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Source : MNHN, Paris
MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
ADANSONIA
TRAVAUX PUBLIÉS
AVEC LE CONCOURS
du Centre National de la Recherche Scientifique
SOUS LA DIRECTION DE
H. HUMBERT A. AUBRÉVILLE
Membre de l'Institut Professeur
Professeur Honoraire
Nouvelle Série
Tome V
FASCICULE 2
1965
PARIS
LABORATOIRE DE PHANÉROGAMIE
DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
16, rue de Buffon, Paris (5 e )
Source : MNHN, Paris
SOMMAIRE
Leandri J. — Aimé Bonpland, voyageur et botaniste français
(1773-1858) . 141
Aubréville A. — Principes d’une systématique des formations
végétales tropicales . 153
Aubréville A. — Les Sapotacées péruviennes de la collection
Wurdack . 197
Leandri J. — Une nouvelle Euphorbe aphylle de Madagascar. 207
Capuron R. — Une Irvingiacée malgache. 213
Capuron R. — Un représentant malgache du genre Dapania Korth.
(Lépidobotryacées) . 217
Vidal J. E. — Notes sur quelques Rosacées asiatiques (II) (Pholinia,
Slranvaesia) . 221
Marchal M. — Le bourgeonnement épiphylle spontané chez les
Fougères tropicales. 239
Raynal A. — Un nouveau genre africain Oreonesion A. Rayn.
(Genlianaceae) . 271
Raynal J. — Notes Cypérologiques : Sur quelques Mapania Aubl.
ouest-africains. 277
Secrétaire de rédaction
A. Le Thomas
Assistante
Source : MNHN, Paris
AIMÉ BONPLAND,
VOYAGEUR ET BOTANISTE FRANÇAIS
( 1773 - 1858 )
par J. Leandri
» Qui de nous n’a connu un merveilleux rêve et sa
(in en exil ? »
Joseph Conrad,
Almoyer’s Folly, 1895.
> J'ai connu Bonpland par Humboldt. Plus j'avan¬
çais dans l’étude du Voyage aux régions équinoxiales du
Nouveau Continent, et mieux jecomprenais l'importance
du rôle qu’y avait joué notre compatriote. »
E.T. Hamy.
Aimé Bonpland, 1908.
Chacun connaît l’illustre Alexandre de Humboldt (1769-1859),
le fondateur de la géographie moderne, dont la science <c a fait plus de
bien à l’Amérique que tous ses conquérants 1 » comme le rappelait le
libérateur de l’Amérique latine. Les Français connaissent moins bien,
en général, leur compatriote Aimé Bonpland, le compagnon de voyage
de Humboldt, et ont oublié tout ce que le grand géographe prussien devait
à la culture française, et à ce dévoué collaborateur.
Bonpland a cependant toujours éveillé l’intérêt, aussi bien pour les
services qu’il a rendus à la science que par sa vie pleine d’originalité.
Nous ne prétendons pas, après tant de biographes de talent qui se sont
penchés sur elle et ont parfois publié sur ce sujet des volumes entiers,
apporter ici du nouveau. Mais Bonpland, remarquable en tant de choses,
était pourtant, je crois, surtout botaniste. Malgré tout ce qu’il a fait dans
le domaine de la botanique appliquée, c’est à la Systématique, branche
à laquelle est vouée cette Revue, qu’il a rendu le plus de services. C’est
lui en effet qui a collecté, préparé et souvent décrit le matériel sur lequel
S. Kunth a publié tant de nouveautés d’importance capitale provenant
du Nouveau Monde. 11 nous semble donc bien justifié d’évoquer ici sa
mémoire.
Dans les toutes dernières années du xvm e siècle, Humboldt rencontrait
parfois, revenant des excursions du Muséum, un jeune homme aimable
porteur d’une boîte d’herboriste, avec qui il échangeait quelques paroles
1. « Desde los primeros aiïos de mi juventud, tuve la honra de cultivar la amistad
del senor Bonpland y del senor baron de Humboldt, cuyo saber ha hecho mas bien à
la America que todos sus conquistadores ■ (S. Bolivar, lettre à Francia, Lima,
23 octobre 1823).
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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de politesse. « C’était Bonpland, et voilà comment nous fîmes connais¬
sance », a-t-il dit à l’un de ses biographes. Aimé Bonpland et son frère
Michel Simon étaient alors étudiants en médecine à Paris et devaient
retrouver Humboldt chez Corvisart, le futur médecin de Napoléon,
puis dans les serres et dans les herbiers. Alexandre et Aimé s’y découvraient
une entière communion de vues. « Ce n’était pas », écrit Humboldt
« le désir de l’agitation et de la vie errante; c’était celui de voir de près
une nature sauvage, majestueuse et variée dans ses productions, c’était
l’espoir de recueillir quelques faits utiles aux sciences, qui appelait sans
cesse mes vœux vers ces belles régions situées sous la zone torride ».
La Révolution française avait fait naître même à l’étranger l’espoir
d’une meilleure organisation de la société; elle éveillait des sympathies
même dans les pays contraints à lutter contre elle par la fidélité à des
souverains souvent éclairés et humains, mais tenus par les liens de famille
et de position. Beethoven écrivait une Symphonie héroïque en l’honneur
de Bonaparte. Humboldt, baron prussien, d’ailleurs de mère française,
voulait accompagner l’armée du grand homme de guerre à la découverte
de l’Égypte. Comment ces aspirations orientales devaient aboutir à un
voyage à l’« extrême occident », l’Amérique, nous le rappellerons bientôt.
Mais je voudrais d’abord présenter notre compatriote et confrère, Aimé
Bonpland, en rappelant ses origines et sa jeunesse.
Bonpland n’est qu’un surnom, porté seulement par une branche
de la famille Goujaud, à laquelle appartenait le grand naturaliste.
On admet le plus souvent que ce surnom venait d’un mot de son grand-
père, Michel Goujaud-Levasseur. Ce dernier plantait de la vigne lors¬
qu’on vint lui annoncer la naissance de son second fils Simon-Jacques,
le père d’Aimé Bonpland; il s’écria : « Dieu soit loué, voilà un bon plant ».
Le surnom de Bon plant devint ensuite Bonpland en un seul mot et
avec un d.
Né à La Rochelle le 28 août 1773, notre voyageur avait pour ascen¬
dants maternels deux capitaines de navires, dont un Canadien, ce qui
peut contribuer à expliquer son goût des voyages lointains. Il était le
quatrième de huit enfants et d’une famille de médecins. Au collège de
La Rochelle, on constate avec consternation qu’après la sixième son nom
ne figure plus au palmarès. « Peut-être, écrit un de ses biographes,
ne pouvait-il déjà plus tenir en place. » Néanmoins il part à Paris avec
son frère aîné Michel Simon pour faire sa médecine et se préparer à suivre
la carrière paternelle. En 1791, à dix-huit ans, il suit les leçons de
Corvisart à la clinique de la Charité, celles de P. J. Desault en chirur¬
gie, à l’Hôtel-Dieu, et fait chez ce dernier maître la connaissance de
Bichat. C’est peut-être à celui-ci que Bonpland devait sa remarquable
connaissance de l’anatomie comparée.
Mais la guerre réclamait bientôt tous les jeunes gens, et il devait
partir pour Rochefort, où il conquérait le grade de chirurgien de marine,
puis à Toulon et en mer. Il était rendu à ses études en 1795 et les pour¬
suivait jusqu’en 1797, joignant à la médecine les sciences. Il avait retrouvé
à Paris son frère aîné et ils partageaient leur temps entre la clinique de
Source : MNHN, Paris
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Corvisart, les leçons de Lamarck qui avait abandonné la botanique
pour la conchyliologie, mais se laissait encore entraîner à des conversations
sur la nomenclature (déjà!) des plantes, celles d’Antoine-Laurent de
Jussieu et de Louiche Desfontaines.
Aimé et Michel Simon Bonpland rencontraient chez Corvisart et
au Muséum Alexandre de Humboldt, le premier donnant au jeune
Prussien des leçons d’anatomie et de botanique, et recevant en échange
des lumières sur des sciences plus exactes comme la minéralogie ou la
physique.
Le célèbre capitaine Baudin venait d’être chargé par le Directoire
d’un voyage autour du monde et Humboldt, qui devait embarquer sur
une des trois corvettes, le Volcan, demanda qu’on lui donnât pour col¬
laborateur Bonpland « le meilleur élève de Jussieu et de Desfontaines,
très robuste, courageux, bon et habile dans l’anatomie comparée ».
Mais l’échec des préliminaires de Rastadt rendait le voyage impos¬
sible. Humboldt décidait alors de rejoindre l’armée d’Egypte en accom¬
pagnant la caravane qui se rend à la Mecque par le Caire en partant de
Tripoli. Emmenant Bonpland, il cherche à s’embarquer à Marseille
sur la frégate suédoise Jéremias, qui devait conduire à Alger le consul
Skjôldebrand. Mais le Dey a interdit la caravane, qui ne doit pas tra¬
verser l’Égypte souillée par la présence des chrétiens. Humboldt et
Bonpland décident alors de gagner l’Espagne, et d’essayer de passer en
Amérique.
Dans les « Lettres américaines », Humboldt évoque avec enthou¬
siasme les premières étapes, effectuées presque toujours à pied, de cette
équipée qui devait les conduire à Madrid par Montpellier, Sète, Narbonne,
Perpignan, la Catalogne, Valence, Murcie et la Manche. Bonpland
n’avait pas été moins émerveillé, et cinquante-six ans plus tard, alors
que, séparé de son ami par plusieurs milliers de lieues, il lui écrivait de
Montevideo, il évoquait encore avec extase leur séjour à Ibague et leur
voyage sur la côte de Cullera, entre Barcelone et Valence, le bonheur de
vivre à l’ombre du feuillage vert-obscur des orangers, dans l’odeur exquise
qu’ils exhalent à leur floraison en août, à portée des fruits délicieux
qu’ils donnent presque toute l’année.
Grâce à la protection du baron de Forell, ambassadeur de Saxe,
et du secrétaire d’État de Urquijo, les deux voyageurs obtenaient à
Madrid l’autorisation de visiter les colonies espagnoles du Nouveau
Monde et s’embarquaient à la Corogne le 5 juin 1799, pour Ténériffe
et la Tierra fîrma *, où ils débarquaient dès le mois suivant. Ils avaient
fait, pendant leur séjour en Espagne la connaissance des grands bota¬
nistes espagnols Cavanilles et Pavon.
Le voyage de Humboldt et de Bonpland devait durer plus de
cinq ans et ses résultats devaient apprendre davantage sur une immense
partie du Nouveau Monde qu’on n’en avait appris depuis sa découverte.
1. Cette appellation désignait les rivages méridionaux de la mer des Antilles
(Venezuela et Colombie).
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Il devait apporter à Humboldt la gloire que méritaient son ordre,
sa méthode, sa persévérance, son esprit de suite. Mais ces qualités man¬
quaient à notre compatriote qui entreprenait beaucoup de choses et les
achevait rarement. Peut-être perdait-il de vue le fil de ses projets au cours
des longues et fastidieuses préparations de spécimens dont il avait accepté
de se charger, ne laissant à son compagnon que les tâches de dessin dans
lesquelles ce dernier excellait.
« Mon compagnon de voyage » écrit Humboldt à Fourcroy 1 « me
devient de plus en plus précieux; il joint des connaissances très solides
en botanique et en anatomie comparée à un zèle infatigable. J’espère
un jour rendre en lui à sa patrie un savant qui sera digne de fixer l’atten¬
tion publique ».
L’exploration du Venezuela, de l’Orénoque et du Rio Négro, qui
relie paradoxalement le grand fleuve du Nord à l’Amazone, n’a pas été
sans entamer les forces de notre courageux compatriote. Le 17 octobre 1800
il est gravement malade : Humboldt écrit à son frère Charles-Guillaume,
le grand philologue et homme d’État : « Je vis qu’il ne se rétablirait
pas dans la ville (San Thomas de la Nueva Guyana); je l’emmenai à
quatre milles de l’Orénoque dans une vallée assez fraîche; en peu de jours,
sa santé était rétablie. Jamais je n'aurais retrouvé un ami aussi fidèle,
actif et courageux. Il a fait preuve d’une résignation et d’un courage
étonnants, parmi les Indiens et dans les déserts pleins de crocodiles 2 3 ,
de serpents et de tigres s . Dans un orage, le 6 août 1800, au milieu de
l’Orénoque, notre pirogue aux deux tiers remplie d’eau, nos Indiens se
jetaient à l’eau pour atteindre la rive à la nage; mon généreux ami me
pria de suivre leur exemple... La rive était à plus d’un demi-mille et une
quantité de crocodiles se voyaient dépassant à demi au-dessus de l’eau...
Sur les bords, les forêts si épaisses, enlacées de tant de lianes qu’il était
tout à fait impossible d’y pénétrer. C’est alors qu’un coup de vent gonfla
notre voile et nous sauva. »
Au début de 1801, l’expédition envoyait en Europe deux herbiers
de 1600 espèces, dont plus de 1200 rares ou nouvelles. Les identifications
provisoires étaient dues à Bonpland. « Bonpland et moi, écrit Humboldt
à Willdenow, croyons avoir fait des diagnoses exactes, nous n’osons
cependant fixer le nombre des espèces nouvelles; nous avons beaucoup
de palmiers et d’herbes, des mélastomées, des Piper, des Malpighia, le
Cortex angoslurae... »
Cartagena de Colombie, Santa Fe de Bogota, Quito, Lima, étapes
du prodigieux voyage, l’ascension dans l’Équateur du Pichincha, du
Chimborazo, l’étude de leurs étages de végétation, la carte du haut
Amazone (Maranon), la découverte de nouveaux quinquinas, ont vu
1. Ce grand chimiste a joué sous la Révolution et l'Empire un réle important dans
l’organisation de l’enseignement en France (1755-1809).
2. Les crocodiliens d’Amérique sont presque tous des Alligators.
3. Le Jaguar noir était appelé abusivement tigre de l’Orénoque à cause de sa taille.
Source : MNHN, Paris
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Humboldt et Bonpland toujours fidèlement unis, l’un soignant l’autre,
travaillant courageusement pour mener à bien leur grande entreprise.
A la fin de 1802, Humboldt écrit de Lima à Delambre 1 qu’il a
3 734 descriptions latines dont les deux tiers dues à Bonpland.
Les deux compagnons repartent bientôt pour la Nouvelle-Espagne
(le Mexique actuel) par Guyaquil, Acapulco, accroissant encore leurs
récoltes (plus de 4 200 espèces en avril 1803).
Dès 1800, Cavanilles avait dédié à Bonpland un genre nouveau
voisin des Phlox (Bonplandia) et Cervantes en présentait trois ans plus
tard des spécimens à Bonpland qui visitait le jardin botanique de Mexico.
Les voyageurs se rendaient enfin à Cuba, puis aux États-Unis,
où ils étaient reçus avec honneur par le Président Thomas Jefferson
et rentraient en Europe le 3 août 1804. Ils avaient parcouru 9 000 milles
et rapportaient 35 caisses de collections, ayant préparé 60 000 échantil¬
lons botaniques.
Le 18 décembre une collection de 6 200 échantillons est offerte
au Muséum par les deux voyageurs. « Si quelque chose, écrit Humboldt
aux professeurs du Muséum, pouvait ajouter à la reconnaissance que je
dois à un pays dans lequel on m’a honoré d’un intérêt aussi général que
peu mérité » (il venait d’être nommé membre correspondant de l’Académie
des Sciences), « ce sera la bienveillance avec laquelle vous voudrez bien,
Messieurs, recommander mon ami. » La commission, composée de Jussieu,
Lamarck et Desfontaines le propose alors au Ministre de l’Intérieur
pour une pension de 3 à 6 000 francs.
Cette « petite fortune » jointe au produit de la publication du voyage
auquel Humboldt l’avait intéressé, parut d’abord à Bonpland devoir
lui « ôter tout désir de retourner en Amérique ».
Il voyageait à Berlin, publiait les premières livraisons de ses Plantes
équinoxiales , était nommé, à la mort de Ventenat, botaniste de l’Impé¬
ratrice Joséphine, publiait la Description des plantes rares cultivées à
Malmaison et à Navarre, accomplissait diverses missions en province et
était nommé examinateur d’admission pour les sciences naturelles à l’École
polytechnique.
Les mauvaises langues disaient que Bonpland était bien pour
quelque chose dans les dépenses parfois excessives que la souveraine
faisait dans son domaine, et qu’il lui avait fait acheter 3 000 francs
(soit environ 20 000 de nos francs 1963) un oignon d’une espèce rare.
Au milieu de ces occupations, notre voyageur avait perdu de vue la
rédaction des volumes où il devait présenter les résultats scientifiques
de son grand voyage. Cela ne faisait pas l’affaire de Humboldt, qui ne
voulait pas laisser enfouis les résultats de cinq longues années de travaux
et de souffrances. Il reprochait à son ancien compagnon d’avoir mis
huit mois à terminer une tâche qui aurait demandé normalement une
quinzaine. Déjà Willdenow et Kunth commençaient l’étude de certains
1. Astronome qui a mesuré avec Méchain l’arc de méridien destiné à l’établisse¬
ment du système métrique (1749-1822).
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matériaux botaniques du voyage pour suppléer à la répugnance de Bon-
pland à mettre sur le papier un classement dont il s’était pourtant
parfaitement tiré dans la pratique.
Un autre motif rendait Bonpland paresseux. Il s’était épris d’une
jeune femme, M me Boyer, que l’Impératrice avait connue enfant autre¬
fois, et dont les malheurs (elle cherchait à divorcer) avaient ému le naïf
botaniste, qui devait l’épouser et servir de père à sa fille.
C’est sans doute sa jeune femme, mal accueillie par la famille de
Bonpland, qui devait le pousser à s’expatrier de nouveau pour commencer
une nouvelle vie en Amérique.
En effet, la mort de Joséphine avait fait de Bonpland un chômeur.
L’impératrice, répudiée en 1810, avait reçu en apanage le splendide
domaine de Navarre, où Bonpland avait pu développer une incompa¬
rable collection de plantes vivantes. Le 29 mai 1814, Joséphine n’est
plus. Bonpland a fait de son mieux pour préserver le domaine sous
l’occupation. Mais il veut partir. Bolivar qu’il a connu à Paris de façon
intime lui a proposé de s’établir à Caracas; mais il est maintenant engagé
à fond dans la terrible guerre d’indépendance. Bernardino Rivadavia,
qui sera plus tard le chef des « Unitaires » et le Président de la Répu¬
blique Argentine, cherche à recruter en Europe une élite intellectuelle
pour son pays; après plusieurs voyages d’études en Angleterre, où il se
perfectionne dans la botanique appliquée, Bonpland s’embarque pour
l’Argentine.
Depuis 1812, le jeune et laborieux Karl Sigismund Kunth a repris
l’œuvre de Bonpland sur les collections du grand voyage; et il doit
réussir en quelques années à la conduire à son terme. Par mégarde,
Bonpland a emporté, mêlés à ses énormes bagages, les herbiers du
voyage avec Humboldt. Kunth accourt au Havre pour les rechercher,
mais il est trop tard, et ils feront le voyage d’Amérique aller et retour.
Le 28 novembre 1816, le Saint Victor appareille pour La Plata avec
10 passagers dont Bonpland et sa femme, la petite Emma, fille de cette
dernière, et deux collaborateurs; plus de nombreuses graines et 2 000 plan¬
tes vivantes. Après 70 jours de navigation, Buenos Aires est atteint le
29 janvier. Bonpland est obligé d’exercer la médecine, pour vivre et
faire vivre les siens en attendant l’établissement d’un jardin botanique.
En 1818, le Congrès argentin nomme Bonpland professeur d’Histoire
naturelle, mais oublie de lui attribuer un traitement et un local pour
enseigner. L’Académie des Sciences de Paris, venait de l’élire Correspon¬
dant, mais ces honneurs ne pouvaient donner à M me Bonpland l’aisance
dont elle avait besoin, et pour cacher leur désaccord et donner le change
à la société de Buenos Aires, le grand voyageur part « fonder des établis¬
sements » dans l’intérieur, sur le Parana, où il comptait cultiver une
plante à tannin, le Curupay, l’indigo, et renouveler l’exploitation de
l’herbe â maté. C’est à Santa Ana, ancienne mission regardée comme
possession de Corrientes par les Argentins, qu’il obtient la permission
de s’installer.
Mais les Paraguayens et leur dictateur Francia n’étaient pas
Source : MNHN, Paris
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d’accord, et l’établissement de Bonpland, déjà florissant, était bientôt
détruit, les habitants en partie massacrés, le maître blessé et emmené
en captivité.
Il devait rester ainsi plusieurs années au Paraguay, où le dictateur
l’avait autorisé à fonder, pour vivre, un nouvel établissement au Cerrito
de Santa Maria de Fé et à exercer la médecine; et il soignait sans rancune
et souvent sans honoraires ceux qui le retenaient en exil après l’avoir
dépouillé.
Pendant neuf ans, les Argentins, Bolivar, l’Institut, le Muséum,
les agents britanniques essaient d’obtenir la libération de Bonpland.
L’entreprenant et courageux Grandsire, commerçant de Calais, échoue
à son tour et disparaît en Guyane au bord de la rivière Yari qu’il était
allé explorer en attendant de nouvelles instructions de Paris.
Enfin, le 12 mai 1829, Francia se décide à faire expulser Bonpland
non sans lui infliger de nouvelles vexations.
Le grand voyageur ne devait pas rentrer en France. Il fondait de
nouveaux établissements, reparaissait parfois à Buenos Aires pour
envoyer en Europe de nouvelles collections, botaniques, zoologiques
et paléontologiques.
Il se jette alors dans la politique intérieure argentine, sans doute
par indignation contre le parti des « gauchos » qui avaient détruit son
second établissement de Santa Ana, après leur victoire de Pago Largo
le 31 mars 1839. Il soutient les « libertadores » Lavalle et Paz dans leur
lutte contre le dictateur Ortiz de Rosas, passe en Uruguay, au Brésil.
A soixante-neuf ans, il a fondé une nouvelle famille. Il a épousé une
Indienne dont il a eu trois enfants, Carmen (1843); Amadito 1 (1845)
(l’année marquée par le franchissement du chenal d’Obligado par des
navires anglo-français, sous le feu des batteries lourdes du dictateur
tirant à moins de trois cents mètres); Anastasio (1847). Rosas est enfin
vaincu en 1852 grâce à l’aide des Paraguayens et des Brésiliens. Bonpland
est devenu tout à fait américain, mais il pense encore à rentrer en France
pour publier les résultats de ses recherches et revoir sa famille de La
Rochelle. A quatre-vingt-un ans, il montait encore parfaitement à cheval,
mais sa vigueur intellectuelle avait baissé. Il pouvait encore cependant
aider sa patrie d’origine par un envoi important de graines destinées à
être essayées en Algérie pour améliorer l’agriculture; il présidait en 1855
le banquet des Français de Montevidéo à l’occasion de la prise de Sébas¬
topol. Il avait accepté d’organiser le musée « provincial » de l’État de
Corrientes.
L’année précédant sa mort, il pouvait enfin visiter librement le
Paraguay, où le président Lopez avait remplacé le cruel Francia et
y faire des récoltes intéressantes, comprenant tant de nouveautés qu’il
projette d’y réaliser un nouveau voyage.
C’est à la veille de sa mort que Bonpland reçoit le plus d’hommages
et de témoignages d’estime, d’Amérique, de France mais surtout d’Alle-
1. Diminutif du prénom de Bonpland, Aimé.
Source : MNHN, Paris
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magne. Le 1 er janvier 1853, les frères Seemann fondent à Hanovre la
Revue Bonplandia, consacrée à la botanique, et qui devait devenir
quelque temps après l’organe officiel de l’Académie Léopold-et-Charles A
Le 10 janvier 1854, le roi de Prusse conférait à Bonpland l'Aigle rouge.
Le 17 octobre 1854, l’Université de Greifswald, à l’occasion de son
400 e anniversaire, le nommait maître ès-arts et docteur honoris causa.
Le 1 er janvier 1857, il était élu membre de l’Académie Léopold-et-Charles
avec, selon l’usage de l’Académie, le surnom de Desfontaines, qui avait
été le maître de ses débuts.
Au début de 1858, Bonpland était gravement malade au Rancho
Santa Ana et le bruit de sa mort circulait avec persistance. Le 3 avril,
le voyageur Avé-Lallement 2 qui voulait donner à Humboldt des nou¬
velles de son vieil ami, quittait San Borja en compagnie de l’abbé Gay,
un prêtre français, pour tenter de le joindre. A Ytaqui, il prenait un
chaland qui le transportait à Uruguayana. A Restauracion, sur l’autre
rive, il trouve un peon qui le conduit à cheval à travers la pampa. Après
six heures de route muette, le guide s’écrie, indiquant le sud : « C’est là
qu’habite Don Amado ». Un jardin plein d’arbres et deux huttes
champêtres étaient le refuge où Bonpland achevait sa longue vie. Ayant
battu des mains, le voyageur vit venir une jeune métisse qui lui demanda
timidement en espagnol ce qu’il voulait; il lui remit sa lettre. Avé-
Lallement est alors introduit dans une des deux huttes, qui servait
de chambre d’amis et de salon, et prenait son jour de l’ouverture de la
porte et de nombreuses fentes dans les murs. Une planche posée sur deux
tonneaux, un banc, deux chaises, deux lits nus, en formaient le mobilier,
complété par des peaux de bétail, de vieilles selles, des oignons, et divers
objets indistincts. Les deux autres enfants tardifs de Bonpland, des
garçonnets, se laissent voir à leur tour. Après quelques instants, Bon¬
pland paraît. « Son corps amaigri n’était couvert que d’une chemise
et d’un pantalon de coton blanc, les pieds nus dans des sabots... il me
tendit sa main brûlante de fièvre... Cette scène éveilla en moi une indicible
mélancolie... Pour couper la viande grillée qui me fut offerte, je dus me
servir de mon couteau de chasse... Devenu bavard, Bonpland mêlait dans
ses propos, objets, personnes et temps, et la Seine, le Parana, l’Orénoque
y coulaient côte à côte ». Prié de donner un mot écrit en souvenir, il a
de la peine à écrire son nom, peut-être pour la dernière fois...
Dans la nuit, le peon à qui Avé-Lallement avait eu l’imprudence
de payer ses gages d’avance, s’était enfui avec les chevaux. C’est donc
sur le cheval de Bonpland, toujours bienveillant et généreux même dans
la main de la Mort, que le voyageur dut prendre congé de son hôte.
Ce dernier devait mourir vingt-trois jours plus tard, le 11 mai 1858.
Le gouverneur Pujol avait fait embaumer le corps en vue de son trans¬
port à Corrientes pour des funérailles nationales. Un gaucho ivre étant
1. Voir Adansonia, 3, 1 : 6 (1963).
2. Le Dr. Ave -Lallembnt, de Lübeck (1812-1884) a effectué des voyages impor¬
tants au Brésil.
Source : MNHN, Paris
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entré dans la pièce sombre salua le corps dressé et, ne recevant pas de
réponse, se jugea insulté et lacéra le cadavre à coups de poignard, le
rendant intransportable. Le grand naturaliste dut être inhumé à Paso
de los Libres.
Le 30 octobre, les professeurs du Muséum demandaient au Ministre
de faire réclamer les collections de Bonpland que le voyageur avait
toujours déclaré destiner à notre Établissement. La famille Pebrichon,
amie de Bonpland, avait recueilli beaucoup de manuscrits et de
documents du grand naturaliste et les remettait au Consul de France
à Asuncion, M. dE Brossard. Humboldt, qui devait suivre d’assez près
son ami dans la tombe (1859), n’eut pas le bonheur d’assister au retour
en Europe de ces reliques.
D’autres documents, laissés par Bonpland dans sa famille améri¬
caine, ont été remis à l’Université de Buenos Aires, qui les a soigneuse¬
ment publiés. Quant aux dernières collections du grand naturaliste il
semble n’en être rien resté.
La valeur scientifique de Bonpland est diversement jugée. « Strictly
technical » pour les Américains, il a été trop modeste; il a laissé à d'autres
le soin — et la gloire —- de nommer des plantes qu’il avait parfaitement
classées et décrites; l’importance de ses récoltes peut se mesurer au nombre
des espèces conservées : une dizaine de milliers peut-être.
Son activité comme collecteur de drogues médicinales et expéri¬
mentateur de plantes industrielles ne doit pas non plus être laissée dans
l’ombre. Indigos, tanins, caoutchoucs, maté, ont retenu toute son atten¬
tion.
Son rôle auprès de Humboldt a été aussi méritoire et il a fourni
à son illustre ami des données précises qui forment la base solide des
exposés du grand géographe sur la distribution des plantes.
Pour reprendre le mot d’un biographe, « chez Humboldt, savant
mondain et philosophe, les voyages ont été un moyen; pour Bonpland
ils ont été la fin ».
Les fiches de collecteurs de l’Herbier du Muséum portent les men¬
tions suivantes au sujet de Bonpland 1 :
A. Bonpland, correspondant du Muséum (1798) :
Herbier général : décembre 1833 Herbier des Missions :
880 parts données.
1. Nous remercions vivement M. Willmann, Technicien honoraire, du soin avec
lequel il a établi le fichier des collecteurs ayant tait des dons à l’herbier du Muséum.
Source : MNHN, Paris
— 151 —
Herbier historique Humboldt
et Bonpland :
1800-1801
1803-1804
Cuba.
Mexique.
Amérique centrale. Col¬
lection originale à Paris.
Amérique du Sud.
Venezuela.
Colombie.
Équateur.
Pérou.
1799-1804
1799-1800
1801
1802
Un certain nombre des envois de Bonpland ont donc dû se
perdre ou avoir été enregistrés sous le nom d’un dépositaire.
L’herbier historique de Humboldt et Bonpland est actuellement
conservé à l’entrée du 3 e étage de la nouvelle galerie de Botanique. Il
occupe 33 cases et a été rangé dans l’ordre de YIndex de Durand. Les
paquets sont d’épaisseur moyenne et comprennent en général 100 à
125 spécimens. Les spécimens portent leur nom d’espèce de l’écriture
de Kunth.
Nous sommes bien loin des immenses collections formées par les
voyageurs et nous devons nous rappeler à ce sujet certaines plaintes
sur les difficultés de préserver les collections en Amérique et à bord des
voiliers. La lettre de Humboldt au sujet des difficultés du voyage, que nous
avons rappelée, explique le petit format des spécimens, leur faible volume,
leur préparation souvent défectueuse. Il n’est pas impossible non plus
qu’une partie de la collection ait été perdue au second départ de Bonpland
pour l’Amérique en 1816, ou gardée par Kunth pour des établissements
scientifiques étrangers.
Rappelons que YIndex Herbariorum (Part II : collectors) de
MM. Lanjouw et Stafleu mentionne des collections de Bonpland à
Berlin 1 , Londres (Linnean Sociely), Cambridge, Chicago, Leyde, Vienne
(Orchidées), Kiel, Halle, Genève, Florence, La Rochelle, New-York,
Medellin. L’herbier Jussieu renferme aussi des échantillons de Humboldt
et Bonpland, en particulier des Ptéridophytes et d’autres Cryptogames.
L’herbier du laboratoire de Cryptogamie du Muséum renferme aussi des
Algues; les Bryophytes sont à Kiel.
1. C’est là que se trouvent, dans l’herbier Willdenow, les spécimens gardés par
Kunth pour sa collection personnelle.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
PRINCIPES D’UNE SYSTÉMATIQUE
DES FORMATIONS
VÉGÉTALES TROPICALES.
par
A. Aubréville
Les formations végétales ou types de végétation sont des réalités
de la Nature qui en Europe et dans les zones tempérées en général n’ont
jamais imposé l’étude de systèmes de classification et de nomenclature.
Tout naturellement, dans toutes les langues on a nommé la forêt, la
prairie, la lande, la steppe, ou des formes plus locales comme le maquis,
la garrigue, sans qu’il y eut matière à discussions sur l’emploi de ces noms
ou sur une systématique de ces types de végétation. De plus pour nommer
les différentes sortes de forêts, sans aucune contestation, spontanément
on parle de forêts de chênes, de pins, d’épicéas, de hêtres, etc..., parce qu’il
est évident à quiconque qu’elles sont bien définies par le nom de l’espèce
dominante constituante.
Dans les régions tropicales tous les naturalistes, géographes, botanistes,
voyageurs en présence de formations végétales différentes de celles qu’ils
avaient l’habitude de voir en Europe ont naturellement fait des rappro¬
chements avec des formes tempérées, c’est ainsi qu’ils ont cru pouvoir
parler de steppes, de maquis, de prairies, ou qu’ils ont adopté des termes
indigènes comme savane, ou encore créé une terminologie nouvelle comme
forêt tropophile, ombrophile, forêt de mousson, forêt sclérophylle, forêt-
parc, etc... D’autres se sont parfois contentés de noms vagues mais d’usage
courant comme bush, brousse, scrub, taillis, etc... A mesure que la connais¬
sance des pays tropicaux s’étendait et conséquemment une littérature
descriptive, la nomenclature des paysages végétaux a proliféré, chaque
auteur ayant sa propre terminologie, à tel point que s’il désirait se
faire comprendre il devait ajouter un glossaire des mots employés
où il précisait le sens qu’il attribuait à chacun d’eux. Dans toutes les
langues la confusion était grande et le demeure toujours. On voit en effet
dans les pays tropicaux des types de végétation qui ne sont pas tout â
fait les mêmes que ceux des pays tempérés ; la forêt tropicale humide ne
peut se comparer à aucune de nos forêts de France, la savane boisée est
exclusivement tropicale, de même les galeries forestières, etc... Comment
aussi distinguer entre elles les forêts denses humides du Congo, de l’Ama¬
zonie, de la Malaisie, forêts physionomiquement semblables, mais très
hétérogènes où généralement aucune espèce ne caractérise à première
vue à elle seule la formation?
Par ailleurs le découpage si net des pays tempérés de vieille civili-
Source : MNHN, Paris
— 154 —
sation, en cultures, prairies et forêts, où la moindre parcelle de sol est
bornée, cadastrée, avec des limites très apparentes, ce découpage n’existe
généralement plus en pays tropical. Entre la forêt primaire et les cultures
temporaires installées en forêt il y a de multiples faciès intermédiaires,
de vieille forêt secondaire, de brousse secondaire jeune ou récente, forestière
ou mélangée de savane, qui sont considérés par les habitants comme des
jachères forestières. L’homme comme la nature ont contribué à diversifier
les paysages végétaux.
Le besoin d’homogénéiser les terminologies, d’en créer aussi de
nouvelles pour certains cas est reconnu par tous les naturalistes qui
d’ailleurs ne se font pas faute d’en proposer et sont le plus souvent prêts
ainsi à accroître toujours la confusion. Cependant chaque fois qu’ils se
rassemblent dans des Congrès ils ne manquent jamais d’insister sur cette
nécessité de fixer des définitions et une nomenclature. Cela s’impose
avec plus d’évidence encore en matière de cartographie de la végétation
tropicale. Comme dans la littérature on recourt à des notes explicatives
annexes, donnant le sens qu’il convient de donner aux noms qui se rappor¬
tent aux différentes sortes de types de végétation cartographiés. Sans
ces notes la carte demeure incompréhensible. Mais d’une carte à une
autre, les légendes changent. Pour comparer ces cartes, il faut inter¬
préter : la steppe ici est là la savane! Qu’est-ce qu’un scrub, un bush?
Les congrès internationaux de Botanique, d’Amsterdam en 1935,
de Stockholm en 1950, de Paris en 1954, ont insisté sur la nécessité de
codifier le vocabulaire des formations végétales. Des recommandations
dans ce sens continuent à être présentées à toutes les réunions interna¬
tionales de botanistes et de forestiers. Je citerai pour y avoir assisté, la
Conférence forestière interafricaine de Pointe-Noire en 1958, la Conférence
interafricaine de Ndola en 1959 sur les forêts claires, le Colloque
U.N.E.S.C.O. organisé à Adiopodoumé en 1959 sur les sols et la végéta¬
tion, récemment encore le Colloque U.N.E.S.C.O. de Caracas en 1964
sur les lisières forêt /savane. Le besoin d’une codification à l’échelle inter¬
nationale apparaît à tous, d’où des appels aux grandes Institutions inter¬
nationales qui seules peuvent provoquer les rencontres indispensables
entre spécialistes.
L’une d’elles — la seule jusqu’à présent — a pris une initiative
répondant à ces vœux. Le Conseil scientifique africain (C.S.A.) a convoqué
à Yangambi (Congo Belge) en 1956 une réunion de phytogéographes
spécialistes de l’Afrique, qui avait tout particulièrement comme objectif
d’établir une terminologie commune à tous les phytogéographes africains.
Elle comprenait des représentants qualifiés des gouvernements adhérents
à la Commission de Coopération technique en Afrique au sud du Sahara
(C.C.T.A.), émanation du C.S.A. : Belgique, Fédération Rhodésie-Nyasa-
land, France, Portugal, Royaume-Uni, Union de l’Afrique du Sud. Des
experts représentaient en outre, l’Italie, la F.A.O. et l’U.N.E.S.C.O.
L’objectif fut atteint. Après de longues discussions, l’accord fut réalisé
sur une nomenclature à recommander à tous les phytogéographes de
l’Afrique. Elle fut établie en deux langues, anglais et français. Les princi-
Source : MNHN, Paris
— 155 —
paux types de végétation de l’Afrique étaient définis sommairement,
nommés et classés. Des exemples de descriptions publiées avec leurs réfé¬
rences étaient cités pour chaque type et des croquis succincts des profils
des différents types étaient joints l .
Cette nomenclature dite de Yangambi fut largement diffusée, par
le C.S.A. (publication n° 22); en France par MM. J. L. Trochain 2 , et
par moi-même 3 ; en Afrique occidentale par M. Ph. D. Boughey 4 . Elle
fut adoptée largement dans la Carte de Végétation de l'Afrique au sud
du Sahara, publiée en 1959 par l’A.E.F.A.T. 5 6 avec l’aide financière
de l’U.N.E.S.C.O.
L’expérience faite de cette terminologie depuis 1957 permet de dire
aujourd’hui qu’elle répondait bien aux besoins des phytogéographes
de l’Afrique. Non seulement elle est valable pour l’Afrique mais avec
quelques modifications et additions elle serait applicable à tous les pays
tropicaux du monde. Elle est utilisée pour la cartographie de la végétation
de l'Inde entreprise par l’Institut français de Pondichéry, sous la direction
de M. Gaussen. Legris l’a employée sans la moindre difficulté dans sa
thèse sur l’écologie de la végétation de l’Inde ®. De même Viart dans sa
thèse sur l’Inde 7 . Moi aussi j’ai établi pour le Brésil et le Mexique la
correspondance entre la terminologie de Yangambi et les vocabulaires
locaux 8 . Je suis maintenant persuadé que sur la base du document de
Yangambi il serait possible d’établir une terminologie universelle, en
plusieurs langues. Mais l’assentiment des phytogéographes les plus quali¬
fiés des principaux pays tropicaux serait au préalable indispensable.
La confrontation des opinions serait sans doute ardente, car des habitudes
ont été prises par chacun en cette matière de nomenclature, mais le bon
sens et l’intérêt d'un accord devraient l’emporter. La phytogéographie
comme toute science a besoin d’un vocabulaire universel, et les phyto¬
géographes doivent se souvenir de la tour de Babel.
Le projet de Yangambi n’a cependant pas mis un point final à la
discussion. Il constituait un cadre très général, comprenant la définition
des grandes formations végétales. Mais des subdivisions demeuraient
possibles, à des échelles régionales, car l’Afrique est si grande que certains
types de végétation pouvaient avoir échappé aux phytogéographes
1. Dus au forestier botaniste du Congo Belge Devred.
2. Accord interafricain sur la définition des types de végétation de l’Afrique tro¬
picale. Bull. Inst. Et. Centrafr. 13-14: 55-93 (1957).
3. Accord à Yangambi sur la nomenclature des types africains de végétation.
Bois, For. Trop. 51: 23-27 (1957).
4. The Physionomie Délimitation of West African Végétation Types. Journ.
West. Afr. Sc. Ass. 3, 2 : 148-165 (1957).
5. A. E. F. A. T. Association pour l’étude taxonomique de la Flore d’Afrique
tropicale.
6. Legris P., Végétation de l’Inde, Écologie et Flore (1963).
7. Viart M., Contribution à l'étude de l’action de l’homme sur la végétation dans
le sud de l'Inde (1963).
8. Aubréville A., Étude écologique des principales formations végétales du Brésil
(1961).
2
Source : MNHN, Paris
— 156 —
présents à Yangambi. Et en effet des lacunes restent à combler, par
exemple : 1° entre la forêt dense tropicale humide ou sèche et le fourré
il n’y a pas d’intermédiaire prévu. Or les formations forestières fermées
basses mais d’une hauteur supérieure à celle du fourré, nécessitent un
nom spécial. J’ai employé celui de forêt basse pour des forêts tropicales
à un seul étage d’une hauteur d’une quinzaine de mètres. 2° Pour les
formations ligneuses denses, il n’est prévu que le fourré; il manque l’équi¬
valent de la lande pour désigner des formations fermées composées de
sous-arbrisseaux et de plantes herbacées.
Enfin il faudrait compléter la nomenclature des formations végétales
par un accord sur la nomenclature des formes biologiques; que tout le
monde s’entende sur les définitions : par exemple celles d’arbuste,
arbrisseau, sous-arbrisseau, arbrisseau sarmenteux; de plusieurs catégories
de hauteur chez les arbres; de sous-bois, etc..., et que chacun s’y tienne
dans la pratique.
On a cependant beaucoup écrit sur ces définitions des formations
végétales tropicales, comme le montrera la bibliographie citée en annexe,
mais sans doute ou trop ou pas encore assez car à chaque réunion de
phytogéographes on en discute encore, et certains mots ne sont pas
encore toujours employés à bon escient, par exemple : forêt claire, wood-
land, forêt-parc. J’ai moi-même été en 1956 l’auteur d'un rapport intitulé
« Essai de classification et de nomenclature des formations forestières
africaines avec extension du système proposé à toutes les formations
forestières du monde tropical ». J’avais été chargé de cette étude par un
vœu de la Conférence forestière interafricaine d’Abidjan en 1952. 11 a
servi de base de discussion à la Conférence de Yangambi de 1957. Mais
il est demeuré inédit. Mon propos est de le reprendre ici, en tenant compte
de tout ce qui, publié sur ce sujet, depuis 1957 est parvenu à ma connais¬
sance. Ce sera ma contribution à la future Conférence intercontinentale
que nous souhaitons, et d’une façon plus immédiate à la diffusion et la
fixation souhaitables d’une terminologie encore trop mal connue. Les
schémas dus au talent de N. Hallé, assistant au Laboratoire de Phané-
rogamie du Muséum, rendront l’accomplissement de ce dessein plus facile.
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES PRÉLIMINAIRES.
PRINCIPES ET MÉTHODES
Les définitions des formations végétales, leur classification et leur
nomenclature peuvent être envisagées d’après quatre ordres de considéra¬
tions : physionomiques, écologiques, floristiques, évolutives (syngéné-
tiques). Tout le monde est généralement d’accord pour que le fondement
d’une classification soit principalement physionomique. Décrire et classer
les types de végétation tels qu’on les voit s’impose naturellement en priorité.
Les formations nous apparaissent immédiatement différentes, il s’agit
d’analyser nos impressions, et de faire ressortir les éléments du paysage
végétal qui caractérisent et différencient. Une classification établie sur
Source : MNHN, Paris
— 157 —
la physionomie est utilisable par tous les observateurs de toutes disci¬
plines. Elle doit leur permettre de reconnaître dans la nature tout type
de végétation et de lui donner son nom. Il n’en serait pas de même pour
une classification fondée sur les autres principes.
Des botanistes très spécialisés seuls pourraient utiliser une classi¬
fication floristique. Des classifications syngénétiques ou écologiques ne
peuvent avoir qu’un caractère moins universel, mais elles permettent
par essence même de mieux connaître les types de végétation.
Mais est-il possible de recourir aux seuls éléments physionomiques?
Pour établir le cadre général d’une classification, certainement oui, mais
lorsqu’il faut subdiviser cela est douteux, aussi je suis persuadé qu’à
un certain degré de l’investigation il est préférable, sinon nécessaire de
recourir à la floristique et à l’écologie.
Le système de Yangambi a une base physionomique, mais il ne
concerne que les grands types africains de végétation. Les grandes caté¬
gories ont d’ailleurs une nomenclature écologique et non physionomique :
« Formations forestières climatiques, Forêts de basse et moyenne altitude,
Forêt dense humide, Forêt dense sèche, etc... » Il est évident que certaines
formations se caractérisent immédiatement par leur situation topogra¬
phique donc écologique : forêts de haute montagne s’opposant à forêts
de bas et moyen pays, galeries forestières, forêts ripicoles, forêts périodi¬
quement inondées, etc... Faire abstraction de leur position écologique
serait absurde. En réalité on ne peut éviter de lier la physionomie à l’éco¬
logie, puisque la première est sous la dépendance causale de la seconde.
C’est parce que régnent dans une région certaines conditions de climat
et de sol que celle-ci est couverte d'une forêt dense humide, d’une savane
ou d’une steppe. La formation est l’effet du milieu, cela est bien admis
aujourd’hui. Il doit être possible donc d’établir parallèlement une classi¬
fication physionomique et une classification écologique. Si cela n’est pas
encore fait sur un plan universel, c’est que beaucoup de données mésolo¬
giques manquent encore dans les pays tropicaux. Cependant ces investi¬
gations sont largement avancées. Nous connaissons les conditions écolo¬
giques qui commandent la présence d’une forêt dense humide tropicale
dans tous les continents, ou d’une savane boisée, ou de steppes, etc...
Lorsque ces investigations seront complètes au double point de vue terri¬
torial et de la finesse de l’analyse climatologique et édaphique, le tableau
mettant en parallèle les définitions physionomiques et celles écologiques
des formations végétales tropicales pourra être établi.
Les investigations d’ordre évolutif sont également indispensables
pour comprendre la présence de certains types. La classification physio¬
nomique de Yangambi fait état de la « Forêt secondaire » avec ces faciès
évolutifs : « recru, forêt remaniée » ou agrologique « jachère forestière ».
Cela était inévitable. L’occupation humaine dans les pays tropicaux se
manifeste depuis des temps immémoriaux par des défrichements et des
superficies incendiées considérables, qui ont transformé les formes de la
végétation et ont fait disparaître souvent complètement ou presque les
formations primitives. De sorte que nous voyons aujourd’hui certains
Source : MNHN, Paris
— 158 —
types de végétation qui apparemment sont stables, mais qui en réalité
sont des types évolutifs de régression ou de progression biologique. Les
équilibres milieu-végétation que nous observons aujourd’hui ne sont que
des pseudo-équilibres, des équilibres « instantanés », instables. Des phyto-
géographes ont mis en évidence la notion de séries, c’est-à-dire la succes¬
sion de plusieurs types évolutifs descendant d’un même type primitif
climatique. La conception a un intérêt scientifique certain mais, au moins
quant aux pays tropicaux où ces aspects dynamiques de la végétation
sont mal connus, elle a encore un caractère conjectural et controversial
qui doit inspirer la prudence. Par exemple j’ai défendu la thèse, à l’aide
d’arguments d’ordre floristiques, biologiques et expérimentaux que la
plupart des savanes boisées africaines — et d’autres — sont le résultat
dû à l’action séculaire des défrichements et des feux de brousse d’une
dégradation d’anciennes forêts denses sèches aujourd’hui presque complè¬
tement disparues. Cette conception n’est pas encore toujours admise
par certains phytogéographes qui continuent à penser que ces savanes
boisées sont des formations climaciques seulement un peu modifiées par
les feux et les défrichements. Les notions de climax, avec ces auxiliaires :
pseudo-climax, para-climax, post-climax, pro-climax, plésio-climax, etc...
correspondent à des stades réels dans l’évolution de la végétation, ce sont
aussi des expressions commodes de la pensée, mais leur application dans
les pays tropicaux a encore un caractère hypothétique qui ne doit pas
être sous-estimé.
Retenons après ces préliminaires qu’une classification sera donc
essentiellement physionomique, mais reconnaissons aussi qu’elle gagnera
à être complétée et explicitée par des considérations écologiques et syngé-
nétiques.
Elle deviendra nécessairement aussi floristique quand les éléments
physionomiques viendront à être insuffisants. Une même formation peut
être constituée en effet de multiples communautés floristiques qu’il est
parfois convenu d’appeler « associations » floristiques. C’est l’évidence
même. Comment allons-nous distinguer entre elles et nommer de multi¬
ples types de savanes boisées, de forêts claires, de forêts denses humides
sempervirentes ou semi-décidues sans faire appel aux éléments floristiques?
Physionomiquement ils se ressemblent. Peut-être en poussant à l’extrême
l’investigation physionomique pourrait-on faire ressortir certains éléments
de différenciation apparents, difficiles à apprécier et souvent probable¬
ment fallacieux quant à leur valeur comparative, alors que l’étude des
compositions floristiques, très simples dans certains cas, permet des
définitions précises. Il est impossible à un certain degré de l’analyse
d’échapper aux considérations floristiques tant pour définir, classer et
nommer. Je m'étendrai sur ce sujet, à titre d’exemple, à propos des forêts
denses humides.
A Yangambi il fut tenu compte pour la nomenclature d’autres
considérations d’ordre pratique. Furent exclus de la nomenclature africaine
des termes utilisés en certaines contrées du monde pour désigner des
types de végétation très locaux qu’il ne semblait pas y avoir intérêt à
Source : MNHN, Paris
— 159 —
généraliser, ou des noms employés dans des sens très divers dans différents
pays et devenant alors trop confus pour être retenus. Furent rejetés ainsi :
« scrub » très largement utilisé dans des descriptions de fourrés, mais aussi
de forêt dense humide dégradée par les cultures, ou même en Australie
pour désigner la forêt dense humide (« rain forest ») par opposition à la
« forêt, » ce nom étant réservé à la seule forêt d 'Eucalyptus, « Eucalypt
forest »; également « brousse » ou « bush » qui est pratiquement appliqué
à toute la végétation en dehors des villes; ou des termes plutôt géogra¬
phiques comme « llanos » , « pampas » ; il a semblé préférable à la réunion
de réserver à « maquis » son sens original dans la région méditerranéenne,
bien qu’en fait il soit aujourd’hui appliqué couramment à des types de
végétation de la Californie, du Cap, de la Nouvelle-Calédonie. On a consi¬
déré que le maquis était une forme méditerranéenne du type universel :
« fourré » en français, « thicket » en anglais, défini physionomiquement
dans un sens très général.
Enfin inversement il fut à Yangambi tenu compte autant que possible,
dans le choix des termes, des usages déjà établis lorsque ceux-là n’étaient
pas ambigus, plutôt que de forger des mots nouveaux. Des esprits très
absolus auraient pu rejeter les termes de « savane » et de « steppe » par
exemple parce qu’ils ont été appliqués à des formations parfois mal
définies, ou vouloir les confondre dans « prairie ». Dans les régions tropi¬
cales ces mots de savanes et de steppes sont aujourd’hui d’un usage
courant solidement établi. Ils ont certainement un sens aussi net, bien que
très étendu, que le mot « forêt » qui lui aussi s’applique à des formations
excessivement variées de toutes les zones climatiques. Je pense que ces
décisions furent sages et qu’elles vaudraient pour toute réunion à une
échelle internationale supérieure. D’autres expressions d’ordre climato¬
logique ne devraient pas être admises dans une classification universelle,
telle que « forêt de mousson ». Ces forêts sont en effet adaptées à un rythme
climatique comprenant une saison très pluvieuse (due à des pluies de
mousson renforçant les pluies estivales) à laquelle succède une saison
très sèche. Un rythme biologique corrélatif se manifeste par exemple
par la caducité partielle ou totale du feuillage qui permet de classer ces
forêts parmi les forêts décidues ou semi-décidues. La mention syngéné-
tique de l’effet de mousson n’est donc pas indispensable dans la nomen¬
clature physionomique.
Dans la définition des formations il convient de tenir compte de trois
remarques. L’une est de simple observation courante. On passe en fait
d'une formation bien déterminée à une autre également bien typifiée,
souvent par des faciès de transition. Quelquefois les passages sont brusques
et les limites territoriales séparatives sont assez faciles à tracer avec préci¬
sion. C’est le cas des lisières forêt /savane et celui où les changements de
milieu sont brusques, comme il s’en produit souvent en montagne. La
définition d’une formation doit donc s’appliquer aux groupements végé¬
taux qui paraissent en moyenne devoir caractériser un type bien déter¬
miné, et non pas à des groupements de transitions.
Très souvent, surtout en pays semi-aride, on observe non pas une
Source : MNHN, Paris
— 160 —
formation végétale homogène sur de grandes étendues, mais une mosaïque
de formations. Ces mosaïques ont reçu des noms régionaux qui ne doivent
pas être compris comme désignant des formations végétales proprement
dites. Par exemple la « catinga » brésilienne est une mosaïque de forêts
sèches basses denses et décidues, de fourrés et de steppes à épineux, donc
de trois formations mélangées, confusément en apparence. De même la
« forêt claire indochinoise » est une mosaïque de forêt claire proprement
dite à Diptérocarpacées, de savane boisée, et de forêt dense sèche. Les
galeries forestières en pays semi-arides de savanes boisées ne sont pas à
proprement parler des formations végétales mais des « paysages végé¬
taux », pouvant comprendre ensemble des bandes de forêt ripicole, de
forêt périodiquement inondée, et même de forêt dense de terre ferme, donc
encore un mélange d’au moins trois formations différentes.
DES ÉLÉMENTS DESCRIPTIFS
D’UNE CLASSIFICATION PHYSIONOMIQUE
I. — FORMATIONS FORESTIÈRES
STRUCTURE
La physionomie d’une formation végétale c’est d’abord et essentielle¬
ment sa structure. Celle-ci est étagée; les étages, parfois mal séparables,
ont une hauteur moyenne. Ces données sont primordiales pour décrire
une forêt.
On distingue plus ou moins bien trois étages dans la forêt dense humide.
Souvent les arbres de l’étage supérieur ont des cimes jointives, de sorte
qu’en projection verticale (vue d’avion) l’aspect du couvert de la forêt est
polygonal; de profil les cimes jointives de l’étage supérieur forment un
couvert continu. Très fréquemment ce couvert, d’une hauteur moyenne
de 25-30 m, est dominé de place en place par des cimes, généralement
très développées, de très grands arbres qui émergent au-dessus de la forêt
(aspect de choux-fleurs vus d’avion). Ces « émergents » sont un caractère
remarquable de certaines forêts primitives, d’autant plus qu’ils appar¬
tiennent à quelques espèces seulement. Dans d’autres types de forêt au
contraire, l’étage supérieur des cimes est très découpé, très « ouvert »,
au bénéfice des étages sous-jacents. Ces derniers sont plus ou moins nets
et continus. Les cimes des petits arbres et arbustes sont de deux types : soit
des cimes étroites peu feuillues, généralement portées par des fûts très
droits, soit au contraire des cimes très denses. La luminosité du sous-
bois est en rapport avec l’existence de ces types de cimes.
La densité du peuplement dépend delà continuité du couvert des diffé¬
rents étages. Cette densité s’exprime de différentes façons, soit par l’esti¬
mation de la projection verticale des cimes ou « degré de recouvre¬
ment », soit par le nombre de tiges à l’unité de surface (hectare), celles-ci
classées par catégories de diamètre, soit par le calcul de la « surface ter-
Source : MNHN, Paris
161
PI. 1. — De haut en bas : Forêt dense humide sempervirente — Forêt dense humide semi-
décidue.
Source : MNHN, Paris
— 162 —
rière », c’est-à-dire, après mesure de chaque diamètre ou circonférence
prise à hauteur d’homme, de la surface totale calculée par hectare de toutes
les tiges.
La description de la structure d’une forêt déterminée peut donc être
précise, mais nous ne croyons pas que l’on puisse aisément multiplier des
sous-types sur cette seule considération, en raison des trop nombreuses
transitions possibles impliquant de grandes difficultés d’appréciation, et
de la discontinuité ainsi que du chevauchement fréquent des étages.
La hauteur du couvert permet de séparer deux catégories importantes
de formations forestières fermées ; la « forêt » proprement dite et le « fourré ».
Le fourré est une formation basse, dense, essentiellement arbustive, dont
le couvert a une hauteur moyenne maximum de 7 m 1 . Il peut être sou¬
vent dominé de place en place par quelques petits arbres. Les « taillis »
sont donc des fourrés, mais ayant un sens forestier précis de recru forestier
par rejets de souches après exploitation à blanc de la forêt.
Il manque à la terminologie de Yangambi un mot pour désigner les
forêts denses basses à un seul étage, qui sont fréquentes en pays tropi¬
cal, souvent dans des conditions édaphiques particulières. Nous propo¬
sons donc le terme de « forêt dense basse » pour les forêts denses fermées
dont le couvert est à une hauteur moyenne ne dépassant pas 15 m, quel¬
ques arbres isolés pouvant émerger du couvert continu.
De même il me paraît utile d’adopter le terme de « bois-fourré » utilisé
par Legris dans ses descriptions de la végétation de l’Inde, qui désigne un
fourré d’où émergent d’assez nombreux petits arbres, ces arbres ne for¬
mant cependant pas un couvert continu. Nous aurions alors la série « fourré-
bois fourré-forêt basse » qui faciliterait la description de tous ces types de
transition entre un véritable fourré arbustif et une forêt basse.
Une distinction capitale applicable à tous les types de végétation
réside dans le caractère « fermé » ou au contraire « ouvert » du couvert.
Sous un couvert fermé, la quantité de lumière qui arrive dans le sous-bois
ou au sol même est faible, elle commande le développement relatif des
arbustes du sous-bois et du tapis herbacé. Lorsque le couvert est ouvert,
les strates inférieures inversement prennent un grand développement.
Cette considération est capitale dans les pays à climat semi-aride ou
aride, où le sous-bois, lianes, herbes et arbrisseaux sous couvert forestier
très ouvert devient dense et alors susceptible en saison sèche d’être
incendié, ce qui cause des perturbations considérables dans la formation
d’origine.
Il y a aussi des forêts où la strate supérieure des arbres (futaie) est
très ouverte; les arbres sont ainsi très espacés au-dessus d’un sous-bois
dense et fermé. Dans le bassin de la Sangha il existe un autre type de
forêt dense humide avec une futaie très ouverte au dessus d'un sous-bois
dense de grandes plantes herbacées (Marantacées). Dans la carte de la
végétation de ce pays Rollet l’a improprement nommée « forêt claire »
1. A Yangambi on a adopté, suivant une convention très communément admise,
que l'arbuste (et l’arbrisseau) avait une hauteur maximum de 7 m.
Source : MNHN, Paris
— 163 —
terme qui nous le verrons plus loin doit garder sous peine de confusion la
signification très particulière qui lui a été reconnue à Yangambi.
La physionomie ne se résume pas à la structure. D’autres formes
biologiques que les arbres et arbustes ont une grande importance dans
les forêts tropicales : les épiphytes et les lianes, puis aussi les herbacées, les
mousses et les lichens. Leur abondance est une caractéristique des forêts,
liée aux conditions écologiques régnantes, humidité atmosphérique pour
les épiphytes, humidité du sol pour les lianes. La séparation des grosses
lianes ligneuses et des petites lianes filiformes des sous-bois mérite d’être
prise en considération. Une forêt très lianeuse dont les lianes s’épanouissent
en ramifications denses dans les cimes des arbres a des sous-bois très
sombres. Il faut ajouter les cas plus particuliers des épiphytes terrestres,
des arbres d’origine épiphytique, des Ficus étrangleurs.
Enfin le tapis herbacé dans les forêts est aussi un élément important.
Sa hauteur, son degré de recouvrement, sa continuité, peuvent être
appréciés. Il est en rapport avec la nature du sol et surtout avec la lumi¬
nosité du sous-bois.
La présence de végétaux ayant des formes typiques ne peut être
ignorée, surtout s’ils sont abondants, puisqu’elle imprime à la physionomie
de l’ensemble un aspect particulier. Ce sera le cas des palmiers, parfois
absents dans les forêts tropicales, parfois au contraire très remarquables
soit dans l’étage des arbres, soit dans le sous-bois; des palmiers lianés, des
fougères arborescentes, de grandes monocotylédones (Dracaena, Pan-
danus), de grandes plantes herbacées (Marantacées, Zingibéracées,
Bambusées, Rapatéacées, etc...).
Certaines formations sèches tropicales offrent des cas spécifiques de
troncs remarquables par leur forme, comme les fûts en bouteille de cer¬
taines bombacacées et caesalpiniées, les tiges ventrues des Pachypodium,
de certains Vitis, Adenium , les formes succulentes (euphorbes arbores¬
centes). Les formations sèches d’une façon plus générale sont caractérisées
par la présence de multiples espèces d’épineux, de plantes succulentes
(cactées, euphorbes), et d’arbres ou arbustes extraordinaires comme les
didiéracées malgaches. La présence non rare d’arbres cauliflores dans les
forêts humides mérite aussi d’être signalée comme un élément propre¬
ment tropical.
La forme habituelle des arbres d’une formation est un caractère
qui mérite souvent d’être retenu pour la définir. Par exemple la parfaite
rectitude et la grande hauteur de la partie libre du fût des arbres de futaie
des forêts denses humides, s’opposant par exemple aux arbres d’autres
forêts où l’épaisseur de la cime est plus grande que la partie libre du tronc.
Chez les grands arbres la présence de contreforts est le caractère peut-être
le plus saillant des forêts tropicales humides et même quelquefois des
forêts denses sèches, propre à de nombreuses espèces. C’est un des carac¬
tères différentiels les plus apparents qui les distinguent des forêts tem¬
pérées.
La forme des.cimes de certaines espèces de grands arbres, lorsqu'ils
sont abondants, donne aussi un caractère spécial à la forêt, par exemple
Source : MNHN, Paris
— 164 —
les cimes étagées en parasol des Terminalia, les cimes étroites en fuseau,
les cimes coniques, les cimes pyramidales flamboyantes, etc...
Les racines en échasses, les racines à pneumatophores, les racines à
appendices saillants genouillés, les racines en arceaux, sont les apanages
des mangroves, mais les arbres à faisceaux de racines aériennes se rencon¬
trent aussi dans les forêts marécageuses et même dans les forêts denses
humides de terre ferme.
Une mention particulière doit être faite aux espèces de conifères.
Celles-ci ne sont pas communes dans les forêts tropicales. Il n’y en a pas
en Afrique sauf dans les hautes montagnes (Podocarpus, Juniperus,
Whydringlonia). Mais en Malaisie, en Australie, en Nouvelle-Calédonie,
des conifères se trouvent parfois en mélange dans la forêt feuillue. Les
formations de forêt dense humide mélangées de futaies d 'Araucaria sont
parmi les plus remarquables de l’Australie et du sud du Brésil. Les forêts
de pins et chênes sont aussi des formations subtropicales très importantes
au Mexique en altitude.
Les forêts de montagne ont des structures, des profils et donc des
physionomies très particulièrs.
Diagrammes-profils. — La structure et la physionomie d’une
formation peuvent donc être l’objet de descriptions détaillées précises et
de mesures. Beaucoup de phytogéopraphes emploient aujourd’hui pour
représenter le profil et la densité d’une formation la technique des dia¬
grammes-profils. Les schémas dessinés par certains auteurs donnent
déjà une idée des profils des formations et rendent plus vivantes les
descriptions, mais leur valeur dépend beaucoup de l’observateur qui
interprète ses impressions plus ou moins subjectivement. Les diagrammes-
profils eux reconstituent par le dessin aussi exactement que possible le
profil d’une formation forestière. Ce sont des documents précis qui font
voir les profils — à échelle très réduite — que rarement on peut apercevoir,
sauf quand à la faveur de défrichements en forêt par exemple, ou de
l’ouverture d’une route, une coupe nette a été faite et que l’on a suffi¬
samment de recul pour en apercevoir la silhouette de l’entaille faite
dans la forêt. Le dessin donne une représentation fidèle et plus lisible.
La méthode d’application très simple se résume à la délimitation dans
la formation d’un couloir étroit et long (100 m X 5 m par exemple), à son
découpage en carrés sur le terrain, puis à la mesure de la hauteur (fût libre-
cime) et du diamètre de tous les arbres et arbustes, en notant leur position
sur un plan, carré par carré. On a alors tous les éléments pour reproduire
sur un papier quadrillé le profil de la forêt comme on pourrait l’aper¬
cevoir. Pour être complet on relève également toutes les lianes, épiphytes,
plantes herbacées au moins sur une petite surface. La composition floris¬
tique est évidemment notée. De semblables profils lorsqu’ils sont dessinés
à la même échelle rendent faciles les comparaisons entre types forestiers.
Un seul dessin ne représente sans doute qu’un cas particulier de profil
de la formation; il convient donc de choisir la parcelle étudiée dans une
partie de la forêt qui apparaît comme bien représentative de son aspect
Source : MNHN, Paris
— 165 —
moyen. Ce procédé ne donne qu’une idée imparfaite de la densité du couvert,
puisque les cimes des arbres voisins dont la projection verticale che¬
vauche la parcelle ne figurent pas sur le dessin. En dépit de ce défaut de la
méthode, celle-ci est une des plus représentatives qui soient, et un dia¬
gramme-profil accompagnera toujours avec grand intérêt pour le lecteur
une description d’un type forestier.
Lamprecht a essayé d’en améliorer la valeur représentative, en
superposant les dessins de deux parcelles contiguës, l’un des deux dessins
étant tracé sur une feuille de papier transparent.
Certains documents publiés, comportant beaucoup de détails sont
remarquables. Le procédé a été appliqué par Hosokawa, un botaniste
japonais avec une extrême minutie pour l’étude de la distribution des
épiphytes sur les arbres, leur présence à divers niveaux de la tige et de la
cime étant un caractère spécifique.
Beaucoup d’efforts sont donc actuellement entrepris par les phyto-
géographes pour donner de la précision aux méthodes physionomiques.
Le procédé du diagramme-profil est applicable à tous les types de végétaux,
y compris les types herbacés. Mais jusqu’à présent, il a été surtout utilisé
pour la végétation forestière. A ma connaissance seul le botaniste belge
Louis l’a employé pour représente le tapis herbacé de la forêt tropicale
humide du Congo.
SPECTRE BIOLOGIQUE
Une formation est une unité biologique où l’espace occupé par la végé¬
tation (par la biomasse) à l’unité de volume est constitué par un ensemble
de formes de vie réparties en moyenne suivant des proportions définies.
Le pourcentage moyen du nombre des arbres répartis en plusieurs caté¬
gories de diamètre, des arbustes, sous-arbustes, épiphytes, lianes, est une
caractéristique de la formation. Il constitue le spectre biologique vrai de
la formation, notion différente du spectre également appelé biologique qui
détermine le pourcentage du nombre des espèces par formes biologiques.
Une approche du spectre biologique de la formation peut être faite
à l’occasion des relevés et mesures exécutés dans les parcelles étudiées
en vue d’en reconstituer le profil.
Mais souvent on devra se contenter par estimation à vue de recon¬
naître l’abondance par exemple des très gros arbres, de la densité du sous-
bois, de l’abondance des lianes, des épiphytes, de la densité du tapis
herbacé, etc.
DIMENSIONS DES FEUILLES
Un autre élément physionomique peut intervenir dans certains cas,
les dimensions des feuilles. L.J. Webb en a fait un des éléments princi¬
paux d’une classification des « rain forests » de l’Australie 1 . Raunkiaer
a établi une classification des feuilles par dimensions. Adoptant les limites
1. A physiognomie classification of Australian rain forests. Journ. Écol. 47:
551-570 (1959).
Source : MNHN, Paris
— 166 —
de celui-ci et ajoutant une catégorie de notophylles intermédiaires entre
les mésophylles et les microphylles, qui lui semble mieux adaptée à des
dimensions courantes dans la « rain forest » australienne Webb fait de
la proportion relative des mésophylles, notophylles et microphylles les
têtes de ligne de ses sous-formations.
Aucune étude de ce genre n’ayant été faite à ma connaissance dans
d’autres pays tropicaux, il paraît impossible de retenir le critère des
dimensions foliaires dans une classification universelle, au moins comme
critère principal. Il est certain que la dominance d’un type de feuille
chez les arbres imprime une physionomie particulière à la forêt. Par
exemple certaines grandes légumineuses ont des cimes étalées en parasol
et des folioles très petites, de sorte que le couvert est très transparent.
Vu du dessous il donne l’apparence d’une fine dentelle.
CADUCITÉ DU FEUILLAGE
Un élément biologique important permet de diviser certaines for¬
mations ayant la même structure et, en saison des pluies la même physio¬
nomie : la permanence ou la caducité du feuillage. Il y a des forêts denses
sempervirentes dont les cimes restent feuillues et vertes en toute saison ;
la chute des feuilles se fait progressivement sans que les cimes apparaissent
jamais dépouillées. Il y a des forêts à feuilles caduques, où durant une
période plus ou moins longue dans la saison sèche les cimes sont complète¬
ment défeuillées. Entre forêts sempervirentes et forêts caducifoliées on
peut observer des intermédiaires où une fraction seulement des cimes sont
défeuillées. On peut être tenté de préciser et de diviser, en forêts où
1 /4, 1 /2, 3 /4 des cimes sont défeuillées. Il est difficile d’apprécier des
proportions, et au surplus le milieu de la forêt n’est pas absolument
uniforme, l’impression de la défeuillaison peut être variable d’un site à
un autre. En Afrique, à Yangambi a été admise une seule division, la
forêt dense humide semi-décidue. Par ailleurs le critère de la chute partielle
des feuilles en saison sèche est doublé d’une composition floristique nota¬
blement différente de celle de la forêt dense humide sempervirente.
La défeuillaison ne se produit que dans la futaie, chez les plus grands
arbres, les étages inférieurs et le sous-bois demeurent verts. Là encore
des types transitoires existent jusqu’à la forêt totalement décidue où
arbres et sous-bois sont totalement défeuillés, comme la catinga brési¬
lienne, les forêts sèches du bord du Golfe caraïbe au Vénézuela, ou encore
certaines forêts de l’Ouest de Madagascar. Au soleil, en pleine saison
sèche elles apparaissent absolument blanches.
D’autres types de forêt dense humide sont plutôt tropophiles que
franchement sempervirentes ou décidues. La chute des feuilles se produit
sensiblement à la même époque en saison sèche, mais le nouveau feuillage
remplace immédiatement l’ancien de sorte que les cimes demeurent
feuillées, la différence ne se manifestant que dans les couleurs des cimes.
Les jeunes feuillages sont vert tendre, beige, gris vert, les cimes sont donc
colorées, alors que le feuillage ancien était d’un vert mat uniforme.
Source : MNHN, Paris
— 167 —
Quelquefois même certaines branches portent leur vieux feuillage,
alors que d’autres sur la même cime sont déjà couvertes des nouvelles
feuilles.
Il est donc difficile en vue d’une classification de fonder trop de
divisions physionomiques sur le caractère de la défeuillaison et il paraît
prudent de se limiter à quelques catégories en interprétant largement,
en plus et en moins, le terme de « semi décidu » par exemple.
En général les forêts et les fourrés qui doivent endurer une saison
sèche de plusieurs mois sont décidus ou semi-décidus. Il y a aussi, mais
plus rarement, des forêts et fourrés à feuillage persistant bien que soumis
à une saison sèche longue. C’est en particulier le cas des forêts scléro-
phylles dont le feuillage coriace est persistant. Se rangent dans cette
catégorie les forêts d'Eucalyplus en Australie.
N OMENCLATURE
Pour la commodité de la classification et de la nomenclature, nous
avons déjà dit qu’il serait absurde de ne pas mettre en évidence chaque
fois que possible la mention de l’habitat, quand celui-ci est d’une façon
patente le facteur déterminant de la formation. Nous distinguons donc :
une grande catégorie des forêts de haute montagne, s’opposant à celle des
forêts de bas et moyens pays (plaines et collines); l’ensemble des forêts
édaphiques : la mangrove formation très spécialisée des eaux salées ou
saumâtres sur fonds vaseux ; les forêts marécageuses, les franges forestières
ripicoles, les forêts périodiquement inondées, les forêts sur tourbières
(peat forests).
Les forêts et fourrés sur sables blancs sont des formations édaphico-
climatiques qui peuvent être considérées plutôt comme des sous-formations
des forêts denses humides à l’intérieur desquelles elles se trouvent. Elles
sont très suffisamment caractérisées par le sol, la physionomie et la com¬
position floristique. Je n’en connais pas d’exemple en Afrique. Doivent
être rangés là les fourrés sur sables blancs du haut rio Negro (pseudo-
catingas) au Brésil, et les « Heath forests » de Bornéo (à Casuarina et
Dacrydium).
Forêts homogènes. — La nomenclature de toutes ces formations
à édaphisme déterminant ne souffre aucune difficulté car elles sont géné¬
ralement assez homogènes avec un petit nombre d’espèces visiblement
dominantes. Il suffit donc d’adjoindre le nom d’une de ces espèces carac¬
téristiques principales à celui de la formation. Forêt ripicole à Mora
excelsa (Guyanes). Forêt basse sur sable blanc à Humiria (humirizal de
la Guyane brésilienne). Forêt ripicole à Copaïfera Demeusii (Congo).
Forêt marécageuse à Pterocarpus, à Virola (Guyanes), Mangrove à
Rhizophora, à Avicennia, à Bruguiera, etc.
Le cas est exceptionnel, mais il y a aussi des forêts denses tropicales
où manifestement une espèce de grand arbre est dominante et imprime
une physionomie particulière à la forêt. C’est le cas de la forêt à Gilber-
tiodendron Dewevrei de la cuvette congolaise qui par sa considérable
Source : MNHN, Paris
— 168 —
3. — De haut en bas : Forêt dense sèche décidue — Forêt dense sempervirente de haute
altitude.
Source : MNHN, Paris
169 —
étendue et son aspect si spécial mérite le rang d’une sous-formation.
Son nom s’impose de lui-même. Cas aussi des forêts de conifères et de
fagacées dans les montagnes de la zone tropicale.
Forêts hétérogènes. — Le cas général demeure embarrassant,
celui des forêts hétérogènes, celles qui ne sont pas liées à des milieux
nettement spéciaux. Pour les distinguer et les nommer il est impossible
de se passer du concours de la floristique. Certains botanistes ont eu la
pensée d'utiliser les méthodes d’analyse, la hiérarchie et la nomenclature
de l’école phytosociologique dite de Montpellier-Zürich. Personnellement,
je ne suis pas d’accord sur les principes de la méthode qui, à la base
recherche les espèces caractéristiques d’une communauté (association)
— dans les comparaisons de relevés floristiques effectués sur de très petites
superficies, — parmi les espèces dites différentielles qui révélées par ces
comparaisons n’existeraient que dans cette communauté, alors désignée
d’après le nom d’une des espèces exclusives. Ces espèces caractéristiques
peuvent être constantes et abondantes mais en principe pourraient être
rares. Ensuite les « associations » sont groupées en « alliances » quand
elles ont en commun des espèces qui n’existent que dans ce groupe
d’associations. Cet édifice floristique est assorti d’une nomenclature
savante qui rappelle la nomenclature latine des espèces végétales dont
l’usage ne semble aisé qu’à des spécialistes.
Nous pensons que les espèces caractéristiques d’une forêt sont
celles qui ont manifesté le plus de vitalité dans la compétition interspé¬
cifique qui est âpre en forêt dense tropicale, et dont le résultat est leur
particulière abondance dans le peuplement. Ce sont ces espèces qui cons¬
tituent essentiellement la communauté, celles qui la représentent mieux
biologiquement et physionomiquement. Elles doivent donc servir à
la nommer; peu importe si elles existent également dans d’autres com¬
munautés différentes.
Lorsqu’une espèce est plus qu’abondante, c’est-à-dire dominante \
elle s’impose immédiatement pour nommer la communauté. Quand
la formation est hétérogène, cas général, des inventaires sont nécessaires,
portant sur de grandes surfaces de préférence. L’étude de ces inventaires
entrepris par sondages sur des parcelles dispersées permet de dégager ces
espèces abondantes caractéristiques. Tous ceux que j’ai pu étudier,
qui portaient parfois sur des dizaines ou des centaines de milliers d’hec¬
tares, en Côte d’ivoire, au Cameroun, au Gabon, au Mayumbé, en Guyane
française, en Amazonie, en République Centrafricaine, montrent que
sur les 100 à 300 espèces d’arbres inventoriées dans la formation, il y
a toujours une dizaine d’espèces qui à elles seules forment ensemble
plus ou moins la moitié du nombre total des arbres. Ce sont les vraies
caractéristiques de la formation. Les nombreuses autres espèces sont dissé¬
minées ce sont des espèces de remplissage.
1. Le mot de dominance a regrettablement deux sens en phytosociologie, selon qu’il
exprime une notion de hauteur supérieure à la hauteur moyenne de la formation,
ou un degré supérieur de fréquence.
Source : MNHN, Paris
— 170 —
Ces quelques espèces abondantes ne sont pas réparties unifor¬
mément. L’une qui est grégaire ici, peut être absente là. Elles forment
un ensemble invariant dont les combinaisons qualitativement et quanti¬
tativement varient dans l’espace occupé par la formation, puis aussi
dans le temps. Elles représentent le climax statique mais multiface de
cette formation. C’est donc parmi elles qu’il convient en principe, et de
préférence, de choisir celles qui désigneront la formation.
Une nomenclature qui doit rester simple à l’usage, ne peut évidemment
faire emploi de plusieurs noms d’espèces. Une forêt déterminée peut être
désignée par une ou deux des espèces localement les plus caractéristiques.
Lorsqu’il s’agit d’une grande formation il faut bien synthétiser et faire
ressortir non plus les espèces, mais autant que possible les genres et même
les familles les plus marquantes. Dans une classification à l’échelle d’un
continent ou même universelle, il faudra inévitablement s’élever à l’échelle
des familles. C’est ainsi que la forêt dense humide indo-malaise est bien
caractérisée en valeur absolue et en valeur relative par rapport aux forêts
guinéo-congolaises et amazoniennes par l’expression « Forêt dense humide
à Diptérocarpacées » ou plus précisément encore « Forêt dense humide
indo-malaise à Diptérocarpacées ». Dans la Région chorologique guinéo-
congolaise, la forêt du domaine périphérique septentrional me paraît
pouvoir être appelée « Forêt dense humide semi-décidue à malvales et
ulmacées w 1 par opposition à la Forêt dense humide sempervirente de
cette Région qui paraît plutôt caractérisée par l’abondance des grandes
légumineuses.
Descendant de la grande formation à une forêt déterminée on peut faire
appel à des noms de genres ou d’espèces : forêt à Triplochilon (à ayous),
forêt à Tarrielia (à niangon), forêt à Turreanthus (à avodiré) par exemple
en Côte d’ivoire, ici, dans ces cas particuliers, sans nom latin d’espèce
puisque ces trois genres n’ont chacun en Côte d’ivoire qu’une espèce.
Nous ferons encore cette remarque qu'il est dans notre logique pratique
de choisir les noms parmi les espèces de grands arbres du couvert appar¬
tenant aux espèces caractéristiques. Ce choix bien que conventionnel
n’est pas arbitraire. Ce sont les grands arbres abondants du couvert qui
sont les édificateurs principaux de la communauté ; par leur ombrage,
leurs déchets, leur enracinement ils commandent en grande partie la bio¬
logie du sous-bois et du sol.
Lorsque dans les étages inférieurs ou même dans le tapis herbacé
il existe une espèce particulièrement abondante il est certainement oppor¬
tun de l’associer à l’espèce arborescente choisie pour désigner le forêt.
1. Abondance remarquable des Cellis et Sterculiacées.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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II. — FORMATIONS MIXTES
FORESTIÈRES ET HERBACÉES (GRAM1NÉENNES)
ET FORMATIONS HERBACÉES (GRAMINÉENNES)
SAVANES BOISÉES ET FORÊTS CLAIRES
Sous le titre général sont classées à la fois : des formations purement
herbeuses (la savane et la steppe), des formations mixtes où, au-dessus de
la strate herbeuse de la savane et de la steppe se trouve une strate de
petits arbres et d’arbustes plus ou moins ouverte (la savane boisée, la
forêt claire, la steppe boisée), puis des formations de transition. « Savane »
et « steppe » sans épithète sont des termes souvent admis dans un sens
générique très général et relatifs à la fois aux formations purement her¬
beuses et aux formations mixtes superposées, herbeuses et forestières. C’est
pourquoi dans une langue plus précisément phytogéographique, il a paru
préférable d’employer deux termes : la « savane herbeuse », sans ou avec
quelques arbustes épars, la « savane boisée » où le groupement forestier
est visiblement important ou même très important, et de même pour la
steppe.
La différence la plus grande entre une forêt « basse » et une savane
boisée est que la première est à couvert fermé avec un sous-bois arbustif,
plus ou moins continu, alors que dans la seconde le peuplement forestier est
plus ou moins largement ouvert, ce qui permet à une formation herbeuse
dense, généralement graminéenne de couvrir le sol d’une façon continue. En
fait, la savane boisée est parcourue chaque année ou presque à la saison sèche
par des feux d’herbes, les « feux de brousse ». Ils brûlent les herbes sèches,
mais non la végétation forestière qui cependant en souffre, surtout dans
sa régénération. Le feu de brousse ne pénètre-normalement pas dans la
forêt, formation fermée, dont il lèche ou grille un peu les lisières. Lorsque
le feu de brousse réussit dans des conditions particulières de sécheresse
à pénétrer dans le sous-bois de la forêt en limite de la savane, la parcelle
atteinte meurt et les herbages s’installent rapidement à sa place.
Les savanes, boisées ou non, couvrent des étendues considérables
dans les pays tropicaux.
On a introduit aussi dans la nomenclature le terme de « forêt claire ».
Il fut employé d’abord en Indo-Chine pour désigner une savane boisée
où les petits arbres ont des cimes jointives ou presque. Les fûts sont
nombreux. L’impression d’ensemble est celui d’une véritable forêt basse,
mais ce n’est pas une formation fermée donc pas une forêt dense. Le sol
en effet est couvert d’une savane dense de graminées. Le feu de brousse
peut parcourir chaque année cette savane, mais ne commet pas de dom¬
mages très apparents dans le peuplement forestier. Ainsi entre la savane
boisée et la forêt claire il n’y a pas de différence de nature ; ce qui les sépare
structuralement c’est la densité et la hauteur du peuplement forestier
et aussi en général, en forêt claire, de moins grandes densité et hauteur des
herbages. La limite sur le terrain entre les deux types peut être très indé¬
cise, mais lorsqu’ils sont bien caractérisés, ils sont visiblement différents
Source : MNHN, Paris
— 173 —
et méritent d’être distingués nominalement; dans l’un la forêt est la for¬
mation physionomiquement la plus importante, dans l’autre c’est la
savane qui est l’élément le plus apparent. Les arbres de la forêt claire
ont un port d’arbres, les fûts sont droits; les arbustes et petits arbres de
la savane boisée sont plus ou moins rabougris avec des fûts tortueux. Il
convient d’ajouter que la composition floristique de la forêt claire et celle
de la savane boisée sont souvent plus ou moins différentes. Les forêts
claires soudaniennes de l’Afrique occidentale sont des peuplements d ’Iso-
berlinia mélangés souvent d ’Uapaca Somon ; celles de l’Afrique australe
et orientale sont caractérisées surtout par des peuplements de Brachyslegia
mêlés de Julbernadia et d’ Isoberlinia. Les forêts claires existent surtout
en Afrique et en Asie. Elles sont beaucoup moins riches floristiquement
que les forêts denses, humides ou sèches; en général une espèce d’arbre
domine et forme des peuplements parfois purs. II n’y a donc aucune diffi¬
culté à les nommer.
Du point de vue physionomique elles sont monotones. II n’y a prati¬
quement ni lianes, ni épiphytes. Les espèces dominantes, avec leur port
particulier, impriment à l’ensemble un aspect qui est propre à chaque
type floristique. Dans les forêts claires à Diptérocarpacées indochinoises
(Cambodge, Laos), les arbres et arbustes ont des fûts très droits en général,
les feuilles sont souvent grandes. Les Brachyslegia des forêts claires afri¬
caines australes ont des cimes en parasol, leur couvert de feuilles com¬
posées à petites pinnules est très léger. Toutes ces formations sont à
feuilles plus ou moins persistantes. Dans la chute des feuilles, quand elle
se produit, il est souvent impossible de séparer l’action desséchante de la
saison de celle des feux de brousse. Les forêts claires à Isoberlinia d’Afrique
occidentale et centrale se couvrent immédiatement de leur nouveau
feuillage après la chute de l’ancien, en pleine saison sèche.
En Amérique tropicale je n’ai vu aucune formation de ce type, mais des
forêts de pins et de chênes, très étendues, au Mexique sont de véritables
forêts claires avec tapis graminéen et herbacé. La forêt claire de pins
existe aussi en Indo-Chine.
Les phytogéographes de langue anglaise à Yangambi ont adopté
comme terme correspondant à forêt claire non celui d’« open forest » mais
« woodland » 1 . Il y aura certainement lieu dans une prochaine Conférence
internationale de bien préciser ce qu’il faut comprendre par woodland.
A Yangambi le terme a été considéré comme équivalent de « forêt claire ».
Mais en Australie le « woodland » est une formation où les arbres ont une
longueur de fût inférieure à l’épaisseur de la cime. Fanshawe et Beard
désignent aussi sous ce terme une forêt dense humide (« rain forest »)
à deux étages, formée d’un couvert dense de 6-12 m de haut, dominée par
une strate discontinue d’arbres émergents de 18-24 m de haut.
Revenons à la savane boisée. La densité et la hauteur moyenne du
1. Cependant le rapport de la Conférence de Ndola (N. Rhodesia) publié par le
Conseil Scientifique africain n° 52 (1960), a comme titre en anglais : « CSA Meeting
of specialists on open forests in tropical Africa ».
Source : MNHN, Paris
174
Source : MNHN, Paris
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peuplement forestier sont excessivement variables, d’autant plus qu'elle
est généralement périodiquement cultivée, donc défrichée. Les arbustes
repoussent vigoureusement par rejets et drageons. Les dommages que
leur causent les feux de brousse dépendent beaucoup de la masse des her¬
bages de la savane. Comme pour les forêts claires, il y a en chaque station
un petit nombre d’espèces dominantes dans le peuplement forestier et
dans la savane. La floristique donc permet facilement de caractériser une
savane déterminée ou boisée ou herbeuse.
On distingue quelquefois les savanes boisées ou non par la hauteur de
la strate herbacée. Il y a des savanes à hautes herbes, d’autres à herbes
courtes. Les graminées sont en général disposées par touffes. Lorsqu’elles
sont brûlées le sol nu apparaît entre les pieds demi calcinés des touffes.
Mais dans la savane vivante le couvert herbacé est généralement épais
au point d’entraver sérieusement la marche dans la savane non brûlée.
D’après l'importance physionomique relative des strates arborée
et arbustive, plusieurs termes ont été proposés à Yangambi :
Savane arbustive : Pas ou très peu de petits arbres, des arbustes et arbris¬
seaux seulement, souvent rabougris;
Savane arborée : Présence de petits arbres disséminés. Strate forestière
donc excessivement ouverte.
D’autres termes physionomiques pourraient être ajoutés.
Savane à épineux : Les arbustes sont surtout des épineux.
Savanes verger : Type anthropogène, autour des villages permanents dans
les pays de savanes boisées. Quelques espèces fruitières arbores¬
centes sont conservées lors des défrichements et se multiplient spon¬
tanément. Dans les cultures permanentes ou presque les arbres
demeurent à l’abri des feux de brousse et peuvent alors développer
normalement leurs cimes. Toutes les autres espèces de la savane
boisée sont à la longue éliminées et il subsiste des sortes de vergers.
Savane-palmeraie : Formation généralement édaphique composée d’une
palmeraie pure ou presque dans une savane herbeuse souvent mal
drainée.
Savane à termitières arbuslives (arborées) : Dans les régions de forêts
claires ou de savanes, criblées de grandes termitières, celles-ci sont
souvent couvertes d’un petit fourré d’arbustes et parfois d’arbres,
alors que tout autour le sol est couvert soit d’une savane herbeuse,
soit d’une forêt claire. La flore forestière des termitières est généra¬
lement différente de celle de la savane boisée qui les entoure.
Savane d boqueteaux : Savane herbeuse où sont épars des bosquets de
forme généralement circulaire. Probablement faciès d’invasion d’une
savane par une flore des forêts des environs, mais aussi parfois au
contraire faciès de régression d’une forêt occupée longtemps par
l’homme et savanisée.
Forêt parc : Terme à prohiber parce que souvent employé dans différents
sens, donc ambigu. Parfois selon les auteurs il s’agit d’une savane à
Source : MNHN, Paris
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boqueteaux, mosaïque de bosquets et de savane herbeuse; parfois
simplement de la savane boisée.
Forest savannah : Terme impropre, localement utilisé au Surinam pour
désigner des fourrés ou des forêts basses sur sable mêlés de plantes
herbacées. Le peuplement forestier est dense, il s’agit donc d’une for¬
mation forestière et non d’une savane.
STEPPES
Peu de termes phytogéographiques ont soulevé autant de discussions
que celui de steppe. Il a été parfois employé en Afrique pour savane. Si
on se reporte aux auteurs russes, le mot steppe qui à l’origine désignait
les formations herbeuses de la mer Noire à la mer Caspienne, correspondant
à un climat aride, à été sec, hiver froid et pluies printanières, a été depuis
étendu à d’autres formations herbeuses et arbustives de l’Asie centrale,
différentes de celles de la Russie d’Europe et soumises à des rythmes bio¬
logiques particuliers. Il semble comme l’écrit Trochain que « ce terme
n’a plus que la valeur d’un qualificatif géographique désignant l’ensemble
de la végétation soviétique non forestière ».
Des phytogéographes furent hostiles à l’emploi du terme en Afrique,
bien que reconnaissant que physionomiquement les aspects de la steppe
se retrouvaient en Afrique tropicale, parce que ces « steppes » africaines
ont un rythme biologique distinct de celui des steppes russes. Cette
objection n’a pas été retenue à Yangambi puisque ces steppes soviétiques
peuvent avoir des rythmes très divers de la mer Noire à la Mongolie. Il
faut donc comprendre aujourd’hui steppe dans le sens très général d’une
grande unité physionomique, de même que « forêt » désigne des types
de végétation biologiquement très divers de la Norvège à la Côte d’ivoire.
Une steppe est donc d’abord une formation herbeuse comme la
savane. Le rapport de Yangambi en donne une définition. Les différences
avec la savane herbeuse apparaissent ainsi :
Savane
Steppe
Strate continue d’au moins
80 cm haut.
Graminées à feuilles planes
basilaires et caulinaires.
Ordinairement brûlée
annuellement.
Formation ouverte où les graminées viva¬
ces largement espacées n’atteignent géné¬
ralement pas 80 cm.
Graminées à feuilles étroites, enroulées ou
pliées, principalement basilaires.
Généralement non parcourue par les feux.
Il y a une évidente différence entré les paysages des savanes souda-
niennes à hauts et épais herbages où la marche est parfois difficile et ceux
des steppes sahéliens où le tapis herbacé est peu dense et plus ou moins
discontinu. En Afrique dans les régions de transition Soudan-Sahel
on pourra souvent hésiter à employer l’un ou l’autre terme pour désigner
un paysage et pour ma part j’ai recouru parfois à un compromis en par¬
lant de « savane-steppique ». Au point de vue écologique, passant de la
Source : MNHN, Paris
177
PI. 6. — De haut en bas : Steppe arbustive à épineux (Acacia). — Steppe à succulent
steppe herbeuse.
Source : MNHN, Paris
— 178 —
savane à la steppe les conditions climatiques deviennent plus extrêmes,
et la steppe finit dans le désert. Cependant certaines formations herbeuses
équatoriales ont déjà reçu —- à juste titre selon moi 1 — le nom de steppe
(Congo) sous des climats qui n’ont aucun rapport avec un climat prédé¬
sertique. Ne nous étonnons pas puisque nous avons reconnu que la steppe
était surtout une unité physionomique de végétation. Les conditions méso¬
logiques des steppes congolaises sont d’ailleurs relativement arides en
dépit d’une ambiance humide.
Mais le mot de steppe comme celui de savane a été étendu à des for¬
mations mixtes herbeuses et ligneuses. On a défini pour l’Afrique la steppe
arborée et (ou arbustive), la steppe buissonnante, la steppe succulente.
On pourrait y ajouter utilement la steppe à épineux, qui désignera notam¬
ment la steppe à Acacia senegal de la Mauritanie. La végétation ligneuse
peut en effet prendre la place la plus importante dans un paysage step¬
pique, au dessus d’un tapis herbacé maigre et discontinu. Cette extension
du sens donné au terme steppe, se justifie à mon point de vue en atta¬
chant toute l’importance qu’elle mérite au fait de l’espacement entre les
végétaux constituants. Les graminées sont cespiteuses et le sol nu appa¬
raît entre les touffes, lorsqu’il y a des arbustes ou des buissons, ceux-ci
sont généralement très espacés. La végétation devient dans la steppe de
plus en plus diffuse à mesure que les conditions du milieu deviennent
plus arides. Vue d’avion la végétation steppique apparaît sous l'aspect
d’un pointillé de plus en plus lâche en approchant du désert. Comment
désigner autrement ces types de végétation de cactées, d’agaves, de yucca,
de broméliacées, de Larrea divaricata, que par « steppes à succulents »
« steppes arbustives », qui sont si étendus dans le Mexique aride, de sous-
arbrisseaux nains à Crypiosepalum de Lunda (Angola);-de sous arbrisseaux
nains à port éricoïde, de succulents, de plantes à bulbes, et à la saison des
pluies de plantes annuelles du Karroo, etc... Beaucoup d’auteurs les
appellent des scrubs, mais nous avons dit que ce terme ambigu devait
être rejeté.
En les appelant steppes on étend certainement le sens du mot qui,
en se rappelant la steppe russe, désignait essentiellement des formations
herbeuses. Or dans certaines steppes arbustives, steppes à succulents
et autres, la végétation herbacée, surtout graminéenne, n’a plus qu’une
place secondaire, elle peut même être absente. Pour nommer ces forma¬
tions où la strate herbacée (graminéenne) tend à disparaître, il faut forger
un nom ou donner une plus large extension à celui de steppe. C’est cette
dernière solution qui fut admise à Yangambi. Trochain avait proposé
le nom de pseudosteppe.
Lorsque les conditions bioclimatiques se rapprochent de celles des
déserts la steppe herbeuse ou arbustive devient d’une extrême dispersion.
On parle alors quelquefois de « formations semi-désertiques » ou même
« désertiques », mais il manque un mot propre à ces formations, celui de
« désertique » indiquant des conditions de milieu. De même « formations
1. DUVIGNEAUD.
Source : MNHN, Paris
— 179 —
de climat très humides » ne saurait remplacer celui de forêt ou de savane.
Lorsque les constituants de la steppe deviennent excessivement diffus,
il est opportun de préciser en écrivant « steppe semi-désertique ».
D’autres types steppiques diffèrent biologiquement, leur composi¬
tion floristique variant avec la saison. Leur flore est double, une flore
graminéenne et une flore de géophytes et de plantes ligneuses naines ou
lianeuses dont le développement se fait à des saisons différentes. Ce sont
des steppes véritablement tropophiles (Hauts plateaux du Kwango et du
Katanga.)
Il ressort de toutes ces considérations qu’une classification des divers
types de steppes serait nécessaire.
TYPES DE DISTRIBUTIONS
GATÉNIQUE ET HYDROMORPHIQUE
DES FORMATIONS LIGNEUSES
Certaines formations forestières sont distribuées dans les pays de
savanes suivant des bandes ou des taches en rapport avec les conditions
de la topographie et de la nature du sol. Quand celles-ci se reproduisent
régulièrement suivant des séries caténiques de sols les formations en
épousent les contours et cela dessine des paysages végétaux parfois très
curieux que l’on peut observer vus d'avion. Une terminologie nouvelle
est donc née avec le développement de la circulation aérienne qu'il nous
paraît opportun de fixer comme celle des formations elles-mêmes.
Galeries forestières. — Voir page 160.
Forêt vallicole. -— La forêt dense occupe exactement les vallées de
rivières creusées dans des plateaux de grès et de sable et garnit les pentes
jusqu’aux bords des escarpements. Les plateaux eux sont couverts de
savanes. C’est une sorte d’extension de la galerie forestière à toute une
vallée.
Bois de ravins. — Dans des pays à relief marqué, couverts de
savanes herbeuses, des bois se trouvent dans des niches du relief (cirques,
ravins) où ils sont abrités des feux de brousse. Ce paysage fréquent est
généralement celui d’une forêt en cours de régression et ces bois de ravins
sont en réalité les témoins de l’ancienne extension forestière.
Forêt digitée. — Paysage très commun dans les secteurs lisières
forêt dense /savane. Les galeries forestières se ramifient en branches
principales et secondaires compartimentant le pays en cellules dessinées
par les lignes forestières. Cette forêt digitée qui s’avance au-delà de l’aire
de la forêt dense continue peut quelquefois s’étendre très loin des lisières
dans la savane. Dans certains pays de plateaux où l’érosion est active,
Source : MNHN, Paris
180 —
PI. 7. — Types de paysages caténiques : a, Forêt digitée; b, Forêt tachetée; r. Fourrés tigrés;
il. Fourrés ocellés; e. Fourrés littoraux.
l’extrémité des fines ramifications aboutit à un cirque d’érosion boisé. De
nombreux noms ont été déjà utilisés pour ce paysage : forêt dendritique,
en bois de renne, forêt algue.
Forêt tachetée. — Dans les paysages précédents la forêt dense
occupait toutes les parties creusées par l’érosion remontante. Quelquefois
au contraire la forêt forme des plaques plus ou moins grandes sur les
parties hautes du relief, à l’intérieur des cellules dessinées par le réseau
des rivières et des thalwegs des vallons affluents. Les pentes des cellules
sont garnies d’une savane herbeuse et les thalwegs sont marqués par de
minces galeries forestières, ou de simples bandes d’arbustes.
La forêt tachetée peut être une forêt dense ou une forêt claire,
ou des fourrés. Quelquefois aussi les deux paysages coexistent : forêt (ou
fourré) tachetée et forêt digitée sur sables blancs (entre le rio Branco et
Manaos — Amazonie).
Fourrés tigrés. — Paysage fréquent dans la région de transition
Soudan /Sahel. Les fourrés sont disposés en lignes ou bandes étroites
parallèles, parfois plus ou moins concentriques, séparées par des bandes
de sol nu. L’aspect d’ensemble est celui d’une peau de tigre. Les explica¬
tions qui ont été données de ces très curieux dessins ne sont pas parfaite¬
ment convaincantes. Les fourrés tigrés se voient sur des collines mais
aussi dans des terrains absolument plats.
Le « miombo » de l’Afrique australe est une mosaïque de formations
Source : MNHN, Paris
— 181 —
où le genre Brachysiegia est particulièrement bien représenté, où se mêlent
surtout des forêts claires mais aussi ces deux termes extrêmes, la forêt
sèche dense et la savane boisée.
Il y a aussi des paysages végétaux caténiques où des types de végé¬
tation se succèdent régulièrement en liaison avec des variations de la
nature du sol perceptibles avec les variations topographiques. Nous en
donnerons plus loin des exemples.
Enfin les formations végétales se présentent ordinairement sous
forme continue sur des étendues plus ou moins grandes, mais elles peuvent
être aussi très discontinues. Cas des fourrés par exemple, tantôt continus,
mais parfois coupés de nombreuses taches ou bandes de sol nu (cas des
fourrés tigrés, alignés, ocellés, tachetés). Il s’agit là encore non pas de
formations différentes, il n’y en a qu’une, le fourré, mais de paysages de
fourrés discontinus dont les causes peuvent être diverses.
D’une façon générale il faut séparer la conception de la « formation
végétale », unité de végétation, de celles « des paysages végétaux » consti¬
tués de « mosaïques », c’est-à-dire d’assemblages de parcelles couvertes de
formations diverses ou encore des paysages dus à l’excessif morcellement
d’une formation unique.
Fourrés striés. — Connus sur le littoral du Ghana (région d’Accra-
Winneba). Les bandes de fourrés sont alignées et parallèles dans les
savanes herbeuses côtières. Il est possible qu’il s’agisse d’un effet des
feux de brousse poussés par un vent marin du sud-ouest de direction
constante.
Fourrés ocellés. — Le fourré est criblé de petites taches blanches
circulaires qui correspondent à de grandes termitières érodées, régulière¬
ment réparties. Aucune végétation ne s’installe sur cette terre à ter¬
mitière. Les fourrés ocellés se voient dans les régions de fourrés tigrés de
sorte qu'il est vraisemblable qu’une relation existe entre la présence de
ces termitières et la formation de l’aspect tigré.
Fourrés mouchetés. — Le fourré est découpé en très petites taches
sans orientation spéciale, séparées par des taches de sol nu.
Fourré ridé littoral. — Bandes de fourrés parallèles au rivage
proche séparées par des bandes herbacées marécageuses. Elles corres¬
pondent à d’anciennes lignes du rivage.
Fourré littoral. — Bande arbustive suivant les plages. Derrière
elle, s’étendent des savanes herbeuses inondables, des marécages, ou des
lagunes.
Savane a boqueteaux. — Déjà décrite. Correspond selon nous
surtout à un mode de progression de la flore forestière dans la savane
herbeuse sur les lisières de la forêt.
Source : MNHN, Paris
— 182 —
Savane a termitières arbustives/arborées. — Déjà décrite.
Vue d’avion la savane paraît criblée de petites taches régulièrement
distribuées généralement entourées d’une auréole blanche. Correspond
à des zones d’inondation en période des crues, la végétation forestière ne
survit que sur les buttes des grandes termitières.
Savane des ésobés. — Savane herbeuse des clairières ouvertes
dans la forêt dense humide congolaise.
Types de paysages caténiques et hydromorphiques
Mosaïques de végétation.
Galeries forestières.
Forêt vallicole.
Bois de ravins.
Forêt digitée.
Forêt (Fourré) tachetée.
Fourrés tigrés.
Fourrés striés.
Fourrés ocellés.
Fourrés mouchetés.
Fourré ridé littoral.
Fourré littoral.
Savane à boqueteaux.
Savane à termitières arbustives
arborées.
Savane des ésobés.
Source : MNHN, Paris
PROJET DE CLASSIFICATION
DES FORMATIONS VÉGÉTALES TROPICALES
J’ai résumé dans un tableau en deux parties un projet de classifica¬
tion qui découle des considérations précédentes. Dans la première j’ai
simplement écrit les principaux types de formations avec quelques exem¬
ples très généraux. Ils sont présentés dans le même ordre de la recomman¬
dation de Yangambi, et avec la même nomenclature, sauf les modifica¬
tions et additions dont j’ai montré l’opportunité. Dans la deuxième jai
développé en quelque sorte la première, en donnant type après type des
exemples à base nomenclaturale floristique et géographique choisis ou
simplement glanés dans le Monde tropical.
C’est en établissant de semblables tableaux que l’on se heurte à de
multiples difficultés et que l’on constate combien est grand le défaut de
documentation en matière de phytogéographie descriptive. Par expé¬
rience personnelle on ne peut tous les connaître. Il faut bien pour une
classification à l’échelle mondiale puiser dans la bibliographie. Elle est
terriblement incomplète. Quelquefois les indications les plus simples sur la
structure et le rythme de la feuillaison manquent. Quant à la composition
floristique, les informations qui sont quelquefois données sont le plus sou¬
vent sans portée phytosociologique, consistant dans de simples listes d’es¬
pèces. Il est alors impossible de désigner rationnellement des espèces,
genres ou familles particulièrement caractéristiques et qui peuvent être
choisis pour la désigner.
Le projet que nous présentons n’a donc qu’une valeur d’indication. Il
ouvre des cadres qu’il faudrait remplir et propose des noms qui deman¬
deront parfois d’être confirmés par ceux qui connaissent directement les
formations en cause. Mais déjà si incomplet et imparfait qu’il soit, il
montrera l’extrême complication floristique et physionomique de la
végétation tropicale, et de la nécessité pour y voir plus clair de s’entendre
entre phytogéographes sur des définitions, une terminologie, et une
classification. Tous les noms — ou presque —- relatifs à des sous-types
cités dans le tableau ont déjà été publiés dans la littérature phytogéo-
graphique.
Source : MNHN, Paris
184 —
I. TABLEAU GÉNÉRAL DE CLASSIFICATION
DES FORMATIONS VÉGÉTALES TROPICALES
A. FORMATIONS FORESTIÈRES FERMÉES
TYPES CLIMATIQUES
Forêts.
FORÊTS DE BASSE ET IM
Forêt dense humide
sempervirente.
Forêt dense humide
semi-décidue.
Forêt dense sèche
sempervirente.
Forêt dense sèche
semi-décidue.
Forêt dense sèche
décidue.
PRINCIPAUX SOUS-
TYPES GÉOGRAPHI¬
QUES ET FLORISTI¬
QUES
•YENNE ALTITUDE.
Forêt guinéo-congo-
laise.
Forêt malgache orien¬
tale.
Forêt amazonienne.
Forêt indo-malaise à
Diptérocarpacées.
Forêt queenslandaise
à Protéacées, Myr-
tacées et Arauca-
Forêt australienne
d 'Eucalyptus.
TYPES ÉDAPHICO -
CLIMATIQUES
Mangrove.
Forêt marécageuse et
Palmeraie maréca¬
geuse.
Forêt périodique¬
ment inondée.
Forêt ripicole.
Forêt sur sables blancs.
FORÊTS DE HAUTE ALTITUDE.
Forêt dense humide
sempervirente.
Forêt dense sèche
de montagne.
Forêt de bambous.
Forêt résineuse brési¬
lienne d 'Araucaria
anguslifolia.
Forêt mexicaine de
pins-chênes.
BOIS-FOURRÉS, FORÊTS BASSES, FOURRÉS,
de basse et moyenne altitude,
de montagne.
Source : MNHN, Paris
— 185 —
B. FORMATIONS MIXTES FORESTIÈRES
ET HERBACÉES (GRAMINÉENNES)
ET FORMATIONS HERBACÉES (GRAMINÉENNES)
TYPES CLIMATIQUES
PRINCIPAUX SOUS- TYPES ÉDAPHICO-CLI-
TYPES GÉOGRAPHI- MATIQUES
QUES ET FLORISTI¬
QUES
Landes.
Savanes.
Forêt claire.
Forêt claire africaine
australe à Légumi¬
neuses.
Forêt claire indo-bii-
Savane boisée et
mane à Diptérocar-
pacées.
africaine soudano-
zambézienne.
Savane arbustive.
brésilienne (campos
Savane arborée.
cerrados).
Sa vane- verger afri¬
caine.
Savane à boqueteaux.
Savane à épineux.
Savane herbeuse.
Savane-palmeraie.
Steppes.
Steppe arborée et /
ou arbustive.
Steppe buissonnante.
Steppe succulente.
Steppe herbeuse et /
ou graminéenne.
Prairies.
Prairie altimontaine.
Prairie aquatique.
Prairie marécageuse.
Source : MNHN, Paris
— 186 —
II. SOUS-TYPES GÉOGRAPHIQUES
ET FLORISTIQUES
Forêts de basse et moyenne altitude.
Forêt dense humide sempervirente :
— Forêt guinéo-congolaise : Forêt à grandes Légumineuses,
Forêts à Turreanihus (Côte-d’Ivoire), Forêt à Lophira et
Saccoglottis (Cameroun), Forêt à Aucoumea et Saccoglotlis
(Gabon), Forêt à Dialium et Desbordesia (Gabon), Forêt à
Gilberliodendron Dewevrei (Congo), Forêt à Brachystegia
Laurenlii (Congo), Forêt à Scorodophleus Zenkeri (Congo),
Forêt à futaie claire et sous-bois dense de Marantacées
(Haute Sangha), Palmeraie A'Elaeis guineensis.
— Forêt malgache orientale : Forêt littorale sur sables à Cycas
et Afzelia bijuga.
— Forêt subtropicale à Oléacées et Podocarpus (Knysna-
Afrique du Sud).
— Forêt amazonienne à Lécythidacées, Légumineuses et
Humiriacées : Forêt à Vouacapoua, Forêt à Vochysiacées;
Forêt guyanaise à Eschweilera et Licania; à Eschweilera
et Dicymbe; à Goupia , Swarlzia et Aspidosperma; à Ocolea
Rodiaei.
— Forêt (versant) atlantique de l’Amérique centrale : Forêt à
Dialium et Terminalia amazonica (Mexique), Forêt à
Brosimum alicastrum (Mexique), Forêt à Pentaclethra
macroloba (Costa-Rica).
— Forêt (versant) pacifique de l’Amérique centrale : Palmeraie à
Orbignya guacuyule (Mexique).
— Forêt indo-malaise à Diptérocarpacées : Forêt à Diptéro-
carpacées, Lauracées et Mesua ferrea (Inde, Ceylan),
Forêt à Diptérocarpacées et Magnoliacées (Assam),
Forêt à Diptérocarpacées (Malaisie), Forêt à Eusideroxylon
zwageri (Bornéo).
— Forêt queenslandaise à Protéacées, Myrtacées et Araucaria
(Australie).
— Forêt néo-calédonienne : à Agalhis, Montrouziera et Arau¬
caria balansae, Forêt à futaie claire de Spermolepis gummi-
fera et sous-bois sclérophylle, Forêt à Agalhis ovata et
Casuarina Deplancheana.
Forêt dense humide semi-décidue :
— Forêt guinéo-congolaise : Forêt à Malvales et Ulmales; Forêt
à Ulmacées, Sterculiacées, Sapotacées et Méliacées (Ouban-
gui-Sangha); Forêt à Cynomelra Alexandrii (Congo).
Source : MNHN, Paris
— 187 —
— Forêt des llanos occidentaux (Venezuela) : Forêt à Bomba-
copsis, Piratinera et Schellea.
— Forêt du rio Branco à Cordia et Cenirotobium.
— Forêt yucatèque à Nispero achras sur calcaires (Mexique).
— Forêt sino-indo-birmane à Lauracées et Méliacées (Yunnan).
Forêt dense sèche sempervirente :
— Forêt australienne d 'Eucalyptus.
Forêt dense sèche semi-décidue :
— Forêt malgache occidentale.
— Forêt tucumano-bolivienne à Légumineuses (p).
— Forêt ceylanaise à Manilkara hexandra, Chloroxylon et
Drypeles sepiaria.
Forêt dense sèche décidue :
— Forêt malgache du sud-ouest à Euphorbes arborescentes et
Adansonia.
— Forêt kalaharienne à Baikiaea plurijuga.
— Forêt des llanos centraux (Venezuela).
— Forêt à Bursera (Mexique), à Juliana adslringens (Mexique),
Forêt basse de la côte pacifique (Mexique).
— Forêt du Chaco (chaquéenne) à Légumineuses et Schinopsis.
— Forêt indienne à Teclona (teck) et Shorea robusla.
—■ Forêt indienne à Shorea robusla, Anogeissus, Hardwickia et
Terminalia.
Types édaphico-climatiques.
— Mangrove : à Bhizophora, à Avicennia, à Bruguiera, à Cono-
carpus, etc...
— Forêt littorale à Barringlonia (Malaisie).
— Forêt marécageuse et Palmeraie marécageuse :
— Afrique : à Pandanus, à Baphia spp., à Syzygium, à Milra-
gyne, à Alchornea cordifolia, à Symphortia globulifera, etc...
—■ Amérique : à Virola surinamensis, à Hura crepilans, à Plero-
carpus draco, à Symphonia globulifera, à Drepanocarpus
lunatus, à Mora excelsa (Guinée), à Carapa guianensis
(Guyane), etc...
— Forêt igapo (Brésil).
— Malaisie : à Melaleuca leucadendron, Palmeraie marécageuse
à Melroxylon (Moluques, Nouvelle Guinée).
Forêt tourbeuse (peat forest).
Source : MNHN, Paris
— 188
— Forêt périodiquement inondée :
— Afrique : à Guibourlia Demeusii et Ubanguia, à Xylopia
ethiopica, à Cynomelra.
— Amérique : varzea haute du bas rio Negro à Légumineuses
et Annonacées, varzea à Euterpe oleracea (Amazonie),
Palmeraie à Scheelea Liebmanii (Vera Cruz), à Royslonea
et Pachira aquatica (Vera Cruz), à Bravaisia inlergrerrina
(Mexique), à Symphonia, Tabebuia et Eulerpe (pégasse de
Guyane), Palmeraie à Manicaria saccifera (Guyane), à
Iryanlhera-Tabebuia (Guyane), à Clusia fockeana (Guyane),
à Maurilia flexuosa (Guyane).
— Malaisie : à Vatica Wallichii, à Shorea albida (Bornéo).
— Cambodge : à Homalium brevidens et Hydnocarpus anlhe!-
minlhica.
— Forêt (et frange forestière) ripicole :
— Afrique : à Oxystigma, à Uapaca Heudelolii, à Irvingia,
à Manilkara, à Wildemaniodoxa, à Zeyherella longepedi-
cellala, à Phoenix reclinataet Sesbania sesban (lac Edouard).
— Amérique : à Mora excelsa (Guyane), à Eperua leucanlha,
à Carapa guianensis, à Maurilia minor (Venezuela),
à Cecropia spp à Mauritia flexuosa.
— Malaisie : à Diplerocarpus oblongifolius.
— Forêt sur sable blanc :
— Amérique : à Eperua falcala et Dimorphandra (Wallaba
forest, Guyane).
Forêt basse à Humiria (Guyane brésilienne).
— Malaisie : à Dacrydium et Casuarina (Heath forest).
Forêts de haute altitude.
Forêt dense humide sempervirente (et semi-décidue) de
MONTAGNE :
— Forêt afromontagnarde orientale : Forêt à Podocarpus,
Forêt à Croton megalocarpa (Kenya), Forêt à Aphloia
et Maesa (Nyasaland), Forêt à Hagenia abyssinica et
Ombellifères (Congo), Forêt à bruyères arborescentes
(Philippia et Erica), Forêt à Macaranga neomildbraedia
(Congo).
— Forêt andine : Forêt à Podocarpus, Forêt tucumanienne
à Myrtacées.
— Forêt brésilienne à Araucaria anguslifolia.
—• Forêt mexicaine semi-décidue à Liquidambar, Forêt de
Quercus spp. (Mexique, Costa Rica).
— Forêt malaise montagnarde : Forêt moussue à Eugenia
Source : MNHN, Paris
— 189 —
et Vaccinium, Forêt à Agalhis (Célèbes, Nouvelle Guinée,
Moluques), Forêt à Lilhocarpus Havilandii (Bornéo).
— Forêt à Lauracées des sholas (Inde, Ceylan).
— Forêt hawaïenne à Metrosideros polymorpha.
— Forêt néo-calédonienne à Araucaria Humboldtensis.
Forêt dense sèche de montagne :
— Forêt afromontagnarde orientale à résineux : Forêt à Juni-
perus procera et Olea chrysophylla, Forêt à Podocarpus
et Ocolea, Forêt à Widdringlonia Whylei (Nyasaland),
Forêt à Newionia Buchananii.
— Forêt mexicaine de pins-chênes.
— Forêt tucumano-bolivienne à Légumineuses (p).
—- Forêt himalayenne à Pinus Roxburghii.
Forêt de bambous :
— Bambuseraie afromontagnarde d’ Arundinaria alpina, Bambu-
seraie himalayenne à Arundinaria racemosa.
Bois fourrés, forêts basses, fourrés.
De basse et moyenne altitude :
— Afrique : Fourrés décidus à Combrelum et Papilionées (N. Rho-
desia), Fourrés à Commiphora (N. Rhodesia), Fourrés
littoraux à Chrysobalanus, Fourrés subtropicaux scléro-
phylles du Cap, Fourrés à Acacia delinens (Angola), Fourrés
kalahariens à Cryplosepalum, Fourrés à Sirychnos ligus-
troides (Angola), Fourrés à Combrelum micranlhum (Soudan).
— Madagascar : Bois fourrés à Didiéracées et Euphorbes.
— Amérique : Fourrés sur sable blanc du haut rio Negro à
Aldina et Broméliacées, Bois fourrés sur sable blanc à
Aldina discolor et Campsoneura debilis du rio Uaupes,
Fourrés périodiquement inondés à Haemaloxylon campe-
chianurn (Yucatan), Bois fourrés décidus à Cactées de la
catinga brésilienne et vénézuélienne, Bois fourrés décidus
à Cactées, Légumineuses, Bignoniacées des côtes caraïbes
(espinares), Fourrés à Proposis juliflora et Cactées (Haïti),
Fourrés sur sables blancs à Clusia fockeana, à Humiria
(Guyane).
— Asie : Bois-fourrés à Albizzia amara et Chloroxylon (Inde),
Forêts basses à Anogeissus pendula (Inde).
— Australie : Fourrés à Acacia aneura (mulga), à Eucalyptus.
— Nouvelle Calédonie : Fourrés sur serpentine, Fourrés à
Acacia spirorbis, Fourrés à Hibberlia et Slenocarpus.
Source : MNHN, Paris
— 190 —
— Afrique orientale : Fourrés d’Éricacées, Fourrés à Acanthacées,
Fourrés sclérophylles à Newlonia Buchananii Fourrés
à Cornus et Agauria sur laves, Forêt basse à Néo-boutonnia
macrocalyx et Mimulopsis arborescens (Congo), Forêt
basse sclérophylle à Myrica salicijolia et Bersama ugan-
densis (Congo), Fourrés à Grewia et Carissa, Fourrés à
Alchémilles, Séneçons et Lobélias géants, Fourrés à
Helichrysum et Lobélias géants, Bois-fourrés de Séneçons
(Ruwenzori).
— Madagascar : Fourrés à Ericacées et Composées, Fourrés à
Uapaca Bojeri (tapia) et Éricacées, Bois fourrés à Chléna-
cées.
— Amérique : Fourrés andins de Polylepis et d ’Alnus.
— Bornéo : Fourrés de Rhododendrons.
— Nouvelle Calédonie : Fourrés sclérophylles à Myrtacées et
Cunoniacées ombelliformes, Fourrés à Dacrydium arau-
carioides.
Landes.
—- Nouvelle Calédonie : Fougeraie à Pleridium aquilinum,
lande à Eriaxis rigida et géophytes.
Savanes.
Forêt claire :
— Forêt claire africaine australe à Légumineuses : Forêt à
Brachystegia, Jubernardia (miombo), Forêt à Marquesia,
Forêt à Colophospermum mopane (mopani); Forêt à
Baikiaea plurijuga sur sable ; Forêt à Burkea, Guibourlia,
Baikiaea; Forêt à Erylhrophleum.
— Forêt claire africaine soudanienne : Forêt à Isoberlinia et
Uapaca, Forêt à Anogeissus, Forêt à Boswellia.
— Forêt claire sclérophylle montagnarde à Myrica salicijolia
(Congo).
— Forêt claire montagnarde mexicaine de pins, de Juniperus.
— Forêt claire mexicaine de chênes.
— Forêt claire indo-birmane à Diptérocarpacées : à Diplero-
carpus luberculalus ; à Dipterocarpus obtusijolius ; à Pen-
lacme suavis et Shorea oblusa; à Dipterocarpus et Termi-
nalia tomenlosa.
— Forêt claire australienne à Callitris.
— Forêt claire montagnarde à Casuarina junghuhniana (Java),
Forêt claire montagnarde de pins (Philippines, Sumatra).
Source : MNHN, Paris
— 191 —
Savane boisée et savane arbustive :
— Savane boisée soudano-zambézienne : à Lophira, à Termi-
nalia, à Combrelum, à Monotes, à Burkea, à Parinari, à
Bombax cosialum, à Hymenocardia acida, à Cussonia
angolensis, etc...
— Savane arbustive des llanos à Curalella (Venezuela) ; savane
arbustive à Brysonima crassifolia et à Curalella.
—- Savane boisée brésilienne (campos cerrados).
— Savane à Melaleuca leucadendron (Nouvelle Calédonie).
— Savane-verger africaine : Butyrospermum Parkii (Soudan);
à Faidherbia albida (Soudan); à Parkia (Soudan).
Savane arborée et savane palmeraie :
— Afrique : à Borassus; à Daniellia ; à Acacia.
— Madagascar : à Medemia; à Hyphaene shalan.
— Amérique : à Copernicia australis; à Mauriiia, à Copernicia
leclorum (Venezuela); à Copernicia cerijera ; à Sabal
mexicana (Vera Cruz).
Savane a boqueteaux :
— Llanos du Venezuela.
Savane a épineux :
— à Prosopis spicigera (Inde); à Acacia Sieberiana (Congo);
à Acacia campylacantha (Afrique).
Savane herbeuse :
— Afrique : à Imperala; à Penniselum purpureum; à Themeda
Iriandra (Afr. du Sud); à Hyparrhenia; à Andropogon;
etc...
— Amérique : à Trachypogon (Venezuela), etc...
Steppes.
Steppe arborée et / ou arbustive :
—- Afrique occidentale : à Acacia senegal; à Commiphora afri-
cana; à Acacia Baddiana
— Afrique australe : à Acacia Giraffae; à Acacia Karroo;
à Euphorbes.
— Afrique du sud-ouest : à Welwilschia.
— Amérique : à Larrea divaricala et Cactées (Mexique, Monte
argentin) ; Palmeraie à Brahea dulcis (Mexique) ; steppe
halophile à Suaeda et Atriplex (Mexique).
Source : MNHN, Paris
— 192
— Asie : à Albizzia amara, Acacia, Anogeissus pendula et
Prosopis spicigera (Inde).
Steppe buissonnante :
— Australie : à Triodia (spinifex).
Steppe succulente :
— Afrique : à Pachypodium namaquanum (S. W. africain),
Karroo.
— Amérique : à Cactées; à Neobux-baumia tetelzo (Mexique);
à Broméliacées; à Agaves; à Nolina; à Dasylirions; à
Fouquiera ; à Lemaireocareus Thurberi', à Yucca plifera ;
à Yucca decipiens ; à Yucca periculosa.
Steppe herbacée et/ ou graminéenne :
■—- Afrique : à Stipa, à Chrysopogon Aucheri; à Trachypogon
Thollonii (Congo); à Loudeiia Demeusii (Congo); à Loudelia
simplex (Congo); à Loudelia arundinacea (Congo).
— Amérique : Andes : puna.
Mexique : à Bouieloua gracilis, à Hilaria mulica.
Prairie altimontaine :
— Amérique : Andes : paramo, puna.
—- Afrique : à Fesluca abyssinica; à Agrostis isopholis et Lobelia
mildbraedii ; Forêt-Prairie : à Lobelia et Senecio géants.
— Nouvelle Calédonie : à Xeronema moorei et Greslania cir-
cinnala.
Prairie aquatique :
—- Afrique : à Echinochloa pyramidalis.
— Amérique : à Typha.
Formations herbeuses des plages à Ipomoea pes-caprae.
Prairie marécageuse :
— Afrique : à Cyperus papyrus et Cyclosorus gongyIodes, à
Carex.
— Amérique : à Thalia geniculala (Mexique), à Heliconia, à
Monlrichardia, à Cyperus giganleus, à Éichornea.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
LES SAPOTACÉES PÉRUVIENNES
DE LA COLLECTION WURDACK
par A. Aubréville
M. John J. Wurdack Acting Curator de la Division de Phanéro-
gamie de la Smithsonian Institution de Washington D.C. a rapporté
de son exploration botanique en Amazonie péruvienne accomplie avec
le concours financier de « The National Science Foundation » quelques
spécimens de Sapotacées qu’il a bien voulu me confier en vue de les iden¬
tifier. De ces échantillons fleuris, remarquablement conservés, récoltés
dans une région botaniquement très peu connue, j’ai cru pouvoir faire
les holotypes de plusieurs espèces nouvelles d’ Eremoluma, de Prieurella,
Neoxylhece, Pouteria et Sarcaulus. Le remarquable genre amazonien
Sarcaulus n’était connu jusqu’à présent que par l’espèce très largement
répandue Sarcaulus brasiliense (Mart.) Eyma. Une seconde espèce existe
donc dans le haut Amazone. Une espèce nouvelle de Prieurella s’ajoute
aux 3 déjà signalées dans la forêt guyano-amazonienne.
Eremoluma Wurdackii Aubr. sp. nov. 1 .
Arbre. Rameaux pubescents gris.
Feuilles oblongues ou obovées-oblongues, arrondies au sommet
et courtement acuminées, cunéiformes à la base et décurrentes sur le
pétiole. Limbe coriace, glabre ou glabrescent dessous, de 8-16 cm long
sur 4-7 cm large. 8-12 paires de nervures latérales, saillantes dessous,
tracées jusqu’à la marge qu’elles atteignent tangentiellement. Réseau
des nervilles et veinules finement maillé, et saillant sur les 2 faces, surtout
sur la face inférieure. Pétiole 1-2 cm, finement pubescent.
1. Eremoluma Wurdackii Aubr. sp. nov.
Arbor. Rami pubescentes, cinerei.
Folia oblonga vel obovato-oblonga, apice rotundata et breviter acuminata, basi
cuneiformia et decurrentia petiolo. Lamina coriacea, glabra vel glabrata subtus,
8-16 cm longa, 4-7 cm lata. Nervi latérales 8-12 jugi, subtus prominentes, usque ad
marginem conspicui, marginem per oblique attingentes. Réticulum nervulorum venulo-
rumque tonuissimum, utraque pagina, praesertim inferiore, prominens. Petiolus 1-2 cm,
tenuiter pubescens.
Flores fasciculati e vetero ligno orti.
Pedicelli 10-13 mm, glabri vel subglabri. Sepala 5, 1, 5-2 mm longa, utraque pagina
paulum pubescentia. Corolla lobis 5, suborbiculatis, concavis, 2, 5-3 mm longis, margi-
nibus ciliatis. Tubus brevis, 1, 5-2 mm longus, crassus. Stamina 5, fllamentis brevissimis,
ad 0,5 mm longis, fere in tubi medio inserta. Antherae 1,5 mm longae, latere déhiscentes.
Staminodia 5, 2-3 mm longa, subulata. Ovarium glabrum stylo brevi productum,
1-loculare, 1-ovulatum.
Fructus ignotus.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 199 —
Fleurs en fascicules sur le vieux bois.
Pédicelles 10-13 mm, glabres ou presque. Sépales 5, de 1,5-2 mm long,
un peu pubescents sur les 2 faces. Corolle à 5 lobes suborbiculaires,
concaves, de 2,5-3 mm long, à bords ciliés. Tube court, 1,5-2 mm long,
épais. Etamines 5 à très courts filets de moins de 0,5 mm long, insérées
sur le tube à mi-hauteur environ. Anthères de 1,5 mm, à déhiscence
latérale. Staminodes 5, de 2-3 mm long, subulés. Ovaire glabre surmonté
d’un court style. Une seule loge uniovulée.
Fruit inconnu.
Matériel étudié :
Wurdack n° 2333 Holotype. Tree 25 m, with copious milky latex. Flowers cream.
Rain forest on lower north slopes of Cerras Campanquiz at Pongo de Manseriche,
right bank of Rio Maranon, 300-550 m (0. oct.); 2478. Tree 30 m. Flowers white.
Forested ridge on right bank of Rio Santiago, 3-4 km above mouth, 300-350 m (fl.
oct.).
Eremoluma peruviensis Aubr. sp. nov. L
Petit arbre.
Feuilles oblongues, atténuées au sommet, acuminées (1-1,5 cm
long), cunéiformes à la base, décurrentes sur le pétiole, glabres. Limbe
7-14 cm long sur 3-6 cm large. Environ 10 paires de nervures secondaires
saillantes dessous, réunies près de la marge. Réseau des nervilles et veinules
finement saillant sur les deux faces. Pétiole 1-1,5 cm long.
Fascicules de fleurs sur les rameaux jeunes. Pédicelles grêles, 2 à
2,5 cm long, glabres. Calice à 5 sépales glabres, longs de 1,5-2 mm. Corolle
à 5 lobes suborbiculaires de 3,75-4 mm long; tube très court 1,5-1,75 mm.
Etamines 5, à très courts filets (0,5 mm long), insérées un peu en dessous
du niveau de la commissure des lobes. Anthères, 1,25 mm, à déhiscence
latérale. Staminodes 5, subulés, longs de 2,5-3 mm. Ovaire glabre à
1 loge uniovulée. Style très court.
Fruit inconnu.
Matériel étudié :
Wurdack n° 2363. Holotype. Tree 15 m, with milky latex. Flowers white. Rain
forest on lower north slope of Cerros Campanquiz at Pongo de Manseriche, right bank
of Rio Maranon, 300-550 m. (11. Oct.).
1. Eremoluma peruviensis Aubr. sp. nov.
Arbor parva.
Folia oblonga, apice attenuata, acuminata (1-1,5 cm longa), basi cuneiformia,
decurrentia petiolo, gabra. Lamina 7-14 cm longa, 3-6 cm lata. Nervi secundarii fere
10-jugi, subtus promincntes, propre marginem connecti. Réticulum nervulorum venu-
lorumque utraque pagina tenuiter prominens. Petiolus 1-1,5 cm longus.
Flores fasciculati e ramis novis orti. Pedicelli graciles, 2-2,5 cm longi, glabri
Calyx sepalis 5, glabris, 1,5-2mm longis. Corollalobis 5, suborbiculatis, 3,75-4 mm longis;
lubus brevissimus, 1,5-1,75 mm longus. Stamina 5, filamentis brevissimis (0,5 mm
longis). paulo infra loborum commissuram inserta. Antherae 1,25 mm longae, dehis
centia laterali. Staminodia 5, subulata, 2,5-3 mm longa. Ovarium glabrum, 1-loculare,
1-ovulatum. Stylus brevissimus.
Fructus ignotus.
Source : MNHN, Paris
— 200 —
Source : MNHN, Paris
— 201 —
Neoxythece Wurdackii Aubr. sp. nov. x .
Arbre. Jeunes rameaux presque glabres.
Feuilles oblancéolées, atténuées ou arrondies au sommet, non acu-
minées, décurrentes sur le pétiole. Limbe 4-6 cm long sur 1,5-2 cm large,
glabre, très coriace, gris verdâtre clair dessous. 8-10 paires de nervures
secondaires non saillantes, peu visibles. Nervures et nervilles sur du
matériel sec sont imprimées dans le limbe en dessous. Pétiole, 8-10 mm
long.
Fascicules de fleurs sur les rameaux âgés. Pédicelles ± 5 mm. Calice
glabre ou presque, à 5 sépales soudés sur la moitié de leur longueur, la
partie libre longue de 1-1,25 mm. Corolle à 5 lobes largement ovés, de
1 mm long; tube 1-1,25 mm long. Etamines 5, à très courts filets de moins
de 0,5 mm insérés un peu en dessous de la commissure des lobes ; anthères
0,75 mm, à déhiscence latérale. Staminodes 5, en forme de petits mame¬
lons de 0,5 mm environ, insérés à la même hauteur que les filets des
étamines. Ovaire velu, à 2 loges uniovulées.
Fruit inconnu.
Matériel étudié :
Wurdack n e 2409. Holotype. Tree 25 m, with copious milky latex. Flowers
cream. Forested ridge on right bank of Rio Santiago, 2-3 km above mouth,
300-350 m. (11. Oct.),
Espèce affine des espèces de Neoxythece à petites feuilles oblongues-
oblancéolées : N. Schulzii Aubr., N. dura (Eyma) Aubr. et Pellegr.;
N. amazonica (Krause) Aubr., toutes espèces imparfaitement connues.
Pouteria Wurdackii Aubr. sp. nov. 1 2 .
Bourgeons terminaux et jeunes rameaux densément velus. Feuilles
oblongues, très courtement acuminées, à base cunéiforme. Limbe attei-
1. Neoxythece Wurdackii Aubr. sp. nov.
Arbor. Rami novi fere glabri.
Folia oblanceolata, apice attenuata vel rotundata, non acuminata, decurrentia
petiolo. Lamina 4-6 cm longa, 1,5-2 cm lata, glabra, maxime coriacea, subtus dilute
cinereo-subviridis. Nervi secundarii, 8-10 jugi, non prominentes, parum conspicui.
Nervi nervulique in sicco in lamina subtus impressi. Petiolus 8-10 mm longus.
Flores fasciculati e ramis vcteribus orti. Pedieelli ± 5 mm. Calyx glaber vel subgla-
ber, sepalis 5, in parte media inferiore connatis, parte libéra 1-1,25 mm longa. Corolla
lobis 5, late ovatis, 1 mm longis; tubus 1-1,25 mm longus. Stamina 5, fila mentis bre-
vissimis ad 0,5 mm, paulo infra loborum commissuram insertis; anlhcrae 0,75 mm longae,
dehiscentia laterali. Staminodia 5, papilliformia, fere 0,5 mm, ex aequo cum stamino-
rum fila mentis inserta. Ovarium villosum, loculis 2, 1-ovulatis.
Fruclus ignotus.
2. Pouteria Wurdackii Aubr. sp. nov.
Gcmmae terminales sicut rami novi dense villosi.
Folia oblonga, brevissime acuminata, basi cuneiformia. Lamina ad 30 cm longa,
14 cm lata. Nervi secundarii fere 30-jugi, usque ad marginem conspicui, subtus promi¬
nentes. Réticulum nervulorum parallelorum fere angulo recto in nervis secundariis
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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gnant 30 cm long sur 14 cm large. Environ 30 paires de nervures secon¬
daires marquées juqu’à la marge, proéminentes dessous. Réseau de ner-
villes parallèles sensiblement perpendiculaires aux nervures secondaires,
très saillantes dessous, réunies par des veinules saillantes. Nervures et
nervilles velues brunâtre dessous. Pétiole velu, environ 2,5 cm long.
Fleurs sessiles sur des rameaux défeuillés très épais, à l’aisselle des
feuilles tombées. Petites bractées velues à la base des fleurs. Calice à
4 sépales pubescents extérieurement; les deux externes de 7-8 mm long,
les deux internes plus grands, mesurant 12 mm. Corolle glabre à tube
long de 12,5 mm, à 4 lobes semi-orbiculaires de 5,5 mm. Etamines 4,
à filets de 5 mm insérés vers le milieu du tube; anthères extrorses de
2-2,5 mm. Staminodes 4, subulés. Ovaire hirsute à 4 loges, prolongé
d’un long style glabre.
Fruit inconnu.
Cette espèce est remarquable par la nervation proéminente de ses
grandes feuilles, et en conséquence très aisément différenciable des espèces
proches, telles que Pouleria torla (Mart.) Radlk. et Pouteria gutta (Ducke)
Baehni.
Matériel étudié :
J. J. Wurdack n° 2115. Holotype. Tree 15 m with copious milky latex. Corolla
tube white, the lobes pale green.
High rain forest along Rio Maranon near Teniente Pinglo just above Pongo de
Manseriche, 250-300 m. (0. oct.).
Prieurella Wurdackii Aubr. sp. nov. x .
Feuilles obovées oblongues, atténuées et acuminées au sommet,
cunéiformes aigues à la base, glabres. Limbe jusqu’à 20 cm long sur
insertorum, infra maxime prominentium, venulis prominentibus connectorum. Nervi
nervulique subtus castaneo-villosi. Petiolus villosus, fere 2,5 cm longus.
Flores sessiles in ramis defoliatis percrassis, in axillis foliorum casorum inserti.
Bracteis parvis villosis basi llorum insertis. Calyx sepalis 4, extra pubescentibus;
externis duobus 7-8 mm longis, internis duobus majoribus, 12 mm. Corolla glabra,
tubo 12,5 mm longo, 4 lobis semi-orbiculatis, 5,5 mm. Stamina 4, fllamentis 5 mm, ad
tubi medium insertis; antherae extrorsae 2-2,5 mm. Staminodia 4, subulata. Ovarium
hirsulum 4-loculare, stylo longo glabro productum.
Fructus ignolus.
1. Prieurella Wurdackii Aubr. sp. nov.
Folia obovato-oblonga, apice attenuata et acuminata, basi cuneiformia acuta,
glabra. Lamina ad 20 cm longa, 8 cm lata. Nervi secundarii 10-13 jugi, subtus promi-
nentes et usque ad marginem conspicui. Réticulum spectabile nervulorum parallelorum,
densorum, tenuium, in nervis secundariis oblique insertorum; reticuio tenuiore venu-
lorum parallelorum, angulo recto insertorum in nervulis. Petiolus, 2-2,5 cm, glaber.
Florum fasciculi e ligno vetere orti. Pedicelli 7-10 mm longi, glabrescentes. Calyx
sepalis 5,3 mm longis, utraque pagina pubescentibus. Corolla lobis 5, suborbiculatis,
2,5-3 mm longis; tubus brevissimus, 0,75 mm. Stamina 5, fila mentis brevissimis, 1 mm
longis, paulo infra commissuram loborum corollae cum tubo connatis, interdum abor-
tiva. Staminodia 0. Ovarium pubescens, 5-lobatum, loculis 5. Stylus brevissimus. Stigma
lobatum.
Fructus ignotus.
Source : MNHN, Paris
204 —
8 cm large. 10-12 paires de nervures secondaires, saillantes dessous
et tracées jusqu’à la marge. Réseau remarquable de nervilles parallèles,
serrées, fines, obliques par rapport aux nervures secondaires, doublé
d’un réseau plus fin de veinules parallèles, perpendiculaires aux nervilles.
Pétiole, 2-2,5 cm, glabre.
Fascicules de fleurs sur le vieux bois. Pédicelles 7-10 mm long,
glabrescents. Calice 5 sépales de 3 mm long, pubescents sur les 2 faces.
Corolle, 5 lobes suborbiculaires de 2,5-3 mm long; tube très court 0,75 mm.
5 étamines à filets très courts de 1 mm long, soudés sur le tube un peu
en dessous du niveau de soudure des lobes de la corolle, parfois avortées.
Staminodes O. Ovaire pubescent, 5-lobé, à 5 loges. Style très court.
Stigmate lobé.
Fruit inconnu.
Cette espèce diffère du Prieurella Prieurii (A.DC.) Aubr. dont le
limbe est couvert en dessous d’une pubescence roussâtre, et dont la
corolle est intérieurement un peu pubescente.
Matériel étudié :
Wurdack n° 2290 Holotype. Tree 30 m, with copious milky latex. Flowers yellow
brown. Rain forest lower north-west slopes of Cerros Campanquiz, Rio Maranon just
above Pongo de Manseriche, 250-300 m. (fl. oct.).
Sarcaulus Wurdackii Aubr. sp. nov. 1 .
Feuilles oblongues, acuminées aigues, à base arrondie ou obtuse.
Limbe atteignant 24 cm de long sur 10,5 cm de large. Nervures secon¬
daires 12 à 15 paires, proéminentes dessous, réunies en arc près de la marge.
Réseau lâche de nervilles saillantes, dessinant parfois des lignes brisées
caractéristiques du genre Sarcaulus, bien distinct en général du réseau
intermédiaire cependant encore accusé des veinules. Limbe d’abord
pubescent dessus mais devenant glabre. Pubescence opprimée grisâtre
persistante dessous. Pétiole velu, roux, environ 1 cm long.
Fleurs sur les rameaux âgés, en fascicules à l'aisselle des feuilles tom¬
bées. Pédicelles velus roux, jusqu’à 19 mm. long. Calice à 5 sépales velus
1. Sarcaulus Wurdackii Aubr. sp. nov.
Folia oblonga, acuminato-acuta, basi rotundata vel obtusa. I.amina ad 24 cm
longa, 10,5 cm lata. Nervi secundarii 12-15 jugi, subtus prominentes, prope marginem
arcuatim connati. Réticulum laxum nervilorum prominentium, interdum lineas fractas,
generis Sarcauli proprias deducens, adhunc vulgo bene reticuli intermedii distinctum,
tamen perconspicui, venulorum. Lamina primum supra pubescens sed glabrata. Pubes-
centia appressa, subcinerea, subtus persislans. Petiolus villosus, rufus, fere 1 cm longus.
Flores e ramis veteribus orti, in axillis foliorum casorum fasciculati. Pedicelli
villosi, rufl, ad 19 mm longi. Calyx scpalis 5, extra villosis, 3-3,5 mm longis. Corolla
maxime carnosa, generis Sarcauli propria, extra villosa, 3,5 mm alta. Lobi 5, subvalvati,
subtrianguli, brèves. Tubus perbrevis, fere 1,5 mm longus, glaber intus vel ± pubes¬
cens. Stamina abortiva 5. Staminodia truncata, crassissima, deinde medio in duas
papillas lissa, 1,5 mm alta, extra pilis tecta. Ovarium villosum, stylo brevi (4)-5 loculare.
Fructus ignotus.
Source : MNHN, Paris
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extérieurement, de 3-3,5 mm long. Corolle très charnue , caractéristique
du genre Sarcaulus, extérieurement velue, haute de 3,5 mm. Lobes 5,
subvalvaires, subtriangulaires, courts. Tube très court, environ 1,5 mm
long, glabre ou plus ou moins pubescent intérieurement. Etamines
avortées 5. Staminodes tronqués, très épais, puis se fendant par le milieu
en deux mamelons, environ 1,5 mm haut, couverts de poils extérieurement.
Ovaire velu, à court style, (4-) 5 loges.
Fruit inconnu.
Cette espèce se distingue du Sarcaulus brasiliense (Mart.) Eyma
qui existe aussi en Amazonie péruvienne par ses feuilles plus grandes,
et par la pubescence grisâtre apprimée du dessous du limbe.
Matériel étudié :
Wurdack : n 0 2425, holotype. Tree 15 m, with milky latex. Corolla pink. Rain
forest at upper end of Pongo de Manseriche, Rio Maranon 250 m (11. oct.); n° 2121 Tree
15 m. Buds tan; corolla pink. High rain forest along Rio Maranon near Tcniente Pinglo,
just above Pongo de Manseriche, 250-300 m. (fl. oct.).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
UNE NOUVELLE EUPHORBE
APHYLLE DE MADAGASCAR
par J. Leandri
M. Jean Bosser, directeur de recherches à l’Institut de Recherche
scientifique de Madagascar, a récolté l’année dernière, aux environs de
Betroka (Centre-Sud de Madagascar, mais en forêt à feuilles caduques *),
une Euphorbe aphylle et charnue qui ne semble pouvoir être attribuée
à aucune des nombreuses espèces actuellement connues.
Ce botaniste a observé cette plante en culture au Jardin botanique
de Tsimbazaza, à Tananarive, durant un an. Trois exemplaires en pot
sont aussi cultivés aux serres du Muséum où ils ont été rapportés en juillet
dernier. Aucun de ces exemplaires ne semble avoir jamais produit de
feuilles. L’un d’eux a fleuri en mars à Tananarive; un autre vient de
fleurir (début d’octobre) à Paris 1 2 . Nous nous risquons à présenter cette
plante comme une nouvelle espèce en raison de ses caractères très par¬
ticuliers. C’est une plante de sous-bois, qu’on trouve aux environs de
Betroka dans des vestiges de forêts. Sa station est constituée par le bord
des torrents, donc absolument différente de celle des Euphorbes charnues
du Sud malgache qu’on pourrait être tenté de lui comparer.
Les tiges, pratiquement aphylles, traînent sur le sol 3 . Elles sont
finement pubescentes, grisâtres, sauf les jeunes pousses qui sont rosées,
et présentent des taches vert sombre ordonnées très grossièrement en
lignes longitudinales. La figure 1, dessinée d’après un spécimen cultivé
au Muséum, donne le port de la plante.
Les cyathiums sont solitaires au sommet des jeunes pousses ou latéraux
au sommet de sortes d’articles peu marqués. Us sont accompagnés près
de la base de leur pédoncule d’une petite lame oblongue. Le sommet
des articles stériles est marqué par la présence d’une lame très courte
et obtuse, verte, qui représente peut-être une ébauche de feuille; entre
cette lame et la base de l’article suivant, on trouve souvent un cylindre
à sommet obtus qui constitue sans doute l’ébauche d’un rameau axillaire,
rameau qui peut se développer ou non.
Le sommet d’un jeune rameau montre deux bourgeons sphériques
un peu rétrécis à la base, accompagnés tous deux vers l’extérieur par
1. Voir H. Humbert, Les territoires phytogéographiques de Madagascar, Année
biologique, 31, 5-6 : 195-204, 1 carte col. h. t. 1955.
2. Les exemplaires récoltés à Betroka ont fleuri en mars à Tananarive, ce qui semble
indiquer que la floraison peut avoir lieu à des saisons diverses.
3. Elles se continuent par une racine courte, faiblement cannelée, peu pro¬
fondément enterrée, et sont fixées par un petit nombre de racines secondaires qui se
ramifient bientôt et ne semblent pas tubérisées.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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une petite lame oblongue faiblement verdâtre. Nous pensons que ces
bourgeons représentent des ébauches d’inflorescences (cyathiums); ils
sont accompagnés de l’ébauche rudimentaire de feuilles (ou de bractées)
axillantes. Le point végétatif terminal du rameau déjà développé doit
rester actif entre les deux bourgeons, et reprendre sa croissance en entraî¬
nant avec lui le plus petit des deux bourgeons d’inflorescence.
En eflet, on voit des cyathiums solitaires latéraux au sommet d’ar¬
ticles non ramifiés, mais non à l’aisselle des ramifications. Ce n’est que
plus tard que doivent se différencier les points végétatifs qui donneront
des ramilles.
La coupe transversale des rameaux montre des faisceaux libéro-
ligneux avec du bois primitif (parfois résorbé) près de la moelle, des
vaisseaux plus ou moins développés, un arc méristématique déjà indiqué
et un liber externe, le tout dans un gaine de cellules plus petites que celles
du parenchyme médullaire ou cortical et élargies perpendiculairement
au rayon du faisceau. Les plages vert foncé correspondent à des cellules
allongées dans le sens radial et contenant de nombreux chloroplastes, qui
jouent évidemment le principal rôle dans l’assimilation du carbone par la
plante en l’absence de feuilles développées. Je ne m’étendrai pas sur les
autres caractères anatomiques qui se voient sur les figures.
L’inflorescence semble normalement réduite à un seul cyathium,
qui porte sur sa base une seule (?) petite cyathophylle oblongue-aiguë.
La coupe est pubescente en dehors, et les bractées interglandulaires
sont petites, fimbriées, à peu près de niveau avec les glandes. Coupe
et glandes sont de couleur rose en dehors sur les exemplaires observés
jusqu’ici, tandis que la face interne (supérieure) des glandes est d’un vert
olive.
On remarque que les fleurs extérieures, à grosses anthères (loges
de 0,5 mm. et plus) ne dépassent pas l’orifice du cyathium, tandis que les
plus internes, à sacs moitié moins grands, ont des pédicelles plus longs
et portant l’anthère un peu au-dessus. Il semble y avoir 5 séries radiales
de fleurs g, accompagnées par les bractéoles internes du cyathium toutes
linguiformes ou bifides, hyalines, oblongues-aiguës.
L’ovaire (fleur Ç) sessile sur les cyathiums observés, est pubescent,
ovoïde; le style d’abord simple et pubescent sur une longueur égale au
tiers de l’ovaire, présente plus haut trois branches glabres et bifurquées
au sommet. Au point de vue de la fécondation, ce sont donc les fleurs $
précoces, à petites anthères dépassant le bord de la coupe, qui paraissent
capables de déposer leur pollen sur les stigmates de la jeune fleur $;
le filet des fleurs £ à grosses anthères ne semble devoir s’allonger qu’à
un stade ultérieur de l’infloresence où le pédicelle de la fleur $ fécondée
devient peut-être capable de s’allonger aussi pour porter le fruit au-dessus
de la gorge du cyathium. Les petites anthères des fleurs précoces de la
périphérie sont-elles fertiles? Leur taille réduite semble indiquer que non,
et que le pollen fécondateur doit être apporté soit par le vent, soit plus
probablement par les Fourmis qu’ont voit souvent à Madagascar sur les
cyathiums d’Euphorbes. Le pollen des grosses anthères doit aussi être
Source : MNHN, Paris
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Zoo
PI. 2. — Euphorbia Bosseri Leandri : 1, coupe transversale de la région externe d'un rameau
montrant une plage de cellules en palissade, x 100; 2 , coupe transversale d’un faisceau
x 240; on aperçoit deux laticifères, un fascicule externe de jeunes fibres, quelques tubes
criblés, seulement vers l'extérieur, l'ébauche (un peu déformée par l'action du rasoir)
d’une assise génératrice, quelques vaisseaux de bois différenciés et quelques éléments de
protoxylème au centre de la partie interne du faisceau.
Source : MNHN, Paris
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porté de la même façon après l’allongement des filets et des pédicelles,
sur d’autres fleurs $ jeunes. Il y a donc vraisemblablement « dichogamie
au niveau de l’inflorescence » et pollinisation croisée.
Un cyathium terminal prélevé sur le matériel d’herbier récolté
en mars au Jardin botanique de Tananarive, montre des fleurs à anthères
au-dessus du niveau de la gorge du cyathium, mais l’ovaire est atrophié
au fond du cyathium. Le pédicelle Ç ne s’allonge donc pas sans fécondation,
à moins qu’il ne s’agisse là de l’existence de cyathiums seulement <? par
suite du non-développement de l’ovaire de la fleur $.
Quelle est la position systématique de cette espèce? Elle ne peut
être rangée formellement dans aucune des sections que le regretté M. Denis
avait retenues pour classer les Euphorbes malgaches. En raison de ses
rameaux faiblement articulés, charnus, de la présence de bandes vertes
assimilatrices sur la tige, on serait tenté de la rapprocher des « Tirucalli ».
Elle présente des points communs avec une liane récoltée jadis dans
le Boina par H. Perrier de la Bathie ( Perrier 1126, peut-être 13228,
13230) et non encore décrite, mais cette dernière présente des rameaux
beaucoup plus forts (diam. 2 cm) et croit dans une station différente
(bois sablonneux secs) ; elle présente des bractées interglandulaires
arrondies, des cyathophylles concaves plus grandes, par paires, des
cyathiums ordinairement unisexués.
Dans la clef des Euphorbes d’Afrique méridionale, proposée par
White, Dyer et Sloane dans The Succulent Euphorbieae, notre plante
se rangerait dans la « clé n° 2 » (sans épines vraies, peu élevées, à plu¬
sieurs rameaux aériens ronds, plus ou moins succulents, sans « tubercules »
(excroissances), en baguettes ou articulés).
Ce groupe comprend dans la partie méridionale du continent africain
une quarantaine d’espèces. Parmi celles qui ont des feuilles alternes
comme notre plante (où elles sont rudimentaires), et des cyathiums soli¬
taires (E. gummifera, E. gregaria, E. lignosa), les deux premières ont
des fleurs Ç longuement pédicellées, la troisième des rameaux terminés
en épines. Leur port et leur station sont très différents de ceux de notre
plante.
Il en est de même des espèces décrites plus récemment d’Afrique
méridionale et des Iles voisines, notamment par MM. Marnier-
Lapostolle, Rauh et Leach. Parmi les Euphorbes des parties de
l’Afrique tropicale situées plus au nord, notre plante présente des points
communs avec VE. Rogeri N.E. Br. du Sénégal, dont elle se distingue
par le port, l’absence quasi totale de feuilles, les rameaux non bifurqués;
avec l’.E. media N.E. Br., de l’Ouganda et du Mozambique et VE. rhipsa-
loides Welw. de l’Angola dont elle s’écarte par les cyathiums solitaires
et le port infiniment plus modeste.
Parmi les Euphorbes de l’Asie du Sud et du Sud-Ouest, aucune ne
semble voisine de celle que nous étudions ici.
Source : MNHN, Paris
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Euphorbia Bosseri sp. nov.
Suffrotex carnosus subrepens fere 30 cm altus, parcissime ramosus.
Rami teretes vel modice subangulosi, 3-4 mm crassi, basi articulati ad apicem
i attenuati, cinerei vel apice rosei et lineis vel maculis viridibus sicut papulis
roseis ornati. Folia subnuUa, mox caduca, lamina oblonga hyalina, fere
1 mm longa, exstipulata, alterna. Cyathia solitaria, axillaria vel terminalia
pedunculata, basi bracteis (1 (-2,) oblongo-acutis munita; pilis arcuatis
subappressis extrinsecus ornata; bracteis faucis glandulisque fere aequilongis,
bracteis fimbriatis, glandulis transverse dilatatis ellipsoideis glabris ^ corru-
gatis; floribus (J in sericbus cpibractealibus ; exteriorum pedicello longiore,
antheris minimis faucem non sero excedentibus, aliorum pedicello breviore,
antheris majoribus in cyathio diu inclusis; bracteis interfloralibus oblongis
angustis hyalinis nonnunquam bifidis; ovario (primum?) sessili (flore $ perian-
thio indigente) globoso, pilis appressis parvis pubescente, stylo basi unico
pubescente, supra in ramulis 3 bifidis glabris diviso; ovario in quibusdam
cyathiis haud evoluto; fructu ignoto.
Type : Bosser 17621 in herb. Mus. Paris. — Madagascar, environs
de Betroka, lat. 23° 6' S; long. 46° 4'E. Bord de torrent en forêt, proba¬
blement de type à feuilles caduques.
Source : MNHN, Paris
UNE IRVINGIACÉE MALGACHE
par R. Capuron
Les Irvingiacées, considérées par certains auteurs comme une
sous-famille des Simaroubacées 1 constituent une petite famille groupant
trois genres : deux africains, Klainedoxa Pierre et Desbordesia Pierre
ex v. Tiegh., un afro-asiatique, Irvingia Hook. f. Sur la côte orientale
de Madagascar croît une Irvingiacée que, en raison des caractères parti¬
culiers de son fruit, nous considérons comme type d’un genre nouveau.
CLEISTANTHOPSIS R. Capuron gen. nov.
A ceteris generibus Irvingiacearum fructibus siccis dehiscentibus differt.
Arbores insipidae. Folia alterna, simplicia, integra. Stipulae minimae,
valde caducae, latérales, gcmmam terminalcm amplectantes. Inflorescentiae
axillares vel terminales, cymosae. Flores regulares, hermaphroditi, 5-meri.
Calyx profunde lobatus lobis in alabastro quincuncialibus. Petala libéra,
caduca, in alabastro quincuncialia. Stamina 10, sub-biseriata, libéra, infra
discum inserta, filamentis elongatis gracilibus, antheris 2-locularibus dorsi-
fixis basi emarginatis, rimis longitudinalibus 2 introrsis dehiscentibus. Discus
annularis pulviniformis crassus. Ovarium 5-loculare, disco impositum,
loculis uni-ovulatis; ovula ab apice loculorum pendentia, micropyle extror-
sum supero dilatatione placentae plus-minus obtecto. Stylus simplex, apice
truncatus vix dilatatus. Fructus siccus, capsularis, 5-locularis, septicidus,
coccis (5) bivalvatis; columella persistens apice tumores (5) placentares et
ovula abortiva ferens. Semina pendentia, fere exalbuminosa ; embryo accum-
bens; cotyledones crassae; radicula supera, parva.
Cleistanthopsis multicaulis R. Capuron sp. nov.
Arbor ad 15 m alta, multicaulis, omnino glabra. Ramuli graciles (0,5-
1,2 mm diam.). Petiolus 3-8 mm longus, supra canaliculatus; limbus mem-
branaceus, ovato-ellipticus (3,5-10 X l,5-3,5 cm), 2-3-plo longior quam latus,
basi late obtusus vel subrotundatus, apice acutus et fere semper acuminatus;
Costa utrinque prominula; nervi secundarii 3-5-jugi, utrinque prominuli
apice curvati et anastomosantes; rcticulatio densa. Stipulae anguste lanceo-
latae, ca. 2-2,5 mm longac, acutissimae, caducissimae, cicatrices latérales
post lapsus relinquentes. Inflorescentiae quam folia breviores parum ramosae ;
bractae parvae (0,3-0,7 mm longae), late triangulares, apiculatae. Pedicelli
1. Nous renvoyons le lecteur, que les questions concernant la taxonomie de ces
familles intéresseraient, à l’excellent résumé publié par H. P. Nooteboom, dans la
Flora Malesiana.
Source : MNHN, Paris
N/t
— 214 —
PI. 1. — • Cleistanlliopsis mullicaulis R. Capuron : 1, rameau florifère X 2/3; 2, stipules X 4;
3, fleur x 4; 4, calice vu de dessus x 4; 5, pétale face interne x 4; 6, 7 anthère, vue de
face et de dos x 16; 8, infrutescence; gr. nat.; 9, valves du fruit vues de face et de
dos gr. nat.; 11, columelle x 2; 12,13, graines X 2; 14,15, sommet de la graine vu de
profil et de face x 6; 16, coupe du sommet de la graine x 6; 17, section transversale de la
Source : MNHN, Paris
— 215 —
graciles, 5-10 mm longi, basi articulati, post anthesin accrescentes. Calycis
lobi ovato-triangulares (0,7-1 X 0,7-0,8 mm) apice obtusi. Petala alba, ovato-
elliptica (ca. 4 X 2,5 mm), apice rotundata, per anthesin patentia deinde
reflexa. Stamina 4-4,5 mm longa, filamentis albis ima basi dilatatis ; anthcrae
ovatae (ca. 0,9 X 0,6 mm) basi profunde excisae. Discus ca. 2,5 mm diam.,
1 mm crassus, basi staminorum filamentorum impressionibus 10-lobatus.
Ovarium subglobosum (ca. 1,5 mm diam.); Stylus vix 2 mm longus. Fructus
late ellipticus vel subglobosus vel leviter obovatus (ca. 1,7-2 cm diam.,
1,9-2,2 cm altus), glauco-pruinosus, basi calycis, disci et staminorum reliquis
instructus. Semina oblongo-cylindrica (ca. 10-14 mm longa, 3,5-4 mm diam.)
recta vel apice leviter curvata. Radicula globulosa, parva (0,9 mm diam.).
Cotyledones virides.
Typus speciei ; 23640-SF.
Est : Forêt de Tampina, entre Tamatave et Ambila-Lemaitso, Louvel 42 (Fl.,
VIII/1925, Taimbarika); vestiges de forêt orientale, entre Farafangana et Manombo,
23629-SF (Fr. imm., X/1964, Maroambody ou Maroampolotra) 23944-SF (Fr.,
XII/1964); forêt de Manombo, à 30 km au Sud de Farafangana, vers 50 m d’alt.,
23640-SF (Fl., Fr. imm., X/1964, id.).
Comme on a pu le voir dans la diagnose générique les caractères
floraux de Cleistanthopsis sont identiques à ceux des autres Irvingiacées
et ce genre ne saurait donc être séparé de ces dernières. Le seul caractère
d’importance qui permet de le distinguer est fourni par les fruits. Dans
le Cleistanthopsis multicaulis en effet le fruit est sec, capsulaire, alors
que c’est une drupe ou une samare dans les autres genres; à maturité
il se divise, par déhiscence septicide, en cinq coques bivalves; la déhiscence
est très brusque et les graines fertiles sont projetées au loin. L’axe du
fruit persiste sous forme d’une columelle portant à son sommet cinq ren¬
flements placentaires très accusés; les ovules avortés restent fixés à ces
renflements. Les graines, de couleur brunâtre, sont cylindriques, droites
ou un peu courbées à leur extrémité distale. Le tégument séminal présente
à son extrémité basale, au-dessus du hile, un épaississement en forme de
fer à cheval, à concavité tournée vers le hile ; ce bourrelet abrite le micro-
pyle. L’albumen est réduit à une simple membrane appliquée contre la
face interne du tégument séminal et il n’est guère perceptible qu’au niveau
de la base de la radicule où il forme un léger épaississement annulaire.
Un deuxième caractère distinctif, de faible importance, est fourni
par les stipules. Dans les Irvingiacées anciennement décrites les stipules
prennent un grand développement et forment, au sommet des rameaux,
un organe en forme d’ergot abritant le bourgeon terminal; lorsque les
stipules tombent elles laissent une cicatrice annulaire sur les rameaux;
dans le Cleisianlhopsis les stipules sont très réduites et latérales (elles
sont très précocement caduques et ne peuvent être observées que sur
des pousses extrêmement jeunes) ; elles laissent en tombant deux petites
cicatrices qui ne sont guère visibles qu’à l’aide d’une loupe.
Le Cleistanthopsis multicaulis est un arbre pouvant atteindre une
quinzaine de mètres de hauteur; il est remarquable, et par là facile à recon-
Source : MNHN, Paris
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naître sur le terrain, par ses nombreux troncs (de 5 à 10 et plus) qui sor¬
tent d’une souche commune très courte (d’où le nom spécifique que nous
avons choisi et les noms vernaculaires de Maroampototra et Maroam-
body donnés à l’espèce dans la région de Farafangana) ; chaque tronc en
particulier ne dépasse guère 20-30 cm de diamètre mais leur ensemble
peut constituer des touffes de plus de 3 m de circonférence. L’écorce
du tronc est lisse, non amère (de même que toutes les autres parties
du végétal). Les feuilles ressemblent beaucoup à celles de certains Cleis-
tanthus (Euphorbiacées) malgaches, d’où le nom générique que nous avons
choisi (dans la région de Tamatave, où les deux genres coexistent, tous
deux sont souvent désignés sous le même nom de Taimbarika).
Les fleurs s’épanouissent au moment où les jeunes pousses feuillées
se développent. Les inflorescences sont axillaires des vieilles feuilles ou en
partie terminales. Ce sont des cymes bipares assez fortement condensées,
présentant de nombreux avortements des fleurs terminant les axes inter¬
médiaires; dans la zone où les fleurs se développent on'peut voir à la base
des pédicelles floraux (qui sont articulés à ce niveau) deux bractées
opposées ayant chacune dans son aisselle un bourgeon floral accompagné
de deux petites bractées en croix avec les précédentes. Calice et corolle
ont une préfloraison quinconciale mais celle-ci n’est visible, en ce qui
concerne le calice, que sur des boutons très jeunes dans lesquels l’ovaire
commence juste son développement. Dans le bouton près d’éclore les
étamines ont des filets un peu sinués ; les oppositipétales sont alors nette¬
ment plus courtes que les alternipétales mais la différence de longueur
devient sensiblement nulle durant l’anthèse.
Après la fécondation la transformation de l’ovaire en fruit est très
rapide et, sur la même inflorescence, on peut voir des fleurs encore en
bouton tandis que des fruits, encore immatures, ont déjà presque atteint
leur taille définitive. Sur le frais les fruits sont recouverts d’une pruine
glauque; ils sont très légèrement 10-cotelés.
Bibliographie
1. Bâillon (H.). — Rutacces, in Histoire des Plantes, 4 (1873).
2. Engleh (A.). — Simarubaceae, in Engler u. Prantl, Die Nalürlichen Pflanzen-
familien, zweite Aullage, Band 19 a (1931).
3. Gilbert (G.). — Irvingiaceae, in Flore du Congo Belge et du Ruanda-Urundi, 7
(1958).
4. Hutchinson (J.). — The Families of flowering plants, ed. 2, 1 (1959).
5. Lemée (A.). — Dictionnaire des genres de plantes phanérogames.
6. Nooteboom (H. P.). — Simaroubaceac, in Flora Malesiana, sér. 1, 6, 2 (1962).
Source : MNHN, Paris
UN REPRÉSENTANT MALGACHE
DU GENRE DAPANIA KORTH
(LÉPIDOBOTRYACÉES)
par R. Capuron
Décrite d’abord par J. Léonard pour le genre monospécifique
africain Lepidobolrys Engler, la famille des Lépidobotryacées a été récem¬
ment élargie par J. Hutchinson par l’adjonction des deux genres asia¬
tiques Sarcolheca Blume et Dapania Korth. Ces trois genres étaient autre¬
fois classés tantôt dans les Linacées, tantôt dans les Oxalidacées.
Bien que nous adoptions ici la famille des Lépidobotryacées telle que
la propose Hutchinson nous croyons pouvoir faire remarquer qu’elle
ne se sépare que très difficilement de celle des Oxalidacées. Chacun des
genres de Lépidobotryacées présente des caractères que l’on retrouve
dans cette dernière famille et peut-être eut-il mieux valu les considérer
comme constituant une simple tribu.
Quoi qu’il en soit les Lépidobotryacées se séparent nettement en
deux groupes : d’un côté le genre Lepidobolrys avec ses loges ovariennes
contenant chacune 2 ovules collatéraux, ses graines dépourvues d’albumen
et son embryon à deux gros cotylédons charnus cachant la radicule;
de l’autre les genres Dapania et Sarcolheca avec des loges ovariennes (1-)
2-ovulées, à ovules superposés, des graines albuminées contenant un
embryon à cotylédons minces et à radicule très saillante. D'autres carac¬
tères, moins importants, peuvent encore concourir à séparer les deux
groupes : nombre de loges ovariennes (3, plus rarement 4, dans les Lépi-
dobotrys, 5 dans les deux autres genres), structure de la base de l’androcée,
forme de l’arille, structure du tégument séminal, etc...
Quant aux genres Dapania et Sarcolheca ils se séparent par les
inflorescences et la déhiscence du fruit. Dans les Dapania, les fleurs sont
disposées en épis simples et les fruits sont des capsules, très charnues
sur le frais, à déhiscence loculicide, à valves s’étalant complètement
en étoile à la fin; dans les Sarcotheca les inflorescences sont des grappes
de cymules ou des panicules et les fruits s’ouvrent seulement au sommet
par déhiscence septicide.
Le genre Dapania possède un représentant dans le Domaine de
l’Est, à Madagascar, il s’agit d’une grande liane qui, au moment de la
floraison, se couvre d’une multitude de fleurs rouges. Bien que largement
répandue (son aire connue s’étend de la Montagne d’Ambre jusqu’au
Sud de Farafangana) et assez commune dans son aire, cette espèce est
restée pratiquement ignorée des botanistes. Les collections malgaches
du Muséum de Paris ne paraissaient en renfermer que deux échan-
Source : MNHN, Paris
— 218 —
Source : MNHN, Paris
— 219 —
tillons, tous deux stériles et par suite restés indéterminés. Au cours d’une
tournée dans la région d’Ifanadiana, au début de 1964, en compagnie de
M 1Ie A. Lourteig et de M. Y. Thérézien, nous avons récolté des
échantillons en fruits. Le même pied nous a fourni des fleurs en octobre.
En novembre et décembre nous avons retrouvé l’espèce dans la région
de Mananara, de Fénérive et de Farafangana.
Le Dapania de Madagascar présente quelques caractères qui
paraissent pouvoir le séparer des deux espèces connues à ce jour et qui
permettent de le considérer comme une espèce nouvelle.
Dapania pentandra R. Capuron sp. nov.
A duabus specieibus generis Dapaniae adhuc descriptis differt petalis
intus pilosulis, staminodiis epipetalis anantheris, embryone leviter curvato
et cotyledonibus basi inaequilateribus.
Frutex alte scandens, inflorescentiis exceptis omnino glaberrimus, ramuli
graciles, plus minus pendentes. Folia alterna, unifoliolata, petiolo cylindrico
1-2 mm longo, petiolulo supra canaliculato, 1-3 mm longo, apice petioli arti-
culato ; lamina leviter coriacea, in sicco statu plus minus flavescens vel subtus
rubro-flavescens, ovato-elliptica (5,5-9 X 1-3 cm) vel elliptico-lanceolata,
2,5-4,5-pIo longior quam lata, basi cuneata, apice longe attenuata, marginibus
integerrimis leviter incrassatis et revolutis; Costa supra plana, subtus leviter
prominula; nervi secundarii 4-5-jugi, ascendentes, parum vel vix distincti.
Stipulae et stipellae nullae. Inflorescentiae axillares vel e axillo foliorum
delapsorum ortae (1-3 pro axillo), spiciformes, 2-5 cm longae, e basi usque
apicem laxe floriferae, axi sat dense pilosulo; bracteae transversales, latiores
quam altae (ca. 1,3 mm lateae), utrinque pubescentes (praesertim lateraliter).
Flores pentameri, sessiles; calyx persistens, basi breviter urceolatus lobis
(in alabastro imbricatis) orbicularibus vel late ovatis (ca. 1,5 mm longis,
1,2-1,5 mm latis), apice nonnunquam leviter emarginatis, marginibus, breviter
ciliatis; petala imbricata (nonnunquam quinconcialia), in vivo statu roseo-
purpurea, oblonga (ca. 4,5 mm longa, 1,5 mm lata), basi onguiculo obtriangu-
lare (ca. 1,2 mm longo) instructa, interse supra onguiculum leviter cohaeren-
tia, intus in media parte superiore sat longe pilosula, apice rotundata, caduca ;
stamina 10, basi in brevcm tubum (ca. 0,6 mm ait.) crassum coalita, alterni-
petala solum fertilia, filamcntibus ca. 2 mm longis, antheris late ovatis vel
suborbicularibus (ca. 0.5 mm longis) dorsifixis, basi profunde, apice leviter
emarginatis, epipetala sterilia, ananthera, breviora (ca. 1 mm longa) ; ovarium
ovoideo-conicum, ca. 1,2 mm altum, 5(-6)-loculare loculis oppositipetalis;
ovula pro loculo 1-2, pendentia, micropylo extrorsum supero; styli 5 (-6),
cylindrici, ca. 0,5 mm longi, plus minusve radiatim divaricati, apice stigmato
leviter capitellato cordiformi instructi. Fructus subglobosus (0,7-0,9 cm diam.)
vix depressus, leviter 5 (-6)-sulcatus, carnosus, capsularis, loculicide (basi
plus minus septifrage) dehiscens, valvis patentibus (in vivo statu luteus).
Semina, pro fructus 1-2 evoluta, pendentia, arillo carnoso luteo omnino
involuta, ovoidea (3-3,5 mm longa), compressa (ca. 1 mm crassa); radicula
supera, cylindrica, ca. 1 mm longa; cotyledones 1,5 mm longi, 0,9 mm lati.
Typus speciei : 23730-SF.
6
Source : MNHN, Paris
— 220 —
Est (Nord) : Massif delà Montagne d’Ambre, A. M. Homolle n° 190 (Stér., X/1944).
Est : Antanambe, au Sud de Mananara, s. n° R. 4 (Fr. imm. X/1964); Takobola,
rive droite de l’embouchure du Maningory, 23831-SF (Fl., X/1964); entre Didy et
Brickaville, Cours n° 4741 (Stér.); berges de la rive droite de la Namorona en amont de
ses chutes, près du village de Mangalanihenatra, au Sud d'Ifanadiana, 23222-SF
(Fr. 11/1964), 23730-SF (Fl., X/1964).
Nous ne reviendrons pas sur les caractères qui séparent la plante
malgache des deux Dapania décrits à ce jour (D. scandens Stapf de la
presqu’île malaise, D. racemosa Korth., de Sumatra et Bornéo). Nous pré¬
ciserons simplement quelques détails concernant la corolle, les ovules
et le fruit. Dans le D. pentandra les pétales, atténués en onglet à leur base,
sont légèrement cohérents entr’eux dans leur zone de recouvrement
mutuel; il en résulte que la plupart du temps la corolle tombe d’une seule
pièce (Bâillon a signalé le même phénomène dans divers Oxalis). Les
ovules sont au nombre de 1 ou 2 par loge; dans le type (23730-SF) les
loges ovariennes paraissent toujours 1-ovulées; dans 23831-SF sur huit
ovaires analysés, quatre possédaient une seule loge 1-ovulée, quatre
en possédaient deux; dans des ovaires en cours de transformation en
fruit, récoltés dans la région d'Antanambe (au Sud de Mananara) et
conservés en alcool, toutes les loges (6 ovaires analysés) étaient 2-ovulées.
Le fruit se présente, à maturité, sous l’aspect d’une baie très charnue à
péricarpe jaune, à mésocarpe constitué d’un tissu très lâche et gorgé de
suc ; un endocarpe mince, peu résistant tapisse l’intérieur des loges (il
se différencie de très bonne heure) ; un très léger sillon marque extérieure¬
ment le dos des loges. Bien que très charnu le fruit est déhiscent loculicide
et il s’ouvre, à partir du sommet, en cinq (rarement six) valves qui s’éta¬
lent complètement en étoile ; souvent une partie de la base de l’axe persiste
sous forme d’une courte columelle. L’arille, de couleur jaune sur le vif,
adhère au tégument séminal tout le long du raphé, l’embryon a des
cotylédons légèrement dissymétriques à la base : leur marge, du côté
abaxial, est sensiblement dans le prolongement de la radicule, tandis
que du côté opposé il est légèrement cordé.
Bibliographie
1. Bâillon (11.). — Géraniacées, in Histoire des Plantes, 6 (1874).
2. Knuth (R.). — Oxalidaceae, in Engler u. Prantl, Die Natürlichen Pllanzenfamilien.
zweite Aunage, Band 19 a (1931).
3. Léonard (J.). — Lepidobotryaceae, in Flore du Congo Belge et du Ruanda-Urundi, 7
(1958).
4. Hutchinson (J.). — The Families of llowering plants ed. 2,1 (1959).
5. Lemée (A.). — Dictionnaire des genres de plantes phanérogames.
Source : MNHN, Paris
NOTES SUR QUELQUES ROSACÉES ASIATIQUES (II) 1
(PHOTIN1A, STRANVAESIA)
par J.-E. Vidal
Maître de Recherche au C.N.R.S.
Laboratoire de Phanérogamie, Paris.
La révision des genres Pholinia et Slranvaesia pour ia Flore du Cambodge, du
Laos et du Vietnam m'a donné l’occasion d’étudier plus particulièrement quelques
espèces pour lesquelles sont indiquées les caractères distinctifs, la synonymie, éventuel¬
lement quelques remarques et le matériel examiné.
Les genres Pholinia et Slranvaesia sont classés dans la sous-fainille
des Pomoideae (Rosaceae), caractérisée par un ovaire infère à 2-5 carpelles
le plus souvent soudés et un fruit ± charnu. Ce sont des arbustes à
feuilles persistantes ou caduques, alternes, simples, stipulées, entières
ou dentées. Les inflorescences sont en corymbes ^ ombelliformes ; le
calice à 5 lobes persistants; les pétales au nombre de 5 sont glabres ou
velus; les étamines au nombre d’une vingtaine; l'ovaire semi-infère a
des loges 2-ovulées : 2-3 loges chez Pholinia , 5 chez Slranvaesia ; les styles
en nombre égal à celui des loges sont ^ soudés à la base et libres au som¬
met. Le fruit est peu charnu, couronné par les lobes persistants du calice,
indéhiscent (Pholinia) ou déhiscent (Slranvaesia).
Ces genres ne se différencient donc que par le nombre de carpelles et la
déhiscence du fruit.
Leurs espèces se répartissent en Asie extrême-orientale : Inde,
Chine, Japon, Indonésie, Philippines (Cartes 1 et 2).
Certaines sont communément cultivées dans les jardins d’Europe
et d’Amérique du Nord (cf. Rehder, Man. Trees & Shrubs éd. 2, 1940).
PHOTINIA Lindl.
Lindley, Trans. I.inn. Soc. 13 : 103 (1821).
Le genre Pholinia compte une cinquantaine d’espèces réparties
principalement en Chine centrale et méridionale ; on les observe en outre
dans l’Himalaya oriental (Népal, Bhoutan, Assam), dans le Sud de l’Inde
et à Ceylan, dans les régions septentrionales de Birmanie, de Thaïlande
et du Laos, au Vietnam (Nord, Centre et Sud), à Formose, en Corée,
au Japon, aux Philippines, à Sumatra, â Java et à Timor (Carte 1).
!. Cf. (I), Adansonia 4 : 142-147 (1964) et Adans. 3 : 142-166 (1963).
Source : MNHN, Paris
— 222 —
Certaines espèces fréquentent les régions basses au-dessous de
1000 m, mais beaucoup se trouvent en altitude vers 2000-3000 m et assez
souvent en bordure des cours d’eau.
La floraison a lieu le plus souvent au printemps, entre avril et juin.
Les espèces de Pholinia sont actuellement séparées en 2 sections :
A. Sect. Pholinia avec une trentaine d’espèces sempervirentes à axes
fructifères lisses.
B. Sect. Pourlhiaea avec une vingtaine d’epèces caducifoliées à
axes fructifères verruqueux.
A. Sect. PHOTIN1A
Yü & Kuan, Acta Phytotax. Sin. 8 : 225 (1963).
Sect. Eupholinia Lindl., Bot. Reg. 23 : sub t. 1956, p. p.; Focke in Engl. & Pr.,
Nat. Pilanzenfam. 3, 3 : 25 (1888); Schneid., 111. Handb. Laubh. 1 : 706 (1906).
Dans la publication de Yü & Kuan, les espèces chinoises sont grou¬
pées en 2 séries :
I. Ser. Serrulalae Kuan, à feuilles dentées.
II. Ser. Inlegrifoliae Kuan, à feuilles entières.
Source : MNHN, Paris
— 223 —
I. Ser. SERRULATAE Kuan
Kuan, Acta Phytotax. Sin. 8 : 225 (1963).
Dans cette série de Pholinia à feuilles dentées, au cours de mes
recherches relatives à la Flore du Cambodge, du Laos et du Vietnam,
j’ai eu à m’occuper plus spécialement de deux groupes d’espèces se ratta¬
chant l’un à P. glabra Maxim. (P. prunifolia Lindl., P. Davidsoniae
Rehd. & Wils.), l’autre, à P. serrulata Lindl. (P. Lindleyana W. & A.,
P. Griffithii Dec., P. glomerala Rehd. & Wils.) Les principaux caractères
permettant de distinguer les espèces voisines de ces deux groupes figurent
dans la clé ci-dessous.
1. Limbe à nombreuses ponctuations à la face inférieure.. 1 . P. prunifolia.
1'. Limbe dépourvu de ponctuations.
2. Pétiole ne dépassant guère 15 mm; lobes du calice aigus.
3. Inflorescences glabres; pédicelle long de 5-6 mm; pétales
barbus; pétiole ne dépassant guère 10 mm. 2. P. glabra.
3'. Inflorescences i velues; pédicelle long de 2-3 mm; pétales
glabres; pétiole long de 15 mm. 3. P. Davidsoniae.
2'. Pétiole long de 20-30 mm; lobes du calice obtus ou aigus.
4. Pédicelle marqué, long de 3-4 mm.
5. Inflorescences glabres; lobes du calice obtus.
6. Dents du limbe bien marquées ; pétales glabres. 4. P. serrulata.
6'. Dents du limbe peu marquées; pétales barbus 5. P. Lindleyana.
5'. Inflorescences velues; lobes du calice subaigus ou obtus
. 6. P. Griffithii.
4'. Pédicelle nul ou très court; inflorescences velues; lobes du
calice aigus. 7. P. glomerata.
1. Photinia prunifolia (Hook. & Arn.) Lindl.
Lindley, Bot. Reg. 23: sub t. 1956 (1837); Cardot, Bull. Mus. Hist. Nat. Paris
25: 402 (1919).
— Pholinia serrulata B pruni/olia Hook. & Arn., Beechey’s Voy. : 185 (1833). — Type :
Beecliey's Cotlect., Macao, Chine (K).
— P. melanosligma Hance, Journ. Bot. 20 : 5 (1882). — Type : Hance 21691 (leg.
B. C. Henry), North River, Canton, Chine. — Syn. nov.
— P. consimilis Hand. - Mazz., Sitz. - Anz. Ak. Wiss. Wien 59 : 103 (1922) ; Symb.
Sin. 7: 479 (1933). — Type : Handel-Mazzelti 11382, Hou Nan, Chine (W.). — Syn.
Cette espèce se distingue par la présence de ponctuations foncées
à la face inférieure du limbe, seul caractère qui la sépare nettement de
P. glabra Maxim. On peut dans les cas extrêmes distinguer deux formes :
l’une à limbe obovale, à dents peu marquées, pétiole court (10-15 mm),
inflorescences tomenteuses blanchâtres (f. prunifolia ); l’autre à limbe
lancéolé à dents bien marquées, pétiole plus long (15-30 mm), ^ denti-
culé-glanduleux, inflorescences glabres (f. melanostigma = consimilis ). Mais
de nombreux cas intermédiaires obligent à les considérer comme appar¬
tenant à la même espèce.
Source : MNHN, Paris
— 224
Matériel examiné :
Chine. — Che Kiang : Ching 1992 ; Hu 90. — Fou Kien : Chung 2174, 3332; Mel-
cal / 7353. — llou Nan : Handel-Mazzelti 11382 (type de P. consimilis); Tsang 23434. —
Kouang Si : Tsang 22280, 22578, 23020, 23160. — Kouang Toung : Beechey s. n. (type):
Chun 7335; Ford 65; Lau 659, 690; Mc Clure 13316; Tsang 20122, 20402, 21013.
21181, 21670; Tsiang 597, 841, 1150; Tsui 326. — Hai Nan : Chun et Tso 44151;
Wang 35704. — Hong Kong : Bodinier 1087; Hance 1174; Wright 156. — Chine :
J. de la Touche 77.
Vietnam. — Nord :'Herb. /or. (Prades) 44; Herb. /or. (Beauchaine) 116; Pilelol
3866; Poitane 18987. — Sud : d'Alleizelle s. n., 1909; Poilane 3353, 4881, 8103, 8121.
?Sumatra : Jacobs 4669; Meijer 3287.
2. Photinia glabra (Thunb. )Maxim.
Maximowicz, Mél. biol. 9 : 178 (1873); Cardot, Bull. Mus. Hist. Nat. Paris 29 : 401
(1919).
— Cralaegus glabra Thunb., Fl. Jap. : 205 (1784).
— Photinia glabra var. lypica Maxim., Mél. biol. 9 : 178 (1873).
— Photinia serrulala (non Lindl.) auct. : Sieb. & Zucc., Fl. Jap. Fam. nat.,
Abh. Münch. Akad. 4, 2 : 131 (1843); Koch in Miquel, Ann. Mus. Lugd. Bat. 1: 250
(1864).
— Photinia glabra (Thunb.) Franch. & Sav., Enum. PI. Jap. 1: 141 (1875).
Cette espèce du Japon et de Chine est assez souvent confondue dans
les herbiers avec P. serrulala Lindl. dont pourtant elle peut se distinguer
aisément par son pétiole 2 à 3 fois plus court. Elle est parfois difficile
à séparer de P. Davidsoniae Rehd. & Wils. Le meilleur critère est la lon¬
gueur du pédicelle (cf. clé).
Matériel examiné :
Japon : Faurie 2316, 2584, 11589, 11930; Maximowicz s. n., 1862; Savatier 394;
Zollinger 623.
Chine. — Anh Wei : Cheng 3940; Ching 2517, 3167, 3272. —- Che Kiang : Ching
1435, 2474. — Fou Kien : Lalouche s. n., 1898. — Hou Nan : Li 108. — Kiang Si :
Herb. Univ. Amoy 566. — Kiang Sou : Courtois in Herb. Zi Ka Wei 25739. — Kouang Si :
Steward et Cheo 836. — Kouang Toung : Chun 5722; To & Tsang 12425 ; Tsang 20660.
20994, 21489; Tsiang 1250. — Kouy Tchéou : Cavalerie 3129; Steward, Chiao & Chièo
597, 765, 863, 925. — Yun Nan : Cavalerie 1063 p. p., 8122. — Chine : Fortune 3 A.
Thaïlande. —- Phou Krading : Danish Exp. (1958) 2273; Karalana 50; Prem-
rasmi 106; Smilinand 1077, 3088, 3116; Somphong 22; Thep Anuwong 46.
3. Photinia Davidsoniae Rehd. & Wils.
Rehder & Wilson in Sargent, PI. Wils. 1 : 185 (1912); Cardot, Bull. Mus. Hist.
Nat. Paris 25 : 401 (1919).
— Slranvaesia glaucescens Lindl. var. yunnannensis Franch., PI. Delav. : 226 (1889). —
Type : Yunnan, Delavay 1992, en ileurs (P.).
Matériel examiné :
Chine. — Fou Kien : Chung s.n., 1925. — Hou Pe : Henry 1649; Wilson 167 A.
391 A, 462, 484. 685 (type). — Se Tchouen : Chu 4012; Law 461. - Yun Nan : Delavay
1992.
Vietnam (Nord) : Poilane 16481 (détermination incertaine).
Source : MNHN, Paris
— 225 —
4. Photinia serrulata Lindl.
Lindley, Trans. Linn. Soc. 13 : 103 (1821); Cardot, Bull. Mus. Hist. Nat. Paris 25 :
399 (1919).
Pour les synonymes voir Rehder, Bibl. Trees & Shrubs : 263 (1949).
Espèce du Japon et de la Chine, souvent cultivée en Europe et en
Amérique du Nord.
Matériel examiné (P) :
Chine. — Chine septentrionale : Fortune 30 A. ■— Fou kien : Ching 2238. — Hou Pe
Silveslri 933; Wilson 391. — Kouy Tchéou : Cavalerie 2946, 3009. — Se Tchouen :
Farges 821 ; Henry 1490. — Yun Nan : Ducloux 4243.
5. Photinia Lindleyana W. & A.
Wight & Arnott, Prodr. Fl. Pen. Ind. Or. 1 : 302 (1834).
Cette espèce connue avec certitude seulement du Sud de l’Inde
(Nilghiris) est très voisine de P. serrulata Lindl. du Japon et de Chine
(cf. clé). Si on la maintient distincte en raison de l’isolement géographique
elle peut être considérée comme vicariante de cette dernière.
Matériel examiné :
Inde. — Nilghiris : Hoolcer /. Æ Thomson s.n.; Leschenaull 63, 128; Perrolel 122,
347, 348 pp.; Wighl 922, 1012 (syntype), 1013 (syntype).
N. B. La variété décrite par Cardot sous le nom var. yunnannensis,
Not. Syst. 3 ; 374 (1918), parait devoir être classée dans le genre Slranvae-
sia en raison de la présence quasi constante de 5 styles. Par son inflores¬
cence glabre elle est affine de Stranvaesia Nussia Lindl. var. oblanceolala
Rehd. & Wils. Il faudrait connaître les fruits pour une détermination
certaine.
6. Photinia Griffithii Dec.
Decaisne, Mém. Fam. Pom., Nouv. Arch. Mus. 10 : 142 (1874); Cardot, Bull. Mus.
Hist. Nat. Paris 25 : 398 (1919).
N. B. — La publication originale porte Gri/fithsii, graphie qui ne se
retrouve pas sur le spécimen type étudié par Decaisne. Il vaut donc mieux
retenir GriffithH, ce qui est conforme à la fois au code et à la tradition.
Espèce très voisine de P. glomerala Rehd. & Wils. dont elle ne diffère
guère que par la longueur du pédicelle (cf. clé). Elle n’est connue que de la
région orientale de l’Himalaya (Bhoutan, Assam), tandis que P. glomerala
s’étend sur la Chine occidentale et méridionale (Se Tchouen, Yunnan).
La proximité de ces deux aires reliées par des massifs montagneux appor¬
terait un argument supplémentaire en faveur de la conspécificité de ces
deux taxa.
Matériel examiné :
Bhoutan : Griffith 2087 (type).
Source : MNHN, Paris
— 226 —
7. Photinia glomerata Rehd. & Wils.
Rehder & Wilson in Sargent, PI. Wils. 1 : 190 (1912) (avril).
— Eriobolrya Grifllhii Franch., PI. Delavay. : 224 (1889) (non Pholinia Griffllhii Dec.).
— Lectotype : Yunnan, Delavay 1118, en lleurs, (P.).
— Pholinia Franclieliana Diels, Not. Roy. Bot. Gard. Edinb. 5 : 272 (1912) (juin).
— Type : Yunnan, Forresl 487, en fruits (E). — Syn. nov.
— P. serrulala Lindl. var. congestiflora Card., Not. Syst. 3 : 373 (1918). — Type :
celui de E. Griffllhii Franch. — Syn. nov.
Syntypes : Yunnan, Szemao, 1500 m, A. Henry 11716, en fleurs (A, E, K), 11716 A,
en fruits (A, E, K). Le spécimen Henry 11716 est proposé comme lectotype.
Les formes décrites sous les noms de P. glomerata, P. Francheliana
et P. serrulala var. congestiflora ont en commun d’avoir des fleurs et des
fruits sessiles ou subsessiles et un tomentum i développé sur l’inflores¬
cence, ce qui permet de les distinguer de P. serrulala Lindl. qui a des fleurs
nettement pédicellées (3-4 mm) et est rigoureusement glabre. On peut donc
rattacher ces formes à une même espèce, voisine sans doute de P. serrulata
mais suffisamment distincte. Le nom glomerata étant plus ancien de
trois mois doit être adopté.
Matériel examiné :
Chine. — Se Tchouen : Schneider 786. — Tibet oriental : Soulié 1421. — Yun
Nan : Delavay 1118, 2039, 2573, 4251, nov. 1884, janv. 1888, av. 1890; Ducloux 637,
2401, 3949, 4242 pp. ; Forresl 487, 6753, 10539, 10681, 10702, 10886, 11471, 11858,
13839, 16041, 17722, 19248, 20131, 21502, 22514, 23216; Henry 11716, 11716 A ;
Mac Laren C 158; Maire 1731; Bock 3082, 23008, 23507.
II. Ser. INTEGH1FOLIAE Kuan
Kuan, Act. Phytotax. Sin. 8 : 226 (1963).
Dans cette série de Photinia à feuilles entières, je n’ai étudié, dans
le cadre des recherches relatives à la flore du Cambodge du Laos et du Viet¬
nam, que les espèces se rattachant à P. integrifolia Lindl.
8. Photinia integrifolia Lindl.
Lindley, Trans. Linn. Soc. 13 : 103 (1821); Cardot, Bull. Mus. Hist. nat. Paris 25 :
398 (1919).
Plusieurs espèces de Pholinia à feuilles entières ont été décrites qui,
faute de caractères distinctifs bien nets, doivent être rattachées à Pho¬
tinia integrifolia Lindl. suivant la synonymie ci-dessous :
—• Pyrus inlegerrima Don, Prodr. Fl. Nep. : 237 (1825).
— Pholinia Noloniana Wight & Arn., Prodr. Fl. Pen. Ind. Or. 1 : 302 (1834). — Type:
Wighl 1014, Nilghiris, Inde (K, P). — Syn. nov.
— Pholinia eugeni/olia Lindl., Bot. Reg. 23 : 1956 (1837). — Type : Wallich 670 lï
(K). — Syn nov.
— Pholinia dasylhyrsa Miq., FI. Ind. Bat. 1 : 387 (1855). — Type : Miquel, Sumatra
(U). — Syn. nov.
Source : MNHN, Paris
— 227 —
—- Pholinia Blumei Dec., Nouv. Arch. Mus. Paris 10 : 142 (1874). — Lectotype :
Anderson 83, Java (P.). — Syn. nov.
—• Pholinia micranlha Dec., Nouv. Arch. Mus. Paris 10 : 143. (1874) — Type :
Griffith 2098, Bengale oriental (P, K). — Syn. nov.
—- Eriobolrya integri/olia Kurz, Journ. As. Soc. Beng. 45 : 304 (1877).
- Pholinia Noloniana var. ceylanica Hook. f., Fl. Brit. Ind. 2 : 381 (1878). — Syn.
— Pholinia Noloniana var. eugenifolia Hook. f., Fl. Brit. Ind. 2 : 381 (1878). —
Syn. nov.
— Pholinia Noloniana var. macrophylla Hook. f., Fl. Brit. Ind. 2 : 381 (1878). —
Syn. nov.
— Pholinia flavidifiora W.W. Smith, Not. Bot. Gard. Edinb. 10 : 59 (1917). —
Lectotype : Forresl 9221, Yun Nan, Chine (E.). — Syn nov.
— Pholinia sambucifiora W.W. Smith, Not. Bot. Gard. Edinb. 10 : 60 (1917). —
Lectotype : Forresl 9722, Yun Nan, Chine (E, K). — Syn. nov.
On pourrait distinguer parmi ces diverses formes décrites quatre
principales variétés d’après les caractères suivants :
1. Pédicelle très court ou nul.
2. Fleurs très petites.
3. Pétiole court (10-15 mm). var. integrifolia.
3' Pétiole long (20-30 mm). var. Notoniana.
2' Fleurs non très petites (2 fois plus grandes que précé¬
demment) . var. flavidifiora.
1' Pédicelle bien marqué, fleurs non très petites,
pétiole de longueur variable. var. dasythyrsa.
Les synonymes correspondant seraient alors les suivants :
var. integrifolia
— Pyrus inlegerrima Don; Eriobolrya integrifolia Kurz
var. Notoniana (W. & A.) J. E. Vidal, stat. nov.
— Pholinia Noloniana Wight & Am.; P. eugenifolia Lindl.; P. Noloniana var.
eugenifolia Hook. f.; P. micranlha Dec.; P. Noloniana var. ceylanica Hook. f.;
P. Noloniana var. macrophylla Hook. f.; P. sambucifiora W.W. Sm.
var. flavidifiora (W. W. Sm.) J. E. Vidal, stat. nov.
— Pholinia flavidifiora W.W. Smith.
var. dasythyrsa (Miq.) J. E. Vidal, stat. nov.
— Pholinia dasythyrsa Miq.; P. Blumei Dec.
Mais de nombreuses formes intermédiaires existent qu’il est impos¬
sible de classer dans l’une ou l’autre de ces variétés.
Matériel examiné :
var. integrifolia
Inde (Nord-Est) : Gallally 601; Gamble 9809; Griffith 2096, 2097; King's Coll.
214. — Bhoutan : Anderson in Herb. Pierre. — Nepai. : Wallich 669 (type). — Sikkim :
Hook. f. & Thomson s.n.; Bémy s.n., 1863.
Source : MNHN, Paris
228 —
Chine. — Yun Nan : Forrest 4710, 8126, 11864, 16033, 17512, 18576, 25204,
25838.
Vietnam (Nord) : Pélelot 3819, 3819 bis, 8601.
var. Notoniana
Inde (Sud). — Nilghiris : Hook. & Thoms s.n. ; Perrolel 348 ; Pierre 3027 ; Wighl
923, 924, 1014. ■ — Ceylan : Thwailes 136; Wallich 195. — Inde (Nord-Est) : Grif¬
fith 333, 376, 2095, 2098; Pierre 4257; Watt 5134.
Laos. — Phou Bia, 2600 m, Kerr 21053.
?Java : Zollinger 1922 p.p.
var. flavidiflora
Chine. — Yun Nan : Forrest 8079, 9294, 12119, 16088, 17786, 24086, 24821,
25291, 25307, 25384, 26205; Ducloux 7674.
var. dasythyrsa
Sumatra : Beccari 299 ; Miquel (Type).
Java : Anderson 83; IBlume s.n., 1846; Gôring s.n., 1851; Zollinger 2965. —
Timor : Forbes 3558, 3832, 3880 A.
variété non précisée :
Sumatra : Bünnemeyer 4082, 9718; Jacobs 4491. — Java : Backer 9863, 12583;
Elberl 243, 246; Horsfield 432; Junghun 297; Smith s.n., 1895; Zollinger 1922 p.p.
B. Sect. POURTHIAEA (Dec.) Sehneid.
Schneider, 111. Hand. Laubh. 1 : 708 (1906).
— Pourlhiaea Dec., Nouv. Arch. Mus. Hist. nat. Paris 10 : 146 (1874).
Dans cette section qui groupe des espèces caducifoliées à axes fruc¬
tifères verruqueux je n’ai étudié que les 5 espèces indochinoises P. Beau-
verdiana Sehneid., P. Benlhamiana Hance, P. pirocarpa Vidal, P. argula
Lindl. var. salicifolia (Dec.) Vidal et P. impressioena Hayata var. urceo-
locarpa Vidal.
Je n’indique ici que les particularités nouvelles concernant P. argula
Lindl., les autres espèces devant être traitées dans la Flore du Cambodge-
Laos-Vietnam.
9 a. Photinia arguta Lindl.
Lindley, Bot. Reg. 23 : sub t. 1956 (1837). — Type : Wallich 672, Pandua, Sylhet,
E. Pakistan (K).
var. arguta
— Pourlhiaea argula )Dec., Nouv. Arch. Mus. Hist. Nat. Paris 10 : 147 (1874). —
Type : le même que précédemment.
— Pourlhiaea arguta Dec. var. Wallichii Hook. f., FI. Brit. Ind. 2 : 382 (1878) —
Type : le même que précédemment.
Cette variété typique est caractérisée par ses inflorescences en
corymbes subsessiles pauciflores.
Matériel examiné :
Bengale oriental : Griffith 2100, 2101, 2102. — Khasia : Clarke 14663 A, 43682;
llooker et Thomson s.n. — Sylhet, Wallich 672 (type).
Source : MNHN, Paris
— 229 —
9 b. Photinia arguta Lindl. var. Hookeri (Dec.) Vidal, comb.
nov.
— Pourthiaea Hookeri iDec., Nouv. Arch. Mus. 10 ' : 148 (1874). — Type : Hooker et
Thomson, Sikkim (P).
- Pourlhiaea argula Dec. var. Hookeri Kook. f-, Fl. Brit. Ind. 2 : 382 (1878).
- Photinia mollis Hook. f., Fl. Ind. 2 : 381 (1878). — Type : Gamble 4SI, Sikkim (K).
— Syn. nov.
Cette variété a des inflorescences en corymbes plus développés
(5-7 cm de long).
Matériel examiné :
Himalaya oriental : Clarke 14578 B, 36732 F, 44278 B ; Hooker & Thomson s.n.
1850; Gamble 451 F.
Thaïlande. — Région N.W. : Danish Exped. (1958) 3320; Smilinand et Alsterlund
6603; Winit 1289.
9c. Photinia arguta Lindl. var. salicilolia (Dec.) Vidal, comb.
nov.
— Pourlhiaea salicilolia Dec., Nouv. Arch. Mus. Hist. nat. Paris 10 : 148 (1874). —
Type : Griffith 2099, Bengale oriental (P).
— Photinia lanci/olia Rehd. & Wils. in Sarg., PI. Wils 1 : 191 (1912). — Type : Henry
12833, Yunnan (A, E, K). — Syn. nov.
- Photinia mollis Hook. f. var. angusti/olia Fischer, Kew Bull. 1939 : 335 (1939). —
Types : Kermode 16608, Birmanie (K). — Syn. nov.
—- Photinia lancilimbum Vidal, Not. Syst. 13 : 298 (1948). — Type : Poilane 31128,
Bach Ma, Centre Vietnam (P). —- Syn. nov.
— Photinia lancilimbum Vidal var. lurbinala Vidal, Ibid. : 299. — Type : Vidal 33, Bach
Ma, Centre Vietnam (P). — Syn. nov.
— - Photinia lancilimbum Vidal var. petaloconslricla Vidal, Ibid. : 299. •— Type : Poilane
20517, Nord Laos (P). — Syn. nov.
— Photinia lancilimbum Vidal var. racemosa Vidal, Ibid. : 299. — Type : Poilane 27159,
Nord Vietnam (P). — Syn. nov.
Matériel examiné :
Bengale oriental : Griffith 2099 (type). - Khasia : Hooker & Thomson s.n.
Birmanie. — Région N., Nyitkyina, Kermode 16608.
Chine. — Yun Nan : Henry 12833, 13412.
Laos. — Prov. Louang Prabang, Poilane 20517.
Vietnam (Nord). — Prov. Lai Châu : Poilane 27159.
Vietnam (Sud). — Prov. Huê : Bach Ma, 1300 m, Poilane 29737, 31128, 31137;
Vidal 33. — Prov. Haut Donnai : Dran, 1200 m, Chevalier 40317.
STRANVAESIA Lindl.
Lindley, Bot. Reg. 23 : sub t. 1956 (1837).
Le genre Slranvaesia se distingue du genre Photinia principalement
par l'ovaire à 5 loges et 5 styles ± soudés et le fruit à déhiscence loculi-
cide à complète maturité. Ce dernier caractère n’est pas toujours facile
à observer sur les spécimens d’herbier, d’où les changements observés
dans la nomenclature de ce groupe.
Source : MNHN, Paris
— 230 —
Ainsi compris le genre Slranvaesia compte 5 espèces réparties dans
l’Himalaya oriental (Népal, Assam), la Chine centrale, occidentale et méri¬
dionale (Se Tchouen, Kouy Tchéou, Yun Nan, Kouang Si, Fou Kien),
les régions septentrionales de Birmanie, de Thaïlande, du Laos et du Viet¬
nam, à Formose, aux Philippines (Luzon) et à l’extrême nord de Bornéo
(voir carte 2).
Il s’agit toujours d’arbustes orophiles, situés vers 2000-3 000 m, à
floraison printanière (avril à juin).
S. Davidiana avec ses 3 variétés Davidiana, salicifolia et undulala
est couramment cultivé dans les jardins d’Europe et d’Amérique du
Nord.
Les principaux caractères distinctifs des espèces sont indiqués dans
la clé ci-dessous :
1. Feuilles ^ dentées crénelées.
2. Inflorescences tomenteuses ou pubescentes.
3. Limbe oblancéolé ou obovale. 1 a. S. Nussia var. Nussia.
3'. Limbe étroitement lancéolé. 1 b. S. Nussia var. angustifolia.
Source : MNHN, Paris
— 231 —
2'. Inflorescences glabres ou à poils épars; limbe oblancéolé ayant
10-12 cm de long. 1 c. S. Nussia var. oblanceolata.
1'. Feuilles entières.
4. Limbe lancéolé dépassant 3 cm de long.
5. Arbuste dressé.
6. Fruits rouges.
7. Limbe ayant 9x3 cm en moyenne.
. 2 a. S. Davidiana var. Davidiana.
T. Limbe étroitement lancéolé, ayant 6 X 1,5 cm en
moyenne. 2 6. S. Davidiana var. salicifolia.
7". Limbe ^ ondulé, ayant 7x2 cm en moyenne.
. 3. S. niitakayamensis.
6'. Fruits orangés; limbe ^ ondulé, ayant 6x2 cm en
moyenne. 2 c. S. Davidiana var. undulata.
5'. Arbuste grimpant. 4. S. scandens.
4'. Limbe elliptique, ayant 2,5 X 1,5 cm en moyenne, émarginé
mucronulé au sommet. 5. S. microphylla.
la. Stranvaesia Nussia (D. Don) Dec.
Descaisne, Nouv. Arch. Mus. Paris 10 : 178 (1874).
— Pyrus Nussia D. Don, Prod. Fl. Népal. : 237 (1825). —Type : Hamillon. Népal.
— Cralaegus glauca Wall., Cat. n» 673 (1829).
— Stranvaesia glaucescens Lindl., Bot. Rcg. 23 : t. 1956 (1837); Dec., Nouv. Arch.
Mus. Paris 10 : 178 (1874).
— Eriobotrya ambigua Merr., Gov. Lab. Publ. Philip. 35 : 19 (1906). — Type : For.
Bur. 2796 (Meyer), Mt Mariveles, Luzon. — Syn. nov.
- Eriobotrya oblongi/otia Merr. & Rolfe, Phil. Journ. Sc. 3 : 102 (1908). — Type : For.
Bur. 4680 (Mearns & Hulchinson), Mt Malindang, 1 800 m, Mindanao, Philippines
(K). — Syn. nov.
— Photinia Harmandii Card., Not. Syst. 3 : 375 (1918). — Type : Harmand in
Herb. Pierre 1366, Bolovens, Laos (P). — Syn. nov.
-- Stranvaesia ambigua (Merr.) Nakai, Journ. Am. Arb. 5 : 72 (1924). — Syn. nov.
— - Stranvaesia Harmandii (Card.) Vid., Not. Syst. 13 : 301 (1948). — Syn. nov.
L’espèce décrite par Cardot sous le nom de Pholinia Harmandii
avait été attribuée par nous au genre Stranvaesia (1948). Actuellement
elle nous apparaît comme une simple forme de S. Nussia à feuilles obovales
et à inflorescences pubescentes (non tomenteuses blanchâtres comme la
forme type).
De même, l’espèce initialement décrite par Merrill sous le nom
Eriobotrya ambigua a été rapportée avec raison par Nakai au genre
Stranvaesia ; mais nous n’y voyons pas de caractères nettement différents
de ceux de S. Nussia.
Le spécimen type d'Eriobotrya oblongi/otia Merr. ne se distingue
pas non plus de Stranvaesia Nussia; ses feuilles étroitement lancéolées
le rapprochent de la var. anguslifolia (Dec.) Schneid. (= Stranvaesia
glaucescens Lindl. var. angustijolia Dec.) des Monts Khasia (Inde Orien¬
tale).
Cardot, in Bull. Mus. Hist. nat. Paris 28 : 191 (1922), avait signalé
Source : MNHN, Paris
— 232 —
la présence de S. Nussia en Chine (Kouy Tchéou) d’après le spécimen
Cavalerie 3569, type de Pirus Cavaleriei Lév., qui doit être rapporté
à Slranvaesia Davidiana Dec. (Cf. Rehder, Journ. Arn. Arb. 13 : 306
(1932).
Matériel examiné (rapporté aux taxa syn. nov.) :
Philippines. — Luzon : Bur. Sc. 5SS6 (Ramos), 29663 (Hamas & Edano). 31964
(Sanlos), 33162 (Ramos), 42206 (Ramos), 48644 (Ramos & Edano); For. Bur. 2796
(Meyer), 4680 (Mearns & Hulchinson), 22916 (Leano) ; Loher 2463, 5074; Merrill 724;
Vidal 2700; Whitford 1155, 1168, 1307.
Laos. — Bolovens : Pierre 1366 (leg. Harmand).
1 b. Var. angustifolia (Dec.) Schneid.
Schneider, III. Handb. Laubh. 1 : 713 (1906).
— S. glaucescens Lindl. var. angusli/olia Dec., Nouv. Arch. Mus. Paris 10 : 178
(1874).
— ‘lErioboIrya oblongifolia Merr. & Rolfe.
Matériel examiné :
Inde. — Mts Khasia : Hooker /. & Thomson s.n. (type, P); Griffith s.n.
1 c. Var. oblanceolata Rehd. & Wils.
Rehder & Wilson in Sargent, PI. Wils. 1 : 193 (1912).
Slranvaesia oblanceolala (Rehd. & Wils.) Stapf, Bot. Mag .149 : sub t. 9008 (1924).
— S. Brandisii Stapf, Bot. Mag. 149 : sub t. 9008 (1924). — Type : Buchanan 151.
N. Birmanie (K). — Syn. nov.
Cette variété des régions hautes du Yunnan, du N. Birmanie) et du
Laos (1 200-1500 m) sera étudiée plus en détail dans le texte de la Flore
du Cambodge, du Laos et du Vietnam.
Matériel examiné :
Chine. —■ Yunnan : Henry 11615 (type).
Birmanie. — Région Nord : Buchanan 151.
Thaïlande. — Région N.W. : Danish Exped. 6977.
Laos. — Xieng Khouang, Kerr 20996.
2a. Stranvaesia Davidiana Dec. (var. Davidiana).
Decaisne, Nouv. Arch. Mus. Paris 10 : 179 (1874).
Cette espèce signalée en Chine occidentale et méridionale, au Viet¬
nam septentrional et à Bornéo sera étudiée plus en détail dans la Flore
du Cambodge, du Laos et du Vietnam. Notons ici seulement la synonymie
et quelques observations qui s’y rattachent.
— Slranvaesia inlegri/olia Stapf in Hook., Ic. PI. 23 : t. 2295 (1894). —- Type : Haviland
1071 K, Mt Kinabalu, 4000 m, Bornéo (K). — Syn. nov.
— S. Henryi Diels, Bot. Jahrb. 36 : 52 (1905). — Type : Henry 8953, Se Tchouen,
Chine (K).
Source : MNHN, Paris
— 233 —
— Pirus Cavaleriei Lév., Rep. Sp. nov. 11 : 67 (1912). —Type : Cavalerie 3569, Kouy
Tcheou, Chine (P).
— Pholinia Davidiana (Dec.) Card., Bull. Mus. Hist. nat. Paris 25 : 399 (1919); Stapf,
Bot. Mag. 149 : t. 9008 (1924).
— Pholinia Haoilandii Stapf, Bot. Mag. 149 : sub t. 9008 (1924). — Type : le même
que pour Slranvaesia inlegri/olia Stapf. — Syn. nov.
Cardot et Stapf avaient classé cette espèce dans le genre Pholinia.
Les observations de Rehder, Journ. Arn. Arb. 7 : 29 (1926), confirment
le maintien dans le genre Slranvaesia : le fruit à maturité est bien déhis¬
cent en valves loculicides. D’ailleurs Cardot lui-même avait constaté
cette déhiscence sur le spécimen Cavalerie 3569, type de Pirus Cavaleriei
Lév., qu’il rapportait à Slranvaesia Nussia, mais qui se rattache en fait
à S. Davidiana, comme l’a montré Rehder dans Journ. Arn. Arb. 13 :
306 (1932).
L’espèce de Bornéo décrite par Stapf sous le nom de S. integrifolia
a été nommée ultérieurement par le même auteur Pholinia Havilandii,
l'épithète inlegri/olia étant déjà utilisée dans le genre Pholinia. Ne cons¬
tatant pas sur le spécimen type de caractères nettement différents de
S. Davidiana nous considérons les deux taxa comme conspécifiques.
Matériel examiné :
Chine. — Kouy Tcheou : Cavalerie 3569. — Se Tchouen : Fang 3015, 3757,
7854; Henry 8953; Mac Laren AD 88; Rock 24124; Wang 23244; Wilson 1064. —
Thibet oriental : David s.n., 1870 (type). — Yun Nan : Delavay 3978, s.n. juil. 1889,
s.n. oct. 1889, S.n. janv. 1890; Forrest 2451, 5747, 11480, 15058, 19454, 19464, 19697,
20977, 29025; Handel-Mazzelli 10054; Henry 11325; Kingdon Ward 5237; Mac
Laren C 128, C 289; Rock 4089, 17363, 24820; Tsai 57327. — Chine occ. : Wilson
3505, 4872.
Vietnam (Nord). — Prov. Lao Kay : Pélelol 7876.
Bornéo. — North Bornéo, Mt Kinabalu : Clémens 27112, 30291, 51106; Haviland
1071 K (Type); Smythies 10635.
2 b. Var. salicifolia (Hutch.) Rehd. & Wils.
Rehder et Wilson, Journ. Arn. Arb. 7 : 29 (1926).
— Slranvaesia salici/olia Hutch., Bot. Mag. 146 : t. 8862 (1920).
Forme à feuilles étroitement lancéolées.
Matériel examiné (E) :
Chine. — Se Tchouen : Fang 4247. — Yun Nan : Forresl 16990 (?)
2c. Var. undulata (Dec.) Rehd. & Wils.
Rehder & Wilson in Sargent, PI. Wils. 1 : 192 (1912).
— Slranvaesia undulata Dec., Nouv. Arch. Mus. Paris 10 : 179 (1874); Stapf, Bot.
Mag. 138 : t. 8418 (1912). — Type : Perny, Kouy Tchéou, Chine (P).
Rehder (1. c.) a noté la grande variabilité de cette forme qu’il n’est
pas toujours possible de bien distinguer de la forme type. Si l’on en croit
Stapf, la coloration orangée des fruits serait le meilleur caractère distinc¬
tif.
Source : MNHN, Paris
— 234 —
Matériel examiné :
Chine. — Hou Pe : Henry 1160, 2807, 4080, 5698, 5698 B. — Kouang Si : Tsang
22443. — Kouy Tchéou : Cavalerie s.n., 3234, 3572; Cavalerie et Forlunal 1611 ; Perny
s.n. 1858 (type); Steward, Chiao et Chièo 477, 578. — Se Tchouen : F an g 962, 1384,
5684, 10297 ; Farges 82, 779, 925 p.p.; Bock 24568. —- Yun Nan : Delavay s.n. 1894
Ducloux 2098, 4615; Tsai 57947. — Chine centr. : Wilson 1067.
3. Stranvaesia niitakayamensis (Hayata) Hayata.
Hayata, le. PI. Form. 8 : 33 (1919); Li, Lloydia 14 : 237 (1951); Woody Fl.
Taiwan : 328 (1963).
Voir synonymie in Li (l.c.).
Cette espèce considérée comme endémique de Formose où elle est
localisée en altitude (2 500 m) se différencie difficilement de S. Davidiana
et devrait sans doute être assimilée à cette dernière comme S. integrifolia
de Bornéo.
Matériel examiné (P) :
Formose : Arisan, 2500 m, Faurie 77, 1371 (syntypes de Pholinia undulala Card.
var. formosana Card.).
4. Stranvaesia scandens (Stapf) Hand.-Mazz.
Handel-Mazzetti, Symb Sin. 7 : 483 (1933).
—• Pholinia scandens Stapf, Bot. Mag. 149 : sub t. 9008 (1924). — Type : Forresl 9329,
Yun Nan, Chine (E).
Espèce du Yun Nan, voisine de S. Davidiana, mais à port grimpant.
Elle a le même aspect extérieur que Pholinia integrifolia Lindl. dont elle
ne se distingue que par le nombre de loges et de styles (5 au lieu de 2).
Matériel examiné (E) :
Chine. — Yun Nan, 2500 m, Forresl 9329 (type).
D’autres spécimens du Yun Nan non examinés figurent sous ce nom dans l'Herbier
d’Edimbourg : Forresl 15943, 16078, 19134, 19137, 19239.
5. Stranvaesia microphylla Yid.
Vidal, Not. Syst. 13 : 300 (1948).
Cette espèce du Vietnam septentrional sera étudiée dans la Flore
du Cambodge-Laos-Vietnam.
A EXCLURE DU GENRE STBANVAESIA
6. Stranvaesia amphidoxa Schneid., Bull. Herb. Boiss., sér. 2, 6 :
319 (1096); 111. Handb. Laubh. 1 : 713. fig. 394 (1906).
= Photinia amphidoxa (Schneid.) Rehd. & Wils in Sargent,
PI. Wils. 1 : 190 (1912). (Sect. Pourthiaea).
7. Stranvaesia digyna Sieb. & Zucc., Abh. Phys. Math. Akad. Wiss.
Münch. 4, 2 : 129 (1845); Fl. Jap. Fam. nat. 1 : 21 (1845).
= Photinia villosa (Thunb.) DC., Prodr. 2 : 631 (1825).
Source : MNHN, Paris
— 235 —
8. Stranvaesia glaucescens Lindl. var. yunnanensis Franch., PI. Delav. :
226 (1889).
= Photinia Davidsoniae Rehd. & Wils., /îdeCardot, Bull. Mus. 25 :
401 (1919).
Le spécimen type de cette variété yunnanensis — Delavay 1992,
Yunnan, Chine — présente 50 % de fleurs à 3 styles et 50 % de fleurs
à 4 styles.
9. Stranvaesia impressivena (Hayata) Masamume, Ann. Rep. Taihoku
2 : 127 (1932).
= Photinia impressivena Hayata, le. PI. Form. 5 : 67 (1915),
fide Metcalf, Bot. Mag. Tokyo 53 : 390 (1939).
10. Stranvaesia Roslhorni Schneid., 111. Hand. Laubh. 1 : 713 (1906).
D’après schneider (1. c.) cette espèce est très voisine de Stranvaesia
amphidoxa Schneid. Elle doit donc être transférée dans le genre Photinia,
sect. Pourthiaea, comme celle-ci.
INDEX DES TAXA CITÉS
N. II. — Les combinaisons nouvelles sont en caractères gras; les synonymes
Cralaegus
;/ la lira . 224
var. lypica . 224
glauca . 231
Eriobolrya
ambigua (syn. nov.). 231
Grifpthii . 226
integri/olia . 227
oblongi/olia (syn. nov.). 231,232
Photinia
amphidoxa . 234
arguta . 228
vâr, arguta. 228
var. Hookeri (comb. nov.). . . . 229
var. salicilolia (comb. nov.). 229
Blumei (syn. nov.). 227
consimilis (syn. nov.). 223
dasythyrsa (syn. nov.). 226,227
Davidiana . 233
Davidsoniae. 223,224,235
eugeni/olia (syn. nov.). 226,227
fîavidiflora (syn. nov.). 227
Franchetiana (syn. nov.). 226
glabra. 223,224
glomerata. 223,225,226
Griflithii. 223,225
Harmandii (syn. nov.). 231
Havilandü (syn. nov.). 233
impressivena . 235
integrifolia. 226
var. dasythyrsa( st. nov.). 227
var. flavidiflora (st. nov.)_ 227
var. integriiolia. 227
var. Notoniana (si. nov.). 227
lanci/olia (syn. nov.). 229
lancilimbum (syn. nov). 229
var. pelaloconslricta (syn. nov.). 229
var. racemosa (syn. nov.). 229
var. lurbinala (syn. nov). 229
Lindleyana. 223,225
var. yunnanensis (syn, nov.?). 225
melanosligma (syn. nov.). 223
micranlha (syn. nov). 227
mollis (syn. nov.). 229
var. angusti/olia (syn. nov.)... 229
Notoniana (syn. nov.). 226,227
var. ceylanica (syn. nov.). 227
var. eugeni/olia (syn. nov.).... 227
var. macrophylla (syn. nov.)... 227
prunifolia. 223
sambuci/lora (syn. nov.). 227
scandens . 234
serrulata. 223,224,225
serrulala auct. 224
serrulata
var. congesliflora (syn. nov.)... 226
var. pruni/olia . 223
villosa. 234
Pirus cavaleriei . 232,233
Pourthiaea (sect.). 222
Source : MNHN, Paris
236
Pourlhiaea
arguta . 229
var. Hookeri . 229
var. Wallichii . 229
Hookeri . 229
salici/olia . 229
Pyrus
inlegerrima . 226, 227
Nussia . 231
Stranvaesia
ambigua (syn. nov.). 231
amphidoxa . 234,235
Brandisii (syn. nov.). 232
Davidiana . 230,232
var. Davidiana. 230,231,232
var. salicifolia. 230,231,233
var. undulata. 230,231,233
digyna . 234
glaucescens . 231
var. artguslifolia . 232
var. yunnanensis . 224,235
Harmandii (syn. nov.). 231
impressivena . 235
inlegri/olia (syn. nov.). 232
microphylla. 231,234
niitakayamensis. 231,234
Nussia. 230,231
var. angustifolia_ 230,231,232
var. Nussia. 230
var. oblanceolata.... 225,231,232
oblanceolala . 232
Boslhorni (syn. nov.). 235
salicifolia . 233
scandens. 231,234
undulata . 233
INDEX DES COLLECTEURS
A. Numéros des espèces
Photinia.
1. Pholinia prunifolia (Hook. & Arn.) Lindl.
2. — glabra (Thunb.) Maxim.
3. ■— Davidsoniae Rehd. & Wiis.
4. — serrulala Lindl.
5. — Lindleyana Wight & Arn.
6. — Griffithii Dec.
7. — glomerala Rehd. & Wils.
8. — inlegri/olia Lindl.
8a. — — var. integrifolia.
86. — — var. Notoniana (W. & A.) Vidal.
8c. — — var. flavidiflora (Sm.) Vidal.
8 d. — — var. dasylhyrsa (Miq.) Vidal.
9a. — argula Lindl. var. arguta.
96. — — var. Hookeri (Dec.) Vidal.
9c. — — var. salicifolia (Dec.) Vidal.
Stranvaesia.
la.
16.
5 .
a Nussia (Don) Dec.
— var. angustifolia (Dec.) Schneid.
— var. oblanceolala Rehd. & Wils.
Davidiana Dec. var. Davidiana.
— var. salici/olia (Hutch.) Rehd. & Wils.
— var. undulata (Dec.) Rehd. & Wils.
niilakayamensis Hayata.
scandens (Stapf) Hand.-Mazz.
microphylla Vidal.
Source : MNHN, Paris
— 237 —
B. Numéros des collecteurs et des espèces correspondantes
N. B. — A la suite du numéro du collecteur figure le numéro de l’espèce corres¬
pondante d’après la liste précédente (A).
Photinia.
D'AUeizelle s.n. 1909 : 1. — Anderson 83 : 8 d; Anderson s.n. (in Herb. Pierre) :
8a. — Backer 9863, 12583 : 8. — Beccari 299 : 8 d. — Blume s.n. 1846 : 8 d. — Bodinier
1087 : 1. — Bilnnemeyer 1082, 9718 : 8. — Cavalerie 1063 : 2; 2946, 3009 : 4; 3129,
8122 : 2. — Cheng 3940 : 2. — Chevalier 40317 : 9c. — Ching 1435 : 2; 1992, 2174 :
I; 2238 : 4; 2474, 2517, 3167, 3272 : 2. — Chu 4012 : 3. — Chun 5722 : 2; 7335 :
1. — Chun et Tso 44151 : 1. —Chung 2174, 3332: 1; Chung s.n. 1925 : 3. — Clarke
14578 B : 9 b; 14663 A : 9a; 36732 F : 96; 43682 : 9a; 44278 B : 96. — Courtois
25739 : 2. — Danish Exp. 2273 : 2; 3320 : 96. — Delavay 1118 : 7; 1992 : 3; 2039,
2573, 4251, s.n. 1884, s.n. 1888, s.n. 1890 : 7. — Ducloux 637, 2401, 3949, 4242 p.p. :
7; 4243 : 4; 7674 : 8c. — Elberl 243, 246 : 8. — Forges 821 : 4. — Faurie 2316, 2584,
11589, 11930 : 2. — Forbes 3558, 3832, 3880 a : 8 d. — Ford 65 : 1. — Forrest 487 :
7; 4710 : 8a; 6753: 7; 8079: 8c; 8126: 8a; 9294: 8c; 10539, 10681, 10702, 10886, 11471,
11858 : 7; 11864 : 8a; 12119 : 8c; 13839 : 7; 16033 : 8a; 16041 : 7; 16088 : 8c;
17512 : 8a; 17722 : 7; 17786 : 8c; 18576 : 8a; 19248, 20131, 21502, 22514, 23216 :
7; 24086, 24821 : 8c; 25204 : 8a; 25291, 25307, 25384 : 8c; 25838 : 8a; 26205 : 8c.
— Fortune 3A : 2; 30 A : 4. — Gallatly 601 : 8a. — Gamble 451 F : 96; 9809 : 8a.
- Gôring s.n. 1851 : 8 d. — Griffith 333, 376 : 86; 2087 : 6; 2095 : 86; 2096, 2097 :
8a; 2098 : 86; 2099 : 9e; 2100, 2101, 2102 : 9a. — Hance 1174 : 1. — Handel-Mazzelli
11382 : 1. — Henry 1490 : 4; 1649 : 3; 11716, 11716 A : 7; 12833, 13412 : 9c. —
Herb. For. Tonkin (Prades) 44, Herb. For. Tonkin (Beauchaine) 116 : 1. — Herb.
Univ. Amoy 566 : 2. — Hooker s.n. 1850 : 96. — Hoolcer /. et Thomson s.n. : 5; 8a;
86; 9a; 96; 9c. — Horsfield 432 : 8. — Hu 90 : 1. — Jacobs 4491 : 8; 4669 : 1. —
Junghum 297 : 8. — Karatana 50 : 2. — Kermode 16608 : 9c. — Kerr 21053 : 86. —
King's Coll. 214 : 8a. — Latouche s.n. 1898 : 2, — Lau 659, 690 : 1. — Law 461 :
3. — Leschenaull 63, 128 : 5. — Li 108 : 2. — Mac Clure 13316 : 1. — Mac l.aren
C 158 : 7. — Maire 1731 : 7. ■— Maximovicz s.n. 1862 : 2. — Meyer 3287 : I. — Melcalf
7353 : 1. — Miquel s.n. : 8 d. — Perrotel 122, 347, 348 p.p. : 5; 348 p.p. : 86. - Pélelot
3819, 3819 bis : 8a; 3866 : I ; 8601 : 8a. — Pierre 4257 : 86. — Poilane 3353, 4881,
8103, 8121 : 1 ; 16481 : 3; 18987 : 1 ; 20517, 27159, 29737, 31128, 31137 : 9c. — Prem-
rasmi 106 : 2. — Rémy s.n. 1863 : 8a. — Rock 3082, 23008, 23507 : 7. - Savatier
394 : 2. — Schneider 786 : 7. — Silvestri 933 : 4. — Smith s.n. 1895 : 8. — Smilinand
1077, 3088, 3116 : 2. — Smilinand et Alsterlund 6603 : 96. — Somphong 22 : 2. —
Soulié 1421 : 7. — Steward, Chiao et Cheo 597, 765, 836, 863, 925 : 2. — T hep Anuwong
46 : 2. — Thwailes 136 : 86. — To et Tsang 12425 : 2. — De la Touche 77 : 1. —
Tsang 20122, 20402 : 1; 20660, 20994 : 2; 21013, 21181 : 1; 21489 : 2; 21670, 22280,
22578, 23020, 23160, 23434 : I. — Tsiang 597, 841, 1150 : 1; 1250 : 2. — Tsui 326 :
1. — Vidal 33 : 9c. - Wallich 195 : 86; 669 : 8a; 672 : 9a. — Wang 35704 : 1. —
Wall 6134 : 86. — Wight 922 : 5; 923, 924 : 86; 1012, 1013 : 5; 1014; 86. - Wilson
167 a : 3; 391 ; 4; 391a, 462, 484, 685 : 3. — Winit 1289 : 96. — Wright 156 ; 1. —
Zollinger 623 : 2; 1922 p.p. : 8; 1922 p.p. : 86 2965 : 8 d.
Stranvaesia.
Buchanan 151 : le. — Bur. Sc. (Ramos) 5586, Bur. Sc. (Ramos et Edaho) 29653,
Bur. Sc. (Sanlos) 31954, Bur. Sc. (Ramos) 33152, 42206, Bur. Sc. (Ramos et Edano)
48644 : la. — Cavalerie 3234: 2c; 3569: 2a; 3572, s. n. : 2c; Cavalerie et Forlunal
1671: 2c. — Clémens 27112, 30291, 51106: 2a. — Danish Exp. 6977: le. — David
s. n. 1870 : 2a. — Delavay 3978, s. n. juil. 1889, s. n. oct. 1889, s. n. janv. 1890 : 2a;
s. n. mai 1894 : 2c. — Ducloux 2098, 4615: 2c. — Fang 962, 1384: 2c; 3015, 3757:
2a; 4247: 26; 5684; 2c; 7854 : 2a ; 10297 : 2c. — Farges 82, 779, 925 p.p. : 2c. — Faurie
Source : MNHN, Paris
— 238 —
77,1371:3. —For. Bur. (Meyer) 2796, (Mearns et Hulchinson) 4680, (Leafio) 22916: 1.
— Forrest 2451, 5747 : 2a; 9329:4; 11480, 15058: 2a; 15943, 16078: 4; 16990 : 2b;
19134, 19137, 19239: 4; 19454, 19697, 20977, 29025: 2a. — Handel-Mazzelti 10054 :
2a. — Hariland 1071 K: 2a. Henry 1760, 2807, 4080, 5698, 5698 B: 2c; 8953,
11325: 3a. — Hooker et Thomson s. n. : 16. —- Kerr 20996: le. — Kingdon Word
5237: 2a. — Mac Laren A D 88, C 128. C 289: 2a. — I.oher 2463, 5074: 1. — Merrill
724: 1. — Perny s. n. 1858 : 3c. — Pélelol 7876: 2a. — Pierre 1366: 1. - - Bock.
4089, 17363, 24124: 2a; 24568: 2c; 24820: 2a. — Smylhies 10635: 2a. - Steward,
Chian et Chieo 477, 578: 2c. — Tsai 57327: 2a; 57947: 2c. — Tsang 22443: 2c.
Vidal 2700: I. — Wang 23244: 2a. — Whil/ord 1155, 1168, 1307: 1. Wilson 1064:
2a; 1067: 2c; 3505, 4872: 2a.
Source : MNHN, Paris
LE BOURGEONNEMENT ÉPIPHYLLE SPONTANÉ
DES FOUGÈRES TROPICALES 1
par
Marguerite Marchal
Résumé : Étude du bourgeonnement épiphylle sur une cinquantaine d’espèces
de Fougères tropicales.
Ces « bourgeons » sont constitués, dans les premiers stades, par une protubérance
méristématique protégée par des écailles de valeur trichomalc ; ils sont toujours situés
sur une nervure. Ils se développent ensuite en une plantule qui devient un individu
semblable à la plante-mère.
Ces « bourgeons * diffèrent, suivant les espèces, par leur localisation, leur morpho¬
logie, leur degré de tubérisation, leurs rapports avec la plante-mère, le mode de multi¬
plication réalisé, diversité qui suggère une classiiication morphologique de ce bourgeon¬
nement. Cette classification se révèle sans rapport direct avec la taxinomie des Fili-
cales, bien que la présence et la morphologie de ces « bourgeons » aient une valeur sys¬
tématique au niveau de l’espèce.
Summary : Study of epiphyllous buds of about 50 species of tropical ferns.
In the early stages of their development, these buds are composed of a small
meristematic protubérance surrounded by epidermal scales; they are always seated
on a vein. They develop into a plantlet which becomes similar to the mother-plant.
The buds of the various species difTer by their situation, their morphology, the
importance of their storage tissues, their relations with the mother-plant; that variety
of characters suggests a classification of the types of buds. That classification is not
directly related to the taxonomy of the Filicales, though the presence and the morpho¬
logy of those buds hâve a value to distinguish the species.
I. INTRODUCTION
LE BOURGEONNEMENT ÉPIPHYLLE EN GÉNÉRAL. TERMINOLOGIE.
Le bourgeonnement épiphylle est la production sur les feuilles
d’ébauches qui se développent en un nouvel individu capable de s’enra¬
ciner et de vivre indépendamment de la plante-mère. Les « bourgeons »
1. Résumé d’une thèse de 3 e Cycle préparée au Laboratoire de Botanique tropicale
de la Faculté des Sciences de Paris sous la direction de M. le Professeur Schnell.
Source : MNHN, Paris
— 240 —
épiphylles apparaissent ainsi comme des bourgeons adventifs, par oppo¬
sition aux bourgeons normaux qui sont terminaux ou axillaires.
Comme l’a souligné Chouard, le bourgeonnement adventif est soit
spontané, soit provoqué. Dans le premier cas, il s’intégre dans le dévelop¬
pement de la plante, alors que dans le second, il n’apparaît que sur des
feuilles sectionnées, et paraît ainsi le résultat de la levée d’une inhibition
existant normalement chez la plante 1 .
Représenté dans de nombreux groupes végétaux, depuis les Ptéri-
dophytes jusqu’à divers genres d’Angiospermes, le bourgeonnement épi-
phylle est particulièrement fréquent chez les plantes grasses et chez les
Fougères. McVeigh (1937) cite environ 200 espèces de Fougères possédant
un bourgeonnement épiphylle. Ce nombre élevé donne une idée de l’impor¬
tance du phénomène dans ce groupe. Il ne s’agit là que de bourgeonne¬
ments spontanés. McVeigh cite, de plus, une trentaine d’espèces chez
lesquelles différents auteurs ont signalé un bourgeonnement sur des feuilles
isolées ou privées de leur sommet (bourgeonnement provoqué).
La terminologie relative à ces formations varie suivant les auteurs;
le plus souvent, le terme bourgeon est utilisé; on emploie le terme bulbille
dans le cas de « bourgeons » nettement tubérisés et bien individualisés;
dans les ouvrages de Systématique de langue anglaise, les auteurs utilisent
soit le terme bud soit le terme gemma 2 ; divers morphologistes américains
ont proposé le terme embryo; ce terme nous semble assez descriptif pour
caractériser ces formations, mais nous avons conservé provisoirement
le terme plus général bourgeon, bien qu’il soit appliqué ici à des structures
différentes des véritables bourgeons.
Nous utiliserons indifféremment les termes « fronde » ou « feuille »,
sans préjuger de la valeur morphologique des frondes de Fougères par
rapport aux feuilles de Phanérogames. Nous avons appelé f lt f 2 , f 3 , les
premières feuilles produites par le bourgeon, contrairement à la termi¬
nologie de M. et R. Snow et de Wardlaw en phyllotaxie, pour lesquels
li (fj) correspond à la dernière feuille formée.
HISTORIQUE
Sur le plan morphologique et anatomique, la question du bourgeon¬
nement épiphylle a été développée dans plusieurs ouvrages généraux :
Sachs, Goebel, Velenovsky, Wettstein. En 1934, Chouard a publié
une importante mise au point de la question.
Chez les Phanérogames, mentionnons les travaux de plusieurs bota¬
nistes américains, particulièrement sur les Crassulacées : Beals (1923),
Howe (1931), Naylor (1932), Yarbrough (1932, 1934). En ce qui
concerne les Monocotylédones, rappelons les travaux de Chouard.
1. Dans le bourgeonnement provoqué, on distingue deux cas : production de
« bourgeons » sur le cal, ce qui est le plus répandu, et production de « bourgeons » à la
surface du limbe, aux aisselles des nervures (Bégonia rex).
2. Ce terme est aussi utilisé pour désigner des rameaux axillaires caducs chez les
Lycopodes (cf. Takeuchi, 1962).
Source : MNHN, Paris
— 241
Chez les Ptéridophytes, le bourgeonnement épiphylle est amplement
mentionné dans les ouvrages de taxinomie (Tardieu-Blot, Alston,
Harley) où il est utilisé comme critère spécifique.
Sur le plan structural, il a fait l’objet d’assez nombreux articles de
détail : Kunze (1849), Hofmeister (1857), Heinricher (1879 à 1894),
Zimmermann (1881), Druery (1822 à 1885), Rostowzew (1894).
Kupper, en 1906, a étudié en détail l’anatomie du bourgeonnement chez
une dizaine d’espèces de Fougères à bourgeonnement apical, et établi
une classification des types de bourgeonnement. Les descriptions et la clas¬
sification de Kupper paraissent manquer beaucoup de précision. Plus
récemment, une étude précise a été faite sur le bourgeonnement d’une
Fougère américaine, Camptosorus rhizophyllus, par McVeigh en 1934 et
1936 et par Yarbrough en 1936. En 1937, McVeigh a publié une impor¬
tante mise au point bibliographique du bourgeonnement épiphylle chez
les Fougères. Plus récemment, Penon a étudié l’anatomie des « bourgeons »
de deux espèces de Fougères, dans le cadre de la question des hélices
foliaires.
Au point de vue physiologique, le bourgeonnement épiphylle a été
surtout étudié chez les Phanérogames. Rappelons les célèbres travaux
de Loeb (1926) mettant en évidence le rôle des corrélations chez Bryo-
phyllum. Citons également les travaux de Chouard (1930 à 1938), Prévôt
(1938-1948), Peters (1947). Chez les Fougères, aucune étude physiolo¬
gique n’a, à notre connaissance, été effectuée sauf le travail de M me Avien-
gne (1961) sur l’action de substances morphogènes sur le développement
des bourgeons de Ceralopleris cornula.
BUT DU TRAVAIL ET MATÉRIEL ÉTUDIÉ
Basé sur l’observation de plantes vivantes et sur des coupes anato¬
miques, le présent travail, limité aux Filicales, décrit le bourgeonnement
épiphylle spontané d’un certain nombre de Fougères tropicales, cherche à
en dégager les caractères morphologiques et à en préciser le rôle dans la
multiplication végétative. Sur ces observations est basé un essai de clas¬
sification de ces bourgeonnements.
Au point de vue anatomique, nous n’avons fait qu’une étude som¬
maire de la structure des bourgeons étudiés; de nombreux points restent
à préciser, en particulier l’origine histologique de ces formations.
Les espèces étudiées proviennent principalement d’Afrique, mais
aussi d’Amérique, d’Asie et d’Océanie. A titre de comparaison, nous
avons également examiné plusieurs Fougères tempérées et en particulier
Cyslopleris bulbifera Bernh. Nous avons pu observer le bourgeonnement
épiphylle sur des spécimens vivants, en Afrique occidentale pour quel¬
ques espèces, mais surtout dans les serres du Muséum National d'Histoire
Naturelle, ainsi que dans la serre du Laboratoire de Biologie végétale de
Fontainebleau où nous avons constitué une collection d’une dizaine
d’espèces gemmifères. Enfin, une étude poursuivie dans les riches herbiers
Source : MNHN, Paris
— 242 —
Source : MNHN, Paris
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du Muséum de Paris nous a permis de compléter utilement notre docu¬
mentation.
Nous remercions M. le Professeur Aubréville, Directeur du Laboratoire de Phané-
rogamie au Muséum National d’Histoire Naturelle pour l’hospitalité qu’il nous a
aimablement accordée dans son établissement; nos remerciements vont également à
M me Tardieu-Blot, Sous-Directeur au même laboratoire, qui nous a prodigué de
nombreux conseils.
Nous exprimons de nouveau notre profonde gratitude à notre maître, M. le Profes¬
seur Schnell, qui nous a guidée avec bienveillance au cours de nos recherches.
II. ÉTUDE DU BOURGEONNEMENT
CHEZ DIVERSES FOUGÈRES
Les espèces mentionnées sont ordonnées suivant la classification
adoptée par Alston (1959). Les principales synonymies et l’aire des
espèces 1 sont indiquées.
GLEICHÉNIACÉES
Gleichenia linearis (Burm.) Clarke (= Dicranopleris linearis (Burm.)
Underw., pantrop. PI. 1).
Les frondes de cette espèce, à croissance apparemment indéfinie,
arrivent à constituer, dans la végétation secondaire des régions tropicales
humides, de grandes draperies. Les frondes (comme celles d’autres espèces
du genre) possèdent des « bourgeons » aux fourches de leurs ramifications 2 .
Ceux-ci sont protégés par deux lames foliacées, à aspect de stipules, dont
la valeur morphologique mériterait d’être discutée. Ils assurent la crois¬
sance de la fronde, qui est discontinue, et ne sont donc pas des agents
de multiplication végétative. Ils se comportent ainsi comme des bour¬
geons d’axes, ce qui amène à poser le problème de l’homologie de la fronde
de Gleichenia avec un système d’axes. Cette interprétation, qui paraît
plaider pour l’hypothèse d'une origine caulinaire de la fronde, serait en
accord avec le caractère archaïque du genre — en faveur duquel on peut
mentionner son aire pantropicale et l’existence du groupe à partir du
Trias.
La discontinuité de la croissance de la fronde dans le temps, impli¬
quant une phase de repos des « bourgeons », suggère l’idée d’une dormance
de ceux-ci, voire de corrélations inhibitrices, faits comparables à ceux que
l’on observe chez des rameaux, et qui sont eux aussi en faveur de son ori¬
gine à partir d’un système d’axes.
1. Nous utiliserons les abréviations suivantes : pantrop. = pantropical; Af. =
Afrique; Am. = Amérique; As. = Asie; Oc. = Océanie; Mad. = Madagascar.
2. Holttum en 1957 a étudié la morphologie de divers genres de Gleichéniacées.
Source : MNHN, Paris
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*\ cm
Source : MNHN, Paris
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SCHIZAÉACÉES
Anémia rolundifolia Schrad. (Am., PI. 1), possède trois sortes de
frondes :
— frondes terminées par un flagelle effilé, prolongeant le rachis;
— frondes suivantes, dont l’extrémité du flagelle se renfle en une
protubérance qui se couvre d'écailles x ;
— frondes fertiles, apparaissant plus tardivement, et présentant
également un renflement de l’extrémité du flagelle.
Ce renflement du flagelle qui constitue le « bourgeon », se produit
avant que l’extrémité de la fronde, se recourbant, ne touche le sol. A un
stade ultérieur, apparaissent des ébauches de racines, abondantes sur la
face inférieure, et des ébauches de frondes sur la face supérieure. Ces
racines se fixent au sol ; la plantule issue du « bourgeon » reste reliée à la
fronde-mère jusqu’à ce que cette dernière dépérisse. Ces « bourgeons »
paraissent pouvoir être qualifiés, au moins de façon approximative et
provisoire, d’apicaux, bien que leur apex ne soit pas situé exactement à
l’extrémité du rachis, mais un peu latéralement.
Un mode de bourgeonnement très semblable existe chez A. radicans
Raddi (Am.).
De nombreuses autres espèces d 'Anémia ne sont pas prolifères;
leurs frondes sont imparipennées. La présence de « bourgeons » possède
donc une valeur taxinomique sur le plan spécifique.
PARKÉRIACÉES
Ceralopleris cornula (Beauv.) Lepr. (Af., PI. 2), espèce longtemps
rattachée à C. thaliclroides Brongn., considérée comme pantropicale,
est une Fougère aquatique à frondes dimorphes. Frondes stériles et frondes
fertiles portent des « bourgeons » insérés sur le limbe, très près de la marge
chez les stériles à limbe plan non involuté (fig. 7. 8) et aux aisselles des
ramifications chez les frondes fertiles (fig. 4) ou plus rarement dans
la région subterminale des segments (fig. 2 et 3). De petite taille, ces
« bourgeons » sont protégés par des écailles de nature épidermique bom¬
bées et peu nombreuses. Non caducs, ils restent toujours liés à la fronde-
mère et s’enracinent lorsque celle-ci dépérit ; les plantules feuillées, portées
par un fragment de fronde-mère, sont entraînées par l’eau, et assurent
la dissémination de l’espèce. Malgré la localisation de ces « bourgeons »
à l’aisselle des ramifications chez les frondes fertiles, le bourgeonnement
est à qualifier de laminaire.
ADIANTACÉES
De nombreux Adiantum sont prolifères, et le type de bourgeonne¬
ment est le même chez les diverses espèces étudiées : A. caudalum L.
1. Soulignons que les « écailles » qui entourent les « bourgeons » des Fougères sont
des formations superficielles qui n’ont rien de commun avec les écailles des bourgeons
des plantes supérieures.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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(As.), A. philippense L. (pantrop.), A. Schiveinfurlhii Kuhn (Af.), A.
soboliferum Wall. (Af.).
Ce bourgeonnement est très semblable à celui d’ Anémia rotundi-
folia décrit plus haut : prolongement du rachis en un flagelle grêle, au
sommet duquel se différencie un « bourgeon ». Autant que nos observa¬
tions nous permettent de conclure, il semble que ce bourgeonnement
n’existe que chez des espèces à frondes unipennées ou à limbe entier,
c’est-à-dire chez lesquelles le rachis primaire garde sa prééminence.
Le genre Pleris lui aussi est riche en espèces prolifères : P. Burloni
Bak. (Af., PI. 3), P. alrovirens Willd. (Af.), P. camerooniana Kuhn (Af.),
P. proliféra Hieron (Af.) et P. similis Kuhn (Af.) présentent le même type
de bourgeonnement : « bourgeon » unique (rarement deux) sur la fronde,
à l’aisselle d’une des dernières pennes. Ce « bourgeon » subapical reste
toujours lié à la fronde-mère, à laquelle il est largement soudé par sa
base; il développe de jeunes frondes et de nombreuses racines et se
fixe au sol lorsque la fronde-mère se courbe.
Dans le genre Doryopleris, l’espèce américaine D. pedata Fée (PI. 3,
fig. 4) a des frondes palmatiséquées qui portent toujours deux « bour¬
geons » à la base du limbe, de chaque côté du pétiole; la jeune plantule
développe plusieurs frondes sur la plante-mère mais nous n’avons pas
observé d’abondantes racines comme chez les Pleris 1 .
Un type de bourgeonnement comparable est réalisé chez Hemionilis
arifolia (Burm.) Moore PI. 3, fig. 9), dont les frondes portent un seul
« bourgeon » localisé sur le limbe, sur une nervure secondaire très proche
de la nervure principale; chez l’espèce H. palmata L. (fig. 7 et 8), au
contraire, les « bourgeons » sont nombreux et localisés sur la marge du
limbe, dans les sinus, mais un seul se développe en plantule, les autres
restant à l’état d’ébauches.
ASPLÉNIACÉES
Cette vaste famille est riche en espèces gemmifères et les types de
bourgeonnement rencontrés sont d’une grande diversité.
Chez l’espèce asiatique Asplénium prolongalum Hook. (PI. 4),
les frondes étroites, en rosette, ont un bourgeonnement comparable à
celui d 'Anémia rolundifolia et réalisent un marcottage en arceaux;
l’espèce africaine A. vagans Bak. a le même type de bourgeonnement.
Les deux espèces africaines A. Barleri Hook. (PI. 4) et A. Dregeanum
Kze. (PI. 5) dont les frondes ont aussi un limbe étroit à rachis épais,
réalisent elles aussi un marcottage en arceaux, et divers auteurs ont
signalé leur bourgeonnement comme étant apical; mais la localisation
du « bourgeon » est ici nettement subapicale, le « bourgeon » étant situé
1. Ce type de bourgeonnement est tout à fait comparable à celui de la Saxifra-
gacée américaine Tolmiea Menziezii Torr. & Gray dont les feuilles produisent des
pousses à la base du limbe (PI. 14).
Source : MNHN, Paris
A cm
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inférieure.
Source : MNHN, Paris
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à l’aisselle d’une des dernières pennes. Certaines de ces frondes ont l'aspect
de stolons (rachis épais, pennes réduites, parfois absentes) comme c'est
le cas pour le bourgeonnement apical; cette morphologie particulière
a été signalée par Goebel.
Chez A. variabile Hook. (Af., PI. 6), dont les frondes sont polymor¬
phes, seules les frondes primaires x , courtes et à limbe entier, sont gem-
mifères; l'unique « bourgeon » est localisé dans la région subapicale du
limbe, à l’aisselle d’une nervure secondaire.
Les frondes d’A. emarginalum Beauv. (Af., PI. 5) ressemblent assez
à celles de l’espèce précédente mais ici le bourgeonnement est nettement
apical : il y a un « bourgeon » à l’apex émarginé de chaque penne, constitué
par un renflement à l’extrémité de la nervure. Seul le « bourgeon » de la
penne terminale se développe en plantule, alors que ceux des pennes
latérales restent à l’état d’ébauches ne produisent pas de frondes ni de
racines; le même gradient se rencontre chez d’autres espèces (A. variabile,
Ceralopleris cornula) dont les « bourgeons » les mieux développés sont
ceux de l’extrémité de la fronde. Sans écarter l’hypothèse d’une cause
de nature hormonale, on peut expliquer ce gradient simplement par le
fait que les « bourgeons » de l’extrémité de la fronde sont plus proches
du sol, la fronde-mère étant recourbée. Signalons que par contre, ce
gradient est inverse chez d’autres Fougères (Teclaria, Diplazium, Cys-
lopleris), où les « bourgeons » de la base de la fronde sont les mieux
développés; notons que les « bourgeons » de ces dernières espèces sont
des « bourgeons » caducs.
A. gemmiferum Schrad., A. longicauda Hook., A. blaslophorum
Hier., A. Annelii Alston et A. viviparioides Kuhn, ont toutes un bour¬
geonnement subapical.
A. bulbiferum Forst. (Oc., PI. 6) et A. viviparum (L. f.) Pr. (Mad.,
PI. 7), espèces dont les frondes sont très comparables, ont le même type de
bourgeonnement, si bien qu’elles sont souvent confondues. Leurs frondes
très ramifiées en segments linéaires, portent de nombreux « bourgeons »,
très peu tubérisés, insérés sur la nervure médiane des segments. Ces
« bourgeons » commencent leur développement sur la plante-mère et
les jeunes plantes tombent lorsqu’elles comportent 3 à 5 frondes; les
racines ne sont que très peu développées — 1 mm de longueur. Nous
avons distingué quelques différences dans le bourgeonnement de ces
deux espèces, notamment dans la forme et le comportement des plantu-
les : les jeunes frondes des « bourgeons » d 'A. bulbiferum sont plus grandes,
pétiolées et à limbe découpé, tandis que celles d’A. viviparum sont petites,
sessiles, à limbe entier; les plantules de cette dernière tombent très faci¬
lement de la plante-mère alors que celles d’A. bulbiferum y persistent
très longtemps. On peut ainsi distinguer les deux espèces par leur bour¬
geonnement épiphylle.
1. Certains auteurs emploient le terme « stérile » pour qualifier les premières
frondes produites; signalons aussi le terme « trophophylle » utilisé parfois pour désigner
ces premières frondes.
Source : MNHN, Paris
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THELYPTÉRIDACÉES
Ampelopleris proliféra Copel. (pantrop., PI. 8) a des frondes à crois¬
sance prolongée 1 dont certaines pennes (environ une sur quatre) portent
un « bourgeon » s’enracinent facilement et la fixent au sol, puis vivent
indépendamment lorsqu’elle dépérit.
ATHYRIACÉES
Diplazium proliferum Kaulf. (= Alhyrium proliferum Milde, Af..
PI. 8). Chez cette espèce, les « bourgeons » sont axillaires comme chez
la précédente, mais on en rencontre un à chaque penne, inséré sur la face
supérieure du rachis; ils s’individualisent rapidement en une bulbille
caduque très tubérisée, contrairement au cas précédent. Cette bulbille
présente deux lobes symétriques qui sont les bases des deux premières
frondes; entre ces deux lobes on distingue l’apex de la plantule protégé
par un indumentum écailleux, d’où partiront les feuilles suivantes.
Cystopleris bulbifera Bernh. (Am. du Nord, PI. 8). Nous avons décrit
le bourgeonnement de cette espèce tempérée, car son bourgeonnement
est comparable à celui de l’espèce tropicale précédente. Toutefois, les
bulbilles sont ici portées par la face inférieure du rachis, elles ont un
aspect plus globuleux car les bases des deux premières feuilles, très
tubérisées, ne développent pas de limbe, d'où le terme « cotylédons »
que leur ont donné les auteurs américains. L’apex du « bourgeon » est
situé à sa base, entre les deux « cotylédons ».
LOMARIOPSIDACÉES
Nous n’avons pas constaté de « bourgeons » épiphylles dans le genre
Lomariopsis ; par contre, le genre Bolbilis (PI. 9) comporte de nombreuses
espèces gemmifères. Les cinq espèces africaines B. acroslichoides (Afz.)
Ching, B. salicina (Hook.) Ching, B. gaboonensis (Hook.) Alston, B.
gemmifer (Hier.) C. Chr. (PI. 9) ont un bourgeonnement subapical;
B. auriculala Alston possède un bourgeonnement apparemment axil¬
laire, tandis que l’espèce asiatique B. heleroclila (Pr.) Ching (= Leplo-
chilus heleroclitus C. Chr. = Acroslichum flagelliferum Pr.) a un type
de bourgeonnement laminaire. Le limbe des frondes de cette dernière
espèce produit d’assez nombreux « bourgeons », mais seuls les « bour¬
geons » de la partie terminale de la fronde se développent en plantule;
ainsi, au premier abord, on peut considérer le bourgeonnement de cette
espèce comme subapical, les « bourgeons » qui ne sont pas à l’extrémité
de la fronde étant très peu développés (ou inexistants si la plante vit
dans un milieu sec).
1. Copeland ( 1947) décrit à propos A'Ampelopleris : » lamina growing indefinitely ».
Nous avons pu observer en serres des frondes dépassant 1 mètre.
Source : MNHN, Paris
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portant un jeune • bourgeon •.
Source : MNHN, Paris
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ASPIDIACÉES
Les quatre fougères suivantes : Dryopleris decomposila Kze., d’Asie,
D. Manniana (Hook.) C. Chr., d’Afrique (PI. 10), Polyslichum aculealum
Schott, pantropicale, et Clenilis subcoriacea (C. Chr.) Alston, d’Afrique,
ont un port comparable et un bourgeonnement subapical; le « bourgeon »,
situé dans la région de la fronde qui est très découpée, peut atteindre
une taille de plusieurs centimètres, par suite de sa tubérisation et d’un
indumentum écailleux très important.
Chez Clenilis Jenseniae (C. Chr.) Tard. (Af., PI. 11), le bourgeonne¬
ment est très différent : les frondes portent de nombreuses bulbilles
caduques, insérées sur la face inférieure des segments, comme les sores,
avec lesquels elles coexistent. Ces bulbilles ont une forme allongée qui
rappelle le rhizome de la plante-mère; elles produisent quelques jeunes
frondes, puis, se détachant de la plante-mère, tombent et s’enracinent.
C. Buchholzii (Kuhn) Alston (= Teclaria Buchholzii Copel., Af., PI. 11)
possède un type de bourgeonnement un peu différent, apparemment
axillaire, les bourgeons étant insérés sur la marge du limbe de chaque
penne, très près du rachis; ces « bourgeons » ont aussi une forme allongée
comme ceux de l’espèce précédente.
Teclaria gemmifera Alston et T. fernandensis (Bak.) C. Chr. (PI. 12),
deux espèces africaines très voisines, ont le même type de bourgeonne¬
ment : les frondes portent dans leur région supérieure des « bourgeons »
insérés sur une fine nervure, très proches du rachis principal; alors que
dans les espèces précédentes, les bourgeons se trouvaient exclusivement
sur la face supérieure (inférieure chez Ctenilis), ici, on en trouve sur les
deux faces. Dans les premiers stades, ils apparaissent sous forme d’une
petite masse globuleuse de quelques mm., puis il se développe deux lobes
symétriques qui sont les deux premières feuilles (fig. 4) ; ces deux pre¬
mières feuilles ne développent jamais de limbe sur la fronde-mère 1 , mais
le « bourgeon » se tubérise de façon importante et lorsqu’il a atteint environ
1 centimètre, il tombe. Là, deux cas peuvent se produire : les limbes
des deux premières feuilles f x et f 2 se développent d’abord, et ensuite les
feuilles suivantes f 3 , f 4 ,... émergent de la dépression située entre les deux
lobes; mais souvent, au cours de la chute et du transport de la bulbille,
les apex des deux premières feuilles ayant été traumatisés, ces dernières
ne développent pas de limbe et ainsi les deux premières feuilles qui
apparaissent sont f 3 et f 4 (fig. 5 et 6). Les racines apparaissent plus tardi¬
vement, fait qui peut être en relation avec la forte tubérisation de ces
« bourgeons ». Les cellules qui constituent la bulbille sont remplies de
grains d’amidon.
Chez la Fougère américaine Fadyenia Fadyenii (Mett.) C. Chr.
(= F. proliféra Hook.) (PI. 12), à frondes polymorphes en rosette, seules
les frondes stériles, périphériques, sont gemmifères; le « bourgeon »
est apical, constitué par un renflement de l’extrémité du rachis; celui-ci
I. Sauf quelques cas exceptionnels.
Source : MNHN, Paris
8 cm.
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n’est pas allongé en flagelle, mais, au contraire, comme chez Asplénium
emarginalum, le « bourgeon » est situé dans le sinus apical du limbe.
Mais ici, contrairement au cas de cette dernière espèce, on remarque
une spécialisation très nette des frondes : les premières frondes formées,
qui sont les plus externes, ont un limbe acuminé, recourbé vers le sol,
une nervure très épaisse et sont gemmifères, tandis que les frondes plus
récentes, qui sont au centre de la rosette, ont un limbe plus large et spatulé,
sans nervure principale importante, portent les sores et ne sont pas gem¬
mifères.
BLECHNACÉES
Les deux espèces Woodwavdia orienlalis Sw. et VV’. radicans (L.) Sm.
(PI. 13) ont un port comparable et sont souvent confondues, mais leur
type de bourgeonnement est très différent : les frondes de la première
portent un seul « bourgeon » subapical très tubérisé, et recouvert d’un
épais feutrage d’écailles, tandis que chez la seconde, les « bourgeons »
sont nombreux, insérés sur le limbe des segments, très peu tubérisés et
caducs. Ici encore, le bourgeonnement épiphylle est un caractère systé¬
matique très utile si l’on dispose de frondes gemmifères.
III. CONCLUSIONS SUR LA STRUCTURE
DES BOURGEONS
A part le cas des Gleichenia, qui est très particulier, toutes les for¬
mations que nous avons mentionnées sous le nom de « bourgeons » ont
une structure comparable et un développement homologue : elles compor¬
tent un apex, un système vasculaire relié à celui de la fronde-mère,
produisent des feuilles et des racines et elles sont protégées par un indu-
mentum écailleux à valeur trichomale.
Dans les stades les plus jeunes que nous avons pu observer, ces
« bourgeons » sont constitués par un renflement méristématique recouvert
d’écailles plus ou moins denses; ensuite apparaissent les primordia
foliaires et les ébauches de racines.
A partir de ce stade, la morphologie de ces « bourgeons » diffère
suivant les espèces par suite surtout de la tubérisation plus ou moins
marquée qui les affecte. Cette tubérisation est très faible dans les cas
de bourgeonnement apical ; dans les autres cas, son importance est variable
suivant les espèces. Dans les cas de forte tubérisation, les « bourgeons »
pouvant atteindre plusieurs centimètres d’épaisseur, elle a une localisation
variable (cf. PI. 14) :
— Chez Ctenilis, Teclaria, elle affecte surtout l’axe, avant l’émission
des premières feuilles (fig. 2);
—• Chez Diplazium proliferum, elle affecte à la fois l'axe et les bases
des deux premières feuilles (fig. 3);
— Chez Cyslopteris, elle affecte seulement les deux premières feuil¬
les (fig. 4).
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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La taille des frondes issues des « bourgeons » est, pour la plupart
des espèces, très inférieure à celle de la fronde-mère; leur limbe a, chez
quelques espèces, une forme très simple (limbe entier, spatulé, à ner¬
vation dichotomique — cf. PI. 6, 7, 13). Mais chez de nombreuses autres
espèces, notamment celles où les « bourgeons » ne sont pas tubérisés et
réalisent un marcottage, ces premières frondes ont une morphologie très
semblable à celle de la fronde-mère (PI. 5, 10). Il serait intéressant de
comparer les premières frondes des plantules épiphylles avec celles
des plantules provenant de la reproduction sexuée.
En ce qui concerne la phyllotaxie et l’ordre d’apparition des feuilles
de ces « bourgeons », on distingue deux cas : chez plusieurs espèces à
« bourgeons » tubérisés (Teclaria, Diplazium, Cystopteris), les feuilles
semblent se développer par paires; mais dans la plupart des cas, on ne
distingue pas cette symétrie bilatérale, le « bourgeon » étant constitué,
dans ses premiers stades, seulement par la première feuille et une racine
(cf. Asplénium bulbiferum, PI. 6), structures rappelant celles qui avaient
été mentionnées à l’appui de la théorie de la phyllorhize.
L’ordre d’apparition et le nombre des racines varient aussi beaucoup
suivant les espèces. Chez la plupart des espèces à « bourgeons » caducs,
les racines, peu nombreuses n’apparaissent que tardivement, après la
formation des premières feuilles, qu’elles semblent parfois prolonger
(cf. Diplazium proliferum, PI. 8). Au contraire, chez les espèces qui se
marcottent, les racines sont nombreuses et apparaissent avant les feuilles
(cf. Pleris Burloni, PI. 3, Ampelopleris proliféra, PI. 8).
A l’apex des « bourgeons » dont nous avons étudié l’anatomie,
nous avons toujours observé, sur des coupes longitudinales axiales, une
cellule apicale triangulaire, nettement plus grosse que les cellules voisines.
Au sujet des tissus conducteurs des « bourgeons », nos observations
sont conformes à celles de Penon qui distingue, à la base du « bourgeon »
une « solénostèle qui se résoud rapidement en une dictyostèle »; cette
solénostèle est toujours reliée à la stèle de la fronde-mère qui supporte
le « bourgeon ». Nous nous proposons par la suite d’étudier les modalités
de ce raccord.
Ces formations sont donc des bourgeons particuliers qui ne corres¬
pondent pas exactement à la définition classique; nous proposons de
leur appliquer, plutôt que le terme de « bourgeon » qui implique le dévelop¬
pement en un rameau, le nom de « gemme », déjà utilisé par les auteurs
anglo-saxons (gemma) et moins restrictif que le précédent, puisque leur
développement aboutit, non à un rameau, mais à une plante entière.
IV. LES DIVERS TYPES DE BOURGEONNEMENT
Les divers modes de bourgeonnement décrits se différencient surtout
par leur localisation sur la fronde et l’importance de la tubérisation
des « bourgeons ». Il n’y a d’ailleurs aucun parallélisme entre ces deux
ordres de faits, la tubérisation n’étant pas toujours liée à une localisation
Source : MNHN, Paris
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déterminée de l’ébauche. Outre ces deux critères de la localisation et
du degré de tubérisation du « bourgeon », d’autres caractères peuvent
servir de base à une classification de ces divers aspects du bourgeonne¬
ment : le mode de multiplication (marcottage ou dispersion), la mor¬
phologie des « bourgeons », leurs rapports avec la plante-mère.
Nous avons opté pour une classification basée sur la localisation
du « bourgeon »; on distingue ainsi quatre types principaux :
1. Bourgeonnement apical : la masse du « bourgeon » est constituée
par un renflement de l’extrémité du rachis; la fronde, stoloniforme
chez certaines espèces, se recourbe vers le sol et le « bourgeon » s’enracine,
réalisant un marcottage naturel. A l’intérieur de ce groupe, on distingue
plusieurs cas :
— un seul « bourgeon » par fronde :
— rachis allongé en flagelle au-delà des pennes ( Anémia
rolundifolia, PI. 1).
— rachis non allongé en flagelle, le « bourgeon » se trouvant
à l’apex de la fronde (Fadyenia proliféra, PI. 12).
plusieurs « bourgeons » par fronde, un à l’extrémité de chaque
penne ( Asplénium prolongalum, PI. 4).
2. Bourgeonnement subapical : c’est le type le plus fréquent;
le mode de multiplication est aussi un marcottage; il y a un, rarement
deux « bourgeons » par fronde; on distingue :
— « bourgeons » peu tubérisés (taille pouvant atteindre quelques
mm) portés par une fronde plus ou moins stoloniforme (pennes
réduites, rachis épais), marcottage précoce ( Asplénium Barleri,
PI. 4).
— « bourgeons » tubérisés (plusieurs cm) portés par une fronde
deltoïde dressée, le marcottage ne se réalisant que lorsque
la fronde est âgée ( Dryopleris Manniana, PI. 10).
3. Bourgeonnement axillaire : nombreux « bourgeons » sur le
rachis, à l’aisselle des pennes.
—- « bourgeons » peu tubérisés, fronde plus ou moins stoloni¬
forme, marcottage ( Ampelopleris proliféra, PI. 8).
— « bourgeons » toujours caducs et tubérisés ( Diplazium prolife-
rum, PI. 8);
4. Bourgeonnement laminaire : nous groupons dans cette catégorie
tous les cas où les « bourgeons » sont portés non par le rachis, mais par
une fine nervure, plus ou moins éloignée du rachis; on y distingue de
nombreuses variantes :
—- « bourgeons » le long du rachis, en séquence acropète, sur une
fine nervure tertiaire, très proche du rachis ( Tectaria , PI. 12);
— « bourgeons » répartis sur toute la surface de la fronde ( Asplé¬
nium bulbiferum, Woodwardia orienlalis, PI. 6 et 13);
— « bourgeons » marginaux ( Hemionilis palmala, PI. 3).
Source : MNHN, Paris
— 260 —
Source : MNHN, Paris
— 261 —
Entre ces principaux types nettement déterminés, il y a des cas
intermédiaires, par exemple : Doryopleris pédala , Bolbitis heleroclila *.
Cette classification se révèle sans relation avec la systématique,
comme on peut le voir sur le tableau I où nous avons cité les espèces
étudiées, leur type de bourgeonnement (localisation du « bourgeon »)
et leur degré de tubérisation.
En résumé, on peut dégager de cet ensemble polymorphe deux grandes
tendances : les « bourgeons » qui réalisent un marcottage, et, d’autre part,
ceux qui sont caducs et destinés à être dispersés.
V. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Le présent travail apporte une liste de Fougères à bourgeonnement
foliaire, précise les caractères morphologiques de ces « bourgeons » et
décrit les processus par lesquels ceux-ci assurent la multiplication végé¬
tative de la plante. Bon nombre des espèces mentionnées n’avaient pas
encore fait l’objet d’une étude morphologique; pour d’autres, comme
certains Teclaria, le développement des « bourgeons » n’avait, à notre
connaissance, pas encore été suivi.
1. LES TYPES DE BOURGEONNEMENT ET LA TAXINOMIE
Au niveau de l’espèce, le bourgeonnement épiphylle est un caractère
systématique valable : la présence de ces « bourgeons » 2 et leur mor¬
phologie étant caractéristiques d’une espèce donnée, ce caractère est
largement employé dans les flores et clefs de détermination. Mais il n’ap¬
paraît pas de relation entre les types de bourgeonnement et les grandes
divisions taxinomiques (cf. tableau I) : on trouve' les mêmes types de
« bourgeon» » à des niveaux très divers dans la classification systématique,
et inversement, plusieurs types différents coexistent dans une même famille
et dans un même genre, par exemple le genre Asplénium qui comporte
des espèces à bourgeonnement apical, subapical et laminaire, — diversité
qui n’est peut-être qu’une expression de la grande variabilité morpho¬
logique de ce genre énorme.
Ainsi, le bourgeonnement épiphylle, utile pour distinguer les espèces,
n'a pas de signification sur le plan des taxa de rang élevé 3 .
2. PROBLÈMES MORPHOLOGIQUES POSÉS PAR LES BOURGEONS ÉPI-
PHYLLES
Les problèmes morphologiques différent suivant le type de bour¬
geonnement.
1. Les « bourgeons » de cette espèces sont laminaires, mais seul le « bourgeon ■
se trouvant dans la région subapicale de la fronde se développe en plantule.
2. Nous avons toujours observé une constance remarquable des caractères du bour¬
geonnement au sein d’une même espèce; par ailleurs, rappelons que dans une espèce
gemmifère, toutes les frondes ne portent pas de « bourgeons ».
3. Notons toutefois que les cas de « bourgeons » tubérisés destinés à se détacher pour
être dispersés sont plus abondants dans les groupes évolués (tableau I).
Source : MNHN, Paris
— 262 —
Source : MNHN, Paris
TABLEAU I
Espèces classées dans l'ordre systématique
Type
DE BOURGEONNEMENT
D “*
Familles
Espèces
ap.
su.
ax.
la.
TUBÉRISATION
Gleicheniacées
Gleichenia linearis :
X
0
Schizeacées
Anémia rotundifolia, A. radicans :
X
0
Parkeriacées
Ceratopteris cornuta :
x
0
Adiantacées
Adiantum caudatum, A. philipense, A. Schwcinfurthii, A. sobolife-
0
Pteris Burtoni, P. atrovirens, P. camerooniana, P. prolitera, P. Preus-
A
sii, P. similis :
Doryopteris pedata :
?
?
0
Hemionitis palmata, H. arifolia :
X
0
Aspleniacées
Asplénium Barteri, A. blastophorum, A. Dregeanum, A. gemmiferum
A. longicauda, A. variabile, A. viviparioides :
X
1
A. prolongatum, A. vagans, A. emarginatum :
X
U
A. bulbiferum, A. viviparum :
x
t
Thelypteridacées
Ampelopteris proliféra :
X
0
Athyriacées
Cystopteris bulbifera, Oiplazium proliferum :
X
tt
Lomariopsidacées
Bolbitis acrostichoides, B. saücina, B. gaboonensis, B. gemmifer :
X
0
B. heteroclita :
1
?
1.
Aspidiacées
Dryopteris decomposita, D. Manniana, Polystichum aculeatum :
X
tt
Ctenitis Jcnseniae :
x
C. Buchholzii :
x
C. subcoriacea :
x
U
Tectaria gcmmifera, T. fernandensis :
x
tt
Fadyenia Fadyenii :
X
0
\\ oodwardia radicans :
tt
W. orientalis :
x
0
Nous avons si
ivi la classification d’ALSTON ( 1959) pour l’ordre des familles et les no
me Hpc
.s. —
apical; ax. : axillaire; la. : laminaire; t. : tubérisé; U : très tubérisé.
Source : MNhIN, Paris
— 264
Source : MNHN, Paris
— 265 —
A propos des « bourgeons » apicaux se pose la question de l’origine
de l’apex du bourgeon : l’apicale du « bourgeon » est-elle la même que celle
de la fronde-mère ou est-elle différente? Dans ce dernier cas, le « bourgeon »
serait en réalité subapical. Cette question a été étudiée par plusieurs
botanistes (Kupper, Yarbrough, Mc Veigh) dont les résultats ne
concordent pas.
Les cas de bourgeonnement subapical posent aussi un problème
au sujet du déterminisme de la présence de ce « bourgeon » à l’aisselle
d’une penne supérieure de la fronde : on peut se demander pourquoi
cette penne particulière porte un « bourgeon » alors que les pennes voi¬
sines, identiques, n’en possèdent pas ; on peut penser que le « bourgeon »
se forme lorsque la fronde a atteint un seuil donné de développement.
Ce problème ne se pose pas pour les espèces à bourgeonnement
axillaire dont toutes les pennes portent un « bourgeon », sauf pour le cas
d 'Ampelopteris proliféra où on trouve un « bourgeon » toutes les 4 ou
5 pennes, ce qui suggérerait une certaine périodicité dans l’induction
des « bourgeons » au cours de la croissance de la fronde.
Enfin, le cas des « bourgeons » laminaires nous rapproche des « bour¬
geons » épiphylles qu’on trouve chez les Phanérogames : ils ne se trouvent
plus sur le rachis principal mais sur une fine nervure; un bon exemple
de cette analogie est fourni par les deux espèces Doryopleris pédala
(Filicale) et Tolmiea Menziesii (Saxifragacée), dont l’aspect des feuilles
et le mode de bourgeonnement sont très comparables (PI. 14).
Cette analogie entre les « bourgeons » épiphylles des Fougères et
ceux des Phanérogames est un argument en faveur de l’origine téiomique
des frondes et même des feuilles en général; ajoutons que la plupart
des « bourgeons » observés ont une localisation axillaire, le « bourgeon »
se trouvant dans la grande majorité des cas, au point de divergence de
deux nervures, même lorsqu’il s’agit de bourgeons du type laminaire.
Par ailleurs, la disposition des racines semblant prolonger les frondes
des « bourgeons » chez certaines espèces évoque la théorie de la phyl-
lorhize 1 . Dans leurs stades très jeunes, ces « bourgeons » sont constitués
par une masse globuleuse pourvue d’un apex; dans un stade ultérieur,
ils comportent une fronde et une racine; le problème se pose de savoir
si l’apex initial est celui de la première fronde ou celui de la tige de la
plantule épiphylle. Nous espérons pouvoir préciser ce point prochaine¬
ment par l’étude anatomique des stades jeunes.
3. PROBLÈMES PHYSIOLOGIQUES
Chez Gleichenia , où les « bourgeons » assurent la croissance de la
fronde, on note une discontinuité de cette croissance : entre les phases
de croissance, aboutissant à la formation de nouvelles pennes, prennent
place des périodes de repos; il semblerait qu’à ce moment les « bourgeons »
I. On sait que Chauveaud a établi, en partie, sa théorie de la phyllorhize sur
l'exemple de Ceralopleris cornula Lepr. Lachmann (1889) avait déjà signalé cet exem¬
ple et souligné que c’était là un cas isolé chez les Fougères.
Source : MNHN, Paris
- 266
4
cm
un seul ■ bourgeon > subapical, non caduc.
Source : MNHN, Paris
— 267 —
subissent une inhibition ou un arrêt de stimulation, peut-être issus de
corrélations ayant leur origine dans les pennes jeunes.
Dans tous les autres cas, les « bourgeons » forment des frondes et des
racines alors qu’ils sont encore sur la plante-mère, sauf chez Teclaria
et Cyslopleris bulbifera. Chez ces deux espèces, le « bourgeon » se déve¬
loppe en plantule lorsqu’il est séparé de la fronde-mère. Là aussi on
pourrait supposer une inhibition exercée par la fronde sur ces « bourgeons »,
— mais seule une expérimentation permettrait de confirmer cette inter¬
prétation.
4. PROBLÈMES CHOROl.OGIQUES
Les Fougères gemmifères sont particulièrement abondantes dans les
régions tropicales et surtout dans les régions humides (forêt dense tro¬
picale, ravins, bas-fonds, forêts montagnardes tropicales soumises aux
brouillards). Le rôle de l’humidité se révèle également au niveau de
l’individu : dans les forêts montagnardes de l’Ouest Africain, Asplénium
Dregeanum, qui vit en épiphyte et en rupicole, présente une multiplica¬
tion végétative et des « flagelles » particulièrement longs dans les stations
les plus humides, telles que les fonds de ravins (observations faites par
R. Schnell).
Mais il existe aussi des Fougères gemmifères dans les régions tempé¬
rées 1 et dans les régions tropicales sèches. Cette abondance de Fougères
gemmifères dans les régions tropicales et humides n’est peut-être qu’une
conséquence de la très grande richesse en Fougères de ces régions, —
ce qui, évidemment, augmente la diversité des structures et des parti¬
cularités biologiques.
Ces divers dispositifs réalisés dans le bourgeonnement épiphylle
dj ces Fougères, permettant, chez certaines espèces, un marcottage
de la plante, chez d’autres, une dispersion des plantules épiphylles,
semblent efficaces pour la propagation de l’espèce. Pourtant, la plupart
des Fougères gemmifères étudiées ont une faible répartition; certaines,
comme Ctenilis Jenseniae ou Asplénium emarginatum, dont les « bour¬
geons » sont spectaculaires, ne se trouvent que dans quelques stations,
alors que certaines espèces colonisatrices, comme de nombreux Cyclosorus
et Nephrolepis, à large répartition, ne sont pas gemmifères. Le bour¬
geonnement épiphylle n'est donc efficace que pour la dispersion à faible
distance, contrairement à la reproduction par spores.
5. PROBLÈMES CYTOLOGIQUES ET ONTOGÉNIQUES
Le développement de ces bourgeons se fait en même temps que celui
de la fronde-mère : sur des coupes de frondes très jeunes, encore enroulées
en crosse et dont les cellules sont méristématiques, on peut voir des
1. McVeigh cite, entre autres, comme Fougères tempérées gemmifères : Cyslopleris
bulbi/era Bernh., Woodwardia radicans Sm., Osmunda regalis L., Camplosorus rhizo-
phyllus Link, Alhyrium ftlix-lemina (L.) Roth., Dryopteris fllix-mas (L.) Schott, Poly-
podium vulgare L., Matleuccia strulhiopleris (L.) Tod., Pteridium aquilinum (L.) Kuhn...
Source : MNHN, Paris
2 cm
— 268
î
©
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©
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<N CO V
PI. 14. — A — Structure schématique et tubérisation de divers types de • bourgeons ■ caducs
(tous les schémas sont è la même échelle) : 1, Asplénium bulbiferum, faible tubérisation;
2, Teclaria : forte tubérisation de la base indivise du * bourgeon • avant l'émission des
2 premières feuilles; 3, Diplazium : tubérisation de la base des feuilles; 4, Cyslopleris :
forte tubérisation de la base des 2 premières feuilles en « cotylédons » qui ne développent
pas de limbe. — B et C — Comparaison avec les Phanérogames : en haut, frondes de Fou¬
gères : 5, Doryopleris pédala, 6, Hemionilis arifolia, 7, H. palmata; en bas, feuilles de Phané¬
rogames : 8, Tolmiea Menziesii, 9, Bryophyllum calycinum.
Source : MNHN, Paris
— 269
« bourgeons » déjà formés, se présentant sous forme d’une protubérance
globuleuse de quelques cellules méristématiques et pourvue d’une api¬
cale triangulaire. Cette origine est très comparable à celle des « bour¬
geons » spontanés de diverses Phanérogames, qui se forment dès les
premiers stades du développement de la feuille (Bryophyllum daigremon-
lianum, Tolmiea Menziesii) ; elle paraîtrait ainsi à opposer au cas
du bourgeonnement provoqué où les bourgeons néoformés proviennent
d’une dédifférenciation des tissus de la feuille (Bégonia rex où, suivant
Hartsema, l’ébauche caulinaire de la jeune plante se développe à partir
d’un méristème issu d’une dédilTérenciation de l’épiderme). Nous nous pro¬
posons, dans un travail actuellement en cours, de préciser l’ontogénèse
des « bourgeons » épiphylles spontanés chez lés Fougères.
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Source : MNHN, Paris
UN NOUVEAU GENRE AFRICAIN
OREONESION A. Rayn. (GEN TI AN ACE AE).
par Aline Raynal
Une grande Gentianacée, récoltée d’abord par Le Testu en 1933,
puis par Davis et Anton Smith en 1957 dans la même région du Gabon,
s’est révélée, à l’étude, indéterminable. C’est une annuelle dressée à
feuilles charnues et glomérules de fleurs blanches, croissant sur les croupes
rocheuses dénudées qui percent la forêt du Nord-Ouest du Gabon, aux
confins du Cameroun et du Rio Muni.
Un certain nombre de caractères permettait de rapprocher cette
plante du genre Enicoslema : — l’inflorescence en glomérules axillaires
correspondant à des cymes axillaires contractées — les filets staminaux
ornés à leur base d’un renflement — le pollen de taille moyenne, en grains
isolés tricolpés.
Mais d’autres caractères, auxquels une large place est habituelle¬
ment, accordée dans la classification de la famille, tels que : — le stigmate
bilabié et non capité — la base des filets staminaux renflée en boule et
non ornée d’une écaille en lame ou en éteignoir — les anthères à connectif
non prolongé, écartaient la plante gabonaise des Enicoslema , qui sont tous
très homogènes en ce qui concerne ces caractères.
Outre ces traits majeurs, des caractères mineurs, que l’on peut
qualifier de spécifiques, rendent plus aisée la distinction immédiate entre
notre plante et les Enicoslema : — les fleurs toujours tétramères — les
feuilles charnues, de taille décroissante vers le haut des rameaux —
l’absence de replis interstaminaux au niveau d’insertion des étamines sur
la corolle.
Le genre Enicoslema est encore totalement inconnu en Afrique
Occidentale et Centrale : il ne dépasse pas l’Angola 1 .
Je pense donc que la création d’un nouveau genre de Genlianaceae
(Genlianae-Eryihraeinae) se justifie.
OREONESION A. Rayn., yen. nov. 2 .
Herba foliis oppositis vcl verticillatis. Inflorescentia e cymis contractis
axillaribus composita. Flores regulares. Filamenta basi inflata rotundata.
1. Enicoslema lilorale Bl. a été signalé en Gambie par Baker, Kew Bull. : 273
(1891); Baker et Brown, in Dyer, Fl. Trop. Afr., 4, 1 : 563 (1903); Hutchinson et
Dalziel, Fl. W. Trop. Afr., 2, 1 : 184 (1931); P. Taylor, in Hutchinson et Dalziel,
Fl. W. Trop. Afr., 2, 2nd ed. ; 302 (1963). Mais il semble bien que cela corresponde
à une erreur de détermination (Baker, 1891), recopiée par la suite (Hepper, in lili.).
2. De 6po«, montagne, et vf.oo;, lie, d’après l'écologie des spécimens connus, qui
croissent sur des inselbergs.
Source : MNHN, Paris
— 272
Antherae biloculares, connectivo non loculos superante. Grana pollinaria
separata, ovoidea, tricolpa. Ovarium uniloculare ovulis numerosis. Stylus
unicus, stigmata bilabiata.
Enicostemae affinis.
Species typica : O. Testui A. Rayn.
Dans le cadre de la classification des Genlianaceae établie par Gilg
( in Engler et Prantl, Nat. Pflanzenfam., 4, 2 (1895), le genre Oreonesion
se place dans la tribu des Erylhraeinae, à proximité du genre Enicoslema.
La clef des genres de cette tribu (Gilg, loc. cit. : 66, traduit) peut être
modifiée ainsi :
A. Graines insérées uniquement sur les bords carpellaires (placen¬
tas) plus ou moins intrusifs.
a. Fleurs nombreuses, régulières, toutes les étamines fertiles,
a. Base de l’étamine élargie en un organe glanduleux
+ . Stigmate capité. 6 .Enicoslema
+ + . Stigmate bilabié. 6'. Oreonesion
(3. Filet staminal filiforme ou tout au plus à peine élargi à la
I. Stigmate capité ou en massue, parfois faiblement lobé
(5 genres)
II. Stigmate nettement et profondément bilabié
(6 genres)
Le genre Oreonesion n’est encore connu que par l’espèce-type :
Oreonesion Testui A. Rayn., sp. nov. 3 .
Hcrba annua, erecta. Folia opposita vel ternata, crassa, lanceolata,
sessiles. Inflorcscentia e fasciculis sessilibus cymosis contractis composita.
Flores 4-meri. Calyx campanulatus, 4 mm longus, sepalis dorso leviter alatis.
Corolla alba, tubo 5 mm longo, quadricostato, costis bifurcatis sub ore;
lobis 4 lanceolatis acutis, 3,5 mm longis. Stamina exserta, paulo infra orem
corollae posita; basis filament i inflata, rotundata, papillosa, verisimiliter
glandulosa. Anthera introrsa, bilocularis, Assis lateralibus dehiscens. Gynoe-
cium carpeUis 2; ovarium parum depressum, placentis leviter introgressis,
ovulos numerosos gerentibus. Stylus simplex, stigmata bilabiata papillosa.
Holotypus : Le Testu 8972, rocher de Salem, à Elelem, Gabon,
région entre Ogooué et Cameroun, 15 janvier 1933; fleurs blanches (P).
Autre échantillon connu : J.M.G. Davis et J. Anton Smith 242,
Gabon, 30 km north of Oyem, ait. 750 m, 8 août 1957; open grassy
domed hill. Flowers white.
Grande annuelle dressée, d’environ 80 cm de haut; tige unique
à la base, portant quelques longs rameaux divariqués. Cette tige, ronde,
rigide, épaisse à la base de 5 mm, s’amincit graduellement vers le sommet
3. Espèce dédiée à M. Le Testu qui, le premier, récolta cette plante.
Source : MNHN, Paris
— 273 —
Source : MNHN, Paris
— 274
des rameaux; elle porte quatre légers bourrelets décurrents de la base des
feuilles. Entrenœuds courts à la base, devenant graduellement plus
longs. Feuilles opposées ou ternées, charnues, lancéolées, sessiles, connées
à la base et en coin aigu au sommet; limbe 5-nervié dès la base, nervure
médiane proéminente à la face inférieure (sur le sec); feuilles inférieures
mesurant environ 50 X 18 mm, feuilles supérieures et bractéales
graduellement plus petites.
Inflorescences en glomérules axillaires, chaque glomérule corres¬
pondant à une cyme axillaire très contractée; la nature cymeuse des
inflorescences élémentaires apparaît clairement lorsqu’on observe l’ordre
d’épanouissement des fleurs; c’est une cyme bipare typique qui devient
rapidement irrégulière par oblitération des fleurs devant apparaître du
côté de la tige : les fleurs périphériques seules se développent. A l’intérieur
de la cyme, les rameaux et les bractées sont réduits à l’extrême; ces
bractées, lorsqu’elles existent, ne se développent qu’à la partie externe
de la cyme. Il semble évident que l’irrégularité de ces cymes provient de
l’avortement des organes les plus proches de la tige, et qu’elle dépend
directement de la condensation de l’inflorescence. Ces cymes élémentaires
sont groupées en une grappe, à floraison basifuge ; l’inflorescence est donc
complexe : c’est une grappe (indéfinie) de cymes (définies).
Les fleurs, régulières, tétramères, ne varient pas en fonction de leur
position dans la cyme. Calice campanulé long de 4 mm, couvert d’un
réseau de nervures anastomosées; 4 lobes triangulaires, ailés sur le dos,
longs de 1 mm, à sommet aigu et fine marge hyaline. La face interne du
calice porte, à la base, de très petites glandes arrondies, longues d’envi¬
ron 0,15 mm.
Corolle blanche à préfloraison tordue; tube long de 5 mm, portant
4 fortes côtes correspondant aux nervures médianes des pétales; ces
côtes se bifurquent peu au-dessous de la gorge, au niveau d’insertion des
étamines, et constituent une armature rigide. Lobes lancéolés aigus,
longs de 3,5 mm, généralement enroulés sur un bord, dans le sens de
torsion de la préfloraison.
Étamines insérées sur le tube de la corolle, 1 mm au-dessous de la
gorge; la base du filet staminal est renflée en une boule prolongée vers le
bas par des bourrelets latéraux qui vont se raccorder aux nervures média¬
nes épaissies des pétales. Tandis que ces nervures médianes sont rigides,
les renflements staminaux sont remplis d’un tissu lâche et spongieux,
probablement gorgé d’eau à l’anthèse. La partie inférieure du bulbe
staminal et la zone adjacente de la corolle sont tapissées d’un épiderme
finement papilleux, dont il est presque certain qu’il a un rôle glandulaire,
en rapport avec une biologie florale entomophile. Le filet staminal, à peu
près cylindrique et long de 2 mm, porte une anthère biloculaire, introrse,
non apiculée, à déhiscence latérale, fixée dorsalement, à son tiers inférieur.
Pistil 2-carpellé, haut en tout de 8 mm; ovaire un peu aplati latéra¬
lement, uniloculaire, à placentas légèrement intrusifs portant de nom¬
breux ovules. Style simple, cylindrique, long de 5 mm environ, terminé
par un stigmate bilabié papilleux, exsert.
Source : MNHN, Paris
— 275 —
Le fruit demeure longtemps entouré de la corolle marcescente;
c’est une capsule obovoïde, aiguë à la base, un peu aplatie latéralement,
à peine plus longue que le calice persistant, et surmontée d’une très
petite base de style. La capsule semble rester longtemps charnue, presque
grasse, sur le frais (peut-être jusqu’à maturité), et porte quelques veines
anastomosées très visibles en herbier. Déhiscence en 2 valves correspon¬
dant chacune à un carpelle; les placentas, devenus profondément intrusifs
au cours de la maturation, n’atteignent pas le sommet des valves : ils y
ménagent une « fenêtre » grossièrement losangique par où s’écoulent les
nombreuses graines.
Graines fauves, petites (0,4-0,5 mm), anguleuses, à tégument alvéolé.
Cette espèce croît sur les croupes rocheuses, les inselbergs dénudés
qui émergent de la forêt; les conditions écologiques sont très particulières :
sol squelettique très mince, d’aspect tourbeux, sur rocher détrempé et
suintant fréquemment, en raison des pluies abondantes et bien réparties
au cours de l’année, mais pouvant se dessécher et s’échauffer sévèrement
si les pluies manquent quelque temps. Ce sont, dans ces pays de grande
forêt équatoriale, les très rares biotopes où les plantes bénéficient d’un
ensoleillement maximum. Par ses caractères morphologiques et biolo¬
giques, notre plante vient se placer dans un lot d’espèces inféodées aux
rochers ensoleillés de la zone forestière équatoriale africaine, espèces
hygro-héliophiles pouvant cependant supporter une grande aridité
momentanée du substrat, à condition que l’humidité atmosphérique
demeure importante; plantes éminemment hygrophileset pourtant parfois
presque reviviscentes après les journées sans pluies, charnues (par exemple
Calvoa sp. pl., Impatiens Zenkeri, Cyanolis sp., Ilysanthes yaundensis) ou
même grasses (par exemple Euphorbia kamerunica) qui participent au
peuplement végétal si particulier de ces biotopes écologiquement
extrêmes des pays équatoriaux.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
NOTES GYPÉROLOGIQUES :
SUR QUELQUES MAPANIA Aubl. OUEST-AFRICAINS
par J. Raynal
Les premiers Mapania décrits d’Afrique furent, à la fin du xix e siècle,
des espèces d’Afrique Centre-occidentale : Gabon, Cameroun. Ce n’est
que plus tard qu’on en décrivit dans le massif forestier occidental de
Liberia-Côte d’ivoire. Si Hutchinson (1) cite de cette région deux espèces
nouvelles, M. comoensis Chev., nom. illeg., devenu plus tard M. Baldwinii
Nelmes, et M. Linderi Hutch. ex Nelmes, il assimile par contre les autres
récoltes aux plantes connues d’Afrique centrale, et cite M. africana
Bock., M. dolichoslachya K. Schum., M. superba C. B. Cl., M. Deistelii
K. Schum.
Nelmes (4) devait ajouter à cette liste deux taxa nouveaux,
M. coriandrum Nelmes et M. macranlha var. minor Nelmes, sans cepen¬
dant procéder à une révision du genre. La plupart de ces taxa furent
récemment repris par G. Lorougnon (2) sans discussion systématique
d’ensemble.
Amené à une telle révision, nous avons étudié un abondant matériel
conservé par les principaux herbiers africains d’Europe : Paris, Kew,
British Muséum, Jardin Royal de Bruxelles, Staatsherbarium de Ham¬
bourg. Nous avons constaté que l’identification faite du matériel ouest-
africain aux taxa d'Afrique centrale était partiellement inexacte, des
différences faibles mais constantes entre les spécimens de Côte d’Ivoire-
Liberia et ceux du massif centre-ouest (Nigeria SE, Cameroun, Gabon)
justifiant une séparation au niveau subspécifique. Nous créons en consé¬
quence deux sous-espèces occidentales, pour M. africana Bock, et M.
macranlha (Bock.) Pfeiffer. D’autre part nous considérons M. macranlha
var. minor Nelmes comme une bonne espèce, sans affinité particulière
d’ailleurs avec M. macranlha.
Mapania africana Bôckeler subsp. occidentalis J. Raynal, subsp.
- M. africana auct. : Chevalier, Expi. Bot. Afr. Occ. : 707 (1920); Hutchinson in
Hutch. et Dalz., Fl. W. Trop. Afr. 2, 2 : 471 (1936); G. Lorougnon, Contr. Et.
Hypol. Côte d’Iv. : 41 (1963), non Bôckeler.
M. dolichoslachya auct. : Hutchinson in Hutch. et Dalz., 1. c. : 471 (1936); G. Lorou¬
gnon, 1. c. : 41 (1963), non K. Schum.
- M. Mangcnoliana G. Lorougnon, Bull. Jard. Bot. Roy. Bruxelles 34 : 297 (1964).
A subspecie typica differt nonnisi foliis late linearibus, multo angustio-
ribus, 16-22 mm, nec 30-40 mm, latis.
Source : MNHN, Paris
— 278 —
Holotypus : Chevalier 19697, Côte d’ivoire, bassin du Cavally,
district de Grabo, collines basaltiques du Mont Copé, ait. 200 m, sur la
terre dans les endroits très ombragés de la forêt, 30 et 31 juillet 1907
(P! ; isotypus K!).
Cette sous-espèce est remarquable par son étroite localisation à une
région chevauchant la frontière Liberia-Côte d’ivoire, séparée de l’aire de
la sous-espèce typique, elle-même peu étendue, par près de 2 000 km.
G. Lorougnon (3), en décrivant M . Mangenoliana, n’avait en vue
que la description d’un échantillon particulièrement florifère du taxon
ivoirien; il le compare aux M. africana et M. dolichoslachya , espèces
également représentées, selon lui (2), en Côte d’ivoire. Il ne fait nulle
mention du seul caractère foliaire qui, à notre avis, justifie une séparation
d’avec le vrai M. africana Bôck. Les nombres et longueurs d’épis sur
lesquels il distingue ses trois espèces sont des caractères éminemment
variables d’un individu à un autre, et ce dans le genre entier. C’est donc
par hasard que notre sous-espèce porte déjà un nom, à un rang spécifique
qu’elle ne mérite pas. Nous avons donc, en accord avec le Code de Nomen¬
clature, préféré maintenir un nom subspécifique différent (manuscrit
dans les herbiers depuis 1963, d’ailleurs) qui permet en outre de proposer
un type plus adéquat et mieux représenté que celui de M. Mangenoliana
Lorougn. (une seule part dans l’herbier d’Abidjan).
Mapania macrantha (Bôck.) Pfeiffer subsp. ivorensis J. Raynal.
subsp. nov.
— M. superba auct. : Lorougnon, Contr. Et. Hypol. Côte d’Iv. : 43 (1963), non C. B. Cl.
nec Hutch.
— M. Deistelii auct. : Hutch. in Hutch. et Dalz., Fl. W. Trop. Afr. 2 : 2 : 471 (1936).
pro parle, non K. Schum.
A subspecie typica differt foliis bracteisque abrupte acuminatis, serrato-
scabridis, achaenio paulo minore magis inflato, tuberculis ornato acutioribus.
stigmatibus luteo-brunnescentibus.
Holotypus : Lorougnon 1247, Yapo, 6 mars 1960, Côte d’ivoire (P!).
Cette sous-espèce occupe une aire assez vaste : majeure partie du
Liberia, toute la Basse Côte d’ivoire. Nous l’avons observée in vivo à
Yapo, au N d’Abidjan : nous avons pu constater que la coloration des
glumes florales, donc des têtes inflorescentielles, virait au cours de la
floraison du blanc au brun foncé. Nous n’avons pu observer une variation
aussi étendue dans les M. macrantha subsp. macrantha du Sud-Cameroun,
dont les inflorescences restent d’un brun plus ou moins foncé; il s’agit
peut-être là d’un caractère supplémentaire, mais le petit nombre d’obser¬
vations ne permet pas de l’affirmer.
Mapania minor (Nelmes) J. Raynal, slat. nov.
—- Mapania macrantha var. minor Nelmes, Kew Bull. 6 : 420 (1951); G. Lorougnon,
Le. : 45 (1963).
Source : MNHN, Paris
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Divers caractères de ce taxon (longueur des glumes, ornementation
de l'akène, taille de la tête inflorescentielle, largeur des feuilles) nous
amènent à lui nier toute affinité avec M. macranlha (Bôck.) Pfeiffer, et à
élever au rang spécifique ce qui ne saurait être, de toute manière, une
simple variété. Nous pensons qu’elle a des rapports d’affinité avec M.
Soyauxii (Bôck.) K. Schum., d’Afrique centrale, et M. ferruginea Ridl.,
de Sao Tomé.
Ouvrages consultés
1. Hutchinson (J.) el Oalzikl (J. M.). Flora of West Tropical Africa, ed. 1. 2,
2:471 (1936).
2. Lorougnon (G.). — Contribution à l’étude des Hypolytrées de Côte d’ivoire,
Thèse 3 e cycle Paris (1963).
3. Lorougnon (G.). — Une nouvelle espèce de Mapania (Cypéracées) de Côte d’ivoire,
Bull. Jard. Bot. Etat Bruxelles 34 : 297-300 (1964).
4. Nelmes (E.). — Notes on Cyperaceae : Mapania in Africa, 1 : New I.iberian species,
KewBull. 6 : 419-422 (1951).
Source : MNHN, Paris
INFORMATIONS
Monsieur le Professeur A. Aubréville vient d’effectuer un séjour
de deux mois à PInstituto inter americano de ciencias agricolas de
Turrialba au Costa Rica.
Nous avons la grande tristesse d’annoncer la disparition récente
de deux botanistes de grand renom attachés au Laboratoire de Phané-
rogamie du Muséum.
Monsieur François Pellegrin, Sous-Directeur honoraire du Labo¬
ratoire, Secrétaire général honoraire de la Société Botanique de France,
ancien Professeur à l’École Supérieure d’Application d’Agriculture tropi¬
cale, spécialiste des Légumineuses et Méliacées et des Flores africaines.
Mademoiselle Aimée Camus, fille du célèbre orchidologue et hybri-
dologue E. G. Camus, plusieurs fois lauréate de l’Institut, Associée du
Muséum, spécialiste des Orchidées, Fagacées et Graminées.
Une notice sera consacrée dans un des prochains fascicules d’Adan-
sonia à chacun de ces deux réputés botanistes.
Nous avons le regret d’annoncer le décès de Monsieur N. Y. Sand-
with, de l’herbier de Kew et spécialiste connu des Bignoniacées et des
Flores Sud-américaines.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
ACHEVÉ D’IMPRIMER LE 22 JUILLET 1965
SUR LES PRESSES DE L’iMPRIMERIE
FIRMIN-DIDOT, MESNIL - SUR - l’ESTRÉE
(eure)
Dépôt légal : 3' trimestre 1965. — 4084
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris