Source : MNHN, Paris
MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
ADANSONIA
TRAVAUX PUBLIÉS
AVEC LE CONCOURS
du Centre National de la Recherche Scientifique
SOUS LA DIRECTION DE
H. HUMBERT A. AUBRÉVILLE
Membre de l'Institut Professeur
Professeur honoraire
Nouvelle Série
Tome V
FASCICULE 3
1965
PARIS
LABORATOIRE DE PHANÉROGAMIE
DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
16, rue de BufTon, Paris (5 e )
Source : MNHN, Paris
SOMMAIRE
Aubréville A. — François Pellegrin (25 sept. 1881-9 avril 1965)- 285
Halle N. — Notice sur les travaux de François Pellegrin. 289
Aubréville A. — Conceptions modernes en bioclimatologie et classi¬
fication des formations végétales. 297
Saint-John H. — La distribution mondiale du genre Pandanus .... 307
Schnell R. — Aperçu préliminaire sur la phytogéographie de la
Guyane. 309
Leandri J. — Sabourea synonyme de Talinella . 357
Berhaut J. — Essai de révision des Abrus de l’Afrique Occidentale
et Centrale. — Changement de nom pour le Rhyncosia albi-
flora Berh. 359
Cristobal C. L. — Megalritheca (Slerculiaceae), género nuevo de
Africa tropical. 365
Bosser J. — Contribution à l’étude des Orchidaceae de Madagas-
car-V. 375
— Notes sur les Graminées de Madagascar-II. Sur l'identité
des genres Boivinella A. Camus et Cyphochlaena Hack. 411
Halle N. — Deux Orchidées gabonaises présentées d’après des
sujets vivants : Phaius Mannii Reichb. f. et Manniella Guslavi
Reichb. f. 415
Keraudren M. — Présence du genre indonésien Muellerargia
(Cucurbitacées) à Madagascar. 421
Peltier M. — Contribution à l’étude taxinomique des Legumi-
nosae Papilionoideae de Madagascar et des Comores. 425
Bisset N. G. et Vidal J. E. — Identité de Strychnos Gaulhierana
Pierre ex Dop et de Slrychnos Pierriana Hill (Le Hoàng Nàn
d’Indochine). 431
Cavaco A. — Contribution à l’étude des Rubiacées de Madagascar :
Danois nouveaux. 439
Le Thomas A. — Notes sur quelques Annonacées ouest-africaines
(Popowia, Arlabolrys, Polyceralocarpus, Polyalthia, Uvariopsis). 443
Rédacteur Principal
A. Le Thomas
Assistante
Source : MNHN, Paris
FRANÇOIS PELLEGRIN
(25 sept. 1881-9 avrü 1965)
par A. Aubréville
Le laboratoire de Phanérogamie du Muséum National d’Histoire
Naturelle vient de perdre, en la personne d’un de ses anciens sous-direc-
teurs François Pellegrin, une de ses figures les plus attachantes et les
plus marquantes. Toute sa carrière scientifique s’est déroulée là, consacrée
presque entièrement à la flore africaine tropicale et tout spécialement
à la flore du Gabon. Toute son activité de botaniste s’est concentrée autour
de ces deux pôles : la Société Botanique de France, dont il fut durant
trente années le Secrétaire Général, et la flore du Gabon au laboratoire
de Phanérogamie dirigé alors par le Professeur Lecomte puis par le
Professeur Humbert. Quelle fut l’importance de son rôle à la Société
Botanique de France, Mr. Leandri l’a mise en lumière lors d’une dernière
séance dans une allocution qui sera publiée dans un prochain Bulletin
de la Société Botanique. Ses très nombreuses études sur la flore africaine
font l’objet d’une note conjointe de Mr. N. Halle. L’heureux concours
de circonstances de la présence au Gabon d’un administrateur des colo¬
nies, Le Testu, fervent botaniste et remarquable récolteur et de celle de
François Pellegrin au Muséum, l’amitié profonde qui lia les deux hommes
orientèrent ce dernier surtout vers la flore gabonaise. Notre actuelle « Flore
du Gabon » est encore une conséquence de cette rencontre intellectuelle
de l’administrateur isolé dans la forêt gabonaise, passionné de cette flore
alors très peu connue, et du systématicien du Muséum. Sans les consi¬
dérables collections du premier et sans les patientes déterminations du
second, le laboratoire de Phanérogamie n’aurait pas pu aujourd’hui
entreprendre cette Flore dont Le Testu et François Pellegrin doivent
se partager véritablement le mérite majeur.
Mon intention à la suite des notices de MM. Leandri et N. Halle
sur l’œuvre de François Pellegrin est d’insister sur la valeur de l’homme
et du savant. Je le connaissais depuis quarante années. C’est un grand
ami dont je déplore la perte. Notre collaboration, qui se manifeste encore
dans les derniers fascicules d’Adansonia, date de 1924, collaboration qui
fut d’abord celle du maître et de l’élève. François Pellegrin sous la
direction du Professeur Lecomte, avait été chargé par celui-ci — avec
Gagnepain qui était la cheville ouvrière de la Flore Générale de l’Indo¬
chine — d’un cours de botanique tropicale destiné aux officiers des Eaux
et Forêts sortant de l’École Nationale des Eaux et Forêts de Nancy
ayant choisi une carrière coloniale. J’étais de ceux-là. François Pellegrin
Source : MNHN, Paris
— 286 —
François Pellegrin (1881-1965)
Source : MNHN, Paris
— 287 —
m’a donc initié à la systématique tropicale, mais son enseignement était
d’une telle clarté et le professeur si sympathique que ma vocation de
botaniste est née avec ses leçons. La taxonomie effarouche et rebute
beaucoup d’étudiants. Elle a la réputation d’une discipline scientifique
sévère et souvent ingrate. François Pellegrin rendait la systématique
aimable.
Un peu plus tard notre collaboration fut celle du récolteur que j’étais
devenu en Côte d’ivoire et du maître qui recevait mes plantes, les iden¬
tifiait et m’encourageait. Sans ses listes de déterminations qu’il m’envoyait
régulièrement, peut-être n’aurais-je pas poursuivi mes prospections
botaniques en forêt. J’ai eu au début de ma carrière cette chance de
l’amitié de Pellegrin. Plus tard notre collaboration s’est située à un
niveau plus élevé. Je connaissais les plantes vivantes, leur port, leur
habitat, et je distinguais sur pied des espèces qui, en herbier, ne se sépa¬
raient pas avec évidence au premier examen. Pour leur donner des noms
François Pellegrin avait l’expérience du taxonomiste et celle des
recherches bibliographiques. La forêt était à ma portée en Afrique,
Pellegrin disposait de la bibliothèque et du laboratoire de Phanéro-
gamie. Nous nous complétions donc ainsi efficacement.
En évoquant notre collaboration j’espère surtout faire apparaître
ces traits du caractère de F. Pellegrin, sa bienveillance inlassable, son
amitié et son désintéressement. Si la liste de ses travaux publiés est fort
importante, elle ne permet cependant pas d’apprécier, à sa vraie mesure,
le temps qu’il a consacré aux travaux collectifs du laboratoire. C’est une
marque de désintéressement que l’entreprise du classement de l’herbier
d’Afrique du Muséum, impliquant la détermination préalable des plantes
de toutes les collections africaines, travail peu spectaculaire, peu rentable
quant aux publications personnelles, mais dont profitent aujourd’hui
tous ceux qui poursuivent des études sur la flore africaine. Avec le même
désintéressement il travaillait, au titre de Secrétaire Général, à faire de
la Société Botanique de France une Société savante très vivante où de
nombreux botanistes de France se retrouvaient dans les séances à Paris
et aux sessions sur le terrain.
Il se mettait à la disposition de tous ceux qui demandaient quelque
renseignement; apparemment on ne le dérangeait jamais tant il mettait
de bienveillance à vous recevoir. Sa figure souriante vient de disparaître,
mais tous ceux qui l’ont connue la garderont toujours dans leur mémoire.
Après sa mise à la retraite et jusqu’à l’année dernière, il revenait nous
voir au laboratoire, lorsque le beau temps lui permettait d'affronter le
passage venteux du pont d’Austerlitz qu’il redoutait. Il s’asseyait dans
son ancien bureau où il conservait sa place et s’intéressait aux travaux de
ses successeurs dans la flore africaine. Il avait plaisir à observer que là
où il travaillait, seul ou presque, dans cet herbier d’Afrique nous étions
aujourd’hui nombreux à développer l’œuvre qu’il avait commencée.
C’est un bien modeste hommage que je rends aujourd’hui à l’ami souriant
de tous, au maître, au savant à l’esprit clair que nous venons de perdre.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
NOTICE SUR LES TRAVAUX
DE FRANÇOIS PELLEGRIN
par Nicolas Hallé
La liste complète des travaux scientifiques imprimés de François
Pellegrin, comprend 202 titres d’ouvrages ou d’articles parus entre
1908 et 1963.
Après sa thèse de doctorat ès-science et quelques notes sur la flore
de France, Fr. Pellegrin aborda l’étude des flores tropicales sous la
direction de H. Lecomte; 23 titres de ses travaux concernent l’Indo¬
chine (n os 4 à 8, 14, 41, 45, 75, 76, 78, 84, 94, 95, 97, 98, 101, 102, 105,
153 à 155 et 162).
Ses premières publications sur la flore africaine datent de 1911-1912
et se rapportent à des familles qu’il venait d’étudier pour l’Indochine
(Méliacées et Dichapétalacées). A partir de la même époque, Pellegrin
détermine des séries de matériaux rapportées d’Afrique occidentale par
des voyageurs : Capitaine Periquet, Commandant Tilho, D r G. De-
beaux, R. Chudeau etc. Des rapports de missions publient avec son aide
des chapitres botaniques.
C’est en 1920 qu’il commence à s’intéresser à la forêt du Mayombe
(à la fois congolais et gabonais). Les riches récoltes effectuées entre 1907
et 1919 par G. Le Testu, Administrateur des Colonies, affluent à son
laboratoire; Pellegrin les décrit principalement dans une série de
31 publications intitulées Plantae Lelesluanae novae (n os 48 à 50, 57, 58,
62 â 65, 72, 73, 80, 81, 85, 86, 90 à 92, 96, 113, 114, 120, 124, 126, 133,
141. 149, 159, 161, 168 et 191); la dernière est datée de 1955. L’amitié
qui lie Pellegrin à Le Testu ne fait que croître : le spécialiste de labo¬
ratoire étudie et met en valeur les récoltes du passionné et infatigable
botaniste amateur de terrain. Un important catalogue, illustré par les
dessins des plus belles nouveautés, paraît en trois parties : La Flore du
Mayombe d’après les récolles de M. G. Le Teslu (n 03 69, 89 et 136); l’en¬
semble comporte 330 pages, 22 planches et 21 figures.
En 1929 et 1931, Fr. Pellegrin commence à faire connaître quelques-
unes des remarquables découvertes de son plus brillant élève A. Aubré-
ville, alors Inspecteur des Eaux-et-Forêts de Côte d’ivoire. A partir
de 1934, vingt titres de travaux sur la flore d’Afrique occidentale paraissent
en collaboration avec A. Aubréville.
Persévérant dans ses travaux comme dans ses amitiés, Pellegrin
voit ses recherches de laboratoire vivifiées par les apports des botanistes
voyageurs qu’il ne cesse d’aider et d’encourager.
Source : MNHI J, Paris
— 290 —
Une notice sur son ami le R. P. Ch. Tisserant, spécialiste de la flore
de l’Oubangui, fut son dernier travail, paru en 1963.
L’œuvre de Fr. Pellegrin comprend pour la flore africaine les
diagnoses de 22 genres nouveaux et de 295 espèces nouvelles les genres
sont :
Aningueria (Sapot.); Aubrevillea (Légum.); Augouardia (Légum.);
Bizonula (Sapind.) ; Breviea (Sapot.) ; Endolricha (Sapot.) ; Gluema (Sapot.) ;
Gymnoslemon (Simar.); Jsomacrolobium (Légum.); Julbernardia (Légum.);
Kanlou (Sapot.) ,Kaoue (Sapot.); Leteslua (Sapot.); Okoubaka[ Octoknem.);
Paraberlinia (Légum.); Pseudarlabolrys (Annon.); Pseudopancovia (Sa¬
pind.); Teslulea (Ochn.); Tisserantiodoxa (Sapot.); Toubaouale (Légum.);
Triplisomeris (Légum.); Utselela (Morac.).
Dans quatre familles, plus de vingt espèces ont été décrites : Anno-
nacées (25); Légumineuses (73); Sapindacées (24); Sterculiacées (21).
Les autres espèces nouvelles se répartissent comme suit :
Anacard. (12); Apocyn. (4); Arac. (1); Aral. (2); Asclép. (l);Bombac.
(4); Bursér. (2); Cappar. (1); Combrét. (1); Commélin. (1); Connar. (3);
Convolv. (1); Dichapét. (11); Ebén. (6); Euphorb. (8); Flacourt. (1);
Guttif. (4); Hippocr. (2); Hydrochar. (1); Lab. (1); Laur. (1); Lécythid.
(1); Liliac. (2); Logan. (5); Mélastom. (1); Méliac. (8); Mor.-Urtic. (3);
Myrt. (4); Ochn. (1); Octokném. (1); Podostém. (2); Rhaptop. (1);
Rhizoph. (4); Rosac. (4); Rubiac. (18); Rutac. (4); Samyd. (4); Sapot.
(12); Simar. (1); Utricul. (3); Verbén. (1); Viol. (1); Zingib. (3).
On peut compter approximativement : 159 titres se rapportant à des
problèmes ou découvertes de systématique fondamentale; 20 titres
intéressant la géographie botanique (distribution des espèces, faciès
végétaux); 14 titres se rapportent à des plantes utilitaires. Vulgarisation
scientifique, 2 titres. Divers, 7 titres.
TRAVAUX SCIENTIFIQUES
Ordre chronologique
1. Recherches anatomiques sur la classification des Genêts et des Cytises, Annales
des Sciences Naturelles, Botanique 9 : 129-321, 29 fig., 1 pl. (1908) (thèse
soutenue à Paris le 24 juin 1908).
2. Rapport sur des herborisations à la Grande Chartreuse et dans l'Oisans : Grand
Som, Bourg d’Oisans, la Grave, Lautaret, Galibier. Essais de géographie bota¬
nique et de répartition des végétaux, déposés le 8 mars 1910 à la Faculté des
Sciences.
3. Quelques observations sur la flore du Lautaret, Bull. Soc. Bot. Fr. 10 : 172-177
(1910).
4. Structure de l’Ascidie de VAmoora cucullata Robx., Bull. Soc. Bot. Fr. 10 : 28G-
288 (1910).
5. Walsura nouveau du Tonkin : VF. Bonii Pellegrin in H. Lecomte, Not. Syst. 1 :
227-229, 1 fig. (1910).
6. Sur les genres Aglaia, Amoora et Lansium in H. Lecomte, Not. Syst. 1 : 284-290
(1910).
Source : MNHI J, Paris
— 291 —
7. Méliacées, 14 genres, 66 espèces in H. Lecomte, Flore générale de l’Indochine 1 :
723-795, 10 fig. (1911).
8. Dichapétalacées, 1 genre, 4 espèces, ibid. : 796-801, 1 fig. (1911).
9. Turraea nouveau de l’Afrique occidentale : T. Thollonii Pellegrin in H. Lecomte,
Not. Syst. 2 : 13-14 (1911).
10. Sur les genres africains Bingeria A. Chev. et Turraeanthus Bâillon in H. Lecomte,
Not. Syst. 2: 14-17, 1 fig. (1911).
11. Contribution à l’étude de la flore de l’Afrique occidentale : Méliacées in H. Lecom¬
te, Not. Syst. 2 : 62-81 (1911).
12. Sur les collections botaniques faites par le capitaine Periquet dans le Haut-
Logone, Bull. Mus. Paris 5 : 357-361 (1911).
13. De quelques Strychnos africains : S. Icaia Bail., S. Dewerei Gilg, S. Kipapa Gilg,
S. densiftora Bail., Bull. Soc. Bot. Fr. : 528-533, 1 pl. (1911).
14. Munronia nouveau de l’Annam : M. Bobinsonii Pellegrin in H. Lecomte, Not.
Syst. 2 : 135-136 (1911).
15. Les collections botaniques rapportées par la Mission Tilho, de la région Niger-
Tchad : Dialypétales, Bull. Mus. Paris 6 : 452-459 (1911).
16. Suite : Gamopétales, ibid. 7 : 566-571 (1911).
17. Fin : Monochlamydeae et Monocotylédones, ibid. 1 : 46-49 (1912).
18. Dichapelalum nouveaux d’Afrique occidentale (nec orientale) in H. Lecomte,
Not. Syst. 2 : 270-277 (1912).
19. Note sur les Dixylées, Ann. Sci. Nat. Bot. Sér. 9 : 353-359 (1912).
20. Contribution à la flore de l’Afrique occidentale : Dichapétalacées, Bull. Soc. Bot.
Fr. 59 : 578-585 et 640-648 (1912).
21. Les collections botaniques rapportées par le D r G. Debeaux de l’Afrique occiden¬
tale française : Dialypétales, Bull. Mus. Paris 8 : 516-523 (1912).
22. Suite : Gamopétales, ibid. 4 : 236-241 (1913).
23. Fin : Monoclamydées et Monocotylédones, ibid. 7 : 534-537 (1913).
24. Sur un genre peu connu de Légumineuses : le genre Amphimas Pierre in IL Lecom¬
te, Not. Syst. 2 : 291-294, 1 fig. (1913).
25. Polypompholyx laciniata Benlh., espèce américaine nouvelle pour le Gabon,
Bull. Soc. Bot. Fr. 60 : 514 (1913).
26. Les Plantes vénéneuses. Notices du Musée Pédagogique, Radiguet et Massiot,
Paris : 1-32 (1913).
27. Contribution à la flore de l’Afrique Occidentale Française : Lentibulariées, Bull.
Soc. Bot. Fr. 61 : 13-21, 1 pl. (1914).
28. Lenlibulariaceae, en collab. avec A. Chevalier, Novitates Fl. Afric-, Bull. Soc.
Bot. Fr. Mém. 8 : 276-277 (1914).
29. Les collections botaniques récoltées par la Mission de délimitation Congo Fran¬
çais-Cameroun : Dialypétales, Bull. Mus. Paris 5 : 293-298 (1914).
30. Les collections botaniques rapportées par la Mission Tilho, avec indications sur
les plantes utiles, documents scientifiques de la Mission Tilho, Larose, Paris 3 :
461-484, 4 fig. (1914).
31. Bombax nouveaux du Moyen-Niger, en collab. avec M. J. Vuillet in H. Lecomte,
Not. Syst. 3 : 88-91 (1914).
32. Énumération des plantes recueillies par M. R. Chudeau, dans le nord-ouest de
la Mauritanie, en collab. avec le D' Bonnet, Ass. Franç. Av. Sc., Congrès du
Havre : 58-64 (1914).
33. La partie botanique systématique in Periquet, Rapport général sur la mission
de délimitation Afrique Équatoriale Française-Cameroun, Chapelot, Paris 3 :
38-54 et 98-111 (1916).
34. Polymorphisme des feuilles du Lierre commun au Portugal, Bull. Soc. Bot.
Genève, Sér. 2, 10 : 380-382, 1 pl. (1919).
35. Quelques remarques sur les Dioscoréacées du Paraguay, Bull. Soc. Bot, Genève,
Sér. 2,10 : 383-388 (1919).
36. Les collections botaniques récoltées par la Mission de délimitation Congo Français-
Cameroun, Bull. Mus. Paris : Gamopelalae 5 : 381-386 (1919).
37. Suite : Gamopelalae, Monochlamydae, Monocotylédones et Ptérydophytcs 6 :
506-511 (19191.
Source : MNHN, Paris
— 292 —
38. La variabilité du Trichilia emelica Vahl. dans le Haut Sénégal et Niger, Bull.
Soc. Bot. Fr. 66 : 238-239 (1919).
39. Un curieux Kapokier à fruit en sablier : Bombax buonopozense P. Beauv. var.
Vuillelii Pellegrin, Bull. Mus. Paris 5 : 379-380, 1 fig. (1919).
40. Note sur le Banda rouge et un Ombéga du Gabon, Bull. Mus. Paris 7 : 653-654
(1919).
41. Utriculaires nouvelles de l’Indo-Chine, Bull. Mus. Paris 2 : 180-183 (1920).
42. Le Bombi du Gabon ( Parinarium Sargosii Pellegrin) Rosacées-Chrysobalanées
Bull. Mus. Paris 4 : 349-350 (1920).
43. De quelques Macrolobium (Légumineuses-Césalpiniées) du Gabon, Bull. Mus.
Paris 6 : 551-554 (1920).
44. De quelques faciès de la forêt du Mayombe congolais, en collab. avec R. Sargos,
Ass. Franç. Av. Sc., Congrès de Strasbourg : 234-238 (1920).
45. Contribution à l’étude de la flore de l’Indo-Chine française : Lentibulariées, Bull.
Soc. Bot. Fr. 67 : 68-75 (1920).
46. De quelques bois du Mayombe (Gabon), l'° partie, Bull. Soc. Bot. Fr. 67 : 379-
386 (1920).
47. 2» partie, ibid. 68 : 11-16 (1921).
48. Planlae Le Tesluanae Novae, ou Plantes nouvelles récoltées par G. Le Testu,
de 1907 à 1919, au Mayombe : I, Anonacées (2 genres nouveaux) Bull. Mus.
Paris : 654-659 (1920).
49. Suite : II, Flacourtiacées, Samydacées, Guttifères, Sterculiacées : 193-197 (1921).
50. Suite : III, Sterculiacées, Malvacées, Bombacées, Rutacées, Burséracées, Mélia-
cées : 444-449 (1921).
51. Mission forestière coloniale 4 : Les bois du Cameroun, E. Larose, Paris, en collab.
avec A. Bertin et F. Gravet : 1-312 (1920).
52. Contribution à l’étude de la flore du Moyen Congo, Ass. Franç. Av. Sc., Congrès
de Rouen : 539-542 (1921).
53. Notule sur la forêt du Moyen Congo, Bull. Soc. Bot. Fr. 68 : 465-471 (1921).
54. Remarques sur quelques Légumineuses-Papilionées du Mayombe, Ass. Franç.
Av. Sc., Congrès de Montpellier : 377-382 (1922).
55. Note sur quelques Césalpiniées du Congo (Gabon) Bull. Soc. Bot. Fr. 69 : 742-
746 (1922).
56. Le Kévazingo ou bois de rose du Gabon, Bull. Soc. Bot. Fr. 69 : 786-788 (1922).
57. Planlae Le Tesluanae novae : IV, Dichapétalacées, Rhaptopétalacées, Hippocra-
téacées, Bull. Mus. Paris : 89-93 (1922).
58. Suite : V, Hippocrateacées, Sapindacées, Anacardiacées, ibid. : 312-317 (1922).
59. Révision du genre Hgmenoslegia Harms (Légum.-Césalpiniées), Not. Syst. 4 :
54-57 (1923).
60. Une nouvelle Légumineuse africaine qui terre ses fruits, Bull. Soc. Bot. Fr. 70 :
491-493 ( 1923).
61. Les plantes employées dans la fabrication du sel de cendres par les indigènes du
Haut-Ouélé (Afrique Centrale), Ass. Franç. Av. Sc., Congrès de Bordeaux :
496-498 (1923).
62. Planlae Le Tesluanae novae : VI, Connaracées, Légumineuses-Papilionées, Bull.
Mus. Paris : 109-111 (1923).
63. Suite : VII, Légumineuses-Césalpiniées, Rosacées-Chrysobalanées, Combretacécs,
Myrtacées, ibid. : 266-269 (1923).
64. Suite : VIII, Flacourtiacées, Bixacées, Sterculiacées, ibid : 591-593 (1923)
65. Suite : IX, Mélastomacées, Sapotacées, Ebénacées, ibid. : 326-328 (1924).
66. Remarques critiques sur les espèces du genre Klainedoxa, Bull. Soc. Bot. Fr.
71 : 51-56 (1924).
67. Un nouveau genre africain à affinités brésiliennes, Bull. Soc. Bot. Fr. 71 : 74-77
(1924).
68. Bizonula Pellegrin, genre nouveau de Sapindacées d’Afrique Occidentale, Bull.
Soc. Bot. Fr. 71 : 299-300 (1924).
69. La flore du Mayombe d’après les récoltes de M. Georges le testu, Mém. Soc.
Linn. Normandie 26 (sér. 2,10, 2), Caen, in-4° : 1-128, 8 fig., 8 pl. (1924).
Source : MNHI J, Paris
— 293 —
70. Auqouardia Pellegrin, genre nouveau de Césalpiniées du Congo (Gabon), Bull.
Soc. Bot. Fr. 71 : 309-311 (1924).
71. Un représentant dans l’Oubangui d'un genre Indo-Malais : Dtjsophijlla Tisseranlii
Pellegr. sp. nov., Ass. Franç. Av. Sc., Congrès de Grenoble : 387-388 (1925).
72. Planlae Le Testuanae novae : X, Ebénacées, Apocynacées, Bull. Mus. Paris :
383-385 (1925).
73. Suite : XI, Apocynacées. ibid. : 465-467 (1925).
74. Une intéressante variété nouvelle d’indigotier alricain, Bull. Soc. Bot. Fr. 72 :
537-539 (1925).
75. Les Aeschynanllius Jack d’Indo-Cliine, Bull. Soc. Bot. Fr. 72 : 821-824 (1925).
76. Peranlha Crail) et Oreocharis Benth., Gesnéracées du Yunnan, Bull. Soc. Bot. Fr.
72 : 872-873 (1925).
77. Les affinités de la flore des sommets volcaniques du Tibesti (Afrique Centrale),
C. R. Acad. Sc. Paris : 337-338 (février 1926).
78. Les Gesnéracées-Cyrtandrées d'Indo-Chine, Bull. Soc. Bot. Fr. 73 : 412-429
(1926).
79. Les plantes de la Mission Abadie dans le Haut-Niger et l’Aïr (1926).
80. Planlae Le Tesluanae novae : XII, Asclépiadacées, I.oganiacées, Bull. Mus.
Paris : 393-395 (1926).
81. Suite : XIII, Loganiacées, Verbénacécs, Podostémacées. ibid. : 267-269 (1927).
82. La partie botanique de la monographie pratique sur le bois d’Okoumé, Colonie-
Sciences 30 : 248-249 (1927).
83. Une espèce problématique : Ilauliinia Adansoniana Guill. et Perr., Bull. Soc.
Bot. Fr. 74 : 622-624 (1927).
84. Orobanchacées in H. Lecomte, Flore Gén. de L'Indo-Chine 4 : 461-466, 1 pl.
(1927).
85. Planlae Le Tesluanae novae : XIV, Podostémacées, Euphorbiacées, Bull. Mus.
Paris : 525 (1927).
86. Suite : XV, Lauracées, Euphorbiacées, ibid. : 228 (1928).
87. L’origine botanique de l’Acajou-Bossé d’Afrique, Bull. Soc. Bot. Fr. 75 : 478-
481, 1 fig. (1928).
88. Utselela Pellegrin, genre nouveau d’Urticacées-Artocarpées du Gabon, Bull.
Soc. Bot. Fr. 75 : 672-674 (1928).
89. La flore du Mayombe d’après les récoltes de M. G. Le Testu {2” partie), Mémoires
Soc. Linn. Normandie (Nouv. Sér. Bot. 1, 3) Caen : 1-88, 13 fig. 6 pl. (1928).
90. Planlae Le Tesluanae novae : XVI, Convolvulacées, Bull. Mus. Paris : 466-468
(1928).
91. Suite : XVII, Euphorbiacées, Moracées-Artocarpées : 160-162 (1929).
92. Suite : XVIII, Zingibéracées : 219-291 (1929).
93. De quatre Acajous de la Côte-d’Ivoire, Bull. Soc. Bot. France 76 : 731-737,
3 fig. (1929).
94. Plumbaginacées in H. Lecomte, Fl. Gén. Indo-Chine 3 : 748-753, 1 pl. (1930).
95. Anna, genre nouveau de Gesnéracées d’Indo-Chine, Bull. Soc. Bot. Fr. 77 : 45-
46 (1930).
96. Planlae Le Tesluanae novae : XIX, Liliacées, Commélinacées, Bull. Mus. Paris :
571-573 (1930).
97. Lentibulariacées in IL Lecomte, Fl. Gén. Indo-Chine 3 : 467-487, 3 pl. (1930).
98. Gesnéracées, ibid. : 487-565, 6 pl. (1930).
99. Rapport sur les travaux botanique du R. P. Ch. Saci.eux, Bull. Soc. Bot. Fr. 77 :
450-452, 1 fig. (1930).
100. De quelques plantes d’Afrique Occidentale (Simarub. et Légum.) ibid. : 664-
667 (1930).
101. Lentibulariacées et Gesnéracées nouvelles d'Indochine, Bull. Mus. Paris : 665-
667 (1930).
102. Didissandra (Gesnéracées) nouveaux d’Indochine, ibid. : 255-257 (1931).
103. « Dongo « nouvelle plante à sel de l’Oubangui, Bull. Soc. Bot. Fr. 78 : 181-182
(1931).
104. De quelques plantes d’Afrique occidentale. II (Rosac. Anac. Stercul.), Bull.
Soc. Bot. Fr. 78 : 440-442 (1931).
Source : MNHN, Paris.
— 294 —
105. Cyrtandrées nouvelles d'Indochine, Bull. Mus. Paris : 756-758 (1931).
106. Aparlea, Rapateacée nouvelle du Gabon, Bull. Soc. Bot. Fr. : 473-474 (1930).
107. Aparlea synonyme de Mapania, ibid. : 180 (1931).
108. De quelques plantes d’Afrique Occidentale, III (Méliac. Sapot. Euph.) ibid.:
682-683(1931).
109. Les bois d’Or d’Afr. Occid. (Rub.), ibid. 79 : 221-225 (1932).
110. De quelques Légumineuses d’Afr. Occid., ibid. 80 : 463-467 (1933).
111. Le fruit du Dioncophyllum Bâillon, ibid. : 233-236, 1 pl. (1933).
112. Les Pachylobus (Burséracées) de la Côte d’ivoire, ibid. : 712-715, 1 pl. (1933).
113. Plantae Lelesluanae novae : XX, Aracées, Rubiacées, ibid. 81 : 142-143 (1934).
114. Suite : XXI, Lécythid., Flacourt., ibid. 82 : 434-437, 1 fig. (1935).
115. Réhabilitation du Cordia senegalensis de Jussieu, ibid. : 270-272, 1 pl. (1934).
116. L’origine botanique du bois d’Ébène du Gabon, ibid. : 327-328 (1934).
117. Trichoscypha (Anacardiacées) nouveaux de la Côte d’ivoire, en collaboration avec
A. Aubréville, ibid. : 647-649 (1934).
118. De quelques Sapotacées de la Côte d’ivoire, avec Aubréville, ibid. : 792-800.
2 fig. (1934).
119. Revue de Botanique (Analyse des récents travaux) in Revue générale des Sciences
14 : 424-428 (1935).
120. Plantes Lelesluanae novae : XXII, Rubiacées, Bull. Soc. Bot. Fr. 82 : 466-467
(1935).
121. Légumineuses nouvelles de la Côte d'ivoire, avec Aubréville, ibid. : 602-
603 (1935).
122. Rubiacées nouvelles d’Afrique occidentale avec Aubréville, ibid. : 83 : 35-41,
2 fig. (1936).
123. Rutacées en Méliacées nouvelle de la Côte d’ivoire, avec Aubréville, ibid. 83 :
488-491, 2 fig. (1936).
124. Plantae novae Lelesluanae : XXIII, Rubiacées, ibid. : 316-317 (1936).
125. Ebénacées et Sapotacées de la Côte d’ivoire, avec Aubréville, ibid. : 621-623,
1 fig. (1936).
126. Plantae Lelesluanae novae : XXIV, Rubiacées, ibid. : 667-668 (1936).
127. Rhizophoracées nouvelles de la Côte d’ivoire, avec Aubréville, ibid. : 704-
706, 2 fig. (1936).
128. Gymnoslemon, genre nouveau (Simaroub.), voisin d’un endémique de Madagascar,
avec Aubréville, ibid. 84 : 181-184, 1 fig. (1937).
129. Les aquarelles d’Ai.Exis Jordan, ibid. : 296-297 (1937).
130. Deux nouveautés de la Côte d’ivoire (Octoknem. et Aral.), avec Aubréville,
ibid. : 390-393, 1 fig. (1937).
131. Acacia nouveau du Haut-Dahomey, avec aubréville, ibid. : 464-465,
1 fig. (1937).
132. De quelques bois utiles du Gabon, ibid. : 639-645 (1937).
133. Planlae novae Lelesluana : XXV, Rubiacées, ibid. 85 : 56-58 (1938).
134. Une Rubiacée du Gabon qui sert à narcotiser le poisson, Rev. Bot. Appl. et Agric.
Trop. 18 : 498-501 (1938).
135. Sur un genre africain peu connu : Tridesmoslemon Engl. (Sapotacées), Bull. Soc.
Bot. Fr. 85 : 179-181 (1938).
136. La Flore du Mayombe, d’après les récoltes de G. Le Testu, part. 3, Mém. Soc.
Linn. Normandie (Nouv. Série Bot. 1, 4), Caen : 1-115, 8 pl. (1938).
137. Sapindacées et Euphorbiacées nouvelles d’Afrique occidentale, avec Aubréville,
Bull. Soc. Bot. Fr. 85 : 290-293 (1938).
138. Les Guarea (Méliacées) africains, ibid. 86 : 146-154 (1939).
139. Encore un cas d’inconstance d’un caractère réputé constant, ibid. : 314-315
(1939).
140. Révision des Méliacées d’Afrique Occidentale, Not. Syst. 9 : 1-42, 3 pl. (1940).
141. Planlae Lelesluanae novae, XXVI (Mimosae), Bull. Soc. Bot. Fr. 87 : 260-261
(1940).
142. Rétrospective, ibid. : 112-115 (1940).
143. Le Niangon (Tarrielia ulilis Spr.) ibid. 88 : 380-381 (1941).
144. Dialium d’Afrique Occidentale, ibid. : 449-450 (1941).
Source : MNHI J, Paris
— 295 —
145. Les Macrolobium du Gabon, ibid : 499-510 (1941).
146. Les récoltes phytosociologiques de H. Scaetta en Afrique occidentale française,
ibid. 89 : 7-10 (1942).
147. Les Monopelalanlhus, ibid. : 118-121 (1942).
148. Un genre nouveau (Julbernardia) de Césalpiniées du Gabon, Boissiera 7: 296-
300, 1 pl. (1943).
149. Planlae Lelesluanae novae : XXVII, Césalpiniées, Bull. Soc. Bot. Fr. 89 : 245-
247 (1943).
150. Paraberlinia, genre nouveau de Césalpiniées du Gabon, ibid. : 79-80 (1943).
151. Baphiastrum et Baphia (Légumineuses), ibid. : 161-164 (1943).
152. Vigna (Papilionées) nouveaux de l’Oubangui. ibid. 91 : 73-75 (1944).
153. Méliacées in H. Lecomte, Flore générale d'Indochine, Suppl. 1 : 683-728, 1 pl.
(1946-1948).
154. Dichapétalacées, ibid. : 728-730 (1948).
155. Méliacées et Dichapétalacées d'Indochine, Bull. Soc. Bot. Fr. 91 : 177-180 (1944).
156. Dalbergia (Papilionées) nouveaux du Gabon, ibid. 92 : 91-92 (1945).
157. Le genre Schefflerodendron (Papilionées-Galégées) au Gabon, ibid. : 163-164
(1945).
158. Cola (Stercul.) et Binorea (Viol.) nouveaux d'Afrique occidentale, avec Aubré¬
ville, ibid. : 255 (1945).
159. Plantae Lelesluanae novae : XXVIII, Papilion., ibid. 93 : 110-111 (1946).
160. Une nouvelle localité du genre nouveau Okoubaka, avec D. Normand, ibid. :
138 (1946).
161. Planlae Lelesluanae novae : XXIX, Légumineuses, ibid. : 222-224 (1946).
162. Méliacée nouvelle d’Indochine, ibid. : 320 (1946).
163. Quelques synonymies de Légumineuses gabonaises, ibid. 94 : 101-102 (1947).
164. Légumineuses nouvelles africaines, ibid. : 5-6 (1947).
165. Les Annonacées du Gabon : I, Meiocarpidium, Arlabolrys, Pseudarlabolrys,
Anonidium, ibid. : 253-258 (1947).
166. Les Annonacées du Gabon : II, Monodora et Isolona, ibid. : 385-387 (1947).
167. Les Annonacées du Gabon : III, Pachypodianlhum , Lelesludoxa, Annona, Uvariop-
sis, Hexalobus, Enanlia, ibid. 95 : 136-141 (1948).
168. Planlae Lelesluanae novae : XXX, Millellia, ibid. : 259-261 (1948).
169. Uvaria (Annonacées) d'Afrique occidentale, Bull. Soc. Bot. Fr. 96 : 171-172
(1949).
170. Popowia (Annonacées) d'Afrique, ibid. : 212-213 (1949).
171. Les Légumineuses du Gabon, Institut d’Études Centrafricaines, Mém. : 1-284,
8 pl. (1948, paru en 1949).
172. Les Annonnacées du Gabon : IV (On), Bull. Soc. Bot. Fr. Mém. 1949 : 52 à 73
(1949).
173. Nouveautés africaines, avec Aubréville, Not. Syst. 14 : 56-62 (1950).
174. Annonacées nouvelle africaines (Monanlholaxis, Piplosligma), Not. Syst. 14 :
75-76 (1950).
175. Annonacée nouvelle du Cameroun (Arlabolrys), Bull. Soc. Bot. Fr. 97 : 15
(1950).
176. Byltneria nouveau du Gabon, avec Bodard, ibid. : 31 (1950).
177. Slerculia et Cola du Gabon, Bull. Soc. Bot. Fr. 97 : 187-189 et 201-203 (1950).
178. Deux plantes congolaises à affinités asiatiques (Neosloeliopsis et Ancislrocladus ),
ibid. 98 : 17-18 (1951).
179. Hororoke, Capparidacée nouvelle de Madagascar, avec Aubréville, ibid. : 95-
96 (1951).
180. Les Sterculiacécs du Gabon, ibid. Mém. 1950-1951 : 29-49 (1951).
181. Les Rhizophoracées d’Afrique Équatoriale Française, Notul. Syst. 14 : 292-300
(1952).
182. Les Flacourtiacées du Gabon, Bull. Soc. Bot. Fr. Mém. : 105-121 (1952).
183. Nouveautés africaines (2), avec Aubréville, Bull. Soc. Bot. Fr. ÎOO : 24-26
(1953).
184. Allophylus (Sapindacées) nouveaux du Gabon, ibid. : 188-191 (1953).
185. Les « Gombé » du Cameroun ( Didelotia Lelouzeyi Pellegr.), ibid. : 266-267 (1953).
Source : MNHN, Paris
— 296 —
186. Aporrhiza (Sapindacées) du Gabon, ibid. 101 : 138-139 (1954).
187. Vigna Tisseranliana et V. Tisseranli, ibid. : 343 (1954).
188. Un siècle de Société Botanique de France, A propos du Centenaire, Suppl, au
Bull. Soc. Bot. Fr. 101 : 17-47 (1954).
189. Préface à Jean Berhaut, Flore du Sénégal, Dakar (1954).
190. Sapindacées nouvelles du Gabon, Bull. Soc. Bot Fr. 102 : 226-229, 1 fig. (1955).
191. Planlae novae Lelesluanae : XXXI, Méliac., Sapind., Simarub-, Anacard., ibid. :
328-331 (1955).
192. Les Sapindacées du Gabon, ibid. Mém. : 51-78 (1955).
193. Sapotacées nouvelles d'Afrique Tropicale, avec Aubréville, Bull. Soc. Bot. Fr.
104 : 276-281, 1 fig. (1957).
194. Césalpiniée nouvelle de Côte d’ivoire : Gilberliodendron, Robynsianun A. et
P., avec Aubréville, Bull. Jard. Bot. Bruxelles (Vol. jubilaire Walter Robyns),
27 : 577-578 (1957).
195. Didelolia et genres afllnés, Zingania A. Chev. et Toubaouale A. et P. g. n., avec
Aubréville, Bull. Soc. Bot. Fr. 104 : 490-492 (1957).
196. De quelques Césalpiniées nouvelles : g. n. Triplisomeris et Isomacrolobium, avec
Aubréville, ibid. : 495-498 (1957).
197. Nouveautés de la Côte d’ivoire : Cassipourea, Hymenodiclyon, Hemandradenia,
avec Aubréville, ibid. 105 : 34-35 (1958).
198. Réhabilitation de 2 genres de Sapotacées : Zeyherella et Hoiuinella, avec Aubré-
ville, ibid. : 35-37 (1958).
199. Rectification au sujet de Sapotacées africaines, avec Aubréville, ibid. 106 :
23 (1959).
200. Guttifères d’Afrique équatoriale, ibid. 106 : 216-230 (1959).
201. Guttifères africaines nouvelles, Not. Syst. 16 : 150 (1960).
202. Le R. P. Charles Tisserant, Botaniste et Ethnologue (1886-1962), Adansonia
Nouv. Sér. 3 : 203-206, 1 fig. (1963).
Source : MNHN, Paris
CONCEPTIONS MODERNES EN BIOCLIMATOLOGIE
ET CLASSIFICATION DES FORMATIONS VÉGÉTALES
par A. Aubréville
La complexité du fait climatique, l’évidente nécessité de comparer
les climats du globe entre eux, a conduit beaucoup de géographes climato-
logistes à tenter des classifications par application d’indices climatiques.
Plus d’une douzaine ont été publiés. Tous sont de la forme :
Précipitations
Fonction de la température
ce qui est logique puisqu’à précipitations égales, l’atmosphère est d'autant
plus desséchante et l’appel à l’évaporation d'autant plus grand que la
p
température est plus élevée. A côté d’indices simples ^ on a essayé
des indices où la fonction de la température devient plus compliquée et
p
peut devenir exponentielle, puis des indices — (ds, déficit de saturation),
P P
= (F, tension maximum de la vapeur d’eau), — (Eo, évaporation), où
r La
les dénominateurs sont toujours en fait des fonctions plus ou moins
compliquées de la température.
A ma connaissance, aucun de ces indices ne semble avoir emporté
l’adhésion générale des climatologues. Ils donnent des représentations
incomplètes des climats, et plus particulièrement des bioclimats, parce que ce
sont des rapports de moyennes annuelles des éléments climatiques, rapports
qui peuvent être les mêmes pour des climats différents et qu’ils ne tiennent
pas compte des rythmes climatiques (saisons) si importants en biologie
végétale, surtout en zone tropicale avec ses saisons sèches et pluvieuses
si marquées.
Donnant des résultats comparatifs acceptables à l’intérieur de
régions limitées où la structure du climat est la même, ils deviennent
insuffisants à l’échelle universelle.
Après des années de recherches sur l’élément climatique « humidité »
qui firent l’objet de divers articles de revues depuis 1931, C. W. Thorn-
thwaite en 1948 a apporté une notion nouvelle, celle de l’évapo-transpi-
ration potentielle PE, qui est l’évapo-transpiration que produirait une
surface couverte de végétation si le sol était toujours suffisamment
Source : MNHN, Paris
— 298 —
humide pour une transpiration illimitée. Elle ne dépend que du climat
et essentiellement de la température. Elle est considérée par son auteur
comme un indice « d’efficacité thermique » d’un climat et elle entre dans le
calcul du bilan énergétique d’un écosystème. Thobnthwaite a écrit
que « la croissance des plantes cultivées est en corrélation étroite avec le
PE cumulé. Pour cette raison le PE annuel peut être considéré comme une
sorte de potentiel de croissance pour la région ». L’auteur s’est servi aussi
de PE pour définir un indice d’humidité qui est le fondement de sa classi-
cation du globe par zones d’humidité, comme le PE annuel à lui seul
sert également à définir des régions thermiques.
La comparaison des mesures de l’évaporation et de l’évapo-transpira-
tion réelles est peu probante parce que les mesures dépendent en partie
d’un coefficient propre à chaque instrument utilisé. Nous ne nous arrêtons
pas sur les méthodes de ces mesures, d’autant plus que l’une des origina¬
lités de la notion apportée par Thornthwaite est qu'il a établi une formule
empirique qui permet de calculer ce PE mensuel à partir de la tempé¬
rature moyenne mensuelle avec certaines corrections tenant compte de
la latitude du lieu. Cette formule et son application sont d’une effroyable
complication; je me suis étendu sur ce sujet dans une étude critique de
1956*. L’auteur a pallié la difficulté en mettant à la disposition des utilisa¬
teurs de sa méthode un système d'abaques qui leur permet de déterminer
aisément ce PE sur des graphiques.
Le système de Thornthwaite a eu la faveur de nombreux écolo¬
gistes, mais il a été aussi très critiqué.
Il est a priori très séduisant — abstraction faite des calculs —
parce qu’il permet d’établir le bilan hydrique d’une formation végétale
déterminée, connaissant la pluviosité moyenne mensuelle et la tempéra¬
ture moyenne mensuelle. A partir du PE calculé Thornthwaite en effet
détermine l’évapo-transpiration réelle en recourant à certaines hypothèses
sur les apports des réserves d’eau du sol pour compenser la différence
entre la précipitation et l’évapo-transpiration réelle, lorsque la première
est inférieure à la seconde.
Bref, toutes les difficultés que présenteraient les mesures expérimen¬
tales sont esquivées, et on établit donc aisément le bilan de l'eau. Lorsque
dans un mois la précipitation est supérieure à Eu (évapo-transpiration
réelle), P-E» est la mesure s de l’excès d’eau. Lorsque dans un mois, PE
est supérieur à Eu, Thornthwaite compte (PE-Eti) comme un déficit
virtuel d. L’indice d’humidité lm, caractérisant la formation végétale
est déduit d’une relation entre s, d et PE, valeurs annuelles.
I m = 100 * ~ 80 d où «=£„ (P — Eu) d — £ la (PE — Eu).
C’est aux résultats, étendus à l’échelle du globe que l’on peut juger
du caractère véritablement universel d’un système, c’est-à-dire de sa
valeur réelle. Les formules empiriques, non déduites de principes physi-
1. Bois et Forêts des Tropiques, 47 (1956).
Source : MNHI J, Paris
— 299
ques, établies de telle façon que les résultats de leur application coïnci¬
dent sensiblement, dans des cas limités, avec ceux de mesures expérimen¬
tales, ne donnent généralement plus de résultats acceptables lorsqu’elles
sont appliquées loin de leur pays d’origine. Ni en Inde (Bharucha),
ni en Australie (Gentili), elles n’ont donné satisfaction. La carte établie
d’après ce système par D. B. Carter pour l’Afrique, publiée par la
F. A. O. 1 , est écologiquement inacceptable. Les zones classées humides
comprennent la forêt dense humide guinéo-congolaise presque en totalité,
mais aussi de nombreux pays semi-arides, ou même arides, couverts de
savanes boisées, de forêts claires, voire même de steppes. S’il fallait
admettre qu’elles représentent de réelles zones d’humidité, cela entraînerait
que le postulat de la corrélation des formations végétales climaciquesavec
les bioclimats serait faux.
Mais c’est le principe même de la validité de l’application du système
de Thornthwaite à la biologie des formations végétales que je voudrais
maintenant critiquer. Pour moi, la notion de PE est un concept climato¬
logique théorique mais non véritablement bioclimatologique. La végéta¬
tion y est considérée comme un mécanisme physique par lequel l’eau est
transportée du sol dans l’atmosphère. Mais les plantes ne sont pas des
machines. Lorsqu’il y a un déficit d’eau constaté (Ec — P > 0) cela
correspond dans certains cas à un ralentissement fonctionnel de la végéta¬
tion dont elle ne souffre pas nécessairement, qui peut même être une
période de repos, nécessitée par son rythme physiologique. En lui appor¬
tant tout le complément de l’eau qui lui manque dans cette période, il
est douteux qu’une végétation adaptée biologiquement à ces périodes de
déficit hydrique puisse en bénéficier et retrouver instantanément une
activité normale. En imaginant que l’on comble les déficits présumés, il
est probable qu’une nouvelle formation adaptée à cette humidité abon¬
dante prendrait la place de la première. Par conséquent l’indice d’humidité
calculé à partir du PE n'est pas représentatif de la première formation
qui était en équilibre avec le milieu initial, car les déficits virtuels calculés
d’après la méthode Thornthwaite ne sont pas des déficits réels.
Le pouvoir évaporatoire des plantes n'est pas sans limite. On sait
qu’elles peuvent dans une certaine mesure s’adapter à des déficits hydri¬
ques temporaires en réduisant leur transpiration, et qu’une plante
introduite dans un milieu nettement plus sec que son milieu habituel
ne peut y vivre même en l’arrosant abondamment. Nous observons dans
nos appartements parisiens, chauffés au chauffage central durant l’hiver,
que des plantes d’appartement qui sont adaptées à une atmosphère assez
humide n’y peuvent survivre même en arrosant surabondamment.
Dans les pays tropicaux, nous avons constaté que des espèces d'arbres
décidus en saison sèche qui viennent incidemment s’établir à la faveur
du découvert des défrichements dans une région de forêt dense humide,
continuent à perdre leurs feuilles à l’époque de la saison sèche, comme si le
. Unasylva, 9 '1955).
Source : MNHN, Paris
— 300 —
nouveau milieu plus humide n’avait aucune répercussion sur leur rythme
biologique habituel.
Une expérience fut réalisée il y a déjà de nombreuses années par
Bégué dans la forêt dense humide du Banco près d'Abidjan. Dans une
parcelle défrichée et soigneusement désouchée de la forêt furent intro¬
duites des espèces d’arbustes et de petits arbres, de la flore des savanes
boisées du nord du pays, c’est-à-dire d’un pays semi-aride. Cette expé¬
rience fut suivie durant longtemps, le terrain d’étude étant nettoyé
chaque année afin de lui garder son aspect de savane. Si cet entretien
avait été arrêté, la végétation autochtone aurait vite repris possession du
sol, étouffant la fiore étrangère. En dépit de ces soins, celle-ci n’a aucune¬
ment profité de l’eau qui lui était donnée en abondance sous le climat de
basse Côte d’ivoire; au contraire ceux des arbustes de la savane qui ne
périssaient pas, avaient un port souffreteux, plus médiocre que celui qu’ils
auraient atteint dans leur savane originelle.
La notion de l’évapo-transpiration potentielle, indice théorique de
croissance maximum n’est pas valable pour tous les types de végétation;
ce n’est pas un concept écologique. Il l’est sans doute pour des plantes
cultivées puisque Thornthwaite l’a affirmé d’après des résultats expéri¬
mentaux. Nous le croyons bien volontiers, nous ne mettons pas en doute
qu’en arrosant abondamment des salades on obtienne une meilleure
production que si, en temps sec, l’on s’en remet seulement aux caprices
du ciel pour les arroser. Le rapport de PE avec la biologie des formations
végétales naturelles ne se présente pas de la même façon. Beaucoup de
formations tropicales ne sauraient profiter longtemps d’un apport complé¬
mentaire d’eau, sans changer de nature. C’est du moins notre conviction.
Les théories de Thornthwaite sont encore adoptées dans de récentes
études écologiques. Celles de Holdridge qui s’inspirent de la même
conception de l’évapo-transpiration potentielle n’ont pris leur forme
définitive que depuis quelques années. Cet auteur a conçu un système
universel de classification des « zones de vie » des plus originaux. Par
« zones de vie » il faut comprendre les bioclimats avec les formations
végétales climaciques associées. Holdridge a fait école en Amérique
latine. Des cartes écologiques selon son système ont été publiées succes¬
sivement pour l’Amérique Centrale (1953-1962), le Pérou (par Tosi,
1960), la Colombie (par L. E. Espinal et E. Monténégro, 1963). D’autres
paraîtront prochainement pour l’Équateur et le Vénézuela. Cependant
ce système est encore peu connu en Europe. Au moins par son ingéniosité
il mérite de l’être mieux des bioclimatologistes.
Pour Holdridge, PE est proportionnel à t, et il écrit: PE =i° X 58,93,
formule empirique de la plus grande simplicité qui serait valable
en tous lieux. On ne peut alors s’empêcher de penser aux complications
des calculs et des graphiques de Thornthwaite pour définir la même
évapo-transpiration. Par une méthode graphique Holdridge passe
aussi du PE moyen annuel à l’évapo-transpiration réelle moyenne
annuelle.
Son système de définition et de classification des bioclimats se résume
Source : MNHN, Paris
/
Source : MNHN, Paris
— 302 —
en un schéma triangulaire divisé en alvéoles hexagonales, chacune corres¬
pondant à un type bioclimatique. Chaque lieu est déterminé par trois
coordonnées : la précipitation moyenne annuelle P mm, la biotempéra-
Lure moyenne annuelle (somme des températures moyennes mensuelles
supérieures à 0°, divisée par 12), un taux d’évapo-transpiration potentielle
PE
qui est le rapport —, indice inverse des indices climatiques habituel¬
lement proposés.
Deux axes de coordonnées font entre eux un angle de 60°. Les coor¬
données sont mesurées suivant des échelles logarithmiques. Les précipi¬
tations limites des bioclimats sont 125 mm, 250, 500, 1000, 2 000, 4 000,
8 000. Les températures sont comptées suivant une échelle logarithmique
à axe vertical. Les parallèles aux deux axes passant par les points choisis
comme seuils écologiques délimitent les alvéoles représentatives des
bioclimats. Le principe compliqué de la construction aboutit ainsi à un
schéma des plus simples 1 .
Au delà de la délimitation écologique des bioclimats par les 3 coordon-
PE
nées P, -p-, t, Holdridge attribue à chaque niche de son schéma une
formation végétale climacique qui, par exemple à l’intérieur de la bande
inférieure des alvéoles correspondant à une température supérieure à
24°, c’est-à-dire aux bioclimats tropicaux, se succèdent dans l’ordre
naturel : rain forest, wet forest, moist forest, dry forest, very dry forest,
thorn woodland, desert bush, desert. Chaque bioclimat et chaque forma-
1. L'ingénieux diagramme d'HoLDniDCE en forme de triangle découpé en alvéoles
où chaque pointa trois coordonnées (pluviosité annuelle, température moyenne annuelle
et taux d'évapotranspiration potentielle)
points pour lesquels : r = Yi = Cte est une droite parallèle au côté BC. Autrement dit,
pour toutes les stations ayant même température 1°, le taux d’évapo-transpiration
potentielle ne dépend que de la moyenne annuelle des précipitations.
Source : MNHI J, Paris
— 303 —
tion végétale associée sont donc définis uniquement par des limites
PE
inférieures et supérieures de P, -p- et t.
En réalité puisque PE est une fonction proportionnelle à la tempé¬
rature, il n’y a que deux valeurs bioclimatiques en cause P mm et t°.
Le système graphique d’HoLDRiDGE est d'une application séduisante
par sa simplicité en vue de l’établissement de cartes de la végétation
climacique d’un pays, puisqu’à chaque station météorologique, connais¬
sant P et t, il correspond un point du diagramme avec l’indication de la
formation végétale qui devrait exister là. Aucune définition ni physiono-
mique, ni biologique, n’est cependant donnée qui permettrait de distin¬
guer entre eux autrement qu’écologiquement les divers types de forma¬
tions. Comment distinguer dans la zone tropicale les rain forest, wet
forest, moist forest qui sont toutes du type forêt dense tropicale humide;
comment les séparer des 3 mêmes types qui sont placés dans la zone
située immédiatement au-dessus dans le schéma et qui (18 — à 24°)
appartiennent encore à une flore tropicale! Holdridge ne le dit pas.
La définition des bioclimals n’est qu’écologique. Mais quelle simpli¬
cité pour les cartographes. On a l’impression que, disposant de toutes les
statistiques météorologiques et d’une carte du relief, on pourrait dessiner
la carte des formations végétales sans même aller voir le pays. Nous ne
doutons aucunement que les auteurs des cartes déjà publiées pour l’Amé¬
rique latine aient certainement consciencieusement parcouru les pays
cartographiés. Dans la dernière en date, la carte écologique de la Colombie,
une copieuse notice explicative donne de nombreux renseignements sur
l’aspect des diverses formations en Colombie avec photographies, profils-
diagrammes, tableaux de détermination des indices d’humidité selon la
méthode de Thornthwaite, analyses du sol, listes d’espèces. Cependant
les distinctions entre les types de forêts denses humides ne sont pas mises
en évidence. Des listes d’espèces, si détaillées soient-elles ne peuvent pas
faire connaître les espèces caractéristiques, celles qui permettraient au
moins d’un point de vue floristique de définir et de distinguer les for¬
mations. Pour effectuer des analyses floristiques valables il est
indispensable d’établir des inventaires systématiques par sondage por¬
tant sur d’importantes superficies de forêt. Bref, ces cartes donnent
l’impression que leurs auteurs ont surtout suivi très exactement la classifi¬
cation écologique de Holdridge et on ne pourrait que s’émerveiller de
cette concordance entre les indications d’une construction graphique
théorique et la réalité de la Nature si cette concordance était toujours
vraie.
Rappelons qu’il s’agit de cartes de la végétation climacique, c’est-à-
dire montrant quels types de végétation occupaient les pays avant toute
implantation humaine. Les llanos de l’Orénoque par exemple, figurés
par une grande surface jaune, sont indiqués comme couverts de « forêt
sèche tropicale », alors qu’il s’agit d’immenses savanes herbeuses coupées
de galeries forestières. La forêt sèche est-elle la formation climacique des
llanos? C’est une opinion qui peut se défendre, mais ce n’est qu’une
Source : MNHN, Paris
— 304 —
hypothèse que d’autres ne partageront pas. Les auteurs expliquent
d’ailleurs que la végétation forestière primitive a disparu dans ces vastes
plaines ne laissant plus comme témoins que les minces galeries fores¬
tières. Nous sommes en plein domaine hypothétique et les lecteurs de la
carte écologique doivent le savoir. Ce que l’on peut regretter c’est qu’à ma
connaissance il n’y ait pas dans ces pays de bonnes cartes de la végétation
réelle, où l’on verrait l’emplacement des forêts là où il en existe encore,
des savanes, des surfaces cultivées ou en pâturage, et où la répartition
entre différents types de forêts correspondrait exactement à ce qui existe
en fait, au lieu d’être virtuelle et établie d’après une conception écologique
théorique. La confrontation des cartes avec les conditions écologiques
existantes peut venir après, faisant ressortir coïncidences et divergences
et posant de vrais problèmes. De telles cartes sont indispensables pour
connaître un pays, son potentiel de ressources, pour une planification
éventuelle, pour tous les ingénieurs, géographes et enseignants. Une carte
de la végétation climacique est utile, mais il ne faut pas oublier qu’elle est
subjective, hypothétique et prête à controverse. Ce qui presse à mon avis
au premier chef, c’est de disposer de cartes de la végétation telle qu’elle
existe.
Mais revenons à la conception même de Holdridge, « Classification
of World plant formations or Natural life zones ». Effectivement la cons¬
truction est prévue pour une application universelle, mais donnera-t-elle
satisfaction dans un essai d’utilisation à l’échelle mondiale, au-delà des
pays andins où elle a été appliquée jusqu’à présent? Nous le saurons
plus tard. Connaissant l’Afrique tropicale, je suis persuadé que les seuils
écologiques selon Holdridge ne conviennent pas pour la forêt dense
humide africaine. Il y a de très belles forêts denses humides avec une
précipitation annuelle de l’ordre de 1 500-1 800 mm et même moins, et
inversement il existe des pays où il tombe plus de 2 000 mm d’eau et
où il n’y a plus de forêt dense humide. Pourquoi cette opinion a priori
sceptique : parce que Holdridge n’a pas tenu compte du facteur saison
sèche, de sa durée surtout, qui conditionne avec la quantité de pluies la
distribution des types de végétation. Holdridge veut ignorer les rythmes
climatiques, ou plutôt il les considère comme des faits secondaires.
Il ne tient pas compte de cet autre élément climatique qu’est l’humi¬
dité atmosphérique, de son expression la meilleure dans la notion de déficit
de saturation, élément qui explique par exemple comment au Congo (May-
ombé) il y a de très belles forêts denses humides sous des indices pluviomé-
triques de 1 400 mm et des saisons « écosèches » de 4 mois. Je ne crois
pas qu’il soit possible à l’échelle universelle de définir des bioclimats
simplement par des moyennes annuelles de température et de précipi¬
tations, ce qui est à la base même du système Holdridge. Les cas cités
plus haut sont-ils de simples exceptions qui ne devraient pas être opposées
à une classification générale des bioclimats établie à un plan supérieur
de « zones de vie ». Nos propres recherches sur la climatologie tropicale
nous font penser que les éléments climatiques ignorés par Holdridge
sont d’une grande importance, et que sans eux il n’est pas possible d’appro-
Source : MNHN, Paris
— 305
cher d’assez près la délimitation entre bioclimals tropicaux. Tous les
éléments qui sont déterminants d’un bioclimat doivent entrer en consi¬
dération x .
Le système de Holdrige est à cet égard sans nuances, et parfois
au contraire, il divise peut-être d’une façon excessive. Nous avons sur
ce dernier point déjà demandé ce qui pourrait séparer biologiquement
ces 6 types de forêt dense humide de la zone intertropicale. C’est à l’auteur
de ces distinctions de le préciser. J’ai pensé jusqu’à présent, d’après ma
connaissance des forêts denses humides africaines et amazoniennes,
qu’en dehors des cas édaphiques, il n’y avait pas de distinctions biolo¬
giques majeures à faire entre des forêts recevant plus de 2 000 mm d’eau
répartie assez régulièrement dans l’année et que le surplus n’était d’aucune
utilité pour la forêt, c’est-à-dire qu’il n’y avait pas lieu de diviser les
forêts selon qu’elle reçoivent 2, 4 ou 8 m d’eau. Les calculs d’évaporation,
que je trouve dans la notice de la carte écologique de la Colombie m’ap¬
portent un argument. Dans toutes ces forêts colombiennes où la pluviosité
est très élevée, dès que celle-ci dépasse 2 m, l’évapo-transpiration calculée
selon Thornthwaite est maximum et égale à l’évapo-transpiration
potentielle. Quelle peut être l’influence physiologique des excédents
d’eau dont elle n’a que faire sur la biologie de la forêt. Influence inhibi¬
trice peut être, provenant de sols constamment saturés d’eau! Il a déjà
été constaté que les forêts les plus humides, même bien drainées (4-5 m
d’eau et plus) n’étaient pas les plus belles. C’est un problème que nous
n'avons jamais eu l’occasion de nous poser ni en Afrique, ni en Amazonie.
/PE
Pour Holdrige un mois est sec lorsque PE est supérieur à P 1 — > 1),
PE et P étant des
58,93 , ^ D .
rs mensuelles moyennes; cela revient à écrire
5 f > P.
Pour une température mensuelle moyenne de 25° d’un pays tropical
1. Holdkidgf. appelle ces cas où les formations ne sont pas en concordance avec
son système, des associations édaphiques et atmosphériques. Les formations édaphi¬
ques devant évidemment être considérées à part, j’avoue ne pas comprendre ce que
sont des « associations atmosphériques ». Dans un bioclimat, il y a toujours des causes
atmosphériques qui sont en jeu avec les causes cosmographiques lesquelles ne dépen¬
dent que de la marche apparente du soleil. Les petites saisons sèches de la zone tropi¬
cale sont les unes d’ordre cosmographique, le plus souvent d’ordre atmosphérique
(alizés). Comment séparer dans les pluies zénithales de l’été, l’apport supplémentaire
des effets de mousson; l’action propre du relief sur les alizés dans les pluies normales de
l'été, etc... Si la pluviosité du versant atlantique de l'Amérique Centrale est très élevée
(2-5 m) ce n’est pas un effet exclusivement cosmographique, mais surtout l’effet
atmosphérique des alizés, des vents froids du nord et du relief. En Afrique soudanaise
la sécheresse de l’harmattan hivernal s’ajoute à la sécheresse normale de la saison.
On ne peut séparer du point de vue écologique dans un bioclimat, complexe statique,
la part qui revient au soleil, aux vents et au relief.
Les bioclimats qui seraient sous une unique inlluence cosmographique sont
exceptionnels, et peut-être n’en existe-t-il pas. Le bioclimat est un tout; la présence
et la distribution des formations végétales pour être expliquées écologiquement, doivent
mettre en cause tous les éléments qui constituent le complexe bioclimatique.
Source : MNHN, Paris
— 306 —
un mois serait sec lorsque les précipitations atmosphériques seraient
intérieures à 125 mm. C’est un nombre minimum beaucoup plus fort
que ceux admis ordinairement par d’autres climatologues pour la limite
d’un mois sec (Gaussen P = 2 1, Aubréville P = 1,21). Cette limite
est beaucoup trop élevée pour l’Afrique notamment, où un mois qui
reçoit 125 mm de pluies est généralement considéré comme un mois
très pluvieux.
Le principe de base admis par cette école climatologique, selon
lequel l’évapo-transpiration potentielle ne dépend que de la température,
découle sans doute directement du principe de la conservation de l’énergie.
Un sol couvert de végétation dépensera d’autant plus d’énergie qu’il en
aura davantage absorbé sous forme de radiations solaires incidentes
et de chaleur cédée par l’atmosphère. Cette quantité d’énergie dépend
pour une part de la nature de la végétation et de celle du sol ( albedo ,
fraction d’énergie incidente perdue par réflexion). Plus elle sera grande,
plus grand sera le pouvoir d’évapo-transpiration. D’autre part, la
répartition de cette énergie qui sera dépensée, chaleur latente de vapori¬
sation utilisée pour l’évapo-transpiration, chaleur utilisée pour la convec¬
tion et chaleur servant à échauffer le sol, déprendra, nous l’avons dit,
du type de la végétation, de la nature du sol et de sa perméabilité. Dans
quelle mesure la nature de la végétation et celle du sol influencent le bilan
énergétique en pays tropical où la végétation est plus ou moins ouverte,
«à l’état de vie plus ou moins ralentie suivant les saisons, les sols plus ou moins
découverts, plus ou moins absorbants pour l’eau et la chaleur, aucune
mesure n’a encore été faite à ma connaissance qui nous permette de
négliger a priori ces causes de variation de l’évapo-transpiration autres
que la température.
Ce sont donc les hypothèses de base de cette théorie de l’évapo¬
transpiration, qui ne peuvent être admises sans réserve, en tant qu’élément
climatique unique pouvant servir à la définition et à la classification des
bioclimats.
Source : MNHN, Paris
LA DISTRIBUTION MONDIALE
DU GENRE PANDANUS
par Harold St.. John
B. P. Bishop Muséum, Honotulu, Hawaii 96819, U. S. A.
Il y a une trentaine d’années, Kanehira (1935) a publié une carte
montrant la distribution du genre Pandanus. II avait récolté de nom¬
breuses espèces au cours de ses explorations en Micronésie et les avait
examinées d’un point de vue monographique. A partir de ses résultats
et des travaux de Warburg (1900) et de Martelli (1913-1914), il a
établi une carte de distribution du genre et de chacune de ses sections.
Il a admis 380 espèces, et présenté la distribution du genre de l’Afrique
occidentale jusqu’à l’est à l’Archipel Paumotu et aux Iles Hawaii.
L’auteur de la présente note a, depuis dix ans, fait une étude appro¬
fondie du genre, examiné presque tous les holotypes et tous les échantil¬
lons qui se trouvent dans la plupart des herbiers principaux du monde.
En ce moment (février 1965) il admet 677 espèces de Pandanus et arrive
à la conclusion que la distribution totale est à peu près la même que celle
indiquée par Kanehira.
Deux cartes sont présentées ici, qui précisent la distribution du genre.
Ni les espèces ni les sections ne sont figurées individuellement.
Il est nécessaire pour l’identification des espèces, de disposer d’échan¬
tillons en fruit. Toutefois il est possible de rapporter avec certitude au
genre Pandanus des échantillons incomplets, par exemple une inflores¬
cence mâle, une feuille, ou même un fragment d’une feuille. Malheureuse¬
ment il se trouve que, dans beaucoup des grands herbiers mondiaux,
la plupart des échantillons de Pandanus sont ainsi incomplets. Néanmoins
ces échantillons déficients sont indubitalement des Pandanus, et leurs
localités sont citées ici. En raison des dimensions imposées par le format
de cette Revue, j’ai fait deux cartes, l’une donnant la représentation
(fig. 1) des localités en Afrique, Asie, Malaisie, Melanésie et Australie;
l’autre (fig. 2) celles de Micronésie et Polynésie.
Références Bibliographiques
Kanehira, R. — On the distribution of Pandanus and the géographie relation-
ships of the Micronesian speeies, Biogeograpliical Society of Japan, Bulletin 6,2 :
11-18, pl. 3-7 (1935).
Martelli, U. — Enumerazione delle Pandanaceae, Webbia 4, 1 : 1-103, pl. 1-17
(1913).
— Le specie e variété nuove di Pandanus, ibid. 4,2 : 399-435, pl. 18-43 (1914).
Warburg, o. — Pandanaceae, in Engler, Pflanzenreich 4, 9 : 1-97, fig. 1-22 (1900).
Source : MNHI J, Paris
— 308 —
Source : MNHN, Paris
APERÇU PRÉLIMINAIRE
SUR LA PHYTOGÉOGRAPHIE
DE LA GUYANE
par R. Schnell
INTRODUCTION
Dès le xvm e siècle, les Guyanes ont fait l’objet de missions scienti¬
fiques chargées d’en inventorier les richesses naturelles, d’y rechercher
les plantes et essences utiles, d’y acclimater des espèces déjà cultivées en
d’autres territoires tropicaux. Des récoltes botaniques y ont été effectuées
dans les régions côtières et le long des itinéraires suivis par les expéditions
qui ont, à plusieurs reprises, exploré l’intérieur du pays. Les herbiers
récoltés au cours de ces premières prospections sont, de façon générale,
déposés dans les grands établissements scientifiques de Hollande, d’Angle¬
terre et de France. Plus récemment, des missions botaniques organisées
par divers pays ont poursuivi de façon méthodique l’étude de la flore
guyanaise. L’étude de la végétation, des groupements végétaux, — phase
ultérieure des recherches botaniques, — n’est par contre qu’esquissée.
L’absence de routes, de chemins, et même souvent de villages, dans
l’intérieur, en ont rendu jusqu’à présent la pénétration difficile et n’ont
guère permis que des propections « linéaires ». Si les récoltes effectuées par
les collecteurs le long de leurs itinéraires ont permis de tracer dès mainte¬
nant un inventaire floristique, et d’établir des Flores (Aublet, Pulle,
Lemée), ces inventaires eux-même sont à compléter, et, malgré d’excel¬
lentes études écologiques et phytogéographiques locales, il reste encore
beaucoup à faire pour tracer un aperçu d’ensemble de la végétation, et
particulièrement des groupements végétaux forestiers. De telles recherches
outre leur intérêt scientifique, sont indispensables pour préciser les bases
de la mise en valeur de ces territoires, — question qui a préoccupé les
gouvernements depuis deux siècles.
Fragmenté par des limites politiques, le territoire occupé par les
Guyanes est en fait le prolongement naturel de l’immense entité phyto-
géographique qu’est l’Amazonie. Les Guyanes, cependant, se distinguent
de la plaine amazonienne, sableuse et récente, par leur substrat ancien.
On peut donc penser que le plateau guyanais possède une individualité
propre au sein de l’immense territoire forestier de l’Amérique équatoriale,
et qu’il a pu, grâce à sa stabilité, jouer, dans l’histoire des flores (et notam-
Source : MNHI J, Paris
— 310 —
ment lorsque la plaine amazonienne était occupée par une mer), un rôle
important.
HISTORIQUE
Plusieurs publications ont retracé l’historique des explorations dans
les diverses Guyanes, et des travaux scientifiques qui en sont issus. Nous
en donnerons une brève récapitulation, essentiellement d’après les publi¬
cations de Nouvion (1844), Pulle (1906), Lanjouw, Aubréville,
Hurault et Sausse. Lanjouw (1945) a récapitulé les récoltes botaniques
faites en Guyane, et leurs lieux de dépôt.
Depuis Marie-Sybille de Mérian, qui vint en Surinam en 1699-
1701 pour y étudier les insectes et les plantes, de nombreux naturalistes
voyageurs ont parcouru les Guyanes. P. Barrère. résidant à Cayenne
(1722-1725), fit un « dénombrement » des plantes, des animaux et des
minéraux de la Guyane (publié en 1741). Fusée Aublet, après avoir
travaillé de 1753 à 1761 à l’Ile de France, séjourna, comme botaniste
du roi, à la Guyane française, en vue d’étudier les productions de ce terri¬
toire (1762-1764). Louis-Claude Richard fut chargé d’une mission en
Guyane et aux Antilles (1781-1789); ses récoltes ont été conservées dans
l’herbier de son fils Achille Richard, Professeur de Botanique à la Faculté
de Médecine de Paris.
L 'Histoire des plantes de la Guiane Française, publiée en 1775 par
Aublet, représente un ouvrage important dont, comme le souligne
Aubréville (1961), peu de pays tropicaux avaient alors l’équivalent.
R. H. Schomburgk fut désigné en 1834 par la Société Royale de
Géographie de Londres pour diriger une exploration scientifique. Indépen¬
damment de son objectif géographique, qui était de fixer des positions,
en relation avec celles établies par Humboldt en 1800 sur le haut Oréno-
que, Schomburgk fit des récoltes botaniques et des observations sur la
végétation. Il a effectué plusieurs voyages dans l’intérieur : remontée
de l’Essequibo et de son affluent le Rupununi (1835), explorations des
rivières Courantine (sur les confins du Surinam) et Berbice.oùil découvrit
le Victoria regia (1837), nouvelle exploration de l’Essequibo et du Rupu¬
nuni (1837), remontée du Rio Branco, montagne de Cristal, Orénoque,
Rio Negro (1838-1839), rivières Barima et Wai-Ina (1841), remontée du
Takutu (1842), Pirara, Rupununi et monts Carawami (1843). Si certaines
de ses plantes ont été perdues lors de ses voyages, il rapporta cependant
d’importantes récoltes, qui furent conservées dans l’herbier de Bentham,
à Londres. On doit à Schomburgk un aperçu d’ensemble des plantes
pouvant être cultivées en Guyane.
En Guyane hollandaise (Surinam), Daniel Rolander, naturaliste
suédois et élève de Linné, fit, dans la région de Paramaribo, des obser¬
vations et des récoltes (1754-1756), qui servirent à Rottoboei.l pour ses
publications; son voyage a été décrit par Hornemann en 1812; Dalberg,
également suédois, collecta pour Linné; il est possible que ses récoltes
aient servi de base à la thèse de Jacobus Alm, élève de celui-ci (Planlae
Source : MNHI J, Paris
— 311 —
surinamenses). Les récoltes cI’Anderson (1791) sont au British Muséum
(Banks Herbarium) et à Genève (Herbier Delessert). F. W. Hostman,
médecin à Surinam, circula dans l’intérieur du pays (1839); nommé
résident du district d’Anka (1840), il parcourut en canot les rivières
Commewine et Cottica, et atteignit le Maroni, qu’il remonta jusqu’à
Armina. Citons encore, en Surinam, Weigelt (1827), dont les récoltes
sont à l’herbier de Leiden, — Kappler, né à Stuttgart en 1816, qui
séjourna en Surinam, voyagea en 1841 avec Hostman, fonda Albina,
et revint en Surinam en 1853 et en 1861, — II. C. Focke, fonctionnaii e
de la justice à Paramaribo, qui envoya des plantes à Miquel et publia
sur les Orchidées de Surinam, — F. L. Splittgerber, qui fit, au milieu
du xix e siècle, plusieurs expéditions dans l’intérieur, et récolta au total
20.000 spécimens, qu’il étudia au British Muséum, — Hermann Kegel,
né près d’Eisleben, qui vint en 1844 en Surinam, et pénétra profondément
dans l’intérieur; son herbier est à Gôttingen; — H. R. Wullschlâgel,
né en 1805 à Sarepta (Russie), missionnaire à Antigua puis à Paramaribo,
qui fit des récoltes qui se trouvent dans l’herbier Martius, à Bruxelles.
Mentionnons enfin, parmi les botanistes explorateurs du Suriman,
vers la même époque, le Dr. F’. Voltz (1853-1855), le Dr. Dumontier
(vers 1855), et Suringar, professeur à Leiden (1884).
Poiteau, nommé botaniste du roi et directeur des cultures aux
habitations royales de la Guyane française, séjourna dans ce territoire
de 1817 à 1822, et recueillit 1.200 plantes (dont il en dessina environ 400)
dans les régions de Cayenne, de la Mana et de la Gabrielle. Perrottet,
botaniste et agronome, directeur des cultures du gouvernement à Pondi¬
chéry, fit beaucoup pour prospecter les plantes utiles des Tropiques et en
propager la culture, tant aux Antilles et à la Guyane qu’à l’île Bourbon.
Il séjourna longuement en Guyane, jusqu’en 1821. Le rapport général
sur ses voyages fut publié dans les Annales Maritimes en mai 1842.
La Société de Géographie de Paris ayant offert un prix en vue d’une
exploration de la Guyane, Leprieur, qui avait précédemment parcouru
la Sénégambie, partit en 1830 pour Cayenne et fit plusieurs grands
voyages : remontée de l’Oyapock jusqu’à l’embouchure du Camopi
(1830), voyage vers la source de l’Oyapock (1832), séjour sur le haut
Oyapock et marche à travers la forêt jusqu’au Maroni, qu’il remonta
jusqu'à ses sources (1836), herborisations autour de Cayenne.
Citons encore Gabriel, magistrat à Cayenne, qui herborisa autour
de cette ville, J. B. Leblond, qui, après avoir voyagé aux Antilles, fut
envoyé en Guyane en vue d’une hypothétique recherche de l’arbre à
quinquina, et y resta dix-huit ans, faisant trois voyages de six mois dans
l’intérieur; ses plantes ont été nommées par L. C. Richard. En Guyane
française encore, mentionnons Sagot et Mélinon, dont les récoltes,
comme celles de leurs prédécesseurs, se trouvent au Muséum de Paris.
En Guyane anglaise, citons, parmi les principaux collecteurs des
dernières décades, G. S. Jenman (de 1875 à 1902), A. S. Hitchcock
(1920), H. A. Gleason (1922-1923), N. Y. Sandwith (Oxford University
Expédition en 1929; 1937). T. A. VV. Davis (1932-1936), T. G. Tutin
Source : MNHN, Paris
— 312 —
(1933), J. G. Myers (1936). A. C. Smith (1937-1938), A. S. Pinkus
(1938-1939).
En Guyane hollandaise, mentionnons, pour la même période, L.
Tulleken (1900), van Cappelle (1900). F. A. F. C. Went (1901).
H. Boon (1901), G. M. Versteeg (1903-1904). A. A. Pulle, (1903-1904
1920), J. W. Gonggrijp (1909-1923), J. F. Hulk (1910-1911), G. Stahei.,
(1914-1939), J. Lanjouw (1933), H. E. Rombuts (1935-1938) qui remonta
dans l’intérieur jusqu’aux confins brésiliens. Des travaux de synthèse,
basés sur l’importante documentation recueillie, ont été publiés par les
botanistes hollandais : l’Enumération de Pulle (1906) et sa Flora of
Surinam, publiée â partir de 1932, et non terminée, et à laquelle font suite
d’importantes monographies.
Les récentes années ont vu plusieurs missions botaniques sur le
territoire des Guyanes, particulièrement celle de Bassett Maguire sur
l’Oyapock; on lui doit de riches récoltes. En Guyane française ont été
entrepris, sous l’égide du Bureau agricole et forestier de Guyane (BAFOG)
des inventaires systématiques des forêts, avec des comptages d’espèces,
dont les résultats seront mentionnés plus loin. Rappelons les importants
travaux forestiers de Bena, qui ont abouti à un récent ouvrage sur les
essences forestières. En ce qui concerne la flore forestière, des récoltes
méthodiques sont actuellement continuées par le service forestier, et
notamment par Lemoine; des récoltes de Graminées et Orchidées ont
été effectuées par J. Hoock. A. Lemée, après un séjour en Guyane, a
publié une Flore de la Guyane française (1952-1956).
Outre les travaux d’inventaire floristique et de révisions systématiques
prennent place, à l’époque actuelle, des travaux de phytogéographie et
de phytosociologie. Pulle (1906) a tracé un aperçu synthétique de la
phytogéographie du Surinam. On doit à R. Benoist une étude phyto-
géographique de la Guyane française. En ce qui concerne les forêts,
Davis et Richards (1933-1934) ont, dans un travail qui fait date dans
l’histoire de la phytogéographie guyanaise, effectué une analyse précise
de la végétation de l’Essequibo inférieur, et défini les groupements
floristiques fondamentaux, basés, suivant les principes de l’école anglo-
saxonne, sur le concept de dominance, — point de vue qui sera suivi
également par les auteurs ultérieurs (Fanshawe, Schulz). Les savanes
de la Guyane hollandaise ont fait l’objet d’études de Lanjouw (1936-
1954), qui a posé le problème de leurs groupements d’espèces et de leur
origine. A. C. Smith (1945) a publié une synthèse des faits connus concer¬
nant la phytogéographie des Guyanes. Plus récemment, Fanshawe
(1952) a étudié la végétation de la Guyane Britannique et en a défini
les principaux groupements. Lindeman (1953) a publié une étude sur la
végétation des régions côtières du Surinam. J. P. Schulz (1960) a effectué
une remarquable étude écologique sur les forêts du Nord du Surinam,
précisant les conditions mésologiques et la composition des goupements,
et abordant le problème de leur classification et celui de la régénération
de ces forêts.
Le Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, sur l’initiative
Source : MNHN, Paris
— 313 —
du Professeur Aubréville, a entrepris récemment une prospection
méthodique de la flore guyanaise, en coopération avec les établissements
et personnalités scientifiques des pays intéressés. Cette œuvre implique
la constitution d’un important herbier de Guyane, et particulièrement
la prospection des régions de l’intérieur, — les récoltes des botanistes
antérieurs ayant en général surtout été effectuées dans des régions plus
ou moins proches de la côte. Plusieurs missions en Guyane française
ont dès maintenant été effectuées dans le cadre de cette entreprise :
A. Aubréville (1960), R. Schnell (1961), F. Hallé (1962), — pendant
que, sur place, J. Hoock, botaniste de l’Institut Français d’Amérique
tropicale, a poursuivi des récoltes qui ont déjà fait l’objet d’importants
envois au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris. Placées sous
l’égide du Muséum, ces missions ont bénéficié de l’appui du Centre National
de la Recherche Scientifique et de l’Office de la Recherche Scientifique et
Technique Outre-Mer; l’Institut Français d’Amérique tropicale (à
Cayenne), dépendant de ce second organisme, a assumé la charge de
l’organisation de ces missions.
Celles-ci sont réalisées en synchronisme avec les expéditions envoyées
par les organismes scientifiques des autres pays intéressés.
En 1961, une mission brésilienne, — au cours de laquelle W. A.
Egler, directeur du Musée Goeldi, devait périr tragiquement dans un
rapide, — explora la région du Iari.
L’aperçu préliminaire de la végétation de la Guyane, que nous
tentons ici, est basé sur les travaux de nos prédécesseurs et sur nos
observations faites dans la région de Cayenne (savanes côtières, végéta¬
tion littorale), sur le trajet Cayenne-Saint-Laurent, et au cours de la
remontée du Maroni, des rivières Ouaqui (jusqu’au « Carbet brûlé » près de
Saut Verdun), du Marouini et de l’Itany. Je remercie très vivement le
Centre National de la Recherche Scientifique et l’Office de la Recherche
Scientifique et Technique Outre-Mer, qui ont subventionné ce voyage.
J’exprime ma gratitude à M. J. Hoock, botaniste de l’Institut Français
d’Amérique tropicale, à Cayenne, qui a organisé avec compétence notre
randonnée dans l’intérieur, — assumant les multiples tâches impliquées
par les itinéraires, le ravitaillement de la mission, le recrutement du
personnel (bosmen, mécaniciens, etc.), et l’installation à l’avance de
réserves de carburant en divers points du trajet. Je remercie très vivement
M. Lemoine, du Service des Eaux et Forêts de Guyane, et son collabora¬
teur M. Bouillot, qui ont participé à cette mission. Je dois à M. Lemoine
l’identification de nombreux arbres rencontrés lors de nos prospections.
Je tiens a dire ma reconnaissance aux divers spécialistes de la Guyane,
qui ont facilité ma tâche par leurs avis ou leurs conseils, et notamment
MM. B. Choubert et M. Boyé. Je veux, enfin, remercier le service de la
Gendarmerie de Guyane, qui nous a assuré, dans tous ses postes, le meilleur
accueil. Je remercie particulièrement M. le gendarme Fontaine, qui nous
a accompagnés dans nos randonnées sur les fleuves, et M. le caporal-chef
Marsau, qui a assumé la tâche de radio-téléphoniste de la mission.
Après des prospections dans la région de Cayenne, et particulière-
Source : MNHN, Paris
GUYANE HOLLANDAISE- %
314
Fig. 1. — Carte de la Guyane Française. En trait discontinu l’itinéraire de la mission 1901.
Les • sauts • constituent les points de repère essentiels dans les régions de l'intérieur;
seuls les plus importants sont figurés sur cette carte (par des traits transversaux).
Source : MNHN, Paris
— 315 —
ment dans les savanes côtières, la mission partit en plusieurs camions
pour Saint-Laurent du Maroni, où le personnel navigant complémentaire
(bosmen connaissant bien les rivières) fut recruté au village Boni. Puis
eut lieu la remontée du Maroni, et, après une escale à Maripasoula, celle
des rivières Petite Ouaqui (jusqu’à Carbet brûlé), grande Ouaqui, Marouini
et Itany, jusqu’au Sud de Grand Soula. La mission comportait (personnel
navigant compris) une vingtaine de personnes, réparties en 6 canots,
chacun portant environ une tonne de matériel. Outre les botanistes
(Hoock, Schnell) et les forestiers (Lemoine, Bouillot), le personnel
scientifique comptait un zoologiste, M. Chauvancy, du Muséum National
d’Histoire Naturelle.
Le niveau très bas des eaux, rendant la progression des canots très
difficile, parmi les troncs et les rochers, parfois sur quelques centimètres
d’eau seulement, — et laissant prévoir le risque d’un retour très
aléatoire, — ne nous a pas permis d’atteindre Saut Verdun et de prospecter
la région du Chemin des Emerillons (reliant le bassin de l’Oyapock à celui
du Ouaqui et du Maroni).
LES CADRES GÉOGRAPHIQUES
Si le territoire des Guyanes est, dans l’ensemble, constitué par un
plateau ancien, les régions côtières, par contre, sont généralement basses ;
cette zone maritime, étroite en Guyane française, est au contraire très
large en Surinam et en Guyane anglaise, où les dépôts récents sont très
développés, — faire des terrains déposés par les mers quaternaires ayant
son maximum de largeur au niveau de la Courantine L On a pu reconnaître,
au Quaternaire, plusieurs transgressions et régressions. Les terrasses
quaternaires sont reconnaissables; leur récapitulation a été faite par
B. Choubert (1957, p. 14-15); les terrasses fluviales de 2 m, 5 m, 8-10 m,
15-20 m, sont bien représentées en Guyane française.
La Guyane constitue « un vieux pays à évolution continentale extrê¬
mement longue... Cette vaste région a été soumise à un climat tantôt
tropical, tantôt équatorial... Un grand nombre de cycles se sont succédés
et ont abouti au modelé actuel du relief » (Choubert, 1957, p. 33). On
peut y reconnaître plusieurs anciennes pénéplaines, grâce à la présence
de recouvrements latéritiques [Ibid., p. 7), — qui, « ont joué un rôle de tout
premier plan dans la formation du relief actuel de la Guyane » (Ibid., p. 33).
Dans les montagnes de la Trinité existent deux niveaux latéritiques, à
325 m et vers 500 m. Sur les monts Atachi-Baka, des niveaux latéritisés
existent à 180 m et à 800 m (sommet). « Les remaniements... prouvent
bien l’existence de croûtes d’âges différents » (Ibid. p. 35). Des cuirasses
se rencontrent sur des buttes-témoins d’anciens niveaux. Sur le bord de
la rivière de Cayenne, comme nous l’avons nous-même vu, existent des
blocs de cuirasse sensiblement au niveau de l’eau. Il y a eu, dans les
Guyanes, plusieurs phases de latéritisation des « terres hautes » (pla¬
teaux), et plusieurs phases de latérisation des terres basses. «Si les bauxites
1. Cf. Choubert, 1957, p. 10, et carte p. 12.
Source : MNHN, Paris
— 316 —
des terres basses, en liaison avec des séries marines, appartiennent au
Quaternaire, celles des « terres hautes » sont manifestement antérieures
(villafranchiennes ou tertiaires?). Tous ces gisements... ont aujourd’hui
un caractère résiduel, le climat équatorial tendant à la destruction des
carapaces latérito-bauxitiques » (Choubert, 1957, p. 23).
Dans les montagnes de Kaw ont été signalées (Choubert, 1957,
p. 21) des cuirasses dont la texture est orientée comme celle des schistes
sous-jacents, et paraît s’expliquer par une « altération directe de ceux-ci ».
Ce cas paraît comparable à celui des « cuirasses de substitution » qui ont
été décrites en certains points des monts Nimba, dans l’Ouest africain.
L’altitude de la Guyane française varie de 0 à 800 mètres environ.
Par endroits se dressent des dômes granitiques abrupts et dénudés, portant
une flore très particulière ( « savanes-roches »). Dans le Sud de la Guyane
britannique, sur la frontière du Vénézuéla et du Brésil, s’élève un massif
d’altitude assez considérable (mont Roraima, 2644 m).
Le climat des Guyanes est à rattacher au climat équatorial. Les
pluies, apportées par les vents du Nord-Est, y varient de 1 5Ô0 à 3 000 mm
par an, avec un maximum dans la région côtière (2 000 à 3 000 mm,
et même 3 500-4 000 mm localement, comme dans l’arrière-pays de
Cayenne). Elles sont étalées sur l’ensemble de l’année, avec généralement
deux maxima et deux minima. Les deux maxima de pluviosité se situent
en mai-juin (le plus important) et en décembre-janvier. Les périodes
plus « sèches » (qui ne sont cependant pas sans pluies) sont localisées
en septembre-octobre et en février-mars (cette dernière parfois peu mar¬
quée voir insensible). La température varie peu (écart diurne de 3 à 5° C).
Nous donnons ci-après les chiffres de pluviosité (moyennes pour la
période 1956-1960), humidité relative, évaporation, (année 1958) pour
Cayenne et Maripasoula :
Pluviosité en mm
Hu
MIDITÉ
RELATIVE
Cayenn
Maripasoula
Cayenne
Maripasoula
Mac.
Min.
May.
Max.
Min.
Moy.
Tonvier
222 mm.
246 mm.
97
67
86
98
61
86
Février.
292
226
97
66
85
98
62
Mars.
289
206
96
66
84
99
63
89
Avril.
505
320
99
71
91
99
69
91
Mai.
521
351
100
68
90
99
61
89
Juin.
419
291
100
02
88
100
86
Juillet.
180
217
100
62
87
100
56
86
Août.
73
152
100
61
86
99
56
85
Septembre..
30
91
100
55
82
99
47
79
Octobre ....
68
99
83
98
48
80
142
91
99
53
81
99
44
78
Décembre ..
238
226
99
63
86
99
55
83
2955
2 485
100
53
86
100
44
85
Source : MNHI J, Paris
— 317 —
Fig. 2. — Pluviosité et températures moyennes à Paramaribo (Surinam).
Source : MNHN, Paris
318
A titre de comparaison, mentionnons, d’après Fanshawe (1952,
p. 21), les moyennes pluviométriques de trois stations de Guyane britan¬
nique : Georgetown (sur la côte), Potaro (dans l’intérieur) et Annai (en
arrière de la région montagneuse de Pararaima, qui l’abrite des vents
humides) :
Georgetown
(1880-1947)
Potaro
(1935-1947)
(1932-1947)
'•!!>' il
215,0 mm
312,5 mm
60,0 mm
140,0
215,0
147,5
280,0
157,5
352,5
292,5
575,0
312,5
595,0
260,0
430,0
165,0
292,5
Septembre.
75,0
72,5
145,0
55,0
137,5
Décembre.
297,5
Total de l’année.
2 272,5 mm
3 804,5 mm
1 692,5 mm
Le régime des cours d’eau joue évidemment un rôle fondamental,
non seulement pour la végétation aquatique (peuplement de Podosté-
monacées, marécages, boisements hygrophiles des rives basses) dont il
Source : MNHN, Paris
— 319 —
conditionne le rythme annuel, mais aussi en raison de l’action érosive
sur le sol et la végétation de terre terme. Citons d’après Choubert (1957,
p. 34) et Hiez les variations saisonnières (en m s /sec.) de deux fleuves :
3
Maroni (à I.anga Tabiki).
Oyapock (à Camopi).
1922
619
« Les crues brutales qui caractérisent les cours d’eau guyanais don¬
nent périodiquement — surtout au début des pluies — une impulsion
nouvelle à l’érosion. Des pans entiers de berges couvertes de forêt se
détachent et sont entraînés par le courant... La végétation recouvre
très vite ces saignées, ce qui donne une impression trompeuse d’immobilité
là où se produisent d’incessantes modifications » (Choubert, 1957,
p. 34).
Le facteur anthropique est, dans l’ensemble, très réduit : tout
l’intérieur, presque inhabité, est couvert de forêts d’aspect intact, — sauf
Forît denw
Fig. 4. — Profil <l*une rivière de Guyane, montrant l’opposition entre la rive convexe, où les
alluvions basses portent une végétation touffue d ’lnqa, dominée en arrière par des groupes
de Cecropia, et parfois par des Triplaris, et la rive concave occupée par la foré dense.
en quelques points où, sur le bord des rivières, des postes administratifs,
des villages, occupent une clairière ouverte dans la forêt, et sont entourés
de quelques cultures (manioc, ...). Les mines d’or, dans l’intérieur, ont
elles aussi été à l’origine de défrichements localisés de la forêt, constituant
des clairières isolées, reliées aux villes de la côte par avion — moyen
de transport qui reste le plus pratique, et le plus rentable, pour de telles
exploitations. Il n’y a aucun élevage, sauf dans les savanes côtières et
sur le bas Maroni (île Portai), où le Bos indicus a été introduit.
Des vestiges (roches gravées, à motifs religieux, près de Cayenne;
Source : MNHI J, Paris
— 320 —
polissoirs dans les rochers de certains rapides, dans les hauts de rivières,
lieux vraisemblables de campements utilisés depuis des millénaires)
indiquent l’ancienneté du peuplement indien; les Indiens sont actuelle¬
ment refoulés dans l’intérieur, à part quelques villages qui ont subsisté,
modernisés, près de la côte (région Organabo-Mana) ; ils ne font que peu
de cultures, vivant surtout de la chasse et de la pêche, avec une vie nomade
comportant des expéditions de chasse, au cours desquelles ils s’établissent
dans des campements provisoires, sur des ilôts ou sur des rives rocheuses.
Leur action sur la végétation forestière est infime, et l’immense étendue
des forêts de l’intérieur paraît pouvoir être considérée comme pratique¬
ment intacte.
On peut cependant penser que le peuplement indien a pu être jadis
plus important qu’il ne l’est aujourd’hui. On sait qu’en Amazonie bré¬
silienne, dans des régions actuellement presque inhabitées, l’explorateur
portugais Pedro Teixeira avait jadis rencontré une population indienne
relativement abondante. En Guyane aussi, la plupart des auteurs admet¬
tent que le peuplement indien a pu être autrefois plus important qu’aujour-
d’hui. Hurault et Sausse (1952) rapportent qu’au début du xvm e siècle,
plusieurs voyageurs purent remonter sans trop de difficulté le fleuve
Camopi, dans des canots indiens, mais « dès 1740, la population indienne
de cette rivière avait disparu », et « entre 1740 et 1960 personne ne réussit
à remonter le Camopi ». Davis et Richards (1933, p. 360), étudiant les
forêts de l’Essequibo inférieur, pensent que la population, actuellement
infime, a dû être plus abondante autrefois. Schulz (1960, p. 126), dans
son étude des forêts du Nord du Surinam, signale l’existence de charbon
de bois dans le sol forestier, parfois en couche continue, et associé à des
débris nombreux de poteries indiennes; ce charbon de bois serait le témoin
d’anciens incendies de la végétation, dont les poteries sembleraient
attester l’origine anthropique; et l’auteur conclut : « There are also olher
arguments in favour of the opinion that the Amerindian population was
formerly less sparse than in nowadays ».
Une action plus importante sur la végétation a été exercée par les
peuples noirs établis en Guyane (Bosch près de la côte et Bonis plus au
Sud, Saramaka). Ils ont refoulé les Indiens vers le Sud, et établi sur le
bord des rivières de petits villages, où la vie sociale et agricole rappelle
celle des villages d’Afrique, (à part la forme des cases, et leur décoration
colorée, plus ou moins d’inspiration indienne) ; le palmier maripa (Mœrirni-
liana maripa) joue, pour ces populations, un rôle homologue de celui de
l ’Elaeis guineensis en Afrique; les ménagères en pilent les noyaux dans des
mortiers de bois identiques à ceux d’Afrique. Dans les abattis, à proximité,
sont effectuées quelques cultures, notamment du manioc (qui, séché et
pilé, constitue un aliment de réserve que l’on emporte dans les voyages
en canot). La chasse reste l’une des bases essentielles de l’alimentation,
et les rivières constituent pratiquement la seule voie de communication
entre les centres habités. Ces villages se trouvent sur les berges des fleuves.
On note une progression vers le Sud de cette colonisation noire, qui
atteint actuellement le confluent de l’Itany et du Marouini (où le chef
Source : MNHN, Paris
— 321
Tolinga a récemment fondé un village, sur les confins du pays indien);
ce peuplement et cette vie agricole n’ont toutefois qu’une faible densité,
et se localisent le long des cours d’eau, — ceux-ci constituant les seules
voies de communication dans l’intérieur.
Il y a lieu de mentionner l’action des « balatistes » (récolteurs de
balata) sur la végétation; ils montent chaque année dans les hauts de
rivière, lors des hautes eaux, établissent des campements (tel que celui
de Carbet brûlé), vivent de chasse et de manioc, mais exercent néanmoins
une action destructrice (localisée, il est vrai) sur la forêt.
Enfin, la région côtière, pourvue de villes et de routes, voit, depuis
quelques siècles, une vie agricole plus considérable ; la quasi-totalité de la
population y est concentrée; l’élevage du Bos indicus est pratiqué dans les
savanes littorales.
LES ENTITÉS GÉOBOTANIQUES
ET LES TYPES DE VÉGÉTATION
Malgré la monotonie que présente l’ensemble du massif guyanais,
on peut y reconnaître, à la suite d’A. C. Smith (1954), plusieurs entités
géobotaniques, différenciées par le milieu littoral, par les causes éda¬
phiques et anthropiques (feux), et par l’altitude plus élevée des régions
de l’intérieur :
la zone littorale,
la forêt dense humide,
les savanes (de plateaux et de bas-fonds),
les régions submontagnardes du mont Roraima et de ses abords.
Schématiquement, les types de végétation représentés en Guyane
française paraissent pouvoir être répartis de la façon suivante :
végétation côtière : mangrove, groupements psammophiles ;
savanes de la région littorale;
forêt dense tropicale humide, qui occupe la quasi-totalité du pays et
revêt sans aucun doute des aspects nombreux, climatiques et édaphiques;
végétation héliophile des dômes rocheux non boisés;
végétation des étangs, des marécages, etc...;
végétation des rochers des sauts (groupements à Podostémonacées,
etc...);
végétation rudérale.
Cette liste est indiscutablement incomplète; on pourrait lui ajouter
les groupements épiphytiques, rupicoles, pionniers (sur sables exondés),
etc... — groupements qu’il appartiendrait à une étude exhaustive de
décrire. Enfin il faut mentionner la végétation montagnarde qui, en
dehors de la Guyane Française, existe dans la région montagneuse du
Roraima.
Source : MNHI J, Paris
— 322 —
LA VÉGÉTATION CÔTIÈRE
1. Les mangroves
Les mangroves des côtes atlantiques de l’Amérique tropicale ren¬
ferment sensiblement les mêmes espèces que celles des rives occidentales
de l’Afrique : Rhizophora triangle L., R. harrisoni Leech., R. racemosa
G. F. W. Mey. 1 , plus un certain nombre d’espèces qui les prolongent du
côté de la terre, et parfois se mêlent à ces essences. Dans son étude des
palétuviers du Nouveau Monde, W. T. Stearn a souligné le caractère
pionnier de Rhizophora mangle, qui est « the pioneer colonist of brakish
laggons and muddy shores ». De façon générale, dans ces mangroves
atlantiques, tant américaines qu’africaines, les Rhizophora se trouvent
en avant, vers le front de mer, les Avicennia vivant par contre dans
l’intérieur de la mangrove, du côté de la terre ferme 2 , — R. racemosa,
capable de supporter une salure faible, voire temporairement nulle,
remontant le long des estuaires, parfois assez loin de la côte, — comme on
peut le constater, en Afrique, dans les lagunes de Côte d’ivoire. Les
conditions locales (édaphiques et hydrologiques) sont toutefois suscep¬
tibles de modifier profondément la zonation habituellement observée.
La mangrove est très développée sur les côtes de Guyane. D’après
Boyé (1961), —- se basant sur la carte phyto-sédimentologique établie
par l’Institut Français d’Amérique tropicale en 1958, d’après des photo¬
graphies aériennes —, la superficie des mangroves de la Guyane française,
de l’Oyapock à la rivière Sinnamary, serait de l’ordre de 53 000 hectares.
Comme le souligne Boyé, ces mangroves sont essentiellement constituées
d 'Avicennia, — les Rhizophora, par contre, ne couvrant que des surfaces
réduites et constituant des sortes de « galeries forestières » (ou de rideaux)
suivant les méandres des cours d’eau au sein du peuplement d 'Avicennia,
qui constitue une véritable forêt. D’après les observations effectuées, les
Rhizophora, en Guyane française, ne se rencontreraient jamais sur les
fronts de mer; « on ne les rencontre que sur les slikkes d’estuaire et le long
des criques de marées qui pénètrent selon un dessin à méandre dans les
peuplements d’Avicennia. Mais les Rhizophora n’y constituent qu’un rideau
de quelques mètres à quelques dizaines de mètres de large au plus... »
(Boyé, 1961, p. 5). Comme le rappelle Boyé (p. 7), la faible extension
des Rhizophora, limités aux estuaires, a été également signalée par Le-
cointe dans le territoire d’Amapa (Brésil). Les Avicennia constituent
ainsi l’élément essentiel des mangroves.
Il s’agit d’Avicennia germinans (L.) Stearn (= A. nilida Jacq.),
espèce répandue sur les côtes atlantiques de l’Amérique et de l’Afrique
I. D’après les cartes de répartition publiées (qu’il conviendra sans doute de
compléter), ces trois Rhizophora semblent cependant ne pas avoir exactement la même
aire, et ne seraient pas forcément coexistants partout.
2. Voir notamment la zonation décrite au Brésil par Dansereau (1946) dans la
reslinga de Rio de Janeiro.
Source : MNHI J, Paris
323
1. — Mangrove à Avirennia près de Cayenne. On notera la taille élevée de ces arbres.
‘2. — Ancienne mangrove à Auicennia près de Cayenne. Les troncs desséchés des Auicennia
se dressent parmi une végétation arbustive et herbacée.
Source : MNHN, Paris
— 324 —
tropicale. Dans les peuplements denses (véritables forêts) qu’il constitue
sur le littoral guyanais, il atteint 20 (et même 30) mètres de hauteur : son
comportement écologique, et sa taille paraissent donc nettement différents
de ceux qu’il présente en Afrique; on peut se demander si le fait est dû
à une différence taxonomique (variétés ou formes, —• ou même espèces,
— distinctes en Afrique et en Amérique) ou, au contraire, aux conditions
écologiques particulières qu’il rencontre sur le littoral guyanais.
Le caractère très particulier de la mangrove guyanaise a été souligné
par Aubréville (1961, p. 11) : « La mangrove guyanaise est sur le front
de mer... Autre originalité, elle est faite d’un peuplement presque pur
d 'Avicennia nilida , alors que la mangrove africaine est surtout une man¬
grove à Rhizophora, ...les peuplements d'Avicennia n’existant que dans
les arrière-mangroves plus ou moins colmatées. »
De même, en Surinam, Lindeman, (1953, p. 50) note à propos des
mangroves ou du littoral lui-même : « Along the coast the mangrove consists
mainly of parwa » (Avicennia).
On peut, à propos de cette différence entre les mangroves guyanaise
et ouest-africaine, rappeler ici les interprétations taxonomiques qui ont
été données des Avicennia de ces deux formations. Si Stearn (1958) met
en synonymie la plante africaine et celle d’Amérique, Moldenke (1959)
les sépare en deux espèces distinctes, A. germinans étant américain et
A. africana Beauv. étant africain. Pourtant Compère (1963) souligne
qu’aucune différence morphologique ne permet, à son avis, de séparer
les deux arbres, qui constitueraient une seule espèce, A. germinans.
Si ces Avicennia d’Amérique et d’Afrique occidentale ne peuvent
effectivement être séparés en deux espèces distinctes, on est amené à
poser le problème d’une origine écologique de la dissemblance des man¬
groves ouest-africaine et guyanaise. La différence constatée ne serait-elle
pas le résultat de conditions mésologiques elles-mêmes différentes? 11
ne manque pas, cependant, dans l’Ouest africain, et notamment sur les
côtes de la République de Guinée, de vastes étendues littorales de vase
fine, rappelant celles de la Guyane. Seule une étude écologique comparée
de ces milieux côtiers permettrait de trancher définitivement le pro¬
blème des différences séparant ces deux mangroves. Si la cause de cette
dissemblance devait n’être pas mésologique, on serait amené à voir dans
les formes de Guyane et d’Afrique occidentale deux écolgpes, dont la
distribution différente serait l’expression d’une différence d’affinités
écologiques.
L’évolution de ces mangroves en fonction des variations de la côte
a été soulignée par Lindeman (1953, p. 50) en Surinam : sur les côtes où
domine l’abrasion, la mangrove à Avicennia est graduellement détruite;
on trouve alors une forêt « mûre » (« mature forest ») d’Avicennia, se
terminant brusquement sur une étendue de vase parsemée de reste
d’arbres déracinés. Là où, par contre, la côte est en voie de progression (par
exemple entre Nickerie et Coronie et près de l’embouchure de la Matta-
pica), on trouve des semis d’/lnicewiia sur les vases jeunes; dans un stade
Source : MNHN, Paris
— 325 —
ultérieur, ces arbres forment un fourré dense avec les Laguncutaria.
La structure de ces côtes, en régression ou en progression, avait déjà été
signalée par Geyskes (1947).
Boyé souligne (1961, 1962) que ces Avicennia présentent plusieurs
aspects : il y a des « zones à grands palétuviers » (« jusqu’à 30 m de haut,
plus de 15 cm de diamètre, 10 à 12 ans d’âge au minimum ») et des « zones
à petits palétuviers » (10 m, diamètre 4-10 cm, 2-5 ans). Dans une même
zone, les arbres ont une taille du même ordre. « Les petits palétuviers...
forment la lisière maritime proprement dite, et occupent les atterrisse¬
ments les plus récents... Les grands palétuviers... viennent généralement
en arrière, parfois en bandes d’altitudes croissantes vers l’intérieur, et
toujours disposées parallèlement au rivage actuel » (Boyé, 1961, p. 3).
Enfin, en arrière des bandes de grands palétuviers, se trouve ce que
Boyé qualifie de « mangrove décadente » : il s’agit de « paysages plus
ouverts, marécageux, également disposés en bandes parallèles... »; les
Avicennia y forment un peuplement moins dense, et présentent une
moindre vitalité; ils y sont couverts d’épiphytes; le sous-bois présente
des peuplements de Paspalum vaginalum ou d’ Acrostichum aureum. Le
stade ultime de cette « décrépitude » de la mangrove se présente comme
« de vastes marécages piquetés de troncs blanchis restés debout au milieu
de fourrés plus ou moins importants, mais toujours circulaires, d’.dcros-
lichum aureum. Les eaux de ces marais sont très acides (pH entre 3 et 4) »
(Boyé, 1961, p. 4). Il nous a paru utile de mentionner ici ces intéressantes
observations de M. Boyé, étant donné qu’elles apportent un élément très
précieux à notre connaissance des mangroves, trop souvent étudiées
sous un simple aspect statique.
La structure et l’évolution des mangroves à Avicennia de Guyane
paraissent trouver leur interprétation dans le dynamisme même du littoral
guyanais. L’envasement peut y gagner 100 à 200 mètres par an. A partir
de 1956 a été observé un considérable « dévasement », se traduisant par
un recul de 200 à 300 m par an, la mangrove elle-même reculant de 90 à
160 m par an; liés au débit des fleuves, lui-même conséquence de la pluvio¬
sité et du rythme de l’activité solaire, envasements et dévasements parais¬
sent être soumis à une périodicité de 22 ans (Choubert et Boyé, 1959).
Actuellement, le substrat de la mangrove guyanaise est en voie
d’érosion : « un peu partout s’observent des remparts de troncs de palé¬
tuviers drossés à la côte par les houles et entassés au pied des grands palé¬
tuviers, eux aussi en voie d’arrachage » (Boyé, 1961, p. 3). La « mangrove
décadente », plus en arrière, serait, suivant Boyé, due « à la cessation de la
recharge de la vasière par des sédiments frais, et au compactage du sol ;
à la dessalure du sol, là où l’onde de salinité de la marée ne parvient plus ;
à l’enrichissement probable en sulfures, ou du moins au confinement du
milieu par des nappes d’eau stagnantes plus acides ». Enfin, en certains
points, il y a ensablement de la mangrove; les bases des Avicennia sont
recouvertes de sable, ce qui entraîne leur dépérissement.
En résumé, la mangrove de Guyane française, essentiellement constituée
Source : MNHN, Paris
— 326
d’Avicennia, témoigne d’une évolution étroitement commandée par les
phénomènes d’envasement et de dévasement. Ce dernier entraîne l’éro¬
sion du front de la mangrove et le déchaussement des arbres. Inversement,
l’ensablement entraîne un dépérissement des peuplements. L’aspect en
bandes parallèles, caractérisées par la hauteur des arbres, est le résulta!
de ce dynamisme.
Les mangroves anciennes à Avicennia constituent une futaie pure et
régulière pouvant atteindre 25 m de haut, avec un couvert clair et des fuis
droits et cylindriques. Il ne s’y trouve pas de sous-bois, pas plus que dans
les stades pionniers (« pioneer scrub »). On peut toutefois y rencontrer
quelques pieds épars de Balis , Sesuvium, Iresine, Sporobolus ou Acrosli-
chum (Lindeman, 1953, p. 53). Deux lianes peuvent exister dans ces
mangroves : Bhabdadenia biflora et Siigmaphyllon ovatum (Brachypleris
ovala).
Lindeman (Ibid., p. 54) signale une mangrove « mixte », à Avicennia
et Bhizophora de grande taille, avec de plus quelques petits Laguncularia.
entre Blufpunt et l’embouchure de la Corantine II rapproche cette for¬
mation de l’association de mangrove « mûre » décrite par Davis en Floride.
A ces mangroves du front de mer s’opposent les mangroves des
estuaires, essentiellement constituées de Bhizophora. D’après Lindeman
(Ibid., p. 47), les Bhizophora et Avicennia pourraient remonter jusque
dans les régions d’eau entièrement douce : « the occurence of Bhizophora
and Avicennia in permanently fresh water makes it farly certain... that
both mangrove species can thrive well without sait... ». Fait que l’on peut
rapprocher de la présence de Bhizophora racemosa, espèce à large tolé¬
rance écologique, — dans les lagunes de Côte d’ivoire, en des emplacements
où l’eau est plus ou moins douce pendant au moins une partie de l’année
(grâce à l’apport des fleuves en saison des pluies).
Anderson (1912) a cité, en Guyane Britannique, l’existence de
mangroves remontant assez loin dans l’intérieur, et renfermant en mélange
Carapa guianensis et Plerocarpus officinalis ; en arrière d’elles peuvent se
trouver des marécages à Palmiers (Eulerpe edulis, Manicaria saccifera).
Plus haut se trouve une forêt riveraine à Botnbax aqualicum et Macro-
lobium vaupa (cité par Lindeman, p. 48). Ces groupements suggèrent une
comparaison avec les mangroves asiatiques à Xylocarpus (Carapa).
et avec certaines mangroves d’eaux saumâtres décrites en Afrique occi¬
dentale, dans lesquelles Plerocarpus sanlalinoides et des Palmiers (Baphia)
se mêlent aux Bhizophora, constituant une transition entre la mangrove
typique et les groupements hygrophiles d’eau douce.
Sur le plan phytogéographique, les affinités floristiques de la végé¬
tation côtière sud-américaine avec celle de l’Afrique atlantique sont bien
connues (nombreuses espèces communes : Bhizophora, Avicennia. Lagun¬
cularia racemosa, Dalbergia ecaslaphyllum, Hibiscus liliaceus, etc...) et
nous ne les rappelons que pour mémoire. On notera également l’existence
de groupements psammophiles homologues.
Source : MNHN, Paris
— 327 —
2. La végétation psammophile côtière
Sur les plages sableuses, Bena (1951) a signalé : Cereus curlisii Otto,
Dodonaea viscosa Jacq., Anacardium occidentale L., Canavalia marilima
Aubl., Ipomoea pes-caprae Roth. Par la présence de la Cactacée men¬
tionnée, cette végétation se rapproche de celle des reslingas brésiliennes.
Lindeman (1953, p. 58) souligne les affinités floristiques de la végé¬
tation herbacée psammophile côtière (le slrand associes de Davis) avec
celle des côtes de l’Ancien Monde, et fait remarquer que, outre les espèces
à grande répartition, il s’y trouve des espèces purement américaines :
Tephrosia cinerea var. litloratis, Bâtis marilima, Aliernanthera ficoidea,
Capraria biflora, Ileliolropium curassavicum. En raison de ces espèces
différentielles, il propose, pour ce groupement, le nom d 'Ipomoeelo-
Canavalielum americanum, afin de le distinguer de son homologue de
l’Ancien Monde.
LES FORÊTS DENSES HUMIDES
Couvrant la presque totalité du territoire (environ 90 % de la surface
des Guyanes, d’après A. C. Smith), les forêts denses humides, s’étendant
sur des substrats divers (plateaux, rives, bas-fonds marécageux), revêtent
certainement de multiples aspects physionomiques et floristiques, —
dont un simple voyage en canot ne saurait donner qu’un aperçu très
incomplet.
Si des inventaires floristiques de ces forêts ont été effectués par
d’assez nombreux botanistes et forestiers, l’étude des groupements
végétaux de ces forêts n’a été entreprise que par très peu d’auteurs.
L’aspect extérieur de ces forêts est, comme le note A. C. Smith,
« amazonien ». Il s’agit de forêts denses de type équatorial. Elles s’élèvent
sur les montagnes de l’intérieur, qui atteignent 1 000 à 1 300 m.
Dans la région de l’Essequibo inférieur, Davis et Richards ont
distingué parmi ces forêts 5 types floristiques, dont on notera qu’ils sont,
dans une large mesure, basés sur le critère de dominance et sur les condi¬
tions écologiques :
1. « Mixed forest consociation », forêt « mixte » ne pouvant être
définie par une espèce dominante, mais possédant plusieurs espèces conco¬
mitantes, parmi lesquelles : Penlaclelhra macroloba, Licania venosa,
Eschweitera sagoliana, Ocolea radioei. Ce type forestier est très répandu,
et a été considéré comme le « climax climatique » de la région.
2. « Mora-consociation », où domine Mora excelsa, avec, comme
« sous-dominants » : Pterocarpus officinatis, Penlaclelhra macroloba, Aldina
insignis, etc. Le sous-bois renferme : Bapatea, Carludovica, Pariana, ...11
s’agit d’une forêt ripicole, inondable; certains arbres y possèdent d’impor¬
tants contreforts.
3. « Morabukea-consociation », avec comme dominant : Mora
gongrijpii, et comme sous-dominants des espèces appartenant aux genres
Source : MNHI J, Paris
— 328 —
Eschu'eilera, Catoslemma, Penlaclelhra, Ocolea, Licania. Cette forêt, au
sous-bois très sombre, se trouve sur des sols bien drainés, non inondables.
4. « Greenheart consociation », avec comme dominant Ocolea
radioei ; les contreforts y sont peu développés.
5. « Wallaba-consociation », avec comme dominant Eperua
falcata, et comme sous-dominants Caloslemma fragrans et Licania buxi-
folia ; localisée sur les hauteurs de sable blanc, cette forêt a des arbres
petits, avec absence ou réduction des contreforts.
Les forêts de l’intérieur sont moins connues. On y a signalé l’abon¬
dance des Légumineuses, Sapotacées, Rosacées, Lécythidacées. Les espèces
endémiques des forêts septentrionales ( Ocolea radioei, Mora spp.) paraî¬
traient y faire défaut, en même temps que certaines espèces amazoniennes
(comme Berlhollelia excelsa, le célèbre « noyer de Para ») y auraient leur
limite Nord.
En Guyane française, d’après les prospections ou B.A.F.O.G. (citées
par Aubréville, 1961), on trouve des caractères floristiques très compa¬
rables : dans les forêts prospectées, on note la prédominance de 2 espèces
d ’Eschweilera (Lécythidacées) et d’ Eperua falcata; comme espèces de
seconde importance viennent : Licania micranlha et Parinari campeslris.
Sur 120 espèces inventoriées, 18 (soit 15 %) représentent 43 à 67 % du
nombre total des arbres. Dans l’ensemble il s’agit d’une forêt à prédomi¬
nance de Lécythidacées, Légumineuses, Rosacées et Sapotacées, comme
l’est la forêt amazonienne.
En Guyane britannique, Fanshawe (1952), s’inspirant de la classifi¬
cation des groupements établie par Beard pour l’Amérique tropicale,
admet les types forestiers suivants :
1. Rain-forest, à voûte de 20 à 45 m, avec quelques arbres attei¬
gnant 55 m ; deux espèces y sont bien représentées : Eschweilera sagoliana
dans la voûte, et Licania heleromorpha var. perplexans dans la strate
inférieure. Deux associations y sont mentionnées :
— association à Eschweilera et Licania , qui couvre de très vastes
espaces, et a pour dominants, dans la voûte : Eschweilera sagoliana,
E. décolorons, E. conferli/lora, Mora gongrijpii, Vouacapoua macropelala,
Aspidosperma excelsum;
— association à Eschweilera et Dicymbe, sur sols rouges et sables
bruns, avec comme dominants, dans la voûte : Eschweilera sagoliana, E.
sp. nov., Dicymbe allsoni, Eperua falcata,...
2. Seasonal forest, localisée dans les régions bien drainées soumises
à un rythme saisonnier bien marqué; plusieurs types y sont distingués :
— Evergreen seasonal foresl, à voûte peu dense, haute de 30 à 45 m,
et à sous-bois assez fourni; un groupement : « Goupia-Swarlzia-Aspido¬
sperma assemblage », avec comme dominants, dans la voûte : Goupia
glabra, Swartzia leiocalycina, Aspidosperma excelsum, Terminalia amazo-
nica, Parinari campeslris, Vochysia surinamensis, Humiria balsamifera,
llymenaea courbaril, etc.
— Semi-evergreen seasonal foresl, avec grands arbres caducifoliés
Source : MNHN, Paris
— 329 —
et espèces sempervirentes dans la strate inférieure; un groupement :
« Cordia-Cenlrolobium assemblage », avec comme dominants Cordia
alliodora, Cenlrolobium paraense, Apeiba schomburgkii, Enlerolobium
spp., Pellogyne pubescens, etc...
3. Dry evergeen forest, à physionomie plus xéromorphe en rela¬
tion avec un bilan hydrique moins favorable. Plusieurs types y sont
reconnus :
— Wallaba-foresl, avec l’association à Eperua-Eperua, caractérisée
par la dominance d ’Eperua falcala et E. grandiflora,
— xeromorphic rain-foresl,
— xeromorphic woodland,
— xeromorphic scrub, dans lequel prennent place 1’ « Ilumiria
/ loribunda community » et la « Psidium aqualicum community »,
— littoral woodland, avec la « Thespesia populnea community ».
4. Montané forest, subdivisée en :
— lower montane rain-foresl, localisée au-dessus de 400 m et peu
différente des forêts de plaine ; plusieurs groupements y sont distingués :
« Manilkara bidenlala assemblage », « Terminalia guianensis community ».
— montane rain-foresl, de 1 300 à 1 600 m, avec des épiphytes et
épiphylles nombreux :
— elftn woodland, riche en mousses, lichens, Orchidées et Bromé¬
liacées; représenté au mont Roraima.
5. Marsh forest, à sol soumis à des variations saisonnières de
l’humidité. Plusieurs groupements y sont reconnus, parmi lesquels :
— palm-marsh forest, avec l’association à Symphonia, Tabebuia
et Eulerpe,
— marsh forest,
— marsh woodland,
— palm marsh, avec la consociation à Mauritia flexuosa.
6. Swamp forest, où le sol est inondé plus ou moins en permanence.
Ce groupement renferme plusieurs types de forêts parmi lesquels :
— Mora forest, qui a la même structure que la rain-foresl ; Mora
excelsa y est dominant; 60 % des arbres sont des Légumineuses;
—- swamp foresl, avec, des arbres (Plerocarpus à contrefort) et des
palmiers (Eulerpe edulis);
— swamp woodland, avec la Bombax-Pterocarpus community (domi¬
nants : Bombax aqualicum et Plerocarpus officinalis) et la Croton-Inga
community (dominants : Croton cunealus, Inga nobilis, I. ingoides );
— mangrove foresl, etc.
A cet ensemble sont également rattachés les groupements maréca¬
geux herbacés (à Cyperus giganteus, à Monlrichardia, etc.).
La végétation des rives des cours d’eau revêt plusieurs aspects
classiques, avec des variantes liées au niveau par rapport à l’eau, à l’im¬
portance du courant, de l’érosion des berges, des dépôts alluviaux. En
Guyane Française, le long du bas Maroni, la forêt des rives est remarquable
par la présence de Pachira aqualica, Eperua, aux inflorescences très
Source : MNHI J, Paris
— 330 —
longuement pendantes à l’extrémité d’un pédoncule fdiforme dépassant
1 m ; les épiphytes sont nombreux ; par endroits, des espèces héliophiles
(une Bignoniacée lianescente à grandes fleurs roses, des Gleichenia)
constituent une draperie recouvrant le mur de la forêt.
Dans les hauts de rivières, où l’érosion et l’opposition entre rive
convexe et rive concave sont plus marquées, on trouve couramment la
structure suivante :
rive basse inondable sur sol alluvionnaire humide : pas de grands
arbres, à cause du courant, forêt basse à arbres parfois rampants, retom¬
bant sur l’eau; un Inga y domine, formant parfois des peuplements purs;
à quelques mètres du cours d’eau, ce boisement bas est dominé par des
arbres plus grands, généralement espacés : Triplaris surinamensis,
Cecropia; en arrière existe souvent un rideau de Ravenala guianensis ;
rive haute, avec corniche argileuse entaillée par l’érosion : forêt
ripicole de terre ferme, plus haute, avec Eperua? rubiginosa, Inga sp.,
Pachira sp., Parkia sp.,? Trichilia sp., etc...
Les arbres bordant les rivières sont souvent couverts d’une abon¬
dance énorme d’épiphytes : Peperomia (dont certaines espèces longue¬
ment pendantes), Orchidées (Epidendrum clavalurn,...), Broméliacées,
Aroïdées (Philodendron, Anthurium), Carludovica, Bégonia, Bhipsalis,
Marcgraviacées, Ctusia, Fougères nombreuses (VMaria,...), etc...
Dans le haut de leur cours, les rivières se rétrécissent, et la forêt des
berges les couvre d’une voûte parfois continue; le canot doit alors avancer
péniblement, parmi les branches et les troncs abattus, sur lesquels il
faut le pousser, à moins qu’il ne soit possible de passer en-dessous.
Les longues inflorescences grêles des Eperua pendent au-dessus de l’eau.
Par endroits, en saison sèche, il faut pousser le canot pour remonter les
rapides, où ne passent plus que des filets d’eau entre les rochers exondés.
Nous nous bornerons ici à citer les listes, indiscutablement incom¬
plètes, d’espèces rencontrées lors de quelques prospections; certaines de
ces prospections ont bénéficié du concours de M. Lemoine, à qui nous
devons l’identification des essences rencontrées; nous lui exprimons notre
reconnaissance pour la collaboration qu’il a ainsi apportée au présent
travail.
Forêt de terre ferme, sur la rive de l’Inini inférieur; sol à 5-10 m
au-dessus du fleuve : Vouacapoua americana (dominant), Dicorynia
guianensis (angélique), Minquarlia guianensis, Swarlzia lomentosa,
Swarlzia sp., Pellogyne venosa (amarante), Eperua falcala, Pithecellobium
pedicellare, Irianthera sagoliana, Ocolea rubra, Lecythis grandiflora,
Neclandra grandis.
Forêt dense près de Saut Macaque; sol à 2 m au-dessus de la rivière;
par endroit des flaques de boue, dans les dépressions, même en saison
sèche; après les pluies, de l’eau subsiste dans les dépressions; ce mauvais
drainage explique peut-être le couvert moins dense, permettant l’existence
d’espèces peu sciaphiles, voire héliophiles à des degrés divers (Ilirlella,
assez nombreux semis de Cecropia) ; quelques gros arbres (larges de 1 m
à 1,50 m à 1 m de hauteur), à larges empattements; diamètre de la majo-
Source : MNHN, Paris
— 331 —
rité des arbres : 0,50 m. Arbres : Eperua falcata, Bocoa (Swartzia) proua-
censis, Sivarlzia paraensis, Inga sp., Pipladenia suaveolens, Laelia porosa,
Cedrela sp., Ouralea sp., Jacaranda copahia, etc... Sous-bois : Hirtella sp.,
Ravenala guyanensis, Diplazia karaiaeformis (très grande Cypéracée),
semis de Cecropia, etc...
Forêt haute des berges du grand Ouaqui, sur rives élevées, non
marécageuses : Eperua? rubiginosa (abondant), Himalanlhus sp. (abon¬
dant), Ouralea et. flexuosa, Tapiriria guianensis, Copaifera guianensis,
Crolon malourensis, Acrodiclidium sp., Xylopia sp., etc...
Forêt basse sur les berges basses, inondées, plus ou moins maré¬
cageuses, de la même rivière : Inga? Ihibaudiana, Combrelum sp.et,
en arrière : Cecropia.
Forêt marécageuse sur la rive du Marouini; sol mou, imprégné
d’eau; par endroits de petits ruisseaux d’eau stagnante, sur fond vaseux;
le palmier pinot (Eulerpe oleracea) forme un peuplement presque pur;
quelques gros arbres se trouvent çà et là : gaïae, montouchi rose.
Forêt marécageuse près de Carbet brûlé : sol de sable gris, avec des
flaques d’eau; les Palmiers sont très abondants, surtout dans le sous-bois
(Kounanan, paricou sauvage, macoupi); parmi les arbres : Dicorynia
guianensis, Parinari, Carapa, Cecropia sciadophylla, Cecropia sp., etc...;
le Ravenala est abondant dans le sous-bois, où l’on trouve de plus :
Cephaelis sp., Diplazia karalaefolia, etc...
Quelques mesures fragmentaires que nous avons effectuées illustre¬
ront le microclimat des forêts, le long des rivières, et montreront la diffé¬
rence profonde qui le sépare de celui des régions déboisées, telles que la
grande clairière du poste administratif de Maripasoula.
Microclimats a Saut Macaque
Ilot boisé au milieu de la rivière.
(Journée du 6 septembre 1961.)
Températur
EN °C
8 h 30
9 h
10 h
11 h
12 h
13 h
17 h
18h 15
20 h 15
25.5
26,2
27.5
27,5
29,0
31,0
26,3
24.1
23.2
Hy(
Déficit
SATURATION
Nébulosité
(mm)
81
75
67
72
59
92
5,1
6.9
10,0
8.4
13.6
17.7
4.9
2.4
1/10
1/20
1/2
1/10
1/3
1/2
0
0
0
Source : MNHN, Paris
332 —
î. — Le Maroni et la forêt guyanaise, près de Maripasoula.
4. — La forêt des rives du Ouaqui à Saut Macaque. En canots : une famille indienne venant
de Saut Verdun, après avoir suivi le « chemin des Emerillons ■ depuis le bassin de l’Oyapock.
Source : MNHN, Paris
— 333 —
Dans le sous-bois la forêt dense, sur la rive droite du Ouaqui, près
de Saut Macaque, les mesures effectuées le 14 septembre 1961 à 14 h 30
(heure approximative du maximum thermique) ont donné :
Température de l’air : 28,5°
Hygrométrie : 61 %
Déficit de saturation : 12,8 mm.
Evaporation (de 12 h 30 à 14 h 30) : 0,15 cm 3 par heure,
soit 19,2 mg/min 100 cm 2 .
L’évaporation horaire, à Saut Macaque, a été : le 6 septembre 1961
dans l’îlot boisé : 0,1 cm 3 (soit 12,8 mg/min/100 cm 2 ) en début et en fin
de journée, 0, 35 cm 3 (soit 44,8 mg/min/100 cm 2 ) au milieu de la journée,
0,015 cm 3 (soit 1,9 mg/min/100 cm 2 ) en moyenne pendant la nuit. Le
7 septembre, l’évaporation horaire a atteint 0,4 cm 3 (soit 17 mg/min/
100 cm 2 ) au milieu de la journée.
Dans le sous-bois, sur la rive droite, elle a été, le 14 septembre : 0,1 cm 3
(soit 12,8 mg/min /100 cm 2 ) en début de journée, et 0,15 cm 3 (soit 19,2mg/
min / 100 cm 2 ) au milieu de la journée.
L’îlot rocheux boisé, à arbres petits, représente un milieu moins
fermé que le sous-bois de la forêt dense. Les maxima thermiques y sont
Source : MNHN, Paris
— 334 —
plus élevés. Par contre l’influence de la nappe d’eau (et des sauts) y est
considérable.
Il peut être intéressant de comparer à ces résultats ceux obtenus
à Maripasoula, en terrain découvert. La forêt, autour du poste adminis¬
tratif, y a été détruite sur plusieurs centaines de mètres. Le sol exposé à la
radiation solaire, s’y échauffe considérablement.
L’évaporation y atteint 0,7 cm 3 (soit 89,6/mg./min./100 cm 2 ) au
milieu de la journée du 31 août.
Ces valeurs illustrent l’effet du déboisement dans ces régions subéqua¬
toriales où la radiation solaire est intense. Les maxima thermiques et
l’évaporation y sont, comme on pouvait s’y attendre, plus élevés que dans
le sous-bois forestier.
L’écologie des forêts guyanaises a fait l’objet du très beau travail
de Schulz, déjà mentionné plus haut, effectué dans le Nord du Surinam.
Les observations faites montrent que, pour de nombreuses espèces
d’arbres, toutes les classes de taille sont représentées dans la forêt :
la régénération des essences se fait donc sur place, grâce au caractère
plus ou moins sciaphile ou du moins supportant l’ombre (shade tolérant),
des semis. Ceci s’oppose à des observations qui avaient été faites dans
certaines forêts denses africaines, où bon nombre d’espèces de première
grandeur ne sont pas représentées dans le sous-bois, en raison du caractère
plus ou moins héliophile de leurs germinations (Mildbraed, Aubréville,
etc...) On pourrait rappeler à ce propos l’interprétation donnée par Lebrun
et Gilbert dans leur étude des forêts du Congo : beaucoup d’essences
de grande taille sont héliophiles, et ne peuvent se régénérer que grâce
aux éclaircies, naturelles (chablis) ou anthropiques, de la voûte. Cette
opposition dans le mode de régénération entre les forêts denses d’Afrique
et de Guyane ne serait cependant pas une opposition foncière, et nous
nous rangeons à l’ingénieuse interprétation qu’en donne Schulz : les
forêts d’Afrique x , soumises à de fréquents défrichements, ne seraient pas
de véritables climax, ayant atteint un état d’équilibre, alors que les forêts
guyanaises, intactes ou du moins non dégradées par l’homme depuis des
temps lointains, seraient au contraire des forêts en équilibre. Sans doute
pourrait-on rapprocher de ces faits l’intéressante observation citée par
Schulz (p. 226) montrant qu’un petit nombre seulement des arbres de
la forêt dense guyanaise possèdent des graines ou des fruits dispersés par
le vent. On pourrait aussi établir un parallèle avec la distinction établie
par Letouzey, au Cameroun, entre les arbres à diaspores lourdes (baro-
chores), caractérisant les forêts en équilibre, et les arbres à diaspores
anémochores, qui ont un considérable pouvoir colonisateur vis-à-vis des
régions éclaircies de la grande forêt. En Afrique, Lophira alala, aux fruits
ailés (et aux semis héliophiles), pourrait devoir, comme le pense Letouzey,
sa répartition apparemment irrégulière, au fait qu’il ne peut se régénérer
de façon notable dans des forêts en équilibre stable, mais peut par contre
J. Du moins celles qui ont fait l’objet des observations précitées.
Source : MNHN, Paris
— 335 —
abonder dans des régions où ont eu lieu des défrichements. La fréquence
de ce grand arbre dans de nombreuses forêts denses d’Afrique viendrait
ainsi à l’appui de l’interprétation donnée par Schulz.
LES SAVANES DE GUYANE
Dans son étude de la végétation des Guyanes, A. C. Smith (1945)
distingue deux types géographiques de savanes :
1° les savanes des plateaux (« upland savannas ») ;
2° les savanes humides de la région côtière.
Les premières occupent une aire assez vaste dans le Sud-Ouest
de la Guyane Britannique, elles paraissent constituer un prolongement
oriental des llanos du Vénézuela et des savanes du Rio Branco (Brésil).
Localisées à une altitude de 100 à 150 mètres, elles ont une surface ondu¬
leuse, et sont interrompues çà et là par des dômes granitiques, tels que les
monts Kanuku. D’après A. C. Smith, la pluviosité y serait de l’ordre de
1 500 mm, ce qui permettrait de les considérer comme climatiques (« true
climatic savannas »). Le tapis herbacé y est formé par des Graminées
des genres Andropogon, Cymbopogon, Trachypogon, Elyonurus, Paspalum,
Arundinella, Heleropogon. Par endroits dominent des Cypéracées ( Cyperus ,
Carex, Hemicarpha, Dichromena, Scleria, Mariscus). On cite également
des Légumineuses basses : Indigofera pascuorum, Eriosema lanceolatum,
Tephrosia cinerea. Comme autres plantes sont mentionnées : Cyrlopodium
crislalum, Hippeaslrum solandrifolium, Curculigo scorzone.raefolia. Parmi
les arbres : Curalella americana (qui domine), Bowdichia virgilioides,
Byrsonima verbascifolia, et, dans les bosquets : Byrsonima crassifolia,
Hirtella spp., Clusia spp., etc... La limite entre ces savanes et la rainforest
est nettement tranchée.
Plus récemment, Lanjouw (1954, p. 47), se basant sur des critères
édaphiques, reconnaît trois catégories de savanes en Surinam :
1) savanes sur terrains assez élevés, entre les cours d’eau («flat-
watershed type »); c’est le type le plus fréquent, réalisé chez 70 % des
savanes de Surinam; le sol, généralement sableux, y est lessivé; la végé¬
tation, initialement forestière, a ainsi pu dégénérer en « forêt » sèche
(« savanna forest »), elle-même remplacée par la savane, maintenue par
les feux;
2° savanes sur substrat argileux (affleurant ou recouvert de sable);
d’origine nettement édaphique et indépendante des feux; ce type est
répandu dans la région côtière;
3° savanes sur sol lessivé et cuirasse ferrugineuse (« leached-soil-
and-impermeable-ironpan type »), chez lesquels le lessivage, intervenu
précocement, n’a pas pu permettre l’installation de la rain-foresl, la végé¬
tation primitive étant ouverte; c’est également, d’après Lanjouw, un
type édaphique, indépendant des feux.
Source : MNHI J, Paris
— 336 —
Les savanes côtières
Les savanes côtières d’Amérique du Sud et d’Afrique tropicale.
Le problème de leur origine
La plaine côtière basse de Guyane présente de vastes savanes,
plus ou moins arborées, séparées par des bandes de forêts, à aspects de
galeries, et renfermant des bosquets denses, altérés ou secondarisés. Ce
paysage est homologue de ceux que l’on trouve en de nombreuses autres
régions littorales du monde tropical, et où l’on trouve également des
savanes sous un climat favorable à la forêt tropicale humide. De telles
savanes côtières ont été particulièrement décrites en Afrique (Gabon,
Côte d’ivoire, ...) : « l’originalité de ces savanes tient à leur aspect insolite
en pays subéquatorial dont la pluviosité demeure encore élevée et les
facteurs d’humidité assez intenses pour n’être pas limitant » (Adjanohoun,
1962, p. 1).
Ces savanes côtières de Guyane ont fait l’objet des recherches de
Pulle, Benoist, Lanjouw et, plus récemment, de J. Hoock, qui a étudié
leur composition floristique et leurs groupements, en relation avec les
conditions écologiques.
L’origine des savanes côtières en pays tropicaux humides, tant dans
l’Ancien Monde que dans le Nouveau, a suscité diverses hypothèses. On
s’accorde pour les considérer comme non climaciques, comme l’a souligné
Adjanohoun (p. 1) pour les savanes littorales de basse Côte d’ivoire.
Par contre leur lien avec un substrat sableux paraît plaider pour un déter¬
minisme édaphique. C’est ainsi qu’AuBERT de la Rue (1958) a très juste¬
ment fait remarquer que les savanes côtières de Guyane correspondent
à l’apparition des sables de la région littorale. De façon comparable,
les savanes côtières de Côte d’ivoire sont établies sur un substrat sableux.
Inversement, il a été constaté, pour les savanes littorales de Côte
d'ivoire, que la suppression des incendies annuels a pour conséquence
une reconquête de ces espaces herbeux par la végétation ligneuse, —
fait qui atteste leur caractère non naturel et plaide pour la vocation fores¬
tière du territoire. Des hypothèses variées ont tenté d’expliquer l’existence
de ces savanes littorales de Côte d’ivoire : action anthropique, causes
édaphiques, origine paléoclimatique. Jacques-Félix (1948) se range à
l’interprétation très judicieuse d’une déforestation anthropique ayant
porté sur des forêts instables du fait de leur substrat sableux; il s’agirait
donc d’un déterminisme édapho-anthropique. A l’appui de cette interpré¬
tation on pourrait rappeler le fait (déjà cité par Adjanohoun) que des
amas de coquillages, dans ces régions côtières, attestent un peuplement
humain ancien. Des hypothèses plus récentes (cf. Miège, Leneuf, Aubert,
Adjanohoun) tiennent par contre largement compte des faits paléocli¬
matiques. Mangenot (1955) a souligné que la reforestation, lors du retour
d’un climat humide, s’est faite plus rapidement sur les substrats cristallins
ou schisteux que sur les sols pauvres. Sur ces derniers, les feux anthro¬
piques (qui existent depuis des époques très anciennes) auraient ainsi
Source : MNHN, Paris
— 337 —
pu favoriser le maintien du paysage xérique ancien, à flore savanicole.
Ainsi ces savanes côtières de basse Côte d’ivoire seraient, d’après l’ex¬
pression d’ADjANOHOUN (1962, p. 28), « des savanes naturelles d’origine
paléoclimatique qui se seraient maintenues à cause d’un édaphisme
particulier doublé d’une action biotique variable dans les diverses régions ».
Ce caractère « relictuel » des savanes littorales de Côte d’ivoire explique¬
rait que « leurs flore est étroitement apparentée à celle des savanes gui¬
néennes, qui sont beaucoup plus importantes. Toutes les espèces caracté¬
ristiques, à l’exception de quelques endémiques probables, se retrouvent
dans les savanes préforestières... Les zones actuelles de savanes sur sables
néogènes paraissent en effet des reliquats climatiques des savanes septen¬
trionales qui se sont avancées jusqu’à la côte à une époque plus sèche »
(Adjanohoun, 1962, p. 28). De son côté, Aubréville (1962) pense que,
après ses régressions d’origine climatique, la forêt dense « n’a pas encore
pu s’établir sur tous les terrains où le climax est redevenu forestier ».
Notamment les sols sableux ont pu, conjointement avec les feux, freiner
le retour de la forêt. Ce sont là des considérations qui ne doivent pas être
perdues de vue dans toute tentative d’interprétation des savanes côtières,
telles que celles de Guyane.
Il est hors de doute que vouloir attribuer un paysage botanique,
tel que des savanes, à une cause unique relèverait d’un postulat; la Nature,
dans ses causes agissantes, est multiple. L’idée d’un déterminisme édapho-
anthropique (sols sableux, feux), — suggérée par la localisation et le
dynamisme des savanes littorales de Côte d’ivoire, — n’exclut pas ipso
facto les causes paléoclimatiques et historiques, — et parmi celles-ci la
grande ancienneté des feux, qui ont pu fort vraisemblablement se pour¬
suivre annuellement depuis une époque plus sèche, à flore savanicole,
jusqu’à nos jours, — expliquant le maintien de cette dernière malgré la
reforestation des territoires voisins, à sol plus riche : l’équilibre savane-
forêt est lié à des causes multiples, climatiques, édaphiques, humaines.
Il est hors de doute que toute tentative d’interprétation causale des
savanes littorales de Guyane ne pourra être entreprise que dans le con¬
texte des savanes côtières des pays tropicaux humides en général, — sans
que soit, pour cela, impliqué que leur origine soit en tous points identique.
L’élément édaphique est indiscutable dans le déterminisme des
savanes littorales de Guyane, localisées sur des sables souvent humides.
L’élément anthropique, représenté par les feux, intervient tout aussi
indiscutablement dans leur maintien. Faut-il voir en elles des formations
ayant succédé à d’anciennes forêts disparues, ou au contraire des paysages
relictuels? Il ne paraît pas possible de préciser quel put être, jadis, l’impor¬
tance du facteur humain dans ces régions : cette zone littorale de Guyane
fut incontestablement habitée par les Indiens, comme en témoigne
l’existence de roches gravées près de Cayenne, mais nous ne savons quelle
put être l’importance de leurs cultures, — et par suite celle de la défores¬
tation qu’ils ont pu effectuer. Les Indiens des régions forestières basses ne
pratiquent que peu d’agriculture; mais nous ne savons pas s’il n’a pas
Source : MNHN, Paris
— 338 —
existé épisodiquement des populations à agriculture plus développée 1 , —
et par ailleurs une agriculture même très rudimentaire peut, avec les
siècles, dégrader de vastes étendues de forêt (et de sol), surtout si ce der¬
nier est naturellement pauvre et peu favorable à la reforestation. Des
forêts malingres sur sol sableux peuvent être très vulnérables aux feux.
Les savanes côtières de Guyane : géographie et écologie
Les savanes côtières forment une bande discontinue parallèle au
littoral. En Surinam, Lanjouw (1954, p. 46) mentionne que cette zone
de savanes commence à 15-20 km de la côte dans la partie N.-E. et à
200 km dans l’Ouest; les plus grandes atteindraient 1 000 ha., et la
surface totale des savanes de Surinam, d’après Cohen et van der Eyk,
serait de 96 000 lia (Lanjouw, 1954, p. 46).
En ce qui concerne le substrat de ces savanes, rappelons l’existence
de savanes sur sables et de savanes sur argile imperméable parfois recou¬
verte de sable).
Des bosquets, assez dégradés, parsèment ou séparent ces savanes.
Les quelques mesures ci-dessous, faites le 16 août 1961, de 12 à 14 heures,
dans les savanes de Kourou, par temps ensoleillé (25 % nuageux), illus¬
trent le microclimat comparé d’une savane à Rhynchospora barbata et
Byrsonima verbascifolia et d’un bosquet voisin; l’évaporation est exprimée
en mg par minute et 100 cm 2 .
12 h.
14 h.
Savane
BosguET
Tempér.
Hygr.
Déficit
Tempér.
Hygr.
Déficit
emp.
30,5®
30,5®
69
59
11,5
15,1
57,6
28,2®
28,3®
79
69
6,6
9,8
19,2
Composition des savanes côtières
Lanjouw, en Surinam, a signalé la monotonie floristique des savanes :
« Recent explorations in the Suriname savanna hâve shown that diffé¬
rences in the composition of the savanna végétation are of minor impor¬
tance as throughout the country the more frequent savanna species are
the same » (1954, p. 45-46). Il cite, parmi les herbacés dominants : Rhyn¬
chospora spp., Lagenocarpus Iremulus, Panicum micranllium, Bulboslylis
1. En Amazonie, la région de Santarem, où existent de vastes étendues de cerrados
(savanes), paraît avoir eu à une certaine époque une population assez évoluée; on y
trouve dans le sol de nombreuses poteries et figurines de terre, de style presque mexicain.
Par ailleurs, il est bien connu que le peuplement indien de la Guyane a considéra¬
blement diminué depuis quelques siècles.
Source : MNHI J, Paris
— 339 —
lanala, B. conifera, Gymnopogon foliosus, Hypolylrum pulchrum, et parmi
les arbres : Clusia nemorosa, C. fockeana, Humiria floribunda, Licania
incana, Bombax jlavijlorum, Aulomyrcia pyrifolia, et, dans les savanes-
vergers (« orchard type »), Curalella americana. Des listes détaillées de
cette flore ont été publiées par Lanjouw (1936). Elles font apparaître
un nombre restreint d’espèces arborescentes : Licania incana, Miconia
guianensis, M. ciliala, Byrsonima, Humiria, Curalella americana, etc...,
et, dans les « savannah forests » : Licania, Miconia, Roupala, Plumeria,
Rauivolfia, etc... Ces listes mettent également en évidence l’abondance
des Cypéracées : Rhynchospora, Scleria. Dans les lieux humides, Lanjouw
cite : Drosera pusilla, Sauvagesia sprengelii, Burmannia bicolor, Paepa-
lanthus polylrichoides, Lycopodium méridionale, etc...
Lanjouw (1954, p. 46) estime que, dans les savanes de Surinam,
il semblerait n’y avoir qu’une seule association, — dans laquelle cependant
on peut reconnaître un nombre élevé de sous-associations, — dont cer¬
taines peuvent n’être que temporaires. « This uniformity is in a way
remarkable as these savannas... occur on quite different soils and are of
quite different origin ». Les limites entre les groupements sont très souvent,
note-t-il (1936, p. 834), nettement tranchées.
Occupant des substrats très semblables, les savanes côtières de Guyane
française sont comparables à celles décrites en Surinam par Lanjouw.
Elles font actuellement l’objet d’une étude détaillée de notre confrère et
ami J. Hoock. Nous n’en parlerons donc pas en détail, nous bornant à
mentionner la pauvreté de leur peuplement arborescent, où l’on ne trouve
guère que Byrsonima oerbascifolia, B. crassifolia (ces deux espèces ayant,
d’après les observations de Hoock, une écologie différente, et se rencon¬
trant à des niveaux topographiques légèrement différents), Curalella
americana, Tibouchina aspera, Miconia albicans, ... Le tapis herbacé
est lui-même assez pauvre en espèces, avec souvent une dominance de
Rhynchospora barbala, auquel s’ajoutent d’autres Rhynchospora, divers
Scleria, Paspalum et Panicum. Les recherches poursuivies par J. Hoock
ont mis en évidence des variantes du tapis végétal de ces savanes, en
relations avec le niveau (bombements du sol, ...) et la nature du sable.
Par endroits, un Adiantum est assez abondant dans le tapis herbacé.
Lanjouw, en Surinam, a décrit la végétation des régions basses, plus
humides, de ces savanes, où l’on trouve des Xyridacées, des Burman-
niacées, des Lentibulariacées, Drosera, Sphagnum, — et mentionné les
peuplements de Maurilia flexuosa dans les régions inondées. En Guyane
française, on trouve, de façon identique, dans ces savanes plus humides :
Fuirena umbellala, Cyperus haspan (Cypéracées qui existent aussi en
Afrique dans des stations homologues), Xyris, Jussiaea, Aeschynomene
sensiliva, etc...
Dans les bosquets denses dégradés, on trouve : Clusia sp., Chryso-
balanus sp., Hirlella sp., Tococa sp., Scleria secans 1 , etc...
X. Espèce reconnue récemment comme identique à Scleria barleri de l’Ouest
Source : MNHN, Paris
— 340 —
Comparaison avec les llanos vénézuéliens
Une comparaison a été tentée entre les savanes guyanaises et les
vastes llanos du Vénézuéla. Ce sont essentiellement les savanes intérieures
de la Guyane qui ont été rapprochées des llanos dont elles sont en quelque
sorte un prolongement (Hitchcock 1922, p. 441); la pluviosité (de l’ordre
de 1 150 mm) y est comparable, s’opposant à celle, bien plus élevée, des
savanes côtières. Depuis la lointaine description des llanos par Lope de la
Puebla (1521), ceux-ci ont été décrits par Humboldt, Mendoza, Schim-
per, Warming, Bews, Myers.
Myers (1953) y a décrit plusieurs types de paysages : savanes à Andro-
pogon et Curalella americana, variant depuis des savanes ouvertes jusqu’à
des savanes-vergers à Curalella, — formations épineuses à Acacia macran-
cantha, — savanes à Cymbopogon rufus, Curalella americana et Bowdichia
virgilioides...
Toutes ces formations sont, par leur composition, très différentes
des savanes côtières de Guyane, et se rapprochent des savanes de l’inté¬
rieur guyanais, telles qu’elles ont été décrites par Schomburgk et Hit-
chock.
Comparaison avec les cerrados brésiliens
La pauvreté floristique de ces savanes littorales est à noter. Leur
flore ligneuse très réduite ne saurait être comparée à celle des savanes
et boisements xériques du Planalto Central brésilien, ni même à celle
des enclaves de savane de l’Amazonie (région de Santarem), où se retrou¬
vent bon nombre d’espèces du centre du Brésil. Elles sont également plus
pauvres que les savanes d’Amapa (en basse Amazonie), étudiées par
Magnanini (1953), — qui pourtant avait noté leur relative pauvreté
par rapport aux cerrados du Planallo Central, et en avait tiré argument
pour penser qu’elles étaient plus récentes que ces derniers.
On peut, a priori, imaginer à cette pauvreté des savanes littorales
de Guyane deux origines possibles, qui ne sont d’ailleurs pas exclusives
l’une de l’autre : ou bien elle serait due à des circonstances historiques
ou paléogéographiques n’ayant permis que très peu de migrations floris¬
tiques, ou bien elle serait liée aux conditions édaphiques locales, défavo¬
rables à la majorité des espèces propres aux cerrados. Une étude écologique
précise permettrait de préciser cette dernière éventualité. On pourrait
envisager également l’hypothèse suivant laquelle la pauvreté de ces
savanes serait due à l’absence de refuges édaphiques où aurait pu se main¬
tenir une flore sèche ayant par la suite peuplé, à mesure de leur formation,
ces savanes. Enfin l’âge récent de ces savanes, — peut-être d’origine
anthropique (au moins pour bon nombre d’entre elles), et localisées sur
des sables eux-mêmes récents, — pourrait aussi être invoqué pour expli¬
quer leur pauvreté floristique.
africain. Cette Cypéracée grimpante forme de grandes draperies, jusqu’à plusieurs
mètres de hauteur, dans la végétation secondaire, et particulièrement sur les lisières.
Source : MNHI J, Paris
— 341
5. — Rives boisées inondables du bas Maroni. On notera, à gauche, la présence de quelques
très grands Monlrichardia arborescens.
Source : MNHN, Paris
— 342 —
Origine des savanes guyanaises
Les auteurs qui ont étudié les savanes de Surinam (Pulle, Lan¬
jouw, ...) ont souligné le rôle qu’a pu jouer dans leur genèse le lessivage
du sol. Pour Lanjouw (1936, p. 834), l’emplacement occupé par les sava¬
nes (ou du moins par certaines d’entre elles) fut à l’origine couvert par la
rain-forest. Le lessivage du sol aurait entraîné le remplacement de celle-ci
par une forêt moins dense, sensible à la sécheresse et à l’action destruc¬
trice des feux; ainsi aurait pu s’installer la savane, ultérieurement main¬
tenue par les incendies répétés, — constituant ainsi un « climax du feu »
(fire climax). Toutefois d’autres savanes de Surinam, sur argile imper¬
méable et sur des cuirasses, seraient purement édaphiques et indépen¬
dantes des feux (Lanjouw, 1954, p. 47).
Aubréville (1961) pose également le problème de l’origine de ces
savanes, et souligne que, dans les mêmes régions, peut exister une forêt
vivant également sur des sables. Les feux ont certainement pu exercer
une action sur la régression forestière, dont des bosquets d ’Aslrocaryum
en savane pourraient être des indices. Pourtant, pense Aubréville,
cette régression par l’action des feux pourrait n’être que locale et limitée,
et l’origine de l’ensemble de ces savanes paraît « sans explication pleine¬
ment satisfaisante ».
Liées à des substrats défavorables et à la présence des feux, les
savanes côtières de Guyane ont un déterminisme actuel édapho-anthro-
pique. Faut-il voir en elles des formations ayant succédé à des forêts,
grâce à des feux allumés par l’homme, — ou au contraire (comme cela a
été supposé pour les savanes littorales de Côte d’ivoire) des reliques
anciennes maintenues (et non créées) par les feux? Il ne paraît pas possible
de répondre à cette question.
Par leur pauvreté, ces savanes sont très différentes de celles qui
existent en enclaves dans l’Amazonie brésilienne, et qui paraissent
anciennes et sont peut-être des reliques d’une avancée septentrionale de
la flore du Planalto Central ( Flora gérai du Brésil), sous un climat ancien
plus sec. Elles ne paraissent pas justiciables d’une telle hypothèse explica¬
tive. D’ailleurs les sables qui les portent sont plus récents que l’époque
ancienne où aurait pu se faire une telle extension de la flore sèche des
cerrados.
On pourrait toutefois imaginer que, si une telle extension vers le
Nord de la flore des cerrados a pu avoir lieu, elle aurait laissé des témoins
en quelques stations édaphiques favorables (sommets rocheux, ...), où
la forêt humide n’aurait pu s’installer. De tels sites édaphiques existent
en Guyane. Si un tel mécanisme était intervenu, le peuplement des
savanes côtières aurait pu se faire à partir de ces « refuges édaphiques ».
Leur pauvreté floristique semblerait s’opposer à une telle hypothèse;
il semble peu probable que la flore des cerrados brésiliens ait pu atteindre
les Guyanes lors d’une période sèche ancienne. D’ailleurs la flore xérique
des dômes rocheux de l’intérieur guyanais plaide dans le même sens.
Probablement faut-il voir, dans cette absence de migration septentrio-
Source : MNHN, Paris
— 343 —
nale, le résultat de la barrière qu’à constituée, pendant une longue partie
du Tertiaire, la mer amazonienne.
LA VÉGÉTATION HYGROPHYTIQUE DE LA RÉGION CÔTIÈRE. LES
MARÉCAGES
La végétation des savanes humides et des bas-fonds, en région de
savanes, a été décrite par Lanjouw (1936, 1954). A. C. Smith (1945)
en a fait une récapitulation synthétique.
Dans les bas-fonds humides, en savane, ont été signalés : Drosera
sessilifolia, D. pusilla, Sauvagesia sprengelii, Ulricularia sp., Paepalan-
Ihus polylrichoides, Burmannia bicolor, Lycopodium méridionale, etc...
Parmi les marécages de la plaine côtière, Lanjouw (1936) a distin¬
gué trois types principaux :
1. Marais à Typha angustifolia L. et Cyperus giganteus Vahl :
végétation très dense, à laquelle les Cyperus de taille spectaculaire don¬
nent une physionomie très particulière; autres espèces : Jussieua nervosa
Poir., Ipomoea subrevolula Choisy, Cyperus digilalus Roxb. ;
2. Marais à Cyperus arliculalus L. ;
3. Marais à Homalocenchrus hexandrus (Sw.) Kuntz.
Lindeman (1953), dans la région côtière de Surinam, décrit (p. 59)
plusieurs types de marécages à végétation herbacée :
groupement à Eleocharis mulala;
groupement à Typha angustifolia et Cyperus arliculalus ;
marécages à Leersia hexandra ;
marécages à Cyperus giganteus, Typha angustifolia, Scleria egger-
siana, Thalia geniculata, avec quelques pieds de Monlrichardia arbo-
rescens;
groupement à Bhynchospora corymbosa ;
groupement à Lagenocarpus guianensis et Cypéracées diverses.
Lanjouw a donné des listes d’espèces vivant dans ces groupements
hygrophiles; citons, d’après lui, parmi les espèces les plus représenta¬
tives : Typha angustifolia L., Cyperus giganteus Vahl, Monlrichardia
arborescens Schott, Pistia slratioles L., Hibiscus sororius L., Aeschyno-
mene sensiliva Sw., Neplunia oleracea Lour., Jussieua nervosa Poir.,
J. inclinala L. f., J. suffrulicosa L., ./. pilosa H. B. K., Blechnum serru-
lalum Richard, etc...
Nous citerons ici quelques exemples de bas-fonds marécageux que
nous avons pu observer parmi les savanes côtières de Guyane française.
Dans un bas-fonds marécageux, en grande partie desséché (août
1961), mais conservant quelques flaques d’eau, dans la région de Paria-
cabo, nous avons noté :
dans les régions partiellement desséchées (vase humide) : Caperonia
paluslris St. Hil., Neplunia plena Benth., Aeschynomene sp., Borreria sp.
dans les portions plus humides : deux espèces de Jussieua, Caperonia
caslaneifolia St. Hil., Mimosa? camporum Benth, Nymphoides humbold-
liana O. K., Nymphaea sp. (n° 11172), Fimbrislylis sp., ...
Source : MNHI J, Paris
— 344
7. — Un canot de la mission dans les rapides, près du confluent de l'itany et du Marouini.
Sur les récifs (et notamment au premier plan) : abondant peuplementde Mourera fluuialitis,
grande Podostémonacée à hampes dressées de fleurs roses.
5.— Mourera fluviatilisi Podostémonacées) en fruits, après émersion desrécifs, lors de ladécruc.
Source : MNHN, Paris
— 346 —
courant assez rapide, émergées en septembre : peuplement de très petites
Podostémonacées, les uns thalloïdes ( Oserya minima v. Roy.,...), les autres
à tige ( Trislicha Irifaria Spr.) ;
fonds de rivières caillouteux, non émergés en septembre : peuple¬
ment d’Apinagia flexuosa (Tul.) v. Roy., à tiges et longues feuilles flot¬
tantes dans le courant (aspect rappelant un peu les Laminaires ou les
Fucus), d’où s’élèvent les fleurs à l’air libre;
rochers émergeant dans le courant d’août : Apinaqia richardiana
(Tul.) v. Roy.
L’écologie des divers peuplements de Podostémonacées mériterait
d’être précisée, en fonction du courant, de la roche, de la date d’émersion,
du degré d’aération de l’eau (lié à sa vitesse) et peut-être aussi de l’empla¬
cement dans le cours de la rivière. Certaines espèces n’ont été rencontrées
par nous que dans les hauts de rivières, très riches en rapides. On notera
que le comportement des petites espèces, presque incrustantes ( Oserya
minima, Trislicha Irifaria, ...), qui fleurissent au moment même de l’émer¬
sion (1 cm d’eau seul recouvrant la dalle), est très différent des grandes
espèces à tige flottante (Apinagia flexuosa) qui, grâce à leur flottaison
au ras de la surface, fleurissent à l’air libre alors que leur base est encore
recouverte de 20 à 40 cm d’eau.
LA VÉGÉTATION DES DOMES ROCHEUX
Il existe, en Guyane, des dômes rocheux dénudés qui s’élèvent
au-dessus des vastes étendues de la forêt. On les voit en survolant le
pays, — comme nous l’avons fait, à basse altitude, de Maripasoula à
Cayenne. Certains, sont arrondis, d’autres véritablement en forme
de pain de sucre, — tel celui que nous avons entrevu au détour d’une
boucle de la rivière Marouini, et qui a l’aspect d’un véritable pain de
sucre, aux parois presque verticales. Ces reliefs rappellent ceux que l'on
rencontre en diverses régions du monde tropical, et notamment au Brésil.
On les appelle souvent, en Guyane, « savanes-roches ».
Accéder à l’un de ces dômes est difficile. Circulant en canot sur les
rivières aux berges boisées, on ne les voit généralement pas. Du sous-
bois forestier, on ne distingue aucun repère pour se diriger vers eux.
L’intérêt botanique de ces dômes granitiques est de porter une végé¬
tation héliophile, plus ou moins xérique, profondément différente de la
flore forestière humide. Leur peuplement végétal est probablement ancien ;
sans doute peut-on envisager, au moins pour certaines espèces, la possi¬
bilité d’un apport par les vents ou les oiseaux; pourtant il paraît vraisem¬
blable que ces dômes aient pu servir de refuge à des espèces xériques
non forestières, témoins possibles d’époques anciennes plus sèches. Sur
le plan des groupements végétaux, leur tapis végétal représente des stades
initiaux de séries évolutives.
Une étude systématique de ces dômes rocheux serait donc, à bien des
égards, utile. Nous parlerons ici d’un dôme rocheux, d’altitude environ
220 m, qui se dresse au-dessus de la forêt vierge, au Sud de Grand Soula.
Grâce à la carte détaillée établie d’après les photographies aériennes, il
Source : MNHN, Paris
— 347 —
9. — Étang près de Sinnamary (région côtière) avec peuplement de Monirichardia arboresccns
(Aracée). Au premier plan : Nymphaea.
10. — Clairière naturelle sur un dôme rocheux (« savane-roche ») au Sud de Grand Soula. On
notera l'analogie avec les « boka » de Côte d'ivoire.
Source : MNHN, Paris
— 348 —
nous fut possible, sans trop de tâtonnements, de l’atteindre à la boussole,
à partir d’une boucle déterminée de la rivière Marouini.
En grande partie dénudé, faute de possibilité de maintien d’un sol,
ce dôme granitique présente par endroits des bosquets de petits arbres
et les étendues herbacées.
En lisière de la forêt dense qui ceinture sa base, et en lisière des bos¬
quets, on trouve des Fourcroya de grande taille, un Clusia, un Tabebuia,
un Anthurium. Les bosquets sont surtout constitués par le même Clusia,
associé à un Vilex, avec un sous-bois renfermant une grande Zingibé-
racée, des tapis de Sélaginelle, quelques Graminées, des Broméliacées
terrestres.
Sur les dalles à faible pente, on rencontre des massifs de la specta¬
culaire Orchidée terrestre Cyrlopodium andersonii (caractéristique des
« savanes-roches » de Guyane, d’après les observations de Hoock), aux
hauts pseudobulbes aigus atteignant 30-40 cm, et aux inflorescences dépas¬
sant 1 m. On y trouve aussi de grandes Broméliacées.
Les dépressions de la dalle sont occupées par des Graminées et
Cypéracées, sur une mince couche de terre d’aspect tourbeux.
Il n’y a, dans la végétation héliophile de ce dôme rocheux, rien qui
rappelle les cerrados brésiliens : les espèces caractéristiques de ceux-ci
n’existent pas ici; il n’y a pas d’arbres â liège épais. Certes le substrat
ofîert par ce dôme rocheux est différent de celui des cerrados. Pourtant
la différence profonde qui sépare sa flore de celle de ces derniers, et de celle
des escarpements rocheux à végétation xérique d’Amazonie 1 est à noter.
Il serait, bien entendu, nécessaire de prospecter de nombreux dômes
rocheux des Guyanes avant de pouvoir conclure. Si l’absence d’affinités
de ces « savanes-roches » guyanaises avec les cerrados brésiliens se confir¬
mait, on aurait là un fait qui s’ajouterait à la grande pauvreté floris¬
tique des savanes littorales de Guyane pour supposer que la flore xérique
du Brésil central n’a jamais atteint ces régions.
LA VÉGÉTATION DES MONTAGNES
La végétation des montagnes et collines de l’intérieur a fait l’objet
de quelques études. Sur les sommets granitiques des Kanuku mountains
(Guyane Brit.), ont été signalés : Campylopus savannarum (Mousse),
Pleridium arachnoideum, Epidendrum decipiens, Pilcairnia nuda, Chelo-
nanlhus uliginosus, Myrcia sylvatica, etc...
La région montagneuse du Roraima, dans la chaîne de Pacaraima,
est peu connue. Dans la zone des brouillards vit une forêt riche en épi-
phytes; le sommet rocheux est déboisé ou avec une végétation buisson-
nante ( Ilex myrciei, Phoradendron, Didymopanax, etc...).
Les groupements végétaux des montagnes de l’intérieur ne sont
guère connus que par les observations de Davis (1936) et de Fanshawe
(1952). Sur les basses pentes vit une seasonal foresl, qui peut être semi-
1. Cf. Bouillf-nne, 1930, p. 139, pl. XXXII; Schnell, 1961, p. 178, et pl. XIII
et XIV.
Source : MNHI J, Paris
— 349 —
caducifoliée (avec notamment un groupement à Cordia alliodora et
Cenlrolobium paraense) ; il existe aussi des forêts sèches sempervirentes
(telles que les forêts à Peltogyne porphyrocardia et Manilkara excelsa).
Dans les montagne foresls elles-mêmes ont été décrits plusieurs groupe¬
ments : à Manilkara bidenlala, à Terminalia guianensis...
LA VÉGÉTATION RUDÉRALE
Vivant sur des substrats assez uniformisés, libérés des conditions
mésologiques propres à la végétation climacique, la flore rudérale est
elle-même plus ou moins uniforme dans des territoires variés. Les trans¬
ports anthropiques élargissent encore l’aire des rudérales, — dont bon
nombre se rencontrent à la fois dans l’Ancien Monde et le Nouveau.
Nous ne ferons donc que noter quelques brèves listes d’espèces rudérales
rencontrées en divers points.
Dans les rues de Cayenne, nous avons noté : Amaranlhus sp., Weddelia
Irilobala, Heliolropiurn sp., Cassia sp., Spigelia anlhelminlica, Sida sp.,
Cyperus compressas, Torulinum ferox. Dans les rues de Saint-Laurent :
Euphorbia proslrata, Peperomia sp., Piper sp., Ipomoea sp. Sur le bord
de la route, dans la région Cayenne-Pariacabo : Euphorbia hirla, Euphor¬
bia sp., Caperonia caslaneifolia, Indigofera sp., Rhynchanlhera grandi-
flora, Borreria verlicillala, Rolandra fruticosa.
CONCLUSIONS
D’une esquisse préliminaire, les conclusions ne peuvent, elles-mêmes,
qu’être très préliminaires.
La Guyane offre au botaniste le profond intérêt de vastes forêts
inhabitées, où la végétation, sur de grands espaces, peut être considérée
comme intacte. Il n’y a pas eu, comme en Afrique, une population agricole
défrichant la forêt depuis des temps anciens.
L’absence quasi-totale de population entraînant celle de routes
(sauf sur la côte et en quelques points), il n’est possible de circuler qu’en
canot. De telles missions doivent donc disposer d’un équipement impor¬
tant et d’une infrastructure locale puissante; c’est dire la profonde utilité
d’établissements scientifiques tels que l’Institut Français d’Amérique
tropicale, à Cayenne. Une mission doit comporter plusieurs canots, des
réserves de vivres, d’hélices 1 (voire de moteurs), du matériel de campe¬
ment (hamacs, couvertures, bâches pour l’édification des « carbets »),
un poste radio, — et, corrélativement, le personnel adéquat (au moins
un bosman et un mécanicien par canot). Les rapides très nombreux sont
un obstacle à la pénétration, seuls peuvent circuler des canots solides,
pourvus d’un personnel connaissant bien les rivières, et les passages
(« bistouris ») permettant de remonter en zigzag les rapides. Dans ces
régions très humides, où l’on ne peut trouver pour se loger, des cases
1. Lors des remontées de rivières, les hélices se brisent souvent sur les rochers des
Source : MNHI J, Paris
— 350 —
comme en Afrique, le séchage et la conservation des herbiers posent des
problèmes difficiles, surtout en saison des pluies; des séchoirs en bois, à
réchauds de pétrole, comme ceux utilisés par l’Institut Français d’Amé¬
rique tropicale, sont à recommander (malgré leur poids, qui n’est pas
prohibitif lorsque l’on dispose de canots) ; ils permettent de sécher pendant
la nuit les récoltes de la journée.
Circuler en canot présente, pour le botaniste collecteur, des avantages
et des inconvénients. Avantages en ce sens que l'on peut, du canot, voir
défiler d’immenses étendues du « mur » de la forêt. Par ailleurs les rives,
milieu héliophile, permettent de trouver à faible hauteur des spécimens
(épiphytes, arbres) qui, en pleine forêt, se trouveraient au niveau de la
voûte forestière. Inconvénient en raison d’une certaine uniformité du
paysage, et souvent du développement d’espèces héliophiles banales qui
forment un rideau sur le mur de la forêt.
Il importe donc de pouvoir compléter ces prospections par d’autres,
effectuées en pleine forêt. L’absence de chemins et de villages, où l’on
pourrait loger et se ravitailler, est là encore un obstacle. L’équipement
lourd (bâches, séchoirs à plantes, tables...) transporté sur les canots peut
difficilement être porté à dos d’hommes à travers la forêt, — surtout s’il
faut emporter du ravitaillement pour une longue période 1 . Un équipe¬
ment léger est à prévoir. L’impossibilité de recruter sur place du person¬
nel oblige soit à amener des porteurs, soit à utiliser à cet effet les bosman
et mécaniciens. Les rares « chemins » qui existent en forêt (comme le
« chemin des Emerillons », qui permet aux Indiens de passer du bassin
de l’Oyapock à celui du Ouaqui et du Maroni) ne sont que des pistes
indiennes, où la circulation est très difficile et lente (troncs et marécages à
franchir). La solution la plus pratique est de remonter en canots, avec
tout le matériel, aussi haut que possible (en profitant des périodes de
hautes eaux), et d’établir un camp fixe, — d’où l’on rayonnera avec un
matériel léger, les récoltes étant dès que possible ramenées au camp
de base.
Il serait du plus haut intérêt que soit effectuée une prospection des
forêts situées entre le haut Oyapock et le Ouaqui, et notamment du
« massif tabulaire » (800 m) qui existe dans cette région. Prospection qui
pourrait se faire à partir d’un camp de base établi à Saut-Verdun, —
point difficilement accessible, sinon inaccessible, en période de basses eaux
(septembre), —- où le lit presque sans eau est encombré de rochers, de
troncs, de branches, — dans lesquels il faut tailler au matchète et à la
hache un passage pour le canot.
La récolte des Podostémonacées, — remarquablement abondantes,
en espèces et en individus, dans ces régions, — devra par contre se faire,
en général, au moment de la décrue (août-septembre), où ont lieu les
floraisons. Lorsque ces plantes sont encore stériles, mais proches de leur
1. Sur place, le seul ravitaillement que les voyageurs peuvent trouver est cons¬
titué par la chasse, la pêche, et les œufs d’iguane enfouis dans le sable des rives. En
Guyane, on emporte couramment en voyage du manioc réduit en petits grains, qui
constituent un bon aliment énergétique sous un faible volume.
Source : MNHN, Paris
— 351 —
floraison, — les fleurs étant encore incluses, — on peut, au moins dans
certains cas, obtenir une floraison assez rapide en plaçant la plante au
niveau de la surface de l’eau. L’étude des fleurs encore incluses à l’aisselle
des feuilles ou des rameaux peut également servir de base à une identi¬
fication. Souvent il y a intérêt à faire sécher séparément les parties fleuries
et les feuilles (qui peuvent ainsi être mieux maintenues à plat). Conser¬
ver de plus des spécimens dans l’alcool est recommandé.
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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
SABOURAEA SYNONYME DE TALINELLA
par J. Leandri
Je dois m’excuser auprès de mes confrères pour la création d’un
genre superflu.
Sabouraea J. Leand., attribué avec réserves aux Flacourtiacées, est
synonyme de Talinella Baill. genre attribué avec réserves aux Portula-
cacées. J’ai été induit en erreur par la présence, sur les spécimens exami¬
nés, de pistillodes à loge bien formée et portant en dedans, sur la paroi,
des excroissances d’apparence régulière simulant une placentation parié¬
tale. L’étude palynologique faisait déjà paraître l’attribution un peu
suspecte, et cette rectification est à inscrire en partie au crédit de cette
discipline. Je remercie vivement M. R. Capuron (Tananarive) pour ses
précieuses indications.
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62 : 569 (1886).
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(1962) (cité dans 9).
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Adansonia, n. s. Paris, 2, 2 : 224, pl. 1 (1962).
9. J. Rethoré. — Notes palynologiques sur quelques espèces malgaches attribuées
à la famille des Flacourtiacées. ibid., 3, 2 : 236 et s., pl. 1 (1963).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
ESSAI DE RÉVISION DES ABRUS
DE L’AFRIQUE OCCIDENTALE ET CENTRALE
CHANGEMENT DE NOM
POUR LE RHYNCHOSIA ALBIFLORA Berh.
par le Père J. Berhaut
Pour les auteurs qui traitent des A brus de l’Afrique, le chiffre 3
semble être sacré : les essais de révision cherchent à tout ramener à
trois espèces. Et encore les A. precalorius et canescens ne doivent-ils leur
survie qu’au fait d’avoir l’une des graines rouge vif, l’autre des fleurs
d’un rouge pourpre foncé. Tous les autres sont des A. pulchellus 1 ... Je crois
qu’il y a plusieurs autres espèces.
En 1953, (1. p. 7) j’ai décrit l’A brus sticlosperma 2 récolté dans les
« Niayes » des environs de Dakar. La Flora of West tropica Africa (2,
p. 574) en fait un synonyme de A. pulchellus. Je n’accepte pas cette confu¬
sion et je maintiens cette espèce valable. Car je l’ai retrouvée tout à fait
constante, en Casamance, à plus de 500 km de Dakar, avec ses grappes
de fleurs grêles, ses gousses courtes, ses graines tiquetées de points violets.
La Révision des A brus de M. Breteler (3, p. 609) n’est pas du tout
convaincante : il est évidemment facile de prendre dans un herbier une
feuille des différentes espèces d ’ A brus et de déclarer : « ce sont des formes
d’une même espèce »... Rien que le fait de rattacher VA. Schimperi arbus-
tif, ligneux, à gousse acuminée (qui ne semble même pas une gousse
d ’Abrus classique) et VA. repens Tiss., à petite folioles et à stipules ovales
presque coriaces, à A. pulchellus, montre que cette étude est faite sous la
hantise de ne pas sortir du chiffre 3.
M. Breteler traite aussi des Abrus de Madagascar et n’accepte de
différent, là-bas, que VA. diversifoliolalus: cependant, dans l’Herbier
de Paris, il y a 2 ou 3 espèces qui semblent différentes de nos espèces
africaines. Mais ce n’est pas de mon ressort.
M. Breteler pose cependant un bon principe, qu’il aurait dû mettre
en pratique : « The flowers of the species of Abrus do not show any cha-
racter leading to spécifie ségrégation. Characters of the pods and inflores¬
cence are more useful. » C’est en suivant ce principe que je vais décrire
une nouvelle espèce de Casamance-Guinée, la seule espèce, à ma connais¬
sance, qui ait les graines à tégument chagriné, en plus des marbrures
vert foncé :
1. Nommé A. /ruticulosus Wall, ex W. et A. par Breteler; pour ma part, je ne
suis pas en mesure de juger si cette synonymie est valable ou non.
2. J’ai dit sticlosperma (à graines tiquetées), et non strictosperma (qui voudrait
dire à graines étroites ou petites), comme l’a relevé la Flore anglaise.
Source : MNHI J, Paris
Source : MNHI J, Paris
361
Abrus Gorsei, sp. n 1 .
Herba scandons, caulis tenuis hirsuta, stipulis fiüformibus. Folia pari-
pinnata 7-13-jugata, rachi hirsuto, foliolis rectangularibus 15-20 mm longis,
6-9 mm latis, mucronatis, basi apiceque angulatis-truncatis. Laminae subtus
pilis albis longisque semi-adpressis. Flores rosei, spicatae, spicis 2-4 cm
longis, pedicellis communibus crassis vel racemiformibus. Lcgumina 3-4 cm
longa, 9-10 lata, pilis albis adpressis; semina viridia, tenuissime verruculosis
(chagrinés), lineamentis viridioribus ornata.
In Casamance (Sénégal), in palmetis. Berh. 6877 (type P), 6820, 6876.
6759; 6000, 7220, 6872, 6026, 6479, 7303, 6037, 6753; Heudelot 685, Adam
13 567, 19 931; Esp. Santo 676.
Voici maintenant une clé dichotomique pour déterminer les diffé¬
rentes espèces :
1. Graines unicolores :
2. Acumen de la gousse prolongeant l’axe médian des valves,
gousse à sommet acuminé droit. 1. A. Schimperi.
2'. Acumen prolongeant la suture supérieure, gousse à sommet
tronqué :
3. Trois à 6 paires de folioles longues de 15 à 35 mm de long,
gousse longue de 4-5 cm. 2. A. pulchellus.
3'. Dix à 15 paires de folioles :
4. Fleurs rouge pourpre foncé, gousses longues de 4 à 5 cm;
. 3. A. canescens.
4'. Fleurs roses, gousses longues de 2,5 cm à 3 cm, plante
rampante, stipules ovales. 4. A. repens.
1'. Graines bicolores ou tachetées :
5. Graine à tégument chagriné et orné de marbrures vert sombre;
rachis des feuilles hirsute, folioles rectangulaires, poils
blancs longs et denses subapprimés dessous, gousse longue
de 3 à 4 cm. 5. A. Gorsei.
5'. Graine à tégument lisse brillant; rachis des feuilles et dessous
folioles à poils courts, peu denses, appliqués :
6. Graine rouge vif, à base noire. 6. A. precatorius.
6'. Graine verdâtre, tiquetée de points violacés fins, avec
quelques macules plus fortes. 7. A. stictosperma.
En dehors des graines et des gousses, il y a plusieurs caractères qui
les distinguent : pilosité, forme des folioles, nombre de paires, stipules,
nature des tiges herbacées ou ligneuses.
ABRUS A GRAINES BICOLORES
(Fleurs roses).
L 'Abrus precatorius n’est pas discuté, en raison de ses graines rouges
à base noire restant exposées des mois entiers dans leur gousse ouverte,
1. Dédié à M. et M mc Gorse qui m’ont si aimablement hébergé et véhiculé à
travers les régions Tambacounda-Niokolo-Koba.
Source : MNHI J, Paris
— 362 —
sur les buissons envahis par cette liane. La pubescence est la même que
dans les A. Schimperi, pulchellus et sliclosperma : rachis et dessous des
folioles à poils courts, apprimés et peu denses.
L'A. sliclosperma a des gousses petites, plutôt en-dessous de 3 cm. Les
feuilles ont 7 à 10 paires de folioles. Berh. 1433 (type), 6408, 6 721,6511,
6716, 6383, 6755, 6800, 6305; 6424; Esp. Santo 3406, 3546.
L’A. Gorsei diffère des autres par ses graines à surface chagrinée en plus
des marbrures vert foncé. Le rachis des feuilles est hirsute, à poils semi-
dressés; la pubescence des tiges, un peu moins longue, est également
dressée. Les folioles de forme générale rectangulaire ont dessous, des
poils blancs longs, assez denses et couchés; 10 à 13 paires de folioles.
(Cf. ci-dessus le n os cités).
ABRUS A GRAINES UNICOLORES
L’A. pulchellus se distingue au premier abord par ses folioles relati¬
vement grandes et peu nombreuses, 3 à 6 paires; les folioles terminales
peuvent atteindre jusqu’à 5 cm de long et 15 à 20 mm de large. La gousse
longue de 4 à 5 cm est couverte d’une pubescence de poils roux, denses,
semi-dressés et courbés d’un seul côté, et contient 6 à 10 graines brun
verdâtre. Trochain 755; Berh. 842, 6782, 6875, 6873, 5999, 7304, 6510,
7081, 6409, 6780, 6600; Esp. Santo 927, 1583, 3596, 3647.
L’A. canescens est hors de contestation aussi, avec ses fleurs rouge
carmin foncé, ses folioles rectangulaires pubescentes des deux côtés,
ses gousses longues de 4 à 5 cm, fortement pubescentes.
L’A. repens Tisserant est très différent : plante rampante à tiges
assez trapues, stipules ovales, folioles semi-coriaces, petites, ne dépassant
guère 9 mm de long et 3 à 4 mm de large, poils longs couchés dessous,
clairsemés dessus; rachis des feuilles à poils roux couchés. Tiss. 2946
(type).
L’A. Schimperi, d’Abyssinie, récolté en Oubanghi par le Père Tisse¬
rant et par M. Le Testu, semble être un arbuste ligneux, d’après les
échantillons présents à Paris. Le rachis des feuilles est très long, 10 à
15 cm, portant une quinzaine de paires de folioles oblongues, longues
de 15 à 25 mm, larges de 7 à 10 mm, largement arrondies au sommet et
bien mucronées. Mais surtout la gousse diffère de celle des autres A brus:
le sommet en est presque régulier, l’acumen se trouvant dans l’axe médian
des valves (chez les autres A brus le sommet de la gousse est brusquement
tronqué, presque à angle droit, et la suture supérieure se prolonge seule
en acumen recourbé). Schimper 1552 (type), Tisserant 1291, Le Testu
3988.
Source : MNHI J, Paris
— 363 —
Rhynchosia Alba-Pauli Berh. nom. nov.
Le nom du Rhynchosia albiftora que j’ai décrit en 1954 1 s’avère
illégitime, le R. albiflora (Sims) Alston (1931) ayant priorité. Cependant
s’il est proche du R. viscosa (Roth) DC., il ne peut être confondu avec lui.
Je le tiens donc comme espèce valable et lui change son nom en celui de
Rhynchosia Alba-Pauli ’.
Bibliographie
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2. Flora of West tropical Africa 1, 2 : 574 (1958).
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1. A la mémoire de M. Paul Alba qui fut Inspecteur Général des Eaux et Forêts
de l’A.O.F. et me facilita par son Service la prospection de nombreuses régions du
Sénégal.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MEGATRITHECA (STERCULIACEAE), GÉNERO NUEVO
DE AFRICA TROPICAL i
por Carmen L. Cristôbal 1 2
Résumé. —- L’auteur décrit Megalrilheca n. g. (Slerculiaceae-Bijllnerieae), basé
sur Byllneria grossedenliculata Bod. et Pellegr., du Gabon et B. Devredii Germ., du
Les caractères distinguant le nouveau genre des autres genres de la tribu sont :
staminoldes extrêmement réduits, façon suivant laquelle les pétales s’appuient sur
le tube staminal. Megalrilheca ressemble à Byllneria et à Ayenia par ses anthères
isolées et ses pétales connivents et il se distingue de ces deux genres par la présence
d’une glande sur la face interne des pétales, par la forme et la taille des anthères, par
ses stigmates et la structure du pollen. Les anthères sont & 3 thèques chez Megalrilheca
et chez Ayenia, tandis qu’elles sont toujours à 2 thèques chez Byllneria.
En el curso de la révision del género Byllneria Loell., encuentro que
dos especies africanas presentan caractères florales comunes, ûnicos en
la tribu Byllnerieae DC., que justiflean la creaciôn de un género nuevo.
Megalrilheca, como denomino al nuevo taxôn, incluye dos especies :
M. grossedenticulala (Bod. et Pelleg.) Crist. y M. Devredii (Germ.) Crist.,
de Gabon y del Congo respectivamente.
Segûn la clasificaciôn de K. Schumann (1868 y 1890) la tribu Byllne¬
rieae comprende dos subtribus : Byllnerinae, con anteras aisladas y
Theobrominae, con enteras en haces. Segûn esta division, Megalrilheca
pertenece a Byllnerinae ; dentro de esta subtribu, los pétalos conni-
ventes con el tubo estaminal, circunscriben la comparaciôn del nuevo
género con Byllneria, de distribuciôn pantropical, y con Ayenia L.,
exclusivo de América.
CARACTERES DIFERENCIALES
Pétalos. — Los pétalos de Megalrilheca constan de una una, a la que
sigue una porciôn ensanchada que denomino lamina y que lleva en su
dorso un gran apéndice carnoso.
1. Trabajo realizado en el Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris. Agra-
dezeo al Prof. A. Aubréville y a la Dra. M. van Campo, directores del Laboratoire
de Phanérogamie y del Laboratoire de Palynologie respectivamente, por haberne
proporcionado todos los medios necesarios para realizar este trabajo. Agradezco tam-
bién a la Dra. A. Lourteig y al Sr. G. Guinet por la ayuda prestada.
2. Universidad del Nordeste, Corrientes, Argentina. Becada por el Gobierno
Francès (1964-65).
Source : MNHN, Paris
— 366 —
La lamina dejos pétalos présenta très caractères exclusivos : el borde
superior interno profundamente hendido, la base cordada y con los lôbu-
los involutos, y una glândula que se encuentra en la cara interna. Fig. 1 :
a, c, g, h.
Estambres y estaminodios. —- El tubo estaminal es campanulado,
con el borde 5-dentado ; cada uno de sus dientes lleva una antera.
Los estambres poseen anteras tritécicas grandes y oblongas, carac¬
tères a los que alude el nombre del nuevo género, y que permiten separar
Megalrilheca del resto de las Byllnerieae.
En Byllneria las anteras son siempre ditécicas, pequenas y suborbicu-
lares. Por error, a veces se ha descripto este género con anteras di- ô tritécicas,
lo que posiblemente fué la causa de que las especies que incluyo en Mega¬
lrilheca se describieran como Byllneria.
Por otra parte, Ayenia es el otro género de la tribu con anteras tri¬
técicas, pero aqui como en Byllneria, estas son pequenas v suborbiculares
(Cristôbal, 1960).
Los estaminodios estân escasamente desarrollados en Megalrilheca ;
forman pequenas protuberancias que se encuentran entre los dientes
sobre los cuales estân ubicadas las anteras.
Todos los demâs géneros de Byllnerieae tienen estaminodios muy
notables, carécter que permite interpretar de naturaleza estaminoidal
las pequenas protuberancias arriba mencionadas. Fig. 1 : b, d, i.
CoNNIVENCIA DE LOS PÉTALOS CON EL TUBO ESTAMINAL.- La lâmina
de los pétalos de Megalrilheca, encaja la hendidura del margen superior
sobre una protuberancia carnosa que se encuentra dentro del tubo estami¬
nal, a la altura de la antera. Los estaminodios escasamente desarrollados
estân situados por debajo del âpice de las anteras. Esta disposiciôn
hace que los pétalos se apoyen sobre el diente portador de la antera, lo
que constituye una diferencia fundamental entre Megalrilheca y los géne¬
ros vecinos. Fig. 1 : d.
Ilustro esta diferencia con Byllneria, utilizando cuatro de sus espe¬
cies representativas de la variabilidad morfolôgica de sus flores.
En B. mollis y en B. scabra, el borde anterior de la lâmina de los
pétalos es connivente con el margen de los lôbulos estaminodiales. Fig. 2 :
d.
En B. rhamnifolia y B. Gayana, los pétalos son conniventes con el
dorso de los estaminodios. Fig. 2 : g.
Ayenia exhibe, por su parte, esquemas que tampoco pueden ser
comparados con el de Megalrilheca (Cristôbal, 1960, Figs. 6 y 7).
Estigmas. — En Megalrilheca los estigmas son agudos y decurrentes ;
las papilas estigmâticas llegan hasta dos tercios del largo total de los
estilos. Fig. 1 : f, i.
En Ayenia y en Byllneria el estigma es capitado, con cinco lôbulos
a veces inconspicuos.
Source : MNHI J, Paris
— 367 —
PI. 1. -— Granos de polen. — Megalrilheca grossedenliculnla : a, corte ôptico ecuatorial; b,
corte ôptico medidional; c, abertura colporada en vista méridional. — M. Dcvredii: d,
corte ôptico ecuatorial; e, corte ôptico méridional; f, ornamento de la exina en vista
polar; g, abertura colporada en vista méridional. — Bijllneria scabra: h, corte ôptico
ecuatorial; i. ornamento de la exina en vista polar; j, corte ôptico méridional; k, porô
en vista méridional; l r vista méridional mostrando un interporo y un poro de 3 14. Todo
X 1000.
Source : MNHN, Paris
— 368 —
Polen. — El polen de Megalrilheca tiene las siguientes caracteris-
ticas:
Forma: elipsoidal, breviaxial, a veces suborbicular.
Aberturas : tricolporado, ectoabertura alargada, angosta, con el
margen difuso, de hasta 17 X 3 [x, endoabertura suborcular de hasta
5 X 3 (x.
Exina: reticulada, reticulo simplebaculado, mallas irregulares, a
veces mâs pequenas alrededor de los colpos, bâculas aisladas en el interior
de las mallas, endoexina engrosada alrededor de los poros.
Tamano: E: 25-39 |x, P: 22-34 jx, en M. grossedenliculala. Lâm. I a-c.
E: 31-43 (x, P: 29-36 |x, en M. Devredii, Lâm. I d-g.
Con el fin de establecer las diferencias entre el polen de Megalrilheca
y de Byltneria, realicé preparaciones de 24 especies de Byllneria. Elegi
las especies tratando de abarcar la variabilidad de este género y de cubrir
toda su area.
El polen de B. scabra, especie que considero reprensentativa y que
ademâs es el tipo nomenclatural del género, présenta las siguientes carac-
teristicas.
Forma: subtriangular o suborbicular en vista polar, eliptico-brevi-
axial en vista méridional, interaperturado.
Aberturas: triporado, poros formados por prominencias de la ecto-
exina, de 3-5 |x X 4-6 [x.
Exina: reticulada, reticulo simplebaculado, mallas irregulares sin
bâculas aisladas, endoexina engrosada alrededor de los poros.
Tamano: E: 21-26 (x, P: 22-24 |x. Lâm. I h-1.
Estudié ademâs el polen de dos especies de Scaphopelalum Mast.,
puesto que junto con Byllneria, son los ûnicos géneros de la tribu con
pétalos conniventes con el tubo estaminal, que viven en el ârea de
Megalrilheca.
En Scaphopelalum macranlhum y S. ngounyense el polen es tricolpo¬
rado y las aberturas no prominentes, es decir que en lineas generales se
asemeja al de Megalrilheca.
Conclusiones:
El anâlisis de la morfologia floral, las observaciones palinolôgicas
y los datos aportados por Erdtman (1952: 419, Fig. 239; 1964: 442-446,
Fig. 10), llevan a la siguiente conclusion.
Los géneros de Byllnerieae que tienen pétalos conniventes con el
tubo estaminal, se pueden reunir en dos grupos. Por una parte Ayenia
y Byllneria, en los cuales los pétalos y su connivencia con el tubo estaminal
han alcanzado el mâximo de complejidad dentro de la familia. Estos géneros
tienen en comun el grano de polen con poros prominentes y ademâs una
glândula en el envés de las hojas, sobre la nervadura media. Dicha glân-
dula se encuentra présente en la casi totalidad de las especies de Byllneria
Source : MNHI J, Paris
— 369 —
Source : MNHN, Paris
— 370 —
y en très de las cuatro especies arbôreas de Ayenia : A. stipularis,
A. praeclara y A. Cualrecasae.
Por otra parte estân los géneros Theobroma, Abroma, Guazuma,
Herrania, Scaphopelalum y Megatrilheca, donde los pétalos y su conni-
vencia con el tubo estaminal son comparativamente mas sencillos. Todos
estos géneros tienen polen tricolporado, sin aberturas prominentes.
En la tribu Byllnerieae, Megatrilheca es el unico género que tiene en
comün con Byllneria y con Ayenia los pétalos conniventes con el tubo
estaminal, las anteras aisladas y la gléndula en el envés de las hojas.
Megatrilheca por lo tanto, ocupa un lugar clave en la tribu; sus
caractères morfolôgicos confirman la opinion de Cuatrecasas (1964: 433)
de que la clasificaciôn de K. Schumann (1886 y 1890) de la tribu es artifi-
cial. Es évidente la necesidad de reestructurar las Byllnerieae, usando
nuevos caractères para valorar las diferencias del androceo, usadas por
este autor.
MEGATRITHECA nov. gen. 1
Sepala acuta, basi coadnata. Petala unguiculata. Petali lamina cucullata
tubum staminalem duobus lobis superioribus aequitans, appendice dorsale
carnosa lanceolata, interna facie in insertione unguiculi glandulam ferente.
Antherae trithecae, oblongae. Lobuli staminodiales inconspicui. Styli quasi
ad apicem connati, tortuli. Papillae stigmae decurrentes quinquecostulatae.
Folia oblonga vel obovata, acuminata, nervo medio glandulam infra ferente.
Inflorescentiae cymosae axillares. Alabastra conica acuta.
Typus : Megatritheca grossedenticulata (Bod. et Pelleg.) Crist.
(= Bytlneria grossedenticulata Bod. et Pelleg.).
Sépalos triangulares, agudos, coadunados en la base; cara externa
pubescente, pelos estrellados o de dos ramas; cara interna bordeada de
pelos finos, unicelulares. Pétalos unguiculados, una linear, glabra ; lamina
cuculada, base marcadamente cordada, con los lôbulos involutos, borde
superior con una profunda hendidura donde nace un apéndice carnoso,
lanceolado ; glândula conspicua e intensamente pigmentada sobre la
cara interna de la lamina. Tubo estaminal algo campanulado, 5-dentado,
cara externa y borde pelosos, cara interna con 5 engrosamientos donde
encaja la hendidura del borde superior de los pétalos; anteras tritécicas,
oblongas, sésiles, tan largas como la mitad del tubo estaminal, sobre-
pasando levemente el borde del mismo; estaminodios reducidos a pequenas
protuberancias que se encuentran entre los grandes dientes que portan
las anteras. Ovario pubescente; carpelos biovulados. Estilos soldados,
algo torcidos, agudos, formando un cuerpo con 5 costillas apenas libres
en el âpice. Estigmas decurrentes, papilosos hasta dos tercios del largo
total del estilo. Fruto desconocido.
1. Agradezco al Dr. A. Beaugé la versiôn latina de la diagnosis.
Source : MNHI J, Paris
— 371
Source : MNHN, Paris
yrm^rh-
— 372 —
Arbustos de 1,50-5 m de altura; ramas glabrescenles. Estipulas
caducas, subuladas, poco pubescentes. Hojas cortamenle pecioladas;
peciolo hasta 1 cm long., grueso, pubescente; lamina glabra, hasta
19 x 7,5 cm, oblonga u obovada, abruptamente acuminada; acumen
hasta 3 cm long., mucronado; margen entero o con algunos dientes hacia
el âpice; nervadura media con una pequena porciôn glandular oblonga,
hacia la base y en el envés de la lamina. Inflorescencias cimosas, 1-3 en
la axila de cada hoja; cimas hasta 5-flo ras ; pedûnculos hasta 5 mm long.;
pedicelos hasta 15 mm long., pubescentes. Botones florales piramidales,
agudos.
Distribuciôn geogràfica. — Solo se han colleccionado très ejem-
plares: dos de ellos en Congo-Léopoldville y uno en Gabon.
1. M. grossedenticulata (Bod. et Pelleg.) Crist., nov. comb.
Fig. 1 a-f; Làm. I a-c.
Byllneria grosse denliculala Bodard et Pellegrin, Bull. Soc. Bot. France 97 :
31. 1950; Pellegrin, Bull. Soc. Bot. France, Mémoires 1950-51: 40 ; Mallé, en
Aubréville, Flore Gabon 2 : 126, pl. 24, flgs. 1-6. 1961.
Material estudiado: Gabon, région de Lastoursville, 11-1V-1929,
Le Testu 7155 (P), tipo.
2. M. Devredii (Germ.) Crist., nov. comb.
Fig. 1 g-j; Lâm. I d-g.
Byllneria Devredii Germain, Bull. Jard. Bot. État Brux. 31, (3) : 302. 1961; Ger¬
main, op. cil. 32, (4): 501. 1962; Germain, en Flore Congo, Ruanda, UrundilO :
220-222, pl. 20. 1963.
Material estudiado: Congo-Léopoldville, District de Kasai, Kiyaka,
forêt de Lutete, arbuste de 1,50 m de haut, X-1955, Devred 2685 (BR),
tipo; Kiyaka-Kwango, forêt de plateau, arbuste de 5 m hauteur, Devred
2195 (BR).
Obs. — Las especies de Megatritheca se diferencian entre si principal-
mente por los pétalos; en M. grossedenliculala los pétalos son en general
mâs carnosos y coloreados que en M. Devredii, ademâs en ésta los dos
pequenos lôbulos a los lados de la hendidura del borde superior de la
lamina son notablemente mâs desarrollados. La glândula de la cara
interna de la lamina de los pétalos tiene distinta forma en cada una de
las especies.
Es muy dificil separar estas especies en base al aspecto vegetativo;
sin ambargo, es posible que el porte de estas plantas sea diferente. El
unico ejemplar que se conoce de M. grossedentidulala no tiene indica-
ciones sobre el porte de la planta, pero sus autores la describen como
sarmentosa. En cambio, en los dos ejemplares de M. Devredii, esta
indicado que se trata de un arbusto.
Source : MNHI J, Paris
— 373
Lista de los ejemplares ilustrados:
Byllneria Gayana St. Hil.: Brasil, Rio de Janeiro, Rio d’Ouro, 21-11-1879, Glaziou
10330 (P), flg. 2j-l.
B. mollis H.B.K.: Colombia, Santa Fé de Bogotà, Mutis (P) isotipo, Fig. 2 a-c.
B. rhamnifolia Benth.: Argentina, Chaco, Barranqueras, desembocadura del rio
Negro, V-1964, Krapovickas y Cristôbal 11350 (P), Fig. 2g-i.
B. scabra L.: Argentina, Corrientes, arroyo Miriiiay, 26-111-1964, Krapovickas
y Cristôbal 11287 (P), Fig. 2 d-f.
Trinidad, Erinsavanas, near Buenos Ayres village, 26-111-1959, Cowan & Forster
1295 (P), Prep. n° 10.010 Lab. Palyn., Lâm. I h-1.
Megalrilheca Devredii (Germ.) Crist.: Devred 2195, Fig. 1 g-j, Lâm. 1 d-g.
M. grossedenliculala (Bod. et Pelieg.) Crist. : Le Testu 7155, Fig. 1 a-f, Lâm.
BlBLIOGRAFÎA
Bâillon, H. — Études organogéniques sur quelques genres de Byttnériacées. Adan-
sonia 2: 166-181. 1861-62.
— Traité du développement de la fleur et du fruit. Bucttnériées. Adansonia 9 :
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Theobroma. Contr. U. S. Nat. Herb. 36,6 : 379-614, figs. 1-44, pis. 1-12. 1964.
Cristôbal, C. L. — Revisiôn del género Ayenia (Sterculiaceae). Opéra Lilloana 4:
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Edlin, H. L. — A critical révision of certain taxonomie groups of the Malvales. New
Phytol. 34: 1-20, 122-143. 1935.
Erdtman, G. — Pollen morphology and plant taxonomy. Angiosperms. Uppsala
1952.
—- Pollen morphology of Theobroma and related généra, en Cuatrecasas, loc. cil.:
442-446, flg. 10. 1964.
Leinfbllner, W. — Zur Entwicklungsgeschichte der Kronblütter der Slerculiaceae
Buellnerieae. Osterr. Bot. Zeits. 107, 2 : 153-176, Abb. 1-9. 1960.
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(6) : 69-99, figs. 37-51. 1890.
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familien und Gattungen. 5: 1-140, Taf. 1-16 u. 4 flg.. 1900.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE
DES ORCHIDACEAE DE MADAGASCAR. V
par J. Bosser
Directeur de recherches à l’O.R.S.T.O.M.
Résumé. — Cette note comprend la description d'espèces, de variétés et sous
espèces nouvelles d’Orchidées de Madagascar, appartenant surtout au genre Bulbo-
phyllum, ainsi qu'un certain nombre de synonymies nouvelles.
Quelques sections du genre Bulbophyllum ont été revues.
Summary. — Descriptions of some new species, subspecies and varieties of Orchids,
mainly Bulbopliyllums with new synonyms.
Some sections of this genus hâve been revised for Madagascar.
A. — RÉVISION DE QUELQUES SECTIONS
DU GENRE BULBOPHYLLUM A MADAGASCAR
SECT. LICHENOPHYLAX Schltr.
Fedde Repert. Beih. 33: 193 (1925).
Cette section a été créée par Schlechter pour un groupe de petites
espèces particulières à Madagascar. Mais, elle était rendue hétérogène
par un certain nombre d’espèces que Schlechter puis Perrier de la
Bathie (dans H. Humbert, Flore de Madagascar et les Comores, Orchi¬
dées), y faisaient entrer. Nous pensons qu’il faut la définir comme suit :
Petites plantes à rhizomes ramifiés, formant des gazons denses sur les
rochers et les troncs. Pseudobulbes petits, apprimés, ovoïdes ou oblongs,
diphylles. Hampe florale sétiforme et uniflore, sépales toujours mais plus
ou moins longuement acuminés, labelle charnu, anthère tronquée ou
arrondie en avant, ou avec une petite pointe à peine marquée, mais sans
labre développé, connectif orné sur le dos d’une bosse ou d’une crête
charnue, stélidies courtes triangulées, parfois bidenticulées jamais subu-
lées, ne dépassant pas l’anthère.
Si on la comprend ainsi, il faut extraire de cette section, Bulbophyl¬
lum pandurella Schltr., B. complanalum Perr. et B. Irilinealum Perr.
Elle devient alors très homogène et est constituée par des espèces toutes
physionomiquement semblables.
ESPÈCES EXCLUES
Bulbophyllum pandurella Schltr. n’est connu que par son type
(H. Perrier 15.727). L’échantillon est pauvre et ne comprend qu’une fleur
Source : MNHN, Paris
— 376 —
et deux fruits couronnés par la fleur séchée. Le port n’est pas celui des
autres espèces de la section; les pseudobulbes et les feuilles sont nettement
plus gros; les sépales sont obtus au sommet et non subulés ou acuminés.
Le labelle, par sa morphologie, rappelle beaucoup celui du Bulbophyllum
oxycalyx Schltr. de la section Elasmalopus. De plus la colonne a des stélidies
longues et aciculaires (atteignant 0,6 mm-0,7 mm de long) et elles ne sont
pas« courtes et triangulaires obtuses » comme le décrit Schlechter, suivi
par Perrier de la Bathie dans la Flore de Madagascar. Ce caractère
cadre aussi avec la section Elasmalopus et nous pensons qu’il est préfé¬
rable de placer B. pandurella dans cette section, dont il faudra un peu
étendre la définition pour y inclure cette espèce à inflorescence uniflore.
Bulbophyllum trilineatum Perr. est une espèce qui se distingue
de la section Lichenophylax, par son port, son inflorescence, pouvant
avoir 2 à 3 fleurs, sa morphologie florale. Celle-ci est proche de celle des
espèces appartenant aux sections Loxosepalum Schltr., Lemuraea Schltr.,
Lepiophylax Schtr. A cause de ses pseudobulbes diphylles et coniques,
il est préférable de la rattacher à la section Lemuraea.
Bulbophyllum complanatum H. Perr.
Not. Syst. 6, 2 : 47 (1937).
— B. sigilli/orme H. Pehr., Not. Syst. 6 , 2 : 66 (1937).
L’examen des types, H. Perrier 16502 pour B. complanalum et Decary
921 pour B. sigilliforme, montre que ces deux échantillons appartiennent
à une même espèce. Perrier de la Bathie plaçait B. complanalum dans
la section Lichenophylax Schltr. et B. sigilliforme dans la section Lepio¬
phylax. Aucune de ces deux sections ne nous paraît convenir pour recevoir
cette espèce. Elle se distingue de la section Lichenophylax par son port,
son inflorescence courte, pluriflore, la morphologie florale. La section
Lepiophylax a été créée par Schlechter pour le Bulbophyllum Jumellea-
num Schltr. qui a une morphologie florale de Loxosepalum et Lemuraea
avec un pseudobulbe globuleux, déprimé, bifolié. La fleur du B. compla¬
nalum par contre rappelle celle de B. Humblolii Rolfe (section Humblo-
liorchis Schltr.) mais cette dernière espèce est monophylle. Elle a aussi
des affinités avec les espèces de la section Calamaria Schltr. II ne nous
paraît pas possible de rattacher, dès maintenant, avec quelque certitude,
le B. complanalum Perr., à une section connue de Madagascar.
COMPOSITION DE LA SECTION
Ainsi conçue la section Lichenophylax Schltr. comprend les espèces
suivantes :
Bulbophyllum perpusillum Wendl et Kraenzl.
Gardn. Chron. 2 : 592 (1894).
Bulbophyllum cataractum Schltr.
Fedde Repert. Beih 33: 194 (1925).
Source : MNHI J, Paris
— 377 -
Source : MNHN, Paris
— 378 —
Bulbophyllum Forsythianum Kraenzl.
Engler, Jahrb. 28: 163 (1900).
Bulbophyllum percorniculatum H. Perr.
Not. Syst. 16, 2 : 149 (1951).
Bulbophyllum Mangenotii sp. nov. 1 (PI. 1).
Herba epiphytica, perpusilla, rhizomate gracile, repente, ramoso, 0,5-
0,8 mm diametro. Pseudobulbi 1-4 mm distantes, applanato-ovoidei, 2,5-
4 mm longi, 2-2,5 mm lati, apici diphylli. Folia lanceolata, apice acuta,
4-6 mm longa, 1,5-2 mm lata, subsessilia vel basi breviter petiolata. Scapus
gracilis, 4-5,5 cm altus, apice uniflorus. Flores sessiles, ovarium circiter
2 mm longum, torsum. Sepalum intermedium ovatum, acuminatum, acuminc
3 mm longo, subcaudatum, 11 mm longum, 4 mm latum, trinervium, margi-
nibus ciliolatis; sepala lateralia subsimilia, oblique ovata. Petala obovata,
apice subacuta, uninervia, marginibus ciliolatis, 3,5 mm longa, 1,5 mm
lata. Labellum valde recurvatum, camosum, oblongum, 3,5 mm longum,
1 mm latum, superne canaliculatum, bicarinulatum, apice truncatum,
duobus cornibus diversis lateraliter ornatum, marginibus latérale ciliolatis.
Columma brevis, crassa, stelidiis bilobatis. Anthera galeata, apice rotundata.
Epiphyte, sciaphile, en forêt ombrophile d’altitude, 1200-1300 m
Ankeramadinika (canton d’Ambatoloana) Madagascar. — Type : J. Bos¬
ser 16.224 (Herb. P.).
Fleurs en août.
Espèce bien caractéristique par sa fleur et surtout son labelle. Elle
semble rare et n’a été récoltée qu’une seule fois. Il est vrai que les espèces
de cette section ne sont pas aisément visibles en forêt et de plus, elles se
ressemblent beaucoup entre elles, et ne peuvent guère être distinguées
quand elles ne sont pas fleuries. Les pseudobulbes sont un peu comprimés,
aplatis sur le support, jaune verdâtre ou plus ou moins rougeâtres. Les
feuilles sont vertes ou teintées de rougeâtre, à nervures saillantes. Le
pédoncule est sétiforme, s’épaississant un peu au sommet, sous la fleur, et
porte deux ou trois gaines minces. La bractée florale est ovale acuminée,
de 2 mm de long. La fleur est un peu réclinée, à sépales de texture un peu
charnue, verts puis jaune verdâtre, avec 3 nervures rougeâtres à la base.
Le pétale est aussi vert jaunâtre et à 1 nervure teintée de rougeâtre à la
base. Le labelle est rouge sombre, de morphologie compliquée : face
supérieure, une dépression médiane centrale se ramifiant dans les deux
cornes latérales, deux crêtes ailées bordant cette dépression et s’évasant
vers la base jusqu’à la courbure du labelle, deux petites carènes médianes
accolées allant de la base jusqu’à la dépression et visibles seulement sur
le sec après préparation de la fleur; latéralement deux ailes membraneuses,
infléchies, à marges ciliolées, de la base aux cornes; sommet épais, tronqué,
obtus, à bords infléchis.
1. Espèce dédiée à M. le Professeur Mangenot, Directeur de la section de
Biologie Végétale de l’O.R.S.T.O.M.
Source : MNHI J, Paris
— 379 —
Bulbophyllum neglectum sp. nov. (PI. 2)
Herba epiphytica, perpusilla, rhizomate gracile, repente, ramoso,
0,5 mm diametro. Pseudobulbi 3-7 mm distantes, applanato-ovoidei, 2-3 mm
longi, 2-2,5 mm lati, apice diphylli. Folia lanceolata, vel lineari-lanceolata,
apice acuta, subsessilia vel basi breviter petiolata, 4-6,5 mm longa, 1-1,2 mm
lata. Scapus gracilis, 1,5-1,7 cm altus, apice uniflorus. Flores sessiles, rubri.
Sepalum intermedium ovatum, acuminatum, subcaudatum, 5-5,5 mm longum,
2 mm latum, acumine 2,5 mm, trinervium; sepala lateralia subsimilia, sed
oblique ovata; petala ovata, apice acuta, uninervia, 2 mm longa, 1 mm lata.
Labcllum glabrum, valde recurvatum, carnosum, 2 mm longum, obscure
trilobatum, lobis basalibus oblique erectis, rotundatis, lobo intermedio
recurvato, lingulato, obtuso, basi bicarinulatum. Columna brevis, crassa,
1.2 mm alta, stelidiis bilobatis; anthera galeata.
Epiphyte, forêt de moyenne altitude, 900-1 000 m Sud de Mora-
manga, Madagascar. — Type : J. Bosser 15585 (Herb. P.).
Cette petite espèce qui pousse sur les troncs, enfouie dans la mousse
et les hépatiques, passe le plus souvent inaperçue; cultivée au Jardin
botanique de Tsimbazaza à Tananarive, elle n'a ileuri qu’après plusieurs
années. Les pseudobulbes sont verts et ridés grossièrement. La hampe
florale est très grêle (0,15 mm de diamètre) et porte deux gaines membra¬
neuses à la base et une gaine dans sa partie moyenne, atteignant 1,2-
1.3 mm de long. Les fleurs sont réfléchies sur le pédoncule. Les sépales
sont rouge violacé, les pétales sont de la même couleur mais à marges
blanchâtres. Les lobes basaux du labelle, redressés, sont rouge violacé, le
lobe terminal, charnu et recourbé est jaune pâle.
Bulbophyllum Afzelii Schltr.
Fedde Repert. 15 : 328 (1918).
avec une variété :
var. microdoron (Schltr.) J. Bosser stat. nov.
— B. microdoron Schi.tr., Fedde Repert. Beih. 33: 195 (1925).
—■ B. tichenophyllax Schltr. var. microdoron (Schltr.) H. Perr. in H. Humbert,
Flore de Madagascar et des Comores, Orchidées : 322 (1939).
L’examen du type de B. microdoron Schltr. (H. Perrier 15 730) nous
permet de dire qu’il faut le rapprocher de B. Afzelii et non de B. liche-
nophylax, comme le faisait Perrier. C’est une variété de B. Afzelii;
les caractères principaux sont les mêmes dont la morphologie du labelle,
très important pour cette section. Les caractères qui distinguent la variété
sont les suivants : feuilles plus courtes, lancéolées, aiguës, subacuminées,
falciformes, atteignant 5 mm, contractées à la base en un pétiole très
court; pétale obovale, arrondi au sommet ou courtement mucronulé.
Pour B. Afzelii les feuilles sont ligulées linéaires et longuement
rétrécies sur la base en pseudopétiole ; le pétale est ovale lancéolé aigu
au sommet.
Source : MNHN, Paris
— 380 —
8, colonne.
Source : MNHN, Paris
— 381 —
Bulbophyllum lichenophylax Schltr.
Fedde Repert. Beih. 33: 194 (1925).
— B. quinquecornulum H. Perr., Not. Syst. 6, 2 : 48 (1937).
Le type du B. quinquecornulum Perr. est un échantillon très pauvre
ne comprenant qu’un fragment de rhizome avec quelques pseudobulbes
et deux hampes florales (dont une séparée de la plante). Cependant,
la dissection d’une fleur nous a permis de voir qu’il s’agit bien du B. licheno¬
phylax Schltr. ; les caractéristiques de l’espèce, colonne et labelle, se
retrouvent nettement.
Schlechter, dans sa description de B. lichenophylax, cite deux
numéros de Perrier de la Bathie = les 15 305 et 15 328. Le n° 15 305
comprend deux feuilles d’herbier et le n° 15 327, une seule. Si une des
feuilles du n° 15 305 que nous avons numéroté A, est homogène, la feuille
15 305 B et la feuille 15 328 comprennent deux espèces différentes. Le
problème était de savoir quelle était l’espèce concernée par la descrip¬
tion de Schlechter. Bien que les deux espèces aient un certain nombre
de caractères communs (port, inflorescence, forme des sépales), la dia¬
gnose de Schlechter, qui signale les particularités suivantes : feuilles
linéaires lancéolées, aiguës, 3-4,5 mm de long, pétales subaristés, apiculés
à marges courtement ciliolées, labelle un peu épaissi au sommet, colonnes
à stélidies courtes bidenticulées, permet de dire valablement, qu’il s’agit
de l’espèce, qui était bien nouvelle, représentée par l’échantillon
n° 15 305 A et pour partie, par les échantillons 15 305 B et 15 328. L’autre
espèce qui a des feuilles nettement plus longues, les pétales obovales à
sommet arrondi, parfois mucronulé, à marges non ciliés, un labelle diffé¬
rent, est à rapporter à Bulbophyllum Afzelii Schltr. var. microdoron
(Schltr.) J. Bosser. En fait, elle diffère un peu de cette variété par les
feuilles un peu plus longues et la stélidie, qui paraît bidenticulée. Cette
stélidie est formée d’une courte pointe, mais le bord latéral de la colonne,
dilaté en lobe large, ne se raccorde pas exactement avec elle, comme elle
le fait chez B. Afzelii d’où une deuxième petite pointe précédant la stélidie;
mais ce petit caractère n’est vraisemblablement pas fixe.
Ainsi comprise, la section Lichenophylax est très homogène; il est
difficile de distinguer certaines espèces. Le meilleur caractère est souvent
fourni par la morphologie du labelle.
CLÉ DES ESPÈCES
1. Labelle épaissi sur le dessus en un gros callus saillant et finement
velu . 1. B. perpusillum.
1'. Labelle pouvant également porter un callus sur le dessus, mais
jamais velu.
2. Pétales trinerves; labelle à deux carènes médianes rapprochées,
divergeant au sommet et entourant une dépression apicale
. 2. B. Forsythianum.
Source : MNHI J, Paris
— 382 —
2'. Pétales uninerves, labelle différent.
3. Très petite plante à pseudobulbe de 1,5-2 mm de diamètre.
Sépales de 4-4,2 mm, y compris l’acumen court et
épais. 3. B. percorniculatum.
3'. Plantes plus grandes, pseudobulbes plus grands; sépales
dépassant 5 mm de long.
4. Feuilles linéaires ligulées atteignant 23 mm de long.
Labelle à partie médiane épaissie en un callus large et
glabre. Stélidie en pointe deltoïde nette. 4. B. Afzelii.
4'. Feuilles lancéolées aiguës, plus petites. Labelle et stélidies
différents.
5. Sépales à acumen filiforme et long.
6. Stélidie bidentée, à dent linéaire antérieure obtuse
mais courte, dent postérieure triangulée. Labelle
creusé d’un sillon médian étroit, bordé de 2 carènes
minces et de 2 crêtes charnues finement papilleuses,
sommet épaissi arrondi, ridé en travers. 5. B. lichenophylax.
6'. Stélidie courte obtuse, bord de la colonne fortement
dilaté en avant en lobe ovale. Labelle ovale, muni
dans sa partie médiane de 4 crêtes rapprochées se
fondant au sommet en un callus ovoïde et verru-
queux . 6. B. cataractum.
5'. Sépales à acumen court et épais.
7. Labelle oblong, tronqué, ayant près du sommet
deux cornes latérales, sur le dessus une dépression
médiane se ramifiant dans les cornes; 2 carènes
latérales de part et d’autre de la dépression, marges
latérales ciliolées. 7. B. Mangenotii.
7'. Labelle à marges relevées à la base en 2 lobes arrondis
obliques, partie médiane bicarénée, partie termi¬
nale en acumen cylindroconique, épais, très courbé,
obtus au sommet. 8. B. neglectum.
SECT. ELASMATOPUS Schltr.
Fedde Repert. Beih. 33 : 211 (1925).
Nous avons été conduits à élargir quelque peu la définition de cette
section de façon à pouvoir y inclure quelques espèces qui, sur le plan
de la morphologie florale, ont de grandes affinités avec les espèces qui la
composent et qui ne peuvent être placées de façon satisfaisante dans une
autre section.
Voici comment nous la comprenons :
Epiphytes de taille moyenne ou petite, à pseudobulbes diphylles,
exceptionnellement monophylles, gaines minces et molles, pédoncule
grêle, épi à rachis grêle souvent recurvé, en général pluriflore rarement
uniflore, sépales libres à 3-7 nervures, pétales à 3 nervures, labelle glabre
rarement papilleux, jamais cilié; stélidies longues et aciculaires, dépas¬
sant l’anthère; anthère à connectif épaissi charnu en crête, ou tuberculé.
Source : MNHI J, Paris
— 383 —
Cette section a des affinités avec la section Calamaria Schltr. Ses
espèces se distinguent surtout par un port plus grêle et le labelle glabre.
ESPÈCE EXCLUE
11 nous faut examiner le cas du Bulbophyllum rubrum Jum. etPerr,
placé par Schlechter et Perrier de la Bathie dans cette section.
Bulbophyllum rubrum Jum. et Perr.
Ann. Fac. Sc. Marseille, 21, 2 : 215 (1912).
— B. ambongense Schltr. Fedde Repert. Beih. 33: 217 (1925).
Schlechter faisait déjà remarquer que le port de la plante est celui
de la section Calamaria. Estimant le labelle glabre, il préférait la placer
dans la section Elasmalopus. Ceci paraît vrai sur le type (Perrier de la
Bathie 956) mais, à un fort grossissement, on peut voir quelques cils très
nets sur les marges latérales du labelle. De plus, les autres échantillons,
rapportés avec juste raison par Perrier à cette espèce (H. Perrier 8040,
et 18752, Baron 6456), ont un labelle portant 2 lignes latérales de cils,
implantés dans un sillon, rappelant beaucoup le labelle de Bulbophyllum
Elliolii Rolfe de la section Calamaria.
En outre, le B. ambongense Schltr. qui était aussi rapporté à la section
Calamaria, est identique aux échantillons H. Perrier de la Bathie 8040 et
Baron 6456 du B. rubrum. Schlechter dans sa description de B. ambon¬
gense cite deux numéros, or il se trouve que, si le n° H. Perrier 13 866
a un labelle cilié abondamment, le n° H. Perrier 11 329 a un labelle qui
l’est beaucoup moins et certaines fleurs ne sont presque pas ciliées, ten¬
dant ainsi vers le n° 936 de Perrier, type du B. rubrum. Il est clair, d’une
part, que B. ambongense Schltr. est synonyme de B. rubrum Jum. et Perr.,
et d’autre part que, chez cette espèce, le caractère de ciliature du labelle
est un caractère variable. Le Bulbophyllum rubrum est mieux à sa place
dans la section Calamaria.
COMPOSITION DE LA SECTION
Bulbophyllum oxycalyx Schltr.
Fedde Repert. Beih. 33 : 212 (1925).
— B. rubescens Schltr. var. meizobulbon Schltr. I . c. : 213.
avec une variété :
var. rubescens (Schltr.) J. Bosser stat. nov.
-— B. rubescens Schltr., I . c. : 213.
— B . roslri/erum H. Perr., Not. Syst. 16, 1 : 157 (1950).
— B. coeruleolineatum H. Perr., I . c. : 158.
— B . loxodiphyllum H. Perr., I . c. : 157.
Nous ne pensons pas que l’on puisse maintenir la distinction entre
Bulbophyllum oxycalyx et B. rubescens. Les différences qui existent entre
les deux échantillons types ne reflètent que des degrés de développement
Source : MNHI J, Paris
— 384 —
différents de caractères semblables. Les pseudobulbes et feuilles sont plus
petits chez B. rubescens, mais ceci peut être rapporté aux conditions de
végétation de la plante. La nervation des sépales, caractère que Perrier
de la Bathie avait retenu comme distinctif, est en fait identique dans
tous les échantillons observés; le sépale médian a 5 nervures, les sépales
latéraux en ont 3. La forme du labelle, la colonne, l’anthère sont toujours
les mêmes. Cependant la forme des sépales est différente. Ils sont plus
grands, plus allongés dans B. oxycalyx. D’autre part, le pétale possède une
tache rouge violacée près du sommet, qui ne semble pas exister chez
B. rubescens. Ces deux caractères nous permettent de conserver B. rubes-
cens en tant que variété du B. oxycalyx. Le B. rubescens var. meizobulbon
Schltr. doit être rapporté au B. oxycalyx. Les fleurs sont identiques et on
retrouve en particulier la tache colorée au sommet du pétale. La seule
différence est dans la longueur de l’inflorescence par rapport aux feuilles,
caractère qui à l’examen des différents échantillons, nous paraît être
variable.
L’étude des types des B. coeruleolinealum H. Perr., B. roslriferum
H. Perr., B. loxodiphyllum H. Perr., ne nous a pas permis de trouver de
différence suffisante avec B. oxycalyx var. rubescens, pour que leur sépara¬
tion en tant qu’espèces puisse être maintenue.
Bulbophyllum Francoisii H. Perr.
Not. Syst. 6, 2 : 76 (1937).
avec une variété :
var. andrangense (H. Perr.) J. Bosser stat nov.
—- B. andrangense H. Perr., Not. Syst. 8 : 39 (1939).
Le Bulbophyllum andrangense appartient manifestement à la section
Elasmalopus et non à la section Lemuraea où il était préalablement placé.
Il se rapproche de B. Françoisii par son port (pseudobulbes et feuilles),
la morphologie générale de la fleur. Cependant quelques caractères per¬
mettent de la distinguer sur le plan variétal. Les inflorescences ont un
pédoncule très court et elles sont nettement plus courtes que les feuilles,
les pétales sont oblongs, moins allongés, au lieu d’être linéaires oblongs;
dans l’anthère, le labre de l’apex semble moins développé. Les autres
caractères, la morphologie du labelle, la colonne, les sépales sont
semblables.
Bulbophyllum Rauhü Toill. Genoud, Bosser
Nat. Malg. 12: 17-18 (1960).
Bulbophyllum pandurella Schltr.
Fedde Repert. Beih. 33: 196 (1925).
Source : MNHI J, Paris
— 385
Source : MNHN, Paris
— 386 —
Bulbophyllum Aubrevillei sp. nov. 1 (PI. 3).
Herba epiphytica, rubra, humilis, repens, usque ad 10 cm alta, rhizomate
gracile, circiter 1,5 mm diametro. Pscudobulbi 10-25 mm distantes, ovoideo-
conici vel conico-subcylindrici, 10-25 mm longi, 3-7 mm diametro, rubes-
centes, apice diphylli. Folia ^ divergentia, ligulata, subsessilia vel breviter
petiolata, apice leviter angustata inaequaliter bilobulata, Costa supra leviter
canaliculata, subtus proeminenta, 3-9 cm longa, 0,5-0,9 cm lata. Inflores-
centiae inferne crectae, supernae ^ curvatae, a foliis abreviatae; pedunculus
gracilis 3,5-4,5 cm longus, vaginis 4-5, acutis, 3-4 mm longis, scariosis ins-
tructus; rachis leviter incrassata l,5-2,5 cm longa. Bracteae minutae, circiter
2 mm longae, 2,5-4 mm distantes, late ovatae, breviter apiculatae. Flores
5-7 rubri. Sepalum intermedium ovatum, acutum, trinervium, 6,5-7 mm
longum, 3 mm latum; sepala lateralia subsimilia sed oblique ovata, 6 mm
longa, 3,5-4 mm lata; petala ovata, apice truncata, trinervia, 2 mm longa,
1 mm lata. Labellum valde recurvatum, carnosum, ovatum, 4 mm longum,
2 mm latum, atrorubrum, apice valde concavum, basi i bilobulatum,
sectio V - forme. Columna brevis crassa, stelidiis leviter incurvatis subulato
linearibus, 1 mm longis. Anthera galeata, antice in appendicem conicam
producta.
Epiphyte, forêt ombrophile d'altitude 900 m, sud de Moramanga,
Madagascar, Fleurs en novembre-décembre. — Type : J. Bosser 16 458
(Herb. P.).
Petite plante entièrement rougeâtre ou presque. Les pseudobulbes
sont irrégulièrement striés, ridés longitudinalement. Les feuilles sont
dressées obliquement. Le pédoncule de l’inflorescence est grêle et s’épaissit
un peu au sommet ; il porte 4-5 gaines très minces, courtes et blanchâtres.
Le rachis est un peu plus épais que le pédoncule. L’inflorescence est à
anthèse basipète. Les sépales sont à fond pâle, blanchâtre, abondam¬
ment tachés, et ponctués de rougeâtre, le pétale à trois nervures souli¬
gnées de rougeâtre, le labelle est pourpre noir, à face supérieure légèrement
ridée, face inférieure finement papi lieuse. La colonne a lesstélidies longues
et subulées de la section, et l’anthère est munie d’une crête charnue,
conique, papilleuse. Cette espèce se distingue aisément des autres espèces
de la section Elasmalopus, par les particularités de sa fleur, surtout de son
labelle. Elle se rapproche du Bulbophyllum amphorimorphum H. Perr.,
qui a une fleur un peu semblable, mais dont les pseudobulbes sont mono-
phylles.
Bulbophyllum amphorimorphum H. Perr.
Not. Syst. 14, 1 : 151 (1950).
Perrier de la Bathie rattachait cette espèce à la section Micro-
monanlhe Schltr., mais les caractères de la fleur sont de la section Elasma¬
lopus : colonne à stélidies aciculaires, anthère munie d’un appendice
1. Espèce dédiée à M. le Professeur Aubréville, du Muséum National d’Histoire
Naturelle, Paris.
Source : MNHI J, Paris
387 -
conique charnu, pétales à 3 nervures, morphologie du labelle. Nous pen¬
sons qu’il est préférable d’inclure cette espèce dans la section Elasma-
lopus, en créant pour elle une sous-section à pseudobulbes monophylles.
CLÉ DES ESPÈCES
1. Pseudobulbes diphylles (sous-sect. Diphyllï).
2. Périanthe relativement grand. Sépales de 7-8 mm de long.
Sépale médian 7-nervé. Pseudobulbe cylindrique ou fusiforme
atteignant 4 cm de long. Labelle papilleux à la base sur les
carènes et latéralement. 1. B. Françoisii.
2'. Périanthe plus petit. Sépale médian 3-5 nervé. Pseudobulbes
coniques ou cylindroconiques ou fusiformes mais plus petits.
Labelle non papilleux.
3. Petite plante, pseudobulbes avec ses feuilles ne dépassant pas
1,5 cm de haut. Inflorescence uniflore, grêle, ne dépassant
pas 4 cm de haut. 2. B. pandurella.
3'. Plantes plus grandes à inflorescences pluriflores normalement
plus longues.
4. Feuilles linéaires, épaisses, canaliculées sur la face supé¬
rieure, étroites, 1,5-2 mm de large. Labelle 2,5-2,6 mm
de long, charnu, linguiforme, à sommet arrondi, épais,
avec deux mamelons accolés face inférieure. 3 .B. Rauhii.
4'. Feuilles plus larges et plus minces. Labelle plus grand,
de forme differente.
5. Labelle de 4 mm de long, à partie antérieure très con¬
cave, à marges relevées. 4 .B. Aubrevillei.
5'. Labelle de 4-6 mm à partie antérieure en lame ovale
peu épaisse, amincie vers les marges. 5 .B. oxycalyx.
1'. Pseudobulbe monophylle (sous-sect. Monophylli). Labelle rappe¬
lant celui du B. Aubrevillei . 6. B. amphorocalyx.
SECT. HUMBLOTIORCHIS Schltr.
Fedde Repert. Beih. 33 : 210 (1925).
Bulbophyllum Humblotii Rolfe
Journ. Linn. Soc. 29 : 50 (1890).
— B. album J cm. et Perr., Ann. Fac. Sc. Marseille 21, 11 : 206 (1912).
— B. Laggiarae Schltr., Fedde Repert. 15: 330 (1918).
L’étude des types de B. Humblolii Rolfe (Humblot378) et B. album
Jum. et Perr. (Perrier 1908) nous persuade qu’il est nécessaire de confondre
ces deux espèces. Dans tous les échantillons étudiés le labelle s’est montré
papilleux, mais les papilles sont toujours très courtes, même sur le type
du B. album, qui ne peut être qualifié de pubescent. L’anthère a, dans
tous les cas, un petit labre triangulé, souvent replié et de ce fait peu
visible, et le connectif est un peu épaissi en crête. Les stélidies sont tou¬
jours bien développées en lame oblongue un peu courbée en avant, mais
leur forme est variable, même sur les fleurs d’un même échantillon.
Source : MNHI J, Paris
— 388 —
Quant au caractère cité par Schlechter à propos de B. album : pseudo¬
bulbes et feuilles brillantes comme passées à la laque, il est, à notre sens,
le résultat des conditions de séchage de la plante (vraisemblablement
séchage prolongé au feu). Bien que nous n’ayons pu voir le type du
B. Laggiarae la description qui en est donnée est suffisamment précise
pour que cette espèce puisse être rapportée au B. Uumblolii. La section
Ilumbloiiorchis se réduit donc à une seule espèce relativement stable.
SECT. LOXOSEPALUM Schltr. SOUS SECT. DYPHYLLI II. Perr.
Not. Sysl. 16, 2 : 156 (1951).
— sect. Lemuraea Schltr., Fedde Repert. Beih. 33: 178 (1925).
Schlechter a désigné comme type de sa section Lemuraea le Bulbo-
phyllum nulans Thou. de l’île de la Réunion. Il faisait entrer dans cette
section ainsi que Perrier de la Bathie, dans la Flore de Madagascar,
un certain nombre d’espèces qui la rendait hétérogène. Nous basant sur le
type nommé par Schlechter, nous pensons qu’il est préférable de ne
considérer comme appartenant à cette section que les espèces dont
la morphologie florale est celle des espèces de la section Loxosepalum et
dont les pseudobulbes sont diphylles. Il faut donc en extraire d’une part,
B. andrangense H. Perr. qui, comme nous l’avons vu, est une variété
du B. Françoisii H. Perr., et B. liparidioides Schltr., qui, par ses carac¬
tères floraux et la présence de gaines grandes et épaisses, se désagré¬
geant en fibres, est mieux placé dans la section Pachychlamys Schltr.,
et d’autre part les espèces du groupe du B. brachyslachyum Schltr. (B.
pseudonutans H. Perr., et B. abbrevialum Schltr.) dont les caractères
floraux sont très différents et sur lesquels nous reviendrons ultérieure¬
ment.
Cette sous-section peut alors se définir ainsi : plantes à pseudobulbes
coniques ou cylindroconiques diphylles, à gaines minces caduques.
Inflorescence grêle à moyennement robuste. Épi pluriflore. Fleurs à
périanthe peu épais, sépales libres, labelle de texture mince, très courbé,
concave et à marges fortement relevées à la base, marges infléchies dans
la partie antérieure. Colonne à stélidies courtes triangulées.
En 1951, Perrier de la Bathie définissait la sous-section Diphylli
de la section Loxosepalum. Nous avons vu qu’une partie des espèces
qu’il y incluait ( B. roslriferum B. coeruleolinealum, B. loxodiphyllum)
sont à rappoter à B. oxycalyx var. rubescens. Les autres sont des espèces
de la section Lemuraea. Nous ne voyons pas de raison suffisante pour
extraire une partie des espèces de la section Lemuraea en y laissant les
autres. Deux points de vue sont donc possibles, ou considérer la section
Lemuraea en bloc comme une sous-section de Loxosepalum, ou garder la
section Lemuraea et la sous-section Diphylli de Loxosepalum en devient
alors synonyme. Étant donné la grande analogie florale entre les espèces
qui ne diffèrent finalement que par le nombre de feuilles du pseudobulbe,
nous pensons qu’il est plus logique de les regrouper dans une même section
(section Loxosepalum) et de faire une sous-section pour les espèces à pseudo-
Source : MNHN, Paris
— 389 —
bulbes bifoliés, affines de B. nulans Thou. La section Lemuraea devient
donc synonyme de Loxosepalum Schltr. sous-section Diphylli H. Perr.
Les espèces qui constituent cette sous-section sont très voisines les
unes des autres et il est parfois difficile de les distinguer. A notre sens,
ces espèces sont les suivantes pour Madagascar et les Comores :
Bulbophyllum nutans Thou.
Orch. Iles Afr. t. 101 (1822).
— Phyllorchis nulans O. Kuntze, Rev. Gen. 2 : 675 (1891).
- B. andringilranum Schltr., Fcdde Repert. Beih. 33: 199 (1925).
—- B. Isinjoarivense H. Perr., Not. Syst. 6, 2 : 72 (1937).
— B. chrysobulbum H. Perr., Not. Syst. 14, 2 : 158 (1951).
Le type de Bulbophyllum nulans Thou. existe dans l’herbier du
Muséum de Paris. C’est un échantillon sans fleur auquel est joint un dessin.
Malheureusement, les détails de la fleur y sont mal représentés. On voit
cependant assez bien le labelle en coupe. Ce type est accompagné d’un
nombre assez important d’échantillons provenant de la Réunion et que l’on
peut lui rapporter, ce qui permet de nous faire une opinion plus précise
de l’espèce. Après analyse des échantillons types, les B. andringilranum
Schltr. et B. Isinjoarivense H. Perr., ne nous semblent pas pouvoir être
séparés de B. nulans Thou... La différence principale réside dans la nerva¬
tion des sépales latéraux, le sépale médian étant toujours trinerve. Chez
Bulbophyllum nulans le sépale latéral a le plus souvent une nervure, mais
on peut observer 2 nervures sur certaines fleurs. Le B. Isinjoarivense a le
plus souvent des sépales latéraux binerves, et le B. andringilranum bi
ou trinerves. 11 y a donc toute la gradation entre les échantillons à sépales
latéraux uninervés de la Réunion et les échantillons à sépales trinerves de
Madagascar. Nous ne croyons pas possible, dans ces conditions, de distin¬
guer des espèces sur ce seul caractère.
Le type de B. chrysobulbum H. Perr. est un échantillon très pauvre,
auquel sont jointes deux inflorescences séparées, ne portant que des bou¬
tons floraux très jeunes. D’après le port de la plante (pseudobulbes et
feuilles) nous pensons préférable de le rattacher au B. nutans Thou. Les
fleurs sont trop jeunes pour fournir une indication utilisable.
var. variifolium (Schltr.) J. Bosser stat. nov.
— B. variifolium Schltr., Fcdde Repert Beih. 33 : 206 (1925).
— B. amboliilrense H. Perr., Not. Syst. 6, 2 : 72 (1937).
Cette variété se distingue de l’espèce par ses inflorescences plus grêles
à pédoncule plus long par rapport à l’inflorescence, par ses feuilles contrac¬
tées à la base en pétioles plus longs ; les fleurs sont semblables à celles de
l’espèce, un peu plus grandes, à sépales latéraux trinerves. La forme de
la stélidie, en pointe courte triangulée peut légèrement différer, mais ce
caractère a une amplitude de variation certaine, quoique assez faible,
qui se retrouve aussi dans d’autres groupes. Le pétale du type du
B. ambohilrense H. Perr. est subtrinerve; de part et d’autre de la nervure
Source : MNHI J, Paris
— 390 —
médiane bien marquée, se devinent des ébauches de nervures latérales,
mais c’est le seul caractère qui le distingue.
Bulbophyllum Rutenbergianum Schltr.
Fedde Repert. Beih. 33 : 204 (1925).
— B. peniculus Schltr. I. c. : 204.
— B. spalhuli/olium H. Perr., Not. Syst. 14, 2 : 158 (1951).
— B. Coursianum H. Perr. nom. nud., Mém. Inst. Sc. Madag. sér. B. 6: 264 (1955).
L’échantillon type de B. spalhulifolium H. Perr. est identique au
type de B. peniculus Schltr. que Perrier de la Bathie rapportait
déjà au B. Bulenbergianum dans la Flore de Madagascar. Dans le groupe
d’échantillons que nous assimilons à B. Bulenbergianum Schltr., on trouve,
certes, de petites différences, pour ce qui est de la taille des fleurs, la taille
et même la forme du labelle, la forme de la colonne. Mais ces différences
restent peu importantes et certains échantillons comme le 22 571 Humbert
qui est de type au B. Coursianum Perr. présente des caractères intermé¬
diaires entre les extrêmes. Nous pensons qu’il est préférable d’interpré¬
ter ces échantillons comme appartenant à 1 seule espèce, assez variable,
proche de Bulbophyllum nulans Thou.
Bulbophyllum Leoni Kraenzl.
Engl. Jahrb. 28: 164 (1900).
— B. Humblolianum Kraenzl., I. c. 33 : 5 (1904).
Bulbophyllum trilineatum H. Perr.
Not. Syst. 6, 2 : 48 (1937).
CLÉ DES ESPÈCES
1. Petite plante à pseudobulbes de 4-6 mm de haut. Inflorescence
pauciflore (1-3 fl.), grêle, atteignant 4-4,5 cm. Pétale obovale
presque aussi grand que les sépales. Anthère sans labre trian-
gulé . 1. B. trilineatum.
Y. Plantes plus robustes à pseudobulbes nettement plus grands.
Inflorescence pluriflore plus longue. Pétale oblong nettement
plus court que les sépales. Anthère munie d’un labre triangulé.
2. Inflorescence de 10-15 cm à pédoncule beaucoup plus long que
l’épi. Fleurs grandes à sépales de 7,5-8 mm. Feuilles attei¬
gnant 7 cm de long. 2. B. Leoni.
2'. Inflorescence pouvant atteindre 12-13 cm mais à pédoncule le
plus souvent beaucoup plus court que l’épi; fleurs plus
petites à sépales de 4-7 mm de long. Feuilles ne dépassant pas
3,5 cm.
3. Inflorescence à 4-12 fleurs. Sépales de 5-7 mm. Pédoncule
pouvant être plus long que l’épi. 3. B. nutans.
3'. Inflorescence à fleurs plus petites et plus nombreuses (plus
de 15). Sépales n’atteignant pas 5 mm de long. Pédoncule
toujours plus court que l’épi et le plus souvent entière¬
ment couvert par les gaines. B. Rutenbergianum.
Source : MNHI J, Paris
— 391 —
SECT. LEPIOPHYLAX Schltr.
Fedde Repert. Beih. 33: 197 (1925).
Cette section fut créée par Schlechter pour le Bulbophyllum Jumel-
leanum Schltr. Elle est proche de la section Loxosepalum ; la morphologie
florale est la même, même type de sépales, labelle et colonne. Mais le port
de la plante est nettement différent. Les pseudobulbes sont globuleux,
aplatis, déprimés et portent des feuilles petites, ovales oblongues, étalées,
apprimées sur le pseudobulbe, au lieu des pseudobulbes coniques ou cylin-
droconiques et à feuilles dressées chez Loxosepalum.
Elle peut se définir comme suit :
Petites plantes à pseudobulbes aplatis, déprimés, bifoliés à feuilles
petites, étalées. Inflorescence grêle, braucoup plus longue que le pseudo¬
bulbe et ses feuilles. Fleurs de la section Loxosepalum.
ESPÈCES EXCLUES
Perrier de la Bathie dans la Flore de Madagascar, y faisait entrer
5 espèces de caractères très différents. Nous avons vu que B. sigilliforme
H. Perr. est à mettre en synonymie avec B. complanatum H. Perr. Les
caractères de la fleur de cette espèce la rapprochent des sections Humblo-
tiorchis et Calamaria. De même Bulbophyllym ruginosum H. Perr. et
B. Pervillei Rolfe ne peuvent y être maintenus. Ces plantes ont les carac¬
tères de la section Calamaria bien que le labelle soit glabre pour B. Pervil-
lei et seulement fortement papilleux pour B. ruginosum. B. Pervillei
est très proche de B. rubrum Jum. et Perr. dont le labelle peut être presque
glabre. Il faudra donc admettre dans la section Calamaria des plantes à
labelle glabre, mais dont tous les autres caractères concordent avec ceux
de la section. Quant au B. minutum Thou. nous pensons qu’il est préfé¬
rable de le rapprocher de B. implexum Jum. et Perr. de la section Bifal-
cula Schltr. Il est d’ailleurs vraisemblable que ces deux dernières espèces
n’en forment qu’une mais ceci est impossible à vérifier, le type de B. minu¬
tum Thou. ne comprenant qu’une inflorescence sans fleur.
COMPOSITION DE LA SECTION
Bulbophyllum Jumelleanum Schltr.
Ann. Mus. Col. Marseille, sér. 3, 1: 35, t. 15 (1915).
Bulbophyllum sciaphile sp. nov. (PI. 1).
Herba epiphytica, rhizomate gracile, circiter 1,2-1,3 mm diametro.
Pseudobulbi subglobosi, adpressi, 6-8 mm diametro, apice diphylli. Folia
ovata vel orbiculari-elliptica, 6-7 mm longa, 4,5-5,5 mm lata, apice rotundata,
bilobulata, basi rotundata, fere sessilia. Scapus filiformis, 4,5-6 cm altus,
apice 2-3 floribus; pedunculus 4-5,5 cm longus, teres, circiter 0,2-0,3 mm
diametro. Flores flavi, inversi; pedicellus cum ovario 1,5 mm longus. Sepalum
intermedium erectum, ovatum, 6-6,5 mm longum, 3-3,5 mm latum, uniner-
Source : MNHI J, Paris
— 392 —
vium, vel sub trinervium, apice rotundatun; sepala latcralia oblique ovata,
apice subacuta, fere 6,5 mm longa, 3-3,5 mm lata, uninervia, omnia glabra;
petala obovata, 4 mm longa, 2,2-2,3 mm lata, apice rotundata, uninervia.
Labellum oblongum, 4 mm longum, 2,5 mm latum, trinervium, fere rectum,
tenuiter carnosum, apice rotundatum, basi cordatum, duobus parvis impressis
basi ornatum. Columna erecta, 2 mm alta, stelidiis brevibus deltoideis, alis
columnae substelidiis lobo oblongo, 0,3 mm longo, instructis. Anthera parva,
0,5 mm diametro, apice truncata, inter loculos cristata.
Epiphyte, en forêt ombrophile d’altitude 1300-1400 m. Pointe sud
du lac Mantasoa, Madagascar. Fleurs en août. — Type : J. Bosser 16 166
(Herb. P.).
Cette petite espèce n’a été récoltée qu’à deux reprises, et semble liée
à la forêt humide d’altitude, à crachins et brouillards fréquents, à sous-
bois sombres. Elle a un port caractéristique. Les pseudobulbes sont
sigilliformes, vert pâle et lisses, contigus, et portent 2 feuilles charnues
épaisses apprimées, vert sombre sur le dessus. La hampe florale est grêle
(0,2-0,3 mm de diamètre) et porte 3-4 gaines membraneuses, étroitement
apprimées de 5-6 mm de long. La grappe florale est très courte et se
compose de 2-3 fleurs, elle est réclinée au stade jeune. Les bractées florales
sont ovales, de 2-3 mm de long, subobtuses au sommet, à une nervure
un peu saillante. La fleur est jaune pâle, à sépales et pétales peu épais
translucides. L’ovaire pédicellé est très court, plus court que la bractée
florale. Le labelle est aussi jaune pâle, un peu épais, charnu, à marges
infléchies, à 3 nervures groupées dans la partie médiane, face supérieure
à deux fossettes peu marquées près de la base. La stélidie de la colonne
paraît bidentée, car le bord latéral de la fosse stigmatique est développé
en un lobe subrectangulaire sous la stélidie.
Cette espèce se rapproche de Bulbophyllum Jumelleanum Schltr.
dont elle a le port, mais elle s’en distingue par ses inflorescences pauci-
flores, et sa morphologie florale, en particulier le labelle et la colonne,
qui sont nettement différents.
Nous plaçons cette nouvelle espèce dans cette section bien que ceci
ne nous satisfasse pas entièrement. Elle en a le port, avec les pseudo¬
bulbes déprimés, à feuilles petites étalées, l’inflorescence grêle. La texture
des pièces florales est aussi celle de la section, mais la colonne est un peu
différente. Immédiatement sous la stélidie petite et deltoïde, le bord de
la colonne est dilaté en un lobe oblong bien développé. L’anthère est
tronquée en avant, et a un connectif conique épaissi charnu.
Ces deux espèces peuvent se distinguer comme suit :
1. Fleur petite, de moins de 4 mm de long; bord de la colonne presque
droit sous la stélidie. Anthère à bord antérieur muni d’un
petit labre triangulé. 1. B. Jumelleanum.
1'. Fleur plus grande, de 6-8 mm de long; bord de la colonne muni
d’une dent oblongue sous la stélidie. Anthère à bord antérieur
tronqué . 2. B. sciaphile.
Source : MNHI J, Paris
— 393
Source : MNHN, Paris
— 394 —
B. — AUTRES ESPÈCES NOUVELLES DE BULBOPHYLLUM
Bulbophyllum sandrangatense sp. nov. (Sect. Pachychlamys). — PL 4.
Herba epiphytica, usque ad 25 cm alta, rhizomate repente pauciramoso,
terete, 3-4 mm diametro. Pseudobulbi conico-cylindracei vel conici, con-
joncti, 2-2,5 cm longi, 1,3-1,5 cm diametro, inferne cataphyllis fibrosis vestiti
apice diphylli. Folia oblanceolato-ligulata, 10-18 cm longa, 0,7-1 cm lata,
tenuiter coriacea, basi petiolata, canaliculata. Inflorescentiae inferne erectae,
superne ^ curvatae, folios aequantes vel superantes; pedunculus 10-20 cm
longus, teres, gracilis, vaginis 4-5 subacutis, 7-13 mm longis, scariosis, ins-
tructus ; rachis ^ curvata, incrassata, 2-6 cm longa ; bracteae ovatae, obtusae,
vel subacutae, minutae, 2-3 mm longae. Flores 5-13, 4-6 mm distantes,
rubri; sepalum intermedium, late ovatum, trinervium vel subquinquener-
vium, apice rotundatum, 4 mm longum, 3 mm latum; scpala lateralia oblique
late ovata, apice obtusa, trinervia, 5 mm longa, 4 mm lata, carinata; petala
subquadrata, apice truncata, 1,8-2 mm longa, 1,5 mm lata, uninervia. Label-
lum triangulari-ovatum, 3-4,5 mm longum, 2,3-3 mm latum, apice recur¬
vatum, obtusum, glabrum, basi cordatum, ciliato-papillosum, lobis basilaribus
erectis; columna brevis, crassa, 1,5-2 mm longa, stelidiis, triangularibus
perbrevis, pede valde incurvato, 3,5 mm longo; anthera hemisphaerica,
galcata, 0,5 mm lata.
Epiphyte, forêt ombrophile d’altitude 900 m, sud de Moramanga,
Madagascar. — Type : J. Bosser 16 769, (Herb. P.); fleurs en février.
Plante à rhizome épais, robuste, à pseudobulbes vert sombre virant
au noir, recouverts, jeunes, par de grandes gaines, qui se désagrègent
ensuite en fibres grossières, entrelacées, brunâtres, formant une résille
autour du pseudobulbe. La face supérieure des feuilles est vert sombre
et brillante. L’inflorescence est lâche, courbée sur le pédoncule, à axe un
peu épaissi. Fleurs d’aspect rougeâtre, s’ouvrant une à une à partir de la
base de l’inflorescence. Sépales médians et pétales à nervures soulignées
de rouge, sépales latéraux munis d’une bande médiane rouge, plus large.
Labelle rouge, oscillant, partie médiane épaissie, charnue, papilleuse
ciliée, surtout à la base, sommet arrondi à marge relevée, amincie et
glabre, deux oreillettes latérales basales, relevées, arrondies à leur som¬
met et ciliolées. Colonne blanche, à stélidies courtes récurvées. Anthère
avec un petit lobe tronqué à l’avant, connectif épaissi en crête charnue.
Espèce bien particulière, qui se distingue par la présence de fibres
autour des bulbes, et les caractères de sa fleur : le labelle triangulé sub¬
cordé, à surface papilleuse ciliée, la colonne à stélidies très courtes reje¬
tées en arrière.
Bulbophyllum horizontale sp. nov. (Sect. Kainochilus). PI. 5.
Herba epiphytica repens, usque ad 10 cm alta, rhizomate crasso, 3-4 mm
diametro. Pseudobulbi 2-4 cm distantes, ovoidei vel suboblongoidei, 1,8-
2,5 cm longi, 1-1,8 cm diametro, rubro-brunnei, nitidi, 4-angulati, apice
Source : MNHI J, Paris
395 —
PI. 5. — Bulbophyllym horizontale Bosser : 1, port; 2, lleur et bractée Iprofil); 3, labelle (prolll);
4, labelle (plan); 5, anthère (profil; 6, anthère (dos); 7, sépale médian; 8, sépale latéral;
9, pétale; 10, colonne.
8
Source : MNHI J, Paris
— 396 —
diphylli. Folia crassa, horizontalia, oblonga vel ovato-oblonga, subsessilia,
3-6 cm longa, 1,5-2,5 cm lata, apice inaequaliter obtuse bilobulata. Inflo-
rescentia densa, erecta, rigida, 6-9 cm alta; pedunculus brevis, 1,5-2 cm
longue, cataphyllis 7-8, scariosis ± imbricatis fere omnino obtectus. Rachis
incrassata, 5-7 cm longa; bractcae ovatae 6-7 mm longae, 3-4 mm latae,
subacutae. Flores rubri subsessiles; pcdicellus cum ovario 4 mm longus;
sepalum intermedium lanceolatum vel ovato-lanceolatum, 8 mm longum
4 mm latum, apice acutum, uninervium vel trinervium; sepala lateralia
subsimilia sed oblique ovata, 8 mm longa, 3,5-4 mm lata, uninervia vel
subbincrvia; ovariis atque ceternis partibus sepalorum glandulibus nigres-
centibus ornatis; petala brévia triangularia acuta, uninervia, basi dilatât a,
0,5 mm longa. Labcllum carnosum, spathulato-oblongum, apice late rotun-
datum, 3,5 mm longum, 1,5-2 mm latum, fere rectum, marginibus dense
ciliatis, apice caducis planis pilis ligulatis munitum, supra callo centrali
elongato instructum, basi bicarinatum, alatum. Columna brevis crassa,
1,5 mm alta, stelidiis late falcatis incurvatis, 1 mm longis, alis columnae
sub stelidiis lobo dentato instructis. Anthera galcata, 1 mm diametro, superne
in appendicem carnosem conicam producta.
Epiphyte, forêt ombrophile d’altitude 900 m, Sud de Moramanga,
route d’Anosibe, Madagascar. — Type : J. Bosser 17 170 (Herb. P.);
fleurs en juillet.
Plante caractéristique par son port, ses pseudobulbes tétragones
d’un brun rouge, brillant, ses feuilles coriaces, vert clair dessus, étalées
horizontalement, son inflorescence courte, entièrement rouge sombre.
Les sépales s’entrouvrent très peu. Le rachis, les bractées florales et les
sépales sur leur face extérieure, sont ponctués de verrucosités rougeâtres.
Les pétales, à base élargie, sont bordés de rouge. Le labelle est rouge
sombre, très charnu, muni sur le dessus d’une carène médiane arrondie
glabre, les marges sont relevées en 2 ailes à la base, se prolongeant par
deux bourrelets papilleux de part et d’autre de la carène. Les marges
latérales sont ciliées, et le sommet est garni de poils ligulés plus longs,
cils et poils sont rouge sombre.
La colonne a la forme particulière à la section avec un lobe nette¬
ment marqué, tronqué au sommet, sur le bord de la fosse stigmatique,
sous chaque stélidie. La section Kainochilus est spéciale à Madagascar
et dans cette section, cette nouvelle espèce se différencie très nettement
de toutes les espèces jusqu’ici connues.
Bulbophyllum cardiobulbum sp. nov. (Sect. Calamaria Schltr.). —
PI. 6.
Herba epiphytica usque ad 30 cm alta, rhizomate repente, 3-4 mm dia¬
metro, pseudobulbis latente; pseudobulbi imbricati, subrotundati, applanato-
biconvexi, basi cordati, siccitate flavido-brunnei, nitidi, apice diphylli. Folia
oblonga, vel ligulata, basi breviter pctiolata, 3,5-7 cm longa, 1,6-2 cm lata,
apice vix compressa. Inflorescentia erecta, rigida, 20-30 cm alta, superne laxe
12-24 floribus. Pedunculus valde compressus, 16 cm longus, 3,5 mm latus.
Source : MNHI J, Paris
— 397 —
Source : MNHI J, Paris
— 398 —
vaginis 6-7, 6-11 mm longis instructus. Bracteae 4-15 mm distantes, lanceo-
latae, acutae, 4-5 mm longae, sub anthesi reflexae. Flores inversi, subsessiles
pedicellus cum ovario 3 mm longus. Sepalum intermedium lineari-lanccola-
tum, e basi concavum, 13-14 mmlongurn, 3 mm latum; sepala lateralia oblique
lineari — lanceolata 14-15 mm longa, 4 mm lata concava, apice subobtusa,
cum pede columnae adnata mentum rotundatum 1,5 mm longurn formantia;
omnia sepala quinquenervia. Petala lanccolato-triangularia, 2,5 mm longa,
0,8 mm lata, uninervia. Labellum 12 mm longurn X 3,5 mm latum, a basi
recurvatum, angusto compressum bicarinatum, carinis glabris, lobis basalibus
erectis, papillato-cibolatis, apice lanceolatum, plurinervium, in medio parte
supeme et inferne papillato-ciliolatum. Columna erecta, 2 mm alta, stclidiis
falcatis incurvatis, circiter 0,6-0,7 mm longis, margina posteriore denticulata;
anthera hemispherica 0,6 mm diametro, antice in appendicem rotundatam
producta.
Epiphyte, forêt ombrophile d’altitude 1 300-1 400 m. Ankerama-
dinika (canton d’Ambatolaona). Fleurs en novembre. — Type : J.-P. Pey-
rot 5 (Herb. P).
Cette espèce a bien les caractéristiques de la section Calamaria ,
mais le labelle est seulement ciliolé papilleux et non nettement cilié.
Nous ne pensons pas qu’il y ait lieu pour autant, de la séparer de cette
section.
Espèce robuste, caractérisée par ses pseudobulbes cordés, aplatis,
jaune brun. Sommet du pédoncule et rachis ponctués de rouge. Fleurs ne
s’ouvrant qu’une à une à partir de la base. Sépales verts, ponctués de
rouge extérieurement, pétales blanc verdâtre bordés de rouge. Labelle
blanc jaunâtre, teinté et ponctué de rouge, à base courbée, étroite, échan-
crée en V sur la face supérieure, avec deux callus ovoïdes glabres, marges
relevées en ailes ciliolées; ces ailes se prolongeant vers l’avant par deux
carénules médianes glabres, courtes, se fondant rapidement en une seule
crête largement arrondie, papilleuse pubescente, atteignant le milieu du
labelle. Partie apicale en lame lancéolée ovale plurinerve, amincie vers
les marges, sommet subobtus.
Cette espèce se distingue aisément par ses caractères floraux des
autres espèces de la section Calamaria.
Bulbophyllum amoenum sp. nov. —- PI. 10.
Herba epiphytica, humilis, repens; rhizomate gracile, fere terete, 1 mm
diametro. Pseudobulbi circiter 5 mm distantes, ovoideo-subglobosi, 6-8 mm
diametro, siccitate rugosi, apice monophyUi. Folia crassa, coriacea, eUiptica
basi breviter petiolata, apice obtusa, dr emarginata, 10-21 mm longa, 6-9 mm
lata. Scapus gracilis, in toto 7-9 mm longus, pedunculus 4-4,5 cm longus.
Inflorescentia laxa; bracteae ovatae, obtusae, 4-9 mm distantes. Flores 6-9,
rosei. Sepalum intermedium, lineari-lanceolatum, trinervium, 11 mm longurn,
2 mm latum; sepala lateralia oblique lineari-Ianceolata, trinervia, 10-11 mm
longa, 2 mm lata; petala oblonga, apice rotundata, uninervia, 2,5 mm longa.
Source : MNHI J, Paris
— 399 —
I’I. 7. — Bulbophyllum callosum Bosser : 1, port; 2, inflorescence; 3, fleur (proflü; 4, colonne;
5, pièce médiane; 6, anthère; 7, labeile (plan); 8, labelle (profil); 9, pétale; 10, sépale
médian.
Source ; MNHN, Paris
— 400 —
1 mm lata. Labellum glabrum, valde recurvatum, obovatum, 2 mm longum,
1,5 mm latum, apice rotundatum, marginibus basi erectis, superne inflexum.
Columna brevis, crassa, stelidiis brevibus deltoideis, alis columnae sub
stelidiis lobe obtuso instructis; anthera hemisphaerica, antice rotundata.
Epiphyte. Forêt ombrophile d’altitude 1 300-1 400 m. Bords du lac
Mantasoa, Imerina, Madagascar. Fleurs en septembre. — Type: J. Bosser
16 210 (Herb. P.).
Petite espèce, très gracieuse, hôte de la forêt d'altitude fraîche et à
brouillards fréquents.
Pseudobulbes vert jaunâtre souvent lavés de rouge. Feuilles assez
coriaces, vertes ou lavées de rouge. Inflorescence à pédoncule grêle por¬
tant 4-5 gaines membraneuses, minces.
Fleurs à sépales et pétales rose pâle à nervures soulignées de rouge,
labelle jaune pâle, dressé et cachant la colonne, marges redressées en
2 oreillettes à la base puis infléchies et faiblement ondulées. Anthère
munie en avant d’un labre arrondi.
Cette espèce est voisine du Bulbophyllum microglossum H. Perr.
Une série de caractères les différencie cependant nettement. Chez B.
microglossum les sépales sont plus courts, le pétale est linéaire oblong,
beaucoup plus étroit, le labelle a les marges relevées en ailes ciliées fim-
briées sur sa moitié inférieure (caractère que Perrier n’a pas noté dans
sa diagnose) et possède deux faibles crêl es dans sa partie moyenne, les
stélidies de la colonne sont aciculaires falciformes et le labre de l’anthère
est développé en lame rectangulaire. Perrier rattache son espèce à
la section Micromonanlhe de Schlechter, mais la délimitation de cette
section n’est pas très nette. Elle est d’après Schlechter, répandue dans
toute la zone asiatique des moussons et Madagascar se place à la frontière
ouest de son aire. Pour Holltum (Orchids of Malaya) les espèces de cette
section sont à hampe uniflore, et se rapprochent des espèces de la section
Monilibulbum, voisine de la section malgache Lichenophylax. Notre plante
semble assez éloignée de ces sections. Nous pensons que seul un mono¬
graphe revoyant l’ensemble du problème pourra trancher cette question.
Bulbophyllum callosum sp. nov. (Sect. Ploiarium). — PI. 7.
Herba epiphytica, usque ad 40-50 cm alta, rhizomate crasso, 4-6 mm in
diametro. Pscudobulbi 4-angulati, 4-5 cm distantes, 5-6,5 cm longi, 2 cm
lati, apice diphylli. Folia coriacea, rigida, oblonga, 8-13 cm longa, 2,5-3,2 cm
lata, apice bilobulata, rotundata, basi breviter petiolata, canaliculata.
Infloresccntia erecta, rigida, superne J; curvata, folia duplo excedens; racemo
ipso dense multifloro cylindraceo, 5-9 cm longo ; pedunculus 30-35 cm longus,
circiter 2-3 mm diametro, vaginis 10-12,15-20 mm longis, scariosis, instructus.
Rachis incrassata, cylindrica; bracteae latissime ovatae, 3-3,5 mm longae,
apice rotundatae. Flores atropurpurei ; pedicellus cum ovario 1,7-1,8 mm
longus; sepalum intermedium oblongum, apice obtusum, concavum, 4,5 mm
longum, 2-2,5 mm latum, supra dense papillato-puberulum, trinervium;
Source : MNHN, Paris
— 401 —
sepala lateralia oblique ovata, latere carinata, dense papillato-puberula, in
parte suborbiculare naviculiforme 4-4,5 mm longa, 4 mm lata coapta; petala
oblonga, glabra, apice obtusa, uninervia, 1,5-2 mm longa, 0,5-0,7 mm lata.
Labellum glabrum, carnosum, valde recurvatum, suborbiculatum, circiter
2 mm diametro, superne leviter vcrruculosum, ad medium callo hemispherale,
laeve ornatum, basi duobus strietis impressionibus latérale munitum. Columna
perbrevis, crassa, stelidiis recurvatis triangularibus acutis, alis columnae sub
stelidiis lobo obtuso instructis; anthera oblonga 0,9 mm lata, apice truncata.
Epiphyte, forêt embrophile d’altitude, 1 300-1 400 m, bords du lac
Mantasoa, Imerina, Madagascar. Fleurs en septembre. — Type : J. Bos¬
ser 16 400 (Herb. P.).
Plante robuste, à gros pseudobulbes quadrangulés, verts, teintés de
rouge pourpre. Feuilles également teintées de pourpre sur les 2 faces,
pouvant être entièrement pourpres, ainsi que le pédoncule floral. Gaines
de ce pédoncule blanchâtres ou plus ou moins rouges, tubuleuses, aigües
au sommet et plurinerves. Epi entièrement rouge sombre, d’aspect
duveteux, fleurs régulièrement insérées sur 8 rangs. Bractée florale blanc
jaunâtre, teintée de rouge sombre. Labelle très caractéristique, pourpre
noir très charnu et courbé, concave en V à la base et avec deux dépressions
étroites et profondes munies d’un rebord saillant, un callus médian hémis¬
phérique et lisse, entouré d’un rebord verruqueux, sommet arrondi.
Autre caractère de cette espèce, surface extérieure du sépale médian
et de la pièce antérieure formée par les sépales latéraux, pubérulent
papilleux. Ceci la rapproche du B. hirsuliusculum H. Rerr., qui se diffé¬
rencie par un labelle de morphologie très différente.
Bulbophyllum aggregatum sp. nov. (Sect. Ploiarium Schltr.'i. —
PI. 2.
Herba epiphytica, parva, rhizomate repente, 1-1,5 mm diametro. Pseu-
dobulbi circiter 1 cm distantes, ovoidei, 4-angulati, 8-15 mm longi, 4-10 mm
lati, apice diphylli. Folia subsessilia, vel breviter petiolata, elliptica vel oblonga
1,8-2,5 cm longa, 1-1,1 cm lata, apice bilobulata. Inflorescentia brevissima,
subcapitata, aggregata, 13-15 mm longa; pcdunculus perbrevis, 7 mm longus
cataphyllis + imbricatis, acutis, fere omnino obtectus. Bracteae latae, ovatae,
2,5 mm longae, 4 mm latae, scariosae ovarium pedicellatum superantes. Flores
purpurei, 8-10; sepalum intermedium oblongum, parte apicali reflexum, obtu-
sum, trinervium, 4 mm longum, 1,8 mm latum, supra dense papillosum.
Sepala lateralia, oblique ovato-lanceolata, concava lateraliter carinata, supra
papillosa, cum pede columnae adnata, basi in parte ovale apiculare bifida
4-4,5 mm longa 2 mm lata coalescentia : petala oblonga apice rotundata,
uninervia 2 mm longa, 0,8 mm lata. Labellum valde carnosum, recurvatum,
fere suborbiculatum, 2,4 mm longum, 2 mm latum, apice subacutum, supra
corrugatum, basi bicarinulatum. Columna brevis, crassa, stelidiis triangu¬
laribus acutis, alis columnae sub stelidiis lobo obtuso instructis; anthera
oblonga, apice truncata 0,4 mm alta, 0,7 mm lata.
Source : MNHI J, Paris
— 402 -
Source : MNHN, Paris
— 403 —
Epiphyte, forêt ombrophile d’altitude 13 00-1 400 in. Bords du lac
Mantasoa, Imerina, Madagascar. Fleurs en avril-mai. — Type : J.-P. Pey-
rot 4 (Herb. P.).
Petite espèce ne dépassant pas 4 cm de haut. Pseudobulbes à 4 angles
vifs, verts souvent teintés de rouge, enveloppés, jeunes, de gaines gri¬
sâtres. Feuilles étalées presque horizontalement, vert sombre dessus.
Inflorescence courte, contractée, dépassant à peine la hauteur du pseudo¬
bulbe. Epi dense, court, à fleurs rouge violacé à pourpres, le labelle plus
foncé, finement ridé sur le dessus, bicaréné à la base et muni de deux
petites dépressions de part et d’autre des carènes, un sillon médian
atteignant la moitié de la longueur, s’élargissant un peu dans la partie
terminale. Les deux sépales latéraux sont carénés latéralement, navicu-
laires et assymétriques. Cependant leurs bords antérieurs ne sont soudés
que dans leur partie basale, et non entièrement soudés comme dans les
espèces de la section Ploiarium. A ce caractère près, la fleur se rattache
par sa morphologie et son aspect extérieur à cette section, c’est pourquoi
nous l’y avons placé. Elle entre dans le 4 e groupe distingué par Perrier
de la Bathie dans sa flore et se place près du B. quadrialatum H. Perr..
qui est une espèce plus robuste, à épi plus lâche, dont la fleur a des carac¬
tères nettement différents.
Bulbophyllum Toilliezae sp. nov. 1 (Sect. Ploiarium Schltr.). —
PI. 8.
Herba epiphytica, usque ad 20-25 cm alta, glabra; rhizomate crasso,
repente, pauci-ramoso, terete 8-10 mm in diametro. Pseudobulbi 2-3 cm dis¬
tantes, ovoidei, 4-6 cm longi, 2 cm diametro, flavescentes, nitentes, 4-5 angu-
lati, angulis acutis, sinuatis, apice diphylli. Folia oblongo-ligulata, 13-17 cm
longa, 2-2,3 cm lata, tenuiter coriacea, apice obtusa ^ emarginata, basi
angustata subpetiolata. Inflorescentia 20-25 cm alta, rigida i pendula
pedunculo 8 cm longo, 5 mm diametro, basi vaginis scariosis incluso, superne
vaginis 3,1 cmlongisinstructo; rachis 18-22 flora, incrassata, 13-14 cm longa;
bracteae cymbiformes amplae, 6-7 mm longae, explanatae latissime ovatae,
apice acutae. Flores subsessiles, flavo-virides, tarde flavo-aurantiaci, carnosi,
0,5-1 cm distantes : pedicellus cum ovario 4 mm longus; sepalum intermedium
oblongum 12-13 mm longum, 3,5-4 mm latum, carinatum, apice acutum,
basi incrassatum, trinervium; sepalis lateralibus latéralités alatis, parte
oblonga apice acuta 11-13,5 mm longa, 7-8,5 mm lata, coalescentibus; petala
oblanceolata, acuta, subfalcata, crassa, 10 mm longa, 3 mm lata, uninervia.
Labellum carnosum, valde recurvatum, ovatum, 3,5-4 mm longum, 2-2,3 mm
latum, supra valde papillosum, apice obtusum, basi ^ bilobulatum concavum,
superne canaliculatum duobus impressis strictis lateraliter ornatum. Columna
brevis 1 mm alta, crassa, stelidiis leviter recurvatis, triangularibus acutis
0,6-0,7 mm longis, alis columnae sub stelidiis lobo obtuso instructis; pede
1. Espèce dédiée à M”* Toilliez-Genoud, assistante au Laboratoire de Bota¬
nique du Centre ORSTOM de Tananarive.
Source : MNHI J, Paris
— 404 --
Source : MNHN, Paris
— 405 —
incurvato, 2 mm longo; anthera oblonga, circiter 0,5-0,7 mm alta, 1-1,3 mm
lata, apice truncata.
Epiphyte, forêt de moyenne altitude, 900 m. Environ de Périnet,
Madagascar. Fleurs en mars. — Type : J. Bosser 16 802 (Herb. P.).
Espèce robuste à rhizome épais, pseudobulbe vert pâle, jaunissant
en séchant, enveloppés, jeunes, dans de longues gaines papyracées. Fleurs
à périanthe très charnu s’ouvrant peu, jaune orangé, teinté de vert au
stade jeune, devenant ensuite entièrement jaune orangé vif. Labelle
jaune, densément papilleux face supérieure, avec un sillon médian étroit,
élargi à son sommet en un spéculum ovale; près de la base deux dépres¬
sions ovales étroites et profondes, brun noirâtre, à rebord saillant.
Bulbophyllum Peyrotii comb. nov. 1 — PI. 9.
— Bulbophyllum fîmbrialum H. Perr., Not. Syst. 9: 145 (1941) et Not. Syst. 14:153
(1957) non Bulbophyllum fîmbrialum Reich f. ( Cirrhopelalum fîmbrialum Lindl.)
Le nom donné par Perrier de la Bathie à cette espèce ne peut
être maintenu, l’épithète ayant déjà été utilisé pour une plante des
Indes. La diagnose de l’espèce malgache a été publiée à deux reprises
dans les Notulae Systematicae à dix ans d’intervalle. Nous donnons ici
une description précisant certains points.
Pseudobulbes diphylles aplatis comprimés, suborbiculaires un peu
convexes sur le dessus, concaves dessous, de 13 mm sur 25 mm, devenant
jaune brillant.
Feuilles elliptiques de 13-23 mm X 10-15 mm, parfois suborbicu¬
laires, coriaces et rigides, arrondies au sommet et bilobulées, base contrac¬
tée en un court pétiole. Inflorescence dépassant les feuilles, pédoncule de
5-5,5 cm de long, très comprimé aplati, élargi de la base au sommet
(8 mm de large), gaines de la base imbriquées, gaines du sommet distantes,
la plus longue pouvant atteindre 9 mm, minces et papyracées, brun
clair linéolé de blanc. Épi très court, 1,5-2 cm, dense, 10-12 fleurs cachant
entièrement le rachis, bractées florales amples, largement arrondies au
sommet, papyracées et brun clair, linéolées de blanc, cachant en partie
la fleur. Fleur charnue, aplatie dorso-ventralement, jaune verdâtre,
parsemée de verrucosités et de macules rouge sombre. Sépale médian
oblong, élargi à la base, légèrement apiculé au sommet, papilleux sur les
marges, trinerve. Sépales latéraux dissymétriques, naviculaires, à bords
antérieurs soudés à la base, libres et ciliés papilleux au sommet, à ailes
latérales dentées fimbriées, parties externes papilleuses maculées de taches
rouges. Pétales, linéaires oblongs, 3 mm X 0,5-0,8 mm, charnus, arrondis
au sommet, jaunâtres, à partie apicale papilleuse rouge. Labelle ovale,
3-4 mm X 2-3 mm charnu, très courbé, sommet arrondi, parfois légère-
1. Cette espèce est dédiée au D r J. P. Peyrot dont l’intérêt pour les Orchidées
malgaches ne s'est jamais démenti et dont les récoltes contribuent à une meilleure
connaissance de cette famille.
Source : MNHI J, Paris
— 406 —
Source : MNHN, Paris
— 407 —
ment échancré, concave à la base, face supérieure ornée d’un canal
médian vert jaunâtre n’atteignant pas le sommet, partie distale creusée
de deux dépressions de part et d’autre de ce canal, partie apicale ornée
de crêtes transversales rouges; face inférieure verdâtre et lisse. Colonne
épaisse et charnue de 0,4 mm de haut, à stélidies deltoïdes aigüees, bords
de la fosse stigmatique munie sous la stélidie d’une dent obtuse; anthère
hémisphérique, tronquée en avant, avec un lobe médian arrondi et deux
petites dents aigües latérales. Ovaire glabre et lisse de 1,5 mm de long.
Cette espèce est épiphyte en forêt ombrophile d’altitude 900 à 1 000 m.
Floraison variable de janvier à août. Environs de Marovoay, Est de
Moramanga, E. François 403. Type. — Sud de Moramanga, route d’Ano-
sibe, J. Bosser 17 182. — Rochers d’Angavokely, station forestière près
de Tananarive J. Bosser et J. P. Peyrot 17 657.
Bien que les sépales latéraux ne soient pas soudés complètement,
cette espèce entre sans aucun doute dans la section Ploiarium. Les parti¬
cularités de son inflorescence et de sa fleur la font aisément distinguer des
autres espèces.
C. — ESPÈCES NOUVELLES DES GENRES
CRYPTOPUS ET ANGRAECUM
Cryptopus elatus (Thou.) Lindl. subsp. dissectus subsp. nov. —
PI. 10.
A typo differt habitu graciliore, foliis floribusque minoribus, petalis et
parte apicale labelli dissectus.
Forêt ombrophile de moyenne altitude, 600-700 m route Ifanafiana
— Fort-Carnot. Fleurs en décembre. — Type : J. P. Peyrot 31 (Herb.
P.).
Cryptopus elatus est une Orchidée des Mascareignes dont la présence à
Madagascar était jusqu’ici douteuse. Ridley l’avait signalée d’après un
échantillon stérile de Lyall. La plante que le Dr. J. P. Peyrot a récoltée
dans l’axe Ifanadiana — Fort-Carnot, doit être manifestement rapportée
à cette espèce. Cependant, elle présente avec celle des Mascareignes des
différences qui nous permettent de la distinguer sur le plan subspécifique.
Voici une description de la plante malgache :
Plante à tige de 30-40 cm de long, 2,5-4 mm de diamètre, à nombreuses
racines aériennes adventives; croissant en petits peuplements sur le sol
ou fixée sur la base des troncs. Feuilles ovales ou oblongues de 3,5-5 cm x
1-1,5 cm, sommet obtus, bilobulé, gaines glabres, striées longitudinalent,
de 1,5-2 cm de long. Inflorescence de 30 cm de long environ, pédoncule
rigide de 20 cm sur 2-2,5 mm de diamètre. Grappe de 10-15 cm, simple
ou à une ou deux ramifications à la base, lâche, à 8-11 fleurs. Fleurs vert
jaunâtre, sépales onguiculés, spathulés 11-12 mm de long x 4 mm de
large (onglet de 6 mm). Pétale onguiculé de 14-15 mm de long, lame ter¬
minale découpée en 4 lobes étroitement oblongs de 1-2 mm de large,
Source : MNHI J, Paris
— 408 —
labelle de 15-17 mm de long, quadrilobé, deux lobes basaux falciformes,
récurvés de 6-8 mm de long, deux lobes terminaux disséqués en 4 lobules
étroits, eux-mêmes ramifiés au sommet. Éperon de 12-13 mm, partie
basale infundibulitorme, moitié terminale filiforme, obtuse au sommet.
Colonne de 2 mm de haut, épaisse, à auricules subcarrés de 1,6 mm-1,7 mm
de large; dent médiane du rostelle épaisse, aussi longue que les auricules;
anthère hémisphérique, munie à l’avant d’un labre fortement échancré.
Deux pollinies, à caudicules rétractiles, fixées sur une petite cupule cir¬
culaire, adhérant latéralement près du sommet à un rétinacle en croissant,
portant sur son bord convexe un bouquet de poils papilleux.
La sous-espèce est plus grêle que l’espèce avec des fleurs plus petites
dont les pétales et les lobes terminaux du labelle sont profondément
disséqués lobés.
Angraecum Magdalenae Schltr. var. latilabellum var. nov. —
PI. 11.
À typo differt habitu robustiore, foliis longioribus latioribusque, floribus
Iabello patulo-trapeziforme apice late rotundate.
Massif du Tsaratanana, Madagascar. R. Paulian 980 (Jardin Bota¬
nique, de Tananarive).
Nous n’avons pas de précision sur l’habitat de cete variété, l’altitude
à laquelle elle a été récoltée, la station, forêt ou rochers.
Angraecum Magdalenae est une espèce épiphyte croissant en plein
soleil et se rencontrant dans les chaînes quartzitiques du Mont Ibity
ou de l'Itremo. La variété du Mont Tsaratanana est beaucoup plus robuste
que l’espèce avec des feuilles nettement plus grandes, plus larges, attei¬
gnant 30 cm de long sur 7 cm de large, des fleurs également plus grandes,
avec un labelle plus étalé, de forme un peu différente de celui de l’espèce,
qui est plus aigu au sommet. Cette variété est en culture au jardin botani¬
que de Tananarive, où certains pieds fleurissent régulièrement tous les
ans.
Angraecum eburneum Bory subsp. superbum (Thou.) H. Perr.
var. longicalcar var. nov. — PI. 11.
A subspeciei differt habitu crassiore floribus calcaribus longissimis
(usque ad 40 cm).
Epilithe, rochers trachytiques, près d’Analavory, Itasy, Madagascar.
J. Bosser et J. P. Peyrot 17 740; fleurs en février.
Cette variété se distingue essentiellement de la sous-espèce par un
port plus trapu, et des fleurs à très long éperon. La longueur de l’éperon
atteint 30-40 cm alors que dans la sous-espèce elle ne dépasse pas 6-8 cm.
Les fleurs sont par ailleurs comparables par la taille et la forme. Voici
quelles en sont les mensurations, notées sur le frais : sépale médian 4,5-
Source : MNHI J, Paris
— 409
Source : MNHN, Paris
— 410
5 cm x 1,5-1,7 cm; sépales latéraux 4-4,5 cm x 1,2-1,3 cm; pétales 4,2-
4,5 cm x 0,9-1,1 cm;labelle5,5-5,8 cm x 3,5-3,8 cm, il est plus large que
long, rectangulaire, largement échancré en avant et muni d’un court
acumen médian, lobes latéraux arrondis, une carène médiane très large
(5-6 mm), aplatie au sommet; colonne vert pâle de 8-9 mm de haut à
auricules larges (4 mm), à angle inférieur arrondi, angle supérieur presque
droit, dent médiane du rostelle nulle. Anthère verte, hémisphérique, aplatie,
largement échancrée en avant, de 7 mm de large sur 5 mm. Pollinies
fixées par des caudicules rétractiles sur un rétinacle unique. Feuilles
atteignant 45 cm sur 9 cm.
Bibliographie
Holtum R. E. — A Revised Flora of Malaya, 1. Orchids of Malaya. Office Singaporc
(1953).
Jacob de Cordemoy E. — Orchidées, in Flore de la Réunion (1895).
Moore S. — Orchideae in Baker, Flora of Mauritius and the Seychelles (1877).
Perrier de la Bathie H. — Orchidées in H. Humbert, Flore de Madagascar et des
Comores, fam. 49 (1939).
— Orchidées de Madagascar et des Comores, nouvelles observations. Not. Syst.
16, 2 : 138-165 (1951).
— Les Orchidées du Massif du Marojejy et de ses avants monts. Mém. I.S.M. :
253-268 (1955).
Schlechter R. — Orchidaceae Perrierianae, Fedde Repert. Beih. 33 390 p. (1925).
Summerhayes V. S. — African Orchids XX, Kew Bull. 6: 461-75 (1961).
— African Orchids XXI, Kew Bull. 8: 129-162 (1953).
— African Orchids XXIV, Kew Bull. 12: 107-126 (1957).
Toilliez-Genoud J. et Bosser J. — Contribution à l’étude des Orchidaceae de Mada¬
gascar II. Bulbophyllum Bauhii nov. sp. Nat. Malg. 12: 17-19 (1950).
Source : MNHN, Paris
NOTES SUR LES GRAMINÉES DE MADAGASCAR. II
SUR L’IDENTITÉ
DES GENRES BOI VIN ELLA A. Camus
ET CYPHOCHLAENA Hack.
par J. Bosser
Directeur de recherches à l’O.R.S.T.O.M.
Hackel décrivit le genre Cyphochlaena en 1901 d’après un échantil¬
lon de Hildebrandt provenant de Nosy-Be, île du N.-O. de Madagascar.
Ce genre a la particularité d’avoir les épillets insérés par deux, l'un sessile
ou subsessile, mâle, l’autre, femelle, courtement pédicellé. Il ne compte
qu’une espèce : C. madagascariensis Hack.
Le genre Boivinella fut décrit par M lle A. Camus en 1928, sur un
échantillon des îles Comores. Il a également des épillets insérés par deux,
l’épillet sessile étant réduit à une glume comprimée latéralement, et
l’épillet pédicellé ayant une fleur supérieure hermaphrodite. Ce genre
comprend deux espèces : B. sclerioides A. Cam. et B. comorensis A. Cam.
L’étude du type du genre Boivinella (B. sclerioides A. Cam., Boivin
sans n°, Anjouan, Iles Comores) nous a permis de nous rendre compte
que l’épillet sessile n’est pas toujours réduit à une glume. Sur certains
racèmes, il est normalement développé et mâle. Les épillets pédicellés
ont une fleur inférieure vide et une fleur supérieure hermaphrodite, avec
trois étamines médifixes (non 6 comme indiqué dans la diagnose). De plus
des variations des deux caractères génériques : épillet sessile mâle ou
avorté, fleur supérieure de l’épillet pédicellé hermaphrodite ou femelle,
peuvent être notées sur les échantillons suivants, pouvant être rapportés
avec certitude au B. sclerioides : Perrier de la Bâthie n° 11234, Ankorihitra
près du Mont Tsitondroina (Boïna); dans un même racème, les épillets
sessiles sont, à la base, réduits à une glume, alors qu’ils sont bien dévelop¬
pés au sommet. L’épillet pédicellé a une fleur inférieure vide, alors que la
fleur supérieure est ici seulement femelle.
H. Humbert 25488 p. p. Ankarana du Nord; même observation,
la fleur inférieure de l’épillet pédicellé pouvant en outre être mâle.
J. Bosser 18028, Mohéli, îles Comores; dans cet échantillon, l’épillet
sessile n’est jamais bien développé, il est représenté par une glume com¬
primée dont la taille se réduit progressivement vers la base du racème.
L’épillet pédicellé a la fleur inférieure vide et la fleur supérieure herma¬
phrodite ou seulement femelle.
Source : MNHI J, Paris
— 412 —
L’examen du type et des istotypes du Cyphochlaena madagascariensis
Hack., existant dans l’herbier du Muséum de Paris (Hildebrandt 3314,
provenant de Nosy-Be) montre que, sur cet échantillon, les épillets sessiles
ne sont jamais réduits à une glume; mais, si ceux du sommet des racèmes
sont mâles et bien développés, ceux de la base sont de taille plus réduite et
peuvent être stériles. L’épillet pédicellé a la fleur inférieure vide ou mâle,
(3 étamines), la fleur supérieure seulement femelle. Des variations apparais¬
sent également sur les échantillons que l’on peut rapporter à cette espèce :
J. Bosser 17 705, Forêt du Zombitsy, Sakaraha; les épillets sessiles
de la base des racèmes sont réduits à une glume, ceux du sommet sont
bien développés et mâles. Dans les épillets pédicellés la fleur supérieure
est toujours hermaphrodite, la fleur inférieure est mâle ou stérile.
J. Bosser 17 257, Ankazoabo et J. Leandri 924, Tsingy calcaires du
Bemaraha; même observation.
J. Bosser 5422, Majunga; les épillets sessiles sont bien développés
sur certains racèmes, alors que sur d’autres ils sont tous réduits à une
glume.
Il ressort de ces observations que les deux caractères sur lesquels le
genre Boivinella est basé, sont des caractères non fixés, variant la plupart
du temps sur une même plante, dont le type du genre. Comme le Cypho¬
chlaena madagascariensis Hack. montre la même gamme de variations,
il ne nous paraît pas possible de maintenir le genre Boivinella A. Cam.,
qui doit, à notre sens, être considéré comme synonyme du genre Cypho¬
chlaena Hack. Il résulte de ceci que la tribu créée pour ces genres et le genre
Perulifera, doit être appelée Cyphochlaeneae.
De plus, si on considère que la réduction de l’épillet sessile à une
glume peut affecter un nombre plus ou moins grand d’épillets, pouvant,
à la limite, intéresser la totalité des épillets, on s’aperçoit qu’il n’est plus
possible de distinguer le Boivinella comorensis A. Camus du Cyphochlaena
madagascariensis Hack. Les épillets pédicellés sont en effet de même taille
et morphologiquement identiques, ainsi que les caractères foliaires et le
port. La fleur supérieure de l’épillet pédicellé du type de Boivinella como¬
rensis est tantôt femelle tantôt hermaphrodite.
La glume inférieure de l’épillet pédicellé est très finement aristée
dans le type du Cyphochlaena madagascariensis. Sur d’autres échantillons
elle apparaît mutique, d’autres encore ont seulement quelques épillets à
glumes aristées. Manifestement cette arête est très fragile et très tôt
caduque, elle ne peut donc s’observer que sur les échantillons récoltés
jeunes et préparés avec soin. Ce caractère ne peut être utilisé pour distin¬
guer des espèces.
La synonymie s’établit comme suit :
Source : MNHI J, Paris
— 413 —
TRIBU DES CYPHOCHLAENEAE nom. nov.
—- Boiuinelleac A. Camus, Bull. Mus. Paris 31: 393 (1925).
CYPHOCHLAENA Hack.
Oesterr. bot. Zeitschr. 51,: 465 (1901).
— Sclerolaena Boivin ex A. Camus, Bull. Soc. Bot. Fr. 72, 1 : 622 (1925).
— Boivinella A. Camus, loc. cil.
Inflorescence unilatérale formée de racèmes dorsiventraux échelonnés
sur un axe commun et plus ou moins distants; axes de l’inflorescence et
des racèmes aplatis ailés. Epillets glabres, insérés par 2, l’un sessile ou
subsessile, à glumes et glumelles herbacées, comprimé latéralement,
biflore, les deux fleurs, ou une seule, mâles, 3 étamines, ou épillet plus ou
moins réduit et stérile, finalement représenté par une seule glume
comprimée latéralement, aristulée. L’autre épillet très comprimé latérale¬
ment et assymétrique, courtement pédicellé (pédicelle le plus souvent muni
de poils sétuleux), à glumes et lemma de la fleur inférieure cartilagineuses,
devenant complètement blanches à maturité. Glume inférieure plus courte
que l'épillet, normalement aristée, arête très caduque et très fine, scabé-
rule; glume supérieure de la longueur de l’épillet, très concave; fleur
inférieure mâle ou neutre (3 étamines à anthères médifixes), lemma très
comprimée, gibbeuse sous le sommet, de même longueur que l’épillet ou
un peu plus courte, palea plus courte, membraneuse. Fleur supérieure
femelle ou hermaphrodite, à glumelles membraneuses très minces; ovaire
à 2 styles plumeux, caryopse comprimé latéralement assymétrique.
Cyphochlaena madagascariensis Hack.
Oesterr. bot. Zeitschr. 51: 465 (1901).
—- Sclerolaena comorensis Boivin ex A. Camus, Bull. Soc. Bot. Fr. 72, 1 : 622 (1925).
— Boivinella comorensis A. Cam. loc. cil.
Cyphochlaena sclerioides (Boivin ex A. Camus) J. Bosser stat. nov.
— Panicum sclerioides Boivin ex. A. Camus, Bull. Soc. Bot. Fr. 72, 1 : 176 (1925).
— Boivinella sclerioides (Boivin ex A. Camus) A. Camus loc. cil.
Cette espèce est voisine de la précédente; elle s’en distingue essen¬
tiellement par des épillets nettement plus gros, 2-2,3 mm contre 1,3-
1,7 mm au Cyphochlaena madagascariensis.
Bibliographie
Hackel, E. — Neue Grüser, Oesterr. bot. Zeitschr. 51: 465-467 (1901).
Camus, A. — Boivinella, genre nouveau de Graminées, Bull. Soc. Bot. Fr. 72, 1 : 174
177 (1925).
Camus, A. — Sacciolepis, Panicum, Brachiaria et Boivinella nouveaux de Madagascar
et des Comores, loc. cil. : 618-623.
Camus, A. — Caractères et affinités des genres Boivinella A. Camus et Cyphochlaena
Hack., Bull. Mus. Paris 31: 389-393 (1925).
Pilger, R. — Das System der Gramineae, Engl. Bot. Jahrb. 76, 3 : 281-384 (1954).
Source : MNHI J, Paris
Source : MNHN, Paris
DEUX ORCHIDÉES GABONAISES
PRÉSENTÉES D’APRÈS DES SUJETS VIVANTS :
PHAIUS MANNII Reichb. f.
ET MANNIELLA GUSTAVI Reichb. f.
par Nicolas Hallé
Deux Orchidées du Gabon, peu connues et n’ayant jamais fait l’objet
d’illustrations, sont figurées dans cette note d’après des croquis pris sur
le vif, et avec un complément d’observations nouvelles relevées in situ.
Ces espèces, Phaius Mannii et Manniella Guslavi, ont toutes deux
été dédiées en 1878 par H. G. Reichenbach, à Gustav Mann qui fut, en
1862, leur premier récolteur.
Ces Orchidées, bien que terrestres, ont un intérêt ornemental : l’une
a de grandes et belles fleurs colorées, l’autre a un feuillage vernissé orné
de taches claires d’un effet très décoratif.
La première est le seul représentant africain du genre Phaius, la
seconde est l’unique espèce d’un genre connu seulement d’Afrique.
Outre ces quelques points de rapprochement, nos deux Orchidées appar¬
tiennent à une même sous-famille, celle des Acrotonées. Phaius est le genre
type de la tribu des Phaiinées; Manniella appartient à celle des Cryp-
tostylidinées selon la classification de Schlechter.
Nos identifications, vérifiées d’après les diagnoses, ont été facilitées
par des comparaisons avec des échantillons du Muséum déterminés
par F. Pellegrin (1938) et P. F. Hunt (1964).
Phaius Mannii Reichb. f.
Otia Botanica Hamburgcnsia : 118 (1878); Rolfe in Thiselton-Dyër, F.T.A.
7: 45 (1897); A. Leméë, Dictionnaire, 5 : 219 (1934); F. Pellegrin, Flore du Mayombe
3: 35 (Caen, 1938).
Le genre est représenté par une cinquantaine d’espèces d’Asie ou
d’Indonésie, et une de Madagascar.
Type : Mann n° 1624 (K, non vu), Monts de Cristal, 1° lat. N.
Distribution : de la Guinée espagnole au Mayombe congolais.
Matériel figuré (P) : N. Hallé 869, Mêla, 889 et 895, Akoga,
Monts de Cristal, août 1959.
Matériel examiné (P) : Thollon 1312, Kouilou (Niari), Forêt du
Mayombe, sept. 1888. — Le Testu 6022, Idoumi, pays Itsogho, Haute-
Ngounyé, août-sept. 1926.
Source : MNHN, Paris
— 416 —
Source : MNHI J, Paris
— 417 —
Matériel cité : Le Testu 1392 et 2372, région de la Nyanga (Pelle-
grin 1938).
Écologie : Dans les cailloux en eau courante (Thollon); au sol sous
forêt dense sur pente (N. Hallé).
Mensurations in vivo (échantillons N. Hallé) : Inflorescence 15-
30 cm. — Seconde bractée (figurée) 33 mm. — Labelle -f- éperon 70 mm.
— Labelle à plat 46 X 31 mm. — Éperon 25 mm. — Pétale 48 X 16-18 m.
— Sépale supérieur long. 63 mm. — Sépales latéraux 51-60 X 11,5 mm.
— Gynostème 14 x 7 mm. —- Étamine 3 mm. — Pollinie 1,5 mm. —
Feuilles 8-30 x 2,5-7,5 cm.
Couleurs : Rachis d’inflorescence vert. — Sépales et pétales latéraux
rouge pourpré ou rose vineux. Éperon rose nuancé de jaune vers l’extré¬
mité. — Labelle blanc tacheté de rose vers les lobes latéraux et vers
l’éperon, à axe parfois lavé de jaune. — Gynostème rose pâle. — Pollinies
jaune d’or. — Feuilles vertes.
Manniella Gustavi Reichb. f.
Otia Botanica Hamburgensia : 109 (1878); Bentham et Hooker F., Gen. Plant.
3 : 605 (1883); Rolfe in Thiselton-Dyer, F.T.A. 7: 185 (1897); Rendle, Baker
et Moore, Cat. Talbot. Nigérian Plants: 147 (1913); A. Lemée, Dictionnaire 4: 293
(1932); Hutciunson et Dalziel, F.W.T.A. 2: 420 (1936).
Genre africain monospécifique.
Type : Mann 1336 (K, non vu), Monts Cameroun, 9 000 pieds.
Distribution: Ghana, S Nigeria, Cameroun, San-Thomé, Gabon,
Centrafrique, Uganda.
Matériel figuré : N. Hallé 3003 (jeune infl.), 3572 (fl.), 3612 (fr.),
Bélinga, Gabon, ait. 900-980 m., nov.-déc. 1964.
Matériel examiné (P) : N. Hallé 2875, 3094, même localité que
ci-dessus, oct.-nov. 1964. — Letouzey 5630, à 50 km E. de Lomié, Came¬
roun, août 1963 (fl. et fr.), inflorescence haute de 62 cm. — J. et A. Raynal
10494, 21 km O.-S.-O. d’Ebolowa, Cameroun. — R. P. Tisserant 668,
Boukoko, Oubangui, janv. 1948 (fr.), infrutescences hautes de 70 cm.
Écologie : Sol nu sur pente en forêt dense; en forêt arbustive à
ombrage faible sur sol ± recouvert de mousses. Dans le premier cas à
Bélinga, à l’altitude de 900-950 m, la terre est plus abondante et les
pieds plus développés. En forêt arbustive, à l’altitude de 950-980 m, le
sol sur roche-mère ferrugineuse est très superficiel, les pieds sont plus
nombreux mais de taille souvent très petite.
Mensurations in vivo (échantillons N. Hallé) : Inflorescences 21-
41 cm. — Bractée florale à plat 7x2 mm. — Bouton 11 mm, à tête large
de 2 mm. — Fleur épanouie large de 3-4 mm. — Sépale supérieur 2,9
X 1,5 mm. — Sépale latéral large de 1,2 mm. — Labelle, du fond du
sac à la lèvre, 5 mm; de l’onglet à la lèvre 2,7 mm. — Ovaire env. 5 mm.
Source : MNHI J, Paris
Source : MNHI J, Paris
— 419
— Pollinie env. 0,4 mm. — Pétioles foliaires 2,5-12 cm. — Limbes foliaires
3-15 X 1,5-7 cm.
Couleurs : Rachis, boutons et bractées bruns, rosâtres ou rose
ochracé. — Périanthe brun clair vernissé. — Labelle rose clair avec les
appendices latéraux jaune pâle et les papilles de la face interne blanches.
— Gynostème rose pâle. — Pollinies jaune très pâle. — Feuilles d’un
vert vif ou i foncé, vernissées, à taches vert très pâle ou d’un gris clair
argenté.
Note : Il est particulièrement intéressant de comparer la structure de l’éperon
non libre de cette espèce, avec le pseudo-éperon non libre récemment étudié par A. Labbe
chez Pélargonium (Bull. Soc. Bot.Fr. 111: 321, 1965). La vascularisation de la fleur du
Manniella serait à étudier. Un pied rapporté par J. et A. Raynal est en culture dans
les serres du Muséum. Quelques pieds provenant de Bélinga ont fleuri à Banyuls-sur-
mer (L. Ph. Knœpffler 1965).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
PRÉSENCE DU GENRE INDONÉSIEN
MUELLERARGIA (CUCURBITACÉES)
A MADAGASCAR
par Monique Keraudren
Le genre MueUerargia a été décrit par Cogniaux en 1881 sur dès
échantillons récoltés à Timor; les exsiccata de Reinwardt (sans numéro)
sont conservés actuellement dans les herbiers de Leiden et de Bruxelles,
mais nous n’avons pu consulter le spécimen de Bauer (n° 56) qui avait
été déposé dans l’herbier de Vienne. Ce genre ne comprend, jusqu’à pré¬
sent, qu’une seule espèce : le Aluellerargia limorensis Cogniaux. 11 appar¬
tient à la tribu des Alelolhrieae, sous-tribu des Cucumerinae, la sous-tribu
la plus importante en nombre de genres et d’espèces dans la famille des
Cucurbitacées.
Il s’agit d’une plante monoïque, à vrilles simples, possédant à la base
des pétioles une bractée stipuliforme foliacée. Chez les fleurs <$, les éta¬
mines subsessiles sont au nombre de 3 : 2 bithèques, une monothèque, et
leurs loges peuvent être droites ou repliées à leur sommet. La fleur Ç ne
présente pas de particularités exceptionnelles, le style en colonne, terminé
par deux stigmates, n’est pas entouré d’un anneau à sa base comme c’est le
cas chez les genres voisins Zehneria et Oreosyce; les staminodes sont nuis ou
extrêmement réduits. Quant au fruit, indéhiscent, il est rostré, densément
pileux et couvert de longs appendices souples, grêles. Il renferme des
graines horizontales, oblongues, comprimées, non marginées. Le mono¬
graphe Cogniaux rapportait à ce genre une seule espèce : le Muellerargia
limorensis Cogn. qui, jusqu’à ce jour, semble localisée à l’Indonésie
orientale : Timor, Madura (Madoera), Samba, Wetar, et île Christmas.
Or, dans les récoltes botaniques récentes effectuées à Madagascar,
notre attention a été attirée par des échantillons d’herbier dont les fruits
munis d’appendices se rapprochaient beaucoup de ceux décrits par
Cogniaux et rapportés au genre Muellerargia. Les vérifications en herbier
et l’étude attentive des exsiccata de Madagascar nous conduisent à consi¬
dérer ces plantes comme appartenant au genre Muellerargia, mais à une
espèce différente du M. limorensis. Nous nommons cette nouvelle espèce
Muellerargia Jeffreyana en la dédiant au botaniste C. Jeffrey, du
Royal Botanic Garden de Kew, qui a effectué de nombreuses recherches
sur la famille des Cucurbitacées, et nous fit bénéficier d’importantes
observations relatives aux matériaux conservés dans les Herbiers lon¬
doniens.
Source : MNHI J, Paris
— 423 —
Muellerargia Jefireyana sp. nov.
Hcrbacea scandens, monoica, caulibus gracUibus, glabrescentibus, tenui-
ter costatis. Foliis petiolatis, petiolo 3-5 cm longo, lamina membranacea,
deltoideo-triangulari, basi cordata, 3-6 cm longa, 2,5-5 cm lata, margine denti-
culata, pubescenti. Bractea foliacea stipuliformis, 0,5-1 cm longa, petiolata.
Inflorescentia mascula racemiformis, 4-8 cm longa, 5-8 albidis floribus apice
agregatis. Cvathum (loris infundibuliforme 2,5 mm longum, 2 mm latum,
pubescente, sepalis triangularibus, 1 mm longis. Staminibus subsessilibus
mcdio cyatho insertis, duobus bilocularibus, uno uniloculare, loculis rectis
margine ciliatis, connectivo lato non apice producto. Pistillodium nullum.
Flos femineus solitarius, pcdicello abreviato, stylo columniforme, stigmatis
globulis; staminodiis 3. Ovarium ovulis horizontalibus. Fructus baccatus,
15 mm diametro, longe pedonculatus, ovoïdeo-sphericus, muricatus vel
appendiculis lineatis ornatus, periantho saepe persistente. Seminibus hori¬
zontalibus, albescentibus, oblongis, apice attenuatis, basi truncatis (PI. 1,
1-8).
Typus Herb. Paris : Cours 5586, forêt d Antenampandrana, au
km 89,500 de la route d’Ambilobe, canton d’Anivorano, district de Diégo-
Suarez.
Nous rapportons à cette espèce les échantillons récoltés dans l’Ankai-
zina, à Betainkankana (Bosser 2626) et ceux récoltés près du lac Itasy
dans des vestiges de végétation primaire sur trachytes (Bosser 19189).
Nous pouvons résumer, dans
différences existant entre les deux
M. Jeffreyana
Limbes sub-triangulaires deltoïdes.
Taille des limbes :
3-6 cm de long
2,5-5 cm de large
Inflorescences : 5-8 fleurs.
Présence de staminodes chez
fleurs Ç.
Fruit : appendices peu denses.
le tableau ci-dessous, les principales
espèces de Muellerargia.
M. limorensis
Limbes sub-triangulaires ovales.
Taille des limbes :
6-9 cm de long
5-8 cm de large.
Inflorescences : 12-40 fleurs.
Absence de staminodes chez les
fleurs Ç.
Fruit : appendices plus nombreux.
La flore de Cucurbitacées de Madagascar montre de grandes affinités
avec la flore africaine continentale. Les affinités avec des plantes d’autres
continents sont beaucoup plus rares : rappelons le cas des genres Seyrigia
et Cayaponia indiscutablement proches de taxa américains. C’est la
première fois que nous remarquons, parmi les Cucurbitacées, l’existence
d’un genre commun à la fois à Madagascar et à la région indonésienne. Il
est évidemment intéressant de souligner ce fait. On peut, d’autre part, le
rapprocher du cas des Alangiacées (Alangium), de certaines Protéacées
Source : MNHI J, Paris
— 424 —
(Macadamia), de Wintéracées (Bubbia) de Moracées (Faloua) etc.,
plantes communes à Madagascar et à l’Indonésie, ou au Pacifique occi¬
dental. Il est remarquable de noter la grande homogénéité du genre
Muellerargia dont les deux espèces, pourtant séparées par plusieurs
milliers de kilomètres, demeurent néanmoins très conformes. Mentionnons
aussi qu’il ne s’agit pas d’une plante de formation forestière de type
tropical humide mais plutôt d’espèces de formations végétales mésophiles
ou même xérophiles et ouvertes.
Bibliographie
Bâillon, H. — Histoire des plantes 8: 451 (1886).
Capuron, R. — Présence à Madagascar du genre Alangium et description d’une
nouvelle espèce, Adansonia nouvelle sér. 2, 2 : 283 (1962).
Capuron, R. — Contribution à l’étude de la flore de Madagascar, Adansonia nouvelle
sér. 3, 3 : 370 (1963).
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Humbert, H. — Origines présumées et affinités de la Flore de Madagascar, Mém. Insi.
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Léandri, J. — Contribution à l’étude des Moracées de Madagascar, Mém. Inst. Sc.
Madag. sér. B, 1, 1 : 3-5 (1948).
Muller, E. G. O. et Pax, F. — Cucurbilaceae, in Pflanzenf. 4, 5 : 17 (1889).
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE TAXINOMIQUE
DES LEGUMINOSAE-PAPILIONOIDEAE
DE MADAGASCAR ET DES COMORES
par M. Peltier
II. LE GENRE CROTALARIA (suite).
En 1959, nous avions effectué une première révision du genre avec
le matériel qui se trouvait alors à notre disposition, tant à Madagascar
qu’au Muséum National de Paris. Depuis, de nouvelles récoltes ont fait
apparaître l’existence d’espèces nouvelles pour la flore dont nous donnons
ici la diagnose et d’espèces d’origine extérieure qui paraissent s’être
adaptées.
Crotalaria Leandriana M. Peltier, sp. nov.
Arbuscula, 1,50-2 m, ramis gracilibus subtiliter pubescentibus, foliis
3-foliolatis. Stipulae nullac; petiolus 50-100 mm long., glabrescens; petioluli
2 mm long., villosi; foliola lanccolata vel eUiptico-lanceolata, 50-80 mm long.,
3-10 mm lat., basi attenuata, apice acuminata, subglabra. Racemi foliis
multo longiores, axillares vel foliis oppositi; axis glabrescens; bracteae
parvae, lineares, 4 mm long.; pedicelli circa 10 mm long., pubescentes;
bracteolae lineares, 2 mm long, ad pedicelli medium insertae, villosac; flores
mediocri; calyx 8 mm long., adpresse pilosus, dentibus triangularibus tubum
circa aequantibus; corolla luteo-purpurea, vexillum 12 mm long., glabrum;
alae 10 mm long. ; carina 18 mm long., rostrata, subacuta. Stamina filamentis
inaequalibus, antheris hetcromorphis ; ovarium longe (2 mm) stipitatum,
glabrum, 8-12 ovulatum; Stylus villosus. Legumen 20 mm long., 8 mm lat.,
pluriseminatum, carpophoro 12 mm long. Semen cire. 4 mm long., subtiliter
verrucosum.
Typus : Peltier 1781 (P).
L’échantillon type a été récolté vers Tsitaloha, à une trentaine de
kilomètres au sud de Betroka, sur des sols ferrallitiqucs très pauvres, où
il en existait un peuplement relativement dense.
La plante a le port de C. fiherenensis R. Viguier, dont elle se dis¬
tingue nettement par ses feuilles plus larges, ses fleurs plus grandes et
ses gousses plus grosses, nettement cylindriques, et à carpophore plus
long.
Source : MNHN, Paris
— 426 —
Il faut rattacher à cette espèce l’échantillon 166 de Seyrig, récolté
à Ampandrandava, dans une station identique et notre autre collecte
(997 bis) faite antérieurement vers la pointe Andavaka. Récemment,
nous avons observé à Ihosy des plantes au stade végétatif qui paraissent
également devoir être rapportées à ce nouveau taxon.
Crotalaria Humbertiana M. Peltier, nov.
Herba annua erecta, 60-80 cm ait., caulibus adpresse pilosis, foliis
3-foliolatis; stipulae nullae; petiolus 20-25 mm long., pilosus; petioluli 2 mm
long., pilosi; foliota 15-20 mm., 6-8 mm lat., obovata, basi attcnuata, apice
cmarginata ad medium nervum pilosa. Flores lutei, solitarii vel 2-3-nati,
axillares; bracteae parvae, 2 mm long., dense pilosae; pcdicelli 3 mm long.,
adpresse pilosi; bracteolae lineares, 1 mm long., ad pedicclli medium inser-
tae; calyx 4 mm long., pilosus, dentibus triangulari-lanceolatis tubo cire,
duplo longioribus; corolla lutea, vexillo 5 mm long., late ovato, alis 4 mm
long., carina 5 mm long., valde contorta, rostrata; stamina filamentis inae-
qualibus, antheris heteromorphis ; ovarium subsessile, villosum, 5-10 ovula-
tum; Stylus subglaber. Legumen 15 mm long., 3 mm lat., pilosum, apice
acuminatum, parum curvatum; semen cire. 2 mm long.
Typus : Peltier 2916 (P).
Échantillon collecté à Ankororoka (30 km de Tuléar) sur sol ferru¬
gineux avec affleurements calcaires. Cette espèce est assez commune
dans cette région et se rencontre fréquemment en compagnie de Tephrosia
boiviniana H. Bn. Elle est facilement reconnaissable par ses inflorescences
pauciflores très concentrées, et par ses gousses petites, légèrement courbes
et tardivement déhiscentes.
Crotalaria ankaranensis M. Peltier. sp. nov.
Herba, 50-90 cm lat., caulibus erectis, adpresse pilosis, foliis 3-foliolatis,
stipulae nullae; petiolus 20-30 mm long., subtiliter pubescens; petioluli 2 mm
long., pilosi; foliota 40-50 mm long., 6-9 mm lat., linearia vel lanceolata,
supra glabra, subtus puberula. Racorni terminales, densiusculi; flores mediocri;
axis 8-15 cm long., pubescens; bracteae 1,5 mm long., aciculares; pcdicelli
3 mm long., adpresse pilosi; bracteolae lineares 1 mm long., pubescentes.
Calyx 2 mm long., pubescens, dentibus triangularibus tubum aequantibus;
corolla luteo-rubra, vexillo 4 mm long., late ovato, alis et carina 5 mm;
ovarium subsessile, pubescens, 10-15 ovulatum. Legumen 20 mm long.,
9-10 mm lat., adpresse pilosum. Semen cire. 3 mm long., luteum.
Typus : H. Humbert 25572 (P).
L’allure générale de la plante fait penser à C. bernieri H. Bn., mais
les gousses sont totalement différentes par leur forme et leur grosseur.
En outre, les graines sont moins nombreuses et beaucoup plus grosses.
Source : MNHI J, Paris
— 427 —
Crotalaria toamasinae M. Peltier, sp. nov.
Herba prostrata, ramis reptantibus, 20-30 cm, primum pubescentibus,
deinde glabris, foliis heterophyllis, 1-3 foliolatis; stipulae nullae; petiolus
4-6 mm long., pubescens; petioluli 0,5 mm long., pilosi; foliola oblongo-
lanceolata, subtiliter pilosa, 7-15 mm long., 5-8 mm lat. Racemi parvi,
pauciflori, foliis oppositi. Axis 3-5 cm long., pubescens; bracteae aciculares,
pubescentes, 2 mm long.; pedicelli 5 mm long., villosi; bracteolae 1 mm.,
aciculares, ad pedicelli apicem insertae; calyx 5 mm, pubescens, dcntibus
triangularibus tubo longioribus; corolla lutea, vexillo 5 mm long., carina
rostrata; ovarium villosum, sessile, cire. 10-ovulatum. Legumen cylindricum,
villosum, 15 mm long., 5 mm diam. Semina cire. 2 mm long., fusca.
Typus : Peltier 3355 (P).
Cette espèce se rencontre ça et là sur les zones sableuses à végétation
graminéenne entre Tamatave et Fénérive, avec Crolalaria relula L.,
Desmodium maurilianum (Willd) D. C., Desmodium frulescens Schindl,
Zornia ssp. Si elle est bien endémique, elle se trouvera être la seule espèce
de Crotalaire malgache appartenant au domaine Est. Nous n'avons
d’ailleurs trouvé aucune espèce africaine ou asiatique actuellement
connue qui puisse en être rapprochée. La plante la plus voisine serait C.
cornu-ammonis R. Vig. dont les fleurs asymétriques sont totalement
différentes.
Crolalaria mysorensis Roth, était jusqu’ici connue des Comores et
des carrières de Majunga. Nous l’avons retrouvée sur des sols squelet¬
tiques de la région de la Betsiboka, où elle semble bien adaptée. Il s’agit
donc d’une espèce qui progresse vers l’intérieur de l’île après être restée
confinée assez longtemps à Majunga.
Trois autres espèces sont actuellement en voie d’expansion à la
suite de leur introduction comme plantes de couverture il y a une ving¬
taine d’années ou plus : C. anagyroïdes, C. usaramoensis et C. grahamiana.
Les deux premières se rencontrent maintenant entre Vatomandry
et Fénérive, ainsi que dans la région du Lac Alaotra et entre Ifanadiana
et Mananjary. La troisième paraît bien installée dans la région du Lac Alao¬
tra et vers Andilamena, où elle se multiplie sur le bord des routes.
III. LE GENRE INDIGOFERA
On compte une quarantaine d’espèces dans la flore malgache,
parmi lesquelles certaines sont, soit des espèces pantropicales, soit des
espèces africaines, ces dernières paraissant plus particulièrement repré¬
sentées dans le domaine Ouest de l’île. Une révision du genre nous a
amené à la suppression de certaines espèces tombant en synonymie, et
à la création de trois nouveaux taxa dont nous donnons les diagnoses
dans cette note.
Indigofera anabaplisla Steud, représentée dans l’herbier de Paris par
les collectes de Perrier (n° 12 820) et de H. Humbert (n° 2 439), ne semble
Source : MNHI J, Paris
— 428 —
pas être entièrement conforme au type, au point que J. B. Gillett,
examinant ces échantillons en 1957, pensait qu’il fallait probablement les
rattacher à I. pralicolor Bak. f. Ces deux échantillons, provenant de
Tuléar, ont été récoltés en fait sur des terrains peu riches (sols ferrugineux
pauvres sur calcaire) et présentaient des fruits nettement moins dévelop¬
pé que le type de 1 . anabaplisla.
Depuis, nous avons eu la chance de trouver plusieurs plantes dans
des localités du domaine Sud (Ambatoveve, route de Soalara à Betioky,
et vers le sommet de l’Andriambohitra), beaucoup plus développées, à
gousses légèrement courbées et semblables à celles du type. Nous pensons
qu’il s’agit de fluctuations dues au milieu ambiant et nous maintenons,
au moins provisoirement, cette espèce dans la flore malgache.
Pour deux autres espèces, I. Bakeriana R. Vig. et I. Smilhioides
R. Vig., nous sommes en complet accord avec J. B. Gillet. Ce ne sont
pas des endémiques, mais deux espèces africaines. La première ne diffère
pas de /. demissa Taub.; elle se rencontre dans le domaine Ouest, de
0 à 600 m, où elle est cependant rare. La seconde est absolument identique
à I. Kirkii Oliv. et n’est connue à Madagascar que par des échantillons
provenant de la région côtière entre Soalala et Majunga, si on fait excep¬
tion d’un des exsiccata de Decary portant la mention Ambovombe,
pour lequel nous pensons à une transcription erronée.
R. Viguier avait classé dans l’espèce I. depauperala Drake les
échantillons 4 719 et 12 446 de Perrier de la Bathie. En fait, il s’agit
d’une plante très différente, localisée sur les grès de l’Isalo, de port
buissonnant, à feuilles toujours simples, et à inflorescences pauciflores
violettes, présentant également des fleurs dont la corolle est asymétrique.
Indigofera cerighellii M. Peltier, sp. nov.
Arbuscula 1 m, ramis primum villosis dcinde subglabris, foliis 1-foliolatis.
Stipulae parvae, 1 mm long., triangulares, tomentosae; petiolus subnullus,
0,5 mm long., pubescens; lamina 10 mm long., 4 mm lat., tomentosa, apice
mucronata. Flores axillares solitarii, vel 2-3 nati, rubro-violacei ; bracteae
triangulares, cire. 1 mm long., pedicelli 3 mm long., pilosi; calyx villosus,
3 mm long., dentibus triangularibus tubo brevioribus inaequalibus; corolla
asymmetrica, 6-7 mm long., alis inaequalibus, carina extus parvum villosa.
Stamina filamentis inaequalibus, antheris apice mucronatis; ovarium scssile,
villosum, cire. 10-ovulatum. Legumen cylindricum, 20 mm long., glabrescens.
Semina 6-8, minuta, 1 mm long., fusca.
Typus : Peltier 3006 (P).
Nos divers exsiccata (2975, 4893), comme les précédents, ont tous été
prélevés dans les massifs ruiniformes de l’Isalo, où la plante est commune.
Au cours de tournées de prospections, nous avions repéré sur la
table calcaire de Tuléar une plante buissonnante possédant un abondant
feutrage de poils en navette, dont les feuilles composées étaient parti¬
cularisées par le rachis aplati se rétrécissant au niveau de l’insertion des
Source : MNHI J, Paris
— 429 —
folioles. Ce n’est qu’en 1964 que nous avons pu enfin obtenir un échan¬
tillon avec une fleur et une gousse, nous permettant ainsi de la placer dans
le genre Indigofera :
Indigofera Humbertiana M. Peltier, sp. nov.
Arbuscula, 0,80 cm, ramis primum pilosissimis, deinde glabrescentibus,
foliis 5-7-foliolatis; stipulac parvae, cir. 2 mm long., triangulares, coriaceac;
rachis 15-30 mm long., valde pilosus, complanatus; foliola obovata, 5-7 mm
long., 3-4 mm lat., apice mucronata, villosa. Racemi axillares, pauperes,
3-6-flori; axis 15-20 mm long., pilosus; bracteae coriaceae, 1 mm long.,
pilosae; pedicelli 2 mm long., adpresse pilosi; flores mediocrae 5-6 mm long.;
calyx 3 mm long., dentibus subulatis tubo longioribus; corolla purpurea;
vexillum 6 mm long., extus tomentosum. Ovarium villosum. Legumen
cylindricum, 3 cm long., loculatum, pilosum. Semina 5-8, subcubica.
Typus : Peltier 4946 (P).
Nous avons également trouvé dans le plateau situé en arrière de
Tuléar une espèce annuelle, rampante, facilement reconnaissable à ses
glandes pédicillées, atteignant 2 mm, et qui croît sur les sols arides déve¬
loppés sur la croûte calcaire. Il ne nous paraît pas possible de la rappro¬
cher d’une autre espèce africaine ou malgache, pour lesquelles nous
n’avons jamais observé un tel système glanduleux :
Indigofera tulearensis M. Peltier, sp. nov.
Herba annua, radice fibrosa, caulibus radicantibus deinde adscenden-
tibus, villosis et valde glandulosis, foliis 7-foliolatis. Stipulae pilosae, 3 mm
long., subulatae; rachis 2-3 cm long., pilosus, glandulosus, gracilis; petioluli
1 mm long.; foliola opposita 5-7 mm long., cire. 3 mm lat., oblongo-lanceolata,
pilosa. Racemi 5-8-flori, foliis vix longiores; axis gracilis, glandulosus; brac¬
teae parvae, cire. 1 mm long., subulatae, glandulosae; pedicelb graciles,
glandulosi, pilosi, 1 mm long. Flores 5-6 mm long. ; calyx villoso-glandulosus,
dentibus subulatis tubo longioribus; corolla rosea; ovarium valde glandu-
losum pilosumque; Stylus glaber. Legumen glandulosum, cylindricum,
12-15 mm long., apice acuminatum. Semina 8-12, parva, 0,5 mm, cylindrica,
abrupte truncata.
Typus : Peltier 2951 (P).
Pour terminer, signalons que Rutenberg aurait récolté en 1878
un échantillon non numéroté dans la région de Majunga, échantillon
que nous n’avons pu retrouver dans l’herbier du Muséum, et qui avait
été attribué à l’espèce I. slrobilifera Hochst. Il faut présumer qu’il devait
provenir d’une plante introduite accidentellement.
Source : MNHI J, Paris
Source : MNHN, Paris
IDENTITÉ DE STRYCHNOS GAUTflIERANA
Pierre ex Dop
ET DE STRYCHNOS PIERRIANA Hill
(LE HOANG NAN D’INDOCHINE)
par N. G. Bisset et J. E. Vidal
Summary : In the course of a lilcrature study on the chemistry of Asiatic Slrychnos
species it became neccssary to establish the identity of the plant known in Indo-China
as hoang nan. Studies at the Paris and Kew herbaria and in the literature hâve led to
the following conclusions:
There are 8 specimens which hâve been refcrred to Slrychnos gaulhierana Pierre
ex Dop (= S. pierriana Hill) :
1. Gauthier in herb. Pierre 1663, Thanh Hoa, prov. Nghê An, 1875, stérile.
2. Lesserteur in herb. Pierre 1663, Con Chanh, below Phu Tuong, prefect. Ngau Ca,
1876 (?) some llowers.
3. Gauthier to Lesserteur, s. n., calcareous mountains, Tonkin, 1877, withered llowers.
4. Hoareau in herb. Pierre 1663, Thanh Hoa, prov. Nghê An, no date, stérile.
5. Lesserteur in herb. Pierre 1663, near Con Chanh, prefect. Ngau Ca, no date, stérile.
6. Lesserteur, s. n., prov. Nghê An, south Tonkin, no date, stérile.
7. Duplicate of the preceding one.
8. Balansa 2129, Mount Bavi, Tonkin, 1888, llowers and fruits.
The specimens n«* 1-3 are authentic S. gaulhierana ; the specimen n° 2 has been
chosenas type (leetotype).Thenamcgiven by Hill (1917) to these specimens, S. pierriana
is illegitimate.
The specimens n M 4-7 are better placed under S. aenea Hill.
Specimen n° 8, considered by Hill (1917) to be a distinct species, S. balansae,
has been reduced by Leenhouts (1962) to S. ignalii Berg.
Au cours de recherches bibliographiques d’ordre chimique et bota¬
nique sur les espèces asiatiques du genre Slrychnos il est apparu néces¬
saire de pousser plus avant les investigations au sujet du réputé Hoàng
nàn d’Indochine. Les plantes récoltées sous ce nom correspondent en fait
à plusieurs espèces d’où résultent des confusions dans les publications
taxonomiques. Cette note se propose de clarifier la question.
HISTORIQUE
En 1874, Mgr Gauthier, alors vicaire apostolique du Tonkin méri¬
dional, envoya un échantillon de Hoàng nàn au R. P. Lesserteur,
à cette époque Directeur du séminaire des Missions étrangères à Paris,
dans le but de faire connaître en Europe ses propriétés supposées de guérir
la lèpre et la rage.
Pierre, Directeur du Jardin botanique de Saigon, reçut des rameaux
feuillés de Mgr Gauthier en mai 1875 et rapporta ce matériel à une
Source : MNHN, Paris
— 432 —
espèce nouvelle de Slrychnos qu’il nomma dans ses manuscrits S. Gau-
Ihieriana en l’honneur de celui qui avait le premier attiré l’attention
sur cette plante.
Sir J. D. Hooker s’intéressa à cette plante et en demanda à Pierre
des spécimens en 1877. Ce dernier, dans l’impossibilité de lui en envoyer
lui répondit le 25 juin 1877 en ces termes : « J’ai le regret de ne pouvoir
vous envoyer des échantillons du Slrychnos Gaulheriana. Le seul que je
possède, tout à fait incomplet, est celui qui a servi à faire le dessin que
je vous envoie.
Cette espèce doit être considérée sans valeur jusqu’au moment où
je pourrai en faire une description avec des caractères plus positifs que
ceux fournis par les feuilles... »
Le dessin envoyé par Pierre fut reçu à Kew en mars 1878. Il montre
des rameaux avec feuilles et cirrhes et porte la mention : « Slrychnos
Gaulhierana, Cây Hoàng nàng, hab. in prov. Nghê-an ».
Lesserteur publia en 1879 un fascicule sur le Hoàng nàn. On y
trouve une très incomplète description de la plante par Monrouziès,
une étude pharmacognosique détaillée de l’écorce par Planchon, les
résultats d’une analyse chimique d’écorce par Würtz qui y trouva une
plus grande quantité de brucine que de strychnine, et de nombreuses
observations cliniques sur les effets obtenus dans les cas de lèpre et de
rage après essais en diverses parties du monde.
L’intérêt pour la plante se maintint assez longtemps, mais, peu à peu,
les espoirs primitifs fondés sur elle s’évanouirent 1 .
Entre 1875 et 1880, grâce à Gauthier, Lesserteur et Hoareau,
d’autres spécimens devinrent disponibles et s’ajoutèrent aux précédents
sous le même numéro Pierre 1663 et sous le même nom S. Gaulhieriana 2 .
Ultérieurement des échantillons Balansa 2129, récoltés en 1888 au
Tonkin, furent rapportés aussi à cette espèce (Dop, 1910).
On peut dès lors énumérer comme suit les spécimens classés sous
ce nom :
1. Gauthier in herb. Pierre 1663, Thanh Hoa, prov. Nghê An, 1875, stérile.
2. Lesserteur in herb. Pierre 1663, Con Chanh, au-dessous de Phu Tuong, préfect.
Ngau Ca, 1876 (?), quelques (leurs.
3. Gauthier à Lesserteur, montagnes calcaires, Tonkin, 1877, (leurs passées.
4. Hoareau in Herb. Pierre 1663, Thanh Hoa, prov. Nghê An, sans date, stérile.
5. Lesserteur ifl. herb. Pierre 1663, près Con Chanh, préfect. Ngau Ca, sans date,
6. Lesserteur, Nghê An, Tonkin méridional, sans date, stérile.
7. Double du précédent.
8. Balansa 2129, Mont Bavi, Tonkin, 1888, fleurs et fruits.
1. La bibliographie relative à ce sujet peut être consultée dans les publications
de Lesserteur (1879), Joyeux-Mollinedo (1936) et de Wildeman (1946).
Gaulhieriana (manuscrits de Pierre), Gaulhierana (forme validement publiée par
DOP, 1910) Gaulheriana, Gaulierana, Gaulleriana, Gaullheriana (Index Kewensis).
Source : MNHI J, Paris
— 433 —
En se basant sur le dessin envoyé par Pierre â Kew en 1878, Clarke
(1885) mit en synonymie le nom manuscrit de Pierre « S. Gaulheriana »
avec S. malaccensis Benth. de Malaisie.
King et Gamble (1908) acceptèrent ce point de vue.
Dop (1910) publia validement le nom de Pierre sous la forme
S. Gauthierana. Il reproduisit la description manuscrite de Pierre el
indiqua comme spécimens correspondants : Lesserleur in herb. Pierre
1663, Con Chanli, Nghè An 1 et Balansa 2129 En même temps il nota
que cette plante ayant le tube de la corolle long et des fruits à plusieurs
graines ne peut pas appartenir à S. malaccensis qui a le tube de la corolle
court et des fruits à une seule graine. Plus tard, dans la Flore générale
de l’Indochine (1914), Dop cita en plus d'autres spécimens communiqués
par Gauthier et Hoareau (n 0 * 5 1 et 4) et par Lesserteur (n° 2) ; il repro¬
duisit un dessin de Delpy relatif à ce spécimen représentant un rameau
feuillé, l’inflorescence et des détails de la fleur.
Hill (1911) adopta d’abord le point de vue de Dop. Mais lors de
sa révision des Slrychnos asiatiques (1917), après avoir vu le matériel
de Paris en juillet-août 1917, il modifia sa première opinion. 11 remarqua
que les spécimens réunis à Paris sous le nom de S. Gaulhierana appar¬
tiennent en fait à trois espèces différentes. Il sépara d’abord Balansa 2129
qu’il rapporta à une nouvelle espèce, S. Balansae 2 * . Sur les spécimens 1,
2, 3, il porta le nom « S. Gaulheriana P. ». Sur les autres (4 à 7) il men¬
tionna « très voisin de S. aenea Hill ».
Cependant, dans sa publication (oct. 1917), Hill rapporta le maté¬
riel identifié précédemment sur les feuilles d'herbier « S. Gaulheriana P. »
à une nouvelle espèce, S. Pierriana (p. 197) dont la description est iden¬
tique à celle de S. Gaulhierana de Dop, de sorte que ce nouveau nom est
illégitime comme faisant double emploi. Le matériel stérile considéré
précédemment dans l’herbier comme très voisin de S. aenea est alors
rapporté à « S. Gaulheriana Pierre Mss. ex Hook. f. ».
Nous pensons qu’il n’y a pas lieu de retenir ces dernières modifica¬
tions et qu’il convient d’adopter le point de vue exprimé antérieurement
dans les delerminavil mis sur les spécimens d’herbier. On distingue, en
eflet, aisément, les deux groupes. « S. Gaulheriana » a des cirrhes simples et
des feuilles elliptiques plus petites (6-8 cm), brusquement acuminées et
noirâtres sur le sec, tandis que l’autre groupe « voisin de S. aenea » a des
cirrhes doubles et des feuilles plus grandes (10-12 cm), aiguës ou progres¬
sivement acuminées au sommet et de teinte bronzée sur le sec (PI. 1).
Les notes manuscrites de Pierre conservées à la bibliothèque du
Laboratoire de Phanérogamie du Muséum de Paris permettent de lever
le doute sur l’identité originelle du S. Gaulhierana. Dans ces notes, sous
le n° 1663, Pierre donne une courte description en latin du spécimen
1. Aucun spécimen n’est en réalité exactement ainsi étiqueté; il s’agit du n° 2
ou 5.
2. Cette espèce a été considérée comme conspécifique de S. Ignalii Berg, par
Leenhouts (1962).
Source : MNHN, Paris
— 434 —
reçu de Mgr Gauthier en mai 1875. Il mentionne entre autres la couleur
noirâtre des feuilles et les cirrhes simples (folia ...in sicco nigriuscula...
cirrhae simplices). Ces caractères coïncident parfaitement avec le spé¬
cimen n° 1. Sur la même page Pierre donne une description latine plus
étendue portant sur la fleur et le fruit et qui se réfère à un spécimen
Lesserteur récolté au Tonkin en 1876, lequel doit être le spécimen n° 2
dessiné par Delpy en juin 1903 et reproduit par Dop dans la Flore géné¬
rale de l’Indochine (4 : pl. 3, fig. B, 1-5).
On doit donc admettre le nom S. Gaulhierana Pierre ex Dop qui
s’applique au matériel étudié par Pierre et Dop et rejeter celui de
S. Pierriana Hill qui s’applique au même matériel.
Il en résulte la synonymie suivante :
Strychnos Gauthierana Pierre [ in Hook. r., Kew Report: 31 (1877),
■ Gautheriana », nom. nud. ; Lesserteur; Le Hoàng Nàn: 2 (1879), « Gaulheriana »,
nom. nud.; De Lanessan, Pl. ut. Colon. Franç.: 767 (1886), ■ Gaulheriana », nom.
nud.; auct. pharm. div., nom. nud.] ex Dop, Bull. Soc. bot. Fr. 57, Mém. 19 : 17
(1910) et Fl. gén. Indoch. 4 : 167, pl. 3, fig. B, 1-5 (1914), p. p.; Hill, Kew Bull.
1911 : 289 (1911), p. p.;
—- S. malaccensis (non Benth.) auct. : C. B. Clabke, Fl. Brit. Ind. 4 : 89 (1885) et
King et Gamble, Journ. As. Soc. Beng. 74 : 618 (1908), quoad syn.
— S. Pierriana Hill, Kew Bull. 1917 : 197 (1917), nom. illeg.
Spécimen type (lectotype) : spécimen n° 2. Ce spécimen est choisi
comme type parce qu’il présente quelques fleurs, qu’il a servi de base
aux descriptions de Pierre et de Dop et a été figuré par le dessin de Delpy
reproduit par Dop dans la Flore générale de l’Indochine.
Autres spécimens.
— Spécimens 1 et 3.
— Sans doute doit-on y ajouter les spécimens cités dans la publi¬
cation de Zhang, Tong et Lou (1963) identifiés par ces auteurs à S. Pier¬
riana Hill :
Yun Nan. — District de Malipo : Liu et Hwa 18, en fruits, mai 1961 ;
Hu et al. 580809?, en fruits, juil. 1958. — District de Hokow: Hwa 1013,
en fleurs, mai 1960; Liu et Ilwa 7, en fleurs, mai 1961.
Nom vernaculaire. — Vietnamien : Hoàng nàn (Prov. Nghê An
et Thanh Hoa).
Remarques. — 1. Le matériel rapporté par Hill (1917) à « S. Gau¬
lheriana » et précédemment déterminé en herbier comme « voisin de
S. aenea » (spec. 4 à 7) doit, pensons-nous, être rapporté à cette dernière
espèce, malgré quelques petites différences dans la nervation des feuilles
(nervures moins proéminentes).
2. Parmi le matériel innommé de l’herbier de Paris nous avons
reconnu comme appartenant à S. aenea Hill deux spécimens, l’un du
Sud Vietnam, Poilane 23744, stérile, l’autre du Sud Laos, Poilane 20394,
en fleurs.
Source : MNHI J, Paris
IM. 1. — Slrychnos Gnulliierona: 1, 2, 3, diverses formes de feuilles X 2/3; 4, cirrhe
simple X 2/3. — S. lgnalii (S. Balansael: 5, feuille et inflorescence x 2/3; 6, fleur
ouverte x 3. — S. aenea: 7, feuilles et inflorescences x 2/3; 8, fleur ouverte x 3; 9,
feuille x 2/3; 10, cirrhe double x 2/3. — (1, spéc. n° 2, lectotype; 2,spéc.n° 1; 3, spéc.
n» 3; 4, spéc. n° 1 ; 5-6, Balansa 2129; 7-8, Poilane 20391 ; 9-10, spéc. n° 6).
Source : MNHN, Paris
— 436 —
3. Dans plusieurs publications il est indiqué que le Hoàng nàn
appelé « S. Gaulhieriana » par Pierre est considéré par Bâillon comme
étant S. javanica (Hardy, 1878; Galippe, 1882; De Lanessan, 1886;
Flückiger, 1892; Santesson et Santesson, 1893). Bâillon lui-même
(1884) dit que « S. Gaulheriana Pierre » est proche de S. nux-vomica
et de S. javensis. Ce nom, S. javanica ou jaoensis paraît être un nomen
nudum. Il n’y a, en effet, nulle part mention d’une description validement
publiée et aucun spécimen ne figure sous ce nom, ni dans l’Herbier général
du Muséum de Paris, ni dans l’Herbier Bâillon du même établissement.
Résumé et conclusion.
En résumé, parmi les huit spécimens rapportés à S. Gaulhierana
Pierre ex Dop, les trois premiers sont authentiques, les quatre suivants se
classent mieux dans S. aenea Hill et le dernier, Balansa 2129, d’abord
considéré par Hill (1917) comme le type de S. Balansae Hill, a été rapporté
par Leenhouts (1962) à S. Ignalii Berg.
On peut distinguer ainsi les diverses espèces voisines :
1. Corolle à tube beaucoup plus court que les lobes (sect. Breri-
tubae Hill).
2. Inflorescences pauciflores; tube de la corolle long de 0,5 mm;
lobes à bords ciliés; limbe ovale lancéolé progressivement
acuminé, ayant 10 X 4 cm en moyenne, bronzé sur le sec,
à la face inférieure; cirrhes doubles. S. aenea.
2'. Inflorescences densiflores; tube de la corolle long de 1 mm;
lobes à bords glabres; limbe assez semblable au précédent,
non bronzé sur le sec à la face inférieure. S. Vanprukii.
V. Corolle à tube plus long que les lobes (sect. Tubiflorae Hill).
3. Inflorescences terminales ou terminant des rameaux axillaires
feuillés; limbe elliptique, brusquement acuminé ou aigu,
ayant 6-8 X 3-5 cm; cirrhes simples. S. Gaulhierana.
3’. Inflorescences axillaires sur des rameaux sans feuilles; limbe
ovale, acuminé, ayant 8-12 X 4-6 cm; cirrhes simples... S. Ignatii.
(S. Balansae).
Références bibliographiques
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Flückiger, F. A. — Uber die Verbreitung der Alkaloide in den Strychnos-Arten,
Arch. Pharm., Berlin 230 : 343-352 (1892).
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du Journal des Connaissances médicales).
Hardy, Rabuteau, A. et Pietri, A. — Recherches sur les effets toxiques du Hoang-
Nan, Compt. rend. Séanc. Mém. Soc. Biol., Sér. 6, 5 : 211 (1878).
Hill, A. W. — Slrychnos Ignatii and other East Indian and Philippine species of
Strychnos, Kew Bull. 1911 : 289 (1911).
Source : MNHN, Paris
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en particulier du Strychnos Nux-blanda et du Hoang-Nan ; Thèse Fac. Pharm.
Paris, p. 121-150, 1936, Paris.
King, G. et Gamble J. S. — Materials for a flora of the Malay Peninsula, J. As. Soc.
Bengal 74 : 618 (1908).
De Lanessan, J.-L. — Les plantes utiles des colonies françaises : 767, (1886).
Leenhouts, P. W. — Slrychnos. Fl. Males., Sér. 1,6: 347-349 (1962).
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autres maladies. 1 vol., vin + 92 p. (1879).
Santesson, H. et Santesson, C. G. — Ueber das Pfeilgift der wilde Stâmme von
Malâka. I Abhandiung. Ueber Blay-Hitam, Arch. Pharm., Berlin 231 : 591-
612 (1893).
De Wildeman, E. —-A propos de médicaments antilépreux d’origine végétale. III.
Les plantes utiles du genre Slrychnos, Mém. Inst. r. colon. Belge, Sect. Sci.
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Zhang, H. D., Tong, Y. Y. et Lou, T. C. — Studies on the Chinese species of Slry¬
chnos. I. Strychnos pierriana A. W. Hill. Acta pharm. sinica 10 : 365-371
(1963).
Institut de Chimie des Substances naturelles, Gif-sur-Yvette (S.-et-O.) et Laboratoire
de Phanérogamie, Muséum national d’Histoire naturelle, Paris.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES RUBIACÉES
DE MADAGASCAR : DANAIS NOUVEAUX
par A. Cavaco
Dans cette note nous décrivons 3 espèces nouvelles de Danais Comm.
ex Vent, récoltées dans le domaine de l’Est de la Grande Ile. Ce genre
compte donc actuellement 43 espèces. Elles sont localisées dans les îles
de Madagascar, Comores et Mascareignes : 41 dans la Grande Ile dont
40 endémiques et 1 commune aux Comores; 2 sont spéciales aux Masca¬
reignes (îles de Maurice et Rodriguez). 1 seule espèce, le D. xanthorrhoea
(K. Sch.) Brem. habite le Tanganyika. Voici la diagnose latine des nou¬
veaux taxa.
Danais dauphinensis Cavaco, sp. nov.
Gaules scandentes, lignosi, glabri, cortice brunneo. Folia persistentia,
opposita, integra, subcoriacea, penninervia, petiolata, nervis conspicuis,
longe elliptica, basi acuta, apice acuminata-acuta, petiolo excluso, 6,5-9,5 cm
longa, 2-3,5 cm lata, glabra; costae secundariae utrinque 5-7 arcuatae;
nervus médius superne canaliculatus ; petiolus robustus, glaber, 1,5 cm
longus, supra canaliculatus; stipulis minimis, deltoideis, deciduis. Inflo-
rescentiae pedunculatae (pedunculo 18 mm. longo), axillares, in cymas
paucifloras dispositae, glabrae; cymarum bracteis minimis, auguste lanceolato-
acuminatis. Flores glabris, pedicellis 6-10 mm, longitudinem calycis superan¬
tibus, 5-meri, isostyli. Calyx urceolaris, parvus, 2 mm altus (lobis linearis
vix 0,5 mm longis); corolla 1,5 cm. longa, distinte lobata, tubo 9 mm longo,
lobis oblongis 6 mm longis. Stamina filamcntis 1,5 mm longis in parte supe-
riore tubi inserta et inclusa; anthcrae oblongae 3 mm Iongae. Ovarium 2 mm
altum, 2-loculare, loculis pluriovulatis; Stylus 7 mm longus, 2-fidus, ramis
2,5 mm longis. Capsula globosa (6 mm. diam.), haud distincte costata, grisea,
pedicellata (pcdicello 7 mm longo), glabra. Semina (?).
Est : Forêt de Manantantely près de Fort-Dauphin, forêt ombrophile sur argiles
latéritiques et granité, ait. 50-300 m., Humbert 20350 (Type, P).
Voisin du Danais longipedunculata Homolle, mais à pédoncule de
l’inflorescence bien plus court et moins robuste, à lobes du calice très
aigus, acérés, et à feuilles elliptiques acuminées au sommet.
Danais Humbertii Cavaco, sp. nov. — PI. 1
Frutex sarmentosus 2 m altus; rami glabri cortice nigresccnte. Folia
opposita, integra, coriacea, petiolata, nervis conspicuis, lanceolata, basi
Source : MNHI J, Paris
— 440 —
Source : MNHI J, Paris
— 441
rotundata, apice cuspidata, petiolo cxcluso 4-6,5 cm longa, 2,3-3,3 cm lata,
utrinque glabra, discolore subtus pallidiore, nervis lateralibus utrinque
7-8 subpatentibus subtus prominentibus; venulis laxe reticulatis utrinque
distinguendis; stipulis mi ni mis, setosis, 1,5 mm longis, glabris. Inflores-
centiae in cymas axillares, trichotomas pedunculatas (pedunculo 2-3,5 cm
longo, glabro) dispositae. Flores isostyli, 5-meri, pedicellis 2 mm longis
instructi. Calyx extus glaber intus pubescens, anguste subcampanulatus, tubo
1 mm alto, lobis anguste lanceolatis 1 mm longis, ciliolatis; corolla extus
glabra intus pubescens, tubo 1 cm longo, distincte lobata, lobis oblongis,
obtusis, cucculatis, revolutis, 4 mm longis. Stamina filamentis 4 mm longis
supra medium tubum inserta; antherae 2 mm Iongae, anguste oblongae,
exsertae. Ovarium 1 mm altum, 2-Ioculare, loculis pluriovulatis, glabrum;
Stylus 7 mm longus, 2-fidus, ramis 2 mm longis, insertis. Capsula globosa
(8-10 mm diam.), leviter costata, nigra, glabra; semina plus minusve disci-
formia (1,5-2 mm diam.), alata, alis plus minusve erosis.
Centre : Sommet oriental du massif de Marojejy, à l’ouest de la haute Manan-
tenina, affluent de la Lokoho, ait. 1850-2137 m, Humbert 23818 (Type, P.); sommet du
Marojejy, ait. 1 000 m, Cours 3509; vallée de la Lokoho, mont Beondroka, au Nord
de Maroambihy, sylve à lichens sur gneiss et quartzite, ait. 1 000-1 450 m, Humbert
23481.
Espèce bien distincte par ses feuilles coriaces tronquées à cordiformes
à la base et cuspidées au sommet. Par ses inflorescences elle ressemble un
peu au Danois capiluliformis Homolle; une simple contraction bien
accentuée des pédoncules de notre inflorescence suffirait pour avoir des
faux-capitules du type de D. capiluliformis.
Danais madagascariensis Cavaco, sp. nov. — PI. 1.
Frutex (?); rami glabri, cortice griseo-bruneo. Folia opposita, integra,
papyracea, penninervia, petiolata, nervis conspicuis, anguste longeque eUip-
tica, basi attenuata acuta, apice acuminata, petiolo excluso, 7-9,5 cm longa,
l,8-2,6 cm lata, utrinque breviter pubescente praecipue supra, discolore
subtus pallidiore; costae secundariae utrinque 10-12 arcuatae; petiolus
4-5 mm longus, pilosus; stipulis bifidis. Inflorescentiae pedunculatae (pedun¬
culo 1,5 cm longo), axillares, in cymas contractas, paucifloras, capituliformes,
dispositae; inflorescentiae bracteis foliaceis connatis involucratae, bracteis
apice pedunculorum dispositae pubescentibus ; pedunculi 1-1,5 cm longi,
pubesccntes. Flores multi, isostyli, pubescentes; calyce tubo minimo, lobis
5 obovatis 3 mm longis, carnosis, Iongitudinem tubi triplo superantibus
extra velutinis; corolla extus dense griseo-pubescens ; intus supra insertionem
staminum barbato, lobis 5 anguste oblongis, cucculatis, 4 mm. longis. Sta¬
mina in parte superiore tubi inserta et inclusa, sessilia; antherae 2 mm
Iongae, anguste oblongae. Ovarium 1 mm altum, 2-loculare, loculis pluriovu¬
latis, in parte superiore pilosum; Stylus 1,8 cm longus, 2-fidus, ramis 2 mm
longis, exsertis. Capsula obovata 5 mm longa, 4 mm lata, nigra, glabra,
ecostata, coriacea ; semina ad 1 mm longa, alata.
Source : MNHI J, Paris
— 442 —
Est : Vallée de la Manampanihy, aux environs d'Ampasimena, restes de forêt
ombrophile et Savoka sur argiles latéritiques et granité (au Sud du fleuve), Humbert
20577 (Type, P).
Nom vernaculaire : « Hazopoza ».
Affine de Danois coerulea Homolle et de D. capiluliformis Homolle.
En diffère surtout par ses ramilles et pétioles non recouverts de poils
longs et dressés, par ses limbes foliaires longuement acuminés, et enfin
par ses inflorescences entourées d’un involucre formé par la soudure
de feuilles bractéales.
Source : MNHN, Paris
NOTES SUR QUELQUES ANNONAGÉES
OUEST-AFRICAINES
par A. Le Thomas
POPOWIA
Au retour de sa dernière mission au Gabon en 1964, Mr. N. Hallé
nous a rapporté de la région de Bélinga plusieurs Popowia apparemment
très voisins, surtout par les feuilles, petites, papyracées, oblongues
obovées, arrondies à la base, atténuées au sommet, hirsutes à la face
inférieure. Il a été facile d’identifier plusieurs de ces spécimens au
P. ferruginea (Oliv.) Engl, et Diels, mais il restait trois échantillons qui
malgré une grande similitude à première vue, ne pouvaient lui être
rattachés en raison de leur inflorescence particulière. Les fleurs petites
sont en effet groupées en particules pauciflores supra-axillaires à long
rachis grêle. D’autres espèces de Popowia ont des inflorescences identiques
mais sont alors accompagnées de la présence d’une grande bractée foliacée
(P. orophila, P. lilloralis) alors que dans cette nouvelle espèce les bractées
sont très petites et lancéolées.
Nous pensons donc qu’il s’agit d’une nouvelle espèce de Popowia
que nous dédions à Mr N . Hallé, Assistant au Laboratoire de Phané-
rogamie.
1. Popowia Hallei Le Thomas sp. nov. —PI. 1.
Scandens 1,50-5 m alta, ramis ramulisque rufis hirsutis. Foliorum petiolus
0,5 cm longus, dense rufus hirsutus ; lamina papyracea, oblonga vel oblongo-
obovata, 4-8,5 cm longa, 2-3,5 cm lata, basi rotundata subcordata, apice
attenuata, obtusato-attenuata vel emarginata ; pagina superiore glabra,
pagina infcriore rufa hirsuta; ncrvus medianus supra impressus, subtus
prominens; nervi secundarii utrinsecus 5-9 varie obliqui, ascendentes.
Inflorescentia paniculis paucifloribus Iaxis, supraaxillaribus, rachide
longo gracilique, 4-8,5 cm longo, puberulo. Florum $ pedicellus gracilus,
1,5-2,5 cm longus, pubescens, bractea parva lineari 1 mm longa munitus.
Sepala ovato-acuta, 1,5 mm longa, 2 mm lata, exterius pubescentia. Petala
subaequalia, crassa, i 4 mm longa, exterius puberula, cxterna late ovata,
i 3,5 mm lata, interna triangulato-ovata, 2-2,5 cm lata. Stamina J; 15, in
duobus seriebus ± imbricatis disposita, 0,7 mm longa, fîlamento brevissimo,
connectivo papilloso apice ultra thecas oblongas (rimis extrorsis) dilatato et
Source : MNHN, Paris
— 444 —
pétale de profil et face interne x 6; 9, ensemble des étamines et des carpelles vus de dessus
x 8; 10, 11,12, 13, étamine, facejexterne, profil, et face interne x 20; 14, carpelle x 20;
15, coupe du carpelle x 20; 16, infrutescence x 2/3; 17, 18, graine x 3; 19, coupe
transversale du fruit X 4. — ( 1 , 2, 6, 7, 8, 10, 11, 12, 15, N. H allé 3508, sur le sec; 3, 4,
5, 9, 13, 14, 16, 17, 18, 19, N. Hallê sur le vivant).
Source : MNHN, Paris
— 445 —
truncato, exterius promincnti. Carpella 13-15, i 2 mm longa, ovario oblongo,
dense pubescenti, stigmate sessili, brevi, cyUndrico, vix bilobato. Ovula 3-4.
Infrutescentia rachide gracili; fructus pedunculo gracili, 2, 5-4 cm longo,
glabrcscenti ; mericarpia stipita inter semina constricta, 1-4 articulationibus
ellipticis, 0,8-1 cm longis et 5-6 mm latis, puberulis, apice apiculatis, stipite
5-7 mm longo, i dense pubescenti. Semina elliptica.
Holotype : N. Hallé 3508, Bélinga, Gabon, fl., fr. déc. (P).
Autre matériel étudié :
N. Hallé : 2898, Bélinga (fl. oct.); 3099, id. (jeunes boutons et fr. nov.).
Petite liane de 1,50 m à 5 m de haut, à rameaux et ramilles hirsutes
roux. Feuilles à pétiole de 0,5 cm de long densément hirsute roux; limbe
papyracé, oblong à oblong-obovale, de 4 à 8,5 cm de long sur 2-3,5 cm
de large, à base arrondie subcordée, sommet arrondi, émarginé à obtus
atténué; face supérieure glabre, face inférieure hirsute rousse. Nervure
médiane imprimée au dessus, saillante en dessous; 5-9 paires de nervures
latérales ascendantes.
Inflorescences extra-axillaires en particules pauciflores lâches, à rachis
long et grêle, de 4-8,5 cm de long, pubérulent. Pédicellc grêle de 1,5-2,5 cm
de long, pubescent, muni d’une pelile bractée linéaire, de 1 mm de long,
pubescente rousse, et vers le milieu d’une petite bractéole engainante
ovée. Fleurs $ jaune violacé, à sépales ovés aigus, de 1,5 mm de long
sur 2 mm de large, pubescents à l’extérieur. Pétales subégaux, épais, de
4 mm de long environ, pubérulents à l’extérieur, les externes largement
ovés, de 3,5 mm de large environ, les internes triangulaires-ovés, de
2-2,5 mm de large. Étamines i 15, de 0,7 mm de long, en deux verticilles
rfc imbriqués, à filet court, thèques verticales extrorses, connectif papil-
leux tronqué au-dessus des anthères, très proéminent vers l’extérieur.
Carpelles 13-15, de 2 mm de long environ, à ovaire oblong, densément
pubescent, stigmate sessile, court, cylindrique, à peine bilobé. 3-4 ovules
ascendants.
Infrutescence à rachis très grêle comme dans l’inflorescence; pédon¬
cule grêle s’allongeant dans le fruit, de 2,5-4 cm de long, glabrescent.
Méricarpes rouges, moniliformes, à stipes de 5-7 mm de long, ± densé¬
ment pubescents. Articles des méricarpes ellipsoïdes, de 0,8-1 cm de long
sur 5-6 mm de large, pubérulents, le dernier apiculé au sommet. Graines
ellipsoïdes.
Cette nouvelle espèce gabonaise est très voisine de P. ferruginea et,
comme elle, se classe dans le groupe des Popowia à inflorescences pauciflores
à fleurs $ non caulinaires. Nous donnons ci-dessous une clé simplifiée
de ce groupe à l’échelle africaine équatoriale occidentale.
Source : MNHN, Paris
— 446 —
Inflorescences uni- ou pauciflores; fleurs $ naissant sur les rameaux
feuilles.
1. Bractées grandes, foliacées, pouvant atteindre 3 cm de long,
largement ovales, insérées à la base ou au milieu du pédi-
celle. P. orophila.
P. littoralis.
P. Gilettii.
P.Germanii.
1'. Bractées petites ne dépassant pas 5 mm de long, triangulaires ou
lancéolées.
2. Thèques staminales convergentes et contiguës apicalement_
. P. bicornis.
P. filamentosa.
2'. Thèques staminales verticales et latérales extrorses séparées
par le connectif élargi ^ tronqué au sommet.
3. Feuilles lancéolées, atténuées aux deux extrémités; 9 éta¬
mines en un seul cycle. P. elegans.
3'. Feuilles elliptiques oblongues à oblongues obovales; arron¬
dies ou subarrondies à la base; 15-30 étamines en un ou
plusieurs verticilles.
4. Ramilles et face inférieure des feuilles non longuement
hirsutes. P. congensis.
P. Le Testui.
P. Louisii.
P. lucidula.
P. Oliveriana.
4'. Ramilles et face inférieure des feuilles à pubescence dense
hirsute.
5. Feuilles cartacées obtuses atténuées ou arrondies et
parfois échancrées au sommet; pétales externes de
1,5-2,7 cm de long; méricarpes étroitement cylindri¬
ques . P. Bokoli.
5'. Feuilles papyracées à sommet ^ atténué; pétales exter¬
nes ne dépassant pas 1,4 cm de long; méricarpes
ellipsoïdes à globuleux.
6. Fleurs solitaires, extra-axillaires à suboppositifoliées;
connectif des étamines non papilleux; carpelles
à ovaire glabre, style net, stigmate capité... P.ferruginea.
6'. Fleurs en panicules pauciflores lâches, supraaxillaires,
à long rachis grêle; connectif des étamines papil¬
leux; carpelles à ovaire longuement pubescent,
stigmate sessile, court et cylindrique. P. Hallei.
Source : MNHN, Paris
— 447
2. Popowia Bokoli (De Wild. et Th. Durand) Rob. et Ghesq. ex
Boutique
Boutique, Flore Congo Belge et Ruanda-Urundi, 2 : 349 (1951).
— Xylopia Bokoli De Wild. et Th. Dur., Ann. Mus. Congo Belge, Bot. sér. 2, 1,
2 : 2 (1900).
— Popowia iboundjiensis Pellegrin, Bull. Soc. Bot. Fr. 96 : 212 (1950), syn. nov.
Distribution :
— Gabon : voir Flore à l’étude.
— Centrafrique : Tisserant 2486, Boukoko (il. mars).
— Congo ex belge : Corbisier-Baland 1249 (fr. avril). — Léonard 996, Eala (fl. nov.). —
Louis 4278, Yangambi (fr. juin), 7998, id., 8615, id. (fl. mars), 9134, id. (fl. avr.),
10970, id. (fl. août), 14485, id., 15062, id., 15959, id. — Pynaert 1496, Eala (fr. juill.).
— Vermoesen 2269, id. (fl. mai). — Voir aussi Flore du Congo Belge et du Ruanda-
Urundi.
ARTABOTRYS
1. Artabotrys aurantiacus Engl, et Diels
Engler et Diels, Notizbl. 2 : 30 (1899); Monogr. Afr. Annon. Pflanzenf. 6 : 73
(1901); Pellegrin, Bull. Soc. Bot. Fr. 94 : 256 (1947); Tisserant et Sillans, Not.
Syst. 15, 3 : 330 (1958); R. E. Fries in Engl, et Prantl, Nat Pflanzenfam. ed. 2, 17 a
II : 123 ( 1959).
— Artabotrys Pynaerlii De Wild., Ann. Mus. Congo Belge, Bot., sér. 5, 3 : 78 (1909);
Bull. Jard. Bot. Etat Brux. 5 : 235 (1916), syn. nov.
— Artabotrys Claessensii De Wild., Bull. Jard. Bot. Etat Brux. 3 : 262 (1911).
— Artabotrys Olivaeformis A. Chev., Et. Fl. Afr. Centr. Fr. : 5 (1913).
De Wildemann avait créé l’espèce A. Pynaerlii pour les specimens
du Congo ex Belge tout en ayant reconnu sa grande ressemblance avec A.
aurantiacus du Cameroun. Ayant actuellement tous les intermédiaires
entre Cameroun et Congo ex Belge, nous considérons avec certitude ces
deux espèces d’écologie semblable comme identiques.
Distribution :
— Cameroun : Zenker 690, Yaoundé (holotype B.; isotype PI). —Voir Flore à l’étude.
— Gabon : voir Flore à l’étude.
— Centrafrique : LeTestu4430, Yalinga (fr. déc.). — Tisserant 2154, rivière Baédou,
25 km S Ippy (fl. mai).
— Congo ex français : Chevalier 5136, île du confluent de l'ibanga (fr. août).
— Congo ex belge: Compère 1366. — A. Dewulf 64. — Evrard 860, 1410, 1582, 1605,
4065. — Jans 948, 893. — Pynaert 606, Yangambi (holotype Brux!), 799. — Robyns
466. — Vrijdag 314. — Wagemans 1452. — Voir aussi Flore du Congo Belge et
Ruanda-Urundi.
— var. multiflorus Pellegrin ex Le Thomas var. nov.
Pellegrin, Bull. Soc. Bot. Fr. 94 : 256 (1947), nomen.
A typo differt infloresccntiis multifloris sed satis Iaxis, floribus minoribus,
13 mm longis, et pedicellis ad 1 cm longis.
Type : Le Testu 7116, Lastoursville, Gabon, fl. mars (P.).
Source : MNHN, Paris
— 448 —
2. Artabotrys insignis Engl, et Diels
Engler et Diels in Engler, Jahrb. 39 : 483 (1907); Pellegrin, Bull. Soc.
Bot. Fr. 94 : 256 (1947); Boutique, Fl. Congo Belge et Ruanda-Urundi, 2 : 318 (1951);
Hutch. et Dalz., F. W. T. A. ed. 2,1 : 40 (1954); R. E. Fries in Engl, et Prantl
N at. Pflanzenfam. cd. 2, 17 a II : 123 (1959).
— Arlabolrys Malchairi De Wild., Et. Fl. Bang. Ub. : 312 (1911).
— Arlabolrys lucidus A. Chev., Bot. : 9, nomen.
— Arlabolrys insignis var. lalifolius Pellegrin, Bull. Soc. Bot. Fr. 94 : 256 (1947),
syn. nov.
En comparant tous les specimens de l’herbier du Muséum de Paris,
il s’est avéré pour nous impossible de conserver la variété lalifolius
de Pellegrin, les feuilles présentant toutes les variations de dimensions,
le réceptacle étant pubescent même chez le type de l’espèce, et la pubes¬
cence des carpelles variant seulement d’intensité.
Distribution :
— Gabon : voir Flore à l’étude.
— Cameroun : Zenker 2801, Bipindi (holotype B.; isotypcP!). — Voir Flore à l’élude.
— Côte d’Ivoire : Chevalier 22495, Morénou, entre Daoukrou et Akabiletrou (fr.
déc.)
— var. Batesii Le Thomas var. nov.
A typo differt ramulis hirsutis, lamina distincte oblonga, pagina inferiore
dense pubescente rufa, nerviis hirsutis. Petala densissime tomcntosa, interna
distincte lanceolata, minus oblonga.
Type et seul matériel étudié : Bâtes 1792, Bitya, près de la rivière
Ja, Cameroun, fl. sept. (P.).
—- var. concolor (Pellegrin) Le Thomas comb. et stat. nov.
—• Arlabolrys concolor Pellegrin, Bull. Soc. Bot. Fr. 94 : 256 (1947).
Diffère de l’espèce type par ses feuilles concolores et brillantes sur
les deux faces, brun noir sur le sec, ses sépales plus grands, 20 mm de
long sur 10 mm de large.
Type : Le Testu 6071, Haute Ngounyé, Gnyoungou, Dibouwa,
Gabon, 11. sept. (P.).
3. Artabotrys Jacques-Felicis Pellegrin
Pellegrin, Bull. Soc. Bot. 97 : 15 (1950).
— Artabotrys robuslus Louis ex Boutique, Bull. Jard. Bot. Etat Brux. 21 : 107 (1950),
syn. nov.
Distribution :
—- Cameroun : Jacques-Félix 2490, Ndiki (fl. nov.) (holotype P!).
— Centrafrique : Tisserant 2286, Boukoko (fr. nov.); 2347, id. (fl. janv.); 2405,
id. (fr. mars).
— Congo ex belge : Jean Louis 6077, Yangambi (holotype Brux!; isotype Pi);
3211, 5634, 5820, 6486, 8995, 9707, 10344, 16321, id. — Germain, 8250. — Gilbert,
1034, 8679. — Evrard 2911, 4201. — Pittery 158, 166.
Source : MNHN, Paris
— 449 —
4. Artabotrys stenopetalus Engl, et Diels
Engler et Diels, Notizbl. Bot. Gart. Berlin 2 : 30 (1899); Pellegrin, Bull. Soc
Bot. Fr. 94 : 256 (1947); Boutique, Flore Congo Belge et Ruanda-Urundi 2 : 316
(1951); Hutch. et Dalz., F. W. T. A. ed. 2, 1 : 41 (1954); R. E. Fries in Engl, et
Prantl, Nat. Pllanzenfam. ed. 2, 17 a II : 123 (1959).
■— Artabolrys slenopelalus var. paruiflorus, Pellegrin, Fl. Mayombe 1 : 7 (1924),
Distribution :
— Monts Nimba : Schnell 3075.
— Gold Coast : Adams 2477, Lac Bosumtive (fl. mars). —Voir aussi F. W. T. A.
—- Dahomey : Le Testu 283, Adja Ouéré (fl. mars).
—- Sud Nigeria : voir F. W. T. A.
— - Cameroun : Zenker 1222, Bipindi (holotype B.-isotype P!) — Voir Flore à l’étude.
— Gabon : Le Testu 1964, Région du Nyanga (fl. janv.).
-— Congo ex belge: Donis 1923, Luki, Mayombe. — Evrard 1587. -— Germain 399,
5163. — Louis 7010, Yangambi. — Voir aussi Flore du Congo Belge et du Ruanda
Urundi.
5. Artabotrys Thomsonii Oliver
Oliver, Fl. Trop. Afr. 1 : 29 (1868) p. p.; Engl, et Diels in Engl., Monogr.
Afr. Pllanzenfam. 6 : 72 (1901); Pellegrin, Bull. Soc. Bot. Fr. 94: 254 (1947); Bou¬
tique, Flore du Congo Belge et Ruanda-Urundi 2 : 314 (1951); Hutch. et Dalz., F. W.
T. A. (ed. 2, 1 : 40 (1954); R. E. Fries in Engl., Nat. Pllanzenfam. ed. 2, 17 a II : 123
(1959).
Type : Thomson ss. n°, Old Calabar, p. p. quoad flores (K!).
En faisant la révision des Artabolrys pour les Flores du Gabon et
du Cameroun nous avons été amenée à examiner un abondant matériel
de A. Thomsonii dont les fruits ne correspondaient pas à la description
originale. Notre attention a été attirée par le fait que les fleurs de A. Thom¬
sonii ne comportent jamais plus de 12 carpelles alors que les fruits du
spécimen type ont un nombre de méricarpes beaucoup plus grand, arti¬
culés à la base et apiculés au sommet. Nous considérons donc comme
A. Thomsonii seulement la partie florifère du type. Les échantillons que
nous avons pu déterminer avec certitude comme A. Thomsonii portant
fleurs et fruits possèdent en effet des fruits à pédoncule robuste, de 10-
25 mm de long, 2-7 méricarpes ellipsoïdes à obovoïdes, de 1,5-2,5 cm de
long sur 1,2-1,5 cm de large arrondis au sommet, à stipe épais, de 1-2,5 cm
de long. Graines ellipsoïdes à péricarpe brun luisant, endocarpe épais.
Matériel de référence :
— Sud Nigeria : Mann 2310, Old Calabar, p. p.
— Cameroun : Letouzey 5533, 8 km SSW de Koso, village à 60 km au SSW de Batouri
(fr. juil.). — Voir Flore à l’étude.
— Gabon : Klaine 3046, environs de Libreville (fr. sept.); 3229, id. (j. fr. févr.). —
Chevalier 26874, plantation de Minghé-Ninghé, sur le Komo (fr. oct.). — N. Hallé :
3259, Bélinga (fr. nov.). — Voir aussi Flore à l’étude.
— Congo ex belge : Corbisier-Baland 1765, Eala (fl. mars). — Evrard 1595. — Gilbert
1293, Yasuka (fr. juil.) .— Laurent 527. — Lebrun 1244, Bamania (fr. sept.). —
Source : MNHI J, Paris
450 —
PI. 2. — Polyceralocarpus Pclleyrinii Le Thomas : 1, feuille et inflorescence x 2/3; 2, fleur (J,
trois pétales enlevés x 2; 3, fleur trois pétales enlevés x 2; 4, coupe de la fleur $5 x 2;
5, 6, étamine, face externe et interne x 6; 7, carpelle x 6; 8, coupe du carpelle x 6 (Le
Testu 7754). — Polyceralocarpus Vermoesenii Bob. et Ghesq. : 9, détail de la nervation
de la feuille X 2 13.
Source : MNHN, Paris
— 451 —
Leemans 338, Eala. — Leonard 230, id. (fr. août). — Louis 3490, (0. mars) 6509
(fl. nov.) ; 12564. Yangambi (fl. nov.). — Voir aussi Flore du Congo belge et Ruanda-
Urundi.
— Congo ex français : Fidao, ss. n°, forêt de Baïki, confluent de l’Oubangui et du
Congo. — Pobéguin 189, rives de la Sangha.
— - Centrafrique : Tisserant 39, Boukoko (fl. juil.) ; 364, id. (fl. oct.); 661, id. (fl.
janv.); 1148, id. (fr. sept.); 2025, id. (fr. févr.).
POLYCERATOCARPUS
Polyceratocarpus Pellegrinii Le Thomas sp. nov 1 . — PI. 2.
Arbor ramis glabris, ramulis glabrescentibus. Foliorum petiolus 5-6 mm
longus; lamina coriacea, oblonga, 13-31 cm longa et 3-6,5 cm lata, basi acuta
vel attenuata, apice ± longe acuminata; pagina superiore nitida olivacea,
pagina inferiore glabra. Nervus medianus utraque pagina prominens; nervi
secundarii utrinsecus 13-17 varie obliqui ascendentes, parum conspicui;
nervuli laxi et irregulares obsoleti.
Flores $ et (J axillares vel e cortice vetere orti, pedicello 1 cm cire, longo,
rufo, tomentello, basi bracteis parvis munito. Sepala parva, late triangulato-
ovata, 3-4 mm longa, 6 mm lata, extus dense puberula. Petala utraque
pagina puberula; florum q petala elliptico-oblonga, 20-25 mm longa, 5-7 mm
lata, apice subacuta; florum $ petala breviora, 10-14 mm longa, 6-7 mm lata,
triangulato-acuta. Receptaculum conicum. Stamina numerosissima, oblonga,
1,5-2 mm longa, connectivo apice ultra thecas oblongas dilatato. Carpella 8-
9, basi in apice depresso receptaculi disposita, ovario oblongo dense pubes-
centi, stigmate sessili, pulvinato, pubescenti. Ovula numerosa biseriata.
Fructus ignotus.
Holotype : Le Testu 7754, Poungui, Gabon, fl. £ et déc. (P).
Matériel étudié :
Le Testu 7767, Mayimba (fl. § et (J déc.); 7974, Lastoursville (fl. S mars); ss. n°
Koulamatou, Haute Ogooué (fl. déc.).
Arbre à rameaux glabres, ramilles glabrescentes. Feuilles à pétiole
de 5-6 mm de long; limbe coriace, oblong, de 13-31 cm de long sur 3-6,5 cm
de large, à base aiguë, sommet ± longuement acuminé; face supérieure
luisante vert olive, face inférieure glabre. Nervure médiane proéminente
sur les deux faces; 13-17 paires de nervures latérales obliques ascendantes
assez peu visibles; nervilies irrégulières presque invisibles.
Fleurs $ et vert jaunâtre, prenant naissance sur le vieux bois,
solitaires ou géminées. Bouton floral brièvement conique. Bractées à la
base du pédieelle long de 1 cm environ, tomentelleux roux. Sépales petits,
largement triangulaires-ovés, longs de 3-4 mm, larges de 6 mm, densément
pubérulents à l’extérieur. Pétales pubérulents extérieurement et intérieu-
1 Nous dédions cette espèce nouvelle au Gabon à Mr. F. Pellegrin, qui a beau¬
coup travaillé sur les Annonacées africaines spécialement celles du Gabon.
Source : MNHI J, Paris
— 452 —
rement; dans les fleurs <J, pétales elliptiques-oblongs, longs de 20-25 mm,
sur 5-7 mm de large, à sommet subaigu, les extérieurs semblables aux
intérieurs; dans les fleurs $, pétales beaucoup plus courts, 10-14 mm de
long sur 6-7 mm de large, triangulaires-aigus. Réceptacle conique. Éta¬
mines oblongues, de 1,5-2 mm de long, en nombre indéfini, formant un
cône plus allongé dans les fleurs <£; thèques linéaires extrorses, connectif
dilaté au-dessus des anthères. Carpelles 8-9, à base insérée au fond d’une
dépression du réceptacle; ovaire oblong, densément pubescent, stigmate
sessile, pulviné, pubescent, dépassant les étamines. Nombreux ovules
sur deux rangées.
Fruit inconnu.
Cette espèce est très voisine de P. Vermoesenii Rob. et Ghesq. mais
elle en diffère essentiellement par ses feuilles luisantes au-dessus, glabres
en dessous, à base atténuée ou aiguë, à nervure médiane proéminentes
sur les deux faces et nervilles irrégulières et peu visibles alors que dans
l’espèce du Congo ex belge, la base est nettement arrondie, la nervure
principale imprimée au-dessus, et les nervilles saillantes et parallèles en
dessous.
POLYALTHIA
Polyalthia suaveolens Engl, et Diels
Engl, et Diels, Monogr. Afr. Pllanzenfam. 6 : 42 (1901); Pellegrin, Bull. Soc.
Bot. Fr. Mém. : 66 (1949); Boutique, Fl. Congo belge et Ruanda-Urundi 2:,339 (1951);
Hutch. et Dalz., F. W. T. A. ed. 2, 1 : 43 (1954); Tisserant et Sillans Not.Syst.
15, 3 (1958).
— Polyalthia Morlehani De Wild., Bull. Jard. Bot. Etat Brux. 4 : 384 (1914).
—• Polyalthia Aubrevillei Ghesq. ex Aubréville, F. F. C. 1.1 : 114 (1936);Pellegrin,
Bull. Soc. Bot. Fr. Mém. : 66 (1949); syn. nov.
Type : Soyaux 218, Sibange farm, Gabon, fl. févr. (Holotype B,
isotype P).
Bien que le type de P. suaveolens ne porte pas de fruits nous lui avons
rapporté le P. Aubrevillei identique par son appareil végétatif et ses
fleurs. II nous est difficile de choisir avec certitude un type fructifère,
les échantillons gabonais que nous avons étudiés ne portant pas de fruits.
Il est préférable d’attendre qu’un collecteur puisse récolter dans la
région de Libreville un spécimen en fleurs et en fruits, la partie fructifère
pouvant alors être choisie avec assurance comme type complémentaire
de P. suaveolens.
Distribution :
— Sud Nigeria : voir F. W. T. A.
— - Cameroun : voir Flore à l’étude.
■ — Gabon, Congo ex français : voir Flore à l’étude.
Source : MNHI J, Paris
— 453 —
— Centrafrique : Tisserant 197, Boukoko (fl. sept.); 358, id. (fl. oct.); 677, id. (fr.
févr.); 1172, id. (fl. oct.); 1230, id. (fl. nov.); 2204, id. (fr. sept.); 2573, id. (fr.
août).
— Congo ex belge : Gilbert 233, Likandi; 36, Yangambi; 936, id. ;8041, id. ; 8098,
id.; 8500, id.; 8776, id.; 9385, id.; 9587, id. — Léonard 731, Bikoro, lac Tumbé
(fr. sept.). — Steins 1, Lilanda par Isangi (fr. sept.). — Toussaint 2118, Luki (fr.
nov.); 2133, id. (fr. janv.); 2203, id. —Van der Meiren 40, Stanleyville.
— var. gabonica Le Thomas var. nov.
A typo differt foliis crasse petiolatis, lamina magna ad 28 cm longa,
10 cm lata, ovato-oblonga vel oblonga, apice longe acuminata, pagina infe-
riore puberula; floribus crasse pedicellatis.
Type : Le Testu 7936, Lastoursville, Gabon, fl. févr. (P!).
UVARIOPSIS
1. Uvariopsis Le Testui Pellegrin
Pellegrin, Bull. Soc. Bot. Fr. 95 : 139 (1948); R. E. Fries in Engl, et Prantl,
Nat. Pflanzenfam. ed. 2, 17 a II : 138 (1959).
Type : Le Testu 8458, Koulamatou, région de Lastoursville, Gabon
(PI).
La diagnose de cette espèce faite par Pellegrin sur un seul spécimen
du Gabon ne comporte pas la description du fruit alors inconnu. Depuis,
M. N. Halle a rapporté plusieurs échantillons du Gabon, dont un numéro
portant fleurs $ et fruits nous permet de donner avec certitude le complé¬
ment à la description de cette espèce.
Fruits â pédoncule de 7,5-8 cm de long, pubérulent apprimé; méri-
carpes ellipsoïdes, rouges à maturité, courtement stipités (5 mm), de
4,5-8 cm de long sur 2,5-3,5 cm de large, lobulés, â côtes longitudinales,
atténués à la base, ± apiculés au sommet. Graines bisériées transversale¬
ment, noyées dans un mucilage faiblement sucré, ellipsoïdes oblongues,
de 17 mm de long sur 8-12 mm de large et 7-8 mm d’épaisseur.
Ce fruit est très voisin de celui de U. Solheidii (De Wild.) Rob. et
Ghesq., mais l’espèce reste bien différente par ses feuilles plus oblongues
et moins larges, ses pédicelles floraux densément pubescents, la position
des bractéoles tout à fait à la base, la forme des sépales moins aiguë et
surtout les pétales restant courts et ovales même dans la fleur épanouie
Matériel étudié
Gabon : N. Hallé 2975, Bélinga, (fl. $ et fr. nov.); 3060, id. (fl. g et Ç); 3029,
id., (fl et fr. nov.).
2. Uvariopsis Solheidii (De Wild.) Rob. et Ghesq.
Robyns et Ghesçuière, Ann. Soc. Sci. Brux. 53, sér. B : 321 (1933); Boutique,
FI. Congo Belge et Ruanda-Urundi, 2 : 382 (1951); R. E. Fries in Engl, et Prantl,
Nat. Pflanzenfam. ed. 2, 17 a II : 165 (1959).
Source : MNHI J, Paris
— 454 —
— Telraslemma Solheidii De Wild., Ann. Mus. Congo Belge, Bot. sér. 5, 3 : 85, tab.
(1909).
— IJvariopsis Balesii Rob. et Ghesq., Ann. Soc. Sci. Brux. 53, sér. B. : 320 (1933);
syn. nov.
Type : Solheid 96, Yambuya, Congo ex belge (Brux!).
Dans leur diagnose, Robyns et Ghesquière soulignent comme diffé¬
rences essentielles : la taille des feuilles plus petite chez U. Balesii. Or
parmi le matériel étudié, nous avons pu constater une grande variabilité
entre les deux espèces, ce qui nous permet d’éliminer ce caractère dis¬
tinctif. De même pour la pubescence ± dense des pédicelles floraux;
nous avons examiné les types qui présentent une pubescence aussi dense,
variable, il est vrai suivant les échantillons. Par contre les feuilles ont la
même forme, oblongue-obovale, les fleurs (J et $ sont exactement sembla¬
bles, caulinaires, avec un pédicelle court dans la fleur <J, beaucoup plus
long dans la fleur?; la position des bractées est identique, c’est-à-dire
à la base du pédicelle. En outre U. Solheidii a été décrit comme une
espèce congolaise et U. Balesii comme une espèce camerounaise; depuis
nous avons pu identifier du matériel gabonais comme U. Solheidii et
Tisserant avait déterminé certains échantillons de Centrafrique comme
U. Balesii. Il ne fait pas de doute qu’il s’agit de la même espèce qui se
trouve répandue du Cameroun au Congo ex belge.
Distribution :
— Cameroun : Bâtes 1367, Bitye, Yaoundé (Holotype Br. Mus!).
— Gabon : N. Halle 3474, Bélinga (11. déc.).
— Centrafrique : Tisserant 804, Boukoko (11. mars); 2422, id. (fl. avril).
— Congo ex belge : Louis 14540, Yangambi; 15474, sources delà Ngula. — Voiraussi
Flore du Congo belge et Ruanda-Urundi.
Remerciements : La mise au point de cette note n’a pu être réalisée qu’avec l’aide
apportée par Mr. le Professeur Robyns, Directeur du Jardin Botanique de Bruxelles,
qui nous a facilité la consultation des herbiers. Nous remercions aussi Monsieur le
Directeur des Royal Botanic Gardens de Kew à qui nous sommes redevables de l’étude
de plusieurs échantillons de référence.
Source : MNHN, Paris
INFORMATIONS
M. le Professeur A. Aubréville vient d’effectuer en compagnie de
M. Heine, Maître de Recherches au C. N. R. S., attaché au Laboratoire de
Phanérogamie du Muséum, une mission de trois mois en Nouvelle
Calédonie et en Australie (Queensland).
FLORE DE MADAGASCAR ET DES COMORES
J. Leandri, Urticacées. — 56 e famille, 107 p., 19 pl. — 17 F.
— Cette famille comprend 5 tribus, 15 genres dont 1 spécial, 51 espèces
dont 41 endémiques. Le genre Pilea est particulièrement intéressant par
la différenciation chronologique de certaines de ses espèces.
L. Bernardi, Cunoniacées. —- 93 e famille, 62 p., 10 pl. — 10 F.
— Famille de distribution presque exclusivement australe représentée
seulement à Madagascar par le genre Weinmannia avec 20 espèces.
FLORE DU CAMBODGE, DU LAOS ET DU VIETNAM
Volume 4 : M. L. Tardieu-Blot, Hammamelidaceae (9 genres,
16 espèces), Haloragaceae (2 genres, 8 espèces. — O. Lecompte,
Saxifragaceae (5 tribus, 9 genres, 20 espèces), Crypteroniaceae
(1 genre, 1 espèce), Droseraceae (1 genre, 3 espèces). — Vu Van
Cuong, F.S.G., Rhizophoraceaa (6 genres, 15 espèces), Punicaceae
(1 genre, 1 espèce), Sonneratiaceae (2 genres, 4 espèces). — 217 p.,
23 pl. — 45 F.
FLORE DU GABON
Volume 10 : R. Fouilloy, Lauracées (4 genres, 30 espèces), Miris-
ticacées (4 genres, 4 espèces), Monimiacées (1 genre, 2 espèces). —
115 p., 26 pl. — 20 F.
Source : MNHN, Paris
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