurs régulières : Rhodocolea perrieri R. Capuron.
B. Phyllarthron cauliflorum R. Capuron.
— Notes sur les Icacinacées. Adansonia, sér. 2, 10 (4) : 507-510.
A. Réhabilitation de VApodytes thomenotii P. Danguy.
B. Un représentant malgache du genre Raphiostylis Planch. ex Benth.
Source : MNHN, Paris
— 37 —
1971. — Contribution à l'étude de la flore forestière de Madagascar. Notes sur les Albizia
Duraz (Légumineuses Mimosoïdées). Adansonia, sér. 2, 11 (2) : 357-382.
EN COURS DE PUBLICATION
— Travail de mise au point botanique sur les lettres de Chapelier. Bull. Ac. malgache.
— Myoporacée, famille nouvelle pour Madagascar. Adansonia, sér. 2, 12 (1).
— Note sur les Verbénacées de Madagascar. Adansonia, sér. 2, 12 (1) :
A. Espèces nouvelles des genres Clerodendrum, Premna et Vitex.
B. Sur l’identité du Holmskioldia angustifolia Moldenke.
TRAVAUX MULTICOPIÉS
1957. — (Mars.) Essai d'introduction à l'Étude de la Flore forestière de Madagascar.
Inspection générale des Eaux et Forêts — Section de Recherches.
1965. — (Juin.) Matériaux pour l’étude de la flore forestière de Madagascar. Les Rham-
nacées arbustives ou arborescentes de Madagascar. Publications du Centre
Technique Forestier Tropical, 51 p., 9 pl., 6 cartes.
1966. — Vingt fiches botaniques : Vivaona (Dilobeia thouarsii), 7 p., 2 pl., 1 carte;
Rara (Haematodendron thouarsii), 5 p., 1 pl., I carte; Hazomalana ( Hazomala-
nia voyroni), Il p., I pl., I carte; Mafay (Gyrocarpus americanus), 6 p., 2 pl.,
I carte; Tamenaka (Hirtella tamenaka), 5 p., 1 pl., I carte; Mantaora (Adenan-
ihera zeylanica), 6 p., 1 pl., 1 carte; Komanga ( Erythrophloeum coumiitga),
5 p., 1 pl., Zana (Dialium madagascariense, D. unifoliolatum), 6 p., 1 pl., 1 carte;
Gavoala (Neobegueaankaranensis) , 7 p., 1 pl., I carte; Mandravoky ( Anthoste-
ma madagascariense), 6 p., 1 pl., 1 carte; Arina (Bridelia tulasneana) , 5 p.,
I pl., 1 carte; Farafatse (Givotia madagascariensis), 5 p., 1 pl., 1 carte; Hazon-
drana (llex milis), 5 p., I pl., I carte; Voanana (Sloanea rhodantha), 6 p.,
I ol., 1 carte; Tafanala (Terminalia leiranda), 5 p., I pl., 1 carte; Rotra (Syzy-
gium guineense), 6 p., I pl., 1 carte; Famelona (Gambeya boiviniana ), 6 p.,
I pl., I carte; Sohihy ou Soaravina (Adina microcephala), 5 p., 1 pl., I carte;
Molompangady (Neonauclea foveolata), 5 p., 2 pl., 1 carte.
1967. — (Juin.) Répartition de quelques essences forestières. Note technique n° 22,
47 p., 47 cartes. Alampona (Hibiscus lasiococcus) ; Ambora (Tambourissa
div. sp.); Anakaraka (Cordyla madagascariensis) ; Andy (Neobeguea) : Arofy
(Commiphora div. sp.); Ditimena (Proiorhus div.sp.); Fahavalonkazo (Zantho-
xylon div. sp.); Faho (Chloroxylon faho) ; Famelona (Gambeya boivinniana) ;
Fanamponga (Entada pervillei) ; Fanondambo (Nesogordonia div. sp.); Fantsi-
lotra (Alluaudia procera) ; Farafatse (Givotia madagascariensis) ; Hazomalanga
( Hazomalania voyroni); Hazomalany (Macarisia) ; Hazombato (Homalium
div. sp.); Hazomena (Nesogordonia stylosa) ; Hazondronono (Stephanostesia) ;
Hetatra (Podocarpus madagascariensis) ; Hidina (Aphananthe sakalava)
Hintsy (Bijuga intsia) ; Kapaipoty (Gyrocarpus americanus) ; Katrafay ( Cedre-
lopsis div. sp.); Kijy (Symphonia div. sp.); Lalona (Weinmannia div. sp.);
Longotra (Cryptocarya div. sp.); Manary (Dalbergia div. sp.); Manoko (Aste-
ropeia div. sp.); Mantaly (Terminalia mantaly) ; Merana (Brachylaena merana) ;
Molompangady (Breonia div. sp., Neonuclea div. sp.); Nato (Capurodendron
div. sp.); Nato (Faucherea div. sp.); Ramy (Canarium madagascariense) ;
Rotra (Eugenia div. sp., Syzygium div. sp., Adina microcephala) ; Tafanala
(Terminalia tetrandra) ; Tavolo (Ravensara div. sp.); Torotoro (Gluta turtur) ;
Tsiandalana (Phyllogeiton, Berhcemia discolor, Dalbergia) ; Varongy (Ocotea
div. sp.); Vintanina (Calophyllum div. sp.); Vivaona (Dilobeia thouarsii) ;
Voamboana (Dalbergia baroni) ; Voapaka (Uapaca div. sp.); Vory (AUaeanthus
greveanus).
Source : MNHN, Paris
— 38 —
— (Décembre). Les Combrétacées arbustives ou arborescentes de Madagascar.
Matériaux pour l'étude de la flore forestière de Madagascar. 110 p., 21 pi.,
1968. — (Avril.) Les Olacacées, Opiliacées et Santalacées arbustives ou arborescentes
de Madagascar. Matériaux pour l'étude de la flore forestière de Madagascar.
70 p., 8 pl., 3 cartes (sera publié,).
Vory ou Somely (AUacanthus greveanus). Études sur les Essences forestières
de Madagascar. 9 p., I pl., I carte.
1970. — (Juin.) Le genre Albizia Duraz. Légumineuses-Mimosoïdées. Matériaux pour
l'étude de la flore forestière de Madagascar. 145 p., 14 pl., 4 cartes.
EN PRÉPARATION
— Contribution à l'étude de la flore forestière de Madagascar. Notes sur le genre
Terminalia L.
— Révision des genres de Rubiacées de Madagascar et des Comores.
Fiches botaniques de quelques essences forestières de Madagascar (Impression
des notes botaniques multicopiées).
— Contribution à l'étude de la flore forestière de Madagascar.
— Haematodendron genre nouveau de Myristicaceae.
— Contribution à l'étude de la flore forestière de Madagascar.
— Parapantadenia genre nouveau d' Euphorbiaceae.
— Présence du genre Chaelocarpus à Madagascar.
— Contribution à l'étude de la flore forestière de Madagascar.
— Espèces nouvelles du genre Foeiidia (Lécyihidaceae).
— Contribution à l'étude de la flore forestière de Madagascar.
— Les Borraginacées arbustives ou arborescentes.
— Contribution à l'étude de la flore forestière de Madagascar.
— Sur l'identité du Cephalanthus chinensis Lamk.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (1) : 39-43. 1972.
MYOPORACÉES, FAMILLE NOUVELLE
POUR MADAGASCAR
par R. Capuron t
La petite famille des Myoporacées, placée par la plupart des auteurs
dans l’ordre des Tubiflorales (Hutchinson la place, avec les Labiées, les
Globulariacées et les Sélaginacées dans son ordre des Lamiales), présente
des affinités avec les Scrofulariacées et avec les Verbénacées. Elle groupe
environ 180 espèces qui ont été autrefois réparties en un assez grand nombre
de genres (en particulier par F. von Muller); à la suite des travaux de
Bentham et Hooker, Bâillon, Wettstein, etc..., le nombre des genres
admis a été réduit à quatre. La famille ainsi qu'on la conçoit de nos jours
possède une aire de répartition très vaste mais discontinue, dont Hutchin¬
son a donné (10 : 540) une représentation. La grande majorité des espèces
est australienne. Aux Antilles (et aussi, d’après Melchior, au Vénézuela
et en Guyane) se trouve le genre Bontia L., avec une seule espèce, B. daphnoi-
des L.. En Australie est localisé le genre Pholidia R. Br. (inclus Eremophila
R. Br.) qui groupe environ 140 espèces. Le genre Myoporum Banks et Sol.
ex Forst, avec 35 espèces, est celui dont l'aire est la plus vaste; si la plupart
de ses espèces sont australiennes, on en trouve aussi des représentants en
Nouvelle-Zélande et en Nouvelle-Calédonie, en Chine (1 espèce), au Japon
(1 espèce), en Nouvelle-Guinée et aux Moluques (1 espèce) et enfin aux
Mascareignes (1 espèce localisée à Maurice et dans l’île Rodriguez). Le
quatrième et dernier genre de la famille, Oftia Adans., groupe deux espèces
sud-africaines.
La distinction des genres, tout au moins des trois premiers, est fort
délicate et se base sur des caractères tirés de la plus ou moins grande zygo-
morphie des fleurs, sur la longueur relative des lobes et du tube de la corolle,
sur le nombre de loges ovariennes et sur le nombre d’ovules par loge, etc...,
tous caractères qui me paraissent de peu de valeur. Les auteurs ont été
conduit à diviser les genres à espèces nombreuses en de multiples sections.
Bentham écrivait déjà (3 : 1 123) : « Généra inter se valde affinia, bene tamen
distinguenda quoad species plerasque, sed intermediis nonnullis connexa,
et facile in unum jungenda v. in tôt généra quot sectiones divellenda ».
Le genre Oftia se rapproche des Myoporum par sa corolle régulière
ou presque mais en diffère par sa corolle à tube cylindracé et à lobes plus
Source : MNHN, Paris
— 40 —
courts que le tube. Il en diffère aussi, ainsi que les deux autres genres, par des
caractères anatomiques parmi lesquels nous retiendrons surtout l’absence,
dans les tissus de la plante (feuilles, écorce, fleurs), de poches sécrétrices.
Il existe, dans la partie orientale du Domaine du Sud de Madagascar,
une indubitable Myoporacée, que nous rapporterons, avec un léger point de
doute, au genre Oflia. Il s’agit d’un arbuste à feuilles alternes et très entières,
dépourvues de stipules, sans points pellucides. Les différents organes de la
plante (ramules jeunes, pétiole et (beaucoup moins abondamment) face
inférieure du limbe, pédicelles floraux et calice (surtout sa base externe),
face externe de la corolle et face supérieure de ses lobes, sommet de l’ovaire)
sont recouverts d'une plus ou moins dense pubescence constituée de deux
sortes de poils. Les uns sont des poils unisériés constitués d’un pied (formé
de 2 ou 3 cellules généralement courtes et à paroi lisse) portant à son sommet
un flagelle, plus long que le pied, de forme très étroitement ovale-elliptique
et plus ou moins atténué-aigu au sommet, et à surface très finement verru-
queux; nous avons très exceptionnellement observé des poils constitués
d’un pied portant à son sommet deux flagelles. Entre ces poils unisériés
(et cachés par ces poils sur les rameaux, les pétioles et les pédicelles floraux)
se trouvent d’assez nombreux poils glandulaires (visibles surtout sur les
deux faces des feuilles, des lobes calicinaux et la face externe de la corolle),
minuscules, constitués d’un pied très court formé de deux cellules superpo¬
sées portant à son sommet une tête subglobuleuse ou un peu oblongue
qui nous a paru constituée de deux cellules collatérales. A l’intérieur du
tube de la corolle se trouve un troisième type de poils unicellulaires; ceux-ci,
beaucoup plus longs que les poils unisériés, sont assez nettement en forme
de massue (ils se renflent progressivement de la base jusqu’au sommet qui
est arrondi; ce renflement est d’autant plus important que l’on considère
des poils de plus en plus rapprochés de la gorge du tube); la surface de ces
poils est munie de très nombreuses saillies obliquement transversales (dans
la partie basale des poils ces saillies deviennent plus ou moins longitudinales).
Sur les deux faces de la feuille, l’épiderme présente des stomates ano-
mocytiques (dans les Oflia africains, les stomates sont localisés à la face
inférieure).
Les fleurs, axillaires, sont isolées ou plus souvent groupées par 2-3 (-4)
et dans ce cas superposées, la fleur supérieure fleurissant la première.
Elles sont pédicellées, dépourvues de bractéoles. Le calice, brièvement,
soudé en coupe à la base possède cinq lobes (parfois 4 seulement par avorte¬
ment de l’un d’eux) foliacés (sur la fleur épanouie), de largeur souvent iné¬
gale entre eux mais sensiblement de même longueur. La corolle a un tube
sybcylindrique (s’évasant faiblement et régulièrement depuis sa base jusqu’à
son sommet) et des lobes étalés (imbriqués dans le bouton) plus courts
que le tube; ses tissus sont extrêmement fragiles (la couleur des fleurs, sur
le sec, est noirâtre; elle n’a pas été notée sur le vif). Les étamines, au nombre
de 4 et nettement didynames, sont incluses et leurs filets s’insèrent un peu
au-dessus de la base du tube corollin; les anthères d’abord courbées en fer
à cheval deviennent réniformes après déhiscence et ont alors les loges
confluentes. L’ovaire paraît dépourvu de disque à sa base et porte quelques
Source : MNHN, Paris
— 41
Source : MNHN, Paris
— 42 —
poils à son sommet; il est à deux loges complètes, sans traces de fausses
cloisons internes; chaque loge contient deux ovules collatéraux pendants
(dans les Oflia africains il y a 2-3 paires d'ovules superposés par loge);
le style terminal, inclus, est grêle et se renfle légèrement à son sommet où
il est un peu courbé vers l’avant de la fleur; son stigmate est très légèrement
dilaté-tronqué (dans le très jeune bouton le stigmate est très brièvement
2-lobé). Le fruit nous demeure inconnu.
Malgré quelques différences entre cette plante et les Oflia africains
(stomates sur les 2 faces des feuilles, celles-ci toutes alternes et entières,
2 ovules seulement par loge au lieu de 2-3 paires) nous ne pensons pas,
au moins pour l’instant, qu’il y ait lieu de la considérer comme généri¬
quement distincte. Nous la décrirons sous le nom d'Oftia rakolosoni, la
dédiant à son récolteur, Rakotoson Louis de Gonzague.
Oftia rakotosoni R. Cap., sp. nov.
Frutex. Ramuli pubescentia brevissima, adpressa, griseo-cinerea lecti (pili uniseriati).
Folia alterna ; petiolus 3-5 mm lo/tgus, supra leviter complanarus, uti rami puberulus ; limbus
ellipticus vel leviter obovato-ellipticus, (I2-) 20-35 X (4-) 6-12 mm, apice obtusiusculus,
basi in petiolum angustissime decurrens, crassiusculus ( in sicco statu valde fragilis), haud
pellucido-punctatus, subglaber Iad marginem et sublus secus costam et nervos secundarios
pilis adpressis raris instructus), laevis, utrinque glandulis capitons minutissimis brevissime
stipitatis numerosis instructus (in jurentute praecipue visibilibus), marginibus integris ;
Costa supra plana, subtus leviter prominens ; nervi secundarii, 2-3-jugae, ascendentes, subtus
vix visibilibus. Flores axillares solitarii vel saepius 2-3 (-4) fasciculati et superpositi ; pedi-
celli uti rami adpressa pilosi, ca. 3 mm longi, omnino ebracteati. Calyx 6-7 mm longus,
brevitergamosepalus (tubus basilaris ca. 1,5 mm longus, extus utipedicellus adpresse pilosus),
lobis (-4) 5, foliaceis, ellipticis (4,5-5 x 0,8-2 mm), inalabasrro juvenili leviter imbricatis
mox apertis, verisimiliter accrescentibus, utroque faciei glandulis minimis brevissime stipi¬
tatis conspersis. Corollae tubus (ca. 10 mm longus) subcylindraceus (basi, circum ova-
rium, circa / mm diam., supra paullulo dilatants, ad sinus loborum ca. 3-3,5 mm diam.),
extus sparse pilosus, intus longe pilosus (pilis e basi ad apicem dilotatis, iis basis
tubi leviter dilatatis, iis orae lubi subspatulatis ;) lobi corollae (male notati), plus minus
obovati, ca. 5-6 mm longi, apice laie rotundati, utroque faciei pilosi (corolla in sicco statu
nigra). Stamina 4, inclusa, manifeste didynama, duo longiora ca. 7 mm longa, duo breviora
4,5-5 mm longa, filamentis leviter supra basin corollae tubi insertae ; antherae in alabastro
hippocrepidiformes, post dehiscentiam reniformes, loculis confluentibus, introrsae. Ovarium
ca. I mm longum, apice breviter pilosulum, 2-loculare, loculis indivisis 2-ovulatis, ovulis
collateralibus e apice loculorum pendentibus ; Stylus inclusus, ca. 4,5-5 mm longus, filiformis,
apice leviter inflatus et curvatus, stigmato vix dilatato-subcapitato. Fructus non visus.
Typus speciei : 7454 RN. Crescit ad oras silvae siccae loco dicto Vohipaly, prope
Tsimelahy (inter Bevilany et Ambatoabo), in parte austro-orientale insulae Madagascar,
ubi legit Rakotoson L. de G. (holo-, P).
Bibliographie
(1) Bâillon, H. — Histoire des Plantes 9 : 369 (1888), sub. Scrofulariacées.
(2) Baker, J. G. — Flora of Mauritius and the Seychelles (1877).
(3) Bentham, G. et Hooker, J. D. — Myoporineae, Généra Plantarum 2, 2 : 1123 (1876).
(4) Bloembergen, S. — Myoporaceae, Flora Malesiana, sér. 1, 4; 265 (1951).
(5) de Candolle, A. — Myoporaceae, Prodromus 2 : 701 (1847).
(6) Emberger, L., in Emberger. L. et Chadefaud, M. —Traite de botanique (Systéma¬
tique) 2, 2 : 823 (1960).
Source : MNHN, Paris
— 43 —
(7) Good, R. — The geography of the flowering plants, ed. 2 (1953).
(8) Guillaumin, A. — Flore analytique et synoptique de la Nouvelle-Calédonie (1948).
(9) Gundersen, A. — Families of Dicotyledons (1950).
(10) Hutchinson, J. — The families of flowering plants, ed. 2, 1 : 503 (1959).
(14) Kraenzlin, F. — Beitrâge zur Kenntnis der Familie der Myoporinae R. Br., Fedde
Repert. 54 (1929).
(12) Lemée, A. — Dictionnaire descriptif et synonymique des genres des plantes phané¬
rogames.
(13) Melchior, H. — Myoporaceae in A. Engler's Syllabus der Pflanzenfamilien,
ed. 12, 2 : 467 (1964).
(14) Metcalfe, C. R. et Chalk, L. — Anatomy of the Dicotyledons.
(15) Schauer, J. C. — Verbenaceae in DC., Prodromus 2 : 525 (1847).
(16) Wettstein, R. V. — Myoporaceae in Engl, et Prantl, Nat. Fam. 4,3 b : 354 (1895).
C.T.F.T. Tananarive
L aboratoire de Phanérogamie
Muséum. Paris.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (I) : 45-53. 1972.
NOTE SUR LES VERBÉNACÉES
DE MADAGASCAR
par R. Caruron t
A. — ESPÈCES NOUVELLES DES GENRES
CLERODENDRUM, PREMNA ET V1TEX
Clerodendrum bosscri R. Capuron, sp. nov.
Arbor 10-15 m alla, trunco 0,30-0,40 m diam.,fere omnino (rami, folia, inflorescentiae,
calycis exterior faciès) pubescentia pilis uniserialis ramosis constituta tecta. Rami robusti,
ad nodos compressé, pilis ramosis brevibus tecti. Folia opposita, petiolo 3-9,5 cm longo,
cylindrico, supra canaliculato ; limbus membranaceus laie ovatus (9-21 x 6,5-15 cm) basi
rotundatus vel saepius cordatus, apice obtuse attenuatus et saepe breviter acuminatus, supra
dense pilis ramosis sat brevibus et robustus instructus, sublus molliter pilosus (pilis longiori-
bus, gracilioribus, densioribus et magis ramosis c/uam in pagina superiore), u traque pagina
glandulis multicellularibus peltatis sparse instructus. Inflorescentiae terminales, vel e axillis
foliorum superiorum ortae, paniculatae, amplae, laxiflorae, bracteis bracteolisque minuits
(auguste triangularibus) ; calyx viridis extus pubescens, tubo campanulato-cylindraceo.
(ca. 4-4,5 mm longo) intus glandulis peltatis numerosissimis instructo, lobis (intus glabris
et eglandulosis) ovato-triangularibus (ca. 4-4,5 mm longis) in alabastro valvatis demum
patentibus ; corolla alba extus omnino glabra, tubo subcylindraceo (e basi apicem versus
parum ampliato) ca. 3-3,5 cm longo, intus (praecipue infra staminorum insertionem) pilis
brevibus cylindraceis apice rotundatis (saepius uni-cellularibus, rarissime 2-cellularibus)
sat dense vestitus ; lobi coroUaeparum inaequales, obovati (ad20 x 12 mm),patuli, concavi;
s lamina exserta aequalia vel vix inaequalia, ca. 35 mm longa, ad medium tubi corollae inserta ;
ovarium (ca. 2,5 mm longum) subcylindricum, apice subquadrilohatum, omnino gtabrum,
disco destitutum, imperfecte 4-loculare (de facto 1-loculare) ; Stylus glaber, gracilis, valde
exsertus, ca. 50 mm longus, apice breviter et inaequaliter 2-fidus. Fructus maturus non visus,
calyx leviter aucto basi cinctus. (PI. 1).
Type : Serv. Forest. Madagascar, R. Capuron 29198. Versant Sud de la Montagne
d'Ambre, aux environs d'Andasibe (haute Sahalalina), forêt ombrophile, vers 950-1 000 m
d'altitude. Madagascar (holo-, P.).
Cette belle espèce de Clerodendrum, qui semble appartenir à la Section
laniculata Schau. du sous-genre Clerodendrum, nous paraît surtout carac¬
térisée par sa pubescence constituée par des poils unisériés et, pour la très
grande majorité d’entre eux, ramifiés. Ces poils hérissent pratiquement
toutes les parties de la plante; courts sur les rameaux, les pétioles, les axes
de l’inflorescence et la face externe du calice ils sont nettement plus longs
Source : MNHN, Paris
— 46 —
Source : MNHN, Paris
— 47 —
sur les faces du limbe foliaire et surtout à la face inférieure de celui-ci (sur
cette face, les poils sont plus longs, plus grêles et plus ramifiés qu’à la face
supérieure); des glandes peltées, très petites et visibles seulement sous un
assez fort grossissement, parsèment les deux faces du limbe, surtout
l’inférieure; c’est sur cette dernière face que sont localisés les stomates, du
type renonculacé (les cellules de l’épiderme ont des parois très sinueuses).
Le Clerodendrum bosseri est un arbre atteignant 10-15 m de hauteur;
son tronc, de 30-40 cm de diamètre, est recouvert d’une écorce jaunâtre
fissurée longitudinalement. Les rameaux feuillés sont robustes (5-10 mm de
diamètre), un peu aplatis, surtout au niveau des nœuds; ceux-ci sont dépour¬
vus de lignes de poils reliant les bases des pétioles. La pubescence qui recou¬
vre les rameaux est très courte et de teinte brun jaunâtre clair sur le sec.
La base des pétioles s’insère sur un assez net renflement des rameaux. Le
limbe foliaire est de forme générale largement ovale sur les feuilles moyennes
ou grandes; sa base est largement arrondie ou assez nettement cordiforme
(l’extrême base du limbe se relie cependant au pétiole par un coin court); sa
plus grande largeur se situe vers le tiers inférieur; de ce point le limbe s’atté¬
nue vers le sommet en pointe obtuse se terminant souvent en un court acu-
men. Le limbe est membraneux et très fragile sur le sec. La nervure principale
est plane ou légèrement en creux dessus, très saillante dessous; les nervures
secondaires, 5-6 paires environ (dont une paire basale ou presque), sont en
fine saillie à la face supérieure, nettement saillantes en dessous; les nervures
tertiaires sont bien visibles en dessous de même que (mais à un moindre
degré) leurs ramifications. La pubescence de la face supérieure du limbe,
plus longue que celle des rameaux, est constituée de quelques poils unisériés,
non ramifiés, et de nombreux poils portant 2 à 5 ramifications; celle de la
face inférieure, douce au toucher, est plus dense et plus longue et constituée
surtout de poils nettement plus ramifiés que ceux de la face supérieure.
D’assez nombreuses glandes disciformes, pluricellulaires, visibles seulement
à un assez fort grossissement, parsèment les deux faces du limbe, surtout
l’inférieure; quelques autres « glandes », en forme d’entonnoir, de couleur
roussâtre, nettement plus grosses que les précédentes, se rencontrent çà
et là, surtout au voisinage des plus grosses nervures.
Les inflorescences sont terminales et forment d’amples panicules
lâches (les ramifications inférieures peuvent être axillaires de feuilles réduites)
qui peuvent atteindre 30 cm de longueur; ce sont des panicules de cymes
dichotomes; les bractées qui sont à l’aisselle des ramifications sont d’autant
plus petites que les ramifications sont d’ordre supérieur; alors que les brac¬
tées des ramifications inférieures peuvent atteindre 10 x 1 mm, celles des
ramifications ultimes ne dépassent guère 1-2 mm de longueur. Les fleurs
ont un pédicelle long de 5-8 mm, grêle. Le tube du calice, tubuleux, d’environ
4-4,5 mm de longueur sur 4 mm environ de diamètre, est arrondi à sa base
et bordé au sommet par 5 dents triangulaires ou ovales-triangulaires de
même longueur que lui et plus ou moins étalées au moment de la floraison;
la face extérieure du calice est pubescente tandis que sa face interne est
glabre, à l’exception du tube qui est tapissé par de très nombreuses glandes
peltées; après la floraison le calice s’accroît assez nettement. La corolle,
Source : MNHN, Paris
— 48 —
de couleur blanche sur le vif et odorante, entièrement glabre, a un tube
grêle, presque cylindrique (il s’évase très légèrement dans sa partie supé¬
rieure) long de 30-35 mm; les lobes, étalés à la floraison, sont subégaux,
obovales, nettement concaves, et mesurent jusqu’à 20 mm de longueur;
leur marge est plus ou moins ciliée-frangée (poils pluricellulaires, plus
ou moins moniliformes et plurisériés, parfois à tête renflée-capitée). La
face interne du tube, dans ses deux tiers inférieurs surtout est très nette¬
ment papilleuse (nombreux poils cylindracés, presque toujours 1-cellulaires,
très arrondis à leur sommet). Les quatre étamines, subégales, longuement
exsertes, ont des filets (longs de 35 mm environ) qui s’insèrent vers le milieu
du tube de la corolle; les anthères, courbées, ont environ 2 mm de longueur.
Le pistil est entièrement glabre; l’ovaire, haut de 2,5 mm environ, dépourvu
de disque, porte à son sommet quatre sillons disposés en croix qui le rendent
légèrement 4-lobé. Le style (long de 50 mm), longuement exsert, est très
brièvement 2-fide au sommet (branches inégales).
Le fruit, vu seulement en cours de développement, dépasse le calice
persistant et légèrement accrescent.
Dans la Flore de Madagascar (174 e famille), H. N. Moldenke signale
de Madagascar 72 espèces de Clerodendrum (ce qui me paraît beaucoup),
dont un certain nombre d’introduites. Dans sa clé des espèces le C. bosseri
vient se placer près des C. buchanani Walp. var. fallax (Lindl.) Baie., C.
speciosissimum Van Geert et C. villosum Bl., toutes espèces étrangères à
la Grande lie et qui, si elles y existent y ont été introduites pour l’ornement.
Le C. bosseri se distingue de ces trois espèces par divers caractères, en
particulier ceux de sa pubescence.
Premna orangeana R. Capuron, sp. nov.
A ceieris specieibus madagascariensibus adhuc eognitis differi habilu sarmentoso,
foliis grosse dentatis (PI. 2).
Type : Serv. Forest. Madagascar. R. Capuron 28744.
Crescit in silvis deciduis, in arenosis prope Orangea (Diego-Suarez) ubi legi
1-2-1969, Madagascar (holo-, P.).
Petit arbuste à rameaux sarmenteux grêles; rameaux anciens glabres,
recouverts d’une écorce grisâtre; rameaux feuillés très grêles (moins de 1 mm
de diamètre), légèrement comprimés, munis d’une pubescence peu dense,
constituée de poils pluricellulaires unisériés, curvulés, entremêlée de quelques
poils résineux sessiles. Feuilles (2-3 paires par ramule) opposées; pétiole
grêle, canaliculé à la face supérieure, à poils curvulés très épars à sa face
inférieure, nettement plus abondants dans le canaliculé; limbe, plus ou
moins largement ovale (1,5-5 X 0,9-2,7 cm) arrondi ou en coin très ouvert
à la base, à plus grande largeur vers le tiers inférieur ou vers le milieu, de
ce point atténué vers le sommet qui est le plus souvent nettement acuminé,
l’acumen très aigu à son extrémité; limbe très membraneux, vert sur ses
deux faces, presque glabre sur ses deux faces (poils curvulés très rares sur
les deux faces du limbe, assez abondants sur la nervure médiane (surtout
Source : MNHN, Paris
— 49
PI. 2. — Prcmna orangeana R. Capuron : 1, rameau fleuri, x 2/3; 2, portion d’inflorescence,
x 2; 3, 4, 5, fleur, profil face et dos, x 6; 6, calice étalé, x 6; 7, corolle étalée, x 6;
8, corolle étalée, étamines rabattues, x 8: 9, 10, anthère face et dos, x 14; 11, fleurs
fécondées, corolle tombée, x 6; 12, gynécée, x 6; 13, coupe transversale de l’ovaire x 14.
Source : MNHN, Paris
— 50 —
près de sa base) et les nervures secondaires en dessus, rares sur les marges);
glandes résineuses présentes mais très petites et très rares, difficiles à aper¬
cevoir; nervures principale et secondaires (2-3 paires) planes ou presque
à la face supérieure, très finement saillantes à la face inférieure; nervures
tertiaires formant un réseau lâche, visible sur les deux faces; réseau de nervil-
les très dense, non saillant, visible seulement à la face inférieure; marges
du limbe grossièrement dentées dans les deux tiers ou la moitié supérieure,
munies de chaque côté de 2-7 dents, très rarement marges entières. Inflores¬
cences terminales, longues de 2-2,5 cm environ (y compris le pédoncule
long de 1 cm environ) à peu près aussi larges que longues; axes de l’inflores¬
cence grêles, munis d’une courte pubescence de poils pluricellulaires uni-
sériés et curvulés; généralement deux paires de ramifications principales,
bractées qui sont à l’aisselle de la paire inférieure de ramifications très
étroitement triangulaires, atteignant 4-6 mm de longueur, celles qui sont à
l’aisselle de la paire supérieure sublinéaires; bractéoles des cymes filiformes.
Fleurs brièvement pédicellées (environ 1 mm) à pédicelle articulé un peu
au-dessus de son milieu; calice cupuliforme paraissant glabre (quelques poils
très rares sur sa face externe et sur ses marges) haut de 2 mm environ, plus
ou moins bilabié, à lèvre antérieure un peu bilobée, à lèvre postérieure
légèrement trilobée, tapissé intérieurement de nombreuses glandes résineuses
sessiles; corolle de 6 mm de longueur totale, dont 4-4,5 mm pour le tube,
presque glabre extérieurement (très rares poils peu visibles, sur les lignes
prolongeant les sinus des lobes corollins); tube subcylindrique, barbu-
poilu dans sa moitié supérieure interne (longs poils simples à surface mar¬
quée de nombreuses linéoles longitudinales saillantes); corolle obscurément
bilabiée, à 4 lobes, l’antérieur légèrement défléchi (1,8 X 1,5 mm), les
latéraux (environ 1,2 mm de longueur) et le postérieur (celui-ci plus large
(1,8 mm) que long (1,2 mm), émarginé-bilobé à son sommet) sensiblement
dans le prolongement du tube de la corolle; étamines 4, didynames, exsertes
du tube de la corolle mais ne dépassant pas les lobes, à filets glabres (longs
de 2 mm environ pour les 2 étamines antérieures, de 1,7 mm pour les
étamines latérales); anthères suborbiculaires (0,6 mm de diamètre) profon¬
dément excisées à la base, à gros connectif (brunâtre sur le sec), à déhiscence
par deux courtes fentes longitudinales introrses; ovaire globuleux (moins
de 1 mm de diamètre) glabre sauf quelques papilles autour de la base du
style, à deux loges; style grêle, d’environ 4,5 mm de longueur, à sommet
brièvement bifide atteignant le niveau des anthères. Fruit inconnu.
Cette espèce n'est encore connue que par le seul échantillon type,
récolté dans les vestiges de forêt décidue qui recouvrent les dunes littorales
et sublittorales de la région d’Orangea, au sud de la passe de Diego-Suarez;
elle est parfaitement distincte de toutes les autres espèces de Premna connues
jusqu'à ce jour à Madagascar par son port d’arbuste sarmenteux et par ses
feuilles grossièrement dentées.
Source : MNHN, Paris
— 51
Vitex (Chrysomallum) menabeensis R. Capuron, sp. nov.
Fruiex foliis simplicibus opposilis parvis, obovalis vel subelliplicis, saepius marginibus
1-2 grosse sinuato-dentatis, supra nilidis glabris, sublus densissime adpresse albido-puber-
ulis, inflorescentiis axillaribus 1 -/loris, floribus flavidibus, calyce cupuli/orme extus dense
adpresseque puberulus, margine subtruncato vix 5-apiculalo, corolla extus valde subad-
presse puberula et sparse glandulis resinosis conspersa.
Type : Serv. Forest. Madagascar, R. Capuron 24571, forêt de Tsimembo, près
d’Ambereny, Antsalova (Fl., 30-3-1966) (holo-, P.). Rés. Nat., Harmeiin 10200, même
localité.
Moldenke, dans la Flore de Madagascar, signale la présence dans la
Grande Ile de 42 espèces de Vitex. Sur ces 42 espèces, 37 sont endémiques
et se répartissent très inégalement dans les deux sous-genres Vitex (6 espèces)
et Chrysomallum (31 espèces). Les espèces de ce dernier sous-genre ont été
groupées en deux sections, Simplicifoliae et Digitatae, suivant que les feuilles
sont soit unifoliolées (ou simples), soit composées de 3-7 folioles. Si cette
division en deux sections a pour elle le mérite de la simplicité, on ne peut
cependant manquer d’observer qu’elle peut parfois présenter quelques
difficultés d’application. C’est le cas par exemple qui se présente pour le
Vitexhirsulissima Baker; celui-ci est représenté par des arbustes à tige simple
se terminant par un bouquet de grandes feuilles composées de plusieurs
folioles; les fleurs naissent sur des rameaux très courts qui se développent
sur la tige principale à l’aisselle des cicatrices des feuilles tombées; dans la
partie supérieure de la tige ces rameaux courts portent des feuilles ayant
généralement 3 folioles; plus bas, on trouve des rameaux à feuilles les unes
3-foliolées, les autres 1-foliolées; plus bas encore, les ramules fleuris ne
portent que des feuilles 1-foliolées. Un autre exemple, en sens contraire,
nous a été offert par le Vitex aurea Mold. : dans cette espèce, à feuilles
simples, nous avons observé, sur le tronc, des gourmands ne portant que
des feuilles composées-palmées à 3-5 folioles.
L’espèce que nous allons décrire appartient à la section Simplicifoliae
du sous-genre Chrysomallum. Il s’agit d’un arbuste de 5-6 m de hauteur
dont la plupart des organes (ramules, face inférieure des feuilles, axes des
inflorescences, face externe du calice et de la corolle) sont recouverts d'une
très courte et très dense pubescence apprimée (de couleur d'abord fauve-
roussâtre, devenant ensuite blanc-jaunâtre) constituée de très petits poils
unisériés formés d’un pied uni- ou bi-cellulaire (cellules à parois lisses)
terminé par une cellule plus allongée et à surface marquée de strioles sail¬
lantes.
Les ramules feuillés sont très grêles et ne mesurent guère plus de 1 mm
de diamètre. Les rameaux principaux ont des entrenœuds qui peuvent
atteindre 1 cm de longueur alors que les ramifications latérales portent des
feuilles plus rapprochées et presque groupées en bouquets. Les feuilles,
opposées, simples (le pétiole ne présente aucune trace d’articulation ou de
renflement), sont de petite taille; leur limbe (5-25 x 3-13 mm) est plus ou
moins obovale (parfois largement), parfois obovale-subelliptique; son
sommet est généralement obtus, parfois largement arrondi, parfois même
Source : MNHN, Paris
— 52 —
émarginé; très souvent l’extrême sommet de la nervure principale se prolon¬
ge au delà du limbe en très court mucron; vers sa base le limbe s’atténue
en coin très aigu, décurrent sur la face supérieure du sommet du pétiole
qui se trouve ainsi canaliculé sur les deux tiers environ de sa longueur
(le pétiole mesure environ 1-3 mm de longueur). La face supérieure du
limbe, d’un vert luisant sur le frais, brunit au séchage; elle est complètement
glabre, sauf sur le trajet de la nervure principale qui présente quelques courts
poils peu visibles. La face inférieure est, à l’état adulte, de couleur blanchâtre
par suite du très dense indûment (entremêlé de glandes résineuses très peu
visibles) qui la recouvre; cet indûment est constitué de poils courts, appri-
més, comme ceux que l’on observe sur les autres organes, mais ils ne sont
pas tous orientés dans le même sens; au contraire, dans chaque maille du
réseau constitué par les nervilles, ils convergent plus ou moins vers le centre
de la maille; cette disposition donne à la pubescence un aspect assez particu¬
lier lorsqu’on l’observe à un assez fort grossissement. Les marges du limbe
sont, soit entiers, soit, plus souvent, munis de chaque côté de 1-2 (-3) créne-
lures manifestes.
Les inflorescences sont des cymes uniflores, axillaires de la paire termi¬
nale de feuilles (moins souvent de la deuxième paire). Vers le milieu de sa
longueur le pédoncule (qui mesure 5-9 mm) est muni d’une paire de petites
bractéoles étroites mesurant 0,5-1 mm de longueur. Le calice, en coupe
assez étroite, haute de 3 mm environ (sur 2-2,5 mm de diam. à son orifice),
a son bord muni de 5 très petites dents. La corolle, légèrement courbée en S,
mesure environ 20 mm de longueur; elle se dilate faiblement de sa base
(2-2,5 mm de diamètre) jusqu’à sa gorge (où elle mesure environ 4-4,5 mm
de diam.); le lobe postérieur, haut de 2 mm environ, est divisé jusque vers
son milieu, en deux dents triangulaires; les lobes latéraux sont triangulaires
et ont environ 2 mm de hauteur sur autant de largeur à la base; quant au
lobe antérieur il est plus ou moins oblong et mesure 2,5 x 2 mm environ ;
toute la face externe de la corolle (jaune sur le vif) est densément pubérulente
et munie d’assez nombreuses glandes résineuses de teinte dorée; la face
interne est glabre, sauf au niveau d’insertion des étamines où elle est munie
d’un anneau de longues soies blanches. Les étamines, dont les filets (poilus
vers la base) s’insèrent à 4 mm environ au-dessus de la base de la corolle,
sont faiblement inégales et dépassent la corolle d’environ 4-5 mm; les
anthères, ovales-triangulaires (d’environ 1 x 0,7 mm) présentent de nom¬
breuses glandes dans la commissure entre les deux loges. L’ovaire de 1 mm
de hauteur, a sa moitié supérieure recouverte de très nombreuses glandes.
L’extrémité du style (celui-ci entièrement glabre), à deux branches inégales,
arrive au niveau des anthères.
Le fruit, oblong, mesure environ 8x4 mm; il est entouré à sa base,
sur environ le tiers de sa hauteur, par le calice légèrement accru.
Dans la clé des Virex malgaches donnée par Moldenke, le Virex
menabeensis vient se placer au voisinage du Virex barorum Humbert, espèce
dont il est tout à fait distinct.
Source : MNHN, Paris
— 53 —
B. - - SUR L’IDENTITÉ DU HOLMSKIOLDIA ANGUSTIFOUA Moldenke
Sous le nom de Holmskioldia angustifolia, Moldenke a décrit (Bull.
Torrey Bot. Club 77 : 397, 1950); Flore de Madagascar, 174 e famille, Verbé-
nacées : 254, tab. 41, fig. 1-4, 1956)) un arbuste assez fréquent dans la partie
méridionale de Madagascar. L’analyse des fleurs de cette espèce nous a
montré qu’elles possèdent un ovaire complètement divisé jusqu’à sa base
en quatre lobes et par suite un style gynobasique. Le fruit est constitué de
quatre nucules (le plus souvent réduit à un seul par avortement). Nous ne
saurions donc maintenir cette espèce ni dans le genre Holmskioldia ni dans
la famille des Verbénacées et nous la transférons dans celle des Labiées.
Par divers caractères (en particulier par ceux de sa pubescence, constituée
de poils pluricellulaires moniliformes se terminant par une cellule flagelli-
forme allongée, par les caractères de sa corolle, de ses étamines défléchies
sur le lobe inférieur de la corolle, par ses anthères à loges à la fin conflu¬
entes etc...), cette espèce peut être rapportée au genre Capitanopsis
Spencer Moore, genre endémique de Madagascar, où il est représenté par
plusieurs espèces.
Nous proposons donc la nouvelle combinaison suivante :
Capitanopsis angustifolia (Mold.) R. Cap., comb. nov.
— Holmskioldia angustifolia Moldenke, l.c.
C.T.F.T. Tananarive
Laboratoire de Phanérogamie
Muséum. Paris.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (I) : 55-59. 1972.
ÉTUDE PHYTOGÉOGRAPHIQUE
DE LA FAMILLE DES SAPOTACÉES MALGACHES
DANS LE CADRE GÉOGRAPHIQUE AFRICAIN
par A. Aubréville
Capuron s’intéressait beaucoup à la famille des Sapotacées, si originale
dans la flore malgache. Il avait récolté un très important herbier qui, ajouté
à celui du Service forestier en général, constitue un matériel d'étude très
important et de choix. Les collections de nombreux botanistes plus anciens
ou contemporains, ne m’auraient pas permis d’entreprendre la rédaction
de la famille dans la « Flore de Madagascar et des Comores » que je viens
de terminer, sans le matériel d’herbier des forestiers et tout particulièrement
de Capuron *. Il n’avait cependant pas beaucoup publié sur cette famille,
à l’exception du genre endémique monospécifique, très curieux, Tsebona.
Il s’était heurté à des genres étonnamment multispécifiques dans cette
famille, aux espèces difficilement séparables parfois et le matériel d’herbier
était souvent insuffisant pour un classement immédiat. Aussi s’était-il
parfois contenté de mettre sur les spécimens une notation de nom spécifique
quand l’espèce lui paraissait nouvelle. J’ai repris ces noms manuscrits de
Capuron. Il y en avait beaucoup d’autres à ajouter. Il me paraît intéressant
maintenant que la révision est faite — provisoirement, comme il en est de
toutes les révisions de ces flores tropicales riches et encore imparfaitement
connues — d’établir une comparaison avec les flores de Sapotacées voisines
de l’Afrique orientale et de l’Afrique australe. Leurs révisions ont été faites
assez récemment, par J. H. Hemsley dans F.T.E.A. en juin 1968, et par
A. D. C. Meeuse dans Bothalia, en 1960.
Ma comparaison portera essentiellement sur le nombre des genres et
des espèces. Je signalerai seulement dans des parenthèses les différences
qui existent dans la nomenclature de certains genres entre les 2 systématiciens
de l’Afrique continentale et moi-même. Elles sont sans influence directe
sur les comparaisons numériques des taxons.
1. J’ai dédié à Capuron, un genre Capurodendron et plusieurs espèces.
Source : MNHN, Paris
— 56 —
Afrique australe d'après Meeuse
Sideroxylon I spp.
Chrysophyllum 2 (dans notre système 1 Donella et 1 Gambeya)
Pouteria 3 (1 Zeyherella, 1 Pachystela, 1 Neoboivinella)
Vincentella 1
Lecomtexa 1 (1 Inhambanella)
Austromimusops 3 (3 Vitellariopsis )
Mimusops 3
Manilkara 4
Muriea 1
Soit. 9 genres (en réalité 12 genres) et 19 espèces.
Afrique orientale d’après Hemsley
Bequaertiodendron 3 spp. (dans notre système, 1 Neoboivinella, 1 Zeyherella,
Chrysophyllum
10
1 Pseudoboivinellaj
(réparties en Donella, Gambeya, Austrogambeya).
Malacantha
Aningueria
3
(+ 4 subsp.)
Sideroxylon
(+ 1 subsp.)
Pachystela
3
Vincentella
1
Afrosersalia
2
Inhambanella
1
Butyrospermum
1
(= Vitellaria)
Mimusops
9
Vitellariopsis
2
Manilkara
8
(dont 1 Muriea)
Soit.
. 13
genres (en réalité 18 genres) et 45 espèces.
Madagascar (et I. Comores, Mascareignes exclues)
Sideroxylon
Capurodendron
Gambeya
Donella
Austrogambeya
Tsebona
Mimusops
Manilkara
Labramia
Faucherea
Labourdonnaisia
(2-) 3
Soit. 11 genres e
84 espèces + 13 variétés ou subsp. (au minimum).
La comparaison entre ces trois tableaux montre un plus grand nombre
réel de genres en Afrique orientale (18) et australe (12) contre 11 à Madagas¬
car. Cette plus grande richesse génétique de l’Afrique orientale et australe
s’explique par l’apport, surtout en Afrique orientale, de la flore de l’Afrique
occidentale. Sont endémiques dans l’Afrique continentale, australe et
Source : MNHN, Paris
— 57 —
orientale, les 4 genres, Neoboivinella, Inhambanella, Vitellariopsis, Muriea.
A Madagascar l’endémisme est remarquable avec les genres Tsebona,
Capurodendron, Labramia, Faucherea, Labourdonnaisia (ce dernier cependant
commun avec les Mascareignes).
Plusieurs genres sont communs à la Grande lie et au continent africain
voisin, mais on doit en tirer des conclusions phytogéographiques diverses.
Donella et Gambeya sont communs. Gambeya est très faiblement représenté
à Madagascar et en Afrique australe. Le genre est surtout guinéo-congolais.
A Madagascar il est à l’extrême limite orientale de son aire. L’espèce
malgache appartient d’ailleurs à un complexe guinéo-congolais Gambeya
africana très répandu. Il lui correspond même une espèce brésilienne-
amazonienne (G. excelsa). La distribution du genre voisin Donella est
également curieuse. Le genre est continental africain, avec une espèce
extraordinairement étalée jusqu’en Asie et Océanie. A Madagascar ce genre
foisonne, avec au moins sept espèces, c’est la plus forte concentration
dans son aire. Austrogambeya, genre austral, n’est connu que par une espèce
continentale et une espèce malgache '. Nulle conclusion n’est à en tirer.
Sideroxylon est un genre représenté en Afrique orientale et australe par une
unique espèce S. elengi. A Madagascar au contraire le genre prolifère.
J’ai dénombré six espèces; c’est un minimum. Ce genre connu également
dans les îles atlantiques, mais non en Amérique, est apparemment une relique
d’un ensemble de Sidéroxylées qui de l’Amérique à l’Asie s’étendent encore
à hauteur de ce que l’on a appelé la Mésogée. La concentration à Madagas¬
car est remarquable, surtout comparée à la pauvreté de la représentation
continentale africaine.
La tribu des Manilkarées, certainement une des plus archaïques de la
famille, a aujourd’hui encore des extensions considérables, territoriales
et en nombre de genres et surtout d’espèces. Elle est partout présente dans
le monde tropical. A Madagascar les Manilkara sont en nombre aussi
grand que dans toute l’Afrique orientale. On n’y a cependant pas relevé
la présence de l’archaïque Muriea de l’Afrique australe. Ce qui est étrange
à Madagascar est la multiplication de trois genres endémiques, vraisembla¬
blement dérivés de Manilkara, deux d’entre eux étant très diversifiés,
Labramia (8 espèces) et Faucherea (11 espèces). Le troisième, Labourdonnai¬
sia, très archaïque est commun à Madagascar et aux îles Mascareignes.
Le genre monospécifique, très spécial, Tsebona est aussi un endémique
malgache. Reste l’extraordinaire genre endémique Capurodendron, seul
représentant malgache de la tribu des Poutériées, extraordinaire par la
densité des espèces dans la grande Ile. J’en ai décrit 24, quelques-unes
sommairement à cause de l’insuffisance des matériaux d’herbier. Il est
extraordinaire aussi parce qu’il fait exception dans la systématique de la
famille des Sapotacées. Les fleurs ne se distinguent pratiquement pas les
unes des autres, mais il y a d’énormes différences dans les graines. Quand on
sait la corrélation satisfaisante qui existe dans la famille entre genres et
types de graines, corrélation qui est un fondement de la systématique des
1. A confirmer, le fruit n’étant pas encore connu.
Source : MNHN, Paris
53 —
Sapotacées, on ne peut être que déconcerté. Le fait demeure d'un genre
hétérogène par les graines, très homogène par les fleurs, même dans les
détails, qui est multiplié à Madagascar en 24 espèces, pour le moins. Il ne
peut être rapproché d’aucun autre genre africain, asiatique ou océanien.
Pour nous résumer, la flore des Sapotacées malgaches se singularise
notamment par cinq genres endémiques, dont trois sont différenciés en 43
espèces (Capurodendron, Labramia, Faucherea). D’autres genres comptent
aussi beaucoup d'espèces; Manilkara (7), Mimusops (15), Donella (7),
Sideroxylon (6). Ce sont des densités d’espèces supérieures nettement à
celles des mêmes genres sur le continent africain voisin. Au total, nous
totalisons 84 espèces valablement décrites, c’est-à-dire beaucoup plus que
sur les parties orientale et australe du continent africain voisin.
Remarquons encore qu’à côté de ces genres multispécifiques il existe
un genre endémique monospécifique, morphologiquement très isolé,
Tsebona.
Je pense que nous pouvons conclure de ces faits que la division phylé-
tique des Sapotacées s’est accomplie à Madagascar depuis des temps très
anciens, dans des conditions favorables qui ont abouti dans un territoire
relativement restreint à la multiplication des espèces d’une part et à la diver¬
gence systématique de certains genres en genres dérivés endémiques. Ce
centre de division des genres et des espèces est-il en rapport avec une ancien¬
neté stationnelle de la flore? C’est probable; avec l’isolement insulaire?
Il est impossible de répondre? Sous l'effet de différenciations écologiques?
Bien que la bioclimatologie variée de Madagascar permette de décrire des
domaines écologiques variés auxquels correspondent des types de végéta¬
tions spéciaux, il ne me paraît pas possible de lier la poussée du phylétisme
l’écologie. En effet, si des espèces sont plus particulières au domaine de
l’Est, c’est-à-dire à la forêt dense à feuilles persistantes et si d’autres carac¬
térisent mieux le domaine de l’Ouest, dans les forêts demi-sèches caducifoliées,
la plus grande concentration des espèces se manifeste dans la forêt humide
de l’Est, à caractères climatiques peu variables, parfois même, semble-t-il,
dans des régions relativement limitées en étendue.
Le cas du genre monospécifique Tsebona, isolé taxinomiquement
dans la famille est un nouvel exemple de ces genres archaïques 1 qui n’ont
pas évolué bien que bénéficiant de conditions bioclimatiques très favorables
à la végétation.
Pour mettre mieux en évidence le caractère particulier de la famille
des Sapotacées, je crois utile encore de donner des chiffres extraits des plus
récentes études régionales africaines de la famille des Sapotacées.
; Côte d'ivoire
Flore guinéo-congolaise Gabon
( Cameroun
Flores asiatiques Indochine
Flore pacifique N llc Calédonie
18 genres 39 espèces
23 genres 54 espèces
21 genres 45 espèces
13 genres 45 espèces
16 genres 80 espèces.
1. Aubréville, Adansonia, ser. 2, 10, 3 (1970). A propos de la spéciation dans les
forêts tropicales humides. Les genres mono- ou pauci-spécifiques.
Source : MNHN, Paris
— 59 —
II apparaît par ces chiffres que la flore des Sapotacées africaine occiden¬
tale et centrale est beaucoup plus riche en genres que la flore malgache,
mais les espèces néanmoins sont moins nombreuses. Cette flore malgache
des sapotacées d’autre part n’a pas de rapport systématique avec les flores
asiatiques et océaniennes.
Laboratoire de Phanérogamie
Muséum. Paris.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (1) : 61-64. 1972.
CAPURONETTA
GENRE NOUVEAU D'APOCYNACÉES MALGACHES
par F. Markgraf
S’il m’est permis à moi aussi, de déposer une fleur sur le tombeau du
regretté M. Capuron, ce sera une Apocynacée nouvelle de Madagascar.
Je n’ai eu qu’une seule fois le plaisir de parler à M. Capuron, à Leide aux
Pays-Bas, mais déjà en une aussi brève occasion on pouvait sentir sa connais¬
sance approfondie de la Flore de son Ile aimée et la sûreté absolue de ses
observations. Après cette rencontre, en élaborant les premiers genres pour
ma contribution à la « Flore de Madagascar », je lui ai soumis mes résultats;
ses remarques critiques, basées sur de longues expériences dans la nature,
m’ont été d’une valeur toute particulière.
Que soit dédié à sa mémoire le genre suivant :
Capuronetta elegans Markgraf, gen. et sp. nov.
Arbuscula glabra, dichotome ramoso. Ramidi teretes. Folio decussata, firme coriacea,
supra nitida, sublus laevia, oblanceolala, apice oblusiuscula, basi cuneala, 5-8 cm longa,
2-2,5 cm lata ; cosla lata crassiuscula, nervi latérales indislincli, numerosi, subhoriiontales,
2-3 mm inter se distantes ; petiolus crossiusculus, 3-5 mm longus. Inflorescentiae in bifurcatio-
nibus ramulorum terminales, graciles, glabrae. Pedunculus 1-1,5 cm longus, nudus, supra
in sympodium circinatum, bracteis 5-7 late squamiformibus, 0,3 mm altis, I mm latis, et
cicatricibus florum delapsorum bis oppositis institutum desinens. Flos eodem tempore tantum
unus apertus ; interdum umts juvenilis juxta unum déflorâtum nondum delapsum observatur.
Pedicelli 10-12 mm longi, bracteola una instructi. Lohi calycis 5 oblongi, obtusi, glabri,
2.5 mm longi, 2 mm lati, intus in latere interiore glandula e pluribus connata ornati. Tubus
corollae (albae?) gracilis, 12 mm longus, I mm latus, ex tus et intus glaber, in quinta parte
inferiore dextrorsum tort us et ibi staminifer; lobi 5 glabri, asymmelrici, in alabastrum
ovoideum, acutiusculum, postremo 3,5 mm longum, 2,5 mm latum contorti, sinistrorsum
sese tegentes, usque ad 8 mm in tubum inflexi, evoluti 15-18 mm longi, e basi cuneiformi,
1.5 mm lata od 3 mm dilatati, ibi sensim et obtuse in oppendicem lateralem, 8 mm longum,
acutiusculum angustali. Antherae sagittatae, 3 mm longae, acutae ; connectivum 0,5 mm
latum, in dorso usque ad mediam longitudinem incrassatum et tubo corollae adnatum;
thecae vix 0,2 mm latae, basi divergentes, in connectivo paene latérales. Clavunculus cylin-
dricus, teres, in appendices apicales acuminatus, basi in patellam ampliatus, antheras attin-
gens. Stylus 2,5 mm longus. Ovarium cyhndricum, truncatum, bicarpellatum carpellis
seiunctis, 1,5 mm altum, 1 mm latum, glabrum, multiovulatum.
Type : Madagascar Est, forêt orientale d'Analalava, à l'Ouest de Foulpointe, sur
latérite, fl. 10.3.1965, R. Capuron 24059 SF (holo-, P).
Source : MNHN, Paris
— 62 —
Source : MNHN, Paris
— 63 —
Petit arbre glabre à ramification dichotome. Tiges rondes. Feuilles
décussées, glabres, fortement coriaces, luisantes en dessus, lisses en dessous,
oblancéolées, à sommet obtus, à base cunéiforme, longues de 5-8 cm,
larges de 2-2,5 cm, nervure principale large, épaisse, nervures latérales
indistinctes subhorizontales, nombreuses, distantes de 2-3 mm; pétiole
fort, long de 3-5 mm. Inflorescences terminales aux bifurcations des rameaux.
Pédoncule nu atteignant 1-1,5 cm, portant un sympode cincinnoïde pourvu
de bractées écailleuses, hautes de 0,3 mm, larges de 1 mm et, à l’opposé,
des cicatrices de fleurs tombées; une seule fleur est épanouie à la fois.
Pédicelle long de 10-12 mm, muni d’une bractéole. Sépales 5, oblongs,
obtus, glabres, longs de 2,5 mm, larges de 2 mm, munis à la face interne d’un
massif glandulaire fourni de plusieurs glandes élémentaires. Tube de la
corolle grêle, long de 12 mm, large de 1 mm, glabre en dehors et en dedans,
tordu à droite; lobes de la corolle 5, glabres, asymétriques, contortés dans
le bouton ovoïde, subaigu, long de 3,5 mm, large de 2,5 mm, se recouvrant
à gauche, infléchis dans le bouton jusqu’à 8 mm de profondeur, à l’anthèse
longs de 15-18 mm, à base cunéiforme la r ge de 1,5 mm, élargis jusqu’à
3 mm, puis, rétrécis graduellement en une partie latérale aiguë, longue de
8 mm; étamines insérées au 1/5 inférieur du tube de la corolle; anthères
sagittées, aiguës, longues de 3 mm, connectif large de 0,5 mm, épais, adné
par le dos jusqu’à mi-hauteur au tube de la corolle, loges divergentes,
étroites, larges de 0,2 mm, presque latérales. Clavoncule cylindrique, ronde,
acuminée, dilatée en assiette à la base, touchant les anthères; style long de
2,5 mm. Ovaire glabre, cylindrique, tronqué, haut de 1,5 mm, large de I mm,
à deux carpelles séparés. Ovules nombreux.
Ce genre appartient aux Tabernaemontanoidées, une sous-famille
des Apocynacées, représentée à Madagascar outre les Muntafara sessilifolia,
Pandacastrum saccharatum , Voacanga ihouarsii par deux genres principaux :
Pandaca et Hazunta. Ce petit arbre, découvert par M. Capuron, réunit
des caractères communs à ces deux genres, et se présente alors comme des¬
cendant d’un prédécesseur théorique, qui aurait pu donner l’origine à ces
deux groupes polymorphes d’espèces endémiques.
Le port de la plante ne permet pas de l’attribuer à l’un ou l’autre genre.
Des feuilles coriaces à nervures latérales subhorizontales se trouvent çà
et là. Les inflorescences des deux genres sont composées en général d’une
suite de dichasies qui à la fin s’appauvrit en des monochasies raccourcies.
Chez quelques Pandaca on trouve une réduction à 3-1 fleurs, mais pas ce
type cincinnoïde dès le début de l’inflorescence comme chez Capuronetta,
où les fleurs terminant les segments successifs du sympode s’épanouissent
l’une après l’autre.
Les caractères principaux se trouvent dans la fleur ou l’on peut cons¬
tater quelques caractères de Pandaca : tube de la corolle tordu, lobes infléchis
dans le bouton, anthères sagittées; et certains caractères de Hazunta :
anthères adnées au tube de la corolle par leurs dos, clavoncule non cannelée,
étroitement cylindrique à base dilatée. Les particularités du nouveau genre
sont : la profondeur remarquable à laquelle descendent les lobes de la
Source : MNHN, Paris
— 64 —
corolle infléchis dans le tube, l’insertion très basse des étamines, les loges
des anthères très étroites, le sommet tronqué de l’ovaire.
Cette organisation originale justifie la création d’un genre nouveau.
Bibliographie
M. Pichon. — Classification des Apocynacées IX, Sous-famille desTabernaementanoidées
Mém. Mus. Nat. Hist. Nat., n.s., 27 : 212-233 (1948).
Botanischer Garten
Universitât. Zurich.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (1) : 65-71. 1972.
CROTON NOUVEAUX DE L’OUEST
DE MADAGASCAR (EUPHORBIACÉES)
par J. Leandri
Résumé : Description de quatre Croton nouveaux de l’Ouest et du Nord de Madagas¬
car, appartenant au groupe à feuilles tri-quintuplinerves, et élévation au rang d’espèce
d'une ancienne variété du C. brevispicaia Baill. spéciale à l’Isalo.
Summary: Four new species of Croton from western and north-western Madagas¬
car, belonging to the group with 3-5-nerved Ieaves, are described here; a variety of C.
brevispicaia Baill. from Isalo mountain mass is raised to spécifie rank.
Comme nous l’avons montré dans des travaux antérieurs, le genre
Croton forme à Madagascar, un ensemble assez net de plantes présentant
des caractères communs ne permettant guère de les répartir en groupes
plus petits, mais a subi une évolution récente dans différentes directions,
qui a produit des séries de formes voisines sans être identiques.
C’est ainsi que, parmi les espèces à feuilles trinerves, il est difficile de
ne pas considérer comme spécifiquement distinctes quatre formes de l’Ouest
qui ont pourtant de proches parentes déjà connues dans la Grande Ile.
A côté du C. stannea connu depuis longtemps du Nord et de l’Ouest, et
qui était jusqu’ici la seule espèce malgache connue offrant des feuilles à
la fois trinerves et à reflet métallique à la face inférieure, il existe près de
Soalala, une espèce qui en diffère par l’absence de glandes à la face inférieure
des feuilles — les deux pétiolaires mises à part — des nervures non anasto¬
mosées près de la marge, des grappes ramifiées à la base et assez peu fournies
(une cinquantaine de fleurs au lieu d’une centaine). Nous l’appellerons
Croton milanjensis.
Parmi les espèces à feuilles trinerves non métalliques, opposées, de
taille moyenne, à fleurs $ pourvues de pétales, on n’en connaissait pas
présentant des grappes longues, dépassant nettement les feuilles : on en a
maintenant une, qui existe sur les basaltes à l’ouest de Bealanana. Elle
diffère d’autres espèces voisines, comme le C. muricata Vahl, le C. bathiana
Leand., le C. decaryi Leand. par d’autres caractères que nous indiquons
plus loin. Nous l’appellerons Croton scoriarum.
Source : MNHN, Paris
— 66 —
Parmi les Croton malgaches à feuilles trinerves sans reflet métallique, à
fleurs Ç dépourvues de vrais pétales, on peut aussi distinguer deux formes
nouvelles qui semblent bien avoir une valeur spécifique. Elles font partie
des plantes de leur groupe qui ont des feuilles à bord non denté. A côté de
celles qui sont à feuilles glabrescentes, avec un limbe assez grand (C. bemarana
Leand., C. tenuicuspis ( = subaemulans) Baill.), il existe une espèce nouvelle
à petites feuilles (limbe de 4 cm environ sur 1,5), hétéromorphes ou de
taille différente dans la même paire, qui habite aussi la partie nord du Mena-
bé. Nous l’appellerons C. menabeensis.
Enfin parmi ceux à feuilles poilues, mais non hirsutes sur les parties
jeunes, à limbe ovale cordé, et à côté du C. crocodilorum Leand., une plante
de la région de Diego-Suarez se distingue par l’absence d’un acumen étroit
et allongé; elle se distingue par contre du C. barorum par ses grappes longues
et la marge du limbe non ciliée; nous la nommerons Croton anosiravensis
pour rappeler sa localité.
Par ailleurs, j’ai décrit autrefois comme variété du C. brevispicata
Baill. une plante de l’Isalo qui, par ses cellules épidermiques glanduleuses
saillantes, ses poils écailleux, la forme différente des glandes pétiolaires,
celle du limbe, ses grappes nettement plus longues, mérite, compte tenu du
matériel connu aujourd’hui dans ce groupe, d’être élevée au rang d’espèce
sous le nom de Croton isalensis.
Croton milanjensis Leandri, sp. nov.
Frutex verisimiliter 1-2 m altus, corlice levi rubro-nigrescente, ramulis gracilibus,
2-3 mm crassis rubro-nigrescentibus, lenticellis sparsis ; novellis 1 mm crassis clare viridibus,
altérais. Folia alterna , stipuiis parvis acutis, pellucidis, marcescentibus, squamulis tectis;
petiolo cylindrico supra alte sulcato, 113 laminae vel ultra longo, clare viridi pilis squamosis
nonnullis. glandulis apicalibus parvis (0,5-1 mm) cupulatis luteis, longe ( 1-2 mm) stipitatis ;
lamina ovato-acuminata, parum vel non cordata, 7 mm X 4 longa, supra acriter viridi,
glabrescente, subtus cinereo-viridi, pilis squamosis subargentea, nervorum basilarium jugis 2,
nonnunquam jugo unico; nervis lateralibus utroque latere 4-5, raro jugatis.
Inflorescentia apice ramulorum noveüorum terminalis, gracilis, 7-8 cm longa, sparsim
squamoso-pilosa, simplex vel basi biramosa; flores <3 ad apicem 20-30; 9 tertia
inferiore parte 1-3; bracteae lineares, pedicelli medium aequantes; bracteolue minores,
acutae ; pedicelli <J 1-2 mm longi, 9 3-4 mm, robustiores. Flos <J diu gemmatus, pilorum bré¬
vium cristula subapiculatus, squamoso-pilosus, fere 4 mm longus, sepalis ovato-acutis, petalis
pellucidis obovatis apice basique molliter pilosis; staminibus 10-15 filamentis gracilibus
petala superantibus, antheris ovoideis parvis, disco lobato parum prominente, imo flexuoso-
piloso. Flos 9 cito apertus, fere 4 mm, sepalis quam S paulo oblongioribus, primum acutis,
deinde apice obtusioribus, petalis 0; disco parum conspicuo, verisimiliter nullo, ovario
ovoideo pubescenti, pilis simplicibus ( ?) et squamosis mixtis ; stylis gracilibus haud nimium
longis (2-2,5 mm), liberis, planis, a medio semel divisis. Fructis ovoideus, 5-6 mm longus,
valvis caducissimis, columella gracili, sepalis acutis patentibus persistentibus ; semine ovoideo
4x3 mm longo, caruncula parva ad apicem applicata. — PI. I, 1-8.
Type : Conservation des Réserves naturelles 6863 RN, (garde Randriamiera), 18-11-
1954, fl. <J, 9 (holo-, P!).
La taille de la plante et la description du fruit sont données d’après
le spécimen Perrier de la Bâthie 9797, dont la base de la feuille jeune est de
couleur rougeâtre. Le nom vernaculaire est : Ralambo (« Monsieur le
sanglier », sans doute par antiphrase).
Source : MNHN, Paris
— 67 —
PI. 1. — Croton milanjensis : I, ramillc fleurie, x 2/3; 2, sommet du pétiole et base du limbe,
face inférieure, x 4; 3, détail de la face inférieure du limbe, très grossi; 4, fleur<?, x 4;
5, un pétale<?, x 6; 6, fleur V, x 4; 7, graine, x 4; 8, fruit après la chute des graines, x 4.
— C. menabeensis : 9, ramiile fleurie, x 2/3; 10, sommet du pétiole et base du limbe,
face inférieure, x 4:11, inflorescence, x 4; 12, jeune fleur S, x 4. — C. anosiravensis :
13, feuille, x 2/3; 14, fleur 5, x 4. — C. scoriarum : 15, ramiile fleurie, x 2/3; 16, poils
étoilés, x 8; 17, fleure?, x 4; 18, un pétalei?, x 6; 19, fleur 9 un sépale rabattu pour
montrer les pétales, x 4; 20, jeune fleur ?, x 4.
Source : MNHN, Paris
— 68 —
C’est une espèce du Milanja, dans l’Ouest de Madagascar. Le type a
été récolté près de Soalala, l’autre spécimen dans les bois rocailleux calcaires
de Namoroka, un peu plus au Sud (en fruits en janvier).
Croton menabeensis Leandri, sp. nov.
Frulex parvus ramulis cylindricis subrubris, poslea cinereis, parum crassis, lenticellis
paucis ; ramulis novellis viridi-cinereis, gracilibus, 10-15 cm longis, 1-2 mm crassis, nonnun-
quam pseudo-dicholomis. Slipulae lineares, fere 3 mm longae, fuscae, subglabrae. Peiiolus
subcylindricus supra striatus, pilis siellalis ornatus, 1-3 cm lortgus, ad 1 mm crassus, apice
glandulis 2 luleis, slipiialis munitus, stipite 0,5 mm, apice inflato, summo apice concavo.
Lamina elliplica ad 5-6 y 3 cm longa, acumine subattenuato ad 2 cm longo, 2-4 mm lato
incluso, pagina superiore viridi, pilis siellalis sparsis, inferiore claro viridi, nervis densius
slellalo-pilosis, nervorum commissuris locellis vel pilorum simplicium cristellis vel raro
glandulis sicul apice pelioli muni lis. Nervi basilares 3 vel 5, illis ima basi minoribus ; nervi
secundarii utroque latere 3-4, raro jugati, aperti (45°), sublus leviler prominentes, supra
minime, prope marginem non anastomosâmes.
Inflorescenlia in racemis parvis ( 1-2 cm) paucifloris axiUaribus vel apicis ramuli
aborlu pseudo-lerminalibus, floribus 3 apicalibus 3-6, 2 vulgo unico basi/ari, pilis siellalis
leclis ; pedicello <3 ad 1 x 0,2 mm, bracleis basi partis 3 ovalis brevibus, aliis lineariacutis
brevibus ; flore 3 3-3,5 mm, sepalis triangulo-acutis pilis siellalis munilis, peialis obovatis-
pellucidis, margine molli 1er piloso-fimbriaiis ; disco parum dislinclo ; slaminibus 10 filamen-
lis gracilibus paulo pelala superanlibus, anlheris ovalo-globulosis parvis (0,5 mm), pilis
imo floris et basi filamenlorum verisimiliter nullis. Flos 2 vulgo basilaris, pedicello quam
masculus paulo breviore robusliore, sepalis ovaio-aculis sicul ovario ovoideo pilis siellalis
vel pseudo-simplicibus leclis; disco annulalo carnoso parum dislinclo; slylis liberis medio
divisis, paulo allius ilerum divisis ramulis apice bilobulalis, paulo complanaiis. Fruclus
praeier stylos persisienles paulo accrescenies 5x4 mm et ultra magnus, pedicello usque
3 x 0,4 mm auclo, sepalisque aculis parum auclis persislenlibus. — (PI. I, 9-12).
Type : J. Leandri 3021 bis, J. Leandri et P. Saboureau leg., 6 février 1960, fl. o, 2
(holo-, P!).
Espèce de la partie centrale du domaine de l’Ouest de Madagascar :
forêt à feuilles caduques sur les calcaires de l’Antsingy, vers Andobo (est
d'Antsalova) en montant vers Tsiandro, ait. env. 300 m. Un autre pied
récolté par les mêmes collecteurs dans les mêmes parages et vers la même
date (n° 3025), a un port plus rigide.
Croton scoriarum Leandri, sp. nov.
Arbor 6-8 m alla, corlice casianeo papyraceo. Ramuli vulgo pseudo-dichotomi, rolundi,
rubro-cinerei, lenticellis raris. Folia vulgo opposila,peliolo cylindrico ad 213 laminae longo ;
slipulis inconspicuis ; glandulis apice pelioli luleis, palellalis, ad I mm in diam ; pilis siellalis
vulgo slipiialis pluriradiatis. Lamina ovato-acuta subacuminala, haud cordala, statu novo
6 cm longa, 3,5 lata vel major, margine integra ; nervi basilares 2, ab apice pelioli divergentes ;
nervi latérales utroque latere 4-5, raro jugati, prope marginem non anastomosantes ; pagina
superiore acriler viridi, inferiore décoloré, nervis prominenlibus colore crassis. Inflorescenlia
terminalis ultra 10 cm longa ; axi basi fere 2 mm crasso; lerlia inferiore pane nuda,
parte media flores 2 4-5 gerenie, parte superiore flores 3 conferlos fere 100 vel magis. Flores
extra pilis siellalis lecli, <3 et 2 fere aequalibus (5 mm), sepalis ovalo-acutis, peialis obovalo-
oblusis hyalinis, margine praecipue ad apicem fimbriatis ; floris 3 leviler sepala superanlibus,
floris 2 113 vel 1 /2 minoribus, laliludine inaequalibus. Slamina fere 20 filamentis gracilibus
paulo pelala superanlibus, anlheris ovalo-acutis arcualis fere 1 mm ; disco 3 glandulis parvis
reniformibus carnosis albis; imo pilis paucis parvis munito. Disais 2 parvus polygonius.
Source : MNHN, Paris
— 69 —
petalis in angulis subemarginatis inseriis; ovarium pi lis stellalis pubescens, ovoideum;
styli a basi bene distincti, bis divisi, iertia inferiore ( indivisa) parte pubescente, ramis
glabris 12 ipsis ad apicem lobatis. Fructus ignotus. — PI. I, 15-20.
Type : Service des Eaux et Forêts de Madagascar 27107 SF, R. Capuron, 20-11-
1966, fl. 3, 2 (holo-, P!).
Écorce brune à consistance de papier rappelant celle des Commiphora.
Feuilles vues seulement à l’état jeune, à limbe dépassant très vraisemblable¬
ment 10 cm sur 5 à l’état adulte. Glandes pétiolaires sessiles de 0,5-1 mm,
aplaties sur le limbe ou le pétiole; boutons 3 apiculés, à pédicelle de 2-3 mm.
Espèce de la partie Nord du domaine du centre, sauf la réserve faite
plus loin. Ouest de Bealanana, lieudit Analankeboka, vestige forestier
sur scories basaltiques. Fleurs fin novembre, 27107 SF.
Une plante voisine, à grappes à fleurs ? plus basilaires, existe dans la
région d’Antsalova (Tsimendry, canton de Bekopaka, 26207 SF). C’est un
arbuste de 4 m, à feuilles caduques, trouvé dans la plaine au bord du lac
de Bekopaka, en fleurs en octobre. Il s’agit peut-être de la même espèce.
Croton anosiravensis Leandri, sp. nov.
Frutex ramtdis cylindricis, cortice castaneo-rubro, foliis novellis oppositis vel suboppo-
sitis, veteribus altérais, stipulis minimis caducis, petiolo cylindrico gracili, glandulis apice
petioli luteis, cupulatis, 0,5 mm, pedicello gracili ad ! mm. Lamina nova solum visa, ovato-
subacuminata, cordata, tripli-quintuplinervis, nervis lateralibus 3-4 utroque latere; supra
viridis, subtus cinereo-viridis, utraque pagina stellato-pilosa. Racemi subspiciformes termina¬
les, bixesuales, floribus 2 basi 2-3,3 parte media superioreque 30-50, inferioribus primum,
apicalibus deinde caducis. Axis 10-20 cm longus ; bracteae parvae orbiculares ; bracteolae
lineares glabrae. Flos 3 pedicello brevi, sepalis ovato-lanceolalis stellato-pilosis, petalis
paulo longioribus, anguste subspatulatis, glabris ; staminibus 12-15 antheris ellipticis arcuatis,
disco glandulis albis parvis, imo pilisfere destituto. Flos 2 sepalis pedicelloque pilis stellalis
ornatis, pedicello 2-3 mm longo, 0,7-1 mm crasso, ovario pilis stellalis hirto, stylis 3 fere
3 mm longis, fere a basi bis divisis, laciniis complanatis apice hilohis. Fructus ( immaturus)
ellipsoideus, valde pubescens, pedicello 3-4 mm longo, I mm et ultra crasso. — PI. I,
13-14.
Type : Service des Eaux et Forêts de Madagascar 22930 SF, R. Capuron, 12-12-1963,
fl. 3, 9, fr. imm. (holo-, P!).
Stipules peu visibles entre les poils étoilés. Pétiole atteignant le 1 /3
ou les 2/5 du limbe sur 1-2 mm, couvert de poils étoilés. Limbe jeune de
5 cm sur 4 environ, mais probablement de 10 cm sur 8 à l’état adulte, attaché
sur le pétiole à angle très ouvert. Poils du limbe avec une branche principale
à la face supérieure, plus serrés mais sans rayon privilégié à la face inférieure,
surtout sur les nervures. Axe de l’inflorescence couvert de poils étoilés,
rarement squamiformes ou roux; bractées et bractéoles brunes, les premières
à poils étoilés. Pédicelle <3 ayant 1 / i de la longueur des sépales qui mesurent
4 mm sur 2 environ et portent parmi les poils étoilés quelques poils ferru¬
gineux. Bords des pétales fimbriés-ciliés. Anthères de 2 mm sur 1,5. Glandes
du disque charnues, épisépales. Fleur $ à sépales ovales-lancéolés de 3-4 mm
sur 1,5-2. Pétales $ nuis.
Source : MNHN, Paris
— 70 —
Espèce connue du secteur Nord du domaine de l’Ouest : base des escar¬
pements de l’Anosiravo, poteau kilométrique 6 de la route de Diego Suarez
à Orangéa. Elle porte des fleurs S et $ et de jeunes fruits en décembre.
Le Croton anosiravensis et le C. scoriarum peuvent être distingués
des espèces malgaches voisines (à feuilles trinerves largement ovales, non
dentées, pubescentes, mais non hérissées à l’état jeune, sans reflet argenté
à la face inférieure des feuilles et sans vrais pétales à la fleur ?) de la façon
suivante :
Limbe nettement cordé.
Acumen bien net, aigu ou linéaire, de 1-2 cm; grappe plus longue que les
feuilles.
Fleurs ÿ à pédicelle de 10-15 mm; acumen linéaire. C. crocodilorum
Fleurs ï à pédicelle de 1-2 mm; acumen aigu. C. anosiravensis
Acumen peu net. Grappes courtes. Limbe à bord cilié-denticulé.... C. barorum
Limbe non ou presque pas cordé.
Acumen longuement atténué; pédicelle î court; sépales non accrescents;
indûment farineux . C. scoriarum
Acumen peu marqué: pédicelle î aussi long que le calice accrescent; indû¬
ment velouté . C. danguyana
Source : MNHN, Paris
— 71
Croton isalensis, stal. nov.
— C. brevispicata (um) H. Bail!., var. isalensis J. Leand., Ann. Mus. col. Marseille 5 (7) :
18 (1939).
Type : Perrier de la Bâlhie 9788 (holo-, PI).
Cette espèce fait partie des Croton à feuilles sans nervures basilaires
spéciales, non disposées en faux verticilles, les unes alternes, les autres
rapprochées par paires; il diffère des espèces voisines par son limbe allongé,
glabrescent dessus, écailleux dessous. — (PI. 2, 1-7).
Cet arbrisseau de 1 m environ était connu des rocailles et des grès de
l’Isalo, entre 500 et 1 000 m d’altitude, en particulier des gorges de la
Sakamarekely et de la Sambalinieto, au nord de Benenitra (Humbert),
en boutons de juillet à octobre. Il a été retrouvé plus au nord, aux environs
de Ranohira, toujours en boutons le 15 juillet ( 14330 S F, sans mention
de collecteur). Il est vraisemblable que la floraison et la fructification ont
lieu au début de la saison des pluies, et c’est en novembre et décembre qu’il
faudra le rechercher pour compléter sa description.
Laboratoire de Phanérogami
Muséum Paris.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (1) : 73-78. 1972.
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES ORCHIDACEAE
DE MADAGASCAR. XVIII
par J. Bosser et P. Morat
Résumé : Le genre Eulophiella Rolfe, endémique de Madagascar, ne comprenait
jusqu’ici que deux espèces. Une troisième espèce a été découverte et est décrite. Une variété
nouvelle de l’espèce bien connue, Angraecum sesquipedale Thou. est établie.
Summary: A new species of Eulophiella Rolfe, endemic genus from Madagascar,
has been discovered and is described here. A new variety of the well known Angraecum
sesquipedale is established.
A. — DESCRIPTION D’UN EULOPHIELLA NOUVEAU
Eulophiella Rolfe, genre endémique malgache, comprenait jusqu’à
présent deux espèces, extrêmement spectaculaires : E. roempleriana (Rchb. f.)
Schltr. et E. elisabelhae Rolfe. Ce sont de grandes orchidées épiphytes,
E. roempleriana étant strictement inféodée à une espèce de Pandanus,
E. elisabelhae semblant avoir moins d’exigence quant à son support et
pouvant se rencontrer sur des palmiers voire sur des fougères arborescentes.
Récemment, a fleuri au parc botanique de Tsimbazaza à Tananarive,
une plante provenant de la Côte Est de l’île, mais dont on ignore malheureu¬
sement la localité précise d’origine. L’étude que nous en avons faite nous
conduit à la considérer comme une espèce nouvelle, voisine d’£. elisabehae,
dont elle se sépare par des caractères floraux très nets.
Eulophiella capuroniana J. Bosser et P. Morat, sp. nov.
Ab E. elisabethae habilu graciliore, floribus minoribus labello dissimililer ornalo
differt.
Herba epiphytica?, rhizomatosa, pseudolbubis 1-3-folialis, veluslioribus defoliatis
annulis nolalis. Foliorum lamina auguste linearis, in longum corrugata 50-70 cm longa,
1,5-3 cm lata, apice acuta, basi in pseudopetiolum angustata.
Inflorescentia transversa velpendens, 30-40 cm longa; racemus terminalis, pauciflorus
(4-9-ftorus), 10-15 cm longus ; florum bracteae ovario breviores. Flos carnosus subluteus;
sepalis oblongis, glabris, leviter concavis, apice rotundatis, 1,4-1,8 cm longis, 0,9-1,1 cm latis ;
petalis paulo minoribus, oblongis, subspatulatis, 1,5-1,6 cm longis, 0,7-0,8 cm latis ; labello
Source : MNHN, Paris
— 74 —
PI. I. - Eulophiella capuroniana J. Bosser et P. Morat : 1, port de la plante; 2, inflorescence;
3, fleur, vue de 3/4; 4, labelle, vu du dessus; 5, pétale; 6,sépale latéral;7, sépale médian;
8, colonne; 9, anthère, vue du dessus; 10, pollinaire.
Source : MNHN, Paris
— 75 —
1,0-1,2 cm longo, calcare deslitulo, trilobato, lobis basilaribus ereclis, rotundatis, lobo
terminali taxe ovato vel suborbiculari, patente, pagina superiore verrucoso, basi pilis aliquibus
raris munito, palato basi carinis 2 convergentibus, ante carinis 2 rotundatis parum allis
continuatis ornato ; columna erecta, 0,8-0,9 cm alla, basi pede 0,4-0,5 cm longo munita;
anthera subconica, ante truncata emarginata, rétro crista carnosa munita; relinaculo in
lamella deltoidea constituto, hac 0,5 mm longa, ante truncata incrassata ; ovarium pedicella-
tum 3-4 cm longum.
Type : Jard. Bot. Tananarive 1405; Côte Est, Madagascar (holo-, P!).
Plante très probablement épiphyte, à rhizome ligneux et grêle de 3-5 mm
de diamètre, dont les nœuds portent des fibres provenant de la désagrégation
des gaines. Pseudobulbes jeunes cauliformes, à 1-3 feuilles, âgés défeuillés,
annelés, les anneaux, comme sur le rhizome, portant des fibres vestiges
des gaines foliaires. Feuilles linéaires étroites, plissées longitudinalement,
dressées, à 3 nervures principales saillantes face inférieure.
Inflorescence naissant à la base du jeune pseudobulbe, croissant horizon¬
talement ou plus ou moins pendante, à pédoncule et gaines vert clair, tachés
de rouge vineux, muni à la base de 4-5 gaines membraneuses, imbriquées
et de 4 gaines caulinaires tubuleuses, lâches, plurinerves, de 1-1,5 cm de
long, beaucoup plus courtes que les entre-nœuds. Grappe de 10-15 cm de
long, lâche; bractées florales vertes, un peu charnues, ovées subaiguës, conca¬
ves, plurinerves, atteignant 10 mm de long sur 7 mm de large pour les
inférieures, décroissant de taille vers le sommet. Fleurs à sépales et pétales
jaune pâle, d'un jaune plus franc sur la face externe qui est aussi ponctuée
de quelques taches rosées. Labelle jaune très pâle, presque blanc, taché de
rose. Sépales oblongs, un peu élargis et arrondis au sommet, très faiblement
concaves, arrondis sur le dos, étalés, les latéraux un peu plus larges que le
médian; pétales oblongs, arrondis et élargis subspatulés au sommet, un
peu plus petits que les sépales; labelle trilobé, à lobes basaux dressés,
subrectangulaires, arrondis aux angles, lobe terminal largement ové ou subor-
biculaire, de 5-5,5 mm de diamètre, étalé, faiblement concave, verruqueux
face supérieure et ayant à la base quelques rares poils dressés, palais orné
de 2 carènes basales convergentes ayant entre elles, à leur extrémité antérieure
2 ou 3 petits mamelons charnus, arrondis, ces carènes prolongées vers la
partie antérieure du labelle par 2 crêtes médianes peu élevées, arrondies
à leur extrémité, atteignant environ le milieu du labelle; colonne hémicylin¬
drique, arrondie sur la face postérieure, un peu concave face antérieure,
munie, à la base, d’un pied à l’extrémité duquel s’articule le labelle; fosse
stigmatique subterminale, clinandre muni à l’arrière d’une petite pointe
deltoïde sur laquelle s’insère l’anthère; anthère subconique, de 2 mm de
diamètre, tronquée et un peu émarginée à l’avant, munie d’une crête charnue,
médiane, à l’arrière; pollinies hémisphériques, aplaties sur une face, de
0,8-1 mm de diamètre, rétinacle charnu en pointe deltoïde de 0,5 mm de
long, tronqué et épaissi à la base; ovaire pédicellé vert clair, plus ou moins
taché de rouge vineux.
Cette plante rappelle par son port E. elisabelhae, mais elle est plus
grêle, à feuilles étroites et surtout à fleurs plus petites, jaunâtres, à labelle
Source : MNHN, Paris
__ 76 —
PI. 2. — Angraecum sesquipedale Thou. var. angustifolium J. Bosser el P. Morat : I, port de
la plante; 2, labelle vu du dessus et départ de l’éperon; 3, fleur vue de l’arrière montrant
l’ovaire et l'éperon; 4, colonne vue du dessus: 5, anthère, vue du dessus; 6, pollinaire.
orné sur le dessus de crêtes d’un dessin différent; en particulier, E. elisabethae
possède à l’extrême base du labelle un gros callus charnu, hémisphérique,
tronqué sur le dessus plus ou moins divisé en deux parties, qui est totalement
absent chez E. capuroniana.
Source : MNHN, Paris
— 77 —
B. — SUR UNE VARIÉTÉ NOUVELLE D’ANGRAECUM SESQUIPEDALE Thou.
Angraecum sesquipedale Thou. var. angustifolium J. Bosser et P. Morat,
car. nov.
A typo differt caulibus gracilioribus, erectis, foliis subcoriaceis angustioribus, non
ultra, 1,5 cm latis.
Type : P. Morat 3834, baie d'Italy (Ouest de Fort-Dauphin), Madagascar (holo-, P.).
Plante héliophile, atteignant 40-50 cm de haut, croissant en touffes
denses sur des rochers. Tiges rigides, ligneuses, dressées, rarement couchées,
portant à la base de nombreuses racines adventives charnues, épaisses,
lisses. Feuilles rigides, subcoriaces, d’un vert clair, atteignant au plus 22 cm
de long sur 1,5 cm de large, pliées à la base puis étalées en V très ouvert,
marges lisses, sommet inégalement bilobé arrondi. Inflorescence uniflore,
rarement biflore, à pédoncule de 6-8 cm de long; ovaire pédicellé, glabre,
vert, cannelé au sommet, 7 cm de long; bractée florale largement ovée
concave, 11-13-nervée, de 1,5-2 cm de long. Fleur blanche, charnue, de
même forme et sensiblement de même taille que chez l’espèce; sépales
lancéolés aigus, étalés, de 7,5-8 cm de long sur 2-2,3 cm de large à la base;
pétales lancéolés aigus, larges à la base et un peu rétrécis au-dessus, de 7 cm
de long sur 2,3-2,5 cm de large; labelle triangulaire, subpanduré, de 7-7,5 cm
de long sur 3,7-4 cm de large, faiblement concave, aigu et comprimé latéra¬
lement subacuminé au sommet, angles basaux arrondis, déprimé le long
de la nervure médiane, muni, à la base, de part et d’autre de l’orifice de
l’éperon de deux callus latéraux arrondis, et d’une carénule médiane se
prolongeant dans l’orifice de l’éperon; éperon filiforme vert pâle d’environ
30 cm de long; anthère hémisphérique arrondie à l’avant, et munie d’une
carène médiane dorsale peu prononcée; colonne charnue, courte, à auricules
latéraux arrondis et dent médiane du rostelle peu développée; pollinies
fixées sur des viscidies séparées lancéolées aiguës.
Cette variété croît dans la zone de végétation de transition entre le
domaine humide de l’Est et le domaine subaride du Sud. On trouve dans
cette région des forêts denses de type ombrophile voisinant, pour ainsi dire,
avec des forêts semi-décidues ou des fourrés xérophiles à baobabs et euphor¬
bes crassulescentes. C’est dans ce type de formation intermédiaire que l’on
trouve également une sous-espèce d’une autre Angraecum bien connu,
Angraecum eburneum Bory subsp. xerophilum Perr. Il s’avère que la variété
que nous décrivons est bien fixée car, cultivée en serre depuis 1964 au Jardin
Botanique de Tsimbazaza à Tananarive dans des conditions assez éloignées
de celles de sa station d’origine, elle a gardé ses particularités végétatives
et phénologiques.
La variété angustifolium se distingue de l’espèce par son port dressé,
ses feuilles plus petites et nettement plus étroites, d’un vert plus clair.
L’inflorescence est moins développée et est le plus souvent uniflore. Chez
l’espèce elle peut avoir 3-4 fleurs. La taille de la fleur semble aussi un peu
Source : MNHN, Paris
— 78 —
réduite (les mensurations données plus haut sont prises sur la fleur fraîche)
mais il faudrait de nombreuses mesures pour en être certain. D’autre part
la var. angustifolium fleurit en mai-juin, quatre à six semaines avant la
floraison de l’espèce.
Bibliographie
Bosser, J. et Morat, P. — Contribution à l’étude des Orchidaceae de Madagascar, IX.
Les genres Grammangis Rchb. f. et Eulophiella Rolfe, Adansonia, sér. 2, 9 (2) :
299-309 (1969).
Perrier de la BXthie, H. — Orchidées in H. Humbert, Flore de Madagascar, 49 e famille,
2 vol. (1941).
Rolfe, R. A. — Eulophiella elisabeihae , Lindenia 7, tabl. 125 : 77-78 (1891).
Schlechter, R. — Orchidaceae Perrierianae, Fedde Repert. Beih. 33 : 268-270 (1925).
Laboratoire de Phanérogamie
Muséum. Paris.
Laboratoire de Botanique
Centre O.R.S.T.O.M. Tananarive.
Source : MNHN, Paris
Adansonia,
r. 2, 12 (1) : 79-102. 1972.
RÉVISION DU GENRE LU DI A Comm. ex Juss.
(FLACOURTIACÉES)
par H. Sleumer
Summary: The author has revised the genus Ludia on the base of the materials
found in the herbaria most important for the genus. Sixteen species are described as
new; a key to ail species is added.
Les collections de Ludia se sont enrichies énormément depuis le dernier
traitement du genre par Perrier de la Bâthie en 1946 pour Madagascar
et les Comores. Une révision du genre entier, basée sur les échantillons
déposés dans les herbiers de Leyde (L), Londres (BM), Kew (K), et surtout
de Paris (P), où se trouvent les collections africaines et malgaches les plus
importantes, paraît de ce fait justifiée. M. R. Capuron, Chef de la Division
de Botanique Forestière à Tananarive, avait bien voulu me communiquer
ses observations sur les caractères végétatifs et floraux de Ludia apportant
de précieux éléments pour la mise au point de ce travail.
LUDIA Commerson ex A. L. Jussieu
Juss., Gen. : 343 (1789); Gmel., Syst. ed. 13, 1 : 839 (1791); Lamk, Enc. 3, 2 : 612
(1792); III. 3,1 : 22, t. 466 (1799); Willd., Sp. PI. 2 : 1129 (1799); Jaume St.-Hil., Exp.
2 : 195 (1805); Pers., Syn. 2 : 72 (1806); Poir., Dict. 5 : 281 (1823); DC., Prodr. 1 : 261
(1824); Spr., Syst. 2 : 606 (1825); Don, Gen. Syst. 1 : 297 (1831); Endl., Gen. : 919
(1839); Clos, Ann. Se. Nat. 4, 4 : 364 (1855); ditto 8 : 243, errore « 343 » (1857); Benth.
in B. & H. f., Gen. PI. 1, 1 : 126 (1862); Oliv., Fl. Tr. Afr. 1 : 119 (1868); Tul., Ann. Sc.
Nat. 5, 9 : 334 (1869); Dur. et Schinz, Consp. Fi. Afr. 1, 2 : 217 (1898); Warb. in E. &
P., Nat. Pflfam., ed. 1,3,6a : 42 (1893); Gilg, ditto ed. 2,21 : 436 (1925); Lemée, Dict. 4 :
183 (1932); Perr., Mém. Mus. Nat. d'Hist. Nat. Paris, n.s., 13, 3 : 281 (1940); in
Humbert, Fl. Madag., Fam. 140 : 59 (1946); Capuron, Essai d’Introd. Étud. Fl. Madag.,
Tananarive : 100 (1957).
Espèce-type : L. mauritiana Gmel.
— Mauneia Thouars, Gen. Nov. Madag. : 6 (1806). — Espèce-type : M. madagascarien-
1. Ce travail a été exécuté avec une subvention du Centre de la Recherche Scientifi¬
que (C.N.R.S.) et de l'Organisation Néerlandaise pour le Développement de la Recherche
Scientifique (Z.W.O.).
Source : MNHN, Paris
TYPIFICATION DU GENRE
La description originale de Ludia Comm. par Jussieu (1789) ne mention¬
ne aucune espèce; le nom spécifique L. mauritiana fut donné par Gmelin
(1791) (« Stylus apice 3-4-fidus »). En 1792, Lamarck reprend la description
générique de Jussieu et décrit trois espèces : 1. L. heterophylla, 2. L. myrtifo-
lia , 3. L. sessiliflora. Ce n’est qu’à propos de L. heterophylla que Lamarck
ajoute « Ludia Juss. », et par conséquent cette espèce fut reconnue comme
espèce-type (pas lecto-type!) dans l’Index Nom. Gen. Cette décision n'est
plus admissible parce que le nom L. mauritiana est plus ancien que celui
de L. heterophylla.
Après une nouvelle étude de tout le matériel, il apparaît que L. hetero¬
phylla est une espèce du genre Scolopia Schreb. (1789, nom. cons.); dans la
description de L. heterophylla les caractères : « Stylus obscure 3-lobus »
et « flores pedicellati » ne correspondent pas à la description originale
de Ludia par Jussieu, qui mentionne ; « Stylus apice 3-4-fidus » et « flores
subsessiles ». La seule des trois espèces de Ludia de Lamarck qui correspond
complètement à la description générique originale (et à celle de L. mauritiana
Gmel.) est L. sessiliflora Lamie. Celle-ci devient donc synonyme de la L.
mauritiana. L. myrtifolia Lamk est aussi une espèce de Scolopia.
DESCRIPTION DU GENRE
Fleurs hermaphrodites. Tépales (« sépales » chez auteurs divers)
5-8 (-10), unisériés, ± égales, imbriqués, couverts de poils simples. Pétales
0. Étamines nombreuses, hypogynes, insérées sur un réceptacle aplati,
glabre, ou à poils simples, ou encore très rarement pourvu de glandules
entre la base des filets staminaux, souvent muni d’un rebord glanduleux
(« disque ») lobulé, glabre ou pubescent; filets filiformes, de largeur ±
inégale; anthères petites, obtuses, basifixes, déhiscentes longitudinalement;
connectif à peine visible ou très peu développé en forme d’apicule dépassant
légèrement les loges. Ovaire libre, uniloculaire, à 2-4 placentas pariétaux
bi- à multiovulés; style simple (souvent allongé), en général ± profondément
(2-) 3-4-furqué(rarement 3-lobé); stigmates larges et lobés. Fruit bacciforme,
non ou à peine déhiscent; péricarpe coriace, souvent couvert à l’intérieur
d’une couche de concrétions scléreuses (graines mal développées?); graines
(1-) 2-4 (rarement plus), à testa généralement épais et dur (rarement mince);
albumen copieux.
Arbres ou arbustes, rarement épineux. Feuilles alternes, en général
persistantes et ± coriaces, rarement membraneuses et caduques (ou partiel¬
lement caduques), glabres ou rarement pubescentes, entières ou légèrement
dentées-crénelées, palmati- à penninervées-pétiolées, ou rarement presque
sessiles, sans stipules; nervures secondaires souvent en réseau, ± saillantes,
à mailles allongées et ± ascendantes.
Fleurs axillaires, solitaires, ou très rarement en groupes de 2-3, sessiles
ou pédicellées; pédicelles articulés; pédoncule (en général très court, ou
Source : MNHN, Paris
— 81 —
même nul), un peu allongé dans le fruit, avec 2 à plusieurs bractées squa-
miformes, imbriquées et ± basales, persistantes comme les tépales
sous le fruit.
Note : La distinction entre les genres Ludia et Scolopia est fondée en
première ligne sur l’absence, ou la présence des pétales, caractère générale¬
ment considéré dans les Flacourtiacées comme générique. Perrier (1940,
p. 281) écrit « les pétales des Scolopia sont parfois peu distincts des sépales
et n’alternent pas toujours nettement avec eux ». En vérité, les pétales chez
les Scolopia — résultat d’une révision récente de l’auteur, sous presse —■
sont toujours présents dans les stades initiaux des fleurs (boutons) et forment
une série intérieure, tandis que les sépales forment une série extérieure.
En général, les pétales sont également ± persistants, mais il y a des espèces
chez lesquelles ils sont caducs assez tôt, laissant ainsi un espace entre les
sépales, et dans la plupart des espèces, ils sont à peine visibles sous le fruit
mûr. Chez Ludia, les pétales sont absents, et les tépales (« sépales » chez
divers auteurs) sont unisériés. Dans les espèces de Ludia à fleurs (sub)
sessiles, les bractées ressemblent tellement aux tépales, qu’elles peuvent être
interprétées de façon superficielle comme étant des « sépales », mais elles
sont toujours opposées par paires.
Certains caractères floraux, utilisés pour séparer Ludia de Scolopia,
par certains auteurs jusqu’à Gilg (1925), tels que connectif à peine agrandi
chez Ludia, ± allongé chez Scolopia, et style ± profondément 3-4-fourqué
chez Ludia, brièvement 3-lobé ou subcapité chez Scolopia, se retrouvent
dans diverses espèces des deux genres.
Le réseau des nervures secondaires à des mailles allongées et étroites,
comme on l’observe chez Ludia mauritiana et d’autres espèces voisines,
fut aussi jugé comme caractère distinctif au niveau du genre (Warburg,
1893); cependant, chez les Flacourtiacées, le type de nervation n’apporte
aucune indication sur l’appartenance générique des espèces.
CLÉ DES ESPÈCES
1. Disque sans rebord Iobulé apparent.
2. Feuilles larges, 7-13 (-21) x (-3) 3,5-5 (-11) cm, nettement palmatinervées
à la base, coriaces, entières. Tépales pubescents sur toute la face interne.
Madagascar . 1. L. scolopioides
2'. Feuilles plus petites, penninervées. Tépales glabres sur la face interne, au
moins dans la partie inférieure :
3. Arbustes ou arbres généralement épineux. Feuilles peu coriaces,
flexibles, à nervures secondaires et tertiaires peu distinctes les unes
des autres, fortement ascendantes. Madagascar.2. L. madagascariensis
3'. Arbustes ou arbres inermes. Feuilles ± coriaces, à nervures secon¬
daires plus distinctes des tertiaires et nettement moins ascendantes.
Madagascar . 3. L. glaucocarpa
Source : MNHN, Paris
— 82 —
Disque à rebord glanduleux toujours bien apparent et ± lobulé.
4. Arbustes ou arbres au moins partiellement épineux (feuilles ne dépas¬
sant pas 4 cm de longueur).
5. Feuilles entières, 1-1,8 (-2) x 0,3-0,8 cm, coriaces, à bords ± révo-
lutés et nervures fortement ascendantes. Pédicelle du fruit de 5-7
mm. Madagascar . 4. L. myrioides
5'. Feuilles à limbe denté, moins coriaces, relativement plus larges.
Pédicelle du fruit de 1-2 mm :
6. Feuilles à limbe de 6-15 mm de longueur. Madagascar 5. L. erosifolia
6'. Feuilles à limbe de 12-30 (-40) mm de longueur. Madagascar
. 6. L. ludiaefolia
4'. Arbustes ou arbres toujours inermes :
7. Feuilles à limbe denté ou crénelé (parfois sur une seule marge,
entière sur l’autre), au moins dans la moitié supérieure ou au
sommet, à dents rarement réduites (marquées par une simple
glande, ou atténuées en une crènelure ondulée) :
8. Feuilles caduques; pétiole grêle et courbé de ± 1 cm de lon¬
gueur. Madagascar . 7. L. leandriana
8'. Feuilles persistantes; pétiole ± épais :
9. Feuilles sessiles ou presque, base du limbe obtuse ou pres¬
que arrondie. Madagascar . 8. L. sessilis
9'. Feuilles nettement pétiolées (pétiole court : base du limbe
cunéiforme ± aiguë) :
10. Réceptacle glabre entre les bases des filets staminaux :
11. Feuilles ± oblancéolées (3-6 x 0,7-1,5 cm). Lobes
du disque glabres. Madagascar . 9 . L. imontiensis
11'. Feuilles oblongues, elliptiques, ou obovales :
12. Feuilles (2-) 3-5 x (1,5-) 2-3 cm. Lobes du
disque pubescents sur leur marge externe.
Madagascar. 10. L. antanosarum
12'. Feuilles (7-) 8-13 x 3-5,5 cm. Lobes du disque
glabres. Madagascar. il. L. ankaranensis
10'. Réceptacle pubescent entre les bases des filets stami-
13. Feuilles à limbe de grande taille (11-15 x 4,5-6,5
cm), à dents marquées ou effacées, et à réticulation
peu distincte. Madagascar . 12. L. faradifani
13'. Feuilles à limbe généralement plus petit, à dents
bien marquées et à réticulation nettement saillante
au moins à la face inférieure :
14. Feuilles obovales, ne dépassant pas 3 x 2 cm ;
pétiole de 1-2 mm de longueur. Madagascar
. 13. L. chapelieri
14'. Feuilles nettement plus grandes; pétiole plus
développé. Madagascar. 14. L. pinnatinervia
T. Feuilles à limbe entier (parfois quelques glandes marginales distan¬
tes et non saillantes, à peine visibles) :
15. Feuilles (à limbe étroitement elliptique-oblong) à bords révo-
lutés, le plus souvent terminées par un mucron presque piquant,
base étroitement arrondie, nervures secondaires indistinctes des
tertiaires, toutes fortement ascendantes et presque parallèles à
la nervure principale. Madagascar. 15. L. dracaenoides
Source : MNHN, Paris
— 83 —
15'. Feuilles à limbe sans mucron piquant, à base généralement
atténuée-cunéiforme, non révoluté sur les bords :
16. Feuilles pratiquement sessiles. Madagascar .... 16. L. brevipes
16'. Feuilles pétiolées (pétiole d’au moins (1-) 2 mm) :
17. Des glandules petites entre les bases des filets stami-
naux. Bord du disque ± densément pubescent.
Feuilles ± membraneuses. Madagascar... 17. Z., suarezensis
17'. Pas de glandules entre les bases des filets staminaux.
Feuilles chartacées ou coriaces à leur complet déve¬
loppement :
18. Réceptacle glabre ou presque (poils particuliers
entre les bases des filets staminaux) :
19. Nervures secondaires très fines, faiblement
individualisées par rapport aux nervures
tertiaires, mailles du réseau de nervilles
allongées dans le sens de la longueur du
limbe; celui-ci généralement atténué et pro¬
longé par un acumen ± brusquement aigu.
(Fleurs nettement sessiles; anthères apicu-
lées.) Madagascar. 18. L. wikslroemiifolia
19'. Nervures secondaires généralement bien
distinctes des tertiaires, mailles du réseau de
nervilles ± isodiamétriques :
20. Feuilles membraneuses ou faiblement
coriaces. Fleurs pédicellées (pédicelle
d’au moins (1-) 2 mm) :
21. Feuilles caduques au moins en
partie. Tépales orbiculaires. Mada¬
gascar . 19. L. boinensis
21'. Feuilles persistantes. Tépales spa-
tulés. Comores . 20. L. comorensis
20'. Feuilles (persistantes) assez coriaces.
Fleurs nettement sessiles. Madagascar
. 21. L. ikongoensis
18'. Réceptacle ± densément pubescent entre les
bases des filets staminaux :
22. Fleurs distinctement (au moins 1 mm) pédi¬
cellées à l’anthèse. Tépales faiblement pu-
bescents à l’extérieur. Madagascar 22. L. pachyadenia
22'. Fleurs nettement sessiles à l’anthèse. Tépa¬
les ± laineux à l’extérieur :
23. Nervures secondaires bien distinctes
des tertiaires, ± courbées-ascendantes,
à mailles des nervilles ± isodiamétri-
ques. Feuilles acuminées au sommet.
Madagascar . 19. L. boinensis (var.)
23'. Nervures secondaires peu distinctes des
tertiaires, toutes fortement et ± étroi¬
tement ascendantes. Feuilles obtusé-
ment atténuées ou arrondies, rarement
obtusément acuminées au sommet.
Madagascar, Maurice, Seychelles, Al-
dabra, Zanzibar, Tanganyika, Kenya
Source : MNHN, Paris
— 84 —
1. Ludia scolopioides Capuron et Sleumer, sp. nov.
Frutex état us vel saepius arbor 5-20 (-28) m alla, trunco usque ad 30 cm diam., cor lice
laevi. Ramuli crassi, citissime cortice in sicco striato cinereo-brunnescenli lenui lenticellisque
minuiis obtecti. Folia persisienlia, oblonga usque elliplica, apice breviier allenuala vel obtuse
suhacuminala, rarius subrolundata, basi in peliolum cuneaia, coriacea, supra lucida,
glabra, margine paullo revolulo integra, (7-) 8-13 (-19,-21) cmlonga, (3-) 3,5-5 (-8,-11) cm
lata, nervis basalibus aile ascendentibus supra ± impressis, subtus valde prominentibus
3-plinervia, interdum sub-5-plinervia (pare exteriore minus distincto), nervis superioribus
brevioribus a Costa angulo acuto abeuntibus (!-) 2-4-paribus minus elevatis, venis numerosis
certe inferioribus ± horizontalibus, superioribus sat irregularibus, cum rete venularum
subdenso utrinque imprimis subtus elevatis ; petioli 8-12 mm longi, 1-1,5 mm crassi.
Flores axillares solitarii vel bini. Pedunculi 3-6 mm longi et 0,5-0,8 mm crassi, cum
pedicello articulati. Pedicelli sub anthesi subappresse laxeque crispulo-pilosi, 5-6 mm longi.
Tepala, ut videtur, uniseriata (5-) 6-7 (8-), variabilia, subovato-oblonga, obtusa, interdum
pro parte ± alternatim angusliora (petaloidea ?), dorso laxissime, intus dense subappresse
albopilosa, ciliata, 2 mm longa, 1-1,8 mm lata. Receptaculum dense albopilosum. Discus
nullus. Stamina 80-100 ; antherae haud vel brevissime connectivo prorumpente apiculatae.
Ovarium glabrum ; Stylus gracilis, sub anthesi 3-5 mm longus, apice initio breviter, deinde
profundius (c. 1 mm) 3-furcatus. Fructus subglobosus, apiculatus, in sicco mamillatus,
viridis, 2-2,5 cm diam., semina 2-3 bene evoluta atque concretiones 2-4 omnino sclerificatas
(semina haud bene evoluta?) continens, pedicello cum pedunculo 1-1,5 cm longo, 1-1,5
Type : SF 7833, PK 56, route Anosibe-Moramanga (holo-, P; iso-, L).
Madagascar : Sambirano : R.N. 6, Lokobé, Nossibé, RN 2696. — Centre (Nord) :
Bealanana, R. N. 4, RN 4731 ; Andapa, Anjanaharibe, 900 m, SF 944, Cours 3895. —
Centre (Est) : Ambatondrazaka, Manakambahiny, Est, RN 10565 ; vallée de la Saharara,
SF 18749; Manjakandriana, Antsehanibaro, SF 15869; Moramanga, Périnet, 140 B-R-
172, SF 3330, 3740, 4362; Marivolanitra, I 000 m, SF 26198 ; PK 56, route Anosibe-
Moramanga, fl. 19-10-1953, SF 7833 (L; P, type); Anosibe, Androrangabe, Cours 2768;
Andrombovato, à l'Est de Fianarantsoa, SF 11585. — Est (Nord) : Antalaha. forêt
d'Andrakaraka, SF 9241 (foliis minoribus obovatis, obtusis, 3,5-5 x 2-3 cm). — Est ;
S. de Soanierana-lvongo, forêt sublittorale de Sahavolamena, SF 23796; Tamatave,
R. N. 1, RN 2848; Vohipeno, forêt d'Andranomangatsiaka, SF482I.
Habitat : Forêt ombrophile, du bord de mer jusqu'à I 000 m d’altitude.
Usages : Bois teinté de rose, pour constructions.
2. Ludia madagascariensis Clos
Ann. Sc. Nat. 4, 8 : 244 (1857); Tul., Ann. Sc. Nat. 4, 9 : 334 (1869); Warb. in
E. & P., Nat. Pflfam., ed. I, 3, 6o : 42 (1893); Dur. et Schinz, Consp. Fl. Afr. 1, 2 : 217
(1898); Gilg, ditto ed. 2, 21 : 437 (1925); Perr., Mém. Mus. Nat. d’Hist. Nat. Paris,
n.s., 13, 3 : 282 (1940); in Humbert, Fl. Madag., Fam. 140 : 61, tab. 10, 3-8 (1946).
— Mauneia madagascariensis Steud., Nom., ed. 2, 2 : 107 (1841) (basé sur Mauneia
Pet.-Thouars, Gen. Nov. Madag. : 6 (1806).
Arbustes ou arbres, atteignant parfois 15 mètres de hauteur, presque
toujours munis d’épines courtes, au moins sur quelques rameaux. Jeunes
rameaux rougeâtres, pubérulents, couverts de petites lenticelles allongées.
Feuilles persistantes, variables quant à la forme et aux dimensions, sur un
même rameau, ovales ou elliptiques-lancéolées, ou obovales-cunéiformes,
rarement suborbiculaires, atténuées et obtuses au sommet, cunéiformes à
Source : MNHN, Paris
— 85 —
Source : MNHN, Paris
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la base, submembraneuses ou coriaces, glabres, grisâtres ou olive-brun sur
le sec, à bords entiers ou un peu crénelés-dentés (les rejets portant des dents
plus grandes), (l,5-)2-4(-5) x (0,6-)l-2(-2,8) cm; 4-5 paires de nervures
secondaires et tertiaires (peu distinctes les unes des autres) fortement
ascendantes, formant un réseau dense à mailles étroites et allongées, égale¬
ment peu élevé sur les deux faces; pétiole pubérulent, l-2(-3) millimètres.
Fleurs axillaires, solitaires, parfois géminées ou par 3, à pédoncule
court (1-2 mm) et pédicelle (également pubescent) de 2-3(-5) millimètres,
muni de 2 bractéoles opposées à l’articulation avec le pédoncule. Tépales
5 (6), ovales, arrondis au sommet, ciliés, peu pubescents sur la face externe.
Réceptacle muni de poils entre les bases des filets staminaux. Disque absent.
Étamines 40-50; anthères à apicule obtus très court. Ovaire glabre, atténué
en style de 3-4 mm, les branches stylaires bien développées à la fin de
l’anthèse. Fruit globuleux, mamelonné, c. 12 mm de diamètre, rouge sombre
ou violet à pleine maturité; 4-5 graines obovales assez irrégulières, compri¬
mées (5x3 mm), entourées de concrétions scléreuses.
Madagascar : Centre : Environs Sud de Sandrangato, roule Moramanga-Anosibe,
SF 24418bis; Anavelona, SF 12146; Fort Carnot, SF 16131 ; Massif d’Anorimbato,
à l’Ouest d’Ambaravaranala, aux confins de la haute Mahavavy et de la haute Bebao,
SF 29173 ; Ankarahara, à l’Ouest de Moramanga, SF 23999. — Est : Ile Ste-Marie,
« ad Sasifont et Canambo», Boivin (P); Ambatondrazaka,Lac Alaotra,Chutes du Manin-
gory, Homolle, déc. 1944; Tamatave, R. N. 1, RN 6428; Ambodiriana, RN 6186, 8227;
Brickaville, Tampina, Perrier 13309; Ambila, Decary 6314 ; Moramanga, Analamazaotra,
Perrier 4648. — Sans localité : Pelil-Thouars (P, type de Mauneia madagascariensis),
Commerson (FI; P, type de L. madagascariensis ); Gerrard 106 (K).
Habitat : Forêts ombrophiles, du littoral jusqu’à 900 m d’altitude.
3. Ludia glaucocarpa Capuron et Sleumer, sp. nov.
Fruiex vel arbuscula usque ad 5 m alla, cortice lenui laevi, spinis nullis. Ramuli inter
robusliores, griseo-corticari. Folia persislenlia, subovato- vel oblongo-elliptica, apice laie
alienuaia et oblusa, interdum rotundata, basi laie allenuata usque sublruncala, coriacea,
rigida, glabra, integra vel praecipue in speciminibus juvenilibus in inferiore laminae tertio
dilatato grosse paucecrenata vel repanda, (3-) 4-7 cm longa, 2-3 cm lata, nervis 4-6-paribus
a costa angulo c. 45 0 abeuntibus distinctis, cum rete venarum venularumque denso supra
parum, subtus altius prominulis ; petioli 2-3 mm longi, c. 1 mm crassi.
Flores axillares solitarii, statu deflorato vel fructus immaluri tantum cogniti. Pedunculi
sub fructu 1 mm, pedicelli puberuli 2-3 mm longi, fere 1 mm crassi. Tepala 6-7, ovata,
oblusa, dorso breviter pubescentia, intus apicem versus pilosa, ceterum glabra, 1,5 mm longa.
Receptaculum dense albopilosum. Discus nullus. Stamina 80-100 ; antherae connectivo
breviter obtuse apiculatae. Ovarium glabrum ; Stylus sub fructu c. 3 mm longus, apice breviter
3-furcatus. Fructus submaturus, ovoideus, stylo apiculatus, in sicco glaucus, mamillatus,
c. 1 cm diam.; semina (3-) 4-6 strato pericarpii interiore sclerificato c. 1,5 mm crasso
circumdata.
Type : SF 28633 Capuron, Fort-Dauphin, forêt de Mandena (holo-, P; iso-, L).
Madagascar : Est (Sud) : Mananjary, forêt de Manampano près Anotranotra,
SF 16171 ; Fort-Dauphin, forêt de Mandena, fr. immat. 9-12-1968, SF 28633 Capuron
(L; P, type); forêt de Vinanibe, SF22290, 22303.
Habitat : Forêt sublittorale sur sables.
Source : MNHN, Paris
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4. Ludia myrtoides Capuron et SIeumer, sp. nov.
Frutex vel arbuscula usque ad 10 m alla, Irunco usque ad 15 cm diam. Ramuli graciles
in partibus inferioribus defoliatis hic inde breviier et graciliier spinosi, noveili patenter
puberuli, vetustiores cito griseo-corticati dense minuteque lenticellati. Folia persistentia,
erecta, anguste obovata vel oblanceolata, coriacea, glabra, margine incrassato pauiio recurva,
1-1,8 (-2) cm longa, 0,3-0,8 cm lata, nervis basalibus pauiloque suprabasalibus 2-paribus
angulo acutissimo a Costa abeuntibus nervis superioribus 1-2-paribus aile stricteque ascen-
dentibus, cum venis rete utrinque aequaiiter prominulum formantibus ; petioli 0,5-1 mm longi.
Flores axillares solitarii, subsessiles, pedunculo sub anthesi 0,5, pedicellis aequaiiter
pubescentibus ( I-) 2 (-3) mm iongis, sub fructu cito usque ad l,resp. 5-7 mm accrescentibus.
Tepaia 5-6, irregulariter ovata ( 1 vel 2 saepius angustiora), subacuta, dorso subglabra,
ciliata, c. 1,5 mm longa. Receptaculum subdense pilosum. Disci lobi 5, crassi, margine
taxe pilosuli. Stamina c. 40; antherae connectivo brevissimo vel vix superatae. Ovarium
glahrum; Stylus c. 2 mm longus, apice breviter 2-3-furcatus. Fructus submaturus c. 7 mm
diam., pericarpio tenui strato interiore intus apice tantum sclerificato, semina 2-3 continens.
Type : SF 6853 Capuron, Menabé, forêt de Tsiampihy (holo-, P; iso-, L).
Madagascar : Ouest : Antsalova, Ménabé, forêt de Tsimembo, à l'Est d'Ambereny,
fr. 29/31-3-1966, SF 24601 ; forêt de Tsiampihy et forêts côtières près de Besaraha, de
Bemiha et de Soahanina, 0-20 m, Leandri 2212; Menabé, forêt de Tsiampihy, à l’Est
de Besara, fl. 22-12-1952, SF6853 Capuron (L; P, type).
Habitat : Forêt tropophylle.
5. Ludia erosifolia SIeumer, sp. nov.
Arbor 12 m alla, trunco 30 cm diam., cortice modo platani caduco. Ramuli graciles,
in partibus vetustioribus spinis tenuibus usque ad I cm Iongis armati, apicibus patenter pube¬
ruli, deorsum griseo-corticati denseque minute lenticellati. Folia persistentia, latius vel
angustius obovata, apice vel in tertio superiore crenaturis paucis usque ad 1 mm profundis
quasi erosa, ceterum integra, basin versus cuneata, subcoriacea, sat tenuia, glabra, in sicco
supra plumbea, subtus brunnescentia,6-l5 mm longa, (-4) 5-7 (-8) mm lata, nervis lateralibus
4-5-paribus a venis parum distinctis et cum eis angulo acuto a Costa aile ascendentibus
interque sese subparallelis, subtus tantum prominulis, rete venularum sat obscuro ; petioli
Flores axillares, solitarii, subsessiles, basi bracteolis paucis concavis fulti. Tepaia
sub ovario evoluto vel fructu juvenili 5 (-6) visa, ovata, concava, dorso glabra, ciliolata,
c. 1 mm longa. Receptaculum taxe pilosum. Disci lobi c. 10, subcrassi. Stamina (20-) 30 ;
antherae appendice connectivi brevissima superatae. Ovarium glabrum; Stylus gracilis apice
breviter 3-furcatus. Fructus submaturus globosus c. I cm diam., semina 2 continens ; peri-
carpium intus haud sclerificatum ; pedicellus vix 1 mm longus.
Type : SF 20067 Capuron, Madagascar : Ouest (confins du Centre) : montagne
d'Ambre, rive gauche de la Rivière des Makis en aval de la traversée de cette rivière par
la piste Joffreville-Andranofanjava, fr. immat. & submat. 21-11-1958 (holo-, P; iso-,L).
Habitat : Forêt tropophylle.
6. Ludia ludiaefolia (Perrier) Capuron et SIeumer, comb. nov.
— Flacourtia? ludiaefolia Perr., Mém. Mus. Nat. d'Hist. Nat. Paris, n.s., 13, 3 : 265
(1940); in Humbert, FI. Madag., Fam. 140 : 10, tab. 2, 5-6 (1946).
Arbuste ou arbre de 3-10 m de hauteur; écorce platanoïde. Rameaux
grêles, portant quelques épines de 5-10 mm de longueur dans les parties
plus âgées et déjà défoliées, couverts de poils bruns, courts et curvulés,
Source : MNHN, Paris
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à l’état juvénile, ainsi que les pétioles et la nervure médiane de la feuille
en dessous. Feuilles persistantes, obovales-cunéiformes, oblongues- ou
elliptiques-cunéiformes, subcoriaces ou minces mais assez rigides, glabres
(1,2-) 1,5-3 (-4) x 0,7-1,5 (-2,5) cm, très variables sur le même rameau, sommet
obtus, bordé dans la partie 1 /3-1 /2 supérieure de 5-10 dents ou crènelures
assez profondes; nervation pennée-réticulée, fine, visible sur les 2 faces,
nervures secondaires 10-12 paires étroitement ascendantes, les dernières
mailles allongées; pétiole de (-1) 2-3 mm.
Fleurs (SF 24338) axillaires, solitaires, subsessiles; pédicelle de 0,5-1
mm, enfermé dans des bractéoles. Tépales 5-6, ovales, obtus, pubérulents
comme les pédicelles, ciliés, de 1-1,5 mm. Réceptacle pubescent. Disque à
rebord constitué de nombreuses glandes. Étamines 80-90; anthères à connec¬
tif apiculé. Ovaire glabre; style grêle, de 2-3 mm, à 3-4 branches courtes.
Fruit globuleux, de 2-2,5 cm de diamètre, apiculé par les restes du style;
graines 5-6, à testa très épais et dur.
Madagascar : Ouest : Maevatanana, près de Bemikimbo, au N. d’Amboromalandy,
défi. 29-11-1965, SF 24338 Capuron; Ambongo, plateau d’Antanimena, Perrier 1512
(P; type de Flacourtia ludiaefolia).
Habitat : Forêt tropophylle.
7. Ludia leandriana Sleumer, sp. nov.
Frutex vel arbor usque ad 20 m alla, trunco usque ad 40 cm diam., corlice modo
platani caduco. Ramtdi glabri, cilissime albido-brunnescenti-corticati, inermes. Folia ut
videlur, decidua, ovata vel elliplico-, rarius ( in eodem ramulo) etiam oblongo-ovata, tenuiter
coriacea, glabra, supra nitidula, in parle 213 superiore sai irregulariler el 1-2 mm profunde
crenala ( inlerdum uno latere crenaia, altero integra), 4-6 cm longa, 2-3 ( -3,5) cm lata,
nervis lateralibus numerosioribus(6-8, raro -10)a cosla angulo aculo sa! stricte ascendenlibus,
ante marginem furcalo-dissolulis, utrinque parum elevalis, venis venulisque réticulum densum
distinctum, sed nervis minus prominulum formantibus ; petioli graciles, in sicco sicut Costa
rubescentes, saepius curvati, ± 10 mm longi.
Flores axillares solitarii, pedicellati, partibus marcescentibus sub fructu relin-
quentibus descripti. Pedunculi brevissimi; pedicelli fructificatione c. 1 cm longi et 1 mm
crassi, glabri. Tepala 6 (-8?), irregularia (alternatim paullo minora?), ut videtur
uniseriata, ovata, dorso glabra, ciliata, 1,5 mm longa. Receptaculum subdense pilosum.
Discus e lobis 10-12 crassis formatus. Stamina 80-90 (-100?); antherae connectivo
brevissime vel hau apiculatae. Ovarium glabrum ; Stylus breviter 3-lobus. Fructus globosus,
2-2,5 cm diam., pericarpio coriaceo sat tenui intus haud sclerificato, semina 4 continens;
testa ossea 1 mm crassa.
Type : Leandri 2181, Antsalova, forêt d'Antsingy (holo-, P; iso-, L).
Madagascar : Ouest : Antsalova, forêt d'Antsingy, vers Ambodiriana, 100-150 m,
fr. 6/16-12-1952, Leandri 2181 (L; P, type), SF 6830; ibid., vers Bevary, 400-600 m, fr.
27-1 /5-2-1960, Leandri (& Saboureau) 2789.
Habitat : Forêt tropophylle sur calcaires, jusqu’à 600 m d’altitude.
Source : MNHN, Paris
89
PI. 2. — Ludia leandriana : 1, rameau, x 2/3; 2, fruit, x 2/3 (Leandri 2181). — L. sessilis : 3,
rameau, x 2/3; 4, fleur, x 4 {8221 RN). — L. imontiensis : 5, rameau, x 2/3; 6, très
jeune fruit montrant encore sépales et disque en glandes x 4 ( 22419 SF). —L. antanosarum:
7, rameau avec fruit, x 2/3 (22309 SF); 8, rameau, x 2/3 montrant la variation foliaire
(<S/<5 SF).
8. Ludia sessilis Sleumer, sp. nov.
Arbor inermis. Ramuli leviler angulati , citissime corticati, lenticellis sparsis obsili.
Folia persistentia, oblonga vel elliptica, apice laie attenuata et obi usa, interdum subrolundala,
basi laiissime attenuata usque rotundata, subcoriacea, sat /irma, glabra, in sicco brunnescen-
tia vel livida, imprimis parte superiore laminae distanter per 0,5-1 mm profunde subserrato-
Source : MNHN, Paris
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crenata, 5-8,5 cm longa, 2,5-4 (-5) cm lata, nervis basalibtis 2-paribus angulo acuto usque
ad tertiam inferiorem laminae partem substricte ascendentibus, superioribus 5-6 (-8) -paribus
brevioribus a Costa angulo maiore orientibus, omnibus supra sat obscuris, subtus promi-
nentibus, rete venarum et venularum denso utrinque aequaliter elevatulis; petioli
1 (-2) mm longi et I mm crassi.
Flores axillares solitarii, interdum bini, sessiles, basi bracteolis ovatis concavis pluribus
c. I mm longis quasi involucrati. Tepala 5 subaequalia, triangulari-ovata, subacuminata,
dorso glabra, ciliata, 1,5-2 mm longa. Receptaculum glabrum. Discus crassus, c. 10-lobulatus,
lobis ipsis crenulatis. Stamina 120-130 ; antherae apiculo connectivi brevissime superatae.
Ovarium glabrum ; Stylus crassus (2) 3-4 mm longus, apice per 1-2 mm 3-4-furcatus. Fructus
submaturus ovoideo-subglobulosus, mamillalus, c. 1,5 cm diam., stylo crasso 2-3 mm longo
et per 1,5 mm 3-4-furcato superatus ; pericarpium coriaceum ; semina 10-15 includens.
Type : RN 8221, Sambava (holo-, P; iso-, L.).
Madagascar : Est : Sambava, fl. 14-4-1956, RN 8221 (L; P, type); Tamatave,
R. N. 1, fr. 21-3-1951, RN 2856 (P).
Habitat : Forêt ombrophile.
9. Ludia imontiensis Capuron et Sleumer, sp. nov.
Arbor parva inermis. Ramuli graciles, novelli citissime albido-griseo-corticati, vetus-
tiores verrucoso-lenticellati. Folia persistentia, auguste oblonga usque oblanceolata, api-
cem versus late attenuata, ipso apice obtusa usque rotundata, basi in petiolum cuneata,
subcoriacea, glabra, in sicco pallida fere plumbea et opaca, primo visu integra, re vera in
superiore 112-113 parte dentibus glanduligeris ut roque latere (2-) 3-5 minulis subcrenulata
vel subserrata, (3-) 4-6 cm longa, 0,7-1,5 cm lata, Costa supra plana vel impressiuscula,
subtus bene prominente, nervis lateralibus utroque I e basi secus marginem usque ad 112-2/3
laminae longit. ascendentibus, ceteris superioribus 3-4 paribus multo minus distinctis, cum
rete venarum venularumque utrinque parum conspicuis vel subnulhs : petioli 2-3 mm longi.
Flores axillares solitarii, sessiles. Tepala 5, ovata, subacuminata, dorso glabra, ciliata,
1,5 mm longa. Receptaculum (sub) glabrum. Discus e glandulis crassis 8-10 formatus.
Stamina 50-60; antherae haud vel vix connectivo apiculatae. Ovarium glabrum, sursum in
stylum brevem conico-attenuatum, apice per fere I mm profunde 3-4 (-6) -furcatum. Fructus
Type : SF 22419 Capuron, Madagascar : Sud (limite orientale) : Berges de la rivière
Imonty, affl. de la Mananara, bassin du Mandrare, fl. & défi. 16-1-1963 (holo-, P; iso-,L).
Habitat : Vestiges de formations ripicoles sur les confins orientaux
de la végétation xérophile du Sud.
10. Ludia antanosarum Capuron et Sleumer, sp. nov.
Arbor parva usque ad 5 m alla, inermis, trunco usque ad 18 cm diam., cortice renui
laevi. Ramuli glabri, partibus junioribus cito griseo-corticati. Folia persistentia, in eodem
ramulo variabilia, elliptica usque obovata, pro parte oblongo-elliptica vel-obovata, apice
late attenuata usque rotundata, basi in petiolum cuneata, tenuiter coriacea, in sicco virides-
centi-lurida et :: opaca, glabra, in superiore 113-2/3 parte vel apice tantum leviter crenata
(interdum uno latere crenata, altero subintegra), rarissime (SF 4428) apice tantum crenatura
quasi emarginata (2-) 3-4 (-5,5) cm longa, (1,5-) 2-3 cm lata, nervis lateralibus pare
basali incluso 4-5-jugis, paullo irregularibus, utrinque minute elevatis, rete venarum et
venularum denso supra ± obscuro, subtus prominulo ; petioli 2-4 mm longi, c. 1 mm crassi.
Flores axillares solitarii, sessiles, basi bracteis deltoideis minulis 6-7 fulti. Tepala, 5,
± inaequalia, ovata, dorso glabra, ciliata, 1-1,5 mm longa. Receptaculum epilosum. Disco
Source : MNHN, Paris
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lobi crassi 10-15, margine superiore et exteriore manifeste albo-puberuli. Stamina c. 40;
antherae connectivo vix vel haud apiculatae. Ovarium glabrum; Stylus hrevis, apice in
ramos stigmatiferos 3-5 c. 1 mm longos /issus. Fructus submaturus 0,8-1 cm diam.,
atroruber, pericarpio tenui, semina 6-10 continens.
Type : SF 22309, Fort-Dauphin, environs de Vinanibe (holo-, P; iso-, L).
Source : MNHN, Paris
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Madagascar : Centre (Est) : Ambatondrazaka, Manaka, RN 10556 (forma
foliis minoribus); Manjakandriana, Mantasoa, SF 616 (forma foliis minoribus). — Est :
Mahanoro, SF 3275 ; Manakara, forêt de Belambo, SF 16244 ; — Est (Sud) : Fort-
Dauphin, environs de Vinanibe, SF 11765, 22309 (L; P, type); Mandena, SF 4428 ;
Ranopiso, SF 7408; Soanierana, fr. mat., Peltier 5938 (P).
Habitat : Forêt sublittorale sur sables, et forêt ombrophile du Centre.
11. Ludia ankaranensis Capuron et Sleumer, sp. nov.
Arbor inermis, 8-10 m alla, corlice modo platani dissoluto. Ramuli apicibus puberuli,
deorsum cilo corlicaii et lemicellaii, striati et subangulali. Folia persistentia, oblonga,
interdum elliptico-oblonga, apice sensim attenuata, ohtusa, basi in peliolum cuneata, sub-
coriacea, flexilia, in sicco brunnescentia et opaca, glabra, fere loto margine subserrato-
crenala vel undidata, (7-) 8-13 cm longa, 3-4,5 (-5,5) cm lata, nervis lateralibus cum pare
basali 6 (-7)-jugis, subcurvaio-ascendentibus, supra fere planis, sublus prominemibus, reie
venarum venularumque densissimo utrinque parum elevalo vel subobscuro ; pelioli rugosuli,
5-7 mm longi, 1-1,5 mm crassi.
Flores axillares solilarii rarius bini vel terni, sessiles vel pediceUo incrassato brevissimo
praedili, basi bracieis ovatis minulis pluribus fulli. Tepala 5-6, ovata, lenuia, glabra, vix
ciliala, c. 1,5 mm longa. Recepiaculum glabrum. Disci lobi 10-15 antice crenulati, crassi,
glabri. Stamina numerosissima (cerie 100-120) ; antherae sat obscure conneclivo apiculatae.
Ovarium glabrum, in stylum 2-3 mm longum attenuatum, ramis stigmatiferis 4-6 c. 2 mm
longis. Fruclus (Humbert 19083) subovoideo-globosus, breviler apiculaïus, 1-1,5 cm diam.,
pericarpio stralo exieriore coriaceo, inleriore sclerificalo, placeniis sclerificalis 5-6 prorum-
penlibus pseudo-3-6-loculiformis, semina 5-7 sat parva (2-3 mm) continens, pedicello crasso
c. 1 mm longo.
Type : S F15198, Diégo-Suarez (holo-, P; iso-, L).
Madagascar : Ouest (Nord) : Diégo-Suarez, J. B. 8-Ankarana, fl. 23-10-1955,
SF 15198 (L; P, type); plateau de l’Ankarana, berges de la rivière Andranonakoho, fr.,
SF 23387 ; base Nord des collines et plateaux calcaires de l’Analamera, berges de la Bet-
siaka, affl. du Rodo, fr., Humbert 19083.
Habitat : Ripicole, dans les formations tropophylles sur calcaire.
12. Ludia faradifani Capuron et Sleumer, sp. nov.
Arbor inermis, corlice, ut videtur, modo platani caduco. Ramuli inter robustiores,
subangulali, corlice cinereo lenticellisque ellipticis parvis obsiti. Folia persistentia, oblonga,
apice sensim attenuata, obtusa, basi in peliolum cuneata, coriacea, in sicco supra lucida,
sublus opaca, olivaceo-brunnescentia, margine parum revoluta, glanduloso-repando-crenata,
11-15 cm longa, 4,5-6,5 cm lata, costa supra parum, subtus valde prominente, nervis latera-
libus 6-7-paribus leviter curvatis, supra vix, subtus ± manifeste elevalis, reie venarum et
venularum sat denso utrinque prominulo ; petioli in sicco corrugati, 1,5-2 cm longi, c. 2 mm
crassi.
Flores ad glomerulos 3-8-floros axillares dispositi, pro parte S : pedicelli crassi, 1-2
mm longi, ipsa basi bracteolis minutissimis pluribus instructi. Tepala 5, ovata, obtusa, vix
ciliolata, 1,5-2 mm longa. Recepiaculum pilosissimum. Disais e lobulis numerosis crassis
sat parvis formatus, quasi crenatus. Stamina numerosissima (plus quam 100) ; antherae
conneclivo calloso apiculatae. Ovarium ± dense albopilosum ; Stylus perbrevis, apice 4-5-
radiato-lobulatus. Fructus ignotus.
Source : MNHN, Paris
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Type : RN 9416, Madagascar : Est (Sud) : Fort-Dauphin, Enaniliha, Ampiliambosi-
tra, fl. juv. 26-3-1957 (holo-, P; iso-, L).
Habitat : Forêt ombrophile.
13. Ludia chapelieri Sleumer, sp. nov.
Frutex vel arbor usque ad 8 m alla. Ramuli novelli puberuli, graciles, cilo cortice
nigresceme obtecti, obtuse angulati, dense foliali. Folia persistenlia, obovata, interdum
pro parte minore in eodem ramulo oblanceolata, apice rotundata, basi cuneata, coriacea,
utrinque subnitida, glabra, regulariter per fere totam marginem incrassatam ± 1 mm pro-
funde crenata, 1,5-2,5 (-3) cm longa,0,8-I,5 (-2) cm lata, nervis lateralibus cum pare basali
aile ascendente 4-5-paribus, superioribus sat irregularibus, omnibus supra cum rete venula-
rum subdenso parum sed distincte, subtus bene elevatis ; petioli 1-2 mm longi.
Flores axillares solitarii, ruro bini vel terni, sessiles, basi bracteolis minutissimis
deltoideis fulti. Tepala 7 (-8), inaequaliter ovato-triangularia, dorso glabra, ciliata, 1,5-2 mm
loitga. Receptaculum pilosum. Disci lobi c. 15, sat crassi, glabri. Stamina 40-50 ; antherae
connectivo minute apiculatae. Ovarium hirtum ; Stylus glaber, 2 mm longus, in ramos stigma-
tiferos brèves 3-furcatus. Fructus immaturus semina 3-5 massa sclerificata circumdata
Type : SF 18066 Capuron, Brickaville (holo-, P; iso-L).
Madagascar : Est : Brickaville, Menagisy, fr. immat., SF3225; Ambila-Lemaitso,
fl. & defl. 8/10-8-1957, SF 18066 Capuron (L; P, type); « Côte Est », Chapelier (P).
Habitat ; Forêt sublittorale sur sables.
14. Ludia pinnatinervia (Perrier) Capuron et Sleumer, comb. nov.
— Scolopiapinnatinervia Perr., Mém. Mus. Nat. d'Hist. Nat. Paris, n.s., 13, 3 : 278(1940)
in Humbert, Fl. Madag., Fam. 140 : 52, tab. 8, 3-4.
— Scolopia urschii Perr., I.c. ; 278, resp. 50.
Arbuste ou arbre inerme de 5-10 (-15) m de hauteur, tronc jusqu’à
40 cm de diamètre, écorce à rhytidome caduc par plaques. Rameaux juvéniles
assez épais (3-4 mm), couverts de lenticelles allongées plus claires que
l’écorce brunâtre, les parties plus anciennes couvertes d’écorce grisâtre.
Feuilles persistantes, souvent variables sur le même rameau, oblongues ou
elliptiques ou obovales, rarement obcunéiformes, atténuées vers les deux
extrémités, ou ± arrondies, parfois brièvement émarginées-obtuses au
sommet, cunéiformes ou subobtuses à la base, ± coriaces, dentées en scie
sur les bords, à dents ou crénelures obtuses et ± profondes, rarement
marquées seulement par une glande noirâtre; limbe de (3-) 4-8 (rarement -14)
X (2-) 3-5 (-7,5) cm; nervures secondaires (5-) 6-8 paires, les 2 inférieures
assez courtes; réseau ± dense, bien saillant sur les 2 faces surtout en
dessous; pétiole de (3-) 5-10 (-15) X (1-) 1,5-2 mm.
Fleurs solitaires ou géminées, axillaires; pédicelle épais, de 0,5-1
(rarement -3) mm, avec quelques bractéoles nettement basales très petites.
Tépales (5-) 6-8, assez irréguliers, ovales-deltoïdes, ± obtus, velus à l’exté-
Source : MNHN, Paris
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rieur, ciliés, de 1,5 mm. Réceptacle hirsute. Disque épais, 8-10 lobé, à
bords crénelés, courtement poilu. Étamines très nombreuses (150-200 ou
plus); anthères à connectif apiculé ou non. Ovaire glabre ou ± pubescent;
style assez court, épais, terminé par 4-6 courtes branches stigmatifères.
Fruit ovoïde-subglobuleux, de 1,3 (-2) cm de diamètre, glabre ou peu pubes¬
cent, mamelonné, à péricarpe coriace, rempli d’une masse fortement ligni¬
fiée, contenant 3-5 graines à testa mince.
Madagascar : Centre : Massif d’Angavokely, à l’Est de Tananarive, 1 400 m,
SF 18385 ; bassin inf. de l’Andrantsay, à l'Ouest d'Antsirabe, 1 400 m, Perrier 13959
(P, syntype de Scolopia pinnalinervia ); près d'Ambatofangena, à l'ouest d’Ambositra,
SF23883; Ambalavao, montagne Vatovaky, R. N. 5, RN 1815, 5814; Belambana, entre
Ambalavao et Ihosy, 1 250 m, Perrier 2156 (P, lectotype de Scolopia pinnalinervia). —
Est : Baie d’Antongil, forêt de Farankaraina, à l’Est de Maroantsetra, SF8653 ; Fénérive,
Tampolo, SF 12474 (forme avec des feuilles plus grandes); Brickaville, Tampina, au S.
de Tamatave, Ursch 33 (P, type de Scolopia urschii ); Ambila-Lemaitso, S F 2862, 5871,
6295, 6450 (les trois derniers numéros ont des feuilles • obcunéiformes), 22744 (forme à
des feuilles plus grandes). — Est (Sud) : Versant Sud de la crête du Vataza, bassin de la
rivière Imonty, affl. de la Mananara, SF22447; Imonty, Behara, SF 13925 (stérile, bois).
Habitat : Forêt ombrophile de montagne, en partie sublittorale,
sur rocailles quartzitiques ou sables, au Centre jusqu’à 1 400 m d’altitude.
15. Ludia dracaenoides Perrier
Mém. Mus. Nat. d'Hist. Nat. Paris, n.s. 13, 3 : 281 (1940); in Humbert, Fl. Madag.,
Fam. 140 : 60, tab. 10, 1-2 (1946).
Grand arbuste ou petit arbre. Rameaux juvéniles roussâtres ou brunâ¬
tres, assez grêles, pubérulentes, rameaux plus âgées rigides et couverts
d’une écorce grisâtre et de petites lenticelles plus claires. Feuilles persistantes,
étroitement elliptiques-oblongues, atténuées vers les 2 extrémités, le plus
souvent terminées par un mucron presque piquant, à base brusquement
arrondie, ± coriaces, glabres, d’un vert sombre sur le sec, entières, à bords
± révolutés, (2,5-) 3-5 (-7, -10) X 0,8-1,5 (-1,8) cm; nervure médiane non
saillante et peu visible; nervures secondaires indistinctes des tertiaires,
toutes très fortement ascendantes et presque parallèles à la nervure médiane;
réseau très dense et très visible surtout en dessus, à mailles étroites allongées
en lignes presque perpendiculaires et parallèles; pétiole de 1,5-3 mm.
Fleurs (SF 27357) axillaires, solitaires, subsessiles, à base enveloppée
par 10-12 bractées, petites, écailleuses ou orbiculaires. Tépales 5, orbicu-
laires, glabres, ciliolés, c. 1,5 mm. Réceptacle avec quelques poils ou glabre.
Disque net, à marge lobulée à lobules un peu ciliés. Étamines 50-60; anthères
courtement apiculées (apicule aigu ou tronqué-refléchi au sommet). Ovaire
glabre; style 1-2 mm, à 2 (-3) branches stylaires bien développés (1 mm).
Fruit globuleux, c. 1,5 cm de diamètre, à pédoncule épais et court; péricarpe
coriace; mince, non sclérifié; graines 3-4, à tégument très mince.
Madagascar : Ouest (Nord, en partie aux confins de l'Est) : Diégo-Suarez, massif
calcaire de la montagne des Français, plateau terminal et pentes supér. de Nosiravo,
SF23000; vallée de l'Analahe, affluent du Rodo, fr., Humbert (P, syntype); Analamera,
Source : MNHN, Paris
- 95 -
fh, Humbert 19150 (P, lectotype); forêt d’Analafondro, au pied Sud-Est du plateau de
Sahafary, bassin inf. du Rodo, SF 23082; massif de l'Ankerana, versant Est, partie Sud
du massif de Mafokovo, N. de Vohémar, 50-450 m, SF 27357 ; massif du Bezavona,
entre la Fanambana et la Manambery, SF 27239 ter.
Habitat : Forêt tropophylle de 50-450 m d’altitude, sur calcaires,
sables, gneiss, etc.
16. Ludia brevipes Sleumer, sp. nov.
Arbor c. 20 m alla, trunco 20-25 cm diam. Ramuli apicibus obtuse angulati, glabri,
in sicco rubescentes, striatuli, nitidi, partibus vetustioribus tenuiter griseo-corticati. Folia
persistentia, obovata, apice generaliter rotundata, interdum late attenuata et obtusa, vel
paullo emarginata, basi late cuneata, fere sessilia, coriacea, glabra , utrinque lucidula,
integra, vel hic inde glandula marginaii obsita, haud proprie denticulata, ( 2,5-) 3-6 cm longa,
2-4 (-5) cm lata, nervis lateralibus basalibus 1-2-paribus, superioribus 3-4-paribus oblique
sat stricte ascendentibus, in utraque facie cum reticulo venarum sat denso parum sed distincte
elevatis ; petioli subnulli.
Flores axillares solitarii, sessiles, ima basi bracteolis minutis ciliatis fulti. Tepala
4-5, ovata, dorso glabra, ciliata, c. 1,5 mm longa. Receptaculum glabrum. Discus e lobis
8-10 subcrassis glabris formatus. Stamina 50-60 ; antherae minutissime connectivo apiculatae.
Ovarium glabrum; Stylus crassus, 2 mm longus, distaliter in ramos 4 stigmatiferos brèves
/issus. Fructus deest.
Type : S F 778, ravin flanc S. de l’Anjenabe, vallée de l'Androranga (holo-, P ; iso-, L).
Madagascar : Est (Nord) : Sambava, vallée inf. de l’Androranga, affl. du Bema-
rivo, aux env. d'Atongondriha, 100-250 m, Humbert (& Capuron) 23983; ravin flanc
S. de l'Anjenabe, vallée de l’Androranga, vers 520 m, SF 778 (L; P, type).
Habitat : Forêt ombrophile sur gneiss.
17. Ludia suarezensis Capuron et Sleumer, sp. nov.
Arbor parva. Ramuli novelli apicibus glabri, in sicco atrorubescentes, deorsum cito
cinereo-corticati lenticellisque paUidioribus minutis obsiti. Folia persistentia (?) cuneato-
obovata, apice latissime obtuse attenuata usque rotundata, basi ± late in petiolum ungustata,
firme membranacea, tenera,in sicco atrescenti- vel olivaceo-brunnea, glabra, integra, (2,5-)
3-5 cm longa, 1,5-2 cm lata, nervis lateralibus 5-6-paribus subcurvato-ascendentibus utrin¬
que parum elevatis sed distinctis, venis venulisque dense reticulatis utrinque prominulis ;
petioli graciles, 1-2 mm longi, vix 0,5 mm crassi.
Flores axillares solitarii, raro bini, subsessiles ; pediceüi sub anthesi vix 1, sub fructu
valde immaturo c. 1,5 mm longi, basi pluribracleolati. Tepala 5, ovata, dorso subglabra,
ciliata, 1,5 mm longa. Receptaculum angustum, glabrum vel pilis sparsis indutum, ultro
glandulis parvis nonnullis inter filamentorum basin sitis ornatum. Discus crassus, c. 10-
lobus, margine ± dense albopilosulus. Stamina c. 50 ; antherae exappendiculatae. Ovarium
glabrum ; Stylus sat gracilis, c. 1 mm longus, sursum in ramos stigmatiferos 2 vel 3 brèves
furcatus.
Type : SF 23022 Capuron, Madagascar : Ouest (Nord) : Diégo-Suarez, entre Ivovona
et Ampandrahazo, à l’Est de la Montagne des Français, fl. & defl. 18-12-1963 (holo-, P;
iso-, L).
Habitat : Forêt tropophylle, sur sables et calcaires côtiers.
Source : MNHN, Paris
— 96 —
Source : MNHN, Paris
— 97
18. Ludia wikstroemiifolia Sleumer, sp. nov.
Frutex elalus vel arbor usque ad 12 m al ta. Ramuli graciles, glabri, citissime cinereo-
brunnescenti-corticati, dense lenticellis bene elevatis obtecti. Folia (persistentia?) elliptica
vel oblongo-, interdum subobovato-elliptica, apice sat abrupte per 1-2 cm subcaudato-acumi-
nata, subacuta , basi latius vel angustius attenuata, ima basi interdum obtusa, subcoriacea,
in sicco sordide viridia, glabra, margine parum revoluto integra, 4-8 cm longa, ( 1,5-) 2-3
(-3,5) cm lata, nervis lateralibus 6-8 paribus aile ascendentibus, parum curvatis, supra vix,
subtus minute elevatis ibique a venis vix distinctis, reticulo venarum et venularum denso,
areolis elongatis margini laminae subparallelis supra parum, subtus multo distinct lus promi-
nulis ; petioli sat graciles, 3-6 mm longi, vix 1 mm crassi.
Flores ex axillis foliatis et defoliatis orti, solitarii, stricte sessiles ; bracteolae basales
scariosae plures, glabrae. Tepala 5-6, ovata, concava, dorso glabra, basi in sicco corrugata,
ciliata, 1,5-2 mm longa. Receptaculum glabrum. Disci lobi c. 15, sat parvi, antice brevissime
pilosuli. Stamina 60-70 ; antherae connectivo in sicco atrescente distincte apiculatae. Ovarium
glabrum ; Stylus 2-3 mm longus, sursum per c. 1 mm profunde 3-4-furcatus. Fructus ignotus.
Type : SF 739, Sambava, vallée de PAndroranga (holo-, P; iso-, L).
Madagascar : Ouest : Analalava, forêt d’Ambondro-Ampasy, SF 18819. — Ouest
(Ngrd) : Diégo-Suarez, bassin de la Saharaina, forêt de Safahary, SF 11369. — Est
(Nord) : Sambava, vallée de PAndroranga, aux env. d'Antongondriha, 150 m, fl. 3-11-
1950, SF 739 (L; P, type).
Habitat : Forêt tropophylle.
19. Ludia boinensis Perrier
Mém. Mus. Nat. d’Hist. Nat. Paris, n.s., 13, 3 : 283 (1940); in Humbert, Fl. Madag.,
Fam. 140 : 66, tab. 9, 4-7 (1946).
— L. arborea Perr., l.c. : 282, resp. 62.
Arbuste ou petit arbre, 2-8 (rarement-20) m de hauteur, inerme; écorce
platanoïde. Rameaux assez grêles, glabres ou brièvement pubescents sur
les jeunes pousses, densément couverts de fines lenticelles plus claires que
l’écorce grisâtre. Feuilles apparemment caduques (au moins en partie)
dans la majorité des spécimens étudiés; limbe de 3,5-6,5 (-10) x (1,5-) 2-3,5
(-7) cm, oblong-lancéolé, oblong à elliptique, à sommet courtement acuminé-
obtus, à base cunéiforme, membraneux et pubescent à l’état jeune, flexible
et peu coriace, glabre ou rarement encore pubescent à l’âge adulte sur la
face inférieure, entier sauf 1-3 glandes distantes à peine saillantes sur la
moitié inférieure de la marge; nervures secondaires fines, (5-) 6-8 paires,
les 2-3 paires inférieures atteignant le milieu du limbe, courbées-ascendantes
et peu (mais distinctement) élevées sur les 2 faces, ainsi que le réseau très
dense des nervures tertiaires; pétiole assez grêle, 5-6 x 0,5-1 mm.
Fleurs solitaires, rarement 2-3, à l’aisselle des jeunes feuilles ou à
l’aisselle des feuilles tombées; pédicelle de 1-2 mm, articulé au milieu,
pubescent, portant sur la moitié inférieure (= le pédoncule) environ 6
bractées ovales et concaves ± opposées par paires, longues d’environ
1,5 mm. Tépales 4-5 (-6), ovales, ± densément pubescents à presque glabres
sur le dos, ciliés, 2 (-3) mm. Réceptacle glabre, ou rarement pubescent.
Disque glabre ou avec des poils très courts peu nombreux sur la marge
Source : MNHN, Paris
98
externe, formé par 20-25 lobes oblongs partiellement soudés entre eux.
Étamines 60-70 (-80); anthères à connectif épais ne dépassant pas les loges.
Ovaire glabre, atténué en style court et divisé en 3-4 branches de 1 mm.
Fruit ± globuleux, de 1,5-2 cm de diamètre, un peu apiculé-conique au
sommet, mamelonné sur le sec, à péricarpe sclérifié dans la partie interne,
à 4-6 graines pédicellées (2-) 4-10 X 1-1,5 mm.
Madagascar : Ouest (Nord) : Diégo-Suarez, forêt d'Ambre, SF 6619; massif de
la Montagne d'Ambre, SF 20061 ; Andavabiby, Andranonanomby, Bekily, SF 12750. —
Ouest : Analalava, forêt d'Ambondro-Ampasy, SF 18810 (avec des feuilles atteignant
10x7 cm); Andapa, haut bassin du Bemarivo, 500 m, Perrier 2197 (P, type de L. arborea );
Majunga, Perrier 4525 (P, syntype de L. boinensis), 13456, SF 24304 ; Soalala, RN 9711 ;
baie de Baly, SF 24259; Ambongo-Boina, plateau d’Ankara, Perrier 1158 (P, syntype
de L. boinensis ), 1389 (P, lectotype de L. boinensis ); Sitampiky, Perrier 1612 (P, syntype
de L. boinensis) ; Antsalova, forêt de Tsienimpihy, à l’Est de Besara, SF 6866 ; calcaires de
l’Antsingy, vers Ambodiriana, 100-150 m, Leandri & Saboureau 2745 ; ibid., vers Bevary,
400-600 m, Leandri & Saboureau 2902, 2967; forêt de Tsimembo, Leandri 406; près de
Besaraha, de Bemiha et de Soahanina, 0-20 m, Leandri c.s. 2226 ; Morondava-Belo sur Mer,
Antseranambondro, SF 22160. — Centre (Nord) : Massif de l’Ambohimirahavavy,
1 600 m, SF 975 ; massif du Tsaratanana, crête entre les hauts bassins de la Maevarano
et du Sambirano, vers 2 000 (-2 300)m, S F 24990 (var. à réceptacle pubescent). — Centre :
Andramasina, au S.E. de Tananarive, ChauveI 451, SF 675, 18790, 27811 ; Ivohibe,
Antambohobe, RN 11389 Rakotomana (P.). — Centre (Sud) : Amboasary, R. N. Il,
Behara, N. de Fort-Dauphin, RN 5953. — Sud (limite orientale) : Berges de la rivière
Imonty, affl. de la Mananara, bassin du Mandrare, SF 22416; pentes inf. du massif du
Vohidava, près d’Anadabolava (moyen Mandrare), SF 22581 ; près d'Italy, baie de Rano-
fotsy, au S.E. de Fort-Dauphin, SF 22360.
Habitat : Forêt tropophylle sur calcaires, sables et gneiss dans l'Ouest
(et régions limitrophes), sur dunes autour de Majunga, à altitudes relative¬
ment basses dans le Centre, rarement à altitudes élevées jusqu’à environ
2 000 m d’altitude dans le massif du Tsaratanana (var. réceptacle pubescent)
et dans la forêt ombrophile.
Usage : Fruits roses, comestibles.
20. Ludia comorensis Perrier
Mém. Mus. Nat. d’Hist. Nat. Paris, n.s., 13, 3 : 283 (1940); in Humbert, FI. Madag.,
Fam. 140 : 66, tab. 11, 8-9 (1946).
Arbuste ou arbre inerme. Rameaux grêles, glabres même sur les jeunes
pousses, parties plus âgées portant des lenticelles allongées. Feuilles persis¬
tantes, ovales-lancéolées, atténuées subaiguës du tiers inférieur au sommet,
arrondies ou en coin obtus à la base, peu coriaces, flexibles, glabres, peu
luisantes, entières (avec 2 ou 3 glandes très petites marginales, distantes et
imprimées de chaque côté, souvent peu visibles), de (3-) 4-7,5 X 1,8-3,5 cm;
environ 7 paires de nervures secondaires fines, courbées-ascendantes, peu
saillantes sur les 2 faces, les 2 basales atteignant le milieu du limbe; réseau
de nervilles dense et très peu saillant sur les 2 faces; pétiole assez grêle,
de 6-8 (-10) X 1 mm.
Fleurs axillaires, solitaires, ou rarement géminées. Pédicelle 6-8 mm,
articulé au-dessus de la base, avec 4-5 bractées très petites au-dessus de
Source : MNHN, Paris
— 99 —
l’articulation. Tépales 5, inégaux, spathulés, pubescents sur la face externe
surtout sur les bords, de 4 x 1,5 mm, réfléchis après l’anthèse. Réceptacle
glabre entre les bases des filets staminaux. Disque de 12-15 glandes épaisses
brièvement pubescentes sur la marge. Étamines 50-70; anthères à connectif
très brièvement apiculé. Ovaire glabre; style d’environ 4 mm, divisé au
sommet en 3-5 branches assez courtes. Fruit non encore mûr, ovoïde,
atténué à la base, à pédicelle épais de 6-8 X 1 mm.
Comores : Grande Comore : Humblot 1366 (BM; P, type); forêt de Nioumbadjou,
SF 16612 ; Ile d'Anjouan : Lavanche avril 1905 (P).
Habitat : Forêt ombrophile.
21. Ludia ikongoensis Capuron et Sleumer, sp. nov.
Frulex vel arbuscula, usque ad 5 m alla. Ramuli novelli apicibus glaberrimi, deorsum
cilo corlice cinereo obtecti, sparse minuteque lenlicellali. Folia, ut videlur, persisienlia,
elliplico- usque lanceolato-oblonga, apice sensim obtuse acuminata, hast ± laie in petiolum
cuneata et decurrentia, leviter coriacea, glabra, in sicco opaca et supra olivacea, subtus
brunnescentia, integra (sed hic inde in inferiore media laminae parte glandula minutissima
marginali obsita), 5-9 cm longa, 2,3-4 cm lata, Costa supra plana, subtus valde prominente,
nervis lateralibus 5-6 paribus, basalibus pauUoque suprabasalibus 2 usque ad laminae medium
subcurvato-ascendentibus, ceteris superioribus a Costa ortis brevioribus patentibus strictiori-
bus, interdum venis similibus, supra minute elevatis, subtus prominentihus, venis venulisque
rete sat laxum areolis ± horizontalibus formantibus supra parum, subtus distincte
elevatis ; petioli c. 1 cm longi, I mm crassi.
Flores axillares solitarii, sessiles, basi bracteolis pluribus parvis fulti. Tepala 5 ovato-
deltoidea, glabra, vix ciliolata, c. 2 mm longa. Receptaculum glabrum. Discus lobis c. 10
crassis et glabris formatus. Stamina 40-50 ; antherae connectivo breviter superatae. Ovarium
glabrum; Stylus 3-4 mm longus, ramis stigmatiferis crassis c. 1,5 mm longis 3-4-furcatus.
Fructus deest.
Type : SF 13566, Madagascar : Centre : Fort-Carnot, Ankazomananono, Anka-
rimbelo, fl. 19-11-1954 (holo-, P; iso-, L).
Habitat : Forêt ombrophile.
22. Ludia pachyadenia Sleumer, sp. nov.
Arbor 15 m alla. Ramuli vetustiores teretes c. 5 mm diam., corlice horizontaliter qua-
dratis minutis fisso, novelli angulati glabri lenticellisque pallidioribus subdense induti.
Folia persistentia, elliptica vel oblongo-elliptica, apice subabrupte per 0,5-1 cm subacute
acuminata, basi laie cuneata, tenuiter coriacea, glabra, in sicco utrinque lucida et brunnes¬
centia, margine paullo revoluto integra, 4,5-8 cm longa, (2-) 2,5-4 cm lata, nervis lateralibus
basalibus paulloque suprabasalibus 2 paribus ahe ascendentibus, superioribus a costa stric-
tius abeuntibus brevioribus 4 (-5) paribus utrinque prominentibus, venis venulisque rete
densum utrinque prominulum formantibus ; petioli transverse rugosi 4-7 mm longi, / mm
Flores in axillis defoliatis vel rarius superioribus foliatis solitarii, raro bini. Pedunculi
crassiusculi, puberuli, 1-2 mm longi. Pedicelli basi cum pedunculis articulati apiceque 2 (-3)
bracteolati (bracteolis ovatis tepala aemulantibus, sed minoribus), puberuli, 3-4 mm longi.
Receptaculum ± dense pilosum. Disci lobi 5-6 crassi, bene separati, cum tepalis ± alter¬
nantes, glabri. Stamina c. 45 ; antherae connectivo minute apiculatae. Ovarium auguste
ovoideum, glabrum, cito subglobosum et cum stylo abruptum, stylo ipso columnari 2-3 mm
longo, apice in ramos stigmatiferos c. 1 mm longos 3-furcatus. Fructus deest.
Source : MNHN, Paris
100 -
Type : SF 27046 Capuron, Madagascar : Centre : Massif du Tsaratanana, haut
bassin de la Beandrarezina (Andranomena), affl. rive gauche de la Mahavavy, 2 000-2 300
m, fl. 11-11-1966 (holo-, P; iso, L).
Habitat : Forêt ombrophile, à haute altitude.
23. Ludia rnauritiana Gmelin
Syst., ed. 13, 1 : 839 (1791); ditto 2 : 1579, index, « mauritanica» (1792); Râusch.,
Nom., ed. 3 : 159 (1797); Jaume St.-Hil., Exp. 2 : 195 (1805).
— L. sessiliflora Lamk, Enc. 3, 2 : 613 (1792); Willd., Sp. PI. 2, 2 : 1130 (1799); Pers.,
Syn. 2 : 72 (1806); Spr., Syst. 2 :608 (1825); DC., Prodr. 1 : 261 (1824); Clos, Ann.
Sc. Nat. 4, 8 : 243, in textu (1857); Oliv., Fl. Tr. Afr. 1 : 120 (1868); Tul., Ann.
Sc. Nat. 5, 9 : 335, in textu (1869); Baker, Fl. Maur. & Seych. : 11 (1877); Warb.
in E. & P., Nat. Pflfam., ed. 1, 3, 6a : 42, excl. fig. 16, E-F (1893); Engl.,
Pflanzenw. Ostafr. C : 279 (1895); Dur. et Schinz, Consp. Fl. Afr. 1, 2 : 217
(1898); Gilg in E.-P., Nat. Pflfam., ed. 2, 21 : 437, excl. fig. 199, E-F (1925);
Summerhayes, Trans. Linn. Soc., ser. 2, Zool. 19, 2 : 270 (1931); Battiscombe,
Tr. & Shr. Kenya Col., ed. 2, by Gardner : 21 (1936); Dale & Greenway,
Kenya Tr. Shr. : 226 (1961).
— L. tuberculata Jacq., Hort. Schoenbr. 1 : 59, t. 112 (1797).
— L. bivalvis Clos, Ann. Sc. Nat. 4, 8 : 244 (1857).
— L. ovalifolia Lamk ex Tul., Ann. Sc. Nat. 5, 9 : 335, in textu (1869).
— L. ambrensis Perr., Mém. Mus. Nat. d’Hist. Nat. Paris, n.s., 13, 3 : 282 (1940); in
Humbert, Fl. Madag., Fam. 140 : 64, tab. Il, 1-3 (1946).
— Scolopia mitmtiflora Sleum., Notizbl. Berl.-Dahl. 12 : 716(1935); Brenan & Greenw.,
Check-Lists For. Tr. Shr. Br. Emp. 5, 2 : 235 (1949).
Arbuste ou petit arbre, de 5-10 (rarement -15) m de hauteur, inerme.
Rameaux glabres, ou rarement brièvement pubescents sur les jeunes pousses,
parties plus âgées très tôt couvertes d’une écorce fine brunâtre ou finalement
grisâtre et rendues densément verruqueuses par de petites lenticelles allon¬
gées plus pâles. Feuilles persistantes, assez souvent variables sur le même
rameau, oblancéolées ou oblongues, ou obovales-cunéiformes, parfois
elliptiques, courtement atténuées (obtuses ou arrondies) ou rarement
obtusément acuminées au sommet, très rarement légèrement émarginées,
généralement cunéiformes ± aiguës vers le pétiole, ± coriaces, souvent
assez rigides, luisantes, glabres, de couleur claire vert-jaune ou parfois
brunes sur le sec, entières (mais avec quelques glandes distantes imprimées
dans la marge dans la moitié inférieure du limbe), de (2,5) 3,5-8 (rarement
-9) X (1,5-) 2,4(-6) cm; nervures secondaires 6-8 paires, fortement ascen¬
dantes, peu distinctes des tertiaires qui forment un réseau de mailles ±
étroites et ± allongées dans le sens de la longueur du limbe, très dense et
très saillant sur les 2 faces; pétiole de 2-6 (-8) x 1-1,5 mm.
Fleurs 1-3 par aisselle, subsessiles. Pédicelle articulé au milieu, de 0,5-1
mm à l’anthèse (s’allongeant dans le fruit souvent jusqu’à 5 mm, ou même
plus), pubescent, avec 4-5 bractées suborbiculaires densément pubescentes
(2-3 X 1,5 mm) insérées au-dessous de l’articulation. Tépales 5(-6), ovales-
suborbiculaires, densément pubescents du côté externe et dans la partie
supérieure de la face interne, 2 (-3) mm, réfléchis après l’anthèse. Réceptacle
densément hirsute entre les bases des filets staminaux. Disque constitué
Source : MNHN, Paris
101
par 10-15 glandes assez petites, glabres ou peu pubescentes au bord externe.
Étamines 40-50 (-60) ; anthères obtuses, sans apicule du connectif distincte.
Ovaire glabre; style 3-5 mm, courtement 3-lobé au sommet, à stigmates
presque capités. Baie rougeâtre, largement subovoïde-globuleuse, finement
mamelonnée, de 1-1,5 cm de diamètre, se déchirant irrégulièrement à partir
du sommet à la fin; péricarpe mince, coriace à l’extérieur, crustacé à l’inté¬
rieur; graines 3-8 (-12), ovales, d’environ 2 mm.
Maurice : Commerson s.n. & « 533», avril 1769 (P; P-Ju 12616 , type de L. mauritiana
et lectotype de L. sessiliflora = L. mauritiana ; P-Ju 12617-1 pr. p. min.; P-Lam, sans nom
d'espèce indiqué; W-Jacquin), Commerson « 534 » (L ex P; P); ibid. , Anon. (P-Lam),
Bijoux 12-1923 (P), Bojer (W), Bouton a. 1829 (P), Hardwicke a. 1811 (BM). Richard (P),
Roxburgh a. 1814 (BM), Sieber FL Maur. n. 180 (FI, M, W), Stadman (P-Lam, syntype de
L. sessiliflora)-, ibid.. Montagne de la Rivière Noire, d'Alleizette 7-1905 (L); Montagnes
du Port Louis, Boivin 9/10-1849.
Réunion : « Pointe du Grand Bois, d'Alleizette 6-1905 » (L). Spécimen provenant
peut-être de Maurice (des doubles de l’Herbier Paris) et pourvu d'une étiquette erronée,
comme c’est le cas pour de nombreux échantillons de l'Herbier d'Alleizette acquis par
Seychelles : Mahé : Thomasset 54 (K), Gardiner 25 (K), Home 348 (K). — Praslin :
Dupont 6 (K), Anon., 12-1875 (P). — Silhouette, Procter 4007 (K). — Félicité Island,
Procter 4058 (K). — Localité non indiquée : Home 416 (K), Wright (K).
Aldabra : South Island : Takamaka Grove, Fosberg 49282, 49294 (K), 49295;
Takamaka Well, Fosberg 49344.
Madagascar : Ouest : Tsingy du Bemaraha, sur rochers calcaires, Leandri 129. —
Ouest (confins du Centre) : Ambalavao, massif de l'iandrambaky,au Sud-Ouest d'Ia-
rintsena, SF 27824; bassin de la Mananadabo, dans le massif de l'Analavelona, au N. de
Fiherenana, 1 000-1 300 m, SF 22198. — Centre (Nord) : Diégo-Suarez, Montagne
d’Ambre, Perrier 17555 (P, syntype de L. ambrensis), 18889 (K; P, lectotype de L. ambren-
sis), SF20035. — Centre : au S. d'Ambatofinandrahana, route de Fencarivo, SF23890. —
Centre (Sud) : Ihosy-Betroka, km 94, 820 m, SF 293 ; vallée d'ihosy, 800-1 000 m,
Humbert 3023 (B; P, syntype de L. ambrensis); Mt Vohipolaka, au N. de Betroka, 1 100-
I 200 m, Humbert 11661 (P, syntype de L. ambrensis)-, bassin de réception de la Mananara,
affl. du Mandrare, Humbert 13739, 13872 ; ibid., entre l’Andohahela et l'Elakelaka, bush
xérophile, 500-800 m, Humbert 13775 bis (forme avec des feuilles oblongues un peu émar-
ginées); Betroka, massif du Kalambatritra, SF 14352 ; Ampandrandava, crête vers I 000 m,
Decary 5373 (= coll. Seyrig 296). — Est (Nord) : Sambava, forêt littorale, SF 27114;
Antalaha, dunes près de la mer, Perrier 10032 ; Ambohitralanana, RN 8736. — Est (Sud) :
Fort-Dauphin, Ranopiso, route d'Ambovombe, SF 8500; forêt de Vinanibe, SF 22296;
Baie de Lokaro, SF 26755 ; env. d'Italy, baie des Galions, SF 11825.
Zanzibar : Boivin 4/5-1848, Sacleux 604 (P), Grandidier 28, Faulkner 523, 2247,
2381, 2499, 2503 (K) Kirk (K).
Tanganyika : Tanga Prov. : E. Usambara, Sigi, 400 m, Drummond & Hemsley
3488; Kigombc, Peter 39700 (B); Pangani, 30 m. Tanner 3329. — Southern Prov. : Lindi,
Mlinguru, Schlieben 5756 (B, type de Scolopia minutiflora, ■ ; BM, M, P, Z).
Kenya : Central Prov. : Muthaiga near Nairobi, 1 700 m, Piemeisel & Kephart 37
(BM); Nairobi City Park, cuit., Bally 7796 (K). — Coast Prov. : Malindi, Date 3864
(K, P); Kwale, Greenway 9627.
Cult. : Hort. Schônbrunn, leg. Jacquin (W, type de L. tuberculata); ibid., leg.
Boos a. 1811 (W, apparemment de la plante originale de L. tuberculata).
Source : MNHN, Paris
— 102 —
Habitat : Forêt ombrophile, du littoral jusqu'à 1 300 m à Madagascar,
et jusqu’à 1 700 m au Kenya, sur rochers calcaires et sur sables.
A Madagascar, l’espèce est largement répandue (de 300 à 1 300 m d'alt.)
sur le versant occidental où on la rencontre surtout aux confins des Domaines
de l’Ouest et du Centre dans les formations de transition entre la forêt
tropophylle et la forêt ombrophile; on la trouve sur toutes sortes de sols :
calcaires, gneiss, basaltes, latérites, etc.; dans la Région Orientale, l’espèce
a été récoltée dans le Nord-Est et le Sud-Est dans les dunes des zones litto¬
rales (R. Capuron in litt.).
Note : Feuilles variables non seulement dans leur forme et leur texture,
mais aussi dans leurs dimensions. A Madagascar, il existe une forme de la
forêt orientale littorale avec des feuilles généralement plus grandes (5-9 x
3-6 cm) dans le Nord-Est et aussi dans le Sud-Est, et des formes à feuilles
plus petites et souvent moins coriaces dans les montagnes du Centre et de
ses parties limitrophes.
11 n’a jamais été trouvé de forme juvénile à petites feuilles ressemblant
à des feuilles d’Ilex, comme on l’a décrit pour le Ludia heterophylla Lamk,
espèce considérée généralement comme synonyme de Ludia mauriiiana
( = sessiliflora). Ludia heterophylla avec ses fleurs distinctement pédicellées,
est en réalité une espèce de Scolopia, connue de Maurice de la Réunion
et de l’ile de Rodriguez, et conspécifique de Ludia myrtifolia Lamk.
ESPÈCES A EXCLURE
L.foetida Roxb., Hort. Beng. : 38 (1814), nom. nud.; Fl. Ind. ed. Carey
2 : 508 (1832) = Homalium foetidum (Roxb.) Benth.
L. heterophylla Bory, Voy. 2 : 116, t. 24 (1804) = Aphloia sp.
L. heterophylla Lamk, Enc. 3, 2 : 612 (1792) = Scolopia sp.
L. myrtifolia Lamk, Enc. 3, 2 : 613 (1792) = Scolopia sp.
L. spinosa Roxb., Hort. Beng. : 38 (1814), nom. nud.; Fl. Ind. ed.
Carey 2 : 507 (1832) = Scolopia spinosa (Roxb.) Warb.
Rijksherbarium
University J. Leyden.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (!) : 103-112. 1972.
NOTES CYPÉROLOGIQUES :
17. — RÉVISION DES CL AD WM P. Browne s. lat. (CYPERACEÆ)
DE MADAGASCAR ET DES MASCAREIGNES
par J. Raynal
La dernière révision des espèces malgaches du genre Cladium P. Brow¬
ne, pris au sens large, est due à Chermezon (4) en 1937. Cinq ans plus tard,
Kükenthal révisait le genre à l’échelle mondiale, créant quelques taxons
infraspécifiques nouveaux pour la région du monde qui nous intéresse.
La définition même du genre Cladium a subi de nombreux avatars, bien
compréhensibles étant donné la difficulté extrême de tracer des limites
génériques bien nettes dans l'ensemble des Rhynchosporoideæ. Nous nous
rangerons aujourd’hui à l’avis de S. T. Blake (2), qui, à la suite de Koyama
(6), restreint le genre Cladium à quelques taxons gravitant autour de C. maris-
cus (L.) Pohl. Des autres espèces, Koyama faisait le genre Machærina Vahl.
Blake va plus loin : pour lui, Machærina est caractérisé par des akènes à
côtes ailées, à paroi très mince, et généralement stipités. Un type d’akène
bien différent, à paroi épaisse et dure, à côtes non ailées, correspond au
genre Baumea Gaud. 11 semble que cette distinction, qui peut paraître mince,
rende les genres ainsi définis plus homogènes.
Leur répartition géographique est différente : si Cladium sensu stricto
est subcosmopolite par la seule vertu de l’unique et polymorphe C. mariscus,
les deux autres genres sont résolument d’origine australe : Machærina
a une aire très morcelée : Antilles, Brésil, Madagascar et Mascareignes,
Océan Pacifique de la Nouvelle-Zélande aux Hawaï. Baumea est surtout
répandu dans l’Insulinde, l’Extrême-Orient et le Pacifique, pousse une pointe
à Madagascar et sur le continent africain mais manque totalement en
Amérique.
On peut regretter que le très récent ouvrage de Metcalfe (8) sur l’ana¬
tomie des Cypéracées ne mentionne aucunement l’opinion de Blake, ni
même le nom de Baumea, ceci bien qu’une seule des six espèces étudiées
sous Machærina appartienne à ce genre au sens strict (M. angustifolia
(Gaud.) Koyama). 11 serait intéressant de rechercher si l’anatomie apporte
des critères différentiels venant à l’appui de la thèse de Blake. Quoi qu’il en
soit, nous l’adoptons ici ; il en résulte, pour les Cladium s. lat. de Madagascar,
la clef nouvelle ci-dessous :
Source : MNHN, Paris
— 104 —
Feuilles insérées en spirale, pseudodorsiventrales (montrant donc une face
inférieure et une supérieure), très scabres. Akène sessile à paroi épaisse;
pas de soies hypogynes . CL AD IUM P. Browne
Seule espèce malgache : C. mariscus
Feuilles distiques, isobilatérales, soit à deux faces latérales planes (ensiformes),
soit subcylindriques ou tétragones :
Akène à paroi mince, à 3 côtes ailées, ± stipité. MACHÆRINA Vahl
Akène subsessile à grand bec décurrent en ailes; panicule peu rameuse
à glomérules denses. Pas de soies hypogynes. M. anceps
Akène nettement stipité; bec étroit non décurrent; soies hypogynes
généralement présentes, courtes et inégales. Panicule ample à glo¬
mérules peu denses . M. iridifolia
Akène sessile à paroi épaisse, à côtes non ailées. BAUMEA Gaud.
Herbe grêle ne dépassant guère 1 m, à tige large de 2-6 mm, feuilles
larges de (2-) 5-10 mm. Akène long de 1,5-2,5 mm, à bec court B. iridifolia
Akène long de 2,2-2,5 mm, brun noir à maturité, mat, surface forte¬
ment tessellée par des alvéoles longitudinales; bec conique subsp. iridifolia
Akène long de 1,5-2,2 mm, lisse à maturité, vert ou brun, à bec sub¬
nui . subsp. lævinux
Herbe robuste de 1-2 m, tige large d’env. 10 mm; feuilles larges de 12-
25 mm; inflorescence en panicule très fournie longue de 40-70 cm.
Akène long de 2,5-3,5 mm, à bec allongé . B. montana
CLADIUM P. Browne
C. mariscus (L.) Pohl subsp. jamaicense (Crantz) Kük., Repert. Sp.
Nov., Beihefte 40, I : 523 (1938).
— Cladium jamaicense Crantz, Inst. 1 : 362 (1766). Type : de la Jamaïque (non vu).
Synonymie plus complète dans Kükenthal, Repert. Sp. Nov. 51 : 189 (1942).
11 y a peu à dire sur cette espèce subcosmopolite, dont la subsp. jamai¬
cense se rencontre çà et là dans la plupart des régions tropicales, avec des
stations souvent très disjointes. A Madagascar, sa répartition (pl. 3)
rend bien compte de cette dispersion, due sans doute à la préférence de
cette plante pour les marais tourbeux alcalins permanents, sans grande
incidence du climat général.
Matériel étudié : Madagascar ; Du Petit Thouars s.n., s. loc. ; Perrier de la Bâthie
1134, source saumâtre sur le causse d'Ankara, 11-1900 ; 2428, Manongarivo, 1-1905;
2686, marais tourbeux, Antsirabé, 6-1913; 12901, Majunga, tourbières sur argile et calcaire
11-1919; 14105, tourbières près des eaux saumâtres, Vatomandry, 11-1921 ; Decary 10877,
cap Tevatra près Fort-Dauphin, 25-10-1932. — Maurice : Boivin s.n., ruisseau de Beaux
Songes, 10-1849.
MACHÆRINA Vahl
M. anceps (Poir.) Bojer, Hort. Maur. : 385 (1837).
— Scirpus anceps Poir., Enc. Méth., Bot. 6 : 782 (1805). Type : Du Petit Thouars s.n.,
Madagascar, P!
— Lepidosperma anceps (Poir.) Willd. ex Link, Jahrb. 1, 3 ; 75 (1820).
Source : MNHN, Paris
— 105
— Vincentia anceps (Poir.) Kunth, Enum. PI. 2 : 315 (1837).
— Cladium anceps (Poir.) Hook. f., Handb. N. Zeal. Fl. : 305 (1867).
— Mariscus anceps (Poir.) O. Kuntze, Rev. Gen. PI. 2 : 755 (1891).
— Cladium anceps var. compositum Kük., Repert. Sp. Nov. 51 : 148 (1942). Syntypes :
Perrier de la Bâthie 11902,14082, Madagascar, P!
Cette espèce ne semble pas s’éloigner du littoral : à Madagascar, elle
existe tout le long de la côte est (pl. 3) dans les marais boisés sur sables.
Nous n’avons pas conservé distincte la var. compositum Kük., à notre avis
simple forme plus florifère, due vraisemblablement à des conditions écolo¬
giques favorables, et d'ailleurs fréquente. L’espèce est endémique de Mada¬
gascar et des Mascareignes.
Matériel étudié : Madagascar : X... 111, s. loc., P-LA! Du Petit Thouars
s.n., s. loc.; Grandidier s.n., côte orientale, 1865; Chapelier 75, s. loc.; Bernier 51, s.
loc.; Lantz s.n., Bénamorémana, marais sur sable madréporique, 28-8-1881 ; Perrier de
la Bâthie 2575, Masvala, 10-1912; 11902, bois sur basalte, bas Matitana, 10-1911;
14082, lagunes à sphaignes près Vatomandry, 11-1921; Humbert 24417, bois sur sables,
11/12-1950; Bosser & Descoings 147, marais sur sables, Soonierana Ivongo, 11-1954. —
Réunion : une récolte unique initialement mêlée à un échantillon de Machœrina iridifolia
sans localité ni collecteur, de l’herbier de l’Exposition Coloniale; présence donc très
douteuse, à confirmer. — Maurice : Boivin s.n., montagne du Pouce, 8-1851; Bouton
s.n., s. loc., 1830.
M. iridifolia (Bory) Koyama, Bot. Mag. Tokyo 69 ; 64 (1956).
— Scirpus iridifolius Bory de St Vincent, Voy. îles mers Afr. 2 ; 94, tab. 23 (1804),
non Poir. (1805). Type : Bory s.n.. Réunion (non vu).
— Cladium iridifolium (Bory) Baker, Fl. Maur. Seych. ; 424 (1877), excl. syn. Machærina
anceps.
— Scirpus lavarum Poir., Enc. Méth., Bot. 6 : 783 (1805). Type : Du Petit Thouars s.n.,
« île de France et Bourbon », P!
— Machærina lavarum (Poir.) Bojer, Hort. Maur. ; 385 (1837), excl. syn. M. restioides.
— Mariscus lavarum (Poir.) O. Kuntze, Rev. Gen. Pl. 2 ; 755 (1891).
— Cladium lavarum (Poir.) Cordemoy, Fl. Réunion : 133 (1895).
— Lepidosperma ensifolium Willd. ex Link, Jahrb. 1, 3 : 75 (1820), nom. illeg.
■ — Vincentia km folia Kunth, Enum. Pl. 2 : 314 (1837), nom. illeg. Type : même que
Scirpus lavarum Poir.
Cette espèce décorative habite les montagnes des Mascareignes et des
Seychelles, où elle tient la même place que les M. angustifolia aux Hawaï,
M. bidwellii à Tahiti (si ressemblant que Drake de Castillo l’a confondu
avec Vincentia latifolia Kth.), M. monticola aux Nouvelles-Hébrides,
M. sinclairii en Nouvelle-Zélande, etc... La répartition du genre Machærina
est à coup sûr un intéressant exemple de distribution australe morcelée,
sans doute ancienne et illustrant le problème fameux des connections bio¬
géographiques entre terres très distantes.
Bentham (1, p. 1066) fait une double erreur en disant que Bory de
Saint-Vincent a confondu M. iridifolia et M. anceps, illustré selon Bentham
par la pl. 23 bis de Bory; d’une part, en effet, Bory, dans sa description,
se réfère uniquement à sa pl. 23; sans citer la pl. 23 bis, il fait allusion à
des individus nains, liés à des conditions écologiques plus sèches. La pl.
Source : MNHN, Paris
— 106 -
PI. I. — Akènes des espèces de Cladium sensu lato de Madagascar et des Mascareignes; tous
x 20; 1, Machærina iridifolia; 2, M. anceps; 3, Cladium mariscus subsp. jamaicense;
4, Baumea iridifolia subsp. iridifolia; 5, B. iridifolia subsp. lævinux; 6, B. montana.
23 bis correspond bien à notre avis à de tels individus. D’autre part l’exis¬
tence à la Réunion de M. anceps est, nous l’avons vu, extrêmement
douteuse.
L’espèce a longtemps porté l’épithète lavarum, les auteurs semblant
avoir longtemps considéré Scirpus iridifolius comme un nomen confusum
d’autant que la priorité de Bory sur Poiret n’était pas claire, les deux ouvra¬
ges portant la date de 1804. Nous discutons plus loin la nomenclature de
ces deux espèces.
Contrairement aux indications des auteurs, Machærina iridifolia n’existe
pas à Madagascar à notre connaissance, le matériel ainsi déterminé se
rapportant en totalité à Baumea montana J. Rayn. décrit plus loin.
Source : MNHN, Paris
— 107 —
Matériel étudié : Mascareignes sans précision : Du Petit Thouarss.n. — Réunion :
Richard 572, s. loc.,dans les forêts sur les montagnes; Boivin 1000, brûlé de Ste Rose,
4-6-1851; Bosser 9345, sous-bois, rempart de Belouve, 1956; 11975, sur dalle de basalte
dans une ravine, plaine des Palmistes, 1000 m, 6-1957; 12140, lisière de forêt ombrophile
d'altitude. Hauts de Moka, 1300 m, 5-1957; Séverin S.F. 112, forêt ombrophile d'altitude,
700-900 m et lave dénudée, St Philippe, 2-1957 ; Serv. Forestier s.n., lave récente, 900-1000
m, St Philippe; F. Friedmann 705, Ravine Basse Vallée, 25-11-1970. — Maurice : plu¬
sieurs échantillons anciens sans indication de collecteur; Boivin s.n., montagne du Pouce,
8-1851 ; P.B. Ayres s.n., s. loc. — Seychelles : Pervillé 191, terrains humides sur les mon¬
tagnes, Mahé, 9-3-1840.
BAUMEA Gaud.
B. iridifolia [Poir.] (Willd. ex Link) Bock., Linnæa 38 : 245 (1874).
— Scirpus iridifolius PoiR., Enc. Méth., Bot. 6 ; 783 (1805), non Bory (1804). Type :
Du Petit Thouars s.n., Madagascar, P!
— Lepidosperma iridifolium [Poir.] Willd. ex Link, Jahrb. 1, 3 : 74 (1820).
— Chapelliera iridifolia [Poir.] (Willd. ex Link) Nees, Linnæa 9 : 298 (1834).
— Mariscus iridifolius [Poir.] (Willd. ex Link) O. Kuntze, Rev. Gen. PI. 2:755 (1891).
— Baumea flexuosa Bock., Abh. Nat. Ver. Bremen 7 :39 (1882). Type ; Rutenherg s.n.,
Nossi Bé (B, non vu).
— Cladium flexuosum (Bock.) C. B. Clarke, in Dur. & Schinz, Consp. Fl. Afr. 5 :
665 (1895).
— Machærina flexuosa (Bock.) Kern, Acta Bot. Neerl. 8 : 266 (1959).
La nomenclature assez embrouillée de cette espèce met en lumière un inconvénient
assez ennuyeux de notre actuel Code International. Indiquant nettement que seules les
épithètes légitimes sont à prendre en considération en matière de priorité, l'Art. 72 serait
fort clair, d'application automatique et aisée, s'il n’était adorné d'une « Note » bien néfas¬
te; cette Note, en effet, autorise le réemploi d'une épithète illégitime dans une combinaison
nouvelle, pourvu que le taxon n'ait reçu entre temps aucune autre épithète disponible.
La combinaison est alors traitée comme un nom nouveau, et l'auteur du basionyme
réel n'est plus cité. Ceci revient à donner le pas à la procédure nomenclaturale sur le
fait scientifique. Baumea iridifolia illustre très bien cette situation.
Ce taxon n'a reçu, entre sa description par Poiret en 1805 (et non en 1806 comme
l'écrit Kern, 5) et la publication de la combinaison Lepidosperma iridifolium par Link,
aucun autre nom spécifique. En vertu de la Note de l’Art. 72, ce dernier nom doit être
considéré comme nouveau, valide et légitime, et peut servir de basionyme dans la combinai¬
son Baumea iridifolia (Willd. ex Link) Bock. Nous estimons extrêmement regrettable
de supprimer toute référence au véritable descripteur, Poiret; aussi proposons-nous de
faire quand même mention, dans tous les cas où la Note de l'Art. 72 doit s'appliquer,
du nom du descripteur, auteur du basionyme illégitime, entre crochets, comme on l’a
parfois pratiqué pour citer des auteurs prélinnéens, véritables créateurs de noms mais
ignorés par la jurisprudence du Code.
La complication introduite par cette Note se traduit aussi par le fait que si, dans le
genre Baumea, notre plante doit s'appeler B. iridifolia, par contre, dans les genres Machæ¬
rina ou Cladium, seule l'épithète flexuosa est correcte, à cause de l'existence des combinai¬
sons M. iridifolia (Bory) Koyama et Cl. iridifolium (Bory) Baker. 11 serait bien plus simple
de décréter une fois pour toutes que tout réemploi d'épithètes illégitimes est impossible;
cela reviendrait à supprimer la Note de l’Art. 72, en rendant à celui-ci sa clarté initiale.
Nous espérons que des nomenclaturistes voudront bien prendre un jour cette remarque
en considération; notre science ne gagne rien à s'entourer d’un inextricable maquis procé¬
durier.
Étudiant le matériel assez abondant de cette espèce endémique malga¬
che, nous avons noté la coexistence de deux types distincts d’akènes; l’un
Source : MNHN, Paris
108 —
est, à maturité, sombre, mat, à paroi sculptée d’alvéoles plus ou moins
quadrangulaires, alignées longitudinalement; le bec est bien développé
en cône; l’autre est de dimensions moindres, lisse ou plus ou moins
fripé par la dessiccation, mais sans ornementation régulière, de couleur géné¬
ralement claire, brunâtre ou verdâtre; le bec est très réduit. De telles diffé¬
rences, en corrélation avec quelque autre caractère morphologique, nous
auraient fait scinder sans hésitation l’espèce en deux; mais aucune corréla¬
tion de cet ordre n’a été relevée, et, de fait, un certain nombre d'échantillons
immatures n’ont pu être classés dans l’une ou l’autre catégorie; à part la
morphologie de l’akène, on peut donc considérer l’espèce comme bien
homogène. Cependant, une corrélation très nette s’est trouvée établie entre
les deux formes et la répartition géographique des échantillons (cf. pl. 3);
nous avons jugé que le statut de sous-espèces était le plus approprié pour ces
races, qui sans doute résultent d’une ségrégation géographique assez récente.
On peut aussi noter que plusieurs échantillons provenant tous de la
région montagneuse du Marojejy, et se classant provisoirement dans la
race à akène petit et lisse, offrent des traits communs qui indiquent peut-être
la formation d’un troisième taxon infraspécifique : petite taille, feuilles
étroites, glumes fortement colorées. Mais nous n’avons pas disposé d’échan¬
tillons suffisamment mûrs pour caractériser avec certitude une race locale,
dont la différenciation dans ce secteur très riche en endémiques n’aurait
rien d’étonnant.
subsp. iridifolia
Elle n’existe que sur la côte nord-ouest et aux Comores :
Matériel étudié : Madagascar : Du Petit Thouars s.n., s. loc.; Boivin 1991,
Nossi Bé, au-dessus du village de Passondura vers le sommet de la montagne, I /2-1849;
Hildebrandt 3164, Nossi Bé, 9-1879; Perrier de la Bâthie 2464, environs de Majunga,
7-1907; Decary 962, Analalava, 20-8-1922; 963, Maromandia, 27-8-1922; 988, Maroman-
dia, 3-9-1922; Humbert 18693, forêt de Besanatribe, haut Sambirano, vers 1 200 m,
11 /12-1937; 19138, 19193, rocailles calcaires de l'Analamera,prov. Diego Suarez, 1-1938;
Humbert & Capuron 25930, vallée d’Ifasy en aval d'Anaborano, N Ambilobé, 31-3-1951 ;
Humbert & Cours 32869, Mt. Ambohipiraka, NE Ambilobé, 3-2-1960: Cours 5653, eod.
toc., 5-2-1960; Laibosaka 7812/RN, Réserve naturelle 8, région de Soalala, 20-4-1953. —
Comores, Boivin 3044, Mayotte, Chongui.
subsp. lævinux J. Raynal, subsp. nov.
— dadiumflexuosum var. poiyanthemum KÜK., Reperl. Sp. Nov. 51:160 (1942). Syntypes:
Perrier de la Bâthie 1338, Madagascar, PI, Schlieben 6139, Tanzanie, non vu.
A subsp. iridifolia nuce iævi nitida minore pallidiore, 1,5-2,2 mm longa, styli basi
brevissima bene distincta.
Typus : Perrier de la Bâthie 16910, Lohavanana, ad flumen Mangoro, 2-1925, P!
Cette race occupe le reste de l’aire de l’espèce, soit tout le secteur nord-
est de Madagascar; bien qu’elle s’approche de la côte nord-ouest vers Majun¬
ga, elle ne semble pas l’atteindre, dans l’état actuel de nos connaissances du
Source : MNHN, Paris
109 —
PI. 2. —• Baumea montana J. Rayn. (Humberl 22648) : 1, vue d’ensemble x 1 /5; 2, portion
d’inflorescence X 1 ; 3, épillet x 10; 4, fleur x 20; 5, akène x 20: 6, section transversale
de feuille x 25.
Source : MNHN, Paris
110 —
moins; un certain nombre d’échantillons, provenant précisément de cette
partie de la côte, demeurent indéterminés faute de fruits mûrs, et les limites
d’extension exacte des deux sous-espèces restent à préciser.
Nous n’avons pas voulu conserver par un siat. rtov. l’épithète infraspéci-
fique de Kükenthal, la définition de sa var. polyanthemum — pour nous
simple forme robuste et florifère — ne faisant état d’aucun des critères
qui distinguent la subsp. lævinux. Il est à noter que le second syntype de la
var. polyanthemum Kük. serait le seul échantillon du genre Baumea en prove¬
nance du continent africain; bien entendu, il pourrait bien ne pas appartenir
à la subsp. lævinux ; ce point reste à éclaircir, si toutefois le spécimen existe
toujours.
Matériel examiné : Madagascar : Chapelier s.n., s. loc.; Geay 8082, Mananjary,
3/4-1909; Perrier de la Bâtliie 1338, vallée de la Menanava, 11-1901; 16910, Lohavanana,
ait. 700 m, 2-1925 ;d’Alleizette 1382, Tamatave, 11-1906; Viguier & Humbert 412, Tamata-
ve, 27-9-1912; Humbert 22625, 22629, pentes E du Marojejy, 1500-1700 m, 15/25-12-
1948; 22592, Mt. Beondroka, N Maroambihy, 1400-1450 m, 17/22-3-1949; Humbert &
Saboureau 31822, 31906, pentes W du Marojejy, 1600-1800 m, 15/25-11-1959; Peltier
1110, Berivotra, 20-9-1959 ; 2445, Antetezambaro, 11-7-1960; Bosser 148, Tamatave,
11-1954; Moral 2825, Andrakate, Sambava, 11-1967; Rakoto 7696/RN, Tamatave,
17-10-1955; Laibosaka 11329/RN, Sahatavy, Vavatenina, 19-8-1960.
Les échantillons suivants sont des B. iridifolia indéterminés au rang
subspécifique faute d’akènes mûrs :
Du Petit Thouars s.n., s. loc.; Perrottet s.n., s. loc., 1820; Bernier 53, s. loc., 1834;
Baron 2739, s. loc.; 5836, s. loc.; Decary 14791, S Ambilobé, 2-8-1939; Descoings 1196,
s.loc.
B. montana J. Raynal, sp. nov.
— Cladium iavarum var. madagascariensis KÛk., Repert. Sp. Nov. 51: 142 (1942). Type:
Perrier de la Bâthie 2061, Madagascar, P!
AB. preissii Nees habita valde robustiore, cauli foliisque duplo latioribus, panicula
ampliore pracipue distinguenda.
Herba perennis 1-2 m alla. Caulis compressas rigidus, basi fere 1 cm lata, lævis,
striatus. Folia ensiformia, basilaria disticha æquitantia, ima ad vaginas brèves purpurascentes
reducta, 3-6 superiora vaginis longis imbricatis, 15-25 mm latis, lamina 20-150 cm longa,
12-25 mm lata, striata, lævi, firma. Folium caulinum 0-1, basilaribus simile. Inflorescentia
elongata ampla, e paniculis partialibus constructa, infimis distantibus, 2-10-nis, in axillis
bracteatum foliacearum insertis, sequentibus paniculam terminalem magnam ovoideam
15-25 X 7-15 cm instruentibus, bracteis scariosis brunneis ore ciliato-scabris, lamina ad
mucronem reducta. Spiculæ 2-6-nte fasciculatæ, 4-5 mm longæ, bracteis lanceolatis acutis
plus minusve ciliatis 5-6 mm longis; squamæ 4,5 mm longæ pallide brunneæ, marginibus
atropurpureis ciliatis, dorso versus apicem carinatæ, tertia et quarta fertiles flores hermaphro-
ditos foventes. Stamina 3, antheris linearibus 1,8 mm longis connectivo in mucronem rubrum
triangularem producto. Stylus trifidus. Achænium rubro-brunneum ovoideum trigonum,
1,7-2 mm longum, rostro pyramidato 0,8-1,0 mm longo scabro-piloso.
Typus : Humbert 22648, ad cacumen orientale montis Marojejy dicti, 17/20-12-1948,
P!
Dans la Flore de Madagascar, Chermezon indique sur la Grande Ile
le Cladium Iavarum (Poir.) Cordem. (= Machærina iridifolia (Bory) Koy.),
décrit des Mascareignes; Kükenthal confirme ce point de vue mais isole
Source : MNHN, Paris
111
la plante malgache comme variété, donnant quelques caractères effective¬
ment distinctifs. Grande a donc été notre surprise de constater que ces
cypérologues très avertis n’avaient certainement trouvé aucun akène mûr et
avaient été abusés par la très grande ressemblance extérieure de ces plantes,
chez lesquelles la convergence morphologique semble aller de pair avec une
vicariance écologique indéniable : comme les Machærina, Baumea montana
est une espèce des ravins de montagne; elle est connue aujourd’hui de trois
récoltes provenant d’une aire restreinte (massifs du Manongarivo et du
Marojejy). Elle a, biogéographiquement parlant, exactement le comporte¬
ment des Machærina dont elle simule la forme, et l’on est en droit de se
demander si la coupure générique entre Baumea et Machærina est totalement
justifiée; l’akène, cependant, est tout à fait celui d’un Baumea, et n’a aucun
point commun avec celui de Machærina iridifolia, qui, nous l’avons dit,
semble strictement confiné aux îles Mascareignes et Seychelles.
L’espèce nouvelle est intéressante à plusieurs titres : elle représente un
groupe différent de celui auquel appartient B. iridifolia (dont les affinités
Source : MNHN, Paris
112 —
sont avec B. meyenii, B. deplanchei, etc.). Quoique réduit à deux espèces à
Madagascar, le genre Baumea s’y trouve ainsi pleinement représenté,
malgré l’éloignement du centre de richesse, l’Australasie. Comme pour
Machærina, le problème des connections australes est là encore posé; nous
verrons dans un travail ultérieur combien il est troublant pour un autre
genre de Cypéracées-Rhynchosporoïdées, Costularia.
Matériel étudié : Perrierde la Bâlhie 2061, Manongarivo, gorges de l'Antsakolana,
5-1909; Humbert 22648, sommet oriental du Majojejy à l'ouest de la haute Manantenina,
1750-2100 m, 17/20-12-1948; 23591, Mt. Beondroka, N de Maroambihy, 1400-1450 m,
17/22-3-1949.
Bibliographie sommaire
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3. Bory de Saint-Vincent, J. B. G. M. — Voyage dans les quatre principales îles des
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4. Chermezon, H. — Cypéracées, in H. Humbert, Flore de Madagascar, 29 e famille,
335 p. (1937).
5. Kern, J. H. — Floræ Malesianæ precursores XXII. Cladium and Machærina (Cyper.),
Acta Bota Neerl. 8 : 263-268 (1959).
6. Koyama, T. — Taxonomie studies of Cyperaceæ V. A new classification of the genus
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Cladium Crantz, Repert. Sp. Nov. 51 : 1-17, 139-193 (1942).
8. Metcalfe, C. R. — Anatomy of the Monocotyledons V. Cyperaceæ, 597 p. (1971).
9. Poiret J. L. M. — Encyclopédie Méthodique, Botanique 6, 786 p. (1804-5) (Scirpus,
pp. 747-784, 1805).
Laboratoire de Phanérogamie
Muséum. Paris.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (1) : 113-120. 1972.
RELIQUIAE CAPURONIANAE
OBSERVATIONS COMPLÉMENTAIRES
SUR QUELQUES ANNONACÉES MALGACHES
par Monique Keraudren-Aymonin
Ayant parcouru durant plus de 20 années tous les secteurs de Madagas¬
car, René Capuron put réunir de très riches collections botaniques provenant
essentiellement des divers milieux encore forestés de la Grande Ile.
La grande diversité des types climaciques ou dégradés de végétation
existant dans les deux principaux domaines phytogéographiques du terri¬
toire, l'extrême complexité des phénomènes de spéciation ou de variation
marquant cette très originale flore malgache, donnent évidemment à toute
collecte un intérêt taxinomique exceptionnel.
Mais les spécimens réunis par le savant botaniste-forestier sont encore
plus riches d’enseignements : connaissant les ligneux d’un bout à l’autre
de l’île, René Capuron était susceptible de juger comparativement de
beaucoup de faits dans la nature; ainsi, l’étiquetage très précis et souvent
détaillé des échantillons traduit-il fréquemment des observations de grande
valeur.
C’est pourquoi il a semblé très justifié de publier sous le titre « Reliquiae
Capuronianae » les résultats de recherches basées en grande partie sur les
matériaux malgaches collectés par celui que l’on considère unanimement
comme un maître de la botanique forestière à Madagascar.
Si d’année en année l’étude systématique de la flore malgache fut facili¬
tée par l’enrichissement continu des collections, en particulier au Muséum
de Paris, le collationnement de ces nouveaux matériaux est évidemment
source d’appréciation différente quant à la valeur hiérarchique ou la signifi¬
cation d’unités systématiques antérieurement décrites.
En ce qui concerne la flore forestière, René Capuron s'est incontesta¬
blement efforcé de récolter tout le matériel qui pouvait aider à une connais¬
sance plus solide et plus générale des diverses familles de taxons ligneux.
Une part majeure des collections du Service Forestier de Madagascar est
due à son activité personnelle sur le terrain. Ses observations très nombreuses
sont à la base des très remarquables fiches techniques sur les essences
forestières malgaches; plusieurs groupes systématiques, qui avaient fait
antérieurement l’objet de premières synthèses de la part d’autres botanistes
Source : MNHN, Paris
— 114 —
dans la Flore de Madagascar et de Comores de Henri Humbert, pouvaient
ainsi plus facilement être révisés et les données à leur propos complétées :
c’est ce que fit René Capuron grâce à ces premières bases auxquelles vinrent
s’ajouter les résultats de nombreuses investigations nouvelles (Matériaux
pour l’étude de la flore forestière de Madagascar, C.T.F.T., section de
Tananarive).
En ce qui concerne la famille des Annonacées, une première mise au
point synthétique, évidemment basée uniquement sur les matériaux dispo¬
nibles à l'époque, parut en 1958. Groupant exclusivement des végétaux
ligneux, les Annonacées devaient intéresser vivement René Capuron qui
collectait un important matériel, comparé et déterminé au fur et à mesure
de son arrivée dans la section Madagascar de l’Herbier du Muséum de
Paris. Dès 1960, nous avions donc effectué des observations complémentaires
susceptibles de corroborer ou amender certaines des vues exposées dans la
Flore. Ces observations furent poursuivies au fur et à mesure de l’incorpo¬
ration et de la détermination des Annonacées malgaches.
Il convient de rappeler que les Annonacées groupent une trentaine
de genres en Afrique continentale parmi lesquels moins de 10 existent à
Madagascar. A l’opposé, malgré la relative pauvreté des collectes anciennes,
une très grande diversité de types morphologiques avait pu être repérée
au sein de plusieurs de ces genres; de plus, cette diversité ne se superposant
pas aux types morphologiques africains ou asiatiques comparables, l’impor¬
tance de l’endémisme régional ou local à Madagascar se trouve également
souligné sur l’exemple des Annonacées.
Les observations qui suivent portent surtout sur le genre U varia L.
dont René Capuron récoltait d’ailleurs, dès novembre 1958 (c’est-à-dire
peu de temps après la sortie de la Flore), des représentants qui s’avéraient
constituer une unité nouvelle (Uvaria antsiranensis Le Thomas) décrite
à l’occasion d’une révision de genres effectuée à l'échelle africaine par
M n,e A. Le Thomas (1963).
La reconnaissance de cette nouvelle espèce apportait une confirmation
de la diversification du genre, diversification qui n’avait été admise dans
la Flore que sur la base de matériaux parfois très insuffisants, mais dont
les caractères distinctifs semblaient néanmoins assez tranchés.
La comparaison des récoltes effectuées par René Capuron depuis
1958 et déposées dans l’Herbier de Paris, avec les 16 espèces d 'Uvaria anté¬
rieurement décrites nous ont conduite à reconnaître des ensembles de
spécimens n’entrant typiquement dans aucune des unités jusqu’à présent
inventoriées.
Au contraire de nombreux cas, René Capuron n’a pas porté sur les
étiquettes de ses parts déposées à Paris, de notes manuscrites qui auraient
pu justifier la validation d’un nomen « in scheda ». C’est pourquoi nous
dédierons l’une des unités à la mémoire du savant forestier.
Source : MNHN, Paris
— 115 —
1. — UNE ESPÈCE NOUVELLE Vf U VARIA MALGACHE
Uvaria capuronii Keraudren, sp. nov.
Liana magna, lignosa, sarmenlosa, 7 m alla. Ramuli veleri vel annotini grisei minulule
albo-punclali, hornotini plerumque dense brunneo-piibescentes. Folia alterna, petiolo incras-
sato, 2-5 mm longo, limho ohlongo-ellipiico (9-18 y 4-7,5 cm), inlerdum basi modice
inaequilatero, basi truncalo vel subcordalo, apice acmo vel acuminato, cosla supra conspicua,
subi us prominenli,pilis ruJ'is dense ornata,nerviis lateralibus 9-12-jugis in fer ne prominentibus ;
lamina chartacea superne plus minusve sublusque densissime pilis siellaiis orna ta. Flores
magni 3-5 cm in diametro, saepissime solilarii foliis opposili, perianlho omnino pilis siellaiis
munilo, pedicellis 6-10 mm longis, incrassatis, tomentosis, bracieis 2, 10 mm longis, cilo
caducis. Sepala 3 basi coalescenlia, lanceolalo-lriangularia, 15-20 mm longa, 10-15 mm lata,
superne inferneque pilos Juscos brèves dense gerenlia. Peiala exteriora sub anthesi saepe
ul videlur valvaia, sed in alabaslro imbricata, basi dilaiala 30 mm longa, 20 mm lata,
externe velutino-lomenlosa ; inieriora roseo-cremea minutissime lanala, 15 mm lata. Slamina
numerosa, pluriverticillata. Carpella 6-12, immalura 3-4 mm longa, 0,6 mm lata, siigmatibus
hipariiiis, lobis revolulis supra slamina inflexis, pilis simplicibus ornala. Ovula 8-10 biseriala.
Fruclus pedunculo crassissimo 15 mm longo, 5 mm in diametro, densissime ferrugineo vel
glandaceo pilis brunneis siellaiis munilo. Recepiaculum 12-15 mm in diametro. Carpella
malura (mericarpia) globosa, subsessilia, 25-40 mm longa, 20-30 mm lata, pericarpio
rubiginoso lanalo-lomenloso pilis siellaiis fragilibus, caducis. Semina 4-10, saepe lunulala,
13-15 mm longa, 5 mm lata, testa albo-brunea verruculosa.
Typus speciei : Capuron 23157 SF, Madagascar, Ankarana, nord-ouest d'Ambon-
dronifahy, fleurs 28-12-1963, fruits mars 1964 (holo et isotypes P).
Écologie : Dans une forêt tropophylle sur des lapiaz calcaires du pla¬
teau de l’Ankarana du nord.
Ce taxon diffère de tous les autres Uvaria malgaches décrits, par la
combinaison des caractères suivants :
— feuilles très courtement pétiolées mais non amplexicaules ni gaufrées
à pubescence de poils étoilés très denses, assez longs, donnant aux limbes
un toucher velouté;
— fleurs de grandes dimensions (3-5 cm de diam.);
— méricarpes globuleux, subsessiles, couvertes de poils étoilés très
denses leur donnant un aspect et un toucher veloutés, poils longs de 1 mm
tombant facilement.
Nous choisissons comme type de l’espèce le matériel Capuron 23157 SF
bien que des récoltes antérieures aient fait supposer l’existence de ce nouveau
taxon. Cependant ces récoltes ne comportaient pas suffisamment d’éléments
pour permettre une description complète. Il s’agit de Humbert 32562 bis
et Cours 5573, de la forêt d’Antemampandrana au km 89 de la route d’Am-
bilobe (1-2-1960) qui groupent uniquement des spécimens en feuilles et
fruits. Ces derniers présentent un indûment constitué par des poils étoilés
particulièrement denses et longs. G. Cours signale en outre « liane sarmen-
teuse de 7 m de long, à feuilles vert franc, jaunâtres un peu rugueuses et peu
brillantes dessus, vert jaunâtre dessous — velues —. Nervures très saillantes
et fauves. Fruits marron fauve très fortement velus comme couverts d’une
fourrure à poils courts ».
Source : MNHN, Paris
116 -
L'ensemble des caractères communs à ces différents spécimens
avait tout d’abord incité à rapprocher la plante d'Uvaria antsiranensis
Le Thomas dont le type de pubescence foliaire est très comparable. Cepen¬
dant, d'une part cette dernière espèce est un petit arbre et non une liane et
possède des feuilles et des fleurs plus petites, d’autre part des récoltes
Source : MNHN, Paris
— 117 —
récentes de Capuron (23028 SF, près d’Antsoha, piste d’Andrafiabe à la
baie de Rigny aux environs de Diégo Suarez), rapportées par lui-même à
VUvaria antsiranensis, portent des jeunes fruits à méricarpes nettement
stipités. Enfin, sur les étiquettes de son spécimen 22976 SF, provenant de
la forêt d’Orangea (également à proximité de Diégo Suarez), René Capuron
notait l’existence de pétales soudés entre eux. Nous n’avons pas retrouvé
ce caractère sur les fleurs des spécimens inclus dans VUvaria capuronii.
La présence de pétales soudés uniquement à leur base semble caracté¬
riser selon Hutchinson (1964) certaines espèces à'U varia. L’accentuation
de la soudure tendant à la formation d’une sorte de tube est par contre
admise comme critère déterminant pour la délimitation du genre mono-
ou bispécifique est-africain Asteranthe Engl, et Diels.
Un certain nombre d’espèces africaines présentent également des
ressemblances avec U. capuronii mais aucune ne peut y être assimilée. Ainsi
VUvaria kirkii Hook. f. a des fleurs de grande taille mais ses feuilles sont
glabrescentes et les méricarpes, finement verruqueux, ont des stipes courts.
On peut de même comparer les feuilles de VUvaria capuronii à celles
de VUvaria angolensis Welw. ex Oliv. pour leur forme, leur texture, leurs
dimensions et leur pubescence, mais les fleurs de ce dernier sont extra-
axillaires, de petite taille et les méricarpes sont nettement stipités. 11 en est
de même pour VUvaria mocolo De Wild. et Th. Dur. et VUvaria scabrida
Oliv. dont les feuilles et les fleurs sont très proches par leur taille de VUvaria
capuronii mais celles-ci ne sont pas opposées aux feuilles mais extra-axillaires
et les méricarpes, subsessiles également, sont échinulés-spinescents.
2. — REMARQUES SUR QUELQUES RÉCOLTES RÉCENTES O'UVARIA
Uvaria marenteria (DC.) H. Bail).
Cette espèce était connue par des récoltes anciennes (Humblot 209,
Du Petit Thouars s.n.) et deux exsiccata (Perrier de la Bâthie 14189 et
Cours 2964) tous récoltés dans le domaine de l’est entre Mananara et
Tamatave. R. Capuron a récolté VUvaria marenteria en fruits à l’ouest
de Foulpointe dans la forêt sur sables de Mangalimasoa (Capuron SF
28062, 18-12-1967).
Uvaria lemurica Diels
Espèce à feuilles coriaces pouvant dépasser 30 cm de long, VU. lemurica
était représenté dans nos herbiers par le spécimen-type Perrier de la Bâthie
2272 et un deuxième échantillon, également de Perrier de la Bâthie, tous deux
récoltés dans le domaine phytogéographique de l’ouest, plus précisément
dans le Bémarivo (Boina), au sud de Majunga. La connaissance de cette
espèce se complète par un spécimen récolté par Rakotoniana (Réserves
Naturelles 3237) dans la Réserve Naturelle n° 1, dite de Betampona au
nord-ouest de Tamatave et un autre par Capuron (23941 SF), dans des
restes de forêt sur latérite de basalte entre Farafangana et Manombo
Source : MNHN, Paris
— 118 —
également dans le domaine de l’est mais nettement plus au sud que la loca¬
lité précédente. 11 est intéressant de constater que l’on retrouve dans les
groupements ombrophiles de l'est une espèce de la forêt tropophile de
l’ouest et de noter aussi la disjonction actuelle de l’aire de cette espèce.
Notons que les spécimens RN 3237 portent des fruits à méricarpes subsessiles
subglobuleux ou un peu allongés, assez déformés (2-2,5 x 1,2-2 cm),
à péricarpe grumeleux, couvert de poils très courts, étoilés, seuls fruits
connus de Y U varia lemurica, mais les graines sont ± avortées.
Uvaria manjensis Cav. et Ker., Uvaria bathiei Ghesq. ex. Cav. et Ker.,
Uvaria leandrii Ghesq. ex. Cav. et Ker.
Comme plusieurs autres taxons, VU. manjensis, VU. bathiei et VU.
leandrii ont été décrits sur un matériel très réduit. Un certain nombre
d’exsiccata avaient cependant été rapprochés de ces espèces. Les récoltes
récentes nous amènent à réévaluer les liens entre les différents taxons.
C’est ainsi qu’il nous semble que les spécimens Capuron 6902 SF,
Capuron 502 SF, Leandri 2299, 4987 SF, 13245 SF, Morat 2519 (tous du
périmètre Antsalova, Morondava, Ankazoabo, Sakaraha) rapprochés
de Y Uvaria manjensis, constituent un ensemble particulier auquel on peut
avec sûreté rapporter également les matériaux récents : Capuron 20571 SF,
de la région de Sakaraha, Capuron 22498 SFdu massif de Vohipary, Anta-
nimoro, Leandri 3536, 3560 de Sakaraha, Capuron 20403 SF, entre Ihosy
et Sakalalina, donc tous du sud-ouest.
Comme aucun des types de ces trois taxons ( U. manjensis, U. leandrii
et U. bathiei) ne comprend l’ensemble des organes discriminatifs, il paraît
prématuré de décrire une nouvelle unité basée sur les matériaux cités plus
haut. En effet, comme pour les trois taxons cités ci-dessus, les nouveaux
spécimens proviennent de la région occidentale, mais il n’existe malheu¬
reusement aucun nouvel échantillon provenant des localités types, spéci¬
mens assimilables à des topotypes qui auraient pu permettre de juger du
polymorphisme local des taxons.
Uvaria acuminata Oliv. var. catocarpa (Diels) Cavaco et Keraudren
La remarque de B. Verdcourt (1971) au sujet de la subordination
problématique de Y Uvaria catocarpa Diels à Y Uvaria acuminata Oliv.
(Cavaco et Keraudren, 1958), semble parfaitement justifiée.
L’ Uvaria catocarpa d’une part n’est également connu que par un maté¬
riel type très insuffisant, d’autre part, le groupe est-africain acuminata /
leptodadon paraît lui-même complexe. Il nous semble aujourd'hui, à la
lumière de récoltes récentes de René Capuron (24388 SF), aux environs
de Marozeva près de Beforana (22-12-1965), que l’unité de Diels Uvaria
catocarpa correspond à un ensemble parfaitement homogène caractérisé
à la fois par ses feuilles lancéolées-elliptiques, atteignant 15 cm de long,
à apex atténué, rostré ou acuminé, et par la cauliflorie. En effet, les fleurs
naissent sur le vieux bois et en fascicules très denses de cymes plus ou moins
longuement pédonculées (pédoncule pouvant atteindre 8 cm), les fleurs
Source : MNHN, Paris
— 119 —
étant elles-mêmes sessiles ou courtement pédicellées. Ce caractère n'a été
noté jusqu’à présent chez aucune autre espèce d'Uvaria malgache et semble
même rarement signalé pour ce même genre en Afrique (Hutchinson
1964, Paiva 1966, Le Thomas 1969 et Verdcourt 1971).
Il n’est mentionné par Verdcourt ni pour U. acuminata ni pour
U. leptocladon. Il n'est pas impossible cependant que des plantes proches
de U. acuminata existent à Madagascar; plusieurs spécimens (en particulier
Institut de Recherches Appliquées Malgaches n° 276 C) présentent d’assez
nettes similitudes avec U. acuminata, quant aux feuilles et aux méricarpes
sessiles tuberculeux. Le problème reste cependant à examiner en fonction
du spécimen Bojer s.n. de Madagascar, cité dans la diagnose originale
d’OuvER (Fl. Trop. Afr. 1868), spécimen que nous n’avons pu retrouver.
Nous devons aussi souligner que les échantillons Perrier de la Bâthie
14022 du bassin du Vohitra et Perrier de la Bâthie 18362 d’Ambatovolo
tous deux anciennement rapportés à VUvaria acuminata var. catocarpa
proviennent de localités proches de celle du spécimen cauliflore Capuron
24388.
3. — LE PROBLÈME DU GENRE FENERIVIA
Diels a reconnu sous le nom de Fenerivia heteropetala un genre mono¬
spécifique à partir d’un unique spécimen collecté par Perrier de la Bâthie
(n° 4942) à Madagascar près de Fénérive (d’où son nom).
Ghesquière (1939) avait inclus cette unité dans les Polyalthia, opinion
suivie dans la Flore (1958).
L’apparente instabilité du nombre et de la forme des pétales pouvait
justifier cette manière de voir. Cependant, aussi bien Fries (1959), que
Hutchinson (1964) redonnent au Fenerivia un rang générique. Ils se basent
évidemment sur la diagnose originale de Diels qui indique une corolle
à 2 cercles de pétales (3 externes théoriquement très différents des 9 internes).
Malheureusement, aucune nouvelle collecte ne semble avoir été faite de
cette plante et on ne dispose au total que des restes de 3 fleurs sur lesquelles
ne se vérifient pas explicitement les caractères indiqués. L’exemplaire de
Perrier de la Bâthie diffère aussi de tous les autres Polyalthia également
par ses feuilles.
La position du genre Fenerivia ne pourrait cependant que très diffici¬
lement être affirmée car Fries le place non loin des Polyaltia dans le « Polyal-
thia- gruppe » de sa tribu 2 des Unoneae. Au contraire, Hutchinson accep¬
tant l’existence de ces 3 pétales externes différents, inclut le Fenerivia dans
les Miliuseae et l'éloigne ainsi catégoriquement des Polyalthia qu’il place
dans sa tribu 3 des Unoneae.
La pauvreté du matériel ne permet pas actuellement d’apporter confir¬
mation à l’un ou l’autre des points de vue. Mais les différences avec toutes
les autres espèces de Polyalthia malgaches semblent suffisamment accusées
pour suivre l’opinion de Diels plutôt que celle de Ghesquière.
Source : MNHN, Paris
120 -
Bibliographie sommaire
Bâillon, H. — Mémoire sur la famille des Anonacées, Adansonia, ser. 1,8: 162-184,
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Laboratoire de Phanérogamie
Muséum. Paris.
Source : MNHN, Paris
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LE GENRE HEDYCHIUM A MADAGASCAR
(ZINGIBERACÉES)
par A. Lourteig
Abstract: The identity of the species of Hedychium of Madagascar is discussed.
H. subditum Turrill and H. flavescens Carey ex Roscoe are considered conspecific.
C’était pendant l’été austral de 1970 : après une excursion botanique,
nous rentrions à Tananarive avec mon regretté ami René Capuron et
nous passions à côté d’une superbe « masse » de Hedychium au bord de
l’eau. A ma demande du nom spécifique mon ami répondit « on le considère
comme une variété du coronarium, je crois... »
Connaissant bien cette espèce, largement répandue par la culture en
Amérique, surtout dans les régions tropicales et aussi jusqu’à Buenos Aires,
je réagis, j’observai la plante et récoltai un spécimen. Au Laboratoire du
C.T.F.T., nous prîmes la Flore de Madagascar, puis le Pflanzenfamilien,
et nous fûmes obligés de reconnaître qu’il n’était pas possible d’arriver au
binôme correct pour cette « beauté parfumée ».
Aujourd’hui j’essaie, seule cette fois, de répondre à notre question,
à la mémoire de celui qui m’a tant appris sur la forêt malgache!
Perrier de la Bâthie étudia la famille des Zingibéracées pour la Flore
de Madagascar en 1946. Autant que je peux en juger, la bibliographie
fondamentale concernant cette famille (par exemple le Pflanzenreich, 1904,
et le travail sur le groupe de Hedychium coronarium de Turrill, 1914)
n’a pas été consultée. Des deux espèces, H. peregrinum Bak., qui semble
endémique de Madagascar, n’a pas été vue. Pour l’autre, Perrier de la
Bâthie a créé une combinaison nouvelle superflue, car déjà existante,
et a donné une synonymie en partie fausse et une description difficile à
comprendre.
Je remercie très vivement M. P. Brenan, Curator de Kew Herbarium qui a mis à
ma disposition le type de Hedychium peregrinum Bak. et quelques spécimens étudiés
par Monsieur Turirll.
Source : MNHN, Paris
122
HEDYCH1UM Koenig
Koenig, in Retzius, Obs. 3 : 73 (1783); Roxburgh, Fl. lnd. ed. 1 : 9-11 (1820);
Roscoe, Monandr. PI. f. 47-63 et descr. (1828); Horaninow, Prodr. Monog. Scitam. :
24, pl. 3, f. 1 (1862); Bentham et Hooker, Gen. PI. 3 : 642-643 (1883); Petersen, in
Engler u. Prantl, Pflanzenfam. 2, 6 : 19 (1889); Baker, in Hooker, Fl. Brit. Ind. 6 :
225 (1892); Schumann, in Engler, Pflanzenr. 46 : 40-44 (1904); Perrier de la Bâthie,
in Humbert, Fl. Madag. 47 : 4-5 (1946); Loesener, in Engler u. Prantl, Pflanzenfam.
15 a : 560-563, f. 245-246 (1930).
— Gamochilus Lestiboudois, Ann. Sci. Nat., 2 e sér., 15 : 341 (1841); Lindley, Veg.
Kingd, 167 (1847).
— Gandasulium [Rumphius, Herb. Amb. 5 : 175, pl. 69, f. 3. 1745.] Kuntze, Rev. 2 :
690 (1891).
Horaninow, 1862, fut le premier à créer des Sections du genre :
Gandasulium basée sur un genre de Rumphius, Macrostemium,t t une troisiè¬
me qui, aujourd’hui, appartient à un autre genre. Les Sections étaient
fondées sur la longueur relative de l’étamine et de la corolle.
Schumann, 1904, en présence d’un nombre beaucoup plus grand
d’espèces et considérant la faiblesse du caractère utilisé par Horaninow,
inventa deux Sous-genres, très logiques et pratiques, basés sur les inflores¬
cences. Conservant le nom de Horaninow et la majorité des espèces de la
première Section, il dut l’émender. Toutefois, cette Section (ou Sous-genre)
contient le type du genre; suivant le Code elle doit conserver le nom du genre.
Des 12 espèces qui constituaient la Section Macrostemium Horan.,
Schumann en conserva 11 en ajouta d'autres et fit un nouveau Sous-
genre qu’il nomma Euosmianthus, ce qui n’est pas en accord avec le Code.
Chacune des deux espèces qui vivent à Madagascar appartient à un
Sous-genre :
Subgenus 1. HEDYCHIUM
— Gandasulium [Rumphius] Horaninow, Le. : 24; Bentham et Hooker, l.c. : 643;
Baker, Le. : 225.
— Gandasulium [Rumphius] Horaninow emend. Schuman, l.c. : 41.
— Gansasulium Rumphius, Amb. 5 : 175, pl. 69, f. 3 (1745) pro. gen.
Inflorescence ellipsoïde ou ovoïde, dense, rarement cylindrique;
bractées larges, imbriquées ou convexo-concaves, n’enveloppant pas la
base des fleurs mais cachant le rhachis.
Type : H. eoronarium Koenig
Une seule espèce se trouve à Madagascar.
Turrill a étudié une partie de ce Sous-genre. Il semblerait que tout
son intérêt se soit porté sur la redéfinition de H. flavum ; il a eu le mérite
de séparer H. flavum Roxburgh de H. flavum Roscoe pour lequel il crée le
nom subdilum Turrill mais nous devons regretter que ses descriptions des
taxa voisins ne soient pas complètes, voire comparables; il n’y a pas de
spécimens cités. Ainsi, un problème se pose à propos de l’interprétation
de H. flavum Roscoe non Roxburgh et H. flavescens Roscoe.
Source : MNHN, Paris
123 —
Turrill nous dit que l’étamine est à peine plus longue (slightly longer)
que le labelle chez H. flavescens et nettement plus longue (distinctly longer)
chez H. subditum (= « flavum Roscoe ») : ses schémas ne montrent pas une
aussi grande différence et, pour le reste, les dessins des fleurs sont presque
identiques. D’après sa clef, les fleurs de la première espèce mesureraient
13 à 14 cm, celles de la deuxième 8 à 11 cm.
L’abondant matériel de Madagascar a des fleurs qui mesurent générale¬
ment entre 11 et 13 cm.
Les spécimens authentiques, vus par Turrill, qui ont servi pour les
illustrations de Roscoe, cultivés à Liverpool, originaires de Ceylan, montrent
des étamines dont les mesures ne coïncident pas avec celles des schémas
de Turrill. Après avoir examiné tous les spécimens authentiques, on
constate que, pour le spécimen de H. flavescens cultivé à Liverpool qui
aurait servi pour peindre la planche 50 de Roscoe, le seul caractère frappant
est la longueur du calice, le rapport longueur du tube de la corolle/longueur
du calice étant maintenu. Rappelons-nous qu’il s’agit d’une plante cultivée 1
et notons que l’autre spécimen, vu par Turrill, de la même espèce, de
Ceylan, Paradenya, comm. Macmillan, ne présente pas ce caractère.
Parmi les spécimens de l'herbier de Paris, la plupart des fleurs ont les ca¬
lices plus courts que les bractées extérieures, mais quelques-uns dépassent nu
peu le bord de cette bractée (ex. Pobéguin, Baron 3833, Perrier2l 78, Verreaux).
L’étamine varie aussi en longueur relative, mais dépasse toujours le
labelle : presque toute l’anthère et même une partie du filet font saillie.
D’autre part, les dimensions des fleurs et des inflorescences varient très
probablement suivant l’écologie de la plante.
Les planches de Roscoe (49, 50), fort belles, montrent deux plantes
différentes au premier coup d’œil, mais plus semblables qu’on ne le pense
si l’on essaie de trouver des caractères spécifiques. En outre, la forme des
labelles est variable dans la même inflorescence.
Après avoir examiné les spécimens authentiques, de Ceylan, de nom¬
breuses collections de Madagascar, Asie et Océanie, je pense qu’il n’est
pas possible de maintenir ces deux binômes.
H. flavescens Carey ex Roscoe (fig. B).
Roscoe, Monandr. PI., pl. 50 et descr. (1828); Wight. Icon. : 17, pl. 2008-2009
(1853); Loddiges, Cab. : 723 (1830); Turrill, Kew Bull. : 369, f. 5 (1914).
— H . flavum auct. (Roscoe, l.c. pl. 49. Curtiss, Bot. Mag. pl. 2378 (1823)) non Roxburgh
(1814).
— H . subditum Turrill, l.c. : 370-371, f. 8.
— H . coronarium Koenig var. (3 Horaninow, l.c. : 24.
— H . coronarium Koenig var. flavescens (Carey ex Roscoe) Baker, l.c. : 226.
— H . coronarium Koenig var. flavescens (Carey ex Roscoe) Perrier de la Bâthie,
l.c. : 5, f. 1 (1-2), txcl. syn. Roxburgh!
Type : La planche de Roscoe (v. matériel authentique, p. 124).
I. Wallich écrit dans une lettre à Roscoe... « The instant culture intervenes they
become rebellious and unmanagcable; often running into each other, and assuming new
appearances; and characters which we thought constant, becoming useless. » Cf. Roscoe,
l.c. (HedychiumI.
Source : MNHN, Paris
— 124 —
Herbacée. Pubescence fine, fauve apprimée. Tige jusqu'à 2-2,50 m.
Pétioles en gaine. Feuilles lancéolées (25-45 x 5-10 cm) finement acuminées,
à pubescence lâche sur la face inférieure. Gaine peu pubescente. Ligule
membraneuse (jusqu’à 6 cm), pubescente, aiguë. Épi ± ovoïde (10-20 cm),
fleurs longues de 8-13 cm. Bractées subcoriaces, à pubescence très fine,
éparse, glabrescentes, à bords scarieux densément ciliées à l’apex : les deux
inférieures planes (jusqu’à 7x4 cm) généralement aiguës (parfois se
prolongeant en développements foliaires), stériles; les autres oblongues,
planes ou peu courbées (jusqu’à 5x4 cm), obtuses (2-) 3- (4-) flores; celles
du sommet fréquemment incurvées à presque cylindriques, obtuses ou
tronquées. Bractées intérieures membraneuses minces, 1-flores, à pubescence
apprimée. Calice (jusqu’à 4 cm) en général plus court que la bractée extérieu¬
re, parfois la dépassant un peu, à bord oblique 3-dentelé, un peu fendu.
Corolle jaune clair, plus foncée vers la base : tube double du calice (± 7-
7,5 cm), pétales linéaires ou subspathulés (jusqu’à 3,5 cm), très étroits,
aigus. Staminodes elliptico-cunéiformes (jusqu’à 4 x 1 cm) obtus, rarement
sub-échancrés, de largeur variable. Labelle obcordé ou obové-cunéiforme
(jusqu’à 4,5 x 3 cm)bilobé généralement jusqu’à 1 / 4 , rarement jusqu’à / 2 .
Etamine dépassant toujours le labelle, anthère linéaire, courbée (± 1,25 mm)
sagittée, à pointes subaiguës. Ovaire densément apprimé-pubescent. Stigmate
en entonnoir, à bord cilié.
Spécimens étudiés : Afrique. Guinée française : Cuit. Jardin de Conakry, Cheva¬
lier 13037, 2-1905, P. — Grande Comore : Pobéguin, P. — Madagascar : Outre le
matériel cité par Perrier de la Bàthie, Le. : Imerina, Perrier de la Bâthie 2175, a. 1932, P.
Forêt d’Andrangaalaka, Emyrne, 3-1889, P. Env. d'Ambatofitorana (Betsileo) au Km 300
de la route Tananarive-Fianarantsoa, 1 500-1 600 m, Humbert 30220, 4-1955, P. Tanana-
rive, prairies humides, Decary 572, 27-2-1921, P. Nanisana, Ex herb. d'Alleizette 635,
9-1905, P. Près route Brickeville, Dequaire 27607, a. 1952-1955, P. Fanovana. env. de
village, Decary 17960, 9-6-1942, P. Tananarive, Garnier 83, printemps 1869, P. S. d.,
Homolle, P. — India : Madras, Hooker et Thomson 807 (P). — Ceylan : Paradenya,
Royal Bot. Garden, Area 4 N° 1 /c, comm. H. T. Macmillan, 25-9-1914, K. Spécimens
authentiques issus des plantes envoyées par le Docteur Carey au Jardin Botanique de
Liverpool où elles ont été cultivées et utilisées pour dessiner les planches de Roscoe,
Le. : « Serampore, sent to Hort. Liverpool by Dr. Carey, Area 5 sp. N° 1/f, 1822, K
(nommé subditum Turrill : Roscoe, pl. 49) ». « Area 5 N° 1 c/f, sent by Carey, 10-X-1823,
K (dessiné par Turrill, nommé subditum Turrill) ». « Area 5 N° 1/f K (nommé subditum
Turrill) ». « Sent by Dr. Carey, from Serampore, to the Botanic Garden in Liverpool,
Area 5 N° 1 /c, 1821 K (nommé flavescens, Roscoe pl. 50) ». — Manille : Cuming 765, P.
— Bornéo : Chaper, 11-1890, P. — Java : In hortis ex sylvis humidis, Zollinger 3583, P. —
Australie : Verreaux, a. 1844-46, P. — Iles sandwich : Insula Maui, Makawao, culta,
Faurie 1159, 8-1909, P. — Iles australes : Raivavae, Island Vaiuru, Fosberg 11745, 10-
8-1934, P. — Iles Célèbes : Manado, Minahassa, de la Savinière 412, 6-1876, P.
Subgenus 2. MACROSTEMIUM Horan. (sensu EUOSMIANTHUS Schum.)
Horaninow, Le. : 25 p.p. ; Bentham et Hooker, Le. ; Baker, Le. : 227.
— Gandasulium [Rumphius] Horan., I.c., p.p.
— Euosmianthus SchuMANN, Le.: 42.
Source : MNHN, Paris
— 125 —
Inflorescence beaucoup plus longue que large. Bractées non imbriquées,
étalées ou divariquées, éloignées les unes des autres, enveloppant la base
des fleurs sans cacher le rhachis.
Lectotype : H. Gardnerianum Wallich ex Roscoe, l.c., pl. 62 (1828), de l'Inde,
répandu par la culture.
Source : MNHN , Paris
126 —
H. peregrinum N.E. Brown (fig. A).
Brown, Gardner. Chron. 2d. ser., 16 :368 (1883); Schumann, l.c.: 59; Perrier
de la Bâthie, l.c. : 6.
Type : Madagascar, Parker, 12-1882 (K).
Tiges (1-1,20 m) feuillées jusqu’à la base des inflorescences. Pubescence
fine, brunâtre-dorée. Pétioles en gaine, à bords peu pubescents au sommet.
Feuilles inférieures (± 30 x 6-8 mm) elliptiques, aiguës ou acuminées,
à base arrondie ± decurrente; face supérieure glabre, face inférieure à
pubescence fine, longue, éparse. Ligule membraneuse (1-2,5 cm), obtuse
ou tronquée, à pubescence dense apprimée. Épi cylindrique, allongé
(± 15 cm), à rhachis vert, à pubescence fine, apprimée. Bractée extérieure
brunâtre, membraneuse, oblongue (± 2,5 x 0,5-1 cm) obtuse, 2-flore,
pubescente, ± glabrescente. Bractées intérieures plus petites (± 10-13 mm)
dont la plus externe en forme de tube, par soudure des bords (très rarement
libres), renfermant les 2 fleurs.
Calice (± 4 x 0,02 cm) tubuleux, étroit, à bord oblique, à pubescence
dense apprimée. Corolle glabre, à tube (± 8 cm) très étroit (1-1,5 mm) :
pétales très étroits, linéaires-spathulés (± 4 cm), vert jaunâtre très clair.
Staminodes plus larges que les pétales, oblancéolés, spathulés, aigus (± 5
x 0,3-0,4 cm) blancs. Labelle (± 3,5 x 1,25-1,50 cm) elliptique, incisé
presque jusqu’à la moitié. Étamine très longue (2 fois le tube de la corolle),
rouge-orangé. Anthère (±5 mm) linéaire, étroite, droite, sagittée à appen¬
dices courts, obtuses. Stigmate oblique, à bord densément cilié.
Spécimen étudié : Le type, seul spécimen connu.
L’espèce est proche de H. villosum Wallich (de l’Asie) mais elle en diffère
par de nombreux caractères : bractées et calice aigus, tube corollin ± pubes-
cent, anthères (forme et dimension) et stigmate très caractéristique. Elle se
distingue des autres espèces du Sous-genre Macrostemium par des caractères
plus faciles à observer tels que : couleur, forme et taille des inflorescences
et des fleurs, feuilles, bractées, etc.
Bibliographie
Baker, H. J. G. — Hedychium in Hooker, J. D., The Flora of the British India 6 : 225-233
(1892). London.
Bentham, G. et Hooker, J. D. — Généra Plantarum 3, 2 : 642-643 (1883). London.
Brown, N. E. — Hedychium peregrinum N. E. Br. n. sp. Gardener's Chronicle, 2d. ser.,
16 : 368 (1883).
Horaninow, P. — Prodromus Monographiæ Scitaminearum additis nonnullis de Phyto-
graphia, de Monocotyleis et de Orchidiis 1-45, pl. 1-4 (1862). Petropolis.
Koenig, I. G. — Descriptiones Monandrarum pro annis 1778 et 1779 in Retzius, A. I.,
Fasciculos Observationum Botanicarum 3 : 45-76 (1783). Lipsiae.
Lestiboudois, T. — Observations sur les Musacées, les Scitaminées, les Cannées et les
Orchidées. Ann. Sci. Nat., 2 e sér. 15 : 305-349, pl. 18-21 (1841).
Source : MNHN, Paris
127 —
Loddiges, C. — The Botanical Cabinet... 17 : pl. 723 et description (1830). Hackney.
Loesener, T. in Engler A. u. Prantl, K., Pflanzenfamilien 15 a : 560-562, f. 245, 246
(1930). Leipzig.
Perrier de la Bâthie, H. — Zingibéracées in Humbert, H., Flore de Madagascar et
Comores 47 : 4-34, f. 1-5 (1946). Paris.
Petersen, O. G., in Engler, A. u. Prantl, K., Pflanzenfamilien 2, 6 : 19-20, f. 14
(1889). Leipzig.
Roscoe, W. — Hedychium in Monandrian Plants of the Order Sciiamineae, chiefly drawn
from living specimens in the Botanic Garden at Liverpool. Sectio IL Sciiamineae ,
pl. 47-63 et descriptions (1828), Liverpool.
Rumphius, G. E. — Herbarium Amboinense... 5 : 1 -492,pl. 1-184.(1750). Amstelaedamium
Schumann, K. — Zingiberaceae in Engler, A., Pflanzenreich, 46 - 1-458, f. 1-52 (1904).
Leipzig.
Turrill, W. B. — Hedychium coronarium and allied Species. Kew Bull. 1914 : 368-372,
f. 1-8-1914.
Wallich, N. in Roxburgh, W., Flora Indica; or Descriptions of Indian Plants... to
which are added Descriptions of Plants more recently discovered by N. Wallich
(Ed. W. Carey) 1 : 1-493 (1820). Serampore.
Wight, R. — Icônes Plantarum Indiae Orientalis; or Figures of Indian Plants 6 : i-x 4-
index + 1-44, pl. 1921-2101 (1853), Madras.
Laboratoire de Phanérogamie
Muséum. Paris.
Source : MNHN , Paris
Source : MNHN , Paris
Adansonia,
r. 2, 12 (1) : 129-135. 1972.
SUR LA PREMIÈRE MENTION IMPRIMÉE ET LE PREMIER
ÉCHANTILLON DE CATHARANTHUS ROSEUS (L.) G. Don
par Pierre Boiteau
Stearn (6) a rapporté récemment, d’après Miller (5) comment la
Pervenche de Madagascar fut introduite d’abord au Jardin Botanique de
Trianon, puis en Angleterre.
Nous avons pensé utile de rechercher dans les collections conservées
à Paris : Herbier du Muséum National d’Histoire Naturelle et bibliothèques
parisiennes, la première mention imprimée de cette plante et le premier
échantillon qui en soit connu.
PREMIÈRE MENTION IMPRIMÉE
La première mention imprimée figure dans l’ouvrage d’Étienne de
Flacourt : Histoire de la Grande Ile de Madagascar, l re éd., Paris, 1658;
2 e éd. Paris 1661 (Privilège d’imprimer daté du 12 octobre 1657).
A la page 130 de cet ouvrage figure, en effet, le passage suivant :
« 42 — Tongue, herbe ressemblante au Saponaria, qui a la fleur comme
« celle du Jassemin, l’une est blanche, l’autre est de couleur de pourpre,
« la racine est fort amère, de laquelle ils se servent contre le mal de cœur,
« & est bonne contre les poisons; elle approche du Vincetoxicon ou Ascle-
« pias, & ne vient pas plus haute. Celle qui a la fleur blanche a plus de vertu. »
Le n° 42 se retrouve deux fois dans les dessins qui accompagnent
l’ouvrage (Fig. 1), dessins exécutés en France après le retour de Flacourt,
donc entre 1655 et 1657, et qui n’ont qu’une faible valeur documentaire.
Tongue (malgache moderne tonga) est le nom tanosy de la plante;
les Tanosy ou Antanosy étant les habitants de la région sud-orientale de
Madagascar où se trouve Fort-Dauphin, et où résida Flacourt. J’ai pu
constater au cours d’une récente mission que ce nom est bien toujours
celui qu’on donne à la plante dans cette région. Chez les Antandroy fixés
plus à l’ouest, on l’appelle Tongatse ou Trongatse. Puisqu’on en a l’occasion,
il est intéressant de souligner la pérennité de ces noms vernaculaires au
Source : MNHN, Paris
— 130 —
cours des siècles. On sait que depuis le xvn e siècle une partie des Tanosy
a émigré vers la vallée de l’Onilahy, distante de plusieurs centaines de
kilomètres de Fort-Dauphin. Nous avons trouvé dans l’Herbier du Muséum,
provenant de cette région de l’Onilahy, un échantillon de C. roseus récolté
par le D r Decorse en 1910, sur lequel le nom tanosy de Tonga est également
mentionné. La migration, pas plus que le temps, n’ont donc altéré ce nom
vernaculaire.
Flacourt paraît, dans son texte, rapprocher un peu au hasard C.
roseus, tantôt de la Saponaire, tantôt du « Jassemin » et enfin du Vincetoxi-
con. Le rapprochement avec la Saponaire ne doit pas faire illusion; il est
fait sur des critères utilitaires, comme c’était souvent l’habitude à l’époque,
les racines de C. roseus, riches en saponine, étant utilisées au même titre
fflnÆ.n-je-
S /-'* 3
Jjb HISTOIRE
uem lor* qu'ilsnm niai ila t«ftr.
— 4 t. Ttngne, herbe reflf mblintc au Safnari», qui S la
finir comme celle du UlTcniin, l'vne cft blanchp , l'autre elt
«Je couleur de pourpre, la racine cft fon amere. de laquelle
ils fclcniem contre le mal de ctrur, &cJt banne contre 1er
poifont. elle approche duvinceioxicon i ouafclepias .Hiite
vient pu plus haute. Celle qui ali fleur blanche a plus de
que celles de la Saponaire en Europe, au lavage des tissus délicats. En
français des Iles Mascareignes, on désigne souvent encore C. roseus, pour
la même raison, sous le nom de « Saponaire du pays ».
Quant à l’organisation florale, Flacourt rapproche le Catharanthus
du Jasmin du fait de sa corolle longuement soudée en tube et de sa fleur
5-mère. On sait que ce n’est guère qu’au début du xvm e siècle en France,
sous l’influence de Tournefort et surtout de Vaillant (son « Discours
de la structure des fleurs » date de 1717) que la tendance à considérer gyné¬
cée et androcée comme des caractères de première importance se généra¬
lisa. Mais de plus le « Jassemin » de Flacourt est peut-être aussi une Apo-
cynacée. Dans son « Dictionnaire de la langue de Madagascar » Paris,
1658, chap. XIX, il donne en effet comme équivalent de « Jassemin grand »
le nom malgache « taulangh » (taolana en graphie moderne). Or ce nom
est celui des Carissa à fruit comestible, telles les variétés et formes de
Carissa edulis Vahl., communes autour de Fort-Dauphin.
Le rapprochement avec les Asclépiadacées, qui paraît peut-être plus
justifié de nos jours, est fait sur la base des seules vertus alexipharmaques
prêtées à la Pervenche de Madagascar comme au Vincetoxicon.
La distinction entre la variété à fleurs blanches et la variété à fleurs
Source : MNHN, Paris
— 131
roses est très bien faite par Flacourt. Ces deux formes correspondent
respectivement aux var. albus et roseus G. Don (2), qui étaient donc toutes
deux spontanées à l’époque; alors que les autres « variétés » mentionnées
par G. Don sont plus probablement des cultivars. De nos jours, un autre
Catharanthus, C. trichophy/lus (Bak.) Pichon, qui n’a jamais encore été
l’objet d’une culture, présente aussi une variété à fleurs blanches et une
variété à fleurs pourpres, différant en outre par divers autres caractères :
port, aspect des jeunes plants, coloration des tiges, etc.
Flacourt note très bien l’extrême amertume de la racine et rapporte
son emploi empirique en thérapeutique des affections cardiaques. Il est
remarquable que la pharmacopée moderne fasse précisément un large
emploi des alcaloïdes tirés de cette racine dans le traitement des affections
cardio-vasculaires. C’est d’ailleurs l’une des raisons de l’importance éco¬
nomique de C. roseus.
PREMIER EXSICCATA
C. roseus n’existe pas dans l’herbier de Tournefort. Le catalogue
de cet herbier mentionne bien au n° 440 : « Pervinca flore purpureo » mais
il s’agit d’un cultivar de Vinca minor L. ; mutation à fleurs pourpres apparue
dans les cultures à l’époque de Tournefort et que quelques rares horti¬
culteurs ont continué à multiplier jusqu’à nos jours.
Un exemplaire très bien conservé de C. roseus (Fig. 2) a par contre
été retrouvé dans l’herbier de Sébastien Vaillant (1669-1722). L’étiquette
manuscrite porte la mention : « 42 - Tongue ou Tongha. Flacourt p. 130 ».
J’ai pu en comparer l’écriture avec celle d’un manuscrit de Vaillant
(cote Per-k-g-20) conservé au Laboratoire de Phanérogamie du Muséum,
manuscrit d’ailleurs inachevé intitulé, : « Index pour trouver les genres et
les espèces de plantes qui sont dans mon herbier. Ann. 1722 ».
Il n’y a aucun doute que l’écriture est bien celle de l’étiquette de Vail¬
lant. On pourra d’ailleurs comparer ces deux écritures (Fig. 3). Le papier
d’herbier portant l’échantillon a été soumis à l’expertise de M. Guex
qui, d’après l’étude du filigrane et des caractères microscopiques, l’a daté
du début du 18 e siècle, vers 1710.
Cet échantillon est sûrement le plus ancien exemplaire connu de C.
roseus.
Restait à en établir l’origine. Deux hypothèses étaient plausibles :
1° l’échantillon avait pu être récolté au cours d’un voyage à Mada¬
gascar; dans ce cas, à l’époque considérée, seul Flacourt aurait pu être
son collecteur;
2° des graines de C. roseus auraient été ramenées en France et la
plante mise en culture au Jardin du roi (dans ce dernier cas les indications
de Miller se trouveraient dépassées puisque Trianon ne commença à réunir
les collections de plantes exotiques que lorsque Claude Richard, venant
de Saint-Germain-en-Laye, fut préposé à cet office, en 1750, comme l'a
montré G. Desjardins (1).
Source : MNHN, Paris
— 132 —
Flacourt parle à plusieurs reprises de l’envoi en France d’échantillons,
mais il n’a mentionné nulle part, à notre connaissance, la confection d’un
herbier. Ce n’est que dans une publication récente, et passée en grande partie
inaperçue, que H. Humbert (4) a signalé l’existence dans l’herbier du
Muséum de récoltes dues à ce voyageur. Il paraît utile de reproduire intégra¬
lement le passage en question : « Le chevalier Étienne de Flacourt arriva
« à Fort-Dauphin en 1648 pour prendre la direction d’un établissement
« colonial. Il y séjourna jusqu’en 1655. // constitua un herbier incorporé
« à l'herbier de Madagascar au Muséum (Paris), dont les étiquettes origi-
« nales portent chacune un numéro d’ordre (précaution trop souvent
« négligée même par les botanistes modernes!) reproduit dans son remar-
« quable ouvrage Histoire de la Grande Isle de Madagascar... »
Source : MNHN, Paris
— 133 —
On pourrait penser à la lecture de ce passage que Humbert attribuait
à Flacourt lui-même l’écriture des étiquettes actuellement conservées
dans l’herbier de Madagascar. Cette écriture, comme il a été dit plus haut,
est au contraire indubitablement celle de S. Vaillant.
^'2-. * 2 / 0 u e.. ûU- . < 2^/a /'3c*.
INDEX.
Recherchant dans l’herbier de Madagascar, nous avons retrouvé effec¬
tivement, M me L. Allorge et moi-même, quelques spécimens d’autres
espèces, collés sur le même papier et portant également des étiquettes de
la main de S. Vaillant, reproduisant les numéros et les pages de l’ouvrage
de Flacourt. Nous ignorons sur quelles bases, H. Humbert avait attribué
à Flacourt lui-même la récolte de ces specimens.
J’ai pour ma part eu la chance de trouver à la Bibliothèque Nationale
un exemplaire de l’ouvrage de Flacourt annoté en marge de la main
de S. Vaillant et qui a manifestement servi à la mise en ordre de l’herbier
rapporté par Flacourt.
Source : MNHN , Paris
134 —
En face de l’indication Tongue , à la page 130, on peut lire, par exemple :
« Herb. p. 10 et p. 23 »; ce qui signifie clairement qu’il y avait deux échan¬
tillons de C . roseus ; d’où l’explication des deux n° 42 dans les dessins
de Flacourt. A la page 125, face au n° 25 de Flacourt, une mention
encore plus explicite : « herbier pag. 1 ». (Fig. 3). L’ensemble des notes
en marge permet de dresser la liste complète des échantillons ramenés
par Flacourt, ce que nous nous proposons de faire.
Cet exemplaire de l’ouvrage de Flacourt (édition de 1661) porte
la cote 4° Lk 11 60(A) à la Bibliothèque Nationale. La face interne de la
couverture porte un ex-libris de Pierre-Daniel Huet, évêque d’Avranches,
érudit bien connu et l’un des précepteurs du Dauphin, fils de Louis XIV.
Sa première page porte le cachet de la Bibliothèque Royale tel qu’il existait
sous le règne de Louis XV. On sait qu’à la mort de Mgr Huet en 1721,
il légua sa bibliothèque à la maison professe des Jésuites de la rue Saint-
Antoine où ses dernières années s’étaient écoulées. C’est lors de la dispersion
de cette bibliothèque des Jésuites en 1764 que les ouvrages ayant appartenu
à Huet furent rachetés par la Bibliothèque Royale. L’ouvrage est donc
resté propriété de l’évêque d’Avranches jusqu’à sa mort, après avoir servi
au travail de Sébastien Vaillant.
On peut en conclure que le specimen de C . roseus de l’herbier Vaillant
a bien été récolté à Madagascar par Flacourt, lors de son séjour dans
la grande lie, donc entre le 5 décembre 1648 et le 12 février 1655.
Ce qui reste à établir c’est par quelle voie l’herbier Flacourt, que celui-
ci dut remettre à son retour en France en 1655 à l’un de ses mandants :
c’est-à-dire soit au Duc et Maréchal de la Meilleraye, soit à Nicolas
Foucquet, Surintendant des Finances, parvint un demi-siècle plus tard
entre les mains de S. Vaillant au Jardin du Roi.
Nous tenterons de le faire ultérieurement.
Dans l’herbier de Michel Adanson, avec l’aimable concours de M. Nico¬
las Halle, j’ai retrouvé d’autre part, un spécimen de C . roseus (Adanson
n ° 9760 ) indiqué comme cultivé à l’Orangerie de Trianon, ce qui confirme
pleinement les dires de Miller. L’étiquette ne mentionne pas l’année de
récolte, mais d’après N. Halle (3), l’écriture d’ Adanson est celle qui caracté¬
rise la période 1754-1763. On peut lire, de la main de ce botaniste :
« Pervinca indica sempervirens et florens in Ins. Bourbon et Pondichéry,
frutex perenn. 2 ped. glabra 1 nov. florib. »
C. roseus était donc déjà largement diffusé hors de Madagascar dès
cette seconde moitié du xvm e siècle.
Bibliographie
(1) Desjardins, G. — Le Petit Trianon; Histoire et Description; Versailles, 1885 (Chap.
III, Le Jardin Botanique : 17-26).
(2) Don G. — General System of Gardening and Botany, 4 : 95 (1838).
(3) Halle, N. — L'Herbier de Michel Adanson, Adansonia, ser. 2, 9 (4) : 465-487 (1969).
Source : MNHN, Paris
— 135 —
(4) Humbert H. — Histoire de l'exploration botanique à Madagascar in Comptes
Rendus de la IV e Réunion Plénière de l’A.E.T.F.A.T., Lisbonne : 127:144 (1961).
(5) Miller, P. — Figures of the most beautiful, useful and uncommon Plants, 2 : 124,
tab. 186 (1757).
(6) Stearn, W. T. — Catharanihus roseus, the correct name for the Madagascar Periwinkle,
Lloydia 29 (3) : 196-200 (1966).
Laboratoire de Phanérogamie
Muséum. Paris.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN , Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (1) : 137-154. 1972.
LES SOPHORÉES DE MADAGASCAR
par Maurice Peltier
Dans l’état actuel de nos connaissances, la tribu des Sophorées ne
comprend à Madagascar que 8 genres et 17 espèces, ce qui lui conférerait
une importance relative parmi les Papilionacées de l’île si ce petit nombre
de représentants ne couvrait l’ensemble des variations observées dans ce
groupe à l’échelle mondiale, avec des éléments apportant des caractères
nouveaux pouvant fournir quelques indications sur la philogénie. L’archipel
comorien, inclus dans les études consacrées à la flore malgache, ne paraît
posséder qu’une seule espèce, Sophora tomentosa L., qui se rencontre
également dans les zones littorales de l’Asie et de l’Afrique, tandis que
l’île de la Réunion est caractérisée par une espèce endémique, Sophora
denudata Bory.
Les Sophorées malgaches renferment des arbres, des arbrisseaux et
des arbustes, parfois lianoïdes, à feuilles stipulées, soit composées-impa-
ripennées, à folioles alternes à subopposées, soit simples et pétiolées. Les
inflorescences racémiformes, parfois paniculées et multiflores, semblent
réduites à 2-3 fleurs chez quelques espèces; la bractée florale est soudée
partiellement au pédicelle pour les 3 genres endémiques qui sont dépourvus
de bractéoles. Le calice gamosépale va de la forme campanulée, à lobes
diversement individualisés, à la forme ovoïde-urcéolée se déchirant en deux
au moment de l’anthèse; la corolle, encore subrégulière dans les genres
peu évolués, devient papilionacée à des degrés divers, sans toutefois atteindre
l’évolution observable dans les autres tribus. L’androcée se compose norma¬
lement de 10 étamines libres ou faiblement soudées dans la partie basale
des filets, mais présente 11 étamines libres par dédoublement de l’étamine
vexillaire chez deux genres endémiques, fait non encore signalé dans les
Papilionacées 1 . Le gynécée, subsessile à stipité, comporte un ovaire de 2 à
15 ovules campylotropes à semi-anatropes, un style presque droit dans les
genres les moins évolués, courbé chez les autres, et un stigmate terminal.
Le fruit est très variable, allant de la gousse classique, parfois tardivement
déhiscente, aux formes indéhiscentes, drupacées, subcylindriques, monili-
formes ou aplaties et subailées. La morphologie et les dimensions des graines
1. Seule, une espèce de Camoensia, C. maxima, était connue pour son androcée non
classique.
Source : MNHN, Paris
138 —
sont évidemment en relation avec les divers types de gousses, mais également
avec les caractères de l’ovule, depuis les formes subsphériques ou réniformes
à hile médian jusqu’aux formes ovales à hile très nettement excentré.
CLÉ DES GENRES
1. Corolle subrégulière, à préfloraison non typiquement papilionacée :
2. Ovaire, 8-12 ovules; fleurs grandes (+ de 20 mm), gousse déhiscente.. 1. Cadia
2'. Ovaire 1-2 ovules; fleurs petites (— de 12 mm), gousse monosperme
indéhiscente . 2. Lovanafia
1'. Corolle à étendard externe ± papilionacée :
3. Feuilles composées-pennées :
4. Androcées typiques de 10 étamines :
5. Gousse ovoïde à cylindrique; 1-3 graines; étamines épisépales à
filets élargis à la base et enserrant ainsi les pétales latéraux et
inférieurs; fleurs petites (10 mm). 3. Xanthocercis
5'. Gousse moniliforme; fleurs moyennes (15 mm). 4. Sophora
4'. Androcée de 11 étamines (étamine vexillaire) dédoublée :
6. Gousse indéhiscente, à marges aliformes; fleurs moyennes
(15-20 mm). 5. Sakoanala
6'. Gousse déhiscente; fleurs grandes (25-30 mm) . 6. Neoharmsia
3'. Feuilles simples; fleurs blanches :
7. Calice à 5 lobes; gousse presque aussi haute que longue. 7. Bowringia
7'. Calice se déchirant en 2 lobes à l'anthèse; gousse allongée. 8. Baphia
1. CADIA Forsk.
Fl. Aegypt. Arab. : 90 (1775).
Créé en 1775 par Forskal pour une plante collectée au Yémen où
elle était utilisée contre l’hypochondrie sous le nom de cadi, le genre Cadia
recevait deux autres dénominations peu de temps après. En 1783, Piccivoli
décrivait la même espèce, recueillie en Abyssinie, sous le binôme Panciatica
purpurea-, puis, en 1795, Desfontaines, observant un arbrisseau qu’il
cultivait à partir de graines « envoyées par le chevalier Bruce au citoyen
Thouin » et qui venait de fleurir, le dédiait « à la mémoire de Gérard van
Spaendonck, célèbre peintre de fleurs, professeur d’iconographie au
Muséum » sous le nom de Spaendoncea tamarindifolia.
C’est seulement un siècle plus tard que des plantes malgaches ont été
intégrées dans le genre Cadia, permettant ainsi une définition plus précise
de ce genre, l’espèce type étant évidemment Cadia purpurea Forsk.
Petits arbres ou arbrisseaux à feuilles imparipennées à folioles alternes
estipellées; inflorescences racémiformes, axillaires, pauciflores, à bractées
foliacées ou linéaires-lancéolées; corolle subrégulière à pétales peu différents
entre eux; étamines entièrement libres, égalant approximativement la corolle;
ovaire stipité, comprimé latéralement, glabre, à 4-12 ovules; gousse déhis-
Source : MNHN, Paris
— 139 —
cente, glabre, portée par un carpophore, rostrée à l’extrémité distale,
contenant 4-8 graines aplaties, à hile nettement excentré.
Dans l’état actuel des collectes et des observations effectuées sur le
terrain, 6 espèces peuvent être distinguées à Madagascar.
CLÉ DES ESPÈCES
1. Feuilles à 5-13 folioles grandes (> 30 mm).
2. 5-9 folioles, 50-90 mm, à nervation secondaire nettement visible I. C. ellisiana
2'. 9-13 folioles, 30-50 mm, à nervation secondaire non ou à peine visible 2. C.rubra
!'. Feuilles à 13-33 folioles petites ou moyennes (< 25 mm) :
3. Bractées foliacées :
4. 23-33 folioles, d’un blanc verdâtre en dessous . 3. C. commersoniana
4'. 13-19 folioles vertes en dessous, jeunes rameaux velus-tomenteux
. 4. C. pubescens
3'. Bractées linéaires :
5. 13-17 folioles; fleurs 27-30 mm à calice vert foncé. 5. C. pedicellaia
5'. 19-27 folioles fortement émarginéesau sommet; fleurs 20-22 mm
à calice rouge. 6. C. emarginatior
1. Cadia ellisiana Baker
Journ. of Linn. Bot. Soc., 20 : 135-6 (1883).
Ce petit arbre se distingue aisément des autres espèces par ses folioles
alternes pouvant atteindre 10 cm de long, à nervation très visible. Il est
assez commun à la limite des Domaines de l’Est et du Centre, entre Mana-
kambahiny Est et Ampamaherana. Ses racines et son écorce sont utilisées
pour la pêche par les Betsimisaraka et les Bezanozano comme celles des
Tephrosia et des MumMea\ la plante est d’ailleurs désignée par le même
nom vernaculaire, fanamo.
Type : Baker 1540 (holo-. Kl; iso-, PI).
2. Cadia rubra R. Viguier
Not. Syst. 14, 3 : 185-7 (1952).
Arbuste à jeunes rameaux tomenteux; les folioles sont plus nombreuses
et plus petites que dans l’espèce précédente; leur nervation secondaire
est à peine visible. D’après les échantillons, de provenance unique, il semble
que les inflorescences soient réduites à 1-2 fleurs; le calice rouge à dents
obovales permet de reconnaître la plante assez aisément. Il serait intéressant
de collecter des échantillons complets, permettant d’observer les organes
floraux et les graines.
Source : MNHN, Paris
— 140 —
Type : Perrier de la Bâihie 1319, Ankara (holo-, P!).
L’espèce créée par Viguier est sensiblement différente morphologique¬
ment de C. ellisiana-, elle croît au bord des rivières de l’Ankara et se trouve
par conséquent dans une région écologique très différente.
3. Cadia commersoniana H. Bâillon
Bull. Soc. Linn. Paris 1 : 370 (1883).
— C. catati Drake in Grandidier, Hist. Phys. Nat. et Pol. de Madagascar 30, 1 : 95-7
(1902).
Arbrisseau à jeunes rameaux couverts d’une pubescence blanchâtre;
feuilles à 21-31 folioles alternes à subopposées, de 10-20 mm de long,
blanc verdâtre à la face inférieure; inflorescences pauciflores parfois réduites
à 1-2 fleurs; bractées foliacées caduques, calice campanulé, pubérulent;
ovaire comprimé à 8-12 ovules.
Type : Commerson s. n. (holo-, P!).
Les divers échantillons actuellement collectés proviennent tous de
la région de Fort-Dauphin. Aucune différence notable n’a pu être mise
en évidence entre le type de Bâillon (holo-, sans numéro, P!) et celui de
l’espèce de Drake (holo-. Calai 4313, P!) que nous considérons comme
synonyme.
4. Cadia pubescens Boj. ex. Baker
Oliver, Fl. Trop. Afr. 2 : 253-6 (1871).
Arbrisseau ou petit arbre à jeunes rameaux densément tomenteux velus;
feuilles à 13-19 folioles alternes, petites ne dépassant pas 20 mm de long,
velues en dessous à l’état jeune; inflorescences pauciflores, fréquemment
réduites à 1-2 fleurs entièrement développées; bractées foliacées plus petites
que les folioles, souvent caduques à la floraison; ovaire à 6-10 ovules;
gousse glabre, à carpophore plus court que le calice généralement persistant.
Type : Bojer 14, Antongona (holo-, K!; iso-, P!).
L’espèce n’a été observée jusqu’ici que dans une zone réduite autour
de Tananarive et n’y est jamais fréquente. Elle se distingue des autres Cadia
par la pilosité très nette des rameaux et des feuilles, le nombre des folioles
et les bractées foliacées.
Sa présence sur des lieux voisins du Laboratoire nous a permis d’effec¬
tuer une étude sur la biologie florale et les résultats ont été, par la suite,
confirmés lors de l’observation de quelques pieds de C. ellisiana dans la
région du Périnet.
Les jeunes fleurs, non encore épanouies, donnent différents types de
préfloraison. L’organisation la plus commune — environ 52 % des cas —
Source : MNHN, Paris
141
était celle qui avait le pétale supérieur externe, tandis que les pétales latéraux
occupaient des positions variables, dans des proportions sensiblement
identiques, les deux ailes pouvant être externes par rapport aux pétales
carénaux ou l’un d’entre elles interne (indifféremment celle de droite ou
de gauche). Dans toutes les autres observations le pétale supérieur ne pré¬
sentait qu’une marge externe l’autre étant recouverte par l’aile, indiffé¬
remment à droite ou à gauche du plan de symétrie de la fleur; pour les
autres pétales, les mêmes variations que précédemment étaient visibles.
Enfin, deux fleurs seulement avaient le pétale supérieur interne (analogie
avec les Césalpiniacées), les ailes étant alors totalement externes.
Dans l’espèce C. ellisiana, la proportion des fleurs à étendard externe
était plus grande (55 à 60 %), mais les variations de position étaient
identiques.
La préfloraison apparaît donc chez ces espèces comme variable et
non typiquement papilionacée, mais la situation du pétale supérieur n’est
identique à celle des Césalpiniacées que d’une façon exceptionnelle.
La biologie florale proprement dite paraît très homogène, les étamines
ayant généralement libéré leur pollen au moment de l'anthèse, alors que
le développement du style n’est pas encore achevé et que la réceptivité
du stigmate n’est pas encore acquise. On note que la corolle, d’un jaune
orangé à son ouverture, vire au rouge lorsque le stigmate devient fonctionnel.
La fécondation est entomophile (Hyménoptères et Lépidoptères).
5. Cadia pedicellata Bak.
Journ. of Linn. Soc., Bot. 21 : 338 (1884).
Petit arbre, parfois transformé en arbuste après utilisation de son bois;
jeunes rameaux anguleux, pubescents; feuilles à 9-15 folioles alternes
à opposées, persistantes; inflorescences pauciflores, à pédoncule anguleux;
bractées linéaires caduques; corolle rougeâtre, puis rouge foncé, à pétale
supérieur généralement un peu plus large que les autres; ovaire glabre,
stipité, à 4-6 ovules; fruit inconnu.
Type : Bojer //, Antongona (holo-, K!; iso-, P!).
Aucun des échantillons collectés ne se trouve à un stade de fructification ;
malgré nos recherches, nous n’avons pu obtenir de gousses. L’espèce ne
paraît pas commune et n’a été observée qu’en 4 points du plateau central.
Les feuilles et les bractées la distinguent nettement des autres espèces.
6. Cadia emarginatior M. Pelt., sp. nov.
Arbuscula 2-3 m alla j 11 ramulis pubescentibus, Joliis 23-33 foliolatis. Stipulac
lanceolatae, 2 mm longae, pubescentes ; petiolus 90-140 mm longus supra canaliculalus.
Foliota alterna velsubopposira , 15-30 mm longa, 10-14 mm lata , glabra, distincte emarginata.
Racemi axillares, pauciftori ; axis angulostis; bractea lanceolata, 3 mm longa , pubescens.
Calix campanulatus glaber, dentibus subaequalibus ; corolla lutea vel luteo-rubra , 22 mm
longa, ovarium stipitatum, glabrum, 4-6 ovulatum. Fructus incognitus.
Type : Réserves Naturelles 5136 (holo-, P!).
Source : MNHN, Paris
— 142 —
Les trois exemplaires actuellement disponibles, collectés sur les terrains
arénacés de l’Ouest, sont sensiblement identiques. Ils proviennent de petits
arbrisseaux atteignant 3 m, à rameaux pubescents dans leur jeunesse.
Les feuilles, à pétiole canaliculé, comprennent jusqu’à 33 folioles alternes
ou subopposées, elliptiques à ovales, petites, ne dépassant pas 30 x 14 mm,
très nettement émarginées au sommet. Les fleurs, en grappes axillaires
pauciflores, se trouvent à l’aisselle de bractées lancéolées, petites, plus ou
moins caduques à la floraison, et ont un calice glabre; la corolle jaunâtre
est plus petite que dans les espèces précédentes et l’ovaire ne renferme
que 4 à 6 ovules. Aucun échantillon ne présente de gousses, même en
formation.
La répartition géographique est très voisine, sinon identique à celle
de C. rubra, et permet de distinguer nettement ces deux espèces du Domaine
Ouest des autres qui ne se rencontrent que dans le Centre ou l’Est.
2. LOVANAFIA Peltier, gen. nov.
Arbusctdae vel arbores. Folia imparipirmata, decidue, esiipellala. Racemi terminales
vel axillares ; pedicelli bracteam unicam ferentes ; flores subregidares, vexillo aliis petalis
latiore; stamina 10, libéra; ovarium subsessile, 1-2 ovulatum. Legumen complanatissimum,
indehiscens , plerumque musemmatum ; semina subreniformia.
Espèce type : L. mahafaliensis M. Pelt.
Au cours de tournées effectuées dans la région de Tuléar, notamment
sur le plateau calcaire, nous avions remarqué de petits arbres stériles
paraissant être des Papilionacées, mais ce n’est qu'en 1966 que nous avons
pu collecter des échantillons avec des gousses à maturité. Par ailleurs,
de nombreux prélèvements avaient été effectués au moment de la floraison
par le Service des Eaux et Forêts, ne laissant alors aucun doute sur la position
de ces plantes au sein des Sophorées. Depuis, nous avons retrouvé dans
l’Herbier du Muséum de Paris des prélèvements plus anciens mettant en
évidence l’existence de deux espèces.
Il s'agit de petits arbres, se transformant en rejets nombreux lorsque
le tronc a été abattu. Les feuilles caduques ne se développent qu'après
le démarrage de la floraison, en début de saison des pluies. Les fleurs
subrégulières ont un étendard légèrement plus large que les ailes; l'androcée
comprend 10 étamines libres et toutes semblables ou peu différentes, les
épisépales étant parfois légèrement plus longues; l'ovaire subsessile renferme
1 ou plus rarement 2 ovules campylotropes. La gousse est aplatie et indéhis¬
cente.
CLÉ DES ESPÈCES
1. Ovaire glanduleux; pétales 1,5 fois plus longs que larges; gousse spi-
nuleuse . 1. L. mahafaliensis
1'. Ovaire pubescent; pétales 3-4 fois plus longs que larges; gousse finement
pubescente . 1'. L. capuroniana
Source : MNHN, Paris
— 143 —
1. — Lovanafia mahafaliensis M. Pelt. : 1, inflorescence, x 2/3; 2, fleur, x 3; pétale, x 3;
4, pistil, x 4 (Chauvet 206) ; 5, fruits x 2/3 ; 6, graine, X 2 (Humbert 20237). — Lovanafia
capuroniana M. Pelt, : 7, feuille, x 2/3 (Capuron 442); 8, fleur, x 3; 9, pétale, x 3;
10, pistil, x 4; 11, fruits, x 2/3 (Capuron 2767).
1. Lovanafia mahafaliensis M. Pelt., sp. nov.
Arbascula, 3-6 m alla. Rami primum pubescentes, deinde glabrescenies, stipulis lanceo-
lalis, foliis 9-13 foliolatis, deciduis. Petiolus 50-80 mm longus, pubescens ; foliota alterna
vel subopposita, elliplico-ovala, 15-26 mm longa, 8-12 mm lata, subtus ad mediam ttervam
villosa. Racemi terminales vel axillares, plerumqite ante folia orli ; bractea subcordiformis,
4-5 mm longa, ad pedicelli medium posita, glandulosa ; bracteolae nullae. Calyx campanu-
Source : MNHN, Paris
— 144 —
laïus, 2 mm longus, pubescens glandulosusque ; corolla lutea, subregularis ; vexilium 7 mm
longum, 4 mm latum, subquadrangulare, glabrum; alae et inferiores pelali vix asymetrici;
ovarium subsessile, complanatum, glandulosum, 1-2 ovulatum ; Stylus complanatus. Legumen
complanatissimum, suborbiculatum, 20-25 mm longum, 10-12 mm altum, tuberculosum,
breviter stipitatum, plerumque uniseminatum.
Type : F. Chauvet 206 (holo-, P!).
La plante se rencontre dans les lieux sablonneux et rocailleux sur
sols calcaires du pays mahafaly, où elle est appelée lovanafia ou lovanjafia.
11 s'agit d’un petit arbre dont le tronc est utilisé pour la confection de divers
ustensiles; coupé, de nouvelles tiges se forment et peuvent être employées
à leur tour, après un temps assez long, la croissance paraissant lente. Les
feuilles se développent généralement vers la fin de la floraison, un peu plus
tôt si une pluie précoce a eu lieu. Les feuilles à 7-13 folioles ont un pétiole
de 5-8 cm, pubescent et canaliculé; les folioles elles-mêmes sont relativement
petites, ne dépassant guère 25 mm pour les terminales. Les inflorescences
en grappes multiflores, terminales ou axillaires sont insérées sur un pédoncule
de 30-60 mm, densément pubescent, les pédicelles portant vers leur milieu
une bractée subcordiforme glanduleuse. Le calice, petit (2 mm) est à la fois
pubescent et glanduleux, avec 5 lobes arrondis et frangés de poils. La corolle
jaune a un pétale vexillaire subquadrangulaire de 7 mm environ, les autres
pétales étant légèrement asymétriques à la base du limbe; l’ovaire, subsessile,
couvert de grosses glandes ne renferme que 1-2 ovules, et se termine par
un style droit, comprimé, terminé par un stigmate capité. La gousse indé¬
hiscente, aplatie latéralement, à longueur deux fois plus haute que large,
est subailée sur le pourtour et spinuleuse sur les faces latérales.
La préfloraison, d’après les observations faites sur le terrain, montrait
une très forte majorité d’étendards externes, si nous faisons abstraction
des fleurs anormales (3 ou 4 pétales développés); il y avait néanmoins
quelques cas de pétales latéraux recouvrant l’étendard sur un seul côté,
la position interne n’étant jamais observée. Pour les autres pétales, l’irré¬
gularité de position déjà notée chez les Caelia était constatée. Au moment
de l’anthèse, toutes les étamines, à anthères identiques, étaient déjà déhis¬
centes, mais il semble bien que la réceptivité du stigmate soit postérieure.
2. Lovanafia capuroniana M. Pelt., sp. nov.
Arbor vel arbuscula, 3-6 m al ta, rami primum villosi, deinde glabri et cerati, foliis
9-13 foliolatis, deciduis. Stipulae lanceolatae, villosae, cito procumbentes ; petiolus 60-90 mm
longus, villosus ; foliola elliptica vel obovata, 20-40 mm longa, 10-15 mm lata, alterna vel
opposita, supra dispersis adpressisque pilis, subtus villosa. Racemi terminales vel axillares ;
bractea subcordiformis, ad pedicelli medium posita, villosa; calyx campanulatus, pilosus,
dentibus rotundatis ; corolla primum alba, deinde lutescens, vexillo lanceolato, 10-12 mm
longo, 3 mm lato, ovarium subsessile, complanatum, villosum 1-2 ovulatum : Stylus pilosus
ad inferiorem marginem. Legumen breviter stipitatum, 25-30 mm longum, 10-12 mm altum,
complanatissimum ovatum, pubescens, subalatum, plerumque uniseminatum.
Type : Réserves Naturelles 2767 (holo-, P!).
Source : MNHN, Paris
— 145 —
Cette espèce est voisine de la précédente, mais elle s’en distingue
aisément par ses fleurs et ses fruits. Son utilisation comme bois de travail
présente les mêmes usages que L. mahafaliensis avec apparition de nouvelles
tiges après abattage du tronc primitif; le nom vernaculaire est le même
dans le pays mahafaly (lovanafy, lovainafy, lovanjafy), mais change dans
l’androy (harandrato), où la plante y est plus commune. Les feuilles ont
9-13 folioles elliptiques lancéolées, un peu plus grandes (jusqu’à 40 mm),
parfois émarginées au sommet. Les inflorescences sont souvent condensées
avec une floraison presque simultanée. La bractée subcordiforme est velue,
insérée au milieu du pédicelle, également velu; le calice campanulé, pubes-
cent, présente des lobes charnus, arrondis au sommet; le pétale vexillaire,
long de 10-11 mm, a son limbe progressivement réduit en onglet, les autres
pétales étant à peine asymétriques. L’androcée, à étamines libres, montre
une légère différence de longueur, entre les épisépales et les épipétales.
L’ovaire subsessile, comprimé latéralement, densément pubescent, est sur¬
monté d’un style légèrement courbé, comprimé, pubescent à la marge
inférieure. La gousse obovale, finement pubescente et subailée sur les
deux marges, contient une seule graine subréniforme à hile excentrique.
Bien que paraissant plus rare que L. mahafaliensis, elle a une aire de
répartition plus grande, du nord de Tuléar (Manombo) jusqu’à la région
de Faux Cap.
La préfloraison est assez fréquemment atypique, les pétales presque
linéaires et peu différents entre eux ayant des positions très variables,
mais néanmoins l’étendard n’est jamais entièrement interne.
3. XANTHOCERCIS H. Baill.
Adansonia 9 : 293-4 (1870).
Placé dans la tribu des Dalbergiées par Bâillon qui considérait cepen¬
dant la plante comme intermédiaire entre celles-ci et les Sophorées, le genre
fut intégré par Harms sous un nom synonyme dans cette dernière tribu
à laquelle il appartient indubitablement.
Ainsi que Viguier le pressentait dans son étude des Légumineuses
malgaches, Xanthocercis n’est pas un genre endémique, Sophora (?) zambe-
siaca Bak., placé dans les Pseudocadia par Harms, devant en fait y être
intégré. Cette position a été confirmée ultérieurement par Dumaz-le-
Grand (Bull. Soc. Bot. Fr., 99, 9: 313-5, 1952). Les deux espèces malgache
et africaine, sont d’ailleurs très voisines.
Xanthocercis madagascariensis H. Baill.
Adansonia, loc. cit.
— Cadia anomala Vatke, Linnaea 43 : 337 (1882).
— Pseudocadia anomala (Vatke) Harms, Engl. Bot. Jahrb. 33 : 162 (1902).
Arbre. Feuilles imparipennées à 7-15 folioles alternes Inflorescences
en grappes simples ou composées, terminales et axillaires. Fleurs blanc
à jaunâtre, parfois striées de rouge, à étendard plus large que les autres
Source : MNHN, Paris
146
pétales et pubescent au dos; étamines légèrement coalescentes à la base,
la vexillaire seule entièrement libre; ovaire stipité, à 8-12 ovules; style
très court. Fruit indéhiscent, ovoïde à subcylindrique à 1-3 graines grosses
(1 cm), ovoïdes, à hile médian.
Type : Bernier 256 , 2 e env. Diégo-Suarez (holo-, P!).
Les synonymes ont été basés sur un même échantillon collecté par
Hildebrandt (n° 3368J , sans qu’une relation ait été établie avec le genre
Xanthocercis. Vatke considérait toutefois que la définition du genre Cadia
donnée par Bentham différait de la plante de Hildebrandt par ses brac-
téoles. Pour Harms, le pétale vexillaire toujours externe et les très petites
dents du calice caractérisaient nettement le genre Pseudocadia.
L’espèce malgache semble assez commune sur les terrains sablonneux
et les dunes, mais se rencontre également sur certains plateaux calcaires
du nord, dans le domaine occidental. On la trouve également dans le
Sambirano et sur la moitié septentrionale de la côte est.
Nous avons pu reprendre l’étude de la fleur, en détail, et faire une
comparaison avec l’espèce africaine.
La préfloraison est conforme par la position de l’étendard, toujours
externe par rapport aux ailes, mais la position de ces dernières est parti¬
culière. Dans l’espèce malgache les nombreuses observations — plus d’une
centaine effectuées sur des inflorescences provenant de sept lieux différents —
ont donné une position interne pour les ailes qui se trouvent enserrées par
les pétales supérieurs (étendard) et inférieurs (carène). L’androcée n’est
pas moins particulier. L’étamine vexillaire est seule entièrement libre, les
neuf autres étant soudées à la base, bien que les deux verticilles soient nette¬
ment distincts sur le disque. De plus, les étamines épisépales sont pourvues
à leur base de deux expansions lamelliformes plus ou moins fortement
développées suivant les fleurs, mais toujours présentes, venant enserrer
l’onglet des pétales latéraux et inférieurs. Il faut enfin noter que l’ovaire
se termine par un style court qui n’atteint son développement complet
que postérieurement à l’anthèse.
Nous n’avons pu observer qu’un petit nombre de fleurs chez l’espèce
africaine X. zambesiaca, mais la disposition des ailes était sensiblement
la même.
La fécondation est faible, les inflorescences ne portant qu’un nombre
restreint de fruits par grappe. Les gousses sont le plus souvent réduites
à une seule graine normalement développée, les autres ovules ayant eu
un début de fructification; on peut dire que la présence de deux graines
est rare (environ 5 % des fruits), celle de trois graines étant rarissime.
4. SOPHORA L.
La flore de Madagascar ne semble bien comporter que deux espèces
m' ; ; ; ; aux sables et dunes littoraux. Une troisième 5. denudata Bory
n’est représentée que par un échantillon unique de Chapelier, portant la
Source : MNHN, Paris
147 —
mention Madag. bor.-or et a pu être prélevé sur une plante cultivée par lui
dans la zone de l’Ivondro; aucune information précise n’existe et l’indication
géographique n’est pas holographe. Depuis, aucune collecte n’a été réalisée
à Madagascar.
Nous avons pu l’observer à la Réunion, mais toujours en altitude;
nous ne l’avons pas remarquée à Plie Maurice où elle a pu être cultivée,
Bojer la signalant sous la dénomination Edwardsia denudata comme l’avait
également fait De Candolle. II faut également noter une autre collecte,
plus ancienne, Commerson 550, qui aurait été réalisée à l’île de France.
Toutefois, un doute existe. En effet, en janvier 1771, au retour d’un voyage
de quatre mois à Madagascar, Commerson s’arrêta à l’île Bourbon (Réunion)
pour y étudier en particulier les régions montagneuses où précisément
croît cette plante. Il semble bien que par la suite, très fatigué et malade,
son activité ait été réduite à son retour dans l’île de France (fin 1771),
d’autant plus que Poivre qui repartait en France et qui lui avait été très
favorable, était alors remplacé par un intendant peu enclin à l’aider. II devait
mourir au début de 1773. Il faut enfin noter que l’échantillon porte deux
indications, Commerson et Ile de France paraissant non holographes et
figurant sur deux papiers accolés.
Les deux espèces observées à Madagascar, S. tomentosa L. et S. inham-
banensis KIotzsch sont assez voisines l’une de l’autre, mais cependant
nettement distinctes. Des confusions paraissent avoir été effectuées par
suite de l’homonymie de deux synonymes attribués à ces espèces respecti¬
vement 5. nitens Schum. et Thonn. et 5. nitens Benth. ex Harvey. D’autre
part, Viguier avait mis en synonymie les deux espèces présentes à Mada¬
gascar, mais le fait qu’il signale le genre uniquement dans les Domaines
de l’Est et du Sambirano donne à penser qu’il n’ait pas vu les collectes
de Douliot et de Grevé, les seules à représenter alors S. inhambanensis.
Les caractères distinctifs observables à Madagascar entre les deux
espèces sont les suivants :
1° S. tomentosa : feuilles obovales à orbiculaires (L/l < 2), pubescentes
en dessous, glabrescentes à glabres dessus, à nervation secondaire nettement
visible à la face supérieure; pétales à onglet long (5-7 mm); étendard à limbe
se rétrécissant en onglet; stipe de même diamètre que l’ovaire; style court
(3 mm), glabrescent, gousse pubescente.
2° S. inhambanensis : feuilles oblancéolées à elliptiques (L/l > 2),
pubescentes soyeuses sur les deux faces, à nervation secondaire non ou
à peine visible à la face supérieure; pétales à onglet court (4-5 mm) ; étendard
brusquement rétréci en onglet; diamètre du stipe nettement inférieur à celui
de l’ovaire; style allongé (6-7 mm), densément pubescent, gousse soyeuse.
Ces observations s’accordent dans l'ensemble, avec celles de Brummit
et Gillett (Kirkia, 5, 2 : 259-70, 1966). Cependant, nous n’avons pas cru
devoir retenir le nombre de graines par gousse comme caractère principal;
en effet, ils en signalent un nombre inférieur, 1 à 3, rarement 6, chez 5.
inhambanensis. Or, en 1959, nous avons constaté à Sainte-Luce que la popu¬
lation de S. tomentosa avait une majorité de fruits à 3-5 graines; il en était
de même l’année suivante près de Tamatave. On ne peut donc retenir
Source : MNHN, Paris
— 148 —
ce caractère, d'autant plus que le nombre d’ovules par ovaire est sensiblement
identique chez les deux espèces. Celles-ci existent donc à Madagascar,
comme sur le côté oriental d’Afrique, mais y diffèrent par leur répartition
littorale, S. inhambanensis étant limité à la région littorale occidentale
tandis que S. tomentosa ne se rencontre que la côte orientale et éventuelle¬
ment dans le Sambirano.
5. SAKOANALA R. Viguier
Not. Syst. 14, 3 : 186 (1952).
Genre endémique ne comprenant que deux espèces. Arbres à feuilles
composées-imparipennées; inflorescences en grappes souvent paniculées;
corolle papilionacée, étamines complètement libres; gousse aplatie, sub¬
ailée, pluriséminée.
CLÉ DES ESPÈCES
1. Ovaire et gousses glabres .1. S. madagascariensis
T. Ovaire et gousse pubescents-glanduleux . 2. S. villosa
Le nom de genre est la transcription directe du nom vernaculaire.
1. Sakoanala madagascariensis R. Viguier
Not. Syst. 14, 3 : 186 (1952).
Arbre à tronc vigoureux, atteignant 15 m de haut et 40 cm de diamètre:
feuilles à 9-13 folioles opposées à alternes. Inflorescence en grappe parfois
paniculée; bractée insérée sur le pédicelle, glanduleuse; corolle grande,
14-17 mm; carène à pièces libres ou légèrement coalescentes, ovaire glabre.
Gousse glabre, aplatie jusqu’à 1,30 x 30 mm, à marges aliformes.
Type : Perrier de la Bâlhie 13266, Tampina (Lecto-, P!).
La plante n’est actuellement connue que dans le littoral oriental de
l’île. L’absence d’un type désigné par Viguier nous conduit à retenir
l’échantillon Perrier de la Bâlhie 13266, P!, comme lectotype.
C’est en étudiant cette espèce, dont les collectes ont été les plus abon¬
dantes que nous avons observé en premier lieu l’existence de 11 étamines
par dédoublement précoce au moment de la formation de la fleur, fait
confirmé par la seconde espèce, S. villosa, et retrouvée ensuite dans le genre
Neoharmsia. Les deux étamines vexillaires sœurs sont absolument normales
par leurs filets et leurs étamines à déhiscence normale. Ce fait a pu être
constaté sur l’ensemble des échantillons actuellement collectés.
Source : MNHN, Paris
— 149 —
2. Sakoanala villosa R. Viguier emend. Peltier
Not. Syst. 14, 3 : 186 (1952).
Viguier avait avec justesse considéré l’existence d'une seconde espèce
en se basant sur des échantillons dépourvus de feuilles et de fruits. De nou¬
velles collectes, complètes, en ont depuis pleinement confirmé la réalité.
Nous en donnons ici la diagnose.
Arbor, 10-15 m, foliis 9-13 foliolatis deciduis. Petiolus 10-20 cm longus, pubesce,
et liviter g landulosus ; petioluli 2-3 mm long!, villosi ; foliota alterna vel subopposita 30-70 m
longa, 20-30 mm. .
i. Racemi densiusculi; axis vi
ni, ad te
t pilosam ferentes. Calyx 4 mm longus, turbinato-conicus, villosissimus, g
demi bus, rotundatis u trinque villosis; corolla pulchre violacea; vexilium 17 mm longum.
breviter stipitatu
tus, pilis conspersus. Legumen 40-70 n
glanduloso-pilosum, margina subalatui
11 convient de remarquer que Viguier signalait l’existence de bractéoles
très petites, velues, que nous n’avons pu observer sur aucun des exemplaires
examinés, la bractée étant toutefois insérée sur le pédicelle auquel elle est
partiellement soudée et occasionnellement déchirée.
Il s’agit d’un bel arbre à feuilles composées-imparipennées à folioles
souvent alternes, se développant généralement après les fleurs, nettement
asymétriques à la base et acuminées au sommet, éparsement glanduleuses
à la face inférieure. L’inflorescence en grappes multiflores assez denses
est glanduleuse; les pédicelles velus-glanduleux portent une bractée vers
le tiers supérieur, comme chez S', madagascariensis ; le calice et la corolle
ne diffèrent guère de ceux de cette dernière espèce, et l’androcée est également
pourvu de 11 étamines par dédoublement de la vexillaire. L’ovaire est forte¬
ment glanduleux, donnant un fruit plat, hérissé de poils courts et de glandes
pédicellées caractéristiques, à marges aliformes.
L’espèce, connue sous le nom de manangona, semble limitée à la zone
de l’Ankarana et des forêts avoisinantes.
6. NEOHARMSIA R. Viguier
Not. Syst. 14, 3 : 186 (1951).
Petits arbres à rameaux cireux. Feuilles composées-imparipennées,
inflorescences en grappes denses; bractées soudées aux pédicelles; calice
oblique à lobes plus courts que le tube; corolle grande, 25-30 mm; étamines
à filets libres, la vexillaire dédoublée donnant un androcée de 11 étamines.
Gousse aplatie, à carpophore dépassant le calice.
Source : MNHN, Paris
150 -
Genre endémique renfermant 2 espèces.
1. Gousse longue de 15-20 cm, progressivement atténuée vers le carpophore;
calice nettement oblique . 1. N. madagascariensis
1'. Gousse longue de 7-12 cm, brusquement rétrécie vers le carpophore;
calice faiblement oblique . 2. N. baroni
Espèce type ; N. madagascariensis.
1. Neoharmsia madagascariensis R. Vig.
Not. Syst. 14, 3 : 187 (1951).
Petit arbre peu rameux, à tronc et branches épais, d’aspect céracé.
Feuilles à 7-13 folioles grandes, jusqu’à 20 x 9 cm, se développant pendant
ou après la floraison. Bractées insérées au quart distal du pédicelle; calice
très nettement oblique, à lobe inférieur plus développé et recouvrant les
autres avant l’anthèse; ovaire glabre. Gousse grande (jusqu’à 18 cm)
progressivement atténuée vers le carpophore au moins égal au calice
persistant, déhiscente par sa suture supérieure.
Type : Perrier de la Bâthie 1550, Namoroka (lecto-, PI).
Espèce peu collectée et représentée par 4 exemplaires provenant des
sols calcaires entre la basse Betsiboka et la Samboa (Domaine de l’Ouest).
Nous avons retenu comme lectotype Perrier de la Bâthie 1550, P!
L’étude des fleurs de cette espèce a montré un dédoublement de l’éta¬
mine vexillaire comme dans le genre Sakoanala. Cependant un faible nombre
d’irrégularités a été constaté; dans quelques fleurs, il semblait n’exister
qu'une seule étamine vexillaire, à filet nettement plus volumineux que celui
des autres étamines et à 4 anthères accolées. Nous avons également noté
deux fleurs dont l’un des filets vexillaires était stérile.
2. Neoharmsia baroni (Drake) R. Vig. emend. Peltier
— Cadia (?) baroni Drake in Grandidier, Hist. Nat. PI. Madag. 1 : 97 (1902).
Viguier avait pressenti l’existence d’une deuxième espèce, après l’exa¬
men du type de Drake, malheureusement incomplet, et il proposait une
combinaison nouvelle, sans que la diagnose exacte de l’espèce ait été donnée.
Les nouveaux apports enregistrés dans l’herbier du Muséum en ont apporté
la confirmation et nous en donnons ci-après la diagnose complète.
Arbuscula 4-5 m, trunco ceraceo, foliis 7-11 Joliolalis, deciduis. Peliolus 10-20 cm
long, pubesceniissimus ; slipulae lanceolatae, villosae, 2-3 mm long ; foliota ovaio-elliptica,
40-70 mm longa, 20-30 mm lata. Racemi terminales ; bractea lanceolata, villosa, ad calicis
basem insidens, corolla purpurea ; vexilium 27-29 mm longum, I3-I6mm latum, emarginatum ;
alae et carina 20-22 mm longae ; stamina 11 ; ovarium breviter stipitatum, 5-6 mm longum,
glabrescens, 6-10 ovulatum. Legumen 70-120 mm longum, 12-15 mm altum, glabrescens,
complanatum valde coarelatum ad stipitem.
Type : Baron 6321, (holo-, K!; iso-, P!).
Source : MNHN, Paris
— 151 —
C’est un petit arbre à branches céracées, portant des feuilles pendant
la saison pluvieuse. Les folioles, plus petites que dans l'espèce précédente
sont densément pubescentes à l’état jeune, puis deviennent glabrescentes.
La bractée, velue, est généralement portée vers le sommet du pédicelle
floral; les ailes et la carène sont nettement plus petites que l’étendard.
L'androcée est également caractérisé par le dédoublement de l’étamine
vexillaire; l’ovaire glabrescent donnant une gousse brusquement rétrécie
au niveau du carpophore sont les caractères les plus représentatifs.
Cette espèce n’est connue que dans le Nord du Domaine occidental
où elle reçoit l’appellation de manangony. Elle affectionne les lieux rocailleux
et sablonneux. Le type en est évidemment Baron 6321. Paris possède un
isotype, seul numéro connu par Drake.
7. BOWRINGIA Champ ex Benth.
Hooker’s Journ. of Bot. 4 : 75 (1852).
La plante nommée en 1852 B. callicarpa Champ a fait considérer
le genre comme unispécifique et exclusivement asiatique jusqu’à la descrip¬
tion faite par Harms, en 1913, d’une seconde espèce B. mildbraedii Harms,
trouvée dans l’ouest africain. Depuis, Viguier a décrit B. madagascariensis
endémique de l’est malgache.
Les Bowringia sont des arbrisseaux sarmenteux, lianoïdes, ou des lianes
à feuilles unifoliolées; les fleurs en grappes axillaires pauciflores, sont
blanches, à pièces carénales libres ou légèrement coalescentes; l’ovaire
stipité, glabre contient 6 à 10 ovules; enfin la gousse déhiscente ne possède
généralement que 1-2 graines développées.
Bowringia madagascariensis R. Viguier
Not. Syst. 14, 3 : 187 (1952).
La description originale de Viguier, effectuée à partir d’échantillons
dépourvus de fruits était basée essentiellement sur deux collectes de Perrier
de la BXthie dont nous avons retenu l’exemplaire 4176, P!, comme
lectotype. Malgré nos recherches, nous n’avons récolté que des plantes
en floraison et c’est récemment que Capuron a pu obtenir des rameaux
avec des gousses dont les graines étaient libérées. Il semble que le fruit de
l’espèce malgache soit sensiblement plus grand (35 X 25 mm) que celui
des deux autres espèces, mais il faudrait disposer de nouvelles récoltes
pour en avoir confirmation.
Le port de la plante semble très variable; nous l’avons trouvée au col
de Manongotra sous l’aspect d’arbustes lianoïdes de 1,5 à 2 m de haut,
à six années d’intervalle, tandis qu’à l’est du lac Alaotra (pente de l’Andran-
govalo) il s’agissait de lianes atteignant 5 à 7 m.
La biologie florale est banale, les anthères étant déhiscentes à l’ouverture
de la fleur et le stigmate paraissant très rapidement réceptif. 11 semble
Source : MNHN, Paris
152 —
cependant que la fécondation ne soit pas très abondante étant donné la
rareté des gousses. L’espèce est d’ailleurs peu abondante même dans les
zones où nous l’avons observée.
8. BAPHIA Loddiges
Bot. Cab. 5 : 453 (1820).
La première description du genre Baphia, en 1820, semble bien due
à Loddiges, quoique de nombreux auteurs l’aient attribuée à Afzelius,
ce dernier ayant en fait fourni un second exemplaire récolté au Sierra Leone,
le premier ayant été récolté en 1799 par T. Furley Forster. De Candolle
(Prodromus 2 : 424, 1825), le plaçait dans la tribu des Swartziées, en signa¬
lant les feuilles comme composées-imparipennées, et la même année, il le
mettait au voisinage du genre Swartzia, comme plante insuffisamment
connue (Mémoires sur la famille des Légumineuses : 400, 1825). L'année
suivante, Desvaux créait le genre Delaria pour deux plantes différentes
dont l’un, africaine, était très voisine de celle décrite sommairement par
Loddiges. En 1841, Hochstetter décrivait un nouveau genre Bracleolaria ,
à partir d’une collecte du Docteur Krauss. Depuis la publication de Ben¬
tham et Hooker (Généra Plantarum 1, 2, 1865), Baphia regroupe ces diverses
dénominations, y compris une partie du genre Carpolobia de G. Don
(Gen. Syst. L. : 370, 1831), qui ont été conservées comme sous-genres ou
sections suivant les auteurs.
Baphia capparidifolia Bak.
La dénominaotin exacte de la plante malgache a fait l’objet de contro¬
verses à la suite de confusions entre les différents genres cités précédemment.
En fait, l’espèce appartient indubitablement à la section Bracleolaria,
ainsi que l’a indiqué Lester-Garland (Journ. Linn. Soc., Bot. 45, 1921),
suivant en cela Bentham et Hooker. En ce qui concerne l’appellation
spécifique, Brummitt (Bol. Soc. Brot. 39 : 163-72, 1965) a donné une
analyse où il mentionne que B. capparidifolia Bak., devrait être le binôme
conservé, les autres dénominations pouvant prêter à confusion ou étant
illégitimes. Il faut signaler ici que Bâillon (Bull. Soc. Linn. Paris 1 : 445,
1885) nommait la plante malgache B. pyrifolia, en la rapportant par erreur
au Delaria de Desvaux, nom repris ultérieurement par Viguier.
Il nous apparaît effectivement logique de retenir la dénomination
de Baker qui évite toute confusion.
Par ailleurs, l’analyse des exciccata du Muséum de Paris, en provenance
de Madagascar, montre une grande variation dans les feuilles, nettement
plus amples que celles dont Brummitt se sert pour l’établissement de ses
sous-espèces. En effet, la sous-espèce capparidifolia, propre à Madagascar,
différerait des autres, toutes africaines, par ses « feuilles étroitement ovales
à lancéolées, jusqu’à 3,0 (3,5) cm de large, 2,5-4 fois aussi longues que
Source : MNHN, Paris
153 —
larges ». Les collectes observables au Muséum, comme nos propres obser¬
vations sur le terrain, nous ont fourni des chiffres qui viennent recouvrir
ceux qui seraient caractéristiques des sous-espèces africaines (ex : Decary
15628 et 15559, largeur supérieure à 4 cm; Réserves Naturelles 5611 et
8133, jusqu’à 4,8 cm de large, le rapport L/l étant compris entre 1,6 et 2).
Quant à la pubescence des organes végétatifs sa variabilité est grande,
mais elle reste toujours nette. Il y a d’ailleurs des différences sensibles
de formes entre les plantes que nous avons pu observer en bordure de la
mer, près de Majunga, et celles de l’intérieur, dans la forêt de l’Ankara-
fantsika ou dans la région de Mahabo.
CONCLUSIONS
Les Sophorées de Madagascar sont caractérisées par un endémisme
très net puisque 3 genres sur 8 et 14 espèces sur 17 sont particuliers, à la
grande île.
Les trois genres endémiques, Lovanafia, Sakoanala et Neoharmsia
ont chacun deux espèces à répartition restreinte.
Les deux espèces de Lovanafia n’ont été rencontrées jusqu’ici que sur
les zones calcaires du Domaine du Sud, en arrière de Tuléar, jusque dans
la région du Cap Sainte Marie. D’après les échantillons d’herbier et les
observations que nous avons pu faire sur le terrain, L. mahafaliensis paraît
nettement plus commune et déborde même vers le nord dans le Domaine
de l’Ouest, entre Morombe et Morondava (baie d’Ampasindava).
Les deux espèces de Neoharmsia, bien qu’elles appartiennent au
Domaine de l’Ouest, paraissent avoir des aires distinctes. N. madagascariensis
n’est connue que dans la région du Namoroka et du Katsepe où elle se trouve
dans les zones rocailleuses, mais se rencontre aussi sur les dunes du bord
de mer, sans y être abondante; N. baroni est limitée à l’extrême nord de
l’île, sur les rochers situés en arrière des baies de la région de Diégo Suarez
et elle n’y a été collectée que rarement.
Le genre Sakoanala a ses deux espèces qui possèdent des aires nette¬
ment séparées et sont écologiquement très différentes. Si S. villosa se déve¬
loppe dans la partie nord du Domaine de l’Ouest, sur les sols calcaires
depuis l’Ambongoabo, à l’Ouest de Diégo Suarez, jusque dans le massif
de l’Ankarana, 5. madagascariensis est une des rares espèces endémiques,
parmi les Papilionacées, qui appartiennent au Domaine de l’Est. Elle croît
dans les forêts littorales à sols sablonneux de la région de Tamatave jusqu’à
la latitude de l’île Sainte Marie.
Les genres Cadia et Xanthocercis sont marqués par l’endémisme de
leurs espèces malgaches, tous deux ayant en outre une espèce extérieure
à Madagascar.
Cadia purpurea (Picciv.) Willd. est localisé au Yémen en Éthiopie,
en Somalie et au Kénya, dans les régions montagneuses, entre 1000 et
2000 m d’altitude. Les six espèces malgaches ont des aires restreintes,
d’après les collectes actuelles à l’exception de C. ellisiana, qui se rencontre
Source : MNHN, Paris
— 154 —
sur une bande longitudinale, à cheval sur les Domaines du Centre et de
l’Est entre 600 et 1000 m du Lac Alastra à Fianarantsoa. C. pubescens et
C. pedicellala sont très localisées, dans le plateau central, tandis que C.
commersoniana est la seule espèce de très basse altitude (0 à 250 m) connue
à la limite des Domaines Sud et Est. Nous avons d’ailleurs observé cette
dernière entre le Mandrare et la forêt de Mandena, toujours à l’état stérile,
en bordure des rivières. Enfin, les deux espèces de l’Ouest semblent peu
abondantes et d’aire très réduite. Plusieurs échantillons collectés à l’état
stérile dans l’aire de C. ellisiana pourraient appartenir à une autre espèce,
d’après la forme et le nombre de ses feuilles, mais aucune conclusion ne
peut être tirée tant que des fleurs n’auront pas été observées.
Xanthocercis madagascariensis est très largement réparti dans l’Ouest,
depuis le nord de l’île jusqu’au Cap Saint-André, entre le bord de mer
et 300 m d’altitude, mais existe également dans le Sambirano et dans l’Est
entre la baie d’Antongil et la région de Tamatave où il paraît assez rare.
L’espèce africaine X. zambesiaca, s’observe de Nyasaland jusqu’au nord
du Transvaal entre 200 et 1000 m d’altitude et paraît avoir une écologie
différente.
Bowringia madagascariensis est très affine avec B. mildbraedi de l’Afrique
occidentale, mais se distingue plus nettement de B. callicarpa, espèce endé¬
mique d’Asie ; nous sommes en présence d'un genre dont les espèces appar¬
tiennent chacune à des régions botaniques différentes, mais y sont réparties
sur les aires relativement grandes. Géographiquement et écologiquement,
la liaison Afrique-Madagascar-Asie est assez lâche et fait penser à un genre
dont il ne reste que quelques éléments en survie.
Pour Baphia polygalacea, son aire de répartition très vaste sur l’ouest
de l’île y compris le Sambirano autorise à penser qu’il ne s’agit pas d’une
plante endémique, d’autant plus que les variations observées viennent
recouvrir en partie les caractères attribués aux sous-espèces africaines.
Enfin, le genre Sophora, compte tenu des remarques faites sur S.
denudata, est littorale et sans aucune endémicité.
Sur le plan morphobiologique, les particularités des genres Sakoanala
et Neoharmsia sont à retenir, avec leur androcée composé de 11 étamines
par dédoublement de la vexillaire, ainsi que X. madagascariensis, avec la
position des pétales latéraux par suite du développement d’annexes sur les
filets staminaux épisépales.
ORSTOM
Laboratoire de Phanérogamie
Muséum. Paris.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (I) : 155-157. 1972.
LE GENRE AMBAVIA A MADAGASCAR (ANNONACÉES)
par Annick Le Thomas
En 1971, Verdcourt (4) redéfinissait le genre Popowia Endl. à partir
de l'espèce type asiatique P. pisocarpa (Blume) Endl. et regroupait, pour
la plupart, dans le genre Monanthotaxis Baill., les nombreuses espèces
africaines et malgaches qu'on lui avait attribuées. Ce travail ayant surtout
pour but d’éclaircir le problème pour les phytogéographes d’Afrique,
il laissait alors quelques espèces malgaches dans le genre Popowia, faute
de pouvoir les rattacher aux différents genres africains. Deux de ces espèces
avaient déjà particulièrement retenu notre attention au cours de l’étude
palynologique du genre Popowia: P. capuronii Cav. et Keraudr. et P.
gerrardii (Baill.) Ghesq. ex Cav. et Keraudr.
Dans une note récente (3), leur remarquable morphologiepollinique,
étudiée en microscopie à balayage, a été soulignée et, associée à l’originalité
de certains caractères de la fleur et du fruit, elle nous a conduit à proposer
la création du nouveau genre Ambavia Le Thomas. Rattaché à la tribu des
Unoneae, ce genre apparaît cependant comme un terme de passage vers les
Miliuseae et les Milrephoreae dont nous avons mis en évidence la conver¬
gence de certains caractères.
Ce sont des arbustes ou de grands arbres atteignant 30 m de hauteur,
à rameaux glabres. Les feuilles pétiolées ont un limbe très coriace, luisant
à la face supérieure, glabre, et à nervation saillante sur les deux faces,
plus dense et plus marquée chez A. capuronii. Les inflorescences axillaires
ou légèrement supraaxillaires, sont des cymes pédonculées, pauci- ou
pluriflores. Les trois sépales, triangulaires-ovés, petits, sont soudés à la
base. Les pétales disposés en deux verticilles valvaires sont subégaux,
charnus, pubescents à poils courts, les externes largement triangulaires-
ovales, concaves, non contigus à la base, les internes légèrement plus petits,
très épais, cucullés, carénés à l’extérieur, à base très courtement ongui¬
culée, recouvrant étroitement les organes sexuels. Les étamines peu nom¬
breuses, disposées en 2 verticilles ± imbriqués, linéaires-oblongues, ont
un filet très court, des anthères latérales-extrorses, un connectif prolongé
au-dessus des thèques en une sorte d’écaille épaisse pubérulente. Le pollen
simple, hétéropolaire, conique est monosulqué; le tectum épais, formant
un large bourrelet lisse le long du sillon, est au contraire mince et perforé
au pôle opposé. Les carpelles (4-5) oblongs, sont glabres, toujours bi-ovulés,
Source : MNHN, Paris
— 156 —
les ovules étant superposés et insérées à la partie ventrale; le stigmate
sessile, légèrement capité-lobulé est à peine distinct.
Le fruit pédonculé porte des monocarpes sessiles, indéhiscents, glo¬
buleux, ou obliquement ellipsoïdes, glabres, à péricarpe épais. Les graines 1
(— 2), un des ovules avortant fréquemment, ont leur axe perpendiculaire à
celui du monocarpe; l’albumen est ruminé par des lamelles parallèles de
l’endocarpe.
Endémique à Madagascar, le genre Ambavia se retrouve tout le long
de la côte Est, dans la forêt orientale humide, avec deux espèces que l’on
rencontre dans les mêmes stations. Très proches l’une de l’autre, Ambavia
gerrardii (Baill.). Le Thomas semble beaucoup plus fréquente que A. capu-
ronii (Cav. et Ker.). Le Thomas dont on ne connaît encore que deux récoltes.
1. Rameaux très robustes; feuilles obovales à sommet arrondi ou émarginé;
cymes 3-flores; bouton subglobuleux arrondi au sommet, à pédicelle épais
(2 mm de diamètre) long de 12 mm; pétales atteignant 8 mm de longueur
et 7 mm de largeur; étamines 13, à connectif = à la '/2 de la longueur des
anthères . A. capuronii
2. Rameaux beaucoup plus grêles; feuilles elliptiques à oblongues, aiguës ou
très courtement acuminées au sommet; cymes pluriflores; bouton conique
atténué au sommet, à pédicelle grêle (!4 mm de diam.) long de 5 mm;
pétales ne dépassant pas 5 mm de longueur et 4 mm de largeur; étamines 8
environ, à connectif presqu'aussi long que les anthères . A. gerrardii
A. capuronii (Cav. et Keraudr.) Le Thomas
C. R. Ac., Sc. 274, ser. D : 1652-1655 (1972).
— Popowia copuronii Cav. et Ker.,B ull. Jard. Bot. État Brux. 27 :81 (1957); in Humbert,
Fl. Madagascar, 78 e fam. 80-81, tab. 20,1-8 (1918); Basionyme : Capuron 8751 S. F,
(P!).
Madagascar : Est : Capuron 8751 SF, aux environs du col d’Ambatondradama,
piste Maroansetra-Antalaha (fl. fr. déc.); 15301 SF, Manombo, Farofangrena
(fl. nov.).
A. gerrardii (Baill.) Le Thomas
C. R. Ac. Sc. 274, ser. D ; 1652-1655 (1972).
— Unona gerrardii Baill., Bull. Soc. Linn. Paris 1 : 540(1885); Basionyme : Gérrard s.n.,
Madagascar (P!).
— Popowia maritima Dœls, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 9 : 344 (1925).
— Popowia gerrardii (Baill.) Ghesq. ex Cav. et Keraudr. in Humbert, Fl. Madagascar,
78 e fam. : 90-92 (1958), tab. 22, 4-10.
Madagascar : Est : 8028 RN, Antalaha-Ambohitralanana, (fl. déc.); Perrier de
Perrier de la Bâthie 2082, Baie d’Antongil (fr. août) ; Capuron 18189 SF, S de Soanie-
rana-Ivongo (fr. nov.); 4670 SF, Menatamy-Fénérive (fl. janv.) 12553 SF, (fl.
déc.); 16473 SF, 17716 SF (fr.) Tampolo-Fénérive; Peltier 2458, Mahambo-
Fénérive; 1991 SF, Anosikakana-Tamatave, (fr. juin); Perrier 13258, forêt de
Tampina (type de P. maritima) (fl. oct.); Ursch 114, Tampina; 6318 SF, 6455 SF
(fl. déc.), 7918 SF (fl. déc.); Boileau 460, 1144 (fr. oct.), Ambila-Lemaitso; Geay
7063, Mananjary; 13916 SF, Farafangana; 15383 S F, Analahaza-Farafangana (fr.
août); 12990 SF, Mandena-Fort-Dauphin (fr. déc.).
Source : MNHN, Paris
157 —
Ouest : 14256 SF, Diégo-Suarez, Ifonty, (fr. août); Capuron 11304 SF (fr. oct.),
20045 SF (fr. nov.), massif de la Montagne d’Ambre, rivière des makis.
Ces 3 derniers spécimens ont des feuilles nettement plus oblongues,
des rameaux plus robustes et le fruit à maturité atteint la taille de celui
A'A. capuronii. Ecologiquement ils appartiennent à un type de forêt de
transition plus sèche, déjà du type ouest.
La variété microsperma Ghesq. ex Cav. et Keraudren ne peut être
retenue dans l’espèce A. gerrardii, les seuls spécimens (Baron 5966 et Geay
7360) s’y réferrant portent des fruits pédonculés, à monocarpes stipités,
moniliformes, pluriséminés, étroitement étranglés entre chaque graine,
à axe de la graine parallèle à celui du monocarpe, nettement du type des
vrais Monanihotaxis malgaches.
Bibliographie
(1) A. Cavaco et M. Keraudren. — Notes systématiques et biogéographiques sur les
Annonacées de Madagascar et des Comores. Bull. Jard. Bot. État Brux. 27 :
81 (1957).
(2) A. Cavaco et Keraudren. — Annonacées in Humbert, Fl. Madagascar, 78 e fam. :
70-92 (1958).
(3) A. Le Thomas. — Apport de la palynologie dans la création d’un nouveau genre
d'Annonacées. C. R. Ac. Sc. 274, ser. D : 1652-1655 (1972).
(4) B. Verdcourt. — Notes on East African Annonaceae. Kew Bull. 25 : 12-33 (1970).
(5) J. W. Walker. — Pollen morphology, phytogeography and phylogeny of the Anno¬
naceae. Contribution Gray. Herb. 202, 130 p. (1971).
Laboratoire de Phanérogamie
Muséum. Paris.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (1) 1972.
INFORMATIONS
M. J. F. Villiers a été chargé de la rédaction de la Flore du Gabon à la suite de M. N.
Hallé qui devient rédacteur de la Flore de Nouvelle Calédonie.
FLORE DU GABON
Vol. 19. — A.J.M. Leeuwenberg, Loganiaceae : (7 g., 59 sp.), 153 p., 42 pl. — 27 F.
FLORE DU CAMEROUN
Vol. 12. — A.J.M. Leeuwenberg, Loganiaceae : (7 g., 59 sp), 153 p., 42 pl. — 27 F.
MISSIONS
M. J. E. Vidal, a effectué un séjour d'études et de prospections botaniques et ethno¬
botaniques dans le Sud-Est Asiatique du 10 août au 28 novembre 1971. Il a d'abord
participé aux travaux d’un Symposium sur l'utilisation des forêts tropicales des régions
basses organisé à Tjipajung (Java) du 12 au 17 août, puis a visité les Instituts botaniques
de Bogor, Singapour, Kuala Lumpur, Saigon, Phnom-Penh, Bangkok pour des recherches
bibliographiques et taxonomiques. En Thaïlande et au Laos il a prospecté principalement
des régions montagneuses et enquêté sur les noms et usages des plantes connus des popu¬
lations qui y vivent.
Source : MNHN, Paris
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ÉDITIONS DU CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
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Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (1) 1972,
TABLE ALPHABETIQUE
DES NOMS D’AUTEURS DU TOME XI
Aubréville, A. — La destruction des forêts et des sols en pays tropical. Le cas de
Madagascar. 5
— Essai sur la Géophylétique et l'Écophylétisme des Manilkarées. 251
— Les Manilkarées de Madagascar . 267
— Contribution à l'étude des Sapotacées de la Guyane française. II. 297
— Essai de Géophylétique des Sapotacées. II . 425
— La flore saharo-lybienne tropicale d'après Paul Louvet. 583
— Le Pacifique, centre d’origine, d’évolution et de distribution des Angiospermes
d’après Albert C. Smith. 593
— Paléogéographie du mézozoïque et histoire des premières Angiospermes, d'après
David I. Axelrod . 599
— A propos de l'introduction à la phytogéographie des pays tropicaux de
R. Schnell. 691
— Montagnes du Sud de l’Inde d'après F. Blasco .. 699
— Sur l'« Essai sur l’architecture et la dynamique de croissance des arbres tropi¬
caux » de F. Hallé et R. A. A. Oldeman . 707
Badré, F. — Les Hugonia africains (Linaceae) et leurs fruits. 95
Badré, F. et Cadet, Th. — Lobeliaceae des Mascareignes. 667
Boiteau, P. — A propos des confusions entre Cabucala madagascariensis (A. DC.)
Pichon et Cabucala erythrocarpa (Vatke) Markgraf (Apocynacées). 551
Bonnefille, R. — Atlas des pollens d’Éthiopie. Pollens actuels de la basse vallée de
l’Omo, récoltes botaniques 1968 . 463
Bosser, J. — Contribution à l'étude des Orchidaceae de Madagascar. XV. Nouvelles
espèces du genre Aeranthes Lindl. 81
— Contribution à l'étude des Orchidaceae de Madagascar. XVI. Espèces nouvelles
du genre Bulbophyllum Thou. 325
— Contribution à l’étude des Orchidaceae de Madagascar. XVII. Révision du genre
Phaius Lour . 519
Bosser, J. et Morat, P. — Sur deux Asclépiadacées nouvelles du Sud de Madagascar 337
Bourreil, P. et Geslot, A. — Contribution à l’étude caryologique de diverses Gra¬
minées africaines des genres Aristida L. et Slipagrostis Nees. 125
Bourreil, P., A. Geslot, et Gillet, H. — Contribution à l'étude caryologique
à'Aristida rhinochloa (Graminée) d'après des spécimens d’Afrique boréale. 685
Capuron, R. — Contribution à l'étude de la Flore forestière de Madagascar. Notes
sur les Albizia Duraz. (Légumineuses-Mimosoïdées). 357
Cavaco, A. — Neoleroya, nouveau genre de Rubiaceae-Vanguerieae . 119
— Remarques sur quelques Pyrostria (Rubiacées-Vanguériées) de Madagascar 393
Cremers, G. — Les Characées de Côte d'ivoire. 661
Croizat, L. — Gigantomachie botanique : la « Théorie du Durian » contre la
« Théorie de la Lentille d'Eau ». 47
Source : MNHN, Paris
— 162 —
Duek, J. J. — Lfsta de las especies cubanas de Lycopodiophyta, Psilotophyta, Equi-
setophyta y Polypodiophyta (Ptéridophyta) :
Première partie. 559
Deuxième partie. 717
Hallé, N. — Crioceras dipladeniiflorus (Stapf.) K. Schumann, Apocynacées du
Gabon et du Congo. 301
— Rubiacées gabonaises nouvelles du genre Pseudosabicea . 313
Hallé, N. et Toilliez, J. — Le genre Nervilia (Orchidaceae) en Côte d'ivoire- 443
Heine, H. — Notes sur les Acanthacées africaines (I. Crossandrella; II. Brachystepha-
nus; III. Hygrophila) . 641
Jacques-Félix, H. — Observations sur les espèces du genre Eriosema de la Républi¬
que Centrafricaine, du Cameroun et d’Afrique occidentale. 141
— Note sur trois Mélastomacées d’Afrique. 545
Laubenfels de, D. J. — Deux nouveaux Podocarpus de Madagascar. 713
Leandri, J. — Évolution morphologique récente des Crotons malgaches. 41
— Botanique et marine à voile : Charles Gaudichaud (1789-1854) et le Muséum 405
— Un sous-genre malgache nouveau de Tragia (Euphorbiacées). 437
Lebrun, J. P. et Peyre de Fabrègues, B. — Plantes rares ou intéressantes de la
République du Niger. III . 107
Leroy, J.-F. — La Botanique au Jardin des Plantes (1626-1970). 225
— Note sur un caféier du Sud-Est asiatique. Paracoffea merguensis (Ridl.) J.-F.
Leroy. 603
Lobreau-Callen D. et Villiers, J. F. — A propos A'Acrocoelium congolanum Baill.
(Icacinacées) . 135
Malplanche, M. — Étude palynologique de trois genres de Rubiacées-Gardéniées
d’Afrique . 343
Mariaux, A. — Anatomie du bois de Crioceras dipladeniiflorus (Stapf.) K. Schum 309
Raynal, A. et J. — Une technique de préparation des grains de pollen fragiles... 77
Rosengurtt, B., Laguardia, A., Arrillaga de Maffei, B. R. — El endosperma
central lipido en la sistematica de Gramineas. 383
Sowumni, M. A. — Comments on « Pollen morphology, classification and phylo-
geny of Paimae », by G. Thanikaimoni. 441
Stone, B. C. — Another calciphilous Pandanus from the massif de l'Ankarana,
North Madagascar (Pandanaceae) . 319
Villiers, J. F. et Lobreau-Callen, D.—A propos d’une note sur Acrocoelium congo¬
lanum Baill. 397
Van Steenis, C. G. G. J. — Révision of Nolhofagus in New Caledonia. 615
Veillon, J. M. — Une Apocynacée monocarpique de Nouvelle-Calédonie, Cerbe-
riopsis candelabrum Vieill . 625
Dates de publication des fascicules du volume xi :
Fasc. 1 : 21 juin 1971
— 2 : 30 juillet 1971.
— 3 : 16 novembre 1971.
— 4:3 février 1972.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (1) 1972.
TABLE ALPHABÉTIQUE
DES UNITÉS TAXONOMIQUES
ÉTUDIÉES OU CITÉES DANS LE TOME XI
Les noms de TRIBUS et de GENRES sont en capitales, les noms de sous-genres,
de sections, d’espèces de variétés et de formes sont en caractères courants romains;
les noms de taxa nouveaux sont en caractères gras; les synonymes sont en italiques. Les
numéros renvoient aux numéros de pages.
A
ABUTILON (Toum.) Mill.
fructicosum Guill. et Perr., 497, 498
figarianum Webb., 496, 497
bidentatum Hochst. ex. A. Rich., 116
ACACIA (Toum.) L. 110
anceps Hook., 57
aulacocarpa A. Cunn. ex Benth., 57
aurisparsa Drake, 377
bernieri Fourn., 373
boivini (Fourn.) Bail!., 378
cincinnata F. Mucll., 57
colletioides L., 64
comorensis Bail!., 380
delibrata A. Cunn. ex Benth., 57
gonoclada F. Muell., 57
greveana Baill., 381
horrida L.
spp. benadirensis (Chiov.) Hill et
Brenan, 503, 504
hova Drake, 378
jaubertiana (Fourn.) Baill., 379
mellifera (Vahl) Benth., 503, 504
montana Benth., 57
nubica Benth., 503
paoli Chiov., 504, 505
polyphylla DC., 373
praelongata F. Muell., 57
stenocarpa Hochst. ex A. Rich., 116
stipuligera F. Muell., 57
suaresensis Baill.
subrhombea Baill., 379
trichopetala (Bak.), Drake, 379
viridis (Fourn.) Baill., 379
wallichiana DC. 57
zygioides Baill., 379, 380
ACALYPHA L.
indica L., 490, 492
ACANTHODIUM Delile
spicatum Del., 108
ACANTHUS L., 642
edulis Forsk., 108
dusenii (Lindau) C. B. Clarke, 642
ACHRAS L.
zapota L., 253
ACHYRANTHES L.
aspéra L., 477, 479
ACROCOELIUM Baill.
congolanum Baill., 135, 136, 138, 397
ACROSTICHUM L., 571
ADENODERRIS J. Smith, 722
ADENIUM Roem. et Schult.
obesum Roem. et Schult., 479, 480
ADENOSMA R. Br. p.p., 655
africana T. Andem., 657
balsamica (« Balsamea ») (L.f.) Spreng.,
657
bipUcata Nees, 658
pinnatifida (Dalz.) T. Anders., 659
thymus Nees, 657
triflora Roxb. ex Nees, 658
uliginosa (L. f.) R. Br. ex Nees, 658
verticillata Nees, 657
Source : MNHN, Paris
— 164 —
AERANTHES Lindl., 81
albidiflora Toil.-Gen., 85
laxiflora Schltr., 92
Icandriana J. Boss., 82, 83
iongipes Schltr., 83
moratii J. Boss., 86, 87
multinodis J. Boss., 81
parvula Schltr., 87
peyrotii J. Boss., 88, 89
ramosa (Cogn.) Rolfe, 81
sambiranoensis Schltr., 91
schlechteri J. Boss., 92.
tenella J. Boss., 84, 85
tropophila J. Boss., 90, 91, 92
AGAVE L., 627
AGERATUM L.
conyzoïdes L., 485, 486
ALB1ZIA Duraz., 357, 358
adianthifolia (Schumach.) W. F. Wight,
360.
androyensis R. Cap., 368, 369
arenicola R. Vig., 361, 364, 365
atakataka R. Cap., 37, 374, 376
aurisparsa (Drake) Viguier, 377
bernieri Fourn., 368, 370
boinensis R. Vig., 364
boinensis R, Vig., p.p., 363, 364.
boivini Fourn., 378, 379
balabaka R. Cap., 367, 368, 369, 370
chinensis (Osbeck) Merril, 361
commiphoroides R. Cap., 369, 370, 371,
374
divaricata R. Cap., 362, 366
fastigiata auct. non (E. Mey.) Oliv., 360
glaberrima (Schumach. et Thonn.) Benth
359, 380, 382
grandibracteata Taub., 361
greveana (Bail!.) Baron, 381
gummifera (J. F. Gmel.) C. A. Sm.,
358, 360, 361, 380, 382
lebbeck Benth., 358, 360, 361, 378, 382
mahalao R. Cap., 370, 372, 373, 374,375
masikororum R. Vig., 362, 374
morombensis R. Cap., 375, 376, 377
numidarum R. Cap., 363, 364, 365
odorata R. Vig., 381
perrieri (Drake) R. Vig., 377, 379
var. monticola R. Cap., 378
polyphylla Fourn., 371
purpurea Boiv. ex Fourn., 380
sahafariensis R. Cap., 365
sassa (Wiild.) Chiov., 360
sinensis, 358, 360, 382
subrhombea (Bail!.) Baron, 379, 380
irichopetala Bak., 379.
tulearensis R. Vig., 382
verrucosa R. Cap., 366, 367
viridis Fourn., 379, 380
zygia (D. C.) Macbr., 361
ALSOPHILA R. Br., 566
ALYXIA Banks ex R. Br., 626
madagascariensis DC., 551, 553
ANANTHACORUS Underwood et
Maxon, 573
ANTHEROTOMA Hook., f.
clandestina Jacq.-Fél., 545, 546
naudini Hook. f., 545
ANEMIA Sw., 565
ANETIUM Spiltg., 573
ANNONA L.
glauca Schum. et Thonn., 109
ANOGRAMMA Link., 572
ANOPTERIS Link., 572
ANOPTER1S (Prantl.) Diels, 572
ARENGA Labill.
saccharifera Labill., 627
ARETHUSA Gronov.
peiraea Afzel. ex Pers., 455
ARGELIA Decne
delilei Decne, 109
AR1ST1DA L., 125, 126
sect. Arthratherum (Beauv.) Reich.
emend. Bourreil, 126
sect. Pseudarthratherum Chiov. emend.
Bourreil, 126, 128
acutiflora ssp. eu - acutiflora
Maire et Veiller, 129
congesta Roem. et Schult.
subsp. congesta, 128
var. tunetana, 128
funiculata Trin. et Rupr.
var. brevis Maire, 126, 127
var. funiculata, 126
hordeacea Hochst. ex Steud., 128
meccana Hochst., 127
var. meccana Hochst. emend. Bour¬
reil, 126
mutabilis Trin. ex Rupr.
ssp. mutabilis
var. aequilonga Trin. et Rupr.
emend. Bourreil, 127
var. longiflora Trin. et Rupr.
emend. Bourreil, 127
ssp. nigritiana (Hack.) Bourreil, 127,
128
paoliana (Chiov.) Henr., 126
rhiniochloa Hochst., 685, 686, 688, 689
schebehliensis Henr., 126
ARTHROSAMANEA Britton et Rose,
358
ASPLENIUM L., 717
ASTERACANTHA Nees, 655
ATALOPTER1S Maxon et C. Chr., 722
AUTRANELLA A. Chev. ex Aubr. et
Pellegr., 425, 427
congolensis (De Wild.) Chev., 426,
428
AZOLLA Lam., 728
Source : MNHN, Paris
— 165 —
B
BAILLONELLA Pierre, 425, 427
toxisperma Pierre, 426, 428
BARLERIA L.
eranthemoides R. Br., 472, 473
BASILICUM Moench.
polystachyum (L.) Moench., 494, 495
BEQUAERTIODENDRON De Wild.,
434
congolense De Wild., 432, 434
magnalismontana (Sond.) Heine et
Hensl., 432, 434, 435
oblanceolatum, 435
BLECHNUM L„ 727
BLEPHARIS Juss.
ciliaris (L.) B. L. Burtt., 108
edulis (Forsk.) Pers., 108
var. gracilis Maire
linearifolia auct., 108
linariifolia Pers., 473, 474
persica (Burm. F.) O. Ktze, 108
tuberculosa Spreng., 521
BOERHAAVIA Vaill. ex Linn.
erecta L., 505, 506
BOLB1TIS Schott., 726
BOTRYCHIUM Sw„ 564
BRACHYSTEPHANUS Nees, 649
BRACHYSTEPHANUS sp., 650
jaundensis Lindau, 652
longiflorus Lindau, 649
nimbae Heine, 650, 651
BRANDZEIA Baill., 360
BRILLANTAISIA P. Beauv., p.p., 655
borelli (Lindau) R. Benoist, 658
BULBOPHYLLUM Thon,
sect. Lichenophylax Schltr., 327
sect. ploiarium Schltr., 327
Capuronii J. Boss., 333
Cyclanthum Schltr., 328
innolitum J. Boss., 325, 326
kieneri J. Boss., 328
namoronae J. Boss., 327, 329
rauhii Toil.-Gen. et J. Boss.
var. andranabeensc J. Boss., 332, 334
therezienii J. Boss., 330
vestitum J. Boss., 329, 331
var. méridionale J. Boss., 331
BURCHELLIA R. Br., 354, 355
capensis R. Br., 343, 346, 348, 349
BYRSOPTERIS Morton, 723
C
CABUCALA Pichon, 551
erythrocarpa (Vatke) Markgr., 551, 553,
555, 557, 558
var. angustifolia Pichon, 553, 556
var. erythrocarpa, 552
var. intermedia Pichon, 553, 554,
555, 556
glauca Pichon, 553
madagascariensis (DC.) Pichon, 551,
557, 558
var. amvgdalifolia Markgr., 553, 555,
556
var. longipes (Pichon) Markgr.,
552, 555, 556
var. madagascariensis, 555, 556
CADABA Forsk.
glandulosa Forsk., 483, 485
rotundifolia Forsk., 483, 485
CALLIANDRA Benth., 358, 374
CALLICHILIA Stapf.
inaequalis Pierre ex Stapf. 301
CALOCRATER K. Schum., 303
CALYSOPHYLLUM L., 428, 429, 432
caïnito L., 429, 430, 431
cayennense DC., 300
glomeruliferum Hutch. et Dalz., 436
macrophyllum Gaertn., 297
magnalismontanum Sond., 432, 433
natalense Sond., 435
CAMPTODIUM, Fée, 723
CAMPYLONEURON Presl., 576
CANAVALIA DC.
virosa (Roxb.) Wight et Arn., 504, 507
CARDANTHERA F. Hamilt. ex Nees,
655, 659
aliginosa (L. f.) Bych.-Harm. ex C. B.
Clarke, 659
anomala Blatt., 659
africana (T. Anders.) Benth., 657
africana
var. schweinfurthii S. Moore, p.p., 658
arana (Benth.) Benth. ex C. B. Clarke,
657
balsamica, (L. f.) C. B. Clarke 658
balsamina
var. thymus (Nees) C. B. Clarke, 658
breviflora (Burk.) Turr., 658
difformis (L. f.) Druce, 658
griffithii Benth. ex C. B. Clarke, 658
justicioides S. Moore, 657
parviflora Turr., 658
thwaitesii Benth., 659
triflora (Roxb. ex Nees) Buch. — Harm
ex Nees, 658
verricillara (Nees) C. B. Clarke, 657
CARDIOSPERMUM L.
halicacabum L. 514
CATHORMION Horsk., 358
dinklagei (Harms.) Hutch. et Dandy. 358
Source : MNHN, Paris
— 166 —
CELOSIA L.
argentea L., 479
CERATOPTERIS Brong., 573
CERBERA L., 626, 636
odollam Gaertn., 636, 637, 638
CERBERIOPSIS Vieill., 626
candelabrum Vieill., 625, 626, 628, 629,
630, 632, 633, 634, 636
comptonii Guill., 626, 628, 629, 632, 634,
636, 637, 638
CHEILANTHES Sw., 572
CHEIROGLOSSA Presl., 564
CISSUS L.
quadrangularis L., 474, 516
CLEOME L.
usambarica Pax, 485
CNEMIDARIA Presl., 567
COCdNIA Wight et Arn.
grandis (L.) Voigt., 487, 491
COCHLEARIA Tourn. ex. L.
niiotica Del., 111
COCHLID1UM Kaulf., 575
COELACHYRUM Ness
brevifolium Nees, 112, 113
oligobrachiatum A. Camus, 112
COMMICARPUS Stand.
africaiws (Lour.) Cuf., 505
plumbagineus Stand!., 505, 506
COMMIPHORA Jacq., 371
CORD1A L.
gharaf (Forsk.) Aschers., 480
sinensis, 480, 481
CORNULACA Del.
monocantha Del., 111
CORONOPUS Rupp. ex L.
niloticus (Del.) Sprcng., 111
niloticus (Del.) Spreng. incl. subsp.
raddii Musc., 111
COTYLISCUS Desv.
niloticus (Del.) Desv., 111
CROTALARIA Dill. ex L.
microphylla Vahl, 116
CTENITIS Christensen, 723
CTENOPTERIS Blume, 575
CULCITA Presl, 568
CYATHEA Smith, 567
CYCLOPELTIS J. Smith, 723
CYNANCHUM L.
ai gel Del., 109
oleifolium Nect., 109
CYPERUS L.
longus L., 491, 498
COFFEA L.
fragrans Wall. pp.
merguensis Rïdl., 604
CORYPHA L.
umbraculifera L., 627
talliera Roxb., 627
CRIOCERAS Pierre, 301, 307
dipladeniiflorus (Stapf.)
K. Schum., 301,302, 303, 304, 306, 309
longiflorum Pichon, 303
longiflorus Pierre, 301, 303
CROSSANDRELLA C. B. Clarke, 641,
642, 646
adami Heine, 644, 647, 648
dusenii (Lindau) C. B. Clarke, 643
dusenii (Lindau) S. Moore, 642, 645, 648
laxispicata C. B. Clarke, 641, 642
CROTON L.
amabilis Müell. Arg., 41
bracteata Lam., 45
chrysodaphne Baill., 42
clausseniana Baill., 42
comosa Müell. Arg., 44
draconopsis Müell., 41
goudotii Baill., 43, 44
hovarum Leand., 44
ivohibeensis Leand., 45
jennyana H. Gros., 46
joufra Roxb., 41
lundiana Müell. Arg., 44
mubango Müell. Arg., 41
myrsinites Baill., 42
nudatus Baill., 42
sincorensis Mart. et Muell. Arg., 42, 44
tsaratananae Leand., 43
var. glabra Leand., 43
zambesica Müell. Arg., 41
welwitschiana Müell. Arg., 41
CYNODENDRON Baehni, 429
argenteum (Jacq.) Baehni, 430
auratum (Miq.) Baehni, 430, 431, 432
marginatum (Hook. et Arn.) Baehni, 430
oliviforme (L.) Baehni, 430
D
DANAEA Smith, 564
DASYSPHAERA Volkens
prostrata (Volkens) Schinz., 479
DELASTREA DC-, 275
DELON1X Rafin.
regia Rafin., 57
DENNSTAEDTIA Bernh., 570
DESMOD1UM Desv.
triflorum Wall.,, 57
DICHROSTACHYS Wight et Arn.
DICOMA Less.
capensis Less., 108
DICRANOPTERIS Bernh., 565
D1DYMOCHLAENA Desv., 723
Source : MNHN, Paris
167 —
DIGERA Forsk.
muricala L., 479, 480
DIPLAZ1UM Sw., 722
DISSOTIS Benth., 597
buettneriana (Cogn. ex Burtt.) Jacq.-Fél.,
547, 548
decumbens (P. B.) Triana, 549
deislelii Gilg, 549
fructicosa (Bren.) Brenan et Keay, 549
plumosa (D. Don) Hook. f., 548
prostata Thonn.) Hook. f., 547, 548
rotundifolia auct., 547
rotundifolia auct. p.p. non Triana, 549
rotundifolia (Sw.) Triana
var. rotundifolia 547, 548
var. prostata (Thonn.) Jacq.-Fél., 548
DOBERA Juss.
glabra (Forsk.) Poir., 512
DORTMANNIA L.
anceps O. Kuntze, 673
clifforliana O. Kuntze, 674
debilis O. Kuntze
var. natalensis O. Kuntze, 680
fervens Thumb.
filiformis O. Kuntze, 678, 680
flexuosa Presl., 680
madagascariensis Roem. et Schult., 673
vagans O. Kuntze, 683
DORYOPTERIS J. Smith, 572
DYSCHORISTE Nees
lenera (Lindau) C. B. Clarke, 659
E
EBERHARDTIA, 254
ECBOLIUM Kurz.
revolutum C.B., 474, 475
ECCLINUSA Mart.
nyangensis, 432
ECHINOCHLOA Beauv.
naploclada (Stapf) Stapf, 487
ECLIPTA L.
prostrata (L.) L., 485, 488
ELAPHOGLOSSUM Schott. ex J. Smith,
726
ELLERTONIA Wight
madagascariensis Radlk.
ENCHYSIA Presl., 668
ENGLEROPHYTUM Krause
congolense (De Wild.) Aubr. et Pellegr.,
433
hallei Aubr. et Pellegr., 434
le testui Aubr. et Pellegr., 434
oubanguiense (A. et P.) Aubr. et Pellegr.,
434
somiferanum Aubr., 433, 435
stelacantha Krause, 433, 434, 435, 436
vermosenii, 434
ENNEAPOGON Desv. ex Beauv.
cenchroïdes (Licht. ex Roem. et Schult.)
Hubb.
elegans (Nees ex Steud.) Stapf
glumosus (Hochst.) Maire et Weiller, 113
schimperanus (Hochst. ex A. Rich.)
Renv., 113
ENSETE Bruce
edule Bruce ex Horon, 627
ERAGROSTIS Hocst., 114
cylindriflora Hochst., 114
elegantissima Chiov.,
horizonialis Peter,
ERIOCAULON L., 545
ERIOSEMA (DC.) G. Don, 141, 142
sect. Eriosema, 247
sect. Montana Jacq.-Fél., 146, 147
sect. Pulcherrima Jacq.-Fél., 146, 148
s/g Becquetia, 142
adami Jacq.-Fél., 184, 185
adamaoucnse Jacq.-Fél., 158, 159
afzelii auct., 193
afzelii Bak., 191, 192, 195
andongense Hiern. ex Bak. f., 164
andohii Milne-Redhead, 161
angolaise auct., 178
angolense Bak. f., 142, 177
bauchiense Hutch. et Dalz., 178, 182
benguellense Rossb., 167
bianoense Hauman, 157
bieense Torre, 189
buchananii Bak. f., 167
var. richardii (Benth. ex Bak. f.)
Staner, 166
burkei Benth., 167
caillei A. Chev., 171, 172
cajanoides (G. et P.) Hook. f., 157
chrysadenium Taub., 189, 190, 191
cordatum auct., 190
cordatum E. Mey., 166, 169
cordifolium Hochst. ex A. Rich., 186,
187, 188, 189
cyclophyllum Welw. ex Bak., 188
dictyoneuron Stand., 189
djalonense A. Chev., 171, 172
elongatum Vaill., 152
erectum Bak. f., 178, 179
erici-rosenii R. E. Fries, 190, 191
filipendulum Welw. ex Bak. f.
var. prostratum Torre, 187
flemingioides Bak., 176
flexuosum Staner, 188
gilletii De Wild. et Th. Dur., 169
gironcourtianum Jacq.-Fél., 149, 152, 170
var. albida Guill. et Perr., 152
var. lauremii (De Wild.) Bak. f., 152
Source : MNHN, Paris
168
glomeratum Hook. f.
var. elongatum (Bail).) Bak., 152
var. overlatii Stan. et de Craene, 152
var. reticulatum Stan et de Craene,
152
gracillimum Bak. f., 143, 182
griseum auct., 154
griseum Bak.
var. griseum, 143, 152, 153, 156
var. togense (Taub.) Jacq.-Fél., 154
gueinzii Sond., 166, 189
humbertii Stan. et de Craene, 173, 175
humile Hauman, 189
humuloideum Staner et de Craene, 177
ippyense Tiss., 165
jurionianum Stan. et de Craene, 174
var. ituriense Stan. et de Craene, 174
var. keniense Bak. f., 174
kraussianum Meisn., 164
kwangoense Hauman, 197
lateriticola Jacq.-Fél., 193, 194
laurentii de Wild., 152, 170
Iebrunii Stan. et de Craene, 186
lejeunei Stan. et de Craene, 172
letouzci Jacq.-Fél., 142, 154, 155
linifolium Bak. f., 164, 165
longepedunculatum A. Rich., 172, 173,
176
macrostipulatum Bak. f., 178
manikense De Wild., 188
mirabile R.E. Fries, 143, 184, 198
molle Hutch. ex Milne-Rehead, 160, 161
montanum Bak. f., 170, 172, 173
var. badium Jacq.-Fél., 170, 173
var. grande Stan. et de Craene, 174
monticola Taub., 197, 198
monticolum Taub., 197
nutans Schinz, 166, 174, 187
parviflorum auct.
subsp. collitmm Hepp., 171
var. laxiuscula Stan. et de Craene, 171
var. sarmentosum, 171, 172
parviflorum E. Mey., 143, 147, 167, 169
f. podostachyum, 172
pauciflorum Klotzsch, 163, 164
pellegrinii Tiss., 195
pentaphyllum Harms
podostachyum Hook. f., 169
polystachium (A. Rich) Bak., 166, 174
populifolium Benth., 191
praecox auct. non R.E. Fries, 198
prunelloides Welw., 191
psoraleoides Lam., 157
psoraleoides (Lam.) G. Don, 156, 157,
160, 161, 170, 175
var. argenteum (Chev.) Bak. f., 158
pulchellum G. Don, 199
pulcherrimum Taub., 148, 191, 195, 196
pulcherrimum auct., 193
quarrei Bak. f., 175
ramosum Bak. f., 175
raynaliorum Jacq.-Fél., 143, 196,
rhodesicum auct., 184
rhodesicum auct. non R.E. Fries, 198
rhodesicum R.E. Fries, 197
richardii auct., 179
richardii Benth. ex Bak. f., 176, 179
robustum Bak., 176
rufum Baill., 152
rufum (H. B. K.) G. Don, 141, 147, 149
sacleuxii Tiss., 180
salignum E. Mey., 164
schoutedenianum Stan. et de Craene, 189
schweinfurthii Bak. f., 193, 195
sereceum auct., 154
sericeum Nak., 152
shirense auct., 182
shirense Bak. f., 182, 183
var. oubanguiense Stan. et de Crae¬
ne, 183
sparsiflorum, 142, 143, 161, 162, 164
speciosum Welw. ex Bak., 177
spicatum Hook., f., 169, 170, 171, 172
f. callei, 172
f. polostachyum Tiss., 169
sousae Exell., 175
stanerianum Hauman, 178
strictum Benth., 149
subacaule A. Chev., 193, 195, 196
tenue Hepper, 182
tessmannii Bak. f. et Hoydon, 184, 198
tisserontii Stan. et de Craene
togense auct., 153
togense Taub., 153, 154
tuberosum Hochst., 191
upembae Hauman, 157
vanderystii (De Wild.) Hauman, 160
velutinum auct., 160
velutinum Bak. f. et Hoyd., 160
verdickii De Wild., 143, 188
f. Uni folia Stan. et de Craene
youngii Bak. f., 143, 182
ESCHATOGRAMME Trev. ex. C. Chr.,
576
EQUISETUM L., 564
EUPHORBIA L.
hypericifolia L., 487, 492
triaculeata Forsk., 490, 493
F
FADYENIA Hook., 724
FAUCHEREA Lecomte, 253, 255, 258,
267 280, 281
ambrensis, 257
Source : MNHN, Paris
— 169 —
glutinosa Aubr., 287
hambresis Aubr., 288
var. marojejyensis Aubr., 289
hexandra (Lecomte) Lecomte, 280, 287,
288
laciniata Lecomte, 287
longepedicellata Aubr., 282
manongarivensis Aubr., 283, 284
marojeyensis, 257
parvifolia Lecomte, 290, 291
sambiranensis Aubr., 285
tampoloensis Aubr., 286
thouvenotii Lecomte, 290, 291
urschii Aubr., 257, 285
FICUS Tourn. ex L.
gnaphalocarpa Steud. ex Miq., 116
ingens Mio., 116
saücifolia Vahl, 110, 115, 116
leloukal Batt. et Trab., 115
FOURCROYA Schult., 627
G
GAMBEYA Pierre, 428, 430, 432
africana (Bak.) Pierre, 430
boukokoensis Aubr. et Pellegr., 430
excelsa (Huber) Aubr., 432
gigantea (Chev.) Aubr. et Pellegr.,
430
perpulchra (Mildbr.) Aubr. et Pellegr.,
430
subnuda (Mildbr.) Aubr. et Pellegr., 430
GASTRORCHIS Schltr., 519
françoisii Schltr., 527, 528
humbertii Ursch. et Genoud, 521
humbloiii Reichb. f., 524
luteiis Ursch. et Genoud, 535
pulchra Humbert et H. Perr., 528
schlechteri Perr., 526
var. milotii Ursch. et Genoud,
524
simulons (Rolfe) Schltr., 521
luberculosa (Thou.) Schltr., 521
var. perrieri Ursch. et Genoud, 530
GLEICHENIA Smith, 565
GLYCINE L.
rufa Schum., 152
vanderystii De Wild., 160
GRAMMITIS Sw., 575
GREWIA L.
tenas Fioiri, 513, 516
GYMNOGRAMMA Desv., 572
GYMNOLUMA Baill., 435
GYMNOPTERIS Bernh., 572
H
HECISTOPTERIS J. Smith, 574
HEDYOTIS L.
aspera Heyne ex Roth., 117
srrumosa Hochst. ex A. Rich.
HELIOTROPIUM (Tourn.) L.
indicum L., 481, 482
somalense Vatke, 481, 482
sudanicum Andrews, 481, 482
HEM1ADELPHIS Nees, 655
HEM1DICTYUM Presl, 722
HEMIGRAPHIS Nees, p.p. 655
abyssinica (Hochst ex Nees)
C.B. Clarke, 657
origanoides Lindau, 659
prunelloides S. Moore, 659
schweinfurlhii (S. Moore) C.B. Clarke,
p.p., 657
tenera Lindau, 659
HEMIONITIS L., 572
HETEROTIS Benth.
plumosa (D. Don) Benth., 548
prostata (Thonn.) Benth., 548
HIBISCUS L.
micranthus L., 498
HIPPOBROMA G. Don, 668
longiflora G. Don, 670
HUERNIA R. Br., 337
HUGONIA L.
acuminata Engl., 101
afzelii R. Br. ex Planch., 96, 100, 105
var. melanocalyx Oliv., 96, 100
angolensis Welw. ex Oliv.
bâtes» De Wild., 96, 102
chevalieri Hutch, et Dalz., 100
foliosa Oliv., 100
gabunensis Engl., 96, 97, 102
gilleti De Wild., 96, 102
macrocarpa Welw., 100
macrophylla Oliv., 96, 100
micans Engl., 95, 96, 102, 103
obtusifolia C.H. Wright, 96, 100
planchonii Hook. f., 96, 101, 102, 103
var. congolensis, 96, 98
platysepala Welw. ex Oliv., 96, 99, 102,
105
reygaerti De Wild., 100
rufipilis A. Chev. ex Hutch. et Dalz., 96,
100
spicata Oliv., 102
var. glabrescens Keay, 96, 102, 103
var. glandifolia R. Wilczek, 98
villosa Engl., 96, 101, 105
HYGROPHILA R. Br., 652, 655, 656
abyssinica (Hochst. ex Nees) T. Anders.,
657
acinos (S. Moore) Heine, 657
Source : MNHN, Paris
170 —
africana (T. Anders.) Heine, 652, 657
angolensis (S. Moore), Heine, 657
balsamica (L. f.) Raf., 657
biplicata (Nees) Heine, 658
brevituba (Burkill) Heine, 652, 658
borelli (Lindau) Heine, 652, 658
difformis (L. f.) Blume, 658
gossweileri (S. Moore) Heine, 658
grifflthii (T. Anders.) Heine, 658
helodes Heine, 658
hygrophiloides (Lindau) Heine, 659
limnophiloides (S. Moore) Heine, 659
linearis Burkill, 653, 654
mediatrix Heine, 653, 654, 655, 656
origanoides (Lindau) Heine, 659
pinnatifida (Dalz.) Heine, 659
prunelloides (S. Moore) Heine, 659
senegalensis (Bees) T. Anders., 663
tenera (Lindau) Heine, 659
thwaitesii (Benth.) Heine, 659
uliginosa S. Moore, 658
HYMENOD1UM Fée, 727
HYMENOPHYLLUM Smith., 568
HYPOESTES Soland.
verticillaris (L. f.) Soland. ex Roem. et
Schult., 475, 476
HYPOLEPIS Bernh., 570
HYPTIS Jacq.
pectinata Pott., 494, 496
ILYSANTHES Rafin, 545
INGA Scop.
sassa Willd., 360
INDIGOFERA L.
microcarpa Desv., 508, 509
spinosa Forsk., 508, 509
IPOMOEA L.
aquatica Forsk., 489
stenobasis Brenan, 646, 648
ISOETES L., 563
ISOTOMA Lindl., 668
longiflora Presl., 668
J
JUSTICIA Houst. ex. L.
caerulea Forsk., 475, 476
flava Vahl, 477, 479
K
KEDROSTIS Medic.
gijef (J. F. Gmel.) Jeffr. 489, 490
KLEINIA Jacq.
longiflora DC., 487, 488
KOHAUTIA Cham. et Schlechtd.,
aspera (Heyne ex Roth.) Brem., 117
L
LABOURDONNAISIA Bojer, 253, 254,
255, 257, 258, 262, 268
boivinii Pierre mss., 274
hexandra Lecomte, 288
lecomtei Aubr., 294
madagascariensis (H. Bn.) Dubard, 292,
293
richardiana Pierre ex Aubr., 292
LABRAMIA DC., 253, 255, 258, 259, 262,
267, 275
ankaranaensis Aubr., 256, 257
var. antsingensis, 277
boivinii Aubr., 156, 278
var. mananarensis Aubr., 278
bojeri DC., 256, 267, 275, 277
capuronii Aubr., 276
costata (Hartog ex Baill.) Aubr., 278,279
costata (Pierre) Aubr., 267, 275
louvelii Aubr., 256, 278
platanoides (R. Cap. mss.) Aubr., 256,
276
sambiranensis Aubr., 256, 278
LABRAMIOPSIS Hartog
chapelieri Hartog, 277
LASTREOPS1S Ching., 724
LAURENTIA Mich. ex Adans., 668
longiflora (L.) Endl., 668, 669
LEMNA L.
minor L., 65
LEONOTIS R. Br.
africana (P. Beauv.) Briq., 494, 496
LEPIDANTHEMUM Klotzsch
triplinervium Klotzsch, 548
LEPID1UM L.
nilolicum (Del.) Sieber ex Steud., 111
LEPTAULUS Benth.
cilioides Bail!., 135
citrioides Baill., 138
congolanus (Baill.) Lobreau-Callen et
Villiers, 136, 137, 138
congolanus (Baill.) Lobreau-Callen et
Villiers, 397
daphnoïdes Benth., 135, 136, 138
grandifolius Engl., 135
holstii (Engl.) Engl., 135, 136, 138
zenkeri Engl., 135, 136, 138, 397
LEROYA Cavaco, 119
LETESTUA Lecomte, 255, 258, 262
L1MODORUM (Tourn.) L.
tuberculosum Thou., 521, 523
L1NDSAEA Dryand, 574
LOBELIA L., 627, 670
trib. LOBELIEAE, 668
Source : MNHN, Paris
— 171
sous Trib. S1PHOCAMPYLINEA, 668
sect. Eu-lobelia Benth., 671
sect. hemipogon, 671
sect. holopogon, 671
alata Leperv. et Bout, ex DC., 673
anceps L. f. 673, 675
var. asperula(Klotzsch)E. Wimm.,674
asperula Klotzsch, 674
bicolor DC., 681
cardinalis L., 671
chenopodifolia Wallich, 674
cliffortiana L., 674, 675
decurrens Willd. ex Roem. et Schult., 673
fervens Thunb., 673
var. asperula Thunb., 674
filiformis Lam., 676, 677
var. natalensis (DC.) E. Wimm., 676,
680
f. multipilis E. Wimm.
676, 680
filiformis Sieber, 674
glazioviana A. Zahlb. apud Wimm., 673
humilis Klotzsch, 673
incisa Wallich, 674
longiflora L., 668
madagascariensis Roem. et Schult., 673
natalensis DC., 680
var. subulifolia Sond., 678
parva F. Badré et Th. Cadet, 672
petersiana Klotzsch, 673
plumieri L., 671
polymorpha Bory, 677, 680
pterocaulon Klotzsch, 673
serpens auct., 681
serpens Bout, ex Boj., 677
serpens Lam., 679, 680
var. cheiranthifolia (Presl.) DC., 679,
681
var. pedocellata DC.
var. puberula E. Wimm., 679, 682
var. sieberi E. Wimm., 681
subulata Klotzsch, 673
tetragona Blume, 674
trialata
var. grandiflora Chiov., 673
triangulata Wallich, 674
telephioides (Presl.) DC., 679, 682
f. pilosella E. Wimm., 682
vagans Balf., f., 676, 683
LOMARIOPS1S Fée, 727
LONCHITIS L„ 572
LONCHOCARPUS H. B. et K.
cyanescens (Schum. et Thonn.) Benth.,
117
LOPHOSORIA Presl., 568
LUCUMA Molina
acreana Krause, 297
pulverulenta Mart. et Eichl., 300
rivicoa Gaert. f., 297
LUDWIGIA L.
stolonifera (Guill. et Perr.) Rawen, 506,
507
LYCOPODIUM L., 562
LYGODIUM Sw., 566
M
MAERUA Forsk.
oblongifolia (Forsk.) A. Rich., 485
MANILKARA Rheede, 251, 252, 254,
255,258, 259, 262, 264,267, 268, 281,435
argentea Pierre ex Dubard
subsp. argentea (Pierre) Aubr., 261
amazonica (Hub.) Chev., 257
bidentata, (DC) Chev., 252, 257
boivinii Aubr., 271, 274
bojeri (DC.) H. J. Lam.
capuronii Aubr., 269, 272
cordifolia Van Royen, 291
costata (Pierre) Dub., 278
cuneifolia (Bak.) Dub., 260, 263
dissecta (L. f.) Dub.
var. pancheri (Bail!.) Mass. Geesteran-
thus, 263
elata (Allem.) Monach., 254
emarginata (L.) Britt. et Wils., 252
excelsa (Ducke) Standl., 254
fouilloyana Aubr. et Pellegr., 254, 263
frondosa (Hiem) H.J. Lam, 252
hexandra (Roxb.) Dub., 257
huberi (Ducke) Chev., 252
inundata (Ducke) Gilly, 254
kanosiensis H. J. Lam et B. Meeuse, 252
kauki (L.) Dub., 257, 263
koecklini Aubr. et Pellegr., 252
laciniata (Lee.) Van Royen
lacera (Bak.) Dub.
subsp. lacera (Bak.) Aubr., 261, 263
letouzei Aubr.
subsp. letouzei (Aubr.) Aubr., 261
mabokeensis Aubr., 254, 257, 263
matanou Aubr. et Pellegr.
subsp. matanou Aubr., 261
mochisia (Bak.) Dub., 252
multinervis (Bak.) Dub., 260, 261, 262,
263, 264, 435
subsp. atacorensis Aubr., 260
subsp. lacera (Bak.) Aubr., 260
subsp. letouzei (Aubr.) Aubr., 260
subsp. matanou (Aubr.) Aubr., 260
subsp. multinervis, 260
subsp. sylvestris (Aubr. et Pellegr.),
Aubr., 260
nato-lahyensis Van Royen, 288
paraensis (Hub.) Standl., 257
Source : MNHN, Paris
172
perrieri Aubr., 268, 271
publicarpa Monach.. 2S2
sahafarensis Aubr., 273
salzmannii (DC.) H. J. Lam, 263
sansibarensis (Engl.) Dub., 254, 263
schweinfurthii (Engl.) Hemsley
subsp. schweifurthii, 261
sideroxylon (Griseb.) Dub., 252
smithiana H. J. Lam et Meeuse, 252
sohiby Aubr., 268, 270
staminodella Gilly, 252, 257
suarezensis Aubr., 270
suarezensis R. Cap. mss., 170
subsericea (Mart.) Dub., 254, 263
sulcata (Engl.) Dub., 263
sylvestris Aubr. et Pellegr., 261
subsp. sylvestris (Aubr. et Pellegr.)
tampoloensis Aubr., 272, 273
thouvenolii (Lee.) Van Royen, 254, 291
triflora (Allem.) Monach., 263
vitiensis H. J. Lam et Van Olden Meen-
se, 252
welwitschii (Engl.) Dub., 263
zenkeri Lee.ex Aubr. et Pellegr., 252,254
MARATTIA Sw., 564
MARSILEA L., 728
MAXONIA C. Chr., 724
MELASTOMA Burm. ex L.
plumosum D. Don, 547
prestation Thonn., 548
MERREMIA Jennst.
emarginata (Burm. f.) Hall, f., 111
METROXYLON Rottb.
salomonense (Warb.) Beu., 627
MICROGRAMMA Presl., 576
M1CROLEPIA Presl., 570
MIMOSA L.
glaberrima Schumach. et Thonn., 380
lebbeck L., 361
MIMUSOPS L., 252, 425, 427
andongensis Hiern, 427, 428
bagshawei S. Moore, 427
candotlei Pierre mss.
chapelieri Hartog mss., 277
connectens H. Bn. mss.
costata Hartog ex Baill., 278
costata Pierre mss., 278
elengi L., 426, 427, 428
fragrans (Bak.) Engl., 427
guillotii Hochreutiner, 278
kummel Hochst. ex DC., 426, 427, 428
madagascariensis H. Bn., 292
thouarsii Hartog mss., 277
warneckei Engl., 427, 428
MORELIA A. Rich., 354, 355
senegalensis A. Rich.343, 350, 351, 352
MURIEA Sond., 254, 255, 258, 259, 262
discolor Hartog, 253, 256
MURIANTHE (Baill.) Aubr., 254, 255,
258, 259, 262
valuenzuelana (Richard) Aubr., 256
N
NASAS L.
pectinata Magnus, 663
NEOBOIVINELLA, 435, 436
natalensis (Sond.) Aubr. et Pellegr., 433,
436
NEOLEROYA Cavaco, 119, 122
verdcourtii Cavaco, 121, 122
NEPHELEA Tryon, 567
NEPAROLEPIS Schott., 717
NERVILIA Comm. ex Gaudich., 443
adolphi Schltr., 444, 458
var. seposita N. Hallé et J. Toilliez,
445, 447, 448, 449, 453, 456
afzelii Schltr., 455
var. grandiflora Summerh., 455
aragoana Gaud., 443
bathiei Senghas, 244, 455
fuerstenbergiana Schltr., 444, 445, 447,
448, 449, 453, 456, 457
humilis Schltr., 455
kotschyi (Reichb. f.) Schltr., 444, 445,
448, 449, 450, 456
petraea (Afzel. ex Pers.)
Summerh., 444, 445, 455
reniformis Schltr., 444, 445, 448, 449,
452, 453, 455, 456, 459
sakoae Jum. et Perr., 448
shirensis (Rolfe) Schltr., 444
subintegra Summerh., 458
toilliezae N. Hallé, 444, 445, 447, 448,
449, 453, 455, 456
umbrosa (Reichb. f.) Schltr., 444, 445,
448, 449, 451, 453, 456
NISPERO Aubr., 253, 254, 255, 257, 258,
262
NITELLA C. Agardh, 661
dregeana R. Br. ex Kütz., 662, 663, 664
furcata (Rox. ex Bruz.) Ag.
subsp. mucronata (R. Br.) R.D. Wood,
662, 663, 664
NOMAPHILA Blume, 655
pinnatifida Dalz., 659
NORTHIOPSIS Kaneh.
kanehira, 253, 255, 258, 259,
hoshenoi, 257
NOTHOFAGUS Blume, 615, 616
NOTHOFAGUS sp., 622
aequilateralis (B.-B.) Steen., 617, 620,
623
balansae (Baill.) Steen., 617, 621, 622,
623
?balansae (non al.) Dawson, 620
Source : MNHN, Paris
173
baumanniae (B.-B.) Sleen., 622
codonandra (Baill.) Sleen., 617, 621
discoidea (B.-B.) Steen., 618, 623
NOTHOLAENA R. Br., 572
O
OCHROSIA Juss., 626
OCIMUM L.
reflexus Ehrenb. ex Schw., 114
OLDENLANDIA L.
aspera (Heyne ex Roth.) DC., 117
cyanea Dinter, 117
leclercii A. Chev., 117
sirumosa (Hochst. ex A. Rich.) Hiern,
117
?trothae K. Krause, 117
OPHIOGLOSSUM L., 564
OSMUNDA L., 565
ODONTOSORIA Fée, 574
OLEANDRA Lav., 717
OPUNTIA Tourn. ex Mill.
salmiana Parm. ex Pfeiff., 64
vulgaris Mill., 64
ORMOSIA sp. Jacks., 57
ORTHOSIPHON Benlh.
ehrenbergii Vatke, 114
incisus A. Chev., 114
pallidus Royle ex Benth., 114
reflexus (Ehr. ex Schw.) Vatke
OSBECKIA L., 547
buettneriana Cogn. ex Bütt., 547
rotunclifolia Sm., 547
rubropilosa De Wild., 547
zanzibarensis Naud., 548
OTTELIA Pers.
ulvifolia Walp., 664
PACHYSTELA Pellegr., 432
laurentii (De Wild.) Aubr., 436
subverticillata E.A. Bruce, 436
PAESIA St Hil., 570
PALTONIUM Presl., 577
PANDANUS Rumph. ex L. f.
sect. Mammillarisia, 323
biceps Stone, 319, 323
pristis B.C. Stone, 320, 321, 322, 323
PANICUM L.
maximum Jacq., 132
PAPPOPHORUM Schreb.
schimperanum Hochst. ex A. Rich.
PARACOFFEA J.F. Leroy, 603
merguensis (Ridl.) J.F. Leroy, 603, 604
var. merguensis, 605, 606, 611
var. orientalis (Craib) J.F. Leroy,
606, 607, 609, 610, 611
PARKIA R. Br., 57
PAVONIA Cav.
patens (Andr.) Chiov., 500, 501
zeylanica (L.) Cav., 500, 501
PEDICULARIS (Tourn.) L.
avaria Wall, ex Benth., 658
PELTAPTERIS Link, 727
PESSOPTERIS Underw. et Maxon, 577
PHAIUS Lour., 519
françoisii (Schltr.) Summh., 520, 527,
531, 542
geffrayii Boss., 519, 537, 537, 542
humblotii Reichb. f., 519, 520, 523, 524,
525, 526, 527, 528, 531, 540, 542
var. ruber J. Boss., 526, 542
var. schlechteri (H. Perr.) J. Boss.,
526, 542
luteus J. Boss., 522, 523, 538, 542
peyrotii J. Boss., 539, 540, 542
pulchellus Kraenzl., 519, 520, 531, 542
var. ambrensis J. Boss., 534, 542
var. andrambovatensis J. Boss., 532,
533, 542
sandrangatcnsis J. Boss., 525, 534, 542
pulcher (Humb. et Perr.) Summh., 520,
528, 542
var. perrieri J. Boss., 520, 542
simulans Rolfe, 519, 520, 521, 542
tuberculatus Bl., 521
tuberculosus (Tou.) Bl., 519, 520, 521,
522, 523, 542
villosus (Thou.) Reichb. f. ex S. Moore
var. longibracteatus S. Moore, 536
warpuri Weathers, 521
PHLEBODIUM (R. Br.) J. Smith, 577
PHYLLANTHUS L.
reticulatus Poir., 493, 494
PHYSICHILUS Nees, 655
PINGU1CULA Tourn. ex L., 56
PIRESODENDRON Aubr., 435
PITHECELLOBIUM Mart., 358
dulce Nenth., 360
PITHECOLOBIUM Mart., 358
pervilleanum Benth., 378, 379
PITYROGRAMMA Link., 573
PLAES1ANTHA Livera, 655
thwaitesii (Benth.) Livera, 659
PLAESIANTHERA Livera, 655
thwaitesii (Benth.) Livera, 659
PLAGIOGYR1A (Kunze) Mett., 570
PLECTOCOM1A Martieret Blume sp.,
627
PLEOPELTIS H. et B. ex Willd., 577
PODOCARPUS (L'Hérit.) Pers., 713
capuronii de Laubenfels, 713
humbertii de Laubenfels, 713
Source : MNHN, Paris
174 —
madagascariensis Bak., 713
var. procerus de Laubenfels
var. rotundus Lour., 713
rostratus Lour., 713
POGONIA Juss.
fineti A. Chev. nom. nud.
koischyi Reichb. f., 451
thouarsii Blume, 444
umbrosa Reichb., f., 451
POLYBOTRYA H. et B., 724
POLYECHMA Hochst., 655
abyssinicum Hochst. ex Nees, 657
POLYPODIUM L„ 577
POLYST1CHOPSIS J. Smith, 724
POLYSTICHUM Roth., 724
POLYTAENIUM Desv., 574
PORTULACA L.
quadrifida L., 510, 511
POUTERIA Aublet, 432
cayennensis (DC.) Eyma
macrophylla (Lam.) Eyma, 297
PSEUDOBLEPHARIS Bail!,
boivinii Baiil., 642, 649
dusenii Lindau, 642
heinsenii Lindau, 649
PSEUDOBOrVINELLA Aubr., 426
oblanceolata (S. Moore) Aubr. et Pellegr.
433, 436
laurentii (De Wild.) Aubr. et Pellegr., 436
veriicillaia (E.A. Bruce) Aubr. et Pellegr.
PSEUDOGARDENIA 354, 355
kalbreyeri (Hiern.) Keay, 343, 344, 345,
347
PSEUDOSABICEA N. Hallé, 314
aurifodinae N. Hallé, 316
var. crystallina N. Hallé, 316
medusula (K. Schum.) N. Hallé, 317
mildbraedii (Wernh.) N. Hallé
var. dubia N. Hallé, 317
proselytra, N. Hallé, 315
sanguinosa N. Hallé, 314, 315
PSILOTUM Sw., 563
PTERIDIUM Scopoli, 571
PYROSTRIA Comm. ex Juss., 119, 120
Sect. involucratae Cavaco, 393
Sect. pyrostria, 395
amporoforensis Cavaco, 393, 394, 395
andilanensis Cav., 395
var. nossibcensis Cav., 395
sarodranensis Cavaco, 396
R
RAMELIA Bail!., 437, 439
RAPUNTIUM Tourn. ex Mild.
boryanum Presl., 680
cheiranthifolium Presl., 681
chenopodifolium Presl., 674
cliffortianum Miller, 674
cordifolium Moench., 674
fervens Presl., 673
filiforme Presl., 678
flexuorum Presl., 680
longiflora Miller, 670
plalycaulon Presl., 674
serpens Presl., 680
lelephioides Presl., 682
RAUWOLFIA Plum. ex L., 551, 626
RHUMORA Raddi, 725
RHYNCHOSIA Lour., 172
cajanoides Guill. et Perr., 157
glomerata Guill. et Perr., 152
malacophylla (Spreng.) Bojer, 508, 509
polystachium A. Rich., 166, 174
RICHARDELLA Pierre, 297
cayennensis (DC.) Aubr., 298, 300
macrophylla (Lam.) Aubr., 297
rivicoa (Gaertn. f.) Pierre, 297, 298, 299
rivicoa Pierre, 297
RICINUS (Tourn.) L.
communis L., 493, 494
RUELLIA L., p.p., 655
ciliaris L., 108
difformis L. f., 658
persica Burm. F., 108
triflora Roxb., 658
uliginosa L. f., 658
S
SABICEA Aublet, 314
SALVADORA Garcin. ex L.
persica L., 110, 511, 514
SALVINIA Adans., 728
SASSA Bruce
gummifera Gmel.
SCAEVOLA L., 671
SCHAFFNERIA Fée, 719
SCHIZAEA Smith, 566
SCHULTEZIA Mart.
stenophylla Mart., 112
SCLEROCHITON Harv., 642
boivinii (Baiil.) C.B. Clarke, 649
SELAGINELLA Beauv., 562
SENEB1ERA DC.
lepidioides Coss. et Dur.
nilolica (Del.) DC., 111
SENRA Cav.
incana Cav., 500, 502
SERSALISrA R. Br.
laurentii De Wild-, 436
SESBANIA Scop.
sesban (L.) Merr., 508, 510
SHAFERODENDRON Gilly, 252, 253,
254, 255, 258, 259, 262
moaensis, 258
Source : MNHN, Paris
175 —
SIDEROXYLON (Dill.) L.
oblanceolatum S. Moore, 436
SOLANUM (Tourn.) L.
sepicula Dunal., 511, 515
SOLENOSTEMMA Jayne
argel (Del.) Hayne, 108, 110
oleifolium (Nectoux) Bull, et Bruce ex
Maire, 109, 110
SPATHELIA L., 627
SPHAEROPTERIS Bemh., 567
SPHAERANTHUS Vaill. ex L.
ukambensis Vatke et O. Hoffm., 485, 489
SPHAEROSTYLIS Baill., 437, 439
SPHENOMERIS Maxon, 575
STAPELIANTHUS Choux, 337
arenarius J. Boss. et P. Moral, 338, 340
decaryi Choux, 337
insignis Descoings, 337
keraudrenae J. Boss. et P. Morat, 337,
338, 340
madagascariensis (Choux) Choux, 337
montagnacii (Boiteau) Boiteau et Ber¬
trand, 337
pilosus Lavr. et Hardy, 337
STIGMATOPTERIS C. Chr., 725
STIPAGROST1S Nees, 125, 129
sect. stipagrostis Nees emend. Bourreil,
129
acutiflora (Trin. et Rupr.) De Winter
var. acutiflora, 129
var. eu-acutiflora, 127, 130
hirtigluma Steud.
var. hirtigluma De Winter
sub. var. uzzararum (Maire) Bourreil,
var. uzzararum, 130
129
STRIGA Lour.
hermontheca (Del.) Benth., 511, 514
SUAEDA Forsk.
monoïca Forsk. ex J.F. Gmel., 479, 486
SYNNEMA Benth., 652, 655, 656, 659
abyssinicum (Hochst. ex Nees)
Bremek, 657
africanum (T. Anders.) O. Kuntze, 652
angolaise S. Moore, 657
aranum (Wall, ex Benth.) Benth., 658
balsamicum (L. f.) Alst., 657
biplicatum (Nees) Emlay, 658
borelli (Lindau) R. Benoist, 652, 658
brevilubum Burk., 653, 655, 658
diffusa J.K. Morton, 652
hygrophyloides Lindau, 659
limnophiloides S. Moore, 655, 659
origanoides (Lindau) Bremek. 659
pinnatifidum (Dalz.) O. Kuntze, 659
prunelloides (S. Moore) Bremek., 659
gossweileri S. Moore, 658
griffUhii (T. Anders.) O. Kuntze, 658
scliweinfurihii (S. Moore) Bremek., p.p.
tenerum (Lindau) Bremek., 569
ihwaitesii (Benth.) O. Kuntze, 659
triflorum (Roxb. ex Nees) O. Kuntze, 658
uliginosum (L.f.) O. Kuntze, 659
verticillatum (Nees) O. Kuntze, 657
T
TABERNAEMONTANA Plum. ex L., 303
dipladeniiflora Stapf., 301, 303
TERMINALIA L.
brevipes Pampan., 485, 486
THUNBERGIA Retz.
annua Hochst. ex Nees, 108
TIEGHEMELLA Pierre, 425, 427
africana Pierre, 426, 428
heckelii Pierre, 426, 428
TISSERANTIODOXA Aubr. et Pellegr.,
434, 435
oubanguiensis Aubr. et Pellegr., 434
TALINUM Adans.
portulacifolium (Forsk.) Schweinf., 510,
511
TECTARrA Cav., 725
THELYPTERIS Schmidel., 719
TRAGIA L., 437
sect. agirta Baill., 437, 439
subg. Mauroya Leandri, 439
sect. Ratiga Müll. Arg., 437, 439
ivohibeensis Leandri, 438, 439
TRAGIELLA Pax et K. Hoffm., 437, 439
TRICHIPTER1S Presl., 567
TRICHOMANES L„ 569
TR1SYNGYNE Baill., 615, 616
aequilateralis Baum.-Bodenh., 620
baiansae Baill., 622
baumanniae Baum.-Bodenh., 622
codonandra Baill., 621
discoidea Baum.-Bodenh., 623
U
UTRICULARIA L., 56, 545
gibba L.
subsp. exoleta (R. Br.) P. Tayl., 663
V
V1LLOCUSPIS Aubr. et Pellegr., 429, 431,
432
glaziouii, 432
splendens (Spreng.) Aubr.
VrNCENTELLA Pierre
passargei (Engl.) Aubr., 430
Source : MNHN, Paris
176 -
VITELLARIA Gaertn. f., 425
paradoxa Gaertn. 5, 426, 427, 428
pulverulenta Radlk., 300
VITALLARIOPSIS (Baill.) Dubard, 425,
427, 428
marginata (N.E.B.R.) Aubr., 426
VITTARIA Smith, 574
W
WILDEMANIODOXA
laurentii (De Wild.) Aubr. et Pellegr.,
433, 436
WOLFIA Dennst.
arrhiza, 65
brasiliensis Spreng., 65
X
XIPHOPTERIS Kaulf., 576
Z
ZEYHERELLA, 432, 434, 435, 436
farannensis, 434
gossweileri, 434
le testui, 434
magnalismontana (Sond.) Aubr. et Pel¬
legr., 433, 435
mayumbense (Grèves) Aubr. et Pellegr.,
433, 434
ZIZIPHUS (Tourn.) Juss.
mauritiana Lam., 508, 512
La table alphabétique des unités taxonomiques étudiées dans le volume XI a été
établi par F. Badré.
ACHEVÉ D’IMPRIMER LE 22 MAI 1972
SUR LES PRESSES DE FD EN SON
IMPRIMERIE ALENÇONNAISE - 61-ALENÇON
Dépôt légal : 2' trimestre 1972 — 52.912
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris