Source : MNHN, Paris
MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
ADANSONIA
TRAVAUX PUBLIÉS
AVEC LE CONCOURS
DU CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
SOUS LA DIRECTION DE
H. HUMBERT A. AUBRÉVILLE
Membre de l'Institut Professeur
Professeur Honoraire
Nouvelle Série
Tome I
FASCICULE 2
1961
PARIS
LABORATOIRE DE PHANÉROGAMIE
DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
16, rue de Buffon, Paris (5°)
Décembre 1961
Source : MNHN, Paris
SOMMAIRE
AUBRÉVILLE A. — Notes sur les Poutériées sud-américaines.
BaLze (Mlle S.) et HaLLÉ N. — Loranthacées de Côte d'Ivoire
Camus (Mlle A.) — Notice sur Albert Lemée. . 145
DescoinGs B. — Notes taxinomiques et descriptives sur quelques
Asclépiadées Cynanchées aphylles de Madagascar. ........... 299
Hazzé F. — Contribution à l'étude biologique et taxonomique des
Mussendeae (Rubiaceae) d'Afrique Tropicale................. 266
HALLÉ N. — Les Psychanthus (Acanthacées) du Museum de Paris.
Psychanthus lucernarius, espèce nouvelle du Gabon............ 343
HALLÉ N.— Voir Baie Mlle S.).
Le THomas (Mme A.).— Sur l'aire du genre Davallia (Ptéridophytes)
347
à Madagascar.
Tarpieu-BLor (Mme M.-L.). — Sur les Glula, Swintonia et Melanor
rhoea (Anacardiacées) indochinois. ......................... 192
Tarnieu-BLor (Mme M.-L.).— Anacardiacées nouvelles d’Indochine. 198
La couverture d'Adansonia représentant la fleur de l’Adansonia digi-
tata, le célèbre Baobab africain, a été dessinée par N. HALLÉ, d’après une
photo prise au Sénégal.
Source : MNHN, Paris
ALBERT LEMÉE (1872-1961)
par AIMÉE Camus
A Rennes, vient de s’éteindre un des doyens de la Botanique,
M. Albert LEMÉE que j’ai bien connu et beaucoup estimé, ainsi que sa
compagne Mme Albert Lemée.
Je me suis fait un devoir d'évoquer ici sa vie et de rappeler ses
travaux, tâche qui m’a été grandement facilitée par son cousin, M. Racinet.
M. Lemée avait beaucoup d'estime et d'affection pour lui, j'ai pu ainsi
avoir communication de renseignements très intéressants concernant la
carrière et la vie de A. Lemée.
Albert Lemée naquit en août 1872 à Châteauneuf-d'Ille-et-Vilaine;
son père, notaire, vint plus tard à Saint-Malo. Il fit ses études secondaires
à Redon, puis ses études de Droit à Rennes où il passa son doctorat et
devint lauréat de la Faculté de Rennes.
11 fut d’abord rédacteur au Ministère des Colonies, puis Inspecteur
des Colonies et fit à ce titre des missions à la Guyane, au Soudan et en
Indochine. Là son frère l’accompagna et il eut le grand malheur de le
perdre. Les deux frères étaient portés vers les Sciences naturelles (bota-
nique et entomologie). Albert Lemée recueillit dans tous ses voyages
d'importantes collections de plantes et de Lépidoptères qui lui furent très
utiles, plus tard, pour ses grandes publications.
Au moment de son mariage avec Mile Madeleine Parmentier, aqua-
relliste de talent, il quitta ses fonctions d'Inspecteur des Colonies et en
1905 fut nommé Receveur particulier des Finances à Fougères. Il remplit
ensuite les mêmes fonctions à Montreuil-sur-Mer, à Mamers, à Alençon,
puis fut promu Trésorier-Payeur Général et nommé à Auch, puis à Brest
où se termina sa carrière comme fonctionnaire.
Dès 1901, on trouve dans le Bulletin de vulgarisation des Sciences
naturelles de la Société botanique et entomologique du Gers, la trace
des recherches d'Albert Lemée dans la flore locale. Il existe dans le
même Bulletin (1909-04-05), (1906), d’autres traces de son activité.
En 1993, Albert Lemée observe et signale dans le Gers, aux environs
d’Auch, sur les arbres et parfois sur des plantes herbacées, des fasciations,
galles ou cécidies, surtout sur Populus nigra, Ulmus, Salix alba, Platanus,
divers Quercus, Rosa, Solanum, Ononis, Poterium. 1] donna, dans le même
Bulletin, une étude sur l'Ophrys Scolopax, O. Arachniles eb O. apifera
(c. ic.)
11 publia, à cette époque une contribution à l'étude de la flore du
département du Gers et signala une anomalie du labelle de l’Orchis
purpurea ; puis une étude sur les Lépidoptères du Gers, « Les cent espèces’
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
are
de Papillons qu’on peut rencontrer aux environs d’Auch » (1929, 80 p.).
Il devint vite, à Auch, président de la Société botanique et entomo-
logique du Gers, après avoir été président de la Société d'Horticulture
de l'Orne. A ce moment, la Société d'Horticulture de France récompensa
l’ouvrage intitulé « Les ennemis des plantes » d'Albert Lemée.
Plus tard, en 1950, Albert Lemée, avec la ccllaboration de M. Tams,
entomologiste du British Museum, publia une étude importante sur
les Lépidoptères trouvés dans le Haut-Tonkin (Nord-Vietnam) et à
Saïgon, surtout dans la région Langson-Backan-Hagrang. Il voulut
associer à son nom celui de son frère Paul Lemée qui fut le collecteur
des espèces de Backan et Hagrang et celui de Mme A. Lemée, née Madeleine
Parmentier qui conserva pendant longtemps la collection et reproduisit
par ses aquarelles les espèces intéressantes de Lépidoptères.
Le Dictionnaire descriptif et synonymique des genres de plantes
phanérogames est l’œuvre la plus importante d'Albert Lemée. Le tome I
parut en 1929. Ce magnifique travail qui embrasse la flore phanéroga-
mique mondiale se rapproche plus ou moins du Genera plantarum de
Bentham et Hooker et aussi un peu des « Naturlichen Pflanzenfamilien »
d’Engler et Prantl parus avant la fin du xixe siècle. Le « Pflanzenreich »
du professeur Engler est plus récent. Le Syllabus d'Engler, le Lexicon
de Kuntze, les suppléments de l’Index kewensis, enfin les monographies
importantes plus récentes, ont permis à l'auteur de donner avec les
subdivisions des familles, la synonymie des genres et sous-genres qui ont
été traités avec la plus grande compétence. Quant aux diagnoses, elles
sont données avec une extrême précision.
Albert Lemée a d’ailleurs toujours consulté les collections les plus
estimées. À chaque genre le nombre d'espèces est indiqué; non seulement
la famille à laquelle le genre appartient est notée, mais aussi ses subdi-
visions.
Les genres sont classés par ordre alphabétique.
T. 1 (1929), A-CAY. 890 pages.
T. 11 (1930), CE-ERN. 998 pages. Comprend des additions importantes
au t. I.
. III (1931), ERO-LEO. 1084 pages. Comprend un Supplément III
très important concernant surtout des plantes de Nouvelle-Guinée et
de l'Amérique.
T. IV (1932), LEO-PAL. 1071 pages. Comprend un Supplément IV
très important, surtout d'espèces américaines.
T. V (1934), PAL-SCI. 1182 pages. Comprend un Supplément V très
important d’après des travaux de Radikofer.
. VI (1935), SCI-Z. 1300 pages.
. VII (1939). Tableau analytique des familles et groupes de familles,
200 pages.
T. Villa (1941). Tableau analytique des genres Monocotylédones et
Gymnospermes. — Les Graminées sont étudiées particulièrement,
273 pages. — Table alphabétique des genres.
= 5
Source : MNHN, Paris
— 148 —
T. VIII b (1943). 1105 pages. Tableau analytique des genres Dici
lédones. — Table alphabétique des plantes Dicotylédones, suppl.
(1951), 287 pages.
T. X, Suppl. aux vol. I-IX (1959), 210 pages.
Ce tome est, comme l'indique l'Avant-propos, divisé en 3 parties :
la première comprend près de 400 genres insuffisamment décrits dans les
premiers tomes, la deuxième comprend la description d’une vingtaine
de familles et la troisième la description de 400 genres, dont 300 nouveaux.
Enfin, dans la quatrième partie se trouve une liste des genres rencontrés
à Madagascar et en Nouvelle Calédonie.
X,
En 1947, Albert Lemée eut un très grand chagrin : la mort de sa
femme. Quelques années après, il reprit sa vie active et continua ses
travaux.
I publia un grand travail avec les documents qu'il avait conservés
de sa jeunesse, pendant sa présence en Guyane. Avant le séjour d'Albert
Lemée dans ce pays et l'étude de ses récoltes, cette flore était bien délaissée,
aussi a-t-il pu étudier et décrire beaucoup de plantes non ou peu connues.
Ayant pu parcourir pendant sept mois les savanes et forêts de la
Guyane jusqu'au Maroni et à environ 40 km de la côte, ses recherches
furent fructueuses.
Dans le tome 1 (1955) après les Cryptogames vasculaires (les Fougères
sont très abondantes en Guyane), il étudia les Phanérogames, avec les
Gymnospermes, les Potamogétonacées, les Graminées, qui sont abon-
dantes, ensuite les Cypéracées, les Palmiers, les Aracées, Eriocaulacées,
Liliacées, Amaryllidacées, Orchidacées, Smilacacées.
Dans le tome II (1953) comprenant les familles allant des Podosté-
monacées aux Sterculiacées, le Bauhinia monandra a été figuré par
Me À. Lemée, ainsi que l'Hibiseus spathulalus Garcke.
Dans le tome III (1953), des Dilléniacées aux Composées, on trouve
encore des planches de Mme À, Lemée.
Dans le tome IV (1956), après un Supplément aux tomes précédents,
la seconde partie est consacrée aux végétaux utiles de la Guyane française.
A chacun de ses voyages à Paris, Albert Lemée visitait les collections
du Muséum. Il travaillait aussi beaucoup à Rennes qu'il aimait particu-
lièrement et allait souvent au laboratoire de M. H. des Abbayes dont
il avait toute la sympathie.
C'est ainsi qu’Albert Lemée conserva sa belle activité jusqu’à la
fin de sa vie. Il rassembla assez tôt une très importante documentation
française et étrangère qu’il étudia et analysa; il rassembla aussi de belles
collections d'échantillons, qui le plaçant bien au-dessus d’un collection-
neur sans but, lui permirent d'entreprendre et d'achever de grands
ouvrages.
Un certain nombre d'espèces ont été dédiées à Albert Lemée 1 qui
1. Lithocarpus Lemecana A. Camus in Bull. Soc. Bot.
langbianensis A. Camus in Notul. syst. XIII (1948), p. 265.
p. 84 (1943); subsp.
Panicum Lemeeanum
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— 149 —
jouissait d’une grande autorité en France et à l’étranger; il était Corres-
pondant du Muséum national d'Histoire naturelle, lauréat de l’Aca-
démie des Sciences et Officier de la Légion d'Honneur.
Albert Lemée mourut à Rennes le 21 mai 1961, ayant conservé
jusqu’à la fin sa belle intelligence.
A. Camus in Notul. syst. XII (1945), 1. 15, p. 86. — Pseudolasiacis Lemeeana A. Camus
in Bull. Soc. Linn. Lyon, XIV (19 . — Digilaria Lemeeana À. Camvs in Bull.
Soc. Bot. Fr., 92 (1945), p. 51.
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NOTES SUR DES POUTÉRIÉES AMÉRICAINES
par A. AUBRÉVILLE
Nous nous sommes déjà expliqué dans une note précédente sur le
caractère homogène du genre Pouleria Aublet dont le type est Pouleria
guianensis Aublet. Nous indiquons plus loin une nouvelle liste d'espèces
de véritables Pouleria. Nous en connaissons maintenant une quinzaine
répandus dans toute l'Amérique méridionale, des Antilles au Nord de la
République Argentine. Il restait à classer par genres les très nombreuses
autres espèces qui ne sont pas des Pouleria Aublet, mais qui ont été attri-
buées par les auteurs à des genres s. /. Lucuma ou Pouleria. Le classement
est très difficile. Dans ce groupe de Sapotacées les espèces se séparent bien
ou assez bien, mais ainsi qu'on le sait, les divisions génériques n'appa-
raissent pas immédiatement. Pour mettre en évidence des différences dans
l'organisation florale les analyses doivent être poussées assez finement. La
même difficulté que nous avons signalée dans le groupe des Chryso-
phyllées existe également dans le groupe des Poutériées.
Pour débrouiller ce problème de systématique, nous avons entrepris
d'étudier tout l'herbier des Poutériées américaines du Muséum de Paris.
Il est heureusement fort important et comprend la plupart des types ou
cotypes de Martius, Glaziou, Pierre, Baillon, Spruce, Ducke. Ignorant
volontairement les identifications anciennes, nous l’avons étudié comme
s’il s'agissait d’un nouvel herbier, procédant par rapprochement des
espèces qui se ressemblent le plus et constituent ainsi des groupes naturels
Nous avons eu la surprise de reconstituer la plupart des genres déjà
nommés en 1890-91 par Pierre et en 1892 par Baillon et d’être fina-
lement conduits à ce dilemme : ou amalgamer dans un seul genre Pouleria
tous ces nombreux genres, c'est-à-dire adopter la solution de Baehni
qui supprime toute hésitation en matière de genres, ou reprendre la plu-
part des genres de Pierre et de Baillon, augmentés même de quelques
autres. La première solution aboutit à une apparente simplicité, la seconde
nous a paru plus conforme au principe d'une classification naturelle
faisant ressortir les groupes naturels d'espèces résultant d’une évolution
peu accusée peut-être, mais certaine à partir de la souche commune des
Poutériées. Nous rejoignons donc les conceptions génériques de Pierre
et de Baillon. Si celles-ci n’ont généralement pas été suivies jusqu’à présent,
peut-être est-ce que les études analytiques de ces botanistes très
lucides, n’ont pas été prolongées par une vue synthétique sur tous ces
genres. Lorsqu'on lit les notes de Pierre ou le catalogue des diagnoses
latines de Baillon, on se demande ce qui distingue entre eux tous ces
Source : MNHN, Paris
— 151 —
genres. Le cadre d'une clé dichotomique manque incontestablement, ce
qui fait que pour trouver le genre d’une espèce il est très difficile d'y
parvenir par comparaison successive avec toutes ces diagnoses généra-
lement brèves de Pierre et de Baillon. Cependant j'ai acquis la certi-
tude que ce sont eux qui avaient raison, et ils ont dégagé déjà la
plupart de ces groupes naturels d’espèces qui composent la tribu des
Poutériées. Mais complétant leurs analyses, j'ai tenté d'établir la clé qui
fait ressortir les séparations et les rapprochements entre les genres.
La conception de deux genres Pouleria s. L. et Chrysophyllum s. L.,
ne me paraît d’ailleurs pas soutenable si l'on adopte cette position d'esprit
de n’admettre comme genres que des groupes homogènes qui se séparent.
des autres par des coupures profondes et abruptes. En effet il y a des
transitions, ainsi que nous l’avons montré surtout pour le genre Neoxythece
(= Oxythece), entre Poutériées et Chrysophyllées. Ces deux tribus ne se
distinguent en somme que par la présence ou l’absence de staminodes.
Or il y a des espèces de Chrysophyllées où les staminodes sont rudimen-
taires et apparaissent irrégulièrement. Les Neoxythece n’ont généralement
pas de staminodes, mais certaines espèces qui ne peuvent pas être séparées
des autres parce que tous les autres caractères de la fleur, de la graine,
de la feuille leur sont communs, ont nettement des staminodes et d’une
façon constante. Par conséquent, allant jusqu'au bout de la conception
d'un genre aux limites tranchées, nous devrions être conduits à souder
Pouleria s. L. et Chrysophyllum s. L. dans un même genre qui serait alors
Chrysophyllum L. Tout au plus dans ce lot d'espèces américaines que nous
avons examinées pourrions-nous conserver à côté les seuls genres : Sarcaulus
simplement à cause de sa corolle extraordinairement charnue, et Calo-
carpum en raison de l'existence de bractées à la base du calice.
Le caractère des graines, à cotylédons épais chez Pouleria, à cotylé-
dons plats chez Chrysophyllum, n'est pas lui non plus constant et carac-
téristique de l’un ou l’autre groupe. Il y a des graines plates et des graines
ellipsoïdes dans l’un et dans l’autre.
Les caractères taxinomiques dont nous nous sommes servi dans notre
classification des genres, parce que nous avons observé leur évidente
fidélité à l'échelle spécifique et à l'échelle générique sont done :
19 Le nombre des pièces florales. Les fleurs sont tétramères ou penta-
mères. Il y a des exceptions individuelles, mais le type, même chez les
plus variables peut être dégagé statistiquement. Chez Radlkoferella les
fleurs sont nettement (au moins statistiquement) hexamères, mais le
calice a remarquablement toujours 4 sépales.
20 Le nombre des loges de l'ovaire. Il est normalement de 4 ou 5 chez
les fleurs tétramères ou pentamères, sauf — toujours — les variations
individuelles. Chez Radlkoferella le nombre normal est de 6 avec de très
fortes variations spécifiques et individuelles. Ce genre à ce point de vue
est d'une variabilité exceptionnelle.
Beaucoup de genres ont des ovaires à 2 loges. C'est un caractère très
fidèle, donc de premier ordre pour une classification. Plus rarement
l'ovaire est typiquement à 1 loge (Franchetella, Eremoluma).
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PI. 1. — Graines de Poutériées X 2/3 : 1, Paramicropholis aculangula (Ducke) Aubr.
et Pellegr. (fruit et graine).; ?, Micropholis quianensis (A. DC.) Pierre; 3, Labalia
macrocarpa Mart.; 4, Labatia glomerata (Miq.) Radik.; 5, Paralabalia dictyoneura
(Griseb.) Pierre; 6, Paralabalia parviflora (Benth.) Aubr.; 7, Syzygiopsis opposi-
tifolia Ducke; 8, Gomphiluma gomphüfolia (Mart.) Aubr.; 9, Richardella speciosa
(Ducke) Aubr.; 10, Richardella lucuma (Ruiz. et Pav.) Aubr.; 11, Richardella
macrophylla (Lam.) Aubr.; 12, Richardella manaosensis Aubr. et Pellegr.; 13, Pou-
leria Caimito Radlk.; 14, Pouteria Caimilo Radik. type de graine carénée; 15, Radl-
koferella venosa (Mart.) Pierre, d’après le type de Bruxelles; 16, Radikoferella
macrocarpa (Hub) Aubr.; 17, Eglerodendron pariry (Ducke) Aubr. et Pellegr.;
18, Podoluma inflexa (A. C. Smith) Aubr.
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— 153 —
30 La position moyenne des étamines. Trois types apparaissent nette-
ment : insertion au sommet de la gorge ou près de ce sommet, dans ce
cas les filets sont toujours très courts; insertion vers le milieu du tube
(assez longs filets); insertion vers la base du tube, avec de longs filets,
presque libres parfois, et l'exception du genre Eremoluma où les filets
sont très courts.
Ce critère de la position des étamines est assez commode, et m'est
apparu de grande valeur taxinomique, pour les espèces africaines comme
pour les américaines.
40 La longueur du style. Chez certains genres ils sont remarquable-
ment longs, chez d’autres au contraire très courts. Il y a enfin des genres
intermédiaires à ce point de vue.
5o Le degré du développement des staminodes; très courts parfois
mais cependant aussi longs que les lobes de la corolle chez certains genres.
60 La déhiscence des étamines ne donne pas de caractères toujours
sûrs. Il y a des anthères nettement introrses ou extrorses mais chez de
nombreuses espèces la déhiscence est latérale et on peut alors hésiter
à reconnaître entre le caractère extrorse ou introrse.
70 Les graines et la forme de leur cicatrice ventrale donnent de bons
critères spécifiques et génériques. Malheureusement, chez la plupart des
espèces, les graines demeurent inconnues. Les grosses graines dont la
cicatrice envahit toute la face ventrale et même une partie de la face
dorsale, ne laissant plus apercevoir dorsalement que de courtes calottes
luisantes, sont caractéristiques ou du moins communes chez les genres
Labalia, Richardella, Chromolucuma, Eglerodendron.
80 La nervation des feuilles donne souvent de précieux caractères
génériques d'identification, surtout au point de vue pratique pour orienter
cette détermination. Nous l'avons dit, les identifications génériques
exigent des analyses fines de fleurs, aussi les indications tirées de la
nervation sont commodes dans certains cas.
Par exemple la présence d’un réseau serré de fines nervilles parallèles
est caractéristique des Labalia, Syzygiopsis, Richardella speciosa, Pseudo-
labatia penicillata. Les nombreuses nervures parallèles fines caractérisent
Micropholis, Gomphiluma ; les fines réticulations du limbe, Franchelella.
La nervation des Pouleria s. s. est également caractéristique, de même
celle des Gayella.
90 Nous n'avons pas considéré au point de vue des séparations
génériques la présence ou l'absence d’endosperme dans les graines.
Baehni pour le genre Pouleria s. L. estime que c'est un caractère fluctuant,
peut être précisément parce que sa conception du genre est trop large
et qu’elle inclut plusieurs genres différents — de nombreux genres même
ainsi que nous le pensons.
Cependant nous ne nous sommes pas attachés non plus dans nos
clés de Sapotacées à ce caractère pour cette raison pratique que nous ne
sommes pas en mesure de le vérifier pour la plupart de nos espèces et de
nos genres, faute de graines.
Cronquist qui lui donne de l'importance, le fait entrer dans ses clés.
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— 154 —
PI. 2. — Fleurs de Poutériées, fragments de corolles et pisils : 1, Pouteria gutla (Ducke)
Baehni X 4; 2, Pouleria Jenmanii (Pittier) Sandwith %X 4; 3, Pouteria lorla
(Mart.) Radlk. X 4; 4, Pouteria laurifolia Radik. X 4; 5, Pouteria solimoesensis
Aubr. et Pellegr. X 4; 6, Pouteria caimilo (Ruiz el Pavon) Radlk. X 4; 7, Pseudo-
labatia psammophila (Mart.) Aubr. X 8; 8, Pseudolabatia penicillata (Baehni)
Aubr. X 8.
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— 155 —
Pour lui, chez Chrysophyllum s. L. l'endosperme est présent, mais il est
absent chez Ecclinusa, Oxythece, Pradosia.
Il y a peu de fleurs remarquables par quelques caractères extérieurs
très apparents. Indiquons cependant que certains Radlkoferella, Richar-
della ont des fleurs qui paraissent grandes à côté des habituelles petites
fleurs des Sapotacées américaines. Les fleurs des Chromolucuma et Podo-
luma sont exceptionnellement longuement pédicellées (toujours relative-
ment aux autres genres). Celles du Chromolucuma rubiflora sont rougeâtres.
Quelques espèces ont des inflorescences racémiformes : Franchelella
anibifolia, Neoxythece cladantha, Pseudocladia lateriflora, Paralabalia
ramiflora.
L'étude que nous présentons n’est pas une révision exhaustive des
Poutériées américaines. Je n'en avais pas la possibilité. Nous n'avons cité
que les espèces que nous pouvions étudier dans l’herbier de Paris. Beau-
coup d’autres nous demeurent insuffisamment connues. Il est donc
probable que le nombre des genres que nous avons retenus n'est pas
définitif. Nous leur avons rapporté 86 espèces. Baehni a inclus environ
153 espèces américaines dans le genre Pouleria s. L.
1. POUTERIA Aublet.
Nous avons dans une note précédente (Not. Syst. XVI, 3-4 : 278
(1960) exposé que le genre Pouteria Aublet était un genre homogène aux
limites bien définies que nous résumons ainsi : fleurs tétramères, herma-
phrodites, staminodes subulés, étamines à filets insérés vers le milieu
du tube, ovaire à 4 loges. Graines ellipsoïdes à cicatrice ventrale largement
ou étroitement oblongue.
Toutes les espèces du genre ont en outre en commun un type carac-
térisé de nervation, où nervilles et veinules dessinent un réseau très
apparent sur les deux faces du limbe.
Le genre est très répandu en Amérique méridionale. Nous avons,
dans la note précédente, déjà cité 8 espèces examinées dans l'herbier
de Paris, qui nous paraissaient être d’incontestables Pouleria Aublet.
Nous en ajoutons après vérifications dans ce même herbier plusieurs
autres.
P. Garderana (A. DC.) Radik, (1882) — Lucuma Gardnerana A. DC.
1844). à é
\ FETE ou petit arbre extra-amazonien, paraissant largement
répandu en Amérique du Sud, depuis la République Argentine (Corrientes,
Misiones) et le Paraguay jusqu’à l'État de Piauhy au Nord-Est du Brésil.
Signalé dans l'intervalle au Brésil, dans les États de Rio Grande do Sul,
Espirito Santo, Minas Geraes et dans la région de Rio de Janeiro (Petro-
polis).
P. Glazioueana Dubard dans Not. Syst. I : 382, fig. 21 (1911)
— Guapeba Glazioueana Pierre nomen (1891).
Arbre des collines de Rio de Janeiro.
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V4)
n
PI. 3. — Fleurs de Poutériées, fragments de corolles et pistils : 1, Labatia macrocarpa
Mart. X 8; 2. Gomphiluma gomphüfolia (Mart.) Aubr. X 8; 3, Pseudocladia
syclalophora (Eyma) Aubr. X 8:4, Eglerodendron pariry (Ducke) Aubr. X 8; Parala-
batia dictyoneura (Griseb.) Pierre X 8; 6, Paralabalia parviflora (Benth.) Aubr.
Sarcaulus macrophyllus (Mart.) Radik. X 8; 8, Syzygiopsis opposilifolia
Ducke X 8; 9, Barylucuma decussata Ducke X 8; 10, Richardella macrophylla
(Lam.) Aubr. X 3; 11, Richardella campechiana (H. B. K.) Pierre X 3; 12, Richar-
della speciosa (Ducke) Aubr. X 3.
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— 157 —
P. Hartii Pierre mss. ex Dubard dans Ann. Mus. col. Marseille
XX : 34 (1912) — Lucuma Hartii Hemsl dans Hook. Ic. PI. : t. 2565
(1898) = Krugella Hartii Pierre, Not. bot. Sap. : 52 (1891).
Arbre de la Trinité.
P. petropolitana Glaziou mss. H. P.
Région de Petropolis aux environs de Rio de Janeiro.
P. salicifolia (Spreng) Radik. (1882) — Roussea salicifolia Spreng,
(1825) — Guapeba salicifolia Pierre (1891) — Lucuma Sellovit A. DC.
(1844) — Lucuma longifolia A. DC. le. — Lucuma nerüifolia Hook. et
Arn. (1834).
Arbuste de l'Amérique méridionale, depuis l'Uruguay et la Républi-
que Argentine (Entre-Rios) jusqu'à l'État de Minas Geraes au Brésil
central. Signalé au Brésil dans les États du Sud et dans la région de
Rio de Janeiro.
Cette espèce avec ses feuilles linéaires de saule a un aspect très difé-
rent des Pouleria à larges feuilles. Cependant la nervation de ces feuilles
est du même Lype Pouleria, ce qui montre qu’en dépit des grandes varia-
tions de forme des feuilles dans ce genre Pouleria le type caractéristique
de la nervation persiste.
P.temare — Lucuma lemare H. B. K. Mon. Gen. Spec. III : 241
(1818) considéré par Bachni comme identique à P. caimilo (Ruiz et
Pavon) Radk.
Espèce de l’Amazonie occidentale qui me paraît mal connue.
P. tovarensis Engler dans Engl. et Prantl. (1891).
Grand arbre du Vénézuéla.
Pouteria solimoesensis Aubr. et Pellegr 1.
Arbre.
Bourgeons terminaux et jeunes rameaux velus ferrugineux. Jeunes
feuilles un peu pubescentes sur les 2 faces. Feuilles obovées oblongues,
obtusément acuminées, cunéiformes à obtuses à la base, un peu pubes-
centes sur les 2 faces, mais rapidement glabres. Limbe 8-14 cm long x
3,5-5,5 cm large. Nervure médiane saillante dessous, un peu pubescente
sur les 2 faces. 10-12 paires de nervures secondaires, réunies par des
nervilles transversales parallèles et un réticulum finement saillant et
très apparent sur le 2 faces. Pétiole 1 à 1,5 cm, pubescent ferrugineux.
1. Pouteria solimoesensis Aubr. et Pellegr. sp. nov.
Arbor. Alabastra ramique novelli ferrugineo-villosi. Folia primo utrinque pubes-
centia, deinde glabra vel subglabra, obovata, oblonga, obtuse acuminata, basi plus
minusve obtusa, 8-14 em longa, 3,5-5,5 em lata, costa valide, nervis utrinque 10-12,
venisque transverse parallelis, venulisque reticulatis, conspicue prominentibus. Petiolus
1-1,5 em longus, ferrugineo-pubescens. Flores fasciculati, sessiles, ad ramorum apicem
siti. Sepala 4, ovata, extra villosa, intus glabra, 3-4 mm longa. Corollae lobi 4, tubum
fere aequantes, 2 mm longi, non ciliati. Staminodia subulata, brevissima, 0,5 mm longa.
Antherae validissimae, 1,75 mm longae. Filamenta 1,5 mm longa. Ovarium hirsutum
4-loculare. Stylus longus, hirsutus. Fructus ignotus,
Type : Krukoff 8649.
Source : MNHN, Paris
ns fn,
Et
1
NOTE
Arf
PI. 4. — Fleurs de Poutériées, fragments de corolles et pistils : 1, Micropholis venulosa
(Mart. et Eichl.) Pierre X 8; 2, Micropholis crolonoïdes Pierre X 8; 3, Micropholis
guianensis (A. DC.) Pierre X 8; 4, Myrliluma eugeniaejolia (Pierre) Baill. X 8;
5, Neorgthece cladantha (Sandwith) Aubr. X 12; 6, Franchetella anibifolia (A. C.
Smith) Aubr. x 8; 7, Franchelella plaïyphylla (A. C. Smith) Aubr. X 8; 8, Fran-
chetella Gonggrijpii (Eyma) Aubr. X 8; 9, Radkoferella macrocarpa (Hub.) Aubr.
X 3; 10, Radkoferella trigonosperma (Eyma) Aubr. X 3.
Source : MNHN, Paris
— 159 —
Petites fleurs sessiles, fasciculées en dessous des feuilles terminales.
Calice à 4 sépales ovés, velus ferrugineux, glabres intérieurement, 3-4 mm.
Corolle à 4 lobes presque aussi longs que le tube; lobes 2 mm non ciliés;
tube 2,5 mm. Staminodes subulés très courts, 0,5 mm. Étamines 4, extror-
ses, à filets soudés vers la base du tube. Forles anthères, plus grandes que
chez les autres espèces de Pouteria, 1,75 mm; un peu plus longues que les
filets 1,5 mm. Ovaire hirsute à 4 loges. Long style hirsute.
Fruit inconnu.
Type : Krukoff 8649, arbre de 15 m haut de la forêt dense de terre
ferme. Municipality Sao Paulo de Olivença dans le haut Amazone.
Krukoff 8618, arbre de 27 m de haut, même localité.
Cette espèce a la nervation typique des vrais Pouleria ainsi que leur
structure florale. Elle se place dans le groupe des Pouteria à petite corolle
(P. guianensis, P. Melinonii). Elle se distingue par ses lobes presque
aussi longs que le tube, par les fortes anthères et les très petits staminodes.
2. PSEUDOLABATIA Aubr. et Pellegr.1.
Nous plaçons dans ce genre nouveau 5 espèces qui sont très proches
du genre Labatia Schwarz, mais qui sont différentes par la nervation et
au moins chez celles dont nous connaissons les fruits, par des fruits à
1-2 graines, aux graines ellipsoïdes à cicatrice ovale ou oblongue. Chez
les Labalia les fruits ont plusieurs grosses graines (-4) remarquables par
la cicatrice qui déborde de la face ventrale pour occuper presque toute la
surface de la graine.
Si nous avions placé ces 5 espèces dans le genre Labalia, celui-ci
aurait perdu son homogénéité, aussi nous avons préféré définir un nouveau
genre Pseudolabalia.
Entre les fleurs des deux genres nous ne distinguons aucune diffé-
rence marquée. Cependant chez les 3 espèces P. psammophila, subcaerulea,
penicillata, les anthères portent au sommet une touffe de poils qui n’exis-
tent pas chez les Labalia.
Fleurs tétramères, hermaphrodites. Corolle à lobes plus courts
que le tube. Lobes ciliés. Staminodes aplatis, aussi longs ou presque
que les lobes, ciliés. Étamines extrorses, insérées environ au milieu du
tube. Ovaire à 4 loges. Style glabre ne dépassant pas ou peu la corolle.
Les espèces que nous rapportons à ce nouveau genre sont les suivantes.
Type du genre : P. psammophila (Mart.) Aubr. comb. nouv.
— Labalia psammophila Mart., Herb. F1. bras. : 173 (1837) — Lucuma
psammophila À. DC. dans DC. Prodr. VII : 167 (1844) — Guapeba psammo-
1. Pseudolabatia Aubr. et Pellegr. gen. nov.
Flores tetrameri, hermaphroditi. Corollae lobi ciliati, minores sunt quam tubus.
Staminodia complanata, ciliata, lobos subaëquantes. Stamina extrorsa, ad Lubi medium
inserta. Ovarium 4-loculare. Stylus glaber, corollam subaequans.
Type : P. psammophila (Mart.) Aubr. comb. nov.
Source : MNHN, Paris
— 160 —
AT
HR
PI. 5.— Pouleria guianensis Aublet : 1, rameau florifère X 2/3; 2, détail du limbe x 2;
3, corolle x 8; 4, fragment de corolle X 8; 5, pistil x 8; 6, fruit X 2/3; 7, graine
de face et de profil x 1.
Source : MNHN, Paris
— 161 —
phila Pierre, Not. bot. Sap. : 42 (1891) — Lucuma nilida A. DC. le. :
166 (1844) — Pouteria nitida (A. DC.) Radik. (1882).
Petit arbre des plages de Rio de Janeiro.
P. subcaerulea (Dubard) Aubr. comb. nouv. — Pouleria subcaerulea
Dub. dans Not. Syst. I : 381, fig. 21 (1911).
Arbrisseau buissonnant dans les campos cerrados de l'État de
Goyas (Serra dos Cristaes).
P. Beaurepairei (Glaziou et Raunk.) Aubr. comb. nouv. — Lucuma
Beaurepairei Glaziou et Raunk. dans Vidensk. Medded. Kjôbenhavn :
7, t. I, fig. 3-4 (1890) — Labatia Beaurepairei Engl. dans Bot. Jahr. XII :
515 (1890) — Poulteria Beaurepairei (Glaziou et Raunk.) Baehni dans
Candollea IX : 241 (1942).
Arbrisseau de la région de Rio de Janeiro.
P. penicillata (Baehni) Aubr. comb. nouv. — Pouleria penicillata
Baehni dans Candollea XIV : 67 (1952).
Arbre de la Guyane britannique.
La nervation des feuilles est différente de celle des 3 précédentes
espèces, mais la corolle ressemble exactement à celle du P. psammophila
P. Raoulantonia Aubr. et Pellegr. 1.
Espèce nouvelle, rapportée au genre Pseudolabalia en raison de la
très grande ressemblance des feuilles au P. penicillata. Fleurs inconnues.
Feuilles obovées elliptiques, acuminées, cunéiformes à la base,
glabres. Limbe 8-13 em X 4-6 cm, brillant en dessus, un peu décurrent
sur le pétiole. Environ 10 paires de nervures latérales, très arquées
près de la marge. Réseau serré de nervilles parallèles, sensiblement
perpendiculaires à l’axe de la feuille, bien marquées sur les deux faces,
réunies par de petites veinules parallèles.
Long pétiole 23 cm.
Fruit sphérique, stipité, env. 3,5 cm diamètre. Il contient une graine
(-2) ellipsoïde, 2,6 x 0,7 x 0,8 em. Cicatrice oblongue, 2,5 X 0,6 em.
Arbre. Sols sablonneux. Manaos.
Type INPA : 1897. Manaos (Amazonas).
3. LABATIA Schwarz.
Le type du genre Labatia Schwarz, L. sessiliflora, est une espèce de
sous-arbuste de Saint-Domingue. Ce genre fut conservé par A. De Can-
1. Pseudolabatia Raoulantonia Aubr. et Pellegr. sp. nov.
Arbor. Folia elliptico-obovata, acuminata, basi in petiolo attenuata, 8-13 cm longa,
4-6 em lata, glabra, supra lucida, nervis lateralibus utrinque 10, ad marginem arcuatis,
venulisque numerosis subperpendicularibus, supra subtusque prominentibus. Petiolus
2-3 em longus. Flores 0. Fructus subsphericus, stipitatus, cir. 3,5 em diam., uni-(2-)
seminatus. Semen ellipsoideum 2,6 X 0,7 x 0,8 em, hilo oblongo 2,5 X 0,6 em.
Type : INPA 1897.
Source : MNHN, Paris
— 162 —
dolle, Martius, Radilkofer, Pierre et Baillon. Pierre commit cependant
l'erreur de confondre le Labalia macrocarpa Mart. avec le Pouleria guia-
nensis d’Aublet. Baehni et Eyma rattachent les Labalia aux Pouleria.
Eyma signale par ailleurs que Labatia Sw. (1788) est antidaté par Labalia
Scopoli (— Ilex, Aquifoliacées).
Les fleurs sont tétramères. Les étamines à longs filets sont insérées
à la base du tube de la corolle. Staminodes subulés. Ovaire velu à 4 loges.
Style long. Les lobes de la corolle et les staminodes paraissent communé-
Les fruits que nous connaissons ont 4 grosses graines (2-). Les graines
des L. macrocarpa Sw. et L. glomerala (Miq.) Radik. sont remarquables
par la cicatrice qui s'étend sur presque toute la surface de la grosse
graine, ne laissant qu’une étroite bande vernis:
Le genre répandu dans toute l'Amérique tropicale comprend au moins
5 espèces (dans l'Herbier du Muséum de Paris).
L. sessiliflora Sw. (1788), sous-arbuste de Saint-Domingue.
L. macrocarpa Mart. (1826), arbre de terrains périodiquement
inondés de l'Amazonie et de la Guyane française.
L. parviflora Piltier (1923), arbre du Vénézuéla (Trujillo).
L. glomerata (Miq.) Radlk. (1884) — Lucuma glomerala Miq. (1863)
— Pouleria Weddelliana Pierre (1891).
Arbuste ou petit arbre extra-amazonien du Paraguay, du Brésil
(Goyaz, Matto Grosso) et de l'Argentine (Formosa).
L. stylosa (Pierre) Aubr. comb. nouv. — Guapeba slylosa Pierre,
Not. bot, Sap. : 42 (1891) — Pouteria slylosa (Pierre) Dubard dans Not.
Syst. I : 381, fig. 21 (1911).
Petit arbre de Panama.
Ces cinq espèces ont des caractères communs des feuilles : nervures
secondaires réunies par un réseau serré de nervilles parallèles transversales ;
en outre le limbe des jeunes feuilles est garni en dessous d’une pubescence
apprimée grisâtre qui demeure visible plus ou moins longtemps sur les
feuilles adultes.
4. GOMPHILUMA Baill.
Genre monotypique.
Gomphiluma gomphiüfolia (Mart.) Aubr. comb, nouv. — Lucuma
gomphiüfolia Mart. ex Miq. dans Mart. FL. bras. VII : 78, t. 37 (1863)
— Guapeba gomphüfolia Pierre Not. bot. Sap. : 43 (1891) — Gomphiluma
Martiana Bail, Hist. PI. XI : 285 (1891) — Pouteria gomphifolia (Mart.)
Radik. (1882).
Les fleurs tétramères, l'ovaire 4-loculaire, les étamines à longs filets
insérés vers la base du tube, rapprochent cette espèce des genres Pouleria
Source : MNHN, Paris
— 163 —
Aublet (s.s.) et Labalia. Mais la nervation parallèle, serrée, et la graine
fusiforme à cicatrice oblongue linéaire, l’éloignent de ces deux genres.
Le genre de Baillon Gomphiluma me semble donc valable.
Cette espèce est un arbre de la région du Rio Negro, parfois abondant
au bord des rivières en terrains argilo-sableux.
5. SANDWITHIODOXA Aubr. et Pellegr. 1
En décrivant le Pouleria egregia, grand arbre de la Guyane anglaise,
dans Kew Bull. : 479 (1932), Sandwith avait noté les caractères remar-
quables de cette espèce qui lui suggéraient un rapprochement avec le
genre Sarcaulus par la préfloraison valvaire très inhabituelle chez les
Sapotacées. Cette espèce cependant s’éloignait beaucoup de ce genre par
d’autres caractères et Sandwith l’avait alors rapportée au genre « fourre-
tout » Pouteria, section Pseudocladia.
Il ne nous est pas possible de maintenir cette espèce dans le genre
Pouleria. Comme elle ne peut être incluse dans aucun autre genre, nous
sommes conduits à créer un nouveau genre monospécifique Sandwithio-
doxa.
Les fleurs sont tétramères. Le calice, épais, est soudé sur la moitié
de sa longueur. Le tube de la corolle est court. Les 4 lobes ovés sont
remarquablement valvaires. Les étamines ont de longs filets pratiquement
libres. Ils adhèrent à peine à la corolle et restent attachés à la base du
pistil lorsqu'on enlève la corolle. Anthères à déhiscence latérale. Ovaire
velu, à 2 loges. Style court.
Fruits globuleux. Graines mûres inconnues.
Type : Sandwithiodoxa egregia (Sandwith) Aubr. et Pellegr.
comb. nouv. — Pouleria (Pseudocladia) egregia Sandwith, Kew. Bull. :
479 (1932).
Type de l'espèce Sandwith 573 Moraballi Creek, Esseguibo River
Guyane anglaise.
Cette espèce est également signalée au Surinam et en Guyane fran-
çaise : Godebert 30 et 419.
Le rapprochement fait par Sandwith avec le genre Pseudocladia
Pierre, est justifié par les fleurs tétramères, les étamines à longs filets
insérés à la base du tube et l'ovaire biloculaire. L’assimilation me paraît
cependant impossible à cause des sépales soudés sur la moitié de leur
longueur et de la corolle valvaire.
Les feuilles, par la couleur glauque du limbe en dessous et le type
de leur nervation, rappellent les Neoxylhece.
1. Sandwithiodoxa Aubr. et Pellegr. gen. nov.
Flores tetrameri. Sepala usque ad medium coalita. Corollae tubus brevis; lobi
ovati, valvati. Stamina fere libera, filamentis, longis, antheris laterale dehiscentibus.
Ovarium villosum, 2-loculare. Stylus brevis. Fructus globulosus. Semina immatura.
Type : Sandwithiodendron egregia (Sandwith) Aubr. et Pellegr. comb. nov. =
Pouteria egregia Sandwith.
Source : MNHN, Paris
— 164 —
PI. 6. — Sanduwithiodora egregia (Sandwith) Aubr. et Pellegr. : 1, rameau florifère
x 2/3; 2, fleur X 10; 3, fragment de corolle X 10; 4, pistil X 10.— Podoluma Benaï
Aubr. et Pellegr. : 5, rameau florifère x 2/3; 6, bouton x 6; 7, fragment de corolle
x 1038, pistil X 10.
Source : MNHN, Paris
— 165 —
6. PSEUDOCLADIA Pierre,
Le type du genre Pseudocladia est le Lucuma laleriflora Benth,
arbre rencontré près de Santarem en Amazonie. Le genre est caractérisé
par des fleurs tétramères, des étamines à longs filets libres ou presque,
insérés à la base du tube de la corolle, un ovaire biloculaire, la graine à
cicatrice linéaire. La corolle est généralement pubescente extérieurement,
au moins sur le tube.
Ce genre a été conservé par Baillon, mais réduit au rang de section
du genre Pouleria par les botanistes qui lui ont succédé, ce qui était logique
dans leur conception excessivement large du genre Pouleria. Les caractères
très nets de ce groupe d'espèces de Pseudocladia me paraissent bien
justifier le rang générique.
Les espèces de Pseudocladia, d'après l’herbier de Paris sont les sui-
vantes :
P. lateriflora (Benth.) Pierre dans Not. bot. Sapo. : 49 (1891).
Arbre de l'Amazonie qui se trouve aussi dans l'État de Rio de
Janeiro (Glaziou 18353). Espèce à inflorescences en racèmes axillaires.
P. scytalophora (Eyma) Aubr. comb. nouv. : Pouleria scylalophora
Eyma dans Rec. Trav. bot. néerl. XXXIII : 181 (1936) — Podoluma
Glaziouii Baill. nomen (1909) — Pseudocladia Melinonii Baill. nomen
(1891) — Lucuma Melinonii Engl. nomen (1897).
Grand arbre de la Guyane française, du Surinam. Serait également à
Rio de Janeiro, si l'on admet qu’il y a identité entre le type du Podoluma
Glaziouii Baill. et le Pseudocladia scytalophora.
P. minutiflora (Britton) Aubr. comb. nouv. — Chrysophyllum
minuliflorum Britton dans Bull. Torrey Bot. Club. XLVIII : 337 (1921) —
Pouteria minuliflora (Britton) Sandwith dans Kew Bull. : 478 (1932).
Arbre de la Guyane anglaise et de la Trinité.
7. ACHROUTERIA Eyma.
Genre jusqu'à présent monotypique. Il se place dans le groupe des
Poutériées à étamines à longs filets soudés à la base du tube de la corolle.
Fleurs pentamères. Staminodes subulés. Ovaire à 5 loges. Style long.
Fruits à plusieurs graines. Graines aplaties à cicatrice linéaire.
Baehni l’a inclus dans le genre Pouleria. Il est distinct des Pouleria
Aublet, par ses graines à cicatrice linéaire, les fleurs pentamères et la
nervation des feuilles.
A. pomifera Eyma dans Rec. Trav. bot. néerl. XXXIII : 193,
fig. 3 (1936) — Pouleria pomifera (Eyma) Baehni dans Candollea IX :
353 (1942).
Espèce des Guyanes anglaise, hollandaise et française.
Présence dans le sud du Brésil douteuse.
Source : MNHN, Paris
— 166 —
PL. 7. — Eremoluma Sagoliana Baiïll. : 1, rameau florifère x 2/3; 2, fleur x 8; 3, frag-
ment de corolle vu de l'extérieur X 8; 4, fragment de corolle vu de l’intérieur x 8;
5, pistil X 8; 6, fruit X 1. — Chrysophyllum Macoucou Aublet : 7, graine X 1:
8, feuille X 2/3, d'après le type d’Aublet (H. P.).
Source : MNHN, Paris
— 167 —
8. EGLERODENDRON Aubr. et Pellegr. 1,
Genre monospécifique que nous décrivons d'après l'espèce Lucuma
pariry Ducke dans Arch. Jard. bot. Rio de Janeiro III : 231, t. 15 (1922),
dont il existe un exemplaire planté dans le jardin zoologique du Museu
Goeldi de Belem dirigé par le Dr Egler, en l'honneur de qui ce genre est
dédié.
Ducke avait déjà noté que cette espèce ne se plaçait dans aucune
des sections des « Natürliche Pflanzenfamilien ».
Les fleurs sont pentamères. Les étamines à longs filets insérés à la base
du tube sont presque libres. Lobes aussi longs que le tube, ciliés. Stami-
nodes subulés. Ovaire à 5 loges.
Le fruit est gros comme une grosse orange. Il contient plusieurs
grosses graines. La cicatrice occupe la moitié de la surface de la graine,
en ne laissant sur la face dorsale qu'une calotte vernissée ovale.
E. pariry (Ducke) Aubr. et Pellegr. — Lucuma pariry Ducke le.
(1922) — Pouteria pariry (Ducke) Baehni dans Candollea IX : 354 (1942).
Grand arbre amazonien, parfois cultivé. Les feuilles rougissent avant
de tomber, en saison sèche.
9. EREMOLUMA Baillon.
Le genre Eremoluma a été créé par Baillon pour l'espèce guyanaise
E. Sagotiana (Hist. PI. XI : 292 (1891). Il n’a été maintenu ni par Engler,
ni par Eyma qui l'ont inclu dans Lucuma-Pouleria.
Nous pensons comme Baillon que E. Sagoliana constitue bien un
type générique, très différent de Poulteria Aublet et des autres sections
entre lesquelles le Pouleria s. L. a été divisé.
L'espèce est pentamère. Les lobes du calice sont très ouverts. La
corolle a des lobes suborbiculaires dont la hauteur égale celle du tube,
Les staminodes sont subulés. Les étamines ont de frès courts filets insérés
à la base du tube. Généralement chez les Poutériées à très courtes éta-
mines, les filets sont insérés au bord de la gorge ou légèrement en dessous
de Ja soudure des lobes. L'ovaire est à 1(-2) loge. Il est glabre, cas également
très exceptionnel chez les Sapotacées, mais qui n’a pas de valeur générique.
Graine à cicatrice linéaire.
Nous rapportons à ce genre deux espèces amazoniennes.
1. Eglerodendron Aubr. et Pellegr. gen. nov.
Flores pentameri. Corollae lobi ciliati, tubum aequantes. Stamina fere libera,
filamentis longis, ad tubi basin insertis. Staminodia subulata. Ovarium 5-loculare.
Fructus mali aurei similis, pluriseminatus. Semina ventrale diedra; hilus fere omnino
cireumeontineus.
Type : Eglerodendron pariry (Ducke) Aubr. et Pellegr. — Lucuma.
Source : MNHN, Paris
PL. 8. — Eremoluma Krukoffii Aubr. et Pellegr. : 1, rameau florifère x 2/3; 2, détail
de la nervation; 3, fragment de corolle X 6; 4, pistil X 6.— Eremoluma Williamit
Aubr. et Pellegr. : 5, rameau florifère x 2/3; 6, fragment de corolle x 6; 7, pistil
X 6. — Radikoferella brachyandra Aubr. et Pellegr. : 8, rameau florifère X 2/3:
9, fragment de corolle X 6; 10, anthère, face dorsale et ventrale X 20; 11, pistil.
Source : MNHN, Paris
— 169 —
Eremoluma Williamii Aubr. et Pellegr. 1.
Arbre. Feuilles oblongues, obtuses au sommet, cunéiformes à la base.
Limbe env. 11-13 cm long X 4,5-6 cm large, glabre. Une dizaine de
paires de nervures secondaires un peu saillantes sur les 2 faces. Réseau
finement saillant sur les 2 faces de nervilles et veinules. Pétiole, env. 1,5 cm.
Fleurs fasciculées sur les rameaux défeuillés. Pédicelles pubescents,
env. 7 mm. Fleurs pentamères. Calice à 5 lobes ovés, de 2,5 mm long,
pubescents sur les 2 faces. Corolle campanulée : 5 lobes suborbiculaires
de 3 mm diamètre; tube plus court, 1,5 mm. Staminodes subulés très
courts (0,5 mm env.). Étamines à filels rès couris (1 mm) insérés vers la
base du tube. Anthères extrorses, orbiculaires, 1 mm large. Ovaire hirsute
à 2 loges. Style court, glabre.
Fruit inconnu.
Type. : INPA - Ferreira 5856, Reserva florestal Ducke, Manaos
(fl. sept.).
Eremoluma Krukoffii Aubr. et Pellegr.?.
Arbre.
Jeunes rameaux finement pubescents.
Feuilles obovées oblongues, acuminées, cunéiformes à la base.
Limbe décurrent sur le pétiole, environ 13 X 6 cm, glabre avec traces
de pubescence chez les feuilles nouvelles. Nervure médiane saillante sur
les deux faces. Environ 10 paires de nervures saillantes dessous, tracées
jusqu’à la marge. Réseau de nervilles transversales parallèles, réunies
par un reliculum finement saillant sur les 2 faces.
Fascicules denses de petites fleurs pédicellées sur les rameaux dé-
feuillés en dessous des touffes de feuilles terminales. Pédicelles environ
1 cm, glabres ou glabrescents; 5 sépales très ouverts, glabres ou glabres-
cents. Corolle à 5 lobes suborbiculaires, glabres extérieurement, ciliés,
1. Eremoluma Williamii Aubr. et Pellegr. sp. nov.
Arbor. Folia oblonga, apice obtusa, basi attenuata, cir. 11-13 em longa, 4,5-6 cm
lata, glabra, nervis lateralibus cir. 10, venulisque supra et subtus conspicuis. Petiolus
cir. 1,5 em longus. Flores pentameri, fasciculati, ad axillam foliorum delapsorum siti.
Pedicelli pubescentes, cir, 7 mm longi. Calycis lobi ovati, intus, extusque pubescenti,
2,5 mm longi. Corolla campanulata, lobis 5 suborbicularibus, 3 mm diam., tubo 1,5 mm
longo. Staminodia subulata, 0,5 mm longa. Stamina, filamentibus 1 mm longis, ad tubi
basin insertis, antheris orbicularibus, 1 mm latis, extrorsis. Ovarium hirsutum, ?-
loculare. Stylus brevis, glaber. Fructus ignotus.
Type : INPA Ferreira 5856.
2. Eremoluma Krukoffi Aubr. et Pellegr. sp. nov.
Arbor, ramis novellis pubescentibus. Folia oblongo-obovata, acuminata, basi in
petiolo attenuata, primo villosula, cir. 13 em longa, 6 cm lata, costa valida, nervis
utrinque 10, venis transverse parallelis, venulisque reticulatis, supra, indraque conspi-
cuis. Flores dense fasciculati ad axillam foliorum delapsorum siti. Pedicelli cir. 1 em
longi, glabri vel subglabri. Sepala 5, glabra vel subgalbra. Corollae lobi 5, suborbicu-
lares, ciliati, extus glabri, intus villosuli, 1-2,5 mm longi. Tubus 1,5 mm longus
Staminodia subulata, erassa, villosa, cir. 1,5 mm longa. Stamina 5, filamentis brevissi-
mis, ad tubi basin insertis, antheris 1,25-1,50 mm longis, extus villosulus, apice pilosis.
Ovarium glabrum uniloculare, uniovulatum. Stylus brevis. Fructus ignotus.
Source : MNHN, Paris
— 170 —
pubescents intérieurement ; lobes 1-2,5 mm; tube 1,5 mm. Staminodes
subulés, pubescents, épais, cotelés intérieurement, environ 1,5 mm.
Étamines 5, à déhiscence latérale, à très courts filets insérés à la base du tube.
Anthères 1,25-1,5 mm, poilues sur la face interne, avec une petite touffe
de poils au sommet.
Ovaire glabre à style court, à une seule loge uniovulée.
Type Krukoff : 8619, arbre de 21 m haut, de la forêt dense de terre
ferme. Sao Paulo de Olivença (Amazonas, Brésil, fl. vers nov.-déc.).
Espèce à feuilles réticulées comme celles des Franchelella. Fleur
exactement du type structural de l'Eremoluma Sagoliana de Guyane.
10. CALOCARPUM Pierre.
Le type de ce genre est une espèce de petit arbre antillais, C. mammo-
sum (L.) Pierre, Notes bot. Sap. : 11 (1890), cultivé pour ses fruits dans
de nombreux jardins tropicaux. Ce genre est caractérisé surtout par un
calice à 5 sépales, entouré à la base par plusieurs bractées sépaloïdes en
spirale, velues au-dehors, glabres en dedans. La corolle a 5 lobes
velus extérieurement, papilleux en dedans. Le Lube est court. A la gorge
se trouvent 5 étamines à très courts filets et 5 staminodes velus et ciliés.
Ovaire à 5 loges.
Le fruit est très gros. Dans une chair épaisse de couleur rouge ou jaune
suivant les variétés, se trouve 1 (-2) très grosse graine oblongue ou ellip-
tique, aiguë aux deux extrémités. La cicatrice sur toute la longueur de
la face ventrale est étroitement oblongue.
Dubard a rapporté au genre Calocarpum (section Urbanella) une
espèce de la Serra do Mar, Lucuma procera Mart. Herb. FI. bras. : 233
(1837). Pierre en avait fait le type d’un genre Urbanella. Les fleurs res-
semblent beaucoup par leur structure à celles du Calocarpum mammosum
sauf que le tube est plus long que les lobes et que les sépales sont velus en
dedans. Il y a 1-3 bractées à la base du calice. Le fruit malheureusement
n’est toujours pas décrit. Il est donc difficile de se faire une opinion défini-
tive sur la validité du genre Urbanella de Pierre, et c’est pour cette raison
que Dubard ne l’avait considéré que comme section du genre Calocarpum.
Deux et peut-être trois espèces doivent être groupées dans ce genre ou
cette section. Elles ont le même type de nervation et chez les feuilles
adultes une couleur glauque en dessous très particulière qui n’existe pas
chez C. mammosum.
Urbanella procera (Mart.) Pierre — Lucuma procera Mart. Herb. F1,
bras. : 233 (1837) : Calocarpum procerum (Mart.) Dubard dans Ann. Mus.
col. Marseille XX : 7 (1912).
Urbanella buchananiaejolia Pierre, Not. bot. Sap. : 25 (1890).
Espèce trouvée par Spruce au Pérou amazonien (type n° 4514,
Tarapoto).
Urbanella oblonga Pierre Not. bot. Sap. : 25 (1890) est décrit d'après
des échantillons de Duss (n° 256) recueillis dans un jardin à la Martinique.
Source : MNHN, Paris
— 171 —
11. PARAMICROPHOLIS Aubr. et Pellegr. 1.
Ducke dans Arch. Jard. bot. Rio de Janeiro IV : 159 (1995) a décrit
sous le nom de Sideroxylon aculangulum un petit arbre de la forêt non
inondée de la région de Belem (Para, Brésil). Les feuilles sont typiquement
celles d’un Micropholis. Eyma a fait la combinaison Müicropholis acutan-
gula (Ducke) Eyma.
Ducke avait signalé le remarquable fruit de cette espèce qui, à ma
connaissance, est unique chez les Sapotacées, tant américaines qu'afri-
caines?, Il ressemble au fruit du carambolier, Averrhoa carambola, mais en
plus petit. Il est charnu, de couleur jaune clair, de forme subquadran-
gulaire avec 4 accotements aigus subailés. La pulpe blanche contient une
seule graine brune, aplatie, à surface un peu bosselée, à cicatrice ventrale
linéaire-oblongue. En dépit de cette originalité nous aurions partagé
l'opinion de Eyma attribuant l'espèce au genre Micropholis, si les fleurs
n'étaient pas tétramères. Tous les Micropholis que nous connaissons ont
des fleurs pentamères, la constance de ce caractère en fait ici un caractère
générique, et nous empêche de laisser l’espèce acutangula dans ce genre.
Comme les feuilles à nervation striée caractéristique et les fleurs (outre la
tétramérie) rappellent les Micropholis, nous faisons de cette espèce le type
d’un genre Paramicropholis.
Fleurs tétramères. Anthères subsessiles insérées au sommet de la
gorge de la corolle. Staminodes un peu plus longs que les étamines. Ovaire
à 4 loges.
Fruit charnu à 4 accotements subailés. Une graine aplatie à cicatrice
ventrale linéaire-oblongue.
Type : Paramicropholis (Ducke) Aubr. et Pellegr. comb. nouv. =
Sideroxylon acutangulum Ducke — Micropholis acutangula (Ducke)
Eyma — Pouleria aculangula (Ducke) Baehni.
12. PARALABATIA Pierre — Microluma Baill.
Le type du genre Paralabalia est une espèce cubaine, P. diclyoneura
(Griseb.) Pierre. Le type du genre Microluma Baill., M. parviflora (Benth.)
Baill. est une espèce découverte par Spruce dans l'État de Para, près de
Santarem au Brésil. Je ne pense pas qu'il faille séparer ces deux genres;
le nom de Paralabatia (1890) a la priorité sur Microluma (1892).
Les caractéristiques de ce genre sont les suivantes. Fleurs tétramères
{rarement individuellement pentamères). Hermaphrodites ou polygames.
Étamines à très courts filets insérés au bord de la gorge de la corolle.
1. Paramicropholis Aubr. et Pellegr. gen. nov.
Flores tetrameri. Antherae subsessiles ad corollae fauces inserta. Staminodia
quam stamina longiora. Ovarium 4-loculare, Fructus carnosus, 4-alatus. Semen unum,
<complanatum, hilo lineari oblongo.
Type : Paromicropholis aculangula (Ducke) Aubr. et Pellegr. — Siderozylon.
2. Une espèce malgache de petit arbre, à fruits ailés, de la tribu desPoutériées vient
d'être découverte dans l'ouest de Madagascar : Capurodendron costatum (R. Capuron
amss.) Aubr. — Pouteria coslata R. Cap. mss. Ined.
Source : MNHN, Paris
PI. 9. — Micropholis Williamii Aubr. et Pellegr. : 1, feuille X 2/3; 2, fragment de
corolle X 8; 3, pistil X 8; 4, coupe du pistil x 835, pistil sans la couronne X 8.—
Paramicropholis acutangula (Ducke) Aubr. : 6, feuille x 2/3; 7, détail de la ner-
vation; 8, fragment de corolle d’un bouton X 8; 9, pistil X 8. — Micropholis rosa-
dinha brava Aubr. et Pellegr. :
0, feuille 2/3; 11, fragment de corolle X 83 12,
pistil X 8; 13, coupe du pistil x 8; 14, pistil, la couronne enlevée X 8.
Source : MNHN, Paris
— 173 —
Déhiscence introrse ou latérale. Staminodes subulés courts. Ovaire
biloculaire.
Graine ovoïde, marquée d’une très large cicatrice occupant toute la
face ventrale (P. dictyoneura, parvifolia).
Les espèces suivantes peuvent être rattachées à ce genre.
P. dictyoneura (Griseb.) Pierre, Not. bot. Sap. : 24 (1890) —
Sideroxylon dictyoneura Griseb. PI. Wright. : 517 (1862). Variété fypica
de Cuba. Variété Fuerlesii de Haïti, St-Domingue et Porto-Rico.
P. chrysophyllifolia (Griseb.) Aubr. comb. nouv. — Labalia
chrysophyllifolia Griseb. Cat. PI. cub. : 166 (1866) — Pouleria chryso-
phyllifolia (Griseb.) Baehni, dans Candollea IX : 243 (1942).
Espèce cubaine de sous-arbrisseau.
P. parviflora (Benth.) Aubr. comb. nouv. — Lucuma parviflora
Benth. ex Miq. dans Mart. FI. bras. VII : 81, t. 34 (1863) — Pouleria
ovala À. C. Smith dans Bull. Torr. bot. CI. 61 : 196 (1934).
Arbre des campos du bas-Amazone (Santarem, Faro, Obidos, Monte
Alegre).
P. ramiflora (Mart.) Aubr. comb. nouv. — Labalia ramiflora Mart.
Herb. FL. bras. : 173 (1837) — Lucuma ramiflora A.DC. Proûr. VIII :
168 (1844); Mart. FL bras. VII : 75, t. 32 (1863).
Arbuste des campos cerrados des États de Minas Geraes, Goyaz,
Matto Grosso au Brésil. Inflorescences en racèmes.
14. SYZYGIOPSIS Ducke.
Nous conservons ce genre monotypique de Ducke décrit dans Arch.
Jard. bot. Rio de Janeiro IV : 158, pl. 17 (1925), qui comme Barylucuma
Ducke fut répudié par son créateur, qui reconnut toutefois ne pas savoir
où placer son espèce type S. opposilifolia.
Cette espèce est facile à identifier par ses feuilles lancéolées opposées,
remarquables en outre par un réseau de nervilles très fines, parallèles,
serrées, ayant une direction sensiblement perpendiculaire à l'axe de
la feuille.
Les fleurs ne se distinguent structuralement pas de celles de plusieurs
genres de Poutériées. Fleurs pentamères. Étamines à très courts filets
insérés à la gorge de la corolle. Staminodes aussi longs que les étamines,
parfois très élargis à la base.
Ovaire à 5 loges. Fruit à une graine. Graine oblongue, aplatie, mar-
quée d’une cicatrice linéaire oblongue sur toute la longueur de la face
ventrale.
Petit arbre de la forêt de terre ferme de l'État de Para au Brésil
(Belem, Rio Trombetas). Fleur à corolle pubescente à l'extérieur.
Source : MNHN, Paris
— 174 —
15. BARYLUCUMA Ducke.
Ce genre fut décrit pour une seule espèce B. decussala Ducke dans
Arch. Jard. Bot. Rio de Janeiro IV : 161, pl. 19 (1925). Eyma rapprochait
ce genre du genre Oxythece Miq. Cependant les staminodes très développés
de B. decussala s'opposent d’une façon absolue aux staminodes nuls ou
irréguliers et très rudimentaires des Oxythece. Il en est de même des
caractères de l’ovaire.
Les feuilles sont typiquement opposées. Ducke avait d’abord attribué
une valeur générique à ce caractère, puis il en douta par la suite et ne
maintint pas son genre Barylucuma non plus que son genre Syzygiopsis
(Trop. Woods n° 71 : 8). Mais il avoua en même temps qu'il ne savait
alors où placer les espèces types de ces deux genres. Leur attribution à un
genre sensu lalo Pouteria est un pis-aller que nous ne pouvons accepter.
Nous sommes toujours aux prises avec les mêmes difficultés. Nous
conservons donc le genre Barylucuma. Ses caractéristiques sont les
suivantes :
Feuilles opposées. Fleurs polygames et pentamères. Étamines à
courts filets insérés à la gorge de la corolle, plus petites que les lobes.
Staminodes développés, aussi longs que les étamines. Ovaire à 3-4 loges.
Style assez long.
Fruit inconnu.
L'espèce type est un petit arbre des forêts des collines sèches du bas
Amazone (Jutahy, Almeirim). Les feuilles, outre leur disposition opposée,
ont un autre caractère pratique pour l'identification, le limbe étant
glauque en dessous. La corolle est pubescente extérieurement.
16. RICHARDELLA Pierre.
Nous estimons devoir remettre en lumière ce genre Richardella de
Pierre. Baillon l’avait conservé comme simple section du genre Lucuma.
Baehni dans sa section Rivicoa (A. DC. emend. Baehni) du genre Pouleria
réunit des Radlkojerella et des Richardella.
En dépit de leurs grandes affinités, les deux genres doivent être à
mon avis séparés. Si le type floral des Radlkoferella est : 4 sép., 6 pét.,
6 ét., ovaire à 6 loges, celui des Richardella est : 5 sép., 5 pét., 5 ét., ovaire
à 5 loges.
Chez certaines espèces de Richardella on trouve des fleurs à 6 pétales,
6 étamines et un ovaire à 6 loges, mais même dans ces cas il y a toujours
5 sépales, très exceptionnellement 4 (cas individuels) et non 4 sépales
comme cela est constant chez les Radlkoferella.
Chez Richardella macao (Baehni) Aubr., à fleurs pentamères, l'ovaire
est à 10 loges (8-).
Les autres caractères de la fleur rapprochent les deux genres. Ce
sont souvent de grandes fleurs (pour des Sapotacées). Les étamines ont
de courts filets soudés au bord de la gorge ou un peu en dessous. Les
staminodes sont aussi longs ou plus longs que les étamines.
Source : MNHN, Paris
176.
Celles des graines qui sont connues sont grosses, subsphériques ou
ellipsoïdes, et marquées généralement de très larges cicatrices ventrales
qui, chez R. speciosa en particulier, occupent presque toute la surface de
la graine, ne laissant plus qu'une bande étroite de tégument à surface
luisante.
Le type du genre est Richardella macrophylla (Lam.) Aubr.
comb. nouv. — Chrysophyllum macrophyllum Lam. dans Encycl. IL : 44
(1793) — Lucuma Rivicoa Gaert. f. (1807) — Richardella rivicoa Pierre
(1890).
Cette espèce de grand arbre était déjà connue d’Aublet qui l'avait
rapportée de la Guyane française. Le spécimen d’Aublet existe dans
l'herbier de J.-J, Rousseau au Muséum de Paris, mais Aublet avait simple-
ment cité l'espèce sans la nommer dans son « Histoire des Plantes de la
Guyane française » I : 234 comme Chrysophyllum (caïnito). Il rappelait
aussi son nom local de « jaune d'œuf » qui convient parfaitement à la
chair jaune et comestible de la baie.
Le R. macrophylla est répandu dans toutes les Guyanes et en Ama-
zonie.
Richardella campechiana (H.B.K.) Pierre est un petit arbre de
l'Amérique centrale et de Cuba, à grandes fleurs, parfois cultivé. Les
pièces florales et les loges de l'ovaire sont au nombre de 5 ou 6.
Richardella Lucuma (Ruiz et Pav.) Aubr. comb. nouv. — Achras
Lucuma Ruiz et Pav. dans FI. Peruv. II : 17, t. 239 (1802) est un petit
arbre, à grandes fleurs pentamères, cultivé aussi pour ses fruits. Il est
répandu au Pérou, Chili et Bolivie. La graine subsphérique a une cicatrice
ventrale oblongue. Ce serait l'espèce qui aurait donné son nom vulgaire
de lucuma au genre Lucuma Molin.
Richardella macao (Baehni) Aubr. comb. nouv. — Pouleria macao
Baehni dans Candollea IX : 395 (1942) est un arbre de la Colombie, à
grandes fleurs pentamères. — Lucuma Goudoliana Dub., nomen (1912).
Richardella speciosa (Ducke) Aubr. comb. nouv. — Lucuma
speciosa Ducke dans Arch. Mus. Rio de Janeiro XXII : 68 (1919) est un
arbre de l'Hylaea, à fleurs pentamères.
Richardella surumuensis (Baehni) Aubr. comb. nouv. — Pouteria
surumuensis Baehni dans Candollea IX : 362 (1942) — Lucuma sericea
Krause dans Notizbl. Berlin VI : 169 (1914) non Lucuma sericea Benth.
et Hook. (1876).
Arbre des forêts du rio Branco à gros fruit.
Nous rapportons enfin à ce genre une espèce amazonienne dont nous
ne connaissons que les feuilles et la graine, Richardella manaosensis
Aubr. et Pellegr., connue de la région de Manaos en Amazonie.
Source : MNHN, Paris
— 176 —
Richardella manaosensis Aubr. et Pellegr. 1.
Arbre.
Rameaux jeunes velus ferrugineux.
Feuilles oblongues obovées, acuminées aiguës, cunéiformes à la base.
Limbe atteignant 24 em de long et 7,5 em de large, glauque dessous, criblé
de poils branchus. Environ 24 paires de nervures secondaires, saillantes
dessous, un peu déprimées dessus, bien fracées jusqu'à la marge. Réseau
de nervilles parallèles, espacées, perpendiculaires aux nervures secondaires.
En dessus fin réseau apparent de veinules.
Fleurs inconnues.
Fruits inconnus à 1-2 graines.
Grosse graine semi-sphérique, dont la cicatrice occupe presque toute
la surface ne laissant qu'une étroite bande vernissée. Environ 3,5 em
diamètre.
Type : INPA 7305, Manaus, Cachoeira Baixa do Taruma.
Arbre de 20 m de la forêt de terre ferme sur sol sableux.
Nom vernaculaire : abiurana de massa.
17. MICROPHOLIS Pierre.
Ce genre de Pierre (Not. Bot. Sapo. : 37 (1891) a généralement été
adopté par les plus récents monographes de la famille des Sapotacées,
Eyma, Cronquist, à l'exception toutefois de Baehni qui le subordonne
à Pouleria. Il ne me paraît pas beaucoup plus individualisé chez les
Poutériées que d’autres genres de Pierre et de Baillon, mais il comprend
d'assez nombreuses espèces qui ont ce caractère commun d’une nervation
latérale très nombreuse, qui excessive chez certaines espèces, donne aux
feuilles un aspect strié remarquable (section Eumicropholis Pierre). Ces
veines latérales sont presque droites jusqu’à la marge; elles s’y rejoignent
le long d’une nervure marginale.
Les fleurs ont également un type structural constant. Elles sont
pentamères. Les lobes de la corolle sont courts, le tube plus long que
les lobes. Les étamines ont de courts ou très courts filets insérés au som-
met de la gorge. Elles sont rarement avortées; les staminodes aussi longs
que les étamines sont parfois presque pétaloïdes. Ovaire à 5 loges, velu
à la base. Fréquemment il repose sur un disque densément poilu, la cou-
ronne hirsute du disque étant distincte de la pubescence de la base de
l'ovaire (M. cyrlobolrya, quyanensis, resinifera, notamment).
Fruit, une baie contenant ordinairement une seule graine plate,
avec une longue cicatrice linéaire.
1. Richardella manaosensis Aubr. et Pellegr. sp. nov.
Arbor, ramis novellis ferrugineo villosis. Folia obovato-oblonga, acute acuminata,
basi attenuata, 24 em longa, 7,5 em lata, subtus glauca et stellatopilosa, nervis utrinque
24 usque ad marginem conspicuis, venulisque ad perpendiculum dispositis Flores ignoti.
Fructus ignotus. Semina 1-2 semispherica, cir. 3,5 em diam.; hilus fere omnino
circumcontineus.
Type. : INPA 7305, Manaus,
Source : MNHN, Paris
— 177 —
Les espèces que nous avons pu vérifier dans l’herbier de Paris peuvent
se répartir dans deux sections. Dans la section Eumicropholis, les feuilles
sont striées, les veines latérales étant très serrées, très fines et également
saillantes. Dans la section Crepinodendron, les nervures secondaires sont
moins serrées, la feuille n’est pas striée, elles sont parfois saillantes, et
entre elles se placent parallèlement des nervures intermédiaires.
Sect. Eumicropholis
M. Melinoniana Pierre Not. bot. Sap. : 40 (1891).
Arbre de la Guyane française.
M. Spruceana (Mart. et Miq.) Pierre Not. bot. Sap. : 39 (1891) —
Sideroxylon Spruceanum Mart. et Miq. dans Mart. F1. bras. VII : 53,
t. 46 (1863).
Grand arbre de la région du Rio Negro.
M. venulosa (Mart. et Eichl.) Pierre, lc. : 40 (1891) — Sideroxylon
venulosum Mart. et Eichl. ex Miq. dans Mart. le. : 52, t. 20 (1863).
Grand arbre des Guyanes et de l’État d'Amazonas.
M. cuneatum Pierre ex Glaziou dans Bull. Soc. Bot. Fr. LVI,
Mém. 3 : 441 (1909).
Arbre du Brésil méridional (Rio de Janeiro, Sao Paulo).
M. cylindrocarpa (Poepp.) Pierre, le. : 40 (1891) — Sideroxylon
cylindrocarpum Poepp. dans Poepp. et Endl. Nov. Gen. Spec. III : 72,
L. 282 (1845).
Petit arbre amazonien.
M. egensis (A. DC.) Pierre dans Urb. Symb. Ant. V : 127 (1904) —
M. Martiana Pierre lc. : 216 — Sideroxylon egense A. DC. dans DC.
Prodr. VIII : 182 (1844).
Petit arbre ou arbuste de l'Amazonie.
Sect. Crepinodendron
M. crotonoides Pierre dans Urb. Symb. Ant. V : 114 (1904) —
Crepinodendron crotonoides Pierre Not. bot. Sap. : 28 (1890) — Sprucella
crolonoides Pierre dans Urb. I. c.
Arbre du Vénézuela.
M. resinifera (Ducke) Eyma dans Rec. Trav. bot. néerl. XX XIII :
198 (1936) — Sideroxylon resiniferum Ducke dans Rev. Bot. appl. X :
851 (1930).
Grand arbre de l'Amazonie producteur de « balata rosada ».
M. retusa (Spruce) Eyma L. c. : 198 — Lucuma relusa Spruce dans
Mart. F1. bras. VII : 79, t. 37 (1863).
Espèce du haut Rio Negro.
Source : MNHN, Paris
SAT =
M. guyanensis (A. DC.) Pierre 1. c. : 40 (1891) — Sideroxylon
guyanense À. DC. dans DC. Prodr. VIII : 182 (1844).
Grand arbre, commun dans les Guyanes.
M. cyrtobotrya (Mart.) Baill. Hist. PI. : 282 (1892) — Sprucella
cyrlobotrya Pierre L. ce. : 27 (1890) — Sideroxylon cyrlobotryum Mart. ex
Miq. dans Mart. FI. bras. VII : 57 (1863).
Arbre du Rio Negro à la Guyane française.
M. balata Pierre dans Urb. Symb. Ant. V : 120 (1904) — Micropholis
chrysophylloides Pierre.
Arbre des Antilles.
M. rufa (Mart. et Eidl.) Pierre dans Urb. Symb. Ant. V : 130 (1904)
= Sideroylon rujum Mart. et Eichl. dans Mart. FI. bras. VII : 52 (1863).
Arbre de la Guyane française.
A ces espèces nous ajoutons les suivantes que nous croyons nouvelles.
Micropholis rosadinha brava Aubr. et Pellegr. 1.
Petit arbre.
Bourgeons et très jeunes rameaux pubescents-apprimés rougeâtres.
Feuilles oblongues-elliptiques, arrondies ou obtuses au sommet,
brièvement acuminées, à base cunéiforme. Limbe coriace, de 11-27 cm
long X 5-13 large, pubescent apprimé puis glabre. Nervure médiane
très nettement déprimée en dessus, proéminente dessous. Très nombreuses
nervures secondaires, très peu apparentes. Entre deux nervures secondai-
res, une nerville parallèle effacée (nervation type section Crepinodendron).
Fort pétiole, canaliculé, 2,5-3 em.
Fleurs fasciculées axillaires.
Pédicelles pubescents ferrugineux, 4-5 mm. Calice à 5 sépales ovés
de 3 mm, pubescents ferrugineux. Corolle à 5 lobes, env. 3 mm. Étamines
5 à très courts filets insérés au sommet de la gorge. Staminodes 5 aussi
longs que les étamines. Ovaire à 5 loges, entouré à la base d’une couronne
de grands poils. Style glabre.
Fruit inconnu.
Type de l'espèce : INPA, n° 1097 Manaos, estrada do Mindu (fl. mai).
Cette espèce est très voisine du Micropholis eyrlobolrya (Mart. ex
Miq.) Baill. découvert par Spruce dans la même région du Rio Negro.
Elle en diffère par des fleurs plus grandes, des feuilles plus coriaces et à
1. Micropholis rosadinha Aubr. et Pellegr. sp. nov.
Arbuscula. Rami novelli pubescentes, subrubri. Folia elliptico-oblonga, apice
rotundata vel obtusa, breviter acuminata, basi attenuata, coriacea, primo villosula,
deinde glabre, 11-27 em longa, 5-13 em lata, costa supra impressa, subtus valde pro-
minente, nervis numerosissimis, venulisque parallelis subinconspicuis. Petiolus validus,
canaliculatus, 2,5-3 em longus. Flores fasciculati, axillares. Pedicelli ferrugineopubes-
centes, 4-5 longi. Sepala 5, ovata, 3 mm longa, pubescentia. Corollae lobi 5, cir.
3 mm longi. Slamina 5, filamentis brevissimis, fauce insertis. Staminodia 5, stamina
aequantia. Ovarium 5-loculare, basi longe pilosum. Stylus glaber. Fructus ignotus.
Type : INPA 1097.
Source : MNHN, Paris
— 179 —
fort pétiole. Les noms locaux sont rosadinha brava, rosada brava, balata
rosadinha.
Matériel étudié : Spruce 24852, Manaos (boutons mars); 24853,
Manaos (fl. avr.); 22258, Manaos. — INPA 1097, Manaos, 5155, 5548,
réserve Ducke, Manaos.
Micropholis Williamii Aubr. et Pellegr. 1.
Petit arbre.
Jeunes rameaux velus.
Feuilles oblongues, atténuées au sommet, mucronées, obtuses à la
base. Limbe coriace, environ 19 X 7 cm, pubescent ferrugineux dessous.
Nervure médiane déprimée dessus, proéminente dessous. Nombreuses
nervures secondaires, droites presque jusqu’à la marge, réunies par
une nervure marginale, un peu déprimées en dessus, saillantes dessous.
Entre deux nervures secondaires, se trouve une nervure parallèle tracée
jusqu’à la marge, mais moins proéminente que celles-ci. Pétiole court,
épais, velu, environ 8 mm.
Fleurs sessiles, fasciculées axillaires, pentamères.
Calice : 5 sépales très imbriqués, velus ferrugineux. Corolle dépassant
de peu le calice. Lobes de la corolle subquadrangulaires, 1,5 mm long et
de large. Tube, 3 mm. Étamines à très courts filets insérés au sommet de
la gorge. Staminodes larges et un peu plus grands que les étamines.
Ovaire à 5 loges, velu, reposant sur un disque hirsute,
Fruit inconnu.
Type de l'espèce : INPA 7613, Réserve Ducke, Manaos (f1. sept..).
Espèce dédiée au botaniste William Rodrigues de l’'INPA de Manaos.
18. GAYELLA Pierre.
Pierre créa ce genre pour une espèce chilienne confusément décrite
par Molin sous le nom de Lucuma valparadisaea (Hist. nat. Chili. trad.
franç. : 162 et 334 (1789). Le nom de Lucuma donné par Molin provient
du nom local donné à l’espèce, «lucuma », lequel s'applique également au
Chili et au Pérou à une autre Sapotacée que nous avons rapportée au
genre Richardella, R. Lucuma (Ruiz et Pav.) Aubr.
La description confuse de Molin a fait abandonner le nom générique
de Lucuma par les plus récents monographes de la famille des Sapotacées.
1. Micropholis Williamii Aubr. et Pellegr. sp. nov.
Arbuscula, ramulis villosis. Folia oblonga, apice attenuala, mucronata, basi
obtusa, coriacea, infra ferrugineopubescentia, cir. 19 em longa, 7 em lata, costa supra
impressa, sublus prominente, nervis numerosis, ad marginem arcuatim anastomosan-
tibus, subtus prominentibus. Petiolus validus, villosus, cir. 8 mm longus. Flores sessiles,
fasciculai, axillares, pentameri. Sepala 5, imbricata, ferrugineovillosa. Corollae lobi
subquadrangulares, 1,5 mm longi, 1,5 mm lati, Tubus 3 mm longus. Stamina brevissima
ad faucium apicem inserta, Staminodia lata. Ovarium 5-loculare, villosum. Disc
hirsutus. Fructus ignotus.
Type : INPA 7613.
Source : MNHN, Paris
— 180 —
Il en est de même du nom spécifique valparadisaea que Pierre avait
cru devoir conserver.
L'espèce que Pierre nomma Gayella valparadisaea est bien typifiée.
O. Ktze et Baehni l'ont rapportée au genre Pouleria. Elle est très diffé-
rente d’un Pouteria Aublet. Comme elle ne nous paraît pouvoir être
attribuée à aucun autre genre, nous pensons que le nom générique Gayella
de Pierre doit être repris, mais non celui de l'espèce valparadisaea.
Le genre Gayella a des fleurs pentamères. Les étamines à très courts
filets sont insérées au bord de la gorge de la corolle. Les staminodes sont
subulés. L'ovaire a 5 loges.
Le fruit monosperme contient une grosse graine sphérique montrant
une cicatrice ventrale elliptique. Les feuilles ont l'aspect typique de celles
des Neoxythece.
Gayella splendens (A. DC.) Aubr. — Lucuma splendens A. DC.
dans DC. Prodr. VIII : 171 (1844) — ? Lucuma valparadisaea Mol. (1789)
— Gayella valparadisaea Pierre, Not. bot. Sap. : 26 (1890) — Pouleria
splendens (A. DC.) O. Ktze dans Rev. Gen. III, 2 : 195 (1898).
Arbuste de 5-6 m, endémique au Chili.
19. MYRTILUMA Baillon.
Pierre en décrivant sommairement une espèce de la Guyane française
d’après des spécimens de Mélinon de 1863-64 la rapportait avec doute
au genre Micropholis avec le nom spécifique de eugeniaejolia. 1 notait
que cette espèce devait former un genre ou une section spéciale. (Not.
bot. Sap. : 40 (1891). Baillon créait l'année suivante un genre nouveau
pour cette espèce (Hist. PI. XI : 283 (1892), qui doit donc prendre le
nom de Myrliluma eugeniaefolia (Pierre) Baill.
Ce genre nous paraît en effet devoir être maintenu. L'espèce type est
proche des Micropholis par ses fleurs pentamères, ses étamines insérées
au sommet de la gorge, son ovaire à 5 loges, et la nervation latérale serrée
des feuilles. Elle en diffère très nettement aussi par :
19 les sépales aux lobes triangulaires très ouverts et non très imbri-
qués (Micropholis) :
2° les lobes de la corolle plus longs que le tube et éfalés dans la fleur
épanouie (plus courts que le tube, non étalés chez Micropholis);
3° les longs staminodes exserts;
49 les étamines exsertes, à longs filets.
Gette espèce est la seule Poutériée, à ma connaissance, ayant des
étamines exsertes à longs filets insérés au sommet de la gorge.
Le fruit est inconnu.
20. CHROMOLUCUMA Ducke.
Genre monospécifique (C. rubriflora) créé par Ducke dans Arch.
Jard. bot. Rio de Janeiro IV : 160 (1925). Baehni dans sa monographie
du genre Pouleria n’en fit plus qu’une section de ce genre hypertrophié,
Source : MNHN, Paris
— 181 —
aux vives protestations de Ducke (Trop. Woods n° 71 : 21). Ce genre
nous paraît également bien caractérisé par ses grandes feuilles longuement
pétiolées (2-6 em), aux grandes slipules lancéolées persistantes, par le fruit
au mésocarpe spongieux contenant une très grosse graine ellipsoïde
dont la cicatrice occupe la moitié longitudinale de la surface.
Les fleurs, en fascicules denses sur les vieux rameaux, sont remar-
quables par leur longs pédicelles (3 em et plus) et leur couleur rougeâtre.
Les fleurs n'ont structuralement rien qui les différencie typiquement.
Elles sont tétramères. La corolle est tomenteuse, veloutée sur les 2 faces,
Les étamines à très courts filets sont insérées au bord de la gorge. Les
staminodes sont courts et subulés. Ovaire hirsute à 2-3 loges. Style glabre.
court; stigmate 3-lobé.
Ducke écrit que l'arbre est abondant dans la forêt périodiquement
inondée au bord des petits cours d’eau, en Amazonie depuis Santarem
+ jusqu’au Rio Negro. Durant la saison des pluies, on trouve des fruits en
quantité flottant sur les ruisseaux.
21. PODOLUMA Baillon — Discoluma Baillon
Baillon attribua à ce genre (Hist. PI. XI : 290 (1892) les deux pre-
mières espèces extra-amazoniennes citées ci-dessous. Ce genre me parait
devoir être repris. Leur groupe, homogène, est ainsi caractérisé.
Fleurs polygames, pentamères, assez longuement pédicellées. Corolle
campanulée, à tube court et lobes orbiculaires. Staminodes courts, subulés
ou larges. Étamines insérées un peu en dessous de la soudure des lobes;
filets courts.
Ovaire à 2(-3) loges. Petits fruits à 1 graine. Graine à cicatrice
linéaire basi-ventrale (P. calocladantha, P. inyfexa). :
P. catocladantha (Eichl.) Baill. spud. Holle, Thèse Erlangen : 12
(1892) — Lucuma calocladantha Eichl. dans Videnskab. Medded. Kjüben-
haven : 202 (1870) — Lucuma paraguariensis Chod. et Hassl. (1907) —
Pouteria catocladantha (Eichl.) Baehni (1942).
Petit arbre du Paraguay, du Brésil central (Minas Geraes) et de
Bolivie.
P. peduncularis (Mart. et Eichl.) Baill. — Lucuma? peduncularis
Mart. et Eichl. dans Mart. F1. bras. VII : 73 (1863).
Type de la région de Bahia.
P. Gardneri (Mart. et Miq.) Aubr. comb. nouv. — Chrysophyllum
Gardneri Mart. et Miq. dans Mart. FI. bras. VII : 102 (1863) — Discoluma
Gardneri Baill. Hist. PI. XI : 291 (1891).
Cette espèce, type du genre Discoluma de Baillon, ne me semble pas
devoir être séparée du genre Podoluma. Espèce du Brésil (État de Piauhy).
= Lucuma inflexa À. C.
P. inflexa (A. C. Smith) Aubr. comb. nouv
Pouteria inflera (A. C.
Smith dans Bull. Torr. bot. CI. LX : 388 (1933)
Smith) Baehni dans Candollea IX : 360 (1942).
Source : MNHN, Paris
— 182 —
Petit arbre du Matto-Grosso au Brésil. Arbre ripicole (Guyane fran-
çaise).
Podoluma Benaï Aubr. et Pellegr. 1.
Arbre de 25 m. Jeunes rameaux pubescents ferrugineux.
Petites feuilles obovées oblongues, à sommet arrondi ou obtus ou
obtusément acuminé, à base cunéiforme. Limbe de 4-7 em long X 2-2,5 em
large, glauque dessous, glabre. Environ 6 paires de nervures secondaires
faiblement saillantes sur les 2 faces, réunies par un réseau de nervilles
et veinules peu accusé sur les 2 faces. Pétiole pubescent, 6 mm.
Fleurs longuement pédicellées, fasciculées en dessous des feuilles.
Pédicelle glabre, jusqu’à 2 em. Fleurs pentamères.
Calice velu ferrugineux. Corolle glabre à 5 lobes suborbiculaires
longs de 2,25 mm; tube court, 1 mm. Étamines à filets très courts insérés
à la gorge; filets 0,5 mm et moins; anthères 1,5-1,75 mm à déhiscence
latérale. Staminodes aussi longs que les étamines, env. 1,5 mm.
Ovaire biloculaire, hirsute ; style court, glabre.
Type : Bafog 207 M, route de Saint-Laurent à Mana, km 18 (f1. sept).
Guyane française.
Benoist 590, Charvein.
Noms locaux : pépé-boiti (paramaka), balata-poirier.
22. NEOXYTHECE Aubr. et Pellegr.
Ce genre (— Oxythece Miq.) appartient à la tribu des Chrysophyllées
par l'absence de staminodes. Cependant nous avons déjà noté à ce propos
que parfois des staminodes rudimentaires apparaissaient très irrégulière-
ment. Deux espèces, Pouleria cladantha Sandwith et Pouteria pallida
(Gaertn.) Baehni, nous semblent aussi devoir être incluses dans le genre
Neoxythece bien qu’elles aient des staminodes nets. Des Neoxylhece elles
ont les petites fleurs pentamères, les étamines à très courts filets insérés
près du sommet de la gorge, les anthères à déhiscence introrse ou latérale,
l’ovaire biloculaire, le style conique court. Chez la seconde le limbe des
feuilles en dessous a la teinte gris glauque typique des Neoxythece.
La première se distingue par des inflorescences racèmiformes.
Ainsi le genre Neoxythece ferait charnière entre les Poutériéss et les *
Chrysophyllées.
1. Podoluma Benai Aubr. et Pellegr. sp. non.
Arbor, ramulis ferrugineopubescentibus. Folia obovato-oblonga, apice obtusa, vel
obtuse acuminata, basi attenuata, glauca, glabra, 4-7 em longa, 2-2,5 em lata, nervis
cir. utrinque 6, venulis reticulatis subinconspicuis. Peliolus pubescens, 6 mm longus.
Flores fasciculati, pentameri. Peeicelli glabri, usque ad 2 em longi. Calyx ferrugineo-
villosus. Corollae lobi suborbiculares, glabri, 2,25 mm Jongi. Tubus 1 mm longus.
Stamina brevissima; filamenta fere 0,5 mm longa, fauce inserta; antherae 1,5-1,7> mm
longae, laterale dehiscentes. Staminodia cir. 1,5 mm longa. Ovarium biloculare, hir-
sutum. Stylus brevis, glaber.
Type : Bafog 207.
Source : MNHN, Paris
— 183 —
N. cladantha (Sandwith) Aubr. comb. nouv. — Pouleria cladantha
Sandwith dans Kew Bull. : 480 (1931).
Arbre moyen des Guyanes anglaise et hollandaise.
N. pallida (Gaertn. f.) Aubr. comb. nouv. — Lucuma pallida Gaertn.
f., Suppl. Carp. III : 131, t. 204 (1807) — Oxythece Hahnianum Pierre ex.
Duss dans Ann. Inst. Col. Marseille III : 387 (1897) — Pouteria pallida
(Gaertn. f.) Baehni dans Candollea IX : 352 (1942) — Oxythece pallida
(Gaertn. f.) Cronquist dans Bull. Torr. CI. 467 (1946).
Arbre de la Guadeloupe et de la Martinique à fruits comestibles.
23. FRANCHETELLA Pierre.
Ce genre fut créé par Pierre (Not. bot. Sap. : 24 (1890) pour une
espèce découverte par Spruce en Amazonie péruvienne, Franchelella
larapolensis (Eichl.) Pierre.
Il rassemble des espèces à fleurs pentamères, rarement hexamères,
à étamines à courts filets insérés à la gorge du tube de la corolle, à stami-
nodes aussi longs que les étamines, à ovaire uniloculaire. Genre voisin du
genre Eremoluma.
Les feuilles des espèces citées ci-dessous sont finement réticulées.
F. tarapotensis (Eichl.) Pierre — Lucuma larapolensis Eichl. ex.
Pierre Not. Bot. Sap. : 24 (1890).
F. reticulata (Engl.) Aubr. comb. nouv. — Chrysophyllum reli-
culatum Engl. dans Engl. Bot. Jahr. XII :{522 (1890) — Pouleria
reliculata (Engl.) Eyma dans Rec. Trav. bot. néerl. XXXIIL : 183
(1936).
Espèce signalée par Eyma et Baehni dans les Guyanes anglaise et
hollandaise. Le type, de Glaziou, est originaire de la région de Rio de
Janeiro.
F. Gongrijpii (Eyma) Aubr. comb. nouv. — Pouleria Gongrijpii
Eyma dans Rec. Trav. bot. néerl. XXXIIT : 185 (1936).
Arbre du Surinam et de la Guyane française.
F. anibifolia (A. C. Smith) Aubr. comb. nouv. — Lucuma anibifolia
A. C. Smith dans Bull. Torr. bot. CI. LX : 389 (1933).
Petit arbre de l’Amazonie occidentale (Amazonie, Matto-Grosso,
Pérou).
F. platyphylla (A. C. Smith) Aubr. comb. nouv. — Lucuma plaly-
phylla À. C. Smith dans Bull. Torr. bot. CI. LX : 388 (1933).
Arbre du Matto-Grosso.
Source : MNHN, Paris
— 184 —
Franchetella pubescens Aubr. et Pellegr.1.
Arbre.
Rameaux jeunes tomenteux.
Feuilles elliptiques, courtement acuminées, cunéiformes à la base
et un peu décurrentes sur le pétiole. Limbe 8-11 em X 5-6,5 em, coriace,
pubescent ferrugineux dessous; 8-10 paires de nervures secondaires espa-
cées, saillantes dessous, réunies par des nervilles transversales obscures.
Reliculum finement saïillant dessous. Assez long pétiole canaliculé, 2-3,5 cm.
Petites fleurs fasciculées à l’aisselle des feuilles.
Description des boutons floraux. Pédicelles 3 mm. Calice à 5 sépales
pubescents sur les 2 faces. Corolles à 5 lobes. Staminodes triangulaires,
ciliés. Étamines 5 à déhiscence latérale, à courts filets insérés au sommet
de la gorge. Ovaire velu à 1 loge uniovulée.
Type : Krukoff 8763, Municipality Sao Paulo de Olivença; basin
of creek Belem. (boutons floraux, nov.-déc.). État d’Amazonas.
Arbre de 22 m haut de la forêt dense de terre ferme.
24. RADLKOFERELLA Pierre.
Pierre créa ce genre pour les espèces de la section Antholucuma A. DC.
11 nomma au total 22 espèces. Certaines doivent certainement être mises
en synonymie. La révision du genre s'impose, mais elle ne sera pas facile,
certaines espèces étant très voisines; quelques-unes devront peut-être
finalement n'être considérées que comme variétés lorsqu'elles seront
mieux connues. Nous n’avons pas ici entrepris cette révision, mais sim-
plement distingué quelques-unes de ces espèces qui appartiennent incontes-
tablement au genre Radlkoferella. Ce qui me paraît eurieux est que ce
genre n’ait pas été adopté par les botanistes après Pierre. Baillon lui-même
qui créait facilement des divisions génériques chez les Sapotacées conserva
la section Antholucuma A. DC. (— Radlkoferella). Baehni regroupa dans
une section Rivicoa les Radlkoferella et les Richardella. Ce groupe d'espèces
de Radlkoferella de Pierre constitue cependant un ensemble si homogène,
si différent d’autres groupes de Poutériées, que nous estimons que son
caractère générique est valable et qu'il doit être mis en évidence comme
l'avait compris Pierre.
Ce qui le sépare le plus remarquablement des autres Pouleriées, qui
ont toutes des fleurs ou tétramères ou pentamères, c’est cette corrélation
singulière, constante (sauf accidents individuels) entre un calice à 4 sépales,
1. Franchetella pubescens Aubr. et Pellesr.
Arbor, ramulis tomentosis. Folia elliptica, breviter acuminata, basi attenuata
8-11 em longa, 5-6,5 em lata, coriacea, subtus ferrugineo pubescentia, nervis lateralibus
utrinque 8-10, venis reticulatis, subtus conspicuis. Petiolus canaliculatus, apice suba-
latus, 2-3,5 em longus. Flores immaturi fasciculati, axillares. Pedicelli 3 mm long
Sepala 5, utrinque pubescentia. Corolle lobi 5. Staminodia deltoidea, ciliata. Stamina
5, antheris laterale dehiscentibus, filamentis brevibus, fauce insertis, Ovarium villosum
I-loculare, uniovulatum,
Type : Krukoft 8
Source : MNHN, Paris
6 =
et une corolle à 6 lobes au bord de la gorge de laquelle s’insèrent 6 étamines
et 6 staminodes. L'ovaire a une tendance marquée vers la division en
6 loges, mais ici les variations spécifiques sont grandes, allant de 3 à 12.
Le fruit contient plusieurs grosses graines subsphériques ou ellip-
soïdes, à large cicatrice ventrale oblongue ou elliptique.
Parmi les caractères secondaires communs à toutes les espèces nous
indiquerons : des fleurs souvent grandes pour des Sapotacées, un tube
de la corolle généralement nettement plus long que les lobes ; des étamines
à déhiscence latérale, parfois introrse ou presque, à courts filets insérés
au bord de la gorge ou un peu en dessous; des staminodes subulés aussi
longs que les étamines; l'ovaire velu surmonté d’un long style générale-
ment glabre. Chez plusieurs espèces les lobes de la corolle sont typique-
ment très finement veloutés (papilleux!) intérieurement et extérieure-
ment.
Les espèces que nous considérons comme des Radlkoferella typiques
sont les suivantes :
R. venosa (Mart.) Pierre — Achras venosa Mart. Herb. F1. bras. :
180 (1837), espèce de Minas Geraes.
On a rapporté à cette espèce de nombreuses autres espèces brésiliennes
{voir Baehni L. c. : 393). Nous ne sommes pas en mesure d'exprimer une
opinion sur ces mises en synonymie. L'espèce type d’après l’herbier
existant à Paris, nous paraît caractériser des régions extra amazoniennes
(rio Doce, Minas Geraes, Sao Paulo). L'espèce amazonienne Lucuma
macrocarpa Hub. ne peut être confondue avec R. venosa, bien qu’elle en
soit proche.
R. macrocarpa (Hub.) Aubr. — Lucuma macrocarpa Hub. dans
Bol. Mus. Para III : 57 (1902).
Très gros fruit contenant 8 graines (Belem).
Plusieurs espèces sont antillaises :
R. domingensis (Gaertn.) Pierre, Not. bot. Sap. : 21 (1890) —
Lucuma domingensis Gaertn. f. Carp. Suppl. III : 131, t. 204 (1807),
de Cuba, Haïti, Saint-Domingue.
Espèce nettement différenciée.
R. multiflora (A. DC.) Pierre, Not. bot. Sap. : 21 (1890) — Lucuma
mulliflora A. DC. dans DC. Prodr. VIII : 168 (1844), de Porto Rico,
Jamaïque et toutes les petites Antilles (Guadeloupe, Martinique notam-
ment).
Plusieurs variétés ont été distinguées.
Une espèce a été découverte dans les montagnes de la Sierra Nevada
de Santa Marta (1500-2000 m), remarquable par la pubescence du dessous
du limbe des feuilles.
R. arguacoensium (Karsten) Pierre, Not. bot. Sap. : 21 (1890) —
Lucuma arguacoensium Karsten dans F1. Col. I : 129, t. 64 (1858-1861)
Source : MNHN, Paris
— 186 —
D'autres espèces sont signalées plutôt sur la côte brésilienne, telles :
R. Casaretti (A. DC. Aubr. comb. nouv. — Lucuma Casarelli À. DC.
dans DC. Prodr. VIII : 671 (1844).
Arbrisseau des sables du bord de la mer, trouvé près de Rio de
Janeiro.
R. grandiflora (A. DC.) Pierre, L. c. 21 (1890) — Lucuma grandi-
flora A. DC. L. c. : 169 (1844) — Vitellaria Eichleri Engl. dans Engl. Bot.
Jahrb. XII : 512 (1890).
Découvert également sur les sables du bord de la mer près de Bahia.
Se trouverait aussi sur les plages de Rio de Janeiro.
Une espèce du Surinam provient des forêts basses et fourrés sur
sables de la région littorale :
R. trigonosperma (Eyma) Aubr. comb. nouv. — Pouleria lrigono-
sperma Eyma dans Rec. Trav. bot. néer. XX XIII : 171 (1936).
Je rapporte également au genre Radlkoferella, d'après leurs diagnoses
les espèces suivantes :
R. stenophylla (Bachni) Aubr. comb. nouv. — Pouleria slenophylla
Baehni dans Candollea IX : 390 (1942).
Petit arbre de l'État de Rio de Janeiro.
R. grandis (Eyma) Aubr. comb. nouv. — Pouleria grandis Eyma
dans Rec. Trav. bot, néerl. XX XIII : 170 (1930).
Grand arbre des Guyanes anglaise et hollandaise.
Radikoferella brachyandra Aubr. et Pellegr. 1.
Arbre.
Feuilles obovées oblongues, courtement acuminées, cunéiformes à
la base. Limbe glabre, environ 12 X 4,5 cm. Environ 8-10 paires de ner-
vures secondaires tracées jusqu'à la marge, réunies par un réseau de
nervilles transversales parallèles effacées. Pétiole environ 1 em.
Fleurs fasciculées à l’aisselle des feuilles tombées; pédicelles pubes-
cents ferrugineux, 7 mm. Calice à 4 sépales ovés, pubescents ferrugineux
sur les ? faces; deux extérieurs, deux intérieurs; environ 5 mm. Corolle
à 6 lobes oblongs, longs de 2,5 mm; papilleux-veloutés sur les 2 faces;
tube 3 mm. Staminodes subulés, papilleux, 1,25-1,5 mm. Étamines 6,
1. Radikoferella brachyandra Aubr. et Pellegr. sp. nov.
Arbor. Folia obovata, oblonga, breviter acuminata, basi attenuata, glabra, cir.
12 em longa, 4,5 em lata, nervis utrinque cir. 8-10, venulis transverse parallelis, subin-
conspicuis. Petiolus 1 em longus. Flores fasciculati, ad axillam foliorum delapsorum
siti. Pedicelli ferrugineopubescentes, 7 mm longi. Sepala 4, ovata, supra subtusque
ferrugineovillosula, cir. 5 mm longa. Corollae lobi 6, oblongi, omnino papillosovelutini,
ubus 3 mm longus. Staminodia subulata, papillosa, 1,25-1,5 mm longa.
filamenta brevia, Lortuosa, 1 mm longa, fauce inserta; antherae introrsae,
loculis divergentibus, connectivo crasso. Ovarium (4-) 6-loculare, pilosum, stylo
papillosa. Fructus ignotus.
Type : Surinam 204.
Source : MNHN, Paris
— 187 —
à filets insérés un peu en dessous du sommet de la gorge. Filets courts,
minces, tordus, 1 mm. Anthères petites, introrses. Les loges divergentes
sont portées par un connectif très élargi.
Ovaire à (4-) 6 loges, velu. Style papilleux.
Fruit inconnu.
Typ Surinam 204 Leg's Lands Bosbeheer, Para Blake kreek,
Surinam river (1. fév.).
CLÉ DES GENRES DE POUTÉRIÉES SUD-AMÉRICAINES
I. Êtamines insérées vers le milieu du tube de la corolle ou à la base
de ce tube :
A. Fleurs tétramères :
a. Ovaire à 4 loges :
b. Étamines insérées vers le milieu du tube :
c. Staminodes subulés, glabres. Long style. Graines
ellipsoïdes à cicatrice oblongue ou linéaire-
oblongue ARR ENT 1. Pouteria.
c'. Staminodes aplatis, ciliés. Souvent le sommet des
anthères est garni d’une touffe de poils. Graine
à cicatrice oblongue............... 2. Pseudolabatia.
b'. Etamines insérées vers la base du tube :
d. Graine à cicatrice débordant sur la face dorsale.
Staminodes aplatis, ciliés. Plusieurs graines par
fruit. Réseau de nervilles parallèles caracté-
ristique. .. 3. Labatia.
d'. Graine à cicatrice oblongue linéaire. Staminodes
subulés ciliés. Une graine par fruit. Nervation
serrée et fine................ 4. Comphiluma.
a!. Ovaire à 2 loges. Étamines libres ou presque :
e. Lobes de la corolle valvaires............ 5. Sanduwithiodoxa.
e. Lobes de la corolle imbriqués. Graine à cicatrice
TS CAN EURE 6. Pseudocladia.
A’. Fleurs pentamères :
f. Ovaire à 5 loges. Étamines insérées à la base du tube de
la corolle. Plusieurs graines par fruit :
— Graines aplaties à cicatrice linéaire... 7. Achrouteria.
— Grosses graines à cicatrice très étendue... 8. Eglerodendron.
f'. Ovaire à 1(-2) loge. Étamines insérées à la base du tube,
à très courts filets. Graine à cicatrice linéaire. 9. Eremoluma.
IL. Étamines à filets très courts (exceptionnellement assez longs,
Myrtiluma) insérées près du sommet de la gorge de la corolle :
B. Plusieurs bractées enveloppant en spirale la base du calice
(1-7). Fleurs pentamères. Ovaire à 5(-6) loges. Graines à
large cicatrice 10. Calocarpum.
B’. Pas de bractées à la base du calice :
a. Fleurs tétramères :
Bb. Ovaire à 4 loges :
Source
MNHN, Paris
— 188 —
1. Nervation espacée. Des fleurs femelles... Leioluma.
(genre mal connu, L. lucens).
2. Nervation striée. Fleurs hermaphrodites. Fruits
Arcotelé, subailés. Une graine par fruit...
DNS date DRE neue te 11. Paramicropholis.
b'. Ovaire à 2 loges. Une graine par fruit. Graine ellip-
soïde à cicatrice elliptique large...... 12. Paralabatia.
a'. Fleurs pentamères (exc. hexamères) :
c. Ovaire à (4-) 4-5 (-6) loges :
d. Corolle extraordinairement charnue, à lobes
valvaires ..................... .. 13. Sarcaulus.
d'. Corolle normalement épaisse, à lobes imbriqués :
e. Feuilles opposées :
f. Style très court. Ovaire à 5 loges. Graines
à cicatrice étroitement oblongue.
Réseau de nervilles parallèles et serrées..
DRAM CRE PRE 14. Syzygiopsis.
f Style assez long. Fleurs Ÿ et Q. Ovaire
à (3-) 4 loges. Pas de réseau de nervilles
parallèles ............. ..... 45. Barylucuma.
e'. Feuilles alternes :
g. Fleurs hermaphrodites, généralement
grandes. Parfois 6 pétales, 6 étamines,
ovaire à 5 loges, mais toujours 5 sépales.
Staminodes en gouttière aussi longs que
les étamines. Graines à large ou très large
cicatrice s’étendant parfois sur la face
dorsale. .........,...,... +. 16. Richardella.
g' Fleurs généralement petites :
h. Étamines à courts ou très courts filets.
Staminodes court. Une graine par
fruit :
i. Nervation fine et serrée. Graines à
cicatrice linéaire-oblongue...…
ose ses... 17 Micropholis.
i’. Nervation fine peu apparente. Gros-
ses graines subsphériques, à cica-
trice elliptique... s... 18 Gayella.
h'. Étamines exsertes, à filets assez longs.
Staminodes exserts aussi longs que
les lobes. Lobes de la corolle étalés.
Nervation fine et serrée. 19. Myrtiluma.
«'. Ovaire à (1-) 2 (-3) loges :
i. Grandes feuilles aux stipules lancéolées persis-
tantes. Fleurs rougeâtres, longuement pédi-
cellées. Une graine par fruit, à très large cica-
MCE sous De Re pese endsee + 20. Chromolucuma.
Source : MNHN, Paris
— 189 —
Î’. Feuilles non stipulées. Graines à cicatrice étroite :
k. Fleurs longuement pédicellées. Staminodes
aussi longs que les étamines. Graines à cica-
trice linéaire basi-ventrale....... 21. Podoluma.
k'. Staminodes très courts. Graines à cicatrice
linéaire-oblongue..…....... .. 22. Neoxythece (p.).
c'. Ovaire à 1 loge. Parfois fleurs hexamères. Nervation
typiquement réticulée................ 23. Franchetella.
a". Fleurs hexamères à 4 sépales, généralement grandes.
Style très long. Staminodes subulés. Ovaire à 6-12 loges
Graines ellipsoïdes à très large cicatrice.... 24. Radlkoferella.
COMPARAISON
ENTRE POUTÉRIÉES AMÉRICAINES ET AFRICAINES
Nous rangeons dans une tribu des Poutéries, tous les genres caracté-
risés par la présence de staminodes, qu'ils soient développés ou peu
accusés, mais dont la présence est constante et nette. Dans la tribu des
Chrysophyllées se classent les genres sans staminodes, ou à staminodes
apparaissant sporadiquement et à l’état toujours très rudimentaire, La
limite entre les deux tribus peut être parfois indécise, ainsi que nous
l'avons fait remarquer pour le genre Neoxythece. Cette séparation corres-
pond cependant au fait évolutif de la disparition des staminodes, acquise
ou presque chez les Chrysophyllées.
Nous constatons alors, ayant effectué le classement des genres entre
les deux tribus, que les genres de Poutériées sont beaucoup plus nombreux
en Amérique qu’en Afrique. Nous en comptons au moins 24 en Amérique
pour 9 en Afrique.
Dans le cadre de la clé que nous avons établie pour les Poutériées
américaines, nous avons placé des genres africains. Ainsi qu’on l’aperçoit
immédiatement, les Poutériées africaines ne correspondent pas aux
américaines. Il n’y a aucun genre commun, ni même de genres affines.
Quelques observations générales peuvent être tirées de la comparai-
son.
1° Absence de fleurs tétramères en Afrique, alors qu’elles sont très
fréquentes en Amérique (7 genres).
20 Absence de fleurs hexamères en Afrique, un genre en Amérique
Radlkojerella (avec 4 sépales).
30 Fréquence, à caractère générique, de fleurs femelles en Amérique,
rares en Afrique : Aningueria (dont les fleurs sont d’ailleurs le plus
souvent hermaphrodites), et Endotricha.
40 Lorsque les étamines sont insérées près du sommet de la gorge,
elles sont en Amérique à courts filets, à la seule exception de Myrtiluma
(étamines exsertes). En Afrique au contraire elles sont toujours exsertes
et à longs filets. Le genre africain Tulestea fait exception mais il est
encore très différent des genres américains.
Source : MNHN, Paris
— 190 —
5° Alors que les ovaires à 2 loges sont communs dans les genres amé-
ricains (8 genres), ils sont inconnus en Afrique. Il y a un genre américain
à ovaire uniloculaire, aucun en Afrique.
CLASSEMENT COMPARATIF DES GENRES
DE POUTÉRIÉES AMÉRICAINES ET AFRICAINES
I. Étamines insérées vers le milieu
du tube de la corolle ou à la
base de ce tube :
A. Fleurs tétramères ......... »
A’. Fleurs pentamères
a. Ovaire à 5 loges :
tamines insérées à la
base du tube de la co-
rolle. Plusieurs graines
par fruit
Étamines insérées un peu
au dessus du milieu du
tube. Une graine par
fruit
a'. Ovaire à 8 loges .
af Ovaire à ML logeisns esters
II. Étamines à filets très courts insé-
rés près du sommet de la gorge
de la corolle ................
Africains
Aningueria
Breviea
Endotricha
Tulestea
Américains
Pouteria
Pseudolabatia
Labatia
Gomphiluma
Sandwithiodoxa
Pseudocladia
Achrouteria
Eglerodendron
Eremoluma
Calocarpum
Paralabatia
Sarcaulus
Syzygiopsis
Barylucuma
Richardella
Micropholis
Paramicropholis
Gayella
Chromolucuma
Podoluma
Source : MNHN, Paris
— 191 —
Neoxythece (p.)
Franchetella
Radlkoferella
III. Étamines exsertes à filets longs
insérés près du sommet de la
gorge de la corolle .......... Synsepalum Myrtiluma
Vincentella
Pseudoboivinella
Pseudopachystela
Afrosersalisia
13
Source : MNHN, Paris
SUR LES GLUTA, SWINTONIA
ET MELANORRHOEA (ANAC.) INDOCHINOIS
par Mme TARDIEU-BLOT
Les Mangifereae sont une tribu d'Anacardiaceae à feuilles simples,
opposées ou alternes, à 1-5 carpelles libres, à style souvent latéral et
gynobasique, à ovule attaché généralement à la base. Les étamines sont
mono- ou pluricycliques, ou 1-4 par abortion, extérieures au disque ou
légèrement soudées à lui.
En Indochine cette tribu est représentée par 7 genres dont nous
donnons ici la clé.
1. 5 carpelles, dont un seul fertile généralement. ........ 1. Buchanania.
1 seul carpelle.
2. Feuilles alternes.
3. Étamines partiellement réduites à l’état de staminodes
(4-1 fertiles).
4. Drupe réniforme ou ovoide, à mésocarpe charnu,
endocarpe fibreux; gynophore à peine épaissi.
OR M NE QE D 2. Mangifera.
4. Drupe réniforme comprimée; gynophore très épaissi
et Chan 5 arret te dore à FAT 3. Anacardium.
3. Étamines toutes fertiles.
5. Étamines pléiocycliques, sur un réceptable conique,
ovaire longuement stipité.............. 4. Melanorrhoea.
5". Étamines 5.
6. Calice 5 lobé, à lobes imbriqués à la base; étamines
prenant naissance au sommet du disque, ovaire
légèrement enfoncé dans le disque...... 5. Swintonia.
6. Calice en calyptre ou spathacé, fendu en deux.
Ovaire sessile ou longuement stipité.
7. Calice spathacé, ovaire stipité, à style très
excentrique, drupe oblique.............. 6. Cluta.
7. Calice en calyptre, se détachant à la base,
ovaire sessile, drupe globuleuse aplatie.…
(4) Melanorrhoea.
(sect. Pentandrae)
2. Feuilles opposées ................................... .. Bouea.
Source : MNHN, Paris
— 193 —
Ces genres sont parfois assez difficiles à définir, les caractères floraux
montrant des passages de l’un à l’autre. De plus les échantillons, même
ceux des plus importants Herbiers, sont très souvent incomplets à cause
de la difficulté de récolte sur ces arbres de haute aille.
Nous étudierons ici les genres Glula, Swinlonia, Melanorrhoea.
Genre GLUTA
Les Gluta sont des arbres à feuilles alternes, simples, à pétiole aplati
ou marginé, à limbe elliptique ou lancéolé, à nervilles formant un réti-
culum proéminent. L’inflorescence est en panicule axillaire ou terminale,
avec bractées et bractéoles caduques. Les fleurs sont Ÿ. Le calice est
gamosépale, spathacé, se fendant en deux par le sommet, caduc. Les
pétales, généralement au nombre de 5, soudés à la base au réceptacle,
sont à préfloraison tordue et le plus souvent recourbés. Les étamines en
nombre égal à celui des pétales, adhérentes aussi à la base de l'axe floral
en forme de colonne. L'ovaire est stipilé, à style excentrique, l’ovule ascen-
dant. Le fruit est une drupe globuleuse oblique, les restes du style persis-
tant près du point d'attache. Le péricarpe est adhérent au testa, la
radicule infère, courte, incurvée.
Genre MELANORRHOEA
Le genre Melanorrhoea est aussi caractérisé par ses feuilles simples,
ses fleurs Ÿ en panicules. Le calice est en calyptre, se détachant à la base
et tombant d’une seule pièce. Les étamines sont, rarement, au nombre
de 5, le plus souvent pléiocycliques, insérées sur un réceptacle conique se
rétrécissant ensuite en un gynophore étroit portant un ovaire globuleux
à style subcentral et dépassant généralement les élamines. Le fruit est une
drupe globuleuse, généralement aplatie, stipitée, à pétales souvent
persistants en étoile.
La différence entre les Melanorrhoea et les Glula est très atténuée
par l'existence de quelques Melanorrhoea à 5 étamines pour lesquels
Engler avait créé la tribu des Pentandrae (M. Wallichii, M. Woodsiana
(Fig. 1, 12-13) chez lesquels les 5 étamines sont soudées au disque turbiné,
l'ovaire + sessile, et par l'existence de formes de passage comme
M. tomentosa (5-7 étamines), M. Curlisii (10 étamines sur le réceptacle
Lypique, conique, des Melanorrhoea).
Le caractère le plus saillant, celui du calice, est souvent aussi décevant,
King! a décrit le Melanorrhoea lorquata de la Péninsule malaise, qui
présente un calice se séparant en anneau à la base comme dans ce genre;
mais fendu aussi au sommet comme chez les Glula, et restant comme un
collier lâche autour du pédicelle floral. Les étamines, à filets pubescents,
sont longuement soudées, ainsi que les pétales, au torus, l'ovaire est
stipité, le style sublatéral. La drupe est, d'après Ridley ?, sessile (?) à
1. King, Mal. FI. Mat. Pen. 8 : 486. 1896.
2. Ridley (H. N.), FL. Mal. Pen. : 631. 1922.
Source : MNHN, Paris
PL 1.
— Gluta megalocarpa (Evrard) Tard. (Poilane 4630) : feuille et fruit x 2/3;
2, graine X 2/3.— Glula tavoyana Wall. (Clemens 3504) : 3, fleur X 3; 4, calice ouvert
X 3; 5, étamines et ovaire X 3.— Glula compacta Evrard (Poilane 4630) : 6, bou-
ton X 2,5; 7, fleurs à peines ouvertes, avec calice en collier X 2,5; 8, fleur X 2,5;
9, fruit x 1. — Swinlonia Pierrei Hance (Poilane 23,233); 10, fleur X 8; 11, fruit
X 2/3 (Pierre 1460). — Melanorrhoea Woodsiana Scort. (Kiah 32.187) : 12, bou-
ton X 6; 13, ovaire et étamines X 6. — Melanorrhoea laccifera Pierre (Pierre 377) :
14, fleur X 3. — Glula‘ orquala (King) Tard. (King 5552) : 15, fleur X 6.
Source : MNHN, Paris
— 195 —
pétales persistants. La fleur est donc plutôt celle d’un Glula et nous
faisons la combinaison nouvelle : Gluta torquata (King) Tard. (bas. :
Melanorrhoea torquata King, Mat. FI. Mal. Pen. 8 : 486. 1896). (PL. 1, 15.)
Le même calice existe dans le Glula compacta décrit par Evrard 1
(PI. 1, 6-9). Dans cette espèce les pétales, soudés au disque, l'ovaire à
style latéral, porté par un court gynophore, la drupe globuleuse, cour-
tement stipitée, à pétales persistants sont bien d’un Gluta.
Une autre confusion existe entre les Glula et les Melanorrhoea,
le Melanorrhoea megalocarpa Evrard ?, dont la fleur est inconnue, mais
dont le très gros fruit, réniforme oblique, à gynophore très court, cicatrice
du style située près du point d'attache, nous font plutôt penser à un
Gluta. Nous faisons donc la combinaison nouvelle Gluta megalocarpa
(Evrard) Tard. (bas. : Melanorrhoea megalocarpa Evrard, Bull. Soc. bot.
Fr. 99 : 131. 1952) (PI. 1, 1-5).
De même le Melanorrhoea laurifolia Evrard, dont l’auteur n'avait
vu que de jeunes fruits, drupes ovoïdes, brunâtres, stipitées, à cicatrice
stylaire latérale et portant à la base les pétales persistants mais peu
accrus, n’est autre qu’un Glula, le Gluta Wrayi King.
Parmi les Gluta litigeux de Chine ou d’Indochine, il faut citer le
Gluta nilida (Lour.) Merrill (Penaea nilida Lour) :
La plante de Loureiro est inconnue, la description donnée par lui
« Capsula ovata, polysperma, maturam non vidi, corolla campanulata
4-fida » ne semble pas correspondre du tout à un Glula. Nous ne com-
prenons pas pourquoi Merrill8 trouve que cette description « Clearly indi-
cates the Anacardiaceae, and in this family the genus Glula », le style
latéral étant le seul caractère de ce genre indiqué par Loureiro. Nous ne
comprenons pas non plus pourquoi Merrill poursuit ainsi « Loureiro’s
species is represented by Clemens 3270 and 3504 », s'appuyant surtout
sur ce que ces deux échantillons ont été récoltés à Tourane, non loin du
lieu de récolte des plantes de Loureiro. De plus, le nom vernaculaire
donné « cày son » peut s'appliquer soit au Melanorrhoea laccifera (Anac.)
soit au Gelonium cicerospermum (Euph.). Ce nom de Penaea nitida Lou-
reiro est donc un nomen dubium, et le binôme de Merrill Glula nilida (Lour.)
Merrill est à abandonner.
Les deux échantillons Clemens 3270 et 3504, cités par Merrill, appar-
tiennent en réalité au Glula tavoyana (PI. 1, 3-5) alors que l'échantillon
d'Haïnan, cité aussi par Merrill, est à affecter au Glula gracilis d'Evrard.
Genre SWINTONIA
Un autre genre, Swinlonia, présente aussi des contours assez mal
définis : en effet la limite entre les Swinlonia, les Glula, et les Melanorrhoea
est aussi assez mal tranchée. Les Swinlonia se distinguent surtout des
1. Evrard (F.), Bull. soc. Bol. Fr. 99 : 84. 1952.
2. Evrard (F.), oc. cit. : 131.
3. Merrill (E. D.) et Chun (W. Y.), Trans. Am. Phil. Soc. : 243. 1935; Sunyalsenia
2: 35. 1934.
Source : MNHN, Paris
— 196 —
Gluta par leur calice, qui est à 5 lobes, imbriqués, persistant dans la fleur
ouverte. Les étamines, au nombre de 5, sont soudées au torus allongé,
ou prennent naissance à leur sommet. L'ovaire est libre, uniloculaire,
sessile. Le fruit est une drupe ovoïde, lisse, aplatie + stipitée, dressée
au dessus des pétales + accrus en aile. Le Swinlonia Pierrei Hance
(PI. 1, 10-11) est une espèce un peu aberrante car son fruit, à pétales
persistants mais très petits, le rapproche au premier abord de certains
Glula comme le Gluta compacta, alors que la fleur est typiquement d’un
Swintonia. D'autre part, le Melanorrhoea woodsiana King (loc. cit., p. 485),
autre espèce à 5 étamines, se rapproche des Swinlonia par sa fleur à
5 étamines, à filets hirsutes, soudées à la base sur le torus turbiné,
hirsute, surmonté de l'ovaire sessile, à style latéral. Le calice en calyptre
est le seul caractère qui le fasse ranger réellement dans les Melanorrhoea,
les autres caractères ainsi que la présence de larges bractées embrassantes
(caractère que l’on retrouve chez le Swinlonia spicifera) l'apparentent
aux Swinlonia.
En résumé : il semble donc que les Melanorrhoea occupent une place
centrale dans cette tribu des Mangiferae et que, par l'intermédiaire des
Pentandreae, à caractères légèrement aberrants, elles nous conduisent
d’une part vers les Swinlonia, d'autre part vers les Glula.
Nous terminerons en donnant la clé des espèces indochinoises de
ces 3 genres
CLÉ DES GLUTA
I. CLÉ D'APRÈS LES FLEURS OU LES FEUILLES
1. Inflorescence entièrement glabre, fleurs glabres, coriaces, en
‘corymbé. nier st neusbans sretetiusete see 1. G. compacta.
1”. Inflorescence pubescente.
2. Ovaire pubescent ........................... 2. G. cambodiana.
2. Ovaire glabre.
3. Feuilles ovales-obtuses (parfois émarginées) au sommet.
4. Fruit globuleux, de grande taille, 3-5 em de diam.
5. Ovaire verruqueux. Calice finement et lâchement
pubescent. Fruit portant des cordons verru-
queux à la base. Kent 3. G. velutina.
Ovaire non verruqueux. Calice densément hirsute.
Fruit longuement stipité, réniforme oblique,
inaequilatéral à la base, à pétales persistants
(fleur inconnue) 4. G. megalocarpa.
4!. Fruit aplati, de petite taille (0,5 em de diam.). 5. G. gracilis.
. Feuilles elliptiques ou lancéolées.
6. Feuilles étroitement lancéolées, très longuement
DétiOlées vs e8 rentes alé die Pa da Le 6. G. Wrayi.
6’. Feuilles elliptiques, courtement pétiolées... T7. G. tavoyana.
Source : MNHN, Paris
— 197 —
IL. CLÉ D'APRÈS LE FRUIT
1. Fruit de petite taille, aplati (0,5 em de diamètre)........ G. gracilis.
1’. Fruit globuleux ou pyriforme, de 3-5 cm de diamètre.
2. Fruit portant des cordons nerviformes + verruqueux à la
DAS ttenae ee se Mer Prenom ee nee G. velutina.
2", Fruit globuleux ou pyriforme-oblong, lisse.
3. Pétales persistants à la base du fruit.
4. Drupe à base très inaequilatérale, oblique, trace du
style très près du gynophore.
5. Feuilles ovales-oblongues, obtuses, fruit longue-
ment stipité G. megalocarpa.
5’. Feuilles elliptiques-aiguës, fruit moins inacquila-
téral, courtement stipité. G. tavoyana;
4. Drupe globuleuse, aplatie... G._ compacta.
3’. Pétales caduques, fruit pyriforme-oblong G. Wrayi.
Fruit inconnu : G. cambodiana.
Espèce douteuse : G. nitida (Lour.) Merrill, Trans. Am. Phil. Soc. : 243. 1935.
Synyatsenia 2 : 35. 1934; Penaea nitida Lour., F1. C.chinch. : 72. 1790.
CLÉ DES MELANORRHEA
1. Feuilles couvertes de poils fins; pétales longuement accrescents
(atteignant 6 fois la longueur de la graine). 1. M. usitata
1”. Feuilles glabres, fruit à pétales peu développés. 2. M. laccifera.
CLÉ DES SWINTONIA
1. Fruit largement ailé, les pétales, persistants, plus longs que la
drupe.
2. Feuille à pétiole en gouttière, presqu’aussi long que le limbe;
pétales deux fois plus longs que la drupe .… 4 S. minuta.
2’. Feuilles à pétiole arrondi, ayant environ 1 / e la lon-
gueur du limbe; pétales persistants, 3-5 fois plus longs que
la drupe.
3. Pédicelles courts (moins de 0,1 cm) ou fleur subsessile;
feuilles glauques en dessous. ............... 2. S. Schoenkii.
3". Pédicelles plus longs que la fleur; feuilles concolores. ….
.… 8. S. Grifithü.
1”. Pétales très petits, à la base de la drupe 7-9 fois + longue qu'eux.
ss... 4 S. Pierrei.
Source
MNHN, Paris
ANACARDIACEAE NOUVELLES D'INDOCHINE
par Mme TARDIEU-BLOT
Ayant entrepris la révision des Anacardiaceae pour la Flore du
Cambodge, Viet-Nam et Laos, nous donnons ici une série de diagnoses
des espèces nouvelles de cette région.
Buchanania Evrardii Tard. n. sp.
Arbor, ramulis crassis, glabris, apice dense foliosis; foliis elliptico-lanceo-
latis, glabris, 15-20 em longis, 5-7 latis, acutis vel leviter acuminatis, in petio-
lum 2 cm longum longe cuneatim angustatis; nervis lateralibus 15-17, utrinque
patentibus; nervulis tenuibus, remote reticulatis, subtus levissime, supra
haud prominulis; paniculis quam folia leviter brevioribus, 7-8 em longis, laxe
hirsutis; ramulis parvis; floribus pedicellatis, pedicellis alabastris aequantibus,
laxe hirsutis; calycis lobis rotundatis, glabris, vel margine ciliatis; petalis
oblongo-lanceolatis, quam petalae triplo longioribus; staminum filamentis
subulatis, antheras oblongas aequantibus; disco glanduloso, sulcato; pistilis
fertilis ferrugineo-strigoso-pilosis, aliis glabris; drupis ignotis.
Cambodge : Müller 587, prov. de Pursat, (type P).
Se rapproche du Buchanania glabra Wall. par les anthères non sagilt-
tées, l'inflorescence légèrement plus courte que les feuilles, glabre, à
reticulum non proéminent à la face supérieure. La forme des feuilles, ellipti-
ques, aigues, ou acuminées, étroites et décurrentes sur le pétiole à la base,
leur taille beaucoup plus élevée, l’en distinguent cependant.
Voisin aussi du B. platyneura Kurz, en diffère par son disque glandu-
leux, ses inflorescences de plus petite taille, moins ramifiées.
Dracontomelum laoticum Evrard et Tard. n. sp.
Arbor 10-15 m alta, ramulis novellis breviter pilosis, adultis subglabris,
cortice cinereo, lenticellis numerosis, prominentibus obtecto. Foliorum petiolus
4-6 cm longus, breviter pilosus, supra complanatus. Lamina ovato-oblonga,
15-20 em longa, 10-12 lata, imparipinnata, foliolis 2-jugis, 10 cm longis,
4 latis, glabris, apice acuminato, basibus subaequalis, anguste cuneatis,
nervis lateralibus utrinque 7-8, procul a margine arcuatis, nervo collectivo
inter se haud conjunctis, nervulis reticulatis supra subtusque prominulis.
Paniculae axillares quam foliae minoribus, 13-15 cm longae, pedonculis
4-5 cm longis, ramulis inferioribus patentibus 3-4 em longis. Pedicellis 0,3 cm
longis. Calycis laciniae 0,1 cm longae, acutae, hirsutae. Petalis 5, imbricatis,
externe hirsutis, oblongis, 0,5 cm longis. Discus annulatus, longitudinaliter
Source : MNHN, Paris
— 199 —
sulcatus. Stamina 10, basi disci inserta, filamenta filiformi-subulata, quam
antherae longiora. Gynoeceum 5-loculare, stigmata 6. Ovaria in loculis
solitaria. Fructus ignotus.
Différe des autres Dracontomelum d'Indochine par ses fleurs de petite
taille, son ovaire densément hirsute. Les feuilles présentent tantôt 3 folioles,
tantôt 5, la forme de ces folioles est du reste assez variable, elles sont
parfois dentées vers le sommet, à dents espacées, obliques, parfois à
marge entière ondulée; la base subégale, est soit oblique, soit cunéiforme.
L'ovaire est formé de 5 carpelles connés, à styles soudés, courts, stigmates
légèrement aplatis. En l'absence du fruit nous avons d’abord hésité à
ranger cette espèce dans les Dracontomelum. Evrard, in herb., en avait
fait un Pleiogynium, ce qui était une erreur car ce genre a des fleurs dioï-
ques, et 5-12 carpelles à styles divergents. Dans notre espèce 1 ou 2 car-
pelles sont parfois avortés.
Laos : Poilane 20.404, Phou Bassac (type P); Poilane 20.515, Muong
Xuang, prov. de Louang Prabang, — Vietnam (Sud) : Poilane 1261, Vong
Kho, prov. du Quang Tri; Poilane 5951, Cana, prov. de Phan Rang,
Nom laotien : mak pheng; vietnamien : cây coc chua.
Les Semecarpus sont particulièrement difficiles à déterminer à cause
de l'absence de caractères floraux distinctifs, de plus, les échantillons
d’herbiers sont très souvent incomplets, les deux sortes de fleurs, ou le
fruit, n'étant pas représentés. Nous avons cru, cependant, possible de faire
ici un certain nombre d'espèces nouvelles, souvent très affines avec des
espèces malaises. Pour faciliter leur identification nous donnerons ici
deux clés; l’une suivant les caractères des feuilles et des inflorescences,
l’autre pour les échantillons fructifiés.
CLÉ D'APRÈS LES FEUILLES OU LES INFLORESCENCES
1. Feuilles densément hirsutes, au moins sur les nervures, ou sur les
nervures et le parenchyme 1
2. Limbe sessile ou subsessile, de très grande taille, pétiole lais-
sant une cicatrice circulaire saillante sur les rameaux; limbe
densément pubescent-roux................. 1. S. tonkinensis.
2’. Limbe pétiolé, cicatrice pétiolaire peu saillante.
3. Limbe oblancéolé, la partie la plus large se trouvant vers
le sommet.
4. Sommet du limbe obtus ou émarginé. Inflorescence de
très grande taille, très ramifiée...... 2. S. cochinchinensis.
4. Sommet du limbe brusquement acuminé. Face infé-
rieure du limbe portant de petites écailles blanchà-
tres. Inflorescence très étroite, 1 fois furquée, à
fleurs groupées en glomérules. .…...... .… 8. S. graciliflora.
1. Espèce affine : S. glomerulata, de Malaisie.
Source
MNHN, Paris
— 200 —
PI, 1. — Semecarpus humilis Evrard et Tard. (Poilane 31.731) : 1
; feuille X 2/3;
2, ner:
tion X 4; 3, bouton X 2/3; 4, sépales, face interne X 10; 5, pétales, face
interne X 10; 6, 7, fleur y, étamines et disque X 10. — Semecarpus anacardiopsis
Evrard et Tard. (Evrard 2773) : 8, feuille x 2/3; 9, nervation X 4; 10, bouton
X 2/3; 11, sépales X 10; 12, pétale, face interne et externe X 10; 13, fleur @,
pétales enlevés X 10 (Poilane 29.356); 14, fruit x 21 (Poilane 29.374).
Source : MNHN, Paris
— 201 —
3’. Limbe à contour elliptique ou ovale, très densément hir-
sute,
5. Limbe de très grande taille (20-30 cm de long sur
8-10 de large), à extrémité arrondie. .…..... 4. S. velutina.
5’. Limbe de 15-20 cm de long sur 3-5 de large, à extrémité
aigue ou Caudée. ..................... 5. S. annamensis.
1'. Feuilles glabres !.
6. Présence de petites écailles blanchâtres (glandes) à la face
inférieure du limbe........................... 6. S. humilis.
6'. Absence de ces écailles.
7. Feuilles sessiles ou presque (pétiole ne dépassant pas
0,3 em). 7. S. caudata.
7. Feuilles longuement pétiolécs.
8. Limbe de très grande taille, atteignant 20-30 cm de
long sur 7-10 de large, généralement obtus.
9. Inflorescences beaucoup plus longues que les feuil-
les, atteignant 40 em de long; limbe à extrémité
caudée; pétiole long de 4-5 em, noircissant.……..
RE in Rae sus... 8. S. anacardiopsis.
9’. Inflorescences plus courtes que les feuilles (15 em de
long). pétiole long de 6-10 cm, subéreux, annelé.
. S. myriocarpa.
. Limbe étroitement lancéolé ou elliptique, ne dépas-
sant généralement pas 5 cm de large, et à extrémité
aigue.
10. Pétiole atteignant 3-4 cm de long, noircissant,
limbe étroitement lancéolé ou elliptique, écorce
des rameaux foncée, à cicatrice foliaire peu
saillante. Latex urticant.......... 10. S. perniciosa.
10’. Pétiole subéreux, court, épais, (1-1,5 cm) rameaux
à écorce pâle, à cicatrice foliaire très saillante.. .
SR n ne ER re een Mas TEE 11. S reticulata.
CLÉ D'APRÈS LES FRUITS
1. Fruits de très petite taille (0,5 cm), très nombreux, pubescents;
hypocarpe en bourrelet à l'extrême base............ S. myriocarpa.
1’. Fruits ayant 1,5-2 em de long.
2. Hypocarpe en gobelet, recouvrant les 3 /4 du fruit, soudé à lui,
réticulé......................ssssssssssssse S. reticulata.
2’. Hypocarpe cupuliforme, recouvrant seulement la base du
fruit.
3. Feuilles presque sessiles, rétrécies dans leur moitié infé-
rieure S. caudata.
+ Feuilles longuement pétiolées.
1. Espèces aflines : S. Curlisii, S. lucens, de Malaisie.
Source : MNHN, Paris
PI. 2. — Microstemon Poilanei Evrard et Tard. (Poilane 6100, type) : 1, feuille et
inflorescence x 2/3; 2, fleur x 8; 3, étamine et disque x 12; 4, disque et ovaire x
12; 5, détail de nervation. — Microsiemon annamensis Evrard et Tard. (Poilane
4758): 9, disque, ovaire et étamine X 14: 11, fruit X 1; 12, détail de nervation.
— Microstemon Curlisit King (Curtis
2930): 13, détail de nervation, avec les
louffes de poils à l’aisselle des nervures.
Source : MNHN, Paris
— 203 —
4. Limbe oblong, arrondi au sommet, long de 20-30 em
sur 8-12 de large; inflorescence 2 fois plus longue que
A em 2 ARLES dc $. anacardiopsis.
4! Limbe lancéolé ou elliptique, aigu, de 12 -15 em de long
sur 4-5 de large; pétiole subéreux, annelé transver-
salement ; inflorescences plus courtes que les feuilles.
PA PE ON ER A ee S.._ perniciosa.
Semecarpus graciliflora Evrard et Tard. n. sp.
Arbor 5-9 m alta, ramulis glabris, cortice leviter striatis; foliis petiolatis
(petiolus 1,5 em longus, complanatus, breviter pilosus), imparipinnatis,
15-20 cm longis, 7-8 latis, foliolis obovato-lanceolatis vel ellipticis, basi
acutis, apice rotundatis vel breviter acuminatis, costa nervisque subtus pilosis,
pilis albidis, rigidis; nervis lateralibus utrinque 10-12, nervulis reticulatis,
subtus prominentibus; paginis inferioribus glandulosis, glaucis; paniculae
terminales vel laterales, 20 cm longae, dense tomentosae, graciles, 1-furcatae;
ramulis primo ordinis 2 cm longis, spiciformibus; pedicellis in floribus masculis
brevis; calycis segmentis triangularibus, puberulis, ciliatis; petalis oblongis,
quam sepalis 4-plo longioribus, extus hirsutis; staminibus 5, petala aequan-
tibus, infra discum medio pilosum insertis; ovario in floribus feminis globuloso,
hirsuto; styli 3, divergentes, in stigmata clavata exeuntes.
Flores hermaphroditi pedicelli hirsuti, 0,3-0,4 em longi, calycis segmentis
triangulares, ciliatis; petalis 0,3-0,4 cm longis, hirsutis, nervatis; staminibus
filamentis quam antherae 5-6 plo longioribus. Fructus ignotus.
Viet Nam (Sud) : type : Evrard 540, Nhatrang, (P) (fleur 4);
Eberhardt 2562, 2587, Hoi Mit, Thua| Thien; Squires 179 Hué (fleur $);
Eberhardt 2498, Baika, Thua Thien.
Très voisin du Semecarpus subspathulalus King, décrit d’après une
plante cultivée dans le Jardin botanique de Calcutta et provenant de
Birmanie, dont nous avons vu un exsiccata à Kew. La feuille est, comme
dans notre espèce, obolancéolée, la partie la plus large située au-dessus
du milieu, l'extrémité arrondie ou émarginée, ou très courtement acuminée,
l'inflorescence, très grêle et très peu ramifiée, à fleurs très courtement
pédicellées, groupées en glomérules. Cependant, le disque est glabre dans
l'espèce de Birmanie, légèrement concave et pubescent au centre dans
notre espèce. La forme des feuilles est assez variable dans le S. graciliflora,
nous avons, à cause de cela, un peu hésité à rapporter l'échantillon de
Squires, à fleurs 6, à notre espèce.
Semecarpus annamensis Tard. n. sp.
Arbor 5 m alta, ramulis breviter pilosis, cortice griseo, striato, foliorum
petiolo 1 em longo, piliis rigidis, crassis, obtecto; lamina elliptica, 14-18 cm
longa, 3,5-5 lata, apice acuta, basi obliqua, supra nitidula, subtus pallidiora;
nervis lateralibus utrinque 15-20, ad marginem recurvatis, cum nervulis
reticulatis utrinque prominentibus; costis, nervis, nervulique subtus dense
Source : MNHN, Paris
— 204 —
pilosis, piliis albidis, longis; paniculis multiramosis, apice ramulorum confertis,
dense hirsutis, quam folia brevioribus, deltoideis, ramulis 1-ordinis petiolatis,
4-5 cm longis; flores breviter petiolatis in ramusculis ultimis compacte
dispositis; calycis laciniis acutis, 0,1 em longis, hirsutis; petalis acutis, externe
hirsutis, 0,3 cm longis, staminibus petala aequantibus; ovario in floribus
masculis rudimentario; disci hirsuti.
Flores feminei fructusque ignoti.
Type : Poilane 35.689 (P), massif de Ngok Guga, prov. du Kontum.
Viet-Nam (Sud) : Poilane 18.435, Dak Ha, prov. du Kontum. Fleurit
novembre-décembre.
Se distingue des autres Semecarpus par sa feuille elliptique, densé-
ment hirsute inférieurement, à nervures latérales nombreuses, par ses
inflorescences groupées au sommet des rameaux, courtes, très ramifiées,
ses fleurs à sépales très aigus, pétales très hirsutes extérieurement.
Semarcarpus humilis Evrard et Tard. n. sp.
Frutex 2,5-3 m alta, ramulis cortice striato, lenticellis prominentibus,
obtecto. Foliorum petiolo 1-1,5 em longo, glabro. Lamina lanceolata, 18-25 em
Tonga, 4,5-7 lata, basi late rotundata, marginis undulatis, apice longe acumi-
nato; costis supra canaliculatis; nervis lateralibus 10-15 jugis, recurvatis,
glabris ; paniculis laxe hirsutis, quam foliae aequilongis, vel paulo longioribus,
longe pedunculatis, ramulis primo ordinis 2-3 cm longis, ramulis ultimis
paucifloris; sepalis in flores masculis acutis, 0,1 cm longis, hirsutis; petalis
oblongis, extus leviter hirsutis, 0,2 em longis; staminibus petala longioribus,
filamentis complanatis, 0,2 em longis, antheris 0,1 cm longis; disco glabro,
lobato. — (PL. 1, 1-7.)
Viet-Nam (Sud) : Poilane 31.731 (type P), 31.822 : Poilane 31.445,
31.485, 31.676, confins de la province du Quang Nam, village Moï de Gooi.
Forêt humide, sol granitique, 500-1800 m.
Voisin du Semecarpus graciliflora par la forme de ses feuilles, en diffère
par leur base arrondie, leur limbe glabre (les nervures sont glabres ou
subglabres), les inflorescences très ramifiées, groupées au sommet du
rameau, à ramifications de ler ordre très longuement pédicellées, à angle
droit avec le rachis.
Semecarpus anacardiopsis Evrard et Tard. n. sp.
Arbor 5-15 m alta, foliis oblongis, 16-25 cm longis, 8-12 latis, rotundatis,
foliorum petiolo 4-5 cm longo, nigrescente, breviter hirsuto, laminis apice
acutis vel caudatis, margine undulatis, basi cuneiformibus, vel in petiolum
brevem decurrentibus; paginis glabris, subtus pallidioribus; nervis lateralibus
18-22 jugis, antemarginali conjunctis; nervulis transversalibus conspicuis,
utrinque patentibus; paniculis terminalibus, magnis, usque ad 40 cm longis,
15-20 em basim latis, multiramosis, pedunculo commune 5-7 cm longo,
Source : MNHN, Paris
— 205 —
ramulis primo ordinis 15-20 cm longis, subglabris, ramulis ultimis sesssilibus,
breviter pubescentibus; calycis in flores masculis acutis, 0,5 em longis, extus
hirsutis, margine ciliolatis; petalis 0,3 em longis, extus scabris; staminis quam
petalae paulo longioribus, filamentis 0,2 em longis, antheris 0,05 cm longis;
disco minuto; ovario rudimentario. Flores feminei longe pedicellati, petalis
extus et intus laxe hirsutis; ovario hirsuto, styli 3, divergentes, in stigma
clavata exeuntes. Drupa obliqua, 1 em longa, 1,5 lata, initio pilosa, demum
glabra, hypocarpio turbinato, tenui. — (PI. 1, 8-14.)
Viet-Nam (Sud) : Eberhardt 2773 (type P), 2742, haut cours du Bo
Giang; Poilane 1200; Mai Lanh, prov. du Quang Tri; Poilane 13.565, haut
cours de la rivière du Quang Tri; Poilane 1412 Ben Du, prov. du Thua
Thien, Clémens 3436, Tourane; Poilane 29.356, 29.374, près Ben Yang.
Nom vietnamien : cäy à 16, cây tim lu.
Bois blanc, tendre, mauvais. Latex corrosif.
Voisin du Semecarpus perniciosa Evrard et Tard. par son fruit,
par la présence de latex urticant; en diffère par ses très grandes et larges
feuilles, à nervilles transverses nettes, par la taille de son inflorescence.
Voisin aussi du S. Prainii King par la forme de sa feuille. Le S. Prain
a des pétales hirsutes intérieurement; l'hypocarpe est épais, très rétréci
à la base.
Semecarpus myriocarpa Evrard et Tard. n. sp.
Frutex vel arbor 5-7 m alta, ramulis glabris, lenticellis numerosis;
foliis petiolo 6-10 em longo, basi crasso, suberoso, lamina oblonga, 20-30 cm
longa, 7-10 lata, apice rotundata, basi cuneata, margine undulata, paginis
glabris supra nitidis, subtus glaucis; nervis lateralibus 14-18 utrinque latere,
arcuatis, margine conjunctis; nervis transversalibus patentibus; nervulis
reticulatis, utrinque patentibus; paniculis masculis densis, quam foliae
longioribus, 15 em longis, ramulis ultimis dense hirsutis, piliüs parvis, apprimis;
flores masculis pedicellis 0,1 em longis, calycis acutis, hirsutis, petalis extus
paulo hirsutis; staminibus quam petalae aequantibus; disco parvo, pilis
flavis medio ferens. Flores Q ignoti. Drupa parva, 0,15 em longa, 0,14 cm lata,
hypocarpio erasso, turbinato, brevissimo.
Viet-Nam (Sud) : Müller 152 (type P), Tay Ninh; Poilane 12.270,
12.284, route du col n° 9, Quang Tri; Poilane 25:389, col d’Ailao.
Caractérisé par ses /rès pelits fruils globuleux, groupés en panicules
très denses, subglabres ; l’hypocarpe est renflé en coussin, cannelé, et ne
couvre que l'extrême base du fruit. L'écorce porte de très grosses cicatrices
saillantes, circulaires, les feuilles ont un pétiole subéreux et annelé, au
moins à l'extrême base, et très long. Il se rapproche du Semecarpus
anacardiopsis par ses feuilles de très grande taille, mais les caractères
ci-dessus l’en distinguent.
Source : MNHN, Paris
— 206 —
Semecarpus perniciosa Evrard et Tard. n. sp.
Arbor 10-20 m alta, ramulis glabris, cortice nigro ; flolis petiolo 3-4 em
longo, glabro, anguste lanceolatis vel ellipticis, glabris, 12-15 em longis
3,5-4 latis, apice acutis vel breve acuminatis, basi cuneiformis, supra brunnes-
centibus, subtus pallidioribus; costa supra impressa; nervis lateralibus
utrinque 8-12, arcuatis, marginale conjunctis; nervulis reticulatis, patentibus;
panieulis $ 15-20 emlongis, 3-plo compositis, foliis terminalibus paulo longiores,
ramulis ultimis breve et laxe pubescentibus, inferioribus subglabris, longe
pedicellatis; sepalis acutis, subglabris, 0,1 em longis, margine ciliolatis;
petalis quam sepalae 2-3 plo longioribus, subglabris; staminibus filamentis
brevis, antheris quam filamenta longioribus. Flores feminae ignotae. Drupa
latitudine sua longitudinem paulo superantes (1 cm longa, 1,5-2 lata), glabra,
hypocarpio obeonico, 4-plo breviore suffulta.
Viet-Nam (Sud) : Poilane 7081 (type P), Bana, près de Tourane,
Poilane 29.816, Nui Bach Ma, près de Hué; Poilane 7487, 7662, Lien Chien,
près de Tourane.
Nom vernaculaire (vietnamien) : Cày Son vûi; protoindo-chinois : a
got. Sol granito-schisteux médiocre, 700-1300 m. Fleurit avril, fructifie
juin.
Bois dense, non attaqué par les termites. Latex corrosif et vésicant.
Voisin du Semecarpus reticulala Lecomte, dont il diffère par ses fruits
à hypocarpe très court, campanulé, ne recouvrant que la base de la drupe.
Sa feuille se distingue surtout par sa forme étroitement lancéolée, aiguë,
à pétiole long de 3-4 cm, noircissant; l'écorce des rameaux est noire,
à cicatrices peu saillantes. Diffère du S. Prainii King par sa feuille plus
petite, très longuement pétiolée.
Microstemon annamensis Evrard et Tardieu n. sp.
Arbor 10 m alta, ramulis glabris, cortice brunneo, striato, lenticellis
numerosis; foliis alternis, imparipinnatis, 15-17 cm longis, 10 latis, petiolo
5-6 cm longo, glabro, foliolis 3-jugis, oblongo-lanceolatis, acutis, 5-6 em
longis, 2-2,5 latis, basi cuneatis, margine integris, nervis lateralibus utrinque
15-18, propemarginemarcuatis, nervistransversalilibus prominentibus,nervulis
reticulatis, haud prominentibus; paginae nervisque glabris. Paniculae laxe
ramosae, 20 cm longae, 20 latae, breviter pilosae vel glabrae, pedunculo com-
mune 7-8 cm longo, ramulis remotis ad basim 15 cm longis.
Flores in ramulis ultimis singulatim vel 2-3 dispositi, pedicello 0,15 longo,
velutino; sepalis 5, lobatis, lobis acutis, 0,05 longis, 0,1 cm latis, glabris,
oblongis, margine glandulosis; disco annulato, crasso, canaliculato; stami-
nibus fertilibus 5, filamentis antheris ovoideis subaequilongis, ceteris sterilibus
plus minusve reductis, vel in staminodis capitatis mutatis; ovario ovoideo,
glabro, vel basi sparsissime hirsuto, uniloculare, stylo brevissimo, centralo,
-stigmate capitato; ovulo parieti infra apicem loculi inserto suspenso.
Drupa oblongo-ovoidea, recurvata, sursum conice attenuata.— (PI. 2, 6-8.)
Source : MNHN, Paris
— 207 —
Viet-Nam (Sud): Poilane 4758, Nui Han heo, près Nhatrang, (type P)
(inflorescence); Poilane 10.047 (fruits), Trai Ca, prov. de Phan Rang;
Poilane 8772, Cana, prov. Phan Rang.
Fleurit septembre, fructifie janvier-mars.
Nom vietnamien : cây Chan chan; protoindochinois : Lao qua.
Usage : fournit un bois léger, attaqué par les termites.
Très voisin du Microstemon Curlisii King, de la Péninsule malaise.
La fleur est presque semblable, Dans cette espace, les sépales sont seule-
ment un peu plus arrondis, les pétales plus nettement fimbriés au bord
et trinerviés, et les étamines plus petites. Mais ce qui distingue les
deux espèces est surtout la feuille glabre dans le M. annamensis, ne
possédant pas les touffes de poils à l’aisselle des nervures caractéristiques
du M. Curlisii. Les feuilles de notre espèce sont aussi beaucoup plus
longuement pétiolées, les folioles plus longuement pétiolulées, à pétioles
et pétiolules glabres (alors qu'ils sont nettement tomenteux dans le
M. Curlisii, qui a aussi la nervure médiane et la base des nervures latérales
finement hirsutes à la face inférieure.) La base des folioles est légèrement
décurrente dans notre espèce, cunéiforme et même légèrement cordée
dans le M. Curlisii. Enfin la fleur est presque sessile dans le M. Curlisii,
longuement pédicellée dans notre espèce.
Microstemon Poilanei Evrard et Tard. n. sp.
Arbor 1-20 m alta, cortice brunneo, lenticellis magnis obtecto, foliis
20-25 cm longis, 10-12 latis, imparipinnatis, petiolo 6-8 cm longo, minute
velutino; foliolis 3-4 jugis, oppositis, petiolulo 1 em longo, in ambitu ovato-
lanceolatis, 5-8 em longis, 3-4 latis, basi inaequaliter cuneatis, apice breviter
acuminatis, margine subulatis, integris; nervis lateralibus 10-jugis, supra
subtusque conspicuis, nervulis dense reticulatis; paginae glabrae. Inflores-
centiae axillares, paniculae 10-15 cm longae, hirsutae, pedunculo commune
5-6 cm longo, ramulis divaricatis, inferioribus 10 cm longis; flores in ramulis
ultimis 2-3, parvi, albidi, fragrantes, pedicello 0,15 em longo, hirsuto; sepalis 5,
triangulares, hirsutis, margine ciliatis, petalis recurvatis, 0,15 cm longis,
extus et intus breviter hirsutis, margine fimbriatis, 3-nervatis; staminis 5,
filamentis complanatis, antheris quam filamenta aequilongis; disco annulato,
crasso, sulcato; ovario ovoideo, brevissime hirsuto, stigmate obsoleto; ovulo
parieti infra apicem inserto, suspenso.
Viet-Nam (Sud) : Poilane 6100, (type P), Nui Han Heo, prov. de
Nhatrang; Poilane 6718, massif de la Mère et de l'Enfant; Poilane 17.847,
Cana, prov. de Phanrang.
Fleurit avril-juillet.
Très voisin du Microstemon annamen sis par sa feuille glabre. En
diffère par l’absence de staminodes. Les étamines so nt généralement au
nombre de 5, ce qui est exceptionnel pour les Microslemon (rarement 6,
1 ou 2 étant transformées en staminodes ce qui prouverait une tendance
à l’obdiplostémonie). La forme de l'ovaire et du disque, l'ovule attaché
au sommet, le rangent nettement dans le genre Microste mon.
14
Source : MNHN, Paris
LES LORANTHACÉES DE LA COTE D'IVOIRE
par S. BaLe et N. HALLÉ
INTRODUCTION
Bien qu’assurément la Côte d’Ivoire ne soit pas, en Afrique, la
patrie d'élection des Loranthacées, il est cependant intéressant de faire
le point de nos connaissances à leur sujet en ce pays; cela permettra aux
botanistes de la nouvelle République et aux voyageurs de savoir ce qu’il
reste à faire sur place et d’être ainsi plus favorisés que leurs collègues
n'ayant eu pour tout matériel de travail que des fragments, toujours
incomplets 1, de plantes séchées et plus ou moins déformées.
Cette mise au point comportera plusieurs aspects de la question;
l’un d'eux concerne l'illustration faite par celui des auteurs qui eut
le privilège d'effectuer un séjour à l'Institut d'Enseignement et de
Recherches Tropicales d'Adiopodoumé; là, intéressé par la structure
des fleurs de cette famille, encore assez mal connue pour donner lieu à des
difficultés de détermination par le moyen des Flores courantes, il forma
le projet d’en réaliser sur le vif une étude morphologique approfondie;
malheureusement, trop occupé d’abord, puis requis par d’autres recher-
ches, il dût renoncer à poursuivre ses observations.
C’est de la conjonction de ces documents, rassemblés en Côte d'Ivoire
avec ceux recueillis au cours de l’examen des échantillons d’herbier ?
et de l'observation d'un certain nombre de préparations microscopiques,
réalisées à Paris, il y a un demi-siècle, par l’éminent botaniste P. van
TieGHEM $, qu'est née la présente contribution.
1. Aucun des spécimens observés, originaires de Côte d'Ivoire, ne montre l'ensem-
ble des caractères permettant de définir complètement une espèce; il en est d'ailleurs
de même le plus souvent, pour les échantillons d'autres provenances, parce qu'il est
presque toujours impossible au collecteur de les réunir lors d'une brève prospection;
mais cela pourrait cependant être réalisé, sans beaucoup de difficultés, au cours d'un
séjour suivi, pour les Loranthacées qui parasitent les arbres des Jardins ou des plan-
tations.
Un échantillonnage complet comprendrait : le (ou les) suçoirs insérés sur l'hôte,
un fragment déterminé ou déterminable de l'hôte, la branche principale, des rameaux
feuillés, florifères (boutons et fleurs épanouies) et fructifères (fruits adultes) et des
graines en cours de germination; en prévision d'études ultérieures de génétique et
d’embryologie, il serait souhaitable enfin de conserver des fleurs dans des liquides
adéquats.
2. Les Herbiers examinés proviennent, en majeure partie, des collections du Labo
ratoire de Phanérogamie du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris; quelques spécimens
nous ont été prêtés par l'Herbarium de Kew, le Jardin Botanique de Bruxelles, l'Institut
d’Adiopodoumé, le Conservatoire de Genève et l'Institut Botanique de Berlin-Dalhem.
3. Conservées au Laboratoire de Phanérogamie du Muséum.
Source : MNHN, Paris
— 209 —
Les différents aspects du présent travail sont les suivants 1 :
— La morphologie des 11 espèces actuellement connues pour la Côte
d'Ivoire (caractères de la famille et des genres en Afrique; clés
de détermination des espèces et tableaux de distribution de
celles-ci).
— Les caractères histologiques principaux des tiges et des feuilles des
5 genres ivoiriens.
— L'énumération et les caractères morphologiques distinctifs des espèces
qui paraissent, en raison de leur distribution géographique
générale, susceptibles d’être rencontrées en Côte d'Ivoire.
— Les relations existant entre certaines espèces de Côte d'Ivoire et
d’autres espèces voisines du même genre.
— Les observations et récoltes qu’il serait souhaitable de faire in situ,
pour suppléer aux insuffisances de nos connaissances actuelles.
Les auteurs remercient vivement MM. les Directeurs des différents
Instituts Scientifiques ? grâce à l’appui et la bienveillance desquels ils
ont pu effectuer ce travail.
DISTRIBUTION DES LORANTHACÉES EN COTE D'IVOIRE
D'une superficie de plus de 300 000 km?, la Côte d'Ivoire est couverte,
sur le tiers le plus médirional de son étendue, en même temps qu'aux
altitudes les plus basses (env. 0-200 m) et dans sa région la plus humide
(1 600 à plus de 2000 mm d’eau par an) par une immense forét dense
humide subhygrophile, d’un seul tenant. Uniforme dans son ensemble,
bien que très polymorphe dans le détail, cette forêt offre cependant des
aspects régionaux divers, dus, pour une part, à l'influence du climat qui,
du sud au nord, devient de plus en plus défavorable à la végétation (préci-
pitations de plus en plus faibles $, saison sèche de plus en plus longue f,
vents humides du SO remplacés par des vents du NE desséchants) et,
d’autre part, à la nature du sol : MM. Leneuf et Mangenot ont récem-
ment mis en évidence la curieuse concordance, dans leurs grandes lignes,
des cartes géologiques et botaniques de cette partie du pays.
1. Une étude du pollen des 5 genres représentés en Côte d'Ivoire sera publiée
prochainement sous la direction de Mme M. Van Campo, dans le Butletin de l’Institut
d'Afrique Noire.
Enfin, une étude anatomique des suçoirs de plusieurs espèces représentées en Côte
d'Ivoire sera publiée prochainement aussi par le Professeur THopay de Bangor.
: les Professeurs et Directeurs AUBrÉviLLE du Laboratoire de Phanéroga-
mie du Muséum de Paris, BAEHN1 du Conservatoire de Genève, Homës de l’Institut
Botanique de l'Université de Bruxelles, ManGexor de l'Institut de Recherches d’Adio-
podoumé, MeLcnior de l'Institut Botanique de Berlin-Dalhem, Rosyns du Jardin
Botanique de Bruxelles et Sir Sauissury de l'Herbarium de Kew.
3. Plus de 2 000 mm d’eau par an à la cote 0 et moins de 1 200 à la frontière NE.
4. De deux à trois mois sur la côte et plus de six mois dans l'extrême Nord.
Source : MNHN, Paris
e SE
‘ORUMBO BOKA
OMO :
7 LAG.ÉBRIE
ADIOPÉDOUMÉ — ABOU ABOU | GRAND-BASSAM
MOOSSOU
&+
100 KM
PI. 1. — Carte de la Côte d'Ivoire indiquant les lieux de récolte des Loranthacées et
les grandes zones de végétation. Successivement du nord au sud en pointillés
de plus en plus denses : savanes boisées et forêts claires soudaniennes; savanes
guinéennes et district préforestier; forêts denses humides semicaducifoliées ;
forêts denses humides sempervirentes. En noir, à l'ouest, forêts de montagnes.
Source : MNHN, Paris
— 211 —
Les phytogéographes ! furent ainsi conduits à distinguer plusieurs
aspects botaniques de cette forêt, qui sont les suivants :
Au sud, Les forêts litlorales, individualisées par la nature du sol qu'elles
habitent (sables à bush, vases à futaies) et l’eau dans laquelle baignent
leurs racines (forêts marécageuses à Symphonia sur les fonds soumis aux
crues saisonnières d’eau douce et mangroves à palétuviers sur les rives
qu'inondent les marées journalières d’eau salée).
Le long des cours d’eau Les foréls riveraines.
A l’ouest, où la forêt s'avance plus loin vers le nord, grâce à une
humidité accrue par les vents dominants du SO, elle escalade même les
pentes d'un massif montagneux représentant les derniers contreforts
orientaux des monts Nimba (massif des Dans, culminant à près de 1 500 m)
on a distingué, au-dessus de 1 000 m env., une forét humide de montagnes,
représentant une différenciation de la forêt guinéenne équatoriale, où
certaines essences sont devenues fortement prépondérantes (Parinari
excelsa, entre autres), où le nombre d’épiphytes est particulièrement élevé
et où apparaissent des endémiques du Fouta-Djalon.
Au centre, comme à la limite septentrionale de la forêt, s'étend la
jorél semi-décidue où certains arbres se défeuillent à la saison sèche et
où la composition floristique n’est déjà plus la même que dans la forêt
dense sempervirente.
Enfin, localement après déforestation, on distingue des foréls secon-
daires de substitution, plus ou moins différentes selon les cas, des forêts
primitives.
Au nord de ce groupe de forêts denses, il y a la région des savanes
guinéennes qui commence par une zone de transition où s’enchevêtrent
les deux formations en présence (district préforestier). Cette région
s'étend sur des terrasses qui s’étagent à des altitudes de 200 à 500 m
environ, et où les fleuves forment des rapides. Ces savanes reçoivent
en moyenne 1 400 mm de pluie, leur climat est celui de la forêt dense
semi-décidue et elles tendraient actuellement à se reboiser; les galeries
forestières avec Elaeis y sont abondantes.
Plus au nord encore, les savanes soudanaises, sont presques dépour-
vues de galeries forestières; l'Elaeis disparaît, il est remplacé par le
Borassus. Ces savanes sont parfois plus ou moins arborées avec notamment
Isoberlinia doka et I. dalzielii.
Au centre du pays, la savane boisée enfonce une sorte de coin orienté
NS, dans la forêt dense. Cette irrégularité zonale dite « V baoulé »,
serait due, au moins partiellement, au fait qu’un climat moins humide et
localisé, aurait sévi là au cours d’une période récente quoique révolue.
D'autres causes ont été trouvées dans la nature plus sablonneuse du sol
et dans la densité plus forte de la population.
Le tableau qui suit et la carte 1, indiquent avec la référence des
différents types de végétation, les lieux de récolte des spécimens étudiés.
On peut remarquer comme sont grandes les chances de rencontrer d’autres
1. Voir les nombreux travaux d'AUBRÉVILLE et de ses continuateurs.
Source : MNHN, Paris
— 212 —
Loranthacées si l’on compare le nombre d'espèces trouvées (11), au nombre
de spécimens récoltés (33), et au nombre de localités d'origine (19). On
conçoit donc que le catalogue présenté ici soit très incomplet, non seulement
pour la forêt où les Loranthacées sont presque toujours hors de portée,
donc très difficiles à récolter, mais surtout pour les savanes, riches ailleurs en
Loranthacées, et dont on ne connaît en Côte d'Ivoire qu'une seule espèce.
Les espèces, non encore rencontrées, mais qui paraissent, vu leur
aire de distribution générale, susceptibles d'y être trouvées, ont été signa-
lées sur le tableau; ce sont, soit des espèces de forêt qui ont été trouvées
dans les pays limitrophes (Globimelula cupulata, Englerina gabonensis
et Tapinanthus Farmari), soit des espèces de savanes, déjà récoltées à l'O,
au Nord et à l'E de la Côte d'Ivoire (Agelanthus brunneus, Tapinanthus
dodoneifolius, globiferus et ophiodes).
Parmi les espèces rapportées de Côte d'Ivoire, on trouve :
3 espèces banales, à grande distribution en Afrique et abondantes
dans tous les Herbiers (Globimelula Braunii, Phragmanthera capilala et
Tapinanthus bangwensis).
3 espèces à aire restreinte (Englerina parviflora, qui atteint en Côte
d’Ivoire la limite méridionale de son aire, Tapinanthus belvisii qui y
atteint sa limite nord, et T. Buntingii).
1 espèce soudanaise (Tapinanthus Kerstingii).
4 espèces à aires plus ou moins étendues, mais qui sont représentées,
en Côte d'Ivoire, par une variété ou une sous-espèce géographique (Globi-
melula Dinklagei subspec. Assiana, Phragmanthera nigritana var. obovala,
T. sessilifolius var. glaber et Viscum congolense var. Chevalieri).
Les différents hôtes qui ont été cités par les collecteurs pour la Côte
d'Ivoire sont presque exclusivement des arbres cultivés; appartenant
aux familles suivantes ce sont :
BixacEar Carica papaya L. (papayer) pour Tapinanthus belvisit
(Dybowski).
BoMBACEAE Ceiba pentandra (L.) GAERTN. (fromager) pour le même.
LAURACEAE : Persea americana Miller pour Phragmanthera capitata (Leeu-
wenberg).
MimosACEAE : Albizzia adianthifolia (Schumach.) Wight pour Phragman-
thera capitala (Dybowski).
MoRACEAE : Ficus sp. pour Tapinanthus belvisii (Chevalier).
MYRTACEAE : Psidium guajava L. (goyavier) pour T'ap. belvisii (Dybowski).
RosacEAE : Prunus Amygdalus Stok. pour T. belvisii (Dybowski).
RuprAcAE : Coffea (?) pour Tapinanthus bangwensis (Leeuwenberg).
RUTAGEAE : Cilrus sp. pour T. bangwensis (Assi) et belvisii (Dybowski).
SrERCULIACEAE : Cola sp. pour T'apinanthus bangwensis (Chevalier).
On connaît cependant ailleurs, pour la plupart des Loranthacées
de Côte d'Ivoire, de nombreux autres hôtes; ils ont été cités, pour chaque
espèce au paragraphe de sa distnbution géographique (voir plus loin).
Source : MNHN, Paris
DISTRIBUTION DES LORANTHACÉES EN COTE D'IVOIRE
GENRES ET ESPÈCES
Agelanthus brunneus.
Englerina gabonensis.
— parviflora .
Globimetula Braunii .
— cupulala ........
— Dinklagei subsp.
Phragmanthera capitata.
— nigritana var.
Tapinanthus bangwensis
so
Guidéko
FORÈTS 1
SE
possible
G. Bassam !
possible
Abidjan *
Assinié ?
Bingerville
Dabou t
Lagune
Moottou ?
Bingerville
Yapot
Cavally? | Abidjan!
2 | Abou Abou!
Adiopodoumé 1
Bingerville
Orumbo Boka ?
MONTAGNES #
Mt Tonkoui!
Mt Tonkoui
Mt Tonkoui
Yapot
— belvisii ?, Bingerville #
G. Bassam !
— Bunlingii…….….. | San Pedro?
— dodoneifolius .……
— Farmari..… possible
— globiferus.
— Kerstingii
— ophiodes.
— pentagonia..……
— sessilifolius .…. | Bériby * Adiopodoumé :
Viscum congolense var … Aboisso 1
Nombre d'échantillons
récoltés 5 24 3
Nombre d'espèces 3 7 3
SAVANES
probable
probable
probable
Lomo
probable
probable
1. Elles contiennent aussi, localement, des savanes dont il n'a pas été possible de
tenir compte ici faute de renseignements précis concernant les lieux de récolte. Il est
probable que Phragmanthera nigrilana de Bingerville provienne d'une savane.
2. Cette espèce habite les mangroves; elle a été aussi trouvée sur des arbres
cultivés.
3. Le Mont Tonkoui atteint 1170 m d'altitude. Il est couvert de forêts avec au
sommet, des plantations de Quinquina et en outre une toute petite savane culminale;
on y a trouvé deux espèces du Fouta-Djalon et une espèce guinéenne. Les collec-
teurs ont malheureusement négligé de noter l'altitude des provenances.
Source : MNHN, Paris
— 214 —
CARACTÈRES DE LA FAMILLE DES LORANTHACÉES
EN AFRIQUE
Arbrisseaux verts (feuilles et souvent rameaux), hémiparasites sur
les branches d'arbres ou d’arbustes, indigènes ou cultivés, présentant
généralement l'aspect de touffes + sphériques, rarement lianiformes;
glabres ou portant des papilles ou des poils, uni- ou pluricellulaires,
simples, ramifiés ou articulés, mais jamais glanduleux.
Pas de vraies racines; base de la tige principale généralement fixée
sur l'hôte par un suçoir unique, + ramifié à l'intérieur des tissus de
l'hôte qu’il détruit diversement selon les espèces et la nature des hôtes;
chez les espèces lianiformes naissent, peu au-dessus de la base de la
branche principale, des axes (« runners ») qui, aux points de contact avec
les branches de l'hôte, forment des bourrelets et implantent des suçoirs
secondaires; chez Viscum le suçoir primaire provoque généralement un
renflement local de la branche-hôte, d'où émerge la branche principale
du parasite; chez les Loranthoïdées la branche-hôte montre généralement,
après un certain temps, une hypertrophie annéliforme de l'écorce qui
entoure, d'un repli + distinct la base renflée et évasée de la branche
principale du parasite (« fleurs de bois » lorsque l’ensemble atteint un
certain âge).
Branche principale toujours courte, subcylindrique ou tronconique,
se ramifiant abondamment en tous sens peu au-dessus de sa base; ramifi-
cations entièrement subcylindriques ou, le plus souvent, + élargies et
aplaties au moins au niveau des nœuds, à leur extrémité, parfois sur une
partie ou même sur la totalité de leur longueur (certaines Viscoïdées),
parfois à 3-12 côtes (qui peuvent être ailées), articulées aux nœuds
(Viscoïdées) ou non (Loranthoïdées). Chez certaines espèces, les rameaux
deviendraient parfois longuement pendants sous l'influence de certains
hôtes (Soyer-ScHmiTz).
Épiderme généralement épais, fortement cuticulisé, contenant
parfois des cellules chromulifères ; stomates orientés transversalement ou
obliquement par rapport à l'axe, chlorophylliens et accompagnés de
2 cellules parallèles à la fente; parenchyme, assimilateur à l’état, jeune,
contenant parfois des sclérites isolés ou groupés, se transformant parfois
dès la première année, en périderme plurisérié; péricycle contenant des
faisceaux de fibres; faisceaux conducteurs à parcours simple; épaississe-
ments secondaires par cambiums successifs; pas de fibres libériennes mais
parfois des sclérites cristallifères dans le liber secondaire; phloëme parfois
interxylaire; bois secondaire à rayons médullaires + larges, amylifères,
à vaisseaux abondants, ponctués, rayés et réticulés parfois accompagnés
de trachées, séparés par un mélange de fibres à ponctuations simples ou
bordées et de parenchyme amylifère; quelquefois des fibres périmédul-
laires (Viscoïdées); souvent de l’amidon et des sclérites agglomérés
localement. en plaques transversales; souvent aussi des ponctuations dans
la moelle.
Source : MNHN, Paris
— 215 —
Feuilles le plus souvent opposées ou Subopposées, parfois alternes,
rarement verticillées par 3 (4); généralement pétiolées, toujours simples
et entières, sans stipules, parfois réduites à des écailles; nervures pennées,
irrégulières ou subbasales ; limbe souvent épais et coriace, à marge étroite
et d’aspect cartilagineux, souvent + ondulée; épiderme des deux face
semblables ou presque, à cuticule souvent épaisse, portant ou non des
poils, à stomates également ou différemment répartis sur les deux faces,
chlorophylliens et amylifères, généralement épars et orientés en tous sens;
parenchyme assimilateur à structure fréquemment subéquifaciale, à
cellules isodiamétriques ou un peu allongées, contenant souvent des sclé-
rites (au moins près des nervures), des cristaux d’oxalate de calcium
(prismes quadrangulaires, rhomboëdres, oursins ou sphérocristaux) dont
l’abondance croît avec l’âge; parfois des cellules tannifères ou silicifiées ;
nervures à 1-3 faisceaux, à disposition semi-lunaire et tissu périxyle
souvent amylifère; parfois les trachéides terminaux sont renflés en tissu
aquifère.
Bourgeons à une ou plusieurs paires de préfeuilles, généralement
réduites à des écailles arrondies ou triangulaires, d'environ 1 mm de long;
généralement libres, ou très rarement soudées par paires en forme de
petites cloches (Viscum de Madagascar), -- rapidement caduques, parfois
charnues, souvent ciliées, parfois hypertrophiées et foliacées (certaines
Loranthoïdées).
Plantes mono- ou dioïques, à inflorescences généralement axillaires,
parfois terminales (généralement à l'extrémité de rameaux feuillés
courts chez les Loranthoïdées), souvent abondantes sur les vieux nœuds;
en racèmes, ombelles simples, ou dérivés (capitules, fascicules, cymules),
pluri ou uniflores; bractées de la base de l’inflorescence nulles chez les
Loranthoïdées africaines, généralement opposées-connées et formant
des cupules naviculiformes chez les Viscum; pédoncules (et pédicelles :
Loranthoïdées) articulés à chacune de leurs extrémités.
Fleurs hermaphrodites (Loranthoïdées) ou unisexuées (Viscoïdées);
actinomorphes ou un peu zygomorphes, 2-5 mères; à tépales sépaloïdiens
ou à pétales parfois vivement colorés; bractées florales nulles chez les
Viscum, transformées en poils chez les Korthalsella, uniques et soudées
ventralement au pédicelle sur toute sa longueur et le dépassant dorsale-
ment plus ou moins longuement chez les Loranthoïdées, où elles forment
souvent, autour de la base du réceptacle, une cupule plus ou moins pro-
fonde, presque toujours oblique, généralement persistante à la base du
fruit; il semble que l’autofécondation soit fréquente; il a été prouvé
expérimentalement qu’elle est possible (cf. p. 30).
Réceptacle toujours cupuliforme, rempli par l'ovaire infère chez les
fleurs femelles ou hermaphrodites; à son sommet, un anneau nectarifère
entoure la base du style; la surface externe est glabre ou velue, générale-
ment lisse, parfois verruqueuse.
Périanthe composé de deux cycles chez les Loranthoïdées. Le calice
est souvent court, parfois tubuleux, plus ou moins denté; il persiste
généralement sur le fruit. La corolle est beaucoup plus longue que le
Source : MNHN, Paris
— 216 —
calice; elle est glabre ou velue, parfois papillifère extérieurement, de
consistance souvent charnue, composée de (2) 3-5 (6) pétales valvaires,
dont la partie supérieure est dressée, étalée, réfléchie, ou enroulée, à
l’anthèse. Les pétales sont libres ou soudés en un tube de longueur variable.
Chez certains genres, le tube se fend unilatéralement et plus ou moins
profondément à l’anthèse. Les lobes présentent rarement vers leur base,
des plis ou de petits appendices internes (absents chez les espèces de
Côte d'Ivoire). Le sommet des lobes est souvent différencié par des
épaississements ou des élargissements, il est parfois orné d'ailes ou d’appen-
dices. La corolle est caduque, exceptionnellement persistante sur le fruit.
Étamines introrses en nombre égal à celui des pétales et opposées à
ceux-ci. Le filet est nul chez Viscum, il est parfois libre ou plus ou moins
longuement soudé au tube de la corolle. Il y a parfois au sommet du filet
un prolongement qui dépasse du côté interne la base de l’anthère; très
rarement le filet présente deux petites dents latérales; il est parfois consti-
tué de deux parties distinctes superposées : l’inférieure est mince et reste
dressée, la supérieure est épaissie, elle se courbe et souvent même se
désarticule à l’anthèse. Le filet est toujours glabre (exception à Mada-
gascar). La position du filet à l’anthèse est variable : dressée, courbée ou
enroulée.
L’anthère est basifixe (Loranthoïdées) ou sessile et insérée dorsale-
ment sur le tépale (Viscum). Connectif lié au! filet sans articulation; (1)
2 thèques s'ouvrant chacune par une fente introrse longitudinale. La
fente est transversale chez Arceulhobium; thèques divisées en logettes
alignées verticalement chez certains genres; nombreuses petites loges
disposées sans ordre et à déhiscence indépendante chez Viscum. La pro-
tandrie est fréquente.
Le pollen est globuleux spinulé chez les Viscoïdées, tricolpé bréviaxe
à zones granuleuses chez les Loranthoïdées.
Disque annulaire à lobes alternipétales chez les Loranthoïdées; il
est glabre ou velu, presque toujours plus court que le calice.
Carpelles 2 à 5 (6), opposititépales chez Viscum, alternipétales chez
les Loranthoïdées. Ils sont généralement indistincts, soudés entièrement
entre eux, ainsi que dorsalement au réceptacle. Jamais d’ovules indivi-
dualisés; parfois des placentas réduits et éphémères; sacs embryonnaires
se développant à l'intérieur du réceptacle au sein d’un tissu qui le remplit
entièrement.
Style unique, plus court ou un peu plus long que les pétales, plus
ou moins cylindrique, parfois prismatique à arêtes plus ou moins ailées,
parfois « en quille » : région moyenne renflée, col étroit et stigmate capité;
il est glabre, papillifère ou rarement pubescent sur une certaine longueur.
Le style est persistant chez Viscum. Le stigmate rarement indifférencié,
est souvent globuleux, ovoïde, ellipsoïde ou obovoïde, rarement pelté ou
conique, glabre à papilles très fines, parfois sublobé en 2-5 divisions.
Fruit bacciforme généralement ellipsoïde, globuleux ou piriforme, à
péricarpe translucide ou plus ou moins vivement coloré, d'épaisseur
variable, lisse ou verruqueux, glabre ou velu. Mésocarpe contenant une
Source : MNHN, Paris
— 217 —
couche de viscine située à l’intérieur des faisceaux conducteurs des
tépales chez Viscum, tandis qu’elle est située à l'extérieur des faisceaux
conducteurs des pétales chez les Loranthoïdées. Endocarpe pellucide,
parfois coloré (testa des collecteurs), uni à la « graine » qui est privée de
téguments; elle comprend un volumineux albumen entier qui contient
l'embryon; ce dernier est généralement unique (rarement 2-3), droit
ou arqué, axile ou latéral, dépourvu de radicule; hypocotyle supère légère-
ment émergeant et un peu renflé au sommet; cotylédons généralement
au nombre de deux, plus ou moins distincts et souvent verts.
L'ouverture des fruits serait apicale ou latérale, par déchirure du
péricarpe 1.
La dissémination ! des fruits se ferait, surtout par chute des baies
et par les animaux, soit qu'ils s’en nourrissent, soit qu'ils les transportent
passivement, exceptionnellement par projection (Arceulhobium).
La germination! encore inconnue chez presque toutes les espèces
d'Afrique, nécessite lumière, humidité et une température suffisamment
élevée; l’hypocotyle est négativement phototropique, géotropique et
très sensible au contact; il se renfle à son extrémité (quelquefois déjà dans
la baie), en disque adhésif, qui se transforme en suçoir au contact de
l'hôte où il pénètre, émettant une substance visqueuse et formant des
papilles adhésives; il se constitue alors un tissu contractile, aidant à la
fixation de l'embryon dans le périderme de l'hôte; puis près du sommet, se
différencie le xylème, en continuité avec les faisceaux cotylédonnaires
convergeant vers l’hypocotyle; le suçoir se ramifie + tôt, à l’intérieur de
de l’écorce ou du bois de l'hôte; dès qu'il atteint le cambium (et ceci peut
durer jusqu’à trois ans) le bourgeon commence à se développer; les
cotylédons s’étalent (ou non) et la tige principale se ramifie après
quelques entre-nœuds tandis que le suçoir se divise, diversement selon
les espèces; l'hôte réagit ensuite.
Certains Loranthoïdées d'Afrique sont autoparasites (le Globimetula
Braunii notamment, cf. p. 230); d’autres (ou parfois les mêmes) peuvent
parasiter des Loranthacées d'espèces ou de genres différents, elles-mêmes
parasites (hyperparasites).
Notes explicatives se rapportant aux figures anatomiques des
planches 2, 3, 9 et 12.
PL. 2 (Englerina parviflora), fig. 2. Les épidermes du limbe sont sub-
semblables et assez minces; les stomates sont peu saillants et un peu moins
nombreux à la face supérieure; le mésophylle se compose de 7-8 assises
de cellules subsemblables isodiamétriques. La supérieure + palissadique.
Nervure médiane à 3 faisceaux (celui de droite en cours de dédoublement) ;
bois comprenant env. 6 files de 3-4 vaisseaux accompagnés de parenchyme;
liber constitué par une demi-douzaine d’assises de cellules à parois minces;
1. Selon Sover et Scumrrz (ef. p. 230).
Source : MNHN, Paris
PI. 2. — Englerina parviflora : 1, feuille (Mann 823, isotype P.) x 1; 2, coupe trans-
versale de la nervure médiane du limbe (Pr. Van Tieghem) X 50; 3, secteur de
coupe transversale de rameau (A. Chev. 12311) X 50; 4, bouton avant l’anthèse
{Mann 823, isotype P.) X 5; 5, étamine dans la fleur épanouie (San Spirito 2382) X 5;
6, coupe longitudinale médiane du réceptacle floral (Pr. Van Tieghem X 25).
Source : MNHN, Paris
— 219 —
fibres à parois minces. Nervures secondaires à trachéides longs et étroits,
à épaississements spiralés ou scalariformes. Groupes subsphériques de
cellules silicifiées à membrane épaissie unilatéralement, localisés près des
extrémités des nervures.
PI. 2, fig. 3. La coupe transversale de rameau montre un périderme
de 4 assises de cellules subérisées avec une lenticelle. Parenchyme cortical
amylifère constitué par une demi-douzaine de cellules isodiamétriques
à parois minces. Faisceaux de fibres péricycliques à membranes épaisses,
localisés en face des faisceaux libéroligneux. Liber secondaire contenant,
dans ses rayons, des sclérites cristallifères isolés ou agglomérés en petit
nombre. Cambium peu distinct. Bois secondaire à petits pores, isolés ou
groupés par 2-3 (4) au sein dun mélange assez homogène de fibres et de
parenchyme sclérifié très amylifère ; rayons de 1-6 cellules en largeur, très
amylifères. Moelle contenant, au sein d'un parenchyme amylifère de
cellules arrondies à membranes minces, quelques cellules à ponctuations
localisées en face des rayons médullaires et de rares sclérites.
PI. 2, fig. 6. Coupe longitudinale médiane du réceptacle de la fleur.
Réceptacle prolongé extérieurement vers le haut, par le calice entourant
la base de la corolle et intérieurement en disque nectarifère entourant la
base du style; il contient, sous la base d'insertion des pétales, de petits
groupes de sclérites (en noir), et, dans la moitié inférieure, la cupule collen-
chymateuse « en verre de montre » (croissant noir) qui le sépare de l'ovaire;
il renferme, à sa base, 8 faisceaux conducteurs disposés sur un cycle, sous la
cupule, dont 4 (traits continus), appartenant aux 4 carpelles, se prolongent
dans le style; les 4 autres se dédoublent, en direction radiale au niveau de
la cupule (nervures des pétales en tirets et des étamines en pointillés), don-
nant naissance, dans la moitié supérieure du réceptacle à un deuxième
cycle de faisceaux, extérieur au cycle des faisceaux carpellaires et compor-
tant des paires de faisceaux, alternant avec les précédents.
Surface du disque constituée par une assise de cellules aplaties, à
épaisse cuticule.
PI. 3, fig. 2. (Globimelula Dinklageis.-sp. Assiana). L'épiderme montre
une cuticule épaisse et des stomates moins nombreux à la face supérieure
qu’en dessous. Mésophylle de 9-11 assises de cellules, les 2 supérieures palis-
sadiques, un peu plus longues que larges; pas de cellules silicifiées. Nervure
médiane à 3 faisceaux séparés par un parenchyme riche en sclérites cris-
tallifères; bois comprenant une demi-douzaine de files de vaisseaux;
liber d’environ 6 assises de cellules; fibres à parois minces.
Nervures secondaires constituées de trachéides longs et étroits à épais-
sissements spiralés et, à leur extrémité, de trachéides plus courts et plus
larges à ponctuations aréolés ou scalariformes, accompagnés d’une file
sous-jacente de sclérites cristallifères orientés longitudinalement.
PI. 3, fig. 3. (Globimelula Braunii). Coupe transversale de rameau.
Épiderme à épaisse cuticule. Parenchyme cortical d’une dizaine d'assises
Source : MNHN, Paris
ul
PL. 3. — Le genre Globimelula: 1, feuille de Globimelula Dinklagei subsp. Assiana
(Aké Assi 4852, holotype) X 1; ?, fragment de coupe transversale de limbe avec
nervure médiane x 50; 3, secteur de coupe transversale de rameau de G. Braunii
(Le Testu 439) x 50; 4, bouton avant l'anthèse (type) x 5; 5, pédoneule montrant
à son sommet les (huit) alvéoles florifères et 1: ement la base d'insertion de
deux fleurs supplémentaires (type) X 5; 6, pédicelle portant la bractée, celle-ci
gibbeuse dorsalement et bidentée au sommet (type) x 5; 7, anthère dans le bou-
ton montrant les loges externes décalées vers le haut x 5; 8, partie supérieure du
style à arêtes papillifères; col et stigmate peltés (type) X 5.
Toutes les fig. (sauf 3), d'après le type de G. Dinklagei subsp. Assiana (voir aussi
p. 219).
Source : MNHN, Paris
— 221 —
de cellules, dont 1-2 assises riches en sclérites cristallifères agglomérés.
Faisceaux de fibres péricycliques à paroi épaisse, localisés en face des fais-
ceaux libéroligneux. Liber secondaire à rayons riches en sclérites critalli-
fères. Cambium distinct. Bois analogue à celui d'Englerina parviflora.
Moelle amylifère, formée de cellules subsphériques à paroi mince, avec
sclérites cristallifères au centre, entourée d’une zone circulaire de cellules
ponctuées près du bois primaire.
PI. 9, fig. 2. (Phragmanthera nigrilana). Fragment de coupe transver-
sale de feuille (préparation de Van Tieghem) comprenant la nervure
médiane, Épiderme supérieur à épaisse cuticule, dépourvu de stomates.
Mésophylle dorsiventral à 1 assise sous-épidermique palissadique (cellules
à section + carrée) et autres cellules subsemblables, à membranes ondu-
lées; sclérites + ostéiformes, un peu ramifiés, adossés à l’épiderme supé-
rieur, et groupes de sclérites autour des nervures; groupes + sphériques
de cellules silicifiées aux extrémités de certaines nervures.
Épiderme inférieur à cuticule moins épaisse que la supérieure;
stomatesprotégés par un revêtement continu de poils à 1-4 étages, à ramifi-
cations enchevêtrées.
Nervure entourée d'une gaine interrompue de sclérites ramifiés,
à 3 faisceaux contigus; bois à + 6 rayons de 3-7 vaisseaux mêlés de paren-
chyme; liber à + 6 assises (peu distinct); collenchyme fortement épaissi
d'env. 8-10 assises de cellules. Tous les sclérites renferment 1 ou plusieurs
cristaux généralement simples, à contour quadrangulaire (à angles parfois
tronqués), quelquefois associés en petit nombre; jamais d’oursins.
PI. 9, fig. 8-9. (Tapinanthus cf. pentagonia). Coupes transversales de
réceptacles florifères au niveau de la cupule collenchymateuse et immédia-
tement au-dessus (préparation de Van Tieghem, Tapinanthus sur Landol-
phia).
Épiderme à cuticule mince, séparé, par 2-3 assises de cellules paren-
chymateuses, de la gaine formée de 2-4 assises de sclérites cristallifères.
Parenchyme contenant les faisceaux libéroligneux des pétales, des
étamines et des carpelles; + différencié (f. 8) autour des faisceaux externes
et au centre.
Faisceaux, au nombre de 20, à la périphérie de la cupule, se groupant
plus haut; au-dessus de la cupule, 2 des 5 faisceaux carpellaires seulement
apparaissent.
Cupule collenchymateuse à bords mal délimités.
PI. 9, fig. 11. (Tapinanthus cf. pentagonia). Coupe longitudinale
médiane d’une base de fleur (préparation de Van Tieghem Tapinanthus
sur Landolphia).
Bractée cupuliforme, entourant la base du réceptacle, avec sa nervure.
Réceptacle contenant la cupule collenchymateuse, en forme de cuvette,
bien délimitée vers le haut seulement, et au-dessus de laquelle se forment
les cellules reproductrices, sans différenciation d’ovule ni de nucelle; fais-
Source : MNHN, Paris
— 222 —
ceaux conducteurs, d’un carpelle (à gauche), d'une pétale et d’une étamine
(à droite), en pointillés ; calice (relativement long); base des pétales, disque
et base du style. Nombreux sclérites cristallifères (en noir).
PI. 12. (Viscum congolense var. Chevalieri), fig. 2. Fragment de coupe
transversale de limbe au niveau de la nervure médiane. Épidermes à cuti-
cule assez épaisse, le supérieur à stomates très rares. Mésophylle à 8 assises
de cellules subsemblables à contour rectangulaire et membranes ondulées,
contenant des globules d'huile.
Nervure principale à 1 faisceau; bois constitué d’une demi-douzaine
de rayons de 2-6 vaisseaux accompagnés de parenchyme, surmonté, au
pôle supérieur, d’un petit nombre de fibres libriformes à épaisse membrane;
liber à quelques assises de cellules (certaines amylifères, d’autres contenant
un oursin), surmonté au pôle inférieur, d'un massif de nombreuses fibres
semblables à celles du pôle opposé.
Nervures secondaires constituées d’un faisceau libéroligneux réduit,
sans fibres libriformes.
PI. 12, fig. 3. Stomate en coupe transversale, surmonté des cellules
annexes un peu saillantes, avec cuticule couverte d’une substance granu-
leuse; cellules de garde contenant des chloroplastes amylifères et fréquem-
ment des globules d'huile.
PI. 12, fig. 5. Coupe transversale de jeune tige (contour légèrement
aplati). Épiderme à épaisse cuticule et cellules légèrement papilleuses.
Parenchyme cortical à 4-5 assises de cellules avec méats. Faisceaux libéro-
ligneux en cours de multiplication, les 8 primitifs s'étant totalement ou
partiellement dédoublés; bois formé d’une demi-douzaine de rayons con-
tenant des vaisseaux et du parenchyme; ils sont généralement accompa-
gnés non seulement des 2 massifs de fibres libriformes interne (réduit) et
externe (très développé), mais aussi de massifs des mêmes fibres, intercalés
parmi les éléments du bois.
Moelle à cellules polygonales ponctuées.
PI. 12, fig. 9. Coupe longitudinale du fruit, tangente au « testa ».
Péricarpe contenant les faisceaux du périgone. Albumen ovale, dépassé par
l'hypocotyle saillant, et recouvert par le réseau des deux nervures car-
pellaires trés ramifiées à leur base.
PI. 12, fig. 10. « Graine » vue de profil enveloppée de son « testa » (pelli-
cule à l’état sec) constituée par le réseau des nervures carpellaires et de
leurs ramifications, que réunissent des cellules parenchymateuses courtes
et plates, à membranes réticulées ; ce réseau porte des faisceaux de longues
cellules très minces qui gonflent à l'humidité et remplissent d’une matière
mucilagineuse la cavité séparant le péricarpe de l’albumen.
Source : MNHN, Paris
— 223 —
PI. 12, fig. 11. Coupe transversale du fruit : péricarpe contenant les
faisceaux du périgone, en continuité avec le « Lesta » au niveau des fais-
ceaux carpellaires. Espace viscifère avec courtes et longues cellules. Albu-
men constituée de cellules polygonales isodiamétriques à épaisses membra-
nes ponctuées, riches en amidon. Embryon sectionné au niveau des deux
cotylédons, chacun pourvu d’un faisceau liberoligneux.
CLÉ DES GENRES
1. Fleurs hermaphrodites; périanthe double comprenant un petit
calice subeylindrique et une corolle à 4-5 pétales; filets stami-
naux distincts; carpelles alternipétales; fruit à couche de viscine
se développant à l'extérieur des faisceaux conducteurs des
pétales; rameaux non articulés aux nœuds; nervation pennée
+ irrégulière, rarement subbasale; bractée florale recaules-
cente et formant un lobe ou une cupule au sommet du pédicelle
(sous-famille des LORANTHOIDÉES) :
2. Corolle à 4 pétales; filets à dent apivale; style non «en quille »;
ombelles à pédoncules et pédicelles bien distincts. Englerina (p.224)
2’. Corolle à 5-6 pétales soudés en tube presque égal ou plus long
que les lobes et fendu unilatéralement à l’anthèse :
3. Loges d’anthères non cloisonnées transversalement; plan-
tes glabres ou non, mais jamais de poils étoilés ni à
étages :
4. Lobes de la corolle dressés ou réfléchis à l’anthèse;
anthères linéaires ou oblongues à 4 loges :
Filets dépourvus de dent apicale; style non « en
que SP EME RTE D Agelanthus (p. 233)
5’. Filets prolongés ventralement par une dent apicale
dépassant la base de l’anthère; style générale-
ment «en quille »1............. Tapinanthus (p. 235)
4. Lobes de la corolle enroulés extérieurement sur plu-
sieurs tours à l’anthèse; le style est alors découvert
sur la moitié de sa longueur; filets sans dent apicale;
anthère triangulaire-trapéziforme avec les loges
externes généralement plus courtes que les internes;
stigmate + aplati, pelté ou + conique. Globimetula (p. 226)
. Loges d’anthères cloisonnées transversalement en plu-
sieurs logettes superposées (ce caractère est plus distinct
dans les boutons); plantes ayant au moins sur leurs
organes végétatifs jeunes des poils étoilés ou à étages;
filets généralement dépourvus de dent apicale1........
Phragmanthera (p. 250)
. Fleurs unisexuées; périanthe simple; carpelles opposititépales;
fruit à couche de viscine se développant entre les faisceaux des
tépales et ceux des carpelles; plantes glabres, rameaux articulés
1. Toujours en Côte d'Ivoire.
15
Source : MNHN, Paris
— 224 —
aux nœuds; feuilles toujours opposées (sous-famille des
VISCOIDÉES) :
Périgones à 4 petits tépales libres et charnus; fleurs incluses
dans des cupules formées de deux bractées opposées connées;
étamines sessiles; anthères soudées dorsalement aux tépales;
feuilles à nervation basale........................ Viscum (p. 256)
ENGLERINA Van Tiegh.
Bull. Soc. Bot. Fr. 42 : 257 (1895). — Emend. S. Balle, Webbia XI :
581 (1955). — FWTA 2d., I, 2 : 699 (1958). — Loranthus L. sect. Ischnan-
thus Engl., Bot. Jahrb. XX : 125 ( », FL Trop. Afr. VI, 1 :
272 (1910). — Krause, Nat. Pflanzenfam. 2 ed. 16b : 164 (1935). —
Stephaniseus Van Tiegh., loc. cit. : 260. — Tapinanthus Blume emend.
Danser, Verk. kon. Ak. Wet. Amsterd. afd. Natk. 2 sect.XXIX, 6 : 53
(1933).
Plantes glabres ou velues, à suçoir unique. Feuilles opposées ou sub-
opposées, rarement allernes, généralement pétiolées, à nervation pennée
ou irrégulière, à marge parfois ondulée-crispée. Ombelles multi ou
pauciflores, à pédoncules et pédicelles + longs. Bractées en cupules obli-
ques souvent dorsalement gibbeuses, rarement munies d’un court éperon,
exceptionnellement hypertrophiées. Calice plus court, aussi long ou plus
long que le réceptacle.
Fleurs à 4 pétales soudés vers le bas, en tube plus court, de même lon-
gueur ou plus long que les lobes et se fendant unilatéralement à l'anthèse;
lobes demeurant dressés, se réfléchissant ou s’enroulant à l’anthèse, à
sommet parfois épaissi, souvent élargi et toujours glabre intérieurement,
souvent uninerviés; filets sublinéaires, généralement prolongés, intérieure-
ment, face à l’anthère, par une dent plus courte que cette dernière, s'en-
roulant ou s'infléchissant à l’anthèse; anthères sublinéaires ou oblongues à
thèques non cloisonnées transversalement ; style filiforme 4-ailé; stigmate
subglobuleux ou obovoïde.
Genre répandu dans toute l'Afrique intertropicale, avec une vingtaine
d'espèces.
CLÉ DES ESPÈCES
EXISTANT OU PARAISSANT SUSCEPTIBLES D’ÊTRE RENCONTRÉES
EN COTE D'IVOIRE
1. Ombelles (8) 12 (16) flores, à pédoncules plus longs que les pédi-
celles; corolle longue de (13) 18-22 mm, à tube toujours plus
court que les lobes; bouton tétragonal à la base puis subey-
lindrique et plus étroit; renflement apical ellipsoïde à sommet
obtus; lobes non épaissis au sommet. E. parviflora.
. Ombelles 5-6 (15) flores, à pédoncules plus courts que les pédi-
celles; corolle longue de (32) 40-56 mm, à tube généralement
plus long, rarement aussi long que les lobes; bouton parfois
très légèrement renflé à la base, généralement longuement
Source : MNHN, Paris
— 2% —
dilaté dans la région médiane et à renflement apical clavi-
forme, tronqué au sommet, long d'env. 4-5 mm; lobes épaissis
au sommet et demeurant dressés à l’anthèse....... ÆE. gabonensis.
Englerina gabonensis (Engl.) S. Balle, Kew Bull. 1956 : 168. —
FWTA 4 ed. 1, 2 : 659 (1958). — Loranthus gabonensis Engl., Bot.
Jahrb. XX : 127 et tab. 3 E (1894). — Sprague, FTA VI, 1 : 382 (1910).
— Krause, Pflzfam, 2 ed. 164 : 164et fig. 81 (1935). —S. Balle, F1. Congo,
1 : 326 (1948).
Guinée Portugaise, Sierra Leone, Ghana, Nigeria (sur Fieus), Came-
roun, Gabon, Congo ex-Belge, Angola et Rhodésie N (var. meridionalis, sur
Combrelum camporum, Combrelum aff. Gossweileri et Landolphia).
Englerina parviflora (Engl.) S. Balle, Kew Bull. 1956 : 168. —
FWTA 2 ed. I, 2 : 699 (1958). — Loranthus parviflorus Engl., Bot. Jahrb.
XX :127 (1894) non Desr. (1789). — Sprague, FTA VI, 1 : 383 (1910). —
Krause, Nat. Pflanzenfam. 2ed. 16 b : 164 (1935). — Ischnanthus parvi-
florus Van Tiegh., Bull. Soc. Bot. Fr. 42 : 260 (1895). — Tapinanthus
parviflorus Danser, loc. cit. : 117. — PI. ? et 4.
Plante entièrement glabre; suçoir inconnu.
Rameaux des échantillons observés atteignant jusqu'à près de
50 em, d’un brun assez foncé, un peu aplatis et élargis aux nœuds près
des extrémités, d’abord superficiellement ridés longitudinalement et
+ anguleux, puis subcylindriques avec des lenticelles arrondies ou
elliptiques, parfois saillantes et serrées, se fendant transversalement ;
entrenœuds de 1,8-6 em sur 1-5 mm.
Feuilles opposées ou subopposées; pétioles de 4-12 mm, subsemi-
cylindriques; limbes lancéolés, elliptiques ou oblongs-lancéolés, plus
rarement ovales, parfois acuminés, à base cunéiforme ou obtuse, rarement
arrondie, et sommet aigu ou obtus, de 4,5-11,3 em sur 14-40 mm, assez
minces, Lernes; nervure médiane très saillante en dessous, émettant,
de chaque côté, 5-7 nervures latérales principales, arquées, s’anastomo-
sant en arceaux à 3-6 mm de la marge.
Ombelles axillaires, à (8)-12-(16) fleurs, d’abord isolées puis ternées,
à pédoneule de 10-24 mm, toujours plus long que les pédicelles, portant,
parfois, 1-2 fleurs supplémentaires sous son extrémité, entouré à sa base
de quelques écailles arrondies ou cunéiformes ne dépassant pas 1 mm;
pédicelles 2-3 fois plus minces que les pédoncules, et longs de 4-9 mm.
Bractées obliquement eupuliformes, ovales, atteignant dorsalement
près de 1 mm, et ventralement 1/4-1/3 mm, à bord subentier et cilié,
aiguës ou bidentées au sommet, + gibbeuses dorsalement.
Réceptacle urcéolé, d'env. 1-1 1/4 mm de long et 1 mm de diam.
Calice évasé, légèrement et + régulièrement lobé, d'env. 74 mm, cilié.
Corolle rouge-pourpre, de (13) 18-22 mm de long; boutons tétra-
gonaux et assez larges inférieurement sur toute la longueur du tube puis
rétréciset + cylindriques à renflement apical ellipsoïde d'env. 2,5 mm
de long, obtus ou subaigu au sommet; tube de 4-7 mm sur env. 1,5 de
Source : MNHN, Paris
— 226 —
diam., se fendant unilatéralement jusque près de sa base à l’anthèse;
lobes de 9-16 mm, linéaires inférieurement, uninerviés, élargis et oblan-
céolés vers l'extrémité sur 2-2,5 mm, à sommet cunéiforme-aigu, dres-
sés ou + réfléchis à l’anthèse (irrégulièrement souvent, dans une même
fleur ou sur une même branche).
Étamines à filets insérés à la base des lobes, sublinéaires un peu
effilés vers le sommet, longs d'env. 9 mm, à dent apicale aiguë d'env.
1/2 mm, involutés à l’anthèse; anthères étroitement oblongues, de 1-
2 1/3 mm.
Style subfiliforme 4-ailé, env. de même longueur que la corolle;
stigmate subglobuleux ou obovoïde, d'env. 1/3 mm de diam.
Disque tétragonal, d'env. 1/4 mm d'épaisseur.
Fruits mûrs inconnus; jeunes fruits ellipsoïdes ou un peu obovoïdes,
noirâtres, atteignant env. 5 X 2,5 mm.
Côte d'Ivoire : Mont Tonkoui; mars 1957, Aké Assi 4187 (IA) —
Guinée Portugaise (sur Dialium guineense) — Guinée Française —
Sierra Leone — Liberia.
GLOBIMETULA Van Tiegh.,
Bull. Soe. Bot. Fr. 42 : 244 et 264 (1895). — Danser, loc. cil. :
54 (1933). — S. Balle, Webbia XI : 583 (1955). — FWTA 2 ed. 1, 2:
660 (1958). — Loranthus L. sect. Symphianthus DC. sous-sect. Cupulali
DC. Prodr. IV : 298 (1830). — Sect. Dendrophthoë Mart., sér. Anguliflori
et Unguiformes Engl., Bot. Jahrb. XX : 93 et 107 (1894). — Sect.
Cupulati Engl., Nachtr. 2. Nat. Pflanzenfam. III, 1 : 132 (1897). —
Sprague, F.T.A. VI, 1 : 262 (1910). — Sect. Dendrophthoë sér. Cupulali
Krause, Nat. Pflanzenfam. 16 b : 160 (1935).
Plantes généralement glabres, portant rarement des papilles sur les
organes végétatifs et les fleurs mais jamais de poils; à suçoir unique ou
à nombreux suçoirs latéraux secondaires chez les plantes lianiformes.
Feuilles opposées ou subopposées, parfois ternées, exceptionnellement
quaternées; limbe à nervures pennées souvent irrégulières. Inflorescences
en ombelles, multi ou pauciflores, généralement axillaires; pédoncules
et pédicelles de taille variable. Bractées obliquement cupuliformes, géné-
ralement réduites, rarement munies d'un éperon dorsal. Calice plus
court, égal ou plus long que le réceptacle. Corolle à 5 pétales soudés dans
leur moitié inférieure en un tube qui se fend unilatéralement à l’anthèse
Landis que les lobes s’enroulent plusieurs tours sur eux-mêmes à l'extérieur
et que se découvre la moitié supérieure du style. Les lobes sont élargis
et souvent biailés au sommet qui est parfois un peu épaissi. Filets linéaires,
dépourvus de dent apicale, insérés près de la base des lobes et s’enroulant
sur eux-mêmes vers l’intérieur à l’anthèse. Anthères + trapéziformes, à
large connectif généralement émarginé au sommet et à loges inégales et
+ décalées entre elles dans chaque paire. Style « en quille »; stigmate
relativement large, 4 conique ou pelté, parfois distinctement 5-lobé.
Genre d’une dizaine d'espèces, toutes de l'Afrique intertropicale,
répandues principalement dans les régions occidentales et centrales.
Source : MNHN, Paris
— 227 —
CLÉ DES ESPÈCES
1. Plante entièrement glabre; calice ne dépassant pas 1 mm, et
environ de même longueur que le réceptacle :
2. Style à épaississement sans papilles sur les arêtes; feuilles
généralement larges, elliptiques ou ovales, à base arrondie,
obtuse ou cunéiforme, et à sommet obtus ou aigu; limbe
relativement mince à plusieurs paires de nervures latérales
obliques ou arquées, en relief dessus; la paire inférieure est
parfois plus longuement asscendante dans les feuilles larges.
+ G. Brauni
2. Style à épaississement fortement papillifère sur les arêtes;
feuilles lancéolées ou ovales-lancéolées à base arrondie ou
un peu cordée; limbe épais et coriace à 3 (5) nervures forte-
ment saillantes dessous, plus ou moins distinctes dessus,
avec les latérales naissant à moins de 1 cm de la base de
la médiane ................. G. Dinklagei subspec. Assiana.
Plante portant de fines papilles au moins sur les pédicelles et
les bractées, parfois sur les pédoncules et les sommets des
boutons; calice de 1,5-2 mm de long, toujours nettement
plus long que le réceptacle; feuilles épaisses à limbe largement
ovale, à base arrondie ou cordée, à sommet aigu ou obtus,
de 2,5-16,5 sur 1,5-12 cm; ombelles de plus de 12 fleurs; arêtes
du style papillifères............................... G. cupulata.
40
Globimetula Braunii (Engl.) Van Tiegh., Bull. Soc. Bot. Fr. 42 ;
265 (1895). —Danser, loc. cit. : 54 (1933). — S. Balle, FWTA 2 ed 1, 2 : 660
(1958). — Loranthus Braunii Engl., Bot. Jahrb. XX : 93 (1894). —
Sprague, FTA VI, 1 : 303 (1910) et 1028 (1914). — FWTA 1 ed. : 466
(1928). — Krause, Pflanzenfam. 16 6 : 160. — S. Balle, FI. Congo : 369;
Webbia 11 : 543, £. 1b (1955). PL. 3 et 4.
Buisson à suçoir unique ou liane pouvant atteindre 4 m de long et
se fixer aux branches de son hôte par de nombreux petits suçoirs surmontés
d’un bourrelet discoïde d'env. 0,5 em de diam. et quelques mm d'épaisseur;
plantes entièrement glabres à rameaux subeylindriques d’un brun olivâtre,
rougeâtre ou noirâtre, parfois rouges à l’état jeune, d’abord lisses, puis se
couvrant de petites lenticelles arrondies, jaunâtres, éparses, se fendant puis
se crevassant irrégulièrement en long; entrenœuds de 10-75 sur 1,5-10 mm.
Feuilles ternées, opposées ou subopposées, exceptionnellement alternes
ou quaternées; pétiole de 3,5-15 (30) mm, canaliculé; limbe elliptique ou
plus rarement ovale ou obovale, exceptionnellement lancéolé, à extrémités
arrondies, obtuses où cunéiformes, à base généralement un peu décurrente,
rarement un peu cordée de 3-13 sur 1,5-8,5 cm, assez épais et coriace;
nervure médiane en saillie dessous, émettant, de chaque côté, 3-9 nervures
latérales principales obliques, les inférieures parfois plus longuement
ascendantes chez les feuilles larges.
Source : MNHN, Paris
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— Distribution générale de trois Loranthacées de Côte d'Ivoire : w Englerina parviflora : connu aussi de Guinée Fr., de Guinée
Portug., Sierra Leone et Libéria. — + Globimetula Dinklagei: connu aussi de la Guinée Fr. et du Cameroun. — @ Globimelula
Braunii: connu aussi pour sa sous-espèce type, du Ghana, Togo, Dahomey, Nigéria, Cameroun, Oubangui-Chari, Guinée Esp.,
Gabon, Congo Fr., Mayombe Portug., Congo ex-Belge et Uganda. La var. mweroensis est connue d'Angola, Rhodés ets,
Tanganyika, Nyassaland et Mozambique. Source : MNHN, Paris
— 229 —
Ombelles axillaires, d’abord isolées, puis fasciculées, à 5-8 (20?) fleurs,
à pédoncule généralement plus long que les pédicelles, entouré à sa base de
petites écailles ovales ne dépassant pas 1 mm; pédoncule de 2-30 X 1 mm,
dilaté à son sommet en un plateau circulaire d'env. 2-3 mm de diam.,
bordé d’alvéoles florifères ciliées au bord, portant parfois sous leur sommet
des fleurs supplémentaires; pédicelles de 1-8 mm sur env. 1/2 de large.
Bractées ovales, un peu obliquement cupuliformes, atteignant
dorsalement env. 1-1,5 et ventralement env. 0,5 mm, à bord subentier
cilié et sommet tronqué ou bidenté.
Réceptacle urcéolé, d'env. 1 mm sur 1,5-2 mm de diam.
Calice subcylindrique ou légèrement évasé, atteignant 0,5-1 mm,
à bord subentier ou superficiellement 5-lobé, parfois cilié.
Corolle rouge ou rose, de (20) 30-40 mm; boutons à renflement apical
subhémisphérique pentagonal, 5-ailé, vert, rose ou violacé, de 3-4 mm
de diam. ; renflement basal subglobuleux d'env. 4 mm de diam. où parfois
un peu plus long que large, surmonté d’un fort étranglement papilleux
intérieurement; tube de la corolle se fendant unilatéralement sur env.
les 2/3 de sa longueur à l’anthèse ; lobes de 15-20 mm, linéaires inférieure-
ment, ovales-triangulaires et biailés dans leurs 2,5-3 mm supérieurs, à som-
met cunéiforme, et s’enroulant en + 3 tours sur eux-mêmes à l’anthèse.
Étamines à filets linéaires, insérés près de la base des lobes, d’env.
13 mm, s'enroulant en 3 tours sur eux-mêmes à l’anthèse; anthères de
1,5-2,5 mm sur env. 1/2 mm de largeur à la base et 1 mm au sommet, à
loges externes plus courtes que les internes.
Style «en quille », à région épaissie parfois relativement peu dilatée
et à col d'env. 1 mm de long.
Stigmate pelté, de 1-2 mm de diam. vert olive ou brun-clair sur le vif.
Disque pentagonal, d'env. 1/3-1/2 mm de hauteur.
Fruit ellipsoïde ou obovoïde, atteignant 8 mm sur env. 6 mm, à
cupule calicinale persistante d'env. 1/2 mm de long, rouge-orangé, à sur-
face lisse (ou parfois verruqueuse?); graine orangée ou rouge atteignant
3 mm sur env. 1,5 de diam., à embryon vert et cotylédons indistincts.
Côte d'Ivoire : Route de Grand Bassam; oct. 1956, Aké Assi 3843
(IA). Ghana, Togo, Dahomey, Nigeria (sur Sarcocephalus &:
Cameroun (sur Entada) Guinée Espagnole, Gabon, Congo ex-Français —
Mayombe Portugais (sur Pachylobus africana).— Rép.Centre-Afr.—Congo
ex-Belge (sur Acacia decurrens, Albizzia gummifera, Annona senegalensis,
Bridelia, Chrysophyllum, Citrus aurantium, Coffea canephora, Hevea, Lan-
dolphia, Pachystela longepedunculata, Plerygopodium oæyphyllum, Sizy-
gium, Theobroma cacao ; voir aussi p. 231). Angola (sur Bridelia, Brachys-
legia, Uapaca).— Rhodésie (sur Croton, Landolphia, Parinari mobola, Prolea
Sirychnos, Uapaca). — Nyassaland (sur Brachystegia et Faurea) —
Mozambique. — Tanganyika (sur Uapaca) et Uganda.
Espèce au sujet de laquelle il serait intéressant d'observer les parti-
cularités suivantes : types de suçoirs en relation avec les hôtes et les
stations; variation des feuilles (couleur rouge des pousses sur certains
hôtes), forme, dimensions et nervation des limbes et longueur des pétioles ;
Source : MNHN, Paris
— 230 —
variations du nombre des fleurs des ombelles et de la longueur des pédon-
cules ; élargissement du diamètre des stigmates et, en relation avec celui-ci
forme du renflement apical des boutons; il semble que G. Braunii subisse
des déformations diverses des feuilles spécialement sur tout le pourtour
de son aire (qui couvre presque entièrement celle du genre Globimelula).
Sover et ScHmiTz ingénieurs-agronomes, qui ont longuement séjourné
à Élisabethville, ont fait, au sujet de cette espèce, les observations suivantes,
dans un travail non publié qu'ils ont aimablement mis à notre dispositiont :
Il existerait 2 races différentes de G. Braunii? qui se différencieraient
comme suit :
— race propagalrice : individus spécialement vigoureux, à branches
plus allongées, plus fines, lianiformes, peu feuillées et peu fleuries (fleurs
disséminées le long des rameaux), pouvant pénétrer au plus sombre de la
couronne de l’arbre; réalisant l’auto- ou l'hétéroparasitisme, par formation
d’un bourrelet au contact d’une de ses branches avec une autre; si l’autre
est un rameau du parasite, il forme lui aussi un bourrelet, qui se soude au
premier, et du point de jonction naît une nouvelle plante sans déformation
appréciable; si l’autre est une branche de l'hôte, il y a formation d’un
suçoir latéral secondaire et déformation caractéristique. Les auteurs
ont réussi à réaliser, expérimentalement, en 2 mois, la greffe de G. Braunii
sur Citronnier, en liant en croix les 2 rameaux. Une même branche de
l'hôte peut porter 3 ou 4 soudures de ce genre et le parasite envahir rapide-
ment toute la couronne de l'hôte.
— race florifère : individus à suçoir unique, héliophiles, pouvant
porter 1300 fleurs sur une branche simple d'env. 30 cm de long.
Habitat : vergers d’agrumes où il est particulièrement abondant,
en de nombreuses stations (il provoque l’effeuillaison puis la mort des
Citrus, dont il habite surtout le pourtour de la couronne); galeries à
Khaya nyazica Stapf; termitières à Vilez; forêts claires de types varié
Biologie : Les jeunes pousses sont rouges; la déhiscence des corolles
se fait de la façon suivante : les lobes se séparent brusquement et s’enrou-
lent en même temps que les filets; aucun choc n’est nécessaire pour la
produire bien qu’une légère pression appliquée à la base des lobes puisse la
hâter; les éclosions s'effectuent aux heures chaudes et ensoleillées et par
temps sec; le stigmate vert, humide et luisant est prêt à la fécondation
au moment de l'ouverture du bouton; rapidement il devient rouge, terne
et sec; le pollen est prêt à germer et germe même parfois dans le bouto
les auteurs ont expérimenté que la fécondation de fleurs ensachées produi-
sait des fruits aussi parfaits que ceux des fleurs non ensachées. Les fruits
s'ouvrent sur le côté; ils sont mangés et disséminés par les animaux.
L’écorce räpée serait utilisée pour faire des sinapismes contre les
convulsions.
Ces auteurs donnent la liste des hôtes dans le tableau qui suit :
Sover-Posxix D. et ScHmirz A. — Phanérogames parasites et hémiparasites
des die des environs d'Élisabethville. INEAc (Manuser.).
2. C'est la var. mweroensis (BAK.) S. BALLE qui est représentée au Katanga.
Source : MNHN, Paris
Intensité ? | Abondance?
d'attaque
CAESALPINIACEAE
Dialium angolense Welw.............. M R
Julbernardia paniculata (Benth.) Troupin F RR
COMBRETACEAE
Combrelum div. Spec.................. M-F R-C
EUPHORBIACEAE
Fluggea virosa Baïll................... P Gi
Pseudolachnostylis glauca Hutch....... M R
Uapaca kirkiana Muell. Arg............ F RR
— nitida Muell. Arg. var. sokolobe Duv. F RR
LOGANIACEAE
SIPYCROS Sp.......................... M ë
MELIACEAE
Khaya nyasica Stapf.................. EF RR
MIMOSACEAE
Albiztia sp: Here eur M R
Dichrostachys glomerata (Forsk.) Chiov…. P R
ROSACEAE
Eryobolrya japonica Lindl............. P c
Prunus capuli Cav. (= P.serotina Ehrh.). M G
— persiea (L.) Batch............. M R
RuBIAGEAE gen serge detre P-M R-C
RUTACEAE
Citrus lemon (L.) Burm. F cc
— reliculala Blanco F R
— sinensis (L.) Osb.. M G
SALICACEAE
Populus delloides March.
var. missouriensis Henry......... F C
Salix subserrala Wild. var............. F C
VERBENACEAE
Vilez sp M (e
1. F fortement atteint 2. C commun
M moyennement CG très commun
P peu. R rare
RR très rare.
Source : MNHN, Paris
— 232 —
Globimetula cupulata Van Tiegh., Bull. Soc. Bot. Fr. 42, 264
(1895). — Danser, loc. cil. : 55 (1933). — $. Balle, FWTA 2 ed. I, 2, 660
(1958). — Loranthus cupulalus Auet. non DC., Prodr. IV : 298 (1830). —
Sprague, FTA, VI, 1 : 302 (1910). — Krause, Nat. Pflanzenfam. 166 :
160 (1935).
Sénégal, Guinée Portugaise (sur Pari
Guinée Française (sur Parinari excelsa), S
geminala).
ri excelsa et. macrophylla)
erra Léone (sur Morinda
Globimetula Dinklagei (Engl.) Danser, loc. cil., : 55 (1933). S. Balle,
FWTA 2 ed. : 660 (1958).
CLÉ DES SOUS-ESPÈCES
1. Feuilles relativement peu épaisses, à nervure médiane émettant,
de chaque côté, dans la moitié inférieure du limbe, 2 nervures
latérales principales longuement ascendantes; styles à partie
épaissie non papilleuse sur les arêtes. .......... Subspec. Dinklagei.
2. Feuilles épaisses, à nervure médiane émettant, à moins d’1 cm
de sa base et de chaque côté, 1 (2) nervures latérales longue-
ment ascendantes, styles fortement papilleux sur les arêtes au
niveau de sa région épaissie................... Subspec. Assiana.
a. Subspec. Dinklagei — Loranthus Dinklagei Engl., Bot. Jahrb.
XX : 94 et pl. 2 À (1894). Sprague, FTA : 301. Hutchins. a. Dalz., FWTA
led 66. Krause, Nat. Pflanzenfam. 16 b : 160.
Cameroun (sur Theobroma)
b. Subspec. Assiana $. Balle, subspec. nov. PI. 3 et 4.
A Subspec. Dinklagei folis crassioribus 3-subbasaliis nerviis stylis
papillosis differt.
Plante entièrement glabre
cation.
Rameaux des échantillons observés atteignant jusqu'à env. 50 em,
généralement très aplatis et élargis aux nœuds près des extrémités,
d’abord lisses et + luisants, + côtelés, d'un brun-grisätre ou -noirâtre,
puis se couvrant de petites lenticelles légèrement saillantes qui se fendent
puis se crevassent longitudinalement ; entrenœuds de 1-5,5 em surl,5-7 mm.
Feuilles opposées ou subopposées; pétiole canaliculé, atteignant
5-12 sur 1,5-2,5 mm; limbe lancéolé ou ovale-lancéolé, parfois + acuminé,
à base obtuse arrondie ou un peu cordée et à sommet aigu ou subaigu,
rarement obtus, de 3,8-12,5 em sur 6-60 mm, épais et coriace; nervure
médiane émettant, de chaque côté, à moins d’'I cm de sa base, 1 (2) ner-
vures longuement ascendantes et fortement saillantes, comme elle, en
dessous, fines au-dessus ; limbes parfois discolores, la face inférieure étant
d'une teinte plus rousse.
suçoir inconnu, noircissant par la dessi-
Source : MNHN, Paris
— 933 —
Ombelles axillaires, isolées puis fasciculées, 3-8 (10) flores, à pédon-
cules de 5-20 sur 1-1,5 mm, entourés à leur base de quelques écailles
arrondies ne dépassant pas 1 mm, portant quelquefois 1-2 fleurs supplé-
mentaires sous leur sommet dilaté et creusé d'alvéoles florifères sur toute
sa surface; pédicelles de 3-5 sur 0,5-1 mm.
Bractées ovales, obliquement cupuliformes, atteignant ventralement
1/3-1/2 mm et dorsalement 1,5 mm. de long, à bord entier ou presque et à
sommet tronqué ou bidenté, généralement gibbeuses dorsalement.
Réceptacles urcéolés, de 0,5-1 mm sur env. 1 mm diam.
Calices subeylindriques où un peu évasés, atteignant env. 1 mm
de long.
Corolles de couleur inconnue, atteignant 28-32 mm; bouton à renfle-
ment apical globuleux étroitement 5-ailé, d'env. 2,5 mm de diam.; ailes
atteignant jusqu’à 1/4-1/3 mm de large; renflement médian d'env. 15 sur
2 mm; renflement basal globuleux ou ellipsoïde atteignant 3-4 mm sur
env. 3; tube de 15-18 mm, se fendant unilatéralement sur env. la moiti
de sa longueur à l’anthèse; lobes d'env. 13-15 mm, linéaires inférieure-
ment, elliptiques-lancéolés et biailés dans leurs 2,5 mm supérieurs, s’en-
roulant de 2 tours sur eux-mêmes à l’anthèse.
Étamines à filets insérés près de la base des lobes, d'env. 8 mm,
sublinéaires, s’enroulant env. de 2 tours sur eux-mêmes à l’anthèse;
anthères subtriangulaires, d'env. 1 mm de long et de large au sommet, à
loges externes plus courtes que les internes et un peu décalées vers le
haut.
Style légèrement en quille, à partie épaissie fortement papilleuse
sur les arêtes en dessous du col; col bien distinct sur env. 1 mm de long.
Stigmate pelté, un peu bombé, atteignant env. 1 mm de diam.
Disque pentagonal, d'env. 1/4 mm dans la fleur, paraissant accrescent
au cours de la fructification.
Fruit d'env. 5 mm de diam. globuleux et fortement étranglé sous
la cupule calicinale qui mesure env. 1 mm de hauteur et que rempli
presque entièrement le disque.
Graine claviforme d'env. 2-2,5 mm de long sur env. [ mm au som-
met, à hypocotyle légèrement saillant au sommet.
Côte d'Ivoire : Mont Tonkoui, mai 1998, Aké Assi 4852 (IA holotype)
— Guinée Française : Env. de Mali, déc. 1935, Jacques-Félix 618 et Beyla
980. Dalaba (sur T'richilia djalonensis), Chevalier 20222 bis (P).
AGELANTHUS brunneus (Engl.) Van Tiegh
Bull. Soc. Bot. Fr. 42 : 738 (1895). — S. Balle, FWTA 2 ed. I, 2 : 660
(1958). = Loranthus brunneus Engl., Bot. Jahrb. XX : 88 (1894). —
Sprague, FTA V, 1 : 325 (1910). — Krause, Nat. Pf. 16 b : 161 (1939).
S. Balle, FL. Congo I : 331 (1948). — Berhaut, FI. Sénégal : 36 (1954). —
Tapinanthus brunneus Danser, loc. cit. : 109.
Le genre est répandu dans toute l’Afrique au sud du Sahara, avec une
quinzaine d'espèces. A. brunneus occupe, avec de nombreuses variétés,
Source : MNHN, Paris
MAURITANIE
senecat Je
REPUBLIQUE
OÙ TcHaD
Guince
NIGERIA
REPUBLIQUE
CENTRE AFRICAINE
d
ANCIEN
CONGO BELGE
cagon
FRANCAIS
Tapinanthus banrvensie
belvisis
Buntingis
Kerstingii
u+ode
msititetie $
AFRQUE ou 50
PI. 5. — Distribution générale des espèces de Tapinanthus existant en Côte d'Ivoire.
une vaste aire soudano-zambésienne. Ce sont des plantes entièrement
glabres à feuilles brièvement pétiolées, à 3-5 (7) nervures subbasales;
ombelles subsessibles 4-1-flores; bractées profondément et obliquement
cupuliformes; calice aussi long ou plus long que le réceptacle; lobes de
la corolle dressés à l’anthèse.
Mauritanie — Sénégal (sur Landolphia senegalensis selon Berhaut) —
Guinée Française (sur le même) — Soudan Français (sur Landolphia
Heudelotii) — Sierra Leone (sur Morus alba) — Ghana — Nigeria (sur
Alstonia et Kigelia) — Dahomey {sur « Goin ») — Cameroun — Oubangui-
Chari (sur Eugenia owariensis) — Congo ex-Belge (sur Ficus, Funtumia,
Gossweilodendron, Landolphia owariensis, Morus alba, Sizygium cor-
dalum, Connaracée, Mimosacée) — Angola (sur Brachyslegia tamarindoides,
Copaifera, Carissa edulis, Cynometra, Diplorhynchus angolensis, Pachy-
lobus edulis el Sarcocephalus) — Kenya-Ouganda (sur Cralaeva Andan-
sonii, Fluggea microcarpa, Mimulopsis, Ocolea) — Tanganyka (sur
Cassipourea et Sapolacée) — Rhodésie du S (sur Diplorhynchus mossam-
bicencis et? Sizygium) — Mozambique.
Source : MNHN, Paris
— 235 —
TAPINANTHUS, Blume.
Flora Javae : 15 (1829) comme sect., et in Fos. et Schult., VIT, I:
1730 (1830) comme genre, — Van Tiegh., Bull. Bot. Fr. 42
(1895). — Danser, Verh. Kon. Ak. Wet. Amst. : (1933). — S.
Balle, Bull. Soc. Bot. Belg. 88 : 142 (1956) et in FWTA I, 2 : 660 18).
Plantes glabres ou portant des papilles ou des poils, simples ou
ramifiés mais jamais étoilés ou à étages; suçoir unique (dans tous les
cas observés). Feuilles à nervation pennée + irrégulière; inflorescences
en ombelles, capitules, fascicules, ou réduites à des fleurs isolées, géné-
ralement axillaires, terminant rarement des rameaux courts feuillés;
bractées presque toujours obliquement cupuliformes. Fleurs à 5 pétales
toujours soudés à leur base en tube plus long que les lobes et se fendant
unilatéralement à l’anthèse, dépourvu d’appendices, de plis internes
et de saillies externes, parfois localement papilleux intérieurement,
glabre ou velu extérieurement; lobes généralement différenciés dans
leur région apicale (élargis, épaissis, ailés ou gibbeux), rarement linéaires,
dressés ou réfléchis à l’anthèse, toujours glabres intérieurement, glabres
ou velus extérieurement. Filets sublinéaires, prolongés ventralement
au sommet par une petite dent face à l'anthère, insérés généralement
près de la base des lobes, se recourbant vers l’intérieur à l’anthèse ; anthères
oblongues à thèques non cloisonnées transversalement. Style souvent
«en quille »; stigmate distinct ; disque 5-lobé généralement peu élevé.
Genre le plus abondamment répandu dans toute l'Afrique, au Sud
du Sahara avee une grande diversité d'espèces, dont plusieurs en pleine
évolution.
CLÉ DES ESPÈCES
1. Calice cylindrique, de 5-6,5 mm de hauteur; feuilles épaisses,
linéaires ou étroitementob longues, lancéolées, souvent glau-
ques; fleurs épaisses et rigides, subsessiles, par, 2-4 à l’ais-
selle des feuilles, à lobes de la corolle dressés à l’anthèse; bou-
tons subcylindriques à sommet jamais 5-ailés. T. dodoneifolius.
1! Calice jamais longuement cylindrique :
2. Feuilles jamais sessiles; pétioles de plus de 5 mm :
3. Plante entièrement glabre :
4. Sommet renflé du bouton jamais distinctement 5-ailé,
lobes réfléchis à l’anthèse :
5. Renflement apical du bouton subglobuleux, ellip-
soïde ou ovoïde, à sommet arrondi ou obtus,
jamais tronqué ni surmonté de 5 gibbosités 1.
T. banguensis et T. globiferus.
1. Espèces très voisines, probablement en cours de différenciation, présentant
les unes de grandes feuilles vertes à large base (espèces de forêt), les autres des feuilles
relativement plus allongées et glauques, à base plus étroite (espèces de savanes);
ces dernières surtout montrent une très grande variabilité; il semble toutefois que les
Source : MNHN, Paris
PI1.6. — Tapinanthus bangwensis (Engl. et Krause) Danser. (N. Hallé 614) : a, rameau
florifère; b, premier (fleur de droite) et deuxième (fleur de gauche) temps de l'an-
thèse; e, en haut, vue interne de la corolle épanouie, en bas, coupe longitudi-
nale du tube de la corolle; d, jeune rameau feuillé; e, petite infrutescence; /, coupe
longitudinale du fruit plein avant maturité.
Source : MNHN, Paris
— 237 —
5’. Renflement apical du bouton à sommet tronqué et
surmonté de 5 gibbosités - développées, arron-
dies,subconiques ou subtriangulaires (note p.235)
sas T. Farmari et T. Kerstingii.
Sommet renflé du bouton distinctement 5-ailé......
messes sus T. pentagonia sl
. Renflement apical du bouton ovoïde, pentagonal, à
ailes plus larges dans la moitié supérieure que dans
l'inférieure et sommet des lobes atteignant au
moins 1 mm d'épaisseur (cf. note page précédente).
6. Corolle de 50-70 mm à lobes dressés à
L'anthène re denses men T. Buntingii.
6’. Corolle de 30-35 mm, à lobes réfléchis à
RCD NRA EE ARE T. ophiodes.
3’. Plante papillifère ou pubescente sur les organes végétatifs
jeunes et les fleurs; renflement apical du bouton tronqué
au sommet; lobes de la corolle épaissis au sommet,
réfléchis à l’anthèse......,.................. T,
2’. Feuilles sessiles ou subsessiles (pétioles ne dépassant pas
3 mm); lobes de la corolle épaissis ou non au sommet, et
réfléchis à l’anthèse; plante + velue ou plus rarement
entièrement glabre........................ T. sessilifolius.
Tapinanthus bangwensis (Engl. et Krause) Danser, loc. cil. : 108.
— S. Balle, FWTA I : 662 (1958). — Loranthus bangwensis Engl. et
Krause, Bot. Jahrb. 43, : 407 (1909) 1, 1:353 (1910).
Chevalier, Explor. Bot. AOF I, : 547 (1920). — Krause, Nat. Pflanzenf.
166: 167 (1935). — Berhaut, FL. Sénég. : 96, fig. 2 (1954). — J. Adam, Bull.
S.B.Fr. 103 : 12 (1956); Notes Africaines 88 : 115 (1960).
Plantes entièrement glabres à suçoir unique ?
Branche principale atteignant à sa base 2,5 em de diam.; rameaux
d'un brun-roussâtre, -grisâtre ou -noirâtre, parfois pendants, atteignant
jusqu'à 70 em, aplatis et élargis aux nœuds près des extrémités, d’abord
lisses, puis couverts de petites lenticelles généralement à peine saillantes
et + serrées (se fendant transversalement ou longitudinalement), enfin se
crevassant irrégulièrement en long; entrenœuds de 1,8-12 em sur 2-16 mm.
Feuilles opposées ou subopposées; pétioles subsemicylindriques, de
4-12 (-20) sur 1,5-2,5 mm; limbes largement ovales-elliptiques, ovales-
oblongs ou ovales-lanc éolés, rarement suborbiculair s, parfois acuminés,
à sommet aigu, obtus ou rarement arrondi et base arrondie, obtuse ou
variations tant des premières que des secondes aient une relalion avec la local
géographique de ces espèces; celà est particulièrement net pour T. pentagonia,
dans toute la zone soudano-zambésienne, avc T. ophiodes et T. Bunlingii se faisant
pendant, aux alentours de la Côte d'Ivoire : dans ce pays se pose done un problème
particulièrement intéressant à étudier.
2. Une étude anatomique du suçoir sera publiée prochainement par M. Topay.
Source : MNHN, Paris
— 238 —
cunéiforme, rarement un peu cordée, de 4-25 sur 2-13 cm, assez épais
et coriaces; nervure médiane largement saillante en-dessous émettant,
de chaque côté, 3-7 nervures latérales principales obliques ou ascendantes,
anastomosées à quelques mm de la marge, les inférieures parfois forte-
ment accentuées et se prolongeant presque jusqu'au sommet.
Ombelles axillaires, de (4) 6-8 fleurs, d’abord isolées puis fasciculées,
souvent abondantes sur les nœuds du vieux bois; pédoncule de 2-4 sur
1,5-2,5 mm., à sommet élargi en plateau circulaire, creusé au bord d’al-
véoles florifères et à base entourée de petites écailles triangulaires ne
dépassant pas 1 mm de haut ; pédicelle de 0,5-2 mm de long sur 2/3-1,5 mm.
Bractées ovales, obliquement cupuliformes, atteignant dorsalement
1-1,5 (2) mm, et ventralement 1/2-2/3 (1) mm de long, à bord subentier
et sommet obtus ou tronqué.
Réceptacles urcéolés de 1-2 mm sur 1,5-2 de diam.
Calices + évasés, à bord souvent ondulé, entier, parfois super-
ficiellement lobé ou se déchirant irrégulièrement longitudinalement au
cours de l’anthèse, atteignant 3/4-1 (1 3/4) mm de haut, parfois cilié.
Corolles de 28-35 (58) mm de long, rouges à sommet plus foncé
{BaLzDwiN), d’un rouge vineux avec lignes verticales noirâtres (HAaLLÉ),
boutons à renflement apical globuleux, largement ellipsoïde ou ovoide
de 3-3,5 (4) sur 23/4-4 mm, à sommet arrondi ou obtus; renflement
médian de 15-20 mm de long env.: renflement basal largement ellipsoïde
d’env. 5-6 mm de long sur 3-4 mm; tube se fendant unilatéralement sur
près de la moitié de sa longueur à l’anthèse; lobes de 6-7,5 mm, linéaires
inférieurement, elliptiques et en cuiller dans les 3 mm supérieurs, à som-
met subaigu légèrement plus épais que la base, se réfléchissant à mi-
longueur à l’anthèse.
Étamines à filets sublinéaires un peu rétrécis vers le sommet, insérés
à la base des lobes ou un peu en-dessous, longs de 5-6 mm, à dent apicale-
obtuse d'env. 3/4-1 mm; anthères oblongues d'env. 2-2,5 mm à connectif
très légèrement émarginé.
Style en « quille », à partie épaissie d'env. 5-6 (10) mm de long et col
d'env. 1-1,5 mm. Stigmate obovoïde d'env. 3/4 mm de diam. sur 1 1/4
de long. Disque annulaire pentagonal à peine saillant.
Fruit ellipsoïde, rouge, lisse, atteignant + 7 mm de long, surmonté
de la cupule calicinale d'env. 1 mm de haut souvent étalée; graine attei-
gnant 3-3,5 mm de long sur env. 2 de diam., de couleur inconnue.
Côte d'Ivoire : Abou-abou, sept. 1952, Aké Assi 1634 (stérile);
Adiopoumé, juin 1952, Assi 1794 a; Bingerville, savane, juin 1953, Assi
et Mangenot 1884 (AT); Bassin du Cavally, entre Grabo et Taté, août 1907,
A. Chevalier 13763 (P); Bassin du moyen Sassandra, Guidéko, mai 1907,
«fl. pourpres » A. Chev. 16449 (P); Haut Cavally, pays Dyolas, entre Oua
et Gours, sur Cola, avr. 109, «fl. roses », A. Chev. 21342 (P); Yapo, en
forêt aux env. de la gare (km 64), oct. 1909, « sur les grands arbres »,
A. Chev. 22361 (P) (K); Adiopodoumé, dans les Citrus, juill. 1956,
« fl. d’un rouge vineux avec lignes, noirâtres », Hallé 614 (pl.); Orumbo-
Boka; oct. 1956, Hallé 3845 (AI); Env. Anyama, 15 km N Abidjan,
Source : MNHN, Paris
— 239 —
alt. 50 m., sables tertiaires, sur Coffea (?), oct. 1958; « fl. vert-moyen »
Leeuwenberg 1805 (BR); Mont Tonkoui, août 1954, Schnell 6347 (BR).
— Sénégal (sur Acacia arabica et Sarcocephalus, voir aussi Adam 1960). —
Guinée portugaise (sur Citrus, Erythrina, Ficus, Jatropha curcas, Melia
et Parinari excelsa) — Guinée Française (sur arbres fruiliers, Bombax
et Melia Azedarach, Cola) — Sierra Leone (sur Alchornea cordifolia,
Cola nitida et Theobroma) — Liberia (sur Coffea Liberica, Persea gratissima
et Theobroma) — Ghana (sur Citrus et Crolon) — Togo (?) — Dahomey
(sur Acacia farnesiana, Manihot Glaziowii, Terminalia catappa) — Nigeria
(sur Cola nilida, Napoleona imperialis et Ormocarpum) — Cameroun (sur
Acacia, Phoenix et Theobroma) — Oubangui-Chari (sur Crossopleryæ
febrifuga) — Gabon et Congo ex-Belge (var. Mortehani).
Tapinanthus belvisii (D.C.) Danser, loc. cil. : 108 (1933); non
S. Balle, FWTA I, 2 : 662 (1958) p. p. — Loranthus belvisii DC,
Prodr. IV : 303 (1830). — Brenan, Kew Bull. (1950) : 366. — Loranthus
truncalus Engl., Bot. Jahrb. XX : 115 (1894) — Sprague, FTA VI, 1 :
356 (1910). — Hutch. et Dalz. FWTA 1 : 467 (1928). — S. Balle,
FWTA I, 2 : 662 (1958). — Loranthus pubiflorus Sprague, Bull. Soc,
Bot. Fr. 58, Mém. 8 : 201 (1912, non Merrill), et FTA : 1033 (1913),
— Chevalier, Expl. Bot. AOF : 547 (1920) — Loranthus lanceo-
lalus P. Beauv., FI. Owar. II, tab. 64 : 8 (1810). — Hooker, Niger
Flora : 375 (1849). — Acrostephanus truncalus Van Tiegh., Bull. Soc. Bot.
Fr. 42 : 268 (1895).
Plante finement pubescente ou papilleuse sur les organes végétatifs
jeunes et sur les inflorescences, à suçoir unique.
Branche principale atteignant env. 2,5 cm de long et de diam. à sa
base et env. 2 cm de diam. sous la première bifurcation, abondamment
crevassée transversalement, entourée par un rebord irrégulièrement
déchiré et non épaissi de l'écorce de l'hôte; rameaux des échantillons
observés atteignant jusqu’à env. 30 cm, brun-foncé ou grisâtre, à extré-
mités un peu aplaties et élargies aux nœuds, densément pubérulents,
devenant subcylindriques et glabres, puis couverts de petites lenticelles
roussâtres arrondies, à peine distinctes et non saillantes, se fendillant
ensuite irrégulièrement superficiellement; entrenœuds de 1-7,5 em x
1 3/4-4 mm.
Feuilles opposées ou subopposées; pétioles canaliculés demeurant
longtemps pubérulents, de 7-10 X 2 mm; limbe elliptique ou ovale-ellip-
tique, à base arrondie, obtuse ou ainéiforme, rarement un peu cordée, et
à sommet arrondi ou obtus, de 2,5-10,5 X 1,6-6,2 cm, assez minces et un
peu coriaces; nervure médiane assez largement saillante sur les 2 faces,
émettant, de chaque côté, 2-4 nervures principales latérales, un peu
arquées, irrégulières; nervures (médiane au moins) demeurant longtemps
pubescentes à la face inférieure.
Ombelles axillaires, isolées puis fasciculées, à 8-16 fleurs; pédoncules
6
Source : MNHN, Paris
PI. 7.— Tapinanthus belvisii (DC.) Danser. (N. Hallé 635) : a, fleur épanouie; b, info-
rescence en boutons, peu avant l'anthèse; €, partie supérieure du style; d, coupe
longitudinale du sommet du bouton; e, jeune inflorescence de profil et par dessus;
1, jeune rameau florifère; g, le suçoir.
Source : MNHN, Paris
— 241 —
de 1,5-3,5 mm, pubescents ou papilleux, évasés au sommet en plateau
bordé d’alvéoles disposées en cercle, entourés à leur base d’écailles trian-
gulaires de moins de 1 mm ; pédicelles de 1/2-1,5 mm.
Bractées ovales, obliquement cupuliformes, atteignant ventralement
2/5-1/2 et dorsalement 1 à 1,5 mm, à bord subentier et sommet obtus ou
subaigu, pubescentes ou papilleuses.
Réceptacle urcéolé d'env. 1 mm de long sur 1,5-2, + papilleux.
Calice ascendant de 3/4-1 1/4 mm de haut, à bord entier ou
superficiellement denté, papilleux, se fendant parfois irrégulièrement
longitudinalement. Corolle rougeâtre, de 30-36 mm de long, pubé-
rulente ou papilleuse extérieurement; bouton à renflement apical
ellipsoïde-oblong pentagonal, atteignant 3-4 mm de long sur 2-2,5, à
sommet tronqué, parfois très légèrement 5-gibbeux; renflement médian
d'env. 18 mm de long sur + 3; renflement basal subglobuleux ou ellip-
soïde, atteignant 4-5 mm sur + 3,5; tube se fendant unilatéralement sur
env. 16 mm à l’anthèse; lobes d'env. 5,5-8 mm, linéaires vers le bas,
elliptiques dans les 3 mm supérieurs, ép et ineurvés vers l’intérieur
au sommet, se réfléchissant à l’anthèse.
Étamines à filets insérés à la base des lobes, linéaires, un peu rétrécis
vers le haut, d'env. 4 mm, à dent apicale épaisse et obtuse d'env. 2/3 mm;
anthères oblongues d'env. 2 mm.
Style «en quille » à partie épaissie d'env. 4,5 mm de long sur 1/2,
et col d'env. 1,5 + dilaté vers le haut.
Stigmate obovoïde d'env. 3/4 mm de long.
Disque pentagonal, atteignant env. 1/4 mm d'épaisseur.
Fruit rouge puis vert selon Hooker f.
Côte d’Ivoire : Bingerville, sur Fieus, déc. 1906 « fleurs rouges »
A. Chevalier 16047 (lectotype P. de L. pubiflorus) ; «fleurs jaunes » A. Chev.
16059 (P) — Bingerville, Jardin colonial sur Amandier, févr. 1903, « à
feuilles moins épaisses que P. capilala, velues sur les ? faces; fl. de même
aspect, rouges à extrémité verte puis noire, ne s’ouvrant qu’à la partie
supérieure et coudées à leur extrémité inférieure; se rencontrent sur
beaucoup d'arbres fruitiers et indigènes (orangers, goyaviers, fromagers,
papayers) » Dybowski II (P); « exclusivement sur un arbre, très voisin
du IT, mais à feuilles plus aiguës au sommet ; à jeunes pousses rougeâtres ;
les oiseaux sont très friands des graines » Dybowski III (P). Sassandra ;
août 1956, « boutons à renflement apical vert clair, devenant noir dans
les vieilles fleurs, à col sous-jacent noirâtre, à renflement médian rouge
carminé sauf sur une ligne verticale blanc-crème, à renflement basal
jaune vert-clair avec de petites lignes gris-noirâtre; style à partie infé-
rieure vert-clair et partie renflée vert rougeâtre » Hailé 635 (planche).
Littoral, aux env. de Grand-Bassa, janv. 1895 « fl. rouges; existe un peu
partout sur les arbres » Pobéguin 23 (P).
Espèce littorale s'étendant, vers l’ouest, jusqu'au Sierra Leone (sur
Psidium pyriferum) et, vers l'est, jusqu'au Ghana (sur Citrus), le T. Buch-
neri, qui peut être considéré comme une sous-espèce géographique de
Source : MNHN, Paris
— 242 —
T. belvisii, habite aussi le littoral (du Gabon à l’Angola) où il a été
signalé, plusieurs fois, sur Rhizophora.
Tapinanthus Buntingii (Sprague) Danser, loc. ci. : 109 (1933).
— Loranthus Buntingit Sprague, Kew Bull. 1916 : 178. — $. Balle,
FWTA 2 ed., 1 : 662 (1958). — PI. 5 et 9
Plantes entièrement glabres, à suçoir inconnu.
Rameaux des spécimens observés atteignant jusqu'à env. 50 cm,
d'un brun-rougeâtred’abord puis grisâtre, un peu aplatis et élargis aux
nœuds près des extrémités, portant de petites lenticelles arrondies plus
claires, puis se ridant longitudinalement irrégulièrement, puis se desqua-
mant parfois en pellicules rougeâtres; entrenœuds de 1,2-12 em sur
1-7 mm.
Feuilles subopposées; pétioles subsemicylindriques, de 6-12 mm
sur 2-4 de large; limbe largement ovale ou elliptique, souvent acuminé,
à base tronquée, arrondie, obtuse ou cunéiforme et à sommet cunéiforme,
obtus ou subaigu, parfois un peu récurvé, de 7-14 sur 4,5-11 cm, assez
coriace et épais, à nervure médiane largement saillante en-dessous,
émettant de chaque côté, 2-4 fines nervures latérales principales, obliques
ou légèrement arquées, se ramifiant et s’anastomosant à quelques mm
de la marge,
Ombelles axillaires, à 5-7 fleurs, à pédoncules de 2-4 sur + 2,5 mm
terminé en plateau portant des alvéoles florifères sur tout son pourtour;
pédicelles de 1-2,5 sur + 1.5 mm.
Bractées ovales obliquement cupuliformes, atteignant dorsalement
1-1,5 mm et ventralement - 2/3 mm, à bord subentier et sommet tronqué
où arrondi.
Réceptacle urcéolé, de 1,5-2 mm sur autant de diam.
Calice d’env. 1,5 mm de haut à bord subentier se fendant irrégu-
lièrement longitudinalement à l’anthèse.
Corolle verte à lobes rose-pâle (Bunting), de 50-70 mm; boutons à
renflement apical ovoïde 5-ailé, à sommet subaigu, de 5-7 mm x 3-3,5 mm;
ailes étroites à la base, s’élargissant graduellement vers le sommet;
renflement médian distinct; renflement basal ellipsoïde de 5-6 sur 3-
4 mm; tube se fendant unilatéralement sur 18-20 mm à l’anthèse; lobes
atteignant 13-15 mm, linéaires inférieurement, lancéolés et biailés dans
leur moitié supérieure, aigus à leur extrémité; ailes atteignant jusqu’à
1/2-2/3 mm de large près du sommet; extrémité atteignant 1-1,3 mm
d'épaisseur.
Étamines à filets insérés près de la base des Jobes, sublinéaires, se
rétrécissant légèrement vers leur sommet, de 6-7 mm, à dent apicale obtuse
d'env. 1/2 mm; anthères étroitement oblongues, de 2,5-3 mm.
Style «en quille », à partie épaissie de 8-10 sur + 1 mm, et col de
2,5 mm de long, papilleux dans sa région supérieure.
Stigmate ellipsoïde, d'env. 3/4 mm de hauteur sur un peu moins de
diam. Disque pentagonal, à peine saillant.
Source : MNHN, Paris
— 243 —
Fruit largement ovoïde, atteignant + 7 mm de long sur un peu moins
de large, surmonté de la cupule calicinale + déchirée; graine d’env.
2 mm x 1 de diam. près du sommet.
Côte d'Ivoire : San Pedro, en 1901-02, Thoiré sans numéro (P). —
Sierra Leone (sur Mimusops). — Liberia. — Cameroun (confusion possible
avec T. Preussii dont les pétales se réfléchissent à l’anthèse). Signalé
aussi sur Cassia Sieberiana.
Cette espèce a les mêmes relations avec T. ophiodes des savanes que
T. bangwensis avec T.. globiferus ; elle serait intéressante à rechercher dans
les zones de transition entre la forêt et la savane. Observer la position
des lobes de la corolle à l’anthèse.
Tapinanthus dodoneifolius (DC) Danser, loc. cit. : 111 (1933).
S. Balle, FWTA 2 ed : 662 (1958). — Dentimelula dodoneaejolia Van Tiegh.,
Bull. Soc. Bot. Fr. 42 : 265 (1895). — Loranthus dodoneaefolius DC,
Mém. VI : 29, tab. 9 (1830). Sprague, FTA, VI, 1 : 341 (1910). — Krause,
Nat. Pflanzenfam. 16 b : 167 (1935). — Hutch. et Dalz. FWTA : 467
(1928). — Andrews, FI. PI. Sudan IT (1953). — Berhaut, FI. Sénég. : 96
(1957). Loranthus Chevalieri Engl. et Krause, Bot. Jahrb. 43 : 403
(1909). = Loranthus gandonensis msc. in herb. P.
Sénégal (sur Acacia Seyal, Plerocarpus erinaceus et Tamarindus) —
Guinée Portugaise (sur Ceiba pentandra). — Guinée Française (sur Parkia
biglobosa). — Ghana, Togo, Dahomey (sur Ceiba pentandra et Buly-
rospermum). — Nigeria (sur Bauhinia reliculata et Thonningii, Combrelum
el Parkia filicoidea). — Cameroun, Soudan et Tchad (sur Acacia, Afzelia,
Anogeissus, Bassia Parkii et Zizyphus) et au Congo ex-Belge (var.
uelensis). — Oubangui-Chari (sur Anogeissus). — Éthiopie et Ouganda
(sur « Cork Tree »).
Tapinanthus Farmari (Sprague) Danser, loc. cit. : 111 (1933).
S. Balle, FWTA 2 ed. 1 : 662 (1958) — Loranthus Farmari Sprague
FTA, VI, 1: 345 et 1033 (1910-14). — Hutch. et Dalz., FWTA I, 1 : 466
(1928).
Ghana (sur Dalbergia ecaslophyllum).
Le T. ituriensis du Congo nord-oriental s’en rapproche par la forme
des lobes de sa corolle, mais en diffère essentiellement par ses longs
calices.
Tapinanthus globiferus (A. Rich.) Van Tiegh., Bull. Soc. Bot.
Fr. 42 : 247, — Danser, loc. cit. : 112 sub T. globifer. S. Balle, FWTA
2ed. : 662. = Loranthus globiferus A. Rich., Tent. FI. Abyss. I : 341
(1847). — Sprague, FTA : 352 (1910). — Hutch. et Dalz., FWTA : 467.
— Krause, Nat. Pflanzenfam. 16 b : 167. — Andrews, FI. P. Sudan II
(1952). —S. Balle, FI. Congo : 346.
Du Sénégal à l'Érythrée et l'Éthiopie à travers tout le Soudan et
Source : MNHN, Paris
DE,
jusqu’au nord du Congo Belge avec des variations dans la forme et les
dimensions des feuilles et des boutons floraux et dans le nombre de fleurs
des ombelles; croît sur un grand nombre d'hôtes différents :
Sénégal. — Guinées Portugaise? et Française. — Ghana. — Nigeria
(sur Bauhinia et Zizyphus). — Cameroun. — Soudan (sur Acacia,
Bauhinia rufescens, Salvadora persica). — Haute-Volta. — Niger.
— Tchad. — Oubangui-Chari (Crossopleryx Kotschyana, Gardenia
Thunbergii, Khaya grandijolia, Monoles, Uapaca). — Nubie, —
Érythrée (sur Commiphora abyssiniea). — Somalie. — léthiopie
(sur Acacia, Balsamodendron, Mimosa, Psidium, Rhamnus, Olea chry-
sophylla, Rhus). — Kenya et Ouganda (sur Rhamnus et Terminalia). —
Congo Belge (sur Coffea). — Arabie.
Tapinanthus Kerstingäi (Engl.) S. Balle nov. comb. — Loran-
thus Kerslingit Engl, Bot. Jahrb. 40 : 534 (1908). — Tapinanthus
vollensis S. Balle, Bull. Soc. Bot. Belg. 88 : 144-146 et fig. (1956)
et in FWTA 2 ed. I, 2 : 662 (1958). — Acrostephanus vollensis,
— A. curlus, — A. gracilis, — A. rubroviridis Van Tiegh. nom. in
Herb. P.
Plante entièrement glabre, à suçoir unique.
Branche principale tronconique d'env. 1 em de long, 25 cm de
diamètre à la base et 1,5 cm au sommet, entourée du rebord fissuré
longitudinalement de la branche-hôte d'env. 0,5 cm de haut, et consti-
tuée d’un entrenœud portant 1 paire de feuilles et se divisant en ? rameaux
d'env. 0,5 cm de diam.
Rameaux d’un brun grisâtre, légèrement aplatis aux nœuds et lisses
près des extrémités, puis subeylindriques, se couvrant de petites lenticelles
ponctiformes irrégulièrement dispersées et plus claires, puis se crevassant
irrégulièrement et superficiellement longitudinalement; entrenœuds de
5-45 sur 3/4-5 mm.
Feuilles opposées ou subopposées, rarement subternées; pétioles
subcylindriques ou un peu aplatis au-dessus, de 2-5 mm; limbe oblong,
elliptique, obovale ou plus rarement ovale, lancéolé ou oblancéolé, à
base cunéiforme ou aiguë et à sommet arrondi où obtus, de 1-8,5 em sur
4-45 mm, assez épais: nervure médiane un peu saillante en-dessous,
émettant de chaque côté, 1-10 nervures latérales principales, irrégulières,
obliques et minces, parfois peu distinctes.
Ombelles axillaires, de 4-9 fleurs, isolées puis fasciculées; pédoncule
de 1-4 mm sur 1,5-2, entouré à la base de petites écailles ciliées ne dépassant
pas 1 mm et rapidement caduques; sommet du pédoneule en forme de
plateau creusé au bord d’alvéoles florifères à bords dentés et parfois
ciliés; pédicelles de 0,5-1,5 mm de long sur 3/4-1 mm.
Bractées ovales obliquement et largement cupuliformes, atteignant
ventralement 1/2-2/3 et dorsalement 1 1/4 mm L., à bord entier ou pres-
que, souvent cilié, à sommet triangulaire.
Réceptacle urcéolé, d'env. 1-1,5 mm de long et 1,5-2 de diam.
Source : MNHN, Paris
— 245 —
Galice évasé, à bord entier, généralement ciliolé, se fendant souvent
irrégulièrement longitudinalement, d'env. 1 mm de haut.
Corolles de (22) 25-35 mm, rouge et jaune ; bouton à renflement apical
+ oblong pentagonal, de 2,5-3,5 mm sur env. 2 de diam., à sommet
tronqué et légèrement 5-gibbeux, à sutures des lobes parfois très légère-
ment ailées près de l'extrémité; renflement basal globuleux ou ellipsoïde
atteignant env. 3 mm de diam. et jusqu’à 4,5 mm de long, surmonté
d’un étranglement du tube d'env. 1 mm de diam.; renflement médian
s'étendant sur env. 10 mm et atteignant env. 3 mm de diam.; tube se
fendant unilatéralement à l’anthèse sur env. la moitié de sa longueur;
lobes jaunâtres extérieurement et verts à l’intérieur, de 6-7 mm, linéaires-
subhémi-cylindriques inférieurement, lancéolés sur env. 3 mm et épaissis
dorsalement près de leur extrémité; à bords parfois légèrement biailés
près du sommet, à sommet + gibbeux, souvent irrégulièrement (même
sur une même fleur).
Étamines à filets de 3-4 mm, insérés à la base des lobes ou 1/2-1 mm.
en-dessous, linéaires, involutés à l’anthèse, à dent apicale obtuse d'env.
1/3-2/3 mm; anthères oblongues d’env. 2 mm.
Style « en quille » à partie épaissie de 4-5 mm sur + 1 de diam. et
col de 1,5-2 mm s’épaississant vers le haut; stigmate obovoïde d'env.
1/2 mm de diam. légèrement bilobé au sommet.
Disque annulaire 5-lobé d'env. 1/4 mm d'épaisseur.
Fruits ellipsoïdes ou ovoïdes, atteignant 8 mm sur env. 4, surmontés
de la cupule calicinale d'env. 1 mm de haut; graines d'env. 3 mm de long
sur env. 1,5 de diam. près du sommet, à hypocotyle à peine saillant.
Côte d'Ivoire : Lomo; sans date, Aké Assi sans numéro (IA). —
Soudan et Haute Volta (sur Acacia, Adansonia, Bauhinia rufescens,
Bulyrospermum Parkii et Gymnosporia montana). — Ghana (sur T'ermi-
nalia). — Togo. — Nigeria.
Cette espèce est l’homologue en savane de T. Farmari au même titre
que T. globiferus et T. ophiodes sont ceux de T. bangwensis et Bunlingü;
son type est originaire du Togo et conservé au Muséum de Berlin.
Tapinanthus ophiodes (Sprague) Danser, loc. cil. : 117 (1933). —
S. Balle, FWTA 2 ed. I, 2 : 663. — Loranthus ophiodes Sprague, Bull.
Soc. Bot. Fr. 58, Mém. : 202 (1912). — FTA VI, 1 : 1031 (1914). —
Chevalier, Explor. Bot. AOF : 548 (1920).
Dahomey et Haute Volta.
Tapinanthus pentagonia (DC) Van Tiegh., Bull. Soc. Bot. Fr. 42 :
267 (1895). — Danser, loc. cit. : 117 (1933). — S.Balle, FWTA 2 ed. :
663 (1958). — Loranthus pentagonia DC, Mém. Loranth. : 28, L. 8 (1830).
— Sprague, FTA VI, 1 : 349 (1910). — Hutch. et Dalz. FWTA I : 466
(1928). — Krause, Nat. Pflanzenfam. 16 b : 167 (1935). — Berhaut,
FI. Sénég. : 96 et fig. 3 (1954) sub. L. senegalensis. — Acroplera albo-
purpurea, bicolor ek oualiensis Van Tiegh. nom. in Herb. P. — PI. 5 et 9.
Source : MNHN, Paris
PL 8. —
Hallé 616) :
= Tapinanthus sessilifolius (P. Beauv.) Van Tiegh. var. glaber S. Balle (N.
a, rameau âgé florifère; b, sommet de la fleur au premier temps de
l'anthèse, le tube de la corolle n’est pas encore fendu et les étamines sont dressées
autour du style, stigmate apparent; c, vue latérale d’une inflorescence simple; d, en
haut, vue interne de la corolle, vers le bas coupe longitudinale du tube de la
corolle; e, jeune rameau feuillé portant des inflorescences axillaires en boutons;
1, infrutescence; y, coupe longitudinale d’un fruit juste avant maturité.
Source : MNHN, Paris
— 247 —
Espèce en pleine évolution, à étudier sur place, spécialement en ce
qui concerne les variations de forme de l'extrémité des boutons et du
développement des calices, ainsi que la position des pétales à l’anthèse.
Mauritanie (sur Acacia arabica). — Sénégal (sur Bauhinia, Combrelum
glutinosum, Mimosa, Tamarix et Terminalia avicennoides). i
Portugaise (sur Gardenia, Combrelum). — Guinée Fr. (sur Parkia biglobosa).
— Soudan (sur Acacia, Bassia Parkii, Bauhinia reliculata, Bulyrospen-
mum, Cassia Sieberiana, Ceiba pentandra, Combretum, Gardenia erubescens,
Landolphia Heudelolii, Salvadora persica, Zizyphus orlhacantha). — Ghana.
— Nigéria (sur Acacia et Ficus). — Cameroun. — Oubangui-Chari (sur
Gardenia Thonningii et Uapaca). — Abyssinie (sur Jasminum).
Une sous-espèce zambézienne existe en Angola (sur Cojfea). — Congo
Belge (sur Brachyslegia spicijormis). — Rhodesie du S. (sur le précédent et
B. longijolia) -— Mozambique et Transvaal (sur Acacia, Combrelum,
Dombeya, Faurea, Prolea abyssinia et melliodora, Chrysophyllum magalis-
montanum.
Tapinanthus sessilifolius (P. Beauv. non Hiern.) Van Tiegh
Bull. Soc. Bot. Fr. 42 : 267 (1895). — Danser, loc. cit. : 120 (1933)
$. Balle, FWTA I, 2 : 663 (1956). — Loranthus sessilifolius P. Beauv.,
Flor. Owar. II : 8, pl. 63 (vers 1810 selon Brenan). — Sprague, FTA,
VI, 1: 355 (1910). — Hutch. et Dalz., FWTA I : 467 (1928).
Plantes généralement -- velues au moins sur certains de leurs organes,
rarement tout à fait glabres, à suçoirs inconnus.
Rameaux atteignant jusqu’à env. 40 cm, aplatis et élargis aux nœuds
près des extrémités, souvent couverts d’une pubescence variable et
“+ rapidement caduque, d’abord d’un brun + grisâtre et lisses, devenant
gris plus foncé et couverts de petites lenticelles arrondies - éparses, puis
se crevassant irrégulièrement longitudinalement; entrenœuds de 0,5-
6,5 cm sur 1-5 mm.
Feuilles opposées ou subopposées; sessiles ou subsessiles, à pétiole
atteignant jusqu'à 3 mm, souvent papilleuses ou velues à l’état adulte;
limbe -+ largement ovale, parfois suborbiculaire, à base cordée ou arron-
die, + embrassante, et sommet obtus ou cunéiforme, plus rarement aigu
ou arrondi, de 1,8-8,5 x 1-6,2 cm, + coriace et épais, + velu à l'état
jeune, portant souvent, à l’état adulte, des poils + épars près de la base
de la face inférieure, au moins sur les nervures; nervure médiane largement
saillante en-dessous, plus étroite au-dessus, émettant, de chaque côté,
1-7 nervures latérales principales obliques ou arquées, souvent irrégulière-
ment développées, s’anastomosant à quelques mm de la marge.
Ombelles axillaires, solitaires puis fasciculées, à 4-8 fleurs; pédoncule
de 1/2-4 mm sur env. 1,5-2, élargi en plateau portant les alvéoles florifères
sur son pourtour; pédicelles de 1-2 mm sur env. 3/4-1, papilleux, pubes-
cents ou velus, comme les pédoncules.
Bractées largement ovales, parfois suborbiculaires, obliquement
cupuliformes et parfois très étalées, atteignant ventralement 1/2-1 mm
et dorsalement 1,5-2,5 mm, à bord subentier ou irrégulièrement et super-
Source : MNHN, Paris
PI.
9. — Le genre Phragmanthera
(Hallé
1, feuille moyenne de P. nigritana var. obovata
{x 50)
476) (X 1); 2, fragment de coupe transversale de feuille de P. nigrilana
3, Ostéo el brachysclérites foliaires de P. nigritana (détail du 2) (x 200);
4, poil de corolle de P. nigrilana var. obovala montrant de face les ramifications
d'un étage, peu nombreuses et non bifurquées (Hallé 3476); 5, astérosclé
de P. nigrilana var. obovata (Chevalier 19374) (X 200); 6, poil de P. capilala
montrant de face les ramifications d'un étage plus nombreuses et bifurquées (Leeu-
Source : MNHN, Paris
— 249 —
ficiellement lobé, souvent cilié, et sommet arrondi, tronqué ou bidenté,
papilleuses où + velues.
Réceptacle urcéolé de 1-2 mm sur env. ? de diam. Calice + évasé,
de 1-1,5 mm de haut, à bord souvent cilié, subentier ou superficiellement
lobé, se fendant souvent irrégulièrement longitudinalement à l’anthèse.
Corolle rouge (tube) et verte (lobes), de 28-45 mm, généralement pubes-
cente ou papilleuse extérieurement, rarement entièrement glabre; bouton
à renflement apical largement oblong ou obovoïde et + pentagonal,
atteignant env. 3-4 mm sur 2-2,5, arrondi, obtus ou tronqué, parfois un
peu apiculé au sommet; renflement médian atteignant env. 18-20 mm
x 3 de diam.; renflement basal globuleux ou obovoïde, de 4-5 mm sur
2-4; tube fortement étranglé au-dessus du renflement basal, se fendant
unilatéralement sur env. 15 mm à l’anthèse ; lobes de 7-8 mm linéaire vers
la base, elliptiques dans les 3 mm supérieurs, cunéiformes et + épaissis
parfois au sommet, parfois très légèrement biailés à leur extrémité.
Étamines à filets insérés à la base des lobes ou un peu en-dessous, de
3-5 mm de long à dent apicale épaisse et obtuse de 1/2-3/4 mm; anthères
oblongues d’env. 2-2,5 mm de long. Style « en quille », à partie épaissie
d'env. 5 mm de long sur + 1 et col d’env. 1 3/4 à 2 mm de long.
Stigmate globuleux ou obovoïde d'env. 2/3 mm. Disque pentagonal, attei-
gnant env. 1/4 mm d'épaisseur.
Fruit ellipsoïde, pubescent ou glabre, atteignant 7 mm de long sur
+ 5, surmonté du calice de 1-1,5 mm de haut; graine de couleur inconnue
atteignant 4 mm de long et + 2 de diam. près du sommet.
CLÉ DES VARIÉTÉS
1. Plante entièrement glabre; corolle de 28-30 mm, à lobes non
épaissis au sommet; renflement apical du bouton arrondi ou
obtus au sommet var. glaber.
2. Plante papilleuse-pubescente sur les organes végétatifs jeunes,
les pétioles et les inflorescences; corolle de 37-38 mm, à lobes
épaissis-tronqués au sommet; renflement apical du bouton
tronqué au sommet var. sessilifolius.
Variété sessilifolius. Côte d'Ivoire : bord de mer entre Tabou
et Béreby, août 1907, Chevalier (P) 19985. — Togo (Keta, Lype)..
Variété glaber. S. Balle, var. nov.
A var. sessilifolius glabra, corolla statu alabastri adultis 28-30 mm lon-
gis, apice rotundata vel obtusa haud truncata differt.
wenberg 1913) (X 200); 7, extrémité d’une nervure débouchant dans un massif de
cellules silicifiées, à membrane unilatéralement épaissie en forme de lentille (détail
du 2) (x 200). Le genre Tapinanthus : 8 et 9, coupes transversales de réceptacles
florifères de T. ef. pentagonia ; 10, cellules de la cupule collenchymateuse (détail
du 9) (x 200); II, coupe longitudinale médiane d’une base de fleur (X 50); 12,
renflement apical 5-ailé de bouton non adulte de T. Buntingii (type) ( X 5); 13, partie
libre de pétale fortement épaissie au sommet et ailée bilatéralement (type) (X 5).
(Voir aussi p.221.)
Source : MNHN, Paris
PI. 10. — Phragmanthera capilata (Spreng.) S. Balle (N. Hallé 617) : a, inflorescences
sur un rameau âgé; b, petite inflorescence en ombelle avec une fleur épanouie;
€, étamine vue par la face interne; d, partie supérieure du style.
Côte d'Ivoire : Adiopodoumé, fév. 1953, Aké Assi 1794 (AI); juil.
1956 Hallé 616 (pl. 7). — Nigéria (sur Canarium et Sirychnos).
D'autres variétés ont été trouvées au Congo ex-Belge et en Angola
(sur Adansonia digital, Ficus laurioides, Chrysophyllum, Combretum, Bra-
chystegia, Eugenia, Vernonia amygdalina, Parinari mobola et moxa, Petali-
dium glandulosum, Syzygium, Protéacée et Sapotacée). — Amboland.
PHRAGMANTHERA Van Tiegh.
Bull. Soc. Bot. Fr. 42 : 243 et 261 (1895). — Emend. S. Balle,
Webbia XI : 583 (1955); Bull. Soc. Bot. Belg. 88 : 139 (1956). — Loranthus
sect. Lepidoli Engl., Bot. Jahrb. XX : 91 (1894). Nachtr. Nat. Pilan-
zenfam. III, 1 : 131 (1897). — Sprague, FTA, VI, 1 : 260 (1910). —
Krause, Nat. Pflanzenfam. 16 b : 158 (1935). — Loranthus sect. Rufes-
centes Engl., Bot. Jahrb. XX : 100. Sprague, loc. eil. 9. — Krause,
loc. cit. : 262
à 265
: 25
Metula, Seplimetula et Thelecarpus Van Tiegh., loc. cit.
Tapinanthus Danser, loc. cit. : 107.
Plante portant Loujours des poils étoilés ou à étages, généralement
roux ou grisâtres, au moins sur les organes végétatifs jeunes, persistant
parfois sur les feuilles et les fleurs. Feuilles à nervation pennée souvent
irrégulière, Inflorescences en ombelles, capitules ou fascicules pauciflores,
le plus souvent axillaires, à pédoncules et pédicelles généralement courts.
Source : MNHN, Paris
— 251 —
Bractées toujours unilatérales, parfois hypertrophiées-foliacées. Galice
généralement court ou de même longueur environ, jamais beaucoup
plus long que le réceptacle. Fleur à 5 (exceptionnellement 6) pétales;
tube de la corolle toujours plus long que les lobes et se fendant unilatéra-
lement à l’anthèse; lobes généralement + élargis, rarement biailés, jamais
appendiculés ou fortement épaissis à leur extrémité, dressés ou courbés
vers l'extérieur à l’anthèse. Filets sublinéaires insérés environ à la base
des lobes de la corolle généralement dépourvus de dent apicale (toujours
en Côte d'Ivoire), courbés vers l’intérieur à l’anthèse; anthère + longue,
à loges cloisonnées transversalement en petites logettes superposées, en
nombre proportionnel à leur longueur. Style subfiliforme ou « en quille »;
stigmate bien distinct. Disque pentagonal, glabre ou velu.
Ce genre relativement très évolué, couvre presque entièrement l’aire
des Loranthoïdées en Afrique continentale, et compte une vingtaine
d’espèces.
CLÉ DES ESPÈCES
1. Lobes de la corolle dressés à l’anthèse, longs de 11-22 mm, peu
élargis au sommet; bouton mince portant des poils étoilés épars
souvent peu apparents; anthères de 3-6,5 mm, à rangs de 6-
10 logettes superposées; styles non « en quille ».. . P. capitata.
1’. Lobes de la corolle réfléchis vers l’extérieur à l’anthèse, longs de
+ 9 mm, élargis et en cuiller dans leurs 3 mm supérieurs; bou-
ton atteignant + 3 mm de diam., couvert de longs poils roux à
nombreux étages; anthères de 1-2 mm à rangs de 5-6 logettes
superposées; styles « en quille »................... P. nigritana.
Phragmanthera capitata (Spreng.)S. Balle nov.comb. = Ezrostemma
capilata Spreng., Neue Entdek. 2 : 143 (1821). — Loranthus capitatus Engl.,
Nachtr. I zu Nat. Pflanzenfam. : 131 (1897). Engler, Veg. Erde I, 2 f, 646
(1910) et 3, 1 f. 59 (1915). — Warburg, Pflanzenw. 1:513 f. 165 B (1913).
— Loranthus incanus Schum. et Thonn., K. Danske Vid. Selsk. Nat. Math.
Abhandl. III : 200 (1828). — Thonner, Flow. PI. of Africa : 170, fig. 34
(1915). — Sprague, FTA, VI, 1 : 292 (1910) et 1028 (1914). —S. Balle,
FL. Congo I : 353 (1948). — Hutch. et Dalz., FWTA I ed. I : 466 (1935).
— Krause, Nat. Pflanzenfam. 2 ed., 16 B : 158, fig. 77. — Loranthus
leplolobus Benth. in Hooker, FI. Niger : 375 (1849) Phragmanthera
incana (Schum.) S. Balle, Kew Bull. 1956 : 618 et FWTA : 664 —
Tapinanthus capitatus Danser, loc. cit. : 109 (1933). — PI. 9, 10 et 11.
Plante à suçoir unique ! couverte sur toutes les parties de poils étoilés
ou à étages, + rapidement caduques sur les organes végétatifs, mais
persistant à la face inférieure des limbes, + sur les pétioles et les fleurs.
1. 11 semble, d'après la figure de WarsurG et certaines observations des collec-
Leurs, que cette espèce, comme G. Brauniï, puisse être lianiforme et produire des suçoirs
secondaires.
Source : MNHN, Paris
2 259% —
Rameaux atteignant jusqu'à + 60 cm, aplatis et élargis aux nœuds
près des extrémités, d’abord lisses et d’un brun + grisâtre, se couvrant
ensuite de petites lenticelles arrondies, irrégulièrement éparses et peu
saillantes, à la fin fendues transversalement, puis se crevassant irrégulière-
ment en long; entrenœuds de 2-10 em sur 2-10 mm.
Feuilles opposées ou subopposées; pétioles canaliculés de 6-30 mm,
d’abord couverts de poils puis - glabrescents; limbe largement ovale
ou + triangulaire rarement suborbiculaire, elliptique ou ovale-lancéolé,
à base arrondie, tronquée ou cordée, plus rarement obtuse ou cunéiforme
et à sommet obtus ou arrondi, rarement aigu, de 4,5-20 X 2,5-14 cm,
assez épais et coriace, généralement discolore (devenant rapidement
glabre et terne au-dessus, tomenteux et argenté ou doré en dessous à
l'état frais, grisâtre ou roussâtre à sec en-dessous); nervure médiane
largement saillante en-dessous, fine et + saillante au-dessus, émettant
de chaque côté, 2-7 nervures latérales principales, obliques, saillantes
comme la médiane; les 2-3 inférieures sont souvent plus aceusées et plus
longuement ascendantes.
Ombelles axillaires, d'abord solitaires puis fasciculées, souvent abon-
dantes sur les nœuds du vieux bois, à (2) 3-4 fleurs; pédoneules de 0,
3 sur 1,5-2 mm, entourés à leur base de petites écailles velues-roussâtres
atteignant 1/2-1 mm; pédicelles de 1-3,5 sur 3/4-1 mm.
Bractées unilatérales, ovales ou oblongues, de 1-3,5 mm, atteignant
généralement le bord du calicule, le dépassant parfois, à bord entier et
sommet obtus ou bidenté.
Réceptacle ureéolé d'env. 1,2-2,5 mm de hauteur sur env. 1,5-2 de
large.
Calice de 0,5-1 mm de haut, à bord subentier, cilié, couverts de
poils étoilés.
Corolle longue de 36-63 mm, jaune, orangée ou jaune d’or avec
l'extrémité rouge (Chevalier) souvent striée ou tachetée de brun ou de
rouge, rarement blanche (var. alba), parsemée extérieurement de poils
étoilés + rapidement caduques; bouton violacé subeylindrique, à renfle-
ment apical souvent à peine distinct, ellipsoïde ou oblong de 5-8 mm,
obtus où arrondi au sommet; pas de renflement basal: léger renflement
médian; tube de 25-40 mm, se fendant unilatéralement, sur 1/2-2/3 de
sa longueur à l’anthèse, Lobes de 12-22 mm, linéaires vers le bas, étroite-
ment oblongs-elliptiques dans leur moitié supérieure, subaigus au sommet,
dressés à l’anthèse, jaune-orangé et rouge au sommet de la face interne.
Étamines à filets linéaires verdâtres ou rouge vif de 7-10 mm, insérés
à env. 0,5 mm au-dessus de la base des lobes, s’enroulant en + 2 tours
à l’anthèse; anthères oblongues, de 3-6,5 mm, blanchâtres à l’anthèse,
à rangs de 6-10 logettes (ef. pl. 10).
Style filiforme 5-ailé, rouge vif, parfois graduellement un peu renflé
vers le ‘sommet, s’étalant + à l’anthèse, un peu plus long que la corolle.
1. Ceci n'est montré par aucune des figures publiées jusqu'ici pour cette espèce :
ENGLER, comme WarBurG et THONNER ont dessiné des anthères déjà ouvertes.
Source : MNHN, Paris
— 253 —
Stigmate rouge ou jaune-orangé, subglobuleux ou + claviforme,
d'env. 1 mm de diam.
Disque pentagonal, parfois peu distinct, glabre ou pubescent, attei-
gnant 1/5 mm d'épaisseur.
Fruit rouge, obovoïde, pyriforme ou oblong, atteignant 7-10 mm
sur 4-6, devenant glabre au moins sur les 2/3 inférieurs, couronné par la
cupule ‘calicinale haute d'env. 1/2-3/4 mm; graine d'env. 4 mm sur 2
d'épaisseur, à « testa » rouge, albumen blanc et cotylédons verts.
Nom vulgaire : « allumettes ».
Côte d'Ivoire : Moossou, août 1953, Aké Assi (P) (IA) — Pays Adiou-
krou, E. Dabou, sur différents arbres, fév. 1907, « f1. jaune d’or à sommet
rouge » A. Chev. 17228 (P) — Bingerville, Pays Ebrié, déc. 1906 A. Chev.
17315 bis (P) — Sansi, Assinié, avr. 1907 A. Chev. 17881 (P) — Binger-
ville, sur, Albizia adianthifolia, fév. 1903, « fleur à sommet rouge, qui se
fend'en 5 5 (dont une fente coupe la fleur dans sa longueur) et forme une
spatule, style rouge plus long que la fleur; 5 étamines verdâtres enroulées ;
le vieux bois donne continuellement de nouvelles fleurs; fr. rouge un peu
charnu, à noyau central », Dybowski 1 (P) — Env. Abidjan, route du
Banco, août 1956, Hallé 617 (P) (pl. 10) — Plantation du Mont Bombo,
près de la lagune, sur différents arbres dont le Colalier, fév. 1931, Hédin
2565 (P) — Env. Lamé, 40 km NE Abidjan, 0-40 m d’alt., sur Persea
americana, près d'une plantation de café, nov. 1958, « branches pendantes,
f1. dressées, corolle orang: ommet rouge, Leeuwenberg 1913 (BR).
Guinée Française. rra Leone. — Ghana. — Togo. Dahom
Nigeria (sur Cola nilida). — Cameroun (incl. Fernando Po). — Gui
Espagnole (sur Lophira alala) et Gabon. — Oubangui-Chari. — Congo
Belge (sur Aleuriles moluccana, Bauhinia, Bersama, Cola, Caloncoba
Welwitschii, Crolon Tiglium, Funtumia, Hibiscus rosa-sinensis, Hevea
brasiliensis, Manihot Glaziovii, Musa, Parinarium, Pipladenia, Pachira
aqualica et Rauwolphia vomiloria, Sarcocephalus, Vilex) — Angola (sur
Eugenia et Manihot Glaziovii). — Rhodésie?
Phragmanthera nigritana (Hook. f. ex Benth.) S. Balle, Kew
Bull. 1956 : 168 et in FWTA 2 ed. I p. : 664 (1958). — PI. 9 et 11.
Plante couverte, sur les organes végétatifs jeunes au moins et sur les
fleurs, de poils roux à étages; suçoir inconnu.
Rameaux atteignant jusqu'à env. 50 cm, élargis et aplatis aux nœuds
près des extrémités, d’abord couverts d’un tomentum + rapidement
caduc, puis lisses et brun + grisâtre, se couvrant ensuite de petites
lenticelles éparses qui se fendent longitudinalement; entrenœuds de
0,5-4,5 em sur 1,5-5 mm.
Feuilles opposées ou subopposées; pétioles de 4-10 mm, aplatis au-
dessus; limbe ovale, elliptique, ovale-oblong, plus rarement obovale,
exceptionnellement lancéolé, à sommet obtus ou arrondi, plus rarement
aigu ou subaigu et base arrondie ou cordée, obtuse ou cunéiforme, rare-
ment aiguë, de 2,5-7,5 (10) em sur 12-36 mm, assez épais et coriace,
d’abord entièrement couvert de poils, généralement assez rapidement
Source : MNHN, Paris
ose ©
Phragranthera capitata
V— migrttan venigritem
AU LE eSrooca
v— viovomta d
Fur _— veVignei
Visou congstense À
PI. 11. — Distribution générale des espèces de Phragmanthera et de Viscum existant
en Côte d'Ivoire. Le signe @ se rapporte à Pr, capitala.
glabre sur la face supérieure, rarement entièrement glabre; nervure
médiane + fortement saillante en-dessous, émettant, de chaque côté,
jusqu'à une demi-douzaine de nervures latérales obliques ou arquées,
souvent peu distinctes.
Ombelles axillaires, isolées ou fasciculées d'env. 4 fleurs, généralement
sessiles ou subsessiles; le pédoncule est réduit à un socle d’alvéoles flori-
fères; pédicelles nuls ou ne dépassant pas 2 mm.
Fleurs entièrement couvertes de poils à étages, serrés, longs de
1/2-4,5 mm.
Bractée unilatérale, concave, toujours plus longue que le calicule,
oblongue, obovale ou suborbiculaire, obtuse ou arrondie au sommet, de
3-7 mm, à bord caché par les poils, souvent foliacée.
Réceptacles urcéolés, de 1-2 mm env.
Calices + évasés, d'1/3-1 mm, à bord entier + longuement dépassé
par les poils.
Corolle de 30-40 mm de long, à poils d’un roux + foncé; bouton à
renflements généralement cachés par le tomentum qui le fait paraître
subcylindrique ; renflement apical ellipsoïde d'env. 3 mm sur 2; renfle-
Source : MNHN, Paris
— 255 —
ment basal subglobuleux d'env. 3 mm de diam.; tube de 20-27 mm,
se fendant unilatéralement à l’anthèse sur près de la moitié de sa longueur;
lobes d'env. 9-12 mm, linéaires vers le bas, lancéolés et en cuiller dans les
3-5 mm supérieurs, à sommet aigu, généralement réfléchis, étalés parfois (?)
à l’anthèse.
Étamine à filet inséré à la base des lobes, linéaire, d'env. 6 mm.; anthère
oblongue de 1,5-2,5 mm, à files de 4-5 logettes. Style «en quille », à partie
renflée peu dilatée sur env. 5 mm et col d'env. 1,5 mm de long. Stigmate
ellipsoïde d’env. 3/4 mm de long. Disque pentagonal, poilu, atteignant
env. 1/5 mm de hauteur.
CLÉ DES VARIÉTÉS
1. Feuille adulte discolore, rousse-tomenteuse à la face inférieure,
à base généralement arrondie ou un peu cordée, plus rarement
obtuse ou cunéiforme; bractées foliacées....... var. nigritana.
1’. Feuille adulte entièrement glabre, à base cunéiforme ou aiguë;
bractées non foliacées............................. var. obovata.
Phragmanthera nigritana var. nigritana. — Loranthus nigrilanus
Hook f. in Benth., FI. Niger : 376 (1849). — Sprague, FTA, VI, 1 : 382
(1910). — Chevalier, Expl. Bot. AOF : 548 (1920). — Krause, Nat.
Pflanzenfam. 16b : 164 (1935). — Loranthus hirsulissimus Engl., Bot.
Jahrb. XX : 100, pl. 1, E (1894). — Tapinanthus nigritanus Danser, loc.
cit. : 116 (1933).
Côte d'Ivoire : Bingerville, Chevalier 15354 (P). — Ghana (sur Mo-
rinda lucida). — Nigeria. — Cameroun.
Phragmanthera nigritana var. obovata S. Balle, var. nov.
À var. nigritana foliüis glabris, basi cuneiformis vel acutis, bracteis haud
foliaceisque differt.
Côte d’Ivoire : Forêt de Yapo, mai 1957, Aké Assi 4295 (IA) holotype;
juillet 1956, Hallé 3846 (P).
Parmi les Phragmanthera d'Afrique Occidentale, c'est le groupe
à lobes de la corolle réfractés à l’anthèse qui représente le degré évolutif
le plus élevé; il est représenté, de la Guinée Portugaise au Cameroun,
par une série d’espèces encore mal délimitées, plusieurs spécimens étant
intermédiaires entre elles; c'est le P. leonensis (cf. Sprague, FTA : 382
et FWTA 2 ed. I : 664), localisé entre la Guinée et le Libéria, qui paraît
le plus constant, au moins dans un caractère important, celui des bractées
non hypertrophiées. P. Vignei présente la pilosité la plus réduite sur ses
organes végétatifs (comme la var. obovala) et la plus développée sur ses
fleurs. La var. obovala n’a pas pu être mieux définie jusqu'ici, faute
de fleurs épanouies, les 2 échantillons ne portant que des boutons; elle
serait donc à retrouver. Il serait intéressant de rechercher d’autres échan-
tillons de l’espèce en Côte d'Ivoire, pour étudier l’amplitude des variations
et l’éventuelle incidence de l’habitat sur celles-ci, spécialement en ce qui
17
Source : MNHN, Paris
— 256 —
concerne le développement et la distribution de la pilosité. La variété
obovala présente, en outre, l'intérêt de posséder des bractées hypertro-
phiées mais non foliacées, ce qui la situe, à ce point de vue, entre le P, leo-
nensis (distribué à l'Ouest de la Côte d'Ivoire) et le P. nigrilana distribué
à l'Est), et l’éloigne de P. Vignei (à grandes bractées) avec lequel elle a
cependant d’évidentes affinités.
VISCUM L.
Spec. Plant. ed. I, 2 : 1023 (17953). Gen. Plant. 5 : 448 (1754). —
Krause, Nat. Pflanzenfam. 16 b : 199 (1935).
Plantes toujours g'abres, mono- ou dioïques, noircissant parfois lors
de la dessication, à suçoir toujours unique provoquant, généralement, une
enflure locale de la branche-hôte.
Branche principale toujours subcylindrique à ramification générale-
ment di- ou trichotomique ; rameaux souvent aplatis au moins à l’extré-
mité ou sur une longueur + grande en direction centripète; entrenœuds
articulés entre eux et décussés s’ils sont aplatis; à plusieurs côtes longitu-
dinales généralement régulières, parfois + ailées, à surface papilleuse
(surtout visible chez les jeunes).
Préfeuilles généralement au nombre de deux, ovales ou triangulaires,
membraneuses ou + charnues, souvent ciliées, + rapidement caduques,
ne dépassant pas 1-2 mm, parfois connées, en eloche déhiscente à la base
et coiffant le bourgeon (= pérule, à Madagascar seulement).
Feuilles toujours opposées, à pétiole engaînant, articulé à sa base avec
le rameau, souvent mal délimité par le limbe toujours -- décurrent ; souvent
épaisses, coriaces et presque toujours persistantes, parfois réduites et rapi-
dement caduques (Madagascar), parfois remplacées par des écailles non
articulées à leur base et ne dépassant pas 1-2 mm (cataphylles des espèces
aphylles); limbe à (1) 3-5-7 (9) nervures basales, rarement à nombreuses
fines nervures parallèles (Madagascar), à étroite marge cartilagineuse.
Inflorescences axillaires ou terminales, généralement en cymules
composées d’une cupule bractéale pédonculée ou sessile, contenant une ou
plusieurs fleurs (généralement en nombre impair), alignées le long du
grand axe, du même sexe ou de sexes différents ; bractées opposées-connées
semblables aux cataphylles; rarement fleurs nues isolées ou fasciculées
(Afrique du Sud et Madagascar).
Fleurs toujours actinomorphes et unisexuées, sans vestige du sexe
manquant, dépourvues de bractée propre, pédicellées ou sessiles, toujours
petites (1/2 à quelques mm), constituées par un réceptacle creux subhémis-
phérique au sommet duquel sont insérés 4-3 tépales libres, un peu charnus,
ovales-triangulaires ou + trapéziformes, généralement un peu inégaux
par paires, à préfloraison valvaire; fleurs mâles à tépales non articulés
avec le réceptacle vide; anthères largement-elliptique ou -oblongues,
épaisses, à face interne creusée de nombreuses logettes distribuées sans
ordre et s’ouvrant individuellement, à face externe partiellement soudée
au tépale opposé; fleurs femelles à ovaire infère, fermé au sommet par un
Source : MNHN, Paris
— 257 —
large disque nectarifère entourant la base + évasée du style; ce dernier
est subcylindrique et un peu plus court que les tépales qui sont articulés
à leur base; stigmate subglobuleux, souvent superficiellement bilobé
au sommet, un peu plus large que le style, disparaissant souvent après
l’anthèse; paroi externe du réceptacle lisse ou + verruqueuse; carpelles
au nombre de ?, à suture peu distincte.
Fruits bacciformes, globuleux, ellipsoïdes, pyriformes ou, plus
rarement, oblongs-subcylindriques, ne dépassant jamais 1 cm. de long,
pédicellés ou sessiles, surmontés du style persistant; péricarpe lisse ou
verruqueux, généralement papilleux, translucide, blanc où + vivement
coloré, enfermant les faisceaux conducteurs des tépales; mésocarpe
viscifère ; endocarpe mince contenant les faisceaux très ramifiés des car-
pelles, formant un réseau autour de l’albumen, largement ellipsoïde-lenti-
culaire, riche en amidon, d’où émergent faiblement, le ou les embryons.
Genre distribué exclusivement dans l'Ancien Monde ; + 75 espèces dont
une soixantaine pour l'Afrique; près de la moitié de ces dernières sont
endémiques à Madagascar.
Viscum congolense De Wild.
Suçoir unique à digitations basales rayonnantes et inégales!,
Branches pouvant atteindre 1 m de long; d’un brun + rougeâtre
à sec, à ramifications inférieures subcylindriques, les supérieures aplaties
et un peu élargies aux nœuds; entrenœuds de 13-75 X 1,5 — 10 mm,
finement papilleux surtout près des extrémités; celles-ci présentent
6-8 côtes longitudinales principales parfois très saillantes, séparées par
1-2 côtes secondaires + distinctes.
Préfeuilles triangulaires d'env. 1 mm disposées par paires à la base
des rameaux axillaires de part et d’autre de chaque nœud.
Feuilles à pétiole de 2-10 mm, mal délimité vers le haut, subsemi-
cylindrique; limbe elliptique, ovale ou lancéolé, plus rarement obovale
à sommet arrondi, obtus, subaigu ou plus rarement aigu, et base large-
ment arrondie ou cunéiforme, rétrécie brusquement puis décurrente le long
du pétiole, de 2,5-10 X 0,9—5,5 cm, assez épais et coriace ; 3 (5) nervures
basales fines et plus saillantes sur la face supéri ieure que sur l’inférieure.
Cymules axillaires, d’abord isolées puis groupées, (6) 5-3 (2-1) flores,
à pédoncule subcylindrique-côtelé, de 1,5-5 mm; cupule bractéale de
2,5-4 mm sur env. 1 de haut et de large, à lobes obtus ou aigus, d’abord
étalés puis réfléchis, souvent brièvement ciliés.
Fleurs à 4 tépales blancs; articulées au fond de la cupule, sur un
socle de moins de 1 mm de haut et 1,5-3 mm de long; fleur mâle subsessile,
atteignant 3-4 mm de long dont env. la moitié pour les tépales ovales-
triangulaires, un peu inégaux par paires (les plus étroits à sommet cunéi-
forme, les plus larges à sommet tronqué); anthères elliptiques ou oblongues,
de 1-2,2 mm sur 2/3-1 de large, inégales par paires comme les tépales, à env.
50-60 logettes, fleurs femelles atteignant 3-3,5 mm, à pédicelle d’env.
1. Cf. Thoday I, fig. 9.
Source : MNHN, Paris
PI. 12.— Viscum congolense var. Chevalieri (type) : 1, feuille moyenne (x 1); 2, fragment
de coupe transversale de limbe (x 50); 3, stomate en coupe transversale; 4, sto-
mates foliaires de face (épiderme inférieur), abondants et orientés en tous sens
{x 200) ; 5, coupe transversale de jeune tige (x 50); 6, cellules épidermiques de
tige (coupe longitudinale) montrant la dilatation centrale formant papille (x 200) ;
7, inflorescence femelle en cymule triflore pourvue d’une eupule pédicellée, cons-
tituée de 2 bractées opposées-connées (x 5); 8, déhiscence du fruit (x 2,5 à sec);
9, coupe longitudinale de fruit tangente au testa. (x 5); 10, graine de profil;
11, coupe transversale de fruit (X 10). (Voir aussi p. 222.)
Source : MNHN, Paris
— 259 —
1 mm, aussi large que le réceptacle à l’anthèse, aplati bilatéralement et
se plissant longitudinalement au cours de la maturation; réceptacle subey-
lindrique d'env. 2 mm sur 1 de diam.; tépales ovales-oblongs subégaux;
style subcylindrique d'env. 1 mm, à base élargie soudée au disque circu-
laire; stigmate subglobuleux un peu plus large que le style.
Fruit bacciforme + largement ellipsoïde, atteignant de 6-9 mm
sur 3,5-7 de diam. lisse, translucide in vivo, à pédicelle de 1-25 mm;
péricarpe coriace se déchirant dans sa moitié inférieure par une fente
radiale; graine ellipsoïde-lenticulaire de 4-5 mm sur 2 2/3-3 de large et
1,5-2 d'épaisseur, noirâtre à sec; « testa » membraneux 2-nervé. Embryon
d'env. 3 mm de long sur près de 1, supère, subcylindrique et droit; à
hypocotyle légèrement saillant et cotylédons apprimés.
CLÉ DES VARIÉTÉS
1. Pédicelles ne dépassant pas 1 (rarement 1,5) mm; baies largement
ellipsoïdes var. congolense.
1”. Pédicelles de 1,5-2,5 mm; baies étroitement ellipsoïdes. var. Chevalieri.
Viscum congolense var. congolense. De Wild., in De Wild. et
Th. Dur., Bull. Herb. Boiss. sér. 2, 1 : 44 (1900) et Ann. Mus. Congo
Belge, Bot. sér. I, 1 : 181, pl. 91 (1902) sub. V. Gülletlii De Wild. —
Sprague in Th Dyer, F1. Trop. Afr. VI, 1 : 400 (1911). — Krause, Nat.
Pflanzenfam. 2 éd. 16,b : 201 (1935). — S. Balle, in FI. Congo belge et
Ruanda-Ur., I : 378. (1948) et in Hutch.et Dalz., FI. W. Trop. Afr. 2 ed.,
1: 665 (1958). = Viscum grandifolium Engl., Bot. Jahrb. 43 : 540 (1908).
— Viscum Slaudtii Engl. ibid. 541. — Viscum Zenkeri Engl., ibid. 541.
Nigeria — Cameroun (sur une Apocynacée lianiforme), — Gabon (sur
Strombosiopsis) — Mayombé Portugais — Congo ex-Belge (sur Albizzia
gummifera, Combrelodendron africanum, Diospyros, Funlumia elastica,
Hevea planté, Kickæia elastica, Oxystigma oxyphyllum, Polyalthia suaveolens,
Scorodophlaeus Zenkeri et Staudlia slipitata).
Cette variété présente deux aspects assez opposés : celui à larges
feuilles correspondant, apparamment, aux conditions optimales de végé-
tation (= V. grandijolium) et celui à feuilles étroites et entrenœuds
relativement plus longs (V. Chevalieri) ; indépendamment de la longueur
des pédicelles, on trouve, au Congo Belge, tous les intermédiaires entre
ces 2 aspects (cf. notamment la planche de De Wild. et Dur.).
Viscum congolense var. Chevalieri $. Balle, var. nov. = V. Che-
valieri msc. in herb. P.
A var. congolense baccis pedicellatis longiores differt.
Côte d’Ivoire : Aboisso, Sanvi, avril 1907, Chevalier 17847 (Holotype
P, f. femelles et fruits).
Malgré l'importance attribuée, dans l’ensemble des espèces de Viscum,
au fait d’avoir des baies sessiles ou pédicellées, il ne paraît pas valable
Source : MNHN, Paris
— 260 —
de distinguer spécifiquement la plante de Côte d'Ivoire sur ce seul carac-
tère; toutefois, malgré la variabilité de longueur de cet organe au Congo
et au Cameroun, où les 2 aspects de ce Viscum sont également représentés,
le caractère généralisé d’élongation de la var.
d’attirer l’attention des botanistes d'Afrique Occidentale.
Chevalieri semble mériter
HÔTES CONNUS DES LORANTHACÉES DE CÔTE D'IVOIRE
Hotes
ACANTHACEAE
Petalidium glandulosum S.P.M..........
ANACARDIACEAE
Rhus sp.
Sclerocarya birrea (A. Rich.) Hochst.
ANONACEAE
Polyalthia suaveolens Engl. et Diels…
APOCYNACEAE
Alstonia sp.
Carissa edulis Vahl.
Diplorhynchus angolensis Ben h.
— mossambicensis Benth
Funtumia elastica (Preuss) Stapf. …
Funtumia sp.
Landolphia Heudelotii A. D .
owariensis Beauv. ..
senegalensis Kotsch.
— sp. .
Rauwolfia vomiloria AFZEL.......
BIXACEAE
Carica papaya L. .....................
BIGNONIACEAE
APTE NS MAR A ER ASE OLE
BOMBACEAE
Adansonia digitata L.
Bombax (kapokier). .…
Ceiba pentandra (L.) Gaertn.
Pachira aquatica Aub.. ................
BURSERACEAE
Commiphora abyssinica Engl.. ..........
Dacryodes edulis (Don) ...
H. J. Lam
CAESALPINIACEAE
Ajzelia sp.
Bauhinia reliculata DC.
rufescens Lam.
Parasites
Tapinanthus sessilifolius
Tapinanthus globiferus
Viscum congolense
Agelanthus brunneus
Phragmanthera capitata
Viscum congolense
Agelanthus brunneus
Englerina gabonensis
Phragmanihera capitala
Tapinanthus belvisii
Agelanthus brunneus
Tapinanthus sessilifolius
T. bangwensis
T. belvisii
T. dodoneifolius
Phragmanthera capitata
Tapinanthus globiferus
Globimelula Braunii
Agelanthus brunneus
T'apinanthus dodoneijolius
dodoneifolius
globiferus
Source : MNHN, Paris
— 261 —
Bauhinia Thonningii Schumach.
Brachyslegia lamarindoides Welw.
— sp.
Dialium angolensis Welw. .
guineense Willd. ........
Julbernardia paniculata (Benth.) Troup.
Oxystigma oxyphillum (Harms) J. Léon.
Scorodophloeus Zenkeri Harms. ........
Tamarindus indica L. ................
CAPPARIDACEAE
Cralaeva Adansonii DC. .............
CASUARINACEAE
Casuarina
CELASTRACEAE
CAESALPINIACEAE
Copaifera sp …
Cynometra sp +.
Gymnosporia montana Benth..........
COMBRETACEAE
An OU URÉDaR A dE the me
Combrelum camporum Engl. .......
glutinosum Perr. ex DC...
— aff. Gossweileri Exell.......
= sp. .
Terminalia avicennoides Guill. et Per
catappa L.
Sp...
COMPOSITAE
Vernonia amygdalina Del. ............
CONNARACEAE
DIPTEROCARPACEAE
Monoles kerstingii Gilg. ..............
ÉBENACEAE
DLOBPUPOS ED Loan ee am eute
EUPHORBIACEAE
Aleurites moluccana Willd.
Croton Tiglium L.
SD nr a ;
Fluggea microcarpa Blume
irosa Ball.)
Hevea brasiliensis (Kunth) Mull. Arg.
dodoneifolius
pentagonia
Agelanthus brunneus
Tapinanthus sessilifolius
Globimetula Braunii
Englerina parviflora
Globimetula Braunii
Viscum congolense
Tapinanthus dodoneifolius
Agelanthus brunneus
bangwensis
Agelanthus brunneus
Tapinanthus Kerstingii
Tapinanthus dodoneifolius
Englerina gabonensis
Tapinanthus pentagonia
Englerina gabonensis
Globimelula Braunii
Tapinanthus dodoneifolius
pentagonia
sessilifolius
pentagonia
bangwensis
globiferus
sessilifolius
Agelanthus brunneus
Tapinanthus globiferus
Viscum congolense
Phragmanthera capitata
T'apinanthus bangwensis
Agelanthus brunneus
Globimelula Braunii
Phragmanthera capitata
Source : MNHN, Paris
— 262 —
Hevea brasiliensis
Manihot Glaziovii Mull. Are
Pseudolachnostylis glauca Huteh
Uapaca Kirkiana Mull. Arg. ,
— nitida Mull. Arg. var. sokolobe. .
FLACOURTIACEAE
Caloncoba Welwitschii (Oliv.) Gilg ..
HIPPOCRATEACEAE
Salacia nitida (Benth.) Brown.
LAURACEAE
Ocolea sp
Persea americana Miller.
LECYTHIDACEAE
Combretodendron africanum Exell.......
Napoleona imperialis Beauv. ..........
LOGANIACEAE
Strychnos sp.
MALPIGHIACEAE
Cassipourea sp.
MALVACEAE
Hibiscus rosa-sinensis L.
MELASTOMATACEAE
Memecylon myrianthum Gilg.
MELIACEAE
Khaya grandifoliola C. DG
— nyasica Stapf
Melia Azedarach L
Trichilia djalonensis A. Che
MELIANTHACEAE
Bersama Spsss ss et apémemeerse
MIMOSACEAE
Acacia arabica Willd.
— decurrens (Wendl.) Wild.
— jarnesiana (L.) Willd .
— Seyal Del : ,
Sp...
ia adianthifolia (Schum.) Wight.….
— gummifera Cgmel Smith. ......
Viscum congolense
Phragmanthera capilata
Globimetula Braunii
Phragmanthera capilata
Tapinanthus bangwensis
= globiferus
= pentagonia
Phragmanthera capitata
Tapinanthus globiferus
Agelanthus brunneus
Phragmanthera capilata
Tapinanthus bangwensis
Viscum congolense
Tapinanthus bangwensis
Globimelula Braunii
Tapinanthus sessilifolius
Agelanthus brunneus
Phragmanthera capitata
Globimelula cupulata
Tapinanthus globiferus
Globimelula Braunii
Tapinanthus globiferus
Globimetula Dinklagei
Phragmanthera capilata
Tapinanthus bangwensis
= Kerstingii
u bangwensis
Tapinanthus dodoneijolius
globiferus
ou pentagonia
. Kerslingii
Phragmanthera capilala
Viscum congolense
Source : MNHN, Paris
— 263 —
ADIZZIQ Sp. see esse.
Entada sp
Parkia biglobosa (Jack) Benth
filicoides Welw. ....... ;
Pipladenté Sp. sue de sse tis en tileees
MORACEAE
Ficus laurioides
MYRISTICACEAE
Staudlia slipilata Warb................
MYRTACEAE Ÿ.
Eugenia owariensis P. Beauv
Share
Psidium guajava L.
pyriferum
ND Eu ste
Syzygium cordatum Hochst .
- sp. :
Gen.
OCHNACEAE
Lophira alala Banks ex Gaertn.........
OLEACEAE
Jasminum sp
Olea chrysophylla Lam.
PALMACEAE
PÉTER CES TRE
PAPILIONACEAE
Plerocarpus erinaceus Poir….
RHAMNACEAE
Rhamnus sp.
Zieyphus mucronata Wild.
orthacantha DC.
ROSACEAE
Eriobotrya japonica Lindl..............
Parinari excelsa Sabine...
macrophylla Sabine
Globimelula Braunii
Globimetula Braunii
Viscum congolense
Globimetula Braunii
Tapinanthus dodoneifolius
Phragmanthera capilata
Tapinanthus sessilifolius
Agelanthus brunneus
Englerina gabonensis
Tapinanthus belvisii
pentagonia
Agelanthus brunneus
Viscum congolense
Agelanthus brunneus
Phragmanthera capitala
Tapinanthus sessilifolius
belvisit
globiferus
Agelanthus brunneus
Globimetula Braunii
Tapinanthus sessilifolius
Globimelula cupulata
Phragmanthera capilala
Tapinanthus penlagonia
— globiferus
Tapinanthus bangwensis
dodoneijolius
— globiferus
= pentagonia
dodoneifolius
globiferus
Globimetula Braunii
cupulata
Tapinanthus bangwensis
Source : MNHN, Paris
— 264 —
Parinari mobola Oli
Prunus amygdalus Stok
serotina Ehrh.
persica (L.) Batsc
RUBIACEAE
Coffea arabica L...
Canephora Pierri
Crossopleryæ febrifuga Benth.
Kolzchyana Fenzl......
Gardenia erubescens Stapf et Hutch.
Thunnbergii. L. f..
Morinda lucida Benth
Sarcocephalus esculentus Afzel..
RUTACEAE
Citrus lemon (L.) Burm.f.….….
— reliculala Blanco Q
sinensis (L.) Osb.
— sp.. :
SALICACEAE
Populus delloides March...............
Salix subserrata Willd................
SALVADORACEAE
Salvadora persica Willd.
SAPOTACEAE
Bulyrospermum Parkii Kotschy .….
Chrysophyllum sp
Mimusops sp.
Pachystela longipediceliala (De
J. Léon. Gen
STERCULIACEAE
Cola nitida (Vent.) Schott et Endl.
Theobroma cacao L.
TAMARICACEAE
Tamarix sp.
— sessilifolius
Phragmanthera capitata
Tapinanthus belvisii
Globimetula Braunii
- bangwensis
Globimetula Braunii
Tapinanthus bangwensi
Æ globiferus
globiferus
penlagonia
-- globiferus
Phragmanthera nigrilana
Agelanthus brunneus
Globimelula Braunii
Phragmanthera capitata
Tapinanthus bangwensis
Globimelula Braunii
Tapinanthus bagwensis
Le belvisii
Globimelula Braunii
Tapinanthus globijerus
— penlagonia
Tapinanthus dodoneifolius
— Kerslingüi
pentagonia
Globimetula Braunii
Tapinanthus Brintingii
Globimetula Braunii
Agelanthus brunneus
Phragmanthera _ capitata
Tapinanthus bangwensis
Globimetula Braunii
Tapinanthus bangwensis
penlagonia
Source : MNHN, Paris
VERBENACEAE
Pier Spin aus den dal ae Globimetula Braunii
PT de ab rtntt ere En in Phragmanthera capitata
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Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L'ÉTUDE BIOLOGIQUE
ET TAXONOMIQUE DES MUSSAENDEAE (RUBIACEAE)
D'AFRIQUE TROPICALE
par Francis HALLÉ
IL INTRODUCTION
La tribu des Mussaendeae comprend environ 60 genres, répandus
dans toutes les régions intertropicales du globe. Sur ces 60 genres, 4 seule-
ment sont véritablement importants du point de vue de la richesse spéci-
fique : il s’agit des genres Mussaenda, Sabicea, Urophyllum et Pauridiantha
qui comportent respectivement environ 150, 110, 60 et 24 espèces. Tous
les autres genres de la tribu ont au maximum 20 espèces, une quarantaine
étant même mono- ou bi-spécifiques.
L'Afrique Tropicale présente 8 genres de Mussaendeae qui sont :
MUSSAENDA 53 espèces en Afrique Tropicale.
SABICEA . pe 81 — — —
PAURIDIANTHA 24 — —
STIPULARIA a 5 - à
PSEUDOMUSSAENDA . 4 — — _
Ecroma .. genre monospécifique d'Afrique Tropicale.
TEMNOPTERY) genre monospécifique = =
PENTALONCHA genre monospécifiquel — —
La présence des trois premiers genres {Mussaenda, Sabicea, Pauri-
diantha) et l'abondance de leur représentation, permet de penser qu’une
étude des Mussaendeae peut légitimement être menée sur les seuls repré-
sentants africains de cette tribu.
LIMITES DE LA TRIBU DES MUSSAENDEAE
A la liste donnée ci-dessus nous ajoutons aujourd’hui deux gen-
res :
HEinsra....
SACOSPERMA
7 espèces, Loutes d'Afrique Tropicale.
2 espèces, d'Afrique Tropicale.
1. A cette liste viennent s'ajouter, au moins provisoirement, les genres Pample-
iantha, Stelecantha, Commitheca, Poecilocalyx, Rhipidantha et Empogona : ces petits
genres, tous mono- ou bispécifiques, résultent du démembrement du genre Urophyllum
par Bremekamp (1941) et leurs affinités sont encore imprécises.
Source : MNHN, Paris
— 267 —
Le genre Heinsia, placé par Hutchinson et Dalziel dans la tribu
hétérogène des Hamelieae, avait déjà été rapproché du genre Mussaenda
par B. Verdcourt, en 1958. Cette opinion nous paraît tout à fait légitime
et nous l’appuyons par plusieurs arguments nouveaux. Des figures mon-
treront d’autre part la ressemblance frappante de Heinsia et de Mus-
saenda.
Le genre Sacosperma, créé par G. Taylor (1944) et placé par C. E.
B. Bremekamp dans la tribu des Hedyotideae, près du genre Oldenlandia,
présente de nombreux caractères qui l’apparentent à la tribu des Mussaen-
deae et nous n’hésitons pas à l'ajouter à cette tribu.
Toutefois le genre Sacosperma présente effectivement des caractères
d’Hedyotideae: ainsi, la structure de l’inflorescence et l'aspect du calice
l’apparentent nettement au genre Olomeria. C'est pourquoi la véritable
place de ce genre est manifestement intermédiaire entre Hedyolideae et
Mussaendeae. C. E. B. Bremekamp s’est lui-même heurté à de telles
difficultés pour déterminer la place réelle des Coccocypselum d'Amérique
Tropicale, qui sont apparentés à la fois aux Mussaendeae et aux Hedyo-
lideae. En 1940, puis en 1948, il a même suggéré la fusion de ces deux
tribus. Par la suite (1952) il a abandonné cette idée, mais il n’en reste pas
moins qu’il s’agit certainement de deux tribus affines, reliées entre elles
par plusieurs genres intermédiaires, en particulier Sacosperma.
Le genre Pseudomussaenda Wernham (1916) est également un
intermédiaire caractéristique entre la tribu des Mussaendeae et celle des
Hedyotideae. Par un certain nombre de caractères (fruit sec capsulaire,
préfloraison valvaire indupliquée, nombres chromosomiques élevés, etc...)
ce genre s'apparente très nettement aux Hedyolideae typiques. Nous le
maintenons dans la tribu des Mussaendeae, tout en admettant qu'il doit
y occuper une place excentrique. Nous considérons en tout cas que le
genre Pseudomussaenda, malgré la similitude des noms, n’a aucune parenté
spécialement directe avec le genre Mussaenda. S'ils ont été confondus
jusqu’à une date relativement récente c’est qu’il s’agit, très probablement
d'un cas remarquable de convergence. Les Pseudomussaenda ne sont
nullement des Mussaenda à fruits secs; en réalité ce sont des Hedyolideae
qui, ayant pris un port d’arbuste sarmenteux, et ayant développé consi-
dérablement un des lobes de leur calice, ressemblent aux Mussaenda
de façon extraordinaire.
Il suffit d’ailleurs de comparer les nombres chromosomiques pour
comprendre qu'il s’agit bien d’une convergence et non pas d’une stricte
parenté : le nombre diploïde de chromosomes est de 22 dans toutes les
espèces de Mussaenda chez lesquelles la numération a été effectuée;
il est de 70 chez Pseudomussaenda stenocarpa (Hiern.) Petit.
Nous conservons le nom générique de Stipularia, créé par P. de Beau-
vois en 1805. Slipularia et Sabicea sont incontestablement deux genres
très voisins, mais nous sommes en désaccord avec Hepper (1958) qui
prétend les confondre. Même s’ils ne diffèrent pas par les caractères des
Source : MNHN, Paris
>
PL 1. — Les Feuilles : 1, Temnopleryæ sericea Hook f., (A. Chev. 26463) : limbe 30 x
7 em. — 2, Slipularia africana P. de Beauv. (F. Hallé 68) : limbe 25 X 10 em. —
3, Pauridiantha hirtella (Benth.) Brem. (F. Hallé 163) : limbe 30 x 9 em. —
4, Heinsia pulchella K. Schum. (F. Hallé 172) : limbe 7 X 3 cm. — 5, Mussaenda
iserliana D. C. (F. Hallé 84) : limbe 16 X 7 cm. — 6, Sacosperma paniculatum
G. Tayl. (F. Hallé 109) : limbe : 11 X 4 cm. — Remarque : les pilosités n'ont pas
été représentées afin de simplifier le dessin.
Source : MNHN, Paris
— 269 —
bractées, comme l'avait pensé P. de Beauvois, ces deux genres diffèrent
nettement par leur port, leur écologie, et par leur biologie. Nous parlerons
plus loin de la biologie très curieuse du Stipularia africana P. de Beauv.
Le genre Pauridiantha a été créé par Hooker fils en 1873 pour une
plante du Gabon, Pauridiantha canthiiflora Hook. f. En 1941, Bremekamp
démembre le genre Urophyllum et transfère 23 de ses représentants
africains dans le genre Pauridiantha qui compte donc actuellement
24 espèces. Depuis cette révision de Bremekamp, il n’existe plus de véri-
tables Urophyllum en Afrique.
Nous maintenons dans la tribu des Mussaendeae le genre Pauridiantha
nous opposant en cela à deux auteurs récents :
C. E. B. Bremekamp qui, en 1952, place ce genre et les genres voisins
dans une tribu des Urophylleae, qu'il sépare des Mussaendeae en se fondant
uniquement sur des caractères d’ornementation du tégument séminal.
B. Verdcourt qui, en 1958, conserve cette tribu des Urophylleae, et
l’éloigne considérablement des Mussaendeae en invoquant un seul et
unique caractère : l’oxalate de calcium se présente sous forme de raphides
chez les Urophyllum, Pauridiantha, etc... et sous forme de cristaux
d’aspects variés chez les autres Mussaendeae. Du reste, B. Verdcourt
fait lui-même remarquer que les raphides des Urophylleae sont éparses
et difficilement visibles : elles ont même été niées par Bremekamp (1952).
Il nous paraît, au moins, prématuré, de dissocier, comme le font ces
deux auteurs, l’ancienne tribu des Mussaendeae, sur des caractères dont
la valeur nous semble discutable. Nous considérons que les caractères
de l'ornementation du tégument séminal, de même que la présence de
raphides, constituent des arguments tout à fait insuffisants pour motiver,
à eux seuls, le déplacement d’un genre qui par ailleurs s'apparente telle-
ment aux autres Mussaendeae, par sa morphologie et par sa biologie.
Bien que conscients du relatif isolement taxonomique des Pauri-
diantha et des genres voisins par rapport aux Mussaendeae typiques,
nous adopterons donc, à peu de chose près, les limites anciennement
fixées à cette tribu.
II. CARACTÉRISTIQUES GÉNÉRALES
DES MUSSAENDEAE D'AFRIQUE TROPICALE
A. ÉCOLOGIE, PORT
Les Mussaendeae sont généralement des plantes héliophiles et on les
rencontre fréquemment dans les formations secondaires. Elles sont
rarement présentes dans les forêts primaires (sauf, peut-être, Temnop-
leryæ, quelques Pauridiantha et Heinsia).
Très souvent les Mussaendeae poussent le pied dans l’eau, le long du
cours des rivières, ou dans les fossés des bords de route, ou dans des
marécages bien ensoleillés : c'est le cas des Slipularia, du Sacosperma,
et de certaines espèces de Mussaenda (M. isertiana DC., M. chippii
Source : MNHN, Paris
Q EE
a ,,
TJ
à
PI. 2. — L'anisophyllie : 1, Sabicea floribunda K. Schum. (Zenker 1820) : exemple
d’anisophyllie très peu accusée, limbe de la plus grande feuille 13 X 6 cm. —
2, Mussaëndeae indéterminée (N. Hallé 832) : limbe 12 x 5,5 cm. — 3, Sabicea
mildbraedii Wernham (Le Testu 1933) : limbe 10 X 5,5 cm. — 4, Sabicea batesii
Wernham (N. Hallé 930) : limbe 10 x 20 em. — 5, Sabicea sp. (N. Hallé 1339) :
limbe 7 X 5 em. — Remarque : les pilosités n'ont pas été représentées afin de
simplifier le dessin.
Source : MNHN, Paris
Wernham). Certaines Mussaendeae, comme le Slipularia africana P. de
Beauv., sont même strictement inféodées aux marécages.
D'autres espèces de ce groupe se rencontrent en forêt, mais sur les
lisières ou le long des pistes : c’est la station habituelle de nombreuses
espèces de Sabicea, de Mussaenda, et de Pauridiantha.
D'une façon générale, les Mussaendeae poussent dans des stations
plutôt humides et bien ensoleillées.
Les Mussaendeae sont très rarement arborescentes et il ne s’agit
jamais de grands arbres. Quelques-unes cependant sont réellement des
arbres. Wernham (1914) cite à ce sujet Sabicea arborea K. Schum., de
Zanzibar, et Sabicea gigantea Wernham, du bassin du Congo. Quelques
Pauridiantha sont également de petits arbres.
Les ports les plus fréquents dans cette tribu sont les suivants :
AFDUSDES ete ste de ous ces Pauridiantha hirlella (Benth.) Brem.
Heinsia pulchella K. Schum.
Arbustes sarmenteux plus ou moins lianescents
Mussaenda trisligmalica Cummins.
Mussaenda chippii Wernham.
Grandes plantes sous-ligneuses érigées
Stipularia africana P. de Beauv.
Temnopleryx sericea Hook. f.
Lianules volubiles plus ou moins ligneuses
Sabicea venosa Benth.
Sacosperma paniculatum G. Taylor.
La tribu comporte également quelques types biologiques spéciaux
qui, pour être beaucoup plus rares, n’en sont pas moins fort intéressants :
Chaméphytes ligneux plus ou moins prostrés
Heinsia benguelensis Welw.
Ecpoma apocynaceum K. Schum.
Sabicea hierniana Wernham.
Herbes rampantes, fréquemment anisophylles
Sabicea medusula K. Schum.
Sabicea mildbraedii Wernham.
Sabicea geophiloïdes Wernham.
Arbrisseaux cauliflores .
Dans tous les cas il s’agit de plantes vivaces. C’est même à notre
avis, une des différences principales entre la tribu des Mussaendeae et
la tribu, très proche, des Hedyolideae, dont les représentants ont un
cycle biologique court, parfois même très court (Oldenlandia sp.).
B. FEUILLES, ANISOPHYLLIE ET STIPULES
Les feuilles des Mussaendeae sont très souvent caractéristiques par
leurs nombreuses nervures secondaires arquées et parallèles, et par leurs
18
Source : MNHN, Paris
PI. 3. — Calices à sépales égaux : 1, Mussaenda elegans Schum. et Thonn. (F. Hallé
159) : longueur des lobes du calice 11-13 mm. — ?, Heinsia pulchella K, Schum.
{F. Hallé 172) : lobes du calice 10-15 mm. — 3, Pauridiantha hirtella (Benth.)
Brem. (F. Hallé 163) : calice d'environ 3 mm de long, lobes inférieurs à 0,5 mm
de long. — 4, Stipularia africana P. de Beauv. (F. Hallé 68) : lobes du calic!
— 5, Mussaenda chippii Wernham (F. Hallé 38) : lobes du calice de la fleur ©
2 mm. — 6, Ecpoma apocynaceum K. Schum. (Staudt 208) : lobes du calice 6 mm.
— 7, Sabicea venosa Benth. (F. Hallé 22) : lobes du calice 3-6 mm. — 8, Mussaen-
deae indéterminée (N. Hallé 873) : lobes du calice 8 mm. — 9, Sabicea hierniana
Wernham (N. Hallé 844) : lobes du calice 8-10 mm.
Source : MNHN, Paris
— 273 —
nervures tertiaires formant un fin réseau régulier, perpendiculaire aux
nervures secondaires. La planche 1 montre l’homogénéité des formes
foliaires et des nervations à l'intérieur de la tribu.
L’anisophyllie apparaît dans divers genres de Mussaendeae. On la
trouve dans diverses espèces africaines du genre Sabicea :
Sabicea medusula K. Schum. (Cameroun, Congo).
Sabicea mildbraedit Wernham (Gabon, Congo).
Sabicea batesii Wernham (Gabon, Cameroun).
Il semble qu'il y ait corrélation, dans le genre Sabicea, entre l'aniso-
phyllie et un port prostré : les espèces anisophylles du genre Sabicea sont
très généralement des plantes rampantes.
On retrouve l'anisophyllie, mais hors d'Afrique, dans le genre
Mussaenda : M, anisophylla Vidal (Philippines).
Enfin nous avons constaté une anisophyllie extrêmement pous-
sée chez une Rubiaceae herbacée récoltée en 1959 au Gabon, dans les
Monts de Cristal (N. Hallé 832 et 873), et qui est très probablement une
Mussaendeae nouvelle.
La planche 2? montre quelques exemples d’anisophyllie, plus ou moins
poussée, au sein de la tribu, et particulièrement dans le genre Sabicea.
On constatera que l'anisophyllie s'accompagne fréquemment d’une
dissymétrie très nette de la base du limbe, et de l’inégalité des pétioles.
Les stipules des Mussaendeae sont de formes vai , simples (Sabicea,
Stipularia) ou bifides (Heinsia, Mussaenda), parfois même profondément
laciniées (Sabicea, Temnopleryx).
Dans certains cas, des débris divers peuvent s’accumuler entre les
stipules et la tige (particules d’origine végétale, terre apportée par les
fourmis..). Ces débris retiennent l’eau de pluie qui ruisselle le long des
tiges. Il se forme ainsi, à l'abri des stipules, une sorte de terreau toujours
plus ou moins humide (Stipularia africana P. de Beauv.).
Chez Sabicea hierniana Wernham, des racines issues de la base de
chaque entre-nœud se développent et se ramifient dans ce terreau humide
(Monts de Cristal, Gabon. N. Hallé 844).
C. MORPHOLOGIE FLORALE
Les Mussaendeae ont des fleurs tétracycliques, pentamères, actino-
morphes. Schématiquement, elles sont constituées de la façon suivante :
5 sépales, 5 pétales soudés en un tube, 5 étamines à filets soudés entre les
pétales, un ovaire infère composé habituellement de 2 ou 5 carpelles
multiovulés. Nous avons pu faire sur chacun de ces cycles une série
d'observations que nous rapportons ici.
1. LE CALICE
Les lobes du calice chez les Mussaendeae sont souvent caractéris:
tiques par leur grande taille, Filiformes ou élargis, ils sont généralement
Source : MNHN, Paris
PI. 4. — Calices à sépales inégaux : 1, Sacosperma paniculatum G. Tayl. (F. Hallé 109):
calice vu par-dessus, largeur du plus grand sépale 1,5 mm. — ?, Mussaenda iser-
liana D. C. (F. Hallé 84) : calice vu par-dessus, largeur du grand sépale 55 mm. —
3, Mussaenda ergthrophylla Schum. et Thonn. (F. Hallé 56) : calice vu par-dessus,
largeur du grand sépale 75 mm. — 4, Pseudomussaenda slenocarpa (Hiern.) Petit
{Thollon 83) : largeur du grand sépale 70 mm.— Temnopleryz sericea Hook. f.
(N. Hallé 817) : 5, largeur du plus grand sépale 20 mm; 6, calice vu de profil.
Source : MNHN, Paris
— 275 —
longs, bien séparés les uns des autres jusqu’à leur base, parfois à extrémité
spatulée ou foliacée. Dans la majorité des espèces, ces lobes sont libres
dans le bouton; exceptionnellement, le calice peut être à disposition
quinconciale imbriquée (Sabicea rosea Hoyle).
Certaines espèces de Mussaendeae présentent des lobes du calice
très petits (Stipularia, fleurs du centre de l’inflorescence chez Mussaenda
iserliana D. C., Mussaenda chippii Wernh., etc.), ou même réduits à de
minuscules dents (Pauridiantha ssp.).
Inégalité des sépales.
On retrouve dans la tribu des Mussaendeae ce caractère de l'inégalité
des sépales dont B. Verdcourt (1958) et R. Schnell (1960) ont montré qu'il
apparaît dans diverses tribus des Rubiaceae. Pour R. Schnell, il s’agit
là d'un exemple typique d'évolution parallèle au sein de cette famille.
Chez certaines espèces du genre Mussaenda (M. arcuala Poir., M.
elegans Schum. et Thonn., M. nivea A. Chev., M. graciliflora Pierre),
chez presque toutes les espèces de Sabicea, chez les Stipularia, Heinsia
et Pauridiantha, les 5 sépales sont égaux (PI. 3).
Mais chez les autres Mussaenda, chez Pseudomussaenda, Sacosperma
et Temnopleryæ, on constate une tendance plus ou moins marquée à l’iné-
galité des lobes du calice (PI. 4). Cette tendance est manifestement en
rapport avec la position qu'occupe la fleur dans l’inflorescence.
Chez Sacosperma, les fleurs sont insérées par paires sur les axes
d’inflorescence : chaque fleur présente des sépales très petits du côté
de l’autre fleur et beaucoup plus développés vers l'extérieur.
Chez Temnopteryx, les inflorescences sont très fournies et toutes les
fleurs présentent de grands sépales élargis en limbes cordiformes; mais
les sépales du pourtour de l’inflorescence sont très sensiblement plus
grands que ceux du centre.
Chez Mussaenda et Pseudomussaenda, enfin, seules quelques fleurs du
pourtour de l’inflorescence présentent un grand sépale pétaloïde dirigé
vers l'extérieur de la cyme. Toutes les autres fleurs ont un calice régulier.
Chez Temnopleryx, Mussaenda et Pseudomussaenda, les sépales
élargis ont un rôle attractif net car ils sont pétaloïdes et très brillamment
colorés. Les couleurs observées sont les suivantes:
Rouge carmin vif : Mussaenda erythrophylla Schum. et Thonn.
Jaune : Pseudomussaenda flava Verdcourt, Mussaenda leucophylla Petit.
Blanc où mauve très clair : Temnopleryæ sericea Hook. f.
Blanc crème ou verdâtre : Pseudomussaenda stenocarpa (Hiern.) Petit.
Blanc pur : Mussaenda afzelii Don., M. chippii Wernh., M. grandiflora
Benth., M. macrosiphon Wernh., M. polita Hiern, M. iserliana D. C.,
M. soyauxii Büttner, M. lristigmatica Cummins.
La présence de ces très remarquables sépales pétaloïdes rehausse
beaucoup l'éclat des inflorescences et les rend parfaitement visibles à
plusieurs centaines de mètres de distance. Nous verrons quel rôle ils jouent
dans la biologie florale de ces plantes.
Source : MNHN, Paris
PI. 5. — Les préfloraisons : 1, Sabicea venosa Benth. (F. Hallé 22) : aspect extérieur
du bouton; «, coupe transversale de la corolle montrant la préfloraison valvaire
typique. — 2, Sacosperma paniculatum G. Tayl. (F. Hallé 109) : aspect extérieur
du bouton montrant la préfloraison valvaire, longueur totale du bouton 10 mm. —
3, Pseudomussaenda stenocarpa (Hiern.) Petit (Tisserant 1050) : aspect extérieur
du bouton, longueur totale 36 mm; 6, coupe transversale de la corolle montrant
la préfloraison valvaire indupliquée. — 4, Mussaenda isertiana D. C. (F. Hallé 37) :
aspect extérieur du bouton, longueur totale 43 mm; +, coupe transversale de la
corolle montrant la préfloraison valvaire rédupliquée. — 5, Heinsia pulchella
K. Sehum. (F. Hallé 172) : corolle ouverte vue par-dessus montrant la préfloraison
quinconciale typique, diamètre 45 mm. — 6, Mussaenda lristigmalica Cummins
(F. Hallé 21) : corolle ouverte vue par-dessus montrant la répartition de la pilosité
sur les bords libres des pétales, diamètre 17 mm.
Source : MNHN, Paris
— 277 —
2. LA COROLLE, LA PRÉFLORAISON
Formes el dimensions.
A l'exception du genre Pauridiantha dont la fleur est très courte,
les Mussaendeae ont généralement une corolle longuement tubuleuse.
Certaines, comme le Mussaenda chippii Wernham, le Temnopleryx sericea
Hook. f., ont une corolle spécialement longue et grêle, atteignant 30 à
40 mm de long. Le tube corollin est droit, ou rarement coudé (Sabicea
venosa Benth. PI. 5, fig. 1).
Les lobes de la corolle sont plutôt courts par rapport à la longueur
du tube, et les fleurs sont de petit diamètre (Sabicea, Sacosperma, Ecpoma,
Stipularia, Temnopleryx). Cependant, chez Heinsia et chez certains
Mussaenda les lobes sont très développés et la fleur épanouie est de grande
taille (jusqu'à 4 em de diamètre chez Mussaenda elegans, jusqu'à 6 em
chez Heinsia pulchella, PI. 5, fig. 5). Il est d’ailleurs très remarquable
que dans le genre Mussaenda, les corolles de grande taille, brillamment
colorées, se rencontrent chez des espèces qui ne présentent jamais de
sépale pétaloïde attractif.
Coloration.
Les Mussaendeae ont très généralement des fleurs colorées de façon
brillante. Elles sont blanches chez Temnopleryæ, Slipularia, Heinsia ;
elles sont blanches, ou jaune d’or, ou jaune soufre, ou rouge carmin, ou
rouge orangé très vif chez Mussaenda, Pseudomussaenda et Sabicea. On
trouve cependant des fleurs ternes, blanchâtres ou verdâtres, chez Pauri-
diantha et Sacosperma ; mais ces fleurs sont abondamment pourvues de
nectar et on y rencontre très fréquemment des insectes ou des acariens.
Préfloraison (PL. 5).
La préfloraison de la corolle des Mussaendeae est typiquement val-
vaire; les pétales sont plus ou moins charnus et accolés les uns aux autres
dans le bouton, sans aucune trace de recouvrement : Sabicea (PI. 5, fig. 1),
Sacosperma (PI. 5, fig. 2), Pauridiantha, Stipularia, Temnopleryx, Ecpoma,
Chez les Mussaenda la préfloraison est du type valvaire rédupliqué
(PI. 5, fig. 4); chez les Pseudomussaenda, elle est du type valvaire indu-
pliqué (PI. 5, fig. 3), et ce caractère montre nettement la parenté de ce
genre avec les Hedyolideae (Olomeria, Pentas).
Pourtant, ce caractère de la préfloraison valvaire n’est pas absolument
constant chez les Mussaendeae et, dans le genre Mussaenda lui-même, on
trouve des traces fort nettes de la préfloraison quinconciale. Ce caractère
se révèle dans la répartition de la pilosité sur les bords libres des pétales
chez Mussaenda tristigmalica Cummins (PI. 5, fig. 6).
Dans le genre Heinsia, que nous avons été amenés, avec B. Verdcourt
(1958), à inclure dans les Mussaendeae, cette tendance à la préfloraison
quinconciale se réalise pleinement. Chez Heinsia pulchella K. Schum.,
les lobes de la corolle sont de grandes expansions minces et fragiles, à
marges chifflonnées, dont la préfloraison est typiquement quinconciale
Source : MNHN, Paris
N
PI. 6. — Mussaenda ergthrophylla Schum. et Thonn. (F. Hallé 56) : 1, fleur en vue
externe, longueur des lobes du calice 15-16 mm; 2, fleur longistyle en coupe
longitudinale. — Heinsia pulchella K. Schum. (F. Hallé 172) : 3, fleur en vue
externe, longueur des lobes du calice 10-11 mm: 4, fleur longistyle en coupe
longitudinale; 5-6, coupes longitudinale et transversale de l'ovaire, montrant les
ovules très nombreux insérés sur deux placentas axiles; l'ovaire de Mussaenda
erythrophylla a une structure identique.
Source : MNHN, Paris
— 279 —
(PL 5, fig. 5). Par ailleurs cette plante présente toute une série de carac-
tères qui l'apparentent au genre Mussaenda. La planche 6 montre la res-
semblance frappante qui existe entre la fleur de Heinsia pulchella et celle
de Mussaenda erythrophylla.
Dans le genre Heinsia nous avons également trouvé un cas de pré-
floraison spiralée typique : Heinsia benguelensis Welw. (Antunes 449),
Angola.
Pilosilé inlerne de la corolle.
Le tube de la corolle est intérieurement velu, soit dans toute sa lon-
gueur, soit dans ses parties hautes seulement.
Chez Mussaenda, Pseudomussaenda, Heinsia, Temnopteryæ, la pilosité
est spécialement abondante au niveau de la gorge de la corolle, parfois
jusqu’à l’obstruer complètement. Il s’agit de poils ascendants, en forme
de massues, brillamment colorés, qui donnent aux fleurs de ce groupe
de genres un aspect caractéristique. Nous verrons plus loin le rôle de ces
poils dans la biologie florale.
Chez les autres genres (Sacosperma, Sabicea, Ecpoma, Slipularia),
la pilosité est beaucoup plus discrète et la gorge de la corolle est toujours
libre. Dans le genre Ecpoma la gorge de la corolle est garnie de papilles
bulliformes ou de poils articulés d’un type très spécial.
3. L’ANDROCÉE
Les cinq anthères sont insérées entre les pétales, en une position plus
ou moins élevée dans le tube de la corolle. Elles sont généralement presque
sessiles, les filets staminaux étant intimement soudés à ce tube sur toute
leur longueur.
A ce sujet nous avons observé, chez de nombreuses Mussaendeae,
une particularité morphologique assez remarquable : à une certaine
hauteur de la corolle, les cinq filets staminaux sont décollés du tube sur
une courte distance (1 ou 2 mm). Nous avons observé cette structure chez
les espèces suivantes :
Mussaenda arcuata Poir.
chippii Wernham
iserliana D. C.
macrosiphon Wernham
monlicola K. Krause
polita Hiern
soyauæii Büttner
tenuiflora Benth.
tristigmatica Cummins
ulugurensis Wernham
Sacosperma paniculalum G._ Tayl.
Heinsia pulchella K. Schum.
Pseudomussaenda slenocarpa (Hiern) Petit
Source : MNHN, Paris
VE.
PI. 7. — Décollements des filets staminaux et fentes entre les pétales : 1, Heinsia
pulchella K. Schum. (F. Hallé 172) : corolle vue de profil; «, coupe transversale
dans la corolle au niveau des fentes entre les pétales. — ?, Sacosperma paniculatum
G. Tayl. (F. Hallé 109) : corolle vue de profil; 8, coupe transversale dans la corolle
au niveau des fentes entre les pétales. — 3, Sacosperma paniculalum : coupe lon-
gitudinale de la base de la corolle montrant les décollements des filets staminaux.
— 4, Mussaenda iristigmatica Cummins (F. Hallé 21) : corolle de la fleur © encoupe
longitudinale; 5, étamine de la fleur © de face et de profil, on voit nettement
le décollement du filet staminal. — 6, Pseudomussaenda stenocarpa (Hiern.)
Petit (Tisserant 1050) : corolle de la fleur longistyle en coupe longitudiale; +,
coupe transversale dans la corolle au [niveau {des fentes entre les pétales.
7, Mussaenda isertiana D. C. (F. Hallé 37) : corolle de la fleur $ en coupe lon:
tudinale; 5, coupe transversale dans la corolle au niveau du décollement des filets
staminaux.
Source : MNHN, Paris
— 981 —
Chez Sacosperma, le décollement des filets staminaux se produit tout
à fait à la base de la corolle (PI. 7, fig. 2 et 3).
Chez Heinsia pulchella, comme chez toutes les espèces citées du genre
Mussaenda, ce décollement se situe vers le tiers inférieur du tube de la
corolle. Cette surprenante structure accentue encore la ressemblance
qui existe entre une fleur de Heinsia et une fleur de Mussaenda, toutes
deux figurées dans la planche 7.
Chez Pseudomussaenda slenocarpa, ce décollement se situe vers le
milieu du tube de la corolle, à quelques millimètres seulement sous
l'insertion des anthères (PL. 7, fig. 6).
Enfin, chez Mussaenda polita Hiern., Mussaenda ulugurensis Wern-
ham, Pseudomussaenda slenocarpa (Hiern.) Petit, Sacosperma panicu-
lalum G. Tayl. et Heinsia pulchella K. Schum., le décollement des filets
staminaux est accompagné d'une très nette séparation des pétales : sur
une distance de 1 à 2 mm, juste au niveau des décollements staminaux, les
pétales sont séparés, et la pubescence interne de la corolle apparaît à
l'extérieur par les fentes ainsi formées. Une coupe transversale pratiquée
à ce niveau dans le tube de la corolle présente un aspect très particulier
(voir PI. 7, fig. læ, 28 et 6y). Ce caractère est visible, à l'observation
minutieuse, sur le matériel d’herbier aussi bien que sur la plante fraîche.
Signalons que des fentes entre les pétales ont été décrites et figurées
par B. Verdcourt (1953) chez une Hedyolideae: Pentas purpurea Oliv.
sous-espèce mechowiana (K. Schum.) Verdcourt. Nous avons également
trouvé cette structure chez une autre Hedyotideae: Pentodon pentander
(Schum.) Vatke var. pentander.
Nous ignorons si les structures décrites ici jouent un rôle dans la
biologie florale de ces espèces, ou si elles n’ont qu’une valeur morpho-
logique. Toujours est-il qu’elles nous ont mis sur la voie de comparaisons
génériques fructueuses, et qu’elles nous ont semblé assez largement
répandues chez les Mussaendeae pour trouver place parmi les caracté-
ristiques générales de la tribu.
Les pollens.
Nous avons examiné de façon rapide les grains de pollen de 12 espèces
de Mussaendeae, réparties en 8 genres. La technique utilisée est une
variante simplifiée de la méthode d'Erdtman : les grains sont acétolysés
et montés dans la gélatine glycérinée.
Les grains sont relativement petits (15 à 20 # de diamètre), et de
tailles assez uniformes d’un genre à l’autre. D’après Baker (1958), il n'y
aurait pratiquement aucune différence de taille, tout au moins dans le
genre Mussaenda, entre les grains des fleurs longistyles et ceux des fleurs
brévistyles.
Les grains sont tricolporés chez :
Heinsia pulchella K. Schum.
Pauridiantha hirtella (Benth.) Brem.
Pseudomussaenda slenocarpa (Hiern) Petit
Source : MNHN, Paris
PI. 8. — Structures ovariennes et ovulaires chez Slipularia africana P. de Beauv.
(F. Hallé 68) : 1, coupe transversale de l'ovaire, trois carpelles sur cinq sont
figurés; 2, coupe longitudinale de l'ovaire, la loge carpellaire de droite est coupée
suivant son axe, en gris : la base du disque; 3, deux ovules en coupe longitudinale,
le placenta est à gauche, à droite, en «, on remarque l'épiderme interne de la loge
carpellaire dont les cellules, très allongées, sont coupées ici transversalement;
4, l'épiderme interne de la loge carpellaire, vu en plan, — Technique employée :
fixateur de Navachine, coloration au Feulgen-vert lumière.
Source : MNHN, Paris
Sabicea venosa Benth.
Sacosperma paniculatum G. Taylor
Temnopleryæ sericea Hook. Î.
Ils sont tétraporés chez :
Mussaenda chippii Wernham
Mussaenda elegans Schum. et Thonn.
Mussaenda erythrophylla Schum. et Thonn.
Mussaenda tristigmatica Cummins
Slipularia africana P. de Beauv.
Suivant les espèces, les grains peuvent être isoaxes (Slipularia),
longiaxes (Heinsia), ou bréviaxes (Mussaenda). L'ornementation réti-
culée paraît constante dans la tribu.
4. L'OVAIRE
L'ovaire présente un aspect très constant dans les différents genres
de la tribu. Il est toujours surmonté d’un disque qui présente, lui aussi,
un aspect remarquablement constant. Ce disque est un bourrelet charnu,
plus ou moins surbaissé, généralement de couleur claire, entourant
étroitement la base du style.
Le nombre des carpelles est variable suivant les genres, mais
fixe, à quelques rares exceptions près, à l’intérieur d’un genre. Chez la
majorité des Mussaenda, chez Sacosperma, Pauridiantha, Heinsia,
Pseudomussaenda et Ecpoma, l'ovaire est composé de deux carpelles
et le sigmate est bilobé.
Chez Mussaenda tristigmalica Cummins le nombre des carpelles varie
de 2 à 4. Chez Temnopleryx sericea Hook. f., il varie également, de 3 à 5.
Dans les deux cas, le stigmate est trilobé. Chez Sabicea et Slipularia
(PL. 7), on trouve généralement 5 carpelles, et le stigmate présente alors
5 lobes.
La placentation.
La placentation est axile. Les placentas, souvent très volumineux
et de forme complexe, emplissent presque totalement la cavité ovarienne.
Ils sont recouverts d’ovules minuscules et très nombreux.
Les ovules.
Les ovules, se trouvant comprimés entre la paroi de l'ovaire et le
placenta, prennent souvent une forme cubique. L'ovule est anatrope et
unitegminé. Le funicule est court et dépourvu de toute trace de vascula-
risation. Le tégument unique est très épais, recouvert d’un épiderme
de grosses cellules très vacuolisées. Ce tégument est percé d’un canal
micropylaire long et étroit, légèrement sinueux.
Lorsque l’ovule est mûr, le nucelle a entièrement disparu, et le canal
micropylaire arrive directement jusqu'au sac embryonnaire. La planche 8,
Source : MNHN, Paris
PI. 9. — Stipularia africana P. de Beauv. (F. Hallé 68) : 1, aspect d’une partie de la
tige, montrant la disposition des involueres aux aisselles des feuilles, hauteur
moyenne des involueres 40 mm; 2, l'involuere en coupe longitudinale, on y
remarque quelques boutons floraux, deux bractées, et une fleur épanouie au-dessus
de la surface de l'eau, longueur totale de la fleur épanouie 40 mm environ;
3, coupe longitudinale dans la corolle d’une fleur brévistyle; 4, coupe longitudinale
dans la corolle d’une fleur longistyle; 5, le fruit est une baie, de couleur rouge
vif, largeur 11 mm environ, le pédoncule acerescent n’a pas été représenté; 6, coupe
longitudinale dans le fruit, chaque loge carpellaire ne produit qu'un nombre très
réduit de graines.
Source : MNHN, Paris
— 285 —
consacrée à l'ovaire du Slipularia africana P. de Beauv., montre la
structure d’un tel ovule (fig. 3).
En 1837, Schleiden donne une fausse interprétation de l’ovule des
Rubiaceae : ne distinguant pas le canal micropylaire, effectivement fort
difficile à voir, il décrit le tégument unique comme un nucelle. Pour cet
auteur, l'ovule des Rubiaceae est un ovule nu.
Lloyd (1902) a démontré la présence d’un véritable tégument; et
plus tard Fagerlind (1937) a donné une description complète de l’ovule
des Rubiaceae.
Le sac embryonnaire.
Le sac embryonnaire des Mussaendeae a une structure tout à fait
classique. Seules les synergides présentent un aspect un peu inhabituel :
elles sont allongées et se terminent en pointe dans le canal micropylaire.
Signalons enfin que chez Heinsia pulchella K. Schum. le sac embryonnaire
contient des grains d’amidon.
D. LE FRUIT
Les Mussaendeae ont le plus souvent un fruit charnu. C’est le cas
chez Mussaenda, Sabicea, Slipularia, Pauridiantha. Il s’agit de baies
succulentes, souvent très colorées, jaunes, rouges ou blanches. Chez
Sabicea venosa Benth., le fruit est extérieurement de couleur terne,
grisâtre; mais la pulpe, par contre, est d’une brillante couleur pourpre,
Toutes ces baies sont consommées par les animaux, qui disséminent
les graines, très petites et très nombreuses, qu’elles contiennent.
Cependant, l’endozoochorie n’est pas constante dans la tribu : les
genres Pseudomussaenda, Sacosperma, Heinsia, et Temnopteryz ont un
fruit sec capsulaire.
A l'exception du cas particulier de Slipularia, le pourcentage de
fructification est généralement très fort dans la tribu. Ceci contraste
avec de nombreuses autres Rubiaceae et, d'une façon générale, avec
beaucoup d’autres plantes tropicales.
Cas particulier de Slipularia africana P. de Beauv.
L'inflorescence du genre Slipularia est très particulière, car les
bractées qui l'entourent à la base sont soudées en un involucre tubulaire,
atteignant 4 cm de longueur, et coloré de rose dans ses parties hautes.
La plante porte un involucre à chaque nœud et tous ces involucres, dressés
verticalement avec l’ouverture vers le ciel, sont entièrement remplis
à chaque pluie.
L'inflorescence, très contractée, qui est fixée au fond de l’involucre,
effectue tout son développement dans l’eau. La fleur se développe sous
l'eau : ce n’est qu’au moment de l’anthèse qu’elle s’allonge considérable-
ment et vient s'épanouir au-dessus de la surface. Une seule inflorescence
comprend plusieurs dizaines de boutons, mais la floraison est très éche-
Source : MNHN, Paris
— 286 —
lonnée dans le temps et il est rare de voir plus de deux à trois fleurs
épanouies simultanément dans un involucre. Aussi l’involucre lui-même
a-t-il une existence relativement longue, dépassant largement un mois.
Les très jeunes involucres contiennent de l’eau quasiment pure. Par
la suite, lorsque la floraison a commencé, on y trouve des débris végétaux
abondants (corolles fanées, grains de pollen, débris divers apportés par
les fourmis, etc..). L'involucre se remplit progressivement d’une vase de
plus en plus abondante. Dans les vieux involucres, lorsque les fruits
sont formés, on ne trouve plus d’eau, mais seulement de la vase humide
de couleur noire, L’involucre peut alors contenir des graines en germina-
tion, parfois même des plantules déjà bien développées, provenant par
exemple des arbres qui surplombent le Stipularia.
En septembre 1960, nous avons étudié la microflore et la microfaune
des marécages inflorescentiels des Stipularia d'Adiopodoumé, en basse
Côte-d'Ivoire. La liste que nous en donnons ici ne concerne que les orga-
nismes les plus communs :
Microfaune : Rotifères; Ciliés d'espèces diverses; Nématodes;
Zooflagellés; Thécamoebiens; Crustacés copépodes (Harpacticides) ;
on trouve aussi des larves de Diptères qui pénètrent jusque dans les
corolles des fleurs ouvertes. Dans l’involucre âgé on constate une prolifé-
ration des Ciliés et des Fagellés, à cause du pourrissement des corolles
fanées.
Microflore: Levures; Champignons; Bactéries très nombreuses, sur-
tout dans les vieux involucres; Cryptomonadales (Chilomonas sp.);
Eugléniens (Euglena sp., et une espèce incolore assez rare : Peranema
sp.); plusieurs espèces de Diatomées; une Cyanophycée extrêmement
commune, Aphanocapsa biformis A. Br. (ordre des Chroococcales).
Le jeune fruit commence son développement dans l’eau; puis son
pédoncule s’allonge et le fruit mûr émerge de la vase contenue dans
l'involucre.
Une des caractéristiques de la biologie de cette espèce est le très
faible pourcentage de fructification. Un seul involucre de Slipularia
africana contient plusieurs dizaines de fleurs : cependant il est fréquent
qu'il ne produise aucun fruit, et il est rare qu'il en donne plus de trois.
De plus, la fertilité est très faible; alors que l'ovaire contenait
plusieurs centaines d’ovules, le fruit ne contient généralement pas plus
de quelques dizaines de graines, et parfois même beaucoup moins. Toute-
fois, ces quelques graines germent très rapidement et avee la plus grande
facilité.
Ce très mauvais rendement de la reproduction sexuée chez cette
plante s'explique probablement par le fait que les fleurs se développent
dans un milieu liquide en semi-putréfaction.
De toutes façons, ce cas est isolé parmi les Mussaendae, et suffisam-
ment remarquable du point de vue biologique pour que nous ayons cru
bon d'y insister un peu.
La planche 9 est consacrée au Slipularia africana P. de Beauv.
Source : MNHN, Paris
— 287 —
E. LES GRAINES, LA GERMINATION
Les Mussaendeae ont des graines très petites, ne dépassant pas
habituellement 1 mm de long, souvent de formes cubiques ou plus ou
moins irrégulières; ceci est dû au fait que les ovules, très nombreux et
juxtaposés sur les placentas, se compriment les uns les autres lors de la
formation du fruit.
Les téguments séminaux, bruns ou dorés, sont ornementés de fines
stries parallèles ou de reliefs polygonaux.
Les Mussaendeae ont toutes des graines albuminées.
Un des caractères les plus nets de la biologie des Mussaendeae semble
être la faculté qu'ont les graines de germer très rapidement. Nous ne
pouvons affirmer que ce soit un caractère constant car nous n'avons pas
pu recueillir les fruits mûrs de toutes les espèces étudiées. Mais, à chaque
fois que cela a été possible, nous avons constaté qu'il suffisait de prélever
les graines dans le fruit et de les poser sur un buvard humide, en atmo-
sphère saturée d'humidité, sans aucun lavage ou dessèchement préalable,
pour obtenir une germination parfaite en un temps relativement très
court. Exemples :
Mussaenda tristigmatica Cummins . 15 jours.
Mussaenda chippii Wernham. . 9 jours.
Sabicea venosa Benth.. 3 -... 16 jours.
Sabicea angolensis Wernham (N. Hallé 1036 Gabon). 11 jours.
Sabicea hierniana Wernham (N. Hallé 991 Gabon).. 12 jours.
Slipularia africana P. de Beauv. 8 jours.
A titre de comparaison, il faut parfois plus de 60 jours pour obtenir
la germination des Hedyotideae du genre Oldenlandia, à moins d’avoir
énergiquement desséché les graines au préalable dans un four à infrarouges.
La germination des Mussaendeae est épigée (PI. 10). Les cotylédons
ne possèdent pas de stipules visibles.
Les nombres chromosomiques.
L'étude des numérations chromosomiques de la tribu des Mussaen-
deae, met en évidence deux nombres de base principaux : 9 et 11. Le nombre
de base 11 est très répandu dans diverses tribus des Rubiaceae. Le nombre
de base 9 est beaucoup moins fréquent dans cette famille. On le retrouve
toutefois dans la tribu des Hedyolideae, ce qui est un argument supplé-
mentaire en faveur d’une parenté étroite des Hedyolideae et des Mus-
saendeae ; il est curieux de constater que les espèces du genre Oldenlandia
ont très généralement le même nombre diploïde de chromosomes que
celles du genre Sabicea.
La liste donnée ci-dessous a été établie à l'aide de l'ouvrage de
F. Fagerlind (1937) sur la cytologie des Rubiaceae, de l'Atlas des nombres
chromosomiques des plantes à fleurs de Darlington et Wylie (1955),
et de deux articles de S. et G. Mangenot (1957 et 1958).
19
Source : MNHN, Paris
. 10. — Les germination : Slipularia africana P. de Beauv. (F. Hallé 68) : 1, aspect
de la graine huit jours après le prélèvement dans le fruit et la mise en germination;
l'albumen est encore visible, longueur de la graine 1 mm; ?, jeune plantule au
bout de dix jours. — Mussaenda chippii Wernham (F. Hallé 38) : 3-4, aspects des
graines neuf jours après le prélèvement dans le fruit et la mise en germination,
l'albumen est encore visible, longueur de la graine 0,8 mm; 5, aspect de la jeune
plantule treize jours après la mise en germination. — 6, Mussaenda tristigmatica
Cummins (F. Hallé 21) : aspect de la plantule quinze jours après la mise en germina-
tion, longueur de la graine 0,7 mm environ. — 7, Sabicea venosa Benth. (F. Hallé
22) : aspect de la plantule seize jours après la mise en germination, longueur de la
graine 1 mm. — Remarque : les ornementations des téguments séminaux n'ont
pas été figurés; leur étude, pour la tribu des Mussaendeae, reste encore à faire.
Source : MNHN, Paris
— 289 —
Nombre de base : 9.
Pauridiantha afzelii (Hiern) Brem. 18 (2 x 9) (Mangenot 1957)
Sabicea lasiocalyx Stapf ......... 36 (4 x 9) (Mangenot 1958)
Sabicea venosa Benth . 36 (4 X 9) (Mangenot inéd.)
Slipularia africana P. de Beauv. … 36 (4 x 9) (Mangenot inéd.)
Nombre de base : 11.
Mussaenda chippii Wernham..... 22 (2 X 11) (Mangenot 1958)
COPYMOOBE LE 1544 BR à pe date 22 (Rhaghavan et R. 1941)
elegans Schum. et Thonn.... 22 — (Mangenot 1958)
ergthrophylla Schum.et Thonn 22 --— (Fagerlind 1937)
frondosa L. … ... 22 -— (Fagerlind 1937)
luteola Delile 22 — (Fagerlind 1937)
penlasemia Fischer 22 -— (Fagerlind 1937)
tristigmalica Cummins . 592 — (Mangenot inéd.)
Heinsia pulchella K. Schum ..... 22 — (Mangenot inéd.)
Nombre de base : ?
Pseudomussaenda stenocarpa (Hiern) Petit ...... 70 (Fagerlind 1937)
Cette liste permet plusieurs remarques intéressantes : elle met en
évidence l’homogénéité des nombres chromosomiques dans le genre
Mussaenda ; elle démontre la parenté du genre Heinsia avec le genre
Mussaenda, parenté que nous avions fait apparaître précédemment à
l’aide d'arguments morphologiques et biologiques. Enfin, on remarquera
le nombre chromosomique de Pseudomussaenda: ce nombre est très
différent de celui qui caractérise le genre Mussaenda, ce qui montre qu'il
n’y a probablement pas de parenté spécialement directe entre ces deux
genres.
HI. LA BIOLOGIE FLORALE
DES MUSSAENDEAE D'AFRIQUE TROPICALE
A. HÉTÉROSTYLIE
Les Mussaendeae présentent fondamentalement le phénomène
de l'hétérostylie. Nous avons constaté cette hétérostylie dans tous les
genres et dans toutes les espèces étudiées, et nous la considérons comme
l'élément essentiel de la biologie florale de la tribu. Nous avons retrouvé
l’hétérostylie chez Sabicea calycina Benth., que H. G. Baker (1958)
présente comme un cas exceptionnel de Mussaendeae homostyle : chez
cette plante, le style présente des variations de longueur qui sont effective-
ment un peu plus faibles que chez les autres espèces, mais il y a cependant
une hétérostylie parfaitement typique en ce sens que les anthères sont
Source : MNHN, Paris
PL 11. — L'hétérostylie : 1, Sabicea venosa Benth. (F. Hallé 22) : à gauche, fleur
longistyle; à droite, fleur brévistyle; hauteur totale de la fleur 22 mm; ?, Pseudo-
mussaenda stenocarpa (Hiern.) Petit : à gauche, fleur longistyle (Tisserant 1050);
à droite, fleur brévistyle (Thollon 83); hauteur totale de la fleur 38 mm, la pilosité
interne de la corolle n’a pas été figurée afin de simplifier le dessin : Voir la pilosité
dans la fleur longistyle (PI. 7, fig. 6); 3-4, Pauridiantha hirtella (Benth.) Brem.
(F. Hallé 163); hauteur totale de la fleur 5-6 mm; 5, Sabicea hierniana Wernh. :
à gauche, fleur brévistyle (N. Hallé 844); à droite, fleur longistyle (Klaine 1929);
hauteur totale de la fleur 20 mm. — Remarque : pour l'hétérostylie, voir également
pl. 9, fig. 3-4 : l'hétérostylie chez Slipularia africana P. de Beauv. et pl. 12,
fig. 1-2 : l'hétérostylie chez Mussaenda elegans Schum. et Thonn.
Source : MNHN, Paris
— 291 —
insérées, soit dans la gorge (R. P. Klaine 2808), soit au milieu du tube de
la corolle (Annet 405).
La planche 11 montre l’hétérostylie dans divers genres de Mussaendeae.
Dans son « Étude de la biologie de la reproduction chez les Rubiacées
de l'Ouest africain », Baker rend compte d'expériences de cultures faites
sur des parcelles composées de pieds tous longistyles, ou tous brévistyles,
chez différentes espèces du genre Mussaenda: dans tous les cas, il ne
se forme jamais de fruits. Il s’agit donc bien d’une hétérostylie véritable;
on sait, en effet, que l'hétérostylie rend indispensable la pollinisation
croisée entre les pieds brévistyles et les pieds longistyles. Les parcelles
contenant, en mélange, les deux types de pieds, donnent des fruits en
abondance.
La pollinisation croisée est assurée par les insectes. Baker suggère
que, chez certaines espèces de Mussaendeae (M. elegans Schum. et Thonn.,
M. erythrophylla Schum. et Thonn.) possédant des appareils vexillaires
de couleur rouge, les oiseaux pourraient également jouer un rôle dans la
pollinisation; mais, comme il le fait remarquer lui-même, personne
n’a jamais signalé d'oiseaux visitant ces plantes, alors qu’on y rencontre
fréquemment des insectes, en particulier des papillons.
Les fleurs des Mussaendeae présentent tous les attributs des fleurs
entomogames, tels qu'ils ont été précisés par P. Jaeger (1959). Lorsqu'elles
sont solitaires, ou groupées en inflorescences pauciflores, elles sont fré-
quemment de grande taille et brillamment colorées. Lorsqu’elles sont
de taille plus réduite, elles sont groupées en inflorescences fournies,
présentant parfois un appareil vexillaire spécialisé, visible de très loin,
ou bien elles contiennent du nectar et sont fort odorantes.
B. ÉVOLUTION DE L'HÉTÉROSTYLIE VERS LA DIOÉCIE
Nous avons constaté une dioécie typique dans deux genres de
Mussaendeae africaines : Mussaenda et Temnopieryx.
La dioécie a été signalée et décrite par H. G. Baker chez deux espèces
de Mussaenda (M. chippii Wernham, M. trisligmalica Cummins) : dans
la fleur brévistyle les anthères, insérées dans la moitié supérieure du tube
de la corolle, sont très développées et remplies d’un pollen abondant;
le style n’a que quelques millimètres de long, avec des lobes stigmatiques
très réduits (PI. 12, fig. 3).
Dans la fleur longistyle, les anthères, insérées dans la moitié inférieure
du tube de la corolle, sont beaucoup plus courtes, aplaties, et se dessè-
chent sans s’ouvrir; le style est long et les lobes stigmatiques, très dévelop-
pés, dépassent hors de la touffe de poils ibrillamment colorés qui ferme
la gorge de la corolle (PI. 12, fig. 4).
Les pieds portant les fleurs brévistyles ne donnent jamais de fruits.
Par contre, les pieds portant les fleurs longistyles fructifient abondamment.
Il s’agit donc bien d’une véritable dioécie; les peuplements naturels pré-
sentent des pieds g et des pieds Q distincts.
Source : MNHN, Paris
PL
12.
- L'évolution de l'hétérostylie vers la dioécie : Mussaenda elegans Schum. el
Thonn. (F. Hallé 159) : 1, coupe longitudinale’ de la fleur longistyle, longueur
du tube de la corolle 20 mm; ?, coupe longitudinale de la fleur brévistyle. —
Mussaenda chippii Wernbam (F. Hallé 38) : 3, coupe longitudinale de la fleur g,
longueur du tube de la corolle 25 mm; 4, coupe longitudinale de la fleur ©. —
Temnopteryx sericea Hook. f.; 3, coupe longitudinale de la fleur Q (Thollon 60)
longueur du tube de la corolle 24 mm; 6, coupe longitudinale de la fleur 4 (Le
Testu 2165).
Source : MNHN, Paris
— 293 —
Dans le genre Mussaenda nous avons retrouvé ce mécanisme floral
chez les dix espèces suivantes :
Mussaenda afzelii Don .
chippii Wernham
debeautii Wernham
grandiflora Benth.
insertiana D. C..
macrosiphon Wernham.
nannanii Wernham .
soyauæii Büttner .
tenuiflora Benth . .
trisligmalica Cummins.….
(£ Miquel 5) ($ Pobéguin 1296).
(cité par Baker 1958) (PL. 12, fig. 3 et 4).
(& Debeaux 384 bis) ($ Debeaux 384).
(8 F. Hallé 115) (F. Hallé 115 bis).
(£ F. Hallé 84) (3 F. Hallé 37).
(
(
(
(
{
@ Le Testu 1944 bis) ($ Le Testu 1944).
Q non observé) ($ Louis 2049).
S Mgr. Leroy SN) ($ Soyaux 367).
£ Preuss 1165) ($ Zenker 1157).
cité par Baker 1958).
Nous avons en outre constaté une dioécie tout à fait semblable chez :
Temnopteryx sericea Hook. f. .... (Q Thollon 60) (3 Le Testu 2165).
(PL. 12, fig. 5 et 6).
Essai d'interprétation.
Nous approuvons entièrement Baker lorsqu'il écrit que la dioé
des Mussaenda s’est développée à partir de l’hétérostylie et qu’elle n’est
qu'un cas particulier de cette hétérostylie, de règle chez les Mussaendeae.
Comme il le fait remarquer, les botanistes possèdent maintenant un
exemple convaincant à l'appui de l'opinion de Charles Darwin qui postu-
lait, comme une règle générale, que l’hétérostylie n’est qu’une étape tran-
sitoire entre l'hermaphroditisme et la dioécie (1877).
Reprenant et complétant les idées de Baker, nous envisageons ainsi
le passage de l’hétérostylie à la dioécie chez les Mussaendeae:
Le phénomène de l’hétérostylie est apparu dans toutes les espèces
de ce groupe. Mais cette hétérostylie n’a pu se stabiliser que dans les
espèces qui ont une corolle relativement courte, non obstruée par la
pilosité interne. Dans ces conditions en effet, les organes sexuels à position
basse (anthères des fleurs longistyles, stigmates des fleurs brévistyles)
restent facilement accessibles aux insectes pollinisateurs, et leur fonction-
nement demeure possible. C’est le cas des genres Sabicea, Slipularia,
Ecpoma, Pauridiantha.
Par contre, dans les genres qui ont un tube corollin spécialement
long et étroit, intérieurement garni d’une pilosité très abondante, les
1. A propos du Slipularia ajricana P. de Beauv., nous avons fait une remarque
qui nous paraît intéressante, mais que nous ne pouvons pas présenter comme un résultat
certain, faute d’avoir pu l’étayer d’un nombre suffisant d'observations :
Il nous a semblé que les fruits provenant des pieds à fleurs longistyles contenaient
un plus fort pourcentage de bonnes graines que les fruits provenant des pieds à fleurs
brévistyles. Si cette constatation correspond à une réalité, nous serions donc en présence
d’un véritable intermédiaire entre la simple hétérostylie et la dioécie des Mussaenda.
Mais encore une fois, nous ne la formulons qu'à litre d'indication, faute d'avoir pu
observer un matériel suffisant,
Source : MNHN, Paris
PI.
13. — L'influence de l'hétérostylie sur la morphologie florale : Mussaenda chippii
Wernham (F. Hallé 38) : 1, sépale attractif du pied 4; largeur maximum 50 à
60 mm; ?, ovaire et pédoncule d’une fleur g, longueur des lobes du calice 3 mm;
3, sépale attractif du pied Q, largeur maximum 30 à 40 mm;4, ovaire et pédoneule
d'une fleur Q, longueur des lobes du calice 2 mm. — Pauridiantha hirtella (Benth.)
Brem. (F. Hallé 163); 5, style et stigmates de la fleur brévistyle, longueur totale
3 mm; 6, style et stigmates de la fleur longistyle, longueur totale 4,5 mm. —
Sabicea venosa Benth. (F. Hallé 22) : 7, calice de la fleur brévistyle vu par-dessus,
les lobes sont 5-nervés et longs de 5-6 mm; 8, calice de la fleur brévistyle vu par-
dessus, les lobes sont 3-nervés et longs de 4-5 mm.
Source : MNHN, Paris
— 295 —
organes sexuels à position basse restent totalement inaccessibles ; leur fonc-
tionnement est impossible, et d’une génération à l’autre, ils finissent
par s'atrophier : les fleurs longistyles deviennent & stériles et les fleurs
brévistyles deviennent 9 stériles; la dioécie est alors réalisée. C’est le cas
du Temnopleryz et des espèces du genre Mussaenda citées plus haut.
Dans les fleurs ainsi devenues 9 stériles, les ovules ne se développent que
de façon très imparfaite et l’ovaire est de taille réduite et de forme aplatie.
Dans les fleurs 4 stériles au contraire, les ovules ont un développement
normal : les ovaires sont volumineux, de forme renflée ou même globuleuse.
La coexistence d'espèces hétérostyles et d’espèces dioïques dans le
genre Mussaenda s'interprète aisément, si on admet cette théorie du
passage de l’hétérostylie à la dioécie : l'hétérostylie n’a pas pu se stabiliser
dans les espèces à tubes corollins très longs ou très étroits : (25 mm
chez M. chippii Vernham, 30 mm chez M. fristigmalica Cummins, 40 mm
chez M. iserliana D. C.), et ces espèces ont évolué vers la dioécie.
Par contre, l’hétérostylie a pu se stabiliser dans les espèces à tubes
corollins relativement plus courts ou plus larges : (20 mm chez M. arcuata
Poir., 20 mm chez M. elegans Schum. et Thonn., 20 mm chez M. erythro-
phylla Schum. et Thonn.)
C. INFLUENCE DE L'HÉTÉROSTYLIE (OU DE LA DIOÉCIE)
SUR LA MORPHOLOGIE FLORALE.
Chez beaucoup de Mussaendeae, l’hétérostylie n’intéresse pas seule-
ment la longueur du style et des filets staminaux : elle est associée à
d’autres caractères intéressant la morphologie inflorescentielle ou florale
de ces plantes. Cette influence profonde de l’hétérostylie montre à quel
point ce mécanisme floral est fondamental dans la tribu.
Nous donnons ici une liste des organes dont la morphologie est
corrélative de l'hétérostylie et qui, par conséquent, présentent des difé-
rences morphologiques suivant qu'ils appartiennent à un pied longistyle
ou à un pied brévistyle :
a. CALICE
Chez Sabicea venosa Benth., nous avons constaté que les sépales des
fleurs brévistyles étaient sensiblement plus longs et plus larges que ceux
des fleurs longistyles (PI. 13, fig. 7 et 8).
Ceci se retrouve exactement dans le genre Mussaenda, par exemple
chez M. trisligmatica Cummins; et cette observation vaut aussi bien pour
les sépales « normaux » que pour les sépales pétaloïdes du pourtour de
l'inflorescence. Avec un peu d'habitude on arrive à reconnaître de loin
si un pied de Mussaenda est $ ou 9, les pieds 4 ayant des sépales pétaloïdes
nettement plus développés (PI. 13, fig. 1 et 3).
b. CoROLLE
Chez Mussaenda chippii Wernham, la corolle de la fleur $ est plus
longue et surtout beaucoup plus grêle, que celle de la fleur 9. De même,
Source : MNHN, Paris
— 296 —
chez Mussaenda elegans Schum. et Thonn., la corolle de la fleur bré-
vistyle est plus allongée et plus étroite que celle de la fleur longistyle.
€. STIGMATES
Chez Pauridiantha hirlella (Benth.) Brem., le stigmate est capité
presque globuleux, dans la fleur longistyle, alors qu'il est effilé et nette-
ment bilobé dans la fleur brévistyle (PL. 13, fig. 5 et 6). D'après Petit (1954)
ceci se retrouve exactement dans le genre Pseudomussaenda.
d. VOLUME DE L'OVAIRE
Chez Temnopteryx sericea Hook. f., et dans toutes les espèces dioïques
du genre Mussaenda, l'ovaire des fleurs & s’est atrophié : il est de taille
très réduite, parfois presque totalement absent. Dans les fleurs @, par
contre, l'ovaire est de taille normale, bien visible même sur le très jeune
bouton (PI. 13, fig. 2 et 4). Il y a là, à nouveau, un caractère très sûr
et très commode pour déterminer si un pied de Mussaenda est $ ou 9.
e. PÉDONCULE FLORAL
Chez Mussaenda chippii Wernham, le pédoncule floral des fleurs ®
a 5 à 10 mm de long, tandis que les fleurs 4 sont pratiquement sessiles
(PL. 13, fig. 2 et 4).
[. INFLORESCENCE
Chez beaucoup d'espèces dioïques du genre Mussaenda les inflores-
cences £ sont beaucoup plus fournies que les inflorescences Q. Mais c’est
dans la genre T'emnopleryx que les inflorescences présentent les différences
les plus nettes suivant le sexe.
Chez Temnopleryx sericea Hook. f., les inflorescences du pied @ sont
pauciflores et sessiles : les fruits se trouvent toujours insérés au ras de
la tige. Les inflorescences &, par contre, sont très fournies et assez longue-
ment pédonculées, les pédoncules d'inflorescences ayant jusqu'à 3 em de
long.
IV. CONCLUSIONS
Nettement individualisée par toute une série de caractères morpho-
logiques et biologiques constants (plantes vivaces à écologie assez u
forme, forme foliaires et florales comparables sinon identiques, hétéro-
stylie et entomogomie constantes, graines à germination rapide, etc...) la
tribu des Mussaendeae nous semble présenter, malgré sa diversité, une
homogénéité profonde et une originalité remarquable.
Toutefois, un certain nombre de ses représentans présentent des
caractères qui les apparentent de très près à la tribu des Hedyolideae, au
point que quelques genres peuvent être considérés comme de véritables
intermédiaires entre ces deux tribus, certainement très affines. En fait,
nous considérons les Hedyotideae comme une branche évoluée des Mussaen-
deae, ce qui est confirmé par la prépondérance, dans la tribu des Hedyo-
Source : MNHN, Paris
= 297 —
lideae, de plantes à ports herbacés, à écologie très large, à cycle biologique
souvent extrêmement court.
Nous espérons que ce travail pourra aider à la compréhension de ce
secteur des Rubiaceae, et apporter quelques arguments au botaniste qui
voudrait entreprendre une révision générale des tribus de cette famille
immense et encore si mal connue.
BIBLIOGRAPHIE
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ème liste de nombres chromosomiques
nouveaux chez diverses Dicotylédones et Monocotylédones d'Afrique
Occidentale. Bull. Jard. Bot. Etat Brux., XXVIII : 316-329.
1958 Verpcourr B. — Remarks on the classification of the Rubiaceae, Bull. Jard.
Bot. Etat Brur., XXVII, 3 : 209-290.
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chez les Rubiacées. Bull. Jard. Bot. Etat Bruz., XXX, 3 : 357-373.
Source : MNHN, Paris
— 298 —
RÉFÉRENCES D'HERBIERS
Tous les échantillons cités appartiennent aux collections du Muséum de
Paris.
TABLE DES MATIÈRES
I. — Introduction et limites de la tribu des Mussaendeae. 266
IL. — Caractéristiques générales des Mussaendeae d'Afrique Tropicale.
A. Écologie, port................ 269
B. Feuilles, anisophyllie et stipule. 271
G. Morphologie florale.
LE CRDS, 25 consentement de dira dre Ee 273
2. La corolle, la préfloraison . 277
3. L'androcée. 279
4. L'ovaire. 281
D. Le fruit. 284
E. Les graines, la germination 287
III. — La biologie florale des Mussaendeae d'Afrique Tropicale.
A. L'hétérostylie 289
B. Évolution de l’hétérostylie vers la dioéc: 291
C. Influence de l’hétérostylie (ou de la dioécie) sur la morpho-
logie florale 295
IV. — Conclusions. ....................ss.ssssssssssesscssesssssese 296
Source : MNHN, Paris
NOTES TAXINOMIQUES ET DESCRIPTIVES
SUR QUELQUES ASCLÉPIADÉES CYNANCHÉES
(ASCLÉPIADACÉES) APHYLLES DE MADAGASCAR
par B. DescoinGs
Sous ce titre se trouvent réunies diverses notes et observations
d'ordre taxinomique et descriptif intéressant 11 genres d’Asclepiadées-
Cynanchées sans feuilles de Madagascar et plusieurs espèces de ces
genres, Le plan suivi est celui-ci :
I. Discussion de la valeur taxinomique des caractères de la couronne.
II. Étude comparative des genres d’Asclépiadées-Cynanchées aphylles.
III. Nomenclature.
IV. Notes descriptives sur quelques espèces mal connues.
V. Annexes : liste des taxa, bibliographie.
Ce travail résulte essentiellement de l'étude du matériel, conservé
dans l'alcool, provenant de mes propres récoltes et du matériel des herbiers
de l’Institut de Recherches Scientifiques de Madagascar. Il devait normale-
ment prendre place dans le cadre d'une Révision des Asclépiadacées de
Madagascar, dont j'ai dû, à la suite de circonstances imprévues, aban-
donner le projet. Cependant, quoique incomplètes, fragmentaires et
strictement limitées à un petit nombre de plantes malgaches, j'ai pensé
qu'il était utile de publier ces notes, dans l'espoir qu'elles apporteraient
un peu de lumière sur un groupe difficile.
L'étude comparative des genres a été envisagée du point de vue,
primordial à mon sens, de la structure générale de la couronne. Les
descriptions d'espèces ont été faites sur du matériel frais ou conservé
dans l'alcool : elles sont aussi précises et complètes qu'il a été possible
et accompagnées de figures. Je ne donne pas de clé, n’ayant pas pu
étudier toutes les espèces de chacun des genres.
Enfin je tiens à remercier M.LE ANDRI, Sous-Directeur de laboratoire
au Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris pour les renseignements
et le matériel qu'il m'a si aimablement fournis lors de mon séjour à
Tananarive.
1. Sur ces 11 genres décrits, 10 ne comptent que des espèces aphylles, le dernier,
Cynanchum, comprend à la fois des espèces aphylles et des espèces feuillues.
Source : MNHN, Paris
— 300 —
I. DISCUSSION DE LA VALEUR TAXINOMIQUE DES
:ARACTÈRES DE LA COURONNE
Les observations qui suivent ont été faites sur diverses espèces appar-
tenant aux 11 genres d’Asclépiadées-Cynanchées, comprenant à Mada-
gascar des espèces aphylles. Les conclusions qui en sont tirées s’appli-
quent au groupe ainsi défini, et ne prétendent pas avoir une valeur plus
générale.
J'envisagerai successivement les différents éléments de la couronne,
puis les rapports de la couronne et de la colonne staminale.
A. LA COURONNE.
Elle a toujours été considérée, à très juste raison mais peut-être
d'une façon mal comprise, comme l'organe essentiel de la fleur, et la
source principale des caractères génériques et spécifiques. De fait, elle
est éminemment variable dans sa structure, sa forme et sa taille.
1° Composition :
La couronne peut être simple ou double. Dans le premier cas elle
est formée fondamentalement d’une sorte de tube unique, variant dans
les détails de sa forme, dans sa taille, ses ornementations et découpures
sommitales. Ce tube, nettement pentagonal sur les fleurs fraiches, peut
être diversement fixé à sa base : il est, en principe, libre au dessus de son
point d’insertion basal mais peut avoir divers contacts avec les autres
verticilles.
Dans le cas d’une couronne double, on distingue : une couronne
externe comparable à la couronne simple qui vient d’être décrite, et une
couronne interne, constituée dans les genres qui nous intéressent par
5 masses tissulaires libres entre elles et fixées + complètement sur les
filets staminaux.
Dans ce qui suit le terme de « pentagone coronaire » s'appliquera à
la couronne en général lorsqu'elle est structuralement simple ou, lors-
qu'elle est double, à la couronne externe.
20 Pentagone coronaire.
JUMELLE et PERRIER [31-34] 1 ont mis l'accent dans leurs clés
sur la position des lobes coronaires, grands ou petits, par rapport aux
pétales et aux sépales. CHoux fit un pas de plus en parlant de « pentagone
coronaire » considéré par rapport au « pentagone gynostégial ». Il a même
donné un schéma des positions relatives de ces deux pentagones pour les
genres Cynanchum, Decanema, Fololsia et Prosopostelma.
Le pengatone gynostégial constitué évidemment par la masse
nettement pentagonale du gynostège a une position constante par rapport
1. Les nombres entre erochets [...] correspondent aux références de la biblio-
graphie.
Source : MNHN, Paris
— 301 —
aux verticilles corollaire et calicinal : il faut donc s'attacher aux variations
de position du pentagone coronaire par rapport, soit au pentagone gynos-
tégial, soit au pentagone sépalaire. Ces différents pentagones verticillaires
sont très bien visibles sur les fleurs fraîches ou conservées dans l'alcool;
par contre sur les fleurs séchées, plus ou moins écrasées, l’androcée se
disloque fréquemment et c’est le pentagone calicinal ou le pentagone
corollaire que l’on observe le plus aisément.
Dans tous les genres, les angles du pentagone gynostégial, concrétisés
par les rétinacles, s'opposent aux pétales et alternent avec les sépales;
par contre, et c’est là le point primordial, les angles du pentagone coro-
naire peuvent être opposés soit aux pétales, soit aux sépales.
30 Elages de la couronne.
Dans sa partie tubulaire, la couronne (l'unique ou l’externe) peut
être lisse et droite, ou au contraire nettement composée de deux parties
(étages) superposées. Cette dernière structure se rencontre en particulier
chez les espèces à couronne ligulée. L'étage supérieur de la couronne
répond parfaitement à ce que j'ai dit du pentagone coronaire et c’est
lui que nous considérons lorsque nous comparons l'orientation des verti-
cilles.
En effet le pentagone coronaire formé par l'étage inférieur de la
couronne, et qui s'offre généralement sous l'aspect de 5 saillies convexes
extérieurement et variables dans leur forme et leur taille, peut alterner
avec le pentagone formé par l'étage supérieur. Cette structure étagée ne
se rencontre parmi nos genres que chez Cynanchum. Ce caractère structu-
ral me parait suffisamment intime, net et constant pour être utilisé plus
qu'il ne l’a été et peut-être même sur le plan des caractères génériques.
40 Ligules.
On trouve ces ligules dans les genres Cynanchum et Mahafalia.
Leur position est fixe par rapport au pentagone coronaire : elles sont
fixées sur les côtés du pentagone coronaire et par conséquent oppositi-
sépales. Elles varient par leur forme et leur taille d’une espèce à l’autre
mais semblent assez constantes dans une même espèce.
Le genre Cynanchum renferme des espèces avec ligules et des espèces
sans ligules, ce qui revient à dire qu’elles ne constituent par leur présence
ou leur absence qu'un caractère spécifique et non générique. C’est là le
point de vue des anciens auteurs. Il semble pourtant, qu’il conviendrait
de donner à ce caractère structural, net, bien visible et certainement
significatif du point de vue phylogénique, une importance plus grande
que celle jusqu'ici accordée aux filaments surmontant les lobes coronaires.
Ceux-ci ne sont en effet que des ornementations ou des découpures faisant
intégralement partie, du point de vue structural, des lobes qui les portent.
5° Lobes el filaments.
Ce sont là les éléments de la couronne de très loin les plus suscep-
tibles de variation dans le nombre, la forme et la taille, aussi bien d'une
Source : MNHN, Paris
PL. 1. — Diagrammes coronaires: F, Fololsia. — Pa. Prosopostelma aculealum et
grandiflorum. — P.m., Prosopostelma madagascariensis. —S., Sarcoslemma. — P.i.,
Plalykeleba insignis. — D., Decanemopsis. — p.c.e., pentagone de la couronne
(externe); p.g., pentagone gynostégial; d., filaments ou dents; s., sépales; L.,
liaison entre la couronne externe et la couronne interne; c.i, languette de la
couronne interne.
espèce à l’autre qu'à l’intérieur d'une même espèce. Ils ont presque
toujours servi à distinguer espèces et genres; mais leur utilisation trop
poussée ou l'observation erronée de leur position sont pour une bonne
part dans la confusion qui règne dans le groupe étudié ici, sur le plan
des genres comme sur celui des espèces 1,
Fondamentalement le tube coronaire ou l'étage supérieur de ce tube
est pentagonal : lorsque le bord supérieur du tube est rectiligne on parlera
des 5 côtés du pentagone; quand le bord supérieur est + largement
découpé, on distingue alors 5 lobes correspondant aux côtés et les prolon-
geant. Cette structure se voit très nettement sur les fleurs fraîches mais
parfois avec grande difficulté sur les fleurss échées. Au sommet des côtés
ou des lobes, peuvent s'élever des filets ou filaments dont l'interprétation
et la valeur taxinomique prêtent à discussion.
Le nombre de ces filaments est toujours un multiple de 5 et leur posi-
tion est fonction de leur nombre.
S'il y a 5 filets on les trouve fixés au milieu des côtés ou des lobes
(Cynanchum compactum, C. ampanihense).
1. I n’est que de rappeler les discussions sur la structure de la couronne des Decanema
[11] et la distinction douteuse de certaines espèces (Cynanchum Humbertii Choux,
ete...
Source : MNHN, Paris
— 303 —
S'il y a 10 filets : cinq s'élèvent au milieu des côtés et les cinq
autres dans les angles du pentagone coronaire.
S'il y a 15 filets, on en compte 3 par lobe ou côté, un médian et
deux latéraux.
La symétrie et la structure de la figure du pentagone coronaire
permettraient peut-être de penser que les filets angulaires représentent
le résultat de la fusion de deux filaments latéraux voisins, appartenant
à 2 lobes distincts. Le résultat de la fusion, ou au contraire le stade
précédant l'apparition de filets latéraux qui seraient alors issus de la
segmentation longitudinale des filaments angulaires!
Toujours est-il que ces filaments ne semblent pas être des éléments
de structure mais seulement des ornementations des lobes ou des côtés
du pentagone coronaire (ou de l’étage supérieur de la couronne). Et à
ce titre ils ne peuvent, à mes yeux, être considérés comme constituant
par leur présence ou par leur nombre un caractère générique.
Une infinie diversité préside à leur morphologie, mais l’inconstance
de leurs caractéristiques, en fait des éléments délicats à manier. On
note dans une même espèce, sur des plantes récoltées dans des localités
différentes, de fortes variations de forme (voir discussion de Choux sur
les couronnes de Cynanchum mahafalense et de Decanema bojerianum).
La taille enfin, sur laquelle les auteurs ont fort malheureusement basé
certains taxa, montre des variations sans nombre (voir plus loin la dis-
cussion sur la couronne de Decanema bojerianum et sur Cynanchum
Humbertii). Les filets médians sont généralement les plus longs (Cynan-
chum) mais parfois tous les filaments ont une taille égale, à moins que
les angulaires ne soient au contraire les plus grands (Decanema) : et
cela parfois dans une même espèce!
On doit en conclure que les filaments ne peuvent fournir par leur
nombre, leur taille et leur forme que des caractères d'ordre spécifique
que leur extrême variabilité oblige encore à utiliser avec une grande
prudence.
B. RAPPORTS ENTRE LA COURONNE ET LA COLONNE STAMI-
NALE.
Ce point n’a pas été mis en valeur par les auteurs qui se sont occupés
de nos genres. Il a pourtant un intérêt certain.
Les liaisons entre la ou les couronnes et la colonne staminale pré-
sentent dans le groupe étudié trois modalités essentielles.
a) La couronne, simple, se soude à sa base pratiquement au point de
jonction de la corolle et de la colonne staminale; au-dessus de son point
de départ, elle s'élève absolument libre. Cette structure se trouve chez
Prosopostelma et Fololsia; elle est dans ces genres en corrélation avec
l'orientation du pentagone coronaire montrant les angles oppositisépales.
b) La couronne, simple, se soude également à sa base au point de
20
Source : MNHN, Paris
— 304 —
LC
PL. 2. — Diagrammes coronaires: X, diagramme modèle de Cynanchum ; S. sépale;
, pentagone gynostégial; p4
p.
, pentagone coronaire; e.i.c., saillies de l'étage
inférieur de la couronne; L., ligule; d., filament. — a, Cynanchum compactum. —
b, C. mahajalense. — €, Vohemaria implicata. — d, C. sarcostemmoïdes. — e,
Ce
ampanihense. — f, C. Perrieri. — g, C. macrolobum. — h, Decanema boje-
rianum. — 3, Voharanga madagascariensis. — m, Mahajalia nodosa.
Source : MNHN, Paris
— 305 —
jonction de la corolle et de la colonne staminale; l'orientation du penta-
gone coronaire est ici à angles oppositipétales, les côtés des pentagones
coronaire et gynostégial étant ainsi parallèles. De plus les côtés du penta-
gone coronaire possèdent 5 expansions internes qui se soudent + haute-
ment aux côtés du pentagone gynostégial. Les couronnes des genres
Cynanchum, Decanema et Mahafalia répondent à cette structure.
c) La couronne est double. La couronne externe se soude à sa base
sur la colonne staminale; la couronne interne est formée de 5 languettes
libres entre elles, soudées complètement ou non sur les côtés du penta-
gone gynostégial; enfin les deux couronnes sont reliées l’une à l’autre,
les angles de l’externe adhérant à la base des languettes de l’interne.
Dans ce cas l'orientation de la couronne externe est celle du type a,
les angles du pentagone étant oppositisépales.
Ces trois types de structure permettent déjà de se faire une idée
du nombre assez élevé des combinaisons structurales offertes par les 3 élé-
ments : orientation du pentagone coronaire, position du point de départ
de la couronne simple ou externe, présence d’une couronne interne. A
cela on peut ajouter : présence d’une ligule, structure étagée de la cou-
ronne, présence de liaison entre la couronne simple et le gynostège.
Ainsi la couronne fournit-elle, ici, 6 caractères importants, stables et
sûrs, uniquement basés sur des considérations de structure morphologique.
Certes la seule combinaison mathématique donne plusieurs centaines de
solutions : mais il existe entre tous ces caractères des corrélations obliga-
toires qui diminuent le nombre des solutions possibles certainement de
façon sensible.
On peut sans aucun doute donner aux 3 premiers caractères une
valeur générique. Pour les 3 autres, les limites de ce travail ne me permettent
pas de conclure : je pense, sans pouvoir l’affirmer, qu'ils doivent avoir
aussi valeur de caractères génériques. Cette opinion si elle se vérifiait
amènerait à reconsidérer les limites du genre Cynanchum et à le scinder
sur de nouvelles bases 1,
C. ANDROCÉE.
L'androcée offre certains caractères très intéressants mais aucun
de ceux que j'ai relevés ne pouvait avoir de valeur générique. La forme
de la plaque cornée?, de la membrane de l’anthère, du rétinacle, des
caudieules et enfin des pollinies elles-mêmes, contituent, semble-t-il,
d'excellents caractères spécifiques, quoique présentant une certaine
variabilité.
1. 11 faudrait évidemment revoir le genre Cynanchum dans son ancienne concep-
tion étroite et tous les genres qui ont été englobés dans l'acception actuelle.
2. Par ce terme il faut entendre la partie supérieure des côtés de la colonne stami-
nale; cette partie supérieure est généralement indurée, cornée, et prend une configura-
tion très changeante d’une espèce à l'autre. C'est sur cette plaque cornée que s'insère
la membrane de l'anthère.
Source : MNHN, Paris
— 306 —
D. AUTRES ORGANES.
Il paraît assez malaisé de trouver de bons caractères génériques
dans les autres organes. Sépales, pétales, ne donnent que quelques carac-
tères spécifiques de faible importance. Le plateau stigmatique par contre
montre plusieurs types de structure mais il ne m'a pas été possible d’en
préciser la valeur.
II. ÉTUDE COMPARATIVE DES GENRES D'ASCLÉPIADÉES
CYNANCHÉES APHYLLES
Ces genres, décrits au nombre de 11 à Madagascar, sont de position
systématique mal définie et de l’aveu de leurs auteurs souvent très pro-
ches les uns des autres. Nous allons les passer en revue à la lumière des
données précédentes.
Une elé très simple permet de les diviser tout d’abord en 3 groupes :
1. Couronne simple.
2. Pentagone coronaire alternant avec le pentagone sépalaire, c’est-à-dire
angle du pentagone coronaire oppositisépales : GROUPE I...............
rares lite 1 Fozorsra Cost. et Gall.
ee ME 2 Prosopostelma Bn.
2'. Pentagone coronaire opposé au pentagone sépalaire, c’est-à-dire
angles du pentagone coronaire oppositipétales : GRourE II.............
x . 3 Cynancaum L.
4 Vohemaria Buch.
5 Decanema Dene.
6 Voharanga Cost. et Gall.
7 Mahafalia Jum. et Perr.
1’. Couronne double : GROUPE IIL....................................
8 SarcosTEMMA N. E. Br.
+ 9 Platykeleba N. E. Br.
+ 10 Decanaemopsis Cost. et Gall.
- 10% Drepanostemma Jum. et Perr.
GrourE I
Il se définit par les 2 caractères suivants :
— pentagone coronaire à angles oppositisépales et à côtés ou lobes
oppositipétales.
— tube coronaire libre au-dessus de sa base, entièrement indépendant
de la colonne staminale.
Source : MNHN, Paris
— 307 —
1. FOLOTSIA Cost. et Gall.
Ce genre se caractérise en plus par :
_— absence de ligule.
— tube coronaire simple, non divisé en deux étages superposés.
Deux espèces sont actuellement connues : F. sarcostemmoides Cost.
et Bois et F. grandiflorum (Jum. et Perr.) Jum. et Perr. qui présentent
exactement le même diagramme, avec 5 filaments médians et 5 filaments
angulaires (Planche I : F.).
2. PROSOPOSTELMA. Baill.
A Madagascar, ce genre compte 3 espèces : P. grandiflorum Choux,
P. aculeatum B. Desc. et P. madagascariensis Jum. et Perr. Les caractères
coronaires et le diagramme floral des deux premières espèces sont absolu-
ment identiques à ceux des Fololsia. Ils montrent 5 filets médians très
longs et 5 petites dents angulaires courtes (Planche I : Pa). Par contre,
P. madagascariensis ne possède que 5 lobes pointus constituant les côtés
du pentagone et pas de dents angulaires (Planche I : Pm).
Les différences entre les espèces des deux genres se résument à des
différences de taille des filets et pour Prosoposlelma madagascariensis à
l'absence des dents angulaires : ce sont là des variations d'ordre unique-
ment spécifique.
Par ailleurs, la comparaison des diagnoses ne permet aucune distinc-
tion, essentiellement d’ailleurs du fait de leur concision. La clé donnée
en 1911 par JUMELLE et PERRIER ne fait ressortir comme différences que
la découpure + profonde des lobes de la couronne!
Les 5 espèces classées jusqu'ici dans les genres Fololsia et Prosopos-
lelma doivent être groupées dans un seul genre.
Groure IT
Il se caractérise par la présence de deux éléments structuraux corol-
laires :
— pentagone coronaire (ou pentagone formé par l'étage supérieur de la
couronne) à angles oppositipétales et à côtés ou lobes oppositisépales.
— tube coronaire en liaison au-dessus de sa base avec la colonne staminale
par des sortes de points reliant le milieu des côtés du pentagone
coronaire avec la partie basale du pentagone gynostégial.
3. CYNANCHUM LI.
C'est le genre le plus riche avec une vingtaine d’espèces aphylles
décrites. En plus des deux caractères précédents, on peut le définir, dans
sa conception actuelle, par :
Source : MNHN, Paris
— 308 —
— ligules fixées intérieurement au milieu des côtés ou des lobes du
pentagone coronaire, ou pas de ligules.
_— tube coronaire comprenant deux étages superposés à orientation
généralement alternante, ou tube coronaire droit.
— nombre des filaments variant de 0 à 15.
Reprenons une remarque faite plus haut pour dire que si le nombre
(et la position corrélative) des filets a été mis en avant comme caractère
de genre, il n’a pas été donné au caractère d'absence ou de présence de
ligules ou de deux étages superposés alternants, une valeur générique.
Il semble que c’est plutôt l'inverse que l’on aurait dû faire.
Un second point est intéressant à noter. Les Cynanchum à couronne
à deux étages alternants font une sorte de transition entre les Cynanchum
à couronne droite sans étage et les Prosopostelma ou les Fololsia. En
effet chez les Cynanchum la couronne droite et l'étage supérieur de la
couronne lorsque celle-ci est à deux étages ont la même orientation. Par
ailleurs l'étage inférieur de la couronne étagée de certains Cynanchum et
la couronne des Folotsia ont également la même orientation. Ceci évidem-
ment sans tenir compte de la liaison entre la couronne et la colonne
staminale.
Les 3 caractères indiqués pour les Cynanchum permettent par leur
absence, leur présence et leur disposition un grand nombre de combinai-
sons. Et voici quelques-unes.
a. — Tube coronaire simple, non ligulé à 5 filaments : C. compactum.
b. — Tube coronaire simple, non ligulé à 10 filaments : C. mahafalense.
€. — Tube coronaire simple, non ligulé à 15 filaments : C. implicatum.
d. — Tube coronaire simple, ligulé à 5 filaments : C. sarcostemmoides.
e. — Tube coronaire étagé, non ligulé à 5 filaments : C. ampanihense.
£. — Tube coronaire étagé, ligulé à 5 filaments : C. perrieri,
C. bisinuatum.
g. — Tube coronaire étagé, ligulé à 10 filaments : C. macrolobum.
Les caractères de présence ou d'absence de ligules et de présence
ou d'absence d’étages à la couronne sont certainement plus sûrs et plus
intimes que celui de valeur uniquement spécifique du nombre des dents.
Ils donnent par leur combinaison 4 groupes d'espèces :
A. — Tube coronaire simple, non ligulé.
B. — Tube coronaire simple, ligulé.
C. — Tube coronaire étagé, non ligulé.
D. — Tube coronaire étagé, ligulé.
La présence, le nombre, la position et la taille des dents, filets, ou fila-
ments distinguent les espèces à l’intérieur de ces nouveaux groupes.
Considérons maintenant les genres Vohemaria, Decanema, Mahaÿalia
et Voharanga : pour cela, regardons le tableau des diagrammes (Planche 1)
et prenons comme structure de base celle (a) du Cynanchum compaclum,
à savoir tube coronaire simple, non ligulé à 5 filaments.
Source : MNHN, Paris
— 309 —
4. VOHEMARIA Jum. et Perr.
Si en (a) on double le nombre des filaments on obtient (b) c’est-à-dire
le Cynanchum mahajalense. Si en (a) on triple le nombre des filaments
on obtient (c), le Cynanchum implicatum — Vohemaria implicatum.
La seule différence existant entre les genres Vohemaria et Cynanchum
était la présence de 15 filaments au lieu de 5 ou 10! J’ai indiqué dans le
1eT chapitre ce qu’il convenait de penser sur ce point.
L'ancien Vohemaria implicalum avec ses lobes trifides au sommet
n'est qu’une variante directe du Cynanchum compaclum à lobes unifides!
JUMELLE et PERRIER, après SCHUMANN ont donc eu parfaitement raison
de mettre ce genre en synonymie.
5. DECANEMA Dene.
Reprenons les diagrammes : celui de (b) = Cynanchum mahajalense
est absolument comparable à celui de (h) — Decanema, sauf en ce qui
concerne la taille relative des 10 filets.
Mais CHoux écrit « nous avions signalé un cas où les languettes inter-
nes étaient aussi longues que les languettes externes et dans les spécimens
de l’île Europa il y a des fleurs où certaines parties de la couronne sont
nettement une couronne plissées de Cynanchum ».
Normalement, chez Decanema les filaments médians sont plus courts
que les angulaires; CHouX nous signale un cas où il sont égaux; d’autres
exemples (Cynanchum humberlii), que nous verrons ultérieurement,
nous permettent d'envisager une évolution plus poussée (J) : et l’on
tombe dans le cas de Cynanchum mahafalense où les filets médians sont
les plus longs.
Or c’est sur cette seule différence de taille relative des filaments
qu'est fondé le genre Decanema : CHoux avait mis en doute sa valeur; il
faut le considérer résolument comme synonyme du genre Cynanchum.
6. VOHARANGA Cost. et Gall.
Ce genre a été créé en 1908 et considéré ensuite comme synonyme
du genre Cynanchum par Taonner. Cet auteur a eu raison : en effet si
l'on compare les diagrammes de (e) — Cynanchum ampanihense et de (J)
Voharanga madagascariensis, on voit que la seule différence consiste
en la présence de 10 filaments chez Voharanga au lieu de 5 chez C. ampa-
nihense. Cette différence n’a que la valeur de caractère spécifique 1.
1. Le genre Voharanga possède une couronne simple, non ligulée, à deux étages
superposés et à 10 filaments. C’est ce qui ressort de la diagnose, En effet il ne m'a pas
été possible de retrouver au Muséum national d'Histoire Naturelle le type de ce genre.
On peut penser que la couronne est étagée en se fiant à la phrase « vu de la face interne,
ces dents se dédoublent en deux étages superposés ».
Si en réalité la couronne n’est pas étagée la comparaison est à faire non plus avec
Cynanchum ampanihense mais avec Cynanchum mahajalense; mais les conclusions
demeurent.
Source : MNHN, Paris
— 310 —
7. MAHAFALIA Jum. et Perr.
Les auteurs ont été fort embarrassés, de leur propre aveu, pour
classer le genre nouveau qu'ils décrivaient. Il constituait en effet une
sorte d’intermédiaire entre Cynanchum et Decanema.
Reprenons une fois encore les diagrammes :
+ La couronne de (m) (Mahafalia nodosa) est absolument compa-
rable à celle de (f) = Cynanchum macrolobum, à cela près que les filaments
angulaires sont plus longs que les filaments médians. Les autres éléments
structuraux, ligules, étages de la couronne etc. sont rigoureusement
similaires.
+ Mahafalia et Decanema ont en commun le caractère de taille
relative des filaments (les angulaires les plus longs); par contre ils se
séparent par des éléments de structure : ligules et tube coronaire étagé.
Les différences de taille respective des filaments ne peuvent être
envisagées comme caractère générique : en conséquence le genre Mahafalia
doit, lui aussi, passer dans la synonymie de Cynanchum.
Les conclusions qui viennent d’être données pour 7 genres sont
valables autant que demeurera la conception actuelle du genre Cynan-
chum. Par contre, si l’on envisageait soit de scinder le genre Cynanchum,
soit de le diviser en sections, selon les bases que j'ai indiquées plus haut
avec les groupes A. B, C, D, les taxa qui viennent d'être rapidement
passés en revue reprendraient une certaine valeur. Il suffit de voir le
tableau suivant :
A — Tube coronaire simple, non ligulé — Vohemaria,
Decanema.
CyNancauM | B — Tube coronaire simple, ligulé
C — Tube coronaire étagé, non ligulé — Voharanga
D — Tube coronaire étagé, ligulé — Mahafalia
GrouPrE III
Il se définit essentiellement par une couronne double qui comprend
du point de vue structural :
— Une couronne externe en tube pentagonal à angles oppositisépales
et à côtés oppositipétales.
— Une couronne interne représentée par 5 languettes soudées sur les
plaques cornées des étamines, c’est-à-dire sur les côtés du pen-
tagone gynostégial et qui, par voie de conséquence sont oppositi-
sépales.
Les deux couronnes sont, à leur base, insérées sur la colonne stami-
nale et au même niveau : elles sont done adnées l’une à l’autre, les lan-
guettes de la couronne interne étant soudées à la base des angles du tube
Source : MNHN, Paris
— 311 —
pentagonal de la couronne externe. D’autre part la couronne externe
est soudée à la corolle sur une partie de sa hauteur.
8. SARCOSTEMMA N. E. Br.
Ce genre compte à Madagascar deux espèces : S. viminale R. Br.
bien connue, pantropicale et S. decorsei Cost. et Gall. (Planche I : S).
Les couronnes de ces deux espèces ont exactement la même structure.
Elles présentent par ailleurs les caractères suivants :
— languettes de la couronne interne libres dans la partie supérieure,
c'est-à-dire non soudées à la colonne staminale.
— absence de dents ou de filaments sur la couronne externe.
9. PLATYKELEBA N. E. Brown.
Ce genre a été créé pour une très belle espèce à grande fleur. Par
sa taille, sa forme et les couleurs relativement brillantes de sa corolle
elle se distingue nettement à première vue des Sarcostemma.
Pratiquement cependant, sa couronne répond à la définition donnée
pour le groupe IIT, à laquelle on doit ajouter quelques caractères supplé-
mentaires (Planche I : P.i.)
— languettes de la couronne interne soudées à la colonne staminale
sur toute leur longueur.
— présence de 5 dents angulaires sur le pentagone de la couronne externe.
— présence de 5 excroissances légères, figurant des dents, au milieu
des côtés du pentagone de la couronne externe.
Les différences entre les deux genres se limitent, en ce qui concerne
la couronne, à deux points :
Le premier, présence chez un genre et absence chez l’autre de dents
sur le pentagone ne peut être valablement retenu que comme une différence
d'ordre spécifique.
Le second, soudure + complète des languettes de la couronne
interne sur la colonne staminale, est plus délicat à apprécier. Il ne s'agit
cependant pas à proprement parler d’un caractère structural. Ce serait,
plutôt un caractère de valeur uniquement spécifique, et certainement
très variable d’une espèce à l’autre dans sa modalité essentielle, à savoir
le rapport entre la longueur de la partie libre et la longueur de la partie
soudée de la languette.
Bien que ne possédant pas les éléments nécessaires pour situer la
valeur réelle de ce caractère, il ne me semble pas possible de le retenir,
et d'autant qu'il est seul, pour distinguer les 2 genres envisagés.
Il demeure la différence, tout à fait nette, entre les corolles du Platy-
keleba et des Sarcostemma. C’est certainement là un caractère très visible
mais qui n'a pas, comme cela est démontré pour d’autres groupes d’Asclé-
Source : MNHN, Paris
— 312 —
piadacées (Slapelianthus par ex.), de valeur générique. Ce qui suit sur
le genre Decanemopis le confirmera.
On peut en résumé, considérer le genre Plalykeleba comme un synony-
nyme du genre plus ancien Sarcostemma.
10. DECANEMOPIS Cost. et Gall.
Regardons les diagrammes (P. i.) — Plalykeleba et (D) — Decane-
mopis de la Planche I. Ils sont identiques.
Dans la pratique, on ne peut relever aucune différence de structure
dans la couronne de ces deux genres : seules la forme et la taille absolue
(et non relative) des dents sont distinctes.
Il n’y avait donc pas lieu de créer une genre nouveau pour une
seule espèce qui répond exactement à la définition du Plalykeleba. Seule
persiste la différence très nette entre les corolles mais que nous ne retenons
que comme caractère spécifique.
10 bis. DREPANOSTEMMA Jum. et Perr.
Je n’ai pas parlé de ce genre monospécifique (D. luleum Jum. et
Perr.) car il ne correspond en fait ni à un genre nouveau ni à une espèce
nouvelle, et a depuis longtemps été assimilé au Sarcostemma decorsei.
II. — NOMENCLATURE
On trouvera dans ce chapitre les mises au point de nomenclature
que demandent les synonymies qui ont été démontrées précédemment.
1. FOLOTSIA Cost. et Bois.
En comparant les espèces malgaches attribuées aux genres Fololsia
et Prosopostelma, j'ai conclu à la nécessité de les regrouper dans un seul
genre. La question reste de savoir dans lequel.
Le genre Prosopostelma H. Bn., Hist. Plantes 10 : 247 (1891) n’est
actuellement connu que par la diagnose de BaïLLon. Cet auteur indiquait
que son nouveau genre comportait deux espèces en Afrique Occidentale,
mais il ne les nomme pas et il ne semble pas qu'elles aient été, depuis,
redécouvertes et décrites. Le manque de type et l'imprécision de la
diagnose de BaiLLon rendent en fait très aléatoire le classement d’une
plante nouvelle dans ce genre. C'est ce qu'ont fait JUMELLE et PERRIER
pour leur Prosopostelma madagascariense; mais nous ne pouvons les
suivre dans cette voie. Les deux autres espèces P. grandiflorum Choux
et P. aculeatum B. Desc. ont été placées dans le genre Prosopostelma par
comparaison avec l’espèce de JUMELLE et PERRIER.
Le genre Folotsia Costantin et Bois, C.R. Acad. Sci. 147 : 258 (1908)
au contraire nous est bien connu par F. sarcostemmoides Cost. et Bois.
Il est possible que les genres Fololsia Cost. et Bois et Prosopostelma
H. Bn. soient de simples synonymes, mais seule la comparaison des
Source : MNHN, Paris
— 313 —
types permettrait de l’affirmer, et l’on ne connaît pas le type du second
genre. La comparaison des seules diagnoses ne peut indiquer qu’une
similitude mais sans infirmer ou confirmer l'hypothèse d’une synonymi
Par contre l'écart de position géographique entre les espèces vues par
BaiLLon (Afrique Occidentale) et celles de Madagascar est suffisamment
grand pour faire songer à une séparation réelle des genres 1.
Je me contenterai dans le doute de transférer dans le genre Fololsia
les 3 Prosopostelma actuellement décrits à Madagascar.
Le genre Folotsia comprend ainsi les espèces suivantes :
Folotsia sarcostemmoides Costantin et Bois, C.R. Acad. Sci 147 :
258 (1908), espèce type.
Folotsia grandiflorum (Jumelle et Perrier) Jumelle et Perrier, Rev.
Gén. Bot. 23 : 254 (1911). — Decanema grandiflorum Jum. et Perr.,
Ann. Mus. colon. Marseille. IL. 6 : 195 (1908).
Folotsia madagascariense (Jumelle et Perrier) comb. nov. —
Prosopostelma madagascariense Jum. et Perr., Rev. Gén. Bot. 23 :
256 (1911); C. R. Acad. Sci. 152 : 1017 (1911).
Folotsia floribundum comb. nov. — Prosoposlelma grandiflorum
Choux., Ann. Mus. colon. Marseille, III. 2 : 317 (1914).
L'épithète grandiflorum n'a pu être conservée en raison de l’existence
antérieure et légitime du F. grandiflorum (Jum. et Perr.) Jum. et Perr.
nommé ci-dessus.
Folotsia aculeatum (B. Desc.) comb. nov. — Prosopostelma aculea-
lum. B. Desc. Natur. malgache 9 : 179 (1957).
Le genre Fololsia avait été mis dans la synonymie de Cynanchum
par THonNER in The Flowering plants of Africa : 449, 612 (1915); il s’agit
évidemment là d’une erreur.
2. CYNANCHUM L.
A la liste déjà longue des synonymes de ce genre il faut jouter :
Decanema Decaisne, Ann. Sci. nat. 10 : 339 (1838);
Mahafalia Jumelle et Perrier, Rev. Gén. Bot. 23 : 255 (1911);
1. 11 existe dans l'Herbier BaILLON conservé au Laboratoire de Phanérogamie
du Museum d'Histoire Naturelle de Paris un échantillon réduit à deux fleurs assez
abimées et classé sous le nom de Prosopostelma. C'est peut-être sur ce matériel que
BAILLON à décrit son genre nouveau. Je n'ai pu le savoir et n'ai pas non plus étudié
ce spécimen trop pauvre. Le problème de nomenclature qui est ainsi posé peut cepen-
dant être résolu de la manière suivante : si des travaux ultérieurs établissent la distinction
des genres Prosopostelma et Fololsia il n°y aura aucune difficulté, les espèces malgaches
demeurant toutes dans le genre Fololsia, comme je l'ai montré; si la synonymie des
genres est au contraire reconnue, il sera alors possible d'établir la conservation du nom
Fololsia. Cette conservation pourrait se baser, en effet, sur le fait que Foloisia est
actuellement bien défini et comporte plusieurs espèces tandis que Prosopostelma n’est
connu que par une courte diagnose et un matériel extrêmement pauvre, et n'a pas
jusqu'à présent été retrouvé,
Source : MNHN, Paris
— 314 —
Voharanga Costantin et Bois, C.R. Acad. Sci. 147 : 259 (1908) [mis
en synonymie par THONNER in Flowering plants of Africa : 449, 612
(1915);
Vohemaria Buchenau, Reliquiae Rutenbergianae VIIT. Abh. naturw.
Ver. Bremen. 10 : 372 (1889) [mis en synonymie par JUMELLE et PERRIER
in Rev. Gén. Bot. 23 : 251 (1911)].
Le genre Cynanchum se trouve ainsi augmenté de 6 espèces.
Cynanchum decaisnianum comb. nov. — Decanema bojerianum
Decaisne, Ann. Sci. nat. 9 : 338 (1938).
L'épithète bojerianum ne peut être conservée puisque le nouveau
binôme deviendrait un homonyme récent du Cynanchum bojerianum
(Dene) Choux, Ann. Mus. colon. Marseille. IV. 5 : 47 (1927).
Cynanchum luteifluens (Jumelle et Perrier) comb. nov. — Deca-
nema luteifluens Jum. et Perr., Rev. Gén. Bot. 23 : 253 (1911).
Cynanchum nodosum (Jumelle et Perrier) comb. nov. — Mahafalia
nodosa Jum. et Perr., Rev. Gén. Bot. 23 : 255 (1911).
Cynanchum madecassum comb. nov. — Voharanga madagasca-
riensis Costantin et Bois, C.R. Acad. Sci. 147 : 259 (1908).
L'épithète madagascariensis n'a pu être conservé en raison de
l'existence légitime du Cynanchum madagascariense K. Schum., Bot.
Jahrb. 17 : 138 (1893).
Cynanchum implicatum (Jumelle et Perrier) Jumelle et Perrier,
Rev. Gén. Bot. 23 : 251 (1911). — Vohemaria implicala (Jum. et Perr.)
Jum. et Perr., Rev. Gén. Bot. 21 : 49 (1909). — Sarcostemma implicalum
Jum. et Perr., Ann. Mus. colon. Marseille. II. 6 : 192 (1908).
Cynanchum messeri (Buchenau) Jumelle et Perrier, Rev. Gén.
Bot. 23 : 251 (1911). — Vohemaria messeri Buchenau, Reliquiae Ruten-
bergianae. VIII. Abh. naturw. Ver. Brem. 10 : 373 (1889).
3. SARCOSTEMMA N. E. Brown.
Ce genre compte deux nouveaux synonymes.
Decanemopsis Costantin et Gallaud, Bull. Mus. Hist. nat. Paris. 12 :
419 (1906);
Plalykeleba N. E. Brown, Kew. Bull. 106 : 250 (1895).
Les espèces transférées sont les suivantes :
Sarcostemma madagascariense comb. nov. — Decanemopsis
aphylla Costantin et Gallaud, Bull. Mus. Hist. nat. Paris. 12 : 418 (1906).
L'épithète aphylla n’a pu être conservé du fait de l'existence du
Sarcoslemma aphyllum Schult. Syst. 6 : 116 (1820).
Sarcostemma insigne (N. E. Brown) comb. nov. — Plalykeleba
insignis N. E. Brown. Kew Bull. 106 : 250 (1895).
Source : MNHN, Paris
— 315 —
Sarcostemma decorsei Costantin et Gallaud, Bull. Mus. Hist.
nat. Paris, 12 : 418 (1906). — Drepanoslemma luleum Jum. et Perr., Rev.
Gén. Bot. 23 : 256 (1911).
Le genre Drepanostemma Jum. et Perr. (une seule espèce, D. luteum)
a été depuis longtemps assimilé au Sarcoslemma decorsei Cost. et Gall.
IV. NOTES DESCRIPTIVES SUR QUELQUES ESPÈCES
Les pages qui suivent sont consacrées à la description et à la figura-
tion d’espèces mal connues, non figurées ou nouvelles dont j'ai pu faire une
analyse détaillée sur du matériel conservé dans l'alcool.
Cynanchum ampanihense Jum. et Perr. [32]. — Cynanchum
humberlit, Choux [17].
Plante faible, grêle, rampante ou faiblement grimpante. Tiges de
0,5-1 m de long, à peu près cylindriques, grêles, de + 2 mm de diam.
lisses, glabres, parsemées de très petits stomates arrondis, blancs. Les
ramifications nombreuses présentent souvent une forme caractéristique :
composées d’un axe, ramifié ou non, de diamètre variable, + fusiforme, à
peu près aussi épais à la base que la tige principale, puis s’élargissant
pour se rétrécir à nouveau vers l'extrémité, atteignant 2-3 mm de diam.,
et 3-8 cm de longueur ou plus 1. Nœuds des tiges marqués par deux légers
renflements opposés, beaucoup plus nets et plus larges sur les rameaux
jeunes. Tiges + rougeâtres et recouvertes d’une fine couche de cire
donnant un aspect pruiné. Latex blanc.
Feuilles réduites à l’état d’écailles de forme et de taille un peu
variables selon l’âge, insérées sur les bourrelets nodaux : sur les tiges
anciennes, elles sont normalement opposées mais très souvent décussées
jusqu'à devenir nettement alternes, deltoïdes, de + 1,5 mm de long,
de + 0,7 mm de large à la base; sur les rameaux jeunes florifères, elles
sont au contraire toujours opposées, oblongues, deltoïdes, finement
aiguës au sommet, de + 1 mm de long, de + 0,5 mm de large à la base,
épaisses, s’amincissant vers le sommet. A l’extrémité des jeunes rameaux,
les écailles foliaires très nombreuses, serrées et superposées forment un
véritable bourgeon de 1,5-2 mm de long sur lequel sont déjà visibles les
ébauches des rameaux latéraux.
La plante présente une faible pilosilé, peu visible, formée de poils
pluricellulaires (3-6 cellules rectangulaires) cylindriques, allongés, obtus
au sommet, assez épais, blancs, droits ou diversement courbés ou flexueux,
dressés ou appliqués, à paroi mince finement échinulée à l'extérieur.
Cette pilosité est dense sur les bourgeons terminaux, puis lâche et plus ou
1. Cet aspect fusiforme et boudiné des jeunes rameaux florifères semble bien
caractéristique de l'espèce, mais il s'atténue beaucoup sur les exemplaires desséchés.
Source : MNHN, Paris
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e : MNHN, Paris
Source
— 317 —
moins irrégulière vers la base des jeunes rameaux, rare où nulle sur les
tiges anciennes; les écailles sont généralement glabres, sauf parfois sur
les bords.
Inflorescences axillaires, nombreuses, groupant de 2 à 5 fleurs;
pédoncule formé par un net bourrelet saillant, arrondi, de 1-4 mm de
long, présentant parfois des ébauches de ramifications ; bractées deltoïdes,
aiguës, de 0,5 mm de long, de 0,5 mm de large à la base, épaisses et glabres.
Bouton floral pentagonal, présentant 5 angles fortement saillants,
à peu près plat sur le dessus,de 2,5-3 mm de long, de 2,-2,7 mm de diam.
Pédicelle cylindrique, de + 0,6 mm de diam., court, de 1-2 mm de long,
nettement épaissi dans la partie supérieure, glabre ou très lâchement
pileux.
Calice brun verdâtre foncé, cupuliforme, de 1,5-2 mm de diam.
glabre, à 5 segments très épais, peu distincts, larges de + 0,7 mm à la
base, terminés par une dent deltoïde, aiguë, beaucoup plus mince, de
0,3-0,5 mm de long. Glandes calycinales jaunes, deltoïdes, petites, + 0,1 mm
de long, un peu visibles de l'extérieur.
Pélales oblongs, assez régulièrement atténués dans la partie supé-
rieure, obtus subaigus au sommet, carénés dorsalement, glabres, nettement
papilleux, étalés, un peu récurvés à l’anthèse; de 3-3,5 mm de long, de
+ 15 mm de large vers la base, soudés entre eux à la base sur + 0,6 mm,
de hauteur.
Couronne de couleur blanc-jaunâtre, pentagonale, à 5 angles un peu
extérieurs, de 2,7-3 mm de hauteur totale, comprenant deux parties
distinctes superposées, séparées par un net étranglement. La partie
inférieure entière, tubulaire, haute de + 0,7 mm, présente 5 saillies
largement arrondies, convexes vers l'extérieur, limitées vers le haut
par un enfoncement se traduisant par un pli interne descendant. La
partie supérieure pentagonale, haute de + 0,7 mm, comprend 5 lobes
soudés entre eux à la base sur 0,2-0,3 mm de haut, nettement convexes
vers l'extérieur (les angles qui correspondent aux points de soudure
latéraux formant autant de becs extérieurs) ; les lobes hauts de + 0,7 mm
et larges de + 1,5 mm sont tronqués à leur sommet, rectilignes ou un peu
concaves et portent en leur milieu un filet dressé, cylindrique, effilé de
la base au sommet, obtus, très grêle, de + 0,1 mm de diamètre. En
coupe, la couronne apparaît très légèrement amincie de la base au sommet.
Elamine : Plaque cornée large de 0,6 mm, longue de + 0,9 mm, à
saillie externe peu prononcée dans la partie supérieure. Membrane
blanche, translucide, très mince, à bords très irréguliers, de + 1,2 mm de
large, de + 0,6 mm de haut, largement arrondie, sub-auriculée dans la
partie inférieure, deltoïde dans la partie supérieure, dépassant nettement
les lobes coronaires, normalement plaquée contre le plateau stigmatique,
les bords latéraux en contact se relevant vers l'extérieur en formant
un angle externe qui s’emboîte dans l’un des angles de l'étage supérieur
de la couronne. Rélinacle brun, oblong-elliptique, échancré au sommet,
Source : MNHN, Paris
— 318 —
atténué dans la partie inférieure, et à 2 pans coupés courts et obliques
sur lesquels s’insèrent les caudicules, de 0,30-0,35 mm de long. Caudicule
deltoïde, translucide, jaunâtre, mince, à surface entièrement et finement
réticulée-alvéolée. Pollinie + elliptique, un peu comprimée dorso-
ventralement, jaune pâle, de 0,35-0,45 mm de long.
Carpelles ovales-oblongs, de + 0,8 mm de haut, surmontés par un
style grêle, cylindrique. Plateau stigmatique pentagonal, épais de 0,5-
0,8 mm, de 1-1,2 mm de diam., la partie supérieure en cône à faible pente
avec une légère dépression centrale, de + 0,2 mm de long, à cinq petites
saillies nettes, situées juste au-dessus des rétinacles.
Follicules allongés, à plus grande largeur vers le quart inférieur,
régulièrement atténués au-dessus, obtus au sommet de + 5 cm de long.
MATÉRIEL ÉTUDIÉ : Decary 2820, Ampasimpolaka (Ambovombé)
liane, juin 4260, mars; 8509, Ambovombé, dans la broussaille, févr.
— Descoings 695, ouest de Fort-Dauphin, entre Mananbaro et Anala-
petsa; 720, entre Tsihombé et Cap Ste-Marie; 1015, entre Tsihombé et
Cap Ste-Marie; 1552, sud-est de Tsihombé à + 2 km du lac Ihodo, bush
très clair; 2547, entre cap Ste-Marie et Faux-Cap.
J'ai rencontré dans cette espèce quelques variations assez impor-
tantes portant sur la couronne et sur le gynostège. Sur l'échantillon Des-
coings 695, les lobes coronaires présentent en plus du filament médian,
des ébauches irrégulières de dents latérales, de forme et de taille diverses
et en nombre non fixé, de 1 à 4 : ces ébauches sont plus ou moins nettes
selon les fleurs, mais on les retrouve sur le plus grand nombre des fleurs
de l'échantillon. Le spécimen Decary 2820 semble nettement aberrant et
montre bien les possibilités très larges des variations florales de ces plantes :
le cône central du plateau stigmatique est cylindrique, long de +: 0,5 mm,
est-à-dire plus du double de la taille normale ; les membranes des anthères
atteignent 1,5 mm au lieu de + 1,2 mm et surtout sont très nettement
oblongues-aiguës au lieu de subcordiformes; enfin le tube de la couronne
ne présente dans sa partie supérieure presque rectiligne que 5 larges
ébauches deltoïdes très courtes, surmontées d’un filet, les lobes dans leur
forme normale ont complètement disparu. De plus les tiges sont net
ment plus grêles et d'aspect un peu différent. On pourrait penser à une
variété ou à une forme, mais il n’est pas possible d’être fixé sur la valeur
de cette variation avec un matériel si pauvre, récolté dans l'aire normale
de l'espèce; d'autant que l'appareil pollinique ne présente pas de varia-
tions.
Mais les différences de loin les plus intéressantes sont relatives à la
taille du filet médian des lobes coronaires. Pratiquement il semble que l’on
puisse considérer que la taille de ce filet est à peu près fixe pour les fleurs
d'un même pied, mais varie dans de très fortes proportions d’un pied
à l’autre. Le tableau suivant donne une idée des différences enregistrées.
Source : MNHN, Paris
— 319 ——
Échantillons Longueur du filet médian en mm
Descoings 695, 1 015.
Decary 8509.
Descoings 2 547
Descoings 702
Descoings 720
Descoings 1 552
Decary 2 820
La taille du filet peut varier de 0,4 à 1,7 mm, du simple au quadruple.
Ceci nous amène à examiner de plus près le Cynanchum humbertii Choux
[17] très voisin d’après son auteur du C. ampanihense et au sujet duquel
il convient de préciser quelques points :
19 La comparaison entre, d’une part, la diagnose du C. ampanihense
et ma description et, d’autre part, la description du C. humberlii donnée
par Cnoux, ne fait apparaître que des différences minimes entre les
2 espèces. L'une est cependant à retenir : absence de filet chez C. kum-
berlii, filet de 0,4-1,7 mm chez C. ampanihense.
20 CHoux, décrivant sa nouvelle espèce, souligne l’affinité qu’elle
présente avec l'espèce de JUMELLE et PERRIER et ajoute «la seule différence
— mais cette différence est très nette — c’est l'absence... du filet médian
très caractéristique qui surmonte les lobes du C. ampanihense ». On
trouve cependant dans sa description : filet nul « parfois une minuscule
pointe médiane »!
30 Cette minuscule pointe médiane est, en fait, une ébauche de filet
médian et entre 0,1 mm ou 0,05 (taille possible de cette pointe) et 0,4 mm
la différence n’est pas plus grande qu'entre 0,4 et 1,7 mm. Il n’est pas
possible de considérer le caractère « taille du filet médian » comme un
caractère spécifique : la disparition presque totale du filament n’est peut-
être que l'aboutissement extrême d’une forte réduction de longueur et
ne permet pas, à mon avis, de séparer deux espèces.
Il n’y a donc pas lieu de conserver le binôme C. humbertii Choux qui
ne représente qu'une variation du C. ampanihense Jum. et Perr.
Cynanchum compactum Choux [11].
Quoique cette espèce ait été en partie décrite par Coux en différentes
pages, on en trouvera ici une description plus détaillée permettant une
meilleure comparaison avec la variété nouvelle que je décrirai ensuite.
Plante naine très rameuse, prenant le port d’un très petit buisson haut
de 10 à 15 em en tout, comptant des dizaines ou des centaines de rameaux
courts, de 10-12 cm de longueur moyenne, serrés les uns contre les autres,
arrivant tous à peu près à la même hauteur. Certains rameaux peuvent
atteindre 20 cm de long et au moment de la croissance on observe de
fortes différences de taille, les anciens rameaux étant à peu près au même
niveau, les nouveaux facilement reconnaissables à leur couleur vert très
21
Source : MNHN, Paris
— 320 —
clair s'étageant à des hauteurs très variables. L'aspect typique de la
plante à rameaux arrêtés au même niveau supérieur est surtout visible
durant la saison sèche et le début de la saison des pluies 1.
Tiges formées d'articles distincts, cylindriques, nettement amincis
dans la partie inférieure et au contraire épaissis et comprimés latéralement
dans la partie supérieure, de 3,5-5 mm de diamètre, de 3-4,5 cm de long,
les plus courts étant généralement les supérieurs. Les articles sont glabres,
entièrement couverts de très nombreux et minuscules stomates arrondis,
blancs, disposés sans ordre apparent, de couleur vert clair à l’état jeune,
ils deviennent en fin de croissance d’un vert terne, ou vert grisâtre, ou
grisâtres, rarement rougeâtres; la couleur gris un peu verdâtre uniforme
caractéristique est due à une fine couche de cire blanchâtre qui se cra-
quelle en tous sens?. Latex blanc.
Feuilles réduites à des écailles insérées sur les bourrelets formés par
par le sommet épaissi des articles, plaquées contre l’article supérieur,
ovales + oblongues (oblongues-linéaires à l’état très jeune), arrondies
obtuses au sommet, de 1-1,3 mm de long, de 0,7-1 mm de large à la base,
glabres. Les bourgeons terminaux couverts de quelques poils simples,
blancs, très rapidement caducs.
Inflorescences axillaires, assez nombreuses, comptant de 5 à 10 fleurs;
pédoncule très court, sans forme précise, épais, faiblement ramifié, de
couleur vert brunâtre; bractées oblongues, étroites, sublinéaires, cunéi-
formes, aiguës au sommet, de + 1 mm de long, de + 0,4 mm de large,
épaisses, un peu carénées dans la partie médiane, minces sur les bords,
glabres, brunes.
Fleur jaune ver > mm de long; bouton floral longue-
ment conique, obtus au sommet. Pédicelle de 4-6 mm de long, de +
0,8 mm de diam., cylindrique, un peu rétréci vers la base, nettement
épaissi vers le haut, rectiligne ou presque, glabre.
Sépales vert brunâtre, de 1,7-1,9 mm de long, de + 0,9 mm de large
(1,422 x 0,5-1,1 mm d’après CHoux), oblongs, régulièrement rétrécis
vers le haut, à sommet aigu, épais sauf sur les bords, fortement épaissis à
la base en une assez forte bosse saillante, un peu carénés longitudinale-
ment, glabres, nettement libres entre eux. Glandes calycinales blanchâtres,
oblongues, subeylindriques, obtuses, de + 0,15 mm de long, non visibles
de l'extérieur, généralement deux, parfois trois par sinus.
1. Les plus grandes différences de taille entre les rameaux, allant jusqu'à 10
et même 15 em d'écart ont été observées sur des plantes en culture dans le Jardin
botanique de Tsimbazaza. Dans les conditions normales de vie, les écarts de taille,
quoique sensibles, demeurent toujours assez atténués du fait sans doute d’une nutri-
tion moins importante et d’une croissance certainement beaucoup plus lente.
2. BerrRAND, dans un ouvrage sur les Plantes grasses [2] indique au sujet de cette
espèce : « le Cynanchum compactum Choux est une liane volubile à tiges charnues vert
clair de Madagascar ». 11 y a certainement de la part de cet auteur confusion avec une
autre espèce aphylle : le C. compactum est précisément l'une des rares espèces d'Asclé-
piadacées aphylles malgaches non volubiles, et sa couleur caractéristique est le gris
ou le gris verdâtre terne.
Source : MNHN, Paris
— 321 —
Pélales jaune verdâtre finement rayés de brun rougeâtre, soudés
entre eux à la base sur + 1,5 mm de hauteur, oblongs, assez étroits,
présentant à peu près la même largeur sur toute la longueur, un peu
rétrécis dans la partie supérieure qui est très nettement Lordue vers la
gauche, à sommet obtus nettement émarginé; présentant une nervure
médiane forte, rougeâtre, bien visible, n'atteignant pas le sommet du
pétale, et deux nervures latérales plus fines. Segments de 4-4,3 mm de
long, de + 1,5 mm de large, épais, à bords minces, glabres mais fortement
papilleux à l’intérieur.
Couronne blanche en tube pentagonal un peu évasé vers le haut,
aminci de la base au sommet, de 0,7-1 mm de haut, surmonté par cinq
dents longuement deltoïdes, aiguës, droites, très épaisses, de 0,8-1 mm
de long, de 0,4-0,6 mm de large à la base, glabre et lisse.
Carpelles relativement très gros, vert foncé, de + 1 mm de haut.
Plateau stigmatique en pentagone épais, de + 0,8 mm de diam. de
0,25-0,5 mm d'épaisseur, présentant en son centre un large bombement
peu élevé et biparti sur le dessus.
Élamine : Plaque cornée de + 0,6 mm de long et de large, à bords
presque parallèles faisant un angle rentrant au sommet ; la saillie externe
peu importante prolongée vers le haut par une languette deltoïde sur
laquelle s’insère la membrane. Membrane petite, en fer de lance, + 1 mm
de long, de + 0,4 mm de large, très mince, blanchâtre. Rélinacle oblong,
à sommet large, arrondi, un peu échancré, à base rétrécie cunéiforme,
de 0,2-0,25 mm de long. Caudicule étroit, fortement élargi au point
d'insertion sur la pollinie, de + 0,15 mm de long. Pollinie oblongue,
de + 0,4 mm de long.
Follicule longuement fusiforme à plus forte épaisseur vers le milieu,
un peu rétréci vers la base, fortement effilé vers le sommet subaigu,
de 8-10 cm de long, de 7-9 mm d'épaisseur, aplati sur la face ventrale,
convexe sur la face externe, à surface lisse mais irrégulière de couleur
rougeâtre foncé, à paroi épaisse.
Graines jaunes, aplaties, épaisses dans la partie médiane, obovales
largement arrondies au sommet, un peu atténuées vers la base; avec
une aigrette de poils blancs, longue de 25-30 mm.
L'aire connue du Cynanchum compaclum Choux est assez restreinte
et s'étend entre Antsirabé, Ambositra et Ambatofinandrahana, dans une
région de montagnes quartzitiques. Les plantes recherchent de préférence
la pleine luminosité et les cavités ou anfractuosités de rochers.
Dans son aire de dispersion, c’est une espèce assez commune dont la
floraison débute en mars-avril et dont la fructification semble assez
faible.
Cynanchum compactum var. imerinense var, nov. :
A typo differt ramis gracilioribus (2,5-3 mm latis) brevioribus (6-7 em
altis) : sepalis brevioribus 0,8-0,9 mm longis, petalis ellipticis apice obtusis
Source : MNHN, Paris
— 322 —-
rotundatis, brevioribus 2-2,2 mm longis, + 1 mm latis, basi (- 0,5 mm)
concrescentibus, coronae tubo 0,4 mm alto, coronae dentibus deltoideis brevio-
ribus, 0,4-0,5 mm longis, basi 0,3-0,35 mm latis, antherae membranis brevio-
ribus, - 0,2 mm longis.
HocoryPe : Descoings 3228 in Hb. Paris; mont Ambatomanana,
pointement rocheux à + 2 km au sud du village d’Ambohitromby
(voisin de Sabotsy) à une dizaine de kms au sud-sud-ouest du poste
administratif d'Andramasina, district d’Ambatolampy.
L'épithète imerinense a été donnée à cette variété du fait de sa
position géographique dans la province de l’Imerina, s’opposant à celle
du C. compactum var. compaclum qui est originaire du Betsileo,
Plante à port très semblable à celui de Ja variété compactum mais
plus basse, plus courte et plus grêle. Tiges très rameuses, faibles ct ram-
pantes dans la partie inférieure, dressées et très ramifiées dans la partie
supérieure, arrivant sensiblement au même niveau. Articles cylindriques,
un peu amincis dans la partie inférieue, nettement épaissis et un peu
comprimés latéralement dans la partie supérieure, courts, de 0,8-1,5 cm,
parfois 2 em de long, les plus courts étant les supérieurs, de 2,5-3 mm
(jusqu'à 4 mm) de diam., glabres et lisses, présentant de minuscules
stomates arrondis très nombreux, blanchâtres, disposés en files régulières,
longitudinales. Les articles de la base sont d’un vert très clair et ceux des
parties supérieures, exposées au soleil, d’un beau brun rouge assez foncé;
ils ne possèdent pas de couche de cire ou une couche très fine qui n’altère
pas la couleur normale de l’épiderme. Latex blane.
Feuilles réduites à des écailles ovales suborbiculaires, obtuses ou
subaiguës au sommet, de 0,5-0,8 mm de long et de large, épaisses, glabres,
plaquées contre l’article supérieur.
Inflorescences terminales ou axillaires, assez nombreuses, comptant
une dizaine de fleurs; pédoncule formé par une masse informe, atteignant
2 mm de long, sur laquelle s’insèrent les pédicelles; bractées rouge brun
foncé sauf sur les bords blanchâtres, ovales, suborbiculaires, à plus grande
largeur dans la partie médiane, rétrécies, cunéiformes dans la partie
supérieure obtuse, glabres, épaisses, faiblement carénées longitudinale-
ment, à bords un peu irréguliers, présentant une nervure médiane seule
visible.
Fleur jaune verdâtre.assez franc, de + 2,5 mm de long; bouton floral
court, conique, obtus au sommet, un peu pentagonal. Pédicelle brun
jaune clair, de 1,3-1,6 mm de long, de + 0,5 mm de diam. cylindrique,
assez nettement atténué à la base, un peu épaissi dans la partie supérieure.
Sépales brun jaune rougeâtre + foncé, de forme assez semblable
à celle des bractées, ovales, parfois un peu deltoïdes, + cunéiformes
dans la partie supérieure, à sommet obtus, à bords un peu irréguliers,
minces sauf dans la partie médiane, un peu carénée et épaissie longitu-
dinalement, de 0,8-0,9 mm de long, de 0,6-0,7 mm de large, soudés entre
Source : MNHN, Paris
— 323 —
eux à la base sur 0,2-0,3 mm de hauteur, glabres, présentant 3 nervures
bien visibles, les ? latérales formant un V renversé. Glandes calycinales
globuleuses, minuscules, de + 0,1 mm de long, non visibles de l’extérieur,
généralement solitaires à chaque sinus.
Pélales assez régulièrement elliptiques, ou elliptiques-oblongs, à
peine plus larges dans la partie inférieure, obtus, arrondis au sommet;
à nervation très nette, comprenant 3 nervures, la médiane n’atteignant
pas le sommet du pétale, les 2 latérales obliquant vers le centre du pétale
et se rejoignant sur la nervure médiane en dessous du sommet de celle-ci
(elles portent fréquemment de petites anastomoses obliques vers la base
et vers l'extérieur); aux nervures latérales correspondent intérieurement
deux larges saillies longitudinales. Pétales glabres, de 2-2,2 mm de long,
de + 1 mm de large, soudés à la base entre eux sur 0,4-0,5 mm de hauteur,
de couleur vert pâle jaunâtre, les nervures très visibles dans l'épaisseur
du limbe en rouge sombre sur le vif (en jaune après passage dans l'alcool).
Couronne d’un blanc pur, assez épaisse, atteignant ou dépassant à
peine le gynostège; tube haut de + 0,4 mm; dents deltoïdes, subaiguës,
entières, de 0,4-0,5 mm de long, de 0,3-0,35 mm de large à la base, séparées
par une partie un peu convexe et finement irrégulière,
Gynécée de 1,2 mm de longueur totale; ovaire oblong, de + 0,3 mm
de long; plateau stigmatique vert pâle, pentagonal, à angles arrondis,
de + 0,6 mm de diamètre, de 0,3-0,4 mm d'épaisseur, légèrement conique
au centre.
Élamine : plaque cornée à peu près aussi large que longue (+ 0,5 mm)
peu coriace, à bords + parallèles ou un peu divergents, à saillie médiane
externe se prolongeant vers le haut en pointe deltoïde, large, obtuse.
Membrane blanche, deltoïde, cordiforme, aiguë au sommet, de + 0,5 mm
de long, de + 0,35 mm de large, très mince, appliquée contre le plateau
stigmatique. Rélinacle oblong obtus au sommet, un peu rétréci dans la
partie inférieure et échancré légèrement à la base, de 0,15 mm de long.
Caudicules un peu obliques, insérés latéralement à la base du rétinacle,
étroits, s'élargissant fortement à l'insertion sur les pollinies. Pollinies
oblongues obtuses, arrondies aux deux extrémités, de 0,25-0,3 mm de
long.
Follicules et graines semblables à ceux de la variété type, de dimen-
sions un peu plus faibles; fruit de 4-5 cm de long.
En dehors de la localité type j'ai trouvé cette variété à 1 km au sud
d’Andramasina sur un affleurement rocheux en bordure de la route et
sur la paroi rocheuse d’Antsahatsaha visible à quelques kilomètres à
l'est d'Andramasina sur la rive droite de la rivière Sisaony. Il est très
probable que la variété imerinense croît sur toutes les parois rocheuses
sèches de la région d’Andramasina.
L'époque de la pleine floraison se situe en février, elle doit s'étendre
ébut février à fin mars, donc en avance par rapport à celle de la
compactum. Les stations où l’on trouve cette plante réunissent les
de
var
Source : MNHN, Paris
Razalndrabete Lémend
PI. 4. — Cynanchum decaisnianum : a, fleur entière X 10; b, couronne étalée vue de
l'extérieur X 5; 6, étamine vue de l'extérieur X 20. — C. implicatum: d, fleur
entière X 5; e, couronne étalée vue de l'extérieur X 10; /, étamine vue de l'exté-
rieur X 20. — C. mahafalense: g, fleur entière X 10; h, couronne étalée vue de
l'extérieur X 10; à, étamine vue de l'extérieur x 20.
Source : MNHN, Paris
— 325 —
conditions suivantes : pleine luminosité, fentes et anfractuosités de rochers
nus let secs, non suintants, sol peu épais, noirâtre, léger, relativement
hygrophile. Elle croît souvent en lisière des touffes de mousses et de
Graminées, en général non mêlée aux autres plantes; cependant dans les
stations particulièrement arides (paroi verticale d'Antsahatra, par exem-
ple) elle pousse au milieu des touffes de Graminées et Velloziacées 1,
Sa biologie diffère assez nettement de celle du Cynanchum compactum
qui préfère les sols sableux quartzitiques nettement plus humides et qui
fleurit plus tardivement. De plus les aires de répartition sont (à notre
connaissance) assez nettement distinctes.
Du point de vue morphologique les deux taxa se distinguent essen-
tiellement : par quelques différences de forme peu importantes (feuilles,
bractées, sépales, pétales) et surtout par une réduction générale de la
moitié ou du tiers des dimensions de tous les organes (tiges, sépales, pétales,
couronne, ete.…..). Enfin les caractères de port et de couleur de l'appareil
végétatif sont assez sensiblement distincts : le port n’est pas uniquement
dressé mais la plante, faible, se traîne dans sa partie inférieure sur
5-10 em avant d'émettre des ramifications qui se dressent, et l'absence
de cire sur les tiges leur laisse une teinte brun rouge foncé.
Ces caractères distinctifs dans leur ensemble se retrouvent conco-
mitants sur toutes les plantes que nous avons vues et dans les différentes
stations. Il semble bien que l'on soit en présence d’une vraie « variété »
et non d’une de ces multiples variations où variantes que la plupart des
auteurs ont enregistrées sur diverses Asclépiadacées. En effet, les varia-
tions observées portaient essentiellement sur la couronne, tandis que dans
le cas présent on constate des différences d’ordre morphologique (forme,
dimensions, couleur) et biologique (stations, floraison), constantes dans
leur présence et dans leurs rapports.
Cynanchum Decaisnianum B. Dese. -— Decanema bojerianum
Dene [27].
Cette espèce est assez bien connue [27; 11] pour qu'il ne soit pas utile
de reprendre sa description. Je préciserai seulement les caractères des
étamines.
Étamine : Plaque cornée de + 1,2 mm de long, de + 0,9-1 mm de
large, à bords un peu concaves et un peu divergents vers la base, à saillie
supérieure peu prononcée; membrane ovale arrondie au sommet, blanche,
très mince, dressée, de + 0,9 mm de large, de + 1,2 mm de long: rélinacle
de + 0,35 mm de long, ovale, en cône obtus au sommet (parfois échancré)
à bords latéraux en large courbe, atténué à la base obtuse arrondie;
caudicule de + 0,15 mm de long, longuement deltoïde, élargi à l'insertion
sur les pollinies, mince, réticulé-alvéolé; pollinies oblongues de + 0,4 mm
de long.
1. Dans ce cas le port de la plante est assez nettement modifié : les pieds sont
peu denses et les rameaux beaucoup moins nombreux s'élèvent séparément au milieu
des tiges des plantes auxquelles ils sont mêlés.
Source : MNHN, Paris
— 326 —
Du point de vue végétatif, cette espèce, commune, se caractérise
facilement par ses tiges longues, volubiles, vert foncé, régulièrement
striées longitudinalement et par son latex épais, jaune vif, abondant.
MATÉRIEL ÉTUDIÉ : Descoings 1002, Route Antanimora-Betroka,
au sud de cette dernière ville, — Descoings 2200, plaine de la Menarahaka,
à l’est d’Ihosy sur rocailles à xérophytes.
Cynanchum implicatum (Jum. et Perr.) Jum. et Perr.
Par son port et l'aspect de ses tiges, on peut facilement confondre
cette espèce avec le Cynanchum decaisnianum B. Desc. dont elle a les
rameaux vert sombre finement striés longitudinalement. Cependant les
fleurs mises à part, un caractère les distingue très facilement : le latex
du C. decaisnianum est épais, jaune vif et abondant, celui du C. impli-
calum fluide, presque incolore ou trouble et peu abondant.
En ce qui concerne la couronne de cette espèce, il convient de la
considérer comme formée de 5 lobes surmontés chacun de 3 filets longue-
ment deltoïdes, le médian étant le plus long. Fréquemment des ébauches
de filets surnuméraires apparaissent entre le médian et les latéraux,
montrant aussi dans cette espèce la grande variabilité de la couronne.
Les coloris des différentes pièces n'ont jamais été indiqués : tiges vert
sombre, parfois un peu rougeâtres, pédicelles vert jaunâtre, rougeâtres à
la base, sépales vert jaune, pétales extérieurement jaune verdâtre clair,
intérieurement jaune verdâtre plus vif rayé de rouge sombre, couronne
blanc pur, plateau stigmatique verdâtre.
Enfin, précisons les caractères de l’élamine : plaque cornée presque
inexistante du fait du grand développement du dissépiment reliant la
couronne à la colonne staminale, concave à sa limite supérieure avec
un bec médian, obtus, plié horizontalement, réduite en dessous à 2 bords
durcis hauts de + 0,1 mm et parallèles. Membrane très réduite, de
+ 0,5 mm de large, de + 0,1 mm de long, insérée sur la partie supérieure
de la plaque cornée, en général pliée et rabattue vers le bas et peu visible.
Rélinacle oblong ovale, arrondi-obtus au sommet, à plus grande largeur
au tiers inférieur, brusquement atténué dans la partie inférieure et obtus
à la base, de + 0,2 mm de long. Caudicule particulièrement long, de
+ 0,5 mm, étroit, épais, un peu rétréci à l'insertion sur le rétinacle, très
élargi à l'insertion sur la pollinie en empâtement deltoïde, mince, blanc,
réticulé alvéolé. Pollinie oblongue à bords irréguliers, de + 0,4 mm de
long.
Cynanchum mahañfalense Jum. et Perr.
On ne possède de cette espèce que des descriptions rapides et frag-
mentaires [33: 34; 11; 13] et aucune figuration. Seule sa couronne a été
étudiée dans le détail par CHoux (11).
Liane volubile grêle. Tiges cylindriques à peu près isodiamétriques,
de + 4-6 mm de diam. assez fortement épaissies aux nœuds et comprimées
Source : MNHN, Paris
— 327 —
latéralement (surtout les jeunes rameaux); articles courts, de 5-10 em
de long, un peu en zig-zag. Les jeunes rameaux et les bourgeons portent
une lâche pilosité de poils blancs, courts, dressés.
Feuilles en écailles bractéiformes, opposées sur les bourrelets nodaux,
longuement deltoïdes, ovales, à sommet atténué aigu, à bords irréguliers,
nettement carénées en V, peu épaisses, à peu près glabres, de + 2,5 mm
de long, de + 1,5 mm de large à la base; présentant à la base et intérieure-
ment 4-6 glandes jaunâtres, allongées fusiformes, de tailles très différentes.
Inflorescences latérales, insérées sur un très fort bourrelet latéral de
la tige; glabres ou très lâchement pileuses, comptant 3-5 fleurs; pédoncule
subnul ou masse pédonculaire peu distincte; bractées petites, + deltoïdes,
de 0,5-1 mm de haut et de large mais de forme et de taille assez variables.
La première fleur de l'inflorescence présente des caractères particu-
liers : le pédicelle est transformé en un axe court, de 2-3 mm, de long très
épais, jusqu’à 3 mm de diam., cylindrique, dressé, finement pubescent,
sans bractée à la base, portant au sommet le calice; les sépales sont
dressées verticalement, de + 2 mm de long, de + 1,5 mm de large, épais
et un peu carénés; la corolle se détache facilement et tombe séparément ;
le pédicelle lui-même, articulé, tombe assez vite et laisse une large cica-
trice. Il y a généralement une seule, parfois 2 fleurs de cette sorte sur
chaque inflorescence, toutes les autres fleurs répondent à la description
ci-après.
Fleur de 4-4,5 mm de long, de 3-3,5 mm de diam.; bouton floral
arrondi, subcylindrique, un peu rétréci dans la partie médiane et élargi
vers Ja base, aplati sur le dessus.
Pédicelle de 2,5-3,5 mm de long, de + 0,5 mm de diam., cylindrique,
nettement épaissi dans la partie supérieure, à pilosité lâche mais régulière.
Sépales ovales deltoïdes, obtus, épais mais amincis vers le sommet,
de + 1,5 mm de long, de -+ 0,9 mm de large, soudés entre eux à la base
sur + 0,3 mm, glabres sur les deux faces, présentant 3 nervures nettes
de même épaisseur, les latérales plus courtes et anastomosées vers la
base. Glandes calycinales étroites, allongées, subcylindriques, de + 0,2 mm
de long, jaunes, ne dépassant pas les sinus et non visibles de l'extérieur.
Pélales ovales oblongs, à plus grande largeur vers le milieu, régulière-
ment atténués vers le sommet obtus subaigu, soudés entre eux à la base
sur + 1,5 mm; les segments de 2,5-3 mm de long, de + 2 mm de large,
épais sur toute la longueur, glabres extérieurement, très densément
pileux à l’intérieur sur toute la surface, présentant 3 nervures fortes de
même épaisseur.
Couronne de + 3 mm de hauteur totale, simple non étagée, à 10 lobes
dont 5 grands oppositisépales subrectangulaires, un peu rétrécis vers le
milieu, irréguliers subdenticulés au sommet, de + 1,5 mm de long, de
2 0,6 mm de large; et 5 petits oppositipétales de -+ 0,8 mm de haut, de
ZE 05 mm de large, présentant deux dents oblongues deltoïdes, obtuses
Source : MNHN, Paris
— 328 —
ou subaiguës, de + 0,3 mm de long et + 0,25 mm de large 1. Couronne
lisse et plane extérieurement, présentant intérieurement de nombreux
épaississements: les grands lobes épaissis en large crête sur toute leur
longueur; petits lobes montrant en dessous des dents et jusqu’à la base
deux forts épaississements prolongeant les dents et s'élargissant vers la
base.
Élamine : Plaque cornée très réduite, de -- 1 mm de large, de +
0,2 mm de haut, à bords très courts parallèles à peine durcis, Membrane
cordiforme, largement arrondie subauriculée dans la partie inférieure,
deltoïde dans la partie supérieure, obtuse au sommet, à bords à peu près
réguliers de + 0,6 mm de haut, de + 0,8 mm de large. Rélinacle oblong,
allongé, étroit, à sommet obtus, à bords latéraux presque parallèles,
rapidement rétréci à la base et plan, de + 0,2 mm de long. Caudicules
obliques, droits et étroits, s’insérant sur les pollinies par un fort élargisse-
ment subdeltoïde mince, réticulé alvéolé, de 0,25-0,3 mm de long. Pollinies
oblongues, de + 0,5 mm de long.
Plateau stigmalique pentagonal, de + 0,5 mm d'épaisseur, de
+ 1,5 mm de diamètre, plan avec au centre un petit cône obtus très court.
Follicules amincis vers l'extrémité supérieure, de 5-6 em de long,
de + 1,1 em de large.
MATÉRIEL ÉTUDIÉ, — Descoings 1023, Environs de Tsihombé,
route d’Ampanihy. — Waterlot 575, Angavo, Tananarive.
Cynanchum sarcostemmoides K. Schum.— In Engl. Pflanzenw.
Ost-Afr., C : 323 (189).
Plante aphylle, grimpante, grêle, très ramifiée. Tiges cylindriques,
minces, de 1,5-2,5 mm de diam., atteignant de 10 à 40 em de long, à
nœuds non épaissis, glabres à l’état adulte et recouvertes d’une très
mince couche irrégulière de cire blanche. Tiges jeunes encore lâchement
et + régulièrement pileuses. Bourgeons courts, 2-5 mm de long, portant
une très dense pilosité blanche et montrant les jeunes écailles foliaires
nombreuses et pressées.
Feuilles réduites à des écailles deltoïdes, aiguës au sommet, assez
épaisses surtout dans la partie inférieure, de 1,7-2 mm de long, de 1-1,2 mm
de large à la base, glabres intérieurement, généralement + pubescentes
extérieurement; toujours régulièrement opposées sur les tiges et écartées
vers l'extérieur. A la base des écailles, intérieurement, se trouvent des
glandes en général au nombre de 4, dressées, de forme variable, longue-
ment coniques ou deltoïdes, subaiguës et comprimées, jaunâtres, de
+ 0,5 mm de hauteur.
1. La forme des lobes de la couronne est particulièrement variable si l'on en juge
par l'étude précise de Cnoux (11).
Source : MNHN, Paris
— 329 —
Rameaux florifères axillaires, naissant toujours à l’aisselle d’une
écaille foliaire, alternant les uns avec les autres, toujours disposés perpen-
diculairement à l’axe principal dont ils sont issus, très courts, de 1-3 mm
de long, cylindriques, peu ou non pubescents.
Inflorescences toujours terminales à l’extrémité des axes florifères
pauciflores 1, Pédoncule formé d’une masse informe arrondie ou cylin-
drique, de 1-3 mm de long, de 1-2 mm de diam., lächement pileuse.
Bractées régulièrement disposées à la base de chaque pédicelle (ou des
ébauches florales), deltoïdes, aiguës au sommet, épaisses dans la partie
inférieure, de 0,4-0,5 mm de long, de 0,5-0,6 mm de large à la base, glabres
intérieurement mais en général fortement pileuses extérieurement ?.
Bouton floral subcylindrique, pentagonal, nettement aplati sur le
dessus, de 1-1,5 mm de long. Pédicelle cylindrique, épaissi au sommet,
fortement courbé en crosse dans sa partie supérieure, de 3-4,5 mm de
long, de 0,3-0,4 mm de diam., glabre.
Calice à 5 segments deltoïdes, aigus, épais, glabres, étalés, de 0,5 mm
de large à la base, de + 0,3 mm de long, soudés entre eux sur + 0,15 mm;
présentant une nervure principale médiane arrêtée avant le sommet,
et deux latérales très courtes. Glandes calycinales oblongues, jaunâtre:
de + 0,1 mm de long, étroites, peu visibles de l'extérieur.
Pélales oblongs ovales, obtus au sommet et parfois un peu échancrés,
épais, glabres sur les deux faces, de + 2 mm de longueur totale, de
+ 0,9 mm de large, soudés entre eux à la base sur + 0,5 mm; présentant
une nervation nette avec une nervure médiane arrêtée avant le sommet
du pétale, et plusieurs latérales diversement anastomosées, se rejoignant
au sommet de la médiane.
Couronne ligulée, glabre, de + 1,2 mm de hauteur totale, comprenant
deux parties séparées par un léger resserrement; la partie inférieure en
tube court, de + 0,3 mm de haut, régulier, un peu convexe vers l'extérieur,
la partie supérieure droite, lisse, plane, pentagonale, haute de + 0,5 mm,
à bord supérieur droit finement irrégulier et surmonté au milieu de chaque
côté du pentagone par une dent oppositisépale, oblongue, deltoïde, obtuse,
subaiguë, de 0,35-0,4 mm de long, de + 0,3 mm de large à la base, forte-
ment inclinée vers le gynostège. Ligule située à l’intérieur de la partie
médiane des côtés du pentagone coronaire, oblongue, à plus grande largeur
vers le tiers inférieur, puis rétrécie régulièrement vers le haut, se prolon-
geant dans les dents de la couronne, sans les dépasser, de + 0,4 mm de
1. Le pédoneule floral porte 4-7 bractées correspondant soit à des ébauches
florales visibles, soit à des fleurs déjà tombées; le fait que l’on ne trouve presque tou-
jours qu’une seule fleur bien développée sur chaque inflorescence semble indiquer que
les fleurs apparaissent les unes après les autres, l'une se développant à partir d'une
ébauche (visible) lorsque la précédente est prête à tomber ou déjà tombée.
2. La pilosité que l'on trouve sur les différents organes de la plante (bract
pédoneules, écailles foliaires, tiges) est constituée par des poils simples, blancs, droits
où courbés, flexueux, obtus au sommet, de 0,2-0,4 mm de long, pluricellulaires, à paroi
peu épaisse, finement et irrégulièrement echinulée à l'extérieur,
Source : MNHN, Paris
ur
mn aimé
Rovafinehekite Edmond
5. — Cynanchum sarcoslemmoides : a, rameau fleuri X 1/2; b, fleur entière x 10;
6, fleur sans périanthe X 10; d, couronne étalée vue de l'intérieur X 15; e, étamine
vue de l'extérieur X 20. — C. nodosum: f, rameau fleuri * 1/2 : g, fleur entière
x 10; couronne étalée vue de l'extérieur X 15; à, h, étamine vue de l'extérieur
X 20. — C. Perrieri: j, fleur entière, un pétale étant coupé X 5: k, couronne étalée
vue de l'extérieur X 5; /, étamine vue de l'extérieur X 20.
PI.
Source : MNHN, Paris
— 331 —
large au maximum et + 0,7 mm de long. Ligules et dents coronaires sont
oppositisépales.
Élamine : plaque cornée très courte, de + 0,3 mm de long, de +
0,5 mm de large, à bords un peu convergents vers le bas, faiblement
convexe extérieurement. Membrane en deux parties : une inférieure
aussi large que la plaque cornée, droite et verticale, séparée de la supé-
rieure par 2? fortes échancrures latérales; partie supérieure arrondie sub-
deltoïde, obtuse arrondie au sommet, de + 0,5 mm de large, de -- 0,4 mm
de long, rabattue complètement contre le plateau stigmatique, les bords
un peu recourbés intérieurement. Rélinacle de + 0,15 mm de long, de
forme très caractéristique, presque aussi large que long, subhexagonal,
à côtés de forme et de taille différentes : sommet large, droit, fortement
échancré au milieu, côtés latéraux supérieurs droits, longs, largement
divergents vers la base, côtés latéraux inférieurs nettement plus courts,
un peu concaves et convergents vers la base, côté basal large, un peu
arrondi. Caudicule court, de + 0,1 mm, étroit, inséré à la base des côtés
latéraux inférieurs du rétinacle, fortement élargi deltoïde au point
d'insertion des pollinies. Pollinie oblongue, de + 0,4 mm de long.
Plaïeau sligmatique pentagonal, de + 0,8 mm de diam., plat, de
+ 0,2 mm d'épaisseur, avec au centre un cône très court arrondi.
Fruit non vu.
Cette espèce se caractérise facilement par différents éléments végé-
tatifs et floraux : ses rameaux grêles à bractées florales relativement
grandes, ses bourgeons courts densément pileux, ses rameaux florifères
très courts, perpendiculaires à l’axe principal et alternant sur cet axe;
ses inflorescences paraissant uniflores, les pédicelles courbés en crosse,
les fleurs très petites, la couronne droite à bord supérieur rectiligne, à
dents nettes et courbées vers l’intérieur, à ligules relativement petites,
les rétinacles de forme spéciale.
Par la taille de sa fleur et l'aspect extérieur de la couronne, elle rap-
pelle beaucoup le Cynanchum compactum Choux, dont elle se distingue
d’ailleurs par tous ses autres caractères. La présence d’une ligule la classe,
dans le groupe des Cynanchum à couronne ligulée et aux côtés du Cynan-
chum menarandrense Jum. et Perr. Mais elle se sépare de cette dernière
espèce par la taille des pétales, la forme des lobes coronaires, de la ligule
et du stigmate.
C. sarcoslemmoides, connue depuis longtemps en Afrique orientale
n'avait pas encore à ma connaissance été signalée à Madagascar. J'en ai
vu deux échantillons provenant de localités très éloignées :
Descoings 720, delta du fleuve Mangoky (Sud-ouest) station agricole
d’Antanandava, dans les buissons de la forêt tropicale, sol sablonneux,
mai 1955 (f1.). — Humblot 1114, Mayotte.
Cynanchum nodosum (Jum. et Perr.) B. Desc. — Mahafalia nodosa
Jumelle et Perrier.
Source : MNHN, Paris
— 332 —
On ne connait de cette espèce que la diagnose très succincte qu’en
ont donnée JUMELLE et Perrier (31), et elle n’a été nulle part figurée.
Tiges grimpantes, noueuses, épaisses, de 4-10 mm de diam., cylin-
driques, très fortement épaissies aux nœuds, très ramifiées, glabres,
recouvertes d’une couche de cire blanche, épaisse, craquelée : les articles
souvent très courts sur les ramifications, n’atteignent parfois pas plus
de 1 cm de long.
Feuilles réduites à l’état d’écailles bractéiformes, très vite caduques,
deltoïdes, ovales ou <- oblongues, obtuses au sommet, arrondies vers le
bas, épaisses, glabres, de - 2 mm de long, de + 0,8 mm de large.
Inflorescences nombreuses, latérales, généralement alternes pauci-
flores ; pédoncules en masses informes épaisses, courtes ; bractées oblongues
deltoïdes, de 0,2-0,3 mm de long, épaisses, glabres.
Boulon floral conique, à plus grande largeur vers le tiers inférieur,
en cône au-dessus, rétréci à la base, de + 3,5 mm de longueur totale,
de + 3 mm de diam. Pédicelle cylindrique, un peu épaissi dans la partie
inférieure, droit ou + courbé, glabre, de 2-3 mm de long, de + 0,5 mm
de diam.
Sépales vert foncé, deltoïdes allongés, rétrécis et effilés, aigus au som-
met, peu épais, de + 1 mm de long, de + 0,5 mm de large à la base,
glabres à nervation irrégulière anastomosée dans la partie inférieure.
Glandes calycinales jaunâtres, épaisses, deltoïdes allongées, obtuses,
de + 0,4 mm de long, dépassant un peu le sinus sépalaire et visibles de
l'extérieur.
Pélales vert clair, ovales elliptiques, largement obtus, peu épais,
glabres, papilleux intérieurement, de 3-3,5 mm de long, de + 1,8 mm de
large, soudés entre eux à la base sur + 1 mm; nervure médiane nette,
de nombreuses nervures latérales anastomosées et peu régulières.
Couronne blanche, complexe, de + 2 mm de hauteur totale, plus
basse que les pétales, de + 2,2 mm de diam., peu épaisse, glabre. La
partie inférieure comporte 5 gibbosités externes, larges, deltoïdes, sur-
montées par une dépression nette, La partie supérieure, haute de 1-1,2 mm
est formée de 10 lobes. Cinq grands lobes fortement concaves vers le
centre à bords latéraux repliés vers l’intérieur et de plus en plus vers le
haut, et en même temps inclinés sur le gynostège (l’ensemble vu de dessus
présente un aspect radié caractéristique laissant au centre un passage
circulaire pour le stigmate); chacun des lobes est séparé de ses voisins
par une zone presque plane; étalés, ils sont longs de + 0,3 mm, larges
+ 1 mm, rectangulaires, divisés sur 0,2 mm dans la partie supérieure en
deux dents larges, deltoïdes, irrégulièrement denticulées, nettement
distinctes. Cinq petits lobes, fortement repoussés vers le centre de la fleur
par les grands lobes, convexes vers l’intérieur, plaqués horizontalement
sur les anthères; étalés, ils sont arrondis subdeltoïdes, à bords irréguliers,
de + 0,8 mm de large, de 0,15-0,2 mm de haut. Ils portent de plus
Source : MNHN, Paris
— 333 —
intérieurement une ligule réduire, de + 1,2 mm de long, de + 0,9 mm de
large, arrondie, subtronquée dans la partie supérieure, à bords latéraux
droits ou un peu concaves, rétrécie parfois dans la partie médiane et un
peu plissée, se terminant dans la partie inférieure en deux pointes diver-
gentes. Les grands lobes sont oppositipétales, les gibbosités de la partie
inférieure situées directement sous les grands lobes ont la même orienta-
tion ; les petits lobes portant intérieurement les ligules sont alternipétales.
Élamine : Plaque cornée oblique, de + 0,7 mm de hauteur, de + 1 mm
de large à la base, de + 0,7 mm de large au sommet, portant une forte
saillie arrondie un peu allongée vers le bas. Membrane ovale subcordée,
deltoïde dans la partie supérieure, un peu irrégulière au sommet, trans-
lucide, très mince, blanche, de + 0,5 mm de large, de + 0,6 mm de long
plaquée contre le stigmate. Rélinacle oblong elliptique, arrondi au som-
met, obtus ou subplan à la base, présentant 2 pans coupés latéraux dans
la partie inférieure, de + 0,2 mm de long. Caudicule large, court, trapé-
zoïdal, de 0,15-0,20 mm de long. Pollinie pyriforme, rétrécie vers la partie
supérieure étroite et courbée, largement arrondie dans la partie inférieure,
de 0,35-0,4 mm de long, de + 0,2 mm de large.
Stigmale formé de deux parties : un plateau pentagonal, de Æ 1 mm
de diamètre, de + 0,4 mm d'épaisseur, légèrement convexe sur ses deux
faces, avec sur le dessus 5 petites saillies pyramidales très nettes au-dessus
des rétinacles; au milieu du plateau un cylindre isodiamétrique, de
+ 0,4 mm de diam. de longueur variable, 0,3-0,7 mm 1, entaillé au som-
met par une encoche en V peu profonde mais très nette. Le plateau
stigmatique est en dessous du niveau supérieur de la couronne (dans sa
position normale) et le sommet cyclindrique la dépasse très légèrement.
Follicules non vus.
MATÉRIEL ÉTUDIÉ : Descoings 1649, Environs d’Ambovombé, route
d'Ifotaka, Descoings 2492. — près du la Ihodo, Sud-Est de Tsihombé. —
Descoings 770, environs du Cap Sainte-Marie. — Descoings 2328, entre la
Table et Saint-Augustin, près de Tuléar. — Decary 3575, Ambovombé. —
Bosser 201, Efoetsy, Bosser 4153, Ifotaka (Anarafaly) Mandraré.
Par l’aspect de sa couronne cette espèce rappelle le Cynanchum radia-
lum Jum. et Perr., mais elle s’en distingue facilement par un caractère
qui lui est particulier, la présence des lobes les plus petits en face des
sépales et supportant les ligules alors que chez C. radiatum les ligules
sont oppositisépales mais portées par les lobes les plus grands. C’est
d’ailleurs ce caractère qui avait servi à JUMELLE el PERRIER pour créer
le genre Mahafalia.
Du point de vue végétatif, c'est une plante, assez commune, forte,
reconnaissable à ses tiges épaisses, noueuses, très ramifiées.
1. Sur les spécimens desséchés, ce cylindre s'atténue beaucoup; de plus sa longueur
semble normalement variable, ce qui expliquerait les termes de la diagnose stigmato
fere plano.
Source : MNHN, Paris
Raxelndreole Lémona
PI. 6. — Appareil pollinique, un caudicule étant coupé : a, C. ampanihense. — b,
C. compactum. — €, C. compactum var. imerinensis. — d, C. decaisnianum. —
€, C. implicatum. —f, C. mahafalense, — g, C. sarcostemmoïdes. — h, C. nodosum.
i, C. Perrieri.
Source : MNHN, Paris
— 335 —
Cynanchum perrieri Choux.
Cette espèce assez fréquente a été bien décrite en diverses pages
[11-13] par CHoux qui a également donné une photo d’un rameau fleuri
de cette plante.
L'aspect de cette espèce est assez caractéristique et ses inflorescences
la font facilement reconnaître. Nous donnerons seulement les détails
figurés de la fleur et quelques précisions sur l'appareil pollinique.
Rélinacle de + 0,2 mm de long, dans la partie supérieure ovale
cunéiforme, échancré, bilobé au sommet: dans la partie inférieure régu-
lièrement atténué, assez profondément bilobé à la base; caudicule de +
0,2 mm de long, largement deltoïde ou subparallélipipédique, entière-
ment mince, blanc, réticulé alvéolé; pollinie de + 0,5 mm de long,
ovale oblongue.
MATÉRIEL ÉTUDIÉ : Bosser 8015, Pk 140 route Majunga, rocher,
avril (f1.); Bosser 9173, entre Ambalavao et Ihosy, rochers, tiges aphylles
dress 1-1,6 m, fleurs verdâtres à couronne blanche, févr. (f1.). — Decary
5641, Pic d’Ivohibé, sept.; Decary 7731, Ambohimalaza, mars (f1.).
Folotsia madagascariense (Jum. et Perr.) B. Desc. — Prosopos-
lelma madagascariense Jum. et Perr.
Liane aphylle; rameaux atteignant 1 em de diam.; écorce lisse, vert
pâle: latex blanc.
Fleur de + 4 mm de long avant l’anthèse. Pédicelle de 5-7 mm de
long, cylindrique, de 0,3-0,4 mm de diam., un peu épaissi dans la partie
supérieure et nettement à la base, lâchement et irrégulièrement pileux
surtout dans la partie inférieure.
Calice à segments oblongs ovales, cunéiformes dans la partie supé-
rieure et aigus, de 1-1,2 mm de long, de 0,6-0,7 mm de large, soudés entre
eux à la base sur 0,1-0,2 mm de hauteur, glabres intérieurement, lâche-
ment pubescents à l'extérieur, assez épais, arqués, à nervures nombreuses
+ parallèles et anastomosées entre elles. Glandes calycinales oblongues
fusiformes, de +0,15 mm de long, ne dépassant pas le calice ou à peine.
Pélales de couleur brun jaune, oblongs, cunéiformes dans la partie
supérieure, obtus subaigus parfois un peu échancrés au sommet, de
3,5-3,8 mm de long dépassant un peu la couronne, de 1,5-1,7 mm de
large, soudés entre eux à la base sur + 0,7 mm de hauteur, glabres, peu
épais, complètement rabattus vers l'extérieur à l'anthèse et à bords très
minces un peu enroulés dorsalement 1, à nervation assez fine, comprenant
une nervure médiane forte et plusieurs nervures latérales, minces, anas-
tomosées.
1. La position des pétales à l'anthèse donne à la fleur un aspect très particulier
et facilement reconnaissable,
22
Source : MNHN, Paris
— 336 —
Couronne blanche simple, formée d’un tube + nettement pentagonal
de + 1,8 mm de hauteur, surmonté de 5 lobes de 1,5-1,8 mm de long,
de + 1,7 mm de large à la base, ovales deltoïdes avec un brusque rétré-
cissement en pointe aiguë vers le sommet, blanchâtres, minces, + trans-
lucides, glabres, dressés, dépassant légèrement le gynostège.
Colonne staminale simple, insérée à la base de la corolle sur la même
ligne que la couronne, haute de + 2 mm, de + 0,5 mm de diam., peu
épaisse, brillante extérieurement avec des lignes longitudinales plus
sombres.
Élamine : plaque cornée de + 0,6 mm de long, de + 0,7 mm de
large, à bords un peu divergents vers la base, la partie médiane presque
plane, sauf vers le bas où elle est nettement saillante et arrondie et la
crête médiane supérieure nettement trifide; membrane de l’anthère del-
toïde cordée, aiguë au sommet, à plus grande largeur près de la base
nettement rétrécie en dessous, de + 0,7 mm de long et de large, dressée
ou plaquée sur le plateau stigmatique; rélinacle de + 0,2 mm de long,
à sommet large échancré, à côtés arrondis, brusquement rétréci dans
la partie inférieure, puis atténué en dessous en bec large arrondi à la base;
caudicule de + 0,2 mm de long, assez régulièrement élargi du rétinacle
vers la pollinie, à surface entièrement et finement réticulée alvéolée;
pollinie de + 0,45 mm de long, oblongue fortement comprimée latérale-
ment.
Plateau stigmalique de + 0,7 mm de diam., de 0,2 mm d'épaisseur,
pentagonal fortement concave dans la partie médiane avec au centre
un cône arrondi présentant 5 fortes saillies arrondies sur lesquelles s’insè-
rent les rétinacles et qui sont surmontées d’un petit bec net.
Sarcostemma decorsei Cost. et Gall.
“Plante aphylle lianoïde grimpante très ramifiée. Tiges atteignant
50-100 em de longueur, cylindriques, ayant jusqu'à 4 mm de diam.
s’amincissant de la base vers l'extrémité, à nœuds faiblement marqués,
charnues, de teinte glauque.
Feuilles réduites à des écailles bractéiformes, ovales deltoïdes ou
+ cordiformes, biauriculées dans la partie inférieure, terminées en une
large pointe deltoïde aiguë, de + 2 mm de longueur totale, de + 1 mm
de large vers la base, minces, généralement glabres, assez rapidement
caduques, visibles sur les jeunes tiges.
Inflorescences nombreuses, pauciflores, ayant de 4 à 10 fleurs; pédon-
eule subnul réduit à une très courte masse informe; bractées ovales
deltoïdes obtuses, de + 0,5 mm de long, peu épaisses, groupées en grand
nombre sur la masse pédonculaire. Pédoncule en général + lâchement
recouvert d’une pilosité blanche, courte, frisée, parfois également présente
à la base ct au sommet du pédicelle et sur les nœuds des tiges.
Source : MNHN, Paris
— 337 —
Fleur de + 2,5 mm de long. Pédicelle de 4-8 mm de long, grêle,
de + 0,5 mm de diam., cylindrique, s’épaississant régulièrement vers le
calice, droit, glabre ou parfois lâchement pileux à la base.
Calice à segments ovales deltoïdes, obtus au sommet, de + 0,5 mm
de long, de + 0,5 mm de large à la base, un peu soudés entre eux à la
base, épais, glabres, plaqués contre la corolle. Glandes calycinales allon-
gées, cylindriques, obtuses, de + 0,1 mm de long, solitaires (ou par deux
selon certains auteurs) dans les angles du calice.
Corolle à segments oblongs, obtus subaigus, un peu échancrés au
sommet, de 2-2,5 mm de long, de + 2 mm de large à la base, soudés à la
base entre eux sur 0,5-0,7 mm, minces, glabres, à nervation très fine
visible par transparence.
Couronne externe formée d’un bourrelet circulaire, large de + 0,3 mm,
+ distinctement pentagonal avec de très légers reliefs irréguliers et aux
angles (opposés aux sépales) un mamelon plus net formant une sorte
de dent courte épaisse obtuse; couronne peu épaisse, glabre, plaquée
et soudée à la corolle, soudée intérieurement à la base de la colonne sta-
minale.
Couronne inlerne constituée de 5 lobes libres entre eux, dressés
allongés, obtus au sommet, de + 2 mm de large, de + 0,8 mm de long,
renflés en sacs arqués vers l'extérieur, libres sur la moitié supérieure,
soudés dans la partie inférieure à la base des plaques cornées de la colonne
staminale et plus bas à la couronne externe; lobes glabres, épais, charnus,
atteignant le niveau supérieur du gynostège et parfois le dépassant un peu.
Élamine : plaque cornée à bords latéraux fortement divergents vers la
base, légèrement convexe dans sa partie médiane, de + 0,5 mm de
hauteur, de 0,4-0,6 mm de large; membrane de l’anthère oblongue, cordée
aiguë dans la partie supérieure, de + 0,4 mm de long, de + 0,2 mm de
large, mince, translucide, plaquée sur le stigmate ; rélinacle de + 0,15 mm
de long, court, suboblong, arrondi, échancré au sommet, présentant un
peu en dessous du milieu deux pans coupés convergents vers la base qui
est arrondie obtuse; caudicules de + 0,1 mm de long, à insertion épaisse
et large sur le rétinacle, à bras comprenant une partie droite, nette,
épaisse, étroite et une partie inférieure blanche, mince, réticulée alvéolée,
à insertion sur la pollinie très large épaisse et arrondie; pollinie de +
0,4 mm de long, oblongue pyriforme, arrondie à la base, à plus grande
largeur dans la partie inférieure, insérée sur le caudicule à son extrémité
supérieure,
Plateau sligmalique peu épais, concave, pentagonal, présentant
cinq fortes saillies arrondies situées à l'intérieur de l'insertion des réti-
nacles; au centre un stigmate cylindro-conique, Æ bilobé, de + 0,1 mm
de haut.
Follicule très long, ayant jusqu’à 16 cm, étroit, de + 3 mm de diam.,
glabre et lisse extérieurement. Graine oblongue étroite, de + 4 mm
22%
Source : MNHN, Paris
PI. 7. — Sarcostemma insigne : a, bouton floral X 10; b, fleur ouverte X 10; €, appa-
reil pollinique; d, étamine vue de l'extérieur X 20; e, fleur sans la corolle X 15.
de long, de + 1 mm de large, arrondie à son extrémité libre, un peu
rétrécie vers l’autre extrémité, portant une aigrette de poils blancs
denses de 2-3 cm de long.
MATÉRIEL ÉTUDIÉ : Decary 9166, Ambovombé, fleur jaune verdâtre,
sable, août (fl. fr.). — Descoings 1033, Gorges du Fiherenama, calcaire,
abondante, juil. (f1.).— Perrier 18678, Entre Ampanihy et Ampotaka,
juin (f1.).
Sarcostemma insigne (N. E. Br.) B. Desc. — Platykeleba insignis
N. E. Br.i.
Plante basse à port dressé buissonnant très lâche ?. Tiges nombreuses,
dressées ou procumbantes, ramifiées, atteignant 30-35 cm de long, souvent
beaucoup plus courtes; articles de 3-9 em de long, les supérieurs étant
les plus longs, nœuds fortement marqués par deux forts bourrelets opposés
sur lesquels s’insèrent les écailles foliaires.
Tiges cylindriques, de 2,5-3,5 mm de diam., finement striées longi-
tudinalement, entièrement glabres, de couleur variable selon l’ensoleille-
1. Cette description a été faite sur des plantes récoltées dans la localité type.
2. Le port rappelle un peu celui du Cynanchum compactum, mais les tiges sont ici
plus grêles et de tailles très différentes les unes des autres. BARON indique » arbuste sans
feuille »! ce qui est un peu exagéré pour une plante aussi grêle de 40 em de longueur
{non de hauteur moyenne.
Source : MNHN, Paris
— 339 —
ment, de vert très pâle à rougeâtre foncé, à stomates nombreux entourés
d’un cercle de cire blanche épaisse, disposés régulièrement dans les stries;
les vieilles tiges recouvertes d'une très épaisse couche de cire blanche
craquelée. Latex blanc assez épais.
Feuilles réduites à des écailles ovales deltoïdes aiguës, dorsalement
nettement carénées, de + 1 mm de long, + 0,9 mm de large, glabres,
de couleur vert rosé,
Inflorescences subaxillaires, comptant de 2-4 fleurs, parfois relative-
ment nombreuses vers l'extrémité des tiges les plus longues; pédoncule
réduit à une masse informe très courte sur laquelle s’insèrent les pédi-
celles; bractées ressemblant aux écailles foliaires, deltoïdes aiguës,
épaisses, de + 0,5 mm de long, de + 0,7 mm de large, glabres, recouvertes
d'une mince couche de cire.
Fleur très jolie, relativement grande, jusqu’à 15 mm de diam. Bouton
floral pentagonal, à peu près plat sur le dessus, sauf une légère convexité
au milieu, les angles du pentagone un peu relevés, en dessous arrondi
convexe; à préfloraison valvaire. Pédicelle de 4-5 mm de long, cylindro-
conique, nettement épaissi vers le haut, de 0,6-0,8 mm de diam., glabre,
de couleur brun clair verdâtre, présentant de nombreux stomates.
Sépales plaqués contre la corolle, libres entre eux, oblongs, ovales,
subaigus au sommet, de + 1,5 mm de long, de + 0,6 mm de large, assez
épais, sauf sur les bords très minces et translucides, glabres, de couleur
vert + rougeâtre. Glandes calycinales oblongues coniques, de + 0,2 mm
de long, blanchâtres, en nombre variable.
Corolle campanulée rotacée, en coupe large de 1,2-1,5 cm de diam.,
extérieurement à fond blanc verdâtre ou un peu rougeâtre veiné de rouge
sombre, intérieurement à fond blanc verdâtre parcouru par un réseau
régulier de larges veines, se détachant très nettement en rouge foncé.
Lobes corollaires largement deltoïdes, aigus subobtus à pointe recourbée
vers l'extérieur, de + 0,6 mm de large et + 3,5 mm de long. Corolle
largement ouverte en coupe haute + 4 mm, glabre, peu épaisse.
Couronne exlerne de couleur verdâtre, brièvement cupuliforme +
pentagonale, courtement 5-lobée, presque horizontale, mince, glabre, de
+ 3 mm de diam., soudée dans sa partie centrale à la corolle; les angles
du pentagone parfois en petits lobes nettement deltoïdes, oppositisépales
Couronne interne, de couleur jaune clair, formée de 5 hautes demi-
coupes, de + 1 mm de haut, de + 0,7 mm de large, soudée sur la face
ventrale aux filets staminaux et à la base à la couronne externe, et
déterminant sur celle-ci 5 cavités généralement remplies d’un liquide
limpide épais.
Étamine: plaque cornée faiblement indurée, de + 1 mm de large,
de + 0,7 mm de long; membranes minces translucides, ovales lancéolées
de + 0,6 mm de long, de + 0,4 mm de large, plaquées contre le stigmate;
rélinacle brun, de + 0,2 mm de long, grossièrement pentagonal, à plus
Source : MNHN, Paris
— 340 —
grande largeur vers le tiers inférieur, obtus au sommet, obtus arrondi à la
base; caudicules de + 0,15 mm de long, tétragonales, largement évasées
à l'insertion sur les pollinies, entièrement réticulées-alvéolées, épaisses
et brunies dans la partie supérieure; pollinies oblongues, de + 1,2 mm de
long.
Ovaires blanchâtres, de + 1 mm de long.
Plateau stigmatique pentagonal avec des saillies nettes devant les
rétinacles et au centre un stigmate rostré, cyclindro-conique, bifide,
de + 0,5 mm de long.
Cette espèce semble assez étroitement localisée sur les rocailles
cristallines de la région de Tananarive dans un rayon d’une centaine de
kms. Commune dans la localité où elle a été primitivement découverte
(Mont Antongona), elle serait rare ailleurs. C’est une plante grasse fine
et délicate présentant l’avantage d’une floraison relativement abondante
et colorée, ce qui n’est pas toujours le cas des nombreuses autres Ascle-
piadacées aphylles.
MATÉRIEL ÉTUDIÉ : Bosser 5267, Ambatolampy bas fonds, févr. (f1.).
— Decary 7336, près d'Ankazobé mars (f.); Decary 7691, près d'Anka-
zobé mars (f1.). — Descoings 3231, Mont Antongona, environ de Tana-
narive, sur rochers, avril (f1.).
Liste DES TAXA CITÉS
(Les synonymes sont en italiques)
Cynanchum L.
— ampanihense Jum. et Perr.
— bojerianum (Dene) Choux.
— compactum Choux.
— compactum var. imerinense B. Desc.
— decaisnianum B. Desc.
— humbertii Choux.
— implicatum (Jum. et Perr.) Jum. et Perr.
ee luteifluens (Jum. et Perr.) B. Desc.
— madagascariense K. Schum.
— madecassum B. Desc.
— mabhafalense Jum. et Perr.
— messeri (Buch.) Jum. et Perr.
— nodosum (Jum. et Perr.) B. Desc.
_— perrieri Choux.
— sarcostemmoides K. Schum.
Decanema Dene.
— bojerianum Dene.
— grandiflorum Jum. et Perr.
— luteifluens Jum. et Perr.
Decanemopsis Cost. et Gallaud.
aphylla Cost. et Gallaud.
Source : MNHN, Paris
— 341 —
Drepanoslemma Jum. et Perr.
— luteum Jum. et Perr.
Folotsia Cost. et Bois.
— aculeatum (B. Desc.) B. Desc.
— floribundum B. Desc.
- grandiflorum (Jum. et Perr.) Jum. et Perr.
— madagascariense (Jum. et Perr.) Jum. et Perr.
— sarcostemmoïdes Cost. et Bois.
Mahafalia Jum. et Perr.
— nodosa Jum. et Perr.
Plaiykeleba N. E. Br.
— insignis N. E. Br.
Prosopotelma H. Bn.
— aculeata B. Desc.
æ grandiflorum Choux.
— madagascariense Jum. et Perr.
Sarcostemma aphyllum Schult.
— decorsei Cost. et Gallaud.
— implicalum Jum. et Perr.
# insigne (N. E. Br.) B. Desc.
— madagascariense B. Desc.
Voharanga Cost. et Bois.
— madagascariensis Cost. et Bois.
Vohemaria Buchenau.
— implicata (Jum. et Perr.) Jum. et Perr.
— messeri Buch.
BIBLIOGRAPHIE
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Ju
Source : MNHN, Paris
LES PHYSACANTHUS (ACANTHACÉES)
DU MUSÉUM DE PARIS
PHYSACANTHUS LUCERNARIUS,
ESPÈCE NOUVELLE DU GABON
par Nicolas HALLÉ
Le genre Physacanthus Benth. 1876 (— Haseloffia Lindau 1897)
se compose d’un petit nombre d'espèce de l'Afrique tropicale. Ce sont
de petites herbacées hautes de 6-30 cm env., rampantes ou redressées.
Elles habitent des lieux humides et ombragés tels que pentes ou sommets
arrosés, talus inondables ou marais.
Le genre se caractérise par un long calice tubulaire à cinq dents
égales. Le tube de la corolle est long et très étroit; dressé il dépasse
le calice puis se coude de façon sinueuse très caractéristique au niveau
de l’androcée; ce dernier comprend 4 étamines brèves à connectif pubes-
cent + apiculé, et un staminode linéaire pubescent inséré dorsalement
presque au même niveau ; la corolle se termine par 5 lobes étalés subégaux,
obovés et souvent échancrés au sommet. Le fruit est une longue capsule
prismatique. 6-14 graines superposées en ? rangées et retenues par des
crochets funiculaires. L'inflorescence terminale est pauciflore ou plu-
riflore.
Deux des espèces connues sont représentées au Muséum par d’abon-
dantes récoltes :
Physacanthus nematosiphon (Lindau 1909) Rendle et Britten
1909 : Guinée Fr., Nzérékoré, Jacques-Félix 960 (f1. juin). — Côte d'Ivoire,
bassin du Cavally, A. Chevalier 19255, 19670 (f1. juin-juill.). — Cameroun,
riv. Benito, Bates 593 (f1. déc.). — Gabon, Monts de Cristal, N. Hallé 819
(fl. août). — Espèce citée du Libéria (Hutch. et Dalz.).
Physacanthus batanganus (J. Braun et K. Schum. 1889) Rendle
et Britten 1909, — Haseloffia leucophthalma Lindau 1897, — Physacanthus
+ inflalus C. B. Clarke 1899 : Côte d'Ivoire, bassin du Cavally, A. Chevalier
19373, 19540, 19570, 19691, 19705 (fl. juill.); entre moyen-Sassandra et
moyen-Cavally, A. Chev. 19255 bis (fl. juill.); Assinie, M. Chup s. n. —
Cameroun, Bipinde, Zenker 987; Bidjoka. Hédin B. 3 (fl. août); Lolodorf,
Annet 228 (fl. juin). — Gabon, Monts de Cristal, N. Hallé 849 (f. août);
haute Ngounyé, forêt des Echiras, Le Testu 5072 (11. nov.). — Congo Fr.,
Niari, Thollon 1100; pays Batéké, A. Chev. 27495 (1. juill.). — Congo B.,
Yangambi, Jean-Louis 11196. — Espèce citée du S Nigéria (Hutch. et
Dalz.).
Source : MNHN, Paris
PI. 1. — 1 à 5, Physacanthus lucernarius N. Hallé (N. H. 707) : 1, sommité florifère;
2, corolle de face; 3, coupe longitudinale de la fleur (calice long de 40 mm); 4,
coupe d’une portion du tube de la corolle au niveau de l'androcée; 5, ovaire en
coupe longit. — 6 à 8, Ph. batanganus (N. Hallé 849) : 6, sommité florifère; 7,
corolle de face; 8 coupe longit. de la fleur (calice long de 22 mm). — 9 à 12, Ph.
nemaiosiphon (N. Hallé 819) : 9, sommité florifère; 10, corolle de face; 11, coupe
longit. de la fleur (calice long de 20 mm); 12, diagramme d'inflorescence uniflores
montrant la position du staminode et des préfeuilles par rapport à l'axe. — D'après
dessins in vivo au Gabon.
Source : MNHN, Paris
— 345 —
Il convient de remarquer que les échantillons du Cameroun diffèrent
variétalement des autres par leur taille plus haute et leurs feuilles plus
longuement elliptiques presque lauriformes.
Deux autres espèces ne nous sont connues que par leurs descriptions,
ce sont :
Physacanthus talbotii S. Moore 1913, du S Nigéria, Oban, Talbot
972 (K).
Physacanthus cylindricus C. B. Clarke 1899, du Gabon, Monts de
Cristal, Mann 1669, 1670 (K).
L'espèce dont la description suit est nouvelle; nous l'avons vue pour
la première fois à la Nkoulounga au Gabon en 1959. Un petit peuplement
de cette plante fleurissait. près d’un ruisseau dans une brousse secondaire
épaisse à Marantacées, Zingibéracées et Okoumés plantés. Des échan-
tillons ont été photographiés puis dessinés. Malheureusement un petit
lot de mes récoltes a brûlé lors du séchage avec les précieux spécimens.
Les efforts d’un ami pour retrouver la plante au même endroit l'an,
suivante ont été vains. Il m’a fallu pour retrouver cette belle espèce
en herbier, la chance d'un rangement fructueux dans nos collections
du Muséum.
Physacanthus lucernarius N. Hallé sp. nov.
Herba pubescentia caule simplici erecta 15-80 cm alta. Folia in totum
pubescentia; petiolum 8-30 mm longum. Lamina elliptica sublanceolata
5-20 cm longa, 1,8-6 cm lata, basi cuneata, marginis sinuosis vel dentatis.
Nervi laterales (7)9-10 (12) ab utroque latere. Inflorescentia terminalis
breviter racemosa, pubescentia, (1)4-7(9) floribus. Bracteolae sublineares
acutae, 4-7 mm longae ad medium pedicelli oppositae. Calyx insignis ellipticus
lucerniformis, subconicus inflatus 30-40 mm longus, 12-20 mm latus, pubes-
cens, basi late depressa circum receptaculum, 5 dentis 4-5 mm longis. Recepta-
culum collo elevatum infra corollam. Illa 2 em diam. lobis obovatis plane
explicatis, tubo arcto 4-5 em longo, geniculo ad androceum, pubescenti
extra et intra ad partem superiorem. Stamina breves connectivo apiculato
pubescenti. Staminodium lineare pubescens. Ovarium glabrum; stylus medio-
criter pilosus ad summum. Stigma carnosum obliquum intra antheras.
Capsula (Thollon s. n.) 20-22 mm longa, prismatica arcuatim dehiscens.
Semina immatura disciformia papillosa, 10-14 in singulas capsulas.
Ab omnibus speciebus generis, magno calyce valde inflato et cirea recep-
taculum depresso, differt. Sp. Ph. batanganus (forma camerunica citata),
habitu, affinis.
Holotype : Gabon, Ahiémé, haut-Komo (nord des Monts de Cristal),
A. Chevalier 26844, 5 oct. 1912 f1. Récolte faite probablement par Fleury
(P). Cet échantillon unique est très velu.
Cotype 1 : Gabon, la Nkoulounga (région de la Mondah), N. Hallé
707, 26 juin 1959, fl. à lobes bleu-violet pâle et tube blanc, dessin et
Source : MNHN, Paris
— 346 —
photo. Échantillon perdu; d'après mes notes il correspondait bien par
sa pilosité à la plante choisie pour holotype.
Cotype 2 : Gabon ou Congo Fr., Thollon s. n., récolte 1890-91, f1. fr.
et j. gr. Forme à pubescence très rase (P).
Remarques : 4 des 5 espèces décrites sont présentes dans les Monts
de Cristal au Gabon. Les Physacan/hus sont encore insuffisamment connus,
notamment en ce qui concerne la variation des caractères spécifiques :
le matériel d'étude provient d’un nombre encore trop insuffisant de
localités. Ces jolies plantes à feuillage parfois marbré ou veiné de violet
et à corolles vives seraient intéressantes à cultiver en serres tropicales.
11 convient aux collecteurs de les récolter tout particulièrement.
CLÉ DES ESPÈCES
1. Pétales à sommet nettement bilobé; calice étroitement tubulaire
de 4 mm large ou moins, à dents de, 1 mm ou moins; fleurs
souvent solitaires.......... ss. 1. Ph. nematosiphon.
1’. Pétales à sommet arrondi ou faiblement émarginé; calice renflé
de 5 mm de large ou plus, à dents de 2 mm ou plus :
2. Calice médiocrement ou moyennement renflé, large de 5-7 mm
long de moins de 2,5 em, à base non affaissée autour du
réceptacle :
3. Fleurs solitaires; calice à dents de 3 mm; feuilles ovales
et courtes à base arrondi 2. Ph. talboti
3'. Fleurs rarement solitaires, souvent par 2-5 à la fois; calice
à dents de 2 mm; feuilles elliptiques à base plus ou moins
aiguë :
4. Calice à peine renflé presque cylindrique; stigmate à
lobes InÉgaux...................... 3. Ph. cylindricus.
4. Calice sensiblement ou nettement renflé; stigmate à
lobes égaux... 4. Ph. batanganus.
+ Calice fortement renflé, large de 12: 20 mm et long de 3-4 cm,
à base largement affaissée autour du réceptacle. 5. Ph. lucernarius
BIBLIOGRAPHIE
Bextuan G. et Hooker J. D., 1876. — Gen. PI. 2 : 1805.
BRAUX J. et SCHUMANN K., 1899, — Mitiheil. Deutsch. Schulzg. 1 : 173.
CLarkE C. B., 1899. — F1. Tr. Afr. V : 56.
Hureminsox J. et DaLzIEL J. M., 1931. — F1. West Trop. Afr. II
LEMÉE A., 1931. — Dict. gen. III : 468.
Linpau, 1897. — Engl. et Pr. Pflanz. Nachtr. 1
— 1909. — Engl. Bot. Jahrb. XLIII : 35
Moore S., 1913. — Cat. PI. Talbot : 75.
RENDLE À. B. et Brirren J., 1909. — Journ. Bol. XLVII : 377.
305.
Source : MNHN, Paris
SUR L'AIRE DU GENRE DAVALLIA (PTÉRIDOPHYTES)
A MADAGASCAR
par Mme À. Le THomas
Le genre Davallia est connu depuis assez longtemps dans la région
malgache puisqu'il a déjà été récolté par Du Petit-Thouars à Madagascar,
et a été signalé aux Comores, à Maurice et aux Seychelles.
Cependant les récoltes faites dans la grande île de l'Océan Indien
provenaient toutes jusqu'ici de la partie orientale et centrale, celle que
Perrier de la Bâthie a appelée « Région du Vent », et que le Professeur
H. Humbert, dans sa carte phytogéographique publiée dans l’« Année
Biologique » en 1955, nomme Région orientale.
Le genre est représenté par une seule espèce, le Davallia chaerophyl-
loides (Poir.) Steudel, qui existe aussi en Afrique Tropicale. On trouve à
Madagascar, outre la forme typique, trois variétés : bicornis (C. Chr.)
Tard., slenochlamys (C. Chr.) Tard. et mauriliana (Hook.) Tard. qui existent
toutes trois dans les domaines de l'Est et du Centre, tandis que le type
se rencontre dans le Centre et aux Comores.
Cependant une récolte récente montre que le genre n’est pas propre
à la région orientale et humide de la grande île, mais s'étend aussi très
à l'Ouest. En effet, MM. Leandri et Saboureau ont récolté dans la IX® Ré-
serve naturelle intégrale située à la latitude de Tananarive et à une cin-
quantaine de kilomètres seulement de la côte Ouest et du canal de Mozam-
bique, des échantillons de cette espèce.
Alors que ces plantes sont généralement épiphytes, ces spécimens
ont été trouvés sur le bois mort, ce qui suggère l'hypothèse d’un sapro-
phytisme occasionnel.
La station est la forêt à feuilles caduques sur calcaires fissurés de
l’Antsingy. La plante présentait des sores et des indusies bien formées,
quoique peut-être incomplètement mûres, vers la fin de janvier (Leandri
et Saboureau n° 2734, 21-27 janvier 1960). Il est possible qu’elle passe la
saison sèche tout entière dans un état de dessication qui a empêché
de la remarquer jusqu'ici à la saison où se font ordinairement les récoltes.
Les arbres de la forêt d’Antsingy perdant presque toutes leurs feuilles
pendant plusieurs mois de l’année, l’autoécologie de cette Fougère com-
porte l'aptitude à se maintenir en place tout en ne végétant activement
que quelques mois par an, pendant lesquels a lieu la formation des organes
reproducteurs. Les spores formées à la fin de la saison des pluies (probable-
ment en février d’après la récolte signalée plus haut) doivent pouvoir
traverser la saison sèche, dans les conditions microclimatiques les plus
favorables pour donner des prothalles au retour de l'humidité à la saison
des pluies suivantes. Il est possible que la plante feuillée ne se forme qu'à
une saison de pluies ultérieure.
Source : MNHN, Paris
— 348 —
Carte phytogéographique
‘de
MADAGASCAR
par
H. Humbert
D'après la certe de régétation
du même auteur. publiée dans
l'Année biologique TSI, fase.5-6, 1956.
[I
La
nounx x»
y
7 Limite des Régions.
Région orientale :
I] Domaine de l'Est
II ] Domaine du Sambirano
> Domaine du Centre
Le In
IV] Domaine des hlt$ montagnes
+ Sommets isolés appartenant
au Domaine des hlé$ montagnes.
\ UF À Région occidentale:
É nm Domaine de l'Ouest
(IN Unclus Secteur nord)
V1] Domaine du Sud
pneu,
Ô 500 280km.
PI. 1. — Davallia chaerophylloides : À, aire du type. — B, variété bicornis. — C, var.
stenochlamys. — D, var. mauritiana. — E, nouvelle localité du genre Davallia
à l'Ouest de Madagascar.
Source : MNHN, Paris
— 349 —
Cette récolte présente donc un intérêt, non seulement parce qu’elle
étend de plusieurs centaines de kilomètres vers l’ouest l’aire du genre
à Madagascar, mais aussi parce qu'elle montre l’aptitude de la plante
à supporter des conditions de vie très particulières.
Un spécimen de cette espèce avait déjà été récolté dans l'Est de
Madagascar sur des troncs d'arbres morts (H. Perrier de la Bâthie :
11 530, mars 1916) ce qui tend à confirmer l'hypothèse de saprophytisme
de cette Fougère.
BIBLIOGRAPHIE
Bowen F. 0. — The Ferns, 3 : 15-20. Cambridge (1928).
CuRiSTENSEN C. — Index Filicum (1906).
The Pteridophyta of Madagascar, Dansk Bol. Ark. VII : 207-221
(1932).
Hozrrum R. E, — The ecology of Tropical Pteridophytes, in Verdoorn, Manuel of
Pleridology : 468-469 (1938).
Tarpreu-BLor M. L. — Les Pleridophytes d'Afrique intertropicale française, Dakar,
Mém. I. F. A. N. 28 : 61-63 (1953).
Taroieu-BLor M. L.— Davalliacées, in Humbert, F1. Madagascar, 5° 3 fam. : 38-41
1958).
WinkLer H. — Geographie, in Verdoorn. Manuel of Pleridology : 468-469 (1938).
Source : MNHN, Paris
INFORMATIONS
EXPLORATIONS BOTANIQUES DE 1961
EN GUYANE FRANMAISE ET EN GUYANE BRÉSILIENNE
Un programme d'explorations botaniques des Guyanes française
et brésilienne (Territoire d'Amapa) a été établi pour 1961 en collabora-
tion entre le Conseil scientifique du Brésil, l’Institut des Recherches de
l’'Amazonie, le New York Botanical Garden, le Museum National d'Histoire
Naturelle et l'O.R.S.T.0.M. (Institut français d'Amérique tropicale). Un
accord fut au préalable réalisé entre ces organismes par le Professeur
AUBRÉVILLE au cours d’un voyage en Guyane française et dans le Terri-
toire d'Amapa de mars à mai 1961.
L'intérêt français et brésilien de ces explorations était essentielle
ment de récolter du matériel botanique en vue de l'élaboration d’une
Flore des Guyanes française et brésilienne, entreprise par le Muséum
National d'Histoire Naturelle avec la collaboration des Institutions bré-
siliennes intéressées.
Deux expéditions ont été effectuées par des botanistes américains et
brésiliens dans le Territoire d'Amapa, l’une sur la rivière Jari, l’autre
sur le fleuve Araguari. Malheureusement au cours de la première, le
Dr. EGLER, directeur du Musée Goeldi de Belem, a péri dans les rapides
du Jari. Le Dr. EGLER était un botaniste de grande valeur, dont la perte
sera vivement ressentie par tous les botanistes qui se consacrent à
l'étude de l’Amazonie.
Une expédition française eut lieu en Guyane française sur le fleuve
Maroni en août-septembre à laquelle participèrent le Professeur SCHNELL
de la Sorbonne, M. Hoock, botaniste de l'I.F.A.T. qui eut la responsa-
bilité de l’organisation, et M. LEMoINEin, génieur des Travaux forestiers.
FLORE DU CAMBODGE, DU VIETNAM ET DU LAOS
Directeur : Professeur A. AUBREVILLE.
Rédacteur principal : Mme TARDIEU-BLOT.
Collaborateurs : M. Via, Mme Bu: NGoc SANH.
Fasc. 1, Sabiacées, par J. Vidal, 58 p., 9 pl. (8 NF).
Source : MNHN, Paris
— 351 —
A l'impression : Fasc. Il, Anacardiacées, par Mme Tardieu-Blot;
Moringacées, Connaracées, par J. Vidal.
Révision générale et mise au point des familles, paraissant par fas-
cicules séparés sans ordre obligatoire. La présentation, à partir du fasci-
eule IT, sera un peu différente. La description de toutes les espèces des
genres étudiés sera reprise et complétée ainsi que les clés, et des renseigne-
ments sur l'habitat, l'écologie, les usages, seront donnés dans la mesure
du possible.
FLORE DU GABON
Publiée sous les auspices du gouvernement du Gabon. Directeur :
A. AUBRÉvILLE ; secrétaire : N. HazLé. Collaborateurs : Mme TAaRDIEU-
BLor, LerHomas, Mlle Ausorr, MM. KOECHLIN, LETOUZEY, LEEUWEN-
BERG, etc.
N°1, A. Aubréville, Sapotacées, 162 p., 26 pl., 2 cartes, 19 NF.
N°2, N. Hallé, Sterculiacées, 150 p., 26 pl., 1 carte, 19 NF.
Cette nouvelle flore présente les particularités suivantes :
D'autres familles sont sous presse ou à l'étude.
- Illustration très abondante.
- Publication originale des nouvelles espèces (y compris diagnoses et
discussions).
— Mise en relief, par des caractères gras dans le cours des descriptions,
des caractères distinctifs essentiels qui facilitent les déterminations.
- Tous les arguments qui concourent à une meilleure systématique
peuvent faire l’objet de développements.
— Souplesse laissée aux auteurs quant à la façon de traiter les descrip-
tions, les observations écologiques, phyto-géographiques, utilitaires
et autres.
N.H.
Source : MNHN, Paris
TABLE ALPHABÉTIQUE
DES NOMS D'AUTEURS DU TOME I
AUBRÉVILLE À. — Notes sur les Sapotacées africaines et sud-amé-
ricaines s 6
AUBRÉVILLE À. — Complément à la Flore forestière de la Côte
d'Ivoire: Mie Montre Enr es 93
AUBRÉVILLE A. — Notes sur les Pout. 150
BaLLe (Mie $.) et HALLÉ N.— Loranthacées de Côte d' Ivoir 208
Bosser J Voir ToiLriez-GENOUD (Mme).
But Noc Sanu (Mme). — Voir VipaL JE.
Cauus (Mile A.).— Notice sur Albert Lemée ..................... 145
CapuRON R.— Contributions à la Flore forestière de Madagascar... 65
DEscoiNGs B. — Notes taxonomiques et descriptives sur quelques
Asclépiadacées Cynanchées aphylles de Madagascar. ........... 299
HazLé F.— Contribution à l'étude biologique et taxonomique des
Mussendeae (Rubiaceae) d'Afrique Tropicale............... 266
HALLÉ N. — Les Psychanthus (Acanthacées) du Museum de Par:
; à 343
Psychanthus lucernarius
Hazzé N.— Voir BALLE (M
LE THowas (Mme A.) — Sur l'aire du genre Davallia (Ptsridophytes)
à Madagascar … É
Lerouzev R.— Notes sur les Scytopétalacées .
Raux W.— Nouvelles Didiéréacées de Madagascar.
SroxE B. C.— Studies in the Hawaïian Rulaceae III . n
TarDieu-BLor (Mme M.-L.). — Sur les Dracontomelum d’ Indochine . 55
TarDieu-BLor (Mme M.-L.). — Sur les Glula, Swintonia et Melanor-
rhoea (Anacardiacées) indochinois
TaRDIEU-BLoT (Mme M.-L.).— Anacardiacées nouvelles d” Indochine . 198
Tourez-GenouD (Mme J.) et Bosser J.— Contribution à l'étude des
Orchidaceae de Madagascar IV. 101
Vipar J.E. i
Viet-Nami.4 le 0 Baden fine vu ace ia à 59
La préparation du Tome I a été assurée par : A. Le Tnomas (Mme) et
G. Aymonix (fase. 1) et A. Le Tomas (Mme) (fase, 2).
Source : MNHN, Paris
TABLE ALPHABÉTIQUE
DES UNITÉS TAXINOMIQUES
ÉTUDIÉES DANS LE VOLUME I
Les noms de GENRE et sous-GENRES sont en capitales; les noms d'espèces, de
sous-espèces, variétés et formes sont en caractères courants romains; les noms de
GENRES NOUVEAU et d'espèces nouvelles sont en égyptiennes; les synonymes sont
en italique. Les numéros renvoient aux numéros des pages.
ACHRAS L.
Lucuma Ruiz et Pav., 175
sapota L., 11
venosa Mart., 185
ACROPTERA
albo-purpurea Van Tiegh., 245
bicolor Van Tiegh., 245
oualiensis Van Tiegh., 245
ACROSTEPHANUS Van Tiegh.
curlus Van Tiegh., 244
gracilis Van Tiegh., 244
rubroviridis Van Tiegh., 244
truncatus Van Tiegh., 239
vollensis Van Tiegh., 244
ACHROUTERIA Eyma
pomifera Eyma, 165
AFROSERSALISIA A. Chev., 191
AGELANTHUS Van Tiegh.
brunneus (Engl.) Van Tiegh., 233
ALLUAUDIA Drake
ascendens Drake, 47, 49
comosa Drake, 45
dumosa Drake, 45, 49
Humberti Choux, 45, 49
montagnacii Rauh, 48
procera Drake, 45, 47, 49, 53
ALLUAUDIOPSIS Humb. et Choux
fiherenensis Humb. et Choux, 51, 53
Marneriana Raub, 49
ANINGUERIA Aubr. et Pellegr., 189
ANISOPHYLLEA R. Br.
laurina R. Br., 61
penninervata Vidal, 63
ANISOPHYLLUM G. Don, 61
ANGRAECUM Thouars
Urschianum Toill. et Bosser
ANTHOLOCUMA A. DC.
ARALIOPSIS Engl.
tabouensis Aubr. et Pellegr., 93
AUSTRAGAMBEYA (Fries) Aubr. et Pel-
legr., 7, 38
BARYLUCUMA Ducke
decussata Ducke, 174
BOUEA Meisn., 192
BRAZZEIA Baill.
acuminata Van Tiegh., 137
biseriala Van Tiegh., 133, 135
congoensis Baill., 129, 131, 132, 137
eetveldeana (De Wild. et Dur.) Van Tiegh.
129
Klainei Pierre ex Van Tiegh., 197
longipedicellata Verdcourt, 142, 137
pellucida Van Tiegh., 133
rosea Van Tiegh., 133
scandens (Pierre) Van Tiegh., 133
soyauxii (Oliver) Van Tiegh., 133
var. acuminata (Van Tiegh.) R. Letou-
2eÿ, 187
Tholloni Baill., 129
trillesiana Pierre ex Van Tiegh., 133
BUCHANANIA Roxb.
Evrardä Tard., 198
glabra Wall., 198
platyneura Kurz, 198
CALOCARPUM Pierre
mammosum (L.) Pierre, 170
procerum (Mart.) Dubard, 170
CARALLIA Roxb., 61
CARAMURI Aubr. et Pellegr.
opposita (Ducke) Aubr. et Pellegr., 15
CERIOPS Arn., 61
CHLOROLUMA Bail.
bahiensis Bail. mss., 33
Balansae Baïll. mss., 33
imperialis (Linden) Aubr., 33
gonocarpa (Mart. et Eichl.) Baill., 33
viridis (Mart. et Eichl.) Aubr., 33
CHLOROXYLON DC.
falcatum R. Capuron, 68
Swietenia DC., 65
Source : MNHN, Paris
- 354 —
CHROMOLUCUMA Ducke CYNANCHUM L.
rubriflora Ducke, 180 ampahinense Jum. et Perr., 315
CHRYSOPHYLLUM L. bisinuatum Jum. et Perr., 808
bojerianum (Dene) Choux, 314
compactum Choux, 319
var. imerinense B. Desc., 321
Decaisnianum B. Desc., 314, 325
humbertii Choux, 309, 315
implicatum (Jum. et Perr.) Jum.
314, 326
luteifluens (Jum. et Perr.) B. Desc., 314
bicolor Poir., 11 macrolobum Jum. et Perr., 308, 310
cacondense Greves, 9 madagascariense K. Schum., 314
caito Le 11, 35 madecassum B. Desc., 314
Tochles Ir Le. 20 mahafalense Jum. et Perr., 826
cuneifolium (Rudge) DC., 20 messeri (Buch.) Jum. et Perr., 314
dyandgenum Ducke, 20 nodosum (Jum. et Perr.) B. Desc., 831
ebenaceum Mart., 11 PÉcAApLLONEUx, 22
elegans Raunkier, 27 sarcostemmoides K. Schum., 328
eximium Ducke, 26 CYNORCHIS Thouars
ferrugineum Gaertner, 11 mellitula Toill. et Bosser, 103
flezuosum Mart., 27
Gardneri Mart. et Miq. 181
glabrum Jacq., 11 D
glyeyphloeum Casar., 24
gonocarpum (Mart. et Eichl.) Engl., 33
guianense Kh., 11
imperiale (Lind.) Benth. et Hook., 31
inophyllum (Mart. mss.) ex Miq., 25
inornatum Mart., 27
acreanum A. C. Smith, 11
alnifolium Engl., 81
ambelanäüfolium Sandw., 87
amplifolium A. DC., 27
argenteum Jacq., 11
auratum Miq., 11
banguweolense Fries., 7
Beardit Monachino, 20
et Perr.,
DAVALLIA Smith
bicornis (C. Chr.) Tard., +347
chaerophylloides (Poir.) Steudel, 347
mauritiana (Hook.) Tard., 347
stenochlamys (C. Chr.) Tard., 847
januariense Eichl., 27 DECANEMA Dene
leptocarpum Spruce, 17 bojerianum Dene, 314, 325
lucumifolium Griseb., 33 grandiflorum Jum. et Perr., 313
macrophyllum Lam., 175 luteifluens Jum. et Perr., 314
marginatum (HK. et Arn.) Radik., 11 DNS RE
maytenoïdes Mart., 11 u se b
den Es aphylla Cos. et Gall., 314
microphyllum Jacq., 11 DECARYIA Choux
minuliflorum Britton., 165 madagascariensis Choux, 51
monopyreum SW. 11 “ = ä
oleæefolium Mart. et Eichl., 27 PELE YDORAGPISST
oliviforme L., 11 DENTIMETULA Van Tiegh.
oppositum Ducke, 13 dodonafolia Van Tiegh., 243
pauciflorum Lam, 11 DE
persicastrum Eichl., 33 DIDIRRAFA BA.
Fa madagascariensis H. Baill., 39, 41, 43
pomiferum Juss., 11 mirabilis Baill., 41, 43
ane Fa. e Trollii Capuron et Rauh, 39
pulcherrimum Mart. et Eichl. ex Miq., 27 DIOSPYROS L.
reliculatum Engl., 183 pachyphylla Gürke, 125
revolutum Mart. et Eichl., 11 rosea Gürke, 125
Richardi Kh., 11 DISCOLUMA Baill.
rafseupreus Ducke, 20 Gardneri Baïll,, 181
rufum Mart., 11 d
éericeum DC, 11 DRACONTEMELUM Blume
sparsiflorum Klotzsch. mss., 27 Dao Merrill, 57
splendens Spreng., 27 Duperreanum Pierre, 55
viride Mart. et Eichl. ex Miq., 33 laoticum Evrard et Tard., 198
viridifolium Wood et Frankes, 7 RE N£
$ mangiferum B,
CLAOXYLON A. Juss, mangiferum Hemsl,
Remyi Sherf, 98 Petelotii Tard., 57
CREPINODENDRON Pierre Schmidii Tard., 55, 57
crotonoides Pierre, 177 sinense Stapl., 55
CYANOTHYRSUS Harms DREPANOSTEMMA Jum. et Perr.
Klaineï Pierre, 115 luteum Jum. et Perr., 312, 815
Source : MNHN, Paris
E
ECCLINUSA Mart.
abbreviata Ducke, 20, 23
Bacuri Aubr. et Pellegr., 19, 20, 21
balata Ducke, 19, 20
Beardii (Monachino) Aubr., 20
brevipes Pierre, 20
cochlearia (Lec.) Aubr., 20
colombiana (Staudi.) Aubr., 20
costata Pierre, 20
Cruegerii Monachino, 20
cuneifolia (Rudge) Aubr., 20
cyanogena (Ducke) Aubr., 20
eximia (Ducke) Cronquist, 26
glaziovi Pierre, 20
Grisebachii Pierre, 20
guianensis Eyma, 19, 20, 23
lanceolata (Mart. et Eichl. ex Miq.) Pierre,
20
nyangensis (Pellegr.) Aubr., 37
opposita (Ducke) Cronquist, 13
Prieurii (DC.) Aubr., 20
ramiflora Mart., 20
rufocuprea (Ducke) Cronquist, 20
sanguinolenta (Pierre) Engl., 20
spuria Ducke, 21
ucuquirana-branca Aubr. et Pellegr., 23
ECPOMA K. Schum.
apocyanum K. Schum., 271
EGASSEA Pierre ex De Wild.
laurentit De Wild., 111
laurifolia Pierre, 114
oleifolia Pierre, 114
pierreana De Wild, 120, 121
EGLERODENDRON Aubr. et Pellegr.
pariry (Ducke) Aubr. et Pellegr., 167
ELAEOLUMA Baill.
&labrescens (Mart. et Eichl.) Aubr., 26
Schomburgkiana (Miq.) Baill., 26
ENDOTRICHA Aubr. et Pellegr., 189
ENGLERINA Van Tiegh.
gabonensis (Engl.) S. Balle, 225
var. meridionalis, 225
parviflora (Engl.) S. Balle, 225
ENGLEROPHYTUM Aubr. et Pellegr., 38
EREMOLUMA Bail.
Krukoffii Aubr. et Pellegr., 169
sagotiana Baill., 167, 170
Williaraii Aubr. et Pellegr., 169
ERYTHROPYXIS Pierre
scandens Pierre, 133
soyaurii (Oliv.) Engl., 133
eetveldeana (De Wild. et Dur.) Engl., 129
EUTHEMIS Jacq.
leucocarpa Jacq., 59, 60
EVODIA Forst., 82
EXOSTEMMA Rich.
capitata Spreng., 251
F
ROPSIS Mildb.
angolensis Engl., 69
glabra R. Capuron, 69
velutina R. Capuron, 71
FIBROCENTRUM Pierre
glaziovianum Pierre mss., 83
FOLOTSIA Cos. et Gall.
aculeatum (B. Desc.) B. Desc., 313
floribundum (Choux) B. Desc., 313
grandiflorum (Jum. et Perr.) Jum et Perr.,
318
madagascarie:
Desc., 813, 835
sarcostemmoides Cos. et Bosser, 313
FRANCHETELLA Pierre
anibifolia (A. C. Smith) Aubr., 183
Gongrijpii (Eyma) Aubr., 183
platyphylla (A. C. Smith) Aubr., 183
pubescens Aubr. et Pellegr., 184
reticulata (Engl.) Aubr., 183
tarapotensis (Eichl.) Pierre, 183
(um. et Perr) B.
G
GAMBEYA Pierre
nyangensis Pellegr.
GAYELLA Pierre
splendens (A. DC.) Aubr., 180
valparadisaea Pierre, 180
GLOBIMETULA Van Tiegh.
Braunü (Engl.) Van Tiegh., 227
cupulata Van Tiegh., 227, 232
Dinklagei (Engl.) Danser, 232
ssp. Assiana S. Balle, 232
ssp. Dinklagei, 232
GLUEMA Aubr. et Pellegr., 6
GLUTA L.
cambodiana Pierre, 196, 197
compacta Evrard 195, 196, 197
gracilis Evrard, 195, 197
megalocarpa (Evrard) Tard., 195. 197
nitida (Lour.) Merrill, 195, 197
torquata (King) Tard., 195
tavoyana Wall., 195, 196, 197
velutina, 196, 197
Wrayi King, 195, 197
GLYCOXYLON Ducke
huberi Ducke, 25
oppositum Ducke, 13, 15
pedicellatum Ducke, 25
praealtum Ducke, 25
GOMPHILUMA Bail.
gomphiifolia (Mart.) Aubr., 162
Martiana Baill., 162
APEBA Gomez
Glazioueana Pierre, 155
gomphifolia Pierre, 162
psammophila Pierre, 159
Source : MNHN, Paris
— 356 —
alicifolia Pierre, 157
slylosa Pierre, 162
GYMNOLUMA Bail.
glabrescens Baill., 2
H
HASELOFFIA Lindau
leucophtalma Lindau, 343
HEINSIA DC.
benguelensis Welw., 271
pulchella K. Schum., 271, 277, 279, 281, 289
1
INHAMBANELLA (Engl.) Dubard
Henriquesii (Engl. et Warb.) Dubard, 6, 7
ISCHNANTHUS Engl.
parviflorus Van Tiegh., 225
IVODEA R. Capuron
alata R. Capuron, 77
confertitolia R. Capuron, 77
manabeensis R. Capuron, 75, 79, 80
reticulata R. Capuron, 80
sahafariensis R. Capuron, 75, 81
trichocarpa R. Capuron, 79
var. lanceolata R. Capuron, 80
K
KANTOU Aubr. et Pellegr.
guereensis Aubr. et Pellegr., 6
KRUGELLA Pierre
Hartii Pierre, 157
L
LABATIA Schwarz
Beaurepairei Engl., 161
chrusophyllifolia Griseb., 173
glomerata (Miq.) Radlk., 162
macrocarpa Mart., 162
parviflora Pittier, 162
psammophila Mart., 159
ramiflora Schw., 173
sessiliflora Schw., 161, 162
stylosa (Pierre) Aubr., 162
LECOMTEDOXA (Engl.) Dubard, 6
LORANTHUS L.
sect. cupulati Engler, 226
sect. Dendrophtoë Mart., 226
sér. anguliflori Engl., 226
sér. cupulati Krause, 226
sér. unguiformes Engl., 226
sect. Ischnanthus Engl., 224
sect. lepidoti, 250
sect. rufescentes Engl., 250
sect. symphianthus DC.
sous-sect. cupulati DC., 226
bangwensis Engl. et Krause, 237
belvisii DC., 239
Braunii Engl., 227
brunneus Engl., 283
bunligii Sprague, 242
capitatus Engl., 251
cupulalus Auct. non DC., 232
Chevalieri Engl. et Krause, 243
Dinklagei Engl., 232
dodoneaefolius DC., 243
Farmari Sprague, 243
gabonensis Engl., 225
gandonensis mss., 243
globiferus À. Rich., 243
hirsutissimus Engl., 255
incanus Schum. et Thonn., 251
Kerstingii Engl., 244
lanceolatus P. Beauv., 239,
leplolobus Benth., 251
nigritanus Hook., 255
ophiodes Sprague, 245
parviflorus Engl., 225
pentagonia DC., 245
pubiflorus Sprague, 239
senegalensis De Wild. sensu Berhaut, 245
sessilifolius P. Beauv., 247
fruncatus Engl., 239
LUCUMA Molina
anibifolia A.C. Smith, 183
arguacoensium Karsten, 185
Beaurepairei Glaziou et Raunk., 161
Casarelli À. DC.
catocladantha Eichl., 181
domingensis Gaertn., 185
Gardnerana A. DC., 155
glabrescens Mart. et Eichl., 26
glomerata Miq., 162
glyeyphloea Mart. et Eichl., 24
gomphüifolia Mart. ex Miq., 162
goudotiana Dub., 175
grandifora A. DC., 186
Hartii Hemsl.
inflera A. C. Smi
longifolia DC. 1
macrocarpa Hub., 185
Melinonii Engl., 165
multifora À. DC., 185
neriifolia Hook. et Arn., 157
nitida A. DC., 161
pallida Gaertn., 183
paraguariensis Chod. et Hassl., 1!
pariry Ducke, 167
parviflora Benth. ex Miq., 173
peduncularis Mart. et Eichl., 181
platyphylla A. C. Smith, 183
procera Mart., 170
psammophila A. DC., 159
ramiflora A. DC., 173
Rivicoa Gaertn., 175
relusa Spruce, 177
Sellovii À. DC., 157
sericea Benth. et Hook., 175
sericea Krause, 175
speciosa Ducke, 175
splendens A. DC., 180
larapotensis Eïchl. ex Pierre, 183
temare H.B.K., 157
valparadisaea Mol., 179, 180
181
Source : MNHN, Paris
_—_ 357 —
M
MAHAFALIA Jum. et Perr.
nodosa Jum. et Perr., 310, 314, 331
MALACANTHA Pierre, 38
MANGIFERA L., 192
MARTIUSELLA Pierre
imperialis (Lind.) Pierre, 83
MELANORRHOEA Wall.
sect.
Curtisii Oli
laccifera Pierre, 195, 197
laurifolia Evrard, 195
megalocarpa Evrard, 195
tomentosa, 193
torquata King, 193, 195
usitata Wall, 197
Wallichit Hook., 193
Woodsiana Scort. ex King, 193, 196
MELICOPE Forst.
fulva (Guill.) Stone, 94, 95
tietaensis (Guill.) Stone, 94, 97
METULA Van Tiegh., 250
MICROLUMA Bail.
parviflora (Benth.) Baill., 171
MICROPHOLIS Pierre
sect. Eumicropholis Pierre, 177
sect. Crepinodendron, 177
acutangula (Ducke) Eyma, 171
balata Pierre, 178
chrysophylloides Pierre, 178
crotonoïdes Pierre, 177
cuneatum Pierre ex Glaziou, 177
cylindrocarpa (Poepp.) Pierre, 177
cyrtobotrya (Mart.) Baill., 178
egensis (A. DC.) Pierre, 177
guyanensis (A. DC.) Pierre, 178
Martiana Pierre, 177
Melinoniana Pierre, 177
resinifera (Ducke) Eyma, 177
retusa (Spruce) Eyma, 177
rosadinha brava Aubr. et Pellegr., 178
rufa (Mart. et Eichl.) Pierre, 178
Spruceana (Mart. et Eichl.) Pierre, 177
venulosa (Mart. et Eichl.) Pierre, 177
Williamii Aubr. et Pellegr., 179
MICROSTEMON Engl.
annamensis Evrard et Tard., 206
Curtisii King, 207
Poilanei Evrard et Tard., 207
MIMUSOPS L.
Henriquesii Engl. et Warb., 6
MUSSAENDA Burm. ex L.
afzelii Don., 275, 293
anisophylla Vidal, 273
arcuata Poir., 275, 279, 205
chippii Wernham, 269, 271, 275, 291, 293
corymbosa, 289
debauxii Wernham, 293
elegans Schum. et Thonn., 275, 283, 289,
291, 295
erythrophylla Schum. et Thonn.
frondosa L., 289
graciliflora Pierre, 275
grandiflora Benth., 275, 293
isertiana DC., 269, 275, 279, 293, 295
leucophylla Petit, 275
luteola Delile, 289
macrosiphon Wernh., 275, 279, 283
monticola K. Krause, 279
nannanii Wernh., 293
nivea A. Clev., 275
pentasemina Fischer, 289
polita Hiern., 275, 289
Soyauxii Büttn., 275, 275, 293
tenuiflora Benth., 279, 293
tristigmatica Cummings, 271, 275, 279, 283,
287, 289, 291, 293, 295
ulugurensis Wernh., 279, 281, 289
MYRSINE L.
Schomburgkiana Miq., 26
MYRTILUMA Bail,
eugeniaefolia (Pierre) Baill., 180
N
NEMALUMA Baill.
alnifolia Pierre mss. H.P., 31
Engleri (Eyma) Aubr. et Pellegr., 31
NEOBOIVINELLA Aubr. et Pellegr., 38
NEOPOMETIA Aubr.
lactescens (Vell.) Aubr., 26
ptychandra (Eyma) AUBR., 26
NEOXYTHECE Aubr.
cladantha (Sandw.) Aubr., 183
dura (Eyma) Aubr. et Pellegr
elegans (A. DC.) Aubr., 17
pallida (Gaertn. 1.) Aubr., 183
robusta (Mart. et Eichl.) Aubr. et Pellegr .
17
NIOTA Lam.
tetrapetala Poir., 83
17
o
OLDENLANDIA L., 267
OMPHALOCARPUM P, Beauv.
anocentrum Pierre, 11
elatum Miers, 11
OTOMERIA Benth., 267
OUBANGUIA Bail.
africana Baill., 111, 118, 115, 116
var. denticulata (Van Tiegh.) R. Letou-
zey, 112, 116
alata Bak.
denticulata Van Tiegh., 112
duchesnei (Engl.) Van Tiegh., 113, 116
Klainei Van Tiegh., 114, 115, 116
laurentii De Wild., 111
laurifolia (Pierre) Van Tiegh., 113, 114, 116
ledermannii Engl., 116
pierreana De Wild., 120
tholloni Van Tiegh., 113
Source
: MNHN, Paris
— 358 -
OXYTHECE Miq.
Hahnianum Pierre ex Duss., 183
leptocarpa Miq., 17
pallida (Gaertn. f.) Cronquist, 183
pseudosiderozylon Miq., 16
Schomburgkianum (Miq.) Cronquist, 26
lictaensis Guill., 94, 97
PENAEA L.
nitida Lour., 195
PENTALONCHA Hook. f., 266
PENTAS Benth.
purpurea Oliv.
ssp. mechowiana (K. Schum.) Verd., 281
PENTODON Hochst.
pentander (K. Schum.) Vatke
var. pentander, 281
PERRIERA Courchet
madagascariensis Courchet, 87, 88
orientalis R. Capuron, 87
PHRAGMANTHERA Van Tiegh.
capitata (Spreng.) S. Balle, 251
incana (Schum.) S. Balle, 251
leonensis (Sprague) Balle, 256
nigritana (Hook. f. ex Benth.) S. Balle, 251,
253
var. nigritana, 255
var. obovata S. Balle, 255
Vignei Balle, 255, 256
P
PARALABATIA Pierre
chrysophyllifolia (Griseb.) Aubr., 173
dictyoneura (Griseb.) Pierre, 171, 173
var, Fuertesii, 173
parviflora (Benth.) Aubr., 173
ramiflora (Mart.) Aubr., 173
PARAMICROPHOLIS Aubr. et Pellegr.
acutangula (Ducke) Aubr. et Pellegr., 171
PASSAVERIA Mart. et Eichl.
lanceolata Mart. et Eichl., 20
lancifolia Mart. et Eichl., 37
obovata Mart. et Eichl., 20
PAURIDIANTHA Hook. f.
afzelii (Hiern.) Brem., 289
danthiflora Hook. f., 269
hirtella (Benth.) Brem., 271, 296
PELEA A. Gray
sect. Apocarpa, 95
sect. cubicarpa, 95
sect. megacarpa, 95
sect. Pelea, 95
auriculaefolia Hild., 98
fatuhivensis H. Br., 94
fulva Guill., 94, 95
lucida A. Gray, 94
madagascarica Baill., 94
nukuhivensis H. Br., 94
PHYSACANTHUS Benth.
batanganus (J. Braun. et K. Schum.)
Rendle et Britten, 343, 346
cylindricus C. B. Clarke, 345, 846
inflatus C. B. Clarke, 343
lucernarius N. Hallé, 345, 346
nematosiphon (Lind.) Rendle et ritten,
343, 846
talbotii S. Moore, 345, 346
PIERRINA Engl.
longifolia Engl., 138, 139
zenkeri Engl., 134, 138, 139
PLATYDESMA H. Mann
auriculaefolia Hild., 98
campanulata
var, sessilifolia Rock., 98
Remyi (Sherff) Deg.
PLATYKELEBA N. E. Brown
insignis N. E. Brown, 314, 838
PLEIOKIRKIA R. capuron
Leandrii R. Capuron, 89
PODOLUMA Ball.
Benaiïi Aubr. et Pellegr., 182
catocladantha (Eichl.) Baill., 181
Gardneri (Mart. et Miq.) Aubr., 181
Glaziouii Baill., 16:
inflexa (A. C. Smith) Aubr., 181
peduneularis (Mart. et Eichl.) Baill., 181
POMETIA Vell.
lactescens Vell., 24, 25, 26
POUTERIA Aublet
aculangula (Ducke) Baehni, 171
Beaurepairei (Glaziou et Raunk.) Baehni,
161
cainilo (Ruiz et Pavon) Radik., 157
catocladantha (Eichl.) Baehni, 181
chrusophyllifolia (Griseb.) Baehni, 173
cladantha Sandw., 183
costata R. Capuron mss., 171
dura Eyma, 17
egregia Sandw., 163
elegans (A. DC.) Baëhni, 17
Engleri Eyma, 29, 31
Garderana (A. DC.) Radlk., 115
glazioueana Dubard, 15
gomphifolia (Mart.) Radik., 162
grandis Eyma, 186
Gongrijpii Eyma, 183
guianensis Aublet, 162
Harti Pierre mss. ex Dubard, 157
inflexa (A. C. Smith) Baehni, 181
macao Baehni, 175
minutiflora (Britton) Sandwith, 165
nitida (A. DC.) Radik., 161
ovata A. C. Smith, 173
pallida (Gaertn. f. Baehni, 183
pariry (Ducke) Baehni, 167
penicillata Baehni, 161
petropolitana Glaziou mss. H.P., 157
pomifera (Eyma) Baehni, 165
plychandra Eyma, 25
reticulata (Engl.) Eyma, 183
robusta (Mart. et Eïchl.) Baehni, 17
salicifolia (Spreng) Radik., 157
scylalophora Eyma, 165
solimoensis Aubr. et Pellegr.
splendens (A. DC.) 0. Ktze, 180
Source : MNHN, Paris
— 359 —
stenophylla Baehni, 186
stylosa (Pierre) Dubard, 162
subcaerula Dubard, 161
surumuensis Baehni, 175
temare, 157
tovarensis Engl., 157
frigonosperma Eyma, 186
Weddelliana Pierre, 162
PRADOSIA Liais
glycyphloea (Casar.) Liais, 24
subverticillata Ducke, 25
PRIEURELLA Pierre
cuneifolia (Rudge) Pierre, 19, 20
PROSOPOSTELMA Baillon
aculeatum B. Desc., 807, 812, 313
grandiforum Choux, 307, 812, 313
madagascariense Jum. et Perr., 307, 313,
335
PSEUDOBOIVINELLA Aubr. et Pellegr.,
191
PSEUDOBRAZZEIA Engler
Iholloni (Baïll.) Engl., 11, 129, 191, 132
PSEUDOCLADIA Pierre
egregia Sandwith, 163
lateriflora (Benth.\ Pierre, 165
Melinonii Baill., 165
minutiflora (Britton) Aubr., 165
scytalophora (Eyma) Aubr., 165
PSEUDOLABATIA Aubr. et Pellegr.
Beaurepairei (Glaziou et Raunk.) Aubr.,
161
penicillata (Baehni) Aubr., 161
psammophila (Mart.) Aubr., 159
Raoulantonia Aubr, et Pellegr., 161
subcaerula (Dubard) Aubr., 161
PSEUDOMUSSAENDA Wernham
flava Verdcourt, 275
stenocarpa (Hiern.) Petit, 267, 275, 279,
281, 289
PSEUDOPACHYSTELA Aubr. et Pellegr.,
191
R
RAGALA Pierre
sanguinolenta Pierre, 21
RHAPTOPETALUM Oliver
beguei Mangenot, 123, 129
brachyantherum Van Tieghen, 129,
coriaceum Oliv., 123, 129
celueldeanum De Wild. et Dur., 111, 129,
131
pachyphyllum (Gürke) Engl., 125, 129
roseum (Gürke) Engl., 125, 129
sandens Pierre, 133
sessifolium Engl., 126, 129
sindarense Pellegr., 127
soyauxii Oliver, 131, 133
tholloni (Baïll.) Van Tieghen, 129, 131
tieghemii À. Chev., 121
RADLKOFERELLA Pierre
arguacoensium (Karsten) Pierre, 185
31
brachyandra Aubr. et Pellegr., 186
Casaretti (A.D.C.) Aubr., 186
domingensis (Gaertn.) Pierre, 185
grandiflora (A. DC.) Pierre, 186
grandis (Eyma) Aubr., 186
macrocarpa (Hub.) Aubr., 185
multiflora (A. DC.) Pierre, 185
stenophylla (Baehni) Aubr., 186
trigonosperma (Eyma) Aubr., 186
venosa (Mart.) Pierre, 185
RICHARDELLA Pierre
campechiana (H.B.K.) Pierre, 175
lucuma (Ruiz et Pav.) Aubr., 175, 179
macao (Baehni) Aubr., 174, 175
macrophylla (Lam.) Aubr., 175
manaosensis Aubr. et Pellegr.
rivicoa Pierre, 175
speciosa (Ducke) Aubr., 175
surumensis (Baehni) Aubr., 175
ROUSSEA Spreng.
salicifolia Spreng., 157
176
s
SABICEA Aubl.
angolensis Wernhaw, 287
arborea K. Schum., 271
batesii Wernham, 273
calyeina Benth., 289
geophiloides Wernham, 271
giganta Wernham, 271
hierniana Wernham, 271, 287
lasiocalyx Stapf., 289
medusula K. Schum., 271, 273
mildbraedii Wernham, 271, 273
rosea Hoyle, 275
venosa Benth., 271, 287, 289
SACOSPERMA G. Taylor
paniculatum G. Taylor, 271, 279, 281, 283
SAMADERA Gaertn.
indica Gaertn., 83
madagascariensis Juss., 83
tetrapetala (Poiret) G. Don, 83
SAMANDURA L.
madagascariensis H, Perr., 83
SANDWITHIODOXA Aubr. et Pellegr.
egregia (Sandwith) Aubr. et Pellegr., 163
SARCAULUS Radik., 163
SARCOSTEMMA N. E. Br.
decorsei Cost. er Gall., 311, 315, 836
implicatum Jum. et Perr., 314
insigne (N. E. Brown) Descoings, 314, 338
madagascariense Descoings, 314
viminale R. Br., 311
SAPOTA Gärtn.
bahiensis Mart. et Eichl. mss. H. B., 33
gonocarpa Mart. et Eichl., 31
SCYTOPETALUM (Pierre) Engler
brevipes Pierre ex Van Tieghen, 116
duchesnei Engler, 113
Kamerunianum Engler, 120
klaineanum Pierre ex Engler, 116
Source
: MNHN, Paris
__ 360 —
var. Kamerunianum (Engl.) R. Letou-
zey, 120
latifolium Van Tieghen, 116, 117, 119
papillosum Pierre, 114
pierreanum (De Wild.) Van Tieghen, 117,
120, 122
tarquense Chipp., 121
tieghemii (A. Chev.) Hutch. et J. M. Dalz,
117, 121, 122
SEMECARPUS L.
anacardiopsis Evrard. et Tard., 201, 230,
204, 205
annamensis Tard., 201
caudata Pierre, 201
cochinensis Engl., 199
eurtisii, 201
glomerulata, 199
graciliflora Evrard. et Tard., 199, 203, 204
humilis Evrard et Tard., 201, 204
lucens, 201
myriocarpa Evrard et Tard., 201, 205
perniciosa Evrard et Tard., 201, 203, 205,
206
Prainii King, 205, 206
reticulata Lecomte, 201, 206
subspathulatus King, 203
tonkinensis Lecomte, 199
velutina King, 201
SEPTIMETULA Van Tieghen, 250
SIDEROXYLON L.
acutangulum Ducke, 171
colombianum Standley, 20
cuspidatum A. DC., 17
culindrocarpum Poepp., 177
curtobotryum Matr. ex Miq., 178
dictyoneura Griseb., 178
durum Klotzsch, 17
egense A. DC., 177
elegans A. DC., 17
guyanense A. DC., 178
resiniferum Ducke, 177
robustum Mart. et Eichl., 17
rufum Mart. et Eichl., 178
Spruceanum Mart. et Miq., 177
venulosum Mart. et Eichl. ex Miq., 177
SPRUCELLA Pierre
crolonoïdes Pierre, 177
cyrlobotrya Pierre, 178
STAPELIANTHUS Choux, 312
STEPHANISCUS Van Tiegh, 224
STIPULARIA P. Beauv.
africana P. de Beauv., 271, 283, 289, 293
SURIANA Plum.
maritima L., 83
SWINTONIA Grif.
griffithi Kurz, 197
minuta Evrard, 197
pierrei Hance, 196
schwenki Teysm. et Birm., 197
spicifera Hook., 196
SYZYGIOPSIS Ducke
oppositifolia Ducke, 173
Lil
TAPINANTHUS Danser, 250
TAPINANTHUS Blume
bangwensis (Engl. et Krause) Danser, 235,
237, 243
belvisii (DC.) Danser, 237, 239
brunneus Danser, 233
Bentingii (Sprague) Danser, 2
capitatus Danser, 251
dodoneifolius (DC.) Danser, 235, 243
Farmari (Sprague) Danser, 237, 243
globifer S. Balle, 243
globiferus (A. Rich.) Van Tieghen, 2
Kerstingii (Engl.) S. Balle, 237, 244
ituriensis (De Wild.) Danser, 255
nigritanus Danser, 255
ophiodes (Sprague) Danser, 237, 243,
parviflorus Danser, 225
pentagonia (DC.) Van Tieghen, 221, 237,
245
sessifolius (P. de Beauv. non Hiern.) Van
Tieghen, 237, 247
var. glaber S. Balle, 249
var. sessifolius, 249
vollensis S. Balle, 244
TEMNOPTERYX Hk. f.
sericea Hook? f., 271, 275, 283, 203, 206
TETACRYPTA Gardn. et Champ., 61
TETRACTOMIA Hook. f., 82
THELECARPUS Van Tieghen, 250
THEOPHRASTA Linden,
imperialis Linden, 31, 33
TULESTEA Aubr. et Pellegr., 38
7, 242
U
URBANELLA Pierre
buchananiaefolia Pierre, 170
oblongua Pierre, 170
procera (Mart.) Pierre, 170
v
VEPRIS Comm,
lepidota R. Capuron, 72
VILLOGUSPIS Aubr. et Pellegr.
elegans (Raunkiaer) Aubr. et Pellegr., 27
flexuosum (Mart.) Aubr. et Pellegr., 27, 20
Glaziouii Aubr. et Pellegr., 27, 29
inornatum (Mart.) Aubr. et Pellegr., 29
januariense (Eichl.) Aubr. et Pelleur., 27
splendens (Spreng.) Aubr. et Pelleyr., 27
VINCENTELLA Pierre, 191
VISCUM L.
chevalier mss., 259
congolense De Wild., 257
var. Chevalieri S. Balle, 259
var. congolense De Wild, 259
Gillettii De Wild., 259
Source : MNHN, Paris
— 361 —
grandifolium Engl., 259
Staudtii Engl., 259
Zenkeri Engl., 259
VITELLARIA Gartn. f.
Eïchleri Engler, 186
glabrescens Radik., 26
VOHARANGA Cost. et Gall.
madagascariensis Cost. et Bos., 309, 314
VOHEMARIA (Buch.) Jum. et Perr.
implicata (Jum. et Perr.) Jum. et Perr., 314
messeri Buchnau, 814
wW
WILDEMANIODOXA Aubr. et Pellegr., 38
x
XANTHOXYLUM L., 82
Z
ZEYHERELLA (Pierre) Aubr. et Pellegr., 38
Source : MNHN, Paris
Le Centre de Documentation
du Centre National de la Recherche Scientifique
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Le Centre de Documentation du C.N.R.S. publie mensuellement un « BULLETIN
SIGNALÉTIQUE » en plusieurs fascicules dans lesquels figurent, sous la forme de courts
extraits classés par matières, tous les travaux scientifiques et techniques publiés dans
le monde entier.
Quatre fascicules d'entre eux sont consacrés à la Philosophie et aux Sciences Humaines
et paraissent trimestriellement.
Cette revue bibliographique, l'une des plus importantes du monde, signale, chaque
année, environ 250.000 articles et mémoires. On trouvera au dos de la présente feuille
le détail de ces fascicules.
Le Centre de Documentation du C.N.R.S. fournit également la reproduction sur
MICROFILM ou sur PAPIER des articles analysés dans le « BULLETIN SIGNALÉTIQUE »
ou des articles dont la référence bibliographique précise lui est fournie.
Expérimentateurs, Ingénieurs et Techniciens peuvent ainsi bénéficier, sans quitter
leur laboratoire ou leur bureau, d'une documentation abondante et rapide.
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dant à chacune des rubriques.
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Source : MNHN, Paris
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Année 1961
FASCICULES PRIX
France Étranger
1. MATHÉMATIQUES . JONF 35 NF
2. ASTRONOMIE, ASTROPHYSIQUE, PHYSIQUE DU
GLOBE. 40 - 45 -
3. PHYSIQUE I. Généralités. Physique mathématique.
| Mécanique, Acoustique, Gprique. Chaleur, Thermo:
dynamique 3 . S0- 55 -
4. PHYSIQUE Il. Électricité . 40 - 45 -
S. PHYSIQUE NUCLÉAIRE Noyaux. Particules. Énergie
atomique bed ee Rene d nn neue 40 - 45 -
6. STRUCTURE DE LA MATIÈRE. Crisallographie.
Solides. Fluides. Atomes. lons. Molécules..
7. CHIMIE 1. Chimie générale, Chimie physique. Chimie
minérale. Chimie analytique. Chimie organique... 100 - 105 -
40 - 45 -
| 8 CHIMIE Il. Chimie appliquée. Métallurgie. 80 - 85 -
$ 9. SCIENCES DE L'INGÉNIEUR 60 - 65 -
Z \ 10. SCIENCES DE LA TERRE I. Minéralogie. Géochimie,
È Pétrographie 25 - 30 -
11. SCIENCES DE LA TERRE Il. Physique du Globe.
Géologie. Paléontologie... 40 - 45 -
12. BIOPHYSIQUE. BIOLOGIE. Chi
ï 40 - 45 -
13. SCIENCES PHARMACOLOGIQUES, TOXICOLOGIE. 40 - 45 -
14. MICROBIOLOGIE. VIRUS. BACTÉRIOPHAGES.
IMMUNOLOGIE. GÉNÉTIQUE. 40 - 45 -
15. PATHOLOGIE GÉNÉRALE ET EXPÉRIMENTALE. 60 - 65 -
16. BIOLOGIE ET PHYSIOLOGIE ANIMALES. 100 - 105 -
| 17. BIOLOGIE ET PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE: 50 - 55 -
| 18. SCIENCES AGRICOLES. ZOOTECHNIE. PHYTIA-
TRIE ET PHYTOPHARMACIE. ALIMENTS ET
INDUSTRIES ALIMENTAIRES .................. 60 - 65 -
19. PHILOSOPHIE. SCIENCES HUMAINES. Phi'osophie.
Sciences religieuses. Archéologie et Histoire de
l'Art. Psychologie. Pédagogie. Sociologie. Sciences
2 | du Langage. Histoire des Sciences et des Techniques. 80 - 85 -
& | 20. PSYCHOLOGIE. PÉDAGOGIE (1) 30 - 35 -
3 ‘M. SOCIOLOGIE ET SCIENCES DU LANGAGE (1) 3- 35 -
È | 22. HISTOIRE DES SCIENCES ET DES TECHNIQUES (1). 20 - 25 -
Ê
Abonnement pour les fascicules groupés 1 à 11... 250 - 290 -
Abonnement pour les fascicules groupés 12 à 18... 250 - 290 -
(1) Les fascieules spécialisés numérotés 20-21-22 sont regroupés dans le fascicule 19.
© HNPTIMÉ En FACE ———
TYPOGRAPHIE FIM] Jr ET Cie, — MESNIL (EURE). — 9054
Dépôt légal : 1er trimestre 1962.
Source : MNHN, Paris
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