Source : MNHN, Paris
MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
ADANSONIA
TRAVAUX PUBLIÉS
AVEC LE CONCOURS
du Centre National de la Recherche Scientifique
SOUS LA DIRECTION DE
H. HUMBERT A. AUBRÉVILLE
Membre de l'Institut Professeur
Professeur honoraire
Nouvelle Série
Tome V
FASCICULE 4
1965
PARIS
LABORATOIRE DE PHANÉROGAMIE
DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
16, rue de Bufïon, Paris (5 e )
Source : MNHN, Paris
SOMMAIRE
Aymonin.G. G. — L’œuvre du chanoine Paul-Victor Fournier, histo¬
rien de la botanique et Aoriste français (1877-1964). 463
Aubréville, A. — Standardisation de la nomenclature des formes
biologiques des plantes et de la végétation en Nouvelle Calé¬
donie . 469
— Les reliques de la Aore des Conifères tropicaux en Australie
et en Nouvelle Calédonie. 481
Tardieu-Blot, M. L. — A propos de quelques combinaisons et
espèces nouvelles de Fougères africaines ou malgaches. 493
Capuron, R. — Description des fruits du Diegodendron Humberti
(Diegodendracées) . 503
Hallé, N. — Calocrater Preussii K. Schum., Apocynacée du Gabon. 507
Keraudren, M. — Telfairia Balesii Keraudren, nouvelle espèce de
Cucurbitacées du Cameroun. 511
Cavaco, A. — Remarques sur les genres Alberta E. Mey et Nematos-
tylis Hook. f. (Rubiaceae) . 515
Raynal, A. — Un nouveau Torenia africain : Torenia silvicola
A. Rayn. ( Scrofulariaceae) . 519
Toilliez-Genoud, J. — L’ovule et la graine de Crinum giganleum
And. (Amaryllidacées) . 525
Le Thomas, A. — Un nouveau genre africain d’Annonacées : Bou-
liquea Le Thomas. 531
Vidal, J. E. — Notes sur quelques Rosacées asiatiques (III). Révi¬
sion du genre Eriobotrya (Pomoideae) . 537
Rédacteur Principal
A. Le Thomas
Assistante
La publication d’un article dans Adansonia n’implique nullement que
cette Revue approuve ou cautionne les opinions de l’auteur.
Source : MNHN, Paris
L’ŒUVRE DU CHANOINE PAUL-VICTOR FOURNIER,
HISTORIEN DE LA BOTANIQUE
ET FLORISTE FRANÇAIS (1877-1964)
par G.-G.-Aymonin
Le 20 mai 1964, le chanoine Paul-Victor Fournier décédait brus¬
quement dans sa quatre-vingt septième année. Résidant en Haute-
Marne depuis 1937, il accomplissait sa mission spirituelle dans un petit
village, une clairière au milieu des forêts du sévère plateau de Langres.
Le projet, formé quelque temps auparavant, de rencontrer l’auteur
de l’ouvrage désormais classique, « Les Quatre Flores de la France »,
ne devait donc pas se réaliser. Nous nous rendions à Poinson-lès-Grancey
le 23 mai 1964, et ce n’est pas sans émotion que nous allions parcourir les
lieux qu’habitait le disparu. Au cours de cette visite, inopinément trans¬
formée, pour le petit groupe de botanistes venus, ce jour-là, à Poinson,
en un véritable pèlerinage, nous devions aussi retrouver des amis ■lyon¬
nais du Chanoine : ceux-là mêmes auxquels il se promettait de remettre
l’outil de ses explorations botaniques : sa boite d’herborisation. Souvenir
touchant, sans doute, mais de quel prix pour qui pouvait hériter en même
temps d’un peu du « feu sacré » du savant floriste, un peu de cet état d’âme
qui fait admirer la Nature et y chercher, au-delà d’un enseignement, la
source d’une élévation intérieure toujours bénéfique!
Nombreux sont amis et confrères de Paul Fournier qui ont évoqué
récemment *•* les principaux traits de sa vie et de sa carrière et qui souli¬
gnèrent combien, dans sa grande simplicité, il mettait de conscience à la
fois dans l’exercice de son sacerdoce et dans la mise au point de ses tra¬
vaux scientifiques.
Aussi voudrions-nous surtout aujourd’hui, dans les pages de cette
Revue, rendre hommage à l’œuvre d’inventaire de celui à qui les Aoristes
et systématiciens européens doivent la plus récente et la plus complète
des publications synthétiques générales concernant la flore du terri-
1. Nous sommes redevable à M. Georges Dillemann, Professeur à la Faculté de
Pharmacie de Paris, de nombreux renseignements qu’il voulut bien nous communiquer
avant la publication de la Notice qu’il consacra au Chanoine Fournier (Bull. Soc.
Bot. Fr. 111:276-290, 1 portrait, 1964). Des correspondances échangées avec le Frère
Paul Litzler nous apportèrent, d’autre part, d’utiles précisions, ainsi que les éléments
réunis grâce à Mlles C. Bulard (Nice), M. Keraudren (Paris) et M. E. Bonnot (Dijon).
2. Le Professeur H. Humbert a évoqué l’œuvre de l’Abbé Paul Fournier
(C. R. Hebd.Acad. Sc. 260 ,12:3234-35,1965). — Voir aussi : H. Gaussen, Le Monde des
Plantes, 344, 1964.
Source : MNHN, Paris
— 462 —
toire français. Nous essaierons de situer cette œuvre au sein de son époque
et par rapport aux travaux qui la précédèrent et de souligner sa valeur
dans le contexte des orientations présentes.
Sans avoir eu, peut-être, dans le domaine de l’investigation sur le
terrain, une activité aussi débordante que celle de son illustre devancier,
l’Abbé Hippolyte Coste, Fournier sut allier aux devoirs de sa charge un
programme de prospections dans la nature, d’abord dans l’est de la France,
puis, grâce à sa participation aux sessions extraordinaires de la Société
Botanique, en Alsace, en Auvergne, dans les Pyrénées, en Provence...
Il eut aussi la lourde responsabilité d’assurer la « vie » du « Monde des
Plantes », dont il dirigea la publication de 1932 à 1946.
Cependant, outre ses activités de floriste français, le Chanoine Four-
nier élabora un ensemble de travaux qui méritent d’être brièvement signa¬
lés; en effet, l’Académie des Sciences devait les honorer, le 30 mai 1960,
en élisant le titulaire de la cure de Poinson, Membre correspondant pour
la section de botanique. Rappelons deux mémoires dont l’utilité n’est
pas à démontrer pour quiconque doit rechercher des documents sur telle
ou telle exploration de régions lointaines : « La contribution des Mission¬
naires français aux progrès des Sciences naturelles aux xix® et xx e siècles »
et « Les voyageurs-naturalistes du clergé français avant la Révolution»,
l’un.et l’autre de ces mémoires ayant servi de thèses de doctorat ès
lettres (1932). Fournier publia des études sur les plantes cultivées, les
espèces médicinales ainsi que de nombreuses mises au point sur l’éty¬
mologie des noms en botanique; il s’intéressa également aux auteurs
anciens ou aux pionniers, d’Albert le Grand â Férat ou à Chamisso;
souvent même, il discuta leurs conceptions ou leurs points de vue, à la
fois sur les plans scientifiques et philosophiques, mettant toujours l’accent
sur la particulière originalité des méthodes de recherche en biologie,
n’hésitant pas parfois à défendre des positions délicates. « Toute l’histoire
de la biologie démontre que l’hypothèse finaliste s’est montrée infiniment
et continûment féconde, tandis que l’hypothèse mécaniste n’est féconde
que pour le chimiste et le physicien », ainsi s’exprimait Fournier à propos
d’une analyse des travaux de Sprengel.
S’il acquit, par ces diverses publications, une notoriété incontestée,
le Chanoine Fournier a pourtant droit à la reconnaissance des bota¬
nistes pour ses synthèses de floristique qui eurent une beaucoup plus large
diffusion : sa thèse de sciences, la « Flore complétive de la plaine fran¬
çaise » (1928), puis « Les Quatre Flores de la France » (1940, tirées à nou¬
veau en 1946 et 1961), demeurent des ouvrages fondamentaux pour
l’étude des richesses végétales de la France.
Lorsqu’il se plaisait à rappeler le souvenir de Thomas Mont-Sainct,
« le père de la floristique française », Fournier insistait sur le fait que les
premiers auteurs de catalogues locaux ou de flores régionales énuméraient
« pêle-mêle les plantes cultivées et les espèces spontanées ».
Source : MNHN, Paris
— 463 —
C’est peut-être un des points les plus originaux, en son époque, de
l’œuvre floristique de Fournier, que d’avoir constitué un essai pour
mettre en évidence, d’une manière explicite, les données biogéographiques
générales relatives aux plantes présentes sur le territoire français. Pour¬
tant, Fournier travailla pratiquement seul, longtemps en province,
puis à Paris, où il devait fréquenter les herbiers du Muséum à partir de
1927. Dirigées vers des buts précis, ses recherches ordonnées devaient lui
permettre de réaliser, à partir de 1934, grâce à une souscription, la publi¬
cation, échelonnée sur six années, des fascicules destinés à constituer
« les Quatre Flores ». Il fut tenu compte, dans la mesure du possible, au fur
et à mesure de leur arrivée, des suggestions, des notes, des additions que
nombre de confrères lui firent parvenir, souvent par l’intermédiaire du
« Monde des Plantes », revue qui continue d’accomplir aujourd’hui cette
mission sous l'égide du Professeur Gaussen et de M. Pierre Le Brun.
On pourrait s’étonner de la si parfaite réussite technique d’une initia¬
tive qui allait doter la France de sa seule flore récente, en une période où
des réorganisations universitaires conduisaient à la suppression de plu¬
sieurs chaires de botanique, alors qu’en nos jours, bien que presque tous
les pays d’Europe aient donné à leur public scientifique des flores modernes,
aucune œuvre floristique synthétique originale et de haut niveau systé¬
matique n’a enrichi la bibliographie française.
Les points faibles existaient, sans doute; les critiques se firent jour,
c’est vrai; mais Fournier avait une connaissance sérieuse de la flore,
une connaissance qui ne se limitait pas à quelques petits groupes, à cer¬
taines petites régions ou à certains types de peuplements; il était arrivé
au-delà du stade de la floristique pure pour aborder des questions de systé¬
matique et de biologie générales ; la rédaction de sa Flore était fondée sur
des bases solides, et, il faut le souligner, relativement homogènes d’un
groupe taxinomique à un autre dans le cadre des documents dont il dis¬
posait à son époque. A la question méthodologique posée par Emile Wal¬
ter dès 1934 (question qui met en relief encore maintenant l’indécision des
Aoristes ou la fragilité de leurs documents) : « Quelle est la qualité que doit
présenter une plante pour mériter ce titre » (celui « d’espèce authentique
de notre patrie »)?, Fournier répondit par des citations et des faits
qu’il consigna brièvement dans sa Flore. Faisant sien le devoir de consi¬
dérer une botanique « qui voudrait aussi comprendre et expliquer...,
qui peut se tromper dans ses explications, mais pas plus qu’aucune autre
théorie scientifique », Fournier n’hésite pas, dans les paragraphes qu’il
consacre à chaque groupe taxinomique, à souligner la certitude ou l’éven¬
tualité d’une introduction : il tient compte du fait qu’une espèce présente
peut être adventice, subspontanée ou naturalisée. On reproche souvent à
une telle manière de procéder d’alourdir un ouvrage, de rendre les clés
plus complexes; ceci est exact, et nous avons eu l’occasion de rappeler
cet inconvénient de diverses flores; mais, lorsque l’on sait qu’un ouvrage
récent concernant la flore méditerranéenne française 1 fut publié sous une
1. Arrecgros : Petit Guide Panoramique (1963).
Source : MNHN, Paris
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couverture où n’est représentée aucune espèce originellement provençale,
on constate qu’il est parfois indispensable « d’admettre les espèces qui,
actuellement, ont pris pied ferme sur une parcelle de notre territoire, où
elles se reproduisent par leurs propres moyens, sans le concours direct de
l’homme ».
Naturellement, certaines indications n’ont qu’une valeur passagère,
mais personne n’ignore la place que diverses allochtones prennent dans les
phytocœnoses secondaires de notre pays, et l’on ne doit pas méconnaître
que plusieurs de ces espèces créent même de véritables groupements,
fluctuants certes à l’échelle de la décade, mais dont beaucoup des élé¬
ments se maintiennent bien plus longtemps. Il suffit de songer aux clas¬
siques cas des Buddleia, de VAilantus, de l’ Amorpha fruticosa, des Opun¬
tia, du Gnaphalium undulatum, des Oenolhera ou du Cortaderia, entre bien
d’autres.
Dans sa Flore, Fournier est assurément allé plus loin que ses prédé¬
cesseurs : il a essayé aussi de sortir la floristique du « cadre stérilisant dicté
par les limites administratives », que celles-ci soient départementales ou
nationales; la plupart des espèces furent qualifiées par des épithètes choro-
logiques ou biogéographiques, épithètes sans doute parfois discutables,
mais apportant toutefois dans la littérature botanique française une inno¬
vation à laquelle depuis on n’a donné suite que d’une façon bien partielle.
La notion d’endémisme fut mise également en évidence; de même, l’on
trouvera mentionnées des « limites » altitudinales habituelles, ainsi que
des indications éthologiques et écologiques sommaires. Sous leur très
faible volume, les Quatre Flores apportent une documentation qui, sans
être naturellement aussi étoffée et aussi large, n’est pas sans rappeler
celle fournie par les textes de la Grande Flore de Gaston Bonnier. On a
souvent critiqué les figures des Quatre Flores, avec raison : sans doute
l’Auteur ne fut-il pas entièrement responsable de leur peu de netteté;
notons à ce propos que, ne disposant que d’une très faible place, Fournier
eut l’idée très intéressante de ne représenter que quelques détails caracté¬
ristiques lorsque ceux-ci pouvaient aider à la détermination, spécialement
chez les Carex et les Graminées (y compris les coupes anatomiques des
feuilles de Festuca). Ajoutons aussi que la citation des hybrides ouvrait,
à cette époque, un nouveau champ de recherches aux Aoristes. Fournier
ne s’est pas borné à des indications purement botaniques; son érudition
littéraire lui permit, outre de nombreuses notes publiées par ailleurs, de
résumer, en quelques mots, dans sa Flore, une multitude de renseignements
éclairant l’étymologie des noms de genres, constatant l’utilisation histo¬
rique des végétaux, etc. On y découvre aussi des indications très brèves,
mais combien utiles souvent, sur plus de 450 personnages, médecins,
voyageurs, explorateurs, naturalistes, dont le souvenir nous est laissé par
le nom de telle ou telle plante.
On a reproché aux Quatre Flores des inexactitudes de nomenclature,
les difficultés d’emploi des clés, l’ordonnancement systématique. Nous
dirons qu’il était de toutes manières obligatoire de faire un choix et nous
Source : MNHN, Paris
— 465 —
rappellerons aussi que Fournier rédigea son ouvrage essentiellement
entre 1928 et 1935, ceci à partir de documents bien antérieurement réunis,
comme le prouve sa thèse de sciences (1928). D’autre part, Fournier
assumant d’autres responsabilités, n’avait pas pour principal devoir la
rédaction d’une Flore. A l'époque où il inventoriait la bibliographie et les
collections, il ne bénéficiait que de bien peu d’ouvrages synthétiques en
Europe, qu’il s’agisse de flores ou de monographies. Son travail fut contem¬
porain de l’élaboration de la l re édition de la magistrale Flore de Hegi,
mais il put néanmoins utiliser nombre de résultats commentés dans cette
Flore encyclopédique dont les 13 tomes (7 volumes) parurent de 1906 à
1931. Sans doute ne faut-il pas aujourd’hui juger des imperfections qui
ne peuvent apparaître que grâce à l’énorme documentation que les moyens
modernes mettent à la disposition des chercheurs, lorsque ceux-ci ne se
laissent pas rebuter par les contingences matérielles qu’entraîne toute
révision critique.
Fournier a fait œuvre constructive et très utile; à notre avis, il ne
convenait pas de tergiverser indéfiniment sur le point de savoir si l’on
devait ou non introduire dans la flore telle ou telle espèce présente seule¬
ment à quelques centaines de mètres au-delà de nos frontières politiques,
telle ou telle plante signalée une fois dans un grand port maritime, tel
ou tel arbre abondamment utilisé dans les peuplements forestiers arti¬
ficiels. Sur de telles questions, bien secondaires d’ailleurs en regard de
nombre de problèmes de systématique fondamentale, on aura bien des
difficultés à réunir l’unanimité des suffrages.
Fournier, à la suite de Coste, de Rouy et Camus, de Gaston Bon¬
nier, de Jeanpert, sut, pratiquement sans appuis officiels, sans personnel,
mener à son terme une œuvre qui demeure suffisamment remarquable
pour mériter respect et admiration. S’il fallait apporter un renouveau,
serait-il judicieux de bouleverser l’esprit d’une telle Flore, avant tout
livre de détermination? Celui qui veut connaître le nom d’une plante
recherchera-t-il des données bien différentes de celles existant déjà, pour
la France, dans la documentation accumulée par les auteurs ci-dessus?
Rouy et Camus, Gaston Bonnier ont tracé une première voie : leurs
ouvrages sont de type encyclopédique et, en cela, ils ne peuvent être que
des ouvrages de laboratoire; à tous il manque des informations essentielles
(formes biologiques, caractères anatomiques, caryologiques, phytosocio-
logiques; indication des types de nomenclature, mise en évidence des
basionymes, historique de la prospection, etc.), mais les auteurs n’avaient
pas entre les mains de synthèses systématiques ou biologiques assez
complètes. Coste, Jeanpert, Fournier travaillèrent dans une direction
différente : leur but était de mettre à la portée de chacun un ouvrage com¬
mode; ces deux aspects de la présentation d’un état momentané de la
connaissance ne sont guère conciliables; les confondre aurait risqué de
conduire à l’incohérence. Fournier a évité un piège; il a publié d’abord
une Flore complétive; il s’abstenait ensuite de se plonger dans les pro-
Source : MNHN, Paris
— 466 —
blêmes de la diversification infra-spécifique ou d’origine hybridogène.
Sa Flore est un ouvrage de terrain, de détermination ; elle demeure pra¬
tique en tenant compte essentiellement des caractères immédiatement
repérables ; elle est homogène dans son ensemble : on ne doit pas en effet
décrire dans un genre vingt espèces et cinquante sous-espèces ou variétés,
si, dans un autre genre, on néglige la variation faute d’avoir trouvé un
« dénominateur commun » pour établir une clé. Dans quelle mesure les
caractères extérieurs à la morphologie sont-ils efficaces sur le terrain,
cela est bien délicat à juger sur un plan général. Parler de l’anatomie
du bois pour déterminer les chênes ou n’importe quel autre arbre sera-t-il
indispensable si l’on a vraiment tiré tous les arguments de l’examen des
feuilles, des écorces ou des glands? Savoir que VAnogramma leptophylla
vit au niveau du maquis de Provence sera-t-il un caractère de reconnais¬
sance pour qui récoltera cette espèce en Bretagne? Mentionner qu’un genre
est à n, n', n" chromosomes a sans doute une valeur générale, mais
qu’importe à celui qui tenterait une détermination par ce moyen s’il ne
sait pas que c’est telle espèce qui est à n', telle autre à n" chromosomes?
Devra-t-on analyser l’introgression dans un genre pour ignorer ce phéno¬
mène, par manque d’éléments, dans plus de 95 % des cas?
Le grand mérite du Chanoine Fournier fut de réaliser une flore qui,
malgré ses imperfections inévitables, ouvre à tous une voie vers des
connaissances de floristique et de botanique générale ; d’ailleurs, s’il en fallait
une autre preuve, il suffirait de relire les « Petites Monographies biologi¬
ques » que Fournier publia.
Soulignant « qu’au temps de Rousseau, la botanique s’enseignait par¬
tout, même dans les salons », Fournier s’était posé la question de savoir
si c’était véritablement « le public qui (avait) rompu avec la botanique
ou la botanique qui (avait) rompu avec le public », et il estimait qu’en
« s’enfermant avec son microscope et son assortiment chimique, le bota¬
niste (avait) fermé la porte au public ». Ce propos rejoignait en quelque
sorte celui de H. France au sujet du verus bolanicus par l’intermédiaire
duquel « mourrait la riante prairie, se fanait l’éclat des fleurs », pour lequel
« l’ornement et la joie de nos plaines se muaient en cadavres desséchés ».
Sans doute aussi, les contraintes administratives, l’extension inexorable
des communautés urbaines ne sont-elles pas étrangères à ce fossé qui peu
à peu s’est creusé, non seulement entre le botaniste et le public, mais aussi
entre le botaniste et la Nature. Le temps des riches enseignements des
herborisations que conduisaient dans la région parisienne les Jussieu,
les Richard, est bien révolu! Mais il convient pourtant de tempérer quel¬
que peu ces images : la compréhension synthétique du monde vivant s’est
certainement élaborée beaucoup plus par le biais de la réflexion et des
collections que sous le signe d’une contemplation de la Nature. Quiconque
connaîtrait, dans toutes leurs stations naturelles de France ou d’Europe,
toutes les Androsaces ou toutes les Primevères de ces territoires, ne pour¬
rait prétendre, sans autre étude, connaître vraiment le genre Androsace
ou le genre Primula ! Bien qu’insuffisante, l’étude des collections est pri¬
mordiale, de même que demeure irremplaçable, pour le Aoriste, l’étude des
Source : MNHN, Paris
— 467 —
spécimens liés aux descriptions, aux citations de la bibliographie : indis¬
pensables compléments à la recherche, obligatoirement toujours partielle,
des plantes dans leurs stations naturelles. Lorsqu’il demanda à se rappro¬
cher des grandes bibliothèques et des Herbiers parisiens, Fournier,
Aoriste, n’ignorait pas cette double nécessité; aussi est-on très surpris du
peu d’importance des spécimens qu’il a conservés. « On s’attendrait
naturellement à trouver au moins des exemplaires des espèces ou variétés
nommées par Fournier : las, il n’en est rien, sinon pour Crépis microta-
raxaconoides et Minuartia verna longinquipratensis représentés chacun par
un unique échantillon » (Fr. P. Litzler, in lili.). Ainsi, bénéficiant, au
moment de la rédaction de ses ouvrages, de la proximité des collections
nationales, Fournier ne s’attacha pas à la constitution d’un herbier
personnel.
Pourtant, Fournier, philosophe, avait aussi conscience des lacunes
dans notre compréhension des faits d’observation.
« On n’aperçoit aucun moyen d’échapper à (certaines) conséquence (s)
des méthodes scientifiques. (...) L’espèce n’est pas une simple vue de l’es¬
prit, elle répond (...) à la réalité concrète. (...) Il faut bien comprendre
que les caractères indiqués pour distinguer les espèces, ne représentent
point, comme on l’imagine parfois, l’originalité de ces espèces dans son
essence même. Ils ne sont que des procédés appliqués à déceler cette origi¬
nalité. Le port, le genre de vie, les adaptations biologiques et étholo-
giques l’atteindraient de plus près; mais ils sont beaucoup plus difficiles
à exprimer en formules concises et précises. (...) Quant à savoir en quoi
réside la spécificité, cette forme de vie mystérieusement originale et obsti¬
nément constante, notre science est encore loin de pouvoir l’expliquer .»
(Introduction aux Quatre Flores, 1936.)
A l’époque où des pages du Chanoine Fournier se teintaient de
quelque pessimisme, le public manifestait également un certain dédain
pour l’astronomie... L’évolution des techniques a provoqué le revirement
que l'on sait, et le ciel, perdant sa réputation d’inaccessibilité, devient de
nos jours l’objet d’un intérêt passionné. Peut-être en sera-t-il de même
d’autres activités intellectuelles de l’homme : échappant au machinisme
intempestif et retrouvant en même temps une plus large audience, la
systématique et la floristique, tout en évoluant, comme le souhaitait
Paul-Victor Fournier, dans le cadre d’une moderne Biologie, pourraient
s’orienter vers la connaissance plus approfondie de la Nature sans deve¬
nir des sciences auxquelles « suffira quelque jour un automate enregis¬
treur perfectionné ».
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
STANDARDISATION DE LA NOMENCLATURE
DES FORMES BIOLOGIQUES DES PLANTES
ET DE LA VÉGÉTATION EN NOUVELLE CALÉDONIE
PRÉLUDE A UNE FLORE GÉNÉRALE DE LA NOUVELLE CALÉDONIE
par A. Aubréville
La publication d’une Flore générale est l’œuvre persévérante et
continue de nombreux collaborateurs durant de nombreuses années.
Il importe dès le début d’assurer une certaine homogénéisation des nomen¬
clatures lorsque celles-ci ne sont pas encore définitivement fixées par
l’usage, sans quoi, d’un fascicule à un autre, rédigés par des auteurs diffé¬
rents, des différences de terminologie risquent de troubler et de tromper
le lecteur. Arbre, arbuste, arbrisseau, buisson doivent avoir des signi¬
fications peut-être conventionnelles en partie, cela est inévitable, mais
communes à tous les auteurs. Les termes de forêt, savane, forêt claire,
maquis, etc... doivent avoir le même sens dans chacun des volumes de la
Flore. Chaque botaniste phytogéographe a ses idées sur un système de
nomenclature qui lui parait le meilleur et qu’il utilise déjà, le malheur
veut que de l’un à l’autre les idées changent en cette matière. Il convient
d’éviter ces causes de confusion, mais qui arbitrera entre toutes ces opi¬
nions variées, et choisira un système de nomenclature si ce n’est le direc¬
teur de la Flore? Le choix, une fois fait, s’impose à tous, quelles que soient
les préférences et les habitudes des autres. Aucune terminologie n’est
parfaite, chacun doit s’accommoder de celle qui est adoptée.
En ce qui concerne les formes biologiques des plantes j’ai déjà fait
connaître mon opinion 1 et je n’y reviendrai pas. Une « liane » est peut
être aussi un « phanérophyte grimpant », mais « liane » suffit et tout le
monde comprend; l’appel au grec n’ajoute rien, étant entendu que de
nombreux types de lianes peuvent être distingués selon la consistance
et le mode selon lequel elles s’agrippent sans avoir besoin d’une nomen¬
clature savante spéciale.
La terminologie des types de végétation ou formations végétales est
peut-être plus délicate, car de nombreuses opinions plus ou moins paral¬
lèles ou au contraire divergentes ont déjà été exprimées à ce sujet. Il
convient donc de trancher et d’adopter car les discussions ne peuvent
1. A. Aubréville. — Adansonia, 5, 2 (1965).
Source : MNHN, Paris
PI. 1. — De gauche à droite : Forêt néo-calédonienne. Groupe de fougères arborescentes géantes. — Chemin d'exploitation dans la forêt
dense humide de la haute Boghen.
Source : MNHN, Paris
470
— 471 —
durer éternellement. La décision d’élaborer une Flore entraîne celle d’une
décision quant au choix des mots et au sens à leur donner. Nous avons
visité durant six semaines une grande partie de la Nouvelle-Calédonie,
nous attachant spécialement à distinguer les principaux types et à confron¬
ter ce que nous voyions avec nos souvenirs de voyages dans d’autres
continents tropicaux. Quoique étant une île australe très éloignée dans le
Pacifique de l’Afrique, de l’Amérique du Sud et de l’Asie du Sud-Est,
nous y avons retrouvé les mêmes formes statiques et dynamiques, les
mêmes types de distribution topographique que nous connaissions, mis
à part le fameux « maquis serpentineux » qui m’a bien semblé propre à la
Nouvelle-Calédonie; nous y reviendrons plus loin. Il est évident qu’il y a
toujours des différences à l’intérieur d’une même formation, d’un pays
tropical à un autre; la nature du sol, la flore, le spectre biologique impri¬
ment des changements de physionomie et de structure. L’étude des forma¬
tions n’est pas encore poussée dans les pays tropicaux au point de diviser
par exemple une forêt tropicale dense humide, en sous-types selon la
structure plus ou moins complexe, les densités des arbres, des lianes, des
épiphytes, des Palmiers, des Fougères arborescentes plus ou moins grandes,
le type du feuillage plutôt microphylle ou macrophylle 1 . Nous n’en sommes
pas encore là dans nos descriptions de la forêt dense, et les collecteurs en
rédigeant leurs étiquettes seraient actuellement bien en peine de choisir
entre les nombreux sous-types de forêt dense que l’on pourrait distinguer
et que l’on reconnaîtra peut-être plus tard en les liant écologiquement à
la nature du sol, au microclimat, à la topographie, etc... Pour l’instant
nous séparerons seulement dans la forêt dense le type commun humide
sempervirent, un type semi-décidu et des types écologiques secs. En
Nouvelle-Calédonie d’ailleurs seule existe la forêt dense humide sempervi-
rente, avec trois formes altitudinales, de basse et moyenne altitude, jus¬
qu’à 500 m, de montagne, de 500-1 000 m, et de haute altitude au-dessus
de 1 000 m, subdivisions aux limites plus ou moins conventionnelles,
valables pour la Nouvelle-Calédonie seulement, puisque ces limites altitu¬
dinales doivent être déplacées verticalement avec la latitude.
Peut être est-il opportun de s’attarder un peu sur les termes subtro¬
pical et tropical, qui peuvent avoir une signification assez précise du point
de vue écologique et floristique, mais qu’il serait difficile de définir exacte¬
ment du point de vue structure et physionomie autrement que par de
vagues considérations de « plus ou moins » : d’arbres à contreforts, dense,
de lianes, d’épiphytes, etc... Nous avons déjà précisé pour nos études
écologiques dans d’autres pays, les limites de la zone tropicale et de la
zone subtropicale, celle-ci chevauchant généralement le tropique, par la
valeur de l’amplitude thermique qui augmente à mesure que la latitude
augmente. A partir de 10°, la différence entre une saison très chaude et
une saison hivernale plus fraîche, s’accuse; des jours de gelée apparais-
1. L. J. Webb s’est livré à des études de ce genre pour la forêt dense australienne
et a proposé un système de classification qui n’est strictement applicable qu’à ces
Source : MNHN, Paris
PI. 2. — De haut en bas : Le maquis serpentineux du sud et les squelettes des forêts de chêne
gomme (Spermolepis gummifera). Vers le col de Mouirange. — La forêt incendiée de chêne
gomme. Massif serpentineux du sud.
Source : MNHN, Paris
— 473 —
sent qui, sans modifier le caractère tropical de la forêt, peuvent avoir des
conséquences biologiques sur la croissance, l’activité végétale en général,
l’élimination de certaines essences aux semis fragiles par d’autres plus
résistantes dans leur état juvénile, etc... La séparation d’une forêt subtro¬
picale d’une forêt tropicale se justifie donc. En Nouvelle-Calédonie,
bien que le sud de l’île soit très près du tropique du Capricorne, l’ampli¬
tude thermique demeurant inférieure à 10° 1 , par définition même l’île
entière se trouve dans la zone tropicale 2 . Nous n’aurons pas à parler de
forêt subtropicale.
L’étude floristique de la forêt néo-calédonienne est trop peu avancée
pour que l’on puisse y distinguer des sous-types d’après la floristique.
Les inventaires portant sur d’assez grandes superficies manquent. Des
exceptions remarquables cependant :
1° La forêt à Spermolepis gummifera (chêne gomme). Elle mérite
d’être considérée à part. La futaie est constituée à 80 % et peut-être plus
par cette grande Myrtacée. Elle a été décrite par Sarlin et par Virot.
Sa position écologique paraît encore incertaine. Elle n’existe que sur les
terrains serpentineux, généralement sur des pentes au-dessus des forêts
des thalwegs, mais sans dépasser une altitude de 500 m. Il est probable
que les forêts à Spermolepis ont occupé autrefois de grandes étendues sur
les terrains serpentineux si l’on en juge par ces multiples témoins qui
apparaissent dans les paysages désolés du sud, squelettes de forêts incen¬
diées aux fûts blancs morts, toujours debout, le bois étant imputrescible,
sous lesquels un sous-bois vert tente de se reconstituer, lequel s’appa¬
rente beaucoup à la flore des maquis voisins. Ces forêts, peut-être en rai¬
son de la résine copal exudée par le chêne gomme, étaient très vulnérables
aux incendies. Je n’en ai vu qu’une seule, en exploitation, mais pas encore
brûlée. L’évolution de ces forêts incendiées serait fort intéressante à
suivre, car il ne serait pas impossible que beaucoup de maquis de basse
et moyenne altitude n’en soient que des formes anciennes de dégradation.
2° Les forêts denses de plaine n’existant plus — je n’en ai pas vu —
toutes les forêts sont de montagne, et généralement sur des pentes escar¬
pées. On distingue donc topographiquement, des forêts de thalwegs, des
forêts vallicoles, des forêts de pentes et des forêts de crêtes, en dehors
même des forêts de haute montagne qui ont un type structural et floris¬
tique spécial.
3° Un autre type très remarquable, édaphique et floristique, est
la forêt sur plateau corallien soulevé que j’ai vue à File des Pins. On
pourrait l’appeler « forêt littorale à Intsia bijuga » du nom de l’espèce
d’arbre la plus abondante et la plus curieuse aussi par l’extraordinaire
développement des grosses racines rampant à la surface du sol. Au bord
de la mer, elle se termine sur les falaises par les peuplements en franges
1. Nous ne disposons actuellement que des statistiques de température de Nouméa,
les seules qui soient publiées à ce jour.
2. Remarquons qu’une forêt tropicale de montagne n’est pas nécessairement
une forêt subtropicale, comme on a tendance à l’écrire parfois, car si la température
diminue avec l'altitude, il n'en est pas de même pour l'amplitude thermique.
Source : MNHN, Paris
PI. 3. — De haut en bas : Fourrés (maquis) peu dégradés. Au loin les collines herbeuses côtières
et le rivage de la Côte Ouest. Région de Moindah. — Forêt ripicole à Casuarina Cunnin-
Source : MNHN, Paris
— 475 —
du décoratif Araucaria Cookii. On ne peut parler à propos de ces franges
denses mais étroites, de forêt. Il n’y a pas non plus de forêts de résineux
en Nouvelle Calédonie comme on l’a écrit quelquefois. Les grands Conifères
(Araucaria, Agathis) vivent disséminés dans la forêt dense, ou parfois
en bouquets ou en lignes sur des crêtes. J’ai vu des « peuplements » très
limités territorialement, d’Agalhis ouata, d 'Araucaria Muelleri, etc.,
de Dacrydium araucarioides, mais pas de forêt d’Agathis, ou d’Araucaria
ou de Dacrydium au sens commun que l’on donne au mot de forêt. Ces
espèces reliques s’ajoutent en fait à la forêt dense tropicale néo-calé¬
donienne mais ne font pas partie de la forêt climacique de la Nouvelle-
Calédonie actuelle. Elles ne se maintiennent dans la forêt climacique
que dans des conditions de milieu très particulières, ce qui explique leur
habituelle dissémination ou localisation.
4° A la rigueur on pourrait retenir une forêt basse dense littorale
à Cycas circinnalis dont je n’ai vu qu’un bois isolé dans les environs de
Bourail, près de la mangrove. Les forêts de plaine et des collines de la
côte ouest n’existent plus, remplacées par des savanes à niaouli. Parfois
on aperçoit quelques lambeaux forestiers accrochés à des pentes, qui
sont probablement secondaires et où 1 ’Aleurites moluccana abonde. Il
est donc aujourd’hui impossible de savoir ce que furent dans des temps
très anciens les véritables forêts de plaine de la Nouvelle-Calédonie.
Nous arrivons à la formation que l’usage local appelle « maquis »,
ou « maquis serpentineux » ou « maquis des terrains miniers ». Elle occupe
presque tout le tiers inférieur de l’île, c’est-à-dire tous les terrains sur
serpentine, ou sur péridotites plus généralement, qui sont ceux où l’on
exploite des minerais de nickel et de cobalt. La relation maquis/serpentine
est un fait général, vérifié mille fois. Ce maquis est donc une formation
édaphico-climatique. Ce qui étonne d’abord et quasiment partout dans
le maquis, c’est son aspect extrêmement dégradé par les feux de brousse.
Lorsqu’il est apparemment intact d’incendie récent, c’est un fourré
d’arbustes, d’arbrisseaux et de buissons. Dégradé, les arbustes et sous-
arbrisseaux sont séparés par du sol rouge nu ; ils sont réduits quelquefois
à des tiges qui ne portent que quelques rosettes terminales de feuilles.
Les bois morts ou calcinés abondent. Entre eux, des Cypéracées, des
Fougères, aucune liane, ni épiphyte, ni Graminée, ni Composée. Excessi¬
vement dégradé, il n’est plus qu’une lande à fougère, une fougeraie. Le
sol est terriblement érodé sous ce maquis qui ne joue pas ou mal de
rôle protecteur. La formation climacique initiale fut probablement une
forêt dense d’un type spécial, ou un fourré suivant la situation topogra¬
phique et la structure du sol.
Le maquis a été amplement décrit par Sarlin, puis surtout par
Virot. Il est physionomiquement et biologiquement très caractéristique
avec ses feuilles persistantes, coriaces, luisantes, groupées souvent en
rosettes au sommet d’épais rameaux. Sa flore est peut-être aussi spéciale
aux terrains miniers; des études sont à faire à ce sujet; elle est certaine¬
ment riche en espèces. C’est une formation typiquement néo-calédonienne
qui a peu en commun avec le maquis méditerranéen. Aussi le nom de
2
4. — De haut en bas : Collines herbeuses de la Côte Ouest avec quelques niaoulis. — Forêt
claire à niaouli (Melaleuca leucadendron). Plaine de la Tontouta.
Source : MNHN, Paris
— 477 —
maquis n’est pas parfait, mais ce n’est aussi que rarement un véritable
fourré, la définition adoptée du fourré étant celle d’une formation arbus-
tive dense, continue ou discontinue. Faute de terme valable, nous adop¬
terons donc le nom de « maquis », ou de « maquis serpentineux », étant
convenu que ce terme désigne une formation arbustive de dégradation
spécifiquement néo-calédonienne. Il peut y avoir des maquis sur pentes
et sur sommets, des maquis caractérisés par des espèces particulièrement
abondamment représentées. Virot a décrit dans la vallée de la Tontouta,
des maquis à Hibberlia, Slenocarpus, à Eriaxis rigida, à Xeronema Moorei
et Greslania circinnata.
Il existe aussi de véritables fourrés. Le fourré à Acacia spirorbis —
l’une des deux seules espèces néo-calédoniennes d’Acacia à phyllodes —
est littoral ou ripicole mais se voit aussi sur des collines à l’intérieur du
pays. Les fourrés décidus de Leucaena glauca, espèce adventice, colo¬
nisent parfois des collines entières. Sur carapace ferrugineuse dans la
plaine des lacs il se trouve des fourrés ou des bois-fourrés à Casuarina
Deplancheana.
Citons les peuplements, ou encore franges ripicoles, à Casuarina,
etc..., avant d’aborder la dernière grande formation typique de la Nou¬
velle Calédonie, la savane à niaouli (Melaleuca leucadendron). Elle
occupe des étendues considérables sur la côte Ouest, dans les plaines,
les collines, et elle grimpe aussi sur les versants des montagnes jusqu’à
500 m d’altitude. C’est une formation typique de savane boisée, avec
ce fait singulier que le peuplement forestier est monospécifique. Avec
ses fûts blancs, noircis à la base parce que calcinés superficiellement
par les feux d’herbages, son feuillage gris clair, la savane à niaouli ressem¬
ble à la forêt claire australienne d 'Eucalyptus que les Australiens appel¬
lent « woodland ». Parfois les niaoulis sont assez serrés et d’assez grande
taille, pour que le nom de « forêt claire à niaouli » soit plus adéquat que
celui de « savane à niaouli ». Elle pénètre également abondamment dans
les vallées de la côte Est.
Cette savane à niaouli est liée aux terrains sédimentaires ou schisteux.
Dans les régions où des intrusions de serpentine alternent avec les schistes,
on peut observer très exactement l’alternance des deux formes de dégra¬
dation : savane à niaouli, maquis, liée à celle des roches sous-jacentes.
La savane à niaouli est souvent envahie par des adventices, goyavier,
lantana, et aussi quand il n’y a plus de feux de brousse par des espèces
de la forêt dense voisine, qui à la longue ferment le peuplement, étouf¬
fent les niaoulis et reconstituent une forêt dense ( Metrosideros (Myr-
tacée), Geissois (Cunoniacée). La savane à niaouli n’est pas une formation
stable, en dépit des apparences et de son extension considérable. C’est
une formation secondaire très ancienne, comme le montrent le caractère
monospécifique de la strate arborescente et le sens de la tendance évo¬
lutive. Elle est entretenue dans son état présent par les feux de son
tapis herbacé qui ravagent la savane mais sont sans effet sur les niaoulis
protégés par leur écorce, mauvaise conductrice de la chaleur.
Il existe enfin des savanes purement herbeuses sur des sols recou-
Source : MNHN, Paris
PI. 5. — De haut en bas : Imbrication de la savane (forêt claire) à niaouli (taches claires) et de
la forêt dense humide (taches sombres). Région ouest. — La savane à niaouli couvrant
les collines, et la forêt dense humide occupant les ravins et les thalwegs.
Source : MNHN, Paris
— 479 —
vrant des basaltes sur la côte Ouest. Signalons aussi sur les côtes vaseuses,
la mangrove à Rhizophora, Bruguiera, Avicennia et Sonneralia.
Sans aucun doute, dans notre esprit, la Nouvelle-Calédonie fut
autrefois intégralement boisée et couverte soit de forêts denses soit de
fourrés épais se partageant les sols suivant leur nature, structure et topogra¬
phie. Outre les arguments d’ordre floristique et syngénétique, les condi¬
tions bioclimatologiques de l’île sont entièrement favorables à la forêt
dense tropicale humide, exception faite de quelques stations littorales
de la côte Ouest.
II est aussi à remarquer qu’il n’existe dans l’île aucun type aride
de végétation, ni même aucun reste d’un tel ancien type. Les deux seuls
Acacia à phyllodes ne sont que des accidents, alors que l’Australie les
compte par dizaines.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
LES RELIQUES
DE LA FLORE DES CONIFÈRES TROPICAUX
EN AUSTRALIE ET EN NOUVELLE-CALÉDONIE
par A. Aubréville
Dans une précédente étude 1 sur la répartition des Conifères dans
le Monde qui me fut suggérée par la lecture du livré de R. Florin, j’ai
exposé des hypothèses sur l'origine tropicale d’une flore de Conifères
disparue au tertiaire, étoulTée par le développement explosif de la flore
tropicale des Angiospermes. Il n’en subsiste plus que des genres reliques,
représentés par un petit nombre d’espèces et d’individus vivant encore
dans des stations très localisées où ils sont partiellement à l’abri d’une
trop vive concurrence de la forêt feuillue. Des circonstances particu¬
lières ont permis à des espèces douées probablement aussi d’une vitalité
exceptionnelle d’éviter jusqu’à présent leur extinction totale. En Aus¬
tralie et en Nouvelle-Calédonie je viens d’avoir la possibilité de compren¬
dre la part de l’habitat de quelques-unes de ces espèces dans leur survi¬
vance, et d’apporter donc de nouveaux faits ou nouvelles précisions à
l’appui des hypothèses rappelées ci-dessus.
L'Australie tropicale et la Nouvelle-Calédonie sont encore relati¬
vement riches en Conifères vivant dans le milieu de la forêt dense humide
tropicale ou subtropicale. L’Australie compte 2 Araucaria et 3 Agalhis
dans les forêts des Nouvelles-Galles du Sud et du Queensland, tous arbres
de dimensions parfois considérables, les plus beaux de toute la forêt
qu’ils dominent. La Nouvelle-Calédonie est le pays tropical le plus riche
en Conifères puisqu’on y a décrit 8 Araucaria, 4 Agalhis, 5 Dacrydium,
2 Callilris, 1 Neocallilropsis, 3 Libocedrus, 9 Podocarpus, 2 Acmopgle,
1 Austrotaxus. Ce dénombrement n’est probablement pas définitif, des
révisions sont encore nécessaires qui vraisemblablement conduiront à
des mises en synonymie et peut-être encore à des descriptions d’espèces
nouvelles.
Il est difficile au cours d’un voyage de faire connaissance avec
toutes ces espèces néo-calédoniennes, car la plupart sont rares, très
localisées, dissimulées dans la forêt, et souvent peu accessibles dans la
montagne. Quant à leur dissémination et leur étroite localisation, elles
ont bien le caractère de reliques. Nous avons pu cependant retrouver
quelques-unes des plus répandues.
I. Aubréville, A. — Adansonia 4, 1 (1964).
Source : MNHN, Paris
482
Source : MNHN, Paris
483 —
En Australie les deux Araucaria, A. Cunninghamii (Hoop pine)
et A. Bidwillii (Bunya Pine) ont des aires très restreintes et une concen¬
tration qui se situe à la limite des deux États des Nouvelles-Galles du Sud
et du Queensland, dans la zone de la forêt subtropicale. Ces deux Arau¬
caria se trouvent aussi plus au nord dans des petites aires, en pleine zone
tropicale; le premier est encore signalé présent en Nouvelle-Guinée en
compagnie d’une autre espèce, A. Klinkii. Hoop pine et Bunya pine
vivent mélangés intimement dans la forêt dense hétérogène, à l’état
d’individus disséminés, parfois groupés en bouquets de quelques arbres,
mais ne formant jamais de forêt comme il y a des forêts de conifères
dans les zones tempérées et froides ou même comme l 'Araucaria angus-
lifolia, le pin de Parana du sud du Brésil subtropical. Ce sont des espèces
qui tolèrent dans leur période juvénile un certain ombrage, mais les
jeunes plants se développent surtout dans les sous-bois les plus clairs,
lisières et bords de chemin en particulier.
L'A. Cunninghamii est plus répandu dans un type de forêt dense
subtropicale sèche que l’on rencontre dans le nord-est des Nouvelles-Galles
du Sud près de la limite du Queensland, qui se distingue : par un climat
plus sec, un indice pluviométrique de ± 1 000 mm seulement; une
structure particulière comprenant une futaie claire de taille moyenne
dont beaucoup d’arbres sont décidus, et un sous-bois épais et lianeux;
une flore différente de la flore subtropicale commune de ces régions 1 .
A. Cunninghamii se trouve depuis le niveau de la mer jusqu’à
750 m d’altitude, 900 m dans le nord Queensland, et 1 500 m en Nou¬
velle-Guinée. A. Bidwillii se régénère dans les mêmes conditions de
milieu forestier éclairci que le précédent, mais s’élève dans les monts
Bunya à 1 050 m dans le sud du Queensland. La forêt à ces altitudes
supporte plusieurs jours de gelées par an, jusqu’à trente. Les jeunes plants
sont sensibles au froid, ceux de la première espèce surtout, et ils ont
besoin à cet égard de l’écran forestier. Des plantations faites en altitude
ont beaucoup souffert du froid. Ils sont très vulnérables au feu, aussi
ne voit-on jamais d 'Araucaria dans les forêts d’ Eucalyptus entourant
les forêts denses subtropicales, où il semblerait pourtant que le sol décou¬
vert et donc éclairé leur soit propice.
De ces observations on peut conclure que ces deux Araucaria aus¬
traliens sont des espèces subtropicales tolérant des froids hivernaux
modérés, n’exigeant pas une forte pluviométrie, et ne subsistant dans
la forêt dense aux sous-bois épais, que dans des endroits particuliers
favorisés par une luminosité plus grande. Ces exigences expliquent la
dissémination actuelle dans les forêts subtropicales, et aussi comment
dans ces forêts elles trouvent cependant un refuge qui leur permet de
subsister. D’autres causes limitent également la reproduction telles
que : fructifications irrégulières, destruction des graines à terre par les
1. Comprenant d’après G. N. Baur, des arbres tels que des Flindersia ssp. (Rula-
cées). Si phonodon australe (Célastracées), Planclionella Pohlmaniana (Sapotacées),
et dans les sous-bois plusieurs espèces de Sapindacées et d'Euphorbiacées.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 485 —
animaux (rats), autrefois ramassage et consommation des graines par
les autochtones.
De belles plantations expérimentales ont été réussies. La plantation
extensive des Araucaria n’entre cependant pas dans la politique fores¬
tière australienne actuelle pour des raisons économiques. Certains pins
exotiques poussent plus vite et surtout V Eucalyptus grandis a donné
les meilleurs résultats.
Parmi les Araucaria néo-calédoniens, il faut mettre à part Y Arau¬
caria Cookii, le pin colonnaire si caractéristique de certains paysages du
bord de la mer. Il a été souvent planté autour des habitations des popu¬
lations mélanésiennes pour son port très ornemental. On voit quelquefois
en forêt, à l’intérieur du pays, des bouquets d’A. Cookii qui marquent
en réalité l’emplacement d’anciennes cases. Son habitat n’est pas la
forêt, mais la lisière de la forêt au bord de la mer. C’est dans l’Ile des
pins, au sud de la Nouvelle-Calédonie, appelée ainsi en raison de l’abon¬
dance de cet arbre décoratif, que l’on peut mieux comprendre l’écologie
de cet Araucaria. Dans la réserve intégrale d’Oro, par exemple, occupée
par une forêt à Inlsia bijuga sur plateau corallien soulevé, il n’existe
pas en forêt, mais brusquement en approchant de la mer il apparaît
en peuplement dense. Il forme une frange forestière installée sur les
calcaires et jusqu’au bord même de la falaise surplombant parfois
la mer. Au large de l’île des pins sur des récifs soulevés il y a aussi des
bois d'Araucaria pur. L’écologie de l’espèce est donc évidente : ce pin
peut vivre à l’intérieur du pays à basse altitude; si en réalité il ne vit
spontanément en communautés qu’au bord de la mer, c’est essentielle¬
ment parce qu’il trouve là des espaces suffisamment découverts et enso¬
leillés où il peut se régénérer abondamment. Sans doute aussi les sols
calcaires lui sont favorables, mais cette calciphilie possible ne lui permet
cependant pas de vivre à l’intérieur même de la forêt sur calcaires coral¬
liens.
D’autres espèces d 'Araucaria vivent en forêt, dans la montagne,
disséminées comme le sont les Araucaria australiens, et s’y reproduisent
probablement aussi dans les mêmes conditions d’éclairement. Les espèces
de haute montagne, telle Araucaria Muelleri se tiennent sur les crêtes
rocheuses. On aperçoit souvent de loin leur fine silhouette se profilant
sur le ciel. Recherchent-ils fondamentalement la fraîcheur des sommets
et les vents parfois violents des crêtes, ou plutôt ne s’agit-il pas d’espèces
adaptées, tolérant une froidure relative et les vents, poussant sur les
crêtes rocheuses parce que là elles trouvent suffisamment de lumière,
sur des rochers dénudés ou occupés par une forêt basse peu épaisse.
A. Muelleri , bien qu’espèce montagnarde, se rencontre aussi sporadique¬
ment à basse altitude, au bord de rivières, dans des stations découvertes
et ensoleillées. Mon opinion penche donc plutôt vers la seconde expli¬
cation : la recherche de la lumière et l’absence d’une compétition inter¬
spécifique trop sévère.
Les Araucaria sont des espèces de lumière qui ont survécu en forêt
bien que cette forêt dense leur soit un milieu trop fermé, parce qu’elles
Source : MNHN, Paris
486 —
Source : MNHN, Paris
PI. 4. — De gauche à droite : Base d'un gros Agalhis Moorei. Forêt dense humide de la haute Boghen. — Agalhis Moorei et sous-bois de palmiers.
Source : MNHN, Paris
— 488 —
ont pu se satisfaire de certaines stations particulières suffisamment
découvertes, telles que les bords de mer pour A. Cookii, les crêtes rocheuses
pour A. Aluelleri et les sous-bois clairièrès en général.
La persistance des Agalhis en forêt dense s’explique de la même
façon : même tempérament d’essences de lumière que les Araucaria,
même tolérance d’un certain couvert en forêt, même dispersion donc.
Ce sont généralement, comme les Araucaria, des arbres admirables, émer¬
geant au-dessus des cimes de la forêt, au tronc cylindrique parfait jus¬
qu’au sol et libre sur une grande hauteur. Le bois serait de qualité infé¬
rieure à celle des Araucaria, d'où l’intérêt moindre que les sylviculteurs
australiens y sont attaché.
Le kauri pine ou Queensland kauri ( Agalhis robusta (C. Moore)
F. M. Bail.) est confiné dans une petite aire au sud du Queensland. Les
deux autres Agalhis [A. Palmerslonii et A. microstachya), les “Nord Queen¬
sland kauri’’, n’existent aussi que dans de petites aires de la forêt dense
humide du nord du Queensland.
En Nouvelle-Calédonie deux très grands arbres sont disséminés,
Agalhis lanceolala Warb. à basse et moyenne altitude (100-500 m),
Agathis Moorei Mast. jusqu’à 1 000 m dans les forêts du nord de file.
Ces kauris néo-calédoniens sont parfois assez abondants. Une troisième
espèce A. ouata Warb. est un petit arbre trapu qui fut une espèce prin¬
cipale de la forêt de montagne d’autrefois où il formait de petits peuple¬
ments.
Parmi les Dacrydium, le plus commun est un petit arbre, Dacrydium
araucarioides Brong. et Gris. On le rencontre dans le maquis de la plaine
des lacs, où il attire l’attention par son port d’ Araucaria et ses rameaux
armés d’écailles. Il se rassemble aussi en petits peuplements. Nous en
avons vu un peuplement arbustif pur ou presque, assez important à la
montagne des sources. Ce n’est pas une espèce de forêt dense, il n’existe
que dans des stations très découvertes. C’est une espèce de pleine lumière.
Il en est de même de Neocallilropsis araucarioides Florin, arbuste de
port similaire.
Il n’y a pas de forêt de Conifères en Nouvelle-Calédonie comme en
l’écrit quelquefois à tort. Des bouquets de grands Agalhis ou d’Araucaria
en forêt dense ne constituent pas une forêt. Ces espèces ajoutent à la
forêt tropicale quelque chose d’étrange, mais ils n’en modifient pas
sensiblement le fond. Leur régénération est sporadique et aléatoire et
il leur faut avoir conservé un grand pouvoir d’adaptation pour saisir
les chances de survie que leur offre encore le milieu forestier. Le rassem¬
blement de certaines espèces en quelques lieux bien découverts surprend
évidemment le botaniste, comme par exemple sur des carapaces laté-
ritiques de terrains serpentineux dans la plaine des lacs à 200 m d’altitude
seulement. Près de la chute de la rivière Madeleine, dans un maquis dégradé
comme ils le sont pratiquement tous, on a la surprise de découvrir sur
une faible distance des restes d’un peuplement incendié d'Agalhis ovala
dans un vallon, puis, en mélange, des Dacrydium araucarioides et Neocal-
litropis araucarioides, une ligne de Dacrydium Guillaumii au bord de
Source : MNHN, Paris
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pl - 5 - IJe haut en bas : Fourré à Dacrydium araucarioides, près de la rivière Madeleine. Plaine
des lacs. — Hameau de Dacrydium araucarioides.
Source : MNHN, Paris
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la rivière, et un peu plus loin des Agathis Muelleri ripicoles, des Podo-
carpus paluslris dans de petits cours d’eau ou au bord des lacs, petits
arbustes à la tige renflée à la base comme celle d’un petit baobab. Ce
groupement d’espèces extraordinaires dans une flore tropicale est-il dû
au hasard? Ne faut-il pas voir là plutôt le vestige miraculeusement
conservé d’une flore dérivée de celle de l’ère secondaire et quasiment
restée en place, à l’abri de la concurrence de la flore forestière climacique,
dans un maquis très ouvert sur une dalle de fer où par ailleurs se sont
installés aussi des fourrés et des petits bois de Casuarina Deplancheana
qui se régénèrent avec facilité dans les fissures de la roche.
Les Podocarpus sont nombreux, mais nous n’avons pas eu spécia¬
lement l’attention attirée sur eux. Certaines espèces sont des arbres de
forêt. Une est extraordinaire, P. ustus, arbuste épiphytique parasitant (?)
un autre Conifère arbustif de sous-bois humide, Dacrydium taxoides.
Je n’ai vu qu’un seul Libocedrus austro-caledonica arbustif, et un
seul Auslrolaxus spicata dans un fourré de montagne. Il m’est donc
impossible d’avoir une idée valable de leur écologie.
Ce que nous avons vu a suffi à nous donner cette impression extra¬
ordinaire de vestiges d’une flore, reste d’un passé lointain, surajoutée à
la flore climacique actuelle mais non incorporée vraiment à celle-ci, au
contraire survivant malgré elle, grâce à quelques chances offertes de
lumière et de protection contre la concurrence de la flore en place et
vivant toujours dans leur milieu tropical d’origine la plus lointaine.
Cette façon de comprendre l’actuel mélange de deux flores distinctes
me permettra de dégager une conséquence qui pourrait avoir des effets
pratiques pour les reboisements en pays intertropical. Jusqu’à présent
un fait m’a semblé être d’une portée générale : les forêts tropicales ne
comptent normalement pas d’essences résineuses. C’est vrai pour les
plus grands massifs de forêts denses de basse et de moyenne altitude
en Afrique et en Amérique. Les rares exceptions signalées dans l’Asie
du Sud-Est, en Indonésie, et dans des forêts de montagne ne me sem¬
blaient pas de nature à contrarier une observation valable pour les
plus grandes forêts denses du Monde tropical. J’en avais tiré cette conclu¬
sion, qui aujourd’hui me paraît devoir être nuancée, que les climats inter-
tropicaux ne convenaient pas aux Conifères *, et que par conséquent
des reboisements de pays tropicaux avec des Conifères étaient voués
à l’échec. Mais si, ainsi que nous l’avons montré par plusieurs exemples,
ce n’est pas le milieu tropical proprement dit qui fait obstacle aux Coni¬
fères, mais la flore tropicale concurrente actuelle, et s’il existe encore
des Conifères auxquels convient ce milieu physique tropical, les reboi¬
sements avec ceux-ci deviennent à priori possibles, pourvu qu’ils soient
effectués hors de l’atteinte de la flore tropicale en place; du moins n’est-il
pas absurde — écologiquement parlant — de les tenter. Il restera tou-
1. Nous reviendrons dans une autre note sur le cas aberrant des forêts claires de
Pinus caraibaea du Honduras qui ont pris la place de la forêt dense humide dans une
région atlantique affligée de pluies diluviennes de 3-5 m par an.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 492 —
jours le péril du feu, mais il est redoutable partout dans les plantations
de résineux.
Nous tirerons de ces considérations une deuxième conclusion favo¬
rable à la thèse que j’ai rappelée au début de cette note, selon laquelle
toute une flore de Conifères existait dans les régions tropicales à l’ère
secondaire, et qu’elle a presque disparu dans ces régions en raison de la
concurrence d’une exubérante flore tropicale cénozoïque qui a finalement
pris sa place. Ces quelques éléments qui se sont maintenus dans des
conditions spéciales de milieu, tels que ceux qui existent aujourd’hui
en Nouvelle-Calédonie et en Australie, nous permettent de le comprendre.
Toutes ces espèces reliques ont un grand intérêt scientifique. Certaines
ont au surplus une valeur économique, et leur survivance serait proba¬
blement assurée par des reboisements. Mais nous pensons surtout aux
autres, qui n’ont aux yeux du public qu’un intérêt de curiosité, et qu’il
faudrait cependant protéger dans le même esprit que l’on protège des
sites archéologiques.
Bibliographie
Aubréville, A. — Vues d’ensemble sur la géographie et l’écologie des Conifères et
Taxacées à propos de l’ouvrage de Rudolf Florin. Adansonia 4, 1 : 8-18 (1964).
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Virot, R. — La végétation canaque. (1956)
Source : MNHN, Paris
— 494 —
chent cependant des Araiostegia. Il doit donc reprendre le nom de Dryo-
pteris donné par Christensen bien qu’il s’agisse là d’une forme de passage.
Un groupe de Ctenitis malgache est particulièrement intéressant
car il semble être un groupe central avec affinités à la fois vers les Hele-
rogonium, Pseudoleclaria, et le genre Menisorus, genre africain mono¬
spécifique récemment décrit par Alston (1). Il s’agit des Ctenitis biformis
(C. Chr.) Tard. (PI. 1. f. 5), C. arthrolhrix (Hk.), Tard., C. Poolii (C. Chr.)
Tard.Tous possèdent des frondes pennées, à penne terminale profondément
pinnatifide, à pennes latérales entières ou à peine crénelées-lobées et à
nervation extrêmement instable. C. Pooli présente tantôt des nervures
libres, tantôt des nervures inférieures anastomosées. C. arthrolhrix (PI. 1, f .6),
figuré par Christensen (9) présente même des nervures anastomosées,
formant des aréoles assez comparables à celles de Menisorus pauci/lorus
(Hk.) Alston (PI. 1, f. 7), mais ici les sores, toujours exindusiés comme dans
cette espèce, restent arrondis alors que chez Menisorus ils sont allongés,
les 2 sores costaux voisins oblongs, fusionnés, ayant pu être décrits par
Hooker comme « linéaires » à cause de leur jonction.
II s'agit donc d’un groupe un peu à part, de Ctenitis à légère tendance
au dimorphisme foliaire, souvent localisés dans les îles, et formant passage
vers les Menisorus.
A noter aussi que le genre Pseudoleclaria décrit par nous (21) et qui
forme passage, par la forme de sa paire de pennes basales, vers le genre
Helerogonium, possède dans le Pseudoleclaria Decaryana (C. Chr.) Tard,
une nervation instable, à nervures anastomosées par paires, une nervure
excurrente libre partant de cette anastomose (nervation meniscioide),
qui le rapproche de notre groupe de Ctenitis. De plus le trichome est très
analogue : le rachis portant chez Pseudoleclaria Decaryana et P. crinigera
de très étroites écailles épaisses, rigides, laissant une cicatrice surélevée,
foncée.
Pas très loin des Menisorus par la nervation existe une espèce
nouvelle, un peu aberrante, qui justifierait peut être la création d’un
genre, mais que nous rapportons tout de même à un genre inconnu
jusqu’alors à Madagascar, le genre Abacopleris. Voici sa diagnose :
Abacopteris anjenabensis Tard., n. sp. (PI. 2, f. 5-7)
Rhizomate breviter repente, paleis mollibus rufis, angustis, integris,
dense vestito; stipite 35-40 cm longo, basi nigrescente et paleis brunneis lan-
ceolatis, integris, vestito, sursum laete brunneis, sparse paleaceo. Lamina
lanceolata, 30-35 cm longa, 2-25 lata, imparipinnata, subcoriacea; rachi
straminca, supra canaliculata, minutissime pilosa et sparsissime palcacea.
Pinnis alternis, 4-5 jugis, oblongo-lanceolatis, 16-18 cm longis, 2,5-3 latis,
inferioribus oppositis, medialibus alternis, 4-5 cm inter se distantibus, breve
petiolatis, basi cuneiformis, in apicem breviter attenuatis, marginibus leviter
undulato-crenatis vel subintegris; pinna terminali lateralibus simili. Rachi
complanati, straminei, sursum minute puberula et sparsissime paleacea.
Source : MNHN, Paris
A PROPOS DE QUELQUES COMBINAISONS
ET ESPÈCES NOUVELLES
DE FOUGÈRES AFRICAINES OU MALGACHES
par M.-L. Tardieu-Blot
Depuis la parution du fascicule consacré aux Polypodiaceae ( 23 ) 1
dans la Flore de Madagascar (1958) la famille des Aspidiaceae sens. lat.
telle qu’elle avait été délimitée dans cet ouvrage a fait l’objet de nom¬
breux travaux dus surtout à Ching, Holttum, Miss Tindale. Des
combinaisons nouvelles concernant les Fougères malgaches appartenant
aux genres Araiostegia, Laslreopsis, Polystichopsis, ont déjà été faites
par ces auteurs, cependant d’autres restent à faire. Ayant, par ailleurs,
entrepris l’étude systématique des spores de Ptéridophytes malgaches,
et en particulier celle des Aspidiaceae ( 26 ) nous nous trouvons obligés
de publier un certain nombre de combinaisons nouvelles.
A la suite des travaux d’ Holttum ( 14 ), puis de Morton ( 16 ) sur
le genre Rumohra de Ching, quelques espèces seulement subsistent dans
les genres Rumohra et Polystichopsis (C. Chr.) Holttum, les autres ont
été rapportés par Morton à un genre créé par lui, Ryrsopteris, qui n’est
autre que VAraiostegia déjà nommé par Blume.
Les deux Fougères de la région malgache appelées Polystichopsis
par nous (22) doivent donc être reclassées :
1° Le Polystichopsis Wardii (Bak.) Tard, doit en réalité s’appeler :
Araiostegia Wardii (Bak.) Tard., comb. nov.
-— Bas. : Nephrodium Wardii Bak. in Hk. et Bak., Syn. : 500 (1874).
— Syn. : Polystichopsis Wardii (Bak.) Tard., Not. Syst. 15: 176 (1956).
Il est curieux de noter que cette espèce est localisée aux Seychelles,
et qu’elle est la seule, dans la région malgache, d’un genre à affinités
orientales nettes.
Bien que nous n’ayons pas le rhizome, qui doit être caractéristique-
ment rampant, tous les caractères, de nervation, des axes, du premier
lobe (anadrome) des pennes médianes, nous font penser que cette combi¬
naison nouvelle est valable.
2° Pour le Polystichopsis bella (C. Chr.) Tard., nous pensons qu’il
s’agit en réalité d’un Dryopteris mais que son aspect et sa texture rappro-
1. Les chiffres en caractères gras renvoient à l’index bibliographique situé en fin
d’article.
— 495 —
Venis pinnatis, 5-6 jugis, more meniscioidis unitis. Soris rotundatis, exindu-
iatis, in venulis submedialibus.
Madagascar : vallée inférieure de PAndroranga, aux environs
d’Antongondriha : mont Anjenabe, 600 m, forêt ombrophile, sur gneiss,
Humbert et Capuron 24.023 (type : herb. Mus. Paris).
Les écailles du rhizome et de la base du pétiole sont rousses, étroi¬
tement lancéolées, à bords entiers, formées de cellules à parois minces,
jaune rouge, lumière claire. Sur le pétiole elles laissent des cicatrices
étroites, plus foncées, surélevées, elles sont mélangées de poils pluri¬
cellulaires. Les pennes latérales ont une base légèrement inégale, la
terminale est courtement adnée. Le rachis est canaliculé à la face supé¬
rieure portant, dans le sillon surtout, mais aussi à la face inférieure,
des poils glanduleux pluricellulaires denses, brun foncé, courts. Surfaces
non verruqueuses. Le costa, légèrement aplati à la face supérieure, porte
des poils glanduleux, courts, sur les 2 faces. Les nervures, pennées par
5-7 paires, sont anastomosées par paire dans 2 groupes voisins, formant
ainsi 3-4 rangées d’aréoles rhombiques entre le costa et la marge, une
nervure excurrente courte, libre, partant de chaque anastomose. Les
sores sont arrondis, exindusiés, les sores costaux de 2 groupes voisins
souvent contigus. Sporanges ne portant pas de poils.
Spore bilatérale, monolète, à contour elliptique, profil plan convexe.
Périne formant des crêtes arrondies souvent concentriques, formant, en
coupe, des processus tronqués hauts de 4g. Exine lisse, de 3g; endexine
1/2 de mésexine. L = 30g. — 1 = 22g.
La position systématique de cette espèce est assez difficile à pré¬
ciser. Son aspect est tout à fait semblable à celui des Abacopteris, genre
créé par Fée et délimité par Ching (5), localisé, jusqu’à maintenant,
en Asie et Malaisie, auquel nous le rapportons après quelques hésitations.
La découverte d’une espèce malgache est donc fort intéressante.
Ici encore du reste cette espèce, isolée géographiquement, possède
quelques caractères un peu aberrants surtout ceux du trichome, qui
semblent être des caractères de passage entre les poils unicellulaires
des Thelypleridaceae, auxquelles on rapporte les Abacopteris, et ceux,
pluricellulaires, des Aspidiaceae. En effet, les rachis et costae portent
de courts poils glanduleux, dressés, brun foncé, et le haut du rachis porte
même quelques poils « intestiniformes » épaissis à l’endroit des cloisons,
assez semblables à ceux des Clenitis. Les surfaces sont nues. La face
inférieure ne présente pas non plus le caractère « verruqueux » signalé
par Christensen. Les sporanges et les écailles ne portent pas de poils.
Une espèce cependant mise récemment par Holttum (14) dans
les Abacopteris, l’ Abacopteris salicifolia (Wall.) Holttum de la Péninsule
malaise, Sumatra, Bornéo, est grâce à ses caractères aussi un peu aber¬
rants voisin de VA. anjenabensis. En effet il est aussi glabre, non
dimorphe, à marges entières, sans surface inférieure nettement verru-
queuse, et possède une nervation nettement méniscioide, la nervure
excurrente étant libre et non prolongée jusqu’à la partie suivante
Source : MNHN, Paris
— 496 —
Source : MNHN, Paris
— 497 —
comme c’est souvent le cas pour les autres espèces d’Abacopteris. A noter
que VA. salicifolia se rapproche, comme notre espèce du reste, du
genre Menisorus d’ALSTON par la nature de sa nervation, l’absence de
poils, ses sores légèrement allongés et ses pennes très étroites.
Le genre Abacopteris, qu’HoLTTUM trouve difficile parfois à délimiter
par rapport aux Cyclosorus, l’est donc aussi vers les Menisorus et il
existe une série de passages Abacopteris —► A. salicifolia —*■ A. anjena-
bensis —*■ Menisorus.
Encore une espèce malgache qui, ayant une situation excentrique
par rapport à l’aire du genre, joue un rôle de passage intéressant.
Miss Tindale a déjà retiré des Clenitis un certain nombre d’espèces
qui sont en réalité des Laslreopsis (27, 29). Parmi les espèces malgaches
Clenitis subsimilis (Hk.) Tard, est déjà devenu Lastreopsis subsimilis
(Hk.) Tindale. Nous pensons nécessaire de faire aussi la combinaison
nouvelle :
Lastreopsis pseudoperrieriana (Tard.) Tard., comb. nov.
— Bas. : Clenitis pseudoperrieriana Tard., Mém. Inst. Sc. Mad. 6 : 240, t. 10 (1955).
Type : Perrier 6103.
Cette espèce, bien que moins divisée que les Laslreopsis ne le sont
habituellement, présente une fronde deltoïde-pentagonale, des sporanges
avec 2 glandes sur le pédicelle; les caractères des axes (rachis et costae),
de la nervation, la présence de glandes apprimées sur le parenchyme de
la face inférieure du limbe, en font un Laslreopsis.
Dans le genre Helerogonium tel qu’il a été défini par Holttum
(10, 11) la fronde fertile est toujours ^ contractée. La nervation est
très variable, les nervures pouvant être libres, l’indusie présente ou
non. La forme de la première paire de pennes basales, élargies du côté
basiscope vers le milieu est typique.
Il est surtout représenté à Bornéo, mais aussi à Sumatra, Java,
Celèbes, Péninsule Malaise, Philippines, Nouvelle Guinée. Deux espèces
en Chine et au Tonkin. J’ai signalé (21) la présence à Maurice, d’une
Fougère, qu’après avoir consciencieusement réexaminée je maintiens
dans les Helerogonium et dont je crois qu’il serait bon de donner une
description un peu plus complète qu’elle ne l’a été jusqu’ici.
Heterogonium cyatheifolium (Desv.) Tard. (PI. 1, f. 1-4)
Not. Syst. 15: 84 (1954).
— Polypodium cyatheifolium Desv., Prod. : 239 (1827).
— Dryopteris cyalheifolia (Desv.) C. Chr., Ind. : 260 (1905).
—• Polypodium Sieberianum Klf. in Spr., Syst. 4 : 56 (1827).
Rhizome... Pétiole straminé, pouvant atteindre 30 cm de long,
portant, à la base, des écailles noires, très brillantes, lancéolées, à base
droite, peu effilées, ayant une étroite bordure plus pâle et quelques
prolongements formés de cellules allongées, à parois noires, contenu
brun rouge, mélangées d’écailles plus courtes, largement lancéolées, à
parois brun rouge, lumière pâle. Fronde deltoïde, de 15-30 cm de long
Source : MNHN, Paris
— 498 —
sur 15-20 de large, imparipennée sous la penne terminale deltoïde, pro¬
fondément lobée. Pennes latérales 4-10 paires, lobées, opposées, sessiles,
l'inférieure ayant 6-11 cm de long sur 3-4 cm au milieu, falciforme, cour-
tement effilée, lobée sur 1/2 environ de sa largeur, les lobes basiscopes
médians les plus larges et les plus aigus, ou même falciformes. Pennes
moyennes lobées sur 1/2 de leur largeur, sessiles, espacées de 3 cm envi¬
ron, longues de 8-15 cm sur 2-3 de large, à lobes arrondis ou aigus. 1-2 pai¬
res de pennes supérieures adnées. Rachis glabre, costae légèrement aplatis,
portant de courts poils intesti ni formes à la face supérieure et quelques
écailles brun clair, entières, à la face inférieure et sur quelques nervilles.
Limbe portant quelques poils localisés près des marges. Nervation en
général très peu apparente, au moins à la face inférieure du limbe. Ner¬
vures pennées dans les lobes, généralement libres, bifurquées, la nervure
basale basiscope naissant souvent du costa. Sores arrondis, exindusiés,
situés à égale distance entre la marge et le costula. A noter que le sinus
entre 2 lobes voisins est épaissi et forme une sorte de membrane qui
serait comme une ébauche de la dent qui se trouve au fond du sinus des
Pleocnemia.
Spore bilatérale, monolète, à contour elliptique, profil plan-convexe
ou légèrement concavo-convexe. Périne accolée, souvent enlevée, formant
des replis arrondis peu nombreux, hauts de 7g.. L = 30(*. — 1 = 20|t.
Maurice constitue l’extrême limite vers l’ouest de ce genre a affi¬
nités nettement malaises et cette espèce présente des caractères de genre
assez peu marqués : absence de poils pluricellulaires sur la face supé¬
rieure du limbe, quelques-uns seulement, très rares, visibles dans les
sinus ou sur les marges, absence totale de dimorphisme de la fronde
fertile, absence d’indusie. Elle se rapproche donc des deux autres espèces
d'Heterogoniurn à répartition excentrique : H. subsageniaceum (C. Chr.)
Holttum de Chine et du Tonkin, aussi à nervures libres, et exindusié,
et H. sagenioides (Mett.) Holttum, trouvé en Birmanie, Siam, Indo¬
chine, Haïnan, Sumatra, Philippines. Cette dernière est considérée par
Holttum comme le membre le plus primitif du genre en même temps
que l’espèce la plus largement distribuée.
Le genre Stenosemia est très proche du genre Heterogonium surtout
des espèces à nervures libres et à sores arrondis, exindusiés, si proche
que, toujours d’après Holttum, les échantillons de la Péninsule malaise
appelés Stenosemia aurila sont en réalité Heterogonium pinnalum (Cop.)
Holttum. A Madagascar nous avons décrit un Stenosemia: S. Waterlotii
Tard., qui reporte donc loin à l’ouest l'aire de répartition de ce genre
(Philippines, Salomon). Cette espèce est vraiment à l’intersection des
genres Heterogonium et Stenosemia dans lequel nous l’avons finalement
rangé à cause de la forme de sa fronde dont la paire inférieure possède
un lobe basal très développé et non les pennes, plus larges au milieu,
des Heterogonium. Ces deux genres ont du reste, d’après Holttum et
Copeland, des caractères de nervation et de sores assez instables et,
une fois de plus, les espèces malgaches sont mal différenciées.
Source : MNHN, Paris
— 499 —
PI. 2. — Dryopteris Raynalii Tard. : 1, aspect général x 2/3;2, nervation etsore x 2; 3, écaille
x 10; 4, spore. —- Abacopleris anjenabensis Tard. : 5, aspect général x 1 /2; 6, nervation
Source : MNHN, Paris
— 500 —
Le genre Paralhyrium a été décrit par Holttum (Kew Bull. : 448
(1958) avec, comme type, Paralhyrium Boryanum (Willd.) Holttum.
Holttum donne les caractères distinctifs des Paralhyrium et des Cor-
nopteris et fait un certain nombre de combinaisons nouvelles pour les
Fougères malgaches. Nous devons encore ajouter :
Parathyrium marojejyensis (Tard.) Tard., comb. nov.
— Bas. : Cornopleris marojejyensis Tard., Mém. Inst. Sc. Mad. 6 : 24, pi. 9, f. 1-6 (1955).
Type : Humbert 23.010.
En résumé :
La région malgache semble être l’extrême limite vers l’ouest de genres
à répartition surtout malaise et asiatique. Ces genres (Araioslegia, Hete-
rogonium, Slenosemia) sont représentés soit à Madagascar, soit aux
Mascareignes ou aux Seychelles, par des espèces isolées loin de leur
centre de répartition, à caractères génériques peu marqués, formant
passage d’un genre à l’autre.
Pour terminer nous donnerons ici la diagnose d’une espèce africaine
récemment rapportée du Cameroun par J. et A. Raynal.
Dryopteris Raynalii Tard. n. sp. (PI. 2, f. 1-4).
Rhizomate erecto, stipitibus caespitosis, paleis fuscis, lanceolatis, inte-
gris, dense vestito; stipite stramineo, 3-5 cm longo, basi dense, sursum sparse
paleaceo ut toto folio glandulis destituto. Lamina deltoidea, 5-7 cm longa,
3-4 basi lata, acuminata, herbacea, pinnata, apice deltoidea, lobata, rachi
sulcata, nuda. Pinnis 4-6 jugis, lanceolata-deltoideis, contiguis, basalibus
maximis, 1,5 cm longis, 1 latis, oppositis, patentibus, profunde lobatis, latere
basiscopico paulum producto, plus minusve inaequilateralibus, apice obtusis
lobis serratis; pinnis sequentibus sensim minoribus, dentatis, obtusis, adna-
tis; costis venisque inferne pilis rigidis paucis, sparse onustis; venis distinctis
in segmentis basalibus pinnatis, interdum furcatis. Soris rotundatis, inter
costulam et marginem lobum submedialibus, uniseriatis, exindusiatis.
Cameroun : Sadolkoulay, 36 km est de Ngaoundéré sur blocs basal¬
tiques, grotte derrière la chute du Tello, partie supérieure sombre et
humide. Environ 1 200 m, J. et A. Raynal 13279 (Type : Herb. Mus.
Paris).
Nous avons cherché en vain des indusies dans les 4 touffes qui for¬
ment l’holotype conservé à Paris, en regardant à un fort grossissement
nous n’en avons pas trouvé: le sore est arrondi, à point d’attache central,
quelques fois les sporanges superficiels jeunes, d’une autre couleur que
les autres, pourraient à la loupe à main être pris pour une indusie mais
il n’en est rien.
Les écailles du rhizome sont minces, rousses, lancéolées, à bords
entiers, formées de cellules allongées à parois jaune pâle, légèrement
Source : MNHN, Paris
— 501
sinueuses, à lumière incolore. Le pétiole porte le même genre d’écaille,
le rachis quelques écailles piliformes.
Ce Dryopleris ne nous paraît ressembler à aucun autre de cette
région, il aurait un peu l’aspect de certains Woodsia, mais pas les carac¬
tères de ce genre.
D’après J. et A. Raynal, cette Fougère vit sur les blocs situés au
centre et au fond de la grotte, en atmosphère perpétuellement saturée
d’eau et froide, dans une ombre permanente.
Le reste de la végétation est riche en Cryptogames : Tectaria fernan-
densis, Trichomanes giganteum, Asplénium unilalerale, diverses Mousses
et Hépatiques.
Index bibliographique
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Source : MNHN, Paris
DESCRIPTION DES FRUITS
DU DIEGODENDRON HUMBERTI R. Capuron
(DIEGODENDRACÉES)
par R. Capuron
(Centre Technique Forestier Tropical, Tananarive.)
Dans un article précédent ( Adansonia , Nouvelle série, 3, 3 : 385-392,
1963) nous avons décrit l’appareil végétatif et les fleurs de cette espèce
de la flore malgache, espèce si particulière que nous avons cru pouvoir
en faire le type d'une famille nouvelle. Faute de matériel nous n’avions
pu alors décrire les fruits. Au mois de décembre 1963 nous avons eu la
chance de rencontrer, au sud du Mont Raynaud, dans la région de Diego-
Suarez, un peuplement de Diegodendron où tous les individus étaient
en fruits. Leur examen nous a montré que dans les fleurs il pouvait y
avoir jusqu’à 4 carpelles et non 2 (-3) seulement comme nous l’avions
écrit. A maturité il y a généralement 1-3 carpelles développés, les autres
restant plus ou moins rudimentaires. Le réceptacle floral ne subit abso¬
lument aucune trace d’accroissement; les sépales tombent au cours du
développement du fruit; la légère surélévation du réceptacle sur laquelle
sont insérés les carpelles et le style persiste et est bien visible sur les
fruits mûrs; elle ne subit qu’un minime accroissement par rapport à ce
qu’elle était dans la fleur; le style persiste plus ou moins dans son inté¬
gralité. Quant aux méricarpes mûrs, entièrement libres les uns des autres,
ils ont une forme plus ou moins ovoïde et ils sont nettement comprimés
dorso-ventralement ; ils mesurent environ 3 cm de longueur sur 2,5 cm
de largeur, tandis que leur épaisseur n’atteint pas 2 cm ; leur base et leur
sommet sont obtus, celui-ci parfois un peu émarginé. Le péricarpe,
souple mais coriace sur le frais (de couleur verte) est mince (environ
0,75 mm d’épaisseur); sa surface porte de très nombreuses verrucosités
qui résultent du développement de celles observées sur les jeunes car¬
pelles; les plus grandes de ces verrucosités atteignent 3-4 mm de hauteur
et elles sont plus grandes vers le sommet du fruit que vers sa base; leur
extrémité est obtuse ou arrondie; entre ces grandes verrucosités, assez
espacées les unes des autres, se trouvent de nombreuses autres protu¬
bérances plus petites, de forme plus conique; beaucoup de ces petites
protubérances, vers le haut du fruit, sont plus ou moins coalescentes
avec la base des grandes verrucosités. De très nombreuses petites glandes
peltées et sessiles parsèment la surface du fruit. La graine, unique dans
chaque méricarpe, a sensiblement la même forme que celui-ci (dimen-
Source : MNHN, Paris
— 504 —
sions de 2,5 X 2 X 1,2cm environ); ses téguments, lisses, ont sensi¬
blement la même consistance que celle du fruit; ils sont particulièrement
épais (jusqu’à 3 mm) vers le milieu de chaque face de la graine; ils sont
beaucoup plus minces sur les bords. Cette épaisseur du tégument séminal
pourrait laisser croire, au premier abord, que la graine est albuminée;
il n’en est rien en réalité. L’embryon a des cotylédons foliacés mais
épais (environ 3 mm d’épaisseur chacun), de forme largement elliptique,
presque circulaire (2,3 X 2 cm) ; ils sont profondément et étroitement
échancrés à la base (sur 5-6 mm environ) ; la radicule, infère, est cylin¬
drique, robuste et dépasse légèrement l’échancrure des cotylédons;
elle mesure environ 7 mm de longueur.
Nous avions vu, dans l’article précédemment cité, que les carac¬
tères floraux du Diegodendron amenaient à classer ce genre dans la
tribu des Ochnales telle qu’elle est définie par Hutchinson et, plus
particulièrement, au voisinage des Ochnacées, des Rhopalocarpacées et
des Sarcolaenacées. Les caractères séminaux et plus particulièrement
ceux de l’embryon sont tout à fait différents chez les Rhopalocarpacées
de ceux oflerts par le Diegodendron (chez les Rhopalocarpacées, le tégu¬
ment séminal est très dur, muni à sa surface d’un ou de deux sillons très
nets, l’albumen est très abondant et les cotylédons, très minces, sont
plissés et très souvent découpés en fins lobules).
Dans les Sarcolaenacées nous avons dit que le fruit est, en règle
générale, entouré d’un involucre; rien de tel ici. Si, cependant, on voulait
rechercher dans cette famille les genres qui pourraient par certains
caractères se rapprocher un peu des Diegodendron , on serait conduit
vers les Perrierodendron Cavaco et les Eremolaena Baill. ; dans ces deux
genres, en effet, les loges ovariennes contiennent chacune deux ovules
basilaires ascendants à micropyle inférieur et extérieur; les graines
sont dépourvues d’albumen. Là paraissent s’arrêter les similitudes entre
les trois genres : dans les Perrierodendron le fruit, indéhiscent, plus ou
moins ligneux, est entouré par une cupule très nette; dans les Eremolaena,
le fruit est une capsule. D’ailleurs (renseignement dû à l’amabilité de
M me Van Campo) le pollen du Diegodendron est tout à fait distinct de
celui des Sarcolaenacées. Restent à examiner les Ochnacées. Par l’absence
d’albumen dans la graine de même que par ses carpelles séparés le genre
Diegodendron pourrait venir se placer dans la tribu des Ouraleeae
(s. Gilg); dans le genre malgache le réceptacle floral ne subit aucun
accroisement contrairement à ce qui se passe dans les Ochnacées; cette
différence vient s’ajouter à celles que nous avions signalées concernant
l’appareil végétatif et les fleurs.
En résumé, les caractères présentés par les fruits, pas plus que ceux
tirés de l’appareil végétatif ou floral, ne permettent de rapporter le genre
Diegodendron à une famille antérieurement décrite.
Avant de terminer cette note, nous voudrions signaler l’extraor¬
dinaire rapidité avec laquelle se développent les fruits du Diegodendron.
En effet, le 17 décembre, lors de notre premier passage, les méricarpes
en cours de développement ne mesuraient qu’un centimètre environ de
Source : MNHN, Paris
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longueur (l’embryon était d’ailleurs déjà formé); treize jours plus tard,
le 30 décembre, les méricarpes étaient arrivés à maturité et avaient
acquis leur taille définitive. La germination se fait immédiatement après
la chute des méricarpes; plusieurs de ceux-ci récoltés sur les arbres le
matin et placés dans une pochette en matière plastique étaient germés
le soir même; deux ou trois jours plus tard les radicules atteignaient
parfois plusieurs centimètres de longueur.
La radicule perce le tégument de la graine et celui du méricarpe
tout près de l’extrême base de ces organes; pendant plusieurs jours la
radicule s’allonge tout en pénétrant dans le sol, la graine restant à la
surface de celui-ci; petit à petit le tégument de la graine et le péricarpe
se dessèchent et se fendent sur les marges libérant ainsi les cotylédons;
la jeune plantule se redresse alors; les cotylédons persistent environ
pendant un mois.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
CALOCRATER PREUSSII K. Schum.
APOCYNACÉE DU GABON
par Nicolas Hallé
En 1897, K. Schumann décrivit une Apocynacée nouvelle d'après
une plante provenant de la forêt du Cameroun. La description en alle¬
mand est sommaire et l’auteur ignore le fruit de ce Calocraler Preussii.
Aucun échantillon n’est mentionné, la publication, Naturlichen Pflan-
zenfamilien, ne se prêtant pas aux références d’herbiers. Il convenait
donc, après la destruction des herbiers de Berlin en 1943, de retrouver
l’espèce et de désigner un type. Or le Muséum de Paris possède un échan¬
tillon qui se rapporte parfaitement à la description de Schumann et
pourrait même bien être un isotype de l’espèce : Preuss 71, Kamerun,
ex Mus. bot. Berol. Ce numéro, déterminé à Berlin se situe parmi les
premières récoltes faites par Preuss au Cameroun vers 1890. Il provient
donc, très vraisemblablement de la région du lac Barombi ou de la Johann-
Albrechts-Hôhe à environ 40 km au nord-nord-est du Mont Cameroun,
dans l’aire couverte par la Flora of West Tropical Africa.
La position de ce genre monotypique à l’intérieur de la famille a
été difficile à trouver. Il a d’abord été placé par son auteur dans la sous-
famille des Echitoïdées. En 1923, Markgraff l’excluait des Taberné-
montanoïdées, lui conservant la place donnée par Schumann. En 1929,
Lemée reconnaît le fruit comme bacciforme et place Calocraler parmi
les Plumiéroïdées-Plumiériées. En 1948, Pichon complète l’étude du
genre grâce à l’échantillon fructifère, Le Testu 5532; il démontre son
appartenance à la petite sous-famille des Tabernémontanoïdées, criti¬
quant l’opinion de Markgraff.
Iconographie : En 1897, Schumann figure l’anthère ainsi qu'une
coupe longitudinale, partiellement inexacte, de l'ovaire. En 1948, Pichon
figure à nouveau l’anthère, donne un croquis sommaire du grain de
pollen et montre le gynécée, la graine et l’embryon.
L’intérêt que nous portons à cette espèce remonte à nos rencontres
in situ, en 1959 : la plante rappelle certaines Rubiacées et Acanthacées.
Au Gabon, le Calocraler Preussii n’est ni rare ni particulièrement loca¬
lisé, alors qu’il peut paraître rarissime ailleurs. L’espèce est ignorée de
la F.W.T.A. (1963), n'ayant sans doute jamais été retrouvée au Cameroun
ex-britannique. D’après les herbiers du Muséum de Paris, elle n’aurait
pas été retrouvée au nord du Gabon. Les grandes corolles du Calocraler
Preussii rappellent un peu, en blanc, celles de l’ Allamanda calharlica L.,
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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avec une structure florale assez voisine. Avec sa taille modeste, cette
plante est de celles qui sont les plus attractives pour le récolteur. Nos
matériaux abondants ainsi que des notes et croquis pris sur le vif, nous
permettent d’apporter un complément de description et une illustration
d’ensemble de cette espèce peu connue.
Description
Sous-arbrisseau à latex blanc peu abondant, de 0,30-1 m de hauteur;
tige dressée au dessus d’une souche ± rhizomateuse ; entrenœuds varia¬
bles atteignant 5(8) cm, cylindriques et ornés parfois de quelques gros¬
sières lenticelles. Pétioles de 0-2 mm de long. Écailles stipulaires axillaires
reliées latéralement par un mince rebord, bien visible à sec de chaque
côté du nœud. Feuilles non verticillées mais opposées-décussées. Limbe
de 11-30 X 4-11 cm, la plus grande largeur étant située dans le tiers
supérieur, à face supérieure glabre, à face inférieure micropubérulente
de façon médiocre ou rare. Nervure médiane déprimée en sillon à la
face supérieure à sec. 9-12(20) paires de nervures secondaires.
Les inflorescences ne sont pas vraiment axillaires, il semble qu’elles
coïncident dans chaque cas avec un allongement sympodial de la tige.
Boutons dressés; fleurs parfumées. Corolles blanches dressées, amples,
très fragiles, à tube dépassant 5 cm de long et 13 mm de large à la gorge.
Anthères sessiles à filet soudé pubescent. L’anthère de 3,5 mm de long
est orangée à l’anthèse alors que le pollen est incolore translucide in vivo.
Style de 14 mm, blanc à stigmate jaune-vert pâle; le cyclindre stigma-
tique mesure 3 X 0,9 mm. Ovaire globuleux syncarpique, non émarginé
au point d’insertion du style dont la base n’est pas fendue. Le disque
est indistinct in vivo, il apparaît sur matériel réhydraté, en forme d'anneau
un peu plus charnu que le sommet de l’ovaire. Chaque loge contient
plus d’une douzaine d’ovules insérés sans ordre sur un placenta capité.
Le fruit est une baie orangée, à paroi souple, de 31 mm de longueur
et 22 mm de largeur, de section transversale médiane circulaire, à base
arrondie, à deux sommets subaigus médiocrement divergents, à deux
crêtes latérales en V rejoignant les sommets. Cloison médiane charnue
peu consistante. 7 graines observées par côté dans une pulpe blanche
un peu sucrée. Graine de 8-9 X 6-7 mm.
Lectotype : Preuss 71, Kamerun (P ex B).
Plante de forêt dense humide fleurissant à l’ombre ou plus rarement
au soleil sur défriche récente. Pentes de montagnes, vallées ^ encaissées.
Matériel étudié (Gabon et Kouilou) :
— N. Hallé : 758, Nkoulounga (fl. 15 juill. 1959); 823, haute riv. Wébé (11.8 août
1959); 1924, 10-20 km SW de Ndjolé (29 avr. 1963); 2220, Abanga (fl. 4 juin 1963);
2459, Abanga (fr. 11 juin 1963).
— R. P. Klaine : 3490, env. de Libreville (fl. 11 mai 1904).
-— G. Le Testu : 2314, Ibanga, Nyanga (fl. 6 sept. 1915); 5532, entre Kanda et Mou-
bana, riv. Wano (fl. 26 sept. 1925); 6034, vallée de la Kenguémongo entre Ekengué et
Mouboungou, haut Ikobé (fl. 30 août 1926); 7481, 7481 bis, Londo et Manenga, région
de Lastoursville (fl. et fr. 2-6 oct. 1929).
— Thoilon : 1324, forêt du Mayombe, Kouilou (11. oct. 1888).
Source : MNHN, Paris
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Bibliographie
A. Lemée. — Dictionnaire Gen. 1: 767 (1929), et 8 6 : 587 (1943).
F. Markgraf. — Notizbl. Botan. Gart. Mus. Berlin-D. 8: 304 (1923).
Ml Pichon. -—- Classification des Apocynacées : IX, Mém. Mus. Hist. Nat. N.S. 27, 6 :
212, 231, pl. XVIII et XX (1948).
K. Schumann. —- Apocynaceae, in Engl, et Prantl., Natürl. Pflanzenf. IV, II : 161,
167, 175 (1897).
Source : MNHN, Paris
TELFAIRIA BATESII Keraudren,
NOUVELLE ESPÈCE
DE CUCURBITACÉES DU CAMEROUN
par Monique Keraudren
Les fleurs des Cucurbitacées n’ont jamais eu la réputation d’être
décoratives et spectaculaires. Si l’androcée affecte des formes extrême¬
ment complexes dans les différents genres, par contre la morphologie
et les couleurs du périanthe demeurent assez homogènes. Généralement
au nombre de 4 ou 5, les pétales sont de couleur blanche, jaune, parfois
jaune orangé, à marges régulières et entières sauf chez quelques espèces
à pétales fimbriés. Il n’est donc pas surprenant qu’en 1827, Hooker
ait publié dans les admirables illustrations du Botanical Magazine, un
nouveau genre de Cucurbitacées, d’après des échantillons d’herbier et
des dessins en couleur d’une plante possédant une magnifique corolle
teintée de violet, à pétales plus ou moins longuement fimbriés. Ce genre,
nommé Telfairia, fut décrit à partir de matériel provenant de l’île Maurice
(terres du Bois Cherry), et dédié à Mr. Telfair, auteur des dessins et
collecteur des premiers spécimens récoltés sur ses terres.
Pour le systématicien, l’intérêt de ce genre ne réside pas dans les
caractères de la corolle mais surtout dans ceux de l’androcée; en effet,
les fleurs <£ sont très particulières. Les étamines peuvent être au nombre
de 5 et toutes à anthères bithèques, ou au nombre de 3, deux d’entre-
elles ayant quatre loges et la troisième deux loges ; les loges sont droites
dans les deux cas. Un tel type d’androcée n’est connu que chez le genre
Telfairia et caractérise la sous-tribu des Jollifiinae. Ce nouveau nom
fut donné par C. JefFrey (1961) à l’ancienne sous-tribu de Bâillon, les
Telfairiinae.
Uniquement africain, ce genre comprend deux espèces distinctes
l’une de l’autre par les feuilles et quelques détails de la corolle et aussi
par le fruit.
Dans le matériel camerounais qui nous fut communiqué par le
British Muséum, nous avons découvert, sur un échantillon de Bâtes,
des fleurs dont l'androcée comprend 3 étamines : deux tétrathèques
et une bithèque. Malgré l’absence de fleur Ç et de fruit, noux rapportons
avec certitude cet échantillon au genre Telfairia en souhaitant pouvoir,
plus tard, compléter notre matériel. Cependant il nous était difficile de
rapprocher ce Telfairia récolté au Cameroun, des deux espèces connues
jusqu’à ce jour.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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En effet, l’échantillon de Bâtes possède des feuilles toutes trifo-
liolées et se rapprocherait ainsi du Telfairia occidentalis Hook. f. présent
également au Cameroun, mais les folioles de cette dernière espèce sont
nettement trinerves à leur base, ce qui n’est pas le cas chez la plante
camerounaise. Chez les deux espèces, le T. occidentalis (Smith) Hook. f.
et le T. pédala Hook. f., les sépales sont soit en dents de scie chez la
première espèce soit crénelés chez la seconde, alors que sur l’échantillon
du Cameroun les sépales sont nettement subulés sans aucune denticu-
lation. Si la nervation des folioles de cette nouvelle espèce s’apparente
à celle du Tel/airia pédala, c’est à dire du type penninerve, par contre,
les pétales longuement fimbriés du Telfairia pédala n’ont rien de commun
avec ceux du Telfairia du Cameroun qui s’ornementent seulement par
l’extrémité mucronulée des nervures. La dimension des fleurs et la forme
de l’androcée paraissent aussi de bons critères de discrimination.
C’est pourquoi nous devons considérer l’échantillon de Bâtes récolté
à Bytie, comme le représentant d’une nouvelle espèce du genre Telfairia
et nous en donnons la diagnose suivante :
Telfairia Batesii Keraudren, sp. nov.
Herbacea dioica scandens, foliis trifoliolatis, petiolo 2-4 cm longo, tenui-
ter tomentoso, foliolis breviter petiolatis, obovato-ellipsoideis apice longe
acuminatis, basi attenuatis, medianis 4-7 cm longis, 2,5-3 cm latis, lateralibus
minoribus oblique oblongis. Lamina pauce punctata superne, pilis hirsutis
ornata interne. Cirri graciles, bifidi. Flores $ longo racemiformi (usque ad
20 cm), pedicellis 12-15 mm, bracteis ovato-elongatis ornati. Alabastrum
globosum, tenuiter tomentosum. Cyathum floris cupuliforme, 5 mm in dia-
metro, 3 mm longum. Sepalis subulatis, pubescentibus ante, posthac gla-
brescentibus, 4 mm longis, 1 mm latistique. Petalis imbricatis in alabastro,
intus pilis glandulosis ornatis, septem nerviis acutiusculis impressis, 1 cm
longis, 0,5 cm latis. Stamina 3 fauce inserta, filainenta 2 mm longa; antheris
duobus quadrilocularibus, altéra biloculare, loculis rectis 2,5 mm longis,
connectivo lato. Pistillodium nullum. Flores $ frutique incogniti. (PI. 1,1-5).
Type : Bâtes 898, Bitye, Yaoundé, Cameroun (BM!).
Bibliographie sommaire
Cocniaux, A. — Cucurbilaceae, DC. Mon. Phan. III : 349 (1881).
— Cucurbilaceae-Feuilleae et Melolhrieae, Pflanzenreich, IV. 275. 1 :
265 (1916).
Hookbr, W.J. — Telfairia pédala, Curtis'sBotanical Magazine, 54 : tt. 2751,2752(1827).
— — Cucurbilaceae, Fl. Trop. Afr. 2 : 523 (1871).
Jeffrey, C. — Notes on Cucurbilaceae, including a proposée! new classification of the
family, Kew Bull., 15, 3 : 338 (1961).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
REMARQUES SUR LES GENRES ALBERTA E. Mey.
ET NEMATOSTYLIS Hook. f. (RUBIACEAE)
par A. Cavaco
Ces genres ne se distinguent pas facilement. Cette note a pour but
de proposer leur réunion. Nous donnerons ci-après les caractères géné¬
riques communs :
1° Fleurs groupées en cymes terminales rameuses.
2° Au moins 1 lobe du calice foliacé, très accru après l’anthèse,
persistant et généralement coloré.
3° Étamines fixées à la moitié supérieure de la corolle, à anthères
poilues.
4° Tube de la corolle plus ou moins arqué.
5° Même nombre d’ovules dans les loges de l’ovaire 2-loculaire et
même type de fruit.
Bentham et Hooker (1) distinguent ces deux genres en se basant :
1° sur le nombre de lobes accrescents du calice : 2 chez Alberta et 1 chez
Nematostylis ; 2° sur les anthères : poilues au dos chez Alberla et à la
base chez Nematoslylis ; 3° le stigmate est aussi invoqué : fusiforme dans
le premier genre et claviforme dans le second. K. Schumann (2) et Thon-
ner (3) dans leurs clés séparent ces deux taxa en faisant appel aux carac¬
tères suivants : 1° le nombre de lobes accrescents du calice, comme les
auteurs précédents; 2° les étamines fixées à la gorge de la corolle chez
Nemalostylis et au tube chez Alberla: 3° le style 2-lobé au sommet chez
Nematostylis et entier chez Alberta.
Au cours de notre étude nous avons constaté que ces caractères ne
sont pas valables pour toutes les espèces, ils ne sont pas constants et
ne peuvent donc pas servir à distinguer les deux genres ici en cause. En
effet, en ce qui concerne le nombre de lobes accrescents du calice nous
avons trouvé dans une espèce nouvelle du genre Alberla décrite ci-après,
1 seul lobe du type Nematoslylis! Même remarque pour les stigmates
des nouveaux taxa. Au sujet des étamines il convient de signaler ici
qu’elles sont fixées à la gorge de la corolle chez Alberta minor, et qu’elles
y portent des poils jusqu’à la base.
Toutefois, les Nematoslylis sont des arbrisseaux crassulants et les
nouveaux taxa ne le sont pas. Ceux-ci ont donc des caractères inter¬
médiaires entre les deux genres dont nous nous occupons ici. Les Alberta
ne sont pas des arbrisseaux crassulants. Où placerons-nous ces nouvelles
espèces?
Source : MNHN, Paris
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— Alberta orienlalis Hom. ex Cavaco (Perrier 3910) : 1, rameau avec inflorescence x 2
2, fleur x 2. — A. sambiranensis Hom. ex Cavaco (Perrier 3834) : 3, rameau avec in
rescence x 2/3; 4, fleur x 1,5. — A. minor H. Bn. (Humbert 5010) : 5, rameau a
inflorescence x 2/3; 6, fleur x 1,5. — M 11 » Vesque del.
Source : MNHN, Paris
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En conclusion, 1° ces groupes de plantes ont un ensemble de carac¬
tères communs : inflorescences, calices, corolles, étamines et carpelles.
Ils ne diffèrent que par le port et la consistance des feuilles, celles-ci sont
plus ou moins succulentes chez Nematostylis- genre monotype.
En raison de ce que nous venons d’exposer, nous proposons la réu¬
nion de ces deux genres et nous adoptons pour le genre résultant le plus
ancien nom générique, à savoir Alberta.
ALBERTA E. Mey. in Linnaea, 12 : 258 (1838), em. Cavaco
Nemaloslylis Hook. f., Gen. PI. II : 110 (1873).
Frutices vel arbores, ramis obscure angulatis vel teretibus. Folia subses-
silia vel petiolata, membranacea ,coriacea vel subcarnosa; stipulis deciduis.
Inflorescentia terminalis paniculata vel corymbosa. Flores parvi vel majus-
culi, calyce tubo conico vel obconico, lobis 5 persistentibus, subaequalibus
vel valde inaequalibus 1 (-2) in laminam petiolatam membranaceam reti-
culatam dilatato, 4 vel 3 subaequalibus. Corolla tubulosa tubo intus fauceque
pilosis vel fauce nuda ; limbi lobi 5, contorti. Stamina 5, tubo vel fauce corol-
lae inserta, filamentis brevissimis ; antherae inclusae, pilosae. Discus depressus
vel crassus. Ovarium 2-loculare; ovula in loculis solitaria ab apice pendula;
Stylus exertus, stigmate fusiformi acuminato vel clavellato 2-lobato. Fruc-
tus siccus, 2-locularis, calycis lobis accrescentibus reticulatis foliaceo-dila-
tatis coronatus; semina cylindracea, testa membranacea; cotyledones par-
vae; albumen carnosum.
Afrique du sud et Madagascar.
Espèce-type : Alberta magna E. Mey. de l’Afrique australe (Natal).
Le genre ainsi conçu comprend donc :
Alberta loranthoides (Hook. f.) Cavaco, comb. nov.
Basionyme: Nemaloslylis loranlhoides Hook. f. in Benth. et Hook., Gen. PI 2 :
110 (1873).
Nous décrivons ci-dessous 2 espèces nouvelles :
Alberta orientalis Hom. ex Cavaco, sp. nov.
Arbor 4-10 m. alta. Folia persistentia, coriacea, glabra, petiolata, limbo
oblanceolato, brevissime acuminato, ad basim attenuato, 5-12 cm. X 2-
5 cm., nervis lateralibus 7-9 utroque latere, nervis et nervulis conspicuis;
petiolo ad 1 cm.; stipulis (?). Inflorescentiae in paniculis terminalibus. Iaxis,
ramosis, dispositae; bracteis multis, mini mis; pedicellis 0,5-1 cm. longis, in
apice puberulis. Flores ad 1,5 cm. longi, calyce 0,8-1 cm. longo, tubo obco¬
nico, puberulo, 0,4 cm., lobis 5, subaequalibus, membranaceis, rubescentibus.
Corolla albo-rosea, 1 cm. longa, glabra. Fructus partais, siccus, coriaceus,
calycis lobis reticulatis foliaceo-dilatatis inaequalibus coronatus.
Madagascar : Domaine de l’Est. Bois-gneiss, M* Vatovavy près de Mananjary,
Perrier 3910 (Type, P.).
Espèce bien distincte par son calice à 5 lobes accrescents, obovales
à suborbiculaires. Voisine de A. Humblotii Drake et de A. minor H. Bn.
Source : MNHN, Paris
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Alberta sambiranensis Hom. ex Cavaco, sp. nov.
Arbor 5-20 m alta. Folia persistentia, glabra, coriacea, petiolata, limbo
obovato-oblanceolato, obtuso vel breviter acuminato, ad basim longe atte-
nuato, 9-15 cm X 3-6 cm, nervis lateralibus 6 utroque latere, conspicuis,
reticulo tertiario vix conspicuo; petiolo l,5-2,5 cm longo; stipulis parvis
pubescentibus, deciduis. Inflorescentiae in paniculis terminalibus compactis
dispositae; pedunculis pedicellisque rufo-pubescentibus, pedicellis 0,2-
0,7 cm longis; bracteis permultis, angustis, elongatis 0,6-1 cm, rufo-pubescen¬
tibus. Flores pubescentes, calyce tubo brevi, 0,3 cm, incano-pubescente,
lobis 5 persistentibus, 1 in laminam lanceolatam petiolatam 3,5-4 cm X 1 cm
membranaceam, roseo-carmineam, reticulatam, dilatato, 4 subaequalibus,
linearibus 0,5 cm. Corolla 1,5 cm longa, albo-rosea. Fructus parvus 0,5 cm
pubescens, calycis lobo foliaceo accrescente coronatus.
Madagascar : Domaine du Sambirano. Bois, environs du M' Bekolany, sur grès
basiques, Perrier 3824 (Type, P); forêt d'Ambalamena, Perrier 2365; Ankaramy
(Maromandia), Decary 2163.
Distincte des autres Alberla par son calice à 1 seul lobe accrescent
comme chez A. loranlhoides (Hook. f.) Cavaco.
Index bibliographique
1. Généra Plantarum II, ; 110 (1873).
2. Ptlanzenfamilien IV, 4 : 89 (1891).
3. The Flowering Plants of Africa, ed. 2 : 516 (1915), London.
Source : MNHN, Paris
UN NOUVEAU TORENIA AFRICAIN :
TORENIA SILVICOLA A. Rayn. (SCROPHULARIACEAE)
par Aline Raynal
La famille des Scrophulariacées est remarquablement mal repré¬
sentée dans les milieux naturels de la grande forêt d’Afrique Centrale;
cependant, le genre Torenia possède deux espèces jusqu’à présent endé¬
miques de ces milieux et, par surcroît, affines, Torenia Mannii Skan et
T. silvicola A. Rayn.
Cette seconde espèce est représentée dans l’Herbier de Paris par
plusieurs échantillons récoltés au Cameroun et au Gabon, mais elle
n’a pas encore été décrite. Peut-être Mildbraed l’a-t-il déjà nommée,
puisqu’on trouve un Torenia pterocalyx Mildbr. dans Wiss. Ergebn.
Deutsch. Zentr. Afr. Exped. 1910-1911, 2 : 63 (1922), mais ce n’est là
qu’un nomen nudum. Ce texte contient les seules indications que nous
ayons sur cette plante : « Bange — Jukaduma, an einem Bach; n. 4628 ».
Le spécimen semble aujourd’hui détruit.
Le nom spécifique et l’écologie permettent de rapprocher le Torenia
de Mildbraed du nôtre, et de supposer une conspécificité; mais l’échan¬
tillon de Mildbraed étant maintenant introuvable, il m’a paru plus
prudent de choisir une autre épithète spécifique, et d’abandonner défini¬
tivement celle de pterocalyx.
Herbe rampante parfois longue de plus de 40 cm, à tige carrée radi-
cante, un peu ascendante au sommet, le Torenia silvicola a des feuilles
toutes opposées, longuement pétiolées, dentées en scie, qui rappellent
les feuilles d’Ortie.
Les feuilles sont opposées-décussées, mais le port traînant des rameaux
induit des torsions des bases de pétioles et des tiges au niveau des nœuds,
et toutes les feuilles se trouvent amenées du côté supérieur. Pétiole presque
aussi long que le limbe; limbe discolore, vert foncé dessus, glaucescent
dessous, ponctué sur la face supérieure, long de 15-40 mm, large de 13-
30 mm, ovale-triangulaire, tronqué à la base, décurrent sur le pétiole.
Marge portant 7-13 fortes dents de chaque côté; dents terminées par un
petit mucron dirigé vers le haut.
A chaque nœud, une seule feuille est florifère, et porte dans son
aisselle une inflorescence uni- ou biflore. Lorsqu’elle est biflore, les deux
fleurs s’épanouissent successivement. Dans les cas les plus favorables, le
pédicelle floral est visiblement articulé; au niveau de l’articulation, s’in-
Source : MNHN, Paris
— 520 —
sère la deuxième fleur, lorsqu'elle existe, et des pièces réduites de nature
bractéale, au nombre de 2; enfin, on trouve parfois une troisième pièce
sur la base du pédicelle de la deuxième fleur.
Il semble que cette inflorescence soit une forme très réduite de cyme
dans laquelle une seule fleur se développe à chaque paire de bractées;
l’une des deux petites pièces bractéales axillerait la deuxième fleur, et la
troisième petite pièce portée par son pédicelle correspondrait à une troi¬
sième fleur très réduite.
La première fleur à s’épanouir serait terminale; toute l’inflorescence
terminerait le rameau, et n’apparaîtrait axillaire que secondairement :
la croissance de la tige serait sympodiale; un seul rameau axillaire se
développe à chaque nœud, mais il arrive que le deuxième rameau, issu de
l’autre aisselle, se développe également, longtemps après le premier.
Les fleurs sont portées par des pédicelles longs de 7-16 mm. Le
calice, long de 10 mm, doit à ses trois grandes ailes, brusquement arron¬
dies au sommet, un contour général largement ovale. Il faut noter que ce
calice est asymétrique, et que les sépales sont groupés en trois lèvres
(voir PI. 1, n° 11); dans les inflorescences biflores, les deux calices sont
symétriques l’un de l’autre. Les ailes portées sur la carène des sépales
sont très inégales : 3 sépales à ailes larges, 2 à ailes étroites; l’ordre de
diminution de largeur des ailes ne semble pas indiquer une préfloraison
quinconciale.
Corolle blanche, bilabiée, longue de 15-18 mm; tube long de 8-10 mm,
s’épanouissant brusquement en deux lèvres. Lèvre supérieure étroite,
prolongeant le tube, un peu en casque, très finement pubescente-glandu-
leuse extérieurement; marge subentière, ou légèrement 4-lobée. Lèvre
inférieure plus longue que la supérieure, à trois lobes arrondis ; elle porte,
près des sinus des lobes, les deux bosses jaune vif qui ornent les bases des
étamines antérieures.
L’androcée comprend 4 étamines didynames dont les anthères sont
accolées (non fortement cohérentes) 2 par 2, et logées, en position normale,
dans le casque de la lèvre supérieure. Les filets staminaux postérieurs,
simples, très dilatés au sommet, portent deux loges d’anthère symé¬
triques; une légère courbure des filets les amène l’une au-dessus de l’autre.
Les filets antérieurs, longs, deux fois genouillés, amènent leurs anthères
au-dessus des anthères postérieures; leurs bases dilatées, papilleuses,
jaune d'or, sont insérées sur la lèvre inférieure, au sommet de deux lignes
de poils capités-glanduleux ; le sommet des filets, capité, porte deux loges
d’anthères inégales dont l’une est vestigiale.
L’ovaire, bicarpellé, biloculaire, à nombreux ovules, est porté par
un disque hypogyne zygomorphe et lobé. Style unique, stigmate en enton¬
noir papilleux à l’intérieur.
Fruit : capsule longue de 8-10 mm, incluse dans le calice non accres-
uent. Graines nombreuses.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
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Torenia silvicola A. Raynal, sp. nov.
Ilcrba glabra, caule repente radicante, ultima parte ascendente. Folia
opposita longe petiolata, lamina ovata-triangulare, discolore, subtus punctata,
grosse dentata, basi truncata in petiolum decurrente.
Flores 1-2 in axilla folii singuli quisque nodi. Pedicelli 7-16 mm longis.
Calyx haud symmetros, 10 mm longus; sepali 5, longe connati, 3 dorso late
alati, alteri 2 anguste alati; ala abrupte rotundata apice sepali, ad basin
gradatim attenuata.
Corolla alba bilabiata 15-18 mm longa, labia posteriore subintegra, ante-
riore trilobata. Stamina 4 antheris binis inter se cohaerentibus ; stamina pos-
teriora brévia, anthera loculis aequalibus; anteriora filamento longo genicu-
lato, anthera loculis valde inaequalibus, una stérile. Stigmata infundibuli-
formia. Capsula 8-10 mm longa, in calyce haud accrescente inclusa.
Affinis T. Mannii Skan, sed calyce alis latis inaequalibus apice rotunda-
tis, haud accrescente praecipue distincta.
Typus : Le Testu 8320, Gabon, région de Lastoursville; Iméno, sur
les bords d’un ruisseau. Géniculé. Fleurs blanches. 8 septembre 1930.
(Holotypus, P).
Autres échantillons :
— N. Halle 1356, Gabon, Mboundou (37 km SE de Makokou). Fl. blanches, semi-
aquatique; rivière sous forêt. 27 février 1961.
— Letouzey 3706, Cameroun, Forêt à 10-15 km au NW de Ngola (feuille l.G.N.
1 /200.000 Abong Mbang). Fleurs blanches. Petites taches, en pleine lumière, sur ter¬
rain très humide, dans une raphiale. 4 avril 1961.
— Letouzey 5022, Cameroun, près Ngola (30 km E de Yokadouma, feuille l.G.N.
I /200.000 Yokadouma). Corolle avec 3 lobes inférieurs blancs garnis de 2 éperons
jaunes; lèvre supérieure blanc jaunâtre. Tache, sur terrain boueux, en bordure de
ruisseau, en station demi-ombragée, en forêt à Cellis et Sterculiacées. 11 mai 1963.
— J. et A. Raynal 9942, Cameroun, Mékoassi (24 km SW Ambam). Forêt primaire,
3 km N du village, vase au bord d’un ruisseau. Fleurs blanches. 21 février 1963.
— J. et A. Raynal 10307, Cameroun, Evès (59 km ENE de Nyabesan). Forêt
primaire à 1 km NE du village, zone marécageuse près d’un ruisseau. Fleurs blanches.
7 mars 1963.
Géographiquement, toutes ces récoltes se groupent en une petite
aire bien délimitée, comprise en latitude entre 4° N et 1° S, et en longitude
entre 10° et 14° E. C’est donc une espèce franchement équatoriale, qui
semble actuellement limitée à la partie occidentale du massif de forêt
dense humide de l’Afrique Centrale.
C’est d’ailleurs dans cette même région que Mann récolta le type de
Torenia Mannii Skan, espèce qui, à ma connaissance, n’est encore connue
que de ce seul spécimen ; il provient des Monts de Cristal, au Gabon, à la
latitude de 1° N (Mann 1663, isotype P).
La rareté du matériel de T. Mannii ne permet pas d’avoir une concep¬
tion exacte de la variation de cette espèce, mais il est certain qu’elle est
très proche et cependant clairement distincte de T. silvicola. Elle en diffère
par sa tige peu radicante, par ses feuilles plus effilées au sommet et à
dents plus aiguës, par ses fleurs qui semblent toujours isolées, mais surtout
Source : MNHN, Paris
— 523 —
par son calice à ailes étroites, atténuées aux deux extrémités, par ses
sépales à sommet aigu acuminé, et par l’accrescence du calice au cours de
la maturation du fruit: enfin, la corolle est (d’après Mann) pourpre et
non blanche.
L’amplitude écologique du Torenia siloicola semble restreinte, au
même titre que son aire géographique. Il croît sur les bords des ruis¬
seaux vaseux peu perturbés par l’homme, à mi-ombre le plus souvent,
et c’est dans ces conditions que j’ai pu moi-même l’observer par deux
fois.
La plante traîne sur la vase humide où la tige s’enracine, sans for¬
mer de touffes ni de tapis : dans ces milieux, le couvert herbacé est tou¬
jours discontinu. Il semble qu’elle n’ait tout au plus à subir qu’une légère
inondation saisonnière, dans les petits cours d’eau à débit peu variable
qu’elle fréquente.
On la rencontre en petits peuplements distants les uns des autres;
la multiplication et la dispersion de cette espèce semblent limitées dans
l’espace, et c’est là un cas remarquable parmi les plantes à graines fines
comme les Scrophulariacées. Le fait qu’elle constitue des taches appa¬
remment isolées les unes des autres laisse à penser qu’elle se ressème à
proximité immédiate de la plante-mère: d’autre part, une multiplication
végétative par sectionnement de tiges radicantes joue peut-être un rôle
important dans la constitution de ces petits peuplements isolés.
La chorologie du Torenia siloicola semble donc remarquable au
sein de la famille des Scrophulariacées, où le pouvoir de dispersion des
semences à grande distance permet en général une colonisation efficace
des biotopes favorables. Comme la plupart des espèces de forêt dense
humide, son pouvoir de colonisation ne semble effectif que de proche en
proche.
Exceptionnelle par sa localisation phytogéographique et par sa choro¬
logie, cette espèce prend donc un intérêt particulier dans l’éventail biolo¬
gique qu’offrent les Scrophulariacées africaines.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
L’OVULE
ET LA GRAINE DE CRINUM GIGANTEUM And.
(AMARYLLIDACÉES )
par
J. Toilliez-Genoud
Laboratoire de Botaniqe du Centre ORSTOM d'Abidjan.
Summary : Complété description of the Crinum giganteum ovule and seed. Even
in the most precocious States ot its ontogenesis, the ovule is fully devoid of integument:
it explains some peculiarities of the seed and specially its overgrowth. The endos-
perm growth can be compared with the one of a culture of tissue, which is limited
by the volume of the container.
INTRODUCTION
A l’occasion d’un travail sur la morphologie et la biologie des graines
dans la « rain-forest » ivoirienne, notre attention a été attirée par le genre
Crinum dont les graines présentent plusieurs caractères extrêmement
originaux. En même temps qu’une étude de ces graines, l’examen histo¬
logique et cytologique de l’ovule a été entrepris.
Plusieurs des faits exposés ici étaient connus de nos prédécesseurs,
mais le lien qui unit les structures de l’ovule à celles de la graine n’avait
jamais été dégagé, ce qui nous a décidé à entreprendre cette mise au point.
Notre but est de résumer ce que l’on sait actuellement des extraordi¬
naires structures ovulaires et séminales de Crinum et d’en donner pour
la première fois des images. Nous voudrions surtout montrer comment
la structure de l’ovule permet à notre avis, d’expliquer la structure de la
graine.
TRAVAUX DES PRÉDÉCESSEURS
Les structures séminales et ovariennes du genre Crinum n’ont pas
manqué d’attirer l’attention des botanistes. En 1931, Tomita montre que
l’ovule de Crinum est un ovule nu. C’est là une structure exceptionnelle
chez les Angiospermes, puisqu’elle ne se retrouve que chez les plantes
parasites : Loranthacées et Balanophoracées (Maheswary 1950). Swamy
en 1946 confirme l’abscence de téguments ovulaires chez Crinum. Tomita
(1931) signale la réduction du nucelle et son caractère éphémère. La
structure du sac embryonnaire a été décrite et figurée par Swamy (1946)
chez Crinum asiaticum L. Nos observations, effectuées chez Crinum
giganteum, concordent avec celles de cet auteur. En ce qui concerne le
Source : MNHN, Paris
imiiniiiiiiiniïiî
— 526 —
PI. I. — Crinum giganleum: 1, coupe transversale d'un ovaire jeune, diamètre : 3 mm; 2, coupe
longitudinale de l’ovule avant la méiose; 3, coupe longitudinale de l'ovule au stade où la
méiose vient de s'achever; 5, coupe longitudinale de l’ovule au stade de la division des qualer
éléments de la tétrade méiotique; 5, coupe longitudinale de l'ovule mûr et constitution du
sac embryonnaire. Diamètre approximatif de la tète ovulaire = 850 g. Sac embryonnaire
350 g. Technique utilisée : fixateur de Navaschine, coloration Feulgen.
Source : MNHN, Paris
— 527 —
développement de l’albumen et la structure séminale, les seuls travaux
dont nous ayons eu connaissance sont ceux de Merry (1937) qui décrit
une assise subéreuse à la surface de l’albumen, et ceux de Whitehead
et Brown (1940) relatifs, non pas au genre Crinum mais à un genre voi¬
sin, Hymenocallis.
DESCRIPTION DE L’OVULE
Nous n’insisterons pas longtemps sur la structure de l’ovule mûr
qui a été déjà décrite par Tomita et Swamy.
Nous donnerons, principalement à l’aide de figures, quelques préci¬
sions sur l’ontogenèse de l’ovule nu du Crinum giganleum l .
La figure 1 de la planche 1 schématise la coupe transversale d’un
ovaire jeune de Crinum giganleum d’un diamètre de 3 mm.
La figure 2 montre une coupe longitudinale de l’ovule jeune, dans
un ovaire de 3 mm de diamètre, au stade où la méiose $ n’est pas encore
effectuée. Nous n’avons observé aucune trace de tégument ovulaire même
dans les stades les plus précoces de l’ontogenèse.
La figure 3 montre l’ovule au stade où la méiose vient de s’achever :
les quatre éléments de la tétrade méiotique se répartissent aux deux
pôles du futur sac embryonnaire.
La figure 4 montre la division des quatre éléments de la tétrade
méiotique : le sac embryonnaire acquiert alors la structure classique à
huit noyaux.
La figure 5, enfin, montre une coupe longitudinale de l’ovule mûr.
On notera l’absence totale de tégument ovulaire et la position du sac
embryonnaire sous l’épiderme nucellaire. On notera également les
grandes dimensions du sac embryonnaire par rapport à l’ovule, la puis¬
sante vascularisation funiculaire qui se termine au contact direct avec les
antipodes, elles-mêmes fortement développées. L'organisation interne du
sac embryonnaire est classique 2 .
LES PREMIERS STADES DE L’EMBRYOGENÈSE
La figure 1 de la planche 2 montre, peu après la fécondation, l’enva¬
hissement du sac embryonnaire par les noyaux de l’albumen. Les trois
antipodes sont écrasées au fond du sac embryonnaire, tandis que l’em¬
bryon, encore très réduit à ce stade, se présente sous forme d’un petit
massif de six cellules, situé derrière les synergides.
1. Malgré nos efTorts, un doute persiste quant au nom spécifique exact. Afin de
lever toute ambiguïté, nous déposons un échantillon de l’herbier au Muséum de Paris :
J. Toilliez-genoud n° 269. L’examen des plaques métaphasiques des cellules du
nucelle en division nous a permis de compter les chromosomes. 2N = 22, comme la
majorité des espèces du genre Crinum (Darlington et Wylie, 1955).
2. Nous avons toujours observé chez Crinum giganleum une disposition normale
des antipodes et des synergides, mais Swamy (1936) a vu, chez Crinum asialicum, une
forte proportion de sacs embryonnaires à polarité inversée, une des antipodes fonction¬
nant alors comme oosphère.
Source : MNHN, Paris
— 528 —
PI. 2. — Crinum giganleum: 1, peu après la fécondation le sac embryonnaire est envahi par
les noyaux de l’albumen. On remarquera contre les synergides, l'amas cellulaire représen¬
tant l'embryon. Longueur du sac embryonnaire = 863 g; 2, graines de quelques fruits
rangées par ordre de taille; les dimensions des graines varient de 35 mm A 9 mm; 3 et 4,
dissection de graines; on remarquera le périderme, la zone chlorophyllienne à la surface
de l'albumen, les dimensions variables de l'embryon.
Source : MNHN, Paris
— 529 —
Au stade de la figure 1, la croissance de l’albumen n’a pas encore
provoqué la rupture de l’épiderme nucellaire; mais, très rapidement,
l’albumen va prendre un développement énorme et, sous la poussée, le
nucelle disparaît complètement.
L’absence totale de toute barrière nucellaire ou tégumenlaire permet de
comprendre la croissance indéfinie de la graine.
DESCRIPTION DE LA GRAINE
Formes et dimensions :
La figure 2 de la planche 2 montre, rangées par ordre de dimensions
croissantes, les graines de quelques fruits de Crinum giganteum. A l’inté¬
rieur d’un même fruit, la variation du poids est considérable, comme le
montre le tableau suivant :
Poids de la graine
( en gr.)
Fruit 1
Fruit 2
Fruit 3
Graine 1.
4,888
5,919
4,480
Graine 2.
3,729
5,834
3,961
Graine 3.
3,381
4,645
3,869
Graine 4.
3,375
3,415
3,387
Graine 0.
2,826
2,687
2,833
Graine 0
2,428
2,294
2,084
Graine 7 .
1,459
1,051
2,048
Graine 8 .
1,173
1,749
Graine 9 .
0,760
1,646
Graine 10.
0,725
0,763
Graine II .
0,065
0,422
Graine 12 .
0,022
Outre la variabilité du poids, on remarquera l’irrégularité de forme
de ces graines.
Cette grande variabilité dans les dimensions et dans les formes consti¬
tue le caractère le plus intéressant de la graine de Crinum. L’étude histo¬
logique faite précédemment en donne une explication satisfaisante : la
dimension finale de la graine et sa forme ne sont pas définies, comme
dans le cas général, par le volume intérieur d’un tégument séminal; la
graine ne cesse de croître qu’au contact des graines voisines et du péri¬
carpe.
Chez diverses Légumineuses tropicales (Pentaclethra, Cynometra),
Corner (1951) a décrit des graines à tégument séminal excessivement
fin, ou indifférencié, dont le développement n’est limité que par la pré¬
sence des graines voisines. Il les nomme « graines à croissance exagérée »
(Overgrown Seeds).
Source : MNHN, Paris
— 530 —
STRUCTURE DE LA GRAINE
Les figures 3 et 4 de la planche 2 montrent la dissection de graines
de Crinum giganteum. Ces graines n’ont évidemment ni micropyle, ni
légument séminal puisque l’ovule qui leur a donné naissance était un
ovule nu. L’essentiel du volume séminal est constitué par un albumen
charnu, très hydraté, à consistance molle; quelques assises cellulaires
superficielles sont subérisées et forment une couche protectrice de nature
triploïde (Merry, 1937). Sous cette couche protectrice, quelques assises
cellulaires sont chargées de chlorophylle et donnent à la graine de Crinum
sa teinte verte caractéristique.
L’albumen, au cours de sa croissance, a complètement entouré
l’embryon. Ce dernier n’a plus une position superficielle comme dans
la figure 1 de la planche 2 : il se trouve enfoui au centre de la masse d’al¬
bumen, au fond d’un canalicule long et sinueux dont le trajet est marqué
par la présence de tissus chlorophylliens.
L’orientation de l’embryon par rapport à l’ensemble de la graine est
absolument quelconque. Ceci a été signalé par Corner (1951) chez les
Légumineuses, et cette perte de l’orientation semble être un fait constant
chez les graines « à croissance exagérée ».
L’embryon lui-même a une structure habituelle. Ses dimensions sont
en rapport avec les dimensions de la graine (fig. 3 et 4).
CONCLUSION
L’albumen de Crinum se comporte très exactement comme une
culture de tissus dont le volume final est déterminé par le volume du réci¬
pient. Chez les Monocotylédones à albumen comestible (Oryza, Trili-
cum) ne serait-il pas possible, en supprimant par sélection les téguments
de l’ovule, d’obtenir une « croissance exagérée » de l’albumen? L’exemple
de Crinum montre qu’une telle idée, a priori, n’est pas absurde.
Bibliographie
1931. — Tomita, K. — über die Entwicklung des nackten Embryo von Crinum
laii/olium L. Sci. Rpt. TOhoku lmp. Univ. 4. Biol. 6 : 163-169.
1937. — Merry, J. — Formation of periderm in the endosperm of Crinum asiaiicum.
Papers Mich. Acad. Sci., Arts, and letters 22: 159-164.
1944. — Whitehead, M. R. and Brown, C. A. — The seed of the spider Lily, Hi/me-
nocallis occidenlalis. American Journ. of Botany 27, 4.
1946. —- Swamy, B.G.L. — Inverted polarity of the embryo sac of Angiosperms and
its relation to the archegonium theory. Annals of Botany, N.S. 10 (38).
1950. — Maheswari, P. — An introduction to the embryology of Angiosperms. Mc.
Graw Hill Book Company, Inc.
1951. —- Corner, E. J. H. — The leguminous seed. Phytomorphology 1, 1-2 : 117-150.
Source : MNHN, Paris
UN NOUVEAU GENRE AFRICAIN D’ANNONACÉES
BOUTIQUEA Le Thomas
par Annick Le Thomas
En 1962, R. Letouzey rapporta du Cameroun une Annonacée en
fleurs et en fruits qui nous avait alors beaucoup intriguée par l’aspect
inconnu de ses fruits dans la famille. J. et A. Raynal retrouvèrent succes¬
sivement en 1963 et 1965, dans la même région, aux environs de Kribi,
ce même arbuste en fleurs et en fruits, que nous rapprochions immédiate¬
ment du n° 4092 de R. Letouzey.
L’examen minutieux des fleurs nous amène à comparer cette plante
au genre Neoslenanlhera dont elles possèdent tous les caractères structu¬
raux : pétales valvaires, en deux verticilles, les externes beaucoup plus
longs que les internes et concaves à la base; étamines nombreuses, libres,
à thèques locellées transversalement, carpelles nombreux à ovaires unio-
vulés. Avec plus de précisions, nous pouvons même la rattacher au
N. ptatypetala (Engl, et Diels) Pellegr., décrit sans fruit et que les auteurs
reconnaissent déjà comme très distinct dans le genre, par la pilosité des
feuilles et la forme des pétales externes plus larges que dans les autres
espèces de N eoslenanlhera.
Si l’on regarde un spécimen fructifère, il semble cependant impossible de
conserver cette espèce dans le genre N eoslenanlhera dont le fruit est
caractérisé par de nombreux méricarpes ellipsoïdes à ovoïdes, à stipe
long et grêle, articulé sous le méricarpe. Cette espèce est maintenant
connue en fleurs et en fruits, ces derniers se présentant en une masse
pédonculée, composée de méricarpes sessiles pressés les uns contre les
autres par leur base et disposés en étoile. De plus chaque méricarpe est
de forme pyramidale à la partie supérieure, à sommet ± acuminé, creux,
séparée de la partie inférieure par un bourrelet subanguleux.
En raison de l’originalité de ce fruit et compte tenu des caractères
utilisés pour séparer les genres d’Annonacées, il nous semble dorénavant
préférable de classer cette espèce dans un nouveau genre voisin des
N eoslenanlhera.
BOUTIQUEA Le Thomas, gen. nov. 1 .
Arbor parva vel frutex indumento pilis simplicibus. Flores <j? solitarii
vel 2-3 fasciculati, extraaxillares vel e cortice vetere orti. Sepala 3, valvata,
1. Ce genre est dédié à M. Boutique, du Jardin Botanique de l'État de Bruxelles,
spécialiste des Annonacées du Congo ex Belge.
Source : MNHN, Paris
— 532 —
parva, basi libéra. Petala 6, in verticillis duobus disposita, valvata; exteriora
lata, libéra, erecta, quam interiora multo majora, imma basi excavata;
interiora apice conniventia. Stamina multa, libéra, antheris linearibus trans¬
verse septatis, connectivo ultra thecas elongato. Carpella multa, libéra, ova-
rio cylindrico angusto, villoso, stylo lineari. Ovarium 1 erectum.
Fructus mericarpiis monospermis, sessilibus, basi maxime confertis,
stellatis, cujusque parte superiore libéra, tetraedrica, cucullum apice ± suba-
cuminatum, cavum formante, a parte inferiore arculo prominente subangu-
lato segregata. Semen ellipsoideum-ovoideum, mericarpium acumine excepto
complens.
Espèce type ; Boutiquea plalypelala (Engl, et Diels) Le Thomas.
Dans le cadre de la classification des Annonacées établie par Hut-
chinson en 1964 (The Généra of Flowering Plants, 1), le genre Boutiquea
se place dans la sous-famille des Annonoideae, tribu des Unoneae, sous-
tribu des Xylopineae, groupe A (6 pétales). Nous pouvons inclure ce genre
dans la clé d’HuTCHiNSON de la façon suivante :
Connectif tronqué ou développé au-dessus des anthères les recou-
Ovules nombreux (au moins plus de 2) :
Ovules 1-2 :
Pédoncules indurés et épaissis ^ recourbés en crochets.
Pédoncules non comme ci-dessus :
Plus d’un carpelle :
Pétales subégaux.
Pétales très inégaux :
Pétales unis à la base. Papualthia.
Pétales libres ou légèrement connivents :
Pétales rétrécis et concaves à la base :
Pétales externes étroits; fleurs extra-axillaires
ou opposées aux feuilles ; méricarpes longuement
pédicellés, articulés au sommet du pédicelle.
. Neostenanthera.
Pétales externes larges; fleurs extra-axillaires ou
naissant sur le vieux bois; méricarpes sessiles,
contigus à la base et disposés en étoile... Boutiquea.
Boutiquea platypetala (Engl, et Diels) Le Thomas, comb. nov.
— Stenanlhera plalypelala Engl, et Diels in Engler, Bot. Jahrb. 39 : 482 (1907).
— Stenanlhera macranlha Mildbr. et Diels in Engler, Bot Jahrb. 52: 445 (1915).
— Neostenanthera plalypelala (Engl, et Diels) Pellegrin, Bull. Soc. Bot. Fr. Mém. :
56 (1949).
— Neostenanthera macranlha (Mildbr. et Diels) Exell, Journ. Bot. 37, suppl. : 6
(1935), Byn. nov.
Petit arbre ou arbuste atteignant 4 m de haut, souvent formé de
plusieurs tiges dès la base et entouré de nombreux rejets hauts de 50 cm
à 1 m. Jeunes rameaux densément pubescents roux. Feuilles à pétiole
Source : MNHN, Paris
— 533
PI. 1. - Bouliquea ptatupetala (Engl, et Diels) Le Thomas : 1, rameau florifère x 2/3; 2 , détail
de la feuille, face inférieure x 2; 3, fleur, un pétale externe et deux pétales internes enlevés
x 2; 4, pétale interne, faces interne et externe x 2; 5, pétale externe vu de profil et face
interne x 2; 6, carpelle x 10; 7, étamine x 8; 8, fruit x 2/3; 9, coupe longitudinale du
méricarpe gr. nat.; 10, coupe transversale du méricarpe gr. nat. (1,2,3,9,10, Letouzey
4092; 3,4,5,6,7, J. et A. Raynal 10 389).
Source : MNHN, Paris
— 534 —
de 5 mm de long, pubescent roux. Limbe papyracé, elliptique-oblong à
oblong-obovale, de 3-27 cm de long sur 3-9,5 cm de large, à base rétrécie
et arrondie, à sommet acuminé; face supérieure glabre, glauque, face
inférieure couverte de longs poils roux enchevêtrés. Nervure médiane
proéminente en dessous; 15-20 paires de nervures latérales obliques ascen¬
dantes; nervilles régulières et parallèles.
Fleurs jaunâtres, extra-axillaires, naissant soit sur de petits rameaux
latéraux, soit sur les rejets de la base de l’arbuste, soit sur le tronc, soli¬
taires ou 2-3 fasciculées. Pédicelle de 1-2, 5 cm de long, épaissi au sommet,
densément pubescent roux, muni vers la base d'une petite bractéole
pubescente. Sépales très petits, largement triangulaire-ovales, de 3-4 mm
de large sur 1-1,5 mm de long, aigus au sommet, pubescents roux extérieu¬
rement. Pétales externes ovés-allongés ou ovés-Iancéolés, de 1,7-4,5 cm
de long sur 0,7-2 cm de large, à sommet aigu, à base rétrécie munie d’un
cuilleron, tomentelleux à poils courts sur les deux faces sauf à l’intérieur
du cuilleron; pétales internes épais, triangulaires-ovés, à base rétrécie
± onguiculée et creuse, de 7-12 mm de long sur 4-5 mm de large, tomen¬
telleux à l’extérieur, glabres à l’intérieur. Etamines nombreuses de 1,5-
2,5 mm de long, à connectif triangulaire développé au-dessus des thèques.
Carpelles nombreux de 4 mm de long environ, à ovaire cylindrique étroit,
velu, style linéaire glabre.
Fruits à pédoncule de 2-3 cm de long, pubescent roux, composé de
(2)-4 à 23 méricarpes rouge vineux, pressés par la base et formant une
masse étoilée qui peut atteindre au moins 8 cm de diamètre. Méricarpes
sessiles, de 2,5-3,5 cm de long sur 1,5-2 cm de large; base subtronquée ou
± arrondie, surmontée par un bourrelet en saillie au niveau de la plus
grande largeur; partie supérieure, soit les 3/4 de la hauteur, totale de
forme pyramidale, avec un sommet acuminé et creux; tomentelleux à
l’état jeune, glabres à maturité. Graine ellipsoïde à ovoïde, de 1,7-2 cm
de long sur 1-1,2 cm de large.
Type de l’espèce : Zenker 2877, Bipindi, Cameroun, 11. mars (holo-
type B!; isotypes P!, BM!, K)
Autre matériel de référence :
— Letouzey 4092, entre Fenda — 60 km ESE de Kribi — et la rivière Kienke, fl.,
fr. janv.
— Mildbread 5886, Kribi près de Fenda, fl. juill.
— J. et A. Raynal 10389, Njabilobé, 54 km ESE de Kribi, fl. mars. - 13457, Assok,
40 km N de Nyabesan, fr. févr.; — 13472, Njabilobé, réserve forestière de Kienké-
Sud, fr. févr.
— Zenker 29, Bipindi, fl. janv.; 440, id.; 3749 id.; 3819, id.
Cette espèce est particulièrement abondante en sous-bois de forêt
ombrophile avec Sarcoglollis gabonensis sur sol sablonneux et rocailleux.
Nous lui rapportons Neoslenanlhera macrantha (Mildbr. et Diels)
Exell, ayant trouvé parmi les spécimens récoltés récemment tous les
intermédiaires permettant de les confondre. En effet, le type de N. ma¬
crantha (Mildbread 5886) se différencie assez bien de celui de N. plaly-
petala (Zenker 2877) par les pétales des fleurs plus larges et les pédicelles
Source : MNHN, Paris
— 535 -
floraux simples. Or, dans le n° 4092 de Letouzey, nous trouvons le passage
des pétales ovés-allongés, plus étroits du N. platypetala aux pétales nette¬
ment ovés-lancéolés, plus larges du N. macrantha. D’autre part le n° 10384
de J. et A. Raynal nous fournit un exemple de la fleur type du N. macran-
Iha mais fasciculée. Ces échantillons provenant tous de la même région du
Cameroun, il ne fait plus de doute qu’il s’agisse d’une seule et même
espèce.
Il existe une autre espèce N. neurosericea décrite par Engler et
Diels (Bot. Jahrb. 39 : 483, 1907) sur un seul spécimen : Zenker 3105,
Bipindi, qui pourrait être aussi rattachée à ce genre et peut-être même
confondue avec l’espèce plalypetala. La fleur du type est semblable à
celle de B. platypetala si l’on considère la forme extrême des pétales ovés-
allongés; pour distinguer cette espèce il ne reste plus que la pilosité des
rameaux et des feuilles plus fine, plus courte et apprimée. Nous pensons
que cette espèce pourrait représenter une forme variétale de B. platype-
lala, mais n’ayant actuellement aucun autre spécimen comparable, nous
préférons attendre un nouvel apport de matériel avant de l’établir avec
certitude.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
NOTES
SUR QUELQUES ROSACÉES ASIATIQUES (III) ■
RÉVISION DU GENRE ERIOBOTRYA (POMOIOEAE)
par J.-E. Vidal
Maître de Recherche au C.N.R.S.
Laboratoire de Phanérogamie Paris.
N.B. — 1. On trouvera les nouveautés apportées par cette révision dans l'index
des taxa cités, p. 577.
2. D’autres illustrations concernant plus particulièrement les espèces indochi¬
noises sont prévues dans le texte à paraître dans la Flore du Cambodge-Laos-Vietnam.
La révision du genre Eriobotrya s’est révélée nécessaire pour situer
correctement les espèces figurant dans le matériel indochinois.
Grâce aux prêts aimablement consentis par les directeurs des divers
herbiers étrangers (A, BM, E, K, L, W), j’ai pu examiner la plus grande
partie du matériel type ou authentique ayant servi de base à la descrip¬
tion des espèces de ce genre.
DESCRIPTION DU GENRE
ERIOBOTRYA Lindl.
Lindley, Trans. Linn. Soc. 13: 102 (1821); DC., Prodr. 2 : 631 (1825); Benth.
& Hook., Gen. PI. 1: 627 (1865) (incl. Pholinia ); Bâillon, Hist. PI. 1: 411 (1869)
(incl. Pholinia ); Decaisne, Nouv. Arch. Mus. Paris 10: 144, pl. 10 (1874); Wenzig,
Linnaea 38 : 97 (1874); Hook. F., Fl. Brit. Ind. 2 : 370 (1878); Focke in Engl. &
Pr., Nat. Pflanzenfam. 3, 3 : 25 (1888); Schneider, 111. Handb. Laubh. 1: 711 (1906);
Koidzumi, Conspect. Rosac. Japon., Journ. Coll. Sc. Imp. Univ. Tokyo 34, 2 : 66
(1913); Cardot, Fl. Gén. Indoch. 2: 677 (1920); Rehder, Man. Trees & Shrubs, éd. 2 :
385 (1940); Bibl. Trees & Shrubs : 263 (1949).
Arbres ou Arbustes.
Feuilles simples, stipulées, pétiolées ou sessiles, dentées ou entières,
à nervures le plus souvent prolongées jusqu’à la marge.
Inflorescences en panicules terminales. Calice en coupe ^ évasée,
d 5 lobes persistants. Pétales 5. Étamines (15)-20-(40). Ovaire infère ou
demi-infère, à 2-5 loges 2-ovulées; styles 2-5, soudés à la base.
Fruit ± charnu, couronné par les lobes du calice; endocarpe très
mince ; graines grosses, globuleuses ou ovoïdes, à tégument mince et
cotylédons très épais.
Espèce type : E. japonica (Thunb.) Lindl., /. c.
1. Cf. Adans. 3: 142-166 (1963); (I), Adans. 4: 142-147 (1964); (II), Adans. B:
221-237 (1965).
Source : MNHN, Paris
— 538 —
HISTORIQUE ET AFFINITÉS
Le genre Eriobotrya a été créé par Lindley (1821) et basé sur l'espèce
Mespilus japonica Thunb. (1784) qui est devenue sous sa plume Eriobotrya
japonica. Deux autres espèces sont mentionnées par Lindley : E. ellip-
tica, du Népal et E. cordala. Cette dernière, du Pérou, est rattachée aujour¬
d’hui au genre Hesperomeles (H. lanuginosa Ruiz et Pav. ex Hook.).
Le nom Eriobotrya , du grec êpiov, erion, laine et pérpuç, botrys,
grappe, fait allusion à la présence d’inflorescences en panicules velues
laineuses; cette dénomination s’applique à la majorité des espèces, mais
il faut noter cependant que certaines ont des inflorescences glabres. Il a
fallu d’ailleurs, pour d’autres caractères, modifier, en la généralisant,
la description primitive du genre, pour la rendre applicable aux 27 espèces
ici retenues.
Bentham et Hooker (1865) ainsi que Bâillon (1869) avaient réuni
ensemble les genres Pholinia et Eriobotrya, la structure florale étant à
peu près la même dans les deux. Il me paraît cependant préférable de
suivre l’avis des auteurs plus récents et de les maintenir séparés. Eriobo-
trya peut, en effet, être distingué de Pholinia par un ensemble de carac¬
tères : l’inflorescence en panicule (et non en corymbe), le fruit et les graines
beaucoup plus gros, à cotylédons épais, enfin les nervures des feuilles
plus rectilignes, se prolongeant le plus souvent jusqu’à la marge (et non
confluentes par arcs marginaux).
La confusion a été faite aussi avec Stranvaesia, genre voisin de Pho¬
linia, à fruit déhiscent dans la partie supérieure (cf. E. ambigua, E. oblon-
gifolia, p. 576).
Il est parfois impossible de distinguer Eriobotrya de Rhaphiolepis,
la seule différence essentielle étant la caducité des lobes du calice chez ce
dernier genre (cf. E. Henryi, E. Seguini, E. acuminatissirna, E. philippi-
nensis).
D’une manière générale on peut retenir les caractères distinctifs
suivants entre ces différents genres voisins présentant tous un ovaire
infère et un fruit à endocarpe membraneux :
1. Lobes du calice et styles caducs peu après la floraison; inflores¬
cences en grappes ou panicules. Rhaphiolepis.
V. Lobes du calice persistants sur le fruit; styles J; persistants;
inflorescences en corymbes ou panicules.
2. Fruit indéhiscent à maturité; styles 2 à 5.
3. Inflorescences en panicules; endocarpe mince; graines volu¬
mineuses; nervures des feuilles le plus souvent prolongées
jusqu’à la marge. Eriobotrya.
3'. Inflorescences en corymbes; endocarpe coriace; graines
petites; nervures des feuilles souvent confluentes par
arcs marginaux. Photinia.
2'. Fruit déhiscent à maturité; styles 5; inflorescences en corym¬
bes . Stranvaesia.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
539
— 540 —
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE ET ÉCOLOGIE
Le genre Eriobolrya compte une trentaine d’espèces asiatiques
réparties dans la région himalayenne (Népal, Sikkim, Bhoutan), le nord
et le nord-est de l’Inde (plaine du Gange, Assam), le Pakistan oriental,
la péninsule indochinoise et malaise (Birmanie, Thaïlande, Laos, Vietnam,
Cambodge, Malaisie), la Chine centrale et méridionale, le sud du Japon,
Formose, l’est de Bornéo, le sud-est de Sumatra (voir carte 1).
L’espèce qui a la plus large répartition après E. japonica (dont l’aire
a été étendue par la culture à la plupart des régions tempérées chaudes)
est E. bengalensis. Cette espèce se retrouve depuis l’Himalaya jusqu’à
Sumatra et Bornéo. La majorité des autres espèces ne sont connues que
d’une région très limitée, parfois d’un seul lieu de récolte et par un seul
spécimen. Telles sont dans ce dernier cas : E. latifolia et E. merguiensis
du sud de la Birmanie, E. plalyphylla du nord de la Birmanie, E. longi-
folia de l’est du Bengale.
Une minorité d’espèces fréquentent les régions basses, d’altitude
inférieure à 1 000 m (E. japonica, E. bengalensis, E. deflexa, E. slipularis).
Les autres se recontrent au-dessus de 1 000 m, parfois entre 2 500 et
3 000 m comme E. Wardii, E. peliolata, E. glabrescens, E. dubia, E.
Henryi, E. Hookeriana, E. salwinensis, E. tengyuehensis, dans des forma¬
tions ligneuses souvent primaires, parfois ripicoles (E. Henryi).
En général les feuilles sont persistantes; elles sont signalées cepen¬
dant comme caduques chez E. Wardii.
Dans la mesure où l’on peut tenir compte des renseignements frag¬
mentaires fournis par les étiquettes de récolte il semble qu’on puisse dis¬
tinguer deux types de floraison :
— floraison d’automne et d’hiver (septembre à janvier) : E. War¬
dii, E. japonica, E. malipoensis, E. (ragrans var. furfuracea, E. platy-
phylla, E. serrata, E. dubia, E. Hookeriana, E. bengalensis, E. stipulo¬
ns, E. prinoides, E. anguslissima.
— floraison de printemps : E. peliolala, E. glabrescens, E. fragrans,
E. Poilanei, E. grandijlora, E. Cavaleriei, E. Henryi, E. deflexa, E. salwi¬
nensis, E. tengyuehensis, E. Seguini.
USAGES
A part E. japonica cultivé dans les régions tempérées chaudes pour
son fruit (Nèfle du Japon, Loquat), le genre Eriobolrya compte peu
d’espèces exploitées par l’homme. Certaines fournissent un bois d’œuvre :
E. serrala, E. deflexa, E. bengalensis, E. prinoides var. laotica. L’écorce
d’E. dubia servirait au Népal à teindre le coton en rouge, d’où l’ancien
nom Mespilus lincloria donné par D. Don à cette espèce.
CARACTÈRES MORPHOLOGIQUES ET LEUR VALEUR TAXONOMIQUE
Les Eriobolrya sont des arbustes ou des arbres dont la taille n’excède
guère 20 m. L’espèce mal connue E. macrocarpa atteindrait 30-40 m.
Les caractères des feuilles permettent de séparer certains groupes
d’espèces :
Source : MNHN, Paris
— 541 —
— Limbe étroit dont la largeur n’atteint pas 25 mm : E. anguslis-
sima, E. bengalensis f. contracta, E. Henryi, E. Seguini.
— Limbe dont la largeur dépasse 10 cm : E. Wardii, E. malipoensis,
E. platyphylla.
— Limbe dont la longueur est inférieure à 10 cm : E. Henryi,
E. bengalensis f. contracta, E. obovala, E. prinoides var. laolica, E. angus-
lissima, E. Seguini.
— Limbe toujours entier : E. Wardii, E. lalifolia, E. longifolia,
E. merguiensis, E. macrocarpa.
— Limbe entier ou denté : E. elliplica, E. petiolata, E. jragrans.
— Limbe denté seulement vers le sommet : E. petiolata, E. jra¬
grans, E. tengyuehensis, E. salwinensis, E. prinoides, E. angustissima.
— Limbe à dents profondes de 3 mm au moins : E. ellipiica var. Pete-
lolii, E. deflexa.
— Limbe tomenteux à la face inférieure : E. japonica, E. malipo-
ensis, E. salwinensis, E. prinoides.
— Limbe à nervures nombreuses dépassant 15 paires : E. mali¬
poensis, E. elliptica, E. elliplica var. Petelolii, E. petiolala, E. glabrescens,
E. Hookeriana, E. longifolia.
— Pétiole très court, inférieur à 5 mm : E. Wardii, E. japonica,
E. Hookeriana, E. Seguini.
—- Pétiole très long, supérieur à 40 mm : E. elliplica var. Petelolii,
E. peliolala, E. glabrescens, E. jragrans var. furfuracea, E. platyphylla,
E. grandiflora, E. latifolia, E. dejlexa.
— Stipules foliacées ^ persistantes : E. stipularis, E. Poilanei.
Les inflorescences sont en panicules le plus souvent étalées et tomen-
teuses; mais on observe aussi d’autres particularités :
— Inflorescences contractées : E. Wardii, E. japonica, E. ellip¬
tica, E. elliplica var. Petelolii, E. Poilanei, E. bengalensis f. contracta.
— Inflorescences très courtes, inférieures à 5 cm : E. angustissima,
E. Seguini, E. bengalensis f. contracta, f. anguslijolia, E. Poilanei, E. Hen¬
ryi, E. merguiensis.
— Inflorescences glabres : E. Wardii, E. glabrescens, E. platyphylla,
E. angustissima, E. macrocarpa.
La longueur du pédicelle quoique variable au cours du développe¬
ment est cependant caractéristique dans quelques cas :
—- Pédicelle long, dépassant 5 mm : E. Wardii, E. jragrans, E. gran-
dijlora, E. cavaleriei.
— Pédicelle nul ou subnui : E. japonica, E. elliplica, E. elliptica
var. Petelotii, E. Poilanei, E. serrata, E. Hookeriana, E. longifolia, E. mer-
quiensis, E. lalifolia, E. salwinensis, E. Seguini.
La forme des sépales et des pétales, variable au sein d’une même
espèce et sur un même individu, est peu caractéristique. Les sépales peu¬
vent être aigus, subaigus, obtus ou arrondis. Les pétales sont ± échan-
crés et ± barbus à. la base interne.
Le nombre d’élamines est aussi variable à l’intérieur de l’espèce.
Le plus fréquent est 20. Autres nombres observés :
Source : MNHN, Paris
— 542 —
— Étamines ±15 : E. dubia, E. Henryi, E. merguiensis (?), E. Se-
guini.
— Étamines 30 : E. Wardii, E. Poilanei, E. deflexa f. buisanensis.
L'ovaire est le plus souvent tout à fait infère et velu au sommet.
On observe cependant :
— Ovaire demi-infère : E. bengalensis , E. prinoides.
— Ovaire glabre au sommet : E. Wardii, E. grandiflora, E. Cava-
leriei.
Le nombre de loges de l’ovaire el de styles correspondants, très varia¬
ble, n'est significatif que statistiquement. De ce point de vue on peut
distinguer les espèces présentant 3 à 5 styles, 3 à 4 styles, 2 à 3 styles
(cf. clé A). L’utilisation de ce critère exige souvent un comptage de fleurs
(10 au minimum) pour pouvoir situer l’espèce dans l’un ou l’autre groupe.
Malgré cette précaution certaines formes restent intermédiaires. Ainsi
E. bengalensis f. intermedia se rattache par la majorité de ses caractères
à E. bengalensis située dans le groupe 2-3 styles, mais la présence de
4 styles en proportion notable (20 %) la rapproche d’une autre espèce
E. serrala, située dans le groupe 3-4 styles.
Le fruit est ovoïde ou globuleux et ± gros (diamètre moyen : 10 mm).
— Diamètre du fruit 20 mm : E. Wardii, E. japonica, E. ellip-
lica var. Petelolii, E. macrocarpa, E. grandiflora.
En combinant ces divers caractères on peut grouper les espèces par
affinités naturelles (clé A) ou dans un ordre artificiel (clé B).
A. CLÉ SYSTÉMATIQUE GROUPANT LES ESPÈCES PAR AFFINITÉS
1. Largeur du limbe dépassant 25 mm.
2. Styles 3-4-5, jamais uniquement 3 sur un même individu.
3. Pétiole inférieur à 10 mm ou nul.
4. Pétiole nul ou subnui; limbe entier, obtus, glabre, ayant
20 X 10 cm et ± 12 paires de nervures; inflorescences,
ovaire et styles glabres; étamines 35-40; styles (3)-4-(5)
. LE. Wardii.
4’. Pétiole non nul; limbe ± denté, aigu, tomenteux en
dessous; inflorescences, ovaire et styles velus; éta¬
mines 20-30.
5. Pétiole très court (5 mm); limbe ayant 18 X 5 cm et
± 15 paires de nervures; styles 5. 2. E. japonica.
5'. Pétiole long de 10 mm; limbe ayant 35 X 12 cm et
± 20 paires de nervures; styles 3-5. 3. E. malipoensis.
3'. Pétiole dépassant 12 mm.
6. Nervures 15-20 paires.
7. Inflorescences compactes, à axes épais; fleurs sessiles;
pétiole long de 20-40 mm; styles 5.
8. Limbe entier ou à dents rares peu marquées.. 4a. E. elliptica
8'. Limbe denté à dents profondes. 46. E. elliptica
var. Petelolii.
Source : MNHN, Paris
— 543 —
7'. Inflorescences ^ étalées, à axes non remarquablement
épais; fleurs pédicellées; pétiole long de 20-50 mm;
styles 3-4-5.
9. Inflorescences tomenteuses; styles (4)-5 ; limbe
entier ou denté au sommet; pétiole long de 40-
50 mm. 5. E. petiolata.
9'. Inflorescences glabres ou glabrescentes...
10. Styles (4)-5; limbe denté; nervures 20 paires;
pétiole long de 30-40 mm. 6a. E. glabrescens
var. glabrescens.
10'. Styles 3-4, rarement 5.
11. Limbe entier ou denté au sommet, à largeur
inférieure à 10 cm, ayant 14 X 6 cm; pétiole
long de 20-30 mm; styles 3-4-(5). 6b. E. glabrescens
var. victoriensis.
11'. Limbe denté, à largeur dépassant 10 cm, ayant
22 X 16 cm; pétiole long de 30-40 mm;
styles 3-4. 7. E. platyphyüa.
6'. Nervures 10-12 paires.
12. Styles 5 ou (3)-4-(5).
13. Inflorescences étalées; fleurs pédicellées; styles
(4)-5; stipules caduques.
14. Limbe glabre; pétiole long de 20-30 mm; lobes
du calice arrondis; styles 5. 8a. E. fragrans
var. fragrans.
14'. Limbe ^ tomenteux ochracé à la face inférieure;
pétiole long de 40 mm ; lobes du calice subaigus ;
styles (4)-5. 86. E. fragrans
var. furfuracea.
13'. Inflorescences contractées; fleurs sessiles; styles
(3)-4-(5); stipules ± persistantes. 9. E. Poilanei.
12'. Styles 3-4.
15. Inflorescences compactes; fleurs sessiles; limbe
oblancéolé ou obovale, denté, ayant 20 X 7 cm
et i 12 paires de nervures; pétiole long de
20-30 mm. 10. E. serrata.
15'. Inflorescences étalées; fleurs pédicellées; limbe
elliptique, ayant 16 X 6 cm et ^ 10 paires de
nervures; pétiole long de 20 mm... . 20. E. bengalensis
(f. intermedia).
2'. Styles le plus souvent 2-3.
16. Ovaire glabre au sommet.
17. Limbe arrondi au sommet ou brusquement et courte-
ment acuminé, ayant 13 X 4 cm et ^ 12 paires de
nervures; pétiole long de 30-40 mm; inflorescences
tomenteuses . 11. E. grandiflora.
17'. Limbe acuminé aigu au sommet, ayant 11 X 3 cm et
Source : MNHN, Paris
— 544 —
i 10 paires de nervures; pétiole long de 20-25 mm;
inflorescences pubescentes ou glabresccntes.
. 12. E. Cavaleriei.
16'. Ovaire ^ velu au sommet.
18. Pétiole inférieur ou égal à 12 mm.
19. Limbe denté.
20. Limbe ayant 8-10 X 2-3 cm et J; 10 paires de
nervures.
21. Limbe oblancéolé, ayant 10 X 3 cm; dents espa¬
cées de 5-8 mm, peu aiguës. 13. E. dubia.
21'. Limbe oblong lancéolé, ayant 8x2 cm; dents
espacées de 2-3 mm, aiguës. 14. E. Henryi.
20'. Limbe dépassant 12 cm de long, ayant plus de
15 paires de nervures.
22. Limbe ayant 14 X 4 cm et 16 paires de nervures
. 15. E. Hookeriana
(f. minor).
22'. Limbe dépassant 20 cm de long.
23. Limbe ayant 25 X 8 cm et ^ 25 paires de ner¬
vures; styles 2. 15. E. Hookeriana.
23'. Limbe ayant 35 X 12 cm et J; 20 paires de
nervures; styles 3-5. 3. E. malipoensis.
19'. Limbe entier.
24. Limbe aigu au sommet, ayant 20 X 3 cm et ^
25 paires de nervures; inflorescences longues de
10 cm . 16. E. longifolia.
24'. Limbe obtus au sommet, ayant 10 X 3 cm et
12 paires de nervures; inflorescences longues
de 3 cm. 17. E. merguiensis.
18'. Pétiole dépassant 12 mm.
25. Limbe entier, ayant 16 X 8 cm et ^ 10 paires de
nervures . 18. E. latifolia.
25'. Limbe ^ denté.
26. Feuilles adultes glabres.
27. Dents du limbe profondes d’au moins 3 mm.
28. Largeur du limbe dépassant 4 cm, ayant 20 X
6 cm; calice (tube + lobes) dépassant
6 mm. 19. E. deflexa
(f. deflexa).
28'. Largeur du limbe inférieure à 4 cm, ayant
12 X 3 cm; calice (tube + lobes) inférieur
à 6 mm. 20. E. bengalensis
(f. angustifolia).
27'. Dents du limbe ayant moins de 3 mm de pro-
29. Dents sur la plus grande partie de la marge.
30. Pas de stipules foliacées persistantes.
Source : MNHN, Paris
— 545 —
31. Calice (tube + lobes) ayant 6 mm ou
plus.!. 19. E. deflexa
(f. buisanensis).
31'. Calice (tube + lobes) ne dépassant pas
5 mm.
32. Inflorescences étalées dépassant 8 cm
de long.
33. Inflorescences glabres ou glabres-
centes; limbe ayant 25 X 10 cm
et 15 paires de nervures.
. 20. E. bengalensis
(f. gigantea).
33'. Inflorescences tomenteuses; largeur
du limbe inférieure à 8 cm; ner¬
vures ^ 10 paires (f. bengalensis)
ou 15-20 paires (f. multinervata)....
. 20. E. bengalensis.
32. Inflorescences contractées n’atteignant
34. Limbe lancéolé ou oblancéolé, aigu ou
obtus au sommet, à dents espacées
de 6-10 mm; nervures ^ 10 paires.
35. Dents peu profondes. . 20. E. bengalensis
(f. contracta).
35'. Dents profondes de 3 mm.
. 20. E. bengalensis
(f. angustifolia).
34'. Limbe obové, acuminé, ayant
10 X 4 cm, à dents espacées de
5 mm; nervures J; 14 paires. 21. E. obovata.
30'. Stipules foliacées persistantes... 22. E. stipulons.
29'. Dents localisées vers le sommet. 23. E. tengyuehensis.
26'. Feuilles adultes tomenteuses à la face inférieure.
36. Tomentum ochracé; dents du limbe localisées
principalement dans le quart supérieur; ovaire
complètement infère.
37. Fleurs pédicellées . 23. E. tengyuehensis.
37'. Fleurs sessiles. 24. E. salwinensis.
36'. Tomentum cendré grisâtre; dents du limbe loca¬
lisées dans la moitié ou les 2/3 supérieurs;
ovaire demi-infère.
38. Limbe oblong elliptique, ayant 10 X 4 cm;
nervures i 12 paires. 25 a. E. prinoides
var. prinoides.
38'. Limbe suborbiculaire, ayant 7x5 cm; ner¬
vures ± 8 paires. 256. E. prinoides
var. laotica.
Source : MNHN, Paris
— 546
1'. Largeur du limbe inférieure à 25 mm.
39. Longueur du limbe dépassant 5 cm; styles 2-3.
40. Pétiole long de 20 mm. 20. E. bengalensis
(f. contracta ).
40'. Pétiole long de 10-15 mm.
41. Limbe ayant 1-2 cm de large, à dents espacées de
6-10 mm; inflorescences glabres ou glabrescentes.
. 26. E. angustissima.
41'. Limbe ayant 1,5 — 2,5 cm de large, à dents espacées de
2-3 mm; inflorescences tomenteuses. 14. E. Henryi.
39'. Longueur du limbe inférieure à 5 cm; styles 3-4; pétiole long
de 3-10 mm; limbe ayant 1-2 cm de large, à dents espacées
de 1,5 — 2 mm; inflorescences tomenteuses rouille. 27. E. Seguini.
Espèce insuffisamment connue
Limbe entier, glabre, à acumen court et obtus au sommet; inflo¬
rescences glabres; fruit volumineux. 28. E. macrocarpa.
B. CLÉ PRATIQUE (BASÉE PRINCIPALEMENT SUR LES CARACTÈRES
DE L’APPAREIL VÉGÉTATIF)
1. Feuilles entières.
2. Pétiole inférieur à 20 mm.
3. Pétiole nul ou subnui. 1. E. Wardii.
3'. Pétiole ayant 10 mm ou plus.
4. Inflorescences glabres. 28. E. macrocarpa.
4'. Inflorescences ^ tomenteuses.
5. Nervures du limbe ^ 12 paires. 17. E. merguiensis.
5'. Nervures du limbes 25-30 paires. 16. E. longifolia.
2'. Pétiole dépassant 20 mm.
6. Inflorescences glabres; nervures J; 15 paires; styles 3-4-(5). .
. 6. E. glabrescens.
var. victoriensis.
6'. Inflorescences tomenteuses.
7. Nervures i 10 paires.
8. Limbe 2 fois plus long que large (16 X 8 cm); styles 2..
. 18. E. latifolia.
8'. Limbe 3-4 fois plus long que large (14 X 4 cm) ; styles 5.
. 8 o. E. fragrans.
T. Nervures 15-20 paires.
9. Inflorescences compactes, à axes épais; fleurs sessiles;
pétiole long de 20-40 mm; styles 5. 4a. E. elliptica
var. elliptica.
9'. Inflorescences étalées, à axes non remarquablement
épais; fleurs pédicellées; pétiole long de 40-50 mm;
styles(4)-5. 5. E. petiolata.
1'. Feuilles i dentées.
10. Pétiole inférieur à 15 mm.
11. Limbe dépassant 12 cm de long.
Source : MNHN, Paris
— 547 —
12. Pétiole inférieur à 8 mm.
13. Limbe glabre ou glabrescent en dessous; nervures
15-25 paires; stipules en demie lune; styles 2.
. 15. E. Hookeriana.
13'. Limbe laineux en dessous; nervures ^ 15 paires;
stipules subulées; styles 5. 2. E. japonica.
12'. Pétiole long de 10 mm; limbe tomenteux en dessous;
nervures i 20 paires; styles 3-5. 3. E. malipoensis.
11'. Limbe inférieur à 12 cm.
14. Limbe ayant plus de 5 cm de long; styles 2-3.
15. Dents du limbe espacées de 6-8 mm.
16. Limbe ayant moins de 2 cm de large, denté seulement
dans la moitié supérieure; inflorescences glabres
ou glabrescentes . 26. E. angustissima.
16'. Limbe ayant plus de 2 cm de large, denté au moins
aux 3/4; inflorescences tomeiiteuses.
. 13. E. dubia
15'. Dents du limbe espacées de 2-3 mm; inflorescences
tomenteuses. 14. E. Henryi.
14'. Limbe n’ayant pas plus de 5 cm de long et 2 cm de large;
dents espacées de 1,5 — 2 mm; inflorescences tomen¬
teuses, courtes et pauciflores ; styles 3-4.... 27. E. Seguini.
10'. Pétiole ayant 15 mm et plus.
17. Stipules foliacées ^ persistantes.
18. Inflorescences contractées; fleurs sessiles; styles (3)-4-(5).
. 9. E. Poilanei.
18'. Inflorescences étalées ; fleurs pédicellées ; styles 2.
. 22. E. stipularis.
17'. Stipules non persistantes.
19. Dents du limbe profondes d’au moins 3 mm.
20. Inflorescences compactes, à axes épais; fleurs sessiles;
styles 5. 46. E. elliptica
var. Petelotii.
20'. Inflorescences étalées, à axes peu épais; fleurs ^
pédicellées; styles 2-3.
21. Limbe large de 4 cm et plus; calice (tube + lobes)
dépassant 6 mm. 19. E. deflexa.
21'. Limbe ayant moins de 4 cm de large; calice (tube +
lobes) ayant moins de 5 mm. 20. E. bengalensis
(f. angustifolia).
19'. Dents du limbe peu profondes (moins de 3 mm).
22. Limbe ^ tomenteux à la face inférieure.
23. Limbe 1,5 à 2,5 fois plus long que large, à tomentum
grisâtre.
24. Limbe 2,5 foispluslong que large,ayant 10 X 4cm;
nervures J; 12 paires. 25a. E. prinoides
var. prinoides.
Source : MNHN, Paris
— 548 —
24'. Limbe 1,5 fois plus long que large, ayant
7x5 cm; nervures ^ 8 paires. 256. E. prinoides
var. laotica.
23'. Limbe 3-4 fois plus long que large, à tomentum
brunâtre.
25. Dents sur la plus grande partie de la marge;
ovaire à sommet glabre. 12. E. Cavaleriei.
25'. Dents vers le sommet seulement; ovaire à som¬
met velu.
26. Pétiole long de 20-30 mm; fleurs sessiles;
styles 2-3. 24. E. salwinensis.
26'. Pétiole long de 40 mm; fleurs pédicellées;
styles (4)-5. 86. E. fragrans
var. furfuracea.
22'. Limbe glabre.
27. Nervures moins de 15 paires.
28. Styles 5. 8 a. E. fragrans
var. fragrans.
28'. Styles 2-3-4.
29. Présence de 4 styles en proportion notable (20-
40 %).
30. Inflorescences compactes; fleurs sessiles;
nervures ^ 12 paires; pétiole long de 20-
30 mm. 10. E. serrata.
30'. Inflorescences étalées; fleurs pédicellées; ner¬
vures i 10 paires; pétiole long de 20 mm..
. 20. E. bengalensis (f. intermedia).
29'. Absence de 4 styles.
31. Ovaire velu au sommet.
32. Limbe denté vers le sommet seulement.
. 23. E. tengyuehensis.
32'. Limbe denté sur la plus grande partie de
la marge.
33. Calice (tube + lobes) ayant 6 mm ou plus.
. 19. E. deflexa (f. buisanensis).
33'. Calice (tube + lobes) ne dépassant pas
5 mm.
34. Inflorescences étalées, dépassant 8 cm
de long. 20. E. bengalensis.
34'. Inflorescences contractées, n’attei¬
gnant pas 8 cm.
35. Limbe lancéolé ou oblancéolé, à
dents espacées de 6-10 mm; ner¬
vures i 10 paires.
. 20. E. bengalensis (f. contracta).
Source : MNHN, Paris
— 549 —
35'. Limbe obové, à dents espacées de
5 mm; nervures J; 14 paires. . . .
. 21. E. obovata.
31'. Ovaire glabre au sommet.
36. Limbe arrondi au sommet ou brusquement
et courtement acuminé; pétiole long de
30-40 mm; inflorescences tomenteuses..
. 11. E. grandiflora.
36'. Limbe acuminé aigu au sommet; pétiole
long de 20-25 mm; inflorescences pubes-
centes ou glabrescentes. 12. E. Cavaleriei.
27'. Nervures 15 paires ou plus.
37. Inflorescences tomenteuses.
38. Inflorescences compactes, à axes épais; fleurs
sessiles; pétiole long de 20-40 mm; styles 5.
. 4 a. E. elliptica var. elliptica.
38'. Inflorescences étalées, à axes peu épais; fleurs
pédicellées.
39. Pétiole long de 40-50 mm; nervures 15-
18 paires; styles (4)-5. 5 . E. petiolata.
39'. Pétiole long de 20-30 mm; nervures 15-
20 paires; styles 2-3.
. 20. E. bengalensis (f. multinervata).
37'. Inflorescences glabres ou glabrescentes.
40. Limbe 2,5 à 3 fois plus long que large.
41. Limbe obscurément denté vers le sommet (ou
entier, cf. 6); styles 3-4-(5).
. 66. E. glabrescens var. victoriensis.
41’. Limbe denté sur la plus grande partie de la
marge.
42. Styles (4)-5. 6a. E .glabrescens.
42'. Styles 2-3. 20. E. bengalensis (f. gigantea).
40'. Limbe environ 1,5 fois plus long que large, ayant
20 X 15 cm; styles 3-4. 7. E. plalyphylla.
DESCRIPTION DES ESPÈCES
1. Eriobotrya Wardii Fisch.
Fischer, Kew Bull. 1929 : 205 (1929).
Arbre d’une dizaine de mètres, parfois épiphyte.
Feuilles à limbe obovale, ayant 16-30 X 8-15 cm, rétréci vers la
base, arrondi au sommet, entier, glabre; nervures i 12 paires; pétiole
nul ou très court.
Inflorescences en panicules densément fleuries, glabres. Pédicelle
long de 5-6 mm. Calice glabre; tube long de 4 mm; lobes arrondis, longs
de 3 mm. Pétales suborbiculaires, longs de 8-10 mm, glabres. Éta¬
mines 35-40. Ovaire d sommet glabre; styles (3)-4-(5), glabres, J; soudés
à la base.
Source : MNHN, Paris
— 550 —
Fruit « aussi gros qu’une noix » (d’après Fischer).
Type : N. Birmanie, vallée du Sheinghku, 2 000 m, en fleurs, 26.10.
1926, Kingdon Word 7618 (K).
Distr. —- N. Birmanie (Kachin, North Triangle).
Ecol. — Arbre souvent épiphyte, à feuilles caduques, fréquentant
la forêt dense humide de montagne, au-dessus de 2 000 m. Fleurs d’octo¬
bre à janvier; fruits en avril-mai.
Obs. — Espèce facile à distinguer par ses grandes feuilles obovales,
subsessiles, entières et ses grandes fleurs glabres.
Matériel examiné :
Birmanie. —- Région extrême-nord (Kachin, North Triangle) : Kingdon Word 6743
(K), 76J8 (type, K), 9098 (BM), 20698 (BM), 21428 (BM, E).
2. Eriobotrya japonica (Thunb.) Lindl.
Lindley, Trans. Linn. Soc. 13: 102 (1821); D.C., Prodr. 2 : 631 (1825); Wight,
le. PI. Ind. Or. 1: 226 (1840); Decaisne, Nouv. Arch. Mus. Paris 10: 145 (1874);
Hook. F., Fl. Brit. Ind. 2: 372 (1878); Schneider, 111. Hand. Laubh. 1: 711, fig. 386,
394 (1906); Cardot, Bull. Mus. Paris 25: 207 (1919); Fl. Gén. Indoch. 2: 678 (1920);
Nakai, Journ. Arn. Arb. 5 : 69 (1924); Merrill, Trans. Amer. Phil. Soc. n. s. 24, 2, :
180 (1935); Reiider, Man. Trees & Shrubs : 385 (1940); Bibliog. Trees & Shrubs. : 263
(1949).
— Mespilus japonica Thunberg, Fl. Jap. : 206 (1784); Ker, Bot. Reg. 5 : t. 365
(1819).
— Cralaegus Bibas Lour., Fl. Coch. : 319 (1790); éd. Willd. : 391 (1793).
Arbuste.
Feuilles à limbe oblong lancéolé, ayant 15-20 X 4-7 cm, progressi¬
vement rétréci à la base, aigu au sommet, à dents espacées dans la moitié
supérieure, glabre en dessus, densément tomenleux en dessous; nervures
± 15 paires. Pétiole très court (5 mm). Stipules subulées ± persistantes.
Inflorescences en panicules longues et larges de 7-15 cm, à axes
épais, tomenteux roux. Fleurs sessiles, agglomérées, larges de 15-20 mm.
Calice tomenteux; tube long de 3-4 mm; lobes arrondis ou subaigus,
ayant 3x3 mm. Pétales blancs, obovés, ayant 8-10 X 4-6 mm, arrondis
ou échancrés au sommet, velus laineux à la base interne. Etamines ± 20.
Ovaire infère, à sommet velu; styles 5, velus vers le bas.
Fruit ; baie globuleuse, jaune, ayant 2-3 cm de diamètre; graines
volumineuses, ovoïdes.
Type : Japon, Thunberg (non précisé par cet auteur).
Distr. — Japon, Chine (spontané et cultivé). Introduit en Inde
septentrionale, dans le Sud-Est asiatique, en Amérique et en Europe
méridionales.
Ecol. — Le plus souvent cultivé ou naturalisé à proximité des
agglomérations. Fleurs en décembre-janvier; fruits en mai.
Noms vulg. — Néflier du Japon; Bibassier, Bibacier (probablement
du nom japonais Biwa et chinois Bi ba) ; Loquat (dans les pays de langue
anglaise).
Us. — De nombreuses variétés cultivées donnent des fruits juteux,
consommés frais, en conserve au sirop ou en confiture. Les graines permet-
Source : MNHN, Paris
— 551 —
tent de préparer des liqueurs à saveur d’amande amère. Les feuilles, tanni-
fères, sont astringentes et antidiarrhéiques; elles sont, en outre, utilisées
comme vulnéraires en Chine. Le bois serait recherché par les luthiers
pour la fabrication d’instruments de musique.
Réf. : Bois, Dict. hort., (1893); PI. alim. 2 : 310 (1928;) Pételot, PI. méd. Camb.-
Laos-Vietn. 1 : 301 (1952).
3. Eriobotrya malipoensis Kuan
Kuan, Acta Phytotax. Sin. 8, 3 : 231 (1963).
Arbre de 10-15 m de haut.
Feuilles à limbe oblong, ayant 30-40 x 10-15 cm, atténué à la base,
aigu au sommet, à dents espacées de 15-20 mm, glabre en dessus, densé¬
ment lomenleux roux en dessous; nervures 20-25 paires. Pétiole long de
10 mm.
Inflorescences en panicules amples de 8-10 cm, densément Lomen-
teuses. Pédicelle long de (2-4 mm). Calice tomenteux; tube long de 3-
4 mm; lobes ovales, longs de 2-3 mm. Étamines 20. Ovaire velu au som¬
met; styles 3-5, velus à la base.
Type : Yun Nan, Ma Li Po, 1 200 m, en fleurs, 21.1.1940, Wang
86318 (Pékin).
Distr. — Espèce connue seulement par le spécimen type.
Matériel examiné :
Phototype et dessin communiqués par l’Institut botanique de Pékin.
4. Eriobotrya elliptica Lindl.
Lindley, Trans. Linn. Soc. 13 : 102 (1821); DC., Prodr. 2 : 631 (1825); Dec.,
Nouv. Arch. Mus. Paris 10: 145 (1874), pro parle ; Hook. f., Fl. Brit. Ind. 2: 372
(1878); Cardot, Bull. Mus. Paris 25: 207 (1919).
a) var. elliptica
— Mespilus Cuila Ham. ex Don, Prodr. Fl. Nep. : 238 (1825). — Type : Népal, Narain-
hetty, Hamillon (BM).
- Eriobotrya japonica var. elliptica Wenz., Linnaea 38: 100 (1874).
Arbre?
Feuilles à limbe oblong ou cbové, ayant 20-30 X 8-10 cm, aigu
ou arrondi à la base, aigu ou obtus au sommet, entier ou lâchement et super¬
ficiellement denté, glabre; nervures ± 20 paires. Pétiole long de 20-40 mm.
Inflorescences en panicules contractées, à axes épais, tomenteux
roux. Fleurs sessiles. Calice tomenteux; tube long de 4 mm; lobes
triangulaires obtus ou peu aigus, longs de 3 mm. Pétales orbiculaires ou
elliptiques, échancrés au sommet, laineux à la base interne. Étamines 20.
Ovaire velu au sommet; styles 5.
Fruit ovoïde ou globuleux, ayant 12 mm de diamètre.
Type : Népal, Narainhetty, Hamillon (BM).
Source : MNHN, Paris
— 552 —
Distr. — Népal.
Matériel examiné :
Népal : Hamillon (type, BM); Wallich 667 (K. P); Wallich s. n. 1818, 1819 (BM).
b) var. Petelotii Vidal, var. nov.
A var. elliptica differt laminae margine dentata dentibus uncinatis,
3 mm altis.
Diffère de la var. elliptica par la marge du limbe à dents crochues,
profondes de 3 mm.
Type : Vietnam (Nord), prov. Lao Kay, Chapa, 1 500 m, en fleurs,
janv. 1929, Pélelol s. n. (P).
Distr. — Vietnam (Nord).
Ecol. — Localisée en altitude (1 500 m). Fleurs en janvier; fruits en
septembre.
Matériel examiné (P) :
Vietnam (Nord). — Prov. Lao Kay, Chapa, 1 500 m, Pélelol s. n. 1929 (type);
Pélelol 3285.
N-B. — Le spécimen Lace 5347 du district de Katha (N. Birmanie), en fruils
seulement, se rapproche par les feuilles de cette variété (cf. E. peliolala, Obs.).
5. Eriobotrya petiolata Hook. f.
Hooker f., Fl. Brit. Ind. 2: 370 (1878); Cardot, Bull. Mus. Paris25 : 207(1919).
— E. elliptica (non Lindl.) auct. Dec., Nouv. Arch. Mus. Paris 10: 145 (1874), pro
parte (quoad specim. Griffith et Hook. et Thoms.).
Arbre?
Feuilles à limbe elliptique, ayant 15-22 x 7-8 cm, courtement
atténué à la base, courtement et brusquement acuminé au sommet,
entier ou lâchement et superficiellement denté vers le sommet, glabre; ner¬
vures 15-18 paires. Pétiole long de 40-50 mm.
Inflorescences en panicules étalées, amples d'une dizaine de cm ;
axes tomenteux roux. Pédicelle long de 2-3 mm. Calice tomenteux; tube
long de 3,5 mm; lobes arrondis, longs et larges de 1,5 mm. Pétales orbi-
culaires, glabres ou ± laineux à la base interne. Étamines ^ 20. Ovaire
velu au sommet; styles 4-5, velus dans la moitié inférieure.
Type : Sikkim, 3 000 m, Hook. /. et Thomson s. n. (K, P).
Distr. — Himalaya oriental (Sikkim, Bhoutan, Khasia), N. E. Inde.
Ecol. — Espèce ligneuse de haute altitude (2 000-3 000 m). Fleurs
en avril.
Obs. — 1. Espèce voisine de E. elliptica Lindl. avec laquelle elle a
été confondue par Decaisne (1. c.). Elle s’en distingue surtout par les
inflorescences étalées, à fleurs pédicellées et le pétiole plus long.
2. Hooker f. (I. c.) indique dans la description 2 styles;
j’en ai toujours observé 4-5.
Source : MNHN, Paris
— 553 —
Source : MNHN, Paris
— 554 —
Matériel examiné :
Bhoutan. — Griffith s. n. (E); Ludlow & SherrifJ 2971, ISSU (BM).
N. E. Inde. — Sikkim : Beddome 2727 (BM); Cowan s. n. 1916 (E); Clarke 27997 A
(K); Gamble 1126 A, 1127 A (K); Harmands. n. (P );Hookerf. & Thomson s. n. (BM, K, P);
Kings. n. (BM); Kurz s. n. (K); Lacaila s. n. 1913 (BM, P); Treuller 92 (K). — Khasia :
Anderson s. n. in herb. Pierre (P). — E. Bengale : Griffith 2085 (K. P), 2086 (K. L, P). —
E. Himalaya : Cave s. n. 1923 (E); Bibu 3b Bhomoo s. n. 1912 (E). — Manipur : Wall
6348 (E, K), 6702 (E, K, P).
E. Pakistan. — Chittagong : Cowan s. n. (E).
N. B. — 1. Le spécimen Lace 5347 (E, K), du district de Katha (N. Birmanie)
en fruits seulement, à feuilles dentées pourrait peut être être rattaché à cette espèce
comme forme ou variété dentée.
2. Le spécimen Gamble 7552 (K) du Sikkim présente des caractères A'E.
elliplica, E. peliolala et E. serrala: limbe entier ou superficiellement denté vers le
sommet; nervures ± 15 paires; pétiole long de 20-30 mm; inflorescences tomenteuses;
pédicel lenul; styles 3-4. On peut le rattacher provisoirement à E. peliolala comme
forme aberrante mais il s’agit peut-être d’une espèce nouvelle.
G. Eriobotrya glabrescens Vidal, sp. nov.
Arbor.
Lamina oblonga elliptica, 20-25 cm longa, 6-8 cm lata, basi breviter
attenuata, apice breviter acuminata, glabra, margine dentata, dentibus 5 mm
distantibus; venis utrinque J; 20. Petiolus 3-4 cm longus.
Inflorescentiae paniculis diffusis, 8 cm Iongis, glabris vel glabrescentibus.
Pedicellus 2 mm longus. Calyx glaber vel sparse villosus, tubo 3 mm longo,
lobis rotundatis 2 mm Iongis. Petala allia, — emarginata, glabra. Stamina
^ 20. Ovarium apice villoso; styli (4)-5, basi villosa.
a) var. glabrescens
Arbre.
Feuilles à limbe oblong elliptique, ayant 20-25 X 6-8 cm, faible¬
ment atténué à la base, courtement acuminé au sommet, glabre, denté,
à dents peu profondes, espacées de 5 mm en moyenne; nervures ±
20 paires. Pétiole long de 30-40 mm.
Inflorescences en panicules étalées, longues de 8 cm, glabres ou
glabrescenles. Pédicelle long de 2-3 mm. Calice glabre ou peu velu; tube
long de 3 mm; lobes arrondis, longs de 2 mm. Pétales blancs, ^ échan-
crés au sommet, glabres. Etamines ^ 20. Ovaire velu au sommet; styles
(4)-5, velus et ± soudés à la base.
Type : N. Birmanie, Triangle, Hkinlum village, 2 500 m, en fleurs,
avril 1953, Kingdon Ward 20616 (holotype BM, isotype E).
Distr. — N. Birmanie.
Écol. — En forêt d’altitude, vers 2 000 m. Fleurs en avril.
Obs. — Espèce voisine de E. peliolala dont elle diffère principale¬
ment par les inflorescences glabres.
Matériel examiné :
Birmanie. -—- Nord : Triangle, Kingdon Ward 20616 (type, BM, E). — Centre-
Ouest : Mindaf Ridge, Kingdon Ward 22280 (BM). — Khai Yang : Kingdon Ward
17428 (BM).
Source : MNHN, Paris
555 —
b) var. victoriensis Vidal, var. nov.
A var. glabrescens differt lamina integra vel apice obscure dentata,
venis utrinque ^ 15 et stylis 3-4.
Diffère de la variété glabrescens par le limbe entier ou obscurément
denté au sommet, à 15 paires de nervures et le nombre de styles (3-4).
Type : Birmanie centrale, Mt Victoria, 3 000 m, en fleurs, avril
1956, Kingdon Word 21915 (BM).
Distr. — Birmanie centrale occidentale.
Écol. — Assez répandue en forêt d’altitude. Fleurs de novembre
à avril.
Matériel examiné :
Birmanie (Centre Ouest) : Mt Victoria, Kingdon Word 21915, 22828 (BM).
7. Eriobotrya platyphylla Merr.
Merrill, Brittonia 4: 80 (1941).
Arbre.
Feuilles à limbe obovale, ayant 20-25 X 15-18 cm, faiblement
atténué à la base, arrondi ou très courlemenl apiculé au sommet, glabre,
à dents peu profondes (1,5 mm), espacées de 10 mm; nervures ^ 15
paires. Pétiole long de 3-4 cm.
Inflorescences en panicules amples de 15 cm, glabres ou à poils
épars. Pédicelle long de 2-5 mm. Calice glabre ou peu velu; tube long
de 4 mm; lobes arrondis, longs de 3 mm, finement ciliés au bord. Pétales
blancs, obovales, ayant 10 X 7 mm, tronqués ou échancrés au sommet,
glabres ou à poils épars à la base interne. Étamines J; 20. Ovaire velu
au sommet; styles 3-4, velus et soudés à la base.
Type : N. Birmanie, Fort Hertz, 1 000 m, bords rocheux de la rivière
Ti Kha ,en fleurs, déc. 1931, Kingdon Word 10205 (A, BM).
Distr. — N. Birmanie. Espèce connue seulement par le spécimen
type.
Écol. — En forêt d’altitude. Fleurs en décembre.
8. Eriobotrya fragrans Champ, ex Benth.
Bentham in Hook., Journ. Bot. Kew Gard. Mise. 4 : 80 (1852); Fl. Hongkong. :
108 (1861); Decaisne, Nouv. Arch. Mus. Paris 10 : 145 (1874); Dunn & Tutcher,
Fl. Kwangtung et Hongk., Kew Bull. add. Ser. 10 : 97 (1912); Nakai, Journ. Arn.
Arb. 5 : 71 (1924).
a) var. fragrans
Arbuste.
Feuilles à limbe elliptique, ayant 10-15 x 3-4 cm, atténué à la
base, obtus ou courtement acuminé au sommet, ± lâchement, denté
ou entier, glabre; nervures i 10 paires. Pétiole long de 20-30 mm.
Source : MNHN, Paris
556 —
Source : MNHN, Paris
— 557 —
Inflorescences en panicules étalées, amples de 6-8 cm; axes
tomenteux roux. Pédicelle long de 3-6 mm ou subnui vers l’extrémité
des axes florifères. Calice tomenteux : tube long de 5 mm : lobes arrondis,
longs de 2 mm. Pétales largement ovales, échancrés, ^ velus à la base
interne. Étamines ^ 20. Ovaire à sommet velu; styles 5.
Fruit pouvant atteindre 18 mm de diamètre.
Type : Hong Kong, Mt Victoria, Champion (K).
Distr. — Chine méridionale (Kouang Toung, Hong Kong, Hai Nan).
Écol. — Espèce ligneuse de régions basses ou de faible altitude.
Fleurs en mars-avril; fruits en août-septembre.
Matériel examiné :
Chine. — Kouang Toung : Bur. Sc. (Manille) 11102 (K); Tsang 20479 (K); Tsui
S14 (K, P). — Hong Kong : Champion s. n. (type, K); Ford s. n. 1885 (K); llance
10120 (BM); Tsiang 242 (E). — Hai Nan : Lau 123 A (A, BM, E, K, NY, P).
b) var. furfuracea Vidal, var. nov.
A varietate typica differt lamina tomento ochraceo ^ denso subtus tecta,
petiolo longiore (4 cm) ac calicis lobis subacutis.
Diffère de la variété typique du Kouang Toung par sa situation
en altitude (1 000-1 500 m), son limbe à tomentum ochracé J; abondant
à la face inférieure, son pétiole plus long (4 cm) et les lobes du calice
subaigus.
Type : Vietnam (Sud), prov. Nha Trang, massif du Hon Ba, 1 000-
1 500 m, en fleurs, sept. 1918, Chevalier 38893 (P.)
Distr. — Vietnam (Sud).
Écol. — En forêt d’altitude, entre 1 000 et 1 500 m. Fleurs et
fruits en septembre.
Obs. — L’épithète furfuracea marquée par Chevalier sur l’éti¬
quette d’herbier (E. furfuracea) fait allusion au tomentum roux qui
recouvre l'inflorescence et les jeunes feuilles.
Matériel examiné (P) :
Vietnam (Sud). — Prov. Nha Trang : massif du Hon Ba, Chevalier 3S70S, 38S93
(type).
9. Eriobotrya Poilanei Vidal, sp. nov.
Arbor, 15 m alta.
Lamina lanceolata, 15-18 X 5 cm, basi attenuata, apice acuta, glabra,
margine dentata, dentibus uncinatis 1,5 mm altis, 10 mm distantibus; venis
utrinque 10-12. Petiolus 2-3 cm longus. Stipulae obliquae, 8 X 3-4 mm, in
ramorum apice ^ persistentes.
Infloresccntiae paniculis contractis, ramulis crassis, tomentosis. Flores
sessiles. Calyx tomentosus, tubo 5 mm longo, lobis rotundatis, 4 mm longis.
Petala obovata vel clliptica, emarginata, glabra vel sparse pilosa. Stamina
J; 30. Ovarium apice villoso; styli (3)-4-(5), basi villosa.
Source : MNHN, Paris
— 558 —
Fructus ± globosus, 15 mm diamentralis.
Arbre d’une quinzaine de mètres de haut.
Feuilles à limbe lancéolé, ayant 15-18 X 5 cm, atténué à la base,
aigu au sommet, à dents crochues, profondes de 1,5 mm, espacées de
10 mm, glabre; nervures 10-12 paires. Pétiole long de 2-3 cm. Stipules
asymétriques, ayant 8 x 3-4 mm, i persistantes à Vextrémité des rameaux.
Inflorescences en panicules contractées, ne dépassant pas 5 cm;
axes épais, tomenteux roux. Fleurs sessiles. Calice tomenteux; tube
long de 5inm;lobes arrondis, longs de 4 mm. Pétales obovales ou ellip¬
tiques, échancrés au sommet, glabres ou avec quelques poils à la base
interne. Étamines i 30. Ovaire velu au sommet; styles (3)-4-(5).
Fruit ^ globuleux, ayant 15 mm de diamètre.
Type : Vietnam (Sud), prov. Haut Donnai, Laouan, 1 200 m, Poi¬
lane 22591 (P).
Distr. — Vietnam (Sud).
Écol. — En bordure de forêt d’altitude (1 200-2 000 m). Fleurs
en juin; fruits en octobre.
Nom vernac. — Proto-indochinois : Long rang (Bidoup).
Obs. — Espèce voisine de E. eltiptica var. Petelolii du nord Vietnam
qui en diffère par ses feuilles plus grandes â nervures plus nombreuses
sans stipules persistantes, le nombre de styles constamment égal à 5
et les fruits plus gros.
Matériel examiné (P) :
Vietnam (Sud). — Prov. Haut Donnai : cnv. Dankia, 1 800 m, Poilane 18727;
Laouan, 1 200 m, Poilane 22591 (type) ; massif de Bidoup, 2 000 m, Poilane 30919.
N. B. — Le spécimen Poilane 13537, du Centre Vietnam, haut cours de la rivière
de Quai? Tri, où ne figure qu’un fruit à 5 styles, se rattache peut-être à cette espèce
(nom proto-indochinois : To e).
10. Eriobotrya serrata Vidal, sp. nov.
Arbor 15-20 m alta.
Lamina obovata vel oblanceolata, 15-20 X 7-8 cm, basi attenuata, apice
rotundata vel acuta, glabra, margine dentata; venis utrinque ^ 12. Petio-
lus 2-3 cm longus.
Inflorescentiae paniculis ^ compactis, tomentosis, 6-8 cm longis. Flores
sessiles. Calyx tomentosus, tubo 3,5 mm longo, lobis rotundatis, 2,5 mm lon¬
gis. Petala ^ emarginata, basi villosa. Stamina J; 20. Ovarium apice villoso;
styli 3-4, rarissime 2 vel 5, basi villosa.
Arbre ayant 15-20 m de haut.
Feuilles à limbe obovale ou oblancéolé, ayant 15-20 X 7-8 cm,
atténué à la base, arrondi ou aigu au sommet, denté en majeure partie,
glabre; nervures ± 12 paires. Pétiole long de 2-3 cm.
Inflorescences en panicules i compactes, tomenteuses, longues
de 6-8 cm. Fleurs sessiles. Calice tomenteux; tube long de 3,5 mm; lobes
arrondis, longs de 2,5 mm. Pétales ^ échancrés, velus- à la base. Éta-
Source : MNHN, Paris
— 559 —
mines ± 20. Ovaire velu au sommet; styles 3-4, exceptionnellement 2
ou 5, velus à la base.
Type : Laos, prov. Xièng Khouang, Ban Na Poun, 1 200 m, en
Heurs, nov. 1920, Poilane 2345 (P.).
Distr. — Laos septentrional; Chine méridionale (Yun Nan, Kouang
Si).
Ecol. — En forêt d’altitude. Fleurs en novembre.
Nom vernac. — Laotien : Mi thouang 2 .
Us. — Bois non attaqué par les termites, bon pour colonnes (Xièng
Khouang).
Obs. — Les caractères différentiels de cette espèce sont indiqués
dans le tableau ci-dessous :
Inflorescences
Pédicelle.
E. serrala
obovale-oblancéolé
compactes
E. bengalensis
elliptique-lancéolé
étalées
2-5 mm
2-3 - (4).
Chez E. bengalensis on n’observe 4 styles que dans la forme inler-
media, dans la proportion de 20 %. Chez E. serrata on trouve en pro¬
portions à peu près égales 3 et 4 styles.
Matériel examiné :
Laos. — Prov. Xièng Khouang : Poilane 2345 (type, P).
Chine. — Yun Nan : Henry 12139 (K), 12842 (E, K).
N. B. — Le spécimen Steward & Cheo 105, du Kouang Si, distribué comme E.
de/lexa HemsI., me semble se rapprocher davantage de E. serrata, compte tenu de la
présence de 4 styles en proportion importante (40 %).
11. Eriobotrya grandiflora Hehd. & Wils.
Rehder & Wilson in Sargent, PI. Wils. 1: 193 (1912); Schneider, 111. Handb.
Laubh. 2 : 999 (1912); Cardot, Bull. Mus. Paris 25 : 206 (1919).
— E. de/lexa Nakai var. grandiflora Nakai, Journ. Arn. Arb. 5 : 72 (1924).
Arbre d’une dizaine de mètres de haut.
Feuilles à limbe elliptique oblong, ayant 10-16 X 3-5 cm, atténué
à la base, arrondi ou cuspidé au sommet, à dents peu profondes, espacées
de 6-8 mm, ± tomenteux à l’état jeune, puis glabre; nervures 10-12
paires. Pétiole long de 3-4 cm.
Inflorescences en panicules amples, longues et larges d’une
dizaine de centimètres, tomenteuses. Pédicelle long de 6-10 mm. Calice
tomenteux; tube long de 5 mm; lobes triangulaires subaigus ou obtus,
longs de 2 mm. Pétales orbiculaires, ayant 8x7 mm, émarginés, glabres
Source : MNHN, Paris
— 560 —
ou ± velus à la base. Étamines 20. Ovaire d sommet glabre; styles (2)-
3-(4), soudés et velus dans la moitié inférieure.
Fruit subglobuleux, ayant 25 mm de diamètre, rouge orangé.
Type : Chine, Se Tchouen, 1 800 m, en fleurs, mai 1904, Wilson 3506
(A, BM, K, P).
Distr. —• Chine occidentale (Se Tchouen).
Écol. — En altitude. Fleurs en mai; fruits en octobre.
Obs. — Cette espèce, avec l’ovaire glabre au sommet, le long pédi-
celle et les grandes fleurs, est bien individualisée et il n’y a pas lieu, à
mon avis, de la considérer comme une variété de E. deflexa, comme
l’a fait Nakai.
Elle est par contre très proche de E. Cavaleriei (cf. clé).
Matériel examiné :
Chine. — Se Tchouen : Wilson 2999 (A, K), 3506 (type).
12. Eriobotrya Cavalerei (Lév.) Rehd.
Rehder, Journ. Arn. Arb. 13 : 307 (1932); Hand.-Mazz., Symb. Sin. 7 : 477
(1933).
— Hiplage Cavaleriei Lév. in Fedde, Rep. Sp. nov. 10 : 372 (1912); Fl. Kouy Tchéou :
271 (1914). — Type : Kouey Tchéou, Cavalerie 3220.
— Eriobotrya Brackloi Hand. - Mazz., Sitz. Anz. Akad. Wiss. Wien Math. Naturw.
Kl.12 : 103 (1922); PI. nov. Sin. Forts. 16 : 2 (1922); Pi. Melleanae Sin.,Beih. Bot.
Centr. Bl. 48 : 315 (1931). — Type : Kouang Toung, Mell 659.
— E. Bracloi var. alrichophylla Hand. - Mazz., /. c.
— E. Cavaleriei Rehd. var. Brackloi Rehd., Journ. Arn. Arb. 13: 308 (1932).
Arbre d’une dizaine de mètres de haut.
Feuilles à limbe oblong lancéolé, ayant 10 x 3 cm, assez longue¬
ment atténué à la base, courlemenl acuminé aigu au sommet, i tomenteux
à l’état jeune, puis glabre, à dents peu profondes, espacées de 10 mm;
nervures ± 10 paires; pétiole long de 2-3 cm. Stipules obtuses, lingui-
formes, longues de 5-6 mm, fugaces.
Inflorescences en panicules amples, longues et larges d’une
dizaine de centimètres, pubescenles ou glabrescenles. Pédicelle long de
5-10 mm. Calice tomenteux; tube long de 4 mm; lobes triangulaires
obtus ou arrondis, longs de 2 mm. Pétales obovés, ^ émarginés, longs
de 8-10 mm, glabres. Étamines ^ 20. Ovaire à sommet glabre; styles
2-(3), i soudés et velus vers la base.
Fruit pyriforme.
Type : Chine, Kouey Tchéou, Pin Fa, en fleurs, mai 1907, Cavalerie
3220 (A, E, K, P).
Distr. — Chine méridionale (Hou Nan, Kouang Si, Kouang Toung,
Kouey Tchéou); Vietnam (Nord).
Ecol. —- En forêt d’altitude, entre 1 000 et 2 000 m. Fleurs d’avril
à juin; fruits en août-septembre.
Obs. — 1. Espèce très proche de E. grandiflora Rehd. & Wils.
dont elle pourrait être considérée comme une simple variété à feuilles
Source : MNHN, Paris
— 561 —
aiguës, plus courtement pétiolées et à nombre de styles le plus fréquem¬
ment 2 (au lieu de 3 chez E. grandiflora).
2. La variété Brackloi distincte seulement par le tomentum de la
face inférieure du limbe ne me paraît pas devoir être maintenue, ce tomen¬
tum disparaissant le plus souvent sur les feuilles âgées.
Matériel examiné :
Chine. — Hou Nan : mont Yün Schan, Handel-Mazzelli 12032, (W, E) 12060
(W). — Kouang Si : Tsang 22179, 22631 (A, P). — Kouang Toung : Mell 659 (W);
T sang 20573, 21363, 21684 (A, K, P). — Kouey Tchéou : Cavalerie 3220 (type). —
Se Tchouen : Law 516 (K).
Vietnam (Nord). — (P) Prov. Hoa Binh : Poilane 13113. — Prov. Lao Kay : Pételol
4591, 8598; Poilane 12763, 12785, 12793.
13. Eriobotrya dubia (Lindl.) Dec.
Decaisne, Nouv. Arch. Mus. Paris 10: 145 (1874), pro parle; Hook. f., Fl. Brit.
Ind. 2: 371 (1878); Cardot, Bull. Mus. Paris 25: 206 (1919).
— Phoiinia dubia Lindl., Trans. Linn. Soc. 13: 104, t. 10 (1821); DC., Prodr. 2:
631 (1825). — Type : Népal, Wallich 66811.
— Mespilas tinctoria Don, Prodr. Fl. Nép. : 238 (1825), pro parle. — Type : Népal,
Narainhetty, Hamillon.
Arbre haut de 8-10 mètres.
Feuilles à limbe oblancéolé, ayant 10 X 3 cm en moyenne, pro¬
gressivement atténué à la base, obtus ou aigu au sommet, glabre, denté
sauf vers la base, à dents espacées de 5-8 mm, peu profondes; nervures ^
10 paires. Pétiole long de 10 mm.
Inflorescences en panicules étalées, longues et larges de 5-10 cm,
tomenteuses. Pédicelle long de 1-3 mm. Calice tomenteux; tube long
de 2 mm; lobes obtus ou peu aigus, longs de 1 mm. Pétales suborbi-
culaires, ± velus à la base. Étamines 15-20. Ovaire à sommet i velu;
styles 2-(3), ± velus à la base.
Fruit ellipsoïde, long de 12 mm.
Type : Népal, Wallich 668/1 (E, K, BM).
Distr. — Région himalayenne (Népal, Sikkim, Bhoutan).
Écol. — En altitude, vers 2 000 m. Fleurs en novembre, fruits
en avril.
Us. — Écorce servant à teindre le coton en rouge; fruits comes¬
tibles (Népal, d’après Hamilton).
Obs. — Espèce confondue par Don, de Candolle, Decaisne et
d’autres avec E. bengalensis Hook. f. Elle s’en distingue cependant
facilement par le pétiole beaucoup plus court et les feuilles plus petites.
Le sommet de l’ovaire que Hooker f. dit glabre est en réalité ± velu.
Matériel examiné :
Bhoutan. — Clarke 26419 A (K), 26419 B (BM), 26440 (BM, E); Griffilh 2002
(BM); King s. n. (P).
Népal. —- Buchanan s. n. (K); Scully s. n. (K); Wallich 668/1 (type).
— 562 —
Sikkim. — Beddone s. n. (BM); Cowan s. n . 1923 (E); Gamble 249A (K); Hook. /.
& Thomson s. n. (BM, E, K, P); Lister s. n. 1878 (BM).
Inde (Nord). — E. Himalaya : Cave s. n. 1918, 1919 (E); Griffith 2092 (K, P).
14. Eriobotrya Henryi Nakai
Nakai, Journ. Arn. Arb. 5 : 70 (1924), pro pdrte.
Arbuste haut de 5-7 m.
Feuilles à limbe oblong lancéolé, ayant 6-10 x 1,5-3 cm, i lon¬
guement atténué à la base, aigu au sommet, glabre, à dents aiguës, espa¬
cées de 2-3mm, peu profondes; nervures ± 10 paires. Pétiole long de 5-
10 mm.
Inflorescences en panicules ^ développées, longues de 3-5 cm,
tomenteuses. Fleurs subsessiles. Calice tomenteux; lobes obtus ou subai¬
gus. Pétales orbiculaires, ^ échancrés, velus en dedans. Étamines 15-20.
Ovaire à sommet velu; styles 2-3, glabres.
Fruit ovoïde, ayant 7x6 mm, à sépales réfléchis vers l’extérieur.
Type (lectotype) : Chine, Yun Nan, Szemao, 2 000 m, en fruits,
Henry 13018 (A, K).
Distr. — S. Chine (Yun Nan); Birmanie centrale.
Écol. — En bordure des cours d’eau, en altitude entre 1 000-3 000m.
Fleurs en février-mars; fruits en mai-juin.
Obs. —■ Nakai (/. c.) a décrit E. Henryi d’après des spécimens
(syntypes) qui appartiennent à des genres différents : Henry 11644
(A, K), 11644A (E), en fleurs et Henry 13018 (A, K), en fruits. Ce dernier
spécimen est effectivement un Eriobotrya (fruit à sépales persistants),
mais les deux autres appartiennent au genre Rhaphiolepis ; en effet,
un autre spécimen semblable Henry 11644C (E), non vu, semble-t-il,
par Nakai, présente les fruits typiques, sans sépales, de ce genre.
E. Henryi ainsi défini et restreint présente d’étroites affinités avec
E. dubia de l’E. Himalaya, mais ses feuilles sont plus étroites et à dents
plus serrées.
Matériel examiné :
Chine. — Yun Nan : Forresl 25463 (E, K); Henry 13018 (type).
Birmanie. — Maymyo : Lace 6171 (E, K, P), s. n. 1914 (E).
15. Eriobotrya Hookeriana Dec.
Decaisne, Nouv. Arch. Mus. Paris 10: 146 (1874); Hook. f., Fl. Brit. Ind. 2:
371 (1878).
— E. dubia (non Lindl.) auct. Dec., /. c. : 145, pro parle (quoad specim. Griffith 2094).
Arbre de petite taille.
Feuilles à limbe elliptique lancéolé, ayant 15-30 X 4-10 cm,
± atténué et tronqué ou aigu à la base, courtement acuminé aigu au
sommet, glabre ou ± tomenteux en dessous sur les nervures, à dents
aiguës, espacées de 5 mm, peu profondes (1,2 mm); nervures 15-30 paires.
Pétiole long de 5-8 mm, épais de 3-4 mm. Stipules en demi-lune.
Source : MNHN, Paris
— 563 —
Inflorescences en panicules étalées, longues et larges de 10-15 cm,
tomenteuses. Fleurs subsessiles. Calice tomenteux; tube long de 1,5 mm;
lobes arrondis ou obtus, longs de 1,5 mm. Pétales blancs, orbiculaires,
velus à la base. Étamines ± 20. Ovaire velu au sommet; styles 2, velus
à la base.
Fruit ellipsoïde, jaune, atteignant 18 mm de long.
Type (lectotoype) : Sikkim, 4 000-5000 m, en fleurs, oct. 1862,
Anderson 490 (P).
Distr. — E. Himalaya (Sikkim, Bhoutan).
Écol. — Espèce localisée à haute altitude, au-dessus de 2 000 m.
Fleurs en octobre.
Obs. — On pourrait distinguer au sein de cette espèce une forme
minor ( Griffith 2094, Thomson s. n. 1857) à feuilles plus petites que la
forme normale (15-20 x 4-5 cm), ayant ± 15 paires de nervures. Cette
forme se rattache mieux par l’ensemble de ses caractères à E. Hookeriana
qu’à E. dubia à laquelle Decaisne l’avait rapportée.
Matériel examiné :
Sikkim. — Anderson 490 (type); Clarke 25258 (BM, E, K), 25341 (BM); Hooker /.
d: Thomson s. n. (K, P); King 2567 (K); Thomson s. n. 1857 (f. minor, E).
Bhoutan. — Cooper 2306, 3603 (E); Griffith 2006 (BM, E), 2094 (f. minor, K, P).
E. Himalaya. — Wall 5636 (E).
16. Eriobotrya longifolia (Dec.) Hook. f.
Hooker f., Fl. Brit. Ind. 2: 370 (1878).
— Pholinia longifolia Dec., Nouv. Arch. Mus. Paris 10: 142 (1874).
Arbuste.
Feuilles à limbe oblancéolé, ayant 15-25 X 2-3 cm, longuement
atténué à la base, aigu au sommet, entier, glabre: nervures 25-30 paires.
Pétiole long de 12 mm.
Inflorescences en panicules étalées, longues de 10-12 cm, gla-
brescentes ou à poils épars. Fleurs subsessiles. Calice pubescent; tube
long de 3 mm; lobes obtus ou arrondis. Pétales glabres. Étamines 20.
Ovaire à sommet ± velu; styles 2-(3), velus à la base.
Type : E. Bengale, Griffith 2093 (K, P).
Distr. — E. Bengale (endémique). Espèce connue seulement par
le spécimen type.
17. Eriobotrya merguiensis Vidal, sp. nov.
Arbor parva.
Lamina oblonga, 8-10 X 2,5-3 cm, basi cuneata, apice obtusa vel suba¬
cuta, glabra, integra, venis inconspicuis utrinque ^ 12. Petiolus 10 mm
Inflorescentiae paniculatae, brèves (< 5 cm), tomentosae. Flores ignotae
Source : MNHN, Paris
— 564 —
Source : MNHN, Paris
— 565 —
Fructus ovoideus, subsessilis, calicis lobis rotundatis coronatus, 2-3 sty-
lorum ac ± 15 staminorum vestigia ferens.
Arbre de petite taille.
Feuilles à limbe oblong, ayant 8-10 x 2,5-3 cm, progressivement
atténué à la base, obtus ou peu aigu au sommet, glabre, entier; nervures
i 12 paires, peu visibles. Pétiole long de 10 mm.
Inflorescences en panicules courtes, n’atteignant pas 5 cm,
tomenteuses. Fleurs inconnues.
Fruit ovoïde, ayant 10 x 3 mm, subsessile, couronné par les lobes
du calice arrondis et présentant les restes de 2 ou 3 styles et d’une
quinzaine d’étamines.
Type : Birmanie, Mergui, Mont Myinmolekat, 1200 m, en fruits,
janv. 1930, Parker 3098 (K).
Distr. — S. Birmanie (espèce connue seulement par le spécimen
type).
Obs. — Les caractères qui distinguent cette espèce d’E. Henryi
et d’E. lotigifolia qui ont aussi un pétiole court et un ovaire surmonté
de 2-3 styles, sont indiqués dans le tableau ci-dessous :
E. merguiensis
E. Henryi
E. longifolia
Limbe :
dimensions.
sommet.
marge.
nervures.
Inflorescences :
10 x 3 cm
obtus
entière
±12 paires
± 3 cm
8 x 2,5 cm
aigu
dentée
±10 paires
± 5 cm
20 x 3 cm
aigu
entière
± 25 paires
± 10 cm
18. Eriobotrya latifolia Hook. f.
Hookeh f., Fl. Brit. Ind. 2: 370 (1878).
Arbuste haut de 4 m.
Feuilles à limbe largement elliptique, ayant 15-20 x 1-10 cm,
brièvement atténué à la base, aigu ou courtement acuminé au sommet,
entier, glabre en dessus, tomenteux puis glabre en dessous; nervures
10-12 paires. Pétiole long de 3-5 cm.
Inflorescences en panicules étalées, longues et larges de 15 cm,
tomenteuses rousses. Fleurs subsessiles. Galice tomenteux; tube long
de 3 mm; lobes arrondis, longs de 1,5 mm, larges de 2 mm. Pétales obo-
vales ou orbiculaires, ayant 12 mm de diamètre, ^ échancrés, glabres.
Étamines 20. Ovaire à sommet velu ; styles 2-3, velus à la base.
Type : Birmanie, N. E. Moulmein, rivière Thoung Gyne, 1 500 m,
en fleurs, 1857, Thos Lobb s. n. (K).
Distr. — S. Birmanie. Espèce connue seulement par le spécimen
type.
— 566 —
19. Eriobotrya deflexa (Hemsl.) Nakai
Nakai, Bot. Mag. Tokyo 30 : 18 (1918); Journ. Arn. Arb. 5: 71 (1924); Kanehira,
Form. Trees rev. ed. : 260, fig. 204 (1936); Li, Woody Fl. Taiwan : 272 (1963).
— Pholinia deflexa Hemsl., Ann. Bot. 9: 153 (1895).
а) f. deflexa
Arbre haut d’une dizaine de mètres.
Feuilles à limbe oblong lancéolé, ayant 20-25 X 7-10 cm, aigu à la
base et au sommet, glabre, à dents profondes de 3 mm, espacées de 8-12 mm,
réparties sur toute la marge; nervures ± 15 paires. Pétiole long de
3-5 cm.
Inflorescences en panicules étalées, atteignant 15 cm, tomen-
teuses. Pédicelle très court ou long de 3-5 mm. Calice tomenteux; tube
long de 4 mm; lobes arrondis, longs de 3-4 mm. Pétales blancs, suborbi-
culaires échancrés, glabres ou à poils rares. Étamines ± 20. Ovaire velu
au sommet; styles 2-3, velus à la base.
Fruit ovoïde ou globuleux, ayant 15 X 12 mm.
Type : Formose, Bankinsing, Heng Chun, en fruits, Henry 498 (K).
Distr. — Considérée jusqu'à présent comme endémique de Formose.
On doit cependant y rapporter des spécimens du Sud Vietnam.
Écol. — Forêt dense des régions de basse altitude (inférieure à
500 m). Fleurs en mars; fruits en octobre-novembre.
Us. — Bois réputé bon pour tous travaux et durable (Sud Vietnam).
Noms vernac. — Vietnamien : Sô (Nha Trang). — Proto-indochi¬
nois : Dau cai dao (Nha Trang).
Obs. — Espèce très voisine de E. bengalensis aux formes de feuilles
variées; il n’y a guère que la taille des fleurs qui permette de l’en distin¬
guer (cf. clé).
Matériel examiné :
Formose. — Faurie 276 (P); Henry 498 (type), 1026 (BM, K); Price 128, 847,
929 (K); Wilson 10185 A, 10796 (BM, K).
Vietnam (Sud). — Prov. Nha Trang : Poilane 5140, 8372 (P).
Autres formes:
Li (Woody Fl. Taiwan : 274) a décrit deux autres formes différant
sensiblement de la forme type par la taille des feuilles :
б) f. buisanensis (Hayata) Nakai
Lakai, Bot. Mag. Tokyo 30: 18 (1916), pro parte (= Pholinia buisanensis
Hayata = Eriobotrya buisanensis Kanehira);
c) f. koshunensis (Kaneh. & Sasaki) Li
Li, Lloydia 14 : 232 (1951); Woody Fl. Taiwan : 274 (1963).
N’ayant pas examiné suffisamment de matériel correspondant à
ces formes je ne peux que suivre le spécialiste de la flore ligneuse de For-
Source : MNHN, Paris
— 567 —
mose. Cependant on pourrait, comme l’a fait Nakai in Journ. Arn. Arb. 5 :
71 (1924), les rattacher à une espèce distincte, E. buisanensis Kanehira,
caractérisée par des feuilles deux fois plus courtes, à dents deux fois moins
profondes.
Matériel examiné :
- f. buisanensis. — Formose : Faurie 277 (BM, P); Henry 282, 631 (K), 1333 (E).
— f. koshunensis. — Formose : Wilson 11055 (A, BM, K).
20. Eriobotrya bengalensis (Roxb.) Hook.f.
Hooker f., Fl. Brit. Ind. 2: 371 (1878); Cardot, Fl. gén. Indocli. 2: 677 (1920);
Ridley, Fl. Mal. Pen. 1: 681 (1922); Craib, Fl. Siam. Enum. 1: 579 (1931).
a) f. bengalensis
— Mespilus bengalensis Roxb., Cat. Hort. Beng. : 38 (1814), nom. nud.-, Fl. Ind. 2:
510 (1832).
— Pholinia ditbia Wall., Cat. 668/2, 668/3, 668/4, 668/E (1829), nom. nud.
— Eriobotrya dubia Dec., Nouv. Arch. Mus. Paris 10: 145 (1874), pro parle; Kurz,
For. Fl. Brit. Burma 1: 443 (1877).
— ? Eriobotrya lincloria Kurz, Prelim. Rep. For. Veg. Pegu, Append. B : 48 (1875).
Arbre d’une dizaine de mètres.
Feuilles à limbe oblong elliptique ou lancéolé, ayant 10-20 X 4-8 cm,
aigu à la base, ± acuminé au sommet, à bord grossièrement denté, gla¬
bre ; nervures ± 10 paires. Pétiole long de 2-4 cm.
Inflorescences en panicules étalées, longues et larges de 8-12 cm,
Lomenteuses. Pédicelle long de 3-5 mm. Calice tomenteux à tube long de
2-3 mm ; lobes obtus ou peu aigus, longs de 1 mm. Pétales blancs, à peine
onguiculés, obovés ou suborbiculaires, ayant 4-5 X 3-4 mm, arrondis ou
émarginés au sommet, glabres ou avec quelques poils à la base interne.
Étamines i 20. Ovaire demi-infère, velu au sommet; styles 2-3, velus à
la base.
Fruit ovoïde, atteignant 15 X 10 mm, peu charnu, renfermant une
grosse graine sphérique (plus rarement 2).
Type ; Pakistan oriental, Chittagong, Roxburgh (d’après Cat. Hort.
Beng.). Ce spécimen type n’a pu être localisé. Il ’y a pas non plus de plan¬
che illustrée représentant Mespilus bengalensis Roxb. dans la collection
de Kew (cf. Sealy, Kew Bull. 11:358. (1957). En l’absence de ces docu¬
ments originaux on pourrait adopter comme lectotype : Wallich 668/2,
Silhet, Pakistan or. (K).
Distr. — Régions himalayenne orientale (Sikkim, Assam); Birma¬
nie (nord, centre et sud); Péninsule malaise; Thaïlande; Cambodge, Laos;
Vietnam (sud); Sumatra; Bornéo.
Écol. — Se rencontre sur sols divers, en forêt dense ou forêt claire,
jusque vers 1 500 m. Fleurs de novembre à février.
Noms vernac. — Birmanie : Petsul (Bassein). — Thaïlande : Pa ong
tel (Kanburi), Si sièt nam (Buriram), Ta krao nam (Chantaburi). — Cam-
Source : MNHN, Paris
— 568 —
bodge : Sron (Pursat), Koen prok (Siem Reap), Mprut (Stung Treng). —
Laos : Khouan dok (Louang Prabang). — Vietnam Sud : So’n (Bien Hoa),
Song Irang (Ba Ria), Gian dè (Bien Hoa), Dan vao (Phan Rang, proto¬
indochinois). — Sumatra (Palembang) : Mèdang tjèmpaka, Sebaran,
Bèloelang.
Us. — Bois utilisé, au Vietnam, dans les charpentes et, au Cambodge,
dans la construction des embarcations.
Matériel examiné :
Inde. — Kumaon : Blinkworlh s. n. (BM). — Sikkim : King's coll. 1141 (E). —
Région N. E. (Assam, Bengale oriental, Khasia); Bor 2843 (K); Clarlce 14392 (BM,
E, K), 42930 (E); Griffith 2089 (K, P), 2090 (K); Griffith in herb. Hance 2362 (P);
Hamilton 1176 (E); Herb. Bol. Cale. 1047 (BM, P); Hooker /. & Thomson s. n. (BM, P);
Leschenaull s. n. (P); Mabold 7392 (K); Pierre s. n. 1864 (P.); Prain s. n. 1886 (P);
Schlaginlweil 628 (BM, P); Wallich 668/2 (K, P), 668/3, 668/4, 668/E (K); Watt 7260
(E, K).
Birmanie. — Région N. : Anderson s. n. 1868 (K); Buchanan 12 (E); Kingdon
Ward 20600 (BM, E, P). — Région centrale : Kingdon Ward 21810 (BM); Lace 6257
(K). — Région S. : Griffith 2091 (P); Kermode 7110 (K). — Adung Valley : Kingdon
Ward 9431 (BM). — S. loc. : Shaik Mokim 1183 (P).
Thaïlande. — Région Nord : Danish Exp. 6854 (C, K), 9480 (G, P); Kerr 1373
(K, P), 2757 (K), 5580, 6435 (K, P); Put 4450, 4494 (BM); Winil 1509 (BKF, K, P). —
Région Nord-Est : Kerr 8413 (E, K, P). 8564 (K, P). — Région Est : Kerr 8220 (E, K,
P), 17638 (K). — Région Sud-Ouest : Put 186 (K, P). — Région Sud-Est : Kerr 9728
(K), 9768 (K, P), 18045 (E, K, P). — Région péninsulaire : Kerr 18469, 18554 (K);
Smitinand & Sleumer 1155 (L).
Malaisie (péninsule). — Griffith s. n. (K); Maingay 630, 1405 (K); ftidleg 7912
(K), 10311 (BM, K), 16021 (BM); Bobinson 5486, 6211 (BM, K); SFN (Henderson)
29137 (K), 29691 (K, L); SFN (Corner) 31485 (K); SFN (Nur) 32859 (K, L); SFN
(Kiah) 35318 (K); SFN (Nauen) 37674 (K).
Sumatra (L). — Boschproe/stalion mai 1921, déc. 1921, juil. 1922, janv. 1923;
Krukoff 4086 ; I.ambach 1280 ; Thorenaar oct. 1920.
Bornéo. — Région Est : Koslermans 5901 (L).
Cambodge (P). — Prov. Kampot : Poilane 22949. — Prov. Pursat : Millier 603. -
Prov. Siem Réap : Poilane 13968. — Prov. Stung Streng : Poilane 14028, 14075. —
Cambodge Nord-Ouest : Pierre 599 p. p., nov. 1866, mai 1870.
Laos (P). — Prov. Louang Prabang : Vidal 2594. — Prov. Saravane : Poilane
16189. — Prov. Attopeu : Harmand in herb. Pierre, mars 1877. — Prov. Bassac :
Thorel, 1866-1868.
Vietnam (Sud) (P). — Prov. Kontum : Poilane 32298, 32306. — Prov. Ban Me
Thuôt : Schmid 403. — Prov. Nha Trang : Poilane 4245. — Prov. Phan Rang : Poi¬
lane 9916. — Prov. Baria : Chevalier 36640; Pierre, août 1866, juin 1867. — Prov.
Bien Hoa : Chevalier 29944; Phung van Diiu 192; Pierre, sept. 1865, mars 1877. —
Prov. Châu Dôc : Pierre, mars 1868. — Prov. Soc Trang : Poulo Condor, Harmand 894
in herb. Pierre 599 p. p. — Cochinchine : Pierre, avril 1897.
Autres formes :
On peut rattacher à E. bengalensis des formes assez différentes de
la forme type précédemment décrite :
b) f. intermedia Vidal, f. nov.
A forma tvpica differt stylis 4 frequentioribus.
Ne diffère de la forme type que par la présence assez fréquente de
Source : MNHN, Paris
— 569 —
4 styles (20 %). Par ce caractère elle relie E. bengalensis (2-3 styles) à
E. serrata (3-4 styles).
Forme localisée, en altitude, au Vietnam central et au Yun Nan.
Matériel examiné :
Chine. —- Yun Nan : Forresl 17845 (E, K).
Vietnam (Sud). — Région de Hué : Vidal 35A, 35B, 35C (P).
c) f. contracta Vidal, f. nov.
A forma typica differt inflorescentiis contractis, multo brevioribus.
Limbe lancéolé ou oblancéolé, aigu ou obtus, à dents peu profondes,
espacées de 6-10 mm; inflorescences contractées, n’atteignant pas 6 cm.
Forme localisée, en attitude, au Vietnam central.
Matériel examiné :
Vietnam (Sud) (P). — Province de Hué : Poilane 27620, 31104; Vidal 36. —
Prov. Quang Nam : Poilane 7986, 11 . — Prov. Kontoum : Poilane 35584. — Prov.
N ha Trang : Chevalier 38718, 38832, 38892.
d) f. angustifolia (Cardot) Vidal
-— E. bengalensis var. anguslifolia Cardot, Not. Syst. 3: 371 (1918).
Feuilles lancéolées, aiguës, profondément dentées : inflorescences
contractées.
Forme localisée au Yun Nan.
Matériel examiné :
Chine. —-Yun Nan : Ducloux 4719 (P).
e) f. gigantea Vidal, f. nov.
A forma typica differt foliis multo majoribus inflorescentiisque glabre s-
centibus.
Grandes feuilles ayant 25 X 10 cm et 12-14 paires de nervures;
inflorescences glabrescentes.
Cette forme de Birmanie septentrionale (Parkinson 314, K) se rap¬
proche de E. plalyphylla Merr., de la même région et pourrait peut-être
être un hybride entre cette espèce et E. bengalensis f. bengalensis.
f) f. multinervata Vidal, f. nov.
A forma typica differt lamina venis utrinque 15-20.
Limbe présentant 14-20 paires de nervures.
Forme localisée en forêt dense humide d’altitude (600-400 m) en
Thaïlande N. et S.W.
Nom vernac. — Karen : séng không (Kanburi).
Thaïlande. — Prov. Pâyap : Kerr 5372, 6293 (E, K, P); Danish Exp. (1964)
10797 (C, P). — Prov. Ràchâburi; Kerr 10236 (K, P).
Matériel examiné :
Source : MNHN, Paris
— 570 —
21. Eriobotrya obovata W. W. Smith
Smith, Not. Bot. Gard. Edinb. 10: 29 (1917).
Arbuste?
Feuilles à limbe obové, ayant 8-10 x 3-5 cm, en coin à la base,
arrondi ou brusquement acuminé au sommet, glabre, à dents peu profondes,
espacées de 2-3 mm vers le haut, 5 mm vers le bas; nervures 12-14 paires.
Pétiole long de 2 cm.
Inflorescences en panicules étroites, contractées, tomenteuses.
Pédicelle très court (1-3 mm). Calice tomenteux; tube long de 3,5 mm;
lobes arrondis, longs de 2 mm. Pétales obovés, longs de 5 mm, arrondis
ou émarginés au sommet, ± velus à la base. Étamines ± 20. Ovaire densé¬
ment velu au sommet; styles (2)-3, velus à la base.
Type : Chine, Yun Nan, env. Yun Nan Sen, en fleurs, Maire 2450
(E, K).
Obs. — Cette espèce, connue seulement par le spécimen type, est
très proche de la forme contracta de E. bengalensis.
22. Eriobotrya stipularis Craib
Craib, Kew Bull. 1929: 109 (1929); FI. Siam. Enum. 1, 1 : 580 (1931).
Arbuste, haut de 6 m.
Feuilles à limbe oblong lancéolé, ayant 12-18 x 4-5 cm, en coin à
la base, aigu ou courtement acuminé au sommet, glabre, à dents peu pro¬
fondes, espacées de 5-10 mm; nervures ± 10 paires. Pétiole long de 3 cm.
Stipules foliacées, elliptiques, ayant 6-12 X 4-10 mm, pétiolulées, entières
ou denliculèes, persistant assez longtemps.
Inflorescences en panicules longues de 8 cm, tomenteuses. Pédi¬
celle long de 1-4 mm. Calice tomenteux; tube long de 3 mm; lobes subai¬
gus, longs de 2 mm. Pétales ovales obtus, ayant 4x3 mm, i velus à la
base. Étamines i 20. Ovaire velu au sommet; styles 2, velus à la base.
Type : Thaïlande péninsulaire, Satul, en fleurs, janv. 1928, Kerr
14125 (BM, K).
Dïstr. — Thaïlande péninsulaire; Cambodge.
Obs. — Espèce mal connue, ne différant de E. bengalensis que par
les stipules persistantes et n’étant peut-être qu’une forme de cette der¬
nière espèce.
Thaïlande. — Région péninsulaire : Kerr 14125 (type).
Cambodge. — Prov. Pursat : Maller 705 (P).
23. Eriobotrya tengyuehensis W. W. Smith
Smith, Not. Bot. Gard. Edinb. 10: 30 (1917).
Arbre atteignant 20 mètres.
Feuilles à limbe oblong elliptique, ayant 12-18 x 4-6 cm, en
Source : MNHN, Paris
coin à la base, brusquement et courtement acuminé au sommet, dertlé
dans le lj4 supérieur, glabre; nervures 12-15 paires. Pétiole long de 2-4 cm.
Inflorescences en panicules étalées, longues d’une dizaine de cm,
tomenteuses. Pédicelle long de 3-5 mm. Calice tomenteux; tube long de
3 mm; lobes triangulaires, subaigus, longs de 2 mm. Pétales blanc-jau¬
nâtres, obovales, longs de 8 mm, ± échancrés, glabres. Étamines ± 20.
Ovaire velu au sommet; styles (2)-3, velus à la base.
Fruit ovoïde, atteignant 12 x 8 mm.
Type (lectotype) : Chine, Yun Nan, entre la Salouen et la Seweli,
2 500 m, en fleurs, mai 1913, Forresl 9857 (E).
Distr. — S. Chine (S. É. Tibet, Yun Nan); N. Birmanie.
Écol. — Espèce d'altitude (2 500-3 000 m), se rencontrant dans
les fourrés clairsemés ou ripicoles. Fleurs en avril-mai ; fruits en septem¬
bre-octobre.
Matériel examiné :
Chine. — Yun Nan : Forresl 9847, 9857 (E), 12298 (K), 17638 (E, K); Yil 19922
(E).
Birmanie. — Région N. : Kermode 17258 (K); Lace 5 7 70 (E).
24. Eriobotrya salwinensis Hand.-Mazz.
Handel-Mazzetti, Symb. Sin. 7: 475 (1933).
Arbuste ou Arbre de petite taille.
Feuilles à limbe oblong lancéolé, ayant 10-20 x 3-5 cm, en coin
à la base, aigu ou obtus au sommet, denté dans le 1/4 supérieur, glabre en
dessus, tomenteux ocre en dessous; nervures 4: 15 paires. Pétiole long de
2-3 cm.
Inflorescences en panicules ^ compactes, ayant 5-10 cm de long,
tomenteuses. Pédicelle nul. Calice tomenteux; tube long de 3 mm; lobes
arrondis, longs de 2 mm. Pétales jaunâtres obovales, ^ échancrés au
sommet, ± velus à la base interne. Étamines ± 20. Ovaire velu au som¬
met; styles 2-3, velus à la base.
Type : Chine, Yun Nan, près Tcha Mou Tong, 1 700 m, en fruits,
juil.-août 1916, Handel-Mazzetti 9573 (W).
Distr. — S. Chine (Yun Nan, Tibet); N. Birmanie; N. E. Inde.
Écol. — Espèce d’altitude (1 500-3 000 m), fréquentant les fourrés
ripicoles. Fleurs en mai; fruits en août.
Obs. — La pilosité du limbe est un caractère variable qui ne permet
pas à lui seul de distinguer nettement cette espèce de E. tengyuehensis.
La présence de fleurs sessiles, densément groupées, est par contre un bon
critère.
Matériel examiné :
Chine. — Yun Nan : Forresl 16400, 17193 (E), 17280, 18502 (E, K); Handel-
Mazzelli 9573 (type); YO 19180 { E). — S. E. Tibet : Forresl 18947, 20304, 21668 { E, K).
Birmanie. — North Triangle : Kingdon Word 20699 (BM, E).
Inde. — Assam : Kingdon Ward 20250, 20306A (BM) (spécimens stériles, déter¬
mination incertaine).
Source : MNHN, Paris
— 572 —
PI. 4. — E. salwinensis: 1, feuille, face inférieure X 2 / 3 ; 2, fragment d’inflorescence X 2 ; 3,
fleur, vue interne x 4. — R. prinoides: 4, feuilles, face supérieure x 2 / 3 ; 5, face infé¬
rieure, détail X 4. — E. prinoides var. laolica: 6, feuilles et inflorescence X 2 / 3 ; 7, frag¬
ment d'inflorescence x 2; 8, fleur, vue interne x 4.
(1-3, Forrest 16400 ; 4-5, Wilson 3507 ; 6-8, Poilane 2243 ).
— 573 —
26. Eriobotrya prinoides Rehd. et Wils.
Rehder & Wilson in Sargent, PI. Wils. 1: 194 (1912); Schneider, 111. Handb.
Laubh. 2: 999 (1912); Cardot, Bull. Mus. Paris 25: 206 (1919); Nakai, Journ. Am.
Arb. 5 : 68 (1924).
—- E. bengatensis (non Hook. f.) auct. Dunn, Journ. Linn. Soc. 39: 446 (1911).
— E. dubia (non Dec.) auct. Franch., PI. Delav. : 224 (1889).
a) var. prinoides
Arbre haut d’une dizaine de mètres.
Feuilles à limbe elliptique, ayant 8-12 x 3-6 cm, arrondi ou cour-
tement atténué à la base, obtus ou peu aigu au sommet, denté dans les
2/3 supérieurs, glabre en dessus, lomenieux grisâtre en dessous ; nervures
10-12 paires. Pétiole long de 15-20 mm.
Inflorescences en panicules étalées, longues de 6-10 cm, tomen-
teuses. Pédicelle long de 2-5 mm. Calice tomenteux; tube long de 3 mm;
lobes obtus ou subaigus, longs de 2 mm. Pétales blancs, ovales, émargi-
nés, longs de 5 mm, velus à la base interne. Étamines ± 20. Ovaire demi-
infère, velu au sommet; styles 2-3, velus à la base.
Fruit ovoïde, ayant 10 x 7 mm, à lobes du calice ^ caducs à la
maturité.
Type : Chine, Yun Nan, Mengtze 1 500 m, en fleurs et fruits, mai 1904.
Henry 9878 (A, K).
Distr. — S. O. Chine (Se Tchouen, Yun Nan).
Écol. — Forêts d’altitude, vers 1 500 m. Fleurs en décembre-janvier;
fruits en avril-mai.
Obs. — Cette espèce a des affinités certaines avec le genre Sorbus
sect. Micromeles par les sépales + caducs sur le fruit mûr et les feuilles
dentées tomenteuses en dessous. Par ses autres caractères elle semble
cependant devoir être maintenue dans le genre Eriobolrya.
Matériel examiné :
Chine. — Se Tchouen : Fang 5311 (K); Wilson 3507 (BM, K, P). — Yun Nan :
Delavay 558 (P), 1990 p. p. nov. 1885 (P, K), 1990 p. p. av. 1885 (P), s. n. dec. 1889
(BM, E, K, P); Ducloux 1320 (E), 6323 (P); Forresl 13325{E, K); Henry 9878 (type);
Maire 374 (E); Simeon Ten 97 (E).
b) var. laotica Vidal, var. nov.
A varietate typica differt lamina suborbiculare, venis utrinque 8 ac
floribus minoribus.
Diffère de la variété typique par les caractères suivants :
Limbe suborbiculaire, ayant 7x5 cm en moyenne et ± 8 paires de
nervures. Pédicelle long de 1-2 mm. Calice (tube + lobes) long de 4 mm.
Pétales suborbiculaires, ayant 3x2 mm.
Distr. — N. Laos (Xièng Khouang).
Écol. — Forme localisée sur calcaires, en altitude (1 200 m), au
milieu d’une végétation rabougrie. Fleurs en novembre.
Nom vernac. — Laotien : (Ko)’Mi (Xièng Khouang).
Source : MNHN, Paris
— 574 -
Us. -— Bois rouge, dur, dense, non attaqué par les termites, employé
à la confection des colonnes.
Matériel examiné (P) :
Laos. — Prov. Xièng Khouang : Xièng Khouang, 1 200 m, en fleurs, nov. 1920,
Poilane 2243 (type).
26. Eriobotrya angustissima Hook. f.
Hookbr f., Fl. Brit. Ind. 2: 372 (1878).
Arbuste ou Arbre d’une quinzaine de mètres.
Feuilles à limbe oblong, étroit, ayant 2-10 X 1-5 cm, longuement
atténué à la base, obtus ou subaigu au sommet, glabre, à dents espacées de
6-8 mm dans la moitié supérieure, nervures 8-10 paires. Pétiole long de
10-15 mm.
Inflorescences en panicules peu fournies, longues de 2-6 cm glabres
ou glabrescentes. Pédicelle long de 3 mm. Calice pubescent; tube long de
2,5 mm; lobes arrondis, longs de 1,5 mm. Pétales obovales ou obcordés
velus à la base interne. Étamines ± 20. Ovaire demi-infère à sommet velu.
styles 2-3.
Fruit subglobuleux, ayant en moyenne 10 X 8 mm et atteignant
15 X 12 mm.
Type : Inde, Mts Khasia, 1 500 m, en fleurs, sept. 1850, Hoolcer f. et
Thomson s. n. (K).
Distr. — N. E. Inde (Khasia); S. Vietnam (chaîne annamitique).
Écol. — Se présente soit sous forme d’arbustes bas constituant
des fourrés en bordure des cours d’eau (Khasia), soit sous forme d’arbres
au milieu de la forêt primaire d’altitude (chaîne annamitique). Fleurs et
fruits en août-septembre.
Obs. — Cette espèce se rapproche d ’ E. bengalensis f. contracta dont
certains spécimens de la Chaîne annamitique ressemblent beaucoup à
ceux d 'E. angustissima de la même région.
Matériel examiné :
Inde. — Région des monts Khasia : Clarke 37359 (BM), 40314A (K), 43479A (E),
44259 (K); Collell 62 (K); Hooker /. & Thomson s. n. 1850 (type), s. n. (BM, E, P).
Vietnam (Sud). — Prov. Nha Trang : Chevalier 38714, 38856 (P). — Prov. Haut
Donaï : Poilane 30751, 31061 (P). — Prov. Darlac : Poilane 32548 (P).
27. Eriobotrya Seguini (Lév.) Card. ex Guill.
Guillaumin, Bull. Soc. Bot. Fr. 71: 287 (1924), “Seguinii" ; Rehder, Journ. Am.
Arb. 13: 308 (1932).
-— Symplocos Seguini Lév. in Fedde, Rep. Sp. nov. 10 : 431 (1912); Fl. Kouy Tchéou :
408 (1915). —- Syntypes : Seguin in herb. Bodinier 2262, 2617.
— Eriobotrya pseudo-Baphiotepsis Card., Not. Syst. 3: 371 (1918). — Type : Seguin
in herb. Bodinier 2617.
Arbuste.
Feuilles à limbe elliptique ou oblancéolé, ayant 3-5 X 1-2 cm, ±
Source : MNHN, Paris
— 575 —
longuement atténué à la base, obtus ou très courtement cuspidé au som¬
met, finement denté sur la marge, à dents espacées de 1,5-2 mm, glabre;
nervures ± 8 paires peu visibles. Pétiole long de 3-10 mm. Stipules en alêne,
caduques.
Inflorescences en grappes ou petites panicules, longues de 1-4 cm,
tomenteuses rouille. Pédicelle nul ou subnui. Calice tomenteux; tube
long de 3-4 mm; lobes étroits, obtus, longs de 2 mm. Pétales suborbicu-
laires, ayant 3x3 mm, émarginés au sommet, glabres. Étamines 15.
Ovaire à sommet velu ; styles (2)-3-(4), velus à la base.
Type (lectotype) : Chine, Kouey Tchéou, env. Hoang Ko Chou,
en fleurs, mars 1899, Seguin in herb, Bodinier 2617 (E, P).
Distr. — Chine (Kouey Tchéou).
Écol. — Fleurs en mars-avril.
Obs. — Cette espèce présente une allure de Rhaphiolepis : stipules en
alêne, feuilles petites, 15 étamines. L'absence de fruits ne permet pas de
se prononcer avec certitude sur la place à lui attribuer.
Matériel examiné :
Chine. — Kouey Tchéou : Seguin in herb. Bodinier 2262, 2617 (E, P).
ESPÈCES DOUTEUSES
28. Eriobotrya macrocarpa Kurz
Kurz, Journ. As. Soc. Beng. 41: 2, 4 : 306 (1872); Prelim. Rep. For. Veg. Pegu,
Append. B : 48 (1875); For. Fl. Brit. Burma 1 : 443 (1877); Hook. f., Fl. Brit. Ind. 2 :
372 (1878).
Arbre de 30-40 m.
Feuilles à limbe obovale ou oblong lancéolé, ayant 12-15 cm de
long, atténué à la base, à acumen court et obtus au sommet, entier, glabre,
Pétiole long de 12-16 mm.
Inflorescences glabres.
Fruit subglobuleux, de la taille d’une balle (« bullet »).
Type : Birmanie, collines N. E. Kambala Toung, vers 1 000 m,
Yomah, Pegu (d’après Kurz). Ce spécimen n’a pu être retrouvé.
Distr. — S. Birmanie (Pegu).
Écol. — Essence d’ombre, mentionnée comme rare dans les forêts
denses humides d’altitude. Fruits en mars-avril.
Obs. — Cette espèce insuffisamment connue semble assez voisine de
E. Wardii, de N. Birmanie, laquelle a cependant des feuilles plus grandes
et subsessiles.
29. Eriobotrya bengalensis (non Hook. f.) Kurz
Kurz, Prelim. Rep. For. Vég. Pegu, Append. A : 57 (1875).
La description sommaire qui accompagne ce nom dans une clé des
espèces du Pegu ne permet pas une identification certaine. D’autre part,
Source : MNHN, Paris
— 576 —
le spécimen type correspondant n’ayant pu être localisé, on ne peut affir¬
mer qu’il s’agit de la même espèce que E. bengalensis Hook. f., mais c’est
probable. Dans ce cas il faudrait substituer au nom de Hook f. (1878)
celui antérieur de Kurz (1875). Il est à noter que ce nom n’est plus men¬
tionné dans la publication ultérieure de Kurz, For. Fl. Brit. Burma (1877).
30. Eriobotrya tinctoria Kurz
Kurz, Prelim. Rep. For. Veg. Pegu, Append. B : 48 (1875).
Cette espèce, mentionnée seulement dans une clé, est sans doute
conspécifique de E. bengalensis Hook. f. Elle n’est pas citée dans la
publication ultérieure de Kurz, For. Fl. Brit. Burma (1877), qui men¬
tionne par contre, sous le nom de E. dubia, une espèce dont la descrip¬
tion paraît bien être celle de E. bengalensis Hook. f. (cf. synonymes de
E. bengalensis).
ESPÈCES A EXCLURE
— E. acuminalissima Nakai, Journ. Am. Arb. 5 : 71 (1924). A transfé¬
rer dans le genre Rhaphiolepis.
— E. ambigua Merr., Philip. Gov. Lab. Bur. Bull. 35: 19 (1906).
= Stranvaesia Nussia Dec., Nouv. Arch. Mus. Paris 10: 178 (1874);
Vidal, Adansonia n. s. 5 : 231 (1965).
— E. chinensis G. Don, Gen. Syst. 2 : 603 (1832).
— Cralaegus chinensis Steud., Nom, ed. 2, 1: 432 (1840).
= Rhaphiolepis indica Lindl., Bot. Reg 6: t. 468 (1820) (fide I. K.).
— E. Griffithii Franch., PI. Delav. 1 : 224 (1890).
= Photinia glomerata Rehd. et Wils. in Sarg., PI. Wils. 1: 190 (1912) ;
Vidal, Adansonia n. s. 5 : 226 (1965).
— E. integrifolia Kurz, Journ. As. Soc. Beng. 45, 2 : 304 (1876); For.
Fl. Brit. Burma 1: 442 (1877).
= Photinia integrifolia Lindl., Trans. Linn. Soc. 13: 103 (1821).
— E. lasiogyna Franch., PI. Delav. 1: 225 (1890).
= Photinia lasiogyna (Franch.) Schneider, III. Handb. Laubh. 1 : 707
(1906).
— E. luzonensis Nakai, Journ. Arn. Arb. 5 : 69 (1924). A transférer dans
le genre Rhaphiolepis.
— E. metrosideros Chev., Cat. PI. Jard. Bot. Saigon : 64 (1919).
= Rhaphiolepis indica Lindl. Bot. Reg. 6 : t. 468 (1820).
— E. Notoniana Kurz, Prelim. Rep. For. Veg. Pegu, Append. B : 48
(1875).
= Photinia integrifolia var. Notoniana (W. et A.) Vidal, Adansonia
n. s. 5 : 227 (1965).
-— E. oblongifolia Merr. et Rolfe, Philip. Journ. Sc. 3: 102 (1908).
Source : MNHN, Paris
— 577 —
= Stranvaesia Nussia Dec., Nouv. Arch. Mus. Paris 10: 178 (1874);
Vidal, Adansonia n. s. 5 : 231 (1965).
— E. ochracea Hand.-Mazz., Symb. Sin 7 : 476 (1933).
— Sorbus rubiginosa Yü, Acta Phytotax. Sin. 8 : 223 (1963).
= Sorbus ochracea (Hand.-Mazz.) Vidal, comb. nov.
Dans son système des Sorbus de Chine, Yü (1. c.) décrit la nouvelle
espèce S. rubiginosa et cite plusieurs spécimens de Forrest dont le type
d’E. ochracea Hand.-Mazz. (Forrest 21076, Yun Nan), sans faire allusion
à ce dernier nom. Il y a donc lieu de mettre S. rubiginosa en synonymie
et de donner la priorité à l’épithète ochracea, cette dernière n’étant pas
déjà utilisée avec Sorbus.
S’il n’y a pas de doute qu’il s’agit bien d’un Sorbus et non d’un
Eriobolrya, il est moins certain que l’espèce soit vraiment nouvelle :
elle paraît, en effet, bien voisine de S. ferruginea Rehd. et de S. epiden-
dron Hand.-Mazz. Mais, n’ayant pas révisé personnellement un matériel
suffisant de ce groupe je ne peux qu’adopter le point de vue de Yü sur
l’originalité de l’espèce.
Elle est située dans la sect. Micromeles (Dec.) Rehd., sous-sect.
Ferruginea Yü, caractérisée par des feuilles simples, à tomentum rouille
en dessous et des fruits à sépales caducs à maturité.
— E. philippinensis Vidal y Soler, Rev. PI. vase. Filip. : 123 (1886).
A transférer dans le genre Rhaphiolepis.
— E. prionophylla Franch., PI. Delav. 1: 225, t. 46 (1890).
Photinia prionophylla (Franch.) Schneid., III. Handb. Laubh. 1 :
707 (1906); Nakai, Journ. Arn. Arb. 5 : 72 (1924).
INDEX DES TAXA CITÉS
N. B. — Les taxa nouveaux et les combinaisons nouvelles sont en caractères gras;
les synonymes, en italique.
CRATABGVS
Bibas Lour.
chinensis Steud.
acununalissima Nakai (syu. nov.]
ambigua Merr..
hengalensis Hook. f.
F angustifolia Vid. (8t. nov.).
f contracta Vid. (f. nov.). .
f gigantea Vid. (f. nov ). .
f. intermedia Vid. (f. nov.). .
f. multinervata Vid. (f. nov.).
Brackloi Hand.-Mazz.
var. atrichophylla Hand.-Mazz.
buisanensis Kan.
550
576
576
576
574
573
575
567
569
569
569
568
569
560
560
566
Cavaleriei Rehd. 560
var. Brackloi Rehd. 560
chinensis G. Don. 576
dellexa Nakai. 566
f. buisanensis Nakai. 566
var. grandiflora Nakai. 559
f. koshunensis Li. 566
dubia Dec. 561
dubia Franch. 573
eliiptica Lindl. 551
var. Petelotii Vid. (v. nov.). . 552
fragrans Champ, ex Benth. 555
var. furfuracea Vid. (v. nov.). 557
glabrescens Vid (sp. nov. 554
var. victoriensis Vid. (v.nov). 555
grandiflora Rehd. et Wils. 559
I,ri;ll,ll:ii K ranch. 576
Henryi Nakai. 562
Source : MNHN, Paris
— 578 —
Hookeriana Dec. 562
f. minor Vid. (f. nov.). 563
inlegri/olia Kurz. 576
japonica Lindl. 550
var. elliplica Wenz. 551
lasiogyna Franck. 576
latifolia Hook. f. 565
longifolia Hook. f. 563
luzonensis Nakai (syn. nov.).... 576
macrocarpa Kurz (?). 575
malipoensis Kuan. 551
merguiensis Vid. (sp. nov.)... 563
melrosideros Chev. (syn. nov.)... 576
Notoniana Kurz. 576
obovata Smith. 570
oblongi/olia Merr. et Rolfe. 576
ochracea Hand.-Mazz. (syn. nov.). 577
petiolata Hook. f. 552
philippinensis Vif. y Sol (syn. nov.) 577
platyphylla Merr. 555
Poiïanei Vid. (sp. nov.). 557
prinoides Rehd. et Wils. 573
var. laotica Vid. (v. nov.). . . . 573
prionophylla Franch. 577
pseudo-Raphiolepis Card. 574
salwinensis Hand. — Mazz. 571
Seguini Card. ex Guill. 574
serrata Vid. (sp. nov.). 558
stipularis Craib. 570
tengyuehensis Smith. 570
lincloria Kurz (?). 567,576
Wardii Fisch. 549
HIPTAOB
Cavaleriei Lév. 560
MESPILVS
bengalensis Roxb. 567
Cuila Ham. ex Don. 551
japonica Thunb. 550
lincloria D. Don. 561
buisanensis Hay. 566
dejlexa Hemsl. 566
dubia Lindl. 561
dubia Wall. 567
glomerara Rehd. et Wils. 576
integrifolia Lindl. 576
var. Notoniana Vid. 576
lasiogyna Schneid. 576
longifolia Dec. 563
prionophylla Schneid. 577
Rhaphiolepis
indica Lindl. 576
Sorbus
ochracea Vid. (comb. nov.)... . 577
rubiginosa Yil (syn. nov.). 577
Stranvaesia
Nussia Dec. 576, 577
SYMPLOCOS
Seguini Lév . 574
INDEX DES COLLECTEURS
A. Numéros des espèces
2 .
6 .
ба.
бб.
7.
10
11
12
13
14
15
16
17
18
Eriobolrya Wardii Fisch.
— japonica (Thunb.) Lindl.
malipoensis Kuan
elliplica Lindl.
— var. elliplica
■— var. Pelelotii Vidal
peliolala Hook. f.
glabrescens Vidal
—- var. glabrescens
— var. vicloriensis Vidal
platyphylla Merr.
fragrans Champ, ex Benth.
— var. fragrans
— var. furfuracea Vidal
Poiïanei Vidal
serrala Vidal
grandiflora Rehd. & Wils.
Cavaleriei (Lév.) Rehd.
dubia (Lindl.) Dec.
Henryi Nakai
Hookeriana Dec.
longifolia (Dec.) Hook. f.
merguiensis Vidal
latifolia Hook. f.
Source : MNHN, Paris
— 579
deflexa (Hemsl.) Nakai
— f. deflexa
— f. buisanensis (Hayata) Nakai
—- f. Iioshunensis (Kaneh. & Sasaki) Li
bengalensis (Roxb.) Hook. f.
20.
20a
206
20c
20d
20e
20/
f. bengalensis
f. inlermedia Vidal
f. contracta Vidal
f. angusti/olia (Cardot) Vidal
f. giganlea Vidal
f. mallinervata Vidal
21
obovala W. W. Smith
stipulons Craib
l 11 I W. W. Smith
salwinensis Hand.-Mazz.
prinoides Rehd. & Wils.
23.
24.
25.
256.
26.
angustissima Hook. f.
var. prinoides
var. laotica Vidal
27. — Seguini (Lév.) Card. ex Guill.
B. Numéros des collecteurs et des espèces correspondantes
N.-B. — A la suite du numéro du collecteur ligure le numéro de l’espèce corres¬
pondante d’après la liste précédente (A).
Anderson 490: 15; s. n. (1868) : 20a; s. n. (in Herb. Pierre) : 5. — Beddome 2727:
5; s. n. : 13. — Blinkworlh s. n.: 20a. — Bodinier 2262, 2617 (leg. Seguin) : 27. — Bor
2843: 20a. — Boschproe/slalion s. n. (mai 1921), s. n. (déc. 1921), s. n. (juill. 1922),
s. n. (janv. 1923), s. n. (févr. 1923) : 20a. — Buchanan 12: 20a; s. n.: 13. — Bur. Sc.
Manille 11102: 8a. — Cavalerie 3220: 12. — Cave s. n. (1918), s. n. (1919) : 13; s. n.
(1923) : 5. — Champion s. n.: 8a. — Chevalier 29944, 36640: 20a; 38708: 86; 38714:
26; 38718, 38832: 20c; 38856: 26; 38892: 20c; 38893: 86. — Clarke 14392: 20a; 25258,
25341: 15; 26419A, 26419B, 26440: 13; 27997A: 5; 37359, 40314A: 26; 42930: 20a;
43479A, 44259: 26. — Colletl 62: 26. — Cooper 2306, 3603: 15. — Cowan s. n. (1916) :
5; s. n. (1923) : 13; s. n.: 5. — Danish Exp. 6854, 9480: 20a; 10797: 20/. — Delavay
558, 1990 p. p. (avr. 1885), 1990 p. p. (nov. 1885), s. n. (déc. 1889) : 25a. — Ducloux
1320: 25a; 4719: 20 d; 6323: 25a. — Fang 5311: 25a. — Faurie 276: 19a; 277: 196. —
Ford (juin 1885) : 8a. — Forrest 9847, 9857, 12298: 23; 13325: 25a; 16400, 17193,
17280: 24; 17638: 23; 17845: 206; 18502, 18947, 20304, 21668: 24; 25463: 14. —
Gamble 249A: 13; 1126A, 1127A: 5; 7552: 5(?). — Griflllli 2002: 13; 2006: 15;
2085, 2086: 5; 2089, 2090, 2091: 20a; 2092: 13; 2093: 16; 2094: 15; s. n. : 5; s. n.:
20 a. — H am il Ion 1175: 20a; s. n. : 4a. — Hance 2362 (leg. Griflllli) : 20a; 10120: 8a. —
Handel-Mazzelli 9573: 24; 12032, 12060: 12. — Harmand 894 (in Herb. Pierre 599 pp.) :
20a; s. n. : 5. — Henry 282: 196; 498: 19a; 631: 196; 1026: 19a; 1333: 196; 9878:
25a; 12139, 12842: 10; 13018: 14. — Herb. Bol. Cale. 1047: 20a. — Hooker /. & Thom¬
son s. n. : 20a; s. n. : 26; s. n. : 5; s. n. : 15; s. n. : 13. — Kermode 7110: 20a; 17258:
23. — Kerr 1373, 2767: 20a; 6372: 20/; 5580: 20a; 6293: 20/; 6435, 8220, 8413,
8564, 9728, 9768: 20a; 10235: 20/; 14125: 22; 17638, 18045, 18469, 18554: 20a. —
King 1141: 20a; 2567: 15; s. n. (1874-1875) : 13; s. n. : 5. — Kingdon-Ward 6743,
7618, 9098: 1; 9431: 20a; 10205: 7; 17428: 6a; 20250, 20306A: 24; 20600: 20a;
20616: 6a; 20698: 1; 20699: 24; 21428: 1; 21810: 20a; 21915: 66; 22280: 6a; 22828:
66. — liostermans 5901: 20a. — Krukofl 4086: 20a. — Kurz s. n. : 5. — Lacaita s. n.
(1913) : 5; Lace 5347: 5; 5770.- 23; 6171: 14; 6257: 20a; s. n. (1914) : 14. — Lambach
1280: 20a. — Lau 123A: 8a. — Law 516: 12. — Leschenault s. n. : 20a. — Ludlow &
Sherrifl 2971, 18874: 5. — Mabold 7392: 20a. — Maingay 630, 1405: 20a. — Maire
374: 25a; 2450: 21. — Mell 659: 12. — Millier 603: 20a; 705 : 22. — Parker 3098:
Source : MNHN, Paris
— 580 —
17. — Parkinson 314: 20e. — Pélelol 3285: 46; 4591, 8598: 12; s. n. (1929) : 46. —
Phung van Diiu 192: 20a. — Pierre 599 pp., (leg. Harmand 874) : 20a; s. n. (1864),
s. n. (1865), *. n. (août 1866), *. n. (nov. 1866), s. n. (1867), s. n. (1868), *. n. (1870),
s. n. (mars 1877), s. n. (avril 1877), s. n. (1877) (leg. Harmand) : 20a. — Poilane 2243:
256; 2345: 10; 4245: 20a; 5140: 19a; 7986, 8110: 20c; 8372: 19a; 9916: 20a; 12763,
12785, 12793, 13113: 12; 13537: 9; 13968, 14028, 14075, 16189: 20a; 18727, 22591:
9; 22949: 20a; 27620 : 20c; 30751: 26; 30919: 9; 31061: 26; 31104: 20c; 32298, 32306:
20a; 32548: 26; 35584: 20c. — Prain s. n. (août 1886) : 20a. — Price 123, 847,
929: 19a. — Put 186, 4450, 4494: 20a. — Ribu âc Rhomoo s. n. (mars 1912) : 5. —-
Ridley 7912, 10311, 16021: 20 a. — Robinson 5486, 6211: 20a. — Schlaginlweit 528:
20a. — Schmid 403: 20a. — Scully s. n. : 13. — SFN (Henderson) 29137, 29691, SFN
(Corner) 31485, SFN (Nur) 32859, SFN (Kiah) 35318, SFN (Nauen) 37674: 20a. —
Shaik Mokim 1183: 20a. — Simeon Ten 97: 25 a. — Sister s. n. (1878) : 13. — Smili-
nand & Sleumer 1155: 20a. — Steward & Cheo 105: 10. — Thomson s. n. (1857) :
15. — Thorel s. n. (1866-1868) : 20a. — Thorenaar s. n. (oct. 1920) : 20a. — Thos Lobb
s. n. (1857) : 18. — Treutler 92: 5. — Tsang 20479: 8a; 20573, 21363, 21684, 22179,
22631: 12. — Tsiang 242: 8a. — Tsui 814: 8a. — Vidal 35A, 36B, 35C: 206; 36:
20c; 2594: 20a. — Wallich 667: 4a; 668, 668E: 20a; 668/1: 13; 668/2, 668/3, 668/4:
20a; s. n. (1818), s. n. (1819) : 4a. — Watt 5636: 15; 6348, 6702: 5; 7260: 20a. —
Wilson 2999, 3506: 11; 3507: 25a; 10185A, 10796: 19a; 11055: 19c. — Winit 1509:
20a. - Vil 19180: 24; 19922: 23.
INDEX DES NOMS VULGAIRES ET VERNACULAIRES
N.B. —- PI. = Proto-indochinois.
Bi ba (Chine)..
Hlbas» ut (Fr.).
Biwa (Jap.) ..
Dan vao (Pi). .
550 Néflier du Japon (Fr.
550 Pu oug lhel (Thail).
568 Petsut (Birm.)
559
568
550
567
567
568
569
567
566
568
568
Dau cai dao ; PI ;
Clan dé ;S Vietn.).. ,
Keun prok (Cambod.).
Khouan dok (l.ao)
Koen prok (Cambod-).
Long rang (PI).
566 Seharan (Sumatra).
Lonuat (Anglj..
Medang tjempaka (Sumatra).
Mi (Lao).
568 Seng không : Karen)
568 Si sièl nam (Thail '
568 Sô (S. Vietn.:.
568 Sôn (S. Vietn.).
558 Sung trang (S. Vietn
550 Sron (Cambod.).
568 Ta krao nam (Thail ) .
573
568
567
INDEX ANALYTIQUE
Description du genre.
Hi8tori<|iin et afllnilés.
Distribution géographique et Écologie.
537
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540
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Usages.
Caractères morphologiques et leur valeur taxonomique.
Clé systématique..
Clé pratique..
Description des espèces.. .
Espèces douteuses...
Espèces â exclure.
index des taxa cités ..
Index des noms vulgaires et vernaculaires.
Index des collecteurs.
580
578
Source : MNHN, Paris
INFORMATIONS
Nous avons le grand regret d’annoncer le décès de M. Roi, Directeur
Général Honoraire de l’École nationale des Eaux et Forêts; à ses qualités
de Forestier et d’Administrateur, M. Roi joignait une compétence reconnue
en Botanique et était l’auteur d’ouvrages estimés sur les arbres d’Europe.
Nous avons également le vif regret de faire part du décès de
M. H. U. Stauffer, Privat-docent à l’Université de Zurich, un des jeunes
botanistes systématiciens qui promettait de devenir un des maîtres de
notre discipline.
ERRATUM
Tome 5, fascicule 1, 1965
Légende de la planche 1, page 18 :
Au lieu de Nispero achras (Mill.) Aubr.
Lire : Achras zapota L.
Source : MNHN, Paris
ACHEVÉ D’IMPRIMER LE 31 DÉCEMBRE 1965
SUR LES PRESSES DE L’iMPRIMERIE
FIRMIN-DIDOT — P A RI S-M E S N I L-I V R Y
Dépôt légal : 4* trimestre 1965. - 1307.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris