ADAN50NIA
Tome I
fasc. 2
Source : MNHN, Paris
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
ADANSONIA
TRAVAUX PUBLIÉS
AVEC LE CONCOURS
du Centre National de la Recherche Scientifique
SOUS LA DIRECTION DE
A. AUBRÉVILLE
et
Jean-F. LEROY
Membre de l’Institut
Professeur
Professeur Honoraire
au Muséum
au Muséum
Série 2
TOME 13
Fascicule 2
1973
LABORATOIRE DE PHANÉROGAMIE
16, rue de Buffon, Paris (5 e )
Source : MNHN, Paris
COMITÉ DE RÉDACTION
A. Aubréville : Membre de l’Institut.
Professeur Honoraire au Muséum national d’Histoire naturelle.
E. Boureau : Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
F. Demaret : Directeur du Jardin Botanique national de Belgique.
P. Jaeger : Professeur à la Faculté de Pharmacie de Strasbourg.
J. Leandri : Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle.
J.-F. Leroy : Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle.
R. Letouzey : Maître de Recherches au C.N.R.S.
J. Miège : Directeur des Conservatoire et Jardin Botaniques de Genève.
R. Portères : Professeur au Muséum national d’Histoirc naturelle.
R. Schneli. : Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
M. L. Tardieu-Blot : Directeur de laboratoire à l’E.P.H.E.
J. Trochain : Professeur à la Faculté des Sciences de Toulouse.
M. Van Campo : Directeur de Recherches au C.N.R.S.
Rédacteur en chef : A. Le Thomas.
RECOMMANDATIONS AUX AUTEURS
Les manuscrits doivent être accompagnés de deux résumés, placés en tète d'arlicle,
l’un en français, l’autre de préférence en anglais; l’auteur ne doit y être mentionné
qu’à la troisième personne. Le texte doit être dactylographié sur une seule face, avec
un double interligne et une marge suffisante, sans aucune indication typographique.
L’index bibliographique doit être rédigé sur le modèle adopté par la revue.
—- Contributions à l'étude des Sapotaeées de la Guyane française.
7 (I) : 541-465, tab. 1 (1967).
Pour tous les articles de taxonomie il est recommandé aux auteurs de préparer
leur index en indiquant les synonymes en italiques, les nouveautés en caractères
gras et les noms d’auteurs des différents taxons.
Le format des planches doit être de 16 x 11 cm après réduction. Les ligures dans
le texte sont acceptés.
Les auteurs reçoivent gratuitement vingt-cinq tirés à part; le supplément qu’ils
doivent indiquer s’ils le désirent sera à leurs frais.
Toute coorrespondancc ainsi que les abonnements et les manuscrits doivent être
adressés à :
ADANSONIA
16, rue Bulïon. Paris V' — Tél. ; 331-30-35
Prix de l'abonnement 1973 : France et Outre-Mer : 80 F
étranger : 90 F
C.C.P. : Association de Botanique Tropicale
La Source 33075.20
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 13 (2) 1973.
SOMMAIRE
Aubréville A. — Distribution des Conifères dans la Pangée. —
Essais.125
Aubréville A. — Les Sapotacées de l’Ue Maurice. 135
Raynal J. — Notes cypérologiques : 19. Contribution à la classifica¬
tion de la sous-famille des Cyperoideae .145
Leandri J. — Quelques Crolon malgaches nouveaux.173
Jacques-Félix H. — Contribution à l’étude du genre Rousseauxia
(Melast.).177
Hallé N. — Captaincookia, genre nouveau monotypique néocalé¬
donien de Rubiaceae-Ixoreae . 195
Capuron R. t — Observations sur les Myristicacées de Madagascar.
Les genres Broehoneura Warb. et Mauloutchia Warb.203
Kostermans A. J. G. H. — Cirmadenia Kosterm., genus novum Laura-
cearum .223
Dulieu D. — Étude morphologique de la pollinie de Ponthieva
mandata Lindl. (Orchidaceae) en microscopie électronique à ba¬
layage .229
Jones H. G. — The genus Brassavola as an example of infrageneric
évolution in the Orchidaceae .235
Markgraf F. et P. Boiteau. — Les « Bois de Lait » des îles Masca¬
reignes .241
Boiteau P. — Caducité du genre Conopharyngia G. Don. Exclusion
des Apocynaceae de C. longifolia (Lam.) G. Don. 249
Date de publication du fasc. 1, 1973 : 8 juin 1973.
La publication d'un article dans Adansonia n'implique nullement que
cette revue approuve ou cautionne les opinions de l'auteur.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 13 (2) 125-133, 1973.
DISTRIBUTION DES CONIFÈRES DANS LA PANGÉE
ESSAIS
par A. Aubréville
On semble admettre aujourd'hui la conception wégénérienne d'un
monocontinent permien, la Pangée, il y a quelques 200 millions d’années,
entouré d’un Océan universel, la Panthalassa. Il se disloqua il y a 135 millions
d’années en deux groupes continentaux, la Laurasie dans l’hémisphère
nord et le Gondwana dans l’hémisphère sud. Les continents se détachèrent
ensuite de ces monolithes. A la fin du jurassique, vers 120 millions d’années,
l’Amérique du sud décolla de l'Afrique. Les Angiospermes étaient alors
en pleine expansion. On place un peu plus tard, vers 110 millions d’années,
la formation du moyen Atlantique. Longtemps après, il y a seulement
40 millions d'années, l’Australie se détachait du continent antarctique;
celui-ci se déplaçait alors plein sud, coiffant finalement le pôle sud de
l’inlandsis actuel.
De tels considérables mouvements continentaux s’expliquent aujour¬
d’hui, aisément semble-t-il, depuis que l’on a, il y a quelques années seule¬
ment, découvert le phénomène généralisé de l’expansion des fonds océa¬
niques, se manifestant par des dérives continentales explicables et mesu¬
rables. Elles sont très lentes mais se manifestant durant les dizaines de
millions d’années qui se sont écoulées depuis le mésozoïque, elles rendent
compte tout de même des milliers de kilomètres qui séparent aujourd'hui
les masses continentales.
Comment étaient imbriqués dans la Pangée tous ces socles continen¬
taux. Les géophysiciens et les géologues le disent quelquefois avec preuves
à l’appui. Leurs reconstitutions s’appuient sur la nécessité de rétablir sur
les continents déformés les alignements des grands plissements de la Terre,
brisés précisément par les dérives, et surtout sur les rapprochements inter¬
continentaux imposés par la considération des contours géographiques
et des similitudes géologiques du bord d’un océan à l’autre. Les paléon¬
tologues tenant compte de l’impossibilité pour certains animaux, aujour¬
d’hui fossiles, de traverser les océans, rapprochent les terres à fossiles
communs d’un continent à un autre. On peut se livrer ainsi à un véritable
jeu cartographique de puzzle continental. La reconstitution la plus vrai¬
semblable étant celle qui tient compte de toutes ces données fixées par la
géographie et la paléontologie. Les géophysiciens en jugeront la vraisembla-
bilité et suggéreront des explications.
Source : MNHN, Paris
126 —
Dans ces visions d'un passé largement hypothétique, les botanistes,
paléobotanistes, paléonclimatologistes apportent aussi leurs propres
opinions. La connaissance de la flore actuelle, celle des espèces fossiles,
permet des rapprochements. Toutes les disjonctions intercontinentales
d'aires de groupes végétaux, vivants ou fossiles, que nous observons impo¬
sent, croyons-nous, que ces aires furent jointes à des époques évidemment
très anciennes, et mieux encore sur le monocontinent initial. C’est une
première hypothèse que n’infirme pas l’argument des flores peuplant cer¬
taines îles, situées loin des continents, arguments favorables à la théorie
des transports à longue distance. Nous pensons que de tels transports ont
eu lieu, mais à une échelle restreinte, qui ne peuvent s'appliquer à des
déplacements de flores entières, harmoniques. Il y a une similitude évidente
par exemple entre la flore tropicale de l’Amérique du Sud et celle de l'Afrique
qui lui fait face. Le rapprochement étroit des deux continents au jurassique
rend compte de ces affinités. Depuis le détachement de l'Amérique du sud,
les deux flores évoluèrent séparément. La théorie des ponts intercontinen¬
taux qui expliquait les relations floristiques entre continents est aujour¬
d'hui incompatible avec la connaissance du relief des fonds océaniques
qui a fait d’énormes progrès depuis quelques années et qui a donné nais¬
sance à la théorie nouvelle des plaques continentales.
Nous considérerons ici les seules flores tropicales (tropical au sens
large). Particulièrement difficiles à comprendre sont les rapports anciens
entre la flore africaine, la flore du sud-est asiatique et de la Malaisie (sino-
malaise), avec la flore australo-papoue (Nouvelle-Guinée, Australie,
Tasmanie, Nouvelle-Calédonie, Nouvelle-Zélande). Les rapports existent à
l’échelle des familles : il y a un tronc commun évident des familles, char¬
pente principale de l'organisation du règne végétal sur la Terre. Il date
de la Pangée; ils existent aussi à l’échelle de nombreux genres. J’en ai
signalé quelques-uns ’, étonnants même quand il s’agit par exemple de
genres communs aux régions maritimes de l'Afrique occidentale et à des
régions baignées par les océans indien ou pacifique, séparées aujourd’hui
par des déserts et l’océan. Il y eut certainement dans le passé un contact,
une continuité physique entre ces flores. La géographie et la climatologie
du présent ne peuvent apporter aucune explication, il faut rechercher
celle-ci dans le passé le plus lointain.
L’Inde pose aujourd’hui un problème particulier. Les affinités de sa
flore, surtout celle de l'Ouest et du Centre avec la flore africaine sèche sont
importantes. Le contact n’existe plus, mais ces affinités floristiques montrent
qu'il fut réel. La flore différente de l’Inde du Sud et de l'Est, est proche de
la flore indo-malaise; leur contact plus récent est indubitablement établi.
La flore australo-papoue a des affinités avec la flore indo-malaise,
leurs pays sont si proches. Néanmoins cette flore australo-papoue a une
individualité très marquée qui fait penser à un long isolement. Les affinités
avec l'Afrique sont épisodiques, de même avec l’Inde.
1. Aubréville A. — Essai sur la distribution et l'histoire des angiospermes tropi¬
cales dans le monde. Adansonia, ser. 2, 9, 2 : 189-247 (1969).
Source : MNHN, Paris
Fig. 1. — Croquis de la Pangée à la fin du trias, 160 M.A. Les Coniférophytes se développent
dans une bande tropicale allant de l'Alaska à la Méditerranée et au sud de la Chine.
Fig. 2. — Croquis de la Pangée vers la fin du jurassique, 120 M. A. Elle s'est d'abord déplacée
en bloc vers le nord d'où le déplacement apparent de l'équateur vers le sud. Ensuite
l’Amérique du sud commence à se séparer de l’Afrique. L'Amérique du nord s’éloigne
de l’Eurafrique et se redresse vers le nord-est. L'Australie et le continent antarctique,
toujours soudés entre eux, se détachent de l'Afrique.
— 128 —
Nous n’avons pas l’intention de développer plus avant ces comparaisons
entre grandes flores angiospermiques tropicales. Peut-être nous-mêmes
(ou plutôt, d’autres) le feront quelque jour. Nous nous restreindrons dans
cette note à considérer les seuls genres de Conifères. Leur avantage pour
une telle étude est qu’ils sont peu nombreux. Ils nous viennent du trias
et du jurassique, où ils étaient — avec ceux qui ont disparu — l'élément
principal, peut être prépondérant, des formations végétales de ces époques:
ils constituaient un des éléments principaux de la flore Pangéienne avant sa
dislocation.
Nous disposons surtout de l’avantage considérable que constitue
l’étude panoramique de Florin dans les temps présents et anciens, floris¬
tique et phytogéographique, du groupe des Conifères. L’analyse fondamen¬
tale étant ainsi faite, il nous suffira de l’interpréter.
La chorologie floristique est une science fondée sur des faits, présents
et anciens. Elle ne peut apporter à elle seule de véritables preuves des chan¬
gements orographiques et géographiques survenus dans l’histoire de la
face de la Terre, mais seulement de sérieuses présomptions pour telle ou
telle théorie. C’est ainsi que, personnellement, nous étions convaincu,
après nos études des flores tropicales à l’échelle mondiale, de la vérité
de la conception wégénérienne *, bien avant que les sondages en haute mer
du « Glomar Challenger » et les théories conséquentes de brillants géo¬
physiciens américains ne viennent en administrer une vraie preuve. Dans
cet essai de reconstitution de la Pangée depuis le permien, nous concevons
qu’il est nécessaire d’admettre en priorité les conclusions prouvées des
géologues, géographes, et des géophysiciens, comme par exemple: la réalité
du rattachement de l'Amérique du sud à l’Afrique, celle aussi de la soudure
de deux faces opposées du continent antarctique et de l’Australie 2 persistant
jusqu’à l’oligocène, ou encore de la coalescence à l’extrémité sud de la
Pangée, de l’Afrique du sud, du continent antarctique, et de l'Inde, prouvée
notamment par la découverte dans ces régions de fossiles d’un saurien,
Lystrosaurus, incapable de franchir des mers qui auraient séparés ces
terres. Sans cette coalescence australe il serait impossible de trouver une
explication plausible d’une certaine flore commune à 3 continents séparés
dans les mers australes par d’immenses étendues.
A côté de ces faits prouvés, encore trop peu nombreux, il nous est
indispensable de choisir quelques grands fils directeurs pour comprendre
des distributions souvent étonnantes des genres de Conifères? Pour nous
aventurer dans un essai de synthèse, inévitablement hautement hypothé¬
tique, nous nous en tiendrons aux seuls genres existants. Nous comparerons
leurs aires fossiles suggérées par les cartes de Florin avec les aires présentes
lorsque les premières ressortissent avec vraisemblance. Un coup d’œil
sur les cartes montre qu’il existe parfois des distances considérables entre
les aires anciennes et les aires actuelles. Toutes les disjonctions de l’actuel
1. Aubréville A. — Loc. cit. (1969).
2. La côte convexe de la terre de Wilkes dans l'Antarctique, coïncide exactement
avec la côte concave de la grande baie australienne qui s'étend du sud de Perth à Mel¬
bourne (Walter Sproll et Robert Dietz).
Source : MNHN, Paris
129 —
et du passé doivent en principe pouvoir être expliquées. Nous avons abordé
déjà ce problème (1) mais nous nous proposons ici d'aller plus loin.
Posons d’abord cet axiome fondamental de l'évolution que tous les
groupes floristiques prirent naissance dans les régions les plus chaudes
de la Terre, d’abord peut-être en montagne (Axelrod), puis en plaine.
Celà est admis aujourd'hui par plusieurs botanistes (Axelrod, Taktajan,
Van Steenis). Certains genres ou leurs mutants pénétrèrent ultérieurement
des secteurs tempérés, et même froids. Ce dernier cas est celui des pins,
sapins, épicéa, génévriers (1) de l’hémisphère boréal, qui n’ont aucun repré¬
sentant austral. Il est remarquable d’observer d'après les cartes de Florin,
d’une part, que beaucoup de genres existants dans l’hémisphère boréal
sont géographiquement réduits à des aires reliques dans les zones tropi¬
cales à tempérées chaudes de l’Asie du sud-est et de la Malaisie (1) et que
d’autre part ils ont une représentation fossile parfois abondante en Europe,
aux États-Unis, même en Alaska, en Sibérie et au Groenland citons :
Pseudotaxus, Glyploslrobus, Metasequoia, Sciadopitys, Séquoia , Sequoiaden-
drort, Tsuga, Chamaecyparis, Cephalolaxus, Taxodium, Amentotaxus,
Keieleeria, Cathala. Nous déduisons, en application de l’axiome que nous
venons d’admettre, qu’à la fin du trias et au jurassique la bande équatoriale
s’étendit de l’Alaska à l’Asie du sud-est, recouvrant notamment les U.S.A.
et une partie de l’Europe. Celà implique une rotation vers le sud-ouest de
l'axe actuel de l’Amérique du nord et un déplacement vers le sud du Groen¬
land, celui-ci venu s’intercaler entre l’Amérique du Nord et l’Europe.
Ainsi s’explique la découverte de fossiles de Conifères subtropicaux en
differentes stations du Groenland, du Spitzberg jusqu'au delà du 75° N.
La pointe extrême sud du Groenland dut s'approcher, au seuil du
mésozoïque, du 30° N.
Une deuxième condition que nous imposerons aux migrations des
genres caractéristiques des pays chauds est qu’elles ne dépassèrent pas en
principe les 45° Nord ou Sud. Les genres adaptés aux climats froids purent
ultérieurement évidemment franchir cette limite. Cette limitation écologique
aux migrations rend improbables des déplacements qui ne tiendraient
pas compte des latitudes.
Insistons enfin sur ce fait remarquable de la division des Conifères
en deux groupes floristiques marqués, l’un boréal correspondant à la
Laurasie, l’autre austral au Gondwana. 11 n’y a pas de groupe systématique
à l’échelle générique se divisant en deux aires bien distinctes, l’une boréale,
l’autre australe. Nous y reviendrons à propos des Araucaria *.
LES CONIFÈRES GONDWANIENS
L’explication de leur distribution pose immédiatement un problème
difficile. Constatons d’abord l’existence au Chili méridional d’un groupe
de genres de Conifères dont 3 sont communs avec l’Australie, la Nouvelle-
(*) Au genre austral Callitris correspond une espèce fossile du Massif central
français, Calliirioxylon gallicum.
Source : MNHN, Paris
— 130 —
Zélande, la Nouvelle-Guinée, la Tasmanie, la Nouvelle Calédonie et même
l’Inde ( Podocarpus ), d’autres sont étroitement endémiques ( Saxe-Gothaea ,
Austrocedrus , PUgerodendron , Filzroyea).
Nous avons déjà dit qu’à sa limite sud la Pangée était constituée (fig. 1)
par l’imbrication de la pointe extrême sud de l'Amérique du sud, de l’Afrique
du sud, du continent antarctique et de l’Australie (liée à la Nouvelle-Guinée
et aussi, à la Nouvelle Zélande). Les Araucaria vivants se trouvent le long
d’une ligne joignant la Nouvelle-Guinée (en montagne) et à la Nouvelle-
Calédonie, au Queensland (N. E. Australie) puis, à l’autre extrémité, au
Chili et au sud du Brésil (jusqu'à 20° S). Cette ligne est le chemin des migra¬
tions anciennes déjà tracé par Florin. Elle est jalonnée par des fossiles,
à la pointe Palmer du continent antarctique et par des fossiles du crétacé
inférieur à la limite sud de l’Afrique. Dans quel sens se fit la migration?
Incontestablement pour nous, le genre est venu de la Nouvelle-Guinée
où il apparu d’abord, pour cette raison que dans cette aire aujourd’hui
brisée, la Nouvelle-Guinée occupait — selon nous — le secteur le plus
proche de l’équateur. L’aire du genre Araucaria est en Australo-papouasie
une aire relique, très fragmentée. Nous en avons donné déjà une raison (1),
dispersion due pour une part à la concurrence de la flore tropicale angio-
spermique, et surtout évidemment aux bouleversements climatiques des
périodes géologiques.
Cette distribution du genre gondwanien Araucaria conduit à une autre
difficulté d’ordre écologique. Comment concevoir que ces Araucaria origi¬
naires de secteurs tropicaux aient pu atteindre des zones approchant ou
dépassant le 60° S? Deux explications sont possibles. Passage direct de la
côte sud de l'Australie à l’Amérique du sud par l’Afrique du sud. Le fossile
d 'Araucaria reconnu par Florin en Afrique du Sud prouve que le passage
est possible, bien que peu probable (rareté des fossiles). Ou encore, faisant
intervenir le déplacement général de la Pangée vers le nord, au crétacé,
entraînant un réchauffement des terres les plus australes, qu’une possibilité
climatique de passage ait pu se présenter, avant le déplacement du continent
antarctique vers le pôle sud.
Le genre Araucaria propose d’autres problèmes.
Les fossiles d'Araucaria sont nombreux dans l’Inde, datés du trias,
au jurassique inférieur et supérieur et au crétacé inférieur. On admet qu’à
cette époque l’Inde était un semi-continent séparé du continent laurasien,
et rattaché plutôt au Gondwana. Il avait probablement à cet âge, des
liaisons avec l’Australie et l’Afrique du nord-est, probabilité justifiée par
des rapports floristiques existants encore d’une part entre la flore de l’Inde
sèche, celle de l’Afrique sèche et d’autre part avec certain type de flore
sèche de l’Australie centrale. Le déplacement de l’Inde à l’éocène, puis sa
soudure à la Laurasie (40 millions d’années) provoquant la surrection delà
chaîne himalayenne, eurent ce curieux effet qu’un fragment gondwanien
avec ses reliques fossiles d'Araucaria austral fasse désormais dans l’hémis¬
phère boréal, partie intégrante de la Laurasie.
Une autre question à laquelle j’ai déjà répondu dans une note précé¬
dente (1) est relative aux fossiles d’Araucariales de l’hémisphère boréal
Source : MNHN, Paris
— 131 —
qui sont nombreux aux U.S.A. et en Europe. Nous avons suggéré qu’il
s'agissait probablement d’un genre autre qu 'Araucaria. Un exemple ana¬
logue existe chez les Fagacées avec le genre Fagus strictement boréal et le
genre Nothofagus exclusivement austral, lequel a une aire très semblable
à celle du genre austral Araucaria, allant de la Nouvelle-Guinée, à la côte
orientale de l’Australie, la Nouvelle-Calédonie, la Nouvelle-Zélande et
le Chili, avec des fossiles dans le continent antarctique (Mc Murdo Sound
et île Seymour, extrémité de la péninsule Palmer). L’aire australe de ce
Nothofagus est dans sa ligne générale sensiblement parallèle à celle du
genre Araucaria.
Aucun genre de Conifère — jusqu’à plus ample information — n’a
une double aire boréale et australe. La séparation des deux flores de Coni¬
fères, laurasienne et bondwanienne paraît nettement établie. Nées dans
la même bande tropicale mésozoïque, traversant la Laurasie et la Gondwana
elles furent toujours séparées par des mers.
Un deuxième genre de Conifère chilien et indo-mélanésien, Dacrydium,
a suivi la même migration qu’ Araucaria de l’Indo-Mélanaisie à l’Australie,
Nouvelle-Calédonie, Nouvelle-Zélande, et enfin pointe sud du Chili, avec
un seul fossile intermédiaire, du tertiaire indéterminé, aux Iles Kerguelen.
Reste encore l’extraordinaire genre Podocarpus, extraordinaire parce
que évidemment gondwanien et que contrairement à tous les autres genres
de Conifères gondwaniens, il s’est amplement répandu dans tous les conti¬
nents, y compris l’Afrique, par ailleurs si pauvrement pourvue de Conifères,
dépassant vers le nord l’équateur, nettement en Afrique, de peu en Amérique
centrale et aux Antilles, très largement en Asie du sud-est puisqu’il approche
du 40° au Japon. Son origine gondwanienne est évidente. On lui connaît
des fossiles jurassiques et tertiaires en Australie, en Nouvelle-Zélande
et au Chili. Sa liaison géographique et écologique avec Araucaria est mani¬
feste. Mais au-delà il s’est, non moins évidemment, propagé vers le nord
le long des chaînes de montagnes, en suivant les Andes en Amérique du
Sud et en Amérique centrale, et « faisant un saut aux Antilles ». En Afrique
il est « monté » depuis les forêts subtropicales de Knysna à la pointe de
l’Afrique du Sud tout le long des chaînes de l’Afrique orientale jusqu’en
Ethiopie. Très curieusement il prend un caractère relique sur les sommets
volcaniques du Cameroun et de Fernando Po, puis en Angola. Il existe
aussi à Madagascar. Ses aires témoins isolées en Afrique, en altitude, hors
de la concurrence de la flore tropicale, suggèrent que le genre occupa autre¬
fois en Afrique, sensiblement au sud de l’équateur actuel une aire beaucoup
plus grande que l’expansion de la flore tropicale humide lui disputa ensuite.
L’aire du genre couvre toute l’Indonésie, la Chine du Sud et atteint le
sud du Japon. C’est le seul exemple d’un Conifère austral ayant conservé
depuis le tertiaire une aussi grande extension. Aucun fossile de Podocarpus
n’est cependant signalé dans l’ancienne Laurasie, ce qui confirme bien son
origine australe.
Source : MNHN, Paris
— 132 —
LES CONIFÈRES LAURASIENS
Cette bande boréale équatoriale trias-jurassique relativement riche
en fossiles de Conifères d’affinités écologiques tropicaux est aujourd'hui
dans une zone climatique tempérée, tempérée froide, ou même froide.
Cela explique comment, lors d’un déplacement général vers le nord de la
Pangée et du déplacement apparent vers le sud de l’équateur sur sa ligne
actuelle, tous ces genres disparurent sur place, en Amérique du nord, au
Groenland, en Europe et en Sibérie. Mais certains demeurèrent dans des
aires vestiges, reliques, en Asie du sud-est et en Indonésie. C’est — nous
l’avons montré dans une précédente communication (1) — qu’ils s’y trou¬
vèrent là en effet toujours dans une zone de moins de 30° latitude Nord
ou Sud, c’est-à-dire sous des climats tropicaux ou subtropicaux.
Il est curieux d’observer sur les cartes des fossiles de Conifères de
Florin que dans cette zone mésozoïque équatoriale que nous avons tracée
entre l’Alaska et le sud-est asiatique se trouvaient à côté de ceux des Coni¬
fères que nous avons des raisons de ranger parmi des genres tropicaux,
beaucoup de fossiles tertiaires des genres vivants dans l’hémisphère boréal
caractérisant habituellement des régions tempérées froides ou froides.
Citons ceux qui ont des aires boréales considérablement étendues : Juni-
perus, Abies, Pedrus, Picea, Pinus, Larix. Cela ne contredit pas notre idée
de l’origine tropicale de tous les groupes floristiques. Les uns ne subsistèrent
que dans les régions chaudes, les autres se répandirent, en s’adaptant à de
nouvelles conditions écologiques, dans les immenses territoires ouverts
à leur expansion par le déplacement général vers le nord de la Pangée
que nous avons évoqué ci-dessus.
Le genre Juniperus est — à notre connaissance — un des rares cas de
genres de l’hémisphère boréal dépassant l’équateur d’une poussée vers
le sud. C’est l’explication de l’aire du Juniperus en Afrique suivant les hautes
chaînes de montagnes de l’Afrique orientale où il rejoint d’ailleurs le genre
Podocarpus venu, lui, du sud. Des pins s'approchent aussi de l’équateur,
dans le sud de l’Indochine et à Sumatra. Il s'agit d’envahissements récents
de zones découvertes après incendies de la forêt autochtone. L’aire du
genre Pinus est typiquement boréale.
Cette persistance de genres primitifs en Sino-Indo-Mélanaisie, alors
qu’ils sont rares ou absents ailleurs, est un argument phyto-géographique
en faveur de la thèse des botanistes qui voient dans ces régions tropicales
de l’extrême-orient, en bordure des Océans indien et pacifique, le berceau
des groupes floristiques les plus anciens (Axelrold, Taktajan, Van
Steenis , A. C. Smith). De ces berceaux ils auraient émigré selon les possi¬
bilités offertes par les terres ou du hasard des mers, et ainsi peuplé d’autres
continents. Notre conception est différente de la leur en ce qu'elle allonge
ce berceau au travers de toute la Pangée jusqu’à l’Alaska. Mais ce berceau
primitif aurait subi des vicissitudes diverses suivant les longitudes du fait
des dérives continentales, glaciations et autres, si bien que beaucoup de
Source : MNHN, Paris
— 133 —
groupes disparurent plus ou moins à l’Ouest, tandis que ceux de l’Est,
moins perturbés, ayant connu une certaine stabilité climatique et donc
écologique, se seraient mieux maintenus, d’où leur abondance relative
dans ces aires reliques. Les groupes suivants, les plus anciens, n’auraient
eu ensuite qu’à s’adapter — si possible — à la concurrence de formes
angiospermiques nouvelles de végétation.
Bibliographie sommaire
(1) Addition à celle de Aubréville A. — Déclin des genres de Conifères tropicaux
dans le temps et l’espace. Adansonia, ser. 2, 13, 1 (1973).
(2) Roubault, M. — La dérive des continents. Presses Univ. France, 1503 (1972).
(3) Florin, R. — The distribution of Conifer and Taxad Généra in Time and Space.
Acta Hort. Bug. 20, 4 (1963).
(4) Van Steenis, C. G. G. J. — Nothofagus, key genus of plant geography in time and
space livin gand fossil, ecology and phylogenery. Blumea 19,1 (1971).
(5) Privé, C. et E. Boureau. — Sur un bois homoxylé à épaissements callitrioïdes du
Stampien du Puy-de-Dôme. Com. Trav. hist. et sc. Paléobot. (1968).
Laboratoire de Phanérogamie
Muséum - Paris.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 13 (2) 135-143, 1973.
LES SAPOTACÉES DE L ILE MAURICE
par A. Aubréville
Nous croyons pouvoir compléter notre récente description de 4 Sapo-
tacées de la Réunion (Ile Bourbon) par une description des Sapotacées de
l’île voisine de Maurice (lie de France), d’après les collections du Muséum
de Paris et celles prêtées par l’herbier de Maurice. C’est une tentative qui
comporte quelques incertitudes, non seulement en raison de la ressemblance
de certaines espèces par ailleurs imparfaitement décrites, mais surtout de
l'insuffisance de la documentation d’herbier, et notamment d’échantillons
récents.
Il y a quelquefois, sur le vieux matériel, indétermination de prove¬
nance, Bourbon ou Ile Maurice, et parfois même Madagascar; certains
échantillons proviennent peut-être de jardins botaniques, c’est-à-dire
d’espèces introduites dans une île originaires de l’autre île. J'ai d’abord
hésité à entreprendre cette étude, puis en dépit du risque d’erreurs, j’ai
finalement pensé qu’il était préférable de la faire pour attirer l’attention
des botanistes sur la nécessité de vérifier certaines déterminations et de
compléter les herbiers. Pour faciliter leur tâche, j’ai proposé pour chaque
genre, une clé provisoire qui concerne l’ensemble des Sapotacées des deux
îles.
L’île Maurice paraît plus riche en espèces que celle de la Réunion.
Pour les descriptions des genres et d'espèces communs à Maurice et à la
Réunion se reporter à l’étude parue dans Adansonia 12, 3 (1972).
MIMUSOPS L.
Sp. PI. : 349 (1753).
— Imbricaria Commers. ex Juss., Gen. PI. : 152 (1789).
Gros fruit globuleux. Plusieurs graines à surface lisse. Feuilles oblongues,
obtuses et décurrentes à la base .
M. maxima (Lam.) Vaughan *, Réunion, Maurice (?)
I. Voir description Adansonia 12, 3 : 337-344 (1972), parmi les Sapotacées de L.,i
Réunion.
Source : MNHN, Paris
— 136 —
Fruit ovoïde acuminé. Feuilles ovées ou elliptiques, arrondies aux deux
extrémités.
M. peliolaris (A. DC.) Dubard, Maurice
Fruit ovoïde. Graines rostrées, à face ventrale marquée de 3 arêtes aiguës
parallèles. Feuilles oblongues-elliptiques, à sommet obtus. Traces de
pubescence sous le limbe .
M. pierrei H. Bn., Maurice
Mimusops pierrei H. Bn.
— Imbricaria pierrei H. Bn., Bull. Soc. Linn. Paris 2 : 919 (1891).
Type : Boivin s. n. (septembre 1849), Maurice, bois de la montagne du Pouce,
fr. sept, (holo-, P!).
Feuilles oblongues-elliptiques, à sommet obtus. Limbe jusqu’à
9x5 cm, coriace, glabre. Très nombreuses nervures latérales parallèles.
Traces de pubescence à la face inférieure du limbe, au bord de la nervure
médiane. Pétiole grêle de 4-5 cm.
Fleurs (d’après le spécimen de Bijoux). Pédicelle 3 mm, tomenteux.
Sépales tomenteux extérieurement, env. 1 cm longueur.
Fruits ovoïdes, env. 6x3 cm; pédoncule de 4 cm. Graine 3,5 X 2 X
1,5 cm, aplatie, carénée dorsalement, avec 3 côtes aiguës parallèles sur
la face ventrale, laquelle est rostrée à la base d’une arête aiguë prolongement
de l’arête dorsale.
Espèce mal connue qui semble cependant bien caractérisée par ses
graines carénées, rostrées et marquées de 3 arêtes longitudinales aiguës.
Matériel examiné : Maurice : Bijoux s. n., « mekak », Kanaka (savane), bois de
construction remarquable (fl. déc.); Boivin, voir type.
Mimusops petiolaris (A. DC.) Dubard
Ann. Mus. Col. Marseille 23 : 54 (1915); Baehni, Boissiera U : 139 (1965).
— Imbricaria peliolaris A. DC., Prodr. 8 : 200 (1844); Baker, fl. Maurit. et Seych. : 195
(1877).
Type : « Bojer et Bouton » (1839) fide A. DC. 1. c. (1844), Ile Maurice (holo-, G. DC.).
Feuilles ovées ou elliptiques, arrondies au sommet et à la base, jusqu’à
12x6 cm. Limbe glabre, coriace. Nervure médiane très saillante dessous.
Réseau serré de nervures secondaires parallèles. Pétiole jusqu’à 4 cm de
longueur.
Pédicelle de 2,5 cm de longueur, tomenteux. Sépales longs de 8 mm,
tomenteux extérieurement. Corolle généralement à 8 lobes (6-8), de 4 mm,
munis d’appendices laciniés de 5,5 mm. Étamines 8, apiculées, à très courts
filets. Staminodes acuminés de 2,5 mm, velus extérieurement. Ovaire
pubescent à 8 loges.
Fruits (d’après un échantillon récolté par Boivin à l’île Maurice en
sept. 1849), ovoïdes acuminés, mesurant 6 cm de longueur sur 3 cm de
largeur. Pédoncule de 4 cm. Graine 3,5 x 2,2 cm, aplatie, à cicatrice
basi-ventrale, bords ± crénelés.
Source : MNHN, Paris
— 137 —
Cette espèce est assez bien caractérisée par son pétiole relativement
long et surtout par la forme ovée ou elliptique des feuilles, arrondies aux
deux extrémités.
Matériel examiné : Maurice : Commerson s. n., herbier Jussieu; Bojer s. n.
(1847), bois de natte, bois rouge (BM); s. coll., s. n., herb. Poiret in herbier Moquin-
Tandon; Mauritius Royal Botanic Gard. 93; Koenig s. n., Port Louis, «makak », arbre
atteignant 25 m avec un fût libre de 15 m, bois rouge pourpre; Capuron 28269 bis, arbre
de 20 m, « macaque », forêt de Maccabée.
Labourdonnaisia Bojer
Mém. Soc. Phys. Hist. Nat. Genève 9 : 295 (1841).
— Labourdonneia Boj., Hort. Maurit. : 199 (1897).
Feuilles oblongues, souvent à bords révolutés, limbe 4-8 cm de longueur
sur 2, 5-4 cm de largeur. Pétiole 2-3 cm .
L. calophylloides Bojer ', Réunion, Maurice
Feuilles obovées ellitpiques, émarginées ± cireuses glauques dessous, limbe
atteignant 8x7 cm. Pétiole 2-3 cm . L. glauca Bojer, Maurice
Labourdonnaisia glauca Bojer
Mém. Soc. Phys. Hist. Nat. Genève 9 : 299 (1841); Baker, Fl. Maurit. Seych. :
192 (1877).
— Labourdonnaisia thouarsii Pierre ex Dubard, Not. Syst. 3 : 46 (1914).
Type : Bojer s. n., Maurice (1839) « bois de natte à grandes feuilles ». (holo-, G. DC.).
Feuilles sur d’épais rameaux, obovées elliptiques, émarginées, à base
arrondie ou obtuse. Limbe jusqu’à 8 cm de longueur x 7 cm de largeur,
très coriace, lisse en dessus, gris glutineux dessous. Nervure médiane pro¬
éminente dessous. Réseau très serré de nervures secondaires visible en
dessous. Pétiole épais de 2-2,5 cm.
Pédicelle de 10-13 mm. Sépales 6, de 6,5-7,5 mm de longueur, velus
extérieurement. Corolle haute de 8,5 mm dont 2-3 cm de tube, à 12-13 lobes
dentelés au sommet. Étamines 12-13, opposées aux lobes; anthères api-
culées. Staminodes O. Ovaire pubescent à 8 loges.
Fruit ovoïde, d’env. 3 cm de longueur. Graine subovoïde, atténuée au
sommet, d’env. 2 cm de longueur, creusée d’une épaisse cicatrice à la
base.
Matériel étudié ; Maurice : Petit Thouars s. n., type du L. thouarsii Pierre,
Maurice, régions élevées. Moka, plaines Wilhems, Grand Port, Savane, Rivière noire;
s. coll., s. n., herb. Brown, fl., Maurice ou Madagascar?; Vaughan 10516, « bois de
natte », grand arbre, Forest nursery, Curepipe (fl. nov.); Koening 139, Port Louis, « natte
rouge à grandes feuilles », toutes altitudes en sol frais, espèce dominante des forêts,
écorce épaisse de 5-8 mm, riche en tanin (14 %), graines abondantes, mangées par les
singes, contenant une glu utilisée pour la capture des oiseaux, bois excellent, rouge foncé.
1. Voir description : Aubréville, Adansonia 12, 3 (1972), parmi les Sapotacées
de la Réunion.
Source : MNHN, Paris
138 —
SIDEROXYLON L.
Sp. PI. : 192 (1753).
— Calvaria Commers. ex Gaertn., Fruct. Suppl. : 186 (1805).
— Cryptogyne Hook. in Benth et Hook., Gen. PI. 2, : 656 (1876) non Cass. (1827).
Gros fruits globuleux, 3 cm diam. courtement pédonculés (env. I cm). Grosses
graines ligneuses dont la base sculptée rappelle une « tête de mort » :
Feuilles oblongues acuminées jusqu’à 20 x 6 cm, finement pubescentes
dessous dans leur forme de jeunesse; à pétiole grêle de 3-3,5 cm. Petites
fleurs à pédicelle court 7 mm.
S. majus (Gaertn. f.) 1 Baehni, Réunion
Feuilles elliptiques, arrondies au sommet, obtuses à la base, environ
7 x 5 cm finement pubescentes dessous. Pétiole court, canaliculé,
1-1,5 cm.
5. annithomae Aubr., Maurice
Petits fruits ovoïdes, subglobuleux ± 1 cm diam :
Fleurs à pédicelle de 1-1,5 cm. Feuilles obovées, à court pétiole env. 1cm..
S. borbonicum A. DC. ', Réunion
Feuilles oblongues à pétiole atteignant 3 cm. Fleurs à pédicelle court de
Var. capuronii Aubr., Réunion
Fleurs à pédicelle de 7-8 mm. Feuilles elliptiques à suborbiculaires, très
courtement pétiolées .
S. boutonianum A. DC., Maurice
Fleurs subsessiles. Feuilles oblongues elliptiques, ou oblongues allongées.
Pétiole court, 7-15 mm.
5. cinereum Lam., Maurice
Feuilles pubescentes ferrugineuses dessous, puis glabres.
Var. pitbentlum (A. DC.) Baker, Maurice
Espèces imparfaitement connue :
Grandes feuilles oblongues allongées, atteignant 30 x 8 cm. Pétiole 3-4 cm.
Fleurs sessiles .
S. sessiliflorum (Poir.) Capuron ex Aubr., Maurice
S. grandiflorum A. DC., S. lessertii Baker.
Sideroxylon annithomae Aubr., sp. nov 2 .
Arbor. Folia elliptica ad apicem ramorum crassorum congesia. Lamina apice rotundata,
basi oblusa, cire. 5x7 cm, sublus pubescens. Réticulum nervorum venulorumque ulraque
pagina tenuiter prominens. Peliolus brevis, canaliculatus, 1-1,5 cm longus.
Flores propter ramorum parlem defotiatam infra folia lerminalia fasciculali. Pedicellus
cire. 6 mm longus. Sepala 5-6 tomentosa, imbricata. Ovarium basi villosum. Specimen
n° 12 200 inspeclum, petalis destitutum sed sepalis accrescentibus ovaria jam evoluta cin-
genlibus. Ovula (5-)8.
1. Voir description dans Adansonia 12, 3 (1972) parmi les Sapotacées de la Réunion.
2. Cette espèce est dédiée à Madame Annick Le Thomas en reconnaissance de sa
collaboration à mes deux notes sur les Sapotacées des Mascareignes. Mes remerciements
s’adressent aussi à M. Heine.
Source : MNHN, Paris
139 —
Fructus unicus visas pedunculo brevi I cm longo suffullus, globosus in diametro cire.
4 cm, pericarpio pro rate terni. Semen in diametro cire. 3,5-4 cm, lignosum ; parte inferiore
maxime insculpta, embryone horizontali.
Type : Forest Department 12 200 (holo-, P., iso-, Mau).
Fig. 1. — Sideroxylon annithomae Aubr. (Forest départ ment 12 000, Mau)
1, rameau florifère (après la chute des corolles); 2, graine, vue de profil: 3, graine, vue dessous.
Arbre. Feuilles elliptiques groupées vers le sommet d’épais rameaux.
Limbe arrondi au sommet, obtus à la base, d’environ 7x5 cm, pubescent
dessous. Réseau de nervures, nervilles et veinules, finement saillant sur
les 2 faces. Pétiole court, canaliculé, de 1-1,5 cm de longueur.
Fleurs fasciculées le long des rameaux défeuillés, en dessous des
feuilles terminales. Pédicelle d’environ 6 mm. Sépales tomenteux, imbri¬
qués, au nombre de 5-6. Ovaire velu à la base. Le n° 12.200 étudié, ne
porte que des fleurs sans corolle, enveloppant avec des sépales acrescents
des ovaires déjà développés. (5-) 8 ovules.
Vu un seul fruit porté par un court pédoncule de 1 cm. Fruit globu¬
leux d’environ 4 cm de diamètre, à péricarpe relativement mince. Graine
de 3,5-4 cm de diamètre, ligneuse, partie inférieure très sculptée; embryon
horizontal.
Espèce très imparfaitement connue. Elle ressemble beaucoup par les
fruits et les graines au Sideroxylon majus (Gaertn. f.) Baehni de la Réunion.
Le nombre des ovules le plus commun est de 8 et non pas 5 comme chez
Source : MNHN, Paris
— 140 —
la plupart des Sideroxylon et notamment chez le S. majus de la Réunion.
Par les feuilles elliptiquse à pétiole relativement court elle se distingue
bien de l’espèce sœur réunionaise, avec cette réserve que nous ne disposons
dans l’herbier de Paris que du seul numéro type de Maurice (n° 12.200).
La détermination est donc provisoire.
Matériel étudié : Maurice : Foresi Department 12200, type, arbre 15-18 m « tam-
balacoque » (fl. et fr. juil.), reste de la végétation spontanée dans un jardin privé de
Curepipe. Déterminé dans l’herbier de Maurice comme Calvaria major Gaertn.
Sideroxylon boutonianum A. DC.
A. DC., Prodome 8 : 179 (1844); Baker, Fl. Maurit. et Seych. : 192 (1877).
Type : Bouton s. n. (1839), « nom vulgaire : « Tambalacoque » (holo-, G. DC.).
Feuilles elliptiques à suborbiculaires. Limbe glabre mesurant jusqu'à
13x9 cm. Pétiole très court d’environ 7 mm.
Fleurs fasciculées le long d’épais rameaux, en dessous des touffes de
feuilles terminales. Pédicelle de ± 8 mm, glabres. Calice glabre, 5 sépales
suborbiculaires de 3 mm de hauteur. Corolle à 5 lobes obovés de 2 mm;
tube de 3 mm. Étamines 5, à filets aussi longs que les lobes, Staminodes 5,
lancéolés, 2 mm. Ovaire pubescent, 5 loges.
Matériel étudié : Maurice : s. coll., s. n., herb. Jussieu n° 7226, bois de fer;
Vaughan 2662, grand arbre. Baie du Cap, forêts de moyenne altitude (fl. avril); Guého
13827, Ile aux aigrettes, arbuste 3,6-4,5 m, fruit vert pâle atteignant 1,25 cm de diamètre
(fr. nov.).
Sideroxylon cinereum Lam.
Encyl. Méth. Bot. 1 : 244 (1783), excl. syn.
— Sideroxylon bojerianum A.DC., Prodrome 8 : 179 (1844); Baker, Fl. Maurit. et
Seych. : 193 (1877). — Type : Bojer (1839) n° 1 (G. DC.).
Type : Commerson s. n.. Ile de France (holo-, P).
Feuilles oblongues-elliptiques ou oblongues allongées, au sommet
obtus ou arrondi, à la base cunéiforme et décurrente. Limbe glabre, mesu¬
rant jusqu'à 13x6 cm, très coriace. Pétiole épais de 7-15 mm.
Fleurs subsessiles en denses fascicules le long d’épais rameaux. Calice
glabre ou pubescent. Corolle longue de 3 mm. Lobes aussi longs que le
tube. Étamines et staminodes aussi longs que les lobes. Ovaire pubescent
à 5 loges.
Petits fruits globuleux, très courtement pédonculés d’environ 9 mm
de diamètre. Graines de 8 mm de longueur sur 6 mm de largeur; petite
cicatrice basale.
Arbre très branchu, atteignant 30 à 60 cm de diamètre, rarement
mesurant 10-15 m de hauteur.
Matériel étudié : Maurice : Vaughan 13455 « manglier vert » Mare longue pla¬
teau, commun, arbuste dans un fourré dense, fleurs pourpre foncé (fl. sept.); 13701,
Source : MNHN, Paris
141
ment de corolle x 6; 3, pistil x 6. — Var. puberulum (A. DC.) Baker (Vaughan 1.1764) :
•t. feuille x j; 5, rameau florifère x j; 6, 6', graine vue de profil et du dessus x 1,5;
/, coupe de la graine x 1,5.
Source : MNHN, Paris
— 142 —
Crown Land Perrier, arbre atteignant 20-30 pieds haut, fruit pourpre foncé, presque
noir à maturité (fl. mai); Boivin s. n. (1847-1852), crête de la montagne de Port Louis
(fl. sept.), « tambalacoque »; Vesco s. n. (1850); Commerson s. n., type; Koenig 137,
Port Louis.
Var. puberulum (A. DC.) Baker
Fl. Maurit. et Seych. : 193 (1877).
— Sideroxylon puberulum A. DC., Prodrome 8 : 179 (1844).
Type : Herbier Ventenat (G. DC.).
Se distingue de l'espèce type par des feuilles à pétiole un peu plus long,
et surtout par la pubescence ferrugineuse de la face inférieure des feuilles,
d'ailleurs rapidement caduque.
Feuilles à l'extrémité d’épais rameaux, oblongues-elliptiques, au
sommet obtus, à la base décurrente. Limbe d'abord pubescent roussâtre
dessous, devenant bientôt glabre, atteignant 11 cm de longueur sur 6 cm
de largeur, coriace. Pétiole de 2,5-3 cm.
Petits fruits ovoïdes, apiculés, d'env. 1 cm de longueur, courtement
pédonculés (5 mm).
Matériel étudié : Maurice ; Pelii-Tliouars s. n.; Vaughan 13764 « manglier
rouge », arbuste 15-20 pieds, Crown Land Perrier, commun en association avec le man¬
glier vert, 5. cinereum.
Sideroxylon sessiliflorum (Poir.) Capuron ex Aubr., comb. nov.
— Achras sessiliflora Poiret in Lam., Dict. 6 : 531 (1798).
— Sideroxylon sessiliflorum (Poir.) Capuron mss.
— Sideroxylon longifolium Bojer in A. DC., Prod. 8 : 180 (1844).
Type : Stadman s. n.. Ile de France (1789), herbier Lamark (P.).
Feuilles oblongues allongées, à sommet arrondi ou obtus, base
cunéiforme. Limbe atteignant 30 cm de longueur sur 8 cm de largeur,
glabre. Réseau bien maillé de nervures secondaires et de veinules, nette¬
ment saillant sur les 2 faces. Pétiole de 3-4 cm de longueur.
Fleurs sessiles en glomérules à l'aisselle des feuilles sur d’épais rameaux.
Corolle de 6 mm; tube de 3 mm; lobes de 3 mm. Étamines 5, aussi longues
que les lobes. Staminodes lancéolés de 2,5 mm, velus intérieurement.
Ovaire pubescent à 5 loges.
Fruit inconnu.
Matériel examiné : Maurice : Stadman s. n. (1789), herbier Lamarck; Boivin s.n.
(1847-1852), crête de la montagne de Port Louis (sept. 1851); Browne s. n., (fl.).
SAPOTACÉES DES MASCAREIGNES
Mimusops :
M. calophylloides H. Bn. = Labourdonnaisia calophylloïdes Bojer et var. revoluta
(ex. Cordemoy).
Source : MNHN, Paris
2 2 S §
— 143 —
erythroxyloii (ex. J. G. Baker) nomen.
imbricaria Willd. = Mimusops maxima (Lam.) Vaughan.
petiolaris (A. DC.) Dubard.
pierrei H. Bn.
Labourdonnaisia :
L. calophylloïdes Bojer.
L. glauca Bojer.
L. revoluia Bojer = L. calophylloïdes Bojer.
L. thouarsii Pierre et Dubard = L. glauca Bojer.
SlDEROXYLON :
S. annithomae Aubr.
S. boivinianum Pierre mss = S. borbonicum A. DC.
5. bojerianum A. DC. = S. cinereum Lam.
S. borbonicum A. D C.
S. boutonianum A. D C. « tambalacoque ».
S. cinereum Lam.
S. grandiflorum A. DC.
S. imbricariokles A. D C. = S. majus (Gaertn. f.) Baehni.
S. laurifolium Commers. = S. majus.
S. longifolium Bojer = S. sessiliflorum (Poir.) Capuron ex Aubr.
S. majus (Gaertn. f.) Baehni
5. pubendum A. DC. = S. cinereum Lam. var. puberulum (A. DC.) Baker.
S. sessiliflorum (Poir.) Capuron ex Aubr.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 13 (2) 145-171, 1973.
NOTES CYPÉROLOGIQUES :
19. CONTRIBUTION A LA CLASSIFICATION
DE LA SOUS-FAMILLE DES CYPEROIDEÆ
par J. Raynal
Résumé : Les apports récents de l’embryographie, de l'anatomie et de la physiologie
permettent d'épurer la tribu des Scirpeæ de trois éléments étrangers : Scirpus sect. Nemum,
S. sect. Squarrosi et Ficinia lipocarphioides, qui constituent trois genres (dont deux nou¬
veaux) se classant l’un dans la tribu des Fimbrislylideæ — dont la définition est précisée —,
les deux autres dans celle des Cypereæ. Trois nouvelles espèces annuelles sont décrites
dans Mariscus, Lipocarpha et Ascolepis. Des constructions phylogéniques récentes sont
examinées de façon critique; un modèle évolutif plus satisfaisant est proposé pour l'en¬
semble de la sous-famille des Cyperoideæ.
Summary : Recent contributions to embryography, anatomy and physiology make
possible to extract from the Scirpeæ three alien taxa: Scirpus sect. Nemum, S. sect.
squarrosi, Ficinia lipocarphioides become as many généra; the first of them belongs to
the tribe Fimbrisrylideæ, the circumscription of which is made more précisé; the others
are true Cypereæ. Three new annuals are described within Mariscus, Lipocarpha and
Ascolepis. Some recent phylogenetic diagrams are discussed, and a more satisfactory
model is proposed.
De l’aveu de nombreux cypérologues, le genre Scirpus au sens large,
tel qu’il est encore compris dans de nombreux travaux monographiques
ou floristiques, est manifestement hétérogène. Dès le xix e siècle certains
auteurs comme Nees ou Palla (19) avaient tenté de le diviser. Ces divisions,
créant des entités sans doute plus homogènes et naturelles, restaient fondées
sur des aspects purement morphologiques d’importance discutable. Non
convaincus, la majorité des auteurs conservèrent une conception du genre
encore très large quoique fort amenuisée depuis Linné, tout le monde
s’accordant à considérer des genres comme Fimbristylis, Bulbostylis, Fuirena,
Eleocharis comme solidement établis.
Scirpus sensu lato est en effet manifestement un genre résidu, regroupant
toutes les Cypéroïdées ne montrant pas quelque trait morphologique
spécialisé : distichie de l’épillet (Cypérées), stylobase différenciée (Fim-
bristylidées), soies hypogynes pétaloïdes ( Fuirena ) ou multiples ( Erio -
phorum). Il est normal qu’un tel résidu soit un rassemblement polyphy-
létique de genres d’affinités variées mais n’ayant pas, pour une raison ou
une autre, développé le caractère morphologique qui aurait permis leur
extraction.
Source : MNHN, Paris
146 -
Timidement, et surtout dans des flores européennes, ont depuis quelque
temps reparu les « petits » genres de Nees et de Palla. L’hétérogénéité
de Scirpus s. lat. a en effet été brillamment confirmée par des travaux
embryologiques modernes (24); la nécessité d'une division s’impose de
plus en plus, l’obstacle le plus gênant demeurant l'absence d'une révision
d’ensemble récente de ce groupe important.
Nos travaux sur les types photosynthétiques des Cypéracées (15, 22)
redonnent un intérêt certain à la tentative de classification anatomique
de Rikli (23) et nous amènent à dissocier non seulement de Scirpus mais
aussi de la tribu des Scirpées deux sections, la sect. Squarrosi Cherm.
et la sect. Nemum (Desv. ex Ham.) C.B. Cl. Seules dans Scirpus s. lai.
ces sections ont à la fois une anatomie foliaire chlorocypérée (dite aussi
« Kranz ») et une photosynthèse « en C 4 » ou encore de « Hatch & Slack ».
A. — RÉHABILITATION DU GENRE NEMUM Desv. ex Ham.
Van der Veken (24) avait déjà établi que, seule de tout le genre
Scirpus, la sect. Nemum montrait un embryon de type Bulbostylis, rencontré
chez les seuls autres genres Bulbostylis et Nelmesia.
L’anatomie foliaire de cette section n’avait pas été étudiée à notre
connaissance; nous donnons ici (fig. 1, B) un fragment de coupe trans¬
versale de feuille montrant une anatomie non seulement de type chloro-
cypéré (chlorenchyme rayonnant autour du faisceau cribro-vasculaire)
mais encore semblable au sous-type décrit (Metcalfe, 18) dans les genres
Fimbristylis, Bulbostylis, Crosslandia, Nelmesia, qui avec le genre Eleocharis
constituent la tribu — bien distincte à notre avis — des Fimbristylideae
Cherm. Ce sous-type, caractérisé par une gaine périvasculaire à 3 assises
(2 parenchymateuses encadrant une sclérenchymateuse) diffère du sous-
tipe présenté par les Cypereae, à 2 assises (interne parenchymateuse,
(externe sclérenchymateuse).
Nemum est, pour nous, beaucoup plus affine de Bulbostylis que de
Scirpus ; il ne lui manque, en fait, que la stylobase — encore en trouve-t-on
un reste minime chez N. equitans , espèce d’ailleurs classée d’abord dans
Scirpus, puis dans Bulbostylis. Mais les caractères suivants l’éloignent à
coup sûr des vraies Scirpées :
1. L’anatomie chlorocypérée de type fimbristyloïde, associée à une
photosynthèse évoluée de type en C 4 , confirmée par les valeurs
du 8 13 C.
2. L’embryon de type Bulbostylis.
3. La distichie des feuilles basilaires, peu nette dans l’espèce-type,
à feuilles peu nombreuses et gaines mal imbriquées (spirodistichie
de toute façon probable), très stricte dans les autres espèces. Ce
caractère était déjà noté par l’auteur de cette espèce comme aberrant
pour un Scirpus.
4. La présence de longs poils laineux au sommet des gaines, caractère
très fréquent chez Bulbostylis.
Source : MNHN, Paris
147 —
5. Les glumes coriaces brunes ciliées sur les marges, caractère égale¬
ment fréquent chez Bulboslylis.
6. Enfin un caractère encore inédit et à l’étude, mais qui semble propre
aux Fimbrislylideæ : les papilles stigmatiques longues et annelées
se rétractant en accordéon après l’anthèse (fig. 2); à un faible
grossissement, les épaississements annulaires de la paroi cellulaire
peuvent laisser croire à un cloisonnement, mais la papille n’est
jamais qu'unicellulaire. Nous n’avons rencontré cet aspect que
chez Bulboslylis , Fimbristylis, Nelmesia, Nemum et Eleocharis p. p.,
c’est-à-dire les genres constituant la tribu des Fimbristylideæ.
Tous les autres genres étudiés à ce jour ont des papilles plus ou
moins longues mais sans anneaux épaissis.
L’affinité de Nemum avec Bulboslylis n’est pas pour nous surprendre,
puisque nous sommes amené à y inclure le Bulboslylis equitans (Kük.)
Raym. Une autre espèce, récemment décrite dans Scirpus sect. Nemum.
a été dénommée bulboSlylidoides ; son auteur a bien souligné sa ressem¬
blance avec B. equitans mais ne semble pas y avoir vu la trace d’une affinité
véritable.
Le genre Nemum a une histoire un peu étrange : Hamilton (5) l’a
décrit d’après des notes dans l'herbier Desvaux. Toujours d’après Desvaux,
l’espèce-type indiquée est N. spadieeum (Lam.) Desv. ex Hamilt., basée
Source : MNHN, Paris
— 148 —
sur Eriocaulon spadiceum Lam. Le matériel provient de Sierra Leone,
ainsi que Lamarck (14) l'indique clairement. Mais Hamilton la signale,
sur la foi de l’herbier Desvaux, aux Antilles, région où le genre n’existe
absolument pas. Nous n’avons malheureusement pu retrouver dans l’her¬
bier de Desvaux le moindre échantillon correspondant à ce protologue,
victime vraisemblablement de quelque erreur d’étiquette ou de rédaction.
Quoi qu’il en soit, description du genre et typification par N. spadiceum
ne laissent planer aucune ambiguïté. Le nom générique n’a ensuite été
repris que par Clarke qui en fit une section de Scirpus, auquel, technique¬
ment, le diagramme floral de Nemum correspond bien.
Fig. 2. — Papilles stigmatiques de Nemum cquilans (Kük.) J. Rayn. (d'après Robinson 5712);
la membrane montre des épaississements annulaires ne correspondant pas à des cloisons
transversales; chaque papille reste unicellulaire.
Nemum compte selon nous au moins 4 espèces, toutes africaines, dont
voici la clé :
— Feuilles non nettement distiques. Annuelle. Étamines 1-3, courtes
(0,7-1,5 (-1,7) mm). Styles 2. N. spadiceum
— Feuilles nettement distiques, gaines imbriquées rougeâtres, pousses com-
primées-aplaties. Étamines 3, longues (l,7-2,7 mm).
= Annuelle. Glumes oblongues, acuminées, à marges longuement ciliées.
Styles 2. N. megasiachyum
= Vivaces. Glumes à mucron droit ou nul, brièvement ciliées.
+ Stolons très courts. Styles 2 . N. buibostyiidoides
+ Stolons longuement rampants. Styles 3. Feuille subcylindriques
équitantes . N. equilans
Nemum spadiceum (Lam.) Desv. ex Hamilt.
Prodr. Ind. Occ. : 13 (1825), excl. pl. Humboldt.
— Eriocaulon spadiceum Lam., III. Gen. 1 : 214 (1792).
Source : MNHN, Paris
— 149 —
PI. 3. — Nemum megastachyum (Cherm.) J. Rayn. (.Tisseront 2360 ) : 1, vue générale x 1 /4;
2, inflorescence x 3; 3, glume vue de dos x 15; 4, akène et son style (caduc) x 30. —
N. spadiceum (Lam.) Desv. ex Hamilton (Chevalier S980) : 5, vue générale x 1 /4; 6, inflo¬
rescence x 3; 7, glume vue de dos x 15; 8, akène et son style (caduc) x 30.
Source : MNHN, Paris
150 —
— Schanus spadiceus (Lam.) Vahl, Enum. 2 : 210 (1805).
— Scirpus spadiceus (Lam.) Bock., Linnæa 36 : 493 (1870), nom. illeg., non Linné.
— S. briziformis Hutch., Fl. W. Trop. Afr., ed. 1, 2 : 466 (1936).
— S. usiulatus Podl., Mitt. Bot. StaatssammI. Münch. 4 : 117 (1961), nom. illeg.
— S. angolensis C.B. Cl. var. briziformis (Hutch.) Hooper, Kew Bull. 26 : 580 (1972);
Fl. W. Trop. Afr., ed. 2, 3 (2) : 309 (1972).
Type : Smeathmann s. n., Sierra Leone, communie. Thouin (P-LA!).
Plateaux latéritiques humides (boue, pengbélé ) du Sénégal méridional
à l’Uganda et la Zambie. Indiqué à tort de Mauritanie (1, p. 190). PI. 3,
5-8.
Pour S. Hooper, toc. cil., S. angolensis Bock, n’est pas spécifiquement
distinct de la plante septentrionale; c’est pour nous un point que seul
l’examen détaillé du type de 5. angolensis et de l'ensemble du matériel de
cette plante variable nous permettra d’éclaircir.
Nemum megastachyum (Cherm.) J. Rayn., sial, et comb. nov.
— Scirpus angolensis var. megastachyum Cherm., Arch. Bot. Caen 4, Mém. 7 : 25 ( 1931).
Syntypes : Tisseront 156, 196, 1709, 1979, 2360, République Centrafricaine (P!).
Lectotype : Tisserant 2360, Yonguya, 16.11. 1927 (P!).
Plateaux latéritiques humides de la République Centrafricaine et du
Zaïre septentrional. PI. 3, 1-4.
Nemum bulbostylidoides (S. Hooper) J. Rayn., comb. nov.
— Scirpus bulbostylidoides S. Hooper, Kew Bull. 26 : 581 (1972). (« bulbostyloides »);
Fl. W. Trop. Afr., ed. 2, 3, (2) : 309 (1972), orth. mut.
Type : Boughey GC 18165, Mt. Nimba (K).
Hauts plateaux et montagnes d’Afrique occidentale : Guinée, Sierra
Leone, Côte d’ivoire. PI. 4, 1-5.
Nemum equitans (Kük.) J. Rayn., comb. nov.
— Scirpus equitans Kük., Wiss. Ergebn. Schwed. Rhod.-Kongo Exped. 1911-12, 1 : 7
(1921).
— Bulbostylis equitans (Kük.) Raym., Mém. Jard. Bot. Montréal 55 : 38 (1962).
Type : Fries 531, R. Bulelo, Katanga.
Hauts plateaux d’Angola, Zaïre méridional et Zambie. PI. 4, 6-10.
Tel que nous le définissons, Nemum apparaît comme un petit genre
très naturel, dont les espèces se ressemblent non seulement par la morpho¬
logie végétative et inflorescentielle mais encore par l’écologie : toutes
fréquentent les petits marécages temporaires sur dalles rocheuses ou latéri¬
tiques, ou de savane d’altitude, si riches en espèces intéressantes, et si
développés en Guinée et en Afrique Centrale et Orientale. Il ne faut pas
négliger que c’est également sur ces pengbélé d’Afrique Centrale que croît
le rare Nelmesia melanostachya Van der Vek., genre monotypique bien
net mais sans doute taxonomiquement très proche de Nemum.
Source : MNHN, Paris
PI. 4. — Nemum bulbostylidoides (S. Hooper) J. Rayn. ( Jacques-Félix 1922) : 1, vue générale
x 1 /3; 2, rameau d’inflorescence x 3; 3, glume x 15; 4 et 5, akène et son style (caduc)
x 30. — Nemum equitans (Kük.) J. Rayn. (6 à 8 d’après Robinson 5712, 9 et 10 d’après
Robinson 2681 ) : 6, vue générale x 1 /3; 7, rameau d’inflorescence x 3; 8, glume x 15;
9 et 10, akène et son style (caduc) x 30.
Source : MNHN, Paris
— 152 —
B. — DEUX GENRES NOUVEAUX DE CYPÉRÉES
Étudiant en 1968 les Scirpus sect. Squarrosi (S. squarrosus L., S. rehma-
nnii Ridl., S. kernii Raym.) et les comparant aux Ascolepis pusilla Ridl.
et A. dipsacoides (Schum.) J. Rayn., nous soulignions (21) l’extraordinaire
ressemblance entre toutes ces plantes ainsi qu’avec certains Lipoearpha,
ressemblance cause de multiples confusions. Dans ce travail, nous ne
parlions de S. hystrix Thunb. que pour faire état des différences qui l’écartent
nettement des S. sect. Squarrosi (p. 92 : « il est difficile de comprendre
comment ces plantes ont pu être confondues »). Nous n'avons sans doute
pas été assez explicite, puisque Haines & Lye (4, p. 480), nous citant,
traitent les 4 Scirpus comme appartenant à un groupe homogène, qu’ils
transfèrent en bloc au genre Isolepis.
Dans ce même article de 1968 nous proposions (p. 94) une hypothèse
expliquant la similitude de diagramme floral entre la sect. Squarrosi et le
reste du genre Scirpus par l’évolution poussée à l’extrême d’un épillet
devenu uniflore et n’ayant gardé qu'une pièce axillante. Cette « évolution
par réduction aboutirait à « régénérer » le type Scirpus après un cycle
complet de floralisation d’une inflorescence ». Nous en déduisions une
nécessité d’« éclater ce genre artificiel ». Notre hypothèse n’était toutefois
fondée que sur une ressemblance morphologique; notre raisonnement ne
traduisait que la conclusion logique de l’évolution menant de l’épillet de
Cyperus à la « fleur » de Lipoearpha ou Ascolepis, évolution elle-même
proposée depuis longtemps (Holm, 6) mais n’ayant recueilli que récem¬
ment l’accord à peu près unanime des cypérologues. Encore aujourd’hui,
les genres Lipoearpha et Ascolepis sont souvent placés, dans des travaux
floristiques, dans la tribu des Scirpées; aussi notre hypothèse nous avait-
elle paru insuffisamment étayée pour conduire à la création d’un genre,
d’autant que nous ignorions à l’époque les résultats de Van der Veken (24)
et que nous n’accordions pas toute leur importance aux faits anatomiques
pourtant mis en évidence dans ce groupe par Chermezon (2).
Van der Veken avait découvert que toute une fraction du genre
Scirpus possède un embryon de type Cyperus, soit les sections Eleogiton,
Isolepis, Holoschœnus, Oxycaryum, Desmoschœnus, et Micranthi (celle-ci
incluant la sect. Squarrosi Cherm.). Le genre Scirpus s. lai. n’offre pas
moins de cinq types d’embryon différents, soit tous les types reconnus
par Van der Veken dans la sous-famille. L’auteur, prudent, souligne
l’intérêt qu’il y aurait à diviser Scirpus, mais ne prend pas de décision taxo¬
nomique définitive. Il note que les S. sect. Micranthi, « seul taxon dans
Scirpus s. I. dont l’anatomie est chlorocypéro'de, ont des affinités avec
Cyperus sect. Dichostylis et avec Hemicarpha, qu’un nouvel examen compa¬
ratif s'impose pour déterminer leur statut exact ». Malgré une légère erreur
(seule la sect. Squarrosi a une anatomie chlorocypéroïde, et non la totalité
de lq sect. Micranthis s. lat.) Van der Veken semble bien avoir suggéré de
faire de ce groupe un genre à part.
Source : MNHN, Paris
— 153 —
Fortement influencés par le travail de Van der Veken, Haines &
Lye (4) et Lye (16, 17) décidèrent, dans le cadre de leur travail sur les Cypé-
racées de l’Uganda, de procéder au découpage de Scirpus s. !at. En outre,
ils proposent d’inclure dans la tribu des Cypérées tous les Scirpus à embryon
cypéroïde, et de rétablir en conséquence les genres Oxycaryum, DeSmos-
chœnus, Holoschœnus, Eleogiton et Isolepis, celui-ci rassemblant les sect.
Isolepis et Micranthi, malgré la remarque de Van der Veken sur cette
dernière section. Nous parlerons plus loin (voir paragr. D) des trois pre¬
miers genres, dont la distinction nous semble en effet utile, et dont le classe¬
ment par Haines & Lye à la base du phylum des Cypérées est admissible.
Mais le traitement donné par ces auteurs d 'Eleogiton et Isolepis appelle
nos critiques. Se fondant en effet sur nos propres conclusions concernant
la sect. Squarrosi, ils les adoptent en les étendant à l’ensemble des Isolepis
et à Eleogiton ; ils admettent ainsi que dans la totalité des espèces constituant
ces genres la fleur n’est que l’ultime stade de la réduction d’un épillet de
type Cyperus. Ils placent donc Isolepis et Eleogiton tout au sommet de la
lignée des Cypérées. C’est là négliger les faits anatomiques pourtant rappelés
par Van der Veken.
Aujourd’hui ces faits anatomiques repassent au premier plan des
critères taxonomiques, à la lumière de l’évolution très importantes dont
ils sont l'un des précieux indicateurs, au même titre que le rapport isoto¬
pique C 13 /C, 2 (15, 22). La genèse du syndrome photosynthétique de Hatch
& Slack correspond à une évolution profonde, agissant sur de multiples
aspects. Sa réalisation à plusieurs reprises et toujours selon des modalités
identiques dans des groupes taxonomiquement distincts, voire éloignés,
est déjà surprenante; aucun exemple d’évolution inverse ne laissant aucune
trace n’est aujourd’hui connu. Or, si le genre Cyperus est partagé en deux
par l’apparition du syndrome (qui selon nous s’est produite une seule fois
chez une espèce — actuelle ou éteinte? — appartenant au genre), tous les
taxons déjà reconnus comme dérivant de Cyperus puis Mariscus, jusques
et y compris Lipocarpha et Ascolepis, ont une photosynthèse en C 4 . 11
en est de même pour les Scirpus sect. Squarrosi, qui correspondent bien
à la phase ultime de l’évolution morphologique de l’épillet. Par contre
les Eleogiton et Isolepis, à anatomie eucypéro'de et photosynthèse en C 3
(ou Calvin), ne peuvent pas dériver des Cypérées évoluées, et doivent
se classer à la base du phylum, au voisinage d’ Holoschœnus ; leurs fleurs
sont homologues de fleurs de Scirpus, et non des épillets réduits.
En dehors des cas fort rares, inconnus dans les flores tropicales, et de
portée de toute façon limitée, où l’on a pu expérimentalement reconstituer
des tronçons de la filiation réelle des taxons, il est bien évident que toute
spéculation taxonomique revient à l’estimation de probabilités d’occurrence
de tel ou tel fait d’évolution. Pour rendre compte à la fois de la classifica¬
tion donnée par Haines & Lye et des faits anatomiques qu’ils négligent on
pourrait certes dessiner un arbre phylogénique dans lequel les Isolepis
dériveraient de la fraction « Calvin » des Cyperus par réduction de l’épillet;
sur ce phylum serait apparu, une troisième fois et tardivement, le syndrome
de Hatch & Slack, produisant seulement les trois espèces de la sect.
Source : MNHN, Paris
— 154 —
Squarrosi. Cette hypothèse, concevable, est hautement invraisemblable,
parce que :
1. Aucun vestige de cette lignée, autre que le genre petit et spécialisé
Courloisia, ne subsisterait, ceci en regard d'une lignée « Hatch & Slack »
très riche et ramifiée, comptant la majeure partie des Cypérées actuelles.
2. Une telle hypothèse reléguerait au rang des convergences acciden¬
telles les ressemblances étroites entre les Scirpus sect. Squarrosi et certains
Ascolepis.
Les Scirpus squarrosus, rehmannii et kernii ne peuvent donc rester
dans Isolepis, où les placent Haines & Lye. Ils constituent à notre avis
un genre nouveau. Nous le dédions au précurseur que fut en l’occurrence
Rikli, qui le premier accorda une importance taxonomique — certes
exagérée — aux deux types de structure anatomique mis d’abord en évidence
par Duval-Jouve (3).
RIKLIELLA J. Rayn., gen. nov.
— Scirpus subgen. Chloroscirpus Cherm., Arch. Bot. Caen 7, Mém. 2 : 2 (1936), nom.
uiid.; Fl. Madag. 29 : 141 (1937), quoad descr. et specim. cil., excl. syn. S. hystrix
— Scirpus sect. Squarrosi Cherm., Arch. Bot. Caen 7, Mém. 2 : 2 (1936), nom. nud.:
Fl. Madag. 29 : 141 (1937), quoad descr. tant.
Herbæ pumilæ aimuæ, basi foliota:. Inflorescentia capitata, e spicis distinctis
ovoideis densis constructa. Squamæ oblongæ concavæ carina i-nervia viridi in mucronem
squarrosum excurrenti, lateribus hyalinis achænium amplectentibus. Achænium obovatum
plus minusve compressum, cellulis epidermaiibus isodiametricis. Styli 2-3.
Genus aliquot Ascolepidis speciebus affine, squama spiculte una distinction. A genere
Isolepidi anatomia fasciculis vascularibus vaginis chlorophyllosis circumdatis, chlorocyperea
dicta, atque photosynthesis modo longe recedens, etsi structurant inflorescentia: simulons.
Species typica : Rikliella rehmannii (Rikl.) J. Rayn. (= Scirpus rehmannii Ridl.)
CLÉ DES ESPÈCES
Bractée involucrale inférieure dressée, inflorescence pseudolatérale. Stigmates
3 très courts (0,1 mm); akène trigone. Glumes longues de 1,0-1,8 mm R. squarrosa
Bractées involucrales étalées sous l'inflorescence visiblement terminale.
Stigmates longs de 0,2-0,3 mm. Glumes longues de 1,7-3,0 mm.
Stigmates 3. Akène trigone orné de grosses cellules arrondies proéminentes
en 15 rangs environ . R. rehmannii
Stigmates 2. Akène comprimé, obovale, finement ponctué de 25-30 rangs
de petites cellules . R. kernii
Rikliella squarrosa (L.) J. Rayn., comb. nov.
— Scirpus squarrosus L., Mant. PI. 2 : 181 (1771); J. Rayn., Adansonia, ser. 2, 8 (1) :
95, tab. 1, fig. 9-12. (1968).
— Isolepis squarrosa (L.) H.B.K., Nov. Gen. Sp. PI. 1 : 202 (1815), quoad comb. tant.
— Ascolepis tenuior Steud., Syn. Cyp. : 105 (1855).
Source : MNHN, Paris
— 155 —
Type : Koenig in Linné 71.49, Inde (holo-, LINN; photo-, P!).
Espèce exclusivement asiatique, de Ceylan et du Punjab à la Chine
et Java.
Rikliella rehmannii (Ridl.) J. Rayn., comb. nov.
— Scirpus rehmannii Ridl., Trans. Linn. Soc., ser. 2, 2 : 159 (1884); J. Rayn., Ioc. cil. :
97, tab. 1, fig. 6-8 (1968).
— S. hystrix auct. non Thunb.
Lectotype : Welwitsch 1678, Angola (BM!).
Espèce d’Afrique tropicale méridionale, de l’Angola au Kenya, au
Natal et à Madagascar. A souvent été confondue avec Isolepis hystrix
(Thunb.) Nees cantonné autour du Cap, jusqu’à l’embouchure de l’Orange
au Nord.
Rikliella kernii (Raym.) J. Rayn., comb. nov.
— Scirpus kernii Raym., Nat. Canad. 86 : 230 (1959); J. Rayn., Ioc. cil. : 95, tab. 1,
fig. 1-5 (1968).
— S. squarrosus auct. afr. non L.
Type : Berhaul 4692, Sénégal (iso-, P!).
Espèce surtout présente au nord de l’équateur, du Sénégal à l'Éthiopie
(et l’ouest de l’Inde, fide S. Hooper, in litt.), avec un îlot méridional autour
du L. Tanganyika.
Le problème subsiste de la nature exacte de la pièce unique axillant
la fleur de Rikliella. En d’autres termes, quelles sont les pièces disparues?
Ici nous sommes réduits à une hypothèse relativement fragile, que seule
vient étayer la ressemblance entre Rikliella et Ascolepis dipsacoides : il
semble bien que la pièce restante soit la première glume de l’épillet, corres¬
pondant, en toute logique, à la première fleur, seule présente. Bractée et
préfeuille seraient donc disparues, alors qu’elles sont encore présentes chez
Ascolepis dipsacoides (la préfeuille déjà fortement réduite), et que la bractée
subsiste chez A. pusilla Ridl. Il semble bien que l’évolution ait laissé ici des
témoins de toutes ses étapes — sans doute parce que relativement récente —
et que Rikliella représente le dernier stade d’une lignée passant par
Ascolepis.
Mais on pourrait nous représenter que si la pièce restante n'est pas
la première glume, mais la bractée, alors Rikliella dériverait de la lignée
Lipocarpha-Hemicarpha (pour autant que ces deux genres soient distincts)
par perte de préfeuille et glume, évolution entamée chez Lipocarpha où
ces pièces sont hyalines, très minces, se continuant chez certains Hemi-
carpha jusqu’à H. micrantha, chez qui la pièce unique est bien considérée
comme la bractée de l’épillet originel.
Bien que nous penchions personnellement pour la première hypothèse,
cette incertitude est pour nous une raison de plus de considérer Rikliella
comme un taxon à part, distinct à la fois d’ Ascolepis et de Lipocarpha.
Source : MNHN, Paris
— 156 —
Les riches collections effectuées depuis environ 20 ans en Afrique
Orientale, en particulier par E. A. Robinson, ont fourni un certain nombre
de plantes rares, dont plusieurs nouvelles, appartenant à ces lignées de
Cypérées évoluées à épillet unifïore réduit. Avant de passer à plusieurs
descriptions d’espèces, nous étudierons le cas d’une plante déjà mais rare¬
ment récoltée, décrite et connue sous le nom de Ficinia lipocarphioides
Kük. Le genre Ficinia, classiquement considéré comme une Scirpée ne
différant de Scirpus s. lat. que par un disque hypogyne, ne sort guère de
l’Afrique du Sud. L’anatomie de Ficinia est eucypérée, signe d’une photo¬
synthèse en C 3 confirmée par un 8 13 C de — 26,8 mesuré chez F. indica
(Lam.) Pfeiff. (Raynal & Lerman, ined.). Van der Veken trouve chez
Ficinia des embryons de type Cyperus, et l’on peut s’étonner que Haines
& Lye qui devraient logiquement incorporer ce genre aux Cypérées, n’en
fassent aucune mention dans leur schéma évolutif (4, p. 480, fig. 5).
Ficinia lipocarphioides est aujourd’hui représenté par des récoltes
récentes ( Richards 15131, Robinson 5108) dont l’étude nous amène à recon¬
sidérer complètement son appartenance générique.
Tout d’abord la « fleur » de Ficinia lipocarphioides comporte non pas
une bractée axillante unique (cas général chez Ficinia), mais trois pièces,
les deux inférieures de petite taille, faiblement nervées, la troisième embras¬
sant la fleur et l’akène, plus longue, à carène prolongée en fort mucron.
Kükenthal (13) assimilant les deux pièces supérieures à celles observées
chez Lipocarpha, a considéré cette espèce comme « intermédiaire » entre
Lipocarpha et Ficinia; c’est la raison de l’épithète spécifique; néanmoins,
attribuant la primauté à la présence chez sa nouvelle espèce d’un disque
hypogyne effectivement similaire à celui rencontré chez Ficinia, il la classe
dans ce genre, malgré un manque total de ressemblance à bien d’autres
points de vue : les vrais Ficinia sont des plantes vivaces, remarquables
par leurs feuilles à gaines parcheminées; leurs épillets ne sont jamais uni-
flores (ce que, d’ailleurs, note Kükenthal), les glumes ont une texture
et une nervation différentes et sont insérées en hélices il est vrai parfois
redressées.
Attribuer à un caractère positif unique la préséance sur un ensemble
de caractères négatifs n’était sans doute pas une heureuse solution, d’autant
que, finalement, le disque hypogyne est connu dans des genres divers (p.
ex. Scleria) et ne caractérise absolument pas Ficinia.
Aujourd’hui le maintien de l’espèce dans Ficinia nous paraît impos¬
sible :
1. Un taxon « intermédiaire entre Lipocarpha et Ficinia » est bien
difficilement concevable, étant donnée la position de Lipocarpha, au som¬
met de l’évolution des Cypérées, alors que Ficinia, même si on l’inclut
dans les Cypérées, demeure vers la base du phylum, au voisinage d 'Isolepis.
2. F. lipocarphioides est du type photosynthétique « Hatch & Slack »
(8 13 C de—16,3, Lerman & Raynal, ined.) ; son anatomie est chlorocypérée
(fig. 5). Ceci, ajouté à tous les autres caractères aberrants pour le genre,
exclut son maintien dans Ficinia.
Source : MNHN, Paris
157 —
3. L’espèce serait moins mal placée dans Lipocarpha, en raison de ce
qui précède et aussi du fait que l’abscission de la diaspore se fait entre
bractée et préfeuille, comme chez Lipocarpha.
4. Mais deux caractères viennent contrarier cette possibilité; tout
d’abord le disque hypogyne, totalement inconnu chez Lipocarpha; ensuite
l’importance relative de la préfeuille et de la glume : toutes deux hyalines,
la seconde réduite et incluse dans la première chez Lipocarpha; ici au
contraire c’est, et de loin, la glume qui prédomine, tout comme chez Mariscus
ou Ascolepis (et vraisemblablement Rikliella).
Ces différentes raisons nous semblent suffisantes pour décider de la
création, pour cette plante inclassable, d’un genre nouveau monotypique :
ALINIELLA J. Rayn., gen. nov.
Herba annua , gracilis, basi foliota. Inflorescentia congesta (vel I-radiata), spicis
discretis ovatis squarrosis. Spicula 1-flora, bracteis distichis 3, dnabns inferioribus parvis
hyalinis subenervis, superiore longiore florem amplectanti carina in mucronem rectum
desinenti. Stamina 2. Stylus trifidus. Hypogynium hyalinum suberassum cupuliforme, ore
truncatum vix lobatum.
Species adhuc unica : Aliniella lipocarphioides (Kük.) J. Rayn., comb. nov. ( - Fici-
nia lipocarphioides Kük., Rep. Sp. Nov. Beih. 40 (1) : tab. 87 (1937), el Anh. : 125 (1936).
Vid. tab. 5.
Genus Aliniæ Raynal. dedicatum , cui gratiam tantam debeo ob permidta consilia
optima amicissime data, laborem indefesse communiter perfectum, neenon mirabiles plan-
tarum icônes tantis cura et arte et patientia delineatas.
Type de l’espèce : Peter 43922 b.
Cette petite annuelle encore peu récoltée fréquente les marécages
temporaires rocheux de Tanzanie et Zambie.
C. — TROIS NOUVELLES CYPÉRÉES ANNUELLES
D’AFRIQUE ORIENTALE
Nous avons extrait d’un riche matériel provenant de l’herbier de
E. A. Robinson et obligeamment prêté par le New York Botanical Garden \
trois espèces nouvelles, toutes annuelles, croissant dans des conditions
similaires de petits marécages temporaires, et appartenant elles aussi au
groupe des Cypérées évoluées à épillets uniflores. Toutes trois ont une
photosynthèse « Hatch & Slack » (Raynal & Lerman, ined.) et viennent
donc augmenter le cortège de ces petites espèces fugaces, peu visibles,
rarement récoltées, dont l'intérêt est si grand pour la compréhension de
l’évolution de la tribu des Cypérées.
1. Nous remercions tout spécialement le D r T. Koyama, Curator, pour son accueil
et sa coopération
Source : MNHN, Paris
PI. 5. — Aliniella lipocarphioides (Kük.) 3. Rayn. (d'après M. Richards 15131 ) : l, vue générale
1: 2, inflorescence x 5; 3. épillet x 20;4, bractée x 20 et 4’, id. vue dorsale; 5, glume
a 20: 6, akène x 20; 7, préfeuille x 20 et 7’, id. vue dorsale; 8, bractée et préfeuille
encore en place après la chute de l’akène entouré de sa glume x 20. — Mariscus mala-
«icus J. Rayn. (d’après Robinson 4 440, type) : 9, vue générale x 1; 10, épillet x 20;
11, bractée x 20 et 11’, id. vue dorsale; 12, glume x 20 et 12’, id. vue dorsale; 13, akène
a 20; 14, préfeuille x 20 et 14’, id. vue dorsale (Dessin de A. Raynal).
Source : MNHN, Paris
— 159 —
Mariscus malawicus J. Rayn., sp. nov.
Herbu annua circa 15 cm alla. Folia basilaria plana vaginis purpurascentibus, lamina
plana usque ad 50 mm longa, 1,5 mm lata. Bractex involucrales 2-3 foliaceae basi non
amplialæ. Inflorescentia umbellata pauciradiaia ; radii 1-2 longiores (.0,8-1,5 cm), celeri
nalli. Spicæ 3-6 ovoideo-cylindricx usque ad 7 x 4 mm. Spiculae dense confertæ oblique
vel reclangule patentes unifloræ. Bractea prophyllaque membranaceæ ovato-lanceolatae
minimæ usque ad 1,0 mm longæ; squama fertilis auguste lanceolata, 1,7-2,1 X 0,5 mm,
nervis 3 viridibus prominentibus, lateribus hyalinis carina apicem versus in mucronem
brevem excurvatum desinenti. Stamen 1, anthera 0,3 mm longa connectivo haud producto.
Stylus profunde trifidus. Achxnium auguste lineare triquetrum nilidum Ixte brunneum
ad 1,4-1,6 x 0,25 mm.
Ex affinitate M. paradoxi (Cherm.) Cherm. sed spicis spiculisque duplo majoribus
et defectu squamæ superioris sterilis bene distinctus. Vid. tab. 5.
Typus : Robinson 4440, in sabulosis temporaliter humidis, ca. 5 km versus austro-
orientem ab urbe Fort Hill dicta Malawii, 11-3-1961 (holo-, NY!, iso-, P!).
Ascolepis ampullacea J. Rayn., sp. nov.
Herba annua 5-10 cm alla. Folia basilaria setacea vaginis purpurascentihus lamina
ad 3 cm longa. Caulis filiformis lævis. Bractex involucrales 2-3 basi cordato-ampliatæ,
sub inflorescentia patentes, inferior ad 2-3 cm longa. Inflorescentia congesta circa 6 mm in
diametro. Spicæ 2-3 subsphaericx niveæ densx usque ad 4 x 3,5 mm. Spiculæ unifloræ.
Bractea auguste linearis albido-hyalina ad 1,3 mm x 0,15 mm, carinata tenuiter trinervis.
Squama fertilis ad 1,7-1,8 mm longa, florem fovens, albida, basi angusta 5-7-nervis, sursum
in ampullam fusiformem crassam huila tant niveam inflata. Squamella sterilis linearis hyalina
ca. 1,3 mm longa. Stamen 1, anthera 0,4 mm longa connectivo haud producto. Stylus pro¬
funde trifidus. Achxnium oblongum trigonum atroviolaceum apice mucronatum ca. 1,0 mm
longum.
Ex affinitate A. peteri Kû p. spiculæ structura, sed characteribus multis et præcipue
figura squamæ fertilis bene distincta. Vid. tab. 6.
Typus : Phipps et Vesey-FitzGerald 3233, in planifie lateritica versus oceidentalem
ripam paludis Mweru-wa-ntipa dictae, ca. 5 milia versus seplentrionem a pago Muzombwe
dicto Zambiae, 16.4.1961 (holo-, NY!; iso-, P!).
Par la structure de son épillet, cette espèce s’apparente indiscutable¬
ment à Ascolepis peteri Kük., ainsi qu’à A. pusilla Ridl. Chez cette dernière
espèce en effet, une dissection très minutieuse permet souvent de déceler,
à l’intérieur de la glume fertile, qui est entièrement soudée en tube autour
de la fleur, une glume stérile réduite à une très petite écaille hyaline. Ces
trois espèces, ainsi que A. dipsacoides (Schum.) J. Rayn., diffèrent donc
par leur plan inflorescentiel des Ascolepis typiques (A. capensis) qui n’ont
aucune seconde glume stérile. Il ne nous paraît cependant pas opportun
de séparer pour l’instant ces espèces dans un genre distinct : la spécialisa¬
tion de l’épillet qui, devenu uniflore, a) perd sa préfeuille; b) voit la glume
fertile devenir prédominante, embrasser la fleur, puis l’engainer, enfin l’in¬
clure totalement, nous paraît la même dans tous les cas bien que réalisée
à des degrés divers.
Lipocarpha echinus J. Rayn., sp. nov.
Herba annua 10-20 cm alla. Folia basilaria vaginis purpurascentibus, lamina setacea
usque ad 30 x 0,5 mm. Caulis gracilis subcylindrica lævis. Bractex involucrales 1-2,
inferior ad 2-5 cm longa, patentes. Inflorescentia congesta e spicis 3-5 discretis constructa.
Spicæ ovoideo-conicx usque ad 5-7 x 3 mm atroviolacex, mucronibus viridibus bractearum
échinatæ. Bractea spiculæ conchiformis, basi auguste oblonga, sursum ampliata obovata,
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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apice abrupte acuminato-mucronata, 1,2 mm longa, nervo medio viridi. Prophyüa obovata,
0,7 X 0,5 mm, apice truncata, membranacea atroviolacea, dorso plana, lateribus pli-
catis florem amplectentibus. Sc/uama fertilis ovata plana 0,6 x 0,4 mm purpurea mem¬
branacea. Stamina 3 connectivo in acumen anguste triangulari longe producto. Stylus
profunde trifidus 0,5 mm longus. Achænium laie obovoideum trigonum brunneum nitidum,
0,8 x 0,6 mm, cellulis isodiametricis minute punctulatum, apice brevissime apiculatum.
Species distincta, staminibus 3 habituque annuo L. prieurianae Steud. vel L. spliacelata
( Vahl ) Kunth similis sed characteribus ceteris valde propria.
Typus : Robinson 1550 in uliginosis umbrosis temporaliter dessicatis, elevatione
5000 pedum, propre pagum Shiwa Ngandu dictum Zambiæ, 2.6.1956 (holo-, NY!
iso-, P!, K).
Cette espèce entre très naturellement dans Lipocarpha en raison de
sa diaspore étroitement enveloppée dans la préfeuille et la glume réduites
et membraneuses. Il faut toutefois remarquer que dans le matériel examiné
la préfeuille demeure fréquemment attachée à l’axe de l’épi; le niveau
d’abscission ne serait donc pas parfaitement défini.
Aucune des trois espèces décrites ci-dessus n’est donc exactement
conforme à la description classique du genre dans lequel nous la classons :
Mariscus malawicus, tout comme M. paradoxus, sont dans le genre des
espèces très marginales, montrant le degré le plus élevé de réduction de
l’épillet. Ascolepis ampullacea, comme ses congénères A. peteri, A. pusilla,
et A. dipsacoides offre au contraire un épillet qui, s’il a bien perdu sa pré¬
feuille, n’a pas atteint le degré de réduction typique du genre. Lipocarpha
echinus montre un niveau inconstant de l'abscission de la diaspore (diver¬
gence d’ailleurs plus faible que les deux précédentes).
Ceci illustre à notre avis combien l’Afrique Orientale constitue pour
cette fraction évoluée des Cypérées un creuset où une évolution vraisem¬
blablement peu ancienne a multiplié les formes, et en quelque sorte « essayé »
toutes les possibilités de différenciation; nous avons la chance que beaucoup
de témoins de cette évolution subsistent actuellement, ce qui, naturellement,
complique la tâche du taxonomiste car les coupures y sont malaisées,
mais constitue un magnifique exemple d’une « explosion » évolutive multi¬
directionnelle, avec un petit nombre de représentants dans chaque phylum,
faisant suite à une histoire sans doute beaucoup plus longue et moins
mouvementée, dont les centaines d’espèces si peu dissemblables du genre
Cyperus sont les représentants.
D. — TENTATIVE DE CLASSIFICATION NATURELLE
DES CYPEROIDEÆ
ÉVOLUTION SUPPOSÉE DE LA FAMILLE
A mesure que s’accroît et s’étoffe l’apport à la systématique classique
de disciplines nouvelles, le besoin se fait sentir de réviser, parfois profondé¬
ment, des concepts certes longtemps utiles, mais dont les fondements se
limitaient en pratique — nécessité ou habitude — à des modèles de pure
macromorphologie. La taxonomie résultante gardait une grande part
d’artificiel, que ce soit par attribution d’une valeur systématique exagérée
Source : MNHN, Paris
162
a des aspects morphologiques susceptibles de convergence aisée (inflores¬
cences condensées en têtes, ou restreintes à un épillet unique, tiges aphylles,
etc.) ou par incompréhension de la filiation réelle des formes, faute de
jalons objectifs indépendants de cette même morphologie.
Ainsi la classification des Cypéracées repose-t-elle encore pour une
large part sur des types floraux ou inflorescentiels dont la succession véri¬
table est demeurée, demeure encore souvent un objet d’hypothèse et de
controverse. Le sens même de l’évolution du plan floral était inconnu :
pour les « classiques » la fleur dérive, par réduction progressive, du plan
floral des Liliales ou des Joncales; dans ce cas des genres comme Oreobolus,
Fuirena seraient les témoins les plus proches du plan floral ancestral. Pour
une autre école (Mattfeld, Holttum, Kern), la fleur originale aurait été
très simple, unisexuée; c’est la condensation et la simplification d’inflores¬
cences complexes qui aurait produit les divers plans floraux diclines; alors
les Mapanioïdées, sans doute aussi les Caricoïdées, seraient les descendants
— lointains car fort évolués — représentant le mieux, à ce titre, l’hypo¬
thétique ancêtre. Le plus curieux, c’est que les apports nouveaux des bran¬
ches « modernes » de la botanique semblent favoriser tantôt l’une, tantôt
l’autre de ces hypothèses, de sorte que la phylogénie générale de la famille
reste encore une affaire d’opinion.
DONNÉES NOUVELLES
Si une solution générale et définitive de ce problème nous échappe
encore, il est incontestable que, dans le détail, des observations nouvelles
ont récemment, et de plusieurs directions indépendantes, apporté des
faits susceptibles de rajeunir et relancer une systématique quelque peu
essoufflée. Ainsi les travaux de Van der Veken (24) ont-ils montré l’exis¬
tence de types d’embryon bien définis, dont on peut, au moins partiellement,
imaginer la succession phylogénique. Nos travaux récents sur la répartition
des types de photosynthèse rajeunissent des critères anatomiques depuis
longtemps proposés (Rikli, 23) mais plus ou moins oubliés. Après le
long règne d’une classification purement morphoscopique à peu près stable
dont on s’accommodait, les nouvelles données permettent et réclament
la reprise d’une recherche tendant à cette « holotaxonomie » plus nautrelle
dont parle déjà Van der Veken, et que d’autres faits toujours plus divers
et nombreux devront tenir évayer ou réviser.
Ces nouveaux apports ont déjà provoqué un regain d’intérêt, et des
remaniements de la classification ont été récemment proposés. Si Van der
Veken, trop prudent, n’a pas exploité jusqu’à leur terme les conclusions
déduites de ses observations, et a seulement suggéré un découpage du
genre Scirpus s. lat., d’autres, depuis, s’en sont chargés. Nous sommes
ainsi d'accord avec Haines & Lye (4, 17) pour restreindre Scirpus à sa
section-type, et admettre des genres tels qp'Isole pis, Schœnoplectus, Blys-
mus, Bæothryon, etc. La démarche inverse, consistant à rendre les genres
de plus en plus vastes et flous, en y agglutinant tous les taxons supposés
Source : MNHN, Paris
— 163 —
en dériver, procédé qui, après Kükenthal, fut longtemps celui de Koyama
( 11) nous paraît ainsi battu en brèche par la simple observation des faits,
et n’offrir qu’un regrettable risque de confusion.
MODÈLE DE HAINES & LYE
Mais Haines & Lye, débordant du cadre de Scirpus, et pensant tenir
dans l’embryographie des critères infaillibles, ont produit un aperçu sur
•la phylogénie des Cypéroïdées (4). Il se fonde d'une part sur une priorité
du type embryographique, d’autre part sur des spéculations sur l’évolution
des inflorescences qui généralisent trop hâtivement une idée émise par
nous en 1968, en étendant à l’ensemble des Isolepis ce que nous proposions
— et que nous précisons aujourd’hui — pour les seuls Scirpus sect. Squarrosi ,
c’est-à-dire Rikliella.
L’un des arguments favoris des contempteurs de la taxonomie est
qu’on peut lui faire dire n’importe quoi, faire dériver les taxons les uns
des autres au gré de sa fantaisie, pourvu qu’on ait l’imagination fertile.
Certes, une science s’efforçant de reconstituer une évolution vieille de
millions d’années à l’aide des seuls témoins actuels et de quelques bribes
d’information fossile, ne saurait prétendre au titre de science exacte. Les
efforts des biosystématiciens et taxonomistes expérimentaux, s’ils permettent
de préciser de façon objective de nombreux mais courts chaînons évolutifs
récents, et aussi de mieux comprendre le mécanisme génétique des trans¬
formations, n’aboutiront toutefois jamais à reconstruire un arbre phylétique
dans sa totalité.
Classifier est pourtant utile, et la recherche d'un classement aussi
« naturel » que possible un objectif rationnel et louable. Dans son travail
de détective, le taxonomiste doit savoir ne compter que sur les faits évolutifs
les plus probables. En présence du nombre immense des filiations imagi¬
nables, son rôle consiste donc à sélectionner les plus vraisemblables, et
écarter aussi longtemps que les présomptions de réalisation demeurent
faibles, les hypothèses improbables, aussi séduisantes soient-elles.
Certains aspects du modèle proposé par Haines & Lye impliquent
des hypothèses évolutives à notre avis très peu probables, en tout cas beau¬
coup moins que d’autres qui, conduisant évidemment à une phylogénie
différente, rendent compte des faits de façon beaucoup plus simple et
vraisemblable. Il est vrai que nous bénéficions aujourd’hui de données
sur l’évolution du mode de photosynthèse dont Haines & Lye ne disposaient
pas; tout au moins n’avaient-ils à leur disposition que les connaissances
acquises sur l’anatomie, connaissances qu’ils sont excusables d’avoir
négligé, car c’était l’attitude quasi-unanime.
PLACE D'ISOLEPIS
Ainsi, Haines & Lye, généralisant un raisonnement que nous limitions
aux seuls Rikliella , font dériver tous les Isolepis de Cyperus ; en d’autres
termes la fleur d 'Isolepis serait un épillet de Cyperus extrêmement réduit.
Source : MNHN, Paris
— 164 —
Si rien, morphologiquement, ne permet de contredire cette hypothèse,
si elle est soutenable du point de vue embryographique ( Isolepis a un
embryon de type Cyperus ), il est par contre très difficile d’admettre que les
Isolepis à photosynthèse du type le plus courant, en C 3 , dérivent d’un
groupe entièrement à photosynthèse évoluée en C 4 ( Mariscus, Lipocarpha,
Ascolepis, etc.); ce serait supposer une évolution régressive totale du pro¬
cessus photosynthétique, régression dont aucun exemple n’est aujourd’hui
connu. Le caractère hautement complexe des modifications entraînées
par l’apparition du syndrome de Hatch & Slack rend improbable une»
disparition totale, sans trace aucune, de ces modifications. Même des
régressions partielles (cas connu des Panicum subgen. Dichanthelium) ne
sont pas absolument prouvées, le sens exact de la filiation demeurant
contestable. En tout cas, nous pensons qu'en matière de phylogénie tout
modèle rendant compte des faits de façon plus probable doit être préféré.
a fortiori s’il en rend compte de façon plus simple.
Un moyen de contourner l’objection ci-dessus est de faire dériver les
Isolepis directement de la fraction « C 3 » du genre Cyperus, solution toute¬
fois purement gratuite et également improbable, car à l’opposé de la magni¬
fique série de formes qu'on peut reconnaître dans la lignée C 4 ae Mariscus
à Rikliella, aucun témoin n’existe d’une lignée-fantôme parallèle qui condui¬
rait des Cyperus en C 3 à Isolepis.
Prêts à abandonner leur beau modèle évolutif réduisant l’épillet de
Cyperus à une fleur d 'Isolepis, Haines et Lye admettent avec quelque
prudence qu’ « it is even possible that an Isolepis- type plant could hâve
developed directly from Cyperus by merely changing from a distichous
to a spiral arrangement of its glumes ». Cette hypothèse est déjà plus
simple. Mais n’est-il pas encore plus simple d’imaginer l’inverse, soit le
passage Isolepis-Cyperus par établissement de l’orthodistichie dans l’épillet?
Cela ne s’oppose en rien aux autres faits connus : Isolepis se trouve suffi¬
samment distinct de Scirpus par son type d’embryon, sans qu’il soit néces¬
saire de l’exiler le plus loin possible à l’extrémité de son phylum par une
construction certes hardie, mais compliquée, gratuite, et aujourd’hui
infirmée.
Pour reprendre une idée émise plus haut, il nous semble que dans
l’évaluation de l’importance, dans un phylum donné, d’un caractère,
doivent entrer non seulement son degré de corrélation avec d’autres cri¬
tères — aisément calculable — mais encore son degré de probabilité d’occur¬
rence au cours de l’évolution — bien moins facile à cerner — ainsi que sa
capacité de régression. Ces deux dernières notions, d’estimation également
hasardeuse, seuls l’expérience et le jugement d’un taxonomiste entraîné
peuvent prétendre les apprécier. Nous en donnerons d’autres exemples :
LE PHYLUM PYCREUS
Kükenthal (12) a totalement méconnu l’importante différence qui
sépare les Cyperus à akène comprimé dorso-ventralement, à 2 stigmates,
résultant d’un avortement de la branche stigmatique médiane (avortement
Source : MNHN, Paris
— 165
qu'on peut rencontrer au sein d’un même espèce, voire d’un même individu,
cf. C. pustulatus Vahl), et les Pycreus, Queenslandiella et Kyllinga, à deux
stigmates situés dans le plan sagittal de la fleur, et dont l’akène est com¬
primé latéralement; ces aspects extérieurs correspondent à une modifica¬
tion importante de l’architecture des faisceaux vasculaires ovariens (cf.
Koyama, 11). Si les Cyperus à 2 stigmates méritent à peine de constituer
une section, par contre les trois autres genres sont très bien définis; la
méconnaissance de la différence profonde de nature et d’importance entre
ces deux types de « bistigmatisme » a conduit Kükenthal à sa conception
élargie et confuse du genre Cyperus, et même au classement de Queenslan¬
diella parmi les Mariscus.
Dans leur schéma, Haines & Lye font dériver d’une part Pycreus
de Cyperus (leurs épillets ne tombent pas), d’autre part Kyllinga de Mariscus
(leur épillets tombent entiers). C’est donner à l’abscission de la rachille
spiculaire une importance plus grande qu’à l’akène sagittal du type Pycreus.
En d’autres termes, ce dernier se serait réalisé deux fois, de façon identique
et indépendante. Ce modèle nous semble moins probable que le nôtre,
qui suppose une apparition unique de l’akène sagittal sur un phylum Pycreus-
Queenslandiella-Kyllinga subsisant une évolution parallèle à celle de la
lignée Cyperus-Mariscus-Lipocarpha» apparition de l’abscission de la rachille,
réduction de l'épillet à une fleur fertile.
LES SOUS-GENRES DE CYPERUS
Autre exemple : dans Cyperus sensu stricto, Kükenthal, en découpant
deux sous-genres, accorde un rang assez important à une transformation
morphologique mineure, de réalisation multiple non seulement dans toutes
les Cypéracées mais bien dans la plupart des familles d’Angiospermes, à
savoir la contraction des axes inflorescentiels aboutissant à des inflorescences
partielles ou totales en têtes plus ou moins compactes.
D’autre part le genre Cyperus est, dans la famille, le seul à offrir les
deux modes de photosynthèse et d’anatomie foliaire. Rikli voyait là un
critère définissant deux sous-familles, ce qui, logiquement, l’avait conduit
à scinder Cyperus en deux genres. C’était aller loin; il nous paraît prématuré
de juger de l’opportunité d’une telle décision, d'autant que les Cypéracées
chlorocypérées ne constituent pas un groupe compact digne du rang sub¬
familial, mais bien deux groupes distincts résultant d’une double apparition
du syndrome sur deux phylums déjà différenciés. En outre, cette apparition,
pour importante qu’elle soit, a fort bien pu s’effectuer au sein du genre
sans autre perturbation. C’est à tort que Van der Veken (24) indique
que la répartition des deux types anatomiques coïncide avec les sous-genres
de Kükenthal : comme Chermezon l’avait bien vu, si le sous-genre
Choristachys, à inflorescences non condensées, est bien chlorocypéré dans
sa totalité, il en est aussi de même de plusieurs sections du sous-genre
Pycnostachys, à inflorescences condensées (p. ex. sect. Bobartia, Platys-
tachyi, etc.); nous l’avons vérifié en mesurant le 8 13 C dans toutes les sections
(Lerman & Raynal, ined.). Les deux caractères ne sont donc pas corrélés,
ce qui ne peut surprendre, si l’on considère que les inflorescences non
Source : MNHN, Paris
166 —
contractées — en principe les moins évoluées — correspondent au syndrome
de Hatch & Slack, qui témoigne à coup sûr d'une évolution positive.
Devant cet état de choses, il nous semble normal d’accorder à la réalisa¬
tion la moins courante (le syndrome de Hatch & Slack) le pas sur le
phénomène banal, donc de restituer aux sous-genres Eucyperus et Chloro-
cyperus (les deux genres de Rikli) leur statut sinon leur nom *.
ORIGINES DE MA RISC US
Dernier exemple, illustrant les limites des possibilités actuelles de
reconstruction phylogénique : dans le groupe considéré, il n'est guère
possible aujourd’hui de dire quelle a été l’évolution la moins fréquente,
de l’abscission de l’épillet ou de la contraction de l’inflorescence. Aussi
peut-on faire dériver les Mariscus à inflorescence capitée soit des Mariscus
à inflorescence diffuse, soit des Cyperus chlorocypérés à inflorescence
condensée (fig. 7). Dans le premier cas le découpage générique actuel se
justifie, le genre Mariscus étant monophylétique. Dans le second la défini¬
tion des deux genres serait au contraire à refondre entièrement. Or cette
dernière hypothèse ne manque pas d’arguments en sa faveur : ressemblance
étroite entre, d’une part, Mariscus longibracteatus Cherm. et Cyperus
disions L. f., d’autre part entre certains Mariscus sect. Bulbocaules et les
Cyperus sect. Plalyslachyi. Peut-être même les deux voies ont-elles été
empruntées? Il semble impossible de l’affirmer aujourd’hui.
PLACE D 'ELEOCHARIS - ORIGINE DES CYPEREÆ
Pour en terminer avec le schéma proposé par Haines & Lye, nous
soulignerons encore deux invraisemblances assez graves :
— Créant, semble-t-il, une tribu des Schœnoplecteæ (nom. nud .?),
ils y placent Eleocharis. Nous ne voyons aucune raison d’agir ainsi : si
Eleocharis et Schœnoplectus ont des tiges normalement aphylles, c’est
bien leur seul caractère commun, qu’ils partagent d’ailleurs avec bon
nombre d’autres genres des tribus les plus variées. L’embryon des Eleocharis
est de type Fimbrislylis ; la différenciation d’une stylobase, la présence de
papilles stigmatiques annelées placent à notre avis le genre Eleocharis
sur le phylum des Fimbristylidées, dont il représente un rameau végéta-
tivement spécialisé, mais peu évolué par ailleurs (encore des soies hypo-
gynes, malgré une certaine tendance à leur disparition, photosynthèse
en C 3 ).
— Sur le schéma proposé les Cypereæ paraissent dériver d’un ancêtre
appartenant aux Schœnoplecteæ; on imagine mal comment l’embryon
de type Cyperus , relativement peu évolué et reconnu comme dérivant
probablement en droite ligne du type Carex, pourrait descendre du type
Schœnoplectus , le plus différencié de tous de l’avis même de Van der
Veken.
1. Qui ne satisfont pas aux exigences du Code de Nomenclature, si l'on considère
que l'espèce-Iectotype du genre, Cyperus esculentus L., est un Chlorocyperus.
Source : MNHN, Paris
- 167 —
MODÈLE PROPOSÉ
Nous proposons donc (pl. 8) un schéma des séquences que nous
considérons comme les plus vraisemblables entre les genres de Cypéroïdées.
Nous avons représenté les limites des quelques critères les plus importants
utilisables dans la définition des possibles groupes supragénériques : soit
classiques (morphologie : absence constante des soies hypogynes, présence
d’une stylobase différenciée, distichie de l’épillet, épillet uniflore) soit
nouveaux ou rénovés (types embryographiques ; types anatomiques et
photosynthétiques).
Un coup d’œil à ce tableau montre qu’aucun critère isolé ne définit
de groupes naturels satisfaisants. Par exemple la distichie de l’épillet connaît
des exceptions (Cyperus michelianus subsp. michelianus ) 1 et, de toute
1. Exception qui n’en est pas une à notre avis : la différence entre orthodistichie
(la « distichie » classique) et spirodistichie (qui donne une apparence hélicoïde aux inser¬
tions florales) n’est qu’une affaire de légère torsion de l'axe, ou peut résulter d’une légère
précession dans le fonctionnement du méristème apical. Ainsi la différence entre les
deux sous-espèces de Cyperus michelianus (L.) Link n’est-elle pas plus importante que
Source : MNHN, Paris
168 —
façon, ne correspond pas à la limite du type embryographique Cyperus,
pas plus qu'au type anatomique chlorocypéré ni à la morphologie florale.
Il en est de même de n’importe lequel des autres critères, pris isolément.
Cela n’est pas pour nous surprendre. L’évolution s’est faite sans grands
à-coups et nous ne voyons pas pourquoi plusieurs modifications génétique¬
ment indépendantes seraient apparues ensemble. L’importance des dissem¬
blances entre taxons actuels, importance que les méthodes de taxonomie
numérique nous permettent aujourd’hui de chiffrer, est le fruit du hasard
des extinctions ou des proliférations de phylums, et non l’indication d’un
« saut » important de l’évolution. La corrélation, dans un ensemble de
taxons, de deux ou plusieurs caractères, est, en faveur du rassemblement
des dits taxons sur un même phylum, un argument positif, mais toutefois
pas une preuve absolue. D’autre part, des taxons ne présentant pas cette
corrélation peuvent néanmoins appartenir au phylum, si les caractères
sont apparus successivement et non simultanément.
Le modèle proposé aujourd’hui n’est pas une profession de foi, nous
accueillerons volontiers toutes corrections et améliorations apportées par
des variantes plus satisfaisantes. Pour nous, ce schéma est simplement
un moyen d’exposer de façon synthétique le point de nos connaissances
sur les Cypérées. Nous avons tenté d’y appliquer de notre mieux les principes
énoncés plus haut : représentation des différences entre taxons, recherche
conjointe de la vraisemblance et de la simplicité, rejet de tout système
favorisant a priori une catégorie particulière de critères.
Ce modèle fait donc apparaître : d’une part deux lignées riches en
représentants, diversifiées de longue date et manifestant à des titres variés
un degré certain d’évolution; ce sont les tribus des Fimbristylideæ et des
Cypereæ; d’autre part un ensemble demeurant assez peu spécialisé, bien
qu’il renferme la lignée de Schœnoplecius, ensemble que nous laissons
volontairement groupé dans une tribu des Scirpeae, en attendant que
des recherches plus poussées viennent éventuellement autoriser un découpage
plus précis.
Étant donné que nous rejetons comme artificielle toute délimitation
de ces tribus par le jeu d’un critère unique, le problème des limites à leur
accorder « vers le bas » des phylums se pose évidemment; s’il est à notre
avis facile de circonscrire les Fimbristylidées, les limites des Cypérées sont
moins évidentes; si l’appartenance à cette tribu des Lipocarpha, Hemi-
carpha, Ascolepis, Aliniella, Rikliella est dorénavant certaine, le sort de la
celle entre Fuirena stricto Steud., orthopentastique, et F. chlorocarpa Ridl. spiropentas-
tique; or ces deux « espèces » sont aujourd'hui traitées comme variétés (S. Hooper, 8).
En somme la notion de « distichie » des ouvrages classiques, qui souvent conduisit
les auteurs à des découpages génériques, serait sans doute passible de remaniements
profonds, si l'on voulait procéder à des recherches sur le nombre et le comportement
des hélices foliaires, sujet malheureusement trop souvent méconnu des taxonomistes,
rendus méfiants par les errements de la vieille « phyllotaxie ». Pour le moment nous
nous bornerons à considérer ce critère de distichie comme assez mal défini, et à ne lui
accorder en conséquence, au moins provisoirement, qu’un rôle mineur.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 170 —
branche Isolepis-Ficinia est plus sujet à discussion; nous sommes d’accord
avec Haines & Lye pour intégrer aux Cypérées tous les genres de Cypé-
roïdées à embryon de type Cyperus, ceci au moins provisoirement, en
attendant une révision sérieuse du critère de distichie.
Les Fimbristylidées réalisent des spécialisations qui leur sont propres :
gaine périvasculaire à 3 assises, stylobase (qui peut régresser chez Nemum.
Nelmesia), papilles stigmatiques annelées, embryon de type Bulbostylis;
mais leur inflorescence ne subit guère d’évolution marquante, encore que
le cas obscur de Nelmesia à « écaille hypogyne » médiane, mérite un examen
plus approfondi.
Les Cypérées, par contre, conservent un embryon simple, bien que
leur embryogénie soit, semble-t-il, très évoluée pour la famille (Juguet, 9).
C’est surtout par les modifications multiples du plan inflorescentiel, s'orga¬
nisant en une remarquable série ramifiée selon des tendances divergentes
dans la réalisation de la diaspore, que cette tribu se signale à notre atten¬
tion. A partir de Mariscus la tendance générale est à la réduction de l’épillet
à une fleur fertile unique. Deux directions divergent alors, l'une dans
laquelle, la bractée restant seule bien développée, les autres pièces de
l’épillet régressent en enveloppant le fruit (série de Lipocarpha ); dans cette
série l’abscission de la diaspore s’effectue sous la préfeuille, et peut-être
vaudrait-il mieux faire partir ce rameau de Cyperus plutôt que de Mariscus ;
dans l’autre direction la spécialisation porte sur une régression de bractée
et préfeuille, au profit de la première glume qui peut demeurer seule présente
( Riklie/la ) ou devenir hautement spécialisée en utricule ( Ascolepis capensis).
Cette seconde lignée dérive sans doute directement de Mariscus, tout
comme le court rameau Sphaerocyperus-Remirea, très proche de Mariscus
chrysocephalus (taxons dont le statut générique mérite peut-être révision?).
Peut-être nous reprochera-t-on d’avoir souvent fait dériver les genres
les uns des autres, sans respecter une prudence qu’il est généralement de
bon ton d’afficher en les situant tous sur des rameaux latéraux d’un tronc
résolument inconnu et supposé disparu. Nous ne prétendons certes pas
que les espèces actuelles dérivent les unes des autres (encore que certains
cas soient à cet égard bien troublants, cf. Cyperus distans-Mariscus longi-
bracteatus, ou Ascolepis dipsacoides - Rikliella kernii). Mais nous croyons
qu’au moins pour les portions terminales des phylums, les espèces éteintes
depuis peu, situées aux points de ramification, appartenaient déjà bien
aux genres tels que nous les délimitons actuellement. Ceci nous frappe
particulièrement dans la lignée des Cypérées où, nous l’avons dit, le foison¬
nement des formes concentrées en Afrique sud-orientale rend les coupures
génériques difficiles et laisse l'impression que cette explosion évolutive est
récente et n’a encore subi que peu d’extinctions.
BIBLIOGRAPHIE
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Laboratoire de Phanérogamie
Muséum. Paris.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 13 (2) 173-176, 1973.
QUELQUES CROTON MALGACHES NOUVEAUX
par J. Leandri
Résumé : Ces plantes appartiennent respectivement aux groupes des espèces à
inflorescence pédonculée bisexuée, à feuilles non argentées ou dorées, obovales ou en
faux-losange, disposées en faux verticilles; des espèces à inflorescence subsessile; et de
celles à grandes feuilles non argentées-dorées.
Summaûy : These plants belong respectively to the group with pedunculate bisexual
inflorescence, non-silver or golden, but obovate or obrhombic pseudo-verticillate leaves;
to the one with subsessile inflorescence; and to the one with large non-silver nor golden
leaves.
Croton rubricapitirupis Leandri, sp. nov,
Frutex ramulis gracilibus cylindricis pseudo-dichotomis ; internodiis 4-5 cm longis,
2 mm crassis, lignosis ; corlice cinereo-subrubro, in sicco coslulato et pilos mullos steUato-
squamosos aculeo centrali longiore ereclo gerente. Nodi viilgo foliorum 2-3 jugos gerenles.
Stipulae minimae caducae. Petiolus cytindricus 2-8 mm longus, 1-1,5 mm crassus, corlice
illo ramulorum simili et pilis similibus hirtus, apice glandulis parvis puncliformibus ornatus.
Lamina rhombiformis, subacuminaia, basi cimeato-atteniiata vel poslerins ima basi paulo
rotundata, dentata, dentibus ante glandulosis, ad 8 cm longa, 2,2 lata, denlibus fere I mm
longis, 0,5 lalis. Nervi parum conspicui, fere angulo recto divergentes, utrinque fere 10.
Pili squamosi aculeo centrali erecto longiore muniti, solum pagina inferiore sparsi.
lnflorescentia bixecualis protogynica, axillaris, ad 4-5 cm longa, vulgo floribus Z1-2,
tertia inferiore vel superiore parte, floribus S pluribus ad apicem insertis. PedicellusS fere
5 mm longus ; sepala c? 5, valvata vel pseudo-imbricata, quorum 2 vulgo latiora, ovato-
acuta, magna, 2-2,5 mm, percingentia, pilis squamosis et margine ciliis ornata ; petala
par va, angusta, membranacea, conniventia, ciliis longis in longum, apice in cris ta dispositis.
Stamina fere 12, ad 15, antheris tam lalis quam longis, connectivo lato ; glandulae carnosae
albidae alternipetalae, quibusdam interdum deficientibus. Flos Q subsessilis, sepalis ad
1,3 cm longis. 4 mm lalis, pilis extra squamosis, intus stellatis salis sparsis ; pedicello per-
brevi, hirtello, sepalis sicut folia dentato-glandulosis : petala 3-5, inchoata item glandulosa,
2-3 mm longa, 0,3 mm lata ; disco suhcupulari vel piano ; styli fere a basi ter-quater divisi,
3 mm et ultra longi. Ovarium subtrigonum pilis hirtellis tectum, loculis rhomboideis, ovulis
parvis. Fructus ignotus.
Type : Service des Eaux et Forêts de Madagascar 11580 SF R. Capuron ,20.1.1955,
fl- <?, ? (holo-, PI).
Madagascar (Centre) : Ambatomenaloha, à l’Ouest d’Itremo. Restes de forêt
ombrophile dans les vallons.
Source : MNHN, Paris
— 174
Crolon rubricapitirupis. - 1, sommet de ramille fleurie x 2/3; 2, détail du limbe foliaire 4:
3, fleur S, le sépale antérieur enlevé; on voit deux des pétales rudimentaires glanduleux,
x 2; 4, un de ces derniers pétales x 9; 5, coupe de l'ovaire x 9; 6, fleure?, deux sépales
et le pétale antérieur enlevés ■ 4; 7, un pétale <? x 9. — C. aymoninorum : 8, jeune
ramille et inflorescence x 2/3; 9, fleur 9, probablement fécondée x 3; 10, fleur,? x 3.
— C. bergassae : 11, jeune ramille et inflorescence x 2/3; 12, une fleur? à 4 sépales x 4.
Source : MNHN, Paris
— 175
Le nom donné est la forme latine au génitif de celui de la localité,
qui veut dire : « roche à tête rouge ».
Cette plante appartient naturellement au groupe des Crolon à inflo¬
rescence pédonculée bisexuée, à feuilles pseudo-verticillées obovales ou
obrhombiques, non argentées ni dorées; elle peut y être distinguée un peu
grossièrement de la façon suivante :
I. Limbe entier. C. nitidula Bak.
1 Limbe ondulé ou denté, parfois subcordé.
2. Limbe à bord ondulé.
3. Calice $ accrescent.
4. Acumen obtus . C. louvelii Leandri
4'. Acumen aigu . C. bifurcata H. Baill
3'. Calice O non accrescent, limbe sans acumen.
5. Limbe petit (5 cm sur 2 environ).C. sambiranensis Leandri
5'. Limbe de 8-18 cm sur 3-6 cm. Comores. C. emeliae H. Baill.
2'. Limbe à bord denté.
6. Un acumen. C. mocquerysii A. DC.
6'. Pas d'acumen.
7. Base du limbe arrondie. C. ivohibeensis Leand.
7'. Limbe rhombiforme.
8. Grappe sans pédoncule nu; environ 10 étamines ....
C. ambanivoutensis H. Bâillon
8'. Grappe avec pédoncule nu; 12-15 étamines.
9. Face inférieure du limbe feutrée. C. hovarum Leandri
9'. Face inférieure du limbe à poils écailleux épars..
C. rubricapitirupis Leandri
Croton aymoninorum Leandri, sp. nov 1 .
Frulex ramulis pseudo-dichotomis, racemi vel ramuli lerminalis abortu vel deflexione.
Parles nova indu mémo parum denso pilorum squamosorum casianeorum fere0,l mm munitae.
Ramuli cylindrici, 1-5 mm crassi, cor/ice laevi in longum slrialo, leniicellis perpaucis. Folia
opposita, mox caduca, petiolo 1 cm et ultra longo, gracili (0,7 mm) apice dorso glandulis
2 cupuliformibus, margine albido-luteis carnosis subsessilibus ornato Lamina tenuissime
carnosa, fusco-viridis, prope obovato-lanceolata, inlerdum subacitminala, basi attenuata,
interdum rotundata, 8-15 cm longa, 3,5-5 cm lata. Nervi tenues ; Costa princeps utraque
pagina prominens. Nervi secundarii utrinque 6-8, tenuiter prominentes vel parum conspicui.
Flores in glomerulis vel in fasciculis subsessilibus praesertim $(5-6), flores S paucos
apice gerentibus, foliis ultimis interdum ad bracteas reductis et internodio superiore pedun-
culum simulante. PediceUus<$ flore longior. Alabastrum$ sepalis 5 oblongis, carnosis, pilis
squamosis castaneis tectis ; petalis 5, obovato-spatulatis margine fimbriatis, membranaceis,
in tus laevibus glabris; staminibus 10 antheris arcuatis, filament is mediocribus ; disco piano
lobis 5 punetulatis. FlosO salis magnus, pedicello brevi ; sepalis 5, oblongo-subacutis, carnosis ;
petalis 5 dentiformibus : stylo ramis 12 cylindricis, gracilibus. Fructus ignotus.
Type : G. Aymonin et M. Keraudren-Aymonin 24940, 19.10.1970, j. fl.c? et $(holo-,
PO-
Madagascar sud-est : forêt de Mandena, 7 km NE de Fort-Dauphin.
Cette plante appartient à un groupe qui diffère du précédent par ses
inflorescences plus contractées, et qui comprend les C. glomerata Aug.
DC, lapiazicola Leandri, latniana Leandri, thouarsiana H. Baill., macro-
1. Espèce dédiée à M. et M mc G. Aymonin, sous-Directeurs du Laboratoire de
Phanérogamie du Muséum, qui l'ont découverte, dans une localité pourtant connue des
botanistes, au cours de l'expédition ORSTOM-Université de Tananarive en octobre 1970.
Source : MNHN, Paris
— 176 —
buxus H. Baill., jennyana H. Gris (à feuilles argentées), Meeusei Leandri
(d°), incisa H. Baill., boiviniana H. Baill., noronhae H. Baill., anisata
H. Baill.
C’est des cinq premières que la rapproche son limbe non rhombi-
forme et sans reflet métallique. Parmi elles, l’acumen peu marqué, obtus,
les parties jeunes non hérissées, les nervures obliques peu marquées l'appa¬
rentent au C. macrobuxus H. Baill., dont elle se distingue par ses « pétales »
? dentiformes et ses feuilles plus grandes et qui est sans doute une espèce
du centre, d’ailleurs mal connue.
Croton bergassae Leandri, sp. nov.
Frutex dioicus vel forte protogynicus. RanutU cylindrici vel complanati, parum lignosi,
striati, foliorum jugis salis inter se distantibus interdum haud ordinatis, cum foliis sessilibus
parvulis extraordinariis, ovaro-acutis, fere 2 cm X 1 cm, pseudoverticillatis. Foliorum
normaiium petioli cylindrici, basi inflati, costulati vel non, ad 5 cm longi, 2 mm crassi,
pilis squamoso-stellatis parum densis ornati. Basi laminae glandulae 2, cupulato-ovatae,
in diam. ad / mm, margine albido. Lamina glabrescens, ovato-acuta vel acuminata, ad
20 cm longa, 8,5 cm lata, acumine 2 cm vel ultra, 0,5 cm lato ; basi rotundata ; nervi pagina
inferiore prominentes, basilaribus minoribus 2 jugis obliquis ; lateralibus majoribus utrinque
4-6 haud oppositis.
Inflorescentia <J (an $, parte inferiore flore vel floribus g citissime de laps isi) prope
gemmam foliatam in axilla folii orra ; axis pars nuda 3-4 cm alla, cylindrica, 1-2 mm crassa ;
bracteae subulatae. Flores $ fere 10, tertia superiore parte ut videtur inserti, in alabastro
pilis stellatis tecti. Sepala (4)-5, valvata; petala 5, spalulata, marginibus longe pilosis.
Stamina 12-15, antheris primum inversis, connectivo fusco lato. Ima pars folii sicut bases
filamentorum pilosae. Flores $ et fructus desiderantur.
Type : Service des Eaux et Forêts de Madagascar 12358 SF, 11.12.1956, fl.<5 (holo-,
P!).
Madagascar Est (partie centrale), entre Menagisy et Brickaville.
Malgré l’absence des fleurs $, nous croyons pouvoir décrire cette espèce,
qui se reconnaît bien, parmi les Croton à grandes feuilles, à son limbe
ovale-aigu un peu dévié et glabrescent et à la présence de petites feuilles
sessiles à côté des grandes feuilles pétiolées.
Laboratoire de Phanérogamie,
Muséum -Paris.
1. Espèce dédiée à|M Ue M.-D. Berçasse, qui a dessiné de belles planches de Croton
pour la Flore de Madagascar et des Comores.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 13 (2) 177-193, 1973.
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DU GENRE
R O U SSE A UXIA (MELAST.) 1
par H. Jacques-Félix
Summary : Réhabilitation of genus Rousseauxia for Osbeckia of Madagascar;
new combinations and new species are proposed.
Le genre Rousseauxia fut établi par de Candolle dès 1828 sur Me/as-
loma chrysophylla Desr. collecté à Madagascar par Commerson. Il fut
conservé par la plupart des auteurs, dont les deux monographes, Triana
(1871) et Cogniaux (1891), qui le plaçaient parmi les Oxysporées. Cepen¬
dant, Cogniaux ayant nommé un Osbeckia madagascariensis pour une
espèce apparentée au R. chrysophylla et même un O. eUiotii qui lui était
identique, Perrier de la Bathie ne pouvait admettre qu’un seul genre,
ce qu’il fit dans sa belle Monographie de 1932 en mettant le genre mono¬
spécifique Rousseauxia en synonymie du genre Osbeckia dont il décrivit
plusieurs espèces.
Cette décision résulte d’une conception plus systématique que naturelle
du genre Osbeckia, auquel plusieurs auteurs, depuis Linné, ont attribué
des Melastomataceae très diverses. En réalité les « Osbeckia » de Mada¬
gascar n’ont que peu de rapport avec le type du genre, Osbeckia chinensis L.
et quelques autres espèces voisines d’Asie 2 . Leurs affinités réelles, ainsi
que Perrier de la Bathie l’a fort bien dit lui-même, s’établissent avec les
Dionycha et Amphorocalyx, autres genres malgaches endémiques.
Les Rousseauxia se distinguent des Osbeckia par plusieurs caractères.
Ce sont tous des arbustes, ou même de petits arbres, croissant dans des
groupements primitifs. L’indument du réceptacle est formé de soies simples
et les émergences intersépalaires, connues chez deux espèces seulement,
sont linéaires, non étoilées ni pectinées. Les étamines sont homomorphes
et parfois légèrement inégales en longueur; le connectif, dépourvu d’appen-
1. Abréviations utilisées pour la citation de certains spécimens : R. N. Herbier de
la Conservation des Réserves naturelles (Madagascar). S. F. Herbier du Service des Eaux
& Forêts (Madagascar). J. B. T. Herbier du Jardin botanique de Tananarive.
Tous les spécimens examinés sont conservés au Muséum (P).
2. Consulter C. Hansen : Osbeckia chinensis L. and O. zeylanica L. f., Taxon 21
(5/6) : 653-657 (1972).
Source : MNHN, Paris
— 178 —
dice, est en continuité avec le filet, sauf chez une sous-espèce où il porte un
ergot peu évident; les anthères peuvent être brièvement rostrées mais
jamais longuement caudées-subulées; le filet est aplati. L’adhérence de
l’ovaire varie du quart à la moitié et les cloisons, qui séparent les logements
staminaux, sont toujours épaisses, non membraneuses; la partie libre est
généralement conique et sétuleuse; les soies de l’apex, souvent coalescentes
par leur base, forment une collerette péristyle non comparable aux lames
épigynes des Sonérilées, comme on a pu le dire parfois pour la définition
du genre Rousseauxia. Chez beaucoup d’espèces la chute du style se produit
un peu au-dessus de l’insertion; le cas est très net chez le R. humbertii,
où cette base est 4-lobulée. Les placentas sont courts, stipités, quelque
peu ascendants. Les graines sont sensiblement cochléaires et la structure
caulinaire est dermomyélodesme '. Le genre n’appartient donc pas à la
tribu des Oxysporées, propre à l’Asie, mais à celle des Osbeckiées.
Plusieurs groupes naturels peuvent être reconnus, surtout d’après la
structure des étamines.
I. Sect. ROUSSEAUXIA
Chez les Rousseauxia proprement dits, les anthères sont lancéatées
ou oblongues, cordées ou arrondies à la base, toujours bien distinctes du
filet. La section elle-même se subdivise en trois séries d’affinités que nous
ne jugeons pas nécessaire d'établir comme unités systématiques, mais qui
méritent d’être indiquées, car elles correspondent chacune à un groupe éco-
géographique distinct.
a) La série des Rousseauxia madagascariensis et R. tamatavensis est
la seule à présenter des émergences intersépalaires. Les anthères sont très
ondulées, nettement cordées à la base et brièvement rostrées; les loges,
contiguës par leur face antérieure, sont séparées par un sillon étroit; le
filet est inséré subdorsalement. Ces deux espèces sont les seules qui soient
planitiaires et même paludicoles.
b) La série du Rousseauxia chrysophylla ( R. aurata; R. cistoides;
R. mandrarensis) a des étamines de même structure. Cependant les loges
sont coalescentes chez R. aurata et le sillon disparaît chez R. mandrarensis.
Ce sont des arbustes sclérophylles (R. mandrarensis ) ou de petits arbres
tropophytes des collines de moyenne altitude.
c) La série du Rousseauxia dionyehoides (R. dionychoides subsp. fut va ;
R. gracilis; R. glauca) présente des étamines dont l’anthère est oblongue,
non ondulée, non ou obscurément rostrée, modérément cordée. Dans la
préfloraison le filet est pincé entre les loges et montre comme une articula¬
tion en cet endroit. Il y a même trace d’une callosité postérieure à la base
du connectif chez R. dionychoides subsp. fulva. Ce sont des arbustes ou
petits arbres des rocailles et forêts de montagne.
1. Je remercie M Ut M. Chalopin qui a bien voulu examiner le R. chrysophylla.
Ses résultats infirment ceux de Van Tieohem selon lesquels la structure serait myélo-
desme. L’erreur provient de ce que le phellogène exfolie très tôt l’écorce et ses faisceaux
de xylème.
Source : MNHN, Paris
— 179 —
II. Sect. MADECASSIA
La structure staminale est tout à fait différente et suffirait à distinguer
un genre si quelque autre caractère s’y ajoutait. Les anthères sont fusiformes,
atténuées sur le filet et sans séparation visible des loges. Ce sont des arbustes
sclérophylles, plus rarement tropophytes, des crêtes rocailleuses.
PI. 1. — Étamines de Rousseauxia. Lorsque les deux verticilles sont inégaux la fig. de profil
représente l'étamine interne : 1, R. tamatavensis ; 2, R. aurata; 3, R. astoides ; 4, R.
chrysophylla ; S, R. gracilis ; 6, R. mandrarensis ; 7, R. glauca: 8, R. dionychoides subsp.
fulva ; 9, R. dionychoides ; 10, R. marojejensis subsp. sericea; 11, R. marojejensis subsp.
lepidola ; 12, R. marojejensis subsp. marojejensis ; 13, R. andringilrensis ; 14, R. hum-
bertii ( x 4).
Source : MNHN, Paris
ROUSSEAUXIA DC.
Prodr. 3 : 152 (1828); Mém. Mélast. : 54 (1828); Endl., Gen. n.; 6226 (1840);
Naud., Ann. Sc. Nat., ser. 3, 15 : 50 (Mon. Mclast. - p. 264); 14 : tab. 7, fig. 6 (1850);
Benth. & Hook., Gen. PI. 1 : 753 (1862); Triana, Trans. Linn. Soc. Lond. 28 : 74,
tab. 5, fig. 69 (1871); Bâillon, Hist. PI, 7 : 47 (1880); Cogn,. Mon. Phan. 7, Melast. :
462 (1891); Krasser, Nat. Pflanzenfam. 3, 7 : 169, fig. 74F (1893).
— Osbeckia auct. non Linn., Perrier de la Bathie, Mém. Acad. Malg, 12 : 10
(1932); in Humbert. Fl. Madag., 153' fam. : 9 (1951).
CLÉ DES ESPÈCES
I. Anthères ± lancéatées, cordées ou arrondies à la base, toujours très dis¬
tinctes du filet . Sect. Rousseauxia
IL Anthères fusiformes, atténuées sur le filet. Sect. Madecassia
Sect. ROUSSEAUXIA'
1. Feuilles normalement plus de 6 cm, ou bien 2 à 3 fois plus longues que
2. Feuilles lancéatées, ovales, oblongues à étroitement elliptiques; pas
d’émergences intersépalaires.
3. Plante glabrescente dans ses parties végétatives; feuilles ovales-
oblongues; cymes pédonculées subterminales et terminales; pédi-
celle grêle, jusqu’à 10 mm. R. chrysophylla
4. Réceptacle glabrescent . var. chrysophylla
4'. Réceptacle éparsément sétuleux. var. setulosa
3'. Plante diversement scabre, sétuleuse ou veloutée.
4. Plante sétuleuse ou veloutée; indûment grisâtre ou fauve; feuilles
oblongues ou ovales-lancéatées.
5. Soies longues et fines, éparses sur les parties végétatives,
le réceptacle et le calice; nervures latérales réunies à la
base. R. a lira la
5'. Indûment dense sur les rameaux jeunes, les feuilles et le
réceptacle . R. dionychoides
6. Cymes pédonculées, subterminales et terminales; fleurs
pédicellées; feuilles scabres à la face supérieure, velou¬
tées en dessous; nervures latérales normalement réunies
à la base; ovaire saillant . subsp. dionychoides
6'. Cymes glomérulées, sessiles, terminales; fleurs sessiles;
feuilles modérément hirsutes sur les deux faces; nervures
libres. subsp. fulva
4'. Plante scabre et glaucescente; feuilles étroitement elliptiques-
lancéolées; 3 (5) nervures libres; indûment scabro-granuleux
sur toutes les parties. R. glauca
2'. Feuilles largement elliptiques, grandes; cymes glomérulées avec soies
fauves; réceptacle avec émergences intersépalaires.
7. Feuilles longues de 7 à 12 cm; sépales 6-7 mm; pétales 15 mm
. R. madagascariensis
T. Feuilles plus longues : 8-15 cm; sépales 15-16 mm; pétales 22 mm
. R. lamatavensis
1'. Feuilles normalement moins de 6 cm; à peine 2 fois aussi longues que
larges, ou moins; ovales, ovales-lancéatées à subcirculaires.
1. Sect. Rousseauxia. — Antherae staminum lanceatae vel obiongae ; saepe undulalae ;
semper manifeste filamentorum distinctae.
Sect. Madecassia Jac. - Fél., sect. nov. — Antheris staminum auguste fusiformibus,
ad basin attenuatis; vix filamentorum distinctis differt.
Source : MNHN, Paris
— 181 —
8. Feuilles 7-9 nerviées, subcirculaires, base arrondie puis brusquement
en coin sur le pétiole; grandes fleurs terminales de 4 à 5 cm de dia¬
mètre; plante caducifoliée . R. cistoides
8'. Feuilles 3-5 nerviées.
9. Arbuste scabre dans ses différentes parties; rameaux robustes;
feuilles elliptiques, coriaces; anthères 6 mm, lancéatées... R. mandrarensis
9'. Arbrisseau hirsute villeux dans ses différentes parties; rameaux
flexueux; feuilles ovales, herbacées; anthères 2,5 mm, oblongues. R. gracilis
Sect. MADECASSIA
1. Feuilles moins de 2 cm, persistantes; sépales plus courts que le réceptacle.
2. Feuilles à peine 6 mm; réceptacle 3 mm de haut; sépales triangulaires-
aigus, 2,5 mm. R. minimifolia
2'. Feuilles normalement plus de 6 mm.
3. Fleurs solitaires; sépales ovales-obtus, 3 mm. R. andringitrensis
3'. Cymes pluriflores; sépales plus larges que hauts, 4 x 2,8 mm.. R. humberiii
1'. Feuilles de 2,5 à 4,5 cm, persistantes ou caduques; sépales plus longs que
le réceptacle; soies scalariformes (aplaties) . R. marojejensis
4. Feuilles elliptiques-lancéolées, souvent glaucescentes, avec soies éparses
et appliquées, parfois glabrescentes; 3 nervures libres... subsp. marojejensis
4'. Feuilles ovales ou lancéatées, indûment plus dense; 5 à 7 nervures,
paires latérales réunies à la base.
5. Feuilles ovales, jusqu’à 1,2 x 2 cm; scabres sur les deux faces;
5 nervures. a . subsp. lepidol
6. Soies ± appliquées sur les rameaux et les pétioles; sépales
5-6 mm, guère plus longs que le réceptacle. var. tepidota
6'. Soies hérissées sur les rameaux et les pétioles; sépales 10-11 mm,
deux fois aussi longs que le réceptacle. var. hirsnla
5'. Feuilles lancéatées, jusqu'à 1,8 x 4,5 cm; 5 (7) nervures; soies
longues, brillantes, appliquées sur les nervures à la face inférieure
Sect. ROUSSEAUXIA
Rousseauxia chrysophylla (Desr.) DC.
Prodr. 3 : 152 (1828); Naud., Ann. Sc. Nat., ser. 3, 15 : 50 = Mon. Melast. : 264;
14, tab. 7, fig. 6 (1850); Triana, Trans. Linn. Soc. Lond. 28 : 74, tab. 5, fig. 69 (1871);
Cogn., Mon. Phan. 7, Melast. : 462 (1891); Grandidier, Hist. Nat. Madag. Bot. Atlas
3, tab. 393 (1898).
— Osbeckia elliolii Cogn., Journ. Linn. Soc. 29 :17, tab. 4 (1891); Mon. Phan. 7, Melast. :
1178 (1891). Basé sur Scott Elliot 2251 & 2488.
— Osbeckia chrysophylla (Desr.) H. Perr., Mém. Acad. Malg. 12 : 14 (1932); Fl. Madag.,
153 e fam.: 18 (1951).
— O. chrysophylla var. heterochroma H. Perr., Not. Syst. 12 : 90 (1945); Fl. Madag.
153 e fam. : 19 (1951). Basé sur Decary 10933.
Type : Commerson s. n. (holo-, P!).
Nouvelles récoltes : Humbert 20556, bassin de la Mananpanihy, vallée du Man-
drere (mars); S. F. 19168, Mahialambo, district de Fort Dauphin; arbuste 3 m de haut
(sept.); D. Seligson 589, Fort Dauphin; arbuste commun sur le pic St Louis (mai).
Var. setulosa (H. Perr.) Jac.-Fél., comb. nov.
— Osbeckia chrysophylla var. setulosa H. Perr., Not. Syst. 12 : 90 (1945); Fl. Madag.,
153 e fam. : 19 (1951).
Source : MNHN, Paris
— 182 —
Type : Humbert 13891 (holo-, P!).
Nouvelle récolte : Keraudren 1059, environs de Fort Dauphin, pentes du pic
St-Louis; arbuste de 2 m, à fleurs rose vif (avril).
L’espèce type, par ses cymes subterminales et terminales pédonculées,
formant ensemble un thyrse feuillé, a même aspect que les Amphorocalyx.
D’après certaines descriptions et figures, la coronule péristyle était indiquée
comme lames épigynes ou appartenant au style. En réalité il s’agit des
soies apicales coalescentes, comme cela est fréquent chez les Osbeckiées,
et qui forment quatre lobes distincts par déhiscence de la capsule. La
variété selulosa établit le passage avec R. aurata.
Rousseauxia aurata (H. Perr.) Jac.-Fél., comb. nov.
— Osbeckia aurata H. Perr., Not. Syst. 12 : 89 (1945); Fl. Madag., 153» fam. : 19,
tab. 3, fig. 16-21 (1951).
Type : Decary 10113 (holo-, PI).
Nouvelle récolte : Humbert 20706, bassin de la Mananpanihy, rochers sommitaux
du Mt Vohimayo au N d'Ampasimena; arbuste très rameux, 2 m de haut, fleurs roses
(mars).
L’habitat normal de cette espèce est plus probablement les collines
rocailleuses du haut bassin de la Mananpanihy que les sables littoraux
sur lesquels Decary avait récolté son spécimen. L’espèce se reconnaît
bien aux thyrses feuillés pouvant compter jusqu’à quinze fleurs; aux soies
longues et fines, éparses sur le réceptacle; à la capsule urcéolée, etc.; mani¬
festement proche du R. chrysophylla, elle a également même aspect que les
Amphorocalyx.
Rousseauxia dionychoides (Cogn.) Jac.-Fél., comb. nov.
— Osbeckia dionychoides Cogn., Journ. Linn. Soc. 29 :17 (1891); Mon. Phan. 7, Melast. :
1178 (1891); H. Perrier, Mém. Acad. Malg. 12 : 16 (1932); Fl. Madag., 153» fam. :
16 (1951).
— O. bicotor H. Perr., Mém. Acad. Malg. 12 : 15, tab. 1, fig. 2 (1932); Fl. Madag.,
153» fam. : 15, tab. 3, fig. 1-9 (1951). Basé sur Perrier de la Bâtliie 13717 (lectotype, PI),
11428 et 14608.
Type : Scott Elliot 2266 (holo-, K), non vu 1 .
Nouvelles récoltes : J. B. T. 4615, 4632, 4656, Ambondrobe (Est d’Ambalavao),
forêt à mousses vers 1 700 m (avril); 4758, Mt Tsitondroïna (Est d'Ambalavao), forêt
primaire vers 1808 m. (avril); R. N. 4007 (Coll. Razafindrakoto), Sendrisoa-Ambalavao,
Réserve nat. n° 5 (mars); 7159 (Coll. Rakotovao), Vohitaoka-Ambalavao (janv.).
1. Selon la publication in Scott Elliot : Journ. Linn. Soc. 29 : 17 (1891), le type
a été récolté sur la côte orientale près de Vangaindrano; c'est également l'indication
portée sur l’étiquette du type, ainsi que B. Verdcourt a eu l'obligeance de me le confirmer.
Par contre Cogniaux, dans sa Monographie (loc. cit.) indique « in Madagascaria centrali
in sylvis altit. 1 700-2 000 m », ce qui est beaucoup plus vraisemblable.
1. Je remercie B. Verdcourt et E. Wickens qui ont bien coulu vomparer mon
matériel avec le type.
Source : MNHN, Paris
183 —
Le R. dionychoides se reconnaît bien à l’indument général velutineux;
aux nervures latérales des feuilles réunies à la base; aux cymes portées
par des rameaux robustes; au réceptacle densément sétulo-séricé; à l'ovaire
saillant à maturité, etc. Les étamines sont pliées au ras de l’anthère dans le
bouton et la partie du filet pincée entre les loges est comprimée avec un
petit sillon antérieur, sans que l'on puisse l’attribuer au pédoconnectif.
C’est l’espèce la mieux représentée avec une aire couvrant l’ensemble
de l’Andringitra et massifs voisins. Perrier de la Bathie, habitué à l’en¬
démicité étroite des espèces de ce genre, s’étonne, à propos d’« O. bicolor »
de ce que « trois peuplements distincts et éloignés entre eux d’environ
5 km sont rigoureusement semblables » K Cependant, quelques récoltes
complémentaires montrent que des variations existent et justifient la mise
en synonymie d'« O. bicolor » que Perrier avait établi d'après quelques
différences mineures et du fait que le réceptacle n’est pas 4-costulé comme
chez R. dionychoides. En réalité Cogniaux parlait de la capsule proprement
dite et non du réceptacle. La sévérité de l’environnement semble avoir
pour effet de raccourcir les axes et les pédicelles des inflorescences. Le
n° J.B. T. 4632, bien que récolté sur le même massif que d’autres spécimens
conformes, diffère par plusieurs caractères qui le rapprochent de la sous-
espèce fulva. L’indument est plus court, scabroïde; les feuilles sont à ner¬
vures libres; l’inflorescence est compacte, glomérulée, non feuillée; l’ovaire
est peu saillant. Par contre les étamines sont bien identiques à celles du
matériel typique.
Subsp. fulva Jac.-Fél., subsp. nov.
A lypico differt nervis laleralis foliorum liberis : cymis sessilibus glomeratis ; slaminibus
gracilioribus ; conneclivo staminum postice calloso.
Arbuscula ; ramulis junioribus hir suris demum glabrescentibus. Folia petiolo 5-7 mm
longo. Lamina lanceara, 3x6 cm, nlrinque ve/ulina; 3(5) nervis liberis sublus hirsulis.
Glomerulae 3-7 floribus sessilibus. Receplaculum obconicum dense sericeum ; sepalis acule
triangularibus, 4,5 X 9 mm. Corolla rosea ; peialis anguste obovalis, 10 x 20 mm. Stamina
homomorpha, paulunt inaequalia; antheris oblongis, 4 mm longis; connectivis postice
callosis ; filamentis 8 mm longis. Ovarium vertice conicum setulosum; coronula parva.
Fructus cupulatus ; ovario parum exserto.
Type : Humbert 28518 (holo-, P!).
Arbuste de 4 à 5 m, très ramifié, à entrenœuds courts; rameaux jeunes
densément hirsutes par les soies dont les bases épaissies couvrent toute
la surface, puis brusquement glabres par exfoliation du rhytidome. Feuille
à pétiole de 5-7 mm, portant le même indûment que les rameaux; limbe
lancéaté, 3x6 cm, arrondi à la base, largement aigu au sommet, velouté
à la face supérieure par les soies d’abord dressées sur leur base tuberculée
puis couchées, plus densément velouté à la face inférieure par les soies
fines dressées sur toute la surface, plus longues et hérissées sur les nervures
principales; 3(5) nervures libres, la paire externe submarginale; les nervilles,
de part et d’autre de la médiane, ± parallèles et atteignant les nervures
latérales; marges entières, non scléreuses, bordées de poils crochus.
1. Mém. Acad. Malg. 12 : 16 (1932).
Source : MNHN, Paris
— 184 —
Glomérules terminaux, sessiles sur un rameau robuste, 3-5 (7)-flores;
bractées persistantes, lancéatées-naviculaires, densément séricées sur les
deux faces. Fleurs sessiles, plus ou moins comprimées entre elles; réceptacle
obconique, 6x6 mm, densément séricé ainsi que les sépales; ceux-ci
triangulaires-aigus, 4,5 X 9 mm. Corolle avec pétales obovales-oblongs,
10 x 20 mm. Étamines semblables, 12 mm, celles du verticille interne
légèrement plus courtes; anthère 4 mm, oblongue, non ondulée, loges
contiguës séparées par un sillon; connectif très légèrement prolongé sous
les loges par une callosité postérieure; filet aplati, 8 mm. Ovaire libre sur
la moitié de sa longueur, conique, sétulo-séricé; soies péristyles libres ne
formant pas de coronule proprement dite. Style linéaire, 12 mm; stigmate
punctiforme. Fruit cupuliforme; ovaire à peine saillant.
Spécimens étudiés : Bosser 18246, jeunes plantes sur rochers (nov.); Capuron S. F.
258, grand arbuste de 4 à 5 m (fév.); Humbert 2&5/8(janv.) ; tous du rocher d’Andrambovato
à l'est de Fianarantsoa, rochers gneissiques à 1 000-1 100 m ait.
Ce taxon, isolé géographiquement, dérive du Rousseauxia dionychoides.
Nous l’aurions considéré comme espèce si le type lui-même ne présentait
les variations que nous avons indiquées plus haut. Non seulement le thyrse
feuillé peut se contracter en faux glomérule mais aussi le mode de nerva¬
tion n'est pas constant. Il semble que le passage de 3(5) nervures à 5(7) ner¬
vures se fasse par intercalation de la deuxième paire, dérivée de la première
à une distance variable de la base, et non par addition de paires externes
(submarginales) qui, elles, sont toujours libres. De sorte que les espèces
à nervures typiquement réunies à la base peuvent perdre ce caractère si les
feuilles sont peu développées.
Rousseauxia glauca Jac.-Fél., sp. nov.
Affinis R. dionychoidis, sed foliis auguste lanceolatis, 3 nervis liberis ; indumento
granulo-scabroso differt.
Ar bu scuta glaucescens ; ramidis gracilihus, scabris demum glabrescentibus. Folia
petiolo 7-10 mm longo, gracilis, teretis, granuhsi. Lamina auguste lanceolata, 0,8-1,2 '■< 4-
4,5 cm, bifariam acuta, utrinque scabra ; 3 nervis liberis subtus prominentibus dense granu-
losis, raro 2 nervis submarginalibus obsoletis.
Cymae 3-florae. Flos pedicello 3 mm longo, scabro. Receptaculum campanulatum,
4 x 5 mm, scabrum; sepalis subulato-triangularibus, 3-3,5 x 8 mm, postice scabris.
Petala obovata, 12 x 18 mm. Stamina homomorpha, 9-11 mm longa; antheris oblongis,
4 mm longis ; filamentis complanatis. Ovarium vertice conicum, scabrum, inclusum. Stylus
12 mm longus.
Type : R. N. 4869. Collecté par Henri, canton de Sendrisoa, district d’Ambalavao,
Réserve naturelle n° 5, oct. (holo-, P!).
Arbuste d’aspect glaucescent, à indûment général très court, scabro-
granuleux, formé par la base épaisse des poils; rameaux relativement
grêles, à entrenœuds variant de 1 à 3 cm, densément scabres puis brusque¬
ment glabres par exfoliation du rhytidome. Feuilles à pétiole de 7-10 mm,
grêle, arrondi, densément granuleux; limbe étroitement lancéolé, 0,8-
1,2 x 4-4,5 cm, en coin aigu aux deux extrémités, régulièrement scabre
à la face supérieure, finement scabre à la face inférieure mais scabro-
Source : MNHN, Paris
— 185 —
granuleux sur les nervures; 3 nervures saillantes en dessous, plus 2 nervures
submarginales seulement marquées d’une ligne de poils scabres; marges
entières, lâchement bordées de poils courts et crochus.
Cymes terminales sessiles, 3-flores; sous-tendues par une dernière
paire de feuilles bractoïdes, puis bractées linéaires-lancéolées, densément
scabres, longues de 15 puis 7 mm. Fleurs avec pédicelles de 2 mm; pédicelle.
réceptacle et sépales régulièrement scabres; réceptacle campanulé, 4x5 mm
avec soies un peu plus longues vers le sommet; sépales triangulaires, aigus-
subulés, 3-3,5 x 8 mm. Pétales obovales, 12 x 18 mm. Étamines sem¬
blables mais légèrement inégales; anthères 4 mm; filet 5 et 7 mm, celui du
verticille externe aminci en dessous des loges. Ovaire libre sur la moitié
de sa hauteur, scabre, n’atteignant pas tout à fait la hauteur du réceptacle.
Style linéaire, long de 12 mm. Fruit mûr et graines non connus.
Cette espèce est manifestement alliée au R. dionychoides, dont certains
spécimens peuvent également présenter, à un moindre degré, un indûment
scabroïde. Mais par plusieurs autres caractères le R. glauca nous paraît
une bonne espèce à rechercher dans l’Andringitra.
Rousseauxia madagascariensis (Cogn.) Jac.-Fél., comb. nov.
— Osbeckia madagascariensis Cogn., Mon. Phan. 7, Melast. : 329 (1891); Grandidier,
Hist. Nat. Madag.. Bot. Atlas 3, tab. 371 (1894); Perrier, Mém. Acad. Malg. 12 :
16 (1932); Fl. Madag., 153 e fam. : 20, pl. 4, fig. 1-7 (1951).
Type : Lantz s. n. (holo-, P!).
N’est connu que par le type récolté sur les sables littoraux à Loholoka,
province de Farafangana. Le spécimen Baron 6374. cité par Perrier est
un Dichaelanlhera.
Rousseauxia tamatavensis (H. Perr.) Jac.-Fél., comb. nov.
— Osbeckia tamatavensis H. Perr., Mém. Acad. Malg. 12 : 17 (1932); Fl. Madag.
153' fam. : 22, pl. 4, fig. 8-15 (1951).
Type : Perrier de la Bâthie 13316 (holo-, P!).
N’est également connu que par le type récolté plus au nord, dans
un marécage côtier à Tampina, au sud de Tamatave.
Ces deux espèces sont manifestement alliées et bien distinctes des
autres Rousseauxia par les caractères indiqués dans la clé; elles sont encore
remarquables par les nervures radiales à la base des poils foliaires.
Rousseauxia cistoides Jac.-Fél., sp. nov.
Affinis R. auratae sed foliis laie ovatis, 7-9 nervis liberis; floribus majoribus; sepalis
brevioribus differt.
Arbuscula ramosissima ; ramulis teretibus , strigillosis, demum glahrescentibus. Folia
peliolo 5-8 mm longo, complanato, setuloso. Lamina late elliptico-ovata, 3,5 x 5,5 cm,
basi late rotundata deinde abrupte cuneata, apice obtusa ; utrinque pilosa ; 7-9 nervis liberis,
subtus prominentibus, setulosis.
Cymae 1(3) floribus subsessilibus. Receptaculum cupulo-campanulatum, 4 4 mm,
setulosum; setis minutis tuberculis ortis; sepalis 5 mm longis, acute triangularibus, postice
Source : MNHN, Paris
186 —
setulosis. Corolla magna; peralis 25 x 20 mm , obcordalis. Slamina liomomorpha , Il mm
longa ; anlheris lancealis , unclulalis, basi cordatis, apice breviter rostratis ; filamenlis corn-
planatis. Ovarium verlice selulosum, apice coronula setulosa. Stylus 13 mm longus. Fructus
cupulo-campanulatus, 8 x 8 mm ; ovario parum exserto ; se minibus ! mm diameter, cochlea-
Type : Humbert 20621 vallée de la Mananpanihy, environs d'Ampasimena; rochers
ensoleillés vers 20-100 m ait., mars (holo-, P!). « Aspect de Ciste; pétales roses, base des
filets rouge corail, sommet jaune; anthères et stigmate jaunes. »
Arbuste très rameux, haut de 2 à 3 m, caducifolié; rameaux arrondis,
strigilleux lorsqu'ils sont jeunes puis rapidement glabrescents; soies plus
longues sur les nœuds. Feuilles à pétiole de 5-8 mm, nettement aplati,
avec soies fines et appliquées, plus denses sur la face supérieure: limbe
largement ovale à elliptique, jusqu’à 3,4 x 5,5 cm, largement arrondi
à la base puis brusquement en coin sur le pétiole, arrondi à obtus au sommet;
soies fines, à base renflée, appliquées à la face supérieure, plus denses et
plus fortes sur les nervures; poils fins plus hérissés à la face inférieure,
plus denses sur les nervilles; soies plus longues et plus fortes appliquées
sur les nervures principales; 7-9 nervures ascendantes, libres, saillantes
à la face inférieure; nervilles de la nervure médiane subascendantes, les
autres transversales et parallèles.
Cymes généralement réduites à une seule fleur sous-tendue par une
paire de feuilles réduites ou bractoïdes, oblongues-spatulées, longues de
1 cm, apparemment caduques, ainsi que les feuilles, après la floraison.
Fleur subsessile, pédicelle de 1 à 2 mm avec même indûment que le récep¬
tacle. Réceptacle campanulé, 7x7 mm, couvert par les petits tubercules
basilaires des soies fines et appliquées; sépales largement triangulaires-
obtus, 4 x 5-6 mm, très dissymétriques, même indûment sur la partie
médiane du dos que sur le réceptacle, ciliés. Corolle grande, rose; pétales
largement obovales-obcordés, 25 x 20 mm, ciliés. Étamines toutes sem¬
blables, longues de 11 mm; anthères lancéatées, ondulées, cordées à la
base, brièvement rostrées au sommet; filets aplatis. Partie libre de l’ovaire
convexe, sétuleuse; apex saillant par coalescence des soies formant une
collerette péristyle. Style linéaire, 13 mm; stigmate punctiforme. Fruit
cupulo-campanulé, 8x8 mm, réceptacle à paroi épaisse; ovaire légère¬
ment saillant. Graines 1 mm de diamètre, cochléaires.
Cette belle espèce est bien distincte des Rousseau.xia chrysophylla
et R. aurata qui croissent à peu près dans la même région. Humbert l'a
comparée aux Cistes à grandes fleurs de la flore méditerranéenne.
Rousseauxia mandrarensis (H. Perr.) Jac.-Fél., comb. nov.
— Osbeckia mandrarensis H. Perr., Mém. Acad. Malg. 12 : 11 (1932); Fl. Madag..
153 e fam. : 12, pl. 2, fig. 7-11 (1951).
Type ; Humbert 6554 (lecto-, P!).
Nouvelle récolte : R. N. 10396 (Coll. Rakotosoa), Manantenina, massif d'Ando-
hahela (déc.).
Source : MNHN, Paris
— 187 —
Cette espèce buxifoliée est bien distincte dans la section Rousseauxia
et rappelle plutôt les espèces de la section Madecassia. Son aire se situe
sur les massifs qui séparent le Domaine du Centre de celui du Sud, et plus
précisément sur les versants occidentaux qui dominent le Haut Mandrare
alors qu’il est encore orienté sud-nord.
Rousseauxia gracilis Jac.-Fél., sp. nov.
Ramulis gracilihus ; foliis membranaceis, hirsutis ; floribus parvis ; slaminibiis brevibus
differt.
Arbuscula, ramulis terelibus, sparse hirsutis. Folia petiolo 5-7 mm longo, hirsuto.
Lamina ovata vel ovato-lanceata, 1,8 x 3,5 cm, basi rotundata vel obscure cordara, apice
acuta ; supra parum hirsuta, subtus hirsuta ; 3(5) nervis subtus hirsutis ; marginibus ciliatis.
Flores terminales, solitarii, sessiles. Receptaculum cupulatum, 4 x 4 mm, dense
setulosum, setis minutis tuberculis ortis; sepalis 5 mm longis, acutissime triangularibus,
postice setulosis. Petala 14 x 15 mm, obovata. Stamina homomorpha, 7,5 mm longa ;
antheris oblongis, 2,5 mm longis. Ovarium vertice conico-obtusum, setulosum ; sine coronula.
Stylus 8 mm longus. Fructus cupulatis, 6/6 mm ; ovario incluso.
Type : R. N . J2I57 (holo-, P!).
Arbuste ramifié; rameaux arrondis, grêles, hérissés de soies filiformes
à base épaisse, finalement glabres par exfoliation du rhytidome. Feuilles
minces, membraneuses, avec pétiole de 5-7 mm, hirsute; limbe ovale-
lancéaté, 1,8 X 3,5 cm, base arrondie à obscurément cordée, sommet
aigu; face supérieure régulièrement sétuleuse, soies filiformes subhérissées:
face inférieure hirsute, surtout sur les nervures; 3(5) nervures, les sub¬
marginales n’étant visibles qu’à la face inférieure; nervilles latérales peu
visible; marges ciliées.
Fleurs solitaires, terminales, sessiles; bractées herbacées, linéaires-
ancéolées, 5-7 mm, hirsutes. Réceptacle cupulé, 4x4 mm, densément
sétuleux; les soies fines à base épaissie, subhérissées et cachant à peu près
toute la surface; sépales triangulaires-aigus, couverts du même indûment
que le réceptacle sur la partie médiane du dos, marges obscurément ciliées.
Pétales obovales, 14 x 15 mm. Étamines semblables; anthères oblongues,
2,5 mm, pore relativement grand; loges planes sur la face antérieure, sépa¬
rées par un sillon étroit et rectiligne; filet long de 5 mm, grêle à son attache
puis aplati. Ovaire à sommet conique-obtus, sétuleux, sans coronule péri¬
style. Style linéaire, long de 8 mm. Fruit cupuliforme, 6x6 mm: ovaire
non saillant.
Matériel examiné : R. N. 8517 (Coll. Rakotovao), versant oriental de l'Andringitra,
canton d'tvongo; arbuste (déc.); R. N. 12157 (Coll. Rakotonianina), district d’Ivohibé,
canton d'Antanbohobe; arbuste (sept.).
Cette espèce est bien distincte dans la série du R. dionychoides, par
son allure générale, ses fleurs et étamines petites, etc.
Source : MNHN, Paris
188 —
Sect. MA DEC ASS IA
Rousseauxia minimifolia (Jum. & Perr.) Jac.-Fél., comb. nov.
— Osbeckia minimifolia Jum. & Perr., Ann. Mus. Col. Marseille. 3 e ser. 1 : 257 (1913);
H. Perrier, Mém. Acad. Malg. 12 : 13 (1932); Fl. Madag., 153'' fam. : II. pl. 2
fig. 1-6 0951).
Type : Perrier de ta Bâthie 5885 (lecto-, P!).
Nouvelle récolte : Rakoiozafy 639, Km 40 roule d'Antsirabé à Ambositra (juin).
Belle espèce éricoïde dont Paire est très étroite. On note parfois
l'existence de petites émergences intersépalaires.
Rousseauxia andringitrensis (H. Perr.) Jac.-Fél., comb. nov.
— Osbeckia andringitrensis H. Perr., Mém. Acad. Malg. 12 : 12, pl. I, fig. I (1932);
Fl. Madag., 153 e fam. ; 14, pl. 2, fig. 12-16 (1951).
Type : Perrier de la Bâthie 13610 (holo-, P!).
Nouvelles récoltes : Bosser 19456, Andringitra, rochers du pic Boby; arbrisseau
haut de I m; fleurs blanches ou un peu rosées (avril); Homolle 1258; sans lieu ni date;
haut de 0,50 à 1 m; fleurs blanches; R. N. 6508 (Coll. Rakotovao), Sendrisoa, district
d'Ambalavao (mai); R. N. 7160, R. N. 8437 (Coll. Rakotovao ), Volutaoka-Ambalavao
(janv., sept.).
Belle espèce sclérophylle à fleurs blanches. Chaque loge de l’ovaire
est protubérante au sommet, de sorte que l’apex est un peu déprimé.
Rousseauxia humbertii (H. Perr.) Jac.-Fél., comb. nov.
— Osbeckia humbertii H. Perr., Mém. Acad. Malg. 12 : 13 (1932); Fl. Madag.. 153 e
fam. : 15, pl. 2, fig. 17-21 (1951).
Type : Humbert 7016 (holo-, P!).
Cette espèce, récoltée sur le massif de l'Ivakoany au sud. n'a pas été
retrouvée. Elle est remarquable par l’existence d’un stylopode 4-lobulé.
Rousseauxia marojejensis Jac.-Fél., sp. nov.
A speciebus sectionis foliis majoribus ; setis indumento compressis vel scalariformibus ;
sepalis receptaculum longioribus diÿ'ert.
Subsp. marojejensis.
Foliis elliptico-lanceolatis, vix et sparse setulosis, 3 nervatis, nervis lateralibus vix
prominenlibus, distinct a.
Arbuscula ramosissima, sclerophylla, plerumque glaucescens : ramulis teretibus,
adpres.se strigosis. Folia petiolo 5 mm longo, sparse strigoso. Lamina elliptico-lanceolata,
I y, 2,5 cm, basi rotundata vel laie cuneata, apice obtusa ; utrinque vix setulosa ; 3 nervis,
nervo mediano tantum subtus prominenti, sparse setuloso ; marginibus scariosis.
Cymae sessiles, 3-vel 2-l-florae ; pedicello floris axialis usque 3-7 mm longo, setuloso.
Receptaculum campannlalum 3x5 mm, sparse setulosum, setis adpressis ; sepalis acute
triangularibus, 3 x 6 mm, paulum setis adpressis postice. Corolla rosea ; petalis II > 14 mm.
Source : MNHN, Paris
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obovatis. Slamina homomorpha, parum inaequalia, 12,5 et 10 mm longa ; antheris angitstis,
basi attenuatis. Ovarium verlice liberum, scabrum, apice setulo-coronatum. Stylus linearis,
9-10 mm. Fructus cupulo-campamtlatus ; ovario receptaculum aequanti ; seminibus / mm
diameter, cochlearibus.
Type : Humbert 24349 (holo-, P!).
Arbuste très ramifié, sciérophylle; rameaux arrondis à entrenœuds
de 3 à 5 mm, avec soies scalariformes très apprimées et pouvant couvrir
toute la surface, plus longues sur les nœuds. Feuilles elliptiques, glauces-
centes; à pétiole de 5 mm portant des soies éparses; limbe elliptique
1 x 2,5 cm, arrondi ou largement en coin à la base, obtus à arrondi au
sommet; face supérieure avec poils très courts (presque punctiformes)
et très appliqués, régulièrement répartis; face inférieure avec ces mêmes
poils plus menus, sauf sur les nervures où ils sont scalariformes, très appli¬
qués, parfois divergents, souvent groupés; 3 nervures peu visibles du
dessus, les deux latérales peu saillantes en dessous, parfois une autre paire
submarginale à peine esquissée en dessous par une ligne de quelques soies;
marges entières, scléreuses par la base des poils appliqués.
Cymes terminales 3-flores, sessiles, plus courtes que les feuilles; brac¬
tées lancéolées, aiguës-sétacées, 3,5 mm, portant de 1 à 3 soies sur le dos.
Fleur axiale plus longuement pédicellée; pédicelle 3-7 mm, sétuleux. Récep¬
tacle campanulé, 4x5 mm, avec soies scalariformes éparses et appliquées,
l’intersépalaire généralement un peu plus longue; sépales triangulaires,
3x6 mm, apex aigu-sétacé, quelques soies appliquées sur le dos. Corolle
rose; pétales obovales dissymétriques, 11 x 14 mm, non ou peu ciliés.
Étamines semblables mais légèrement inégales : externes à anthère de 4,5 mm
et filet 8 mm; internes avec anthère de 4 mm et filet 6 mm; anthère oblongue,
atténuée sur le filet, les loges peu distinctes; filet robuste, aplati. Ovaire
à sommet libre conique, scabre et soies péristyles un peu plus longues,
sans collerette proprement dite; style linéaire, 9-10 mm, stigmate puncti¬
forme. Fruit cupuliforme, porte les soies persistantes; ovaire adhérent
jusqu’aux 2/3, partie libre sétuleuse, soies péristyles plus denses et plus
longues, cohérentes en un bourrelet non saillant; style caduc un peu au-
dessus de son insertion; placentas insérés sur le tiers basal, stipités, ascen¬
dants. Graine 1 mm de diamètre, cochléaire.
Matériel examiné : Humbert 22665, pentes orientales du Marojejy, à l'ouest de
la Manantenina, affluent de la Lokoho; sylve à lichens, 1 800 m ait. (déc.); 23553, 23560,
vallée de la Lokoho, Mt Beondroka, au nord de Maroambihy ;sylve à lichens, I 000-
I 450 m ait. (mars); 23701, sommet oriental du Marojejy, à l'ouest de la Haute Manan¬
tenina; végétation éricoïde vers I 850-2 137 m (mars-avril); 24 349, vallée inférieure de
l'Androranga, massif du Betsomanga; végétation éricoïde du sommet vers I 300 m;
arbuste de 2 m (nov.).
Subsp. lepidota Jac.-Fél., subsp. nov.
A typico differt foliis ovatis, utrinque valde scabrosis; 5 nervis, nervis lateralihus
ad basin breviter coalitis.
Arbuscula ramosissima, sclerophylla ; r a mu lis valde strigosis, setis adpressis. Folia
petiolo 2-3 mm longo, dense strigoso. Lamina ovata, 0,8-1,5 x 1,6-2,4 cm, basi rotundata
vel obscure cordata, apice laie acuta, utrinque scabra vel supra minute hirsuta ; 5 nervis.
Source : MNHN, Paris
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illis lateralibus ad basin breviler coalilis, sublus prominenlibus, dense selulosis; margi-
Cymae 3-5-ftorae ; pedicello )loris axialis usque 6-10 mm longo, dense seluloso. Recep-
laculum cupulo-campanulalum, 3-4 x 3-4 mm, dense selulosum ; sepalis 3 x 5-6 mm,
iriangularibus, aculo-selaceis, poslice sparse selulosis. Corolla magna; peialis obovalis,
13 x 22 mm. Stamina homomorpha sed parum inaequalia, 9 et 7,5 mm longa; anlheris
angustis, basi allenualis. Ovarium verlice liberum valde selulosum, apice selulo-coronalum.
Stylus linearis, 8-9 mm. Fruclus cupulalus, 6x5 mm; ovario receplaculum aequanii.
Type : Humbert 23696 (holo-, P!).
Arbuste de 1 à 2 m, très ramifié, sclérophylle; rameaux jeunes densé¬
ment recouverts de soies scalariformes imbriquées, puis ± glabrescents
par exfoliation tardive du rhytidome. Feuille à pétiole de 2-3 mm, revêtu
de soies imbriquées; limbe ovale, 1-1,5 X 1,5-2,5 cm, arrondi à obscuré¬
ment cordé et brièvement marginé à la base par les nervures intermédiaires,
largement aigu au sommet; face supérieure densément scabre, soies large¬
ment adhérentes par leur base et hérissées à leur extrémité; face inférieure
densément scabre, soies denses et appliquées sur les nervures; feuilles nor¬
males 5-nerviées, nervures imprimées en dessus, saillantes en-dessous, les
latérales réunies près de la base, parfois la paire externe réduite et seule¬
ment marquée à la face inférieure par une rangée de soies; marges scléri-
fiées par la base des soies appliquées.
Cymes terminales 3-flores ou précédées de 2 fleurs axillaires; bractées
aciculaires, longues de 5 mm, sétuleuses. Fleurs à pédicelle de 5-6 mm,
pouvant se confondre avec le pédoncule et atteindre 10 mm, densément
sétuleux. Réceptacle cupulo-campanulé, 3-4 x 3-4 mm, densément vêtu
de soies scalariformes flexueuses; sépales triangulaires, 3 x 5-6 mm, apex
aigu-sétacé, quelques soies flexueuses sur le dos; pétales obovales, jusqu'à
13 x 22 mm. Étamines semblables mais légèrement inégales, 9 et 7,5 mm;
anthères étroites, oblongues, atténuées sur le filet, 3 et 2,5 mm; filet aplati,
6 et 5 mm. Ovaire adhérent jusqu’à la moitié; logements staminaux jusqu’au
1/3 basal; partie libre conique, densément sétuleuse dans sa moitié supé¬
rieure; soies péristyles formant une collerette peu développée. Style 8-9 mm;
stigmate punctiforme. Fruit cupuliforme, 6x5 mm; ovaire à hauteur
du réceptacle; style caduc un peu au-dessus de l’insertion.
Matériel examiné : Humbert 22297 (Coll. Humbert & Capuron), pentes occidentales
du Marojejy; bassin de la Lokoho à l'est d’Ambalamanasy; sylve à lichens vers 1 500-
1 650 m; arbuste de 2 m (nov.-déc.); 22652, pentes orientales du Marojejy, à l'ouest
de la Manantenina, affluent de la Lokoho; sylve à lichens vers 1 800 m (déc.); 23546,
vallée de la Lokoho, Mt Beondroka, au nord de Maroambihy; sylve à lichens vers I 000-
I 450 m (mars); Humbert 23696; Cours 3493, sommet oriental du Marojejy, à l'ouest
de la Haute Manantenina; végétation éricoïde vers 1 850-2 137 m (mars, avril).
Var. hirsuta Jac.-Fél., var. nov.
A typico differt setis longioribus, patentibus ; sepalis receplaculum valde longioribus ;
foliis longioribus.
Type : Humbert 22517. Pentes orientales du Marojejy à l'ouest de la Manan¬
tenina. affluent de la Lokoho; sylve à lichens vers 1 500-1 700 m, déc. (holo-, P!).
Source : MNHN, Paris
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Ce spécimen, récolté dans la même localité que le n° 22652, se distingue
par quelques caractères variétaux : sépales dissymétriques, 4,5 X 10-11 mm,
atteignant presque deux fois la longueur du réceptacle; feuilles plus allongées,
jusqu’à 2 x 4,5 cm, etc. Mais il est possible que l’indument plus copieux
et étalé apparaisse chez la sous-espèce « lepidota » sous l’effet de conditions
extérieures.
Subsp. sericea Jac.-Fél., subsp. nov.
A typico differt foliis lanceatis, utrinque breviter adpresse setulosis ; 5(7) nervis
sublus sericeis nitidis, illis laleralibus ad basin breviter coalilis.
Arbuscula caducifolia; ramulis sparse setulosis, setis ad nodos longioribus. Folia
petiolo 5-7 mm longo, dense vestito. Lamina lanceata, 1,5-1,8 x 4-4,5 cm, basi rotundata,
vel obscure cordata, apice acuta; utrinque breviter setulosa; 5(7) nervis, subtus adpresse
vestitis, nitidis, illis laleralibus ad basin coalilis, ; marginibus scariosis.
Cymae 3-7-florae ; axibus et pedicellis setulosis. Receptaculum campanulatum,
5x5 mm ; setis nitidis sparsis, intersepalis longioribus ; sepalis triangularibus, 3,5 x 8 mm,
acuto-setaceis apici, postice setis sparsis. Corolla roseo-purpurea ; petalis obovatis,
17 x 22 mm. Stamina homomorpha, vix inaequalia, 14 et 11 mm ; antheris angustis, basi
attenuatis. Ovarium vertice liberum anguste conicum, setulosum, apice coronatum, recepta¬
culum superans.
Type : Cours 3373 (holo-, P!).
Arbrisseau de 0,50 à 1 m, caducifolié; rameaux dressés, robustes,
arrondis, à entrenœuds courts, éparsément strigoses lorsqu’ils sont jeunes,
puis glabrescents liégeux; écorce non, ou tardivement, exfoliée; soies nette¬
ment plus longues sur les nœuds. Feuilles à pétiole de 5-7 mm, vêtu de
soies scalariformes très appliquées; limbe lancéaté à oblong-lancéaté,
1,5-1,8 x 4-4,5 cm, face supérieure avec soies courtes, appliquées, régu¬
lièrement réparties; avec poils courts et soies en mélange à la face inférieure;
soies nettement plus longues, brillantes, appliquées, sur les nervures;5(7)
nervures, la première paire brièvement marginale à la base, deuxième
paire réunie près de la base à la précédente, paire submarginale peu évidente
et surtout indiquée par une ligne de soies; marges entières, scléreuses par
la base des soies appliquées.
Cymes terminales et parfois sur le nœud précédent, 3-7 flores, axes
sétuleux; bractées étroitement naviculaires, 3-7 mm, sétuleuses, caduques;
pédicelles 5-7 mm, sétuleux; soies brillantes sur le réceptacle et les sépales;
réceptacle campanulé, 5x5 mm, avec soies éparses, les intersépalaires
plus longues; sépales triangulaires-aigus, un peu plus longs que le récep¬
tacle, 3,5 X 8 mm, quelques soies sur la partie médiane du dos. apex aigu-
sétacé, précocement caducs. Corolle rose purpurin; pétales obovales,
17 x 22 mm. Étamines plus longues que celles du type, 14 et 11 mm,
anthères 5 et 4 mm, étroites, atténuées sur le filet; filet 9 et 7,5 mm. Ovaire
adhérent sur le tiers inférieur par des cloisons; partie libre scabre, étroite¬
ment conique, prolongée par la collerette péristyle formée de soies cohé¬
rentes, plus haute que le réceptacle. Style longuement linéaire, 16 mm,
caduc près de la base; stigmate punctiforme. Fruit cilié par les soies raides
persistantes; ovaire nettement saillant.
Source : MNHN, Paris
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Matériel examiné : Cours 3373, massif du Marojejy, forêt d'Ambatosoratra,
1 000 m ait.; arbrisseau de 0,50 m sur rochers (janv.); Humbert 22974, vallée de la Lokoho,
près d’Ambalavoniho, 75-100 m ait. (janv.).
Remarques sur le complexe du Rousseauxia marojejensis. — Les
récoltes de Humbert en révélant l’existence de Rousseauxia de la sect.
Madecassia dans le massif du Marojejy sont intéressantes mais ne manquent
pas d’être embarassantes. La coexistence, sur un même territoire, parfois
dans de mêmes stations, de trois groupes morphologiques distincts, pré¬
sentant par ailleurs quelques caractères communs, indique qu'il s'agit
bien de bonnes unités génétiques. Mais les possibilités d'hybridation n'étant
pas exclues, il nous a paru préférable d’adopter la solution un peu insolite
d’une espèce subdivisée en trois sous-espèces. Ainsi, soit par convergence
ou hybridation, les spécimens Humbert 22665, subsp. « marojejensis »,
et Humbert 22652, subsp. « lepidota », apparemment récoltés sur des plantes
voisines, sont difficiles à séparer. Par ailleurs la sous-espèce « serieea »,
des collines de médiocre altitude, nous semble surtout apparentée à la
sous-espèce « lepidota », qui est nettement orophile.
CONCLUSION
Le genre Osbeckia, tel qu’il a été admis par Cogniaux (1891), avec
intégration des genres proposés par Blume (1849), est très hétérogène et
intéresse l’Afrique, l’Asie des moussons et l’Australie. Plus récemment
Bakhuizen van den Brink a également conservé cette conception, du
moins pour les espèces indonésiennes *.
Pour l’Afrique, plusieurs espèces considérées comme des Osbeckia
en raison de la réduction variable du pédoconnectif et de l’homomorphie
relative qui en résulte, ont été opportunément rattachées au genre Dissotis
par A. & R. Fernandes 2 . Cependant, une définition plus précise du genre
Osbeckia reste nécessaire pour la classification correcte des Melastoma-
taceae afro-malgaches et nous sommes conduit ici à en retirer les
Rousseauxia.
Malgré l’addition de quelques espèces, le concept du genre correspond
à celui de la sect. Rousseauxia des « Osbeckia » malgaches, telle qu’elle
avait été indiquée par Perrier de la Bathie (Fl. Madag. 153 e fam. : 10,
1951).
La sect. Madecassia, par la structure des étamines et sa répartition
morcelée, apparaît comme la lignée la plus ancienne. Ses quatre espèces,
dont chacune est confinée sur une aire étroite et continue, sont largement
dispersées d’une extrémité à l'autre de la chaîne centrale. R. humbertii
sur les crêtes de l’Ivakoany au sud; R. andringitrensis sur les cimes de l’An-
1. A contribution to the knowledge of the Melastomataceae occuring in the Malay
Archipelago, especially in the Netherlands east Indies. Med. Bot. Mus. Herb. Rijks
Universiteit. Utrecht 37 (91) : 1-391 (1940).
2. Principalement : Sur la position systématique de la section Pseudodissotis Cogn.
du genre Osbeckia. Bol. Soc. Broter, 28 (1954).
Source : MNHN, Paris
193 —
dringitra; R. minimifolia sur le Mt Ibity au sud d'Antsirabé; enfin R. maro-
jejensis au nord, dans le massif du Marojejy. Cette dernière, avec trois
sous-espèces et une variété donne lieu à un foyer secondaire de diversifica¬
tion.
Chacune des trois séries de la sect. Rousseauxia s’est diversifiée en un
foyer distinct : la série du R. chrysophylla au delà du tropique dans la région
de Fort Dauphin; celle du R. dionychoides dans l’Andringitra et ses contre-
forts; enfin les R. madagascariensis et R. tamatavensis occupent chacun
une station sur la côte orientale 1 .
Ces particularités chorologiques expriment l’endémisme du genre
Rousseauxia à tous ses niveaux, ainsi qu’elles affirment son indépendance
à l’égard des Osbeckia asiatiques.
Laboratoire de Phanérogamie,
Muséum-PARts.
1. Je remercie J. Bosser et M. Peltier dont les renseignements sur la géographie
de l'Ile m'ont été fort utiles.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 13 (2) 195-202, 1973
CAPTAINCO OKI A, GENRE NOUVEAU MONOTYPIQUE
NÉOCALÉDONIEN DE RUBIACEAE-IXOREAE
par Nicolas Halle
En 1971, au cours d'une mission en Nouvelle-Calédonie, j’ai eu la
chance de faire une tournée de deux semaines avec M. et M me MacKee.
Mon temps de prospection et de récolte était interrompu de travaux d’ana¬
lyse et de dessins effectués dans des campements de fortune, tandis que mes
compagnons poursuivaient avec une ardeur inlassable leurs recherches de
terrain. Un soir je fus appelé en hâte et dus laisser la loupe binoculaire.
Mes amis voulaient me montrer intacte, avant d’y faire tout prélèvement,
une admirable Rubiacée qu’ils avaient découverte à quelques minutes
en voiture du village de Pouembout. Cette plante fut immédiatement
reconnue comme nouvelle et très affine des Ixora. En hâte, en raison de la
tombée du jour et du programme chargé du lendemain, des photos et
des notes ont été prises, puis des herbiers récoltés. Une analyse des fleurs
vivantes a pu être faite à la lampe au campement du Service de l’Agriculture
de Pouembout. Nous étions tous trois conscients que cette extraordinaire
découverte venait enrichir la Flore de la Nouvelle Calédonie d’une espèce
d’une très grande beauté dont la survie pouvait être considérée comme
très exceptionnelle.
De cette nouvelle plante nous avons observé deux petits groupes de
quelques dizaines d’individus au total, situés à environ 400 m l’un de
l’autre. Des pieds d’âges variés permettaient de constater que la reproduc¬
tion par graine était bonne in situ. Le biotope est une relique forestière
de plaine basse, altitude 30 m, sur argile noire profonde sans apport ser-
pentineux. De telles forêts, jadis abondantes du temps du Capitaine Cook,
sont devenues très rares, la plupart ayant été détruites par l’homme. L’îlot
forestier en question avait été mis en réserve par son propriétaire agriculteur-
éleveur; une enceinte de fils de fer barbelés le protégeait, les pâtures avoisi¬
nantes étant rases et piétinées par les troupeaux. Ainsi ni les bovins ni
surtout le feu n’ont pu le ravager. A proximité, d’autres excellentes récoltes
ont été faites en cette petite forêt, notamment dans la famille des Ebénacées,
des arbres de 5-10 m à petites feuilles. Mais notre Rubiacée est bien diffé¬
rente et présente des caractères qu’il est aisé, dans l’optique de E. J. H.
Corner, d’interpréter comme très archaïques.
Source : MNHN, Paris
PI. 1. — Captaincookia margaretae N. Hallé (Mackee 24542 ) : I, groupe de quelques pieds
dont 3 florifères, de 0,8 à 5,5 m de hauteur; 2, stipules du sommet de la tige, 15x8 mm;
3, bouton, diam. 8,5 mm ; 4, fleur, profil et lace, diam. 42 mm : 5, face interne de la corolle
(lobe 20 x 9 mm); 6, détail en coupe longit. de la partie gaufrée du tube, hauteur 3 mm;
7, anthère II x 1,5 mm; 8, style de 56 x 0,7 mm, détails de la partie pubescente et
coupe de la massue; 9. sommet de la massue à sec; 10, coupe d'ovaire montrant le disque
coloré en profondeur; 11, fleurs sans corolle vues à sec, 9 et 10 mm; 12, fruit, diam.
12,5 mm; 13, face dorsale et ventrale d'un noyau, long. 7 mm (apicule du côté du sommet
de fr.); 14, endocarpe en coupe longitudinale.
Source : MNHN, Paris
197 —
Captaincookia margaretae N. Hallé, gen. nov. et sp. nov.
Frulex erectus 1-5,5 m ah us monocaulis vel candetabriformis, coule meduUoso et
suberoso, inlernodiis crassis brevibusque, stipulis amplis imbricalis, foiiis magnis breviter
peliolalis 3-4-verlicillalis. Lamina glabra 35-51 x 11-19 cm, venis secundariis circiter
20-jugis. Flores caulinares pendidi campanulati peduncido puberulo involucrato, ! vel 2 invo-
lucris minimis. Calyx viridis luhulosus truncatus extra glaber, intus glandulosus. Corolla
rubra, magna, ampla, 4-mera, glabra, tuho 40-9,5 mm intus rugulato, veresimiliter avibus
fisso, lobis 20 x 9 mm subapiculatis. Stamina exserta filamento rubro, antheris jlavis,
ad extremitatibus albidis. Ovarium puberulum bicarpellatum, ovulis solitariis peltatis;
discus inconspicuus ; Stylus ruber pilosus auguste davatus apice fissus. Fructus carnosus
globosus puberulus 12,5 mm diam.. calyce persistanti. Semina 2, nuculata, endocarpio
crasso. angulato apiculatoque, ombilico annulari intus crasso.
Arbuste dressé monocaule de 1 à 5,5 m de hauteur; vieux pieds avec
quelques ramifications en candélabres; diamètre 15 cm vers la base du tronc.
Extrémités feuillées en bouquets de grandes feuilles verticillées par 3 ou 4
sur de courts entre-nœuds (1,5 x 1 cm); moëlle prismatique triangulaire
ou quadrangulaire en coupe, de I cm de côté dans une tige à bois cylin¬
drique de 2 cm de diamètre. Rhytidome comportant un liège épais gris
brun fissuré en grosses écailles souvent quadrangulaires, d’une épaisseur
totale de 2 à 5 mm.
Stipules par 3 ou 4, amples, largement imbriquées sur le bourgeon
terminal, ovées-aiguës, non soudées en tube à la base, d'environ 15x15 mm,
pliées dans l’axe, micropubérulentes sur les marges. Pétiole épais, long de
5-10 mm, muni de deux étroites marges de décurrence joignant la base
du limbe. Feuilles coriaces, vert foncé dessus, vert clair jaunâtre dessous,
souvent à la fois arquées et pliées en long en gouttière, à sec roux ochracé
et vernissé dessus. Limbe grand de 35-51 x 11-19 cm, glabre à l’exception
d'une micropubérulence microscopique (0,05 mm) peu dense, localisée
à la face inférieure sur une zone d’environ 1 cm de part et d’autre de la
nervure médiane. Cette dernière est plane dessus avec, à sec, une étroite
crête ou pli médian saillant. Environ une vingtaine de nervures secondaires
par côté, se refermant en arceaux anguleux distants d’environ 1 cm de la
marge qui présente un rebord irrégulier. Fin réseau apparent sur les deux
faces du limbe à sec.
Fleurs caulinaires pendantes et remarquablement campanulées, assez
densément distribuées sur toutes les tiges aoûtées au-dessus du demi-mètre
inférieur. Des glomérules non saillants pauci à multiflores portent des
cymules uniflores : les fleurs ont un pédoncule de 5-7 mm, pubérulent,
muni dans le tiers inférieur d’un seul ou de deux involucres cupulaires
formés de bractéoles stériles connées par paires et ± pubérulentes. Ovaire
pubérulent de 3-3,2 mm de diamètre. Cupule calycinale glabre de 2 mm
de hauteur et 3 mm de diamètre, à bord tronqué, à face interne tapissée
de poils glandulaires atténués et sinueux, longs de 0,2 mm. Corolle d’un
rouge il vif ou écarlate, glabre; dans le bouton elle est fusiforme longue
de 5-6 cm sur 8,5 mm à la gorge, subaiguë au sommet; préfloraison tordue
vers la droite. A l’anthèse s'étalent 4 lobes oblongs de 20 x 9 mm, briève¬
ment aigus; gorge quadrangulaire de 9 mm de diamètre; tube campanulé
large de 9,5 mm sur près de la moitié de sa longueur, soit 4 cm, puis atténué
Source : MNHN, Paris
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PI. 2 Caplaincookia roargarclac N Hallé (Vfur Kee 24542) : 1, feuille de 50 x 14 cm; 2, détail
de la partie délimitée; 3. détail du précédent (peut cadre de : 0.9 mm); 4. détail de
tige florifère et fructifère x I ; 5, détail de la face interne du limbe calycinal; 6, deux poils
glandulaires de l’intérieur du calice.
Source : MNHN, Paris
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vers la base qui a un diamètre de 3 mm au niveau du calice; la face interne
du tube est gaufrée de rides transversales sur 1,5 cm de hauteur sous la
gorge.
Quatre étamines exsertes; insertion du filet un peu dissymétrique à
l’échancrure des lobes; filet de 10 x 1 mm, anthère de 11 x 1,5 mm,
jaune sauf les extrémités stériles blanches : l’inférieure est subanguleuse
et fendue, la supérieure étroitement atténuée aiguë sur 3 mm. Pollen tri-
colporé équiaxe de 30-31 n de diamètre, subcirculaire en vue polaire, faible¬
ment subquadrangulaire en vue méridienne. Ectoaperture allongée; triangle
polaire de 5-6,5 n de côté; endoaperture étendue et oblongue transversale¬
ment. Pores à marge mince, irrégulièrement et longitudinalement oblongs,
d’environ 5 n. Exine mince à petites collumelles; ectexine en fin réseau à
mailles de 1 n dans les intercolpus, réduites à de fines ponctuations dans
les triangles polaires.
Disque disposé en anneau très faiblement saillant, présentant en
coupe in vivo une masse charnue rouge plus basse que le niveau d’insertion
de la corolle. Style long et grêle de 56 x 0.7 mm, cylindrique et pubescent
sur plus de la moitié de sa hauteur, à poils fins dressés, à massue exserte
de 6-7 x 1 mm, subquadranguleuse en coupe, atténuée, fendue en deux
lobes aigus de 2-3 mm, accolés in vivo. Deux ovules peltés à placentation
axile.
Fruit accompagnant les fleurs sur des glomérules voisins, globuleux,
de 12,5 mm de diamètre, de couleur verte (non observés à pleine maturité),
sur un pédoncule un peu accrescent atteignant 10 mm. Deux noyaux mono¬
spermes subhémisphériques de 7 x 7 x 4,5 mm; endocarpe à contour
anguleux et apiculé du côté du sommet du fruit, épais de 0,4-0,6 mm, à
ombilic présentant un bourrelet annulaire épaissi en relief dans la cavité
de la loge et fendu du côté du sommet du fruit en vue interne.
Par son architecture, l'espèce appartient au modèle de Corner défini
par F. Halle et R. Oldeman (Essai sur l’architecture... des arbres tro¬
picaux, Masson, Paris, 1970).
Type : MacKee 24542 , forêt basse près de Pouembout, Nouvelle Calédonie; fl. et
fr. le 2 nov. 1971 (holo-, P).
Nous dédions cette très belle espèce à M" 11 ’ Margaret MacKee qui la découvrit
avec son mari : la Botanique en Nouvelle Calédonie leur doit tant qu'une plante moins
exceptionnelle n'aurait pas été aussi appropriée en hommage de notre amicale admiration.
Remarque biologique. — Toutes les fleurs épanouies ont été vues
fendues en long sur 2-3 cm dans la partie moyenne et du côté le plus acces¬
sible du tube de la corolle. Nous présumons que l’anthèse a été précédée
par la visite d’un oiseau Melliphagidae. Des six espèces calédoniennes de
cette famille, 4 au moins pourraient éventuellement être concernées: deux
d'entre ces dernières sont, chez les mâles, d’une couleur rouge écarlate
parfaitement en rapport avec celle des corolles de Captaincookia (comme
aussi de certains Bikkia de la même région), ce sont les Myzomela ciibapha
et M. cardinaiis. De patientes et probablement matinales observations de
l’agent butineur seraient souhaitées.
Source : MNHN, Paris
— 200 —
Fig. 3. — Captaincookia margarelae N. Hallé (Mackee24542 ):pollen ■ I 500. d'après prépara¬
tion selon méthode d’ÊRDTMAN : à gauche, vue polaire; au centre, réseau observé sous
différents réglages optiques. > 2 500: à droite, vue méridienne.
Fig. 4. — Captaincookia (I) et Ixora calédoniens (2à7) ou d'origines diverses (8 à 12), endo¬
carpe vu par la face interne montrant notamment le bourrelet périfuniculaire chez diverses
espèces (fruit meulé à sec suivant un plan parallèle à la cloison médiane) : I, C. mar-
garetae N. Hallé (MacKec 24542): 2 à 4, I. caulifiora Montrouzier (MacKee 25432.
Balansa 2022a. MacKee 24510): 5, I. francii Schltr. et Kr. (MacKec 17116): 6, I. dzuma-
censis Guill. (MacKee 18405): 7, 1. yahouensis Schltr. (MacKec 13831): 8, I. brachypoda
DC. (F. Hallé 404. Côte d'ivoire); 9, I. guincensis Benth. (Letouiey 4026. Cameroun);
10. I. gracilillora Benth. (Melinon 181. Guyane): 11, I. florihunda Gr. (Wright 2728,
Cuba); 12, I. coccinea L. (Thorel 28, Cochinchine).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 202 —
Caractères d'intérêt générique. — La nouvelle espèce ne trouve
pas de place dans le genre Ixora dont elle est cependant très proche. Les
caractères que l’on peut retenir comme ayant une valeur plus particulière¬
ment générique sont : corolle pendante et surtout largement campanulée;
cette structure est en rapport avec des particularités biologiques vraisem¬
blablement liées à la fécondation et inconnues chez les Ixora où l’étroitesse
du tube est remarquable, notamment dans les corolles les plus longues,
et où les fleurs ne sont jamais pendantes mais plus ou moins dressées. On
peut remarquer que la capillarité du tube chez les Ixora est en rapport
avec des quantités de nectar nécessairement très réduites et ainsi peu suscep¬
tibles d’attirer les oiseaux. D’autre part on voit mal comment une corolle
aussi large que celle du Captaincookia pourrait fonctionner typiquement
suivant le mécanisme dit ixoroïde de dispersion du pollen, la massue très
étroite n’étant en contact avec les thèques polliniques que dans les très
jeunes boutons (de 4 mm de diamètre au niveau moyen des anthères).
Les autres caractères génériques ou supposés tels sont : endocarpe du
fruit apiculé et anguleux; ombilic de l’endocarpe muni d’un annulus orbi-
culaire saillant, épais et fendu vers le haut en vue interne; stipules très
largement enveloppantes non soudées tubuleuses à la base; entrenœuds
remarquablement courts; allongement de la massue du style; disque très
peu saillant mais charnu en profondeur. La somme de ces caractères justifie
la création d’un nouveau genre monotypique proche d'Ixora. Dans ce
dernier genre c’est l’espèce calédonienne I. cauliftora Montrouzier qui est
la plus proche du Captaincookia par sa cauliflorie, son port monocaule,
ses grandes feuilles et par l’épaisseur de l’endocarpe de son fruit (0,3-0,6 mm).
Divers caractères d’intérêt seulement spécifique se retrouvent chez d’autres
Ixora: feuilles verticillées chez plusieurs espèces américaines, limbes très
développés chez quelques espèces asiatiques. Notons que le pollen de
Captaincookia ne présente pas d’originalité d’intérêt générique, pas plus
que la pilosité du style observée chez un Ixora calédonien ( MacKee 24631)’,
le même Ixora présente aussi de très fines rides transversales sur la face
interne du tube.
Nous dédions ce genre au Capitaine James Cook qui découvrit et nomma la Nouvelle
Calédonie. C’est à L. Bernardi que revient le mérite d'avoir attiré mon attention sur le
fait que la nomenclature botanique manquait d'un nom validement attribué au grand
Capitaine.
Laboratoire de Phanérogamie
Muséum. Paris.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 13 (2) 203-221. 1973.
OBSERVATIONS SUR LES MYRISTICACÉES
DE MADAGASCAR
LES GENRES BROCHONEURA Warb. ET MAULOUTCHIA Warb.
par R. Capuron t 1
Résumé : Révision des espèces du genre Brochoneura Warb. Réhabilitation du
genre Mauloutchia Warb., Myristicacées de Madagascar. Description de 3 espèces nou¬
velles de ce genre.
Summary : The species of Brochoneura Warb. are revised and the genus Mau¬
louichia Warb. (Myristicaceae) is reestablished ; three new species are described.
Dans ses dernières études sur les Myristicacées à Madagascar, Perrier
de la Bathie avait ramené au seul genre Brochoneura Warb. toutes les
espèces malgaches de cette famille. Le travail de cet auteur était basé sur
un matériel très peu abondant qui ne permettait guère de se faire une idée
plus précise des espèces de la Grande Ile.
C’est Lamarck qui, le premier, décrivit en 1871, les deux premières
espèces malgaches de cette famille : Myristica acuminata et M. madagasca-
riensis , sur des récoltes de Poivre et de Commerson. En 1885, Bâillon
décrivit deux nouvelles espèces : Myristica vouri, sur des échantillons de
Poivre et de Chapelier et M. chapelieri, sur une récolte de Chapelier.
Pour cette dernière espèce, il créait la section Mauloutchia du genre Myristica,
section caractérisée par ses fleurs monoïques, à nombreuses étamines,
et par sa graine à arille rudimentaire. En 1895 Warburg, dans sa mono¬
graphie des Myristicacées, élevait la section Mauloutchia de Bâillon au
rang de genre (en y faisant entrer le seul M. chapelieri ), et créait pour les
autres Myristica malgaches le genre Brochoneura. Ultérieurement, Heckel,
en 1908 et 1910, décrivit deux espèces : Brochoneura dardainei et Br. freneei.
La description et les photographies du Br. dardainei publiées par Heckel
ne nous ont pas permis de reconnaître cette espèce qui pourrait bien être
seulement une forme de Br. madagascariensis. Quant à Br. freneei, aucune
description n'en a été faite par Heckel qui n'a eu en sa possession que
1. Note mise au point pour la publication par J. Bosser, O.R.S.T.O.M. et Muséum
d'Histoire Naturelle de Paris.
Source : MNHN, Paris
— 204 —
des fruits et des graines, dont il a publié les photographies. Dans ces condi¬
tions. il nous a paru hasardeux de rattacher à cette espèce des récoltes
récentes et nous la considérons donc comme douteuse, Perrier de la
Bathie, décrivit en 1949, deux espèces de Myristicacées qu'il plaça dans
le genre Brochoneura: Br. humblotii et Br. rarabe.
Après avoir étudié le matériel à notre disposition, nous sommes arrivés
à la conclusion que le genre Maulouiehia Warb. devait être maintenu.
Certes Maulouiehia et Brochoneura peuvent paraître séparés par des carac¬
tères distinctifs assez minces, et nous comprenons que Perrier de la
Bathie, sur le faible matériel dont il disposait, ait décidé de réunir les
deux genres, mais ces caractères sont de l'ordre de ceux qui servent à
séparer les autres genres de la famille et, si on réunit Brochoneura et Mau-
loulchia. nous ne voyons pas pourquoi, comme les anciens auteurs, nous
ne ramènerions pas toutes les Myristicacées au genre Myristica.
Dans le genre Brochoneura nous placerons les deux espèces de Lamarck
(My. madagascariensis et My. acuminaia ) ainsi que le My. vouri Bail).
Dans le genre Maulouiehia entreront les My. chapelieri Bail!., Br. humblotii
Perr.. Br. rarabe Perr. et trois nouvelles espèces que nous décrirons.
Récemment \ a été décrit le genre Haemalodendron R. Cap., qui
porte à trois le nombre de genres de Myristicacées à Madagascar.
Ces trois genres se séparent de la façon suivante :
CLÉ DES GENRES DE MYRISTICACÉES MALGACHES
1. Albumen ruminé. Embryon à colylédons réduits à un simple rebord cré¬
nelé, au-dessus de la radicule. Arille nul ou rudimentaire. Dioïque. Fleurs
mâles et femelles pédicellées. Sépales soudés à la base en court tube entou¬
rant la base du gynécée ou de l'androcée. Androcée constitué par une
colonne staminale portant autour de son sommet 3 anthères qui lui sont
adnées par leur dos, à logettes non munies de constrictions transversales.
Fruit sphérique, sans ornementation. Feuilles en vernation condupliquée,
non indupliquée. Plantes pratiquement glabres. Ovaire glabre, stipité à la
base, à stigmate sessile, petit, canaliculé à sa face supérieure.
I. Haemalodendron
1'. Albumen lisse. Embryon à cotylédons développés, soudés brièvement à
leur base, plus ou moins divergents. Arille rudimentaire ou bien développé
(dans une seule espèce). Monoïques. Sépales pratiquement libres jusqu'à
la base, ne formant pas de tube. Ovaire non stipité. Plantes presque tou¬
jours pubescentes, toujours pubescentes sur les bourgeons. Feuilles à ver¬
nation condupliquée et indupliquée.
2. Fleurs mâles et fleurs femelles complètement sessiles, groupées en
petits glomérules capituliformes très denses autour des rameaux de
i'inflorescence. Androcée constitué d'une colonne staminale portant
les anthères autour de son sommet, ces anthères adnées sur toute leur
longueur à la colonne staminale. Logettes sans constrictions trans¬
versales. Ovaire à stigmate sessile, petit, sillonné à la face supérieure.
Fruit plus ou moins ovoïde, rostré ou non, mais sans ornementation
(sauf carènes suturâtes parfois un peu marquées). Arille rudi¬
mentaire . 2. Brochoneurt
R. Cap.
a Warb.
1 Adansonia ser. 2, 12 (3) : 375-379 (1972).
Source : MNHN, Paris
— 205 —
2'. Fleurs, au moins les mâles, nettement pédicellées non groupées en
glomérules très denses. Androcée constitué d’une colonne staminale
portant près de son sommet 5-60 anthères libres entre-elles et libres
de la colonne (parfois quelques anthères soudées entre-elles), portées
par un filet parfois très court mais cependant toujours net. Logettes
à constrictions transversales (bien visibles dans les anthères non encore
ouvertes). Ovaire plus ou moins atténué en style droit, bifide à son
extrémité, parfois assez longs. Fruit généralement couvert d’orne¬
mentations diverses (bosses, saillies coniques, carènes longitudinales),
plus rarement sphériques et sans ornementation (dans une espèce à
graine arillée). Arille rudimentaire, bien développé dans une espèce..
I. BROCHONEURA Warb.
1. Brochoneura madagascariensis (Lamk.) Warburg
Nov. Act. Nat. Cur. 68 : 128 (1897).
— Myristica madagascariensis Lamk., Mém. Acad. Sc. Paris : 163 (1791) (non Vent.).
C’est la première espèce de Myristicacées malgaches, décrite par
Lamarck sous le nom de Myristica madagascariensis. Cette espèce est
un arbre qui croît dans les parties mouilleuses des zones côtières : le long
des cours d’eau, des lagunes, des marais, dans les raphières, etc. Elle
atteint en général une dizaine de mètres de hauteur mais peut parfois
atteindre des dimensions plus considérables, jusqu’à 20 m et plus. Son
écorce laisse exsuder, quand on l’entaille, un suc rougeâtre, brunissant
à l’air au bout d’un grand moment. Le port de cet arbre est celui de la plu¬
part des Myristicacées, un peu analogue à celui de certains Symphonia
ou de certains Terminalia: branches plus ou moins étalées, régulièrement
étagées, à rameaux distiques étalés dans un plan. Les feuilles des ramules
sont également distiques. Les rameaux jeunes sont parfois un peu pubé-
rulents, les adultes sont glabres. Les rameaux jeunes noircissent plus ou
moins sur le sec. Les rameaux adultes sont brunâtres et munis de nombreux
lenticelles arrondis, généralement bien visibles. Les rameaux sont lisses
ou à peine striolés sur le sec. Les jeunes feuilles, encore dans le bourgeon,
sont pubescentes à la face externe. Dans les bourgeons les feuilles sont
pliées en long, à bords involutés; la feuille inférieure embrasse complète¬
ment la feuille supérieure moins développée qu’elle et ainsi de suite très
régulièrement. Les feuilles adultes sont complètement glabres. Le pétiole,
qui a 0,9-1,7 cm environ de longueur, est canaliculé à la face supérieure.
Le limbe est oblong ou oblong lancéolé et varie en général de 9,5-
16 cm X 3-6 cm. La base du limbe est en coin généralement obtus, rare¬
ment un peu aigu. Sur une assez grande longueur les marges sont assez
parallèles. Le sommet du limbe, généralement arrondi ou obtus, est muni
d’un court acumen; parfois le limbe se rétrécit assez longuement et est
subaigu au sommet sans être acuminé. La nervure principale, plane au-dessus,
est saillante au-dessous. Les nervures secondaires sont fines, légèrement
imprimées à la face supérieure, très finement saillantes en dessous. Elles
Source : MNHN, Paris
— 206 —
s'amincissent vers leur extrémité et se réunissent entre-elles par des arcs
irréguliers, assez loin des marges. Sur le frais le limbe est d’un vert luisant
dessus, mat et glaucescent dessous. Sur le sec, il brunit fortement à la face
supérieure, moins à la face inférieure. Entre les arcs d’anastomose et les
marges, les nervures se divisent beaucoup et des nervilles nombreuses, plus
ou moins parallèles entre-elles, atteignent le bord. Ces nervilles se voient
à la face supérieure du limbe grâce à leurs impressions et également par
transparence. Elles sont en général moins visibles dessous. Le limbe est
criblé de points translucides.
Les inflorescences sont axillaires. Elles atteignent au plus 5 cm de long.
Ce sont des grappes, une fois ramifiées, ascendantes, à axes rigides, les
ramifications latérales distiques, celles de la base plus longues que celles
du sommet. Les axes sont brièvement mais très densément pubescents. A
l’aisselle des ramifications il y a des bractées larges et caduques. Les axes
latéraux et la partie apicale de l’axe principal portent des glomérules sessiles,
capituliformes, très denses, constitués de fleurs très serrées les unes contre
les autres. Ces glomérules qui entourent presque complètement les axes,
peuvent être séparés les uns des autres sur l’axe (qui est alors un peu moni-
liforme) ou contigus les uns aux autres. Le diamètre total des axes et de
leurs glomérules ne dépasse pas 4-5 mm à l’anthèse. Les fleurs mâles et
femelles se trouvent presque toujours dans les mêmes inflorescences, mais
en général en glomérules distincts. Les glomérules possèdent, à leur base,
une bractée large, pubescente. Nous n’avons pas observé de bractéoles
florales. Les fleurs sont très petites, complètement sessiles; leurs boutons
sont globuleux mais plus ou moins déformés par compression mutuelle. Le
calice est à 3 lobes normalement (mais assez souvent 2 ou 4) séparés presque
jusqu’à la base, non étalés à l’anthèse. Il est densément et brièvement
pubescent extérieurement, glabre intérieurement. Il n’y a pas de différence
sensible dans la taille et la forme des fleurs mâles et femelles. Dans les fleurs
mâles, il y a une très courte colonne staminale cylindrique qui porte autour
de sa moitié supérieure 3 anthères (rarement 2, exceptionnellement 4);
chacune de ces anthères possède 2 loges parallèles entre-elles. Le dos des
anthères est soudé pratiquement sur toute sa longueur avec la colonne
staminale. Les loges sont déhiscentes en long, et les bords des lèvres des
logettes ne sont pas frisés. Dans les fleurs femelles il y a un ovaire ovoïde
globuleux, pubescent, à stigmate petit, sessile, canaliculé à sa face supé¬
rieure.
Le fruit est subsphérique à ovoïde, de 3-3,5 cm de long.
La graine n’est pas arillée. Tout au plus peut-on noter autour du hile,
du micropyle et entre le hile et le micropyle (celui-ci saillant) de petites
boursouflures qui représentent peut être un arille atrophié. La graine est
subglobuleuse et a 22,5 mm de hauteur x 22,5 mm de large, très légère¬
ment comprimée (20 mm d’épaisseur antéropostérieurement). La partie
moyenne du tégument séminal est lisse, mince (0,5 mm environ), crustacée
et fragile. La couche externe du tégument est mince, celluleuse. Il n’y a pas
de sillon raphéal. La chalaze se trouve un peu au-dessus du milieu de la
face ventrale (si l’on appelle ventrale la face raphéale) donc nettement
Source : MNHN, Paris
— 207 —
au-dessous du sommet de la graine. L’albumen n'est pas ruminé et possède
un creux dans son axe. L’embryon est très petit, à deux cotylédons soudés
à leur base, divergents sous un angle de 60° environ.
Ainsi comprise l’espèce est bien caractérisée et ne présente pas de
variations sensibles. Elle parait localisée au voisinage immédiat de la Côte
Est, où elle est connue sous le nom de « Rara » ou « Raraha ».
Répartition : 7491 SF , Ampanavoana, Antalaha; Tsilizy 5700 RN, Antalaha;
Capuron 9246 SF, forêt sublittorale, Antohomaro, sud de Sambava; 2383 SF, Soanierana-
Ivongo; 1986 SF, Amorarano, Tamatave; 6642 SF, Amberomanitra, Mananjary; 7085 SF,
rivière Manandriana, Vohitrindry, Vohipeno; Capuron 8621 SF, forêt de Tampolo, nord
de Fénérive; 15123 S F, Andondona, Fénérive; 14255 SF, Ifonty, Diégo-Suarez; Chape¬
lier s. n., côte est de Madagascar; (type : Poivre, s. n., Madagascar, in herb. Jussieu, P!).
2. Brochoneura acuminata (Lamk.) Warb.
Nov. Act. Nat. Cur. 68 : 128 (1897).
— Myristica acuminata Lamk., Mém. Acad. Sc. Paris : 164 (1791).
Cette espèce, que Perrier de la Bathie a réunie à la précédente,
paraît cependant pouvoir en être distinguée. Elle s’en sépare par ses rameaux
feuillés moins robustes et plus courts (ces rameaux sont un peu en zig-zag,
très distiques comme on peut s’en assurer sur les spécimens d’herbier; les
jeunes sont noirâtres, les adultes brunâtres plus ou moins foncés sur le
sec et munis de nombreux lenticelles, petits, légèrement saillants). Les
feuilles ont un limbe qui ne dépasse pas 7 cm de longueur en général (attei¬
gnant exceptionnellement 9 cm). Il est généralement coriace, ovale elliptique,
à base obtuse, parfois subarrondie. Les bords ne sont pas parallèles mais
plus ou moins régulièrement atténués du tiers inférieur vers le sommet.
Celui-ci est donc aigu, nettement acuminé. bien plus étroit que dans l’espèce
précédente. De plus le limbe est presque toujours plié en long vers le haut.
Par ailleurs les caractères foliaires sont les mêmes. Les inflorescences sont
du même type que dans le Br. madagascariensis mais plus courtes (ne
dépassant guère 1,5 cm de longueur) et moins robustes. Les fleurs également
plus petites, mais nombreuses dans chaque glomérule, ont les mêmes
caractères. Il y a 3 (rarement 2) anthères par fleur mâle. Les fruits sont
indéhiscents, ovoïdes fusiformes, se terminant en rostre obtus à l’extrémité
(les fruits atteignent 3,5-4,5 cm de long et 1,6-1,9 cm de diamètre); ils sont
brièvement stipités à la base (leur forme générale est donc bien distincte de
celle du Br. madagascariensis) (tout au moins si la forme du fruit est cons¬
tante). Le péricarpe, épais charnu a une suture dorsale et une suture ven¬
trale légèrement saillantes (la suture dorsale est dans le plan du raphé).
Les graines sont ovoïdes (plus larges vers le bas que vers le haut)
et ont environ 2 cm x 1,3 cm. La base de la graine est ceinte par un arille
rudimentaire, crénelé sur les bords, portant parfois quelques laciniures
étroites, rayonnantes, longues de 5-6 mm, ne s’imprimant pas dans le testa
séminal. Zone moyenne du testa mince, crustacée, fragile. Chalaze située
latéralement près du sommet de la graine ou entre ce point et le tiers supé¬
rieur de la graine. Albumen non ruminé, avec un creux longitudinal au
centre. Embryon basal, long d’environ 2 mm, à 2 cotylédons soudés en
coupe près de leur base, légèrement divergents.
Source : MNHN, Paris
— 208 —
Le Brochoneura acuminata (Lamk.) Warb. est un arbre qui a sensible¬
ment la même aire que l'espèce précédente et qui croît dans des stations
analogues. Il se rencontre cependant aussi en dehors des endroits humides,
par exemple sur les sables dunaires en bord de mers. Noms vernaculaires :
Rara, Hafotrarano.
Répartition : Du Petit-Thouars s. n.; 2381 SF, Soanierana-Ivongo; 15124 SF,
Capuron 9190 SF, Forêt de Tampolo, nord de Fénérive; 6454 SF, 7917 SF, Capuron
5708 SF, forêt sublittorale Ambila-Lemaitso; 6641 SF, 6679 SF, Amberomanitra, Manan-
jary; Capuron 9202 SF, près de Manombo, sud de Farafangana; 15496 SF, Loharano-
Evato, Farafangana; Dinard 1349 RN, 5561 SF, 6070 SF, 6401 SF, Capuron 6973 SF,
14354 SF, forêt de Mandena, Fort-Dauphin; Capuron 11784 SF, forêt de Bemangidy.
nord de Mahatalaky, Fort-Dauphin (type Poivre s. n., herb. Jussieu, P!).
3. Brochoneura vouri (Baill.) Warb.
Nov. Act. Nat. Cur., 68 : 234 (1897).
— Myristica vouri Baill., Bull. Soc. Linn. Paris ; 455 (1885).
Cette espèce a été décrite sous le nom de Myristica vouri par Bâillon
d'après des échantillons récoltés par Chapelier sur la Côte Est de Mada¬
gascar, au 19 e degré de lat. Sud (l’étiquette du récolteur, qui porte en
tête la mention Rara-be, ne s'applique manifestement pas à cette espèce
et encore moins celle qui porte le nom Vouri). Cette espèce, voisine de la
précédente, s'en distingue surtout par ses feuilles à limbe généralement
obovale oblong (5-9,5 cm x 2,1-3,4 cm) à plus grande largeur vers le tiers
supérieur (ou parfois à bords assez longuement parallèles), à base en coin
très aigu, à sommet assez brusquement rétréci, subobtus, souvent obtusé-
ment acuminé. Les rameaux sont assez grêles, généralement allongés,
glabres. Les inflorescences sont comme dans l’espèce précédente mais
presque glabres, un peu plus longues (jusqu’à 3 cm). Les fleurs mâles et
femelles sont dans les mêmes inflorescences. Dans les fleurs mâles la colonne
staminale porte 3 anthères.
Les fruits sont plus ou moins ovoïdes, plus ou moins comprimés,
atteignant 4 cm de long sur 2,2 cm de diamètre. Les deux valves du fruit
(qui est indéhiscent) sont fréquemment inégales, l’une d’entre-elles un peu
plus longue que l'autre et un plus aiguë (sans être cependant rostrée). La
suture entre les deux valves est saillante. Le fruit, vu de profil, ressemble
assez à une bouche de lézard comme l’indique le nom vernaculaire (Molo-
trandrongo). La base du fruit n’est pratiquement pas stipitée. La surface
des valves est obscurément bosselée (sur le 15208 SF la surface du fruit
sec est munie de côtes longitudinales). Le péricarpe est charnu, épais
(3-4 mm au moins). La graine est ovale, légèrement comprimée antéro-
postérieurement (2,5 x 1,7 x 1,4 cm). La base de la graine est munie
d’un arille rudimentaire (atteignant 7-8 mm de diamètre) portant quelques
courtes laciniures sur le bord. La chalaze est presque au sommet de la graine.
L’embryon a deux cotylédons soudés à la base qui divergent sous un
angle de 30° environ (un peu analogue à l’espcèe précédente).
Le Brochoneura vouri est une essence côtière. C’est un arbre qui peut
atteindre 15-20 m de hauteur tout au plus.
Il est connu localement sous le nom de « Rara », « Molotrandrongo ».
Source : MNHN, Paris
— 209 —
Répartition : Capuron 9187 SF, forêt littorale à 8 km au sud de Soanierana-Ivongo;
10724 SF, forêt Bemongo, Ampatakamanitra, Antalaha; 15208 SF, Tampolo, Fénérive;
Chliapelier s. n., Madagascar, type P!).
II. MAULOUTCHIA Warb.
Warburg a créé ce genre pour une espèce décrite par Bâillon, sous
le nom de Myristica chapelieri, espèce pour laquelle il créait la section
Mauloutchia du genre Myristica. C’est par l’étude de cette espèce que nous
commencerons donc :
1. Mauloutchia chapelieri (Baill.) Warb.
Ber. Deutsch. Bot. Ges. 13 : 120 (1895).
— Myristica chapelieri Baill., Bull. Soc. Linn. Paris : 455 (1886).
— Brochoneura chapelieri (Baill.) Perr., Rev. Int. Bot. Appl. : 409 (1949).
Cette espèce est aisément reconnaissable. Elle possède de grandes
feuilles distiques elliptiques ou elliptiques-oblongues ou parfois elliptiques
lancéolées, parfois un peu obovales, variant de 12 à 25 cm de longueur et de
5-11 cm de largeur. La face supérieure du limbe est de teinte rougeâtre
ou rouille par suite de la présence de très nombreux poils courts. Sur les
vieilles feuilles, le tomentum finit par disparaître mais il en reste des traces
sur les nervures. Le pétiole est robuste, canaliculé dessus. Les rameaux
jeunes sont très souvent recouverts d’une très dense toison ferrugineuse
plus ou moins tôt caduque. Les feuilles, dans le bourgeon terminal, sont
condupliquées, involutées sur les bords comme dans les Brochoneura, ce
qui différencie ces plantes des Haematodendron.
La nervure principale, plane ou largement imprimée dessus, est très
saillante dessous. Les nervures secondaires sont finement en creux dessus,
saillantes dessous et se réunissent en arcs irréguliers à environ 1-1,5 cm
des marges. Les inflorescences sont axillaires des feuilles, densément velues
ferrugineuses dans toutes leurs parties. Ce sont des grappes ne dépassant
guère 4 cm de longueur et portant souvent une ramification latérale. Sur
ces grappes, les fleurs sont plus ou moins rassemblées par groupes plus ou
moins ombelliformes. Les ombelles sont sessiles. Les fleurs des 2 sexes
se rencontrent dans la même inflorescence mais généralement sur des
rameaux différents. Les fleurs mâles sont pédicellées longuement, alors que
les fleurs femelles sont pratiquement sessiles. Les fleurs mâles ont un pédi-
celle qui atteint 10-12 et même 15 mm. Les sépales sont largement ovales,
normalement au nombre de 3, et atteignent 5 mm sur 3,5 mm (la fleur
mâle atteint 10-11 mm de diamètre à l’anthèse). Ces sépales sont séparés
presque jusqu’à leur extrême base; ils sont très velus extérieurement,
ridés en long et glabres à la face supérieure. Au centre de la fleur mâle
se trouve une courte colonne staminale qui est couronnée par une masse
plus ou moins globuleuse d’anthères. Ces anthères sont très nombreuses
(jusqu’à 60), libres entre-elles (sauf quelques-unes au centre), et toutes
portées par un filet court mais très net. Ces filets s’insèrent à différentes
Source : MNHN, Paris
— 210 —
hauteurs sur la colonne staminale. Les anthères sont ovales ou oblongues,
souvent de forme irrégulière, à deux loges déhiscentes en long. Après la
déhiscence, les sommets des loges ne sont plus séparés que par une mince
cloison qui peut disparaître et laisser communiquer les deux loges. Les
fleurs femelles sont plus petites, sessiles ou subsessiles, assez densément
rapprochées les unes des autres. Elles sont de taille plus faible (5-6 mm de
diamètre) avec des sépales ovales triangulaires aigus (3,5 mm sur 2 mm)
révolutés à l’anthèse. L’ovaire est uniloculaire, uniovulé, subsphérique,
densément pubescent ferrugineux; le style est terminal, glabre, charnu,
bilobé au sommet. Le fruit (tout au moins dans la forme typique) est très
caractéristique et permet de reconnaître l’espèce. C’est une baie, indéhis¬
cente, de forme plus ou moins obpyriforme, portant sur sa surface des
carènes épaisses très saillantes, longitudinales. Brusquement dilaté au-
dessus de son pédicelle, il s’atténue en pointe vers son sommet. Il peut
atteindre 6 cm de long et près de 5 cm d’épaisseur (carènes comprises);
de plus si ce fruit est sensiblement symétrique par rapport au plan passant
par les sutures dorsale et ventrale, il est très dissymétrique lorsqu’on le
regarde de profil : la partie dorsale (opposée au raphé) est beaucoup plus
épaisse (très bossue) que la partie ventrale qui est presque rectiligne. Le
péricarpe est charnu, épais de 4-5 mm environ, indéhiscent. La suture
dorsale est élevée sur toute sa longueur en carène épaisse atteignant 6-8 mm
de hauteur; la carène suturale raphéale est nettement plus basse. Entre
ces 2 carènes suturales chaque valve porte 4 autres carènes presque aussi
hautes que la carène suturale dorsale : deux de ces carènes occupent toute
la longueur du fruit, deux autres, intercalaires n’en occupent qu’une partie.
Le sommet du fruit est plus ou moins rostré, parfois très nettement, parfois
à peine. La graine que contient le fruit est plus ou moins largement ovale,
plus arrondie à sa base qu’au sommet, et atteint 27 x 24 x 21 mm (donc
légèrement comprimée dorso-ventralement). Sa région hilaire possède un
arille extrêmement réduit, avec parfois quelques laciniures étroites attei¬
gnant 4-5 mm de long sur 1 mm de large. Le tégument externe de la graine
(blanchâtre puis brunâtre sur le frais) est charnu et s'enlève aisément sur
le frais. La partie crustacée du testa, brunâtre sur le frais, est marquée de
lignes saillantes qui s’irradient à partir de la chalaze. entourent la graine
et vont aboutir près du micropyle. Ces lignes correspondent aux cordons
vasculaires qui sont contenus dans la partie interne du tégument séminal.
La chalaze, punctiforme, très légèrement saillante, est située environ au
tiers supérieur de la graine. L’albumen (blanc puis devenant rosé sur le
frais) n’est pas ruminé. L’embryon, minuscule, est placé tout près du
micropyle, sa radicule tournée vers celui-ci. Il y a deux cotylédons soudés
à la base, divergents.
Répartition : 10839 S F, 16429 SF, R. Capuron 8648 SF, environs de la baie d’An-
tongil, Farankaraina à l'Est de Maroantsetra (près de Navana); R. Capuron 8909 SF,
restes de forêts à Ambodiatafana, près de Mahasoa, au Nord de l'embouchure de la
Rantabe (ait. 50 m); Perrier de la Bârhie 6395, Soanierana-Ivongo; Chapelier, s. /., Mada¬
gascar, type P!.
Source : MNHN, Paris
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C’est un arbre de la forêt humide de basse altitude. Les noms verna¬
culaires sont les suivants : « Rara », « Raramena », « Rarabe ».
La description que nous venons de donner s’applique à la forme typique
de l’espèce : Mauloutchia chapelieri (Baill.) Warb. var. chapelieri fa. chape-
lieri.
Une forme, semblable au type par les feuilles, s’en distingue par les
fruits presque lisses à carènes peu marquées. Nous en ferons la fa. ecristata.
D’autres échantillons à feuilles et fleurs plus petites et à nombre d’étamines
moindre, les fruits restant cependant semblables au type, peuvent être
séparés sur le plan variétal; nous en ferons la var. media. Et dans cette
variété peuvent être distingués des échantillons venant du Sambirano,
à feuilles relativement plus étroites et à fruits peu carénés dont nous ferons
la fa. sambiranensis.
Var. chapelieri fa. ecristata R. Cap., fa. nov.
A typo differt fruclibus fere levibus, carinis vix manifestis.
Type : R. Capuron 9114 SF, environs de la baie d’Antongil, bassin de la Vohilava
(affluent rive gauche de la Rantabe) aux environs de Sahamalaza, vers 500 m d'altitude,
Madagascar (holo-, PI).
Le nom vernaculaire est « Raramena ».
Var. media R. Cap., var. nov.
A typo differt ramis gracilioribus, foliis minoribus , floribus minoribus.
Type : H. Humbert et R. Capuron 24422, massif d’Ambatobirybiry, au nord de
Sambava, Madagascar (holo-, P!).
Répartition : Capuron 871 SF, même localité, même récolte que le type; Humbert,
Capuron et Cours 24517, 24515, (211 SF et Cours 3624 même échantillon), massif de
l'Anjanaharibe à l'Ouest d'Andapa, vers 900 m d’alt.; Cours 3210, massif de Mainam-
pango, vallée de la Lokoho, Est d'Ambalavoanio, vers 450 m d’alt. ; 7059 RN, Marosene,
Antalaha; Capuron 9035 SF, forêt d’Androkolaka, entre Amboditavolo (bassin de la
Fananehana) et Moiafeno (bassin de la Rantabe), vers 400 d’alt.; Capuron 8973 SF,
massif de l’Androrona, bassin de la Fananehana; 2476 SF, Soanierana-rvongo; Capuron
8579 SF, réserve naturelle n° I, Ambodiriana, Est de Tamatave, vers 300 m d’altitude.
Les rameaux sont moins robustes que dans la variété typique; les
feuilles sont plus petites ne dépassant pas, en général, 14 cm de long; les
fleurs sont plus petites : les mâles ne dépassant pas 6,5 mm de diam., avec
les sépales de 3 mm de long sur 2 mm de large. Les étamines sont au nombre
de 20 à 40, avec parfois des étamines à filets longuement libres (échantillon
911 SF). Les fruits sont carénés comme dans le type, à carènes souvent
bosselées. Dans un même échantillon, la taille des feuilles varie (de (4,5)
7-10 cm de long dans le n° 8579 SF).
Les noms vernaculaires utilisés pour désigner la plante sont : « Rara-
hala », « Raraha », « Rarabe », « Rara », « Voararabe ».
Source : MNHN, Paris
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Var. media fa. sambiranensis R. Cap., fa. nov.
A varietate differt fructuum cariais vix manifestis.
Type : R. Capuron 11468 SF, base du massif du Bekolosy, rive droite de la basse
Antsahankolana, Manongarivo, Sambirano (holo-, P!).
Répartition : 13110 SF, Antsahankolana, Ambanja; 7696 SF, Andranomatava,
Ambanja; 7503 SF, massif de Bekaka, près de Benavony, sud-est d'Ambanja.
Cette forme, qui correspond à la fa. ecristata de la var. cliapelieri
est localisée au Sambirano. Les feuilles sont généralement elliptiques, assez
régulièrement atténuées vers le sommet. Elles ont de 7 à 17 cm de long,
les pétioles relativement longs et grêles, atteignent 1,5-1,8 cm. Les fleurs
ont de 20 à 30 étamines.
Les noms vernaculaires sont : « Raramena », « Tavolo ».
2. Mauloutchia humblotii (H. Perr.) R. Cap., comb. nov.
— Brochoneura humblotii H. Perr., Rev. Int. Bot. Appl. : 410 (1949).
Cette espèce est bien distincte de la précédente par ses feuilles nette¬
ment moins grandes et plus étroites, par ses rameaux nettement plus grêles.
Le limbe est glauque dessous à la face inférieure (au moins sur le frais),
nettement pubérulent ou glabre dans la jeunesse. Les feuilles sont involu-
tées dans le bourgeon. Les inflorescences sont grêles, en grappes plus ou
moins ramifiées, à axes pubérulents ou glabres. Les fleurs sont du même
type que celles du M. chapelieri, les deux sexes sur le même arbre, fréquem¬
ment dans la même inflorescence. Les fleurs mâles ont des pédicelles grêles
de 1,5-3 mm, glabres ou pubérulents; les fleurs épanouies ont 3,5-4 mm de
diamètre; les sépales toujours glabres à la face supérieure, plus ou moins
ridés longitudinalement en dessous, criblés de points translucides, sont
ovales, étalés à l’anthèse. Les anthères au nombre de 6-10 (le nombre le
plus fréquent est 7-9) sont entièrement libres (sauf parfois les 2-3 terminales
plus ou moins cohérentes entre elles) munies de filets très nettement libres
vers leur sommet et soudés plus bas en colonne staminale droite ou plus
ou moins coudée. Après déhiscence, les anthères sont « frisées » (les parois
des loges sont très ondulées). Les fleurs femelles sont plus brièvement
(0,2-0,5 mm en général) pédicellées; leur bouton est nettement plus allongé
que celui des fleurs mâles qui est globuleux. Les sépales sont triangulaires
aigus, révolutés à l’anthèse (le diamètre de la fleur ne dépasse guère de ce
fait 2,5 mm). L'ovaire est conique aigu. Les fruits sont nettement stipités
à la base. Ce stipe atteint de 8 à 15 mm de longueur; il est parfois assez
robuste, assez largement évasé jusqu'à la partie séminifère du fruit, d’autres
fois il est relativement grêle et presque cylindrique. La partie séminifère du
fruit est plus ou moins ovoïde, souvent rostrée au sommet (elle atteint
45 x 27 mm de diam.). parfois largement ovale et non ou à peine rostrée
(35 mm de long sur 30 mm de diam.). Les valves du fruit, qui est parfois
en partie déhiscent (une suture s'ouvre), sont épaisses, charnues, et cou-
Source : MNHN, Paris
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vertes de bosselures irrégulièrement disposées, obtuses à leur sommet. La
graine est ceinte à sa base par un arille extrêmement réduit (quelques laci-
niures de 2-3 mm de longueur). La graine est ovoïde, plus large vers la
base que vers le sommet plus ou moins atténué: elle atteint 30 mm x 20 mm
X 19 mm. La chalaze, qui fait une légère saillie sur la couche moyenne
crustacée du testa, est veis le tiers supérieur de la graine. L’albumen n’est
pas ruminé. (La surface du testa crustacé est nervurée par de faibles saillies
plus ou moins anastomosées entre-elles.) L'embryon est placé à la base
de l’albumen, tout près du micropyle, sa radicule tournée vers celui-ci.
Les cotylédons sont soudés par leur base, très divergents, dans le pro¬
longement l’un de l’autre.
Le Maulouichia humblolii est une essence largement répandue dans la
forêt orientale, très commune par places. C’est un arbre de moyenne ou
grande taille que l’on trouve dans toutes sortes de stations : pentes, bas-
fonds, etc. Il se rencontre jusque vers 500 m d'alt.
Les noms vernaculaires qui lui sont attribués sont : « Rara », « Raha-
raha », « Raramena », « Raramainty », « Rarandambo », « Voaraharaha »,
« Raramolotrandrongo », « Voararamolotrandrongo ».
Répartition : Humblot 469, Antsihanaka, entre le lac Alaotra et la côte Est, Mada¬
gascar, type P!; 9283 SF, Andembilemisy, 'Andapa; Sajy 9752 RN, Maroambihy, Sam-
bava; Capuron 727 SF, Andrahenjo, Sambava; Humbert 22387, vallée de la Lokoho,
à Manantenina; Cours 3/72, Mont Ambohimarangitia, vallée de la Lokoho; 1149 SF,
Ambaritelo, Sambava; Capuron 8727 SF, bassin de la Mahalevona, massif d’Antsirosiro,
sud de Fizomo, presqu'île de Masoala; 12082 SF, Farankaraina, Maroantsetra; Capuron
8946, bassin de la Fananehana, vers 200 m d'alt., entre Anandrivola et Anena; 2449
et 2480 SF, Soanierana-Ivongo; 1996 SF, Foulpointe; Cours 2449, de Ampitanonoka
à Fotsialana. Dt. Tamatave; Cours 2510, sud de Mangabe, Tamatavc; 4252 RN, 2652 RN,
Cours 2568, Durait 2500 RN, Rakotoniaina 4538 RN, Réserve naturelle n° 1, Ambodiriana,
Tamatave; 7124 SF, 9703 SF, Fort Carnot.
3. Mauloutchia rarabe (H. Perr.) R. Cap., comb. nov.
— Brochoneura rarabe Perrier, Rev. Int. Bot. Appl. : 411 (1949).
Cette espèce est très voisine de la précédente et n’en est peut-être
qu’une variété. Seul le caractère de la largeur des feuilles, indiqué par
Perrier, semble constant, autant que l’on puisse en juger par le petit nombre
d’échantillons que nous pouvons rapporter à cette espèce. Les caractères
de la face supérieure du limbe (luisante ou non) existent dans l’espèce
précédente ainsi que ceux de la pubérulence ou la glabrescence des tiges et
des jeunes feuilles. Les caractères tirés des fleurs paraissent plus valables.
Dans le M. rarabe les fleurs femelles (nettement plus petites que les fleurs
mâles) ont des boutons et des ovaires relativement moins allongés que
dans les M. humblotii. Notons que les fleurs mâles sont relativement peu
pédicellées dans M. rarabe (0,5 à 2 mm) à peine plus que les fleurs femelles.
Les sépales des fleurs mâles sont minces, étalés, non sillonnés dessus,
ponctués pellucides. Les anthères sont au nombre de 15-19 dans le type,
de 7-10 dans l’échantillon 13707 SF qui est par ailleurs en tout point sem¬
blable. L’ovaire est légèrement pubérulent, ovoïde conique, terminé par un
Source : MNHN, Paris
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court stigmate cylindrique, dressé, sillonné-bifideau sommet. Nous n’avons
jamais observé (sur 12 fleurs femelles examinées) le caractère indiqué par
Perrier de 2 ovules par ovaire. La graine ne possède qu'un petit rudiment
d’arille à sa base. Ce que Perrier considérait comme l'arille n'est autre
que la partie externe du tégument séminal. La chalaze est située vers le
tiers supérieur de la graine.
L’espèce est connue sous les noms vernaculaires de : « Rara », « Rara-
konkana », « Molotradongo », « Rarabe ».
Répartition : Perrier de la Bâlhie 14176, Antetezantany Sud-ouest de Vatomandry,
ait. 400 m, Madagascar (type, P!); Perrier de la Bâlhie 17184, près du confluent de l'Onive
et du Mangoro, ait. vers 700 m; Perrier de la Bâlhie 2222, environs de Fénérive; Capuron
9028 SF, forêt d'Antandrokolaha, bassin de la Rantabc; 13707 SF, Ambalatenina, Nosy-
Varika.
C'est également à cette espèce que l’on peut sans doute rapporter
l’échantillon 4861 SF, Matsinporiaka, Ihorombe, Farafangana. Ses feuilles
sont oblongues lancéolées (9,5-12,5 cm x 3-4,2 cm), à bords plus ou moins
parallèles, étroitement et assez longuement accuminées au sommet, la
forme des feuilles rappelle celle de M. humblolii. Les fleurs sont celles du
M. rarabe avec des fleurs mâles à 14-23 anthères. Les anthères, avant déhis¬
cence, ont leurs logettes moniliformes, c’est-à-dire étranglées entre des
groupes de grains de pollen; après déhiscence les bords des loges sont ainsi
« frisés ».
4. Mauloutchia parvifolia R. Cap., sp. nov.
Arbor parva, 7-8 m alla. Folia dislicha, lamina coriacea, elliplica vel obovato-elliplica,
2,5-5 cm longa, 1,5-3 cm lata; peliolo 5-7 mm longo.
Inflorescentiae axillares, brèves, 8-12 mm longae, imisexuales vel polygamae, axibus,
pedicellis, pagina exteriore calycis dense pubescenlibus, ferrugineis. Flos pedicellis bre-
vibus (0,5-1,5 mm) ; sepala 3-4, a basi libéra, laie ovala, 2 mm longa, 1,2-1,5 mm lata,
apice acuta, crassa ; columna siaminalis brevis (0,5-1 mm) apice aniheras libéras 6-10 sessiles
usque subsessiles gerens. Flos Qsessilis vel subsessilis ; sepala 3-4, iis /loris3 similia ; ovarium
ovoideo-conicum, uniloculare, uniovulalum, puheridenium, stigmate brevi erecto, bifido
terminatum. Fructus non visus.
Type : Capuron 9122 SF, bassin de la Vohilava, affluent rive gauche de la Rantabe,
crête entre Sahamalaza et Vohilava, ait. 600 m, Madagascar (holo-, P!).
Répartition : 10159 SF, Morarano, Farafangana; 15289 SF, Manombo, Fara¬
fangana; Capuron 8608 bis SF, Réserve naturelle n° I Bctampona. Tamatave; Laslelle
s. n., s. loc.
Arbre atteignant 7-8 m de hauteur et 0,30 m de diamètre. Jeunes
rameaux et bourgeons recouverts d’une dense pubescence rouille pourpre,
caduque sur les rameaux âgés. Ceux-ci à écorce plus ou moins grisâtre,
portent de nombreux petits lenticelles ovoïdes peu saillants. Feuilles dis¬
tiques, petites. Pétiole et limbe en dessous, couverts au début de nombreux
poils rouilles à branches courtes disposées en étoile, donnant au limbe
jeune une teinte rouille; les branches des poils se décolorent ensuite et le
limbe prend une teinte plus ou moins grisâtre, les poils subsistants alors
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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sous cette forme (avec toujours le centre coloré) ou caducs. Pétiole long de
5-7 mm, assez largement canaliculé dessus. Limbe elliptique ou plus ou
moins obovale elliptique (2,5-5 cm x 1,5-3 cm), à plus grande largeur
au milieu ou un peu au-dessus (vers le tiers supérieur), de ce point régulière¬
ment rétréci sur la base aiguë, obtus ou subaigu au sommet qui est parfois
très brièvement et obscurément àcuminé. Limbe épais, coriace, luisant
dessus sur le frais, mat dessous, à points translucides peu visibles, même
sur les feuilles encore jeunes. Nervure principale plane dessus à la base,
légèrement en creux un peu plus haut, saillante à la face inférieure. Nervures
secondaires très finement imprimées dessus, non saillantes à la face infé¬
rieure où elles sont perceptibles sur les feuilles jeunes, presque obsolètes
sur les feuilles âgées, formant des arcs assez loin des marges; entre ces
arcs et les marges existent des arcs secondaires plus petits et plus nombreux.
Inflorescences axillaires, courtes (8-12 mm), avec souvent une courte
ramification latérale. Axes, pédicelles et face extérieure des calices très
densément pubescents ferrugineux. Les deux sexes sur des inflorescences
séparées, parfois dans les mêmes inflorescences. Fleurs mâles brièvement
(0,5-1,5 mm) pédicellées, petites (4 mm de diamètre). Sépales séparés
presque jusqu’à la base, au nombre de 3-4, plus ou moins largement ovales
(2 mm sur 1,2-1,5 mm) un peu aigus au sommet, étalés à l'anthèse (boutons
ovoïdes globuleux), glabres (et jaunes sur le frais) à la face supérieure,
plus ou moins ridés longitudinalement dessus, épais. Colonne staminale
courte (0,5-1 mm) portant à son sommet 6-10 anthères entièrement libres
entre elles, sessiles ou subsessiles, irrégulièrement disposées en masse plus
ou moins globuleuse. Anthères ovales, courtes, à 2 loges, chaque loge
à 2 logettes, logettes généralement avec une ou deux constrictions trans¬
versales. Fleurs femelles sessiles ou subsessiles (0,5-0,7 mm), à 3-4 sépales
ayant à peu près la même forme que ceux des fleurs mâles, révolutés à
l'anthèse. Ovaire largement ovoïde-conique, pubérulent, terminé par un
court stigmate dressé, bifide. Une seule loge uni-ovulée.
L’échantillon 8608 bis SF a des feuilles de même forme générale que
le type mais un peu plus grandes (4.5-6,5 cm sur 2,5-3,5 cm) à poils paraissant
complètement caducs sur les vieilles feuilles (on n’aperçoit pas les bases
des poils sur les vieux limbes). Les fleurs y sont un peu plus grandes (ainsi
que les inflorescences), un peu plus longuement pédicellées; les sépales
y sont relativement plus minces. Les anthères y sont au nombre de 14 à 22,
plus longues que dans le type, les logettes avec plusieurs constrictions très
nettes; les filets sont à peu près égaux à la moitié de la longueur de l’anthêre.
L’échantillon 10159 SF a des feuilles analogues au précédent. Les
inflorescences y atteignent 2,5 cm de longueur. Les pédicelles des fleurs
mâles varient de 0,75 à 4 mm. Les fleurs sont comme celles du 8608 bis SF
(sépales atteignant 3 mm sur 2 mm), avec 14-20 anthères dans les fleurs
mâles, à filet assez long (anthères orbiculaires, ou ovales, ou oblongues,
avec les logettes munies de nettes constrictions).
L’échantillon Lastelle (s.n.), paraît par ses feuilles se rapporter à la
même espèce. Il présente trois jeunes fruits pyriformes, analogues aux
jeunes fruits du Mauloutchia chapelieri.
Source : MNHN, Paris
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L’échantillon 15289 SF a des feuilles encore plus grandes.
Nous pensons que la plante est affine de Mauloutchia chapelieri (Bail!.)
Warb. mais que ses petites feuilles à base atténuée en coin aigu, ses fleurs
de petites dimensions à étamines moins nombreuses permettent de la
séparer sur le plan spécifique.
5. Mauloutchia heckelii R. Cap., sp. nov . 1
Arbor ad 30 m alla. Rami novi tomento fulvo vel rubiginoso lecli; rami adulli glabri.
Folia dislicha, magna; lamina elliptico-lanceolata vel lanceolala, 11-26 cm longa, 4-6 cm
lata, basi rolundaia vel paulo cordata, apice angustata, acuta, parum crassa, statu novello
utraque pagina pubescens, pubescentia diutius pagina inferiore persistent!'; petiolus 8-16 mm
longus.
lnflorescentiae unisexuales, axillares, in racemis ramosis 4-6 cm longis. Flostf pédi-
ceUatus, antheris 14-20, liberis, loculis 4 moniliformibus ; columna staminalis brevis ; sepala
extra tornentosa, in tus glabra. Flores $ sessiles in spica densa conferti; sepala (2)-3, crassa,
ovato-triangula, 2,5 mm longa, 1,8 mm lata, extra tomentosa; ovarium ovoideo-conicum,
dense tomenlosum; stigmate terminali crasso, apice leviter bifido. Fructus indehiscens,
bacciformis, sphaericus, ad 6,5 cm in diametro, costis sicut ornamentis destitutus ; peri-
carpio crasso (in vivo 1,5 cm). Semen ovoideum vel globosum, in diam. ad 3,5 cm, arillo
laciniato bene amplificato.
Type : R. Capuron 8952 SF, forêt orientale, bassin de la Fananehana entre Anena
et Amboditavolo, vers 300 m d’alt., Madagascar (holo-, P!).
Matériel : 10574 SF, forêt d’Analandraotsy, Mahatalaky, Fort-Dauphin.
Nom vernaculaire : Mafotra Sanganakolahy.
Arbre atteignant parfois 30 m de hauteur et 1 m de diamètre. Rameaux
distiques, robustes, densément couverts dans leur jeunesse d’un épais
tomentum fauve ou rouille. Rameaux adultes glabres, grisâtres ou noirâtres,
marqués de nombreuses lenticelles petites et peu saillantes. Feuilles distiques,
grandes. Pétiole long de 8-16 mm, canaliculé à la face supérieure, (cana-
licule étroit ou très large et alors pétiole subplan (sur le 8952 SF), densément
tomenteux puis glabre. Limbe elliptique lancéolé ou lancéolé (11-22 cm
sur 4-6 cm), environ (2,5) 3-4,5 fois plus long que large, brusquement
arrondi ou plus souvent un peu cordé à la base, longuement rétréci vers le
sommet aigu, (à bords longuement parallèles dans le type). Limbe peu
épais, très cassant sur le sec, densément pubescent sur les deux faces dans
la jeunesse, très rapidement glabre à la face supérieure, à pubescence fauve
doré persistant assez longtemps à la face inférieure. Poils devenant grisâtres
ou blanchâtres, caducs, des traces de pubescence persistant néanmoins,
en dessous, sur la nervure principale. Nervure principale plane dessus,
saillante à la face inférieure. Nervures secondaires nombreuses (20-30
I. Peut-être est-ce cette espèce que Heckel a nommée, sans la décrire, Brochoneura
freneei, dans les Annales du Musée Colonial de Marseille en 1910.11 y donne des photo¬
graphies des fruits et des graines. R. Capuron, qui d'après ses notes, avait d’abord pensé
rattacher ses échantillons au Brochoneura de Heckel, a finalement préféré, comme en
témoignent ses étiquettes d'herbier, en l’absence de matériel sûr du Br. freneei, décrire
une nouvelle espèce qu’il a dédiée au P r Heckel. Pour sa part Perrier de la Bathie
avait assimilé le Br. freneei à Brochoneura acuminata (J. Bosser).
Source : MNHN, Paris
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PI. 2. — Mauloutchia heckeli R. Cap. : 1, rameau feuillé x 2/3; 2, inflorescence J x 2/3
(10574 SF); 3, fleure? jeune, un sépale enlevé x 6; 4, inflorescence ? x 2/3 (type); 5, fleur
$ x 6; 6, 7, graine x 1.
Source : MNHN, Paris
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paires) imprimées à la face supérieure, finement saillantes à la face infé¬
rieure, se réunissant en arcs à 5 mm environ de la marge, l’espace situé
entre ces arcs et la marge occupée par des arcs plus petits. Nervures ter¬
tiaires plus ou moins visibles sur les deux faces. Limbe ponctué pellucide,
plus ou moins glauque, à l’état adulte, en dessous.
Inflorescences axillaires, en grappes ramifiées, distiques, longues de
4-6 cm. Axes de l’inflorescence très densément tomenteux roussâtres.
Aisselles des ramifications munies de grosses bractées caduques, ovales
triangulaires, longues de 4 mm environ. Fleurs mâles (inconnues sur l’échan¬
tillon type, vues en bouton sur l’échantillon 10574 SF), pédicellées, 3-4 mm,
à 14-20 anthères libres, à 4 logettes fortement moniliformes (les logettes
nettement séparées l’une de l’autre dans chaque loge), à filet court mais net,
portées sur une courte colonne staminale; sépales très densément tomenteux
extérieurement, glabres intérieurement et très ridés. Fleurs femelles sessiles,
densément serrées en tête vers l’extrémité des ramifications de l’inflores¬
cence. Calice à (2-) 3 sépales épais, ovales triangulaires (2,5 mm de long,
1,8 mm de large), subobtus au sommet, densément tomenteux extérieure¬
ment. Ovaire largement ovoïde conique, densément tomenteux laineux,
terminé par un gros stigmate conique, noirâtre sur le sec, légèrement bifide
au sommet.
Fruit bacciforme, indéhiscent, sphérique, de grosse taille (atteignant
6,5 cm de diamètre) sans côtes ni ornementations en surface, grisâtre (évi¬
demment plus ou moins ridé sur le sec) marqué d’un simple sillon à la suture
entre les deux valves. Péricarpe épais (1,5 cm sur le frais). Graine grosse,
plus ou moins ovoïde ou globuleuse, assez variable de taille, atteignant
jusqu’à 35 mm de hauteur et autant de largeur, nettement comprimée
antéropostérieurement (épaisseur 27 mm pour les dimensions citées plus
haut). Graine ceinte à la base par un arille bien développé, divisé sur les
bords en plusieurs laciniures rubannées qui atteignent le sommet de la
graine. Testa de la graine possédant un sillon raphéal assez profond et
large. Partie moyenne du testa mince, crustacée, fragile. Chalaze au sommet
de la graine ou vers son tiers supérieur. Albumen non ruminé, muni d’une
dépression plus ou moins nette correspondant au sillon raphéal. Embryon
à 2 cotylédons soudés en coupe à la base, faiblement divergents.
Cette espèce, qui est largement répandue, paraît cependant assez
rare. Nous en avons vu un très beau peuplement dans le bassin de la Ran-
tabe, sur la piste de Rantabe à Mandritsara, près du village d'Antsambalahy.
Les graines de cet arbre sont recueillies par les habitants de ce village qui
en fabriquent du beurre de Rara, le « menadrara ». Voici, d’après les indica¬
tions qui nous ont été fournies par le chef de village d’Antsambalahy, le
procédé utilisé pour l’extraction de la matière grasse : après avoir laissé
sécher les graines, on en extrait les amandes (l’albumen) que l’on pile. On
met le produit obtenu dans un sac et on le dépose dans une mare d’eau
stagnante durant une semaine à un mois. Au bout de ce laps de temps tout
le produit se prend en masse; on le divise en petits morceaux que l’on fait
sécher au soleil; lorsque la dessiccation est complète on fait griller le produit
obtenu dans une marmite, et dès que la torréfaction est terminée on met
Source : MNHN, Paris
— 220 —
sous presse pour en extraire la matière grasse; celle-ci est recueillie dans
des entrenœuds de bambou où elle se coagule en un produit de couleur
brune, de consistance analogue à celle du beurre, le « menadrara ». C’est
sous cette forme qu’il est vendu. Les indigènes l’utilisent comme insecticide
(poux, puces, chiques, gale). Toujours d’après les gens d’Antsambalahy,
les graines pilées et mises sous l’eau peuvent se conserver pehdant plus
d’une année.
6. Mauloutchia coriacea R. Cap., sp. nov.
Arbor ad 15 m alla; rami novi tomentosi, Jerruginei, glabrescentes. Folia disticha,
lamina coriacea, laie ovala, 4,5-9 cm longa, 3-6 cm lata, apice angustata, obtusa vel subacu-
minaia ; pagina superiore glabrescenli, inferiore lomenlosa, ferruginea.
Inflorescentiae polygamae, axillares, brèves (ad 2 cm longae), ramosae. Flores 3 bre-
viler (1-2 mm) pedicellali; sepala 3, ovato-iriangula, obtusa, 3-3,5 mm longa, 2-2,5 mm
lata, crassa; columna slaminalis brevis, apice anleras 22-27 liberae, filamentis brevibus
gerens; antherae anguslae, 1,5 mm longae, 0,25-0,30 mm laiae, loculis moniliformibus.
Flos O, subsessilis, sepalis deltoideis, crassis, 3,8 mm longis, 1,8 mm latis. Ovarium unilocu-
lare, uniovulalum, ovoideo-lageniformi, villoso-ferrugineum, apice in stigmate bifido, glabro
attenuatum. Fructus vix adultus ovoideus, in longum carinatus, apice paulo rostratus;
fructus plene evolutus Itaud visus.
Type : R. Capuron 11789 SF, forêt de Bemangidy, au nord de Mahatalaky, Fort
Dauphin, Madagascar (holo-, P!).
Matériel : 13975 SF, forêt de Manombo au sud de Farafangana, ait. 50 m environ.
Nom vernaculaire : Rara.
Arbre atteignant 15 m de hauteur. Rameaux distiques, densément
couverts dans leur jeunesse d’un tomentum rouille. Rameaux adultes
glabres, lenticellés. Feuilles alternes, distiques. Pétiole court (4-9 mm)
robuste, canaliculé dessus, d'abord densément tomenteux puis glabre.
Limbe plus ou moins largement ovale (4,5-9 cm sur 3-6 cm) plus rarement
(sur le même rameau) oblong (par exemple 5 cm X 2,5 cm ou 6,5 cm X
3,2 cm), parfois très largement ovales (par exemple 5 cm X 3,5 cm), arrondi
ou très souvent nettement cordé à la base, rarement en coin très obtus,
à plus grande largeur généralement en dessus du milieu, brusquement ou
assez brusquement rétréci vers le sommet qui est presque toujours obtus
ou très obtus, avec parfois un obscur acumen très court et très obtus et
émarginulé. Limbe très coriace, cassant, glabre à la face supérieure (sauf
tout au début), la face inférieure densément recouverte d’un tomentum
rouille. Ce tomentum devient grisâtre sur les feuilles plus âgées et persiste
longtemps, donnant à la face inférieure du limbe un aspect gris cendré.
Sur les très vieilles feuilles ce tomentum finit par disparaître. Nervure
principale plane en dessus, saillante dessous (parfois un peu saillante à la
face supérieure, en légère carène). Nervures secondaires, 10-15 paires,
finement imprimées dessus, planes ou à peine saillantes à la face inférieure,
se réunissant en arcs à 3,5 mm des marges. Réticulation non visible. Marges
légèrement épaissies et révolutées.
Source : MNHN, Paris
— 221
Inflorescences axillaires, courtes (2 cm au plus), à axes robustes, tomen-
teux roussâtres. Deux-trois ramifications latérales courtes, portant les
fleurs plus ou moins rassemblées à leur sommet. Fleurs mâles et femelles
dans les mêmes inflorescences. Bractées, qui sont à l’aisselle des ramifica¬
tions, ovales triangulaires, caduques, très tomenteuses extérieurement,
atteignant 2 mm sur 1,5 mm, coriaces. Bractées florales plus petites, cadu¬
ques: Fleurs mâles brièvement pédicellées (1-2 mm), le pédicelle robuste.
Sépales 3 (-4), ovales triangulaires (3-3,5 mm sur 2-2,5 mm) épais, sillonnés-
ridés en long dessus, étalés à l’anthèse, obtus au sommet. (Fleur mâle
atteignant 7 mm de diamètre). Colonne staminale courte, portant à sons om-
met environ 22-27 anthères libres. Anthères atteignant 1,5 mm de longueur,
très étroites (0,25-0,3 mm) par rapport à leur longueur, portées par des
filets plus courts qu’elles, mais très nets (1 /5 à 1 /3 de leur longueur). Logettes
des anthères moniliformes. Fleurs femelles plus brièvement pédicellées,
parfois subsessiles; sépales épais, triangulaires (3,8 mm sur 1,8 mm), plus
aigus que les sépales mâles, plus ou moins récurvés à l’anthèse. Ovaire
ovoïde, laginiforme, densément velu ferrugineux, longuement atténué au
sommet en stigmate glabre bifide à son extrémité. Une loge uniovulée.
Fruit vu seulement très jeune, plus ou moins ovoïde, un peu rostré au
sommet, avec plusieurs carènes longitudinales.
Espèce caractérisée par ses feuilles relativement petites, au plus 2 fois
plus longues que larges, à limbe très coriace, arrondi ou cordé à la base,
à face inférieure du limbe d’abord pubescente roussâtre puis grisâtre,
puis glabre. Nervures secondaires visibles dessous mais non saillantes ou
à peine.
BIBLIOGRAPHIE
Heckel, E. — Sur quelques plantes à graines grasses nouvelles ou peu connues des
colonies françaises, et en particulier de Madagascar, Ann. Mus. Col. Marseille,
ser. 2, 6 : 257-295 (1908).
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300-303 (1910).
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Bot. Appl. 29, 321-323 : 407-412 (1949).
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des Comores, 79 e famille (1952).
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Laboratoire de Phanérogamie.
Muséum. Paris.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 13 (2) 223-227, 1973.
CINNADEN1A Kosterm.
GENUS NOVUM LAURACEARUM
A. J. G. H. Kosterm ans
Arbores foliis ahernantibus, floribus paniculatis vel subracemosis axillaribus exin-
volucratis bisexuatibus vel dioeceis, tepalis 6, staminibus 9-12 omnibus glandulosis, antheris
magnis quadrilocellalis inlrorsis, floribus femineis slaminodiis numerosis glandulosis,
ovario sessili; fructus cupula plana incrassata imposilus.
Species unica : C. paniculaia (Hooker f.) Kostermans
Hooker f., who described Dodecadenia paniculaia in 1886, expressed
already his doubts about its generic status. His assumption, that the
young inflorescence should hâve involucrating bracts like those of Dodeca¬
denia grandiflora, proved to be wrong. Although no bracts hâve been
observed in the material at hand, the very small scars are evidence for this.
The paniculate inflorescence, the general composition of the flower and the
slightly thickened fruit pedicel with a small cupula, places this genus near
Cinnamomum, from which it diflers, however, by the very large anthers.
the dioecious flowers and the large number of glands. The genus could
eventually be included into Ocotea, but the presence of large staminodes
prevents this. Ocotea veraguazensis has also numerous glands, an exception
in Ocotea and this species is quite different in general appearance from
Pleurothyrium , where a large number of glands is the rule.
C. paniculaia is apparently dioecious, but apart from female flowers
with stipe like stamens and male flowers with a slender ovary, complété
with style and stigma, I found that one specimen had anthers in the female
flowers, although these were smaller than those of male flowers; it could
not be ascertained whether they contained pollen.
Liou Ho created the subgenus Octolitsea for his Litsea liyuyingii,
a synonym of C. paniculaia, to accomodate this species.
Cinnadenia paniculata (Hooker f.) Kosterm., comb. nov,
— Dodecadenia paniculaia Hooker f. (basionym), Fl. Brit. India 5:181 (1886); Griffith.
Itiner. Notes : 113 (1848) ( Teiraniherà); Gamble, Man. Ind. Timbers, ed. 2 : 574
Source : MNHN, Paris
d
Source : MNHN, Paris
— 225 —
(1902); Brandis, Indian Trees : 531 (1906); Kanjilal et al., FI. Assam 4 : 93 (1940);
Kostermans, Bibl. Laur. : 478 (1964). — Typus : J. D. Hooker s.rt., Sikkim (K);
syn-typus : Clarke s.n. (= 3436 ) (K, LE), Griffith 2472 (BM, K), Bhotan 2 Sassee.
— Tetranthera chartacea var. (3 areolata Meissner ex Hooker f., I. c.; Kostermans
1. c. : 1384.
— Tetranthera chartacea auct. (non Wallich), Meissner in DC., Prodr 15 (1) : 186
(1864), p.p. quoad specim. J. D. Hooker, Sikkim, fr, (K.).
— Litsea liyuyingii Liou ho, Bull. Soc. Bot. France 80 : 566, fig. 1 (1933); Allen, Ann.
Missouri Bot. Gard. 25 : 380 (1938); Wu Chen I, List Spermatoph. Yunnan I :
23 (1959) (Chinese); Kostermans, Bibl. Laur. : 842 (1964). — Typus : Henry 12839
(E, NY).
Emended description :
Tree, 15-30 m high, glabrous in most of its parts; top of branchlets
and end bud slightly, minutely silky. Leaves spirally arranged, coriaceous,
elliptic to subovate-elliptic, or narrowlv ovate-elliptic, 3,5 X 10-5,5 x 18-
8 x 20 cm, gradually acutish, base rounded or shortly acute, both sur¬
faces smooth (looking pitted under the high power lens), upper one
glossy, midrib fiat, slightly impressed, laterals filiform, slightly impressed,
lower one pale, practically glabrous, glaucous; (under the lens eroded),
midrib prominent, laterals 8-12 pairs, slender, prominulous, erect-patent
to somewhat steep, arcuate, often forked. Petiole 1,5-2,5 cm long.
Male panicles many-flowered, up to 7 cm long, slightly, minutely
appressed pilose towards the apices of the racemose branchlets. Pedicels
3-6 mm long, slender. Flower buds depressed globose. Tepals ovate,
acutish, 3 mm long. Stamens 9-12 (up to 32), filament slender, anthers
oblongor oblong-truncate, large, with large, introrse cells; inner ones
(or ail) provided with glands; ovary very narrow with style and discoid
stigma or none. Female and bisexual (?) flowers in 3-5 cm long, few-
flowered panicles; pedicel up to 8 mm long, filaments shorter than in the
male flowers, ovary glabrous, ellipsoid-ovoid with short style and inconspi-
cuous or peltate stigma. The perianth drops as a whole (a ring).
Fruit club-shaped, 13 X 25 mm, obtuse; cup 2-4 mm high, fleshy,
5-8 mm diam. at the apex, pedicel 1 cm long, slightly thickened towards
the apex.
Anatomy :
The following anatomical investigation was carried out at the Leiden
Rijks Herbarium by Mr. Baas (N.L. Bor 42, Naga Hills, Assam).
The leaf. Adaxial epidermis composed of unspecialized cells with
slightly undulating anticlinal walls. Unspecialized cells of abaxial epi¬
dermis with strongly undulated anticlinal walls and low dome-shaped
periclinal outer walls. Cuticle of abaxial epidermis warty. Stomata
confined to lower surface, paracytic. Unicellular hairs with thick walls
and a much narrowed base sparsely distributed on lower surface. Meso-
phyll composed of 2 layers of adaxial palisade cells and spongy tissue,
interspersed with oil cells. Petiole and midrib supplied by a single flattened
and broad vascular strand. Minor and major veins vertically transcur-
Source : MNHN, Paris
— 226 —
Fig. 2. — C'inadennia paniculata (Hook. f.) Kosterm. (Bor 42, K) : left, infrutescence and fruit
x 1 ; a, female flower x 20; b, ovary x 20; c, staminode X 20.
rent by sclerenchymatous girders. Brachysclereids présent in ground
tissue of petiole. Minute prismatic to needlesshaped crystals présent in
mesophyll, particularly in vicinty of veins.
Young twig (c. 4 mm in diameter). Corck superficial. Perivascular
sclerenchymatous ring composed of fibre groups and stone cells with uni¬
latéral (adaxial) wall thickenings. Secondary phloem with only very few
fibres differentiated in it. Secondary xylem transversed by narrow 1-
or 2-seriate heterogeneous rays. Vessels solitary and in short radial mul¬
tiples. Perforation plates simple but a few scalariform with a low number
of bars. Intervessel pits alternate. Vessel-ray pits large and simple,
horizontally elongated. Parenchyma very scanty difuse and paratrachéal.
Pith homogeneous, composed of thin-walled lignified cells.
The description of the végétative anatomy given above agréés very
well with the general account given for Lauraceae by Metcalfe and Chalk
(1950), Anatomy of the Dicotyledons. Oxford.
Distribution : Bhutan, Assam, Burma.
Specimens examined : China (Yun Nan) : Szemao, fl. Henry 12839 (P.); Bhutan :
Chukka Dimper, ait. 1 300 m, tree 10 m, Oct., buds, Cooper 4929 (BM). — Assam : Jowai,
fl. male), Griffith s. n. (BO, K, L); ibid., buds, w ing's Coll. s. n. (BM, K); Naga Hills,
Jakkama, ait. 1 600 m, young fr., Bor 2825 (B0) and Nov., fl. (male), Bor 42 (BO, K);
Source : MNHN, Paris
— 227 —
ibid., small tree, March, buds, Bor 6368 (K); Kehrima, ait. 1 700 m, tree 17 m, March,
hermaphr. fis., Bor 2825 (K); ibid.,Nov., fis. cream, Kingdon Word 12508 (BM); Zakhoma,
2 000 m ait., rather common, Nov., fl., Kingdon Word 19060 (BM); Munipore, Moa,
ait. 1 800 m, Oct., male fis., Clarke 43361 (BM, K); Sikkim, Mile, ait. 1 000 m, tree 33 m
spreading, April, fr. pink, Clarke 27565 A (K). — Burma : locality not indicated, Forest
Ranger s. n. (BO), stouter panicles, fewer laterals nerves.
Herbarium Bogoriense.
BOGOR. INDONESIA.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 13 (2) 229-234, 1973.
ÉTUDE MORPHOLOGIQUE DE LA SURFACE POLLINIQUE
DE PONTHIEVA MACULATA Lindl. ( ORCHID A CEAE)
EN MICROSCOPIE ÉLECTRONIQUE A BALAYAGE 1
par Dominique Dulieu
Sommaire : L’étude des différentes régions de la pollinie de Ponlhieva macula tu
Lindl., à l'aide du microscope électronique à balayage, permet une analyse approfondie
de la surface externe de l'exine; il a été mis en évidence une grande variation mor¬
phologique à la surface d’une même pollinie. Cette étude ouvre la voie à des recherches
palynologiques ultérieures, mais il est à remarquer que des résultats obtenus n’auront
de valeur systématique que dans la mesure où les diagnoses seront effectuées en des
points précis de la masse pollinique, préalablement déterminés.
Cette étude palynologique entre dans le cadre d’un ensemble de recher¬
ches menées depuis 1971, au Laboratoire de Palynologie de l’E.P.H.E.,
Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris.
Bien que les appareils polliniques des Orchidées aient fait, depuis le
début du xix e siècle l’objet d’un grand nombre de travaux et de publi¬
cations, la Palynologie, au sens strict, de ce groupe (étude de la morphologie
de l’exine) n’a été abordée que ponctuellement 2 . Des apports importants
ont été fournis cependant par les travaux cytologiques de Chardard (3),
en particulier en ce qui concerne la stratification de l’exine dans le genre
Phajus (4). Il a donc été établi un programme de recherches concernant
les représentants de plusieurs groupes, parmi lesquels la sous-famille des
Neottioidaee, à laquelle apaprtient le genre Ponlhieva R. Br.
SYSTÉMATIQUE :
Le genre Ponlhieva R. Br. fait partie, selon Pfitzer (7), de la sous-
tribu des Cranichidae (tribu des Neolliinae); Dressler et Dodson (4),
réduisent ce groupe au rang d’alliance à l’intérieur de la sous-tribu des
Spiranthinae (tribu des Neottinae).
1. Cette étude fait partie d’un programme de recherches pluridisciplinaires sur les
Orchidaceae, mené en collaboration avec P. A. Schafer — Laboratoire de Systématique
et Géobotanique méditerranéennes, rue A.-Broussonet, 34000 Montpellier.
2. Malgré le travail palynologique précurseur de F. Bauer (1830-1838) >, la morpho¬
logie de l'exine n'a guère servi dans les classifications de cette famille (2).
Source : MNHN, Paris
— 230 —
PI. 1. — Ponthieva maculata : 1, aspcci schématique général de la pollinie x 130 (r = rétinacle,
c = caudicule. i - zone intermédiaire, lp = lobule pollinique, / = zone terminale de la
pollinie); 2, base de la zone caudiculaire. présentant des tétrades allongées à structure
réticulée x 730; 3, zone caudiculaire proprement dite, à tétrades arrondies disposées en
écailles x 370; 4, tétrades de la zone caudiculaire terminale, imbriquées, réticulées à
mailles arrondies x 730; 5, détail d'une tétrade de la zone caudiculaire terminale x 3 700
(e — éléments sculpturaux, à l'intérieur des lumières, lp = tectum partiel continu);
6, détail d’une tétrade de la zone caudiculaire terminale; bourrelet exinal recouvrant la
tétrade suivante (clichés faits au Laboratoire de Géologie du Muséum).
Source : MNHN, Paris
— 231 —
Cette alliance centrée sur le genre Cranichis Sw., comportant une
dizaine de genres, dont le genre Ponthieva, est caractérisée par des pollinies
« compactes » comparables à celles de groupes réputés plus évolués (sous-
famille des Epidendroideae) à l’opposé des autres Neottioideae, qui possèdent
des pollens « granuleux » (monades ou tétrades libres) ou « sectiles » (mas-
sules libres) au sens de Reichenbach (3).
L’espèce considérée, Ponthieva maculata Lindl., originaire du Véné-
zuela, est très cultivée en raison de ses qualités ornementales.
CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE LA POLLINIE
Les pollinies ont été prélevées sur des échantillons vivants, provenant desserres du
Muséum de Paris; les pollens ont été métallisés et observés au M.E.B. sans acétolyse
préalable.
La pollinie étudiée, de type compact, présente deux lobes correspon¬
dant chacun à une loge d’anthère. Ces lobes sont eux-mêmes divisés en
deux lobules semblables (fig. 1).
La zone caudiculaire s’individualise progressivement sans discontinuité
avec la masse pollinique proprement dite. L’organe de fixation est du type
le plus simple (rétinacle).
Observations : La pollinie présente, en fonction des diverses régions
(fig. 1), une structure de l’exine différente; les tétrades périphériques,
complètement calymmées (6), inaperturées, à exine ornementée, se répartis¬
sent en effet en plusieurs catégories distinctes :
Zone caudiculaire :
— Base: Les unités polliniques, à fonction de soutien, probablement
stériles, observées dans cette zone proche du rétinacle ont tout d’abord
une forme allongée, suivant l’axe de la caudicule. L’exine présente une
réticulation plus ou moins nette; l’empâtement des structures est proba¬
blement lié aux sécrétions de l’assise tapétale (fig. 2).
— Zone caudiculaire proprement dite: la structure de cette région est
nettement réticulée, tectum partiel continu, à mailles fermées, plus ou
moins arrondies. L’importance relative des lumières et du tectum est très
variable dans cette zone.
On note également la présence d’éléments sculpturaux assez nombreux
à l’intérieur des mailles du réseau.
La caractéristique essentielle de cette région est la disposition squami-
forme des tétrades. Chacune de celles-ci présente une extrémité recouverte
et une extrémité recouvrante (bourrelet marginal), à la manière des tuiles
d’un toit (fig. 3-6).
Source : MNHN, Paris
— 232 —
PI. 2. — Ponthieva maculata : 7, tétrades de la zone intermédiaire, squamiformes, à tectum
partiel discontinu à mailles polygonales, plus ou moins irrégulières x I 600; 8, détail
du réseau au niveau du bourrelet exinal d’une tétrade x 3 900; 9, tétrade de la zone
pollinique terminale x 5 500 (rc = tectum partiel continu au niveau du bourrelet, td =
tectum partiel discontinu, cl — columelles libres (disparition du tectum); 10, tétrades
de la zone pollinique terminale ne présentant pas de tectum, à columelles entièrement
libres x 3 700; 11, détail des têtes de columelles de la zone pollinique terminale : colu¬
melles capitées ou digitées; quelques têtes voisines sont soudées entre elles, formant
ainsi une ébauche de tectum x 7 300. (Clichés M.E.B. faits au Laboratoire de Géologie
du Muséum.)
Source : MNHN, Paris
— 233 —
Zone intermédiaire :
Cette zone, également squamiforme, présente essentiellement un tectum
partiel discontinu, à mailles ouvertes, anguleuses. La largeur du tectum
partiel semble constante à la différence de la zone précédente.
On observe, par ailleurs, de nombreux éléments sculpturaux à l’intérieur
des mailles (fig. 7, 8).
Zone pollinique terminale :
L’ensemble des tétrades de cette région présente une structure qui
fait suite à la précédente.
Le tectum partiel ne subsiste qu’en quelques endroits, en particulier
au niveau du bourrelet marginal; ce phénomène est particulièrement net
sur la figure 9, où une seule tétrade présente à la fois trois types de structure :
— tectum partiel continu (réseau à mailles plus ou moins réduites
et irrégulières);
—- tectum partiel discontinu, correspondant à la soudure de quelques
têtes de columelles voisines.
Ce tectum disparaît presque totalement au centre de la tétrade, où
l’on observe plus que des columelles libres.
Ces observations illustrent donc les différences notables de structure
qui existent à la surface d’une même pollinie. Par ailleurs, il est remarquable
que ces structures présentent toutes les formes de transition, sans qu’il
soit possible de localiser une région avec précision.
CONCLUSION
Les résultats de cette étude sur les pollens d'Orchidaceae obtenus
à l'aide du M.E.B. mettent en évidence l’intérêt de cette technique (6), en
particulier pour la diagnose des pollinies compactes, dont la structure
est spécialement délicate à analyser au microscope photonique.
En outre, ils mettent en lumière la difficulté qu’il y a à utiliser les
caractères structuraux de l’exine à des fins systématiques et phylogéniques
chez les Orchidaceae. Les descriptions doivent en particulier être effectuées
sur des zones parfaitement définies de la pollinie, si l’on veut établir des
correspondances entre structures de divers genres ou espèces.
La zone terminale de la pollinie apparaît comme étant la plus stable
sur le plan palynologique; c’est dans cette zone que l’on observe un maximum
de tétrades bien formées. La zone intermédiaire et la zone caudiculaire
comportant une forte proportion de tétrades stériles ou avortées sont d'une
interprétation systématique plus délicate. Des études analogues menées
sur d’autres genres nous ont également amené à considérer l'orientation
dorso-ventrale de la pollinie pour l’établissement d’une diagnose paly¬
nologique.
Source : MNHN, Paris
— 234 —
BIBLIOGRAPHIE
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Laboratoire de Palynologie de l'E.P.H.E.
Muséum National d'Histoire Naturelle.
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Adansonia,
r. 2, 13 (2) 235-239, 1973.
THE GENUS BRASSA VOLA AS AN EXAMPLE
OF INFRAGENERIC EVOLUTION IN THE ORCHIDACEAE
by H. G. Jones
Summary : A synopsis of the four taxonomie sections of the Orchid genus, Brassa¬
vola ; and a brief discussion of its infrageneric évolution, with spécial référencé to the
geographical distribution of the component species.
The genus Brassavola was established by the English botanist, Robert
Brown, in the fifth volume of Aiton’s Hortus Kewensis (1813), on the basis
of a species which had been designated Epidendrum cucullatum by Linnaeus
in the second édition of Species Plantarum (1763). Brown gave no indica¬
tion as to the origin of the generic name, but it is believed to hâve honoured
the early Italian scientist, Dr. Antonio Musa Brassavola (1500-1555), a
pupil of Leonicenus, who subsequently became Professor of Logic, Physics
and Medicine at the University of Ferrara. He is also said to hâve per-
formed tracheotomy and is, moreover, credited with the remarkable achieve-
ment of having diagnosed more than two hundred different kinds of syphilis.
The geographical area covered by the distribution of the genus falls
naturallv into three main régions: (1) Mexico and Central America —the
phytogeographical région known to biologists as Middle America; (2) the
islands of the West Indies; and (3) South America. As I hâve indicated
elsewhere (Jones 1967), the main centre of distribution for the genus un-
doubtedly lies in the first of these three régions, with two branches or
channels of dispersai: one extending down through the West Indies to
Trinidad; and the other through northern South America —where there
appears to be a secondary centre of distribution in Colombia — to Ar-
gentina. On the basis of these three régional divisions, the species and varie-
ties of Brassavola may be split up into five smaller groups, as follows:
A: Taxa common to ail three régions.
B: Taxa peculiar to Middle America.
C: Taxa shared by Middle America and the West Indies.
D: Taxa peculiar to the West Indies.
E: Taxa peculiar to South America.
Source : MNHN, Paris
— 236 —
The genus Brassavola, as I understand it, consists of twenty species
and five varieties. Table 1, below, contains a statistical analysis of these
twenty-five taxa, based upon the five groups described above; while in
Table 2, 1 hâve attempted to chart their infrageneric évolution, based upon
the characters of gross morphology and floral anatomy, which Dressler
(1960) and Swamy (1949) hâve shown to be the most reliable in evaluating
the relative evolutionary position of orchid taxa. It was most interesting
to note that when the species and varieties were arranged in this pattern,
it was also possible to distinguish quite clearly the five geographical groups
mentioned above.
Statistical analysis of Brassavola: for définition of groups, see text.
Classification
Genus
§1
§2
§3
§4
Group A.
8 %
2
0
1
0
1
Group B.
32 %
8
3
1
0
Group C.
4 %
1
0
0
0
1
Group D .
12%
3
0
0
0
3
Group E .
44 %
11
0
0
11
0
Total.
100 %
25
3
2
11
9
Taxonomists hâve divided the genus into four sections (Rolfe 1902,
Schlechter 1919, Jones 1969), which may be keyed as follows:
Leaves broad and fiat; flowers relatively large. Sect. 1. Grandiflorae
Leaves narrow, terete or semiterete; flowers smaller :
Apex of the labellum attenuated to a long, slender point.... Sect. 2. Brassavola
Apex of the labellum not attenuated;
Labellum sessile, broadening abruptly outwards from the base.
Sect. 3. Sessililabia
Labellum cuneiform, base constricted to a narrow, claw-like tube...
Sect. 4. Cuneilabia
In regard to the above sections, the following may be said:
Sect. I. GRANDIFLORAE
This large-flowered section, which is confined geographically to the
M iddle American région, consists of only three taxa ; B. glauca, B. digbyana
and B. digbyana var. fimbripeta/a ; but these hâve always been a source of
much controversy among taxonomists, who hâve moved them back and
forth between the généra Brassavola , Laelia and Rhyncholaelia with bewilde-
ring frequency. However, the results of recent research by Dressler
(1959) hâve proved conclusively that they fit into Brassavola better than
they do elsewhere. This view was subsequently given unintentional support
Source : MNHN, Paris
— 237 —
by a meraber of the “ opposition Osterreich (1967) —apparently not
realizing that B. cucullata is the generic type of Brassavola — suggested
that this species should also be transferred to Rhyncholaelia!
In the species of Sect. Grandiflorae, the flowers are usually borne singly
on a terminal peduncle; but B. digbyana occasionally produces an abnormal
type of fasciculate inflorescence —a condition which has also been recorded
for at least one species in each of the other three sections (Jones 1967,
Pabst 1955). This type of abnormal inflorescence in the Orchidaceae
may be compared with what is known as the “ witches’ broom ” pheno-
mena— a pathomorphological condition affecting the foliage and inflores¬
cence of certain other plant families (Bos 1957).
TABLE 2 .
Source : MNHN, Paris
— 238 —
Sect. 2. BRASSA VOLA
This is the smallest section of the genus, consisting of only one species
and one variety: B. cucullata and B. cucullata var. elegans. It is a singu-
larly happy coincidence that B. cucullata happens to be the taxonomie
type of Brassavola ; for it also appears to be the most primitive species of
the genus, and may, therefore, be regarded as the evolutionary type as well.
The narrow seimterete foliage of B. cucullata is certainly the dominant
foliage-type of the genus —being found in three of the four sections, with
Sect. Grandiflorae as the exception. The unusual form of the floral pe-
duncle, however, and the long stérile beak to the ovary together provide
a strong connecting link between the sections Brassavola and Grandiflorae.
It has also been observed that the nocturnal fragrance which is found
in some of the more advanced species of sections Grandiflorae and Cuneilabia
is less pronounced in B. cucullata. In the former taxa, the reproductive
organs are usually concealed within a narrow tube formed by the overlap-
ping margins of the side-lobes of the Iabellum; therefore the nocturnal
fragrance appears to be a later feature, evolved for the purpose of guiding
insect-pollinators (Dodson 1969, Dressler 1968, Hills 1968). In B.
cucullata, however, the Iabellum is completely explanate, and the reproduc¬
tive organs readily accessible to pollinators.
Sect. 3. SESSILILABIA
There are nine species and two varieties in this section, which is the
largest of the genus, and is confined geographically to the South American
continent. Two evolutionary groups are discernible among the taxa,
which were treated by Schlechter (1919) as two distinct sections. In
the first group, consisting of B. amazonica, B. angustata, B. martiana and
B. martiana var multiflora, the Iabellum is relatively narrow, with fimbriate
margins; and the taxa are largely of northern distribution —extending from
the Guianas through Venezuela and Colombia to northern Brazil. The
second group consists of B. tuberculata, B. fragrans. B. perrinii, B. ceboletta,
B. ceboletta var. fasciculata and B. retusa : here the iabellum is broader,
with unbroken margins, and the taxa are found mainly in Brazil, Peru,
Bolivia, Paraguay and northern Argentina. The différence between the
two groups, however, is somewhat blurred by the existance of B. gardneri,
which undoubtedly represents an intermediate stage of evolutionary develop¬
ment (Jones 1970, 1971).
Sect. 4. CUNEILABIA
This is the second largest section, with seven species and two varieties
(Jones 1972, 1972a). From the point of view of floral morphology alone,
these taxa probably represent the most homogeneous section of the genus;
but nevertheless, as in the preceding section, two evolutionary trends are
again discernible —only here, the two groups are much more clearly defined.
The first consists of B. nodosa with its varieties venosa and grandiflora,
B. rhopalorrhachis, B. subulifolia. B. harrisii and B. gillettei — in which the
Source : MNHN, Paris
— 239
flowers are borne on relatively tall, terminal racemes: and the taxa are
widely distributed from Mexico, through the West Indian islands to nor-
thern South America (Jones 1968, 1969a).
The second group consists of only two species, B. acaulis and B. lineata,
which are confined to a relatively small area of Central America; and in
which the form of the inflorescence is completely different from that of any
other group in the genus — the flowers being borne on short, latéral shoots,
singly in B. acaulis, but 2-3-flowered in B. lineata. On the basis of this
characteristic alone, which marks the group as one of the most advanced in
the genus, it may eventually prove worthwhile to place B. acaulis and
B. lineata in a separate section. One hésitâtes to propose new taxa in a
family such as the Orchidaceae, where so many already exist; but never-
theless, where these resuit in a more meaningful picture of orchid-relation-
ships as a whole, or contribute towards our better understanding of their
évolution, the step should certainly be taken.
REFERENCES
Bos, L. — Hekesenbezemverschijnselen, een pathologisch-morfologisch onderzoek.
Belmontia 4 : 1-79 (1957).
Dodson, C. H. — Biologically active compounds in Orchid fragrances. Science 164 :
1243-1249 (1969).
Dressler, R. L. — Relationships of Brassavola digbyana. The Orchid Review 67 : 155-
156 (1959).
— Classification and Phylogeny in the Orchidaceae. Annals of the Missouri Botanica!
Garden 47 : 25-68 (1960).
— Pollination by Euglossine Bees. Evolution 22 : 202-210 (1968).
Hills, G. H. — Identification of some Orchid fragrance compounds. American Orchid
Society Bulletin 37 : 967-971 (1968).
Jones, H. G. — Preliminary contribution towards a révision of the genus Brassavola
R. Br. of the Orchidaceae. Boletim da Sociedade Broteriana 41 : 5-21 (1967).
— A New orchid species of the genus Brassavola (§ Cuiieilabia) from the West Indian
island of Jamaica. Acta Societatis Botanicorum Poloniae 37 : 255-259 (1968).
— A Note on the genus Brassavola (Orchidaceae ). Folia Geobotanica et Phytotaxo-
nomica 4 : 327-330 (1969).
— Die Gattung Brassavola in Westindien. Die Orchidée 20 : 181-186 (1969).
— Studies in Brassavola. I. Phyton 14 : 31-35 (1970).
— El género Brassavola en Suramérica. Orquidcologia 6 : 149-154, 210-216 (1971).
— Studies in Brassavola. II. American Orchid Society Bulletin 41 : 493-496 (1972).
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Osterreich, H. — Uber die Pollinienzahl bei Brassavola cucullara (L.) R. Br. und
Laelia glauca (Lindl.) Bth. Die Orchidée 18 : 253-256 (1967).
Pabst, G. F. J. — As orquideas do Herbârio do Instituto Agronômico do Norte. Arquivos
de Botânica do Estado de Sào Paulo 3 : 117-159 (1955).
Rolfe, R. A. — The genus Brassavola. The Orchid Review 10 : 65-70 (1902).
Schlechter, R. — Die Gattung Brassavola R. Br. Orchis 13 : 41-59 (1919).
Swamy, B. G. L. — Embryological Studies in the Orchidaceae. II. American Midland
Naturalist 41 : 202-232 (1949).
P.O. Box 111 - Bridgetown
Barbados - West Indies.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 13 (2) 241-248, 1973.
LES « BOIS DE LAIT »
DES ILES MASCAREIGNES
par F. Markgraf et P. Boiteau
On désigne sous le nom de « Bois de lait », tant à La Réunion qu’à
l’île Maurice, plusieurs petits arbres ou arbustes sécrétant, quand on entaille
leurs écorces, un latex blanc abondant. Ils appartiennent à la famille des
Apocynacées et ont retenu de bonne heure l’attention des collecteurs. Dans
l’herbier du Muséum de Paris, figurent encore les échantillons récoltés
en 1771 par Commerson sur lesquels cet auteur écrivait : « Petit bois de
lait — Les nègres en font des cuillers et des sébilles. »
Ces arbres furent rangés tant par Jacquin (1) que par Poiret (2) dans
le genre Tabernaemontana de Linné (3). C’est encore dans ce genre que les
maintenait M. Pichon (4) en 1949, dans sa « Révision des Apocynacées
des Mascareignes et des Seychelles ».
Cependant, au cours des travaux plus récents, la tendance s’est géné¬
ralisée de réduire le genre Tabernaemontana à son sens strict, en ne lui
attribuant plus que certaines espèces américaines, tandis que de nouveaux
genres étaient admis ou créés pour le classement des autres Tabemaemon-
tanées. C’est ainsi que les anciens Tabernaemontana de Madagascar ont
été récemment reclassés par F. Markgraf (5) dans le genre Pandaca
Noronha ex Dupetit-Thouars (6).
RATTACHEMENT AU GENRE PANDACA :
Dans l’esprit qui a entraîné le démembrement du genre Tabernaemon¬
tana, deux solutions étaient possibles pour le classement des « Bois de lait »
des Mascareignes : les rattacher aux Pandaca ou bien en faire un genre
particulier.
Dès 1935, dans le cadre des genres qu’il créait pour les Tabernaemon-
tanées d’Asie et d’Océanie, F. Markgraf (7) avait proposé un genre nou¬
veau pour l’une des espèces qui nous intéresse : le Tabernaemontana tel-
fairiana Wall, indiqué à tort par l’auteur de cette espèce comme originaire
de l’Inde, le genre Oistanthera Mgf.
Source : MNHN, Paris
— 242 —
Pichon (8) de son côté, tout en maintenant les « Bois de lait » dans le
genre Tabernaemontana, créait pour eux le sous-genre Lepidosiphon, caracté¬
risé par la présence d’appendices latéraux au sommet des nervures stami-
nales du tube de la corolle, ou à la base du filet des étamines. Tout en
créant ce sous-genre, il signalait déjà l'existence, à l’état rudimentaire,
de formations analogues chez d’autres Tabernaemontanées, parmi les¬
quelles l’un des Pandaca malgaches P. refusa (Lam.) Mgf.
En fait, l’étude morphologique détaillée des diverses espèces du genre
Pandaca a permis de constater que de tels appendices staminaux sont non
seulement présents à l’état rudimentaire chez plusieurs Pandaca. mais
qu’ils atteignent même chez d’autres, par exemple P. minutiflora (Pichon)
Mgf., un développement au moins égal, sinon supérieur, à celui des espèces
des Mascareignes.
Il est donc apparu impossible d’établir sur ce seul caractère un genre
particulier. C’est pourquoi le parti le plus sage paraît être de ranger les
« Bois de lait » des Mascareignes dans le genre Pandaca , aux côtés des
espèces malgaches, ce qui est d’ailleurs satisfaisant également sur le plan
de la répartition géographique, les îles Mascareignes étant souvent consi¬
dérées comme appartenant à la région malgache au sens large.
RÉVISION DES ESPÈCES :
Nous avons examiné, non seulement le matériel conservé au Muséum
National d’Histoire Naturelle de Paris, mais encore celui que nous a aima¬
blement communiqué la Direction du Jardin Botanique Royal de Kew.
L’un d’entre nous a également examiné les quelques échantillons conservés
à Montpellier et à Marseille (Herbier Jacob de Cordemoy). Nous avons,
d’autre part, tenu compte des observations de Pichon sur l’herbier du
Mauritius Institute (4).
Nous avons eu aussi à identifier du matériel reçu en vue d’études chi¬
miques et ceci nous a amené à constater qu’on confond souvent sous le
nom de « Bois de lait », à côté des espèces autochtones que nous rattachons
au genre Pandaca, diverses Tabernaemontanées introduites et cultivées,
dont nous croyons utile de dire un mot, afin d’éviter d’éventuelles confusions.
Bojer, qui fut le premier à traiter de ce sujet dans son Hortus Mauri-
tianus (9) considère qu’il existe quatre espèces de « Bois de lait », dont
trois précédemment décrites : Tabernaemontana mauritiana Poir., T. persi-
cariaefolia Jacq. et T. telfairiana Wall., auxquelles il ajoute : T. parvifolia
Boj.
En 1844, Alph. de Candolle (10) change le nom donné par Bojer
(car une espèce américaine avait déjà reçu ce même nom de Poiret). Il
devient T. micrantha DC. Il cite en outre un T. obtusa Sm., présent à Bourbon
et Maurice, soit au total 5 espèces.
Baker (11), en 1877, réduit à trois le nombre des espèces qu’il retient.
11 identifie T.amygdalifolia Sieber au T.persicariaefolia Jacq.; de même que
T. squamosa Sieber à T. mauritiana Poir. et considère T. micrantha DC.
comme une simple variété à petites fleurs de ce dernier.
Source : MNHN, Paris
— 243 —
Source : MNHN, Paris
— 244 —
Jacob de Cordemoy (12) énumère quatre « Bois de lait » : T. persi-
cariaefolia Jacq., T. mauritiana Poir., T. obtusa Sm., à propos duquel il
écrit : « Ne serait-ce pas une simple forme du T. mauritiana dont les feuilles
sont très variables? », et T. borbonica Lam. Il est le premier à noter, à notre
connaissance, la toxicité du latex.
Enfin, Pichon (4), dans la révision déjà mentionnée, ne retient plus
que trois espèces :
Tabernaemontana mauritiana Poir. dont il donne la synonymie complexe ;
T. persicariaefolia Jacq. qu’il considère avec la précédente comme
« reliées par quelques termes de transition. »
T. telfairiana Wall, dont il n’a pu voir le matériel.
En ce qui concerne T. telfairiana Wall., nous avons reçu grâce à l’obli¬
geance du Jardin Royal de Kew, une photo du type (Kew négative n°
12 333), C. Telfair 1574, ainsi qu’un autre échantillon également récolté
par Telfair, aimablement annoté de la main de P. Taylor (note datée
de mai 1971) : « These seems to be a part of the type of T. telfairiana Wall,
ex Lindley and watches the sheet in the Wallich herbarium ». L’analyse
d’une fleur de cet échantillon, les mensurations comparées et la comparaison
de la photo du type avec le matériel de T. mauritiana Poiret en notre posses¬
sion, ne nous laissent aucun doute sur l’identité des deux espèces.
Quant aux « termes de transition » entre T. mauritiana et T. persica¬
riaefolia dont parle Pichon, ils n’intéressent que la forme des feuilles. Il
existe effectivement des formes de T. mauritiana à feuilles allongées, plus
étroites que dans la forme classique et plus ou moins aiguës au sommet.
De même qu’il existe chez T. persicariaefolia, surtout à la base des rameaux
stériles, des feuilles obovales plus larges que celles du type. Mais ces deux
espèces se distinguent toujours par d’autres caractères. Ainsi T. mauritiana
a généralement de petites bractées sous le calice, caractère inconnu chez
T. persicariaefolia. La tête du bouton floral est sphérique ou globuleuse
chez T. mauritiana, alors qu’elle est conique ou ogivale chez T. persicariae¬
folia. Ces caractères différentiels s’ajoutent au nombre plus élevé des ner¬
vures secondaires dans la dernière espèce citée, comme l’avait constaté
Pichon.
Il existe donc aux Mascareignes deux espèces de « Bois de lait »
autochtones et endémiques, dont nous précisons ci-dessous les caractères.
CARACTÈRES DES DEUX ESPÈCES RETENUES :
1. Pandaca mauritania (Poiret) Markgraf et Boiteau, comb. nov.
— Tabernaemontana mauritiana Poiret, Encycl. Méth. 7 : 530 (1806).
— T. parviflora Bojer (non Poiret, nec Decaisne), Hortus Maurit. : 209 (1837).
— T. telfairiana Wall., Bot. Reg., tab. 1273 (1829).
— T. obtusa Sm. in Rees, Cycl. 35 (8) (1814).
— T. squamosa Sm., I. c. n° 3.
— T. micrantha A. DC, Prodr. 8 : 370 (1844).
— T. borbonica Lamk. ex Cordemoy, Flore Réunion : 482 (1895).
— Conopharyngia mauritiana R. E. Vaughan, Maurit. Inst. Bull. 1 (1) : 59 (1937).
— Oistanthera telfairiana Markgraf, Notizbl. Bot. Gart. Mus. Berlin 12 : 547 (1935).
Source : MNHN, Paris
— 245 —
Type : Sonnerai s. n. in herbier Lamarck (holo-, P!).
Petit arbre de 3 à 5 m de haut, parfois réduit à un arbuste de 2 à 4 m
sur les lisières de forêts, sécrétant un latex blanc assez abondant; à feuilles
opposées, souvent groupées au sommet des rameaux (celles de la base
étant précocement caduques), souvent un peu inégales dans une même
paire. Feuilles distinctement pétiolées (pétiole de 10-12 mm de long),
elliptiques ou largement oblongues, 1 fois 1/2 à 2 fois 2/3 plus longues
que larges, obtuses ou plus ou moins aiguës au sommet (mais non acumi-
nées), deltoïdes ou en coin à la base, avec 8 à 12 paires de nervures secon¬
daires bien distinctes sur les deux faces; nervures tertiaires en réseau assez
lâche, visibles seulement en dessous. Stipules intrapétiolaires très nettes,
réunies deux à deux en collerette.
Fleurs en cymes dichasiales, généralement à l’aisselle de la dernière
ou de l’avant-dernière paire de feuilles, à pédoncule commun égal ou un
peu plus long que le pétiole des feuilles axillantes; pédicelles floraux de
2 à 6 mm de long, portant d’assez nombreuses petites bractées immédiate¬
ment sous le calice et dissimulant la base de celui-ci. Tube du bouton
floral tordu vers la gauche puis vers la droite au-dessous du renflement
correspondant à l’insertion des étamines; tête du bouton floral sphérique
ou globuleuse. Corolle blanche, devenant jaunâtre après l’anthèse; à lobes
obliques, un peu tordus, oblongs-lancéolés, plus courts que le tube ou
l’égalant à peine. Anthères insérées sur le tube de la corolle, terminées
par un acumen arrivant juste au niveau de la gorge du tube, queues stériles
bien développées; filet genouillé, présentant au niveau du raccordement
avec la nervure staminale du tube deux appendices latéraux crochus.
Ovaire à deux carpelles, libres entre eux à la base, soudés au sommet,
surmonté d’un style grêle, puis d’une clavoncule; clavoncule globuleuse
sur la fleur fraîche, mais marquée par les sillons verticaux que lui impriment
les étamines, peu dilatée au sommet, portant à la base une collerette à
cinq lobes, surmontée de deux apicules petits, peu distincts. Fruits rares,
formés de deux méricarpes libres, charnus au début, presque secs et déhis¬
cents ventralement à la fin. Graines nombreuses, entourées d’un arille
peu abondant, pulpeux, sucré, blanc, devenant rose ou rougeâtre après
l’ouverture du fruit (très recherché par les fourmis et les roussettes); embryon
à radicule aussi longue que les cotylédons, ceux-ci faiblement auriculés
à la base (PI. 1).
Restes de forêts, souvent non loin des ruisseaux (jamais en savane).
Répartition :
Réunion : La Rivière Saint-Denis, Boivin 1222; Le Butor, Boivin s. n.; Hauts de
Saint-Paul, Commerson 507; Le Bouton, Brogniart s. n.; Saint-Benoît, Cordemoy s. n.;
Ravine sèche, Cordemoy s. n. ; forêt de Mare-longue au-dessus de Saint-Philippe, Capuron
27.173; dos d’âne, versant ravine des galets, 700 m ait., Susplugas 2035 ; La Montagne,
chemin Arnoux, Susplugas 2036 ; Sans localité : Frappier 153; Richard 290, J. B. Potier
s. n., Fred Lallemand s. n. — Maurice : « commun dans le quartier de la poudre d’or »,,
Commerson s. n. ; Nouvelle découverte, Bojer s. n. ; Quartier militaire, Bojer s. n. ; Trou
aux Biches, Bojer s. n. ; Moka, Bijoux s. n. ; Pouce shoulder, Ph. B. Ayres 31 ; near the
summit of the Pouce, R. E. Vaughan 69; Sans localité : C. Telfair s. n.. Boulon s. n.
1. B. Balfour s. n., Sieber 85 et 86, D. Crey s. n.
Source : MNHN, Paris
— 246 —
Source : MNHN, Paris
— 247 —
2. Pandaca persicariaefolia (Jacquin) Markgraf et Boiteau, comb. nov.
— Tabernaemomana persicariaefolia Jacq., Coll. V, 139 et tab. 320 (1790).
— T. amygdalifolia Sieb. ex DC., Prodr. 8 : 369 (1844).
— T. nervosa Desf. ex DC, /. c.
— Conopharyngia persicariaefolia R. E. Vaughan, Maurit. Inst. Bull. 1, 1 : 59 (1937).
Type non vu : on s’est référé à l’excellente planche en couleur de Jacquin.
Arbuste plus ou moins ramifié dès la base, de 1,50 m à 3 m de haut,
sécrétant un latex blanc assez abondant, à feuilles opposées, généralement
égales dans une même paire. Feuilles distinctement pétiolées (pétiole de
12 à 15 mm de long), étroitement oblongues ou lancéolées, 3 à 6 fois plus
longues que larges, toujours aiguës et plus ou moins acuminées au sommet,
longuement atténuées en coin à la base, avec 14 à 25 paires de nervures
secondaires bien distinctes sur les deux faces; nervures tertiaires en réseau
lâche, peu visibles même à la face inférieure; stipules intrapétiolaires dis¬
tinctes.
Fleurs en cymes dichasiales, axillaires, le plus souvent à l’aisselle de la
deuxième ou de la troisième paire de feuilles; à pédoncule commun nette¬
ment plus long que le pétiole des feuilles axillantes; pédicelles floraux de
3 à 6 mm de long, bractées assez développées aux ramifications de la cyme,
mais toujours absentes immédiatement sous le calice. Tube du bouton
floral droit. Tête du bouton floral conique ou ogivale (jamais complètement
sphérique). Corolle épanouie d’un blanc devenant verdâtre à l’extérieur
des lobes et sur le tube, puis d'un jaune plus ou moins foncé même à l’in¬
térieur des lobes; lobes obliques, à peu près aussi longs que le tube. Anthères
à acumen dépassant un peu la gorge du tube; filet non genouillé ou à peine;
appendices de la nervure staminale moins visibles que dans l’espèce précé¬
dente, parfois réduits à un très petit lobule. Fleurs de deux types : les unes
à style court, à clavoncule globuleuse, ornée à la base d’une large collerette
à 5 lobes bifides, surmontée d’appendices pilifères plus longs que la cla¬
voncule elle-même à l’état frais; les autres à clavoncule cylindrique, non
ou obscurément costulée, portant une collerette plus réduite vers la moitié
et non à la base, surmontée d’appendices beaucoup plus courts que la
clavoncule; ce deuxième type de fleurs est longistylé. Ce phénomène d’hété-
rostylie a déjà été signalé par Stapf chez Ervatamia coronaria. Fruits rares,
constitués de deux méricarpes opposés, libres jusqu’à la base, peu renflés,
courtement apiculés au sommet (vus seulement à l’état jeune) (PI. 2).
Forêts, surtout dans les endroits élevés, montagneux, souvent en
clairières ou sur les lisières; tendrait à devenir subspontané sur les terrains
forestiers défrichés (Jacob de Cordemoy).
Répartition :
Réunion : environs de Saint-Paul, Commerson s. n. ; environs de Saint-Denis,
Commerson s. n. ; Saint-Pierre, Cordemoy s. n. ; Saint-Luc, Cordemoy s. n. (n’a été retrouvé
par aucun collecteur depuis le début du xx e siècle). — Maurice : Chateau d’eau, Mon-
Source : MNHN, Paris
— 248 —
tagne Ory, Bojer s. ». ; Bois-rouge, Bojer s. ». Montagne du Pouce, Boivin s. ». ; vallée
Pitot, Ph. B. Ayres s. ».; Amber island. Borne 141.
Ces deux espèces sont endémiques des îles Mascareignes.
ESPÈCES INTRODUITES CONFONDUES AVEC LES « BOIS DE LAIT » :
Comme nous l’avons dit, quelques Tabernaemontanées introduites,
cultivées dans les jardins mais parfois susceptibles de s’échapper dans les
endroits revenus en friches, sont confondues avec les véritables « Bois de
lait » des Mascareignes.
Il s’agit notamment d ’Ervatamia pandacaqui (Poir.) Pichon, originaire
de Nouvelle-Guinée, que nous avons reçu récemment (1972) de M. Fred
Lallemand, sous le nom de « Bois de Lait ».
D 'Ervatamia coronaria (Jacq.) Stapf, originaire de l’Inde mais introduit
depuis très longtemps Stapf (13) signalait la naturalisation de cette espèce
dans de nombreux pays d’Afrique, mais ne faisait pas expressément mention
des Mascareignes. L’espèce a été récoltée anciennement dans ces îles par
Commerson, Dupetit-Thouars et Bouton. On l’appelle souvent « Café-
fleur ».
Enfin, Tabernaemontana citrifolia L., introduit des Antilles est lui
aussi parfois confondu avec les « Bois de lait ».
Les « Bois de lait » ont joui d’une certaine popularité en médecine
populaire. Daruty (14) signale leur emploi comme astringent dans la
dysenterie, comme vermifuge et dans le traitement des blennorrhagies,
sous forme de décoctions d’écorce. Ces décoctions étaient aussi employées
parfois comme poison de pêche. La présence dans ces écorces d’alcaloïdes
indoliques a récemment été vérifiée et fera l’objet d’une publication (15).
Bibliographie
(1) Jacquin. — Coll. 4 : 139, tab. 320 (1790).
(2) Poiret. — In Lamarck, Encycl. 7 : 530 (1806).
(3) Linné. — Sp. PL, ed. 1, 2 : 210 (1753).
(4) Pichon, M. — Mémoires Inst. Scient. Madag., sér. B, 2 : 1, 37-38 (1949).
(5) Markgraf, F. — Adansonia, sér. 2, 10 : 29-33 (1970).
(6) Aubert Dupetit-Thouars. — Généra Nov. Madag. : 10 (1806).
(7) Markgraf, F. — Notizbl. Bot. Gart. und Mus. Berlin 12 : 547 (1935).
(8) Pichon, M. — Notulae Syst. 13 : 3, 248 (1948).
(9) Bojer. — Hortus Mauritianus : 209 (1837).
(10) De Candolle, A. — Prodr. 8 : 369-370 (1844).
(11) Baker. — Flora of Mauritius and Seychelles : 223-224 (1877).
(12) Jacob de Cordemoy, E. — Flore de Pile de la Réunion : 481-482 (1895).
(13) Stapf, O. — In Thiselton-Dyer, Flora of Trop. Afric. : 127 (1904).
(14) Daruty de Grandpré, Cl. — Plantes Médicinales de l’île Maurice, ed. 2, p. XIII,
XIV, 2 et 6 (1911).
(15) Picot, F., F. Lallemand, P. Boiteau et P. Potier. — (A paraître dans Phyto-
chemislry.)
F. M. : Universitât Zurich
Pelikanstrasse 40
8039 - Zurich.
P. B. : Laboratoire de Phanérogamie.
Muséum - Paris.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 13 (2) 249-250, 1973.
CADUCITÉ DU GENRE CONOPHARYNGIA G. Don
EXCLUSION DES APOCYNACEAE
DE C. LONGIFOLIA (Lam.) G. Don.
par P. Boiteau
Le genre Conopharyngia G. Don (Gen. Syst. Gard. Bot. 4 : 94, 1897)
était basé sur deux espèces précédemment rangées par Lamarck dans le
genre Plumeria L., à savoir :
— Plumeria retusa Lamarck, Encycl. 2 : 542 (1786);
— Plumeria longifolia Lamarck, loc. cit.
La première de ces espèces, Plumeria retusa Lam., est le type du genre
Pandaca Noronha ex Thouars (Gen. Nova Madag. : 10, 1806), récemment
repris par Markgraf (Adansonia, sér. 2, 10 : 29, 1970).
Elle est donc devenue Pandaca retusa (Lam.) Mgf.
La seconde de ces espèces, Plumeria longifolia Lam., est basée sur une
récolte de Commerson qui figure toujours dans l’herbier Lamarck sous ce
nom et a servi de type au Conopharyngia longifolia (Lam.) G. Don. Cette
récolte de Commerson comprenait plusieurs parts. Deux d’entre elles
figurent dans l’herbier A. de Jussieu et ont été rangées par Aublet au
n° 7022 après son Potalia amara Aubl. Cet auteur avait donc déjà considéré
qu’il s’agissait d’une Loganiaceae et non d’une Apocynaceae. La dernière
part de Commerson a été rangée dans l’herbier général de Madagascar.
A. J. M. Leeuwenberg l’a étudiée en 1960 et déterminée comme appartenant
à l’espèce Anthocleista urbaniana Gilg (voir Acta Botanica Neerl. 10 : 13,
1961).
Précédemment, d’ailleurs, M. Pichon, dans un travail d’ensemble
sur le genre Tabernaemontana (Notulae Systematicae 13 : 231, 1948, note 3
en bas de page) avait déjà attribué, avec doute, cette espèce au genre Antho¬
cleista.
Conopharyngia longifolia (Lam.) G. Don doit donc être exclu des
Apocynaceae et ranger parmi les Loganiaceae.
Source : MNHN, Paris
— 250 —
Anthocleista longifolia (Lamark) Boiteau, comb. nov.
— Plumeria longifolia Lamarck, Encycl. 2 : 542 (1786).
— Conopharyngia longifolia G. Don, Gen. Sysl. Gard. Bot. 4 : 94 (1837); A. DC, Prodr.
8 : 378 (1844).
— Anthocleista urbaniana Gilg, Bot. Jahrb. 17 : 584 (1893).
— Tabernaemontana longifolia Palacky, Catal. Plant. Madag. 3 : 30 (1907).
Le genre Conopharyngia G. Don reposant sur deux espèces dont l’une
est exclue des Apocynacées, et l’autre attribuée au genre Pandaca Noronha
ex Thouars, antérieurement décrit, devient donc caduc au regard de la
nomenclature.
Quant aux « Conopharyniga » africains, sensu Stapf in Dyer, Flora
of Tropical Africa (1904), ils feront l’objet d’une mise au point ultérieure.
Laboratoire de Phanérogamie,
Muséum-PARis.
Source : MNHN, Paris
ÉDITIONS DU CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
15, quai Anatole-France — PARIS-VII*
C.C.P. Paris 9061-11 Tél. 555-26-70
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Source : MNHN, Paris
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SUR LES PRESSES DE FD EN SON
IMPRIMERIE ALENÇONNAISE-61 - ALENÇON
Dépôt légal : 3 e trimestre 1973 - 53.480
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
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