ADANnQNIA
Tome 12
fasc. 3
1972
Source : MNHN, Paris
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
ADANSONIA
TRAVAUX PUBLIÉS
AVEC LE CONCOURS
du Centre National de la Recherche Scientifique
SOUS LA DIRECTION DE
A. AUBRËVILLE
et
Jean-F. LEROY
Membre de l’Institut
Professeur
Professeur Honoraire
au Muséum
au Muséum
Série 2
TOME 12
Fascicule 3
1972
LABORATOIRE DE PHANÉROGAMIE
16, rue de Buffon, Paris (5 e )
Source : MNHN, Paris
COMITÉ DE RÉDACTION
A. Aubréville : Membre de l’Institut.
Professeur Honoraire au Muséum national d’Histoire naturelle.
E. Boureau : Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
F. Demaret : Directeur du Jardin Botanique national de Belgique.
P. Jaeger : Professeur à la Faculté de Pharmacie de Strasbourg.
J. Leandri : Professeur au Muséum national d'Histoire naturelle.
J.-F. Leroy : Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle.
R. Letouzey : Maître de Recherches au C.N.R.S.
J. Miège : Directeur des Conservatoire et Jardin Botaniques de Genève.
R. Portères : Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle.
R. Schnell : Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
M. L. Tardieu-Blot : Directeur de laboratoire à l’E.P.H.E.
J. Trochain : Professeur à la Faculté des Sciences de Toulouse.
M. Van Campo : Directeur de Recherches au C.N.R.S.
Rédacteur en chef : A. Le Thomas.
RECOMMANDATIONS AUX AUTEURS
Les manuscrits doivent être accompagnés de deux résumés, placés en tête d’article,
l’un en français, l’autre de préférence en anglais; l’auteur ne doit y être mentionné
qu’à la troisième personne. Le texte doit être dactylographié sur une seule face, avec
un double interligne et une marge suffisante, sans aucune indication typographique.
L’index bibliographique doit être rédigé sur le modèle adopté par la revue.
Ex. : Aubréville, A. — Contributions à l’étude des Sapotacées de la Guyane française.
Adansonia, ser. 2, 7 (4) :451-465, tab. 1 (1967).
Pour tous les articles de taxonomie il est recommandé aux auteurs de préparer
leur index en indiquant les synonymes en italiques, les nouveautés en caractères
gras et les noms d’auteurs des différents taxons.
Le format des planches doit être de 16 x 11 cm après réduction. Les figures dans
le texte sont acceptées.
Les auteurs reçoivent gratuitement vingt-cinq tirés à part; le supplément qu’ils
doivent indiquer s’ils le désirent sera à leurs frais.
Toute correspondance ainsi que les abonnements et les manuscrits doivent être
adressés à :
ADANSONIA
16, rue Buffon. Paris V* — Tél. : 331-30-35
Prix de l’abonnement 1972 : France et Outre-Mer : 80 F
Étranger : 90 F
C.C.P. Paris 1.856.28 J.-F. Leroy
Source : MNHN, Paris
SOMMAIRE
Aubréville A. — Les Sapotacées de File de la Réunion.337
Leroy J.-F. — Prospection des Caféiers sauvages de Madagascar :
sur deux espèces sympatriques du Nord.345
Halle H. — Les Bégonia filicifoliés et quatre espèces nouvelles du
Gabon ( Begoniaceae) .359
Capuron R. — Contribution à l’étude de la flore forestière de Mada¬
gascar .375
Veyret Y. — Études embryologiques dans le genre Cynorkis ( Orchi-
daceae) .389
Leandri J. — Contribution à l’étude des Croton malgaches à grandes
feuilles argentées.403
Stone B. C. — On the genus Pandanus ( Pandanaceae ) in New Cale-
donia.409
Vassal J. et Ph. Guinet. — Un Acacia américain à pétiole diaphyllo-
dinisé : A. willardiana Rose. 420
Guillaumet J.-L. — Un procédé de multiplication végétative chez des
Pandanus malgaches.429
— Les variations du genre Rhipasalis (Cactacées) à Madagascar 433
Thomasson M. — Remarques sur la végétation des environs de
Tuléar (Sud-Ouest malgache). IV : Modèles de ramification et
surface foliaire.447
Thomasson G. — Remarques sur YEuphorbia stenoclada Bail). . . 452
Viano J. — Contribution à l’étude caryologique des Linaires de
Turquie.461
Hebant-Mauri R. — Le genre Trichomanes L. (Fougères Lepto-
sporangiées).469
Date de publication du fasc. 2, 1972 : 1 er août 1972.
La publication d'un article dans Adansonia n'implique nullement que
cette revue approuve ou cautionne les opinions de l'auteur.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia. sér. 12 (2) : 337-344. 1972.
LES SAPOTACÉES DE L’ILE DE LA RÉUNION
par A. Aubréville
Alors que Madagascar est exceptionnellement riche en genres et
espèces de Sapotacées, cette famille est relativement pauvre à la Réunion.
On n’y compte que 2 espèces de Sideroxylon et une variété, une seule
espèce de Labourdonnaisia et une seule espèce de Mimusops.
L’île Maurice voisine du groupe des Mascareignes est plus riche.
De Cordemoy dans sa « Flore de l’île de la Réunion » (1895) a décrit
sommairement 5 espèces de Sideroxylon, 2 espèces de Mimusops dont
l’une est un Labour donnaisia. Nous n’avons pas pu consulter son herbier,
à l’exception de deux numéros de Sideroxylon borbonicum.
Deux échantillons stériles n’ont pu être identifiés. Séverin Regis n° 14
grand arbre de Saint-Philippe et Boyer Pierre s. n°, de la même localité.
Sideroxylon borbonicum A. DC.
Prodr. 8 : 179 (1844).
— Sideroxylon boivinianum Pierre mss.
Type : Bouton 6, Ile de la Réunion (G.DC).
Arbre. Très jeunes feuilles velues roussâtres, bientôt glabres. Feuilles
oblongues ou obovées ou elliptiques, à sommet arrondi, cunéiformes et
décurrentes à la base. Limbe très coriace, à bords révolutés, jusqu’à
14 x 6,5 cm. Nervures secondaires peu distinctes d’un réticulum finement
maillé de veinules. Pétiole 1-2,5 cm, large, aplati dessus.
Fleurs fasciculées à l’aisselle des feuilles terminales. Pédicelles, 5-15 mm,
glabres ou glabrescents. Sépales 3-3,5 mm, glabres ou presque extérieure¬
ment, un peu pubescents intérieurement. Corolle : lobes ovés de 3 à 4,5 mm;
tube 0,5-0,75 mm vu de l’extérieur, long de 1,5 mm intérieurement, étant
prolongé d’une collerette formée par la soudure de la base des étamines
et des staminodes. Étamines à filets épais, de 3-4 mm long; anthères de
1.5- 2 mm. Staminodes lancéolés, à bords légèrement dentelés vers le sommet,
2.5- 3 mm, glabres. Ovaire velu.
Source : MNHN, Paris
— 338 —
Source : MNHN, Paris
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Petits fruits obovoïdes de 12 x 8 mm environ, apiculés, pédonculés
(environ 12 mm). Graine obovoïde de 10 x 6 mm, lisse, brillante, légère¬
ment 5-côtelée. Petite cicatrice basilaire circulaire, creuse, environ 3 mm
diamètre. Embryon oblique par rapport à l’axe du fruit.
Cette espèce diffère du type normal des Sideroxylon malgaches et
africains, par la forme obovoïde côtelée du fruit, non aplatie, par l’embryon
oblique, subvertical et non horizontal et par la collerette des étamines
et staminodes dépassant le niveau de soudure des lobes de la corolle.
Matériel examiné :
La Réunion : Bernier 1269 (fl.); Boivin s. n., type du Sideroxylon boivinianum
Pierre (P); Capuron 28178, grand arbre, fleurs à corolle et filets staminaux roses, « bois
de fer bâtard », forêt de marelongue, au-dessus de Saint-Philippe (fl. nov.); 28198, arbre
de 6-8 m sur 0,4 m de diamètre, fruits noirs à maturité, très juteux « natte coudine »,
escarpements rocailleux dominant la rive droite du bras de Benjoin, vers 900 m d'altitude,
route de Cilaos (fr. nov.); 28212, petit arbre, corolle rosée « natte coudine », petit maturum
au-dessus de Cilaos (fl. nov.); 28232, forêt de Bélouve entre la maison forestière et le
trou de Fer (fl. et fr. nov.); Du Petit-Thouarss. n. ; Frappier 363, « natte cochon»; 366 (fr.);
Cordemoy 47, 49 ; Herbier Desvaux 22, petit arbre (fl.); Lam et Meeuse 5226, Hell-vourg,
Terre plate; Leméziene 8542 étiqueté « Sideroxylon cinereum Lamarck; M. G. del'isle558,
arbre. Brûlé de St-Denis (fl. août); 345; Richard 31 (fl.); 32 (fl.); 2941, Brûlé de St-Rose
(j. fr.); n 0 ? arbre à la plaine des palmistes et sur le versant des montagnes (j. fr.); 421 (fr.);
Friedmann 911, Plaine d’Affouches (fl. fév.); 987, route du Maïdo, 1 800 m (fl. fév.);
747, 749, ravine basse vallée 800 m (fl. fr. nov.); 780, petit arbre 4 m, fruits bleu-noir,
col de Bellevue; 1084, arbuste 6 m. Plaine des Chicots (fl. fév.); Bosser 20083, petit arbre,
vestige de végétation primaire, Cilaos (fr. mars); 12116, arbuste 3 m, altitude 1800 m,
Plaine des Chicots (fr. mai); Lebon s.n., arbre 6-8 m, Cilaos, fl. violettes, altitude 1 200 m
(fr. nov.); Maillot 25, Saint-Philippe.
Var. capuronii Aubr.
A typo recedit foliis oblongis usque ad 15 X 6 cm et praecipue petiolis longioribus
usque ad 3 cm. Flores brevissime pediceUati, pedicello tantum 5 mm longo nec circa
1 cm ut in typo.
Se distingue du type de A. DC.- par ses feuilles oblongues, mesurant
jusqu’à 15x6 cm, et surtout par des pétioles plus longs, atteignant 3 cm.
Les fleurs sont très courtement pédicellées. Le pédicelle ne dépasse pas 5 mm,
tandis que dans l’espèce type il est de l’ordre de 1 cm.
Type : Capuron 28178, grand arbre, fleurs à corolle et filets staminaux rosés,
« bois de fer bâtard ». Forêt de Mare Longue, au-dessus de Saint-Philippe (fl. nov.).
Friedman 1280, arbre 10-12 m, altitude 500 m, Saint-Philippe (Mare Longue)
(fl. juin); 1255, arbuste 7 m, Anse des Cascades (fl. juin).
Sideroxylon majus (Gaertn. f.) Baehni
Boissiera 11 : 130 (1965).
— Calvaria major Gaertn. f., Fruct. 3, suppl. : 116, t. 200 (1805).
— Calvaria cerebellina Commers. ined, in Gaertn., ibid. (1805).
Source : MNHN, Paris
— 340 —
Source : MNHN, Paris
— 341 —
— Sideroxylon imbricarioides A.DC., Prod. 8 : 180 (1844).
— Sideroxylon laurijolium Commers. (P.).
— Calvaria imbricarioides (A. DC.) Engl, in Dub., Ann. Mus. Col. Marseille, 20 : 85
(1912); Hill, Annals of Bot., ser. nov., 5 : 589 (1941).
Type : Collection graines, Muséum Paris, Réunion.
Jeunes feuilles finement pubescentes dessous, mais rapidement glabres.
Feuilles en touffes au sommet d’épais rameaux, oblongues, atténuées au
sommet, cunéiformes et décurrentes à la base. Limbe jusqu’à 21x6 cm.
Fin et dense réseau de veinules saillantes duquel se distinguent mal de
nombreuses et fines nervures secondaires. Forte nervure marginale. Pétiole
grêle, finement canaliculé, jusqu'à 4 cm.
Fleurs en fascicules axillaires vers l’extrémité des rameaux. Pédicelles
un peu pubescents, environ 5,5 mm. Sépales environ 3,4 mm, pubescents
sur les 2 faces, faiblement pubescents sur les sépales les plus extérieurs.
Corolle : lobes ovés de 3,75-4 mm un peu velus à la base des filets des
étamines; tube 2 mm. Étamines : filets 5 mm un peu élargis à la base;
anthères 2 mm. Staminodes lancéolés ou triangulaires presque aussi longs
que les lobes, enroulés avant l’anthèse, 3-3,25 mm, très velus intérieurement.
Ovaire velu.
Fruits sphériques environ 3-3,5 cm de diamètre, apiculés. Pédoncules
environ 1 cm. Graines à tégument très dur et très épais. Hémisphère supé¬
rieur poli comme un crâne nu. Partie inférieure aplatie, lisse, marquée
par 4 cavités, et ressemblant à une tête de mort (Pothier 5185) ou au contraire,
très bombée et très sculptée (type vu par Gaertn).
Matériel examiné :
La Réunion : Boivin s.n., (1847-1852); s.n., bois de la rivière de l’Est; Commerson
s.n., type de Sideroxylon imbricarioides A. DC. « bois de fer, vers la mi-janvier 1772 (fl.);
type de Sideroxylon laurifolium ; Pothier 5185, « bois de fer », « tête de mort », arbre
15-35 m, 0,7 à 1 m de diamètre (fr. oct. 1885); Friedmann 1082, arbuste 7 m, 40 cm de
diamètre; Dos d'âne (Cap noir) (fl. fév.); Franquevitte s.n. (fl.) in herb. Richard; Echan¬
tillons s.n., s. toc.: Herbier Jussieu « bois de fer »; Herbier Kunth (1825), fl.
Labourdonnaisia calophylloides Bojer
Hortus Mauritianus 199, 1837, nomen; Mém. Soc. Phys. Genève 9, 295 (1841).
— Labourdonnaisia revoluta Bojer, H. Maur. : 199 (1837), nomen; Mém. Soc. Phys.
Genève; 297 (1841).
Feuilles oblongues elliptiques obovées, arrondies au sommet, cunéi¬
formes, groupées au sommet de rameaux épais. Limbe coriace, à bords
révolutés, glabre, 4-8 cm de longueur, 2,5-4 cm de largeur. Nervure médiane
déprimée dessus, proéminente dessous. Nervures secondaires et nervilles
parallèles, très nombreuses et très fines, tracées jusqu’à la marge. Pétiole
canaliculé de 2-3 cm de longueur.
Source : MNHN, Paris
— 342 —
Source : MNHN, Paris
— 343 —
Fleurs fasciculées au sommet des épais rameaux feuillés. Pédicelles
de 1-2 cm, glabres ou presque. Calice à 3 + 3 sépales de 5-7 mm, pubescents
extérieurement. Corolle à 12-15 lobes souvent irrégulièrement divisés au
sommet en 2-3 dents, de 11 mm environ de longueur ; tube court, 1 -1,25 mm ;
certains lobes peuvent être irrégulièrement et assez profondément divisés.
Étamines en nombre irrégulier 12-21; filets 3-3,5 mm, anthères 2 mm,
apiculées. Présence très irrégulière, ou 0, de staminodes bifides ou dentelés
(j usqu’à 10), 0,5-1,5 mm. En général une étamine est opposée à un lobe,
mais parfois certaines étamines épipétales se groupent par 2. Ovaire pubes-
cent à 6-8 loges.
Fruits environ 2,5 cm de longueur sur 2 cm de diamètre. Une seule
graine ellipsoïde d’environ 2 cm de longueur, 1,5 de largeur, 1 cm d’épais¬
seur, marquée sur la moitié inférieure de la face ventrale d’une profonde
cavité.
Type : Bojer, Maurice (BM). D’après un bouton : corolle à 12 lobes et 2 x 6 éta¬
mines fertiles, chacune opposée à un lobe.
Matériel examiné :
La Réunion : Desvaux 106, gros arbre; Richard 296, 620, très grand arbre; Com-
merson s. n., « Le Bardottier » ou « natte à petite feuilles »; Boivin 1270 ; Frappier 380,
381, 382, 383; Capuron 28171, Forêt de Mare Longue, au-dessus de Saint-Philippe
(fl. fr. nov.) « petite natte »; 28241, arbre de 6-7 m. Dos d’Ane : partie supérieure du
sentier du Bras de Sainte-Suzanne (fl. nov.); 28159, Le Brûlé de Saint-Denis vers 850-
90C m d'altitude (fl. janv.); Bosser 11972, arbre 10 m, forêt ombrophile de basse altitude,
300 m, Saint-Philippe, Mare-Longue; Friedmann 1050, arbre de 15 m, Saint-Philippe,
Mare-Longue (fl. fr.); Séverin Regis 14, Saint-Philippe, arbre 25-30 m (fl. déc.); Lamet
Valentin s. n.. Hauts de Saint-Benoit.
Maurice : Bojer s. n. (BM); Dijoux s. n., savane sèche; Capuron 28259, « Scrub »
sur terrain plus ou moins mouilleux, à l’est de la forêt de Maccabée (fl. fév.).
Mimusops maxima (Lam.) Vaughan
Maur. Inst. Bull. 1 : 56 (1937).
— Imbricaria maxima Lam., III. 2 : 436, tab. 300 (1792); Encycl. méth., Bot. 4 : 433
(1798), descr. et commentaires rédigés par Poiret.
— Mimusops imbricaria Wili.d., Spec. 2 : 326 (1799).
— Imbricaria borbonica Gaertn., Fruct. 3 : 133, tab. 206 (1807).
— Imbricaria gigantea Pierre mss.
— Mimusops maxima (Poir.) Vaughan sensu Baehni, Boissiera 11 : 139 (1965).
Type : Commerson, Natte à grandes feuilles (1771). Ile Bourbon.
Feuilles en touffes à l’extrémité d’épais rameaux, oblongues, elliptiques,
à sommet arrondi, obtuses et décurrentes à la base. Limbe très coriace,
8-12 x 4-6 cm, glabre. Nombreuses nervures secondaires, peu accusées,
se distinguant à peine d’un réticulum dense de nervilles. Pétiole 2,5-4,5 cm.
Fleurs fasciculées à l’extrémité des rameaux. Pédicelles environ 2,5 cm,
tomenteux brun. Sépales externes tomenteux brun, triangulaires aigus,
Source : MNHN, Paris
— 344 —
1,3 cm de longueur sur 0,45 cm de largeur. Sépales internes aussi longs,
mais plus étroits, tomenteux gris, 0,3 cm de largeur. Corolle 8 lobes oblongs,
hauteur totale 1 cm; munis de 2 appendices dorsaux, 3-4 laciniés; tube
court 2 mm. Étamines apiculées 6,5 mm, à très courts filets velus. Staminodes
triangulaires, courts, 3 mm, velus extérieurement. Ovaire pubescent,
8 loges.
Fruits subsphériques de la grosseur d’une pomme moyenne, 3-6 graines.
Graine aplatie, 3,5 cm de longueur, 2,5 cm de largeur et 1,5 cm d’épais¬
seur, lisse, avec une cicatrice basale elliptique.
Arbre pouvant atteindre 25-30 m, à fût droit. Floraison en janvier.
Fructification en novembre-décembre.
Matériel examiné :
La Réunion (Bourbon) : Pothier s, n. Natte à grandes feuilles, ou, grand natte.
Arbre 3C-35 m, du littoral jusqu'à 500 m d’altitude. Type du Mimusops gigantea Pierre
( n° 5559 Pierre). Fruit 9 cm long sur 7,5 cm de diamètre. 2 graines 5 x 3 x 1,5 cm;
Frappier (1853-1863) 326; Richard 117 , « lmbricaria borbonica »; Boivin 1271 (1847-1852)
in herb. Bernier; Du Petit-Thouars s. n.; Service forestier s. n., Saint-Philippe, arbre 15-
20 m. Altitude 200-300 m (fl. janv.); Friedmann 909 , grand natte, arbuste 6-7 m, route
de Plaine d'Affouches (fl. fév.); 935, arbuste 3 m, début du sentier de Rivière Saint-Denis,
à partir de Plaine d'Affouches (fl. fév.); Capuron 28244, arbre de 7-15 m et plus, grand
natte, Dos d'Ane, partie supérieure du bras de Sainte-Suzanne (fl. nov.).
Laboratoire de Phanérogamie
Muséum - Paris.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (3) : 345-358. 1972.
PROSPECTIONS DES CAFÉIERS SAUVAGES
DE MADAGASCAR : SUR DEUX ESPÈCES
SYMPATRIQUES DU NORD
par Jean-François Leroy
En 1933 \ Jumelle décrivit un Caféier prétendument nouveau de
Madagascar sous le nom de Coffea diversifolia, concluant ainsi son étude
d’un matériel récolté par Perrier de la Bathie l’année précédente et
mis en collection sous le numéro 18846. En fait, la collecte en cause,
représentée dans l’Herbier du Muséum par 5 parts mérite une attention
spéciale. L’une d’elles (n° 1) 1 2 ne porte aucune indication manuscrite ni
de Perrier, ni de Jumelle. Deux autres (n os 2 et 3) portent, chacune,
l’inscription suivante de la main de Perrier :
« C (N). (Forme A. rameaux provenant du même pied) Coffea Bonnieri
Dubard. Arbuste de 2-3 mm, à f. persistantes. Près du Camp d’Ambre,
vers 800 m ait. Novembre 1932. »
L’attribution spécifique « Bonnieri Dubard » a été rayée par Jumelle
qui a écrit au-dessus : « diversifolia Jum. ». La part n° 4 porte, de la main
de Perrier :
« C (N), (forme B). Coffea. à quelques mètres de forme A. même
localité, même date. »
Après Coffea, Jumelle a ajouté : « diversifolia Jum. » La part n° 5
porte, de la main de Perrier :
« C(N). (forme C). Coffea. à quelques mètres de forme A. même
localité, même date. »
Après Coffea, Jumelle a ajouté : « diversifolia Jum. ».
En premier lieu, et cela invite à la prudence, on doit noter qu’il résulte
des strictes indications de Perrier, que deux ou trois individus ont été
désignés par le même numéro 18846.
Par ailleurs, l’observation un peu attentive du matériel montre qu’une
erreur a été commise à un stade quelconque des manipulations entre la
récolte et l’attachage.
En effet, sur les parts 1, 2 et 3 ont été fixés des fragments de deux
1. Jumelle, H. — Caféiers sauvages de Madagascar. Ann. Mus. Col. Marseille,
sér. 5, 1 : 5-14 (1933).
2. Les numéros des parts sont de nous.
Source : MNHN, Paris
— 346 —
espèces nettement distinctes, les parts 4 et 5 étant homogènes. Perrier
n’a pas su reconnaître l’existence de deux taxons et, les confondant, il a
pensé — deuxième erreur — qu’il se trouvait devant le C. bonnieri décrit
par Dubard en 1905 d’après un matériel provenant également du Camp
d’Ambre. Jumelle, trompé par l’éminent collecteur, qui affirmait avoir
prélevé les divers rameaux sur un même pied, a raté lui-même la découverte.
A la vérité, nous nous trouvons devant deux espèces : l’une, déjà
décrite, C. augagneuri Dubard, l’autre inédite que nous nommerons
C. jumellei, rassemblées sous le même numéro 18846.
Voici la composition des 5 parts de ce numéro :
Part 1 : rameaux de C. jumellei avec fruits en place ou détachés, et
boutons floraux — rameaux de C. augagneuri avec boutons floraux.
Part 2 (forme A) : rameaux de C. augagneuri en fleurs — rameau de
C. jumellei stérile.
Part 3 (forme A) : rameaux de C. augagneuri en fleurs — rameaux de
C. jumellei en fruits.
Part 4 (forme B): rameaux de C. jumellei en fleurs.
Part 5 (forme C) : rameau de C. jumellei avec 1 fruit.
L’ÉTUDE DE JUMELLE
Cet auteur a précisé qu’en nommant l’espèce qu’il croyait fonder
C. diversifolia, il faisait « allusion aux variations non de la forme de ses
feuilles, mais de leurs dimensions ». Le C. jumellei a, en effet, des feuilles
plus petites que celles du C. augagneuri : « les limbes ne sont jamais très
grands, écrit Jumelle, car ils ne dépassent guère 7,5 cm sur 3,5 cm, mais
ils peuvent n’avoir que 2 cm sur 1 cm. Chaque rameau d’un pied ou chaque
pied ne portant souvent que des feuilles de même taille à peu près. Il y a
donc des pieds ou des rameaux à petites feuilles, qui sont ordinairement
les plus acuminées et des pieds ou des rameaux à plus grandes feuilles,
à acumen beaucoup moins prononcé ou nul ».
Il est surprenant que ces observations exactes n’aient point entraîné,
chez leur auteur, l’idée d’un problème. Celui-ci, une fois posé, se résout
presque aussitôt. Deux catégories de rameaux sont ici présents, la dissem¬
blance des feuilles (taille, forme, texture) étant corrélative de tout un
ensemble de caractères dans les autres parties.
Il semble que la description des fleurs faite par Jumelle se rapporte
principalement aux fleurs du C. augagneuri : « fleurs ordinairement par 2 et 4 1
à chaque aisselle de feuille. Le calicule inférieur est muni de deux grands
lobes; le calicule supérieur le dépasse de beaucoup. La corolle est à 5 à
7 lobes, mais généralement à 6. La partie cylindrique du tube a 9 mm
environ depuis la base du calicule inférieur et 5 mm à partir du sommet
de l’ovaire... ».
Nous avons par ailleurs la certitude, fondée sur deux raisons, que
les fruits décrits sont ceux du C. jumellei: 1°) la maturité des fruits chez
le C. augagneuri se situerait en mai. Les spécimens en collection (18846)
1. Je n’ai vu aucun exemplaire ayant 3-4 inflorescences par aisselle.
Source : MNHN, Paris
- 347 —
ne portent pas de fruits. (Le seul fruit connu provient du spécimen-type);
2°) la description (fruits petits, elliptiques, 8-11 mm x 5-7 mm, parche
tendre; graines 7,5-8 mm x 5-5,5 mm) est bien celle des fruits du C.jumellei,
conservés en herbier, à l’exclusion de toute autre espèce.
Sans doute la confusion commise par Jumelle reste surprenante,
mais qu’elle n’ait point été décelée par les auteurs subséquents (Gaffier,
Chevalier) ne l’est pas moins. Le cas de Gaffier sera considéré plus loin.
Quant à celui de Chevalier (1936-1947), il s’explique aisément, mais n’ap¬
porte aucun élément nouveau. La confusion est maintenue à l’état même
où l’avait instituée Perrier : le C. diversifolia redevient un C. bonnieri;
l’analyse morphologique est sacrifiée au profit de l’utilisation simpliste
de l’argument biogéographique.
Nous allons reprendre ci-dessous l’étude écotaxonomique compa¬
rative de ces deux espèces et tenter de donner les diagnoses absolues et
différentielles les concernant.
Le Coffea augagneuri fut rencontré pour la première fois en 1897
par un colon de la Montagne d’Ambre, Mogenet, dans « les parties boisées
du petit Sakaramy, à 4 km de l’exploitation de l’Espérance ». Et ce fut
Dubard qui en établit le statut taxonomique en 1906, d’après un maigre
matériel réduit à des rameaux feuillés et à un seul fruit immature. L’espèce
paraissait d’une extrême rareté; et Dubard ne laissait guère d’espoir quant
à un projet d’étude de la structure de l’espèce : « depuis (c’est-à-dire entre
1897 et 1906), écrivait-il, des cultures sous bois ont été établies en cet
endroit et l’on n’y trouve plus la forme en question; peut-être n’existe-t-elle
à l’heure actuelle que dans la propriété de notre correspondant où l’on
voit encore deux pieds obtenus de semis. Ce n’est donc guère qu’une simple
curiosité scientifique ». Un nouvel envoi de Mogenet permit à Dubard,
l'année suivante, de décrire les fleurs. Il était représenté par 3 parts — pro¬
venant probablement des cultures de Mogenet — constituées de rameaux
tous en fleurs sauf un; exception d’un intérêt particulier car ce rameau
sans fleurs porte des infrutescences partielles (réduites à des axes porteurs
de 2 involucres persistants après la chute des fruits) dans les aisselles de
feuilles sur bois de l’avant-dernière phase d’activité.
En novembre 1932 survint la récolte de Perrier qui devait être à l’ori¬
gine des errements que nous venons de signaler (nous les avions décelés
dès 1967). En 1966, soit 34 ans après Perrier, 69 ans après Mogenet,
nous avions retrouvé l’espèce dans les bois de Sakaramy, localité où elle
avait été découverte par Mogenet. Nous l’avions rencontrée aussi aux
environs d’Anivorano-N mais sous l’aspect de formes à grandes feuilles
très nettement divergentes. Toutes ces stations furent confirmées encore
lors de notre voyage en 1970 et l’espèce put être mise en culture dans les
stations de l’LF.C.C. Nous rapportons aussi au C. augagneuri les spécimens
stériles récoltés par Guillaumet, botaniste de l’O.R.S.T.O.M. (route de
Joffreville, août 1968).
Source : MNHN, Paris
— 348 —
Voici le statut et la description de cette espèce :
Coffea augagneuri Dubard (PI. 1,3).
Bull. Jard. Col. Nogent-sur-Marne 6, 2 : 20 (1906); Bull. Mus. Paris 4 : 279-280
(1907); Mariani, Les Caféiers. Structure anatomique de la feuille, Lons-le-Saunier (1908).
— C. bonnieri var. diversifolia Chev., p.p. Rev. Bot. Appl. 28: 833 (1938); Les Caféiers
du Globe, II, tab. 86 et 88 (1942); III : 155 (1947).
Arbuste de 2-3 m à feuilles persistantes, à rameaux assez épais glabres
ou subglabres, roussâtres à l’état jeune, devenant gris-cendrés. Feuilles à
limbe subcoriace, glabre, discolor à l’état sec, lancéolé-oblong, atténué
aux 2 extrémités, se terminant insensiblement sur le pétiole d’un côté,
formant de l’autre un acumen large et obtus; 5-7 paires de nervures secon¬
daires fines, à peine visibles sur le dessus, formant un angle de ± 50°
avec la nervure médiane; nervures tertiaires peu visibles; réticulum non
ou peu apparent; pétiole glabre, 3-6 mm; domaties axillaires abondamment
pubescentes, atteignant 1 mm dans leur plus grand axe, et recouvrant
souvent la nervure axillante (sans la dépasser). Stipules persistantes, glabres,
± triangulaires ou arrondies en anneau, tronquées ou apiculées, devenant
scarieuses, longues de 1-2 mm. Nodoïde jeune glabre, avec une paire de
microfeuilles longues de ± 2,5 mm; nodoïde ancien avec cicatrices foliaires
et stipules glabres, scarieuses.
Inflorescences généralement 1-flores, parfois 3-flores, 1-2 dans les
aisselles foliaires des nœuds terminaux (n) et souvent des nœuds sub¬
terminaux (n-1) et parfois des nœuds antérieurs (n-2, n-3). Fleur subsessile
terminant un axe bref portant 2 involucres, l’inférieur recouvrant partielle¬
ment le supérieur qui, à son tour, enveloppe la base du calice, l’ensemble
des 2 involucres atteignant une longueur de 2,5-3,5 mm; involucre inférieur
avec microfeuilles pouvant atteindre 1 mm et enveloppant parfois une
inflorescence 3-flores; involucre supérieur avec microfeuilles de 1-4 mm:
les 2 involucres tapissés intérieurement de poils sécréteurs. Calice à bord
libre subnui, sinué. Corolle à (5-) 6 (-7 -8) pétales obtus, longs de 6-7 mm,
larges de 0,7 mm, soudés en un tube de 6,5-7,5 mm de long, évasé au sommet.
Étamines (5-) 6 (-7 -8), à filet linéaire de 2,5 mm de long; anthères de 6 mm
de long, fixées au-dessous de leur milieu. Style — avec stigmate — de
13 mm de long.
Fruit solitaire, glabre, de 11 mm x 7 mm, courtement pédicellé,
à pédicelle épais fixé à l’extrémité d’un axe bref portant les 2 involucres
persistants; endocarpe épais, très ligneux, graine inconnue.
Ouest (N) : Montagne d’Ambre, parties boisées du petit Sakaramy, Mogenei 4
(type in Dubard, Bull. Jard. Col. Nogent-sur-Marne : 520, 1906); Montagne d'Ambre,
Mogenel s. n. ; Perrier 18846, près du Camp d’Ambre vers 800 m d'altitude forme A,
p.p., nov. 1932; Leroy 1/1-30, bois de Sakaramy, 6.11.1966, bout, fl.; 111-41, bois d’Ant-
sandoko, 9.11.1966; 111-50, forêt de Mahory-Marotaolana, 13.11.1966, bout, fl.; 11-2,
bois de Sakaramy, 13.11.1970; 11-10, bois de Nosibe, S. de Marotaolana, 14.11.1970;
11-9, bois de Nosibe, 14.11.1970; 11-3, bois de Nosibe, 14.11.1970, bout, fl.; 11-18, bois
de Nosibe, 15.11.1970; Guillaumet 2184, forêt humide, très dense, 510 m d’altitude, route
de Joffreville, 4.8.1968; Guillaumet 2185, 2186, 2188, mêmes localités que 2184.
Source : MNHN, Paris
— 349 —
Source : MNHN, Paris
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Phénocycle 1
Une reprise d’activité des bourgeons s’effectue en novembre-décembre,
c’est-à-dire à l’époque où commence la saison des pluies, mais nos connais¬
sances actuelles ne permettent pas de préciser les phases des processus
d’initiation et de différenciation. L’analyse des récoltes que nous avons
faites dans les bois d’Antsandoko (250 m-300 m ait.), au sud d’Anivorano-
Nord, le 9 novembre 1966, nous permet de noter que les parties termi¬
nales des rameaux se décomposent ainsi :
1° les axes, ramifiés ou non, de la dernière phase d’activité, à écorce
roussâtre sont constitués de 1-2 nœuds (ou plus) avec feuilles adultes,
de 1 nodoïde basal, et d’un bourgeon végétatif terminal. Les bourgeons
terminaux sont à des phases de développement très différentes, certains
aux tout premiers débuts du débourrement (stipules entr’ouvertes coiffées
d’une petite boule de résine), d’autres avec stipules ouvertes et nodoïde
visible ayant sécrété sa propre résine. On observe aussi, parfois, à ce stade
plus avancé, qu’un bourgeon latéral pointe hors des stipules;
2° les segments de la phase d’activité immédiatement antérieure
constitués eux aussi de 1-2 nœuds avec feuilles et de 1 nodoïde basal;
3° les segments d’activité de la phase d’activité ayant précédé la phase 2
constitués de même et pouvant porter encore des feuilles.
Il y aurait donc 3 générations de feuilles, mais les correspondances avec
les conditions de milieu comme les durées des phases ne sont pas établies.
Une analyse comparable à la précédente faite sur une plante de la
forêt de Nosibé 10 km plus au N (près de Marotaolana) (A 962), permet
d’établir certains faits. A la date du 14 novembre 1970, la plante présente
des bourgeons végétatifs et génératifs en plein débourrement, la résine
enveloppant les boutons floraux s’écaille et tombe, la corolle est presque
complètement dégagée, l’anthèse n’est pas loin. Les bourgeons végétatifs
sont à des stades différents; certains très attardés par rapport aux bourgeons
génératifs. Les bourgeons génératifs sont situés aux nœuds terminaux et
sub-terminaux.
En résumé : floraison en novembre-décembre, à l’aisselle de feuilles
adultes de la dernière génération, maturation des fruits jusqu’en mai.
Pendant la maturation, activité végétative aboutissant à la constitution
de rameaux avec feuilles.
Persistance des feuilles pouvant aller jusqu’à la 3 e génération. Inflo¬
rescences exclusivement aux aisselles foliaires de la dernière génération
adulte. Fruits aux aisselles de l’avant-dernière génération adulte.
1. La phénologie n’étant encore qu’une science à peine ébauchée nous proposons
sans trop la définir la notion de phénocyle en botanique pour désigner les périodes de
caractère cyclique et régulier au cours desquelles s’édifie et se renouvelle le corps végé¬
tatif et génératif de la plante; de la graine à la graine, ou de l'initiation des bourgeons
(végétatifs et génératifs) à l'initiation des bourgeons suivants. Chez le Caféier par phéno¬
cycle on désigne la carrière d’une génération de bourgeons : il y a, liés entre eux, un
phénocycle végétatif et un phénocycle génératif.
Source : MNHN, Paris
— 351 —
Source : MNHN, Paris
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Le C. jumellei est une espèce fort bien caractérisée dont voici le statut
et la diagnose :
C. jumellei J.-F. Leroy, sp. nov (PI. 1, 2, 3).
— C. diversifolia Jum., p. p., Ann. Mus. Col. Marseille, ser. 5, 1 : 12 (1933); Gaffier,
ibid. : 15-27.
— C. bonnieri var. diversifolia Chev., p.p. Rev. Bot. Appl. 28 : 833 (1938); Les Caféiers
du Globe 3 : 155 (1947); 2, tab. 86, 88 (1942).
Frutex 2-3 m allas, ramulis gracUibus puberulis, foliis persislenlibus. Folia glabra,
lamina ovali acuminala lenui margine recurvata, ad 5 cm longa, 1,5-2 cm lata; nervi laté¬
rales (3-) 4 (-5) — jugi, arcuato-adscendentes, prope marginem anastomosantes ; petiolus
c. 3 mm longus, modice canaliculatus puberulus ; nervi minores vix visibiles ; domatia axillaria
pilifera 2-3-juga; stipulae novellae puberulue c. I mm longae.
Inflorescentiae axillares unifiorae solitariae v. geminae, axe gracile 2-4-involucrato
suffulrae. Flores 5-meri puberuli v. subglabri x. 15-17 mm longi, pedicellati ; calycis limbus
brevis, pilis glandulosis coronatus ; corolla tubo 4 mm longo, lobis 5-6 mm longis, 2,5 mm
latis ; antherae 4-5 mm longae, infra medium aflixae, filamentis c. 1,5 mm longis sufful-
tae; Stylus cum stigmate 9 mm longus; discus tennis ; ovarium 2 mm longum. Drapa ellip-
soidea v. oblonga, 10-12 mm longa, 6-7 mm lata, in collum producla, disco persistent! ;
infructescentiae axis 6 mm longus, involucris ( 2 -) 3 (-4) persistentibus ornalus; semen
oblongum, saepe unicum, 8 mm longum, 5-6 mm latum.
C. augagneuri affinis foliorum forma magnitudineque sed differt praecipue charac-
teribus inflorescentiae et florum.
Type : Perrier 18846, forme B, fl. (holo-, P).
Pied avec fruits : Perrier 18846, part I (P).
Ouest (N) : Perrier 18846, près du Camp d'Ambre vers 800 m d'altitude, nov. 1932,
forme A p. p., formes B (type( et C ; Homolle s. n., reçu en 1946 (cultivé à Ambavahibé,
l re floraison); Leroy 11-44, pentes sud du mont Makofovo, N de Vohémar, 18.11.1970,
échantillon stérile.
Phénocyle
Voici les quelques faits dont nous disposons, tirés de l’observation
de 2 parts d'herbiet (Perrier 18846).
Part I. — Un rameau porte : 1° des fruits à l’aisselle de cicatrices
foliaires et sur bois anciens; 2° des boutons floraux à l’aisselle de feuilles
sur bois de génération plus récente. Les bourgeons végétatifs sont entrés
en phase d’activité.
Part 4. — Les rameaux portent fleurs et boutons floraux. Les bour¬
geons végétatifs, en pleine activité ont déjà édifié des ramules de 3-4 nœuds
avec jeunes feuilles et ramifications (et nodoïde basal). Pas de fruits.
Les faits sont clairs : l’espèce fleurit en novembre ou aux alentours
de novembre, à l’époque du commencement de la saison des pluies. Les
inflorescences sortent aux aisselles des feuilles adultes de la dernière phase
d’activité, mais les rapports avec les facteurs climatiques restent à établir.
Vers le même moment, démarrent les bourgeons végétatifs et rapidement
des ramules feuillés seront constitués. On peut penser que ces ramules
Source : MNHN, Paris
— 353 —
Source : MNHN, Paris
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constitués en novembre-décembre porteront les fleurs un an après. La
maturation des fruits demande une année ou un peu plus.
Si ces faits sont confirmés, le phénocycle du C. jumellei, très différent
de celui du C. augagneuri, est à classer au voisinage de celui du C. tsirananae.
HISTOLOGIE COMPARATIVE
L’étude de Gaffier 1 , quelle qu’en soit la prétention à vouloir traiter
en particulier du polymorphisme foliaire chez le C. diversifolia, ne rend
compte en définitive que de la structure d’un seul taxon, C. augagneuri ,
donné sous deux noms différents. N’ayant pas su déceler l’hétérogénéité
taxonomique, ni même sélectionner son matériel en fonction des variations
les plus frappantes, il n’a pu échapper à un nouveau fourvoiement : celui
de mettre l’anatomie au service d’une mauvaise cause. Et la faute non
déjouée entraîne la faute : le mémoire de Gaffier renforce d’une part
l’erreur taxonomique (confusion des espèces) et établit d’autre part un
critère anatomique qui ne saurait être maintenu (l’épaisseur du tissu palis-
sadique).
L’étude d’histologie foliaire que nous avons faite 2 sur divers matériels
du C. jumellei (Perrier 18846 ; Leroy 11-44) et du C. augagneuri (Perrier 18846,
Guillaumel 2485, 2486, 2487, 2488, Leroy 3-41) a révélé, contrairement
Fig. 4. — Sections transversales dans le limbe foliaire chez C. augagneuri à gauche (en lumière
polarisée), C. jumellei à droite. Les sclérites mis en évidence dans le tissu palissadique
de la première espèce, dont deux sont ici visibles, ne se rencontrent pas chez C. jumellei.
On note des différences — dont la signification n'a pas été établie — dans l'épaisseur des
épidermes supérieurs et des tissus palissadiques.
1. L. Gaffier. — L'anatomie des feuilles des Caféiers sauvages de Madagascar.
Ann. Mus. Col. Marseille, ser. 5, 1 : 15-17 (1933).
2. Avec la collaboration technique de M mc Lescot.
Source : MNHN, Paris
— 355 —
aux travaux de Gaffier, l’existence d’un critère valable de discrimination;
critère dont par surcroît l’excellence dans l’absolu, tenant à la constance,
se trouve doublée dans le relatif sous l’angle de la facilité d’observation.
11 est tout simple : l’absence ( C. jumellei ) ou la présence (C. augagneuri)
de sclérites au niveau du tissu palissadique. Gaffier qui a confirmé les
travaux de Mariani 3 quant à l’existence des sclérites en cause chez le
C. perrieri et chez le C. augagneuri et qui a admis leur signification taxono¬
mique, a failli dans l’application de son savoir au problème posé par le
complexe C. diversifolia.
En fait, le C. jumellei ne contient aucune sorte de sclérite, ni dans le
tissu palissadique, ni dans le tissu lacuneux (si l’on fait exception des fais¬
ceaux libéro-ligneux) (Fig. 4).
Caractérisation différentielle
T r
IN,L.
Feuilles
Tissu
PALISSA¬
DIQUE
Ramules
Phéno-
cycle
gneuri
6
axe infl. épais,
3 involucres
jusqu'à 10 cm
récurvés
sclérites
grossiers
glabres
C. jumellei
5
long ( ± 3 mmj
2 involucres
jusqu'à 5 cm
récurvés
sclérites
fins, pubé-
rulents
PLACE SYSTÉMATIQUE
Dans la classification de Chevalier, le C. augagneuri et le C. bonnieri
var. diversifolia (= C. diversifolia Jum.) sont placés avec C. bonnieri,
C. pervilleana et C. buxifolia dans la série VI, Terminales Chev. Cette
série, typifiée par le C. boiviniana, ne peut évidemment pas convenir pour
recevoir les autres espèces sus-nommées qui relèvent d’un groupe bien
différent. En outre, aucune n’est à inflorescence terminale.
Nous proposons donc une série nouvelle caractérisée en particulier
par des inflorescences uniflores et typifiées par le C. jumellei. A cette série
(Uniflorae J.-F. Leroy) se rapporteraient notamment C. augagneuri, C. per¬
villeana, à l’exclusion du C. boiviniana.
Un problème cependant reste posé : celui des rapports de l’inflo¬
rescence uniflore ici avec certaines espèces à inflorescences pluriflores.
3. J. Mariani. — Les Caféiers. Structure anatomique de la feuille. Lons-le-Saunier,
1908. Froehner avait déjà signalé des sclérites chez le C. brachypylla.
Source : MNHN, Paris
— 356 —
Quelle est la signification de la pluriflorie accidentelle chez le C. augagneuri?
Quelle est sa fréquence chez certains individus? Son origine? Quel est son
déterminisme génétique?
BIOGÊOGRAPHIE
L’énoncé des localités de récolte, à la suite des travaux de laboratoire
et de terrain présentés précédemment (rectifications taxonomiques, décou¬
vertes de localités nouvelles et confirmation des anciennes) conduit à
établir un tracé aréologique de grand intérêt (fig. 5). Les premières récolte des
nos deux espèces ( Mogenel , Perrier) avaient été faites dans le même site
ou dans des sites voisins : les bois de Sakaramy, le Camp d’Ambre. En 1966,
avec l’équipe de l’I.F.C.C., nous avons retrouvé le C. augagneuri dans les
bois de Nosibé, de Mahory, d’Antsandoko au sud de Marotaolana et
du lac Matsaborimadio, dans le bassin supérieur de l’Irodo, entre les
faciès karstiques. Les stations connues du C. jumellei se réduisent à deux
(Camp d’Ambre, forêt relictuelle au Nord de Vohémar) mais une pros¬
pection intensive n’a pas été faite. Nous avons tout lieu de penser, contraire¬
ment aux craintes exprimées par Dubard, que ces deux belles espèces
sympatriques sont encore représentées dans le Nord de Madagascar par
des populations relativement abondantes. Mais en l’absence d’une étude
méthodique de celles-ci (densité, répartition, extension, système repro¬
ducteur, variation...), nous nous contenterons de tenir pour acquis le
seul fait d’un remarquable chevauchement des aires, chevauchement qui
peut confiner à la quasi identité en ce qui concerne les limites générales
aussi bien que la qualité du milieu (les espèces se rencontrent côte à côte
dans la même niche). Cette notion de coexistence dans les mêmes sites nous
amène à poser l’existence d’une ségrégation génétique sinon absolue, ce
dont nous n’avons aucun témoignage, du moins pratiquement efficace.
Mais le simple énoncé aréologique ne donne pas d’indication valable
quant à l’origine géographique véritable d’un taxon. Ainsi, le C. jumellei,
le C. vatovavyensis J.-F. Leroy, le C. millotii J.-F. Leroy se rencontrent
aux alentours de Vohémar, mais ce n’est là qu’un chevauchement partiel
d’aires fondamentalement distinctes. Comme en taxonomie, où l'identité
par convergence doit être démasquée, en biogéographie l’identité apparente,
déduite d’un simple constat de recouvrement, n’est que le premier pas
d’une analyse véritable, le deuxième consistant en un examen, une recherche
sur le plan historico-génétique.
Si du point de vue écologique et floristique on met à part le massif
de la Montagne d’Ambre qui se rattache à la région orientale, comme
le domaine du Sambirano, l’extrême Nord de Madagascar (au Nordd’Ambi-
lobe) fait partie du domaine de l’Ouest, où des subdivisions ont d’ailleurs
été introduites, notamment, à la suite des travaux des bioclimatologues
et des biologistes, celui de l’étage subaride (Cap Diego, Diego-Suarez,
Orangea) *. C’est dans ce cadre écofloristique que se rencontrent nos
1. Ph. Morat. — Contribution à l’étude des savanes du Sud-Ouest de Madagascar,
Thèse, Paris-Orsay, 1972, exemplaire ronéotypé.
Source : MNHN, Paris
— 357 —
■ C . augagneuri
Fig. 5. — Aire connue des espèces (C. augagneuri et C. jumellei). Une station de cette dernière
espèce, hors du champ de cette carte n'a pu être indiquée (N de Vohémar).
Caféiers, l’étage subaride mis à part (dont l’aire coïncide strictement avec
celle du Goffea tsirananae récemment décrit '). D’autres espèces peuvent
atteindre cet étage, je citerai le C. boiviniana (Bn.) Drake du fourréd’Orangea,
mais elles se trouvent alors en position marginale 1 2 .
1. J.-F. Leroy. — Adansonia, sér. 2, 12 (2) : 317-328 (1972).
2. Il n'y a pas non plus de Coffea dans l’étage subaride du Sud-Ouest (Tuléar).
Source : MNHN, Paris
— 358 —
Il est difficile, en l’état actuel de nos connaissances, de se prononcer
sur l’origine des nombreux Caféiers qui vivent dans le Nord de Madagascar,
lesquels se répartissent en quatre séries taxonomiques au moins. On peut
cependant noter que les deux espèces dont nous traitons ici sont apparentées
au C. pervilleana (Bn) Drake, espèce du domaine du Sambirano, qui s’étend
dans le domaine de l’Ouest et, en se modifiant considérablement, a pu
gagner l’Antsingy (C. antsingyensis J.-F. Leroy). Le C. jumellei et le
C. augagneuri vivent d’ailleurs dans une aire écologiquement assez
hétérogène.
Les récoltes de Perrier proviennent du Camp d’Ambre; celles de
Guillaumet (C. augagneuri ) de la forêt humide, très dense, à 510 mètres
d’altitude, route de Joffreville. Mes propres récoltes ont été faites à Saka-
ramy et dans la vallée de l’Irodo, entre les faciès karstiques (C. augagneuri )
et au Nord de Vohémar (C. jumellei). Ces espèces semblent se comporter
également bien dans les formations sèches et dans les formations semi-
humides (peut-être même humides). C’est le cas aussi des espèces de la
série Garcinioides (C. dubardii Jumelle, C. heimii J.-F. Leroy).
En fait, il ne semble pas qu’aucun Coffea soit originaire du domaine
de l’Ouest, au Sud du Sambirano, où il n’existe aucun endémisme ancien.
Les liaisons avec le Sambirano (Est) et avec le domaine du Centre sont
par contre assez évidentes. Ainsi se trouvent orientées les recherches sur les
origines des Caféiers du Nord. Le Coffea resinosa (Hook. f.) Radlk., espèce
typique du littoral oriental s’avance (sous une forme spéciale : C. sahafa-
ryensis J.-L. Feroy) jusque dans la forêt de Sahafary (domaine occidental)
où il croît en mélange avec le C. heimii et le C. dubardii.
Laboratoire de Phanérogamie,
Muséum - Paris.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (3) : 359-374. 1972.
LES BEGONIA FILICIFOLIÉS
ET QUATRE ESPÈCES NOUVELLES DU GABON
(BEGONIACEAE)
par Nicolas Halle
Le genre Bégonia montre une diversification évolutive qui s'exprime
d’une façon particulièrement remarquable par la multiplicité de ses types
foliaires. Peu de genres de plantes à fleurs montrent une gamme de types
foliaires aussi variée et l’on peut à peine s’étonner que la découverte de
quatre endémiques gabonaises des Monts de Cristal viennent encore
enrichir quelques-uns de ces types parmi les plus curieux.
Ces espèces nouvelles dont trois miment manifestement des Fougères,
nous donnent l’occasion de rechercher parmi les Bégonia les espèces filici-
foliées. Sans souci de phylogénie, point de vue hors de portée dans un
genre dont la systématique est si difficile, nous tenterons de présenter et
de comparer diverses espèces filicifoliées. Par affinités macromorphologiques
elles se séparent en groupes révélant pour le moins des convergences remar¬
quables. Des comparaisons écologiques et climatiques qui restent à faire
éclaireraient vraisemblablement, expliqueraient peut-être, ces cas de conver¬
gences évolutives.
A côté de quelques types horticoles très répandus, nous figurons
pour la première fois certaines espèces peu connues, rares ou très peu repré¬
sentées dans les herbiers. Des exemples sélectionnés et illustrés permettent
de suivre différentes étapes de diversification, et d’admirer les formes
extrêmes qui apparaissent comme naturellement reliées aux types classiques
par de nombreux intermédiaires. Nous groupons sous le nom de Bégonia
filicifoliés des espèces qui se rapportent à des types foliaires assez différents
entre eux et gravitant autour des quatre espèces suivantes :
I. — Bégonia aspleniifolia Hook. f.
IL — B. herbacea Vell.
111. — B. hymenophylla Gagnep. et B. foliosa H.B.K.
Nota. — Cette dernière espèce se rapporte au type « fern leaf » des
horticulteurs anglo-américains.
Source : MNHN, Paris
— 360 —
Source : MNHN, Paris
3 cm.
— 361
I. BEGONIA A LIMBE PENNÉ (PI. 1 à 3).
Dans ce groupe le limbe est plus ou moins profondément découpé
entre les nervures secondaires et parfois même entre les tertiaires. Tous
les intermédiaires s’observent entre la feuille dentée et la feuille lobée,
les dents ou lobes étant eux-mêmes dentés ou entiers. Les formes dentées
ou bidentées, pennées ou bipennées n’ont souvent plus en commun que
la base fortement dissymétrique, caractère essentiel de la plupart des
espèces du genre.
L’espèce pennée la plus anciennement connue paraît être le Bégonia
aspleniifolia Hook. f., récoltée par Mann en juillet 1862 au Gabon dans
la partie occidentale des Monts de Cristal. 11 fut décrit en 1865 dans le
Prodrome où De Candolle en fait le représentant unique de sa 59 e section
Filicibegonia. Nous avons retrouvé cette espèce vers 400 mètres d’altitude
au cœur des Monts de Cristal en 1949. Elle paraît rare et la même station
a été recherchée en vain une seconde fois aux environs de Mêla. De ce
Bégonia nous apportons une description détaillée, fondée en partie sur l’ana¬
lyse faite in vivo.
En juillet 1899, dans les Monts Bismarck du Territoire Nord-Est
de la Nouvelle Guinée, Rodatz et Klink récoltèrent un Bégonia extra¬
ordinaire à aspect de Fougère, à feuilles multilobées finement divisées.
Il fut décrit par K. Schumann sous le nom de B. warburgii Lauterb. et
K. Schum. (à ne pas confondre avec l’espèce bolivienne B. warburgiana
Hieron. 1895) et retrouvé plusieurs fois depuis : par R. Schlechter
(n os 16509 et 17722 ) vers 200 mètres d’altitude, en 1907 et 1908; par
Ch. Koster (n° BW 4283) à 630 mètres en 1947.
En 1906, J. J. Smith décrivit une espèce presque aussi remarquable,
originaire de la Nouvelle Guinée hollandaise, le B. bipinnatifida; retenue
pour l’horticulture de serre, sa photo figure dans Exotica de Alfred Byrd
Graf.
En 1943, Merril et Perry décrivirent, à nouveau de la Nouvelle Guinée
hollandaise, le B. oligandra apparenté au précédent, à limbe plus réduit
et moins divisé, mais cependant plus large et bipenné vers la base. Les
dents des lobes rappellent le B. aspleniifolia. Dans le même travail on trouve
la description originale du B. pinnatifida de la rivière Palmer, altitude
100 mètres au Nord-Est de la Papouasie.
Sur la planche 1, quelques formes foliaires de transition se rapportent
à des espèces plus ou moins profondément lobées ou dentées : B. serrati-
petala Irmscher de la Nouvelle Guinée; la feuille figurée a été choisie parmi
les plus profondément dentées sur un pied cultivé dans les serres du Muséum
de Paris. B. suffruticosa Meissn. (= B. richardsiana T. Moore) a connu
un succès horticole au siècle dernier, ses feuilles sont parfois très découpées,
mais elles s’apparentent plutôt aux formes palmatilobées qui sortent de
notre propos. B. quercifolia A.DC., B. loheri Merr. et B. incisa A.DC.
sont toutes trois de l’île Luçon.
Notre nouveau B. filicifolia (PI. 3) du Gabon vient s’ajouter aux plus
remarquables et typiques espèces de ce premier groupe.
Source : MNHN, Paris
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Bégonia aspleniifolia Hook. f. (PI. I, fig. 6; pl. 2, fig. 1 et 2).
in A. DG, Prodr. 15 (1) : 392 (1864); F.T.A. 2 : 578 (1871).
Petite herbe raide à tiges grêles dressées, hautes de 25-30 cm, à extré¬
mités un peu courbées horizontalement. Jeunes tiges pubescentes rouges;
les entre-nœuds inférieurs atteignent 5 cm de longueur. Ramifications
plus ou moins nombreuses, situées dans la moitié supérieure de la plante.
Feuilles profondément pinnatiséquées de 3,5-6 x 1,3-2,1 cm à contour
général étroitement ové-atténué; base nettement dissymétrique; sommet
non atténué au delà des derniers denticules; environ 6-11 lobes principaux
d’un côté, 5-8 de l’autre; chaque lobe, y compris le terminal, présente
2-5 (7) dents ou denticules. La face supérieure du limbe s’orne de poils
espacés longs de 0,3 à 0,5 mm chez le type, de 2,5 à 3 mm chez N. Hallé 871 ;
des poils semblables sont nombreux sur les nervures à la face inférieure.
Le limbe est vert, discolore, ± veiné ou marginé de rouge à la face inférieure.
Pétiole pubescent long de 2-3,5 mm. Stipules de 4-6 mm, rosées, fimbriées-
pileuses.
Fleurs 3 par 2 (ou 3?) sur un petit pédoncule de 1-2 mm; bractées du
sommet du pédoncule dentées-fimbriées, longues de 3,5 mm environ.
Pédicelle floral long de 3-4,5 mm, glabre; 2 tépales elliptiques de 5 x 2,8 mm,
jaune pâle à sommet faiblement rosé. Androcée jaune d’or à pédoncule
Source : MNHN, Paris
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de 0,6-0,9 mm, à 10-16 étamines de 2 mm. Anthères un peu arquées de
0,9 x 0,4 mm.
Fleur 9 solitaire brièvement pédicellée sur un court pédoncule. Ovaire
discoïde de profil à 3 arêtes carpellaires pileuses. Style composé de 3 lobes
divergents depuis la base, de 1,3 mm de longueur dont 0,3 mm pour les
très brefs stigmates papillifères.
Fruit de 10 x 6-8 mm sur un pédoncule arqué de 2-3 mm, à contour
circulaire (Mann 1655) ou très faiblement obové ( N. Hallé 871), à 3 ailes
nervurées, à rostre atteignant à peine 1 mm. Les fruits sont tournés vers
le sol. Graine ovée de 0,3 mm à cellules tégumentaires latérales allongées;
environ 6 petites cellules subapicales opposées au hile.
Type : Mann 1655 (holo-, K; iso-, P), summit of mount Naveya, Monts de Cristal,
1° lat. N, juillet 1862.
Autre récolte : N. Hallé 871, haute vallée de la Nzang au NNW de Mêla, Monts
de Cristal, vers 400-500 m d’altitude, 19 août 1959, sur pente raide rocheuse en sous-bois.
Bégonia filicifolia N. Hallé, sp. nov. (PI. 2, fig. 3 et 3a; PI. 3).
Valde affinis B. aspleniifoliae Hook. f. sed habilu majore, lobis foliorum integris,
apice porrecto differt.
Herba perennis erecta, caule nodoso ramoso, pubescentia rosea, iniernodiis usque
7(8) cm longis. Stipulai’ valde dentatae ciliatae 4-5 mm longae. Petiolus pubescens
2-3 mm longus. Lamina 4-9,5 cm longa et 0,9-2,5 cm lata, valde et profunde lobata pinna-
tisecta, lobis ulrinsecus 6-8 ± spathulatis, integris, basi valde asymmetrica, apice longe
attenuato usque ad lobum ultimum indusum. Folia superne glabra, subtus nervis parce
pilosis. Cymae axillares pedunculo 2-5 mm longo, uni (vel bil)-sexuales. Bracteae fimbriatae
apicibus tenuibus 4-5, 2-3 mm longae. Flores $ 2 (vel 31) pedicello albo glabro 3-4,5 mm
longo. Tepala 2 elliptica, 3 mm longa, rosea. Antherae 7-11, auratae, 0,8 mm longae.
Flores solitarii, ovario oblongo, tricarinato ; stylo trilobato, lobis 2,8 mm longis; stigma ta
minuta capitata. Capsula 10-11 X 6-7 mm, alis rotundatis, rostro prope 2 mm longo.
Herbe raide à souche ligneuse, à tiges dressées d’aspect noueux, hautes
de près de 1 m. Jeunes tiges pubescentes rose purpurin; les entre-nœuds
inférieurs atteignent 7(8) cm; ramifications ± nombreuses. Feuilles de
4-9,5 cm de longueur et 0,9-2,5 cm de largeur, pinnatiséquées à contour
lancéolé; base nettement dissymétrique; sommet nettement atténué notam¬
ment dans son lobe terminal qui dépasse nettement les derniers denticules
latéraux. Environ 7-8 lobes principaux d’un côté, 6-7 de l’autre, ± spatulés
obliquement, entiers. Limbe glabre dessus; nervures médiocrement pileuses
à la face inférieure. Pétiole pubescent de 2-3 mm de longueur. Stipules
de 4-5 mm à (1)2-4 dents effilées, la principale étant de beaucoup la plus
longue.
Fleur S par 2 (ou 3?) sur un pédoncule glabre de 2-5 mm; bractées
fimbriées à 4,5 sommets effilés, longues de 2-3 mm; pédicelle de 3-4,5 mm,
glabre et blanc; 2 tépales elliptiques d’environ 3 mm, roses. Androcée
jaune d’or à pédoncule de 0,3(0,4) mm; 7-11 étamines; anthères oblongues
de 0,8 mm, arquées.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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Fleur ? solitaire; pédoncule de 3,5 mm; pédicelle de 2 mm; ovaire
2 fois plus long que large à 3 arêtes carpellaires médiocrement pileuses;
style trilobé à lobes de 2,8 mm dont 0,3 pour les stigmates capités très
réduits.
Fruit de 10-11 mm sur 6-7 mm de largeur, à contour circulaire de
profil; rostre de 1 à près de 2 mm. Graine de 2-2,5 mm.
Type : N. Halle 2421 (holo-, P), haut Abanga, Monts de Cristal, vers 0° 20' lat. N,
environ 500 m d’altitude, 11 juin 1963; au pied d’un escarpement culminai rocheux;
en peuplement grégaire abondant mais très localisé; station demi-ombragée à Mousses
et Hyménophyllacées.
Autres échantllons de la même station : N. Halle 2256 et 2421 bis.
II. BEGONIA A LIMBE LANCÉOLÉ OU LINÉAIRE (PI. 4 et 5).
Des exemples peu connus ont été groupés sur la planche 4. Les feuilles
les plus remarquablement allongées présentent ici une base parfaitement
symétrique. Lorsque l’allongement n’intéresse nettement que la partie
supérieure du limbe, la dissymétrie basale reste ordinairement bien visible.
Quant à la longueur du pétiole elle présente une intéressante variabilité,
mais liée, semble-t-il, à l’étirement de la base du limbe : lorsque la base
est aiguë et symétrique, c’est-à-dire étirée, le pétiole est alors souvent
allongé. Les plus grandes feuilles de ce type, par la superficie du limbe
sinon par ses proportions, se rencontrent chez des espèces du Brésil :
celles du B. allenuala A.DC., du B. lanceolata Vell., du B. repens Vell.
et du B. herbacea Vell., atteignent jusqu’à 33 cm de longueur. Certaines
de ces grandes espèces sont des épiphytes acaules; le limbe foliaire longue¬
ment décurrent sur le pétiole permet de les comparer à Y Asplénium afri-
canum Desv. dont elles ont les principales caractéristiques biologiques.
L’Afrique ne paraît pas présenter de formes de Bégonia vraiment compa¬
rables. En Afrique, lorsque les limbes sont étroits, les tiges sont plus ou
moins allongées et rameuses, et les feuilles restent distinctement pétiolées.
Le Bégonia squamulosa Hook. f. présente au Cameroun des formes
variétales étroites qui ont d’abord été nommées B. bipindensis Gilg ex Engl. ;
le B. furfuracea Hook. f. est de Fernando Po, B. polygonoides Hook. f.
de l’Afrique occidentale et équatoriale; B. aniaisaka H. Humbert (nom.
nud.) est de Madagascar ainsi que l’espèce acaule B. warpuri Hemsley;
B. angustilimba Merr. croît à Bornéo, son pétiole est très court; B. scorte-
chinii King, de la péninsule malaise, a un pétiole qui peut atteindre 34 cm,
soit 3,5 fois la longueur du limbe. Des exemples moins remarquables ou
de transition sont B. stenophylla A.DC. et B. salicifolia A.DC. du Brésil,
B. obliqua L. des Antilles.
Notre nouveau B. vitlariifolia vient enrichir ce groupe d’une forme
foliaire linéaire qui, par ses proportions, limbe 12 à 20 fois plus long que
large, et l’allongement équilibré de toutes ses parties, peut être considérée
comme la plus remarquable de toutes les espèces du genre.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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Bégonia vittariifolia N. Hallé, sp. nov. (PI. 5).
Ad sec!. Fusibegoniam pertinens, sed omnibus speciebus cognilis valde distincta.
Herba tenera saxicola subacaulis caille repenti 1-3(6) cm longo. Petiolus ruber 2-4 cm
longus micropuberulus. Slipulae 2-5 x 1-2 mm, denticulis filiformibus. Lamina linearis
10-18 x 0,5-1,5 cm, basi symmetrica auguste attenuata, apice longe altenuata, marginibus
crenatis ; pagina superior glabrescens, mediana sulcata. Cymae triflorae pedunculo rubro
3-4 cm longo micropuberulo et paulo pilifero. Bracteae 2(4) stipulis similes. Flores <? 2,
pedicello 12-20 mm longo; tepala 2 aurata orbiculata 5-13 mm in diam. Antherae 11-14,
1- 1,5 mm longue. Flos 9 pedicello 3-6 mm longo tepalis similibus ; ovarium glabrum viride
fusiforme 8-11 x 1,2-2,2 mm, collo angusto; Stylus trilobatus lobis cire. 2,5 mm longis,
stigmatibus ferrequiniformibus 1 mm longis inclusis. Capsula pedunculo inftexo, fusiformis
17-20 mm longa extremitatibus attenuata, 3 mm lata.
Herbe molle subacaule croissant en petites touffes grégaires sur parois
rocheuses verticales. Tiges rampantes de 1-3(6) cm de longueur; entre¬
nœuds des extrémités très courts; petites ramifications peu nombreuses.
Feuilles linéaires de 10-18 X 0,5-1,5 cm, longuement atténuées aux 2 extré¬
mités; base symétrique; marges crénelées à dents espacées de 5-6 mm, peu
distinctes in vivo, à petite pointe saillante in sicco. Limbe vert à sillon
médian dessus; poils microscopiques en revêtement dense sur la très jeune
feuille, particulièrement à la face supérieure, puis poils très épars sur la
feuille développée; face inférieure avec la nervure médiane micropubéru-
lente. Pétiole rouge, cylindrique, de 2-5 cm de longueur, densément micro-
pubérulent. Stipules de 2-4 x 1,2 mm, à 2-4 denticules effilés par côté.
Inflorescence triflore à pédoncule de 3-4 cm, rouge, cylindrique de
1,2 mm de diamètre, micropubérulent avec quelques grands poils ± rares,
atteignant 1-2 mm; 2 bractées ± opposées semblables aux stipules, parfois
au nombre de 3 ou 4, les supplémentaires plus étroites; 2 fleurs 3 à pédicelle
de 12-20 mm moins densément pubérulent que le pédoncule; 2 tépales jaune
d’or orbiculaires un peu cordés à la base, sans veinules rouges, de 5-10 et
jusqu’à 13 mm de longueur, à quelques poils rouges dressés sur la face
externe. Androcée jaune d’or à 11-14 étamines; filets connés sur 0,5 mm
environ, libres sur 1-1,5 mm; anthères de 1-1,5 mm.
Fleur 9 accompagnant les 2 fleurs <î, à pédicelle de 3-6 mm; tépales
comme précédemment, longs de 6-11 mm. Ovaire glabre, vert pâle, fusi¬
forme et subcirculaire en coupe, de 8-11 x 1,2-2,2 mm à col étroit sur
2- 4 mm. 3 styles connés sur 1,5 mm, libres sur une longueur égale, à 3 stig¬
mates en fer-à-cheval légèrement supérieurs à 1 mm.
Infrutescences recourbées à fruit unique tourné vers le substrat rocheux.
Fruit fusiforme vert, long au total de 17-20 mm dont le pédicelle de 3-7 mm
et le rostre subacuminé de 3 mm, large de 3 mm. Graines de 0,3 x 0,2 mm.
Type : N. Halle et J. F. Villiers 5095 (holo-, P), Mont Mêla, Monts de Cristal vers
I 000 m d'altitude, le 9 février 1968, sur blocs rocheux à pans verticaux de 2 m de hauteur,
en revêtement parfois très dense.
Anomalie. Une feuille anciennement cassée au sommet du pétiole montrait une
prise de racines sous la nervure médiane en même temps que l’apparition d'une petite
tige épiphylle à la base du limbe.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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III. BEGONIA MINUTIFOLIÉS ET « FERN LEAF » DES HORTICULTEURS
(PI. 6 à 8).
Ayant découvert, toujours dans les Monts de Cristal, une nouvelle
espèce remarquable par la petitesse de ses nombreuses feuilles, il nous a
paru intéressant de passer en revue les espèces minutifoliées des collec¬
tions du Muséum de Paris, restant sans illusion sur le caractère évidemment
artificiel des rapprochements considérés. Selon que le limbe est plus ou
moins symétrique ou inéquilatéral, chaque exemple retenu se rapproche
plus ou moins nettement soit du Bégonia hymenophylla Gagnepain, soit
du B. foliosa H.B.K.
Les différentes espèces retenues peuvent être réparties physionomique-
ment dans les 8 sous-groupes qui suivent. Dans chaque espèce, les dimen¬
sions foliaires étant naturellement variables, les figures de la planche 6
montrent, grandeur nature, des exemples choisis comme représentatifs
moyens des échantillons cités.
a) Limbe symétrique à sommet court : B. hymenophylla Gagnep.
d’Indochine (fig. 7); B. perpusilla A.DC. de Madagascar (fig. 5); B. atsin-
giensis H. Humb. (nom. nud.) de Madagascar (fig. 14).
b) Limbe symétrique à sommet allongé : B. nana L’Hérit. de Mada¬
gascar (fig. 7); B. maurandiae A.DC. d’Amérique équatoriale (fig. 13).
c) Limbe pelté : B. vankerckhoveni De Wild. d'Afrique équatoriale
(fig. 3); B. triflora Irmsch. du Gabon (fig. 4).
d) Limbe dissymétrique, entier, palmatinervé : B. pseudoviola Gilg
du Cameroun (fig. 6).
e) Limbe dissymétrique, denté, palmatinervé : B. modesta Liebm.
du Mexique (fig. 12); B. pusilla A.DC. de Bolivie (fig. 19).
/) Limbe dissymétrique, polygonal, palmatinervé : B. serpens Merr.
des Philippines (fig. 2); B. elegans Elm. des Philippines (fig. 8); B. prisma-
tocarpa Hook. f. de l’Afrique occidentale (fig. 10); B. parvifolia Klotz
du Brésil (fig. 17).
g) Limbe dissymétrique pinnatinervé : B. monantha Warb. de Nouvelle
Guinée (fig. 9); B. tanala H. Humbert (nom. nud.) de Madagascar (fig. 11);
B. elatoslemaioides Merr. des Philippines (fig. 15); B. elatostemmoides
Hook. f. du Gabon (fig. 16); B. sessilifolia Hook. f. de Fernando Po,
Cameroun et Congo.
h) Type « fern leaf » : ce type, voisin du précédent, est caractérisé
par de nombreuses petites feuilles ± ovales, dissymétriques pinnatinervées,
simulant des folioles, rapprochées sur des entre-nœuds courts, et toutes
régulièrement orientées dans le plan qui est celui des ramifications distiques
de la tige; les stipules sont souvent fortement développées : B. jamesoniana
A.DC. d’Amérique équatoriale (fig. 20); B. microphylla A.DC. de Colombie
(fig. 21); B. foliosa H.B.K. d’Amérique équatoriale (fig. 22); B. fuschioides
Hook. de Colombie (fig. 23).
Les deux espèces nouvelles qui suivent se rapportent au sous-groupe g,
mais l’une d’elles, B. minutifolia, rejoint curieusement les espèces améri¬
caines du type « fern leaf ».
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
5 cm
371
Bégonia minutifolia N. Hallé, sp. nov. (PI. 7).
Affinis B. elatostemmoidi Hook. f. sed habita minore, foliis numerosis multo mino-
ribus manifeste angustioribus, differt.
Herba erecta 20-30 cm, caule ramoso, internodiis 0,2-4 cm longis. Frons subhorizon-
talis filicem simulons. Stipulae angustae ovatae 1-3,3 mm longue setiferae. Petiolus pubescens
0,2-2 mm longus. Lamina glabra dentata vel bidentata 11-25 x 4-9 mm, subelliptica api-
cem basinque versus angustata, basi inaequali, apice acuto ; costae latérales 2-5 jugae.
Cymae brèves, pedunculo / mm longo, bisexuales biflorae, bracteis parvis viridibus. Flos
S tepalis 2 albis apice roseo, ellipticis 5,5 x 2,5 mm. Antherae 9-12, 3,3 mm longae ; fila-
menta 2 mm longa semiconnata. Flos ? ovario pallido viridi, stylo trilobato lobis furcatis.
Capsula inflexa 6,5-9 x 6-8 mm, alis 3 rotundatis subinaequalibus, lateribus interalaris
paulo pilosis.
Petite herbe raide, haute de 2-3 dm, à extrémités et feuilles orientées
± horizontalement; tiges rougeâtres rameuses; feuillage à aspect de Fou¬
gère. Entre-nœuds inférieurs longs de 3-4 cm, les supérieurs longs de 2-3 mm.
Feuilles dentées ou bidentées de (11)15-25 X 4-9 mm, à contour elliptique
ou oblong, à extrémités étroites; base nettement inégale, sommet aigu.
7-15 dents ou denticules par côté, observés à sec; le nombre des glandes
sétiformes atteint près du double. Limbe vert à peine lavé de rougeâtre sur les
marges, glabre; nervures principales pileuses à la face inférieure, les secon¬
daires au nombre de 2-5 paires. Pétiole pubescent de 0,5-2 mm de longueur.
Stipules étroitement ovées de 1-3,3 mm, à environ 5-7 denticules sétifères.
Inflorescence très brève à pédoncule d’environ 1 mm, biflore avec
une fleur de chaque sexe; petites bractées vert pâle. Boutons blancs avec
l’apex et les bords roses. Fleur S à 2 tépales elliptiques glabres de
5,5 X 2,5 mm; 9-12 étamines longues de 3,3 mm, à filets connés sur 1 mm,
libres sur 1-2 mm.
Fleur ? à ovaire vert pâle; 3 lobes stigmatifères de 1 mm de hauteur,
furqués sur près de 0,5 mm, à lobules stigmatiques dressés. Fruit tourné
vers le sol de 6,5-9 X 6,8 mm, à 3 ailes arrondies larges de 1,5-2,2 mm,
une des trois est parfois plus développée; les flancs carpellaires portent
quelques poils; le sommet est tronqué ou à peine rostré sur près de 0,4 mm.
Graine rousse de 0,3 x 0,2 mm.
Type : N. Hallé et J. F. Villiers 5223 (holo-, P), Monts de Cristal, pente boisée
exposée au NE, à proximité de la route de Mêla en face du village de Nkan vers 550-
600 m d'altitude, environ 0°39' latitude N, le 13 février 1968.
Autre spécimen : N. Hallé 897, Akoga, Monts de Cristal, pente boisée dominant
la haute rivière Mbé.
Bégonia aggelopter a N. Hallé, sp. nov. (PI. 8).
Affinis B. hirsutulae Hook. f. sect. Scutobegoniarum, sed habita minore, foliis mino-
ribus raro subpeltatis, basi haut! attenuata valde dissymmetrica differt.
Herba parva caule simplici 5-12 cm longo. Stipulae ovatae fimbriatae 2-5 mm longae.
19, B. pusilla A.DC. ( Weddeü 4215): 20, B. jamesoniana A.DC. (Spruce 5872): 21, B. micro-
plivlla A.DC. (Moritz 38528, phot.); 22, B. foliosa H.B.K. (Rivet 807): 23, B. fusehioides
Hook. (Idinaël 178).
Source : MNHN, Paris
372
Source : MNHN, Paris
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Peliolus 1-3 cm longus micropuberulus atque pilosus. Lamina arcuato-aliformis 4-6,5
X 1,5-2,2 cm, basi cordaia valde asymmetrica vix vel saepissime haud pellala; cosiae
praecipuae basilares subpalmalae 3-4. Cymae triflorae bisexuales peduncuh micropuberulo
parce piloso 10-19 mm longo ; bacleae 2-3 mm longae ciliatae. Flores 3 2, pedicello micro¬
puberulo 3-10 mm longo, tepalis 2 orbiculatis in diam. 8-11 mm. Antherae 15-18 ; filamenia
1-1,5 mm longa, vix semiconnata. Flos ? ovario viridi ± micropuberulo alis 3 inlerdum 2,
5 x 2,5 mm apice subaculo paulum arcuato, stylo trilobato 2-4 mm longo lobis furcatis.
Fr uct us 10 mm la tus rostro 2 mm longo.
Herbe terrestre à petite tige couchée croissant par touffes fréquentes
mais isolées. Tige non ramifiée de 5-12 cm à entre-nœuds de 3-10 mm
de longueur. Feuilles, une douzaine, ovées aiguës, nettement dissymétriques,
à médiane arquée latéralement, de 4-6,5 X 1,5-2,2 cm, à sommet longue¬
ment atténué, à base cordée très inégale, non peltée, plus rarement très
étroitement subpeltée (0,5 mm à l’échancrure à sec); marge dentée à 6-
10 dents par côté, chaque sommet et chaque échancrure avec une glande
sétiforme; limbe vert parfois marginé de rouge, glabre sauf à très fort
grossissement au stade juvénile, 3-4 nervures principales vers la base,
finement en relief à la face supérieure, micropubérulentes à la face infé¬
rieure. Pétiole long de 1-3 cm, à dense micropubérulence à laquelle s’ajoutent
de longs poils mous de 1,5-2,5 mm. Stipules ovées de 2-5 mm, frangées
de longs poils effilés.
Inflorescence triflore à pédoncule micropubérulent et à rares poils
longs, de 10-19 mm de longueur; 2 (ou 3) bractées au sommet du pédon¬
cule, elliptiques ciliées, longues de 2-3 mm; fleurs jaune d’or à pédicelle
micropubérulent de 3-10 mm. 2 fleurs 3 à 2 tépales glabres, le supérieur
avec une tache rouge à la base, orbiculaires, de 8-11 mm de diamètre.
15-18 étamines de 3 mm de hauteur, connées sur 0,5 mm, à filet libre sur
0,5-1 mm.
Fleur ? à ovaire vert, micropubérulent à glabrescent, tricarpellaire
à (2)3 ailes triangulaires atteignant 5 X 2,5 mm, à sommets ± aigus parfois
faiblement arqué vers le haut. 3 styles de 2-4 mm dont le stigmate échancré
sur 1 mm, à 2 lobes papillifères faiblement torsadés. Fruit de 10 mm
d’envergure, rostré au sommet sur au moins 2 mm. Graine brune de
0,3 x 0,2 mm.
Type : N. Halle et J. F. Villiers 4817 (holo-, P), Monts de Cristal, forêt de Nkan,
à l'Ouest du village, au Nord de Mêla, 0°39’ latitude N, 31 janvier 1968. L’espèce, rela¬
tivement abondante dans cette localité, paraît absente à quelques kilomètres au delà,
aussi bien dans les forêts situées plus au Nord que dans celles de la région de Mêla;
croît de préférence en sol horizontal humide.
Références
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sonia, ser. 2, 7 (4) : 507-512, 2 pl. (1967).
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Laboratoire de Phanérogamie
Muséum - Paris.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (3) : 375-388. 1972.
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE
DE LA FLORE FORESTIÈRE DE MADAGASCAR 1
par R. Capuron -j-
Résumé : Établissement d’un genre nouveau de Myrislicaceae, de 2 espèces nouvelles
de Rosaceae, de 2 espèces nouvelles de Rubiaceae, d'une espèce nouvelle de Rhamnaceae.
Synonymies nouvelles chez les Moraceae et Eleocarpaceae.
Summary : A new genus of Myrislicaceae, two new species of Rosaceae, two new
species of Rubiaceae, and a new species of Rhamnaceae from Madagascar are described,
New synonymes in Moraceae and Eleocarpaceae are established.
A. — HAEMATODENDRON , GENRE NOUVEAU DE MYRISTICACEAE
Haemalodendron R. Capuron, gen. nov.
Flores diceci parvi infundibuiiformes pedicellali. Sepala crassa, basi in tubum brevem
basim columnae antheriferae aul ovarii amplectentia ; filamenta in coiumnam cylindricam
connala, aniherae dorso columnae adnatae, apice breviter liberae, quam columnae slipes
breviores. Ovarium basi slipilalum. Sligmala minuta sessilia, medio sulcaia.
Fructus sphaericus, laevis. Pericarpium indehiscens in vivo subcarnosum deinde in
sicco statu lignoso crustaceum ; arillus nullus. Testae strata 3, externum tenue carnosum,
medium lignosum, internum membranaceum demittens processus in endospermum pene-
1. A partir de 1966 le Centre technique forestier tropical de Tananarive diffusait
une série de fiches botaniques sous forme multicopiée où R. Capuron donnait les carac¬
téristiques d'un certain nombre d'essences forestières intéressantes de Madagascar.
Il décrivait à ce propos un genre nouveau de Myrislicaceae, signalait 2 espèces nouvelles
dans les genres Hirtella ( Rosaceae ) et Neonauclea ( Rubiaceae ) et établissait des syno¬
nymies nouvelles dans les familles des Moraceae et Eleocarpaceae. Ces genres et espèces
nouvelles n’étaient pas valablement décrits si on se réfère aux règles modernes de la
nomenclature botanique. R. Capuron avait l’intention de les valider, mais sa disparition
brutale ne lui a pas permis de terminer la note qu'il avait ébauchée. J’ai donc regroupé
ici les éléments permettant d'établir les différents taxons qu'il proposait.
Je me suis aperçu, en outre, que dans son étude des Rhamnacées malgaches (Adan¬
sonia 6, 1 : 117-141, 1966) la diagnose d'une espèce avait été omise. En effet, dans le
genre Bathiorhamnus, 2 espèces sont signalées et distinguées dans la clé, mais aucune
diagnose ni description n’est donnée par B. cryptophorus. Après avoir revu les notes
manuscrites de R. Capuron, il est nécessaire de réparer ici cet oubli. (J. Bosser,
O.R.S.T.O.M. et Muséum National d’Histoire Naturelle Paris.)
Source : MNHN, Paris
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PI. I. — Haematodendron glabrum R. Cap. : 1, rameau en fleurs x 2/3; 2, section transversale
à différents niveaux du bourgeon terminal x 10; 3, fleur mâle x 8; 3, fleur femelle > 8;
5, fleur femelle, deux sépales enlevés X 8 (on voit le pied court et robuste de l'ovaire inséré
au fond du tube très court formé par la soudure de la base des sépales); 6, ovaire, section
longitudinale x 17; 7, ovule vu par sa face antérieure x 30; 8, fruit x 2/3; 9, section
transversale du fruit et de la graine x 2/3; 10, section longitudinale du fruit et de la
graine x 2/3; 11, embryon vu de profil x 17; 12, embryon vu du dessus x 17.
Source : MNHN, Paris
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trames (i.e. albumen ruminatum) ; embryo parvulus ; embryonis minimi cotyledones bilobati
basi inter se connatae ascendentes.
Arbores médiocres vel excelsae, in cortice succo rubrosanguineo instructae ; folia
alterna plus minusre disticha pellucida punctata, membranaceo-chartacea subtus haud
aibida. Venae parum distinctae, subtus impressae infra graciUimae, ante marginem plus
minusve arcuate conjunctae. Inflorescentia paniculatim racemosa, flores plus minusve conferti
umbellati. Bracteae adsunt, bracteolae nullae.
Typus generis : Haematodendron glabrum R. Cap.
Le genre Haematodendron nous paraît devoir être séparé des genres
actuellement connus de Myristicacées. Par son absence d’arille (carac¬
tère constaté sur de multiples fruits sur le frais) il se distingue nettement.
Nous reconnaissons à Madagascar deux autres genres dans cette famille:
Brochoneura Warb. et Mauloutchia Warb. Haematodendron se sépare de
ces genres par son albumen ruminé, ses caractères floraux, la nervation
des feuilles, etc.
Haematodendron glabrum R. Cap., sp. nov.
Arbor 10-15 m alla (interdum usque 25-30 m attingens). Rami foliaque omnino glabra.
Folii lamina membranacea, chartacea, obovalis vel obovali-oblonga, apice rotundata vel
obtusa, basi cuneata, 7-13 cm longa, 3-5 cm lata ; petiolo 7-14 mm longo, super obscure
canaliculatoi
Inflorescentia dioica, paniculis parvis axillaribus pauciramosis , 1,5-3 cm longis.
Flores apetali, fere 4,5 mm diam., pedicellati, in pseudo-umbellis dispositi, pedicellis ad
4 mm longis. Sepala 3, crassa, basi in tubo brevi connata, extra paulo pilosa, in floribus
masculis angustiora acutoria. Floris 3 columna s lamina lis 1,5 mm longa, antheris 3-4,
fere 0,5 mm longis, dorso columnae staminali cohaerentibus ; floris ? ovarium uniovulatum,
ovoideo-subglobosum, breviter slipitatum, glabrum; stigmate sessili, parvo in longum
sulcato; ovulo adscendente ; fructu bacciformi indehiscenti globuloso, in diam. in sicco
2,5-3,3 cm ; semen arillo destitutum, albumine ruminato, oleaceo, cotyledonibus in tubo
cylindrico apice 4-5-lobo connatis (PI. 1).
Type : R. Capuron 9097 S.F., forêt orientale, bassin de la Rantabe, aux environs de
Sahajinja, Madagascar (holo-, PI; iso-, TAN.! herb. C.T.F.T.).
R. Capuron 9066 S.F., bassin de la Rantabe, aux environs de Beanana, piste de
Sahajinja; R. Capuron 8605 S.F., forêt orientale, réserve naturelle n° 1, Betampona;
R. Capuron 8964 S.F., forêt orientale, bassin de la Fananehana, massif de l’Androrona
(ait. 600 m); R. Capuron 18102 S.F., réserve naturelle n° 1 Ambodiriana (Tamatave);
8321 S.F., forêt de Befody, à l’Est du lac Alaotra; 15132 S.F., Bokotra, Marotandrano
(Mandritsara); 2215 R.N., Vohimarangitra Tamatave).
Arbre généralement de taille moyenne (10-15 m) atteignant parfois
de grandes dimensions (25-30 m x 0,60-0,70 m de diamètre). Écorce du
tronc des grands arbres épaisse, crevassée, laissant exsuder très abon-
dament, quand on l’entaille, un suc très fluide de couleur rouge sang.
Rameaux et feuilles même très jeunes entièrement glabres. Rameaux
jeunes noirâtres sur le sec, les rameaux âgés brunâtres, irrégulièrement
striés en long, munis de quelques lenticelles allongées souvent disposées
en lignes longitudinales, peu visibles. Feuilles des bourgeons terminaux en
Source : MNHN, Paris
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vernation indupliquée équitante. Feuilles alternes, peu nettement distiques,
atteignant 7,5-14 cm de longueur (y compris le pétiole). Pétiole de 7-14 mm
environ, subplan ou obscurément canaliculé à la face supérieure. Limbe
membraneux chartacé, obovale, obovale-oblong, atteignant 7-13 x 3-5 cm,
à plus grande largeur en général vers le tiers supérieur, de ce point plus
ou moins régulièrement atténué vers la base, celle-ci en coin aigu ou légère¬
ment obtus, la base du limbe étroitement décurrente sur les bords latéraux
du pétiole au moins vers le haut. Sommet du limbe arrondi ou obtus,
parfois très obscurément et obtusément acuminé. Nervure principale
plane dessus, saillante dessous. Nervures secondaires extrêmement fines,
à peine visibles ou en léger creux à la face supérieure, à peine saillantes
à la face inférieure, visibles surtout sur cette face (sur les feuilles encore
assez jeunes) par leur coloration différente de celle du limbe, translucides
vues par transparence, peu rectilignes et formant des arcs d’anastomose
irréguliers à quelque distance (3-5 mm) des marges. Réticulation lâche,
visible surtout par transparence. Marge du limbe révolutée sur le sec.
Limbe présentant par transparence de très nombreux points translucides
visibles surtout sur les feuilles adultes encore tendres. Face inférieure du
limbe non glauque. Plante dioïque. Inflorescences axillaires en petitespani-
cules pauciramifiées, longues de 1,5-3 cm. Axes de l’inflorescence et bractées
portant quelques poils vers leur extrémité ainsi que les pédicelles et la
face externe des boutons. Poils très caducs.
Fleurs rassemblées en pseudo-ombelles irrégulières au sommet des
ramifications, par 3-15 environ. Pédicelles floraux munis à leur base ou
plus ou moins haut (jusque sous le calice) d’une bractée très caduque mais
laissant en tombant une cicatrice saillante très nette. Pas de bractéoles.
Fleurs mâles et femelles pédicellées. Pédicelles atteignant 4 mm de lon¬
gueur. Sépales épais, surtout à la base, sur les bords et au sommet, soudés
à la base en court tube, plus ou moins étalés à l’anthèse, plus ou moins
cupuliformes extérieurement à la base. Fleurs de 4,5 mm de diamètre
environ (boutons ovoïdes). Sépales avec quelques poils sur leur face externe,
ceux des fleurs femelles à partie libre largement ovale, obtus (2,5 X 2 mm),
ceux des fleurs mâles plus étroits et plus aigus (2,5 x 1,5 mm). Colonne
staminale longue de 1,5 mm, à base incluse dans le tube calicinai. Anthères
3-4 (soit 6 ou 8 loges) ayant en longueur environ le tiers de la longueur
totale de la colonne staminale, soudées par leur dos, sur presque toute leur
longueur à la colonne staminale. Ovaire ovoïde subglobuleux, largement
et brièvement stipité à la base, glabre, sillonné longitudinalement (sillon
correspondant à l’intervalle entre 2 sépales). Stigmate sessile, petit, sillonné
en long au milieu, à bords parfois très légèrement foliacés. On seul ovule
ascendant, à micropyle subinfère opposé au sillon de l’ovaire. Fruit bacci-
forme, indéhiscent, globuleux, d’environ 2,5-3 cm de diamètre sur le sec
(4-5 sur le vif). Péricarpe épais de 3 mm environ sur le sec (1 cm sur le
vif). Arille nul. Téguments de la graine au nombre de 3, l’extérieur charnu,
mince, le moyen crustacé, mince, fragile sur le sec, l’intérieur plus ou
moins membraneux envoyant des cloisons radiales, irrégulières dans
l’albumen. Albumen ruminé, oléagineux. Radicule très petite (1,8 mm de
Source : MNHN, Paris
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longueur) placée dans une petite cavité de l'albumen tout près de sa base.
Cotylédons soudés en tube cylindrique à bord libre 4-5 lobé régulièrement.
Sur le sec, fruit ovoïde (2,8-3,3 cm de long x 2,3-2,5 cm de hauteur
X 2-2,2 cm d’épaisseur), brièvement (3-4 mm) stipité à la base, non rostré
au sommet. Péricarpe brun foncé maculé de nombreuses granulations
fauves ou blanchâtres. Graines conformes (2-2,3 x 1,7-1,9 cm) très légère¬
ment comprimées latéralement. Hile basal, voisin du micropyle qui est
légèrement saillant sous forme d’une minuscule protubérence. Chalaze
très légèrement en-dessous du sommet de la graine dans une petite inden¬
tation du tégument. Raphé non en sillon. Tégument moyen de la graine lisse.
Forêt à mousse et à sous-bois herbacé, généralement au-dessus de
300-400 m d’altitude, jusque vers 900-1 000 m. Très abondant par places
sur les crêtes.
Le nom malgache qui désigne cette espèce est Rara. Mais ce nom est
également utilisé pour nommer d’autres Myristicacées. Divers qualificatifs
tels be (grand), mena (rouge) lui sont souvent adjoint.
B. — SUR DEUX NOUVELLES ESPÈCES DU GENRE HIRTELLA Linn.
(ROSACEAE)
Hirtella tamenaka R. Cap., sp. nov.
Arbor ad 30 m alla, in diam. ad I m. Rami novi complanato-compressi. Folia glabra
persislenlia : lamina integra, pagina inferiore iocis glandulosis munita, elliplica, ovali-
elliplica vel obovali-elliplica, 5-13 cm longa, 2-6,5 cm lata, apice laie rotundato vel obtuso,
basi cuneata in petiolo paulo decurrenti ; petiolo 3-10 (15) mm longo, lato, robusto ; stipulis
lobulis 2, basi petioli figurâtis.
Inflorescentia axillaris vel terminalis, paniculis cymarum foliis aequilongis vel longio-
ribus, axibus complanatis. Flos parvus, 5-6 mm longus, hermaphroditus, paulo zygomorphus ;
pedicello brevi (I mm), apice in pocillo receptaculari intus piloso dilataio ; sepalis petalisque
margine receptaculi insertis ; sepalis 5, ovalibus, triangulis, marginibus ciliolatis ; petalis 5,
caducissimis, ellipticis, basi angustatis, fere 3 mm longis, marginibus ciliolatis ; stamina
fertilia 7, filament is dimidia inferiore parte inter se connatis, antheris parvis rotundatis ;
staminodia 8, quorum 6 filamentis connatis, 2 filamentis liberis. Ovarium a centro remotum,
in parte staminum fertilium insertum, uniloculare, ovulis 2, basilaribus, ascendentihus,
collateralibus ; stylo gynobasico, 3 mm longo, stigmate parvo 3-lobulato. Fructus drupaceus
ovoideus, 3-4 cm longus, in diam. 2,5-3 cm, pericarpio tunica interna piloso.
Type : R. Capuron 18247 S.F., environs de la baie d’Antongil, forêt littorale entre
Tenina et Rantabe, Madagascar (holo-, P!; iso-, TAN! herb. C.T.F.T.).
864 S.F., Antongondriha, vallée de l'Androranga; 12065 S.F., Amitsalova, Maha-
talaka (Fort Dauphin); 11061 S. F., Sahavolamena, Soanierana-Ivongo; 10802 S.F.,
Antako-Ifarantsa, Fort-Dauphin; 15362 S. F., Farankaraina, Maroantsetra; 6393 S.F.,
Manombo, Farafangana; 6072 S.F., Mandena, Fort-Dauphin; R. Capuron 22337 S.F.,
forêt de Bemangidy, au nord de Mahatalaky, Fort Dauphin,
Hirtella tamenaka est un des grands arbres de la forêt orientale;
la hauteur atteint fréquemment 30 m et le diamètre couramment plus
de 1 m. L’écorce du tronc est généralement brun-rougeâtre. Elle est
rugueuse, très dure et très scléreuse et a une odeur qui rappelle celle de la
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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graisse rance ou de l’huile d’arachide non raffinée. Les rameaux feuillés
adultes (d’environ 3 mm de diamètre) sont marqués de nombreuses petites
lenticelles; très jeunes, ils sont nettement comprimés. Les feuilles sont
simples, alternes, brièvement pétiolées, très entières, persistantes. Le
limbe est de forme elliptique, ou ovale-elliptique ou obovale-elliptique,
suivant que la plus grande largeur se trouve au milieu, au-dessous ou
au-dessus du milieu. Le rapport longueur sur largeur varie de (1,5) 2 à 3 (3,5).
Le sommet de la feuille est obtus ou plus ou moins largement arrondi,
la base s’atténue en coin aigu ou obtus, qui se prolonge en aile étroite sur
les bords latéraux du haut du pétiole. Celui-ci est robuste, large, plan dessus
ou presque, souvent ridulé fissuré transversalement dessous. A la face
supérieure de son extrême base le pétiole présente deux sortes de petites
oreillettes persistantes, formées par les stipules; elles forment une petite
niche qui protège le bourgeon axillaire. La nervure principale est plane
dessus, un peu saillante dessous; les nervures secondaires sont au nombre
de 10-15 paires; elles sont très peu saillantes. La face inférieure porte, au
voisinage de la nervure principale ou à mi-chemin entre la nervure et le
bord du limbe, un certain nombre (jusqu’à une quinzaine) de plages glan¬
duleuses; ces plages, à surface luisante, un peu enfoncées par rapport à
la surface du limbe, sont de forme circulaire ou elliptique (0,6 à 1 mm
de long).
Les inflorescences sont des panicules de cymes axillaires ou terminales,
isolées ou groupées par deux; les bractées, à l’aisselle des ramifications sur
l’axe principal sont bien développées; elles représentent des feuilles réduites
ayant conservé leur appareil stipulaire et les plages glanduleuses. Les
bractées à l’aisselle des ramifications secondaires sont beaucoup plus
réduites, triangulaires, carénées anguleuses sur le dos. Les fleurs sont petites
(5-6 mm de long), hermaphrodites, un peu irrégulières. Le pédicule très court,
se dilate à son sommet en une coupe réceptaculaire profonde, poilue inté¬
rieurement. Les sépales et les pétales sont insérés sur les bords de la coupe.
Les sépales sont ovales triangulaires, ciliolés sur les bords, imbriqués dans
le bouton; les pétales sont blancs ou lilas-clair, très caduques, tordus dans
le bouton, elliptiques, très étroits à la base, ciliolés sur les bords. Les étamines
sont insérées tout autour du bord de la coupe réceptaculaire, leurs filets
sont soudés en anneau à la base; elles sont courtes, les plus longues ne
dépassant guère 2,5 mm. Elles sont typiquement au nombre de 15; 7 sont
fertiles, les 8 autres étant réduites à des staminodes. Les 7 étamines fertiles
ont leurs filets soudés sur à peu près la moitié de leur longueur en une lame
unique; de part et d’autre de celle-ci se trouve un staminode bien dégagé
par rapport à ses voisins; les 6 autres staminodes forment également une
lame provenant de la soudure de la base des filets. Les anthères fertiles
sont petites, dorsifixes, orbiculaires, excisées à la base et s’ouvrant par
2 fentes introrses. Les staminodes sont aigus au sommet ou parfois un peu
spatulés. L’ovaire est inséré excentriquement dans le haut de la coupe
réceptaculaire, du côté des étamines fertiles, il est uniloculaire et contient
deux ovules basaux ascendants collatéraux; le style est gynobasique, aplati
à sa base, un peu dilaté latéralement, plus haut il devient cylindrique et se
Source : MNHN, Paris
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termine par un petit stigmate un peu trilobulé. Le fruit est une drupe plus
ou moins ovoïde, à surface un peu bosselée. Le péricarpe est coriace ligneux,
poilu sur sa face interne. La graine n'a pas été vue à maturité complète.
Cette espèce, désignée communément sous le nom de Tamenaka
est répandue dans le domaine forestier oriental, du bassin de la Fanambana
(Sud de Vohémar) au Nord, jusqu’à Fort-Dauphin au Sud, et des forêts
littorales jusqu’à une altitude de 500-600 m.
Hirtella cerebriformis R. Cap., sp. nov.
H. tamenaka R. Cap. species affinis, sed differt inflorescenliis dense pubescentibus ,
semble extra ruminato , florum sepalis cochlearibus, staminibus antheris multo majoribus.
Type : 12920 S.F., forêt de Vohibola, Tampina (Ambila-Lemaitso), Madagascar
(holo-, P!; iso-, TAN! herb. C.T.F.T.).
10175 S.F., Analamafana, Mananjary; 5863 S.F., Ambila-Lemaitso; 16622 S.F.
et 16931 S.F., forêt sur sable, Tampolo, Fénérive; 14668 S.F., Ambodimanary, Ambaty
(Nosy-Varika); R. Capuron 28026 S.F., forêt sublittorale sur sable, Ambila-Lemaitso;
R. Capuron 18165 S.F., Tampolo, nord de Fénérive; Rajanaparany, 9154 R.N., Vohi-
mangitra, Ambodiriana (Tamatave).
Hirtella cerebriformis est un arbre de taille moyenne, atteignant 8-15 m
de haut, parfois un peu plus, à écorce rugueuse. Les rameaux jeunes sont
couverts d’une pubescence apprimée caduque. Les feuilles sont simples,
obtuses, entières, persistantes, à limbe coriace, glabre, ou un peu pubescent
à la base, face inférieure, sur la nervure médiane, obovale ou obovale-
elliptique ou largement elliptique, atteignant 5,5-7,5 (10) cm de long sur
2,5-4 (6) cm de large, arrondi ou un peu rétus au sommet, en coin à la base
et un peu décurrent sur le pétiole ou, plus rarement, arrondi à subcordé,
portant face inférieure, quelques pustules glanduleuses, difficilement visibles
(peut être même parfois absentes). La nervure médiane est plane sur le
dessus, saillante dessous; les nervures secondaires sont au nombre de
12-15 paires saillantes dessous; le pétiole est robuste, en général court,
4-7 mm (pouvant atteindre 15 mm), pileux à l’état jeune puis glabrescent,
pouvant porter quelques glandes dans sa partie supérieure, aplati, ridulé
transversalement dans sa partie inférieure, portant à sa base 2 petites
stipules soudées entre elles en coupe, protégeant le bourgeon.
Inflorescences axillaires ou terminales, en panicules de cymes, assez
denses, plus courtes que les feuilles (ou de longueur sensiblement égale).
Axe de l’inflorescence, pédicelle densément pubescents; pédicelles très
courts (1-1,5 mm) élargis au sommet en coupe; bractées deltoïdes, petites
(2,5 mm de long), obtuses, caduques. Fleurs petites (4 mm de long) un peu
irrégulières, hermaphrodites; coupe réceptaculaire infundibuliforme, peu
profonde, tomenteuse à l’intérieur; sépales 4, insérés sur le bord de la coupe,
épais, cochleiforme, arrondis au sommet, ciliés sur les bords, de 2-3 mm
de long, glabres ou un peu pubescent extérieurement à la base. Pétales 5,
assez épais, très caduques, largement ovales, de 4 mm de long sur 2,5-
Source : MNHN, Paris
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2,7 mm de large, un peu concaves, arrondis au sommet, rétrécis brusque¬
ment à la base en un très court onglet, ciliolés sur les bords; étamines et
staminodes soudés en couronne par la base de leurs filets, insérés au bord
du réceptacle; étamines fertiles 7, placées du côté de l’ovaire, un peu plus
longuement soudées à leur base, 3 centrales rapprochées, ayant de part
et d’autre un groupe de 2 étamines (mais ceci n’étant pas constant, des
staminodes pouvant s’intercaler entre les 2 étamines extrêmes), filet glabre,
rétréci au sommet, de 3 mm de long, anthère dorsifixe, suborbiculaire,
en fer à cheval, de 1-1,2 mm de long sur 1 mm de large, à déhiscence longi¬
tudinale introrse; staminodes 8, réduits à 8 dents aciculaires irrégulières,
courtes, occupant le côté de la coupe réceptaculaire opposé aux étamines
fertiles. Ovaire excentré et inséré d'un côté de la coupe réceptaculaire,
pileux, uniloculaire, contenant 2 ovules basilaires, collatéraux, ascendants;
style gynobasique longuement pileux à la base; stigmate terminal, petit.
Fruit : drupe globuleuse à surface bosselée, glabre, de 3-4 cm de diamètre,
péricarpe coriace pileux sur sa face interne.
Cette espèce rappelle H. tamenaka par l’aspect général des rameaux
feuillés; mais elle se distingue aisément par les caractères floraux, la pilosité
des inflorescences, et la graine à surface ruminée. Les malgaches appellent
ces 2 espèces du même nom : Tamenaka.
C. — SUR DEUX ESPÈCES NOUVELLES DU GENRE NEONAUCLEA Merr.
(RUB1ACEAE)
Neonauclea foveolata R. Capuron, sp. nov.
Arbor ad 25-30 m alla, trunco in diam. 0,80-1 m. Rami apice in acumen e stipulis
involutis ullimi foliorum jugi constante producli. Folia opposita, petiolo 1-2,5 cm longo,
supra canaliculato, lamina integra, ovali vel ovali-elliptica, 5,5-10,5 cm longa, 2-5,5 cm
lata, basi rotundata vel cttneata, apice in aciem attenuata, glabra vel pagina inferiore pilis
parvis munira; nervo principi subtus prominenti, nervis secundariis 10-12 jugis; stipulis
longis angustis, statu novo una circum alteram involutis.
Inflorescentiae axillares, solitares, capitatae. Capitula per anthesin in diametro ad
20 mm, statu novo bractea apicidata caduca circumdata ; pedunculo 1-1,5 cm longo ; floribus
inter se liberis, apice inflato piloso pedunculi insertis, 4-5-meris ; corallae tubo extra glabro,
ovarii loculis 5-10-ovulatis ; fructu capsulari in valvis-4-dehiscenti ; seminibus mini mis,
alatis, ata basi bifida, apice aculeata.
Type : R. Capuron 3002 S.F., gorges de la Maevarano, en amont du lieu-dit Ambato-
afo. Centre Nord de Madagascar (holo-, P!; iso-, TAN! herb. C.T.F.T.).
H. Humbert 25383, localité du type; 7082 S.F, Andrambovato, Tolongoina, Fort-
Carnot.
Le Neonauclea foveolata R. Cap. est un grand arbre pouvant dépasser
30 m de haut. L’écorce du tronc est brun-foncé extérieurement, écailleuse-
fissurée; l’épaisseur de l’écorce atteint 2 cm; sur tranche, sa moitié externe
(rhytidome exclu) est de teinte rosée, tandis que sa moitié interne est jaune
clair. Les rameaux et les feuilles sont glabres ou portent parfois (les feuilles
sur les pétioles ou à leur face inférieure) des poils courts, très petits, à
Source : MNHN, Paris
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PI. 3. — Neonauclea foveolata R. Cap. : 1. rameau en fleurs x 2/3; 2. ouverture d'une domatic
x 3; 3. deux domaties vues à la face supérieure du limbe x 3; 4, section transversale du
limbe à hauteur d'une domatie x 10 ; 5, section transversale des stipules enroulés l’un
autour de l’autre x 12; 6. spathe entourant une jeune inflorescence x 3; 7, section longitu¬
dinale d’une inflorescence (2 fleurs seulement figurées) x 8; 8. 8', étamine (lace interne et
externe) x 15; 9.9’, tête stigmatique face et profil x 15; 10. section longitudinale de l’ovaire
15; 11, 11'. un placenta portant 6 ovules vu du côté externe et du côté de son insertion
■ 30; 12, capsule au début de sa déhiscence x 8; 13, capsule ouverte x 8: 14 et 15,
deux graines x 15; 16, graine débarrassée de son aile x 30; 17, graine, embryon mis à nu
Source : MNHN, Paris
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peine perceptibles à l’œil nu. Les rameaux aoûtés sont brun-clair, tachetés
de nombreuses lenticelles plus claires. Ils portent à leur sommet un organe
en forme d’ergot, de couleur rouge pourpre sur le vif, constitué par les
stipules de la dernière paire de feuilles. Feuille à pétiole souvent lavé de
rouge à la base, limbe ovale ou ovale-elliptique, à plus grande largeur
généralement en-dessous du milieu, à base arrondie ou en coin plus ou
moins ouvert mais se raccordant au haut du pétiole sous un angle aigu,
sommet atténué en pointe plus ou moins aiguë; limbe cassant sur le frais,
quoique peu épais, vert luisant et foncé dessus, plus clair dessous, devenant
rouge chez les vieilles feuilles prêtes à tomber; nervure principale jaunâtre
dessus, plus claire que le limbe; nervures secondaires fines, également
plus claires que le limbe; à leur aisselle et, plus rarement, sur leur parcours,
elles portent des domaties, boursouflées à la face supérieure de la feuille,
s’ouvrant à la face inférieure par un petit orifice.
Inflorescences en têtes sphériques, axillaires, solitaires, porté par un
pédoncule glabre. Fleurs semblables à celles de VAdina microcephala
(Delile) Hiern, libres entre elles ; 4-5 mères ; tube de la corolle glabre extérieure¬
ment; loges ovariennes contenant chacune 5-10 ovules; fruits capsulaires
s’ouvrant en 4 valves; graines minuscules, entourées d’une aile membra¬
neuse, bicornue à la base en pointe aiguë au sommet.
Neonauclea macrostipula R. Cap., sp. nov.
A praecedenli specie differl foUorum lamina majore ( 10-20 cm) et slipulis statura
magnis ( 25-45 mm longis, 20 mm laris), apice rotundatis , in alabaslro haud involulis. infto-
rescentia in capilulo 25-40 mm in diam. disposita. pedunculo 6-8 cm longo.
Type : 10098 S.F., Andrambovato, Fort Carnot, Madagascar (holo-, P!; iso-, TAN!
herb. C.T.F.T.).
Nous n’avons pas de renseignements, quant à la taille atteinte par
cet arbre. Les extrémités des rameaux sont un peu aplatis, à écorce jaunâtre,
lisse. Les feuilles sont à limbe glabre, elliptique ou ovale-elliptique, de
10-20 cm de long sur 6-12 cm de large, obtus parfois subapiculé au sommet,
en coin à la base et faiblement décurrent sur le pétiole; la nervure médiane
est canaliculée sur la face supérieure, fortement saillante face inférieure,
les nervures secondaires sont au nombre de 8-10 paires, saillantes dessous,
portant à leur aisselle une domatie, s’ouvrant face inférieure par un petit
orifice pileux (des domaties peuvent aussi exister à l'aisselle des nervures
tertiaires); pétiole glabre, canaliculé dessus, de 1,6-3 cm de long; stipules
libres, en lame foliacée ovale, arrondie au sommet glabre, très caduque,
cicatrice interpétiolaire bien visible. Inflorescences en capitules sphériques,
solitaires, axillaires; pédoncule robuste portant 1 ou 2 paires de bractées
opposées, glabre ou pubescent au sommet et sous les bractées. Fleurs libres
entre elles, très nombreuses, insérées sur le sommet élargi densément pileux
du pédoncule, 5-mères; calice à pubescence apprimée externe et interne,
à lobes linéaires, un peu élargis subspatulés, arrondis et épaissis au sommet;
Source : MNHN, Paris
— 386
corolle de 7-8 mm de long à tube glabre extérieurement, portant quelques
rares poils intérieurement dans la partie supérieure, à lobes pubescents
sur les 2 faces, épaissis et carénés sur le dos; anthères subsessiles, insérées
au sommet du tube, faiblement exsertes, apiculées au sommet, sagittées
à la base; style longuement exsert à stigmate capité; ovaire à 2 loges à
10-15 ovules, bicornus à la base; fruit non vu.
Les Neonauclea comme beaucoup de Nauclées sont appelés par les
malgaches : Molopangady, Valompagady ou Valotra.
D. — COMBINAISONS ET SYNONYMIES NOUVELLES
Alleanthus greveanus (Bail!.) R. Cap., comb. nov.
— Ampalis greveana Baill. in Grandidier, Hist. Madag., Plantes, tab. 293 A, ic.
tantum (1891).
— Chlorophora greveana (Baill.) Leandri, Mém. Inst. Sci. Madag. sér. B, 1 : 18 (1948).
— Madura greveana (Baill.) Corner, The Gardener's Bull. Singapore, 19 : 237 (1962).
— Chlorophora humberti Leandri, Mém. Inst. Sci. Madag., sér. B, 1 : 20 (1948).
— Maclura humberti (Leandri) Corner, The Gardener's Bull. Singapore, 1. c.
D. Normand, étudiant l’anatomie du bois du Chlorophora greveana
(Baill.) Léandri, avait émis des doutes quant à l’appartenance de cette
plante au genre Chlorophora. De fait, par ses caractères floraux (fleurs
petites, cachées par de grandes bractées, pièces du périanthe soudées et
formant une sorte d’utricule autour de l’ovaire), il est préférable de rattacher
cette plante au genre Alleanthus Thw. Corner, dans son étude sur la classi¬
fication des Moracées, se basant sur le rattachement de ces plantes mal¬
gaches, au genre Chlorophora par J. Léandri et considérant Chlorophora
comme une simple section de Maclura, les avaient placées dans ce dernier
genre. Dans ce même travail, il fait de Alleanthus une section de Brousso-
netia. Pour notre part, nous avons estimé qu’il n’y a pas d’intérêt à regrouper
dans un genre, des plantes que l’on conserve cependant dans une section
distincte, et nous préférons garder à Alleanthus son rang de genre.
Léandri, dans sa flore des Moracées de Madagascar décrit 2 Chloro¬
phora. Nous ne pensons pas pouvoir le suivre, les caractères distinctifs
retenus (forme et taille des feuilles, formes des syncarpes) nous paraissant
de faible valeur. Nous réunissons donc Chlorophora humberti à Alleanthus
(Chlorophora) greveanus.
Sloanea rhodantha (Bak.) Capuron, comb. nov.
— Etaeocarpus rhodanthus Bak., Journ. Linn. Soc. 20 : 107 (1883).
— Etaeocarpus quercifotius Bak., 1. c. : 108.
— Etaeocarpus dasyandrus Bak., I. c. : 108.
— Etaeocarpus rhodanthoides Baill., Bull. Soc. Linn. Paris 1 : 560 (1886).
— Etaeocarpus quadrilobus Jum. et Perr., Rev. Gen. Bot. 24 : 324 (1912).
— Echinocarpus rhodanthus (Bak.) Schltr., Engl. Bot. Jahrb. 54 : 147 (1916) in obs.
Source : MNHN, Paris
— 387 —
Nous avons réuni en une seule, plusieurs espèces qui avaient été dis¬
tinguées par les précédents auteurs. L’espèce telle que nous la concevons
présente certes des variations d’aspect assez considérables, mais ces varia¬
tions n’intéressent que l’appareil végétatif : forme des feuilles, pubescence.
Les caractères des fleurs (sauf quelques variations affectant uniquement
les découpures des pétales) et des fruits sont constants. Les aires occupées
par les diverses espèces se superposent. Aussi pensons-nous qu’il est pré¬
férable, de considérer les Sloanea malgaches comme les représentants
d’une seule espèce. Tout au plus, croyons-nous pouvoir pour le moment
distinguer 2 variétés :
var. rhodantha, groupant les formes à feuilles glabres ou glabrescentes;
var. dalechampioides (Bak.) R. Cap., stat. nov.
— Elaeocarpus dalechampioides Bak., Journ. Linn. Soc. 22 : 452 (1887).
Dans cette variété prennent place les individus à feuilles nettement
poilues et à base du limbe souvent nettement arrondie ou un peu en cœur.
Cette variété est basée sur E. dalechampioides Bak.
E. — ÉTABLISSEMENT D’UNE ESPÈCE NOUVELLE DE BATHIORHAMNUS
(RHAMNACÉE)
Bathiorhamnus cryptophorus R. Cap., sp. nov.
Frutex vel arbor ad 15 m alla ; ramulis puberulis ; foliis altérais décidais, peliolalis
( 6-12 mm) ; lamina membranacea ovalo-elliptica vel elliptico-lanceolata, marginibus dentalis,
basi rotundata vel obtusissima, apice rotundata vel obtusa, nervis 3, lateralibus laminae
apicem attingentibus ; nervis secundariis numerosissimis. Flores fere B. louveli in fasciculos
axillares 1-4-floros. Fructus 1,3 cm diam.
Type : 10897 S.F., galerie forestière de la Mangatsiaka, canton d’Amboasary,
dt. d'Ambovombe, Madagascar (holo-, P!).
Ouest : s.n. R.4, forêt de l’Antsingy, aux environs de la clairière d’Adiriana (piste
Antsalova-Tsiandro). — Sud-Ouest : 7763 S.F., route de Manombo à Tuléar; 7848 S.F.,
escarpements calcaires dominant la rive gauche de I’Onilahy, en face de Saint-Augustin;
Poisson 2° voyage n° 195, Anaialava, à 10 km environ en aval de Tongobory; 8491 S.F.,
berges de la Mangatsiaka, à Ranomainty (à l’Ouest de Bevilany, route d’Amboasary
à Ranopiso).
Arbre pouvant atteindre 15 m de hauteur et 0,04 m de diamètre, à
écorce profondément crevassée. Rameaux feuillés grêles (1-1,5 mm de
diamètre) finement pubérulents grisâtres, les rameaux défeuillés demeurant
assez longtemps pubérulents. Stipules triangulaires aiguës, petites (1 mm
de long), pubérulentes, caduques. Feuilles caduques, alternes, pétiolées.
Pétiole pubérulent, long de 6-12 mm, très légèrement renflé vers son sommet.
Source : MNHN, Paris
— 388 —
Limbe membraneux, très finement ponctué pellucide, ovale-elliptique ou
elliptique-lancéolé (2,8-7 x 1,4-2,7 cm), environ 2 à 3,5 fois plus long que
large, à plus grande largeur vers le tiers inférieur, à base arrondie ou très
obtuse, à sommet arrondi ou obtus. Limbe pubescent hérissé sur les 2 faces,
plus densément à la face inférieure qui est douce au toucher. Marges très
finement denticulées, les dents parfois obsolètes et alors marges subentières.
Feuilles trinerves, les nervures latérales se séparant de la médiane un peu
au-dessus de la base, courant à peu près à mi-chemin entre la nervure princi¬
pale et les marges, atteignant tout à fait le sommet du limbe. Nervure
principale et latérales très finement en creux à la face supérieure, saillantes
à la face inférieure où elles sont de teinte plus foncée que le limbe. Une
domatie à l’aisselle de chacune des nervures latérales, faisant une nette
saillie à la face supérieure du limbe. Nervures secondaires très fines et très
nombreuses, très finement saillantes à la face supérieure, non ou à peine
visibles en dessous. Cymes axillaires, sessiles, 1-4 flores. Fleurs pubéru-
lentes sur le pédicelle et la face externe du calice. Pédicelles grêles, longs
de 3-4 mm environ. Bractées très petites, triangulaires, pubérulentes gri¬
sâtres. Fleurs hermaphrodites, d’environ 6 mm de diamètre. Sépales munis
de quelques points translucides, triangulaires, d’environ 1,5-2 mm de large
à la base et 1,8-2 mm de hauteur, fortement carénés sur leur face interne,
la carène s’élargissant brusquement vers la base du sépale. Pétales longs
de 1,5 mm environ, dont la moitié pour l’onglet bien plus étroit que la
lame pétalaire proprement dite, celle-ci hémicirculaire brusquement rétrécie-
tronquée sur l’onglet. Quelques poils sur la face dorsale de l’onglet et la
ligne médiane dorsale du pétale. Étamines (oppositi-pétales) un peu plus
longues que les pétales à l'anthèse, à filets larges à la base, se rétrécissant
vers le haut. Anthères ovales très brièvement apiculées au sommet dans
le bouton, longues d’environ 0,8 mm. Disque glabre, pentagonal, ses
angles légèrement échancrés par la base des étamines et des pétales. Ovaire
profondément enfoncé dans le disque à 3 loges uniovulées. Style conique,
court (1 mm), très brièvement trilobé au sommet. Fruit de 1,3 cm de diamètre
environ, subglobuleux, entouré à son extrême base par le réceptacle persis¬
tant (de 8 mm de diamètre); exocarpe mince (0,5-1 mm); noyaux de l’endo¬
carpe minces. Graines non vues à maturité complète.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (3) : 389-402. 1972.
ÉTUDES EMBRYOLOGIQUES
DANS LE GENRE CYNORKIS (ORCH1DACEAE)
par Yvonne Veyret
Résumé : Les C. ridleyi Dur. et Schinz., C. ampullacea H. Perr. et l’hybride présumé
C. lUacina x C. ridleyi H. Perr. sont apomictiques autonomes absolus. L'archéspore
est la CMM; elle avorte ou dépasse rarement le stade dyade suivant les espèces. Ses
produits ne sont pas fonctionnels. L'embryonie est soit nucellaire, soit omnisaccale
diploïde; ce dernier mode est nouveau.
Summary : C. ridleyi Dur. et Schinz., C. ampullacea H. Perr. and the presumed
hybrid C. lilacina x C. ridleyi H. Perr. are obligate autonomous apomicts. Archespore
is the MMC; generaly is aborls or give rise to dyad cells according to the species. Its
Products are not functionnal. Embryony is nucellar or omnisaccal diploid; this last
modality is new.
Le genre Cynorkis groupe actuellement environ 140 espèces; l'une
d’elles est asiatique, un petit nombre se rencontrent en Afrique tropicale
et australe, les autres sont spéciales à la région malgache : Madagascar,
Comores, Mascareignes, Seychelles; mais la majorité sont endémiques
de la Grande Ile.
Ces espèces sont réparties dans 6 sections suivant le nombre de viscidies
et diverses caractéristiques du rostellum. Les espèces présentement étudiées
appartiennent toutes à la première section du genre, qui rassemble plus
de la moitié des Cynorkis, mais elles y sont classées dans des groupes
différents : le C. ridleyi Dur. et Schinz. dans le premier, le C. ampullacea
H. Perr. dans le troisième, l’hybride présumé C. lilacina x C. ridleyi a
le premier de ses parents dans le deuxième groupe.
Chez toutes ces espèces le mode de reproduction asexué était évident
avant d’en avoir la preuve microscopique; en effet le pollen peut être
avorté ou les pollinies rester en place et le stigmate ne porter aucune trace
de pollen; malgré cela elles développent des ovules pourvus d’embryons.
Dans tous les cas l’apomixie est autonome et absolue mais les modalités
de la reproduction apomictique présentent des différences suivant ces
espèces et en conséquence nous examinerons celles-ci successivement.
Source : MNHN, Paris
— 390 —
C. ridleyi Dur. et Schinz
Le C. ridleyi est décrit par H. Perrier de la Bathie comme étant
« très variable quant à la forme du lobe médian du labelle qui peut être
orbiculaire, largement flabelliforme, obréniforme, largement ovale ou
même étroitement oblong, et denté-crénelé ou échancré-apiculé au bord
antérieur ».
Le mode de développement apomictique de l’embryon dans les 4 formes
que nous avons observées, est particulièrement évident lorsque le pollen
est avorté, ce qui est le cas dans 2 de celles-ci. Parmi ces 4 formes, 3 poussent
côte à côte en sous-bois d’Eucalyptus dans la réserve de l’Angavokely,
près de Tananarive; nous les numéroterons de 1 à 3; la 4 e provient de la
forêt primaire de la Montagne d’Ambre, au nord de l’île. Pour toutes la
floraison a lieu en septembre.
Le n° 1 a une feuille petite, courte, résiliée de vert plus clair, à limbe
horizontal. Le lobe médian du labelle est cordiforme; l’appareil pollinaire
est apparemment normal.
Le n° 2 présente 1 à 2 petites feuilles d’un vert foncé en-dessus,
pourpre en-dessous. Le lobe médian du labelle est plus large que long,
tronqué-crénelé à son extrémité; les pollinies sont entières.
Le n° 3 ne possède qu’une feuille, finement maculée de blanc, princi¬
palement de part et d’autre de la nervure médiane sur la face supérieure
de la feuille, dressée. Le lobe médian du labelle est de forme générale
triangulaire, à extrémité obtuse, 2,5 fois plus long que large en son milieu.
Le pollen est avorté.
Le n° 4 est une plante beaucoup plus grande que les précédentes,
à 2 feuilles dressées, régulièrement et finement tachetées de blanc. Le lobe
médian du labelle est arrondi-crénelé, pourvu lui-même d’un court lobe
médian tronqué-crénelé. Le pollen est avorté.
La planche 1 représente la fleur et le labelle de ces différentes formes.
Nos examens microscopiques ont plus spécialement porté sur le n° 3
et la majorité des microphotographies se rapportent à cette forme (PI. 2
et 3, fig. 1 à 5).
La cellule archésporiale atteint une certaine taille, mais elle ne se
divise pas et présente très rapidement des signes de dégénérescence. Pendant
ce temps 1 ou 2 cellules de l’épiderme nucellaire s’accroissent considérable¬
ment de taille et l’on pourrait penser que ce sont les initiales d’embryons
adventifs nucellaires comme on l’a déjà constaté chez diverses plantes
depuis fort longtemps, parmi elles les Orchidaceae : Nigrilella nigra Reichb. f.
(K. Afzélius), Zeuxine sulcata Lindl. (K. N. Seshagiriah, B. G. L. Swamy)
et Cynorkis lilacina Ridley (Y. Veyret); mais les embryons développés
aux dépens de ces initiales ne sont pas orientés comme des embryons
nucellaires qui se fixent par leur suspenseur sur l’organe dont ils sont issus.
Au contraire c’est leur sommet qui se différencie sur le bord de cet organe;
et la polarité de ces embryons est ainsi la même que celle des embryons
sexués. En conséquence, nous pensons que les initiales de ces embryons
doivent en réalité être considérées comme les initiales de sacs embryonnaires
Source : MNHN, Paris
— 391 —
somatiques virtuels. Le gamétophyte demeure unicellulaire et participe
en totalité à l’édification de l’embryon. L’évolution de cellules somatiques
— généralement de la chalaze, parfois du nucelle — en initiales de sacs
embryonnaires se produit fréquemment dans les cas d’apogamogonie
présentés par les Graminées, les Composées, les Rosacées. Un tel phéno¬
mène est très souvent précédé de la dégénérescence de l’archéspore ou
de ses produits (dyade ou tétrade), et l’initiale somatique du sac embryon¬
naire engendre un gamétophyte à 4 ou 8 noyaux suivant les cas. On dit
qu’il y a aposporie somatique. Chez le C. ridleyi on retrouve la même
initiale somatique, mais elle évolue directement en embryon. Nous pro¬
posons pour désigner ce phénomène le terme d’embryonie omnisaccale
diploïde.
Les microphotographies que nous avons sélectionnées représentent
la formation de l’embryon aux dépens d’une cellule de l’épiderme nucel-
laire, par l’intermédiaire d’un gamétophyte virtuel. A cet effet, après l’im¬
portant accroissement de taille déjà signalé, la première segmentation est
transversale (fig. 4). La différenciation de l’embryon proprement dit semble
Source : MNHN, Paris
— 392 —
pl - 2 - — c ■ ndlcyi Dur. et Schinz : 1-4, formation d’initiales de gamétophytes virtuels à partir
de I épiderme nucellaire (o : archéspore; eo : embryon omnisaccal diploïde;/: funicule;
; initiale; le : tégument externe; li : tégument interne). G x 565.
Source : MNHN, Paris
— 393 —
se faire après le stade tétracellulaire par un premier cloisonnement longi¬
tudinal de la cellule apicale voisine de I’archéspore (fig. 6). Bien que très
fréquemment 2 cellules du nucelle semblent évoluer en initiales de gaméto-
phytes on ne trouve généralement qu’un seul embryon dans la graine et
même dans l’ovule; ce qui prouverait qu’une seule des initiales soit normale¬
ment fonctionnelle.
Ce phénomène est semblable dans les 4 foi mes examinées; cependant
il peut arriver dans la forme n° 4 que des embryons nucellaires se déve¬
loppent également, soit concurremment avec l’embryon omnisaccal, dans
un même ovule, soit isolément.
C. ampullacea H. Perr.
La forme du C. ampullacea examinée provient d’un lambeau forestier
du massif de l’Itremo L Elle diffère du type décrit par H. Perrier de la
Bathie par une feuille relativement plus large et des fleurs environ 2 fois
plus grandes, morphologiquement un peu différentes. C’est ainsi que le
labelle n’est pas courtement trisinué ou trilobulé, mais à lobes bien nets,
le lobe central étant plus grand que les lobes latéraux; la présence de glandes
pédiculées s'étend, de plus, sur la partie inférieure de la face supérieure
du labelle, la base de l’éperon et la face inférieure des sépales. Cette espèce
varie dans sa morphologie dans les diverses stations de l’île où nous l’avons
rencontrée; chaque variété y fleurit également à une époque de l’année
qui lui est propre. La planche 4 représente la fleur et les pièces florales de
la forme étudiée.
L’ovule de ce C. ampullacea est légèrement ébauché au moment de
l’anthèse, c’est-à-dire que l’archéspore est individualisée et que le tégument
interne commence à se former. L’ovaire continu de grossir sans qu’il y ait
pollinisation; si même on supprime les pollinies les ovules n’en pour¬
suivent pas moins leur développement. Dans le jeune ovule le nucelle est
représenté par une rangée axiale comportant en général 4 cellules enve¬
loppées par l’épiderme nucellaire. La dernière cellule de cette rangée sera
l’archéspore qui fonctionne directement comme cellule-mère des macro¬
spores. Il semblerait qu’au cours de la méiose de la CMM l’asyndèse
soit totale et que la répartition des chromosomes se fasse un peu au hasard,
d’une manière assez semblable à ce qui se produit dans certains ovules
d'Anlennaria, d'après les observations de G. L. Stebbins, et où tous, ou
la majeure partie des gamétophytes issus des macrospores réduites, périssent.
Chez le C. ampullacea les chromosomes retardataires sont fréquents et
ils peuvent parfois simuler un pont (PI. 3, fig. 7-8, PI. 5, fig. 9 et 10); le
premier cloisonnement de l’archéspore se produit souvent avant que les
chromosomes aient achevé leur migration vers les pôles (PI. 3, fig. 7-8).
1. Nous remercions nos collègues F. Friedman qui a découvert cette forme du
C. ampullacea au col d'Itremo et en a récolté des pieds à notre intention, et J. Bosser
qui a bien voulu se charger de sa détermination.
Source : MNHN, Paris
— 394 —
Source : MNHN, Paris
— 395
En fin de première division des chromosomes se trouvent isolés en dehors
des noyaux télophasiques (fig. 7 à 10). Nous avons pu compter jusqu’à
60 chromosomes au cours de la première division de l’archéspore, mais
nous préférons écrire 2 n = ca60 au cas où quelques-uns de ces chromo¬
somes petits et nombreux auraient échappé à notre observation. L’espèce
serait donc tétraploïde par rapport à quelques espèces sexuées où 2 n = ca30.
Le plus souvent une cloison sépare les noyaux engendrés par l’arché-
spore; ce sont alors de véritables dyades; parfois ces 2 noyaux se disposent
chacun à une extrémité de la cellule simulant un sac embryonnaire binucléé
(PL 6, fig. 13). Par la suite, ces noyaux ne se divisent plus et dégénèrent
assez rapidement (PI. 6, fig. 14 à 16), sauf si l'ovule n’est pas embryonné.
Dans ce cas, les produits de l’archéspore peuvent s’accroître d’une manière
relativement importante et former une polyade ayant jusqu’à 6 noyaux,
en partie cloisonnée (PI. 5, fig. 12).
Tous les embryons développés dans les ovules de ce Cynorkis le sont
à partir d’une cellule nucellaire épidermique qui peut évoluer de deux
manières différentes, soit qu’elle se transforme en initiale d’un proembryon
adventif nucellaire, soit qu’elle devienne l’initiale d’un gamétophyte virtuel
comme nous l’avons déjà décrit plus haut chez le C. ridleyi, initiale qui
se transforme directement en embryon omnisaccal diploïde. Par la suite
les embryons omnisaccaux seront munis d’un suspenseur filamenteux comme
dans les embryons sexués des Ophrydoideae (PI. 6, fig. 13 à 15), tandis que
les embryons nucellaires auront un aspect plus globuleux avec un court
suspenseur passant insensiblement à l’embryon proprement dit (PI. 6,
fig. 16). Il n’est pas toujours aisé de prévoir le devenir d’une initiale, sauf
Source : MNHN, Paris
— 396 —
PI. 5. — C. ampullacea H. Perr. : 9-11, autres aspects de la méiose de la CMM; en 10 et 11,
formation respective d’une et de deux initiales (/) de gamétophytes virtuels; 12, polyade (p).
Source : MNHN, Paris
— 397 —
PI. 6. — C. ampullacea H. Perr. : 13-15, développement d'embryons omnisaccaux diploïdes (eo) ;
16, embryon nucellaire (en); en 13, l’archéspore a engendré deux cellules dyades (d) qui
ont dégénéré dans les autres figures, G. x 565.
Source : MNHN, Paris
— 398 —
lorsque sa forme préfigure l’orientation de l’embryon qui en tirera son
origine soit directement, soit indirectement. Dans la figure 10 de la Planche 5,
l’initiale est sans aucun doute celle d’un gamétophyte virtuel comme le
laisse penser sa forme arrondie au sommet et en pointe à son extrémité. Par
contre, dans la figure 11 on ne peut encore savoir quel sera le sort des initiales.
Du côté des microspores on peut noter la présence assez fréquente
de tétrades aberrantes à plus de 5 noyaux, généralement de 5 à 6, plus
rarement 7, de taille irrégulière, certains à l’état de micronoyaux. Les
pollinies semblent d’ailleurs peu fonctionnelles; d’autre part, les sécrétions
des stigmates sont faibles et lorsqu’on tente la pollinisation peu de pollen
y adhère, dont la germination est particulièrement rare et peu vigoureuse.
Hybride présumé C. lilacina X C. ridleyi H. Perr.
Cette plante est l’ancien Microtheca madagascarica R. Schlechter.
H. Perrier de la Bathie lui a donné ce nouveau statut car il pensait que
cet état hybride et cette parenté devaient être attribués à l’ancien Microtheca
parce que ses fleurs sont « toujours stériles, à anthères avortées » d’une
part, et qu’il cohabite avec ses 2 parents présumés en quelques stations
d’autre part. Cette plante est, en effet, remarquable par l’avortement de
son appareil pollinaire; cependant, il peut arriver que quelques fleurs
présentent une pollinie plus ou moins bien développée. Un si faible pour¬
centage de pollen serait insuffisant pour assurer une fertilisation régulière
et pourtant le Microtheca fructifie régulièrement et abondamment.
Les plantes qui ont fait l’objet de nos observations embryologiques
proviennent d’un sous-bois clair d’Eucalyptus situé en bordure du chemin
qui relie la RN 2 à Ambatomena, à 30 km environ de Tananarive. Parmi
les fleurs d’une dizaine de pieds examinés aucune ne présentait de pollinies
et les examens microscopiques ont montré, ou mieux confirmé notre opinion
que cette espèce était apomictique. Elle l’est, de plus, et forcément, d’une
manière autonome et absolue.
L’apomixie se présente soit sous forme d’embryonie adventive nucel-
laire, soit sous forme d’embryonie omnisaccale diploïde, celle-ci paraissant
plus fréquente que la première. Les embryons ainsi formés suppléent au
manque de fonctionnement des spores. En effet, l’archéspore, provenant
directement d’une cellule nucellaire sous-épidermique (PI. 7, fig. 17),
n’engendre jamais plus de 2 cellules dyades (PL 7, fig. 20) dont aucune
ne sera à l’origine d’un gamétophyte femelle, et qui dégénéreront avant
la fin de l’embryogenèse. Ici aussi l’avenir des initiales est parfois difficile
à prévoir, par exemple pour celles des figures 18 et 22 des planches res¬
pectives 7 et 8. Par contre, dans la figure 20 (PI. 7), l’embryon unicellulaire
est indiscutablement nucellaire et dans la figure 19 (PI. 7) les initiales parais¬
sent être celles de gamétophytes virtuels avec leur extrémité distale en pointe.
Dans un même ovule les deux sortes d’initiales peuvent se former puisque
l’on peut y rencontrer les deux formes d’embryons ; en effet dans la figure 26
(PI. 8), on peut voir un embryon adventif nucellaire et un embryon omni-
saccal diploïde opposés par leur sommet.
Source : MNHN, Paris
— 399 —
Quant à l’origine de cette plante, si elle est de nature hybride, elle
ne peut l’être entre les espèces présumées par H. Perrier de la Bathie,
puisque toutes les formes des C. ridleyi et C. lilacina que nous avons eu
l’occasion d’examiner se sont révélées être apomictiques autonomes ab¬
solues et que l’apomixie paraît donc caractéristique de ces espèces. Comme
tous les autres Cynorkis apomictiques elle nous paraît devoir mériter
un nom d’espèce qui lui soit propre; son ancien nom devrait lui être res
titué ou plus probablement une combinaison faisant état de ses autres
dénominations 1 lui être attribuée.
Chez tous ces Cynorkis apomictiques : C. ridleyi, C. ampullacea,
l’hybride présumé C. lilacina X C. ridleyi, la sexualité est très dégradée
puisque nous avons constaté des anomalies polliniques ou l’avortement
du pollen, et une gamétogenèse femelle anormale par la méiose de l’arché-
spore, tout au moins chez le C. ampullacea, et incomplète puisque le sac
embryonnaire n’est jamais formé, la CMM ne dépassant généralement
pas le stade dyade.
Chez le C. lilacina nous avions vu, il y a quelques années, que la sexua¬
lité était légèrement moins dégradée puisqu’il peut se former 4 spores
femelles ou un sac embryonnaire bien que celui-ci atteigne rarement le
stade trinucléé. Cependant, nous ignorons la nature de la première division
de l’archéspore. Chez tous les Cynorkis apomictiques, en plus des embryons
adventifs nucellaires, on trouve soit des embryons sporiques, c’est-à-dire
formés aux dépens d’éléments issus de l’archéspore, chez le C. lilacina,
soit omnisaccaux diploïdes chez les autres connus à ce jour. La présence
des embryons sporiques pourrait, peut-être, être en rapport avec cet état
moins dégradé de la sexualité du C. lilacina.
Néanmoins il y a de fortes présomptions pour que le C. lilacina comme
les autres Cynorkis apomictiques soit de nature hybride comme peuvent
le suggérer les anomalies dans les gamétogenèses ou l’état du pollen et
le devenir de l’archéspore.
Si donc nous supposons une origine hybride pour ces Cynorkis la
variation morphologique interspécifique qu’ils présentent — il ne s’agit
pas de microformes écologiques — peut s’expliquer par ce phénomène
d’hybridation où plusieurs espèces ont pu intervenir et se recroiser. Il
n’est pas improbable aussi que les espèces aient varié avant de se croiser
comme pourrait le laisser penser la présence de diverses formes chez des
espèces sexuées comme les C. fastigiata Thou. ou C. angustipetala Ridley.
Hybridité et polyploïdie semblent donc dans le cas des Cynorkis
être les facteurs favorables à l’induction de leur état apomictique. Si l’hybri-
dité a favorisé le rassemblement des gènes nécessaires à l’apparition de
ce phénomène, la polyploïdie a pu modifier la physiologie de l’ovule si
bien que l’action première du pollen qui, chez les Orchidaceae, est celle
d’un stimulus auxinique indispensable pour parfaire le développement
de l’ovule, est ici inutile.
1. J. Bosser pense que cette espèce existe aussi à la Réunion où elle est connue
sous le nom d ’Acrostylia paradoxa Frapp., lequel est l'ancien Hemiperis fissirostris Frapp.
Mais ceci a besoin d’être confirmé.
Source : MNHN, Paris
— 403 —
PI. 7. — Hybride présumé C. lilacina x C. ridleyi H. Perr. : 17, jeune ovule (a : archéspore;
n ; nucellc; li : tégument interne); 18, ovule un peu plus âgé dans lequel une cellule de
l’épiderme nucellaire commence à se différencier en initiale d’embryon (/) ou de gaméto-
phyte virtuel; 19, deux initiales (/) bien développées et méiose de la CMM; 20, l'arché-
spore a formé les dyades (d); bon développement d’un embryon nucellaire unicellulaire
(en); entre la dyade inférieure et l’embryon nucellaire on distingue un autre embryon
dont l’origine ne peut être précisée. G x 565.
Source : MNHN, Paris
— 401 —
PI. 8. — Hybride présumé C. lilacina x C. ridleyi H. Perr. : 21, méiose de la CMM et embryon
bicellulaire omnisaccal diploïde (eo); 22, formation des dyades (</); 23, embryon omni
saccal diploïde (eo) et dyade présentant des signes de dégénérescence; 24, ovule avec deux
embryons, l’un nucellaire (en), l’autre omnisaccal diploïde (eo). G x 565.
Source : MNHN, Paris
— 402 —
Bibliographie
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Sci., sér. D, 265 : 1713-1716 (1967).
Centre O.R.S.T.O.M. de Tananarive
et Institut de Botanique, 91405 -Orsay.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (3) : 403-408. 1972.
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES CROTON
MALGACHES A GRANDES FEUILLES ARGENTÉES
par J. Leandri
Résumé : Le matériel ancien de ce groupe étant souvent incomplet, l’auteur tente
de préciser les caractères des espèces et des variétés.
Summary : The species of this group were based on poor material; the author
tries to bring more complété particulars.
Les Croton malgaches se divisent en espèces à feuilles tri-quintupli-
nerves et espèces penninerves. Les secondes ont parfois à la face inférieure
de leurs feuilles, outre des poils étoilés, d’autres poils, écailleux, qui lui
donnent un aspect brillant.
C’est cet éclat plus ou moins métallique qui devient plus prononcé
chez les espèces dont nous nous occupons ici. Ces dernières sont carac¬
térisées aussi par des feuilles de grande taille, des épis ou des grappes de
fleurs ordinairement bisexués, longs, dépassant la moitié de la longueur
des feuilles. Sur ces dernières, quand elles sont plus âgées, on voit sur la
face inférieure, outre le revêtement argenté ou doré, des points dorés ou
ferrugineux résultant de la coloration secondaire de quelques-unes des
plus grandes écailles.
Ce groupe comprend deux espèces à feuilles alternes, l’une à grappes
longues, l’autre à grappes plus courtes. Les autres ont les feuilles opposées
à l’état jeune, mais devenant souvent alternes quand les ramilles s’allongent.
Les Croton malgaches à grandes feuilles argentées ne forment pas
un ensemble homogène. Les deux espèces les mieux connues, les C. argy-
rodaphne et C. chrysodaphne, ont des fruits très différents qui ne per¬
mettent pas de les considérer comme voisines. Le C. lepidota de Maroant-
setra semble se rattacher au C. chrysodaphne, dont il pourrait n’être qu’une
variété à fleurs 3 doubles et à grappes courtes. Le C. humblotii
des Comores, le C. trichotoma de la forêt littorale orientale, et le C. verni-
cosa, qui est probablement du domaine du Centre, ne semblent proches
d’aucun des cinq autres.
Par contre, le C. argyrodaphne est certainement voisin du C. greveana
de l’Ouest, dont les fruits sont très semblables, bien que ses feuilles noir¬
cissent facilement sur le sec et ne soient pas toujours couvertes entière¬
ment par les écailles argentées à la face inférieure.
Source : MNHN, Paris
— 404 —
D’autres espèces s’écartent davantage du groupe étudié ici, par leurs
feuilles ou bien beaucoup plus petites, ou bien couvertes d’un revêtement
entremêlé de poils étoilés à la face inférieure, ou par leur limbe plus nette¬
ment ovale.
Croton argyrodaphne H. Bail).
Adansonia, sér, 1, 1 : 146 (1860); MÜll. Arg. in DC., Prodr. 15, 2 : 565 (1868);
J. Leand., Ann. Mus. Col. Marseille 5, 7 : 43 (1939).
Nous préférons choisir comme type le spécimen Richard 218. En effet,
le spécimen de Du Petil-Thouars, cité en première place par Bâillon à
cause de l’antériorité de sa récolte, diffère un peu du reste du matériel
et ne porte pas d’indication précise de provenance.
Divers spécimens incomplets indiquent que cette espèce doit se ren¬
contrer dans le Nord, le Nord-Ouest et l’Est de Madagascar.
Var. boinensis J. Leand., var. nov.
Folia iypo minora, ad basin leviter latiora, acumine muho minus lenui; nervis secun-
dariis 25-30 jugis ; margine levissime revoluta ; peliolo fere 1 /3 laminae longo ( 3-5 cm x
2-3 mm, lamina 14-18 x 5-6 cm).
Type : L. P. Schmiti 515, Ampalony (Majunga), 9-VI1I-1971 (holo-, P). Nom verna¬
culaire ; Lazalaza be.
Autre spécimen : L. P. Schmitt 593. Ankarafantsika, 24-VIII-1971. Vernaculaire :
Lazalaza.
Cette variété diffère de la var. occidentalis J. Leand. (Ann. Mus. Col.
Marseille 5, 7 : 44 (1939)), qui se rencontre au Cap Saint-André et plus
au Sud, par son limbe plus long et proportionnellement moins large.
Var. orientalis J. Leand., var. nov.
A Iypo differt foliis ad basin laminae cunealis, acumine muho minus lenui. Nervi
secundarii 18-20 jugi ; margo subrevoluta ; pet olus 3,5-4 cm longus ; lamina 15-20 x ± 5 cm.
Type : Madagascar, Service de Conservation des Bois 19160 S.F.
Intendro, près de Fénérive, Est. Fl. et jeunes fr. 9-VII-1958. Vernaculaire :
Lazalaza.
Croton greveana (« Greveanus ») H. Bail).
Bull. Soc Linn. Paris : 849 (1890); ic. in Grandidier, Hist. Madag., PI., Atlas
2 : 157 (1890); J. Leand., Ann. Mus. Col. Marseille 5 : 45 (1939).
Source : MNHN, Paris
— 405 —
Type : Madagascar, Grevé 239. Ouest (Ménabé), Bekopaka, rivière de Morondava.
Fleurs et fruits à la saison des pluies.
Var. borealis J. Leand., loc. cit.
Feuilles plus grandes; sépales ? dressés, puis persistants; loges
de l’ovaire mieux marquées.
Type : Perrier de la Bârhie 9798.
L’épithète borealis n’a peut-être pas été heureusement choisie : en
effet, le « bois rocailleux calcaire de Kamakama » n’est peut-être pas
situé dans l’Ankara de Diego, mais entre Maevatanana et Ankazobe.
D’autres variétés, représentées par des spécimens incomplets, semblent
indiquer que l’espèce s’étend à la partie Sud du domaine du Centre.
Croton chrysodaphne H. Bail).
Adansonia, sér. 1, 1 : 147 (1860); Müll. Arg. in DC, Prodr. 15, 2 : 515 (1868);
J. Leand., loc. cit. : 52.
11 est nécessaire de désigner le type de cette espèce, et de le choisir
dans la région orientale. En effet, le spécimen de Majunga récolté par
Bojer est plus pauvre et pourrait bien appartenir à une autre espèce, plus
voisine du C. argyrodaphne que du C. chrysodaphne de la région de Tama-
tave. Ses glandes pétiolaires sont moins marquées, la base du limbe et
l’acumen sont plus effilés, les nervures secondaires davantage à angle droit;
il ne rappelle la plante de Tamatave que par la présence de poils écailleux
bruns, qui peuvent exister aussi, bien que moins fortement colorés, chez
le C. argyrodaphne.
Quant à la plante récoltés par Du Petit-Thouars et citée aussi par
Bâillon, rien n’assure qu’elle provienne de Foulpointe, où Du Petit-
Thouars a séjourné quelque temps. Il est possible qu’elle provienne de
l’extrême Sud-Est, où il a été aussi. Il paraît vraisemblable que c’est une
variété ou une espèce distincte, qui se distingue par ses feuilles plus petites,
le nombre de ses nervures secondaires moitié moindre et ses glandes pétio¬
laires plus saillantes.
Nous considérons donc comme type du C. chrysodaphne le spécimen
récolté par Chapelier près de Tamatave, et nommé par ce collecteur Mon-
guia lanceolata (in sched.). Il donne pour nom vernaculaire : Zalazala,
mais en donnant aussi Lazalaza en lettres plus petites. C’est la description
manuscrite assez précise de Chapelier qui a le plus aidé Bâillon à établir
sa propre diagnose de l’espèce. En effet, le spécimen dans son état actuel
est très incomplet.
Source : MNHN, Paris
— 406 —
Croton lepidota (« Iepitotus ») Aug. DC.
Bull. Herb. Boiss. 2, 1 : 565 (1901); J. Leand., Ann. Mus. Col. Marseille 5, 7 : 49
(1939).
Type : Mocquerys 274. Madagascar, Est, forêt près de Maroantsetra.
Croton vernicosa (« vernicosus ») J. G. Bak.
Journ. Linn. Soc. Lond. : 519 (1887); H. Baill., Bull. Soc. Linn. Paris : 860 (1890);
J. Leand., Ann. Mus. Col. Marseille 5, 7 : 51 (1939).
— C. sclerodorum H. Baill., loc. cit. : 968.
Type : Baron 4735 (4935?). Madagascar, Centre. Le « Compendium » de Baron
indique : « Nord de l’Imerina », et par ailleurs : « S-E de Madagascar ».
Le type du Croton sclerodorum , qui est pourtant la même espèce,
aurait été récolté dans l’Ouest, à Ankavandra, et les récoltes modernes
paraissent provenir de localités plus méridionales.
Croton nobilis (« nobile ») H. Baill.
Adansonia, sér. 1, 1 : 148 (1860); Müll. Arg. in DC, Prodr. 15, 2 : 565 (1868);
J. Leand., Ann. Mus. Col. Marseille 5, 7 : 48 (1939).
Var. nobilis
Type : Du Petit-Thouars s.n., Madagascar (peut-être environs de Foulpointe).
Il n’y a pas de récoltes récentes qu’on puisse attribuer avec sûreté
à cette forme typique.
Var. delphinensis J. Leand., loc. cit.
Feuilles plus courtes et larges (13 x 7 cm).
Type : H. Humbert et C. F. Swingle 5742 , forêt de Manantantely, près de Fort-
Dauphin.
Ce taxon présente des boutons S anguleux, à cause des sépales
valvaires un peu révolutés. Ce caractère n’a pas été observé sur les boutons
très jeunes du type de l’espèce, qui est incomplet. Le rattachement à cette
espèce n’est pas absolument sûr.
Source : MNHN, Paris
— 407 —
Croton humblotii H. Bail!.
Bull. Soc. Linn. Paris 846 (1890); J. Leand., loc. cit. : 44.
Type : Humblot 298 (1298). Comores (probablement Mayotte d’après les indications
du catalogue de Humblot).
Var. anjuanensis J. Leand., loc. cit.
Type : Lavanchie (ou Lavanchy) s.n. Arbuste de la forêt d’Anjouan, à feuilles plus
petites que le type de la var. humblotii (12 x 4 cm), à pédicelles ? plus longs (5 mm).
Croton trichotoma (« trichotomus ») Geisel.
Crot. Monogr. : 50 (1807); Müll. Arg. in DC., Prodr. 15, 2 : 571 (1968); J. Leand.,
Ann. Mus. Col. Marseille 5, 7 : 49 (1939).
— C. pulchellus H. Baill., Adansonia, sér, 1,1 : 161 (1860).
Type : Commerson in herb. Lamarck. Madagascar, domaine de l’Est. Vernaculaire :
Fotsy avadika (« blanc quand on le tourne »).
On peut reconnaître ces espèces de la façon suivante :
1. Ovaire et jeune fruit — atténués-prolongés, subsessiles. Glandes du sommet du pétiole
peu visibles. Feuilles alternes à une vingtaine de nervures de chaque côté. Environ
10 étamines.
2. Acumen très effilé. Pétiole de 4 cm environ. Limbe argenté, pouvant devenir
tardivement piqueté-doré, ne noircissant pas sur le sec.
1. C. argyrodaphne H. Baill.
2'. Limbe légèrement ovale, atténué-aigu. Pétiole atteignant 2 cm. Limbe à reflet
verdâtre dessous, noircissant dessus sur le sec. 2. C. greveana H. Baill.
1'. Ovaire et jeune fruit non atténués-prolongés. Acumen obtus ou peu marqué. Feuilles
opposées au début.
3. Feuilles à 18-40 nervures de chaque côté. Acumen obtus au sommet. Ovaire
et jeune fruit sphériques sur un pédicelle de 1-2 cm.
4. Grappes pendantes atteignant 20 cm. Pétales 5 à la fleur <?. Environ
15 étamines. 3. C. chrysodaphne H. Baill.
4'. Grappes dressées de 4-8 cm.
5. Étamines 20-30. Limbe moitié aussi large que long. Fleur <J à 10 pétales.
Bouton <3 globuleux. Corolle 9 rudimentaire. Style à branches robustes
arrondies. 4. C. lepidota Aug. DC.
5'. Étamines 15. Corolle 9 bien développée. Limbe presque 5 fois plus
long que large. Nervures 30-40 de chaque côté de la côte principale.
5. C. vernicosa J. G. Bak.
3'. Feuilles à 10-15 nervures de chaque côté.
6. Limbe de 15-20 x 3-6 cm.
7. Feuilles à 12-15 nervures de chaque côté; presque perpendiculaires
à la côte principale, anastomosées à 2-3 mm de la marge; limbe de
15-20 x 5-8 cm, elliptique-aigu à ovale-lancéolé; acumen peu marqué,
un peu obtus au sommet. Pétiole atteignant 6 cm. Boutons <J parfois
(var.) anguleux. Étamines 20-30. 6. C. nobilis H. Baill.
Source : MNHN, Paris
— 408 —
7'. Feuilles à 10 nervures environ de chaque côté, un peu obliques et un
peu arquées, non anastomosées. Limbe ne paraissant pas dépasser
15 x 5 cm. Étamines 10. Boutons S globuleux-déprimés. Ovaire sphé¬
rique à styles 2 fois bifurqués, plus longs que l’ovaire. Pédicelle ? court
(atteignant 5 mm dans la var. anjuanensis).
7. C. humblotii H. Bail).
6'. Limbe de 10 x 2,6 cm environ. 15 nervures environ de chaque côté, presque
à angle droit, anastomosées à 2-3 mm de la marge. Pétiole de longueur
variable (2-30 mm). Glandes pétiolaires très petites. 12-15 étamines.
8. C. trichoioma Geisel.
Laboratoire de Phanérogamie
Muséum - Paris.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (3) : 409-420. 1972.
ON THE GENUS PANDANUS (PANDANACEAE)
IN NEW CALEDONIA
par Benjamin C. Stone
Abstract : A preliminary list of species, subsections, and sections in Pandanus
of New Caledonia is presented. Two new species, four new sections, and two new
subsections are described. Seventeen species are admitted, and the probable existence
of several as yet undescribed is indicated.
Field work in New Caledonia during July and August 1971, was madc possible
through the coopération of O.R.S.T.O.M. For his cordial assistance both in the field
and in the herbarium I am particularly indebted to M. Maurice Schmid, director of the
Centre « O.R.S.T.O.M. » Nouméa. Also I thank M. J. Veillon for a brief discussion
of collecting sites, M. Guy Verliere of O.R.S.T.O.M. for his companionship in the
field, Forest Officer Ernest Ajapuhnya for field assistance, M. Corbasson, Forest Service,
and H. S. McKee, Forest Service, for helpful correspondence before my visit.
The Pandanaceae of New Caledonia hâve not been revised for many
years, although Guillaumin in his Flore Analytique et Synoptique de
la Nouvelle-Calédonie (1948) presented a key to the species. The last
work of much significance was that by A. Brongniart (1875), although
one new species (P. mckeei) was published by St. John (1967) recently.
Including this, the total number of species of Pandanus recognized in
New Caledonia is 18, but among them are four which are so incompletely
known that they are extremely doubtful, and at least a few synonyms.
In the ORSTOM Herbarium (NOU) there are numerous recent collections
made over the past few years by the staff of that organization and other
collectors. Among these specimens several are clearly undescribed species.
Some of these hâve manuscript (unpublished) names as a resuit of being
studied by Prof. H. St. John, of the B.P. Bishop Muséum, Honolulu.
Apart from these are some which were still unnamed and unclassified
at the time of my visit. Two such species are herein described.
Brongniart’s pioneer study (1875) recognized two généra within
what is now generally considered the single large genus Pandanus. He
based his genus Barrotia on the concepts of Ch. Gaudichaud, but modified
Gaudichaud’s intent by incorporating several New Caledonian plants,
Source : MNHN, Paris
— 410 —
evidently unknown to, or at least not included by Gaudichaud. Bron-
gniart also accepted the genus Bryantia Webb in Gaudich. and extended
it to include two New Caledonian species. These two généra, in Bron-
gniart’s sense, cannot be maintained, but are useful at the sectional level.
These, as well as some new infrageneric taxe, are discussed below.
PANDANUS
1. Sect. LOPHOSTIGMA (Brongn.) Warb.
The species pertaining to this section, from New Caledonia, are:
P. viscidus, P. oblongus, P. clandestinus sp. nov., and P. verecundus sp. nov.
Three other species, P. aragoensis, P. sphaerocephalus, and P. serpentinicus,
also belong here but form a subsection of their own described below.
Subsect. LOPHOSTIGMA
1. Pandanus viscidus (Brongn.) Solms
Linnaea 42 : 54 (1878).
— P. viscidus Pancher MS in herb., nom. nud. ex Brongniart, Ann. Sci. Nat., ser. 6,
1 : 287 (1875); nom. nud. ex Balf. f„ J. Linn. Soc. Bot. 17 : 65 (1878). (July 31).
— Bryantia ( Lophostigma ) viscida Brongn., loc. cit. (1875).
This is selected as lectotype of Sect. Lophostigma.
There is a difficulty in ascertaining the correct authority for the binomial.
Solms explicitly made a combination under the generic name Pandanus,
so T hâve cited Solms as author of the combination. However, Balfour
fil. also published the name as “ 53. P. viscidus Panch. in herb. ” and cited
Brongniart’s paper. Balfour’s publication is dated 31st July, 1878;
Solms’ paper is mentioned by Balfour, who gives at the end of his paper
a Postscript, dated April 1878, in which he States: “ Since the foregoing
list was laid before the Society, Count Sohlms (sic) Laubach has published
(Linnaea xlii.l.February 1878) his ” Monographia Pandanacearum ”.
This appears to give the date of priority to Solms, although on the title-
page the 42nd volume of Linnea reads “ Berlin 1878 u. 1879 ”. In any
case, Balfour fil. did not explicitly make a new combination but merely
cited Pancher’s unpublished name under Pandanus. Therefore it seems
fairly clear that Solms is author of the transfer of the epithet which first
was published by Brongniart under Bryantia.
2. Pandanus oblongus (Brongn.) Solms
Linnaea 42 : 55 (1878).
— Bryantia (Lophostigma) ohlonga Brongn., Ann. Sci. Nat., ser. 6, 1 : 288 (1875).
— P. minda Panch. in herb.; non Vieillard, in PI. ut. Nouv.-Caled. 24, (fide
Brongniart).
Source : MNHN, Paris
— 411 —
PI. 1. — Pandanus clandeslinus B. C. Stone : Leaf apex, adaxial surface (left); leaf segment
from)midregion of leaf, abaxial surface (Iower centre); portion of cephalium apex, some
drupes removed, to show apex of réceptacle with polygonal scars (upper centre); drupes
in profile, longitudinal section, transverse section through endocarp, and top view (Iower
right); diversity of stigma shapes (upper right). (After holotype.)
Source : MNHN, Paris
— 412 —
The same reasoning as followed in the discussion above appears to
disclose Solms as the correct author of the combination of this epithet
under Pandanus, although he uses the form “ P. oblongus Brongn. ” which
is incorrect. Again, Balfour fil. (loc. cit., p. 54, appears also to make the
combination but by his own account he had already seen Solms’ paper,
although too late to add citations in the main body of his text. Whether
or not Pandanus minda Panch. has been published validly (outside syno-
nymy) and whether this is different from P. minda Vieill. are matters as yet
unsolved.
3. Pandanus clandestinus B. C. Stone, sp. nov. (Sect. Lophostigmà).
fig. 1, 2.
A. P. oblongo valcle affinis, sed cephaliis drupisque minoribus.
Arbor minor erecla, trunco ad 5 cm diametro, basi radicibus aereis paucis brevibus
ad 30 cm longis instructo. Folia linearia, ad 220 cm longa, 6 cm lata, apicem versus attenuata
acuta; pagina superior (in sicco) minute reticulata, pagina inferior striatulo-venulosa,
venis inter se c. 0,5 mm separatis (106-/08 in loto); marginibus serrulato-denticulatis,
dentibus antrorsis ; basi dentibus vix 2 mm longis, 2-8 mm sese separatis ; in parte media
dentibus minoribus congestioribusque, ad 1 mm longis et 1-2 mm sese separatis; apicem
versus dentibus 0,5-0,7 mm longis, vix 1 mm sese separatis. Foliorum apices plicis binis
denticulatis per spatiam longam (30-40) cm, dentibus c. I mm longis 2-6 (vel plus) mm sese
separatis quam dentibus marginorum adjacenti paullo robustioribus. Costa media basi dorso
inermis; in parte apicali minute denticulata, dentibus antrorsis appressis vix 0,33 mm
longis, 2-5 mm sese separatis; apicem versus, quam dentes marginorum adjacenti minus
congestioribus sed ± aequilongis. Inflorescentia fœminea (tantum nota) terminalis solitaria;
cephalium oblongum subtrigonum c. 20 cm longum et 9,5-10 cm latum, e drupis c. 1000
omnibus unilocularibus compositum. Pedunculus c. 1-2 cm laïus et 20-25 cm longus, apice
incrassato subtrigono. Spathae interiores c, 25-30 cm longae et 10 cm latae, ovato-navicu-
lares; exteriores foliaceae. Receptaculum c. 17-17,5 cm longum. Drupae 28-30 mm longae,
7-11 mm latae, 5-6-angulatae, truncato-fusiformae vel subclavatae, in tertia parte apicali
liberae ; pileo inconspicue demarcato c. 1 cm longo, apice truncato-pyramidalo cum areola
3x3 mm; stylo proximale horizontale 1-2 x 2 mm, irregulariter deltoideo vel truncato;
stigmate ovato-rhomboideo nigro c. 2 x 2 mm, paullo infra rostram silo. Pericarpium
tenuum. Mesocarpium superum 5-7 mm altum cavernoso-fibrosum ; inferum 6-8 mm longum
fibrosum. Endocarpium in parte tertia media drupae, uniloculare, pariete c. 2 mm crasso ;
loculo vix 4 mm lato, 6-7 longo. Semen c. 6-7 mm longum endospermio albo.
Holotypus : New Caledonia : Mt Pâmé, c. 350 m. altitude, forêt humide et dense,
sol humifère, 21 septembre 1970, J. M. Veillon 2290 (O.R.S.T.O.M.-Nouméa).
Endémie ; know only from the type.
This species has drupes intermediate in size between those of Pandanus
oblongus (Panch. ex Brongn.) Balf. f. and P. verecundus B. C. Stone, des-
cribed herein. It is clearly a member of Sect. Lophostigmà.
4. Pandanus verecundus B. C. Stone, sp. nov. (Sect Lophostigmà).
fig. 3.
P. oblongo (Panch. èx Brongn) Balf. f. valde affinis, differt foliis, cephaliis, drupisque
sat minoribus.
Arbuscula trunco brevi usque ad 7-10 cm diametro, ramis paucis, cortice griseo-albo.
Source : MNHN, Paris
— 413 —
Source : MNHN, Paris
— 414 —
Truncus basi radicibus aereis brevibus 20-30 cm longis instructus. Folia linearia 80-240 cm
longa, 2-4 cm lata, basi rubicunda, apice longe attenuata acutissima ; marginibus minute serru-
lato-denticulatis, dentibus parvis vix 0,5 mm longis antrorsis, 0,5-3 mm sese separatis;
apicem versus congestioribus minoribusque ; Costa media dorso basi per spatiam longam
( 40-80 cm) inermis deinde in parte apicali minutissime denticulata dentibus valde appressis
vix 0,5 mm longis, 1-3 sese separatis. Apex foliae supra biplicato plicis binis dense denti-
culatis, dentibus antrorsis c. 0,3 mm longis et 1-5 mm sese separatis. InfiorescenVa foeminea
terminalis solitaria pedunculata, pedunculo ad 15 {-20) cm longo. Inflorescentia mascula
ignota. Cephalium oblongum subtrigonum maturitate c. 20 cm longum, 7 cm latum, e drupis
c. 500 compositum. Spathae exteriores c. 50 cm longae, 5 cm latae, foliacese ; interiores navi-
culari ovato-lanceolatae chartaceae, 22 cm longae, 6 cm latae, vel minores. Drupae omnes
uniloculares, oblongae 5-6-gonae truncatae, maturitate 17 mm longae, 6-9 mm latae, pileo
3-4 mm alto, truncato-pyramidato, in vertice areolato, areola 5-6-angulata applanata
paullo depressa, c. 4-5 x 3-3,5 mm. Stylus brevis proximalis 1-1,5 mm latus, stigmate
nigro 1-1,5 mm lato, infra rostram silo. Mesocarpium superum brevissimum vix 1,5 mm
altum fibrosum; inferum 4-5 mm longum fibrosum. Endocarpium magnam partem drupae
occupons, apice truncatum uniloculare, densiter osseum, ferrugineum, pariete 1,2-1,8 mm
crasso. Semen c. 8 x 3 mm endospermio albo.
Holotypus : New Caledonia : Port Boisé, au Sud du Pic, maquis fourré à Gymno-
stoma deplancheana, sur péridotite, sol à cuirasse. Stipe 7-8 cm de diamètre, peu ramifié,
écorce blanchâtre; racines échasses 20-30 cm; feuilles à 150 x 4 cm, base légèrement
rougeâtre; inflor. 20 x 7 cm. 5 octobre 1970. J. M. Veillon 2188 (Herb. O.R.S.T.O.M.
du Nouméa).
Additional specimen : Pic du Pin vers Sud, bords du Lac, 260 m d’altitude, forêt
dense, sol avec blocs de cuirasse; stipe court, 10 cm de diamètre, peu ramifié, feuilles
240 x 3,5 cm, syncarpe 17 x 7 cm dressé. 6 Aug. 1970. J. M. Veillon 2182 (Herb
O.R.S.T.O.M. du Nouméa).
This remarkably distinct small species of Sect. Lophostigma is most
closely related to the newly described P. clandestinus, though clearly also
to both P. oblongus and P. viscidus. In its short drupes and compact
fruit head, and rather narrow leaves, it is well characterized; nonetheless
it conforms readily with the diagnostic characters of the section Lophostigma.
With these two discoveries by M. Veillon, the number of species of
Sect. Lophostigma which occur in New Caledonia is brought up to four.
There are also, in the Herbarium ORSTOM in Nouméa, several other
undescribed species represented by collections made by Veillon, by
Schmid, by Jaffré, and by McKee. These bear manuscript species names
of, and will be reported on by, Prof. St. John, Bishop Muséum, Honolulu.
Subsect. CARDIOSTIGMA B.C. Stone, subsect. nov.
Drupae uni- vel pauciloculares, plerumque uniloculares; stigmata cardioformia,
magna, infra stylo antrorse deflecto posila.
Type species : Pandanus aragoensis.
1. Pandanus aragoensis (Brongn.) Solms
Linnaea 42 : 45 (1878).
— Barrotia aragoensis Brongn., Ann. Sci. Nat., ser. 6, 1 : 278 (1875).
Source : MNHN, Paris
— 415 —
2. Pandanus sphaerocephalus (Brongn.). Solms
Linnaea 42 : 46 (1878).
— Barrotia sphaerocephala Brongn., Ann. Sci. Nat., ser. 6, 1 : 284 (1875).
These species are much alike. Although Brongniart assigned them
to his genus Barrotia, I consider that they are more closely related to
P. viscidus and P. oblongus than to P. altissimus, the lectotype species of
Source : MNHN, Paris
— 416 —
Sect. Barrotia. There is an undescribed species of this subsection, named
by St. John, in the ORSTOM Herbarium, Nouméa; the name indicates
its occurrence on serpentine substrates.
2. Sect. BARROTIA (Brongn.) B. C. Stone, sial. nov.
Larrotia (as genus) “ Gaud. (partim) ” in Brongn., Ann. Sci. Nat.,
ser. 5, 1 : 277 (1876). Not Barrotia Gaudich. nom, illegit. sine descriptio
(a name based on illustrations only). As Barrotia Gaud., Bot. Voy.
Bonite, was not monotypic but based only on “ plate with analyses ” it
(and its species) are not legitimate names.
Carpidia in phalanges pterumque 2-8-loculares adnatae. Stigmata uniseriatim vel
biseraitim disposita , sursum spectantia.
Type species : Pandanus altissimus.
1. Pandanus altissimus (Panch. ex Brongn.) Solms
Linnaea 42 : 43 (1878).
— Barrotia attissima Brongn., Ann. Sci. Nat., ser. 6, 1 : 277 (1875).
— P. altissimus Panch. ex Brongn., loc. cit., in synon.
2. Pandanus mc-keei St. John
Pacif. Sci. 21 (2) : 282-285, fig. 238-239 (1967).
Referred by its author to Sect. Hombronia, to which it does not belong.
3. Pandanus macrocarpus (Brongn.) Solms
Linnaea 42 : 44 (1878).
Brongniart (Ann. Sci. Nat. 6, 1 : 279) cites “ Pandanus macrocarpus?
Vieillard, PI. ut. N.-Caled. p. 24 ” as a synonym. If Vieillard’s publi¬
cation of the name is valid, it should take precedence over the name as
cited above, providing the two are in fact the same; Brongniart seems
doubtful. This problem must be looked into.
4. Pandanus vieillardii Martelli
Soc. Bot. liai. Bull. : 300 (1904); Cf. Vieillard, Ann. Sci. Nat., ser. 4,16 : 51 (1861).
In addition there appear to be or perhaps two undescribed species
of this affinity among the specimens in the ORSTOM Herbarium at
Nouméa.
Source : MNHN, Paris
— 417 —
Gaudichaud’s concept “ Barrotia ” included B. monodon, B. diodon,
and B. tetrodon. The first is an invalid name for an Indochinese species,
the second is a species of Sect. Rykia akin to P.furcatus Roxb., while the
last is a synonym of P. compressas Martelli, a species very near (or the
same as) P. dubius Spreng. None of these occur in New Caledonia, and
none are really closely related to any New Caledonian species. Thus,
although Brongniart crédits Gaudichaud, adding “ partim ” to the
crédit, it is really a case of creating a completely different taxon. In
addition none of the Gaudichaud names, Barrotia or its species, are
validly published, so it is better in every way to ascribe the name to Bron¬
gniart and limit it to New Caledonian species. Even so, sonie of the species
included by Brongniart are better accommodated elsewhere, as is évident
from the arrangement presented here.
3. Sect. BRONGNIARTIA B. C. Stone, sect. nov.
Drupae compressae, clavatae, pauciloculares ; stigmata plerumque 2-5, uni-vel bise-
riatim disposita, sursum spectantia, plusminusve congeslis, ovata vel cordata erecta parvae
vel médiocres.
Types species: Pandanus balansae.
Subset. BRONGNIARTIA
1. Pandanus balansae (Brongn.) Solms
Linnaea 42 : 45 (1878).
— Barrotia balansae Brongn., Ann. Sci. Nat., ser. 6, 1 : 281 (1875).
2. Pandanus pancheri (Brongn.) Solms
Linnaea 42 : 46 (1878).
— Barrotia pancheri Brongn., Ann. Sci. Nat., ser. 6, 1 : 283 (1875).
Subsect. FRUTICOSI B. C. Stone, subsect. nov.
Frutices. Phalanges et ceplialiaquam eos subsect. typici minores; cephalia usque
ad 7-9 cm longa; phalanges usque ad 2-3 cm longae.
Type species: Pandanus reticulatus.
3. Pandanus reticulatus Vieill.
Ann. Sci. Nat., ser. 4, 16 : 52 (1861).
— Barrotia decumbens Brongn., Ann. Sci. Nat., ser. 6, 1 : 283 (1875).
— Pandanus decumbens (Brongn.) Solms, Linnaea 42 : 47 (1878).
— Pandanus schlechteri Warb., Bot. Jahrb. 39 : 17 (1906).
Source : MNHN, Paris
— 418 —
4. Pandanus neo-caledonicus Martelli
Webbia 4 (1) : 416 (1913); 4 (2) : tab. 22, fig. 21-24 (1914).
There are some undescribed taxa of this section, ail pertaining to
the typical subsection, in the herbarium ORSTOM-Noumea, with MS names
of St. John. The variation appears to be more or less restricted to the
dimensions of the phalanges. At présent it seems difficult to discriminate
distinct species, though it may be necessary to recognize further taxa when
a much wider range of material is available for study.
4. Sect. VEILLONIA B. C. Stone, sect. nov.
Arbores, cephaliis pendulis oblongis; phalangibus pluriloculalis ; Verrex phalangii
planus, stigmatibus plerumque 5-10, horizontalibus ovatis, sulcis inlercarpidiorum nullis
vel inconspicuis. Superficies phalangii laeve non-sulcati.
Type species: Pandanus lacuum St. John. (Cf. Veillon 2073).
A monotypic section. The single species, endemic to New Caledonia
and known only from the Plaine des Lacs in the south-east, has the appea-
rance of a member of Sect. Pandanus and also (in the fruits) resembles
the species of Sect. Australibrassia St. John. Nonetheless it is not a
member of either of these sections nor does it hâve particularly close
relationships. It is a case of convergence, in that the plurilocular phalanges
with smooth sides, the flat vertex bearing an array of rathercloselyspaced
stigmas (mostly 5-10), without latéral sulci and without, or with extremely
narrow and shallow apical sulci, and the shortly oblong cephalia, recall
similar features in the two sections mentioned. There is also a resemblance
to some of the Philippines species. Nonetheless I am inclined to think
that this species is more related to its New Caledonian congeners than to
outside species, despite these superficial similarities in fruit structure.
The section is named for J. M. Veillon, botanist with ORSTOM,
collector of this and many other plants in New Caledonia.
5. Sect. BERNADIA B. C. Stone, sect. nov.
Arbores minores, cephaliis subglobosis pendulis solitariis; phalangibus obovoideis
multisulcatis, sulcis longitudinalibus conspicuis ad 1,5 mm profundis, densis ; stigmatibus
plerumque 6-9-U2), plerumque sursum spectantibus vel oppositis, plerumque biseriatim
disposais.
Type species : Pandanus bernardii St. John (L. bernardi, G).
This monotypic section is limited to New Caledonia. The single
species, P. bernardii, is remarkable for the numerous, closely parallel,
comparatively deep sulci which run longitudinally from base to apex of
every phalange. There is no other species in the entire genus which shows
this extraordinary feature. Nevertheless from the disposition and form of
Source : MNHN, Paris
— 419 —
the stigmas it seems évident that this species is an offshoot of a peculiarly
New Caledonian group, and its ancestry must be sought among species
such as those of the présent Sect. Brongniartia and Sect. Barrotia. The
stigmas, deflected forward and slightly toothed, are much alike in ail
three of these sections.
A collection which almost surely represents this species is McKee
21289, from a male tree. The construction of the male flowers resembles
that shown for Pandanus macrocarpus, by Brongniart, that is the apex of
the staminal column of each staminal phalange is expanded into a discoid,
peltate or umbrella-like surface, underneath which the very short-filamented
stamens are borne, crowded and pointing outward and downward.
6. Sect. PANDANUS
1. Pandanus pedunculatus R. Br.
Prodr. : 34 (1810).
— Pandanus fragrans sensu Brongn., Ann. Sci. Nat., ser. 6, 1 : 274 (1875), not of
Gaudichaud.
— P. leciorius var. fragrans Martelu, Webbia 4 (2) : 411 (1914).
— P. odoratissimus L. var. (innominatus) Brongn., loc. cit. : 272, excl. syn.
— P. tectorius var. novo-caledonicus Martelu, Webbia 4 (1) : 34, 412, tab. 1, fig. 1-2
(1913).
2. Pandanus tectorius var. microcephalus Martelli
Webbia 4 (1) : 34, 412, tab. 27, fig. 1-2 (1913).
3. Pandanus tectorius var. brongniartii Martelli
Webbia 4 (1) : 34, 410, tab. 12, fig. 6-7 (1913).
It is doubtful that P. tectorius and P. pedunculatus are distinct species
but since the nomenclatural aspect of the problem is still controversial
I list them separately. The two varieties, brongniartii and microcephalus
are probably mere local forms of the same species.
Species incompletely known
— Pandanus bullii Warb., Pflanzenr. 3 (IV. 9) : 89 (1900).
— P. decorus Hort., Wochenschr. 13 : 166 (1870).
— P. desmetiana ex Guillaumin, Flore Syn. Anal. N. Caled. : 18 (1948).
— P. fara ex Guillaumin, Flore Syn. Anal. N. Caled. : 18 (1948).
Of these last two names I know only Guillaumin’s mention—they
are undoubtedly horticulturists’ names without nomenclatural validity.
Source : MNHN, Paris
— 420 —
Références
Brongniart, A. — Observations sur les Pandanées de la Nouvelle-Calédonie. Ann
Sci. Nat. Bot., ser. 6, 1 : 262-293, pl. 14-15 (1875).
Guillaumin, A. — Flore analytique et synoptique de la Nouvelle-Calédonie, Phanéro¬
games : 1-369. Marseille (1948).
St. John, H. — Révision of the genus Pandanus Stickman, Part 22. A New Species
(Section Hombronia) from New Caledonia. Pacific Sci. 21 (2) : 282-285, fig. 238-239
(1967).
Herbarium, School of Biological Sciences
University of Malaya, Kuala Lumpur
(Malaysia).
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (3) : 421-428. 1972.
UN ACACIA AMÉRICAIN A PÉTIOLE DIAPHYLLODINISÉ
A. WILLARDIANA Rose
par J. Vassal et Ph. Guinet
Résumé : Les auteurs donnent une description détaillée d’A. willardiana Rose,
seule espèce d 'Acacia américain à pétiole phyllodinisé, et insistent particulièrement sur
deux caractères jusqu’à ce jour ignorés : le pétiole aplati horizontalement (« diaphyl-
lode ») et le pollen poré. A. leptospermoides Benth. et A. willardiana Rose sont les deux
seules espèces à diaphyllodes actuellement décrites dans le genre. Dans le « groupe austra¬
lien » (sous-genre Heterophyllum Vassal), elles appartiennent vraisemblablement à un
groupe taxonomique nouveau que l’on peut considérer comme une lignée particulière
à caractères archaïques.
Summary : The authors give a detailed description of A. willardiana Rose, the
only american Acacia species with phyllodic pétioles, and insist particularly on 2 characters
up to now unknown: the petiole horizontally flattened (“ diaphyllode ”) and the pollen
porate. A. leptospermoides Benth. and A. willardiana Rose are the only diaphyllodic
species actually described in the genus. In the “ australian group ” (subgen. Hetero¬
phyllum Vassal), they probably belong to a new taxonomie group which can be considered
as a particular évolutive line with archaic characters.
On sait que les Acacia possédant des phyllodes sont pour une très
large part endémiques de la Notogée et plus particulièrement d’Australie
où on en connaît près de 600 espèces (réf. Tindale, citation Anderson
et Dea, 1969). Il n’a jamais été décrit jusqu’à ce jour d’Acacia à phyllode
en Amérique. Or, l’examen de l’appareil végétatif d’A. willardiana Rose,
espèce localisée dans une partie de l’État de Sonora au Mexique (dans la
région de Guaymas) et dans l’île de Tiburon (fig. 1) (ainsi peut-être qu’en
Basse-Californie d’après Standley) révèle que les pétioles, et même le
rachis primaire quand il existe, sont aplatis et élargis. Il y a donc tendance
à la phyllodinisation mais d’une façon toute particulière. La réalisation
d’un phyllode d’Acacia australien est due à l’aplatissement vertical du
pétiole (Vassal, 1970). Or. fait particulièrement intéressant, le pétiole
d’A. willardiana s’aplatit horizontalement, c’est-à-dire dans un plan perpen¬
diculaire au plan « traditionnel » d’aplatissement du phyllode des Acacias
(comparer les fig. 6 et 7). Ainsi, la glande pétiolaire distale se trouve située
sur une surface plane (fig. 4) et non sur la tranche du phyllode. Bentham,
pas plus que Rose, n’ont remarqué cette particularité essentielle. Or, ce
n’est pas le seul Acacia à présenter cette structure exceptionnelle. Hochreu-
tiner, en 1896, a en effet, observé pour la première fois un cas identique
Source : MNHN, Paris
— 422 —
chez A. leptospermoides Benth., espèce classée par Bentham dans les
Phyllodineae Plurinerves Microneurae et proposé à cette occasion de dis¬
tinguer des Acacias Orthophyllodineae (à phyllodes aplatis verticalement)
et des Acacias Diaphyllodineae (à phyllodes aplatis horizontalement).
Reprenant le terme créé par Hochreutiner, nous considérons donc que le
pétiole d’A. willardiana est « diaphyllodinisé ».
Par sa ressemblance avec les Acacia d’Australie à phyllodes et sa posi¬
tion géographique très excentrique par rapport à ceux-ci, cette espèce
appelle une étude particulière, car elle pose un très intéressant problème
taxonomique et phylogénique.
Rappelons d’abord quelques données historiques à son sujet.
G. Bentham la décrit, en 1846, sous le nom de Prosopis (?) hetero-
phylla d’après un échantillon sans fleurs récolté au Mexique (Sonora)
par Coulter et provenant d’un herbier du Trinity College de Dublin.
En le rapportant avec doute au genre Prosopis, il en souligne les caractères
végétatifs exceptionnels : « il is most remarkable by the almost phyllodineous
vertical expansion of the common petiote... », puis, en 1875, indique la
possibilité de rapporter cette espèce au genre Acacia. Quelques années
plus tard, J. N. Rose (1890) effectue l’étude de spécimens complets, ce qui
lui permet d’établir l’appartenance de cette espèce au genre Acacia, de
décrire les caractères floraux et de préciser les caractères de la gousse.
Il ne lui assigne pas cependant une place particulière dans le genre.
En 1928, N. L. Britton et J. N. Rose placent l’espèce dans le genre
nouveau Senegalia. Ils reprennent le nom d’espèce de Bentham, d’où le
binôme : Senegalia heterophylla (Benth.) Britt. et Rose.
Pour notre part, nous n’acceptons pas de valoriser un tel genre qui
est essentiellement défini d’après le type de gousse, critère trop fluctuant
pour mériter l’importance que lui donnent Britton et Rose.
Étant donné l’existence d’un Acacia heterophylla (Lam.) Willd., il
est nécessaire de conserver le nom d’espèce willardiana créé par Rose.
Voici les caractères de cette espèce, tels qu’ils sont connus d’après les
descriptions de Rose, Britton et Rose et Standley :
Arbre gracile, inerme (ni épines stipulaires, ni aiguillons), de 3 à 5 m
de haut. Pétiole « phyllodia-like » de 7 à 30 cm de long, étroits (environ
2 mm de large), glanduleux. Pennes parfois présentes, et dans ce cas 1-2 (4)
paires. 4-5 paires de folioles (parfois 12-15), de couleur vert pâle, de 2 à
5 mm de long, glabres à très finement poilues, rapidement caduques. Sti¬
pules caduques. Rameaux de couleur d’abord blanchâtre devenant grisâtre
à brun-rougeâtre. Épis grêles, lâches, de 3 à 6 cm de long, groupés en pani-
cules. Fleurs de couleur jaune pâle à blanchâtre. Calice campanulé glabre,
de 2 mm de long, à 5 dents. Pétales un peu plus longs (3 mm de long),
aigus, libres jusqu’à la base. 140 à 150 étamines. Gousse plate, de 8-12 cm
de long sur 10-18 mm de large, stipitée, glabre, légèrement contrictée,
à fines réticulations irrégulières; graines ovales à oblongues de 8 à 10 mm
de long.
Source : MNHN, Paris
— 423 —
PI. I. — Acacia willardiana : 1, situation géographique; 2ab, graine vue de face et de profil
(par le sommet hilo-rapléal) x 7; 3ab, stipules de l’adulte x 25; 4, partie de feuille avec
pétiole diaphyllodinisé x 7; 5, fleur x 20; 6, section transversale du pétiole diaphyllo-
dinisé x 45 ; — A. farinosa : 7, section tranversale de l’orthophyllode x 45. — (sc : épi¬
derme cutinisé; cp : cellules palissadiques; fs : faisceau sclérenchymateux; / ; liber; b :
bois).
Source : MNHN, Paris
— 424 —
Le matériel que nous avons examiné a les références suivantes 1 :
1. D. S. Verity, 17-7-1966. Mexico, Etat de Sonora, San Carlos Bay, 5 miles N.W.
Guaymas.
2. I. M. Johnston 4252, 3-7-1921. Tiburon Island, Golfe de Californie.
3. P. C. Standley 3012, 20-2-1937. Mexico, Etat de Sonora, Bachoco, 12 miles E. de
Cajeme.
4. A. Carter et L. Kellogg 3246, 11-11-1963. Mexico, Etat de Sonora, Bahia de San Carlos,
24 km N.W. de Guaymas.
Nos observations sur A. willardiana permettent d’apporter un certain
nombre de compléments à la diagnose précédente.
Graine (PI. 1, fig. 2a, 2b) :
— Dimensions (30 observations) : longueurs extrêmes : 5,5-9,3 mm;
longueur moyenne : 7,8 mm;
largeurs extrêmes : 5,9-8,3 mm;
largeur moyenne : 7,2 mm;
épaisseurs extrêmes : 1,5-2,3 mm;
épaisseur moyenne : 1,8 mm.
— Proportions : longueur moyenne/largeur moyenne = 1,1;
largeur moyenne/épaisseur moyenne = 3,9.
— Forme elliptique large à subcirculaire (rarement elliptique transversale)
(= type III, cf. Vassal 1971); bord caréné; légères déformations possibles;
saillie radiculaire légèrement marquée.
— Couleur marron légèrement brillante.
— Écusson largement ouvert (en V ou U); longueur moyenne de la
graine/longueur moyenne de l’écusson = 4,2.
— Funicule filiforme, sans orientation préhilaire nette (type Aie, cf.
Vassal 1971), très fragile.
— Hile et trace raphéale de longueur analogue (0,1-0,2 mm), dans une
dépression commune.
— Absence d’albumen; téguments très minces (rapport longueur moyenne
de la graine/épaisseur moyenne des téguments > 100).
Tige finement cannelée; surface épidermique blanc-argenté se des¬
quamant et laissant apparaître une surface pubérulente de même couleur
disparaissant rapidement.
Stipules limbées, uninervées ou parfois munies d’une nervure acces¬
soire courte, de 0,6 à 1,5 mm de long (PI. 1, fig. 3a, 3b).
Feuille : pétiole diaphyllodinisé, à nervures parallèles, un peu sail¬
lantes à la face supérieure (PI. 1, fig. 4) renfermant 3 faisceaux de grande
taille vers la face supérieure, 1 faisceau médian de grande taille vers la face
inférieure, 2 faisceaux marginaux de taille moyenne et de nombreux petits
faisceaux sur chacune des faces (PI. 1, fig. 6). Rachis primaire possible,
étroit, légèrement diaphyllodinisé. Rachis secondaire creusé en gouttière
1. Nous remercions vivement le D r J. P. M. Brenan, Conservateur de l’Herbier
et de la Bibliothèque de Kew, qui a bien voulu nous faire parvenir en prêt des échantillons
des collections Johnston, Standley et Carter et Kellogg.
Source : MNHN, Paris
— 425 —
PI. 2. — Pollen d - Acacia willardiana ( x 1 000) : ab, polyade à 16 monades. Vues selon les grands
axes de la polyade; c, polyade à 16 monades : coupe optique; d, coupe optique de 1 exine;
e, apertures; f, polyade à 20 monades; g, polyade à 16 monades orientée perpendiculaire¬
ment au plan déterminé par les grands axes.
Source : MNHN, Paris
— 426 —
(PI. 1, fig. 4). 4-15 paires de folioles épaisses, glabrescentes, à nervation
peu apparente (nervure primaire légèrement visible à la face inférieure),
précocement caduques. Glandes en verrues plus ou moins déprimées, à
l’insertion des paires de pennes (PI. 1, fig. 4).
Inflorescence et fleur (PI. 1, fig. 5) : axe de l’inflorescence nettement
anguleux, glabre. Calice gamosépale (5 dents à peine visibles), faiblement
cilié. Pétales entièrement libres, acuminés, à marge glanduleuse. Anthères
très petites (0,3 mm de haut) entièrement dépourvues de glande apicale
même dans le bouton. Fleurs pédicellées; pédicelle de 0,5 mm, brusque¬
ment rétréci à sa base et paraissant presque articulé à son insertion sur
l’axe 1 . Étamines libres jusqu’à la base. Ovaire faiblement stipité, glabre.
Pollen (PI. 2) : pollen composé formé le plus souvent de 16 monades
(plus rarement 20). Polyades à 16 monades circulaires observées de face
(les 2 grands axes orientés face à l’observateur), elliptiques vues de profil.
Dimensions moyennes 2 : 46 jx. Extrêmes : 43-50 |x. Côté distal des monades
centrales : 17,5 [x (15-22). Monades périphériques souvent inégales : 19 ix
(15-21) de côté. Exine : la surface distale des monades présente un aspect
finement réticulé (dépressions régulièrement disposées à la surface du
tectum donnant une image de réseau). Épaisseur du tectum : 1 |x. Columelles
à peine distinctes, d’environ 0,2 sx de haut. Endexine (s.l.) ; 0,5 [x. Apertures :
pas de sillon. Huit pores dont 4 distaux, subangulaires, de 2,4 n de diamètre.
Ces caractères permettent de placer l’espèce parmi les Acacia du
groupe I (Guinet, 1964).
Gousse : 4-12 cm de long; 0,8-1,8 cm de large; déhiscente.
Quelle place taxonomique et phylogénique faut-il attribuer à A. willar-
diana dans le genre Acacia?
Il s’agit d’une espèce très originale à plusieurs points de vue, plus
particulièrement par la présence de pollens porés, la tendance au diaphyl-
lode et le type de funicule Aie. Par ces caractères et l’éloignement géogra¬
phique de l’Australie, cette espèce peut paraître difficilement rattachable
à ce que l’on peut appeler le « groupe australien » associant les séries
Phyllodineae , Botryocephalae et Pulchellae Benth. (s/s genre Helerophyllum
Vassal) et qui est typiquement caractérisé par des pollens colporés aux
faces distales des monades (4 sillons, 4 pores; parasyncolpie; cf. Guinet,
1964, 1969), des orthophyllodes et un funicule à orientation préhilaire
raphéale. Elle peut sembler plus proche de la série des Vulgares Benth.
(s /s genre Aculeiferum Vassal) dont les pollens sont typiquement porés et
ont, dans certains cas, des funicules de type Aie. En fait, le type pollinique
poré est possible mais très rare dans le « groupe australien » chez les espèces
à phyllodes. D’autre part, l’espèce leptospermoides, à diaphyllodes, cohabite
avec les Acacias à orthophyllodes en Australie, alors que la série des Vulgares
1. Nous attirons simplement l’attention sur ce caractère que nous n'avons trouvé
cité dans aucune description.
2. Diamètre des polyades : moyennes de 12 mensurations. Autres caractères :
moyennes de 25 mensurations.
Source : MNHN, Paris
— 427 —
Benth. est totalement absente de ce continent. Nous estimons que A. willar-
diana s’inclut dans le « groupe australien », qui, nous l’avons montré,
constitue un ensemble très diversifié. Cette espèce illustre, avec A. lepto-
spermoides un aspect très original de cette diversité. Nous admettons donc
que le « groupe australien » déborde largement l’Australie. En voici les
limites géographiques : îles de la Réunion et Maurice ( A. Iieterophyllà),
îles Orna, Harocha, Amboine (A. mangium ), Formose (A. confusa), Tasmanie
(nombreuses espèces), Nouvelle Calédonie (A. simplicifolia, spirorbis),
îles Fiji (A. richei, simplicifolia, mathuataensis), Hawaï (A. Koa, koaia,
kauaiensis ), état de Sonora au Mexique (et Basse Californie?) (A. willardiana).
L’espèce willardiana a un certain nombre de caractères que nous
considérons comme primitifs dans le genre Acacia (funicule Aie, graine
de type III, téguments séminaux minces, gousse déhiscente, absence de
spinescence, épis en panicules, pollens porés peu différenciés en ce qui
concerne la taille des monades, le diamètre du pore et la hauteur des colu-
melles). Très proche du centre primaire de différenciation du genre (que nous
situons en Amérique) cette espèce apparaît ainsi comme l’un des taxons
les plus primitifs du « groupe australien ». La phyllodinisation par aplatisse¬
ment horizontal du pétriole constitue une tendance archaïque, aujourd’hui
rélictuelle et largement dominée par la tendance « orthophyllode » 1 .
A. leptospermoides, dans cette hypothèse, pourrait appartenir à la même
lignée et correspondrait à un niveau d’évolution plus élevé (présence de
glomérules, diaphyllode réalisé).
La place taxonomique de cette lignée « willardiana-leptospermoides »
dans l’ensemble du « groupe australien » (s/s genre Heterophyllum Vassal)
reste encore à apprécier, notamment par des recherches ontogéniques
que nous n’avons pu encore faire aboutir 2 . D’ores et déjà on peut consi¬
dérer qu’il s’agit d’un groupe nouveau (fait bien remarqué par Hochreu-
tiner). Le problème est encore de savoir à quel niveau hiérarchique il est
souhaitable de le situer.
Une étude plus approfondie portant sur un plus grand nombre d’espèces
nous permettra dans une prochaine note de mieux préciser la place phylé-
tique de ces deux espèces parmi les Acacia à phyllodes extra-australiens.
Bibliographie
Anderson, D. M. W. et I. C. M. Dea. — Chemotaxonomic aspects of the chemistry
of gum exsudâtes. Phytochemistry 8 (1) : 170 (1969).
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1. Hochreutiner a également émis l’hypothèse que le caractère « diaphyllode »
pourrait être primitif.
2. Les graines d 'A. willardiana, envoyées en même temps que l’herbier D. S. Verity,
n’étaient pas viables.
Source : MNHN, Paris
— 428 —
Guinet, Ph. —- Données nouvelles sur le rôle de la morphologie du pollen dans la classi¬
fication du genre Acacia. C. R. Acad. Sci. 258 : 4823 (1964).
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Laboratoire de Palynologie, C.N.R.S. — Montpellier
et Laboratoire de Botanique et Biogéographie,
Université P.-Sabatier — Toulouse.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (3) : 429-431. 1972
UN PROCÉDÉ DE MULTIPLICATION VÉGÉTATIVE
CHEZ LES PANDANUS MALGACHES
par J.-L. Guillaumet
Lors d’une tournée en forêt du Bongolava, à l’Ouest de Tananarive,
notre collègue entomologiste A. Peyrieras récoltait un Pandanus qui lui
semblait présenter un curieux phénomène de reproduction : des petits
rameaux formés au-dessous des bouquets de feuilles terminaux, après
avoir émis des racines, tombaient sur le sol et s’y implantaient.
Quelque temps après, J.-M. Betsch, du laboratoire d’écologie du
Muséum national d'Histoire naturelle de Paris, en tournée à Madagascar
récoltait un matériel abondant de cette plante.
Depuis j’ai retrouvé le même procédé de multiplication chez deux
autres Pandanus , sur la côte orientale de l’île cette fois, près de Tamatave,
dans la réserve naturelle n° 2 de Betampona, et sur le versant oriental des
chaînes anosyennes.
En l’absence d’organes reproducteurs on ne peut se prononcer sur
les espèces, mais les caractéristiques végétatives sont celles de la section
Souleyetia.
Les trois espèces de Pandanus ont un développement sympodial,
le méristème terminal est relayé par un bourgeon axillaire. Chez les autres
Pandanus le méristème terminal donne naissance à l’inflorescence, ici il
semble ne jamais y avoir de reproduction sexuée et la cause de la mort
du méristème terminal est inconnue.
Au-dessus de la feuille 1 axillant le bourgeon qui donnera le rameau
de remplacement, deux feuilles apparaîtront encore dont les bourgeons
axillaires se développeront originalement (fig. 1). Sur les rameaux âgés,
ils apparaissent situés à la base de la cicatrice terminale et comme perchés
sur une éminence qui n’est que le vestige du sommet du rameau principal
(fig. 2). Le petit rameau grêle apparu à l’aisselle d’une feuille (fig. 3) ne
s’épaissira guère, mais s’allongera sur une dizaine de centimètres puis
formera deux racines, plus rarement une, pouvant atteindre plusieurs
centimètres de long (fig. 5). A ce stade, le moindre choc suffit pour détacher
1. Ou la deuxième quand deux bourgeons axillaires se développent pour donner
une ramification.
Source : MNHN, Paris
— 430 —
Source : MNHN, Paris
— 431 —
ces organes qui tombent sur le sol et s’y enracinent facilement (fig. 5).
Sous le « pied-mère » s’établit ainsi toute une colonie de jeunes plants de
différentes tailles (fig. 6).
Un autre processus de reproduction asexuée a été signalé par
B. C. Stone (1970, p. 127) chez un Pandanus malgache, P. karaka: de
petits rameaux apparaissent à l’apex des branches et se comportent comme
des propagules 1 . On peut rapprocher de ce phénomène un cas de dévelop¬
pement des bourgeons axillaires observé chez une autre espèce de la forêt
de l’est. Cette dernière a le même type architectural que P. karaka, arbre
peu ramifié à « structure articulée tridimensionnelle » (F. Hallé et R. A. A.
Oldeman, 1970, p. 52). Elle appartient à la section Dauphinensia 2 .
Les bourgeons axillaires des feuilles périphériques donnent des axes
courts qui portent une dizaine de feuilles de 30 à 40 cm, mais jamais de
racines (fig. 7 et 8). L’imbrication des feuilles est telle que ces organes n’ont
aucune possibilité de tomber sur le sol. Chétifs, chlorotiques et voués à la
mort par pourriture, ils ne sauraient être un moyen de reproduction végé¬
tative, ni donner naissance à des inflorescences comme chez P. princeps
ou à des rameaux secondaires comme dans la section Acanlhoslyla.
La reproduction végétative signalée chez P. karaka semble être com¬
parable à la viviparité de certains Elaeis guineensis (P. Henry, 1948).
Dans notre Pandanus il y a développement de bourgeons axillaires mais
sans que la possibilité de reproduction végétative soit atteinte.
La viviparité présentée par les trois premières espèces montre une
certaine spécialisation puisque ce ne sont que des méristèmes axillaires
privilégiés qui se développent et il semble d’autre part qu’elle soit obliga¬
toire en l’absence de reproduction sexuée.
Références
Hallé, F. et R. A. A. Oldeman. — Essai sur l'architecture et la dynamique de crois¬
sance des arbres tropicaux. Masson et Cie, Paris, 178 p. (1970).
Henry, P. — Un Elaeis remarquable : le Palmier à huile vivipare. Rev. intern. bot.
appl. agr. trop. 28 : 422-427 (1948).
Stone, B. C. — Observations on the genus Pandanus in Madagascar. Bot. J. Linn. Soc.
63 : 97-131 (1970).
O.R.S.T.O.M.
Tananarive - Madagascar.
1. « Small branchlets develop near apex of branches, then drop off; these act as
végétative propaguls. »
2. Comme a bien voulu me le confirmer M. K.-L. Huynh (Univ. de Neuchâtel)
après en avoir étudié l’épiderme.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia,
r. 2, 12 (3) : 433-445. 1972
LES VARIATIONS DU GENRE RHIPSALIS (CACTACÉES)
A MADAGASCAR
par J.-L. Guillaumet
Le genre Rhipsalis compterait 60 espèces (C. Backeberg, 1959, p. 643-
682); c’est le seul genre de Cactacées possédant des représentants non
américains.
Mais alors qu’en Afrique tropicale 1 et à Ceylan, il semble stable
et ne pas sortir de la forêt, à Madagascar les Rhipsalis sont très variables
et peuvent se trouver dans des milieux divers en particulier sur des rochers
secs.
Depuis longtemps l'attention des botanistes avait été attirée par ce
fait. A côté du R. baccifera (J. S. Mill.) Stearn 2 qui d’Amérique s’étend
à travers l’Afrique tropicale et les îles de la Région malgache jusqu’à
Ceylan, plusieurs binômes furent créés dont on doit retenir les deux suivants :
R. suareziana Web. décrit d’après un échantillon cultivé au Muséum
national d’Histoire naturelle de Paris envoyé par M. Rigal, de Diégo-
Suarez en 1889 (A. Weber, 1892, p. 425; K. Schumann, 1899, p. 627-628).
R. horrida Bak. nommé d’après des échantillons de R. Baron
(J. G. Baker, 1884, p. 347); cultivée ensuite à Paris cette plante fut nommée
provisoirement R. pilosa par A. Weber (1882), puis R. madagascariensis
(A. Weber, 1889) avant d’être décrite par cet auteur sous ce nom (A. Weber,
1892, p. 424; K. Schumann, 1899, p. 626).
Différents botanistes, R. Roland-Gosselin (1912), N. L. Britton
et J. N. Rose (1923), F. Vaupel (1925), enfin C. Backeberg (1929) se
penchèrent sur le problème de ces Rhipsalis, tentant le plus souvent de les
assimiler à des espèces américaines (R. prismatica (Lem.) Riimpl. et
R. fasciculala (Willd.) Haw). Seule l’opinion de C. Backeberg doit être
1. En Afrique orientale cependant, la variation semble être plus grande qu’en
Afrique occidentale, mais moindre qu'à Madagascar (communication orale de
M. J. Lavranos, avril 1972).
2. La synonymie de R. cassutha Gaertn. (écrit plus tard R. cassytha ) est très com¬
plexe, on la trouvera dans C. Backeberg (p. 659). Nommée d’abord Cassytha baccifera
J. S. Mill. (1771-1777), cette plante doit s'appeler R. baccifera (J. S. Mill). Stearn. in
Cact. Journ. 7 : 107 (1939). Curieusement C. Backeberg semble ignorer ce binôme
qui pourtant a été utilisé dans la Flora of the West Tropical Africa de J. Hutchinson
et J. M. Dalziel, éd. 2, 1 (2) : 761.
Source : MNHN, Paris
— 434 —
retenue, qui aussi prudent que F. Vaupel se refuse à considérer les espèces
malgaches comme des simples synonymes d’espèces américaines 1 aussi
1. « Ich schliesse mich daher dem ebenfalls vorsichtigen Vorgehen Vaupels,
der die altweltlichen Arten nicht einfach als Synonyme anführt, an, und nenne sie getrennt
bei den jeweiligen Arten, denen sie am nâchsten stehen » (p. 648).
Source : MNHN, Paris
— 435 —
longtemps que les descriptions ne seront pas éclaircies par l’étude du
matériel vivant 1 .
R. baccifera (J. S. Mill.) Stearn et R. suareziana Weber sont classés dans
le sous-genre Rhipsalis, R. horrida Bak. dans le sous-genre Ophiorhipsalis,
caractérisés l’un et l’autre par des rameaux plus ou moins aplatis, mais
le second épineux sur les parties âgées. Les deux autres sous-genres ont
des rameaux côtelés ( Goniorhipsalis ) ou aplatis ( Phyllorhipsalis ).
Ces trois binômes recouvrent une réalité morphologique certaine et
on peut les considérer, dans une première approche, comme les « chefs
de file » de trois groupes où il est possible de replacer la plupart des Rhipsalis
malgaches sans qu’il soit préjugé de leur valeur en tant qu’espèces d’une
part, de leur rapport avec des espèces américaines d’autre part.
Les différences portent essentiellement sur les aspects suivants :
— écologie et répartition géographique;
— port, forme, couleur et spinescence des rameaux, forme et couleur
des fruits;
— forme des cellules épidermiques.
ÉCOLOGIE ET RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE
Chacun des trois groupes de Rhipsalis malgaches a une écologie et
une répartition géographique particulière.
R. baccifera. — Généralement épiphyte en forêt du niveau de la mer
à 1 700 m environ, altitude qu’il ne semble pas dépasser, il serait donc
limité à la forêt dense humide sempervirente de basse et moyenne altitude
du Domaine de l’Est. 11 est souvent très abondant. On le rencontie moins
fréquemment sur les rochers, comme à Nosy Mangabe dans la baie d’An-
tongil ou dans quelques restes de forêt des Hauts Plateaux et de la falaise.
Les auteurs le signalent comme épiphyte et épilithe, C. Backeberg
en donne une très belle image (ph. 623, p. 647) sur des calcaires de Cuba.
R. horrida. — Ce Rhipsalis est presque strictement inféodé à la forêt
sur sables littoraux de l’Est. Il peut y être très abondant (Fénérive, Man-
dena...) et, généralement semble exclure le précédent. Il ne remonte que
peu en altitude (jusque vers 300 m centre Brickaville et Périnet). Sa loca¬
lisation coïncide remarquablement avec celle d’une toute autre espèce,
Ophioglossum pendulum, qui comme lui ne quitte guère la forêt littorale.
Dans le fond de la baie d’Antongil, il semble s’effacer devant R. baccifera ;
il existe dans la région de Diégo-Suarez.
En compagnie de M. le P r G. Mangemot, nous en avons rencontré
une forme entièrement terrestre, sur un talus, aux environs de Fort-Dauphin
(baie de Lokaro).
R. suareziana. — Ce dernier est strictement rupicole; il croît sur les
1. « Solange die in der Literatur bestehenden Beschreibungsunterschiede nicht
endgültig an lebendem Material geklârt sind. » (p. 660).
Source : MNHN, Paris
— 436 —
rochers secs du Domaine de l’Ouest, dans les endroits les plus ensoleillés
où sa teinte rouge est particulièrement vive. Il est assez abondant sur les
Source : MNHN, Paris
— 437 —
Fig. 2. — 1, forme épineuse de R. baccifera; 2, forme terrestre de R. horrida.
petits massifs rocheux des environs d’Ihosy qui hébergent une végétation
à affinités nettement méridionales : Grewia spp., Euphorbia spp., Kalanchoe
beharensis... Il serait aussi bien sur granité, que sur calcaires ou gneiss.
Source : MNHN, Paris
— 438 —
Cette espèce a toujours étonné les collecteurs :
« Il est très remarquable que cette espèce 1 se présente à la fois comme
épiphyte de la forêt native humide et comme épilithe des rocailles arides
du versant occidental » (H. Humbert 12965, P, vallée de la Manambolo,
bassin du Mandrare). — « Rochers gneissiques dans le bush xérophile,
non en épiphyte, mais enraciné » (H. Humbert 11618, P, Betroka).
« Jeunes plants à rameaux dressés, cactiformes, creusés en gouttières
ou à quatre pans, parsemés de poils spinulescents en étoile. En allongeant,
les rameaux deviennent cylindriques, articulés, longuement pendants,
ramifiés au sommet, s’allongeant jusqu’à 1 ou même 2 m. Le fruit est
vert 2 » (H. Perrier de la Bâthie 1786, P, Causses du Kelifely).
COMPARAISONS DE QUELQUES CARACTÈRES
MORPHOLOGIQUES EXTERNES
Les variations dans le second groupe de caractères apparaissent dans
le tableau suivant :
R. baccifera
R. ,uar,„.na
R. horrida
Port
Rameaux courts
Rameaux allon¬
gés tombants
prédominants
prédominants
prédominants
Section des ra¬
meaux
arrondie ou sub¬
arrondie
arrondie
arrondie mais avec 8
à 12 côtes faiblement
marquées
Couleur des ra¬
meaux
vert foncé, tendance
au rougissement sur
es jeunes pousses, les
jases des rameaux
âgés et les entre-nœuds
orangé-rouge à rouge
foncé; pratiquement
pas de trace de vert
vert pâle, quelquefois
très pâle: jeunes pous¬
ses rougeâtres
Spinescence des
RAMEAUX ADUL-
nulle
nulle ou très faible
très marquée
Forme des fruits
allongée
plus large que haute
arrondie
Couleur des
vert nacré, parfois lé¬
gèrement teinté de
blanc nacré
rouge nacré
1. H. Humbert ne voyait qu'une
(1959, p. 168).
2. Vraisemblablement immature.
espèce de Rhipsalis, R. baccifera, à Madagascar
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 440 —
Fig. 4. — Épiderme : de gauche à droite, type 1, 2, 3.
Source : MNHN, Paris
— 441
A l’intérieur de ces trois groupes on pourra encore voir d’importantes
variantes :
— R. baccifera: spinescence, forme et couleur des fruits (de vert à blanc).
— R. suareziana: disposition des rameaux et forme des fruits.
— R. horrida: nombre de côtes et forme des fruits.
D’autres organes semblent peu susceptibles de variation en particulier
la fleur, par contre les graines sont très variables (ornementation, couleur,
forme). Tous ces caractères n’ont pas varié en culture et il ne peut s’agir
d’accomodats.
Les germinations ne sont pas distinctes, mais les plantules prennent
rapidement un aspect différent (fig. 3) bien que possédant des épines dis¬
posées en côtes plus ou moins régulières.
Source : MNHN, Paris
— 442 —
ÉPIDERME
La forme des cellules épidermiques, caractère considéré comme impor¬
tant dans la systématique des Cactacées 1 , se rapporte dans les Rhipsalis
malgaches à trois types (fig. 4) :
— Cellules polygonales assez régulières
— disposées en îlots étroits, allongés dans le sens du
rameau et séparés par des cloisons épaisses .... Type I
— disposées moins régulièrement, les îlots étant peu dif¬
férenciés et séparés par des cloisons légèrement plus
épaisses que celles existant entre les cellules. Ces cloisons
affectent des formes moins rectilignes. Type 2
— Cellules en pièces de « puzzles ». Absence d’îlots. Type 3
1. « According to Weingart (1914) and Kummer (1918) it is sometimes possible
to distinguish closely related species of Caciaceae by microscopical différences in the
epidermal cells, stomata and parenchyme». C.R.Metcalfe et L. Chalk 1 : 699 (1957).
Source : MNHN, Paris
— 443
PI. 3. — En haut : R. suaregiana en culture; en bas : Pied hétérogène : rameaux courts et épineux
(épiderme de type 3) de R. horrida, rameaux longs et glabres (épiderme de type 1) de
R. baccifera.
Il y a corrélation absolue entre les caractères morphologiques groupés
dans le tableau précédent et la forme des cellules épidermiques : type 1 =
R. baccifera; type 2 = R. suareziana; type 3 = R. horrida.
Tout semble donc parfaitement simple et, aux variantes de détail près,
la distinction des 3 unités taxonomiques paraît bien fondée.
Source : MNHN, Paris
— 444 —
DISCUSSION
Les choses se compliquent si on examine soigneusement les premiers
stades de développement et certains individus de la région orientale de
basse altitude :
— les plantules issues des graines des trois Rhipsalis ont toutes un
épiderme de type 3, alors que morphologiquement elles sont dissemblables:
— des individus portent des rameaux présentant tous les caractères
végétatifs de R. baccifera et d’autres ceux de R. horrida (fig. 5).
L’interprétation de ces faits n’est pas simple, elle ne pourra être défini¬
tive qu’en continuant les cultures, en particulier celle des individus hétéro¬
gènes, pour connaître le devenir des rameaux du type baccifera et ceux du
type horrida et en observant des cycles complets de la graine au fruit.
Dès maintenant nous sommes amenés à mettre en doute la valeur des
caractères utilisés en particulier ceux relatifs aux épidermes.
Spinescence et rameaux polygonaux apparaissent comme caracté¬
ristiques des formes de jeunesse, R. horrida les conserverait dans la forme
adulte (capable de se reproduire), R. baccifera et R. suareziana les perdraient.
Ce dernier serait plus « évolué » que le précédent, il ne montre pas d'indi¬
vidus hétérogènes et est sorti de la forêt dense humide.
On ne peut encore décider de la valeur taxonomique des trois Rhipsalis
malgaches, ni de leur parenté avec les espèces américaines. J’aurais tendance
à penser qu’elles sont issues par différenciation sur place de R. baccifera,
différenciation secondaire dont on retrouve d'autres exemples à Madagascar.
Les recherches ultérieures devront porter principalement sur la compa¬
raison avec les espèces américaines, l’étude complète du développement
et les rapports entre les trois taxons actuellement décrits.
Je remercie M Ile Y. Veyret à qui sont dues les photographies d’épi¬
derme, M. E. Razafindrakoto pour les dessins et tout particulièrement
M me A. Le Thomas pour ses judicieux conseils.
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— Cactées nouvelles du genre Rhipsalis. Rev. hort. : 424-429 (1892).
Weingart, W. — Sériés of articles on new species of Cactaceae. Mschr. Kakteenk.
24, 72-8, 81-4, 123-7 (1914) (Just’s Iber, Pt. 1, 520, 1915).
O.R.S.T.O.M.
Tananarive (Madagascar).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (3) : 447-452. 1972.
REMARQUES SUR LA VÉGÉTATION
DES ENVIRONS DE TULÉAR
(Sud-Ouest malgache)
IV : MODÈLES DE RAMIFICATION ET SURFACE FOLIAIRE
par M. Thomasson
Résumé : La répartition quantitative des modèles de ramification semble être en
rapport avec la nature du sol. A chaque modèle de ramification correspond une certaine
valeur moyenne de la superficie foliaire, d'autant plus faible que le végétal est plus ramifié
ou a des rameaux en zig-zag.
Summary : Frequency distribution of branching models seems to vary with soil
nature. To each branching model corresponds a statistic value of leaf area which
decreases in corrélation with branching density and zigzag branches différentiation.
Nous avons récemment décrit six modèles de ramification des rameaux
chez les végétaux ligneux des environs de Tuléar (3). Nous signalions à
ce sujet l’intérêt qu’il y aurait à connaître leurs quantités relatives dans la
végétation du Sud-Ouest malgache. C’est là l’un des objets du présent
travail, l’autre point ayant retenu ici notre attention étant l’existence
d’éventuels rapports entre superficie foliaire et modèles de ramification.
RÉPARTITION QUANTITATIVE DES MODÈLES DE RAMIFICATION
Pour les quatre localités dont nous avons entrepris l’étude (I), nous
avons évalué les quantités relatives de chacun de nos modèles et exprimé
les résultats en pourcentages dans le tableau A. Les diagrammes de la
planche 1 représentent graphiquement ces résultats.
D’une manière très générale, les modèles sympodiaux sont faiblement
représentés (valeur maximum, 20,4 %) par rapport aux modèles mono-
podiaux (valeur minimum, 79,5 %). En particulier, les modèles S 2 et S 3
semblent fort rares. Parmi les modèles monopodiaux, c’est le modèle M 3
dont la fréquence est la plus élevée (de 35 à 62,5 %), alors que le modèle M 2
est le moins répandu (de 6 à 17 %). Les modèles monopodiaux à rameaux
en zig-zag (Mz) sont relativement fréquents (de 14,5 à 24,5 %); deux
d’entre eux sont rarement réalisés, les modèles Mz t et Mz 2 .
Source : MNHN, Paris
Tableau A
Couloir
d'Itambono
LITTORALE
Environs
de Miary
Sarodrano
s>
4 %
11,5 %
11 %
17%
Ss
—
3 %
-
Sa
-
-
4%
3,5 %
Md.
27%
17%
19 %
24%
Mzi
2%
-
4%
3,5%
Md 2
8%
3 %
14%
17 %
MZ-2
-
3 %
2 %
-
Mds
43%
51 %
30%
14%
Mzs
16%
11,5 %
16%
21 %
Quelle que soit la localité, le modèle M 3 est le mieux représenté. Quoi
de plus naturel que sa dominance dans la végétation du Sud-Ouest mal¬
gache où la forme buisson est prépondérante, si on songe que c’est l’un
de nos modèles le plus apte à réaliser le port buissonnant? Les autres
modèles dont nous avons admis l’aptitude à réaliser le port buissonnant (3),
à savoir les modèles S 2 , S 3 , Mz,, M 2 , quoique plus rares, sont néanmoins
présents dans d’appréciables quantités, s’observant chez 8 à 24 p. 100 des
végétaux ligneux.
Si maintenant nous examinons les distributions de fréquence de nos
modèles pour chaque localité, certaines différences peuvent être mises en
évidence. En ce qui concerne la végétation des environs de Miary et de
Sarodrano, on observe 15 à 20 p. 100 de modèles sympodiaux, 16 à 17 p. 100
de modèles M 2 , moins de 50 p. 100 de modèles M 3 . Dans le couloir d’Itam-
bono et sur la dune littorale, il existe seulement de 5 à 14 p. 100 de modèles
sympodiaux et de 6 à 8 p. 100 de modèles M 2 ; par contre, le modèle M 3
est bien représenté avec plus de 40 p. 100. Les modèles Mz semblent moins
fréquents dans la végétation du couloir d’Itambono et de la dune littorale
(14,5 et 18 %) que dans la végétation de Sarodrano et des environs de
Miary (22 et 24,5 %). Nous pensons devoir rapporter de telles différences
à la nature du sol. La végétation sur terrain calcaire pourrait donc être
caractérisée par rapport à la végétation sur terrain sableux selon ce critère
(tabl. B).
De la même manière, on peut constater certaines divergences entre
les distributions de fréquences de nos modèles relatives aux deux localités
sur sables : alors qu’il n’y a que 4 p. 100 de plantes qu’on puisse ranger
Source : MNHN, Paris
— 449 —
dans le modèle S, parmi les végétaux récoltés dans le couloir d’Itambono
(sables roux alluviaux), on en observe 11,5 p. 100 chez les végétaux récoltés
sur la dune littorale (sable blanc corallien); de même 17 p. 100 seulement
des végétaux réalisent le modèle Md t sur la dune littorale, contre 27 p. 100
dans le couloir d’Itambono. Au sujet de ces divergences, il convient de
Source : MNHN, Paris
— 450 —
Tableau B
Calcaire
Sables
Modèle S
bien représentés > 15 %
peu représentés < 15 %
Modèles Ma
bien représentés > 15 %
peu représentés < 15 %
Modèles Ma
peu représentés < 50 %
bien représentés > 50 %
Modèles Mz
bien représentés > 20 %
peu représentés < 20 %
rappeler que le pourcentage de plantes à rameaux courts est plus élevé
dans la végétation de la dune littorale avec 48,5 p. 100 que dans celle du
couloir d’Itambono avec 33 p. 100 (2).
RAPPORT SUPERFICIE FOLIAIRE - MODÈLES DE RAMIFICATION
Une corrélation étroite ayant été montrée entre présence-absence
de rameaux courts (ou densité de ramification) et surface foliaire (2),
il était tout naturel de s’interroger sur les rapports éventuels entre modèles
de ramification et surface foliaire, la définition de nos modèles faisant
intervenir, entre autres caractères, la densité de ramification et la présence
(ou l’absence) de rameaux courts.
Nous avons donc évalué la surface foliaire moyenne correspondant
à chacun de nos modèles. Les résultats, exprimés en mm 2 , sont consignés
dans le tableau C, leur représentation schématique étant donnée sur la
planche 2.
Parmi les modèles sympodiaux, le modèle S, est réalisé statistiquement
principalement chez les plantes à microphylles \ alors que les modèles
S 2 et S 3 se rencontrent exclusivement dans notre flore, chez les plantes à
nanophylles. Le diagramme montre une diminution de la surface foliaire
moyenne du modèle S, au modèle S 2 et au modèle S 3 , diminution corré¬
lative de l’acquisition d’une densité de ramification de faible valeur.
Parmi les modèles monopodiaux, le modèle Md, se trouve réalisé
dans notre flore par les plantes à microphylles et à mésophylles, et plus
précisément par les plantes dont la superficie foliaire correspond aux
limites supérieure de la classe des microphylles et inférieure de la classe
des mésophylles. Les modèles Mz„ Md 2 , Mz 2 , Md 3 et Mz 3 se rencontrent
chez des plantes à feuilles beaucoup plus petites en moyenne, principale¬
ment des nanophylles et de petites microphylles. La diminution de la
surface foliaire moyenne du modèle Md, aux autres modèles monopodiaux
1. Au sens que nous avons précédemment défini (Thomasson, 1971).
Source : MNHN, Paris
— 451
Tableau C
Source : MNHN, Paris
— 452 —
n’est pas seulement due à l’acquisition d’une densité de ramification de
faible valeur; la différenciation du rameau monopodial en zig-zag joue ici
un rôle au moins aussi important.
Il est généralement admis de considérer la diminution de la superficie
foliaire comme un caractère adaptatif à la xérophilie. Nous considérerons
les plantes à feuilles de dimensions réduites comme les mieux adaptées aux
conditions de milieu du Sud-Ouest malgache. En conséquence, une faible
valeur de la densité de ramification et la différenciation du rameau en zig¬
zag seraient deux caractères adaptatifs des végétaux à la xérophilie, leur
présence étant corrélative d’une faible valeur de la surface foliaire. Nous
sommes donc conduit à considérer certains de nos modèles comme les mieux
adaptés aux conditions mésologiques du Sud-Ouest malgache, à savoir les
modèles S 2 (structure en zig-zag), S 3 (structure en zig-zag et densité de
ramification égale à 1), Mz x , Md 2 , Mz 2 , Md 3 et Mz 3 . Dans ce sens, l’étude
de la distribution de fréquence de nos modèles dans la végétation de milieux
plus humides pourrait se révéler fort intéressante.
Bibliographie
(1) Thomasson, M. — Remarques sur la végétation des environs de Tuléar. I. Spectres
biologiques foliaires. Bull. Soc. Bot. France 118 (1971), sous presse.
(2) — Remarques sur la végétation des environs de Tuléar. II. Superficie foliaire et rami¬
fication chez les végétaux ligneux. Candollea, 27,1 : 7-13 (1972).
(3) — Remarques sur la végétation des environs de Tuléar. III. Modes de ramification
des végétaux ligneux. Bull. Soc. Bot. France 119 (1972), sous presse.
Tananarive (Madagascar)
et Équipe de Morphologie I,
Université de Paris-VI
1, rue Guy-de-Ia-Brosse — Paris- V P .
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (3) : 453-460. 1972.
REMARQUES SUR L 'EUPHORBIA STENOCLADA Baill.
par G. Thomasson
Résumé : Certains aspects morphologiques de YEuphorbia stenodada Baill. sont
étudiés, concernant le port, les feuilles, les épines, l’inflorescence. Le problème du poly¬
morphisme de l’espèce est posé.
Summary : About some morphological aspects of Euphorbia stenodada Baill.:
its port, its Ieaves, its spines and its inflorescence are studied. The problem of the poly-
morphism of the species is asked.
Parmi les Euphorbes malgaches dites « Coralliformes » (J. Leandri,
1952-1953), YEuphorbia stenodada Baill. tient une place particulière en
raison de la spinescence de son appareil végétatif. Dans sa diagnose,
H. Bâillon (1887) mentionnait en effet chez Euphorbia stenodada sp. nov.
« ramis crebris intricatis pennae anserinae crassitudine, hinc inde spinis
rigidis longe conicis armatis ». La valeur de ces épines a été par la suite
différemment interprétée par divers auteurs. Par ailleurs, comme toutes
les Euphorbes coralliformes, cette espèce n’est pas aphylle : au niveau
inflorescentiel elle comporte des feuilles réduites, apparaissant de façon
fugace lors de la floraison, et au niveau végétatif des feuilles inhibées et
ne dépassant guère le stade méristématique, mais pouvant se développer
dans des conditions exceptionnelles d’humidité mésologique.
RÉPARTITION
Euphorbia stenodada Baill. a son aire de répartition dans l’Ouest
et le Sud de la région occidentale (cf. carte de végétation de H. Humbert,
1955), à climat semi-aride. On le trouve plus particulièrement dans la zone
côtière Sud-Ouest, sur des terrains sableux et calcaires, jusqu’à une distance
n’excédant que rarement 50 km de la mer. Des peuplements denses, quasi
purs, se rencontrent sur les dunes côtières, tandis que le nombre d’individus
va diminuant sur le plateau calcaire et les sables roux au fur et à mesure
que l’on s’éloigne de la mer, pour se raréfier et disparaître lorsqu’on atteint
les terrains métamorphiques. La localisation de cette espèce semble donc
être liée, non seulement au climat, mais encore à la nature du sol.
Source : MNHN, Paris
— 454 —
L’APPAREIL VÉGÉTATIF
Le port.
Euphorbia stenoclada Baill. est un petit arbre à port de « pin parasol »
pouvant atteindre 4-5 m à l’état adulte. Nous avons pu observer les stades
successifs de l’élaboration de ce port depuis la germination. La croissance
de cette espèce étant extrêmement lente, nous avons étudié sur le terrain
l’architecture de différents individus en fonction de leur taille.
Stade 1. — Les germinations (observées sur dune littorale) : plantules
herbacées de 8-10 cm (radicule comprise) typiques des Dicotylédones;
cotylédons arrondis foliacés de 6-7 mm de long.
Stade 2 (fig. 1). — 10-20 cm (tige 5 cm, racine 15 cm); premières
ramifications : axes secondaires épineux, plagiotropes et apparaissant
régulièrement selon 3 hélices, suivant la phyllotaxie de la feuille axillante,
elle-même réduite à un petit bourrelet; le « tronc » est différencié, charnu,
déjà lignifié.
Stade 3 (fig. 2 et 3). — Lejeune tronc mesure 30 à 40 cm, les « branches »
sont ramifiées. Nous n’avons pu observer l’appareil souterrain dans sa
PI. I. — 1, stade 2: port de la jeune plantule (axe principal orthotrope et début de ramifi¬
cation secondaire épineuse); 2, stade 3; début d’élaboration du port en boule, les rameaux
secondaires épineux les plus récents commencent à se redresser; 3, fin du stade 3; le port
en boule est réalisé, les rameaux terminaux sont orthotropes, les autres rameaux dis¬
paraissent par élagage naturel; 4, stade 4; port en pin parasol; seules persistent les ramifi¬
cations secondaires du tiers supérieur du tronc ; les rameaux terminaux sont orthotropes,
les autres rameaux disparaissent par élagage naturel.
Source : MNHN, Paris
— 455 —
totalité : en effet, la racine principale s’allonge démesurément afin de
pouvoir atteindre la nappe phréatique située souvent plusieurs mètres
au-dessous de la surface du sol; les racines secondaires se ramifient abon¬
damment et de façon superficielle. Nous n’avons pas observé de tubérisa¬
tion. La partie aérienne s’organise alors pour donner un port « en boule » :
l’extrémité des axes secondaires se redresse quelque peu, les axes les plus
récents étant orthotropes dans leur quasi-totalité. L’apex de l’axe primaire
fonctionne dès lors de façon très ralentie, comme s’il était inhibé par le
développement actif des rameaux secondaires.
Vers la fin de ce stade (2 m de hauteur en moyenne), les axes secondaires
les plus anciens deviennent décombants, vraisemblablement sous l’effet
de la pesanteur et par sénilité, puis se dessèchent et tombent.
Stade 4 (fig. 4). — Le port en « pin parsol » est réalisé. Seules persistent
les ramifications latérales du tiers supérieur du tronc : leur partie proximale,
plagiotrope, est d’autant plus développée qu’elles sont plus anciennes,
leur partie distale étant orthotrope.
Chaque branche se comporte comme la plante entière au stade 3,
différenciant des ramifications latérales lui conférant une extrémité en
boule, sa base se dénudant par élagage naturel.
Les feuilles.
Différents auteurs, H. Bâillon (1887), J. Costantin et I. Gallaud
(1905), H. Poisson (1912), M. Denis (1921), J. Leandri (1935) considèrent
Euphorbia stenoclada Bail), comme aphylle. Tel est apparemment l’aspect
de la plante à diverses époques de l’année, en dehors de la saison pluvieuse
notamment. La feuille n’est extériorisée que par un petit mamelon. Les
coupes à ce niveau montrent un massif méristématique prolongé par
quelques cellules procambiales en direction du cylindre central du rameau.
Nous interprétons ces massifs méristématiques comme une feuille non
développée (fig. 5 et 6).
Toutefois des feuilles de taille réduite (environ 1 mm), très fugaces,
existent toujours au niveau inflorescentiel juste avant les premières pluies
(novembre-décembre). Dans certaines conditions exceptionnelles d’humidité,
des feuilles d’aspect identique peuvent se former à certains niveaux de
l’appareil végétatif; nous en avons ainsi observé d’une part sur un individu
cultivé en serre au Muséum d’Histoire naturelle de Paris, et dont elles
axillaient les rameaux épineux (fig. 7), d’autre part sur tous les rameaux
terminaux de plusieurs individus inermes après une saison particulièrement
pluvieuse (pays Mahafaly, pont de la rivière Sakamena, mars 1972).
Le limbe se présente sous la forme d’une écaille charnue sans nervure
visible et portant de part et d’autre de sa base un petit bourrelet corres¬
pondant aux stipules (fig. 8).
En coupe transversale (fig. 9), on distingue la nervure centrale faible¬
ment lignifiée, accompagnée latéralement de massifs de trachéides corres¬
pondant aux nervures secondaires. Dans la partie basale de ce limbe (épipo-
Source : MNHN, Paris
— 456 —
dium) ces différents vaisseaux plus ou moins complètement lignifiés s’anas¬
tomosent pour donner un faisceau unique correspondant au pétiole (méso¬
podium) qui est la partie distale du renflement externe portant le limbe.
Par éclaircissement, nous avons pu suivre la marche du faisceau, du pétiole
au cylindre central de la tige : très vite, deux faisceaux latéraux L1 et L2
s’écartent du faisceau médian et cheminent parallèlement à lui dans le
Source : MNHN, Paris
— 457 —
renflement basal, puis dans la tige dont ils rejoignent le faisceau central.
Cette partie à trois faisceaux représente la base foliaire ou hypopodium.
Il s’agit donc d’une feuille complète dont les trois parties, épipodium,
mésopodium et hypopodium sont représentées.
Les épines.
H. Bâillon (1887) signalait la présence d’épines chez Euphorbia
stenoclada Baill. E. Drake (1899) les considérait comme des « rameaux
avortés, transformés en gros aiguillons », ou des « pédoncules florifères
avortés ». Toujours sur une simple observation de morphologie externe,
J. Costantin et I. Gallaud (1905) conféraient à ces épines « la valeur
morphologique d’une tige »; H. Poisson (1912) et M. Denis (1921) en
arrivaient à la même conclusion. Toutefois J. Leandri (1934, 1943, 1966),
suivant le même procédé, pense qu’il s’agit « de simples excroissances du
rameau », donc d’émergences. Nous nous sommes proposés, par l’anatomie
et la morphologie, de préciser chez cette Euphorbe la nature exacte des
épines. Ces dernières ne sont pas disposées au hasard sur la tige, mais
suivent un ordre précis déterminé par la phyllotaxie de la plante; leur
disposition « double » celle des feuilles. D’autre part, à la base des épines
de première importance existent, non seulement la feuille axillante, mais
encore deux préfeuilles (3 et a.
De ces simples observations, nous pouvons déjà émettre l’hypothèse
d’une analogie de structure entre les rameaux normaux et celle des épines,
les uns et les autres étant axillés de la même façon par une feuille. L’anato¬
mie de ces épines permet de confirmer et de préciser leur nature exacte.
En coupe transversale (fig. 10 a, b, c), la caractéristique essentielle
est l’anneau libéroligneux circulaire de structure identique à celle du rameau
principal : il s'agit réellement d’une tige. Il est cependant intéressant de
remarquer que la croissance de ce rameau, contrairement à celle du rameau
principal, est limitée.
De la base au sommet, les coupes transversales de ce rameau court
montrent une augmentation progressive de la lignification (test à la phloro-
glucine chlorhydrique) avec diminution de la moelle. Ainsi en (a) voit-on
une moelle importante entourée de l’anneau libéroligneux secondaire;
l’écorce, très épaisse, montre un parenchyme lacuneux volumineux lignifié
à sa partie externe, cette dernière recouverte par l’épiderme à cuticule
cireuse épaisse. En (b), — ainsi que dans le reste de l’épine, — le diamètre
de l’anneau libéro-ligneux reste constant. Le parenchyme lacuneux diminue
tandis que le parenchyme lignifié prend de plus en plus d’importance.
En (c) la moelle n’occupe plus qu’une place très restreinte alors que le
bois s’est considérablement épaissi. Le liber a aussi légèrement augmenté.
Le parenchyme lacuneux a complètement disparu et seule subsiste une
bande de parenchyme lignifié. La partie distale de l’épine n’est plus consti¬
tuée que de l’anneau libéro-ligneux enfermant quelques cellules médul¬
laires faiblement lignifiées, et entouré d’un manchon cortical lignifié recou¬
vert de l’épiderme fortement cutinisé.
Source : MNHN, Paris
— 458 —
PI. 3. — 10, coupes transversales d’une épine à différents niveaux, montrant si
tige (Ep, épiderme; PCL, parenchyme cortical lignifié; PL, parenchyme lacuneux cortical;
LFA, lacune de la feuille axillante; PM, parenchyme médullaire; ALL, anneau libéro-
ligneux).
Sur l’épine se trouvent généralement 2 à 4 petites excroissances dont
la répartition régulière semble suivre 3 hélices. Chaque excroissance corres¬
pond à 2 zones méristématiques reliées chacune par un cordon procambial
au faisceau central de l’épine. Nous interprétons le massif méristématique
inférieur comme une feuille inhibée axillant le supérieur à valeur de rameau,
ce dernier pouvant se développer pour donner une petite épine de structure
identique à celle de l’épine mère.
L’INFLORESCENCE
Les cyathes sont regroupées en incyathescences, portées latéralement
près de l’apex des rameaux terminaux.
L’incyathescence, construite sur le type cyme bipare, comporte 4 degrés
de ramification dont le dernier, représenté par les axes n + 3, reste à l’état
de rudiments stériles. Par ailleurs, la cyathe centrale, correspondant au
premier axe n, ne se développe jamais complètement, n’étant représentée
que par une petite languette vestigiale. L’incyathescence, très condensée
Source : MNHN, Paris
— 459 —
11 12
du fait de l’élongation très faible de ses axes constitutifs, ne comporte donc
que 6 cyathes fonctionnelles (voir schéma et diagramme, fig. 11 et 12).
Chez Euphorbia stenoclada Baill., comme chez toutes les Euphorbes
coralliformes, les cyathes sont unisexuées. La pollinisation croisée est de
règle, le groupe étant dioïque.
La cyathe mâle est constituée par un axe central stérile représentant
une fleur femelle avortée, entouré de 5 cymes de fleurs mâles, ces dernières
munies de leurs bractées. Des 4 glandes de l’involucre sont issues 5 paires
Source : MNHN, Paris
— 460 —
d’appendices membraneux enveloppant les cymes mâles (fig. 13; voir
diagramme, fig. 14).
La cyathe femelle comporte une fleur femelle centrale possédant une
petite collerette. Les appendices membraneux issus des glandes de l’invo-
lucre existent toujours, enveloppant un très grand nombre de pièces laci-
niées que nous interprétons comme des fleurs mâles avortées et leurs
bractées.
CONCLUSION
Si la structure de l’appareil inflorescentiel est remarquablement
constante, il en va différemment en ce qui concerne l’appareil végétatif,
très variable dans les degrés de spinescence et de crassulescence. C’est
ainsi qu’en 1912, H. Poisson subdivisait l’espèce stenoclada en plusieurs
variétés d’après l’aspect des rameaux : striata, globulosa et laevigata (voir
sa pl. 6). Nous avons retrouvé sur le terrain ces diverses variétés : la variété
globulosa, la plus fréquente, sur les sables dunaires littoraux et le calcaire;
les deux autres variétés s’observent sur les mêmes sols mais sont, en parti¬
culier striata, moins fréquentes.
Avant H. Poisson, J. Costantin et I. Gallaud, en 1905, créaient
une nouvelle espèce remarquablement épineuse, Euphorbia cirsioides Cost.
et Gallaud. En 1921, M. Denis montrait qu’il s’agissait d’un Euphorbia
stenoclada Baill. Nous avons retrouvé cette forme uniquement sur les
sables roux et différant des variétés créées par H. Poisson par la carnosité
moins importante, la taille qui ne dépasse qu’exceptionnellement 2 m
et le port de l’adulte qui reste en boule.
Nous pensons par ailleurs nécessaire de distinguer une autre forme
totalement inerme et à rameaux très charnus que l’on rencontre par places
sur sols calcaires.
Toutefois la distinction entre ces diverses variétés (celle des sables
roux exclus) est souvent rendue difficile du fait de l’existence de nombreuses
formes intermédiaires : la présence de ces dernières ne serait-elle pas une
manifestation du polymorphisme de l’espèce?
Bibliographie
Bâillon, H. — Euphorbia stenoclada in Liste des plantes de Madagascar. Bull. mens.
Soc. Linn. de Paris 1 : 672 (1887).
Denis, M. — Euphorbiées des îles Australes d’Afrique. 1 vol., 152 p., Nemours (1921).
Costantin, J. et Gallaud, I. — Nouveau groupe du genre Euphorbia habitant Mada¬
gascar. Ann. Sc. Nat. Bot., sér. 9, 11 : 287-312 (1905).
Leandri, J. — Euphorbiaceae in Catalogue des plantes de Madagascar. Bull. Acad.
Malg. n.s., 19 : 121-145 (1935).
— Les Euphorbes épineuses et coralliformes de Madagascar. Cactées 7 : 13:67 (1952).
— Les Euphorbes épineuses et coralliformes de Madagascar. Cactées 7 : 32-79 (1953).
— Observations sur l’ Euphorbia oncoclada Drake et sur quelques Euphorbes coralli¬
formes malgaches. Adansonia, n.s., 6 : 331-349 (1966).
Poisson, H. — Recherches sur la flore méridionale de Madagascar. Thèse, Fac. Sc.
Paris (1912).
Équipe de Morphologie I,
U.E.R. 59, Université de Paris-VI
1, rue Guy-de-la-Brosse — PARis-V e .
Source : MNHN, Paris
Adansonia,
r. 2, 12 (3) : 461-468. 1972
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE CARYOLOGIQUE
DES LINAIRES DE TURQUIE
par M me J. Viano
Résumé : Dans cet article, sont mentionnés les dénombrements chromosomiques
de L. longipes 2n = 14, L. commutata 2n = 18, L. coridifolia 2n = 12, L. dalmatica
var. grandiflora 2n = 12, L. genistifolia var. genislifolia 2n = 12, L. genistifolia var.
venosa 2n = 12, du genre Linaria.
Les résultats confirment l’exactitude du nombre de base pour les différentes sections
de ce genre : cymbalaria (x = 7) elatinoides (x = 9) linariaslrum (x = 6).
Les nombres chromosomiques de L. longipes (2n = 18) et L. coridifolia (2n = 12),
tous deux endémiques du Proche-Orient sont nouveaux. Toutes les espèces étudiées
sont diploïdes.
Summary : In this paper are given chromosome numbers of L. longipes 2n = 14,
L. commutata 2n = 18, L. coridifolia 2n = 12, L. dalmatica var. grandiflora 2n = 12,
L. genistifolia var. genistifolia 2n = 12, L. genistifolia var. venosa 2n = 12, ofthegenus
Linaria.
The results agréé with the basic numbers of the different sections of the genus
Linaria such as x = 7 for cymbalaria, x = 9 for elatinoides, x = 6 for linariaslrum.
The numbers of 2n = 18 for L. longipes and 2n = 12 for L. coridifolia hâve been reported
for the first time. AU the studied species are diploid.
Cette étude caryologique sur les Linaires de Turquie, s’inscrit dans
le cadre d’un programme de recherches sur les Linaires du bassin médi¬
terranéen. Dans deux précédentes publications (Viano, 1967, 1971), seule
la partie occidentale du bassin méditerranéen était concernée, alors que
la présente étude aborde les problèmes du côté oriental de ce bassin.
I. — TECHNIQUES D'ÉTUDE
Tous les échantillons examinés 1 ont été fixés sur le terrain, ils pro¬
viennent d’une mission scientifique subventionnée par le C.N.R.S., en
Turquie, dans les monts du Taurus organisée par M. le P r Quezel et
M lle J. Contandriopoulos, Maître de Recherches au C.N.R.S.
1. Les échantillons témoins sont conservés dans l’herbier de Turquie de
M lle J. Contandriopoulos et de M. le P r Quezel, déposé au Laboratoire de Botanique
de l’U.E.R. de Sciences Naturelles de Marseille Saint-Jérôme.
Source : MNHN, Paris
— 462 —
Les comptages chromosomiques ont été effectués suivant la technique
des squashes au carmin acétique, sur des boutons floraux de Linaires
préalablement fixés dans un mélange contenant 3/4 d’alcool absolu et
1 /4 d’acide acétique, et conservés ensuite dans un congélateur.
Les échantillons ont été déterminés à Marseille par M. Quezel. En
outre, nous avons consulté l’herbier prêté par le Conservatoire et Jardin
Botanique de Genève, contenant des plantes récoltées par : Alioth,
Bormuller, Bourgeau, Cuenod, Haradjian, de Heldreich, Micheli,
Morigand, Peyron, Pinatzi, Sintenis. La plupart de ces échantillons
ont été réunis dans l’herbier Delessert.
Les localités où les échantillons ont été prélevés figurent sur la carte,
extraite de la Flore de Turquie de Davis (1965), établie à partir d’une grille
utilisant des degrés de longitude et de latitude ainsi que les limites des
provinces actuelles.
Pour cette étude, nous avons adopté la classification proposée paj
Chavannes, en 1833, qui répartissait les Linaires en 4 sections : cymbalaria,
ela lino ides , linariastrum, chaenorrhinum.
CARTE I
Carte des localités citées dans le texte : I, Afyon sur la route d’Ankara (B3, loc. 1); 2, Antalya
(C3, loc. 2); 3, Kuyu près d’Akseki (C3, loc. 3); 4, Cirlavik Tepe (C3, loc. 4); 5, Didere
(C4, loc. 5); 6, Ermenek (C4, loc. 6); 7, Koyuk Dag (C5, loc. 7); 8, Bolkar Dag (C5, loc. 8).
II. — RÉSULTATS
A. — Section cymbalaria Chav.
Linaria longipes Boiss. et Heldr.
Lieu de récolte : Turquie, au Sud sur les falaises maritimes d'Antalya (Carte,
C 3, loc. 2). 2-VI-1970.
Source : MNHN, Paris
— 463 —
L’échantillon étudié a pu être comparé avec l’isotype prêté par le
Conservatoire et Jardin Botanique de Genève, concernant une plante
récoltée par de Heldreich, en mars 1845, sur les murs et les rochers d’Adalia
(= Antalya), or, c’est à cet endroit précisément que notre exemplaire a
été récolté.
Cette espèce possède des affinités très étroites avec L. cymbalaria (L.)
Mill., dont elle diffère par la longueur des pétioles (très longs), la forme des
feuilles (feuilles entières à la base des tiges, lobes moins profondément
découpés pour celles de la partie supérieure) et du calice (sépales oblongs
et obtus), la longueur du calice par rapport au tube de la corolle (calice
beaucoup plus court que le tube de la corolle), la grandeur de la corolle
(plus grande) et la longueur de l’éperon (éperon légèrement plus long que
le tube de la corolle).
Aire de répartition : Endémique du Proche-Orient, localisée seule¬
ment dans quelques îles grecques de la Mer Égée et en Turquie en Pam-
phylie dans la région d'Antalya.
Ce taxon avait été précédemment signalé à Chios par Aucher Eloy,
en 1905, à Salamis par de Heldreich, en 1845, à Rhodes par Bourgeau,
en 1870, en Crête par Rechinger, en 1943, et en Turquie à Antalya par
de Heldreich, en 1845. La plupart de ces échantillons figure dans l’herbier
de Genève.
Étude chromosomique : 2n = 14 (PI. 1, fig. 1).
Ce nombre, nouveau à notre connaissance, a été déterminé sur des
métaphases somatiques dans l’ovaire. II porte à 7 le nombre des espèces
de la section cymbalaria ( aequitriloba , cymbalaria, glareosa, hepaticaefolia,
pallida, pilosà) dont le nombre chromosomique est maintenant connu
(cf. références bibliographiques Viano, 1971).
B. — Section elatinoides Chav.
Linaria commutata Bernh.
Lieu de récolte : Échantillon a: Turquie, Ermenek, pelouses rocailleuses (Carte,
C 4, loc. 6). VI-1970. — Échantillon b: Turquie, à 3 km au Sud de Didere, forêt de Pinus
Brutia, versant Nord, 1 100 m (Carte I, C 4, ioc. 5). 6-VIII-1970.
Aire de répartition : Iles Canaries, Afrique septentrionale, Europe
méditerranéenne, Yougoslavie, Grèce, Crête, Bulgarie, Turquie, Syrie,
Liban, Palestine.
Étude chromosomique : 2n = 18 (PI. 1, fig. 2 et 3; PI. 2, microphotos
1 et 2). Ce nombre confirme celui indiqué précédemment par l’auteur
(Viano, 1971), qui avait dénombré x = 9 sur un échantillon provenant de
Tunisie.
Source : MNHN, Paris
— 464 —
7 8 9
PI. 1. — Dessins à la chambre claire O.P.L. de la garniture chromosomique de diverses Linaires :
1, L. longipes Boiss et Heldr. : Métaphase somatique dans l'ovaire : 2n = 14. —
2, L. commutata Bernh. ( a) : Métaphase somatique dans l'étamine : 2n == 18; 3, (b) :
Métaphase somatique dans l'ovaire : 2n = 18. — 4, L. coridifolia Desf. (a) : Métaphase
somatique dans l’étamine ; 2n = 12; 5, (/>) : Métaphase somatique dans l'étamine :
2n = 12. — 6, L. dalmatica (L.) Mill. var. grandiflora (Desf.) Boiss. : Métaphase soma¬
tique dans l’ovaire : 2n = 12; 7, Métaphase somatique dans l’ovaire : 2n = 12. —
8, L. genistifolia Mill. var. genistifolia : Métaphase somatique dans l’étamine : 2n = 12.
C. — Section linariastrum Chav.
I,inaria coridifolia Desf.
Ce taxon est très voisin de L. striata DC. dont il diffère par la forme
et la grandeur des feuilles (plus étroites et plus courtes), par la couleur
Source : MNHN, Paris
— 465 —
de la corolle (non veinée) et sa forme (lobes de la lèvre supérieure aigus,
presque linéaires).
Lieu de récolte : Échantillon a : Turquie, 20 km après Afyon sur la route d'Ankara
(Carte, B 3, loc. 1). 2-VI-1970. — Échantillon h: Turquie, éboulis du Bolkar Dag, 2 800 m
(Carte, C 5, loc. 8). 18-VI-1970.
Aire de répartition : Endémique du Proche-Orient, Asie Mineure,
Arménie.
Étude chromosomique : 2n = 12 (PI. 1, fig. 4 et 5; PI. 2, micro¬
photos 3 et 4). Le dénombrement chromosomique, nouveau à notre connais¬
sance, a été effectué sur des métaphases somatiques dans des cellules stami-
nales. Ce nombre confirme le nombre de base de la section linariaslrum x = 6
déterminé par les travaux antérieurs de différents auteurs (cf. références
bibliographiques, Viano, 1971).
Linaria dalmatica (L.) Mill.
Lieu de récolte : Échantillon a: var. grandiflora (Desf.) Boiss. : Turquie, 20 km
après Afyon sur la route d'Ankara (Carte, B 3, loc. 1). 2-VI-1970. Cette variété diffère
du type par des fleurs plus grandes (35 à 40 mm long, de la lèvre supérieure à l'éperon),
courtement pédicellées (1 à 1,5 mm long) et un calice plus large et supérieur (10 à 12 mm
long) à la capsule (5 à 6 mm long).
Aire de répartition : Cette variété est une endémique du Proche-
Orient; elle a été signalée dans les pays tels que : Carie, Syrie, Cappadoce,
Arménie, Perse.
Étude chromosomique : 2n = 12 (PI. 1, fig. 6 et 7; PI. 2, micro¬
photos 5 et 6). Le nombre chromosomique des 2 échantillons a pu être
compté sur des mitoses somatiques dans des ovaires et dans des étamines
à la métaphase.
Des travaux antérieurs (Heitz, 1927a, Tjebbes, 1928, East, 1933,
M atsuura et Suto, 1934) avaient indiqué le même nombre chromosomique
2n = 12 pour l’espèce s.l..
Linaria genistifolia (L.) Mill.
Lieu de récolte : Echantillon a: var. genistifolia nov. nom. = var. typica Fiori :
Turquie : Kuyu près Akseki, pelouses rocailleuses (Carte, C 5, loc. 3). 10-VI-1970. —
Échantillon h: var. venosa Boiss. : Turquie, Hoyuk Dag, pelouses rocailleuses (Carte,
C 5, loc. 7). VI-1970; cette variété se distingue essentiellement du type par la couleur
de sa corolle, jaunâtre veinée de roux.
Aire de répartition : Europe centrale et orientale, Asie occidentale
et boréale.
La variété venosa Boiss. est une endémique turque, localisée en Cilicie
dans les monts du Taurus.
Source : MNHN, Paris
— 466 —
4
5
6
8
PI. 2. — Documents photographiques de la garniture chromosomique des Linaires étudiées :
1, !.. commutata Bernh. (a) : Métaphase somatique dans l'étamine : 2n = 18; 2, (é) :
Métaphase somatique dans l'ovaire : 2n = 18. — 3, L. coridifolia Desf. (a) : Métaphase
somatique dans l'étamine : 2n = 12; 4, (b) : Métaphase somatique dans l’étamine :
2n = 12. — 5, L. dalmatica (L.) Mill. var. grandiflora (Desf.) Boiss. : Métaphase soma¬
tique dans l'ovaire : 2n = 12; 6, Métaphase somatique dans l’ovaire : 2n = 12. — 7,
L. genistifolia Mill. var. genistifolia : Métaphase somatique dans l'étamine : 2n = 12.
7
Source : MNHN, Paris
— 467 —
Étude chromosomique : 2n = 12 (PI. 1, fig. 8 et 9; PI. 2, micro-
photos 7 et 8).
Sur des écrasements d’étamines dans des mitoses somatiques, il a été
dénombré pour les 2 échantillons a et b, 2n = 12.
Ce résultat confirme les travaux précédents de Heitz, 1927a, Tjebbes,
1928, East, 1933, Titova, 1935. Seul Sugiura, en 1923, a compté 2n = 18
pour L. genistifolia Mill. ssp. genistifolia. Ce résultat est vraisemblablement
erroné en raison du nombre de base constant déterminé, pour différents
taxons de la section linariastrum.
CONCLUSIONS
Au cours de cette troisième contribution à l’étude caryologique des
Linaires, nous avons pu effectuer les comptages chromosomiques suivants
sur des échantillons provenant de Turquie :
Sections
Taxons
Nombres chromosomiques
cymbalaria
L. longipes
2n = 14
elatinoides
L. commutata
2n = 18
linariastrum
L. coridifolia
2n = 12
—
L. dalmatica
—
var. grandiflora
2n = 12
—
L. genistifolia
var. genistifolia
2n = 12
—
var. venosa
2n = 12
L. longipes (2n = 14) et L. coridifolia (2n = 12), tous deux endé¬
miques du Proche-Orient et appartenant à 2 sections différentes, ont été
dénombrés pour la première fois.
Ces résultats confirment les nombres de base reconnus chez les taxons
appartenant aux sections cymbalaria (x = 7) et linariastrum (x = 6).
Par contre, pour la section elatinoides le nombre de base serait x = 9;
dans des travaux récents, l’auteur discute cette hypothèse qui demande à
être confirmée par l’étude cytotaxinomique d’autres taxons appartenant
à cette section. Toutefois, le nombre chromosomique de L. commutata
(2n = 18) apporte un élément supplémentaire favorable à cette opinion.
Tous les taxons étudiés sont diploïdes, conformément à la plupart
des travaux antérieurs : la polyploïdie est peu fréquente chez le genre
Linaria. A l’heure actuelle, de toutes les contributions apportées à l’étude
cytotaxinomique sur le genre Linaria se dégage l’existence d’un nombre
de base stable mais différent pour chaque section et une prédominance
de la diploïdie. Seule la section elatinoides nécessite de nouvelles études
caryologiques afin de vérifier l’exactitude d’un nombre de base unique
x = 9.
Source : MNHN, Paris
— 468 —
Cette étude n’a été possible que grâce à l’apport de matériel par M Ue J. Contan-
driopoulos et M. Quezel lors de leur mission scientifique dans les monts du Taurus
en Turquie. Nous leur adressons nos plus vifs remerciements.
Nous remercions également le Conservatoire et Jardin Botanique de Genève qui
a accepté de nous envoyer à titre de prêt de nombreux échantillons provenant essen¬
tiellement du Moyen-Orient.
Index bibliographique
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Laboratoire de Taxinomie et Écologie végétales
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Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (3) : 469-495. 1972.
LE GENRE TRICHOMANES L.
(FOUGÈRES LEPTOSPORANGIÉES)
par Rose Hébant-Mauri
Résumé : Étude sur la morphologie, l'anatomie et la biologie des Trichomanes ,
avec révision bibliographique et étude de la répartition des types morphologiques dans
le Monde.
Discussion des résultats acquis : implications systématiques; essai d'interprétation
évolutive; perspectives de recherche.
1. — RÉVISION BIBLIOGRAPHIQUE
I. — ÉCOLOGIE. PHYSIOLOGIE.
L’habitat très particulier (humide, abrité, homeothermique) des
Trichomanes est réalisé de façon optimale en forêt tropicale de basse alti¬
tude. On y trouve la plus grande partie des représentants du genre.
Ces conditions écologiques sont précisées dans les flores et les travaux
d’ensemble sur les Hyménophyllacées.
Holloway (1923) en Nouvelle-Zélande, Taton (1946) au Congo
ex-Belge, ont entrepris une étude détaillée de la répartition des différentes
espèces.
Holloway situe géographiquement et climatologiquement la zone
étudiée : le Westland *. Il s’agit d’une forêt humide et tempérée. Cet auteur
étudie la répartition des différents groupes d’espèces en fonction de leur
morphologie, dans leurs différents biotopes, qu’il décrit minutieusement.
Il en dégage une relation entre la distribution écologique et la forme de
développement des espèces : on passe progressivement des formes terrestres
strictes à tige épaisse et racines bien développées aux formes épiphytes
ou saxicoles strictes, à tige filiforme rampante, sans racines, et à feuilles
réduites. S’appuyant sur ce fait et sur les critères évolutifs antérieurement
établis, Holloway propose comme types architecturaux les plus primitifs
ceux qui sont terrestres stricts, et peut-être même parmi eux, les types à
tige dressée.
1. Westland : versant ouest côtier des Alpes de l’Ile Sud de la Nouvelle-Zélande.
Source : MNHN, Paris
— 470 —
Taton (1946) souligne la pauvreté relative de la flore africaine en
Hyménophyllacées. Il dénonce l’exagération avec laquelle le caractère de
fougère épiphyte par excellence est attribué aux Hyménophyllacées : seule¬
ment 8 espèces sur 18 sont observées comme telles au Congo ex-Belge.
« Un substrat régulièrement irrigué, sis en atmosphère confinée et ombreuse,
est l’une des conditions essentielles. La base des troncs d'arbres dans les
forêts denses ombrophiles répond parfaitement à cette exigence... La nature
du substrat est relativement secondaire et il serait assez vain de chercher
chez les Hyménophyllacées une adaptation quelconque à la vie épiphyte
comme telle » (p. 14).
Peu d’études poussées ont été faites sur la physiologie de ce groupe.
Pourtant, dès 1890, Giesenhagen signale que les tissus conducteurs des
plus petites formes ne sont pas fonctionnels.
Shrève (1911) souligne le rôle de l’humidité atmosphérique dans la
turgescence des feuilles de certaines espèces, et surtout l’aptitude de ces
feuilles à survivre à une dessiccation poussée. Effectivement, il nous a été
possible de constater une véritable reviviscence chez certaines espèces,
après plusieurs mois de dessiccation, dans la nature.
Hârtel (1940) démontre expérimentalement la faible efficacité du
système conducteur du pétiole de T. radicans. Bell (1960) décrit l’anatomie
de T. proliferum : elle est très régressée et souvent nécrosée dans le pétiole,
ainsi que dans la tige entre deux feuilles successives, et ceci jusqu’à 3 cm
de l’apex. Il en résulte que ces feuilles constituent autant de colonies auto¬
nomes, rigoureusement dépendantes de l’eau de ruissellement pour leur
nutrition hydrique et minérale. Ceci expliquerait la très grande variabilité
morphologique observée sur une petite surface. Ce phénomène pourrait
être vérifié in situ par simple sectionnement de la tige, entre feuilles succes¬
sives, comme le suggère F. Hallé (communication personnelle).
II. — MORPHOLOGIE.
La feuille est largement décrite dans les flores. C’est le critère le plus
utilisé en systématique. Le genre Trichomanes L. montre en effet une
extrême diversité de structures foliaires : l’éventail des formes observées
est l’un des plus larges rencontrés chez les Fougères actuelles. Elles sont
entières, ou plus ou moins découpées, jusqu'à quadripinnatifides. Elles
peuvent mesurer de 0,3 à 50 cm de long. Le limbe est généralement constitué
d’une seule épaisseur de cellules. L’absence d’espace intercellulaire serait
responsable de son aspect translucide (Boodle, 1900).
Une étude de la feuille de Fougère (foliarisation, défoliarisation,
diversification, adaptation, etc.*) perdrait beaucoup à négliger ce genre
qui constitue un matériel de choix, bien que particulier : structure du limbe
unistratifiée, biologie et physiologie inféodées à une intense humidité.
1. Cusset. — Communication personnelle.
Source : MNHN, Paris
— 471 —
PI. 1. — 1, A et B : phyllotaxie de deux échantillons d'une même espèce à tige épaisse dressée
(1 = la plus jeune feuille); 2, position du bourgeon ; A, sur une tige dressée. B, sur une
tige rampante épaisse, C, sur une tige rampante filiforme; 3, les deux cas extrêmes de la
variabilité dans la position du bourgeon, telle qu'on l'observe chez Trichomanes radicans
Swartz. A, les stèles de la feuille et du bourgeon sont encore jointives, quand l’ensemble
ainsi constitué se sépare de la stèle caulinaire. B, la stèle foliaire se sépare de la stèle du
bourgeon, alors que cette dernière reste encore en contact avec la stèle caulinaire.
Une importante variabilité foliaire se manifeste également au niveau
intraspécifique, d’une population à l’autre 1 .
Le bourgeonnement épiphylle existe, à l’extrémité de la nervure princi¬
pale plus ou moins prolongée de certaines formes. Bell (1960) décrit, chez
Trichomanes proliferum Blume, l’apparition de nouvelles feuilles à partir
du point de ramification des nervures.
1. « I hâve found the species of Trichomanes to be plastic, in a measure unknown
to me in any other group. » copeland. 1933.
Source : MNHN, Paris
— 472 —
La phyllolaxie est distique et les nœuds sont espacés chez les espèces
à tige rampante. Au contraire, chez les espèces à tige dressée, les nœuds sont
serrés et les feuilles insérées suivant 3 spires phyllotaxiques (PI. 1, fig. 1).
La tige peut être, suivant les espèces, rampante, dressée ou prostrée.
Son diamètre demeure réduit (de 0,3 à 5 mm).
Sa ramification a intéressé très tôt les botanistes. Mettenius (1864)
décrit la position des bourgeons chez de nombreuses espèces. Ces bourgeons
sont situés en position tout à fait axillaire chez les formes dressées (Cham-
bers, 1911) et les formes rampantes à tige épaisse (Bower, 1889). Par
contre, ils sont situés latéralement par rapport au pétiole chez les formes
rampantes à tige filiforme (PI. 1, fig. 2).
La ramification, très rare chez les formes dressées (Mauri, 1969)
serait axillaire pour certains auteurs (Boodle, 1900; Eames, 1936) et dicho¬
tomique pour d’autres (Bower, 1935; Emberger, 1960 et 1968). (Voir le
paragraphe Anatomie et Histologie.)
Il faut noter la différenciation particulière du bourgeon axillaire chez
T. aphlebioides Christ. Ce bourgeon se développe très peu et porte des
feuilles extrêmement laciniées rappelant des « aphlébies » à la base des
feuilles normales (William, 1930).
Les racines: elles sont surtout abondantes sur les formes à tige épaisse
et dressée. Leur insertion sur la tige paraît indépendante de celle des feuilles.
Elles n’existent plus sur les formes à tiges grêles et rampantes.
III. — ANATOMIE. HISTOLOGIE.
Dès 1845, von Mohl décrit la protostèle des Hyménophyllacées.
En 1900, Boodle en fait une étude détaillée et dégage les différents
types de protostèle de la famille, types dont Ogura (1938) précise les
définitions de la façon suivante :
a) Protostèle massive: le phloème entoure un massif de xylème.
b) Protostèle réduite : le phloème entoure un massif de xylème. Celui-ci
renferme au centre une petite plage de parenchyme contenant le protoxylème.
c) Protostèle sub-collatérale : le phloème entoure un massif de xylème
à protoxylème ventral.
d) Protostèle collatérale: le phloème est interrompu ventralement.
Les types d) et b) se rencontrent dans les tiges épaisses, les types c)
et d) dans les tiges filiformes.
Thomae (1886) signale chez T. radicans L., des variations dans la struc¬
ture de la stèle prise à différents niveaux du pétiole. Ce phénomène est
général chez les formes à stèles des types a), b) et c).
Mode d’émission des organes latéraux :
Boodle en donne une description précise : à partir de la stèle cauli-
naire, il y a émission d’une stèle identique commune au bourgeon axillaire
Source : MNHN, Paris
— 473 —
et à la feuille. Cette stèle va se scinder en deux parties, l’une irriguant la
feuille, l'autre irriguant le bourgeon. Il n’y a pas de brèche foliaire.
Des variations dans la séquence de l’isolement des stèles ont été obser¬
vées chez T. radicans (Boodle, 1900). Des décortications et des coupes
sériées au niveau des nœuds nous ont montré que le plan d’organisation
fondamental était toujours respecté, et que seule la position du bourgeon
pouvait varier (PI. 1, fig. 3). Sur certains échantillons de T. radicans, le
bourgeon peut même disparaître sporadiquement et l’unique stèle émise
se dirige alors vers la feuille.
Stèle foliaire :
Il paraît difficile de définir avec précision à quel niveau se trouve la
base du pétiole. Si l’on considère que cette base se situe au point de départ
de la stèle du bourgeon, l’anatomie du pétiole des Trichomanes apparaît
comme variable suivant les espèces. Elle peut être semblable à celle de la
tige, à ce niveau, et se modifier progressivement, ou bien elle peut être
immédiatement distincte. T. radicans illustre les deux possibilités, la
deuxième étant toutefois exceptionnelle. Ces variations ont été considérées
comme correspondant à une foliarisation plus ou moins précoce (Posthu¬
mus, 1926; Emberger et Parés, 1953; Le Thomas, 1961).
Nous dirons ici que la base du pétiole est « foliarisée » quand son anato¬
mie est distincte de celle de la tige correspondante (voir plus loin).
Les deux possibilités (foliarisation dès la base du pétiole ou base du
pétiole encore semblable à la tige) sont réalisées aussi bien chez les espèces
à stèle axiale que chez les espèces à stèle subcollatérale : le degré de folia¬
risation paraît indépendant de la symétrie de la stèle caulinaire corres¬
pondante.
Les espèces filiformes à stèle de tige collatérale gardent exactement la
même stèle dans le pétiole. On peut aussi rencontrer dans ces formes cer¬
tains cas de disparition complète de tout tissu conducteur chez des espèces
qui en sont normalement pourvues (T. motleyi: Karsten, 1895...; T. libe-
riense, T. erosum). Ce sont les plus petites formes connues. Les tissus
conducteurs peuvent se retrouver dans les feuilles fertiles. Il s’agit donc
bien de formes régressées (Boodle, 1900, etc.).
L’étude anatomique de ce groupe soulève de nombreux problèmes.
Les deux suivants retiendront plus particulièrement notre attention :
1. L’évolution des stèles caulinaires.
2. L’évolution des structures foliaires.
1. Un sens de l'évolution des stèles a été proposé dès les premières
études, même partielles, faites sur l’anatomie des Hyménophyllacées.
Pour Prantl (1875), la stèle collatérale des petites formes serait primitive.
Dès 1890, Giesenhagen abandonne cette hypothèse et considère les formes
à tiges filiformes et à stèle collatérale comme régressées adaptées à une
écologie très particulière (épiphytes ou saxicoles, adhérant parfaitement
au substrat par des poils, jamais terrestres). Elles ont de fausses nervures
Source : MNHN, Paris
— 474 —
que Giesenhagen (1890) considère comme des vestiges de vraies nervures.
Il souligne également que ces formes n’ont pas de racines.
Boodle (1900) place à la base de son schéma évolutif la grande stèle
médullée à symétrie bilatérale de Cardiomanes reniforme: cette stèle est
« réduite », et il en fait dériver d’une part la stèle massive, d’autre part
la stèle collatérale. Tansley (1907) considère la stèle massive comme
primitive. C’est ce qui est actuellement reconnu : Le Thomas (1961) propose
une seule direction évolutive, de la grande vers la petite taille, par réduction.
2. L’évolution des structures foliaires. — Les données modernes de
l’anatomie et de la morphologie végétale, ainsi que les apports récents de
la paléobotanique, ne permettent plus de considérer comme synonymes
bilatéralisation de l'anatomie et foliarisation.
Les Trichomanes méritent une attention toute particulière à ce sujet,
car pour certains auteurs, la bilatéralisation croissante dans le sens basipète
que présente l’anatomie du genre est synonyme de foliarisation : « ... la
symétrie foliaire apparaît déjà dans le rhizome. La foliarisation de la
fronde se fait donc toujours de façon basipète, quelquefois très tôt, dans
le rhizome, ou au contraire beaucoup plus tard, au sommet du pétiole »
(Le Thomas, 1961).
Plusieurs constatations viennent à l’encontre d’une telle interprétation :
— D’un point de vue morphogénétique, la structure de la stèle paraît
être étroitement liée à la taille et au port de la tige (cf Boodle, 1900;
Bower, 1935; etc.).
— La « foliarisation » plus ou moins précoce — telle qu'elle a été
définie page 473 — et la symétrie de la stèle caulinaire paraissent indépen¬
dantes (voir ci-dessus).
On peut noter que l’espèce T. ankersii Parker (PI. 7) de Guyane, dont
l’ensemble de la tige feuillée simule une grande feuille pennée, présente
une stèle massive circulaire.
Ainsi, les Trichomanes illustrent un cas où foliarisation et bilatéra¬
lisation de l’anatomie ne sont pas strictement corrélatives.
L’histologie est d’abord étudiée par Mettenius (1864). Le xylème
est constitué de trachéides à épaississements spiralés et scalariformes.
Les cellules du phloème présentent parfois d’importants épaississements
« nacrés » de leur paroi, épaississements qui peuvent même, dans certains
cas, obstruer complètement la lumière de ces cellules (T. africanum, T. mannii,
T. mettenii, etc., C. Hébant, 1969).
La ramification, déjà abordée au point de vue morphologique, a
également été étudiée quant à son anatomie et son histologie.
En 1900, Boodle donne le premier schéma de l’émission du bourgeon
au niveau d’un nœud. Ce schéma illustre la position du bourgeon dans les
formes à tige épaisse dressée. Elisabeth Chambers (1911) décrit en détail
les bourgeons vestigiaux de T. javanicum, forme également à tige épaisse
et dressée. Elle rappelle l’existence chez T. radicans, forme à tige épaisse
Source : MNHN, Paris
— 475 —
et rampante, d’une ramification effective. La position des bourgeons reste
axillaire dans les deux cas. Elle est donc indépendante du port de la
plante.
A la suite de Scott (1900) *, Chambers considère que la feuille est
issue de l’une des deux branches d’une ramification dichotomique. Bower
(1935) dans une coupe longitudinale de l’apex de T. radicans interprète
également la ramification comme une dichotomie inégale, mais pour lui,
il y a déplacement de la feuille angulaire. Emberger (1968) maintient cette
notion : « La ramification de ces Fougères est du type dichotomique,
mais présente parfois des variantes remarquables, proches de la ramification
monopodique... » Il se réfère au schéma de Bower relatif à l’apex de
T. radicans.
Divers rapprochements avec les végétaux fossiles ont été tentés :
Tansley (1907) rapproche les Botryoptéridées et les Hyménophyllacées en
raison de la similitude anatomique de la trace foliaire et de celle du bour¬
geon.
Chambers (1911) confirme l’hypothèse de Gwynne-Vaughan (1902)
concernant les masses parenchymateuses du rhizome d’Helminthostachys
zeylanica qu’il interprète comme des bourgeons axillaires vestigiaux. Ils
constituent ainsi un argument supplémentaire en faveur du rapprochement
des Ophioglossales et des Botryoptéridées déjà proposé par Bower en 1911.
Chambers enferme « in one circle of affinity » Botryoptéridées, Hyméno¬
phyllacées et Ophioglossales.
Emberger et Parés (1958) comparent l’émission foliaire de Thamnop-
teris Schlechtendalii et celle de Trichomanes meoides. Il s’agirait, pour ce
dernier matériel, d’une aisselle vide car aucune mention du bourgeon n’est
faite, ni dans le texte, ni dans les schémas.
Berthier et coll. (1971) soulignent, à propos du mode d’émission de
l’ensemble trace foliaire-trace raméale chez Polytrichum alpinum Hedwig
sa similitude avec celui observé chez certaines Ptéridophytes telles que
T. erosum Willdenow, T. radicans Swartz, T. cupressoides Desvaux, etc.
ou encore Botryopteris antiqua Kidston selon l’interprétation de Phillips.
En conclusion, il paraît utile de compléter l’étude histologique et
anatomique de ce groupe :
1° Par une recherche, au niveau de l’apex, de l 'origine des ramifications,
et ceci dans les différents types structuraux qui ont été reconnus. Ce travail
est en cours.
2° Par une description plus large et plus rigoureuse de l 'anatomie
des différentes formes de croissance à l’intérieur des différents sous-genres,
en vue de préciser :
a) la signification réelle du phénomène de « foliarisation basipète »;
b ) l’évolution de l’anatomie du groupe dans son ensemble.
1. Scott (1900) considère que la ramification axillaire dérive de la réduction
l’une des deux branches d'une dichotomie.
Source : MNHN, Paris
— 476 —
IV. — CROISSANCE ET DÉVELOPPEMENT.
A notre connaissance, très peu d’études ont été faites sur ce sujet :
Prantl (1875) illustre le développement du limbe foliaire. Goebel (1892)
décrit le jeune sporophyte de T. rigidum. Helm (1935) étudie de façon
détaillée l’initiation et le développement de la feuille chez T. bimarginatum :
cette feuille est initiée dans les derniers segments issus de l’apicale. Il s'y
individualise une apicale bifaciale très caractéristique et différente de
l’apicale d’axe à trois faces. Ce premier stade est bref. Le deuxième stade
est caractérisé, selon Helm, par une modification de l’apicale : elle acquiert
une face de division basale « en verre de montre » qui est à l’origine du
pétiole cylindrique (les ailes du pétiole sont d’origine épidermique). Puis
cette apicale réacquiert son fonctionnement bifacial (3 e stade) et engendre
la base du limbe. Ce stade dure peu et fait place à un quatrième stade où
l’apicale devient prismatique, et va être à l’origine du développement
du limbe.
Ces étapes du développement des feuilles sont comparables chez
T. humile et T. minutissimum. L’auteur en conclut que ses observations
semblent être généralisables.
A notre connaissance, ce type de développement très particulier n’a pas
été décrit dans un autre groupe de Fougères. Les feuilles des formes ram¬
pantes (seules décrites ici) subissent une torsion au cours de leur dévelop¬
pement. Cette torsion entraîne une variation dans l’orientation du système
apical foliaire par rapport à l’ensemble tige-pétiole; ceci pourrait expliquer
la diversité des aspects observés (Bonnet, communication personnelle).
A défaut d’autres informations sur la morphogenèse du genre Tricho-
manes, on peut résumer les résultats essentiels obtenus par Holloway (1944)
dans sa belle étude sur les premiers stades du développement de Cardio-
manes reniforme. Cette espèce a des affinités avec les deux genres Tricho-
manes et Hymenophyllum. Chez Cardiomanes :
— le premier cloisonnement du zygote est oblique ou transversal,
jamais vertical comme chez les autres Fougères leptosporangiées;
— la première feuille et la première racine n’ont pas une position
constante par rapport à l’archégone;
—- le développement de la première feuille présente les mêmes parti¬
cularités de croissance apicale que celles décrites par Helm;
— la jeune tige est d’abord orthotrope, à phyllotaxie spiralée, et à
stèle massive, à symétrie axiale. Elle se courbe ensuite pour adopter le port
rampant. La phyllotaxie devient distique et la stèle bilatérale.
Cette étude laisse prévoir tout l’intérêt d’une recherche, dans ce
domaine, sur les autres genres de la famille.
La croissance très lente et la culture difficile des Hyménophyllacées
expliquent toutefois le peu d’études morphogénétiques actuellement réalisées
sur ces Fougères.
Source : MNHN, Paris
— 477 —
V. — REPRODUCTION.
Les sores se développent à l’extrémité de certaines nervures. L’indusie
est constituée par un dédoublement en cornet du bord du limbe. La nervure
se prolonge par un réceptacle exsert portant de nombreux sporanges.
La croissance de ce réceptacle est assurée par un méristème basal.
Prantl (1875), Campbell (1895) ont schématisé le développement des
sporanges, de type « gradatae ». Ils sont sessiles et montrent une déhiscence
latérale provoquée par un anneau oblique.
A notre connaissance, les spore s ont été très peu étudiées en palyno¬
logie. Copeland (1938) écrit : « The spores, so far as known, are uniform
throughout the family... » Knox (1938) précise leur taille : de 25 à 90 p.
de diamètre suivant les espèces. Harris (1955) étudie les spores des Fou¬
gères de Nouvelle-Zélande. Les spores d’Hyménophyllacées — 26 espèces
dont 5 Trichomanes — sont à parois fines, d’échinulées à clavulées. Ces
spores sont classées en trois groupes en fonction de leur taille et de leur
ornementation, ces deux caractères allant de pair. Les Trichomanes font
partie du troisième groupe de Harris, et y sont représentés par les plus
petites spores (34 à 15 n) échinulées ou scabres.
Ces spores sont chlorophylliennes, caractère jugé primitif par Lloyd
et Klekowski (1971). Elles sont de faible viabilité après leur récolte :
6 jours d’après Stokey (1940). Elles germent très rapidement, souvent
même dans les sporanges in situ. C’est ainsi que les premiers stades de la
germination ont pu être décrits par Tashner et dessinés par Presl en 1843.
Mettenius (1864), Prantl (1875), Goebel (1888), Sadebeck (1902), Hollo¬
way (1930) ont également décrit et illustré cette germination dans diffé¬
rentes espèces. Stokey (1940) est la première à en faire une étude comparée
détaillée. Il en ressort que le gamétophyte, avant tout cloisonnement, est
triangulaire. D’après l’auteur, ce premier stade triangulaire ne peut s’inter¬
préter que comme un vestige de la structure même des premiers stades de
germination des spores d’ Hymenophyllum, considérée comme le type
primitif. L’auteur fait un parallèle entre les types de germination et de
gamétophytes des Trichomanes et leur classification par Copeland. Bien
que très fragmentaires, les grandes lignes de l’évolution du gamétophyte,
selon Stokey, se superposent aux glandes lignes de l’évolution morpho¬
logique selon Copeland. En particulier, les types de germination à trois
cellules et ceux à quatre cellules, les moins bien définis, correspondent au
groupe supposé primitif par Copeland. Les trois espèces à germination
du type Hymenophyllum font partie d’un groupe que Copeland rattache
difficilement aux Trichomanes en raison de ses affinités morphologiques
avec les Hymenophyllum.
Le gamétophyte a été décrit en même temps que les premiers stades
de la germination. Son caractère filamenteux est considéré comme un état
dérivé 1 , adapté à la très grande humidité des stations occupées par les
1. Le port filamenteux du gamétophyte de Trichomanes dériverait du port rubané
de celui A'Hymenophyllum.
Source : MNHN, Paris
— 478 —
Trichomanes (Holloway, 1930). L’argument essentiel de cet auteur repose
sur des considérations évolutives à propos de Cardiomanes reniforme tenu
comme primitif dans la famille des Hyménophyllacées par rapport aux
Trichomanes. Ce genre a un gamétophyte rubané. Les constatations écolo¬
giques faites par l’auteur montrent que les Trichomanes requièrent une plus
grande humidité que les Hymenophyllum (Holloway, 1923). Leur sporo-
phyte y est plus particulièrement adapté; il en serait de même pour leur
gamétophyte : il ne supporte pas le dessèchement et sa durée de vie est plus
courte que celle du gamétophyte des Hymenophyllum.
Stokey (1940) renforce cette opinion par une étude plus large des
deux genres Hymenophyllum et Trichomanes. Elle précise que l’état fila¬
menteux est atteint dans les deux genres, et probablement plusieurs fois
dans la famille, par polyphylétisme; les espèces filamenteuses peuvent
ne pas avoir de relations entre elles. Pourtant, Farrar et Wagner (1968),
à la suite d’une étude du gamétophyte de T. holopterum, remettent en
question la nature de la structure primitive.
Stone (1965) propose une étude biochimique du passage de la forme
filamenteuse à la forme rubanée, ainsi que de la sexualisation des
gamétophytes.
La multiplication végétative des gamétophytes est décrite, pour la
première fois, semble-t-il, par Mettenius (1864), puis par Bower et Goebel
(1888). Le gamétophyte mature émet des gemmules pluricellulaires à l’extré¬
mité de stérigmates. Ces gemmules vont donner des gamétophytes identiques,
plus rapidement que les spores, d’après Stone (1965).
La répartition géographique de certains gamétophytes est plus large
que celle de leurs sporophytes, en Amérique du Nord par exemple (Wagner
et Evers, 1963; Wagner et Wagner, 1966; Farrar, 1967).
Les gamétophytes ai rivent à maturité au bout de trois ans environ
pour la plupart des espèces (T. auriculatum et T. bUabiatum sont matures
à neuf mois : Stokey, 1940). Les anthéridies et les archégones ont d’abord
été décrits par Mettenius (1864), puis par Bower (1888), Goebel (1888
et 1892).
Les anthéridies sont sessiles ou très courtement pédonculées, plus
petites et à paroi plus simple que chez Hymenophyllum. La déhiscence
s’effectue par projection d’un opercule (caractère considéré comme primitif
par Atkinson et Stokey (1964), observé chez les Osmondacées, Cyathéacées,
Matonia, Cheiropleuria et Dipteris). Ces anthéridies contiennent de 10 à
25 spermatozoïdes visibles en section transversale 1 . Ainsi, bien que leur
structure soit dans l’ensemble plus évoluée que celle des Hymenophyllum
ces anthéridies présentent encore des caractères archaïques (Stokey, 1948).
Les archégones sont portés par des archégoniophores nés sur le filament,
à partir d’une apicale, comme une ramification. Ces archégoniophores
cessent généralement toute croissance quand ils portent deux ou trois arché¬
gones, mais ils peuvent en porter jusqu’à une vingtaine. Ils peuvent donner
1. II y a entre 20 et 30 spermatozoïdes visibles en section transversale dans une
anthéridie chez Hymenophyllum.
Source : MNHN, Paris
— 479 —
naissance à un autre archégoniophore et porter des rhizoïdes (Stokey,
1958). Ceci évoque tout particulièrement un rameau spécialisé, à croissance
limitée, et qui se sexualise.
Les archégones eux-mêmes ont un col droit, de quatre cellules de
haut en général. Ils sont typiques des Fougères Leptosporangiées par leur
développement aussi bien que par leur structure. Le col de l’archégone,
court chez Trichomanes, est considéré comme dérivé de celui, plus long
(6 à 10 cellules), d 'Hymenophyllum, excepté chez T. pyxidiferum. Mais
cette espèce fait partie du groupe le plus primitif de la classification de
Copeland (Stokey, 1948).
L 'apogamie et Xaposporie paraissent fréquentes chez les Trichomanes.
Bower (1889) signale les deux phénomènes chez T. alatum. Georgevitch
(1910) décrit l’aposporie chez T. kaulfussii Hook et Grew. Stokey (1948)
observe l’apogamie chez cette même espèce ainsi que chez T. auriculatum.
Farrar et Wagner (1968) signalent aposporie et apogamie chez T. holopte-
rum, à partir des feuilles en contact avec le substrat. (Cette espèce réalise
également la reproduction sexuée).
L’aposporie et l’apogamie ont des répercussions sur l’évolution du
groupe ( cf. paragraphe cytogénétique). 11 faut souligner qu’aucun de ces
deux phénomènes n’a encore été signalé dans le genre Hymenophyllum,
pourtant plus largement étudié au point de vue reproduction. Ce genre
est moins diversifié que le genre Trichomanes.
VI. — CYTOGÉNÉTIQUE.
Manton (1950) et Manton et Sledge (1954) sont les premiers auteurs
à donner des résultats caryologiques sur les Hyménophyllacées. T. radicans
a n = 72 chromosomes. Sa méiose est normale. Les nombres chromo¬
somiques de base proposés pour la famille sont x = 7, 13 et 18.
Mehra et Singh (1957) publient la première étude exclusivement
consacrée aux Hyménophyllacées. Quelques cas particuliers sont décrits :
T. auriculatum Bl. présente des individus diploïdes, à méiose normale et
nombre de spores constant par sporange. Chez ces individus peuvent
apparaître des cellules mères des spores tétraploïdes. Cette espèce présente
également des individus triploïdes à méiose anormale avec un nombre
variable de trivalents, d’univalents et de bivalents. Les auteurs supposent
que les spores diploïdes et les gamétophytes diploïdes existent, de même
que les individus tétraploïdes. Les triploïdes, très vivaces, sont apogames.
T. insigne van den Bosch existe sous 3 formes : a) avec 36 bivalents
et méiose normale, b) avec 108 univalents et asynapsis total, c) avec
33 bivalents, 6 univalents et méiose anormale.
Les formes a) et b ) sont absolument semblables. Les auteurs supposent
que b) est un autotriploïde. L’asynapsis reste sans explication, à moins
d’admettre l’existence d’un hypothétique contrôle génique. La forme c)
est distincte des deux autres. Elle est souvent déterminée comme T. bipunc-
tatum P. Cette forme apomictique serait un hybride.
Source : MNHN, Paris
— 480 —
Mehra et Singh modifient les nombres chromosomiques de base
proposés pour la famille par Manton. Ils deviennent x = 7, 9 et 13.
Bell (1960) retrouve un cas comparable à la forme b) de T. insigne
chez T. proliferum Blume : il présente 108 univalents à la méiose. L’auteur
souligne l’influence de l’habitat particulier, subaquatique, de la famille sur
son évolution génétique : les feuilles du sporophyte sont en conditions
requises pour l’apogamie ( cf. Bell et Richards, 1958) dans leur milieu
naturel. Cette apogamie doit se superposer fréquemment à la reproduc¬
tion sexuée (confère le T. holopterum Kunze, chez qui Farrar et Wagner
(1968) relèvent à la fois aposporie, apogamie et reproduction sexuée).
Ghatak (1964) rend compte de l’appariement chromosomique chez
T. latealatum (van den Bosch) Christ : de 36 bivalents et 0 univalent à
0 bivalent et 72 univalents, en passant par presque tous les stades inter¬
médiaires possibles. Tous ces types d’appariement ont été observés parfois
dans la même fronde! Le type le plus fréquent est celui présentant autant
de chromosomes appariés (18 x 2) que de chromosomes isolés (36).
Les nombres chromosomiques connus étant de plus en plus nombreux
(Brownlie, 1954, 1958 et 1961), Vessey et Barlow (1963) tentent d’en
établir une phylogénie. Le nombre chromosomique de base proposé pour
la famille est x = 18, amphiploïde de 7 et 11 ; x = 9 disparaît. Les différents
groupes de Trichomanes ont évolué à partir de cette base par euploïdie
et aneuploïdie. Le schéma hypothétique de diversification évolutive de
Copeland peut s’accorder avec cette hypothèse.
Walker (1965) propose une phylogénie plus simple et plus riche de
possibilités à partir de plusieurs nombres chromosomiques de base.
Braithwaite (1969) apporte 20 nombres chromosomiques nouveaux
pour la famille. S’appuyant sur les travaux antérieurs, il confronte l’ensemble
des résultats cytogénétiques à la classification proposée par Copeland :
— Deux séries de genres, constituant chacun un tout morphologique
bien défini, présentent également une grande homogénéité cytologique :
Cephalomanes, Trichomanes et Feea d’une part, avec n = 32 chromosomes
(ou multiple) et Microgonium , Didymoglossum et Lecanium d’autre part,
avec n = 34 chromosomes (ou multiple). Ces séries sont évoluées (cf.
tabl., p. 491).
— Sept autres genres ont n = 36 chromosomes. Ces groupes sont
plus primitifs.
— Deux genres hétérogènes sur le plan morphologique le sont égale¬
ment sur le plan cytologique : Selenodesmium et Macroglena (n = 33 ou
36 et multiples).
— Certaines hypothèses phylogéniques proposées par Copeland,
toujours sur des critères morphologiques, s’accordent également avec
les données cytogénétiques.
D’après Braithwaite, la cytogénétique demeure encore trop fragmen¬
taire pour servir de base, en elle-même, à toute hypothèse phylogénique.
A l’heure actuelle, un tel développement ne peut être que spéculatif.
Source : MNHN, Paris
— 481
VU. — SYSTÉMATIQUE.
Elle est très complexe et controversée.
« I hâve written many treatises on généra of Ferns, but hâve found no
other comparable in difficulty with Trichomanes» (Copeland, 1933, p. 122).
Trichomanes Linné, considéré comme un genre, constitue indiscutable¬
ment une entité, non seulement sur le plan morphologique et anatomique,
mais aussi cytogénétique, écologique et biologique. 11 se distingue nettement
du genre Hymenophyllum S.E. Smith.
La question s’est posée de savoir si ces genres devaient être démembrés
ou non. Presl (1843), le premier monographe de la famille, scinde les
Trichomanes en plusieurs genres. Il est suivi par Van den Bosch (1861),
puis par Hooker et Baker (1867). Prantl (1875), à la suite d’une étude
anatomique, présente un nouveau schéma de la famille. Enfin, Copeland
scinde les Trichomanes en 15 nouveaux genres. Cette classification est
suivie par beaucoup d’auteurs dont Tindale, Pichi-Sermolli, Taton
entre autres. Elle reste néanmoins contestée par beaucoup de floristiciens
et de monographes, tels que Alston, Tardieu-Blot, Christensen, Schelpe,
Sledge, Tryon, Boer, Holttum, Warren et Wagner et tout particu¬
lièrement Morton (1968) qui en fait une critique approfondie.
Morton estime insuffisants les critères de distinction des genres adop¬
tés par Copeland. Il souligne l’importance des caractères qui font des
Trichomanes et des Hymenophyllum deux entités distinctes. Il propose une
nouvelle classification inspirée des « meilleures idées de Presl, van den
Bosch, Prantl, Christensen et Copeland, basée sur 38 années d’étude
de la famille ». Le genre Trichomanes est découpé en 4 sous-genres et
25 sections où l’on retrouve les genres de Copeland, eux-mêmes établis
à la suite de Presl et Van den Bosch.
Les critères de sa classification demeurent essentiellement morpho¬
logiques, à l’image de celles de ses prédécesseurs : morphologie de la tige
(port et taille); morphologie foliaire (fausses nervures, poils...); nervation
du limbe (anadrome et catadrome) et position des fructifications (type
paratactique ou épitactique selon Prantl). Il tient compte des critères
cytogénétiques en fonction des acquisitions récentes.
La clé de détermination de Morton donne une répartition des groupes
d’espèces plus naturelle que celle de Copeland. Morton souligne qu’il
accorde une importance prépondérante à la nervation du limbe et à la
position des sores. La taille de la tige n’intervient qu’en deuxième lieu
(toutefois, Copeland en fait le premier critère de détermination et impose
de ce fait, au départ, un caractère artificiel à sa clé des genres).
Pourtant, la clé de Morton n’est pas sans poser divers problèmes.
Par exemple, la section Cephalomanes paraît mal située aussi bien au point
de vue cytologique que morphologique 1 . Morton lui assigne cette position
1. La section Cephalomanes est tout à fait proche des sections Achomanes et Feea
aux points de vue morphologique (Copeland (1947)) et cytologique (// = 32, Braithwaite,
1969). Voir tableau.
Source : MNHN, Paris
— 482 —
en raison du caractère anadrome de la nervation. La valeur systématique
de la nervation, absolument incontestable par ailleurs, est mise en défaut
au niveau de cette section, si l’on tient compte des autres caractères (mor¬
phologiques et cytologiques). Il s’agirait d’un exemple de disjonction
évolutive entre les différents caractères.
Kunkel (1962) propose de scinder la famille des Hyménophyllacées
en deux :
— les Trichomanacées avec les genres Trichomanes, Vandenboschia,
Gonocormus et Didymoglossum au sens de Copeland;
— les Hyménophyllacées avec tous les autres genres.
Pichi-Sermolli (1956), Morton (1968), Braithwaite (1969), entre
autres, attendent beaucoup de l’étude des nombres chromosomiques,
encore peu connus, pour la classification et la phylogénie de cette famille.
II. — RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE
Ce travail est basé sur la classification de Morton (1968). Sa nomen¬
clature est adoptée, même quand il s’agit de rappels systématiques de
Copeland, sauf en ce qui concerne les citations de ce dernier auteur.
I. — RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE DES TYPES MORPHOLOGIQUES.
La tige. — L’étude des aires de répartition des différentes formes ne
nous a pas donné de résultat significatif : l’aire de répartition des formes à
tige épaisse est d’importance comparable à celle des formes à tige filiforme
(PI. 2 haut) 1 .
La feuille. — Seul le degré de découpure du limbe a été pris en consi¬
dération. Les formes à feuilles entières ou pennées et flabellées ont une
aire de répartition nettement inférieure et incluse par rapport à celle des
formes à feuilles très découpées (PI. 2 bas).
La tige et la feuille considérées ensemble. — Si l’on tient compte
de la morphologie caulinaire, pour une espèce donnée, en même temps
que de la morphologie foliaire, sept types végétatifs se dégagent dans le genre
Trichomanes.
Ces sept types végétatifs sont classés ci-dessous par aires de répartition
décroissantes; ils sont regroupés quand leurs aires de répartition sont
de surface équivalente [= a), b) et c)] :
à) 1° la forme à tige filiforme et à feuille très découpée (PI. 3 haut,
n» 2);
2° la forme à tige épaisse, rampante et à feuille très découpée
(PI. 3 haut, n° 1);
1. L’extension extratropicale Nord de l'aire de répartition de la tige épaisse est
due à la seule espèce Trichomanes radicans.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 484 —
b) 3° la forme à tige filiforme et à feuille flabellée ou pennée;
4° la forme à tige épaisse, dressée et à feuille très découpée (PI. 3 haut,
n» 3);
c) 5° la forme à tige filiforme et à feuille entière (PI. 2 bas, n° 2);
6° la forme à tige épaisse, dressée et à feuille pennée (PI. 3 bas);
d) 7° la forme à tige épaisse rampante et à feuille pennée (PI. 3 bas).
Remarque.
Cette répartition géographique reste tributaire de la bibliographie qui nous a été
accessible, et en particulier de la connaissance actuelle des flores des différents pays.
Faute de précision dans beaucoup de cas, les réajustements des aires de répartition ont
toujours été faits « par excès », sauf dans les petites îles : l’échelle des cartes utilisées n’a
pas permis d’y figurer cette répartition. Au niveau d’observation auquel ce travail a été
réalisé, l’intérêt de ces îles a paru facilement négligeable.
Ces résultats ont-ils une signification évolutive?
— La classification des types végétatifs par aires de répartition décrois¬
santes correspond-elle à. des niveaux évolutifs distincts?
— Le regroupement des types végétatifs, tel qu’il est suggéré par
l’étude des aires de répartition, est-il par ailleurs justifié?
Le chapitre suivant va tenter d’apporter un élément de réponse à ces
questions.
II. — RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE ET HYPOTHÈSES RELATIVES
A L’ÉVOLUTION DU GENRE.
Les formes végétatives définies ci-dessus correspondent à des espèces
dont il est possible de comparer la position systématique, la répartition
géographique et le niveau d’évolution. Copeland (1933) a déjà avancé
cet argument : « ... Gonocormus (are) of limited, even if broadly limited,
distribution; and (are) most improbably ancestral to the cosmopolitan
groups of T. radicans and T. rigidum ».
Définitions
— Les espèces sont considérées de large répartition géographique
quand elles occupent au minimum deux des trois ensembles géographiques
suivants :
Afrique, Europe atlantique, Madagascar.
Amérique.
Asie, Polynésie, Australie, Nouvelle-Zélande.
— Les espèces sont considérées de répartition géographique restreinte
quand elles couvrent, au maximum, une région géographique telle que
l’Amérique tropicale, la Nouvelle-Zélande ou Madagascar.
Les cinq ensembles de types végétatifs [a), b), c), d)\ définis au para¬
graphe précédent seront abordés dans le même ordre.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 486 —
a) La forme à tige filiforme et à feuille très découpée (PI. 3 haut, n° 2).
ainsi que la forme à tige épaisse, rampante, et à feuille très découpée
(PI. 3 haut, n° 1) constituent à elles seules les sections Trichomanes et
Lacosteopsis du sous-genre Trichomanes (voir tableau).
— La première forme se trouve également dans quatre autres sections
de ce sous-genre ( Crepidomanes, Crepidium, Pleuromanes et Gonocormus).
— La deuxième forme se retrouve également dans le sous-genre Pachy-
chaetum (section Pachychaetum) et elle est très rare et discutable dans le
sous-genre Achomanes.
La « répartition systématique » de ces deux formes est commune à
50 p. 100 (la section Lacosteopsis est très importante). Le nombre chromo¬
somique n = 36 figure également dans les deux types végétatifs. Ces résul¬
tats confirment le rapprochement suggéré par la répartition géographique.
Copeland place le sous-genre Trichomanes et plus particulièrement
la section Lacosteopsis (pour lui Vandenboschia ) commune aux deux formes,
à la base du genre Trichomanes. Ceci s’accorde avec la cytogénétique,
voir paragraphe Cytogénétique.
Cinq espèces, des plus largement réparties géographiquement, illustrent
ces types morphologiques (ex. : Trichomanes radicans).
b) La forme à tige filiforme et à feuille pennée ou flabellée ainsi que
la forme à tige épaisse, dressée, et à feuille très découpée (PI. 3 haut, n° 3)
sont toutes deux représentées dans le sous-genre Trichomanes.
La première de ces deux formes y est présente dans cinq sections
{Crepidomanes, Phlebiophyllum, Crepidum, Pleuromanes et Gonocormus).
Elle est rare dans le sous-genre Didymoglossum.
La deuxième de ces deux formes est présente dans la sous-section
Abrodictyum du sous-genre Trichomanes, rare dans le sous-genre Achomanes
et surtout représentative du sous-genre Pachychaetum. Ces espèces sont
essentiellement réparties dans l’ancien monde.
Ces deux formes ont une « répartition systématique » différente :
elles s’opposent radicalement par leur morphologie. Elles gardent pourtant
en commun le nombre chromosomique n = 36, déjà trouvé dans les deux
formes précédentes.
Deux espèces seulement ont une large répartition géographique.
c) Les formes à tige filiforme et à feuille entière (PI. 2 bas, n° 2) sont
incluses dans le seul sous-genre Didymoglossum. Ce sous-genre comprend
une section essentiellement américaine et une autre section essentiellement
répartie dans l’ancien monde.
Les formes à tige épaisse dressée et à feuille pennée (PI. 3 bas) sont
incluses dans deux sous-genres Pachychaetum (section Cephalomanes) et
Achomanes. La section Cephalomanes est confinée dans l’ancien monde.
Le sous-genre Achomanes est uniquement américain sauf T. crispiforme
qui est centre-africain.
Ces formes ont une « répartition systématique » très différente en
raison de leur morphologie {voir tableau). Les entités systématiques qu’elles
Source : MNHN, Paris
— 487 —
représentent sont scindées toutes deux en deux sections géographiquement
indépendantes. Elles sont représentées par deux nombres chromosomiques
particuliers (voir tableau).
Copeland considère ces groupes systématiques, très nettement déli¬
mités, comme des dérivations parallèles de la section Lacosteopsis. La
cytogénétique permet également de considérer ces groupes comme évolués
(voir paragraphe cytogénétique).
Sauf très rare exception, les espèces illustrant ces formes sont à répar¬
tition géographique restreinte. Il n'y a pas d'espèces à large répartition
géographique.
d) La forme à tige épaisse, rampante et à feuille pennée est présente
dans le sous-genre Achomanes (une espèce de la section Lacosteopsis et
une autre de la section Cephalomanes illustrent également ce type végétatif).
Cette forme est rarement réalisée: seulement 3 p. 100 des espèces environ 1
(PI. 3 bas).
Elle est très dispersée systématiquement, et correspond à des espèces
très étroitement localisées sur le plan géographique.
En conclusion, les formes du groupe a), illustrées par le plus grand
nombre d’espèces à très large répartition géographique et qui couvrent
les aires de répartition les plus vastes, sont considérées comme les plus
primitives dans la flore actuelle. Ceci s’accorde avec la cytogénétique et la
morphologie.
Parmi ces formes, l’écologie et l’anatomie permettent de considérer
les grandes formes terrestres comme les plus archaïques.
Les formes du groupe b) sont interprétées comme « intermédiaires ».
Elles sont primitives en raison de leur nombre chromosomique et de leur
dispersion systématique (voir tableau). De plus, deux espèces à large
répartition géographique illustrent ces formes. Elles sont évoluées en raison
de leurs particularités morphologiques.
Il n’est pas exclu que la forme ancestrale ait été à tige épaisse, dressée,
et à feuille très découpée comme le laisse supposer l’ontogénie de Cardio-
manes reniforme ainsi que l’écologie du genre Trichomanes (Holloway,
1923 et 1944). Mais cette forme serait actuellement relictuelle, car moins
compétitive que la forme rampante.
Les formes du groupe c) sont illustrées par des espèces à aires de répar¬
tition très réduites et par des groupes systématiques à évolution parallèle
1. Pourcentage approximatif des espèces de chaque forme :
Tige
grêle rampante
entière -»■ 0 18 %
pennée ou flabellée -> > 7 %
très découpée -► Z 18 %
pennée => > 3 %
très découpée => Z 12 %
pennée
très découpée
%
%
épaisse rampante
épaisse dressée
Source : MNHN, Paris
PI. 4. — Répartition géographique des types morphologiques dominants par le nombre des espèces qui les représentent.
Source : MNHN, Paris
— 489 —
dans l’ancien et le nouveau monde. Ces formes couvrent des aires de répar¬
tition toujours incluses dans les aires des formes du groupe a). Elles sont
considérées comme les plus évoluées. Ceci s’accorde avec la cytogénétique
et la morphologie.
La forme d) serait très récente ou peu compétitive.
La taille de la tige, considérée seule, est actuellement non significative
du niveau évolutif d’une forme donnée en ce qui concerne l’ensemble de
ses autres caractères (morphologiques, cytologiques, etc.). L’étude de la
répartition géographique confirme ceci. Au contraire, le degré de découpure
du limbe est hautement significatif. Mais seul le type végétatif complet
(tige et feuille considérées ensemble) a permis les rapprochements entre
des formes différentes, mais d’un niveau évolutif comparable. Dans chacun
des ensembles précédemment constitués [a), b) et c)], le degré de découpure
du limbe est toujours moindre chez le type végétatif à tige filiforme. On
peut supposer que la tige filiforme a permis une diversification plus rapide
de la morphologie foliaire.
L’importance de la morphologie caulinaire n’est donc pas négligeable
au point de vue évolutif.
III. — CONCLUSIONS.
Il paraît exister une étroite corrélation entre la répartition géogra¬
phique des espèces, la phylogénie proposée par Copeland (et qui s’accorde
avec les récents résultats des autres disciplines), la systématique du groupe
et la répartition géographique des types morphologiques.
Divers auteurs estiment que Trichomanes est un genre en pleine évolu¬
tion en raison du grand nombre d’espèces qu’il comporte et de leur extrême
plasticité (Copeland). La biologie du groupe permet la conservation de
toutes les combinaisons génétiques réalisées.
La structure des formes dominantes dans chaque flore peut être un indice
de l’état actuel de diversification du genre : dans tout l’ancien monde, les
formes les mieux représentées sont les formes considérées comme primi¬
tives, sauf au centre des aires de répartition où les formes évoluées sont très
diversifiées. Dans le nouveau monde, les formes évoluées sont presque
partout majoritaires (PI. 4).
Quoique encore très largement insuffisante, c’est la morphologie qui
apporte, de très loin, le plus d’arguments d’ensemble et de détails pour une
interprétation phylogénique du genre. L’anatomie, le développement, la
biologie et la cytogénétique n’en sont encore qu’à des résultats partiels.
Ces derniers s’accordent néanmoins avec ceux de la morphologie. Ces
disciplines sont d’un intérêt tout particulier pour l’étude de ce genre, à la
fois homogène et diversifié, et certainement exceptionnel dans l’ensemble
des Fougères actuelles.
Je tiens à exprimer mes très sincères remerciements à M mc Tardieu-Blot, Sous-
Directeur au Muséum National d’Histoire Naturelle (Paris), ainsi qu'à M. le P r Bonnet
(Montpellier) : en m'accueillant dans leurs Laboratoires, et en me laissant le libre accès
à leurs bibliothèques, ils ont grandement facilité la réalisation de ce travail.
Source : MNHN, Paris
— 490 —
Source : MNHN, Paris
CLASSIFICATION DU GENRE TRICHOMANES (MORTON, 1968)
TRICHOMANES
PACHYCHAETUM DIDYMOGLOSSUM
sections
sections
1
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3
2
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32
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X
X
X
0 : type végétatif présent une fois (ou très rarement). La légende des symboles figure p. 487.
Source : MNHN, Paris
— 492 —
Bibliographie
La liste des références d'ouvrages et de publications floristiques, à partir desquels
a pu être établie la répartition géographique des formes végétatives, n’est pas publiée
ici. Elle peut être fournie, sur demande, par l'auteur.
* Publications que nous n'avons pas pu consulter.
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Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (3) : 1972.
ERRATA
Nguyen Van Thuan : Adansonia 12 (2) : 291-295.
Les légendes des planches 2 et 3 doivent être inversées.
INDEX DES TAXA CITÉS
N. B. — Les nouveautés taxinomiques sont en caractères gras, les synonymes en italique.
Amphicarpaea
— africana (Hook. f.) Harms. 292
— edgeworthii Benth. 292
rufescens (Franch.) Thuan stat..
nov. 292
Glycine
— ferruginea Grah. 303
— involucraia Wall. 298
— suffulta Wall. 299
— vestita Grah. 295
PUERARIA
— anabaptis Kurz. 303
Shuteria
— africana Hook. f.. 292
— anabaptis (Kurz) Wu. 303
— annamica Gagnep. 301
— anomala Pampin. 292
— densiflora Benth. 295
— glabrata Wight et Arn. 295
— hirsuta Baker. 303
— involucrata Wight et Arn. 298
— longipes Franch. 292
— pampininiana Hand.-Mazz. 298
— siamensis Craib. 292
— sinensis Hemsl. 298
— suffulta Benth. 299
—- trisperma Miq. 292
—- vestita Wight et Arn. 295
-var. densiflora (Benth). Baker 295
-var. involucrata Baker. 298
-var. villosa Pampin. 298
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 12 (3) : 1972
INFORMATIONS
Depuis le 1 er octobre 1972, M me A. Le Thomas a pris ses fonctions de Directeur-
adjoint du Laboratoire de « Phytomorphologie générale et expérimentale » à la 3 e section
de l'École Pratique des Hautes Études.
FLORE DE MADAGASCAR ET DES COMORES
D. J. de Laubenfels : Cycadacées, Podocarpacées. — 17 e et 18 e famille (2g.,
5sp.), 6 pl. — B. Chauvet : Les résineux introduits à Madagascar. — 12 F.
FLORE DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE ET DÉPENDANCES
Vol. 4 : D. J. de Laubenfels, Gymnospermes (15 g., 44 sp.), 43 pl., 43 cartes. —
50 F.
ACHEVÉ D’IMPRIMER LE 27 DÉCEMBRE 1972
SUR LES PRESSES DE FD EN SON
IMPRIMERIE ALENÇONNAISE - 61-ALENÇON
Dépôt légal : 4' trimestre 1972 — 53.203
Source : MNHN, Paris
ÉDITIONS DU CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
1 5, quai Anatole-France — 75-PARIS-7 e
C. C. P. Paris 9061 11 Tél. 5552670
COLLOQUES INTERNATIONAUX DU C.N.R.S.
N° 193
LES CULTURES
DE
TISSUS DE PLANTES
Les communications ont eu trait essentiellement aux
sujets suivants : croissance des cellules et des tissus, différen¬
ciation, variabilité génétique, embyogénèse, protoplastes,
métabolisme, problèmes tumoraux, multiplication des virus.
Ouvrage in-4° coquille comprenant 512 pages, 148 figures au trait,
123 figures et 7 planches simili. 82 tableaux, relié.
Prix : 129,00 F T.T.C.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris