Source : MNHN, Paris
MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
ADANSONIA
TRAVAUX PUBLIÉS
AVEC LE CONCOURS
du Centre National de la Recherche Scientifique
SOUS LA DIRECTION DE
H. HUMBERT A. AUBRÉVILLE
Membre de l'Institut Professeur
Nouvelle Série
Tome III
FASCICULE 3
1963
PARIS
LABORATOIRE DE PHANÉROGAMIE
DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
16, rue de BufTon, Paris (5 e )
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
SOMMAIRE
Lourteig (M lle A.). — Cari Johan Fredrik Skottsberg (1880-1963). 310
Leandri J. — Les « Familles des Plantes » d’Adanson (1763) à leur
second centenaire. 313
Aubréville A. —- Notes sur les Poutériées océaniennes (Sapo-
tacées) . 327
Aubréville A. — Sur deux genres indo-malais de Pierre, Mixandra
et Diplolcnema . 336
Aubréville A. — Propos biotropicaux sur une carte bioclimatique
de la zone méditerranéenne. 338
Humbert H. — Les Gentianacées de Madagascar. 343
Tardieu-Blot (M me M.-L.). — Une Sélaginelle nouvelle du
Cameroun. 350
Schnell R. — Convergences hétéroplastiques, inductions morpho¬
gènes et caractères taxinomiques. 354
Schnell R. et Cusset G. — Remarques sur la structure des plan-
tules de Podostémonacées. 358
Capuron R. — Contributions à l’étude de la Flore de Madagascar
(XI, Macadamia, Protéacées; XII, Bubbia Perrieri, Winté-
racées; XIII, Drypeles Ihouarsiana ; XIV, Ardisia, Myrsi-
nacées; XV, Diegodendron, Diegodendracées ; XVI, Schizo-
laena, Sarcolaenacées). 370
Adjanohoun E. — Un Andropogon nouveau de la section Pieslium
(Graminées). 401
Bernardi L. — Considérations phytogéographiques et morpho¬
génétiques sur le genre Weinmannia (Cunoniacées). 404
Corner E.J.H. — La théorie du Durian ou l’origine de l’arbre
moderne (adaptation française par N. et F. Hallé). l re partie. 422
Source : MNHN, Paris
CARL JOHAN FREDRIK SKOTTSBERG
(1880-1963)
par Alicia Lourteig
Maître de Recherches au C.N.R.S.
La Botanique vient de perdre l’un de ses plus grands hommes :
les Professeur Docteur Cari Skottsberg. La science biologique des régions
subantarctiques et antarctiques a perdu son « pionnier », le chercheur
le plus constant et le plus dévoué.
Au Chili et en Argentine, pays auxquels le Professeur Skottsberg
consacra des travaux scientifiques d’une portée extraordinaire, et où
il avait trouvé de nombreux amis, la triste nouvelle a apporté un djuil
profond et sincère.
La carrière scientifique du Professeur Skottsberg est marquée
d’une solidité, d’une discipline ferme, d’un plan sérieux sans hésita¬
tions et sans détours. Il mit son intelligence et tous ses efforts au service
de l’étude de la végétation des régions australes, et, de cette concentra¬
tion totale, son œuvre acquiert une unité insurpassable et une perfec¬
tion rarement atteintes, tant par la somme de documents que par
l’analyse détaillée de tous les problèmes.
Le botaniste exceptionnel qu’il fut, excella aussi bien dans le domaine
phytogéographique que dans la Taxinomie et la connaissance parfaite
des questions de Nomenclature. Ses travaux resteront classiques : ils
constituent un recueil complet d’informations bibliographiques et d’obser¬
vations dans la nature, un modèle de conception et de présentation
modernes.
Cari Johan Fredrik Skottsberg naquit à Karlshamn, Province de
Blekinge (Suède) le 1 er décembre 1880, de Cari Adolf Skottsberg et
Maria Lovisa Pfeiffer. Il obtint son « Ph. D. » avec le « Docent » à l’Uni¬
versité d’Uppsala en 1907 par sa thèse : Zur Kennlnis der subanlark-
lischen und antarktischen Meeresalgen. Ce travail montre l’intérêt qui
guida loute sa vie : la biologie des régions australes du globe. Il avait
déjà participé à l’Expédition Suédoise de l’Antarctique de 1901 à 1903,
sous la direction du Professeur Otto Nordensk.iôld. Le bateau s’écrasa
dans la glace et l’Expédition hiberna dans l’île Paulet.
1. Je remercie M 11 ® Dr. Brilla Lundblad (Stockholm) pour tous les renseignements
qu'elle m’a si gentiment communiqués.
Source : MNHN, Paris
311 —
En 1907-09 il partit de nouveau, cette fois comme Chef de l’Expé¬
dition Magellanique Suédoise et c’est alors qu’il visita les îles Malouines,
la Géorgie du Sud, la Patagonie, la Terre de Feu, les Iles Juan Fernandez.
Entre 1909 et 1924 il fut chargé de l’herbier du Muséum d’Uppsala,
mais il quitta la Suède pour une autre Expédition (1916-17), cette fois
aux Iles Juan Fernandez et à l’Ile de Pâques.
En 1919, le premier poste de Directeur (Professeur) du Jardin
Botanique de Gôteborg lui fut attribué; il conserva cette charge jusqu’en
1948 avec le poste de Professeur au Collège de l’Université. Il effectua
encore trois expéditions : aux Iles Hawaii (1938 et 1948) et à Juan
Fernandez (1954-1955).
Robert E. Fries a écrit de lui qu’il était le plus « widely traveller »
des botanistes suédois.
En 1931 Skottsberg fut élu Membre de l’Académie des Sciences
Suédoise dont il devint Président (1949-50).
Outre les charges et les distinctions dont il fut l’objet dans son
propre pays, Skottsberg fut Professeur-Visiteur â l’Université de Yale
(1934-35), Associé de Recherches du Muséum Bishop (Honolulu) depuis
1948, membre étranger de la Société Royale de Londres depuis 1950,
Docteur honoris causa de l’Université de Montpellier depuis 1959, Membre
honoraire de l’Association des Sciences du Pacifique depuis 1961, Membre
l’Académie des Sciences de Côrdoba (Argentina), etc., etc.
Des nombreuses distinctions qui lui furent octroyées à juste titre,
je citerai seulement l’une d’elles, témoignage de reconnaissance pour
ses travaux dans un pays lointain : le Prix Francisco Moreno, du Muséum
de La Plata (Argentina) en 1939.
Secrétaire, puis Président du Comité International pour la Protec¬
tion de la Nature au Pacifique, il publia divers articles et participa aux
congrès et réunions, tâchant de sauvegarder la beauté et la nature de
ces Iles où il constatait tant de dégâts!
Il fut aussi Président de la Section de Botanique de l'Union Inter¬
nationale des Sciences Biologiques et du 7 e Congrès International de
Botanique tenu à Stockholm en 1950. Ceux qui, comme moi, eurent
le privilège d’assister à ce Congrès furent charmés par l’éblouissant dis¬
cours qu’il prononça à la séance d’ouverture en plusieurs langues, pour
lesquelles il était si doué... Par son esprit organisateur et dynamique il
surmonta toutes les difficultés (même celles de l’après-guerre) et nous
offrit un Congrès magnifique. Il ne se déroba pas aux devoirs sociaux
que sa haute personnalité lui imposa continuellement. Sa mémoire
excellente lui permit toujours de reconnaître toutes les personnes qu’il
rencontrait et de dire la phrase qui convenait à chacun ! Il trouva le temps
de tout faire.
Les genres Skollsbergia et Skoltsbergiella lui ont été dédiés ainsi
que de nombreuses espèces. Sa production scientifique est considérable;
je citerai ici seulement quelques travaux :
Botanik in Nordenskjôld, O., Ergebniss. Schwedischen Südpolar-
Expedition. 1901-1909.
Source : MNHN, Paris
— 312 —
A botanical survey of the Falkland Islands. 1913.
The Natural Historv of Juan Fernandez and Easter Islands. 1920-
1956.
Viixternas Liv. 1932-40.
Il fut l’éditeur du Medded. fr. Gôteborgs Botan. Tràdgârden. 1924-
1948.
En plus de ses travaux de recherche il produisit quelques livres
de vulgarisation, résultat de ses grands voyages; on y trouve des descrip¬
tions des lieux et des êtres qu’il avait rencontrés; ainsi Antarclica (en
collaboration avec Nordenskjôld et ail.) 1905, The Wilds of Patagonia,
1912, et Robinson’s Island and the End of the World, 1918.
Son épouse Inga Reuter, fut une vaillante compagne qui voyagea
avec lui dans les îles du Pacifique et l’aida continuellement.
Cari Skottsberg conserva jusqu’à la fin de sa vie l’énergie et la
présence d’esprit qui le caractérisèrent : atteint d’une terrible maladie
il s’efforça de continuer ses recherches et il y réussissait encore cinq
semaines avant sa mort. Il eut toute sa connaissance presque jusqu’à la
fin; je reçus encore une lettre signée de lui le 31 mai (alors qu’il était
déjà hospitalisé!) et il nous quitta le 14 juin...
Skottsberg a construit son monument, le plus humble et le plus
grand : cette énorme pyramide de travail qui restera une source perma¬
nente dans laquelle des générations devront puiser, qui est et sera tou¬
jours utile parce qu’elle reflète la qualité d’une recherche profonde,
honnête et jamais hâtive.
Source : MNHN, Paris
LES « FAMILLES DES PLANTES » D’ADANSON (1763)
A LEUR SECOND CENTENAIRE
par J. Leandri 1
Au moment où un Comité international s’apprête à célébrer avec
éclat le deuxième centenaire de la parution des Familles des Plantes,
dans des manifestations qui doivent se dérouler à Paris, à Aix-en-Provence
et dans le Nouveau Monde 2 , il ne semble par hors de propos de rappeler,
dans une Revue qui porte le nom d’ADANSON, le souvenir de celui qui
fut un des plus grands botanistes du xvm e siècle.
Nous lui avons déjà consacré quelques mots lorsque nous avons
évoqué dans cette même Revue la mémoire d’un autre systématicien
qui au siècle suivant devait se montrer son émule le plus brillant : nous
voulons parler d’Henri Bâillon, qui, tout comme son modèle, ne ren¬
contra guère d’encouragements auprès des plus influents de ses collègues.
Ils appartiennent tous deux à cette catégorie de savants, qui, bien qu’ayant
éveillé dès leurs débuts l’intérêt de tous, l’admiration de beaucoup, n’ont
vu leur grandeur pleinement reconnue que par l’Histoire.
On attribue généralement aux Jussieu le mérite de l’établissement
des « familles » végétales, parce qu’ils les ont proposées en respectant
le principe fécond de la subordination des caractères. Comme le disait
Bernard à son neveu Antoine-Laurent, « il faut peser les caractères, et
non les compter ». On oublie que Bernard de Jussieu n’a jamais publié
sa classification, qui n’apparaît qu’implicitement dans un catalogue
manuscrit du jardin de Trianon, et qu’Antoine-Laurent n’a publié qu’en
1773 le premier mémoire où il faisait l’application des principes de son
oncle à une « famille », celle des Renonculacées. Or les Familles des
Plantes ont paru en 1763 et Adanson est donc le premier qui ait attiré
l’attention, dans un ouvrage important, sur ce terme évocateur de
« famille » qui compare les ensembles de plantes unies par des liens de
parenté aux groupes unis par les liens du sang qui forment un élément
de base de la vie sociale de l’humanité.
Adanson (1727-1806) est illustre aussi bien comme voyageur que
comme fondateur d’une des méthodes de classification les plus originales.
I. L'auteur exprime sa reconnaissance au professeur A. Aubréville pour avoir
bien voulu attirer son attention sur plusieurs points importants.
2. Le manuscrit de cette note a été remis au début de 1963, antérieurement aux
cérémonies du bicentenaire d'ADANSoN (note ajoutée pendant l’impression).
Source : MNHN, Paris
I-'i?. 1. — Statue de Michel Adanson, par Etex (1856), à l’entrée de la nouvelle galerie
Botanique (pavillon Phanérogamie) au Muséum (photo Pierre Guex).
Source : MNHN, Paris
— 315
Né à Aix-en-Provence en 1727, élève de Bernard de Jussieu, il
est à la fois l’explorateur des richesses naturelles du Sénégal, le descripteur
du Baobab, un observateur plein d’originalité dans les différentes branches
des Sciences naturelles, voire des Sciences physiques; et en même temps
l’auteur des Familles des Piaules , ouvrage colossal ayant exigé des années
de travail et de réflexion, où il a cherché à perfectionner l’œuvre de
Bernard en faisant usage de caractères-clés plus nombreux, mais en
attribuant à tous la même valeur. Chose curieuse, il s’est dressé contre
le fâcheux obstacle que le système artificiel de classification de Linné
introduisait, par son succès pratique, dans la définition de vraies familles,
sans se rendre compte qu’en attribuant aux caractères une valeur uni¬
forme, il s’exposait lui-même à être taxé d’artifice. En fait, sa méthode
rachète en partie son caractère dogmatique par le grand nombre des
éléments pris en considération. En établissant soixante-cinq systèmes de
classification basés sur un seul caractère, puis en combinant ces systèmes
partiels, il se montrait un précurseur des adeptes modernes de la statistique
et de la biométrie, qui comptent sur le grand nombre de leurs observa¬
tions pour compenser les écarts de mesures de chacune. Le grand nombre
des arguments mis en œuvre ne peut permettre à ceux de faible impor¬
tance de devenir décisifs et de provoquer des erreurs choquantes. Il
peut même mettre en lumière des affinités ou des divergences qui avaient
échappé à ceux qui, comme les Jussieu, ont donné le premier rôle à la
subordination des caractères, c’est-à-dire au postulat de la différence de
valeur de ces derniers pour la classification. Avant Lamarck et Darwin,
ce principe ne tirait pas encore son soutien de la phylogénie, et prêtait
à certaines erreurs, parce que le même caractère apparent peut être un
héritage très ancien dans un groupe, une acquisition récente dans un
autre.
Au risque de nous répéter, nous rappellerons encore ce qu'écrivait
Bâillon dans son grand Dictionnaire de Botanique : « Bien qu’ADANSON
ait emprunté quelque chose à l’ordre établi par Bernard de Jussieu dans
le classement des plantes du jardin de Trianon, et que sa méthode l’ait
conduit à ne pas séparer les Monocotylédones des Dicotylédones », il
reste « le plus grand des botanistes de notre pays ». Et ailleurs : « Ceux
qui sont aujourd'hui regardés comme les plus grands furent aussi les
plus indépendants... » Bâillon avait écrit déjà, pour montrer qu’il
n’y a pas de « frontière » entre la méthode d’AüANSON et la « méthode
naturelle » basée sur la subordination des caractères : « Le « système »,
pour peu qu’il mette en œuvre plus d’un caractère et il ne saurait guère
être autrement, n’échappe pas à la nécessité de les faire passer l’un avant
l’autre... A.-L. de Jussieu eût été bien surpris qu’on lui accordât le
privilège d’avoir, succédant à d’innombrables systématiciens tous affligés
de vues courtes et embarrassées, reçu en partage la faculté de tout voir,
de tout comprendre, de tout embrasser et de mettre chaque chose à sa
place... Je n’affirmerai pas qu’il eût exclu Adanson du mérite d’avoir
contribué à l’édification de sa méthode, car il savait bien tout ce qu’en
Source : MNHN, Paris
— 316 —
fait de méthode il devait à ce dernier, et combien Adanson avait ajouté
à ce qu’il avait pu recevoir de Bernard de Jussieu lui-même. »
La science moderne avec J. Vesque et ses émules a confirmé la
possibilité de distinguer des caractères phylétiques et des caractères
d’adaptation, mais les premiers eux-mêmes ne sont pas immuables.
Les transformations que les seconds impriment aux premiers peuvent
aussi réduire souvent la valeur d’un caractère « de premier ordre ». « Qu’eût
dit Antoine-Laurent de Jussieu », écrivait Bâillon, s’il avait su que dans
les familles hypogymes par excellence, il pouvait se présenter des diffé¬
rences dans l’insertion; qu’il y a des Renonculacées qui cessent d’être
complètement hypogynes, et des Crucifères dont l’insertion est nette¬
ment périgynique? Endlicher, un des émules de Jussieu, admet tout
un groupe des Pariétales, alors que Jussieu n’accorde aucune valeur au
caractère de la placentation. »
Les principes d’ADANSON, écrit encore Bâillon, auraient pu, s’ils
avaient été sagement appliqués, conduire à une classification aussi
naturelle L Adanson admettait que chaque groupe a « son génie » ce
qui est plus naturel que d’attribuer à un caractère donné une impor¬
tance prédominante dans tous les groupes. Les voies de l’évolution sont
parfois hésitantes et le même caractère, si commode pour définir certaines
familles, est à peine dans d’autres un caractère générique, comme le
groupement des Heurs en capitules chez les Composées et chez les Papilio-
nacées pour prendre un exemple trivial.
Ce n’est pas sans une sérieuse étude de toutes les méthodes et de
tous les systèmes antérieurs qu’ADANSON était arrivé à concevoir le
sien. C’est ainsi qu’il est amené, à la page xi.vii de sa Préface, à remar¬
quer au sujet du plus célèbre d’entre eux, que sur les 68 « ordres » de
Linné, il n’y en a que 20, c’est-à-dire à peine un tiers, de naturels ( Frag¬
menta melhodi naturalis des Classes Planlarum, 1738, et Philosophia
bolanica, 1751). « Nous sommes fort étonné que depuis l’an 1738 jusqu’en
1751, ce qui fait un espace de quinze ans, que M. Linnaeus travaille à la
perfection de ces Sections ou Ordres naturels, ils soient encore inférieurs
à ceux de l’illustre Tournefort, qui, quoique gêné par sa Méthode
(rappelons qu’elle séparait encore les herbes des arbres affines), a conservé,
comme l’on a vu, presque 1 /3 de classes naturelles, et plus de 1 /3 de ses
Sections ou ordres naturels... »
Aussi, dans sa curieuse « Table des méthodes universelles ou géné¬
rales de botanique, rangées selon leurs divers degrés de bonté » qui tient
quatre pages de la Préface, Adanson donne le premier rang à Tourne¬
fort, et à Linné seulement le seizième !
La seule définition d’un « système » suffit pour prouver qu’aucun
système ne peut être qu’artificiel, puisqu’il suppose vraies des choses
qui ne sont pas démontrées telles.
1. Remarquons cependant ici que celte restriction revient au fond à admettre
la subordination des caractères, à donner de l'importance aux caractères de premier
ordre en les étayant en quelque sorte par l'adjonction de caractères manifestement
satellites, ce qui revient à leur attribuer un coefficient spécial.
Source : MNHN, Paris
— 317
Fig. 2. -— Fac-similé de deux pages d’un exemplaire des * Familles des Plantes »
ayant appartenu à l’auteur, avec des annotations et un feuillet intercalaire (photo
Pierre Guex).
Source : MNHN, Paris
318
Parmi les Méthodes, celle de Tournefort qui n’a pourtant que
la prétention d’être plus facile, pourrait suffire. Mais Tournefort
reconnaissait que les genres n’avaient pas tous le même rang. En attri¬
buant à tous une valeur égale, Linné s’écarte de la Nature, mais intro¬
duit une nomenclature commode pour désigner les groupes, qu’ils soient
naturels ou non. On aurait pu qualifier genres des familles comme les
Ombellifères, les Labiées, les Légumineuses, les Crucifères qui semblent
avoir des caractères propres comparables à ceux de la Renoncule, de
l’Aconit, de la Nielle, du Claylonia, du Kelmia , de la Grenadille (Passi¬
flore)...
C’est aussi dans la préface des Familles des Plantes que l’on trouve
des allusions aux phénomènes de variation des espèces, de mutation,
dont Adanson se sert pour critiquer l’idée d’espèce naturelle et fixe
de Linné, si commode qu’elle puisse être : les espèces changent de nature...
« Il est facile de voir » (par tout ce qu’expose Adanson) « que les
caractères classiques, génériques et spécifiques, sont arbitraires et varia¬
bles, puisqu’ils dépendent du choix et du nombre des parties d’où les
Méthodistes veulent les tirer, et que chacun d’eux les a fixés à sa façon,
les uns regardant comme accidentels ou arbitraires ceux que les autres
regardaient comme essentiels ou naturels ».
C’est en cherchant à utiliser les méthodes de Tournefort et de
Linné pour classer les plantes nouvelles qu’il découvrait dans son voyage
au Sénégal qu’ADANSON a eu l’idée d’une méthode nouvelle qui, s’inspi¬
rant des idées de Buffon, tiendrait compte de l’ensemble des caractères.
C’est par l’étude directe et la description d’un très grand nombre d’espèces
qu’il s’aperçut que beaucoup se rangeaient pour ainsi dire d'elles-mêmes
par la somme de leurs caractères dans des Classes ou Familles qui ne pou¬
vaient être que naturelles, étant fondées sur l’ensemble de toutes les
parties.
Adanson expose alors ses 65 systèmes de classification basés sur un
seul caractère et à propos desquels on peut regretter que le manque de
place ne lui ait pas toujours permis d’indiquer complètement les plantes
qu’il avait en vue. Nous donnerons ici la table qui figure à la page cccxi
de la Préface; en respectant les fautes de calcul (p. ex. 1. 7) et l'ortho¬
graphe originale :
« Table de mes 65 Systèmes généraux de Bolanike, rangés selon l'ordre
où je les ai exposé ci-devanl, et avec leurs divers degrés de bonté »
(c’est nous qui soulignons, pour montrer qu’ADANSON ne voulait pas
ignorer les différences de valeur entre les caractères).
Source : MNHN, Paris
- 319 —
A nées
où j'ai composé
chacun
de ces systèmes
Fondemens
de chaque système
Nombre
de leurs
classes
Nombre
de leurs
sections
Nombre
des sections
naturelles
qu'ils conservent
Systèmes :
1753
1. Figure totale ou
Port des
plantes
11
164
9 ou 1 /17 et plus
2. Sa hauteur ou
grandeur
1 1
277
0
3. Grosseur ou dia-
13
272
0
1754
4. Durée ou aje
10
224
0
5. Climat ou lieu
417
0 '
1755
6. Substance
108
7 ou 1 /15 et plus
7. Sucs
19
166
59 ou 1 /4 et plus
8. Teintures
9
92
37 ou 1 /3 et plus
9. Couleur des fleurs
8
174
17 ou 1 /I0 et plus
10. Saveur
10
91
12 ou 1 /7 et plus
11. Odeur
7
113
10 ou 1 /Il et plus
12. Vertus et usajes
38
314
229 ou 2 /3 et plus
1751
13. Racines
7
102
31 ou 1/4 et plus
1752
14. Bourgeons
8
82
44 ou l /2 et plus
15. Tije : sa figure
96
29 ou 1 14 et plus
16. Branches : leur
situation
109
20 ou 1 /6 et plus
1751
17. Feuilles : leur
figure
8
115
21 ou 1 /6 et plus
1749
18. situation
5
145
17 ou 1/9 et plus
1750
19. — développe-
15
137
14 ou 1 /10 et plus
20. durée
3
91
23 ou 1 /4 et plus
21. disposition
ou feuillaje
85
34 ou 1 13 et plus
1749
22. Stipules : leur
situation
-1
84
28 ou 1 13
1750
23. — nombre
81
30 ou 1 13 et plus
24. Vrilles : leur
situation
,
72
48 ou 1 /2 et plus
25. Épines leur
situation
12
124
24 ou 1 /6 et plus
1748
26. Poils et glandes :
leur figure
1 1
140
8 ou 1/18 et plus
27. Fleurs : leur
situation
9
151
8 ou 1 /19 et plus
28. — disposition
9
256
3 ou 1 /86 et plus
1750
29. — écailles q u i
les accom-
pagnent
5
93
21 ou 1/5 et plus
1. On voit qu’ADANsoN ne conserve comme naturelle aucune des sections
établies sur les quatre caractères précédents, ce qui montre que sa méthode, bien
que ne subordonnant pas les caractères, aboutit sensiblement aux mêmes conclu¬
sions que celle des Jussieu.
Source : MNHN, Paris
320 -
ou j'ai composé
chacun
de ces systèmes
Fondemens
de chaque système
Nombre
classes
Nombre
de leurs
sections
Nombre
des sections
naturelles
,74,
30. Sexe : sa situa¬
tion
7
124
21
ou 1 16
1747
31. Calice : sa situa-
5
106
25
ou I /5
et plus
1746
32. — figure
7
109
26
in 1 /5
et plus
1744
33. - son nombre
3
80
36
m 1 13
et plus
1742
34. — nombre de
ses feuilles
14
185
23
ou 1 19
et plus
1748
35. - sa durée
5
89
33
ou 1/3
et plus
36. Corolle : sa si¬
tuation
8
90
32
ou 1/3
et plus
1746
37. ligure
9
105
25
ou 1/5
et plus
38. - son nombre
3
85
37
m 1 13
et plus
1743
39. nombre de
ses pétales
15
164
30
ou 1/6
1748
40. —- sa durée
m 1 13
1747
4L Étamines : leur
situation
20
86
37
ou 1 13
et plus
1746
42. - ligure res¬
pective
7
75
44
ou 1/2
43. nombre 1
14
1719
44. - nombre re¬
lativement
à la corolle
et au calice
131
13
ou I /Il
45. Proportion rela¬
tive entre
6
76
40
ou 1 /2
et plus
1747
46. Antères : leur
et disposi-
3
67
ou 1/2
1746
47. ligure
5
74
45
.u 1 /2
et plus
48. Poussières* :
leur figure
12
93
28
ou 1 /4
et plus
1747
situation
en général
6
68
53
ou 1 12
et plus
1744
50. nombre
93
45
>u 1 /3
1741
51. Stiles : leur
nombre
8
130
33
ou 1 14
1742
52. Stigmates : leur
nombre
8
174
15
ou 1 /12 et plus
1749
53. Fruit : sa subs-
6
113
17
ou 1/7
et plus
1745
54. -— nombre de
8
218
13
ou 1 /17 et plus
1/4,
55. Grènes : leur
4
62
54
ou 1 12
et plus
I. Le Melhodus sexualis de Linné basé sur les étamines date de 1737.
Source : MNHN, Paris
321 —
Quelles conclusions tirer de ce tableau? On voit que tous les sys¬
tèmes fondés sur un seul caractère ne peuvent embrasser toutes les
plantes puisque les Champignons par exemple ne réunissent que 2 ou 3
caractères. Mais n’importe quel caractère peut suffire à ranger tous les
végétaux dans un ordre systématique. La botanique est donc loin d’être
aussi avancée que le croient les contemporains d’ADANSON. L’auteur
des Familles montre que la logique fait entrevoir des familles nouvelles
à découvrir, des additions à faire aux familles connues, d’innombrables
genres à découvrir, à corriger ou à compléter, et de même pour les Espèces.
Il voit pour l’avenir un grand ouvrage complétant ses Familles et mon¬
trant mieux l’enchaînement des formes végétales, prophétisant ainsi
la venue des Généra Planlarum qui devaient fleurir au siècle suivant.
1. La transcription u pour l’o (Y) grec avait pour conséquence une prononciation
correspondante. Les Allemands prononcent encore l’y comme ü.
Source : MNHN, Paris
— 322 —
II indique avec, clairvoyance les voyages qui restent â faire pour achever
de reconnaître toutes les plantes de la terre, fixant ainsi un programme
qui n’est pas encore complètement réalisé aujourd’hui.
Laissant de côté les vues d’AoANSON en physiologie, qui sont bien
moins intéressantes que sa classification, nous allons rappeler quels grou¬
pes l’emploi de sa méthode le conduit à identifier et à nommer Familles.
Ils sont décrits dans le second tome de son ouvrage qui a d’ailleurs,
comme le premier, paru en 1763.
L’accusation d’ignorer la subordination des caractères portée contre
Apanson semble tomber d’elle-mème quand on voit que dans le tableau
synoptique des familles qui forme le début du tome II, les caractères
essentiels des familles sont réduits à sept. Mais ces caractères sont pour
lui des signes plutôt que des bases fondamentales : disposition et carac¬
tères des feuilles, répartition des sexes, disposition des pièces florales
externes par rapport à l’ovaire, forme et position de la corolle, nombre
et disposition des étamines, nombre et position des carpelles, nombre
et placentation des graines L
Familles :
1. Byssus : Tremella, Con/erva, Aspergillus , Bolrytis, etc...
2. Champignons : sept sections : à réseau, à trous, à lamelles, etc...
3. Fucus : Nostoc, Padina, Ceramium, etc...
4. Hépatiques : Marchanlia , Lunularia, Marsilea, Jungermannia...
5. Fougères : deux sections « fleurs » sous les feuilles; ou sur un
pédicelle.
6. Palmiers.
7. Gramens, comprenant : Alpistes, Avènes, Poas, Panics, Fro¬
ments, Riz, Sorghos, Maïs, Souchets (nos Cypéracées, avec
quelques intrus).
8. Liliasées, comprenant : Joncs, Lis, Scilles, Ognons, Asperges,
Jacinthes, Narcisses, Iris.
9. Gingembres (incl. Broméliacées, Musacées, etc...).
10. Orchis.
11. Aristoloches (la section à étamines sur l’ovaire comprend
fâcheusement des Nénuphars, Butomées, Dioscorées, etc...).
12. Elaeagnus (avec des Loranthacées, Balamophoracées...).
13. Onagres : à 1 graine (Trapa); à plusieurs (Ludwigia...).
14. Myrtes.
15. Ombellifères, avec, comme sections, les Carvi, les Cerfeuils,
les Ciguës, les Carottes, les Berces, les Panais, les Fenouils,
les Ginsengs (nos Araliacées).
16. Composées, avec comme sections les Laitues, les Echinops, les
Chardons, les Immortelles, les Ambrosiées, les Tanaisies,
les Conyzes, les Jacobées, les Soucis, les Bidens.
1. Nous renonçons, dans le tableau qui suit, à conserver toute l'orthographe et
toute la nomenclature d’AnANSON, afin de rendre la lecture plus facile.
Source : MNHN, Paris
323 —
17. Campanules.
18. Bryones (nos Cucurbitacées).
19. Aparines (nos Rubiacées) avec les sections à deux graines et
à plusieurs graines.
20. Scabieuses, avec les sections à fleurs en tête (Dipsacées) et
à fleurs en corymbes (Valérianacées).
21. Chèvrefeuilles, avec les sections à corolle irrégulière (Capri-
foliaeées) et à corolle régulière (Cornus, Loasa?).
22. Airelles : Vaccinium à périanthe au-dessus de l’ovaire; Erica,
etc..... à périanthe au-dessous de l’ovaire et à capsule; Arbulus,
Ebénacées, Sapotacées, Olacacées, Erythroxylacées... ; à périan¬
the au-dessous de l’ovaire et à baies.
23. Apocyns, avec les sections à 1 ovaire et baie (Thevelia, Rauuol-
fia); à 1 ovaire et capsule (Gentianacées) ; à 2 ovaires (Per¬
venche, Tabernaemonlana, Nerium, Asclepias...).
24. Bourraches : à baies (Ehrelia) ; à capsules (Borrago, Asperugo,
Echium...).
25. Labiées : à fleurs sans écailles (Ajuga, Teucrium, Brunella...) ;
accompagnées d’écailles et distinctes (Salvia , Lavandula,
Siachys, Lamium...) ; à fleurs accompagnées d’écailles et
réunies en corymbes (Lycopus, Marrubium, Leonurus, Ballola,
Mentha, Thymus, etc...).
26. Verveines : à fruit divisé en 2 ou 4 (Verbena, Lippia) ; à
baie ou capsule (Camara, Clerodendron, Vilex, Duranla...).
27. Personnes : à 1 loge (Brunfelsia (Sol.) Coris (Prim.), Orobanche
(Or.), Pinguicula (Lentib.)...; à plusieurs loges et 2 étamines
( Véronique, Barleria (Acanth.) ; à plusieurs loges et 4 étamines
(Buellia (Acanth.), Acanlhus, Limosella, Mimulus, Euph-
rasia, Pedicularis...) ; à plusieurs loges et 5 étamines (Gra-
liola, Conuolvulus, Verbascum, Digilalis... Linaria, Bignonia,
Polemonium, Nicoliana...).
28. Solanons (Stramonium, Solanum, Lycopersicum, Physalis,
Belladona).
29. Jasmins : à 2-3 étamines (Syringa, Jasminum, Liguslrum,
Phyllirea, Olea, Chionaulhus) ; à 4 étamines (Buddleia (Logan.) ;
Plantago...), à 5 étamines (Callicarpa (Verbén.), Galax (Dia-
pens.) ... Lisianlhus (Gentian.).
30. Anagallis (Monlia, Lysimachia, Hollonia, Primula, Cyclamen...).
31. Sai.icaires (Salicaria, Ammania...).
32. Pourpiers (Samolus, Claylonia, Portulaca, Opuntia, Cereus, Saxi-
fraga, Turnera, Dalisca, Chrysosplenium, Talinum, Cressa...)
33. Joubarbes : Cotylédon, Kalanchoe, Crassula, Sedum; Suriana
(Simurab.).
34. Alsines : 1 : à calice tubuleux : Phlox, Cucubalus, Otites, Sapo-
naria, Lychnis...; 2 : à calice sans tube : Alsine. Cenlunculus,
Arenaria, Sagina.
22
Source : MNHN, Paris
— 324 —
35. Butons : Spinacia, Atriplex, Chenopodium, Bêla , Basella,
Parietaria (Urtic.), Salicornia, Corispermum, Calligonum
(Polygon.), Rivina (Phytolac.) Phylolacca, Piper.
36. Jalaps : Plumbago, Pisonia (Nyctag.), Boerhaavia (Nyct.),
Jalapa (Nyctag.), Mirabilis.
37. Amarantes : Selago, Iresine, Minuarla, Tamarix, Linum.
38. Espargoutes : 1. à plusieurs graines : Spergula ; 2. à 1 graine :
Parongchia.
39. Persicaires : Polygonum...
40. Garous : 1. à tube court : Slalice, Eriocaulon, Brunia, Globu-
laria; 2. à tube long : Slellera, Lachnea, Thymelaea...
41. Rosiers : 1. à calice à 2 ou 3 « loges » autour des ovaires :
Clifforlia, Poterium, Sanguisorba, Agrimonia (remarquons
qu’ÀDANSON est ici plus près de la classification actuelle que
les auteurs qui un siècle plus tard plaçaient les Sanguisorbes
parmi les Apétales entre les Urticacées et les Thyméléacées) ;
2. à calice à 1 loge autour des ovaires : Alchemilla. Rubus,
Fragaria, Dryas, Polenlilla, Spiraea...); 3. à calice sur les
ovaires : Pyrus, Sorbus, Crataegus, Mespilus...).
42. Jujubiers : 1. à calice en tube évasé et couvert par un disque :
Evonymus, Celaslrus, Paliurus, Zizyphus...; 2. à calice creusé
sans disque sensible : Frangula, Alalernus, Rhamnus, Prunus,
Cerasus...; 3. à calice sans tube avec un disque qui ne le
recouvre pas : Tribulus, Gaiacum, Fabago, Jambolana ( = Acro-
nychia, Rut.).
43. Légumineuses, avec 6 sections : les Casses (Césalpiniées), les
Genêts, les Astragales, les Haricots, les Coronilles, les Vesces.
44. Pistachiers : 1. à feuilles ailées : Copaiba, Monbin, Schinus, Do-
donea, Rhus, Sapindus, Trichilia, Mahagoni, Rula, Harmala... ;
2. à feuilles simples : Diosma, Cacao, Acajou, Cilrus, Colinus...
45. Tithymales : 1. à étamines distinctes : Mercurialis, Tilhymalus,
Cupania, Buxus, Clusia, Cascarilla, Hernandia... ; 2. à éta¬
mines réunies : .\iruri, Curcas, Jatropha, Tournesol, Manihol,
Sapiutn, Ricinus, Dalechampia, Plukenelia, Hura, Papaya,
Polygala...
46. Anones : Menispermum, Fagara, Magnolia, Annona, Hydraslis,
Asimina, Liriodendron.
Al. Châtaigniers : 1. à ovaires de plusieurs loges : Belula, Carpinus,
Corylus, Quercus, Caslanea. 2. à ovaire à 1 loge contenant
plusieurs graines : Liquidambar, Populus, Salix. 3. à ovaire
à 1 loge à 1 graine : Cannabis, Urtica , Morus, Ficus, Dorslenia,
Plalanus, Cellis, Ulmus...
48. Tilleuls : 1. à feuilles alternes : Triumjetla, Sloanea, Corchorus,
Tilia, Grewia...; 2. à feuilles opposées : Hippocaslanum,
Acer...
49. Géranions : Malpighia, Banisleria, Melianlhus, Géranium,
Hermannia, Melochia, Viola.
Source : MNHN, Paris
— 325 —
50. Mauves : 1. à 1 calice : Abulilon, Lasianthus (il ne s’agit pas
d'une Rubiacée, mais de Gordonia ), Durio, Baobab, Ceiba...;
2. à 2 calices dont l’extérieur a plusieurs pièces : Malvaviscus,
Kelmia, Malva...', 3. à 2 calices, tous deux d’une pièce : Lava-
lera, Allhaea, Urena, Gossypium.
51. Câpriers : Réséda, Breynia, Tapia (= Cralaeva), Capparis,
Passiflora, Vilis, Marcgravia.
52. Crucifères, avec quatre sections : les Roquettes, les Lunaires,
les Thlaspi, les Raiforts.
53. Pavots : Hypecoum, Fumaria, Chelidonium, Glaucium, Papaver,
Argemone, Balsamina, Epimedium, Berberis, Laurus.
54. Cistes : 1. à fleurs sans corolle : Prockia, Bheedia, Salvadora...
2. à corolle et à feuilles opposées : Cistus, Helianlhemum,
Hypericum, Androsaemum, Elodes, Alkanna, Aldrovanda,
Rhizophora, Fraxinus, Coriaria, Paris...; 3. à corolle et à
feuilles alternes : Hirlella, Empelrum, Allophylus, Pittosporum,
Parnassia,Kiggelaria, Curatella, Sarracenia, Garidella, Nigella...
55. Renoncules : 1. à capsules contenant plusieurs graines : Del¬
phinium, Aconitum, Aquilegia, Helleborus, Trollius, Paeonia,
Callha, Damasonium...; 2. à capsules ne contenant qu’une
graine : Sagiltaria, Alisma, Ficaria, Ranunculus, Adonis,
Myosurus, Thaliclrum, Isopyrurn, Anemone, Clemalis...
56. Arons : 1. à calice et plusieurs ovaires : Zannichellia, Polamo-
gelon, Saururus...; 2. sans calice : Isoeles, Dracunculus, Arum,
Arisarum... ; 3. à calice et un ovaire : Monstera, Sparganium,
Triglochin, Lemna, Callitriche, Myriophyllum, Ceratophyllum,
Chara...
57. Pins : Pinus, Larix, Abiès, Thuya, Cupressus, Juniperus, Taxus,
Ephedra, Casuarina, Equiselum...
58. Mousses : 1. à capsule et plusieurs graines : Lycopodium...
2. à graines nues : Sphagnum, Fonlinalis, Polylrichum, Bryum,
Mnium, Buxbaumia.
On voit par ce qui précède combien il est excessif de dire que la
méthode d’ADANSON « ne pouvait aboutir à aucun résultat qui pût indi¬
quer les affinités des plantes ». Il paraît plus juste de reconnaître, comme
le fait ailleurs le même célèbre commentateur, qu’on rencontre dans les
« Familles des Plantes », « le germe de bien des idées intelligentes qui ont
été présentées après lui comme nouvelles ».
Jugée peu pratique par les botanistes de l’Académie des Sciences,
malgré le rapport favorable de Jussieu et Le Monnier, la classification
d’ADANSON n’éveilla pas l’intérêt qu’avait escompté son auteur, qui
pensait en la publiant avoir rendu un grand service à la cause de la Vérité.
Cet insuccès s’ajoutant aux ennuis domestiques et autres dont le savant
était amplement pourvu, et aux suites des privations qu’il avait endu¬
rées au Sénégal, le rendirent misanthrope et il ne sortait presque plus,
travaillant avec acharnement à des ouvrages d’inspiration plus ou moins
Source : MNHN, Paris
— 326 —
heureuse, dans des retraites successives proches du Jardin des Plantes
et de Trianon. Il cherchait aussi à perfectionner ses « Familles », anno¬
tant abondamment son exemplaire personnel en vue d’une nouvelle
édition *.
Les étapes de la vie d’ADANSON, son voyage au Sénégal, sont connus
de tous et Ad. Davy de Virville les a évoqués avec talent dans le
volume Histoire de la Botanique en France publié à l’occasion du Congrès
de 1954. C’est en 1757 qu’avait paru l’Histoire naturelle du Sénégal qui
devait ouvrir au grand botaniste, âgé seulement de trente ans, les portes
de l’Académie des ^Sciences. Plusieurs membres de l’illustre Compagnie
ont consacré â Adanson des travaux biographiques. Nous rappellerons
encore la phrase de Cuvier : « Courage indomptable et patience infinie,
génie profond et bizarrerie choquante, tout dans cette longue existence
mérite d’être médité. » Les regrettés Alfred Lacroix et Aug. Chevalier
ont consacré à Adanson une série de travaux importants, parmi lesquels
un volume entier du dernier auteur. On sait que l’herbier du grand pion¬
nier de la Systématique constitue l’une des richesses historiques du
Muséum, auquel il a été généreusement donné en 1923 par les enfants
de M. de Rocquigny-Adanson. Il avait été longtemps conservé au
château de Baleine, près de Moulins, par les soins d’Aglaé Adanson,
la propre fille du grand botaniste et la créatrice du célèbre Arboretum
de Baleine; puis de la famille de Doi met-Adanson, le collaborateur
de Cosson dans l’exploration botanique de l’Afrique du Nord.
1. Cette seconde édition, préparée par A. Adanson et .1. Paver, fut imprimée
en 1847, mais publiée seulement en 1864, sous le titre : Histoire de la Botanique et plan
des familles nalureltles des Plantes.
Source : MNHN, Paris
NOTES SUR LES POUTÉRIÉES OCÉANIENNES
(SAPOTACÉES)
par A. Aubréville
Nous avons écrit dans des notes antérieures sur les Sapotacées
que le genre Pouleria Aublet était exclusivement américain et que s’il
y avait bien à notre avis une tribu des Poutériées comprenant de nom¬
breux genres en Amérique, en Afrique et en Océanie, il n’y avait aucun
Pouleria dans ces deux derniers continents. Plus particulièrement en ce
qui concerne la Nouvelle-Calédonie 1 2 nous avons été conduit pour classer
les Poutériées de cette île à réhabiliter deux genres de Pierre, Rhamno-
lurna et Pichonia et aussi à titre provisoire un troisième, Sebertia, égale¬
ment de Pierre, qui demeure très insuffisamment connu. Lorsque, pour¬
suivant nos investigations taxonomiques sur les Sapotacées, nous avons
abordé celles de l’Océanie, le problème qui s’était posé à propos de la
Nouvelle-Calédonie s’élargissait encore apportant de nouvelles difficultés.
Puisque toutes ces Poutériées océaniennes n’étaient pas des Pouleria,
à quels genres anciens ou nouveaux fallait-il les attribuer? Nous avons
trouvé les données de cette recherche dans l’herbier de Paris où se trou¬
vent de nombreux types spécifiques, dans une très large mesure dans les
travaux de H. J. Lam 2 et ceux d’HERMANN-ERLEE et van Royen 3 4 ,
et enfin fondamentalement dans les Notes botaniques de Pierre (1890),
l’Histoire des Plantes de Bâillon (1912), les Sapotacées du groupe des
Sidéroxylinées de Dubard *, et les mémoires sur les Sapotacées de Baehni
(Candollea, 1938 et 1942).
La dernière révision faite par Hermann-Erlee et van Royen en
1957 fait apparaître 26 espèces de Pouleria, plus 2 considérées comme
incertaines, distribuées dans une aire vaste qui couvre une partie de
l’Asie du Sud-Est depuis l’Assam à l’Ouest, et la plus grande partie de
l’Océanie, y compris la Nouvelle-Calédonie et le Nord de l’Australie.
1. Aubréville. — Adansonia 2, 2 : 172 (1962).
2. H. J. Lam. — Sapolaceae, Sarcospermaceae and Boerlagellaceae of the Dutch
East Indies and surrounding countries (Malay peninsular and Philippine Islands.
Bull. Jard. bot. Bzg. 3, 7 : 1-289 (1925).
.3. Sapolaceae. —- Pouleria, Blumea 8, 2 : 446 (1957).
4. Dubard. -- Ann. Mus. Col. Marseille 10 : 1-90 (1912).
Source : MNHN, Paris
— 328 —
Parmi les espèces néocalédoniennes nous avons déjà proposé plusieurs
changements d’affectation générique ou repris d’anciens noms :
Pichonia balansana Pierre = Pouleria balansa (Pierre) Baehni.
Bhamnoluma calomeris (Baill.). Aubr. = Pouleria calomeris (Baill.)
Baehni.
Bhamnoluma novo-caledonica (Engl.) Baill. = Pouleria novocaledonica
(Engl.) Baehni.
Seberlia acuminala Baill. = P.? acuminala (Baill.) Baehni.
Il nous avait semblé que d’autres espèces étaient plus proches du
genre Planchonella que du groupe des Poutériées, tout en exprimant
des réserves sur cette façon de voir. C’est ainsi que nous avions repris :
Planchonella Endlicheri (Montr.) Guillaumin et Beauvisage = Pou¬
leria Endlicheri (Montr.) Baehni.
Planchonella wakere (Pancher et Sébert) Pierre = Pouleria wakere
(Panch. et Séb.) Baehni.
Planchonella crassineroia Dubard = Pouleria Pancheri (Baill.)
Baehni.
Planchonella longipes (Baill.) Aubr. = Pouleria longipes (Baill.)
Baehni.
Nous reviendrons plus loin sur certaines de ces attributions au genre
Planchonella.
Restait donc près d’une vingtaine de Pouleria « ss Baehni » à reclasser.
Fort heureusement j’ai constaté une fois encore que Pierre, Bâillon
et Dubard avaient fort bien analysé ce groupe, bien que n’étant pas
toujours tous trois en plein accord sur les positions génériques, et qu’il
était indispensable de reprendre un certain nombre de genres oubliés
ou plutôt confondus dans le pléthorique Pouleria s. 1.
C.’est ainsi que nous reprenons le genre Sersalisia de R. Brown
(1810), et les genres de Pierre : Bureavella (= Beauvisagea ), Fonl-
brunea, qui s’ajoutent ainsi aux genres Bhamnoluma, Pichonia et? Seberlia
que nous avons replacés en lumière en 1962.
Il nous a paru en outre nécessaire de créer un genre nouveau pour
l’espèce australienne Pouleria caslanosperma (White) Baehni.
Il reste encore quelques Pouleria ss. Baehni cités par Hermann-
Eri.ee et van Royen, que nous avons hésité à Reclasser, en attendant
un complément de documentation :
Pouleria? grandijolia (Wallich.) Baehni, graine inconnue.
Pouleria? celebica Erlee, graine inconnue.
Pouleria paucinervia Erlee, fleur inconnue.
Pouleria? garcinioides (Krause) Baehni, graine inconnue.
Pouleria? lucida (Burck) Baehni, fleur inconnue.
Source : MNHN, Paris
— 329 —
CLÉ DES GENRES DE POUTÉRIÉES OCÉANIENNES
Graines à cotylédons épais sans albumen, ou embryon un peu albu¬
miné autour de la radicule, ou albumen membraneux :
Étamines à très courts filets insérés vers le bas du tube. Gros
fruits à 1-2 graines. Graine à tégument épais, à cicatrice oblon-
gue. Van-Royena
Étamines à filets insérés près de la gorge de la corolle :
Étamines nettement exsertes, à filets au moins aussi longs
que les lobes de la corolle. Forts staminodes. Lobes de la
corolle ovés, plus longs que le tube. 1 graine par fruit, à
tégument mince.
Cicatrice de la graine occupant presque toute la surface de
la graine à l’exception d’une étroite bande dorsale ver¬
nissée. Pichonia
Cicatrice oblongue. Rhamnoluma
Étamines à courts filets. Lobes de la corolle courts, plus petits
en général que le tube. Staminodes courts, linéaires ou subu-
lés. Graines à cicatrice oblongue ou linéaire.
Graines carénées à tégument épais. En général, gros fruits,
contenant jusqu’à 5 graines. Bureavella
Graines non carénées à tégument mince. 1-3 graines :
Cicatrice linéaire. Sersalisia
Cicatrice oblongue ou ovée. Fontbrunea
VAN-ROYENA Aubr. gen. nov. ».
L’espèce type de ce genre nouveau est Chrysophyllum caslanospermum
White (Qld. Dept. Agric. Bot. Bull. 21 : 12 (1919), reprise sous le nom de
Lucuma caslanosperma par White et Francis (1923), puis de Pouleria
caslanosperma par Baehni (1942) et par Hermann-Erlee (1957).
La fleur d’après la description et le dessin publiés dans Blumea
(8,2 : 194 (1957) est unique parmi les fleurs des Sapotacées océaniennes,
par la position des étamines dont les très couds filets sont insérés dans le
tube de la corolle, vers la base. Le fruit, ovoïde ou globuleux, mesure
3 à 4 cm de long sur 1,5-4,5 cm et 1,5-3 cm (Herm. Erl. et v. Royen). Il
contient 1-2 graines non carénées, à tégument épais, à cicatrice oblongue,
à cotylédons épais et albumen nul.
1. Van-Royena Aubr. gen. nov.
Flores pentameri. Stamina filamentis brevissimis ad basim tubi corollae insertis.
Staminodia brévia, tubulata, corollae fauce inserta. Ovarium 5-loculare. Fructus 1-2
seminati. Semir.a non carinata, tegumento crasso, cicatrice oblonga, cotyledonilms
erassis albumine nullo.
Espèce type : Van-Royena caslanosperma (White) Aubr. comb. nov. = Chryso¬
phyllum caslanospernum White, Qld. Dep. Agric. Bot. Bull. 21: 12 (1919).
1. Genre dédié à P. van Royen dont les révisions des Sapotacées de la Malaisie
nous ont été des plus utiles pour nos propres études.
Source : MNHN, Paris
— 330 -
Ces caractères ne s’accordent pas à ceux des genres que nous avons
reconnus en Océanie, ce qui nous a conduit à décrire un genre nouveau,
actuellement monotypique, pour cette espèce de petit arbre du Queens¬
land.
Les feuilles sont membraneuses. La nervation des feuilles est très
particulière, ses nervures secondaires sont doublées de nervilles parallèles,
peu accusées.
RHAMNOLUMA Baill.
Bâillon, Histoire des Plantes : 288 (1892).
Rhamnoluma lauterbachiana (H. J. Lam) Aubr. comb. nov. =
Planchonella lauterbachiana H. J. Lam, Nova Guinea 14 : 564 (1932) =
Pouleria lauterbachiana (H. J. Lam) Baehni, 1. c. : 314 (1942).
Espèce des Moluques et de la Nouvelle-Guinée.
PICHONIA Pierre
Pierre, Not. Bot. : 22 (1890).
— Spiluma Bâillon, Histoire des Plantes : 287 (1892).
A l’espèce type néocalédonienne de Pierre et de Bâillon nous
ajoutons :
Pichonia occidentalis (H. J. Lam) Aubr. comb. nov. = Lucuma
occidentalis H. J. Lam, 1. c. : 228 (1925)] = Pouleria occidentalis (H. J. Lam)
Baehni, 1. c. : 344 (1942); Hermann-Erlee et van Royen, Blumea : 469
(1957).
Espèce d’Halmahera (Moluques).
Pichonia sessiliflora (White) Aubr. comb. nov. = Planchonella
sessiliflora White, Journ. Arn. Arb. 31, 1 : 108 (1950) = Pouleria solo-
monensis van Royen, Blumea 8, 2 : 427 (1957).
Espèce des Iles Solomons.
BUREAVELLA Pierre
Pierre, Notes Bol . : 16 (1890).
— Beauvisagea Pierre, 1. c. : 15.
Ce genre fut créé par Pierre pour une espèce du N-E de la Nou¬
velle-Guinée, Illipe Maclayana de F. v. Mueller (1885) dont il ne connais¬
sait que la graine. Il fut accepté par Dubard (1912). H. J. Lam inclut
l’espèce dans le genre Lucuma (1925), suivi par Baehni (1942), puis par
Hermann-Erlee et van Royen (1957), Lucuma disparaissant sous Pou¬
leria.
Pierre créait en même temps un genre Beauvisagea d’après un
n°533 Beccari de la Nouvelle-Guinée nommé dans l’herbier par Zippel :
Lucuma pomifera. Bâillon (1892) conserva ce genre avec doute, puis
Source : MNHN, Paris
— 331 —
Dubard l’abandonna, rattachant l’espèce de Pierre au genre Plancho-
nella. H. J. Lam la transféra à Lucuma (1925). Baehni (1942) rapprocha
les deux types de Pierre, Beauvisagea se confondant avec Bureavella,
et attribua l’espèce au genre Pouleria. Il fut suivi par Hermann-Erlee
et van Royen (1957).
Aujourd’hui encore l’espèce type est incomplètement connue puisque
seuls des boutons floraux ont pu être analysés. Cependant le fruit et les
graines sont bien décrits et sont à mon avis suffisamment caractéristiques
pour valider le genre Bureavella. Les graines ont été dessinées et décrites
par Pierre avec précision. Les dessins furent distribués dans plusieurs
herbiers européens.
Les fruits sont globuleux et atteindraient 13 cm de diamètre. L’épais¬
seur du péricarpe serait de l’ordre de 4 cm. Ils contiennent 5 grosses grai¬
nes, ellipsoïdes, latéralement comprimées, mesurant de 5-7 cm long sur
3 cm environ de largeur et d’épaisseur, carénées dorsalement. Le légumeni
est très épais et très dur, de 3-5 mm épaisseur. La cicatrice ventrale est très
bombée; elle mesure 4-5,5 cm long sur 2-2,5 cm de large. Les cotylédons
sont très épais et sont recouverts à la base par un albumen assez épais
qui devient très mince dans la région supérieure.
La présence d’un albumen membraneux rapproche cette espèce du
genre Planchonella, sa réduction à une pellicule mince l’éloigne cependant
des Planchonella typiques, et c'est pourquoi les taxonomistes contem¬
porains l’ont attribuée au genre Pouleria, c’est-à-dire pour nous plus
valablement aux Poutériées.
Ainsi les caractéristiques principales du genre Bureavella résident
dans l'albumen membraneux ou nul, les cotylédons épais, la graine à tégu¬
ment très épais et très dur, carénée ou subcarénée, à cicatrice oblongue,
le fruit à plusieurs grosses graines. La fleur a le type des Planchonella,
c’est-à-dire corolle à 5 courts lobes, 5 étamines à très courts filets insérés
près de la gorge de la corolle, 5 courts staminodes soudés à la gorge, ovaire
à 5 loges.
Ces caractères me permettent de proposer les combinaisons nou¬
velles suivantes relatives à quelques espèces attribuées par H. J. Lam,
Baehni, Hermann-Erlee au genre américain Pouleria.
Bureavella villamilii (Merrill) Aubr. comb. nov. = Sideroxylon
villamilii Merrill, Phil. Journ. Sc. 10 : 59 (1915) = Pouleria villamilii
(Merrill) Baehni, Candollea : 318 (1942); Hermann-Erlee et van Royen,
Blumea : 483 (1957).
Grand arbre des Philippines.
Bureavella macrantha (Merrill) Aubr. comb. nov. = Sideroxylon
macranlhus Merrill, Phil. Bur. Gov. Bull. 3 : 56 (1905) = Lucuma macran¬
tha (Merrill) H. J. Lam, Bull. Jard. bot. Bzg. 3,7: 225 (1925) = Pouleria
macrantha (Merrill) Baehni, 1. c. : 328 (1942); Herm.-Erl. et v. Royen,
1. c. : 485 (1957).
Grand arbre des Philippines, Célèbes et Amboine.
Source : MNHN, Paris
— 332
Bureavella unmarkiana (Bailey) Aubr. comb. nov. = Lucuma
unmarkiana Bailey, Dept. Agric. Brisbane Bot. Bull. 4 : 12 (1891).
Arbre moyen du Queensland.
Bureavella xylocarpa (White) Aubr. comb. nov. = Pouteria xylo¬
car pa White, Journ. Arn. Arb. 31 : 111 (1950).
Bureavella doonsaf (van Royen) Aubr. comb. nov. = Pouteria
doonsaf van Royen, Blumea 8, 2 : 486 (1957).
Grand arbre de la Nouvelle-Guinée.
Dans notre étude des genres de Sapotacées de la Nouvelle-Calédonie
(Adansonia 2, 2 : 172) nous avons signalé que deux espèces placées dans
le genre Planchonella paraissaient un peu divergentes dans le groupe
des Planchonella néocalédoniens, en raison de leurs graines carénées à
cicatrices oblongues, à albumen mince, et aussi par la nervation des
feuilles : Planchonella wakere Pierre et Planchonella Endlicheri (Montr.)
Guill. et Beauv. Maintenant que nous réhabilitons le genre Bureavella,
ces deux espèces nous semblent plus proches de ce genre que du genre
Planchonella, d’où les combinaisons nouvelles suivantes :
Bureavella wakere (Pierre) Aubr. comb. nov. = Planchonella
wakere (Pancher et Sébert) Pierre, Not. bot. Sapot. : 36 (1890) = Pou¬
teria wakere (Pancher et Sébert) Baehni, Candollea, I. c. : 335 (1945);
Herm.-Erl. et v. Royen, Blumea : 478 (1957).
Bureavella Endlicheri (Montr.) Aubr. comb. nov. = Sapola
Endlicheri Montr.. Fl. Ile Art., Mém. Acad. Lyon, 10 : 228(1860) = Plan¬
chonella Endlicheri (Montr.) Guillaumin et Beauvisage, Ann. Soc. bot.
Lyon, 38 : 101 (1913-1914) = Pouteria Endlicheri (Montr.) Baehni, 1. c. :
305 (1942); Herm.-Erl. et v. Royen, Blumea, 1. c. : 492 (1957).
SERSALISIA R. Brown
R. Brown, Prodr. : 529 (1810).
Baehni 1 a expliqué comment ce genre maintenu par Bâillon,
puis par Engler, fut abandonné par Dubard qui le rattacha au genre
Lucuma 2 . L’espèce type Sersalisia sericea (Ait.) R. Brown du Queens¬
land fut maintenue par Baehni dans le genre Pouleria adopté en place
de Lucuma, puis aussi par Hermann-Erlee et van Royen 3 .
N’étant pas un Pouleria, l’espèce doit reprendre son nom générique
d’origine, Sersalisia. On la confond parfois avec le Planchonella cotini-
jolia (A. DC.) Dubard (= Hormogyne colinifolia A. DC.) également du
Queensland. Les feuilles des deux espèces sont petites et velues. La corolle
du S. sericea est velue extérieurement, celle du P. colinifolia est glabre.
1. Baehni. — Candollea : 490 (1938).
2. Dubard. — Ann. Mus. Col. Marseille : 21 et 47 (1912).
3. Blumea, 8 : 459 (1957).
Source : MNHN, Paris
— 333 —
La différence essentielle résidant évidemment dans l’absence d'albumen
dans la première, et de sa présence dans la seconde.
La graine du S. sericea est ellipsoïde, non carénée et à testa mince.
Nous rapportons au genre Sersalisia une autre espèce du Queens¬
land, décrite sous le nom de Lucuma sessiliflora par White, et par Baehni
sous celui de Pouteria sylvatica en raison de l’existence antérieure d'un
Pouteria sessiliflora (Sw.) Poir. espèce antillaise. Rien ne s’opposant à la
reprise de la première épithèthe dans le genre Sersalisia, nous proposons
donc la nouvelle combinaison :
Sersalisia sessiliflora (White) Aubr. comb. nov. = Lucuma
sessiliflora White, Proc. Roy. Soc. Qld. 47 : 68 (1936).
Le fruit n’est pas encore connu, notre attribution à Sersalisia doit
donc être considérée comme provisoire.
Le type de l’espèce est le n° 2088 de Brass qui existe dans l’herbier
de Paris. Les deux espèces ici citées de Sersalisia ont en commun le tube
relativement long de la corolle, l’ovaire et le style velus.
FONTBRUNEA Pierre
Pierre, Not. Bot. : 31 (1890).
L’espèce type de ce genre de Pierre est le Sideroxylon malaccense
Clarke de la péninsule malaise (Hooker, Fl. Brit. Ind. 3 : 537 (1882).
Bâillon considéra ce genre comme une section du genre Sersalisia (1892),
et Dlbard (1912), puis H. J. Lam (1925) comme une section du genre
Lucuma. En 1942 Baehni, puis en 1957 Hermann-Erlee et van Royen,
en firent un Pouteria.
La fleur a le type des Planchonella, l'albumen est nul ou membra¬
neux, ce qui rapproche ce groupe des Bureavella et des Sersalisia, mais
la graine non carénée avec un tégument mince l’éloigne de ces deux
genres. La cicatrice est oblongue ou ovée. Nous croyons donc possible
de maintenir ce genre de Pierre.
Fontbrunea malaccensis (Clarke) Pierre a une aire qui s’étend de la
péninsule malaise à Sumatra, Riouw, Lingga, Célèbes et la Nouvelle-
Guinée.
Nous proposons de rapporter à ce genre Pouleria luzoniensis (Merrill)
Baehni, grand arbre des Philippines, Kangean, Bali, British North Bornéo
et Sulabesi (d'après Hermann-Erlee et van Royen). La graine de
cette espèce est globuleuse, à tégument mince, à cicatrice ovée, à cotylé¬
dons épais et à albumen nul.
Fontbrunea luzoniensis (Merrill) Aubr. comb. nov. = Sideroxylon
luzoniense Merrill, Phil. Journ. Sc. Bot. 1 : 222 (1906) = Lucuma luzo¬
niensis (Merrill) H. J. Lam, 1. c. : 227 (1925) = Pouleria luzoniensis
(Merrill) Baehni, Candollea : 365 (1942); Hermann-Erlee et van Royen,
Blumea : 461 (1957).
Source : MNHN, Paris
— 334 —
INDEX
Bureavella doonsaf (van Royen) Aubr.
Endlicheri (Montr.) Aubr.
Maclayana (F. v. Mueller) Pierre,
macrantha (Merrill) Aubr.
— unmarkiana (Bailcy) Aubr.
— Villamilii (Merrill) Aubr.
— wakere (Pierre) Aubr.
— xylocarpa (White) Aubr.
Chrysophyllum caslanospermum White.
Fontbrunea luzonienzis (Merril) Aubr.
— malaccensis (Clarke) Pierre.
Pichonia occidentalis (H. J. Lam) Aubr.
sessiliflora (White) Aubr.
Planchonella Endlicheri (Montr.) Guillaumin et Beau vidage.
lauterbachiana H. J. I.am.
sessiliflora White.
wakere (Pancher et Sébert) Pierre.
Pouteria caslanosperma (White) Baehni.
— doonsaf van Royen.
Endlicheri (Montr.) Baehni.
lauterbachiana (H. J. Lam) Baehni.
luzoniensis (Merrill) Baehni.
Maclayana (F. v. Mueller) Baehni.
macrantha (Merrill) Baehni.
— malaccensis (Clarke) Baehni.
occidentalis (H. J. Lam) Baehni.
sericea (Ait.) Baehni.
solomonensis van Royen.
sylvatica Baehni.
villamilii (Merrill) Baehni.
wakere (Panch. et Séb.) Baehni.
xylocarpa White.
Ramnoluma lauterbachiana (H. J. Lam) Aubr.
Sersalisia sericea (Ait.) R. Brown.
— sessiliflora (White) Aubr.
Van-Royena castanosperma (White) Aubr.
DISTRIBUTION CONNUE 1 DES POUTÉRIÉES OCÉANIENNES
Source : MNHN, Paris
— 335 —
COMBINAISONS NOUVELLES
SAPOTACÉES AUSTRALIENNES
Beccariella laurifolia (Richard) Aubr. comb. nov. = Sersalisia
laurifolia Richard, Sert. Astrolab. : 84 (1839) = Planchonella laurifolia
(Richard) Pierre, Not. bot. Sapot. : 36 (1891).
Espèce du nord de l’Australie.
Beccariella xerocarpa (F. v. M. ex Bentham) Aubr. comb. nov. =
A diras xerocarpa F. v. M. ex Bentham, Fl. Austr. 4 : 281 (1869) =
Planchonella xerocarpa (F. v. M. ex Benth.) H. J. Lam.
Espèce du Queensland.
Beccariella queenslandica (van Royen)Aubr. comb. nov. = Plan¬
chonella queenslandica van Royen, Blumea 8, 2 : 430 (1957).
Espèce du Queensland.
Beccariella papyracea (van Royen) Aubr. comb. nov. = Plancho¬
nella papyracea van Royen, Blumea 8, 2 : 431 (1957).
Espèce du Queensland.
Iteiluma ralphiana (F. v. M.) Aubr. comb. nov. = Planchonella
ralphiana Dubard, Baehni, Candollea : 428 sp. excl. (1942).
Espèce du Queensland.
Source : MNHN, Paris
SUR DEUX GENRES INDO-MALAIS DE PIERRE,
MIXANDRA ET DIPLOKNEMA
par A. Aubréville
Dans ses Notes botaniques sur les Sapotacées, Pierre avait décrit
un genre Mixandra sur des échantillons de Roxburgh et de Strachey
et Winterbottom du British Muséum, types du Bassia bulyracea Rox¬
burgh qui est une espèce himalayenne 1 (Tibet, Sikkim, Népal, Bhotan).
Dubard confirma le nom de Mixandra bulyracea (Roxburgh) Pierre dans
la Revue Générale Botanique (p. 196-1908). Cependant ni Engler (1890),
ni Macbride (1918), ni H. J. Lam (1928), ni van Royen (1958) dans
leurs études sur les Sapotacées n’adoptèrent le genre de Pierre. Le nom
spécifique bulyracea fut donc accouplé successivement aux genres Bassia,
Illipe, Madhuca et Diploknema. Nous pensons qu’il est préférable de
revenir au genre proposé par Pierre et accepté par Dubard puis par
Chevalier.
L’espèce de Roxburgh n’est pas une Madhucoïdée, le calice à 1 seul
verticille a normalement 5 sépales (4-6). Comme Lam et van Royen
l’ont reconnu, elle n’appartient donc à aucun des 3 premiers genres cités
ci-dessus. C’est pour nous une Pycnandrée caractérisée par le nombre
des lobes de la corolle, généralement double (8-10) de celui des sépales,
l’absence de staminodes et la présence de nombreuses étamines fertiles
(20-40), plusieurs fois autant que de pétales. Lam et van Royen ont
fait le rapprochement avec le genre Diploknema de Pierre 2 .
Ce dernier genre a été décrit par Pierre en 1884 3 d’après un spéci¬
men de Knappert originaire de Bornéo qu’il étudia à Leyde en octobre.
Le dessin original qu’il fit de la fleur est conservé dans l’Herbier du
Muséum de Paris. 11 lui adjoignit un dessin de la graine, grandeur nature,
ainsi daté : Ech. Knappert 3 /1884. Cette graine, très grosse, mesure
9,5 cm de long sur 4,4 cm de diamètre. La cicatrice occupe plus de la
moitié de la surface, elle ne laisse qu’une bande vernissée dorsale de
9 cm long sur 2 cm de large. Si le dessin de la graine de Pierre correspond
bien au type du Diploknema sebifera caractérisé par les fleurs, alors la
description de la graine correspond incomplètement à celle donnée par
1. Avec une variété des Andamans.
2. H. J. Lam. — Bull. Jard. Bot. Bzg, 3, 7 : 183 (1925).
van Royen. — Blumea 9, I : 82 (1958).
3. Arch. néerl. sc. exact, et nal. 19 : 103 (1884).
Source : MNHN, Paris
— 337 —
van Royen dans Blumea. Van Royen indique comme dimensions :
2,5-3 cm x 0,8-1 cm x 0,6-0,8 cm. [Il est probable que van Royen n’a
connu que de jeunes fruits; grâce à l’amabilité de M. van Steenis
j’ai pu les consulter dans l’herbier rapporté de Bornéo par Kostermans.
Les caractères essentiels du genre Diploknema, d’après l’espèce type
Diplolcnema sebifera Pierre se résument ainsi : 5 sépales (4-6), 10 lobes
corollins (8-10), 16-20 élamines stériles en 2 séries, ovaire de 6-8 loges,
fruit à 1-3 graines, grosses graines sans albumen, à cicatrice couvrant plus
de la moitié de la surface de la graine, cotylédons très épais.
Il semble alors que Bassia butyracea Roxburgh ne soit pas un Diplok¬
nema. Les étamines sont plus nombreuses (20-40), toutes fertiles en
une seule rangée, la graine est relativement petite env. 1,3 cm long,
exalbuminée, la cicatrice est oblongue-lancéoDe.
On peut aussi opposer en second plan les lobes oblongs et le tube de
la corolle presque aussi long que les lobes de la première espèce au tube
très court et aux lobes linéaires du D. sebifera; de même les fleurs rela¬
tivement grandes de l’espèce butyracea aux fleurs très petites du D. sebi-
fera.
Ainsi le genre Mixandra de Pierre ne peut à mon avis être confondu
avec le genre Diploknema du même botaniste, et pour moi le binôme
Mixandra bulyracea (Roxburgh) Pierre ex Dubard est valable.
Une révision du genre Diploknema pourrait aussi être utilement
entreprise. A priori il semble peu probable que des espèces à graines
à courte cicatrice comme D. oligomera H. J. Lam puisse faire partie du
même genre que D. sebifera, tandis qu’un rapprochement pourrait être
fait entre Diploknema bulyraceoides (Scott.) H. J. Lam à grandes fleurs
et à très nombreuses étamines et le genre Mixandra.
Source : MNHN, Paris
PROPOS BIOTROPICAUX
SUR UNE CARTE BIOCLIMATIQUE
DE LA ZONE MÉDITERRANÉENNE
par A. Aubréville
Une très belle grande carte au 1 /5.000 000 e vient d’être publiée
cette année 1963 par l’UNESCO et la FAO sous ce titre de : « Carte
bioclimatique de la région méditerranéenne. » Elle fut préparée par
MM. Emberger, Gaussen, Kassas, de Philippis, établie par M. Banyils,
dessinée par M. Rinaldo et imprimée à Paris à l’I. G. N.
Elle comprend 2 grandes feuilles : la première comprend la zone
méditerranéenne proprement dite, le Sahara occidental et central, et
le nord de la région soudanaise de l’Afrique occidentale; la seconde
couvre l’Afrique nilotique, l’Arabie, le Proche-Orient, l'Iran, le Turkestan
et s’étend jusqu’au désert du Sind dans l’Inde. La zone méditerranéenne
proprement dite, cartographiée, est donc toute petite dans ce vaste
ensemble.
Elles sont accompagnées d’une importante notice explicative à
laquelle sont joints, dans une pochette, des cartons d’autres régions
du globe soumises à des climats du type méditerranéen : Afrique du
Sud, partie méridionale de l’Amérique du Sud, partie occidentale de
l’Amérique du Nord, et Australie du Sud-Ouest. Le choix des quatre
experts du groupe d’étude nommés par les deux organismes interna¬
tionaux intéressés en commun s’est porté sur des spécialistes bien connus
de la zone méditerranéenne, et nul doute que la carte qu’ils ont établie
ne soit d’un grand intérêt pour les études de cette région, et celles aussi
des régions de transition qui l’entourent. Aussi bien nous nous serions
contenté de signaler cette parution de la carte et d’en souligner les
mérites puisqu’elle intéresse au plus haut point tous les botanistes, si
les auteurs n’avaient pas été amenés à dépasser le cadre de la bioclima¬
tologie de la zone méditerranéenne, et — étant conduits naturellement
à incorporer les bioclimats méditerranéens dans un concept général
des bioclimats du globe — n’avaient dans leur notice explicative exposé
les principes d’une nouvelle classification générale des bioclimats, y
compris ceux de la zone tropicale. Voilà comment à propos des biocli¬
mats méditerranéens nous sommes entraînés en quelque sorte à exprimer
ici une opinion critique sur la classification des bioclimats tropicaux qui
est proposée.
Source : MNHN, Paris
- 339 —
Celle-ci diffère très notablement, dans son principe, et sa terminologie,
de la conception classique. Le climat tropical, selon les auteurs, est
caractérisé essentiellement par l’existence d’une saison sèche durant de
un à huit mois coïncidant avec les jours courts (saison sèche hivernale *).
Selon que la température moyenne du mois est supérieure ou inférieure
à 15° le climat tropical est dit « chaud » ou « tempéré ». Autrefois les
géographes climatologues n’ont pas attiré suffisamment l’attention sur
ce critère essentiel du climat tropical — la saison sèche plus ou moins
longue coïncidant avec la période de l’hiver astronomique — et nous ne
pouvons qu’être satisfaits, en tant que botaniste et écologiste, de l’impor¬
tance que ceux d’aujourd’hui lui accordent. Mais là où nous ne les suivons
plus, c’est lorsqu’ils attribuent une importance biologique de premier
ordre à l’apparition dans certains climats tropicaux d’une seconde saison
sèche. Dans ce cas, ils classent ces bioclimats dans une grande division
dite du « climat bixérique », qui dans leur classification est sur le même
plan que le climat tropical. Les bioclimats des régions tropicales à deux
saisons sèches ne sont donc plus rangés dans les bioclimats tropicaux
proprement dits, alors que pour nous ils ne constituent qu’une subdivision
d’importance biologique restreinte du climat tropical, limitée à des
effets phénologiques. La considération des climats bixériques est inté¬
ressante, voire importante, du point de vue structure et genèse du climat
et nous n’avons jamais manqué d’en tenir compte dans nos propres études
écologiques tropicales, mais quant à en faire le critère d’une division
bioclimatique distincte et d’importance égale à celle du climat tropical
proprement dit, nous ne sommes plus d’accord. Cette vaste région de la
forêt guinéo-congolaise par exemple, qui s’étend d’ouest en est, du Nigéria
à l’Ouganda, traversant donc presque complètement l’Afrique et, du
nord au sud, de la Côte d’fvoire au nord de l’Angola, de part et d’autre
de l’Équateur, est une grande unité biologique et floristique qui recouvre
des pays les uns à climat sans saison sèche, d’autres à courte saison sèche,
d’autres à 2 saisons sèches nettes (partie de la basse Côte d’ivoire et du
Cameroun). J’ai écrit autrefois que la forêt dense humide guinéo-congo¬
laise se trouvait en effet dans des pays sans saison sèche (basse Côte
d’ivoire, Cameroun, cuvette congolaise) comme dans des pays où la saison
sèche dure de un à trois mois, et même plus parfois (Gabon, Mayombé).
Il en ressort aussi que la distinction entre un climat tropical à courte
saison sèche et un climat tropical axérique (pluie toute l’année, aucun
mois sec) n’est pas absolue au point de vue de la biologie des plantes eL
qu’elle ne s’impose pas comme critère de premier ordre. Or dans la classi¬
fication du groupe d’étude de la carte, le type du « climat axérique » est
séparé et mis sur le même plan que le « type bixérique » et le type tropi¬
cal ». Pour nous il n’y a qu’un type fondamental, tropical, avec des sous-
I. Il y a des cas d'exceplion. Par exemple, en Guyane française la saison sèche
est à la limite de l'été et de l'automne. Au Brésil dans le Maranhâo, le Ceara et sur la
côte Nord-Est, elle est printanière.
23
Source : MNHN, Paris
— 340 —
types : sans saison sèche ; avec une courte ou une moyenne ou une longue
saison sèche ; chacun de. ces derniers avec des variantes, tenant à l'intensité,
à l’aridité et à la régularité de cette saison sèche. Il y a aussi un bioclimat
tropical d’altitude (et de haute altitude) qui n’est pas un vrai climat
« tempéré » comme on l’écrit trop souvent.
Reconnaissons que de telles subdivisions sont prévues dans la classi¬
fication proposée à l’intérieur de chacun des types tropical et bixé-
rique. Il est séparé, par exemple, dans le type « tropical chaud » propre¬
ment dit, des sous-types : accentué, moyen, atténué, subéquatorial.
Il semble d’après la légende de la carte qu’en langue anglaise à ces adjec¬
tifs on ait préféré : saison sèche de longue durée (dry season of long dura¬
tion), saison sèche de durée moyenne, saison sèche de courte durée, saison
sèche de très courte durée. Nous préférons cette terminologie descriptive,
plus proche des faits physiques que celle choisie en langue française,
plus brève, mais qui me paraît plus vague.
On regrettera aussi que le type classique dit du « climat équatorial »
soit abandonné pour « axérique équatorial » et « axérique subéquatorial »,
ces deux derniers termes nous paraissant d’ailleurs mal choisis à propos
de deux exemples présentés dans la notice. Ni le climat de Durban, ni
celui de East-London en Afrique du Sud, à des latitudes respectivement
de 33° et 29°, ne méritent, à mon avis, le nom de subéquatorial. Leur régime
des pluies avec une très courte saison sèche ou sans saison sèche peut sans
doute, à cet égard, rappeler le vrai régime équatorial des pluies — encore
qu’au point de vue structural il en diffère par l’absence des deux minima
et deux maxima habituels (mais ceci n’a pas d’importance au point de
vue d’un bioclimat) — mais l’épithète d’équatorial ou de subéquatorial
suggère naturellement un climat de la zone équatoriale ou proche de
cette zone comportant toutes les autres caractéristiques : très faible
amplitude thermique, faible déficit de saturation et faible amplitude
annuelle du déficit mensuel. Ce n’est pas le cas des deux stations citées
ci-dessus de l’Afrique du Sud, au moins en ce qui concerne l’amplitude
thermique qui pour Natal est de l’ordre de 8°,2. Le climogramme de
Durban montrerait immédiatement qu’il s’agit d’un climat tropical
modérément chaud et constamment pluvieux et humide.
Le facteur durée de la saison sèche étant retenu, à juste titre, répé¬
tons le, comme un facteur prédominant de la classification, le groupe
d’étude de la carte a voulu en préciser la définition, laquelle évidemment
ne peut être qu’empirique et, dans une certaine mesure, conventionnelle.
Celle de Gaussen, selon laquelle on convient de dire qu’un mois est sec
lorsque sa pluviométrie en mm est inférieure au double de sa tempé¬
rature moyenne, est commode. Mais Gaussen a ajouté et substitué à la
notion de mois sec un indice xérothermique, calculé à partir du nombre
des jours de pluie de la saison sèche, corrigé d’une façon conventionnelle
en tenant compte de l’état hygrométrique moyen, des rosées et des
brouillards. On s’approche ainsi théoriquement plus près de la durée
vraie de la sécheresse. Mais ce procédé a l’inconvénient de n’être appli¬
cable en pays tropical qu’au très petit nombre des stations météorolo-
Source : MNHN, Paris
— 341
giques où sont comptés et publiés le nombre de jours de pluie, de rosée,
de brouillard, et où est mesurée l’humidité atmosphérique. Il est plus
commode de s’en tenir au comptage des mois secs, simplement par la
considération des pluviométries mensuelles et complétée, si on la juge
nécessaire, par celle des températures mensuelles. Cela permet alors de
faire appel à un plus grand nombre de stations météorologiques dans
lesquelles ces mesures sont faites. Il est par ailleurs peut-être aussi exact
de compter simplement le nombre des mois secs plutôt que de calculer
des indices xérothermiques, car qui peut dire où est la limite vraie entre
un mois biologiquement sec pour la végétation et un mois humide, sans
mesures expérimentales où devraient d’ailleurs intervenir la nature des
sols, celle de la végétation, les vents, etc..., aussi de plus grandes précisions
apportées par des calculs conventionnels sont-elles peut-être plus appa¬
rentes que réelles.
Un facteur climatique est délibérément négligé dans le système
exposé dans la notice : l’indice pluviométrique annuel, lequel en un
pays tropical, à saison pluvieuse et saison sèche bien tranchées, se réduit
souvent approximativement à la quantité d’eau tombée durant la saison
des pluies. Il n’est pas indifférent, du point de vue de la végétation par
exemple, qu’à saison sèche de durée égale des quantités d’eau de pluie très
différentes soient tombées au cours d’une même durée de la saison des
pluies. Le facteur « durée de la saison très pluvieuse » et celui de l’indice
pluviométrique de cette saison pluvieuse (ou encore pratiquement de
l’indice pluviométrique annuel) ne sont pas négligeables à notre avis dans
une classification des bioclimats tropicaux. Il y a aussi des seuils de l’indice
pluviométrique moyen qui ont une importance pour la stabilité de la
végétation climatique. A équivalence de la durée moyenne de la saison
sèche, une réduction de 200 mm de pluie au cours d’une certaine année
n’a aucune influence sur une forêt tropicale qui reçoit en moyenne
2 000 mm de pluie par exemple, alors que la même diminution sur une
forêt du même type peut avoir des conséquences biologiques si l’indice
pluviométrique n’est que de 1 200 à 1 300 mm et si ces dernières valeurs
correspondent aux conditions limites pour l’existence de ce type de forêt.
Un autre facteur important du bioclimat est le déficit de saturation,
lequel donne une mesure approchée de l’intensité de l’appela l’évaporation
et à la transpiration des plantes. Il en est tenu compte dans une certaine
mesure dans le calcul de l’indice xérothermique où intervient le degré
hygrométrique relatif de l’air en saison sèche. Cela n’est pas suffisant,
croyons-nous, car c’est le régime annuel même du déficit de saturation
qui mérite d’être étudié. Des variations du déficit mensuel très faibles,
ou au contraire très fortes dans l’année, peuvent correspondre à des
types biologiques variés de végétation adaptés soit à une certaine unifor¬
mité de la transpiration, ou au contraire à des variations fortes selon les
saisons. La position du maximum du déficit a également une certaine
importance selon qu’il se place au cours de périodes où les besoins
en eau de la végétation peuvent être plus ou moins satisfaits. En réalité
on connaît très mal l’incidence de l’humidité atmosphérique et de son
Source : MNHN, Paris
— 342 —
régime sur la transpiration des végétaux. La physiologie et l’écologie
expérimentales des plantes en pays tropical sont encore dans l’enfance.
Mais les observations déjà faites prouvent qu’il y a une relation nette
entre type de végétation et régime du déficit de saturation à l’intérieur
de certains seuils de pluviosité.
Pour dresser une véritable carte bioclimatique susceptible d’être
comparée d’une manière satisfaisante avec une carte des types de végé¬
tation en pays tropical, il me paraît nécessaire qu’il soit tenu compte
de tous ces facteurs des bioclimats.
Il nous semble enfin que dans des régions où le réseau des stations
météorologiques est très peu dense, les limites entre bioclimats ne peuvent
être qu’un peu floues et qu’il est prudent de les tracer par des lignes amples
quand le relief n’est pas trop heurté. Aussi les fines indentations des
limites des bioclimats de la zone soudanaise dessinées sur la carte nous
apparaissent-elles d’une précision fallacieuse.
Source : MNHN, Paris
LES GENTIANACÉES DE MADAGASCAR
par H. Humbert
NOTE LIMINAIRE
Le présent travail constitue une mise au point à laquelle a abouti
la révision générale de l’ensemble des Gentianacées de la Grande Ile en
vue de la prochaine publication de cette famille dans la Flore de Madagas¬
car et des Comores. Cette révision n’a pu être menée à bien, malgré l’abon¬
dance et la richesse du matériel de l’Herbier de Madagascar au Muséum
de Paris, que grâce à l’extrême obligeance du Directeur des Royal Botanic
Gardens (Kew), Sir George Taylor, qui a bien voulu me communiquer de
nombreux spécimens provenant surtout des récoltes du Rév. Baron
citées dans les diagnoses originales de Baker, et du Directeur du Conser¬
vatoire Botanique de l’Université de Genève, professeur Ch. Baehni, qui
m’a donné toutes facilités pour examiner dans les collections de cet Insti¬
tut les types de divers auteurs, dans l’Herbier de Candolle et dans
l’herbier général. Je dois tout d’abord exprimer ma gratitude aux direc¬
teurs de ces deux établissements et à ceux de leurs collaborateurs qui
m’ont aidé dans cette tâche.
La famille des Gentianacées est représentée à Madagascar par une
dizaine de genres totalisant une cinquantaine d’espèces, la plupart endé¬
miques, comme il est de règle dans la végétation primaire de l’île. La moitié
de ce total est constituée par des espèces nouvelles pour la science. Deux
genres, Tachiadenus et Exacum, comprennent à peu près autant d’espèces
que l’ensemble des autres, et sont beaucoup plus riches à cet égard que
partout ailleurs, le premier, du point de vue numérique, étant, de loin
le genre Exacum , qui fera l’objet principal de la seconde partie de cette
Ce travail est limité à un aperçu général duquel sont exclus la plupart
des développements destinés à la Flore, afin d’éviter les doubles emplois.
Il comprend essentiellement :
a) Une clef sommaire des genres.
b) Les mises au point d’ordre taxinomique (synonymies, etc.).
Source : MNHN, Paris
— 344 —
c) Les diagnoses latines originales, génériques et spécifiques, des
Gentianacées nouvelles.
d) Les clefs des espèces de chaque genre.
e) L’indication résumée de la répartition géographique des genres
et des espèces, et, occasionnellement, des notes ou observations critiques.
CLEF PRATIQUE DE DÉTERMINATION DES GENRES DE GENTIANACÉES
DE MADAGASCAR «
1. Corolle (très grande) à tube (de 5-15 cm) étroitement cylindrique,
légèrement dilaté à sa partie supérieure, 3-8 fois plus long que
les lobes, ceux-ci étalés. 5 étamines sessiles à filets très courts.
Ovaire i tardivement biloculaire par rapprochement des
placentas. Graines polyédriques réticulées ou alvéolées. . Tachiadenus.
1'. Corolle (petite ou assez grande) à tube ovoïde ou subglobuleux
ou digitiforme, 2-4 fois plus long que les lobes, ou égalant leur
longueur, ou plus court.
3. Ovaire biloculaire dès le début du développement 2 .
4. Anthères s’ouvrant au sommet de chaque loge par un pore
terminal se prolongeant parfois ensuite en fente latérale
Corolle subglobuleuse à lobes étalés. Exacum.
4'. Anthères s’ouvrant par une fente latérale sur toute la
longueur de chaque loge. Sebaea 3 .
3'. Ovaire uniloculaire (au moins à l’état jeune).
5. Corolle à 4 lobes dont l’externe recouvrant sur ses deux
bords, 4 étamines à filets assez longs, non insérées
toutes au même niveau, 1 ou 2 à la base même des
lobes corollins, les autres ± en-dessous. Canscora.
5’. Corolle à préfloraison tordue régulièrement vers la droite.
6. Fleurs isolées, ou en corymbes lâches, ou en panicules.
7. Plantes herbacées ou à peine suffrutescentes à la
base; corolle rotacée à tube court, ou étroit, à
lobes plus longs que le tube.
8. Lobes de la corolle dépourvus de fovéolcs
(pochettes nectarifères) vers leur base. . Chironia 4 .
1. Sensu stricto (Ményanthacées exclues) : d’importants caractères biologiques
(vie aquatique), morphologiques (port), poiliniques et anatomiques (absence de liber
périmédullaire justifient la séparation des Ményanthacées en tant que famille autonome.
2. L’ovaire peut être, suivant les genres, fondamentalement biloculaire à tous les
stades du développement de la fleur puis du fruit, ou bien devenir faussement bilocu¬
laire par rapprochement des marges piacentifères des carpelles ± saillantes en dedans
de la cavité ovarienne et s'allongeant parfois jusqu’à s’affronter étroitement. L'absence
de vascularisation de la fausse cloison ainsi formée ± tardivement permet de ne pas
confondre ce second cas avec le premier (cf. Index bibliographique, thèse Perrot).
3. Inclus Belmonlia.
4. Le G. Cenlaurium (Erytlirea) a été exceptionnellement récolté, (adventice sur
cultures).
Source : MNHN, Paris
— 345 —
8’. Lobes de la corolle pourvus vers leur base de
fovéoles coroniformes longuement ciliées ou
fimbriées. Swertia s .
7'. Arbuste ou plante suffrutescente ; corolle à tube
longuement campanule (3-4 fois plus long que
large), à lobes 3-4 fois plus courts que le tube,
dressés . Gentianothamnus.
6'. Fleurs (très petites) rapprochées en inflorescences
axillaires compactes étagées en pseudo-verticilles
tout le long des rameaux à la base de chaque paire
de feuilles. Eniscostemma.
CLEF DES TACHIADENUS
1. Calice à tube très distinct (égalant de 1 /5 à plus de la moitié de
la longueur des lobes (sépales).
2. Tube du calice pourvu de 5 ailes (en-dessous des 5 sépales).
3. Sépales oblongs un peu rétrécis à leur base, bien indivi¬
dualisés par rapport aux ailes ; calice légèrement étran¬
glé au sommet du tube. Feuilles sessiles.
4. Feuilles elliptiques-lancéolées très obtuses, médiocres
(3-6 X 1-2 cm). Corolle (blanche à tube de 8-12 cm;
couronne interne de lobules non ou à peine diffé¬
renciée . 1. T. platypterus.
4'. Feuilles lancéolées aiguës grandes (7-8 X 2 cm).
Corolle à tube de 12 cm, pourvue d’une couronne
interne de 5 lobes adnés. 2. T. Pervillei.
3'. Sépales en continuité directe avec les ailes : calice non
étranglé au sommet du tube.
5. Feuilles pétiolées (pétiole de 1-1,3 cm), grandes :
limbe de 12 X 2 cm. Fleurs très grandes : calice de
4 cm, corolle à tube de 13-15 cm avec couronne
interne de 5 lobes adnés. 3. T. longifolius.
5'. Feuilles sessiles.
6. Limbe 2 fois plus long que large (i X 1,8 cm),
elliptique-lancéolé, obtus. Calice de 2 cm à tube
un peu plus long que les sépales; corolle violet
vif à tube de 6 cm, avec couronne interne de
lobes trilobulés. 4. T. carinatus.
6'. Limbe 3-6 fois plus long que large (long de 3-4 cm),
lancéolé aigu ou acuminé.
7. Ailes du calice très larges (5-6 mm) veinées-
réticulées; sépales pliés sur eux-mêmes
(structure uniîaciale), incurvés au sommet
acuminé. Corolle blanche à tube de 8 cm...
. 5. T. vohimavensis.
7'. Ailes du calice étroites (moins de 2 mm);
sépales non pliés.
5. Inclus PI
Source : MNHN, Paris
— 346 —
Source : MNHN, Paris
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8. Fleurs médiocres. Calice de 2-2,5 cm à tube
court (= 2/5 de sa longueur totale);
sépales en gouttière ; corolle rouge à tube
de 3-4 cm. 6. T. gracilis.
8'. Fleurs grandes. Calice à tube égalant la
longueur des sépales, ceux-ci plans;
corolle blanche à tube de 8-10 cm
9. Feuilles lancéolées subcordiformes à la
base, à largeur maxima au 1 /4 de
leur longueur, puis atténuées jus¬
qu’au sommet très aigu (d’environ
4 X 1,5 cm). Corolle à tube dépourvu
de couronne interne. 7. T. antaisaka.
9'. Feuilles oblongues à largeur maxima
vers la mi-longueur, peu aiguës
(d’environ 4x1 cm). Corolle à tube
pourvu d’une ébauche à peine sail¬
lante, foncée, de 5 lobes internes
trilobulés peu différenciés. 8. T. longiflorus.
2'. Tube du calice (long de 1 cm) non ailé, mais costulé par les
nervures médianes fortes et saillantes correspondant aux
5 sépales (longs de 2,5 cm); corolle blanche à tube de
10-13 cm; couronne interne de lobes foncés trilobulés non
adnés sauf à leur base. Feuilles sessiles lancéolées de
9-10 X 3 cm. 9. T. Boivinii.
1'. Calice à tube très court (2 mm) épais dans sa partie inférieure,
peu distinct; sépales lancéolés-aigus; corolle blanche à tube
d’environ 12 cm, pourvu, près du sommet élargi, d’un bourre¬
let annulaire interne saillant. Feuilles pétiolées, largement
lancéolées-acuminées (limbe de 10 X 5 cm). 10. T. lubiflorus.
Tachiadenus antaisaka 1 H. Humb., sp. nov.
Suffrutex glaber caule simplici vel paulo supra basim ramosus, ramis
erectis vix costulatis (ca. 5 dm. altus). Folia sessilia lanceolata (ca. 4 cmlonga,
1,5 cm ad trientem inferiorem lata), membranacea, tenuia, internodiis plus
minusve aequilonga, basi usque ad apicem trinervia, nervo mcdio validiore
subtus prominente, nervis lateralibus submarginalibus gracilioribus et bre-
vioribus dimidio inferiori limbi adjunctis, nervis secundariis sicut réticulum
tcrtiarium luce rcflexa haud distinctis, reticulo nervulorum inconspicuo.
Flores apice ramorum 1-3 vel 1-5 conferti, brcviter pedicellati; calycis (1,5 cm
longus) tubus anguste alatus (ca. 7 mm longus), 5-nervius; lobi 5, angustis-
simi, acutissimi (vix 1 mm lati), canaliculati, 1-nervii; corollae (albac) tubus
ca. 8 cm longus, coronula intima destitutus. Antherae sessiles, lineares, apice
brevissime apiculatae, loculis basi obtusis. Capsula oblonga, ad apicem acu¬
tum attenuata (ca. 15 mm longa).
Rocailles siliceuses (gneissiques).
Montagnes du Sud-Est : massif du Beampingaratra, au col de Vohipaha, entre
1 100 et 1 400 m ait., Humbert G 659, novembre I928(typus in Herb. P.); mont Itrafa-
naomby (Ankazondrano) (haut Mandrare), entre 1 700 et 1 963 m ait., Humbert 13538
(in décembre 1933.
1. Nom de peuplade.
Source : MNHN, Paris
348 —
Source : MNHN, Paris
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Tachiadenus Boivinii H. Humb., sp. nov.
Suffrutex glaber ramis erectis laevibus. Folia sessilia membranacea,
tenuia, late lanceolata (9-10 cm longa, ca. 3 cm ad. trientem infcriorcm longi-
tudinis lata), a triente inferiori ad basim attenuata et ad apicem acutissimum
longius attenuata, internodiis longiora, a basi usque ad apicem trinervia,
nervo medio validiore subtus prominente, ad apicem limbi laxe et oblique
ramoso; nervi submarginales graciliores et breviores utroque latere adjuncti;
réticulum nervulorum tenue luce transmissa distinctum. Flores magni apice
ramorum solitarii vel floribus lateralibus 2 axillis folium supremorum enatis
circumdati; calycis (ca. 3,5 cm longi) tubus (1 cm) haud alatus, 5-nervius,
lobi 5 lineares, angustissimi (2,5 cm longi, 0,1 cm lati), uninervii, acuminati :
corollae (albae) tubus (10-13 cm longus) coronula intima [lobulorum praeditus,
lobulis ipsis praeter basim liberis apice trilobulatis. Antherae subsessiles, apice
apiculatae, loculis ad basim obtusam leviter dilatatis. Capsula oblonga ad
apicem acutissimum longe attenuata (ca. 2 cm longa). Semina polyedrica
minute reticulata.
Lisières de forêts sur sols siliceux de 500 à 1 400 m ait. : 11. décembre-
mars.
Sambirano : massif de Manongarivo, Perrier de la Bâlhie 9 053, 15 332; Marovato
[district d'Ambanja, Saboureau 4 967 RN ; Maromandia, à Bejofo et à Kapany, Decary
1 438, 2 219, 1 581. Nossi-Be, Pervillé sans n° au Lokobe, Boivin sans n°.
Tachiadenus Pervillei H. Humb. sp. nov.
Fruticulus ramis erectis tenuiter costulatis, glaber. Folia sessilia conferta
(internodia 1-2 cm longa), lanceolata (7-8 cm longa, ca. 2 cm lata), acuta, a
basi trinervia, nervulis reticulatis tenuissimis, vix distinctis. Flores apice
ramorum solitarii, magni; calycis tubus (ca. 2 cm longus) 5-alatus, alis 5
(3-4 mm latis), venulis obliquis creberrimis percursis, lobis anguste oblongis
(11-13 mm longis, 3-4 mm latis), basi paulo angustatis, haud venulatis, uni-
nerviis; corollae (albae?) tubus longissimus (ca. 12 cm) superne paulo dilatatus
et coronula lobulis 5 trilobulatis adnatis intus praeditus, lobi acuti (ca. 1,8
X 0,6 cm lati et longi). Antherae sessiles apice brevissime apiculatae, loculis
basi subacutis. Capsula oblonga ad apicem acutum attenuata (ca. 1,8 cm
longa). Semina polyedrica minute reticulata.
Esr : Ile Ste-Marie, Boivin 14.
Sambirano : .Nossi-Be, Pervillé sans n°, Boivin 14.
T. platypterus Bak. var. angustialatus H. Humb. var. nov.
A. var. platyptero differt calycis alis et lobis angustissimis (1-2 mm latis);
folia paulo angustiora (0,6-0,7 cm lata).
Centre Sud-Est : massif du Kalambatitra (S.-E. de Betroka); rochers des crêtes
et escarpements de l'Analatsitendrika, Humbert 11 973 (typus, in Herb. P.) 1 750-
1 850 m ait., novembre 1933; escarpements gneissiques entre le col du Kalambatitra
et la vallée de la Manambolo (affluent de l’Ionaivo), vers 1 400 m ait., Humberl
Tachiadenus vohimavensis H. Humb. sp. nov.
Suffrutex glaber a basi ramosus, ramis erectis anguste alatis. Folia
sessilia lanceolata (ca. 4 cm longa, 1 cm ad trientem inferiorem longitudinis
Source : MNHN, Paris
— 350 —
Source : MNHN, Paris
— 351 —
lata) ad apicem acuminatum sensim attenuata. Flores apice ramorum soli-
tarii vel bini, breviter pedunculati; calycis (2,5 cm longi) tubi (ca. 1 cm
longus) alae venulatae (5-6 mm latae) in lobos inter se liberos protractae,
sepala in laminam stricte plicatam (structura unifaciei) apice attenuata et
acuminata formantes; corollae albae tubus (ca. 8 cm longus) coronulam
lobulorum 3-crenatorum intus praebens, lobi late lanceolato-acuti (ca. 1,7 cm
longi). Antherae subsessiles, apice brevissime apiculatae, loculis basi obtusis.
Centre (Sud-Est) : .Mont Vohimavo au N. d’Ampasimena (basse Manampanihy,
côte S.E.), rochers du sommet à 830 m ait., Humberl 20 719 (Typus in Herb. P.), fin
mars 1947.
RÉCAPITULATION DES TACHIADENUS DE MADAGASCAR
Tachiadenus antaisaka H. Humb. in Adansonia Nelle Série (1963).
— Boivinii H. Humb. loc. cit.
— carinatus Griseb. Gen. et Sp. Gent. (1839), 200 et in
DC., Prodr. 9 : 81 (1845).
— elalus Hemsl. in Hook. Ic. PI. t. 2 554 : T. tubiflorus Griseb.
— gracilis Griseb, in DC., Prodr. 9 : 82 (1845).
longiflorus Griseb. in DC., Prod. 9 : 82 (1845).
— longifolius Sc. Eli. in Journ. Linn. Soc. XXIX :84 (1891).
parviflorus Bak. in Kew. Bull. : 274 (1897) : Vinca lancea
Boj L
—- Pervillei H. Humb. loc. cil.
— platypterus Bak. in Journ. of Bot. : 172 (1882) et in Journ.
Linn. Soc. XXV : 264 (1890).
—- — var. angustialatus H. Humb. loc. cit.
— tubiflorus Griseb. Gen. et sp. Gent. : 200 (1839) et in DC..
Prodr. 9 : 82 (1845).
— vohimavensis H. Humb. loc. cil.
(A suivre.)
1. Cf. Schinz, Journ. of. Bot. : 173 (1882).
Source : MNHN, Paris
PI. 1. — Setaginella raynaliana : 1, aspect général x 1 ; 2, fragment de tige x 6; 3, feuille
latérale x 9; 4, feuille axillaire x 9; 5, sommet d'un rameau fertile x 6; 6, sporo-
phylle x 9; 7 f macro- et microspores; 8, fragment de l'ectexine; 9, microspore.
Source : MNHN, Paris
UNE SÉLAGINELLE NOUVELLE DU CAMEROUN
par M. L. Tardieu-Blot
Selaginella raynaliana Tard. sp. nov.
Species heterophylla e turma S. buchholzii Hier. : caulibus longe repen-
tibus siccitate angulatis, stramineis, glabris, rhizophoros stramineos infe-
rioribus, 2-3 cm longos; caulibus distante ramosis, ramis primariis erectis,
1-1,5 cm inter se distantibus, ambitu oblongis, 2-4 cm longis, 1-2 pinnatis,
1-1,5 cm inter se remotis; foliis heteromorphis; caulium foliis latcralibus
2 mm longis, 1,5 latis, 2 mm inter se remotis, inaequilateralibus, semi-facie
superiore cuneiformis, inferiore obliquis, margine basis T; ciliata, apicem
versus acuta, pagina inferiore hirsuta; foliis axillaribus subulatis, 1 mm
longis, haud imbricatis, apice acuminatis, acumine 1/2 laminae fere aequante,
margine scariosa; ramulorum foliis lateralibus contiguis, inaequilateralibus,
margine longe ciliatis, axillaribus imbricatis, appressis, acuminatis, margine
scariosa; strobilis tetragonis, 5 mm longis, apice a ramulorum ultimorum
singulis; sporophyllis heteromorphis, dorsalibus ovatis, breviter aristatis,
carinatis, ventralibus inaequilateralibus, falciformis, acuminatis.
Du groupe de S. buchholzii, caractérisée surtout par ses feuilles laté¬
rales inéquilatérales, ciliées à la base, courtement hirsutes à la face
inférieure, les feuilles médianes bordées d’une marge scarieuse, blanche,
portant une arête moins longue que le limbe.
Holotype : J. et A. Raynal 10361, Ebolowa, Cameroun (herb. Mus.
Paris).
Macrospore : 220 p, globuleuse, à exospore scabre présentant quelques
lacunes, ornementation en réseau.
Microspore : 24-27 p, tétraédrique globuleuse, portant de grosses
verrues mousses, rapprochées. Endexine de même épaisseur que l’ectexine
Laesura allant jusqu’au bord.
Cette Sélaginelle a été récoltée dans deux localités différentes par ces
collecteurs, dans des biotopes assez analogues et, d’après eux, favorables
à un certain endémisme : n° 9726, Akoakas, rochers temporairement
suintants, en lisière de forêt, au-dessus du lit d’un ruisseau, 600-700 m;
10361, Ebolowa, rochers nus granitiques, en forte pente au soleil,
environ 700 m.
Source : MNHN, Paris
CONVERGENCES HÉTÉROPLASTIQUES
INDUCTIONS MORPHOGÈNES
ET CARACTÈRES TAXINOMIQUES
par R. Schnell
Les quelques remarques faisant l’objet de cette note nous ont été
suggérées par des observations poursuivies depuis plusieurs années,
particulièrement sur les glandes foliaires. Elles cherchent à exprimer,
sous l’angle de la morphogenèse, des convergences qui se trouvent fré¬
quemment réalisées au sein d’un groupe (genre, famille), et dont les
caractères sont bien connus des taxinomistes.
LES CONVERGENCES HÉTÉROPLASTIQUES
Les convergences structurales peuvent être réalisées soit à partir
d’organes homologues, soit à partir d’organes de valeur différente, qui
prennent alors une morphologie et une fonction comparables. Mangenot
(1952) a, à très juste titre, souligné ces caractères et établi la distinction
entre convergences homoplastiques et convergences hétéroplastiques. Un
exemple particulièrement spectaculaire cité par Mangenot comme
illustration de ces dernières est celui de deux genres tropicaux de Convol¬
vulacées, Neuropeltis et Prevostea : tous deux ont un fruit ailé, mais
chez le premier l’aile est constituée par l’accrescence de la préfeuille, qui
devient une aile membraneuse, alors que chez Prevostea, l’accrescence
atteint deux sépales. Le phénomène différenciateur est le même, mais
sa localisation topographique est différente. Et Mangenot souligne
judicieusement l’importance de tels faits dans la connaissance des méca¬
nismes de l’évolution.
EXISTENCE DE CONVERGENCES HÉTÉROPLASTIQUES
DANS UN MÊME TAXON
Il parait intéressant de noter que des convergences hétéroplastiques
peuvent se rencontrer au sein d’un même taxon, famille ou genre, —
comme si existait, dans ce groupe, une même « tendance » à la réalisation
de structures comparables, à partir d’un matériel morphologique qui
peut être différent. Outre le cas des deux Convolvulacées mentionnées,
nous pourrions citer les exemples suivants :
la spinescence dans le genre Acacia : suivant les espèces, il s’agit
Source : MNHN, Paris
d’aiguillons, sur les rameaux et les rachis (A. pennala), ou d’épines
stipulaires (A. senegal, ...); on pourrait aussi en rapprocher le genre
voisin Dichroslachys, à épines raméales;
la spinescence des Rutacées : aiguillons des rameaux, rachis et
nervures des Fagara, épines véritables dans les genres Cilrus, Cilropsis,
Afraegle , etc...;
la spinescence de nombreuses Rosacées : aiguillons des Rubus et
Rosa, épines des Crataegus et Prunus;
l’accrescence du calice chez certaines Olacacées (Heisleria, divers
Olax) et celle du bord réceptaculaire dans d’autres genres de la même
famille (Diogoa, Strombosiopsis), — aboutissant l’une et l’autre à un
enveloppement du fruit;
la carnosité qui, lors de la maturation du fruit, peut, dans une
même famille, affecter des organes différents’ (chez les Rosacées : paroi
ovarienne de Prunus, réceptacle de Fragaria, etc...; chez les Moracées :
réceptacle de Ficus et Artocarpus, périanthe de Morus) ;
la carnosité qui, chez certaines Rubiacées (Psychotria, Cephaelis),
affecte non seulement le fruit mais parfois son pédicelle;
la maturation hypogée du fruit, réalisée dans des genres différents
de Papilionacées (Arachis, Voandzeia, Ke.rslingiella), avec des moyens
morphologiques variés (accrescence, suivant les genres, du pédoncule ou
d’un gynophore);
1’ « adaptation à la lianescence », qui, dans une même famille (comme
les Papilionacées), peut être réalisée soit par des vrilles soit par une
volubilité de la tige;
les bulbes et pseudo-bulbes des Orchidées, d’origine morphologique
très différente;
les organes souterrains de réserve, qui, dans une même famille
(telle que les Renonculacées), peuvent avoir des valeurs morphologiques
différentes;
les fruits samaroïdes de certaines Sterculiacées (Triplochilon, Tar-
rielia et Mansonia) et les graines ailées, à morphologie externe très
comparable, des genres Pterygola et Nesogordonia 1 ;
les glandes très semblables sur le plan histologique (assise de cellules
glandulaires prismatiques) réalisées, dans diverses familles, à partir de
régions diverses de la feuille (marge, face inférieure ou supérieure) : les
glandes de Prunus laurocerasus, sur la face inférieure du limbe, ont la
même structure que les glandes marginales (dents glanduleuses) ou
pétiolaires de P. avium; chez les Euphorbiacées, des glandes à assise
sécrétrice comparable existent, suivant les genres, sur les dents du limbe,
sur sa marge (Aleurites, etc...) ou sur sa surface ( Alchornea, Macaranga,
etc...); des faits comparables se retrouvent chez les Passifloracées. De
telles localisations différentes suggéreraient a priori des origines morpho¬
logiques distinctes de ces diverses glandes.
1. Ces divers genres appartiennent à des tribus différentes : Sterculiées (Tarrielia.
l'teryyota), Mansoniées (Mansonia, Triplochilon), Helmiopsidées (NesogordoniaJ.
Source : MNHN, Paris
356 —
MODIFICATION PATHOLOGIQUE DE LA LOCALISATION
DE LA DIFFÉRENCIATION GLANDULAIRE
Chez Crataegus, où existent normalement des dents glanduleuses,
l’action du parasite Perrisia cralaegi induit la formation, sur la surface
du limbe, d’émergences coiffées d’un tissu semblable au tissu sécréteur
des glandes marginales normales. Le dessin publié par Küster, qui a
signalé cette intéressante morphose, est très démonstratif. Il s'agit là
d’un tissu sécréteur de « type Rosacée ».
Cette morphose cécidienne, — très différente des hyperplasies et
dédifférenciations habituelles aux galles, — ne saurait évidemment être
considérée comme spécifique du parasite. Elle paraît au contraire devoir
être interprétée comme la réalisation d’une tendance innée, foncièrement
« rosacéenne », normalement non manifestée, et pour laquelle l’action
parasitaire joue le rôle de facteur d'explicitation L
On peut penser que la « tendance à la glandularisation » existe chez
toutes les cellules du limbe de Crataegus (ce qui est un argument en
faveur de leur totipotence), —- mais qu’elle ne peut se manifester dans le
cadre des corrélations normales: elle serait, normalement, inhibée. La
rupture des corrélations normales par l’action parasitaire (probablement
de nature chimique) aurait pour effet, dans de tels cas, de supprimer de
telles actions inhibitrices 2 . Ainsi, suivant les conditions physiologiques
internes, des organes glandulaires à histologie comparable pourraient
prendre naissance à partir de régions différentes de la feuille.
TENDANCE DIFFÉRENCIATRICE ET « FACTEUR DE LOCALISATION ■
On est donc en droit de penser que les structures mentionnées sont
le résultat d’une « tendance différenciatrice » présente dans toutes les
cellules de l’espèce, du genre, voire de la famille, — mais qui ne peut
s’expliciter que dans certains cas et pour une certaine localisation, et
reste même, ailleurs, à l’état non manifesté. Conclusion qui, évidemment,
n’est qu’une conséquence logique de la totipotence cellulaire, en faveur
de laquelle plaident de nombreux arguments.
Dans le développement normal, on aurait donc affaire à une « ten¬
dance différenciatrice » réalisée au niveau du taxon supérieur (par exem¬
ple : tendance à la spinescence dans le genre Acacia, tendance à la glan¬
dularisation dans le genre Prunus), et se réalisant avec une topographie
1. On pourrait citer d’autres exemples où une action parasitaire induit le déve¬
loppement d’une structure ou d’un caractère normalement latent : orthotropisme des
rameaux des balais de sorcières d'Abies peclinala, développement d’étamines chez la
lleur femelle de Lychnis dioitla, ou chez celle de Knaulia arvensis.
2. On peut penser que les manifestations, sous l’action du 2,4-D, de caractères
normalement latents (cf. les travaux de Gavaudan et Debraux) résulteraient elles
aussi d'une modification des corrélations (et notamment des inhibitions), — modifi¬
cation dont le mécanisme nous échappe encore.
Source : MNHN, Paris
— 357 —
et des modalités différentes dans chaque espèce, sous l'effet d’un facteur
propre à chacune de celles-ci *.
Cette interprétation de faits d’observation courante est évidemment
hypothétique, et ne fait qu’exprimer avec des termes différents des
faits bien connus des taxinomistes. Elle parait cependant présenter
l’intérêt d’illustrer le lien qui existe entre les données de la taxinomie
et la physiologie de la morphogenèse. Outre que de tels faits paraissent
susceptibles d’ouvrir, par la suite, de nouveaux aspects de la morpho¬
logie expérimentale, il peut être intéressant de voir, dans de tels exemples,
des considérations morphogénétiques faciliter la compréhension des
faits taxinomiques. La similitude extérieure des graines de Pterygota
et des fruits de Triplochiton ou de Tarrietia pourrait, suivant ces vues,
être le résultat non d’une convergence fortuite, mais d’une tendance
innée, diversement manifestée sur le plan morphologique suivant les
facteurs morphogènes propres à ces divers genres.
Kuster (E.). — Galien der PHanzen (1911, voir pp. 118 et 224).
Kuster (E.). —- Pathologische Pllanzenanatomie (1915, voir p. 281).
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que de Morphologie, Strasbourg, mars 1963; publ. in Mém. Soc. Bot. Fr., 1963.)
Schnell (R.), Cusset (G.) et Quenum (M.). — Contribution à l’étude des glandes
extra-florales chez quelques groupes de plantes tropicales (Rev. Gén. Bot., 70
269-342, 1962; PI. phot. XXI-XXY1II.)
1. Sans doute pourrait-on voir un exemple de ces « facteurs de localisation •
dans certains groupes (Scitaminales, Orchidées) où la tendance à la réduction de l'an-
drocée se réalise, suivant les taxa, par une disparition de l’étamine médiane ou par
celle des latérales. De façon comparable, la » tendance » à la formation d'un éperon
affecte, chez les Orchidées, en général le pétale médian, mais parfois aussi le sépale
supérieur (genres Disa et Brownlcea).
Bien entendu, tant qu’une étude physiologique (encore lointaine) n’aura pu être
effectuée, le terme de « facteur de localisation * ne saurait en rien préjuger de la nature
de ce « facteur », pour lequel, a priori, peuvent être envisagées plusieurs hypothèses
(action humorale, localisation sélective d’une induction morphogène commune en
fonction de facteurs chimiques ou du stade de développement des ébauches, facteur
morphogène affectant la croissance des tissus sous-jacents à la glande, etc...).
Source : MNHN, Paris
REMARQUES SUR LA STRUCTURE DES PLANTULES
DES PODOSTÉMONACÉES
par R. Schnell et G. Cusset
HISTORIQUE
Dès 1881, E. Warming avait décrit la structure de la plantule de
Caslelnavia princeps Tul. et Wedd., et souligné les caractères très parti¬
culiers qu’elle présente. Lors de la germination, une élongation considé¬
rable des cotylédons (dont le sommet reste encore inclus dans le tégu¬
ment) fait sortir la plantule de la graine. A ce stade jeune, la base de la
plantule, qui ne manifeste aucun développement de racine, porte déjà
une toulïe dense de poils, à aspect de rhizoïdes. Aucune coiffe n’est visible.
La figure 26 publiée par Warming (1881) mettait en évidence, entre
les « rhizoïdes », à l’apex même de la base de la plantule, une tache foncée,
pour laquelle aucune interprétation n’était proposée. Dans sa publica¬
tion de 1883, Warming avait supprimé de son dessin cette tache, la consi¬
dérant peut-être comme une impureté accidentelle de la préparation.
Depuis lors, les figures publiées dans de nombreux ouvrages ont reproduit
cette structure publiée en 1883.
Willis (1902) a étudié les germinations de Podostémonacées de
Ceylan, appartenant à plusieurs genres. Ses figures, qui ont été reproduites
par Velenovsky, mettent elles aussi en évidence l'absence de racine chez
les plantules.
L’absence de racine, chez la plantule des Podostémonacées, est,
depuis lors, admise par les divers auteurs. Par contre, chez de nombreuses
espèces, des organes plus ou moins allongés, parfois très longs et portant
des bourgeons, ont été, chez les plantes adultes, interprétés comme des
racines adventives.
PROBLÈMES MORPHOLOGIQUES ET BIOLOGIQUES POSÉS
PAR LES PLANTULES DE PODOSTÉMONACÉES
L’intérêt majeur des plantules des Podostémonacées est d’éclairer
l’origine et la signification — souvent controversée — des organes pré¬
sentés par la plante adulte : « thalles », « feuilles », « racines », ou encore
organes interprétés comme résultat de la coalescence de tiges ou de bases
de feuilles, et parfois qualifiés de « fasciations ».
Source : MNHN, Paris
Photos 1 à 3 : de gauche à droite : 1, Plontule d'un Apinagia, avec appaiition d'une feuille entre les cotylédons. On remarque l'épiderme
non pigmenté, recouvrant les tissus inteines, riches en chiotoplastes. — 2-3, Plantules d' Apinagia.
Source : MNHN, Paris
359
- 360 —
Par ailleurs, les remarquables singularités de leurs plantules amènent
à en rechercher l’origine, soit dans des structures communes avec d’au¬
tres plantes aquatiques, soit dans des affinités avec certaines familles
présentant des particularités comparables.
Sur le plan morphologique, ces structures peuvent suggérer diverses
interprétations, notamment en ce qui concerne la signification des étranges
« rhizoïdes » qui coiffent le pôle inférieur arhize des plantules. L’absence
elle-même de racine principale amène à poser le problème de son déter¬
minisme.
Enfin, la nécessité pour ces plantules de poursuivre leur dévelop¬
pement sans être entraînées par le courant des crues, pose le problème
de leur fixation aux rochers.
L’absence de racine principale, admise par les divers auteurs, est
un caractère qui paraîtrait rapprocher, — sur le plan morphologique du
moins —, les Podostémonacées des Monocotylédones, chez lesquelles
la racine principale se développe peu, et est rapidement relayée par des
racines adventives. La présence d’une gaine à la base des feuilles des
Podostémonacées (Warming, 1888, p. 495) constituerait également un
argument pour un rapprochement morphologique avec les Monocoty¬
lédones. Enfin on pourrait mentionner l'analogie — peut-être fortuite —
avec les jeunes plantules d'Aponogelon (cf. fig. 652, p. 976, in Wett-
stein, Handb. Syst. Bot., II (1935), également pourvues d’une touffe
de poils sur le pôle inférieur, où la racine principale ne se développe pas;
mais, s’il y a analogie, la structure n’est cependant pas identique et le
nombre des cotylédons, à lui seul, suffirait, s’il était nécessaire, pour
séparer ces deux exemples convergents.
L’analogie avec les Saxifragacées (famille dont on a généralement
rapproché les Podostémonacées) a également été soulignée. Chez certains
Saxi/raga alpins, la très jeune plantule, sortant de la graine, est, elle aussi,
pourvue d’une touffe dense de poils, servant peut-être à la fixation rapide
de la plante (Favarger, 1954), et ayant « l’aspect morphologique, la
vitesse de croissance et le comportement cytologique des poils absor¬
bants de la racine »; on les a rapprochés de ceux des plantules de Podo¬
stémonacées (cf. Emberger, 1960, p. 1365-1366). Toutefois il y a lieu de
souligner que, si les poils sont issus de la base de la plantule chez les
Podostémonacées, ils sont au contraire produits par l’albumen chez les
Saxifragacées. Il s’agirait donc d’une « convergence hétéroplastique »,
au sens de Mangenot (1952, p. 150); mais de telles convergences hétéro¬
plastiques ne sont-elles pas parfois l’indice d’une même « tendance »
—• témoin d’affinités taxonomiques — comme semblerait l’indiquer
le cas ( également cité par Mangenot, 1952, p. 156) des Prevoslea et Neuro-
pellis, Convolvulacées, dont le fruit possède des ailes membraneuses,
issues chez le premier de deux sépales, et chez le second de la préfeuille?
Dans un autre ordre d’idées, on peut se demander si la touffe basale
de poils des plantules arhizes de Podostémonacées ne serait peut-être
pas à rapprocher des poils absorbants qui, chez d’autres plantes (telles
que les Graminées), peuvent apparaître sur un organe de la plantule
Source : MNHN, Paris
— 361 —
Source : MNHN, Paris
— 362 —
autre que la racine elle-même; mentionnons à ce propos les poils absor¬
bants qui apparaissent sur la coléorhize de Phalaris canariensis (cf. Jac¬
ques-Félix, C.R. Ac. Sc., 1957; cf. J. L. Guignard, Rech. Embr. Gram.,
1962, p. 582).
Enfin, une comparaison féconde peut être entrevue avec le cas des
Azolla, dont la racine, « lorsqu’elle cesse de s’allonger, devient un pinceau
de poils, les cellules du sommet se développant en organes identiques
aux poils absorbants normalement présents » (Emberger, 1960, p. 63).
Les observations que nous apportons ici concernent quelques Podo-
stémonacées des hauts de rivières de Guyane, région où l’un de nous (S.)
a pu voyager en 1961 et récolter d’assez nombreuses Podostémonacées.
Les graines ayant servi à notre expérimentation ont été obligeamment
mises à notre disposition par notre éminent confrère et ami Francis Hallé,
qui, ayant effectué une mission botanique en Guyane en 1962 1 , a pu
récolter lui aussi de nombreux spécimens et les graines de bon nombre
d’espèces. Nous le remercions très vivement de la collaboration qu’il a
ainsi apportée à ce travail.
LA GRAINE DES PODOSTÉMONACÉES
Le rythme du développement des Podostémonacées est, comme on
le sait, étroitement lié à celui du niveau des rivières. Lors des hautes
eaux, les plantes, immergées, sont stériles, mais, dès la baisse des eaux,
les fleurs sont préformées dans la spathelle qui existe chez la plupart
d’entre elles. Dès qu’intervient l’émersion, une croissance extrêmement
rapide du pédoncule fait sortir la fleur à l’air. La fécondation a lieu,
et, au bout d’un temps très court, la capsule est mûre. La plante, émergée
sur son support rocheux exposé au soleil, est aussitôt desséchée et meurt.
Souvent les pédicelles ou les hampes florales (Mourera) sont alors coria¬
ces, — structure qui s’oppose à la carnosité de la plante immergée ou
émergeante.
Les graines sont de très petite taille (de l'ordre de 0,2 mm), dépour¬
vues d’albumen, avec un embryon à 2 cotylédons, devenant chloro¬
phylliens dès un stade précoce.
Il est remarquable de constater que, contrairement à celles de
nombreuses plantes aquatiques, les graines des Podostémonacées sont
capables de survivre en milieu non aquatique, et même de conserver
leur pouvoir germinatif pendant une longue période de dessiccation. Les
l. Ces deux missions ont été effectuées dans le cadre des travaux en vue de l’éla¬
boration de la Flore de Guyane, entreprise par le Muséum National d'Histoire Natu¬
relle, sous la direction de M. le Professeur Aubréville.
Nous tenons à remercier ici le Centre National de la Recherche Scientifique et
l’OIIîce de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer pour l’aide puissante
qu’ils ont bien voulu apporter à ces missions. Nous exprimons également notre grati¬
tude à notre collègue et ami J. Hoock, qui s'est aimablement chargé, avec dévouement
et compétence, de toute l’organisation pratique de ces missions.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
— 364
graines utilisées dans ce travail ont fort bien germé après avoir été gardées
plusieurs semaines (et même plusieurs mois) à sec.
Ce fait, conjointement avec leur petitesse, permet de tenir pour
vraisemblable que la dispersion de ces plantes peut être couramment
effectuée par les oiseaux. Ce n’est d’ailleurs que par un tel mécanisme que
peut s’expliquer la répartition des Podostémonacées, — une même espèce
pouvant par exemple exister dans plusieurs hauts de rivières, voire dans
des bassins hydrographiques différents, alors qu’une dispersion hydro-
chore ne pourrait expliquer une telle répartition. Rappelons aussi que
Tristicha Irijaria existe à la fois en Afrique et en Amérique tropicale.
L’idée d’une dispersion de ces plantes par les oiseaux avait déjà été adop¬
tée par Engler (1930, p. 25). Le cas est d’ailleurs tout à fait homologue
de celui de nombreuses plantes de lieux humides, à petites graines, qui,
comme l’avaient souligné Chevalier et Perrier de la Bâthie, sont
transportées par les oiseaux, et possèdent, de ce fait, une aire très vaste
( Drosera , Burmannia, Sauvagesia, Cypéracées diverses, etc...).
La résistance des graines de Podostémonacées se manifeste égale¬
ment vis-à-vis de la température. Des graines en expérience ont parfai¬
tement germé après être restées (sans germer) plusieurs jours dans une
eau à basse température (environ 10°) : il a suffi de leur fournir une eau
plus chaude (environ 22°) pour que la germination se fasse.
La température paraît être le facteur décisif pour la germination :
les espèces expérimentées, d’écologie diverse (rapides, rochers immergés),
ont vu leurs graines germer dès que leur a été fournie une eau à une
température suffisante. L’agitation et l’aération de l’eau — vraisem¬
blablement nécessaires au développement des plantes adultes (au moins
chez certaines espèces) — ne sont nullement nécessaires à la germination.
De même, pour les espèces étudiées, la photopériode ne paraît jouer aucun
rôle : les germinations ont eu lieu et les plantules ont pu se développer
même en lumière continue. Il ne semble pas qu’il y ait nécessité d’une
« post-maturation ».
MORPHOLOGIE DES PLANTULES
Les graines ont été placées dans de l’eau non courante, mais renou¬
velée fréquemment, à une température moyenne d’environ 22° C. Peu
de jours après l’immersion les graines ont germé, en très grande abondance
pour certaines espèces. Dans certains cas, les graines ont germé à l’inté¬
rieur même de la capsule.
La morphologie des plantules de Mourera fluviatilis et de divers
Apinagia s’est révélée très comparable. Leur germination a débuté par
un considérable allongement des cotylédons, sortant du tégument, où
ne restait plus encastré que leur sommet. Rapidement, le pôle basal s’est
trouvé couvert d’une touffe de « rhizoïdes ». Tant chez Mourera que chez
les Apinagia étudiés (qui paraissent proches d ’A. richardiana (Tul.) Van
Royen, sinon identiques), les cotylédons sont à peu près isodiamétriques,
avec un épiderme incolore et une région centrale riche en chlorophylle.
Source : MNHN, Paris
— 365 —
Source : MNHN, Paris
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Chez toutes ces espèces, la tache foncée basale 1 était présente, parfois
plus ou moins masquée par les bases des « rhizoïdes ».
Trislicha trifaria (Bory) Sprengel [T. hypnoides (Went) Spr.l a pré¬
senté des plantules très différentes de celles des autres espèces. Les
cotylédons en sont largement aplatis-spatulés, translucides, paraissant
constitués par une seule assise cellulaire. Aucun appareil conducteur ne
parait y exister. L’axe de la plantule, en-dessous des cotylédons, était
nettement développé, jusqu’à atteindre une longueur de près d’1 mm
au bout de quelques jours. Chez les très jeunes germinations, cet axe
est encore très court, mais il s’accroît rapidement les jours suivants.
En raison de sa position, cet axe pourrait avoir la valeur d’un hypo-
cotyle (ou d’un hypocotyle plus une courte racine principale?) Enfin,
il y a lieu de noter l’abondance d’un pigment rose dans cet axe et sur la
marge de la base des cotylédons chez les spécimens élevés en lumière
continue ; ce pigment fait défaut chez ceux vivant sous une photopériode
de douze heures. Les feuilles qui apparaissent au-dessus des cotylédons
sont elles aussi aplaties.
Il y a lieu de noter que, chez cette dernière espèce, aucune plantule
n’a présenté la tache brune apicale caractéristique des autres espèces.
Les plantules des diverses espèces étudiées — élevées dans de
l’eau (ordinaire ou distillée), ou même sur une solution minérale diluée
(Knop non glucosé) — n'ont, dans les cultures mentionnées ici, jamais
dépassé le stade où apparaissent les premières feuilles, au-dessus des
cotylédons. Elles dépérissent ensuite rapidement, sans doute par épui¬
sement de leurs réserves.
ESSAI D’INTERPRÉTATION
Les plantules examinées ont en commun un certain nombre de
caractères :
1. pas de développement apparent d’une racine principale — fait
qui avait déjà été noté par nos prédécesseurs,
2. réduction du développement de l’hypocotyle, qui s’allonge peu,
sauf chez Trislicha trifaria chez qui il reste d’ailleurs assez court, et paraît
cesser son élongation au bout de quelques jours,
3. apparition de feuilles au-dessus des cotylédons,
4. absence vraisemblable d’appareil conducteur différencié (dans
la mesure où nos observations par transparence, sur la plante vivante,
ont permis de le constater) ; ce caractère devra être précisé par des coupes
au cours d’un travail ultérieur,
5. développement d’une touffe basale dense de « rhizoïdes »; toute¬
fois chez Trislicha les « rhizoïdes » sont insérés sur une longueur notable
de l’axe — fait vraisemblablement en rapport avec son élongation.
L’allongement de Phypocotyle que présente la plantule de Trislicha
I. Fijçurée par Warming (1881).
Source : MNHN, Paris
— 367
est peut-être à mettre en parallèle avec le rôle fondamental que joue,
dans l’appareil végétatif de cette plante, l'axe, alors qu’il a une moindre
individualité dans le genre Apinagia et surtout dans le genre Mourera.
De façon comparable, la forme très particulière des cotylédons chez les
Apinagia et Mourera étudiés mérite probablement d’être rapprochée
de la très grande spécialisation morphologique du limbe chez ces plantes;
par contre les cotylédons aplatis (et les premières feuilles qui le sont aussi)
de Trislicha pourraient être en relation avec les caractères de leurs feuilles
dans la structure adulte.
Le développement de la touffe basale de « rhizoïdes » peut être rap-
Source : MNHN, Paris
— 368 —
proché de l’exemple — cité plus haut — des Azolla, chez qui l’arrêt
d’allongement de la racine s’accompagne du développement apical d’une
touffe de poils ayant les caractères de poils absorbants.
Peut-être conviendrait-il de rapprocher ces faits des interprétations
de Mer (1879), pour qui « l’apparition des poils est, dans une certaine
mesure, liée au ralentissement dans l’allongement des racines ».
L’absence de développement d’une racine principale mériterait
d’être étudiée, sur le plan anatomique et sur le plan d’éventuelles corré¬
lations. Il importerait de préciser si une ébauche de radicule existe dans
le jeune embryon.
La tache foncée, déjà vue par Warming chez Caslelnavia princeps ,
et retrouvée chez nos espèces à axe non allongé, est difficile à inter¬
préter, — d’autant plus qu’elle est souvent masquée par la base des
« rhizoïdes ». D’assez nombreux spécimens favorables nous ont cependant
permis de reconnaître sa forme et sa disposition, qui évoquent celles d’une
cellule apicale. Ceci pourrait suggérer l’hypothèse (qu’il conviendrait de
vérifier) suivant laquelle elle représenterait une apicale nécrosée de
bonne heure 1 . L’absence de cette structure chez Trislicha, qui possède
un axe plus long, serait peut-être à l’appui d’une telle interprétation hypo¬
thétique. Le pinceau apical de « rhizoïdes » s’interpréterait alors comme
des poils absorbants devant leur localisation à l’absence de développe-
1. Lorsque les plantules dépérissent, les cellules superficielles de l’extrémité
basale de leur axe se nécrosent et acquièrent une teinte brune identique à celle de la
« tache foncée ». Ce serait, semble-t-il, un argument pour interpréter cette dernière
comme une cellule nécrosée.
Source : MNHN, Paris
— 369 —
ment de la racine *. A cette interprétation indiscutablement séduisante,
on pourrait toutefois objecter que la « tache foncée », dans des cas assez
nombreux, se trouve au contraire en saillie au-dessus de la surface de la
base de la plantule, ce qui pourrait suggérer une tout autre origine, peut-
être même étrangère à la plantule. Il est vrai qu’il ne serait pas impos¬
sible a priori qu’une apicale nécrosée se trouve parfois rejetée vers l’exté¬
rieur par la croissance des cellules voisines. Pourtant l’existence fréquente
de cette disposition constituerait un argument pour voir plutôt dans cette
tache brune basale un vestige du suspenseur décrit par Magnus dès 1913.
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1. Une telle interprétation serait en accord avec des faits physiologiques récem¬
ment mis en évidence : la suppression ou l’inactivation de la pointe de la racine — ou
des cellules apicales —- amène une production de poils absorbants à son sommet
(Bunning, 1952; cf. Champagnat. 1961, p. 844).
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTIONS A L’ÉTUDE
DE LA FLORE DE MADAGASCAR (XI-XVI)
par R. Capuron
XI. — PRÉSENCE A MADAGASCAR D’UN REPRÉSENTANT
DU GENRE MACADAMIA F.v.M. (PROTÉACÉES)
Deux Protéacées seulement (Dilobeia Thouarsii R. et S., Faurea
forficuliflora Baker) étaient connues jusqu’à ce jour de la Grande Ile.
Une troisième espèce appartenant à cette famille croît également à Mada¬
gascar. Nous la rapporterons au genre Macadamia F.v.M.; son fruit mûr
est encore inconnu, aussi cette attribution générique est-elle encore un
peu incertaine.
Macadamia alticola R. Capuron sp. nov.
Arbor ad 10 m alta et 0,40 m diam.; ramuli novelli pilis raris brevibus
adpressis, ab initio albidis deinde rubris, mox caducis, instructi; ramuli
adulti (3-4 mm diam.) angulosi, lenticelloso punctati. Folia persistentia,
alterna vel non nunquam sub opposita, adulta glaberrima (juvenilia pilis
rarissimis utrinque instructa), petiolo 0,5-1,5 cm longo ; limbus in sicco statu
flavidus vel brunneus integerrimus, coriaceus, obovato-lanceolatus (5-14 X
1,4-4 cm), apice obtuso vel rotundato nonnunquam leviter emarginato, e
tertia vel quarte parte superiore basin versus longe attenuatus, basi acutissima
in petiolum plus minus decurrente, marginibus leviter cartilagineo-translu-
cidis, plus minus undulatis et revolutis; Costa albida vel luteo-albida, supra
subplana vel leviter prominula, subtus prominens; nervi secundarii 10-15 jugi,
utrinque prominuli, sat ascendentes, praeter marginem arcuatim anasto¬
mosantes; nervi tertiarii parum distinct! vel inconspicui.
Inflorescentiae axillares, 3-6 cm longae, racemiformes (simplices vel
rarius prope basin ramis brevibus 1-2 instructae) subglabrae (rachis et pedi-
celli pilis raris brevibus, parum visibilibus, instructi); bracteae ovatae-
triangulares 1-2 mm longae; pedicelli 7-8 mm longi basi (ca. 2 mm) connati,
supra mediam partem bracteola triangulare, acuta, 0,5-1 mm longa, ins¬
tructi; alabastra 5-6 mm longa, media parte leviter constricta; perianthii
segmenta per anthesin lutea et omnino inter se libéra, ca. 5,5 mm longa et
1,2 mm lata, apice leviter cucullata, revoluta; staminorum iilamenta perian¬
thii segmentis adnata, ca. 3 mm longa, parte libéra ca. 1 mm. longa, crassa.
Source : MNHN, Paris
— 371
infra antheram constricta; antherae ca. 2 mm longae, apice apiculatae;
glandulae hypoginae albidae cylindricae, basi leviter dilatatae, inter se
liberae, 1-1,2 mm longae; ovarium glabrum, leviter compressum et basi
leviter attenuatum, ca. 1,8 mm longum, ovulis 2 orthotropicis ab apice
cavitatis pendulis ; Stylus ca. 3 mm longus, apice vix clavatus.
Fructus (immaturus solum visus) plus minus obovatus (ca. 2,2 X 1 cm)
apice rotundatus, basin versus attenuatus, pericarpio (t. Perrier) tenue,
endocarpio membranaceo-fibroso, mesocarpio carnoso; semen rectum, testa
membranacea; embryo cotyledonibus basi auriculatis radiculam inferam
amplectantibus. (PI. 1.)
Typus speciei : 18 360 SF.
Source : MNHN, Paris
— 372 —
Centre : Massif du Tsaratanana, sylve à lichens vers 2 000 m. d'alt., Perrier 15 347
(Fr. imm., 1 /1923), forêt d'Ambohitantely, sur le Tampoketsa d'Ankazobe, vers
1 600 m d’alt., 18 360 SF (Fl., 20/X /1957), 20 384 SF (Fl., 21 /XI /1961), 20 388 SF
(id.) ; forêts au sud-est de Tsiazompaniry (haut bassin de la Sisaona, affluent de l’ikopa),
20 824 bis (F., V/1961).
Par ses fleurs groupées par deux à l’aisselle des bractées, la plante
malgache appartient à la sous-famille des Grevilleoideae ; ses ovaires à
deux ovules la font placer dans la tribu des Grevilleae. Dans cette tribu,
on trouve des genres dans lesquels les ovules sont anatropes et ascen¬
dants, insérés à la base de la loge ovarienne ou latéralement sur ses
parois, d’autres dans lesquels les ovules sont orthotropes et pendent du
sommet de la loge; seuls ces derniers sont susceptibles d'héberger la plante
de Madagascar. Certains de ces genres sont uniquement américains (Rou-
pala Aublet, Panopsis Salisb., Euplassa Salisb.), d’autres sont austra¬
liens et océaniens ( Héliciopsis SIeumer, Macadamia F.v.M., Hicksbeachia
F.v.M., Kermadecia Brongn. et Gris); le genre Gevuina Mol. enfin se
trouve à la fois en Amérique méridionale, en Australie et Nouvelle-Guinée.
Grâce aux études récentes de Sleumer (révision des Protéacées améri¬
caines et de plusieurs genres de l’Ancien Monde) les caractères des genres
précités et leurs limites ont été bien précisés.
Par leur réceptacle oblique les genres Gevuina, Euplassa et Kerma¬
decia ne sauraient convenir à la plante malgache dont le réceptacle est
transversal. Les Héliciopsis ont des fleurs unisexuées-dioïques. Les
Roupala sont hétérophylles et leurs fruits sont des follicules déhiscents
en deux valves et contenant des graines ailées. Les Hicksbeachia sont éga¬
lement hétérophylles. Dans les Panopsis, le disque est en cupule (souvent
très développée et embrassant l’ovaire en entier) plus ou moins lobée
sur les bords et les étamines sont insérées particulièrement bas sur les
pièces du périanthe. Seul reste donc le genre Macadamia, ou un genre
nouveau, pour recevoir l’espèce malgache; en l’absence de fruits mûrs,
dont les caractères ont une grosse importance dans la séparation des
genres, on comprendra que nous attendions leur découverte avant de
décrire, éventuellement, un genre nouveau. D’ailleurs les caractères du
pollen (Sleumer in litt.) indiqueraient bien l’appartenance au genre
Macadamia. Sleumer a placé dans ce genre neuf espèces, toutes orien¬
tales : cinq en Australie, trois en Nouvelle-Calédonie et une à Célèbes.
Dans la clé proposée par Sleumer, le Macadamia alticola vient se placer
près du M. praealta (F.v.M.) Bailey; il diffère de tous les Macadamia à
inflorescences axillaires par la petite taille de ses fleurs, ainsi que par ses
glandes hypogynes particulièrement grêles. Des fleurs de taille compa¬
rable se rencontrent dans deux Macadamia (M. Whelani (Bailey) Bailey
d’Australie et M. hildebrandii Steen. de Célèbes), mais ces derniers ont
des inflorescences terminales. Par conséquent, si notre attribution géné¬
rique est exacte, le M. allicola ne saurait être confondu avec aucune autre
espèce du genre.
Pour terminer, nous donnerons une clé permettant de séparer les
trois genres de Protéacées présents à Madagascar.
Source : MNHN, Paris
— 373 —
1. Feuilles (des pieds adultes) plus ou moins bilobées et munies, au
fond de l’échancrure terminale, d’une glande cupuliformc.
Fleurs unisexuées-dioiques, isolées à l’aisselle des bractées,
régulières, à segments du périanthe libres jusqu’à leur base;
étamines (staminodes dans les fleurs femelles) hypogynes,
libres du périanthe; pas de glandes hypogynes; style prati¬
quement nul; ovaire (pistillode en bâtonnet dans les fleurs
mâles) à un seul ovule pendant. Fruit drupacé, à exocarpe
très charnu, à endocarpe osseux très dur. Inflorescences mâles
très ramifiées. Dilobeia R. et S.
(Une seule espèce, D. ihouarsii R. et S.)
1'. Feuilles non bilobées et dépourvues de glande apicale. Fleurs
hermaphrodites ; étamines insérées sur les segments du périan¬
the; des glandes hypogynes; style bien développé. Inflores¬
cences simples (exceptionnellement avec un ou deux rameaux
basilaires très peu développés).
2. Fleurs isolées à l’aisselle des bractées. Périanthe zygomor-
phe, trois des segments restant cohérents entre eux pendant
la floraison; ovaire (longuement poilu) contenant un seul
ovule fixé latéralement. Fruit nuciforme, sec (longuement
poilu). Inflorescences terminales. Faurea Harv.
(Une seule espèce, F. forficuliflora Baker.)
2'. Fleurs par deux à l’aisselle des bractées. Périanthe régulier,
les segments complètement libres à l’anthèse; ovaire
(glabre dans notre espèce), contenant deux ovules pendant
du haut de la loge. Fruit drupacé (non vu à maturité).
Inflorescences axillaires. Macadamia F.v.M.
Bibliographie:
H. Sleumer. — Proteaceae amcricanac, Bot. Jahrb. 76,2 : 139-211 (1954).
H. Sleumer. — Studies in Old World Proteaceae, Blumea 7, I : 1-95 (1955).
H. Sleumer. — Proteaceae, Flora Malesiana, ser. 1, 52 : 147-206 (1955).
A. Lemée. — Dictionnaire descriptif et synonymique des genres de plantes phané¬
rogames.
XII. — PRÉSENCE A MADAGASCAR D’UN NOUVEAU
REPRÉSENTANT (BUBBIA PEBRIEBI R. Capuron)
DE LA FAMILLE DES WINTÉRACÉES
La famille des Winteracées groupe six genres : Drimys J. R. et G. Fors-
ter, Bubbia v. Tiegh., Exospernmm v. Tiegh., Belliolum v. Tiegh., Pseudo-
winlera Dandy et Zygogynum Baill. ; dans sa dernière édition des Families
of flowering plants, Hutchinson a lui aussi rapporté les genres Deyeneria
(considéré par les auteurs américains comme type d’une famille des
Degeneriaceae) et Telralhalamus Laut. (considéré par Smith comme
synonyme de Bubbia). Pendant très longtemps les Winteracées ont été
Source : MNHN, Paris
— 374 —
considérées comme une simple tribu des Magnoliacées. Deux caractères
d’observation facile, absence de stipules et tissus criblés de poches sécré¬
trices, permettent de les séparer de cette famille.
Dans les Incerlae Sedis des collections malgaches du Muséum de
Paris, nous avons trouvé un échantillon récolté par Perrier de la Bâthie
appartenant indubitablement aux Winteracées. Perrier, qui en avait
minutieusement analysé les fleurs, était resté dans l’incertitude quant à la
place à lui donner; après avoir noté que « l’ovaire n’est pas tout à fait
central et (que) sa constitution et sa forme indiquent bien un carpelle
d’une fleur polycarpellée à carpelles libres » il se contentait de suggérer,
avec un point d’interrogation, une appartenance aux Annonacées ou aux
Dilleniacées. Plus tard, Ghesquière étudiant les Annonacées malgaches
rapportait à juste titre la plante aux Magnoliacées (s. lato), sans autre
précision.
La plante récoltée par Perrier ayant des tissus bourrés de poches
sécrétrices et ne possédant pas de stipules vient, dans les Magnoliales,
se classer dans les Winteracées. En raison de son calice réduit n’enfer¬
mant pas le bouton et de ses anthères apicales subhorizonlales, nous la
placerons dans le genre Bubbia.
Bubbia Perrieri R. Capuron spec. nov.
Arbor 5-12 m alta, cortice (t. Perrier) crassa aromatica, omnino glabra.
Rami foliiferi 2-5 mm diam. cicatricibus foliorum delapsorum rotundatis
notati. Folia alterna, persistentia, apice ramulorum plus minus conferta;
stipulae nullae; petiolus 1,5-3,5 cm longus ima basi abrupte dilatatus; limbus
in sicco brunneus, membraneccus, valde fragilis, clliptico-lanceolatus vel
ellipticus (8-17 X 3,8-4,8 cm) utroque (apice abruptiore) cuneatim atte-
nuatus, apice cuspida breve (2-4 mm) acutissima instructus, densissime
pellucido-punctatus, marginibus minute revolutis; Costa supra plana vel
leviter impressa, subtus prominens; nervi secundarii (ca 12-15 jugi) utrinque
prominuli, praeter marginem arcuatim anastomosantes; reticulatio den-
sissima, transparentia solum visibilis. Inflorescentiae terminales elongatae
laxiflorae, ramosae, plus minus pendentes, axibus gracilibus, cymulas pauci-
floras ombelliformes gerentes; pedunculus brevis 0,2-10 mm longus; bracteae
inferiores lineari-subspatulatae (ad 1 cm longae). Pedicelli 6-3,5 mm longi,
graciles, ad tertiam partem inferiorem articulati et 1 vel 2 bracteolis parvis
instructi. Alabastra globosa (ca. 3,5 mm diam.); calyx cupuliformis, patulus,
vix 2 (-3)- lobatus (lobis valde rotundatis, ca. 2 mm latis, pellucido-puncta-
tis); petala 12, inaequalia, 4 exteriora majora, leviter decussatim imbricata
(ovalia, trinervata, ca. 7 X 4 mm, apice obtusa), 8 interiora parviora (ovato-
lanceolata, 5 X 1,5 mm, plus minus naviculiformia, trinervata, apice obtusa
et leviter imbricata); torus conicus, vix 0,5 mm altus; stamina 12 (in 3 cyclos
disposita), ca. 2 mm longa, filamento crasso, obcuneato, apice, inter loculas,
truncato sed intus brevisissime apiculato, antheris subapicalibus oblique
valde divergentibus. Gynecœum 1-carpellatum, ovario obovoideo (ca. 2,5 mm
longo) basi attenuato, leviter compresso apice sat abrupte attenuato, stigmate
Source : MNHN, Paris
375
PI. 2. — Bubbia Perrieri R. Capuron : rameau en (leurs x 2/3; 2, feuille x 2/3; 3, inflo¬
rescence x 2/3; 4, fleur débarrassée des pétales x 6; 5 et 6, étamines x 9; 7, fleur débar¬
rassée des pétales et des étamines x 6; 8, carpelle ouvert x 6; 9, ovaire au début de sa
transformation en fruit, ouvert x 6.
Source : MNHN, Paris
— 376 —
discoideo capitato antice et postice leviter emarginato; ovula 5-9 (-11) e
loculae apice pendentia. Fructus ignotus. (PL 2.)
Centre : Massif du Manongarivo, au bord des ruisseaux, sur schistes basiques,
vers 1 700 m d’alt., Perrier 10 158 SF (FL, V /1909. (« Arbre 5-12 m, à feuilles persis¬
tantes; écorce épaisse à saveur brûlante, à odeur aromatique forte. Inflorescence rou¬
geâtre, pendante. Stigmate constitué par une plaque glanduleuse jaune, irrégulièrement
lobé mais plus dilaté sur deux côtés, à bords rabattus. Les pétales sont rouge sombre
et liserés de blanc. Les étamines sont rouge sombre », t. Perrier in sched.)
Le genre Bubbia était connu jusqu’à ce jour par une trentaine d’espè¬
ces localisées en Nouvelle-Guinée (19 espèces), en Australie (Queensland,
2 espèces), à l’Ile Lord Howe (1 espèce) et en Nouvelle-Calédonie (7-8
espèces; si la détermination de l’échantillon Pennel 233 comme Bubbia
pauciflora (Baker) Dandy est exacte, l’espèce, si on admet le genre Bellio-
lum, doit lui être rapportée car ses caractères staminaux sont ceux de ce
dernier).
La plante malgache est-elle bien un Bubbia? Ce n’est sûrement pas
un Drimys puisque, dans ceux-ci, le calice, en calyptre, enveloppe complè¬
tement le bouton avant de se diviser en 2-3 lobes plus ou moins caducs.
Ce n’est pas non plus un Zygogynum (genre néocalédonien qui groupe
6 espèces actuellement décrites) dans lequel les carpelles, au nombre
de 4-20, sont soudés entre eux. Ce n’est pas, par ses inflorescences termi¬
nales, un Pseudowinlera, genre néozélandais qui ne groupe que deux
espèces. Dans le genre Belliolum, dont trois espèces croissent aux Iles
Salomon et quatre ou cinq (si on y transfère le Bubbia pauciflora (Baker)
Dandy) en Nouvelle-Calédonie, les loges de l’anthère sont latérales, verti¬
cales, nettement dépassées au sommet par le connectif; le genre Belliolum
est accepté par certains botanistes, réuni par d’autres au genre Bubbia
(Burtt, Guillaumin); même dans cette dernière hypothèse, les carac¬
tères des étamines de la plante malgache suffiraient à l’écarter des espèces
placées dans les Belliolum, que ceux-ci soient considérés comme genre
autonome ou simple section des Bubbia. Restent à examiner, dans les
genres décrits, les genres Exospermum et Bubbia qui tous deux ont des
loges anthériennes apicales et plus ou moins horizontales. Dans les Exo¬
spermum (deux espèces néocalédoniennes ont été décrites) les carpelles,
au nombre de 4-7, serrés les uns contre les autres, ne seraient libres entre eux
qu’après la floraison ; il s’agit là d’un caractère que Y Exospermum Lecarli
v. Tiegh. ne nous a pas paru présenter et qui paraît par conséquent de
bien peu de valeur; Smith (1943, p. 160) l’a déjà noté en ce qui concerne
cette espèce, mais continue cependant à conserver le genre en raison
de ses carpelles à placentation diffuse. Ni par son port, ni par les carac¬
tères de sa placentation, la plante malgache ne paraît pouvoir être placée
dans le genre Exospermum.
Reste donc seul à considérer, parmi les genres décrits, le genre Bubbia;
dans celui-ci les carpelles, en nombre variable, réduits à un seul dans
plusieurs espèces, sont normalement libres entre eux; la surface placen¬
taire correspond essentiellement à la surface stigmatique externe. C’est
Source : MNHN, Paris
— 377 —
là un caractère que l’on retrouve dans la plante malgache, tout au moins
dans l’ovaire observé dans un bouton floral (dès que l’ovaire commence
sa transformation en fruit, la zone d’insertion des ovules se trouve éloignée
du sommet de la loge par suite de l’allongement de la partie supérieure du
carpelle — v. PI. 2, fig. 9).
Compte tenu de ces similitudes, c’est en définitive dans le genre
Bubbia que nous placerons la plante malgache.
Nous tenons cependant à mettre l’accent sur deux caractères qui lui
paraissent propres et qui, en raison de son isolement géographique,
pourraient peut-être permettre de la considérer comme représentant un
nouveau genre. Le premier de ces caractères est fourni par l’inflorescence.
Dans les Bubbia océaniens et les genres affines (Exospermum, Belliolum,
Zygogynum), les axes principaux de l’inflorescence rayonnent au sommet
des rameaux, l’axe général de l’inflorescence étant extrêmement réduit;
les fleurs sont situées au sommet de ces axes ou au sommet d’axes d’ordre 2
ou d’ordre supérieur, mais dans tous les cas, les dernières ramifications
de l’inflorescence rayonnent autour du sommet des axes d’ordre inférieur.
Dans le Bubbia Perrieri, l’axe général de l’inflorescence est très allongé
et les ramifications principales naissent à des intervalles éloignés les uns
des autres; ce n’est qu’au sommet de ces ramifications que l’on retrouve
le groupement en ombelle comme dans les espèces océaniennes. Le
deuxième caractère est fourni par le stigmate; dans le Bubbia Perrieri, il
prend une grande extension ; le carpelle, nettement atténué en col court
et robuste, est coiffé par une surface stigmatique (jaune sur le vif, d’après
Perrier) de contour généralement circulaire, légèrement bilobée par
deux échancrures l’une antérieure, l’autre postérieure ; la marge du
stigmate déborde nettement, surtout sur les côtés, le haut du rétrécisse¬
ment carpellaire; aucune des espèces océaniennes dont nous avons pu
voir des échantillons ne présentait cette disposition, le stigmate y ayant
l’aspect d’une bande allongée et étroite.
On pourrait peut-être, contrairement à notre position, attribuer à
ces caractères une valeur générique; cela ne modifierait guère l’intérêt
de la présence à Madagascar d’une Wintéracée. Nous pouvons d’ailleurs
à cette dernière associer le Macadamia que nous avons décrit plus haut.
Le Bubbia Perrieri et le Macadamia allicola sont des espèces, dans la nature
actuelle, géographiquement isolées, leurs plus proches congénères se trou¬
vant en Nouvelle-Guinée. Toutes deux croissent dans les formations pri¬
mitives du Domaine du Centre, formations représentant sans aucun doute
les derniers vestiges des plus anciens éléments floristiques ayant recouvert
la Grande Ile. Smith (1945, 51) a insisté sur les faibles moyens de dis¬
persion des Winteracées : « In the case of Winleraceae, a majority of which
are montane plants, the seeds are of such a morphological type and so
perishable as to rule out any possibility of dispersai by winds, birds, ani¬
mais or oceanic currents. Terrestrial continuity is essential for the migra¬
tion of members of this family. » Je ne crois guère m’avancer en disant qu’il
en est de même pour les Protéacées.
Quelles ont été ces connexions terrestres susceptibles d’expliquer la
Source : MNHN, Paris
— 378 —
répartition actuelle de ces plantes? Smith, examinant les voies possibles
de migration des Wintéracées, a successivement envisagé l’hypothèse de
Wegener, celle d’une migration vers le Sud de plantes d’origine boréale,
celle enfin de connexions terrestres « often of insular nature » antarctiques,
s’arrêtant en définitive à cette dernière. Nous laisserons le choix aux
lecteurs, ces diverses hypothèses ayant déjà fait couler beaucoup d’encre.
Bailey (I. W.) et Charlotte Nast. — The comparative morphology of the Winleraceae,
Journ. Am. Arb. 24 (1943), 25 (1944).
Bailey (I. W.) et Smith (A. C.). — Degeneriaceae, a new Family of flowering plants
from Fiji, Journ. Arn. Arb. 23 (1942).
Burtt (B. L.). — Bubbia haplopus B. L. Burtt., Ilook. Icon. Plant., tab. 3315 (1936).
Dandy (J. E.). — The généra of Magnolieae, Kew Bulletin (1927).
Dandy (J. E.). The Winleraceae of New Zeeland, Journ. of Bot. 71. (1933).
Dandy (J. E.). — Some additions to the genus liubbia-W'inleraceae, Journ. of Bot.
72 (1934).
Guillaumin (A.). —Notes sur les Magnoliacées de Nouvelle-Calédonie, Bull. Soc. Bot.
France, 89 (1942).
Guillaumin (A.). — Flore analytique et synoptique de Nouvelle-Calédonie (1948).
IIutchinson (J.). —- The Family Winleraceae, Kew Bulletin (1921).
1 Iutchinson (J.). — The families of fîowering plants, I, Dicotyledons (1926).
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Nast (G.). — The comparative morphology of the Winleraceae, Journ. Arn. Arbor.
25 (1944), 26 (1945).
Smith (A. C.). — Studies of Papuasia Plants V (Winleraceae), Journ. Arn. Arbor.
23 (1942).
Smith (A. C..). The American species of Drimys, Journ. Arn. Arbor. 24 (1943).
Smith (A. C.). — Taxonomie notes on the old-world species of Winleraceae, Journ.
Arn. Arbor. 24 (1943).
Smith (A. C.). — Gcographical distribution of the Winleraceae, Journ. Arn. Arbor.
26 (1945).
Van Tiechem. - Sur les Dicotylédones du groupe des Homoxylées, Journ. Bot. Morot,
14 (1900).
XIII. DEUXIÈME NOTE SUR LE ST ELECHANTERIA
THOUARSANIA Bâillon.
Drypetes thouarsiana (Bâillon) R. Capuron comb. nov. —- Slele-
chanteria thouarsiana Bâillon, Adansonia, ser. 1, IV : 147 (1863-1861);
R. Capuron, Not. Syst. XVI, 1-2 : 62 (1960).
Dans un précédent article (1. c.) nous avons suggéré que le Slele-
chanleria thouarsiana Bâillon était très probablement un Drypetes. L’échan¬
tillon type étant uniquement constitué par des fleurs (mâles), nous avons
hésité à ce moment-là à effectuer la combinaison nouvelle que nous
publions aujourd’hui. Nous avons eu la chance de retrouver l’espèce
dans la forêt d’Analalava-Mangalimaso, à l’ouest de Foulpointe; il
s’agit sans aucun doute de la localité où Thouahs, à la fin du xvm e siè-
Source : MNHN, Paris
— 379 —
cle, avait récolté l’échantillon dont seules les fleurs ont été conservées.
Foulpointe, village côtier situé à environ 70 km au Nord de Tamatave,
fut autrefois visité par plusieurs botanistes, entre autres Chapelier et
Thouars. C’est dans cette localité que ce dernier a passé les six mois
de son séjour à Madagascar. Il subsiste encore à l’Ouest du village des
vestiges forestiers plus ou moins dégradés; une piste accessible aux auto¬
mobiles en permet aisément la visite. On y trouve, en allant de l’Est à
l’Ouest, une première zone forestière située en majeure partie sur la
plaine côtière sablonneuse et en faible partie sur les premières collines
latéritiques : c’est la forêt de Mangalimaso; après une zone dénudée de
quelques centaines de mètres de largeur on pénètre à nouveau dans un
massif forestier qui constitue la forêt d’Analalava proprement dite, entiè¬
rement située sur des collines latéritisées (d’environ 50 m d’alt.). C'est là
que nous avons retrouvé plusieurs pieds du Slelechanleria. Tous les
individus fleuris observés étaient mâles et, malgré nos recherches, nous
n’avons pu découvrir les pieds femelles. Il s’agit d’un petit arbre dont
les plus hauts ne dépassent pas 10 m de hauteur et 0,10 m de diamètre.
Les fleurs, d’un blanc verdâtre, sont uniquement insérées sur le tronc et
les plus grosses branches. Elles naissent sur des excroissances de l’écorce
tantôt par groupes de 2-3 seulement, tantôt en groupes beaucoup plus
nombreux (jusqu’à une cinquantaine de fleurs environ). Plusieurs autres
Drypetes malgaches (D. stipulacea J. Leandri, D. Capuronii J. Leandri,
D. Balhiei R. Cap. et J. Leandri) ont également des fleurs insérées sur le
Source : MNHN, Paris
— 380 —
tronc. Par son feuillage le Drypeles thouarsiana est parfaitement distinct
de ces trois espèces. Dans ces dernières le limbe dépasse presque toujours
8-10 cm de longueur; de plus, dans ces espèces il y a une hétérophyllie
souvent très marquée ; les feuilles des jeunes sujets et, très souvent, celles
des rameaux vigoureux sur les individus adultes, sont épineuses sur les
marges (tous les intermédiaires peuvent s’observer entre des feuilles très
épineuses et des feuilles très entières, parfois sur le même rameau). Dans
le D. thouarsiana, les feuilles sont toujours très entières et les plus grandes
ne dépassent pas 3 cm de longueur; elles sont elliptiques, à peu près éga¬
lement atténuées vers leurs deux extrémités (un peu plus aigues à la base) ;
les rameaux sont très grêles, finement pubérulents dans leur jeunesse;
les stipules, très étroitement triangulaires aigues, ne dépassant guère
2 mm de longueur, sont d’une consistance scarieuse. Les espèces que nous
avons citées plus haut ont des fleurs femelles à ovaire 3-5 loculaire et des
fruits de grosse taille, s’opposant aux autres Drypeles connus de Mada¬
gascar; il serait intéressant de savoir si le Drypeles thouarsiana partage
avec elles ces mêmes caractères.
Signalons que dans la plante que nous avons récoltée (22 099 SF)
les étamines sont généralement au nombre de 7, alors qu’elles sont au
nombre de (4-) 5 dans le type. C’est la seule différence que nous ayons
notée entre les deux échantillons (PI. 3).
XIV. LE GENRE ARDISIA Swartz (MYRSINACÉES)
A MADAGASCAR
En rattachant au genre Afrardisia Mez une espèce malgache (A. didy-
mopora), Perrier de la Bâthie insistait sur les caractères très particu¬
liers qui la séparaient des espèces africaines : feuilles caduques, fleurs
en ombelles pédonculées (et non en fascicules axillaires), anthères pori-
cides, graines à albumen ruminé. Il proposait en conséquence de diviser
le genre Afrardisia s. novo en deux sections, une première section grou¬
pant les espèces africaines, une deuxième section destinée à accueillir
l'unique espèce malgache alors connue.
De Wit, dans sa révision du genre Afrardisia, s’appuyant sur les cri¬
tères invoqués par Perrier dans la délimitation de sa section II, reje¬
tait du genre l’espèce malgache et écrivait que celle-ci « may represent
an undescribed genus ».
Ayant découvert une nouvelle espèce très alflne de l ’Afrardisia didy-
mopora H. Perr., nous avons été amené à rechercher s’il y avait lieu de
créer pour elles un genre nouveau. Mez, dont tous les auteurs modernes
suivent la classification proposée dans le Pflanzenreich, a divisé la sous-
famille des Myrsinoïdeae en deux tribus, Ardisieae et Myrsineae, basées
sur les caractères de la placentation : ovules nombreux et plurisériés
dans la première, peu nombreux et unisériés dans la deuxième.
Si l’on met de côté le genre Aeyiceras Gaertn. que plusieurs auteurs
considèrent parfois comme constituant une famille spéciale, la tribu des
Source : MNHN, Paris
— 381 —
Ardisieae est réduite à trois genres (après réduction du genre Heberdenia
A.D.C. à Ardisia) : Ardisia Swartz, Hymenandra A.D.C., Conandrium
Mez, ces deux derniers ne groupant au total que trois espèces, alors que
Ardisia en groupe près de 250. La tribu des Myrsineae groupe des genres
beaucoup plus nombreux, près d’une trentaine. Parmi ceux-ci les genres
Afrardisia Mez, Anlislrophe A.D.C., Tetrardisia Mez et Clenardisia
Ducke, par leur corolle sympétale à lobes tordus et leur style grêle, se
rapprochent des deux plantes malgaches. A divers titres, celles-ci ne sem¬
blent pas pouvoir s’intégrer dans ces genres, en particulier si l’on-tient
compte de leurs anthères poricides et de leurs graines à albumen ruminé
(caractères qui d’ailleurs nous semblent de peu de valeur). Il pourrait
donc paraître logique de décrire un genre nouveau. Nous ne le ferons pas
cependant, car nous pensons que les deux espèces malgaches peuvent
rentrer dans le genre Ardisia.
De Wit (1. c., 1958, p. 243) écrit que le genre Afrardisia, en dehors
de sa localisation en Afrique, ne se sépare des Ardisia que par ses pla¬
centas pauci-ovulés et unisériés : « Although this seems not to be corre-
lated with any other dilïerential character, the position of the ovules
is constant and a character of lîrst importance in the systematy of Myrsi-
naceae. » Rappelant ensuite des travaux de Grosze il écrit qu’entre les
deux genres « the anatomy of the leaf rather stresses affinity than provides
a reason for ségrégation ». N’est-ce pas là, implicitement, une condam¬
nation du système proposé par Mez? N’en trouvons-nous pas une autre
dans le rapprochement effectué par de Wit (1. c., 1957, 241) entre les
genres Pleiomeris A.D.C. et Bapanea Aublet que leurs différents modes
de placentation conduisent à placer dans deux tribus différentes: «The diffé¬
rence between Pleiomeris and Bapanea if of similar nature to that between
Ardisia and Afrardisia. » Accepter le système proposé par Mez c’est, en
plaçant Pleiomeris et Ardisia dans les Ardisieae, Afrardisia et Bapanea
dans les Myrsineae, complètement négliger les vraies affinités, c’est
admettre, par exemple, que les Afrardisia sont plus près des Bapanea
qu’ils ne le sont des Ardisia. Cela semble bien friser l’illogisme. Que les
caractères de la placentation aient une importance dans la séparation
des genres, cela est sans doute incontestable ; mais les utiliser en premier
lieu pour définir des tribus, et deux tribus seulement, me paraît trop
artificiel et empêche de reconnaître les affinités intergénériques.
Mais revenons à nos plantes malgaches dont quelques caractères
méritent d’être examinés.
D’abord les inflorescences y sont longuement pédonculées; c’est là
un caractère que l’on retrouve chez les Ardisia; sous ce rapport ïArdisia
procera, que nous décrirons plus loin, ressemble beaucoup à certains
Ardisia américains (p. ex., à une espèce paraissant inédite, provenant du
Costa-Rica, et représentée dans les collections du Muséum par l’échantillon
Tonduz 13 369) ainsi d’ailleurs qu’au Clenardisia speciosa Ducke.
L’Ardisia procera et l’A. didymopora (H. Perr.) R. Cap. ont des
anthères plus ou moins poricides; en fait, la déhiscence se fait par une
courte fente terminale qui peut se prolonger jusque vers le quart supé-
Source : MNHN, Paris
— 382 —
rieur de l’anthère; au-dessous de l’ouverture la suture entre les deux
logettes est nettement marquée et il suffit d’une très légère pression
(avec une aiguille p. ex.) pour provoquer une ouverture longitudinale
complète de la loge anthérienne. Dans les Ardisia la déhiscence peut aussi
se faire d’une façon semblable : « antheris... introrsum rimis 2 nunc tota
longitudine apertis nunc apice poratim dilatatis... dehiscentibus » écrit
Mez (1. c., 59); la déhiscence ne nous paraît pas, dans ces conditions,
susceptible de séparer les espèces malgaches des Ardisia.
Dans nos deux espèces les ovules sont au nombre de 5-7 ; s’il y a des
Ardisia qui ont une trentaine d’ovules, d’autres n’en ont en revanche
qu’un très petit nombre (trois-quatre seulement dans certaines espèces
indo-chinoises). Quant à la disposition des ovules sur les placentas les
plantes malgaches montrent qu’elle est assez variable sur les mêmes
échantillons : tantôt les ovules sont à peu près régulièrement disposés
sur une seule série, tantôt au contraire ils sont disposés irrégulièrement
(voir PI. 6, fig. 9-10). La placentation, ici encore, ne nous permet pas
d’éliminer le genre Ardisia.
Restent enfin à examiner les caractères des graines. Dans les plantes
malgaches l’albumen est ruminé. L’Heberdenia excelsa (Ait.) A. D.C. que
de^Wit a transféré au genre Ardisia (A. bahamensis (Gaertn.) D.C.) possède
un albumen légèrement ruminé. Dans le genre malgache Oncoslemon
Juss., l’albumen est lisse ou ruminé suivant les espèces. La rumination
ne saurait être considérée ici encore comme un caractère générique.
En résumé nous ne pensons pas que les caractères de nos deux espèces
malgaches puissent permettre de les séparer du genre Ardisia et de les
placer dans un nouveau genre ; nous les considérons comme constituant un
sous-genre Madardisia qui pour le moment semble propre à Madagascar.
MAD ARDISIA subgen. nov.
Arbores vel frutices foliis caducis, integerrimis, glaberrimis, punctulatis,
glandulis marginalibus magnis rcgulariter distantibus destitutis; inflorescen-
tiae amplae, longe pedunculatae, axillares; flores (rosei) pentameri; sepala
per anthesin aperta vel basi leviter dextrorsum tegentia; petala dextrorsuin
tegentia; filament a brevissima; anthcrae rimis poriformibus apicalibus
déhiscentes; ovula 5-7, sat irregulariter disposita; semina albumine ruminato.
Species typica : Ardisia didymopora (H. Perr.) R. Capuron.
Par les caractères de son calice (ouvert durant la floraison ou à
lobes se recouvrant très légèrement à la base) et de son inflorescence,
le sous-genre Madardisia semble devoir se placer près du sous-genre
Akosmos proposé par Mez dans le Pflanzenreich.
Tel que nous l’avons défini le sous-genre Madardisia groupe deux
espèces :
1. Ardisia didymopora (H. Perr.) R. Capuron comb. nov. — Ajrar-
disia didymopora H. Perr., Mém. Inst. Sci. Madag., ser. R, 4 : 207 (1952).
Source : MNHN, Paris
383 —
I. — Ardisia procera B. Capuron : 1, feuille X 2/3; 2 , détail de la surface foliaire x 6
3 , inflorescence x 2/3; 4 , bouton floral x 2; 5 , fleur x 2; 6 , étamine, face interne x “
7 , id., face externe x 6 ; 8, deux sépales et ovaire ouv ' -• •- • -
centa ouvert X 10.
i, placenta x 10; 11, f
Source : MNHN, Paris
— 384 —
Aux échantillons cités par Perrier nous ajouterons les suivants :
Forêt de Tsienimpihy, aux environs N.-E. du village de Bemiha (Dct. d’Antsalova),
6 884 SF et Leandri, Capuron Razafindrakoto 2 267 (Fl., bois, 30/XII/1952, parts
d'un même échantillon); forêt de Jarindrano, rive gauche du haut Fiherenena, à l'Est
de Maromiandry (Sakaraha), 20 568 SF (Fl. 29/XII/1961).
Bien que largement répandu dans la majeure partie du Domaine de
l’Ouest 1 ’Ardisia didymopora est une espèce qui semble rare. On la trouve
indifféremment sur les terrains calcaires ou sur les sols siliceux. C’est un
petit arbre qui ne semble jamais dépasser 8-10 m de hauteur.
2. Ardisia procera R. Capuron sp. nov.
Frutex vel arbor ad 25 m alta et 0,50 m diam. Ramuli robusti, ad 3 cm
diam., glabri. Folia caduca, ad apicem ramulorum densissime congesta,
sessilia; lamina obovato-lanceolata (25-40 X 6,5-12 cm), basin versus e
tertia parte superiore graduatim attenuata, basi acutissima, apice obtusa,
glabra, in vivo statu subcarnosa, in sicco statu membranacea, dense nigro
vel rubro-punctata, margine integra; Costa supra plana, subtus, in sicco vix
prominula, in vivo prominula; nervi secundarii circa 20- jugi, obliqui, praeter
marginem arcuati; reticulatio densissima. Inflorescentiae paniculatim pyra¬
midales (ad 40-50 cm Iongae, 15-20 cm latae) pendentes, pedunculo 10-15 cm
longo, ramis subcarnosis; bractae caducae, haud visae; bracteolae ovato-
triangulares (2 X 0,5 mm) apice rotundatae vel obtusae, glanduloso-ciliatae,
mox deciduae. Flores rosei, pedicello 10-20 mm longo, 5 (-6) meri, alabastro
ovoidco-conico, ante anthesin 10 mm longo; sepala sublibera, dextrorsum
leviter tegcntia, ovata, obtusa, margine breviter glanduloso-ciliata; corolla
20-25 mm diam., mox decidua; petala, basi breviter (1 mm) connata, paten-
tia, ovato-elliptica (10-11 X 4,5 mm), basi sub-asymmetrica, apice acuta,
pracfloratione contorta (dextrorsum tegentia); stamina 8-9 mm longa,
margine corollae tubi inserta, filamentibus latis perbrevibus (1-1,5 mm
longis); antherae elliptico-lanceolatae e basi versus apicem (appendiculo
membranaceo obtuso brevi instructum) attenuatae, rimis poriformibus
apicalibus déhiscentes. Ovarium globosum, glabrum; Stylus 11 mm longus,
gracilis, apice stigmatoso truncato; placenta 5-6 ovulata. Fructus ignotus.
(PI. 4.)
Est : Environs de la Baie d’Antongil, bassin de la Vohilava (affluent rive gauche
de la Rantabe) aux environs du village de Vohilava, vers 450 m d'altitude, 9 130 SF
(Fl., Bois, III /1954) (Type).
Outre la localité où le type a été récolté nous avons observé cette
espèce dans la région de Tenina, au Sud de la Rantabe, dans les marais
de la zone côtière ; nous l’avons vue aussi dans la région appelée Ivontaka
au sud de Mananara. C’est soit un grand arbuste peu ramifié à port de
candélabre, soit un arbre qui peut atteindre de fortes dimensions (le
type a été récolté sur un exemplaire qui atteignait 25 m de hauteur)
mais toujours assez peu ramifié. Les feuilles (non vues à l’état adulte)
Source : MNHN, Paris
385 —
sont groupées en très denses bouquets au sommet des rameaux; ceux-ci,
de fort diamètre (3-4 cm) sont entièrement recouverts des cicatrices des
feuilles tombées, cicatrices transversalement losangiques, à bords sail¬
lants. Les inflorescences, très belles, pendantes, naissent à la base des
feuilles. Toutes les parties de l’inflorescence et des fleurs contiennent des
ponctuations et des linéoles noirâtres, au même titre que les feuilles.
Les deux Ardisia malgaches peuvent se séparer de la manière sui¬
vante :
1. Rameaux feuilles ne dépassant pas 1 cm de diamètre; feuilles les
plus grandes ne dépassant pas 15 X 3,5 cm; inflorescences
dressées corymbiformes, ne dépassant pas 15 cm de longueur,
à pédoncule nettement plus court que la partie fleurie. (Région
occidentale.) . 1. A. didymoporu.
1'. Rameaux feuillés très robustes, atteignant 2,5-3 cm de diamètre;
feuilles atteignant 25-40 X 6,5-12 cm; inflorescences pen¬
dantes longues de 40-50 cm, pyramidales, à pédoncule nette¬
ment plus court que la partie fleurie. (Région orientale.) 2. A. procera.
Bibliographie
Bâillon (H.). — Histoire des Plantes, XI (1892).
De Candolle (A.). — Prodromus, VIII (1844).
Ducke (A.). — Plantes nouvelles ou peu connues de la région amazonienne, IV e série,
Arch. Jard. Bot. Rio de Janeiro, V (1930).
Mez (C.). — Pflanzenreich, 4, fam. 236 (1902).
Perrier de la Bâthie (H.). — I.es Myrsinacées de Madagascar et des Comores,
Mém. Inst. Sci. Madagascar, ser. B, IV (1952).
Perrier de la Bâthie (H.), in H. Humbert, Flore de Madagascar et des Comores,
161° famille, Myrsinacées (1953).
De Wit (H. C. D.). — Some remarks on Heberdenia A. D.C., Pteiomeris A. D. C., and
Afrardisia Mez (Myrs.), Bull. Jard. Bot. Etat Bruxelles XXVII (1957).
De Wit (H. C. D.). — Révision of Afrardisia Mez (Myrsinaceae), Blumea, Supp. IV
(1958).
XV. DIEGODENDRON R. Capuron gen. nov.,
TYPE DE LA NOUVELLE FAMILLE DES DIEGODENDRACEAE
(OCHNALES sensu Hutchinson)
Frutices vel arbores. Folia simplicia, alterna, integra, penninervia,
pellucido-punctata; stipulae intrapetiolares, ramulorum terminalem gemmam
tegentes, involutae, caducac, cadendo cicatricem annularem relinquentes.
Inflorescentiae terminales, cymis ombelliformibus paniculatim dispositis;
bracteae bracteolaeque mox caducae. Flores regulares, hermaphroditi,
pedicellati, 5(-6)-meri; sepala libéra, concava, inaequalia (exteriora parviora)
quinquuncialia, persistentia ; petala 5, libéra, leviter inaequalia, in alabastro
valde quinquuncialia, caduca; stamina hypogyna, numerosissima, libéra,
antheris 2-locularibus, basifixis, rimis longitudinalibus introrso-lateralibus
Source : MNHN, Paris
386 —
dehiscentibus; gynaeceum supra receptaculi parvam elationem insertum,
carpellis 2(-3) interse omnino liberis constitum; Stylus unicus, simplex,
centralis, gynobasicus, stigmate apicali punctiformi; ovula pro carpello dua,
basilaria, eollateralia, adscendentia, anatropa, micropyle extrorsum infero.
Fructus ignotus.
Species unica : Diegodendron Humberli R. Capuron.
Diegodendron Humberti R. Capuron sp. nov.
Frutex (1,5-3 m) vel arbor parva (ad 8-10 m ait., trunco 0,20 m diam.)
cortice non tiliacea, omnino glabra sed glandulis minutissimis peltatis (sub
ramis hornotinis, petiolis et limbis raris, sub sepalorum basibus multis)
instructa. Rami hornotini nigricantes, adulti (2-3 mm diam.) griseo-cinerei,
longitudinaliter striolati, lenticelloso-punctati, delapsorum stipularum annu-
laribus cicatricibus notati. Folia probabiliter persistentia vel tarde caduca;
petiolus ca. 0,5-1 cm longus, supra leviter sulcatus apice limbi decurrentia
angustissime marginatus; limbus ovato-lanceolatus, ca. 3-4,5- plo longior
quam latus (7,5-15 X 1,7-5 cm), basi late obtusus vel rotondatus (imo basi
abrupte cuneata et in petiolo angustissime decurrente), e tertia vel quarta
parte inferiore apicem versus longe attenuatus, acutus, submembranaceus,
glaberrimus, densissime minutissimeque pellucido-punctatus (in vivo statu
post collisus camphorem olens). Costa supra plana, subtus prominens; nervi
secundarii tenues 10-15- et ultra-jugi (superiores parum distincti), utrinque
leviter prominuli praeter marginem arcuatim anostomosantes; reticulatio sat
densa sed vix visibilis. Stipulae 8-15 mm longae, coriaceae, una alteram
amplectantes, apice ramulorum calcarem (ut in Irvingiaceis) efformantes.
Inflorescentiae foliis breviores, 5-10 cm longae, breviter pedunculatae (pedun-
culo (2-) 5-10 mm longo), parum ramosae. Bracteae bracteolaeque late
triangulares (ca. 1,5-2,5 mm longae) apice valde acutae, stramineae, mox
caducae. Flores magnae (ca. 5 cm diam.) suaveolentes (rosae odorem olentes)
pedunculatae (pedunculo 1,5-4 cm longo); alabastra globosa; sepala in medio
sat crassa, marginibus tenuibus, concava, exteriora ovata (ca. 4x3 mm),
interiora orbicularia (ca. 6 mm diam.), extus glandulis peltatis numerosis
instructa, interiora marginibus minutissime denticulatis ; petala (in vivo
statu rosea) plus minus late obovata, ca. 24-26 mm longa, latitudine (in
eadem florem) sat variabile (14-22 mm), apice rotundata, basi late cuneata,
extus glandulis peltatis raris instructa; stamina numerosissima (in flora
unica 434 numerata), filamentis ca. 9 mm longis; antherae late ovato-oblongae
(ca. 1 mm longae, 0,8 mm latae), apice leviter emarginatae; carpidia ovoidea,
ca. 2 mm alta, valde verruculosa et glandulis peltatis numerosis instructa;
Stylus e basi apicem versus leviter attenuatus, ca. 9-11 mm longus. (PI. 5.)
Typus speciei ; 18985 SF.
Ouest (Nord) : Collines et plateaux calcaires de l’Analamera, Humbert 19 116
(Fl., 1 /1938, Ampoly); collines et plateaux calcaires de l’Ankarana, escarpements
calcaires dominant la rive droite de la rivière Andranonakoho, 18 985 SF (Fl., 15/XI '
1958); ici., près de la grotte d’Ampandriampanihy, au Nord du village de Mahama-
sina (Antanatsimanaja), 18 964 SF et 19 444 SF (Fl., Bois, 13/XI/1958); id., à l’Ouest
Source : MNHN, Paris
— 387 —
et au Nord du village d'Ambodimagodro, Humbert 19 046 (Fl., XII /1937, Kisaka). —
Observé aussi dans le massif calcaire de la Montagne des Français (vallon de l’Anda-
vakocra) à l’Est de Diego-Suarez, ainsi que dans un vestige forestier très dégradé,
sur sables, au Sud du Pic Raynaud (Piste d’Ambolobozo).
L’ensemble si particulier des caractères (ovaire à carpelles libres
contenant chacun deux ovules basilaires ascendants, à micropyle inférieur
et extérieur, style unique gynobasique, étamines très nombreuses, feuilles
alternes ponctuées-pellucides à stipules intrapétiolaires) présentés par le
genre Diegodendron rendent très difficile son classement dans les familles
actuellement admises, tout au moins sans en élargir les caractéristiques.
Pour tenter de lui trouver une place nous utiliserons la clé proposée
par Hutchinson dans sa deuxième édition des Families of Flowering
Plants. Après élimination des Apocarpae dans lesquelles à la fois les
carpelles et les styles sont libres, on est conduit, dans les Syncarpae, au
groupe 10 des « Axiles ».
Éliminons rapidement quelques Ordres qui ne sauraient convenir :
Euphorbiales : elles ont des fleurs unisexuées et des loges ova¬
riennes à un ou deux ovules pendants.
Sapindales : Les Sapindacées ont des fleurs avec disque; il n’y a
généralement pas de stipules et les genres qui en possèdent ont une
structure florale qui n’a rien à voir avec celle du Diegodendron. Les Ana-
cardiacées, toujours sans stipules, à fleurs également munies d’un disque,
ont des loges ovariennes toujours uniovulées. Les Mélianthacées ont des
stipules, mais des feuilles composées, des fleurs zygomorphes 5-mères à
quatre étamines seulement.
Les Tiliales, au sens de Hutchinson, groupent des familles qui à
des titres divers ne peuvent être retenues. Les Scytopétalacées sont
dépourvues de stipules et leurs fleurs ont un calice cupuliforme. Les
Tiliacées et les Sterculiacées ont un calice valvaire ; en règle générale leur
écorce est fibreuse et leurs tissus contiennent en abondance des mucilages
(les Élaeocarpacées incluses dans les Tiliacées ont des pétales découpés
sur les marges et des ovaires toujours soudés). Les Bombacacées ont des
anthères 1-loculaires; il en est de même des Malvales que Hutchinson
sépare des Tiliales.
Restent maintenant à examiner quatre Ordres où l’on trouve des
Familles avec lesquelles le Diegodendron, à des titres divers, semble
posséder des affinités plus ou moins marquées :
Rutales : par ses feuilles ponctuées pellucides, le Diegodendron
pourrait faire penser aux Rutacées; mais dans celles-ci, les feuilles sont
sans stipules et les fleurs sont presque toujours pourvues d’un disque.
26
Source : MNHN, Paris
— 388 —
Source : MNHN, Paris
— 389 —
Les Burséracées ont des feuilles presque toujours composées, dépourvues
de stipules; leurs fleurs ont un disque et des étamines en nombre défini;
enfin leur ovaire est entier. Si dans les Simarubacées l’ovaire est souvent
très profondément lobé, les feuilles sont en règle générale composées,
dépourvues de stipules, non ponctuées; les fleurs ont un disque; on en a
détaché, pour en faire la famille des Irvingiacées, un certain nombre de
genres sur lesquels nous reviendrons plus loin.
Bixales : plusieurs familles placées dans cet Ordre possèdent une
corolle à pétales libres.
Les Bixacées ont des étamines nombreuses mais leurs anthères sont
en fer à cheval ; leur ovaire est uniloculaire et à deux placentas pariétaux
multiovulés. Les Cochlospermacées ont des feuilles palmatinerves, des
anthères poricides, un ovaire entier, soit à placentation pariétale, soit à
placentation axile, mais dans tous les cas à ovules nombreux. Les Cista-
cées ont des feuilles normalement opposées, des sépales tordus dans le
bouton, un ovaire uniloculaire à placentation pariétale. Les Flacourtia-
cées, dans lesquelles le plan floral est assez variable, n’ont jamais les
carpelles libres entre eux : ils sont soudés le plus souvent en un ovaire
uniloculaire à placentation pariétale, beaucoup plus rarement en ovaire
pluriloculaire.
Malpighiai.es : parmi les familles de cet Ordre, nous trouverons
d’abord les Malpighiacées : dans cette famille les feuilles sont presque
toujours opposées, les étamines le plus souvent au nombre de 10; les
carpelles sont uniovulés et les styles normalement libres; enfin les poils
sont presque toujours médifixes. Les Humiriacées ont des feuilles sans
stipules, un ovaire à 5-7 loges à ovules pendants. Les Linacées sont isosté-
monées; leurs étamines sont plus ou moins soudées en tube à la base;
leur ovaire est à 3-5 loges; les loges sont en règle générale à deux ovules
pendants. Les Irvingiacées, encore parfois placées parmi les Simarubacées,
présentent avec le Diegodendron une remarquable similitude d’aspect;
ceci est dû à la forme des stipules qui dans les deux cas forment au sommet
des rameaux un organe en forme d’ergot qui protège le bourgeon ter¬
minal ; ajoutons encore que l’inflorescence (non les fleurs) sont tout à fait
semblable dans les deux cas. Il est probable que des échantillons stériles
de Diegodendron pourraient être très facilement pris pour des Irvin-
giacées; la présence dans les feuilles de la plante malgache de points
translucides permettrait la distinction [encore qu’il convienne de noter,
dans certaines Irvingiacées (Irvingia Oliveri Pierre p. ex.) de petits points
et linéoles translucides parfois très nets]. Mais là s’arrêtent les ressem¬
blances : dans les Irvingiacées les fleurs (de petite taille) ont dix étamines
seulement, insérées autour d’un disque très net dans lequel s’enfonce
Source : MNHN, Paris
— 390 —
plus ou moins profondément un ovaire non lobé, 2-5- loculaire, à style
unique; les loges ovariennes contiennent un seul ovule pendant de leur
moitié supérieure. Étant donné ces différences il n’est pas possible
de placer le Diegodendron dans les Irvingiacées, ni, pour des raisons diverses,
dans les autres familles appartenant aux Malpighiales.
Ochnales : Hutchinson a groupé dans cet Ordre six familles dont
quatre devront être examinées en détail. Nous pouvons en effet éliminer
dès l’abord les Ancistrocladacées qui sont des lianes munies de rameaux
recourbés en crochet et dont les fleurs n’ont que 5 ou 10 étamines et un
ovaire uniloculaire contenant un seul ovule dressé. Les Strasburgériacées,
petite famille monotypique de la Nouvelle-Calédonie, ont des feuilles
alternes un peu dentées; les stipules sont soudés en une petite lame
intrapétiolaire; leurs fleurs, axillaires, ont un calice à 8-10 lobes; les
étamines sont au nombre de 10 seulement et il y a un disque hypogyne ;
l'ovaire, simple, est à cinq loges contenant chacune deux ovules super¬
posés, axiles, pendants. Les Diptérocarpacées, à bois résineux, ont des
étamines à connectif prolongé en appendice au-delà des loges; l’ovaire
est à trois loges contenant chacune 2 ovules pendants ; ignorant les
fruits du Diegodendron nous ne pouvons savoir si ses sépales s’accroissent
ou non après la floraison, ce qui permettrait de les comparer sous ce rap¬
port avec ceux des Diptérocarpacées (chez lesquels ils s’accroissent beau¬
coup) ; ajoutons que dans ces dernières les pétales sont tordus et non
imbriqués.
Les Sarcolaenacées (Chlaenacées), placées souvent dans les Malvales,
constituent une famille spéciale à Madagascar. Dans tous leurs repré¬
sentants, les sépales sont au nombre de 3 ou de 5 (dont deux alors géné¬
ralement très réduits); les pétales sont au nombre de 5 et tordus; il y a
normalement un disque extrastaminal ; l’ovaire (à 1-5 loges) a toujours
des carpelles soudés entre eux. Un des caractères les plus remarquables
de cette famille est la présence d’un « involucre floral » au sommet des
pédoncules; dans les Sarcolaena et Leplolaena, cet involucre enveloppe
complètement le bouton floral et la majeure partie du fruit; dans le
Xyloolaena, le bouton floral est en partie inclus dans cet organe qui se
développe beaucoup après la floraison; dans les autres genres l’involucre,
quoique toujours présent, est très réduit au moment de la floraison et
se présente sous la forme d’une petite collerette plus ou moins denticulée ;
cette collerette se développe toujours, au moins un peu, au cours de la
maturation du fruit; dans plusieurs genres (Schizolaena p. ex., certains
Rhodolaena etc...) l’involucre s’accroît très fortement. Aucun organe
analogue ne se voit dans le Diegodendron ; aussi, pour toutes ces raisons,
nous paraît-il difficile d’inclure ce genre dans les Sarcolaenacées.
Les Rhopalocarpacées (Sphaerosépalacées) constituent également
une famille spéciale à Madagascar, réduite à deux genres, Rhopalocarpus
Bojer et Dialyceras R. Capuron. Nous devons dire que, après une pre¬
mière étude, nous avons été tenté d’inclure le Diegodendron dans ce der-
Source : MNHN, Paris
- 391 —
nier genre. Tous deux ne présentent-ils pas en commun des feuilles alter¬
nes, des stipules intrapétiolaires enroulées en ergot, un calice et une
corolle imbriqués, des étamines hypogynes nombreuses, des carpelles à
ovaires entièrement libres, un style unique? Un examen plus approfondi
montre des différences notoires : dans les Rhopalocarpacées l’écorce est
fibreuse, les tissus sont bourrés de mucilages (les points translucides
que l’on peut observer dans leurs feuilles sont dus à ces derniers), les
fleurs ont 4 sépales et 4 pétales (tous très caducs), les ovules (ascendants
comme dans le Diegodendron) ont un micropyle intérieur. Le genre
Bhopalocarpus, par son disque bien développé et son ovaire simplement
lobé s’éloigne encore davantage de notre nouveau genre. Comme les
Sarcolaenacées nous ne pensons pas que les Rhopalocarpacées puissent
l’abriter.
Restent a examiner les Ochnacées. Gilg a reconnu dans cette famille
cinq tribus, dont une seule nous retiendra, celle des Ourateae (corres¬
pondant à la sous-famille des Ochnoldeae au sens de van Tieghf.m).
Dans les genres de cette tribu, le pistil a des carpelles libres à style gyno-
basique portés par un gynophore (ce gynophore se développe plus ou
moins fortement pendant le développement des fruits qui sont des drupes
entièrement libres les unes des autres). Dans la fleur, le calice est quin-
concial. En dehors de ces deux caractères communs, nous noterons de
nombreuses différences. Si dans les Ouraleae les feuilles sont alternes,
elles ne sont pas ponctuées-pellucides et leur nervation est d’un type
bien différent de celui du Diegodendron ; leurs stipules sont latérales, non
enroulées en ergot; la corolle est tordue et non imbriquée; les étamines,
parfois nombreuses, ont des anthères de forme différente ; les carpelles
enfin ne contiennent qu’un seul ovule (ascendant et à micropyle exté¬
rieur, comme dans la plante malgache). Les Ouraleae ne peuvent donc
recevoir notre nouveau genre. 11 en est de même, pour des raisons encore
plus nombreuses (dont la gamocarpellie en particulier), pour les autres
tribus des Ochnacées (Lophireae, Elvasieae, Luxemburgieae, Eulbemideae).
Le Diegodendron ne paraît pas pouvoir s’insérer dans les Ochnacées sans
élargir les limites actuellement admises pour cette famille.
Sans doute pourrions-nous continuer nos investigations dans cer¬
tains Ordres voisins des Ochnales, dans celui des Théales par exemple,
et plus spécialement dans les Théacées dont les fleurs, souvent belles,
ne sont pas sans rappeler celles des Diogodendron ; mais, ici encore, plu¬
sieurs caractères (absence de stipules, présence fréquente de bractées
sous la fleur, carpelles unis, etc.) s’opposent à ce que l’on y place le genre
malgache. Nous pourrions aussi rechercher du côté des Guttiférales et en
particulier des Clusiacées, où plusieurs genres américains ont des feuilles
alternes et stipulées; mais là encore les recherches s’avèrent vaines.
Après ces trop longues considérations, nous pensons que la meilleure
place pour les Diegodendron est à rechercher dans l’Ordre des Ochnales,
tel que l’a défini Hutchinson et, parmi les familles de cet Ordre, plus
spécialement parmi les Ochnacées, les Rhopalocarpacées ou les Sarco-
Source : MNHN, Paris
— 392 —
laenacées. Nous avons vu cependant qu’aucune de ces Familles, à moins
d’en élargir les limites, ne saurait convenir parfaitement. Aussi, plutôt
que de placer assez arbitrairement le genre Diegodendron dans l’une de
ces Familles, nous croyons préférable d’en faire le type d’une Famille
spéciale, celle des Diegodendraceae. Peut-être, les fruits demeurant
inconnus, trouvera-t-on cette façon de procéder un peu prématurée.
Nous espérons ainsi appeler l’attention des botanistes sur ce curieux
genre et souhaitons que des études faisant appel à d’autres disciplines que
la simple morphologie externe (anatomie, pollen, etc.) fassent apparaître
des affinités que nous n’avons pas su découvrir.
DIEGODENDRACEAE R. Capuron fam. nov.
Arbores vel frutices, aromaticae. Folia simplicia, alterna, pellucido-
punctata. Stipulae intrapetiolares, gemmant terminalem tegentes, convo-
lutae, mox caducae. Inflorescentiae terminales. Flores regulares, hermaphro-
diti, 5-meri; sepala imbricata, libéra; petala imbricata. libéra; stamina
hypogyna, numerosissima, filamentis liberis, antheris basifixis rimis latera-
libus longitudinalibus dehiscentibus, connectivo apice mutico; carpella (2-3)
libéra supra gynophorum breve inserta; ovula (pro carpello 2) basilaria,
adscendentia, mycropyle extrorsum inféra; Stylus unicus, gynobasicus,
stigmate punctiforme. Fructus...
XVI. DEUX NOUVEAUX SCHIZOLAENA Dupetit-Thouabs
(SARCOLAENACÉES)
Les Sarcolaenacées (Chlaenacées), famille endémique de Madagascar,
groupent huit genres qui, d’après la conformation de l’involucre floral
au moment de la floraison, se laissent diviser en deux groupes. Dans
le premier, le bouton est en totalité (Sarcolaena Dup.-Thou., Leptolaena
Thou.) ou en partie (Xyloolaena Baill.) inclus dans un involucre; en règle
générale cet involucre ne contient qu’une seule fleur (le Xyloolaena
Humberli par ses involucres floraux réduits et normalement 2- flores
fait la transition avec le groupe suivant). Dans le deuxième groupe,
l’involucre est réduit, au moment de la floraison, à un simple petit rebord
au sommet des pédoncules, rebord parfois peu visible; il s’accroît plus
ou moins durant et après la floraison et peut atteindre des dimensions
considérables sous le fruit; dans ce groupe les fleurs sont d’ordinaire
groupées par deux au sommet des pédoncules. C’est à ce groupe qu’appar¬
tient le genre Schizolaena. Ses caractères sont les suivants : calice de
trois sépales, ovaire à trois loges (contenant chacune 4-n ovules pen¬
dants). fruit capsulaire entouré par l’involucre très accru et charnu,
graines pendantes et à tégument constitué de deux couches nettement
différenciées (une couche externe celluleuse peu résistante, une couche
interne dure et cartilagineuse), albumen présent, embryon à radicule
Source : MNHN, Paris
— 393 —
supère et à cotylédons plans ou légèrement concaves, parfois un peu
repliés-ondulés.
Ainsi défini le genre compte neuf espèces après réduction du S. lau-
rina Baill. au S. rosea Dup.-Thou. et description de deux espèces nouvelles.
1. Schizolaena hystrix R. Capuron sp. nov.
Valde Schizolaena exinvolucrata Baker affinis a quo differt foliis majoribus,
valde coriaceis, basi apiceque rotundatis, floribus fere semper apice pedun-
culorum geminatis, involucri fructiferi aculeis brevioribus et robustioribus.
Arbor excelsa (ad 35 m alta et 1 m diam.); ramuli angulosi, leviter
complanati. sat dense pillis stellatis floccosis instructi; stipulae haud visae
sed, e cicatricibus, latérales et interse liberae. Petioli 7-10 mm longi, breviter
stellato-pilosi ; lamina in sicco statu coriacea, oblonga (5-11 X 2,5-6 cm)
apice et basi rotundata vel leviter emarginata, marginibus integerrimis
revolutis, supra glaberrima, subtus sparsissime (costa excepta) stellato-
pilosa; costa supra impressa, subtus valde prominens; nervi secundarii
(10-15- jugi) supra obsoleti vel vix prominuli, subtus prominuli et bene
distincti, patuli, praeter marginem arcuatim anastomosantes; reticulatio
densissima, subtus distincta sed non prominula. Inflorescentiae quam folia
valde breviores (ca. 2 cm longae) axillares vel e cicatricibus foliorum delapso-
rum ortae, pauciflorae (2-8 florae); inflorescentiae axes dense pilis stellatis
brevibus instructi, cicatricibus bractearum delapsorum notatae; bracteae
calyptratae extus densissime brevissimeque stellato-pilosae ; flores sessiles,
apice inflorescentiae ramulorum gcminatae, bractea unica calyptrata inclusae;
pedunculus apice involucro minimo (post florationcm valde accrescente)
denticulato circumcinctus; flores médiocres (ca. 1 cm diam.); sepala 3, in
alabastro conforta (in flore una dextrorsum, in altéra sinistrorsum) valde
concava, late ovata vel suborbicularia (ca. 5 mm diam.) extus adpresse
pubescentia intus pro maxima parte glabra; petala 5 in alabastro contorta
(sepalibus contrario), ovata (ca. 5x4 mm), apice obtusa, basi lata leviter
asymmetrica, in vivo statu luteo-albida, omnino glabra; discus annularis.
ca. 0,8 mm altus, margine integra; stamina numerosissima (ca. 120), 5 mm
longa, hypogyna, intra discum inserta, filamentis liberis, antheris minutis
suborbicularibus, connectivo extus lato vix thecas superante; ovarium
subglobosum, 3-sulcatum, dense pilosulum, 3-loculare; ovula pro loculo 12-15,
c ovato-discoidea placenta pendentia; Stylus cylindricus ca. 4 mm longus,
apice in stigmate vix dilatatus. Fructus involucrum fere ad basin (4-)5- loba-
tum, lobis triangularibus (15 X 5 mm) crassis, in vivo viscosis, marginibus
appendiculis aculeiformibus multis (ca. 25-30) plus minus divaricatis
(ca. 10-14 mm longis) instructis, superficie granulata et stcllato-pilosa.
Fructus 3- (vel abortu 2-) coccus, ca. 12 mm diam., 3(-2)- sulcatus loculicide
dehiscens, extus dense stellato-pilosus ; semina pro loculo 1, plus minus
obovoidea (ca. 8 mm longa), hilo depresso; radicula cylindrica (ca. 3,5 mm
longa); cotydedones orbicularia, concava, basi profunde inciso-cordata.
(PI. 6, fig. 1-7.)
Typus speciei : 9 090 SF.
Source : MNHN, Paris
— 394 —
Est (jusqu’aux confins du Centre) : Environs de Sahajinja, bassin de la Rantabé
vers 500-600 m d’alt., 9 090 SF (Fl., I 111/1954); Réserve Naturelle n« 1, Ambodiriana,
Tamalave, 18 135 bis SF (Fr., 25 /IX /I 957, Voantsilepaka), 9132 RN (parts du précé¬
dent); Ankaraina, près d'Antanindrano, Imerimandroso, Ambatondrazaka, 6 898 RN
(Fr., 28/VI/1954, Hazoandatra); Befody, près du lac Alaotra, 521 R. 56 (F., Bois,
I/X/1952, Hazoandatra); Levotsibe, à l’Est de Tsianovoha, près de Fort-Carnot.
9 699 SF (Fr., 21 /XI /1953); Forêt de Manombo, Ihorombe, Faratangana, 183 R. 259
(F., Bois, 27/VII /1955, Bemahova), 16267 SF (Fl., Il /VI/1956,
Les Schizolaena hyslrix et S. exinvolucrala Baker présentent en
commun un certain nombre de caractères qui en font deux espèces très
affines et bien distinctes des autres représentants du genre :
a ) Alors que dans toutes les autres espèces les deux bractées qui se
trouvent, latéralement, au niveau de chaque ramification de l’inflo¬
rescence sont libres entre elles, ici elles sont entièrement soudées en une
pièce unique entièrement close, calyptriforme ; ce calyptre renferme
avant de se déchirer la totalité de la partie de l’inflorescence située
au-dessus de la ramification envisagée. Les ramifications ultimes (pédon¬
cules floraux) portent à leur sommet deux fleurs sessiles (dans le S. Iiys-
trix) ou une seule fleur sessile (comme cela semble être le cas normal
dans le S. exinvolucrala). C’est au sommet du pédoncule que se trouve
la petite collerette involucrale qui entoure étroitement la base des fleurs
et qui se développe très fortement sous le fruit. Au niveau des dernières
ramifications d’inflorescence, les calyptres contiennent donc un pédoncule
floral, la collerette involucrale qui le couronne et une ou deux fleurs
(suivant l’espèce); peu avant la floraison, le calyptre se déchire et le
pédoncule s’allonge jusqu’à atteindre sa taille définitive (environ 3-4 mm).
Des soudures analogues de bractées se retrouvent dans tous les
Sarcolaena et dans les Leplolaena du sous-genre Xerochlamys (sous-genre
qui, en raison de ce caractère et du suivant, mériterait probablement de
conserver son rang générique) ; mais alors que dans nos deux Schizolaena
les stipules sont libres, elles sont soudées en cornet dans les Sarcolaena
et les Xerochlamys. La structure des calyptres dans les Sarcolaena lais¬
serait supposer que ces organes sont de nature stipulaire : en effet, à l’inté¬
rieur du calyptre existe une pièce étroite, paraissant axillante de la
ramification supérieure, qui pourrait être considérée comme la vraie
bractée. Peut-être en est-il de même dans les deux Schizolaena examinés
ici mais avec avortement de la vraie bractée.
b) L’involucre qui entoure la base du fruit est découpé normalement
en 5 lobes presque jusqu’à sa base. Les bords de ces lobes sont munis
d’un grand nombre (25-30) d’aiguillons longs et mous dirigés un peu dans
tous les sens. La longueur de ces aiguillons et leur disposition donnent
à l’involucre l’aspect d’un porc épie (d’où le nom donné à l’espèce ici
décrite) ou d’une bogue de châtaigner. Comme on le verra dans la clé de
détermination des Schizolaena le caractère des involucres est différent
dans les autres espèces (consistance, découpures, pilosité, etc...).
Le Schizolaena hyslrix est un arbre qui peut atteindre de très fortes
Source : MNHN, Paris
— 395 —
Source : MNHN, Paris
— 396 —
dimensions (30 m de hauteur et 1 m de diamètre) au contraire du S. exin
volucrala qui ne semble guère dépasser 8 à 10 m de hauteur. Ses feuilles
coriaces, oblongues, obtuses aux deux extrémités permettent de le séparer
aisément de ce dernier (chez lequel, en outre, les fleurs sont presque
toujours isolées au sommet des pédoncules et où les pétales sont fré¬
quemment un peu soudés à la base; les aiguillons de l’involucre y sont
aussi plus longs et plus grêles, en règle générale).
A maturité, l’involucre du Schizolaena hystrix, comme d’ailleurs
celui de la plupart des autres espèces, est comestible.
2. Schizolaena pectinata R. Capuron spec. nov.
Valde Schizolaena elongata Dup.-Thou. affinis a quo differt foliis manifeste
minus coriaceis, apice angustatis (acutis vel acuminatis).
Arbor ad 15 m alta et 0,50 m diam. Ramuli ab initio pilis minutissimis
stellatis instructi, adulti glabrescentes. Stipulae latérales ovato-triangulares,
ca. 2-3 mm longae, apice obtusae, caducissimae. Petioli 5-10 mm longi pilis
stellatis brevissimis instructi; lamina adulta chartacea fere omnino glabra
(subtus secus costam sparse breviterque stellato-pilosa) ovata vel nonnum-
quam ovato-oblonga (4-9 X 1,2-4 cm) basi late rotundata vel leviter cordata.
apicem versus plus minus longe attenuata, apice saepe acuminata, margi-
nibus leviter revolutis; Costa supra leviter impressa, subtus prominens;
nervi secundarii 10-15-jugi supra plani vel vix prominuli, nonnunquam
levissime impressi, saepe a reticulatione parum distincti, subtus plus minus
prominuli, recti, praeter marginem arcuati et inter se anastomosantes; reti-
culatio densissima, plus minus distincta. Flores male notati; sepala (sub
fructus visa) late ovata, ca. 3 mm lata et alta, extus brevissime stellato-
puberula, intus fere glabra; petala (e reliquiis observata) glabra; discus
breviter cupularis; stamina (ca. 3 mm longa) numerosa, filamentibus glabris,
antheris minimis, conncctivo ultra thecas vix producto; ovarium subglobosum
dense stellato-pilosum (pubescentia pilis sat longis intermixa), 3-loculare,
loculis 14-16 ovulatis. Fructus globosus vel ovoideus (8-10 mm latus et
altus), leviter 3-sulcatus, extus dense breviterque stellato-pilosus ; involu-
crum fere ad basin (4-)5(-6)- lobatum, lobis anguste ovato-triangularibus
(ad 10-15 mm longis et 3-5 mm latis, lobulis exclusis) inter se non tengen-
tibus, marginibus 5-7 lobulis 2-5 mm longis instructis. Semina generis, pro
loculo unica, pendentia. (PI. 6, fig. 8-10.)
Typus specici ; 10 336 SF.
Est (confins du Centre) : Forêt d’Andriantantely, Lohariandava, Brickaville.
12 624 SF (Fr., 21 /X /1954, Fotona), 16 884 SF p. p. (Fr.. 10 /VI /I954, Arina), 10 032SF
(Fr., Bois, 10/VI '1954, Arina); Périnet et environs, 58 R. 172 (F.. Bois, Longotrama-
vokely), 12 190 SF (Fr.. 18/XI /I954, irf.), 12 166 SF (Fr. imm.. Bois, id.), 12 179 SF
(Fr. imm., Bois, Il /VIII '1954, Longotrafosty), 10 757 SF (Fr., Bois, Tanatanapotsy),
179 R. 172 (R., Bois, 17/II ,1954, I.ongotrafotsy): vestiges de forêts prèsd’Ankarahara,
aux P. K. 100-102 de la route Tananarive-Moramanga, rive gauche du Mangoro.
20 336 SF (Fr., 8 /X /196I); forêt de Bekonkana, près d’Andranomary, Anosibe, Mora-
nianga, 12 230 SF (Fr., 23/VIII/1954, Tsilongodongotra ou Longopotsy) ; entre Ambo-
divoangv et Ambohinihaonana, Ampasinambo. Nosy-Varika, 14 739 SF (Fr. imm..
22/VII/1954, Fotondrevaka).
Source : MNHN, Paris
— 397 —
Dans S. peclinala et S. elongala Dup.-Thou., l’involucre qui entoure
le fruit présente les mêmes caractères : il est divisé généralement presque
jusqu’à sa base en cinq lobes beaucoup plus longs que larges et ne se
recouvrant pas mutuellement (compte non tenu des dents marginales);
chaque lobe est muni sur ses bords de 5-7 dents étroites et longues de
2-5 mm qui restent sensiblement dans le plan du lobe (ce qui différencie
ces deux espèces du S. hyslrix et S. exinuotucrata où beaucoup d’appen¬
dices sont rejetés vers l’arrière). Dans les deux espèces les pétales sont
glabres, les sépales sont munis sur le dos de petits poils en touffes denses,
le disque est présent, l’involucre du fruit est assez épais, opaque et muni
sur ses deux faces de poils en touffes (peu visibles à maturité complète).
Ce sont indubitablement des espèces très voisines. Nous pensons cepen¬
dant que les caractères foliaires permettent de les séparer nettement.
Dans le S. elongata, les feuilles sont très coriaces; leur limbe, toujours
très obtus au sommet, souvent émarginé, est le plus souvent assez nette¬
ment obovale, à plus grande largeur vers le tiers supérieur; dans le
S. peclinala le limbe, bien qu’encore assez ferme de texture, est beaucoup
moins coriace; il est de forme différente et sa plus grande largeur se
situe près de la base ; son sommet est atténué en coin et souvent acuminé.
Dans le S. peclinala, les jeunes rameaux et les pétioles sont nettement
pubescents stellés; dans le S. elongata, ces organes sont glabres ou munis
de quelques très rares poils peu visibles. Enfin si ce dernier paraît strie
tement localisé dans les forêts de la côte orientale (où il est connu de
la baie d'Antongil à Fort-Dauphin) le S. peclinala paraît propre aux
forêts de l’intérieur.
Le S. peclinala est un arbre qui peut atteindre 15 m de hauteur et
0,50 m de diamètre. L’écorce de son tronc, plus ou moins écailleuse,
ressemble un peu à celle des Cryptocarya (Lauracées) ; c’est cette ressem¬
blance qui explique plusieurs des noms vernaculaires qui lui sont appliqués
(Longotrafotsy, Longotramavokely, Tsilongodongotra), le nom de
Longotra s’appliquant aux Cryptocarya.
3. Schizolaena rosea Dupetit-Thouars, Hist. Veg. Iles Austr. Afr. :
43. lab. XII (1807). — Schizolaena laurina Bâillon, Bull. Soc. Linn. Paris,
1 : 571 (1886).
Plusieurs échantillons de Schizolaena rosea récoltés par Dupetit-
Thouars existent dans les collections du Muséum de Paris. Ceux qui se
trouvent dans l’Herbier de Madagascar sont uniquement constitués par des
rameaux en fruits. Dans l’Herbier de Jussieu (sous le n° 11 971) figurent
deux feuilles d’herbier : l’une, que nous numéroterons 11971 a, porte
deux rameaux, l’un en fleurs et l’autre en fruits, qui sont sans aucun doute
des échantillons récoltés par Dupetit-Thouars (les feuilles et les fruits
sont strictement identiques à ceux contenus dans l’Herbier de Madagascar) ;
l’autre que nous numéroterons 11971 b (Natte à grands fruits) est un
échantillon récolté par Poivre, en fleurs, différant de l’échantillon 11 971 a
par la forme de ses feuilles (il est identique, sous ce rapport, au S. laurina
Source : MNHN, Paris
— 398 —
Baill.). Nous considérerons l’échantillon 11971 a comme type du S. rosea
Dupetit-Thouars.
Contrairement à l’affirmation de Dupetit-Thouars (reprise par
Gérard et Cavaco) et à son dessin (PI. 12, fig. a 2 et c) il n’y a pas de disque
développé dans la fleur comme l’analyse nous l’a prouvé. Les pétales sont
densément pubescents soyeux sur leur face externe. Absence de disque
et pétales soyeux extérieurement sont deux caractères que l’on retrouve
dans le S. laurina Baill. (type : Chapelier s. n°) et dans les échantillons qui
peuvent lui être rapportés.
Dans les S. rosea Dup. Thou. et S. laurina Baill. les caractères de
l’involucre entourant le fruit sont identiques : involucre de grande taille,
épais-charnu, visqueux sur le frais, divisé sur ses bords en lobes larges
et relativement peu profonds (atteignant rarement la moitié de la hauteur
de l’involucre) eux-mêmes dentés. Les fruits sont de grosse taille dans
les deux espèces et présentent les mêmes caractères. Il en est de même des
bractées de l’inflorescence (encore présentes sur les échantillons de
Dupetit-Thouars). La seule différence que l’on puisse noter entre les deux
espèces est fournie par la forme des feuilles, nettement acuminées dans
S. laurina, obtuses ou brièvement acuminées dans S. rosea; il ne s’agit
là, je pense, que d’une variation individuelle. Quant à la persistance des
stipules invoquée par Cavaco pour séparer le S. laurina du S. rosea (où
elles seraient caduques), l’examen des échantillons montre que ces organes
sont caducs dans les deux espèces.
Aucun caractère de valeur ne séparant le S. laurina du S. rosea,
nous le réunirons à ce dernier.
Le S. rosea Dup.-Thou. est un arbre du Domaine oriental que l’on ren¬
contre depuis les forêts littorales jusque vers 500 m d’altitude. II peut
atteindre 30 à 35 m de hauteur et 1 m de diamètre. Il est connu depuis
la Baie d’Antongil jusque dans la région d’Ambila-Lemaitso, mais il est
probable que son aire réelle déborde largement celle que nous connaissons.
Clé de détermination des Schizolaena
1. Pétales munis sur le dos de longs poils soyeux apprîmes; disque
indistinct; étamines très nombreuses à filets un peu soudés à
leur base; connectif des anthères large, séparant les loges sur
les deux faces, souvent apiculé au-delà des loges; involucre
du fruit épais, en forme d’entonnoir non ou peu profondément
divisé en lobes, simplement lacinié ou denté sur les bords.
[Feuilles de 5-18 cm de long, arrondies à la base, acuminées-
aiguës au sommet; inflorescences multiflores; fleurs grandes,
géminées, à bractées libres; stipules grandes, ovales-triangu-
laires, subcordées à la base (7-18 X 4- 10 mm).]
2. Filets staminaux très poilus; rameaux et face inférieure
des feuilles densément pubescents, au moins dans leur
jeunesse... S. viscosa Gér.
Source : MNHN, Paris
— 399 —
2'. Filets staminaux glabres ou avec quelques très rares poils;
rameaux et face inférieure des feuilles glabrescents.
. S. rosea Dup.-Thou.
1'. Pétales glabres sur le dos ou munis de poils stellés; disque tou¬
jours développé; loges anthériennes contiguës sur la face
interne, non dépassées par le connectif. Stipules plus petites.
Filets staminaux glabres.
3. Pétales glabres sur le dos, sans poils stellés; involucre du fruit
profondément découpé en lobes eux-mêmes plus ou moins
profondément laciniés ou dentés.
4. Lobes de l’involucre du fruit munis sur leurs marges et les
bords de leur face dorsale de longs aiguillons charnus
et mous dirigés dans tous les sens. Fleurs encloses dans
leur jeunesse dans des spathes. (Fleurs de taille
moyenne.)
5. Feuilles membraneuses, acuminées au sommet, ne
dépassant pas 6 cm de long en général; fleurs en
général isolées au sommet des axes de l’inflores¬
cence, à pétales souvent un peu soudés à la base;
aiguillons de l’involucre longs et grêles.
. S. exinvolucrata Baker
5'. Feuilles de 5-10 cm de long, très coriaces, très obtuses
au sommet, souvent émarginées; fleurs géminées,
à pétales libres; aiguillons relativement courts et
robustes. S. hystrix R. Cap.
4'. Lobes de l’involucre simplement laciniés ou dentés sur
les bords, sans longs aiguillons coniques. Fleurs à
bractées libres, géminées.
6. Sépales munis sur leur dos de poils stellés en touffes
denses; involucre du fruit à lobes charnus, généra¬
lement étroits et ne se recouvrant pas, sans ner¬
vures visibles par transparence; plus de 50 étamines;
involucre sans poils capités longuement pédicellés.
7. Feuilles très coriaces, très obtuses au sommet
qui est souvent émarginé. S. elongata Dup.-Thou.
7'. Feuilles parcheminées, aiguës ou acuminées au
sommet. S. pectinata R. Cap.
6'. Sépales sans poils stellés sur le dos; involucre du
fruit à lobes larges se recouvrant par les bords,
mince et laissant voir sa nervation par transpa¬
rence; fleurs très petites à 15-30 étamines; invo¬
lucre muni extérieurement de longs poils capités
très visibles. Feuilles largement arrondies à la base,
souvent subcordées.
8. Sépales munis sur leur dos de poils capités bien
visibles; inflorescences sur les jeunes rameaux..
. S. parviflora (Gér.) Perr.
Source : MNHN, Paris
— 400 —
8'. Sépales glabres sur le dos; inflorescences souvent
sur les branches et le tronc.. S. cauliflora Dup.-Thou.
3'. Pétales munis sur le dos de poils stellés; involucre du fruit
en entonnoir à bords faiblement lobés, les lobes dentés,
mince et laissant voir les nervures par transparence;
fleurs très petites, géminées, à bractées libres; 15-30 éta¬
mines; feuilles très petites, dépassant rarement 3 cm de
long, très obtuses aux deux extrémités; inflorescences
insérées sur des ramules très courts (au plus 1 cm).
. S. microphylla Perr.
Source : MNHN, Paris
UN ANDROPOGON NOUVEAU
DE LA SECTION PIESTIUM
(GRAMINÉES)
par Adjanohoun E. (Abidjan)
Andropogon ivorensis Adjanohoun et Clayton sp. nov.
Affinis A. schirensis Hochst. ex A. Rich. sed carinis convexis gluinae
inferioris spicularum sessilium, rhacheos internodiis pedicellisque subcylin-
dricis, et paleis absentibus differt.
Gramen perenne. Culmi usque ad 2 m alti, glabri, laeves, teretes, striati,
basi 4 mm diametro, 1 vel 2 racemos gemellos e vaginis summis longe exsertos
gerentes. Foliorum vaginae striatae, marginibus ciliolatis exceptis glabrae;
ligulae membranaceae, 0,5 mm longae, ciliolatae; laminae lineares, usque
ad 70 cm longae et 12 mm latae, ad apicem filiformem sensim attenuatae,
super et subtus sparsim pubescentes vel glabrescentes, marginibus scaberulis.
Racemi bini, 9-11 cm longi; internodia rhacheos 6 mm longa, subcylindrica
biseriatim ciliata, apice crateriformi 1,5 mm lato; pedicelli anguste oblongi,
5 mm longi et 1 mm lati, biseriatim ciliati, apice truncato. Spiculae sessiles
8 mm longae; callus obtusus, 1 mm longus et 1,5 mm latus, barbatus, in apice
internodii profunde insertus. Gluma inferior lanceolata, 7 mm longa, cana-
liculo profundo mediano, supra medium bicarinata, infra medium biconvexa,
utrobique 5-6 nervis, carinis scaberulis exceptis glabra; gluma superior
navicularis, glabra, supra unicarinata, infra convexa. Anthoecium inferum
ad lemma anguste oblongum, 7 mm longum, hyalinum, 2 -nerve, apice
obtusum, redactum. Anthoecium superum § ; lemma anguste lanceolatum,
4,5 mm longum, hyalinum, bilobatum, lobis 1,5 mm longis, e sinu aristatum;
arista 4 cm longa, bigeniculata, columna glabrescenti vel sparsim scaberula;
palca nvilla: lodiculae duae, oblongae, 1 mm longae, truncatae. Spiculae
pedicelatae 12 mm longae; gluma inferior spicula aequilonga, lanceolata,
lateraliter bicarinata, dorso convexa circiter 19-nervis, carinis scaberulis
exceptis glabra; gluma superior 12 mm longa, hyalina, 5-nervis; anthoecium
inferum ad lemma oblongo-lanceolatum 10 mm longum hyalinum 2-nerve
marginibus ciliolatis redactum; anthoecium superum lemmate lineari
8 mm longo hyalino enervi apice bidenticulato; antherae 3,4 mm longae.
Côte d’Ivoïre. — Vers Kongasso, route de Bouaké, 8 octobre 1961,
Adjanohoun 388 a (Holotypus K, Isotypus ABI).
Source : MNHN, Paris
— 402 —
Source : MNHN, Paris
— 403 —
Togo. — Djabataoure, route de Atakpame à Sokode, 1 er octobre
1960, Rose-Innes GC 31385.
L ’Andropogon ivorensis est une nouvelle espèce de la section Pies-
lium. Il est voisin de VA. schirensis Hochst ex À. Rich., mais en diffère
par les carènes rondes, chacune d’elles à 5 ou 6 nervures, de la glume
inférieure des épillets sessiles, par les pédicelles et les entrenœuds du rachis
subcylindriques, plus robustes et par l’absence de palea dans la fleur supé¬
rieure. Il ressemble aussi à VA. ampleclens Nees par les caractères de son
épillet, mais la carène de la glume inférieure de celui-ci est plus nettement
convexe, les entrenœuds du rachis et les pédicelles plus étroits, les épillets
plus petits et l’arête distinctement pubérulente à la loupe, et surtout il
possède un callus piquant à la base de l’épillet sessile, alors que celui
de VA. ivorensis est typiquement obtus comme chez presque toutes les
autres espèces du genre.
Source : MNHN, Paris
CONSIDÉRATIONS PHYTOGÉOGRAPHIQUES
ET MORPHOGÉNÉTIQUES SUR LE GENRE
WEINMANNIA (CUNONIACÉES)
par Luciano Bernaroi (Genève)
I. GÉNÉRALITÉS
Le genre Weinmannia compte plus de 130 espèces, dont la distribu¬
tion géographique pose de délicats problèmes d'évolution. La plupart
de ses représentants se trouvent dans l’hémisphère austral ; dans l’hémis¬
phère boréal ne se rencontrent guère que quelques espèces américaines
(W. pinnala, W. glabra, W. inlermedia), ou propres aux îles de la Sonde
(W. borneensis, W. Blumei) et aux Philippines.
L’importance de ce genre, tant du point de vue de sa richesse en
espèces que du point de vue de sa vaste extension géographique, peut
mieux imposer son choix pour désigner la famille, que celui du genre
Cunonia sur lequel s’est porté R. Brown en 1814 : les Cunonia ne comptent
guère plus d’une vingtaine d’espèces habitant la Nouvelle-Calédonie, plus
une espèce propre à l’Afrique du Sud.
Les deux genres sont d’ailleurs très proches l’un de l’autre, comme
l’avait bien vu H. Bâillon, qui en 1872 (Hist. des PL III : 73) écrivait
que « pour distinguer les Weinmannia des Cunonia il ne reste, en somme,
que les graines, presque globuleuses ou oblongues... » Ils ont eu cependant
un essor biogéographique bien différent. L’un a voyagé beaucoup : il
s’est articulé, ou mieux, déployé en sept fois plus d’espèces que l’autre.
Les « provisions de voyage » sont à peu près les mêmes : fruits en capsule,
avec des graines comprimées pourvues d’une sorte d’aile rudimentaire
(Cunonia) ou de deux touffes de poils aux extrémités (Weinmannia).
De si modestes dissemblances ne sauraient évidemment suffire à expli¬
quer la différence numérique d’espèces et le cosmopolitisme relatif de
l’un d’eux vis-à-vis de l’étroitesse aréale de l’autre : les Weinmannia
étant présents aussi bien aux îles Marquises qu’au Chili, en Nouvelle-
Calédonie comme à Cuba, à Madagascar comme en Nouvelle-Zélande,
sans compter maints territoires à peine explorés où se cachent peut-être
bien des espèces encore inconnues, telles les forêts de la Nouvelle-Guinée...
Pour essayer de voir clair dans la distribution du genre, je remon¬
terai jusqu’à la distribution de la famille. A cet effet je suivrai, sans
Source : MNHN, Paris
— 405 —
modifications ni additions, la dernière révision de Engler (1930), ne
pouvant assumer la tâche d’entreprendre l’étude de l’ensemble des Cuno-
niacées.
Constatons donc, tout d’abord, que la distribution de tout le reste
de la famille ne dépasse pas celle des Weinmannia : bien au contraire,
les confins les plus éloignés de l’empire des Cunoniacées sont gardés
par les W einmannia! Cependant deux « provinces » du dit empire sont
dépourvues de W einmannia : l’Afrique du Sud, où les uniques représen¬
tants de la famille sont deux genres monotypiques de la tribu Cunonieae,
à laquelle appartient aussi le genre W einmannia, et l’Australie, qui
compte six genres de la même tribu, notamment Pseudoweinmannia et
Vesselowskya, bien proches de Weinmannia.
D’une façon conventionnelle je désignerai comme suit par des abré¬
viations les territoires et les tribus, afin de faciliter la lecture du texte
et des figures :
Amé = Amériques;
Afr = Afrique;
Mad = Madagascar ( + Comores et Mascareignes) ;
Ind Indonésie (4- presqu’île Malaise);
Phi = Philippines;
Ngu = Nouvelle-Guinée;
Nca = Nouvelle-Calédonie;
Aus = Australie (+ Tasmanie et Nouvelle-Zélande);
Oce = Océanie (Nouvelles-Hébrides, Salomon, Fidji, Samoa, Société, Cooks,
Marquises) ;
I (Bel) = Belangereae ;
II (Spi) = Spiranlhemeae ;
III (Cun) = Cunonieae ;
IV (Pan) = Panclierieae ;
V (Pul) = Pulleae.
DISTRIBUTION DES TRIBUS :
I (Bel) : Amé. Nca, Aus, Oce.
II (Spi) : Ngu, Nca, Aus, Oce.
III (Cun) : Amé, Afr, Mad, Ind, Phi. Ngu, Nca, Aus, Oce.
IV (Pan) : Nca, Aus.
V (Pul) : Ngu.
Les Cunoniées sont donc présentes dans tous les territoires où la
famille est connue. D’autre part, examinons, dans chaque territoire,
la répartition des tribus (entre parenthèses le nombre de genres autres
que W = Weinmannia) :
Amé : Bel (1 g)
Afr :
Mad ;
Ind + Phi :
Ngu :
Cun (W + 1 g).
Cun (2 g).
Cun (W).
Cun (W + 2 g).
Spi (4 g) Cun (W + 4 g).
Source : MNHN, Paris
Tribu Belangereae
" Spiranthemeae
" Cunonieae
Tribu Pancherieae
" Pulleeae
Weinmannia
nombre (ex.:3) de genres présents dans les territoires pointillés
Source : MNHN, Paris
406
— 407 —
Nca : Bel (1 g) Spi (1 g) Cun (W + 3 g).
Aus : Bel. (1 g) Spi (4 g) Cun (W -f- 7 g).
Oce : Bel {1 g) Spi (1 g) Cun (W).
Une telle répartition, si pour se la représenter dans l’espace on entoure
d’une ligne idéale le territoire (Ngu + Nca Aus + Oce) prend l’aspect
d’un dessin d’insecte ou d’araignée, avec un corps et des pattes, le corps
comprenant toutes les tribus : toutes les réalisations de la famille sont là.
En dehors, sur des extensions énormes, le genre Weinmannia omnipré¬
sent et les deux représentants des Bélangérées, Belangera et Geissois, le
« corps » constituant le centre actuel de la famille, avec la réserve que par
« centre » je n’entends pas un point géographique limité mais plutôt une
coupe dans un « hypervolume » à plusieurs variables comprenant espace
+ temps + forme. Les « pattes » sont au nombre de cinq, jusqu’en Amé¬
rique, Afrique, Madagascar, Indonésie, Philippines.
Les particularités de cette distribution géographique, comme tou¬
jours en pareil cas, ne peuvent guère s’expliquer sans le recours à des
hypothèses plus ou moins hardies entre lesquelles le choix est difficile.
Plutôt que de nous aventurer sur le terrain brûlant des controverses (non
apaisées) qui opposent les tenants de telle ou telle conception (Gondwana,
Lemurie, Isostasie, dérive des continents...), cherchons à présenter objec¬
tivement les faits que dévoilent la biologie, l’écologie, la taxinomie.
Les graines de Weinmannia perdent rapidement leur pouvoir germi¬
natif. Les espèces habitent de préférence les montagnes et n’ont aucune
adaptation à un habitat halophile. Tous les genres ont à peu près les
mêmes exigences : un climat tempéré ou tropical-subtropical de mon¬
tagne (à part de très rares exceptions), dans des formations arborescentes
ou arbustives. L’amplitude écologique à l’échelon du genre est très grande :
IV. mariquilae, par exemple, croît en Colombie à près de 4 000 m d’alti¬
tude, tandis que W. ysabelensis, des îles Salomon, se trouve en forêt ombro-
phile, près du niveau de la mer.
Les affinités floristiques décelées par l’étude taxinomique en fonction
de la distribution géographique peuvent se résumer comme suit :
1. Feuilles : partout on rencontre des Weinmannia à feuilles
simples et à feuilles pennées. Cependant les espèces américaines à feuilles
pennées présentent massivement le rachis plus ou moins ailé (une seule
exception : W. Trianaea). La tendance au rachis ailé apparaît aussi
dans les territoires suivants :
Mad : W. tindoria, Boiviniana, Humblotii , Bulenbergii 1 ;
Ngu : W. Versleeghii ;
Nca : W. serrala (très peu);
Oce : W. Denhamii, lannaensis, exigua, Bichii, vitiensis, samoensis L
En Nouvelle-Calédonie, où le W. serrala présente un rachis très modé-
1. Les espèces sont disposées dans l’ordre décroissant de la manifestation du
Source : MNHN, Paris
— 408 —
rément aplati, plutôt qu’ailé, on rencontre en revanche quelques espèces
de Cunonia avec un rachis ailé tout à fait « à l’américaine », par exemple
Cunonia plerophylla Schltr. (1906), décrit une année plus tard comme
Weinmannia Poissonii par Bonati et Petitmengin.
Comme particularité de la distribution de ce caractère, on pourrait
signaler le cas de l’Indonésie et des Philippines qui n’ont aucune espèce
à rachis ailé, ou tout au moins présentant une tendance poussée vers un
tel caractère.
2. Inflorescences : on observe dans les Weinmannia des inflores¬
cences racémiformes, avec les modalités suivantes :
A : racèmes simples.
B : racèmes réunis en panicule.
('. : pseudoracèmes.
D : épis.
Pour ces modalités du caractère, la distribution dans l’espace est
bien définie et semble suivre les variations d’un trinôme temps + espace 4 -
forme.
A : Afr. (1 esp.); Ind (1 esp. *); Ngu; Aus; Oce.
B : Oce.
C : Amé; Afr. 2 .; Mad; Ind; Phi; Ngu; Oce 3 .
D : Mad.
3. Calice : une particularité qui se présente au moment de la fruc¬
tification nous est offerte par le calice. Dans un certain nombre d’espèces
le calice persiste, dans d’autres les segments du calice tombent avant que
la capsule ne s’ouvre. Je désigne par E le premier cas et par F le second.
E : (calice persistant) Ame 4 ; Mad; Ind; Ngu.
F : (calice caduc) Phi (partim); Nca; Aus; Oce (partim).
4. Disque : la forme du disque permet avant tout de séparer les
Weinmannia des Cunonia, quand, faute de fruits, il n’est pas possible
de comparer les graines. Les Cunonia , contrairement aux Weinmannia.
ne présentent pas un disque bien défini au point de vue morphologique :
la base de l’ovaire est plus ou moins glanduleuse, sans que cette partie
puisse être considérée comme autre chose que la base de l’ovaire. Nous
pouvons donc dire que les Cunonia ont un disque « fonctionnel » mais
non morphologique, tandis que les Weinmannia ont, soit un disque
fonctionnel et morphologique, soit un disque morphologique et peu ou
point fonctionnel. Les Weinmannia présentent en elîet deux types de
disque :
1. H'. Descombesiana Bernard!, sp. n., de Célèbes; je suppose par là l'existence
probable de quelques espèces avec « A » en Nouvelle-Guinée.
2. I.e Cunonia capensis est le seul et unique, dans le genre, à présenter des inflo¬
rescences du type « C »; pour cette raison, je dois le mentionner ici.
3. Les IV. Macgillivrayi, exigua, Bicliii.
4. Toutes les espèces, moins la plus méridionale. VV. Irichosperma.
Source : MNHN, Paris
— 409
G : disque annulaire, entre les étamines et la base de l’ovaire; necta-
rifère, donc fonctionnel.
H : disque (je dirais mieux : pseudodisque) formé par des glandes
plus ou moins petites (= apostaminodes!) alternes avec les étamines;
disque non nectarifère, ou très peu.
Hépartition géographique des deux types :
G : Amé; Mad 1 .
H : Ind; Phi; Ngu; Nca; Aus; Océ.
5. D’autres caractères, d’indéniable importance biologique,
comme le nombre d’ovules, la sexualité des espèces, la pubescence, etc.,
ne sont pas examinés dans cette analyse, car ils varient au niveau de
l’espèce, dans les différentes sections. Les graines, quand les échantillons
en présentent, donnent aussi un caractère important dans toute la famille.
Le genre Weirunannia dans sa grande majorité présente des graines ovoïdes,
avec deux touffes de poils translucides, unicellulaires, aux extrémités.
Néanmoins, dans quelques territoires se présentent des exceptions :
Amé : W. trichosperma, glabra, paulliniaejolia (avec des poils rares
et dispersés sur toute la graine, surtout dans la première espèce).
Mad : VL. décora, Futenbergii, madagascariensis (avec des poils densé¬
ment répartis sur toute la graine) ; W. lincloria (comme W. trichosperma
et les deux cités plus haut).
Ngu : VL. Irichophora, Pullei (plus ou moins comme W. décora, etc.)
Oce : VL. gsabelensis (comme VL. Irichophora, etc.).
Observations sur les caractères 1, 2, 3, 4.
Le caractère 1 me semble de moindre importance et donc à écarter
dans les considérations suivantes. Je dirais qu’il s’agit d’un caractère
« libre » et non pas déterminé par d’autres caractères; certaines espèces
de Weinmania, quoique fort différenciées par plusieurs caractères, peuvent
présenter le rachis ailé ou non.
Pour les caractères 2, 3, 4, en revanche, j’essaierai de les considérer
d’un même coup d’œil, pour tenter de déceler les corrélations éventuelles.
Le disque me semble offrir réellement le caractère « princeps » du genre.
Par lui les Weinmania. se partagent en deux divisions géographiques bien
nettes, et il est à supposer que ce partage va de concert avec une
dichotomie ancienne du genre : d’un côté Amérique -f Madagascar, avec
disque annulaire, de l’autre côté tous les autres territoires. (Une exception
se présente aux Comores, avec VL. comorensis, disque à segments.)
Examinons maintenant quels autres caractères offrent les deux
groupes, divisés par la forme du disque, au point de vue des inflorescences.
L’Amérique et Madagascar présentent, la première : seulement des
pseudo-racèmes, la seconde : des épis, des pseudoracèmes ; les espèces
austro-pacifiques surtout des racèmes, composés en panicules dans un
certain nombre d’espèces pacifiques.
I. Une exception : Weinmannia comorensis, qui présente le disque « H ».
Source : MNHN, Paris
E ®
— 410 —
Source : MNHN, Paris
— 411 —
On peut encore citer comme intéressant, pour comprendre l’arti¬
culation (dans le Temps -|- Espace) du caractère racème ou pseudoracème,
le cas présenté par le genre Cunonia; les espèces de la Nouvelle-Calédonie
présentent toujours des racèmes, tandis que l’espèce disjointe du Cap,
Cunonia capensis, présente des pseudoracèmes d’allure « américaine ».
Le pseudoracème — dirai-je — est un caractère sans doute plus
compliqué que le racème simple; il en est une spécialisation irréversible.
C’est surtout en Amérique que ce processus est évident. Là les Cuno-
niacées canalisées, pour ainsi dire, dans les normes du type générique
Weinmannia (disque annulaire + pseudoracème), n’ont pu en sortir
(peut-être avec Belangera), qu’au Chili, où nous rencontrons le genre mono¬
typique Caldcluvia, qu’on pourrait définir, comme le firent soit Cava-
nilles, soit Ruiz et Pavon, comme un Weinmannia qui en s’évadant de
la « pseudoracémose » a organisé ses inflorescences en panicules et a soudé
les poils de ses graines en deux expansions translucides.
La Nouvelle-Guinée, très riche en Cunoniacées, présente des pseudo¬
racèmes « timides », difficilement séparables des racèmes simples, avec
une certaine fluidité dans ce caractère. La présence d’une espèce avec
des racèmes à Célèbes, W. Descombesiana Bernardi, sp. nov., me fait
penser que très probablement on découvrira aussi en Nouvelle-Guinée
des Weinmannia à racèmes. Dans le territoire C (Madagascar -J- Comores
+ Mascareignes) nous trouvons une grande richesse de formes d’inflo¬
rescences, comme si dans ce territoire les Weinmannia avaient eu tendance
à s’échapper des bornes génériques, sans y réussir, tout de même : le
Weinmannia madagascariensis a été le point culminant de cet effort,
mais il reste un « bon » Weinmannia. Nous trouvons là aussi le W. como-
rensis qui présente une inflorescence « sui speciei » : des épis racèmes
(les fleurs sont presque sessiles dans quelques échantillons) qui ont les
fleurs rapprochées par 2 ou 3 : enfin, des « tentatives » en direction des
pseudoracèmes.
Le caractère emprunté au calice maintient unies les espèces de
l’Amérique et de Madagascar, qui ont le calice persistant. L’Indonésie
[d + e ) possède les espèces ayant le calice persistant, tandis qu’aux
Philippines nous rencontrons des espèces à calice caduc.
L’ensemble Nouvelle-Calédonie-Australie-Océanie possède des espèces
présentant un calice caduc, sauf les W. Richii, rapensis, exigua (ces
deux dernières cependant d’une façon assez douteuse, étant donné le très
petit nombre d’échantillons que j’ai pu examiner). L’unique espèce amé¬
ricaine ayant le calice caduc (... et pas toujours!) est le W. Irichosperma,
du Chili, qui croit dans la même région que le Caldcluvia (à calice
caduc lui aussi).
Conclusions sur les caractères 2, 3, 4.
On peut donc penser d’après la manifestation des caractères de
l’inflorescence, du calice et du disque, et en tenant compte de la distri¬
bution de toute la famille, qu’une certaine fixité, ou l’épuisement des
possibilités de mutation s’accompagne des caractères suivants :
Source : MNHN, Paris
— 412 —
(G) Disque annulaire fonctionnel -|- (E) calice persistant -I- (C)
pseudoracème, qui correspondent aux territoires (a) Amériques et par¬
tiellement (c) Madagascar, Comores, Mascareignes.
Entre les espèces d’Amérique et celles de Madagascar, il y a tout
de même une différence : ces dernières disposent d’un champ de varia¬
bilité bien plus grand. Les espèces américaines « se répètent », les espèces
malgaches du groupe (c) s’efforcent de sortir du cadre Weinmannia ;
Weinmannia madagascariensis, avec ses graines à poils hérissés et ses
grandes capsules, est le témoignage de cet effort.
La Nouvelle-Calédonie, de son côté, avec très peu de Weinmannia,
mais avec tant de Cunoniacées, donne l’impression d'avoir fortement
« dépensé », transformé, en somme, « joué son jeu » avec le dit genre;
n’aurait elle pas justement muté ses Weinmannia en Cunonia et en autres
genres?
Les Weinmannia de l’Océanie ont reçu leur patrimoine morpho¬
génétique principalement de la Nouvelle-Calédonie et de l’Australie, et,
de façon très secondaire, de la Nouvelle-Guinée : par exemple, le W. Mac-
gillivrayi, le W. Bichii et son vicariant, le W. exigua, affines à W. Blumei,
très répandu en Indonésie et Nouvelle-Guinée.
RÉSUMÉ
1. — J’essaie d’expliquer la distribution du genre Weinmannia en
m’appuyant sur les données ehorologiques actuelles et sur la morphologie
comparée.
IL La famille des Cunoniacées offre une distribution principa¬
lement australe.
III. — La Nouvelle-Zélande, l’Australie, la Nouvelle-Calédonie et
la Nouvelle-Guinée abritent toutes les tribus de la famille et constituent
les territoires où la « dichotomie » (ou pouvoir de mutation), du patrimoine
génétique de la famille a pris (ou conservé) son essor.
IV. —- Le genre Weinmannia serait l’ancêtre de la famille, suivant
la théorie de J. C. Willis (Adge and Area hypothesis).
V. — Les espèces de Weinmannia de l’Amérique et de Madagascar
ont entre elles une nette affinité morphologique (disque annulaire).
VI. — Les types d’inflorescence montrent une corrélation soit avec
la distribution, soit avec la capacité de différenciation du genre. Les
pseudoracèmes apparaissent à la « périphérie » de l’aire générale : l’Amé¬
rique, Madagascar, l’Indonésie, y compris la Nouvelle-Guinée (voir III).
qui est le territoire le plus septentrional parmi les « porteurs de virtua¬
lités » de la famille; de même les panicules : Iles de l’Océanie. Par contre,
les racèmes sont au centre, sur les territoires riches en tribus.
VIL — Les Iles de l’Océanie ont reçu leur patrimoine morphogé¬
nétique soit de la Nouvelle-Calédonie et de la Nouvelle-Zélande, soit,
de façon secondaire, de l’Indonésie, « via » la Nouvelle-Guinée.
Source : MNHN, Paris
413 —
II. —LES WEINMANNIA DE MADAGASCAR
En septembre 1962, j’ai reçu, de la part du Professeur Henri Hum¬
bert, la tâche très flatteuse pour moi de m’occuper des Weinmannia
de Madagascar, pour la Flore de la Grande Ile et des Comores *.
L’examen des collections de W einmannia de l’Herbier du Muséum
National (Paris) est postérieur à la première partie de cet article, mais
il ne change en rien les conclusions, ou mieux les opinions ci-dessus expri¬
mées : tout au plus reçoivent-elles une confirmation. Malgré mes scru¬
pules de décrire le moins possible d’espèces nouvelles, car il me semble
qu’il y en a déjà trop dans la littérature botanique, j'ai dû baptiser les
taxa suivants :
1. Weinmannia Bojeriana Tul. var. icacifolia ;
2. — - Commersonii :
3. Henricorum;
4. - hepalicarum ;
5. — Humbertiana ;
6. — Louveliana :
7. madagascariensis DC. var. Aniba :
8. mammea :
9. — l'enusta ;
dont les diagnoses détaillées paraîtront dans le Engl. Bol. Jahrbuch
de l’année 1963 (82 e de la revue) où sera publiée la troisième et dernière
partie de ma révision du genre.
Ces taxa nouveaux dont je donnerai ci-après les caractéristiques
différentielles s’ajoutent aux espèces suivantes préalablement décrites
et reconnues comme valables dans ma révision (entre parenthèses les
synonymes qui, suivant mon opinion, sont à rattacher à l’espèce indiquée) :
10. W einmannia Bojeriana Tul. ( Weinmannia lantziana Baill.) ;
11. — comorensis Tul.;
12. — décora Tul. (Weinmannia Guillollii Hochr.);
13. eriocarpa Tul. ( Weinmannia floribunda Baker);
14. Hildebrandlii Baill.;
15. Humblolii Baill. ( Weinmannia leplostachya Baker);
I. J’avais auparavant étudié les collections malgaches de ce genre, de l’herbier
île Kew et de quelques autres herbiers, mais je n’avais pas eu la possibilité d’examiner
les riches collections de Paris.
Je tiens à remercier ici le professeur Humbert qui m’a procuré les moyens, par
l’Académie des Sciences, de travailler à Paris du 10 au 20 décembre 1962 et qui m'a
beaucoup aidé dans mon travail, ainsi que le professeur A. Aubréville, Directeur du
Laboratoire de Phanérogamie du Muséum, qui a mis à ma disposition toute la place
nécessaire pour déployer et examiner à loisir les très abondantes collections; je remercie
enfin le professeur Charles Baehni du Conservatoire de Genève qui m'a obtenu la
permission de séjourner à Paris.
Source : MNHN, Paris
— 414 —
16. — lucens Baker ( Weinmannia jraxinijolia Baker);
17. madagascariensis DC.
18. minuliflora Baker;
19. Rulenbergii Engler;
20. — stenostachya Baker;
21. (espèce très douteuse : Weinmannia rhodoxylon Tul.).
Les espèces de Madagascar ont toutes un disque entier, annulaire,
plus ou moins charnu et, par cette caractéristique, se rattachent aux
espèces américaines; par contre, l’unique espèce des Comores présente
un disque formé par des segments alternes aux filets des étamines, c’est-à-
dire un disque « Vieux Monde », comme les espèces de l’Indonésie (sensu
Lam) et des îles du Pacifique. Parfois on observe, dans les fleurs trop
mûres de certaines espèces (p. ex. : W. lucens, W. Rulenbergii) que le
disque est rompu en fragments plus ou moins réguliers : on pourrait
penser par cela que la différence de la forme du disque est seulement
accessoire, d’un degré variable dans le temps de la morphogenèse florale;
mais en réalité le disque se déchire entre les étamines et non pas par les
sillons souvent très profonds que les filets entaillent sur la surface externe
du disque. Donc, les segments du disque qu’on peut observer dans les
fleurs âgées des espèces malgaches présentent seulement une analogie
superficielle avec les disques apo-staminodiaux des espèces du Vieux
Monde, et point d’homologie. Cela dit, il convient d’ajouter que les espèces
proprement malgaches (en laissant donc de côté W. comorensis) peuvent
se partager en trois sections.
La section SPICATAE Bernardi, la plus riche en espèces, avec :
1, W. Bojeriana ; 2, IV. Bojeriana var. icacifolia; 3, IV. décora ; 4, VV. erio-
carpa; 5, W. Hildebrandtii; 6, W. Humberliana; 7, W. Humblolii;
8, W. lucens; 9, W. mammea; 10, IV. minuliflora ; 11, IV. stenostachya.
La section DISPEBSAE Bernardi comprend :
1, W. madagascariensis DC; 2, W. madagascariensis var. Aniba ;
3, IV. Commersonii ; 4, IV. Henricorum ; 5, IV. hepalicarum ; 6, IV. Louve-
liana.
Ces deux sections sont exclusives de l’île de Madagascar; en revanche,
W. Rulenbergii et W. venusla se rattachent à la section Weinmanniae
(voir Candollea 17 : 131 (1961) dont les très nombreuses espèces et variétés
sont pour le reste américaines.
De la section Spicalae, W. Bojeriana est l’espèce la plus fréquente
et possède un degré de variabilité fort poussé ; je suis incliné à la considérer
« leader » (dans le sens de J. C. Willis) de la section. Proches d’elle sont
la variété icacifolia, et W. Hildebrandtii (qu’on pourrait définir comme
variété ou forme de W. bojeriana, aux feuilles jaunâtres et presque
cornées, toujours trifoliolées), IV. slenoslachya, W. mammea (aux feuilles
longuement pétiolées) et IV. lucens, déviation extrême dans les bornes de
Source : MNHN, Paris
— 415 —
la section pour ses très jolies folioles étroitement elliptiques. En revanche,
W. eriocarpa (avec peut-être W. minutiflora et W. Humblolii dont jusqu’à
présent je n’ai pas observé les graines), W. décora et W. Humberliana
sont séparables des autres espèces citées ci-dessus par leurs graines toutes
recouvertes de poils. W. eriocarpa est presque aussi riche en formes que
W. Bojeriana et à cause de ses fleurs parfois très courtement pédicellées
étab lit une liaison tout à fait naturelle avec la section Dispersae dont
les espèces ont des graines entièrement recouvertes de poils (comme
justement W. eriocarpa ).
Avant l’examen des très riches collections de Paris, je considérais
W. madagascariensis, par ses singularités morphologiques, comme digne
de présider à une section; mais pour ne pas faire une section monoty¬
pique, j’avais laissé un petit appendice pour elle dans la section Spicalae
qui présente des fleurs longuement pédicellées, en la considérant toutefois
notablement anormale pour ladite section. J’ai éprouvé une agréable
surprise et un vif plaisir en trouvant à Paris des échantillons qui s’inscri¬
vaient par leur forme tout autour du « concept » de W. madagascariensis
en méritant cependant le rang d’espèce ou de variété. C’était suffisant
pour constituer la section Dispersae.
Weinmannia Rulenbergii (section Weinmanniae) possède un degré
assez remarquable de variation; d’après les étiquettes des nombreux
échantillons d’herbier, cette espèce est constituée par des arbustes minimes
et par des arbres de grandeur assez considérable; les individus chétifs,
qui sont probablement des adaptations récentes à un changement de
l’habitat et du climat dû à l’homme, présentent des feuilles et des inflo¬
rescences réduites en comparaison des individus arborescents. De plus,
les petites branches, les feuilles et les racèmes de cette espèce sont parfois
recouverts d’un duvet dense de poils minuscules et caducs : on pourrait
avec une certaine aisance partager les échantillons en glabres et tomen-
teux; mais il s’agit bien là, à mon avis, d’un « moment dynamique » de
l’eçpèce, et non pas d’un caractère de valeur taxonomique.
Weinmannia venusla (section Weinmanniae) se sépare facilement de
l’espèce précédente par ses grandes panicules. Le fait de rattacher deux
espèces malgaches aux espèces américaines de la section Weinmanniae
pourrait d’ailleurs faire déduire que ladite section est « artificielle » à
cause justement de la distribution... et que, en scrutant d’un œil soucieux
les deux espèces, on pourrait enfin rencontrer des caractères valables
pour les séparer de la section Weinmanniae.
Cependant, en procédant de cette manière, on ferait ce qu’un vieux
proverbe déconseille vivement : on mettrait la charrue devant les bœufs;
car pour bâtir n’importe quelle catégorie supra-spécifique on doit d’abord
étudier les caractères des espèces, les grouper en accord avec un certain
nombre de ceux-ci, au choix et à l’intuition du taxonome, et après seule¬
ment dresser la liste des particularités de la distribution dans l’espace
des espèces qui forment la catégorie établie. J’ai voulu dire cela, parce
qu’à la section Weinmanniae appartiennent deux autres espèces de
Source : MNHN, Paris
416
l'Océan Indien, W. lincloria Sm. et Weinmannia Boiviniana Tul., propres
aux îles Maurice et à la Réunion. La première des deux est extraordinai¬
rement proche de W. paulliniaejolia Pohl, du Brésil, et, pour l’éloigner
de la section Weinmanniae, on devrait littéralement partager un poil
en huit.
Reste encore Weinmannia rhodoxylon, dont le type a été récolté à
l’île Sainte-Marie, près de la côte orientale de Madagascar, sans fleurs
et sans fruits. Le pourtant excellent botaniste L. R. Tulasne s’empressa
de décrire minutieusement ladite récolte, en lui donnant le rang très
périlleux et douteux — à mon avis — d’espèce. Dans l’Herbier du Muséum
on gardait sous ce nom-là d’autres échantillons stériles, que je juge plutôt
comme spécimens de la riche espèce W. Rutenbergii; le type, en revanche,
ne me semble rien d’autre qu’un échantillon exubérant de Weinmannia
Bojeriana.
Voici les caractéristiques différentielles des espèces et variétés nou¬
velles :
Weinmannia Bojeriana Tul. var. icacifolia.
Contrairement à W. Bojeriana, elle présente : un calice pubescent,
des feuilles toujours simples, larges et obovées, des épis plus courts que
les feuilles; de plus, un nombre réduit d’ovules (16, au lieu de 24-28).
Type : Perrier de la Bâthie 16464. — Autres échantillons : Perrier de la
Bâthie 15346; 16122.
Weinmannia Commersonii.
Arbuste aux feuilles verticillées (unique espèce du genre avec les
feuilles ainsi disposées), petites (15 x 14 mm), presque orbiculaires, aux
nervures peu visibles; racèmes courts, de 30 mm au plus; fleurs penta¬
mères.
Type : Perrier de la Bâthie 14263. — Autre échantillon : Service Fores¬
tier 10164.
Weinmannia Henricorum.
Petit arbre aux feuilles imparipennées, aux racèmes très épais,
presque ligneux, densément fleuris; fleurs tétramères.
Type : Humbert 7018.
Dédiée à quatre illustres Henri qui ont contribué hautement à la
connaissance de la Flore de Madagascar : Henri Bâillon, Henri Lecomte,
Henri Perrier de la Bâthie et, le dernier mais non le moindre, Henri
Humbert.
Weinmannia hepaticarum.
Bien différente de toutes les autres espèces malgaches par ses feuilles
trifoliolées, très petites, courtement pétiolées, aux folioles étroitement
Source : MNHN, Paris
- 417 —
obovées, longuement crénelées; fleurs pentamères, groupées à l’extrémité
des courts racèmes.
Type : Humbert 23545.
Weinmannia Humbertiana.
Elle est, avec W. décora Tul., une des deux espèces de Madagascar à
ovaire totalement glabre. Cependant, elle se sépare de cette dernière
par ses feuilles simples, sessiles, et par ses fleurs tétramères.
Type : Humbert et Cours 23811. — Autre échantillon : Humbert 23532.
Dédiée à « optimo viro » Henri Humbert.
Weinmannia Louveliana.
Des échantillons sans fleurs et sans fruits de cette espèce pourraient
être confondus avec Weinmannia lucens Baker, bien que le réseau des
plus fines nervures et le bord des folioles soient assez différents entre les
deux espèces. Les stipules allongées, triangulaires, sont caractéristiques
de cette espèce et uniques parmi les espèces malgaches; mais à cause
de leur caducité, elles ne constituent pas un caractère d’identification sûr.
Les fleurs sont pentamères, hermaphrodites, avec un pédicelle grêle ;
les pétales sont étroits et obovés; l’ovaire est recouvert d’un grand
nombre de poils; les graines sont revêtues d’un duvet soyeux, très dense.
Type : Réserves Naturelles 6221. — Autres échantillons : R. N. 5182;
Scott Elliot 2531.
Dédiée à feu M. Louvel, ci-devant Chef du Service des Eaux et
Forêts de Madagascar.
Weinmannia madagascariensis DC. var. Aniba.
Se détache de W. madagascariensis par ses feuilles simples, presque
sessiles, à marges crénelées-serrulées, à sommet obtus et non arrondi et
par un nombre moindre d’ovules (16 au lieu de 24).
Type : R. N. 9765.
Nommée d’après l’aspect de ses feuilles qui rappellent celles de
plusieurs espèces du genre Aniba Aubl. (Lauracées).
Weinmannia mammea.
Cette espèce, du cercle d’affinités de W. Bojeriana, est bien caracté¬
risée par son calice poilu et par ses feuilles aux bords entiers et légèrement
repliés au-dessous, obovées et longuement pétiolées ; elle présente aussi
un nombre considérable d’ovules (32 contre 24-28 dans W. Bojeriana).
Type : Louvel 191.
Weinmannia venusta.
Sans doute affiliée à Weinmannia Butenbergii ; ces deux espèces
tranchent nettement sur toutes les autres espèces malgaches par leurs
Source : MNHN, Paris
— 418 —
fleurs disposées en pseudoracèmes (dans le sens donné par Engler,
Linnaea 36 : 594 (1870). W. venusla, ainsi nommée par la grande beauté
et l’élégance de ses échantillons, est facilement séparable de W. Ruten-
bergii par ses folioles pétiolulées et par ses inflorescences en grandes
panicules.
Type : Humbert et Capuron 21944.
CLÉ DES ESPÈCES MALGACHES
1. Fleurs sessiles (section Spicalae Bernardi).
2. Ovaires glabres; graines partout poilues.
3. Fleurs 5-mères; feuilles pennées. W. décora Tul.
3'. Fleurs 4-mères; feuilles ^impies. . . . W. Humbertiana Bernardi.
2'. Ovaires poilus; graines, ou bien partout poilues ou, bien
touffues des deux côtés; fleurs 5-mères (on trouve, rare¬
ment, aussi des fleurs 4-mères sur le même spécimen).
4. Ovules nombreux, plus de 30 par ovaire.
5. Calice glabre.
6. Feuilles pennées; épis plus courts que les feuilles.
7. Feuilles la plupart à 2 paires de folioles, à
rachis peu dilaté, à folioles elliptiques;
capsule sur le type à peine longue de 5 mm
en tout; graines touffues des deux côtés;
ovules 32 à 36. W. stenostachya Bak.
7'. Feuilles à 1 seule paire de folioles au sommet
des rameaux, à 2-4 paires ailleurs; folioles
étroitement elliptiques (90 X 15 mm);
capsule dépassant 8 mm en tout; graines
touffues des deux côtés; ovules 40. W. lucens Bak.
6'. Feuilles trifoliolées ; épis dépassant de beaucoup
les feuilles ; pétiole cylindrique, folioles obovales
ou elliptiques; graines non observées; ovules 48.
. W. minutiflora Bak.
5'. Calice poilu. Feuilles simples, à marge entière et
révolutée, obovales, à pétiole atteignant 40 mm;
épis un peu plus longs que les feuilles; graines non
observées; ovules 32. W. mammea Bernardi.
4'. Moins de 30 ovules dans l’ovaire.
8. Calice glabre.
9. Feuilles toujours pennées et folioles de moins de
40 mm.
10. Pétiole cylindrique; rachis semi-cylindrique,
faiblement canaliculé; folioles obovales
ou elliptiques, les latérales de 25 X 12 mm
ou de 30 X 15 mm ; épis aussi longs que les
Source : MNHN, Paris
— 419 —
feuilles; graines rousses-laineuses partout;
ovules 24 ou 28. W. eriocarpa Tul.
10'. Pétiole semi-cylindrique fortement canaliculé;
rachis dilaté; folioles étroitement ellipti¬
ques, les latérales de 20 X 8 mm; épis
beaucoup plus longs que les feuilles; graines
non observées; ovules 20 ou 24.
. IV. Humblotii Baill.
9'. Feuilles non pennées ou bien des feuilles simples
et des feuilles pennées sur le même spécimen;
folioles (ou feuilles) dépassant toujours 50 mm.
11. Feuilles toujours trifoliolées, obovales ou
elliptiques coriaces et presque cornées, à
marge entière et révolutée, à pétiole attei¬
gnant 15 mm; épis à fleurs denses deux fois
plus longs que les feuilles; graines non
observées; ovules 24.... W. Hildebrandtii Baill.
11'. Feuilles la plupart simples, parfois (sur le
même spécimen) à 3-5 folioles, elliptiques
ou obovales membraneuses, à marge dentée
partout, plus ou moins pétiolées, à épis de
même longueur ou un peu plus longs que
les feuilles; graines touffues sur les deux
côtés; ovules 24 ou 28. W. Bojeriana Tul.
8'. Calice pubescent. Feuilles simples, largement obova¬
les, coriaces à marge crénelée-dentée vers le sommet;
pétiole long seulement de 5 mm; épis plus courts que
les feuilles; graines touffues sur les deux côtés;
ovules 16. fV. Bojeriana Tul., var. icacifolia Bernardi.
1'. Fleurs pédicellées (section Dispersae Bernardi).
12. Inflorescences en grappe, c’est-à-dire à fleurs naissant çà
et là.
13. Feuilles simples ou trifoliolées; fleurs pentamères.
14. Feuilles toujours ou ordinairement trifoliolées.
15. Feuilles toujours ou ordinairement trifo¬
liolées à folioles étroitement obovales,
petites (10 X 4 mm), à pétiole commun
court (2 mm); grappes ne dépassant pas
30 mm; graines non observées; ovules 20.
. W. hepaticarum Bernardi.
15'. Feuilles ordinairement trifoliolées, mais des
feuilles simples et des feuilles trifoliolées
présentes sur le même spécimen.
16. Feuilles ou folioles étroitement ellip¬
tiques, la foliole centrale légèrement
plus grande (70 X 12 mm); pétiole
28
Source : MNHN, Paris
— 420 —
de 13-20 mm. Grappes longues de
50 mm; graines couvertes de poils
denses sur toute leur surface; ovu¬
les 16. W. Louveliana Bernardi.
16'. Feuilles ou folioles obovales, crénelées
sur une grande longueur, la foliole
centrale plus grande de 60 X 25 mm à
sommet arrondi à base fortement atté¬
nuée; pétiole commun de 20-30 mm;
grappes atteignant 100 mm; graines
couvertes de poils denses et droits sur
toute leur surface; ovules 24.
W. madagascariensis DC. var. madagascariensis.
14'. Feuilles simples.
17. Feuilles elliptiques, opposées selon le mode
propre au genre, à sommet obtus, parfois
tronqué, en coin vers la base, subsessiles,
crénelées-dentées sur un espace plus res¬
treint, à marge peu révolutée, de
80 X 35 mm; grappes longues de 100 mm
environ; graines non observées (mais,
comme on peut le prévoir d’après les ovules
les plus développés, devenant poilues sur
toute leur surface); ovules 16 ou 20.
.... W. madagascariensis var. aniba Bernardi.
17'. Feuilles largement ovales, verticillées, ce qui
est en opposition avec le cas normal dans
le genre, par 3 ou 4 à chaque nœud; à
pétiole très court; crénelées-dentées, de
22 X 20 mm tout au plus; grappes de
30 mm à peine; graines partout couvertes
de poils courts; ovules 16 ou 20.
. W. commersonii Bernardi.
13'. Feuilles pennées à 3 paires de folioles et une foliole
impaire obovale et longuement atténuée, les folioles
latérales elliptiques; pétiole très robuste de
20-28 mm; fleurs tétramères disposées en grappes de
100 mm de long environ; graines poilues sur toute
leur surface; ovules 20. W. Henricorum Bernardi.
12'. Inflorescences en fausses-grappes (au sens d’Engler),
c’est-à-dire à fleurs groupées en fascicules (section Wein-
manniae).
18. Folioles sessiles; fleurs en fausses-grappes.
. W. Rutenbergii Engler.
18'. Folioles pétiolulées; fleurs en panicules. W. venusta Bernardi.
Source : MNHN, Paris
— 421 —
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Source : MNHN, Paris
— 422 —
Source : MNHN, Paris
LA THÉORIE DU DURIAN
OU
L’ORIGINE DE L’ARBRE MODERNE
par E. J.H. CORNER
Adaptation française par N. et F. Hallé 1
INTRODUCTION
par G. Mangenot,
Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
M. Corner, professeur à l’Université de Cambridge, a longtemps tra¬
vaillé en Malaisie et en Amazonie, pays où existent les plus riches forêts
équatoriales du monde. Il les a considérées comme personne ne l’avait
fait avant lui et les relations imprévues qu’il a découvertes entre de très
nombreux faits morphologiques et biologiques l’ont conduit à formuler
la théorie du Durian ; le durian est le fruit d’un grand arbre indo-malais
(Durio zibelhinus); l’étude de son péricarpe et de ses graines apporte
quelques arguments typiques en faveur de la théorie.
Celle-ci, fondée sur l’observation de la forêt dense équatoriale, est une
conception originale et vivante de l’évolution des Végétaux vasculaires.
On a, depuis longtemps, discuté de la signification phylogénique de
l’appareil végétatif (état ligneux ou herbacé) et, surtout, des dispositifs
floraux. On admet, depuis longtemps, que la forêt dense — 1 ’Hylaea —
représentée, sur tous les continents, autour de l’Équateur, est une sorte
de musée d’espèces ligneuses appartenant à de vieilles familles, dévelop¬
pées au Crétacé, et dont beaucoup présentent encore des caractères archaï¬
ques. Ces notions classiques ont surtout été dégagées d’études morpholo¬
giques, telles que les permet l’analyse de l'appareil floral, ou de données
paléontologiques.
De ces caractères plus ou moins primitifs des espèces de la forêt dense,
M. Corner nous donne, au contraire, une idée dynamique, tenant compte
1. Avec l'autorisation de l'auteur et l’aimable agrément du Dr. VV. H. Pearsall
éditeur des Annals o/ Bulany où l’article original a été publié (Ann. Bol. XIII,
52:367-414, 1949).
Source : MNHN, Paris
— 424
Source : MNHN, Paris
— 425 —
non seulement du peuplement végétal, mais encore des Animaux vivant
dans celui-ci, de leurs besoins alimentaires et de leur comportement vis-à-
vis des plantes.
Tous les botanistes connaissant les tropiques avaient remarqué que
certains arbres — ceux que M. Corner appelle pachycaules — sont formés,
pendant toute leur vie ou, au moins, pendant leur jeunesse, par un tronc
simple portant, autour de son sommet, une couronne de grandes feuilles,
comme chez beaucoup de palmiers, et que d’autres arbres — les lepto-
r.aules — sont, au contraire, ramifiés dès le début de leur développement,
mais portent alors de petites feuilles disposées sur des branches plus ou
moins grêles. Or, personne n’avait saisi la signification évolutive et la
valeur écologique de ces architectures différentes.
Tous les botanistes familiers des pays chauds connaissaient l’étrangeté
de certains fruits, de celui du Durian et de beaucoup d’autres. Tous
savaient que les graines arillées sont caractéristiques de certaines familles.
Mais personne n’avait compris les rapports existant entre les dimensions
des fruits et des graines, les caractères du péricarpe, les modes de déhis¬
cence, le degré de développement ou l’absence de l’arille, la constitution
du tégument séminal, d’une part, les niveaux d’évolution, d’autre part.
J’ai eu l’occasion, dans mon [enseignement, d’exposer la théorie du
Durian. Ceux de mes auditeurs qui ont l’expérience des forêts denses
équatoriales ont eu le sentiment d’une sorte de révélation ; ils ont aussitôt
saisi la pensée de M. Corner et la portée de ses conceptions. Certains ont
même trouvé, dans celle-ci, le fil conducteur permettant d’interpréter les
faits mis en évidence par leurs recherches. C’est pourquoi nous avons été
nombreux à demander à M. le professeur Aubréville de bien vouloir
publier, dans Adansonia, la traduction des mémoires fondamentaux
exposant la théorie du Durian, et à M. Corner, ainsi qu’à ses éditeurs, de
bien vouloir autoriser cette traduction. Les « durianologistes » français
désirent diffuser les notions, si vivantes et originales, qui les ont tant
éclairés; je suis leur interprète pour exprimer à MM. Corner et Aubré-
ville leurs plus vifs remerciements.
AVANT-PROPOS
Une théorie est valable, lorsqu’il est démontré qu’elle est utile. Or, la
théorie que je propose ici me semble utile, parce qu’elle permet de mieux
saisir la vraie nature des plantes à fleurs, des oiseaux, des mammifères —
la véritable vie de la forêt tropicale. Elle m’a conduit à comparer les formes
des fruits, comme celles des arbres, mais en même temps, à considérer
les tapirs, les cycas et les choux de Bruxelles, les couleurs, les singes,
et les yeux des poissons. Elle m’a conduit à étudier la chalaze de l’ovule
comme le neuropore de la gastrula, l’embryologie des écailles peltées, la
Source : MNHN, Paris
426
Fig. 'i. — üurio zibelhinus : A et B, coupes montrant le développement du fruit peu après la
pollinisation; G, coupe d'un fruit ayant atteint la moitié de sa taille définitive; on notera
le rapide développement de l'arille, le développement des épines sous les écailles peltées
et la vascularisation ( x 1). D et E, deux stades de l'évolution de l'ovule fécondé corres¬
pondant respectivement aux fig. A et C; le nucelle entoure le sac embryonnaire liquide, le
tégument interne différencie dés poches à mucilage (points noirs sur la flg. E) (D x 15;
E x 2); a, aritle; s, secrétion cireuse de l’arille. — F, portion de coupe du jeune fruit
montrant l’arille naissant et les épines (x 7); G, coupe transversale d'une épine corres¬
pondant à la figure C : on notera la vascularisation complexe, la présence des petits fais¬
ceaux externes fibreux, les canaux à mucilage en noir et les écailles peltées ( x 15).
Source : MNHN, Paris
427 —
longueur des funicules et le poids des graines; et aussi à considérer, en
plus des notions botaniques fondamentales, la signification biologique du
balancement, l’origine des coquelicots, la fuite des singes et des éléphants,
le cri des perroquets, et cette lacune de la paléobotanique — l'apparition
des plantes à fleurs.
Le rôle principal dans les travaux des évolutionnistes a, jusqu’ici, été
accaparé par la zoologie. Cette théorie attirera l’attention, je l’espère,
sur les arbres tropicaux. Elle ranimera l’intérêt envers le travail trop peu
connu de Church, Thalassiophyta (1919), et renforcera le concept de
Xerophylon, dans une direction non exploitée par cet auteur.
Il existe actuellement, dans les forêts humides de la ceinture équato¬
riale, un Xérophyton qui représente un point culminant de l’évolution
végétale ; il a réussi à se maintenir en équilibre dynamique avec ses sous-
produits d’évolution, alors que le monde vieillit et que le Thalassiophylon
a disparu pour toujours.
Malheureusement pour moi, la vie de la forêt tropicale humide ne peut
être condensée ni mise en sac, pas plus qu’elle ne peut être rapportée par
une mission d’exploration lointaine. Le sujet est si vaste, et ces notions
sont si peu familières, que je puis, tout au plus, espérer encourager la
jeune génération à trouver coûte que coûte les moyens de vivre sous les
tropiques si elle désire étudier l’Évolution. La cohérence de ma théorie,
en dépit de l’apparente bizarrerie des faits, devrait suffire à prouver que,
sans une orientation tropicale, la biologie est perdue.
Un dimanche de juillet 1944, alors que le professeur Kwan Koriba
était directeur du Jardin Botanique de Singapour, nous trouvâmes dans
un lambeau de forêt vierge de l’île, les fruits tombés au sol de Sloanea
javanica (Elaeocarpacées). Sur le moment, nous fûmes incapables de
déterminer s’ils appartenaient aux Méliacées, Sapindacées, Flacourtiacées,
Sterculiacées, Bombacacées, ou même aux Connaracées, jusqu’à ce
qu’enfin, nous ayons pu obtenir, grâce à l’herbier, une détermination
correcte de ces fruits. En face d’une situation si confuse, je fus amené à
faire toute une enquête.
Il semble que cette sorte de fruit — une capsule rouge loculicide, avec
de grosses graines noires pendant au bout de funicules persistants et
enveloppées d’un arille rouge (fig. 3, E) — doit avoir été le fruit ancestral
de ce groupe de familles. Et si cela est vrai pour ce groupe, pourquoi ne le
serait-ce pas pour toutes les plantes à fieurs?
J’ai commencé à travailler à cette théorie à Singapour, pendant la
dernière année de la guerre, et j’exprime ma gratitude au professeur
Koriba, pour le rôle qu’il a joué comme protecteur de la recherche scien¬
tifique au Jardin botanique de Singapour; conseiller exigeant, il fut en
outre, si je puis dire, mon premier converti à la durianologie.
QU’EST-CE QUE LE DURIAN?
Le durian (Durio zibelhinus, Bombacacées), est un grand arbre de la
région malaise, actuellement largement cultivé de l’Inde à la Nouvelle
Source : MNHN, Paris
— 428 —
Guinée. Il a d’assez petites feuilles simples sur de fins rameaux, et des
touffes de grosses fleurs blanches ou roses, nées sur les branches, et faisant
place à d’énormes capsules loculicides à cinq côtes, épineuses, vert-olive,
et devenant jaune d’or à maturité. Chaque cavité du fruit contient
1-5 grosses graines brunes brillantes, couvertes d’un arille épais et cré¬
meux, blanc ou jaune (fig. 1 et 2). Les fruits s’ouvrent seulement à com¬
plète maturité, après s’être écrasés sur le sol. Ils ont alors une pénétrante
et répugnante odeur d’ail et de scatol, mais l’arille crémeux est tellement
délicieux que le Durian est le plus populaire et le plus connu des fruits
d’Extrême-Orient. Les fruits immatures sont lourdement armés de fortes
Fig. 4. — Graines mûres en coupe longitudinale : A, Coesloslegia Crilplhiana (Bombac.) x 3:
C, Slerculia macrophylla (B, le hile x 7) montrant l’embryon inversé avec la radicule
dirigée vers la chalaze; quand le tégument externe (ex) vient à se détacher, le pore cha-
lazien qui s'ouvre dans la couche palissadique du tégument interne (in), apparait comme
un (aux mais efficace micropyle. — a, arille très réduit, limité è la zone du micropyle et du
funicule chez Coeloslegia, et entièrement rudimentaire mais jaune vif chez Slerculia:
al, albumen; h, hile; cp, couche palissadique du tégument interne; v, faisceau vasculaire.
Source : MNHN, Paris
— 429
épines pyramidales qui s’enfoncent dans la peau sous le poids du fruit
lorsqu’on tient ce dernier à la main; ce fruit peut donc difficilement être
attaqué par les animaux, même par les écureuils, bien que les graines,
mûres ou non, soient extrêmement appétissantes et nutritives.
Jusqu’à une époque récente, les durians n’étaient pas sélectionnés.
En Malaisie, les durians sauvages ont des fruits aussi bons que les durians
cultivés, la culture en question se limitant souvent à la protection des
porte-graines épars. Dans la forêt, les Durians poussent souvent en
groupes. A la saison de la maturité des fruits, l’odeur attire les éléphants
qui arrivent de tous côtés et choisissent les meilleurs morceaux; ensuite,
viennent les tigres, les sangliers, les daims, les tapirs, les rhinocéros, les
singes, les écureuils, et ainsi de suite jusqu’aux fourmis et aux scarabées
qui nettoient les derniers restes. Les habitants de la forêt construisent des
observatoires dans les arbres, d’où ils peuvent descendre au sol lorsqu’un
fruit tombe, et où ils remontent ensuite se mettre à l’abri. Sous les gros
arbres abondent les marques de la suprématie éléphantine : arbustes
brisés, écorce arrachée, buissons piétinés, sol labouré, etc...
Les épines du fruit se développent seulement sous les écailles peltées
initiales de l’ovaire, chaque épine portant ainsi une écaille primaire à son
sommet et des écailles peltées secondaires sur ses flancs (fig. 3).
Ordinairement, l’arille ne se développe qu’après pollinisation, cepen¬
dant, des ovules non fécondés 'peuvent développer un arille au cours de la
formation du fruit.
On connaît environ quinze espèces de Durio 1 , distribuées à travers le
Siam, la Birmanie, les Philippines, la Malaisie, Sumatra, Bornéo et Java.
La plupart ont des arilles incomplets, voire même pas d’arille du tout, et
quelques-unes fleurissent, non plus sur les branches, mais sur le tronc.
Une espèce, Durio griffilhii, a de petits fruits rouges, devenant mous à
maturité, avec des graines noires pourvues de courts arilles rouges. Les
fruits sont axillaires sur les rameaux feuillés; ils s’ouvrent sur l’arbre, de
telle sorte que les graines noires restent suspendues aux bords du fruit
qui prend une forme d’étoile, comme chez Slerculia et Sloanea.
Trois autres genres de Bombacacées ont des graines arillées : Coeloslegia
(Péninsule malaise, 2 sp. fig. 4, A) l Neesia (Malaisie, 10 sp.) et Cullenia
(Ceylan, 1 sp.).
Ces quatre genres, tous du Sud-Est asiatique, sont les seuls à avoir
ce type de fruit capsulaire arillé parmi le vaste ensemble des Bombacacées-
Malvacées qui comprend plusieurs milliers d'espèces.
Problème. — Quelle est l’origine de cette énorme capsule armée, si
avidement recherchée par les animaux sauvages, et cependant telle¬
ment rare qu’elle n’est connue, dans ce puissant ordre des Malvales, que
I. Cf. A. J. G. H. Kostermans, A monograph of thegenus IJurio Adans., Pcngum.
Communication, Bogor (Indonésie) n° 61 : 1-80 et 62 : 1-36 (nombr. fig.) avr. et juill.
1958; ou encore, The genus Durio Adans., Reinwardtia 4, 3 ; 47-153 déc. 1958. —
.N. D. T.
Source : MNHN, Paris
430 —
chez une infime minorité d’arbres tropicaux? C’est à la fois un succès
biologique et une fantaisie de la nature. Pourquoi les Durians existent-ils?
FAMILLES ARILLÉES
On trouvera ci-dessous la liste aussi complète que possible des
familles d’Angiospermes à graines arillées.
A. Familles dont tous les genres et espèces sont arillés :
Myristicacées, Stachyuracées (1 genre, 2 sp., Japon, Himalaya).
B. Familles dont la plupart des genres sont arillés :
Dilléniacées, Connaracées, Passifloracées, Musacées, Marantacées
Zingibéracées.
C. Familles dont beaucoup de genres sont arillés :
Méliacées, Célastracées, Sapindacées, Flacourtiacées, Mélianthacées,
Guttifères (Clusiées).
Source : MNHN, Paris
— 431 —
D. Familles dont quelques genres seulement sont arillés (nb. de
gen. entre parenthèses) :
Nymphéacées (2), Annonacées (3), Monimiacées (1), Berbéridacées (2),
Papavéracées (1), Linacées, Malvacées-Bombacacées (4), Sterculiacées (3),
Tiliacées (Elaeocarpacées, 1), Légumineuses (Mimos. 2, Caesalp. 14,
Papil. 1, Swartz. 1), Théacées (1), Samydacées, Rhamnaeées (1), Rhizo-
phoracées (3), Mélastomacées (4), Aizoacées, Lécythidacées (2), Thymé-
léacées (2), Apocynacées (2), Commélinacées (2).
E. Familles a arilles rudimentaires :
Renonculacées (Paeonia), Fumariacées, Polygalacées, Violacées,
Oxalidacées, Bixacées, Turnéracées, Trémandracées, Euphorbiacées,
Légumineuses (Papil.), Cactacées, Liliacées (2).
Il n’existe environ que quarante-cinq familles plus ou moins arillées.
Une seule famille importante est entièrement arillée; six le sont en grande
partie. Toutes ces familles sont principalement, sinon entièrement, tropi¬
cales. La plupart des graines arillées appartiennent à des arbres ou à des
lianes ligneuses des régions tropicales. Les arilles de quelque importance
sont extrêmement rares chez les plantes de petite taille ( Acrolrema,
Dilléniacées).
Exemples génériques : Myristica, Xylopia (Annonacées), Wormia
(Dilléniacées), Connarus, Dysoxylon (Méliacées), Leptonychia (Sterculia¬
cées), Guioa, Nephelium, Paullinia (Sapindacées), Tabernaemontana
(Apocynacées), Sloanea, fig. 5, E (Elaeocarpacées), Rauenala (Musacées).
Slerculia présente un exemple d’arille rudimentaire; plusieurs espèces
de ce genre ont un minuscule coussin arillaire jaune de 1 à 2 mm de
large inséré d’un côté du micropyle (fig. 4, B et C).
Épines. — Comme c’était le cas pour les quatre genres de Bombacées
cités plus haut, les capsules arillées des diverses autres familles sont très
souvent épineuses.
Problèmes. — Ils sont exactement les mêmes que chez le Durian :
A. Pourquoi ces fruits que les oiseaux, les chauve-souris et les
mammifères arboricoles recherchent avec tant d’avidité sont-ils si rares,
même dans la brousse secondaire où les plantes disséminées par les ani¬
maux sont si communes?
B. Pourquoi y a-t-il chez Durio comme dans de très nombreux autres
genres, des espèces qui présentent tous les degrés entre l’absence totale
d’arille et l’arille largement développé (Sloanea, Xylopia, Acacia, Dyso¬
xylon).
C. Pourquoi y a-t-il, dans les genres ci-dessus, un si grand nombre de
transitions entre cette capsule arillée et les capsules sèches à graines
sèches souvent ailées (Méliacées, Apocynacées), les drupes (Annonacées),
les baies (Dilléniacées) ou les akènes (Lécythidacées)? Dans le seul genre
Source : MNHN, Paris
Fig. 6. — A. Pilhecellobium elliplicum et B, P. clypealum : gousses rouges déhiscentes avec des
graines noires dépourvues d'ariiie qui pendent au bout des tunicuies persistants (rouges
chez P. elliplicum); les gousses de P. clypealum sont divisées en segments indépendamment
déhiscents (X 1/2). — C, Pahudia cochinchinensis (Caesalp.) : gousse mûre, une valve
supprimée, montrant les arillodes rouges et les graines noires ( X 1/2) (d'après Pierre,
Fl. For. Cochinch. pl. 368). — D et E, Pahudia jauanica, gousse déhiscente (X 1/2) et
graine à arille rouge en coupe (X 11 (d'après Prain Ann. Boy. liot. Gard. Calcutta, IX
pl. 44, 1901).
Source : MNHN, Paris
— 433 —
Xylopia, on connaît même des follicules arillés, des follicules bacciformes
indéhiscents, et des follicules monospermes ressemblant à des drupes; on
trouve presque le même déploiement de formes intermédiaires chez
Pilhecellobium (Mimosacées).
D. Ces fruits à graines arillées sont-ils des inventions parallèles de
ces différentes familles ou genres? Ou bien, sont-ils des reliques montrant
des états ancestraux à partir desquels ont évolué les fruits modernes, tels
que les capsules sèches, follicules, akènes, baies, drupes, etc...? L’un ou
l’autre de ces deux points de vue doit être le bon.
DISCUSSION
A. Si ces fruits sont des réalisations modernes, alors :
a) Pourquoi toutes ces familles, extrêmement éloignées les unes des
autres (Apocynacées et Zingibéracées, Myristicacées et Sapindacées),
auraient-elles différencié ce même mécanisme d’un troisième tégument
enveloppant l’ovule fécondé? A fortiori, pourquoi dans certaines familles
trouve-t-on cette différenciation chez un genre unique? Je ne vois à ceci
aucune réponse. Il est impossible que l’arille se différencie « de novo ».
b) Le premier stade dans lequel l’arille est encore rudimentaire sur
une graine suspendue n’aura aucune possibilité de survie. Une graine
suspendue ainsi dans la forêt humide, va presque à coup sûr, germer
« in situ », puis sécher et mourir avant que le fruit ne soit tombé de l’arbre
(fig. 5, F). Et pourtant, il y a probablement plus de cas d’arilles rudimen¬
taires et inutiles que d’arilles bien développés.
c) Pourquoi Sloanea qui a la seule capsule arillée des Tiliacées-
Elaeocarpacées, a-t-il tant d’affinités, par ce fruit, avec les familles voi¬
sines des Bombacacées et Sterculiacées?
d) Pourquoi les Myristicacées, famille spécialement isolée, à fleurs
très réduites et simplifiées, auraient-elles différencié toutes ensemble ce
fruit massif et tellement singulier? Leur grosse graine arillée étant tota¬
lement incapable de vie ralentie est en effet le principal handicap qui
empêche leur migration hors des tropiques.
B. Inversement, si le gros fruit arillé est une relique, on peut
facilement comprendre :
a) Que la plupart des plantes à fleurs ont acquis d’autres sortes de
fruits, présentant des graines plus petites et meilleures, ou mieux adap¬
tées aux pays secs, ainsi que des mécanismes de dispersion par drupes,
noyaux, akènes, graines ailées, etc... En particulier, ceci est nécessaire
pour les plantes herbacées qui sont incapables de produire de gros fruits
arillés. La rareté du fruit arillé résulte donc du caractère primitif, de ce
moyen de reproduction des arbres de la forêt tropicale humide.
Source : MNHN, Paris
434 —
b) Que les nombreuses arilles vestigielles inutiles sont des reliques.
c) Que Sloanea constitue un trait d’union, par sa capsule arillée, entre
les Elaeocarpacées, les Bombacacées et les Sterculiacées.
d) Que seules peuvent s'étendre hors de la forêt tropicale humide, les
plantes à fleurs ayant acquis des fruits et des graines mieux adaptés à la
Source : MNHN, Paris
— 435 —
sécheresse et au froid que les gros fruits arillés avec leurs graines molles et
vulnérables. Les Myristicaeées apparaissent ainsi comme la seule famille
d’arbres tropicaux qui ait été incapable de s’implanter dans les régions à
saison froide ou à saison sèche marquée, parce qu’elles n’ont pu différencier
une nouvelle sorte de fruit.
(Comparer Dysoxylon et Melia, Bombacacées et Malvacées, Elaeocarpacées et
Tiliacées, Swartzioidées et Papilionacées, Dilléniacées et Renonculacées, Bocconia et
Papaver, Scitaminées et Liliacées, etc.).
C. Conclusion. — La capsule ou follicule, rouge, molle et souvent
épineuse, avec de grosses graines noires, couvertes d’un arille rouge ou
jaune, restant suspendues aux bords des valves, est le fruit primitif des
plantes à fleurs.
Dans beaucoup de familles, il est facile de comprendre, grâce à la
survivance de nombreux intermédiaires, comment ce fruit s’est changé
en un follicule ou en une capsule sèche avec de petites graines dépourvues
d’arille, souvent ailées et aisément disséminées, ou encore, en une baie,
une drupe ou un akène. J'exposerai à titre d’exemple, le cas des Légumi¬
neuses.
LÉGUMINEUSES
Genres arillés. — Dans les quatre sous-familles suivantes, dix-
huit genres ont un arille recouvrant plus ou moins la graine :
Mimosoidées : 2 genres sur environ 50 (Acacia, Pilhecellobium).
Césalpinioidées : 14 genres sur 126 (soit 70 espèces sur 2.300).
Swartzioidées : 1 genre sur 9.
Papilionacées : 1 genre monospécifique sur environ 500 genres et
10.000 espèces.
Ceci est évidemment une distribution relique ; et presque tous les genres
arillés montrent dans leurs différentes espèces, tous les stades de la réduc¬
tion ou de la disparition de l’arille. Si l’état ex-arillé était primitif, on
s'attendrait à trouver la proportion inverse, à savoir, beaucoup de genres
arillés et peu de genres ex-arillés. Il est impossible de qualifier de primitif
ce qui, dans la nature actuelle, constitue le cas général (comparer les
Cycadacées aux Abiétacées, les Dilléniacées aux Renonculacées; penser
aux espèces qui, la paléontologie le démontre, sont actuellement des
reliques : l’ Amphioxus, le Péripate, les Monotrèmes, l’éléphant, le tapir et
les singes anthropoïdes).
Genre Pilhecellobium. — P. dulce (fig. 5, F) a des graines noires entiè¬
rement couvertes par un arille rouge, et la paroi de la gousse est rose et
quelque peu charnue. Si les graines délaissées par les animaux, restent
attachées à la gousse, elles germent souvent « in situ », pour se dessécher
aussitôt; P. elliplicum (fig. 6, A) a de grosses graines noires qui pendent
au bout de longs funicules des valves rouges de la gousse; elles n’ont pas
du tout d’arilles, mais le tégument séminal présente une mince couche
Source : MNHN, Paris
— 436 —
externe pulpeuse (sarcotesta), recherchée par les oiseaux. Chez P. clypea-
tum (fig. 6, B.) il n’y a ni arille ni tégument pulpeux; la gousse ne s’ouvre
plus qu’au niveau de chaque graine, restant fermée dans les intervalles;
dans cette espèce, pourtant, elle est encore rouge extérieurement, avec une
face interne d’un rouge brillant (comme chez Xylopia, Sloanea, Slerculia,
etc...). D’autres espèces ont des gousses indéhiscentes. Le genre Pithecello-
bium montre clairement le passage de la gousse arillée, très rare à l’heure
actuelle, jusqu’au type commun à petites graines sèches réalisé chez les
Mimosa, et même jusqu’à l’état indéhiscent, ces deux dernières structures
ne pouvant en aucun cas être considérées comme primitives.
Fig. 8. — Tamarindus indicus (Caesalp.) : détails de la graine et de la gousse indéhiscente
montrant l'ariile blanc friable et infonctionnel (a). — A, sommet d'une jeune gousse avec
une graine immature (l'albumen empiète sur le nucelle) mais avec l'ariile développé; la
cavité de la gousse est remplie de poils endocarpiques pulpeux cotonneux (e) ( x 2). •—
B, portion de gousse pleine avant maturité, en coupe longitudinale, montrant le mésocarpe
pulpeux (m) ( x 1/2). — C, sommet d'une gousse mûre montrant l’épicarpe crustacé et le
mésocarpe pulpeux contracté en une masse brune gluante autour des graines; en noir
la cavité intermédiaire ( x 1 ). — D et E, bases de graines ayant atteint la taille maximum,
en sections longitudinales perpendiculaires l’une à l'autre; on distingue le tégument
séminal épais avec sa palissade externe ( x 6). — a, arille; e, endocarpe; m, mésocarpe.
Source : MNHN, Paris
— 437 —
Césalpinioidées. — On rencontre des arilles bien développés chez
Copaifera et Pahudia (fig. 6, G-E), mais, le plus souvent, il n’y a pas
d’arille, et à la place, le funicule devient charnu comme un arillode, par
exemple chez Intsia (voisin de Pahudia) et Sindora. Tamarindus (fig. 8),
Hymenaea et Detarium ont des gousses ligneuses indéhiscentes, mais ont
des arillodes distincts, aussi développés que dans les gousses déhiscentes
d ’lnlsia (fig. 7, A-D) et de Sindora: mais, tant que ces arillodes restent
cachés, ils restent infonctionnels, et comme tels, ne peuvent avoir qu’une
valeur de relique. En effet, chez Detarium (fig. 7, E-G), la gousse est
devenue une drupe avec un noyau tellement dur qu’il faut une hache pour
le couper, et dans un renfoncement à l’intérieur de ce noyau, se cache
l’arillode : les gousses et les arilles sont manifestement des reliques.
Arillaria robusla. — Ce genre monospécifique de Basse-Birmanie et
du Siam, est la seule Papillonacée à avoir une gousse charnue et une graine
noire entièrement recouverte par un arille rouge pulpeux. Par tous ses
autres caractères, le genre Arillaria ressemble au genre pantropical
Ormosia qui comprend environ 50 espèces. Pour moi, Arillaria n’est pas
un caprice de la nature, mais une relique aussi précieuse que VAmphioxus
ou le Ginkyo, qui montre ce qu’a été le fruit ancestral des Papilionacées.
En effet, Arillaria de ce point de vue, rappelle ces trois autres genres
monospécifiques reliques des Césalpinioidées, à savoir, Tamarindus (Indes),
Amherslia (Birmanie) et Lysidice (Sud de la Chine et Indochine), qui
donnent une idée de l’étonnante diversité d’arbres à fleurs magnifiques
qui ont dû s'éteindre au cours de l’évolution des Césalpinioidées.
Papilionacées. — Toujours dépourvues de gros arilles rouges, beau¬
coup de Papilionacées ont cependant de petits arilles cornés, verdâtres,
jaunâtres ou blancs, formant un bourrelet autour du hile ( Mucuna,
Tephrosia, Cylisus, Lalhyrus, etc...). En fait, sur les graines de toutes les
Papilionacées que j’ai examinées (à l’exception d ’Inocarpus), j’ai pu retrou¬
ver, parfois de taille microscopique, un tel arille en bourrelet : j’en conclus
que le hile de toutes les Papilionacées possède ou a possédé, sinon un arille
bien développé, au moins un bourrelet arillaire. En d’autres termes, la
gousse actuelle, sèche et bruyante, est le remplaçant moderne (très effi¬
cace sans nul doute), de la gousse charnue à arille. La graine arillée n’a
pas survécu chez les Papilionacées modernes.
Adenanlhera (Mimos.), Ormosia, Erylhrina, A brus (Papilion.). — Ces
quatre genres ont des graines dures et rouges, sans arilles, qui pendent
au bout des funicules persistants, des valves de la gousse sèche. Pour¬
quoi? Comme dans le cas du Durian, il faut admettre toute une évolution
pour interpréter ces graines bizarres et magnifiques. Mais, de quelle
évolution s'agit-il?
Chez Adenanlhera bicoloret quelques espèces d’Ormosia (fig. 11, A) et
d’Erylhrina, les graines sont en partie noire et en partie rouge. La zone
rouge est celle du hile et du micropyle, la zone noire est celle de la chalaze.
Source : MNHN, Paris
— 438
Il semble qu’il y ait là un « transfert de fonction » (Corner, 1949) : l’arille
a disparu (Adennnlhera ), ou s’est réduit à un bourrelet (Papilionacées),
mais sa coloration rouge a été transférée à la graine par envahissement à
partir de l’extrémité du funicule où normalement il se développe. Ainsi,
ces graines bicolores sont une étape entre la graine noire à arille rouge et
la graine rouge sans arille. Les graines noires et rouges, peu nombreuses
Fig. 9. — Mucunn ulilis (Papilion.) : A, gousse mûre ouverte pour montrer les graines; B, graine
vue du côté du bourrelet ariilaire oblong qui entoure le hile; B', graine en coupe dans le
plan des cotylédons ( x 1); C, coupe transversale du hile et du funicule d'une graine pleine
mais immature montrant la tête du funicule dilatée en arille et le faisceau vasculaire du
funicule en communication avec le massif de trachéide du hile; on distingue à l'extrémité
du funicule le parenchyme aérifèrc de rupture (X 7 1; a, arille; c, cotylédons; eau, cavité
de la gousse; g, paroi de la gousse; h, hile; m, micropyle; I, tégument séminal; fr, massif
de trachéides sous le hile. D, coupe transversale du hile d'une graine mûre sèche : le
bourrelet ariilaire est attaché à la palissade du tégument séminal par la voûte pallissadique
du hile ( x 7).
Source : MNHN, Paris
— 439 —
et relativement rares, sont des reliques 1 . Mais chez A brus, une inversion
semble avoir eu lieu ; peut-être est-ce une mutation qui a perturbé le cours
normal de l’évolution : la partie rouge est du côté de la chalaze, la parti
noire entoure le hile. De telles anomalies se rencontrent également chez
Erylhrina. En tout cas, il y a manifestement quelque chose à apprendre,
même des graines bicolores.
Les graines rouges, malgré leur dureté, sont consommées en grande
quantité par les oiseaux à bec robuste; elles attirent l’œil des perroquets
et ont un tégument si dur que leur germination est impossible tant que
ces oiseaux ne les ont pas fissurées.
Un exemple parallèle se trouve chez les Guarea (Méliacées) dont les
graines rouges sans arille sont superficiellement tout à fait semblables
aux graines de Dysoxylon (Méliacées), entièrement revêtues d’un arille
rouge. Dans les deux cas, le pigment rouge se trouve dans l’épiderme.
Arillodes. — Un funicule charnu, rouge, rose, jaune ou blanc, est
appelé arillode (Pfeiffer, 1891). C’est évidemment le cas du long funicule
auquel a été transféré, chez les Césalpiniées et les Mimosoïdées, la fonction
de l’arille, pendant que ce dernier disparaissait. La figure 11 B montre la
facilité avec laquelle on peut concevoir le déplacement et le transfert
des caractères arillaires. Chez les Légumineuses, l’arille se développe à
partir de la région marquée a. Un déplacement, dans le temps ou dans
l’espace, de la différenciation des caractères arillaires peut transférer
ceux-ci en c, qui est le funicule, et on a alors un arillode. Ainsi, chez les
Acacia , il y a de nombreuses transitions entre les graines arillées, longue¬
ment funiculées, et les graines à arillodes (fig. 12). Un nouveau déplace¬
ment vers le placenta d produira les sacs placentaires rouges, ou fausse
arille, qui entourent les graines de Momordica (Cucurbitacées) ou le tissu
placentaire rouge qui enrobe les graines de plusieurs espèces de Bandia
(Rubiacées), et peut-être aussi de Pillosporum; finalement, lorsque le
déplacement atteint l’endocarpe e, on obtient la pulpe rouge des baies,
ou, si le rouge se change en jaune, la pulpe de la papaye, dans laquelle on
trouve souvent, à titre d’anomalies, des arillodes; éventuellement, on
aboutit de la même façon à la tomate ou à l’orange.
Graines rouges charnues. — Inversement, si les caractères arillaires
sont transférés â la région b, ils seront alors assumés par le tégument sémi¬
nal. On s’explique ainsi aisément la présence de téguments rouges, durs
ou pulpeux, dans les groupes arillés. De même que les graines rouges d’Ade-
nanlhera succèdent, pour ainsi dire, aux graines noires, arillées de rouge,
d'Acacia et de Pilhecellobium, de même, les graines rouges d’Iris / oelidis -
sima et de Gloriosa superba à funicules persistants dans des capsules
sèches loculicides, indiquent que les Liliacées eurent un ancêtre à arille;
1. Cf. N. Hallé, Présence de graines bicolores chez le Leuconiphalos capparideus
(Légum.-Sophor.) d'Afrique de l’Ouest A. E. T. F. A. T., Gênes 1963, sous presse. —
Source : MNHN, Paris
Fig. 10. - Desmodium Irifîorum (Papilion.) : A, graine vue du côté du hile ( X 25); B, coupe
longitudinale et C, transversale, du hile de la graine encore attachée à la paroi du fruit
dont la cavité est figurée en noir (X 25 et X 50); la graine se détache par la rupture du
parenchyme acrifèré du sommet du funicule et la voûte palissadique de ce dernier reste
fixée 5 la palissade du tégument séminal au niveau du hile; D, détail de la figure C mon¬
trant l'organisation typique de la graine de Papilionacée avec son arille microscopique en
bourrelet ( x 225). — a, bourrelet arillaire formé d’une assise unique de cellules épider¬
miques allongées; c, cotylédons; /, funicule; g, paroi de la gousse; le, lentille de cellules à
parois épaisses dans le tégument séminal; ni, micropyle; p, palissade; p', palissade du funi-
cule adhérente à celle du tégument séminal; pl, placenta, I, assise de cellules en verre de
montre du tégument séminal externe; V, couche principale du tégument externe; //, tégu¬
ment séminal interne; fr, massif de trachéides sous le hile; v, faisceaux vasculaires.
Source ; MNHN, Paris
— 441 —
ceci est confirmé par les baies rouges des Dracaena ; et la preuve en est
donnée par l’arille relique des Colchiques et des Asphodèles. De la même
façon, les graines rouges et pulpeuses des Magnoliacées rappellent les
graines à arille des Annonacées, Dilléniacées et Myristicacées ; les graines
rouges et pulpeuses de nombreux genres d’Euphorbiacées (Sapium,
Glochidiort, Aporosa, Cheilosa, Baccaurea) rappellent les rares graines
arillées de la famille, exactement comme les Garcinia (à tégument séminal
charnu) rappellent les Clusia (arillés) chez les Guttifères. Le genre Bixa
présente à la fois un tégument séminal pulpeux rouge et un arille rudi¬
mentaire.
Trois autres reliques. — Le genre Delonix (Césalpinioidées) com¬
prend deux espèces de l’Afrique orientale et de l’Inde péninsulaire. C’est
une distribution relictuelle ou lémurienne, bien connue. D. regia, le
Flamboyant, avait une aire limitée à Madagascar et était en voie d’extinc¬
tion quand il fut découvert en 1830. Il est maintenant largement multiplié
comme arbre d’ornement à cause de ses brillantes fleurs rouges qui mon¬
trent, dans leur symétrie, une primitive grandeur. Le fruit n’a pas encore
été correctement décrit. C’est une gousse sèche, massive, d’un brun cras¬
seux, en forme de sabre, de 40-60 cm de long, s’entrouvrant juste assez
pour permettre à une soixantaine de graines gris sombre, d’environ 2 cm
de long, de pendre au bout de leurs funicules, pendant des semaines, jus¬
qu’à décrépitude. Cet objet sordide, revivifié durianologiquement, devient
un sabre écarlate de deux pieds de long, à graines noires avec des arilles
rouges, et témoigne des formes ancestrales éteintes. Quelle autre interpré¬
tation donner du fruit de Delonix?
Le genre Archidendron comprend environ vingt espèces en Austro-
Malaisie. Ce sont des Mimosoïdées caractérisées par leurs fleurs à 5-15 car¬
pelles. Ce genre apparaît donc comme ayant le gynécée le plus primitif de
toutes les Légumineuses. Quels sont donc les caractères du fruit? Chaque
fleur, au moins chez les espèces australiennes, produit un faisceau de
grandes gousses charnues et rouges, jaunes à l’intérieur, et contenant un
grand nombre de graines noires luisantes qui pendent à de longs funicules
(voir la figure donnée par Bailey, en 1916). Il semble qu’il n’y ait pas
d’arille, mais, compte tenu des exemples des Sloanea, Durio, Slerculia,
Acacia, etc..., je ne doute pas que l’on puisse découvrir au moins une
espèce munie d’arille. Le fruit d’Archidendron, aussi bien que son gynécée,
est donc extrêmement primitif, et c’est la preuve vivante de la pathé¬
tique décadence du splendide Delonix.
Le funicule long de 1 à 6 cm, permettant à la graine de se balancer,
est caractéristique des Mimosoïdées, des Césalpinioidées et des Swartzioi-
dées, à l’exclusion des Papilionacées. Les espèces asiatiques de Parkia
(Mimos). ont des gousses indéhiscentes qui contiennent des rangées de
grosses graines à longs funicules grêles enroulés. Pourquoi? La longueur
de ce funicule si fin est plutôt nuisible, et elle est manifestement cause du
long retard qui affecte la maturation des gousses, du fait du rétrécisse¬
ment du canal nourricier de la graine (fig. 11, C). Mais, puisque c’est une
Source : MNHN, Paris
— 442 —
caractéristique de la graine « pendulante » des Acacia, Pilhecellobium et
Swarlzia, on peut dans le cas présent, concevoir ce long tunicule comme
une relique. Les gousses sont déhiscentes chez quelques espèces tropicales
américaines de Parkia, et les graines pendantes sont mangées par les
perroquets. L’Ara rouge paraît en elTet se nourrir en grande partie, aux
dépends d’un Parkia à fleurs rouges du bassin de l’Amazone.
La toulTe de gousses de Parkia, portée par le renflement capité clavi-
forme d’un long pédoncule, ressemble à une tête allongée d’Archidendron ;
mais, au lieu que ce soit le produit d’une fleur unique, c’est le produit
composé des fleurs unicarpellées du capitule de Parkia. Ainsi, le Parkia
représente un Archidendron au second degré, de même qu’un capitule de
Composées est une fleur au second degré. Ces deux exemples ont pour
cause un complexe transfert de fonction au niveau des structures embryon¬
naires. En tous cas, il est intéressant de constater que Parkia, genre isolé
Source : MNHN, Paris
— 443
d’arbres tropicaux, à fleurs hautement spécialisées groupées en capitules
(les inférieures sont même stériles et « attractives » comme chez les Com¬
posées), conservent les caractères essentiels du bouquet de gousses arillées,
comme s’il y avait une pré-détermination, d'origine ancestrale.
Conclusion : Le fruit primitif des Légumineuses était un bouquet de
grandes gousses polyspermes, rouges et charnues, à graines noires, recou¬
vertes chacune d’un arille rouge et pendant au bout d’un long funicule.
Ces gousses étaient peut-être épineuses, d’un demi-mètre ou un mètre de
Source : MNHN, Paris
- 444 -
E
F
Fig. 13. — A à D, Bocconia /rutcscens (Papav.) X 3 : A, fruit avant la déhiscence; B, idem
après la chute des valves, laissant le replum qui supporte par un funicule la graine unique :
C, la graine est noire avec l’arille rouge; D, graine dénudée montrant la plage blanche où
s'attache l’arille. — E, Corydalis lulea (Fumar.) fruit après déhiscence et F, graine munie
de son arille rudimentaire, grossis (d'après Payer, Traité d'Organogénie, t. 50, f. 14 et 15,
Source : MNHN, Paris
— 445 —
long, avec une cinquantaine de graines, et peut-être même se tenaient-elles
dressées (cf. Penlaclelhra).
Vérification. -— La seule famille qui ait quelques affinités avec les
Légumineuses est celle des Connaracées. Beaucoup de genres de Conna-
racées ont des gousses rouges et des graines noires, avec des arilles rouges
ou jaunes (couvrant principalement la partie inférieure de la graine).
Chez quelques genres comme Cnestis, les cinq carpelles d’une même fleur
se développent de cette manière et leurs fruits ressemblent à ceux des
Sloanea et des Slerculia. Les Annonacées sont peut-être voisines : chez
Xylopia par exemple, on trouve le même ovaire apocarpique et polycar-
pique développé en un bouquet de follicules à arilles. Mais, l’évidence
montre que les Légumineuses sont une des séries les plus isolées des plantes
à fleurs et pourraient constituer à elles seules une des principales subdivi¬
sions des Dicotylédones.
AUTRES EXEMPLES
Bocconia. — En 1947, j’ai vu dans une vallée des environs de Bogota,
quelques arbustes à feuilles pennées, qui ressemblaient à des palmiers.
Le D r Enrique Perez-Arbelaez, le botaniste de Colombie, me dit que
c’était de jeunes pieds d’une Papavéracée du genre Bocconia, dont les
deux seules espèces connues sont des arbres atteignant 10 à 15 m de hau¬
teur. Après réflexion, alors que j’entendais pour la première fois parler
d’un pavot arborescent, je suggérai que cette plante devait avoir d’assez
grosses graines noires à arilles rouges ; je ne connaissais pourtant chez les
Papavéracées que les minuscules graines des Pavots et de leurs alliés.
Le D r Perez-Arbelaez se souvint qu’il en avait récolté, et, rapidement,
nous trouvâmes ces fruits. C’était des sortes de petites capsules jaunâtres,
charnues et loculicides, de 12 X 7 mm, contenant 1 (rarement 2) graines
noires de 7 X 3 mm avec un arille rouge autour de leur base : la graine
pend d’un replum annulaire persistant (fig. 13, A-D). Ma déduction fut
donc vérifiée, et elle constitue en faveur de la théorie du Durian, un des
arguments les plus frappants que j’aie pu rencontrer. On peut opposer à cela
les arilles minuscules, ou strophioles, des graines de Chelidonium et des
Fumariacées, mais Bocconia est bien une relique vivante.
Aesculus. — Les fruits épineux et loculicides du Marronnier d’Inde,
avec leurs grosses graines brunes entourées d’un épais endocarpe blanc,
ressemblent si étroitement à de petits Durians, qu’en 1946, j’ai soigneuse¬
ment étudié le développement de ces fruits pour voir s’ils possédaient une
trace d’arille : mes recherches furent vaines. Mais le D r Dugan, professeur
de Botanique à l’université de Bogota, m’a appris que le genre colombien
et centre-américain Billia a des graines arillées, bien que ses fruits soient
dépourvus d’épines.
(A suivre.)
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
INFORMATIONS
CINQUIÈME RÉUNION PLÉNIÈRE DE L’A. E. T. F. A. T.
A l’Institut Botanique de Gênes, le 9 septembre 1963, s’ouvrait le
5 e congrès de l’A. E. T. F. A. T. sous la présidence de M. le Recteur de
l’Académie, le Professeur Geroloma Orcstano, qui dans son discours de
bienvenue, souligna en tant que pharmacien, l’importance des détermina¬
tions taxinomiques exactes pour les applications pharmacologiques des
plantes. Puis M. le Professeur Pichi Sermoli, Secrétaire Général de
l’A. E. T. F. A. T. de 1960 à 1963, retraça l’histoire de l’Institut Bota¬
nique de Gênes, des origines à nos jours.
Trois thèmes principaux étaient proposés : « Les progrès réalisés dans
la préparation des Flores d’Afrique ». sujet qui fut exposé par un repré¬
sentant de chaque pays : M me Le Thomas (Madagascar, Gabon, Cameroun),
M Ue Schrieber (South W. Africa), MM. Fernandes (Angola), Hepper
(West Africa), Léonard (Congo), Milne-Redhead (East Africa), Pichi
Sermoli (Éthiopie), Robson (South Africa). Le second thème était voué
à « la connaissance de la flore des régions de l’Afrique tropicale ». Il fut
illustré par les communications de MM. Evrard, Léonard, Roberty et
White. Le troisième thème fut consacré « aux éléments phytogéogra-
phiques en Afrique et aux affinités entre la flore d’Afrique tropicale et
celle des autres continents ». Sur ce sujet ont été entendus les exposés de
MM. Aubréville, Baden, Boughey, Brenan, Cavaco, Evrard, Hedberg,
Hepper, Léonard, Tennant et Wild. Outre ces trois thèmes principaux
de nombreuses communications d’ordre systématique et taxinomique
ont été présentées par : M me Raynal, M Ile Keraudren, MM. Assemien,
Aymonin, Cufodontis, Fernandes, Hallé, Miège, Mendès, Pereira de Sensa
et F. Mendoça, Pitot, Prance et Roberty.
Le 14 septembre cette réunion s’est terminée à Florence. M me Dr. Elena
Maugini, Directrice de l’Institut Botanique, fit visiter la bibliothèque,
l’herbier comportant d’importantes collections d’Afrique orientale, et le
jardin botanique.
Tous les membres de l’A. E. T. F. A. T. se sont chaleureusement
associés aux remerciements qui ont été exprimés à M. le Professeur Pichi
Sermoli pour le rôle de Secrétaire général de l’association qu’il assuma
avec tant de compétence et de dévouement pendant ces trois dernières
années. A l’unanimité, son remplaçant a été désigné en la personne de
M. le Professeur Hedberg et le prochain rendez-vous a été fixé à Stock¬
holm en 1966.
Source : MNHN, Paris
— 448 —
FLORE DE MADAGASCAR ET DES COMORES
R. Capuron, Rhopalocarpacées. — 127 e famille, 42 p., 7 pl. —7 F.
Cette famille spéciale à Madagascar comprend 2 genres et 14 espèces
toutes arborescentes.
Illustration de M lle Godot de Mauroy.
FLORE DU CAMBODGE, DU VIETNAM ET DU LAOS
Fascicule 3 : A. Aubréville, Sopotacées. — 105 p., 16 pl. —- 22 F.
Cette importante famille tropicale comprend 13 genres et 45 espèces
représentées soit par des arbres, des arbustes ou même des arbrisseaux.
Illustration de M Ue Saussotte-Guérel.
Source : MNHN, Paris
TABLE ALPHABÉTIQUE
DES NOMS D’AUTEURS DU TOME III
Adjanohoun E. — Un Andropogon nouveau de la section Pieslium
(Graminées). 401
Aubréville A. — Notes sur des Sapotacées. 19
Aubréville A. — Classification des formes biologiques des plantes
vasculaires en milieu tropical. 221
Aubréville A. — Notes sur des Sapotacées africaines. 226
Aubréville A. — Notes sur les Poutériées océaniennes (Sapotacées) 327
Aubréville A. — Sur deux genres indo-malais de Pierre, Mixandra
et Diploknema . 336
Aubréville A. — Propos biotropicaux sur une carte bioclimatique
de la zone méditerranéenne. 338
Bernardi L. — Considérations phytogéographiques et morphogéné¬
tiques sur le genre Weinmannia (Cunoniacées). 404
Bolos, de A. — Tournefort et Jaume Salvador. 3
Boughey A. S. — The explosive development of a floating weed
végétation on lake Kariba. 49
Capuron R. — Révision des Tiliacées de Madagascar et des Comores
(l re partie). 91
Capuron R. — Contributions à l’étude de la Flore de Madagascar
(Turnéracées, Oclolepis, Neclaropelalum) . 130
Capuron R. — Contributions à l’étude de la Flore de Madagascar
(XI, Macadamia, Protéacées; XII, Bubbia Perrieri, Wintéracées ;
XIII, Drypeles thouarsiana; XIV, Ardisia, Myrsinacées; XV,
Diegodendron, Diegodendracées; XVI, Schizolaena Sarcolaenacées 370
Corner E. J. H. — La théorie du Durian ou l’origine de l’arbre
moderne (adaptation française : N. et F. Hallé) l re partie. 422
Fouilloy R. et Hallé N. — Lauracées nouvelles : Quatre Beil-
schmeidia du Gabon. 240
Hallé N. — Délimitation des genres Sabicea Aubl. et Ecpoma K.
Schum. en regard d’un genre nouveau : Pseudosabicea (Mus-
sendeae, Rubiaceae) . 168
Hallé N. — Espèces africaines nouvelles de Berliera (Rubiaceae).. 294
Humbert H. — Les Gentianacées de Madagascar. 343
Keraudren (M lle M.). — Zombilsia, genre de Cucurbitacées endé¬
mique de Madagascar. 167
Leandri J. — Un botaniste français pionnier de la floristique bré¬
silienne : Auguste-François-Marie Glaziou (28 août 1828-30 mars
1960) et ses collections au Muséum. 5
Source : MNHN, Paris
— 450 —
Leandri J. — Notes sur les Urticacées malgaches. 78
Leandri J. — Addition aux Moracées introduites à Madagascar.... 89
Leandri J. — Louis Pierre, botaniste de terrain et systématicien
français (1833-1905). 207
Leandri J. — Une espèce nouvelle du genre Tisonia (Flacour-
tiacées) à Madagascar. 232
Leandri J. — Les « Familles des Plantes » d’Adanson (1763) à leur
second centenaire. 313
Léonard J. — Contribution à la connaissance des Euphorbiacées
du Cameroun. 62
Le Thomas (M me A.). — Notes systématiques sur les Annonacées
africaines et malgaches (Popowia, Enneaslemon, U varia) . 287
Lourteig (M ,Ie A.). — Cari Johan Fredrik Skottsberg (1880-1963).. 310
Pellegrin F. — Charles Tisserant, botaniste et ethnologue (1886-
1962) . 203
Rauh W. — Quelques remarques complémentaires sur Y Alluaudiop-
sis marnieriana Rauh. 43
Raynal J. — Notes cypérologiques. I. —- Afrolrilepis, nouveau
genre africain. 250
Rethoré (M Ue J.). — Notes palynologiques sur quelques espèces
malgaches attribuées à la famille des Flacourtiacées. 236
Schnell R. — Convergences hétéroplastiques, inductions mor¬
phogènes et caractères taxinomiques. 354
Schnell R. et Cusset G. — Remarques sur la structure des Podos-
témonacées . 358
Stehlé H. — Notes taxinomiques et écologiques sur des Composées
nouvelles ou rares des Antilles françaises (28 e contribution-
suite) . 178
Tardif.ü-Blot (M me M. L.). — Une Sélaginelle nouvelle du Came¬
roun . 350
Vidal J. — Le genre Neillia (Rosacées). 142
Virot R. et Guillaumin A. — Révision du genre Dubouzelia (Panch.
mss.) Brongn. et Gris (Elaeocarpacées). 266
La préparation du Tome III (fasc. 1, 2 et 3) a été assurée par A. le Thomas (M"“).
La table alphabétique des unités taxinomiques étudiées ou citées dans le volume III
été établie par M” 1 ®’ A. Le Thomas et 0. Lecompte.
Source : MMHN, Paris
TABLE ALPHABÉTIQUE
DES UNITÉS TAXINOMIQUES
ÉTUDIÉES OU CITÉES DANS LE VOLUME III
Les noms de GENRES sont en capitales; les noms de sous-genres, d’espèces,
variétés et formes sont en caractères courants romains; les noms de GENRES NOU¬
VEAUX et d’espèces nouvelles sont en égyptiennes; les synonymes sont en italique.
Les numéros renvoient aux numéros des pages.
ABRUS Adans., 437
ACACIA Willd., 443
ACHRAS L.
xerocarpa F. v. M. ex Benth., 335
zapota L., 23, 24, 25
ACROTREMA Jack, 431
ADENANTHERA L., 437
ADENILEMA Blume,
/allax Blume, 152
AUVENT IN A Raf.
ciliata Raf., 195
AEGICERAS Gaertn., 380
AESCULUS L., 445
AFRARDISIA Mez
didymopora H. Perr., 380, 382
AFIiODAPHNE Stupf, 240
AFROTRILEPIS (Gilly) J. Raynal, 250
jaegeri J. Rayn., 258, 259.
pilosa (BOck.) J. Rayn., 254, 258
var. trichocarpa J. Rayn., 259
ALLUAUDIOPSIS Humbert et Choux
emend Rauh
flherenensis Humb. et Choux, 47
marnieriana Rauh, 43, 44
AMHERSTIA Wall., 437
ANDROPOGON L.
amplectens Nees, 403.
ivorensis Adj. et Clayt., 401
schirensis Hochst. et A. Rich., 401
ANTISTROPHE A. DC., 381
AP1NAGIA Tul., 359, 363, 365, 367
APPOLONIAS Nees, 240.
APOROSA Blume, 441
ARCHIDENDRON F. Muell., 441
ARDISIA Swartz
ss. gen. Akosmos Mez, 382
ss. gen. Madardisia R. Cap., 382
bahamensis (Gaertn.) DC., 382
didymopora (H. Perr.) R. Cap., 381,
382
procera R. Cap., 384
ARILLARIA Kurz
robusta Kurz, 437
ATOPOSTEMA Boutique
angusli/olia Boutique, 295
klainii (Pierre ex Engl, et Diels)
Boutique, 290
ATRACTOGYNE Pierre, 294
AUSTROMIMUSOPS Meeuse, 42
cuneala (Engl.) Meeuse, 42
dispar (N. E. Br.) Meeuse, 42
marginala (N. E. Br.) Meeuse. 42
sylveslris (S. Moore) Meeuse, 42
B
BACCAUREA Lour., 441
BARTBAMIA Gaertn.
indica L., 127
B ASS IA Koenig.
albescens Griseb., 23
bulyrana Roxb., 336
BEAUVISAGEA Pierre, 330
BECCARIELLA Pierre
laurifolia (Richard) Aubr., 335
queenslandica (van Royen) Aubr..
335
xerocarpa (F. v. M. ex Benth.) Aubr.,
335
BEILSCHM1EDIA Nees.
cinnamomea (Stapf) Rob. et Wilcz.,
248
congolana Rob. et Wilcz., 240
Source : MNHN, Paris
— 452
dinklagei (Engl.] Rob. et Wilcz., 242
fruticosa Engler, 242
georgii Rob. et Wilcz., 248
jabassensi (Engl, et Kr.) Kostcrmans,
245
kostermansianae Rob. et Wilcz., 245
louisii Rob. et Wilcz., 240
mexicana (Mez) Kostermans, 240
neoletestui R. Fouilloy et N. Halle,
241, 243, 246
oppositifolia Benth. et Hook., 240
opposila Kosterm., 240
paulocordata R. Fouilloy et N. Halle,
243, 245
pellegrini R. Fouilloy et N. Hallé,
243, 248
preussii Engl., 243
preussioides R. Fouilloy et N. Hallé
241, 243
roxburghiana Nees, 240
sericans Kosterm., 240
sericea Teschn., 240
yangambiensis Robyns et Wilczek, 241
BELANGERA Cambess., 407
BELLIOLUM v. Thiegh. 373, 376
BERTIERA F. de Aublct
adamsii (Hepper) N. Hallé, 177, 295,
297
aequatorialis N. Hallé, 297
aethiopica Hiern, 296, 297, 306
batesii Wernh., 297
bequaerlii de Wild., 306
bracteolata Hiern, 177, 295, 296, 297,
306
breviflora Hiern, 297
capitata de Wild., 295, 296, 297
chevalieri Hutch. et Dalz., 295, 297
congolana Wildem., 296
Ombriata (A. Chev. ex Hutch. et
Dalz.) Hepper, 295, 296, 297
grandis Mildbr. nom., 294
guyanensis F. de Aublet, 294, 297
ituriensis K. Krause, 296, 297, 306
jollyana Pierre msc., 306
laurentii de Wild., 297
laxa Benth., 296, 297
var. bamendae Hepper, 296
laxissima K. Schum., 296, 297
letouzeyi N. Hallé, 297
longithyrsa Baker, 297
loraria N. Hallé, 297, 300
lujae de Wild., 296, 297
montana Hiern, 295, 296
pedicellata (Hiern) Wernh., 297
racemosa (G. Don) K. Schum., 295,
296, 306
simplicicaulis N. Hallé, 296, 297,
299
spicata (Gaertn. (.), 297
slenolliyrsa (K. Schum.) msc., 306
subsessilis Hiern, 297
lenuiflora Wernham, 306
tisseranlii N. Hallé, 306
tholionii N. Hallé, 297
thonneri de Wild. et Dur., 297
troupinii N. Hallé, 297. 300
ubugurensis Mildbr., msc., 294
zaluziana Gaertn., 297
zenkeri Mildbr. nom., 294
BILLIA Peyr., 445
BIXA L., 441
BOCCONIA L., 444
BRACHYRAMPHUS DC.
caribaeus DC., 198
caribaeus Stahl, 198
intybaceus (Jacq.) DC., 198
BR1DELIA Willd.
atroviridis Miili. Arg., 62
ferruginea Benth., 63
micrantha (Hochst.) Baill., 63
ndellensis Beille, 63
stenocarpa Müll. Arg., 64
BUBB1A v. Thiegh.
perrieri R. Capuron, 373, 374
BUREAVELLA Pierre
doonsaf (van Royen) Aubr., 332
endlicheri (Montr.) Aubr., 332
maclayana (F. v. Mueller) Pierre, 334
macrantha (Merrill) Aubr., 331
unmarkiana (Bailey) Aubr., 332
villamilii (Merrill) Aubr., 331
wakere (Pierre) Aubr., 332
xylocarpa (White) Aubr., 332
C
CACALIA Ktzc.
coecinea Sims, 188
porophyllum L., 183
ruderalis Swr., 184
sonchi/olia L., 187
CALDCLUVIA Don, 411
CANSCORA Lam., 344
CARDUUS L.
mexicanus Moric., 197
CARPOD1PTERA Griseb., 91
africana Mast., 94, 97
boivini Bail!., 94, 97, 98
cubensis Griseb., 97
Source : MNHN, Paris
453
sansibarensis Burret, 97
schomburgkii Baill., 97
CASEARIA Jacq.
arguta H. B. et K., 238
lucida Tul., 238
viililimba Merrill., 238
CASTELNAVIA Tul. et Wedd.,
princeps Tul, et Wedd., 358
CATAGYNA P. Beauv. ex Lestib.
pilnsa (BOck.) Hutch., 258
CAVACOA J. Léonard
quintasii (Pax et K. Hoffm.) J. Léo¬
nard, 64
CHAETACME Planch.
madasgariensis Bak., 89
CHAPTALIA Vent,
nutans (L.) Polak., 190
subcordala Greene, 190
CHE1LOSA Blume, 441
CHIRONIA L., 344
CHRIST1ANA DC.
africana DC., 93
madagascariensis Bâillon, 93
CHRYSOPHYLLUM L.
belemba de Wild., 231
caslanospermum White, 329
claessensi de Wild., 231
ielesluanum A. Chev., 231
penlagonocarpum Engl, et Krause, 231
CHTHONIA Cass.
humi/usa Cass., 178
repens Cass., 178
CIRSIUM Adanson
mexicanum DC., 197
porioricense Petrak, 197
CL A THROSPERM UM Planch. ex Benth.
et Hook.
klaineanum Pierre nom., 290
manii Oliver, 291
CLEIDION Blume
gabonicum Baill., 64
CLEISTANTHUS Hook. f. ex Planch.
bipendis Pax, 67
camerunensis J. Léonard, 65
letouzeyi J. Léonard, 65, 66
polystachyus Hook. t. ex Planch., 67
zenkeri Jabl., 67
CLUSIA L., 441
CNESTIS Juss., 445
CNICUS L.
porloricensis Kuntze, 197
COLEOCHLOA Gilly, 252
abyssinica (Hochst. ex A. Rich.)
Gilly, 254
setifera (Rydley) Gilly, 255
CONANDR1UM Mez, 381
CONNARUS L., 431
CONYZA L.
cinerea L., 192
CORCHORUS L.
aculangulus Lamarck, 119
aestuans L., 117, 119
capsularis L., 112, 117, 119
fascicularis DC., 117
greveanus Bâillon, 116
hamalus Baker, 116
hirtus L., 117, 119
var. pilobolus (Link.) K. Sch., 117,
119
olitorius L., 119, 123
roslralus P. Danguy, 109
tridens L., 119, 121
trilocularis L., 117, 121
CORYDALIS Vent.
lutea DC., 444
COUSSAPOA Aubl.
lalifolia Hast., 90
nilida Miq., 90
CROTOGYNE Müll. Arg.
aff. giorgii de Wild., 69-
preussii Pax, 69
CROTON L.
leuconeurus Pax, 68
macrostachyus Hochst. ex Del., 68
oligandrus Pierre ex Hutch., 68
sylvaticus Hochst. ex Krauss, 68
CRYPTOCARYA R. Br.. 240, 242
CRYPTOGYNE Cass.
gerardiana Hook. f., 86
CRYPTOPETALON Cass.
elongalum Cass., 181
CTENARDISIA Ducke
speciosa Ducke, 381
CUDRAN1A Tréc.
cochinchinensis (Lour.) Kudo et Masa-
mune, 89
CÜLLENIA Wight, 429
CUNON1A L., 404
capensis, 408
pterophylla Schltr., 408
CYPERUS L., 258
Source : MNHN, Paris
- 454 —
DEBREGEASIA Gaudich.
velutina Gaudich. 88
DEGENERIA, 373
DELONIX Raf.
regia Raf., 441
DESMODIUM Desv.
trillorum DC., 440
DETARIUM Juss.
senegalense. Gmel, 434
D1ALYCERAS R. Capuron, 390
DIEGODENDRACEAE R. Capuron,
385
DIEGODENDRON R. Capuron, 385
humberti R. Capuron, 380
D1LOBEIA Thou.
thouarsii R. et S., 370
DIPLOKNEMA Pierre
butyraceoides (Scott.) H. J. Lam, 337
oligomera H. J. Lam, 337
sebifera Pierre, 337
DISCOGLYPREMNA Prain
caloneura (Pax) Prain, 69
DON ELLA Pierre ex Baill.
lelestuana (A. Chev.) Pellegr., 231
penlagonocarpa (Engl, et Krause)
Aubr. et Pellegr., 231
ubangiensis (de Wild.) Aubr., 231
DRACAENA L., 441
DRIMYS J. R. et G. Forst., 873
DRYPETES Vahl
bathiei R. Cap. et J. Leandri, 379
capuronii J. Leandri, 379
stipulacea J. Leandri, 379
thouarsiana (Baiil.) R. Capuron, 378
DUBOUZETIA Pancher msc., Brongn.
et Gris
acuminata J.A. Sprague, 268, 282
campanulata Pancher, msc. ex Brongn.
et Gris, 268
var. campanulata, 267, 270
var. glabrescens R. Virot, 267, 270
var. tomentosa Virot nom., 270
caudiculata T.A. Sprague, 268, 278
confusa A. Guillaumin et R. Virot,
267, 272.
elegans Brongniard et Gris, 268, 279
guillauminii R. Virot, 268, 277
kriegeri Vieillard nom., 283
leionenema Sprague, 268, 283
parvi/lora, Brongniard et Gris, 279
villosa Vieillard nom., 278
DUCOSIA Vieill. ex Guillaumin
/ulgens Vieillard nom., 268
DURIO Adanson
zibethinus Murr., 427, 429
DUVIGNEAUDIA J. Léonard
inopinata (Prain) J. Léonard, 69
DYSOXYLON Bartl., 431, 439
E
EPCOMA K. Schum., 168, 173, 295.
apocynaceum K. Schum., 168, 173
bicarpellata (K. Schum.) N. Hallé, 173
cauliflora (Hiern) N. Hallé, 173
geantba (Hiern) N. Hallé, 173
gigantostipula (K. Schum) N. Hallé,
173
hierniana (Wernh.) N. et F. Hallé,
173
EGLETES Cass.
domingensis Cass., 184
prostata (Sw.) Kuntze, 184
EM IL IA Cass,
coccinea (Sims) Sweet, 188
flammea Duss, 188
sagitlala Duss, 188
soncbifolia (L.) DC., 187
ENISCOSTEMMA Blume, 345
ENNEASTEMON Exell
angolensis Exell, 292
seretii (de Wild.) Rob et Ghesq., 292
var. tisserantii Le Thomas, 292
vogelii (Hook. f.) Keay, 290
EPALTES Cass.
brasiliensis DC., 193
ERBL1CHIA Seeman, 130
madagascariensis O. Haflm., 135
ERECHT1TES Raf.
agrestis (Sw.) Rydb., 187
hieracifoiia (L.) Raf., 186
var. cacalioides Eggers, 186
per alla Raf. 186
valerianaefolia (Wulff) DC., 186
ERIOSPORA Hochst., 251, 252, 258
abyssinica Hochst. ex A. Rich, 250
pilosa (BOck.) Benth., 253, 258
var. longipes C.B. Clarke, 258, 259
ERYTHR1NA L., 437
ERYTHROXYLUM P. Br.
eligulatum Perrier, 141
EUPLASSA Salisb., 372
EXACUM L.. 344
Source : MNHN, Paris
455
EXCŒCARIA L.
guineensis (Benth.) Müll. Arg., 70
EXOSPERUM v. Tbiegh.
lecarti v. Thiegh., 376
FAUCHEREA Lecomte
ambrensis R. Capuron msc., 24, 28
hexandra Lecomte, 27
laciniata Lecomte, 28
manongarivensis Aubr., msc., 24-28
marojejyensis R. Capuron msc., 24-28
parvifolia Lecomte, 28
thouvenotii Lecomte, 28
urschii R. Capuron msc., 28
FAUREA Harv.
forficuliflora Bak., 370
FINTELMANNIA Kunth
reslioides Kunth, 250
FONTBRUNEA Pierre
uzoniensis (Merrill) Aubr., 333'
malaccensis (Clarke) Pierre, 333
FRANCHETELLA Pierre
unilocularis (Donn. Sm.) Aubr., 21
G
GAL1NSOGA Ruiz et Pav.
caracasana (DC.) Sch. Bip., 194
ciliata (Raf.) Blake, 195
GARCININIA L., 441
GEISSOIS Labill., 407
GENTIANOTHAMNUS Humbert, 345
GEOPHILA D. Don
leucocarpa K. Krause, 296
GEVUINA Mol., 372
GLOCHIDION Forst., 441
GLORIOSA L.
superba L., 439
GNAPHALIUM L.
americanum Stabl, 185
indicum L., 185
purpureum Cook et Collins, 185
GREW1A L., 92, 103.
GROSSERA Pax
macrantha Pax, 70
paniculata Pax, 70
GUAREA Allem., 439
GUI OA Cav., 431
H
HAMEL IA Jacq., 294
HEBERDEN1A A. DC.
excelsa (Ait). A. DC., 382
HEINS1A DC., 294
HELICIOPSIS Sleumer, 372
H1CKSBEAC111A F. v. M., 372
HORMOGYNE DC.
cotini/olia A. DC., 332
HUFELANDIA Nees
coslaricensis Mez et Pittier
HYALOCALYX Rolfe
setifer Rolfe, 130
HYMENAEA L.. 437
HYMENANDRA A. DC., 381
HYMENOCARDIA Wall,
ulmoides Oliv., 71
INOCARPUS Forst., 437
INTSIA Thou.
bijuga Gray, 434
IRIS Touen. ex L.
foetidissima L., 439
1TEILUMA Bail!.
ralphiana (F. v. M.) Aubr., 335
ITURODENDRON de Wild.
bequaerti de Wild., 229
KERMADECIA Brongn. et Gris, 372
KLA1NEANTHUS Pierre ex Prain
gaboniae Pierre ex Prain, 71
KLEIN IA Jacq.
porophyllum Willd., 183
ruderalis Jacq., 184
KOBRES1A Willd., 250
royleana (Nees) Bûek, 253
LABOURDONNA1SIA Bojer
albescens Benth., 22
LABRAMIA A. DC.
bojeri A.D., 26, 27
costata (Pierre) Aubr., 26, 27
hexandra Lecomte, 28
louvelii R. Capuron msc., 26, 27
platanoides R. Capuron msc., 26, 27
sambiranensis it. Capuron msc., 26,27
Source : MNHN, Paris
456
LACTUCA L.
acarolia L., 198
canadensis L., 198
lloridana (L.) Gaertn. 198
inlybacea Jacq., 198
saliva L., 198
LAS1ANTHUS Jack
batagensis K. Schum., 300
repens Hepper, 295
LEPTOLAENA Dup. Thou., 390, 392
LEPTONYCHIA Turcz., 431
LERIA DC.
nutans DC., 190
LEUCOMPHALOS Benlh.
capparideus Benth., 439
LORENTEA Lag.
hum if usa Less, 179
polycephala Gardn., 181
LUCUMA Molina
caslanosperma (White) Wliilc el Fran¬
cis, 329
durlandii Slandl., 21
excelsa A. C. Smith, 21
luzoniensis (Merrill) H. J. Lam, 333
macranlha (Merrill) H. J. Lam, 331
occidentalis H. J. Lam, 330
sessiliflora White, 333
unmarkiana Bailey, 332
LYSIDICE Hance, 437
M
MACADAM IA F. v. M.
alticola R. Capuron, 370
hildebrandtii Steen., 372
praealta (F. v. M.) Bailey, 372
whelani (Bailey) Bailey, 372
MAGODENDRON Vink., 227
MALLOTUS Lour.
oppositifolius (Geisel.) Mail. Arg., 72
MANILKARA Rhecde ex Adans.
albescens ( Grise b.) Cronquist, 23, 25
amazonica (Hub.) Stand., 24
costata (Pierre) Dubard, 27
letouzei Aubr., 39, 40
paraensis (Hub.) Stand., 24
suarezensis R. Capuron msc., 26
MAPROUENEA Aubl.
ufricana Milll. Arg., 72
membranacea Pax et K. Hoffm., 73
MAREYA Bail!,
brevipes Pax, 73
MAREYOPS1S Pax et K. HofTm.
longifolia (Pax) Pax et K. Holtm., 73
MASTICHODENDRON (Engl.) Lam,
30, 32
capiri (A. DC.) Cronq., 31
racemosum (Lee.) Lam, 34
wighlianum (H. et A.) v. Royen, 32
MATR1CARIA Adans.
proslala Sw., 184
M1CRODRACOIDES Hua, 253, 262
MICRODESMIS Hook. f. ex Planch.
puberula Hook. f. ex Planch., 73
MICROPHOLIS Pierre
madeirensis (Baehni) Aubr., 21
mensalis (Baehni) Aubr., 21
M1LDBRAEDIA Pax
klaineana Hutch., 74
paniculata Pax, 74
ssp. occidentalis Léonard, 74
ssp. paniculata, 74
M1MUSOPS L.
albescens Hartog, 23
costala Hartog ex Baill., 27
coslala Pierre msc., 27
cuneala Engl., 42
dispar N. E. Br.. 42
marginala N. E. Br., 42
sylveslris S. Moore, 42
ubanguiensis de Wild., 231
M1XANDRA Pierre
butyracea (Roxb.) Pierre ex Dub., 336
MOMORDICA L., 439
MOURERA Aubl.
tluviatilis Aubl., 363, 364
MUCUNA Adans.
utilis Wall ex Wight., 438
MULGEDIUM Cass.
floridanum D.C., 198
MURIANTHE (Baill.) Aubr., 22
albescens (Griseb.) Aubr., 23
MURIEA Hartog
albescens Hartog (ex Baill.), 23
MYCET1A Reinw., 294
MYRISTICA L., 431
N
NECTAROPETALUM Engler, 141
NEESIA Blume, 429
NEILLIA Don, 142
affinis Hemsl., 155
var. aflinis, 147, 155
Source : MNHN, Paris
457 —
var. pauciflora (Rehd.) J. Vidal,
147
var, polygyna Cardot ex Vidal, 144,
147
fallax Blume, 146, 153
glandulocalyx Léveillé, 147, 160
gracilis Franchet, 144, 147, 157
hypomalaca Rehdcr, 161
lobata (Rehd.) J. Vidal, 144, 147
longiracemosa Hemsl., 163
var. lobala Rehder, 157
milsii Dunn, 158
pauciflora Rehder, 156
ribesioides Rehder, 161
rubiflora D. Don, 143, 147, 155
serratisepala U, 144, 146, 151
sinensis Oliv., 145, 160
var. caudala Rehder, 164
var. hypomalaca (Rehd.). 148, 161
var. ribesioides (Rehd.) J. Vidal,
148, 161
var. sinensis, 148, 160
sparsitlora Rehder, 145, 157
thibetica Bur. et Franchet, 163
var. caudata (Rehder) J. Vidal,
148, 164
var. duclouxii Cardot ex J. Vidal,
148, 163
var. thibetica, 148, 163
lliyrsi/lora Anet, 152
Ihyrsiflora auct. Franch., 155
thyrsiflora D. Don, 143, 152
var. thyrsiflora, 147, 153
var. tunkinensis J. Vidal, 147, 153
lunkinensis J. Vidal, 153
var. bibractiolata J. Vidal, 153.
uekii Nakai, 144, 147, 158
velulina Bur. et Franchet, 163
villosa W. W. S., 148, 161
virgala Wall., 153
NEPHEL1UM L., 431
NEUROLAENA R. Br.
lobata (L) R. Br., 185
O
OCTOLEPS1S Oliv.
dioïca R. Capuron, 138
fa. macrocarpa R. Capuron, 140
fa. oblanceolata R. Capuron, 140
OMPHALOCARPUM P. Beauv.
adolfl friedrici Engl, et Krause, 229
agglomeralum de Wild., 229
allia Chevalier, 228
anocenlrum Pierre ex Engl., 229
bequaerli de Wild., 229
bomanchensis de Wild., 229
Boyankombo de Wild., 229
brieyii de Wild., 229
busange de Wild., 229
claessensi de Wild., 229
congoense Pierre ex Engl., 229
elatum Miers, 229
ghesquieri de Wild., 229
injoloense de Wild., 229
laurenti de Wild., 229
lecomteanum Pierre ex Engl., 229
lescrauwaeli de Wild., 229
le-testui Pellegr., 228, 229
lujai de Wild., 229
mayumbense, 229
mildbraedii Engler et Krause, 229
morlehani de Wild-, 229
pachysleloides (Mildbr.) Hutch., 228,
230
pedicellalum de Wild., 229
pierreanum Engl., 229
procerum P. Beauv., 229
radlko/eri Pierre, 229
sankuruense de Wild., 229
sphaerocarpum de Wild., 229
Irillesianum Pierre ex Engl., 229
vermoeseni de Wild., 229
ONCOSTEMON Juss., 382
ORMOSIA Jack, 437, 442
PAHUDIA Miq.
javanica Miq., 432
PANOPS1S Salisb., 372
PARALABATIA Pierre
durlandii (Standl.) Aubr., 21
PARKIA R. Br., 441
PAROPSIA Nor.
integri/olia Claverie, 135
PAULLINIA L., 431
PECTIDIUM Less
punctalum Less, 182
PECT1S L.
carlhusianorum Duss, 180
ciliaris L., 180
ciliaris A. Rich., 181
elongata H. B. K., 181
febrifuga van Hall, 180
jloribunda A. Rich., 181
graveolens Klatt, 180
humifusa Sw., 178
lini/olia Less, 180
linifolia L., 182
martinicensis Urb., 192
plumeri Griseb., 181
Source : MNHN, Paris
— 458 —
prostala Griseb., 178
prostala Spreng., 178
punclala Jacq., 182
serpyllifolia Less, 178
sieberi DC., 178
slricla Willd., 181
swarlziana Borg. et Pauls., 180
tenella Hitch-, 181
tonuicaulis Urb., 178
PHYSOCARPUS Maxim., 144
P1CHON1A Pierre
balansana Pierre, 328
occidentalis (H. J. Lam) Aubr., 330
sessiliflora (White) Aubr., 330
PILEA Lindl.
alaotrae Leandri, 81
andrigitrencis Leandri, 80
balfourii Baker, 82
bemavirensis Leandri, 79
boiviniana Wedd., 79
callicometes Leandri, 80
capitata Bak., 80
humbertii Leandri, 78
ivohibeensis Leandri, 79, 86
lokohensis Leandri, 79, 80, 86
longifolia Bak., 79
longifolia Leandri, 86
macropoda Baker, 79
perrieri Leandri, 79
rivularis Wedd., 80
supersedens Leandri, 80, 82, 87
tetraphylla Blume, 80
tsaratananensis Leandri, 80
var. supersedens J. Leandri, 87
PIRESODENDRON Aubr., 19
ucuqui (Pires et Schultes) Aubr., 20
PIRIQUETA Aublet
antsingyae R. Capuron, 132, 133
bernieriana (Tul.) Urban, 132.
integrifolia (Claverie) R. Capuron,
132, 135
madagascariensis (O. Hoffm.) Urban,
132, 135
mandrarensis H. Humbert, 136
PITHECELLOBIUM Mart.
dulce Benth., 430
ellipticum Hassk., 432
PITTOSPORUM Banks., 439
PLAGIOSTYSLES Pierre
africana (Müll. Arg.) Prain, 74
PLANCHONELLA Pierre
colinifolia (A. DC.) Dub., 332
crassincrvia Dubard, 328
endlicheri (Montr.) Guill. et Bcauv.,
328, 332
lauri/olia (Rich.) Pierre, 335
lauterbachiana H. J. Lam, 330
longipes (Baill.) Aubr., 328
papyracea van Royen, 335
queenslandica van Royen, 335
racemosa Dubard, 32
ralphiana Dubard, 335
sessiliflora White, 330
wakere (Panch. et Séb.) Pierre, 328,
332
xerocarpa (F. v. M. ex Benth.) H. J.
Lam, 335
PLEIOMER1S A. DC., 381
POPOW1A Endl.
caulantha Exell, 291
cauliüora Chipp., 287
diclina Sprague emend. Chipp., 287
diclina Sprague, 291
ferruginea Cooper et Record, 291
glomerulata Le Thomas, 287
klainii Pierre ex Engl, et Diels, 288
var. angustifolia (Boutique) Le
Thomas, 291
lastoursvillensis Pellegr., 290
manii Engl, et Diels, 291
POROPHYLLUM Adans.
ellipticum Cass., 183
var. ellipticum Urban, 183
var. ruderale (Jacq.) Urban, 184
porophyllum Kuntze, 183.
ruderale Cass., 184
ruderale Griseb., 183
PORPA Blume
repens Blume, 125
POUTERIA Aubl.
acuminala (Baill.) Baehni, 328
balansa (Pierre) Baehni, 328
calomeris (Baill.) Baehni, 328
castanosperma (White) Baehni, 329
celebica Erlee, 328
doonsaf van Royen, 332
durlandii (Standl.) Baehni, 21
endlicheri (Montr.) Baehni, 328, 332
fîlipes Eyma, 21
garcinioides (Krause) Baehni, 328
grandifolia (Wallich.) Baehni, 328
lauterbachiana (H. J. Lam) Baehni, 330
longipes (Baill.) Baehni, 328
lucida (Burck) Baehni, 328
luzoniensis (Merrill) Baehni, 333
maclayana (F. v. Mueller) Baehni, 334
macranlha (Merrill) Baehni, 331
madeirensis Baehni, 21
mensalis Baehni, 21
meyeri Baehni, 21
novocaledonica (Engl.) Baehni. 328
Source : MNHN, Paris
— 459
occidenlalis (II. J. Lam) Baehni, 330
pancheri (Baill.) Baehni, 328
paucinervia Erlee, 328
sericea (Ait.) Baehni, 334
sessiliilora (Sw.) Poir., 333
solomonensis van Royen, 330
sylvalica (White) Baehni, 333
ucuqui Pires et Schultes, 19
villamilii (Merrill) Baehni, 331
wakere (Panch. et Séb.) Baehni, 328,
332
xylocarpa White, 332
PROCKOPSIS Baill.
hildebrantii Bâillon, 137
PSEUDOCORCHOREAE R. Capuron,
106
PSEUDOCORCHORUS R. Capuron,
92, 104
alatus R. Capuron, 107, 115
cornutus R. Capuron, 107, 110
danguyanus R. Capuron, 107, 109
greveanus (Baill.) R. Capuron, 107,
116
mamillatus R. Capuron, 107, 110
pusillus R. Capuron, 107, 112
PSEUDOLABATIA Aubr. et Pellegrin
fllipes (Eyma) Aubr., 21
PSEUDOSABICEA N. Hallé, 170, 295
Sect. Anisophyllae N. Hallé, 170
Sect. Floribundae Wernham ex N. Hal¬
lé, 172
Sect. Sphaericae N. Hallé, 170
arborea (K. Schum) N. Hallé, 172
batesii (Wernh.) N. Hallé, 170
floribunda (K. Schum) N. Hallé, 172
medusula (K. Schum ex Wernh.)
N. Hallé, 170
mildbrandii (Wernh.) N. Hallé, 170
mitisphaera N. Hallé, 170
pedicellata (Werhn.) N. Hallé, 172
proselyta N. Hallé, 172
segregata (Hiern) N. Hallé, 172
PSEUDOWEINMANN1A Engler 405
PSEUDOWINTERA Dandy, 373, 378
PSYCHOTRIA L., 295
PYCREUS Beauv., 258
PYRETHRUM Medik.
simplici/olium Willd., 184
R
RANDIA L., 439
RAPANEA Aublet, 381
RAVELANA Adans., 431
RI1AMNOLUMA Baill.
calomeris (Baill.) Aubr., 328
lauterbachiana (H. J. Lam) Aubr.,
330
novo-caledonica (Engl.) Aubr., 328
RHODOLAENA Thou., 390
RHOPALOCARPUS Bojer, 390, 391
ROUPALA Aublet, 372
S
SAB1CEA Aublet, 168
adamsii Hepper, 177, 296
angustilolia Wernh., 175
arborea K. Schum., 172
aspera Aubl., 168
balesii Wernh., 170
bicarpellala K. Schum., 173
capitellata Benth., 175
cauliflora Hiern, 168, 173
cinerea Aubl., 168
diversifolia Pers., 168, 175
floribunda k. Schum., 168, 172
geanlha Hiern, 168, 173
giganloslipula K. Schum., 173
hierniana Wernham, 168, 173
leucocarpa (K. Krausc) Mildbr., 295
medusula K. Schum. ex Wernh., 170
mildbraedii Wernh., 170
pedicellata Wernh., 172
pilosa Hiern, 168
segregata Hiern, 168, 172
sena Wernh., 175
speciosissima K. Schum., 173
venosa Benth., 169
SABOURAEA Leandri
sarmentosa Leandri, 238
SALVIN1A Micheli, 51
auriculata Aublet, 50
hastata Desv., 50
SAP1UM P. Br., 75, 441
cornutum Pax, 75
ellipticum (Hoscht. ex Krauss) Pax, 75
SAPOTA Gaertn.
endlicheri Montr., 332
SARCOLAENA Dup. Thou., 390, 392
SCHIZOLAENA Dup. Thou.
cauliflora Dup. Thou., 400
elongata Dup. Thou., 396, 397, 399
exinvolucrata Baker, 393, 394, 399
hystrix R. Capuron, 393, 399
laurina Baill., 393, 397
microphylla Perr., 400
parviflora (Gér.) Perr.,
pectinata R. Capuron, 396, 399
Source : MNHN, Paris
— 460 —
rosea Dup. Thou., 393, 397, 399
viscosa Gér., 398
SCHOENODENDRON Engl., 262
SCLERIA Berg,
hirtella Sw. 263
lacustris Wright, 263
pergracilis Kunth, 263
SEBAEA Soland., 344
SEBERT1A Pierre
acuminata Baill., 328
SELAGINELLA Beauv.
buchholzii, 353
raynaliana Tard., 353
SENECIO L.
confusus Britten, 189
hieraci/olius L., 186
lucidus (Sw.) DC., 188
sonchifolius Moench., 187
vulgaris DC., 190
SENECIOIDES Harv.
cinerea (L.) Knntze, 192
SERSALISIA R. Brown
laurifolia Rich., 335
sericea (Ait.) R. Brown, 332
sessiliflora (White) Aubr., 333
SIDEROXYLON L.
attenuatum A. DC., 34
beguei R. Capuron msc., 36
betsimisarakum Lee., 36, 37
bojerianum A. DC., 34
boutonianum A. DC., 34
buxi/olium Hutch., 34
collinum Lee., 36
diosphyroîdes Baker, 31
gerardianum (Kook.) Aubr.
grandillorum A. DC., 34
inerme L., 30, 31
lessertii Bak., 34
luzoniense Merrill, 333
macranlhus Merrill, 331
malaccence Clarke, 333
marginata Dec., 31, 36
mermulana Banks ex Lowe, 31, 36
var. edulis A. Chev., 36
meyeri Standl., 21
saboureaui R. Capuron msc., 36, 37
saxorum Lee., 36, 37
uniloculare Donn. Sm., 21
villamilii Merrill, 331
uiighlianum Hook. et Arn., 331
SINDORA Miq., 437
SINOSIDEROXYLON (Engl.) Aubr., 32
racemosum (Dubard) Aubr., 32, 33
whigtianum (Hook et Arn.) Aubr., 32.
33
S1PARUNA Aubl., 430
SLOANEA L.
javanica Ridley, 427, 430
SOL1DAGO L.
mexicana L., 194
microglossa DC., 194
sempervirens L., 194
serotina Ait., 194
SONCHUS L.
asper (L.) Hill, 191
floridanus L., 198
oleraceus L., 191
SPARMANNIA L. L, 92
abyssinica Hochst. ex A. Rich., 99
africana L. f., 98
discolor Baker, 98, 99, 101
var. cordata R. Capuron, 102
var. discolor, 101
var. subpalmala (Baker) Weimark,
102
discolor Weimarck, 101
ricinocarpa (Eckl. et Zeg.) O. Kuntze,
98, 100, 102
var. cinerea Weimarck, 100
ssp. subpalmata (Baker) R. Capu¬
ron, 103
subpalmala Baker, 99, 100, 102
SPEIROSTYLA Baker, 93
liliaelolia Baker, 93
SPILUMA Baill., 330
SPINILUMA (Baill.) Aubr.
buxifolia (Hutch.) Aubr., 34
oxyacantha (Baill.) Aubr., 31, 34
SPIRAEA L.
rubiacea Wall., 155
SPONDIANTIIUS Engl,
preussii Engl.
var. glaber (Engl.) Engl., 75
STELECHANTER1A Bremek.
thouarsiana Baill., 378
STEPHANANDRA Sieb. et Zucc., 144
STERCULIA L.
macrophylla Vent., 428
STUPULAR1A Beauv., 169, 295
africana Beauv., 169
SWERT1A Ail., 345
SYNSEPALUM DC.
dulcificum (Schum.) Baill., 40
letouzei Aubr., 38, 39
Source : MNHN, Paris
— 461
TABERNAEMONIANA L., 431
TACHIADENUS Griseb.
antaisaka llumb., 347, 351
boivinii Humb., 347, 349
carinatus Griseb., 345
elalus Hemsl., 351
gracilis Griseb., 347
longiflorus Griseb-, 347
longirolius Sc. EU., 345
parviflorus Bak., 351
pervillei Humb., 345, 349
platyplerus Bak., 345
var. angustialatus Humb., 349
lubillorus Griseb., 345
vohimavensis Humb., 345, 349
TAMARINDUS L.
indiens L., 436
TARAXACU.M L.
officinale Wigg., 197
TETRACANTHUS A. Rich.
lineari/olius A. Rich., 182
TETRARDISIA Mez, 381
TET R ALU AL AM U S Laut., 373
TETRORCH1DIUM Poepp
didymostemon (Baill.) Pax et K. Hoff¬
man 76
TISONIA Bâillon
baronii Danguy, 234
coriacea S. Elliot, 232, 236
keraudrenae Leandri, 234, 236
leandriana H. Perrier, 236
rubescens Danguy, 234
whitei Exeil A. w. Exell., 234
TRI DAX L.
procumbens L., 196
TRIDESMOSTEMON Engl., 227
TRILEPIS Nees
Sect. Dilepis Endl., 250
ss. gen. Afrolrilepis Gilly, 251, 252
ss. gen. Eulrilepis Gilly, 251, 252
Ihotskiana Nees, 250, 254
pilosa BOck., 251, 256, 257
TRIST1CHA Thore.
trifaria (Bory) Sprengel, 361, 364,
366
TRIUMFETTA L.
angutala Lamarck, 127
annua L., 124, 126
barlramia L-, 127
glandulosa Lamarck, 127
gtiazumae/olia Bojer, 126
indica Lamarck 127
mauriliana Presl., 127
pentandra A. Rich., 124, 127, 128
pilosa Roth., 124
procumbens Bojer, 125
radicans Boyer, 125
repens (Bl.) Merr. et Rolfe, 124, 125
rhomboïdes Jacq., 124
velulina Vahl., 127
TSEBONA R. Capuron, 227
TURNERA L.
bernieriana TuL, 132
ulmifolia L., 130
TUSSILAGO L.
nulans L., 190
TYLOSTEMON Engl.
Le-Testui Pellegr., 248
U
URBANELLA Pierre
excelsa (A. C. Smith) Aubr., 21
URENA L.
ricinocarpa Eckl. et Zeyh., 102
UVARIA L.
antsiranensis Le Thomas, 293
V
VANDERYSTIA de Wild.
congolensis de Wild., 229
VAN-ROYENA Aubr., 329
castanosperma (White) Aubr., 329
VARGASIA DC.
caracasana DC., 194
VERBESINA L.
lini/olia L., 182
VERNONIA Schreb.
cinerea Less, 192
VESSELOWSKYA Pamp., 405
VINCA L.
lancea Boj., 351
VITELLARIOPSIS (Baill.) Dubard, 41
cuneata (Engl.) Aubr., 42
dispar (N. E. Br.) Aubr., 42
kirkii (Bak.) Dub., 41
marginata (N. E. Br.) Aubr., 42
sylvestris (S. Moore) Aubr., 42
W
WEINMANNIA L.
blumei Planch., 404
Source : MNHN, Paris
462 —
boiviniana Tul., 407
bojeriana Tul., 313
var. icacifolia Bernardi, 413, 416
bornëensis Engl., 404
commersonii Bernardi, 413, 416
comorensis Tul., 409, 413
exigua, 407, 408, 411
décora Tub., 409, 413
denhamii Seem., 407
descombesiana Bernardi, 408, 411
eriocarpa Tul., 413
flori blinda Baker, 413
/raxinifolia Baker, 414
glabra L., 404, 409
guilloili Hochr., 413
henricorum Bernardi, 413, 416
hepaticarum Bernardi, 413, 416
hildebrandtii Baill., 413
humbertiana Bernardi, 413, 417
humblotii Baill., 407, 413
intermedia Schlecht., 404
laulziana Baill., 413
leploslachya Baker, 413
louveliana Bernardi, 413, 417
lucens Baker, 414
macgillivrayi Seem., 408
madagascariensis DG., 409, 414
var. aniba Bernardi, 415, 417
mammia Bernardi, 413, 417
mariquitae Szyszyl., 407
minutillora Baker, 414
paulliniaefolia Pohl, 409, 416
pinnata L., 404
poissonnii Bon et Petitm., 408
pullei Schlecht., 409
repensis Forst., 411
richii Gray, 407, 408, 411
rhodoxylon Tub-, 414
rutenbergii Engler, 407, 409, 414
samoënsis Gray, 407
serrata Brong. et Gris, 407
stenostachya Baker, 414
tannaënsis Guill., 407
tinctoria Sm., 407, 409
trichophora Perry, 409
trichosperma Cav., 408, 409
vesusta Bernardi, 413, 417
versteeghii Perry, 407
vitiensis Seem., 407
ysabelensis Perry, 407, 409
WORMIA Rottb., 431
X
XYLOOLAENA Baill.
humbertii Cavaco, 392
XYLOPIA L., 431, 445
ZOMBITSIA Keraudren, 167
lucorum Keraudren, 167
ZYGOGYNUM Baill., 372, 376
Source : MNHN, Paris
EDITIONS DU CENTRE NATIONAL
DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
C.C.P. PARIS 9061-11 15, quai Anatole-France, PARIS 7 e Tél. : SOLférino 93-39
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Source : MNHN, Paris
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