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Source : MNHN, Paris
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MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
ADANSONIA
TRAVAUX PUBLIÉS
AVEC LE CONCOURS
du Centre National de la Recherche Scientifique
sous la direction de
A. AUB RÉ VILLE et Jean-F. LEROY
Membre de l'Institut Professeur
Professeur Honoraire au Muséum
au Muséum
Série 2
TOME 15
Fascicule 3
1975
Date de Publication : 11 Février 1976
LABORATOIRE DE PHANÉROGAMIE
16, rue Buffon, 75005 Paris
Source : MNHN, Paris
COMITÉ DE RÉDACTION
A. Aubréville : Membre de l’Institut, Professeur Honoraire au Muséum national
d’Histoire naturelle.
E. Boureau : Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
F. Demaret : Directeur du Jardin Botanique national de Belgique.
P. Jaeger : Professeur à la Faculté de Pharmacie de Strasbourg.
J. Leandri : Professeur au Muséum national d'Histoire naturelle.
J.-F. Leroy : Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle.
R. Letouzey : Maître de Recherches au C.N.R.S.
J. Miège : Directeur des Conservatoire et Jardin Botaniques de Genève.
R. Schnell : Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
M.-L. Tardieu-Blot : Directeur de Laboratoire à l’E.P.H.E.
J. Trochain : Professeur à la Faculté des Sciences de Toulouse.
M. Van Campo : Directeur de Recherches au C.N.R.S.
Rédacteur en chef : A. Le Thomas.
Gérant-éditeur : J. Raynal.
RECOMMANDATIONS AUX AUTEURS
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l’un en français, l’autre de préférence en anglais; l’auteur ne doit y être y mentionné
qu’à la troisième personne. Le texte doit être dactylographié sur une seule face, avec
un double interligne et une marge suffisante, sans aucune indication typographique.
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et les noms d’auteurs des différents taxons.
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le texte sont acceptées.
Les auteurs reçoivent gratuitement cinquante tirés à part; le supplément qu’ils
doivent indiquer s’ils le désirent sera à leurs frais.
Toute correspondance ainsi que les abonnements et les manuscrits doivent être
adressés à :
ADANSONIA
16, rue Buffon, 75005 Paris — Tél. : 331.30.35
Prix de l’abonnement 1976 : France et Outre-Mer : 130 F
Étranger : 140 F
C.C.P. : Association de Botanique Tropicale
La Source 33075.20 W
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SOMMAIRE
Aubréville A. — Madagascar au sein de la Pangée.295
Descoings B. — Notes de phytoécologie équatoriale. 3. Les forma¬
tions herbeuses de la vallée de la Nyanga (Gabon).307
Leandri J. — Croton appertii, Euphorbiacée nouvelle du Sud-Ouest
de Madagascar.331
Bosser J. — Voalamalo, nouveau genre d ’Euphorbiaceæ de Mada¬
gascar .333
Jérémie J. & N. Hallé. — Le genre Bikkia ( Rubiaceæ-Condami-
neæ) en Nouvelle-Calédonie.341
Sénesse S. — Le pollen des Afzelia africains (Légumineuses, Cæsal-
piniaceæ) .357
Lebrun J.-P. — Un curieux Hibiscus d’Éthiopie méridionale . . . 379
Lebrun J.-P. & A. Gaston. — Premier supplément au « Catalogue
des plantes vasculaires du Tchad méridional ».381
Vidal J.-E. & S. Hul Thol. — Césalpiniacées asiatiques nouvelles 391
Boiteau P., L. Allorge & T. Sévenet. — Les Melodinus de Nouvelle-
Calédonie .397
Mouton J. A. — Identification des Dracærta de Côte d’ivoire à
l’état végétatif.409
— La carène de la nervure médiane, nouveau caractère d’intérêt
systématique.415
La publication d'un article dans Adansonia n'implique nullement que cette revue approuve
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 15 (3) : 295-305, 1976.
MADAGASCAR AU SEIN DE LA PANGÉE
par A. Aubréville
La paléoposition de Madagascar dans la Pangée depuis le Permien
a fait l’objet de nombreuses propositions de la part de géologues et de
géophysiciens, depuis du Toit, surtout récemment en Amérique entre 1970
et 1972. Tous s’accordent pour reconnaître que l’île est détachée de l’Afrique
proche, mais les uns lui attribuent une position initiale à hauteur du golfe
du Mozambique d’où elle se serait déplacée vers l’Est Nord-Est dans
sa position actuelle (Flores, Tarling), d’autres la situent primitivement
plus au Sud, adjacente au Natal avant un mouvement Sud-Nord (Green).
Dietz et Holden ont conçu un déplacement en sens opposé Nord-Sud,
en provenance du golfe somalien. La carte actuelle des contours de l’Afrique
orientale présente effectivement 3 golfes aptes à recevoir Madagascar :
à hauteur de la Somalie, ou de l’embouchure du Zambèze, ou de celle du
Limpopo 1 . Nous laisserons de côté les arguments géologiques et géogra¬
phiques, pour nous en tenir aux aspects phytogéographiques du problème.
Madagascar occupait dans le Gondwana une position intermédiaire entre
le continent africain et les continents de la Pangée orientale et australe,
Inde, Continent antarctique, Australie, Mélanésie. Il y a dans cette consta¬
tation le nœud d'une explication théorique des vestiges des relations floris¬
tiques toujours existantes entre Madagascar et les continents qui l’entourent
de très loin.
L’emplacement de l’île fut tel qu’il permit par la voie terrestre normale
des relations entre sa flore et celles du Gondwana, et sans doute exception¬
nellement aussi par des voies maritimes sur des distances rapprochées.
La figure 1 reproduit une carte de la Pangée extraite d’une étude de Tarling
(1972, Another Gondwanaland. Nature 238 : 53 59). Plusieurs géophysi-
1. H. Besairie (12) admet aussi qu'au Permien la position de Madagascar correspondait
à la concavité de la côte de Mombassa dans le sud du Kenya ce qui mettait Mogadiscio de
la République de Somalie à la latitude du Cap d'Ambre et Lindi dans le sud de la Tanzanie
à celle de Tuléar.
H. Wild (16) dans une revue des diverses conceptions de la position pangéenne de Mada¬
gascar déjà exposées considère les aires de répartition d’environ 80 espèces qui sont communes
à Madagascar et au continent africain, et reconnaît que la proportion des aires communes
du sud-est africain et à Madagascar est presque 4 fois celle de la région de la côte de la Somalie,
du Kenya et de la Tanzanie. Néanmoins il se range à l'opinion de ceux des phytogéographes
qui estiment que Madagascar jusqu'au Crétacé supérieur, avant la dérive, occupait une position
proche du golfe kenyien-somalien, puis qu’une première migration vers le sud l'amena à hauteur
du Mozambique, suivie d’une seconde vers la position actuelle, en s'éloignant du continent.
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ciens ont admis avec des variantes des schémas de ce type où l'Australie
et la Nouvelle-Guinée accolées à l'Est du continent antarctique s'étendent
longitudinalement à l’Est, très loin de l’Afrique et sous des latitudes relati¬
vement élevées, loin des basses latitudes tropicales. Ce n’est qu’au tertiaire
que l’Australie et la Mélanésie se séparèrent du continent antarctique et s’en
éloignant elles se rapprochèrent de la zone tropicale australe sans avoir eu
les moindres possibilités de contact, et de relations floristiques donc, avec
Madagascar et avec l’Afrique. Comme ces relations existèrent et s’observent
encore ainsi que nous en avons donné des exemples dans des notes précé¬
dentes (14-15), nous sommes dans la nécessité de conclure que les paléo¬
positions des continents austraux des géophysiciens telles que nous venons
de les exposer ne nous paraissent pas admissibles. En particulier, les probables
migrations de grandes familles australes tropicales vers l’Afrique du Sud,
depuis l’Australie-Mélanésie comme celles des Protéacées, Ericacées-Epa-
cridacées, Cunoniacées par exemple eussent été invraisemblables 1 .
Ce sont des arguments de fait. 11 y en a d’autres, théoriques. Nous
avons soutenu cette hypothèse que les flores tropicales (s.l.) étaient exclusive¬
ment nées dans les régions tropicales, avec cette conséquence que les flores
gondwaniennes propres à la Mélanésie, la Nouvelle-Guinée et l’Australie
n’avaient pu se former qu’à l’intérieur même de la zone tropicale et aussi
qu’à l'époque de leur apparition, ces flores australes étaient issues de terri¬
toires tropicaux ou subtropicaux, proches du continent africain. Conclusions
incompatibles avec les cartes de la Pangée du type de celle de Tarling.
Nous avons proposé un autre croquis du Gondwana austral (14)
qui tient compte des nécessités phytogéographiques. Des liaisons y sont
suggérées entre tous les continents gondwaniens touchant l’Afrique orien¬
tale. La Nouvelle-Guinée et les territoires du Nord de l’Australie sont
compris dans la bande équatoriale où prit naissance selon nous la flore
australo-papoue avec ses dérivations vers l'Afrique orientale à l’Ouest et
vers la Mélanésie à l'Est. Nous ne prétendons évidemment pas faire œuvre
de paléophysicien, mais esquisser seulement des possibilités d’explication
des relations floristiques dont nous constatons aujourd'hui les vestiges.
Nous avons placé l’île de Madagascar antécrétacée dans le golfe soma-
lien comme l’avaient proposé déjà Dietz & Holden en 1970, puis Heitzler
& Burroughs (8). Les premiers ne déplacent l’île qu’à la fin du Crétacé
(65 M.A.), et l’amènent à chevaucher le tropique du Capricorne. L’équa¬
teur au Crétacé aurait été situé à une dizaine de degrés au nord de sa position
présente.
Nous nous rallions volontiers à ces vues de Dietz & Holden d’un
équateur se déplaçant apparemment du Nord au Sud, c’est-à-dire faisant
mouvement, depuis un parallèle approximativement Afrique du Nord-
Méditerranée, vers la position qu’il occupe aujourd’hui. Madagascar aurait
alors été de plus en plus tropicale. Cela paraît indispensable pour expliquer
I. Nonobstant l'interprétation des données du paléomagnétisme résultant des campagnes
des sondages du Galliéni et du Glomar-Challenger dans l'Océan Indien qui sont le fondement
des cartes de la Pangée du type de celles proposées par Tarling.
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la présence d’une flore tropicale dans toute l’île, et d'une flore tropicale
de type humide sempervirent sur tout le secteur oriental de l’extrême nord
à l’extrême sud de l’île.
La position initiale de Madagascar dans le golfe somalien explique
beaucoup de faits phytogéographiques. Par exemple les rapports qu’elle
eut primitivement avec la flore somalo-éthiopienne aride avec laquelle
elle partage encore aujourd’hui par exemple les genres de ces deux Césal-
pinioïdées Cadia (1 sp. éthiopienne, 5 sp. malgaches), et Delortix (2 sp.
éthiopiosomalienne, 6-7 sp. malgaches), dont le célèbre et magnifique Flam¬
boyant planté dans tous les pays tropicaux.
La position antécrétacée vers l’actuelle Afrique du Nord-Est fait
mieux comprendre aussi les origines très anciennes de la répartition dans
la famille des Sapotacées du genre Sideroxylon. Relativement commun à
Madagascar (au moins 6 sp.) il n’est représenté que par une unique espèce
(S. elengi ) le long des côtes orientale et australe de l’Afrique, mais après
un long et curieux diastème africain on ne le retrouve que très loin du centre
d’origine dans les îles atlantiques (1-2 sp. Madère, Canaries, Cap-Vert).
Ce genre Sideroxylon fait partie d’un ensemble d’une sous-tribu des Sidé-
roxylées comprenant aussi un genre monotypique fossile vivant au Maroc,
Argania sideroxylon, un genre somalo-kenyien, Spiniluma (1-2 sp.) et un
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Fig. 2. — La Pangée il y a 200 M.A. En A et S positions actuelles de l'arc des Antilles et de
l'arc des Scotia dans l’extrême sud atlantique (d'après Robert S. Dietz & John C. Holden,
Scientific America 223 : 4, 1970).
genre asiatique monotypique du sud de l’Arabie et de l’Afganistan, Mono-
theca. Cette sous-tribu, dont la répartition à une latitude nord-africaine,
sorte de fossile vivant, semble être une relique de l’époque mésozoïque;
de même son extension à Madagascar doit se situer à cette même époque,
ce qui corrobore la position somalo-kenyenne que nous attribuons à ï’île
malgache antécrétacée.
Madagascar dans cette position la plus septentrionale avant sa dérive,
fut vraisemblablement aussi au contact de l’Inde, ce qui explique la commu¬
nauté indo-malgache de certains genres. Citons : Chloroxylon, Rutacées
(2 sp. à Madagascar, 1 sp. en Inde); Samandera, Simaroubacées (1 sp.
à Madagascar, 2 sp. en Inde); en Indo-Malésie Boswellia, Burséracées;
G lu la, Calliandra, Mimosées (8 sp. à Madagascar, 3 sp. en Inde); Commi-
phora, Burséracées (28 sp. à Madagascar, 1 sp. en Inde). Ces genres sont
probablement d'origine laurasienne et atteignirent Madagascar en prove¬
nance du nord.
Madagascar est un centre extraordinaire de spéciation pour certains
genres ce qui semble indiquer une longue permanence de conditions tropi¬
cales favorables à la diversification phylétique. Citons : Grewia, Tiliacées
(70-80 sp.), Vepris, Rutacées (25 sp. et 1 sp. à Ceylan), Mammea, Gutti-
fères (21 sp. contre 1 sp. en Afrique et 1-2 sp. Amérique), Symphonia, Gutti-
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fères (16 sp., en Afrique 1 sp., en Amérique 1 sp.), Beilschmiedia, Lauracées
(86 sp.), Dombeya, Sterculiacées (187 sp.).
Centre également d’endémisme : deux familles sont à cet égard très
remarquables, les Palmiers avec 15 genres endémiques sur 18 (120 sp.)
et les Orchidées qui se répartissent entre 16 tribus, 61 genres et plus de
900 espèces. La concentration du genre indo-pacifique Pandanus à Mada¬
gascar avec 76 espèces (11) presque toutes endémiques est remarquable.
A côté des 550 espèces connues propres à l'Asie et à l’Océanie, elle renforce
une impression d’appartenance très ancienne de Madagascar à la région
indo-pacifique.
Six familles sont entièrement endémiques, Didymélacées (1 g.), Didié-
racées (4 g.), Chlénacées (9 g.), Ropalocarpacées (2 g.), Humbertiacées
(1 g.), Diégodendracées (1 g.).
La famille des Sapotacées occupe un rang particulier au point de
vue de l’endémisme avec 6 genres endémiques : Capurodendron (24 sp.),
Labramia (8 sp.), Faucher ea (11 sp.), Labour donnai sia (2-3 sp.), Tsebona
(1 sp.), Austrogambeya (1 sp.). D'une façon générale la flore malgache
est riche en Sapotacées avec 84 sp. (décrites après révision), contre 45 sp.
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— 300 —
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Fig. 4. — Les traces de l'ancienne position de Madagascar dans le golfe somalo-kenyen. Aires
des genres de Césalpinioidées : Cadia (trait plein. 5 sp.) et Delonix (pointillé).
Fig. 5. — Les traces des connections pangéennes de Madagascar et du Continent australo-
papou. Aire du genre Ekeocarpus (Eléocarpacées). Les chiffres indiquent le nombre
des espèces actuelles dans divers territoires.
dans toute l’Afrique orientale, et 19 sp. en Afrique australe. Il est possible
que l'important genre africain Mimusops soit d’origine malgache (15 sp.
malgaches) (10).
RELATIONS AVEC LES FLORES DE L’AFRIQUE CONTINENTALE
Il y a peu de relation entre la flore malgache humide (orientale) et
la flore guinéo-congolaise. Celle-ci ne dépasse qu’accessoirement vers
l’Est le grand rift des lacs de l’Afrique centrale. Il y a un net décalage
Source : MNHN, Paris
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latitudinal entre les aires des deux flores, comme cela s’observe par exemple
entre l’aire guinéo-congolaise du genre Syzygium et l’aire malgache du
même genre (fig. 7). De même pour les aires du genre Mammea. Il est
par ailleurs extraordinaire de noter que ces genres aux nombreuses jespèces
malgaches ne soient représentés chacun que par une espèce dans la forêt
guinéo-congolaise et une espèce, probablement la même, en Amazonie.
Des observations analogues peuvent être faites en comparant les
flores sèches soudano-zambéziennes et malgaches, en dépit de leur rappro¬
chement spacial, puisque ces flores s’étendent de part et d’autre du canal
de Mozambique. Par exemple, la flore soudano-zambézienne si remar¬
quable par les grandes Légumineuses de ses immenses forêts claires ne
compte aucun genre de ce groupe à Madagascar (Isoberlinia, Brachystegia ) ;
de même pour d'autres genres grégaires tels que Monoles (1 sp. malgache)
et Uapaca (8 sp. malgaches, 2 sp. africaines).
La relative fréquence des Césalpinioïdées d’une façon générale diffé¬
rencie immédiatement les flores continentales africaines, où elles sont très
nombreuses et caractéristiques dans la région guinéo-congolaise, et la
flore malgache. Il faut excepter les espèces de la tribu des Césalpiniées
qui, parfois originaires d'Amérique, ont occupé l’Afrique sèche australe
et orientale, puis certaines d’entre elles, venant du sud-ouest, Madagascar,
alors qu’elles sont absentes pratiquement de l’Afrique occidentale et centrale.
RELATIONS AVEC LES FLORES DES AUTRES CONTINENTS DE LA PANGÉE
Elles sont particulièrement précieuses à constater puisqu’elles sont
les témoins reliques des très anciennes relations continentales, et
qu’elles doivent entrer en considération dans les tentatives de reconsti¬
tution du puzzle pangéen.
— Avec la flore australo-papoue 1 :
Bombacacées, Adansonia : Madagascar 6 sp., N. Australie 1-2 sp.,
Afrique 1 sp.
Dilléniacées, Hibbertia: Madagascar 1 sp., Australie 90 sp., Nouvelle-
Guinée, Nouvelle-Calédonie 18 sp., Fidji. — Dillenia : Madagascar
1 sp., Australie, Nouvelle-Calédonie.
Burséracées, Protium: Madagascar 2 sp., Australie 1 sp., très nombreuses
en Amérique.
Rutacées, Evodia : Madagascar 11 sp., Australie 4 sp., Nouvelle-Calé¬
donie 1 sp.
Protéacées, Macademia ( s.l .): Madagascar 1 sp., Nouvelle-Calédonie 6 sp.,
Célèbes 1 sp., Australie Est 5 sp.
Eléocarpacées, Elæocarpus: Madagascar 2 sp., Nouvelle-Calédonie 23 sp.,
Australie E 11 sp., Nouvelle-Guinée n sp., Bornéo 5 sp., Inde 8 sp.
I. J’adresse mes remerciements à M. Mac Kee, spécialiste des flores de la Nouvelle-
Calédonie et d'Australie qui a bien voulu réviser cette partie de mon exposé.
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Fig. 6. — Les traces des connections pangéennes Madagascar-Continent australo-papou.
Aire du genre Hibberlia (Dilléniacées).
Fig. 7. — Aire générale du genre Syzygium montrant le décalage de l'aire principale malgache
(16 sp.) et de l'aire secondaire guinéo-congolaise (1 sp.).
Moracées, Arthropodium : Madagascar 1 sp., Nouvelle-Zélande 1 sp., Aus¬
tralie 1 sp.
Pittosporacées, Pittosporum: Madagascar 11 sp., Asie et Océanie 160 sp.
Cunoniacées, Weinmannia: Madagascar 20 sp., Nouvelle-Zélande, Nou¬
velle-Calédonie, Amérique Sud, Antilles.
Wintéracées, Bubbia: Madagascar 1 sp., Nouvelle-Guinée 19 sp., Nou¬
velle-Calédonie 7-8 sp., Australie N-E 2 sp.., Lord Howe 1 sp.
Podocarpacées, Podocarpus: Madagascar 3 sp., Nouvelle-Calédonie II sp.
Chlorantacées, Ascarinopsis : Madagascar 1 sp. (proche à'Ascarina, Nou¬
velle-Zélande, Iles Marquises).
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Restionacées, Reslio: Madagascar 1 sp., Afrique australe, Australie, Tas¬
manie 60 sp.
— Avec la flore asjatico-malésienne :
Alangiacées, Alangium: Madagascar 1 sp., Afrique 2 sp., Asie S-E 20 sp.,
Archipel malais 23 sp., Austro-papouasie 8 sp., Nouvelle-Calédonie 1 sp.
Anacardiacées, Glula: Madagascar 1 sp., Inde 1 sp., Indochine 7 sp.
Simaroubacées, Samandura: Madagascar 1 sp., Inde 2 sp., Indo-Malaisie
6 sp.
Ixonanthacées, Allantospermum : Madagascar 1 sp., Bornéo 1 sp.
Rutacées, Toddalia: Madagascar 1 sp., Asie S-E 1 sp., Afrique S et E
I sp. — Chloroxylon: Madagascar 2 sp., Inde 1 sp.
Ulmacées, Aphananthe: Madagascar 1 sp., Amérique 1 sp., Asie S-E.
Salvadoracées, Azima: Madagascar 1 sp., Afrique S et E, Asie S-E,
Malésie.
En principe les genres de la première liste sont d’origine gondwanienne,
et ceux de la seconde liste laurasiens, c'est-à-dire que les premiers seraient
les traces de contacts directs entre continents gondwaniens avant leur
dérive vers l’Est, et les seconds témoigneraient de liaisons après la dérive,
entre Madagascar et la Laurasie. Chaque cas doit être examiné séparément,
ce que nous nous proposerons de faire ultérieurement.
Les rapports entre la flore malgache, la flore afromontagnarde et
la flore de l’Afrique australe en général sont nombreux.
On ne signale que 2-3 Protéacées malgaches, en dépit de la relative
proximité du centre de concentration capien (plus de 300 sp.). Même
observation relative aux Ericacées (Ericoïdées) péu nombreuses à Mada¬
gascar bien que la sous-famille soit très abondamment représentée en
Afrique du sud et dans la flore afromontagnarde. Cela laisse supposer
que la flore gondwanienne d’origine australe orientale des deux familles
atteignit l’Afrique du sud par une voie passant au sud de Madagascar (14).
II est intéressant d’évaluer approximativement le degré d’endémisme
de la flore malgache. Perrier de la Bâthie qui fut avant Humbert et
Capuron le meilleur connaisseur de cette flore, citait les proportions
suivantes comptées sur 1124 genres (cf. tableau p. 304)
Cet endémisme générique strictement malgache de 24 % est très infé¬
rieur à l’endémisme de la région guinéo-congolaise qui est évalué à 66,4 %.
La proportion de genres communs avec l’Afrique (Afrique australe exclue)
est très forte 62,8 % (15,1 +47,7). Humbert a effectué des calculs ana¬
logues portant sur un plus grand nombre de genres 1280 appartenant à
183 familles; il arrive à des conclusions semblables, c’est-à-dire un endé¬
misme relativement faible (~ 20 %), mais aussi de grandes affinités avec
Source : MNHN, Paris
— 304 —
Communs
Afrique-M adagascar
Endémiques
MALGACHES
Éléments africains ....
170 g. soit 15,1 %
43 g. mais affines de
types africains
Éléments pantropicaux . .
535 g. soit 47,7 %
1 86 g. affines de types
pantropicaux
Éléments orientaux. . . .
78 g. soit 7 %
20 g. affines de types
de l’Indo-malaisie
Éléments austraux (Afrique
australe, Océanie, Amé-
rique du sud).
77 g. soit 7 %
Éléments strictement mal-
gâches .
115g. soit 24 %
975 g.
+ 149 g.
1124 g.
la flore africaine 62,8 %. Les affinités africaines sont prédominantes. L’endé¬
misme spécifique est très élevé.
Si l’on voulait mettre en évidence sommairement les familles mal¬
gaches les plus caractéristiques de la flore, il faudrait mettre en priorité
les Palmiers (18 genres, dont 15 endémiques, 120 espèces, beaucoup d’affi¬
nités indo-malaises (Aracées), les Orchidées (61 g. dont une grande majo¬
rité de types malgaches > 900 sp.) et les Composées, dont l'abondance
est remarquable parmi les autres flores gondwaniennes.
Les flores des pays entourant l’Océan indien sont encore loin d’être
complètement et parfaitement explorées, pour que toutes les compa¬
raisons puissent être faites exhaustivement entre toutes ces flores aujour¬
d’hui si éloignées par des océans les unes des autres. D’autres arguments
floristiques doivent toujours être recherchés qui prouveraient la primitive
unité du Gondwana, mais aussi comment une longue indépendance permit
à la flore malgache d’acquérir ses caractères distinctifs.
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15. (1975). Aubréville, A. — La flore australo-papoue. Origine et distribution. Adan¬
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16. Flore de Madagascar et des Comores en cours de publication, fondée par le
P r H. Humbert (Laboratoire de Phanérogamie du Muséum, Paris).
Laboratoire de Phanérogamie
Muséum - Paris.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 15 (3) : 307-329, 1976
NOTES DE PHYTOÉCOLOGIE ÉQUATORIALE
3. — LES FORMATIONS HERBEUSES
DE LA VALLÉE DE LA NYANGA (GABON) 1
par B. Descoings
Résumé : Exposé rapide des conditions écologiques générales de la vallée de la
Nyanga, dans le Sud du Gabon. Analyse floristique des formations herbeuses et analyse
de la structure d’après une méthode originale. Trois types de formations herbeuses sont
distingués dont l’analyse est interprétée sur le plan local, leur répartition étant indiquée
sur une carte d’ensemble.
Les savanes de la vallée moyenne de la Nyanga, dans le Sud du Gabon,
n’ont fait jusqu’ici l’objet que de deux études essentiellement destinées
à en préciser les possibilités pastorales. Seuls des rapports ronéotypés à
diffusion très limitée ont fait suite à ces travaux (Koechlin, 1957, Des¬
coings, 1961b). Récemment, nous avons repris ces rapports dans une
étude plus large et mieux illustrée qui se présente sous la forme d’un
« Document » du C.E.P.E. L. Emberger (Descoings, 1974).
La présente note a pour but de donner une synthèse de l’étude des
formations herbeuses de la Nyanga, plus particulièrement pour ce qui
concerne la structure de la végétation. Bien qu’encore peu poussée elle
pourra fournir un premier aperçu sur une région non dépourvue d’intérêt
et encore très mal connue 2 .
Les informations de terrain et les données synthétiques sont présentées
dans le document indiqué ci-dessus. On pourra également s’y reporter
pour tout ce qui concerne le détail des conditions écologiques du secteur
étudié et plus particulièrement pour l’aspect pastoral.
1. Le présent article entre dans le cadre d'une thèse de doctorat d'État enregistrée au
Centre de documentation du C.N.R.S. sous le numéro AO 5159.
2. Le texte qui suit constitue, d’autre part, un nouvel exemple d'application d’une méthode
de description et de définition des formations herbeuses par la structure de la végétation que
nous avons exposée par ailleurs (Descoings, 1972).
Enfin, cette note fait suite à une autre du même esprit et consacrée aux savanes du Moyen-
Ogooué (Descoings, 1973b).
Source : MNHN, Paris
— 308 —
I. — SITUATION ET CONDITIONS ÉCOLOGIQUES GÉNÉRALES
La région qui nous intéresse se situe dans la partie extrême du Sud
du Gabon. Venant du massif du Chaillu, au Congo, la rivière Nyanga
présente tout d’abord une direction générale sud-sud-ouest, puis, à sa
sortie du massif de l’Ikoundou (ou Mayumbé bapounou) par les défilés
de Mitoungou, elle prend brusquement une nouvelle orientation à angle
droit vers le nord-ouest. Elle parcourt alors une très belle vallée couverte
de savane, dépasse Tchibanga, reçoit un gros affluent, la Moukabala,
puis à travers l’extrémité du Mayumbé, par une large courbe, reprend sa
direction initiale sud-ouest jusqu’à son embouchure.
Le cours moyen de la Nyanga, entre ses deux coudes se développe
dans une vallée assez régulière encadrée par deux fortes lignes de hauteurs,
le Mayumbé au sud, l’Ikoundou et ses prolongements au nord. C’est cette
vallée, longue de plus de 130 km, véritable couloir de savane au milieu
d’une région forestière, qui a été étudiée.
OROGRAPHIE ET HYDROGRAPHIE
Sur cet axe étiré que forme ainsi la vallée de la Nyanga, il est possible
de distinguer quatre secteurs assez bien différenciés. De Tchibanga à
Bayadi, vers le sud-est, sur une quarantaine de kilomètres, la vallée demeure
étroite avec de 5 à 8 km de large, limitée au nord par la Nyanga, et au sud
par la chaîne Mongo et le mont Makanga. Le relief général est assez doux,
formé d’une succession de larges croupes arrondies, peu élevées.
De Bayadi jusqu’à la rivière Douli, toujours vers le sud-est et sur
environ 40 km encore, s’étale la grande vallée de la Nyanga. Elle atteint
entre la rivière et les contreforts du Mayumbé près de 15 km de large.
Ce sont là de vastes étendues planes, avec, par place, quelques molles
collines à peine surélevées et irrégulièrement dispersées. Dans le détail,
on peut y reconnaître une suite de quatre grandes plaines bordées de lignes
de hauteurs, ou de quelques pitons isolés.
Au delà de la Douli et jusqu'à la frontière, les plaines se prolongent
et se transforment en une sorte de large plateau qui s’élève régulièrement
jusqu’à la ligne de hauteurs qui ferment le bassin versant des rivières
Douli et Voungou. Les vallées de ces deux affluents de la Nyanga encadrent
précisément, au nord et au sud, le plateau.
Enfin, à l’autre extrémité de la vallée, au nord de Tchibanga, sur une
vingtaine de kilomètres, c’est un relief irrégulier de fortes collines et de
hauteurs surmontées des restes d’anciennes cuirasses latéritiques qui déter¬
mine le paysage.
L’encadrement de la vallée de la Nyanga par deux massifs puissants
oriente le dessin du réseau hydrographique selon un schéma simple. La
Nyanga, au cours tortueux, longe sur tout son parcours le massif de l’Ikoun-
dou, élevé et boisé, qui lui envoie un certain nombre d’affluents courts
Source : MNHN, Paris
— 309 —
mais bien pourvus. Deux forts affluents de rive gauche, la Douli et la
Voungou, drainent toute la partie Sud de la vallée, soit, le plateau qu’elles
encadrent et les deux massifs qui bordent celui-ci. Au nord de la Douli,
la Nyanga ne reçoit plus que de petits affluents courts à régime torrentiel
et au débit irrégulier.
Le très faible relief d'une grande partie de la vallée détermine un
grand nombre de points bas où les eaux s'accumulent. Ceci explique la
multitude de petits marigots, mares et lacs que l’on rencontre disséminés
dans les plaines et qui, selon les cas, sont temporaires ou permanents.
Il faut cependant souligner que ces points d’eau ont presque toujours des
contours bien délimités et ne forment presque jamais de véritables marécages.
GÉOLOGIE
La géologie de la région est des plus simples. Toute la vallée moyenne
de la Nyanga et de ses affluents repose sur un socle schisto-calcaire composé
essentiellement de dolomies, avec, en bordure du Mayumbé, une bande
de cipolins et de marbres calcaires. Seuls quelques reliefs remarquables,
comme les monts Kouri et Yana, dans les plaines centrales, et la chaîne
Mongo non loin de Tchibanga, participent à la fois de la série du Niari
(tillites) et de la série de la Louila (schistes).
SOLS
D’une manière générale, les sols de la vallée de la Nyanga sont assez
homogènes. Ils appartiennent au groupe des sols latéritiques, et sont argilo-
sableux, brun-rouge, à gravillons et cuirasses latéritiques.
Les profils montrent toujours :
— un horizon supérieur foncé, noirâtre, humifère, argilo-sableux
à structure grumeleuse, de quelques centimètres de profondeur, densément
exploité par les racines des graminées,
— un horizon moyen, rouge brun ou brun rouge, passant vers la
base à l’ocre rouge, argilo-sableux, à structure grumeleuse parfois plus
ou moins polyédrique ou tendant à le devenir, d’une profondeur très
variable, quelques centimètres à plus d’un mètre, exploité par les racines
dans la partie supérieure,
— un horizon inférieur ocre à ocre rouge contenant une importante
proportion, 20 à 80 %, de cailloux et de graviers latéritiques.
Ce schéma est valable pour l’ensemble de la vallée de la Nyanga,
mais subit évidemment, localement, des variations qui s’exercent selon
des processus liés à deux facteurs principaux.
Le premier est la proportion de sable qui évolue selon un gradient
croissant du sud-est vers le nord-ouest de la vallée. Les sols des environs
de Tchibanga et du nord de cette localité sont nettement plus sableux
que ceux des plaines du sud. Ce facteur se reflète dans la végétation par
Source : MNHN, Paris
— 310 —
la place prise par le Pobeguinea arrecla, indicateur de la pauvreté et en
particulier du taux important de sable des sols dans le Sud du Gabon.
Le second facteur de variation des sols est évidemment la topographie
qui, presque toujours dans ces régions, joue un rôle prépondérant et exerce
son action selon un processus simple. Les sommets et hauts de pentes des
collines sont généralement plus ou moins profondément décapés par
l’érosion qui, entraînant les éléments fins et les horizons supérieurs, fait
apparaître la couche sous-jacente de gravillons latéritiques et parfois
même de gros blocs. Ainsi, pratiquement, tous les reliefs, toutes les lignes
de hauteurs montrent un sol couvert de gravillons et en refermant une
proportion importante. Ce phénomène est encore plus net au nord de
Tchibanga où de gros blocs de latérite jonchent le sol, sur les hauteurs
principalement où persistent, en place, des restes de cuirasses latéritiques.
La végétation, toutefois, ne reflète qu’une diminution quantitative d’élé¬
ments, mais non qualitative et sa composition demeure à peu près semblable,
le tapis herbacé étant seulement plus bas et moins dense.
Les bas-fonds, au contraire, et les plaines ont subi une longue et
forte accumulation de matériaux fins et de matières organiques. Le sol y
devient très profond, plus foncé, très humifère et la végétation traduit la
richesse et l’humidité plus grande du milieu par une densité et une exubé¬
rance accrue.
CLIMAT
A l’échelle de la région envisagée, on peut considérer le climat comme
homogène dans son ensemble et sans relation avec les variations enregistrées
dans la végétation. La saison sèche de l’hiver austral dure de 3 à 4 mois;
la petite saison sèche n'est qu’assez peu marquée par un léger ralentisse¬
ment des pluies. La tranche d’eau qui tombe sur la vallée de la Nyanga
atteint ou dépasse annuellement 1600 mm; les deux massifs avoisinants,
l’Ikoundou et le Mayumbé sont visiblement plus arrosés. Les tornades,
généralement très localisées, se développent le plus souvent des secteurs
nord, massif de l’Ikoundou, vers les secteurs sud, Mayumbé. Elles se déver¬
sent généralement en fin d’après-midi. On note aussi, parfois, la présence
de grandes formations qui déterminent durant la nuit et la matinée une
pluie douce et régulière.
La température moyenne reste comprise entre 25° et 28°. Des minima
absolus atteignant 12° à 13° à 6 heures du matin peuvent être observés en
juin. Ceci est peut-être dû à la diminution des surfaces boisées qui jouent
un rôle de régulateur thermique.
La tension de vapeur est toujours très élevée et l'humidité relative
avoisine presque toujours la saturation. Elle peut cependant descendre
à 60 % durant les heures les plus chaudes.
Pendant la saison des pluies, la nébulosité est très variable, les matins
sont parfois brumeux, souvent assez couverts, le ciel se dégageant en fin
de matinée. Les condensations occultes sont intenses et une très abondante
rosée mouille toute la végétation herbacée en début de matinée.
Source : MNHN, Paris
GABON.Voilée <3e la Nyongo
ESQUISSE CARTOGRAPHIQUE DE LA VÉGÉTATION
dressée por B. Descomgs
d'après: Carie de la végétation,savanes de la voilée de la Nyanga (B Descomgs 19611
faillit SA-S2- XXIV Contouan I.G.N. 1967
Source : MNHN, Paris
— 312 —
VÉGÉTATION
Ce qui caractérise la végétation, pour le voyageur profane qui par¬
court la vallée de la Nyanga, c’est avant tout son grand développement
et sa remarquable homogénéité. Principalement dans les plaines du secteur
central, de vastes savanes arbustives denses et hautes s’étendent sur des
kilomètres sans interruption. Cette nappe, verte en saison des pluies, est
à peine marquée çà et là par les taches hautes et plus foncées des galeries
ou de quelques bosquets forestiers. Les graminées à grand développement,
atteignent, dès février, jusqu’à 2 à 3 m par endroits; les arbustes en grand
nombre, mais de petite taille, disparaissent progressivement, seule la partie
supérieure de leur dôme restant visible en teintes diverses. La taille, la
densité des herbes, la densité des arbustes donnent une impression de
richesse et de puissance végétative que l’analyse botanique ne dément pas.
Il y a là un contraste frappant avec les maigres savanes des régions côtières,
de la vallée voisine de la N’Gounié ou de la plaine des Eschiras au nord
de Tchibanga.
Cependant, l’homogénéité apparente de la savane laisse apparaître
rapidement une nuance importante, bien visible durant les premiers mois
de l’année. Certaines zones sont absolument vertes et très hautes, d'autres
un peu plus basses semblent un peu rousses. C’est que ces dernières, en plus
des Hyparrhenia et des Panicum qui forment le fond du tapis graminéen,
comportent Pobeguinea arrecta alors en floraison et déjà jaunissant. Cette
espèce, fidèle indicatrice, signale les terrains plus sableux, moins profonds,
plus érodés; de ce fait, elle apparaît fréquemment sur les hauteurs et surtout
devient de plus en plus dense en allant de la Douli vers Tchibanga, domi¬
nant même vers le nord au delà de cette localité.
La végétation forestière n’est représentée, au milieu des savanes, que
par des galeries généralement peu larges et par des bosquets isolés plus ou
moins étendus demeurant sur les reliefs, en tête des ruisseaux. Ces forma¬
tions toujours très abîmées et visiblement d’un type secondaire, sont fré¬
quemment reprises par les plantations qui s'installent sur leurs bords ou
à l’intérieur. En général, l’intérêt de ces résidus forestiers est très réduit,
au moins pour ce qui concerne les galeries voisinant les routes. Dans la
partie sud de la vallée, par contre, de larges boisements pourraient pré¬
senter une certaine utilité pour les forestiers.
Les formations herbacées hygrophiles qui peuplent les multiples
marigots, marais et lacs, constituent le troisième type de végétation repré¬
senté dans la Nyanga, mais elles ne recouvrent au total que de très faibles
surfaces.
II. — ANALYSE DES FORMATIONS HERBEUSES
L’examen des savanes de la Nyanga fait ressortir l’existence de trois
types principaux de formations herbeuses qui s’échelonnent régulièrement
du sud au nord, selon une évolution régressive directement commandée
par les facteurs édaphiques.
Source : MNHN, Paris
FORMATIONS HERBEUSES _ FICHE STRUCTURALE I
Ou releva PovS &*BCN Auleutt 8. DfbtUlNGi Nimf-c
DiOQm»« f oriratinn Herbeuen ieianséa l «/Ce • H/Cb » I/uc ) coapoate
famée » Peuplaient U«neu» ample arbuetif oee l»ehe repproené
22 Cb
72 Ce
i. A.T.=.250. m 5 /ore
Densité: .&.Pieds/ore
Source : MNHN, Paris
— 314 —
Nous allons les passer en revue en partant de la plus complexe qui
est évidemment la plus riche et en envisageant, simultanément, la composi¬
tion floristique et la structure. La carte ci-jointe permet de voir l’extension
et la localisation de chacun des types.
Le classement s’établit de la façon suivante :
— Formation herbeuse mélangée (H /Ce + H /Cb + T/Uc) arbustive
correspondant à la savane à Hyparrhenia diplandra et Panicum phrag-
mitoides.
— Formation herbeuse mixte (H/Ce + H/Cb) arbustive correspondant
à la savane à Hyparrhenia diplandra et Pobeguinea arrecta.
— Formation herbeuse pure (H/Cb) arbustive correspondant à la savane 1
qualifiée souvent de steppe x , à Pobeguinea arrecta.
En vue d'une meilleure compréhension des fiches structurales et de
l’analyse, on pourra se reporter à notre précédent article (Descoings, 1972).
Rappelons brièvement la signification des principales abréviations :
TBM : type bio-morphologique, pour les graminées et les cypéracées,
combinaison entre le type biologique classique et le type morpho¬
logique.
H /Ce : TBM hémicryptophyte cespiteux cauliphylle (ex. : Hyparrhenia
diplandra).
H/Cb : TBM hémicryptophyte cespiteux basiphylle (ex. : Pobeguinea
arrecta).
T /Uc : TBM thérophyte uniculmaire (ex. : Schizachyrium platyphyllunt).
BVAT : biovolume absolu total, somme des biovolumes de tous les TBM.
RAT : recouvrement absolu total, somme des recouvrements des diffé¬
rentes strates.
1. FORMATION HERBEUSE MÉLANGÉE (H/Ce -F H/Cb + T/Uc) ARBUSTIVE
Structure
Les deux éléments de la formation, tapis herbacé et peuplement ligneux,
sont bien fournis.
Le tapis herbacé comporte un grand nombre d’espèces herbacées ou
suffrutescentes, dont la taille, selon l’époque, varie de 10 cm à 3 m de
hauteur. Le recouvrement couronne total du tapis herbacé atteint à peu
près partout 100 % dès le début de l’année, tandis que le recouvrement
basal ne dépasse pas 15 à 20 % et se situe parfois en-dessous.
Le recouvrement couronne du peuplement graminéen est de 70 à
100 % avec un RAT, somme des recouvrements des différentes strates
de 70 % à 130 % et pouvant même atteindre 180 %.
Le biovolume absolu total (BVAT), totalisant les biovolumes de tous
les TBM, ou de toutes les espèces du peuplement graminéen ayant un
I. Au sujet de la distinction entre savane et steppe (voir Descoings, 1973a).
Source : MNHN, Paris
— 315 —
recouvrement notable, s’avère très important, de 130 à 210 m 3 /are d’après
nos relevés. Il peut atteindre de 250 à 300 m 3 /are et être ainsi le plus impor¬
tant que l’on puisse observer dans la Nyanga et certainement dans toutes
les formations herbeuses du Gabon.
La stratification compte toujours deux strates de taille et d’importance
relative évidemment quelque peu variable. La strate supérieure qui atteint
à son plein développement 1,5 m à 2,5 m regroupe les espèces à croissance
forte, telles que Hyparrhenia diplandra, H. familiaris, H. ru/a, Panicum
phragmitoides. La strate inférieure, généralement beaucoup moins déve¬
loppée s’étage entre 50 cm et 1,30 m et rassemble les espèces non grami-
néennes comme Eriosema glomerata et les Graminées à croissance en
hauteur plus faible comme Schizachyrium platyphyllum.
Trois types biomorphologiques sont toujours présents et se classent
dans l’ordre suivant :
H/Ce largement dominant, avec entre 66 et 85 % du biovolume.
H/Cb nettement moins important, avec 5 à 33 % du biovolume.
T/Uc faible mais caractéristique, avec 2 à 10 % du biovolume.
Hyparrhenia diplandra, Panicum phragmitoides, Schizachyrium platy¬
phyllum, Hyparrhenia familiaris, Eriosema glomerata sont les espèces
principales.
Mais ce sont, très nettement, Hyparrhenia diplandra et Panicum
phragmitoides qui dominent la savane et lui impriment son aspect et ses
caractéristiques. Certaines autres espèces, telles que Andropogon pseuda-
pricus et Panicum fulgens, peuvent présenter, par endroit, une importance
notable mais seulement dans des stations particulières.
Le peuplement ligneux, constitué par des arbustes, occupe dans cette
formation une place importante du fait de sa richesse floristique et de sa
densité. Cette dernière est à peu près constante dans toute la vallée de la
Nyanga et de l’ordre de 1 pied pour 24 à 40 m 2 . La hauteur moyenne de
la strate unique est de 3-4 m et le recouvrement couronne peut atteindre
20 %. Les espèces dominantes sont Annona senegalensis ssp. oulotricha
et Bridelia ferruginea. Il faut noter cependant que le peuplement ligneux
demeurant sensiblement semblable à travers toute la Nyanga, les valeurs
qu’il exprime ici ne sont pas caractéristiques de la formation.
La fiche structurale I (relevé n° 200 bis) donne une représentation
moyenne de cette formation dont la diagnose s’énonce ainsi : formation
herbeuse mélangée (H /Ce + H /Cb + T /Uc) composée très haute fermée
à peuplement ligneux simple arbustif bas lâche rapproché.
Composition floristique
Cette formation correspond à ce que nous avons défini par ailleurs
comme une savane à Hyparrhenia diplandra et Panicum phragmitoides.
Elle est floristiquement assez riche, ce qui peut s’expliquer en particulier
par la qualité du sol.
Source : MNHN, Paris
— 316 —
Dans le peuplement ligneux, on notera : Annona senegalensis ssp.
oulotricha, Bridelia ferruginea, Vitex madiensis, Psorospermum febrifugum,
Sarcocephalus esculentus, pour les espèces caractéristiques; Syzygium
guineense, Milletia versicolor. Gardénia jovi-tonanlis. Ficus sp. pour les
espèces secondaires.
Dans le tapis herbacé, les espèces caractéristiques sont : Hyparrhenia
diplandra, Panicum phragmitoides, Schizachyrium platyphyllum, Eriosema
glomerata, Vernonia smithiana, Hypoxis sp., Fimbristylis sp. Les espèces
compagnes ou accessoires comprennent : Hyparrhenia lecomtei, Andro-
pogon pseudapricus, Panicum fulgens, Hyparrhenia familiaris, Hyparrhenia
rufa, Andropogon schirensis, Bulbostylis laniceps, Cyperus sp., Scirpus sp.,
Mariscus unbellalus, pour les Graminées et les Cypéracées; Tephrosia elegans,
Crotalaria sp., Vigna sp., Hypoestes cancellai a, Dolichos sp., Eriosema caja-
noides, Eupalorium sp., Desmodium mauritianum, Desmodium sp., Uraria
picta, Abrus canescens, Tephrosia barbigera, Pleiotaxis sp., Dissotis sp.,
Laggera sp., Asparagus africanus, Cycnium camporum, Vernonia guineensis,
pour les espèces appartenant aux autres familles.
Au total, pour l'ensemble de la savane, 45 espèces. Les espèces non
caractéristiques ont évidemment un coefficient de présence très variable.
Les facteurs qui déterminent leur répartition restent à préciser, mais il
serait nécessaire pour les connaître de faire appel à l’analyse des groupe¬
ments écologiques.
Phénologie
La croissance de la savane, en ce qui concerne le tapis herbacé est
assez homogène et presque toutes les espèces se trouvent en pleine végé¬
tation en janvier et février. Fin février, les grandes Graminées atteignent
le stade de montaison.
Quelques espèces constituent malgré tout un groupe précoce; ce sont,
parmi les espèces caractéristiques : Eriosema glomerata, Vernonia smithiana,
Fimbristylis sp., que l’on trouve en fleurs et en fruits en janvier; parmi
les autres espèces : Panicum fulgens, Scirpus sp., Vernonia guineensis, Hypo¬
estes cancellata, en fleurs et en fruits en janvier.
Enfin, quelques espèces se trouvent seulement à l’état de plantules,
à cette époque de l’année : Desmodium sp., Tephrosia elegans, Crotalaria sp.,
Dolichos sp.
Sol
Les conditions édaphiques générales de la vallée de la Nyanga ont
été indiquées plus haut. Le profil d’un sol répond au schéma donné, mais
avec d’assez grandes variations dans l’épaisseur des différents horizons.
II existe, par ailleurs, une ancienne cuirasse latéritique sous-jacente que
l’érosion a mis à jour au sommet et sur le flanc des collines; l’horizon
gravillonnaire peut ainsi affleurer en certains endroits.
Source : MNHN, Paris
FORMATIONS HERBEUSES . FICHE STRUCTURALE R
■Référence du relevé : Poys MB.QN.. Auteurs.Rf....P.ESÇQINES. Numéro
Oiogrose Fonetion Horoeueo »i«te ( h/Cc • H/Cb ) couple.» h« u to con.o
Oiogromme de stratification
Peuplement lioneu»
R. A. T. =..18..%
Densité: .B.Pieds/ore
Oiogromme de stratification
H/Cc Peuplement gramin£en
Source : MNHN, Paris
— 318 —
Sur ces reliefs, lorsque l’érosion est trop forte et le lessivage trop
intense, on peut observer le passage à la savane à Hyparrhenia et Pobe-
guinea, mais, en règle générale, sur les croupes assez douces, la diminution
de profondeur du sol se traduit essentiellement par une diminution de la
taille des plantes et une densité plus faible du tapis herbacé.
Dans les bas-fonds, les replats et les plateaux, au contraire, là où
une accumulation a pu se produire, le sol demeure homogène sur une
très grande profondeur, couramment plus de 1 m. La partie supérieure
du sol est toujours enrichie en matière organique, sur quelques millimètres
dans les cas les plus défavorisés, sur 20-30 cm, parfois plus, dans les plaines.
La surface du sol, enfin, présente à peu près partout le même aspect :
une litière nulle ou réduite à quelques brindilles; parfois quelques mousses
ou algues; des nappes fréquentes de petits agrégats de terre fine déposés
par les eaux; sur les zones à affleurements, des cailloux et des graviers
peuvent recouvrir jusqu’à 55 % de la surface du sol.
L’érosion sur les pentes semble assez active, essentiellement due au
ruissellement; la plupart des souches de graminées sont légèrement déchaus¬
sées à leur base d’une manière caractéristique. Les zones où se rencontre
Schizachyrium platyphyllum, espèce partiellement prostrée, sont mieux
protégées.
La formation herbeuse mélangée se localise de préférence sur les
sols profonds, argileux, humifères, dans les plaines et dans les bas-fonds.
Ses particularités, par rapport aux deux autres formations de la Nyanga,
lui viennent directement des conditions édaphiques, qui,dans le cas présent,
favorise le TBM H /Ce à grand développement et le TBM T/Uc. La pré¬
sence de ce dernier traduit presque toujours dans les formations herbeuses
équatoriales un sol riche sur lequel se développent des formations puis¬
santes à fort biovolume.
Dans l’espace, cette formation herbeuse occupe la partie centrale
de la vallée de la Nyanga, c’est-à-dire les plaines situées entre les rivières
Douki et Douli, ainsi que les petites plaines, les vallées, les bas-fonds et
certains plateaux des terres comprises entre la Douli et la frontière (voir
la carte).
Au nord de la Douki, on la retrouve, peu étendue, dans des stations
privilégiées, principalement les bas-fonds.
2. FORMATION HERBEUSE MIXTE (H /Ce + H/Cb) ARBUST1VE
Cette formation ne constitue pas à première vue, dans la région consi¬
dérée, une formation bien distincte mais plutôt une forme de dégradation
de la formation précédente dans laquelle, d’ailleurs, deux aspects devraient
être théoriquement distingués.
Le premier consiste en un faciès de dégradation typique dû à la topo¬
graphie qui a pour conséquence un appauvrissement notable du sol : sur
les hauteurs trop érodées ou trop lessivées, on voit se raréfier les espèces
les plus exigeantes et s’installer d’autres plantes plus rustiques dont le chef
Source : MNHN, Paris
— 319 —
FORMATIONS HERBEUSES _ FICHE STRUCTURALE m
Rê'e'eice Ou »»■»»* °OyS 6»8CN Auteurs 8. DCSCOINGS & P. G1IA Numéro 205
i Peupleront ii«»eu« «mule orbusttf bas lâcn» rapnxocné
- et Ire s leicive* i s s
Diogromme de strotification
Peuplement ligneux
R. A. T. =.20.%
Densité : .5.Pieds/are
Source : MNHN, Paris
— 320 —
de file est ici Pobeguinea arrecta. Ce faciès se rencontre depuis la Douki
jusqu’à la frontière, sur tous les reliefs un peu accentués.
Le second aspect de la formation mixte est visible à partir de la Douki,
vers Tchibanga. Dans cette partie de la vallée de la Nyanga, c'est ce type
de savane qui prédomine aussi bien sur les hauteurs que sur les terres
basses. Il devient alors caractéristique d’un changement dans la texture
du sol qui est nettement plus sableux. Mais alors que vers le sud, le faciès
dégradé sur reliefs est peu variable, on assiste dans le nord à un appauvris¬
sement lent, mais continuel, parallèlement à un gradient croissant du taux
de sable; si bien que l’on passe progressivement après Tchibanga à une
formation pure typique à Pobeguinea , assez semblable à celle rencontrée
dans la vallée de la N’Gounié.
Structure
Cette formation se définit en premier lieu par la présence de deux TBM :
H /Ce et H /Cb, se distinguant ainsi de la précédente par l'absence de T/Uc.
Par ailleurs, dans la Nyanga, elle montre une grande hétérogénéité.
Le peuplement ligneux demeure, lui, à peu près constant, avec un RAT
(recouvrement absolu total) allant de 8 à 26 % et des densités de 2 à 8 pieds
à l’are pouvant atteindre parfois 40 pieds à l’are, grâce à l'abondance
des jeunes pieds buissonnants, mais, ici, cette forte densité est sans signifi¬
cation particulière. Le tapis herbacé se situe entre 40 et 150 cm de hauteur
en moyenne; la strate supérieure atteignant 80 à 150 cm, parfois plus.
Cette strate comprend essentiellement les grandes graminées; la strate
inférieure varie de 30 à 90 cm de hauteur et il peut même y avoir encore
une troisième strate plus basse. La végétation est dans son ensemble moins
haute que dans la formation précédente et parfois moins dense. Le recouvre¬
ment des couronnes peut descendre jusqu’à 60 %; dans les cas moyens,
au début de l’année, il parvient rarement à 90 %, mais augmentera cepen¬
dant jusqu'à la fin des pluies et atteindra alors par place 100 %. Le RAT
est de l’ordre de 60 à 90 %. Les espèces les plus importantes sont : Pobe-
quinea arrecta, Hyparrhenia lecomtei, Hyparrhenia diplandra, Panicum phrag-
mitoides, Andropogon pseudapricus, Panicum fulgens, Eriosema glomerata.
Les espèces principales sont ici plus nombreuses que dans le type de
savane précédent, 4 Graminées dominent le tapis herbacé au lieu de 2.
Le peuplement graminéen a ceci de particulier que les deux TBM se
rencontrent avec des proportions relatives extrêmement variables allant
de 10 % de l’un à 10 % de l’autre et passant par tous les intermédiaires;
la moitié des relevés indiquant une proportion supérieure de H/Ce et
l’autre moitié une proportion supérieure de H/Cb. Ceci signifie norma¬
lement que les relevés à forte proportion de H/Ce se rapprochent de la
formation mélangée précédente, tandis que ceux qui présentent une forte
proportion de H/Cb tendent vers la troisième formation rencontrée dans
la Nyanga, la formation pure à H/Cb.
Si l’on considère la formation prise dans son ensemble, on peut la
Source : MNHN, Paris
FORMATIONS HERBEUSES _ FICHE STRUCTURALE K
Diogromme de slrotificolion
Peuplement ligneux
R. A. T. =.26.%
Densité: .14-.Pieds/ore
Source : MNHN, Paris
— 322 —
définir à peu près avec la fiche structurale II du relevé n° 199 bis, établie
à titre représentatif et à partir des moyennes des données des différents
relevés. La diagnose est la suivante : formation herbeuse mixte (H /Ce
4- H/Cb) composée à complexe haute ouverte à dense, à peuplement
ligneux simple arbustif bas lâche rapproché. La proportion des deux TBM
est très voisine, 55 % de H /Ce, 45 % de H /Cb, le BVAT est de 105 m 3 /are,
valeur très moyenne, et le RAT de 95 %.
Lorsque les proportions entre les TBM changent, dans un sens ou
dans l’autre, les valeurs des deux autres principaux paramètres varient
dans les ordres de grandeurs suivants : pour le BVAT, de 50 à 120 m 3 /are,
pour le RAT de 60 à 100 %. Les fiches structurales III et IV montrent
deux aspects de ces variantes.
A l’intérieur de la formation ainsi définie, les variantes rencontrées,
sensibles à grande échelle, sont sous la dépendance directe des facteurs
édaphiques et en particulier de deux d’entre eux.
Le premier, la proportion de sable dans le sol, agit sur la proportion
du TBM H/Cb qui augmente avec le taux de sable, jusqu’à la disparition
du TBM H/Ce et le passage à la formation pure à H/Cb. Il ne semble
pas que les variations dans le BVAT et le RAT lui doivent plus qu'un
léger fléchissement des valeurs des paramètres.
Par contre, il apparaît que les valeurs les plus faibles du BVAT et
du RAT, quelle que soit la composition en TBM, sont essentiellement dues
à un appauvrissement du sol consécutif soit à une proportion plus ou moins
grande d’affleurements ou de gravillons latéritiques, soit à la présence à
une faible profondeur, d’une couche importante de ces graviers latéritiques,
elle-même souvent causée par une érosion active sur les sommets et les
pentes.
Composition floristique
Cette formation correspond à la savane à Hyparrhenia diplandra et
Pobeguinea arrecla.
La dégradation des conditions édaphiques se traduit par un appauvris¬
sement de la flore consécutive à la disparition de plusieurs espèces, que
vient d’ailleurs compenser, en partie, l’apparition de certaines autres.
Dans le peuplement ligneux, on trouve : Annona senegalensis ssp.
oulotricha, Bridelia ferruginea, Vitex madiensis, Psorospermum febrifugum,
Sarcocephalus esculentus, pour les espèces caractéristiques; Syzygium
guineense et Hymenocardia acida pour les espèces secondaires.
Dans le tapis herbacé, les espèces caractéristiques sont : Pobeguinea
arrecta, Hyparrhenia lecomtei, Hyparrhenia diplandra, Panicum phragmi-
toides, Andropogon pseudapricus, Panicum fulgens, Fimbristylis sp., Eriosema
glomerata, Vernonia smithiana, Hyparrhenia familiaris, Schizachyrium
platyphyllum, Cyperus sp., Schizachyrium brevifolium, Andropogon schi-
rensis, Scleria lagoensis, Tephrosia elegans, Vigna sp., Dolichos sp.,
Desmodium mauritianum, Uraria picta, Indigofera congesta, Dissotis sp..
Source : MNHN, Paris
FORMATIONS HERBEUSES _ FICHE STRUCTURALE T
Référence du releve' : PoyS GABON Auteur» B. DCSCOINGS & P. SI!» Nume'rO 204
Diognose foiMUon Herbeuse pure ( H/Cb ) SL»ple «levée Pense
A Peupleeent ligneu» simple erbuetif bes lâche serré
Diagramme de stratification
Peuplement ligneux
R. A. T. =.Il.%
Densité: -.-14..Pieds/ore
100% Reeotmunent
Source : MNHN, Paris
— 324 —
Acroceplialus sp., Vernonia guineensis, Polygala acicularis, Cassia mimosoides.
Au total 35 espèces, soit une diminution d’une dizaine d’espèces,
par rapport à la précédente formation. Il faut remarquer essentiellement,
la présence nouvelle de Pobeguinea arrecta et le passage de plusieurs espèces
dans la liste des caractéristiques, Hyparrhenia lecomtei, Andropogon pseuda-
pricus, Panicum fulgens.
3. FORMATION HERBEUSE PURE (H/Cb)
Structure
L'accentuation des conditions édaphiques défavorables détermine
une simplification de la structure et un appauvrissement des valeurs des
paramètres structuraux.
Le peuplement ligneux ne subit pas de modification majeure dans
sa composition floristique, mais il est souvent plus ouvert, sauf parfois
dans les bas-fonds.
C’est le tapis herbacé qui exprime le plus la transformation du milieu
par rapport à ce qu’il était au sud de Tchibanga.
Un seul TBM existe ici, H/Cb, qui ne fournit que des valeurs très
modérées pour le biovolume, 70 à 110 m 3 /are.
Une seule strate demeure, rassemblant les appareils végétatifs de toutes
les espèces graminéennes; elle ne dépasse guère 1 m de hauteur, avec cepen¬
dant au-dessus d’elle la strate florifère. Le recouvrement qui se situe vers
80 % en moyenne peut descendre nettement en-dessous de dette valeur.
La fiche structurale V, du relevé n° 204 peut être prise comme exemple
de cette formation dont la diagnose s’établit ainsi : formation herbeuse
pure (H/Cb) simple élevée dense à peuplement ligneux simple arbustif
bas lâche serré.
Composition floristique
Le peuplement arbustif comprend toujours les mêmes espèces, avec
essentiellement, Bridelia ferruginea, Psorospermum febrifugum, Vitex
madiensis, puis Sarcocephalus esculenlus.
Le tapis herbacé est, lui, nettement appauvri par rapport à celui des
deux formations précédentes, par la disparition d’abord des grandes Andro-
pogonées ( Hyparrhenia ) et l’élimination de nombreuses autres espèces moins
marquantes. C’est ainsi que, dans les parties les plus pauvres, on notera
seulement : Pobeguinea arrecta, Ctenium newtonii, Panicum congoense,
Andropogonpseudapricus pour les espèces dominantes, puis Panicum dregea-
num, Brachiaria kotschyana par place, mais toujours très peu importantes,
Hyparrhenia diplandra , Vernonia guineensis, Eriosema glomerata, Desmo-
dium ramosissimum, Borreria hebecarpa, Vigna gracilis, Asparagus africanus.
Cette formation correspond à la savane à Pobeguinea arrecta.
Source : MNHN, Paris
— 325 —
Sols, répartition
Nous avons vu précédemment que cette formation s'établissait lors-
qu'apparaissent des conditions édaphiques mauvaises. Celles-ci ont,
classiquement, deux origines. La première est une faible profondeur du sol,
par suite de la présence d’une ancienne cuirasse latéritique largement
décapée, ou d’une forte érosion déterminée par la topographie et qui va
souvent de pair avec une forte augmentation relative de la teneur en gra¬
villons latéritiques. La seconde cause qui paraît prépondérante dans la
Nyanga, tout en se superposant à la première, est liée à l’accroissement
très notable dans le sol du taux de sable. Les effets d’une forte proportion
de sable dans le profil sont évidents, appauvrissement sur le plan chimique,
lessivage plus facile des éléments fins, moindre rétention de l’eau, etc.
La formation herbeuse pure fait son apparition par place un peu au
sud de Tchibanga, elle se développe ensuite au nord de la préfecture et
enfin domine entièrement vers la seconde boucle de la Nyanga. Plus au
nord encore, c’est elle qui forme les taches de savanes, encore peu connues,
des plaines des Eschiras.
III. — INTERPRÉTATION DE L’ANALYSE STRUCTURALE
Trois types de formations herbeuses viennent d’ètre décrits dans
la vallée moyenne de la Nyanga.
Les deux formations extrêmes, formation herbeuse mélangée et for¬
mation herbeuse pure sont bien définies et se présentent dans la région
sous un aspect homogène à travers de grandes superficies. La première
dans toute la partie centrale de la vallée, les plaines, la seconde sur le relief
de collines du nord de Tchibanga. Chacune reflète des conditions édaphiques
également bien caractérisées : sol profond, riche en éléments fins et en
matières organiques pour la formation mélangée, sol peu profond et
maigre à gravillon latéritique et taux élevé de sable pour la formation pure.
La constance des valeurs des paramètres de structure dans les différents
relevés confirme la stabilité structurale montrée par les deux formations
dans leurs aires respectives. Il existe bien, évidemment, de petites variations
qu’une analyse plus poussée mettrait en valeur, mais qui n’affecteraient
semble-t-il que les valeurs de certains paramètres (taille, recouvrement,
biovolume) sans toucher aux caractéristiques de structure.
Cette homogénéité, très sensible à l’échelle de notre étude, est à sou¬
ligner car elle n’est pas la règle dans les formations herbeuses du Gabon.
Ce que d’ailleurs la troisième formation, formation herbeuse mixte, vient
montrer.
En effet, pour ce qui concerne cette dernière, nous avons souligné
l’amplitude très large des valeurs des paramètres structuraux fondamentaux
qui transparaît au travers des relevés de végétation. En première analyse,
ceci témoigne d'une instabilité structurale, et floristique corrélativement,
4e la formation. La formation herbeuse mixte dans la Nyanga se présente
Source : MNHN, Paris
— 326 —
ainsi, à l’inverse des deux autres types de savanes, comme une formation
mal définie et en quelque sorte hybride.
Les raisons de ce caractère sont comme toujours, à l’échelle régionale
sous les latitudes équatoriales, à rechercher dans les conditions édaphiques.
La disparition, par rapport à la formation mélangée, du TBM T/Uc, dénote
immédiatement un niveau de fertilité moyen inférieur à celui rencontré
dans le cas précédent, sol moins profond, moins riche en éléments fins
et en matières organiques. D'autre part, les proportions relatives très chan¬
geantes entre les TBM H /Ce et H /Cb traduisent la présence très irrégulière
d’un autre facteur dont nous avons vu qu’il était ici la proportion de sable
dans le profil du sol.
D’origine vraisemblablement fluviatile, au moins pour une partie
de la vallée, ce sable envahit progressivement la Nyanga, en gros à la hau¬
teur de la rivière Douki, en présentant au long de la vallée et vers le nord
un gradient croissant. Ce facteur édaphique ajouté au fait que le relief plus
accentué ici que dans les plaines détermine les conséquences négatives d’une
érosion liée à la topographie permet de comprendre aisément l’hétéro¬
généité structurale de la formation mixte. A moyenne échelle, c’est cette
hétérogénéité d’ensemble qui apparaît essentiellement. A grande échelle,
il serait possible de percevoir le détail des variations de structure et de
les relier aux trois causes édapho-topographiques principales, décapage
des reliefs par l’érosion avec apparition de gravillons latéritiques, présence
d’une certaine proportion d’éléments grossiers sableux, concomitance des
deux facteurs.
L’accentuation et la généralisation de cet état caractérisent, rappelons-le,
les sols de la formation pure au nord de Tchibanga.
Ainsi, dans la vallée de la Nyanga, la formation mixte peut-elle être
considérée comme une forme de transition entre les deux autres formations,
mélangée et pure, beaucoup plus que comme une formation distincte.
Enfin, on peut essayer de situer les formations herbeuses de la Nyanga,
à petite échelle cette fois, dans l’ensemble des savanes du Gabon.
La formation mélangée représente sans conteste la forme la plus riche
floristiquement et la plus développée structuralement des savanes gabo¬
naises. Elle s’apparente aux grandes savanes de la vallée congolaise du
Niari. La formation pure se situe vers l’autre extrémité de l’échelle; sans
être la formation la plus pauvre, elle se place cependant dans ce groupe,
largement présent au Gabon, des formations pures à H /Cb caractéristiques
des sols sableux. Elle est ainsi à comparer aux formations de la vallée de la
N’Gounié et du Moyen-Ogooué, et aux formations herbeuses côtières du
même type, mais encore plus pauvres.
La formation mixte de la Nyanga, quant à elle, se rapproche des formes
les moins pauvres de savanes du Moyen-Ogooué et également de certaines
formations herbeuses du bassin de Franceville.
Source : MNHN, Paris
— 327 —
IV. — INDEX DE LA FLORE
On trouvera ci-dessous la liste, établie par ordre alphabétique, des
espèces, herbacées ou ligneuses, rencontrées le plus couramment dans les
savanes de la Nyanga, les espèces marquées par un astérisque représentent
les arbustes du peuplement ligneux des formations herbeuses.
Acanthacées
Hypoestes cancellata Nees
Annonacées
* Annona senegalensis Persoon ssp. oulo-
tricha Le Thomas
Asclépiadacées
Asclepias sp.
Amaryllidacées
Hypoxis sp.
CÉSALPINIACÉES
Cassia mimosoides L.
Composées
Aspilia dewevrei O. Hoffm.
Eupatorium africanum Oliv. & Hiern
Pleiotaxis sp.
Vernonia guineensis Benth.
Vernonia smithiana Less.
Convolvulacées
Ipomtea blepharophylla Hallier f.
Cypéracées
Bulbostylis laniceps Clarke
Cyperus sp.
Fimbrislylis dichotoma (L.) Vahl
— hispidula (Vahl) Kth.
Scirpus sp.
Scieria lagoensis Bock.
— hirtella Swarlz
— sp.
Euphorbiacées
* Bride/ia ferruginea Benth.
Euphorbia hirta L.
Phyllanlhus sp.
Graminées
Andropogort pseudapricus Stapf
Aristida recta Franch.
Brachiaria brizantha (Hochst.) Stapf
— kotschyana (Hochst.) Stapf
— sp.
Ctenium newtonii Hackel
Digitaria horizontalis Willa.
— longiflora Pers.
— uniglumis Stapf var. major Stapf
Eragrostis sp.
Euclasta condylotricha (Hochst.) Stapf
Hyparrhenia chrysargyrea Stapf
— diplandra (Hack.) Stapf
— familiaris (Steud.) Stapf
— filipendula Stapf
— lecomtei Stapf
— rufa Stapf
— ruprechtii Fourn.
Imperata cylindrica (L.) P. Beauv.
Panicum congoense Franch.
— dregeanum Nees
— fulgens Stapf
—■ nervatum (Franch.) Stapf
— phragmitoides Stapf ex A. Chev.
Pleiadelphia gossweileri Stapf
Pobeguinea arrecta (Stapf) J. Félix
Rhytachne rottboellioides Desv.
Schizachyrium brevifolium Nees
— platyphyllum (Franch.) Stapf
— semiberbe Nees
— thollonii (Franch.) Stapf
Sorghum bipennatum (Hack.) Stapf
Sporobolus centrifugus Nees
— dinklagei Mez
Tristachya thollonii Franch.
Hypéricacées
* Psorospermum febrifugum Spach
Iridacées
Gladiolus sp.
Liliacées
Asparagus africanus Lam.
Malvacées
Hibiscus sp.
Mélastomacées
Dissotis brazzæ Cogn.
Osbeckia sp.
Myrtacées
* Syzygium guineense var. macrocarpum
Engl.
Source : MNHN, Paris
— 328 —
OXALIDACÉES
Biophytum sp.
Papilionacées
Alysicarpus sp.
Crotalaria calycina Schrank.
Desmodium adscendens (Schwartz) DC.
— dimorphum Welw. ex Bak.
— lasiocarpum (P. Beauv.) DC.
— ramosissimum G. Don
Eriosema glomeratum (Guill. & Perr.)
Hook. f.
— sp.
Glycine hedysaroides Willd.
Indigofera capitata Kotschy
— congesta Welw. ex Bak.
— paniculata Pers.
— sp.
Tephrosia barbigera Welw. ex Bak.
— elegans (Pers.) Schumach.
Uraria picta (Jacq.) Desv.
Vigna gracilis (Guill. & Perr.) Hook. f.
— multmervis Hutch. & Dalz.
— triloba de Wild.
Ptéridacées
Pteridium aquilinum (L.) Kühn
POLYGALACÉES
Polygala acicuiaris Oliv.
— sp.
Rubiacées
Borreria hebecarpa Hochst. ex A. Rich.
* Crossopteryx febrifuga Benth.
Oldenlandia sp.
Otomeria sp.
* Sarcocephaius esculentus Afzel.
Santalacées
Thesium wittei de Wild. & Staner
SCROPHULARIACÉES
Cycnium camporum Engl.
Sopubia sp.
Solanacées
Schwenkia americana L.
Verbenacées
Lippia adoensis Hochst.
* Vitex madiensis Oliv.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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C.E.P.E. Montpellier. Document n° 69, 76 p., 8 f., 2 t., 12 pl., le. -t- 4 c. h. t.
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analyse floristique, analyse structurale, valeur pastorale. C.N.R.S.-C.E.P.E. Mont¬
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naise). O.R.S.T.O.M., 16 p., ronéo., 1 c. h. t.
C.N.R.S. Centre d’Études phytosociologiques
et écologiques Louis-Emberger, B.P. 5051,
34033 Montpellier Cedex.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 15 (3) : 331-332, 1976.
CROTON APPERTII, EUPHORB1ACÉE NOUVELLE
DU SUD-OUEST DE MADAGASCAR
par J. Leandri
Croton appertii J. Leand., sp. nov.
Frutex monoicus fere 1,50 m allas, albo-viridis. Ramuli subrubrocaslanei, pseudo-
dicholomi, 2-3 mm crassi. Folia floresque fere eodem tempore aucti. Folia nova 2-3 cm
longa (peliolo 1-1,3 cm incluso) bina in jugo sxpe imequalia; stipula; lineares parvæ, in
indumento latentes, caducæ; petiolus subcylindratus, pilis eis laminæ similihus. Lamina
supra crassius viridis, subtus sublanuginosa, ovato-orbicularis, acuta vel subacuminata ;
nervo præcipuo subter prominenti, idem atque nervis secundariis utroque latere 4-5, inferiore
inflorescence x
de la face inférie
sommet du filet.
tii J. Leandri, sp. nov.: 1 , sommet de ramille x 2/3; 2, jeune feuille
2; 3, base du limbe, face inférieure x 4; 4, poils de la face supérieure;
:ure x 12; 6, fleur <J x 4; 7, sépale J, face interne x 6; 8-10, anthère
vus de dedans, de dehors et de côté x 12; 11, fleur Ç jeune x 4.
Source : MNHN, Paris
— 332 —
ponnunquam juxia apicem pelioli inserto. Indumentum pilis slellalis cousions, pagina
superiore majoribus sed paucioribus, idem ac simplicibus, capilalis vel subcapitatis, in
netiolo et prope margines ; glandulæ cupuüformes subsessiles 2, luteæ, margine incrassatæ,
juxia basim nervorum inferiorum inserlæ.
lnflorescentia bisexualis, axillaris vel pseudo-lerminalis, flore femineo vulgo basi
axis unico, pedicello salis robuslo in longum vario. Flores masculi ad apicem plures, in
diam. 2-2,5 mm, pedicellis gracilibus 1-1,5 mm; bracteolæ triangulæ, latæ, brevissimæ;
sepala 5 obovala concava acuta, pilis iis foliorum similibus ; pelala 5, obovala, membra-
nacea ; glandulæ 0, imo f loris pilis longis mullis ornalo ; slamina fere 15, ad imum inserla,
fila mentis perianthio longioribus gracilibus ; anlheræ conneclivum extra latum, intus aspec-
tabile, loculis perarcuatis. Pedicellus robus tus ac sepala 9 pilis eis foliorum similibus munita ;
sepala 5 ovato-acuta, etiam intus pilosa ; pelala nulla vel inania; ovarium globoso-ovoideum
pilis longis hirtum stylis haud semel ( ter-quater) divisis, in summo applicatis, sed a basi
bene distinctis, etiam a summo apice distantibus. Fructus etiamnum ignotus.
Type : R. P. Otto Appert 37, Madagascar (Ouest) : Beharana, près de Manja,
forêt claire vers 300 m ait., en fleurs 17 novembre 1961 (holo-, P).
C’est la seule espèce connue à Madagascar présentant à la fois les
caractères suivants : feuilles non trinerves, non en faux-verticilles, rap¬
prochées par paires; grappes presque aussi longues que les feuilles; limbe
sans reflet métallique à la face inférieure, pubescent, suborbiculaire.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 15 (3) : 333-340. 1976.
VOATAMALO , NOUVEAU GENRE D’E UPHORBIACEÆ
DE MADAGASCAR
par J. Bosser
Résumé : Description du genre Voatamalo, genre nouveau d 'Euphorbiaceæ de
Madagascar, de la sous-famille des Phyllanlhoideæ. On peut le rapprocher du genre
Ausirobuxus Miq. (= Longelia Bail!.) de Nouvelle-Calédonie et de la péninsule malaise.
Il a aussi des affinités avec le genre Androstachys Prain dont il possède les stipules intra-
pétiolaires.
Summary : Voatamalo, new genus of Euphorbiaceæ is described. It comprises
two species and can be placed near Ausirobuxus Miq. (Longelia Baill.) ( Phyllanlhoideæ )
from New Caledonia and the malay peninsula. The intrapetiolar stipules resemble
those of Androstachys Prain.
En 1957, R. Capuron faisait paraître à Tananarive, sous forme multi-
copiée, son « Essai d’introduction à l’étude de la flore forestière de Mada¬
gascar ». Cet essai est, en fait, une clé de détermination des familles et
des genres des arbres et grands arbustes de la flore malgache. Dans certaines
familles il a été amené à délimiter, dans la clé, des genres nouveaux qu’il a
appelé parfois par leur nom vernaculaire. Certains ont été publiés par la
suite, mais dans la famille des Euphorbiacées, les plantes groupées sous
le vocable « Voatamalo » étaient restées jusqu'à présent non étudiées.
Dans les notes manuscrites de R. Capuron, confiées après sa disparition
à M me B. Chauvet, rien ne se rapporte à ces plantes. Il m’a paru néces¬
saire, devant l’intérêt que présente ce genre, d’en faire l’étude et de tenter
de préciser sa position systématique.
VOATAMALO Capuron ex Bosser, gen. nov.
Flores unisexuales, dioici, receplaculo carnoso. Sepala imbricala, biseriaia, 3 + 3,
raro 3 + 3 + 1. FtosS sepalis oblusis, exlerioribus lalioribus, interioribus anguslioribus
sed æquilongis, quibusque ad marginem lenuioribus, parce cilialis. Slamina exirorsa, 9-14
(—27), + biseriaia quoad pauca sint, exlerioribus cum sepalis interioribus al ternis ; discus
glandulis carnosis irregularibus inter filamenla basi enalis; anlheræ medifixæ, conneclivo
brevi nec produclo; loculi polliniferi ohlongo-oblusi vet usque leviler apiculali, rimis in
longitudinem aperientibus ; pislillodio nullo. Flos S sepalis 6, biserialis, exlerioribus imbri-
catis, majoribus, ovalis usque suborbicularibus, interioribus imbricatis vel non, oblongis
Source : MNHN, Paris
— 334 —
usque ample ovalis, multo minoribus , acutis vel apice rotundatis ; discus parum altus, glan-
dulis a lalere complanatis, inter se circa basin ovarii d; in annulum connatis ; ovarium
ovoideum, ad apicem attenuatum in stylo crasso, brevi, in ramis 3 primum erectis, deinde
patentibus ; stigmata ampla, papillosa, ovalia obtusa, marginibus revolutis. Ovarii rimæ
parum impressæ ; loculi 3-5, perfecti, quoque ovula 2, a latere contigua, caruncula gibbulis
ornata, superposita, ad apicem inserta, includente. Fructus ovoideus, sphxricus vel paulo
depressus, 3-5-locularis, stylis in globulis contraclis, calyce ± sub fructu accrescente.
Inflorescentiæ axillares, masculis, pedunculo simplici vel pauciramoso, ramis pseudo-
dichotomis in fasciculis florum pedicellatorum terminatis ; femineis in cymis biparis, ramis 3
(— 4)-floris ; floribus pedicellis + longis.
Folia opposita simplicia, integra, petioiata, penninervia, nervis subparallelis satis
propinquis ; stipuiæ foiii uni basi petioli et simul inter se connatx in partem intrapetioiarem
postremo caducam, ovalem, concavam, intus breviter et dense pubescentem ; statu novo,
stipuix utriusque foiii oppositi terminalis ramuli alicujus, marginibus inter se conjuncte
conniventibus, et cucullum gemmas terminales et floriferas tegentem formantes.
Species typica : Voatamalo eugenioides Capuron ex Bosser.
Par ses fleurs unisexuées dioïques et son fruit à 3-5 coques, le genre
proposé se rattache à la famille des Euphorbiacées, et la présence de
deux ovules par loge de l’ovaire l’apparente à la sous-famille des Phyllan-
thoïdées. La famille des Euphorbiacées est d’apparence hétérogène par
suite du grand nombre de variations dans les caractères des inflorescences
et des fleurs. Par le passé un certain nombre de genres y ont été placés
qui ont donné lieu, suivant les auteurs, à différentes interprétations. Récem¬
ment, des familles nouvelles ont été proposées à partir d’un certain nombre
de ces genres. En 1954, Hurasawa (Journ. Fac. Sc. Univ. Tokyo 6, 6)
a rétabli la famille des Antidesmatacées. Plus tard, Airy Shaw (Kew
Bull., 1965) a établi des familles distinctes pour les Androstachys, les
Hymenocardia, les Bischoffia. Les Stilaginacées de Lindley ont également
été, à nouveau, proposées au rang de famille. Les plantes constituant ces
familles ont des ovaires à loges biovulées, mais les affinités avec le genre
que nous décrivons ici sont peu étroites. Chez les Stilaginacées les feuilles
sont alternes, les fleurs mâles ont parfois des pétales et le fruit est drupacé.
Les Hyménocardiacées ont des fruits ailés. Les Bischoffiacées sont à feuilles
composées, à fleurs en panicules, et se rapprochent plus, d’après Airy
Shaw, des Staphyléacées. Par contre, la parenté de Voatamalo avec Andro¬
stachys semble être plus étroite. Le fait que ces deux genres possèdent des
feuilles opposées décussées à bourgeons végétatifs et floraux axillaires,
entraîne un développement identique des rameaux et une architecture
semblable des plantes. Cela peut cependant se retrouver dans bien des
espèces à feuilles opposées. Mais ce qui, à notre avis, rapproche davantage
les deux genres est la nature des stipules développées à la base des pétioles.
Elles forment un organe intrapétiolaire assez spécialisé pour assurer la
protection des bourgeons floraux et végétatifs. Morphologiquement ces
plantes se développent donc suivant un même modèle, mais elles se dis¬
tinguent facilement par leurs caractères floraux. Les fleurs mâles à.'Andro¬
stachys ont une structure particulière décrite par Airy Shaw (Kew Bull. 18,
2 : 251 (1965). Les étamines, subsessiles, sont portées sur un axe long et
grêle, qui ne se retrouve pas dans Voatamalo. De plus, les fleurs femelles
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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sont dépourvues de disque dans les Androstachys, alors qu'elles possèdent
un disque plus ou moins annulaire à la base de l’ovaire chez les Voatamalo.
Il nous paraît cependant prématuré de dire que les Voatamalo constituent
un maillon reliant les Androstachys aux Euphorbiacées; ce qui pourrait
faire douter du bien fondé de l’établissement de la famille des Androsta-
chyacées. D’une part, tout dépend de l’importance que l’on attribue sur
le plan phylogénique à tel ou tel caractère; et d’autre part nous pensons que
des études sur l’anatomie du bois, les structures du pollen, éventuellement
sur les constituants chimiques des plantes sont, à ce stade de la discussion,
des éléments indispensables, qui, pour le moment, font défaut.
Parmi les Euphorbiacées, d’autres groupes taxinomiques ont été
élevés au rang de famille, comme, par exemple, les Glochidiinæ qui se
distinguent par des étamines en petit nombre et l’absence de disque; les
PhyUanthinæ dont le disque est formé de glandes alternisépales ou les
Uapacinæ dont l’inflorescence est entourée d’un involucre. Dans ces groupes,
aucun genre ne semble présenter les caractères de Voatamalo. Si on suit
Pax & Hoffmann dans leur traitement systématique des Euphorbiacées
(in Engler & Harms, Nat. Pflanzf., 2 e éd., 19c, 1931), on est conduit à
placer Voatamalo au voisinage d ’Austrobuxus Miq. (Longetia Baill.). Les
deux genres ont plusieurs caractères importants en commun. Les fleurs
ont en général deux cycles de sépales; elles sont monoïques ou dioïques
chez Austrobuxus , dioïques chez Voatamalo ; les femelles possèdent un
disque annulaire; les mâles sont groupés en fascicules ou en ombelles
et possèdent des glandes charnues entre les filets des étamines. Les feuilles
des Voatamalo et de certains Austrobuxus sont opposées-décussées, ce qui
entraîne un développement architectural similaire dans ces plantes. Les
deux genres diffèrent surtout par la fleur femelle dont l’ovaire chez Austro¬
buxus a des stigmates courts et sessiles alors que chez Voatamalo il est
surmonté d’un style épais divisé en 3 stigmates. Dans ce dernier genre, le
périanthe persistant et un peu accrescent sous le fruit nous paraît aussi
constituer un bon caractère distinctif. Les stipules intrapétiolaires qui
rapprochent Voatamalo de Androstachys font aussi défaut chez Austrobuxus.
Dans les descriptions d’espèces nouvelles d’ Austrobuxus, Airy Shaw note
souvent « stipulât non visæ ». Si elles existent, elles ne constituent pas,
sur les jeunes rameaux, le capuchon terminal bien visible qui distingue les
Voatamalo. On peut observer pourtant que les pétioles des bractées foliacées
des inflorescences à'Austrobuxus buxoides (Baill.) Airy Shaw, de Nouvelle-
Calédonie, ont une base un peu concave et tapissée de poils courts appri-
més, préfiguration de l’appareil stipulaire intrapétiolaire des Voatamalo.
Les Voatamalo ont aussi quelque affinité avec les Drypetinæ, qui ont des
fleurs dioïques, à disque central; mais les fleurs femelles et les fruits sont
différents. Notons, à ce propos, que le caractère de phyllotaxie : feuilles
alternes, feuilles opposées, est considéré par Leandri comme n’ayant
dans ce groupe qu’une valeur spécifique, car il range parmi les Drypetes
dont les feuilles sont habituellement alternes, une espèce à feuilles opposées
(D. oppositifolia de Madagascar). De même il existe dans Austrobuxus,
Source : MNHN, Paris
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des espèces à feuilles alternes et des espèces à feuilles opposées.
Parmi les genres à feuilles opposées, Hyaenanche Lamb. ( Toxicoden-
drum Thunb.) d’Afrique se distingue de Voatamalo par ses fleurs femelles
sans disque; Dissiliaria F. Müll. ex Bail!. d’Australie et Misehodon Thwait.
de Ceylan et de la côte Malabare, par leurs graines sans caroncule; Oldfieldia
Benth. & Hook. f. d’Afrique, par ses feuilles palmatilobées et par ses fleurs
mâles sessiles, à sépales courts et possédant parfois un pistillode filiforme.
Pendant ces 40 dernières années, de nombreux genres (environ 80) ont été
décrits dans les Euphorbiacées. Nous n’en avons le plus souvent connaissance
que par la bibliographie. La plupart sont à loges de l’ovaire uniovulées.
Aucun ne semble avoir les caractères du genre décrit ci-dessus.
Ce genre compte à ce jour deux espèces :
Voatamalo eugenioides Capuron ex Bosser, sp. nov.
— Voatamalo eugenioides Capuron, in sched.
Arbor dioica, ramosa, 10-30 m alla, scapo ad 15 m, 0,40-0,90 m in diametro, cortice
claro cinereo, lenticellis fuscorufis, initio raris. Folia opposita, persistentia ; stipula: in
partem intrapetiolarem ovalem, 4-5 mm longam, caducam, connatæ. Petiolus salis gracilis,
1-3 cm longus, 1-1,2 mm crassus. Lamina elliptico-acuminata, 5-12 cm longa, 2,3-6,8 cm
lata, subcoriacea, margine revoluta, nervus princeps supra impressus, sicut apex petioli,
subter prominens ; nervi secundarii utroque latere 20-25, minime obliqui, paralleli, ultra
ad apicem leviter arcuati, propre marginem anastomosantes.
Inflorescentia <? axillaris. Flores 3 apice truncato-dilatato ramorum in 8-12 fasciculati,
basi pediceUorum bracteolis minutis tenuibus triangulis intermixtis. Pedicelli <? graciles
(2-)5-13 mm ; flos in diametro 2-3 mm. Inflorescentia ? axillaris, in cyma bipara disposita,
pauciramosa, cymulis terminalibus, 3(-4)-floris. Flores S masculi majores, pedicellibus
brevioribus et magis robustis; sepala exteriora imbricata, ample ovata usque suborbicularia,
3.5- 6 mm X 3,5-7 mm; sepala interiora auguste imbricata, minora, 3,5-4 x 2,5-3,5 mm;
discus in annulo ± discontinuo, 0,3-0,5 mm alto dispositus; ovarium ovoideum, glabrum,
1.5- 2 mm in diametro ; fructus capsularis, dehiscentia septicida et loculicida, sphæricus
vel ample ovotdeus, fere 1,2 X 1,5 X 1 cm, breviter stipitatus, in sicco subniger ; perian-
thium persistens, parum vel non accrescens ; semina ignota.
Type : R. Capuron 22328 SF, forêt de Bemangidy au N. de Mahatalaky (Fort-
Dauphin); Madagascar (holo-, P!). Échantillon ?.
Paratype cJ : R. Capuron 22327 SF, même localité, Madagascar (holo-, PI).
Autre matériel : 16038 SF, 16041 SF, 16219 SF, forêt côtière orientale, Manombo,
Farafangana (fruits); 214-R-10 et 13963 SF, Farafangana (stériles).
Arbre de taille moyenne ou grand arbre, de 10 à 30 m de hauteur;
écorce des jeunes rameaux brun rouge et lisse, puis rugueuse, grisâtre, à
tranche épaisse de 4-7 mm, rougeâtre, à lenticelles arrondies ou elliptiques
peu denses. Feuilles opposées décussées, stipulées. Jeunes feuilles condu-
pliquées. Limbe adulte plan, cartacé à subcoriace, glabre, lisse, elliptique
ou un peu obovale, à marges faiblement révolutées; base cunée ou arron¬
die; sommet largement arrondi et brusquement acuminé; acumen étroit,
linéaire, oblong, obtus, long de 1-1,5 cm, large de 2-3 mm; pétiole glabre,
assez grêle, canaliculé sur le dessus, arrondi dessous; stipules soudées à
la base du pétiole et soudées entre elles au sommet, formant une pièce
intrapétiolaire cochléaire, obtuse ou subaiguë au sommet, papilleuse sur
Source : MNHN, Paris
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les bords et pouvant porter quelques poils raides assez longs, densément
et brièvement pubescente à l’intérieur, finalement caduque et laissant une
cicatrice bien visible; au stade jeune, les stipules de deux feuilles opposées
sont accolées et cohérentes par leurs bords, formant un capuchon conique
qui protège les bourgeons végétatifs et les bourgeons floraux; elles se
séparent au moment de l’entrée en développement des bourgeons. Les
inflorescences se développent d’abord, alors que le bourgeon terminal
végétatif est encore dormant; on peut alors avoir l’impression que l’inflo¬
rescence est terminale. Une seule inflorescence peut se développer à l’aisselle
d’une des feuilles, mais, plus souvent, chaque feuille sous-tend une inflo¬
rescence. Puis le bourgeon végétatif se développe en un rameau et souvent
deux bourgeons axillaires à sa base donnent aussi des rameaux symé¬
triques. La ramification se fait ainsi très régulièrement. Les bourgeons,
jeunes rameaux, pétioles, face inférieure des nervures médianes des jeunes
feuilles, portent des poils sétacés brun clair, finalement caducs.
Inflorescences mâles à pédoncule aplati, simple, ou portant 1 ou
2 ramifications latérales, plus souvent subterminales et courtes, élargies
au sommet. Fleurs <? fasciculées par 8-12, à pédicelles grêles, glabres, ayant
à leur base de très petites bractées brunes, longues de 0,5 mm; périanthe
de 6 pièces bisériées, imbriquées (parfois 4-5 par suite de soudures, rarement
7) largement ovales ou suborbiculaires, longues d’environ 2 mm, arrondies
au sommet, ou obtuses ou ± tronquées et érodées, plus rarement sub¬
aiguës, épaisses, charnues à la base, amincies vers les marges, glabres
sur le dos ± papilleuses ciliolées au sommet; pièces internes parfois plus
étroites que les externes. Étamines 9-14 (l’échantillon 16038 SF., par
ailleurs parfaitement identique aux autres, a des fleurs mâles comptant
jusqu’à 27 étamines), ± en deux séries quand elles sont peu nombreuses,
les externes alternant avec les sépales internes; réceptacle, entre les étamines,
portant un disque formé d’excroissances charnues irrégulières, peut-être
de nature glandulaire; pas de vestige d’ovaire. Inflorescences ? axillaires,
se développant comme les inflorescences 3; pédoncule aplati, glabre, long
de 1-1,5 cm; fleurs groupées en cymes bipares, ramifiées une fois; fleur
terminant l’axe principal parfois avortée, plus souvent développée et
àpédicelle grêle, long de 0,8-1 cm; axes latéraux longs de 0,5 cm, terminés
par 3 fleurs, parfois 4; fleur terminale à pédicelle long de 0,2-4 cm, fleurs
latérales à pédicelle très court (1 mm); bractées florales deltoïdes aiguës,
très courtes (0,5 mm), épaisses charnues sur le dos, accompagnées de
1 ou 2 petites bractéoles latérales plus courtes. Fleur $ à périanthe de
6 pièces en deux séries; les 3 pièces externes imbriquées, largement ovales
à suborbiculaires, parfois plus larges que longues, irrégulièrement arron¬
dies ou obtuses au sommet, glabres, un peu ciliolées au sommet, à nerva¬
tion ramifiée et anastomosée; pièces internes plus petites, plus étroite¬
ment imbriquées, concaves, épaisses charnues à la base, amincies vers les
marges, ciliolées au sommet et ± tronquées et denticulées, plurinerves,
mais à nervation moins ramifiée; disque formé de glandes glabres, aplaties,
± soudées en anneau peu élevé, lobulé, entourant la base de l’ovaire.
Gynécée haut de 0,5 mm; ovaire ovoïde, glabre, surmonté d’un style
Source : MNHN, Paris
— 339 —
épais et court, divisé en 3 branches stigmatiques étalées, ovales, obtuses,
à bords révolutés; ovaire 3-4-loculaire; loges à 2 ovules collatéraux, pen¬
dant d’un placenta axile fixé dans le 1 /3 supérieur de l’ovaire; ovules
munis d’une caroncule charnue, papilleuse. Fruit capsulaire, à 2-4 loges,
sphérique ou largement ovoïde, brièvement stipité, ± déprimé au sommet,
à déhiscence septicide et loculicide; périanthe persistant à la base, peu
ou non accrescent; vestige de la base du style persistant en un bec court;
surface du péricarpe brun noirâtre sur le sec, marquée de 3 crêtes méri¬
diennes peu proéminentes et de 3 sillons faiblement canaliculés corres¬
pondant aux cloisons internes, et d’une nervation pennée obliquement
ascendante; épicarpe et mésocarpe mince; endocarpe subéreux plus épais
et plus résistant; coques laissant en se séparant une columelle centrale
atteignant environ les 2/3 de la hauteur du fruit. Graines non vues.
C’est un arbre de la forêt littorale ou sublittorale orientale sur sols
ferrallitiques. Il a été trouvé un peu au N. de Fort-Dauphin et au S.-O.
de Farafangana près du village de Manombo (Canton d’Ihorombe). Flo¬
raison en janvier-février, fructification en juin.
Noms vernaculaires : voalamalo, voaniamalo, vatamalo (Farafangana); ropasy
(Fort-Dauphin).
II est utilisé comme bois de construction (poteaux pour les cases
locales) et de menuiserie.
Voatamalo capuronii Bosser, sp. nov.
— Voatamalo quinquelocularis Capuron, in sched . 1
Habita V. eugenioides minor; petiolis foliisque minoribus, tenuioribus, colore clari-
oribus. Petiolus 1-1,8 cm longus ; lamina late ovata vel elliptica, acuminatc, 3,5-7,5 cm
longa, 2-5 cm lata ; stipulée V. eugenioides similes sed minores 3-3,5 mm longx. Inflores-
centia axillaris, cymosa, cyma simplici 3-fructifera ; pedunculo gracili, 0,3-1,6 cm longo ;
pedicellis gracillibus 0,6-1,5 cm longis. Fructus capsularis, ovoideus, 1-1,5 cm longus,
0,8-1 cm in diametro, 3-5-locularis, breviter stipitatus. Perianthium persistens, parum vel
non accrescens; sepala exteriora 3; imbricata, herbacea, pallide viridia, ovato-obtusa,
subæqualia (0,4-) 0,5-1,2 X (0,2-) 0,4-0,8 cm, sepala interiora 3, non imbricata, minora,
oblonga, 3 mm longa, 1,5 mm lata, semina non visa.
Type : R. Capuron 20993 SF., forêt de Sahafary, bassin de la Saharaina, vers 200 m
d’altitude, Madagascar N.E. (holo-, P!); échantillon en fruits.
Autre matériel : R. Capuron 20925 SF., massif calcaire de « La Montagne des
Français », vallée de l’Andavakoera, Madagascar N.O. (en fruits).
Arbuste ou petit arbre de 6-7 m de hauteur; écorce des rameaux
jeunes brun jaunâtre, des rameaux adultes brunâtres, à lenticelles petits,
punctiformes. Feuilles adultes glabres, à limbe cartacé sur le sec, vert
clair, ovale à elliptique, plan, à marges légèrement révolutées, arrondi
ou faiblement cuné à la base, brièvement acuminé au sommet (acumen
long de 0,3-1 cm, obtus); pétiole jeune brun jaunâtre clair ou un peu
1. J'ai préféré changer le nom que R. Capuron avait inscrit sur quelques échantillons,
car, en fait, ie fruit n’a souvent que 3 ou 4 loges, parfois seulement 5 loges.
Source : MNHN, Paris
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rougeâtre, grêle, aplati ou faiblement canaliculé dessus, arrondi dessous;
stipules jeunes étroitement cohérentes bord à bord et protégeant les bour¬
geons, ovales, obtuses, longues de 3 mm environ, concaves, pubescentes à
l’intérieur, finalement caduques et laissant une cicatrice sur la base du
pétiole. Jeunes pousses, partie apicale du pétiole jeune, face inférieure
de la nervure médiane de la jeune feuille, portant quelques poils brun
clair, sétiformes, tôt caducs.
Fleurs inconnues. Fruits groupés par 3, en cymes pédonculées; pédon¬
cule grêle et glabre, parfois très court (0,3-1,6 cm); pédicelles glabres,
grêles, un peu épaissis au sommet, longs de 0,6-1,5 cm, le médian plus
long que les latéraux; bractées de la base des pédicelles deltoïdes, en géné¬
ral très petites, 0,2-0,6 (-2,5) mm. Fruit capsulaire, ovoïde, brièvement
stipité, arrondi ou faiblement apiculé au sommet, à 3-5 loges; placentas
axiles, subapicaux; surface du péricarpe brun noirâtre ou brun jaunâtre
sur le sec, portant 6-10 lignes méridiennes faiblement en relief. Périanthe
persistant, formé de 2 cycles de 3 (-4) sépales ; sépales externes imbriqués,
herbacés, ovales obtus, vert pâle, glabres, à nervation réticulée, subégaux
ou parfois inégaux, peut-être faiblement accrescents; sépales internes
non imbriqués, plus petits, alternes avec les sépales externes, oblongs, obtus,
un peu concaves, charnus à la base, ciliolés au sommet, paucinerviés.
Graines non vues.
Cette espèce n’est connue que par deux récoltes, malheureusement
toutes deux seulement en fruits. C’est un arbuste ou un petit arbre de la
forêt semi-décidue sur sables ou sur calcaires du N. de l’île. Ce type de
forêt se rattache au domaine phytogéographique de l’Ouest malgache.
Alors que V. eugenioides est un arbre de la forêt sempervirente du domaine
de l’Est. La fructification a lieu en février; la floraison doit donc se situer
en octobre-novembre. Les fleurs étant inconnues, un doute subsiste quant
à l’attribution de l’espèce à ce nouveau genre. Cependant les caractères
foliaires et plus particulièrement des stipules et les caractères du fruit me
paraissent fournir des éléments suffisamment solides pour proposer ce
rattachement.
Bibliographie
Airy Shaw, H. K. — Diagnoses of new families, new names etc... for the seventh édition
of Willi’s dictionary. Kew Bull. 18 (2) : 249-273 (1965).
— Notes on malesian and other asiatic Euphorbiaceæ, 131. New combinations and new
taxa in Ausirobuxus Miq., Kew Bull. 25 (3) : 506-510 (1971).
— The genus Androstachys in Madagascar, Adansonia, ser. 2, 10 : 519-524 (1971).
— Notes on malesian and other asiatic Euphorbiaceæ , 175. New species of Ausirobuxus
with a key to the whole généra, Kew Bull. 29 (2) : 303-309 (1974).
Bâillon, H. — Description du genre Longetia, Adansonia, ser. 1,6: 354-359 (1866).
Capuron, R. — Essai d’introduction à l'étude de la flore forestière de Madagascar.
1 fasc. ronéotypé, 125 p. C.T.F.T., Tananarive (1957).
Leandri, J. -— Euphorbiacées, in Humbert H., Flore de Madagascar et des Comores,
111® famille, t. 1, 1 vol., 199 p. (1958).
Fax, F. & Hoffmann, K. — Euphorbiaceæ , in Engler & Harms, Nat. Pflanzf. 2 e éd.,
19c : 11-240 (1931).
O.R.S.T.O.M. et Laboratoire de Phanérogamie
Muséum - Paris.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 15 (3) : 341-355, 1976.
LE GENRE BIKKIA (RUBIACEÆ-CONDAMINEÆ)
EN NOUVELLE-CALÉDONIE
par Joël Jérémie & Nicolas Hallé
Summary : Genus Bikkia of New Caledonia is reviewed; description of two new
species: B. kaalaensis N. Hallé & J. Jérémie et B. lenormandii N. Hallé & J. Jérémie.
A key of the eleven recognized species is added.
Le genre Bikkia Reinwardt est constitué d’une vingtaine d’espèces
localisées dans quelques îles du Pacifique; à la Nouvelle-Calédonie, en
plus de Bikkia, la tribu des Condamineæ ne renferme que le genre Morierina
Vieillard. Les deux genres sont très voisins et se distinguent essentielle¬
ment par les caractères suivants : chez les Bikkia, la corolle est largement
campanulée avec des lobes triangulaires (ou presque nuis) de 0,5-20 mm
de longueur, tandis que chez Morierina elle est tubuleuse avec des lobes
étroitement allongés, oblongs à linéaires, de 30-40 mm de longueur;
d’autre part, les anthères sont incluses et se tordent en spirale après l’an-
thèse dans le genre Bikkia, alors qu’elles sont exsertes et non spiralées
après l’épanouissement de la fleur chez Morierina.
Depuis la parution de la « Flore Analytique et Synoptique de la
Nouvelle-Calédonie » de A. Guillaumin en 1948, de nombreuses collec¬
tions sont venues s’ajouter à celles existant déjà dans l’Herbier de Paris;
en particulier, les récoltes de H. S. MacKee qui y parviennent régulière¬
ment, permettent d’analyser et d’identifier de façon précise des espèces
qui demeuraient imparfaitement connues, et de décrire un certain nombre
de nouveautés; ces collections récentes sont d’un immense intérêt pour
tous les botanistes et particulièrement pour les rédacteurs de la nouvelle
Flore de la Nouvelle-Calédonie réalisée par notre Laboratoire.
Selon R. Virot (1956) la famille des Rubiaceæ se situe, en Nouvelle-
Calédonie, au second rang en ce qui concerne le nombre des espèces; son
étude dans le cadre de la réalisation de la Flore ne fait que commencer
et nous avons jugé utile de présenter tout de suite ce travail pour décrire
les nouveautés que nous avons reconnues.
L’un de nous (N. H.) au cours d’une mission à la Nouvelle-Calédonie
en 1971, a analysé un certain nombre d’espèces de Bikkia sur le terrain et
Source : MNHN, Paris
— 342 —
a rapporté des dessins coloriés de dissections in vivo ainsi que des diapositives
couleur, documents qui permettent de préciser certains caractères qui ne
peuvent être observés sur des échantillons d’herbier, et qui ont été large¬
ment exploités. Nous avons étudié environ 200 spécimens de Bikkia
conservés dans l’Herbier de Paris (dont plus du quart provenant de la
collection MacKee) ainsi qu’une cinquantaine d’échantillons du Botanischer
Garten de Zurich 1 .
BIKKIA Reinwardt
Syll. PI. Ratisb. 2 : 8 (1825 vel 1826) 2 ; in Blume, Bijdr. 1017 (1826) in syn.
— Cormigonus Rafinesque, Ann. Gén. Sci. Phys. 6 : 83 (1820), nom. nud.
— Thioliierea Montrouzier, Mém. Acad. Lyon 10 : 217 (1860).
— Bikkiopsis Brongniart, Bull. Soc. Bot. Fr. 12 : 404 (1865).
— Grisia Brongniart, Bull. Soc. Bot. Fr. 12 : 405 (1865).
— Tatea Seemann, Fl. Vit. : 125 (1866).
En Nouvelle-Calédonie, ce sont tous des arbustes de 1,5-5 m de
hauteur; les rameaux sont généralement glabres, sauf dans deux cas
(B. macrophyUa var. fritillarioides est très finement velu et il en est parfois
de même pour les jeunes rameaux de B. campanulata). Les feuilles opposées-
décussées sont complètement glabres, généralement pétiolées (presque
sessiles chez B. pachyphylla). Les stipules sont courtes (1 à 4 mm), souvent
tronquées avec parfois un petit mucron, acuminées chez B. teirandra.
Inflorescences supra-axillaires 1-12-flores; fleurs tétramères ou pentamères,
pédicellées; calice à tube court de 1-3 mm de longueur, glabre extérieure¬
ment, terminé par des dents de 2-15 mm de longueur; corolle campanulée,
de 1,5-10 cm de longueur, à 4 ou 5 lobes triangulaires (presque tronquée
chez B. retusiflora ); le tube est pubescent intérieurement dans la région
basale. 4 ou 5 étamines insérées à la base du tube de la corolle et soudées
entre elles, approximativement de la même longueur que la corolle; filet
des étamines pubescent à la base; anthères se tordant en spirale après
l’anthèse. Style glabre de même longueur que les étamines. Ovaire bilocu-
laire, glabre ou pubescent, chaque loge renfermant un placenta bilobé.
Fruit : capsule à déhiscence septicide.
Espèce-type : Bikkia tetrandra (L.f.) A. Richard
L'index des genres établi par l’International Association for Plant
Taxonomy attribue cette combinaison à Aza Gray (1860): la priorité revient
en réalité à A. Richard qui l’avait valablement publiée 30 ans auparavant.
Le B. tetrandra, récolté à l’extrême pointe Est de la Grande-Terre
(Cap Coronation), dans les Iles Loyalty et à l’Ile des Pins, existe aussi
1. Nous remercions le Directeur de cet établissement qui nous a obligeamment prêté
du matériel de divers genres de Rubiaceæ néo-calédoniennes.
2. Les détails de la publication de cette revue ont été discutés par Stafleu (Taxonomie
literature, p. 220, déc. 1967), v. Steenis (Fl. Males. Bull. 4 : 97-99, 1948) et Kuntze (Rev.
Gen. 1 : 141, 1891).
Source : MNHN, Paris
— 343 —
en Nouvelle-Guinée, aux Nouvelles-Hébrides, aux Iles Mariannes... Les
dix autres espèces reconnues sont toutes endémiques de la Nouvelle-
Calédonie.
CLÉ DES ESPÈCES
1. Fleur tétramère.
2. Inflorescence 1-fiore; anthères de plus de 10 mm de longueur; pla¬
centa fendu sur plus de la moitié supérieure; au moins une cinquan¬
taine d'ovules par placenta.
3. Corolle blanche, de 6-10 cm de longueur; largeur du limbe foliaire
supérieure à 3,5 cm; le rapport longueur/largeur varie de 1,4
à 1,9; stipule à acumen de 1,5-2 mm de longueur; anthère longue
d'environ 30 mm; poils à la base du filet des étamines en anneau
non oblique d’environ 30-40 mm de hauteur; placenta d’environ
15 mm de longueur; fruit de 25-35 mm de longueur... 1. B. ietrandra
y. Corolle rouge en dehors, jaune en dedans, de 5-6 cm de longueur;
limbe foliaire ne dépassant pas 3 cm de largeur; le rapport
longueur/largeur varie de 3,5 à 4,0; stipule tronquée parfois à
petit mucron de moins de 1 mm de longueur; anthère longue de
13-15 mm; poils à la base du filet des étamines sur environ 8 mm,
en anneau oblique de 2 mm de hauteur; placenta d’environ
4 mm de longueur; fruit de 13-15 mm de longueur.... 2. B. kaalaensis
2'. Inflorescence 3-12-flores; anthères de moins de 10 mm de longueur;
placenta fendu au plus dans la moitié supérieure; 5-40 ovules par
placenta.
4. Corolle d’aspect tronqué à lobes de 0-2 mm de longueur.
. 3. B. retusiflora
4'. Lobes de la corolle triangulaires de 5-10 mm de longueur.
5. Ovaire glabre; bractées généralement longues (3-10 (13) mm),
les ultimes recaulescentes sur le pédicelle; sommet du fruit
saillant au-dessus du rebord calicinal (2-4 mm); dents du
calice généralement longues de 5-10 mm; 25-35 (38) ovules
par placenta . 4. B. lubiflora
5'. Ovaire densément velu; bractées plus petites que chez l’es¬
pèce précédente (env. 0,5 mm), les ultimes non recaulescentes
sur le pédicelle; sommet du fruit dépassant à peine le re¬
bord calicinal (0,5 mm env.); dents du calice de 2-5 mm de
longueur; (5) 6-9 (11) ovules par placenta. 5. B. artensis
1 '. Fleur pentamère.
6. Fleur de petite taille (corolle de 1,5-2 cm de longueur); limbe foliaire
à acumen de 6-8 mm de longueur très distinct; fruit long de 6-8 mm
. 6. B. parviflora
6' .Fleur grande (corolle de 4,5-6,5 cm de longueur); sommet du limbe
foliaire arrondi ou à petit apicule obtus; fruit long de 12-25 mm.
7. Inflorescence 1 (2)-flores.
8. Corolle jaune; feuilles très obovées sub-lyriformes (ou pan-
duriformes); le sommet du limbe est arrondi à sub-tronqué
avec un petit apicule obtus. 7. B. pachyphylla
8'. Corolle rouge extérieurement (jaune à la base du tube);
feuilles obovées non panduriformes; sommet du limbe très
arrondi sans apicule.
9. Dents du calice de 7-8 mm de longueur; lobes de la
corolle longs de 5-6 mm; quelques poils à l’extérieur
du tube de la corolle à la base; fruit de 12-16 mm de
longueur; placenta fendu sur moins de la moitié supé¬
rieure; 9-22 ovules par placenta. S. B. campanulata
Source : MNHN, Paris
— 344 —
9'. Dents du calice de 10-15 mm de longueur; lobes de
la corolle longs de 8-10 mm; base du tube de la corolle
glabre extérieurement; fruit de 20-25 mm de longueur;
placenta fendu sur plus de la moitié supérieure; 25-45
ovules par placenta. 9. fi. neriifolia
T. Inflorescence 3-15-flores.
10. Calice à (8) 9-10 dents de moins de 1,5 mm de largeur;
bractées foliacées de 12-25 mm de longueur; ovaire à côtes
très marquées; tube de la corolle pubescent à l’intérieur
sur 3-5 mm; poils à la base des étamines disposés en anneau
oblique; une cinquantaine d’ovules par placenta.. 10. B. lenormandii
10'. Calice à 5 dents de 1,5-3 mm de largeur; bractées non
foliacées de 1-4 mm de longueur; ovaire à côtes générale¬
ment peu marquées; tube de la corolle pubescent à l’in¬
térieur sur 7-20 mm; poils à la base des étamines disposés
en anneau non oblique; 20-40 ovules par placenta, ll.fi. macrophyllu
11. Rameaux très glabres; 20-30 ovules par placenta...
. lia. var. macrophylla
11 '. Rameaux à très petits poils bien visibles surtout au-
dessus des nœuds où ils sont apprimés descendants;
30-40 ovules par placenta. 11b. var. fritillarioides
ÉNUMÉRATION DES ESPÈCES
1. Bikkia tetrandra (L.f.) A. Richard
Mém. Fam. Rub. : 151 (1830) [1829] 1 ; Mém. Hist. Nat. Paris 5 : 231 (1834).
— Porüandia tetrandra L.f., Suppl. Plant. : 143 (1781); Forster, Prodr. : 15 (1786) 2 .
— Cormigonus tetrandrus (L.f.) O. Kuntze, Rev. Gen. : 279 (1891).
— Hoffmannia amicorum Spreng., Syst. Veg. 1 : 416 (1825).
— Bikkia grandiflora Reinw., Syll. PI. Ratisb. 2 : 8 (1825 vel 1826), nom. illeg.
— Bikkia australis DC. var. a forsteriana DC., Prod. 4 : 405 (1830).
— Bikkia australis DC. var. ,3 commersoniana DC., Le.
— Bikkiopsis pancheri A. Brongn., Bull. Soc. Bot. Fr. 12 : 405 (1865).
— Cormigonus pancheri (A. Brongn.) O. Kuntze, Rev. Gen. : 279 (1891).
— Bikkia pancheri (A. Brongn.) Guillaumin, in Lecomte, Not. Syst. 1 : 112 (1909).
— Bikkia forsteriana A. Brongn., Bull. Soc. Bot. Fr. 13 : 42 (1866).
— Bikkia comptonii S. Moore, Journ. Linn. Soc., Bot. 45 : 326 (1921).
— Ludovica thiebautii Vieill. ex Guillaumin, in syn., Ann. Mus. Col. Marseille, ser. 2,
9 : 167 (1911), nom. nud.
Holotype : herb. Linné 228.
1. La véritable date de publication de ce travail est déc. 1830; voir à ce sujet les com¬
mentaires de Stearn (Taxon 6 : 186-188 (1957), v. Steenis-Kruseman (Fl. Males. Bull. 14 :
645 (1960) et Stafleu (Taxonomie literature : 391-392 (1967).
2. De nombreux auteurs ont considéré que le binôme Portlandia tetrandra a été créé
par G. Forster en 1786; or, ce dernier précise bien dans la préface de ses Prodromes qu’ij
reprend les noms figurant dans le Sysl. Veg. de Murray ed. 14, et renvoie le lecteur, en ce qui
concerne P. tetrandra à la page 213 de cet ouvrage qui renvoie à son tour au Suppl. Plant,
page 143.
Source : MNHN, Paris
PI. 1. — Bikkia kaalaensis N. Hallé & J. Jérémie (MacKee 16129) : I, rameau florifère x 2/3;
2, détail d'une stipule x 3,5; 3, calice et ovaire; 4, détail de la base du tube de la corolle
et de 2 des filets staminaux x 3,5; 5, vue apicale du tube du calice et du disque (lobes
du calice sectionnés); disque d’environ 2,5 mm de diamètre; 6, coupe transversale de
l’ovaire au 1/4 supérieur des loges x 5,5; 7, id. à la base des loges; 8, anthère (face et
profil) d’environ 15 mm de longueur; 9, coupe transversale d’une anthère x 14,5;
10, style de 51 x 0,7 mm; 11, coupe transversale d’un lobe du calice à 3 différents niveaux ;
12, un placenta d’environ 4 mm de longueur, couvert d’ovules; 13, graine x 8,5; a, détail
de l’ornementation du tégument x 22,5; 14, embryon (face et profil) de 0,5 mm de
Source : MNHN, Paris
— 346
2. Bikkia kaalaensis N. Hallé & J. Jérémie, sp. nov.
Frulex ca. 70 cm ahus, ramis teretibus, glabris, stipulis truncatis, 1,5-2 mm longis.
Folia opposita-decussata, peiiolis 5-12 mm, lamina 5-9,5 x 1,5-2,5 cm, glabra, elliplica
vel vix obovata, apice rotundata, margine revoluta, nervis secundariis 7-8. Flores supra-
axillares, singulares, 4-meri; calyx extra glaber, lobis 4, apice acutis 13-15 x 3,5-4 mm;
corolla 5,5-6 cm longa, extus rubra, intus lutea, campanulata, tubo intus prope ad basin
piloso, lobis 4 laie deltoideis, 10-12 mm altis. Stamina 5,5-6 cm longa, filamentis ad basin
piliferis, antheris 13-15 mm longis. Stylus glaber, 5 cm longus, basi incrassatus. stigmate
dilatato bilobato. Ovarium biloculare, 4-costulatum, glabrum; placenta' 4 mm longæ,
3/4 fissæ; ovula 50-60 in quoque loculo. Fructus capsularis, 13-18 mm altus. Semen ca.
2,5 x 1,5 x 1 mm. — PI. 1.
Type : MacKee 16129, sommet Nord du Mont Kaala, ait. 1000-1050 m (holo-, P).
Arbuste d’environ 70 cm de hauteur; entrenœuds des rameaux glabres,
cylindriques et ridés longitudinalement à sec. Les stipules de 1,5-2 mm
de hauteur sont tronquées, soudées à l’intérieur des pétioles et glabres
extérieurement; à la face interne, elles portent des poils glandulaires (céro-
cystes) localisés surtout dans la région inférieure, accompagnés de petits
poils épidermiques qu’on trouve aussi sur la marge.
Les feuilles opposées-décussées sont pétiolées; ce pétiole de 5-12 mm
de longueur est parfois un peu canaliculé à la face supérieure; le limbe est
elliptique ± obové, vert foncé et brillant au-dessus, vert clair en dessous,
arrondi au sommet, un peu décurrent le long du pétiole, à marge révolutée
à sec, de 5-9,5 x 1,5-2,5 cm (le rapport longueur /largeur varie de 3,5 à 4),
entièrement glabre sur ses deux faces; la nervure médiane est saillante en
dessous, surtout dans la région basale du limbe; les 7-8 paires de nervures
secondaires sont peu marquées à la face supérieure et presque invisibles à
la face inférieure.
Les fleurs sont tétramères, supra-axillaires, solitaires et pédicellées;
le pédicelle est glabre, de 2 mm de diamètre et articulé (la partie inférieure
de 4-6 mm de longueur, la partie supérieure de 8-10 mm). Le tube du
calice est court, de 2-3 mm de hauteur, glabre extérieurement, mais muni
de petits poils épidermiques à la face interne; il est prolongé de 4 lobes
aigus au sommet, de 13-15 x 3,5-4 mm; intérieurement, à la base de chaque
lobe, on trouve quelques cérocystes accompagnés de poils épidermiques.
La corolle est rouge extérieurement, jaune intérieurement, longue de
5,5-6 cm et campanulée; le tube est rayé par 4 lignes longitudinales qui
prolongent le point de soudure des 4 lobes qui le terminent; ces lobes sont
triangulaires de 9-12 mm de longueur, larges à la base d’environ 20 mm;
la face interne du tube porte dans la région proximale et sur environ 6 mm
de hauteur, une couronne de poils ascendants. Les 4 étamines de 5,5-6 cm
de longueur sont insérées au fond du tube de la corolle et sont soudées entre
elles à la base sur 1,5-2 mm; les filets de 3,5-4 cm sont couverts, dans leur
partie proximale, sur environ 8 mm, de poils ascendants disposés en cou¬
ronne oblique; les anthères de 13-15 x 1,5 mm sont enroulées en spirale
après l’anthèse (sur le sec). Pollen bréviaxe, tricolporé subtriangulaire en
vue polaire. Diamètre polaire 24 [/., diamètre équatorial 30-33 |x; triangle
polaire d’environ 6 [x de côté. Exine d’environ 3 [x d’épaisseur, peu distincte-
Source : MNHN, Paris
— 347 —
ment microponctuée. Endexine paraissant craquelée : craquelures formant
des fascies cernant les zones aperturales.
L’ovaire est biloculaire, de 6-8 mm de longueur; il est ailé (prolonge¬
ment des lobes du calice), glabre extérieurement, surmonté d’un disque
charnu d’environ 2 mm de diamètre; chaque loge renferme un placenta
d’environ 4 mm de longueur, fendu dans sa partie supérieure sur environ
3 mm, entièrement recouvert d’ovules sur toute la surface qui n’est pas en
contact avec la cloison; 50 à 60 ovules sont insérés sur chaque placenta.
Le style, de 5-5,5 cm de longueur et d’environ 0,7 mm de diamètre,
est un peu renflé dans la région proximale, bicanaliculé et renflé en massue
à l’extrémité stigmatique qui est bilobée.
Le fruit est une capsule de 13-18 mm de longueur (sans les lobes du
calice qui persistent), et de 6-8 mm de largeur, ailé comme l’ovaire; le
disque ne dépasse pas le rebord calicinal. Les nombreuses graines (une
quarantaine), de forme variable, d’environ 2,5 mm de longueur, ont un
tégument réticulé et renferment un petit embryon de 0,5-0,6 mm de longueur.
Remarques : Parmi toutes les espèces néo-calédoniennes du genre
Bikkia, c’est le B. neriifolia qui semble le plus voisin de cette plante, mais
il s’en distingue par un certain nombre de caractères importants : chez
B. neriifolia les fleurs sont pentamères 1 , l’ovaire est plus allongé et présente
10 côtes longitudinales, le fruit est lui aussi plus étiré et à 10 côtes, le pla¬
centa est bien plus long, de forme différente, et les ovules sont disposés
en deux rangées longitudinales (voir pour ce dernier point la planche 5
relative à la placentation des différentes espèces de Bikkia néo-calédoniens).
3. Bikkia retusiflora (A. Brongn.) Schlechter
Bot. Jahrb. 39 : 255 (1907); Guillaumin, Arch. Bot. 3 (5) : 2 (1930).
— Grisia retusiflora A. Brongn., Bull. Soc. Bot. Fr. 12 : 407 (1865).
— Grisia carnea A. Brongn. & Gris, Ann. Sc. Nat. ser. 5, 13 : 400 (1871).
— Cormigonus carneus (A. Brongn. & Gris) O. Kuntze, Rev. Gen. : 279 (1891).
— Bikkia truncata S. Moore, Journ. Linn. Soc., Bot. 45 : 327 (1921).
Type : Vieillard 851 (holo-, P; iso-, Z).
Cette espèce se distingue nettement de toutes les autres par sa corolle
qui est d’aspect tronqué avec des lobes ne dépassant pas 2 mm de longueur.
4. Bikkia tubiflora (A. Brongn.) Schlechter
Bot. Jahrb. 39 : 255 (1907); Guillaumin, FI. Nouv.-Caléd. : 329 (1948); Mém.
Mus. Hist. Nat. 8 (1) : 98 (1957).
— Grisia tubiflora A. Brongn., Bull. Soc. Bot. Fr. 12 : 407 (1865).
Lectotype : Pancher s.n. (1862), (P).
1. Ce caractère de fleurs tétramères ou pentamères s’est révélé tout à fait stable pour
toutes les espèces; il s’agit de considérer uniquement le nombre de lobes de la corolle et le
nombre d'étamines; aucune exception n’est apparue au sein d’une même espèce; aussi, comme
l’a fait avant nous A. Guillaumin (1930), avons-nous divisé ce genre en deux groupes selon
que les espèces étaient du type 4 ou du type 5.
Source : MNHN, Paris
— 348 —
PI. 2. — Répartition du genre Bikkia en Nouvelle-Calédonie.
5. Bikkia artensis (Montrouz.) Guillaumin
Not. Syst. 1 (4) : 112 (1909); Arch. Bot. 3 (5) : 2 (1930).
— Thiollierea artensis Montrouz., Mém. Acad. Lyon 10 : 217 (1860).
— Grisia deplanchei A. Brongn. & Gris, Ann. Sc. Nat., ser. 5, 13 : 400 (1871).
— Cormigonus deplanchei (A. Brongn. & Gris) O. Kuntze, Rev. Gen. : 279 (1891).
Type : Montrouzier 110 (holo-, P).
C’est la seule espèce néo-calédonienne qui présente un ovaire densé¬
ment velu; en outre, les placentas sont relativement peu lobés et portent
un nombre réduit d’ovules (6-9).
B. retusiflora, B. tubiflora et B. artensis ont souvent été confondus;
les caractères que nous avons donnés dans notre clé permettent de les
distinguer facilement; signalons de plus que, quoique très proches mor¬
phologiquement, elles sont localisées dans 3 secteurs bien délimités de la
Grande Terre (PI. 2).
6. Bikkia parviflora Schlechter & K. Krause
Bot. Jahrb. 40 : 45 (1908); S. Moore, Journ. Linn. Soc., Bot. 45 : 327 (1921);
Guillaumin, Arch. Bot. 3 (5) : 4 (1930); Fl. Nouv.-Caléd. : 329 (1948).
Type : Le Rat 15 (holo-, P).
Source : MNHN, Paris
— 349 —
Cette espèce est la seule à présenter des feuilles nettement acuminées
et des fleurs relativement de petite taille; nous n'en avons trouvé dans
l’herbier de Paris que 2 échantillons : Le Rat 15 récolté en 1903 à Caricouié
(Rivière du Pt Cassé) et Le Rat 577 (spécimen non daté) récolté au Mont
Dzumac, reçu à Paris en octobre 1909.
7. Bikkia pachyphylla A. Guillaumin
Bull. Mus. Hist. Nat. Paris, ser. 2, 20 : 284 (1948); Fl. Nouv.-Caléd. : 329 (1948);
Mém. Mus. Hist. Nat. 8 (1) : 98 (1957).
Type : Bernier 120 (holo-, P).
Cette espèce se reconnaît très bien en herbier par ses feuilles épaisses
et panduriformes; par ailleurs, elle est, à la Nouvelle-Calédonie, la seule
à avoir des fleurs de couleur jaune. Il n’y a que 4 récoltes dans l’Herbier
de Paris; toutes proviennent de la même station, et le nombre très faible
de pieds rend la survie de cette espèce très problématique.
8. Bikkia campanulata (A. Brongn.) Schlechter
Bot. Jahrb. 39 : 255 (1907); S. Moore, Journ. Linn. Soc., Bot. 45 : 326 (1921);
Guillaumin, Arch. Bot. 3 (5) : 2 (1930).
— Grisia campanulata A. Brongn., Bull. Soc. Bot. Fr. 12 : 406 (1865).
— Grisia campanulata A. Brongn. var. laureola A. Brongn. & Gris, Ann. Sc. Nat.,
ser. 5, 13 : 401 (1871).
— Cormigonus campanulata (A. Brongn.) O. Kuntze, Rev. Gen. : 279 (1891).
— Tatea portlandioides Seem., Flora Vitiensis : 125 (1866).
— Cormigonus portlandioides (Seem.) O. Kuntze, Rev. Gen. : 279 (1891).
— Bikkia alyxioides S. Moore, Journ. Linn. Soc., Bot. 45 : 326 (1921).
Lectotype : Vieillard 850 pro parte , Canala (Unio), (P).
D’autres échantillons récoltés par Vieillard à Poum et portant aussi
le n° 850 correspondent au B. neriifolia.
9. Bikkia neriifolia (A. Brongn.) Schlechter
Bot. Jahrb. 39 : 255 (1907); Guillaumin, Arch. Bot. 3 (5) : 3 (1930).
— Grisia neriifolia A. Brongn., Bull. Soc. Bot. Fr. 12 : 406 (1865); emend. A. Brongn.
& Gris, Ann. Sc. Nat., ser. 5, 13 : 401 (1871).
— Cormigonus neriifolia (A. Brongn.) O. Kuntze, Rev. Gen. : 279 (1891).
Type : Mueller s.n. (holo-, P).
10. Bikkia lenormandii N. Hallé & J. Jérémie, sp. nov.
— Grisia vieillardii Lenormand, ms. in herb.
— Grisia vieillardii Lenormand ex Guillaumin, Arch. Bot. 3 (5) : 3 (1930), in syn.
Frutex glaber 2-4 m altus. Stipula: tubulosæ ca. 2 mm longx, truncatx. Folia opposita-
decussata, petiolis 2-3,5 cm longis ; lamina 8-12 x 2,5-4 cm, vix obovata, apice rotundata,
glabra, margine revoluta ; nervi latérales 7-9-jugi. Inflorescentix supra-axillares 3-6-florx ;
Source : MNHN, Paris
— 350 —
bracleæ lineares 12-25 mm longæ. Flores 5-meri; calyx 9-IO-lobatus, lobis 10-12 x 1-1,5 mm :
corolla extus rubra, intus lulea, 5,5-6 cm longa, campanulata, tubo intus prope ad basin
piloso, lobis 5, laie delloideis. Slamina ca. 5 cm longa ; antheræ basifixæ 10-11 mm longæ,
filamentis ad basin piliferis, vix 4-4,5 cm longis. Stylus ca. 5 cm longus, bilobatus, basi
dilatatus. Ovarium 9-10 costulatum, glabrum, biloculare ; placenta- 6-7 mm longæ ; ovula
50-60 in quoque loculo. Fructus capsularis 17-20 X 6 mm, 9-10-costulatus, calycis lobis
perstantibus, seminibus ca. 100 — PI. 3.
Type : MacKee 24529, base Sud du Koniambo : Rivière Rouge, ait. 50 m, maquis
sur terrain rocheux serpentineux (fl., fr., nov.) (holo-, P).
Arbuste de 2-4 m de hauteur à rameaux cylindriques entièrement
glabics, ridés à sec. Stipules courtes (environ 2 mm de longueur), soudées
à l’intérieur des pétioles, tronquées (on observe parfois un petit mucron),
glabres extérieurement, sub-glabres à la face interne où s’observent quelques
poils glandulaires (cérocystes); ces stipules ne sont persistantes qu'à l’extré¬
mité des rameaux. Les feuilles sont opposées-décussées, entièrement glabres,
avec un pétiole de 2-3,5 cm de longueur; le limbe est ± obové, de
8-12 x 2,5-4 cm (le rapport longueur/largeur varie de 2,5 à 3,5), vert foncé
à la face supérieure, plus clair et brillant en dessous; la marge est révo-
lutée sur le sec; la nervure médiane est proéminente à la face inférieure où
elle est colorée en jaune orangé, sillonnée à la face supérieure; 7-9 paires
de nervures secondaires rectilignes, se raccordant entre elles près de la
marge (nervation brochidodrome), et non saillantes.
Les inflorescences sont supra-axillaires, 3-5-flores; dans le cas d’une
inflorescence triflore, les fleurs sont portées par un pédoncule commun (Pi)
de 10-25 mm de longueur; s’il s’agit d’une inflorescence 5-flores, la fleur
centrale est remplacée par un 2 e pédoncule (P 2 ) qui porte à son tour 3 fleurs.
Le ou les pédoncules sont aplatis, s’élargissent vers le haut et portent à
leur sommet deux bractées foliacées de 10-25 x 1-4 mm. Les fleurs sont
pentamères, portées par un pédicelle de 6-13 mm muni de deux petites
bractéoles recaulescentes, falciformes, longues de 1-1,5 mm; le calice est
glabre extérieurement, à tube court, pubérulent et garni de cérocystes
intérieurement, prolongé par 9-10 dents de 10-12 x 1-1,5 mm, aiguës
au sommet. La corolle de 5,5-6 cm de longueur est rouge extérieurement,
jaune à la base du tube et glabre; intérieurement, le tube est jaune et pubes-
cent dans la région proximale sur 3-5 mm; 5 lobes triangulaires de 6-7 mm
de longueur, de 13-14 mm à la base (certains (2 ou 3) étant marginés à
l’apex) prolongent le tube. Les 5 étamines sont soudées entre elles, à la
base sur environ 2 mm, et au fond du tube de la corolle; leur filet de 4-4,5 cm
de longueur est cylindrique (environ 1 mm de diamètre) et est garni à la
base, sur environ 4 mm, de poils épidermiques disposés en un anneau
oblique; les anthères de 11-12 mm de longueur sont enroulées en spirale
après I’anthèse. Pollen bréviaxe tricolporé subtriangulaire en vue polaire;
diamètre polaire 21 n, diamètre équatorial 25-28 |x; triangle polaire d’envi¬
ron 5 n de côté; exine d’environ 2n d’épaisseur, très finement ponctuée en
surface, peu distinctement et apparemment granuleuse d’aspect en profon¬
deur; endexine paraissant craquelée : zones aperturales cernées de fascies. Le
style de 5,5-6 cm de longueur et d’environ 0,8 mm de diamètre, est canali-
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 352 —
culé et un peu renflé à la base; il est terminé en massue à l’extrémité stigma-
tique qui mesure 3-3,5 mm et son apex est bilobé. Disque de 3-3,5 mm de
diamètre sur environ 1 mm de hauteur.
L’ovaire de 5-8 mm de longueur, indistinctement atténué en pédicelle,
est glabre, à 9-10 côtes très marquées, biloculaire; chaque loge renferme
un placenta linéaire d’environ 6-7 mm de longueur, divisé en deux sur
environ les 3/4 supérieurs, recouvert de 2 rangées verticales d’ovules
ascendants; 50 à 60 ovules par placenta.
Le fruit est une capsule côtelée comme l’ovaire, élargie vers le haut,
de 17-21 x 6-7 mm; la déhiscence est septicide; la capsule se divise profon¬
dément en deux valves, chacune de ces dernières se partageant à son tour
en deux, uniquement à son sommet. Les graines, groupées en 4 rangées
verticales, demeurent dressées au milieu du fruit; elles sont aplaties, de
2,5-2,8 mm de longueur, et d’environ 0,7-0,8 mm d’épaisseur; elles ren¬
ferment un petit embryon droit de 1-1,2 mm de longueur.
Matériel étudié : MacKee 20089, base Sud du Koniambo : Rivière Rouge, ait.
50 m, maquis sur terrain rocheux serpentineux (fl., fr., janv.); 24529, même localité
(fl., fr., nov.); Vieillard 2706, montagnes de Gomonen à Gatope (fl.).
Remarques : Guillaumin (1930) rapportait l’échantillon Vieillard 2706
au Bikkia macrophylla. Cette remarquable espèce ne saurait pourtant
être confondue avec le B. macrophylla pas plus qu’avec un autre Bikkia;
une observation rapide du spécimen Vieillard 2706 révèle l’originalité des
bractées d’inflorescence, du calice et de l’ovaire; les deux récoltes de
MacKee précédemment citées présentent les mêmes particularités aux¬
quelles s’ajoutent celles du fruit dont les côtes sont bien plus marquées
que chez B. macrophylla ; une étude plus approfondie de ces deux espèces
révèle en outre l’existence d’autres caractères différentiels, tels que la
pubescence à l’intérieur du tube de la corolle et à la base des étamines,
ainsi que le nombre d’ovules par placenta.
11. Bikkia macrophylla (A. Brongn.) K. Schumann
a. — var. macrophylla
in Engl. & Prantl, Natürl. Pflanzenfam. 4 (4) : 20 (1891); Guillaumin, Arch.
Bot. 3 (5) : 3 (1930); FI. Nouv.-Caléd. : 329 (1948).
— Grisia macrophylla A. Brongn., Bull. Soc. Bot. Fr. 12 : 406 (1865).
— Cormigonus macrophylla (A. Brongn.) O. Kuntze, Rev. Gen. : 279 (1891).
— Bikkia macrophylla (A. Brongn.) K. Schum. var. obovata A. Brongn. & Gris ex
Guillaumin, Ârch. Bot. 3 (5) : 3 (1930).
— Bikkia futgida S. Moore, Journ. Linn. Soc., Bot. 45 : 326 (1921).
— Bikkia corymbosa A. Brongn. ex Guillaumin, Ann. Mus. Col. Marseille, ser. 2,
9 : 167 (1911), nom. nud.
— Bikkia frilillarioides (A. Brongn.) Schltr. var. obovata A. Brongn. ex Guillaumin,
Ann. Mus. Col. Marseille, ser. 2, 9 : 167 (1911), nom. nud.
Type : Baudouin s.n. (1865), Port-de-France (holo-, P).
b. — var. fritillarioides (A. Brongn.) N. Hallé & J. Jérémie, stat. nov.
— Grisia fritillarioides A. Brongn., Bull. Soc. Bot. Fr. 12 : 406 (1865).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 354 —
PI. 5. — Placentation des Bikkia néo-calédoniens : les placentas vus par leur face externe
sont x 8,5, sauf celui de Bikkia tetrandra, bien plus long que les autres, qui est x 3,7.
La lobation de ces placentas est, relativement à leur longueur, de plus en plus impor¬
tante. Une flèche indique la limite de la division en 2 lobes lorsque les ovules recouvrent
entièrement le placenta. 1, Bikkia artensis (MacKee 14962); 2, B. campanulata (MacKee
17001); 3, B. retusiflora ( MacKee 21703); 4, B. macrophvila var. macrophvlla ( MacKee
23456); 5, B. parviflora (Le Rat 577); 6, B. tubiflora ( MacKee 20270); 7, B. pachyphylla
(MacKee 16686); 8, B. kaalaensis ( MacKee 16129); 9, B. lenormandii ( MacKee 24529);
10, B. macrophvlla var. fritillarioides ( MacKee 25520); 11, B. neriifolia ( MacKee 20773);
12, B. tetrandra ( MacKee 16400).
— Cormigonus fritillarioides (A. Brongn.) O. Kuntze, Rev. Gen. : 279 (1891).
— Bikkia fritillarioides (A. Brongn.) Schltr., in Engler Bot. Jahrb. 36 : 19 (1905).
Cette variété présente des rameaux à très petits poils bien visibles
surtout au-dessus des nœuds où ils sont apprimés descendants; chaque
loge de l’ovaire renferme 30 à 40 ovules (20 à 30 chez la var. type). Ces
caractères se retrouvent sur l’échantillon Baudouin s.n., Dombea, d’après
lequel A. Brongniart a décrit son Grisia fritillarioides.
Type : Baudouin s.n., Dombea (holo-, P).
Source : MNHN, Paris
— 355 —
L’espèce B. macrophylla est très polymorphe; on trouve des échantil¬
lons aux feuilles elliptiques et d’autres aux feuilles obovées, mais aussi
tous les intermédiaires permettant de passer d’un cas à l’autre. Il en est de
même en ce qui concerne l’inflorescence; si la var .fritiUarioides est générale¬
ment triflore avec un pédoncule commun toujours bien visible (de 10 à
25 mm), il n’en est pas de même pour la variété type dont le pédoncule
peut être très développé (plus de 30 mm), mais aussi très réduit (1 à 2 mm),
sans aucune lacune entre ces extrêmes.
REMARQUES SUR LA PLACENTATION DES BIKKIA
NÉO-CALÉDONIENS
C’est principalement d’après la forme des placentas, le nombre d'ovules
et leur disposition sur le placenta que A. Brongniart a distingué, en 1865,
les genres Bikkia, Grisia et Bikkiopsis. Dès 1909, A. Guillaumin constatait
que ces trois genres « forment une série continue où les placentas, d’abord
non divisés (Grisia), s’échancrent, puis se divisent de plus en plus jusqu’à
leur base ( Bikkiopsis ) ». Nos analyses confirment le point de vue de Guil¬
laumin avec cette seule différence que parmi les plantes néo-calédoniennes
aucune ne présente un placenta non divisé; nous constatons comme lui
(PI. 5) qu’il n’y a pas de limite nette entre les placentas de B. artensis (relati¬
vement peu divisés) et ceux de B. tetrandra (profondément bilobés).
Bibliographie
Brongniart, A. — Description de deux genres nouveaux de la famille des Rubiacées,
appartenant à la Flore de la Nouvelle-Calédonie, Bull. Soc. Bot. Fr. 12 : 402-408
(1865).
— Note sur le genre Bikkia , de la famille des Rubiacées, Bull. Soc. Bot. Fr. 13 : 40-43
(1866).
Brongniart, A. & Gris, A. —■ Observations sur diverses plantes nouvelles ou peu
connues de la Nouvelle-Calédonie, Ann. Sc. Nat., ser. 5, 13 : 340-404 (1871).
Guillaumin, A. — Remarques sur la synonymie de quelques plantes néo-calédoniennes,
Not. Syst. 1 (4) : 108-112 (1909).
— Révision des Rubiacées de la Nouvelle-Calédonie, Arch. Bot. 3 (5) : 1-48 (1930).
— Flore analytique et synoptique de la Nouvelle-Calédonie, 1 vol., 369 p., Paris (1948).
Moore, S. — Rubiaceæ, in A Systematic Account of the Plants collected in New Cale-
donia and the Isle of Pines by R. H. Compton, M.A., in 1914, Journ. Linn. Soc.,
Bot. 45 : 325-345 (1921).
Schlechter, R. — Beitrâge zur Kenntnis der Flora von Neu-Kaledonien; Rubiaceæ,
Bot. Jahrb. 39 : 265-268 (1907).
Schumann, K. — Rubiaceæ, in Engler & Prantl, Natürl. Pflanzenfam. 4 (4) : 1-156
(1891).
Virot, R. — La végétation canaque, Thèse, 398 p., 24 pl., Paris (1956).
Laboratoire de Phanérogamie
Muséum - Paris.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 15 (3) : 357-378, 1976.
LE POLLEN DES AFZELIA AFRICAINS
(LEGUMINEUSES, CÆSALPINIACEÆ)
par S. Senesse
Résumé : Caractéristiques du pollen des espèces africaines du genre Afzelia : eumo-
nades ou tétrades; grains hétéroaperturés ou tricolporés, à très gros réseau plus ou
moins réduit aux pôles.
On note une grande variabilité, dans un même grain, de la forme et de la taille
des mailles, des columelles et des sculptures de la surface infracolumellaire, cette dernière,
toutefois, pouvant également paraître lisse en microscopie photonique. Une clef des
espèces étudiées est proposée.
Summary : Pollen characteristics of the African species of Afzelia: eumonads
or tetrads may occur. Grains heteroaperturate or tricolporate with a very coarse réti¬
culum reduced at the pôles.
In one and the same grain a great variability is observed in the shape and size of
luminae, columellae and sculpture of infracolumellar surface which may appear smooth,
under the Iight microscope. A key of species is given.
Les Afzelia, grands arbres et arbustes, se développent sous climat
tropical en Afrique, Asie et Malaisie.
Le genre a fait l’objet de nombreuses synonymies, fréquemment remises
en question (notamment pour certaines espèces des genres Intsia et Pahudia )
lui donnant, au premier abord, des limites difficiles à définir. Nous nous
sommes donc référée à la monographie de J. Léonard (1950), dans laquelle
l’auteur retient uniquement les genres Intsia et Afzelia, et à la révision de
la flore de l’Afrique tropicale de l’Ouest par Keay (1954); ce dernier sup¬
prime l’espèce A. caudal a Hoyle et reconnaît deux variétés dans l’espèce
A. bel la.
Le genre Afzelia comprend dès lors 13 espèces :
A. africana Smith ex Pers. (Afrique).
A. bella Harms var. bella (Afrique).
A. bella Harms var. gracilior Keay (Afrique).
A. bipindensis Harms (Afrique).
A. borneensis Harms (Malaisie).
A. parviflora (Vahl) Hepper (Afrique) 1 .
A. cochinchinensis (Pierre) J. Léonard (Asie).
I. Précédemment connu sous le nom de A. bracleata Vogel (cf. Hepper, 1972).
Source : MNHN, Paris
— 358 —
A. javanica (Miq.) J. Léonard (Malaisie).
A. martabanica (Prain) J. Léonard (Asie).
A. pachyloba Harms (Afrique).
A. peturei De Wild. (Afrique).
A. quanzensis Welw. (Afrique).
A. rhomboidea (Blanco) Vidal (Malaisie).
A. xylocarpa (Kurz.) Craib (Asie).
Notre matériel concernant les espèces asiatiques et malaises étant
peu abondant, nous nous sommes limitée aux taxons africains à l’exception
de A. peturei De Wild. qui n'a pu être étudié faute d’échantillons en fleurs
dans les collections.
I. — ÉTUDE DU POLLEN DE CHAQUE ESPÈCE
Le pollen a été prélevé sur du matériel d’herbier, de provenances
diverses 1 . L’hétérogénéité des résultats, au sein même de certaines espèces,
nous a amenée à constater que la zone de variation des macrocaractères
comparés dans les flores se recouvrait largement d’un taxon à l’autre,
pouvant rendre difficiles les déterminations. Avec l’aide bienveillante de
J. Léonard que nous remercions ici très vivement, chaque échantillon a
retrouvé sa place, et la clef des espèces une plus grande clarté. Afin d’élimi¬
ner au maximum les risques d’erreurs et préciser les variations éventuelles
du pollen nous avons étudié le plus grand nombre possible d’échantillons
d’origines différentes. Les boutons floraux ont été choisis de préférence aux
fleurs écloses parce que plus riches en pollen (encore faut-il qu’ils ne soient
pas trop jeunes, ni qu’ils aient été trop assidûment visités par des parasites
friands de cette nourriture exceptionnelle qu’est le pollen!); celui-ci a été
acétolysé par la méthode d’ERDTMAN et monté dans la glycérine gélatinée.
Les formes observées ont pu être classées en trois types (pollens sim¬
ples hétéroaperturés, pollens simples tricolporés, tétrades de grains tri-
colporés), correspondant à trois groupes d’espèces.
En effet, à l’opposé de certains auteurs (Fasbender, 1959), nous n’avons
jamais observé pollens simples et pollens composés à l’intérieur du même
échantillon et, cela, quelle que soit l’espèce considérée (mis à part, évidem¬
ment, la présence occasionnelle, dans les préparations, de grains résultant
de tétrades abîmées au cours du traitement).
1. POLLENS SIMPLES HÉTÉROAPERTURÉS :
a) Afzelia africana Smith ex Pers. (PI. 1).
Fotius K. 68a , Sénégal, ALF.; Chevalier, République centrafricaine, MPU; Heudelot
767, Sénégambie, BR; Dentoulin 36, Zaïre, BR; Lebrun 2140, 2218, Zaïre, BR; De Wutf
1. Nous adressons nos vifs remerciements à MM. les Conservateurs des Herbiers du
Jardin Botanique de l’État à Bruxelles, du Conservatoire et Jardin Botaniques à Genève, des
Herbier et Bibliothèque à Kew, de l'Institut d'Élevage et de Médecine vétérinaire des Pays
tropicaux à Maisons-Alfort, de l'Institut de Botanique à Montpellier, du Laboratoire de
Phanérogamie du Muséum National d'Histoire Naturelle à Paris.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 360 —
727, Zaïre, BR; Troupin 340, Zaïre, BR; République centrafricaine (Mdelli pays de
Snoussi, 11-20/12 1902), MPU.
Aire géographique et écologie : arbre de 6-30 m de haut, poussant
dans les savanes boisées, les galeries forestières, du Sénégal à l’Ouganda.
Symétrie et forme : pollen isopolaire et hétéroaperturé, possédant,
en alternance, 3 colporus et 3 pseudocolpus, ces derniers généralement
plus courts et plus larges. De ce fait, la coupe optique équatoriale présente,
presque toujours, 6 lobes groupés en 3 paires. Subsphérique à légèrement
longiaxe.
Dimensions : P = 57 h (51-66 |x); E = 52 ix (45-61 n); P/E = 1,10
(1,00-1,30).
Apertures :
— Colporus : Ectoaperture : sillon sans marge, à bords parallèles
dans sa partie médiane, 6 à 7 n à l’équateur, / = 11 n (8-14 n). Membrane
scabre à verruqueuse; Endoaperture : pore subcirculaire; diamètre méri¬
dien = 7,2 [x (5-10 (x); diamètre équatorial = 6,8 |x (3,2-10 [x).
— Pseudocolpus: exine intectée présentant une très belle surface
rugulée; 5 à 9 n de large à l’équateur.
Exine : réticulée. Mailles de forme et de taille variables, à lumière assez
grande (environ 8 (a au maximum) au niveau de l’intercolpium; se resserrent
les unes contre les autres aux pôles avec une ouverture très réduite. Mur
simplicolumellé ; 1,8 n (1,5-2,4 p.) de large. Columelles généralement circu¬
laires en coupe transversale; parfois elliptiques; 0,8 à 2,4 (x, situées le plus
souvent aux angles du réseau. Le fond des mailles apparaît lisse en micros¬
copie photonique. L’exine est légèrement amincie aux pôles. Les colu¬
melles sont, en effet, plus courtes à ce niveau. Epaisseurs moyennes de
l’exine à l’équateur et aux pôles : 6,2 ix et 4,4 ix (mur : 2 ix; columelles :
3,10 (x et 1,6 |x; endexine s.l. : 0,8 |x).
b) Afzelia quanzensis Welw. (PI. 2).
Croetze 1484, Tanzanie, B ex L; Schmitz 2171, 5961, Zaïre, BR; Schlieben 5395,
Tanzanie, BR.
Aire géographique et écologie : arbre de 2 à 35 m de haut, commun
dans les forêts claires à Brachystegia, sur sol meuble et sec, de la Somalie
à l’Angola et au Transvaal.
Symétrie et forme : pollen isopolaire et hétéroaperturé présentant
les mêmes caractéristiques qu’ Afzelia africana bien que plus généralement
longiaxe.
Dimensions : P = 63,6 jx (49-71 n); E = 56,5 ix (45-69 ix); P/E = 1,13
(0,92-1,30).
Source : MNHN, Paris
PI. 2. — Afzelia quanzensis Welw. : (Schmitz2171 : fig. 1 et 4; Croelze 1484 : fig. 2, 3, S à 10);
1, vue méridienne (x I 000); 2, coupe optique méridienne (x 500); 3, coupe optique
équatoriale (x 500); 4, colporus (x 1 000); 5, pseudocolpus (x 1 000); 6 et 7, vues
polaires, structure de l'exine et triangle polaire ( x 1 000) ; 8 à 10, intercolpium, structure
de l'exine (x 1 000).
Source : MNHN, Paris
— 362 —
Apertures :
— Colporus : Ectoaperture : comme chez A. africana; 1 = 29 (x
(24-33 |x). Membrane verruqueuse; Endoaperture : pore subcirculaire;
diamètre méridien = 10,3 ix (6-16 |x); diamètre équatorial = 9,6 |x (6-14 ix).
— Pseudocolpus : exine intectée, verruqueuse à faiblement rugulée;
6 [x de large, environ, à l’équateur.
Exine : réticulée. Mêmes caractéristiques qu 'A. africana. Diamètre
maximum de la lumière des mailles : environ 12 [x. Mur simplicolumellé :
1,7 (x (1,5-2,5 (x) de large. Columelles circulaires en coupe transversale ou
très elliptiques; 1,5 n X 1,5 à 5 ix. Le fond des mailles est lisse ou pré¬
sente (Croetze, 1484) des bacules libres, de section circulaire et de diamètre
comparable aux columelles du tectum. L’épaisseur de l’exine est pratique¬
ment constante sur certains échantillons, plus ou moins amincie aux pôles
sur d’autres : 5,8-6,4 jx (mur : 3,2-4 |x; columelles : 1,6 n; endexine s.l. :
0,8 tx).
2. POLLENS SIMPLES TRICOLPORÉS :
a) Afzelia bipindensis Harms (PI. 3).
Louis 3460, Zaïre, BR; Brenan & Onochie 8889, Nigéria, BR; Zenker 277 , Came¬
roun, BR.
Aire géographique et écologie : arbre de 15 à 40 m de haut, pous¬
sant dans les zones boisées de savane ou dans les forêts, sur sol ferme,
du Nigeria à l’Angola et jusqu’en Ouganda.
Symétrie et forme : pollen isopolaire, à symétrie d’ordre 3, subsphé¬
rique à légèrement longiaxe, les 3 lobes, en coupe optique équatoriale,
étant à peine marqués.
Dimensions : P = 75,8 [x (66-92,5 |x); E = 72,8 (x (61-87 p); P/E = 1,05
(0,90-1,25).
Apertures : Ectoaperture : sillon étroit, sans marge; t = 28,4 |x
(21-35 |x). Membrane verruqueuse; Endoaperture : pore subcirculaire;
diamètre méridien = 6,4 n (5,5-8 ix); diamètre équatorial = 7,3 n (6-9 n).
Exine : réticulée. Grandes mailles (jusqu’à 18 n de diamètre intérieur),
de forme et de taille variables. Réduction très peu sensible aux pôles. Mur
simplicolumellé; 3 à 5 (x de large. Columelles à section circulaire ou ellip¬
tique (1,5 à 2 (x x 1,5 à 6 ix), s’élargissant à la base et, tout au moins pour
certaines, paraissant creuses. Le fond des mailles est très verruqueux et
hérissé de petits bacules libres, dont les plus gros ont une section équiva¬
lente à celles des plus petites columelles du tectum. Épaisseur de l’exine :
7,2-10,5 (x (mur : 4-5,5 n; columelles : 2-4 |x; endexine s.l. : 1,2-2 |x).
Source : MNHN, Paris
PI. 3. — Afzelia bipindensis Harms : (Brenan & Onochie 8889); 1, coupe optique équatoriale
(x 500); 2, coupe de l'exine (x 1 000); 3, coupe optique méridienne (x 500); 4, vue
polaire ( x 1 000); 5, vue méridienne basculée, colporus (x 1 000); 6 à 8, intercolpium,
structure de l’exine ( x 1 000).
Source : MNHN, Paris
— 364 —
b) Afzelia parviflora (Vahl) Hepper (PI. 4).
Voorhoeve 1226, Liberia, WAG; De Wilde & Voorhoeve 3751, Liberia, BR; Zolu-
traub 322, Liberia, BR; Voorhoeve 288, Liberia, BR.
Aire géographique et écologie : petit arbre de 4-15 m, croissant au
bord des eaux vives. De la Guinée à la Côte d’ivoire.
Symétrie et forme : pollen isopolaire, à symétrie d’ordre 3, subsphérique
à légèrement longiaxe, les 3 lobes, en coupe optique équatoriale, étant nette¬
ment séparés, à bord externe convexe.
Dimensions : P = 68 p (63-73 p); E = 66 p (61-77 p); P/E = 1,03
(0,89-1,08).
Apertures : Ectoaperture : large sillon (10 à 16 p à l’équateur), sans
marge, à bords parallèles jusqu’aux pôles; t = 26,5 p (22-31 p). Mem¬
brane verruqueuse à baculée. Endoaperture : pore subcirculaire à ellip¬
tique parallèlement à l’axe polaire; diamètre méridien = 11,8 p (8,5-15,8 p);
diamètre équatorial = 10 p (7-12 p).
Exine : réticulée. Grandes mailles (jusqu’à 22 p de diamètre intérieur),
de forme et de taille variables. Nettement plus petites aux pôles (6 à 8 p
de diamètre maximum). Mur simplicolumellé de 3 à 5 p de large; confluant
parfois en une plage d’exine enserrant de toutes petites mailles et sup¬
portée par des columelles en disposition plus variable. Columelles à sec¬
tion circulaire ou elliptique (1,6 à 2,4 p X 1,6 à 5,5 p); invariables sur
toute leur hauteur et paraissant creuses. Le fond des mailles est lisse,
tout au moins en microscopie photonique. Épaisseur de l’exine ; 5,5-9 p
(mur : 3,2-4,5 p; columelles : 1,2-3 p; endexine s.l. : 0,8-1,5 p).
3. TÉTRADES :
a) Afzelia bella Harms var. bella (PI. 5).
Zenkers.n., Cameroun P; D'Allezetes.n., République centrafricaine, WAG; De Wit,
Java (cultivé), SING ; S RF 2676, Cameroun, YA; Declerq 33, Zaïre, BR; E. & M. Laurent,
Zaïre, BR; Gillardin 221, Zaïre, BR; Bequaert 6637, Zaïre, BR; Evrard 1769, Zaïre, BR;
Body 30, Zaïre, BR; Maudoux 52, Zaïre, BR; Wetlens 420, Zaïre, BR; Le Testu 8912,
Gabon, P; Zenker 1040, Cameroun, G.
Aire géographique et écologie : arbuste de 2 à 5 m ou arbre dépas¬
sant rarement 12 m, commun dans les formations arbustives secondaires
et les sous-bois de forêts, généralement sur sol ferme. Se rencontre du
Nigeria au Zaïre.
Symétrie et forme : tétrade tétraédrique calymmée (la cohésion étant
assurée par les murs du réseau), formée de grains tricolporés subsphériques.
Source : MNHN, Paris
PI. 4. — Af/elia parviflora (Vahl) Hepper : (Voorhoeve 1226 : fig. 1 et 3; De Wilde & Voor-
hoeve 3751 : fig. 2, 4 à 10); 1, coupe optique équatoriale (x 500); 2, coupe optique méri¬
dienne (x 500); 3 et 5, coupes de l'exine (x 1 000); 4, colporus (x 1 000); 6 à 8, vues
polaires, structure de l'exine et triangle polaire (x 1 000); 9 et 10, intercolpium avec
plage perforée (x 1 000).
Source : MNHN, Paris
— 366 —
Dimensions 1 : D = 132,5 p (104-167 p); d = 77,2 p (60-98 p);
D/d = 1,72 (1,51-2); 2f = 73,5 i* (57-98 p); g = 81,3 p (67-98 p).
Apertures : Ectoaperture : large sillon (10 à 12 p), sans marge,
arrondi aux extrémités; t = 32,6 p (30-36 p). Membrane très structurée
présentant des éléments libres de forme et de taille variées; Endoaperture :
pore subcirculaire de 10 à 12 p de diamètre.
Exine : réticulée. Grandes mailles (maximum intérieur de 16 à 32 p
suivant les échantillons) de forme et de taille très variables. Réduction très
nette aux pôles. Mur simplicolumellé; 3 à 6,5 p de large. Columelles à
section circulaire, elliptique ou très allongée et sinueuse; invariables sur
toute leur hauteur; certaines paraissent creuses (1,6 à 4 p x 1,6 à 13 p).
Le fond des mailles présente des éléments libres (verrues, bacules ou petites
épines), nettement plus petits en taille et en diamètre que les columelles
du tectum. Épaisseur de l’exine : 10 p (7-13,5 p); (mur : 4 à 8 p; columelles :
1,6 à 4,4 (j.; endexine s.l. : 0,8-1,2 p).
b) Afzelia bella Harms var. gracilior Keay (PI. 6).
Chevalier 22478, Cote d’ivoire, K; Ancioh FH 5811, 5815, Ghana, K; Aké Assr
4567, Côte d’ivoire, G (variété à confirmer par les macrocaractères).
Aire géographique et écologie : arbre de 20 à 36 m existant en Côte
d’ivoire et au Ghana dans les forêts semi-décidues et parfois en forêt
sempervirente.
Symétrie et forme : tétrade tétraédrique calymmée (la cohésion étant
assurée par les murs du réseau), formée de grains tricolporés subsphériques.
Dimensions : D = 136 p (122-145 (*.); d = 84 p (73-89 p); D/d = 1,63
(1,47-1,84); 2f = 75 p (63-116 p); g = 85,6 (79-95 y).
Apertures : Ectoaperture : large sillon (12 à 15 p à l’équateur)
s’effilant progressivement vers les pôles; X = Al y. (40-53 p). Membrane
présentant des éléments libres variés. Endoaperture : pore subcirculaire
à elliptique dans le sens méridien (10 p x 10-15 p).
Exine : réticulée. Grandes mailles pouvant dépasser 30 p de diamètre
intérieur, de forme et de taille très variables, mais à angles très arrondis.
Au niveau des pôles le réseau forme des mailles beaucoup plus petites, à
peine plus larges que le mur, formant un contraste très caractéristique
avec l’intercolpium. Mur simplicolumellé, 5 à 7 n de large. Columelles
courtes (1 p), étroites, circulaires en coupe transversale, parfois elliptiques
et sinueuses au bord des sillons. La coupe verticale du tectum passant
par une columelleest piriforme. Le fond des mailles est verruqueux. Épais-
1. Les dimensions ont été prises d’après les indications données par Oldfield F. 1959.
Source : MNHN, Paris
PI. 5. — Afzelia bclla Harms var. bella : (Wellens 420 : fig. 1 à 6, 11 ; Body 30 : fig. 7 à 10;
E. & M. Laurent : fig. 12); 1 à 4, intercolpium, structure de l’exine (x I 000); 5 et 7,
tétrades en vue méridienne, colporus (x 500); 6 et 9, grains en vue polaire (x 500);
8, tétrade en coupe optique équatoriale (x 500); 10, intercolpium : une très grande
maille (x 1 000); 11 , coupe de l’exine (x 1 000); 12 , coupe de l'exine entre deux grains :
tétrade calymmée (x 500).
Source : MNHN, Paris
— 368 —
seur de l’exine : 6,7 n (5-8,5 |x); (mur : 3-5,5 ix; columelles : 0,8-1,5 ja;
endexine s.l. : 1,2-1,5 |x).
c) Afzelia pachyloba Harms (PI. 7-8-9).
De Wilde 1274, Cameroun, BR; Corbisier-Baland 1512, Zaïre (cultivé), BR; Talbot
1468, Nigéria, K; Le Testu 5861, Gabon, K; de Briey 51, Zaïre, BR (= A. brieyi De
Wildeman); Zenker 3387, Cameroun, G (= A. zenkeri Harms); Gossweiller 7725,
Mayumbe (Angola), K (= A. zenkeri Harms).
Aire géographique et écologie : arbre de 20-35 m se développant
dans les forêts secondaires et les défrichements, du Sud du Nigéria au
Mayumbe.
Symétrie et forme : tétrade tétraédrique calymmée (la cohésion étant
assurée par les murs du réseau), formée de grains tricolporés subsphériques.
Dimensions : D = 115 |a (102-128 n); d = 64 ,x (51-71 fx); D/d = 1,8
(1,51-2,17); 2f = 68 |x (40-89 n); g = 68 y. (59-83 [a).
Apertures : Ectoaperture : sillon de 8 à 12 n de large, plus étroit
vers les pôles; t = 25,4 [a (14-39 n). Membrane très densément ornée d’élé¬
ments libres variés. Endoaperture : pore subcirculaire (10-12 |x de diamètre),
parfois elliptique dans le sens méridien (6 x 10 |x).
Exine : réticulée.
1. Cas des A. pachyloba s.s. (exclus les synonymes A.A. brieyi et
A. zenkeri) (PI. 7).
De Wilde 1274 ; Corbisier-Baland 1512; Talbot 1468; Le Testu 5861.
Grandes mailles (la plus grande dimension atteint 20 à 25 n), de forme
et de taille très variables, à lumière plus ou moins réduite aux pôles. Mur
simplicolumellé, très large (5 à 10 (x). Columelles à section circulaire,
elliptique ou très allongée sinueuse (1,6 à 3 n x 1,6 à 16 tx), invariables sur
toute leur hauteur, cette dernière pouvant atteindre 4 à 5 |x. Fond des mailles
verruqueux. Épaisseur de l’exine : 12 |x (mur : 5-6 (x; columelles : 4-5 tx;
endexine s.l. : 1,6 à 2 y).
2. Cas des synonymes A. brieyi et A. zenkeri (PI. 8-9).
De Briey 51 ; Zenker 3387; Gossweiler 7725.
Mailles de forme et de taille très variables, à lumière plus ou moins
réduite aux pôles. Ectexine formée de très grosses verrues supportées par
plusieurs columelles, et se raccordant à un réseau grêle, à mur étroit, aux
columelles peu ou non visibles. L’endexine s.l. au niveau des sillons ainsi
qu'au fond des mailles est nettement ornementée de petites verrues et
bacules libres. Épaisseur de l’exine variable au niveau du réseau ou des
grosses verrues : 4 à 22 jx (mur : 2,4-12 |x; columelles : 0,8-8,5 m endexine
s.l. : 0,8 à 4 ia).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
*?co
— 370 —
n. — COMPARAISON DES ESPÈCES ENTRE ELLES
1. LES TYPES HÉTÉROAPERTURÉS : A. africana et A. quanzensis.
Ces deux espèces sont très proches l’une de l’autre. Leurs gousses
droites, en particulier, les isolent des autres Afzelia africains dont les fruits
sont réniformes.
Cette originalité est tout aussi marquée au niveau de la morphologie
pollinique. En effet la distinction entre les deux espèces n’a pu être établie
que sur des caractères quantitatifs.
Pour chacun d’entre eux (P, E, P/E, t, dimensions du pore), la moyenne
des mesures relatives à plusieurs populations est nettement plus élevée
chez A. quanzensis ; ces résultats vont dans le même sens que ceux fournis
par la macromorphologie (notamment : longueur du réceptacle floral,
du pétale, du stipe de l’ovaire).
Cependant, si l’on considère les zones dans lesquelles évoluent, pour
chaque caractère, les moyennes propres aux différentes populations, ces
zones peuvent se recouvrir plus ou moins largement d’une espèce à l’autre.
Nous n’avons donc retenu et schématisé (cf. tabl.) que les caractères pour
lesquels les moyennes se situaient dans des zones distinctes soit, dans le
cas présent : t et les dimensions, méridienne et équatoriale, du pore.
Signalons également, chez A. quanzensis, des côlumelles à section plus
grande et des pseudocolpus verruqueux à tendance rugulée (très fortement
rugulés chez A. africana ).
La présence de gros bacules libres dans les mailles de A. quanzensis
apparaît nettement sur les photographies de Smith (1964), ainsi que sur
les dessins d’ERDTMAN (1952), de Van Zinderen Bakker & Coetzee (1959).
Nous ne l’avons retrouvée cependant que sur un seul de nos échantillons
{Croetze 1484), ce qui ne nous permet pas d’en faire un caractère de diagnose.
2. LES TYPES TRICOLPORÉS : A. bipindensis et A. parviflora.
Les caractères pour lesquels les moyennes propres aux différentes
populations évoluent dans des zones distinctes ont été schématisés (cf.
tabl.). Ce sont : P, E, les dimensions méridienne et équatoriale du pore.
A l'exception de ce dernier, nettement plus grand chez A. parviflora, le
pollen d\<4. bipindensis (comme d’ailleurs la longueur du rachis, de la
gousse et des graines) a une taille supérieure à celui d'A. parviflora.
Notons également l’élargissement des côlumelles à leur base chez
A. bipindensis (à bords parallèles chez A. parviflora) ainsi que le caractère
verruqueux à baculé de la surface infracolumellaire d'A. bipindensis (lisse
chez A. parviflora).
3. LES TYPES EN TÉTRADES :
a) Afzelia bella var. bella et A. bella var. gracilior.
Les moyennes générales des mesures effectuées sur plusieurs popu¬
lations et concernant chacun des caractères D, d, g, t, sont plus élevées
dans la variété gracilior.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 372 —
Cependant, les zones dans lesquelles évoluent les moyennes propres
aux différentes populations se recouvrent largement pour les caractères
D, d, g. Ceci est dû essentiellement aux mesures faites sur l’échantillon
Body 30, dont la taille des tétrades, des grains et des mailles du réseau est
nettement supérieure à celle des autres échantillons de la variété bella. Les
grains de cette population ont toutefois un triangle polaire de dimension
comparable à ceux des échantillons de la même variété; t est en effet le seul
caractère pour lequel nous ayons obtenu des zones de variation des moyen¬
nes individuelles, nettement distinctes.
Par ailleurs, les grains de la variété gracilior ont un réseau très facile¬
ment reconnaissable au niveau des pôles, des sillons effilés à leur extrémité
distale, des columelles très courtes, mais qui se distendent très facilement
et se détachent de l’endexine s.l. au cours de l’acétolyse. En effet, sur plu¬
sieurs échantillons d’espèces différentes, acétolysés en même temps, seules
les tétrades de la variété gracilior ont montré cette fragilité de l’exine au
niveau des columelles.
Ces divers caractères n’ont pas été retrouvés sur l’échantillon
Body 30 ; nous lui conservons donc sa place dans la variété bella en consi¬
dérant qu’il a une taille supérieure à la normale, légèrement accentuée
peut-être, par un séjour prolongé dans l’eau, au cours du traitement,
ce matériel ayant en effet nécessité une deuxième série de préparations.
Par contre, nous avons placé l’échantillon Aké Assi 4567 dans la
variété gracilior à cause des caractéristiques de son réseau. Mais une révi¬
sion des macrocaractères serait néanmoins nécessaire et intéressante.
b) Afzelia bella s.l. et A. pachyloba s.l. (inclus ses synonymes A. brieyi
et A. zenkeri).
Du point de vue quantitatif les deux espèces se différencient par les
mesures des caractères D, d, g, t, pour lesquels les zones regroupant les
moyennes propres aux différentes populations sont nettement distinctes
(cf. tabl.), les grains et le triangle polaire les plus grands étant ceux de
A. bella.
Par ailleurs, le mur très large forme un réseau très massif, chez A. pachy¬
loba s.s., ou bien de grosses verrues, dans les taxons A. brieyi et A. zenkeri,
tandis que chez A. bella le rapport entre la grandeur des mailles et la largeur
du mur est tel que le réseau apparaît beaucoup moins dense.
c) Afzelia pachyloba s.str. et ses synonymes A. brieyi et A. zenkeri.
C’est essentiellement au niveau de l’ectexine qu’apparaît une dis¬
tinction entre les A. pachyloba s.s. et les taxons synonymes de cette espèce.
En effet, la structure de l’exine en très grosses verrues alternant avec
un réseau extrêmement ténu n’a été observée que sur trois de nos échan¬
tillons, lesquels se trouvent appartenir justement aux taxons réunis, en
synonymie, à A. pachyloba.
Si le rapprochement entre A. brieyi et A. zenkeri paraît justifié à la
lumière de la palynologie, il semble que le rattachement de ces taxons à
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 374 —
A. pachyloba mérite une certaine réflexion. En effet, une telle divergence
au niveau du pollen ne permettrait-elle pas de distinguer, par exemple,
deux entités au niveau infraspécifique?
Les caractères quantitatifs et qualitatifs caractéristiques de chaque
taxon ont été ordonnés dans la clef suivante :
A. — Grains simples hétéroaperturés :
t = 10-13 n
pore = 6-9 |x. A. africana
t = 25-33 |x
pore = 8-13 n. A. quanzensis
B. — Grains simples tricolporés :
P = 72-85 ix
E = 71-78 |*
pore = 5-8 |x. A. bipindensis
P = 67-69 n
E = 65-71 |x
pore = 8-12 (x. A. parviflora
C. — Grains en tétrades :
a) D= 119-151 n
d = 69- 88 ix
g = 73- 89 ix
t = 30- 47 |x. A. bella s.l.
— mailles de forme variable ... A. bella var. bella
— mailles arrondies surtout aux
pôles. A. bella var. gracilior
b) D = 110-120 n
d = 62- 66 [x
g = 63- 73 ix
t = 15- 30 (x. A. pachyloba s.lat.
— tectum homogène. A. pachyloba s.str.
— tectum hétérogène (grosses ver¬
rues + réseau ténu). A. brieyi et A. zenkeri
III. — CONCLUSIONS
Cette étude sur les Afzelia, bien que limitée aux espèces africaines,
nous a permis de faire un certain nombre de mises au point :
a) Le problème posé par des descriptions contradictoires du pollen
d’une même espèce, par des auteurs différents, a permis de déceler une
Source : MNHN, Paris
PI. 9. — Afzelia pachyloba Harms : (A. zenkeri Harms : ( Gossweiler 7725 : fig. 1 à 8; Zenker
3387 : fig. 9 et 10); 1, tétrade : intercolpium des grains (x 500); 2, tétrade en coupe
optique équatoriale (x 500); 3 et 4, grain en vue polaire : structure de l'exine (X 500);
5, tétrade en coupe optique méridienne (x 500); 6 à 8, intercolpium, structure de l’exine
(x 1 000); 9, colporus (x 1 000); 10, coupe de l’exine au niveau des grosses verrues
et entre deux grains : tétrade calymmée (x 1 000).
Source : MNHN, Paris
— 376 —
confusion au niveau des échantillons utilisés; en effet, le pollen d’A. africana,
en tétrades tétraédriques, cité par Erdtman (1952) provenait de l’échantillon
Zenker 1040, prélevé au Cameroun. Nous avons eu la chance de retrouver,
dans l'herbier du Conservatoire de botanique de Genève, un double de
cet échantillon, lequel, après révision par J. Léonard, s’est avéré être
en réalité un A. bella. Les auteurs s’étant généralement référés au travail
d’ERDTMAN (cf. Smith, 1964), nous n’avons trouvé dans la littérature
qu’une seule référence (Fasbender, 1959) faisant état d’un pollen simple
hétéroaperturé chez A. africana.
b) Deux espèces proches par leurs macrocaractères ont pu être recon¬
nues par leur pollen en grains simples ou en tétrades.
Ainsi, plusieurs échantillons d’A. bipindensis ont été revus par J. Léo¬
nard. Tous ceux ayant leur pollen en tétrades étaient en fait des A. bella.
Les deux espèces sont, en effet, assez difficiles à distinguer par la macro¬
morphologie (J. Léonard, 1952, p. 358).
De même, un A. bella de la variété gracilior a pu, de façon similaire,
retrouver sa place dans l’espèce A. parviflora.
c) Au sein d’une même espèce, deux variétés étant caractérisées par
leur réseau, certains échantillons de l’espèce s.l. ont pu être rattachés à
l’une des variétés : A. bella, Aké Assi 4567, passe ainsi dans la variété
gracilior.
d) Si dans une espèce, coexistent plusieurs entités, l’observation du
pollen peut contribuer à les distinguer. Ceci paraît être le cas pour A. pachy-
loba s.s. et les taxons A. brieyi et A. zenkeri.
Ce travail, par ses résultats positifs, tant sur le plan strictement paly-
nologique que par ses incidences sur la systématique, nous a paru très
encourageant et très prometteur pour nos recherches, d’une part, sur les
Afzelia d’Asie et Malaisie, d’autre part, sur d’autres genres de Cæsalpiniaceæ.
Remerciements : cette étude a pu être menée à son terme grâce à une collaboration
étroite avec J. Léonard, professeur à l’Université de Bruxelles. M. Léonard a bien voulu
vérifier la détermination de nombreux échantillons d’herbier et a accepté de revoir cet
article ; nous le remercions vivement pour les corrections qu’il a bien voulu y apporter
ainsi que pour l’intérêt qu’il a manifesté pour nos conclusions. M me M. Van Campo,
Directeur de Recherches auC.N.R.S. et M. Ph.GuiNET, Directeur-adjoint à l’E.P.H.E.,
nous ont accueillie dans leur laboratoire et nous ont fait bénéficier de leur grande expé¬
rience. Qu'ils trouvent ici l’expression de notre profonde gratitude. M rae Chambon,
M llc Biglione et M. Pons, ainsi que M llc Courbet sont assurés de notre cordiale
reconnaissance pour leur collaboration technique.
Pour chaque caractère et pour chacune des espèces sont représentés : l'écart entre les
mesures minimale et maximale (segment mince), la zone dans laquelle évoluent les moyennes
propres aux différentes populations (segment épais), la moyenne des mesures relatives à plu¬
sieurs populations (flèche).
Pour chaque caractère, l'échelle correspondant aux deux histogrammes comparés a
été figurée.
N: nombre de mesures correspondant à l'histogramme figurant sur la même ligne;
r : triangle polaire; P : longueur de l’axe polaire; E : longueur du diamètre équatorial; D ,
.d, g : cf. Oldfield, 1959.
Source : MNHN, Paris
— 377 —
t
A. africana % A. quanzensis O
_N_
30
10
D 5 .5 25 35 H
• 1 * - 1
31
t
□ 1- * - 1
17
• 1-*-1
□ '- * - 1
15
2 7 12 12 H
A .bipindensis # A . parviflora □
P
□ i-*--1
12
E
□ i-*-1
12
40 70 80 90 H
• ■ ^ ■
4
1
□ 1-*-1
13
fcre
• 1-*-1
*■
□ 1-“*■-1
13
0 5 10 15 F
A . bella # A . pachyloba □
D
□ i-—-1
33
d
□ i--1
33
50 65 8 0 95 F
• 1- * -1
19
ê
□ 1- * -'
12
• 1 à 1
22
t
□ L — É - 1
16
1.0 25 40 55 F
Source : MNHN, Paris
— 378 —
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du Languedoc,
Place Eugène-Bataillon,
34060 - Montpellier Cedex.
Source : MNHN, Paris
Andansonia, ser. 2, 15 (3) : 379-380, 1976.
UN CURIEUX HIBISCUS D’ÉTHIOPIE MÉRIDIONALE
ET DU KENYA
par J.-P. Lebrun
A l’occasion de la VIII e Assemblée plénière de l’A.E.T.F.A.T. (Genève,
septembre 1974), le P r Guido Moggi présenta une intéressante communi¬
cation concernant le degré d’exploration botanique des diverses régions
de l’Éthiopie; il est clair que l’Ogaden (Centre et Sud Harrar) et le Baie
restent encore peu explorés. Il n’est donc pas surprenant que les récoltes
botaniques, effectuées en Éthiopie méridionale fin 1972-début 1973 par
G. Boudet et G. Rippstein, aient déjà augmenté l’énumération des plantes
vasculaires de l’Éthiopie de 9 espèces remarquables. Aujourd’hui, c’est
d’une variété nouvelle qui sera peut-être, plus tard, élevée au rang d’espèce
que nous donnons ci-dessous la description.
Hibiscus greenwayi Bak. f., J. Bot. 75 : 99 (1937).
var. megensis J. P. Lebrun, var. nov.
— Cienfuegosia sp. Cuf. in Chiovenda et coll.. Miss. Biol. Borana 4 : 345, fig. 117 (1939).
— Hibiscus greenwayi auct. : Cuf., Bull. Jard. Bot. Etat Brux. 29, Suppl. : 562 (1959)
quoad spec. Bally 9128 , non Bak.F. s.sir.
Affinis Hibiscus greenwayi var. greenwayi sed foliorum lamina suborbiculari
marginibus crenulato-dentatis (nec 3 vel 5-lobaia vel basi cordata ) et multo minore usque
9-20 mm (nec 30-80 mm) longa.
Arbuste érigé atteignant 2 m de haut, multicaule, pérenne. Tiges
simples, glabres, portant de nombreuses épines courtes (3-4 mm de long),
à large base ovale, épaisses, droites, assez souvent groupées par deux ou
même coalescentes, à pointe émoussée, parfois teintées de brun ou de rouge.
Tiges cylindriques, les âgées recouvertes d’une écorce mince, papyracée,
grise, boursouflée, fissurée; rameaux jeunes lisses, teintés de rouge. Feuilles
souvent groupées par 2-5 en petits fascicules; pétiole long d’environ 15 mm;
limbes suborbiculaires, à marges crénelées-dentées, parfois un peu irrégu¬
lièrement, de 9 à 20 mm de long sur autant de large ou à peu près, assez
épais. Stipules peu visibles. Fleurs d’environ 70-80 mm de diamètre, jaunes
à centre pourpré, solitaires, espacées en un racème d’environ 10-15 cm
de longueur. Pédoncule de 10-15 mm de long, pubescent et parfois sétuleux.
Épicalice de 7-8 bractées lancéolées, pubescentes, d’environ 8 mm de long.
Source : MNHN, Paris
— 380 —
soudées à la base sur ± 3 mm de longueur. Calice de 15 à 22 mm de long,
pubescent-sétuleux ; lobes lancéolés, soudés à la base sur environ 5 mm,
munis d’une glande rougeâtre située à peu près au milieu de la nervure
centrale. Tube staminal atteignant 45 mm de long; partie libre des filaments
d’environ 1 mm; colonne staminale et style pourpre foncé. Capsule longue
de 18 à 20 mm, ovoïde, pointue à sub-aristée, couverte de soies jaunes.
Graines brun clair, subréniformes, couvertes de petites écailles argentées,
pectinées-laciniées à leur apex et disposées en lignes concentriques, courbes.
Type : Haylett 12, Kenya : Nyiro, ait. 4000-5000 feet, stony hills (holo-, K).
Paratype : Mooney 7334, Ethiopie : 30 miles N.NE of Mega, ait. 4500 feet,
10.7.1958, in open dry thom scrub ( Acacia, Commiphora, Boswellia, Sansevieria) on
hard red clay (K).
Autres échantillons : Éthiopie : Boude18186, 10 km SE Mega, fourrés en bas de
pente sur sable, 4.2.1973; 8348, 30 km S Web, bas de pente sur sable, 16.3.1973; Rippstein
1556, route Moyale-Mega, plateau argileux, caillouteux, 27.12.1972; 1629, 42 km NW
Mega, sol sablo-argileux rouge, ALF; Bally 9128, Moyale-Mega road, ait. 3600 feet,
in plain; Dr Le Pelley in Bally 4663, Borana, 10.1945; Gilleli 14085, Mega, foot of Mt.
on Moyale road (38°22'E x 4° N) ait. 4600 feet, rocky ground; this occurs on red sandy
loam (éluvial) at many spots on Moyale-Mega road, often abundant from 38°22' to 39° E.
Also seen on S part of Mega — Yavello road, 24.10.1952 — Kenya : Gilbert 4073, Taita
Distr. : SE of Manda Hill, ait. 4100 feet, NE of Murka area, 24.7.1969; Gillett 13198,
Dandu, ait. 3400 feet, among granité rocks, 14.5.1952, K.
Proche de l 'Hibiscus greenwayi Bak. f., décrit de Tanzanie, cette plante
en diffère par sa feuille : à limbe suborbiculaire, crénelé-denté (et non tri-
à penta- lobé et à base cordée), bien plus petite, de 9 à 20 mm de long
(et non de 40 à 80 mm).
De futures études, en particulier des observations sur le terrain,
montreront peut-être que notre taxon mérite le rang d’espèce; selon nous
différentes entités gravitent autour de Y Hibiscus greenwayi typique; des
précisions sur le port de ces différentes plantes seraient très utiles. Poussé
par la nécessité de nommer une plante bien particulière et dans l’impossi¬
bilité de pouvoir l’identifier totalement à YHibiscus de Tanzanie, nous
lui attribuons rang et nom variétaux.
Nous tenons à adresser nos sincères remerciements à MM. G. Ll. Lucas et
R. D. Meikle, des Jardins Royaux de Kew à Richmond.
Institut d’Élevage et de Médecine Vétérinaire
des Pays Tropicaux,
10, rue Pierre-Curie,
94700 Maisons Alfort.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 15 (3) : 381-390, 1976.
PREMIER SUPPLÉMENT
AU « CATALOGUE DES PLANTES VASCULAIRES
DU TCHAD MÉRIDIONAL »
par J.-P. Lebrun & A. Gaston
Résumé : 50 phanérogames sont à ajouter à la flore du Tchad méridional.
Le 23 mars 1972, nous avions l’avantage de pouvoir publier en colla¬
boration avec nos amis J. Audru, A. Gaston & M. Mosnier, notre
« Catalogue des plantes vasculaires du Tchad méridional »; cette contri¬
bution floristique (la seconde consacrée à cette région depuis l’ouvrage
classique dû à Auguste Chevalier et paru en 1913) recensait 1 446 espèces
spontanées pour la partie du Tchad qui s’étend au sud du 16 e parallèle.
Depuis cette date diverses prospections, surtout agrostologiques, se pour¬
suivent activement. Grâce à elles, nous pouvons de nouveau faire le point
des connaissances actuellement acquises; le chiffre de 1500 espèces est
presque atteint, mais il reste beaucoup à apprendre sur cette région d’autant
que le Sud-Est du pays n’est pas encore prospecté.
Les principaux collecteurs dont nous avons eu le plaisir d’étudier les récoltes et
que nous tenons à féliciter et à remercier ici sont les suivants : M lle C. Gadbin, Assistante
à l’Université du Tchad (Moïssala); M llc M. Garrigues, Ethnologue, qui étudie l’ethnie
Lélé près de Kasselem; J. Gruvel, Docteur-Vétérinaire; D. Cuisance, Entomologiste
(région de Sarh); notre collègue et ami A. Gaston à qui l’on doit essentiellement : l’inven¬
taire des pâturages de la région de l’Assalé-Serbewel, l'esquisse de reconnaissance des
groupements végétaux de la région de N’Djamena (projet Quelea-Quelea) et l’étude
de la végétation des surfaces nouvellement exondées en bordure du lac Tchad; D. Klein,
Agrostologue, qui a pu effectuer d’intéressantes récoltes dans les zones de Léré et de Bim;
le P r J.-E. Loiseau, de Clermont-Ferrand (environs de N'Djamena); le Père P. Palayer
(s.j.) (région de Sarh); B. Peyre de Fabrègues; M me Platiel (région de Kélo); J. Thal,
Docteur-Vétérinaire.
On serait tenté de penser que des additions actuelles à la flore du
Tchad méridional découlent de récoltes d’espèces de petite taille ou fugaces;
ce n’est pas le cas, car plusieurs arbres et arbustes viennent d’être découverts
(Erythrophleum, Monanthotaxis par exemple), surtout dans des forêts-
galeries ou des îlots forestiers; il y a lieu à ce sujet de signaler l’intérêt
floristique du tout petit lambeau forestier de Kou situé dans le parc national
Source : MNHN, Paris
— 382 —
de Manda au NE de Sarh; au milieu d’une savane boisée sous 1100 mm
de pluviosité, la présence d’une source dans une dépression permet la
formation d’une zone très marécageuse où vivent des espèces de climats
plus humides : Macaranga schweinfurthii, Trichilia retusa, Tristemma
mauritianum qui atteignent là leur limite nord (9°30); malheureusement,
selon D. Cuisance, la sécheresse et les éléphants risquent fort de faire
disparaître cette station.
Nous souhaitons que les nouvelles acquisitions floristiques énumérées
ci-dessous permettent d’atténuer le « blanc » qui occupe encore trop souvent
le Tchad méridional sur les cartes de répartition.
Nous devons des déterminations à plusieurs botanistes que nous voulons remercier
en les citant ici : M mo Aymonin-Keraudren, Miss J. K. Bowden, M me Le Thomas,
H. Jacques-Félix, R. M. Polhill, J. Raynal.
ACANTHACEÆ
1. Blepharis glumacea S. Moore, Journ. Bot. 18 : 232 (1880).
Klein 69, km 18 de la piste Pala-Kélo, sur cuirasse.
Mali!, Nigeria, Tchad, Zaïre, Afrique orientale, Angola.
ANACARDIACEÆ
2. 1. annea kerstingii Engl. & K. Krause, Bot. Jahrb. 46 : 325 (1911).
Gaston 3137, Guiao, savane arbustive sur sable.
Du Mali à l’Uganda.
ANNONACEÆ
3. Monanthotaxis buchananii (Engl.) Verdc., Kew Bull. 25 (1) : 24
(1971).
Syn. : Popowia buchananii (Engl.) Engl. & Diels.
Gaston 2374, Ouest Yamodo, forêt-galerie; Chevalier 10527, entre le confluent
Bahr Salamat-Chari et le pays des Koulfés.
Du Tchad au Kenya, à la Rhodésie et au Mozambique.
APOCYNACEÆ
4. Saba florida (Benth.) Bullock, Kew Bull. 13 : 391 (1959).
Syn. : S. comorensis (K. Schum.) Pichon, Mém. I.F.A.N. 35 : 303 (1953), incl.
var. florida (Benth.) Pichon, i.c. : 309 (1953).
Chevalier 8613, bas Bahr Sara près de Bémouli.
Afrique tropicale, Comores, Madagascar.
Source : MNHN, Paris
— 383 —
ASC LEPI AD ACEÆ
5. Tylophora congolana (Baill.) Bullock, Kew Bull. 9 : 585 (1955).
Gaston 3071, Bebedjia, sable beige.
Rép. de Guinée, Sierra Leone, Tchad, Rép. Centrafricaine, Gabon,
Congo, Angola.
ASTER ACEÆ (Composite)
6. Adenostemma perrottetii DC., Prod. 5 : 110 (1836).
Klein 323, 24 km de Manda vers Tapol, forêt-galerie.
Du Sénégal à la Tanzanie; S. Tomé.
7. Blumea mollis (D. Don) Merrill, Philipp. Journ. Sci. 5 : 395 (1910);
Randeria, Blumea 10 : 261 (1960); Wild, Kirkia 7 : 117 (1969).
Bas. : Erigeron molle Don (1825); syn. : B. perrottetiana DC. (1836).
Mosnier 2012, env. de Bol, bords du lac Tchad.
Pays tropicaux du Vieux Monde (de l’Afrique aux Indes; Madagascar).
Il nous paraît illusoire de vouloir distinguer B. perrottetiana de
B. mollis.
8. Gnaphalium luteo-album L., Sp. PI. : 851 (1753).
Gaston 3132, Guero près Mabo, rives du Logone, aux basses eaux.
Pays tempérés et chauds, souvent adventice.
9. Laggera oloptera (DC.) C.D. Adams, Journ. West Afr. Sci. Assoc.
6 : 152 (1961).
Gaston 3129, entre Bedan et Békao, sol beige peu lessivé sur arènes granitiques.
Du Sénégal à la Rép. du Sudan; Zaïre; Angola.
10. Microtrichia perrottetii DC., Prodr. 5 : 366 (1836).
Palayer 14, env. de Sahr (ex Fort-Archambault).
Du Sénégal à l’Uganda; Congo!
11. Pluchea lanceolata (DC.) Oliv. & Hiern, Fl. Trop. Afr. 3 : 329
(1877).
Thaï s.n., région de Léré; Chevalier 9812, Dar-el-Hadjer, Moïto, Baro, Aouni;
10144, 10152, archipel Kouri, rive SE, de Ngouri à Modou.
Sénégal, Haute-Volta, Niger, Tchad; Baluchistan, Sind, Punjab.
CÆSALP1NIACEÆ
12. Erythrophleum suaveolens (Guill. & Perr.) Brenan, Taxon 9 ;
194 (1960).
Syn. : E. guineense G. Don.
Service des Eaux et Forêts s.n., près Djéké-Djéké.
Source : MNHN, Paris
— 384 —
Du Sénégal à la Rép. du Sudan et à la Zambie, la Rhodésie et le
Mozambique; Zanzibar, Pemba.
COMBRETACEÆ
13. Combretum sericeum G. Don, Edin. Phil. Journ. 11 : 347 (1824).
Mosnier 718, Békao; Gaston 2975, Baïbokoum, sable.
De la Rép. de Guinée et de la Sierra Leone à la Rép. du Sudan.
CONVOLVULACEÆ
14. Ipomœa fulvicaulis (Choisy) Hallier f. Bot. Jahrb. 18: 128 (1893);
Verdcourt, in Hubbard & Milne Redh., Fl. Trop. East Afr., Convolvulaceæ :
97 (1963).
Gaston 3128, entre Bedan et Békao, sol beige peu lessivé sur arène granitique.
Afrique centrale et orientale; Angola.
L7. pyrophila A. Chev. de l’Afrique occidentale est peut-être à rap¬
porter à cette espèce.
CUCURBITACEÆ
15. Zehneria hallii C. Jeffrey, Journ. West Afr. Sci. Ass. 9 (2) : 93
(1965).
Syn. : Bryonia deltoidea Schumach.; Mebthria deltoidea (Schumach.) Benth.;
Keay, in Hutch. & Dalz., Fl. West Trop. Afr., ed. 2, 1 (1) : 209 (1954), excl. spec.
Deighton 5645.
Audru 1598, Tchéré, termitière.
Afrique occidentale, Cameroun, Gabon, Zaïre, Mozambique.
CYPERACEÆ
16. Lipocarpha isolepis (Nees) R. W. Haines, Bot. Not. 124 : 476,
fig. 3 (1971).
Syn. : Scirpus isolepis (Nees) Bock.
Fotius 1657, Kalagam, micro-butte sur sable hydromorphe.
Afrique tropicale et du Sud; Indes et Sud-Est asiatique.
17. Fimbristylis squarrosa Vahl, Enum. 2 : 289 (1805).
Loiseau s.n., N’Djamena.
Pantropicale; grèves des lacs et cours d’eau.
DIOSCOREACEÆ
18. Dioscorea alata L., Sp. PI. : 1033 (1753).
Gadbin 100, Moïssala, cultivé.
Source : MNHN, Paris
— 385 —
Originaire des Indes, introduit en Afrique orientale par les Arabes,
en Afrique occidentale par les Portugais.
Espèce comprenant de nombreuses variétés produisant des tubercules
de types très variés.
EU PHORBIACEÆ
19. Euphorbia heterophylla L., Sp. PI. : 453 (1753).
Gaston 2994, Goré, berge de la Haute Pende près de la source de Goré.
Originaire d’Amérique tropicale et subtropicale; maintenant répandue
dans les pays tropicaux.
20. Jatropha kamerunica Pax & K. Hoffm., in Engl., Pfanzenr,. Euphor-
biaceæ 2 : 102 (1910).
— var. kamerunica?
Gaston 3018, Kabolo, savane arborée à Isoberlinia doka sur arène granitique.
Cameroun — var. trochainii Leandri au Sénégal — var. ueleensis
Léonard au Zaïre.
21. Macaranga schweinfurthii Pax Bot. Jahrb. 19 : 92 (1894).
Cuisance 5, forêt de Kou, zone très humide, marécageuse.
Nigeria, Cameroun, Rép. Centrafricaine, Rép. du Sudan, Uganda,
Tanzanie, Zaïre, Gabon, Congo, Angola, Rhodésie.
FABACEÆ (Papilionaceæ)
22. Desmodium dichotomum (Willd.) DC., Prodr. 2 : 336 (1825);
Knaap van Meeuwen, Reinwardtia 6 (3) : 248 (1962).
Syn. : D. sennaarense Schweinf.
Fotius 1770, Ouaz Kaga, micro-butte en zone engorgée, asséchée.
Nigeria?, Cameroun!, Tchad, Rép. du Sudan, Éthiopie, Uganda
Des Indes à la Chine (Yunnan); NE Java et SW Célèbes.
23. Erythrina senegalensis DC., Prodr. 2 : 413 (1825).
Klein 341, Mbourao, solonetz solodisé.
Du Sénégal au Cameroun.
24. Glycine wightii (Wight & Am.) Verdcourt, Taxon 15 : 35 (1966).
Syn. : G. javanica auct. : Hepper in Hutch. & Dalz., Fl. West Trop. Afr., ed. 2,
1 (2) : 564 (1958), non L. nec auct. al. sensu str.
— subsp. wightii var. longicauda (Schweinf.) Verdcourt, l.c. : 36.
Audru 1649, rivière Djorro, ripicole.
Afrique tropicale; Arabie.
Source : MNHN, Paris
— 386 —
25. Kerstingiella geocarpa Harms, Ber. Deutsch. Bot. Ges. 26a : 230,
tab. 3 (1908); Hepper, Kew Bull. 16 (3) : 404 (1963).
— var. geocarpa (c’est la variété cultivée).
Fotius 1825, Mito, zone sableuse.
Sénégal, Haute-Volta, Ghana, Togo, Dahomey, Nigeria.
26. Lotus arabicus L., Mant. PI. : 104 (1767).
Loiseau 64, Zafaïa, bords du Chari; Chevalier 9064, rég. du lac Iro, Souka.
Afrique tropicale (du Sénégal au Transvaal), Angola; Égypte, Arabie,
Baluchistan.
27. Sesbania leptocarpa DC., Prodr. 2: 265 (1825); Gillett, Kew Bull.
17 (1) : 142 et fig. 417 : 116 (1963).
Gaston 2551, pont de Chagoua (N’Djamena), banc de sable.
Iles du Cap Vert, Sénégal, Nigeria, Tchad, Rép. du Sudan, Éthiopie,
Mozambique, Rhodésie, Arabie.
28. Sesbania tetraptera Hochst. ex Bak., in Oliv., Fl. Trop. Afr. 2 : 136
(1871); Gillett, Kew Bull. 17 (1) : 149 et fig. 3 /14 : 110, carte 1 : 151 (1963).
Peyre de Fabrègues 3053, entre Bisney et Moyto, bas-fond argileux noir avec fentes
de retrait.
Niger, Tchad, Rép. du Sudan, Tanzanie, Mozambique, Nord Transvaal.
1RIDACEÆ
29. Gladiolus iroensis (A. Chev.) Marais, Kew Bull. 28 (2) : 313 (1973).
Bas. : Acidanthera iroensis A. Chev., Bull. Mus. Hist. Nat., ser. 2, 9 : 401 (1938).
Chevalier 8899, 8977, Koulfé, bords marécageux du lac Iro.
Endémique seulement connue par des spécimens très réduits; à
rechercher.
LAMIACEÆ (Labiatæ)
30. Ocimum basilicum L., Sp. PI. 2 : 597 (1753).
Garrigues 595, Kasselem; Platiel 54, région de Kélo.
Probablement introduit d’Asie; maintenant répandu dans les pays
tropicaux.
31. Plectranthus esculentus N.E. Br., Kew Bull., 1894 : 12.
Palayer 149, région de Bedaya.
Du Mali au Natal; Angola.
LILIACEÆ
32. Albuca fibrotunica Gledh. & Oyew., Bol. Soc. Brot. 46 : 98 et
fig. 2d (: 99) et fig. 3d (: 100) (1972).
Source : MNHN, Paris
— 387 —
Syn. : A. paradoxa A. Chev., Études Fl. Afr. Centrale Franç. 1: 320 (1913), nom.
Chevalier 8567 bis, Kaba-Bodo, bords du Bahr el Abiod.
Niger!, Nigeria, Cameroun, Tchad.
MALVACEÆ
33. Hibiscus articulatus Hochst. ex A. Rich., Tent. FI. Abyss. 1 : 60
(1847).
Syn. : H. rhodesicus Bak. f.; H. eburneopetalus Bak. f.
— var. articulatus.
Fotius 1797, Matassi, zone plus ou moins argileuse.
De la Côte d’ivoire au Transvaal.
34. H. rostellatus Guill. & Perr., Fl. Senegamb. Tent. I : 55 (1831).
Klein 193, région de Bim, forêt-galerie.
Du Sénégal à l’Afrique orientale.
MELIACEÆ
35. Trichilia retusa Oliv., Fl. Trop. Afr. 1 : 334 (1868); de Wilde,
Meded. Landbouwhogeschool Wagening. 68 (2) : 154,_/îg. 14 : 157, carte 13:
159 (1968).
Cuisance 9, réserve de Manda, bords du Chari; Koechlin 1857, Bahr Salamat, près
Sarh; Palayer 148, région de Sarh, confluent du Bahr Sara et du Mandoul; Thaï s.n.,
région de Léré, Sud des Chutes Gauthiot.
Nigeria, Cameroun, Tchad!, Rép. Centrafricaine, Rép. du Sudan;
Gabon?, Congo, Zaïre.
MORACEÆ
36. Ficus vogeliana (Miq.) Miq., Ann. Mus. Bot. Lugd. Bat. 3 : 295
(1867).
Klein 185, Bim, forêt-galerie.
Rép. de Guinée, Sierra Leone, Libria, Côte d’ivoire, Nigeria, Came¬
roun, Marias Nguemba (Fernando Po), Guinée équatoriale, Cabinda,
Tchad; Uganda?
ORCHIDACEÆ
37. Habenaria papyracea Schltr. Bot. Jahrb. 53 : 498 (1915).
Gaston 3117, 4 km de Ouli Bangala vers Békao, sable de décomposition granitique.
Nigeria, Tchad, Zaïre, Tanzanie, Zambie, Rhodésie.
Source : MNHN, Paris
— 388 —
POACEÆ (Gramincæ)
38. Andropogon tenuiberbis Hack., in DC., Monogr. Phan. 6 : 435
(1889).
Klein 106, étang de Doy, en bordure (carte Beinamar).
Du Sénégal à la Rép. du Sudan; Zaïre.
39. Aristida kerstingii Pilger, Bot. Jahrb. 34: 127 (1904).
Klein 40, 11 km E Léré, route de Pala, zone grano-dioritique.
Du Sénégal au Tchad.
40. Ctenium newtonii Hack., Bol. Soc. Brot. 5 : 229 (1887); Clayton,
Kew Bull. 16 : 472 (1963).
— var. annuum J.-P. Lebrun, var. nov.
Affine C. newtonii var. newtonii sed habitu annuo differt.
Type : Gaston 2124, Tchad : Gakorio, sur cuirasse, 24.9.1968 (ALF, P, K).
Autres spécimens du Tchad : Audru 1451, Béguéré; 1545, Béti; Dronne 78, village
de Massa, région du Mandoul; Gaston 2327, Miavele; Klein 105, Doy. Selon les localités,
sur sables ou sur cuirasses.
Également récolté au Mali ( Ellenberger 117, Yanfolila) et au Togo
(Doni 110, Adélé). Cité dans notre Catalogue en tant que variété, mais
sans description latine; nous validons ici ce taxon, laissant aux spécia¬
listes le soin de revoir notre point de vue, à la faveur d’une nouvelle révi¬
sion de ce genre difficile. On connaît déjà un certain nombre de Graminées
africaines très voisines formant des couples, l’un des membres étant annuel,
l’autre vivace : Andropogon pseudapricus (A) — A. ascinodis (V); Schiza-
chyrium ruderale (A) — 5. sanguineum (V); Microchloa indica (A) —
M. kunthii (V), etc.; dans le dernier cas cité les deux « espèces » sont absolu¬
ment identiques, mais se distinguent parfaitement bien par l’habitus.
De futures études permettront peut-être de mieux connaître la nature
de cette particularité présentée par certaines Graminées.
41. Digitaria perrottetii (Kunth) Stapf, Fl. Trop. Afr. 9 : 435 (1919).
Gaston 3375, El Mourra, sable sous Hyphaene thebaïca.
Espèce à aire disjointe : Sénégal, Tchad. — Angola, Rhodésie, Malawi,
Mozambique, Tanzanie, Sud-Ouest Africain, Rép. Sud-africaine, Mada¬
gascar.
42. Eragrostis cylindriflora Hochst., Flora 38 : 224 (1855).
Gaston 896, Adré, jachère.
Niger, Ghana, Dahomey!, Afrique orientale et du Sud, Sud-Ouest
africain.
Source : MNHN, Paris
— 389 —
43. E. viscosa (Retz.) Trin., Mém. Acad. Sci. Petersb., ser. 6, 1 : 397
(1830).
Klein 33, 15 km N Léré vers Fianga, solonetz solodisé.
Nigeria; Afrique orientale et du Sud ; Sud-Ouest africain et vers
l’Est jusqu’aux Indes, la Thaïlande et les Philippines — Amérique tropi¬
cale (quelques localités).
44. Loudetia flavida (Stapf) Hubb., Kew Bull., 1934 : 429.
Klein 37, 11 km E Léré vers Pala, zone grano-dioritique; 116, 12 km de Binder
vers les chutes Gauthiot, solonetz solodisé.
Afrique tropicale et Afrique du Sud (Transvaal).
45. Sporobolus infirmus Mez, Rep. Sp. Nov. 17 : 294 (1921).
Gaston 2989, Kouboulou, cuirasse.
De la Rép. de Guinée à l’Uganda; Zaïre.
ROSACEÆ
46. Chrysobalanus atacorensis A. Chev., Bull. Soc. Bot. Fr. 58, Mém.
8d : 169 (1912).
Gaston 2944, forêt galerie de Bida.
Dahomey, Nigeria, Tchad, Rép. Centrafricaine, Zaïre, Zambie, Angola.
RUBIACEÆ
47. Borreria compressa Hutch. & Dalz., Fl. West Trop. Afr., éd. 1,
2 : 135 (1931); Berhaut, Adansonia, ser. 2, 13 (4) : 479 (1973).
Chevalier 10500, entre Bousso et Fort-Archambault.
Du Sénégal au Tchad.
48. Canthium subcordatum DC., Prodr., 4 : 473 (1830).
Gaston 2383, W Yamodo, forêt-galerie.
Du Sénégal au Tchad; S. Tomé, Angola.
49. Mussaenda angolensis Wernham, Journ. Bot. 51 : 239 (1913).
Syn. : « M. sp. aff. M. nannanii Wernh. », Lebrun & coll., Cat. pi. vascul. Tchad
mér. : 130 (1972).
Descoings 10595, km 45 piste Moundou-Kélo, galerie forestière; 10554, Déli, petite
galerie; Gaston 2893, entre Delbian et Bao; Mosnier 1712, Déli, marigot; Dr. Vét.
Gruvel 10, Baïkolo.
Tchad!, Cameroun, Rép. Centrafricaine, Angola.
50. Polysphæria arbuscula K. Schum. Bot. Jahrb. 33 : 349 (1903).
Klein 188, région de Bim, forêt-galerie.
Source : MNHN, Paris
— 390 —
Commun dans les forêts-galeries en zone de savane : Ghana, Togo,
Dahomey, Nigeria, Cameroun, Tchad.
51. Stipularia elliptica Schweinf. ex Hiern, Fl. Trop. Afr. 3 : 80 (1877).
Syn. : Sabicea elliptica (Schweinf. ex Hiern) Hepper.
Palayer 194, région de Bedaya, zone inondable.
Nigeria, Cameroun, Tchad, Rép. du Sudan, Rép. Centrafricaine,
Congo.
SAPOTACEÆ
52. Malacantha alnifolia (Bak.) Pierre, Not. bot. Sapot. : 61 (1891).
Klein 184, 5 km E Bim, forêt-galerie.
Afrique tropicale.
TILIACEÆ
53. Grewia barteri Burret in Engl., Bot. Jahrb. 45 : 186 (1910).
Garrigues 631, région de Kasselem.
Du Sénégal au Tchad.
VITACEÆ
54. Cissus cornifolia (Bak.) Planchon, in DC., Monogr. Phanér. 5 : 492
(1887); Descoings, Adansonia, ser. 2, 14 (4) : 668 (1975).
Chevalier 8452, 8478, Niellim, rochers; 8507, Koms, pays des Ndamons; 9020, rég.
du lac Iro, Sonka; Descoings 10694 bis, Mayo-Kebbi, entre Pala et Kelo.
Afrique tropicale.
55. Cyphostemma cyphopetalum (Fresen.) Descoings, Not. Syst. 16 :
121 (1960); Natur. Monsp. 18 : 220 (1967); Adansonia, ser. 2, 14 (4) :
676 (1975).
Chevalier 9262, Korbol.
Afrique tropicale.
56. C. rupicolum (Gilg & Brandt) Descoings, Not. Syst. 16 : 124 (1960);
Natur. Monsp. 18 : 227 (1967); Adansonia, ser. 2, 14 (4) : 677 (1975).
Fotius 1455, Gaya, termitière en zone hydromorphe; Thaï 2, bord du lac Trené,
terrain granitique.
Endémique Tchad, Cameroun.
Institut d’Élevage et de Médecine Vétérinaire,
des Pays Tropicaux
94700 Maisons-Alfort.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 15 (3) : 391-396, 1976.
CÉSALPINIACÉES ASIATIQUES NOUVELLES
par J. E. Vidal & S. Hul Thol
Résumé : Deux espèces nouvelles sont décrites : Pterolobiunt sinense J. E. Vidal
et Cæsalpinia rhombifolia J. E. Vidal.
La première s’ajoute aux dix déjà connues et révisées récemment par nous. La
deuxième se rattache à la section Nugaria du genre Cæsalpinia.
Summary: Two new species are described: Pterolobium sinense J. E. Vidal and
Cæsalpinia rhombifolia J. E. Vidal.
The former is added to the ten species already known and recently revised by us.
The latter is ranged in the section Nugaria of the genus Cæsalpinia.
Au cours de notre révision des Cæsalpinia asiatiques, nous avons
reconnu parmi le matériel reçu de Kew, classé sous le nom de genre Cæsal¬
pinia, un spécimen qui doit être rattaché au genre Pterolobium. Ce spéci¬
men de Chine, en fleurs, récolté par H. B. Morse, vient compléter deux
autres spécimens en fruits de Paris que, faute d’éléments floraux, nous
avions rapporté seulement à Pterolobium sp. dans notre révision mono¬
graphique du genre, récemment publiée *. Ce nouvel élément nous permet
de connaître, de nommer et de décrire la nouvelle espèce que nous avions
seulement pressentie dans notre révision.
Pterolobium sinense J. E. Vidal, sp. nov.
Scandens vel serpe ns. Folia bipinnata 4-juga, rhachidi glabro, aculeato. Pennæ
6-jugæ, rhachidi pubescenti, inermi. Foliota oblonga vel obovata, 15-25 X 5-10 cm, apice
retusa, basi obliqua, margine integra, glabra, venis manifestis 12-16. Inflorescentiæ taxe
paniculatæ, glabræ. Flores taxe disposili. Pedicelli 5-8 mm longi, apice articulati, glabri.
Sepala glabra margine ciliata. Petala alba, glabra ; vexillum roseo-lineatum, media margine
contractum, ima margine pilosum. Stamina filamento media infima parte piloso. Ovarium
glabrum, 2-ovulatum; Stylus glaber ; stigma cyathiforme, margine ciliata.
Fr uct us haud stipitatus ; pars infima seminifer, 15-20 x 10-15 mm, glabra ; ala margine
laterali e partis fert ilis media vel ter lia ima parte or ta, convexa, 10-20 mm lata.
Typus : China, Kwangsi, Lungchow, H. B. Morse 526 (K).
I. J. E. Vidal 8t S. Hul Thol. — Révision du genre Pterolobium. Bull. Mus. Nal. Hist.
Nat. Paris, ser. 3, 227 (Bot. 15) : 1-29 (1974).
Source : MNHN, Paris
— 392 —
Liane grimpante ou rampante. Feuilles bipennées à rachis glabre,
épineux. Pennes 4 paires, à rachis long de 5-7 cm, pubescent, inerme.
Folioles 6 paires, oblongues ou obovales, 15-25 x 5-10 mm, arrondies-
émarginées au sommet, inégales à la base, à marge entière, glabres; nervures
apparentes, 12-16 paires.
Inflorescences en panicules lâches, glabres; axes secondaires 10-15 cm.
Sépales glabres ou ciliés au bord. Pétales blancs, glabres; pétale supérieur
(étendard) rayé de rose, à bords contractés vers le milieu, velus à la base.
Etamines à filet velu dans la moitié inférieure. Ovaire glabre, 2-ovulé;
style glabre; stigmate en coupe, cilié au bord.
Fruit non stipité; partie fertile 15-20 x 10-15 mm, glabre; aile à
bord terminal long de 40-50 mm, à bord latéral naissant vers la moitié
ou le 1 /3 inférieur de la partie fertile, large de 10-20 mm, non concave à
la base. — PI. 1, 1-12.
Remarques : Cette espèce est connue seulement du Kwangsi (type),
de Hainan et du Yunnan. Elle se rapproche de P. hexapelalum par ses
fleurs espacées, ses pétales inégaux velus à la base, ses étamines à filet velu,
l’aile du fruit naissant vers le 1/2 ou 1 /3 inférieur de la partie fertile,
ses folioles à marge entière. Elle s’en distingue par le pédicelle deux fois
plus court, le fruit deux fois plus grand, à aile non concave vers la base
latérale.
Caractères polliniques. — PI. 2, 5-12.
Pollen tricolporé, isopolaire.
Dimensions :
P (longueur de l’axe polaire) = 33,08 n (moyenne de 25 mesures);
valeurs extrêmes : 29 n et 36 n. — E (longueur de l'axe équatorial) = 36,48 n
(moyenne de 25 mesures); valeurs extrêmes : 34 n et 39 |x. — P/E = 0,90.
— Exine E (épaisseur dans la zone équatoriale) = 3,5 (i. — TP (côté du
triangle polaire) = 6 |x.
Exine :
— Zone interaperturale : tectum partiel, réseau ± aéré; des éléments
ectexinaux (têtes columellaires) sont visibles à travers les mailles du
réseau.
— Zone de transition : bande de tectum complet.
— Zone aperturale : zone marginale = tectum à têtes de columelles
± fusionnées en rugules (surface tectale rugulée).
Aperlures :
— ECA (ectoaperture) = sillon court méridien.
— ENA (endoaperture) = pore subcirculaire-ovale.
— t /t—! 2: 1 (épaisseur de la couche tectale = celle de la couche colu-
mellaire).
Source : MNHN, Paris
— 393 —
Source : MNHN, Paris
— 394 —
D’après les caractères polliniques, P. sinense est assez éloigné de
P. hexapetalum, qui présente une structure tectale beaucoup plus lâche
et dont la taille du grain de pollen est visiblement plus grande.
Par contre, elle se rapproche de P. punctatum qui présente à peu près
la même structure tectale : tectum partiel, réseau ± aéré, dans la zone
interaperturale ; zone marginale : surface tectale rugulée.
On peut l’en distinguer par les caractères suivants : zone de transi¬
tion = bande de tectum complet; éléments ectexinaux bien visibles à travers
les mailles du réseau; longueur ECA = 5,7 diamètre ENA = 4,05 n;
t/t_, ~ 1.
Matériel étudié :
Chine. — Hainan : Yai Chow, 500 m, en fruits, F. C. How 70772 (NY, P). —
Kwangsi : Lungchow, en fleurs, H. B. Morse 526 (K). — Yunnan : Kien-Shuei Hsien,
en fruits, H. T. Tsai 53290 (P).
Cæsalpinia rhombifolia J. E. Vidal, sp. nov.
Folia bipinnata 4-5-juga, rachidi glabro, aculeato. Pennæ 4-5-jugæ, rachidi glabro,
inermi. Foliota subrhombea, 16-20 X 8-12 mm, basi ac apice acuta , glabra, discoloria,
venis ± manifestis utrinque 10-12. Inflorescentiæ paniculatæ terminales ve! racemosæ
axiliares, glabræ. Flores laxe dispositi. Pedicelli 6-9 mm longi, apice articulati, glabri
vel subglabri. Sepala glabra margine ciliata. Petala basi intus + pilosa ; vexillum media
margine contractum atque pilosum. Stamina filamento media infima parte piloso. Ovarium
glabrum, 1-2-ovulatum ; Stylus glaber ; stigma cyathiforme, margine ciliata.
Fructus breviter stipitatus, dehiscens. glaber, ambitu subcirculari asymmetricus,
30 X 28 mm. Semen unicum, 15-18 X 12-15 mm, reniforme, nigrum.
Typus : Viêt-Nam (Nord), Quang Ninh, Dam Ha, W. T. Tsang 29830 (holo-, P;
iso-, C, E, G, K, L, SING).
Plante ligneuse. Feuilles bipennées à rachis glabre, épineux. Pennes
4-5 paires, à rachis long de 5-6 cm, glabre, inerme. Folioles 4-5 paires
sublosangiques, 16-20 x 8-12 mm, aiguës au sommet et à la base, glabres,
discolores; nervures ± apparentes, 10-12 paires.
Inflorescences en panicules terminales ou en grappes axillaires, glabres;
axes secondaires 6-8 cm. Fleurs espacées. Pédicelle 6-9 mm, articulé au
sommet, glabre à subglabre. Sépales glabres, ciliés au bord. Pétales inégaux,
± velus à la base interne, le supérieur un peu plus petit, contracté et velu
vers le milieu. Étamines à filet velu dans la moitié inférieure. Ovaire glabre,
1-2-ovulé; style glabre; stigmate en creux à bords ciliés.
Fruit courtement stipité, sec, déhiscent, glabre, à contour subcirculaire,
asymétrique, 30 X 28 mm. — PI. 1, 13-24.
Remarques : Cette espèce n’est connue jusqu’à présent que de la
localité du type. Par son fruit, elle se rattache à la section Nugaria et se
rapproche de C. Szechuenensis. Elle s’en distingue aisément par ses folioles
en losange.
Source : MNHN, Paris
PI. 2. — Cæsalpinia rhombifolia J. E. Vidal (Tsang 29830). — Micro, phol. (x 1 000) : 1, vue
polaire;2, vue méridienne, système apertural de face.— M.E.B. : 3, vue polaire (x 1 200);
4, vue méridienne, zone interaperturale de face ( x I 200). — Pterolobium sincnse J. E. Vi¬
dal ( Morse 526). — Micro, phot. (x I 000) : 5, vue méridienne, système apertural de
face; 6, coupe optique méridienne; 7, vue polaire; 8, coupe optique équatoriale. -—
M.E.B. : 9, vue subméridienne ( x I 100); 10, coupe subéquatoriale, zone interaperturale
(X 5 500); 11, détail de l'exine, zone interaperturale (x 5 500); 12, vue interne de l'endo-
aperture (x 5 500). — Clichés au M.E.B. réalisés au Laboratoire d’Écologie du Muséum
à Brunoy.
Source : MNHN, Paris
— 396 —
Caractères polliniques. — PI. 2, 1-4.
Pollen tricolporé, isopolaire.
Dimensions :
P = 37,16 (A, valeurs extrêmes : 35,28 p. et 39,69 n. — E = 44.92 n,
valeurs extrêmes : 41,16 n et 48,51 jx. — P/E = 0,82. — Exine E = 3 |x. —
TP = 6,61 u.
Exine:
— Zone interaperturale : tectum partiel, réseau ± lâche; des éléments
ectexinaux sont ± visibles à travers les mailles du réseau.
— Zone de transition : bande de tectum complet.
— Zone aperturale : zone marginale = surface tectale rugulée.
Apertures :
— ECA = sillon court méridien.
— ENA = pore elliptique légèrement allongé dans le sens méridien.
— t/t_i 1 (la couche columellaire est ± épaisse que celle du tectum).
Par les caractères polliniques, cette espèce est assez voisine de
C. szechuenensis: pollen à tectum partiel, réseau ± lâche; lumières des
mailles ± arrondies; éléments ectexinaux ± visibles à travers les mailles
du réseau (zone interaperturale). Le rapport P/E les rapproche sensible¬
ment (P/E < 0,90 : pollen légèrement bréviaxe).
C. szechuenensis présente cependant des caractères permettant de la
distinguer de C. rhombifoiia : zone de transition = bande de tectum ± com¬
plet; zone marginale : surface tectale rugulée et ± réticulée; ECA = sillon
très court (8,23 |x au lieu de 20 |x chez C. rhombifoiia).
On remarque sur la planche 2 la similitude des caractères polli¬
niques entre les deux espèces classées cependant dans deux genres diffé¬
rents, mais très voisins. La taille des pollens est le caractère principal qui
permet de différencier nettement ces deux genres.
Laboratoire de Phanérogamie,
Muséum - Paris.
Laboratoire de Palynologie, E.P.H.E.,
Muséum - Paris.
Laboratoire de Botanique tropicale,
Université Pierre et Marie Curie
Source : MNHN, Paris
Adansonia, Ser. 2, 15 (3) : 397-407, 1976.
LES MELODINUS DE NOUVELLE-CALÉDONIE
par Boiteau, L. Allorge & T. Sévenet
Résumé : Une section nouvelle du genre Melodinits est décrite, ainsi que quatre
espèces et deux variétés nouvelles. On donne la clé des espèces et variétés néo-calédo¬
niennes. Sur onze espèces, dix sont endémiques.
Summary: A new section of the genus Melodinus is described as well as four species
and two varieties. The key of the neo-caledonian species and varieties is set. Ten out
of eleven are endemic.
Le genre Melodinus constitue à lui seul la sous-tribu des Melodininæ
dans la tribu des Carisseæ (Apocynaceæ-Plumerioideæ).
Il est constitué par des lianes ligneuses dont certaines peuvent atteindre
une grande taille, alors que d’autres peuvent être réduites à des arbustes
ou sous-arbrisseaux rampants dans les maquis arbustifs ouverts. Les feuilles
sont opposées, souvent coriaces. Lorsque les tiges sont toutes ou la plupart
ascendantes, les limbes foliaires sont décussés; ils ne le sont pas lorsque les
rameaux latéraux sont prépondérants ou les tiges rampantes.
Les fleurs 5-mères sont en cymes axillaires ou pseudo-terminales, c’est-à-
dire à l’aisselle des seules fleurs de la paire supérieure. La corolle hypo-
cratérimorphe ou infundibuliforme comprend un tube cylindrique de
2-20 mm de long et une couronne, de forme variable mais toujours présente,
à la gorge. Le fruit est une baie simple, indéhiscente, dont le péricarpe
comporte une assise scléreuse, généralement mince, mais jamais de fibres.
Les placentas sont pulpeux. Les graines non arillées, sans dépression ven¬
trale, à testa crustacé, brun foncé, terne, plus ou moins marqué de rides
irrégulières.
Plusieurs espèces ont déjà été étudiées pour leurs alcaloïdes indoliques.
Ce fait est rare parmi les Carisseæ: une seule autre sous-tribu, les Pleio-
carpinæ renfermant aussi ce type d’alcaloïdes. Les Melodinus semblent par
leur chimisme se rapprocher plutôt de la tribu des Alslonieæ. Ce fait suscite
une recrudescence d’intérêt pour leur étude.
Le genre comporte une soixantaine d’espèces répandues dans une aire
asiatico-pacifique limitée par l'Inde, la Birmanie, la Chine — y compris
Taïwan —, les Philippines, la Nouvelle-Guinée, les îles Salomon, les Nou-
Source : MNHN, Paris
— 398 —
velles-Hébrides, les Fidji, la Nouvelle-Calédonie, Plie Norfolk, l’Australie,
Timor, Java et Sumatra.
Sur le plan systématique, ce genre a déjà fait l’objet, en ce qui concerne
les espèces néo-calédoniennes, des travaux de Bâillon (1) et de Guillau¬
min (2). Nous lui attribuons 11 espèces, dont certaines comportent plusieurs
variétés.
Il ne s’agit pas seulement d’un genre polymorphe comme cela se rencontre
dans nombre de familles tropicales; mais ce polymorphisme général [dans
un travail récent, Markgraf (3) n’énumère pas moins de six synonymes
pour le seul Melodinus orientalis Bl.] s’accroît encore pour les espèces de la
flore calédonienne, du fait qu’elles ont souvent une forme juvénile différente
de la forme adulte. Dans certains cas, les formes juvéniles sont, en outre,
néoténiques, c’est-à-dire capables de fleurir et de fructifier, si bien qu’elles
ont été prises pour des espèces distinctes (voir M. eelastroideS).
CLASSIFICATION DES MELODINUS
La classification du genre Melodinus a fait l’objet de deux travaux de
Pichon (4, 5). Le genre, à la suite de ces observations, est divisé en 8 sections
qui restent généralement admises dans tous les travaux récents.
Cependant, Pichon n’avait pu voir le matériel de M. baueri Endl.
de l’île Norfolk et c’est seulement en fonction de la brève description de
cette espèce qu’il l’attribuait avec doute à la section Pleurophacelus. L’exa¬
men à Kew du type de cette espèce : Bauer s.n., nous a permis de constater
qu'elle est surtout proche de M. æneus Bâillon et de M. polyadenus Bâillon,
qui n’ont été, de leur côté, rangés dans la section Bicorona que parce que la
plupart des espèces néo-calédoniennes appartiennent effectivement à
cette section.
Il paraît donc souhaitable de constituer pour ces trois espèces une
section nouvelle :
Section Fimbricorona Boiteau, secl. nov.
Folia opposila, decussata, discoloria, infra glauca. Corome squamæ pilorum densorunt
erectorum annulo leclæ.
Espèce-type : Melodinus æneus Bâillon.
Cette section se distingue de la section Bicorona (A.DC.) Pichon par
les caractères suivants :
— Rameaux ascendants. Feuilles opposées décussées; limbe très discolore sur le sec,
glauque à la face inférieure. Couronne formée, outre les écailles relativement petites,
d’un anneau de poils touffus ascendants. sect. Fimbricorona
— Rameaux latéraux prépondérants ou tiges rampantes. Feuilles opposées, non décussées ;
limbe peu ou pas discolore sur le sec. Couronne formée de grandes écailles bifides,
sans poils; écailles libres entre elles ou soudées à leur base en un tube exsert....
. sect. Bicorona
Source : MNHN, Paris
— 399 —
Compte tenu de cette modification, les espèces néo-calédoniennes
peuvent être classées dans les trois sections suivantes :
1. Section Fimbricorona Boiteau :
M. æneus Bâillon
M. polyadenus Bâillon
2. Section Bicorona (A.DC.) Pichon :
M. phylliræoides Labillardière
M. celastroides Bâillon
M. insulæ-pinorum Boiteau
M. balansæ Bâillon
M. tiebaghiensis Boiteau
M. reticulatus Boiteau
M. guillauminii Boiteau
3. Section Nesodinus Pichon :
M. scandens Forster
M. vitiensis Rolfe
CLÉ DES MELODINUS DE NOUVELLE-CALÉDONIE
1. Corolle glabre extérieurement, plus ou moins poilue intérieurement.
Rameaux gris, bruns ou noirâtres.
2. Feuilles opposées, décussées; limbe très discolore sur le sec, glau¬
que à la face inférieure. Glandes plus ou moins nombreuses à la
face interne des sépales. Lobes de la corolle à bord libre entier.
Couronne formée, outre les écailles, d’un anneau de poils touffus
ascendants (section Fimbricorona).
3. Feuilles de 10 x 6 cm, à nervures secondaires très espacées
(6-7 mm); pétiole de 1,5 cm. Inflorescences pluriflores (jusqu'à
40). Sépales arrondis garnis de poils abondants. 1. M. æneus
3'. Feuilles de 9-10 x 2-3 cm, à nervures secondaires peu espacées
(1-2 mm); pétiole de 0,5-1 cm. Inflorescences pauciflores (8-10).
Sépales ± carénés à bords peu velus. 2. M. polyadenus
2'. Feuilles opposées, non décussées; limbe peu ou pas discolore. Pas de
glandes à la face interne des sépales. Lobes de la corolle à bord
libre denté ou diversement découpé. Couronne formée de grandes
écailles bifides, sans poils; écailles libres entre elles ou soudées à
leur base en un tube exsert (section Bicorona ).
4. Inflorescences pseudo-terminales et axillaires sensiblement de
la même importance. Tube de la corolle infundibuliforme ou
subinfundibuliforme; longueur des lobes sensiblement égale
à celle du tube.
5. Feuilles membraneuses à marge non révolutée, souvent
inégales et hétéromorphes sur une même plante. Tube sub¬
infundibuliforme. Lobes égaux au tube.
6. Feuilles de 4-8 cm de long. Couronne formée de 5 pièces
bifides, exsertes, libres entre elles. Fruit sphérique ou
globuleux. 3. M. phylliræoides
+ Plante entièrement glabre, sauf de très rares poils
écailleux à la face inférieure du limbe. var. phylliræoides
4- Jeunes rameaux et feuilles pubescents. var. vestilus
Source : MNHN, Paris
— 400 —
6'. Feuilles de 2-4 cm de long. Écailles de la couronne soudées
entre elles à leur base. Style : 3 mm de long. Fruit ovoïde
ou fusiforme mais obtus au sommet, souvent avec un
rétrécissement annulaire près de la base. 4. M. celasiroides
5'. Feuilles coriaces, à bord souvent révoluté, de dimensions
et forme homogènes, ovales ou rhomboïdales. Tube de la
corolle infundibuliforme; lobes un peu plus longs que le
tube. Style ne dépassant pas 1 mm de long. Fruit sphérique
. 5. M. insulæ-pinorum
4- Rameaux et inflorescences glabres; nervures secondaires
faisant un angle de 60° avec la médiane.... var. insulæ-pinorum
+ Rameaux et inflorescences pubescents; nervures secon¬
daires naissant sous un angle de 70-80° . var. baabaensis
4'. Inflorescences pseudo-terminales nettement plus importantes
que les axillaires (quand ces dernières existent). Tube de la
corolle hypocratérimorphe, presque deux fois plus long que les
lobes, en tout cas nettement plus long qu’eux.
7. Feuilles épaisses coriaces. Nervures secondaires plus ou
moins marquées; jamais de réticule tertiaire.
8. Feuilles de plus de 5 cm de long, à bord rarement révo¬
luté. Nervures latérales nettes. Tube de 6 mm de long;
lobes de 5 mm au plus; style presque nul : 0,3 mm 6. M. balansæ
+ Inflorescences axillaires fréquentes.
+ + Plante entièrement glabre, sauf les bractées
de l’inflorescence et les sépales. Feuilles de
7 x 3,5 cm (L = 21). var. balansæ
+ + Plante poilue sur les jeunes rameaux, les pédon¬
cules et pédicelles. Feuilles veloutées. var. veluliims
+ Inflorescences pseudo-terminales généralement seules
présentes.
+ + Feuilles elliptiques-ovales, souvent asymétri¬
ques, obtusément aiguës au sommet, de
8-8,5 X 3 cm (L = 2,5 1). Fruit ovoïde ou
fusiforme. var. inæquilalus
+ + Feuilles elliptiques ou suborbiculaires, très
obtuses au sommet, 9 x 6,5 cm (L = 1,5 I).
Fruit globuleux. var. paucivenosus
8'. Feuilles coriaces à bords souvent révolutés, ovales, de
4,5 x 2,3 cm, à nervures à peine visibles à la face infé¬
rieure. Tube de 8 mm ; lobes de 9 mm et plus ; style : 0,5 mm
. 7. M. tiebaghiensis
T. Feuilles plutôt minces, à réticule tertiaire visible au moins
à la face inférieure.
9. Feuilles cordées à la base, à plus grande largeur vers le
quart inférieur, recouvertes d’un tomentum rougeâtre;
réticule tertiaire très visible surtout en dessous. Pétiole
subnui : 1-2 mm. Tube : 5 mm. Fruit sphérique.. 8. M. reticulatus
9'. Feuilles lancéolées, 5-7 x 2,5-3,2 cm. Pétiole 6-7 mm.
Tube de 11 mm de long, étroit. Fruit ovoïde ou fusi¬
forme, apiculé. 9. M. guillauminii
1 '. Corolle pubescente extérieurement. Jeunes rameaux jaunes (section Neso-
dinus).
10. Feuilles de 8-12 X 3-4,5 cm, cordées ou subcordées à la base;
pétiole de 2 mm au plus. 10. M. scandens
10'. Feuilles de 5-8 x 2-3 cm, atténuées ou arrondies à la base mais
non cordées. Pétiole de 3-5 mm de long. 11. M. vitiensis
Source : MNHN, Paris
— 401 —
Source : MNHN, Paris
— 402 —
NOUVEAUX TAXONS
ET ÉNUMÉRATION DES ESPÈCES NÉO-CALÉDONIENNES :
1. Melodinus æneus Bâillon
Bull. Soc. Linn. Paris 1 : 786 (1889). — Type : Balansa 3014 (P). — Endémique.
2. Melodinus polyadenus Bâillon
Bull. Soc. Linn. Paris 1 : 786 (1889). — Type : Vieillard 948 (P). — Endémique.
3. Melodinus phylliræoides Labillardière
Sert. Austro-caléd. 29, lab. 33 (1824).
var. phylliræoides
Type : Labillardière s.n. (P). — Endémique (PI. 2, 7-10).
var. vestitus Boiteau, var. nov.
Frulex scandens, ramulis annotinis et foliis pubescentibus.
Type : McKee 23623 (P).
Endémique : Brousmiche 670, Baie Ste-Marie; McKee 23623, Voh, Tieta 20 m ait.;
maquis sur alluvions caillouteuses, serpentineuses.
4. Melodinus celastroides Bâillon
Bull. Soc. Linn. Paris 1 : 787 (1889).
— M. buxifolius Bâillon l.c., syn. nov.
Nous maintenons, suivant la règle, le nom de la première espèce décrite
par Bâillon. Elle constitue la forme adulte de l’espèce, alors que le M. buxi¬
folius est la forme juvénile et néoténique. En semant les graines fraîches
reçues de Nouvelle-Calédonie dans les serres de Gif-sur-Yvette (Service
du Phytotron, P r Chouard, directeur), il a été possible d’observer le
passage d’une même plante de la forme juvénile buxifolius à la forme
adulte celastroides.
Type : Balansa s.n. (P). — Endémique (PI. 1, 7-17).
5. Melodinus insulæ-pinorum Boiteau, sp. nov.
Frulex scandens, gracilis. Foliorum lamina coriacea, supra vix lucida, 2,8-4,5 x 1,6-
2,2 cm, obovaia vel rhomboidalis, obtusa, basi cuneata vel sinuala ; peliolus 2-3 mm longus ;
nervi latérales 8-10-jugi, conspicui, distantes 3-5 mm, cum nervis tertiariis parallelissed tenuiter
conspicuis alternantes. Calycis lobi tenuiter ciliati. Corolla infundibuliformis, tubo 3 mm
longo, lobis 3-3,5 mm longis, valde obliquis, margine dentatis. Stylus brevis, 1 mm longus.
Stigma breviter conicum, antheras haud ait ingens. Fr uct us globosus, 2 cm diam., ex tus
durus, intus pulposus. (PI. 1, 1-6.)
Cette espèce comprend deux variétés :
var. insulæ-pinorum
Type : Germain s.n. (fleurs) ; Paratype : Mission franco-suisse 13504 (fruit).
Distribution : endémique de l’île des Pins; Plateau de l’île des Pins, sur serpentine,
McKee 23541, Germain s.n.; Pic Nga, 150-250 m ait., Bernardi 10060, McKee 13102,
Source : MNHN, Paris
— 403 —
Source : MNHN, Paris
— 404 —
Mission franco-suisse 13504, 13717, 13817, Schmid 2063; littoral de l'île des Pins, terrain
sablonneux, Bernier 1144; Creek à l’Est du Pic Nga, 50 m ait ,,McKee 13089, Sévenel 659;
Vallée du creek Mou, prise d'eau de Kuto, McKee 15559.
var. baabaensis Boiteau, var. nov.
Ramulis pedunculisque pubescentibus differt.
Type : McKee 23211 (P).
Distribution : île Baaba : pointe sud-ouest, 5-20 m ait., maquis rabougri sur ter¬
rain rocheux (serpentine), McKee 23211. Seule localité connue, parait endémique de la
petite ile de Baaba.
6. Melodinus balansæ Bâillon
Bull. Soc. Linn. Paris 1 : 785 (1889).
Cette espèce comprend quatre variétés dont la clé donne les caractères
distinctifs.
var. balansæ
— Melodinus intermedius Pancher ex Guillaumin, Bull. Muséum Paris 18 : 41 (1912).
— Melodinus latifolius Schlechter ex Guillaumin, Bull. Muséum Paris 25 : 291 (1919).
Type : Balansa 2425 (P),
var. velutinus Dâniker
Viertel jahrschr. Nat. Gessell. Zurich 142 : 374 (1933).
— Melodinus velutinus Guillaumin, Mém. Muséum Paris, ser. Bot. 8 : 75 (1957), syn.
Type : Dâniker 3097 (Z!).
var. inæquilatus (Bâillon) Boiteau, comb. nov.
— Melodinus inæquilatus Bâillon, Bull. Soc. Linn. Paris 1 : 786 (1889).
Type : Balansa 2425a (P).
var. paucivenosus (S. Moore) Boiteau, comb. nov.
— Melodinus paucivenosus Sp. Moore, Journ. Linn. Soc., Bot. 45 : 356 (1921).
Type : Compton 2107 (BMI).
Espèce et variétés endémiques, la var. velutinus est localisée sur les
hauteurs en maquis sur serpentine, surtout dans la région centrale de l’île :
massifs de Tchingou, du Kopéto et du Koniambo. Les var. balansæ et
inæquilatus sont communes dans le sud de Pîle, en forêt ombrophile, souvent
au bord des rivières. La var. paucivenosus enfin, s’étend aussi dans le sud
de rîle, mais à plus haute altitude : 200-700 m, dans les forêts basses, buis-
sonnantes, de préférence sur terrain schisteux ou péridotitiques.
7. Melodinus tiebaghiensis Boiteau, sp. nov.
Frutex scandens vel repens. Foliorum lamina coriacea, glabra, ovata, 4-5 x 2-3 cm,
obtusa, basi cuneata; nervi latérales pagina inferiore tantum conspicui; petiolus 3 mm
longus. Inflorescentiæ axillares vel pseudo-terminales, pauciflores ( 5-7-floreæ), glabræ foliis
suhtequales vel breviores. Pedunculus 10-15 mm. Flores albi. Corolla tubo hypocrateriformi,
7-11 mm longo, angusto, in fauce leviter constricto ; lobis 6-7 mm longis. Fructus ellipsoideus
vel fusiformis, 4-5 cm longus, 1,5-2 cm cliam. (PI. 3, 1-4).
Source : MNHN, Paris
'ni* >
— 405
Source. : MNHN, Paris
— 406 —
Type : McKee 4826, fl. et fruit (P).
Endémique : Tiebaghi, 550-600 m ait., Bernardi 10295, Blanchon 1432, Jeanniol 313,
McKee 4826,8041 ; Paagoumène, McKee 14286, Sévenei 61,363 ; Néhoué, mine fantoche,
100 m ait., McKee 16914; Koumac, ruisseau des Galacs, McKee 18366; île Yandé, Poua-
gone 50-100 m ait., McKee 22620.
8. Melodinus reticulatus Boiteau, sp. nov.
Frutex scandens. Foliorum lamina lenuis sed coriacea, dense tomento-ferruginea,
ovaia, basi laie cordata, 5-9 x 2,5-4 cm ; peliolus 1-2 mm ; nervi latérales 7-9-jugi, 5-6 mm
inter se distantes, cum reticulo tertiaro distincto. Inflorescentiæ axillares vel pseudo-termi¬
nales, glabræ, pauciflores (sæpissime 5-flores). Pedunculus 0,5-1 cm. Corollæ tubo hypo-
crateriformi, 8-10 mm longo, coronæ squamæ exsertis ; lobis 5-7 mm longis. Fructus globosus,
2-3 cm diam. (PI. 2, 1-6).
Type : Blanchon 1290 (P).
Endémique : Bords de la rivière Tontouta, juste avant la mine Liliane, Blanchon
1290; Ouaco, Tinip, 30 m ait., maquis dégradé sur alluvions serpentineuses, McKee
29504, Jeanniot 311, Sévenet 734; Tontouta, Sévenet 827.
9. Melodinus guillauminii Boiteau sp. nov . 1
Frutex scandens ; ramuli nigri, nodis compressis. Folia glabra, lanceolata, 5-7 x 2,5-
3,2 cm;peliolus 5-7 mm; nervi latérales 12-13-jugi, 4-5 mm inter se distantes, cum reticulo
tertiaro infra distincto. Inflorescentiæ axillares vel pseudo-terminales, glabræ; pedunculus
1-2 cm longus. Calycis lobi ovati, ciliati, applicati. Corollæ tubus 7 mm longus. hypocrateri-
formis, extus glaber, in fauce parum pubescens ; corona dentibus bilobis. Stamina tubi
basi inserta. Fructus ovoideus vel fusiformis, sæpe apiculatus et basi coarctatus (PI. 3,5-9).
Type : Sévenet 470, fl. et fruits (P).
Endémique : Nord : dôme de Tiebaghi, 550 m ait., McKee 23603 ( Corbasson coll.);
McMillan 5069 ; Sévenet 470 ; ruisseau de la base du Mont Kaala, prise d'eau de Gomen,
20-150 m ait., McKee 11889; Néhoué, Babouillat, McKee 18343; Poum, anse de Pouani,
maquis sur serpentine, McKee 23160; vallée de Poya, Ndokoa, 100 m ait., maquis sur
serpentine, McKee 23716, Sévenet 431, 729, 730 ; basse Amoa, rive droite, maquis sur
serpentine, McKee 23951 ; Nakety, Mokoui vers 20 m ait., en forêt-galerie, McKee 24684 ;
Pouéta Kouré, la coulée Saint-Louis, Mission franco-suisse 13309 ; mois de mai. Mission
franco-suisse 14007.
10. Melodinus scandens Forster
Char. Gen. : 38 (1771), non Hasskarl, Catal. Hort. Bogor : 120 (1844), nec Seeman,
Fl. Viti. : 155, tab. 30 (1873).
— M. pancheri Pierre, Bull. Soc. Linn. Paris, ser. nov., 1 : 103 (1899).
— M. noumeensis Schlechter ex Guillaumin, Bull. Muséum Paris 25 : 291 (1919)
— M. citricarpus S. Moore, Journ. Linn. Soc., Bot. 45 : 357 (1921).
Type : Forster s.n. (K I). — Endémique, Nouvelle-Calédonie et île des Pins.
11. Melodinus vitiensis Rolfe
Britten’s Journ. Bot. 21 : 201 (1883).
— M. scandens Seeman, Fl. Viti. : 155, tab. 30 (1873), non M. scandens Forster.
Type : Seeman 311 (K; iso-, P), île Viti (Fidji).
Distribution : Iles Fidji : Viti, Tonga; Nouvelle-Calédonie, y compris île des Pins;
archipel des Loyautés : Ouvéa et Lifou. Non encore signalée dans ces dernières localités.
1. Cette espèce est dédiée au P r A. Guillaumin qui a été l’un des pionniers de l’étude
de la flore néo-calédonienne.
Source : MNHN, Paris
— 407 —
Cette dernière espèce est donc la seule à ne pas être endémique.
La répartition géographique détaillée des espèces ainsi que leur
description complète en français sera publiée dans la Flore de Nouvelle-
Calédonie, famille des Apocynacées, en cours de préparation.
Bibliographie
1. Bâillon, H. — Sur quelques Melodinus néo-calédoniens. Bull. Soc. Linn. Paris 1 :
785-787 (1889).
2. Guillaumin, A. — Matériaux pour la Flore de Nouvelle-Calédonie; LIX. Révision
des Apocynacées. Bull. Soc. Bot. Fr. 88 : 358-380 (1941); genre Melodinus:
360-361.
3. Markgraf, F. — Floræ Malesianx Præcursores. LI. Apocynaceæ, 1-3 : Melodinus,
Blumea 19 : 150-155 (1971).
4. Pichon, M. — Classification des Apocynacées. I. Carissées et Ambélaniées : subtrib. B :
Melodininx. Mém. Muséum Paris, ser. nov. 24 (3) : 125-130 (1948).
5. Pichon, M. -— Melodinus baccelianus (F. v. Muell.) Pichon et sect. Trichostoman-
themum (Domin) Pichon, Notul® Systematicæ, Paris 14 (2) : 87 et note 1 (1951).
P.B., L.A. — Laboratoire de Phanérogamie,
Muséum - Paris,
et Laboratoire associé du C.N.R.S., n° 218.
T.S. — Laboratoire des Plantes Médicinales,
C.N.R.S - Nouméa.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 1, 15 (3) : 409-413, 1976.
IDENTIFICATION DES DRACÆNA DE CÔTE-D’IVOIRE
A L’ÉTAT VÉGÉTATIF
par J. A. Mouton
Si le genre Dracæna est assez facile à reconnaître dans la nature, il
est, par contre, assez difficile d’identifier les espèces à l’état végétatif. Nous
donnons une clé des espèces de Côte d’ivoire fondée uniquement sur les
caractères foliaires visibles à l’état frais. Il existe souvent un système de
nervures plus ou moins inclinées sur l’axe de la nervure médiane, visible
à la face supérieure du limbe (face adaxiale) et se superposant à la nervation
primaire soit parallélodrome, soit campylodrome. Deux espèces font
exception : D. mannii et D. ovata pour lesquelles ce système n’est pas
visible.
Nous avons eu le choix entre la « clé indentée », d’emploi courant
dans « Adansonia », et la « clé à créneaux » (Leenhouts, 1966, 573-574).
Dans la première, la moitié de chaque alternative est directement suivie
de tous les doublets subordonnés d’où un éloignement parfois assez grand
entre les deux propositions du critère proposé ; dans la seconde, au contraire,
les deux propositions de l’alternative sont juxtaposées et tous les doublets
se suivent d’où une plus grande compacité et une meilleure facilité de lecture
avec possibilité éventuelle de pouvoir se libérer de la clé dichotomique tout
en respectant ses règles d’élaboration. C’est pourquoi nous avons préféré
l’emploi de la « clé à créneaux ». Pour se servir de la clé, il suffit de choisir
une feuille normalement bien développée et dénommée « feuille caracté¬
ristique » par Casimir de Candolle. Le contrôle d’identité peut se faire
d’après la morphologie du limbe (PI. 1 et 2) et d’après la biométrie foliaire
(tabl. I).
En biométrie, nous employons outre les mesures classiques surface (S),
épaisseur (e) et longueur (L), les rapports et les angles ci-dessous. La
figure 1 (PI. 1) précise les mesures effectuées :
L/l : Rapport longueur sur largeur maxima.
h/L : Position de la largeur maxima par rapport à la base.
A/L : Rapport acuminal : longueur de l’acumen par longueur du
limbe.
g/L : g est la distance à la base de la largeur minima.
a : angle acuminal.
Em : angle d’émergence du réseau de nervures secondaires.
Source : MNHN, Paris
— 410 —
Les chiffres de la dernière colonne du tableau indiquent la validité de
cette mesure selon sa visibilité :
1 : visible,
2 : non mesuré,
3 : non mesurable,
4 : presque invisible,
5 : invisible.
Source : MNHN, Paris
— 411 —
Note. — La longueur donnée est une valeur moyenne qui varie dans
la nature du simple au triple. On ne doit donc pas s’étonner d’avoir un écart
assez sensible. Toutefois, l’ensemble des critères relatifs et des angles permet
de contrôler avec certitude une détermination.
Source : MNHN, Paris
— 412 —
Tableau biométrique
S
cm 2
e
mm
L
cm
L/l
h/L
g/L
%
A/L
%
■
Em
-
D. arborea (Willd.)
Link.
1 261
0,61
136
10,9
55
9
40
70
1
D. fragrans (L.) Ker
Gawl.
606
0,58
85
8,5
48
14
30
60
4
D. mannii Bak. . . .
49
0,25
28
11,1
48
1
—
25
—
5
D. scoparia A. Chev.
ex Hutch.
68
0,25
27
6,8
58
2
30
2
D. camerooniana Bak.
56
0,31
18
3,7
60
10
6
80
—
3
D. ovata Ker Gawl
121
0,36
24
3,1
55
2
—
65
—
5
D. surculosa Lindl..
40
0,36
13
2,7
48
6
11
80
60
1
D. elliotii Bak. . . .
140
0,29
16
1,3
37
88
11
100
85
1
D. humilis Bak.. . .
83
0,25
26
5,2
37
48
—
20
80
1
D. phrynioides Hook.
186
0,32
33
3,1
37
56
26
60
80
1
1. Feuille sans gaine bien développée; gaine ne dépassant pas 20 % de la
longueur du limbe. 2
Feuille avec gaine différenciée en pétiole atteignant au moins 40 % de
la longueur du limbe. 8
2. Feuilles très allongées; L/I > 5 gaine comprise. 3
Feuilles elliptique-lancéolées; L/l < 4. 6
3. Grande feuille L > 50 cm, S > 500 cm ! ; limbe ondulé transversalement 4
Feuille moyenne L = 30 cm, S < 70 cm 2 : limbe plan transversalement. 5
4. Feuille géante L = 135 cm, S = 1 260 cm 1 ; décombante transversalement D. arborea
Grande feuille L = 85 cm, S = 600 cm 1 ; horizontale transversalement D. fragrans
5. Feuille pliée en V, sans nervation annexe visible. D. mannii
Feuille plan-convexe transversalement; nervation annexe visible. D. scoparia
6. Base longuement atténuée; feuille ovale-lancéolée; nervation annexe
convexe et nettement en dents de scie. D. camerooniana
Base et apex également cunés; feuille elliptique-lancéolée. 7
7. Nervation campylodrome hétérogène présentant dans chaque champ inter¬
primaire 3 nervures intercalaires plus faibles; soupçon de nervures trans¬
verses flexueuses très peu visibles. D. ovata
Nervation campylodrome homogène sans intercalaire; nervation annexe
bien visible; feuilles en bouquet souvent groupées par trois; limbe avec,
occasionnellement des macules blanches elliptiques et transversales.. D. surculosa
8. Limbe ovale spatulé; les deux parties latérales du limbe déprimées; feuilles
de la base du « Bush » en écailles engainantes révolutées; couleur vert
vineux; apex encapuchonné. D. elliotii
Limbe elliptique lancéolé; feuilles équitantes; nervation transverse
sinueuse. 9
9. Base du limbe avec pli pincé; apex atténué. D. humilis
Base du limbe sans pli à la base; apex longuement et nettement acuminé.
. D. phrynioides
Source : MNHN, Paris
— 413 —
Bibliographie
Hutchinson, J., Dalziel, J. M. & Hepper, F. N. — Flora of west tropical Africa,
ed. 2, 3 (1) : 154-159 (1968).
Leenhouts, P. W. — Keys in biology 1-2, Proc. bio. med. sci. C. 96 (5) : 571-596 (1966).
Mouton, J. A. — La biométrie du limbe : mise au point de nos connaissances. Bull,
soc. bot. Fr. (Sous presse).
O.R.S.T.O.M. et Laboratoire de Phanérogamie,
Muséum - Paris.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 15 (3) : 415-417, 1976.
LA CARÈNE DE LA NERVURE MÉDIANE,
NOUVEAU CARACTÈRE D’INTÉRÊT SYSTÉMATIQUE
par J. A. Mouton
La section de la nervure médiane se présente presque toujours sous
forme d’un demi-cercle ou d’une demi-ellipse. Elle est plus ou moins accusée
et n’a alors guère d’intérêt. Rarement cette section (fig.) est triangulaire
(Ti, T2, T3), quadrangulaire (Qi, Q2) voire même sillonnée (S). Nous
n’avons remarqué ce caractère que chez 11 espèces de Côte d’ivoire sur un
total de 649 observées. Il est donc exceptionnel.
Nous nous permettons ici d’établir une clé de détermination et la
biométrie foliaire (tabl. 1) pour ces 11 espèces. Un autre avantage de ce
caractère est sa persistance à la dessiccation et à la fossilisation, d’où son
intérêt dans l’identification des plantes en herbier et en paléobotanique.
Remarquons toutefois que ce caractère se manifeste dans les familles les
plus diverses :
Annonacée.
.... 1
Ochnacée. .
Apocynacée.
.... 2
Polygonacée.
Clusiacée.
.... 3
Rubiacée. .
Loganiacée.
.... 1
Smilacacée .
CLÉ DE DÉTERMINATION
1. Carène de la nervure médiane de section triangulaire (T) à la face infé¬
rieure (abaxiale); bord entier; limbe glabre. 3
Carène de la nervure médiane de section quadrangulaire (Q) à la face
inférieure du limbe; bord entier; limbe glabre ou pubérulent. 2
Source : MNHN, Paris
— 416 —
Carène munie de 2 sillons longitudinaux (S) à la face inférieure du limbe;
bord denté; glabre; nombreuses nervures intercalaires; Longue feuille
obovale, coriace, bord serrulé. L/l = 4,7. Nervations secondaire campto-
drome et tertiaire pectinée . Campylospermum subcordatum
(Ochnacée)
2. Carène rectangulaire fortement ciliée; grande feuille elliptique (140 cm ! ),
pubérulente; bord cilié; nervation tertiaire en échelle; phyllotaxie opposée
décussée. Pauridiantha hirtella (Rubiacée)
Carène carrée, glabre; feuille elliptique-Iancéolée (50 cm*), glabre; nerva¬
tion tertiaire réticulée; phyllotaxie alterne; espèce munie de vrilles....
. Afrobrunnichia erecta (Polygonacée)
3. Limbe triplinervié. 4
Une seule nervure médiane. 5
4. Nervures atteignant le sommet du limbe : nervation secondaire absente;
réseau tertiaire net; 2 vrilles stipulaires caduques insérées sur le pétiole;
petits aiguillons sur la tige. Sniilax kraussiana (Smilacacée)-
Nervures se résolvant en un réseau secondaire arqué (nervation brochido-
drome); pas de vrille stipulaire, mais de forts aiguillons sur la tige.
. Strychnos aculeata (Loganiacée)
5. Suc laiteux blanc. Apocynacée. 6
Suc coloré jaune; limbe elliptique; phyllotaxie opposée. Clusiacée .... 7
Biométrie de la feuille caractéristique de l’espèce
Type
S
(cm*)
(mm)
L
(cm)
L/l
A/L
(%)
h/L
(%>
P/L
(%)
Np
Campylospermum subcordatum
(Stapf) Farron (I).
Pauridiantha hirtella (Benth.)
S
332
0,32
47
4,7
2
81
2
23
Brem. (2).
Afrobrunnichia erecta (Asch.)
Ch
141
0,19
23
2,5
5
53
11
24
H & D
0.
52
0.11
17
3,2
14
56
9
Smilax kraussiana Meissn.. .
Ti
68
0,20
13
1,7
6
41
12
Strychnos aculeata Sobred. . .
Mono dora crispata Engl. &
Ti
25
—
10
2,5
13
52
12
—
Diels.
Ta
38
0,19
12
2,3
9
60
2
10
Thevetia peruviana K. Schum.
(3).
Picralima nitida (Stapf) Th. &
Ti
7
0,24
13
14,0
-
72
3
18
A. Durand.
T,
98
0,30
20
3,1
5
26
5
22
Calophyllum inophyllum L. . .
T,
161
0,29
22
2.2
—
51
7
—
Garcinia polyantha Oliv. . . .
T s
85
0,22
17
2,5
6
55
7
15
Garcinia mangostana L. . . .
T,
159
0,48
20
1,9
5
53
10
15
Synonymes :
Type de carène (voir fig.); S (surface); e
(épaisseur);
(1) Ouratea subcordata (Stapf)
L (longueur).
H. & D.
L 1
Longueur
ur largeur maxima.
(2) Urophyllum hirteUum
A IL
Longueur de l’acumen
sur longueur du limbe.
Benth.
h/L
Position (%) de la largeur
(3) Thevetia neriifolia Jussieu
port à la base.
ex Steud.
P/L
Longueur
elative (%) du pétiole.
Np
Nombre de paires de nervures secondaires jus-
qu’à l’acumen, intercalaires
non comprises.
Source : MNHN, Paris
— 417 —
Sève incolore; feuille moyenne (38 cm*) obovale; glandes à huile dans
le limbe; carène triangulaire renflée (Ta).... Monodora crispaia (Annonacée)
6. Feuille linéaire; L = 12 cm; L/l = 14; phyllotaxie alterne. Thevetia peruviana
Feuille oblongue; L = 20 cm; L/l = 3; phyllotaxie opposée. Picralima nitida
7. Sommet retus; nervation brochidodrome très dense; écartement inter-
nervaire 1 mm; réseau de canaux résinifères intercalaire et parallèle
au réseau de nervures. Calophyllum inophyllum
Sommet courtement acuminé; nervation secondaire beaucoup plus lâche;
écartement internervaire de 9 à 20 mm; présence d’intercalaires; réseau
de canaux résinifères recoupant le réseau de nervures. Garcinia . 8
8. Nervation brochidodrome délimitant une marge de 4 à 6 mm.. .Garcinia mangostana
Nervation camptodrome tangente au bord du limbe, sans marge.. .Garciniapolyantha
O.R.S.T.O.M.
Laboratoire de Phanérogamie,
Muséum. Paris.
Source : MNHN, Paris
achevé d'imprimer le 5 Février 1976
SUR LES PRESSES DE FD EN SON
imprimerie alençonnaise-61002 alençon
Dépôt légal : 1 er trimestre 1976 - 79.948
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris