ADANSONIA
Source : MNHN, Paris
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
ADANSONIA
TRAVAUX PUBLIÉS
AVEC LE CONCOURS
du Centre National de la Recherche Scientifique
SOUS LA DIRECTION DE
A. AUBRÉVILLE
et
Jean-F. LEROY
Membre de l'Institut
Professeur
Professeur Honoraire
au Muséum
au Muséum
Série 2
TOME 13
Fascicule 4
1974
LABORATOIRE DE PHANÉROGAMIE
16, rue de Buffon, Paris (5 e )
Source : MNHN, Paris
COMITÉ DE RÉDACTION
A. Aubiîéville : Membre de l’Institut.
Professeur Honoraire au Muséum national d’Histoire naturelle
E. Boureau : Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
F. Demaret : Directeur du Jardin Botanique national de Belgique.
P. Jaeger : Professeur à la Faculté de Pharmacie de Strasbourg.
J. Leandri : Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle.
J.-F. Leroy : Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle.
R. Letouzey : Maître de Recherches au G.N.R.S.
J. Miège : Directeur des Conservatoire et Jardin Botaniques de Genève.
R. Portères : Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle.
R. Schnell : Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
M. L. Tardieu-Blot : Directeur de laboratoire à l’E.P.H.E.
J. Trochain : Professeur à la Faculté des Sciences de Toulouse.
M. Van Campo : Directeur de Recherches au C.N.R.S.
Rédacteur en chef : A. Le Thomas.
RECOMMANDATIONS AUX AUTEURS
Les manuscrits doivent être accompagnés de deux résumés, placés en tête d’article,
l’un en français, l’autre de préférence en anglais; l’auteur ne doit y être mentionné
qu’à la troisième personne. Le texte doit être dactylographié sur une seule face, avec
un double interligne et une marge suffisante, sans aucune indication typographique.
L’index bibliographique doit être rédigé sur le modèle adopté par la revue.
Ex. : Aubréviixe, A. — Contributions à l’étude des Sapotacées de la Guyane française.
Adansonia, ser. 2, 7 (4) : 541-465, tab. 1 (1967).
Pour tous les articles de taxonomie il est recommandé aux auteurs de préparer
leur index en indiquant les synonymes en italiques, les nouveautés en caractères
gras et les noms d’auteurs des différents taxons.
Le format des planches doit être de 16 x 11 cm après réduction. Les figures dans
le texte sont acceptés.
Les auteurs reçoivent gratuitement vingt-cinq tirés à part; le supplément qu’ils
doivent indiquer s’ils le désirent sera à leurs frais.
Toute correspondance ainsi que les abonnements et les manuscrits doivent être
adressés à :
ADANSONIA
16, rue Bulîon. Paris V'— Tél. : 331-30-35
Prix de l’abonnement 1973 : France et Outre-Mer : 80 F
Étranger : 90 F
C.C.P. : Association de Botanique Tropicale
La Source 33075.20
Source : MNHN, Paris
Ce volume
est dédié à la mémoire
de
Auguste CHEVALIER
l'occasion du centenaire
de sa naissance
(1873-1956)
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 13 (4) 1973.
SOMMAIRE
Leroy J.-F. — Il y a cent ans.389
Descoings B. — Les formations herbeuses africaines et les définitions
de Yangambi considérées sous l’angle de la structure de la végé¬
tation .391
Leandri J. — Un Croton nouveau de l’Est de Madagascar. . . 423
Jacques-Félix H. — Description d’une espèce nouvelle de Gravesia
(Melastomacée) du Gabon.425
— Le genre Amphiblemma Naud. (Mélastomacées).429
Bosser J. — Deux nouvelles espèces de Noronhia Stadm. ex Thouars
( Oleaceæ ) de Madagascar.461
Raynal J. — Notes cypérologiques : 21. Un Baumea néo-calédonien
nouveau.467
Capuron R. — Sur l’identité de Cephalanthus chinensis Lam. 471
Berhaut J. — Borreria bambusicola Berhaut, nouvelle Rubiacée du
Sénégal.475
Larsen K. — A New species of Orchidantha ( Lowiaceæ ) from
Vietnam.481
Médard R. — Morphogénèse du manioc, Manihot esculenia Crantz
(Euphorbiacées-Crotonoïdées) : étude descriptive.483
Hébant-Maury R. — Fonctionnement apical et ramification chez
quelques Fougères du genre Trichomanes L. (Hyménophyllacées) 495
Hladik A. et N. Halle. — Catalogue des Phanérogames du Nord-
Est du Gabon (5 e liste).527
Date de publication du fascicule 3, 1973 : 6 novembre 1973.
La publication d'un article dans Adansonia n’implique nullement que
cette revue approuve ou cautionne les opinions de l'auteur.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia,
r. 2, 13 (4) 389-390, 1973.
IL Y A CENT ANS...
Il y a cent ans, le 23 juin 1873, naissait à Domfront dans l’Orne le
botaniste Auguste Chevalier, illustre explorateur des pays tropicaux,
éminent biogéographe, l’un des fondateurs de l’agronomie tropicale fran¬
çaise et de l’ethnobotanique. Les directeurs de cette Revue et certains de
leurs collaborateurs qui à des degrés divers furent ses élèves, ses amis,
ses disciples parfois, avaient le devoir de ne pas laisser passer en silence
cet événement, lequel aurait pu être l’occasion d’un échange international
d’idées et d’une réflexion sur la pensée liée à la botanique, dans son histoire
et dans son devenir. Non pas la pensée strictement botanique, mais dans
son origine et sa nature, la part botanique de la pensée universelle. Quel
est l’apport à celle-ci des grands interprètes de notre cadre végétal, un
Tournefort, un Linné, un Jussieu, un Brown, un Candolle? Qu'attend-on
aujourd’hui, et quel est l’avenir, du botaniste de terrain, du taxonomiste?
Voyageur-naturaliste dans le plein sens du mot, formé dans l’admi¬
ration d’un Michaux, d’un Treub, d'un Pierre, A. Chevalier a été un
homme très simple, très passionné : un athée plein de foi. Muni d’une
loupe et de jumelles, il a parcouru tout au long de sa vie, presque jusqu’à
son dernier souffle, les forêts et les brousses tropicales au mépris de la
peur et des fièvres, un seul but en tête : récolter des plantes, rencontrer des
hommes, connaître et fraterniser, tenter de comprendre les formes végétales
comme les paysages, l’histoire des hommes et de leur milieu physique.
Épris également, et sans retenue, de nature et de technique, il a fait
une œuvre où s’exprime l’effort de recherche historique et synthétique
qui tendait à dissoudre le contradictoire qu’elles introduisaient mais qui
finalement, inévitablement, débouche sur un échec. Ardent à vivre et apte
à l’émerveillement, nourri d’idéal humain, et fils d’un xix e siècle plein
encore d’illusions, il a beaucoup souffert de la mise à mort quotidienne
et gigantesque de la nature sans pour autant renoncer sa foi en la technique,
peut-être même sa foi en l’avenir humain.
Puisse l’œuvre d’Auguste Chevalier être reprise un jour et située :
elle a certainement l’ampleur et la sincérité d’un grand témoignage.
Jean-F. Leroy.
Source : MNHN, Paris
« Mais de cette mère qui a tant travaillé pour son fils, il a reçu aussi en héritage
la bonté. Et c’est ce qu’exprime le « mot de la fin », confié par lui à une enquête, en 1949,
qui nous permettra de mieux comprendre le regard des yeux à demi ouverts sous les sourcils
en broussaille, derrière le lorgnon, et le bon sourire que cache la moustache :
« Que les hommes de toutes races et de toutes couleurs se comprennent et s'aiment. »
L. Plantefol, Notice, 1959.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 13 (4) 391-421, 1973.
LES FORMATIONS HERBEUSES AFRICAINES
ET LES DÉFINITIONS DE YANGAMBI
CONSIDÉRÉES SOUS L’ANGLE DE LA STRUCTURE
DE LA VÉGÉTATION
par B. Descoings
Résumé : Discussion des définitions établies à Yangambi pour les formations
herbeuses, savane, steppe. Rappel d'une méthode basée sur la structure de la végétation
pour la description et la représentation schématique des formations herbeuses. Analyse
des termes savane et steppe du point de vue de la structure de la végétation. Définition
nouvelle des formations herbeuses et limites de ce type de végétation.
Pour ce qui concerne l'Afrique intertropicale, la classification et la
nomenclature établies à Yangambi en 1956 demeurent la base essentielle
de la définition des types de végétation. Plus de quinze ans de pratique
de cet outil en ont montré l’intérêt, mais aussi les imperfections et les
difficultés, soulignés par différents auteurs (Montoya-Maquin 1966,
Monod 1963, Guillaumet et Koechlin 1971).
Parmi les divers types de végétation, les savanes, steppes, pseudo¬
steppes, rassemblées sous le terme plus général de formations herbeuses,
constituent un groupe bien distinct de formations végétales. C’est à leur
propos que nous voudrions apporter ici quelques réflexions en nous plaçant
dans l’optique particulière de l’analyse de la structure de la végétation.
1. SAVANE ET STEPPE, DISCUSSION DES DÉFINITIONS.
Les multiples aspects sous lesquels s’offrent à l’observateur les for¬
mations herbeuses, l'amènent souvent à revenir aux définitions de base
pour déterminer si une formation donnée est une savane ou une steppe.
Apparaît alors une première difficulté, car les deux définitions de la
savane (II 2) et de la steppe (II 3) ne sont pas comparables terme à terme ‘.
Elles se fondent, de plus, sur des critères très variés, et possèdent des limites
parfois diffuses. Afin de mieux préciser, nous allons les examiner par le
détail.
a) Savane: « formation herbeuse comportant une strate herbacée
supérieure continue d’au moins 80 cm de hauteur... ».
1. On trouvera en annexe la reproduction du texte concernant les formations her¬
beuses tel qu’il a été donné par l’accord de Yangambi (C.S.A. 1956).
Source : MNHN, Paris
— 392
Steppe: « formation herbeuse ouverte... Graminées vivaces large¬
ment espacées, n’atteignant généralement pas 80 cm... ».
D’un côté, un tapis herbacé continu d'une taille supérieure à 80 cm,
de l’autre, un tapis de graminées discontinu (au moins pour les vivaces)
de taille généralement inférieure à 80 cm.
Dans le cas de la savane, on doit supposer, par le contexte, que la
«strate herbacée supérieure» est constituée de graminées. Pour la steppe,
les graminées sont nommément citées pour le caractère de taille mais avec
la précision « graminées vivaces ». Que deviennent les graminées non vivaces,
ne pourraient-elles pas dépasser les 80 cm et constituer, ajoutées aux vivaces,
un tapis continu?
Ces points secondaires étant laissés de côté, on note que deux critères
objectifs et structuraux interviennent ici : la densité de la végétation et
la taille.
Si l'on envisage la densité de la végétation du point de vue de la struc¬
ture, plusieurs paramètres peuvent être considérés : le recouvrement des
couronnes, le recouvrement basal, la densité des touffes *.
Pour la savane, on comprend que le recouvrement des couronnes
de la strate herbacée supérieure est de l’ordre de 100 % (strate continue).
Mais on sait, par ailleurs, que les fortes espèces cespiteuses constituant
les savanes typiques ont un recouvrement basal relativement faible et une
densité des touffes faibles.
Pour la steppe, c’est l’ensemble de la formation qui est ouverte, donc
à recouvrement des couronnes inférieur à 100 %; le sol apparaît. Mais
ledit recouvrement des couronnes peut être très variable et avec 85 %,
ou 90 % de recouvrement on est toujours en présence d’une steppe. Par
ailleurs, on se souvient qu’une savane typique passe, au cours d'un cycle
annuel, d'un recouvrement faible, de l'ordre de 10-20 % après les feux,
à plus de 100 % en fin de cycle. D’un autre côté, une formation ouverte
à base de graminées (steppe) peut présenter un recouvrement des couronnes
relativement élevé.
Sans aller plus avant, on voit là les difficultés que présente le manie¬
ment de ces paramètres, en l’absence de données chiffrées.
Le critère de taille est évidemment discutable, non en soi, mais pour
la limite choisie. Pourquoi 80 cm de hauteur pour la strate supérieure,
et quoi à 80 cm, l’appareil végétatif seul ou également les chaumes flori¬
fères? L’adverbe généralement assouplit la limite, mais traduit aussi un
embarras que de nombreux exemples expliquent.
Dans la définition de la steppe, l’indication de « graminées vivaces »
complique la question. Que deviennent les graminées annuelles de taille
1. Pour une explication détaillée des termes employés dans l’analyse de la struc¬
ture, on voudra bien se rapporter au Code écologique du C.E.P.E. (Godron et al 1968.),
ou au Vademecum pour le relevé de la végétation (C.N.R.S. 1969) et à (Descoings 1972).
Recouvrement des couronnes : rapport entre la surface couverte par la projection
horizontale de la couronne végétative vivante des plantes considérées et la surface analysée.
Recouvrement basal : rapport entre la surface occupée par la base des plantes
considérées au niveau du sol et la surface analysée.
Source : MNHN, Paris
— 393 —
inférieure ou supérieure à 80 cm, et dont certaines formations sont presque
entièrement composées l . Sans doute se retrouvent-elles, pour partie, dans
l’autre élément de la définition « plantes annuelles souvent abondantes
entre les plantes vivaces ». Par contre, la nature, annuelle ou vivace, des
graminées de la savane n’est pas indiquée. Doit-on supposer que les deux
types coexistent ou au contraire s’excluent.
b) Savane: « ... strate herbacée... qui influence une strate inférieure... »
Ceci implique la présence, effective, d’une strate inférieure, dont la
nature, espèces vivaces ou annuelles, graminées ou autres, n'est pas pré¬
cisée. De fait, cette strate n’existe pas toujours. D’autre part, on connaît
des steppes dans lesquelles existent des strates inférieures influencées par
la strate herbacée supérieure.
Ce terme de la définition mêle en fait deux choses : une notion écolo¬
gique d’influence d’une strate sur une autre, qui, si elle peut se préciser par
une analyse fine, n’est pas toujours facile à appréhender ni à apprécier
au niveau phytogéographique; un critère beaucoup plus objectif et quanti¬
fiable, la stratification, qui constitue l’un des paramètres de la structure.
c) Savane: « ... ; graminées à feuilles planes, basilaires et cauli-
naires »
Steppe: « graminées vivaces..., à feuilles étroites, enroulées ou
pliées, principalement basilaires ».
Deux caractères intéressants se retrouvent ici. En premier lieu, la dis¬
tinction entre graminées à feuilles basilaires et graminées à feuilles cauli-
naires; c’est un caractère morphologique relativement facile à apprécier
quand il est bien défini. Nous l’avons largement employé dans l’analyse
structurale des formations herbeuses.
La séparation en graminées à feuilles planes et graminées à feuilles
enroulées ou pliées ne manque pas non plus d’intérêt. Mais elle fait appel
à des caractéristiques morphologiques et indirectement anatomiques d’ap¬
préciation rendue parfois délicate par la présence d’intermédiaires. D'autre
part, ces caractéristiques sont souvent en relation avec des conditions
écologiques particulières.
d) Savane: « ...; plantes ligneuses ordinairement présentes ».
Steppe: « ... parfois mêlées de plantes ligneuses... ».
La présence d’un peuplement ligneux constitue un caractère structural
de premier ordre, mais présenté ainsi il perd beaucoup de sa valeur discri¬
minante; les savanes et les steppes pouvant posséder ou non un peuple¬
ment d’espèces ligneuses.
1. Au point que le Service agrostologique de l’I.E.M.V.T. tendait à appeler,
systématiquement, steppes toutes les formations à base d’annuelles et savanes celles
où prédominaient les pérennes.
Source : MNHN, Paris
— 394 —
e) Savane: « ordinairement brûlées annuellement; ... ».
Steppe: « ...; généralement non parcourues par les feux... ».
Le feu est un facteur écologique de la plus grande importance, mais :
il n'existe pas partout, il n’est pas toujours annuel, il est parfois pluriannuel.
Et, pratiquement, comme dans le cas précédent, il peut difficilement être
pris comme caractère de distinction entre savane et steppe, l’une et l’autre
étant, de fait, parcourues ou non par les feux.
La discussion qui précède et qui pourrait être poussée plus loin dans
le détail, a pour objet de souligner deux points. En premier lieu, la grande
difficulté qu’il y a assez souvent, soit à trancher, en face d’une formation
donnée, pour la savane ou pour la steppe, soit à faire entrer certaines
formations dans l’une ou l’autre définition. Les raisons de cette difficulté
découlent, pour une part, des caractéristiques intrinsèques des formations
herbeuses qui, souvent, montrent un continuum dans lequel, plusieurs
paramètres jouant, il est bien ardu de fixer une limite précise. En second
lieu, les définitions, telles qu’elles ont été établies à Yangambi, ne sont pas
d’une utilisation aisée. D’abord parce que difficilement comparables terme
à terme, ensuite et surtout parce que faisant appel en même temps à des
critères d’ordre très divers, physionomiques, morphologiques, biologiques,
écologiques, structuraux, selon un choix et un dosage dont les raisons
n’apparaissent pas toujours très clairement.
2. L’ANALYSE DE LA STRUCTURE DES FORMATIONS HERBEUSES.
Dans les définitions des savanes et des steppes données par l’accord
de Yangambi entrent, nous l’avons vu, des critères variés. D’autres classifi¬
cations, plus générales, à l’échelle mondiale en particulier (Fosberg 1961,
Dansereau 1951, Unesco 1969) utilisent parfois, pour ces mêmes formations,
d’autres critères que ceux choisis pour les formations herbeuses d’Afrique
intertropicale.
Les inconvénients majeurs que présentent généralement ces classifi¬
cations portent, la plupart du temps, sur l’hétérogénéité des caractéristiques
retenues, écologiques, morphologiques, anatomiques, physionomiques, etc.,
et sur le fait que beaucoup de ces caractéristiques sont d’une appréciation
plus ou moins subjective, ou, à tout le moins, difficiles ou impossibles à
quantifier et à classer.
Dans le cadre africain, nous avons cherché, pour établir des descrip¬
tions normalisées, donc comparables, des formations herbeuses, à nous
appuyer sur des critères autant que possible intrinsèques, mesurables et
objectifs.
C’est ainsi que, laissant de côté la physionomie des formations trop
difficile à cerner et la composition floristique qui constitue une entrave
certaine à la généralisation, nous avons cherché à prendre comme base
d’analyse et de définition la structure spatiale de la végétation.
Une note récente (Descoings 1972) présente en détail la méthode
de description des formations herbeuses qui sert de fondement à la thèse
Source : MNHN, Paris
— 395 —
présentée ici. Nous en rappellerons rapidement les principes généraux.
Les formations herbeuses comportent fréquemment deux éléments
bien différenciés : le tapis herbacé et le peuplement ligneux dont les carac¬
tères peuvent se résumer ainsi :
— Tapis herbacé : présence toujours effective; croissance très rapide;
développement annuel très important et très visible; occupation de l'espace
aérien généralement discontinue dans le temps et cyclique; types biologiques
dominants : thérophyte, cryptophyte, hémicryptophyte; nature histologique
herbacée, rarement ligneuse; développement en hauteur réduit, de 1 à
4 m; aire minimale phytosociologique réduite, quelques mètres carrés;
passage des feux occasionnant une destruction presque complète des appa¬
reils aériens.
— Peuplement ligneux: présence facultative; croissance toujours lente;
développement annuel proportionnellement peu important et peu visible;
occupation de l’espace aérien permanente; types biologiques : chaméphyte,
phanérophy te ; nature histologique ligneuse; développement en hauteur
souvent très grand, 2-25 m; aire minimale phytosociologique vaste, plusieurs
ares; passage des feux occasionnant peu ou pas de dégâts aux plantes ayant
dépassé le tapis herbacé et des traumatismes variés pour celles qui sont
incluses dans le tapis herbacé.
A l’intérieur du tapis herbacé, on opère une distinction entre, d’une
part, les Graminées et les Cypéracées et, d’autre part, l’ensemble des autres
plantes. Les espèces que l’on qualifiera de « graminéennes » ’, par la taille
et la densité de leurs individus, par la masse végétale qu’elles représentent,
impriment en effet au tapis herbacé d’une formation herbeuse son aspect
particulier et sa structure propre. Et, dans le tapis herbacé, seules les carac¬
téristiques du peuplement graminéen seront analysées, les espèces non grami¬
néennes étant laissées de côté. On sépare ainsi, pour l’analyse, un groupe
de plantes homogène sur le plan des caractéristiques structurales en même
temps que varié biologiquement, écologiquement et floristiquement, et
susceptible, par là, de fournir une particulière densité d’informations.
Le peuplement graminéen, élément fondamental de la formation
herbeuse, subit l’analyse la plus poussée par l’intermédiaire d’un certain
nombre de paramètres et de caractères structuraux, dont on notera sur
le terrain la présence et les valeurs. Ce sont : les types biologiques, les
types morphologiques, la stratification, le biovolume.
Les types biologiques (TB) utilisés sont ceux, classiques, de Raunkiaer.
Certains cas particuliers apparaissent qui demandent toutefois une certaine
adaptation de la classification.
Les types morphologiques (TM), basés sur la forme des touffes, les
modalités de la ramification, le nombre des chaumes, s’inspirent d’un
travail de Jacques-Félix (1962). Dans l’état actuel, 5 types morphologiques
1. C’est-à-dire les Graminées et les Cypéracées dont la morphologie et la socio¬
logie sont très voisines de celles des Graminées.
Source : MNHN, Paris
— 396 —
- Types morphologiques des espèces graminéennes (Graminées et Cypéracées). Repré¬
sentation schématique : Ga : type gazonnant ( Cynodon daclylon, Paspalum vaginalum,
etc.); R : type rosette ( Ctenium elegans, Schismus barbotas, etc.); Cb : type cespiteux
basiphylle (Loudetia simplex , Bulboslylis laniceps, etc.); Ce : type cespiteux cauliphylle
Hyparrhenia diplandra, Hyparrhenia spp. etc.); Uc : type uniculmaire (Imperata cylindrica.
Schizachyrium platyphyllum , etc.). (Repris de Candollea 26, p. 228, 1971.)
Source : MNHN, Paris
— 397 —
ont été retenus, dont l’aspect est schématisé dans la planche 1, et auxquels
répondent également les Cypéracées ".
Ce sont les types : cespiteux cauliphylle (Ce), cespiteux basiphylle (Cb),
uniculmaire (Uc), gazonnant (Ga) et rosette (R).
De même que pour les types biologiques, chaque espèce appartient
en principe à un type morphologique déterminé. Mais, de fait, comme
pour les types biologiques, il peut y avoir certaines variations dues à des
conditions locales particulières.
Dans chaque type biologique peuvent se rencontrer plusieurs types
morphologiques et inversement, et les combinaisons entre TB et TM
constituent les types biomorphologiques (TBM), éléments fondamentaux
de l’analyse structurale.
La stratification, autre caractère essentiel de la structure de la végé¬
tation fournit également plusieurs paramètres. Le peuplement graminéen
montre en général, en coupe verticale, un étagement plus ou moins net
des plantes en plusieurs strates. Celles-ci sont constituées, soit par l’ensemble
des appareils végétatifs de tous les individus d'une ou de plusieurs espèces,
soit par l’ensemble des chaumes florifères, soit encore par l’un et l’autre
ensembles en mélange. L’examen du nombre de ces strates et de leurs
principales caractéristiques : nature (végétative ou florale), taille, recouvre¬
ment, composition en TB et en TM donne une image de la structure spa¬
tiale (verticale et horizontale) du peuplement graminéen.
Le biovolume, obtenu par le produit entre une taille et un recouvre¬
ment, donne par type biologique ou morphologique, par strate ou pour
tout le peuplement, des valeurs quantitatives intéressantes. Très facilement
appréciable, mais moins précis que la biomasse, on peut néanmoins consi¬
dérer ce paramètre comme parfaitement valable parce que en relation directe
avec la biomasse (Poissonet P. et J. 1969).
Le peuplement ligneux, élément second dans la formation herbeuse
subit une analyse moins poussée. Les caractéristiques retenues concernent
la structure générale : stratification, taille des strates, recouvrement de
chaque strate, densité des pieds.
3. REPRÉSENTATION SCHÉMATIQUE DES FORMATIONS HERBEUSES : LA
FICHE STRUCTURALE
Les différentes données nécessaires à l’analyse de la structure des
formations herbeuses sont recueillies, sur le terrain, à l'aide d’un formu¬
laire de relevé spécial. La synthèse de ces informations permet de dresser,
d’une formation herbeuse, une représentation schématique composée de
diagrammes, et une brève diagnose. L’ensemble forme la fiche structurale
de la formation herbeuse. Ce document figuratif est destiné à rassembler
et à synthétiser les informations sur la structure de la végétation, afin de
1. Cette question des types morphologiques mériterait certainement d'être fouillée
davantage, en particulier pour l'extension du système à tous les tropiques, et son appli¬
cation à des optiques particulières, pastoralisme par exemple.
Source : MNHN, Paris
— 398
permettre la définition, la comparaison et la classification des formations
herbeuses.
On peut voir sur les exemples, la constitution de cette fiche structurale.
Elle comporte 5 diagrammes. Les deux premiers, des spectres, intéressent
les types biologiques (TB) et les types morphologiques (TM) reconnus
dans le peuplement graminéen. Les valeurs exprimées sont celles du bio¬
volume de chaque type en pourcentage relatif du biovolume total.
Le diagramme biomorphologique fait la synthèse des deux spectres.
Il donne la représentation, sur un plan, de la valeur relative en biovolume,
des différents TBM (combinaison des TB et de TM) existants dans la for¬
mation. Dans le diagramme tel qu’il est construit, les TBM sont figurés
dans le rapport du carré de leur biovolume et non dans le rapport direct
de leur biovolume réel. Ce mode de représentation qui entraîne une dis-
tortion répond mieux au but recherché qu’une figuration linéaire. Au
diagramme s’ajoute l’expression chiffrée du biovolume absolu total (Bv AT),
obtenu par la somme des biovolumes, non plus relatifs mais absolus, des
différents TBM.
Les diagrammes de stratification concernent ensuite le peuplement
ligneux et le peuplement graminéen. Pour le premier, sont schématisés les
différentes strates, buissonnantes, arbustives, arborescentes, leurs tailles,
leurs épaisseurs et leurs recouvrements respectifs. L’expression du recouvre¬
ment absolu total (RAT) et de la densité, complète la figure. Pour le peuple¬
ment graminéen, chaque strate comporte, en plus, l’indication de la compo¬
sition en TBM.
Ces diagrammes représentent, en fait, plus que la seule stratification.
Ils fournissent une image assez complète de la structure globale de la
formation herbeuse dans l’espace. Ils donnent, en effet, d’une part, une
coupe verticale schématique de la formation par le nombre et la taille
réelle des strates, et, d’autre part, une vue sur un plan horizontal, par
le recouvrement absolu ou relatif des strates; la combinaison des deux para¬
mètres établissent de surcroît le biovolume de chaque strate.
Enfin, dans sa partie supérieure, la fiche comporte une diagnose,
qui a pour but de donner de la formation une courte description selon un
code préétabli (voir en annexe) et dont les éléments normalisés permettent
aisément les comparaisons.
La fiche structurale ainsi établie, offre d’une formation herbeuse
donnée une vue à la fois détaillée et complète, fondée sur l’analyse des
éléments structuraux intrinsèques.
Elle atteint de la sorte un double but, descriptif et comparatif. De
description, car, à l’instar des diagnoses taxinomiques des espèces, elle
permet de décrire toutes les formations herbeuses et à tous les stades. De
comparaison, parce que les éléments retenus pour la description, mesu¬
rables pour la plupart, sont comparables terme à terme d’une formation
à une autre. Et l’écueil essentiel de la composition floristique étant évité,
il est parfaitement possible de rapprocher et de comparer des formations
herbeuses de régions et de flores très diverses. Ce qui, sur un autre plan,
autorise l’élaboration de classifications nombreuses.
Source : MNHN, Paris
— 399 —
4. SAVANE ET STEPPE VUES SOUS L’ANGLE DE LA STRUCTURE DE LA
VÉGÉTATION
On peut essayer, à partir des définitions de Yangambi, de schématiser
les structures de la savane type et de la steppe type.
Une savane « typique », au sens de Yangambi, comprend un tapis
herbacé et, généralement, un peuplement ligneux.
Le peuplement ligneux présente une taille variable (arbres et arbustes)
et un recouvrement, ainsi plus ou moins corrélativement qu’une densité,
variable mais inférieure à 100 % pour la strate la plus importante (arbres
et arbustes disséminés; formant un couvert généralement clair) (strate
arborescente dont les cimes sont plus ou moins jointives = forêt claire).
Le tapis herbacé comporte au moins deux strates. La strate supérieure
qui présente une taille supérieure à 80 cm et un recouvrement fort, de
l’ordre de 100 % et une strate inférieure, influencée.
Les graminées sont du type biomorphologique cespiteux cauliphylle
(Ce). Ce tapis herbacé subit ordinairement le passage annuel du feu.
Ainsi établie et du point de vue de la structure, la définition de la
savane demeure incomplète, à la fois floue et trop précise, plus spécialement
pour le tapis herbacé.
En effet, le nombre des strates peut être variable; la taille et le recouvre¬
ment de chacune aussi; la composition en TBM du peuplement graminéen
est souvent variée; la présence d’espèces non graminéennes est possible
dans les différentes strates.
Par ailleurs, la limite de taille fixée à 80 cm, le recouvrement fort, le
TMB H/Cc unique ou dominant, la présence d’une strate influencée, sont
autant de limitations qui, d’un point de vue strict, rendent parfois délicate
l’inclusion d’une formation herbeuse donnée parmi les savanes.
Cette savane correspond pratiquement aux formations herbeuses,
arbustives ou arborées, à base de grandes Andropogonées, qui dominent
dans les régions équatoriale, soudanienne et centrale de l’Afrique. Mais
certaines formations particulières de ces régions, de même que la grande
majorité des formations herbeuses des autres régions africaines, ne rentrent
pas dans ce cadre.
La steppe typique, d’après Yangambi, comprend un tapis herbacé
et parfois un peuplement ligneux.
Le peuplement ligneux peut être de nature variée (arbres, arbustes,
buissons, plantes succulentes) et présenter une taille et un recouvrement
variables, mais normalement plutôt faibles (formations ouvertes).
Le tapis herbacé n’est pas obligatoirement stratifié. Il comprend des
graminées vivaces appartenant le plus souvent aux types morphologiques
cespiteux basiphylle (Cb) ou rosette (R), formant un peuplement graminéen
largement ouvert à recouvrement nettement inférieur à 100 %, et d’une
taille inférieure à 80 cm. Les graminées ne dominent pas forcément dans
le tapis herbacé puisque des plantes annuelles sont souvent abondantes.
Le tapis herbacé ne subit généralement pas le passage du feu.
Source : MNHN, Paris
FORMATIONS HERBEUSES _ FICHE STRUCTURALE I
Re'ererca du releve FOysC»'i$» Oj'ej'i 6 P«»cpi» 9 » Nu'e'ro ’*
D ogrose fcrr"ft!.5« "ttb«g4« pva t>) '<»»», acrut
Spectres
%
Ce
P o.j ,«»• : e II
Diogromme bio-morphologique
Bv.A.T.s . .?.l . m 5 /ore
Diogromme de stratification
Peuplement ligneux
R. A. T. =. Q. .%
Densité: .9... Pieds/ore
Source : MNHN, Paris
— 401 —
Vue sous l’angle de la structure cette définition de la steppe présente
les mêmes difficultés que celles de la savane. Le nombre de strates n’est
pas précisé, de même que la présence d’espèces herbacées vivaces non grami-
néennes et de graminées annuelles. Par contre, la taille des graminées vivaces,
l’absence habituelle des feux, la faiblesse du peuplement ligneux, consti¬
tuent des précisions souvent gênantes pour la caractérisation de certaines
formations.
D’une manière générale, la connaissance plus poussée de la structure
de la végétation des formations herbeuses montre que ces deux définitions
pèchent essentiellement, dans une optique phytogéographique, sur deux
points.
Le premier concerne le hiatus assez large entre la savane et la steppe
et dans lequel se situent un grand nombre de formations herbeuses atypiques
ou intermédiaires ou particulières. Sans multiplier les exemples, on peut
citer : les « steppes » basses, ouvertes, brûlées plusieurs fois par an des
plateaux batékés d’Afrique équatoriale (fiche structurale I); les « savanes »
hautes, ouvertes, non arbustives, parcourues par les feux des mêmes pla¬
teaux ; les « savanes » hautes fermées arborées, riches en annuelles et brûlées
du Sud de la République Centrafricaine (fiche structurale V); les « steppes »,
basses, arborées, assez denses, riches en annuelles, du Tchad septen¬
trional, etc.
Le second point délicat se rapporte plus particulièrement à la steppe.
On perçoit très bien la tendance de la définition à englober un grand nombre
de formations, mais cela entraîne une hétérogénéité certaine rendant diffi¬
cile le maniement du terme. De fait, la steppe définie à Yangambi peut
comprendre une « savane » basse ouverte arbustive et parcourue par les
feux à l’un des extrêmes et une formation à base de ligneux bas épars,
accompagnés d’annuelles diverses nombreuses et de graminées vivaces,
une sorte de « bush », à l’autre extrême. La frontière entre les formations
herbeuses, où les graminées dominent sans conteste, et certaines formations
ouvertes et basses à dominance de ligneux bas, donc non herbeuses, est
alors franchie. On aborde là la question des limites des formations herbeuses,
sur laquelle nous reviendrons plus loin.
5. ANALYSE DE QUELQUES FORMATIONS HERBEUSES
L’étude rapide de quelques exemples de formations herbeuses, repré¬
sentées par leurs fiches structurales mettra encore plus en lumière, et la
diversité structurale des formations herbeuses, et la difficulté de séparer
réellement steppe, savane et pseudosteppe. Les 8 fiches présentées ici
couvrent ces 3 aspects. Elles sont établies sur des formations mûres, par¬
venues au même stade phénologique. Celui-ci étant, lorsqu’il s’agit de
décrire pour définir ou comparer, le stade de plein développement de la
formation correspondant à la floraison et à la fructification de la plus
grande partie des espèces graminéennes.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 403 —
Fiche structurale L — Formation herbeuse pure (H/Cb) simple rase
dense. Congo, plateaux batékés 1 (Fig. 1.)
Cette formation appelée localement lousseké, ne comporte que très
peu d’espèces dans son peuplement graminéen. Celui-ci est très bas, 15 cm,
il est ouvert avec 80 % de recouvrement seulement, le type biomorpholo¬
gique unique est H/Cb; les graminées vivaces sont à feuilles basilaires;
pas de plantes annuelles, pas de peuplement ligneux.
Le tapis herbacé se compose uniquement de : Loudetia simplex. Mono-
cymbium ceresiiforme, Bulbosiylis laniceps.
Fig. 1_ Congo. Plateau batéké .
Cette formation répond assez bien à la définition de la steppe de
Yangambi, à ceci près qu’elle est régulièrement parcourue pa ries feux, et
peut ainsi présenter dans une année deux cycles végétatifs, et que les plantes
annuelles sont absentes. Elle a été étudiée par plusieurs auteurs qui ont
toutefois exprimé des opinions un peu divergentes. Pour Duvigneaud
(1953) c’est bien une steppe; Trochain (1957), puis Koechlin (1971) en
font une « pseudosteppe ».
On trouve, au Congo et au Gabon, de nombreuses variantes de ces
loussékés, à peuplement graminéen plus haut, comportant un peuplement
ligneux, présentant un cycle important et caractéristique de géophytes,
et enfin, le plus souvent parcourues par les feux.
Plusieurs positions sont alors possibles. Ou bien prendre la définition
de la steppe dans un sens strict et les loussékés n'en sont pas. Ou bien consi¬
dérer la définition dans un sens large et l’on ne sait où s’arrêter vers la savane
du fait des variantes et des exceptions que les « généralement » et « souvent »
autorisent.
Duvigneaud a, de son côté, donné une nouvelle définition des deux
termes savane et steppe sur des bases morphologiques (présence ou non
d’arbres) et biologiques (saturation phénologique). Mais si, dans le cadre
régional du Congo méridional ses distinctions sont intéressantes, elles ne
résistent pas à une extension territoriale qui apporte des variantes et de
nombreux intermédiaires. Ceux-ci d’ailleurs sont presque sous-entendus
par l’auteur qui pense en fait que les steppes dérivent des savanes.
Fiche structurale 11. — Formation herbeuse pure (H/Cc) unistrate
très haute fermée. Congo, Léfini (Fig. 2.)
Cette formation est très semblable à la précédente : très peu d’espèces
graminéennes, pas d’annuelles, pas de peuplement ligneux, le passage
1. Pour la compréhension de la diagnose, voir en annexe le détail du code utilisé.
Source : MNHN, Paris
— 404 —
FORMATIONS HERBEUSES _ FICHE STRUCTURALE DI
Réft'tnce dt teieve Po»s *• %<'■• i PJ«to.ïi : < ? p«x>*«> ■ \ u mer
Oioçncse r O'tx>t>aq httb.ui» p-r* ^M/Cb)
Source : MNHN, Paris
— 405 —
3,7
Fig 2— Congo. Léfini.
annuel du feu. Les différences portent sur le type biomorphologique et la
valeur des paramètres, taille, recouvrement, biovolume. Au sens strict,
ce n’est pas une savane : pas de strate inférieure influencée, pas de graminées
à feuilles basilaires, pas de plantes ligneuses. Mais ce n’est sûrement pas
une steppe au regard de la définition de Yangambi.
Certaines variantes, plus basses et présentant un peuplement ligneux,
se rapprochent davantage de la « savane ».
Le tapis herbacé comprend : Hyparrhenia diplandra dominant, presque
pur, et quelques espèces à peine représentées, Schizachyrium plaiyphyllum,
Panicum brevifolium, Panicum phragmiloides, Sc'eria canaliculato-triquetra.
Fiche structurale III. — Formation herbeuse pure (H /Cb) unistrate
élevée ouverte. Algérie, Hauts plateaux. (Fg. 3.)
Fig.3_Algérie. Hauts plateaux.
Cette formation nommée classiquement « steppe à Alfa » corres¬
pond assez bien à la définition de la steppe de Yangambi, bien que située
en dehors des tropiques africains. Sur le plan de la structure, elle est tout
à fait comparable à la « steppe » lousséké de la fiche I et de ce fait sujette
aux mêmes réserves.
Elle ne comprend ici qu’une seule espèce : Stipa tenacissima.
Fiche structurale IV. — Formation herbeuse mixte (H/Cc-i- H/Cb)
composée haute ouverte, à peuplement ligneux simple arbustif bas
lâche écarté. Gabon, vallée de la Nyanga. (Fig. 4.)
Cette formation semble répondre relativement bien à la description
de la savane. Toutefois, la strate graminéenne supérieure est loin d’être
continue puisqu’elle n'a que 15 % de recouvrement et que le peuplement
graminéen dans son ensemble n'atteint que 70 % de recouvrement. L’aspect
physionomique est celui d’une steppe : espèces cespiteuses basiphylles
basses, espacées (recouvrement de 55 %) et très faible peuplement arbustif.
Est-ce alors une maigre savane d’aspect steppique, ou au contraire une
steppe « savanique ». Le doute est encore renforcé par le fait que le peuple¬
ment ligneux peut ne pas exister, et que la proportion des types biomorpho-
Source : MNHN, Paris
FORMATIONS HERBEUSES _ FICHE STRUCTURALE E
Réference du releve' : Foys ..Gffl.b.S.rt. Auteurs...6.,T5«s.c.ç>!njs...st..P._é.ifÆ. Numéro_AÏS..
.
Diogromme de stratification
Peuplement ligneux
R. A. T. =..8.%
Densité: .A.. Pieds/are
100% Recouvrement
Diogromme de stratification
Peuplement gramine'eii
R. A. T. =..7.0..%
100 % Recouvrement
Source : MNHN, Paris
— 407 —
Fig. 4_ Gabon. Nyanga .
logiques (H /Ce et H /Cb) peut se modifier progressivement jusqu’à s’inverser.
Le tapis herbacé comprend : Andropogon pseudapricus dominant,
Hyparrhenia diplandra , Panicum fulgens ; puis sans recouvrement ni bio¬
volume notables, Hyparrhenia familiaris, H. lecomtei, Panicum phrag-
mitoides, Tephrosia harbigera, Hypoestes cancellala, Cassia mimosoides.
Le peuplement ligneux comporte plusieurs espèces : Psorospermum
febrifugum , Anona senegalensis ssp. onlotricha, Bridelia ferruginea, Sarco-
cephalus esculentus.
Fiche structurale V. — Formation herbeuse mixte (T /Uc + H /Cb)
complexe très haute fermée, à peuplement ligneux complexe arboré
bas clair serré. République Centrafricaine, région de Damara. (Fig. 5.)
On est en présence ici d’une formation correspondant parfaitement
sur le plan physionomique à la savane et entrant bien dans le cadre de la
définition : un peuplement ligneux important, une strate graminéenne
supérieure non continue mais importante (environ 50 % de recouvrement
en valeur absolue) influençant deux autres strates, des graminées de deux
types, et le passage des feux.
Une particularité importante mérite toutefois d’être soulignée; la
Source : MNHN, Paris
— 408 —
Source : MNHN, Paris
— 409 —
strate graminéenne supérieure est composée d’espèces annuelles qui repré¬
sentent 65 % du biovolume. Il s’agit ainsi d’une savane à dominante d'an¬
nuelles, très différente donc sur les plans de la structure et de la biologie,
comme de l’écologie, des autres types représentés ici (fiches structurales IV,
VI et VII).
La composition floristique du tapis herbacé est très complexe, avec
comme dominantes : Hyparrhenia confinis, Brachiaria kotschyana, B.
brizantha , Jardinea gabonensis, Panicum phragmitoides, etc., et de nom¬
breuses espèces non graminéennes dont le recouvrement atteint 10 %.
Le peuplement ligneux est également composite : Lophira alata,
Vitex cienkowskii, Crossopteryx febrifuga, Daniellia oliveri, Maprounea
africana, Bridelia ferruginea, Sarcocephalus esculenlus, etc.
Fiche structurale VI. — Formation herbeuse mélangée (C/Uc + C/Cc
H/Ce) composée haute fermée, à peuplement ligneux composé
arbustif bas clair serré. Madagascar, Moyen Ouest. (Fig. 6.)
Fig. 6_ Madagascar Moyen-Ouest .
Le peuplement ligneux mis à part, qui d’ailleurs n'est pas toujours
présent, cette formation correspond à ce que Guillaumet et Koechlin
(1971) appellent une « pseudosteppe », illustrée par la planche 8 de l’article
de ces auteurs. Ce n’est pas une steppe, car les deux strates graminéennes
dépassent 80 cm et ont un recouvrement supérieur à 100 %. Par contre,
et contrairement en cela à l’avis de Guillaumet et Koechlin, l’analyse
structurale ne permet pas d’assimiler cette formation aux « steppes » ou
« pseudosteppes » batékés, qu’il s’agisse aussi bien de la « steppe » décrite
sur la fiche structurale I ou de celle définie par Duvigneaud (1953). La
stratification, le nombre et la nature des TBM, et même le taux du bio¬
volume, différencient les deux types de formations. A notre sens, cette
« pseudosteppe » se rapproche plutôt des savanes atypiques de la fiche
structurale IV et davantage encore de la savane de la fiche structurale VIII.
Elle ne paraît pas mériter en tous cas une dénomination particulière, dis¬
tincte des deux autres retenues à Yangambi.
Le tapis herbacé comprend : Aristida rufescens, Imperata cylindrica ,
Source : MNHN, Paris
— 410 —
FORMATIONS HERBEUSES _ FICHE STRUCTURALE 3ZL
Réference du releve' : Poys Madagascar.... Auleurs..y..Cahaa^..et..P.Gr.ojiier.. Numéro.^.
Diognose Fotmat.ion..he.r.beust.mélCLngée{..C/U.C..»..C/(rc..r..H/.Ca.).com(io4e'o,.ba-uhe,fe.r.m
jw.KpJsnw»!. ligne.*» campas.»'., a.rb.usli.f. tos.,. cliir, si rrî.
Source : MNHN, Paris
— 411 —
Hyparrhenia rufa, Heteropogon contortus, pour les espèces dominantes;
Mariscus fallax, Paspalum commersonii, Kyllingia odorata, etc.
Le peuplement ligneux est plutôt simple avec Vernonia appendiculata,
Sarcobotrya sp., Psidium guajava.
Fiche structurale Vil. — Formation herbeuse mélangée (T/Uc -F H/Cc
+ C/Uc) composée haute fermée, à peuplement ligneux complexe
arboré bas ouvert écarté. Côte d’ivoire, Lamto. (Fig. 7.)
Cette formation, normalement classée comme savane, n’est pas sans
rappeler celle de la fiche structurale IV ainsi que celle de la fiche structu¬
rale VI. La strate graminéenne supérieure est peu importante (8 % de
recouvrement) et la strate inférieure reste juste en-dessous de 80 cm de
hauteur. Mais le type morphologique à feuilles basilaires n’est pas repré¬
senté et par contre le TBM dominant est celui d’une espèce annuelle. C’est
une « savane » avec un certain aspect structural de « steppe ».
Le tapis herbacé est complexe : Sorghastrum bipennatum, Hyparrhenia
diplandra, Imperaia cylindrica , Hyparrhenia chrysargyrea pour les espèces
dominantes; Brachiaria brachylopha, Schizachyrium platyphyllum, Bulbo-
slylis pilosa, Cyperus tenuieulmis , Cyperus obtusiflorus, Fimbrislylis ferru-
ginea , etc.
Le peuplement ligneux comprend : Bridelia ferruginea, Anona senega-
lensis ssp. onlotricha , Crossopteryx febrifuga, Cussonia barleri.
Fiche structurale VIII. — Formation herbeuse mélangée (H /Ce + H/Cb
+ T/Uc) composée très haute fermée, à peuplement ligneux simple
arbustif bas lâche écarté. Gabon, vallée de la Nyanga. (Fig. 8.)
Source : MNHN, Paris
412
FORMATIONS HERBEUSES _ FICHE STRUCTURALE TZŒ
Réference du releve': Poys .C.ôt’A'.k.ai.'’.... Auleurs...L.Ç.«.Mir...fM).. Numéro'.fôs.s£*.*«!ifcrj!
Diagnose ror:ratïCVr>.'l..h«x.bawi.« campr»i«<.
.
R. A. T. =.,5fl..%
Densité: .&.!.Pieds/ore
Source : MNHN, Paris
— 413 —
2,00-
1,50-
0-
Fig. 8_Gabon. Nyonga .
Il s'agit ici d’une savane typique répondant parfaitement à la définition
de Yangambi et qui ne pose pas de problème. Elle est pourtant très appa¬
rentée à la formation de la fiche structurale IV dont la position n'est pas
tout à fait simple.
Le tapis herbacé comprend : Hyparrhenia diplandra, Panicum phrag-
mitoides , Schizachyrium platyphyllum, dominants; et sans importance
notable, Eriosema glomeratum , Hypoestes cancellala, Vernonia smithiana,
V. guineensis.
Le peuplement ligneux est composé de : Bridelia Jërruginea, Sarco-
cephalus esculentus. Vit ex madiensis, Anona senegalensis ssp. onlotricha.
6. LES FORMATIONS HERBEUSES : NOUVELLE DÉFINITION
De nombreux autres exemples auraient pu être choisis pour illustrer
la continuité de fait que l’on retrouve dans la structure des formations,
et la difficulté d’établir des coupures franches et sans équivoque entre les
formations herbeuses.
Vues sous l’angle de la structure de la végétation, la distinction établie
à Yangambi entre savane et steppe, et celle reprise par d’autres auteurs
entre steppe et pseudosteppe ne semblent pas pouvoir tenir. De multiples
intermédiaires existent; les cas particuliers ne rentrant pas dans les défini¬
tions prises sensu stricto ou les faisant éclater si on les considère dans un
sens large, sont trop nombreux.
Les formations herbeuses, savanes, steppes et pseudosteppes, forment
un grand type de végétation bien homogène, qu’il paraît illusoire de vouloir
couper en deux ou trois grandes catégories, dont les limites tout comme les
définitions ne peuvent être qu’artificielles. Nous avons vu l’ambiguïté de
celles de Yangambi que confirme l’analyse structurale. Par contre, à l’in¬
térieur des formations herbeuses prises en bloc, les éléments de la structure
sont parfaitement à même de fournil les données nécessaires à des classe¬
ments internes nombreux et variés.
En conséquence logique, découle la nécessité de donner une nouvelle
définition de ces formations herbeuses, en y englobant ce que recouvre
le terme savane dans son intégralité, ce que recouvre le terme steppe, sauf
Source : MNHN, Paris
FORMATIONS HERBEUSES _ FICHE STRUCTURALE W
Réference du releve' : Poys CrckLon. Auteurs.. Numéro..?.!£-
.<i...p*.v.pA*m.*oLL!'.gn!!.MX...si!nFl*.^fttbM![trf.....bftrii..lâefe« > xfAc.<:*'.. —
Source : MNHN, Paris
— 415 —
pour une part, et ce que comprend le terme, non retenu par l’accord de
Yangambi, mais souvent usité, de pseudosteppe.
C’est ainsi que nous proposons d’appliquer à l’ensemble des forma¬
tions végétales herbacées tropicales ou subtropicales africaines 1 dans
lesquelles dominent sans conteste, sur le plan physionomique et sur le
plan structural, le peuplement formé par les espèces graminéennes (Grami¬
nées et Cypéracées) le terme de : formations herbeuses.
Ce terme, repris des définitions de Yangambi, doit être compris par
une définition précise qui pourrait être la suivante :
« formations végétales soumises ou non à l’action de feux annuels,
et caractérisées,
— par la présence, obligatoire, d'un tapis herbacé régulier, discontinu au
niveau du sol, essentiellement composé de Graminées et de Cypéracées
annuelles ou perennantes, de taille et de densité variables, auxquelles se
mêlent, non obligatoirement et en proportion variable, mais faible relative¬
ment, d’autres plantes herbacées,
— par la présence, non obligatoire, d’un peuplement régulier de végé¬
taux ligneux ou subligneux (buissons, arbustes, arbres, palmiers) de taille
et de densité variables, pouvant influencer plus ou moins fortement la
structure du peuplement graminéen sans jamais l’éliminer. »
Ainsi définies, les formations herbeuses constituent un type de végé¬
tation de même importance, sur le plan de la nomenclature phytogéo-
graphique, que les forêts claires, les forêts denses, les landes, etc. Et dans
une classification d’ensemble des formations du globe, elles se placent
dans le cadre des formations herbacées (opposées aux formations ligneuses)
dont elles constituent l’une des très grandes subdivisions 2 .
Dans le cadre plus spécialement africain qui est le nôtre ici, cette
proposition permet à la fois une certaine simplification de la nomenclature
et une meilleure définition de plusieurs types de végétation. Le terme de
pseudosteppe, défendu par certains, non adopté à Yangambi. puis repris,
devrait être définitivement abandonné comme dépourvu de base structu¬
rale. Le terme steppe, trop largement défini à Yangambi, pourrait être
conservé, non pour des formations herbeuses, mais pour désigner cette partie
de la définition de Yangambi qui ne rentre pas dans le cadre structural
des formations herbeuses telles que définies ci-dessus. Car, en effet, les
steppes, considérées et définies comme des formations à ligneux bas domi¬
nants, seraient défendables, et sous différentes latitudes d’ailleurs (steppes
à succulentes d’Afrique du Sud. steppes à Artemisia d’Afrique du Nord, etc.).
Pour ce qui concerne le terme savane il est possible d’hésiter. En
1. L'extension aux tropiques des autres continents ne pose pas de problèmes parti¬
culiers, mais notre propos ici ne concerne que l'Afrique.
2. Comparées à la nomenclature des formations végétales, basée sur la structure,
que donne le Code écologique utilisé au Centre d’Études Phytosociologiques et Écolo¬
giques Louis Emberger de Montpellier, les formations herbeuses se rangent, selon les
cas, dans diverses rubriques : formation herbacée, formation complexe herbacées-hgneux
hauts, formation complexe hcrbacées-ligneux bas, formation complexe herbacées-ligneux
hauts et bas.
Source : MNHN, Paris
— 416 —
stricte logique, les savanes, steppes et pseudosteppes étant regroupées
sous le vocable de formations herbeuses, ce dernier, devrait normalement
suffire. Toutefois, il est bien certain que pour les africanistes l’abandon
du mot savane, si évocateur, paraît difficile. Une solution moyenne consiste
à conserver ce terme de « savane » comme rigoureusement synonyme du
terme de « formation herbeuse » dans sa définition précédente. Dans la
plupart des cas cela n’est pas gênant. Mais il faut alors accepter de n’être
pas trop puriste et d’abandonner la définition initiale centre-américaine
de la savane. Il faut aussi appeler savanes, les formations rases d’Afrique
équatoriale, sur sables du Kalahari, de même que toutes les formations
herbeuses malgaches.
Enfin, les phytogéographes d'Afrique du Nord devraient considérer
les « steppes » à Alfa, et les formations herbeuses vraies avoisinantes,
comme des savanes. Dans les autres régions tropicales, humides ou sèches,
asiatiques ou américaines, la transposition paraît possible sans difficulté
majeure : savane (savanna, sabana) = formation herbeuse (grassland,
formaciones gramineas).
La définition des formations herbeuses donnée ci-dessus se base
essentiellement sur des caractères très larges ayant leur fondement dans
la structure de la végétation. Elle recouvre ainsi tous les cas possibles, mais
demande aussi à être précisée, dans un second temps, sur deux plans:
celui de ses limites avec les formations structuralement proches et celui
de sa hiérarchie interne.
7. LES LIMITES DES FORMATIONS HERBEUSES
Le problème des limites des formations herbeuses avec les formations
contiguës nécessite en soi toute une étude et notre propos actuel n’est pas
d’y entrer dans le détail. Il est néanmoins nécessaire de l’évoquer, afin
d’éclairer deux autres points de la classification de Yangambi.
Dans la conception qui vient d’être exposée, les formations herbeuses
se définissent avant tout, et, à l’extrême, exclusivement, par la présence
d’un peuplement graminéen régulier et dominant, au sens phytosociologique
mais surtout au sens structural du mot. La formation herbeuse idéale la
plus pure et la plus dépouillée ne comprend qu’un tapis herbacé composé
exclusivement de graminées et de cypéracées (ex. : formation herbeuse
pure à H /Cb des plateaux batékés du Congo; composition floristique :
2 graminées 1 cypéracée; fiche structurale I). Le tapis herbacé cependant,
se peuple le plus souvent d’espèces non graminéennes, herbacées, suffru-
tescentes, même subligneuses. La proportion de ces espèces peut, par
moment, être relativement importante, même en biovolume. C’est le cas
lorsque, après les feux, se développe une végétation de géophytes ou d’an¬
nuelles à cycle court. Mais au moment du plein épanouissement de la
formation herbeuse, l’importance relative des espèces non graminéennes
demeure faible à très faible.
Certaines conditions édaphiques ou climatiques déterminent la consti-
Source : MNHN, Paris
— 417 —
tution de formations herbeuses dans lesquelles la proportion d’espèces
non graminéennes devient relativement importante. Et l’on peut pratique¬
ment trouver un gradient au long duquel l’importance, en biovolume,
des plantes non graminéennes augmente jusqu'à égaler puis dépasser celle
du peuplement graminéen. Celui-ci, alors, étant généralement très ouvert
présente un recouvrement faible, et souvent corrélativement une petite
taille. On atteint là une limite où se fait le passage à un autre type de forma¬
tion. Le cas le plus classique est celui observé dans les régions subtropicales,
où les espèces non graminéennes sont subligneuses ou ligneuses mais
restent basses. On va vers une formation à ligneux bas dominants pour
laquelle le terme de steppe pourrait être réservé. Quant au point exact
où l’on passe d’un type de formation à l’autre, il se situe théoriquement
au moment où le peuplement graminéen ne domine plus en biovolume.
Nous nous limiterons ici à souligner cette question ne disposant pas
des éléments permettant de le préciser davantage. Mais, en tous cas, il
nous semble que les formations définies à Yangambi comme « steppe
succulente » et « steppe buissonnante » sont à exclure des formations her¬
beuses. Elles se rapprochent bien plus des formations à ligneux bas domi¬
nants.
La formation herbeuse très pure de la fiche structurale I peut être
munie d'un peuplement ligneux. Celui-ci se compose parfois de buissons,
plus généralement d’arbustes et d’arbres, ou des uns et des autres à la fois.
L’importance du peuplement ligneux varie beaucoup dans ses différents
paramètres, taille, densité, recouvrement total. Là aussi un gradient se
retrouve, avec des valeurs croissantes de ces paramètres.
Et un premier problème se pose alors qui est celui du moment où le
peuplement ligneux influence le tapis herbacé, ou, plus exactement, modifie
par sa présence la structure du peuplement graminéen. Ce point mérite
certainement d’être étudié de près, mais il ne nous intéresse pas directe¬
ment ici, car. si le peuplement graminéen est influencé et même modifié,
sa présence demeure. C’est plus loin sur le gradient que se pose le problème
de la limite. Lorsque le peuplement ligneux, par sa présence, son couvert
(recouvrement des couronnes), et peut-être d’autres actions (concurrence
au niveau de la rhizosphère, phénomène de télétoxie, etc.) influence le
peuplement graminéen au point de le rendre clairsemé et de l’éliminer
progressivement. Ce processus peut avoir pour cause soit l’action directe
sur le micromilieu, soit une action indirecte par la concurrence de plantes
non graminéennes dont les conditions écologiques stationnelles autorisent
ou favorisent le développement. A l’extrême, évidemment, on se trouve
dans une formation forestière, sans tapis graminéen.
Mais où se situe exactement le point de passage entre la formation
herbeuse à peuplement ligneux serré et la formation ligneuse claire avec
un sous-étage dans lequel persistent des graminées, c’est le point délicat.
La proportion du biovolume du peuplement graminéen par rapport au
biovolume total du tapis herbacé peut encore servir de guide. Lorsque les
graminées ne dominent plus (biovolume absolu total inférieur à 50 %),
on peut, peut-être, considérer que l’on se trouve sinon déjà dans la forêt
Source : MNHNParis
— 418
du moins dans une formation ligneuse à tapis herbacé important. Là
encore, nous ne pouvons faire plus que d’évoquer le problème.
Par contre, il est possible et nécessaire de citer le cas de la forêt claire
(= woodland) du titre IF-1 des accords de Yangambi. La définition donnée
précédemment des formations herbeuses nous amène à partager entière¬
ment l'opinion de Trochain (1957) qui aurait préféré distinguer :
«•— peuplement arborescent fermé, absence de tapis graminéen continu
= forêt,
— peuplement arborescent ouvert, présence de tapis graminéen continu
-- savane boisée de différents types.»
De la prééminence accordée au peuplement ligneux par rapport au
peuplement graminéen, comme critère de classification, découle, en l’oc¬
currence, une regrettable confusion. Il est indispensable de faire le départ
entre les formations ligneuses hautes, forestières, et les formations her¬
beuses à peuplement ligneux important. La distinction est aisée sauf peut-
être, nous l’avons vu, sur le point exact de la limite, encore l’étude détaillée
de celle-ci sur des exemples permettrait-elle de clarifier les choses.
Dans ce qui précède, nous nous sommes principalement attaché à
rechercher une meilleure définition et une délimitation plus précise des
formations herbeuses. Le corollaire immédiat de cette question concerne
les classements ou les classifications qui peuvent être opérés à l'intérieur
des formations herbeuses. Ce problème, des plus importants, est trop large
pour être entamé dans cette note. Disons seulement que l’analyse structurale
de la végétation telle que nous l’avons évoquée, fournit les données néces¬
saires à tous les types de classement souhaités.
Ajoutons enfin, que si la définition et la comparaison des formations
herbeuses s’établit obligatoirement sur un plan statique, par la compa¬
raison des formations à de stades identiques, l’analyse structurale est à
même également de constituer un moyen d’étude de la dynamique des
mêmes formations et, plus précisément, de leur évolution au long des
cycles de végétation.
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C.S.A. Rapport Réunion Yangambi. CCTA/CSA. Afrique (56) 214 : 292-303 (1956).
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Bull. LE.C. 13-14 : 55-93, 11 fig. (1957).
Source : MNHN, Paris
— 420 —
ANNEXE
Définition des formations herbeuses d'après l'accord de Yangambi. Extrait de :
C.S.A./C.C.T.A. publ. n° 22 Londres, 35 p., 10 fig. (1965) et réimpression en 1961.
II. — Formations mixtes forestières et graminéennes et formations graminéennes
(= mixed forest-grassland formations and grassland formations).
II. — 1. Forêt claire (= Woodland).
Forêt ouverte; strate arborescente décidue de taille petite ou moyenne dont les
cimes sont plus ou moins jointives, l'ensemble du couvert demeurant clair; strate grami-
néenne parfois peu dense ou en mélange avec une autre végétation herbacée et suffru-
tescente.
II. — 2. Savane (= Savanna).
Formation herbeuse comportant une strate herbacée supérieure continue d’au
moins 80 cm de hauteur, qui influence une strate inférieure; graminées à feuilles planes,
basilaires et caulinaires; ordinairement brûlées annuellement; plantes ligneuses ordi¬
nairement présentes.
II. — 2.1. Savane herbeuse (= Crass savanna).
Arbres et arbustes ordinairement absents.
Ex. — Savane herbeuse à Pennisetum purpureum Auct.
Savane herbeuse à Themeda triandra Auct.
II. — 2.2. Savane arbustive (= Shrub savanna).
Ex. — Savane arbustive à Hymenocardia acida Auct.
II. — 2.3. Savane arborée (= Trees savanna).
Arbres et arbustes disséminés.
Ex. — Savane arborée à Cussonia angolensis (Ass. à Andropogon gahonensis et Nephrolepr
cordifolia surmontée d’un étage de Cussonia angolensis Devred, Carte des Sols et de la
Végétation du Congo belge et du Ruanda Urundi, 2 M’Vuazi. Public. INEAC, 1954).
II. — 2.4. Savane boisée (= Savanna woodland).
Arbres et arbustes formant un couvert généralement clair.
Ex. — Savane boisée à Acacia Sieberiana (A. nefasia) (Lebrun, Expi. Parc nat. Albert.
I, 1947).
II. — 3. Steppe (= Steppe).
Formations herbeuses ouvertes, parfois mêlées de plantes ligneuses; généralement
non parcourues par les feux. Graminées vivaces largement espacées, n’atteignant générale¬
ment pas 80 cm, à feuilles étroites enroulées ou pliées, principalement basilaires. Plantes
annuelles souvent abondantes entre les plantes vivaces.
IL — 3.1. Steppe arborée et/ou arbustive (= Trees and/or shrub steppe).
Petits arbres, arbustes, arbrisseaux présents.
Ex. — Steppe à Acacia raddiana (Trochain in La Végétation du Sénégal, 1940).
Steppe à Acacia senega! (Aubréville, A., Climats, forêts et désertification de
l’Afrique tropicale, p. 283, 1940).
II. — 3.2. Steppe buissonnante ( = Dwarf — shrub steppe).
Sous-arbrisseaux dominants (arbrisseaux éventuellement présents).
Source : MNHNParis
— 421 —
II. — 3.3. Steppe succulente (= Succulent steppe).
Plantes succulentes largement représentées.
Ex. — Type n° 31 de la carte d’AcocKS 1951.
II. — 3.4. Steppe herbacée et/ou graminéenne (= Grass and/or herb steppe).
Arbres et arbustes pratiquement absents.
Ex. — Steppe à Chrysopogon aucheri (Edwards, in Journ. Ecol., 28, t. 21, photo 4,1940).
CODE POUR LA DIAGNOSE DES FORMATIONS HERBEUSES
I. — Peuplement graminéen
1 seul type = 100 % . . . pure
1 = 90-99 % + 1 ou .v. . . homogène
1 = 50-90 % + 1 seul . . . mixte
I = 50-90 / + x .mélangée
1 = 25-49 % + x .hétérogène
1 strate vég. unistrate
1 strate t- 1 strate flor.. . . simple
2 strates.composé
3 strates ou plus.complexe
0-25 cm.rase
25-50 cm. basse
50-100 cm.élevée
100-200 cm.haute
> 200 cm.très haute
0-24 % .lâche
25-49 %.claire
50-74 %.ouverte
75-100 %.dense
> 100 %.fermé
II. — Peuplement ligneux
1 strate.simple
2 strates.composé
3 strates ou :.complexe
0-24 % .lâche
24-49 %.clair
50-74 %.ouvert
75-100 %.dense
> 100 %.fermé
0-2 m.buissonnant
2-4 m.arbustif bas
4-8 m.arbustif haut
8-16 m.arboré bas
> 16 m.arboré haut
0,01-0,05 (exclus).dispersé
0,05-0,2 (exclus).distant
0,2-1 (exclus).épars
1 -5 (exclus).écarté
5-10.rapproché
>10.serré
C.N.R.S. Centre d’Études phytosociologiques
et écologiques Louis Emberger, B.P. 5051,
34033 Montpellier. Cedex 1 .
I. Le présent article entre dans le cadre d'une thèse de doctorat d’État enregistrée
au Centre de documentation du C.N.R.S. sous le numéro 5159.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 13 (4) 423-424, 1973.
UN CROTON NOUVEAU
I)E L’EST DE MADAGASCAR
par J. Leandri
Résumé : Parmi les Croton malgaches à feuilles rapprochées en faux-verticilles,
sans reflet métallique et non trinerves, le C. bemarivensis se distingue surtout par ses
longs pédicelles 9 et le petit nombre de ses étamines, les styles longs, une seule fois divisés,
les pétales 9 petits et linéaires.
Summary : This new species may be distinguished amidst non-silvery Malagasy
Croton with pseudo-verticillate leaves, owing to long 9 pedicels, few stamens, long,
once divided styles, î petals small, linear.
Croton bemarivensis J. Leand., sp. nov.
Frutex ramutis parum confier tis, rolundis, albidis, internodiis 5-6 cm longis, pilis simpli-
cibus rigidis longis perlucidis, basi turgescentibtts, parum demis, liirtis. Stipulae vix distin-
guendae. Folia vulgo in jugis 1-3 nodis conferta, saepe statura diversa. Petiolus 1,5-2 cm,
gracilis, canaliculatus, pilis magnis simplicibus erectis et pilis stellalis munitus. Lamina
tenuis, crasso viridis, basi dorso glanduias 2 parvas longe stipitatas, citpula intus dilate
colorata définiras gerens, 12 cmx 4,5 et ultra, ovato-acuta, basi subcordata, rariusobovata,
basi attenuata, semper acuminata ( 1-3 cm), crenato-denlata dentibus 5-10 mm latis, 2-3 mm
altis, ad apicem directis. Nervi magni utroque latere 4-5, subrecte divergentes, pagina
inferiore magis prominentes, utraque pagina pilis hirtis muniti.
Inflorescentia vulgo bisexualis, racemis vulgo apiceS ( 10-20 floris), basi fioribus 9 2-3,
floribus omnibus pedicellatis, pedicellis tenuiter hirtis, 9 robustioribus ; fioribus $ (cum
pedicello) fere / cm longis, 9 1,5 cm. Stamina in flore 3 pauca (5-10?) filamentis petala
superantibus, antheris ellipticis latis, connectivo apice emarginato, petalis anguslis ohtusis
vel vix spatulatis, margine ciliatis ; sepalis ovato-aculis submucronatiis, intus glabris, margine
tenui, disco tenuiter crenato, fundo floris piloso. Flores 9 stylis fusco-subrubris, bis ovario
longioribus, medio semel divisis; ovario hirto pilis simplicibus statu novo longis; disco
patiniformi lobalo ; petalis virgatis brevibus, sepalis ovatis oblongo-acutis submucronatis
intus glabris. Fructus pilis simplicibus hirtis destitutus, pilis stellalis vel squamosis qui-
busdam solum munitus. Styli post anthesin haud accrescentes, mox marcidi ; pericarpium
tenue; loculi ad apicem magis distincti.
Type : Madagascar Est (Nord), entre Andrangana et la rivière Anjambazamba
(route de Sambava à Antsirabe Nord, fl. 2-7.10.1966, R. Capuron S F 27197 (holo-, P).
Source : MNHN, Paris
— 424 —
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 13 (4) 425-427, 1973.
DESCRIPTION D UNE ESPÈCE NOUVELLE
DE GRAVESIA (MÉLASTOMACÉE) DU GABON
par H. Jacques-Félix
Summary : The g. Gravesia occurs in Gabon; description of a new species.
Le genre Gravesia, dont le centre de dispersion est à Madagascar avec
plus de cent espèces, n’a été reconnu que récemment dans les forêts de
montagne d’Afrique orientale 1 et on le croyait absent, jusqu’alors, des
Domaines occidentaux de la Région guinéo-congolaise. C’était une lacune
de nos connaissances, car une intéressante récolte, faite en 1966 par
M me A. Le Thomas et N. Hallé, dans une forêt encore jamais prospectée
du Gabon, nous permet de nommer une espèce nouvelle et de mieux
connaître l’extension réelle du genre en Afrique.
Gravesia gabonensis Jac.-Fél., sp. nov.
Affinis G. ripariae A. & R. Fern., calcari connectivi late iruncato, vel emarginato,
differt.
Suffrulex 0,15-0,20 m altus, radiants, simplex, sympodialis, plerumque anisophyllus,
glabrescens vel minute furfuraceus. Folia elliptico-lanceata ; petiolo gracili, 1-1,5 cm longo,
minute furfuraceo. Lamina usque 3 x 6,5 cm, basi cuneata, apice obtusata ; glabrescens ;
3 nervis vix conspirais ; marginibus integris.
Flores singulares, terminales demum false latérales, 4-vel 5-meri ; pedicello 5 mm
longo. Receptaculum 4x4 mm, campanulatum, minute furfuraceum. Calyx undulatum,
vel 4-5 lobis late triangularis. Petala purpurea, 8 mm longa. Stamina 8-10, aequalia; anthera
oblonga, 5 mm longa ; connectivo postice calcaralo, 0,8 mm longo, truncato vel emarginato ;
filamento 4 mm longo. Ovarium 4-5 squamis apici. Stylus 5 mm longus, linearis; stigmate
capitato.
Fructus 6x6 mm, turbinants, 4-5 angulalus; squamis accrescentibus, exsertis.
Semina oblongo-cuneata, 0,8 mm longa.
Typus : N. Halle & A. Le Thomas 376 (holo-, P).
Arbrisseau dressé, sympodial, non ramifié, haut de 0,15 à 0,20 m,
glabrescent; tige grêle, obscurément quadrangulaire, d’abord finement
furfuracée puis glabrescente, radicante sur les nœuds inférieurs, entre-
1. A. & R. Fernandes : Le genre Gravesia Naud. au continent africain. Bol. Soc.
Broter. 30 (2a ser.) : 111-116 (1956).
Dans une note antérieurement rédigée, à paraître dans le Bull, du Jardin Botanique
National de Belgique, j’ai également parlé du genre Gravesia en Afrique et nommée
une espèce nouvelle du Kivou (Zaïre).
Source : MNHN, Paris
— 426 —
nœuds jusqu'à 2 cm. Feuilles plus ou moins inégales sur la même paire.
Pétiole grêle, long de 1 à 2,5 cm. finement furfuracé. Limbe jusqu’à 3 x 6.5 cm.
elliptique-lancéaté, en coin à la base, apex obtus; glabrescent sur les deux
faces, ou avec quelques soies très éparses et très courtes à la face supé¬
rieure et nervures finement furfuracées à la face inférieure; nervation peu
visible du dessus. 3 nervures ascendantes, peu saillantes en-dessous, nervures
transversales peu nombreuses et peu prononcées, autres nervilles du réseau
peu visibles; marges entières, ou avec quelques excurrences de nervilles
très menues et très espacées.
Inflorescence uniflore, terminale, se renouvelant généralement après
deux entrenœuds du sympode et paraissant être axillaire. Fleur variable¬
ment 4- ou 5-mère. Pédicelle long de 5 mm, d’abord finement furfuracé,
grêle à la base puis progressivement plus robuste et finement ailé à son
attache avec le réceptacle. Réceptacle (avec le calice) finement furfuracé.
campanulé, 4x4 mm; lobes sépalaires largement triangulaires-obtus.
étroitement carénés sur le dos. Corolle rose; pétales 4x8 mm, largement
insérés, oblongs vers le bas puis acuminés, asymétriques au sommet, acumen
aigu-subulé. Étamines semblables; anthère oblongue, longue de 5 mm:
connectif avec ergot dorsal long de 0,8 mm, largement tronqué à émarginé;
Source : MNHN, Paris
— 427 —
filet 3,4 mm. Ovaire surmonté de 4 ou 5 écailles de la couronne. Style
linéaire, long de 5 mm; stigmate capité, obscurément bilobé.
Fruit 6x6 mm, turbiné et 4- ou 5-côtelé; écailles émarginées, légère¬
ment saillantes; placentas stipités-pédonculés, cymbiformes, avec longs
funicules. Graines cunées-oblongues, longues de 0,8 mm, arille courte
n’occupant que la base du raphé; obscurément bivésiculées au sommet.
Gabon : N. Halle & A. Le Thomas 376, humicole, forêt entre les rivières Djaddié
et Liboumba, Mékambo (7 août 1966).
A Madagascar la plupart des Gravesia sont pentamères, quelques-uns
sont régulièrement tétramères, quelques autres sont variables. La présente
espèce semble variable : les collecteurs indiquent « fleurs tétramères »
(et c’est bien le cas des fruits figurés), mais la fleur que nous avons analysée
est pentamère. 11 se peut que des récoltes ultérieures montrent des cymes
pluriflores.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 13 (4) 429-459, 1973.
LE GENRE AMPHIBLEMMA Naud.
(M ÉLASTOM AC ÉES)
par H. Jacques-Félix
Summary : The genus Amphiblemma, with eleven species, is restricted to forests
and gallery forests of West tropical Africa, in Gabon principally. Four new species are
described whereas three species names are reduced to synonymy.
Depuis qu’il a été établi par Naudin (1851), sur le Melastoma cymosum
Schrad. & Wendl., le genre Amphiblemma n’a jamais été discuté. L’établisse¬
ment du g. Haplophyllophorus A. & R. Fern., par retrait de la sect. Haplo-
phyllophora Bren., en renforce l’homogénéité et sa position est très claire
parmi les Sonérilées africaines *.
APPAREIL VÉGÉTATIF. — Tous les Amphiblemma sont vivaces, caules-
cents et plus ou moins ombro-sciaphiles. Ce sont, soit des arbrisseaux
dressés, à jeunes rameaux épais, charnus, et à feuilles amples et membra¬
neuses, soit des arbrisseaux plus touffus, à rameaux plus grêles, plus ligneux
et à feuilles plus réduites. Les rameaux sont subquadrangulaires dans le
premier cas, plus arrondis dans le second et ne sont jamais ailés. Plusieurs
espèces montrent régulièrement des lenticelles interpétiolaires, apparem¬
ment peu significatifs 1 2 . Les feuilles sont toujours manifestement pétiolées
et le pétiole, plus ou moins grêle, est étroitement inséré sur la tige. Ce
dernier caractère, et celui du manque d'alature des rameaux, indiquent
l’absence de faisceaux corticaux. L’anisophyllie existe à des degrés variables;
elle est particulièrement prononcée chez A. heterophyllum. Chez une seule
espèce, A. soyauxii , les fleurs sont régulièrement axillaires. Dans les autres
cas les inflorescences sont, ou bien exclusivement terminales, ou bien
complétées parfois de cymes axillaires. Cependant ces plantes forment
rarement des arbrisseaux très ramifiés. Ainsi, chez celles du premier groupe,
la tige sympodiale est souvent solitaire : après floraison la tige se détruit
1. Les spécimens ciiés, outre ceux des types, Kew (K), British Muséum (BM) princi¬
palement, sont ceux des Herbiers de Paris (P), Bruxelles (BR), Hambourg (HBG) et
Wageningen (WAG). Je remercie les Directeurs de ces différents Établissements d’avoir
bien voulu me communiquer ces spécimens.
2. Je remercie M llc M. Chalopin qui a reconnu la nature de ces lenticelles.
Source : MNHN, Paris
— 430 —
sur une certaine longueur et n’est remplacée que par un seul bourgeon.
Cette remarque a été faite depuis longtemps sur A. cymosum cultivé en serre.
INFLORESCENCE. — L’inflorescence élémentaire est une cyme unipare
à fleurs bisériées (cicinnus). Chez une seule espèce. A. molle, la cyme est
solitaire et généralement très allongée. Dans d'autres cas, la fleur axiale,
développée ou non, détermine un verticille de 2 à 5 cymes simples, ou
parfois bifurquées. Lorsque ces cymes sont sessiles et réduites à une ou
quelques fleurs pédicellées, l’inflorescence est ombelliforme. Enfin le cas
le plus complexe est celui de la panicule formée de plusieurs verticilles
superposés sur l’axe. Les bractées sont toujours très réduites.
FLEUR. — Comme chez la plupart des Sonérilées la fleur des Amphi-
blemma est caractérisée par la position plutôt épigyne que périgyne des
anthères dans le bouton. Genouillées sur le filet les étamines s’allongent
avec la corolle qui, bien avant l’anthèse, est nettement dégagée d’un calice
peu développé.
Le réceptacle, obscurément 5-gone, ne varie guère que par son indû¬
ment et sa forme qui va de brièvement campanulée à oblongue. Le calice
est toujours réduit à un limbe très étroit et les lobes eux-mêmes sont, ou
bien courts et largement triangulaires, ou bien étroitement triangulaires à
linéaires et séparés par de larges sinus. Le mucron subapical, souvent
présent sur les lobes du premier type, devient un appendice linéaire très
développé chez A. molle.
La corolle offre peu de caractères distinctifs. Toutefois elle est nette¬
ment réduite et peu voyante chez A. molle. Les pétales sont diversement
glabres ou porteurs de poils glanduleux.
Le dimorphisme staminal est constant et concerne non seulement le
connectif mais aussi l’anthère. Normalement les étamines du verticille
externe ont un pédoconnectif développé, arqué, prolongé en avant d'un
appendice simple et sans ergot postérieur. Celles du verticille interne ont
une anthère plus petite, un connectif bituberculé en avant et pourvu d’un
ergot bien développé. Ce type de structure est un peu différent chez A. molle
et A. gossweileri.
L’ovaire est essentiellement caractérisé par un vertex concave, toujours
glabre, dont la marge forme une couronne épigyne plus ou moins déve¬
loppée, simple ou 5-lobée et qui peut être ciliée. Profondément inclus dans
le tube, auquel il adhère généralement sur toute la hauteur de sa partie
fertile, il présente cependant, surtout entre les carpelles, des logements
staminaux peu profonds, où les anthères ne sont engagées que par leur
extrémité subulée; la couronne épigyne est toujours libre. Au cours du
développement le vertex devient souvent cratériforme, tant par croissance
périphérique des loges que par accrescence du tissu aérifère ou membraneux
de la couronne. Ainsi, chez A. molle, la couronne est déjà bien individualisée
avant l’anthèse et longuement exserte à maturité. Le style n’offre aucune
particularité; il est constamment linéaire avec un stigmate punctiforme.
Les placentas adhèrent sur toute la hauteur de la loge, ou présentent parfois
Source : MNHN, Paris
— 431 —
une brève étrave basale. Ils sont généralement peu saillants et forment une
lame étroite, en rapport avec des graines dont le funicule est de longueur
variable. Plus rarement ils sont quelque peu stipités et cymbiformes, en
rapport avec des graines à funicule court.
FRUIT. — La déhiscence se fait selon plusieurs modalités. Le plus
souvent elle est valvaire loculicide : le vertex se fend selon 5 lignes qui
partagent la couronne épigyne en autant de segments. Dans le cas d'A. molle,
chez lequel les placentas se séparent de l’axe et se prolongent quelque peu
sur le vertex, la couronne membraneuse rédupliquée ne se fend pas sur
toute sa hauteur mais s’ouvre en étoile autour des 5 branches placentaires.
Enfin, chez les capsules oblongues à graines vésiculeuses, la déhiscence
valvaire loculicide se complète d’une déhiscence septicide longitudinale
qui affecte nécessairement le tube du réceptacle.
La graine (ovule anatrope, embryon droit) est toujours plus ou moins
appendiculée. A partir de la base, où ne restent généralement que quelques
cellules du funicule, une double expansion du tégument s’étend tout le
long du raphé pour se dilater vers le sommet en une vésicule aérifère sulquée
ou bilobée. En décrivant A. mildbraedii nous reviendrons sur les deux types
de graines que nous avons observés.
NOMBRE CHROMOSOMIQUE. — Selon CI. Favarger le nombre est
de n = 38 chez A. cymosum. C’est le plus élevé de ceux observés sur les
Melastomataceae d’Afrique L
ANATOMIE. — Les Amphiblemma ne présentent pas de faisceaux
vasculaires corticaux et la présence de plages de liber dans la moelle est
irrégulière.
INDUMENT. — On n’observe jamais d'émergences sur le réceptacle
comme chez les Osbeckieae et l’indument se limite à 3 éléments : 1° les
poils tannifères, rameux ou non, parfois très menus, forment la pubescence
que l'on peut observer sur les rameaux jeunes, les feuilles, le réceptacle
et le calice; 2° les soies simples, seulement copieuses chez A. hallei et surtout
A. molle ; 3° les soies ou poils glanduleux, rares sur les organes végétatifs,
fréquents sur la fleur : réceptacle, calice, corolle et couronne épigyne.
CLASSIFICATION; AFFINITÉS. — Malgré sa composition homogène
le genre peut se subdiviser en deux sections.
Sect. Cincinnatae Engl. : par de nombreux caractères : cyme unipare
solitaire, sépales appendiculés, couronne épigyne membraneuse et
exserte, etc., VA. molle se distingue très nettement de l’ensemble des autres
espèces. Dans son travail de 1921, Gilg plaçait A. molle dans la section
des Corymbosae et deux espèces créées par lui, A. riparium et A. erythro-
1. Nouvelles recherches cytologiques sur les Mélastomatacées. Bull. Soc. Bot.
suisse 72 : 289-305 (1962).
Source : MNHN, Paris
— 432 —
podum, dans la section des Cincinnatae. Il s'agissait d’une erreur car
A. riparium Gilg est synonyme d'A. molle Hook. f. et nous n’avons pas
pu reconnaître ce qu’était VA. erythropodum Gilg & Lederm., autre syno¬
nyme probable. De sorte que seul A. molle correspond à la section Cin¬
cinnatae.
Sect. Corymbosae Engl. : les autres Amphiblemma entrent tous dans
cette section mais peuvent se séparer en deux groupes, l’un typifié par
A. cymosum, l’autre par A. selosum et dont les espèces respectives sont
voisines et parfois difficiles à distinguer.
Dans le premier groupe A. cymosum peut présenter quelques poils
glanduleux comme A. ciliatum et avoir plus d’un verticille de cymes comme
A. mildbraedii. De même, A. ciliatum (= A. lateriflorum Cogn.) peut avoir
des fleurs axillaires comme A. soyauxii. C’est pourquoi, bien que cette
dernière espèce soit très valable, elle ne justifie pas le maintien de la section
Axillares Engl. Enfin, VA. lanceatum, que nous avons cru devoir établir,
est lui-même très proche d'A. mildbraedii.
Plusieurs des espèces du deuxième groupe sont peut-être moins appa¬
rentées entre elles et nous en proposons trois nouvelles. L'A. hallei est bien
différent par plusieurs de ses caractères; A. heterophyllum et A. cuneatum
se distinguent surtout par leur appareil végétatif; enfin A. gossweileri et
sa variété humifusum sont étroitement alliés à A. setosum.
CHOROLOGIE; HABITATS. (Fig. 1) l . — Malgré des graines que l'on
peut considérer comme anémochores, les Amphiblemma sont tous confinés
à la partie occidentale de la Région guinéo-congolaise et, bien que l'un
d’eux existe également à Fernando Po, ils sont tous continentaux. Cette
aire est donc plus étroite que celle des Calvoa qui atteignent l’Afrique
orientale et dont quelques-uns sont endémiques des îles atlantiques du
golfe de Guinée.
La plupart des Amphiblemma affectionnent les rochers et troncs
moussus des sous-bois, les berges de ruisseau, les ravins humides des
chutes d'eau; soit toutes stations où le substrat est enrichi en humus, la
végétation éclaircie en grande forêt et l'air suffisamment humide hors de
la forêt. Ainsi, A. ciliatum. dont l’aire est cependant axée sur la zone équato¬
riale, est rare ou absent de la cuvette congolaise, alors qu’il est connu de
localités écartées en Rép. Centrafricaine et Angola, grâce à des stations
privilégiées comme les abords de cascades. L'A. cymosum, qui a sensible¬
ment les mêmes exigences, est localisé dans les habitats semblables de
l’Ouest africain. Dès la Nigeria il est remplacé par A. mildbraedii, grand
arbrisseau submontagnard des lisières boisées et galeries forestières du
plateau Bamiléké. C’est le moins hygrophile des Amphiblemma ; il remonte
1. La réalisation de cette carte a été facilitée par les recueils suivants : P. Bamps,
Indexées lieux de récolte, in Flore du Congo, du Rwanda et du Burundi (1968); R. Le-
touzey. Les botanistes au Cameroun, Flore du Cameroun 7 (1968); J. Raynal, Itiné¬
raires de G. Le Testu au Gabon, Flore du Gabon 14 (1968); et par les renseignements
personnels de N. Halle.
Source : MNHN, Paris
— 433 —
jusqu’au plateau de Baoutchi et existe aussi dans l’Adamaoua jusqu’aux
environs de Ngaoundéré; Ledermann l’aurait récolté plus à l’est vers Guen-
dérou. L’espèce affine, A. lanceatum, est planitiaire et croît dans les clai¬
rières marécageuses et galeries de forêt du Cameroun. Enfin, VA. soyauxii,
l’espèce la plus rare du groupe, a une aire limitée aux forêts montueuses
du Gabon et du Cameroun. On remarquera que les espèces affines de ce
groupe ont des aires distinctes, ce qui explique vraisemblablement leur
maintien.
L’aire d’A. molle est remarquable par son exiguïté latérale alors qu’elle
s’étend depuis l’embouchure du Congo jusqu’à la limite nord de la forêt
du Cameroun et se prolonge même d’une enclave en Région soudanienne,
sur les pentes des montagnes de Poli.
Tous les Amphiblemma du second groupe des Corymbosae sont confinés
au Gabon. Bien que les récoltes soient encore insuffisantes pour en définir
les aires respectives, il est évident que plusieurs cohabitent sur les mêmes
pentes boisées des Monts Cristal et de la Haute Ngounié. Toutefois A. goss-
weileri et sa variété humifusum occuperaient plutôt les forêts basses et
humides.
Source : MNHN, Paris
— 434 —
AMPHIBLEMMA Naud.
Ann. Sci. Nat. 15 : 50 Melast. Mon. 1 : 265 (1851).
Benth. & Hook. f., Oen. Plant. 1 : 754 (1862); Triana, Trans. Linn. Soc. 28
79 et 167 (1871); Hook. f.. Fl. Trop. Afr. 2 : 455 (1871); Cogn., Mon. Phan. 7, Melast.
526 (1891); Krasser, in Nat. Pflanzenfam. 3, 7 : 174 (1893); Gilg, Mon. Afr. 2, Melast.
29 (1898); in Pflanzenw. Afr. 3, 2 : 756 (1921); Brenan, Kew Bull. 1953 : 85 (1953)
Keay, in Fl. W. Trop. Afr., ed. 2,1 : 251 (1954); Jac.-Fél., Icon. PI. Afr. 3 : rab. 66 (1955)
A. & R. Fern., Conspect. Fl. Angol. 4 : 163 (1970).
CLÉ DES ESPÈCES
I. Cymes unipares, solitaires, multiflores, dressées; sépales avec un appen¬
dice subapical linéaire; couronne épigyne saillante à maturité (Sect.
Cincinnataè) . A. molle
II. Cymes unipares, digitées par deux à cinq en une inflorescence corym-
boïde; parfois panicule de plusieurs verticilles superposés; ou cymes très
réduites, paucifiores, formant une inflorescence contractée, ombelliforme;
parfois cymes axillaires; pas d'appendice linéaire au dos des sépales;
couronne épigyne incluse (Sect. Corymbosae ).
1. Feuilles amples, membraneuses; marges dentées-ciliées à finement
serrulées; herbes robustes ou arbrisseaux herbacés; tiges relativement
épaisses et subquadrangulaires (voir aussi A. heierophyllum); sépales
souvent largement triangulaires à arrondis.
2. Cymes exclusivement axillaires, principalement sur les nœuds dé-
feuillés; marges foliaires finement serrulées; réceptacle oblong,
poils glanduleux sur le calice; tiges jeunes souvent hirsutes... A. soyauxii
2'. Cymes terminales ou parfois précédées de cymes axillaires sur les
nœuds sommitaux.
3. Arbrisseaux herbacés ou herbes robustes de 0,75 à 2 m de
haut; cymes pluriflores; fleurs glabrescentes ou avec poils glan¬
duleux.
4. Panicule de 2 à 5 verticilles de cymes pédonculées et parfois
bifurquées (voir aussi A. cymosum) ; fleurs peu serrées, sans
poils glanduleux; sépales arrondis.
5. Panicule jusqu’à 28 cm de large et 20 cm de haut, avec
3-5 verticilles de cymes souvent bifurquées; feuilles
largement ovales à ovales, généralement pubérulentes
sur les 2 faces; marges serrulées; réceptacle 10-12 mm
de long. A. mildbraedii
5'. Panicule jusqu’à 12 cm de large et 10 cm de haut, avec
2-3 verticilles de cymes parfois bifurquées; feuilles
lancéatées à ovales-lancéatées, glabrescentes; marges
dentées-serretées; réceptacle 5 mm de long... A. lancealum
4‘. Corymbe de 2-5 cymes simples, digitées; rarement 2 verti¬
cilles et cymes bifurquées chez A. cymosum; fleurs nette¬
ment bisériées et unilatérales, souvent avec poils glanduleux ;
sépales triangulaires.
6. Inflorescence pédonculée par un entrenœud de plusieurs
centimètres; cymes pédonculées, atteignant 5-9 cm (par¬
fois bifurquées sur les sujets robustes); fleurs normale¬
ment glabrescentes; capsule ellipsoïde-oblongue.. A. cymosum
6". Inflorescence subsessile de cymes contractées ne dé¬
passant pas 3-4 cm; parfois cymes axillaires; fleurs
contiguës à imbriquées, avec poils glanduleux abondants
sur la corolle et le calice, ceux du réceptacle caducs en
laissant une trace verruqueuse; capsule campanulée de
6-8 mm. A. ciliatum
Source : MNHN, Paris
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3'. Arbrisseau de 0,50 m de haut; tiges grêles, ligneuses; feuilles
très inégales sur le même nœud; marges longuement ciliées;
cymes ombelliformes 3-4 flores; fleurs hérissées de soies non
glanduleuses . A. heierophyllum
I'. Feuilles généralement coriaces, à marges entières, non ou obscuré¬
ment ciliées (parfois herbacées mais alors plus ou moins villeuses, ou
arbrisseaux peu élevés, à rameaux plutôt grêles et arrondis); cymes
pauciflores, ombelliformes, moins de 5 cm de diamètre; sépales étroi¬
tement triangulaires ou linéaires, séparés par de larges sinus.
7. Poils glanduleux sur le réceptacle ou le calice; sépales triangulaires
à subulés; feuilles glabrescentes ou éparsément poilues.
8. Feuilles ovales, ovales-lancéatées à largement elliptiques.
9. Réceptacle long de 5-7 mm, nettement sétulo-glanduleux;
grandes étamines 18-20 mm; pétiole presque aussi long que
le limbe; cymes terminales. A. seiosum
9'. Réceptacle long de 3-4 mm, soies peu nombreuses, caduques
ou non glanduleuses; grandes étamines 8-10 mm; cymes
souvent précédées de cymules axillaires ou dispersées A. gossweileri
10. Arbrisseau ligneux, dressé; cymes terminales souvent
précédées de cymules axillaires; pédoconnectif des
grandes étamines sans ergot et celui des petites étamines
avec appendice antérieur bien développé... var. gossweileri
10'. Arbrisseau herbacé, étalé; fleurs solitaires ou cymes
très réduites, dispersées à l'extrémité des tiges et des
rameaux latéraux; pédoconnectif des grandes étamines
avec un ergot dorsal et celui des petites étamines sans
appendice antérieur notable. var. humifusum
8'. Feuilles étroitement elliptiques lancéolées. A. cuneatum
T. Soies filiformes, hérissées sur le réceptacle et le calice; sépales
linéaires; plante hirsute, souvent rougeâtre. A. halles
Amphiblemma molle Hook. f. (PI. 2 et 3).
Triana, Fl. Trop. Afr. 2 : 456 (1871); Trans. Linn. Soc. 2 : 79 (1871); Cogn., Mon.
Phan. 7, Melast., : 527 (1891); Gilg, Mon. Afr. 2, Melast. : 29 (1898); Pflanzenw. Afr.
(1921); Exell, Journ. Bot. 67 : 182 (1929); A. & R. Fern., Conspect. Fl. Angol. 3, 2 : 756
4 : 164 (1970).
— Amphiblemma riparium Gilg, Pflanzenw. Afr. 3, 2 : 756, in clavi (1921); basé sur
Mildbraed 5583 (Lecto. HBG1), 5912; Zenker 4029,4860 ; Pellegr., Mém. Soc. Linn.
Normandie 26, 2 : 121 (1924).
— A. erythropodum Gilg & Lederm., Pflanzenw. Afr. 3, 2 : 756, in clavi (1921) >.
Type : Mann 1681b (holo-, Kl).
Arbrisseau subherbacé, dressé, ramifié, 0,50-0,80 m, hirsute-velutineux
sur toutes ses parties, souvent de teinte rougeâtre; rameaux grêles, sub-
quadrangulaires puis arrondis, couverts d’un indûment dense formé de
soies hérissées et de poils capités; deux lenticelles protubérants interfoliaires
sur chaque nœud. Feuilles pétiolées, poilues; pétiole grêle, long de 3 à
1. D’après une récolte (détruite?) de Ledermann au N. de Nkongsamba (Cameroun).
Placé dans la sect. des Cincinnatae il s'agit probablement d'A. molle , bien que la taille
indiquée (1,50 m) semble exagérée et fasse penser à A. mildbraedii.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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7 cm, densément velutineux-hirsute; limbe ovale de 4-6 x 8-10 cm, arrondi
ou médiocrement cordé à la base, aigu à obscurément acuminé au sommet;
pubescent à la face supérieure, subhirsute en dessous; 5 nervures ascen¬
dantes, nervures transversales parallèles, plus ou moins masquées par
l’indu ment; marges obscurément dentées-ci liées.
Cymes terminales, solitaires, unipares, pédonculées, pouvant atteindre
25 cm et porter jusqu’à 50 fleurs bisériées sur un rachis densément velu-
tineux; longtemps persistantes et apparemment axillaires par dépassement
des rameaux sous-jacents. Fleurs brièvement, mais nettement pédicellées,
velutineuses par le réceptacle et le calice couverts de soies et de poils capités;
réceptacle ovo-campanuié, haut de 4-5 mm; lobes du calice triangulaires-
obtus, longs de 3 mm, pourvus sur le dos d'un appendice subapical linéaire-
subulé, hirsute, atteignant 6-8 mm et dépassant la corolle dans le bouton.
Corolle peu voyante, rose, parfois blanche: pétales oblongs, 3,5 x 5 mm,
apex sétacé plus quelques autres poils capités. Grandes étamines à anthère
de 4 mm; pédoconnectif relativement court, peu arqué, prolongé en avant
d’un appendice obtus-émarginé et marqué en arrière d’un ergot à peine
visible; filet de 5 mm. Petites étamines à anthère de 2,5 mm; connectif
pourvu, en avant, d’un appendice épais, bilobé, connivent ou adhérent
à l’anthère et, en arrière, d’un ergot obtus bien évident; filet de 4 mm.
Ovaire entièrement adhérent sur le tiers de sa longueur, puis jusqu’à la
moitié par des cloisons; partie libre cratériforme, presque cylindracée,
atteignant le rebord du réceptacle, formée de la couronne épigyne et des
loges intruses dans les angles; parois membraneuses, nerviées; marges
minces, ciliées de poils capités. Style linéaire, plutôt épais, long de 4 mm.
Placentas stipités par une lame membraneuse, fragile, adhérente sur toute
la longueur ou avec une brève carène libre à la base, prolongée vers le haut
un peu au delà de l’insertion du style.
Fruit campanulé, long de 8 mm; ovaire longuement saillant hors du
réceptacle et du calice par la couronne nerviée, pentagonale-rédupliquée,
à marge ciliée, tronquée à ondulée; déhiscence valvaire. Graines courtes,
0,5 mm, papilleuses; tégument dilaté latéralement et au sommet en deux
vésicules aérifères peu importantes.
Observations. -— Le type étant assez médiocre, la cyme est décrite
comme pauciflore, alors qu’elle totalise normalement plusieurs dizaines
de fleurs. En conséquence Gilg (1921) a nommé Amphiblemma riparium
le matériel du Cameroun mieux développé et placé cette espèce dans la
section particulière des Cincinnatae alors qu’il a laissé A. molle dans la
section des Corymbosae. En outre les lobes du calice sont décrits comme
subulés alors qu’il s’agit exactement de l’appendice dorsal. La variabilité
chez cette espèce ne porte guère que sur des détails de dimensions, d’indû¬
ment, etc. Elle se distingue de ses congénères par de nombreux caractères
et sa place dans une section particulière est justifiée.
Gabon : N. Halle 3482, Bélinga, paroi rocheuse sous forêt; fl. blanches (déc.):
4014, Bélinga, bords de l’eau (juin); N. Halle & J.-F. Villiers 4486, Mt Cristal, Kinguélé,
bords de torrent (janv.); 4725, Mt Cristal, Assok; corolle blanche; touffe rameuse étalée
Source : MNHN, Paris
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(janv.); 5049, Akoga, bords de sentiers; fl. rose, 12 mm de diamètre, feuilles rouge grenat
en-dessous (fév.); 5094, Mt Mêla; fl. rose violacé (fév.); 5103, 5105 bis, Mt Mêla, rocher
moussu du sommet vers I 000 m; fl. blanche ou rose (fév.); N. Hallé <6 Cours 5942,
Ovala, vers 900 m; fl. blanches (mai); Le Tesiu 2337, bassin de la Ngounyé, Moundou
(oct.); 5220, Haute Ngounyé, de Mouila à Kembélé « fl. rose foncé; il y a une var . ftor
albis » (fév.); Mann 1681b (K!), Mt Cristal (juil.). — Cameroun : Anne1225,234, Lolodorf,
Mt Ngowayang (juin); Bos 3671 (WAG), Kribi-Lolodorf, vieille forêt secondaire (janv.);
4312 (WAG), route de Kribi-Lolodorf, au pied du Mt Calvary, en clairière (avril); 6603
(WAG), même localité, rochers sous forêt (mars); Dinklage 1497 (HBG), Kribi; Jacques-
Félix 2457, Ndikiniméki, sous-forêt (nov.); 9192, Lolodorf, Mt Minn (no \)\ Letouzey 9029,
clairière de forêt à 50 km SE de Kribi; plante rougeâtre (mars); 9461, de Kribi à Ebolowa,
colline Nkola; plante rougeâtre de 0,50 m de haut (avril); Mildbraed 5583 (HBG), Ekouk,
22 km à l’est d'Ebolowa (a. 1910-11); 5912 (HBG), environs de Kribi (a. 1910-11); Zeitker
2478, 4029 (HBG), 4093, 4860 (HBG, P, Z), environs de Bipindi (a. 1911-13). — Congo :
Sita 3330, Zanaga, région Ingolo II. Mt Ndoumou (mars); Thollon 1142, Mayombe
(juil.).
Amphiblemma soyauxii Cogn. (PI. 4).
Mon. Phan. 7, Melast. add. : 1184 (1891).
Type : Soyaux 207 (holo-, P!; iso-, Z!).
Arbrisseau jusqu’à 2 m de hauteur, peu ramifié, feuillu, souvent
pourpré, cauliflore; rameaux jusqu’à 6 mm de diamètre, arrondis, variable¬
ment hérissés ou non de soies glanduleuses, finement furfuracés lorsqu’ils
sont jeunes, présence de lenticelles sur les nœuds. Feuilles pétiolées, amples,
membraneuses; pétiole 7-10cm, furfuracé et souvent avec quelques soies
glanduleuses éparses; limbe ovale, arrondi-cordé à la base, aigu à acuminé
au sommet; soies couchées éparses à la face supérieure, plus rares en
dessous; poils submarginaux plus nombreux s’ajoutant aux cils des marges
très finement serrulées-dentées ; 5 à 7 nervures ascendantes, nervures trans¬
versales sensiblement parallèles.
Inflorescences exclusivement axillaires, généralement sur les nœuds
ayant perdu leurs feuilles, subsessiles, formées de 2 cymes scorpioïdes
courtes, de 3 à 5 fleurs diversement lâches, ou solitaires. Fleur à pédicelle
variant de 1 à 4 mm; réceptacle étroitement ellipsoïde-oblong, pentagonal,
haut de 5-6 mm, généralement glabrescent à finement pubescent, rarement
avec quelques soies éparses sur la partie inférieure, par contre soies glandu¬
leuses vers le haut et sur le calice; lobes du calice triangulaires, hauts de
2 à 2,5 mm, apex aigu à sétacé, souvent divergent. Corolle rose; pétales
obovales, asymétriques, 5 x 10 mm, avec soies glanduleuses vers le haut.
Grandes étamines à anthère de 7 mm; pédoconnectif de 4-5 mm, appendice
antérieur de 2 mm, tronqué-bidiscoïde; filet 5 mm. Petites étamines à
anthère de 4-5 mm; connectif épaissi en avant par un appendice obtus et
en arrière d’un ergot obtus; filet de 4 mm. Style long de 10 mm. Ovaire
relativement long; placentas sessiles.
Fruit oblong, de 5 x 10 mm, pentagonal; l’ovaire atteint le bord du
réceptacle par son vertex tronqué, non cratériforme; déhiscence locu-
Source : MNHN, Paris
— 440 —
licide au sommet et septicide sur toute la longueur. Graines 1,5 mm de
longueur totale, oblongues, presque lisses, funicule charnu, vésicule aérifère
terminale, dressée.
Observations. — La plante récoltée au Cameroun diffère de celles
récoltées au Gabon par des rameaux glabrescents ; par des cymes plus
lâches; le réceptacle plus long porte quelques poils épars alors que le calice
est presque dépourvu de soies glanduleuses; le sommet de l’ovaire est
plan au lieu de concave, etc.
Gabon : N. Halle & J.-F. Villiers 4364, Mbel, bords de rivière; arbrisseau de 1 m,
très pourpré (janv.), 4426, rivière Mbei, chutes de Kinguelé, arbrisseau de 1,50 m, sur
rocher moussu à l’ombre (janv.); 4850, Mont Cristal, rivière Essia, 10 km S de Mêla;
arbrisseau de 2 m, pourpré, jeunes rameaux hirsutes (fév.) ; Soyaux 207, Mounda, ferme
de Sibange (fév.). — Cameroun : Jacques-Félix 9186, Lolodorf, Mont Minn; arbris¬
seau de 2 m sur terreau de feuilles collecté par des blocs rocheux en sous-bois (nov.).
Source : MNHN, Paris
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Amphiblemma mildbraedii Gilg (PI. 4).
Pflanzenw. Afr. 3, 2 : 756, in clavi (1921); Wiss. Ergebn. Deutsch. Zentr. Afr.
Exped. 1910-11, 2 : 188, nomen (1922); Keay, Fl. W. Trop. Afr., ed. 2, 1 : 252 (1954).
— Amphiblemma polyanihum Gilg, Pflanzenw. Afr. 3, 2 : 756, in clavi (1921) '.
Type : Mildbraed 7092 (lecto-, HBG!); 7055 (syn-, HBG!).
Plante robuste de 1,50 à 2 m, peu ou pas ramifiée, sympodiale, gla-
brescente; rameaux épais, subquadrangulaires, pubérulents sur les parties
jeunes, souvent avec bourgeons feuillés aux aisselles foliaires. Feuilles
longuement pétiolées, amples, molles; pétiole long de 4 à 10 cm, arrondi,
densément pubescent; limbe largement ovale, 12 x 15 cm, ou ovale-
lancéaté, 6 x 15 cm, arrondi-cordé à la base, acuminé-aigu au sommet,
glabrescent à finement pubescent au-dessus, furfuracé en dessous, surtout
sur les nervures; 7-9 nervié, nervures transversales parallèles, nombreuses;
marges apparemment entières, mais très finement dentées-ciliées.
Panicule cymeuse terminale, dégagée des feuilles par un pédoncule
atteignant 10 cm; jusqu'à 26 cm de large et haute de 20 cm (sans le pédon¬
cule); constituée de 3 à 4 verticilles de 2 à 5 cymes unipares, elles-mêmes
pédonculées et 1 à 2 fois bifurquées; fleurs lâches sur les axes furfuracés.
Fleurs nettement pédicellées, 2-4 mm; réceptacle et calice furfuracés, étroite¬
ment campanulés; lobes du calice plus larges que hauts, 3 x 1,5 mm,
arrondis et brusquement mucronés sur le dos. Corolle grande, rose; pétales
asymétriques-oblongs, finement mucronés au sommet, longs de 20 mm.
Grandes étamines à anthère linéaire-subulée de 9 mm; pédoconnectif
allongé, arqué, long de 10 mm, prolongé en avant d'un appendice linéaire
puis tronqué-émarginé; filet de 10 mm. Petites étamines à anthère linéaire-
subulée de 6 mm; connectif épais, pourvu en avant d’un appendice court,
redressé, bilobé et, en arrière, d'un ergot court et obtus; filet de 8-9 mm.
Ovaire profondément inclus dans le réceptacle, d’abord entièrement adhé¬
rent, puis par des cloisons sur les 2/3 à 3/4 de sa longueur, la partie libre
étant constituée par la couronne épigyne, dressée, 5-lobée; style long de
23 mm. Placentas linéaires formant une lame étroite, presque sessile, aussi
haute que la loge.
Fruit campanulé-urcéolé, obscurément pentagonal; les 5 côtes princi¬
pales peu épaisses mais précises, les intermédiaires plus fines; ovaire inclus,
sommet modérément concave et marge de la couronne presque régulière;
partie libre du réceptacle et du calice contractée, marcescente. Graines
nombreuses, longues de 1,5 mm papiileuses, tégument peu dilaté ne formant
qu'une petite vésicule recourbée au sommet (cf. observations ci-après).
Observations. — Cet Amphiblemma subhéliophile ne présente pas
constamment des bourgeons feuillés axillaires au moment de la floraison.
Les spécimens du continent ont généralement les feuilles plus allongées
1. D’après trois récoltes (détruites?) de Ledermann faites au Cameroun sur la
chaîne occidentale, de Nkongsamba à Sambolabo. Selon cette répartition et la taille de
1,50 m indiquée pour ces plantes, il s'agit probablement d’A. mildbraedii.
Source : MNHN, Paris
442 —
que ceux de Fernando Po. De même les nervures transversales, typique¬
ment nombreuses et rapprochées, sont parfois plus lâches. Gilg (1921)
séparait A. mildbraedii d 'A. polyanthum d'après la dentelure des marges.
Enfin les récoltes Jacques-Félix 3013 et 3091 présentent des graines allan¬
toïdes, membraneuses, très différentes de celles de spécimens apparemment
identiques et récoltés dans la même région.
Cameroun : CNAD 1578 , Bangangté, vers Bangoua, sol humide (août); De Wilde
4452 (WAG!), Ngaoundéré, chutes de la Vina, I 200 m ait.; arbrisseau de 2 m (déc.);
De Wit 7941 (WAG!), région Bamiléké; haut de 2 à 3 m (déc.); Jacques-Félix 3013,
bords du lac de Bafoussam; arbrisseau de 2 m (janv.); 3091, de Bazou à Bangangté;
1,50 à 2 m (janv.); Keay Ftll 28326, Bamenda : Widdikoum, 600-700 m ait. (janv.). —
Fernando Po : Melville 654, entre Moka et Biao, vers I 800 m ait. : haut de 2 m (sept.):
Mildhraed7055, 7092 (HBG!), Musola, de 600 à I 200 m ait. (nov.). - Nigeria : Gilleii
15303, Idanre, Mt Orosun 840 m, rocailles et forêt; 1,50 m (août).
Amphiblemma Ianceatum Jac.-Fél., sp. nov. (PI. 5).
A/finis A. mildbraedi Gilg, fotii.s lanceaiis, basi cimeatis, serratis; floribus minoribus ;
fruclibus globularibus ; placentis stipilatis, differt.
Subarbuscula, simplex vel pauciramosa, 1,50 m alla, sursum herbacea ; ramis sub-
quadrangularibus, subcrassis, primo furfuraceis demum glabratis. Folia utrinque glabrala,
vel sparsim pubescenlia; peliolo gracili, 8-15 cm longo. Lamina lanceata, 6-9 ■ 12-18 cm:
5-7 nervis, nervulis transversalis Iaxis; marginibus serrato-ciliaris.
lnflorescenlia 1er minaiis pedunculara ; cincinnis, simplicis vel 2-cholomis, in 2-3 verli-
cillos disposais. Flos subsessilis, glabrescens. Receplaculum campanidaliim, 3 X 5 mm,
furfuraceum : lobi calycis laie ovali, relusi, poslice mucronati, piiberuli. Corolla rosea ;
pendis obovaiis, 9 • 13 mm, glabris. Stamina majora, anthera 8 mm longa ; pedoconnec-
livo 6-7 mm longo, anlice produclo, appendice 1,5 mm, iruncaio ; fitamento 7 mm longo.
Stamina minora, anlltera 5,5 mm longa ; conneclivo anlice bilohalo, ereclo, poslice calcaralo
obluso ; filamenlo 5,5 mm longo. Ovarium valde inclusum, verlice vix concavum. Stylus
linearis, 15 mm longus; stigmate punctiformi. Placeniae slipilaiae, loculum aequanies.
Frucius cupulo-globosus, 6,5 x 7 mm, ovario receplaculum aequanii. Semina oblonga,
papillosa, raphe in appendicem lumidam superanlum producla.
Type : Letouzey 3991 (holo-, P).
Plante dressée, haute de 1 à 1,50 m, peu ou pas ramifiée, sympodiale,
herbacée vers le haut; tige obtusément quadrangulaire, finement furfuracée
puis glabrescente, avec 2 lenticelles peu marqués sur les nœuds. Feuilles
longuement pétiolées, allongées, glabrescentes; pétiole grêle, de 8 à
15(20) cm, glabre à furfuracé; limbe lancéaté, 6-9 x 12-18 cm, en coin
ou arrondi à la base, acuminé aigu au sommet, apparemment glabre ou
avec quelques poils rares et courts sur les 2 faces; 5-7 nervures peu saillantes,
nervilles transversales peu rapprochées; marges serretées-dentées, avec
un cil très court sur chaque dent.
Inflorescence terminale, parfois précédée de cymules axillaires, portée
sur un pédoncule de 5 à 9 cm; large de 8 à 10 cm et haute de 6 à 8 cm;
constituée de 2 à 3 verticilles de cymes unipares pédonculées et les plus
robustes bifurquées; de 7 à 9 fleurs par cyme, soit de 50 à 100 fleurs par
inflorescence; axes glabrescents ou éparsément furfuracés. Fleur subsessile.
Source : MNHN, Paris
— 443 —
Source : MNHN, Paris
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glabrescente; réceptacle campanulé, haut de 5 mm; calice étalé, étroit,
les lobes largement arrondis, 1 X 2 mm, échancrés au sommet par le rejet
dorsal du mucron; plus nettement furfuracés que le réceptacle, quelque
peu pubescents et parfois avec quelques poils glanduleux fugaces. Corolle
rose ou purpurine; pétales obovales, 9x13 mm, glabres. Grandes étamines
à anthère linéaire de 8 mm; pédoconnectif, allongé, arqué, long de 6-7 mm.
prolongé en avant d’un appendice de 1,5 mm, à tête claviforme obscurément
bituberculée; filet de 7 mm, épaissi vers le tiers supérieur. Petites étamines
à anthère de 5,5 mm; connectif pourvu, en avant, d’un appendice court,
redressé, bilobé et, en arrière, d’un ergot court et obtus; filet de 5,5 mm.
épaissi vers le tiers supérieur. Ovaire profondément inclus dans le récep¬
tacle, adhérent sur toute la hauteur des loges avec logements staminaux
courts entre les loges; vertex cratériforme peu profond, couronne formée
d’une marge étroite, régulière, glabre; style linéaire, long de 14 mm; stig¬
mate punctiforme. Placentas stipités par une lame aussi longue que la
loge ou terminée à la base par une brève carène libre.
Fruit cupulo-globuleux, 6,5 x 7 mm, le calice longtemps persistent,
les côtes peu prononcées; sommet de l’ovaire peu concave, la couronne
atteignant le rebord du réceptacle. Graines oblongues. 1 mm, papilleuses.
tégument membraneux de chaque côté du raphé et dilaté au sommet en
une vésicule sulquée; funicule plus ou moins persistent.
Observations. — Cette plante est manifestement proche d’A. mild-
braedii. Elle s’en distingue par les caractères que nous avons indiqués et
c’est aussi une planitiaire forestière, presque paludicole, alors que VA. mild-
braedii est submontagnard héliophile.
Cameroun : De Wilde 1857 , Mbalmayo en forêt; arbrisseau herbacé, haut de 1,50 m
(fév.); Jacques-Félix 4620, Dcngdeng, parmi de grandes herbes en clairière de forêt
(juil.); 9140, Mbalmayo, emplacement marécageux en forêt; haut de 1 m (nov.); Letouzey
3015, environs de Bertoua, Mpoundou, bords de ruisseau en galerie claire (fév.); 3991,
environs d'Abong Mbang, rivière Ngoum entre Anpel et Mase, bordure de raphiale
marécageuse; haut de 0,50 à 1 m (mai).
Amphiblemma cymosum (Schrad. & Wendl.) Naud. (PI. 6).
Ann. Sci. Nat. 15 : 51 (= Melast. Mon. 1 : 266), 14 : lab. 7,fig. 7 (1851). Bot.
Mae. : tab. 5473 (1864); Triana, Trans. Linn. Soc. 28 : 79, lab. 6,/ig. 77 (1871); Hook. f.,
Fl. Trop. Afr. 2 : 456 (1871); Cogn., Mon. Phan. 7, Melast. : 528 (1891); Gilg, Mon.
Afr. 2. Melast. : 30 (1898); Hutch. & Dalz., Fl. W. Trop. Afr. 1 : 210 (1927); rev.
Keay, ed. 2, 1 : 252 (1954); Jac.-Fél., Icon. PI. Afr. 3 : lab. 66 (1955).
— Melasioma cymosum Schrad. & Wendl., Sert. Hannov. 1 ; 18, lab. 70(1796); Willd.,
Sp. PI. ed. 4, 2 : 588 (1799); Ventenat, Hort. Malm. lab. 14 (1803); Loiseleur,
Herb. gén. amat. 2 : tab. 135 (1817); Link, Enum. Pi. 1 : 397 (1821); Rchb., Mag.
Aesthet. Bot. 1 : lab. 43 « = 21 » (1822); DC., Prodr. 3 : 147 (1828); Martius, Nov.
gen. & sp. 3 : 160, lab. 241, fig. 2 (1829).
— Melasioma corymbosa Sims, Bot. Mag. : lab. 904 (1806); basé sur une plante cultivée
par Loddiges à partir de matériel vivant rapporté de Sierra Leone par Afzelius;
Lodd., Bot. Cab. 6 : lab. 984 « = 561 » (1821).
Source : MNHN, Paris
— 445 —
— Melastoma leonensis Lodd. ex Steud., Nomencl. Bot. 2 : 116 (1841)
— Calvoa superba A. Chev., Expi. Bot. : 275 (1920); basé sur Chevalier 18501, 18528
(lectotype), 21575.
Type : Plante cultivée dans les serres de Hanovre; supposée, à tort, originaire d’Amé¬
rique méridionale; figurée par Wendland.
Arbrisseau glabrescent, peu ou pas ramifié, pouvant atteindre 1 m
de hauteur; rameaux subquadrangulaires, épais fragiles, subherbacés sous
l’inflorescence et remplacés chaque année par un bourgeon sous-jacent.
Feuilles longuement pétiolées, grandes, membraneuses : pétiole jusqu’à
10 cm de longueur, arrondi, charnu, fragile; limbe largement ovale-cordé,
environ 9x15 cm, glabrescent (poils courts très épais à la face supérieure);
5-7(9) nervures principales, nervures secondaires parallèles entre elles et
perpendiculaires aux précédentes; marges délicatement dentées-ciliées.
Inflorescence multipare (digitée) de 3 à 5 cymes élémentaires unipares
(rarement bifurquées), pouvant atteindre 8 cm et compter chacune de
8 à 12 fleurs bisériées.
Fleur à pédicelle de 1-3 mm, normalement glabre à pubérulente;
réceptacle campanulé-oblong, 4-5 mm, glabre à pubérulent; calice à lobes
courts, largement triangulaires-obtus, larges de 2 mm pour une hauteur
de 1,5 mm, légèrement épaissis-mucronés sur le dos. Corolle rose, normale¬
ment glabre; pétales obovales, longs de 1 à 1,5 cm. Grandes étamines à
anthère de 7 mm; pédoconnectif arqué de 7-8 mm, avec appendice antérieur
claviforme à bilobé de 2-3 mm; filet de 9 mm. Petites étamines à anthère
de 5-6 mm; connectif bituberculé en avant et pourvu d’un ergot dorsal
obtus; filet de 6 mm. Ovaire profondément inclus dans le tube du récep¬
tacle, adhérent par sa partie fertile (ou logements staminaux très courts),
sommet déprimé-cratériforme, la marge périphérique scarieuse libre.
Style linéaire. Placentas sessiles.
Fruit campanulé-oblong, pentagonal, la couronne scarieuse de l’ovaire
arrive à la bordure du réceptacle. Graines ellipsoïdes-oblongues, finement
granulées, avec une membrane de chaque côté du raphé, se dilatant au
sommet en une vésicule aérifère; portées par des funicules de longueur
variable, qui se désagrègent à maturité.
Observations. — L’espèce varie quelque peu au gré de la robustesse
de la plante et de l’environnement. L’inflorescence présente parfois un
deuxième verticille de cymes qui peuvent être bifurquées ( Jacques-Félix 1078).
Le calice et la corolle peuvent porter quelques poils glanduleux ( Jacques-
Félix 164, 1078), ou le fruit peut être quelque peu verruqueux ( Chevalier
21575). Ces « anomalies » réduisent les différences avec d’autres espèces
comme A. mildbraedii et A. ciliatum.
1. On sait mal ce qu’est le M. leonensis attribué à Loddiges par Steudel. Triana
pense que c'est un Dissoiis ou un Tristemma; Cogniaux le cite avec doute à la suite
d' Amphiblemma cymosum; Gilg le met clairement en synonymie de cette même espèce.
Il s’agissait probablement d'une plante rapportée de Sierra Leone par G. Don, cultivée
et étiquetée ainsi par Loddiges.
Source : MNHN, Paris
446 —
Guinée : Adam 89, Farana, galerie forestière (août); Chevalier 18501, de Timbo
à Ditine; 18528, chutes de la Ditine (sept.); Jacques-Félix 164, environs de Kindia,
gorges sombres de ruisseaux (août); 1078, Macenta (août); 7136, Sérédou, berges rocheuses
du Diani (août); O.R.S.T.O.M. 2434, de Nzérékoré à Sérédou (mai); Pobéguin 2174,
Pita (juif). — Sierra Leone : Deighlon 3065, Baiima (sept.); Melville 87, SW de Leicester
(août); Thomas 3437, Bumbuna (oct.). — Liberia : Limier 1015. Peahtah (oct.). —
Côte d’Ivoire : Chevalier 21575, Haute Sassandra, entre Zagoué et Soucourala (mai).
Source : MNHN, Paris
— 447 —
Cette espèce connut une certaine vogue comme plante de serre et
fut distribuée dans la plupart des jardins botaniques d’Europe, ce qui
explique qu’elle fut souvent décrite et figurée. Ce n’est qu’en 1851 que
Naudin établit la synonymie entre le Melastoma cymosum, que l’on croyait
originaire d’Amérique méridionale, et le Melastoma corymbosum, que
l’on savait provenir de Sierra Leone, alors qu’ils avaient été vraisemblable¬
ment distribués tous les deux par A. Afzelius.
Amphiblemma ciliatum Cogn. (PI. 6).
Mon. Phan. 7, Melasi. : 528 (1891).
— Amphiblemma lateriflorum Cogn.. Mon. Phan. 7, Melasi. : 529 (1891); basé sur
Thollon 245 (P).
— A. wildemanianum Gilg ex de Wild. & Th. Dur., Ann. Mus. Congo, ser. 2, 1 ; 22
(1899); basé sur Dewèvre 718 (BR).
Type : Thollon 439 (holo-, P).
Arbrisseau de 1 m de hauteur; rameaux charnus, subherbacés, attei¬
gnant 6 mm de diamètre, ou plus grêles et ligneux, arrondis à subqua-
drangulaires, finement furfuracés lorsqu’ils sont jeunes, puis glabrescents.
Feuilles longuement pétiolées, membraneuses; pétiole 5-8 cm, finement
pubescent à glabrescent; limbe ovale-cordé, 5-9 x 8-15 cm, parfois très
étroitement cordé-arrondi à la base, sommet aigu à quelque peu acuminé;
poils courts, couchés et épars sur les deux faces dont l’aspect reste glabres¬
cent ; de 3 à 5 nervures ascendantes, nervures transversales plus ou moins
parallèles; marges serretées-dentés avec cils sur et entre les dents.
Inflorescences furfuracées, terminales et parfois axillaires sur les
nœuds encore feuillés; les terminales corymbiformes à pédoncule de 1 cm,
formées d’un seul verticille de 3 à 5 cymes subsessiles, atteignant 4 cm et
portant de 10 à 15 fleurs bisériées, dressées, contiguës. Fleur à pédicelle
de 2-3 mm; réceptacle campanulé, long de 3-5 mm, finement furfuracé
et généralement avec poils glanduleux caducs laissant une cicatrice verru-
queuse; calice à lobes triangulaires, longs de 2 mm, portant sur le dos
des poils mous, étalés, glanduleux. Corolle rose; pétales longs de 10-12 mm,
portant des poils glanduleux vers le sommet. Grandes étamines à anthère
de 7-8 mm; pédoconnectif de 5 mm avec un appendice antérieur de 1 mm;
filet de 5 mm. Petites étamines à anthère de 4 mm; connectif avec un appen¬
dice obtus en avant et un ergot obtus à l’arrière; filet de 4 mm. Ovaire
profondément inclus, adhérent par sa partie fertile, ou logements staminaux
très courts; sommet cratériforme, marge scarieuse libre, éparsément ciliée.
Style linéaire, 10 mm. Placentas sessiles. Fruit court, 5 mm de diamètre
pour 7 mm de hauteur, pentagonal, normalement avec traces verruqueuses
des poils caducs; loges courtes et écailles très accrescentes sur la marge qui
conserve parfois quelques cils centripètes. Graines ovo-ellipsoïdes, de
1 mm de longueur totale; avec membrane latérale progressivement dilatée
en vésicule aérifère; portées par des funicules de longueur variable qui se
désagrègent à maturité.
Source : MNHN, Paris
— 448 —
Observations. — Le type lui-même est un spécimen assez distinct par
son aspect végétatif. Il représente un arbrisseau bien frutescent, qui repart
juste sous l’inflorescence avec des rameaux grêles et ligneux et des feuilles
relativement petites, alors que, plus souvent, les rameaux subherbacés sont
remplacés sur une plus grande hauteur. Quant aux floraisons axillaires
elles sont sous la dépendance de l'environnement. Ainsi, A. lateriflorum
Cogn., établi sur des spécimens copieusement fleuris aux aisselles, ne peut
être maintenu car le type lui-même présente également des inflorescences
terminales. L'A. ciliatum se distingue d'A. cymosum par les cymes sub-
sessiles plus compactes, par les fleurs nettement sétulo-glanduleuses, par
les fruits plus courts.
Gabon : Thollon 245, Ogooué (mars, avril); 439. Ogooué, Lambaréné, en sous-bois
(mars); Le Testu 5210, Haute Ngounié, entre Mouila et Kembélé (fév.); Pobéguin, Lam¬
baréné (a. 1913). — Cameroun : Jacques-Félix 4399, Adamaoua, berges de la rivière
Midal 1 100 m ait. (juif); 4537, Bétaré-Oya, galerie du Lom (juif). — Rép. Centrafri¬
caine : Tisseront 1995, région de la Ouaka (60 km N Bambari), chutes du Goumbourou-
Wamiré, rochers sous bois (juil.-sept.); 3141, Bozoum, dans un ravin, arbrisseau de 1,50 m
(août). — Congo : Bouquet «6 Sita 2237, région de Komono, route de Mbila (janv.). —
Zaïre : Compère 1246 (BR), région de Thysville, forêt galerie sur la Mpioka; suffrutex
de 1 m (janv.); Devred814 (BR), Bas Congo, riv, Mvuazi; haut de 0,50 m (oct.); Dewèvre
718 (BR); Dupuis 80 (BR), Bingila; lisière de bois; Gillet 3606 (BR), Kisantou, Madimba
(a. 1903); Homberl 54 (BR), Mayombe, Luki-Bloc; arbuste en forêt secondaire (mars);
Wagemans 1875 (BR). Mayombe, riv. Luki, vieille forêt secondaire (janv.); Wellens 239
(BR), Mayombe, Kizu (mars); Demeu.se 100, 109 (BR), Kasaï, Nsadi (janv.).
Amphiblemma heterophyllum Jac.-Fél., sp. nov. (PI. 7).
Affinis A. setosi Hook. f, foliis dissimtltbus, serrato-ciliatis, sparse setulosis; selis
receptaculi et calycis filiformibus, non glandulosis, differt.
A rbascula ; t amis gracilibus, teretibus, primo furfuraceis demttm glabris. Folia inaequa-
lia ; majores petiolo gracili, 2,5 cm longo ; lamina ovato-lanceata, 2,5 x 6 cm ; breviores
peliolo 0,6 cm; lamina ovata, 1,2 x 1,7 cm ; sparsim utrinque setulosis, setis iisque I cm
longis, filiformis; 3-5 nervis, prominulis, subi us furfuraceis : marginibus serrato-ciliatis.
Cymae terminales, 3-5 florae. Flos pedicello gracili, 5 mm longo, furfuraceo vel 2-3 setis :
receplaculo et calyce hirsutis, setis filiformis, iisque 8 mm longis. Recepiaculum auguste
campamdatum, 5 mm longum ; lobi calycis auguste triangulari, 3 mm longi. Corolla rosea ;
petalis 10 mm longis, setulo-glandulosis sursum apice. Stamina majora, anthera 5 mm
longa ; pedoconnectivo arcuato, incrassato, 3 mm longo, antice producto, appendice clavi-
formi / mm longi ; fHamento 5 mm longo. Stamina minora, anthera 3,5 mm longa : connec-
tivo antice tubercttlalo, postice obscure calcarato; filamento 4 mm longo. Ovarium et
Type : N. Halle <S J.-F. Vitliers 5105 (holo-, P).
Arbrisseau; tiges grêles, ligneuses, arrondies, finement et densément
furfuracées, puis glabrescentes; entrenœuds relativement courts, 1.5 cm.
Feuilles pétiolées, pourprées à la face inférieure, inégales sur la même
paire; pétiole de 0,6 à 2,5 cm, grêle, arrondi, densément furfuracé; limbe
membraneux, étroitement cordé et asymétrique à la base, obscurément
acuminé au sommet, les deux faces avec soies très éparses, filiformes, non
glanduleuses atteignant 1 cm; lancéaté et 2,5 x 6 cm chez les grandes
Source : MNHN, Paris
— 449 —
Source : MNHN, Paris
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feuilles, ovale et 1,2 X 1,7 cm chez les petites; 3(5) nervures ascendantes peu
marquées, finement furfuracées à la face inférieure, nervures transversales
lâches; marges serretées, avec un long cil sur chaque dent.
Cymes terminales, ombelliformes, 3-4 flores. Fleurs pédicellées, hir¬
sutes; pédicelle grêle, long de 5 mm, furfuracé et pouvant porter une ou
quelques soies hérissées; réceptacle obconique, long de 5 mm, furfuracé
ou non, hérissé, ainsi que les lobes du calice, de longues soies filiformes
atteignant 8 mm; lobes du calice étroitement triangulaires, longs de 3 mm,
finement sétacés à l’apex. Corolle rose; pétales longs de 10 mm, portant
vers le haut quelques soies raides à glande oblongue. Grandes étamines à
anthère arquée de 5 mm; pédoconnectif arqué, épaissi vers le tiers inférieur,
long de 3 mm, avec appendice antérieur claviforme de 1 mm. Petites étamines
à anthère de 3,5 mm; connectif avec appendice antérieur de 0,3 mm et
ergot obtus de 0,2 mm; filet de 4 mm.
Caractères de l’ovaire et du fruit non observés.
Observations. — Malgré ses feuilles serretées-ciliées cette espèce
appartient bien au groupe de VA. setosum par ses caractères fondamentaux
et non à celui de VA. cymosum.
Gabon : N. Halle & J.-F. Villiers 5105, Mt Cristal, pentes du Mt Mêla; fl. roses;
dessous des feuilles plus ou moins rouge grenat (fév.).
Amphiblemma setosum Hook. f. (PI. 8).
Fl. Trop. Afr. 2 : 456 (1871); Triana, Trans. Linn. Soc. 28 : 70 (1871).
Type : Mann 1681a holo-, K!).
Arbrisseau ligneux, haut de 0,50 à 1,75 m, ramifié, buissonnant;
rameaux jeunes obscurément quadrangulaires, furfuracés, souvent avec des
soies capitées éparses, plus nombreuses sur les nœuds; puis devenant
ligneux, arrondis, glabrescents. Feuilles longuement pétiolées, quelque
peu inégales sur le même nœud, d’aspect glabrescent; pétiole grêle, arrondi,
long de 2-8 cm, densément furfuracé, parfois avec quelques soies capitées;
limbe ovale à ovale-elliptique, 4,5 x 7-10 cm, largement arrondi, tronqué
ou cordé à la base, modérément acuminé, glabrescent au-dessus ou avec
quelques soies robustes et courtes, éparsément poilu en dessous, principale¬
ment sur les nervures; de 5-7 nervures ascendantes, nervures transversales
parallèles, peu nombreuses; marges pratiquement entières, très lâchement
et minutieusement indentées avec un cil court dans le sinus.
Cymes terminales, contractées, subsessiles, multipares, formées de
2 à 4 cymes digitées, unipares, réduites à 2 ou 3 fleurs, l’ensemble étant
ombelliforme avec 6 à 12 fleurs; axes furfuracés avec quelques soies capitées.
Fleur à pédicelle de 2-3 mm; réceptacle étroitement campanulé, long de
5 mm; calice à limbe ondulé et lobes réduits à des dents étroitement triangu¬
laires, longues de 2 mm; des soies capitées de 3 mm, sur le réceptacle et le
calice, plus nombreuses et plus robustes sur les lobes, s’ajoutent à la pubes-
Source : MNHN, Paris
— 451 —
PI. 8. — A gauche : Amphiblemma gossweileri Exell, type, Gossxeiler 7817. BM;
à droite : Amphiblemma sctosum Hook. f.. type, Mann 1681 a. K.
cence. Corolle rose; pétales longs de 16 mm, dissymétriques, ciliés de soies
capitées vers le sommet. Grandes étamines à anthère de 7 mm; pédocon¬
nectif arqué, long de 4-5 mm, prolongé en avant d'un appendice clavi-
forme de 2 mm; filet de 7 mm. Petites étamines à anthère de 5 mm; connectif
court, pourvu en avant d’un appendice redressé, court, bilobé, et, en arrière,
d’un ergot obtus; filet de 5,5 mm. Ovaire profondément inclus, adhérent
jusqu’à la moitié; partie libre représentée par la couronne cratériforme très
développée; style long de 15 mm. Placentas sessiles, aussi longs que la loge.
Fruit obconique-urcéolé, ovaire cratériforme, plus court que le récep¬
tacle; calice longtemps persistent, finalement détruit avec la partie libre
du réceptacle, laissant le fruit glabre, obconique, long de 7 mm. Graines
mûres non connues.
Observations. — Malgré quelques récoltes on connaît encore mal
la variabilité chez cette espèce. C’est VAmphiblemma le plus frutescent :
Le Testu précise « buisson de 1,75 m ».
Source : MNHN, Paris
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Gabon : Chevalier 26976, Agonenzork, sur le moyen Komo, en forêt (oct.); N. Halle
& J.-F. Villiers 4289, bords du Komo à Mbel, herbe raide, dressée, axe et pétioles rouges,
en fruit (janv.); 4430, chutes de Kinguélé de la rivière Mbei, en sous-bois; haut de 0,40 m,
feuilles vert clair, fleurs roses (janv.); Le Tesiu 2161, Ngounié, vallée de la Waka à Moun-
dou (oct. 1916); 5041, Haute Ngounié, Moundou; buisson de 1,75 m (oct. 1927); Mann
1681a (K), Monts Cristal (1862); Thollon 440, Ogooué, île Ozangué-Ningué (mars).
Amphiblemma gossweileri Exell (PI. 8).
Journ. Bot. 67, suppl. : Gossw. PI., Polypet. : 182 (1929); A. & R. Fern., Consp.
Fl. Angol. 4 : 165 (1970).
Type : Gossweiler 7817 (holo-, BMI, iso-, COI!).
Arbrisseau ramifié; tiges grêles, ligneuses, dressées, obscurément
quadrangulaires, pubescentes, puis précocement glabrescentes, plus ou
moins épaissies aux nœuds. Feuilles pétiolées, glabrescentes; pétiole grêle,
long de 3 à 7 cm, pubescent à glabrescent; limbe ovale-lancéaté, jusqu’à
4x9 cm, arrondi-cordé à la base, acumen obtus, avec quelques rares
soies éparses à la face supérieure, glabre en dessous; de 3 à 5(7) nervures
ascendantes peu prononcées, nervures transversales espacées; marges
entières ou obscurément et lâchement indentées avec un cil dans le sinus.
Cymes terminales, parfois précédées de cymules axillaires, subsessiles
(pédoncule 1 cm), formées de 2 à 5 cymes unipares, digitées, réduites à
2 ou 3 fleurs, l’ensemble formant une inflorescence contractée. Fleurs sub¬
sessiles; réceptacle obconique, 4x6 mm, furfuracé, avec quelques soies
glanduleuses hérissées, plus denses sur les lobes du calice, puis plus ou
moins caduques; lobes du calice longs de 1 mm, triangulaires. Corolle
pourpre; pétales oblongs, 6 x 12 mm, avec quelques soies glanduleuses
vers le sommet. Grandes étamines à anthère de 5 mm; pédoconnectif long
de 1,5 mm, épaissi, prolongé en avant d’un appendice claviforme de même
longueur; filet de 5 mm. Petites étamines à anthère de 3,5 mm; connectif
prolongé en avant d’un appendice de 0,5 mm, dressé, oblong, émarginé
à bilobé, et en arrière d’un ergot obtus de 0,5 mm; filet de 4 mm. Ovaire
non observé; style de 10 à 11 mm.
Fruit et graines non observés.
Gabon : Lecomte 36, forêt S.W. de Kitabi (déc.). — Angola : Gossweiler 7817,
Cabinda, forêt du Mayombe, Mt Mbulu, riv. Nzanza (fév.).
var. humifusum Jac.-Fél., var. nov. (PI. 9).
A varietate typica, foliis minoribus ; ftoribus minoribus, dispersis ; receptaculo
glabrescenti ; setis claycis non glandulosis ; petalis glabris ; connectivo staminum majorum
calcarato, differt.
Type : Farron 4850 (holo-, P).
Sous-arbrisseau jusqu’à 0,50 m de hauteur ou étalé; ligneux à la
base, ramifié sur la plupart des nœuds, ou avec bourgeons feuillés aux
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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aisselles; plus ou moins hétérophylle; tiges arrondies, relativement épaisses,
mais molles et subherbacées à leur extrémité, peu renflées aux nœuds,
furfuracées puis glabrescentes. Feuilles diversement égales ou inégales
sur la même paire, pétiolées, molles; pétiole grêle, long de 1 à 3 cm, densé¬
ment furfuracé; limbe ovale, jusqu’à 3,5 x 6,5 cm, arrondi-cordé à la base,
acumen obtus au sommet, furfuracé et poils courts dispersés à la face supé¬
rieure, poils plus rares à la face inférieure, mais nervures densément furfu¬
racées; 3-5 nervures peu prononcées, nervures transversales espacées;
marges entières, ciliées.
Fleurs généralement solitaires, dispersées soit à l’aisselle des feuilles,
soit à l’extrémité des tiges principales et des rameaux latéraux, subsessiles;
réceptacle obconique, obscurément 5-gone, 2,5 x 4 mm, finement furfuracé;
calice à limbe de 1 mm et lobes triangulaires, longs de 1,5-2 mm, charnus,
carénés-aigus au sommet, avec quelques soies filiformes, non glanduleuses,
longues de 1 à 2 mm. Corolle blanche, rose ou pourpre; pétales oblongs,
3x7 mm. mucronés, glabres. Grandes étamines à anthère de 3 mm;
pédoconnectif de 2 mm avec appendice claviforme, dressé, de même lon¬
gueur. et ergot dorsal de 0,5 mm, tronqué-émarginé; filet de 4 mm. Petites
étamines à anthère de 2,5 mm; connectif sans appendice antérieur ou
obscurément bituberculé, ergot postérieur de 0,2 mm, tronqué; filet de
3 mm. Ovaire égal aux 2/3 du réceptacle, avec couronne épigyne dressée,
membraneuse. Style de 7 mm.
Fruit étroitement obconique, 4x8 mm; glabrescent sur le réceptacle,
plus ou moins sétuleux sur le calice marcescent; sommet cratériforme,
atteint le rebord du réceptacle. Graines non connues.
Observation. — La plante récoltée par Farron et par N. Halle est
manifestement distincte d'A. gossweileri représenté par les spécimens de
Gossweiler et de Lecomte. Tl nous a cependant paru préférable de l’y
rattacher en tant que variété. On note une sériation par réduction des
différents organes, de la fleur en particulier, allant d'A. setosum à A. goss¬
weileri et A. gossweileri var. humifusum, ces trois taxa étant par ailleurs
étroitement apparentés.
Congo : Farron 4850, environs de Pointe Noire, 5 km de Sounda sur la route de
Kakamoeka; fleurs roses (janv.). — Gabon : N. Halte 1170, près de l’Ivindo, forêt humide
de Makokou; fleurs blanches (fév.).
Amphiblemma cuneatum Jac.-Fél., sp. nov. (PI. 10).
Affinis A. setosi Hook. f.,foliis minoribus, angustioribus, basi cuneatis, 3-nervatis ;
floribus minoribus, differt.
Frulex ramosus, 0,30 m allas; ramis gracilibus primo furfuraceis, sparse hirsulis,
demum glabris. Folia peliolo graciii, 3 cm longo, furfuraceo, sparsim hirlello. Lamina
auguste eUiptico-ianceoiaia, 1,7 x 8 cm, basi cuneaia, acumine obtuso; glabrescens vel
setis sparsim utrinque; 3 nervis; marginibus integris sparsim cilialis.
Cymae terminales, paucifiorae. Flos pedicello 3 mm longo. Receptaculum auguste
obconicum, 3x4 mm, setis glandulosis sparsis ; tobi calycis laie triangulari, acuti, 1,5-2
X 1,2 mm. Corolla rosea; petalis H mm longis. Stamina majora, anthera 5 mm longis ;
pedoconnectivo 5 mm longo, antice producto, appendice 1,2 mm longo, truncato ; filamcnto
Source : MNHN, Paris
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5 mm longo. Slamina minora incognito. Ovarium valde inclusum. Stylus linearis, 10-12 mm
Fructus obconicus, 5 mm longus; ovario receptaculum aequanti.
Type : N. Hallè & J.-F. Villiers 4710 (holo-, P).
Arbrisseau ramifié, sympodial, haut de 0,30 m, ligneux, glabrescent,
à entrenœuds courts. Rameaux plutôt grêles, furfuracés, avec, çà et là,
Source : MNHN, Paris
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quelques soies hérissées, puis précocement glabres. Feuilles longuement
pétiolées, glabrescentes; pétiole grêle, jusqu'à 3 cm, furfuracé, parfois
avec quelques soies hérissées; limbe étroitement elliptique-lancéolé, jusqu’à
1.7 x 8 cm, très atténué en coin à la base, obscurément acuminé au sommet,
acumen obtus; avec quelques soies très dispersées sur les deux faces ou
glabre à la face supérieure; 3 nervures ascendantes, furfuracées en dessous,
nervures transversales parallèles, espacées ; marges entières avec quel¬
ques cils.
Cymes terminales, uni- ou pauci-flores; réceptacle étroitement obco-
nique, 3x4 mm, raccordé au pédicelle de 3 mm; soies étalées, glanduleuses,
longues de 1-1,5 mm, dispersées sur le réceptacle et le calice; lobes du calice
largement triangulaires, 1,5-2 x 1,2 mm, très aigus. Corolle rose; pétales
longs de 11 mm avec quelques poils glanduleux vers le sommet. Grandes
étamines à anthère de 5 mm ; pédoconnectif long de 5 mm, épaissi vers
le tiers inférieur, appendice antérieur de 1,2 mm, épais, tronqué; filet de
5 mm. Petites étamines non connues. Ovaire profondément inclus. Style
de 10-12 mm.
Fruit obconique, long de 5 mm; ovaire atteignant le rebord du récep¬
tacle; calice marcescent et poils glanduleux longtemps persistants.
Observation. — Cette plante est apparentée à A. setosum, mais elle
s'en distingue immédiatement par ses feuilles cunées à 3 nervures.
Gabon : N. Halle & J.-F. Villiers 4710, Mt Cristal, 6 km au sud d'Assok, sous-bois;
arbuscule de 0,30 m; fl. roses; feuilles vert pâle (janv.); nous citons avec réserve un spéci¬
men stérile : Chevalier 26976, Ahiémé, Moyenne Como (oct.).
Amphiblemma hallei Jac.-Fél., sp. nov. (PI. 11).
Affinis A. setosi Hook. f., ramis et foliis hirsutis; lobis calycis linearibus; setis recep-
taculi et calycis non glandulosis, differt ; a A. mollis Hook. f, foliis lanceolalis; receptaculo
sparsim setuloso ; lobis calycis auguste linearibus, non appendiculatis ; ovario non exserto,
Frutex erectus, ramosus, 0,40-1 m al tus, hirsutus, fréquenter rufo-purpureus ; ramis
gracilibus, teretibus, hirsutis. Folia plus minusve inaequalia ; peliolo gracili, 2-3 cm longo,
dense furfuraceo-hirsuto. Lamina lanceolata vel lanceata, utrinque hirsuta; 3 nervis;
marginibus integris.
Cymae terminales, subsessiles, contractae, 3-8 florae. Flos brevipedicellati. Recepta-
culum anguste campanulatum, 2,5 mm longum ; lobi calycis lineares, vel auguste lineares,
remoli, receptaculum aequantes ; receptacuhtm et calyx furfuracei, hirsuti; setis fUiformibus,
non glandulosis. Corolla rosea ; pelalis oblongo-obovatis. Il mm longis, setulo-glandulosis
versus apicem. Stamina majora, anthera 6 mm longis; pedoconnectivo valde arcuato,
incrassato, antice producto, appendice truncato incrassato ; filamento 5 mm longo. Stamina
minora, anthera 4 mm longis; connectivo antice brevibituberculato, postice calcarato
obtuso; filamento 3 mm longo. Ovarium inclusion, vertice concavum; margo coronae
papillosus, 5-segmentatus, plus minusve 5 setis centripetis. Stylus linearis, 10 mm longus.
Placentae sessiles.
Fructus laie obconicus, 6 mm longus ; 5(10) costatus, albineus; ovario craleriformi,
receptaculum aequanti. Semina oblonga, hilo basali persistenti, raphe in appendicem tumidam
superantem producta.
Type : N. Halle 2261 (holo-, P).
Source : MNHN, Paris
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PI. Il- Amphiblemma hallci Jac.-Fél. : 1 et 2, aspect général - 2/3; 3, bouton floral x 3;
4, pétale x 4; 5, réceptacle et calice en coupe partielle 4; 6, étamine des deux verti-
cilles x 4; 7, jeune fruit x 4: 8, jeune fruit coupé x 4; 9, fruit mûr x 4: 10, détail d'un
segment de la couronne montrant une soie centripète x 4: 11, graine x 20. D’après
Halli 2261 (del. : H. Lamourdedieu).
Source : MNHN, Paris
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Arbrisseau dressé, ramifié, haut de 0,20 à 0,40 cm, parfois jusqu'à
1 m; souvent rougeâtre; rameaux grêles, arrondis, d'abord densément furfu-
racés et hirsutes par des poils glanduleux étalés et des soies hérissées, puis
glabrescents. Feuilles pétiolées, allongées, hirsutes, parfois inégales dans
la même paire; pétiole grêle, long de 2-3 cm, densément furfuracé et hirsute:
limbe elliptique lancéolé, 4x8 cm, arrondi ou en coin à la base, obscuré¬
ment acuminé-obtus au sommet; hirsute sur les deux faces, surtout à la face
inférieure sur les nervures, dont les soies sont souvent rougeâtres : 3
nervures ascendantes, peu saillantes, nervures transversales fines, parallèles,
espacées: marges entières.
Cymes terminales, subsessiles, contractées, 3-8 flores; anciennes
infrutescences apparemment latérales par dépassement sympodial des
rameaux. Fleurs brièvement pédicellées; réceptacle étroitement campanulé,
long de 2,5 mm; calice à limbe dressé et à lobes distants, linéaires, à étroite¬
ment triangulaires, flexueux, aussi longs que le tube; réceptacle et calice
furfuracés et hérissés de soies filiformes non glanduleuses. Corolle rose;
pétales obovales oblongs, longs de 11 mm, pourvus de poils capités vers
le sommet. Grandes étamines à anthère linéaire-subulée, longue de 6 mm;
pédoconnectif plus court que l’anthère, fortement arqué, épaissi sur le dos,
comprimé latéralement, prolongé en avant par un appendice claviforme
épais, à tête mamelonnée-lobée; filet de 5 mm. Petites étamines à anthère
de 4 mm; connectif pourvu en avant d’un appendice bilobé, court, et d’un
ergot obtus en arrière; filet de 3 mm. Ovaire adhérent sur la moitié de sa
longueur; couronne à marge papilleuse, 5-segmentée, chaque segment
porte de 1 à 2 soies tournées vers le centre. Style linéaire, long de 10 mm,
stigmate punctiforme. Loges courtes, placentas sessiles.
Fruit obconique, cratériforme, long de 6 mm, 5-côtelé, blanchâtre,
pédicelle légèrement accrescent, 3 mm; couronne accrescente atteint le
bord du réceptacle; calice marcescent, contracté, puis caduc; le fruit, qui
persiste longtemps sur la plante, est finalement marginé par la couronne
dont les segments sont épaissis et pourvus de 1 à 2 soies indurées, centri¬
pètes. Graines oblongues, 0,9 mm, lisses, tégument membraneux de chaque
côté du raphé et dilaté au sommet en une vésicule étroite, sulquée; funicule
persistant.
Observations. — Cette plante est apparentée à A. setosum. mais
elle s’en distingue immédiatement par son indûment copieux, hérissé et
aussi par quelques autres bons caractères. Certains spécimens diffèrent
quelque peu du type par les lobes du calice plutôt étroitement triangulaires
que linéaires, se rapprochant ainsi de ceux d’A. setosum. Les feuilles sont
plus coriaces, l’indument plus dense et plus rougeâtre sur les récoltes de
la Ngounyé.
Gabon : N. Halle 2261, 2416, Abanga chantier, sur pentes rocheuses en forêt;
arbuste pouvant atteindre 1 m, souvent moins; pétiole et nervures rougeâtres (juin);
N. Halle & J.-F. Villiers 5259, Mt Cristal, 6 km S.W. de Mêla, forêt de pente du Mt
Mvélakéné; arbuscule ligneux, rameux, haut de 0,35 m; pétiole rouge, fl. roses; grégaire
(fév.); Le Testa 5781, Haute Ngounyé, Etoughi (Noumbo); fl. roses (nov.).
Source : MNHN, Paris
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ESPÈCES EXCLUES
Amphiblemma grandifolium A. Chev., cf. Dicellandra barteri Hook. f.
Amphiblemma ludwigii Gilg, cf. Calvoa hirsuta Hook. f.
Amphiblemma acaule Cogn., cf. Haplophyllophorus acaulis (Cogn.)
A. & R. Fern.
Amphiblemma serelii (De Wild.) Brenan, cf. Haplophyllophorus
seretii (De Wild.) A. & R. Fern.
ESPÈCES MAL CONNUES
Amphiblemma polyartihum Gilg & Lederm., syn. probable d’A. mild-
braedii Gilg.
Amphiblemma erythropodum Gilg, syn. probable d’A. molle Hook. f.
ou d'A. mildbraedii Gilg.
SYNONYMES NOUVEAUX
Amphiblemma riparium Gilg, cf. A. molle Hook. f.
Amphiblemma lateriflorum Cogn., cf. A. ciliatum Cogn.
Amphiblemma wildemanianum Gilg, cf. A. ciliatum Cogn.
Laboratoire de Phanérogamie,
Muséum - Paris.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia. ser. 2, 13 (4) 461-466, 1973.
DEUX NOUVELLES ESPÈCES DE NORONHIA
Stadm. ex Thouars ( OLEACEAE) DE MADAGASCAR
par J. Bosser
En 1963, j'avais trouvé, en forêt littorale au Sud de Farafangana,
un arbuste, très caractéristique, en fleurs et en fruits, qui se signalait par
ses très grandes feuilles coriaces, d'un vert assez clair, et l’écorce liégeuse
des rameaux s’exfoliant en feuillets minces, un peu à la manière du Niaouli.
Cet arbuste appartenait manifestement au genre Noronhia de la famille
des Oléacées, genre limité géographiquement à la région malgache, puis¬
qu’il compte une quarantaine d'espèces à Madagascar et seulement une
espèce aux îles Comores. Étant donné les caractères de cette espèce, on
pouvait s’attendre à en trouver un matériel abondant, dix ans après, dans
l’herbier de Madagascar. Or il se trouve qu'elle n’a été récoltée que quatre
fois, les trois autres récoltes ont été faites deux d’entre elles en 1964 par R.
Capuron dans la même région (échantillons fructifiés), l’autre en 1967.
plus au nord, à Ambodikijy près de Mananjary par un agent du service
forestier(échantillons stériles). Il s’agit donc d'une espèce assez rare, peut-être
limitée à la région Mananjary-Farafangana. Cette espèce n'avait pas été
jusqu’à présent décrite.
Les recherches faites dans l’herbier du Muséum de Paris, à son sujet,
ont également permis de découvrir une autre espèce nouvelle, récoltée
sur la Montagne d’Ambre en 1958 par R. Capuron.
Noronhia densiflora J. Bosser, sp. nov.
Frulex sempervirens 3-5 m allus ; rami 0,5-1 cm in diam., recidemes, cortice suberoso.
Folia opposita, peliolis brevibus in long. 0,5-1,5 cm, crassis, Suberosis ; lamina chartacea
usque coriacea, glabra, oblonga, maxima, 25-40 cm longa, 8-14 cm lata, basi rotundata,
subcordata, apice breviier acttminaia. marginibus recurvalis, nervis pagina superiore depressis,
pagina inferiore valde prominentibus.
Inflorescenlia axillaris, vel pseudo-lerminalis, in fasciculis densis panicularum race-
morum, 5-7 cm longis. Pedicelli glabri, compressi, 5-12 mm longi; bracteolae iriangulares
vel ovales, carnosae, acutae, carinarae, apice ciliolatae vel plus minusve pubescenles. Flos
purpureo-ruber. Calyx 4-sepalus, sepalis basi breviier connalis, carnosis, laie delloideis,
obtusis vel sub-acutis, glabris vel apice ciliolalis, 1,8-2 mm allis, 2-2,5 mm lalis ; corolla
carnosa, glabra, urceolata, 8 mm alla, 6 mm lata, quadrilobaia, lobis delloideis, obtusis,
parum allis: slamina 2 subsessilia, basi lubi corollae inseria: anihera oblonga 1,5 mm
longa, dehiscentia laierali ; pisiillum glabrun, conicum, 5-5,5 mm ahum, stylo carnoso.
stigmate bilobalo sessili, ovario biloculari loculis biovulalis. Ovula medio vel ad medium
sepli inseria. Fruclus drupaceus ovoideus, 2 cm longus, 1,5 cm in diamelro, pericarpio
crustaceo, lenuiter verrucoso : semen generis.
Source : MNHN, Paris
— 462 —
PI. I. — Noronhia dcnsiflora J. Bosser : 1, extrémité de rameau fleuri x 2/3: 2, fragment d'in¬
florescence x I ; 3, fleur, corolle ouverte et étalée x 4; 4, calice et pistil x 4; 5, pistil
coupe longitudinale x 6; 6, fruit x 1,5; 7, coupe transversale de l’ovaire x 4.
Source : MNHN, Paris
— 463 —
Type : J. Bosser 18739, forêt de basse altitude, sur cuirasse ferrallitique, route
Farafangana-Vangaindrano, Est de Madagascar (holo-, P!).
C.T.F.T. 26294 SF, Ambodikijy, Mananjary; R. Capuron 23602 SF, restes de forêt
sur latérite de basalte au Sud de Farafangana, route de Manombo, km 20-21 ; R. Capuron
23643 SF, forêt de Manombo au Sud de Farafangana, sur latérite de basalte.
Nom vernaculaire : Andriandahy (betsimisaraka).
Floraison en décembre.
Arbuste à feuilles persistantes, atteignant 5 m de haut, tronc grêle,
ayant environ 3 cm de diamètre à 1,30 m du sol, grisâtre; rameaux retom¬
bants, à écorce liégeuse s’exfoliant en feuillets papyracés minces. Feuilles
très grandes, d’un vert assez clair, à pétiole court, de 0,5-1,5 cm, couvert
du même liège que les rameaux; limbe chartacé à coriace, glabre, oblong,
arrondi et faiblement cordé à la base, brièvement acuminé au sommet, à
marges lisses, récurvées, nervures déprimées face supérieure, en relief
dessous (d'où la face inférieure gaufrée entre les nervures), 8-12 paires de
nervures secondaires, se réunissant en arceaux à 0,5-1 cm des marges.
Inflorescences axillaires ou pseudo-terminales (le bourgeon terminal
d’un rameau ne se développant pas ou restant latent, le rameau est terminé
par deux feuilles opposées, chacune donnant à son aisselle des inflores¬
cences fasciculées qui paraissent n’en former qu’une seule), en fascicules
denses formés de grappes nombreuses simples à paniculées, atteignant
5-7 cm de long; axes de l’inflorescence et pédicelles rougeâtres, glabres,
un peu comprimés et côtelés, s’épaississant et devenant ligneux, à écorce
liégeuse à la fructification; bractéoles opposées, ovales aiguës ou triangu¬
laires, carénées, de 2-4,5 mm de long, pileuses au sommet sur la carène,
celles de la base plus grandes, pubescentes sur les faces. Fleur rouge pourpre
sur le frais, tétramères; sépales soudés à leur base, plus large que haut,
un peu charnus, à sommet subaigu à obtus, un peu inégaux, les deux internes
plus petits, glabres ou plus souvent ciiiolés sur la marge au sommet; corolle
urcéolée, charnue, glabre, sans couronne à la base, quadrilobée, lobes
courts, deltoïdes, obtus, de 1,5 mm de haut; étamines deux, subsessiles
insérées à la base du tube de la corolle, anthères à déhiscence latérale;
connectif large sur sa face externe, un peu apiculé au sommet. Pistil conique
régulièrement atténué de la base au sommet, glabre, style charnu prolon¬
geant l’ovaire, stigmate terminal, sessile, bilobé; ovaire à 2 loges biovulées,
ovules pendants, anatropes, insérés au milieu ou au-dessus du milieu de
la cloison. Fruit drupacé peu charnu, ovoïde, un peu apiculé au sommet,
vert clair sur le frais, piqueté de petites lenticelles blanchâtres, à surface
un peu verruqueuse; péricarpe peu épais dur et cassant; graine mûre
non vue.
Par les caractères de sa corolle sans couronne, cette espèce se place
dans la section Ecoronulatae de Perrier, où elle se distingue aisément
des autres espèces par son port et la taille de ses feuilles. Cette plante semble
ne se trouver qu’en forêt de basse altitude de la côte Est malgache. Les
récoltes connues proviennent de forêts croissant sur les cuirasses ferral-
litiques qui se sont formées sur les basaltes de la région. L’espèce est peut-
Source : MNHN, Paris
— 464
être liée à ce type un peu spécial de forêt; elle est, dans ce cas, menacée
car ces forêts sont en régression constante, les Malgaches les utilisant pour
couvrir leurs besoins en bois de feu.
Noronhia capuronii J. Bosser, sp. nov.
Frutex sempervirens, ramis gracilibus in diam. 1-2 mm. dense pubescentibus, statu
novo hirtis. Foliarum petioli crassi, brèves, 2-3 mm longi, dense pubescentes; laminae
planae, chartaceae, auguste lanceolato-lineares, 4,3-11 cm longae, 1-2,6 cm latae, basi
cordatae, apice in acumen longtim angustatae ; nervo mediano pagina inferiore prominenti,
basi piloso.
Inflorescentiae axillares, racemosae, simplices, solitariae, 2-3 cm longae, pauciflorae,
axi pubescenti, pedicellis gracilibus, glabris vel pubescentibus, 0,5-1 cm longis ; bracteolae
ovales 1-1,6 mm, dorso pubescentes. Flores sepalis 4, inaequalibus, ovalibus obtusis, basi
connatis, 1,5-2,5 mm longis, 1,3-2 mm latis. Corolla carnosa, urceolata, 5-7 mm alla,
4 mm lata, lobis 4 triangulis, acutis, 2,5 mm longis. Stamina 2, basi corollae tubi inserta,
subsessilia ; antherae subglobosae 2 mm altae, introrsae, connectivo carnoso, latere externo
dUatato. Pislillum 3 mm altum, glabrum; Stylus 2 mm paullo angustior; stigma sessile
capitatum, bilobulatum ; ovarium biloculare, quadriovulatum. Fructus drupaceus, globulosus,
1,5-2 cm altus, 1,8-2,3 cm in diametro, pericarpio castaneo-subluleo, sublevi, crustaceo;
semen subnigrum, cotyledonibus 2 plano-convexis basi connatis.
Type : R. Capuron 20072 SF, massif de la montagne d’Ambre, rive gauche de la
rivière des Makis, en aval de la traversée de cette rivière par la piste Joffreville-Andrano-
fanjava, Madagascar Nord (holo-, P!; iso-, herb. C.T.F.T. Tan!).
Floraison en novembre.
Arbuste à feuilles persistantes et à rameaux grêles, densément pubes-
cents hérissés quand ils sont jeunes, puis glabrescents ; pétiole épais et
court densément pubescent (pubescence se prolongeant sur la base de la
nervure médiane du limbe face inférieure), poils jaune pâle; limbe plan,
chartacé, mince, étroitement lancéolé linéaire, cordé à la base, atténué
en acumen allongé, obtus au sommet, glabre (sauf la base de la nervure
médiane); nervation secondaire peu visible, nervure médiane un peu dépri¬
mée face supérieure, en relief dessous; face inférieure du limbe piquetée
de petites glandes résineuses ponctiformes (visibles à un fort grossissement
sur la feuille jeune), deux canaux résinifères longeant la nervure médiane
et aboutissant au sommet de l’acumen.
Inflorescences axillaires des feuilles supérieures des rameaux, en
général solitaires, en grappes définies, lâches, simples, de 2-3 cm de long,
plus rarement une ramification inférieure composée; axes grêles, pubes-
cents hérissés, pédicelles grêles, glabres, presque glabres à pubescents
hérissés; bractéoles ovales, concaves, pubescentes sur le dos. Fleur noi¬
râtre sur le sec (couleur sur le vif non notée), tétramère; sépales inégaux,
ovales, obtus, un peu charnus, soudés en cupule à leur base, étalés ou
récurvés, non carénés, glabres ou pubescents sur le dos; corolle charnue,
glabre, urcéolée, quadrilobée au sommet, lobes largement deltoïdes aigus,
concaves et un peu infléchis, sans couronne interne; étamines 2, insérées à
l’extrême base de la corolle, filet court, aplati, glabre, anthère subglobuleuse
de 2 mm de haut sur 2,5 mm de large, à déhiscence introrse, connectif
Source : MNHN, Paris
— 465 —
Source : MNHN, Paris
— 466
charnu très dilaté transversalement sur la face externe. Pistil conique glabre,
style de 2 mm un peu rétréci au-dessus de l’ovaire; stigmate petit, sessile,
capité, bilobulé. Ovaire à deux loges biovulées; ovules anatropes, pendants,
insérés vers le milieu de la cloison. Fruit drupacé subsphérique, brun-
jaunâtre, presque lisse; péricarpe assez épais, crustacé et cassant; graine
noirâtre entourée d’un tégument fragile, papyracé, à deux cotylédons épais
plan-convexes soudés à leur base.
L’absence de couronne dans la fleur, place cette espèce, comme la
précédente, dans la section Ecoronulatae. Par les caractères de ses fleurs
et de son inflorescence elle peut être placée près du Noronhia gracilipes Perr.
Cependant les fleurs sont plus grandes et les pédicelles nettement plus
courts; quant aux feuilles elles sont très différentes par la forme et la ner¬
vation. La face inférieure de la feuille de N. gracilipes porte aussi de petites
glandes qui ne semblent pas avoir été signalées jusqu’à présent.
Noronhia capuronii n’a été récolté qu'une seule fois, sur les pentes
ouest du massif de la Montagne d’Ambre, où la forêt fait transition entre
la forêt sempervirente des plateaux qui existe sur les parties hautes de la
Montagne d’Ambre et la forêt semi-caducifoliée de l’Ouest occupant les
basses altitudes.
Directeur de recherche O.R.S.T.O.M.
Laboratoire de Phanérogamie,
Muséum - Paris.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 13 (4) 467-469, 1973.
NOTES CYPÉROLOGIQUES :
20. UN BAUMEA NÉO-CALÉDONIEN NOUVEAU
par J. Raynal
Summary : A new species of sword-leaved Baumea is described from New Cale-
donia. Quite distinctive by both its habit and ecology, it seems to be very restricted to
perhaps only one valley east of the Montagne des Sources.
Au cours de la révision des Cypéracées de la Flore de Nouvelle-Calé¬
donie, nous avons extrait de l’herbier de l’O.R.S.T.O.M. de Nouméa un
spécimen récolté par J.-M. Veillon en 1967 dans les forêts du Mois de Mai
(vallée de la Rivière Blanche). Ce spécimen, échantillon unique, avait été
classé avec le matériel de Baumea deplanchei Bock., espèce très abondante
en Nouvelle-Calédonie, à laquelle il ressemblait en effet beaucoup. Toute¬
fois l’absence de feuilles caulinaires nous frappa; chez B. deplanchei toute
la longueur de la tige sous l’inflorescence est cachée par les bases foliaires
engainantes et imbriquées. Ici la tige était nue au-dessus d’un bouquet de
feuilles basilaires, caractère qui sépare deux groupes dans les Baumea à
feuilles ensiformes, et nous a incité à examiner de plus près ce spécimen
aberrant. Un autre caractère très net nous confirma l’individualité spécifique
de ce matériel unique, à savoir l’akène non pas ovoïde turgide très briève¬
ment apiculé comme chez B. deplanchei, mais à corps ovoïde trigone passant
graduellement à un fort bec (stylobase) de longueur égale, l’ensemble
atteignant 7 mm.
Une mission dans le Pacifique nous a permis d’aller en quête de l’éven¬
tuelle population ayant fourni ce problématique spécimen, ceci en compa¬
gnie de son inventeur. Après quelques vaines recherches sur les bords
ensoleillés de la piste du Mois de Mai, peuplés du seul B. deplanchei sous
ses deux formes à feuilles vertes et à feuilles glauques, J.-M. Veillon décou¬
vrit, dans le sous-bois de la forêt dense à peu près intacte avoisinante, une
tache de Baumea dans un petit bas-fonds marécageux non loin de la Rivière
Blanche; ce biotope était très surprenant pour l’un quelconque des Baumea
néo-calédoniens connus, tous héliophiles; vérification faite, la population
découverte correspondait bien à l’échantillon de 1967. Aux deux carac¬
tères déjà repérés s’en ajoutait immédiatement un autre : l’espèce nouvelle
a une souche progressant par longs stolons grêles. L’écologie très particu¬
lière de ce Baumea sciaphile constitue pratiquement un quatrième caractère
différentiel non négligeable sur le terrain.
Nous devions retrouver l’espèce 1 km en aval, dans des conditions
Source : MNHN, Paris
— 468 —
Source : MNHN, Paris
469
identiques ; mais là une zone récemment déboisée et ensoleillée devait nous
fournir des exemplaires plus grands, plus robustes d’apparence. II est
vraisemblable que Baumea veillonis pourrait subsister en conditions humides
ensoleillées, n’était la compétition sérieuse des autres espèces, qui certaine¬
ment ne peuvent la « suivre » sous bois. Toujours est-il que pour le moment
B. veillonis reste connu de la seule vallée du Mois de Mai, ceci malgré
les prospections botaniques serrées des dernières années. Il faudra néan¬
moins rechercher encore cette intéressante espèce dans les forêts avoisinantes,
en particulier dans la vallée de la Rivière Bleue toute proche.
Baumea veillonis J. Raynal., sp. nov.
Herba perennis erecia ca. 60 cm alla. Radix stolonifera longe repens gracilis ca.
1,5 mm in diameiro. Folia disticha viridia 4-6 basin versus conferia, vaginibus valde com-
pressis imbricalis longe fissis, marginibus angusle papyraceis brunneis. Lamina ensiformis
50-70 cm longa, 5-6 mm lata, tenuiter nervala. Caulis erecto-arcuatus compressas basin
versus 2 mm laïus. Inflorescentia paniculala pauciramosa taxa fasligiala ca. 30-40 cm longa.
Bracteæ longe vaginanles lamina valde reducla. Inflorescenliæ partiales !-2(-3)-nim inserlæ
in axillis braclearum, ima longe pedunculaia. Inflorescenliæ ullimæ I-3-spiculatæ. Spiculæ
bifloræ ca. 7 mm longæ, sc/uamæ marginibus breviler cilialis, ovato-lanceolatæ mucronalæ,
ténia florem fertilem axillans , quarto reducla involuta florem masculum includens. Sla-
mina 3. Achænium ovoideo-trigonum coslispaullo incrassatis brunnescens niiidum.6 X 1,8 mm
longum in rosirum conicum crassum (styli basin ) plus minusve papillosum desinens.
8. ensigeræ (Hance) S. T. Blake affinis, stolonibus gracilioribus, spiculis, squamis
et fruclu fere duplo minoribus bene dis I inc ta.
A B. deplanchei Bock, quam habiiu simulai stolonibus longis, foliis ad basin confettis
et figura achænii longe recedil. Vide lab. I.
Typus : J. Raynal & J.-M. Veillon 16620, in uliginosis sylvæ densæ humidæ Mois
de Mai dictæ propre flumen Album dictum ad partem austro-orientalem insulæ Novæ
Caledoniæ, 6.3.1973 (holo-, P!; iso-, NOU!).
Autres échantillons : Veillon 1008, Mois de Mai, bords de ruisseau sous bois,
5.1.1967 (NOU!); J. Raynal & Veillon 16624, Mois de Mai, zone marécageuse récem¬
ment déforestée environ 1 km en aval de la localité-type, 6.4.1973 (P, NOU!).
Si l’on suit le classement de Kükenthal, Repert. Sp. Nov. 51 : 150
(1942), cette espèce se placerait dans la sect. Baumea (= sect. Ancipita Kük.),
au voisinage des B. disticha (C.B.C1.) S.T. Blake (= Cladium micranthes
C.B.CI.) et B. ensigera (Hance) S.T. Blake, qui, tout comme B. veillonis,
ont des tiges feuillées seulement à la base et un rhizome rampant; c’est
de la seconde espèce que B. veillonis se rapproche nettement; nous avons pu
examiner à Kew le matéiiel de cette plante rare, récoltée une seule fois à Hong
Kong; son organisation et son port sont très semblables, mais elle présente
des stolons plus épais, des épillets et des akènes beaucoup plus grands
(11 mm) que B. veillonis. Une telle affinité étroite, inattendue, entre espèces
toutes deux très localisées et séparées par plus de 7 000 km, constitue un
mystère biogéographique de plus.
Laboratoire de Phanérogamie,
Muséum - Paris.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 13 (4) 471-473, 1973.
SUR L’IDENTITÉ
DU CEPHALANTHUS CHINENSIS Lam 1 .
par R. Capuron f
En 1783, Lamarck décrivait à la page 678 de l’Encyclopédie Bota¬
nique I, un Cephalanlhus chinensis d’après un échantillon qui lui aurait
été communiqué par Sonnerat. L’exemplaire qui a servi à Lamarck pour
la description des feuilles et des fleurs est encore conservé dans son herbier,
où il porte la détermination, manuscrite, de l’auteur. Lamarck indique
que la plante croît en Chine, aux Philippines et aux Moluques. Cette asser¬
tion est basée, en fait, sur les localités des espèces prélinéennes mises en
synonymie par Lamarck. Or nous ne saurions accepter ces synonymies.
Nous considérons que le Cephalanlhus chinensis Lam. est une plante mal¬
gache, soit provenant de la Grande Ile, soit plus probablement, provenant
des plantes, originaires de Madagascar, cultivées à l’Ile de France 2 . Un
autre échantillon, également en fleurs comme celui de Lamarck, et qui est
presque certainement une part de ce dernier ou d’une plante récoltée par
Commerson à l’Ile de France, existe dans l’Herbier Poiret (passé dans l’her¬
bier Moquin-Tandon puis dans l’Herbier Cosson); c’est probablement lui
qui a été figuré à la planche 113, figure 5 de l'Encyclopédie sous le nom de
Nauclea orientalis et décrit sous ce même nom au tome IV de l’Encyclopédie
(p. 435). Dans cette description qui s’accorde par ailleurs bien avec l’échan¬
tillon, remarquons que Poiret a signalé que les « étamines sont beaucoup
plus longues que la corolle »; il s’agit en réalité des styles. Ici encore l’origine
de la plante est indiquée comme étant les Indes et la Chine (ceci encore
par suite des synonymes erronés cités). D’autres échantillons en fleurs,
de la même espèce, provenant d’anciens herbiers, portent également diverses
déterminations. L’un d’entre eux, provenant de la collection de l’abbé
Pourret est déterminé Cephalanlhus chinensis Lam. et, examiné par
Haviland, a été rapporté avec doute à son Breonia richardiana. Un autre
échantillon, provenant de l’Herbier Maire (puis Cosson), recueilli sur une
plante cultivée à l’Ile de France, est déterminé, à tort, Nauclea purpurea
Roxb. Un dernier échantillon en fleurs, provenant de l’Herbier Richard
1. Note revue pour la publication par J. Bosser, O.R.S.T.O.M., Muséum d’Histoire
Naturelle, Paris.
2. Ancien nom de l’île Maurice; actuellement Mauritius.
Source : MNHN, Paris
472 —
(puis Drake) et dont l’origine serait les Indes, est déterminé Nauclea
citrifolia.
Cette étiquette spécifique, que nous voyons paraître ici pour la pre¬
mière fois, nous amène à parler de cette espèce qui fut décrite par Poiret
dans le tome IV de l’Encyclopédie Botanique, An IV, p. 435. Comme
le type de Cephalanthus chinensis Lam., l’échantillon type de Nauclea
citrifolia Poiret est en fleurs et existe dans l'Herbier Lamarck. Il est très
certain que cette espèce est très voisine du Cephalanthus chinensis Lam.,
nous la considérons comme une simple forme. Il convient, comme pour
l'espèce précédente, de remarquer la synonymie établie par Poiret (Katou-
Tfiaka Rheede), qui a encore fait attribuer à l’espèce un habitat indien
(alors qu’elle est certainement malgache).
Passons maintenant aux échantillons en fruits que possède le Muséum.
Il s’agit d’une plante récoltée par Commerson à Madagascar, dont il existe
deux parts. L'une d’entre elles est dans l’Herbier Jussieu (Catalogue
n° 10 007); il a été déterminé comme Nauclea citrifolia par Desfontaines.
L’autre part, dans l’Herbier de Paris, est le type de Cephaiidium citrifolium
Richard, et a été déterminée comme Breonia richardiana par Haviland.
Ces deux échantillons en fruits sont identiques dans leurs caractères végé¬
tatifs au type du Cephalanthus chinensis Lam. et je ne vois pas très bien
pourquoi on leur a donné l’épithète citrifolia (même en admettant que les
deux espèces sont absolument synonymes). Nous ne comprenons non plus
pourquoi Haviland, en mettant en synonymie le Cephaiidium citrifolium
A. Rich. avec le Sarcocephalus richardiana H. Baill. n’a pas adopté l’épithète
spécifique la plus ancienne.
Il ne fait pas de doute que Breonia A. Richard et Cephaiidium A. Richard
sont synonymes. Ces deux genres ont été décrits à quelques lignes de dis¬
tance par Richard dans son Mémoire sur les Rubiacées et Cephaiidium
précède de quelques lignes Breonia. Pour ne pas être amené à de nombreuses
combinaisons nouvelles nous conserverons Breonia comme nom de genre
pour les plantes malgaches. Le Cephalanthus chinensis Lam. et le Nauclea
citrifolia Poiret sont à rapporter à ce genre (nous admettrons avec Haviland
et Homolle que ce genre se sépare du genre Nauclea L. ( Sarcocephalus
Afzel)). En application des règles de nomenclature nous sommes dans
l’obligation de conserver pour ces plantes malgaches l’épithète la plus
ancienne, qui est celle de Lamarck. Il est regrettable que celle-ci ait été
choisie si malencontreusement pour des plantes malgaches et non asiatiques.
Breonia chinensis (Lam.) R. Capuron, comb. nov.
— Cephalanthus chinensis Lam., Encycl. 1 : 678 (1783), excl. syn.
— Nauclea citrifolia Poiret, Enc. Méth., Bot. 4: 435 (1796), excl. syn.
— Nauclea orientalis Poiret non L., ibid. excl. syn.
— Cephaiidium citrifolium Richard, Mém. Rub. : 210 (1831).
— Sarcocephalus richardianus H. Baill., Adans. 12 : 312 (1879).
— Breonia richardiana Haviland, Journ. Linn. Soc. 33 : 36 (1897).
— Breonia stipulata Haviland, l.c. : 35.
— ? Breonia mauritiana, l.c. : 35.
Source : MNHN, Paris
473 —
Breonia richardiana (H. Baill.) Haviland est basé sur un échantillon
de Chapelier (donc récolté à la Côte Est).
Breonia siipulaia Haviland est basé sur un échantillon de Pervillé
récolté à Nossibé (c'est la même espèce que celle de l’Antsingy). Probable¬
ment simple forme de B. richardiana, elle-même indiscernable du Breonia
chinensis Lam.
Centre Technique Forestier Tropical Tananarive.
Laboratoire de Phanérogamie.
Muséum - Paris.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 13 (4) 475-479, 1973
BORRERIA BAMBUSICOLA Berhaut,
NOUVELLE RUBIACÉE DU SÉNÉGAL
par le R. P. J. Berhaut
Un Borreria récolté au Sénégal, à Niokolo Koba par M. J. G. Adam
( n° 15681) est à l'origine de cette découverte. Superficiellement comparable
à B. compressa Hutch. et Dalz., le matériel fructifère permet de mettre
en évidence des caractères distinctifs très remarquables.
Borreria bambusicola J. Berh., sp. nov.
Herba anima , 40-60 cm alla , caulis simplex vel parce ramosa. Folia lanceolala 8-15 cm
longa, 1-2 cm lata, apice acuminaia, basi dilaiala in corona stipulari cui bine et bine 7-8
selae 7-10 mm longae. Lamina glabra, sublus grisea el scabrida, nervis 5-6 ascendenlibus.
Flores albi, agglomérai!, 6-15, axillares: corolla 15-20 mm longa, basi lubulari, apice
4-lobaia, calice 4-dentato, demibus 7-8 mm longis ovarium aequantibus. Frucius 7-8 mm
longus, biloculaïus, loculis membrana papyracea elliptica mucronata separaiis. Sembla
oblonga, rubra, 4,4-5,9 mm longa, 1,6-1,8 mm lata, basi arillaconicaalbida dilaiala, facie
venirali su/cala, facie dorsali cancellis ohlongis ornala. Habitai praeserlim in savana « bam-
busaie » dicta.
Type : Berhaut 479, Ouassadou Sénégal (holo-, P).
C'est une espèce annuelle de savane à grandes fleurs, haute de 50 à
60 cm. Feuilles opposées glabres, scabres dessous; limbe elliptique lancéolé,
long de 8 à 15 cm, large de 15 à 20 mm dans la partie centrale, orné de
5 à 6 nervures latérales assez ascendantes, sommet cunéiforme, base atténuée
jusqu’à la couronne stipulaire qui porte 7 à 8 soies longues de 7 à 10 mm,
entre les bases des feuilles. Fleurs blanches disposées en glomérules axil¬
laires de 5 à 15 fleurs environ; corolle longue de 15 à 20 mm, tube assez
long et à 4 lobes triangulaires. Calice à dents étroitement linéaires, longues
de 7-8 mm, couronnant l’ovaire : celui-ci, à 2 loges, est long de 7-8 mm
à maturité ; la déhiscence est loculicide, les 2 loges sont séparées par
une cloison elliptique, mucronée, qui se détache par les bords et reste libre
entre les loges après l'éjection des graines. La graine, d’un roux clair brillant,
est longue de 4.4 mm à 5,9 mm, arille comprise; sa largeur est de 1,6 mm
à 1,8 mm et son épaisseur de 1,2 mm; la face ventrale comporte un sillon
médian assez large, orné de taches squamiformes oblongues, blanchâtres,
densément réparties surtout aux extrémités du sillon; la base du sillon
porte une arille subconique blanchâtre qui dépasse entièrement la graine
Source : MNHN, Paris
— 476 —
de 1 mm; tégument de la graine orné, sur la partie dorsale, de cellules
oblongues sur toute la région médiane, elles s’orientent obliquement sur
les côtés, et perpendiculairement au sillon sur la partie ventrale. L’embryon
est légèrement incurvé aux deux extrémités, la radicule occupant la base,
au-dessus de l’arille. Les graines sont attachées au tiers inférieur de la
cloison médiane L
Au Sénégal cette plante fréquente surtout les bambusaies de la savane
boisée, entre Kaolak et le Niokolo Koba.
1. Nous remercions vivement M. N. Halle qui nous a aidé de ses conseils et qui
surtout s’est chargé de la délicate analyse des graines.
Source : MNHN, Paris
— 477
Cette espèce diffère donc du Borreria compressa Hutch. et Dalz. par
la dimension de sa corolle et par les caractères très particuliers du fruit
et de la graine.
Matériel étudié : Sénégal : Berhaul 479, Ouassadou (type, P), 3318, Tamba-
counda (paratype), 2963, 3J/9, Tambacounda ; 3086, Badi ; 3214, Goloumbo; Adam 15681,
17053,18087 : A. K. Diallo 223. — Guinée : Adam 13923 ; Maclattd 35, 305. — Sierra
Leone : Deighlon 1229, 2151, 5145, 5181 ; Morton et J an. 2315; D. Small 211, 265:
Thomas 2465, 2731.
Le B. compressa n’est pas lui-même sans poser quelques problèmes.
Dans Kew Bull. (I960), F. N. Hepper signale que des matériaux groupés
sous ce nom diffèrent entre eux par la dimension des fleurs : « The large
flowered plant with corollas about 15 mm long (e.g. Deighlon 1229, Thomas
2731 both from Sierra Leone) I feel are not sufficiently distinct to mérité
a separate name ». Hepper a donc volontairement rapproché les matériaux
à grandes fleurs des matériaux plus typiques à petites fleurs de B. compressa
auquel il assimile le B. velorensis Berhaut (nom. nud.) in Flore du Sénégal
1954), nom superflu donné à des matériaux à petites fleurs. Selon Hepper,
le type de B. compressa Hutch. et Dalz. ( Afzelius s.n., BM) est bien à
petites fleurs de 5 mm de longueur.
L’herbier de Kew a eu l’amabilité de nous envoyer tout le matériel
nommé compressa: tous ces échantillons sont en fleurs, sans graines mûres.
On comprend donc la position de M. Hepper. Au Muséum de Paris nous
avons eu l’avantage d’examiner des spécimens en fleurs, fruits et graines
mûres (Berhaut 479, Adam 15681 pour l’espèce à grandes fleurs; Berhaut
4031 pour l’espèce à petites fleurs) qui justifient la création de la nouvelle
espèce.
Il apparaît donc nécessaire de préciser les caractères du Borreria
compressa Hutch. et Dalz., surtout en ce qui concerne les fruits mûrs et
les graines qui n’ont jamais été correctement décrits.
B. compressa Hutch et Dalz.
Plante annuelle, haute de 0,50 à 1 m, ou davantage. Limbe linéaire,
lancéolé, long de 10 à 15 cm, large de 4 à 8 mm dans la partie centrale,
portant 4 à 6 nervures latérales très ascendantes, sommet longuement
atténué en coin étroit, base atténuée jusqu’à la couronne stipulaire, celle-ci
portant, de chaque côté, 5 à 7 dents linéaires longues de 2-3 mm. Fleurs
blanches, petites, longues de 5-6 mm, en glomérules axillaires denses de
15 à 25 fleurs ou davantage, soutenues par la couronne stipulaire. Corolle
à base tubulaire et sommet à 4 lobes. Calice à 4 dents longues de 2 mm
surmontant l’ovaire. La capsule, longue de 4 mm, large de 3 mm, est à
déhiscence septicide. La cloison se fend longtiduinalement en son milieu
au-dessus de la base qui persiste en une petite écaille triangulaire; les deux
côtés de chaque cloison restent soudés aux valves. La graine, d’un brun
noirâtre brillant, est longue de 2,9 mm à 3,4 mm, large de 1,2-1,4 mm,
épaisse de 0,8-1,1 mm; la face ventrale est munie d’un sillon longitudinal
Source : MNHN, Paris
— 478 —
Fig. 2. -- Borreria compressa Hutch. et Dalz. : 1, face inférieure de la graine montrant le sillon
médian et la caroncule latérale; 2, graine vue de profil; 3, graine en coupe transversale;
4, cellules du tégument. — B. bambusicola Berh. : 5, 6, 7, 8, graine vue dans les mêmes
positions. — Dans les coupes transversales on aperçoit l'embryon au-dessous de la
partie centrale desl'albumen.
étroit, occupé dans sa partie inférieure par une arille blanchâtre étroite
qui atteint à peine la base de la graine. Toute la surface du tégument est
ornée de petites cellules subhexagonales peu visibles. Le sillon médian
pénètre profondément avec deux plis internes séparant la partie médiane
de l’albumen; dans la coupe transversale on voit l’albumen divisé en 3 parties
dont la médiane couvre l’embryon.
Source : MNHN, Paris
— 479 —
La partie inférieure de la tige porte souvent de nombreuses et fines
racines adventives formant comme un chevelu sur les nœuds et même les
entrenœuds.
Au Sénégal cette plante fréquente les mares et les marécages depuis
la forêt de Vélor jusqu’au Niokolo Koba.
Matériel étudié : Sénégal : Berhaut 692,4031, 4057, forêt de Vélor; 1459, Ouassa-
dou, 4461, Niokolo Koba ; Adam 15895,17153, 17496; Fotius 498 (K),665(K). — Mali :
Adam 11, 294,11433. — Ghana : Adams 4689 ; ./. B. Hall 614; Morton 4657, 8675 9098.
— Côte d’Ivoire : Chevalier 22287; F. Halle 396; Leeuwenherg 2051. — Nigeria :
J. Lowe 1520. — Tchad : Chevalier 10500.
BIBLIOGRAPHIE
(1) Berhaut. — Flore du Sénégal, ed. 1 ; 79 (1954).
(2) Hepper, F. N. — Kew Bulletin 14 : 258 (1960).
(3) Hutch, et Dalz. — F.W.T.A., ed. 2, 2 : 222 (1963).
(4) Oliver. — Flora of Tropical Africa 3 : 235 (1877).
Laboratoire de Phanérogamie,
Muséum -Paris.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 13 (4) 481-482, 1973.
A NEW SPECIES OF ORCHIDANTHA
C LOWIACEAE ) FROM VIETNAM
by Kai Larsen
In the rich collections from Indo-China in Paris (P) I recently observed
a collection of Orchidantha which at the first glance looked unfamiliar to
me. The genus has recently been dealt with by the author (Larsen 1961,
1972) and by Holttum (1970), it consists of 7 species including the species
described below.
Orchidantha vietnamica Larsen, sp. nov.
Herba foliis rosulaiis. Peliolus 20-25 cm longus. Lamina 30-40 cm longa , lanceolaia,
ad basim versus sensim attenuata, apice acuminaia, maximam latiludinem 6-7 cm supra
Source : MNHN, Paris
— 482 —
medium attingens, nervo medio valido. Inflorescentiae cincinnis composita, integra ignota.
Bracteae membranaceae, exteriores 5 cm longae, circiter 1 cm latae, cymbiformes, nervo
medio producto, interiores minores, apice longe aciculares. Corollae tubus 8 cm iongus,
1-2 mm latus. Tepala 3 exteriora auguste lanceolata, 7 cm longa, 6-7 mm lata, 2 interiora
lateralia linearia, circiter 15 mm longa, 1-2 mm lata, acuta, sub apice quidque in dentem
deltoidem productum. Labellum in typo male conservatum, circiter 7 cm longum, 1 cm
latum, cymbiforme. Stamina 5 circiter 10 mm longa. Ovarium inferius minutum. Stylus
8-9 mm Iongus, sub apice tripartito glandula (?) instructus; rami inaequales, circiter 3-4 mm
longi, stigmatibus decise laciniatis terminati.
Typus : 9 Nov. 1960, in silva prope oppidum Vietnamiae Meridionalis Dra Huai
a M. Schmid sine numéro lectus, in Herbario Parisiensis depositus.
The type material is rather poor. Only one sheet exists; this collec¬
tion consists of 2 leaves only and a single flower. The very long outer
tepals, however, and the characteristic stigma clearly indicate this material
as a taxon distinct from any of the earlier described species (Fig. 1).
The genus Orchidantha has its main distribution on the Malay Peninsula
outside this area so far only 2 endemic species occur; O. laolica K. Larsen
from Muang Bawnear Wieng Chan (Kerr 21284, type in K) and O. vietnamica.
LITERATURE
Holttum, R. E. — The genus Orchidantha. Gard. Bull. Singapore 25 : 239-246 (1970).
Larsen, K. — New species of Veratrum and Orchidantha from Thailand and Laos.
Bot. Tidsskr. 56 : 345-350 (1961).
— in Larsen & Smitinand, Flora of Thailand 2 : 170-171 (1972).
Botanical Institute
University of Aarhus
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 13 (4) 483-494, 1973.
MORPHOGÉNÈSE DU MANIOC, MANIHOT ESCULENTA Crantz
(EUPHORBIACÉES-CROTONOIDÉES) : ÉTUDE DESCRIPTIVE
par Roger Médard
Résumé : L'appareil aérien de Manihot esculenta est constitué d’une succession
d’articles. Chacun d'entre eux est élaboré au cours d’une séquence de fonctionnement
du méristème apical :
— élaboration d’un axe végétatif à deux hélices foliaires;
— puis transformation en méristème infiorescentiel avec développement des trois
derniers bourgeons axillaires qui subissent la même évolution.
Summary : The aerial apparatus of Manihot esculenta consists of a succession of
articles. Each of them is elaborated during a functionning sequence of the apical
meristem :
— élaboration of a végétative axis with two foliar helices;
— then transformation into floral meristem with development of the last three
axillary buds which undergo the same évolution.
Manihot esculenta Crantz est une plante abondamment cultivée dans
toutes les régions tropicales humides de basse altitude. Ses racines tubérisées
sont très utilisées pour l’alimentation humaine; elles entrent dans la fabri¬
cation d’aliments pour le bétail, en particulier en Europe occidentale (Alle¬
magne Fédérale, Pays-Bas). Ses jeunes pousses peuvent être également
consommées (Saka-Saka du Congo Brazzaville).
A l’état sauvage le genre Manihot est localisé en Amérique du Sud et
en Amérique Centrale. A l’intérieur de cette aire, il existe deux centres de
spéciation, l’un au nord-est du Brésil, l’autre au sud-ouest du Mexique
(Rogers 1963). De nombreuses hypothèses sont formulées quant à l’origine
de sa culture.
La multiplication est assurée par bouturage; la reproduction sexuée,
aléatoire, est uniquement utilisée pour l'obtention de nouveaux clones et
l’amélioration de l'espèce. Dans ce qui suit il s’agira toujours, sauf indi¬
cations contraires, de manioc issu de bouture; les particularités morpho¬
génétiques des pieds issus de graine seront indiquées.
Cette plante, de réelle importance économique, a intéressé des cher¬
cheurs très divers, botanistes, agronomes, généticiens, virologues, socio¬
logues, anthropologistes.
Source : MNHN, Paris
— 484 —
De Candolle (1886) puis d’autres auteurs dont Rogers, ont soulevé
le problème de l’origine de la culture du manioc.
L’anatomie a été décrite par Viegas (1940).
Source : MNHN, Paris
— 485 —
La croissance et l’amélioration de la productivité firent l’objet de
travaux de différents groupes de chercheurs dont Cours et ses successeurs
à Madagascar, Correia et Fraga (1945) au Brésil, Williams et Chazali
(1968) en Malaisie, François (1958) et Pynaert (1951) en Afrique.
Les différents procédés culturaux ont été comparés par Mendes (1941)
et par Miège (1957).
La mosaïque, principale maladie de la plante, a suscité les travaux
de Kitajima et Costa (1964), Kitajima, Wetter, Oliverra, Silva et
Costa (1965) au Brésil, Jennings (1957, 1960) et Nichols (1977)en Afrique
de l’Est.
De nombreux auteurs, de Correia (1947) à de Bruijn (1971) ont
étudié le caractère cyanogénétique et ses variations.
Indira et S. K. Sinha (1970) ont abordé le problème de l'initiation
et du développement des tubercules, Bolhuis (1966) celui de l’influence de
la photopériode sur la tubérisation.
La stérilité des fleurs mâles a été étudiée successivement par J. et
M. N. Miège (1954) et Magoon, Jos et Vasudevan (1967).
La morphologie de la plante et son mode de croissance semblent
n'avoir jamais fait l’objet d’une étude approfondie, c’est ce qui justifie
le présent travail.
Les observations qui suivent ont été faites sur des clones de manioc
prélevés dans les cultures de la région de Brazzaville et en particulier la
variété appelée localement « moundele pakou ».
ARCHITECTURE :
Le manioc est un arbrisseau de 4 à 5 m, mais qui, en culture, n’en
dépasse pas 3 à 4. Chaque bouture donne une ou plusieurs tiges; leur
nombre dépend de l’état de la bouture et de l'angle que fait celle-ci avec
le sol.
A une hauteur variable — suivant les clones, les conditions de cul¬
ture (richesse du sol en azote, ensoleillement) le niveau d’origine de la
bouture sur le pied-mère ces axes se ramifient : les trois méristèmes végé¬
tatifs axillaires les plus apicaux séparés par des entrenœuds très courts
donnent trois nouveaux axes. Cette fourche n° 1 porte une ébauche
d’inflorescence.
Après un certain développement, chaque « branche » donne une
nouvelle fourche semblable à la précédente et ainsi de suite : on peut
observer jusqu’à une dizaine de ramifications successives.
L’appareil végétatif aérien du manioc appartient au modèle architec¬
tural de Leeuwenberg tel qu’il est défini par F. Halle et R. A. A.
Oldeman (1970).
De nombreuses Euphorbiacées présentent une architecture compa¬
rable, par exemple Euphorbia dendroides , Euphorbia leucocephala, Jalropha
curcas, Jalropha gossypifolia, Ricinus commuais, Manihot glaziovii, Croton
hirtus (F. Hallé et R. A. A. Oldeman 1970).
Après une phase de croissance végétative plus ou moins longue, chaque
Source : MNHN, Paris
— 486 —
méristème aérien devient inflorescentiel; corrélativement les trois méris-
tèmes végétatifs latéraux les plus proches de l’apex se développent et suivent
la même séquence de différenciation (PI. 4).
Les deux phénomènes, ramification et floraison, sont parfaitement
synchrones. G. Penon (1971) a fait sur une autre Euphorbiacée, Hura
crépitons, des observations similaires : « On peut relever quatre processus
simultanés :
— arrêt de l’activité des deux centres générateurs de feuilles;
— transformation (facultative) en fleur femelle du bourgeon situé à
l’aisselle de la dernière feuille produite par chaque hélice;
— transformation (constante) de l’axe végétatif en axe inflorescentiel
mâle;
— débourrage des bourgeons situés à l’aisselle des feuilles ultimes. »
Il est impossible, dans l’état actuel des connaissances, de préciser
quel est le phénomène déterminant.
Parmi les plantes appartenant au modèle de Leeuwenberg, il en
Source : MNHN, Paris
— 487 —
existe (Tabernaemontana crassa ) chez lesquelles les premières ramifications
apparaissent sans transformation du méristème végétatif en méristème
inflorescentiel (M. F. Prévost, 1969).
Un axe, de quelque ordre qu’il soit, terminé par une ramification
et portant une ébauche d’inflorescence, constitue un article. Cette définition
est proche de celle donnée par M. F. Prévost (1967) reprise par F. Hallé
et R. A. A. Oldeman (1970).
Dans cette structure les articles successifs diffèrent des uns des autres
par leur longueur, le nombre de feuilles qu’ils portent, le développement
atteint par leur inflorescence terminale : la taille de l’article, le nombre
des feuilles et la surface foliaire diminuent avec le numéro d’ordre (PI. 2).
La décroissance est variable suivant les clones (Miège, 1958). Il existe
deux exceptions à cette règle :
— un article d’ordre élevé (n + 1) peut être plus long que l’article
d’ordre n, s’il se développe au cours d’une saison beaucoup plus favorable
à la croissance végétative;
— l’article n° 1 peut être beaucoup plus court que l’article n° 2 si
la bouture dont il est issu a été prélevée loin de la base du pied (PI. 3).
Source : MNHN, Paris
— 488 —
Ce schéma général doit être amendé :
— certains clones ne ramifient pas;
— le nombre « d’axes » portés par chaque fourche dépend entre
autres, de la « vigueur » de la plante. D’une part pour une ramification
très précoce, et, d’autre part, pour des ramifications d’ordre élevé, il apparaît
un ou deux axes seulement.
De plus, à la suite de traumatismes ou de causes inconnues, l’inhibition
apicale sur les bourgeons latéraux peut être levée; les axes ainsi formés
se développement normalement. Cette levée d’inhibition, fréquente sur
les pieds très âgés, se produit également sur les pieds jeunes à la base du
premier article, et ce aussi bien sur les pieds issus de bouture que sur les
pieds issus de graine.
LES FEUILLES, DISPOSITION :
Tous les axes présentent deux hélices folaires réalisant une phylo-
taxie d’indice 2 /5. Les sens de rotations des hélices foliaires sont différents
suivant les articles, même lorsqu’il s’agit d'articles de même niveau.
La longueur des entrenœuds de l’axe n° 1 est variable comme l’in¬
dique la planche 2. Le premier « télescopage » des entrenœuds correspond
à la zone où les bourgeons ont une tendance marquée à l’émission d’axes
latéraux. Les entrenœuds séparant les bourgeons qui donnent les ramifi¬
cations ne subissent aucune élongation.
Sur les articles suivants, les entrenœuds sont proportionnellement
plus grands; les premiers sont très longs; ensuite leur taille diminue et
passe par un minimum au 2/3 de l’axe.
Le limbe des feuilles est profondément divisé. Certaines variétés
présentent des lobes complètement séparés en folioles pourvues de petits
pétiolules.
Le nombre des lobes d’une feuille dépend de son niveau d’émission :
sur les pieds issus de boutures ce nombre de 3 à 4 à la base augmente de
7 à 11 puis diminue et tend vers 1. Par ailleurs les feuilles qui précèdent et
qui suivent une ramification possèdent un nombre de lobes très faible.
Les premières feuilles portées par les pieds issus de graine sont simples.
Il semble que le nombre des lobes et la surface des feuilles soient en
rapport avec le diamètre de l’axe émetteur.
La forme des lobes folaires varie avec les clones et aussi avec le milieu
(Graner, 1942) : pour une variété déterminée c’est dans les conditions
de croissance optimale que la largeur relative est la plus grande.
Manihot esculenta Crantz est sempervirent; la chute des feuilles est
progressive du bas vers le haut de telle sorte que la plante présente une
voûte feuillée hémisphérique.
Source : MNHN, Paris
— 489
Source : MNHN, Paris
— 490 —
LES BOURGEONS AXILLAIRES :
Chaque feuille axille un bourgeon présentant toujours un méristème
à l’état végétatif.
Sur un axe en croissance, la dissection des bourgeons axillaires nou¬
vellement formés montre qu’il existe :
— 3 à 4 ébauches foliaires dans les bourgeons les plus récents;
— et 7, 8 ou 9 dans les plus âgés.
Le développement de ces bourgeons se poursuit quelque temps après
leur formation avant d’être complètement inhibé.
La section d’un axe lève cette inhibition apicale et provoque non
seulement la reprise de fonctionnement de plusieurs bourgeons situés au-
dessous de la section, mais parfois également celle des derniers bourgeons
de l’article précédent. Dans ce deuxième cas on ne peut préciser s’il y a eu
une mauvaise transmission du facteur inhibiteur ou si ces bourgeons pré¬
sentaient dès leur formation un état physiologique particulier.
Le bourgeon axillaire est encadré par deux massifs méristématiques
situés légèrement au-dessous de celui-ci. Leur rôle sera envisagé plus loin.
LA CROISSANCE DES AXES :
Le fonctionnement du méristème terminal est continu. La courbe de
croissance des pieds issus de bouture est une courbe en S qui présente un
léger accident dû à l’utilisation des réserves contenues dans la bouture.
Vraisemblablement la première zone de « raccourcissement » des
entrenœuds correspond au premier ralentissement consécutif à l’épuise¬
ment des réserves.
Dans les conditions les plus favorables la vitesse de croissance peut
atteindre 4 cm par 24 heures. Son ralentissement coïncide avec l’appa¬
rition des ramifications. A ce moment-là, cependant, la courbe ne présente
pas de rupture de pente, le développement des ébauches latérales prend
immédiatement le relais du méristème terminal.
La croissance en épaisseur après une brève phase d'auxèse, est due
au fonctionnement d’un cambium libéro-ligneux. A environ 4 cm de l'apex
le fonctionnement de ce cambium est particulièrement important au niveau
des faisceaux cribro-vasculaires. Les 5 crêtes longitudinales visibles extérieu¬
rement s’accentuent dans un premier temps puis tendent à disparaître par
uniformisation des taux de division cellulaire dans le cambium.
A une dizaine de centimètres de i’extrémité apicale les premiers vais¬
seaux du xylème secondaire se différencient entre les faisceaux cribro-
vasculaires.
LA SEXUALITÉ :
Au niveau de la ramification on observe toujours la transformation
du méristème apical végétatif en méristème inflorescentiel.
Source : MNHN, Paris
— 491
Seules les inflorescences d’ordre élevé atteignent un développement
complet. Celles qui sont portées par les articles n° 1 et n° 2 avortent le
plus souvent. La précocité de la floraison est en partie fonction du niveau
d’origine de la bouture souche; si cette dernière a été prélevée près de la
base de la tige, la floraison est tardive.
L’inflorescence est un groupe de 4 grappes simples ou composées
présentant une croissance limitée.
Les fleurs sont unisexuées. Cependant il existe parfois des fleurs femelles
avec des staminodes plus ou moins parfaitement constituées (Miège, 1959).
Le nombre de fleurs mâles est toujours plus élevé que celui des fleurs
femelles (en moyenne 10 fleurs mâles pour 1 fleur femelle). Les fleurs
femelles sont toujours situées à la base des inflorescences et plus nombreuses
sur les axes latéraux; les articles d’ordre peu élevé n’en portent généra¬
lement pas.
Les fleurs mâles sont constituées d’un calice de 5 sépales et de 2
verticilles d’étamines insérées entre les lobes du disque (les fleurs mâles
de certains clones sont stériles) (Miège, 1954; Magoon, 1968). Ce caractère
est très utilisé pour obtenir des hybrides sans castration ni pollinisation
artificielle (Dulong, 1971).
Dans les fleurs femelles, à l’intérieur d’un cycle périanthaire identique,
l'ovaire triloculaire contient un ovule par loge, le disque est hypogyne.
L’anthèse des fleurs mâles précède de 2 à 5 jours celle des fleurs femelles
d’une même inflorescence.
Le fruit est une capsule tricoque s’ouvrant par 6 valves et libérant
3 graines caronculées, à albumen charnu.
La germination des graines est aléatoire; les pourcentages de réussite
oscillent entre 3 et 56 % (Dulong, 1971).
Les maniocs non ramifiés ne fleurissent pas.
L’importance de la fructification augmente avec l’âge au début de
la vie de la plante puis diminue.
L'APPAREIL RACINA1RE :
A la germination, la radicule donne un pivot qui émet des racines
secondaires plagiotropes habituellement réparties en deux ou trois niveaux
préférentiels (PI. 5).
Sur les boutures il apparaît des racines en « rosette » sur le bord de
la section inférieure et de part et d’autre des bourgeons axillaires des nœuds
les plus proches de la section (PL 5). Ces dernières se développent à partir
de méristèmes préformés. Les racines situées près de la section se forment
à partir de la zone cambiale libéro-ligneuse.
La tubérisation peut affecter n’importe quelle racine, y compris le
pivot orthotrope des plantules issues de graine.
Les réserves sont essentiellement constituées par de l’amidon (70 à
90 % du poids sec de la racine). Il se trouve en grandes quantités dans un
parenchyme amylifère cellulosique très développé et provenant du fonc¬
tionnement du cambium et parsemé de massifs de petits vaisseaux entourés
Source : MNHN, Paris
— 492 —
PI. 5. — 1, système racinaire d'une bouture : A, racines formées près de la section inférieure;
B, racine produite par le développement d’un bourgeon axillaire; C, racine produite
par le développement d’un des méristèmes préformés situés au niveau des stipules;
2, système racinaire d’une jeune plantule; 3, coupe au niveau d'un nœud. (P, base du
pétiole; F, faisceau cribro-vasculaire foliaire; M, méristème préformé générateur de
racine lors du bouturage.)
Source : MNHN, Paris
— 493 —
de quelques cellules lignifiées (Miège et Obaton, 1954). Les cellules des
rayons libériens et celles du parenchyme cortical en contiennent aussi.
Indira et Sinha (1969) pensent que si la tubérisation est liée à l’initia¬
tion de la croissance secondaire des racines, elle n’est pas en rapport avec
les changements se produisant dans le méristème apical.
En ce qui concerne la production de racine, le manioc est typiquement
une plante de jours courts. La photo-période optimale est 12 heures
(Bolhuis, 1966).
L’architecture de l’appareil racinaire n’est pas comparable à celle
de la partie aérienne. La différenciation souterraine en pivot orthotrope et
racines latérales plagiotropes (PI. 5) s’oppose à la complète équivalence
des articles aériens.
Manihot esculenta Crantz est une plante de culture facile. Elle pré¬
sente des capacités de régénération remarquables et très connues : le pour¬
centage de reprise des boutures convenablement choisies est proche de 100 %.
Par contre, on ignore plus fréquemment la facilité de réalisation de
greffe intraspécifique ou extraspécifique avec le Manihot glaziovii.
La croissance de l’appareil aérien est rapide; huit mois environ après
le bouturage on peut récolter des graines.
La facilité de culture, les grandes possibilités de multiplication végé¬
tative et de greffe, la vitesse de croissance font du manioc un bon matériel
expérimental. C’est pourquoi il nous a paru intéressant, compte tenu de
l’importance économique du manioc au Congo, d’entreprendre une étude
complète de la morphogénèse de cette plante. L’approche descriptive ayant
été envisagée ci-dessus nous présenterons ultérieurement des résultats
expérimentaux concernant le fonctionnement des méristèmes primaires
de l’appareil aérien, les phénomènes de floraison et de ramification.
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Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 13 (4) 495-526, 1973
FONCTIONNEMENT APICAL ET RAMIFICATION
CHEZ QUELQUES FOUGÈRES
DU GENRE TRICHOMANES L. (HYMÉNOPHYLLACÉES)
par R. Hébant-Mauri
Résumé : Une étude détaillée des recloisonnements dans la région apicale montre
que l’initiale tétraédrique est à l’origine de tous les tissus de la plante adulte. Elle produit,
de façon rythmique, des segments « vides » et des segments porteurs d’initiations latérales.
Les initiations latérales ont lieu dans les cellules prismatiques proches de l'apicale
n’ayant subi qu’une cloison péricline profonde, et caractérisées par un retard dans la seg¬
mentation.
Le système à 3 spires phyllotaxiques est le seul compatible avec le fonctionnement
d’une cellule à 3 faces de segmentation. La confrontation de ces résultats avec les travaux
antérieurs nous incite à généraliser ce schéma au fonctionnement apical des Fougères
leptosporangiées à apicale tétraédrique et à phyllotaxie spiralée.
Summary : From a précisé study of cell pattern in the apical région of several
Trichomanes it can be accurately shown that ail tissues of the adult plant originate from
the tetrahedral apical cell. Each segment eut from the apical cell divides first by a peri-
clinal wall into an inner procambial cell and an outer prismatic cell I. The later divides
by anticlinal divisions. After this, another periclinal wall occurs which séparâtes the
outer prismatic cell II from additional procambial tissues. Prismatic cellll givesrise to
cortical tissues.
The tetrahedral apical cell rhythmically produces empty segments and segments
with latéral initiations.
Latéral initiations originate in prismatic cell I whose divisions hâve been delayed.
Oblique anticlinal walls replace the usual periclinal and anticlinal walls, isolating leaf
and bud apical cells.
The System of 3 phyllotaxie spirals (parastichies) is the only one compatible with
the functioning of an apical cell with three cutting faces (in the case of ferns with a heli-
coidal arrangement of the leaves).
Broad comparison with work published earlier permits a tentative généralisation of
this scheme to the apical pattern in leptosporangiates ferns.
La ramification des Trichomanes a été depuis longtemps étudiée sous
ses aspects morphologiques et anatomiques (voir la revue des travaux
antérieurs dans Hebant-Mauri, 1972). Par contre, aucune étude détaillée
du fonctionnement apical de ces Fougères n’a été entreprise jusqu’à présent.
Ce genre renferme des formes à tige grêle et rampante ainsi que des
formes à tige épaisse, dressée ou rampante. Chez les premières, le bourgeon
est en position latérale par rapport à la feuille correspondante. Il est en
position axillaire chez les formes à tige épaisse. Cette dernière disposition
Source : MNHN, Paris
— 496 —
paraît relativement originale chez les Filicales actuelles : ceci nous a égale¬
ment incité à étudier les modalités de sa mise en place au cours du fonction¬
nement apical.
MATÉRIEL
De nombreux échantillons, de provenances variées, ont été étudiés :
T. radicans Linné: France (Pyrénées occidentales et Bretagne); coll.
C. Hebant, 1970-1971. (Les observations ont porté sur près de 200 apex,
prélevés dans ces stations particulièrement riches que sont les puits de
Bretagne).
T. giganleum Bory et T. meifolium Bory ex Will. Iles de la Réunion
(Forêt de Bedour); coll. C. Sauvage, 1972.
T. crispum Linné, T. pinnatum Hedwig et T. trollii Bergdolt. Guyane
Française (Saül); coll. R. Oldeman, 1971.
T. erispiforme Alston, T. cupressoides Desvaux et T. guineense Afzelius
ex Swartz. Congo Brazzaville (Mayombe); coll. R. Hebant, 1967, 1968. 1969.
Des échantillons de toutes ces espèces sont déposés à l'herbier de
l’Institut Botanique de Montpellier, ainsi qu’au Muséum d’Histoire Natu¬
relle de Paris.
MÉTHODES
Le fixateur le plus largement utilisé est le Craf 1 (Sass, 1958). Le F. A. A.
a également été employé parallèlement sur un certain nombre d’échantillons.
La coloration ayant donné les meilleurs résultats est l’Hématoxyline
de Regaud, suivie du Vert solide F.C.F. (Fast green F.C.F.) dans l’alcool
absolu.
Les inclusions ont été effectuées dans une paraffine à haute tempé¬
rature (60°) en raison de la dureté du matériel.
RÉSULTATS
I. — FONCTIONNEMENT APICAL ET MISE EN PLACE
DU COMPLEXE LATÉRAL FEUILLE-BOURGEON
1. — FONCTIONNEMENT APICAL
Dans le matériel étudié, l’apex présente toujours une symétrie axiale,
qu’il s’agisse de formes rampantes (T. radicans et T. giganleum ) ou de
formes dressées (toutes les autres espèces citées).
La cellule apicale tétraédrique est située au centre d’un massif de
cellules prismatiques, entouré par les cellules corticales Sous la cellule
apicale et l’ensemble des cellules prismatiques, des petites cellules sont à
l’origine de la protostèle centrale : ce sont les cellules procambiales (PI. 1,
fig. 1, 2 et 3).
Source : MNHN, Paris
— 497 —
La cellule apicale, arrivée à son maximum de développement, est
aussi large que son dernier segment (PI. I, fig. 1 : PI. 2, fig. 9). Elle va alors
se diviser en deux cellules nettement dissymétriques (fig. A) : le nouveau
segment, de grande taille, et l’apicale, plus petite (PI. 1, fig. 4). Pendant
le laps de temps qui s’écoule entre deux divisions de l’apicale, les segments
issus de son fonctionnement se divisent activement (PI. 1, fig. 4; PI. 2, fig. 9).
— Le segment SI passe de 1 à 3 ou 4 cellules:
— Le segment S2 passe de 4 à 12 cellules environ:
— Le segment S3 passe de 12 à une quarantaine de cellules au moins;
— etc.
L'émission des segments par l'apicale d’axe s’effectue suivant une
spire qui se déroule dans un sens dextre ou senestre selon les apex.
Le dernier segment émis par la cellule apicale (c’est-à-dire le plus récent)
subit un premier cloisonnement péricline Cl.pl (PI. 1, fig. 3) : ainsi est
isolée une partie basale profonde, destinée à constituer du procambium.
La partie supérieure du segment va d’abord se cloisonner de façon anti-
cline, pour donner les cellules prismatiques I (PI. 1, fig. 1 à 3). (La première
cloison anticline est radiale. Fig. 6 à 9.) Un deuxième cloisonnement péri¬
cline CI .p2 profond isole, à l’intérieur de ces cellules, un territoire basal
également destiné à constituer du procambium (PI. 1, fig. 1 à 3). La partie
supérieure constitue les cellules prismatiques II. Des cloisonnements péri-
clines et anticlines affectent enfin les cellules prismatiques II : ainsi se consti¬
tue la zone corticale (PI. 1, fig. 1 à 3).
Cette évolution à l’intérieur d’un segment n’est pas synchrone pour
toutes les cellules : les cellules proximales sont moins recloisonnées que les
cellules distales (PI. 1, fig. 3). Ce phénomène n’empêche pas une dissy¬
métrie structurale de l’apex. En effet, les segments SI, S2 et S3, contigus
à l’apicale, sont à des stades de segmentation très différents.
2. — INITIATION DE LA FEUILLE
Les premiers stades de l’initiation foliaire peuvent être facilement
reconnus sur coupes longitudinales.
Au sein des cellules dérivées de l’apicale principale et à proximité de
celle-ci, une cellule prismatique I 1 est divisée par une première cloison
anticline oblique Cl.01 (PI. 2, fig. 12). Cette cloison isole deux cellules
dissymétriques (cellules Csl et if2, PI. 2, fig. 10). L’ensemble augmente
de volume sans que la cellule superficielle if2 subisse de nouvelles divisions.
Au contraire, la cellule Csl ainsi que les cellules environnantes (et tout
particulièrement celles comprises entre l’initiale ainsi segmentée et l’apicale
d’axe) vont continuer à se diviser (PI. 2 et 3, fig. 11, 12, etc.).
Dès ce stade, une cellule prismatique I représente l’initiale du futur
I. La cellule prismatique I, dans laquelle a lieu l'individualisation de l'apicale de
feuille, est appelée initiale de feuille. De la même façon, la cellule prismatique I, dans
laquelle a lieu l’individualisation de l’apicale du bourgeon, est appelée initiale de bourgeon.
Source : MNHN, Paris
— 498 —
Source : MNHN, Paris
— 499 —
bourgeon axillaire ib : située entre l’apicale principale et l’initiale de feuille,
elle est contiguë à cette dernière (PI. 2, fig. 12; PI. 3. fig. 18). L’individua¬
lisation de l’apicale du bourgeon est plus tardive que celle de la feuille,
mais son emplacement est déterminé de manière précoce.
L’initiale if2 de l’apicale de feuille va subir un deuxième cloisonne¬
ment anticline oblique CI.02 (perpendiculaire au premier lorsqu’on l’observe
en coupe transversale : PI. 3, fig. 13 à 15). Cette cloison individualise l’api¬
cale de feuille proprement dite Af( PI. 3). Cette dernière est donc tétraédrique
à son initiation. Ce stade est caractéristique en coupe transversale. Chez
T. radicans il a toujours été observé dans la moitié postérieure du 4 e segment
(PL 3, fig. 13 à 15). L'initiation du complexe latéral est donc liée à la segmen¬
tation de l'apicale d'axe.
Avant tout fonctionnement de l’apicale de feuille, ses cellules sœurs
Csl et Cs2 se ressegmentent (PL 3, fig. 15 à 18). Elles se cloisonnent d'abord
en profondeur, de façon péricline, pour isoler du procambium. Celui-ci
est en continuité avec le procambium de l’initiale de feuille, et par son
intermédiaire, avec celui de la tige.
Quelques différences ont pu être notées entre les espèces. Elles concer-
cloison péricline des segments antérieurs x MO; 3. T radu
subi sa première cloison péricline Cl. pl. C elle-ci parait d'auU
est plus jeune. Il en est de même pour la deuxième cloisoi
4, T. radicans. C.T. : l'apicale d'axe Aa est très réduite et \
segment SI. Le segment S2 ne montre que 3 cellules, le segm
est dextre. x 300; S, T. radicans. C.T. : l'apicale d’axe Aa
ligure 4, et les segments S2 et S3 sont plus recloisonnés. Apex dextre. x 300; 6, T. crispant.
C.T. : le segment SI est divisé. Apex dextre. x 300.
s, C.L. : le segment SI a
plus haute que le segment
péricline Cl. p2. x 300;
nt de donner son premier
t S3 en montre 16. L'apex
plus grosse que dan
Légende des planches photographiques: C.L. = coupe longitudinale; C.T. = coupe
transversale; Aa — apicale d'axe; Af = apicale de feuille; Ab = apicale de bourgeon:
/ = feuille; B — bourgeon; s = segment; Ch = cloison oblique; dp = cloison péri¬
cline; if — initiale de feuille; ib — initiale de bourgeon; pc = cellule procambiale; Cs
cellule sœur; Cpl et // = cellules prismatiques; C = cellule corticale; r = ressegmenta-
tion entre l'apex et le complexe feuille-bourgeon.
Les schémas qui précèdent les légendes des planches photographiques correspondent
aux figures de ces planches.
Source : MNHN, Paris
— 500
tient l’état de l’initiation dans un segment donné, ainsi que la distance
de cette initiation à l’apicale d’axe. C’est ainsi que l’initiation paraît plus
précoce chez T. radicam que chez toutes les autres espèces étudiées (PI. 2,
fig. 10 et 11).
La segmentation des apex, facilement décelable en coupe transversale,
est à peu près superposable chez les différentes espèces (PI. 1 et 2).
En coupe longitudinale, l’ensemble des cellules prismatiques, de part
et d’autre de l’apicale, est d’autant plus important que l’apex est plus large *.
Cet élargissement est associé à une légère augmentation du nombre
de cellules prismatiques I et II, dont les recloisonnements périclines se
font un peu plus tardivement 2 .
Plus une espèce à une tige de diamètre important, plus les anneaux
concentriques de cellules prismatiques I et II recouvrent de segments
(fig. B).
L'initiation des complexes latéraux a lieu dans les cellules prismatiques
avant que ne se forme la deuxième cloison péricline. Ils apparaissent donc
au plus tard sur la bordure interne de l’anneau de cellules prismatiques I.
D’autre part, on a déjà constaté qu’ils sont toujours situés dans la moitié
postérieure d’un segment : dans le cas des apex de grande taille, il s’agit
du segment S3. Chez T. radicans, l’initiation semble avoir lieu dans le
segment S2 (PI. 2, fig. 12 et fig. B).
Un retard dans la segmentation des initiales latérales, par rapport aux
cellules qui les entourent, a été constaté. Ce phénomène est amplifié chez
1. Exemple :
, , Diamètre Diamètre de l’anneau de cellules prismatiques I
de la stele à 300p ---
sous l’apex Diamètre de l'anneau de cellules prismatiques II
T.
radicans (fig. 1)
I80|i
75p /90p
(fig. 3)
220p
80p/127p
T.
crispum
300 à 350p
environ lOOp /155u
T.
meifohum
giganteum
600 à 700p.
100 à 115p/170 à 200p
2. Ce caractère est spécifique. Les variations de taille intraspécifiques observées,
parfois très importantes, s'accompagnent d’une simple augmentation de taille de toutes
les cellules (fig. 1 et 3, chez T. radicans ).
Source : MNHN, Paris
— 501 —
les espèces de grande taille, en raison de l’apparition tardive des cloisons
périclines dans les cellules prismatiques I et II. Ainsi, avons-nous pu
observer une initiation à une cloison oblique seulement dans un jeune
segment S5 (PI. 2, fig. 11) et des initiations à 2 cloisons obliques dans les
segments S5 et S6.
Remarques importantes
a) Dès les tout premiers stades de l’initiation foliaire, la cellule initiale
du bourgeon axillaire est en place, contiguë à la cellule initiale de feuille.
Le bourgeon axillaire, dans tous les cas, est cTorigine strictement caulinaire,
au même titre que l'initiale de feuille.
b) Dans l’initiale foliaire, les deux cloisons obliques qui isolent l’apicale
de feuille proprement dite se forment en sens inverse des cloisons successives
de l’apicale d’axe (« antidromie ») (PI. 2, fig. 11; PI. 3, fig. 13 et 15). Une
exception a été constatée (PI. 3, fig. 14), sur une dizaine d’observations.
c ) Dans un segment de l’apicale d’axe, la deuxième cloison péricline
qui affecte les cellules prismatiques I sépare les potentialités de la cellule
profonde et de la cellule prismatique superficielle ainsi isolées. La première
évolue en tissu stélique, la deuxième en tissu cortical. Dans ce système,
l’absence de cloison péricline 2 au sein des cellules prismatiques, lors de
toute initiation, apparaît fondamentale.
d) Du début de la mise en place de l’apicale de feuille et jusqu’à l’entrée
en fonctionnement de celle-ci, le procambium sous-jacent est un tissu
d'origine caulinaire. Seuls seront interprétés ici comme tissus foliaires les
tissus issus du fonctionnement de l'apicale foliaire.
3. — SEGMENTATION DE L’APICALE FOLIAIRE
ET INITIATION DU BOURGEON
En même temps que l’apicale foliaire subit ses premiers cloisonne¬
ments, l’apicale du bourgeon est individualisée.
a) L'apicale de feuille est tétraédrique à son initiation. Son orientation
est particulière par rapport à l’apicale d’axe (PI. 3, fig. 13, 14 et 15). Elle
isole ensuite son premier segment SI contre la cloison oblique Cl.ol
(PI. 4, fig. 19 et 21). Le deuxième segment fait face au premier et le rejoint
vers l’avant (= face adaxiale de la future feuille) (PI. 4, fig. 22; PI. 5; fig. 23).
Du côté abaxial, les deux segments ne sont pas jointifs (PI. 4, fig. 22; PI. 5,
fig. 24).
Ces deux premières divisions sont fondamentales.
— Elles inaugurent le fonctionnement bifacial de l’apicale foliaire.
Son plan de symétrie est maintenant bilatéral, et passe par l’axe de la tige. La
feuille est définitivement orientée (PI. 4, fig. 22), suivant le plan qui prévaut
chez les Fougères.
Source : MNHN, Paris
— 502 —
Source : MNHN, Paris
— 503 —
— Les premiers tissus foliaires ainsi formés vont éloigner l’apicale
de feuille de l’initiale du bourgeon, jusque-là contiguës. La base des seg¬
ments foliaires constitue le procambium de la stèle foliaire proprement
dite (fig. C).
b) L'initiale du bourgeon axillaire est une cellule prismatique I (PI. 2,
fig. 12; PL 3, fig. 18; PL 5, fig. 25). Elle repose sur la même cloison péri-
cline Cl.pl. que l’initiale de feuille : celle du segment dont elles font partie.
Cette initiale ib paraît généralement un peu plus courte que l’initiale de feuille
(PL 2, fig. 12; PL 3, fig. 18) pour des raisons de courbure propres à tout
cloisonnement péricline (l'initiale du bourgeon est plus proche de l’apicale
d’axe), ainsi qu’en raison du recloisonnement intense au niveau du pro¬
cambium.
Cette initiale subit deux cloisons anticlines obliques Cl.ol et Cl.o2
(PL 4, fig. 20; PL 5, fig. 26 à 28; PL 6, fig. 32), qui isolent l'apicale de bour¬
geon Ab. De même que la cloison péricline Cl.pl, ces cloisons obliques
1 et 2 vont se situer légèrement au-dessus de celles de la feuille corres¬
pondante (PL 5, fig. 28; PL 6, fig. 31 et 32). Ces deux cloisonnements obliques
se succèdent dans le même sens que ceux de l’apicale d’axe (PL 1, fig. 6
Source : MNHN, Paris
— 504 —
et PI. 5, fig. 26; PI. 2, fig. 7 et PI. 5, fig. 27). Le cas paraît général. L’apicale
du bourgeon va continuer à se segmenter dans ce sens : les bourgeons
axillaires sont homodromes aux axes qui les portent.
De même que dans l’initiation foliaire, les bases des cellules-sœurs
Csl et Cs2, de l’apicale du bourgeon, vont se diviser pour donner du
procambium pc (PI. 6, fig. 33 et fig. C).
Le procambium, issu des cellules sœurs Csl de la feuille et du bourgeon,
est immergé dans la stèle commune de l’axe principal au niveau des cloisons
périclines Cl.p2 (PI. 4, fig. 19; pl. 5, fig. 28; PI. 6, fig. 31 à 33 et fig. C).
Au contraire, le procambium issu des cellules sœurs Cs2 de ce complexe
latéral, est dégagé de la stèle principale (mêmes figures), fl constitue la
stèle commune du complexe latéral, stèle à laquelle participe également
une partie du procambium issu des cellules sœurs Csl.
IL — DÉVELOPPEMENT Dll COMPLEXE LATÉRAL
1. — LA FEUILLE
Chez les espèces étudiées, l’apicale, bifaciale après l’émission de ses
deux premiers segments, se cloisonne alternativement de part et d’autre
de son plan de symétrie. Les segments sont maintenant jointifs sur les
deux faces adaxiales et abaxiale de la feuille. Un cloisonnement péricline
isole du procambium, à la base chaque segment, pour constituer la stèle
foliaire (Pl. 8, fig. 37).
Le développement de la feuille est plus rapide que celui du bourgeon
Source : MNHN, Paris
— 505 —
axillaire correspondant (comparer les fig. 26 et 27 de la PI. 5 et fig. 20 et 33
des PI. 4 et 6).
2. — LE BOURGEON
Son apicale produit quelques segments, puis s’arrête de fonctionner.
Dans les conditions végétatives normales cet arrêt semble définitif chez la
plupart des espèces à tige dressée que nous avons étudiées, sauf chez
T. crispiforme. Chez les espèces rampantes, l’arrêt est parfois transitoire,
le bourgeon pouvant donner lieu à une ramification. Chez T. crispiforme,
T. radicans et T. giganteum des initiations de complexes latéraux ont pu
être observées sur des bourgeons axillaires, en plusieurs points de l’axe
principal.
3. — LE COMPLEXE LATÉRAL
Le fonctionnement des apicales latérales éloigne la jeune ébauche
foliaire de celle du bourgeon. Les bases procambiales de leurs segments
respectifs constituent les stèles divergentes du bourgeon et de la feuille
(fig- C).
On remarque une variabilité spécifique (et intraspécifique chez T. radi¬
cans) dans le développement relatif du complexe latéral et de l’axe prin¬
cipal. Les figures 35 et 36 illustrent deux cas extrêmes :
— L’apex de T. crispum (PI. 7, fig. 25) présente des complexes latéraux
très peu développés et néanmoins éloignés de l’apicale d’axe. La stèle
commune de chaque complexe latéral se raccorde en profondeur à celle
de l’axe principal.
Source : MNHN, Paris
— 506 —
Source : MNHN, Paris
— 507 —
— Au contraire, chez T. radicans (PI. 8, fig. 36), la feuille et le bour¬
geon s’éloignent l’un de l’autre en même temps que l’ensemble du complexe
latéral se sépare de l’apex.
Au stade adulte, on obtient dans le premier cas, un bourgeon appa¬
remment inséré sur la base du pétiole (Fig. D) et dans le deuxième cas, le
bourgeon est axillaire, et parfois même semble porté par l’axe, en avant
de la feuille (Fig. E). T. radicans peut présenter tous les cas, dans un éventail
de variabilité plus restreint. L’histogénèse, étudiée au niveau apical, permet
de préciser que dans tous les cas, ce bourgeon est ontogéniquement axillaire.
ni. — INITIATIONS SUCCESSIVES DES COMPLEXES LATÉRAUX
1. — POSITION DE LA FEUILLE DANS LE SEGMENT
II a déjà été souligné que l’initiation latérale, à un stade donné, se
situe dans la partie médiane postérieure d’un segment donné pour une
espèce considérée. Il y a donc une relation directe entre segmentation
apicale et initiation latérale.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
— 509 —
2. — PHYLLOTAXIE
Toute initiation est émise à 120° de la précédente (PI. 2, fig. 11) et
diverge ensuite. Chez T. radicans, cette divergence va atteindre près de
180° au cours du développement. Cette espèce paraît ainsi distique au stade
adulte. Par contre, le jeune sporophyte a une phyllotaxie spiralée.
La phyllotaxie a été établie pour un certain nombre d’échantillons
dressés ou prostrés, à partir d'observations effectuées à la loupe binoculaire.
Une grande variabilité peut être rencontrée au sein d’une même espèce,
voire sur un même échantillon. Les échantillons à croissance régulière
admettent plusieurs systèmes de spirales phyllotaxiques (Fig. F). D’autres
présentent des irrégularités de croissance, et par suite, une phyllotaxie
variable (Fig. F, G, H, I).
Un seul système reste applicable à tous les cas et à toutes les espèces
observées: celui des 3 spirales phyllotaxiques. Il convient également à toutes
les autres fougères que nous avons pu étudier directement, ainsi qu’aux
espèces décrites dans les publications antérieures (à l’exclusion des fougères
distiques au niveau de l’initiation apicale).
Ce système phyllotaxique, ainsi que la divergence observée entre deux
initiations successives, incitent à nouveau à établir une relation entre la
segmentation de l'apicale trifaciale et l'initiation latérale.
PI. 4. — 19, T. meifolium, C.L. oblique : l’apicale de feuille Af située à 200 » de l'apicale d’axe
(flèche) a produit son premier segment S. Il repose sur la 2 e cloison oblique Cl o2. La
1" cloison oblique arrive au niveau de la 2 e cloison péricline Cl. p2 des cellules voisines.
X 300; 20, T. giganleum, C.L. radiale : l'apicale de feuille Af. située à 215 u de l’apicale
d'axe, a produit son premier segment SI. Contrairement à ce qui a été observé chez les
autres espèces, on peut constater ici un développement presque synchrone de la feuille
et du bourgeon, au moins dans leurs premiers stades. L'apicale de bourgeon Ab est nette
(flèche), entre ses deux cellules sœurs (voir plus loin : initiation du bourgeon), x 300;
21, T. meifolium, C.T. : l'apicale de feuille Af qu'on a pu identifier ici à l'aide des coupes
sous-jacentes, a émis son premier segment S. Elle est située à 160 u de l'apicale d’axe,
dans le segment S5. Apex dextre. x 300. 22, T. radicans. C.T. : l'apicale de feuille Af
située à 115 u de l'apicale d'axe, a émis deux segments SI et S2. Une zone privilégiée
est cytologiquement distincte à remplacement du bourgeon axillaire (flèche), mais rien,
dans le cloisonnement des cellules, ne laisse prévoir son initiation. Les coupes sériées
sous-jacentes permettent de constater que les deux premiers segments de la feuille ne
sont pas jointifs du côté abaxial du primordium. Apex dextre. x 300.
Source : MNHN, Paris
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3. — SÉQUENCE D’INITIATION DES COMPLEXES LATÉRAUX
ET SEGMENTATION APICALE
1. On peut imaginer une ligne spirale passant par les complexes laté¬
raux successifs dans leur ordre d’apparition : La spirale d'initiation. De
même, la Spirale de segmentation passe par les segments successifs de l’api¬
cale d'axe, sauf exception, ces deux spirales tournent en sens inverse.
2. Chez les espèces à feuilles rapprochées (c’est-à-dire toutes celles
observées ici, sauf T. radicans) et dans le cas d’une initiation très précoce,
il est possible de situer les deux derniers complexes latéraux formés dans
les segments apicaux. On a ainsi pu constater qu’un segment sur deux était
porteur de complexe latéral (PI. 2, fig. 11), sauf exception.
Source : MNHN, Paris
— 511 —
Chez T. radicans, plusieurs segments séparent deux initiations succes¬
sives. Leur nombre n'a pu être déterminé au niveau apical. Sauf exception,
les spires d’initiation et de segmentation tournent en sens inverse.
Les apex faisant exception pour les deux phénomènes analysés ci-dessus
(c'est-à-dire sens respectif de rotation des spirales et rythme d’initiation)
sont les mêmes (PI. 8, fig. 37 et 38).
Les figures H et I résument les deux situations :
— Dans le cas des apex « normaux », tout se passe comme si l’initia¬
tion d’un complexe latéral ayant eu lieu dans un segment n, le complexe
suivant étant initié dans le segment n + 2 ( ou bien dans la même direction,
au bout de .v tours de segmentation de l’apicale, chez T. radicans.
— Dans le cas des apex faisant exception, tout se passe comme si
l’initiation d’un complexe latéral ayant eu lieu dans un segment n, le com¬
plexe suivait était initié dans le segment n + 1 (ou bien dans la même
direction, au bout de .v tours de segmentation de l’apicale chez T. radicans).
Les sens relatifs de rotation des spires d’initiation et de segmentation
sont l’expression d’une émission rythmique par l’apicale d’axe, de segments
« vides » et de segments porteurs de complexes latéraux.
La relation directe entre segmentation apicale et initiation foliaire est
ainsi démontrée.
DISCUSSION
I. — FONCTIONNEMENT APICAL
1. — DIVISION DE L’APICALE
White (1971), après une récapitulation des travaux récents, souligne
les difficultés rencontrées dans l’interprétation du fonctionnement apical
des Fougères. Les résultats énoncés par les auteurs sont en effet souvent
contradictoires.
Le rôle histogène de l’apicale tétraédrique, proposé dès 1845 par
Naegeli, est admis et parfois même démontré par de nombreux auteurs
ultérieurs (Hofmeister, 1857; Hanstein, 1865-1866; Van Tieghem, 1884;
Campbell, 1905; Bower, 1922; Schuepp, 1926; Bartoo, 1930; Cross, 1931;
Wardlaw, 1944; Golub et Wetmore, 1948; etc.).
En 1953, Buvat et Liard introduisent la notion d’apicale quiescente,
chez Equisetum, notion fondée sur des critères cytologiques. Des travaux
approfondis vont alors essayer de définir de façon plus précise le véritable
rôle de l’apicale.
L'apicale tétraédrique reste toujours considérée comme un élément
histogène par Wardlaw (1956 sqq.). Bonnet (1956), Gifford (1960),
Dasanayake (I960), Gottlieb et Steeves (1961), Hagemann (1964),
Soma (1966), Bell et Pritchard (1968), Chiang (1972), etc. Par contre,
elle n’est pas histogène pour d’Amato et Avanzi (1965 sqq.), Sossountzov
(1965 sqq.), Michaux (1968, 1970 et 1971, chez le sporophyte adulte).
Les résultats obtenus par ces derniers auteurs confirment l’état physio-
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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logique particulier des apicales et de leurs dérivées, ainsi que leur faible
activité mitotique. Le seul argument réellement important conduisant à
nier le rôle véritablement histogène à l’apicale des Ptéridophytes paraît
être celui de son endopolyploïdie. Il nous semble toutefois discutable :
d’une part, les deux issues possibles d’une telle constatation (sporophyte
adulte polyploïde, ou bien initiale inerte) sont aussi peu satisfaisantes l’une
que liautre. D’autre part, Nohske (1971) démontre le caractère aléatoire
du test histochimique de Feulgen, en fonction de l'état physiologique
des cellules : l’intensité de la coloration n’est pas toujours représentative
de la quantité d’ADN que renferme un noyau donné.
Chez Trichomanes, l’apicale tétraédrique se trouve au centre et à
l’origine d’un complexe de segments très régulièrement recloisonnés. Son
rythme de division est, comme nous l’avons montré, en relation avec le
degré de recloisonnement des segments qui en dérivent. Bien que relative¬
ment peu fréquente, cette division apicale est la source constante de toute
production cellulaire dans l’apex.
Chez les Bryophytes, l’apicale tétraédrique peut se diviser jusqu’à
une fois par jour en période de végétation optimale dans la nature (Berthier
et Hebant, communication personnelle).
Par ailleurs, Hebant (1973) observe une polarité cytologique lors
de la division de l’apicale chez Polytrichum commune. Cette polarité se
Source : MNHN, Paris
— 514 —
Source : MNHN, Paris
— 515
[radin! par une densité cytoplasmique plus forte du côté opposée à l’émission
du futur segment. On peut constater une polarité comparable dans une
apicale de racine en division, chez la Fougère Lygodium smithianum Pr.
(Hebant, 1969, fig. 264).
2. — ÉVOLUTION DES SEGMENTS ISSUS DU FONCTIONNEMENT APICAL
à) C’est essentiellement sur coupes transversales que l’évolution des
segments issus du fonctionnement apical peut être discernée. Les figures
de coupes transversales d’apex montrant la segmentation sont malheu¬
reusement très rares dans les travaux antérieurs, et particulièrement chez
ceux concernant les Fougères à symétrie axiale et à phyllotaxie spiralée.
PI. 6. — 29, T. radicans, C.L. radiale : le bourgeon est situé à 80 u de l'apicale d'axe, à la base
d’une feuille comportant 2 segments. L'apicale Ah de ce bourgeon est située au niveau
de la 2 e cloison oblique foliaire CL o2. Un début de ressegmentation r est visible entre
le complexe latéral et l'apex, x 300; 30, T. cupressoides, C.L. radiale : l'apicale du bour¬
geon Ab. située à 170 u de l'apicale d’axe, est maintenant individualisée. Elle a produit
son premier segment, non visible ici. La feuille axillante a 3 segments, x 300; 31, T. pina-
mm, C.L. oblique : l’apicale du bourgeon est individualisée. La feuille a deux segments.
(L'apex étant ici abîmé, il n’a pas été possible de préciser sa distance au complexe latéral),
x 300; 32, T. radicans. C.L. radiale : l’apicale du bourgeon Ah a émis son 1 er segment
(non visible ici). La cloison oblique Cl. o2b du bourgeon aboutit au même niveau que
la cloison foliaire correspondante. L'apicale de feuille a émis 3 segments. Noter les recloi¬
sonnements r qui séparent le complexe latéral de l’apex. Ce dernier est situé à 160 u du
bourgeon, x 300; 33, T. giganieum , C.L. oblique : le bourgeon a 600 y. de l'apex (cf.
le même échantillon, fig. 20) a 3 segments (seuls S2 et S3 sont visibles ici). La feuille
comporte 5 segments. Elle se développe donc plus vite que son bourgeon axillaire (cf.
T. crispum , fig. 27 et 28). Pc = Procambium issu de la base des segments du bourgeon,
x 300; 34, T. radicans, C.L. d’une jeune feuille de 200 y : l’apicale et son dernier segment
se divisent de manière synchrone. Dans chaque segment, les cloisons périclines profondes
isolent du procambium, x 500.
Source : MNHN, Paris
L — 35, T. crispum, C.L. passant par les feuilles //, f3 et f4 : la feuille fl est vue de face, avec ses deux premiers segments.
La feuille )4 et son bourgeon axillaire l>4, de profil, montrent leurs apicales respectives. La coupe ne passe que par les
tissus conducteurs du complexe latéral 3. et par une portion de la feuille fi. Remarquer : la rapide élongation des stèles
à 250 u environ sous la surface du « plateau apical »: le faible développement du complexe latéral par rapport à celui de
l'axe, ainsi que la taille de la feuille par rapport à celle du bourgeon. — Comparer avec la fig. 36. Le pointillé permet
d'évaluer la partie « détachée de l'axe » au stade adulte, en morphologie externe : le bourgeon paraît alors inséré sur le
pétiole, à sa base, x 70.
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— 517 —
Klein (1884) dessine cette segmentation chez quelques Polypodes,
Fougères à apicale tétraédrique et à phyllotaxie distique (seuls les segments
dorsaux sont porteurs de feuilles). Sur ce matériel, la première cloison
anticline n’est pas toujours radiale, contrairement à ce qui a été vu chez
Trichomanes. De plus, Klein observe une grande variabilité dans la segmen¬
tation (toutefois, ses dessins, le plus souvent partiels, ne permettent pas
toujours d’en juger avec suffisamment de précision; dans les meilleurs
cas, cette segmentation paraît tout à fait homologue à celle observée chez
Trichomanes. Notons que nous ne sommes pas toujours en accord avec
la délimitation des segments donnée par Klein).
Bower (1935) montre deux schémas (d’après les photos de Lang)
des apex de Dryopteris filix-mas et Osmunda regalis, où l’on peut voir les
derniers segments émis entourant l’apicale tétraédrique, ainsi que l’em¬
placement des ébauches foliaires.
Nous avons pu également situer les trois premiers segments sur les
figures de Hagemann (1964) ( Asplénium ruta-muraria), de Vindt-Bal-
guerie (1971) ( Phyllitis scolopendrium (L.) Newmann), et de Michaux
(1971) ( Pteris cretica L.).
b) En coupe longitudinale, le cloisonnement péricline profond des
premiers segments constitue l’une des caractéristiques essentielles du fonc¬
tionnement apical. La plupart des auteurs l'ont décrit ou figuré dans leurs
illustrations (par exemple Van Thieghem (1884) chez Nephrolepis daval-
lioides, Campbell (1905) chez Adiantum emarginatum, Schneider (1913)
chez Pilularia globulifera. Bartoo (1929) chez Schizaea pus il la. Barclay
( 1931) chez Selaginelia willdenowii. Cross (1931) chez Osmunda cinnamomea,
Johnson (1933) chez Pilularia minuta , Bower (1922, 1935) chez les Fougères
monostéliques, Frazer (1946) chez Dryopteris aristata, Wardlaw (1956)
entre autres chez Asplénium nidus, Bierhorst (1971) chez Polypodium
peroussum. Albertis et Paolillo (1972) chez Adiantum capillus veneris).
Nous avons pu également le retrouver sur les figures de Vladesco (1934)
chez Gymnogramma sulphurea (plantule), de Sossountzov (1965 sqq.)
chez Marsilea drummondii, d’EsPAGNAC (1971) chez Nephrolepis biserrata
et de Michaux (1971) chez Pteris cretica.
Il faut remarquer que la segmentation, en coupe longitudinale, a
été surtout étudiée chez les Filicinées à tige grêle et à croissance rapide où
elle est le plus facilement décelable.
Comme on peut le constater, les premiers cloisonnements décrits chez Tri¬
chomanes paraissent généralisables à l’ensemble des Filicinées. Dans certains
cas particuliers où la zone centrale (= ensemble des stèles H- moelle) est pro¬
portionnellement très large, il est possible que plus de deux cloisons périclines
profondes séparent cette zone du cortex, à l’intérieur des cellules prismatiques.
De même que chez les Ptéridophytes, chez les Bryophytes la première
cloison de chaque segment est péricline, et isole les tissus centraux (Leitgeb,
1868 et suivants : voir la mise au point de Berthier, 1972).
c) Le cloisonnement péricline profond des segments est à l’origine
de la zonation décrite de façon classique dans les apex de Fougères. Ce
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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cloisonnement nous paraît fondamental en ce qui concerne les potentialités
des cellules prismatiques. Contrairement à l’opinion de Clowes (1961),
l’apicale d’axe n’est pas seule totipotente. Les cellules prismatiques I
conservent les deux potentialités corticales et stélaires (au sens large).
Nous reviendrons plus loin sur leur importance lors de toute initiation.
Mais soulignons ici le rôle qu’elles peuvent jouer dans une expérimentation.
Kuehnert et Miksche (1964) détruisent l’apicale et une ou deux cellules
voisines, laissant intactes la presque totalité des cellules prismatiques I :
l’une d’elles prend la relève de l’apicale. Un résultat comparable n’est
pas obtenu par Wardlaw (1948) où le traumatisme, beaucoup plus impor¬
tant, semble avoir détruit la totalité des cellules prismatiques I.
3. — VARIATIONS DANS LA STRUCTURE DE L’APEX
La structure d’un apex est essentiellement définie par le devenir des
segments issus de la division de l’apicale, et plus particulièrement par le
nombre de cellules prismatiques qui entourent cette dernière. Dans le
genre Trichomanes , ce nombre de cellules prismatiques semble être en
relation avec la taille de la stèle. Dasanayake (1960) ainsi que Gottlieb
et Steeves (1961) soulignent que le nombre de cellules prismatiques aug¬
mente, chez l’adulte, alors que l’apicale reste, proportionnellement aux
autres cellules, de même taille à tous les stades du développement. Par
contre, pour Wardlaw (1948) qui a étudié différents groupes, beaucoup
d’apex de grandes formes sont une réplique géante de ceux des petites
formes.
PI. 8. — 36, T. radicans, C.L. : passant par les apicales d’axe An, de feuille Af et de bourgeon Ab
Contrairement à ce qui est observé chez T. crispum (fig. 35), le développement rapide du
complexe latéral, dès son émission (et tout particulièrement celui de la feuille), conduit
ici, au stade adulte, à un bourgeon tout à fait axillaire en morphologie externe (poin¬
tillé). x 100; 37, T. crispum, C. T. : même apex que dans les fig. 7 et 28. Cet apex est
dextre, ainsi que ses bourgeons axillaires. La spirale d’initiation est également dcxtre.
On peut raisonnablement évaluer qu’il n’y a pas de segment « vide » entre ceux corres¬
pondant aux deux feuilles visibles, x 80; 38, T. meifolium. C.T. : même apex que dans
la fig. 21. Cet apex est senestre. La spirale d'initiation est également senestre. On peut
raisonnablement évaluer qu’il n’y a pas de segment « vide » entre ceux correspondant
aux deux feuilles visibles, x 100.
Source : MNHN, Paris
— 520 —
Ainsi la structure de l’apex ne serait pas en relation simple avec la
taille de la stèle édifiée par le méristème.
De même que Wardlaw (1956), nous avons pu remarquer que, dans
les apex dormants, le recloisonnement des cellules prismatiques est beaucoup
plus avancé que dans les apex actifs.
II. INITIATIONS
1. - LES INITIALES
Un seul auteur, à notre connaissance, a décrit de façon précise l’ini¬
tiation foliaire chez une Fougère : Bartoo (1930) chez Schizaea pusilla.
Cette Fougère émet une feuille par segment, de même que Ceratopteris
thalictroides (Kny, 1875). L’initiation a lieu dans une cellule prismatique
où les cloisons anticlines sont remplacées par deux cloisons obliques, ceci
paraît être aussi le cas chez Pilularia minuta et Pilularia globulifera
(Johnson, 1934 et Bonnet, 1955), ainsi que chez Ceratopteris thalictroides
(Hagemann, 1964).
Plusieurs auteurs estiment que la feuille prend son origine dans le
massif apical de cellules prismatiques (à partir d’une cellule ou de plusieurs,
suivant les espèces étudiées) : Hofmeister (1862), Bower (1922), Frazer
(1946), Wardlaw (1946, sqq.). Cutter (1956), Dasanayake (1960),
Gottlieb et Steeves (1961), etc. Le stade de l’initiation n’étant jamais
précisé, ceci n’est pas en contradiction avec les observations résumées
ci-dessus. Par contre, la contradiction nous paraît totale avec certains
auteurs qui considèrent l’initiation foliaire comme un « processus rapide
et superficiel » ... « au niveau de la région méristématique, épaissie par
une activité péricline » (= anneau initial)... « à partir d’une cellule super¬
ficielle,,, (qui) double de volume... » (Michaux, 1971; voir également
Hagemann, 1964, et Sossountzov, 1965 sqq.).
Toute initiation décelée à ses premiers stades, est caractérisée par
son origine dans une cellule prismatique I (donc très proche de l’apicale),
qui subit un recloisonnement retardé par rapport à celui des cellules qui
l’entourent (cf. aussi Bartoo, 1929; Bonnet, 1956; etc.).
Dans l’illustration de Smith (1966), on peut voir, chez l’hépatique
Symphyogyna sp., une initiale non recloisonnée, distale dans le 3 e segment,
contiguë à sa cellule sœur-proximale et très ressegmentée.
A propos de l'initiation du bourgeon chez les Mousses, Berthier
précise qu’elle a lieu dans une cellule qui « échappe provisoirement aux
mitoses accélérées des cellules voisines » (Berthier, 1972; Hebant et
Berthier, 1972).
Chez les Fougères, comme chez les Bryophytes, les initiales contiguës
de feuille et de bourgeon reposent sur la cloison péricline I (l’unique chez
les Bryophytes (Leitgeb, 1868).
Enfin, il nous paraît intéressant de souligner avec Bartoo (1930), que
les racines sont initiées dans une cellule privilégiée au niveau de la cloison
péricline 2, donc pas plus profondément en fait que les initiales de feuilles.
Source : MNHN, Paris
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2. — L'INDIVIDUALISATION DE L'APICALE FOLIAIRE
Klein (1884) est le seul auteur à l’avoir montrée en coupe trans¬
versale. Le cloisonnement péricline oblique n’est pas représenté de façon
précise. L’auteur souligne que l’apicale de feuille montre un stade transitoire
à 3 faces de segmentation.
Conard (1908) précise que, lors de son initiation, l’apicale de feuille
passe par un stade à 4 faces de segmentation, puis 3, puis 2.
Enfin, Bartoo (1930) montre une apicale de feuille récemment isolée
qui repose sur sa base quadrangulaire au niveau de la deuxième cloison
péricline.
Les descriptions de ces trois auteurs coïncident tout à fait avec ce
qui a pu être observé chez Trichomanes :
— la mise en place de la première cloison anticline oblique correspond
au stade à 4 faces de segmentation;
— la mise en place de la deuxième cloison anticline correspond au
stade à 3 faces de segmentation;
— l’apicale de feuille ainsi isolée devient bifaciale lors de l’émission
de ses deux premiers segments. Elle peut également fonctionner longtemps
avec 3 faces de segmentation chez l’Osmonde, ou bien devenir lenticulaire
chez Schizaea (Bartoo, 1930), Trichomanes (Helm, 1935), etc.
Nous avons pu reconnaître différents stades de cette initiation dans
les illustrations de divers travaux récents, en raison de la forme particu¬
lière de « l’apicale foliaire », et du niveau caractéristique de son insertion :
chez Pilularia minuta (Johnson, 1934), Dryopteris aristata (Frazer, 1946
et Cutter, 1956), Cyathea manniana (Wardlaw, 1948), Pteridium aqui-
linum (Dasanayake, 1960), Dryopteris dilatata (Wardlaw, 1965), Pteris
cretica (adulte et jeune) (Michaux, 1971), etc.
Les modalités de l’initiation foliaire qui viennent d’être décrites nous
paraissent généralisables, au moins à tous les cas où une seule cellule
est à son origine.
3. — LES BOURGEONS
La mise en place du bourgeon (= cellule prismatique I) est contem¬
poraine de celle de la feuille chez Trichomanes , ainsi que chez Pteridium
aquilinum (Dasanayake, 1960) et chez Pilularia (Schneider, 1913, sqq.).
Il en est de même chez certains Végétaux supérieurs (Neville, 1968, Espa-
gnac et Neville, 1969, etc.).
Selon Bonnet (1955), Y initiation du bourgeon (= recloisonnement
oblique de la cellule prismatique I) est antérieure à celle de la feuille chez
Pilularia. Elle lui est postérieure chez toutes les autres Ptéridophytes qui
ont été étudiées, ainsi que chez les Bryophytes (Berthier, 1972).
Le développement de la feuille est plus rapide que celui du bourgeon,
dans tous les cas.
Source : MNHN, Paris
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4. — LA MÉGAPHYLLE EST-ELLE UN AXE MODIFIÉ?
Cette hypothèse, très souvent avancée, repose sur de nombreux faits.
Les Fougères fournissent les principaux arguments en sa faveur.
Un rapprochement avec les Bryophytes nous semble intéressant de
ce point de vue.
Chez les Mousses, trois cloisons obliques isolent l’apicale du bourgeon,
qui est située dans la partie abaxiale du segment. Dès la première de ces
cloisons, le sens de rotation du rameau latéral est déterminé : il est anti-
drome par rapport à l’axe qui le porte (Leitgeb, 1868).
De même, la feuille de Trichomanes est isolée dans la partie abaxiale
du segment, par deux cloisons obliques antidromes à l'apicale de l'axe
principal.
Enfin, les bourgeons des Mousses, de même que les feuilles de Fou¬
gères, apparaissent de façon rythmique dans les segments issus du fonc¬
tionnement apical.
Ces résultats ontogéniques suggèrent un rapprochement entre les
bourgeons des Mousses et la feuille des Fougères.
Le stade fugace de l’apicale de feuille à trois faces de segmentation,
ainsi que l’existence chez Osmunda , d’une apicale foliaire tétraédrique
(Steeves et Briggs, 1958) sont en accord avec cette hypothèse. Par ailleurs,
une troisième cloison oblique, tératologique semble-t-il. a été observée
au cours d’une initiation foliaire chez Trichomanes.
La morphologie expérimentale montre en outre que l'induction, dans
le sens foliaire, du devenir d’un primordium, ne devient que progressive¬
ment irréversible (Cutter, 1957 et 1965, Hicks et Steeves, 1966, Kueh-
nert, 1967, 1969, etc.).
5. — SIGNIFICATION DE LA STÈLE COMMUNE DU COMPLEXE LATÉRAL
La stèle commune au bourgeon et à la feuille a été considérée comme
étant d'origine caulinaire (voir ci-dessus, § II, Développement du complexe
latéral).
11 arrive parfois que le bourgeon avorte. Chez T. radicans, s’il avorte
très tôt, aucune trace histologique décelable ne subsiste sur la plante adulte
(on peut même supposer qu’il n’a pas été initié, dans certains cas). La
stèle de la base du pétiole peut alors présenter, dès son émission, soit une
symétrie axiale, soit une symétrie bilatérale. On peut émettre l’hypothèse
que la présence plus ou moins prolongée de l’initiale ou de l'apicale du
bourgeon est responsable des variations observées. La symétrie de la
stèle commune serait ainsi déterminée par les apicales sus-jacentes. Quand
le bourgeon est présent, l’induction dans le sens d’une symétrie axiale
est dominante.
L’origine du procambium de la jeune ébauche foliaire est double,
dans tous les cas : caulinaire à sa base, puis foliaire. Ceci est également
relevé chez Pteris cretica par Michaux (1971).
Source : MNHN, Paris
— 523 —
III. — PHYLLOTAXIE
1. — LES TROIS SPIRES PHYLLOTAXIQUES
Le système à 3 spires phyllotaxiques est le seul compatible avec le
fonctionnement d'une cellule apicale à 3 faces de segmentation (dans le
cas des Fougères à phyllotaxie spiralée).
2. — RÔLE HISTOGÈNE DE L’APICALE D’AXE ET INITIATION FOLIAIRE
L’existence d'une relation entre initiation latérale et segmentation
apicale a été niée par plusieurs auteurs : Klein (1884). Bower (1935),
Hagemann (1964), Sossountzov (1965 sqq.), Michaux (1971), chez le
sporophyte adulte ).
Par contre. Schneider (1913) et Clowes (1961) considèrent comme
possible l’existence d’une telle relation. Michaux (1971) attribue un rôle
régulateur à l’apicale du jeune sporophyte.
Chez Trichomanes, le rôle histogène de l'apicale d’axe a été démontré.
Il y a induction rythmique d'initiation foliaire dans les segments qu’elle
découpe. Ceci nous paraît généralisable à l’ensemble des Fougères. En
particulier, l’antidromie constatée chez Trichomanes entre la spire d’ini¬
tiation foliaire et la spire de segmentation apicale avait déjà été signalée
par Bower (1935) chez Dryopteris filix-mas et Osmunda regalis. Nous avons
pu également la déceler sur l’illustration d’HAGEMANN (1964) relative à
Asplénium ruta muraria, ainsi que sur celles de Michaux (1971) relative
à Pteris cretica et de Vind-Balguerie(1971) relative à Phyllitisscolopendrium.
Chez les Mousses, les bourgeons sont mis en place de façon rythmique,
dans les segments issus de l’apicale. La spire d’initiation gemmaire et la
spire de segmentation apicale sont le plus souvent homodromes (Correns,
1899 et Berthier, 1965, 1972). L’antidromie des deux spirales d’initiation
et de segmentation, qui semble habituelle chez les Fougères, est très rare
chez les Mousses (Berthier, 1972, chez Fontinalis).
Néanmoins, le rôle histogène de l’apicale tétraédrique paraît aussi
fondamental chez les Ptéridophytes que chez les Bryophytes.
Je remercie très vivement de leur aide M rae Lancien, ainsi que MM. Hébant,
Moisan, Oldeman et Sauvage, qui m’ont procuré, ou permis de récolter, la plus grande
partie du matériel étudié dans le présent article.
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Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 13 (4) 527-544, 1973.
CATALOGUE DES PHANÉROGAMES
DU NORD-EST DU GABON
(Cinquième liste)
par Annette Hladik 1 et Nicolas Hallé
Cette liste compte 273 espèces nouvellement citées pour le Nord-Est
du Gabon et spécialement les régions de Makokou et de Bélinga; elle
fait suite aux 647 espèces précédemment citées dans quatre listes publiées
dans Biologia Gabonica (N. Hallé, 1964 et 1965; N. Hallé et A. Le
Thomas, 1967 et 1970).
Ce complément fait état des récoltes de A. Hladik (numéros AH.)
effectuées essentiellement dans la forêt d'Ipassa, à 10 km au Sud de Makokou,
emplacement du laboratoire de Primatologie et d’Écologie Équatoriale du
C.N.R.S. A ces nouveaux spécimens s’ajoutent les identifications nouvelles
des échantillons de N. Hallé et A. Le Thomas (numéros NH. et NH. LT.).
Le nombre des espèces actuellement cataloguées pour cette région du
Gabon (fig. 1) est porté à 920.
Les déterminations ont été faites dans des familles diverses par nous-
mêmes mais aussi par M. R. Letouzey; des familles particulières ont été
identifiées par plusieurs spécialistes du laboratoire de Phanérogamie du
Muséum; M me A. Le Thomas, MM. F. Badré, H. Jacques-Félix, R. Fouil-
loy, H. Heine, J.-F. Villiers. Des chercheurs étrangers et notamment
MM. F. J. Breteler de Wageningen et L. Liben de Bruxelles, nous ont
communiqué des déterminations dans des groupes difficiles.
Dans cette liste, certaines familles sont particulièrement bien repré¬
sentées, comme par exemple, les Annonaceae, les Caesalpiniaceae, les
Rubiaceae ; celles-ci ont en effet été traitées récemment dans des fascicules
de la Flore du Gabon parus depuis l’établissement de la 4 e liste.
Notons aussi que quelques familles ont pu être ajoutées : les Agavaceae,
Celaslraceae , Combreiaceae, Ditleniacea?, Dioscoreaceae , Ebenaceae, Lem-
naceae, Pandaceae. Pedaliaceae, Polygalaceae, Rhizophoraceae et Scyto-
pelalaceae.
1. Convention de travail C.N.R.S. de juillet 1971 à juillet 1972; recherches eTeo-
tuécs en association avec le Smithsonian Tropical Research Insliluie (Smithsonian post¬
doctoral fellowship).
Les échantillons d'herbier sont déposés au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris,
ainsi qu'au National Herbarium de Washington. Une troisième collection constituera
l'herbier de base du Laboratoire de Primatologie et d Écologie Équatoriale, Makokou
(Gabon).
Source : MNHN, Paris
— 528 —
Beaucoup des numéros AH. sont des spécimens d’arbres de grande
taille (cf. PI. 3 C, technique de récolte) qui étaient déjà cités de la région,
mais qui n'avaient pu être récoltés : voir notamment l’article de A. Aubré-
ville (1967), avec le relevé de 1 ha de A. Le Thomas, et l’article de N. Hallé,
A. Le Thomas et M. Gazel (1967).
Un lot important de matériaux récoltés restent encore à déterminer;
les identifications sont rendues difficiles par l’absence de travaux récents
sur de nombreuses familles. La révision des Anacardiaeeae et celle du
genre Ficus seraient d’autant plus nécessaires que ces plantes représentent
une importante composante de l’écosystème forestier.
Dans la mesure du possible, nous indiquons le biotope des espèces
citées. Cela permet notamment de souligner que des arbres comme par
exemple le Tulipier du Gabon (Spathodea campanulata P. Beauv.) ne se
Source : MNHN, Paris
— 529 —
trouvent que près des villages et dans les forêts secondaires. Le terme de
« forêt dense » est employé dans le sens de forêt dense humide semper-
virente. Les crêtes de Bélinga, vers 900-1 000 m, présentent par endroit
des carapaces ferrugineuses où croît une végétation particulière de fourrés.
A Ipassa, 500 m d’altitude environ, la forêt étudiée est celle des quadrats
écologiques établis pour l’ensemble des recherches du laboratoire; cette
forêt située sur un plateau dominant PIvindo de 30 m, est d’un type pri¬
maire, mais d’aspect très tourmenté en raison des nombreuses chutes
d’arbres provoquées par les tornades qui remontent la vallée; ainsi certaines
espèces végétales présentes à [passa peuvent envahir les forêts dégradées
et y être des caractéristiques, par exemple : Xylopia aethiopica (Dunal)
A. Rich. ou Tetrapleura tetraptera Taub.
Notons d’autre part que les espèces récoltées sur la plus grande île
d’Ipassa (65 ha), où ont été réintroduits des chimpanzés, peuvent être des
espèces de forêt inondable ou non, constituant un peuplement relativement
bas, mais avec des essences émergentes atteignant 50 m.
Nota : La numérotation des espèces fait suite aux précédentes listes.
Les numéros entre parenthèses se rapportent à des indications nouvelles
pour des espèces déjà citées. Les astérisques (*) indiquent que le matériel
a été, au moins pour une partie, cité dans la description originale du taxon.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Source : MNHN, Paris
— 530 —
ACANTHACEAF. (complément aux quatre listes précédentes).
(1). Asysiasia vogeliana Benth., NH. 1029, 1464, 3196, 3361, 3705; NH.LT. 22. —
Bélinga, Makokou; bord de ruisseaux en forêt.
(4). Mendoncia lindaviana (Gilg) R. Ben., NH. 1078, 2599. 2655, 3005, 3041, 3240,
3393; AH. 1396. — Bélinga, Makokou, Mékambo; forêt dense.
(3). Stenandriopsis guineensis (Nees) R. Ben. ( Crossandra gitineensis Nees), NH.
1278, 1347, 4190; NH.LT. 95; AH. 1908. Bélinga, Makokou; sous-bois
humide nu et demi ombragé.
AGAVACEAE
648. Dracaena arborea (Willd.) Link., AH. 2103. — Makokou; forêt dense.
ANACARDIACEAE (voir aussi 172 et 173, liste 2).
649. Pseudospondias longifolia Engl., NH. 3105; AH. 1546, 1876. — Bélinga, Makokou;
forêt dense; conservé dans les défrichements.
650. Pseudospondias microcarpa (A. Rich.) Engl., AH. 2056. Mékambo; bord
de route.
651. Sorindeia mildbraedii Engl. & v. Brehm, NH. 2828, 3201, 3451; NH.LT.
178. — Bélinga; forêt dense.
652. Sorindeia nilidula Engl., NH.LT. 642; AH. 1785. — Bélinga, Makokou; forêt
dense.
653. Trichoscypha abm Engl. & v. Brehm, NH. 3468, 3490. — Bélinga; forêt dense.
654. Trichoscypha acuminala Engl., NH.LT. 293, 675; NH. 1493. Bélinga.
Makokou; forêt dense.
655. Trichoscypha païens (Oliv.) Engl.. AH. 1881. — Makokou; forêt dense.
ANNONACEAE (A. Le Thomas, Flore du Gabon 16,1969) (voir aussi 174 à 183, liste 2;
313 à 331, liste 3; 474 à 477, liste 4).
656. Ariabotrys lasloursvillensis Pellegr., AH. 2329. — Makokou; forêt dense.
657. Cleistopholis païens (Benth.) Engl. & Diels, NH.LT. 448. — Bélinga; forêt
(176). Friesodielsa enghiana (Diels) Verdcourt (= F. grandiflora (Boutique) v. Steenis),
NH. 3205, 3570; NH.LT. 38, 367, 491 ; AH. 2350. — Bélinga, Mékambo; forêt
Source : MNHN, Paris
— 53 ! —
(177) . Friesodielsia montana (Engl. & Diels) v. Steenis (= F. sovauxii (Sprague& Hutch.)
v. Steenis), NH. 3178; N H. LT, 542. — Bélinga; forêt dense.
658. Isolona hexaloba (Pierre) Engl. & Diels, NH.LT. 115; AH. 2092. — Bélinga,
Makokou; forêt dense.
*659. Monanthotaxis letestui Pellegr. var. hallei (Le Thomas) Le Thomas, NH. 2898,
3508; NH.LT. 12, 60. — Bélinga; fourrés de crête, vers 900-1 000 m d’altitude.
660. Monanthotaxis lucichda (Oliv.) Verdcourt, NH. 3539. — Bélinga; forêt dense.
(319). Monanthotaxis schweinfurthii (Engl. & Diels) Verdcourt ( = Enneastemon schwein-
furthii Engl. & Diels), NH. 3555; NH. LT. 118; AH. 1572, 2099,2330.— Bélinga,
Makokou; forêt dense.
661. Monodora angolensis Welw., NH. 2628; AH. 2069. — Bélinga, Makokou; forêt
662. Neostenanthera myristicifolia (Oliv.) Exell, NH.LT. 382. — Mékambo; brousse
marécageuse.
(178) . Pachypodanthium staudtii (Engl. & Diels) Engl. & Diels, AH. 1835. — Makokou;
forêt dense.
*(324). Piptostigma glabrescens Oliv. var. lanceolata Le Thomas, NH 3377. — Bélinga;
forêt dense.
* 663. Toussaintia hallei Le Thomas, NH. 4189. — Bélinga; forêt dense.
* 664. Uvaria angolensis Welw. ex Oliv., NH.LT. 736. — Bélinga; forêt dense.
(474). Uvaria baumannii Engl. & Diels, N H. 3266, 3534; NH.LT. 11, 164, 415, 485.
— Bélinga; forêt dense.
665. Uvaria comperei Le Thomas, NH. 3267; NH.LT. 66. — Bélinga; lisière de
forêt.
666. Uvaria klaineana Engl. & Diels, AH. 1990. — Makokou; forêt dense.
667. Uvaria muricata Pierre & Engl., var. muricata, NH.LT. 66 bis, 84. — Bélinga.
Uvaria muricata Pierre & Engl. var. suaveoiens (Louis ex Boutique) Le Thomas,
NH.LT. 67. — Bélinga.
(180). Uvariastrum pynaertii De Wild. (nec U. zenkeri Engl. & Diels), NH. 1491. —
Makokou; forêt marécageuse.
(330). Uvariodendron giganteum (Engl.) Fries (nec U. calophyllum Fries), NH. 3156;
NH.LT. 430, 549. — Bélinga; forêt ripicole.
668. Uvariodendron molundense (Engl. & Diels) Fries, NH. 3332; NH.LT. 431, 451.
— Bélinga; forêt ripicole.
* Uvariodendron molundense (Engl. & Diels) Fries var. citrata Le Thomas, NH. 2896,
3082; NH.LT. 13, 47, 152, 525. - Bélinga; forêt dense, à la limite du fourré de
crête, 900 à 950 m d'altitude.
669. Xyiopia aethiopica (Dunal) A. Rich., AH. 1470, 1943. — Makokou; forêt dense.
670. Xyiopia hypolampra Mildbr., NH. 3736; NH. LT. 368,487; AH. 2319. — Bélinga,
Makokou, Mékambo; forêt dense.
671. Xyiopia katangensis De Wild., AH. 2366. — Makokou.
672. Xyiopia letestui Pellegr. var. longepilosa Le Thomas, NH. LT, 122, 517. — Bélinga;
forêt dense.
673. Xyiopia phloiodora Mildbr.. NH.LT. 104. — Bélinga; forêt dense.
674. Xyiopia quintasii Engl., AH. 1689. — Makokou; forêt dense.
675. Xyiopia staudtii Engl. & Diels, AH. 2334. — Makokou.
APOCYNACEAE
676. Alstonia congensis Engl., AH. 1723. —• Makokou; forêt dense.
677. Callichilia monopodialis Stapf, AH. 1977, 2322; Farron 7654. — Makokou;
forêt dense.
678. Tabernaemontana crassa Benth., NH. 1126, 1259; AH. 1625. — Bélinga, Mako¬
kou; forêt secondaire.
BIGNON1ACEAE
679. Newbouldia laevis (P. Beauv.) Seeman ex Bureau, AH. 1587. — Makokou;
forêt ripicole.
680. Spathodea campanulata P. Beauv., AH. 2102. — Makokou; villages et forêts
secondaires.
Source : MNHN, Paris
— 532 —
BURSERACEAE
(194) . Canarium schweinfurthii Engl., AH. 1829. — Makokou; forêt dense.
(195) . Dacryodes bimneri Engl., AH. 1682. — Makokou; forêt dense.
681. Dacryodes igaganga Aubrév. & Pellegr., AH. 1471. — Makokou; forêt dense.
682. Dacryodes klaineana (Pierre) Lam., NH.LT. 676; AH. 1947 (forme différente
du type). — Bélinga, Makokou; forêt dens'.
683. Dacryodes normandii Aubrév. & Pellegr., AH. 1495. — Makokou; forêt dense.
(196) . Santiria trimera (Oliv.) Aubrév., AH. 1424 (forme 1 : tronc à racines aériennes
remarquables) et AH. 1841, 1948 (forme II : tronc à petit contreforts). — Mako¬
kou; forêt dense.
CAESALPIN1ACEAE (voit aussi 47 et 50, liste I ; 197, liste 2; 346 à 348, liste 3; 495 à
505, liste 4).
684. Afzelia bipendensis Harms, AH. 1610. — Makokou; forêt dense.
685. Anthonotha lamprophylla (Harms) Léonard, NH.LT. 691. — Bélinga.
686. Berlinia bracteosa Benth., AH. 1486, 1979. — Makokou; forêt dense très humide.
687. Cassia alata L., AH. 1937. — Makokou; plante introduite autour des villages.
688. Crudia gabonensis Pierre ex De Wild., AH. 1583. — Makokou; forêt dense.
689. Cynometra maimii Oliv., AH. 2307. — Makokou; forêt ripicole.
690. Detarium macrocarpum Harms, AH. 1686. — Makokou; forêt dense.
691. Dialium dinklagei Harms, AH. 1775. — Makokou; forêt dense.
692. Distemonanthus betuhamianus Bail!., AH. 1970. — Makokou; forêt dense.
693. Erythrophloeum ivorense A. Chev., AH. 1683, 1873. — Makokou; forêt dense'
694. GÎlbertiodendron dewevrei (De Wild). Léonard, de Saint Aubin SRF 1946; AH.
2197. — Makokou; forêt dense, bas fonds et bord de fleuve.
695. Gilletiodendron pierreanum (Harms) Léonard, AH. 2191, 1476. — Makokou;
forêt dense.
696. Gossweilerodendron balsamiferum (Vermoesen) Harms, de Saint Aubin SRF 1943.
— Makokou.
697. Griffonia physocarpa Bail!., NH. 3710; AH. 1577. — Bélinga, Makokou;
forêt dense.
698. Hymenostegia pellegrini (A. Chev.) Léonard, de Saint Aubin 1962; AH. 1417,
1432. — Makokou; forêt dense.
(50). Leonardoxa a/ricana (Baill.) Aubrév. ( Schotia Iwmboldtioides Oliv.), Le
Testu 8888.
699. Monopetalanthus leonardii Devred & Bamps, AH. 1536. — Makokou.
(346) . Neocltevalierodendron stephanii (A. Chev.) Léonard (= Hymenostegia stephanii
E. G. Baker), NH.LT. 600. — Bélinga.
700. Plagiosiphon gabonensis (A. Chev.) Léonard, NH. LT. 640; AH. 1537. — Bélinga,
Makokou; forêt ripicole.
(347) . Pterygopodium oxyphyllum Harms ( Oxymitra oxyphyllum (Harms) Léonard),
NH. LT. 15, 587, 588. — Bélinga.
701. Tetraberlinia polypltylla (Harms) Léonard, de Saint Aubin SRF 1966, 1945.
— Makokou.
702. Swartzia fisiuloides Harms, AH. 1333, 1474. — Makokou; forêt dense.
CELASTRACEAE
703. Mayt, s a m al (L. f.) Loesen., NH. 2888, 3722; NH.LT. 735. — Bélinga;
forêt arbustive de crête vers 1 000 m.
COMBRETACEAE
704. Combretum bipendense Engl. & Diels, AH. 1839, 2093, 2341. — Makokou;
forêt dense.
705. Combretum bracteatum (Laws) Engl. & Diels, NH.LT. 350. — Mékambo.
706. Combretum lokele Liben (nec Combretodendron africanum (Welw. ex Benth.
& Hook. f.) Exell), NH. 3738. -— Bélinga.
707. Combretum platypterum Hutch. & Dalz., NH. 1083, 1084, 3586; AH. 2359. —
Bélinga, Makokou: bord de route.
Source : MNHN, Paris
— 533 —
708. Combrelum racemosum P. Beauv., NH.LT. 383; AH. 1376. — Makokou,
Mékambo; lisière de forêt.
709. Quisqualis fa/cala Welw. ex Hiern, NH. 4141. — Bélinga: brousse secondaire.
710. Quisqualis lalialaia (Engl. & Diels) Exell, NH. 1070. — Makokou; brousse
secondaire.
CONNARACEAE (voir aussi 198, liste 2; 354 à 359, liste 3).
711. Agelaea grisea Schellenb., AH. 1898. — Makokou; forêt dense.
712. Byrsocarpus dinklagei (Gilg) Schellenb. ex Hutch., AH. 1877. — Makokou;
forêt dense.
713. Santaloides urophyllum Schellenb., AH. 1549. — Makokou; forêt dense.
CONVOLVULACEAE
(200). Calycobolus africanus (Don) Heine (= Prevostea africana Benth.), NH. 3253.
— Bélinga.
714. Neuropehis acuminata (P. Beauv.) Benth., AH. 1886. — Makokou; forêt dense.
DICHAPETALACEAE (det. F. J. Breteler, Wageningen) (voir aussi 528 à 533, liste 4).
715. Dichapelalum hangii (F. Didr.) Engl., NH. 3415; NH.LT. 472. — Bélinga.
716. Dichapelalum heudelotii (Planch. ex Oliv.) Baill., AH. 2188. — Makokou; lisière
de forêt dense.
717. Dichapelalum integripetalum Engl., AH. 1554. — Makokou; forêt dense, île
alluvionnaire.
718. Dichapelalum mombuttense Engl., AH. 1559, 2356. — Makokou; forêt dense,
île alluvionnaire.
719. Dichapelalum thollonii Pellegr., AH. 1562, 2045. — Makokou; forêt dégradée.
720. Dichapelalum unguiculalum Engl., NH. 3799, 3954; NH.LT. 159. — Bélinga.
AH. 1932. — Makokou; forêt dense, île alluvionnaire.
DILLENIACEAE
721. Teiracera alnifolia Wild-, AH. 1493. — Makokou; forêt dense.
DIOSCOREACEAE (det. J. Miêge)
722. Dioscorea baya De Wild., NH. 3979. — Bélinga.
EBENACEAE (det. R. Letouzey, Flore du Gabon 18, 1970)
723. Diospyros conocarpa Gürke & K. Schum., Le Testu 8942.
724. Diospyros crassiflora Hiern, AH. 1586. — Makokou; forêt dense.
725. Diospyros dendo Welw. ex Hiern, NH. 3962. — Bélinga; forêt dense.
726. Diospyros gilleiii De Wild., NH. 3969; AH. 1543. — Bélinga, Makokou; forêt
inondable.
727. Diospyros hoyleana F. White, NH. 3313, 3771; NH.LT. 171; AH. 2081.
Bélinga, Makokou; forêt dense.
728. Diospyros iturensis (Gürke) R. Let. & F. White, NH. 4126; NH.LT. 157, 562;
AH. 1367, 2364. — Bélinga, Makokou; forêt ripicole.
729. Diospyros mannii Hiern, NH.LT. 188; AH. 2116. — Bélinga, Makokou; forêt
dense.
730. Diospyros piscaioria Gürke, NH.LT. 123, 155. — Bélinga; forêt dense.
EUPHORBIACEAE (voir aussi 201 à 203, liste 2; 378 à 396, liste 3)
731. Centroplacus glaucinus Pierre, AH. 1592. — Makokou; forêt dense.
732. Drypeies gossweileri S. Moore, AH. 1891. — Makokou; forêt dense.
733. Klaineanihus gaboniae Pierre ex Prain, AH. 1591. — Makokou; forêt dense.
734. Macaranga barieri Muell. - Arg., AH. 1420. — Makokou; forêt dense.
735. Macaranga monandra Muell. - Arg., AH. 1862, 1738. — Makokou; forêt
dense.
736. Macaranga schweinfurihii Pax, AH. 1969. — Makokou; forêt dense.
Source : MNHN, Paris
— 534 —
Source : MNHN, Paris
— 535 —
737. Macaranga spinosa Muell. - Arg., AH. 1863. — Makokou; forêt dégradée.
738. Maesobotrya staudtii (Pax) Hutch., AH. 1918. — Makokou; forêt dense.
739. Phyllanthus discoideus Muell. - Arg., AH. 1431, 2071. — Makokou; forêt
dense.
740. Sapium cornutum Pax, AH. 1851. — Makokou; forêt dense.
741. Uapaca esculenta A. Chev. ex Aubrév. & Leandri, NH.LT. 147. — Bélinga.
742. Uapaca heudelolii Baill., AH. 2303, 2304. — Makokou; frange forestière ripicole.
743. Uapaca paludosa Aubrév. & Leandri, AH. 2361. — Makokou; forêt dense.
FLACOURTIACEAE
744. Caloncoba glauca Gilg, AH. 1535, 1836. — Makokou; forêt ripicole.
745. Campostylus mannii (Oliv.) Gilg, NH. 2909; AH. 1338, 1846. — Bélinga, Mako¬
kou; forêt dense.
(205). Lindackeria dcntata (Oliv.) Gilg, NH. LT. 453; A.H 1548. — Bélinga, Makokou.
GRAMINAE
746. Paspalum conjugaium (Schult.) Berg., AH. 1379. — Makokou; envahit les ter-
747. Seiaria megaphylla (Steud.) Dur. & Schinz, AH. 1523. — Makokou; bord de
GUTTIFERAE
748. Allanblackia klainei Pierre, AH. 1975. — Makokou.
749. Garcinia gnetoides Hutch. & Dalz, AH. 1941. Makokou; forêt dense.
750. Garcinia polyantha Oliv., AH. 1384. — Makokou; forêt dense.
751. Pentadesma buiyracea Sabine, AH. 2314. — Makokou; forêt dense.
(206). Symphonia globulifera L. f., AH. 2050, 2155. — Makokou; forêt dense.
HIPPOCRATEACEAE (det. N. Halle)
752. Hippocraiea myriantha Oliv., AH. 1395. — Makokou; forêt dense.
753. Loeseneriella apiculala (Weiw. ex Oliv.) R. Wilczek, NH. 4033; AH. 2199. —
Bélinga, Makokou; forêt dense.
754. Salacia chlorion N. Hallé, NH. 3591. — Bélinga; forêt dense d'altitude, 800-
I 000 m.
755. Salacighia letestuana (Pellegr.) Blakel., AH. 2049. — Makokou; forêt dense.
ICAC1NACEAE (J. F. Villiers, Flore du Gabon 20, 1973)
756. Atsodeiopsis mannii Oliv., NH. 1269; Farron 7595; AH. 1533. — Bélinga,
Makokou; forêt dense.
757. Alsodeiopsis poggei Engl. var. poggei, AH. 1859. — Makokou.
(208). Desmostachys tenuifolius Oliv. var. tenuifolius (= D. preussii Engl.), NH.LT. 74.
— Bélinga. NH. 1114; AH. 1530. — Makokou.
* Desmostachvs tenuifolius Oliv. var. angustifolius Pellegr. ex Villiers, NH. 4222.
— Bélinga. NH. 2173. — Makokou.
758. Desmostachys vogeiii (Miers) Stapf, N H. 2713. — Makokou.
759. Iodes kiaineana Pierre var. klaineana , NH. 2617. — Mékainbo.
760. Lavigeria macrocarpa (Oliv.) Pierre, AH. 1547. — Makokou.
761. Pyrenacantha glabrescens (Engl.) Engl., NH. 3469. — Bélinga.
762. Pyrenacantha sylvestris S. Moore, NH. 3598; NH.LT. 700. — Bélinga.
1RVINGIACEAE
763. Irvingia gahonensis Baill., AH. 2135. — Makokou; forêt dense et maintenu dans
les villages.
764. Irvingia grandifolia Engl., AH. 2136. — Makokou; forêt dense.
LABIATAE
765. Ocimum gratissimum L., N H. 1463. — Makokou; villages.
766. Platostema africanum P. Beauv., N H. 1351. — Makokou.
Source : MNHN, Paris
— 536 —
Source : MNHN, Paris
— 537 —
LAURACEAE
767. Beilschmiedia fulva Rob. & Wilcz., AH. 2137. — Makokou; forêt dense.
LECYTHIDACEAE
768. Napoleona vogelii Hook. & Planch., NH. 3436; AH. 2312. —- Bélinga, Makokou;
forêt dense.
LEMNACEAE
769. Lemna paucicostata Hegelm. ex Engelm., NH.LT. 342. — Mékambo; petit
ruisseau en forêt dégradée.
LINACEAE (det. F. Badré)
(541). Hugonia macrophylla Oliv., NH. 1236 (nec 3621). — Bélinga; forêt dense.
770. Hugonia rufipilis A. Chev. ex Hutch. & Dalz., NH.LT. 27. — Bélinga; forêt
dense.
LOGANIACEAE (A. J. M. Leeuwenberg, Flore du Gabon 19, 1972) (voir aussi 210,
liste 2; 546 à 554, liste 4)
771. Anihocleisia obanensis Wcrnh., NH.LT. 79, 688. — Bélinga; forêt de montagne.
772. Anihocleisia schweinfurthii Gilg, NH. 3503. — Bélinga; forêt de montagne.
773. Sirychnos aculeaia Solered, AH. 2148. — Makokou; forêt dense. Noté aussi à
Bélinga.
774. Sirychnos faliax Leeuwenb., NH. 4147. — Bélinga.
775. Sirychnos floribunda Gilg, NH.LT. 538. — Bélinga; bord de rivière.
776. Sirychnos maichairii De Wild., NH.LT. 521. —- Bélinga; forêt de montagne.
777. Sirychnos iricalysioides Hutch. & Moss, AH. 1949. — Makokou; forêt dense.
LORANTHACEAE
778. Agelanihus brunneus (Engl.) v. Tiegh., NH. 1041; AH. 1861. — Makokou;
forêt dense.
779. Agelanihus djurensis (Engl.) S. Balle, AH. 1856. — Makokou; forêt dense.
MARANTACEAE
780. Alaenidia conferta (Benth.) Milne-Redhead, AH. 2062. — Makokou; forêt dense.
781. Hypselodelphis hirsuta (Loes.) J. Koech., AH. 1843. — Makokou; forêt dense,
lisière.
782. Hypselodelphis violacea (Ridl.) Milne-Redhead, AH. 1879. — Makokou; forêt
dense.
783. Megaphrynium gabonense J. Koech., AH. 2003, 2068. — Makokou; foré,
secondaire.
784. Megaphrynium Irichogynum J. Koech., AH. 2064. — Makokou; forêt dense.
785. Trachyphrynium braunianum (K. Schum.) Bak., AH. 1930. —• Makokou; forêt
inondable.
MELASTOMACEAE (det. H. Jacques-Félix)
786. Amphiblemma riparium Gilg, NH. 3482. — Bélinga.
787. Dichaelanihera africana (Hook. f.) Jac.-Fél., AH. 1901. — Makokou; bord
de route.
788. Dinophora spenneroides Benth., AH. 2331. — Makokou; sentiers et lisière de
forêt dense.
789. Dissolis decumbens Triana, NH. 3495. —- Bélinga.
790. Dissolis multiflora (Sm.) Triana, NH. 4059. — Bélinga; bord de route.
791. Osbeckia congolensis Cogn., NH. 4120. — Bélinga.
792. Phaeoneuron dicellandroides Gilg, NH. 3408, 3903, 4154. — Bélinga.
793. Tristemma leiocalyx Cogn., AH. 2060. — Makokou; forêt dense, sous bois
éclairé.
794. Tristemma leucanthum Gilg, NH. 1467. — Makokou.
795. Tristemma rubens A. & R. Fern., NH. 4060. — Bélinga; bord de route.
Source : MNHN, Paris
— 538 —
MELIACEAE
796. Entandrophragma candollei Harms, AH. 1649. — Makokou; forêt dense.
797. Trichilia prieureana A. Juss. subsp. vermoesenii J. J. De Wilde, AH. 1569, 1639.
— Makokou; forêt dense.
MENISPERMACEAE
798. Dioscoreophyllum tenerum Engl., NH. 1430. — Makokou.
799. Leptoterantha mayumbensis (Exell) Troupin, NH. 1505. — Makokou.
800. Slephania laetifica (Miers) Benth., NH. 2772. — Bélinga; bord de route.
M1MOSACEAE
801. Acacia pentagona (K. Schum.) Hook., AH. 1956. — Makokou; lisière de forêt.
802. Adenanihera klainei Pierre, AH. 1966, 1576. — Makokou; forêt dense, lisière.
803. Albizia adianthifoiia (K. Schum.) W. F. Wight, AH, 1390. — Makokou; forêt
secondaire.
804. Albizia gummifera var. ealaensis (De Wild.) Brenan, AH. 1389. — Makokou;
forêt secondaire.
805. Albizia laurenlii De Wild., NH. 3978; AH. 2367, 2302. — Makokou; frange
forestière ripicole.
806. Cylicodiscus gabunensis Harms, AH. 1880. — Makokou; forêt dense.
807. Entada gigas Fawcett & Rendle, AH. 2058. — Makokou ; forêt dense.
808. Entada scelerata (A. Chev.) Gilbert & Boutique, AH. 2091. — Makokou; forêt
dense.
809. Fillaeposis discophora Harms, AH. 1423. —• Makokou; forêt dense.
(215). Parkia bicolor A. Chev., AH. 1622. — Makokou; forêt dense.
810. Pentaclerhra macrophylla Benth., AH. 2039. — Makokou; forêt dense.
811. Piptadeniastrum africanum Brenan, AH. 1532, 1965, 2037. — Makokou; forêt
dense.
812. Tetrapleura tetraptera Taub., AH. 1858. — Makokou; forêt dense.
MORACEAE
813. Ficus asperifolia Miq., AH. 1959. — Makokou; forêt ripicole.
814. Ficus lingua Warb., NH. 3251 ;AH.2128, 2338. — Bélinga, Makokou; forêt dense.
815. Musanga cecropioides R. Br., AH. 1574. — Makokou; forêt secondaire.
816. Myrianthus arborais P. Beauv., AH. 1308, 1974. — Makokou; forêt secondaire
et île.
MYRISTICACEAE
817. Coelocaryon preussii Warb., AH. 1370, 1848, 1955. — Makokou; forêt dense.
818. Scyphocepkalium ochocoa Warb., AH. 1327, 1602, 2129. — Makokou; forêt
dense.
(218). Staudtia gabonensis Warb., AH. 1842. — Makokou; forêt dense.
MYRTACEAE
819. Syzygium owariense (Beauv.) Benth., AH. 1942. — Makokou.
OCHNACEAE
820. Campylospermum flavum (K. Schum. & Thonn.) Farron, AH. 1538. — Makokou.
821. Rhabdophyllum arnoldianiim (De Wild & Th. Dur.) v. Tiegh., AH. 1910. —
Makokou.
OLACACEAE
822. Coula edulis Bail!., AH. 1325, 1799, 2066. — Makokou; forêt dense.
823. Heisteriaparvifolia Sm., NH. 1297, 2639, 3823; NH.LT. 158,475, 673; AH. 1708,
1920. — Bélinga, Makokou; forêt dense.
824. Olax gambecola Baill., NH. 3074, 4143. — Bélinga; forêt de montagne.
825. Ongokea gore Pierre. AH. 1553. — Makokou; forêt dense.
826. Strombosia grandifolia Hook. f., AH. 1329. — Makokou; forêt dense.
Source : MNHN, Paris
— 539 —
827. Strombosia puslulala Oliv. var. pustulata , NH.LT. 738; AH. 1411. — Bélinga,
Makokou; forêt dense.
ORCHIDACEAE
828. Rangaeris muscicola (Rchb. f.) Summ., NH. 2845. — Bélinga; bord de savane.
PALMACEAE
829. Calamus deeratus Mann. & Wendi., AH. 1852. — Makokou; forêt ripicole.
830. Eremospalha wendlandiana Dammer & Becc., AH. 1961. — Makokou; forêt
ripicole.
PANDACEAE
831. Microdesmis puberula Hook. f. ex Planch., AH. 1393. — Makokou; forêt dense.
832. Panda oleosa Pierre, AH. 1589, 1797, 1801. — Makokou; forêt dense.
PAP1LIONACEAE
833. Baphia leptoboirys Harms, AH. 1518, 1551, 1571, 1971. — Makokou; forêt
834. Baphia pubescens Hook. f., NH.LT. 35; AH. 1611, 1800, 2143. — Bélinga,
Makokou; forêt dense.
835. Dalbergia Itakeri Welw. ex Baker, AH. 1539. — Makokou.
836. Indigofera asparagoides Taub., NH. 3814. — Bélinga; savane.
837. Milletia mannii Bak., AH. 1328, 1520. — Makokou; forêt dense.
838. Pterocarpus marsupium Roxb., NH. 3143. — Bélinga.
839. Pterocarpus soyauxii Taub., AH. 1369. — Makokou; forêt dense.
PASSIFLORACEAE
840. Adenia mannii (Mast.) Engl., AH. 1894, 2311. — Makokou; forêt dense.
841. Adenia rumicifolia Engl. & Harms var. miegei (A. Assi) De Wild., NH. 3454.
— Bélinga.
842. Barteria fistulosa Mast., NH. 2842; AH. 1593. — Bélinga, Makokou; forêt dense.
843. Paropsia grewioides Welw. ex Mast., AH. 1895. — Makokou; forêt dense.
PEDAL1ACEAE
844. Sesamum radiatum K. Schum. & Tlionn., NH.LT. 318. — Mékambo; bord
de route.
POLYGALACEAE
845. Atroxima congolana Petit, NH.LT. 146. — Bélinga; forêt dense.
RHIZOPHORACEAE
846. Anopyxis klaineana (Pierre) Engl., AH. 1688. — Makokou; forêt dense.
ROSACEAE
847. Parinari excelsa Sabine, AH. 1480. — Makokou; forêt dense.
RUB1ACEAE (det. N. Halle) (voir aussi 71 à 104, liste 1 ; 231 à 270, liste 2; 448 à 459,
liste 3; 575 à 600, liste 4)
848. Aidia micrantlia (K. Schum.) F. White var. micrantha. Le Testu 8939; N H. 1061,
2686, 3323, 3558; NH.LT. 148. — Bélinga, Makokou; sous-bois forestier.
849. Aidia ochroleuca (K. Schum.) Petit, NH. 3370. — Bélinga; sous-bois très humide.
850. Aulacocalyx lujai De Wild. var. subulata N. Hallé, NH.LT. 377, 426 bis. —
Bélinga, Mékambo; sous-bois forestier.
(79). Bertiera bicarpeUata (K. Schum.) N. Hallé, NH. 1384, 1448, 2705, 2979, 3014,
3916; NH.LT. 339, 369. — Bélinga, Makokou, Mékambo; sous-bois sombre.
851. Bertiera racemosa (G. Don) K. Schum. var. racemosa, NH. 1106, 1506. —
Makokou; forêt ripicole.
*852. Bertiera sphaerica N. Hallé, NH. 1057. — Makokou; forêt dense.
Source : MNHN, Paris
PI. 3. — A, PassiHoraceae. fleurs blanches de Barteria fistulosa Mas!., l'arbre à fourmis (cf.
article de Janzen. 1972). (AH. 1593); B, Olacaceae : fruits mûrs de Ongokea gore Pierre:
calice accrescent vert s'ouvrant par 3 valves, exocarpe jaune. Makokou; C, méthode
de récoltes des échantillons : plateforme (commercialisée par Forestry Suppliers, Inc.,
Jackson, Mississippi) permettant de s'élever à grande hauteur le long d’un fût lisse de
50 cm de diamètre maximum ; l'échantillon est ensuite coupé à l'aide d'un sécateur emman¬
ché sur une perche longue et légère; l'équipement du récolteur. A. Moungazi, est ici
complété par une combinaison protectrice renforcée de cuir.
Source : MNHN, Paris
— 541 —
853. Dictyandra arborescens Welw. ex Hook. f., NH. 3596. — Bélinga; forêt
dégradée.
854. Gardénia imperialis K. Schum., AH. 2310. — Makokou; forêt ripicole.
855. Gardénia vogelii Hook. f. ex Planch., NH. 2656. — Makokou; sous-bois peu
856. Leptaclina hntremiana Dewèvre, NH. 1224, 2797. — Bélinga; végétation secon¬
daire.
857. Leptaclina leopoldi-II Büttner, N H. 1232, 3556. — Bélinga; lisière et forêt ripi-
cole.
858. Nauclea poheguini (Hua) Merr. ex Petit, AH. 1542, 2300. — Makokou; frange
forestière ripicole, marais et îlots.
*859. Neorosea testai N. Hallé, NH. 3569. — Bélinga; forêt dense.
* Neorosea testui N. Hallé var. pseudosalacia N. Hallé, NH. 3448. — Bélinga;
forêt dense.
*860. Oxyanthus fraterculus N. Hallé, NH.LT. 556. — Bélinga; vallon forestier très
sombre.
861. Oxyanthus schumannianus De Wild. & Th. Dur., AH. 1531. — Makokou; forêt
dense.
862. Pavetta hispida Hiern, AH. 1917. — Makokou; forêt dense.
863. Porterandia cladantha (K. Schum.) Keay, NH. 3276, 3602; AH. 1921. — Bélinga,
Makokou; forêt dense, essence de lumière.
864. Porterandia nalaensis (De Wild.) Keay, NH. 3538; NH.LT. 138. — Bélinga;
forêt dense.
*865. Pouchetia africana A. Rich. var. aequatorialis N. Hallé, NH. 3458, 4007, 4070. —
Bélinga; forêt dense sur pente.
866. Psychotria letouzeyi E. Petit, NH, 1238, 2607, 2826. — Bélinga. Mékambo.
*867. Rothmannia libisa N. Hallé, NH. 1492. — Makokou; forêt dense.
868. Rothmannia macrocarpa (Hiern) Keay, NH. 3298, 3340. — Bélinga; sous-bois
forestier.
869. Rothmannia octomera (Hook.) Fagerl., NH.LT. 312. — Mékambo; forêt dense.
(102) . Sabicea efulenensis (Hutch.) Hepper, NH. 1036, 2742, 2755, 2958, 3206. — Bé¬
linga, Makokou.
(103) . Sabicea fuira Wernh., NH. 1073, 2756, 2794, 2863, 3002, 3036. — Bélinga,
Makokou.
870. Sherbournia batesii (Welw.) Hepper, NH. 2719, 4204. — Bélinga, Makokou:
forêt dense.
871. Sherbournia bignoniiflora (Wernh.) Hua, AH. 1927. — Makokou; forêt dense.
*872. Sherbournia buccularia N. Hallé, NH 4221. — Bélinga.
*873. Sherbournia hapalophylla (Wernh.) Hepper var. henrihuana N. Hallé, NH. 1416,
3309, 3625. — Bélinga Makokou; forêt dense.
*874. Sherbournia kiliotricha N. Hallé, NH. 3610, 3621. — Bélinga; forêt dense.
*875. Sherbournia myosura N. Hallé, AH. 1973. — Makokou; forêt dense.
876. Tarenna baconoides Wernh., NH. 3263. — Bélinga.
*877. Tarenna callihlepharis N. Hallé, NH. 3136, 4032. — Bélinga; lit de torrent sur
bloc rocheux humifère.
878. Tarenna iasiorachis (K. Schum. & K. Krause) Bremek., NH.LT. 142. — Bélinga.
*879. Tricalvsia anomalura N. Hallé, NH. 3419, 3437, 3445. — Bélinga.
*880. Tricaiysia atherura N. Hallé, NH.LT. 609, 626. — Bélinga.
*881. Tricaiysia biafrana Hiern var. fangana N. Hallé, NH. 1058. — Makokou.
*882. Tricaiysia concolor N. Hallé, NH. 3569. — Bélinga.
*883. Tricaiysia ohstetrix N. Hallé, NH.LT. 182. — Bélinga.
884. Tricaiysia pollens Hiern var. paliens, NH. 3501. — Bélinga.
*885. Tricaiysia pangolina N. Hallé, NH. 3339, 3709. — Bélinga.
*886. Tricaiysia soyauxii K. Schum. var. pedunculosa N. Hallé, NH. 1403, 2762, 2968,
3012, 3442, 3456, 3541, 3875, 4017, 4198. — Bélinga, Makokou.
RUTACEAE
887. Fagara heitzii Aubrév. & Pellegr., AH. 2073. — Makokou; forêt dense et forêt
secondaire.
Source : MNHN, Paris
542
Saura' : MNHN, Paris
— 543 -
888. Oriciopsis glaberrima Engl., AH. 1884. — Makokou; forêt dense.
SAPINDACEAE (R. Fouilloy et N. Halle, Flore du Gabon 22, 1973)
889. Allophylus africanus P. Beauv. var. mawambensis (Gilg) Haum., NH.LT. 127;
NH. 3829. — Bélinga; lisière de savane.
890. Allophylus poungouensis Pellegr., NH.LT. 167. — Bélinga.
891. Allophylus welwitschii Gilg, NH. 2894, 3505, 4105. — Bélinga.
(273). Bligliia welwitschii (Hiern) Radlk. NH. 4236, NH.LT. 294: AH. 1753. Bélinga,
Makokou; forêt dense.
(275). Chytranthus carneus Radk ( = C. welwitschii Exell), NH. 3165, — Bélinga;
forêt dense.
(109). Chytranthus gilletii De Wild. (nec C. macrophyllus Gilg). NH, 1075,1093,1191
3265, 3312, 3429, 3476, 4044; NH.LT. 34; AH. 1962. — Bélinga, Makokou.,
892. Chytranthus macrobotrys (Gilg) Exell & Mend., NH. 1193, 3336, 3573, 3594.
3608; NH.LT. 63, 98. — Bélinga, Makokou; forêt dense.
893. Chytranthus mortehanii (De Wild.) De Vold. ex Haum., NH.LT. 99. — Bélinga;
forêt dense.
894. Chytranthus talbotii (Bak. f.) Keay, NH. 2998 , 3140; NH.LT. 667; AH. 1919,
2085, 2117. — Bélinga, Makokou; forêt dense.
895. Eriocoelum macrocarpum Gilg, NH. 1273; NH.LT. 710; AH. 2189. — Bélinga,
Makokou; forêt dense.
896. Pancovia pedicellaris Radlk. & Gilg, AH. 1421, 1584. — Makokou; forêt dense.
897. Paullinia pinnata L., AH. 1934, 2053. — Makokou, Mékambo; forêt secondaire.
898. Placodiscus opacus Radlk., NH. 3702. — Bélinga.
SAPOTACEAE
899. Baillonella toxisperma Pierre, AH. 1492. — Makokou; forêt dense.
900. Gambeya beguei Aubrév. & Pellegr., AH. 1490. — Makokou; forêt dense.
901. Gambeya boukokoensis Aubrév. & Pellegr., AH. 1321. — Makokou; forêt dense.
902. Gambeya lacourtiana (De Wild.) Aubrév. & Pellegr., AH. 2251. — Makokou;
forêt dense.
903. Omphalocarpum ogoense Pierre, NH.LT. 184. — Bélinga; forêt dense.
904. Omphalocarpum proceritm P. Beauv., AH. 2190, 2132. — Makokou; forêt dense.
905. Pachystela brevipes (Bak.) Engl., AH. 1914. — Makokou; forêt inondable.
906. Synsepalum letestui Aubrév., AH. 1916. — Makokou.
907. Synsepalum longecuneatum De Wild., NH.LT. 103; AH. 1579, 1580. — Bélinga,
Makokou; forêt dense.
SCYTOPETALACEAE
908. Brazzeia congoensis Baill., AH. 1837. — Makokou; forêt inondable.
909. Oubanguia africana Baill., NH. 3299, 3996; AH. 1365, 2301. — Bélinga, Mako¬
kou; frange forestière ripicole.
STERCULIACEAE
910. Cola acuminata (P. Beauv.) Schott. & Endl., AH. 1893. — Makokou; forêt
dense.
911. Pterygota bec/uaeriii De Wild., AH. 1847. — Makokou; forêt dense.
TILIACEAE
912. Duboscia macrocarpa Bocq., AH. 1717. — Makokou; forêt dense.
913. Grewia coriacea Mast., AH. 1573, 1578, 1865. — Makokou; forêt dense.
914. Triumfelta cordifolia A. Rich. var. tomentosa Sprague, AH. 1501. — Makokou;
forêt secondaire.
ULMACEAE
915. Tréma orientalis (L.) Blume, AH. 1326. — Makokou; forêt secondaire.
VERBENACEAE
916. Vitex rivularis Gürke, AH. 1675. — Makokou; forêt dense.
Source : MNHN, Paris
— 544 —
VITACEAE
917. Cissus leonardii Dewit, AH. 2000. — Makokou; forêt secondaire.
918. Cissus producta Afzel., AH. 2051. — Mékambo; forêt secondaire.
ZINGIBERACEAE
919. Aframomum giganieum (Oliv. & Hanb.) J. Koech., NH. 3929; AH. 1968. —
Bélinga, Makokou; sous-bois de forêt secondaire et bord de route.
920. Aframomum pseudoslipulare (Loes. ex Mildbr.)J. Koech.,NH. 1391. — Makokou.
A. H. - Laboratoire de Primatologie - C.N.R.S.
Muséum - 91 Brundy
N. H. - Laboratoire de Phanérogamie
Muséum - Paris
Source : MNHN, Paris
ÉDITIONS DU CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIUDE
15, quai Anatole-France — PARIS-Vll e
C.C.P. Paris 9061-11 Tél. 555-26-70
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Laboratoire de Biologie Végétale. Université de Grenoble
L. H. J. WILLIAMS
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Source : MNHN, Paris
achevé d’imprimer le 5 Janvier 1974
SUR LES PRESSES DE FD EN SON
IMPRIMERIE ALENÇONNAISE-61 - ALENÇON
Dépôt légal : I er trimestre 1974 - 82.607
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris