Source : MNHN, Paris
MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
ADANSONIA
TRAVAUX PUBLIÉS
AVEC LE CONCOURS
du Centre National de la Recherche Scientifique
SOUS LA DIRECTION DE
H. HUMBERT A. AUBRÉVILLE
Membre de l'Institut Professeur
Nouvelle Série
Tome VI
FASCICULE 3
1966
PARIS
LABORATOIRE DE PHANÉROGAMIE
DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
16, rue de BufFon, Paris (5 e )
Source : MNHN, Paris
SOMMAIRE
Humbert, H. — La « Flore de Madagascar et des Comores »
(Plantes vasculaires), Résultats et perspectives. 315
Aubréville, A. — Notes sur les Sapotacées IV. 319
Leandri, J. — Observations sur Y Euphorbia oncoclada Drake et sur
sur quelques Euphorbes coralliformes malgaches. 331
Kostermans, A. J. G. H. — Notes on some Asian Mimosaceous
généra. 351
Capuron, R. —llazomalania R. Capuron, nouveau genre malgache
de la famille des Hernandiacées. 375
Raynal, J. — Notes cypérologiques : V. Sur un groupe de Cyperus
montagnards afro-américains. 385
Bosser, J. — Notes sur les Graminées de Madagascar. V. Le genre
Loudelia Hochst. ex Steud. 393
— Contribution à l’étude des Orchidaceae de Madagascar. VI. 399
Hallé, F. — Étude de la ramification du tronc chez quelques Fou¬
gères arborescentes. 405
Keraudren, M. — Remarques sur le genre Cyclanlheropsis (Cucur-
bilaceae) : à propos de la découverte d’une nouvelle espèce
à Madagascar. 425
Raynal, A. — Craterosligma gracile Pilger, Srophulariacée méconnue. 431
Bui ngog-sanh. — Notes sur le genre Brassaiopsis Dcne. et PI.
(Araliaceae) en Indochine orientale. 437
Tixier, P. — Contribution à l’étude des Orchidées indochinoises.
IV. Quelques Bulbophyllum nouveaux du massif sud annami-
tique. 449
Fouet, M. — Contribution à l’étude cyto-taxinomique des Malpi-
ghiacées . 457
Rosberg, f. R., et Sachet m. h. — Lebronnecia, gen. nov. (Mal-
vaceae) des Iles Marquises. 507
Bédaleur Principal
A. Le Thomas
Assistant
La publication d’un article dans Adansonia n’implique nullement que
celle Bevue approuve ou cautionne les opinions de l'auleur.
Source : MNHN, Paris
LA « FLORE DE MADAGASCAR ET DES COMORES »
(Plantes Vasculaires)
RÉSULTATS ET PERSPECTIVES
par H. Humbert
Nous voici au trentième anniversaire de la publication de la première
famille de la « Flore de Madagascar et des Comores» 1 . C’est en effet
en 1936 que sont parues les Aponogétonacées, dues au Professeur
Henri Jumelle, de Marseille, le collaborateur de Perrier de la Bathie
dans l'étude de tant de plantes utiles de la Grande Ile. Depuis cette époque,
la Flore, a progressé régulièrement d’année en année, avec le concours
de tous les botanistes de terrain de la Grande Ile et de nombreux mono¬
graphes de familles 2 . Parmi les premiers, je rappellerai d’abord ceux qui
ne sont plus des nôtres, Perrier de la Bathie, Louvel, Ursch, Seyrig,
Waterlot; parmi ceux qui restent, Decary, Leandri, roger Heim
(ancien Directeur du Muséum) M Ue Homolle, Cours, Capuron, Bosser,
Peltier, M lle Keraudren. J’ai contribué moi-même par près de
32 000 numéros (comportant de nombreux doubles), récoltés au cours de
10 missions à Madagascar, à partir de 1912, au développement de l’herbier
malgache du Muséum (Paris); la Flore a bénéficié aussi de l’aide bienveil¬
lante des grands herbiers étrangers, Kew, Bristish Muséum, Berlin, Vienne,
Stockholm, Florence... qui ont prêté généreusement des matériaux d’étude
pour les révisions; l’aide de l’herbier de Kew, avec de belles collection de
Baron et de plusieurs autres missionnaires britanniques, doit être
particulièrement soulignée. Parmi les monographes de familles il faut citer,
encore au premier rang, Henri Perrier de la Bathie, qui n’a pas rédigé
moins de 71 familles sur les 189 que devait comporter l’ouvrage à ses
débuts, M me Tardieu qui a publié la plus grande partie des familles de
Ptéridophytes, MM. Moldenke, Leandri, Cavaco, le regretté Pichon,
M lles Balle, Keraudren, et surtout le regretté Professeur Henri Cher-
mezon qui a élaboré avec moi les directives générales de préparation de
la Flore et les règles de détail pour sa rédaction.
Aujourd’hui, 143 familles ont vu le jour, mais le nombre total de
189 primitivement prévu s’est augmenté : certains groupes ont vu leur
1. La Flore édiléc par le Laboratoire de Phanèrogamie du Muséum national
d'histoire naturelle sous ma direction scientillque, parait par fascicules séparés, sui¬
vant l’ordre chronologique, dès que les familles sont prêtes pour l'impression. Un
index préétabli inséré aux pages 3 et 4 de la couverture donne leurs numéros; celles
qui sont parues sont en italiques.
2. Actuellement, plus de 12 000 pages ont déjà paru, dont environ 2 000 de
dessins au trait (ports et analyses).
Source : MNHI'J, Paris
— 316 —
accession au rang de famille reconnue par la majorité des botanistes:
d’autres plantes malgaches ont été trouvées, appartenant à des familles
non encore signalées dans la Grande Ile, (ces dernières sont en italiques).
La Flore a été ainsi augmentée de 13 familles de Ptéridophytes provenant
du démembrement des Polypodiacées et de 16 familles de Phanérogames :
Trichopodacées, Chloranlhacées, Didymélacées, Opiliacées, Wintéracées,
Montiniacées, Lépidobotryacées, Irvingiacées, Ptaeroxylacées, Trigo-
niacées, Léeacées, Diégodendracées, Diplêrocarpacées, Alangiacées, Hum-
bertiacées, Avicenniacées.
Parmi les familles restant à paraître, quelques-unes sont très impor¬
tantes, mais ont déjà fait l’objet de révisions partielles : Graminées, Légu¬
mineuses, Euphorbiacées (tome 11). Sapotacées,Sapindacées, Apocynacées,
Asclépiadacées, Acanthacées, Rubiacées 1 . Quelques-unes sont depuis
plusieurs années entre les mains de monographes compétents et il est
permis de penser que leur publication n’est plus que l’affaire d’un petit
nombre d’années. La mort delà regrettée M lle A. Camus n’a pas inter¬
rompu l’élaboration des Graminées, dont l’étude est continuée par
J. Bosser, Directeur de Recherches à l’Office de la Recherche scien¬
tifique et technique outre-mer.
Parmi les familles moins importantes, certaines, Gentianacées,
Pédaliacées, Ombellifères, Bégoniacées ont été révisées par mes soins et
leur sortie n’est plus qu’une question de rédaction.
Les quelques familles de Cryptogames vasculaires qui restent à rédiger
sont entre les mains de M me Tardieu-Blot, dont on connaît l’efficacité
dans ces recherches. Les Lycopodes et les Sélaginelles avaient déjà été
étudiés autrefois en partie par Herter et Alston, dont les travaux
pourront faciliter les nouvelles révisions.
Les Pandanacées ont été vues par le spécialiste mondial, le Professeur
H. Saint-John et la rédaction de la famille pour la « Flore de Madagascar »
pourra être facilement tirée de la monographie générale du genre. Les
Protéacées, Tiliacées et diverses autres familles forestières voient leur
étude très avancée entre les mains de l’excellent botaniste R. Capuron
qui s’est attaché aussi à la mise au point d’autres familles déjà parues,
mais qui avaient besoin d’une nouvelle révision, comme les Rhamna-
cées. Les Moringacées ont fait l’objet d’une révision de M Ue Keraudren
et cet auteur vient d’achever la rédaction des Cucurbitacées. M. Ray-
mond-Hamet n’a plus que des questions de détail à résoudre pour achever
la révision des Crassulacées. Il en est de même pour les Acanthacés en
voie d’achèvement par M. R. Benoist.
M lle Louhteig étudie les Oxalidacées, M. J. F. Leroy les Méliacées
sur lesquelles il a fait paraître des résultats très importants. Les Vitacées
et les Léeacées sont complètement achevées sous la plume de M. B. Des¬
coings, qui après les avoir étudiées sur place pendant qu’il appartenait à
l’O.R.S.T.O.M. à Tananarive, a terminé leur mise au point depuis son retour
I. Commencées par M 110 Homou.f., qui a dû quitter Paris pour raisons de
famille, et continuées par A. Cavaco.
Source : MNHN, Paris
— 317 —
en France. Les Araliacéessontà l’étudeentre les mains de M.L. Bernardi,
du Conservatoire botanique de Genève. Les Ericacées-Vacciniacées, qui
ont fait l’objet de travaux de Perrier de la Bathie, ne demandent
qu’une mise en harmonie avec les travaux de systématique générale et
ceux qui concernent l’Afrique et l’Asie.
Il reste parmi les Gamopétales des familles importantes à réviser,
mais les pourparlers pour leur attribution sont avancés, et l’on peut
espérer que bientôt la totalité des Phanérogames sera publiée ou sur le
chantier.
Il est donc légitime de penser que la Flore sera achevée d’ici quelques
années. Il est déjà temps de prévoir une nouvelle édition pour certaines
familles dont le matériel s’est extraordinairement accru, telles les
Lauracées publiées par A. J. G. H. Kostermans, ou qui ont fait
l’objet de travaux mondiaux importants qui peuvent amener à revoir
certaines synonymies. L’équipe des chercheurs de la Flore de Madagascar
est composée, à côté des anciens, de jeunes pleins de dynamisme qui
sont prêts à se consacrer à ces nouvelles tâches 1 .
1. Jusqu’en 1946 la Flore était éditée à Tananarive par l’Imprimerie officielle
de Madagascar.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
NOTES SUR LES SAPOTAGÉES - IV
par A. Aubréville
1. — A PROPOS DE GENRES NOUVEAUX OU AMENDÉS
PAR RAEHNI
Archives des Sciences 18, 1 (1965) et Boissiera 11 (1965).
ABEBAIA Baehni, Manilkarées océaniennes (Baehni, Arch. : 32,
Bois. : 89).
Les Manilkara ont 3 + 3 sépales, 6 pétales chacun muni de 2 appen¬
dices, 6 étamines fertiles et 6 staminodes, une graine albuminée à cica¬
trice basi-ventrale. Une tendance évolutive nette se manifeste chez
certaines espèces : par la réduction de la longueur des appendices corol-
lins et des staminodes, qui peuvent devenir rudimentaires; puis fina¬
lement, par l’irrégularité du nombre des staminodes comme c’est le
cas chez 2 espèces océaniennes, M. fasciculala (Warb.) Lam et Maas
Geester et M. viliensis (Lam et von Olden) Meeuse, où le nombre des
staminodes varie de 0 à 6 d’une fleur à l’autre. Sauf cette instabilité,
pour tous les autres caractères des fleurs et des graines, M. fasciculala
est manifestement un Manilkara. Cette irrégularité staminodiale suffit
à Baehni pour justifier un nouveau genre Abebaia dont le type est
M. fasciculala, et qui comprendrait peut être aussi M. viliensis (graine
encore inconnue). Nous avons déjà écrit 1 que nous ne pouvions admettre
le principe de la création de genres nouveaux pour des formes instables
transitoires entre 2 paliers stables de l’évolution, qui conduirait à dédou¬
bler de nombreux genres, par ailleurs très homogènes.
Dans d’autres cas, l’évolution a abouti, toujours par réduction, à des
états stables, où la disparition des appendices corollins est acquise,
tandis que les staminodes sont encore tous présents bien qu’atrophiés.
Cas du genre malgache Faucherea et du genre océanien Norlhiopsis,
qui sont des genres dérivés phylétiquement du genre Manilkara, corres¬
pondant à des paliers fixes de l’évolution.
1. Adansonia 6, 1 (1966).
Source : MNHN, Paris
— 320 —
ICHTHYOPHORA Baehni. Malacanthèes (?) américaines (Arcli. :
30; Boiss. : 27).
Miquel dans Martius, Fl. Bras, a décrit un genre Oxylhece avec
2 espèces O. leplocarpa et O. pseudosideroxylon. Dans Adansonia (1, 1 :
16,1961), Pellegrin et moi-même avons du changer le nom d’Oxylhece
qui était invalidé par le nom antérieur Oxylheca Nuit, en Neoxylhece.
J’ai aussi dans le même article mis en synonymie avec Sideroxylon elegans
A. DC. les deux espèces de Miquel, ces trois espèces se rangeant alors
sous le binôme Neoxylhece elegans (A. DC.) Aubr. — Baehni a admis la mise
en synonymie de Sideroxylon elegans avec Oxylhece pseudosideroxylon,
mais il maintient séparé Oxylhece leplocarpa. En réalité ces espèces sont
très proches, sinon identiques comme je l’avais d'abord pensé. Outre
des différences possibles dans le fruit (les échantillons de fruits d’O.
leplocarpa sont en médiocre état dans l’herbier de Paris), une différence
essentielle, pour Baehni, réside dans le nombre des staminodes : 0 chez
O. leplocarpa , 5 chez O. pseudosideroxylon (= S. elegans) ; différences
justifiant suivant la nouvelle conception de Baehni l’appartenance
à 2 genres différents. Il en résulte un changement de nomenclature compli¬
qué. Ayant adopté comme type du genre Neoxylhece, N. elegans (A. DC.)
Aubr. ( = O. sideroxylon Miq.), caractérisé notamment par ses staminodes,
et si Oxylhece leplocarpa appartient à un genre distinct sans staminodes,
il se trouve que ce dernier genre n’est pas nommé. D’où la diagnose d’un
genre nouveau Ichlhyophora avec l’espèce type lchlhyophora leplocarpa
(Miq.) Baehni.
Quant au Neoxylhece elegans (A. DC.) Aubr., Baehni le rapproche
curieusement du genre océanien Planchonella, l’espèce devient alors
Planchonella elegans (A. DC.) Baehni (= Oxylhece pseudosideroxylon
Miq.). Ainsi le genre Neoxylhece disparaît complètement à son tour,
comme avait disparu Oxylhece.
Nous ne sommes pas d’accord sur ces changements, le genre Ichlhyo¬
phora est pour nous un genre superflu. En effet, il y a toute une série
d’espèces américaines qui constituent un groupe naturel bien carac¬
térisé, auquel appartiennent les deux espèces de Miquel. J’ai déjà attiré,
dans ma monographie des Sapotacées, l’attention sur ce genre charnière
Oxylhece (ou Neoxylhece) où certaines espèces sont complètement
dépourvues de staminodes, tandis que d’autres en ont régulièrement 5,
et que d’autres encore en ont irrégulièrement 0-3. Toutes ces espèces
appartiennent à un même genre, où il faut bien reconnaître une tendance
évolutive à la réduction des staminodes en nombre et dimensions. D’autres
caractères communs lient entre elles ces espèces : le type de la corolle,
les très petits staminodes (quand ils existent), les anthères à déhiscence
introrse (parfois latérale), à très courts filets insérés vers le haut du
tube et surtout Yovaire constamment à 2 (-3) loges. Les feuilles elles-mêmes
ont souvent une parenté évidente par la coloration typique du limbe
en dessous et la nervation. Bref ces espèces sont inséparables.
Le nombre des staminodes est un caractère fluctuant dans ce groupe
naturel. Par ailleurs l’espèce type Oxylhece leplocarpa considérée comme
Source : MNHN, Paris
— 321 —
n’ayant pas de staminodes, en présente quelquefois 1-2, très rudimen¬
taires *. Le genre Neoxythece est donc valable, l’espèce type étant N.
elegans (= Oxylhece pseudosideroxylon Miq.). S’il faut admettre que
l’espèce O. leplocarpa Miq. est différente, elle devra s’appeler simplement
N. leplocarpum (Miquel) Aubr.
D’autre part l’attribution du N. elegans au genre Planchonella n’est
pas valable. Les Planchonella ont des graines albuminées, les graines
de Neoxylhece sont sans albumen, et ce genre doit être, selon nous, classé
de préférence dans les Poutériées.
AGHRADOTYPUS Baill., Pycnandrées néo-calédoniennes (Baehni,
Boiss. : 26).
Le type est A. Vieillardii Bâillon, espèce aux fruits encore inconnus.
J’ignore comment Baehni peut décrire le genre comme ayant un fruit
à 4 graines, peut être par suite d’une erreur de détermination d’un
spécimen Franc 1601 a, attribué par Baehni à Achradolypus Vieillardii
alors qu’il s’agit de l’hoiotype même de l’espèce Planchonella pronyensis
Guill., laquelle a un fruit à plusieurs graines. Ainsi s’explique que Baehni
ait constaté dans le type de Franc la présence d’un rang d’étamines
et d’un rang de staminodes alors que le genre Achradolypus est carac¬
térisé par l’existence de 10 étamines et l’absence de staminodes, fait
évidemment anormal qu’il attribuait à un cas isolé sans signification
taxinomique.
Par ailleurs, Baehni (Boiss. : 23) a classé Planchonella pronyensis
chez les Xanlolis et écrit la combinaison nouvelle X. pronyensis (Guill.)
Baehni. Ainsi ce Planchonella (Planchonellée), non douteux pour nous,
est compté soit comme Achradolypus (Pycnandrée) soit comme Xanlolis
(Planchonellée).
PYCNANDRA Benth., Pycnandrées néo-calédoniennes (Baehni,
Boiss. : 83).
Baehni met en synonymie le genre Pycnandra Benth. (1876) avec
le genre Isonandra Wight (1840). Les Isonandra avec leur calice double
(2 + 2 sépales) sont des Madhucoïdées. Les Pycnandra ont un calice
à un seul verticille de 5 sépales en quinconce, rarement 6 (le 6 e étant
plutôt une bractéole à la base du calice). Ils ne peuvent donc être rappro¬
chés du genre Isonandra.
Vink avait considéré Pycnandra et Achradolypus comme congéné-
rique. De fait ces 2 genres sont si proches l’un de l’autre que l’on peut
hésiter à prendre une décision quant à leur séparation ou leur rappro¬
chement. Nous préférons suivre Vink, quitte à changer d’avis quand
les fruits seront mieux connus.
1. Signalons à ce propos une erreur que Baehni aurait certainement corrigée
s'il avait pu lire les épreuves de son texte. Dans les Archives, il écrit (p. 30) L. Icph-
carpa possède de façon constante un verticille complet de staminodes, et à la page
suivante dans la diagnose, il écrit correctement « staminodia nulla ».
Source : MNHI'J, Paris
— 322 —
2. — UNE ESPÈCE ANTILLAISE DE RICHARD OUBLIÉE
Richard dans D. Ramon de la Sagra, « Historica Fisica, Politica
y Natural de La Isla de Cuba » (Tome XI : 83, 1850) publiait la descrip¬
tion d’un Lucuma valenzuelana. L’espèce est signalée dans les « Studies
in the Sapolaceae. II. Survey of the North American Généra » de A. Cron¬
quist (Lloydia 9 : 277, 1946) où elle est mise en synonymie avec Pouleria
dominigensis var. dominigensis (Gaertn.) Cronquist. J’ai retrouvé dans
l'herbier du Muséum de Paris le type même de Richard avec l’étiquette
d’origine : « Herbarium Richard. Lucuma valenzuelana Nob. — Vuelta
de Abajo. Cuba. Legit Ramon de la Sagra ». L’échantillon est stérile,
avec un jeune fruit détaché. La description de Richard est évidemment
très brève et peu caractéristique, ce qui explique sans doute qu’elle
fut facilement négligée par les auteurs après Richard. En revanche,
le spécimen type permet de reconnaître immédiatement et sans le moindre
doute cette Sapotacée antillaise, facilement identifiable, que Bâillon
avait considérée comme le type d’une section Murianlhe du genre Mimu-
sops, et que j’ai nommée Murianlhe albescens (Griseb.) Aubr. (Adansonia,
3, 1 : 22-1963). J’ai donné un dessin de cette espèce extraordinaire dans
mon mémoire sur les Sapotacées (1964, p. 18). La mise en synonymie
de l’espèce de Richard avec Pouleria dominigensis n’est donc pas exacte.
Le basionyme Bassia albescens Grisebach (1866) étant antidaté par le
nom de Richard (1850), l’espèce doit maintenant porter le nom de
Murianlhe valenzuelana (Richard) Aubr. — Le type est celui de Richard
récolté par J. M. Valenzuela à Vuelta de Abajo à Cuba, et non plus
« Wright 2919 » cité par Cronquist (Studies in the Sapolaceae. IV. The
Nord American Species of Manilkara — Bull. Torrey Bot. Club. 72, 6 :
559 (1945).
3. — LES SAPOTACÉES DE LA NOUVELLE-CALÉDONIE
Mes études précédentes sur la famille des Sapotacées me désignaient
naturellement pour rédiger cette famille dans la « Flore de la Nelle Calé¬
donie » dont j’ai déjà annoncé dans cette Revue la prochaine mise en
train. Le fascicule « Sapotacées » est actuellement chez l’imprimeur.
Cette mise au point porte sur 16 genres et 78 espèces. Elle n’est
pas définitive, car de nombreuses espèces demeurent imparfaitement
connues en dépit de la richesse de l'herbier de Paris et des importantes
collections envoyées de la Nelle Calédonie par Mr. McKee chargé pré¬
sentement au nom du C.N.R.S. des prospections botaniques dans l’Ile
en vue précisément de l’élaboration de la Flore. Certaines espèces ne
demeurent encore connues que par les types anciens de Balansa et
de Vieillard. Elles n'ont pas été retrouvées à ce jour. Ce sont vraisem¬
blablement des espèces rares, très localisées. Le cas est fréquent chez
les Sapotacées néo-calédoniennes. Si quelques-unes sont communes,
Source : MNHN, Paris
1. — Ficus étrangleur d'un Mimusops elcngi.
Forêt littorale. Région de Bourail.
2. — Écorce caractéristique du Planchonella cinerea.
Forêts côtières. Nouméa.
Source : MNHN, Paris
— 324 —
de nombreuses autres, au contraire, ne se rencontrent que sporadiquement.
Il faut être favorisé par la chance pour les découvrir, et il faudrait des
recherches patientes durant plusieurs années de suite pour rassembler
des herbiers complets avec fleurs et fruits. Lors de la mission que j’ai
accomplie en 1965, j’ai recherché attentivement jour après jour les
Sapotacées qui voulaient bien se signaler le long de mes itinéraires durant
six semaines, et les botanistes qui voulurent bien m’accompagner, connais¬
sant ma préoccupation, collaborèrent cordialement à cette chasse parti¬
culière aux Sapotacées. Néanmoins, je n'ai retrouvé qu’une quarantaine
d’espèces sur les 78 existantes; c’est nettement peu. Heureusement les
collections du Muséum ainsi que les envois de Mr. McKee et du Service
des Eaux et Forêts devaient suppléer largement à cette insuffisance,
bien qu’encore incomplètement. Cependant peu d’espèces nouvelles
restent vraisemblablement à découvrir, bien que certaines forêts de
montagne d’accès difficile puissent encore offrir des surprises à cet égard.
Les fréquentes disséminations et localisations étroites ne sont pas
les seuls obstacles à la constitution d’un herbier complet. S’y ajoutent
l’irrégularité des floraisons et des fructifications, surtout de celles-ci.
Or on sait quelle est l’importance taxinomique des graines chez les Sapo¬
tacées. En fait beaucoup de graines manquent encore. Les observateurs
ont constaté que souvent les fleurs avortent. Les insectes peuvent cer¬
tainement être accusés dans certains cas, mais le climat néo-calédonien
doit vraisemblablement être mis en cause. Ce climat est généralement
très humide, 2-3 mètres de pluies sur la côte est, moins sur la côte ouest.
Les statistiques pluviométriques montrent que tous les mois sont pluvieux,
plus ou moins évidemment, mais sans aucune période écologiquemenl
sèche marquée. Ces moyennes mensuelles portant sur plus de 10 ans,
47 années à Nouméa, sont en réalité trompeuses. Bien qu’étant dans
la zone tropicale, on ne reconnaît pas en Nelle Calédonie le régime plu-
viométrique tropical classique avec ses deux saisons marquées, une saison
très pluvieuse et une saison vraiment sèche, le passage de l’une à l'autre
étant généralement brusque et se produisant à date presque fixe dans
l’année, avec 1 ou 2 semaines d’avance ou de retard d’une année à une
autre. La caractéristique remarquable de la pluviométrie en Nelle Calé¬
donie est l’irrégularité. Il y a en fait une saison écologiquement sèche,
de 1-3 mois, mais elle se manifeste irrégulièrement dans l’année ainsi
qu’en durée, de sorte qu’un mois sec, une année, peut être très pluvieux
une autre année et qu’ainsi les moyennes mensuelles établies sur plusieurs
années dissimulent les saisons sèches. Ce fait climatologique a été mis
en évidence par Sarlin dans « Bois et Forêts de la N lle Calédonie », il
n’apparaît que lorsqu’on consulte la suite des statistiques annuelles '.
1. Sarlin indique qu’à Nouméa, où la pluviométrie moyenne est relativement
faible, 1 041 mm, il n’y a pas un seul mois écologiquement sec si on ne considère que
les moyennes mensuelles.
En réalité il y a toujours au moins un mois écologiquement sec, et certaines
années jusqu’à 5 mois continus. Les mois de février et mars, les plus pluvieux, peuvent
être parfois secs (10 %), tandis que le mois le plus sec. novembre, n'est sec que dans
la proportion de 60 %.
Source : MNHN, Paris
3. — Buisson d'Iteiluma liailloni au bord de la rivière
Tontoula.
4. — Beccariella Seberlii dans le maquis. Touffes terminales
des feuilles rigides dressées. Route de Yaté.
Source : MNHN, Paris
— 326 —
Ce rythme climatique haché doit perturber la phénologie des plantes qui
dans les régions tropicales sont ordinairement soumises à un rythme
régulier. Il arrive qu’une espèce en fleurs, soit exposée brusquement à
une forte sécheresse qui empêche le développement de la fructification.
Faute de documents d'herbiers complets, en l’absence trop courante
de fruit mûrs, on conçoit que non seulement les descriptions de certaines
espèces soient incomplètes, mais même que les attributions génériques
soient parfois sujettes à cautions ultérieures. J’ai donc dû quelquefois,
faute de fleurs ou de fruits, ou même des deux, faire à titre provisoire
des rapprochements de genres, puisqu’il convient, pour une Flore en
cours de publication, de prendre des décisions sans attendre des complé¬
ments d’informations qui risquent d’être très tardifs. L’étude des ner¬
vations des feuilles est heureusement parfois concluante, car il y a
souvent des types de nervations génériques chez les Sapotacées, ce qui
par ailleurs est fort utile pour l’identification des échantillons stériles.
Sur les 16 genres reconnus dans la « Flore de la Nouvelle-Calédonie »
10 sont endémiques néo-calédoniens, 2 pantropicaux, 1 australien,
3 indo-malais. Toutes les espèces sont endémiques à l’exception des
2 Mimusopoïdées pantropicales, Mimusops elengi et Manilkara dissecla
var. Pancheri, de Planchonella linggensis, que l’on trouve dans presque
tout l’empire floral indo-pacifique. Le particularisme néo-calédonien
est donc très marqué chez les Sapotacées. La région néo-calédonienne,
dans le cadre de la famille, se distingue de la flore indo-pacifique par
l’absence de la sous-famille des Madhucoïdées si caractéristique de cette
dernière, puis par 7 genres endémiques de Malacanthées, Planchonellées,
Poutériées et Pycnandrées. Le grand genre Planchonella et les genres
Beccariella, Bureavella, Bhamnoluma, Niemeyera, Pichonia, Ileiluma
marquent au contraire le rapprochement.
Avec l’Australie sont communs : Planchonella (très nombreuses
espèces en Nouvelle-Calédonie et en Australie), Beccariella, Niemeyera
(1 espèce néo-calédonnienne, 1 espèce australienne), Ileiluma, (4 espèces
néo-calédoniennes, 1 australienne). Les autres genres australiens Sersa-
lisia, Amorphospermum, van Boyena n’existent pas en Nouvelle-Calé¬
donie, ni les genres océaniens Nesoluma et Alberlisiella.
J’ai du modifier profondément la taxinomie néo-calédonienne
de la famille, telle qu’elle résultait des révisions les plus récentes des
botanistes de la « Flora Malesiana » lesquelles incluaient la Nouvelle-
Calédonie. En effet la plupart des espèces y furent distribuées entre les
genres Planchonella, Chrysophyllum et Pouleria. J’ai conservé beaucoup
d’espèces de Planchonella, séparant cependant dans ce genre des Becca¬
riella, Pyriluma et Ileiluma. Mais je ne puis admettre la présence océa¬
nienne de Chrysophyllum, ni de Pouleria, qui pour moi et sensu stricto
sont des genres exclusivement américains. Fort heureusement Pierre
et Bâillon avaient déjà établi les séparations nécessaires et créé plu¬
sieurs genres qui m’ont parus très opportunément valables, pour rece¬
voir les fallacieux Chrysophyllum et Pouleria néo-calédoniens. C’est ainsi
que les ex Chrysophyllum se répartissent chez Ochrolhallus. Niemeyera
Source : MNHN, Paris
5. — Hase du tronc d'un Manilkara dissecla.
Forêt de Gadji dans l'tle des Pins sur sol corallien soulevé.
6. — Le wakéré (Bureauella wakerej dans un reste de forêt
partiellement incendiée. Route de Nouméa à Yaté.
Remarquer les touffes terminales de feuilles rigides dressées
Source : MNHN, Paris
— 328 —
(de F. v. Mueller), Trouellea. Dans l’esprit du système de classification
que j’ai exposé dans ma monographie des Sapotacées, j’ai du ajouter
un nouveau genre Corbassona. Les ex-Pouleria se sont distribués entre
Rhamnoluma, Pichonia, et Bureavella. J’ai enfin cru devoir élever au
rang de genre une section de genre Pyriluma de Bâillon.
Il y a peu d’originalité taxinomique à signaler parmi ces genres de
Sapotacées, qui, bien que valablement distincts selon nous, sont proches
de genres que l’on trouve dans d’autres continents. Les Pycnandra,
type de tribu, sont remarquables par leurs étamines en groupes épipé-
tales (2 et plus); les Ochrothallus par des fleurs d'un type variant de
5-10; Pichonia par sa grosse graine dont la surface est, à très peu de
chose près, entièrement cicatricielle comme celle des Amorphospermum
australiens. Le genre le plus original est l’endémique Leploslylis (espèces
à réviser quand la documentation sera complète), avec des feuilles
opposées, 4 sépales, 6-8 pétales et étamines, 4 loges à l’ovaire.
C’est dans la forme biologique que le botaniste est souvent surpris.
Presque toujours, les Sapotacées en Amérique et en Afrique sont des
arbres de forêt dense qui comprennent quelquefois les plus grands (Manil-
kara en Amérique ; Baillonella, Tieghemella, Autranella, etc... en Afrique).
La forêt néo-calédonienne compte des arbres relativement grands — eu
égard à la hauteur ordinaire de cette forêt (Bureavella, Pyriluma, Ochro-
Ihallus), — des petits arbres et des arbustes. Mais dès que l’on se trouve
dans cette extraordinaire formation de fourrés généralement très dégradés
par les feux sur terrain serpentineux, que l’on appelle ordinairement
le maquis serpentineux, on est surpris de voir de nombreuses Sapotacées
réduites à des sous-arbrisseaux plus ou moins buissonnants de 2-3 m
de haut, et même à des formes naines de moins de 1 mètre, qui fleurissent
et portent (trop rarement) des fruits. Ce maquis n’est pas une formation
dérivée d’une forêt dense de type sec s’opposant à la forêt dense humide.
Nous avons écrit précédemment que c’était une formation édaphico-
climatique de terrains serpentineux, généralement très dégradée par
les incendies, soumise au même climat très humide que les forêts denses
humides qui reçoivent environ 2 m d’eau.
La question qui ne peut manquer de se poser est de savoir s’il y
a des espèces de Sapotacées exclusives de forêt, et d'autres du maquis.
A priori on est tenté de répondre affirmativement, sous réserve de quel¬
ques exceptions. Mais notre connaissance de l’habitat de ces espèces
est encore trop fragmentaire pour ne pas se garder d’une généralisation
trop hâtive. Il m’a paru que les Pycnandra, Ochrothallus, Bureavella,
Niemeyera, Pyriluma se trouvaient surtout en forêt, tandis que je n’ai
rencontré les Rhamnoluma, Ileiluma, Beccariella, Trouellea, Corbassona
que dans les maquis. Mais c’est à l’échelle des espèces que la comparaison
devrait être faite.
Les deux espèces indo-pacifiques de Mimusopoïdées, Manilkara
dissecla var. Pancheri et Mimusops elengi, sont exclusives des forêts
littorales sur calcaires coralliens soulevés. La première est un des plus
beaux arbres de la Nouvelle-Calédonie.
Source : MNHN, Paris
— 329 —
7. — Sous-arbrisseaux sur carapace ferrugineuse. (Trouetlea lissophylla). Plaine des lacs.
Les stations reconnues des Sapotacées néo-calédoniennes seront
indiquées sur des cartes muettes dans la Flore. De leur examen ne se
dégage aucun élément de certitude concernant la division de la flore
néo-calédonienne, entre domaines nord, sud, est et ouest. Pour beaucoup
d’espèces, le nombre des stations est d’ailleurs trop petit, et au surplus
la densité des prospections est très inégale d’un secteur à un autre. Il
est certain que les régions proches de Nouméa, dans le sud de l’île sur
terrains serpentineux ont été déjà très prospectées. Les croquis qui
seront publiés seront utiles aux futurs récolteurs.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
OBSERVATIONS
SUR L’EUPHORBIA ONCOCLADA Drake
ET SUR QUELQUES
EUPHORBES CORALLIFORMES MALGACHES
par J. Leandri
Les Euphorbes coralliformes font partie, avec d’autres plantes
xérophiles comme les Baobabs, les Didiéreacées, certaines Asclépiadacées
succulentes, de l'élément qui donne sa physionomie spéciale à la végétation
du Sud-Ouest et du Sud de la grande île malgache.
Bien qu’elles aient été remarquées dès l'arrivée des premiers naviga¬
teurs venus d’Europe, leur étude botanique n’est pas encore achevée.
En effet, leurs feuilles sont non seulement très petites, mais fugaces, pour
des raisons où la rareté des pluies dans cette région n’est pas seule à jouer
un rôle. Il en est de même des fleurs et des fruits; de plus ces derniers sont
fragiles, si bien que les bons échantillons d’herbier sont rares. D’autre
part, le port des pieds qui ont fourni les spécimens les plus importants
n’a pas toujours été noté de façon assez précise par les anciens collecteurs.
Nous avons le devoir de reconnaître ici tout ce que ce travail doit aux
observations et à l’inspiration du Professeur H. Humbert. Ses investi¬
gations sur le terrain ont fourni les meilleurs éléments pour la connais¬
sance et la délimitation des espèces.
Le regretté botaniste Henri Perrier de la Bathie s'était intéressé
autrefois à ces plantes dont il a récolté de beaux échantillons, et sa mémoire
doit être évoquée au début d’une contribution à l’étude de ces curieux
végétaux.
Nous devons rappeler aussi au début de cet esposé les importants
travaux de Marcel Denis. Après avoir consacré aux Euphorbes malgaches
une thèse parue en 1921 dans la Revue générale de Botanique, il avait
étudié de nouveaux matériaux et fait des remarques intéressantes, qu’une
mort prématurée l’empêcha de publier. Mr. R. Meslin, Maître de Confé¬
rences à la Faculté des Sciences de Caen, qui a racheté son herbier, a eu
la grande obligeance de nous communiquer les paquets renfermant les
Euphorbiacées malgaches. Nous avons adopté plusieurs des idées de Denis,
en particulier sur le rétablissement de VEuphorbia Arahaka, et avons
cherché à les améliorer quand l’examen des spécimens beaucoup plus
nombreux que nous avons eus à notre disposition nous a permis de le
faire.
L’extrême complexité du genre Euphorbe et le nombre énorme
Source : MNHI'J, Paris
— 332 —
d’espèces décrites récemment ne permettent pas d’attribuer sans réserves
toutes ces plantes à la section Tirucalli de Boissier. Notons que Bentham
et Hooker (Généra Plantarum), M. Denis (Euphorbiées des îles australes
d’Afrique), Pax et K. Hoffmann (Pflanzenfamilien, 2 e édition, 1931).
et d’autres euphorbiologues, n’ont pas cru pouvoir apporter de modifi¬
cations profondes à la classification du genre proposée il y a un siècle
par le monographe du Prodromus. Nous rappelons que, pour Pax et Hoff¬
mann, le groupe Tirucalli forme une sous-section de la section VII,
Euphorbium, laquelle comprend avec les Tirucalli, les Arlhrolhamnus,
Pleroneurae , Gonioslema, Diacanthium, Anlhacantha, Meleuphorbia, Dacly-
lanlhes, Medusea, Pseudomedusea et Treisia, auxquels il faut ajouter la
sous-section Denisophorbia proposée par nous en 1957 (J. Leandri, in
Bull. Soc. Bot. Fr. 104 : 500), et qui comprend de nombreuses espèces
rangées par M. Denis parmi les Gonioslema mais non conformes au type
de cette sous-section.
Pour la première fois depuis longtemps un travail de L. Croizat
dont la première partie seule a paru jusqu’ici, doit apporter une nouvelle
classification d’ensemble basée sur l’établissement de sous-genres utili¬
sant des arguments « panbiogéographiques ».
Il n’y a que peu de genres de plantes qui aient réussi à donner des
formes écologiques capables de supporter le climat si particulier du Sud-
Ouest de Madagascar. Le genre Euphorbia est un de ceux-là. La présence
à l’époque actuelle de représentants du groupe des Euphorbes coralli-
formes du Nord au Sud de la grande Ile, semble indiquer que cette dernière
a subi des variations de climat qui ont permis aux espèces xérophiles de
s’étendre au Nord de leur aire de prédilection actuelle.
Température élevée, grande luminosité, sécheresse du climat ou du sol,
telles sont les conditions optimales de l’épanouissement de ces plantes.
Dans les secteurs à pluviosité moyenne, elles croissent sur les calcaires,
les sables ou d’autres sols qui ne retiennent pas l’humidité. Dans le « bush
à Euphorbes » du Sud-Ouest, elles constituent peut-être le tiers de la
couverture végétale du sol.
Un feuillage très réduit est le trait le plus caractéristique de cette
végétation, malgré quelques exceptions comme les Kalanchoe. Didié-
réacées, Adansonia, Zygophyllacées, Maerua, Cadaba, Boscia, Thylachium,
présentent ce caractère.
Les feuilles des Euphorbes coralliformes existent, bien qu’on puisse
souvent penser le contraire. Elles apparaissent pendant quelques jours
et tombent bientôt. Un centimètre de long est une grande taille pour elles.
Leur forme semble constante. Pour certaines espèces, elles ne sont pas
encore connues.
L’appareil souterrain de ces plantes n’est pas connu pour une partie
d’entre elles. L’espèce qui a été le mieux étudiée à ce point de vue est
ïEuphorbia Inlisy, espèce à caoutchouc, aujourd’hui détruite, qui présente
des racines tuberculeuses remarquables et qui se distingue justement des
espèces du même groupe par des articles simplement lignifiés et non
charnus. M. Marnier-Lapostolle, de son côté, a observé au Jardin
Source : MNHN, Paris
— 333 —
botanique des « Cèdres », à St-Jean Cap Ferrât, des racines tuberculeuses
sur les plants de YEuphorbia Bosseri en culture dans ce jardin, dans cer¬
taines conditions, et il est possible que des tubercules existent sur les
racines de beaucoup d’espèces du groupe.
Dans les herbiers, une grande partie du matériel est formée de brin¬
dilles détachées aux articulations, parmi lesquelles il paraît de prime
abord audacieux de vouloir reconnaître des espèces distinctes. Il est
également probable qu’il reste des formes à découvrir. Nous nous effor¬
çons ici de donner des caractères valables pour identifier les unités sys¬
tématiques reconnaissables, en laissant de côté la question des hybrides.
CARACTÈRES SAILLANTS
DES EUPHORBES CORALLIFORMES MALGACHES
1. Inlisy : articles non charnus, grand fruit (2 cm) ordinairement à
2 coques. Arbre moyen.
2. Decorsei: fruit à coques dilatées, subailées dans le bas. Arbre moyen.
3. Slenoclada: épines (qui sont des excroissances de l’écorce et non des
articles distincts). Arbre pouvant être très haut. Espèce commune.
4. Arahaka: fruit à coques écartées (sillon en gouttière carrée). Petit
arbre à ramilles ultimes fines un peu aplaties.
5. Alcicornis: glandes du cyathium à grands appendices. Petit arbre.
6. Tirucalli: rameaux striés à stomates en long au fond des stries.
Petit arbre. Espèce commune.
7. Boinensis : rameaux en zigzag : liane.
8. Enlerophora: rameaux très aplatis; arbre pouvant être très haut.
Espèce commune.
9. Fiherenensis : articles courts à section non cylindrique, dichotomes,
redressés-parallèles et colorés au sommet. Arbuste souvent en parasol.
Espèce commune.
10. Plagiantha : articles fusiformes portant des fleurs à plusieurs hauteurs;
écorce s'exfoliant en anneaux minces. Arbuste à cime « en boule ».
11. Leucodendron : articles cylindriques à fleurs ne persistant qu’au
sommet. Arbuste. Espèce commune.
12. Oncoclada: articles en chapelet, alternativement rétrécis et gonflés.
Arbuste.
13. Bosseri: plantes traînantes flexueuses à cyathiums isolés ou except.
par 2. Sous-arbrisseau.
Espèces mal connues.
14. Mainly : voisin du lirucalli mais ramilles à stries interrompues , rameaux
un peu aplatis. Espèce commune.
15. Ambalofinandranae : Ramilles très courtes, courbes, trapues, aplaties.
16. Analalavensis : Ramilles droites, vert foncé, verticillées ; fleurs soli¬
taires ou peu nombreuses, probablement dioïques.
Source : MNHI'J, Paris
— 334 —
Euphorbia leucodendron Drake.
Bull. Mus. Paris : 46 (1903); M. Denis, in Rev. gen. Bot., Paris : 226 (1922).
— E. Alluaudii Drake, loc. cit., p. 43.
C’est un arbuste, haut de 3 m en moyenne, à ramifications pour ia
plupart obliques-ascendantes 1 à ramilles terminales très nombreuses
et serrées en bouquets, charnues, formant des articles cylindriques deve¬
nant fusiformes au sommet, longs de 10 cm environ sur 5-10 mm, montrant
à la base un sillon de désarticulation, présentant des stomates à fente
transversale ou oblique, et portant des cymes de cyathiums qui tombent
en laissant des cicatrices noires disposées suivant une spirale tous les
2/5 de tour. Les feuilles sont ovales-lancéolées, sessiles, très petites et
très caduques. Les cyathiums sont unisexués, groupés par cymes de 3 à 8,
les cyathophylles petites et scarieuses. Le cyathium est plus haut que
large, à 5 glandes réniformes, à appendices interglandulaires petits et
aigus. Les cyathiums $ sont au contraire hémisphériques. La capsule,
glabre et portée par un pédicelle de même longueur qu’elle, présente
3 coques obovoïdes arrondies à l’état adulte.
La forme de la basse vallée de la Menarandra constitue peut-être
une unité taxinomique valable mais ses caractères floraux ne sont pas
bien connus jusqu’à présent.
Domaine de l’Est : Vinanibe, forme buissonnante ne dépassant pas 1,50 m,
sur les rocailles, en fruits, 14-V1I1-1932, Decary 10304. — Échantillon douteux :
Fort-Dauphin, rocailles au soleil, 7-VIII-1932, Decary 10231; probablement Rano-
piso, 23 nov. 59, fr. jeunes, J. et M. Peltier 1517; base du Pic Saint-Louis, Humbert
20803.
Domaine du Centre : environs d’Ambatofinandrahana, ait. 1600-1800 m, quar-
tzites, 2I-II-1938, Decary 13128; cipolins, Bosser 14768; à 2 Km sur la route de Fcnoa-
rivo, Keraudren 193; à l'Est d'Ihosy, Humbert 28546; sur la route d'Ihosv, lavaka.
M. Keraudren 282; vallée de la Menarahaka (bassin du Mananara), ait. 700-800 m,
arbre de 6-8 m, 31-X-1924, Humbert 3036; Antanipotsy, entre Ihosy et Ivohibe.
l.eandri et Katoto Jean de Dieu 3441, 3442; chaîne de l’Ambinda à l’Ouest d'Ivohibe,
Decary 5590; Ampandrandava, entre Bekily et Tsivory, Seyrig 80 (ou 83), Herb.
Jard. Bot. Tana. 5741; haut bassin de la Mananara, nord d’Imonty, Leandri 4426;
entre Imonty et le col de Tsilotsilo, Leandri et Saboureau 4340 bis.
Domaine de l’Ouest : Antsingy, Andranoboka, Leandri 537; Réserve naturelle
n“ IX, Morat 780; plateau de l’Horombe, à l’Ouest de la vallée d’Ihosy, rocailles
siliceuses, ait. 900-1100 m, arbuste 2-3 m, 27-29-X-I924, Humbert 2949.
Domaine du Sud-Ouest : Tongobory, G. Grandidier; coteaux et plateaux cal¬
caires, ait. 100-300 m, vallée de l’Onilahy aux environs de Tongobory, arbuste à
rameaux tombants plus ou moins sarmenteux, 1-8-X-1924, Humbert 2716 (individu
offrant une légère ressemblance avec l’E. oncoclada ); Leandri et Chauvet 4534, 4536;
Tuléar, environs de la station agricole, Leandri 3826; station de Betanimena, Dequaire
27435; environs d’Efoctsy, près de la Réserve naturelle n" X, Leandri 4499; environs
d’Ambovombe, Decary 3005, 3009, 3010, 3012, 3026, 3031, 3043, 3045, 3049, 3361,
3366, 3367, 3371, 3378, 3381, 3385, 3395, 3396, 3406, 9247, 9249. —Humbert
1. Les ramifications inférieures au contraire sont étalées ou un peu décombantes.
Comme l’a noté le premier R. Dacary, ce sont ces dernières qui fleurissent les pre¬
mières, tandis que les branches supérieures ascendantes portent des feuilles. Cet
aspect des rameaux inférieurs est peut-être dû au passage de petits feux de brousse.
Source : MNHId, Paris
— 335 —
20348; planté au village de Tsimananada, Decary; environs de Bchara, Cons. Rés.
nat. 6759 (Rakotoson teg.); environs d'Ejeda, Geay 6388; entre Tsihombe et Ampa-
nihy, Humbert et C. F. Swingle 5563; « bush » dégradé sur sable, Bosser 10446
(fr. tombés en octobre); entre Ampanihy et Androka, Cours 5341 ; basse vallée de la
Menarandra, chemin de Bevoalavo à Ampanihy, Leandri 4133; entre Tranoroa et
Beloha, Leandri 4176 1er, 4475; Amboasaritclo, distr. de Fort-Dauphin, Decary 10519;
Andrahomana (district de Fort-Dauphin), forme à rameaux courts et trapus à
l'extrémité des branches, 22-IX-1932, Decary 10674. — Sud-Ouest d'Ifotaka, bush à
Didierea, ait. 100 m, Lam et Mceuse 5465.
Échantillons douteux : colline de la Table, prés de Tuléar, busu xérophile
sur rocailles calcaires, ait. 100-140 m, arbuste 3-5 m, mars 1934, Humbert 14391 bis;
Betioky, Humbert 20290: individus présentant des ressemblances avec VE. oncoclada,
Humbert 14385 bis, 14386 bis; environs d’Ambovombe, ait. 1-50 m, grand arbuste
a rameaux irrégulièrement étranglés, dressés (caractère intermédiaire avec VE. onco¬
clada), 9-1X-1928, Humbert et C. F. Swingle 5596 bis.
Cultivé à Tananarive, square Jean Laborde, 11. juillet, Waterlot 689.
Euphorbia oncoclada Drake.
Bull. Mus. Paris 10 : 44 (1903); H. Poisson, Flore médid. de Madag. : 47 (1912);
M. Den. in Rev. gén. de Bot. : 110 (1922).
L’Euphorbia oncoclada diffère de VE. leucodendron par ses rameaux
plus gros, étranglés « en chapelet de saucisses », et peut-être aussi par son
port moins touffu, moins « sphérique » à tronc net, simple et peu ramifié.
Son rhytidome est gris clair, lisse, mince, non écailleux ni caduc. Le
latex, blanc en général, est parfois jaune pâle.
Les deux espèces ont une aire commune dans la région de Tuléar et
d’Ambovombe, mais celle de VE. leucodendron est beaucoup plus étendue
vers le Nord et l’Est.
Parmi leurs caractères communs, on peut mentionner la ramification,
qui, surtout au début est identique; les articulations situées à la base
des ramilles; le mode de distribution des cymes florales sur les articles,
les inflorescences glabres, les cyathophyles réduites à des écailles, les
bractées des cyathiums fimbriées, les glandes elliptiques plus ou moins
réniformes, les feuilles fugaces au sommet des articles, largement ovales-
lancéolées, atténuées au sommet, de 6 mm sur 4 environ, ou un peu plus
grandes.
L’ Euphorbia oncoclada est un petit arbre de 3-4 m, à rameaux dressés,
à articles ramifiés, irréguliers en longueur et en grosseur, n’ayant que
7-8 mm d’épaisseur aux étranglements, les articles les plus courts souvent
ovoïdes; les autres atténués aux deux bouts, les plus grands élargis à la
base, parfois au contraire cylindriques ou rétrécis vers la base, à cicatrices
espacées de plus d’un cm ; articles enduits d’une cire épaisse, renfermant
une moëlle épaisse et légère entourée d’une écorce épaisse de 1-2 mm.
Inflorescence au sommet des rameaux « feuillés », sur un « support » noueux
noirâtre court et épais portant de nombreuses écailles brunes larges, cylin¬
drique, long de 5 à 15 mm, avec 8-12 cyathiums isolés, ou 2-3 sur des
ramifications très courtes (normalement cyme de 8 cyat.) d’à peine 1,5 mm
de long, épaisses (2 mm), portant 2 bractées opposées arrondies larges.
Source : MNHId, Paris
Source : MNHN, Paris
— 337 —
Base cylindrique du cyathium très courte, à peine 1 mm, portant 2bractées
opposées plus aiguës. Cyathium vert. Glandes petites rondes, tronquées,
épaisses. Bractées dressées ovales-élargies dépassant les glandes et beau¬
coup plus longues qu’elles. Calice Ç peu marqué. Coques du fruit allongées
en hauteur et radialement.
Le tissu des articles de VEuphorbia oncoclada est spongieux ou complè¬
tement creux. Les articles sont séparés par des manchons courts (2-3 mm)
d’une substance cireuse durcie qui recouvrent les étranglements. On peut
expliquer le mécanisme de formation de ces manchons par des arrêts de
croissance successifs, au cours desquels une forte exsudation de cire s’est
produite à la base du point végétatif de l’article, et a été suivie aux pre¬
mières pluies ultérieures de la reprise d’activité du point végétatif et
d’un nouvel allongement de l’article, dont la partie jeune reste ceinturée
à la base par le manchon de cire durcie; dans d’autres cas, on trouve entre
deux articles renflés successifs des cicatrices semblables à celle des inflo¬
rescences, ce qui indique que l’article a dû porter une inflorescence
condensée avant de reprendre sa croissance végétative.
On peut remarquer que les articles renflés et creux sont parfois
subdivisés par des cloisons transversales obliques percées d’un orifice,
ce qui suggère la possibilité de l’intervention d’agents animaux. Des
Fourmis se voient communément sur les ramilles. L’intérieur des cavités
des articles renflés est souvent aussi sudbivisé en alvéoles par des cloisons
membraneuses, et ces alvéoles renfermant des corpuscules ovoïdes aigus
qui pourraient être des œufs laissés par un hôte; on pourrait ainsi penser
à une zoacécidie.
On peut noter par ailleurs que d’autres espèces (ex. E. Arahaka,
Decary n° 3024) présentent parfois aussi des renflements de parties des
articles, mais moins accusés; ces déformations semblent dues à des para¬
sites animaux.
Il existe aussi des pieds présentant des articles renflés beaucoup plus
gros que dans la forme ordinaire, mais il peut s’agir d’un caractère indi¬
viduel. Les essais de coloration au bleu coton du tissu blanchâtre qui
tapisse la cavité des articles n’ont pas donné de résultat. Il ne s’agit vrai¬
semblablement pas d’un mycélium.
Rien ne révèle donc formellement que VEuphorbia oncoclada repré¬
sente une anomalie causée par un agent extérieur. Néanmoins il n’est pas
interdit de poursuivre des observations, qui pourraient amener à modifier
ce point de vue, en permettant de constater par exemple :
1° soit la secrétion, par les Insectes qui détruisent les inflorescences
subapicales, d’un corps organique (acide formique?) soit le transport d’un
virus qui pourrait ralentir la croissance en longueur et favoriser la crois¬
sance en épaisseur des articles, avec disparition ou diminution de la
ramification.
2° soit l’infection par un Flagellé vivant dans le latex, qui semble
présenter une couleur plus jaunâtre que dans la forme leucodendron. Cette
seconde hypothèse parait beaucoup moins vraisemblable, les Flagellés
produisant ordinairement des dégâts beaucoup plus graves.
Source : MNHN, Paris
— 338 —
3° soit la destruction par des Insectes des bourgeons latéraux du
sommet (qui, en se développant, donnent la ramification multiple typique
de 1 'Euphorbia leucodendron) et l’apparition consécutive d'un nouveau
point végétatif terminal produisant un seul article plus renflé.
L’espèce — nous lui laissons ce rang — semble donc constituer un
rameau modifié descendant de l’ancêtre de VE. leucodendron, et cantonné
dans le domaine du Sud-Ouest, au sens étroit.
Sud-Ouest : Vallée de l'Onilahy, vers l'embouchure, coteaux et plateaux cal¬
caires, ait. 10-250 m, arbuste, 27-30 septembre 1924, Humbert 2610; près du fleuve,
Leandri et Chauvet 4535; montagnes calcaires au sud de l'Onilahy, nom vernaculaire :
Vaho, Geay 4842; montagnes calcaires de Saint-Augustin, Geay 4840; baie de Saint-
Augustin, 1-V1-1939, Decary 14118, 18564; chemin vers la baie de Saint-Augustin,
Leandri et Ratoto Jean de Dieu 3728; environs de Tuléar, coteaux calcaires, ait.
10-200 m, arbuste ou petit arbre de 4-5 m, vernaculaire : Sodosodo. 14-26-IX-1924,
11 umbert et Perrier de la Bathie 2540 ; * bush » sur calcaire, Bosser 10390 ; M me Richey 4 ;
Decary 16156; Sarodrano, Capuron (Serv. Eaux et For. 20840); plateau de la Table,
Bosser 10401, Leandri et Ratoto Jean de Dieu 3653; Dequaire 27317 (peut-être hybride
du leucodendron)-, près de la Table, Humbert 19955 bis; basse vallée du Fiherenana
forêt et bush sur calcaire, ait. 50-200 m, arbuste de 2-3 m, novembre 1933, Humbert,
11585 (échantillon portant des pustules que l'on pourrait être tenté d’attribuer à
un Champignon parasite; mais l’étude anatomique ne révèle la présence d’aucun appa¬
reil étranger et montre seulement de petites boules de parenchyme à parois minces
qui résultent peut-être de la dessiccation au feu du spécimen); versant sud de la vallée
du Fiherenana, Leandri et Ratoto Jean de Dieu 3689; environs de Tuléar, rocailles
(calcaire éocène) du plateau Bara; « port du Laro, mais rameaux souvent pendants;
articles de forme très variable, latex âcre; « (leur » jaunâtre, août 1919, Perrier de la
Bâthie 12792.
Environs de l’aven de Mitoho, Leandri et Saboureau 4004, C; lac Tsimanampetsa,
Decary 16198, 16202; Monts Mainia, vernaculaire : Belondro, Geay 5941; Vallée de
Lovokampy, 22-VIII-1901, G. Grandidier sans n° (syntype); Andrahomana, 14-X-1901,
G. Grandidier ss. n° ; sans localité, Alluaud 107.
Échantillon douteux (hybride de leucodendron?) : Ambovombe, Humbert
et Swingle 5596 bis; Tuléar, colline de la Table, Humbert 14385 bis; entre Ampanihy
et Ambinda, alluvions de la Menarandra, grand arbre, Cours 5243.
Euphorbia Arahaka H. Poisson
Rech. sur la dore mérid. de Madag. : 51 (1912); J. Leand. in Cat. PI .Madag.
(Acad. Malg.), Tananarive : 11 (1935).
C’est un arbuste (3 m) à ramilles un peu aplaties, mais beaucoup moins
que chez VE. enlerophora et beaucoup plus fines. Il a été d’abord décrit
par Deocrse, sans identification botanique, dans la Revue des cultures
coloniales, CLXVI, en 1901 (fig. 4 et 5).
Il se distingue assez bien à l’état défleuri par ses ramilles (articles)
fusiformes, un peu aplaties, progressivement rétrécies vers le sommet et
parfois aussi vers la base, flexueuses, plus ou moins enchevêtrées, portant
quelques rares cicatrices et rappelant ainsi celles de VE. plagianlha;
mais chez cette dernière espèce, les cyathiums sont latéraux, alors que chez
l’E. Arahaka, ils sont en cymes pauciflores au sommet des ramilles. Les
jeunes fruits sont rougeâtres, pubérulents, pendant que ceux de VE. pla-
gianlha sont piquetés de points blancs. Le pédicelle fructifère de VE. Ara-
Source : MNHN, Paris
— 339 —
haka est aussi long que le fruit et assez robuste, mais beaucoup moins
que chez VE. fiherenensis ; les styles sont soudés en colonne à la base.
Les cyathiums sont unisexués.
Comme VE. slenoclada , espèce d’ailleurs voisine, cette plante est
mangée à la rigueur par les bovidés.
M. Decary a récolté plusieurs fois cette Euphorbe dans la région
d’Ambovombe (n° 3394, 3411), près de Fort-Dauphin (Cap Ranavalona,
forêt littorale, Decary 10626) néotype).
Dans la région d’Ambovombe on rencontre ensemble VEuphorbia
fiherenensis et Y Euphorbia Arahaka, et comme ils sont voisins, il arrive
qu’on les confonde. Nous donnons ci-dessous un tableau des caractères
distinctifs des deux espèces :
E. fiherenensis
Fruit fortement hérissé, rougeâ¬
tre ou jaunâtre, en général plus
large que haut. Coques bien sail¬
lantes, mais non séparées par des
sillons à section carrée.
Dernières ramifications rou¬
geâtres ou orangées, courtes et
épaisses (environ 6-8 cm sur
4-5 mm).
Pédoncule fructifère court et
robuste (2-3 mm) hérissé; pédicelle
(partie au-dessus du cyathium)
presque nul.
Écorce profondément crevassée
en général (rhytidome se détachant
en écailles).
Graine subsphérique, brun rou¬
geâtre uniforme.
Nous donnons ci-dessous une description de l’espèce Euphorbia
Arahaka, qui ne semble pas avoir jamais été publiée.
Euphorbia Arahaka H. Poisson ex H. Humb. et J. Leand. sp. nov. 1
Flore mérid. de Madag. : 51 (1912), nom. nud.
Arbor parva, subaphylla, glauca, trunco ad 2 m nudo, cacumine subs-
phaerico ad 5-6 m alto, ramis in candelabrum fasciculatis. Ramuli ultimi
tenues, complanati, 10-15 cm longi, 2-3 mm lati, 1-2 mm crassi, ^ intricati,
sulcis vel striis stomatiferis ut videtur destituti. Folia adhuc ignota, fuga-
cissima.
1. Voici les notes de Decohse, accompagnant le type : « petit arbre, pas très
commun. Ressemble à première vue au famala, mais a les rameaux plats. Donne un
latex abondant qui coagule par l’alcool. Ambovombe, janvier 1901. Connais pas les
fruits. Existe échantillon frais ».
E. Arahaka
Fruit pubescent-jaunâtre, puis
glabrescent, à 3 coques séparées par
autant de sillons à section carrée
assez profonds et larges.
Dernières ramifications vert
glauque ou vert foncé, longues et
fines (environ 8-15 cm sur 2-4 mm).
Pédoncule fructifère, long de
3-4 mm sur 1 mm environ, glabre;
fruit sur un pédicelle bien net.
Écorce en général à crevasses
superficielles.
Graine oblongue bariolée.
Source : MNHI'J, Paris
— 340 —
Cyathia apice ramulorum terna vel abortu bina vel solitaria. Pcdunculi
3 mm longi, 1 mm crassi, media parte bracteis 1-2 minimis caducis muniti,
apice articulati. Cyathophylla minima, oblongo-obtusa (?) 0,5-1 mm longa,
sub cyathio inserta. Cyathium (femineum?) subcylindricum, fere 1 mm altum,
1,5 mm latum, glabrescens. Bracteae minimae, membranaceae, apice fim-
briatae. Glandulae 1 mm vel plus latae, 0,5 mm vel plus crassae, reniformes
depressae. Pedicellus femineus trisulcatus, sub fructu 5-6 mm longus,
1, 5-2 mm crassus; calyx femineus 4-lobatus, lobis latis obtusis fere 1 mm.
Ovarium subglobosum, sicut fructus glabrescens; sulcis 3 bene impressis
lfundo applanatis in fructu 0,5-1 mm latis; fructus summo apice in stylis
3 attenuatus. Styli dimidia parte superiore bifidi attenuati, extrinsecus invo-
uti, fere ad 3 mm in toto longi. Valvae caducae 3, ultra medium fissae intrin-
secus subinvolutae post fructus apertionem. Semen intus fuscum, extra
albo-variegatum fere 4,5 mm longum, 3,5 latum. Cyathia mascula a femineis
diversissima (haud impossibile speciei diversae?), apice ramulorum glomerata,
sessilia, cyathophyllis, naviculari-carinatis membranaceis ; cyathio sub¬
patente 4 mm lato, bracteis maximis, glandulis nigris minimis globulosis;
floribus masculis permultis ad 40-50, laciniis spatulatis fimbriatis intermixtis;
antheribus loculis globosis verticaliter extra rimosis.
Holotypus (miserabilis) Decorse s. n° in herb. Mus. Paris; neotypus :
Decary 10626 (fruct. juv.) ; paratypus : Decary 3409 ({J).
Malgré les différences qui existent entre les cyathiums et $ nous
rapprochons l’ensemble de ces spécimens qui présentent les mêmes ramilles
ultimes. Des différences sensibles entre les cyathiums des deux sexes
se rencontrent chez d’autres espèces du même groupe, par exemple VEu-
phorbia Intisy Drake, qui présente des cyathiums $ à 5 glandes et des
cyathum à 4 glandes et VE. Tirucalli qui présente des cyathiums <$ beau¬
coup plus ouverts et membraneux que les $, des cyathophylles plus
grandes, et fines.
Il reste néanmoins un soupçon de doute sur l’identité spécifique des
spécimens (J et Ç de VEuphoribia Arahaka , et cette espèce demande de
nouvelles observations sur le terrain pour acquérir une position solide.
Nous espérons pouvoir trouver un jour ensemble des pieds <$ et Ç simul¬
tanément en fleurs qui nous permettraient de résoudre ce problème.
Euphorbia boinensis M. Den. mss. ; H. Humb. et J. Leand. sp. nov.
C’est une liane assez grêle à tige principale épaisse de 2 cm environ,
dont les ramilles rappellent par leur forme et leur disposition l’JS. Tiru¬
calli. Toutefois cette dernière plante se présente toujours comme un arbre
robuste. L ’E. boinensis a été trouvé par H. Perrier de la Bathie
a Anjiafitatra, près du mont Tsitondroina, dans un bois sur sol sablon¬
neux sec (n° 1126) et dans l’Ankarafantsika, sur des sables très secs (n os
13228 et 13230). Cette Euphorbe présente des cyathiums unisexués, à
glandes en nombre variable (3 à 5) des stomates disposés en files longitu¬
dinales courtes sur les articles (chez VE. Tirucalli, ces files sont longues
et donnent à la tige un aspect strié). Les fibres sont grosses, zonées,
Source : MNHN, Paris
— 341 —
PI. 2. — Eupliorbia enterophora : vue de la cime, prise du pied de l'arbre.
éparses, dans l’écorce, et manquent dans la moelle. Le latex coagulé
est d’abord un peu élastique, mais durcit en séchant. Des fleurs dévelop¬
pées se rencontrent sur les pieds vers septembre-octobre.
Scandens, gracilis, cera tecta, caule praecipuo ad 2 cm. crasso, habitu
Cynancho aphyllo similis, ramosissima, ramulis articulatis iis Euphorbiae
Tirucalli similibus, gracilibus, parum carnosis, 4-6 cm longis, 2-3 mm crassis,
glaucis - subviridibus, bifurcatis, divaricatis, vel scorpioideis ; lacté albo
in materia leviter eslastica coagulato, postea siccatione fragili; stomatiis
in longum Assis solitariis vel in Iongum in filis brevibus (4-5-nis) seriatis.
Folia rara mox caduca. Cyathia circiter 3 mm longa, unisexualia, subvi-
ridia, glabra, pedunculo brevi, cyathophvllis parvis (bis vel ter cyathio
brevioribus) ovato-acutis concavis. Glandualae 3-5, magnae, eüipticae,
lateraliter subpeltatae, horizontales vel marginato-revolutae, subcontiguae.
Bracteae rotundatae, parvae, glandulis altitudinc vicinae. Antherae in
cyathio masculo maturo satis longe exsertae. Filamenta interstaminalia
staminibus leviter inferiora, anguste laciniata, saepe bifida. Fructus...
Type : Perrier de la Bâthie 1126.
Eupliorbia alcicornis Bak.
Further Contributions to the Flora of Madag., in Journ. Linn. Soc. 22 : 517 (1887).
Parmi les Euphorbes du groupe Tirucalli récoltées par H. Perrier
Source : MNHN, Paris
— 342 —
de la Bâlhie se trouve un arbuste provenant du « Tampoketsa » (plateau)
situé entre l’Ikopa et la Betsiboka, c’est-à-dire d’une région peu éloignée
de celle d’où provient le type de VEuphorbia alcicornis de Baker ( Baron
4875), provenant d’Ampotaka (N. O. de l’Imerina) d’après le Compendium
de Baron ; les cyathiums de cette plante, qui est un pied Ç, présentent les
glandes très hautes, formant 5 appendices largement spatulés à bords un
peu ondulés, qui caractérisent les cyathiums de l'E. alcicornis. Nous
croyons donc être en présence du pied $ de l’espèce de Baker, et nous
complétons la diagnose en ce qui concerne ce pied.
Euphorbia alcicornis Bak. diagn. compl.
Pedicellus Ç crassissimus, sub fructu subpendulo incurvatus; cyathium
angustum, circum pediccllum strictum; cyathophylla 2 triangularia, lata,
membranacea, mediarn altitudinem cyathii haud attingcntia; glandulae
5 ovatae vel reniformes, peltatae, magnae (ad 2 mm), primum erectae dein
patentes horizontales, carnosae; bracteae 5 parvae fimbriatae; stamina 0;
laciniae membranaceae obovatae fimbriatae; calyx Ç accrescens, lobis 3 paten-
tibus, triangulato-acutis camosis. Fructus globosus vix subpyramidalis
7-8 mm longus. Styli in colummam 1 mm altam basi connati, supra liberi
1 mm etiam longi; valvae puberulentes albo-punctatae caducae; columna
persistens, gracilis, furca triplici carnosa terminata; styli caduci; semen
roseo-fuscum, tenuiter granulosum, 4 mm longum, 3 mm latum subpolye-
dricum; area carunculari depressa, caruncula parva alba cucullari.
Centre : Rocailles dénudées vers 1 600 m ait., à Manerinerina, sur le Tampo¬
ketsa entre l’Ikopa et le Betsiboka, décembre 1924, Perrier de la Bâthie 16754.
Euphorbia Decorsei Drake
Espèce facile à reconnaître à son fruit caractéristique, subpyramidal.
Nouvelles localités : Bassin de la Linta, plateau calcaire à l’Est du delta
à Beharaharaka, petit arbre de 4-6 m. vern. anlso, diolque, ait. 200 m. 29 août 1928;
Humbert et Swingle 5489.
Ambovombe, vern. famala foty, Decary 3006, 3007, 3016, 3019, 3020, 3023, 3029,
3037 (probablement), 3042, 3046, 3362, 3369, 3389, 3399, 3402 (• fleur très visitée par
es • abeilles >).
Sud-Est d'Ambovombe, région du lac Anongy, dunes anciennes, vern. /amala
/olsy, 2. 10. 1931, Decary 9270.
Environs de Port-Dauphin, près de Bevilany, ait. 200-300 m. 14 sept. 1928,
Humbert et Swingle 5703.
Bevilany, limite de l’Anosy et de l’Androy, forêt sableuse, fruit rougeâtre, 14. 11.
1932, Decary 10950.
Euphorbia Intisy Drake
En décrivant cette espèce en 1900, E. Drake del castillo n’a pas
désigné de spécimen-type. Or, il existe de cette espèce plusieurs formes,
et probablement deux sous-espèces : l’une des plateaux Mahafaly (calcaires)
à rameaux raides, de diamètre plus grand (6-7 mm), d’un vert pâle
glauque, probablement à cause d’une exsudation de cire plus abondante ;
l’autre plus méridionale (Androy) sur terrains cristallins, a des ramilles
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
344 —
plus grêles d’un tiers environ (4-5 mm de diamètre), d’une couleur vert
foncé (vert « wagon »). Les graines de ces deux sous-espèces probables
sont également différentes : leur taille en particulier diffère du simple au
double. C’est celle de l’Androy qui a les plus grosses graines (à Behara,
près d’Ambovombe, 2 cm 5 de dimension transversale). L’autre sous-
espèce a des graines de 12 mm environ (échantillon Decary 6370, F. 199
1932, prélevé sur un individu cultivé âgé de 7 ans). (Obs. de H. Humbert.)
Euphorbia Mainty M. Den. ex J. Leand.
Cat. Acad, malg., Euph. : 16 (1935).
E. Intisy var. Mainty H. Poisson in Flore mérid. Madag. : 51 (1912).
Famala mainty Decorse, in Rev. cuit, colon. (1901).
E. Tirucalli affinis; frutex vel arbor parva ad 8 m alta, caule fusco,
ramis gracilibus, laevibus, basi cyclindricis, apice paulo complanatis, fusco-
viridibus, striis (sulcis) interruptis, ima parte stomatibus 2-12 seriatis,
stomatibus quoque extra strias solitariis. Latex siccus elasticus. Flores
fructusque Tirucalli affines. Cyathii masculi glandulae ellipticae parum
clongatae; cyathophylla plicata membranacea, basi coalita, semi-amplecten-
tia. Floris feminei stigmata magna; calyx femineus evolutus, semi-amplectens;
glandulae cyathii feminei reniformes, sinu externo.
Type : Perrier de la Bâthie 882.
Cette plante constitue une espèce distincte, mais elle se rapproche
de VE. Tirucalli et non de l’E. Inlisy. C’est un arbuste de 4 à 8 m., à tige
d’un vert foncé, puis à écorce grisâtre, à rameaux grêles, lisses et cylin¬
driques à la base, faiblement aplatis au sommet, et couverts de stries
interrompues qui sont des sillons portant au fond des files de 2 à 12 sto¬
mates. Feuilles oblongues, atteignant 15 mm sur 3, fugaces.
La plante fournit une sorte de caoutchouc. Les fibres corticales sont
nombreuses et isolées... Il n’y a pas de fibres médullaires. Les fleurs et
les fruits sont voisins de ceux de VE. Tirucalli.
E’Euphorbia Mainty se distingue de cette dernière espèce, outre la
couleur plus foncée de ses articles, par la présence de stomates non seule¬
ment dans les cannelures, mais en dehors. Les cannelures sont aussi moins
longues et moins régulières.
La fleur Ç présente des stigmates très développés et un calice dévelop¬
pé demi-embrassant. Les glandes du cyathium sont réniformes, à sinus
externe. Celles du cyathium $ sont elliptiques peu allongées. Le cyathium
est entouré de deux cyathophylles pliées membraneuses, soudées, demi-
engainantes.
Euphorbia ambatofinandranae sp. nov.
Arbor parva, 2-3 m alta, cortice in longum et transversim rimoso,
ramis patcntibus vel leviter obliquis curvis, subvetricillatis, parum alte insertis,
ramulis apice pseudo-corymbosis, cinereo-viridibus, culmen subplanum
formantibus foliis caducissimis; glomerulis florum luteis vel subrubris.
Source : MNHN, Paris
PI. 4. — De gauche à droite : Euphorbia plagianlha : port. — E. ambatofinandranae : un pied sur les cipolins à Ambatoflnandrahana.
Source : MNHN, Paris
— 346 —
Ramuli robusti brèves, articulati, internodiis 3-4 cm longis, 5-10 mm crassis,
complanatis, nonnunquam sub glomerulis sicut basi dilatatis, primum diver-
gentibus, dein eurvis, denique subadscendentibus. Cyalhia in glomerulis
terminalibus fere 60-cyathiis, ad anthesin fere 15 mm diametientibus dis-
posita, apice subrubra; cymulis vulgo 3-cyathiis, cyathio apicali citius evoluto.
Cyathium apicale cupulari-subinfundibuliforme, glandulis faucis 5 late
reniformibus, sinu interno, supra concavis, bracteis interglandularibus
membranaceis subtriangulis, vix fimbriatis; staminibus fere 60, filamento
sub articulatione (pedicello) dilatato, antheris biglobosis, rimis longitrorsis,
bracteis interfloralibus oblongis intermixtis; pistillodio ut videtur nullo.
Cyathia lateralia minora, glandulis subrotundis, bracteis interglandularibus
longis, laciniatis, floribus $ paucioribus. Flores Ç sicut fructus ignoti.
Type : Bosser 17 246, H. P. Ambatofinandrahana (à l’Est d’Ambo-
sitra), sur les cipolins, en fleurs <? octobre 1963.
Cette espèce n’est représentée que par le spécimen indiqué, bien que
j’en aie vu en 1960, dans la même localité, plusieurs pieds à l’état stérile.
Euphorbia analalavensis sp. nov.
Arbor parva vcl frutex ad 4-5 m altus, ramulis subfasciculatis, arti-
culatis, vix striatis, vix complanatis, 5-15 cm longis. Flores ut videtur dioici.
Cyathia in cymis parvis apicalibus disposita, cyathophyllis parvis primum
concavis, dein patulis. Cyathium $ subinfundibuliforme, fere 5 mm longum
et latum, antheris paucis, glandulis latis ellipticis vel reniformibus, bracteis
cyathii parvis. Cyathium Ç fere conforme, glandulis faucis laxius ellipticis,
pedicello robusto, ovario fere aequilongo, calvce manifesto, sub fructu
magis evoluto, stylo longo, ovario fere aequilongo, ramis bis bifidis. Fructus
ellipsoideus paulo longior quam latior, fere 1 cm altus.
Type : Capuron 18 864 SF. (Ç).
Ouest : région d'Analalava, canton d'Antonibe, Ambondro-Ampasy (exploi¬
tation Loyseau), fl. et fr. du 29-X au 3-XI 1958, Capuron 18864, 18865.
Le spécimen récolté à Mohéli par Bosser sous le n° 18 034 pourrait
se rapporter à la même espèce, mais l’état du spécimen, récolté au mois
de mai, ne permet pas d’en avoir la certitude.
C’est un arbrisseau de 2 à 3 m, à rameaux vert clair, trouvé sur des
rochers au bord de la mer. L’écorce est grise et se détache par plaques.
Les articles, d’une dizaine de cm sur 3,4 mm, fasciculés par 3-4, ont des
stomates distribués sur toute la surface, à fente longitudinale. Certaines
ramilles se terminent en filaments fins comme chez l’E. Mainhj. Les cya-
thiums sont probablement unisexués, en gobelet, avec de petites cyatho-
phylles bombées, des glandes elliptiques ou réniformes, des bractées
interglandulaires fimbriées, des étamines dépassant de beaucoup la gorge
du cyathium, au nombre d’une quinzaine, à loges d’anthères globuleuses.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 348 —
Euphorbia plagiantha Drake
Bull. Mus. Paris : 44 (1903); M. Denis, in Rev. gén. de Bot. : 223 (1922).
Cette espèce, trouvée d’abord à Behara, c’est-à-dire dans l’Androy,
par G. Grandidier, se rencontre également sur le delta du Fiherenana.
et couvre donc une aire étendue. C’est un arbuste à rhytidome s’exfoliant
en anneaux, comme celui du Bouleau, à ramilles plus ou moins disposées
en candélabre, charnues effilées, inermes, formant des articles de 4 à
15 cm sur 4-5 mm. Les caractères floraux ont été bien mis en lumière par
M. Denis.
Sud-ouest : Montagne du Fiherenana, Gcay 4939. Environs de Tuléar : delta
du Fiherenana, lieux sablonneux, dunes, à la base Ouest de la montagne de la Table,
ait. 2-10 m; grands filets staminaux; nom vernaculaire : Fiha, 14-26 septembre 1924,
Humbert et Perrier de la Bàthie 2539. Gorges du Fiherenana entre Beantsy et Anja-
nala, llumbert 19908-IV.
Environs du lac Tsimanampetsa, Humbert 20232; près de l'aven de Mitoho,
Leandri 4004-D; environs d’Efoetsy, Leandri 4500.
Au nord d’Ejeda, Geay 6389; près d'Itampolo, Bosser 14409; delta de la Linta,
Humbert et Swingle 5471; alluvions sableuses de la Menarandra, près de Mahatsandry,
G. Cours 5239.
Tsihombe, 4 décembre 1919, Decary s. n"; Ambovombe, 29 août 1924, Decary
3370, 3377; terrain calcaire (four à chaux), 20 avril 1925, Decary 3760; Antanimora,
province de Fort-Dauphin, 27 juillet 1926, Decary 4652.
Behara, G. Grandidier, 18 octobre 1901 ; sur les gneiss, 3 septembre 1932, Decary
10449, Humbert et Swingle 5668.
Andrahomana, district de Fort-Dauphin, broussailles, 22 septembre 1932, Decary
10678; environs de Fort-Dauphin, d’Alleizette 1222 M.
ESPÈCES INSUFFISAMMENT CONNUES
Euphorbia suareziana L. Croizat, in Nat. Hort. Mag. ; 99 (1934). —
Il n’est pas exclu que cette plante puisse être une forme de VE. Tirucalli.
E. xylophylloides Brongn. ex Lemaire, De quelques espèces
d’Euphorbes charnues... Illustr. hortic. (1857), Miscell., IV. Plante dont
la description très courte pourrait convenir à différentes espèces, et dont
l’origine malgache n’est pas certaine.
E. ramofraga Humb. et Leand. in Nalur. malg., IV (1952), 81. —
Découvert dans une région bien connue et non retrouvé depuis, pourrait
n’ètre qü’un hybride accidentel.
Source : MNHN, Paris
tt p nherenensis : 2, ramilles en iru».* / -
x 1,5. — E. plagianlha : 10 , cyattuumJ >< 7.5,
Source : MNHN, Paris
NOTES ON SOME ASIAN MIMOSAGEOUS GENERA
A. J. G. H. Kostermans 1
INTRODUCTION
After 1954, when I published a monograph on Asiatic, Malesian,
Pacific and Australian généra of Mimosaceae, much material has accumu-
lated, which is accounted for below.
Furthermore I had the opportunity to study the Indochinese spéci¬
mens (in Paris), which had been worked up by Gagnepain. A paper of
Mohlenbrock appeared in Reinwardtia 6:429 (1964), being[an attempt
for a revised classification. Although the Senior Editor of Reinwardtia
at that time advised against printing Molhenbrock’s article, we deemed
it worth while to edit it, in order to elicit discussion.
DISCUSSION OF MOHLENBROCK’S PAPER
Evaluation and criticism of the merits of a classification at the generic
level is difilcult and as a rule fruitless, as the délimitation of généra is in a
more or less degree a personal matter of opinion. We are only able to
evaluate or criticize the motives put to the fore for the presented classi¬
fication.
Mohlenbrock apparently started from the level of a generic révi¬
sion, which is—according to me—the wrong approach in such an intricate
group.
If one is not perfectly acquainted with ail the species in a family
or sub-family, it has been proved that no adaequate classification can be
produced. This I hâve felt myself in revising the généra of Lauraceae,
when I had continuously to shift and regroup généra, untill 1 had comple-
tely mastered the révision on the spécifie level. The same happened with
the genus Pilhecellobium. When 1 worked this genus up for Malesia,
I followed Bentham in his conservative classification. But as soon as I
started outside the area and included allied généra (Albizia, Serianthes,
Archidendron, etc.) 1 became aware of the fallacies of the conservative
1. D. Sc. Professor of Botany, Bandung Institute of Technology, of the Faculty
of Physics and Mathematics, University of Indonesia, Bogor and of the Agricultural
Institute, Bogor; Assistant Director Forest Research Institute, Bogor; Scientiflc
honorary collaborator Herbarium Bogoriense.
Source : MNHN, Paris
— 352 —
classification and had to reconsider radically my former publications on
Pilhecellobium.
To prove this point I give some examples of mistakes in Mohlen-
brock’s paper.
1. On page 439, a diagnosis is given of Cylindrokelupha Kosterm.,
where is stated that the flowers are rarely caulillorous. However, they are
never caulillorous (in my monograph I said : inflorescences axillary or
terminal). Furthermore the legume is never subligneous. Mohlenbrock’s
contention, that the valves are not twisting upon dehiscence is completely
wrong (I stated : valves somewhat contorted after dehiscence and in
C. bubalina they are strongly contorted). This has a bearing on the main
characteristic on which Mohlenbrock tried to base his System).
2. On page 439, Zygia P. Brown is said to be unarmed, but Mohlen¬
brock includes Painleria Br. & Rose, which has thorms (as stated by
Mohlenbrock himself on page 434 of his article).
3. He includes Zygia sensu Kostermans in Pilhecellobium sensu
Mohlenbrock (which is characterized by valves contorted after dehis
cence). But Zygia jiringa Kosterm. opens only tardily and has valves
certainly not contorted ; of the 5 species, enumerated by me, only one has
contorted valves; of 3 species the pod is unknown.
Furthermore he includes Morolobium which is once-pinnate, but the
legumes are not moniliform (as should be according to Mohlenbrock).
There are many more of these examples, mistakes made, I believe,
because the author did not know his species.
In his introduction (which is mainly copied from my monograph)
he States (p. 429) that Ingeae hâve usually bipinnate leaves, although
once-pinnate occur in a few species. This I call an under-statement as
the approximately 300 species of Inga hâve once-pinnate leaves.
Apparently Mohlenbrock did not read (or did not take account of)
the philosophy, underlying the classification of Bentham, Kuntze,
Macbride, etc. as is évident when he says : the fusing of Affonsea and
Archidendron by Kuntze has little merit (without stating why). Accor¬
ding to me Kuntze, v. Müller, etc., were completely right and consistent
when they combined practically ail généra!
Why others did not do this, is clear from what Woodson and Schery
stated on Enlerolobium : “following general practice” and Macbride :
"Pilhecellobium, as noted by Bentham, notseparable from Albizia except
by the pod. Nevertheless by reason of convenience and tradition and from
the fact, that Albizia is in any case characteristically if not entirely Old
World, and Pilhecellobium New (not true ary more), the group name will
probably always be maintained”. Consequently, if we want a natural
group, we hâve to fuse ail généra of Ingeae and perhaps more. This is
consistency! If, on the other hand, we want to split up and make smaller
groups (which are also “natural”) then let it also be done consistently.
This was done by Britton and Rose. As I pointed out, it are the author’s
of local floras which tend to be conservative (incompletely quoted by
Source : MNHN, Paris
— 353 —
Mohlenbrock) ; whereas monographers are consistently dividing up or
consistently fusing.
Now let as look, what Mohlenbrock has chosen for building up his
classification. He prefers to be half-conservative, which opens the door
for a dozen more classifications, but the worst thing is, that he chose the
worst possible unnatural characteristic as the base of his classification :
viz. the valves of the legume becoming contorted after dehiscence! This
character, which is linked with the stiiïness of the valves and a matter
of dryness, is given hiérarchie priority over spines, presence of aril, etc.
Dried banana skins tend to twist when drying up, but is this a generic
character?
Consequently his Pithecellobium becomes a hodge-podge of well
defined groups (it includes Morolobium, of which the pod is unknown,
Zygia sensu Kosterm. with at least one species with non-contorted
valves and 3 species of which the legume is not known).
Archidendron is included, but not Affonsea, because of its once
pinnate leaves, but Morolobium has also once- pinnate leaves and is
included.
In Archidendron Mohlenbrock says (p. 433) that he discovered a
species which had half the flowers with a single ovary, half the flowers
with two ovaries. This is certainly not a new discovery as it is already
mentioned (for two species of Archidendron) in my own paper (p. 3) and
by de Wit for other species.
The potentiality to hâve more than one ovary is more important
than the twisting of valves after drying and still keeps Archidendron and
Affonsea separate from the other généra. Moreover, intermediate species
between généra are not uncommon in well- recognized généra.
There are many important mistakes in the définition of the généra
(e. g. Albizia has distinctly, perfectly déhiscent pods and not dehiscence
delayed or not at ail as Mohlenbrock says).
Conclusion : There is nothing wrong with presenting a new classifi¬
cation, provided that it is based on sound knowledge of the species
concerned and a sound weighing of importance of characteristics. This is
not the case of Mohlenbrock’s classification.
ADDITIONAL NOTES ON ASIATIC MIMOSACEAE
1. Abarema clypearia var. angulata (Bth.) Kosterm., stat. nov.
Additional literature (Sub Pithecolobium 1 angulatum Btli.) : Fii-et, Plantk.
Woordenb. Ned. Ind. ed. 2:84 (1888); de Clercq, Nieuw PI. Woordenb. Ned. Ind. :
307 (1909); Craib in Aberdeen Univ. Studies 57 : 79 (1912); Merril in Lingnan Soi.
J. 5 : 88 (1927); Burkill & Holttum in Gard. Bull S.S. 3: 40 (1923); Kostermans,
Addit. Notes Mimos. : 1 (1956).
Basionym : Pilhecelobium angulatum Bth. in Hook. Lond. J. Bot. 3: 208 (1844).
New Synonym : Abarema angulata (Bth.) Kosterm.
1. = Pithecellobium nom. et orth. cons.
Source : MNHI'J, Paris
— 354 —
2. Abarema Bauchei (Gagn.) Kosterm.
This specimen might after ail represent a variety of Abarema lucida
(Bth.) Kosterm.
New localities : S. Tonkin, Cua Bang, fl., Boh 5574 (P); Cau Nga, fr., Bon 5693
(PO-
3. Abarema bigemina (L.) Kosterm.
Additional literature (sub Mimosa bigemina L.) : Linnaeus, FI. Zeyl.: 218
(1747); Trimen in J. of Bot. 24: 144j (1887); Kostermans, Addit. Notes Mimos. :
2 (1956); (sub Inga bigemina Willd.) Sweet, Hort. Britt. : 101 (1827); ed. 2 : 163
(1830); (sub Pilhecolobium bigeminum Mari) Ai.ston in Trimen, Handb. Fl. Ceylon,
Suppl. 6: 100 (1931).
New synonym : Spiroloba bigemina (L.) Rafinesçue, Sylva Tell. : 119 (1838);
Merrill, Index Rafin. : 148 (1949); Kostermans, Addit. Notes Mimos : 2 (1956).
4. Abarema bomeense (Bth.) Kostermans.
Bark smooth, mottled grey and redbrown, lenticellate. Sometimes
stiltroots (in swamps); it is often a colonizing species in Shorea albida
peatswamp forest in Brunei. Wood pale brown, moderately hard and
heavy.
New localities : N. Sumatra : Bila along Bila R., Oct., fr., Ldrzing 14225 (BO),
first record for Sumatra. — Bornéo : Sarawak, Bako Nat. Park, Path theï'elok Pandan
Kechil, June, fl., S. 17289 (BO); Mattang, fl., Beccari 1715 (FI); Kuching, fr., Beccari
2584 (Fl) and fl., Beccari 3491 (FI); Brunei, Badas mixed peatswamp on the edge
of Shorea albida swamp, April, fl., Smithies et al. S. 5873 (BO, SAR); ibid., secondary
peatswamp forest, June, fl., Ashton Brun. 5593 (BO) and fr., Ashton Brun. 5528 (BO);
ibid., ster., S. 2838 (SAR).
5. Abarema clypearia (Jack) Kosterm.
Additional literature (sub Pilhecolobium clypearia Bth.) : Lecomte, Bois
Indochine : 65 (1926); Merril in Lingnan Sci. J. 5 : 88 (1927) (cum var. acuminalum );
Kostermans, Addit. Notes Mimos : 2 (1956); Wu, Chen Y, List Spermatoph. Yunnan
1 : 242 (1959); (sub P. prainianum Merr.) : Ridley in Kew Bull. 1926 : 64; vonMALM in
Fedde Rep. 34: 276 (1934); (sub P. subaculum Bth.) : (Brown, Minor Prod. Philipp.
For. 2 : 394 (1921); User, PI. Philipp. 2 : 157 (1950).
New synonym : Adenanlhera bicolor Moon, Cat. PI. Ceylon : 34 (1824); Alston
in Annals Roy. bot. Gard. Peradenyia 11: 204 (1929).
Additional specimens (sélection) :
— Forma subaculum : Philippines : Los Banos, June, fl., Elmer 17735 et 18012 ((F);
Rizal, Jan., fl., Ahern’s Coll. F.B. 2444 (F); Samar, CatubigR., Febr., 11., Sublaya 76(F);
Magcllanes, Sibuyan, March, fl., Elmer 12166 (F); Lamao R., March, fl., Bordcn F.B.
2746 (F); Los Banos, Laguna, April, fl., Gates 7207 (F); Mt. Makiling, March, fl., fr.,
Gates & H sia 6393 (F); Leyte, May, fr., Wenzel 27 (F) et May, ster., Wenzel 37 (F).
— Forma Prainiana : Leyte, June, IL, Wenzel 950 (F.).
The specimen Wallich 5270 B (LE) represents A. clypearia, whereas
Wallich 5270 A represents A. elliplica.
Merrill & Perry (in J. Arnold Arb. 23 : 394 (1942) recognized a
variety velutinum (Brass 3932) for a New Guinea specimen. As in the
Source : MNHI'J, Paris
— 355 —
copious material studied, ail intermediate stages between almost glabrous
to densely tomentellous leaflets were found, this variety is not warran-
ted.
6. Abarema contoria (Mart.) Kosterm.
Additional literature (sub Pilhecolobium conlorlum Martius) : Williams in
Bull. Herb. Boissier, Sér. 2, 5 : 17 (38) (1905); Merril in Papers Michigan Ac. Sci. 20 :
98 (1934).
New synonym: Inga dulcis Wallich, Cat. 5283 A(G). Waliich 5283 B(G) repre-
sents Pithecellobium dulce.
7. Abarema elliptica (Bl.) Kosterm.
Additional i.ocalities : Sumatra : Simelungun, mountain région of Si-anak-
anak, ait. 300 m, March, fr., LOrzing 17032 (BO); Asahan, Pargambiran, Oct., fr.,
Rahmad Si Boeea 5796 (BO, K); Huta Begasan, fr., Rahmad Si Toroes 1027 (GH)
et fr., 6690 (GH); near Parbarinin, Rahmad Si Toroes 326 (GH); Habiran, Padang
Sidempuan, July, fl., Rahmad Si Toroea 4889 (GH); Si Hare-hare Djae, Padang
Sidempuan, July, fl., Rahmad Si Toroes 5009 (GH); Liman, Aug., fl., Rahmad Si
Toroes 5204 (GH); Lumban Ria, Asahan, fl., Rahmad Si Toroes 1659 (GH); sine loca-
lity, Forbes 2935 (GH); Malay Pen., sine loc., Scortechini 1790 (GH) — S.W. Java:
foot of Mt. Hondje, limestone, ait. 50 m, Dec., fr., Kostermans 19318 (A, BO, C,
CANB, G, K, L, P, US); Bogor Distr., Haur Bentes, road to Pasirmadang, ait. 400 m
fr., Lanjouw 178 (BO, K, L). — Bornéo: Sarawak, upper Rejang R., Kapit, fl., Clemens
21300 (GH); Ulu Moyeng, Kakus, river bank, frequent, Oct., fr., Ashton S. 19285 (BO);
Kuching, fl., Beccari 2169 (FI); Brunei, Kedayan, Lumut R., old secondary forest,
Febr., fl., Ashton Brun. 5145 (BO, SAR); Sabah, Segaliud, Elopura, Sandakan For.
Distr., ait. 30 m, Dec., buds, Quadra A 1140 (BO); ibid., Aug., fr., Agama B.N.B.F.D.
521 (GH); ibid., April, fr., Villamil B.N.B.F.D. 343 (GH). — culta in Hort. C-alcuttensis,
buds, Wallich 5267 C (LE), identified as Inga lucida.
8. Abarema cyclosperma (DC) Kosterm., comb. nov.
Basionyme: Acacia cyclosperma D. C., Prodr. 2 : 456 (1825).
Synonyms: Albizia julgens Bentham in Hook., Lond. J. Bot. 3 : 85 (1844).
Albizzia Cliarpentieri Fournier in Bull. Soc. Bot. France 12: 400 (1865) (tvpus
in G., identified as Acacia julgens Labill.).
Albizzia Fournieri Vieillard, etc.
Additional references (sub Albizzia Fournieri Vieill.) : Baker in J. Linn.
Soc. 45: 397 (1921); (sub Pilhecolobium Fournieri Bth.) : Sarasin & Roux, Nova
Caledonia 1, 2: 151 (1920); (sub P. crispum F.) : Sarasin & Roux, 1. c.; (sub Albizzia
lanceolala F.) : Sarasin & Roux, 1. c.
9. Abarema globosa (Bl.) Kosterm.
New locality: N. Sumatra: Sibolangit Garden near Medan, Dec., 11., fr., LOrzing
12688 (BO).
10. Abarema glomeriflora (Kurz) Kosterm.
Additional reference: Craib in Aberdeen Univ. Stud. 57 : 79 (1912).
Pod semi-circular, fiat, up to 12 cm long and 1.5 cm wide, sparing-
ly, minutely pilose, slightly lobed at the dorsal suture, inside orange;
valves thin, slightly twisted after dehiscence.
Source : MNHI'J, Paris
— 356 —
New locauties : Siam: Doi Sulep, ait. 1100 m, March, 11., Smitinand 4795 (BK);
ibid., open grassv forest, ait. 1 700 m, ster., SOrcnsen et al. 2534 and 3222 (C); ibid.,
ait. 1 300 m, March, fl., Sôrensen 7096 (C); ibid., ait. 1 500 m, April, (1., Sôrensen 2532
(C); ibid., ait., 1 500 m, Oct., fr., SOrcnsen 5524 (C); Doi Angka, Doi Pa Mawn Spur,
March, fl., Garrett 655 (BK); Doi Inthanond, Pha Mawn, April, fl., Bunsri Chaem
Chusri 3958 (BK); ibid., Huay Pha Kamphaeng, April, 11., Khid Suvarnasudhi 480 (BK).
11. Abarema grandiflora (Bth.) Kosterm.
Additional litebature (sub Pilhecolobium grandi/lorum Bth.) : Valeton in
Bull. Dept. Agr. Indes néerl. 10: 16 (1907); Francis, Austral Ftainforest Trees: 161
(1951).
Additional specimen : New Guinea, W. Division, upper Wassi Kusa R-,
mangrove transition zone, Jan., fr., Brass 8619 (GH).
12. Abarema Hendersonii (F. v. M.) Kosterm.
Additional literature (sub Pilhecolobium Hendersonii F. v. M.) : Baker,
Cabinet Timb. Austral.: 92, t. 27 (1913); (sub Albizzia Hendersonii F. v. M.): Francis,
Austral. Rainfor. Trees: 161 (1951).
13. Abarema Kunstleri (Prain) Kosterm.
New locauties : Bornéo: Sarawak, N.E. Lambir Hills, Nov., fr., Au & Ashton S.
16442 (BO, K, KEP, O, F, SAR, SING); Bintulu, river bank below tidal limits, S.
Labang, April, fr., Ashton S. 18124 (A, BO, K, KEP, L, MEL, SAN, SING); locality
not indicated, Creagh s.n., fr. (K); Beccari 3413, fr. (FI) et fl., Beccari 3746 (FI);
Brunei, Bêlait R., K. 'l’opi lo K. Penipu, 'river bank, July, fr., Ashton |Brun. '229
(BO); Ulu Supon, Tutong, hanging over river, Jan., young fr., Ashton Brun. 864 (SAR).
14. Abarema laxiflora (DC) Kosterm.
Additional references (sub Pilhecolobium palauense Kan.) : IIosokawa in
Trans, Nat. Hist. Soc. Formosa 24: 414 (1934); Kanehira in J. Dept. Agr. Kyushyu
Univ. 4: 337 (1935).
Additional localities: W. Irian: 10 miles S. of Manokwari, Geelvink Bay, Nov.,
11., Womersley N.G.F. 11818 (BO, LAE). — Timor: sine coll., Inga monili/era DC.,
iso-typus (C). — Palau: Isl., Olopshacal, May, ster., rare, Takamatsu 1485 (BISH).
15. Abarema lovellae (F. M. B.) Kosterm.
Additional references (sub Pilhecolobium lovellae F. M. Bailey) : Whitf.
in Queensl. Naturalist 1: 205 (1911); Francis, Austral, rainfor. Trees: 161 (1951).
16. Abarema lucida (Bth.) Kosterm.
Additional references (sub Pilhecolobium lucidum Bth.): Merrill in Lingnan
Sci. J. 5 : 88 (1927); Groff in Lingnan Agr. Bull. 2 : 55 (1930); Suzuki in Ann. Report
bot. Garden Taihoku lmp. Univ. 1: 149 (1931); Y. Tang in Bull. Fan Mem. Inst.
3 : 299, t. 8, f. 30 ,(1932); Tang yao, Tang Kwo Mu Chai Cho (Timbers China),
revised by Hu Sian Siau : 314, t. 24, f. 254. (1936) (Chinese); Walker, Important
TreesRyukyu Isl.: 132(1954); Kostermans, Addit. NotesMimos.: 3 (1956); Wu Chen
Y, List Spermatoph. Yunnan 1: 243. 1959 (Chinese).
Additional locauties: Chine: Kwangsi, Chu Feng Slian, 11., Ching 5770 (GH);
Bakoshan, Sept., fr., Ching 7661 (GH); Fukien, Hinghwa Distr., Febr., IL, Chung 976
Source : MNHId, Paris
— 357 —
(OH); Hok-Chieng, June, 11., Tan Siu Ging 15462 (GH); Kushan, Aug., fr., Chumr
7630 (GH); ibîd., April. fr., Tau Siu Ging 13592 (GH); ibid., fl., Dunn 2566 (GH, HK);
ibid., Nov., fr., Chunsr 4864 et 5883 (F); Kwangtung, White Cloud Mts., April, fr..
I. evine 2067 (IIK) et 3018 (GH); Lok Chong, fr., Tso 20402 (FU) et June, 11., Tso 20925
(GH); Swatov Distr., near Chao Chau Fa, April. 11., Dunn 5779 (HK); Kwangtung
Shan, San-on Distr., April, 11., Tsui 265 (F); Amoy Isl., June, 11., Chung 1617 (GH);
ibid., Nanputo, March, fr., Chung 4785 (GH) et Jan., fr., Chung 5883 (GH) et Sept.,
fr., Chung 4864 (GH); Chekiang, (1., R.C. Ching 1906 (GH); Szechuan, Loshan Hsien,
Kiating, fr., Fang 2288 (GH); Omei Shan, fl., Y.S. Liu s.n. (GH); Yunnan, 11., Tsai
55199 (GH); Kwangtung, fr., Wilson 3399 (GH, HK); Yang Tse R. above Lu Chau,
II. , Wilson 3405 (HK); Kowloon (Hongkong), May, 11., Birdwood s.n. (HK); Hongkong,
11., fr., Wright 154 (GH) et IL, Wilford s.n. (GH); ibid., Stubbs Rd., May, 11., Tang
2479 (HK); Hainan, Fan Ya, fr., Chun & Tso 44086 (F); ibid., April, 11.. McClure
9299 (GH); IL, How 71627 (F); Poting, April, 0., How 71813 (GH); Sept., fr., Wang
34138 (GH); Lin Fa Shan, April, fr„ Tsang Wai Tak 16800 (GH); Yai Chow, Febr.,
fr., Chun & How 70129 (G1I); Ng. Chi Leng, fl., Chu & Tso 44236 (GH); Sha Po Shan,
Aug., fr.. Tsang Wai Tak 16110 (GH); Chin Shan, May, 0., Fung 20124 (GH, TI);
ibid., Fan Maan Tsu’en, May, 11., McClure 20088 (GH, TI); Paai Poon Tsu’en, April,
fl., Fung 20076 (GH); Tai Po Kau, May, 11., Lau 89 (HK); 11., McClure CCC 9299 (HK);
May, IL, Katsumata s.n. (HK). — Vietnam: Lang Hay, Prov. Quang Tri, April, IL.
Poilane 1283 (P), identified as Albizzia lucida var. pilosula Gagn.; fr., Bon 1828 (P). —
Laos: N. E. of Mt. Ngoi ncarLuang Prabang, April, 11., Poilane 20687 (P). — Formosa:
(Taiwan), Taipeh, fr., Sasaki 514 and Hatusima s.n. (FU); Shirin, May, 11., Shimada
13586 (F, GH); Horishi, March, fr., Wilson 9924 (GH); Bankinsing, fr., Henry 1567 et
11., Henry 433 (GH); Mt. Daitom, fr., Tanaka 1980 (GH). — Locality not indicated, 11.,
Roxburgh s.n. (P), isotype of Mimosa lucida Roxb.
Erytlirophloeum fordii in Kanehira, Formos. Trees: 579 (1917), repre-
sents Abarema lucida. This mistake was corrected in the second édition
of Form. Trees : 305—306, f. 261 (1936).
17. Abarema monadelpha (Roxb.) Kosterm.
Additional Literature (sub Pilbecolobium bigeminum Bill.) : Birdwood in
Gazetteer. Bombay Près. 25 (Bot.) : 71 (1886); Talbot, List : 87 (1894); Ber. Deutsche
Chem-Ges. 1890 : 3541; Cooke, Fl. Bombay 1 : 455 (1903); reprint 1 : 485 (1958);
Bourdillon, For. Trees Travancore : 162 (1908); Chem. Zentrblt. (I) : 1440 1906;
Sawyer et Dan-Nyun, Class. List PI. Burma : 16 (1927); Chopra et ai.., Gloss.
Ind. Med. PI. : 195 (1956); Matti in Bull. bot. Survey India 5 : 91 (1963).
Inga bigemina (non Wali..) Kamphôvener (frorn the Calcutta bot.
Gard.) represents Albizia lucida (C.) This is the plant enumerated by
Voigt under that name.
Inga wightiana Graham in herb. Wight (Wallich 5281) represents
A. monadelpha (LE).
18. Abarema motleyana (Bth.) Kosterm.
Additional literature (sub Pilhecolobium motleyanum Bth.) : Merrui. in
Philipp. J. Sci. 29 : 372 (1929).
Additional localities : Central Sumatra : Tjaban For. Res. near Muara,
Enim, Palembang Distr., ster., Kostermans S. 105 et S. 106 (BO) and S. 35 (K, L).
flrst record for Sumatra.
Source : MNHN, Paris
— 358 —
19. Abarema multiflora (Merr.) Kosterm.
Pod slightly curved, somewhat flattened, 12-13 cm long, 3-4 cm wide.
1.5-3 cm thick, slightly wavy along the dorsal suture, smooth, glabrous,
slightly thickened over the seeds; déhiscent along dorsal suture; seeds
elliptical, thick, flattened, 2.5 cm long, 1.5 cm in diam.
New localities : Philippines : Luzon, Tayabas Prov., Umiray, fr., Ramos
et Edano 28995 (K); Lubuagan, Kahinga subptrov., May, fr, Cclestino P. N.H.7870
(GH).
20. Abarema novo-gnineense (M. & P.) Kosterm.
Additional locai.ity : Papua : Lower Fly R., opposite Sturtevant Isl., Oct..
0., Brass 8176 (GH).
21. Abarema opposita (Miq.) Kosterm.
New locality : Biliton, 0., Riedel 1876 (TI).
22. Abarema pauciflora (Bth.) Kosterm.
Additional localities: Leyte, March, 11., Wenzel 70 (F); ibid., Aug., fr., Wenzel
1527 (F); Samar, Catuby R., ster., Ramos B. Sci. 24305 (F).
23. Abarema quocence (Pierre) Kosterm.
New localities : N. Siam : Lampoon, Nu Tip, April, buds, Luang Vanpruk 98
(BK). — E. Siam: Chantaboon, fl., Vesterdal Y H (K). — S.E. Siam : Trat, Khao Saming.
Dong Its, Oct., buds, DesBunpheng 183 (BK); ibid., Nov., fl., Bunpheng204 (BK, BO):
Wangka, Kanburi ait. 700 m, Febr., buds, Kerr 10428 (K), isotype of Pilhecolobium
conspicuum Craib.
24. Abarema sapindoides (A. C.) Kosterm.
Additional literature (sub Pilhecolobium pruinosum Bth.): Jolly in Forestry
Bull. 1, Dept. Public Lands Queensl.: 13, t. 5, f. 37 (1917); Francis, Austral, rainfor.
Trees: 161 (1951); (sub P. junghuhnianum Bth.): von Malm in Fedde Rep. 34: 276
(1934); Bailey, Hort. second.: 571 (1941).
25. Abarema scutifera (Blanco) Kosterm.
Additional references (sub Pilhecolobium scuti/erum Blanco): Merrill in
Philipp. J. Sci. 3 : 228 (1908); Kanehira, Identif. Philipp. Woods by anat. Char. 27
(1924).
Additional localities: Maquiling, March, fr., Natividad F.B. 7142 (F); ibid..
For. School F. B. 20119 (F).
26. Abarema subcoriacea (Thw.) Kosterm.
Additional literature (sub Pilhecolobium coriaceum Thw.) : Bourdillon,
For. Trees Travancorc: 162 (1908); Alston in Trimen, Handb. Fl. Ceylon, Suppl.
6: 100 (1931); Worthington, Ceylon Trees, I. 220 (1959;.
Source : MNHN, Paris
— 359 —
Additional specimen: Ceylon: Fort Macdonald, sine coll. sine num. Jan.,
fl. (GH).
27. Abarema tetraphylla (Gagn.) Kosterm.
A specimen (Harmand 724) in the Paris Herbarium looks very similar, but has
2 pairs of folioles on each rachis. However, this might represent the normal number
of folioles and the 2-folioled type specimen might hâve reduced leaves. The specimen
Harmand 724 was idcritified by Gagnepain as Àlbizzia lucida Bth., which is completely
wrong.
28. Abarema trichophylla Kosterm.
Additional specimen: Sumatra: Aek Munie (Aer Moettc), Asahan, N.E. of
Tomuan Dolok and W. of Salabat, 500 m, July, 11., Rahmat Si Boeea 9279 (GH).
29. Abarema triplinervia Kosterm.
New locauty: N. Bornéo: Sabah, Bettotan, Sandakan, ait. 50 m, April, 11..
Puasa 4640 (BO, SAN).
30. Abarema utile (Chun & How) Kosterm., comb. nov.
— Pilhecellobium utile Chun & How (basionym) in Acta Phytotax. Sinica 7 :
17, t. 5(2) (1958).
The species is characterized by its elongate, raised slit-like glands.
The Lois use the roots as medicine by steeping them in water.
New locality : Hainan : fr., McClure C.C.C. 8340 (MO).
31. Cathormion umbellatum (Vahl) Kosterm. and C. monili-
forme (DC) Merr.
In my monograph (1954) I hâve combined these two species. After
havingstudied more material, I amnow convinced, that the planton which
Vahl based his Mimosa umbellala (from Ceylon) is different from the one
on which De Candolle based his M. moniliforme (from Timor).
The Ceylonese C. umbellatum has narrow leaflets, up to 1,5 X 0.5 cm
and more deeply incised pods.
C. umbellala is also represented in Siam: Nakawn Sawan, Pak Nam-
pho, ait. 15-50 m, July, fl., van Pruk 1014 = R. For. Dept. 13 213 (BK);
Rajburi, in swamp, 10 m, Dec., fr., Winit 502 (BK).
New Synonym: Pilhecellobium moniliforme (DC) Bentham ex S.F. Blake in
Austral. J. Bot. 2, 1 : 115 (1954).
32. Gylindrokelupha Balansae (Oliver) Kosterm.
New synonyms: Orlholobium annemense Gagnepain in Bull. Soc. Bot. France 99 :
37 (1952). — Cylindrohelupha annamense (Gagn.) Kostermans in Reinwardtia 5:
247 (1960) : Poilane 32620 (P), holotypus; Eberhardt 5029 (P), paratypus.
The specimen Iïberhardt 5029 (which bears Gagnepain’s identifi¬
cation: Pilhecellobium lucidum Bth.) has large folioles, up to 5 X 12 cm.
Source : MNHN, Paris
— 360 —
which does not fit with Gagnepain’s description (up to 3.5 X 10 cm);
the specimen Poilane 32 620 has very small leaflets (2x5 cm). I hâve not
seen the specimens: Poilane 24 418 and 4395.
The name Cylindrokelupha stands, as the Rules implicitly say, thaï,
only in a monolypical genus, it is permissable to hâve a latin diagnosis
for the species only. This is not the case with Gagnepain’s Orlholobium,
which is published with a French diagnosis, whereas the numerous species
hâve latin diagnosis. One of the enumerated species was validly published
before Gagnepain’s Orlholobium but this does not change the picture.
Among the enumerated species there are some which do not belong in
Ortholobium or only partly.
New localities: Vietnam: Prov. Qui Nhou, ait. 1770 m. fr., Poilane 18089 (P).
The following specimens were ail identifiée! by Gagnepain as Pilhtcellobium lueidum
Bth. : Annam, N. part, Prov. of Kontum near Moi village Tu-Tuh, ait. I 500 m, com-
mon, Marc h, O., fr., Poilane 32090 (P); Col d’Ailao, Prov. of Quang Tri, Jan., 11..
Poilane P. 4 (P); Tamdao, Prov. of Vin Yen, 0., Eberhardt4944,5002, 5022,5029, 5032
(P); Nui Dai Ding near Dak Gley, Prov. of Kontum, Jan., buds, Poilane 32803 (P);
Prov. Haut Donai, massif of Bi-Doup, ait. 2 000 m, ster., Poilane s.n. (P); ibid..
Massif of Braiau near Djiring, Jan., fl., Poilane 23912 (P), common; ibid., between
Dankia and Danglé, ait. 1200-1 500 m, Jan., 0., Poilane 23447 (P); Hui Back Ma, near
Hué, ait. 1 000 m, April, 0., Poilane 29801 and 29865 (P); Ba Na near Tourane, ail.
1 400 m, Febr., buds, Poilane 28998 (P); Tuyen Quang, April, fl., Chevalier 37413 (P).
33. Cylindrokelupha Robinsonii (Gagn.) Kosterm., comb. nov.
Basionym: Pithecolobium Robinsonii Gagnepain in Lecomte et Finet, Notulae
Syst. Paris 2: 281 (1912); in Lecomte, Fl. gén. Indoch. 2: 103 (1913). — Paralbizzia
Robinsonii (Gagn.) Kosterm. in Bull. Organ. Scient. Research Indonesia 20 : 23 (1954).
— Abarema Robinsonii (Gagn.) Kosterm., Addit. Notes Mimosaceae. The généra
Mammea L. and Ochrocarpus Thoc., Forest Service Indonesia, Bureau of Planning :
8(1956). — C.B. Robinson 1454 (P).
— Orlholobium Chevalieri Gagnepain in Bull. Soc. Bot. France 99 : 38 (1952). —
Cylindrokelupha Chevalieri (Gagn.) Kosterm. in Reinwardtia 5 : 248 (1960) : Chevalier
3863, 38682 (P); Poilane 7845 (P).
— Pilheceltobium laolicum Gagnepain in Bull. Soc. Bot. France 99: 48 (1952) :
— Orlholobium plalyphyllum Gagnepain in Bull. Soc. Bot. France 99 : 37 (1952).
— Cylindrokelupha plalyphylla (Gagn.) Kostermans in Reinwardtia 5 : 247(1960) :
Poilane 11161 (P).
— Orlholobium umbellatum Gagnepain in Bull. Soc. Bot. France 99: 37 (1952),
p.p. fluoad cil. specim. Poilane 6338 (P).
In the extensive collections of Paris, mature pods are présent, which
place this species definitely in Cylindrokelupha. The few, ascending laté¬
ral nerves and the domelike glands are characteristic. In some specimens
the glands are lacking. The ripe almost cylindrical pod is up to 12 cm
ong and 4 cm wide, often protruding into a broad tip, it contains 5 large,
disc-Iike about 1 cm high seeds, which are truncate and fiat, where they
touch each other; the valves are leathery and tend to twist slightly after
dehiscence.
New localities : Burma : S. E. Sham States, Keng Fung Territ,. ridge between
Muang Len and Meh Kong R. Basin, Jan., fl., Rock 1998 (GH). — Vietnam : Prov. of
Phu-Tho, For. Res. Chan-Mong, April, fl., Fleury 32123 and 32133 (P); these two num-
Source : MNHId, Paris
— 361 —
Ders represent the same specimen (an orthographie mistake), but Gagnepain identified
one as Albizzia lucida Bth. and the other one as Pilhecellubiam lucidum Bth.l; Sai
Wong Mo Shan (Sai Vong Mo Leng), Lung Wan village, Dam-Ha, ster., W. T. Tsang
29814 (A, BO) et .lune, fr., Tsang 29260 (A); near Chuk-phai, Ha-Coi, fl., Tsang 29040
(K); Tonkin, Muong Thon road, Hanoi-Hoa-Binh, May, fl., Pételot 2175 (GH); Mt.
Bavi, May, fl., Pételot 2173 (GH); between Dong Mo and Vinh Linh, Prov. Langson
Apr., fl., Pételot 2180 (GII); Tam Dao, Prov. Vinh-Yen, Eberhardt 3682 (P), identified
by Gagnepain as Albizzia lucida Bth.; Phong Y, Prov. Choanh Hoa, Km. 85 between
Ha lau and Hai Aut, Aug., mature fr., Poilane 1673 (P), identified as Albizzia lucida
by Gagnepain!; Ga-Na, Prov. Phanrang, March, fl., Poilane 5765 (P), holotype of
Orllwlubium umbellalum Gagn.; Lang Grayg, Prov. Hoa Binh, fl., Eberhardt 4055 (P)
and near Cho-Ho, fl., Eberhardt 4080 (P), both identified as Pilhecolobium lucidium Bth.
by Gagnepain; Massif of Dong eo Pat, Prov. of Quang Tri, July, young fr., Poilane
11161 (P), holotype of Ortholobium plalyphyllum Gagn.; Col des nuages, near Tourane,
Sept., fr., Poilane 7845 (P), holotype of Ortholobium umbellalum Gagn.; Laos, Pac Lep
on Mékong R., between Pac-Lay and Luang Prabang, Febr. , fl., Dussaud 86 (P), holo
type of Pilhecellobium laolicum Gagn.
34. Cylindrokelupha Poilanei Kosterm.
This might represent a small-leaved specimen of Cylindrokelupha
Robinsonii Kosterm.
34. Parenterolobium rosulatum Kosterm.
New localities : Bornéo; Brunei, Ulu Ropan-Belalong watershed, 800 m ait.,
mor soil on clay ridge, Febr., fr., Ahston Brun. 5278 (SAR); Andulau For. Res., ster.
Ashton Brun. 5500 (BO).
The Iban name : Engrutak is onomatipoeic for the rattle of the loose
seeds in the dry pod.
36. Serialbizzia attopeuense (Pierre) Kosterm.
As I pointed out in a former paper in 1956, Pilhecellobium corym-
bosum Gagn. is a mixture of 4 different species, belonging to 2 généra:
Poilane 7918 = Abarema Bauchei Kosterm.; Poilane 4026 and 22176
represent S. atlopeuense ; Poilane 5765 = Ortholobium umbellalum Gagn.,
the same number is cited by Gagnepain also under Pithecellobium umbel¬
lalum Gagn.; Poilane 10356 = Cylindrokelupha Poilanei Kosterm.
The specimens Poilane 21946 and 5816 I hâve not seen.
Additional reference (under Albizzia laui Merr.) : Chun & How in Acta phy-
totax. Sinica 7: 17 (1958).
New localities : Laos : Km. 20 Route Colon, near Savannakhet, Febr., fl.,
Poilane 12058 (BO, P). — Vietnam : Prov. Haut Donai, N. of Dran and Kanam, ster.,
Poilane 30570 (BO, P), identified as Pilhecolobium lobalum by Gagnepain — Hainan :
Yaichow, fr., How 70305 (GH, K); Oct., fr., Wang 34572 (GH, K); Febr., fl., How
70239 (BO, HK); fl., How & Chan 70239 (GH); Yeung Ling Shan, Ngai Distr., June,
fr., Lau 40 (GH, TI, UC), type of Albizzia laui Merr.
37. Serialbizzia splendens (Miq.) Kosterm.
Additional reference (sub Pilhecolobium conjerlum Bth.) : Howard, Studies
Identif. Timbers : 54, f. 532 (1942); Timbcrs : 292 (1950).
Source : MNHI'J, Paris
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38. Serialbizzia salomonensis (C.T. White) Kosterm., comb nov.
Basionym : Albizzia salomonensis C. T. White in J. Arnold Arb. 31: 89 (1950)
Salomon Isl. : Guadalcanal, Matepona R., dominant in riverine forests, June,
WalkerB. S. I. P. il (GH); Aug., n., B.S.I.P. 83 (GH).
The thick, rather woody, non déhiscent fruit places this species in
Serialbizzia.
39. Paralbizzia turgida (Merr.) Kosterm.
Additional literature : Albizzia lucida (non Bth.) Merrill in Lingnan Sci.
J. 7 : 309 (1929). — Albizzia turgida (Merr.) Merr. ex Chun, H. H. Hu & W. Y. Chun,
Icon. Pi. Sinic., 4: 15, t. 105 (1935); Wuchen-Y, List Spermatoph. Yunnan 1 : 242
(1959).
Additional specimens : chine : Kwangtung Prov., April, fl., Levine 6317
(GH); Ting Wu Mts., April, buds, Levine 1976 (GH, HK); ibid., Nov., fr., Levine 86
(GH, MO); Kwangsi, n., Wang 39205 (GH).
40. Zygia jiringa (Jack) Kosterm.
Additional literature (sub Jnga jiringa Jack) : Sweet, Hort. Britt., cd. 2 :
163 (1830); (sub Pbilhecolobium lobalum Bth.) : Brandis, For. Fl. : 575 (1876); Main-
gay in Kew Bull. 1890 : 122; Kew Bull. 1926 : 64; Sturtevant’s Notes edible PI.
(State New York Dept. Agr., 27th Ann. Rep.) 2,2: 445 (1919); den Berger in Meded.
Proefsta. Thee 97: 39 (1926); Wehmer, Pli. Stoffe, Erg. Bd. : 164(1935); Rodger,
Handb. For. Prod. Burma : 48 (1936); (sub Inga bigemina (non Wii.ld.) Bl : Picke-
ring, Chron. Hist. PI. : 331 (1879); (sub Pithecolobium bigeminum sensu Bth.) : Stur¬
tevant’s Notes, 1. c. : 444.
41. Abarema yunnanense Kosterm., spec. nov.
Arbuscula in omnibus partibus glabra, foliis bipinnatis glandulis parvis
rotundatis, foliolis oppositis, chartaceis, ellipticis acuminatis, basi acutis; inflo-
rescentiis axillaribus umbellatis calycibus dentatis tubo corollari longo, ovario
stipitato glabro.
Shrub, 3 m. Branchlets grey, smooth. Leaves bipinnate, glabrous;
petiole 2-3 cm long, glandless, rachillae two, up to 5 cm long with a small,
circular, raised gland between the basis of the rachillae and a similar
gland between the petiolules of the distal folioles. Folioles 2 pairs on each
rachilla, opposite, chartaceous, glabrous, elliptical to lanceolate-ellip-
tical, the distal ones up to 4.5 X 11 cm, base cuneate, apex acuminate,
rather dull on both surfaces, in sicco black above, midrib prominulous
on upper, prominent on lower surface, latéral nerves ca 4 pairs, slender,
arcuate near the margin, réticulation slender and rather inconspicuous
on the lower surface; petiolules ca 2 mm long.
Inflorescences axillary near the apex of the branches, 5-17 cm long,
slender, glabrous, bearing the sparsely placed, slender-peduncled (3-4 cm
long) umbels. Flowers sessile, glabrous; calyx campanulate, 2.5-3 mm
long with small teeth; corolla tube 5-6 mm long with elongate, 3 mm long
lobes; ovary glabrous, stipitate.
Typus: Tsai 55250 (L).
Source : MNHId, Paris
— 363 —
Related to A. bigemina (L.) Kostermans.
Chine : Yunnan, Ping. Pien Hsien, ait. 1300 m, May, 11., Rsai 55372 (BO); ibid.,
ait. 1 350 m, 11., Tsai 55340 (A, BO, K); ibid., ait. 1 200 m, May, fl., Tsai 55250 (L);
Mengtze, S. E., ait. 1 600 m, Henry 9373 B (HK).
PI. 1. — Abarema dalatensis Kosterm. : Chevalier 30019 (P).
42. Abarema dalatensis Kosterm., spec. nov. (PI. 1)
Arbor in omnibus partibus glabra, foliis bipinnatis glandulis globosis
parvis, foliolis rigide chartaceis, oppositis, sublanceolatis petiolulatis, inflo-
rescentiis axillaribus floribus umbellatis sessilibus, umbellulis longe gracilique
pedunculatis.
Tree, glabrous in ail its parts; branchlets pale brown, lenticellate.
Leaves bipinnate, pétioles 4-4.5 cm long with a sub-globose protruding
gland somewhat below the insertion of the two rachillae; rachillae two,
7-12 cm long, bearing a small, round gland between the petiolules of the
Source : MNHN, Paris
— 364 —
distal folioles. Folioles opposite, 3 pairs on each rachilla, stilïly charta-
ceous, sublanceolate to oblanceolate, asymmetric, the distal ones up to
3 x 10 cm, the proximal ones 2x6 cm, base cuneate, apex distinctly
acuminate; upper surface rather dull, dark (in sicco), midrib prominulous;
lower surface pale brown (in sicco), prominulously reticulate, midrib pro¬
minent, latéral nerves ca 9 pairs.
Inflorescences axillary and terminal; the umbels on slender, up to
2 cm long peduncles. Flowers sessile; calyx campanulate, 2-3 mm long
with short teeth; corolla tube as long as the calyx tube, lobes rather
slender, 1 mm long, slightly pilose towards apex ; ovary stipitate, glabrous.
Typus: Chevalier 30019 (P.).
Close to Abarema lucida (Bth.) Kosterm., but the flowers glabrous
and another type of glands.
Also close to A. yunnanense Kosterm. but the glands and the corolla
tube different.
PI. 2. — Abarema muricarpa Kosterm. : a, holotype; b, Brass 25547 (BO).
Source : MNHI'J, Paris
— 365 —
43. Abarema muricarpa Kosterm., spec. nov. (PI. 2 a et b).
Arbor mediocris, folliis bipinnatis, foliolis 1-3-jugatis subtus pilosis ellip-
ticis subsessilibus, 6-7-nerviis, stipulis conspicuis basi foliis impositis, infruc-
tescentiis parvis; fructus muricatus profunde lobatus.
Tree, 8-10 m tall, well branched. Bark grey-green; wood white,
branchlets brown pilose; branches glossy, grey, glabrous. Leaves bipinnate
main petiole brown tomentose, short (up to 1 cm), grey-white, with two
acicular, slender, pilose, acute up to 10 mm long, erect, patent stipules
at both sides of the petiole on the branch; rachillae two, 2.5-9 cm long,
tomentellous, bearing each one or two pairs of distal folioles and a single
proximal foliole; between the insertion of the petiolules stalked, slender,
round glands, which are sunk in the middle ; a similar gland between the
bases of the rachillae; folioles asymmetric, elliptic to narrowly elliptic,
often subobovate-elliptic; the distal ones up to 8 x 18.5 cm, but often
only 2.5 X 6.5 cm ; base rounded to subacute, apex distinctly acuminate,
upper surface glabrescent, grey (in sicco), slightly bullate (in sicco),
midrib and latéral nerves prominulous in a grove, réticulation faint,
dense; lower surface tomentose (hairs rather sparse), midrib strongly
prominent, latéral nerves 6-7 pairs, arcuately anastomosing at some dis¬
tance from the margin, secondary nerves prominent, forming a lax réti¬
culation. Petiolules tomentose, short (1-1.5 mm). Young leaves pale pin-
kish green (in living state).
Infructescence on the bare branches, bright red, muricate, submoni-
liformous, semicircularly curved, up to 4 cm long, over the seeds 1.5 cm
wide, 5 mm thick, déhiscent along the deeply lobed ventral suture. Seeds
dull, black, germinating before leaving the pod.
Typus: Womersley & Gray, NGF 8612 (BO).
The species is related to A. Fournieri (Vieillard) Kosterm. {A. cyelos-
perma) by the presence of conspicuous stipules, although they are far
smaller then those in A. Fournieri. In habit it resembles much A. Ilender-
sonii, which has, however glabrous leaves and I did bot see stipules; I
hâve not seen the pod of A. Ilendersonii; the description does not mention,
however, muricateness.
Papua, Eastern Div., Normanby Isl., ait. 15 m, April, fr., Womersley & Gray
NGF 8612 (BO, K); ibid., Waikaiuna,’April, fr., Brass 25547 (BO).
44. Abarema Kalkmanii Kosterm., spec. nov. (PI. 3).
Arbor foliis bipinnatis, pinnis 3-4-jugatis, pedunculis longis foliolis
subcoriaceis glabris ovatis usque ad ovato-eUipticis, basi cuneatis apice
obscure acuminatis, utrinque reticulatis, costis utrinque 3-5; petiolulis parvis
pulvérulente pilosis, glandulis parvis; inflorescentiis terminalibus magnis
pedunculis crassis umbellulis pedunculatis minutis, floribus sessilibus pilosis
in genere magnis.
Tree, up to 19 m tall and 33 cm in diam.; branches striate, minutely
lenticellate, pulverulently pilose, glabrescent. Leaves bipinnate, pinnae
Source : MNHN, Paris
— 366 —
PI. 3. — Abarema Kalkmannii Kosterm. : Kalkman BW 3602 (BO).
Source : MNHN, Paris
— 367 —
3-4-jugate; peduncle up to 16 cm long (of which the petiolar part 10 cm)
with rather obscure, round, slightly protruding glands between the bases
of the rachillae, pulverulently pilose, distal rachillae up to 19 cm long,
proximal ones 10 cm, bearing 3-4 (distal) to 3 (proximal) pairs of opposite
folioles. Folioles sub-coriaceous, glabrous, ovate to ovate-elliptical, the
apical ones up to 6 x 10 cm, the basal ones 3x4 cm, base cuneate, apex
shortly, usualiy obscurely acuminate; both surfaces distinctly, promi-
nulously reticulate; latéral nerves 3-5 pairs, arcuate towards the margins;
petiolules pulverulently pilose, 2-3 mm long; in between their bases a
rather obscure, round gland.
Inflorescence terminal, stout, densely brown pulverulently pilose,
up to 33 cm long, consisting of a main, stout peduncle, which bears
widely spaced, stalked umbels, one or more on warty protubérances of
the peduncle. Umbel stalks up to 2 cm long, rather slender, pilose. Flowers
subsessile (a short neck at base), densely, shortly brown pilose. Calyx
broadly campanulate, 2-2.5 mm high with hardly visible teeth; corolla
white (fresh), tube slender, up to 10 mm, long lobes slender, acute, 3-4 mm
long; stamens up to 25 mm long. Style longer than the stamens with a
capitellate stigma.
Typus: Kalkman BW 3602 (BO).
Related to A. novoguineense.
W. Irian : Hill N. of Sukarnopura (Hollandia), ait. 50 m, Julv, fl., bb. 25645 (A,
BO, L); ibid., Sentani lake, secondary forest, stony soil, ait. 70 m, Sept., 0., Kalkman
BW 3602 (BO, L).
45. Abarema gracillima Kosterm., spec.. nov. (PI. 4).
Arbor parva in omnibus partibus glabra, foliis bipinnatis, pinnis 3-4-juga-
tis glandulis orbicularibus, foliolis oppositis membranaceis, costis basalibus
adscendentibus; inflorescentiis subaxillaribus pcrgracilibus paucifloris perlaxis,
tubo corollari tubum calycinum subaequante; legumen applanatum inter
semina profunde incisum.
? Treelet, glabrous in ail its part. Branchlets pale, slender. Leaves
bipinnate, pinnae (2-) 4- jugate; petiole (4-) 9 cm long, smooth, with a
round, slightly prominent gland just above the dark (in sicco), swollen,
4 mm long basal part of the petiole and one between the bases of the
rachillae; rachillae two, (10-) 20 cm long with (2-) 4 pairs of opposite
(the proximal pair sub-opposite) membraneous, glabrous, folioles; bet¬
ween the petiolules small, round rimmed glands. Folioles ovate (rarely
subobovate or elliptical); the distal ones up to 9 X 17 cm; the proximal
ones 5 X 9 cm; base acute, apex conspicuously caudate-acuminate;
both surfaces obscurely prominulously reticulate; latéral nerves 4-5 (-6)
pairs, the lowest pair ascendant to 2/3 of the lamina, the bases of the
lower nerves descendant along the midrib. Petiolules slenler, 5-7 mm long.
Inflorescences on the bare branches or sub-axillary, glabrous, very
slender, narrow, consisting of a main peduncle, up to 20 cm long, bearing
Source : MNHId, Paris
— 368 —
Source : MNHN, Paris
— 369 —
videly spaced branchlets (up lo 2.5 cm long), but usualiy much shorter,
two together in the axil of a small, ovate, acute bract. Flowers single
or in 2-3-flowered umbels ou filiform, 4-7 mm long peduncles. Calyx
campanulate, ca. 1.5 mm high, with broad, rather obtuse, 0.5 mm high
lobes. Corolla tube as long as the calyx tube, lobes elliptic, 3 mm long.
Ovary glabrous.
Pods S-shaped, flattened, red, deeply incised (almost to the opposite
suture), ca. 8 cm long, over the seeds 1.5 cm vide; seedsblack,ellipsoid,
ca. 15 mm long.
Typus: Beccari P.P. 577 (FI).
In foliole shape the species resembles A. mindanaense. It is charac-
terized by the slender, glabrous inflorescence, the long-pedicelled flowers,
the short corolla tube and the deeply incised pods.
The dehiscence is complété along both sutures, but the valves do not
or hardly twist after dehiscence.
The Inokuma & Hara specimen has smaller folioles and less pinnae
(indicated between brackets in the description), but belongs certainly
here.
W. Irian : Andai near Manokwari, fl., fr., Beccari P. P. 577 = Herb. Firenze 35211
(3shects); ibid., Tjabang Patima, May, fr., Inokuma & Hara 301-1 (TI).
46. Abarema Muelleriana (M. & B.) Kosterm., comb. nov.
Basionym : Albizzia Muelleriana J. H. Maiden & R. F. Baker in Proc. Linn. Soc.
New S. Wales, Sér. 2, 10 : 585 (1896); Francis, Austr. rainfor. .Trees : 161 (1951)
(Pilhecellobium) —Von Muellers. n., Richmond R. (BRI).
Through the courtesy of the Queensland Herbarium, I received a
fragment and photograph of the type specimen. For this coopération I
herewith express my gratitude.
The specimen: H. Hayes, collected Nov. 1896 at Nullum State Forest
via Murwillumbah is in flower (it is also represented in the De Candolle
and in the Kew Herbarium); the specimen: L. S. Smith 5111, fl., Dec.,
was collected in N. New S. Wales in the Dorroughby area from a tree 4 m
high (BO, BBI) ; Aktonville, Marshal Fall, Dec., fl., fr., W. B. 705 (UC).
The fruit, represented in the type specimen makes it certain that
the species belongs in Abarema.
47. Pithecellobium megaphyllum Kan. & Hat.
This species, based on the specimen: Kanehira & Hatusima 12980
(FU) was published in Aug. 1942 in the Bot. Mag. Tokyo 56 :360, fig. 4
(1942).
In Reinwardtia 3: 23 (1954) I suggested that it should be identical
with Archidendron calliandrum de Wit, according to de Wit’s description
of the species. Kanehira and Hatusima’s spécifie epithet cannot be
used, because of Archidendron megaphyllum Merrill & Perry (in J. Arnold
Arb. 23: 392 (oct. 1942), although Kanehira & Hatusima’s name has
Source : MNHI'J, Paris
— 370 —
Source : MNHN, Paris
— 371 —
priority (published in Aug. 1942). Both speciesseem to be verysimilar and
difïer, according to the description, only in their pilosity.
This remarkable “ Schopfbaumchen” has not been collected again.
48. Archidendron Royenii Kosterm., spec. nov. (PI. 5).
Arbor mediocris, foliis bipinnatis, pinnis 6-jugis, foliolis chartaceis
lanceolatis subaequabbus apice acuminatis, costis utrinque 4-5, petiolulis
distinctis, racemis caulifloris parvis glabris, floribus pcdicellatis calycibus
parvis lobis minutissimis tubo corollae calycem superante.
Small tree, ca. 5 m high and 8 cm in diam. Bark smooth, glossy,
olivebrown. Leaves bipinnate, one (?) pair of pinnae; pinnae 6-jugate;
peduncle more than 5 cm long, cylindrical, laxly brown puberulous;
rachillae two, 15 cm long, laxly brown puberulous, bases swollen, a small
round gland in between, top of rachillae protruded into a 7 mm long,
slender sLipe. Folioles 6 pairs, opposite (the proximal one unpaired),
chartaceous, lanceolate, base asymmetric, 2.5-3 X 7-8 cm, ail more or
less equal in size, apex acuminate with a slender, sharp tip, base acutish
or rounded; both surfaces laxly, shortly pilose, latéral nerves 4-5 pairs,
arcuate at the margin, somewhat impressed above, prominent on the lower
surface. Petiolules 2-3 mm long, densely pilose; between their bases a
small, round, prominulous gland.
Racemes cauliflorous, simple, glabrous, up to 2 cm long; peduncle
slender, the florets congested near its apex. Flower pedicel slender,
4-5 mm long; calyx 1.5-2 mm high, teeth minute; corolla tube 3 mm long;
lobes 2 mm, acute.
Typus: Van Royen 5309 (BO).
Related to A. nervosum de Wit by its inflorescence characters.
The specimen has been distributed as Pithecellobium, but the cau¬
liflorous racemes point to Archidendron. The flower available were too
few in number to dissect.
The leaf of the available specimen is eut off above its base, hence 1
do not know for sure, whether it has only two rachillae.
Distribution : Only known from the type locality. \V. Irian, distr. Radjah
Ampat, Waigeo Isl., path across the E. Peninsula from Wekasan to Kabaré, on w.
slope of the Lilal Hills, Unja Creek, ait. 100 m, Jan., 11., Van Royen 5309 (BO).
49. Afionsea pteropoda Kosterm., spec. nov. (PI. 6).
Arbor foliis simpliciter pinnatis, rachibus alatis, foliolis suboppositis,
paucis, glabris, membranaceis, subsessilibus, apice subcaudatis, basi in-
aequalibus costis utrinque 8-11, racemis axillaribus parvis dense pul¬
vérulente pilosis, floribus? sessilibus, calycibus urceolatis dense pilosis lobis
minutissimis; corolla glabra, tubo 3 mm longo.
Tree. Branches cylindrical, glabrous, bearing large asymmetrically
protruding leaf scars. Leaves simply pinnate, glabrous; rachis winged,
Source : MNHI'J, Paris
— 372 —
PI. 6. — Aflonsea pteropoda Kosterm. : D'Albertis ss. n° (Firenze 3544) et 3545, leaf right.
up to 27 cm long; wing membraneous, reticulate, up to 1 cm wide, gradual-
ly widening from the base upwards, at the insertion of the folioles cons-
tricted again and then absent. Folioles subopposite, three pairs, papery,
lanceolate to ovate-lanceolate, base asymmetric, contracted into a hardly
visible, thick petiole, apex sub-caudately acuminate, 4-7 X 10-25 cm,
both surfaces prominulously reticulate, midrib slightly prominent on upper,
strongly prominent on lower surface; latéral nerves 8-11 pairs, arcuate,
prominent on lower surface.
Racemes axillary, slender, 15-40 mm long, densely pulverulently
pilose. Flowers sessile (?); calyx urceolate, densely brown pulverulently
pilose, 2-2.5 mm long with short teeth ; corolla glabrous, tube 3 mm long,
lobes lanceolate, 3 mm long, filament tube 4 mm long, free part of fila¬
ments broad.
Source : MNHN, Paris
— 373 —
Pod twisted, about 6 cm long, flattened, glabrous, deeply incised
between the seeds, 13 mm wide over the seeds.
Typus: D’Albertis s. n., anno 1877 (Fl).
This peculiar species, outstanding by its winged, simply pinnate
leaves, I hâve referred here to Affonsea, although there is only a single
pod in the flower of the fruiting specimen.
The two other sheets with flowers are in such a bad condition, that
only a single flower was available for dissection. Of this flower the upper
part of the fdaments had disappeared and no ovary (ies) was (were) pré¬
sent any more. The raceme-like inflorescence points to Archidendron or
Affonsea and as winged leaves were only described in Archidendron ala-
luin de Wit and our species is once pinnate, I thought it better to refer
it to Affonsea than to Inga.
Neither Affonsea nor Inga are known so far from the Old World.
New Guinea : Fly R., 11. (2 sheets), d’Albertis s. n., anno 1877 (Fl) = Hcrb.
Fircnze 3544 ; ibid., fr. (one sheet), leaves narrower, d'Albertis s. n., anno 1879 ( = Ilerb,
Firenze 3545).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
HAZOMALANIA R. Capuron,
NOUVEAU GENRE MALGACHE
DE LA FAMILLE DES HERNANDIACÉES.
par R. Capuron
(Centre Technique Forestier Tropical, Tananarive.)
Dans un premier article sur le « Bois d’Hazomalanga », paru en 1916,
H. Jumelle écrivait (7: 47) 1 : « L’Hazomalanga est une Hernandiacée
encore mal connue, mais qui semble devoir constituer un genre nouveau ».
En 1921, dans son étude sur « l’Hazomalana de l’Ouest de Madagascar »
le même auteur nommait l’espèce Iiernandia Voyroni et s’exprimait
ainsi à son sujet (8 : 41) : « L’ Iiernandia Voyroni diffère, entre autres
caractères, de YHernandia pellala par ses feuilles en général plus large¬
ment ovales et plus arrondies à la base et par ses fruits nettement ovoïdes,
et non globuleux. Ces fruits sont accompagnés de deux bractées qui les
dépassent et dont l’une, surtout, est de grandes dimensions. L’espèce est
encore caractérisée par les boutons qui terminent ses inflorescences,
plus courtes que celles de Y Iiernandia pellala : ces boutons, que nous a
envoyés récemment M. Voyron, administrateur à Tananarive, et qui ne
sont pas, du reste, des boutons floraux, mais des groupements de ces
boutons floraux enveloppés par quatre bractées très velues, sont plus
larges que hauts ».
Des caractères invoqués par Jumelle nous ne retiendrons que celui
fourni par les « fruits accompagnés de deux bractées qui les dépassent ».
Ces bractées, qui sont l’équivalent de l’induvie en forme d’urcéole qui
enveloppe les fruits des Iiernandia , donnent aux fruits de Y Hernandia
Voyroni un aspect très particulier. Si à cette différence l’on ajoute celles
fournies par la structure florale, le fruit lui-même, la graine et l’embryon,
on se trouve conduit à considérer l’espèce malgache comme le type d’un
genre nouveau parfaitement distinct du genre Iiernandia L. Nous le
nommerons Hazomalania, ce nom étant une simple latinisation de l’un
des noms vernaculaires sous lequel est désignée l’espèce.
HAZOMALANIA gen. nov.
Arbores valde aromatici. Folia alterna, petiolata, palmatinervia (in
speciminibus juvenilibus vel immaturis peltata), integra, membranacea,
1. Les chiffres en caractères gras renvoient à l’index bibliographique situé en
fin d’article.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 377 —
caducs. Flores diolci, regulares; inflorescentiae axillarcs, corvinbiformes,
masculae cymis 3-floris, foeminae cymis 1-floris compositae; cymae invo-
lucro 4-phyllo instructae. Flores masculi ebracteolati, saepius 5-meri, rarius
4 vel 6-meri; receptaculum minimum; sepala (8-9) 10 (-12), alternatim
2-seriata, interse similia, irregulariter valvata vel imbricata; glandulac
quam stamina duplo numerosiores, uniseriatim dispositae, alternisepalae,
cylindricae, breviter stipitatae, papillosae; stamina (4-) 5 (-6) sepalis cxte-
rioribus opposita, filamentis liberis, anlheris basifixisloculis 2 lateraliter
valvatim déhiscentibus; stylodium praesens, e fundo receptaculi ortum.
Flores foeminei normaliter 6-meri, rarius 5-meri, subsessiles, basi brac-
teolis 2 inaequalibus aliformibus instructae; receptaculum ovoideum
leviter compressum, sulcatum; sepala (10-11-) 12, ut in floribus masculis
2-seriatim disposita; glandulac (10-) 12, obovoidcae breviter stipitatae,
papillosae, paribus dispositae (paribus sepalis interioribus oppositis); sta-
minodia (5-) 6 bene evoluta, sepalis exterioribus opposita, sterilia; Stylus
simplex, leviter geniculatus, longitudinaliter profunde 1-sulcatus, apice
stigmatoso valde dilatato-crenato-lobatus. Germen receptaculo inclusum,
1-loculare; ovulum 1 ex apice loculi descendens, anatropum. Fructus amygda-
liformis, cllipticus, compressus, basi bracteolis 2 aliformibus instructus
(alae inaequales, major falcata, scariosae-membranaceae, longitudinaliter
nervosae); exocarpium siccum longitudinaliter 9-10 costatum, in sicco statu
fragile; mesocarpium subcarnosum, valde suaveolens, resinam luteo-rubram
continens; endocarpium osseo-cartilagineum, ut fructus compressum, utroque
latere profunde sulcatum. Semen pericarpio conforme; albumen nullum;
embryo rectum cotyledonibus foliaceis sat crassis, non ruminatis, basi profunde
emarginatis; radicula supera.
Species unica : flazomalania Voyroni (Jumelle) R. Capuron. — ller-
nandia Voyroni Jumelle, in Agronomie coloniale, 41 (février 1921),
reproduit in Bulletin Economique Madagascar, 18 e année, 2 : 251 (2 e tri¬
mestre 1921).
Jumelle n’ayant donné qu’une description très succincte, nous
donnerons ici des renseignements plus détaillés sur cette espèce.
L’Hazomalania Voyroni est un arbre qui atteint fréquemment 20 m
de hauteur sur 0,50 m-0,70 m de diamètre. Il en existe, ou en a existé,
des individus de plus grande taille, approchant de 1 m de diamètre.
Toute la plante (écorce, bois, fruits) répand une odeur forte, rappelant
celle du camphre ; cette odeur très caractéristique a valu à cet arbre ses
divers noms vernaculaires : Hazomalana, Hazomalany, Hazomalanga,
Hazomalangy, Hazomaimbo.
Le tronc, généralement de belle forme, est recouvert d’une écorce
épaisse, de couleur générale blanchâtre; le rhytidome, fissuré en long,
persistant, est écailleux; les écailles, dont les plus externes se laissent
facilement enlever, brunâtres sur tranche, sont de consistance liégeuse
(elles se laissent facilement pénétrer par l’ongle) ; la partie interne de
l’écorce est jaunâtre.
Les rameaux feuillés sont robustes (4-7 mm de diamètre), recouverts
Source : MNHN, Paris
— 378 —
d’une courte et dense pubescence gris-blanchâtre. Les rameaux anciens,
défeuillés, sont glabres, marqués par les cicatrices saillantes des feuilles
tombées.
Les feuilles, sur les arbres adultes (en âge de fleurir), sont groupées
en bouquets sur les rameaux de l’année; elles sont d’autant plus grandes
qu’elles sont plus rapprochées de la base de la pousse feuillée. Sur les
jeunes sujets et les arbres d’âge moyen le limbe des feuilles est pelté;
ce caractère disparaît sur les vieux sujets. Sur ceux-ci les feuilles ont un
pétiole qui varie en général de 2,5 à 10 cm de longueur. Le limbe, très
oblique par rapport au pétiole, est de forme générale ovale-cordiforme et
mesure 5,5-14 x 4-11 cm. Sur le frais il est d’un beau vert, assez épais
quoique très souple; sa base est arrondie ou plus souvent nettement
cordée; sa plus grande largeur se situe vers le milieu ou vers le tiers
inférieur; de ce point il s’atténue vers le haut en pointe obtuse ou en
acumen assez nettement marqué. Dans les jeunes plants les dimensions
des feuilles sont souvent beaucoup plus considérables (leur limbe dépasse
fréquemment 20 cm de longueur) ; lorsque le limbe est pelté, sa base est
très largement arrondie ou très légèrement en cœur. Du sommet du pétiole
partent trois nervures principales, la médiane et deux latérales; ces der¬
nières dépassent le milieu du limbe; en outre deux ou quatre autres ner¬
vures basales beaucoup moins longues que les latérales naissent aussi
au sommet du pétiole et se dirigent vers les bords inférieurs du limbe.
Toutes ces nervures sont en léger creux à la face supérieure, nettement
saillantes en-dessous ; il en est de même des nervures secondaires (3-5 paires
qui se détachent de la médiane et de celles qui naissent, vers l’extérieur,
des nervures basales principales. Le réseau est très dense, bien visible
dessous et par transparence. Le limbe est criblé de très nombreux points
pellucides très petits; sa face supérieure est glabre ou munie de quelques
poils très rares sur le trajet des nervures principales; la face inférieure,
au contraire, est toujours munie de poils mais leur longueur et leur densité
sont très variables suivant les individus; tantôt longs et assez denses
pour être sensible au toucher, d’autres fois beaucoup plus courts et presque
localisés à la nervation.
Après avoir rougi ou jauni, les feuilles tombent au début delà saison
sèche et l’arbre reste défeuillé pendant toute cette dernière.
La floraison s’effectue entre février et avril, c’est-à-dire à la fin de
la saison des pluies, peu avant la chute des feuilles. Les fleurs, unisexuées
et dioïques, sont disposées en inflorescences axillaires. Celles-ci sont des
racèmes d'aspect corymbiforme ou ombelliforme composés de groupes de
cymes disposées elles-mêmes en ombelles involucrées de bractées. Typi¬
quement une inflorescence est composée d’un axe principal qui naît
isolément à l’aisselle d’une feuille ; tout près du sommet de cet axe, naissent,
chacun à l’aisselle d’une bractée principale, plusieurs (généralement 4-5)
axes secondaires; chacun de ceux-ci est muni, près de son extrémité, de
deux paires de bractées opposées-décussées qui enveloppent quatre (avec
parfois une cinquième rudimentaire) cymes terminales; ces cymes,
sessiles dans le bouton, brièvement pédonculées à la floraison, possèdent
Source : MNHN, Paris
— 379 —
chacune à leur base deux paires de bractées opposées-décussées ; dans les
inflorescences mâles les cymes sont triflores, dans les femelles elles sont
uniflores (les inflorescences mâles ont donc théoriquement trois fois
plus de fleurs que les femelles). Il arrive parfois que l’axe principal de
l’inflorescence se prolonge au-delà du premier pseudo-verticille d’axes
secondaires et porte, au sommet de son prolongement, un deuxième
pseudo-verticille d’axes.
Les axes de l’inflorescence sont recouverts, ainsi que les bractées
et les fleurs, d’une très dense et très courte pubescence blanc-jaunâtre
(seul l’axe principal porte une pubescence moins dense). L’axe principal,
robuste, cylindrique, généralement plus court que le pétiole de la feuille
axillante, mesure (0,5-) 1,5-5 (-6) cm. Les bractées situées à l’aisselle
des axes secondaires sont très caduques; elles sont très variables de taille
et de forme : tantôt très petites et étroitement oblongues (2-5 X 0,5-2mm),
tantôt obovales et plus ou moins concaves (8-10 x 3-4 mm), tantôt
(surtout dans les inflorescences femelles) en forme de feuille à limbe et
pétiole réduit (jusqu’à 2-3 cm de longueur totale). Les axes secondaires,
cylindriques, mesurent 0,5-1,5 (-2) cm. Les « boutons » qui terminent ces
axes (et qui contiennent, nous l’avons dit, quatre cymes uniflores ou tri-
flores) sont de forme obovale, plus larges (environ 12 mm) que hauts
(9 mm), nettement comprimés antéro-postérieurement; les deux bractées
externes, latérales, sont très fortement concaves; dans les inflorescences
femelles elles sont ovales (d’environ 8x5 mm) alors que dans les mâles
elles sont presque circulaires, hémisphériques (d’environ 8 mm de dia¬
mètre); les deux bractées internes, l’une antérieure, l’autre postérieure,
à bords recouverts par ceux des bractées externes, ont une base un peu
plus étroite que ces dernières et sont moins concaves ; dans les inflorescences
femelles elles sont obovales (environ 9x5 mm), dans les mâles presque
circulaires (8-9 mm environ). Les quatre bractées, par suite de développe¬
ment des pédoncules des cymes qu’elles renferment, s’écartent puis
tombent laissant apparaître les quatre cymes très régulièrement disposées
et fortement serrées l’une contre l’autre. De chacune de ces cymes on
n’aperçoit, au début, que les deux bractées latérales et un petit secteur
dorsal de la bractée externe. Comme les précédentes les bractées externes,
surtout dans les cymes mâles, sont beaucoup plus concaves que les internes.
Dans les cymes mâles les bractées externes ont environ 7 mm de longueur
sur 5,6 mm de largeur alors que les internes ont environ 7,5 X 3 mm ; dans
les cymes femelles ces mêmes organes ont respectivement 7-8 x 4 mm dans
les cymes femelles ces mêmes organes ont respectivement 7-8 X 4 mm
et 9-10 X 4 mm. Au moment de la floraison les pédoncules des cymes
atteignent 2-5 mm; les bractées persistent assez longtemps dans les
inflorescences femelles alors qu’elles sont tôt caduques dans les mâles.
Les fleurs, isolées dans les cymes femelles, par trois dans les mâles,
sont d’assez grandes dimensions et mesurent, épanouies, environ 13 mm
de diamètre; les mâles ont un pédicelle nu, de 1 mm environ de longueur,
les femelles sont sessiles. Dans les fleurs d’un sexe, on observe toujours
les rudiments de l’autre sexe.
Source : MNHN, Paris
— 380 —
Les fleurs mâles sont typiquement 5-mères (mais il y a quelques
fleurs 4-mères et d’autres 6-mères) alors que les femelles sont normale¬
ment 6-mères (quelques rares fleurs 5-mères).
Dans les mâles, le réceptacle, très réduit, est bordé de 8-12 tépales
plus ou moins régulièrement 2- sériés, subvalvaires ou irrégulièrement
imbriqués d’un cycle à l’autre lorsqu’il y a des tépales manquants ou
surnuméraires; les tépales, pubescents sur les deux faces, sont étroitement
obovales-oblongs et mesurent environ 6-7 X 2-3 mm de largeur; ils
sont blancs, légèrement teintés de jaune-verdâtre sur le vif; alternant
avec les tépales, rayonnant vers l’extérieur, on trouve un cycle de 8-12
glandes cylindracées, vertes sur le vif, longues de 2,5 mm environ, à
surface couverte de nombreuses petites papilles noirâtres, sauf à leur base
qui est un peu rétrécie en forme de pied. Ces glandes manifestent une
tendance à se rapprocher par paires opposées aux tépales internes.
Les étamines, au nombre de 4-6, opposées aux tépales externes, sont
semblables à celles des Hernandia; longues de 4-4,5 mm environ elles
ont un filet (blanc légèrement jaunâtre sur le vif) cylindrique (long de
2,5 mm environ) muni de quelques poils unicellulaires fusiformes trans¬
lucides et une anthère (jaune puis brune sur le vif) ovale oblongue;
le connectif, large extérieurement, porte latéralement deux loges qui
s’ouvrent chacune par un clapet à charnière longitudinale externe. Du
fond de l’étroite dépression qui occupe le centre de la fleur s’élève un
stylode (long de 3 mm environ, blanchâtre sur le vif) cylindracé légère¬
ment aplati et dilaté en éventail à son sommet. Aucune trace d’ovule
avorté ne s’observe dans le pédicelle (qui correspond à l’ovaire de la
fleur femelle).
Les fleurs femelles ont un réceptacle ovoïde et comprimé latéralement
(il est long de 4-5 mm), parcouru longitudinalement par des sillons qui
séparent des crêtes obtuses saillantes; il se rétrécit légèrement en
col court et robuste au-dessus de la partie ovarienne et se dilate ensuite
en plateau sur le bord duquel s’insèrent les pièces du périanthe. Sur la
base du réceptacle s’insèrent latéralement deux bractéoles (homologues
de la cupule des Hernandia) qui sont destinées à se transformer en ailes
sous le fruit; une de ces ailes est nettement plus développée que l’autre
(elles mesurent respectivement p. ex. 5 et 9 mm de longueur sur 3 mm
de largeur).
Le périanthe, semblable â celui de la fleur mâle, est constitué de
10-11-12 pièces. Les glandes, à surface papilleuse, portées par un pied
très court, sont plus courtes (environ 2 mm de longueur) que dans les
fleurs mâles et ont un profil ovale-triangulaire ou ovoïde; de plus elle;
sont ici rapprochées par paires alternant avec les staminodes (les paires
sont donc opposées aux tépales internes). Les staminodes, bien développés,
au nombre de (5-) 6, opposés aux tépales externes, sont disposés autour
de l’orifice supérieur du réceptacle; ils sont longs de 2 mm environ et
sont munis, au sommet d’un filet éparsément poilu, d’une anthère réduite
à deux loges elles-mêmes rudimentaires et dépourvues de pollen. L’ovaire
infère, entièrement inclus et soudé au réceptacle, est uni-loculaires
Source : MNHN, Paris
381 —
un seul ovule anatrope pend du haut de la loge. Le style (long de 3,5-4 mm
environ), blanc légèrement verdâtre sur le vif, inséré au fond de la dépres¬
sion supérieure du réceptacle, est parcouru sur sa face correspondant
au placenta par un profond sillon longitudinal; il est pubescent sauf
dans le sillon. Le stigmate, jaune sur le vif, est dilaté en plateau hémi-
circulaire à bords crênelés-lobulés.
Après la fécondation les tépales de la fleur femelle, qui étaient étalés
durant l’anthèse, se redressent vers le haut au-dessus du stigmate; bientôt
la partie supérieure du réceptacle se détache de la partie inférieure au
niveau de la constriction qui les sépare et tombe entraînant avec elle
toutes les pièces du périanthe ainsi que l’androcée et le style. Pendant
ce temps les ailes basales se développent rapidement.
La propagule est constituée du fruit proprement dit et des deux ailes
basilaires très fortement accrues. Les ailes, pubescentes sur les deux faces,
de consistance membraneuse-chartacée, brunâtres sur le sec, sont par¬
courues par plusieurs nervures longitudinales que réunit entre elles un
réseau de nervures secondaires et de nervilles; elles sont très inégales;
la plus petite, de forme plus ou moins rhomboïdale, mesure 7 X 3 cm
environ alors que la plus grande, plus ou moins falciforme, mesure
12 X 4 cm; en outre, cette dernière embrasse la petite aile du côté anté¬
rieur. Le fruit proprement dit est une drupe sèche, un peu en forme
d’amande, de 4,5 X 1,7 cm environ, un peu dissymétrique, légèrement
comprimée latéralement, atténuée en court bec au sommet; le péricarpe
est recouvert d’une très courte et très dense toison jaune-fauve ; il est par¬
couru longitudinalement par une dizaine de carènes très saillantes (corres¬
pondant à autant de gros faisceaux vasculaires) séparées par de larges
sillons. Le mésocarpe (charnu sur le frais) est constitué d’un tissu de
consistance poisseuse-résineuse, d’odeur très forte et colorant la peau en
rouge; en se desséchant il forme une couche assez mince autour du noyau.
Celui-ci, de forme plus ou moins obovoïde (long de 2,5 cm, large de 1-1.3 cm
environ) comprimé latéralement (0,6 cm environ d’épaisseur), est consti¬
tué d’un tissu cartilagineux très résistant; il est parcouru, sur chaque face
par un très profond sillon rempli des restes du mésocarpe (en section
transversale le noyau a un peu la forme d’un huit). Le tégument séminal
est constitué de deux couches : une couche externe très mince, papyracée,
de couleur fauve, doublée intérieurement, au moins par places, d’une
couche plus épaisse un peu spongieuse et se désagrégeant en cellules
ovoïdes à contenu rougeâtre. L’embryon est droit; celui que nous avons
vu avait 20 mm de longueur sur 7-8 mm de largeur; les cotylédons,
foliacés, assez épais, ont une surface de séparation courbée (en section
transversale) autour d’une des saillies que forme, à l’intérieur du noyau,
un des sillons de celui-ci; la surface des cotylédons n’est nullement rumi¬
née; la radicule, supère, très robuste, mesure environ 5 mm de longueur;
les cotylédons sont échancrés en cœur à leur base. Les fruits arrivent
à maturité durant la saison sèche, en juillet généralement.
Source : MNHN, Paris
— 382 —
AFFINITÉS
La famille des Hernandiacées groupait jusqu’à ce jour quatre genres;
G. Buchheim (2 : 127) les sépare en deux sous-familles (considérées par
Shutts comme deux familles distinctes), Gyrocarpoïdeae (genres Sparal-
lanlhelium et Gyrocarpus) et Hernandioïdeae (genres Hernandia et llli-
gera). Le genre Hazomalania porte ce nombre à cinq, dont quatre sont
présents à Madagascar; par ses caractères floraux le genre Hazomalania
paraît devoir rentrer dans la sous-famille des Hernandioïdeae (sous-
famille qui groupe la série des 1IIigéra et celle des Hernandia séparées
par Bâillon). 11 en possède le style sillonné longitudinalement (caractère
signalé par Bâillon), fortement dilaté en éventail à son sommet. Dans
les Illigera, comme dans les Hazomalania, l’embryon possède des cotylé¬
dons charnus, plan convexes; mais, en dehors de ce caractère commun il
y a trop de différences (port, caractères des feuilles, des fleurs, des fruits)
pour que VHazomalania soit réuni aux Illigera. Avec les Hernandia (dont
une espèce, II. pellata Meissn., croît sur les côtes malgaches) les ressem¬
blances, tout au moins superficielles, sont plus grandes (port, aspect
des feuilles) mais les différences ne manquent pas : dans les Hernandia
les fleurs, unisexuées et monoïques, sont par groupes de 3 contenant en
général deux fleurs mâles et une femelle (nous avons parfois observé des
groupes de deux fleurs femelles et une mâle), leur périanthe possède moins de
pièces que dans la plante malgache, les fleurs d’un sexe semblent manquer
des rudiments de l’autre sexe, l'involucre basal des fleurs femelles est
de forme différente etc... ; les fruits des Hernandia sont enveloppés dans
l’involucre accru et charnu; les cotylédons sont fortement ruminés. A
ces caractères morphologiques s’ajoutent très probablement des carac¬
tères chimiques. Jumelle signale (7:48) l’existence, dans le fruit, d’une
huile, d’une essence et d’un principe rubéfiant; il est à souhaiter que des
études plus poussées soient entreprises sur ces divers corps (tant ceux des
fruits que ceux qui donnent au bois son odeur si particulière).
Des Gyrocarpoideae (série des Gyrocarpées de Bâillon), qui groupent
les genres Sparaltanthelium (Sud-américain) et Gyrocarpus (dont une
espèce, assez variable, croît dans la Grande Ile), Y Hazomalania diffère,
entre autres caractères, par la forme du stigmate, par les cotylédons non
enroulés ou pliés autour de la radicule etc... Ajoutons que dans les Sparal-
lanlhelium les fruits ne sont pas ailés et que dans les Gyrocarpus les fruits
possèdent deux ailes terminales provenant de l’accroissement de deux
tépales.
Des caractères anatomiques (stomates du type Renonculacées,
cystolithes présentes dans les Gyrocarpoideae, stomates du type Rubiacées,
pas de cystolithes chez les Hernandioïdeae ) permettent de séparer les
deux sous-familles. Ici encore des études anatomiques devront être
entreprises sur Y Hazomalania, études qui pourront confirmer ou infirmer
l’attribution que nous avons faite de ce genre aux Hernandioïdeae.
Source : MNHN, Paris
— 383 —
RÉPARTITION
L’IIazomalania Voyroni est une espèce de la région occidentale
dont l’aire de répartition est actuellement mal connue. Nous la connaissons,
en toute certitude, grâce à des échantillons d’herbier ou des observations
personnelles, de la région comprise entre Maintirano (forêts de Tsi-
membo et de Tsiempihy) et le haut bassin de la Taheza, affluent de la
rive droite de l’Onilahy (forêts de Zombitsy et d’Hazoroa près de Saka-
raha) ; elle existe aussi dans les vestiges de forêt tropophylle de la haute
Menarahaka, à l’est d’Ihosy. D’après Perrier de la Bathie (12 : 476)
et Lavauden (9 : 603) l’espèce existerait depuis la Betsiboka jusqu’à
la Tsiribihina dans toutes les forêts avoisinant la côte. Nous venons de
voir que l’aire de l’espèce s’étend beaucoup plus au Sud que ce qu’indiquent
ces auteurs. En ce qui concerne son extension vers le Nord, l’opinion de
Perrier de la Bathie et de Lavauden semble confirmée par des rensei¬
gnements recueillis auprès d’anciens agents forestiers ayant servi dans
la région comprise entre Majunga et Maintirano; d’après eux l’espèce
existerait en peuplements assez abondants au Sud du Cap Saint-André,
par pieds isolés plus au Nord ; on en trouverait même au-delà de la Betsi¬
boka. Souhaitons que des échantillons d’herbier viennent étayer, de manière
irréfutable, tous ces dires.
UTILISATION
C’est probablement à YHazomalania que fait allusion l’auteur de la
relation de la « Relâche du navire Le Barneveld » (3 : 36) lorsqu’il
écrit : « Une autre espèce, qui, au point de vue de son développement et
de sa forme, a une certaine ressemblance avec l’aune de Hollande, sert
d’ordinaire comme bois de charpente, usage auquel il se prête parfaite¬
ment, étant donné qu’à Madagascar on ne construit que des maisons
légères. Mais il n’est pas propre à la construction d’édifices solides ou de
grands bateaux; il est de couleur grisâtre et a l’odeur forte et aromatique
du carvi; ses fruits ont presque la forme d’un noyau de prune et leur
arôme est si parfumé qu’il ne cède en rien à la meilleure canelle ».
Rey, en 1905, écrit (14 : 563) : « Bois très léger, solide, imputres¬
cible, excellent pour la menuiserie et la charpente légère; sert à faire des
planches, des madriers, des pagaies, de très bonnes pirogues. La fumée
produite avec ce bois éloigne les moustiques.
Tronc droit et cylindrique atteignant 10-12 mètres. Les indigènes
fabriquent leurs pirogues (molanga) d’une seule pièce en creusant les
troncs. Le fruit, très petit, est employé par les femmes indigènes pour
teindre les ongles en rouge. Elles écrasent la pulpe et mélangent la poudre
obtenue avec un peu d’eau.
L’Hazomalany était la propriété exclusive des anciens rois sakalava.
Seuls ils avaient le droit d’autoriser les indigènes qui en faisaient la demande
à se rendre dans la forêt pour y construire des pirogues. L’hazomalany
était seul employé avec le nato (Sapotacées diverses) pour la construction
Source : MNHN, Paris
— 384 —
des cercueils des rois (mpanito) ou des chefs de grande famille défunts
(vohitra). »
Nous renvoyons le lecteur à l’Ethnographie de Madagascar de
A. et G. Grandidier (4 : 539) où ils trouveront d’autres renseignements
relatifs à l’utilisation de l’Hazomalangy dans les coutumes funéraires.
Actuellement le bois de cette essence reste un des plus estimés de
la côte Ouest et fait l’objet d’un commerce assez important. De couleur
jaune paille, léger, tendre et facile à travailler, il est surtout recherché
pour son imputrescibilité et sa parfaite résistance aux attaques des ter¬
mites. Ces deux qualités le font employer dans la construction (planches,
madriers, bardeaux) et en menuiserie pour la fabrication de meubles
(armoires, coffres etc...).
En terminant, qu’il nous soit permis d’exprimer ici nos remerciements
à MM. Barthe et Garcin, exploitants forestiers à Ambereny (Antsalova),
qui ont bien voulu, d’une part assurer la récolte d’échantillons botaniques
d’Hazomalangy, d’autre part nous héberger lors de notre passage sur
leur exploitation au moment où l’espèce était en pleine floraison.
Index bibliographique
1. Bâillon, H. — Histoire des plantes, 2 (1872).
2. Engler, A. — Syllabus der Pllanzenfamilicn, 12" édition, 2 ( 1964).
3. Grandidier, A. et G. — Relâche du navire Le Barneveld de la Compagnie des
Indes Orientales sur la Côte ouest de Madagascar... en l’an 1719, in collection des
Ouvrages anciens concernant Madagascar, 5 (1907).
4. Grandidier, A et G. — Ethnographie de Madagascar, 3 (1917).
5. Hutchinson, J. — The families of ilowering plants, 2 8 éd. ,1 (1959).
6. Hutchinson, J. — The généra of Ilowering plants, 1 (1964).
7. Jumelle, H. -— Catalogue descriptif des collections botaniques du Musée Colonial
de Marseille : Madagascar et Réunion, in Annales du Musée Colonial de Marseille
(1916).
8. Jumelle, H. — L'« Hazomalana ■ de l’Ouest de Madagascar, in Agronomie Colo¬
niale, Bulletin du Jardin Colonial du Ministère des Colonies (février 1921). — repro¬
duit in : Bulletin économique de Madagascar et dépendances, 18“ année, n° 1
(premier trimestre 1921).
9. Lavauden, L. — Les forêts coloniales de la France, in Revue de Botanique Appli¬
quée et d’Agriculture Tropicale, 21 (1941).
10. Lemée, A. — Dictionnaire descriptif et synonymique des genres de plantes phané¬
rogames.
11. Louvel, M. — Les forêts de l’Ouest de Madagascar (extrait de l'Agriculture Pra¬
tique des Pays Chauds), (1914).
12. Perrier de la Bathie, H. — Les Bois d'ébénisterie de la Côte ouest de Madagas¬
car, in Revue de Botanique Appliquée et d’Agriculture Tropicale 8 (1928).
13. Perrier de la Bathie, H. — Biogéographie des plantes de Madagascar (1936).
14. Rey (Capitaine). — La forêt sakalava du Menabe, in Bulletin Économique de
Madagascar et Dépendances, 4° trimestre (1905).
Source : MNHI'J, Paris
NOTES GYPÉROLOGIQUES :
V. SUR UN GROUPE DE CYPERUS MONTAGNARDS
AFRO-AMÉRICAINS
par J. Raynal
Dans le Conspectus Florae Africanae de 1895, C. B. Clarke (3)
citait, du Natal, sans description, un Cyperus elephanlinus ; le type,
Buchanan 320, obligeamment prêté, ainsi que d’autres précieux
spécimens, par M. le Conservateur de l’Herbier des Royal Botanic Gar-
dens de Kew — ce dont nous lui sommes très reconnaissant — est un
échantillon assez pauvre, réduit à une inflorescence trop mûre (les glumes
sont pour la plupart tombées) et à la partie supérieure de la tige; la base
de la plante manque complètement; une note manuscrite de C. B. Clarke
indique que l’autre spécimen connu, Buchanan 113, est exactement dans
le même état. D’après Miss S. Hooper, de Kew (in litl.), ce second échan¬
tillon pourrait d’ailleurs n’être qu’un double du premier, Buchanan
n’ayant pas numéroté chronologiquement ses récoltes.
La première publication valide de l’espèce apparut en 1898 (4) sous
le nom de Mariscus elephanlinus C. B. Clarke. Pourquoi ce changement
de genre? L’étiquette manuscrite jointe au type nous permet de recons¬
tituer l’évolution de la pensée de Clarke : la première note, datée de
mai 1892. indique « Cyperus elephanlinus sp. nova, « type » of species »
Le 5 mai 1896, Clarke ajoutait : « Certainly (ce mot souligné trois fois)
a Mariscus »; comme en 1895 Clarke avait rejeté sa conception large
du genre Cyperus, et traitait déjà Mariscus comme un genre, il est clair
qu’il a changé d’avis sur le classement de cette espèce nouvelle; nous
sommes très enclin à croire que ce changement provient de ce que l’échan¬
tillon de Buchanan, trop mûr, a perdu la plus grande partie, non seule¬
ment de ses glumes, mais encore des rachis d’épillets, comme cela se pro¬
duit chez nombre de Cyperus; chez Mariscus, la seule différence est que
l’épillet tombe plus précocement, entier, alors que chez Cyperus, les glumes
et généralement les akènes, se désarticulent d’abord, le rachis ne tombant,
éventuellement, que beaucoup plus tard. Ce caractère distinctif unique
entre Cyperus et Mariscus est, finalement, assez faible, parfois même peu
distinct, et sa faiblesse justifie certainement, dans ce cas précis, la position
de Kükenthal (7) qui ne considère Mariscus que comme sous-genre de
Cyperus; cette position est renforcée par l’existence, au sein des Mariscus,
d’espèces beaucoup moins affines entre elles qu’avec diverses espèces de
Cyperus : les Mariscus seraient donc polyphylétiques et ne constitueraient
Source : MNHI'J, Paris
— 386 —
pas un genre naturel. Cependant l’extension par Kükenthal de sa posi¬
tion aux genres Pycreus et Kyllinga (eux aussi, selon lui, sous-genres de
Cyperus) nous paraît moins justifiée; cette discussion — qui n’a pas sa
place ici — doit à notre avis être reprise.
En 1908, Clarke (5, publication posthume) classe Mariscus elephan-
linus dans la sect. Thunbergieae. Mais en 1909, dans une dernière publica¬
tion posthume (6), les Illustrations of Cyperaceae, réapparaît le nom Cype¬
rus elephanlinus ; il faut considérer ce binôme comme une combinaison
nouvelle, bien que Clarke n’ait certainement pas eu l’intention de revenir
à sa première conception : la seule explication vraisemblable est en effet
qu’une planche, dessinée et annotée avant 1896, fut publiée telle qu’elle
après sa mort, avec le premier nom attribué à la plante et non validement
publié. Curieusement, il y a là une combinaison nouvelle publiée après,
mais en réalité créée avant la publication de son basionyme. Rien dans
le Code de Nomenclature ne permet cependant de la rejeter.
Finalement, même si l’on distingue les genres Cyperus et Mariscus,
cette plante est incontestablement un Cyperus ; le type montre malgré son
état de maturité quelques épillets encore entiers, dont les glumes et les
akènes sont en voie de désarticulation, mais dont la rachéole est encore
solidement attachée.
En 1920, Chermezon (1) décrit de Madagascar Cyperus ankaralrensis,
qu’il place dans la sect. Tegelales C. B. Clarke. Kükenthal, en 1935 (7),
refond cette section, et fait passer, avec la majorité de ses espèces, C. anka¬
ralrensis dans la sect. Brevifoliali C.B.C1. Quant à Cyperus elephanlinus
(C.B.C1.) C.B.C1., il le classe dans la sect. Papyrus (Willd.) C.B.C1., suppo¬
sant, malgré l’absence de parties basales dans l’échantillon-type, que les
feuilles manquent complètement, tout comme dans C. Papyrus L. Il
indique pourtant (1. c. : 75) une ressemblance entre C. ankaralrensis et
C. elephanlinus, mais apparemment sans y voir l’indication d’une affinité
réelle.
L’année suivante, Chermezon (2) décrivait d’Afrique Centrale
Cyperus koyaliensis, herbe de grande taille qu’il rapprochait de son C. anka¬
ralrensis. A notre connaissance, ce nom, venu trop tard pour figurer dans
la monographie de Kükenthal, n’apparut dans aucune révision, et tomba
dans l’oubli jusqu’à ce jour.
Quinze ans plus tard, en 1951, Nelmes (8) décrivait du Liberia Cype¬
rus immanis, donné comme affine de C. elephanlinus, et rangé de ce fait,
d’après la classification de Kükenthal, dans la sect. Papyrus. Il est assez
étrange que Nelmes, en présence cette fois d’un bon matériel, pourvu
d’une base bien feuillée, et d’une inflorescence en bon état, ait tout de
même laissé ces espèces dans les Papyrus, avec lesquels elles n’ont guère
d’affinité, si ce n’est la grande taille.
L’étude que nous avons pu faire du matériel (types inclus) des quatre
espèces : Cyperus elephanlinus, C. immanis, C. ankaralrensis et C. koya¬
liensis, jusqu’ici classées dans les sections Papyrus (Willd.) C.B.C1. et
Brevifoliali C.B.C1. (ou Tegelales C.B.C1.) nous prouve : premièrement,
qu’elles constituent un groupe très homogène, n’appartenant certainement
Source : MNHN, Paris
— 387 —
pas aux sections précitées; ensuite, que C. immanis Nelmes doit être
considéré comme synonyme de C. koyaliensis Cherm. : bien que l’aire
actuellement connue soit disjointe en deux taches principales, l’une
couvrant le Fouta-Djalon (patrie de C. immanis), l’autre allant du Nigeria
central à l’extrémité est de l’Adamaoua, à Bozoum (localité-type de
C. leoyaliensis), il n’a pas été possible de discerner des différences même
d’ordre infraspécifique dans le matériel étudié.
Les trois espèces africaines que nous conservons sont très proches,
ayant en commun de nombreux caractères, dont la grande taille, l’ampleur
et le port de l’inflorescence, les feuilles et bractées généralement nettement
septées-noduleuses; les différences, indiquées plus loin dans la clef, sont
de petits caractères de taille des glumes et de forme des akènes; nous les
considérons comme espèces distinctes, mais une conception plus large,
comme races géographiques d’une espèce unique, serait aussi acceptable;
néanmoins, le matériel demeure trop insuffisant pour C. elephanlinus,
reste peu abondant pour C. ankaralrensis, et l'étendue de la variabilité
dans ces deux espèces ne nous est pas connue. A propos de C. elephanlinus ,
l’affinité très forte évoquée ci-dessus ne nous laisse aucun doute sur l’exis¬
tence de feuilles basilaires chez cette espèce, feuilles négligées par le collec¬
teur, comme dans un bon nombre d’échantillons des espèces voisines
sans doute à cause de la difficulté de récolte et de préparation des bases
de ces herbes très robustes.
A cause de ces feuilles basilaires, et du port ^ fastigié des épillets,
le classement dans les sect. Papyrus et Brevifoliali est impossible. La clef
donnée par Kükenthal (1. c. : 42) ne convient à vrai dire jamais exacte¬
ment à ces espèces : les tiges sont robustes comme dans la sect. Brevifoliali,
mais non aphylles, ni même pourvues de feuilles rares et courtes; les sec¬
tions 6-10, à tiges feuillées, conviendraient, mais on devrait alors consi¬
dérer les tiges de nos trois Cyperus africains comme « graciliores », ce qui
n’est pas le cas; même en admettant cette hypothèse, on est conduit,
du fait de l’existence de stolons ligneux courts mais puissants à la base
de ces plantes, à la sect. Rolundi G.B.C1. ; mais les espèces composant
cette section n’ont pas d’affinité évidente avec nos plantes, dont les glumes
peu imbriquées évoquent par contre les espèces de la sect. Distantes C.B.C1.,
aux souches dépourvues de stolons... On peut se demander, en présence
d’un tel problème, si ce groupe homogène, paraissant bien à part, ne méri¬
terait pas de constituer à lui seul une section nouvelle; nous n’estimons
cependant pas posséder aujourd’hui une connaissance suffisante de l’en¬
semble du genre pour conclure sur ce point.
L’aire générale de répartition de ces Cyperus africains pose un pro¬
blème intéressant (pl. 1); le caractère montagnard du groupe ne semble
pas faire de doute, expliquant la disjonction Guinée-Adamaoua-Natal-
Ankaratra; mais l’absence jusqu’à ce jour de toute récolte dans les mon¬
tagnes de l’est africain demeure un fait curieux, difficilement explicable.
Ces Cyperus sont des plantes remarquables, de grande taille, bien distinctes
par leur inflorescence très ample; ils ne peuvent passer inaperçus; aussi
faut-il admettre que leur probabilité d’existence en Afrique orientale
Source : MNHN, Paris
— 388 —
devient de plus en plus faible à mesure que les collections nouvelles nous
parviennent.
La recherche d’affinités éventuelles extra-africaines nous a fait
découvrir une relation très nette, inattendue, entre ce groupe et une espèce
américaine, Cyperus prolixus H. B. K., de la sect. Distantes selon Clarke
(5) et Kükenthal (7). C’est une herbe très robuste, à souche puissante,
feuilles et bractées longues et larges, fortement septées-noduleuses ;
l’inflorescence très ample à longs rayons primaires, le port des épillets,
fastigiés, à glumes étroites non imbriquées, décurrentes sur la rachéole
en ailes hyalines, les akènes linéaires trigones, rappellent très fortement
nos trois espèces africaines. Le rhizome « horizontale crassum durum
nodosum » (Kükenthal, 1. c. : 146) ne diffère en fait nullement des épais
stolons ligneux des plantes africaines; ce caractère, d’ailleurs rarement
bien observable en raison des difficultés de récolte des souches (net sur
l’échantillon Triana 406, Villarica, Colombie, P!), plaide, ainsi que la
grande taille de la plante, pour le rejet de cette espèce de la sect. Distantes.
Elle constitue à notre avis, avec les trois Cyperus africains énumérés plus
haut, et peut-être aussi C. pseudodistans Uittien, de Surinam, dont nous
n’avons vu aucun échantillon, un groupe à part, naturel; des études
ultérieures permettront peut-être d’en faire une section. Par contre,
Cyperus vialis Ridley, classé par Kükenthal (1. c. : 147) comme variété de
C. prolixus, n'a aucune affinité évidente avec ce groupe; nous ne pouvons
souscrire à son rattachement à C. prolixus, et préférons le considérer, au
moins provisoirement, comme une espèce bien distincte (type : Ridley,
Lea et Ramage s. n., Fernando do Noronha, BM!)
Source : MNHN, Paris
— 389 —
La répartition géographique et écologique de C. prolixus apporte
un élément supplémentaire très intéressant, parfaitement cohérent avec
les conclusions de l’étude morphologique : Cyperus prolixus est en effet
absent des grandes régions de plaines de l’Amérique du Sud ; son aire
s’étend du Mexique à l’Argentine le long de la Cordillière des Andes,
et remonte le long de la côte montagneuse du Brésil méridional. La seule
exception est la vaste région riche en marécages, du bassin inférieur du
Paranâ, déjà plus tempérée, où C. prolixus a pu s’installer en descendant
les grands cours d’eau issus des montagnes environnantes.
Ces quatre espèces constituent donc un groupe phytogéographique-
inent intéressant, à la fois afro-américain et montagnard ; contrairement
à ce qui se produit souvent chez les Cyperaceae, où les liaisons interconti¬
nentales peuvent être fréquemment attribuées à des transports et des
introductions plus ou moins récents le long des voies de migration des
oiseaux (phénomène commun à bien des hélophytes), la migration paraît
ici ancienne : les espèces sont affines, mais demeurent distinctes, isolées
sur leurs massifs montagneux respectifs; ce sont des plantes spécialisées,
restreintes, en Afrique, à des aires remarquablement limitées pour la
famille, et non des hygrophytes banales plurirégionales. L’absence du
groupe en Afrique orientale plaide aussi pour une inaptitude à la disper¬
sion, qui amène à penser que nous sommes en présence d’un groupe ancien,
aujourd’hui très disjoint entre l’Amérique, deux régions éloignées d’Afri¬
que, et Madagascar. Il serait intéressant de comparer sa répartition à
d’autres aires analogues; on peut penser à la répartition des Mendoncia
(Acanlhaceae 1 ) ou des Cayaponia (Cucurbilaceae), qui ne sont toutefois
pas des groupes exclusivement montagnards; on peut aussi évoquer
l’aire du groupe formé des genres Trilepis, Afrotrilepis, Microdracoides
et Coleochloa (Cyperaceae), qui occupe cependant l’Afrique orientale.
Les quatre espèces ont déjà fait l’objet de bonnes descriptions, qui
ne seront pas répétées ici; nous figurons cependant (PL 2) Cyperus koya-
liensis Cherm., encore jamais représenté, en y ajoutant quelques détails
(glumes et akènes) comparatifs des autres espèces. Nous conclurons par
une clef des espèces du groupe et par une énumération des échantillons
africains :
Glumes longues de 3,5-4 mm, à 3-4 nervures nettes proches de la
carène; akène linéaire de 2 X 0,5 mm; épillets fastigiés.
. C. prolixus H. B. K.
Glumes ne dépassant pas 3 mm de long, à nervation de même type
mais moins nette; akène plus court :
Épillets très fastigiés au sommet des rameaux de dernier ordre;
glumes longues de 1,9-2,4 mm; akène linéaire de 1,4-1,5 X 0,4-
0,5 mm; feuilles et bractées larges de plus de 1 cm .
. C. koyaliensis Cherm.
1. Dans la circonscription actuelle du genre (incl. A/romentloncia et Monochlamijs).
Source : MNHN, Paris
— 390 —
Épillets obliques s’écartant plus de l’axe de l’épi; glumcs longues
de 2,5-2,8 mm; akène ^ largement obovoïde, large de 0,6-
0,8 mm :
Akène obovotde de 1,4-1,5 X 0,7-0,8 mm, noir à maturité;
feuilles inconnues, bractées larges de plus de 1 cm.
. C. elephantinus (C.B.C1.) C. B.Cl.
Akène plus étroit, de 1,7 X 0,6 mm, brun à maturité; feuilles
et bractées ne dépassant guère 1 cm de large; plante moins
robuste que les précédentes, ne paraissant pas dépasser 80 cm
de haut. C. ankaratrensis Chcrm.
Cyperus prolixus Humbolt, Bonpland et Kunth,
Nov. Gen. et Spec. 1: 20G (1815); Kükenthal, Pllanzenreich 4, 20: 146 (1935),
excl. var. vialis (Ridl.) Kükental. Type : Humboldl el Bonpland s. n., inalta planitie
Bogotcnsi Regni Novogranatensis, holo- et iso-, P!)
—• Cyperus amplissimus Steudel, Syn. Cyp. : 316 (1855). Type : coll. inconnu, ex
lierb. Bôckeler, Amérique, holo-, I’!)
—- Cyperus bisumbellalus Steudel, 1. c. : 46 (1855), fide Kükenthal, 1. c. Type,
Deloche s. n., Montevideo.
Mexique, Surinam, Venezuela, Colombie, Ecuador, Pérou, Bolivie,
SE du Brésil, Paraguay, Uruguay, Argentine septentrionale.
Cyperus koyaliensis Chermezon,
Arch. Bot. Caen 7, mém. 3 : 7 (1936).
— Cyperus immanis Nelmes, Kew Bull. 6: 164 (1951), syn. nov.
— Cyperus Papyrus auct. : A. Ciiev-, Expi. Bot. Afr. Occ. Fr. : 693, pro parle, quoad
specim. Chevalier 20553 el 21520; Kükenthal, Pflanzenr. 4,20 : 47 (1935), pro
minima parle, quoad cil. Dahomey el Côte d’ivoire pro palria, non Linné.
Sierra Leone : Jaeger 897, marigot entre Masadou et Kamaro, 6.8.1945 (K, P!).
— Guinee : Chevalier 20553, entre Samhadougou et Boria, cercle de Faranah, 27. 1.
1909 (P!); Adam 5422, massif du Béro, 25. 6. 1949 (P!). — Liberia : Baldwin 12044.
Vonjama, 22. 10. 1947 (holotype de C. immanis Nelmes, Kl). — Côte d’ivoire :
Chevalier 21520, Hautc-Sassandra, entre Disandougou et Niangouépleu, 12. 5. 1909
(P!). — Nigeria : Harris 96, Jos-Vom (K); Ballen-Poole 390, Jos Plateau, 1946 (Kl);
llepper 1259, Vogel Peak area, Gurum, marshy ground beside river, ait. 580 m, 8. 11.
1957 (K, PI). — Cameroun : Jacques-Félix 4003, entre Ngaoundéré et Meiganga, ter¬
rain marécageux, 7. 1939 (PI); J. el A. Baynal 12287, Koudini Mandai, 13 km NE de
Bélel, rive du Koudini en amont de la chute, ait. 1250 m, 6. 12. 1964 (PI). — Répu¬
blique Centrafricaine : Tissera ni 2875, Bozoum, marais du Koyali, 2. 8. 1931 (holo¬
type, PI).
Cyperus elephantinus (C. B. Cl.) C. B. Clarke,
lllustr. Cyp. t. 20 (1909); nomen nudum in Dur. et Schinz, Consp. Fl. Afr. 5 : 559
(1895).
— Mariscus elephantinus C. B. Clarke in This.-Dyer, Fl. Capens. 7 : 195 (1898).
Natal : Buchanan 320, environs de Durban (près de la rivière Tugela?), avant
1875 (holotype, Kl); Buchanan 113, même région (NH).
Cyperus ankaratrensis Chermezon,
Bull. Soc. Bot. Fr. 67 : 329 (1920).
Madagascar : Perrier de la Bâlhie 12999, Ankaratra, fév. 1920 (holotype, PI);
Perrier de la Bâlhie 16915, Tsinjoarivo, fév. 1925 (PI).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 392 —
Ouvrages consultés
1. Chermezon, H. —- Diagnoses de Pycreus et Cyperus nouveaux de Madagascar,
Bull. Soc. Bot. Fr. 67 : 326-330 (1920).
2. —- Les Cypéracées du Haut-Oubangui, Arch. Bot. de Caen 4, mém. 7; 56 p.
(1936).
3. Clarke, C. B. — Cyperaceae, in Durand Th. et Schinz H-, Conspectus Florac
Africanae 6 : 526-692 (1895).
4. — Cyperaceae, in Thiselton-Dyer W. T., Flora Capensis 7 : 149-310 (1897-98).
5. — New généra and species of Cyperaceae, Kew Bull. Miscell. Inf., Addit. ser.
8, 196 p. (1908).
6. — Illustrations of Cyperaceae, 144 pl. (1909).
7. Kükenthal, G. — Cyperaceae (Cypereae), in Engi.br A. et Diels L., Das Pllan-
zenreich IV, 20, 671 p. (1935-36).
8. Nelmes, E. — Notes on Cyperaceae : XXV, New Liberian Species of Cyperus and
Eleocharis, Kew Bull. 6: 164-166 (1951).
Source : MNHN, Paris
NOTES SUR LES GRAMINÉES DE MADAGASCAR - V
LE GENRE LOUDETIA Hochst. ex Steud.
par J. Bosser
Directeur de Recherches à l’O.R.S.T.O.M.
Résumé : Délimitation des espèces du genre Loudelia à Madagascar. 4 espèces
sont reconnues. Combinaisons et synonymies nouvelles
Summary : The genus Loudelia in Madagascar. 4 species are distinguished . New
combinations and synonyms
Ce genre, tel qu’il est actuellement conçu, compte une trentaine
d’espèces, la plupart africaines. Une espèce est sud américaine et quatre
sont malgaches. Les quatre espèces malgaches se rattachent toutes à la
section Eu — Loudelia de Hubbard. Certaines espèces de ce genre sont
extrêmement polymorphes et la délimitation des taxa reste encore arbi¬
traire. C’est le cas pour une partie du matériel provenant de Madagascar.
En fait, on distingue dans l’île deux grands groupes; l’un, le plus répandu,
se rattache aux complexe du Loudelia simplex (Nees) Hubb., espèce afri¬
caine. Les données dont nous disposons actuellement nous permettent
d’y reconnaître trois taxa différents. L’autre, de répartitions plus limitée,
rattachée au Loudelia filifolia Schweick. d’Afrique du Sud.
Loudetia simplex (Nees) Hubb. subsp. stipoides (Hack.) J. Bosser,
stat. nov.
— Arundinella stipoides Hack., Sitzb. Acad. Wien 89 : 123 (1884)
Trichopleryx stipoides (Hack.) Hack. ex Sc. Elliott, Journ. Linn. Soc. 29 : 65
(1891)
— Loudelia stipoides (Hack.) Coneht, Bot. Jahrb. 77, 2-3 : 226-354 (1957)
L stipoides (Hack.) Coneht subsp. paltida A Camus, Bull. Soc. Bot. Fr. 106,
1-2 : 21 (1959)
L stipoides (Hack). Coneht subsp. paltida A. Camus fa. ftheranensis A. Camus,
— L. stipoides (Hack.) Conert subsp. paltida A. Camus var. pseudarundinacea
A. Camus, loc. cit.
Il ne nous semble pas possible de trouver des caractères suffisamment
nets permettant de distinguer, sur le plan spécifique, les échantillons mal¬
gaches des échantillons africains rapportés à Loudetia simplex, comme il
ne nous paraît pas plus satisfaisant de confondre purement et simple¬
ment les deux espèces, la population malgache de ce Loudelia ayant,
malgré tout, une certaine unité physionomique, un peu différente de celle
d’Afrique. Désirant marquer la grande affinité existant entre des deux
groupes de plantes et tenir compte des quelques différences qui se font
Source : MNHId, Paris
— 394 —
jour du fait de leur séparation géographique ancienne, nous avons pré¬
féré faire de la plante malgache une sous-espèce du Loudelia simplex.
Elle se distingue de l’espèce par une panicule en général grande (20-42
cm de long sur 5-7 cm de large), à épillets un peu plus petits (10-11 mm
en moyenne, pouvant avoir seulement 8 mm et atteignant rarement
13 mm), à glumes et glumelle inférieure plus ou moins abondamment
munies le long des nervures de poils sétacés blancs à base noirâtre tuber-
culée, très rarement dépourvues de pilosité. L’épillet à glumes et fleur
inférieure glabres paraît être le cas le plus général en Afrique, alors qu’au
contraire, l’épillet pileux et souvent abondamment pileux est la règle
à Madagascar. Sur les échantillons malgaches, la ligule est formée d’une
ligne dense de poils courts, le plus souvent doublée d’une ligne de longs
poils. Eu égard aux variations constatées de ces caractères, ces différences
ne constituent pas des séparations essentielles permettant de distinguer
deux bonnes espèces. Les échantillons de Loudelia simplex subsp. stipoides
de moins bonne venue, à panicules moins développées ressemblent parfois
beaucoup au Loudelia elegans Hochst. d’Abyssinie, à épillets un peu pileux,
que l’on a coutume de confondre avec Loudelia simplex.
Cette sous-espèce est très commune; elle occupe une bande N. S.,
plus ou moins fractionnée, dans la partie Ouest des plateaux, qui atteint,
par sa pointe méridionale, la région de Sakaraha. Elle est dominante sur
les pénéplaines élevées appelées localement « tampoketsa », et sur une par¬
tie des plateaux de l’Horombe. Dans les savanes sur grès de l’Isalo elle est
parfois associée à un autre Loudelia : L. fdifolia Schweick. subsp. Hum-
berliana A. Camus. Cette sous-espèce du L. simplex est, comme l’espèce
elle-même, très polymorphe. Dans les grandes lignes on peut dire que les
formes septentrionales de plateaux et zones élevées sont à panicules plus
denses : inflorescences à ramifications brièvement pédonculées, alors que
les formes plus méridionales, de l’Isalo par exemple, sont à panicules plus
lâches, ramifications nues à la base, plus longuement pédonculées. La colo¬
ration des épillets est souvent plus claire dans ces formes. Toutefois la
gamme des variations constatées jusqu’à présent est grande, il n’y a pas
non plus de localisation géographique nette. Dans la partie méridionale
de l'aire on peut trouver des formes à panicules ramassées. Nous pensons
que, comme dans un certain nombre de grandes espèces, il n’existe pas
actuellement de base suffisamment solide permettant de distinguer des
variétés et sous-variétés.
Loudetia madagascariensis (Bak.) J. Bosser, comb. nov.
— Slipa madagascariensis Bak., Journ. Linn. Soc. 20 : 300 (1883).
— Arundinella Hildebrandlii Me/., Feddc Rcpert. 17 : 81 (1921), syn. nov.
— Loudelia pilgeriana Conert, Bot. Jahrb. 77, 2-3 : 257 (1957), syn. nov.
Nous avons pu comparer le type du Slipa madagascariensis Bak.
(prêté par l’herbier de Kew) et des isotypes de Loudelia pilgeriana Conert
existant dans l’herbier de Paris. Il ne fait pas de doute que ces échantil¬
lons appartiennent à la même espèce, d’où la nécessité d’en changer le
statut.
Source : MNHN, Paris
— 395 —
Cette espèce a aussi des affinités avec le complexe du Loudetia simplex
mais peut se distinguer valablement par quelques caractères, il est vrai
assez ténus mais constants, joints au fait que L. madagascariensis et
L. simplex subsp. stipoides occupent à Madagascar des aires toujours
distinctes, ce qui peut être dû à des exigences écologiques différentes.
Par exemple : L. madagascariensis se trouve aux environs immédiats de
Tananarive sur des sols ferrallitiques sur alluvions anciennes pauvres,
L. simplex subsp. slipoides se rencontre un peu plus à l’ouest sur les hauts
plateaux pénéplanés des Tampoketsas, localement cuirassés.
Les caractères qui permettent de séparer ces deux espèces sont les
suivants : alors que dans L. simplex subsp. stipoides la panicule peut être
très grande et atteindre 45 cm, chez L. madagascariensis elle est toujours
plus réduite, de 5-15 cm de long (exceptionnellement 20 cm, le plus souvent
i 10 cm), à ramifications peu nombreuses nues à la base, pauci-spiculées
(2-5 épillets). Les épillets des deux espèces sont proches par leur taille
et leur morphologie générale; mais la glume inférieure du L. madagas¬
cariensis est de forme différente, ovale lancéolée et plus aiguë au sommet
et en général plus longue (6-7,5 mm) par rapport à la taille de l’épillet.
Chez L. simplex subsp. slipoides elle est plus ovale et arrondie ou tron¬
quée au sommet. Dans les 2 cas les épillets sont le plus souvent pileux;
les poils sont blancs à base tuberculée noirâtre et sont alignés le long des
nervures. Nous ne pouvons suivre Conert qui distingue les deux espèces,
entre autres caractères, par le fait que les poils sont alignés le long des
nervures dans L. simplex subsp. slipoides et seraient implantés entre les
nervures pour L. madagascariensis. Il n’y a que sur les échantillons très
pileux où, en plus des poils alignés le long des nervures, on observe des
poils entre ces mêmes nervures. Il y a, par ailleurs, quelques échantillons
à épillets presque glabres avec seulement quelques poils le long des ner¬
vures. Arundinella Hildebrandlii Mez se rattache à cette forme.
Les feuilles sont filiformes, étroitement enroulées dans L. madagas¬
cariensis. Elles atteignent 0,5-1 mm de large (2 mm-2 mm,5 quand elles
sont déroulées). Pour L. simplex subsp. slipoides elles sont, au stade jeune,
également enroulées mais plus mollement. Elles se déroulent facilement et
atteignent 5 mm de large.
En règle générale, L. simplex subsp. slipoides est une espèce plus
robuste atteignant 1 m de haut ; L. madagascariensis est plus grêle
et dépasse rarement 60 cm. La conjonction des trois caractères suivants
permet de distinguer cette dernière : feuilles étroites strictement filiformes,
panicule peu développée, lâche, à nombre d’épillets réduit, glume infé¬
rieure ovale lancéolée à sommet subaigu ou un peu tronqué, dépassant
nettement la moitié de la taille de l’épillet.
Loudetia Perrieri A. Camus
Bull. Soc. Bot. Fr. 106, 1-2 : 20-21 (1959).
Cette espèce n’est connue que par son type. Elle a des affinités avec
Loudelia madagascariensis, par la morphologie de son épillet à glume infé-
Source : MNHN, Paris
— 396 —
rieure ovale lancéolée, subaiguë au sommet; mais l’inflorescence est plus
grande (30 cm) et très lâche; les ramifications inférieures sont verticillées,
le 2 e nœud étant distant de 8,5-11 cm. Ces ramifications sont très longue¬
ment nues a la base (jusqu’à 10 cm) et ne portent le plus souvent que
2 épillets. Les feuilles ne sont pas strictement filiformes et sont plus larges
que dans L. madagascariensis. Ces deux espèces sont certainement proches
parentes, mais les données dont nous disposons actuellement ne permettent
pas de rattacher avec certitude L. Perrieri à L. madagascariensis, aussi,
préférons nous la conserver en tant qu’espèce. Un matériel plus abondant
serait nécessaire. Perrier de la Bâthie a porté sur son étiquette de récolte :
« Antsirabe, 1 500 m, espèce de la prairie, peu répandue ». Les recherches
que nous avons pu faire dans cette zone ne nous ont pas permis de la
retrouver, les Loudelia récoltés se rattachaient tous à L. simplex subsp.
slipoides ou à L. madagascariensis.
Loudetia filifolia Schweick. subsp. Humbertiana A. Cam.
Bull. Soc. Bot. Fr. 102, 9 : 533 (1955).
Le type de cette sous-espèce du Loudelia fdifolia Schweick. a été
décrit du N. O. de Madagascar (vallée de la Mahavavy du Nord, environs
de Manambato). Il n’y a qu’une seule récolte de cette région. Si bien qu’il
n’est pas possible de se faire une idée des variations de cette sous-espèce
dans son aire d’origine. Les autres échantillons que l’on peut lui rapporter
viennent des plateaux de l’Horombe, de l’Isalo et de la région de Betioky,
donc du Centre-Sud et du Sud. Les aires du type et de cette population
méridionale sont donc très disjointes (plus de 1 000 kms de distance). A
première vue, il peut sembler que les échantillons du Sud diffèrent du
type par le port. Les plantes sont souvent plus robustes, à chaumes plus
épais, à feuilles plus larges, à panicules plus grandes. Mais nous disposons
pour la population méridionale d’un grand nombre d’échantillons et ces
caractères sont variables. Certains échantillons plus grêles, développés
vraisemblablement, dans de plus mauvaises conditions, sont très proches
du type de la sous-espèce. Le port plus grêle de cette dernière, les chaumes
feuillus sur une plus grande longueur à la base peuvent s’expliquer par
une croissance dans une végétation plus fermée. Par ailleurs les épillets
restent très semblables; leur taille varie un peu, 8-8,5 mm pour le type,
8-10 mm pour les échantillons de l’Isalo et des environs, avec une glume
inférieure un peu plus grande pour ces derniers : 3-4 mm contre 2,5-3,5 mm.
Cette glume inférieure est aiguë ou brièvement à assez longuement aristée.
Cette arête varie de 1 à 3mm, 5 de long chez le type, de 0,5 à 2 mm pour
les échantillons méridionaux. Quelques échantillons de l’Isalo portent
de longs poils fins sur l’axe de l’inflorescence et les ramifications.
En définitive, ces différences ne nous ont pas semblé suffisantes pour
faire une séparation. Elle sera peut-être possible ultérieurement, mais
pour le moment, à cause de la rareté des échantillons dont nous disposons
pour la zone nord, et malgré la disjonction des aires, nous préférons tout
grouper sous le vocable L. fdifolia subsp. Humbertiana.
Source : MNHN, Paris
— 397 —
Bibliographie
Camus A. — Loudelia et Sporobolus nouveaux de Madagascar, Bull. Soc. Bot. Fr.
102,9 : 533-534 (1955).
—- Quelques I.oudelia de la llore malgache, Bull. Soc. Bot. Fr. 106, 1 : 20-22 (1959).
Chippindall, L. K. A. — A guide to identification of grasses in South Africa (in
the Grasses and Pastures of South Africa (1955).
Conert, H. J. — BeitrSge zur Monographie der Arundinelleae, Bot. Jahrb. 77, 2-3 :
226-354 (1957).
Hubbard, C. E. — Gramineae (continued), Flor. Trop. Afric. X. (1937).
Jacques-Feux, H. -— Les graminées d’Afrique tropicale, I.R.A.T. Paris : 157-158
(1962).
Phipps, J. B. — Studies in the Arundinelleae (Gramineae) I. Classification of the
taxa occurring in Bechuanaland, the Rhodesias and Nyasaland and Moçambique,
Kirkia 4 : 87-124 (1963-64).
Phipps, J. B. — Studies in the Arundinelleae (Gramineae) II. A new species and
two new généra, Kirkia 5, 2 : 229-234 (1966).
— Studies in the Arundinelleae (Gramineae) III. Check-list and key to généra
Kirkia 5, 2 : 235-258 (1966).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES ORCHID ACE AE
DE MADAGASCAR. VI
par J. Bosser
Directeur de Recherches à l’O.R.S.T.O.M.
A. — ÉTABLISSEMENT D'UNE NOUVELLE ESPÈCE DE CALAN THE
Calanthe Millotae Ursch et Genoud ex Bosser (PI. 1.).
Herba perennis, habitu C. sylvaticae, pseudobulbis 4-6 foliatis, foliis
anceolato-dilatatis vel ovato-acutis, 30-40 cm longis, 7-10 cm latis, in
pctiolo 6-10 cm longo attenuatis ; pagina superiore glabra, inferiore pubsecenti ;
inflorescentia 60 cm alta, racemosa, terminali, floribus 6-15; pedunculo
pubescenti 20-40 cm longo, 2-3 vaginato, vaginis ovato-acutis pubescentibus,
1,5-3 cm longis.
Racemus brevis 5-10 cm longus, axi dense pubescenti papilloso; bracteis
lanceolatis vel ovato-lanceolatis, 1,5 cm longis, pubescentibus. Ovarium
pedicellatum 2-3, 5 cm longum, gracile, pubescens, apice costulatum, tortum.
Flos albus, labello callo rubro munito; perianthio carnoso, sepalo medio
late ovato, apice apiculato, 5-nervio, 12-13 mm longo, 7-9 mm lato, dorso
pubescenti; sepalis lateralibus ovato apiculatis, aequilongis, 5-nerviis;
petalis obovatis, apice rotundatis, apiculatis, 12-13 mm longis, 8-9,5 mm
latis, trinerviis; labello glabro penitus 4-lobato, 13-15 mm longo, basi
callo, seriebus 3 appendicium carnosorum rubrorum formato, ornato; lobis
plurinerviis, basilaribus obovatis, apice rotundatis, 6-9 mm longis, 5-6 mm
latis; lobis terminalibus spatulatis, apice truncatis vel rotundatis, 8-9 mm
longis, 9-10 mm latis; sinu inter lobos terminales apiculo brevi munito;
calcare 12-15 mm longo paullum papilloso pubescentc, ad apicem attenuatum,
bilobulatum vel obtusum; anthera 4,5 mm longa, labro ovato obtuso munita
basi emarginata; columna carnosa 5-6 mm alta.
Madagascar; massif du Marojejy, coll. Prof. H. Humbert. — Type :
Jard. Bot. Tan. 944.
Cette très belle espèce de Calanlhe à fleur blanche rehaussée d’un
callus rouge sur le labelle, avait été décrite sans diagnose latine par
Mr. Ursch et M lle Genoud, dans le Naturaliste malgache t. III, 1951;
ainsi d’ailleurs que d’autres espèces et variétés de Calanthe, sur lesquelles
nous reviendrons ultérieurement. Cultivée au Jardin Botanique de Tsim-
bazaza à Tananarive, elle ne fleurit qu’irrégulièrement. Nous avons pu
Source : MNHN, Paris
— 400 —
3/4; 5, pollinies ; 6, a
Source : MNHN, Paris
— 401 —
cependant observer deux floraisons, la dernière en 1964, ce qui nous a
donné la possibilité de compléter la diagnose.
C’est une herbe pérenne à grande feuilles d’un vert assez clair, les
marges un peu ondulées, la face supérieure très glabre et la face inférieure
à nervation saillante, très lâchement pubescente. L’inflorescence est en
grappe assez courte, mais elle peut sans doute atteindre des tailles supé¬
rieures à celles données dans la diagnose, car les échantillons que nous
possédons ont des inflorescences jeunes; l’axe en est très densément pubes-
cent papilleux; les bractées florales, ovales aiguës ou subacuminées ont
9-11 nervures. La fleur est à périanthe un peu charnu, d’un blanc très pur;
la nervation des sépales et des pétales n’est pas visible sur le frais. La base
du labelle est munie d’un callus rouge formé de 3 rangs serrés d’appen¬
dices courts et charnus. L’ovaire, les sépales sur leur face externe etl’épe-
ron, sont pubescents papilleux, alors que les pétales et le labelle sont
glabres. L’éperon est linéaire ou longuement cylindro-conique, rétréci
régulièrement vers le sommet obtus ou bilobulé. La colonne est glabre
ou peut porter à sa base des poils papilleux épars. Les sépales latéraux
sont un peu carénés sur le dos, les pétales ont trois nervures rapprochées,
les latérales se ramifient vers les marges. Le sinus entre les lobes terminaux
du labelle est muni d’un court apicule charnu, plus ou moins développé,
situé sur la face inférieure et, de ce fait, peu visible.
Cette espèce est liée au complexe du Calanlhe sglvalica (Thou.) Lindl.,
comme le sont d’ailleurs toutes les Calanlhe de Madagascar reconnues jus¬
qu’ici. Elle se distingue par une série de petits caractères qui, réunis, lui
donnent une physionomie particulière.
C. Millolae
Fleur d’un blanc pur, y compris le
labelle, ce dernier muni d’un callus
rouge.
Inflorescence courte, ombelli-
forme au stade jeune, les 3 ou
4 fleurs basales épanouies au ni¬
veau des boutons floraux supé¬
rieurs.
Eperon nettement plus court que
l’ovaire, grêle, cylindrique, non
renflé dans sa partie terminale.
Sépales densément pubescents
papilleux sur le dos.
C. sylvalica
Fleur violette, labelle à callus
jaune ou orange (parfois les sépales
et pétales sont d’une coloration
plus pâle mais le labelle reste
nettement violet).
Inflorescence à axe plus allongé,
racémiforme dès le début.
Eperon plus long, ayant environ
la longueur de l’ovaire, le plus sou¬
vent dilaté dans son 1 /3 inférieur.
Sépales typiquement glabres.
La plante fleurit à Tananarive en mars-avril. Elle n’a été récoltée
qu'une seule fois, par le Professeur H. Humbert. Il y a un doute sur son
origine exacte. Ursch et Genoud indiquent le massif du Marojejy, alors
Source : MNHI'J, Paris
— 402 —
PI. 2. — Imerinaca madagascarica Schtr. : 1, port de la plante; 2, lleur vue de profil; 3, labelle
face supérieure; 4, pollinaire; 5, anthère profil; 6, anthère vu du dessus; 7, sépale médian,
face externe; 8, sépale latéral, face externe; 9, pétale, face externe; 10, colonne.
Source : MNHN, Paris
— 403 —
que l’étiquette accompagnant la plante en culture à Tananarive, porte
Andrahanjo, Ambohimitsinjo, Sambava. L’Andrahanjo est une rivière
de cette zone du Marojejy. Si la plante ne provient pas du massif même
du Marojejy, elle a dû être récoltée sur ses avant-monts à plus basse
altitude.
B. — SUR L'IDENTITÉ DU PH AJ VS GIBBOSVLVS
Imerinaea madagascarica Schltr. (PI. 2) Fedde Repert. Beih.
33 : 151 (1925).
= P ha jus gibbosulus H. Perr. Mém. I.S.M. sér. B, 6 : 262 (1955), syn. nov.
En 1955, Perrier de la Bathie décrivait une nouvelle espèce de
Phajus ( Ph. gibbosulus) récoltée par le Professeur H. Humbert sur le
Mont Beondroka, avant-mont de la partie orientale du massif du Marojejy.
L’aspect de cette plante nous ayant semblé insolite, nous en avons repris
l’étude, et, après comparaison des types, avonc conclu à l’identité des
deux espèces : Imerinaea madagascarica Schltr. et Phajus gibbosulus
H. Perr.
Imerinaea est un genre monospécifique endémique de Madagascar,
que Schlechter a placé dans la tribu des Polystachyeae, et Perrier
dans celle des Liparideae. Pour notre part, nous pensons qu’il est préfé¬
rable de le rattacher aux Polystachyeae. La fleur rappelle beaucoup celle
d’un Polyslachya ; elle est inversée, le labelle étant supérieur, sans éperon,
la base du labelle et des sépales latéraux formant un court mentum arrondi
l’anthère est prolongé en arrière par un appendice charnu et papilleux,
les feuilles se désarticulent sur les pseudobulbes anciens et tombent.
Le pollinaire se compose de 4 pollinies aplaties réunies sur une viscidie
unique arrondie.
Dans la flore de Madagascar et des Comores, Perrier de la Bathie
représente le labelle étalé, portant une ornementation compliquée : à la
base, un callus subcarré et velu prolongé par une carène, elle même ter¬
minée par un callus arrondi hémisphérique. Sur la fleur séchée cette struc¬
ture ne persiste pas et elle ne réapparaît pas après ébullition. Nous avons
eu la chance de retrouver cette plante et de pouvoir faire quelques obser¬
vations. Le labelle est largement obovale, rétréci sur sa base à la jonction
avec la colonne. Il est enroulé en cornet, la partie terminale du limbe
pouvant être étalée. On observe à la base un épaississement de la partie
médiane qui dessine une carène peu élevée, de forme oblongue, pubes-
cente papilleuse, qui atteint environ le milieu du labelle; cette carène
se prolonge par une crête médiane glabre qui se termine juste avant le
sommet en une pointe plus ou moins marquée et arrondie, papilleuse.
Il se peut qu’il y ait une certaine variation de cette ornementation du
labelle qui ne peut être valablement observée que sur des fleurs fraîches
ou conservées en alcool.
Les fleurs ont une coloration rouge sombre ou pourpre, la base des
différentes pièces étant blanc jaunâtre.
Source : AANHN, Paris
404 —
Cette espèce semble rare; c’est une plante humicole de la forêt
sempervirente d’altitude (1200-1 400 m) où elle croît au pied des arbres
ou sur les rochers bien ombragés. Elle n’est connue que par 4 échantillons :
La Mandraka, H. Perrier de la Bàthie n° 14631, type; vallée de la Lokoho (N. E.)
Mt Beondroka au N. de Maroambihy, H. Humbert n° 23552 (Type de Phajus gibbo-
sulus Perr.); environs de Périnet, Jard. Bot. Tananarive n" 1264; Forêt d’Ambatofl-
torahana, Sud d’Ambositra, J. Bosser n° 18938.
Bibliographie
Perrier de la Bathie, H. — Orchidées in H. Humbert Flore de Madagascar et des
Comores, fam. 49 (1939).
— Les Orchidées du Massif du Marojejy et de ses avant-monts. Mém. I.S.M. : 253-
268 (1955).
Schlechter, R. — Orchidaceae Perrierianae, Fedde Repert. Beih. 33, 390 p. (1925).
Ursch, E. et Genoud, J. — Les Calanlhe (Orchidées) du Jardin botanique dcTsimba-
zaza, Nat. Malg. 3 : 99-111 (1951).
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE DE LA RAMIFICATION DU TRONC
CHEZ QUELQUES FOUGÈRES ARBORESCENTES 1
Francis Halle
Laboratoire de Botanique
du Centre ORSTOM, Abidjan (Côte-d’Ivoire)
Summary : A descriptive and experimental study of the latéral branching of the
trunk in somc tree-ferns, specially of Tropical West Africa.
Tree-ferns seem to be separated naturally in two architectural groups :
a. — Tree-ferns without latéral branching, or with a very poor one, and thus
without végétative reproduction. The unstable trunk is unable to grow high. Tree-
ferns of this first group stay short.
b. — Tree-ferns with, at the trunk-base, latéral branches serving together as
runners and as stilts. Intensive végétative reproduction. The stabilized trunk can
reach a very great highness.
Expérimentations hâve demonstrated that, in Cyalhea manniana Hooker, the
greatest tree-fern of West Africa, the morphological différenciation of the runners
(e.g. positive geotropism, réduction of the fronds) is controled by functionnal fronds
of the main trunk.
A. — INTRODUCTION - HISTORIQUE
Les fougères arborescentes (Cyatheacées et Dicksoniacées) sont
considérées généralement comme des arbres monocaules typiques, c’est-
à-dire comme des arbres dont l’appareil végétatif aérien se compose
d’un seul axe, édifié par un seul méristème. Plus ou moins implicitement,
l’absence de ramification est tenue pour caractéristique de la morpho¬
logie de ces plantes par Massart (1923), Christensen (1938), Campbell
(1940), Copeland (1947), Degener (1945), Corner (1949), Tardieu-
Blot (1953), Alston (1959), Holttum (1961), Guinochet (1965)...
La structure d’une fougère arborescente, telle que la conçoivent
ces auteurs, est clairement indiquée dans la figure 1, due à Troll (1952) :
le tronc est unique, dépourvu de toute ramification latérale, et entière¬
ment recouvert d’un manchon de racines adventives. La stabilisation
de l’arbre en position verticale est assurée par un épaississement consi¬
dérable de ce manchon radiculaire autour de la partie basale du tronc.
Pour plusieurs espèces de fougères arborescentes, le schéma de
Troll correspond à la réalité; nous en donnerons plus loin des exemples.
Chez d’autres espèces, par contre, l’architecture végétative est rendue
1. Ce travail, effectué sous la direction de M. le professeur G. Mangenot, a
constitué la « Deuxième Thèse », annexe de la Thèse de Doctorat soutenue le 25 février
1966 devant le jury de la Faculté des Sciences de l’Université d’Abidjan.
Source : MNHI'J, Paris
— 406 —
beaucoup plus complexe par la présence de ramifications du tronc. Ces
ramifications, qui ont déjà été signalées depuis longtemps par quelques
auteurs, peuvent être de deux types différents :
1. Des axes à croissance verticale, morphologiquement identiques
au tronc émetteur, et donnant à l’arbre un port en candélabre caracté¬
ristique. Schoute (1906, 1914) a décrit et figuré de telles ramifications
chez deux Cyatheacées de Malaisie, Hemilelia crenulata Mett. et Cyalhea
conlaminans (Wall, ex Hook.) Cop. Il note que ces ramifications sont excep¬
tionnelles, et qu’elles sont probablement d’origine traumatique. Holt-
tum (1963) donne également une figure de ces ramifications atypiques
chez C. conlaminans, la plus belle des fougères arborescentes malaises.
Dobbie (1929) fait des constatations analogues dans les forêts de fougères
arborescentes, en Nouvelle-Zélande.
2. Des axes à croissance horizontale souterraine, et à frondes réduites,
issus de la partie basale du tronc. Troll (1952) donne une figure de ces
pousses latérales différenciées. Eames (1936) attire l’attention sur le
rôle que ces axes latéraux peuvent jouer dans la multiplication végé¬
tative de ces plantes : « chez quelques espèces de Cyatheacées, des tiges
semblables à des stolons (runner-like) se forment à la base du tronc et
redonnent de nouveaux troncs à leur extrémité ». Allan (1961) note
ce même mode de multiplication végétative chez une Dicksoniacée
Source : MNHN, Paris
— 407 —
de Nouvelle Zélande, Dicksonia squarrosa. Il donne de cette espèce la
description suivante : « Rhizomes s’allongeant d’un mètre ou plus à
partir d’une souche principale, et donnant naissance à des troncs dressés
secondaires formant souvent un bosquet. » Dobbie (1963) donne une
figure relative aux « stolons » de cette même espèce, nommée Wheki
en Nouvelle-Zélande.
Récemment, Espagnac (1963) a précisé la position des bourgeons
latéraux chez l’espèce africaine Cyalhea manniana Hooker : ces bour¬
geons sont situés au dos de la partie décurrente du pétiole de la fronde;
ce sont donc des bourgeons hypophylles.
Le présent travail est une étude descriptive et expérimentale de
la ramification du tronc chez les Cyatheacées, principalement à partir
de deux exemples africains, Cyalhea camerooniana Hooker, et Cyalhea
manniana Hooker. Cette étude montrera l’influence manifeste de la
structure morphologique sur la biologie de ces plantes; elle montrera
aussi que la systématique des Cyatheacées, actuellement si confuse,
devrait être refaite sur des bases plus larges que la seule observation des
appareils sexuels.
B. — LA RAMIFICATION DU TRONC
CHEZ CYATHEA CAMEROONIANA Hooker
1. — ÉTUDE DESCRIPTIVE DES AXES LATÉRAUX
Cyalhea camerooniana est une fougère arborescente de taille modeste,
qui pousse le long des cours d’eau en forêt, depuis la Guinée jusqu’au
Gabon *. Nos observations ont été faites dans la haute vallée du Banco,
près d’Abidjan (Côte d’ivoire), où l’espèce est abondante.
Les figures 2 à 5 représentent une population de Cyalhea camero¬
oniana, avec les principaux stades de la croissance. Dès les stades
jeunes (2 et 3), des bourgeons latéraux hypophylles sont présents à
divers niveaux du tronc, mais ils ne se développent pas et restent cachés
dans le manchon de racines adventives : la plante possède alors la struc¬
ture monocaule indiquée par Troll (fig. 1).
Au stade 4, où le tronc a une hauteur d’environ 1 mètre, quelques
bourgeons hypophylles se développent et traversent le manchon radi¬
culaire; les axes latéraux ainsi formés portent à leur extrémité des frondes
de dimensions réduites, mais parfaitement fonctionnelles en ce qui concerne
l’activité de photosynthèse.
La hauteur habituelle du tronc chez les individus adultes de Cyalhea
camerooniana est d’environ 1 mètre (fig. 4). A ce stade, la stabilisation
du tronc en position verticale est assez précaire, car elle est assurée
uniquement par les racines adventives qui constituent un socle posé
sur le sol gravillonnaire du lit du ruisseau. Lorsque le tronc dépasse
I. En ce qui concerne la description détaillée de C. camerooniana, nous renvoyons
le lecteur aux travaux de M. L. Tardieu-Blot (1953, 1964) et de A. G. H. Alston
(1959). Idem pour C. manniana (voir plus loin).
Source : MNHN, Paris
408 —
Source : MNHN, Paris
— 409 —
1 mètre de hauteur, il s’affaisse (fig. 5) : le méristème apical se redresse
et reprend une croissance verticale; quelques méristèmes latéraux font
de même.
Nous avons observé des individus exceptionnels présentant un tronc
de 1,50 mètre ou 2 mètres de longueur, mais ils étaient toujours partiel¬
lement affaisés sur le sol.
La figure 6 montre l’émission d'une ramification latérale à partir de
la région basale d’une fronde. Certaines frondes seulement sont
porteuses de bourgeons hypophylles et, chez Cyathea camerooniana,
nous n’avons pas pu mettre en évidence de localisation particulière
pour les frondes « porteuses » : les bourgeons hypophylles sont disséminés
de façon régulière de haut en bas du tronc.
2. — ÉTUDE EXPÉRIMENTALE
Des décapitations ont été pratiquées sur des pieds de Cyalhea came¬
rooniana à divers stades de leur croissance (fig. 7). Dans ce cas, un
bourgeon hypophylle se développe et régénère une nouvelle cime
feuillée. Des corrélations d’inhibition existent donc entre la partie apicale
du tronc et les méristèmes latéraux; elles seront étudiées de façon plus
détaillée chez C. manniana.
3. — REPRODUCTION VÉGÉTATIVE ET REPRODUCTION SÉXUÉE
La présence de bourgeons hypophylles sur le tronc donne à la plante
quelques possibilités de reproduction végétative : lorsqu’un tronc s’affaisse
par suite de l’insuffisance de la stabilisation radiculaire, plusieurs bour¬
geons latéraux se développent qui donneront ensuite, après disparition
du tronc initial, plusieurs individus indépendants. Ce mode original
de reproduction végétative a déjà été signalé par Richards (1952)
pour divers arbres de la rain-forest marécageuse : Grewia, Dimorphandra
et Cyrilla.
Si la reproduction végétative existe, elle est malgré tout très peu
fréquente chez Cyalhea camerooniana. Par contre, cette plante se repro¬
duit facilement par voie sexuelle, et, dans sa station naturelle, les plantules
sont excessivement abondantes, formant des « semis » denses le long des
fossés et des berges.
4. — RÉPARTITION DE CE PREMIER TYPE DE STRUCTURE
PARMI LES FOUGÈRES ARBORESCENTES
Des structures identiques à celles de Cyalhea camerooniana, ou
n'en différant que par de menus détails, sont probablement très fré¬
quentes chez les fougères arborescentes.
Cependant, nous n’en pourrons citer que très peu d’exemples, car
les ptéridologues se sont attachés plus volontiers à décrire la lobation
de la fronde et l’agencement des organes sexuels, qu’à décrire là mor¬
phologie d’ensemble des fougères qu'ils étudiaient.
Source : MNHI'J, Paris
— 410 —
a) Chez les Dicksoniacées :
— Dicksonia lanala : décrit avec précision par Allan, Flora of New
Zealand (1961).
— Dicksonia fibrosa: idem.
— Cibolium glaucum: espèce hawaïenne, décrite et figurée par Dege-
ner (1945).
b) Chez les Cyatheacées :
— Cyalhea boninsimensis : espèce japonaise, figurée dans Troll
(1952).
Source : MNHN, Paris
— 411 —
— Cyaihea sp. : espèce malaise, décrite et figurée par Holttum
(1961).
— Cyaihea sp. : espèce indéterminée de la forêt guyanaise (Olde-
man, n° 1674) qui a la même morphologie et le même mode de vie
que C. camerooniana (fig. 8).
En fait, il est probable que la majorité des fougères arborescentes
sont construites sur ce modèle, qui est, nous l’avons vu, le modèle commu¬
nément admis par la plupart des botanistes.
C. - LA RAMIFICATION DU TRONC
CHEZ CYATHEA MANNIANA Hooker
Cyaihea manniana , dont le tronc dépasse 12 mètres de hauteur,
est la plus grande fougère arborescente d’Afrique. Son aire, très vaste,
s’étend depuis la Guinée jusqu’en Éthiopie, en Rhodésie et en Angola.
Elle pousse exclusivement dans les régions montagneuses, où elle peut
former des peuplements purs assez étendus, plus particulièrement au
fond des ravins. Nos observations ont été faites dans la forêt à Parinari
excelsa du Mont Tonkouy, près de Man (Côte d’ivoire), entre 900 et
1.100 mètres d’altitude. Ces observations ont été réunies dans une note
récente (Hallé, 1965).
1. — ÉTUDE DESCRIPTIVE DES AXES LATÉRAUX
La figure 9 montre l’aspect général d’un pied de Cyaihea man¬
niana dans son milieu naturel. Dans la partie haute du tronc, on
remarque de courtes ramifications latérales dirigées vers le sol. Plus bas,
au niveau où les racines adventives deviennent nombreuses, l’une de
ces ramifications a pris un grand développement et s’est accrue, toujours
en direction du sol, de 80 cm. Son diamètre est d’environ 20 mm.
Il faut noter ici que ces ramifications issues des parties supérieures
et moyennes du tronc n’ont qu’un développement limité et qu’elles
n’atteindront jamais le sol : leurs méristèmes apicaux sont définitivement
inhibés. Le mécanisme de cette inhibition sera étudié plus loin.
La figure 10 montre l’aspect extérieur d'une de ces ramifications
latérales issues de la région moyenne du tronc. Parmi les racines
adventives (r), on remarque de petites éminences qui, après enlèvement
des écailles épidermiques, se révèlent être des ébauches de frondes (f).
Les ramifications émises, à divers niveaux, par le tronc de C. manniana
sont donc des axes feuillés.
a) Mode d’insertion des axes latéraux sur le tronc
La figure 11 montre que les axes latéraux ne sont pas émis en des
points quelconques du tronc, mais uniquement au dos de la partie
basale du pétiole de certaines frondes. Les « bourgeons hypophylles »
(Espagnac, 1963), qui donnent naissance à ces axes latéraux, ont une
Source : MNHI'J, Paris
— 412 —
Cyalhea manniana Hooker : 9, Hauteur du tronc : 8 m. Frondes jusqu à 4 mètres de
long. Herbier de référence : F. H. n" 1166, Mont-Tonkouy, Côte d'ivoire. Herbier du
Centre Orstom d'Abidjan. — 10, Ramification latérale issue de la région moyenne du
tronc, f : ébauches de frondes; r : racines adventives. D'après un dessin de N. Hallé
Bélinga, Gabon. Herbier de référence : N.H., n° 3330, Muséum de Paris.
Source : MNHN, Paris
— 413 —
initiation précoce sur les frondes qui les portent puisqu’ils sont déjà visibles
à courte distance du méristème apical du tronc, sur les bases pétiolaires
des ébauches de frondes.
Le bourgeon hypophylle se développe d’abord vers le haut, puis
très rapidement, le jeune axe latéral se renverse vers le sol (fig. 12).
Cet axe latéral possède, à partir de cet instant, un géotropisme positif.
L’observation des axes latéraux émis par un tronc incliné (fig. 16)
confirme cette manière de voir. Nous reviendrons ultérieurement sur ce
géotropisme positif qui constitue une des particularités les plus curieuses
de la différenciation des axes latéraux de C. manniana.
b) Répartition des axes latéraux le long du tronc
Les bourgeons hypophylles ne sont pas répartis de façon homo¬
gène le long du tronc, mais suivant un gradient de densité fort net :
tout se passe comme si le méristème apical perdait progressivement
la faculté de produire des frondes porteuses de bourgeons hypophylles.
Au niveau du sol, presque toutes les frondes sont porteuses. Une
même base pétiolaire peut même, à ce niveau, porter trois ou quatre
bourgeons (fig. 13).
Vers 1 à 2 m de hauteur, le bourgeonnement hypophylle devient
moins intense : à ce niveau, on trouve par exemple 4 % de frondes por¬
teuses, ce qui correspond à un écartement moyen d’environ 25 cm entre
deux bourgeons successifs. Enfin, chez les troncs de 6 à 12 m de hauteur,
l’apparition d’une fronde à bourgeon hypophylle est un phénomène
rare : une fronde sur 300 est porteuse en moyenne, d’où un écartement
moyen d’environ 3 m entre deux bourgeons successifs.
c) Anatomie des axes latéraux
La figure 12 montre, en coupe longitudinale, l’insertion d’un axe
latéral sur le tronc et le raccordement des vascularisations.
L’anatomie de l’axe latéral (PI. 6, fig. 14 c) est fondamentalement
identique à celle du tronc (fig. 14 a). Il s’agit dans les deux cas d’une
dictyostèle à symétrie radiale. La seule différence importante réside
dans le fait que les brèches foliaires de l’axe latéral sont de simples
perforations de la siphonostèle, tandis que les brèches foliaires du tronc,
beaucoup plus grandes et complexes, sont ouvertes au sommet d’un
réseau de crêtes longitudinales, ce qui donne aux méristèles, en coupe
transversale, leur allure caractéristique.
Dans sa partie basale, avant l’émission de sa première fronde, l’axe
latéral a une anatomie siphonostélique typique (fig. 4 b).
d) Phyllotaxie des axes latéraux
Les ébauches de frondes portées par les axes latéraux sont disposées
3
sur trois parastiques, suivant une phyllotaxie spirale d’indice g- La
phyllotaxie du tronc est beaucoup plus dense (voir plus loin).
Source : MNHI'J, Paris
Source : MNHN, Paris
— 415 —
e) Transformation des axes latéraux en stolons
C’est dans la partie basale du tronc que les axes latéraux prennent
leur développement maximum. A ce niveau, il devient nécessaire, pour
les suivre, de disséquer le manchon de racines adventives dans lequel
ils sont enfouis. On voit alors (fig. 15) qu’ils ont un angle d’émer¬
gence qui rappelle celui des « échasses » de Pandanus ou d 'Iriartea. Ils
assurent la stabilisation du tronc dans sa position verticale, les racines
étant trop souples et trop courtes pour donner à l’arbre, à elles seules,
une assise suffisante.
Arrivés au niveau du sol, les axes latéraux s’enfoncent d’une dizaine
de centimètres, puis, abandonnant la croissance verticale, ils rampent
horizontalement en s’écartant du pied de l’arbre qui leur a donné nais¬
sance, constituant ainsi de véritables stolons. La phase de croissance
horizontale souterraine ne semble pas correspondre à une disparition
du géotropisme positif; elle semble liée plutôt à des causes externes,
peut-être le besoin d’oxygène. En effet, l’observation d’un pied de Cya¬
lhea installé sur un bloc rocheux (fig. 17) montre qu’un stolon de
longueur importante (environ un mètre) conserve son géotropisme
positif.
Nous avons mesuré la vitesse de croissance des stolons dans leur
parcours souterrain; elle est d'environ 25 mm par mois.
f) Dédifférenciation apicale des stolons, et retour a la
morphologie du tronc
Après un cheminement souterrain de un à deux mètres, au cours
duquel il peut d’ailleurs se ramifier par bourgeonnement hypophylle,
le stolon subit plusieurs modifications importantes : son diamètre aug¬
mente progressivement de 20 à 50 mm ; ses frondes prennent un dévelop¬
pement de plus en plus complet; de nombreux stolons-fils apparaissent
à la base des pétioles foliaires; enfin l’extrémité du stolon se redresse
et perce la surface du sol : un nouveau Cyalhea sort de terre; il se trouve
d’emblée stabilisé par les stolons-fils issus de la zone de courbure.
Par la suite, le nouveau tronc acquiert rapidement un diamètre
définitif de 8 à 10 cm, et le nombre des parastiques foliaires augmente :
un même tronc peut présenter trois parastiques au niveau du sol, 5 à
2 m de hauteur, et 7 ou 8 à 10 m de hauteur.
Les stolons de C. manniana assurent une reproduction végétative
extrêmement efficace; la figure 18 donne le plan des communications
souterraines qui unissent un individu initial I x , issu lui-même de la
dédifférenciation apicale d’un stolon, avec quatre individus-fils I 2 . Ce
plan ne représente qu’une faible partie du clone, car les individus I 2 ont
déjà donné naissance à des individus I 3 , I 4 , etc...
2. — REPRODUCTION VÉGÉTATIVE ET REPRODUCTION SEXUÉE
Si Cyalhea manniana possède un mode de reproduction végétative
particulièrement efficace, sa reproduction par voie sexuelle est, par
Source : MNHN, Paris
— 416 —
Source : MNHN, Paris
— 417 —
contre, un phénomène fort rare. Nous avons visité, dans le Massif des
Dans (Côte d’ivoire), plusieurs peuplements de cette espèce comportant
chacun plusieurs centaines de pieds; mais nous n’avons jamais pu obser¬
ver une seule plantule, malgré que la sporulation soit abondante toute
l’année.
Les essais de germination de spores in vitro ne nous ont jamais donné
de résultats. Les spores sont-elles stériles? L’existence de C. manniana
dans toute l’Afrique tropicale, sous forme de populations isolées dans
les différents massifs montagneux, empêche d’admettre l’hypothèse d’une
stérilité totale. Peut-être existe-t-il un très faible pourcentage de spores
fertiles? Une élude cytologique permettrait sans doute de répondre
à cette question. D’après M. L. Tardieu-Blot (inéd.) l’examen micros¬
copique des spores montre, chez la plupart des espèces du genre Cyalhea,
un fort pourcentage de spores difformes, sans doute stériles.
Notons ici le curieux contraste qui existe entre la reproduction
de C. manniana, qui se fait presque exclusivement par voie végétative
et celle de C. camerooniana, presque exclusivement sexuelle.
3. — ÉTUDE EXPÉRIMENTALE DES AXÉS LATÉRAUX
L’architecture végétative de C. manniana pose plusieurs problèmes
dont la solution ne peut être approchée que par l’expérimentation.
Parmi ces problèmes, nous nous sommes attachés à en étudier deux,
qui sont d’ailleurs intimement liés l’un à l’autre :
— le problème de la différenciation morphologique des axes latéraux
par rapport au tronc.
— le problème de l’inhibition de la croissance des axes latéraux
de la partie supérieure du tronc.
a) La différenciation morphologique des axes latéraux
PAR RAPPORT AU TRONC :
Nous avons vu que le développement d’un bourgeon hypophylle
donne naissance, chez C. manniana, à un axe qui est morphologiquement
différent du tronc qui le porte. Cette différenciation se marque princi¬
palement par :
—- l’existence d’un géotropisme positif chez les axes latéraux;
— le blocage du développement des frondes.
Puisque cette différenciation cesse spontanément lorsque le méris-
tème édificateur du stolon se trouve à une distance suffisante de l’axe
feuillé principal, nous pouvons supposer que cet axe feuillé principal,
ou l’une de ses parties, est responsable de la différenciation morpholo¬
gique des axes latéraux.
Bouturage des axes latéraux.
Une expérience de bouturage nous a permis de vérifier cette
hypothèse :
Des axes latéraux sont prélevés à différents niveaux du tronc et
Source : MNHI'J, Paris
- 418 -
Source : MNHN, Paris
— 419 —
utilisés en « boutures de tête », avec le méristème apical tourné vers le
haut (fig. 19 a). Quels que soit l’âge et le degré de développement de
l’axe latéral utilisé, le résultat est constant :
Le méristème apical, entrant en activité, différencie de nouvelles
frondes à développement normal. Il n’y a aucun indice de renversement
du méristème apical vers le sol : le géotropisme positif a disparu. Toute¬
fois, il s’est conservé dans les racines, qui reprennent leur croissance en
direction du sol (fig. 19 b).
Le bouturage de l’axe latéral a donc pour conséquence une dédiffé¬
renciation immédiate du méristème apical de cet axe, et un retour à la
morphologie du tronc. Ce résultat est identique à celui qu’obtient Espa-
gnac (1965) en bouturant l’extrémité du stolon aphylle de Nephrolepis
exallala. Chez les Angiospermes’ à stolons, ce même résultat est déjà
classique.
L’existence de corrélations morphogénétiques entre les stolons et
le tronc étant ainsi démontrée, il devient intéressant de déterminer si
c’est le tronc dans son ensemble , ou une de ses parties seulement, qui est
responsable de la différenciation des axes latéraux.
Dêcapilalion du tronc.
La figure 20 montre le résultat d’une expérience de décapitation
d’un tronc de C. manniana. Tous les axes latéraux, quels que soient leur
Source : MNHN, Paris
— 420 —
niveau d’insertion au tronc et leur degré de développement, manifestent
une dédifférenciation apicale :
—- perte du géotropisme positif,
— formation de nouvelles frondes à grand développement.
Cette expérience permet de conclure que la différenciation des
axes latéraux en stolons est sous la dépendance de la partie supérieure
du tronc. Des précisions supplémentaires ont été apportées par deux autres
expériences *.
Destruction du méristème apical du tronc.
Si l’on détruit le méristème apical du tronc en laissant intactes
toutes les frondes développées, ainsi que les plus grosses ébauches de
frondes (fîg. 21), aucun des axes latéraux ne manifeste le moindre
symptôme de reprise de croissance, ni de dédilîérenciation apicale.
Défoliation totale du tronc.
Par contre, si on supprime toutes les frondes développées, ainsi
que les plus grosses ébauches de frondes, en laissant intact le méristème
a
zz.
ttMüûs. la-jas,. 1
que pour l’expérience de décapitation.
Conclusion.
Les frondes fonctionnelles de Cyathea manniana déterminent la dédifféren-
ciation des méristèmes apicaux des axes latéraux (stolons).
Les corrélations morphogénétiques qui unissent ces deux groupes
d’organes se trouvent abolies lorsque les méristèmes apicaux des stolons
parviennent à une distance suffisante du tronc initial : l’existence d’un
1. Ces deux derniers essais ont été pratiqués sur un nombre trop faible d’individus
(respectivement 2 et 4), et ils devront donc être refaits. En conséquence, c’est à titre
provisoire, et sous toutes réserves, que leurs résultats sont indiqués ici.
Source : MNHN, Paris
— 421 —
tel « seuil » assure, de façon particulièrement efficace, la reproduction
végétative de l’espèce.
Ces conclusions ne résolvent pas le problème du mécanisme intime
de la différenciation des stolons. Nous ne savons pas sur quel organe ou
ébauche d’organe agissent les frondes fonctionnelles du tronc, ni de quelle
manière elles agissent; nous ne pouvons, pour l’instant, que poser le
problème.
b) L’inhibition de la croissance des axes latéraux de la
PARTIE SUPÉRIEURE DU TRONC :
Ce problème est intimement lié au précédent, au point qu’il serait
peut-être préférable de ne pas l’en séparer.
La figure 15 montre que les axes latéraux sont d’autant plus longs
qu’ils sont situés à un niveau plus bas sur le tronc. Cela n’est pas
dû au fait que les axes latéraux les plus inférieurs sont aussi les plus
anciens; en effet, nous avons vu que les axes latéraux de la partie supé¬
rieure du tronc ne s’accroissent plus, ou seulement de façon excessive¬
ment lente.
L’observation de la figure 15 amène à penser que les méristèmes
latéraux subissent une inhibition de la part du sommet de l’arbre. Cette
hypothèse se trouve pleinement confirmée par l’expérience de décapita¬
ta tion du tronc (fig. 20). Les phénomènes de dominance apicale,
classiques chez les Phanérogames, et reconnus par Espagnac (1963)
diverse familles de Filicinées, (Gleichéniacées, Polypodiacées), existent
donc également chez les fougères arborescentes.
Il est très remarquable de constater que, chaque fois qu’il est possible
d’obtenir la levée de l’inhibition des méristèmes latéraux (fig. 19, 20, 22),
on obtient en même temps la différenciation de ces méris tèmes. Cela
démontre que ce sont les frondes fonctionnelles du tronc qui inhibent la
croissance des méristèmes latéraux.
c) Conclusion de l’étude expérimentale des axes latéraux :
Entre les frondes fonctionnelles du tronc et les méristèmes édifica¬
teurs des axes latéraux existent donc, chez Cyalhea manniana , deux types
de corrélation agissant à des distances différentes :
— des corrélations d’inhibition,
— des corrélations morphogénétiques.
— Dans un premier temps, au moment de leur initiation, les bour¬
geons hypophylles sont à proximité immédiate des frondes fonctionnelles,
et se trouvent donc soumis simultanément fi ces deux types de corrélation.
—- Dans un deuxième temps, l’élévation en hauteur du tronc, en
écartant les frondes inhibitrices, abolit progressivement les corrélations
d’inhibition. Un premier seuil étant franchi, les bourgeons hypophylles
entrent en croissance, mais, restant soumis aux corrélations morphogéné-
Liques, ils donnent naissance aux stolons.
Source : MNHI'J, Paris
— 422 —
— Dans un troisième temps, la croissance en longueur des stolons
vient s’ajouter à la croissance en hauteur du tronc : les corrélations
morphogénétiques disparaissent à leur tour et, ce deuxième seuil étant
franchi, les stolons se dédifférencient et assurent la reproduction
végétative.
A tout moment de ce cycle, il est possible, en supprimant les frondes
fonctionnelles du tronc, d’abolir simultanément les deux types de
corrélation.
4. — RÉPARTITION DE CE DEUXIEME TYPE DE STRUCTURE
PARMI LES FOUGERES ARBORESCENTES
a) Chez les Cyatheacées
Cyalhea manniana Hooker. Les structures décrites ci-dessus font
partie des caractéristiques stables de l’espèce .En effet, elles ont été vues
et dessinées par N. Hallé dans la forêt de Bélinga (Gabon) en
novembre 1964. Elles ont été vues également par le professeur R. Noze-
ran sur le mont Cameroun (com. verb. septembre 1965).
(Notons ici que l’autre fougère arborescente fréquente en Afrique
occidentale, C. camerooniana, ne possède pas de stolons, et que sa taille
modeste contraste avec les dimensions imposantes de C. manniana.)
Alsophila microdonla Desv. présente sensiblement la même archi¬
tecture et les mêmes dimensions que C. manniana. En compagnie de
R. Oldeman, botaniste de l’ORSTOM-Cayenne, nous avons observé cette
très belle espèce dans les bas-fonds marécageux de la route de Saint-
Jean à Saint-Laurent du Maroni, en Guyane française (Herbier F. Hallé,
n° 1149, mars 1965). Nous remercions M. Kramer, d’Utrecht, spécialiste
des fougères américaines, qui a bien voulu déterminer cette plante.
(Notons qu’il existe également en Guyane plusieurs espèces sans
stolons. Herbier Oldeman, n° 1467, 1568, 1591, 1603, 1674, Muséum de
Paris. Toutes sont de petites tailles.)
Alsophila aculeala. La figure donnée par Troll (1952) montre des
ramifications basales différenciées, à géotropisme positif et à frondes
réduites; mais il ne semble pas qu’elles fonctionnent comme stolons.
b) Chez les Dicksoniacées
Dicksonia squarrosa. Espèce néo-zélandaise fort bien décrite par
Allan (1961). Le tronc dépasse 6 mètres de hauteur; il émet à sa base des
rhizomes d’un mètre de longueur, ou plus, donnant naissance à des troncs
secondaires formant un bosquet. (D’après le même auteur, les autres
espèces néo-zélandaises de Dicksonia , beaucoup plus petites que D. squar¬
rosa, ou même acaules, sont dépourvues de stolons).
Source : MNHI'J, Paris
— 423 —
D. - CONCLUSION GÉNÉRALE
Les fougères arborescentes semblent, du point de vue architectural
se partager en deux groupes :
1. Fougères à ramifications latérales absentes , ou très peu déve¬
loppées, non différencées morphologiquement par rapport au tronc
émetteur, et ne servant pas à la stabilisation de la plante en position
verticale. Ces fougères n’ont qu'une reproduction végétative très réduite,
voire nulle; stabilisées uniquement par leurs racines adventives, elles
restent de petite taille.
2. Fougères à ramifications basales puissantes, jouant le double
rôle d’échasses et de stolons. La stabilisation du tronc permet à ces espèces
un grand développement en hauteur; la reproduction végétative est
extrêmement efficace.
Dans un cas au moins ( C. manniana), ces grandes possibilités de
reproduction végétative coïncident avec une diminution de l’efficacité
sexuelle. Cette observation est à comparer avec celles de Chipp (1913)
sur Musanga, et de De Wildeman (1936) sur Uapaca. D’après ces auteurs
ces deux arbres présentent à la fois un mode de reproduction végétative
efficace par néoformation de bourgeons feuillés sur les échasses, et une
perte plus ou moins complète de la reproduction sexuée.
Enfin, la nature manifestement caulinaire des échasses de Cyalhea
conduit à poser la question de la vraie nature des échasses, qui sont des
caractéristiques majeures de l’architecture de nombreux arbres tropicaux.
Bi
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Source : MNHN, Paris
REMARQUES SUR LE GENRE CYCLANTHEROPSIS
(CUCURBITACEAE)
A PROPOS DE LA DÉCOUVERTE
D'UNE NOUVELLE ESPÈCE A MADAGASCAR
par Monique Keraudren
Le genre Cyclanlheropsis a été décrit par Harms en 1897, à partir
d’un échantillon rapporté par Cogniaux à une espèce de Gerrardanlhus.
L’androcée des fleurs $ des Gerrardanlhus est formé par 4 étamines
fertiles et une stérile s’individualisant à partir de la coupe florale, très
réduite, en forme de disque. Les filets, bien développés, portent chez les
étamines fertiles, des anthères monothèques droites et l’étamine stérile
n’a pas d’anthère. De plus les périanthes présentent quelques particula¬
rités : deux des pétales sont nettement élargis, les 3 autres (dont 1 opposé
à l’étamine stérile), plus étroits. Quant aux fleurs Ç, elles se caractérisent
par la présence d’un ovaire imparfaitement triloculaire avec des ovules
pendants. Les fruits secs, déhiscents par 3 valves, renferment des graines
allongées, ailées dans la partie opposée à leur insertion.
L’échantillon Hildebrandt n° 1140 récolté à Zanzibar, sur lequel
Cogniaux basa la diagnose du Gerrardanlhus parviflora, ne possède
que des fleurs $. A ce matériel s’ajouta un spécimen de Volkens du
Kilimanjaro qui permit à Harms de délimiter le genre nouveau Cyclan¬
lheropsis. L’originalité de l’androcée de cette nouvelle unité l’éloigne
nettement du genre Gerrardanlhus. L’androcée est ici formé d’une colonne
courte : filets coalescents et deux ou trois anthères horizontales
parfois légèrement courbées, formant un anneau staminal.
II en est de même pour l’exsiccata de Cufodontis n° 143 rapporté par
Chiovenda en 1939, au taxon nouveau Gerrardanlhus aelhiopicus Chiov.
et qui, tout comme le Gerrardanlhus parviflora Cogn. appartient au genre
Cyclanlheropsis.
L’absence de fleurs $ et de fruit, n’était pas un obstacle pour décrire
un nouveau taxon, Cogniaux considérant en effet l’androcée comme
un caractère essentiel chez les Cucurbitacées.
Le genre Cyclanlheropsis pouvait s’apparenter au genre voisin
Cyclanlhera, décrit par Schrader en 1838 et caractérisé par un androcée
très semblable également constitué d’une colonne staminale centrale
et d’une anthère en anneau formant un cercle continu et régulier. Toute¬
fois, chez le Cyclanlheropsis, l’anneau est discontinu puisque formé par
Source : MNHN, Paris
— 426 —
le rapprochement (sans soudure) de 2 ou 3 anthères monothèques hori¬
zontales. L’originalité du genre Cyclanlhera Schrad, avait justifié la
création de la tribu des Cyclanlhereae car aux caractères de l’androcée
s’ajoutent les suivants : fruit charnu, uniloculaire, polysperme, placenta
central, graines horizontales. A cette date (1831), seul le genre Cyclanlhera
faisait partie de la tribu des Cyclanthereae. Müller et Pax en 1894,
accordaient une importance semblable aux caractères originaux de ce
genre et conservaient la tribu.
Dans la récente classification des genres de Cucurbitacées proposée
par C. Jeffrey (1961), la tribu des Cyclanlhereae garde son nom et sa
valeur mais les caractères de l’androcée n’ont plus la même importance.
C’est pourquoi d’autres genres prennent place auprès du Cyclanlhera,
à savoir : Brandegea, Cremaslopus, Echinocyslis, Elaleriopsis, Elalerium,
Uanburia, Marah, Pseudocyclanlhera, Vaseyanthus, tous localisés au
Nouveau Monde (excepté le Cyclanlhera, introduit dans l’Ancien Monde).
Cette tribu fait toutefois partie de la sous-famille des Cucurbiloideae
principalement caractérisée par des fruits renfermant des ovules hori¬
zontaux, ascendants, dressés ou pendants, des étamines insérées sur la
coupe florale, à filets parfois unies en colonne. Dans la tribu des Cyclan¬
lhereae, les ovules sont dressés ou ascendants, les filets unis en colonne,
les fruits souvent fibreux et épineux, généralement déhiscents, et les
fleurs $ solitaires.
Par son androcée, le genre Cyclanlheropsis aurait pu prendre place
dans cette tribu.
En 1923, Gilg et Mildbraed décrivaient une deuxième espèce de
Cyclanlheropsis, le C. occidenlalis d’après un spécimen d’herbier récolté
par Mildbraed au Cameroun au cours d’une expédition botanique
allemande. Malheureusement, tout comme pour le C. parviflora, l’échan¬
tillon camerounais ne possédait que des fleurs <J.
Depuis la fin du siècle dernier, les Herbiers de plantes africaines
se sont considérablement enrichis et on connaît maintenant les fleurs Ç
et les fruits du Cyclanlheropsis paroiflora.
C’est pourquoi, C. Jeffrey, en divisant en deux la famille des
Cucurbitacées, range dans la sous-famille des Zanonioideae le genre
Cyclanlheropsis, alors que le genre Cyclanlhera est conservé dans la sous-
famille des Cucurbiloideae, tribu des Cyclanthereae.
La sous-famille des Zanonoideae est caractérisée par ses ovules pen¬
dants et les filets des étamines insérés sur ou autour d’un disque central,
libres ou unis en colonne. Le genre qui nous intéresse ici prend place dans
la sous-tribu des Sicydiinae Pax qui groupe les genres à ovaire unilo¬
culaire, renfermant un seul ovule, à fruit en baie ou samaroïde, indéhiscent
( Cyclanlheropsis, Pseudosicydium, Pteropepon, Sicydium). Les trois der¬
niers genres appartiennent au Nouveau Monde; seul le genre Cyclanthe-
ropsis est propre au continent africain.
La description donnée par Harms a pu être complétée puisque le
matériel collecté depuis le début du siècle comporte des fleurs Ç et des
fruits. Les particularités de ceux-ci sont les suivantes :
Source : MNHN, Paris
— 427 —
— 3 styles ;
— ovaire uniloculaire : 1 ovule pendant;
— fruit samaroïde, indéhiscent, renfermant une graine pendante.
Dans le matériel malgache récolté au cours de nos missions, nous
avons trouvé des échantillons de Curcurbitacées dont les fruits se rappro¬
chent étroitement de ceux du Cyclantheropsis parviflora.
Chez les plants de Madagascar, au caractère des fruits en panicule
lâche, également samaroïdes et renfermant une seule graine pendante,
s’ajoute également, bien que ce détail soit moins important, la présence
de feuilles légèrement charnues sur le frais, caractère souligné par les
collecteurs pour le Cyclantheropsis parviflora.
Nous avons comparé les fruits de ces échantillons malgaches à ceux
des genres appartenant également à la sous-tribu des Sicydiinae et seul
le genre Cyclantheropsis possède des fruits semblables. C’est pourquoi,
dans la rédaction de la Flore de Madagascar et des Comores, nous avons
ajouté, à la dernière minute la description d’une espèce nouvelle, endé¬
mique de la Grande Ile, du genre Cyclantheropsis.
Les deux espèces connues jusqu’à ce jour et appartenant à ce genre,
diffèrent par des caractères foliaires. Le Cyclantheropsis occidenlalis Gilg
n’étant connu que par les fleurs il est difficile d’établir une comparaison
de toutes les parties de l’appareil reproducteur et de l’appareil végétatif.
Nous donnons ici un dessin représentant les formes des feuilles dans les
3 espèces de Cyclantheropsis (y compris le C. madagascariensis Keraudren)
(PI. 1 : 1,4, 5,6, 7,8).
Chez le C. occidenlalis Gilg, les limbes foliaires sont ovales-oblongs,
plus ou moins cordés à la base, légèrement décurrents sur le pétiole, fine¬
ment acuminés au sommet, membraneux et à bords entiers.
Chez le C. paroi folia (Cogn.) Harms, la forme des limbes varie un
peu, ceux-ci peuvent être nettement ovales, profondément émarginés
à la base ou presque palmatibolés avec un sinus plus ou moins profond
à la base.
Les limbes du Cyclantheropsis madagascariensis Keraudren sont nette¬
ment palmatilobés et profondément émarginés à la base.
Notons que chez ces deux dernières espèces, les feuilles papyracées
à l’état sec, sont légèrement charnues sur le frais (d’après les notes des
collecteurs).
Si par quelques formes de feuilles, le C. parviflora se rapprocherait
du C. madagascariensis, les fruits diffèrent nettement. Ceux de l’espèce
malgache sont elliptiques et atteignent 6 cm de long et 4 cm de large.
La graine pendante, à testa réticulé, a environ 3 cm de long sur 2,5 cm de
large (PI. 1 : 1,3, 5).
Par contre, le C. parvifolia a des fruits plus petits, elliptiques égale¬
ment mais plus allongés que ceux de Madagascar. Les dessins 1 et 3
représentent les deux types de fruits que nous avons pu comparer puisque
la troisième espèce, le C. occidenlalis, n’ a pas encore été récolté en fruit.
Source : MNHN, Paris
— 428 —
Source : MNHN, Paris
— 429 —
Distribution géographique.
Il était intéressant de préciser la distribution géographique de ce
genre africano-malgache. L’aire du C. parviflora s’étend du Sud de
de l’Ethiopie et spécialement entre le Kilimanjaro et la mer (Zanzibar).
Mais on retrouve cette espèce en Angola, dans la région de Cubango.
jusqu’à ce jour on ne la pas signalée dans un autre territoire (PI. 2).
Le C. occidentalis, localisé au Cameroun, n’est connu que par le
seul échantillon Mildbraed 8173, récolté à 90 km de Yaoundé, entre cette
ville et Dengdeng, près de l’embouchure du Lom et du Djerem.
A Madagascar, le Cyclanlheropsis madagascariensis a été récolté
en une seule localité, à deux années d’intervalle (Bosser 15723 type,
M. Keraudren 1089, 1537), dans une petite forêt sèche appartenant à la
végétation de type occidental au nord-ouest de Fort-Dauphin, la forêt
d’Anadabolava, le long du fleuve Mandrare.
D’après les notes des différents collecteurs, le Cyclanlheropsis par¬
oi flora se développerait dans des forêts en bordure de marais, dans des
broussailles sèches à Acacia-Commiphora ou sur des collines rocailleuses
sèches.
Quant au C. occidentalis, il a été signalé comme poussant à la limite
de la savanne et de la forêt humide.
Le C. madagascariensis a été récolté dans une forêt sèche à Crolon,
Commiphora, Terminalia et Cassia.
La sous-famille des Zanonioideae C. Jeffrey comprend une tribu
et 18 genres et ceux-ci se répartissent géographiquement de la façon
suivante :
Source : MNHN, Paris
— 430 —
Afrique : 1 genre endémique africain, Gerrardanlhus ;
2 genres endémiques malgaches, Xerosicyos, Zygo-
sicyos ;
1 genre africano-malgache, Cyclanlheropsis.
Nouveau Monde : 6 genres.
Asie : 8 genres.
La distribution du genre Cyclanlheropsis en Afrique et à Madagascar
pourrait se rapprocher de celle du genre endémique africain Gerrardan¬
lhus, les 2 autres genres de la sous-famille étant endémiques de la Grande-
Ile.
En effet, les Gerrardanlhus se retrouvent en Afrique tropicale (Came¬
roun, Nigeria, Ghana), en Angola et en Afrique orientale (sud de
l’Éthiopie, Kenya, Tanzanie, Rhodésie).
Cette répartition ne coïncide pas rigoureusement, ainsi, le Gerrar¬
danlhus est localisé en Angola dans la région de Cuanza Norte, au bord
de la mer, à la frontière nord, alors que le Cyclanlheropsis a été récolté
dans la région de Cubango, à l’extrémité méridionale de l’Angola. De
plus, le Gerrardanlhus est connu en Afrique du Sud, spécialement dans
la Province du Cap, au Natal et jusque dans les états portugais de
l’Afrique orientale.
A Madagascar, le Cyclanlheropsis madagascariensis a été trouvé dans
une région ou abonde le Xerosicyos Perrieri genre malgache de la sous-
famille des Zanonioideae.
Bibliographie
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Source : MNHI'J, Paris
CRATEROSTIGMA GRACILE Pilger
SGROPHULARIAGÉE MÉCONNUE
par A. Raynal
En 1910, Pilger décrivait le Cralerostigma gracile sur un échantillon
camerounais récolté l’année précédente par Ledermann; la description
originale, précise, place cette plante au voisinage de C. Schweinfurlhii
(Oliv.) Engl., dont elle se distingue surtout « durch kleine Blüten und
breitere Deckblatter ». Le matériel de Ledermann resta à Berlin,
les doubles possibles n’étant apparemment pas distribués, et cette
espèce semble être demeurée méconnue, n’ayant figuré depuis sa des¬
cription, à notre connaissance, que dans les listes de plantes données
par Engler dans le Pflanzenwelt Afrikas. Cependant, peu avant la
seconde guerre mondiale, Miss E. A. Bruce, de Kew, emprunta le type
de Berlin; désireuse de réunir une documentation, elle conserva une
photographie de la planche d’herbier, et un petit fragment d’inflorescence.
Puis, en 1943, lors du catastrophique incendie du Muséum de Berlin,
l’holotype disparut, laissant l’incertitude et l’oubli tomber sur le nom de
cette Scrophulariacée camerounaise.
Lors de la révision des Scrophulariacées ouest-africaines en vue
de l’édition révisée de la Flora of West Tropical Africa, Hepper s’aperçut
de l’hétérogénéité du matériel classé sous Cralerosligma Schweinfurlhii ;
il put distinguer une espèce voisine, “having much smaller flowers”,
qu’il nomma Craterosligma guineënse , espèce qu’il pensait vicariante
de C. Schweinfurlhii dans l’ouest de l’Afrique occidentale (Guinée, Guinée
portugaise, Sénégal).
C’est alors que, au cours d’une mission au Cameroun en 1964,
nous avons eu la chance de récolter dans la région de Garoua une plante
aussitôt identifiée à C. guineënse Hepper. L’importance de la disjonction
géographique réclamait une vérification soigneuse de cette détermination,
d’autant plus que nous rapprochions également de l’espèce de Hepper
plusieurs échantillons de Tanzanie et de Zambie. Les résultats de
nos observations sont résumés ci-dessous :
1° Notre plante de Garoua s’accorde parfaitement avec la des¬
cription de Craterosligma gracile Pilger.
2° L’échantillon Ledermann 5047, type de cette espèce, provenait
également de : “Garua, bei Tchambutu”, c’est-à-dire de la même région.
Sur les cartes détaillées modernes, on ne trouve pas le nom de Tcham-
boutou près de Garoua; il y a cependant deux Djamboutou sur la carte
au 1 /200 000 de Poli; le premier de ces villages est à 80 km au S de Garoua,
Source : MNHI'J, Paris
— 432 —
le second, sur la Bénoué, est à 90 km au S.-E. de Garoua ; il ne semble
pas qu’en août 1909, Ledermann se soit tellement éloigné de Garoua,
et la localité-type de C. gracile est peut-être un troisième Djamboutou
non porté sur les cartes. Quoi qu’il en soit, même si le type provenait
d’un rayon de 100 km autour de Garoua, c’est à l’échelle de l’Afrique
peu de chose, et l’on peut dire que notre échantillon vient presque du
même endroit.
3° Toutes les récoltes ouest-africaines rangées sous C. guineënse,
ainsi qu’une plante de Tanzanie, sont conspécifiques de notre plante
camerounaise.
Ce n’est plus une espèce endémique de l’extrême ouest-africain,
mais au contraire une plante à répartition soudanienne étendue, du
Sénégal à la Zambie; cependant, cette aire demeure, dans l’état actuel
de nos connaissances, fragmentée en trois taches éloignées. Cette Scro-
phulariacée est sans doute assez rare, peut-être se trouve-t-elle limitée
par des exigences écologiques strictes?
Craterostigma gracile R. Pilger
Bot. Jahrbüch. 45: 213 (1910); Engler, Pflanzenwelt Afrikas 5, 1 : 39 (1925).
— C. guineënse Hepper, Kew Bull. 14: 407 (1960); in Hutchinson et Dalziel,
Fl. W. Trop. Afr. ed. 2, 2: 361 (1963), syn. nov.
— C. Schwein/urlhii aucl. : A. Chevalier, Expi. Bot. A.O.F. 1 : 472 (1920),
pro majore parle, excl. specim. Chevalier 23989 et characl. coloris jloralis; Hut¬
chinson in Hutch. et Dalziel, Fl. W. Trop. Afr. ed. 1, 2: 229 (1931), pro¬
parle, quoad cil. Senegaliae et Cuineae ; E. Pereira de Sousa, Estudos de Bot.,
Junta das Miss. Geogr. Investig. Colon., Anais 5, 5 : 39 (1950); Berhaut, Fl.
Sénégal : 81 (1954), non (oliv.) enc.l.
Type : Ledermann 5047, Garua, bei Tchambutu, auf überschwemmten
sumpfiger Niederung, zwischen Feldern und Gebüschsavanne, 300 M ü. M.
— Blühend im August 1909 (holo-B, très vraisemblablement détruit;
fragment et photo, K!).
Répartition géographique : Sénégal : Berhaul 1831, Badi, Niokolo-Koba,
déc. 1951, P!; 3068, sept. 1953, 4409, janv. 1954, cod. loc., hcrb. C.R.A. Bambcy,
Sénégal; Chevalier2849, de Sedhiou à Tambanaba, Casamance, févr. 1900, P! \J. Bagnal
7960, Badène, 14 km SSW de Ziguinchor, Casamance, petit marécage en lisière de la
forêt classée des Bayottes, au N du village, 9.1.1962! —- Guinée Portugaise : Esp.
Sanlo 1424, Bissau, Antula, erva anual dos capinais dos torrenos humidos alagados
na época das chuvas, 11.12.1942, Kl, type de C. guineënse Hepper; 1821, Bissau, 24. U.
1945, K! — Guinée : Chevalier 18422, entre Timbo et Ditinn, Fouta-Djalon, sept.
1907, P ! ; 18764, plateau de Dalaba-Diaguissa. Fouta-Djalon, ait. 1000-1300 m, 6.10.1907,
P!; 18864, eod. loc., 17-18.10.1907, P!; 20239, Grandes Chutes, chemin de fer K.N.
km 107, 20-21.12.1908, P!; 20318, eod. loc., 20.12.1908, P!; J. Chillou 2135,
Friguiagbé, plantation du Mayon-Kouré : terrains sableux sur les grès; annuel
haut. 20-35 cm, fleurs bleues rayées de bleu plus foncé, 1 fleur ouverte seulement par
épi, tige et feuilles à la base teintes de rouge-pourpré, 27.9.1940, IFAN ! ; 2401, eod. loc..
annuel haut. 20-30 cm, tiges pourprées, dressées, droites, verticales, fleurs bleues, en
fruits, 3.2.1941, IFAN!; 2875, eod. loc., annuel un peu succulent, haut. 20-40 cm,
tige quadrangulaire non sillonnée sur le vif, glabre, marquée de glandes comme les
feuilles, 28.1.1942, IFAN!; Boismare 444, in herh. Chillou 3964, de Friguiagbé à
Bengaya; plante de 0,35 m, pousse un peu partout sur les bowals humides, petites
feuilles opposées, fleurs bleues striées blanc, 17.10.1943, IFAN!; Pobéguin 1138,
Source : MNHN, Paris
Source : MNHI'J, Paris
— 434 —
route de Kankan, fleur bleu-mauve, juill. 1903, P!; 1341, environs de Kindia,
plante poussant en terrain humide, fleur mauve petite, oct. 1905, P!; — Cameroun :
type; J. et A. Raynal 12511, Sanguéré, 10 km SE de Garoua, prairie marécageuse
suintante sur sable assez grossier (nappe affleurante) à l’E de la route de
Ngaoundéré; fleurs petites, bleu-mauve, 15.12. 1964, P!— Tanzanie : Milne-
Redhead and P. Taylor 10817, Songea distr., by R. Luhira near Mshangano fisli ponds
N. of Songea in pockets of moist blaclc soil on rock outerop in open : 1030 m.
Annual, stems square, reddish below, greenish above but tinged red below the
inflorescence; lower leaves reddish, upper green; midrib sunk above level beneath;
nerves inconspicuous; calyx reddishpurple with cream coloured area between the
nerves; corolla with lower lip violet with slightly deeper colour on nerves, a cream
coloured spot at base of middle lobe and two yellow marks behind itatthetopofthe
throat; upper lip deep mauve outside paler inside; filament very pale mauve; anthers
bluish; pollen almost white; 15.6.1956 P! Kl ZAMBIE : Fanshawe 3198, Kitwe.
délicate herb of moist dambo, to 8” h., unbranched; lvs. very small; sessile fis.
royal purple, tubular in term. conlracted cymes, 20.4.1957, Kl; Robinson 2330,
Kawambwa, drying moorland; erect annual; fis. purple; ait. 4400’; 21.6.1957, K!
La plante a déjà fait l’objet de très bonnes descriptions, nous nous
bornerons donc à en donner une illustration (PI. 1), et à souligner quelques
caractères remarquables. C’est une espèce annuelle dressée, à tiges variant
de très rameuses à presque simples, abondamment feuillées ou presque
nues; les inflorescences sont des capitules cylindriques ou des épis dis¬
continus, parfois pauciflores ou uniflores chez les individus appauvris.
La plante est glabre, exception faite des aspérités scabres des marges
foliaires et des lobes du calice; elle peut cependant parfois être villeuse-
laineuse, surtout dans les inflorescences (Pobéguin 1341, Robinson 2330,
Fanshave 3198, J. Raynal 7960 pro parle); l’existence des formes velue
et glabre en mélange dans l’échantillon Raynal 7960 semble montrer que
ce caractère — dont nous ne tiendrons pas compte ici — ne saurait
avoir une valeur taxinomique supérieure au rang variétal.
Les bractées inférieures de l’inflorescence, ovales-acuminées à lan¬
céolées, de 0,8-2,5 x 1,8-5,5 mm, sont plus courtes et plus larges que
chez C. Schweinfurlhii. Le calice ne porte ni carènes ni plis, mais 5 bandes
longitudinales rougeâtres correspondant aux sépales, et alternant avec
des bandes scarieuses; les dents du calice sont denticulées-scabres ;
on observe parfois quelques aspérités près des sinus des lobes.
Corolle bilabiée, petite; tube mauve très pâle, long de 5 mm; lèvre
supérieure longue de 2 mm, un peu plus large que longue, largement
obtuse au sommet et légèrement émarginée, bleue à l’extérieur, mauve
pâle à l’intérieur. Lèvre inférieure longue de 2 mm, trilobée, mauve-
lilas vif, veinée de violet, portant sur le lobe médian deux macules d’un
bleu violet intense; gorge jaune-crème tachée de bleu vif et de jaune,
finement papilleuse, limitée par un léger pli de la corolle sur lequel
s’insère un rang de poils glanduleux en massue, jaunes et dressés. Quatre
étamines mauve pâle; les anthères bleutées sont rapprochées par paires
et logées sous la lèvre supérieure; étamines postérieures simples à loges
d'anthères égales; étamines antérieures à filet appendiculé-glanduleux
et loges d’anthères légèrement inégales. Style mauve pâle long de 4 mm,
stigmate courtement bilabié.
Source : MNHN, Paris
— 435
Capsule ovoïde longue de 4 mm environ, apiculée. Nombreuses
graines beiges, de 0,6 x 0,4 mm, apiculées, sur lesquelles apparaît un
mince raphé sombre; leur partie moyenne est ornée d’une huitaine de
cannelures. Le tégument séminal est recouvert d’un tissu papilleux,
i mucilagineux, translucide : la graine sèche semble porter des écailles
irrégulières blanchâtres qui ne sont que ce tissu flétri; à l’humidité, il
reprend rapidement sa turgescence.
La biologie du C. gracile Pilg. est celle des annuelles de marécages :
sa période d’activité commence avec la saison des pluies, et ne cesse
qu’avec le dessèchement éventuel du biotope. La fécondation des fleurs
est probablement assurée par de petits insectes. La dispersion des graines
doit être favorisée, dans ces milieux humides, par leur tégument hygro-
phile-mucilagineux; mouillé, il leur assure une bonne adhérance au sol
et aux particules terreuses susceptibles d’être entraînées par les oiseaux
aquatiques.
L’écologie du C. gracile Pilg. semble assez définie : on le trouve dans
des marécages soudaniens sur rochers ou sur sables, toujours accompagné
d’une riche flore hygrophile. Il semble qu’il évite les bas-fonds où les
eaux se collectent, et que ses stations soient plutôt alimentées par des
suintements sinon permanents, du moins longtemps actifs après la
fin des pluies ; c’est en effet ce que nous avons pu observer dans la nature.
Le biotope de l’échantillon Raynal 12511 était un marécage en
pente constituant la tête d’un très petit marigot, au pied d’une colline
gréseuse bordant la plaine de la Bénoué. Le sol était un sable clair,
légèrement grisâtre en surface, gorgé d’eau jusqu’à l’affleurement; l’eau,
suintant à la partie supérieure (affleurement de la nappe de la colline
gréseuse), s’écoulait vers le petit thalweg.
Le Cralerosligma était en compagnie de nombreuses espèces
qui semblent avoir une écologie comparable à la sienne, parmi les¬
quelles :
Loudelia phragmiloides (A. Peter) Hubb., L. simplex (Nees) Hubb.,
Eragrostis plurigluma Hubb., Arislida Cumingiana Trin. et Rupr.,
Sacciolepis micrococca Mez, Pycreus mêlas (Ridl.) C.B.C1., Rhynchospora
breviroslris Griseb., Rh. eximia (Nees) Bock., Rh. subquadrala Cherm.,
Ileleocharis Brainii Svenson, IL complanala Bock., Scirpus squarrosus L.,
Ascolepis gracilis Turrill, A. pusilla [Ridl., Lipocarpha Barleri C.B.C1.,
L. Prieureana Steud., Diplacrum africanum C.B.C1., Xyris slraminea
Nilss., Eriocaulon Buchanani Ruhl., Ludwigia slenorraphe (Brenan)
Hara subsp. slenorraphe, Drosera indica L., Anagallis pumila Sw. var.
barbala P. Tayl., Faroa pusilla Bak., Canscora decussala (Roxb.) Roem.
et Sch., Sebaea sp. (J. et A. Raynal 12507), Bacopa Hamilloniana
(Benth.) Wettst., Lindernia debilis Skan, Micrageria Barleri Skan,
Ulricularia firmula Welw. ex Oliv., U. arenaria A. DC., cette dernière
sur sol un peu dénudé.
Dans les zones plus basses, où l’eau a tendance à séjourner, la flore
se modifiait, et le Cralerosligma disparaissait, ainsi que beaucoup de
ses compagnes.
Source : MNHN, Paris
— 436 —
Le Cralerosligma gracile Pilg. est donc l’une des plantes hygrophiles
d’écologie assez stricte qui constituent la flore intéressante de certains
marécages soudaniens d’Afrique; cette flore, liée à des milieux parti¬
culiers, reste assez rarement bien développée, malgré l’ampleur de son
aire géographique.
Source : MNHN, Paris
NOTES SUR LE GENRE BRASSAIOPSIS Dcne.
et Pl. (ARALIACEAE) EN INDOCHINE ORIENTALE
par M me Bui ngoc-sanh
Le genre Brassaiopsis n’a pas été décrit dans la Flore Générale de l’Indo¬
chine [2: 1158-1182 (1923)]. En 1938, Harms a cité trois espèces dont
B. glomerulata (Bl.) Reg., B. milis Clarke et B. Pelelolii Harms [Araliaceae
Pelelolianae, Notizbl. Gart. Berlin 13 : 453-454 (1938)]. Au cours de nos
recherches sur les Araliacées d’Indochine, nous avons identifié deux autres
espèces communes avec la Chine, et une troisième qui doit représenter
une espèce nouvelle que nous avons l’honneur de dédier à notre maître
le Professeur H. Gaussen *.
Ce genre groupe actuellement plus de 20 espèces réparties depuis
l’Himalaya oriental à la Chine du Sud-Ouest, à travers l’Indochine et
jusqu’à la région malaise (pl. 1). En Indochine orientale, il n’y a aucun
représentant du genre au Cambodge d’après les collections actuelles;
au Laos, on rencontre seulement l’espèce B. glomerulata à large répartition ;
par contre au Viêt Nam surtout dans le Nord, toutes les espèces citées
précédemment sont représentées. Ce sont surtout des plantes des forêts
de montagne, d’altitude supérieure à 1 000 m ; elles sont souvent communes
soit avec la Chine, soit avec les régions himalayennes ; seule l’espèce B.
glomerulata est fréquente en basses et en hautes altitudes (500-2 000 m
ou plus) et largement rencontrée depuis Java, l’Indochine, la Chine (Sud-
Ouest), jusqu’en Himalaya.
D’après les feuilles, ce genre a été divisé par Harms en deux sections :
Palmalae et Digilatae, cette dernière est à l’origine de nombreuses erreurs.
En effet, par ses feuilles composées-palmées, le genre Brassaiopsis se
confondrait facilement :
1° avec le genre Sche/flera Forst. qui a aussi des fleurs non articulées
sur leurs pédicelles et pourvues d’une colonne stylaire, mais ce dernier
se sépare aisément du premier principalement par ses fleurs à ovaire
5-7-loculaire.
2° avec le genre Macropanax Miq. qui a aussi des fleurs à ovaire
biloculaire, mais celles-ci sont nettement articulées sur leurs pédicelles
et sont pourvues d’une sorte de calicule au niveau de l’articulation, et les
fruits ont des graines comprimées.
1. Nous remercions MM. les Directeurs des Herbiers A. (Arnold Arboretum)
et U.S. (United States National Herbarium) de nous avoir aimablement prêté les
échantillons types pour cette étude.
Source : MNHI'J, Paris
— 438 —
3° avec le genre Acanlhopanax Miq. qui possède en même temps
des fleurs non (ou légèrement) articulées sur leurs pédicelles et à ovaire
2(3-5)-loculaire, mais les styles sont distincts ou seulement soudés à la
base, et les fruits sont comprimés latéralement. Dans le cas où l’on hésite
pour la répartition des espèces critiques entre ces deux genres, l’étude
palynologique — quand elle est possible — est plus confirmative. Par
Source : MNHN, Paris
— 439 —
rapport au genre Acanlhopanax, le genre Brassaiopsis, au moins pour
les espèces indochinoises, est caractérisé par des pollens de grandes dimen¬
sions et bien ornementés, l’exine est toujours réticulée mais le réseau
est hétérogène avec des grandes et des petites mailles (1-5 g), le mur est
1-2 baculé.
Brassaiopsis
Acanlhopanax
P : moy. max. en g
46,6
34
min. —
41
31,8
E ; moy. max. en g
41,5
30
— min. —
33,7
26,3
Exine :
ornementation
réticulée
réticulée
mailles
hétérogènes, grandes
homogènes, minuscu-
et petites, 1-5 g
les, 0,5 g
mur
1-2 baculé
simplibaculé
(P = axe polaire; E = équateur).
L’étude des caractères morphologiques complétée par celle des carac¬
tères palynologiques nous a permis de retenir seulement cinq espèces dont
voici la clé.
CLÉ DES ESPÈCES RETENUES
BASÉE PRINCIPALEMENT SUR LES CARACTÈRES VÉGÉTATIFS
1. Feuilles simples, palmatilobées. Section I : Palmatae Harms.
2. Fleurs sessiles; inflorescences en grappes d’ombelles capitu-
liformes :
Inflorescences peu épineuses, ^ tomenteuses-ferrugineuses.
Feuilles à 9-11 lobes elliptiques-lancéolés, à sinus aigu,
longuement acuminés au sommet, finement dentés sur
les bords, glabres au-dessus, glabrescents au-dessous;
nervures saillantes à la face inférieure. B. Gaussenii.
2'. Fleurs nettement pédicellées; inflorescences en panicules
ou en grappes d’ombelles, rarement en ombelles solitaires :
3. Inflorescences très épineuses :
Inflorescences en grandes panicules d’ombelles; axes
primaires à nombreux aiguillons et soies piquantes.
Feuilles cordées à la base, 6-11 lobes oblongs, à sinus
arrondi, denticulés et ciliés sur les bords; face supérieure
à soies nombreuses, face inférieure pubescente. 2. B. ciliata.
Source : MNHN, Paris
— 440 —
3'. Inflorescences peu épineuses :
4. Axes densément couverts de poils jaunâtres et raides.
Feuilles à 11 lobes oblongs-lancéolés, à bords denticulés,
à face supérieure glabre, à face inférieure pubescente. ..
. 3. B. mitis.
4'. Axes J; pubescents-ferrugineux. Feuilles à 3 (4-6) lobes
ovales, denticulés sur les bords, glabres au-dessus,
pubescents au-dessous :
5. Feuilles cordées à la base :
6. Pétiole inerme; inflorescences courtes en grappes
ou en panicules d’ombelles.... 4 a. B. ficifolia var. ficifolia.
6'. Pétiole portant de distance en distance des petits
aiguillons coniques et pointus; inflorescences en
ombelles solitaires . 46. B. ficifolia var. baviensis.
5'. Feuilles non cordées à la base; pétiole inerme; inflores¬
cences courtes en grappes ou en panicules d’ombelles..
. 4c. B. ficifolia var. nhatrangensis.
1'. Feuilles composées-palmées... Section II : Digitatae Harms
Inflorescences tomenteuses-fcrrugineuses puis glabrescentes.
Folioles 5-9, longuement pétiolulées, elliptiques-oblongues
entières ou distancément denticulées sur les bords, ^ acumi-
nées au sommet, atténuées ou arrondies à la base, glabres au-
dessus et glabrescentes au-dessous :
7. Inflorescences en longues panicules d’ombelles :
8. Pédicelles des fruits de 1,2-1,5 cm de long; folioles à apex en
général longuement acuminé 5a. B. gloinerulata var. glomerulata.
8'. Pédicelles des fruits de 0,5-0,7 de long; folioles à apex arrondi,
brusquement et courtement acuminé. 56. B. glomerulata
var. brevipedicellata.
7'. Inflorescences en grandes panicules corymbiformes; pédicelles
des fruits longs de 2-3,5 cm. 5c. B. glomerulata var. longipedicellata.
ESPÈCES ÉTUDIÉES ET RETENUES
1. B. Gaussenii N. S. Bui, nov. sp. (PI. 2).
Arbuscula, aculeis paucis humilibusque.
Folia simplicia, profundelobata, longe petiolata. Stipulae petiolo adnatae,
terminali exclusa parte, 8-10 mm longa. Petiolus glabrescens, 15-28 cm
longus. Lobi 9-11, lamina chartacea, elliptico-lanceolati, 2,5-3,5 X 7-15 cm
metientes, acuminé 2 cm longo in apice, basim versus parum angustati,
minute denticulati marginibus, supra glabri, infra glabrescentes. Nervi
supra bene distincti et infra prominentes.
Inflorescentiae ^ tomentoso-ferruginae, parvis minutisque aculeis
instructae, racemis 15-20 cm longis compositae, umbellis capitulifor-
mibus 2 cm latis constitutis. Bracteae ovali-lanceolatac, 5 X 15 mm,
Source : MNHN, Paris
441
Source : MNHI'J, Paris
— 442 —
glabrescentes, persistentes. Bracteolae tomentoso-ferrugineae, ovali-lanceola-
tae longaeque 10 mm in parte inferiori capitulorum; lanceolatae reductaeque
in parte superiori. Gemmae floriferae sessiles, obovoideo-elongatae, 3x7 mm.
Calix 5-lobis ovali triangularibus, 1,5 mm longis, marginibus fimbriatu.%
exterius tomentoso-ferrugineus. Petala 5, valvata, incrassata, ovali-oblonga,
1,5 X 2,5 mm, exterius glabrescentia. Stamina 5, antherae oblongae, 1,5 mm
longae; filamentae gracilia, glabra, 1,6 mm longa. Ovarium 2-loculatum,
1-ovulatum; ovula pendula. Discus parum convexus; columna stylaris
Fructus ignotus.
Arbuste à aiguillons peu nombreux et trapus.
Feuilles simples, profondément palmatilobées, longuement pétiolées.
Stipules intrapétiolaires, soudées au pétiole sauf sur leurs extrémités
longues de 8-10 mm. Pétiole glabrescent, 15-28 cm de long. Lobes 9-11,
à limbe chartacé, elliptique, 2,5-3,5 X 7-15 cm, longuement acuminé
au sommet, légèrement rétréci à la base, finement denté sur les bords,
glabre au-dessus, glabrescent au-dessous. Nervures bien marquées à la
face supérieure, saillantes à la face inférieure.
Inflorescences ± tomenteuses-ferrugineuses, munies d'aiguillons
fins et peu nombreux, en grappes de 15-20 cm de long formées par
des ombelles capituliformes de 2 cm de large. Bractées ovales-lancéolées
5 X 15 mm, glabrescentes, persistantes. Bractéoles tomenteuses-ferru¬
gineuses, ovales-lancéolées, longues de 10 mm à la base, lancéolées et
réduites vers le sommet des capitules. Boutons sessiles, obovoides-allon-
gés, 3x6 mm. Calice à 5 lobes ovales-triangulaires, longs de 1,5 mm,
fimbriés sur les bords, tomenteux-ferrugineux extérieurement. Pétales 5,
valvaires, épais, obovales-oblongs, 1,5-2,5 mm, glabrescents extérieurement.
Étamines 5; anthères oblongs, 1,5 mm de long; filaments grêles, glabres,
longs de 1,5 mm. Ovaire à 2 loges uniovulées; ovules pendants. Disque
légèrement convexe; colonne stylaire longue de 1 mm.
Fruit inconnu.
Type : Viêt Nam (Nord), prov. Lao Kay, Col des Nuages à 25-30 km
de Phong Thô, en forêt à 1 500-1 600 m d’altitude. Poilane 26693 ; en fleurs ;
1 /12/1937 (Holotype P).
Obs. — L’étude des pollens de cet échantillon confirme bien sa
position à l’intérieur du genre Brassaiopsis. Voici la description :
Pollens. — Échantillon étudié : Poilane 26693 (Type) (pl. 3).
Symétrie et forme : Pollens isopolaires, tricolporés, angulaperturés, lon-
giaxes à équiaxes, largement elliptiques ou sub-losangiques à sub-circu-
laires ou quadrangulaires en vue méridienne, triangulaires -arrondis ou
sub-circulaires en vue polaire.
Dimensions : (valeur indiquée = moyenne de 25 mesures).
P = 43,5 [a (P = axe polaire)
E = 39,1 |x (E = équateur).
P/E = 1,1.
Aperlures: 3 colporus; t# 15 n- Ectoaperture allongée, étroite, 1-2 n,
Source : MNHI'J, Paris
— 443 —
9, réseau à mailles hétérogènes e
1-2 baculé. (x 1 000).
vues méridiennes
8, emloaperture;
Source : MNHN, Paris
444 —
rétrécie dans sa partie médiane, à bord lisses. Endoaperture en sillon
transversal de 2-4 x 8 — 15 |x.
Exine : plus épaisse aux pôles qu’à l’équateur, respectivement de
5-6 n et 4 n; elle est réticulée, le réseau hétérogène comprend des mailles
de 1-5 |i avec dominance des grandes mailles; les mailles deviennent
très fines au voisinage des marges ; le mur est 1-2-baculé; les columelles
sont droites. Ectexine # 2,5 jx (réseau # 1 [x, columelles #1,5 (x); ende-
xine # 1,5 (x.
Remarque : exceptionnellement il y a des grains bréviaxes.
2. B. ciliata Dunn
Dunn, Journ. Linn. Soc. Bot. 35: 499 (1903); Rehder, Journ. Arn. Arb. 15 :
115 (1934); Li, Sargentia 2: 53 (1942).
Type : Chine, prov. Yunnan, Mentze, Henry 9180 (Isotype US).
Distr. — Chine (Sud-Ouest), Vièt Nam (Nord).
Obs. — Cette espèce diffère de B. mitis principalement par les feuilles
à bords dentelés et ciliés, à face supérieure couverte de nombreuses soies.
Matériel Indochinois :
Viêt Nam (Nord) : prov. Lai Châu, San Tan Ngai; Poilane 25664; 10/4/1936; en
fruits.
3. B. mitis Clarke
Clarke in Hooker f., Fl. Brit. Ind. 2 : 736 (1879); Harms, Notizbl. Gart. Berlin 13 :
453 (1938).
Type : Araliad sp. 29, Herb. Ind. Or. Hook. f. et Th. (K).
Distr. : Himalaya oriental (Sikkim), Viêt Nam (Nord).
Mat. Indochinois :
Viêt Nam (Nord) : Prov. Lao Kay, Chapa, Pételot 4567, vers 1 550 m (Septembre
1932) en lleurs.
4. B. ficifolia Dunn
Dunn, Journ. Linn. Soc. Bot. 35 : 500 (1903); Li, Sargentia 2: 54 (1942).
a) var. ficifolia.
Syntype : Chine, prov. Yunnan, Szemao, Henry 11650(Isosyntype AA).
Distr. — Chine (Sud-Ouest).
b) var. baviensis N.S. Bui var. nov.
A typo differt inflorescentiis umbellis solitariis constitutis, calice 5-minu-
1. Je remercie M m0 Van Campo, Directeur du Laboratoire de Palynologie, et
M. P. Guinet, Assistant, pour les conseils et les directives qu’ils m'ont prodigués
durant mon initiation à la Palynologie dans leur laboratoire.
Source : MNHN, Paris
— 445 —
tis bene distinctisque dentibus munito, columna stylari fere nulla et petiolo
parum aculeato.
Diffère de la variété type par les Heurs en ombelle solitaire, à calice
muni de 5 petites dents bien distinctes, à colonne stylaire presque nulle,
et par les pétioles portant de distance en distance des aiguillons petits,
courts et trapus.
Type : Viêt Nam (Nord) prov. Son Tày, forêts du Mont Ba Vi,
Balansa 3450; Novembre 1888; en fleurs (P).
c) var. nhatrangensis N.S. Bui, var. nov.
A typo differt lamina basi non cordiformi.
Diffère de la variété type par ses feuilles non cordées à la base, en
général à 4-5 lobes ovales ou ovales-lancéolés.
Type : Viêt Nam (Sud), prov. Khanh Hoa, km 25 route de Nha Trang
à Ninh Hoa, Poilane 8243 (P).
Ecol. : En sous-bois, près des torrents, dans les forêts à 400-750 m
d’altitude. Fleurs en octobre-novembre.
N. vern. : Protoindochinois : Na Thum (Khanh Hoa). Viêtnamien :
(cây) Ngô dông (Khanh Hoa). (Une grande confusion est à signaler car le
même nom désigne plusieurs plantes appartenant aux espèces et aux
genres différents parmi les Araliacées).
Matériel Indochinois :
Viêt Nam (Sud) : Prov. Khanh Hoa, Nha Trang, massif de la Mère et l'Enfant
Poilane 5015.
5. B. glomerulata (Bl.) Reg.
Regel, Gartenflora 12 : 275, t. 411 (1863); Merrill, Lingn. Sci. Journ. 5: 140
(1927); Hand. Mazz., Symb. Sin. 7: 694 (1933); Chun, Sunyatsenia 4 : 248 (1940)
Li, Sargentia 2 : 58 (1942).
— Aralia glomerulata Bl., Bijdr. 2 : 872 (1826).
— Iledera glomerulata dc., Prodr. 4 : 265 (1830).
— Iledera /loribunda Wall., n° 4912 A. 1832 (nom. nud.).
— Brassaiopsis speciosa Dcne et Pl., Rev. hort. 4, 3 : 106 (1854).
— Macropanax glomerulalum Miç., Fl. Ind. Bat. 1, 1 : 764 (1855).
— Brassaiopsis /loribunda Seem., Journ. Bot. 2 : 262 (1864).
- - Gaslonia longifolia Hort.
— Schef/lera Thoretii Vio. in Lecomte, Fl. Gén. Indoch. 2: 1177 (1923), syn. nov.
a) var. glomerulata.
— B. speciosa var. lypica Clarke.
Type : Java, Monts Gede.
Distr. : Inde (N. E.), Chine (S. O.), Indochine, Java.
Ecol. : Se rencontre en forêts d’altitude de 700-2 000 m. Fleurs
en février-décembre. Fruits en mai-décembre.
N. vern. : Viêtnamien : (cây) Ngô dông (Son Tây). — Protoindo¬
chinois : Than (Quang Tri). — Man : Mô phâm (Son Tây).
Source : MNHN, Paris
— 446 —
Matériel Indochinois :
Laos : Prov. Luang Prabang, Paklay, Thorel s. n., 1866-1868 (Holotype de Schef-
llera Thorelii R. Vig.).
Viêt Nam (Nord) : Prov. Lao Kay, entre Nam Long et Phong Thô, Poilane 25472.
— Prov. Son Tây, Ba vi, Balansa 3462, Fleury in herbier Chevalier 37853, Pételot
6981. — Prov. Lang Son, forêt Dong Dang, Balansa 1355.
Viêt Nam (Sud) : Prov. Quang Tri, massif Dong Cho, Poilane 10690. — Prov.
Thua Thiên, Liên Chiêu près Tourane, Poilane 7565. — Prov. Kontum, massif du
Ngok Pan, Poilane 35760.
Obs. : 1. L’échantillon du Laos (Thorel s. n.) était décrit par Viguier
comme type de l’espèce Schefflera Thorelii (in Lecomte, Fl. Gén. Indoch.
2: 1177 (1923). D’après mes vérifications basées sur un grand nombre
de coupes, les fleurs de cet échantillon ont toutes un ovaire à 2 loges au
lieu de 5 indiquées par Viguier, ce qui nous a permis de rapporter cet
échantillon au genre Brassaiopsis (cf. p. 437) et plus précisément à l’espèce
B. glomerulata caractérisée par la présence de poils étoilés-ferrugineux
sur les pétioles et pétiolules, le limbe et les inflorescences (cf. p. 440).
2. Dans « Fl. Brit. Ind. », Clarke a cité comme type de B. speciosa var-
serrala devenu B. glomerulala var. serrata (Clarke) Maheshwari [Bull.
Bot. Surv. Ind. 2, 3-4 : 376 (I960)] l’échantillon « Kew Distr. n° 2689 »
de l’herbier Griffith. 11 existe dans l’herbier du Muséum de Paris deux iso¬
types précités; ces derniers sont visiblement différents de nombreux
autres échantillons appartenant à l’espèce B. glomerulala. Un examen
détaillé nous a permis de les rapporter au genre Macropanax et plus
exactement à l’espèce M. oreophilum Miq. caractérisée principalement
par des folioles denticulées ou dentelées, glabres, par des inflorescences
en panicules tomenteuses, généralement jaunâtres, et surtout par des
fleurs articulées sur leurs pédicelles et munies d’une sorte de calicule au
niveau de l’articulation (cf. p. 437).
b) var. brevipedicellata Li
Li, Sargentia 2: 59 (1942).
Type : Chine, prov. Yunnan, Kiukiang Valley, south of Srowtu,
T. T. Yu 20156, 28 novembre 1938 (AA).
Distr. : Chine méridionale, Laos, Viêt Nam (Nord).
Ecol. : Se rencontre en forêts d’altitude, vers 1 500 m. Fruits en
août-septembre.
Materiel Indochinois :
Laos : Prov. Tran Ninh, près Nonghet, Poilane 16850.
Viêt Nam (Nord) : Prov. Lao Kay, environs de Chapa, Pételot 8932.
c) var. longipedicellata Li
Li, Sargentia 2 : 60 (1942).
Type : Chine, prov. Kwangsi, Ling Wun district, S. K. Lau 28695,
juillet 1937 (AA).
Distr. : Chine méridionale, Viet Nam (Nord).
Source : MNHI'J, Paris
— 447 —
Matériel Indochinois :
Viêt Nam (Nord) : Prov. Lao Kay, environs de Chapa, vers 1 500 m d'altitude,
Pételot 4573; Juillet 1927; en fruits.
ESPÈCE DOUTEUSE
B. Petelotii Harms
Harms, Notizbl. Gart. Berlin 13: 454 (1938).
Syntypes : Viêt Nam (Nord), prov. Lao Kay, Chapa vers 1 500 m,
Pételot 4622 (août 1931), 4621 (août 1930) (Isosyntype P).
Matériel étudié :
Viêt Nam (Nord) : Pételot 4621.
Obs. : Actuellement nous n’avons pas pu retrouver le premier échan¬
tillon cité par l’auteur (Pételot 4622), nous avons examiné seulement le
deuxième échantillon (Pételot 4621) dont il existe un double dans l’her¬
bier du Muséum de Paris. Il nous est impossible de conserver cet échan¬
tillon — et probablement cette espèce — à l’intérieur du genre Brassaiop-
sis principalement à cause de son ovaire à 5 loges (voir les différences
entre Brassaiopsis et Schefflera p. 437) ; il doit appartenir au genre Schef/lera,
l’espèce sera précisée ultérieurement dans l’étude de ce dernier qui groupe
un grand nombre d’espèces et qui a une vaste répartition sous les tropiques
des deux hémisphères.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE
DES ORCHIDÉES INDOCHINOISES
IV. QUELQUES BULBOPHYLLUM NOUVEAUX
DU MASSIF SUD ANNAMITIQUE
par P. Tixier
La famille des Orchidées a été l’objet de travaux récents dans l’Asie
du Sud-Est. Signalons les mises au point de Holttum (1957) et de Seiden-
faden & Smitinand (1959-1966) à propos des Orchidées de Malaisie et
de Thaïlande. Nous disposons aussi des travaux plus anciens de King
& Pantling aux Indes, de J. J. Smith à Java et de Gagnepain & Guil¬
laumin pour l’Indochine.
Il faut regretter que Oakes Ames et Quisumbing n’aient pas repris
leur traité sur les Orchidées des Philippines dont le manuscrit aurait été
détruit lors de la libération des Philippines en 1945.
Nous donnons ici la description de quelques Bulbophyllum que nous
avons introduits, en collection vivante, dans les serres du Muséum National
d’Histoire Naturelle de Paris.
Bulbophyllum spadiciflorum Tixier, sp. nov.
Pseudobuldi ovoidei, 12 mm alti, 10 mm crassi, in rhizomate elongato
(1 cm diam.) remoti, monophylli. Folium coriaceum, sublanceolatum, circa
25 cm X 2,5 -3 cm, apice obtusum, basi in petiolum crassum non ultra
2 cm longum, attenuatum. Inflorescentia spadiciformis longissima, usque
ad 50 cm, basi pseudobulbi orta, 5-6 mm crassa, axi basi partis floriferae
crassiore. Pars florifera cire. 20 cm Ionga, scapo 3-articulato constituto,
vaginis triangularibus (2 cm X 1 cm). Flores multi; 4 mm longi, vagina acumi-
nata subjecta, 2 mm longa, sepalo superiore triangulari (4 mm X 0,8)
ad marginem ciliato; sepalis inferioribus, acuminatis deinde dilatatis
(4x2 mm); petalis obtusis, ciliatis (1,6 X 0,6 mm) : labello linguiformi
biauriculato papilloso, purpuraceo, cum setis albis (4 mm) longo. Columna,
1,7 mm longa, stelidiis obtusis, operculo papilloso ad basin ciliato. Flos
flavus, nervis purpuraceis.
Type : piste de Fyan, 500-1 000 m, province de Quang Duc, Sud
Vietnam. Introduit en 1965, dans les serres du Muséum sous le numéro
174/65 Tixier.
Pseudobulbes ovoides, 12 X 10 mm, situés sur un rhizome épais de
Source : MNHN, Paris
— 450 —
PI. 1. — B. spadiciflorum: 1, vue générale; 2, fleur; 3, labelle, pétale, colonne; 4, opercule.
Source : MNHN, Paris
— 451 —
1 cm environ et à moins de 1 cm d’intervalle. Chevelu de racines dense
(racines de 2-3 mm d’épaisseur). Monophylle, feuille à pétiole très court,
allongée, acuminée, épaisse, longue de 25 cm sur 3-2,5 cm de large.
Inflorescence atteignant 50 cm, naissant à la base des pseudobulbes,
épaisse de 5-6 mm, le diamètre maximum étant atteint au niveau du
début des fleurs, inflorescence recourbée au sommet. Partie florifère longue
de 20 cm environ, le scape comprenant 3-4 articles munis de gaines trian¬
gulaires longues de 2 cm et larges de 1 cm. Fleurs nombreuses, longues
de 4 mm, précédées d’un bractée acuminée de 2 mm. Sépale supérieur
triangulaire, long de 4 mm, large de 0,8 mm, cilié sur les bords, à 5 ner¬
vures. Sépales latéraux acuminés puis élargis, longs de 4 mm, larges de
2 mm, à 5 nervures. Pétales ciliés, longs de 1,6 mm, larges de 0,6 mm.
Labelle linguiforme avec deux oreillettes, marquées, papilleux sur la
face supérieure, muni de poils blancs, raides, hirsutes, au sommet de
l’organe. Colonne longue de 1,7 mm avec des stélidies peu marquées.
Opercule papilleux, fimbrié sur l’avant.
Floraison en mai.
Coloration : fleur jaune verdâtre, labelle pourpre, pièces florales
rayées de pourpre sur les nervures.
Nous placerons cette espèce dans la section Aphanobulbum. Elle n’a
pas, d’après Holttum et Seidenfaden, de correspondant sur le continent.
Nous avons dû aller rechercher les espèces voisines dans les flores de Java
et des Philippines.
J. J. Smith a décrit dans les « Orchideen von Java », Bulbophyllum
crassifolium J. J. S. dont l’habitus général et la fleur se rapprochent de ceux
de notre espèce. B. spadiciflorum se rapproche de B. crassifolium par ses
pétales courts, denticulés, son opercule à prolongement papilleux, mais les
dimensions des pièces florales, la forme du labelle distinguent les deux
espèces. L’espèce javanaise provient de Salak et de Bantam.
On doit aussi rapprocher de notre espèce B. erosipetalum Ch. Schwein-
furt, provenant de Mindanao (province de Cotabato). Les plantes possè¬
dent un port similaire, l’inflorescence de l’espèce philippine est plus courte,
les pièces florales ont des dimensions semblables mais le labelle, les pétales
restent différents et les stélidies de B. erosipetalum, en trident, sont carac¬
téristiques.
Enfin Oakes Ames signale B. cunealum Rolfe recueilli par E. Merrill
dans les monts Mariveles, à Luzon dans la péninsule de Bataam et que
Schweinfurt rattache à ce groupe.
Cet ensemble de taxa se différencie du sous-genre Aphanobulbum par
coloration des fleurs. Sa répartition biogéographique est la suivante :
Java, Massif Annamitique, Ouest de Luzon, centre de Mindanao.
Bulbophyllum Vidalii Tixier, sp. nov.
Rhizomate 0,5 m crasso, elongato, foliis distantibus, praeter 10 cm
intemodiis sex. Folia pseudobulbo destituta, a rhizomate longe petiolata
(5 cm), 20cm longa, 3 cm lata, marginibus leviter decurrentibus. Inflorescentia
Source : MNHN, Paris
— 452 —
PI. 2. — B. Vidalii: 1, vue générale; 2, Heur; 3, labelle.
e basi folii orta, 17 cm longa paulum incurvata, scapo 4- bracteato, 7 cm
longo. Flos 7 mm longus, bractea preflorali 4x1 mm. Sepalum superius
4,5 X 1,5 mm, sepala lateralia triangularia, mentum formantia, trinervia.
Petala leviter spatulata 2,5 X 1 mm, labello linguiformi, suggrundiformi,
apice papilloso, 3 mm longo. Columna brevissima, stelidiis hebetibus.
Type : Tixier s.n., hautes branches de forêt de ravin, Teurnom
(Dalat) nov. 62. Espèce introduite dans les serres du Muséum de Paris
sous le numéro 175/65 Tixier.
Source : MNHN, Paris
— 453 —
Rhizome épais de 0,5 cm de diamètre, traçant, à feuilles espacées
(une demi-douzaine d’entrenœuds sur 10 cm). Feuille naissant sur le
rhizome, longuement pétiolée (5 cm), de 20 cm sur 3 de large, à bords
un peu décurrents.
Inflorescence provenant de la base de la feuille, scape à 4 bractées,
long de 7 cm sur les 17 de la grappe. Fleurs nombreuses de 7 mm de long,
bractées préflorales longues de 4 X 1 mm (à la base). Sépale supérieur
de 4,5 X 1,5 cm, sépales latéraux triangulaires formant menton de
6x3 mm et à trois nervures. Pétales légèrement spatulés de 2,5 X 1 mm.
Labelle linguiforme, formant gouttière sur le dessus, long de 3 mm, papil-
leux sur l’avant. Colonne très courte à stélidies peu marquées.
Coloration : fleurs blanches â l’extrémité des pièces jaunes.
Floraison : juillet.
8mm
PI. 3. — B. Boulbelii: 1, vue générale; 3, fleur; 4, colonne et labelle.
B. Evrardii : 2, vue générale.
Source : MNHN, Paris
— 454 —
Station : bas fonds du rebord du plateau de Dalat, dans les cimes
(Manline, Teurnoum).
Espèce dédiée à notre éminent confrère J. Vidal; elle appartient
au sous-genre Aphanobulbum, assez mal représenté au Vietnam.
L’espèce la plus proche que nous ayons trouvée est B. vaginulosum Carr
espèce endémique des montagnes de Malaisie (6 000 ft. sur le G. Tahan).
Les deux taxa se distinguent par les caractères des pétales, les pétales
de B. vaginulosum étant, d’après Carr, ciliolés et papilleux, dispositions
n’existant pas chez l’espèce indochinoise. Le caractère : feuilles grandes,
larges, brutalement et longuement pétiolées, espacées sur le rhizome est
une disposition qui distingue ces espèces des formes voisines.
Il est à remarquer que ce n’est pas la première fois que nous avons
trouvé, dans les formations Sud-Annamitiques, des espèces qui nous ont
laissé perplexe car elles étaient très proches d’espèces endémiques des
montagnes de la péninsule malaise.
Bulbophyllum Boulbetii Tixier, sp. nov.
Foliis, pseudobulbis, rhizomate B. Evrard» similibus. Differt inflores-
centia longiore (35-40 mm), floribus longioribus. Sepalo superiore triangulari
(9 mm), sepalis lateralibus similibus (10 X 2 mm), trinerviis. Columna, labcllo,
stelidiis B. Evrard» similibus.
Type : Tixier s.n., bords de la Dargna, 600 m, nov. 1962 (Holo-
•-ype P!)-
Espèce intermédiaire par la taille de l’inflorescence entre B. Evrardii
et B. pinicolum, se rapproche de B. Evrardii par les longues stélidies.
On peut la considérer comme une espèce vicariante de B. Evrardii pour
la moyenne région. Les fleurs sont blanches, à extrémité des pétales
jaunes, labelle verdâtre. Enfin il semblerait que B. cf. Clarkeanum King
et Pant. signalé en Thaïlande par Seidenfaden et Smitinand se rapporte
à B. Evrardii.
Nous avons donc un cercle de petites espèces, espèces vicariantes
si l’on veut, d’un biotype allant de l’Himalaya à la Malaisie. Holttum
signale des espèces malaises ayant le même port que B. Evrardii (rhizome
pendant, appareil radiculaire « en araignée » à la base du pseudobulbe).
Ce sont B. anguslifolium Bl. et B. parvilabium Schlecht.
Espèce dédiée à J. Boulbet, planteur et ethnologue de Bao-Lôc.
Bulbophyllum Luanii Tixier in Guillaumin, Bull. Mus. 36, 3 : 396
(1964).
Rhizome de 3 mm de diamètre.
Pseudobulbes distants d’environ 5 cm, piriformes, hauts de 2 cm
sur 1 cm à la base, chagrinés, vert jaune.
Feuille unique, oblongue, légèrement émarginée, atténuée en un
court pétiole, longue de 13 cm, large de 1,5 cm.
Source : MNHI'J, Paris
— 455 —
15mm
PI. 4. — B. Luanii: 1, vue générale, 2, fleur; 3, lleur vue de face; 4, pièces du périanthe
de gauche à droite sépale supérieur, sépale latéral, pétale; 5, colonne et labelle.
Inflorescence naissant à la base du pseudobulbe de l’année précédente,
haute d’une vingtaine de cm, engainée à la base, ensuite munie de bractées
linéaires, stériles, puis florifères; bractées longues de 5 mm aiguës; fleurs
peu nombreuses, de 15 mm de long. Pédicelle floral, long de 15 mm, sépale
dorsal ovale-acuminé, en casque, long de 11 mm, large de 5 à 3 nervures;
sépales latéraux allongés, acuminés, de 16 mm sur 4 mm, à 3 nervures.
Pétales triangulaires, de 2 mm de long sur 1,5 mm de large, trinerves.
Labelle linguiforme, long de 2 mm, de section triangulaire, les trois angles
marqués par un bourrelet. Colonne de 2 mm de long, stélidies réduites à
deux petites pointes, anthère à opercule suborbiculaire, convexe.
Source : MNHN, Paris
— 456 —
Coloration : fleurs jaune vert, les nervures pourpres, colonne jaune
vif, labelle brun sale, jaune d’or à l’extrémité.
Floraison : fin avril.
Type : région de Dalat, introduit dans serres du Muséum de Paris
sous le n° 22 /60 Tixier.
Nous avons rapproché cette espèce de B. sp. G. T. n° 3077 décrite
par Seidenfaden et Smitinand dont il diffère par les stélidies, la couleur
et la forme des pièces florales.
Étant donné la différence de longueur entre le sépale supérieur et les
sépales latéraux on pourrait rapprocher cette espèce du sous-genre Cirrho-
pelalum.
Espèce dédiée au R. P. Cao Van Luan, Fondateur et recteur de
l’Université de Hué.
Bibliographie
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pl. VI, I.
1932. — Gagnepain F. & Guillaumin A. — Orchidées in Lecomte, Flore Générale
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1964. — Guillaumin A. — Plantes nouvelles rares ou critiques des serres du Muséum
(Notules sur quelques Orchidées d’Indochine). Bull. Mus. 36, 3 : 396.
1957. — Holttum R.E. — A revised flora of Malaya, an illuslrated systématic
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1951. — Schweinfurt Ch. — A strange new Bulbophyllum from Mindanao : Bulbo-
phyllum erosipelalum C. Schweinfurt, nov. sp. — Philip. Orchid. Rev. 3 :
1961. — Seidenfaden G. & Smitinand T. — The Orchids of Thailand, a preliminary
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1905. - Smith J.J. — Orchideen von Java, Flora von Buitenzorg, : 425, Leiden.
1958. — Tixier P. — Contribution à l’étude des Orchidées Indochinoises. — 1. Mitose
chez Calanlhe cardioylossa et méiose chez Eria lomenlosa. Ann. Fac. Sci.
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1964. — Tixier P. — Contribution à l’étude des Orchidées Indochinoises. —
III. Récoltes d’Orchidées au Laos. Bull. Soc. .Roy. Sci. Nat. Laos, 91
25-33.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE CYTO-TAXINOMIQUE
DES MALPIGHIACÉES
par Michelle Fouet 1
Résumé : Sur les onze nombres chromosomiques qui ont été déterminés, six
sont nouveaux, et deux confirment des résultats déjà établis par d'autres auteurs.
Chacun des sept genres examinés a pu être caractérisé par un type de structure nucléaire
remarquable. Les espèces étudiées, appartenant à quatre des tribus (deux dans chaque
sous-famille) reconnues par Niedenzu, constituent un assez bon échantillonnage, et
permettent de montrer qu’il existe une unité de la famille sur le plan de la caryologie.
Deux schémas évolutifs parallèles peuvent être proposés comme hypothèse de travail;
l'un repose sur une évolution probable des structures nucléaires, l'autre sur une étude
des nombres chromosomiques de base. Aucun d’eux n’est en contradiction avec les sys¬
tèmes taxinomiques proposés, soit par les morphologistes, soit par les biogéographes.
I.'existence de chromosomes ayant des dimensions exceptionnelles chez des Dico¬
tylédones arborescentes, liée à des structures nucléaires comparables à celles des Gym¬
nospermes, suggère que la famille doit avoir une origine très ancienne.
La famille des Malpighiacées réunit environ un millier d’espèces,
appartenant à une soixantaine de genres, réparties dans une aire circum-
terrestre discontinue s'étendant sur le Nouveau et sur l’Ancien Continent
à l’exclusion de l’Europe (PI. 1, carte n° 1). Elle tient une place importante
dans la végétation intertropicale, car les Malpighiacées sont avant tout
des plantes des régions chaudes du globe, montrant une grande tolérance
à l'égard des facteurs écologiques. Elles sont toujours des plantes ligneuses,
très souvent des lianes (plus de 500 espèces), mais aussi des arbres ou
arbustes non lianoïdes, plus rarement des arbrisseaux. Les caractères
de leurs fruits, très variables, apportent de précieux éléments de comparai¬
son et permettent à Niedenzu (1928) de répartir les soixante genres de
la famille entre deux sous-familles. L’une, à fruits ailés (samares), les
Ptérygophorées, est distribuée dans la totalité de l’aire, mais sur les 41
genres qui la composent, 25 sont exclusivement américains. L’autre à
fruits aptères (drupes), les Aptérygiées, est spéciale au Nouveau Monde.
Dès 1843, A. de Jussieu, estime que « le Brésil paraît être la véritable
patrie des Malpighiacées tant elles se font remarquer, par leur nombre
et leur variété, sur ce point de la terre plus que sur tout autre ».
1. Laboratoire de Biologie Végétale Appliquée du Muséum National d'Histoirc
Naturelle, Paris, France.
Source : MNHN, Paris
— 458 —
D’après J. Arènes, l’origine américaine des Malpighiacées se trouve
confirmée lorsqu’on se place au point de vue paléobotanique. En effet,
cet auteur suggère que le « peuplement en Malpighiacées des régions tro¬
picales et subtropicales, où elles sont actuellement répandues, s’est effec¬
tué à partir d’un centre de dispersion primitif correspondant à l’Amérique
tropicale, par des lignées africano-brésiliennes ». Cemèmeauteuradmetque
les souches angiospermes des Malpighiacées actuelles remontent au Cré¬
tacé, Eocrétacé ou Mésocrétacé. Il pense « qu’elles ont engendré, dès le
Secondaire, des séries phylétiques qui se sont développées en rameaux
nombreux auxquels on doit la multiplicité et la diversité des races peu¬
plant aujourd’hui l’Amérique du Sud ». Ainsi certaines de ces séries se
seraient répandues en Amérique Centrale et en Amérique du Nord,
d’autre probablement en Afrique, dès le Crétacé supérieur; certaines
auraient pu atteindre l’Europe dès l’Eonummulitique, mais elles y auraient
complètement disparu à la fin du Pliocène. Le continent africain aurait
joué le rôle d’un centre de dispersion secondaire, les migrations auraient
progressé vers l’Arabie, Madagascar, l’Inde, l’Indo-Malaisie et l’Australie.
Que l’on accepte ou non les vues d’ARÈNES, qui imagine l’existence
de courants migrateurs sur une « Gondwanie », actuellement considérée
par beaucoup d’auteurs comme très hypothétique, et quels que soient
les chemins qu’elles ont suivis, les migrations initiales des Malpighiacées,
dont dépend pour une large part leur distribution moderne, sont préter¬
tiaires. Parmi les Angiospermes, cette famille apparaît comme un élément
très ancien de la Flore tropicale.
Le nombre des genres et des espèces de cette famille est donc consi¬
dérable, or les travaux caryologiques concernant les Malpighiacées sont
fort peu nombreux : vingt espèces seulement ont fait l’objet d’un dénom¬
brement chromosomique. A notre connaissance, aucun auteur n’a décrit
à ce jour la structure nucléaire et les différentes phases de la mitose.
Baldwin, en 1946, détermine chez le Banisleria caapi. le nombre
diploïde 2/i = 20, et note que les chromosomes possèdent des constric-
tions médianes ou sub-médianes. Riley et Hoff, en 1961, proposent
2 n = 20 chez le Triaspis Nelsonii. Au cours du Colloque sur la Caryo-
systématique et la Taxinomie expérimentale tenu à Paris en 1962, S. et
G. Mangenot présentent les dénombrements qu’ils ont effectués chez
4 espèces appartenant à la sous-famille des Ptérygophorées :
Triaspis odorala, 2 n = 20; Acridocarpus longifolius , 2 n = 18;
A. smealhmannii , 2 n = 18 et lleleroplerys leona, 2 n =20. Ils proposent
comme nombres de base : x = 9 et x = 10. Considérant les Malpighiacées
comme des « taxa réfractaires à la polyploïdie » et soulignant l’origine
très ancienne de cette famille, ils admettent que x = 9 et x = 10 sont
des nombres de base « originels ».
La même année, Nanda estime que 2 n = 24 chez le Thryallis glauca,
2 n = 20 chez les Malpighia cubensis et Byrsonima crassifolia, tandis
Source : MNHN, Paris
— 459 —
que Gajapathy indique 2 n = 20 chez le Malpighia coccigera. En 1963,
Raman et Kesavan ont publié les nombres suivants 2 n = 18, 2 n = 20,
2 n = 24, déterminés respectivement chez les Trislellateia auslralis,
Malpighia punicifolia, Galphitnia nilida. Enfin Pai., en 1964, se contente
de donner sans aucun commentaire les nombres haploïdes des Iliplage
madablola (n = 29), Banisleria laevifolia (n = 20) Sligmaphyllon cilialum,
S. lacunosum, S. periplocaefolium (n = 10), Thryallis glauca (n = 12),
Malpighia coccigera (n = 10) et M. glabra (n = 20).
Ces différents auteurs n’ont donc fait que des dénombrements chro¬
mosomiques. C’est pourquoi il nous a paru utile d’entreprendre l’étude
des différents types de noyaux rencontrés dans cette famille, ainsi que
l’étude du déroulement des divers cycles mitotiques. De plus nous avons
pensé qu’il serait intéressant de préciser s’il existait un rapport entre la
position systématique des espèces et la structure de leurs noyaux, le
nombre et l’aspect de leurs chromosomes, d'autant plus que la position
systématique des Malpighiacées paraît avoir soulevé de nombreux pro¬
blèmes. Il nous semble bon de signaler que, quel que soit le rang que leur
attribuent les différents auteurs, ces plantes demeurent toujours isolées,
quelque peu à l’écart, qu’ils les placent parmi les Géraniales ou les Rutales;
Hutchinson estime même nécessaire de créer pour elles un ordre des
Malpighiales.
TECHNIQUES
Nous avons utilisé des méristèmes radiculaires et des boutons floraux
prélevés sur des plantes cultivées dans les serres du Muséum National
d’Histoire Naturelle (Paris).
Les fixateurs employés furent le liquide de Navaschin modifié par
Karpechenko, ainsi que le liquide de Helly.
Après déshydratation et inclusion dans la paraffine suivant les
méthodes classiques, les méristèmes et les boutons floraux ont été coupés
à 6 [i. Les colorations ont été réalisées selon la méthode de Feulgen,
complétée par une post-coloration au Vert Lumière.
Cependant, chez les espèces où les dénombrements chromosomiques
se sont révélés difficiles, en raison du pelotonnement des chromosomes
dans plusieurs plans superposés, nous avons préféré avoir recours à la
technique de Warmke, (St. Tech., 1941, 16 :9-12) qui permet de mettre
les chromosomes dans un même plan lors de la métaphase. Mais, en raison
de la grande fragilité des méristèmes, il nous a paru souhaitable de limiter
le temps d’hydrolyse à 25 ou 30 minutes, ce qui est plus favorable à l’éta¬
lement des chromosomes dans un même plan au cours de l’écrasement
ménagé des coupes.
La technique des frottis, précédée d’un Feulgen in lolo, a donné des
résultats toujours décevants. Si elle permet l’isolement des cellules, elle
ne favorise pas pour autant l’étalement correct des chromosomes dans le
plan équatorial; elle nous est apparue beaucoup trop brutale, aboutissant
à des fragmentations des longs chromosomes caractéristiques des Malpi-
Source : MNHN, Paris
— 460 —
ghiacées, par coupure en leurs points de moindre résistance, parfois même
à des dissociations des chromatides.
RECHERCHES PERSONNELLES
Nous exposerons les résultats de nos observations caryologiques en
ne suivant pas un ordre taxinomique défini, fondé sur les seuls caractères
morphologiques, mais en nous appuyant sur les différents types nucléaires
qu’il est possible de reconnaître d’après ceux définis par Cécile Delay
(1946-1948), c’est-à-dire en tenant compte à la fois de l’absence ou de la
présence d’un réseau chromatique et de chromocentres, qui paraissent
d’ailleurs, n’avoir pas tous la même valeur. Par contre, les dessins illus¬
trant nos recherches sont groupés par affinité systématique pour permettre
une éventuelle comparaison.
Pour définir ces types nucléaires nous choisirons le noyau interpha-
sique; le noyau quiescent, qui ne se divisera normalement plus, paraît
en elïet moins caractéristique, remarque que nous essaierons de préciser.
I. NOYAUX ARÉTICULÉS
1» A CHROMOCENTRES MONOVALENTS : Aspidopterys nutans.
1. Noyau interphasique (PI. 1, fig. 2)
D’un diamètre égal généralement à 5 g, les noyaux interphasiques
observés dans la zone méristématique sont de petite taille; ils présentent
un nucléode relativement volumineux atteignant 2,7 à 3 n qui montre une
zone subcentrale plus claire très réfringente, sorte de point brillant. La
faible coloration de ce noyau est frappante, le fond nucléaire apparaît
totalement incolore, optiquement vide, à l’exception peut-être d’une infime
zone très légèrement rosée qui longe et souligne la membrane nucléaire.
Cette faible chromaticité d’ensemble doit être due à l’absence de tout
filament, car aucun réseau n’est observable. La légère ombre rose en bor¬
dure de la membrane nucléaire ne semble pas devoir être attribuée à un
réticulum, aussi restreint soit-il; nous l’interpréterons plutôt comme une
figure de coagulation de l’enchylème, puisque l’ensemble du caryo-
plasme se montre homogène.
Petites, mesurant 0,3 g, très colorables et bien localisées, des granula¬
tions ovoïdes ou sphériques, compactes et à contours bien délimités, tran¬
chent sur cet ensemble pâle et grisâtre : ce sont des chromocentres. On en
remarque une douzaine en général, appliqués contre la membrane nuclé¬
aire ou au voisinage de celle-ci, parfois près du nucléode, quelquefois
dans la cavité nucléaire. Leur nombre paraît être inférieur à celui des chro¬
mosomes comptés en métaphase, cependant certains d’entre eux ont pu
être éliminés lors de la réalisation des coupes.
Source : MNHI'J, Paris
1*1. 1. — 1, Répartition mondiale des Malpighiocées vivantes et fossiles. — Aspidopterys nulans :
2, noyau interphasique; 3, noyau quiescent; 4, début de prophase; 5, métaphase 2n = 20.
-— Hiplage Madablola : 6, noyau interphasique; 7, noyau quiescent; 8, métaphase 2n = 54.
Source : MNHN, Paris
— 462 —
2. Noyau quiescent (PI. 1, fig. 3)
De même aspect, il est plus petit; son diamètre est de 4,5 [a. Le
nucléole est moins volumineux, atteignant environ 1 jx et ne montre plus
de point central brillant. Le caryoplasme reste clair, mais présente une
teinte rosée plus uniforme; l’ombre rose pâle, localisée sur le pourtour du
noyau, paraît avoir envahi la caryolymphe tout en atténuant encore
sa coloration pourtant déjà fort terne. On ne peut plus compter que 5 ou
6 chromocentres mais ils sont relativement plus gros, mesurant jusqu'à
0,6g. Peut-être y a -t-il eu fusion de chromocentres entre eux. Leur
forme est toujours ovoïde, sphérique, leur chromaticité intense.
L’organisation nucléaire de cette espèce permet de dire que nous
avons là des noyaux à chromocentres simples ou monovalents.
3. Prophase (PI. 1, fig. 4)
Le début de ce stade est marqué par un gonflement du noyau, tandis
que la zone rose pâle en bordure de la membrane pâlit, se décolore et dis¬
paraît; le fond nucléaire devient totalement homogène. Le diamètre du
noyau atteint environ 7 g, le nucléole paraît de même plus grand et uni¬
formément grisé après mise en œuvre de la réaction de Feulgen. Les chro¬
mocentres se dilatent aussi et apparaissent comme de gros globules au
voisinage de la membrane nucléaire. Ils s’allongent, s’étirent; leurs con¬
tours perdent de leur netteté. C’est le début de la déspiralisation qui nous
montre des filaments grêles, courts mais sinueux, très faiblement chroma¬
tiques prolongeant les chromocentres.
Ces images sont classiques, dans les noyaux aréticulés. Les chromo¬
centres et leurs prolongements dessinent des figures rappelant des « co¬
mètes » qui basculent et se dirigent vers le nucléole, comme si celui-ci
exerçait une attraction.
Après ce stade « comète », on assiste à l’individualisation des chro¬
mosomes par chromatinisation des prolongements peu colorés. Les chro¬
mosomes ont alors une forme arquée, en virgule, ils sont plus longs que
ceux observables en métaphase, mais ils restent relativement trapus,
ce ne sont jamais de longs rubans qui emplissent l’ensemble de la cavité
nucléaire. La membrane nucléaire s’estompe, elle semble disparaître
avant le nucléole.
Après un mouvement d’approche, plus accentué encore, vers le
nucléole, les futurs chromosomes métaphasiques sont à peu près tous
visibles; nous pourrions presque les dénombrer avec relativement peu
d’incertitude. Bien que très proches les uns des autres, ils demeurent
cependant très distincts, ils possèdent une forme d’arceau et paraissent
groupés dans le voisinage immédiat du nucléole. N’étant plus dispersés
dans l’ensemble du noyau, ils occupent un volume plus précis et plus
restreint. Aussi, a-t-on plus de chance de les compter tous dans un même
noyau, peu d’entre eux devant être éliminés au cours de la réalisation
des coupes, remarque que nous n’aurions pu faire jusque-là.
Puis ces chromosomes s’écartent, glissent et, tout en se raccourcis¬
sant, s’étalent dans le plan équatorial pour dessiner la plaque métaphasique.
Source : MNHN, Paris
— 463 —
4. Métaphase (PI. 1, fig. 5)
Vingt petits chromosomes apparaissent largement étalés dans le
plan équatorial. Leur longueur n’est pas uniforme mais varie du simple
au double, leur épaisseur de 0,3 g est constante. On remarque au moins
trois paires de chromosomes mesurant à peine 1 de long, ce sont de
courts bâtonnets incurvés; deux autres paires se distinguent nettement,
ce sont les chromosomes les plus longs, arqués et mesurant 2 n. Ceux d’une
autre paire possèdent une forme d’accent circonflexe dont chaque branche
mesure environ 0,5 g. Les quatre dernières paires sont formées de bâton¬
nets trapus atteignant 1,5 à 1,8 |x. Les plaques métaphasiques que dessi¬
nent ces chromosomes sont petites et rectangulaires.
5. Anaphase
Il est impossible de compter les chromosomes au cours de l’anaphase,
car ils sont beaucoup trop tassés les uns contre les autres. En général les
fibrilles du fuseau achromatique sont bien visibles. La montée des chro¬
mosomes aux pôles de la cellule s’effectue en deux masses compactes,
d’où l’on distingue très bien de longs bras qui émergent (au moins quatre).
Ces bras qui se détachent de l’ensemble nous confirment l’existence de
grands et de petits chromosomes observés durant la métaphase. Les longs
bras doivent appartenir aux chromosomes les plus longs, tandis que les
autres groupés ensemble restent étroitement accolés, ne montrant aucune
structure discernable.
6. Télophase
Après l’ascension polaire, les chromosomes se contractent, les noyaux
sont aplatis, un seul nucléole est visible, la membrane nucléaire se dépose.
Les chromosomes se déspiralisent, et ne figurent plus que sous l’aspect
de granulations chromatiques à l’origine des futurs chromocentres. Les
noyaux s’arrondissent peu à peu, les chromocentres se placent en péri¬
phérie contre la membrane.
2° A CHROMOCENTRES MULTIPLES : LES MALPIGHIA.
Les trois espèces de Malpighia observées présentent des analogies
quant à leur structure nucléaire et quant au déroulement de la mitose.
Nous étudierons en détail le Malpighia glabra , puis nous indiquerons
pour les M. coccigera et M. urens les différences qu’il convient de signaler.
a) Malpighia glabra.
1. Noyau interphasiçue (PI. 2, fig. 3)
Sur un fond nucléaire plus ou moins grumeleux, très légèrement
rosé après mise en œuvre de la réaction de Feulgen, se remarquent de
multiples chromocentres situés dans plusieurs plans superposés. Ces
chromocentres, en nombre très supérieur à celui des chromosomes méta¬
phasiques, paraissent indépendants les uns des autres, car aucune struc-
Source : MNHI'J, Paris
— 464 —
ture filamenteuse appartenant à un réseau, aussi ténu soit-il, n’est déce¬
lable.
La forme de ces chromocentres est peu définie, certains sont sphé¬
riques, d’autres ovoïdes, parfois même bosselés, leur contour est fréquem¬
ment flou, leur taille comprise entre 0,30 [x et 0,45 |x.
Dans ce noyau, présentant une large zone périnucléolaire (4,5 jx
à 5,5 jx) optiquement vide, toute la chromatine semble rejetée à la périphé¬
rie de celle-ci. En effet, nous constatons une densité plus grande en chro¬
mocentres, accumulés sans ordre apparent sur le pourtour de la cavité
nucléaire. Toutefois ce n’est peut-être qu’un artéfact dû au fixateur?
Le nucléole est toujours bien visible, il est unique et volumineux
(3,6 pt), représentant sensiblement la moitié du volume nucléaire. De temps
en temps nous observons un ou deux chromocentres paranucléolaires.
Il ne semble pas devoir exister de relation entre le nucléole et ces chromo¬
centres, car, ceux-ci ne montrent pas d’évolution particulière au cours
du cycle mitotique. Le grand nombre de chromocentres, l’absence de tout
filament chromatique, nous permettent de penser que nous sommes en
présence d’une structure aréliculée à chromocentres multiples.
2. Noyau quiescent (PI. 2, fig. 2)
Les noyaux quiescents, observés au niveau de la coiffe, sont plus petits
que les noyaux interphasiques (environ 6,5 jx pour 7 jx à 8 (x). Le degré
de chromaticité paraît équivalent à celui des noyaux en interphase, la
structure nucléaire s’accentue.
Les chromocentres présentent le même aspect, mais ils sont répartis
uniformément dans la cavité nucléaire et non plus en périphérie. La zone
périnucléolaire est réduite ou absente, le nucléole nettement plus petit
(1,8 ,x).
3. Prophase (PI. 2, fig. 4)
Le début de la prophase se caractérise par une dilatation restreinte
du noyau, tandis que le fond nucléaire devient franchement granuleux.
De nouveaux chromocentres, invisibles jusque là, apparaissent; ils se
résolvent en fins granules qui tendent à envahir la cavité nucléaire dans
son ensemble. Ces granules se placent les uns à côté des autres; ils semblent
confluer pour s’intégrer en minces filaments, tandis que le noyau se dilate.
Cette dilatation se poursuit, le fond nucléaire s’éclaircit fortement pour
devenir totalement incolore, dans le même temps les grêles filaments se
précisent. Ils s’épaississent, paraissent plus chromatiques. Quand
la membrane nucléaire s’estompe, le noyau est strié de très longs
rubans lâches et flexueux. Le nucléole, dont l’augmentation est propor¬
tionnelle à celle du noyau, persiste encore, il ne doit disparaître que tardi¬
vement.
A ce stade, les rubans diminuent de longueur, ils se contractent en
augmentant d’épaisseur, ils se raccourcissent et se colorent uniformément,
ils préfigurent les chromosomes métaphasiques.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHI'J, Paris
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4. Métaphase (PI. 2, fig. 1)
En métaphase on peut compter 20 chromosomes largement étalés
dans le plan équatorial, disposant donc d’une place suffisante. Ces chro¬
mosomes ont des dimensions qui oscillent entre 2,5 p et 4 p. Ils présentent
une forme caractéristique, ce qui nous a conduit à reconnaître :
— les trois paires a, b, d, constituées par des bâtonnets incurvés,
d’environ 4 p, ce sont les plus longs;
— les trois paires f, h, j, remarquables par leurs chromosomes en V
dont les bras égaux mesurent 1,5 p;
—- la paire c distincte par l’aspect grossièrement en S de ses consti¬
tuants longs de 3 p;
— les paires e et i, aux chromosomes hétérobrachiaux ; lorsque leur
petit bras est très réduit, ils prennent l’aspect d’un crochet dont la taille
dépasse 3 p;
— la paire g groupant 2 bâtonnets qui ne dépassent pas 2,5 p.
5. Anaphase et Télophase
A l’anaphase, les chromosomes gagnent les pôles en deux masses
étalées en éventail.
Les noyaux télophasiques en forme d’olive semblent vacuolisés.
On remarque des travées chromatiques courbes disposées dans le sens
de la petite largeur, qui alternent avec des plages plus claires, rosâtres.
Un ou deux nucléoles sont fréquemment visibles. Les noyaux s’arron¬
dissent, le centre se décolore tandis que les extrémités équatoriales des
travées chromatiques se fragmentent en granules fortement colorés.
b) Malpighia coccigera.
1. Noyau interphasique (PI. 2, fig. 7)
Les noyaux interphasiques possèdent une structure identique à celle
que nous avons décrite chez le Malpighia glabra, mais ils sont légèrement
plus petits, ne mesurant que 6 p de diamètre.
2. Noyau quiescent (PI. 2, fig. 6)
Les noyaux quiescents présentent quelques différences avec les
noyaux interphasiques. Leur taille est petite, elle atteint à peine 5,5 p.
La zone de caryoplasme clair entourant un petit nucléole (1,3 p), souvent
excentrique, est réduite ou absente.
Le degré de chromaticité semble plus faible que celui observé chez
le M. glabra. De multiples chromocentres occupent cette fois l’ensemble
de l’espace nucléaire. Ils sont tous sensiblement de même taille, ovoïdes
ou sphériques, mesurant à peine 0,2 p, donc relativement petits. Ils sont
en nombre supérieur à celui des chromosomes que nous observerons lors
de la métaphase. Ces chromocentres sont répartis au hasard, ils tranchent
nettement par leur coloration plus intense sur le fond nucléaire rosâtre,
d’aspect grumeleux, non homogène, qui suggère la présence possible de
très fins tractus, reliant peut-être les chromocentres entre eux. Ces fins
Source : MNHI'J, Paris
— 467 —
tractus se devinent à peine, étant à la limite de la visibilité, peut-êlre
sommes-nous en présence d’un très léger réseau? Toutefois, il ne serait
pas impossible que ces pseudotractus ne soient que des figures de coagu¬
lation de l’enchylème, dans ce cas nous pourrions définir la structure
nucléaire comme une structure aréticulée typique.
3. Prophase (PI. 2, fig. 8)
Le début de la prophase est remarquable par l’aspect franchement
grumeleux qu’acquiert le noyau. Nous constatons une augmentation géné¬
rale de la chromaticité, une dilatation nucléaire et nucléolaire, tandis
que le fond nucléaire devient incolore, sauf à la périphérie contre la mem¬
brane estompée où nous remarquons une légère coloration rosée.
L’aspect grumeleux du noyau doit être dû aux chromocentres dont
l’évolution est toute particulière. Ils semblent s’aligner les uns à la suite
des autres par petits groupes. Leur orientation n’est pas régulièrement
linéaire, mais peut-être incurvée. Puis ils se gonflent, se déforment,
perdent leur allure de grains, car la chromatine doit se résoudre en gru¬
meaux aux contours assez flous avant de s’étirer en filaments.
4. Métaphase (PI. 2, fig. 5)
Les plaques équatoriales nous ont permis le dénombrement de 20 chro¬
mosomes, ayant une forme plus trapue que celle des chromosomes décrits
chez le M. glabra, mais ayant une longueur équivalente.
5. Anaphase et Télophase
Ces stades n’offrent rien de particulier.
c) Malpighia urens.
Avec le Malpighia urens nous arrivons au terme de l’évolution cons¬
tatée dans le genre Malpighia.
1. Noyau interphasique (PI. 2, fig. 10)
Les noyaux interphasiques sont nettement plus grands que ceux
des deux espèces précédentes, ils mesurent de 9 ja à 11 n; ce sont eux qui
possèdent le plus fort degré de chromaticité parmi les Malpighia. Le fond
nucléaire rosé met en valeur les chromocentres multiples qui apparaissent
sous forme de menus granules très chromophiles, très proches les uns des
autres, de telle sorte qu’il est impossible de les dénombrer, et qui confèrent
au noyau un aspect franchement granuleux. Le nombre des nucléoles
est variable, parfois nous en remarquons un seul, volumineux (4 n),
présentant soit plusieurs points brillants, soit une zone centrale claire
et réfringente; d’autre fois 2, 3 ou 4 nucléoles sont visibles, mais ils sont
de taille plus petite.
2. Noyau quiescent (PI. 2, fig. 9)
Ils sont remarquables par le nombre et l’aspect de leurs chromo¬
centres qui acquièrent un grand développement. En effet, les chromo-
Source : MNHI'J, Paris
— 468 —
centres totalement distincts les uns des autres, uniformément colorés,
possèdent véritablement une allure de gros grains. Ils sont répartis dans
plusieurs plans superposés, certains sont tout à fait sphériques, mesurant
0,5 n à 0,6 [x, d’autres sont plus allongés, ovales, d’environ 0,9 }*. Bien
que coloré, le fond nucléaire possède une apparence homogène, aucune
structure filamenteuse ne laisse deviner les mailles d’un réseau.
3. Prophase (PI. 2, fig. 13)
Dès que le noyau entre en prophase, il gonfle légèrement, les chromo¬
centres s’écartent, envahissent la totalité de la cavité nucléaire, paraissent
encore plus nombreux et semblent s’orienter en files de granules. En
même temps que s’effectue cette organisation linéaire, ces granules perdent
de leur netteté, se déforment, se boursouflent, commencent à se déspira-
liser. La dilatation nucléaire se poursuit, la déspiralisation s’accentue
faisant apparaître, entre les granules disposés en files, des courts filaments
dont la chromaticité augmente et qui montrent sur leur parcours des
épaississements irréguliers. 11 est fréquent d’observer encore à ce stade
plusieurs nucléoles. Ceux-ci paraissent exercer une sorte d’attraction
sur les éléments chromatiques qui semblent se diriger vers eux. Seules les
extrémités de ces filaments se montrent fortement colorées et se présentent
sous la forme de grains très chromatiques. Cette remarque suggère que
les chromocentres, placés aux extrémités des files de granules caracté¬
ristiques du début de la prophase, se déspiralisent les derniers, tandis
que les chromocentres intermédiaires se résolvent plus rapidement en
filaments.
Les rubans chromatiques se dessinent plus nettement par déspira¬
lisation complète de leurs extrémités. Ils s’allongent, s’épaississent, leur
chromaticité s’accroît uniformément, tandis que le noyau, en continuelle
dilatation, montre des images « d’haltère ou de trèfle » de l’appareil nucléo-
laire. Ces images sont peut-être dues à des phénomènes de confluence
nucléolaire. L’élaboration des rubans prophasiques semble longue et
délicate, la déspiralisation laborieuse, mais une fois ces rubans chroma¬
tiques achevés l’évolution paraît être plus rapide. Quand les noyaux ont
à peu près doublé de volume, les chromosomes disposent d’une place
suffisante pour dessiner la plaque équatoriale. La membrane nucléaire
s’estompe brusquement, mais l’appareil nucléolaire persiste longuement,
il n’est pas rare de l'observer encore au début de la métaphase.
4. Métaphase (PI. 2, fig. 11)
Les plaques équatoriales nous ont permis de dénombrer 56 chromo¬
somes. Légèrement plus grêles que ceux observés chez les M. glabra et
M. coccigera, leur longueur est du même ordre, comprise entre 2 n pour
les plus petits et 4,5 [a pour les plus grands. Ils ont une forme de bâtonnet
plus ou moins incurvé, certains celle d’un « V » aux branches plus ou
moins ouvertes d’égales dimensions. On en remarque quelques-uns ayant
l’aspect d’un crochet.
Source : MNHN, Paris
— 469 —
5. Anaphase et Télophase (PI. 2, fig. 12 et 14)
Les chromosomes gagnent les pôles en deux masses compactes. La
membrane nucléaire se reforme, ceinturant un noyau fils elliptique. Plu¬
sieurs nucléoles sont visibles. La déchromatinisation s’effectue et produit
de multiples grains qui se placent à la périphérie, ou forment des travées
qui partagent le noyau en compartiments isolant chacun un nucléole.
Si nous comparons les trois espèces de Malpighia observées, plusieurs
remarques semblent devoir être soulignées :
La structure nucléaire assez homogène, montre des variations de
détail, mais apparente ces trois espèces aux noyaux aréliculés à multiples
chromocenlres.
La présence de chromocentres est en effet constante; leur nombre
est toujours très nettement supérieur à celui des chromosomes métapha-
siques, bien que leur dénombrement s’avère impossible.
Par ailleurs on remarque une augmentation de la taille des noyaux
interphasiques, corrélative d’une augmentation de la chromaticité ;
accompagnée d’une augmentation parallèle du nombre des chromosomes.
Enfin tandis que le diamètre nucléaire augmente, la taille des chro¬
mocentres s’accroît de 0,2 jx à 0,3 (x et à 0,6 n, parfois même à 0,9 [x.
II. NOYAUX SEMI-RÉTICULÉS
1» A CHROMOCENTRES SIMPLES : Byrsonima crassifolia
1. Noyau interphasique. (PI. 3, fig. 1)
Les cellules méristématiques contiennent des noyaux interphasiques
qui présentent un diamètre compris entre 7 et 8 g et montrent une zone
claire périnucléolaire d’environ 6 g, repoussant le réticulum à la périphérie.
Cette zone n’est peut-être qu’un artéfact dû à l’action du fixateur, car en
variant la mise au point, le réseau réapparaît dans un plan plus profond.
L’unique nucléole mesure 3, 5 à 4 (x. Le réseau est mieux individua¬
lisé, la coloration d’ensemble est nettement plus accentuée que celle
observable dans les noyaux quiescents, bien que la chromaticité reste
légère, si l’on compare avec les autres genres de la famille, à l’exception de
Aspidoplerys nulans. Des chromocentres tranchent par leur coloration
plus vive, certains ont une forme de grain, d’autres se prolongent par de
fins tractus, leur taille est comprise entre 0,3 g et 0,5 ix pour le plus gros.
2. Noyau quiescent (PI. 3, fig. 2)
Les cellules de la coiffe montrent des noyaux quiescents de taille
comprise entre 6 |x et 7jx, dont la chromaticité d’ensemble, à peine rose,
est faible en comparaison de celle rencontrée dans les noyaux des autres
genres.
Une petite auréole d’environ 3 n entoure un nucléole unique mesu¬
rant à peine 1,8 |x. Ce nucléole est toujours bien visible est souvent excen-
Source : MNHI'J, Paris
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Source : MNHN, Paris
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trique. Le fond nucléaire est très légèrement rosé, les noyaux sont dotés
d’un réseau extrêmement grêle, aux mailles lâches et fines. En diaphrag¬
mant légèrement on devine des petits points plus chromatiques, peut-être
correspondent-ils à des anastomoses ou à la superposition des filaments du
réseau. L’enchylème est structuré, puisque le noyau contient de fins fila¬
ments, difficilement visibles, mais toutefois un peu plus colorables que
le fond nucléaire. Il semble que nous soyons en présence d’une structure
semi-réticulée typique.
Échelonnés contre la membrane nucléaire qui dessine une ligne con¬
tinue parfaitement nette de coloration rosâtre, ou parsemés sur le réti¬
culum, se remarquent des chromocentres, de forme variable, irrégulière,
et de taille fort discrète, puisqu’ils mesurent à peine un tiers de p. Ces
chromocentres sont toujours en nombre inférieur ou à peine égal à celui
des chromosomes qui apparaîtront en métaphase. Étant donné la colo¬
ration d’ensemble, très pâle, les chromocentres par contre semblent forte¬
ment chromatiques.
3. Prophase (PI. 3, fig. 3 et 4)
Le gonflement nucléaire que l’on observe souvent en prophase est
ici fort restreint; les noyaux prophasiques ne dépassent jamais 8,5 p
de diamètre. On remarque, au début de ce stade, un éclaircissement de la
cavité nucléaire, provoqué par la disparition des grêles filaments du réseau
ainsi que de leurs intersections, tandis qu’au contraire les chromocentres
se groupent, confluent en amas chromatiques pouvant mesurer plus d’un
micron de large.
Le réseau s'estompe donc en faveur des chromocentres qui appa¬
raissent sous forme de plages chromatiques de coloration intense, mais aux
contours flous et peu précis, d’où s’échappent de fins tractus.
Ceux-ci doivent relier les masses chromatiques au vestige du réseau,
caries volumineux chromocentres, qui viennent de se former, ne semblent
pas simplement posés sur le réticulum en voie de disparition, mais donnent
l’impression de paquets de chromatine suspendus par des filaments.
Tandis que le noyau se gonfle légèrement, le fond nucléaire devient homo¬
gène, très clair, le nucléole de moins en moins visible et les gros chromo¬
centres se scindent en grains chromatiques reliés par d’épais rubans faible¬
ment colorés. Ces rubans se chromatinisent peu à peu, se raccourcissent
pour devenir les chromosomes définitifs. A ce stade la membrane nucléaire
disparaît, le noyau entre en métaphase.
4. Métaphase (PI. 3, fig. 5)
Les chromosomes semblent disposer d’une place suffisante car ils
s’étalent largement sur le plan équatorial. Les dénombrements sont rela¬
tivement simples du fait de l’absence d’agglutination, de chevauchement
des chromosomes observés si fréquemment chez les Malpighiacées. Des
gommes ou peut-être des résines masquent souvent les plaques équatoriales
et atténuent la visibilité, mais les 24 chromosomes apparaissent toujours
suffisamment distincts les uns des autres pour permettre des dénombre-
Source : MNHN, Paris
— 472 —
ments précis. Ces 24 chromosomes ont soit une forme de bâtonnet, soit
une forme arquée, ils mesurent 1,5 (x pour les plus petits. Certains ont
l’aspect d’un « V » isobrachial, largement ouvert d’environ 2 |x. Les plus
longs atteignent 2,5 (x, ce sont également des bâtonnets; deux d’entre eux
possèdent un satellite.
Ces 24 chromosomes, de taille comprise entre 1,5 (x et 2,5 (x et d’une
épaisseur constante de 0,4 jx, figurent parmi les plus petits que nous ayons
observés chez les Malpighiacées.
5. Anaphase et Télophase.
L’anaphase n’offre rien de particulier.
En télophase la chromaticité des chromosomes diminue à partir de
l’extrémité la plus proche du plan équatorial. Les noyaux, encore très
aplatis, s’arrondissent peu à peu, montrent des chromocentres qui se
portent à la périphérie contre la membrane nucléaire reformée. Un nucléole
unique s’individualise dans chaque noyau-fils ainsi reconstitué .
2» A CHROMOCENTRES COMPOSÉS : Banisteria argentea
1. Noyau interphasique (PI. 4, fig. 1).
Des fixations effectuées au printemps nous ont montré la zone
méristématique en pleine activité. Les noyaux interphasiques, d’environ
9 (x de diamètre, présentent un réseau fin et des chromocentres; l’impor¬
tance respective de ces deux constituants nucléaires est susceptible de
variations. De ce fait, lorsque l’on observe l’ensemble d’une coupe, un
certain polymorphisme se manifeste. Les chromocentres de localisation
variée, plus ou moins intensément colorés, ne se présentent pas sous l’aspect
d’amas compacts, mais suggèrent plutôt un ensemble de filaments entre¬
mêlés. Un halo restreint souligne un petit nucléole de 2,7 (x de diamètre
moyen. Ce nucléole est toujours bien distinct, légèrement excentrique,
même lorsqu’un chromocentre tend à le masquer partiellement.
2. Noyau quiescent (PI. 4, fig. 2)
A l’automne, une seconde série de fixations, nous a permis unique¬
ment l’observation des noyaux quiescents, l’ensemble de la zone méris¬
tématique étant alors au repos. Ces noyaux quiescents, tous identiques,
sont relativement petits, ils mesurent environ 4,5 |x de diamètre. La région
centrale du noyau est occupée par un réticulum aux mailles très lâches,
s’opposant ainsi à la périphérie où la répartition de la chromatine est
beaucoup plus dense. En effet, on observe plusieurs amas chromatiques
(4 à 6) localisés contre la membrane, faisant hernie dans la cavité nucléaire;
parfois même ils semblent distendre le noyau et lui faire perdre sa section
circulaire. Ces amas chromatiques ont la valeur de chromocentres compo-
posés, il diffèrent par leur aspect compact, leur contour bien net, leur
coloration intense, uniforme, et par leur localisation, de ceux que nous
avons décrits dans les noyaux interphasiques. Parfois, se détachant du
réseau central, nous remarquons des taches de forme mal définie et irré-
Source : MNHN, Paris
Source : MNHI'J, Paris
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gulière. Ces taches au contour assez flou, mais plus chromatiques que le
fond nucléaire, sont peut-être des « plages réticulées », vestiges des chro¬
mocentres collectifs observés en interphase? Notons que la chromaticité
du noyau est telle que le nucléole n'apparaît pas après mise en œuvre de
la réaction de Feulgen.
Il semble que nous puissions parler à propos du Banisleria argenlea
de noyaux semi-réticulés à chromocentres collectifs ou composés.
3. Prophase (PI. 4, fig. 3)
L’entrée du noyau en prophase est difficile à déterminer. Cependant,
il semble que nous puissions admettre qu’un léger éclaircissement du fond
nucléaire et une convergence d’amas chromatiques vers le nucléole mar¬
quent le début d’un nouveau cycle mitotique. Le noyau se dilate, tandis
que les chromocentres s'individualisent par étirement des chromocentres
collectifs. Ceux-ci, se gonflent, se déforment, s’allongent fortement d’un
côté pour prendre l’aspect de filaments dont la coloration s’intensifie.
4. Métaphase (PI. 4, fig. 4)
Les plaques métaphasiques apparaissent compactes, les chromosomes
étant accolés, agglutinés les uns aux autres. Après un essai d’étalement,
nous avons pu dénombrer 20 chromosomes, ils sont de forme massive,
trapus, d’une épaisseur comprise entre 0,4 et 0,5 g, ils mesurent de 2,5 g
à 5 n de long.
5. Anaphase et Télophase (PI. 4, fig. 5 et 6)
Les anaphases se caractérisent par deux masses fortement chroma¬
tiques gagnant les pôles, de forme grossièrement rectangulaire. Tandis
que la membrane nucléaire se reforme, ceinturant un noyau très aplati,
en olive, les chromosomes se contractent, s’épaississent, ces images nous
montrent le début de la télophase. Le noyau s’arrondit, deux nucléoles
différant de taille sont visibles. Un léger réseau apparaît par déspirali¬
sation, ainsi que les chromocentres dont la confluence aboutira aux taches
de chromatine observées en interphase; le noyau est alors prêt à se diviser
à nouveau.
Il nous a été possible d’étudier les noyaux des cellules différenciées
du parenchyme cortical, noyaux qui ne possèdent plus la faculté de se
diviser. Ces noyaux diffèrent profondément des noyaux quiescents obser¬
vés au niveau de la coiffe, par leur taille plus importante : 6,3 (A à 7 g de
diamètre, par l’aspect des chromocentres et par celui du réseau. Il semble
que le réseau tende à envahir l’ensemble de la cavité nucléaire, en devenant
plus développé et plus précis; tandis que les chromocentres se frag¬
mentent, ne subsistant que sous la forme d’une « croûte » périphérique
très chromatique, qui, bien que mince à certains endroits et boursouflée à
d’autres, ceinture complètement le noyau. Nous constatons donc une
augmentation de l’importance du réseau à mesure que la taille des
chromocentres décroît. Cela nous amène à penser qu’il se produit peut-
être une modification du réticulum et une fragmentation des chromocentres,
Source : MNHN, Paris
— 475 —
accompagnées de phénomènes de déspiralisation plus intenses en rapport
avec la différentiation cellulaire (PI. 4, fig. 7).
III. NOYAUX RÉTICULÉS
Hiptage Madablota.
1. Noyau interphasique (PI. 1, fig. 6)
Les noyaux interphasiques nous montrent un réseau aux mailles
très fines. Ces noyaux, volumineux, mesurent environ 11 g de diamètre
et possèdent une coloration rose intense qui paraît presque homogène
tant les mailles du réticulum sont serrées. Une large zone incolore souligne
un nucléole, d’environ 3,5 pt, plus rarement deux qui, dans ce cas, sont
de taille plus petite et équivalente. Très petits, très grêles, nous remar¬
quons sur le réseau, aux filaments tenus et réguliers, des petits points
très chromophiles. Ils correspondent aux croisements des filaments du
réticulum, leur petitesse ne nous permet pas de les nommer chromo¬
centres.
L’organisation nucléaire nous apparaît nettement filamenteuse
nous sommes, semble-t-il, en présence d’une structure réticulée typique
sans chromocentres.
2. Noyau quiescent (PI. 1, fig. 7)
Les cellules de la coiffe contiennent des noyaux de taille comprise
entre 8 et 9 g; les noyaux quiescents sont donc légèrement plus petits
que les noyaux interphasiques. Le réseau s’étend à l’ensemble de la
cavité nucléaire, ses mailles semblent beaucoup plus lâches. En plus de
leur taille différente, ces noyaux quiescents se distinguent des noyaux
interphasiques par une atténuation générale de la chromaticité. De plus,
la zone périnucléolaire, qui tend à disparaître, entoure un nucléole de
taille réduite (2 g à 2,5 g) et en principe unique.
3. Prophase
Le début de la prophase se caractérise par une forte dilatation
nucléaire. Le réseau pâlit, s’estompe, ses mailles s’élargissent ses fila¬
ments se dilacèrent. Dans le même temps se remarquent des points plus
chromatiques, qui bientôt s'étirent en courtes bandes dont la chromaticité
s’accroît. Puis, vient un stade où nous voyons des rubans qui s’étendent
à peu près dans la moitié du diamètre nucléaire. Ce stade marque peut-
être le milieu de la prophase? Ces rubans sont très flexueux, mais ne strient
pas le noyau de part en part. Après l’individualisation de ces rubans, il
doit vraisemblablement exister des phénomènes de contraction, car ceux-
ci se raccourcissent en accroissant leur épaisseur et en augmentant leur
coloration. La membrane nucléaire disparaît, le nucléole se résorbe et la
prophase s’achève.
Source : MNHI'J, Paris
— 476 —
4. Métaphase (PI. 1, fig. 8)
Bien que répartis dans tout l’espace cellulaire, les chromosomes sont
tassés, accolés les uns aux autres. Leur taille est comprise entre 2 p. pour
les plus petits, et 3 g pour les plus longs. La plupart d’entre eux dessinent
un « V » aux branches égales, plus ou moins ouvertes. Certains sont hété¬
robrachiaux et forment une sorte de crochet. Quelques-uns ont l’aspect
de bâtonnets. Les plaques équatoriales observées nous ont permis de
dénombrer 54 chromosomes.
5. Anaphase et Télophase
Les chromosomes-fils gagnent les deux pôles de la cellule en deux
lots qui se présentent sous l’aspect de barres transversales uniformément
chromatiques. Le fuseau est bien visible, ses fibrilles étant très réfrin¬
gentes.
Arrivés aux pôles ces barres transversales forment deux masses de
coloration intense.
Bientôt la déspiralisation s’efTectue, le réseau se réorganise vite en
même temps que l'appareil nucléolaire et la membrane se reforment.
IV. NOYAUX EURÉTICULÉS
a) Banisteria Riedeliana.
1. Noyau interphasique (PI. 4, fig. 8)
Après la réaction nucléale les noyaux interphasiques sont très forte¬
ment colorés, la substance chromatique est répartie dans l’ensemble de
l’enchylème nucléaire; elle occupe tout l’espace qui lui est offert. Dans
ces volumineux noyaux, mesurant environ 11 à 12 p de diamètre, nous
observons un enchevêtrement très dense de filaments chromatiques. Ces
filaments d’égale épaisseur sur leur parcours dessinent un réseau aux
mailles lâches. Le réseau semble parsemé de petits amas intensément colo¬
rés qui se détachent du fond nucléaire rose pâle. Ceux-ci sont trop grêles
pour que nous puissions les qualifier de chromocentres. Peut-être sont-ils
dus à l’entrecroisement ou à la superposition des filaments du réseau,
responsable d’une petite accumulation carmin foncé. Une zone périnu-
cléolaire rose pâle, suggère un mélange de chromatine à l’enchylème,
car elle nous apparaît Feulgen positive. Parfois nous ne distinguons pas
de nucléole; notons que les coupes sont réalisées à 6 p d’épaisseur, cet
organite, dans un noyau de telle taille, peut, de ce fait, être éliminé.
Quand le nucléole est présent dans le noyau, son observation donne nette¬
ment l’idée du volume de celui-ci. En agissant sur la vis micrométrique,
le nucléole s’estompe, à sa place nous distinguons les fibrilles du réticu¬
lum. Le nucléole est de grande taille (4 p), grisé, sphérique et montre
quelques globules réfringents.
2. Noyau quiescent (PI. 4, fig. 9)
Les noyaux quiescents observés au niveau de la coiffe offrent la
même structure. Ils sont légèiement plus petits, ne mesurant que 9 n de
Source : MNHI'J, Paris
— 477 —
diamètre moyen. La zone périnucléaire est beaucoup plus réduite, elle
montre également une coloration rose. L’appareil nucléolaire est d’obser¬
vation délicate, tant le réseau acquiert de l’importance, si l’on ne prend
pas soin d’effectuer une post-coloration au Vert Lumière pour le mettre
en évidence. Nous remarquons alors fréquemment deux petits nucléoles
mesurant 1,5 n à 2 n à peine.
L’organisation nucléaire, ainsi que la forte chromaticité de ces
noyaux nous permettent de conclure à une structure euréticulée sans
chromocentres.
3. Prophase
Au début de la prophase, nous remarquons un éclaircissement de la
coloration d’ensemble du noyau, tandis que s’élargissent les mailles du
réseau. Dans le même temps apparaissent des points plus chromatiques,
dûs vraisemblablement à la spiralisation des filaments interphasiques.
A mesure que la spiralisation se poursuit, ces points chromatiques
s’allongent et deviennent des rubans flexueux dont la coloration s'intensi¬
fie. Ces rubans paraissent s’anastomoser, car les images de coalescence
sont fréquentes. Le nucléole s’estompe; peu après, un phénomène de
contraction semble se produire, car les rubans chromatiques, qui emplis¬
saient la totalité de la cavité nucléaire, se rassemblent en une masse plus
ou moins compacte. La membrane nucléaire disparaît, le noyau entre
alors en métaphase.
4. Métaphase (PI. 4, fig. 10)
Sans écrasement, le dénombrement des chromosomes est impossible.
Les plaques métaphasiques se présentent sous l’aspect d’un peloton de
rubans fortement chromatiques. Les chromosomes sont agglutinés les
uns aux autres et n’occupent pas tout l’espace cellulaire.
Toutefois, en utilisant la technique de Warmke, nous avons pu comp¬
ter 84 chromosomes. Ceux-ci apparaissent fréquemment clivés; leur
longueur varie entre 4 et 6 n, leur épaisseur est de 0,5 n.
5. Anaphase et Télophase
Les chromosomes gagnent les pôles de la cellule en deux masses
compactes. Les fibrilles du fuseau sont en général bien visibles. Bientôt
la déspiralisation commence dans les noyaux-fils qui s’agrandissent. Le
réseau et l’appareil nucléolaire réapparaissent tandis que la membrane
se dépose.
b) Bunchosia montana.
La structure nucléaire chez le Bunchosia montana se présente de
façon identique à celle que nous venons de décrire chez le Banisleria Bie-
deliana.
Néanmoins, les noyaux interphasiques ont fréquemment une forme
Source : MNHI'J, Paris
Source : MNHN, Paris
— 479 —
d’ellipsoïde dont le grand axe mesure 13 à 14 p, et le petit une dizaine.
Ces noyaux, de chromaticité équivalente, montrent un réseau peut-être
un peu moins grossier. Les dénombrements chromosomiques, lors de la
métaphase, offrent les mêmes difficultés. Nous avons compté 72 chromo¬
somes d'environ 5 p et plus de longueur (PI. 3, fig. 6 et 7).
V. NOYAUX A RÉSEAU FIN
A CHROMOCENTRES POLYMORPHES
a) Galphimia glauca.
1. Noyau interphasique. (PI. 5, fig. 1)
La structure du noyau interphasique peut être rapprochée du type
de noyau granuleux â chomocentres. Après la réaction nucléale, les
noyaux du Galphimia glauca apparaissent très fortement colorés. Ce sont
les noyaux les plus chromatiques que nous ayons observés chez les Malpi-
ghiacées. Ces noyaux interphasiques sont sphériques, d’un diamètre
moyen de 9 à 10 (a. La cavité nucléaire est entièrement occupée par un
granulum très grossier formé de chromocentres de dimensions variables,
allant de la limite de la visibilité, à une taille supérieure à 1,5 g. Les énormes
chromocentres, uniformément chromatiques, se remarquent aisément,
ils sont en général disposés autour de la zone périnucléolaire ; ils tranchent
nettement par leur masse sur le fond nucléaire carmin foncé. Leur nom¬
bre est variable, 4, 8 parfois 12; les plus petits situés â la périphérie sont
sphériques; parfois certains présentent la forme d’un rectangle aux
arêtes émoussées; ils sont alors beaucoup plus gros et résultent certai¬
nement de la coalescence de deux chromocentres. Pour observer le nucléole,
il est nécessaire d’effectuer une post-coloration au Vert Lumière. Sur
les coupes traitées seulement par la méthode de Feulgen, il est à peine
visible, étant donné l’aspect empâté et très chromophile du noyau.
Ce nucléole, entouré d’une zone rosâtre d’un diamètre moyen de 3,5 p,
est en général excentrique, il mesure environ 1,8 p.
2. Noyau quiescent. (PI. 5, fig. 2)
Les noyaux quiescents observés dans les cellules différenciées du
parenchyme cortical (coiffe très réduite) se distinguent des noyaux inter¬
phasiques par une atténuation de leur chromaticité.
Le fond nucléaire paraît seulement rosé, beaucoup plus finement
granuleux, faisant penser à de minuscules particules saupoudrées. Les
gros chromocentres sont toujours présents et se remarquent d’autant
mieux du fait de l’aspect poussiéreux que prend le noyau dans son ensem¬
ble. Les noyaux quiescents suggèrent un émiettement des structures
granuleuses et chromocentriques des noyaux interphasiques.
3. Prophase (PI. 5, fig. 3)
Le début de la prophase se caractérise par une dilatation du noyau,
entraînant une augmentation de la zone périnucléolaire; tandis que le
fond nucléaire empâté et grumeleux montre un léger éclaircissement.
Source : MNHN, Paris
— 480 —
Les gros chromocentres se placent à la périphérie. Puis ils s’étirent
en filaments grêles et sinueux de faible coloration, dont les extrémités
sont très visibles, car formées de petites masses — vestiges des chromo¬
centres — ovoïdes plus chromophiles, qui se détachent du fond nucléaire
devenu homogène et totalement incolore. A ce stade la membrane nuclé¬
aire et le nucléole sont toujours présents. Au fur et à mesure de leur
individualisation les chromosomes prophasiques s’élargissent, acquièrent
un aspect de ruban, leur chromaticité s’accroît. Malgré la dilatation
nucléaire (diamètre environ 12 g) ces rubans sont plusieurs fois repliés,
il est difficile de les suivre sur un grand parcours. Ils se croisent, s'enche¬
vêtrent, forment de nombreuses boucles, parfois il est possible de dis¬
tinguer leurs extrémités; mais celles-ci se perdent vite dans les
lacis très chromatiques caractéristiques du milieu de la prophase. A
ce stade la membrane nucléaire s’estompe, mais il semble que le nucléole
qui a plus que doublé de volume (4 g à 4, 5 n) persiste longtemps, il
ne se résorbera qu’à l’ultime fin de la prophase.
Il nous a parfois été possible d’observer des images de fin de prophase,
et étant donné le caractère « gigantesque » des chromosomes, ces figures
se sont révélées préférables pour effectuer un dénombrement. Dans un
noyau de 13 à 14 g de diamètre, les 24 chromosomes comptés par Nanda
(1962) sont visibles, ils possèdent une épaisseur d’environ 1 g et une
longueur atteignant 12,5 à 13 g.
4. Métaphase
Les plaques métaphasiques ne sont pas lisibles à l'observation
directe. Les chromosomes prophasiques ont subi une légère contraction,
ils apparaissent uniformément chromatiques. En vue polaire, les plaques
se présentent comme une pelote de ruban. Les chromosomes tassés,
accolés, s’enroulent les uns autour des autres, et ne semblent pas disposer
d’une place suffisante pour s’étaler dans le plan équatorial. Les dénombre¬
ments sont de ce fait fort délicats.
En utilisant la technique de Warmke, nous avons retrouvé les
24 chromosomes observés en prophase. Ils apparaissent un peu plus
courts, ne mesurant que 10 à 12,5 g de long et 0,7 à 0,9 g de large. Les
métaphases vues de profil sont très belles; malgré la taille des chromo¬
somes, les dénombrements sont impossibles.
5. Anaphase et Télophase
Les anaphases se présentent de manière classique; les chromosomes
gagnent les pôles en deux masses compactes, d’où émergent de longs
bras.
Les noyaux télophasiques ont une forme d’olive, ils apparaissent
vacuolisés et sont très fortement chromatiques. On remarque des plages
rosâtres accolées à des régions plus chromatiques à l’origine des futurs
chromocentres. Sur les coupes seulement traitées par la méthode de
Feulgen, on devine à peine l’appareil nucléolaire, tant l’ensemble est
coloré; mais on le distingue nettement après une post-coloration au
Source : MNHI'J, Paris
PI. IJ. — Gulphimia gracilis: 1 , métaphase; 2, prophase et noyau interphasique. — Hiplage
Madablola: 3, métaphase. — Matpighia corrigera: 4 , métaphase. — Aspidoplerys nulans:
5, métaphase. — liyrsonima crassi/olia: 6 , métaphase. — Malpighia urens: 7, noyau
interphasique; 8, métaphase; 9 , métaphase. — Les photographies 4, 5 et 9, ont été compo¬
sées à partir de plusieurs photographies de la même plaque.
Source : MNHN, Paris
— 482 —
Vert Lumière. Le noyau s’arrondit, les bandes chromatiques se fragmen¬
tent en amas, dans le même temps le fond nucléaire s’éclaircit légèrement.
Deux nucléoles sont alors visibles dans chaque noyau-fils, ils semblent
situés dans deux plans différents, peut-être diamétralement opposés.
Ces deux nucléoles persistent avant de se fusionner, cette fusion doit
être rapide, car on n’observe pas d’image de confluence nucléolaire.
La cavité nucléaire est bientôt occupée par de multiples granulations
chromatiques.
b) Galphimia gracilis.
Le processus de la mitose étudié chez le Galphimia glauca, reste
le même dans ses grandes lignes chez le G. gracilis. Nous ne signalerons
donc que quelques légères différences.
Le Galphimia gracilis possède des noyaux interphasiques (PI. 5,
fig. 4) plus volumineux, d’un diamètre sensiblement égal à 11 p ou 12 g,
d’un égal degré de chromaticité. Le nucléole est, de même, de taille plus
importante, mesurant environ 5 n- Les chromocentres sont toujours
présents, souvent sans forme définie, sortes de plages fortement colorées
qui confèrent à l’espace nucléaire cet aspect grumeleux, empâté, carac¬
téristique; ou bien ils font tache par leur masse et apparaissent uni¬
formément chromatiques. Le fond nucléaire semble coloré en rose vif,
aspect dû certainement à l'existence d’un réseau aux mailles fines et
serrées.
Les noyaux quiescents (PI. 5, fig. 5) ne montrent plus chez le Gal¬
phimia gracilis, une atténuation notable de leur chromaticité, mais au
contraire une ensemble de fins granules très chromatiques dont la forme
se précise et qui accompagne les gros chromocentres. Ceux-ci possèdent
parfois une zone médiane plus claire.
Les plaques métaphasiques (PI. 5, fig. 6) sont d’une lecture très
délicate. Nous avons dénombré 24 chromosomes d’une taille remar¬
quable (1 g de large et 14 g de long). Bon nombre d’entre eux sont
clivés. Ils ont l’aspect d’énormes rubans, et il n’a été possible de les
compter qu’après un écrasement préalable.
Il semble nécessaire de souligner que les Galphimia glauca et G. gra¬
cilis montrent les noyaux les plus chromatiques parmi les Malpighiacées
étudiées. Ce sont également ces noyaux qui possèdent les plus longs
chromosomes : 10 g à 14 g; dimensions rarement atteintes chez les plantes
ligneuses dicotylédones. Cette constatation n’est-elle pas un argument
en faveur d’une relation possible entre la taille des chromosomes et
la structure nucléaire? L’une conditionnant l’autre et vice et versa.
Ces noyaux entrent difficilement dans la classification des types nucléaires
proposée par C. Delay, aussi les appellerons-nous noyaux à réseau fin
â chromocentres polymorphes.
Source : MNHI'J, Paris
— 483 —
DISCUSSION DES RÉSULTATS
Au cours de ce travail, malgré le petit nombre d’espèces examinées,
il s’est rapidement avéré que les manifestations caryologiques chez les
Malpighiacées présentent un certain nombre de phénomènes parti¬
culiers :
— le degré de chromaticité général que présentent les noyaux d’un
certain nombre d’espèces;
— la ressemblance frappante des structures nucléaires du genre
Malpighia avec celles décrites chez les Gymnospermes; ressemblance
faisant songer à une analogie si l’on considère en particulier la structure
rencontrée chez le Pinus;
—- l'extrême diversité que l’on constate dans la taille des chromo¬
somes, dont certains atteignent des dimensions « gigantesques »;
— l’agglutination très fréquente des chromosomes à la métaphase,
les difficultés qu’ils montrent, indépendamment de leur taille, à se dis¬
joindre, réalisant ainsi des pelotons chromatiques quasi illisibles au
lieu de s’étaler correctement dans le plan équatorial;
— la présence de chromocentres qui, par leur nombre ou leur grande
taille, confèrent un aspect particulier aux noyaux qui les possèdent.
I. LES STRUCTURES NUCLÉAIRES
Les différentes organisations nucléaires observées ont été rapportées
aux types définis par G. Delay. Nous avons choisi l’état interphasique
pour caractériser la structure nucléaire, car les noyaux au repos sont
susceptibles de présenter des « modifications structurales », observation
peu nouvelle, faite par de nombreux auteurs; c’est ainsi que Le Coq
constate : « l’état interphasique, moment d’un phénomène général, la
division, identique à lui-même dans toutes les cellules ayant gardé la
capacité de se diviser à nouveau et donc non encore différenciées, a une
valeur moins instable ».
Nos recherches nous ont permis d’illustrer les modifications struc¬
turales que présentent parfois les noyaux à l’état de repos. C’est le cas
du Banisleria argenlea dont les noyaux quiescents, au niveau de la coiffe,
montrent, contre la membrane nucléaire, 4 â 6 amas chromatiques ayant
la valeur de chromocentres collectifs, tandis que ceux observés dans le
parenchyme cortical laissent voir une « croûte » périphérique très chro¬
matique, d’inégale épaisseur, qui ceinture complètement la cavité nuclé¬
aire, pendant que le réseau augmente en importance.
I») CHROMATICITÉ D'ENSEMBLE DES NOYAUX OBSERVÉS
Les noyaux interphasiques des onze espèces étudiées se caractérisent
par une très forte chromaticité qu'il semble nécessaire de souligner dès
le début de cette discussion.
Source : MNHI'J, Paris
— 484 —
Deux espèces seulement font exception : l'Aspidoplerys nulaits
et le Byrsonima crassifolia, et nous montrent deux exemples typiques
de noyaux aréticulés à chromocentres discrets.
Ce sont précisément ces types de structure que l’on s’attendait
à rencontrer, en majorité, chez les Malpighiacées qui sont des plantes
ligneuses Dicotylédones; en effet de nombreux auteurs, et C. Delay
en particulier, ont remarqué une « grande fréquence de noyaux peu chro¬
matiques ( aréticulés ou semi-réticulés) chez les Dicotylédones arbores¬
centes ». Celle-ci estime en effet que 73 % des plantes ligneuses ont des
noyaux pauvres en chromatine. Toutefois, il faut noter que les Malpi¬
ghiacées ne représentent pas la seule famille où l’on soit frappé par
l’extrême richesse en chromatine des noyaux. C. Delay souligne elle-
même « que des noyaux réticulés ont parfois été observés chez des arbres
(Ulmus el Illicium) et que des noyaux euréticulés existent chez quelques
arbustes (Sambucus) ; mais les familles, où l’on rencontre le plus fré¬
quemment des noyaux réticulés et euréticulés, sont typiquement
herbacées ».
Pourtant M. L. de Poucques précise dans son mémoire sur la caryo-
logie des Rubiales : « il est intéressant de noter que, parmi les espèces
du genre Sambucus, la plupart, arbustes vigoureux et résistants, c’est
précisément le S. Ebulus, la seule herbacée, qui est la plus pauvre en
chromatine ».
11 semble donc que les caractères de plante ligneuse ou de plante
herbacée soit insuffisant pour permettre, dans la majorité des cas, de
préjuger du degré de chromaticité du noyau. La teneur en chromatine
doit être déterminée par des facteurs différents de ceux responsables du
port d’une plante.
Quoi qu’il en soit, les Malpighiacées constituent une famille ori¬
ginale parmi les plantes ligneuses étudiées jusqu’alors du point de vue
de la caryologie.
2°) LES VARIATIONS DU TYPE NUCLÉAIRE
Nous sommes frappé par l’extrême diversité des aspects morpho¬
logiques présentés par les noyaux en interphase. Il ressort de l’étude
des Malpighiacées examinées ici que le type nucléaire varie beaucoup
dans cette famille, puisque nous avons rencontré un noyau aréticulé
typique chez V Aspidoplerys nulans, un noyau réticulé chez l’Hiplage
Madablota, ■ — or ces deux espèces sont réunies dans la même sous-tribu
des Aspidoptéryginées —, un noyau euréticulé chez le Banisleria Biede-
liana et un noyau semi-réticulé à chromocentres collectifs chez le B. argen-
lea, bien que ces espèces appartiennent au même genre, un noyau à
réseau fin, à chromocentres polymorphes et composés, chez les Gal-
phitnia glauca et G. gracilis, un noyau aréticulé à chromocentres mul¬
tiples chez les trois espèces du genre Malpighia: M. glabra, M. coccigera
et M. urens, un noyau euréticulé chez le Bunchosia monlana — or le
genre Bunchiosa fait partie de la même tribu des Malpighiinèes que les
Source : MNHN, Paris
— 485 —
trois Malpighia précités —, enfin un noyau semi-réticulé à chromocentres
chez le Byrsonima crassifolia.
Si, par rapport à la classification de la famille, les espèces étudiées
font figure d’un échantillonnage, il en est de même si l’on considère
les structures nucléaires, car les principaux types y sont représentés.
Une telle diversité rend impossible de caractériser de façon simple le
type de structure nucléaire au niveau de la famille. Il est même hasardeux
d’essayer de définir à partir de onze espèces un « type moyen » qui serait
susceptible, ainsi que le notent de nombreux auteurs, de subir des varia¬
tions dans les deux sens, variations tendant vers un enrichissement ou
vers un appauvrissement en chromatine.
Comment expliquer cette diversité extrême, dans une collection
d’espèces aussi restreinte? Les différentes espèces réunies dans la famille
des Malpighiacées, ne présentent peut-être entre elles que des conver¬
gences de forme expliquant leur ressemblance morphologique.
Avant d’examiner les variations du type nucléaire, non plus au niveau
de la famille, mais à un niveau moins élevé, celui du genre, se pose le
problème de savoir quels sont les constituants nucléaires susceptibles
de faire varier le plus la structure du noyau. Un noyau interphasique
est caractérisé par deux formations, le réticulum et les chromocentres,
dont l’importance est en rapport étroit avec les chromosomes dont ils
dérivent.
a) Le réticulum
La présence ou l’absence d’un réseau est un caractère souvent consi¬
déré pour distinguer les noyaux structurés des noyaux homogènes, la
constitution d’un réseau dépend des transformations par les chromo¬
somes télophasiques au cours de la catachromase ou déspiralisation.
« Il est aisé de constater, écrit Hamel en 1953, que les différences dans
les aspects structuraux sont dues à ce que la déspiralisation subie par
les chromonémas, qui sont à l’origine du réseau, est poussée plus ou
moins loin suivant les cas. »
a 1 . — Une seule espèce, Y Aspidoplerys nulans, montre un noyau
homogène, sans qu’aucune structure filamenteuse ne soit décelable.
De plus, au cours de la mitose, de longues bandes chromatiques striant
de part en part le noyau prophasique ne s’observent jamais, mais au
contraire des formations fort discrètes décrites sous le nom de « comètes »,
formations que l'on retrouve classiquement dans les structures
aréticulées typiques.
a 2 . — Sept espèces possèdent un réseau, ce sont donc des espèces à
noyaux structurés. Mais il est nécessaire d’envisager les aspects divers
que montre le réseau. En effet, la plus ou moins grande finesse des fila¬
ments chromatiques, leur régularité, leur densité, leur dispersion dans
l’enchylème permettent de distinguer les noyaux euréticulés des réti¬
culés et des semi-réticulés.
— Des noyaux euréticulés s’observent chez le Banisleria Biedeliana
et chez le Bunchosia monlana. La substance chromatique est très régu-
Source : MNHN, Paris
— 486 —
lièrement répartie dans l’ensemble de la cavité nucléaire; elle occupe
tout l’espace qui lui est offert et se présente sous la forme d’un enchevê¬
trement serré et dense de fdaments d’épaisseur sensiblement constante
sur tout leur parcours. La structure du noyau apparaît nettement fila¬
menteuse.
— Des noyaux réticulés sont décelables chez l'IIiptage Madablola.
Le réseau s’étend à la totalité de l’espace nucléaire comme dans le cas
précédent, mais, du fait de la grande finesse des filaments réguliers et
ténus, la chromaticité est plus faible.
— Des noyaux semi-réticulés ont été décrits chez les Banisleria
argenlea et Byrsonima crassifolia. Ces deux espèces sont dotées d’un
réticulum aux mailles très lâches.
— Une place particulière doit être faite au réseau que l’on observe
chez les Galphimia glauca et G. gracilis. C’est un réseau très fin et très
discret, d’observation fort délicate, qui donne au fond nucléaire une
coloration d’ensemble rose foncé et paraissant très souvent homogène
tant ses mailles sont serrées. Le réseau se remarque à peine du fait de
l’importance que prennent les figures chromocentriques.
a 3 . — Les trois espèces du genre Malpighia posent un problème quant
à la présence d’un réticulum. L’ensemble du noyau montre un fond
grumeleux et rosé. Est-on en présence d’un réseau léger aux mailles
larges? La forte chromaticité éloigne ce type nucléaire des noyaux homo¬
gènes et le rapproche des noyaux structurés. Cette chromaticité élevée
est due en effet à une multitude de grains chromatiques, parfois très
voisins, mais qui semblent épars dans l’espace nucléaire, sans aucun
lien entre eux. Les phénomènes de déspiralisation paraissent intenses
à la télophase et surtout laborieux, ne devant pas atteindre d’égale façon
un chromosome sur toute sa longueur. En certains points cette déspira¬
lisation doit être complète et totale, engendrant peut-être des filaments
non décelables, non mis en évidence avec les possibilités du microcospe
optique, tandis qu’en d’autres points cette déspiralisation n’a pas lieu
ou est à peine amorcée conduisant à la formation des granules chromo¬
philes.
Puisqu’il nous est impossible de mettre en évidence la présence des
filaments du réticulum, nous qualifierons ces noyaux d’aréticulés à chro¬
mocentres multiples, en notant qu’ils se rapprochent, par leur forte chro¬
maticité, des noyaux euréticulés.
6) Les chromocentres
Ainsi que le note Eichhorn en 1957 « ... un des constituants nuclé¬
aires qui fait varier le plus les aspects des noyaux interphasiques est
le chromocentre. Par son nombre, sa forme, sa taille, il donne au noyau
une physionomie particulière et caractéristique. »
Cet élément nucléaire montre chez les Malpighiacées un grand poly¬
morphisme.
Au point de vue de la taille, il varie depuis la limite de la visibilité
Source : MNHN, Paris
— 487 —
■— doit-on alors lui conserver cette appellation de chromocentre, ne serait-
ce pas plutôt un point chromatique, dû à la superposition de deux fila¬
ments du réseau ou à leur intersection — jusqu’à une taille qui égale
et parfois dépasse celle du nucléole tout au moins dans les noyaux quies¬
cents.
b 1 . — Dans les noyaux euréticulés (Banisleria Riedeliana, Bunchosia
monlana) et réticulés (Hiptage Madablola), la taille des chromocentres
est si discrète par comparaison avec ceux observés dans les autres genres
que nous concluerons à leur absence et penserons plutôt que les petits
points chromophiles correspondent au croisement des filaments du réti¬
culum en raison du grand développement de celui-ci.
à 2 . — Dans les noyaux semi-réticulés, les chromocentres se présentent,
soit de façon simple, distincts les uns des autres, de taille modeste (envi¬
ron un tiers de n), en nombre inférieur ou égal à celui des chromosomes
métaphasiques et c’est le cas observé chez le Byrsonima crassifolia;
soit en formations collectives, chez le Banisleria argenlca, ayant un aspect
d’amas grossiers, compacts, très chromatiques ou au contraire un aspect
de « plages réticulées » d’importance variable.
Ces formations collectives, qui l’emportent de beaucoup en impor¬
tance sur le réseau, nous laissent supposer que les chromosomes ont
beaucoup de difficulté à se déspiraliser; peut-être existe-t-il des phé¬
nomènes de coalescence entre segments chromosomiques voisins non
touchés par la catachromase, expliquant ainsi les chromocentres collec¬
tifs. Ne pouvons nous pas imaginer également une élaboration supplé¬
mentaire de substance chromatique responsable de l’opacité de ces
chromocentres qui ne laissent percevoir aucune structure?
b 3 . — Dans les noyaux aréticulés simples, que l’on observe chez YAspi-
doplerys nulans, l’ensemble de la chromatine n’est représenté, durant
l’interphase, que par de petits chromocentres d'environ 0,3 ^ bien colo-
rables et ovoïdes. En général on en dénombre une douzaine, leur nombre
paraît donc être inférieur à celui des chromosomes, les plaques équato¬
riales nous ayant permis d’en compter vingt. Cependant ce n’est là qu’une
apparence. Le réseau étant absent, toute la chromatine des noyaux
interphasiques est concentrée en chromocenlres. On devrait donc s’atten¬
dre à constater une égalité numérique entre chromosomes et chromocentres.
Cependant il ne faut pas oublier que, sur les coupes un peu trop fines
réalisées, un noyau ne figure jamais en entier, de ce fait il est probable
que certains chromocentres sont éliminés, car ils sont répartis dans
l’ensemble de la cavité nucléaire. Il aurait été souhaitable de réaliser
des coupes d’épaisseur plus importante, pour vérifier cette hypothèse,
mais le manque de matériel ne nous l’a malheureusement pas permis.
b*. — Une place particulière doit être réservée aux chromocentres
que l’on observe dans les noyaux des représentants du genre Malpighia,
et de la sous-tribu des Galphimiinées.
En 1941, C. Delay écrit : « On peut remarquer que les noyaux à
chromocentres nombreux n’ont été décrits que chez les Cryptogammes
vasculaires et les Conifères, jamais chez les Angiospermes... Il est inté-
Source : MNHN, Paris
— 488 —
ressant de remarquer que ce type de structure nucléaire n’a été observé
que chez des végétaux d’origine ancienne, ayant gardé des caractères
relativement primitifs. »
Les Malpighiacées feraient-elles figure d’exception parmi les Angios¬
permes?
Depuis lors les recherches poursuivies, sur la structure des noyaux
des Angiospermes, viennent nuancer cette affirmation. Les dessins, et
les descriptions que publie M. L. de Poucques dans sa thèse sur la caryo-
logie des Rubiales (1949), nous permettent de penser que les noyaux du
Sambucus s’apparentent à ces structures. « Les noyaux apparaissent
très fortement granuleux, écrit cet auteur, et quelques corpuscules très
gros (jusqu’à 1,5 (x) et très chromophiles tranchent avec netteté... Nous
sommes semble-t-il en présence ici de chromocentres tels qu’EiCHHORN
les décrit chez les Gymnospermes. »
En ce qui concerne les chromocentres multiples observables dans les
noyaux des trois espèces de Malpighia, nous nous rallions à l’opinion
de cet auteur. Les chromocentres sont remarquables d’une part par leur
taille variable suivant les espèces : M. coccigera, 0,2 |x, M. glabra, 0,3 |x
à 0,45 fi, M. urens, 0,6 fx à 0,9 |x; mais surtout par leur grand nombre,
impossible à préciser, qui confère au noyau cet aspect granuleux carac¬
téristique.
Nous avons signalé dans l’introduction l'origine très ancienne des
Malpighiacées. La structure nucléaire particulière du genre Malpighia
se rapproche de celle décrite chez des végétaux considérés habituelle¬
ment comme peu évolués, à savoir les Gymnospermes; ne devons-nous
pas penser que nous sommes avec ce genre en présence d’une structure
nucléaire ayant conservé des caractères primitifs?
En traitant du réticulum, nous avons évoqué l’importance que
prennent les figures chromocentriques chez les Galphimia glauca et
G. gracilis, espèces qui possèdent les noyaux les plus chromatiques
parmi les Malpighiacées étudiées. Cette forte chromaticité est due aux
chromocentres dont le développement est considérable et quelque peu
insolite. En effet, ces chromocentres se montrent sous deux aspects dis¬
semblables. On observe, uniformément répartis dans tout le noyau, des
petits corpuscules, qu’il est impossible de dénombrer, formant un « gra-
nulum grossier », ou bien des masses uniformément chromatiques allant
jusqu’à une taille de 1,5 |x et dont le nombre, variable, atteint parfois douze.
Chez le Galphimia glauca , lorsque cette douzaine de chromocentres
est visible, on remarque quant à leur taille une dualité caractéristique
En effet, ils se groupent en deux lots distincts; le premier réunissant
les <i gros chromocentres » d’environ 1,5 fx et plus, le second montrant
les « moyens » chromocentres qui ne dépassent pas un [x. De quelle manière
ces chromocentres remarquables se répartissent-ils au point de vue
numérique? Certaines images nous montrent six « gros » chromocentres
voisinant avec six « moyens ». N’est-ce pas là un argument tentant pour
préjuger d’un degré de polyploïdie éventuel? Sommes-nous en présence
d’une espèce hexaploïde (2n = 24)? Problème difficile à résoudre.
Source : MNHN, Paris
189
Pour vérifier celte hypothèse, nous avons réalisé des préparations
de 13 p d’épaisseur, pour pouvoir observer le noyau dans tout son volume
et non plus en section afin d’éviter d’éliminer des chromocentres au cours
de la confection des coupes, ainsi que nous le faisions remarquer à propos
de YAspidoplerys nulans. Le diamètre nucléaire moyen étant de 10 p,
sur de telles préparations un grand nombre de noyaux sont entiers;
mais étant donné leur chromaticité extrême, ils apparaissent très empâtés,
d’un carmin si violent que les chromocentres ne tranchent plus sur le
fond nucléaire. De ce fait, il nous a été impossible de préciser si effecti¬
vement nous pouvions affirmer l’existence de six « gros » et de six « moyens »
chromocentres. Nous sommes tentés de citer une réflexion d’ARCHAM-
bault écrite au sujet des noyaux du Victoria Regia: « quand on observe
pour la première fois le noyau, on ne peut s’empêcher de penser à une
mauvaise fixation. » Impression que nous ressentons vivement à l’obser¬
vation de ces structures si chromatiques.
Pourtant, plusieurs séries de fixations, réalisées au cours de l’année,
nous ont montré de manière constante ces énormes masses chromatiques
dont la présence ne peut être due à une fixation défectueuse.
Il ne faut pas oublier que ces formations dérivent de chromosomes
« gigantesques » (12 p à 14 p), qui, ainsi que le notent de nombreux auteurs,
par opposition aux chromosomes courts, n’ont pas toujours la possi¬
bilité de se dérouler complètement. Ces chromocentres seraient peut-
être des agglomérations de chromosomes télophasiques restés spiralisés.
Ceci nous amène â poser le problème de la dissemblance des chro¬
mosomes que l’on observe chez les Malpighiacées, et que nous montrent
les dessins (réalisés à la même échelle) des plaques équatoriales étudiées.
c) Les chromosomes
« La permanence des formes chromosomiques résulte de la constance
non seulement de la longueur mais aussi de l’épaisseur des chromosomes,
qui deviennent l’une et l’autre caractéristique des espèces », écrit Hamel
en 1953.
La taille des chromosomes chez les Malpighiacées varie dans de
larges limites, puisqu’elle oscille entre 14 p pour les plus longs et 1 p
pour les plus courts, réalisant par là même un échantillonnage de la
longueur qu’est susceptible d’atteindre un chromosome en métaphase.
On peut remarquer que cette longueur de 1 p, observée chez les plus
petits chromosomes, représente chez les plus grands une valeur qui
mesure l’épaisseur. Cependant, ces dimensions ne sont pas absolues,
ce ne sont que des estimations qui donnent un ordre de grandeur
fort précieux à considérer, puisqu’il permet de faire des comparaisons
et de distinguer un certain nombre de types chromosomiques.
Chez les Malpighiacées les principaux types chromosomiques sont
représentés : il est des espèces où la longueur des chromosomes ne dépasse
pas 2, 5 p (Aspidoplerys nulans, Byrsonima crassifolia), nous les quali-
Source : MNHN, Paris
490 -
fierons à chromosomes courts; d’autres où la longueur oscille entre 2,5 g
et 5 à 6 g (série des Malpighia et des Banisleria), nous les nommerons
à chromosomes longs ; d’autres enfin que nous appellerons à chromosomes
« gigantesques » puisque ces éléments mesurent ou dépassent une douzaine
de microns. Cette diversité extrême dans la longueur des chromosomes
111 difficilement explicable; notons que l’épaisseur varie de façon propor¬
tionnée mais dans des limites plus étroites (0,2 g à 1 g).
L’accroissement énorme de la taille des chromosomes que nous
constatons dans la sous-tribu des Galphimiinées demeure énigmatique.
Le nombre chromosomique est peu élevé, il est égal à 24. Toutefois, possé¬
der 24 chromosomes d’une telle taille confère au noyau une masse chro¬
matique considérable. Ce qui nous amène à penser au phénomène de
polyténie consistant en une multiplication à l’intérieur de chaque
chromosome du chromonéma, résultat d’une endomitose. Cette multi¬
plication, non suivie de la séparation des chromonémas, remplace peut-
être, dans une certaine mesure, une polyploïdie?
Certains auteurs ont déjà signalé des phénomènes comparables :
Hamel en 1955 décrit chez 1 ’Eryngium giganleum des chromosomes
de 6 g de long et de 0,7 g de large, alors que chez les autres espèces du
genre ceux-ci mesurent au plus 3 g de longueur; Darlington remarque
chez un Drosera un doublement de l’épaisseur des chromosomes, résultat,
pense-t-il, d’une mutation.
Il est difficile de résoudre le problème posé par les chromosomes
« gigantesques ». A-t-on affaire à une mutation génique provoquant la
multiplication des chaînes des nucléoprotéines? Peut-on imaginer plus
simplement une synthèse de substance matricielle, ou bien l’action de
facteurs externes?
11 est bon de remarquer que les représentants de la sous-tribu des
Galphimiinées sont restés dans l’aire de répartition primitive de la famille,
et n’ont pas subi de migrations. Est-on en présence, avec les Galphi¬
miinées, de vestiges directs d’un type ancestral? Dans ce cas les struc¬
tures nucléaires, et par là même les chromosomes, nous montrent peut-être
à l’heure actuelle, avec quelques variations possibles, les images les
plus proches des types primitifs; les Galphimia glauca et G. gracilis
doivent être considérés comme des espèces archaïques.
Quoi qu’il en soit la grande variété que l’on observe dans la taille
des chromosomes explique la diversité que l’on rencontre dans les struc¬
tures nucléaires. Si d’autres facteurs interviennent, en particulier le
volume nucléaire, le nombre des chromosomes, les processus de cata-
chromase, la chromaticité d’un noyau est déterminée en grande partie
par la longueur des chromosomes. « Les familles présentant des types
nucléaires très variés sont celles dont les espèces possèdent des caryo¬
types très différents relativement à la taille moyenne des chromosomes »
écrit C. Delay (1947), qui énonce une règle précisant les rapports entre
la taille des chromosomes et les structures nucléaires : « les noyaux euré-
ticulés et réticulés correspondent à des chromosomes longs, tandis que
les noyaux semi-réticulés et aréticulés se trouvent chez les espèces à
Source : MNHN, Paris
— 491 —
chromosomes courts ». Si l’on considère les Malpighiacées cette hypothèse
est en partie vérifiée.
Favarger (1946) dans son étude des Silénoïdées remarque qu’on
« ne rencontre qu’exceptionnellement le type semi-réticulé, si les chro¬
mosomes dépassent 3 g de long ». Pourtant chez les Malpighiacées, le
Banisleria argenlea montre quelques chromosomes de 5 g et présente
une structure semi-réticulée. La taille des chromosomes variant entre
2,5 g et 5 g chez cette espèce, nous pouvons imaginer que les plus petits
doivent en se déspiralisant complètement fournir les éléments du réseau,
tandis que les plus longs sont peut-être à l’origine des chromocentres
collectifs?
Sans revenir sur la distintion entre plante herbacée et plante ligneuse
dont nous avons déjà parlé, de nombreux auteurs sont d’accord pour
admettre une règle émise par Jannaki-Ammal, citée par Darlington
et Wylie, et reprise par C. Delay; règle qui tente d’expliquer les rela¬
tions entre la taille des chromosomes et la richesse en chromatine des
noyaux. « On trouve le plus souvent des petits chromosomes avec noyaux
aréticulés ou semi-réticulés chez les Dicotylédones arborescentes consi¬
dérées habituellement comme primitives; tandis que chez les plantes
herbacées plus évoluées on trouve des noyaux plus riches en chroma¬
tine, réticulés ou euréticulés ». Jannaki-Ammal et Darlington pensent
que les espèces ligneuses ont toujours des petits chromosomes; arbres
et arbustes étant des formes plus primitives qui s’opposent aux herbes
plus évoluées. Ces auteurs suggèrent donc une tendance à l’allongement
des chromosomes au cours de l’évolution.
Si, l’on se réfère à notre travail, cette hypothèse est difficilement
applicable. Nous ne prendrons qu’un exemple : celui des Malpighia ,
que nous avons décrits comme possédant des chromosomes longs. Il
est peu vraisemblable d’admettre, en étudiant les structures nucléaires,
que ce genre présente des caractères évolués, étant donné la ressemblance
frappante que nous avons signalée avec les Gymnospermes considérées
comme primitives. Les Malpighia possèdent des chromosomes longs et
nous montrent des structures primitives. Sans nier les nombreux faits
qui militent en faveur d’une évolution marquée par un allongement des
chromosomes, remarquons simplement que les Malpighiacées apparaissent
en contradiction, font figure d’exception. Certaines espèces actuelles de
la famille doivent peut-être être envisagées comme des fins de phylum,
ayant manifestement une impuissance évolutive?
Notons, toutefois, que des observations indiquant la possibilité
d’une évolution s’effectuant en sens contraire ont déjà été signalées.
d) Les variations du type nucléaire au niveau du genre
Très fréquemment nos recherches n’ont porté que sur une seule
espèce caractéristique d’un genre. Il est évident que dans ce cas nous
ne saurions préciser les variations du type nucléaire.
Cependant, l’étude de deux Banisleria et de trois Malpighia nous
Source : MNHN, Paris
-192 —
permet de dire que parfois un même genre montre chez ses différentes
espèces une structure nucléaire très dissemblable, ou au contraire une
parfaite homogénéité d’organisation. Observation peu nouvelle, citée
dans de nombreux travaux.
Chez le genre Banisleria nous avons distingué deux types nucléaires :
une structure euréticulée et une structure semi-réticulée à chromocentres
collectifs correspondant dans les deux cas à des caryotypes à chromosomes
longs. Ainsi le seul examen de la structure du noyau en interphase appa¬
raît, dans certains cas, comme un des critères permettant de distinguer
entre elles les différentes espèces d’un même genre. Chaque espèce se
présente-t-elle avec des caractères qui lui sont propres?
Chez le genre Malpighia, bien que nous ayons déjà signalé les varia¬
tions minimes que peut mettre en lumière un examen attentif des noyaux
interphasiques, nous pouvons semble-t-il conclure à une grande analogie
de structure nucléaire. Les légères différences sont peut-être dues aux
variations de volume des noyaux ainsi que nous le faisions remarquer à
propos de la description des trois espèces étudiées. Toutefois, nous pou¬
vons préciser que les nombres chromosomiques sont différents puisque
2 n= 20 chez les M. glabra et M. coccigera et 2n = 56 chez le M. urens. Nous
aurions pu nous attendre à observer de grandes variations sous l’influence
d’une augmentation du nombre des chromosomes chez les espèces poly¬
ploïdes. En fait, il n’en est rien. Ainsi la multiplication du nombre des
chromosomes ne semble pas, dans ce cas, contribuer à un changement de
l’organisation de la structure nucléaire; toutefois notons que si les chromo¬
somes augmentent en valeur numérique, ils restent dans les trois cas
d’une longueur équivalente.
3») ESSAI D'UNE CLASSIFICATION FONDÉE SUR UNE ÉVOLUTION NU¬
CLÉAIRE
De nombreux auteurs admettent qu’un enrichissement en chroma¬
tine est un phénomène allant de pair avec l’évolution. Celle-ci se serait
faite à partir des noyaux aréticulés peu chromatiques. Cette augmentation
de la chromaticité étant corrélative d’un allongement des chromosomes.
Nous avons justement signalé que dans le cadre des Malpighiacées
cette hypothèse paraissait difficilement soutenable. Il semble aberrant
de penser que l 'Aspidopterys nutans est moins évolué, étant aréticulé
à petits chromosomes, que les Malpighia dont les structures nucléaires
les rapprochent de végétaux primitifs, ou que le Galphimia glauca
à structure particulière et à chromosomes « gigantesques ».
L’évolution, ainsi que C. Delay le remarque, ne pourrait-elle pas
se faire en sens inverse? De plus Gosselin émet en 1947 l’hypothèse
suivante : « Les plantes d'apparition récente ont des noyaux homogènes,
alors que les autres se stabiliseraient au type de noyaux structurés. »
Si on se souvient que tous les genres étudiés sont strictement amé¬
ricains, à l’exception des Aspidopterys et Hiplage qui sont deux genres
de l’Ancien Monde, le premier étant de l’Inde, le deuxième d’Asie tropi¬
cale, si on remarque que les genres présentant des caractères primitifs
Source : MNHN, Paris
— 493
(noyaux aréticulés)
Source : MNHN, Paris
— 494 —
ou quelque peu archaïques se sont maintenus dans la région brésiliano-
guyano-vénézuélienne, qui représente le centre primitif des éléments
de la famille et si on souligne avec Arènes que le peuplement des régions
asiatiques, après relais sur le territoire africain, ne s’est opéré que tar¬
divement par rapport à l’apparition de la famille en Amérique du Sud,
peuplement corrélatif de migrations ultimes ayant eu lieu au Pliocène,
n’est-il pas possible de penser, en se référant à l’hypothèse de Gosselin,
que VAspidopterys représente un genre d'apparition récente, donc mani¬
festant une évolution certaine dans sa structure nucléaire?
En admettant cette hypothèse, l’évolution se serait faite des noyaux
structurés, dotés d’un réseau porteur de chromocentres, donc noyaux
caractérisés par des chromosomes longs, vers les noyaux aréticulés à
chromosomes courts. On assisterait avec l’évolution, non plus à un enri¬
chissement en chromatine, mais au contraire à un appauvrissement
dû à une réduction de la taille des chromosomes, accompagné d’une dimi¬
nution de l’importance du réseau et de la grosseur des chromocentres.
Nous pourrions alors esquisser le schéma I.
Ce schéma, qui se propose de résumer l’évolution que nous avons
cru observer au sujet des structures nucléaires, appelle quelques
remarques.
Il semble y avoir une évolution parallèle dans les deux sous-familles
que distinguent les systématiciens en se référant aux caractères du fruit.
Les Ptérygophorées (à samares) et les Aptérygiées (à drupes) montrent
une diminution de la chromaticité d’ensemble de leurs noyaux à mesure
que les espèce présentent des caractères plus évolués. On assisterait
donc, avec l’évolution, à une simplification des structures, à une sorte
d’épuration chromatique.
Cependant, cette épuration chromatique, si elle existe, ne paraît
pas s’effectuer suivant un processus simple, selon un schéma que nous
pourrions qualifier de « linéaire ». En effet, dans les noyaux à caractères
archaïques (Galphimia), peut-être les plus fidèles au type primitif
ancestral, le réseau, bien que très fin, est probablement présent, tandis
que les figures chromocentriques l’emportent en importance. Dans les
noyaux « assez évolués » (Banisteria Riedeliana, Bunchosia monlana,
Hiplaga Madablola) le réseau acquiert un développement préférentiel,
dans le même temps les chromocentres ne se remarquent plus, nous avons
interprété les points chromatiques comme des superpositions de fila¬
ments du réseau. Puis, dans les noyaux « évolués » (Banisleria argenlea,
Byrsonima crassifolia), le réseau s’estompe tandis que des chromocentres
discrets réapparaissent et même parfois ont l'aspect de formations collec¬
tives. Enfin, dans les noyaux les plus évolués (Aspidopterys milans),
le réseau est inexistant, toute la chromatine étant concentrée au niveau
de chromocentres dont la taille est modeste.
Ainsi, nous assisterions avec l’évolution, à un retour vers un type
de noyau chromocentrique, qui rappellerait, bien que fort atténué le
type du noyau primitif. Ne peut-on alors penser, avec Gaussen, qu’il
s’agit là d’une « surévolution », puisque cet auteur constate : « comme
Source : MNHN, Paris
- 495 —
le surévolué n’est pas identique au primitif on peut parler de pseudo¬
cycle... L’idée d’évolution pseudocyclique n’exclut pas celle du progrès.
La fin d’un pseudo-cycle n’est pas identique au début et peut être en
progrès sur lui ».
II. LISTE DES NOMBRES CHROMOSOMIQUES 1
SOUS-FAMILLE I : PTÉRYGOPHORÉES
+ Hiraeées
Aspidopterus milans Juss.
Trias pis odorala Juss.
Triaspis Nelsonii Oliv.
Trislellaleia auslralis Rich.
Hiplage Madablola Gaertn.
— Banistériinées
lleleropierys leona Cav.
Banisleria caapi Spruce.
Banisleria argenlea Kth.
Banisleria laevifolia A. Juss.
Banisleria Biedeliana Regel.
Sligmalophyllum cilialum Lam.
SOUS-FAMILLE II : APTÉRYGIÉES
-f Galphimiées
— Galphimiinées
Galphimia glauca Cav.
(= Thryallis glauca Kuntz)
Galphimia nilida (Cuit).
Calphimia gracilis Bartl.
+ Malpighiées
— Malpighiinées
»
2 n
Auteurs
20
Fouët (1966).
20
S. et G. Mangenot
(1958).
20
Riley et Hoff
(1961).
9
Raman et Kesavan
(1963).
29
Pal (1964).
54
Fouet (1966).
18
S. et G. Mangenot
18
S. et G. Mangenot
(1962).
20
S. et G. Mangenot
(1962).
20
Baldwin (1946).
20
Fouet (1966).
20
Pal (1964).
c. 84
Fouet (1966)
18
Snoad (non publié,
in Darlington et
Wylie).
10
Pal (1964).
10
Pal (1964).
10
Pal (1964).
24
Fouët (1966).
12
Nanda (1962).
12
Pal (1964).
12
Raman et Kesavan
(1963).
24
Fouët (1966).
+ Banisteriées
— Sphedamnocarpinées
Acridocarpus longigolius Hook. f.
Acridocarpus Smealhannii Guill. et Perr.
( = Sligmaphyllon cilialum A. Juss.
Slimalophyllum lacunosum A. Juss.
Sligmalophyllum periplocaefolium A. Juss
1. L’ordre suivi est celui de Niedenzu in Hngler.
Source : MNHN, Paris
Malpighia punicifolia L.
Malpighia cubensis Kth.
Malpighia coccigera L.
Malpighia glabra L.
Malpighia urens L.
Bunchosia monlana Juss.
— Byrsoniminées
Byrsonima crassifolia L.
10
10
10
10
20
20
20
56
72
10
24
Raman et Kesavan
(1963;.
Nanda (1962).
Gajapathy (1962).
Pal (1964).
Fouet (1966).
Pal (1964).
Fouët (1965).
Fouet (1966).
Fouët (1966).
Nanda (1962).
Fouët (1966).
III. NOMBRES DE BASE ET ÉVOLUTION DE LA FAMILLE
Si les Malpighiacées nous ont montré une grande diversité dans
leurs structures nucléaires, au contraire les nombres chromosomiques
de base paraissent, à première vue, se grouper en trois séries relativement
homogènes : x = 9, x — 10, x = 12 *.
Remarquons que seules vingt-cinq espèces sont à ce jour dénombrées,
si nous réunissons nos résultats à ceux déjà publiés. Malgré des données
aussi minimes nous essaierons d’envisager les possibilités d’évolution
de la famille, en nous appuyant à la fois sur les nombres de base, les
travaux d’ARÈNES 2 , les types nucléaires. Cet essai n’a bien entendu qu’une
valeur restreinte, indicative et ne peut constituer qu’une hypothèse de
travail.
Si nous tenons compte de la liste des nombres chromosomiques,
nous pouvons indiquer quelques tendances, signaler les chilTres que l’on
rencontre le plus souvent dans le cadre d’une tribu ou d’une sous-tribu,
en notant parfois que les nombres chromosomiques varient d’un genre
à l’autre, argument en faveur d’une distinction éventuelle; mais que
parfois également des genres très éloignés d’un point de vue systématique
possèdent des nombres chromosomiques identiques.
D’après S. et G. Mangenot, x = 9 et x = 10, sont les nombres de
base originels, les Malpighiacées étant, selon ces auteurs, une famille
1. Cette hypothèse parait encore valable, si l’on tient compte du nombre haploïde
(n = 29) proposé par Pal pour 1 ’Hiptage Madablola, nombre que nous n’avons pas
retrouvé. En effet 29 n’est sûrement qu’un nombre de base dérivé, qui pourrait résulter
de l’addition par polyploïdie d’équipements 10 + 10 + 9.
2. Ils convient de remarquer cependant que son système évolutif des Malpighia¬
cées repose sur l’hypothèse de l’existence du continent de Gondwana. Celle-ci mise
en cause depuis plus de dix ans, ne parait pas devoir être actuellement acceptée telle
quelle. Sans doute conviendrait-il d’apporter des corrections aux idées d'AnÈNES dans
le domaine de la paléogéographie. 11 semble, cependant, possible d’admettre avec
lui que les espèces les plus primitives se rencontrent encore aujourd’hui en Amérique
du Sud à côté d’autres plus évoluées et que celles propres à l’ancien monde ont éga¬
lement une origine plus récente.
Source : MNHId, Paris
— 497 —
réfractaire à la polyploïdie. Devons-nous penser de même dans le cas
où a; = 12?
Cependant en considérant :
1° — L’origine très ancienne de la famille.
2° — Les vues d’ARÈNES, qui, étudiant les grands mouvements de
flores, rattache (surtout d’après les caractères du fruit) les groupes vivants
et fossiles de l’Ancien Monde à 5 souches brésiliennes apparentées à des
types contemporains : Paleo Byrsonima, Paleo Malpighia, Paleo Hiraea,
Paleo Banisleria, Paleo Rhynchophora.
3° — Les migrations primitives probablement subies dès le tout début
du Crétacé, à partir de la souche ancestrale brésilienne vers certains terri¬
toires de l’Ancien Monde et engendrant dès cette époque de nombreuses
séries phylétiques, susceptibles d’émigrer à leur tour vers de nouvelles
régions, soit au Crétacé supérieur, soit au Pliocène.
4° — L’étude des structures nucléaires qui nous a permis de suggérer
l’hypothèse d’une évolution dans l’ordre d’apparition des genres; n’est-il
pas possible de concevoir que la famille des Malpighiacées, une fois la
dispersion de ses lignées effectuée, a déjà été l’objet d’un processus évo¬
lutif?
Si nous admettons cette hypothèse d’une évolution de la famille
au moment de ses migrations, les nombres de base x = 9, x = 10, et x = 12
ne doivent peut-être plus être considérés comme des nombres de base
originels?
N’est-il pas possible de penser que les mécanismes de l’évolution
tendant fréquemment à augmenter le nombre des chromosomes ont joué?
Les nombres x = 9, x = 10 et x = 12, dans ce cas devraient être envisagés
non comme des nombres de base originels, mais comme des nombres
de base dérivés. Que pouvons-nous alors imaginer à l’origine de la famille?
L’étude des structures nucléaires suggère que la tribu des Galphi-
miées peut être considérée comme la plus proche du type ancestral
en raison de ses nombreux caractères archaïques. Les dénombrements
chromosomiques d’une remarquable homogénéité, nous montrent 24 chro¬
mosomes chez les trois espèces appartenant à cette tribu.
Nous avons évoqué à propos du Galphimia glauca, l’existence d’un
phénomène possible d’hexaploïdie, qui nous permettrait d’admettre x = 4
comme nombre de base originel. Avec Favarger, n’est-il pas permis de
considérer les représentants de la tribu des Galphimiées comme des
paléopolyploïdes dont les ancêtres à 2n auraient disparu?
Si, à l’origine de la famille, nous imaginons des espèces ancestrales
où le nombre de base est égal à 4, essayons d’expliquer la présence des
nombres de base dérivés x = 9, x = 10 et x = 12.
Les Galphimiées nous ayant montré des chromosomes « gigantesques »,
peut-être peut-on admettre qu’au cours d’un cycle mitotique, l’un de
ces chromosomes se trouve éliminé. De telles anomalies produisant des
divisions non équationnelles qui engendrent des espèces où x = 3 et x = 5.
Source : MNHN, Paris
— 498 —
Dès la fin du Crétacé à partir de trois nombres d’origine x = 4,
■s «= 3 et x = 5, ne pouvons-nous pas admettre la possibilité d’espèces
hybrides où : x = 7 (4 + 3), x = 8 (4 + 4) ou (3 + 5), x = 9 (4 5),
x = 10 (5 + 5)? De telles espèces ne seraient déjà plus primitives, mais
le résultat d’un phénomène de polyploïdie; nous pourrions les définir
comme des amphiploïdes, caractérisés par l’addition de deux équipements
chromosomiques propres à deux souches distinctes. Ces hybrides se
seraient stabilisés et maintenus jusqu’à l’époque actuelle, ce qui expli¬
querait les nombres diploïdes déjà connus 2n = 18 et 2 n = 20; ou bien
auraient donné naissance, par une reprise d’une phase évolutive, à des
espèces hautement polyploïdes telles que : VHiplage Madablota, 2 n = 54,
qui apparaît comme un hexaploïde de base dérivé x = 9 1 ; le Malpighia
urens, 2 n = 56, que nous pouvons considérer comme un octoploïde
de base x = 7. De même le Banisleria Riedeliana, 2 n = c.84, semble
admettre x — 1 comme nombre de base dérivé et serait un dodécaploïde.
Une remarque s’impose à propos de la tribu des Hiraeées. Nous
avons souligné, en nous référant aux travaux d’ARÈNES, que cette tribu
dérive d’une souche primitive dite Paleo Iliraea. Celle-ci aurait engendré
deux grandes séries phylétiques dont les lignées se seraient répandues
sur l’Ancien Continent, et dont le tableau suivant, publié par cet auteur,
résume la filiation des genres subordonnés à cette souche.
-*■ Aspidopterys
“spec. europ.
foss.
N spec. amer,
viv. et foss.
-► Tretrapterys
-► Caucanthus
-► Flabellaria
-► Triaspis-
( Digoniopterys
j Tristellateia
1
Hiptage
l Microsteira
( Calyptostylis
I Mascagnia —
Paleo
Hiraea
Cet auteur souligne que « le passage du genre Tristellateia, type
ancestral d’Afrique, de Madagascar et des Mascareignes, à samare
tétraptère et dépourvue d’aile médiane inférieure, à la souche des Hiplage
correspondrait, carpologiquement, au développement d’une aile médiane
1. Ou résultant de l'addition des équipements 10 + 10 + 7, si l’on en juge d’après
les résultats de PAL.
Source : MNHN, Paris
— 499 —
Schéma II
Source : MMHN, Paris
— 500 —
supérieure et à la transformation en aile unique de chaque paire d’ailes
latérales ».
Les dénombrements chromosomiques semblent confirmer cette
manière de voir, puisque les deux genres Trislellaleia et Jliplage possèdent
le même nombre de base x = 9, ce qui laisse supposer une filiation
possible.
11 est bon de signaler que seule la tribu des Malpighiées nous
permet d’observer, avec les genres Bunchosia et Byrsonima, des séries
où nous pouvons nous attendre à rencontrer le nombre de base dérivé
x = 12. Ces deux genres sont typiquement américains, ils se sont main¬
tenus au cours des temps dans l’aire de répartition de la famille. Le
Byrsonima crassifolia, avec ses 24 chromosomes, est vraisemblablement
une espèce diploïde, où nous retrouverons le nombre de base dérivé
x = 12. Cependant, ce nombre dérivé peut être la base de départ d’une
reprise possible d’un processus évolutif. S’il en est ainsi, peut-être devons-
nous actuellement le considérer comme un nombre de base réel, capable
de produire de nouvelles espèces hautement popyloïdes telles que le
Bunchosia monlana qui, avec ses 72 chromosomes, nous apparaît comme
un hexaploïde de base 12.
Nous pouvons maintenant, à l’aide du schéma II précédent, résumer
les diverses hypothèses que nous avons émises à propos des nombres
de base. L’enchaînement d’un tel système est purement hypothétique,
étant donné les résultats trop restreints dont nous disposions; cependant
il pourrait être le point de départ de recherches nouvelles qui contri¬
bueraient à une connaissance plus complète et plus approfondie d’une
si intéressante famille, à propos de laquelle il reste encore beaucoup de
questions à résoudre.
Voyons maintenant comment envisager l'évolution des différentes
tribus en tenant compte des nombres de base que nous venons de définir,
et en nous appuyant sur le critère principal de la classification qui dis¬
tingue les deux sous-familles d’après le caractère du fruit. Cette évolution
est illustrée par le schéma III.
Ce schéma nous permet de reprendre les hypothèses émises au sujet
des nombres de base, il n’est qu’une application aux tribus ou sous-tribus
dont nous avons observé quelques représentants.
Ne faisant intervenir comme critère systématique que la notion
de nombre chromosomique de base, et attribuant à ce nombre une signi¬
fication évolutive, nous remarquons qu’à notre connaissance les nom¬
bres x = 3 et x = 5, supposés d’origine, ne sont pas déterminés chez
les espèces étudiées. Les espèces où nous avons dénombré vingt chromo¬
somes ne montrent pas de figures classiques de tétraploïdie, soit des
groupements par quatre de chromosomes métaphasiques, aussi leur avons-
nous att ribué le nombre dérivé x = 10.
Seule la tribu des Galphimiées semble devoir posséder un nombre
de base originel x = 4; à l’heure actuelle elle doit être considérée comme
le groupe le plus primitif.
Toutes les autres tribus ou sous-tribus montrent des séries où x = 7,
Source : MNHN, Paris
- 501
MALPiGHHNEES BYRSONÎmÎNEES
Source : MNHN, Paris
— 502 —
9, 10, 12, mais nos recherches ne nous permettent pas de préciser le
nombre dérivé x = 8.
Ainsi que nous le remarquions, à propos du schéma précédemment
donné, qui résume l’évolution mise en évidence en se basant sur les
structures nucléaires, il semble y avoir également, au sujet des nombres
de base, une évolution parallèle dans les deux sous-familles.
Nous avons admis pour la « série samare » x = 7 avec les Banis-
tériinées, x = 9 avec les Hiraeées, Banistériinées, Sphédamnocarpinées
et x = 10 avec les Hiraeées et les Banistériinées, nombres de base dérivés
ou secondairement primitifs.
La « série drupe » nous permet d’illustrer les nombres x = 7 et x = 10
avec les Malpighiinées, x = 12, point de départ probable d’une nouvelle
évolution, avec les Malpighiinées et les Byrsoniminées. Il faut noter
que x = 9 ne s’observe que chez les Ptérygophorées à samares, et x = 12
chez les Aptérygiées à drupes. La sous-famille II serait donc plus évoluée
que la sous-famille I.
Peut-être serait-il intéressant d’établir une comparaison entre les
données de la systématique classique de la famille qui se base sur des
critères purement morphologiques, et les deux classifications que nous
avons proposées en tenant compte uniquement de nos résultats caryolo-
giques : structures nucléaires et nombres de base. L’ordre de succession
des tribus tel qu’il se dégage de la systématique nous servira de plan.
PTÉRYGOPHORÉES : SOUS-FAMILI.E I.
1° Hiraeéf.s
Cette tribu est représentée en Afrique tropicale, à Madagascar,
et en Asie tropicale. Elle paraît être, avec les genres étudiés : Aspidop-
lerys et lliplage, comme d’apparition relativement récente. L’étude
des structures nucléaires nous montre avec 1 ’Aspidopterys le degré d’évo¬
lution le plus élevé. Les nombres de base x = 9 et x = 10 nous permettent
d’envisager deux séries. Nous avons précisé les vues d’ARÈNES au sujet
d’une filiation possible entre les genres Trislellaleia et Hiptage, qui,
par leur nombre de base, semblent s’opposer aux autres genres de cette
tribu.
2° Banistériées
a) Sphédamnocarpinées.
Seul le genre Acridocarpus typiquement africain et malgache est
étudié; aucune indication n’est donnée à l’heure actuelle au sujet de
sa structure nucléaire; le nombre de base d’après S. et G. Mangenot
est égal à 9.
Source : MNHI'J, Paris
— 503
b) Banislèriinées.
De cette sous-tribu, répartie en Amérique du Sud et en Amérique
centrale, une seule espèce VHeleropterys africana se trouve en Afrique
occidentale mais nous ne possédons aucun renseignement à son sujet.
Chez les Banisleria , il nous semble possible de concevoir une évolu¬
tion à l’intérieur de ce genre ; nous avons admis en effet comme nombres
de base x = 7, x = 9, x = 10. Si l’on considère les deux Banisleria
que nous avons observés, nos résultats confirment la classification morpho¬
logique. Le Banisleria Biedeliana appartient au sous-genre I : Hemi-
ramma, le noyau euréticulé, le nombre de base x = 7 lui confèrent des
caractères plus primitifs qu’au B. argenlea classé dans le sous-genre II :
Eubanisleria, et chez qui la structure nucléaire est semi-réticulée, le
nombre de base égal à 10.
APTÉRYGIÊES : SOUS-FAMILLE II.
3° Galphimiées
Cette tribu, typiquement américaine, s’est maintenue au cours des
temps dans l’aire de dispersion primitive de la famille. Elle nous apparaît
quant à sa structure nucléaire, quant à son nombre de base x = 4, comme
le groupe le plus primitif. Doit-on considérer, avec Furon, cette tribu
comme une « relique » c’est-à-dire une collection d’espèces survivant à une
lignée ancienne, sorte de « fossiles vivants » dont l’aire de dispersion
est relativement réduite?
4° Malpighiées.
a) Malpighiinèes.
Il semble y avoir une opposition fondamentale entre les deux genres
étudiés, Malpighia et Bunchosia. Les Malpighia aréticulés à chromocentres
multiples, nous apparaissent comme possédant des caractères nucléaires
relativement archaïques. Le Malpighia urens , chez qui le nombre de
base est égal à 7, est peut-être l’espèce la plus primitive, si nous la
comparons avec les autres Malpighia pour qui x = 10.
Le genre Bunchosia montre une évolution incontestable par rapport
au genre Malpighia. Sa structure nucléaire euréticulée lui confère un
caractère relativement plus évolué, mais surtout son nombre de base
x = 12 suggère une reprise éventuelle d’un processus évolutif accompa¬
gnant un fort degré de polyploïdie.
b) Byrsoniminées.
Nos résultats sont en accord avec la classification; le Byrsonima
crassifolia nous montre un exemple d’espèce très évoluée dans le cadre
de la famille de par son nombre de base x = 12, et sa structure nucléaire
semi-réticulée typique.
Source : MNHI'J, Paris
— 504 —
Toutefois, étant donné le trop petit nombre de nos résultats, cette
tentative de synthèse n’est encore qu’un essai. Il serait souhaitable que
soit entreprise une étude plus détaillée et surtout plus complète de
l’ensemble des Malpighiacées.
Bi
BI.IOGRAPI1IE
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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
LEBRONNECIA, gen. nov. (MALVACEAE)
DES ILES MARQUISES
par F. R. Fosberg et M.-H. Sachet
INTRODUCTION
Au cours d’une mission 1 en Polynésie française en 1963, dont le but
principal était de travailler aux Iles Marquises auprès de M. G. LeBronnec
naturaliste amateur qui réside à Atuona depuis une cinquantaine d’années
(cf. Cahiers du Pacifique n° 9, sous presse), il a été possible d’examiner son
herbier. En 1929-1932, M. Le Bronnec, membre du Pacific Entomological
Survey organisé par le Bishop Muséum et la Hawaiian Planters Association,
de Ho’nolulu, avait participé à la récolte de milliers d’insectes et de quelques
centaines de plantes représentant leur habitat ou nourriture. Les herbiers
avaient surtout été rassemblés par A. M. Adamson et G. Le Bronnec. Il
y avait plusieurs séries de doubles, dont une devait être envoyée au pro¬
fesseur E. D. Merrill, à lin de détermination préliminaire, et'une restait
à Atuona. Aprèsle départ d’ Adamson en avril 1930, M. LeBronnec continua
les collections d’insectes, les récoltes, et envois de plantes. 11 se trouve
toutefois dans l’herbier d’Atuona un petit nombre d’échantillons qui n’ont
jamais été distribués ou identifiés. La plupart étaient de détermination
facile mais une Malvacée de l’île de Tahuata ne correspondait à aucune
espèce signalée dans les îles de Polynésie. M. Le Bronnec a bien voulu
envoyer aux auteurs une partie de sa récolte originelle (Le Bronnec 601)
et guider son gendre, M. Fred Johnson, dans la recherche d’échantillons
supplémentaires. Fred Johnson avec l’aide de sa femme Teii et d’un vieil
ami marquisien Hauani, put obtenir trois récoltes successives provenant
d’un seul arbre, peut-être le même que celui découvert en 1930. Le lieu
de récolte de Le Bronnec 601 est Iva-Iva. M. Johnson précise qu’il s'agit
d’une arête séparant les baies de Iva-Iva et Hanamoenoa sur la côte nord-
ouest de Tahuata, le site exact étant connu sous le nom d’Iva-Iva Iti.
L’arbre, de 6 inches (15 cm) de diamètre et d’environ 30 pieds (9 m) de
haut, est entouré d’une « forêt » d’une douzaine de jeunes plantes de toute
taille apparemment issues de graines, et croît à la limite de la végétation
boisée. Au-dessus, zone de Casuarina equiseli/olia poussant sur la roche
nue, au-dessous végétation herbacée brûlée par le soleil et descendant
jusqu’à la mer. M. Johnson pense que les matériaux enlevés par l’érosion
sur le haut de la crête ont dû s’accumuler dans une poche de terre où croit
Lebronnecia .Le site ainsi décrit par M. Johnson est très reconnaissable,
et typique des versants arides des Iles Marquises. M. Le Bronnec pense
avoir vu des arbres semblables à Hanamenu, sur la côte nord-ouest sèche
de Hiva-oa, et sur l’île déserte de Mohotani.
M. Le Bronnec appelle cette plante « fautea # (Hibiscus blanc), mais
sur l’étiquette de son n° 601 on lit « fautona ». Hauani l’appelle aussi purau
nain (Hibiscus nain). Il sera sans doute impossible de vérifier si cette plante
était connue des anciens marquisiens et avait un nom bien établi. Les notes et
1. Cette mission a bénéficié de l'appui de la Fondation Singer-Polignac, du
C.N.R.S. et de l’American Philosophical Society (Penrose Fund).
Source : MNHN, Paris
— 508 —
échantillons récoltés par M. Johnson l’ont été au prix de grandes difficultés.
Et du fait de l'extrême lenteur des communications avec les Iles Marquises,
les plantes seraient arrivées en fort mauvais état sans l’aide inestimable de
M. J.-N. Maclet, du Service de l’Agriculture à Papeete, à qui elles furent
envoyées et qui les a séchées, préparées et fait suivre par avion.
M. H. Sachet
DISCUSSION
The generic disposition of this plant présents some rather difïicult
problems. The généra in the Malvaceae tribe Gossypieae are not too satis-
factorily separated, nor are they universally agreed on. To add another
genus of the same sort is not an attractive course, but the plant does not
fit readily into any of the presently recognized généra. The alternative would
perhaps be a general réduction of ail of them to Gossypium, which would
not be very satisfaclory.
Its general aspect and reduced, non-whorled, involucre indicate a
close relationship to Thespesia, but the very densely long-hairy seeds
and small llowers do not fit. The small flowers, general habit, and woody
capsule suggest Hampea (currently but incorrectly placed in the Bombacaceae ).
Its single very hairy, rather than usually many smooth arillate seeds
preclude this disposition. From Gossypium it seems excluded by its woody
capsules, single seeds and non-whorled involucre. From Kokia it differs
in its non-whorled, reduced involucre, much smaller, more open corolla,
the 3-celled (rather than 5) much less woody capsules and the nearlv
straight, rather than wooily, seed hair. From ail of them it differs in its
completely included style enclosed by the dome-like mass of anthers.
For the présent, our inclination is to consider it as another of the several
small, nearly extinct Malvaceous généra that mark the fiora of the eastern
fringes of Polynesia (e. g. Kokia, Hibiscadelphus), perhaps intermediate
between Thespesia and Kokia, possibly closest to the latter.
Dr. Hans Peter Fuchs, of Amsterdam, has kindly made a detailed
examination of pollen from the specimen, Johnson 2, cited below as type
of the species and reports his observations as follows :
“The pollen is represented by macropositive (i.e. positive éléments
larger than 1 micron) grains with most probably three to four round,
but very indistinct apertures.
“The pillars are of varying length, somewhat elongated undernealh
the positive éléments.
“The endexine is relatively thick compared with the pillars, which
are smaller than 1/2 micron and the very thin tegillum.
“The macropositive éléments are loosely distributed over the whole
surface of the grain and show a wart-like appearance with typically rounded
tops.
“The above palynomorphological characters point to a sterculiaceous
genus rather than to a genus of the family Malvaceae. Very similar grains
to those described above are found especially in the genus Plerospermuin.
and with some représentatives of the généra Helicteres, Dombeya, Pentapeles,
Melhania, Hoheria, Helmiopsis, Eriolaena, Trochelia and Ruizia.
“We hâve not found grains similar to those of your material amongsl
the families of Malvaceae or Bombacaceae, except fôr some few species of
Quararibea and Malisia which either may hâve to be transferred to the
Slerculiaceae or may form a separate group amongst the South American
Bombacaceae.
Dr. Richard H. Eyde, of the Smithsonian Institution, has made and
examined sections of the anthers, and reports that they show signs of
Source : MNHN, Paris
- 509 —
having been two-celled, at least when young. Mature, dehisced anthers
appear to be one-celled. as is general in the Malvaceae.
In spite of the distinctive pollen morphology and the indications of
early partitions in the anthers, the plant in ail of its gross-morphological
features is certainly malvaceous. This opinion is shared by Dr. Paul A.
Fryxell, of College Station, Texas, specialist on this group of'the Malvaceae.
While the peculiarities of anatomy and pollen structure strengthen our
opinion that the plant represents à new genus, we do not feel warranted
in placing the plant anywhere except in the family Malvaceae, tribe Gossg-
pieae Alef.
We are greatly indebted to both Dr. Fucus and Dr. Eyde, and espe-
cially to Dr. Fryxell, for their help with this plant.
Lebronnecia is an inhabitant of the dry leeward slopes of the Marquesas
Islands, now so rare as to be on the verge of extinction. It is definitely
known only from Tahuata, where 37 years ago it was said to be found only
in two or three localities. Now only one tree, surrounded by some young
plants, still remains, so far as our information goes. There are rumors of
it from Hiva-Oa, but these are vague and not supported by specimens.
We are happy to dedicate this genus to its original discoverer, Mr. Guil¬
laume Le Bronnec, naturalist, 50 years résident of Atuona, Island of
Hiva-Oa, Marquesas. His hospitality and helpful coopération shown the
junior author on her expédition to the Marquesas in 1963 are greatly
apprécia ted.
DESCRIPTION
LEBRONNECIA Fosberg, gen. nov.
Planta lignosa; flores nigropunctulati, in cymis paucifloris dichotomis
dispositi, involucri bracteis 3 reductis irregulariter insertis, calyce truncato,
androecio clavato antheris curvatis unilocularibus, stylo truncato in androe-
cio incluso, ovario triloculare ovulo in quoquc loculo uno ; capstda subglobosa
lignosa; semina nigra globosa valde longi-pilosa.
Woody plants; leaves alternate, palmately nerved: stipules minute,
subulate, very early caducous, leaving short êlevated linear, straight to
slightly arcuate scars; flowers medium to rather small, in axillary 2-4-
flowered dichotomous cymes, these usually variously reduced, often to
jointed bracteate peduncles; involucre of 3 bracts, these minute, subulate
from a broad base irregularly (spirally) inserted at top of pedicel and base
of réceptacle; calyx completely gamosepalous, open at summit apparently
from the first, though at first by only a small opening, truncate except
for 5 very minute teeth, notably black-dotted, at anthesis broadly campa-
nulate of hemispheric; bud pointed, tomentose; petals strongly united
at base, black-punctate, broadly obovate-spatulate, distal part thin and
flaring, one margin thin, body tirm, tomentose without, glabrous within;
staminal column completely included, naked in Iower half, the antheriferous
half densely so above, sparsely below, anther mass compact, club-shaped
or dome-shaped, free part of filaments very short, anthers one-celled,
strongly bent, semicircular or forming a blunt right angle, dehiscing along
a single line around convex side of curve; pollen grains with minute rather
blunt spines or protubérances; style simple, about 3 mm long, apex truncate,
completely included in the staminal column which seems almost or quite
closed above it, ovary ovoid, densely tomentose, 3-celled, one ascending
glabrous ovule in a cell, attached just above base on inner angle of cell;
young fruit globose, densely tomentose: mature fruit a loculicidally déhiscent
Source : MNHN, Paris
— 510 —
capsule, glabraie with a minutely rugulose surface, slightly umbonate,
valves stiff, woody, the inner layer becoming papery and separating when
old, with no tendency for valves to become reflexed; seed blaek, irregularly
globose, with a slight protubérance at hilum, densely covered with terete
straight to slightly kinky dull reddish brown hair about 1 cm or less long,
the mass of hair around the seed completely filling the locule [cotylédons
in very young seedling brown-punctate (Paul Fryxell, in lut.)].
One species known, which is therefore the type.
Lebronnecia kokioides Fosberg, sp. nov.
Folia integra cordata longe-petiolata; cyma ramo uno plerumque supri-
mo, pedunculo 0.5-2. 5 cm, pedicellis 1.5-4 cm; involucti bracteae 1.5-5 mm
longae; flos calyce 1 cm longo, corolla alba 2-3 cm longa, staminale columna
1 cm longa, ovario 6 mm longo, stylo 3 mm longo ; fructus 2-3 cm longo ;
semina 8 mm diametro ferruginea-pilosa, pilis 1 cm longis.
Small tree or large shrub; stems and leaves glabrous; leaves orbicular-
cordate, somewhat acuminate, long-petiolate, variable in size, blades 6-8 cm
across, much larger on stérile shoots, then to 15 cm long, palmately 5-,
7-, or 9-nerved, the outer nerves weaker, ail nerves with black irregular
glands; petiole 5-9 cm, on stérile shoots to 15 cm long; stipules about
2 mm long; peduncles proper 0.5-2.5 cm; pedicels (part above subtending
bract) 1.5-4 cm ; one branch of cyme frequently suppressed, represented
only by an undeveloped bud ; bracts inconspicuous, subulate; involucral
bracts 1.5-5 mm long; calyx about 1 cm long, firm; corolla funnelform-
campanulate, 2-3 cm long, white (appearing yellowish when dried); staminal
column, filaments and connectives black, column 1 cm long above coales¬
cence with corolla, anthers about 0.5 mm across; style black, 3 mm long,
ovary 6 mm long; mature fruit subglobose, 2-3 cm long; seeds 8 mm in
diameter.
Holotypus : Johnson 2, Iva-Iva Iti, Tahuata I.
Marquesas Is.: Tahuata I.:
Iva-Iva, 50 m, on hillsides, Juiy 2, 1930, Le Bronnec 601 (US) (Ils. and young
fruit); Iva-Iva Iti, August 17, 1964, Johnson 1 (US, BISH, Fo) (stérile twigs and
empty capsules from ground) ; saine loc., second half of May, 1965, Johnson 2 (US,
tvpc, Fo, BISH, P) (Oowering); same loc., Maich or early'April, 1966, Johnson 3
(US, BISH, Fo, P) (seeds only).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
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