Source : MNHN, Paris
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
ADANSONIA
TRAVAUX PUBLIÉS
AVEC LE CONCOURS
du Centre National de la Recherche Scientifique
SOUS LA DIRECTION DE
H. HUMBERT A. AUBRÉVILLE
Membre de l’Institut Professeur
Professeur honoraire
Nouvelle Série
Tome VII
FASCICULE 3
1967
PARIS
LABORATOIRE DE PHANÉROGAMIE
DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
16, rue de Buffon, Paris (5 e )
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 7 (3) 1967.
SOMMAIRE
Meslin R. — Georges Le Testu (1877-1967). Sa vie, son œuvre. 263
Humbert H. — Espèces nouvelles de Slreptocarpus (Gesneriaceae)
à Madagascar . 275
Letouzey R. — Notes sur diverses espèces d’Afrique et de Mada¬
gascar du genre Urera Gaudich. (Urticacées). 295
Raynal A. et J. — Contribution à la connaissance de la flore séné¬
galaise . 301
Cavaco A. — Notes sur quelques Vanguériées (Rubiaceae) . 357
— Synonymie et espèces nouvelles dans le genre Schismaloclada
(Rubiacées) . 363
Vidal J.-E. —- Présence en Indochine de Streblus indicus (Bur.)
Corner (Moraceae) . 365
Cusset G. — Les Passifloracées asiatiques. 371
Aké-Assi L. — Un nouveau Dorstenia (Moracées) de Côte d’ivoire.. 387
Lebrun J.-P. et Peyre de Fabrègues B. — Plantes rares ou inté¬
ressantes de la République du Niger. 391
Lescot M. — Sur un mode de réduction du nombre des convergents
dans la plantule de Cucumis Melo L. 399
Rédacteur Principal
A. Le Thomas
Assistant
La publication d’un article dans Adansonia n’implique nullement
que celle Revue approuve ou cautionne les opinions de l’auteur.
Date de publication du pasc. 2, 1967 : 31 juillet 1967.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 7 (3) 1967.
GEORGES LE TESTU (1877-1967)
SA VIE, SON ŒUVRE
par
Roger Meslin
Chargé de cours à l’École nationale de Médecine et Pharmacie de Caen.
Au moment où disparaît un des derniers pionniers de l’exploration
botanique du continent africain, le Laboratoire de Phanérogamie du
Muséum et son directeur ne pouvaient manquer de consacrer une longue
évocation à celui dont les belles collections ont fourni la matière, sous la
plume de François Pellegrin, d’abord des Planlae Letestuanae novae
(1923-1955) recueil de descriptions de nouveautés botaniques, puis de la
Flore du Mayombe (3 volumes in-4° : 1924-1938).
Ces travaux, qui reposent sur les belles récoltes de l’Administrateur
en chef des Colonies Georges Le Testu sont en effet la base de la « Flore
du Gabon » éditée par le signataire de ces lignes et dont 13 livraisons,
totalisant 1 869 pages, 325 planches, de nombreuses photos et cartes,
ont paru depuis 1961 et seront suivies.par de nombreuses autres jusqu’à
l’achèvement de l’ouvrage. Les récoltes de Le Testu s’étendent d’ailleurs
sur des territoires qui dépassent beaucoup celui de la République gabo¬
naise.
M. Meslin, professeur à l’École nationale de Médecine et de Phar¬
macie de Caen, ami intime du grand voyageur malgré leur différence
d’âge, avait déjà réuni des documents très complets, à la fois intéressants
et précis, sur sa vie et sa carrière. Bien qu’il nous ait offert très géné¬
reusement sa documentation en vue d’une étude biographique, nous
préférons lui laisser la plume pour une évocation plus personnelle et
directe qui fera mieux revivre pour les lecteurs d 'Adansonia le caractère
et les travaux du disparu.
A. Aubréville.
Georges Marie Patrice Charles Le Testu est né à Caen le 8 janvier
1877 et devait achever sa vie dans la même ville le 14 avril 1967. Ses
parents tenaient un petit commerce et c’est à Caen qu’il fait ses études
primaires et secondaires, à l’Institution Sainte-Marie.
Source : MNHN, Paris
— 264
Georges Le Testu (1877-1967)
Source : MNHN, Paris
- 265
Il se rendit ensuite à Paris afin d’y poursuivre ses études. Élève de
l’Institut National agronomique il en est sorti Ingénieur agronome dans la
promotion de 1896. Il poursuivait en même temps des études à la Faculté
des Sciences de Paris où il a obtenu le diplôme de Licencié ès-sciences. II
a également suivi des cours à la Faculté de Droit, et ces études juridiques
lui ont été tort utiles lors de sa carrière ultérieure d’administrateur
colonial.
Après son service militaire (un an seulement en qualité d’étudiant)
effectué vers 1898-99 à Bizerte dans l’artillerie de forteresse, sa carrière
civile a commencé au Dahomey où en 1900-1902 il fut agent de culture
de la C le « L'Ouémé-Dahomey ». Ensuite, pendant les années 1904 à 1906
il fit un séjour plus long au Mozambique toujours comme attaché à une
importante compagnie agricole. Puis, ces diverses situations ne lui per¬
mettant pas les travaux botaniques qu’il espérait effectuer au cours de
ses loisirs, il entra dans l’administration coloniale et fut affecté d’abord au
Gabon en 1907. Dès lors sa carrière se poursuivit en Afrique équatoriale,
partagée entre le Gabon et l’Oubangui-Chari où lui furent confiés de
nombreux postes : Mouila, Tchibanga, Sindara, Lastoursville, Oyem,
Yalinga. Il devint ainsi successivement Administrateur et Administrateur
en chef des colonies.
Les événements du 6 février 1934, et les décrets administratifs qui
les suivirent en abaissant la limite d’âge, lui valurent une mise à la
retraite prématurée, dont il ne se consola pas. Il était en tournée d’inspec¬
tion, tournée qu’on lui laissa achever, et â son retour on lui annonça la
mauvaise nouvelle. Il espérait « faire » encore deux ou trois ans et en
profiter pour réaliser des tournées administratives dans plusieurs sec¬
teurs qu’il avait le désir de connaître et d’explorer du point de vue bota¬
nique. C’est donc à regret qu’il dut en 1934 regagner la métropole et
depuis lors il vécut constamment dans sa maison de la rue Caponière à
Caen.
En 1932 le poste de Conservateur des collections vivantes (Jardin
Botanique) et des herbiers de l’Université de Caen était devenu vacant
par la mort de Marius Lortet. Je signalai alors au professeur Pierre Choux
que ces fonctions intéresseraient certainement Georges Le Testu et il
entra en relations avec lui à ce sujet. Je fis l’intérim d’octobre 1932 à
décembre 1934 et Le Testu prit finalement en janvier 1935 ses fonctions,
qu’il conserva jusqu’à sa mort, pour une rémunération qui s’avéra par la
suite considérablement dévaluée. Au moment de sa mort il s’occupait
encore du classement et de la mise en état de plusieurs cartons de Gra¬
minées de l’Herbier Lenormand particulièrement intéressantes car
beaucoup avaient été déterminées par Steudel et constituaient des
types précieux.
Il eut donc une grande activité jusqu’à ses derniers jours, où il fit
chez lui une malencontreuse chute avec fracture du col du fémur. Trans¬
porté dans une clinique et opéré, il s’éteignit deux jours plus tard le 14 avril
1967.
Georges Le Testu était titulaire de nombreuses distinctions hono-
Source : MNHN, Paris
- 266 -
rifiques : Chevalier de la Légion d’Honneur (1930), il était aussi Chevalier
du Mérite agricole, Officier de l’Instruction publique (1924), Chevalier
de l’Ordre du Bénin, Commandeur de l’Étoile d’Anjouan, Médaille Colo¬
niale, et Correspondant du Muséum National d'Histoire Naturelle (1919).
Nous voulons évoquer maintenant dans cette Revue, consacrée aux
plantes et à la végétation tropicales, son activité botanique.
Déjà pendant ses études secondaires il s’intéressait aux plantes et
il me parlait quelquefois des jeudis où il parcourait les coteaux de la plaine
de Caen à la recherche d ’Ophrys et d'autres plantes intéressantes.
Durant son service militaire en Tunisie, à la faveur de ses permis¬
sions, il a fait des randonnées dans le « bled » et continua plus tard à
récolter des plantes.
Du Dahomey il rapporta aussi des échantillons d’herbier et publia
dans le Journal d’Agriculture tropicale un article sur la « Multiplication
de la liane à caoutchouc Landolphia owariensis ». Il continua à recueillir
des plantes au Mozambique et son herbier renferme un assez important
contingent rapporté de Zambézie. Mais, comme je l’ai indiqué, ses occupa¬
tions en agronomie ne lui laissaient pas assez de temps pour réaliser
tous ses projets. Les postes qu’il devait occuper dans l’Administration
coloniale allaient lui permettre de 1907 à 1934 d’explorer le Gabon et
l’Oubangui, et de réunir des collections importantes et précieuses. La
majeure partie de son herbier d'Afrique équatoriale est constituée par
ces récoltes : plus de 9 600 numéros! Il a donc apporté une contribution
capitale à la botanique tropicale, ajoutant son nom à celui des nombreux
botanistes normands qui se sont intéressés à la flore exotique : Vieillard,
Chevalier et bien d’autres.
Modeste, il soulignait toujours qu’il n’était pas un botaniste à part
entière et qu’il récoltait des plantes seulement pendant les moments de
répit que lui laissaient ses occupations administratives, soit aux abords
immédiats des postes où il était en résidence, soit surtout au cours de ses
longues tournées d’administration, tournées qu’il effectuait toujours à
pied. Un jour, sa sœur étant allée commander plusieurs douzaines d’espa¬
drilles dans un magasin de gros de Caen, on s’étonnait qu’elle les désirât
toutes de la même pointure et le commerçant avait du mal à se faire à
l’idée que toutes étaient pour une seule et même personne!
Il apportait le plus grand soin au choix et à la préparation de ses
échantillons, récoltait très abondamment. Après quelques déboires causés
par les insectes et surtout par l’humidité, il avait mis au point une méthode
de séchage rapide en dressant son cuisinier pour qu’il traitât les spécimens
par la chaleur du four. Il m’avait exposé plusieurs fois sa méthode et je
l’engageai à la mettre par écrit : c’est l’origine d’un article « Réflexions
sur la récolte des échantillons botaniques en Afrique équatoriale » paru
en 1950 dans le Bulletin de la Société botanique de France, société dont
il était membre à vie.
Source : MNHN, Paris
- 267 -
Durant ses tournées, il dressait des indigènes à grimper aux arbres,
à lui rapporter des spécimens en fleurs et aussi des épiphytes. Les fonc¬
tions de son cuisinier étaient doubles, car en dehors du séchage des
spécimens botaniques il lui demandait une cuisine soignée, tenant que
l’on ne pouvait se bien porter dans les régions tropicales qu’en se nourris¬
sant très correctement comme dans la métropole. Et lors de son retour
en Afrique, après ses congés en France, il rapportait un ravitaillement
considérable : conserves, tonnelets de vin, etc... pour plus d’un an.
Les divers séjours de Le Testu en Afrique ont été assez régulière¬
ment, sauf durant la première guerre mondiale, coupés par des congés
en métropole. Il passait ces congés à Caen et les utilisait pour compléter
ses activités botaniques : empoisonnement des récoltes au sublimé,
fixation des spécimens en planches d’herbier, classement par familles.
La plus grande partie de chaque congé était consacrée à ce genre de
travail.
Lorsqu’il manipulait son herbier ou qu’il préparait ses récoltes
récentes, Le Testu était toujours très content de montrer à ses amis les
documents les plus intéressants, documents parmi lesquels certains pré¬
sentaient le plus grand intérêt du point de vue de leur morphologie. Je
me souviens par exemple de ses très beaux spécimens de la Rubiacée du
genre Schumanniophylon qui l’intriguait fort, de ceux des Flacourtiacées
à « fleurs épiphylles » des genres Phyllobotryum et Phylloclinium. Il était
très intrigué par un arbre dont les fleurs étaient formées au ras du sol
sur des sortes de stolons émanant de la base du tronc, exemple très remar¬
quable de rhizanthie ou mieux de flagelliflorie. Ayant vu ces échantillons
et, plus tard, reconnu la plante dans une figure de la monographie d’Ernst
Gilg sur les Flacourtiacées qui venait de paraître (1925) dans la seconde
édition des Pflanzenfamilien, sous le nom de Paraphyadanlhe ftagelli-
flora Mildbr. du Cameroun, je lui adressai en Afrique la copie du dessin,
copie qui figure encore à côté de la plante dans son herbier, il en fut
enthousiasmé.
Une autre part des activités de congé de Georges Le Testu était
consacrée à classer une portion abondante de chaque plante dans son
propre herbier et à en prélever une autre qu’il faisait parvenir au Labo¬
ratoire de Phanérogamie du Muséum d’Histoire Naturelle, établissement
dont il devint très vite un très actif membre correspondant. Il faisait
aussi un voyage à Paris pour rendre visite à son excellent ami François
Pellegrin et par la même occasion à André Maublanc, professeur à
l’Institut agronomique, avec lequel il était très lié.
Pellegrin étudia régulièrement les documents de Georges Le Testu.
Il leur consacra de très nombreux articles avant de réunir un grand
ensemble sous le titre de « La Flore du Mayombe », ouvrage en trois fasci¬
cules respectivement parus en 1924, 1928 et 1938. L’ensemble représente
un catalogue de plus de mille espèces avec la description de nombreux
genres et espèces nouveaux, et une illustration de figures dans le texte
et de très belles planches in-quarto. Le dernier fascicule comporte un
appendice rédigé par Georges Le Testu intitulé « Notes sur la végétation
Source : MNHN, Paris
- 268 -
dans le bassin de la Nyanga et de la Ngounyé au Gabon ». Les trois fascicules
de cette flore ont été publiés à Caen dans les Mémoires de la Société
Linnéenne de Normandie et entièrement aux frais de G. Le Testu. La
Société Linnéenne lui confia la présidence pendant l’année 1949; déjà
auparavant, afin de lui témoigner sa reconnaissance, par une décision
prise au cours de la séance du 6 février 1939, elle lui avait conféré le titre de
membre perpétuel, titre qui, avec les nouveaux et récents statuts de la
société semble être tombé dans l’oubli !
Les documents donnés par Le Testu au Muséum ont encore été
utilisés par Fr. Pellegrin dans son mémoire sur « Les Légumineuses du
Gabon » (1948). Les Fougères ont été déterminées par le Prince Roland
Bonaparte (1920, 1923) ainsi que par M me Tardieu-Blot (1953);
R. Benoist s’occupa des Acanthacées.
Les séjours de Le Testu à Caen lui furent profitables à un autre
égard : des liens d'étroite camaraderie et d’amitié se nouèrent, à l’Institut
botanique de l’Université, entre lui et le professeur René Viguier, liens
qui commencèrent en 1920 pour durer jusqu'à la mort prématurée de
son ami en 1931.
Il fut mis par Viguier en relation avec Henri Chermezon dont une
spécialité était l’étude des Cypéracées. Dès lors, Le Testu fit en Afrique
d’amples récoltes de plantes de cette famille, car fatalement limité dans le
choix des végétaux qu'il rencontrait au cours de ses tournées, il ne résis¬
tait pas quand il pouvait recueillir ceux qu’il savait susceptibles d’être
rapidement identifiés par des spécialistes compétents, ce qui explique
la forte proportion de spécimens représentés pour plusieurs familles de
son herbier.
En ce qui concerne la famille des Orchidacées, Viguier lui conseilla
d’en confier l’étude à Rudolf Schlechter qui venait d’examiner les
très riches matériaux malgaches de Perrier de la Bathie. L’étude des
documents africains était en cours lorsque la mort de Schlechter l’inter¬
rompit; les planches d’herbier étaient dispersées, rapprochées pour
comparaison d’autres spécimens répartis dans l’herbier considérable du
Muséum de Berlin-Dahlem, et ce ce fait difficiles à rassembler à nouveau.
Le Testu eut alors beaucoup de difficultés à faire revenir son matériel;
il en conçut une certaine irritation et en garda d’ailleurs une très vive
amertume.
Mais c’est dans le domaine des Cryptogames que l’influence de
Viguier fut capitale. Déjà, Le Testu avait collecté occasionnellement
des Bryophytes, mais après qu’il eût été présenté au bryologue normand
Robert Potier de la Varde il ne négligea plus la recherche de ces végé¬
taux. Ses récoltes de Mousses devinrent très abondantes et firent l’objet,
après la publication de diagnoses préliminaires dans le Bulletin de la
Société botanique de France, d'un important mémoire de Potier de
la Varde « Mousses de l’Oubangui » publié dans les Archives de Botanique
(1928) que Viguier venait de fonder. C’est là l’origine du concours
apporté par Le Testu à ce nouveau périodique dans lequel il espérait
faire paraître des travaux concernant ses chères plantes africaines.
Source : MNHN, Paris
- 269 -
Plus tard un second mémoire du même auteur était consacré aux
« Mousses du Gabon » et, publié en 1936 dans les Mémoires de la Société des
Sciences naturelles et mathématiques de Cherbourg. Ce travail avait été
précédé de notes préliminaires étendues parues dans la Revue bryotogique.
De nombreux matériaux furent aussi recueillis du groupe des Hépa¬
tiques qui ont été confiés à M me S. Jovet, du Laboratoire de Crypto¬
gamie, mais leur étude n’a été encore jusqu’à maintenant que partielle.
Toujours par l’intermédiaire de Viguier, qui l’avait présenté à
l’abbé Pierre Frf.my, Le Testu devait s’avérer un très remarquable col¬
lecteur d’algues d’eau douce et subaériennes. Il participa pendant l’été
de 1924 à quelques excursions en Basse-Normandie au cours desquelles
Frémy l’initia à la recherche comme à la préparation de ce genre d'orga¬
nismes. 11 lui adressa par la suite, tant de l’Oubangui que du Gabon, une
quantité considérable de matériel, le plus souvent dans des tubes d’eau
formolée. Chacun de ses envois à la fois volumineux et fréquents était pour
Frémy une source de nouvelles découvertes.
Les premiers documents de Le Testu avaient déjà permis à Frémy
de publier dans la Revue algologique une « Contribution à la flore algo-
logique de l’Afrique tropicale française » (1924), mais le matériel postérieur
d’une richesse extrême fut utilisé pour une très importante monographie
« Les Myxophycées de l’Afrique équatoriale française » parue en 1930, dans
les Archives de Botanique. Ce travail, aujourd’hui classique, contribua
pour beaucoup à la notoriété de l’abbé Frémy dans le domaine de l’algo-
logie.
Si les Cyanophycées ont fait l’objet d’une étude magistrale, il restait
beaucoup d’algues d’autres groupes à étudier : notamment des Trenle-
pohlia, beaucoup de Balrachospermum. Malheureusement, les tubes et
flacons que conservait Frémy furent détruits en 1944 lors des bombarde¬
ments de Saint-Lô.
La récolte des Champignons ne fut pas non plus négligée au cours
des explorations africaines de Le Testu. Des Myxomycètes furent recueil¬
lis et déterminés par S. Buchet mais sans faire l’objet d’une publication
spéciale. Des Cordyceps entomophiles ont été confiés à Maublanc. Toute¬
fois deux Champignons remarquables ont été décrits : un Agaric termi-
tophile décrit dans un article de N. Patouillard, « Une Lépiote africaine
des nids de termites, Lepiola Le Teslui » (Bulletin de la Société mycologique
de France, 1916) espèce dont par la suite le Prof. Roger Heim devait
faire le Termilomyces Le Teslui; et aussi de curieux rhizomorphes avec
lesquels les indigènes font des cordelettes tressées et des ceintures qui
furent signalés par Roger Heim dans une « Histoire du Polyporus Rhizo-
morpha Montagne » ( Bulletin de la Société mycologique de France, 1941).
Tels sont les principaux résultats des recherches botaniques effectuées
par Le Testu au cours d’une longue carrière africaine. L’ensemble des
plantes vasculaires se trouve aujourd’hui réuni dans un herbier consi¬
dérable, puisqu’il atteint près de 10 000 numéros, très bien classé, annoté
de façon précise, et préparé avec le plus grand soin. Cet herbier comporte,
en plus des plantes récoltées par Le Testu lui-même, nombre d’autres
Source : MNHN, Paris
- 270 -
provenant de ses correspondants africains. Parmi ces derniers une mention
spéciale doit être faite des matériaux que lui donnait un autre excellent
botaniste : le R. P. Ch. Tisserant, S, Sp., que Le Testu connut dès 1922,
alors qu’il était déjà à son deuxième poste dans l’Oubangui qu’il ne quitta
jamais au cours d’une longue et fructueuse carrière. Citons encore l’admi¬
nistrateur Eymard et le commis des services civils J. Eckendorff.
Les recherches de Le Testu, dans le domaine des sciences naturelles,
portèrent encore sur les Insectes qu’il envoyait à son ami Maublanc, et
sur les Zoocécidies étudiées par C. Houard.
Au cours de ses randonnées pédestres Le Testu fit nombre de relevés
topographiques dont le résultat fut la publication, à ses frais, de deux
grandes cartes au 1 /500 000. La première « La Nyanga et la Ngounyé »
d’après les itinéraires de Le Testu et de quelques autres administrateurs,
dressée par F. Mariol, parut en 1928; elle fut notamment distribuée en
hors-texte dans le deuxième fascicule de la « Flore du Mayombe » et dans le
mémoire « Les Myxophycées de l’Afrique équatoriale française ». La
deuxième a été publiée en 1932 : carte « Du Moyen-Ogooué à l’Océan »; elle
a été dressée par A. Meunier en grande partie d’après les travaux de
Le Testu.
Ce dernier s’intéressa toujours aux indigènes, dont il avait acquis
une grande expérience. Plusieurs travaux de Le Testu témoignent du
grand intérêt qu’il leur portait. Vers 1920, il publia un ouvrage intitulé
« Notes sur les coutumes Bapounou dans la circonscription de la Nyanga »
(1 vol. in-8, 212 p., Caen, s.d.). Plus tard, dans les Mémoires de l’Académie
des Sciences, Arts el Belles-Lellres de Caen parurent en 1952 deux articles
consacrés à « Quelques coutumes indigènes du Gabon » (22 p.) et à 1’ « Évo¬
lution démographique de l’Afrique équatoriale française » (28 p.).
Après la mise à la retraite en 1934, l’activité de Georges Le Testu se
poursuivit jusqu’à sa mort. Il continua constamment à s'occuper de son
propre herbier et une ère nouvelle pour l’étude de ses plantes commença.
En 1929, je lui avais adressé en Afrique copie de la diagnose du Combretum
Le Teslui que A. W. Exell venait de publier dans le Journal of Botany,
d’après un spécimen du Gabon de l’Herbier du British Muséum. Il se
montra quelque peu surpris que des échantillons, non encore déterminés,
détachés des parts qu’il n’envoyait qu’au Muséum de Paris eussent été
ainsi distribués à l’étranger.
Le Muséum était alors très orienté vers l’étude des flores indochinoise
et plus tard malgache; Pellegrin restait à peu près seul à s’occuper des
Phanérogames d’Afrique. Aussi, à son retour définitif en France, Le
Testu commença à entrer en relations, qui devinrent rapidement très
suivies, avec les botanistes de Kew et du British Muséum.
Tout d’abord il correspondit avec Exell et lui confia l’étude des
Combrétacées de son herbier. Il devait en résulter un travail « Les espèces
de Combrelum de l’Afrique occidentale tropicale dans l’Herbier de M. Le
Testu » sous la signature de ce dernier et d’ExELL, travail paru en 1936
dans le Bulletin de la Société linnéenne de Normandie et précédé de quelques
« Considérations générales » rédigées par le collecteur.
Source : MNHN, Paris
- 271
Par la suite, il communiqua ses récoltes à d’autres spécialistes britan¬
niques : A. H. G. Alston (Ptéridophytes), V. S. Summerhayes (Orchi-
dacées), C. E. Hubbard (Graminées), Ed. G. Baker (Malvacées), Cecil
NoSman (Ombellifères, Araliacées) et autres savants.
11 rédigea lui-même en 1940 pour la Revue de Botanique appliquée
d’Aug. Chevalier des « Notes sur les cultures indigènes dans l’intérieur du
Gabon » et souligna dans le Bulletin de la Société linnèenne de Normandie
(1947) la « Création d’une station centrale d’Agriculture dans l’Ouban-
gui » à Boukoko, station relevant directement du Gouvernement général.
A côté de ses préoccupations relatives aux plantes africaines,
Le Testu devait se consacrer activement à ses nouvelles fonctions de
Conservateur des collections de l’Université de Caen. Il commença par la
remise en état du très important herbier de Nouvelle Calédonie qu’avait
réuni Eugène Vieillard au cours de très longs séjours dans cette île. Il
attaqua ensuite l’immense herbier du botaniste virois René Lenormand.
Après le sauvetage des collections caennaises au cours de l’été 1944 il eut
là un énorme travail de remise en ordre, et au moment de sa mort, Le
Testu avait encore sur sa table des paquets de Graminées en cours de
reclassement!
Lenormand avait conservé de ses très nombreux correspondants,
c’est-à-dire pratiquement de tous les botanistes du milieu du xix e siècle,
une quantité considérable de lettres souvent fort intéressantes. Le Testu
eut la patience de les lire à peu près toutes, de les ranger par auteurs, et
de les faire relier en plusieurs volumes (une vingtaine) pour les rendre plus
facilement accessibles.
Lorsque Pierre Allorge publia en 1944 un fascicule de sa Revue
bryologique dédié à la mémoire de Pierre Tranquille Husnot, Le Testu
lui donna une « Notice sur la correspondance de Husnot avec Lenor¬
mand ».
Le Testu avait aussi la passion des livres et il a réuni une importante
bibliothèque. Une grande partie est constituée de nombreux ouvrages
sur la botanique africaine; toutes les fois qu’il paraissait un livre traitant
de ces sujets il en devenait immédiatement acquéreur. Je me souviens
de son enthousiasme lorsqu’il reçut en 1936 la « Flore forestière de la Côte
d’ivoire » du Prof. A. Aubréville. Membre de la Société botanique de
France, il acheta la collection complète de son bulletin. Il était également
abonné au Fedde Reperlorium et s’était procuré toute la série depuis son
début.
Par ailleurs il s’intéressait à l’histoire et durant ses longs séjours en
Afrique, pour remplir les longues journées de sa solitude, il se faisait régu¬
lièrement envoyer par sa sœur des colis de livres que choisissait à son
intention un libraire caennais. Ces envois, avec la correspondance de ses
amis qu'il souhaitait régulière et copieuse, étaient alors pour lui une
grande source de statisfaction dans son isolement africain.
Source : MNHN, Paris
- 272 -
A Caen, Le Testu ne sortait généralement que pour se rendre au
Jardin des Plantes où l’appelaient ses fonctions de conservateur des
collections. Et même après le transfert des herbiers dans la nouvelle
Faculté des Sciences, il travailla chez lui, se faisant apporter des paquets
pour en fixer les plantes et les classer. Parfois il se rendait à Paris et plus
rarement en Bretagne. Il prenait alors le train car il a toujours manifesté
une certaine aversion à monter dans une voiture automobile!
Il refusait aussi de se laisser photographier, même par des amateurs.
Une seule fois cependant il consentit à se rendre chez un professionnel,
mais ce fut à la demande de sa sœur et uniquement pour faire plaisir à
cette dernière. Il ne distribua pas d’épreuve autour de lui et alla même
jusqu'à supprimer des albums de famille toutes les images anciennes où
il pouvait être représenté.
Vêtu d’une ample blouse de grosse toile, un visage régulier aux yeux
clairs encadré d’une barbe grise opulente, la silhouette de Le Testu
était devenue familière dans son quartier où il ne sortait plus guère à la
fin que pour quelque course, traversant par exemple la rue pour acheter
du tabac, car il était un grand fumeur de pipe.
Très autoritaire, voire ombrageux et parfois manquant de souplesse,
il savait parfaitement commander, mais par contre il se montrait inca¬
pable de supporter quelque irrégularité ou quelque injustice. Son caractère
entier comme ses qualités l’opposèrent souvent à ses supérieurs, aussi
bien à la colonie que plus tard dans ses fonctions de conservateur. Sa
carrière administrative en fut quelque peu compromise et les difficultés
qu’il rencontra avec maint gouverneur nuisirent dans une forte mesure à
un avancement auquel il eût pu prétendre. Ses activités botaniques
notamment, bien que secondaires et n’ayant nullement nui aux obli¬
gations imposées par ses fonctions, n’étaient pas toujours appréciées de
ses chefs hiérarchiques.
Sous ses dehors autoritaires, intransigeants, parfois bourrus même
vis-à-vis des membres de sa famille, se cachaient une très vive sensibilité,
une grande bonté, une scrupuleuse honnêteté et un dévouement extrême.
Durant l’occupation il devait consacrer une part de son temps à la Défense
passive et il occupa le poste de chef de secteur qui, pendant la libération
de Caen avait son siège au Palais de Justice. Il devait rendre par la suite
des services précieux pour la réunion des dossiers en vue des régularisations
d’état-civil des disparus sous les bombardements. C’est à cette époque,
un jour de juillet 1944, peu avant que la ville ne fût libérée, qu’un obus
anglais tomba sur le toit de sa maison, causant des dégâts matériels
importants; il ne fut par chance que blessé légèrement, mais par contre
son herbier ne fut pas touché et resta ainsi intact. Il le mit alors à l’abri
dans un garage où il resta quelques mois avant de réintégrer sa place chez
lui. Plus tard, la municipalité de Caen lui confia en outre l’administration
du Bureau d’Aide sociale.
Source : MNHN, Paris
- 273 -
Le Testu était très attaché à ses quelques amis; il se montrait en toute
occasion serviable et accueillant, répondant toujours avec le plus vif
empressement aux personnes qui sollicitaient de lui quelques renseigne¬
ments ou la communication d’un document. Peu d’années après la der¬
nière guerre, il devait recevoir deux savants américains venus spéciale¬
ment à Caen pour le rencontrer et consulter son herbier. L’objet de cette
visite était de connaître de façon précise, grâce à Le Testu, les stations
des diverses espèces de Slrophanthus afin de pouvoir se rendre ultérieure¬
ment en Afrique à la recherche de matériel vivant en vue d’études phar¬
macologiques sur ces plantes qui étaient alors à l’ordre du jour.
L’œuvre botanique de Georges Le Testu, réalisée parallèlement à
des activités professionnelles et officielles absorbantes, est considérable
et les riches collections qu’il a pu réunir au cours d’une vie de labeur
en resteront pour l’avenir la preuve incontestable. Son souvenir est d’ail¬
leurs perpétué par un grand nombre d’espèces nouvelles, appartenant aux
groupes systématiques les plus divers, qui porteront désormais son nom
et qu’il ne serait guère possible d’énumérer toutes ici. Parmi les genres
nouveaux décrits sur ses récoltes, plusieurs lui ont été dédiés : Letestua
H. Lecomte dans les Sapotacées, Teslulea Pellegrin dans les Luxembour-
giacées, le genre d’Annonacées Letesludoxa Pellegrin, et parmi les Cyano-
phycées le genre Letestuinema Frémy.
Il se réjouissait, à la fin de sa vie, de voir ses plantes faire l’objet de
recherches nombreuses et actives et leur étude entrer dans une ère nou¬
velle. Il éprouva en particulier la plus profonde satisfaction lorsque fut
entreprise par le Muséum national d’Histoire Naturelle la publication
d’une Flore du Gabon à la réalisation de laquelle son herbier aura fourni
une base très largement établie. Le nom de Georges Le Testu restera
désormais vivant dans toute étude de la flore d’Afrique tropicale et
prendra place auprès de celui de son éminent compatriote Auguste Che¬
valier, comme aussi de celui d’Edelestan Jardin, lequel avait été un
précurseur dans cet ordre de recherches, puisqu’on lui doit entre autres
un travail remontant à 1850 ayant pour titre « Herborisations sur la côte
occidentale d’Afrique », ainsi qu’un « Aperçu sur la Flore du Gabon »,
publié en 1890 par la Société linnéenne de Normandie.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 7 (3) 1967.
ESPÈCES NOUVELLES DE STREPTOCARPUS
(GESNERIACEÆ) A MADAGASCAR (!)
par
H. Humbert. (*)
Le genre Slreplocarpus Lindl, de la tribu des Cyrtandrées, est repré¬
senté en Afrique et à Madagascar par une centaine d’espèces. Il se carac¬
térise par un appareil végétatif herbacé ou suffrutescent, mais de petite
taille, ou parfois, presque acaule. Comme c’est le cas dans plusieurs
régions, de nombreuses espèces de Madagascar sont subacaules et néo¬
téniques : l’inflorescence se développe à l’aisselle d’une seule pièce foliacée;
celle-ci correspond à un cotylédon qui prend un large développement
et a donc, dans la plante adulte, le rôle assimilateur des feuilles. Quelques
espèces sont normalement développées, avec une longue tige feuillée.
Les inflorescences en cymes, pluriflores ou réduites à une seule fleur, sont
d’aspect assez varié. Les horticulteurs cultivent de nombreux Strepto-
carpus dont les fleurs très décoratives sont appréciées par les amateurs
de plantes ornementales. Les fleurs sont constituées d’un calice divisé
presque jusqu’à la base en 5 segments assez petits linéaires ou lancéolés
et persistants à la fructification. La corolle, souvent parfaitement oblique,
comprend un tube rétréci à la base, s’élargissant vers la gorge en 5 lobes
plus ou moins inégaux ; cette corolle peut avoir des teintes très vives, du
rouge vermillon au violet vif avec des variations de coloris du tube vers
les lobes, de l’intérieur vers l’extérieur. Il y a généralement 2 étamines
fertiles libres et 2 staminodes inclus dans le tube de la corolle; filets et
staminodes sont insérés à des niveaux différents selon les espèces mais
surtout vers la moitié inférieure du tube.
Les anthères comprennent deux loges divariquées, parfois cohé¬
rentes. L’ovaire uniloculaire sessile est entouré d’un disque en anneau,
il contient de nombreux ovules insérés sur les bords de deux lames pla¬
centaires. Le fruit, très particulier, est constitué par une capsule très
allongée à deux valves, tordues une à plusieurs fois; la structure de l’ovaire
est conservée lors de la maturation et le fruit adulte renferme de nom¬
breuses petites graines.
1. Mise au point réalisée avec la collaboration de M» e M. Keraudren.
2 Cette note était déjà imprimée lorsque le Professeur Humbert est décédé à la
suite d'une longue maladie.
Source : MNHN, Paris
- 276 -
En 1883, C. B. Clarke, dans les Monographieae Phanerogamarum
de De Candolle notait la présence de 6 espèces de Slreplocarpus à
Madagascar. En 1958, dans un travail sur le massif du Marojejy, 3 espèces
et 2 variétés nouvelles de Streplocarpus endémiques de cette région furent
décrites. Mais les récoltes botaniques de Madagascar non exploitées
jusqu’à présent en ce qui concerne la famille des Gesnériacées, permet¬
tent aujourd’hui de décrire 20 espèces endémiques nouvelles de la Grande-
Ile dont nous donnons les diagnoses ci-dessous. De plus nous résumons
les principaux caractères distinctifs des espèces de Slreplocarpus de
Madagascar en une clé dichotomique permettant ainsi de mieux préciser
les taxa les uns par rapport aux autres. Depuis le siècle dernier, certaines
espèces sont actuellement considérées comme synonymes : ceux-ci figu¬
reront dans la Flore de Madagascar et des Comores.
Il faut encore signaler que la famille des Gesnériacées comprend
à Madagascar outre le genre Streplocarpus un autre genre représenté par
3 espèces, les Didgmocarpus.
CLÉ DES STREPTOCARPUS DE MADAGASCAR
1. Inflorescences en cymes pauciflores insérées au sommet des
pétioles, à la base du limbe des feuilles, celles-ci toutes basi¬
laires; plantes acaules pérennantes :
2. Limbe foliaire membraneux mince (ainsi que le pétiole),
d’aspect glabre, lâchement pubérulent, pourvu de poils plus
denses et plus apparents sur les marges et sur les nervures à
la face inférieure. Corolle glabre en dedans. 1. S. cordifolius.
2'. Limbe épais (ainsi que le pétiole), couvert de poils brun-rouge,
denses sur les marges et sur la face inférieure; face supé¬
rieure densément couverte de poils beaucoup plus petits.
Corolle pourvue de deux bandes de papilles au-dessus de
l’insertion des étamines. 2. S. sambiranensis.
1'. Inflorescences en cymes basilaires insérées au sommet de l’axe
hypocotylé ou axillaires à la base des pétioles :
3. Plantes acaules :
4. Espèces néoténiques : un seul cotylédon foliacé persistant,
accrescent, assurant la fonction chlorophyllienne. Inflo¬
rescences en cymes insérées à l’aisselle de ce cotylédon;
parfois 1 ou 2 feuilles supplémentaires peu différentes du
cotylédon accrescent :
5. Étamines et staminodes insérés vers le 1 /3 inférieur du
tube de la corolle, celle-ci lâchement hérissée de très
petits poils en dehors et munie, en dedans, de hautes
papilles disposées par bandes au-dessus des étamines :
Source : MNHN, Paris
- 277 -
6. Corolle assez grande 18 mm), violette à lobes blan¬
châtres. Capsule longue (4-5 cm), à 10 tours d’hélice
environ. Plante robuste à cotylédon énorme (jusqu’à
22 X 18 cm), épais, densément hérissé sur les deux
faces. Axe hypocotylé épais (atteignant 8 cm).
. 3. S. lokohensis.
6'. Corolle médiocre (8-10 mm). Capsule de moins de 2 cm :
7. Corolle blanche à lobes parfois teintés de lilas. Cap¬
sule de 4-20 mm, non ou à peine tordue (1 tour au
maximum). Plante grêle; cotylédon mince, de taille
variable, à pubescence fine et lâche. 4. S. Capuronii.
7'. Corolle violette. Capsule (de ^ 15 mm) à environ
5 tours d’hélice. Plante basse (hampes de 6-10 cm)
présentant parfois 1-2 feuilles fonctionnelles, coty¬
lédon densément hérissé sur les deux faces.
. 5. S. Perrieri.
5'. Étamines et staminodes insérés à la base du tube de la
corolle, celle-ci (de ^ 8 mm), glabre en dedans :
8. Corolle blanche finement pubescente surtout sur les
lobes. Cotylédon de taille variable, souvent très grand
(jusqu’à 20 X 16 cm), mince, finement hérissé sur les
deux faces surtout sur les nervures à la face infé¬
rieure. 6. S. mangindranensis.
8'. Corolle violette glabre sur les deux faces. Cotylédon
oblong de taille variable (4-10 X 1,5-4 cm), mince,
finement hérissé. Étamines courtes (à peine 1 /3 du
tube). Parfois 1-2 feuilles plus petites que le cotylédon.
. 7. S. brevistamineus.
4'. Espèces non néoténiques, polyphylles; cotylédons non
accrescents, caducs. Inflorescences insérées à l’aisselle des
feuilles :
9. Feuilles longuement pétiolées à limbe orbiculaire ou ové,
crénelé. Corolles petites (5-8 mm) :
10. Étamines et staminodes insérés un peu au-dessus de la
base du tube de la corolle :
11. Corolle ventrue-gibbeuse à la face antérieure (ven¬
trale) à lobes peu inégaux dirigés vers le haut, très
petits (5 fois plus courts que le tube). Feuilles (de
2,5-4 cm) épaisses (de 1 mm) semi-succulentes,
légèrement peltées. 8. S. mandrerensis.
11'. Corolle digitiforme à lobes dirigés vers le haut, l’anté¬
rieur plus long. Feuilles (de l,5-2,5 cm) peu
épaisses, non peltées. 9. S. beampingaratrensis.
10'. Étamines et staminodes insérés au bord même de la
base du tube de la corolle :
12. Étamines fertiles à filet brusquement épaissi-gib-
beux au 1 /3 inférieur de sa longueur. Feuilles
Source : MNHN, Paris
- 278 —
(de 12-20 mm), très finement hérissées sur les
deux faces, les poils de la face supérieure épaissis-
tuberculeux à leur base. Fleurs par 2-4 sur
une hampe filiforme de 3-5 cm.
. 10. S. beampingaratrensis subsp. antankarana.
12'. Étamines à filets non épaissis :
13. Feuilles assez grandes (5-7 X 3,5-5 cm) densément
pubescentes sur les bords de la face supérieure
et sur les nervures à la face inférieure, presque
glabres ailleurs. Fleurs par 2-4 sur une hampe
filiforme de 3-5 cm. Plante non gazonnante....
11. S. beampingaratrensis subsp. antambolorum.
13'. Feuilles très petites (0,6-1 X 0,5-0,6 cm), lâche¬
ment pubérulentes. Très petite plante gazon¬
nante à fleurs solitaires sur un pédicelle basi¬
laire. 12. S. andohahelensis.
9'. Feuilles sessiles, subsessiles ou brièvement pétiolées à
limbe non orbiculaire :
14. Étamines insérées à la base ou très près de la base du
tube de la corolle, celle-ci dépourvue de bandes de
papilles au-dessus des étamines :
15. Corolle assez grande (plus de 12 mm) :
16. Étamines très courtes, égalant environ 1 /3 de la
longueur du tube. Feuilles elliptiques légère¬
ment cordées à la base, brièvement pétiolées,
pennatinerves à 12-15 paires de nervures pres¬
que divariquées. 13. S. tsimihetorum.
16'. Étamines dépassant la moitié de la longueur du
tube. Feuilles ovécs atténuées à la base, sub-
palmatinerves par rapprochement des nervures
secondaires vers la base, celles-ci environ 3 de
chaque côté, très hérissées et épaisses à la face
inférieure. 14. S. plantagineus.
15'. Corolle très petite (4-6 mm). Feuilles oblongues-
lancéolées fortement atténuées vers la base dans
leur tiers inférieur, densément hérissées, pennati¬
nerves.
17. Corolle à peu près régulière, à tube ovoïde, à lobes
peu inégaux. Feuilles symétriques.
. 15. 5. betsiliensis.
17'. Corolle nettement zygomorphe à tube renflé ven-
tralement, à lobes inégaux, l’antérieur étiré en
avant. Feuilles un peu dissymétriques.
. 16. S. ibityensis.
14'. Étamines insérées vers le 1 /3 inférieur du tube de la
corolle, celle-ci pourvue de 2 bandes de hautes
papilles au-dessus des étamines :
Source : MNHN, Paris
— 279 —
18. Base du tube de la corolle, glabre en dessous des éta¬
mines et des staminodes :
19. Feuilles largement lancéolées-aiguës, atténuées en
pétiole court et large dans leur moitié inférieure;
nervures obliques peu nombreuses, couvertes de
grands poils brun-rougeâtre en dessus. Corolle
de 12-15 mm, à tube assez large... 17. S. polyphyllus.
19'. Feuilles étroitement lancéolées à largeur maximum
vers le 1 /3 supérieur, fortement contractées de
là vers la base, très finement pubescentes sur les
deux faces; nervures couvertes de très petits
poils blanchâtres en dessous. Corolle de 8-
10 mm, à tube étroit. 18. S. boinensis.
18'. Base du tube de la corolle en dessous des étamines
hérissée de papilles courtes et glanduleuses;
feuilles subpalmatinerves, limbes très atténués à
la base, formant presque un pétiole... 19. S. variabilis .
3'. Plantes caulescentes. Inflorescences en cymes axillaires laté-
20. Fleurs relativement grandes : corolle de 3-5 cm; feuilles
pétiolées (pétiole de 1-3 cm), à limbe lancéolé fortement
denté. Capsules longues de 4-5 cm, tordues 8-12 fois.
. 20. S. Hilsenbergii..
20'. Fleurs petites; corolles de 0,4-1,8 cm :
21. Plantes herbacées à peine lignifiées inférieurement, peu
élevées (1-6 cm) :
22. Plantes très grêles, à peine pubescentes, à tiges faibles,
dressées ou prostrées, à feuilles très petites (0,8-
2 X 0,5-1 cm) à limbe très mince, translucide, à ner¬
vures secondaires peu nombreuses, 2-5 de chaque
côté. Corolle urcéolée très petite (0,5-1 cm) hérissée
de longues papilles à l’intérieur au-dessus des stami¬
nodes et munie d’une couronne de petites papilles à
la gorge. Étamines insérées un peu au-dessus de la
base. 21. S. tanala.
22'. Plantes à tiges dressées robustes, très velue-glandu-
leuse, visqueuse, dans toutes ses parties; inflores¬
cences en cymes très ramifiées souvent très amples;
feuilles assez grandes (5-10 X 2,5-6 cm) à 8-12 ner¬
vures de chaque côté. Corolle urcéolée ou labiatifor-
me dépourvue de grandes papilles, munie seulement
d’un tomentum de courtes papilles à la gorge. Éta¬
mines et staminodes insérés vers la moitié du tube..
. 22. S. puniculatus.
21'. Plantes suffrutescentes à tiges rameuses ligneuses, éle¬
vées (6-12 dem) à corolle glabre :
23. Inflorescences et feuilles densément hérissées de poils :
Source : MNHN, Paris
- 280 -
24. Feuilles très serrées en 4 rangs sur la tige, épaisses et
nombreuses, fleurs blanches. 23. S. Coursii.
24'. Feuilles non serrées sur la tige, teintées de rouge
vineux en dessous, fleurs à corolle rougeâtre,
gorge blanchâtre. 24. S. suffruticosus.
23'. Inflorescences, tiges et feuilles glabres, corolle très
glabre.
25. Feuilles obovales-oblongues, très légèrement cordées
à la base, nervures pubescentes en dessous; inflores¬
cences en cymes assez lâches, fleurs longues de
13-14 mm . 25. S. papangae.
25'. Feuilles obovales, longuement atténuées surtout à
partir du tiers inférieur des limbes, aiguës à la
base, inflorescences en glomérules, fleurs petites,
serrées, longues de 5 mm. 26. S. glabrifolius.
Streptocarpus cordifolius H. Humb., sp. nov.
Planta herbacea acaulis ut videtur percnnis, radicibus fasciculatis.
Folia longe petiolata, limbo membranaceo ovato basi cordato (3-5 X 2,5-
4 cm) integro, supra laete viridi, subtus pallidiore, pinnatinervio, nervis
secundariis 6-8 utroque Iatere, obliquis, arcuatis, inter se et reticulo tertiario
tenuissimo anastomosatis, inferioribus ad basim coarctatis, utraque pagina
laxe et minutissime puberula, pagina inferiorc nervis densiuscule pubcrulis,
secus margines fusco-ciliatis, petiolo (6-8 cm longo) pilis hirtis sparsis fuscis
(ad 1 mm longis) et pilis albidis multo brevioribus sicut glandulis sphaericis
sessilibus intermixtis omnino tecto. Cymae 1-5-florae breviter pedunculatae
(pedunculo communi 3-5 mm longo) apice petiolorum, id est in sinu basali
cordiformi limborum insertae; calycis lobi (vix 2 mm longi) lanceolati, acuti,
pilosuli; corolla (ca. 9 mm longa) praeter lobos violacea, extra vix puberula,
intus glabra, tubo digitato, lobis albidis parum inaequalibus, rotundatis;
anticus paulo longior (vix 2 mm longus); stamina et staminodia paulo supra
basim tubi inserta; discus annuliformis brevis; ovarium minute pilosum
superne longe attenuatum; Stylus parum elongatus, pro rata crassus, pube-
rulus; stigma bilobatum lobis parum inaequalibus intus papillosis; capsula
(ca. 16 mm longa) pilosula ca. 5 orbibus torta; semina ovoidea tenuiter
reticulata. — PI. 1, 1-7.
Rochers (siliceux) moussus en forêt ombrophile vers 1500 m. ait.;
fl. janvier-février.
Centre-Nord : Ilumberl 24896 (Typus in Herb. P.) montagnes
au nord de Mangindrano (haute Maevarano) jusqu’aux sommets d’Am-
bohimirahavavy, au rocher d’Ambatohafo.
Source : MNHN, Paris
PI. 1. — Streptocarpus cordifolius H. Ilumb. : 1, ensemble de la plante avec l'appareil
souterrain, feuilles, fleurs et fruits x 2/3; 2, détail de la face supérieure du limbe x 20;
3, détail de la face inférieure du limbe x 20; 4, fleur vue de prolll x 2; 5, corolle ouverte
x 4; 6, calice et pistil x 4; 7, graine x 30. (Humbert 24896). — S. sambiranensis
H. Humb. : 8, ensemble de la plante avec l'appareil souterrain, les feuilles et les fleurs
x 2/3; 9, détail de l’indument de la face inférieure du limbe x 20; 10, fleur vue de prolll
x 2; 11, une demi corolle montrant une étamine et un staminode x 4; 12, graine x 30.
(Humbert 18583.)
Source : MNHN, Paris
— 282 —
Streptocarpus sambiranensis H. Humb., sp. nov.
S. cordifolio a (finis, habitu simili : herbaceus, acaulis, perennis, radicibus
fasciculatis. Folia longe petiolata, limbo membranaceo ovato-acuto basi
leviter cordato, supra laete viridi, subtus pallido (4-6 X 2,5-3,5 cm), integro,
pinnatincrvio, nervis secundariis 6-8 utroque latere, inferioribus ad basim
inter se approximatis, pagina superiore pilis minimis albidis appressis dense
tecta, pagina inferiore praesertim secus nervos ut secus marginem et petiolum
(5-15 cm longum) pilis fuscis nitcntibus nec non pilis minimis intermixtis
dense vestito. Cymae 5-10-florae breviter pedunculatae apice petiolorum
enatae; calycis lobi (2 mm longi) lanccolati, acuti, laxe pilosuli; corollae (ca.
12 mm longae) extra minutissime hirtulae tubus digitatus, supra stamina
longitudinaliter alte papillosus, lobi rotundati parum inaequales; stamina et
staminodia paulo supra basim tubi inserta; discus annuliformis brevis; ova-
rium minute pubescens, Stylus vix puberulus, stigma ut in S. sambiranensi,
semina eodem modo reticulata sed paulo majora. — PI. 1, 8-12.
Rochers (siliceux) moussus en forêt ombrophile, vers 1200 m. ait.
11 . novembre-décembre.
Centre-Nord : Humberl 18583 (Typus in Herb. P.) berges du haut
Sambirano.
Streptocarpus lokohensis H. Humb., sp. nov.
Herba acaulis neotenica, cotyledone unica accrescente officium chloro-
phyllae in planta efficiente; radices tenues ab axi bypocotyleo crasso ad
5-8 cm longo erumpentes. Cotylédon foliacea, crassa, ample ovata, nonnun-
quam basi paullo emarginata, marginibus integris, usque ad 25 cm longa,
15 cm lata supra fusco-viridis, subter pallidior, utraque pagina haud nitens,
pubescens, pilis brevibus densis aspectum lanoso-velutinum offerens; nervus
médius utraque pagina crassissimus, praecipue inferiore prominens; nervi
latérales maxime arcuati fere 20 jugi, omnibus subter prominentibus. Inflo-
rescentia in cymis basilaribus in axilla cotyledonis apice axis hypocotylei
insertis disposita, pedunculis 12-18 cm longis, tenuiter villosis; pedicellis
tenuibus, fere 5 mm longis, pubescentibus; calyx lobis angustis, 6 mm longis
extra pubescentibus; corolla violacea, lobis pagina superiore albidis, tubo
cylindrico 1 cm longo, extra pilis paucis, intus papillis supra stamina dispo¬
sais munito; lobis fere aequalibus, 5 mm longis latisque, obtusis; stamina
fertilia 2, ad tertiam inferiorem partem corollae tubi inserta, filamentis albis,
4 mm longis, antheribus dilute luteis; staminodia 3, postico minimo; ovarium
lageniforme maxime pubescens, 8 mm longum, stigmatibus liguliformibus;
disco collariformi cylindrico; capsula 4-5 cm longa, ad 2 mm lata, maxime
torta, tenuiter pubescens.
Forêt ombrophile, rochers frais (gneiss), à l’ombre; ait. 500 m.
fl. janvier-mars.
Est : vallée de la Lokoho à l’Est d’Andapa, Humberl 22359 (Typus
in Herb. P.).
Source : MNHN, Paris
- 283 -
Streptocarpus Capuronii H. Humb., sp. noo.
Herba acaulis, gracilis, neotenica, cotyledone unica accrescente officium
chlorophyllae in planta efficiente, radicibus tenuibus ex axi hypocotyleo satis
crasso 5-7 cm longo ortis; cotylédon foliacea, tenuis, obovata, ad rupem
appressa, magnitudine variabilis, 5-15 cm longa, 1-12 cm lata, utraque pagina
tenuiter pubescens, pilis tenuibus supra satis sparsis, subter densioribus,
marginibus leviter denticulatis, dentulis tenuibus, parvis, obtusis; nervus
princeps subter manifeste prominens, pagina superiore notatus; nervi secun-
darii ascendentes, 15-18 jugi. Inflorescentia cymis solitariis vel 2-3 constans,
in axilla folii cotyledonei insertis, pedunculis ad 6-10 cm longis, pedicellis
tenuibus, 10-15 mm longis, pedunculo simul ac pedicello tenuiter pubescen-
tibus paullo glandiüosis; lobi calycis oblongo-trianguli, pubescentes; corolla
alba obliqua nec non extra pilis paucis, intus supra stamina fasciolis duabus
papillosis munita, idtra 10 mm longa lobis subaequalibus nonnumquam
ilacino (Syringae floris) colore tinctis. Stamina 2 fertilia ad tertiam inferiorem
partem corollae tubi inserta; staminodia minima; ovarium oblongum, pubes¬
cens, disco parvo 5-lobo; capsula 4-20 mm longa haud vel vix (circuitu unico)
torta; semina fusiformia. Photo 1.
Forêt ombrophile sur latérite de gneiss, rocailles très ombragées
et peu humides; ait. 400-1500 m; fl. toute d’année.
Centre : Humbert 23005, contreforts occidentaux du massif du
Marojejy (Nord-Est), près du col de Doanyanala (limites des bassins de
la Lokoho et de l’Andraronga) (Typus in Herb. P.).
Streptocarpus Perrieri H. Humb., sp. nov.
Herba acaulis neotenica, cotyledone una in lamina foliacea evoluta et
officium chlorophyllae efficiente; radices tenues proxime a cotyledone vel ab
axi hypocotyleo brevissimo divertentes; folium unicum vel folia duo ad
rupem, solum vel truncum arboris appressa, sub coelo arido exsiccata, tem-
pore pluviarum explicata; lamina nonnumquam ad medium in partibus
duobus divisa, oblonga vel ample ovata, magnitudine variabili, usque ad
15 cm longa lataque, dilute viridi, marginibus integris, saepe in laciniis
concisis; utraque pagina pubescente, superiore nonnumquam dense pubes-
cente, pilis glandula minima globulosa capitatis sed interdum pilis haud
glandulosis, magis sparsis; pagina inferiore pilis haud glandulosis; nervus
médius supra notabilis subter manifeste prominens, maxime in laminis late
ovatis; nervi secundarii, in speciminibus foliis parvis munitis, utroque latere
12-16 jugi vel pauciores tum maxime ascendentes sed a basi nervi medii
divertentes et ad 1 mm fere lati. Inflorescentia in cymis in axilla cotyledonis
insertis disposita, pedunculis 5-7, ad 15 cm longis, pedicellis 5-10 mm longis,
pubescentibus ; calycis lobi trianguli pagina extema glanduloso-pubescentes,
intus glabri, 2 mm longi; corolla obliqua violacea, tubo 9 mm longo, lobis
anterioribus quam posticos majoribus, fere 2 mm longis pagina externa pilis
paucis sparsis glandulosis, pagina interna fasciolis duabus papillarum vali-
Source : MNHN, Paris
- 284 -
darum supra stamina solum dispositis et simul inter fasciolas supra stami-
nodia pilis papillosis papillis multo minoribus munita; stamina fertilia 2,
staminodia 3 multo minora, ad tertiam inferiorem partem corollae tubi
inserta, filamentis 4 mm longis tertia superiore et mediana parte inflatis;
ovarium lageniforme tenuiter glanduloso-pubescens, 2,5 mm longum, stylo
aequilongo, disco lobato parum crasso; capsula ± 15 mm longa pubescens,
circuitibus 5 secundum helicem torta.
Rochers gneissiques ombragés; ait. 300 m; 11. juin-avril.
Ouest : Perrier de la Bâthie 8518, haute Bemarivo (Typus in Herb.
P.).
Streptocarpus mangindranensis H. Humb., sp. nou.
Herba acaulis neotenica, cotyledone foliacea multo increscente, axi
hypocotyleo brevi, crasso, vix 1 cm longo, radicibus tenuibus brevibus.
Folium cotyledoneum, nonnumquam foliis 2 aliis, minoribus adjunctis;
lamina tenui, magnitudine varia, usque 20 cm longa, 16 cm lata (solum in
cotyledone) obovata vel subcordiformi, tum sinu basilari non ultra 1 cm alto
sicut lato, utraque pagina tenuiter pilis brevibus densis praecipue nervis
paginae inferioris hirta; nervo mediano supra tenuiter notato, subter mani¬
feste prominente latoque; nervis lateralibus, fere 8 jugis, maxime ascen-
dentibus, in primis pagina inferiore prominentibus; nervis tertii ordinis subter
notatis. Inflorescentia in cymis basilaribus disposita, cymis basi cotyledonis
vel apice axis cotyledonei, cum evolutus sit; pedunculis 2-4 propinquis, 5-
7 cm longis, pedicellis tenuibus, fere 5 mm longis, aliis aliisque pubescentibus ;
lobis calycis anguste lanceolatis pagina exteriore pubescentibus; corolla alba,
obliqua, intus glabra, pagina exteriore sed lobis in primis pubescente, tubo
6-7 mm longo, infundibuliformi lobis paullo inaequalibus, 2-3 mm longis.
Stamina 2 fertilia; staminodia 3 tubi basi inserta, filamentis 4 mm longis;
capsula circuitibus 4 in helicem torta, pilis brevibus hirta; seminibus ovatis,
latusculis sexangulis scutulatis.
Forêt ombrophile sur latérite de gneiss, rochers gneissiques décou¬
verts; ait. 1500-2200 m; fl. janvier-mars.
Centre : Humberl 25386, montagnes au Nord de Mangindrano
(haute Maevarano) jusqu’aux sommets d’Ambohimirahavavy (partage
des eaux Mahavavy-Androranga : centre-nord), base du grand rocher
d’Ambatohafo (Typus in Herb. P.).
Streptocarpus brevistamineus H. Humb., sp. nou.
Herba acaulis neotenica vel nonnunquam polyphylla, radicibus tenuibus
satis brevibus; folio cotyledoneo in plantis neotenicis omnino evoluto, ovato
vel lanceolato, sessili, 8-10 cm longo, 2-4 cm lato, marginibus haud dentatis;
lamina in plantis polyphyllis minore; alio aliisque utraque pagina pilis
apprcssis dense tectis ea de causa foliis adspectu lanato-sericeis; pilis prae-
Source : MNHN, Paris
285
Photo 1 : deux pieds de Streptocarpus Capuronii H. Humb. montrant l'unique feuille
issue du développement d'un des cotylédons. La plante, acaule, porte une inflorescence de
lleurs blanches teintées de mauve (Madagascar, lac Itasy, photo J. Bosser).
Photo 2 : extrémité d’une iniloresecence du Streptocarpus Hilsenbergii R. Br. (Mada¬
gascar, environs de Tananarive, Angavokely, photo J. Bosser).
Source : MNHN, Paris
— 286 —
sertim in foliis novis densis; nervo mediano supra valde notato, subter
tenuitcr prominente; nervis lateralibus utroque latere 8-10, utraque pagina
valde impressis, pubesccntibus, nervis tertii ordinis haud adspcctabilibus;
inflorescentia cymosa, cymis paucifloris solitariis vel binis basi foliorum
insertis; pedunculo ad 6-8 mm longo, glabro, pedicellis tenuibus, glabris,
10-15 mm longis; calycis lobis linearibus usque lanceolatis, 1,5 mm longis,
utraque pagina glabris ; corolla fere 8 mm longa utraque pagina glabra, tubo
infundibuliformi 5 mm longo, lobis 3 anterioribus duobus posticis multo
Iongioribus, 3 mm longis; staminibus basi tubi corollae insertis, filamentis
2 mm longis, antheris centro tubi cohaerentibus, loculis potius divertentibus ;
ovario parvo, vix 1 mm longo, glabro, disco annulari parum crasso; stylo
3 mm longo, glabro; fructu capsulari, 10-12 mm longo, vix semel an usque
bis torto, glabro.
Est : Humbert 22826, vallée de la Lokoho (Nord-Est), près d’Amba-
voniho (Typus in Herb. P.).
Streptocarpus mandrerensis H. Humb., sp. nov. *.
Planta herbacea ut videtur perennis, subcarnosa, acaulis, radicibus
fasciculatis. Folia longe petiolata, limbo orbiculari (2-4 cm diam., 1 mm
crasso) crenulato, basi peltato, pinnatinervio, pagina superiore obscure viridi
pilis minimis apice glanduliferis sparsim tecta, nervis haud distinctis, pagina
inferiorc pallida et margine pilis haud glandulosis praedita, petiolo crasso
(3-8 cm longo) dense pilosulo, nervis valde conspicuis, secundariis 7-5 utroque
latere, basi divaricatis dein incurvatis et inter se ad margines anastomosatis,
dense pilosula. Flores parvi in cymam irregularem elongatam longe pedun-
culatam dispositi, pedunculo (ca. 10 cm longo) scapiformi rubescenti vix
pilosulo basi enato; calycis segmenta lanceolata, acuta, fere libéra, uninervia
subglabra (1,5 mm longa); corolla (ca. 6 mm longa) extra albo-lactea, fauce
et intus sulfurea, basi purpurea antice ventricosa, tubo intus papilloso, lobis
creniformibus rotundatis brevibus, parum inaequalibus ; anticus paulo
major; stamina 2, glabra, filamenta antheris aequilonga, antherae medifixae
sed erectae, connectivo purpureo, marginibus nigrescentibus; staminodia
3 parva; discus annuliformis brevis; ovarium ad stylum longe attenuatum,
stigma bilobatum lobis inaequalibus intus papillosis. Capsula in 4-7 orbes
torta, glabra.
Forêt ombrophile sur argile latéritique et granité, entre 500 et
1000 m ait. ; fl. mars.
Est (Sud-Est) : Humbert 20537 , vallée du Mandrere, affluent de la
Manampanihy (Typus in Herb. P.).
1. Rivière Mandrere (S.-E.l, ne pas confondre avec le fleuve Mandrare (extrême
Sud).
Source : MNHN, Paris
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Streptocarpus beampingaratrensis H. Humb., sp. nov.
Planta herbacea ut videtur annua, leviter carnosa, acaulis, radicibus
fasciculatis. Folia petiolata, limbo ovato suborbiculari (1,2-1,7 X 0,8-1,2 cm),
vix incrassato, lacvissime crenulato, haud pcltato, laxe pinnatinervio, utraque
pagina et margine pilis albidis haud glanduliferis basi incrassatis dense tecto,
nervis supra vix nevix conspicuis, secundariis 4-5 utroque latere basi sub-
divaricatis dein arcuatis inter se et reticulo tertiario tenuissimo anastomo-
satis, petiolo (1-2 cm longo) piloso. Flores parvi in cymas paucifloras apice
pedunculorum scapiformium basilarium (6-10 cm long.) glabrescentium
(1,5 mm longa) instructi; corollae (7-8 mm longae) pallide roseae tubus digi-
tiformis, loborum duplam longitudinem aequans; lobi rotundati paulum
inaequales; anticus protractus, paulo longior; stamina 2, glabra, filamentis
sicut staminodia supra basim corollae insertis, tertia longitudine curvatis,
superius erectis; antherae medifixae erectae; discus annuliformis brevis;
ovarium ad stylum longe attenuatum. Capsula in 5 orbes torta (15-18 mm
longa) glabra.
Espèce polymorphe dans laquelle on peut distinguer dans une aire
restreinte, plusieurs sous-espèces ou variétés croissant par petites colonies
homogènes parfois à brève distance les unes des autres :
Subsp. et var. beampingaratrensis : caractères ci-dessus.
Rochers (siliceux) moussus ombragés en forêt dense ombrophile,
vers 600-800 m; ait. fl. oct.-nov.
Confins Centbe Sud-Est : Humbert 6268, massif du Beampinga-
ratra, dans la vallée de la Maloto (Type in Herb. P.)
Var. brevicarpus H. Humb., var. nov.
A var. praecedente differt capsulis brevibus (ca. 5 mm longis), 1-2 orbibus
tortis, dense hirtis. Folia hirtula vel glabrescentia.
Mêmes stations.
Est (Sud) : Humbert 20664, bassin de la Manampanihy, mont Vohi-
mavo au nord d’Ampasimena (Typus in Herb. P.).
Subsp. antankarana 1 H. Humb., subsp. nov.
A subsp. beampingaratrensi differt corolla magis regulari, filamentis (ut
staminodiis) ima basi tubi insertis, tertia longitudine valde et abrupte incras¬
satis.
Mêmes stations.
Est (Sud) : Humbert 20544, vallée du Mandrere, affluent de la
Manampanihy, montagne au sud de Tanandava (Type in Herb. P.).
Subsp. antambolorum 1 2 . H. Humb., subsp. nov.
1. Nom de peuplade.
2. Antambolo, nom de peuplade.
Source : MNHN, Paris
- 288 —
Robustior, foliis majoribus limbo (5-6 X 3,5-5 cm) conspicue crenulato,
basi subcordato, pagina superiore glabro, margine et secus nervos pagina
inferiore sicut petiolus (10-12 cm longus) pilis albidis haud glanduliferis dense
tecto. Pedunculi (10-15 cm longi) densiuscule pilosi. Calycis segmenta laxe
hirta; corolla alba; stamina sicut staminodia ima basi corollae inserta,
filamenta tertio superiore incurvata, haud dilatata.
Humbert 6259 (Typus in Herb. P.). Mêmes stations et localité que la
subsp. beampingaralrensis.
Streptocarpus andohahelensis H. Humb., sp. nov.
Herba parvula, ut videtur annua, subacaulis, caespitosa, radicibus
fasciculatis gracillimis. Folia (ut pedunculi) fere omnia basilaria, limbo ovato
(0,6 X 0,12 X 0,5-0,8 cm) tenerrimo, leviter carnosulo, minute crenulato, pilis
minimis pluricellularibus haud glandulosis hirtis, sparsis, plus minusve
caducis munito, pinnatinervio, petiolo tenui (1,5-3 cm longo) pilis albidis
laxe hirtello. Flores parvi plerique solitarii, basi inserti, pedicellis nudis fili-
formibus (1,5-2,5 cm longis), vel bini, pedunculo coin muni bracteis lanceolatis
minimis apice munito, pedicellis inaequalibus; calycis tubus brevissimus, id
est sepalis 5 fere liberis, anguste lanceolatis, acutis, pilis iis pedicelli similibus
laxe hirtus; corollae albae (ca. 5 mm longae) tubus campanulatus antice
dimidia Iongitudine longior, postice intus breviter papillosus; discus annuli-
formis brevissimus; stamina 2 glabra, basi tubi inserta, antheris medifixis
transverse insertis, staminodia 3 minima; ovarium anguste oblongum ad
apicem acutum attenuatum, hirtuin; Stylus filiformis, stigma anguste capi¬
tatum. Capsula haud visa.
Forêt dense ombrophile sur latérite de gneiss de 600 à 1200 m. ait.; fl.
octobre-mars.
Centre Sud-Est et confins Est : Humbert 6264, massif de l’Ando-
hahela, vallée de Ranohela (Typus in Herb. P.).
Streptocarpus tsimietorum H. Humb., sp. nov.
Herba perennis, subacaulis, rhizomate brevi, horizontali, caulibus (5-
20 mm longis, 2-3 mm crassis) paulo carnosis, pilis albidis nec non usque
rubentibus (fere 2 mm longis), dense vestitis. Folia evoluta vulgo 2, patula,
camosa; petiolo brevi (5-15 mm longo) piloso; lamina elliptica (4-9 cm longa,
3-6 cm lata) nonnumquam basi cordata, apice rotundata, marginibus tenuis-
sime crenulatis utraque pagina pilis velutinis appressis dense tecta; nervo
medio valido, nervis secundariis confertis (utroque latere 10-20) arcuatis,
reticulo tertiario parum distincto. Scapus gracilis, basi excepta glaber, flore
unico (et si casus inciderit 5-8 cm longus) vel bi- triflorus (pedicellis fere 2 cm
longis); calyx minimus, glaber, sepalis lanceolatis acutissimis, parum inae¬
qualibus (2-3 mm longis); corolla pro rata parte magna (10-20 mm longa),
tubo (8-10 mm longo, 4-5 mm fauce lato) pallide sulfureo colorato, lobis latis,
obliquis, patentibus, rotundatis, violaceis, antico majore ad 10-15 mm lato,
posticis bis minoribus; stamina 2, fertilia penitus inclusa, filamento brevi;
Source : MNHN, Paris
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ovarium glabrum (fere 3 mm longum) stylo ante arcuato vix bis longiore;
stigma parvum, capitatum, albidum; capsula 2-3 cm longa fere bis torta,
stylo persistente sed non accrescente porrecta; seminibus ellipsoideis, ver-
ruculis minimis hirtis.
Forêt ombrophile sur latérite de gneiss, rochers ombragés au sommet;
ait. 1000 m ; fl. mars.
Est : Humberl 23286, vallée de la Lokoho (Nord-Est), mont Ambo-
dilaitra au nord d’Andranomiforitra et de Belambo (Typus in Herb. P.).
Streptocarpus betsiliensis H. Humb., sp. nov.
Herba perennis, acaulis, rhizomate brevissimo. Folia omnia basilaria
sessilia vel breviter petiolata; lamina oblongo-lanceolata vel lanceolata, basi
valde attenuata, apice sub-obtusa, 3-6 cm longa, 1-1,5 cm lata, utraque pagina
pilis lanatis densis satis intricatis tecta, marginibus paulo crenulatis; nervo
medio utraque pagina valido, nervis lateralibus pinnatis arcuatis, 12-14 jugis,
utraque pagina validis. Inflorescentia scapis in axillis foliorum sitis, pedunculis
gracilibus 5-8 cm longis, tenuiter pubescentibus, pedicellis gracilibus, 3-
10 mm longis, pubescentibus. Calyx lobis ovato-ellipticis, intus glabris, extra
pubescentibus, 2 mm longis. Corolla minima glabra parum irregularis, 6-
7 mm longa, tubo ovoideo vix 4 mm longo, lobis brevibus subaequalibus ad
anthesin reflexis, sicut tubus pagina interiore glabris, exteriore pubescentibus.
Stamina 2 fertilia sicut staminodia 3 basi corollae inserta, filamentis 3 mm
longis, postico minore; discus plus minusve lobatus. Ovarium glanduloso-
pubescens, 2 mm longum, stylo brevi, stigmate capitato. Fructus capsularis
brevis, haud tortus, fere 6 mm longus.
Rocailles humides; ait. 2000 m; fl janvier-avril.
Centre (pentes occidentales) : Perrier de la Bâlhie 12482, mont
d’Analamamy (Typus in Herb. P.).
Streptocarpus ibityensis II. Humb., sp. nov.
Herba perennis, rhizomate brevissimo. Folia omnia basilaria satis multa;
lamina oblongo-lanceolata paullo dissymmetrica, basi paullo attenuata,
apice subobtusa, marginibus subcrenulatis, 2-5 cm longa, 8-18 mm lata,
utraque pagina tomento lanato albido, nonnumquam nervos occultante,
valde tecta; nervus médius praecipue pagina inferiore validus; nervi latérales
pinnati, 10-12 jugi. Inflorescentia scapis 5-8 vel paucioribus (vel scapo unico)
in axillis foliorum insertis, pedunculis gracilibus 7-9 cm longis, glabrescentibus,
pedicellis gracilibus paullo pubescentibus. Calyx lobis triangulis, pagina
interiore glabris, exteriore pilis hirtis; corolla parva manifeste zygomorpha,
tubo ad ventrum inflato, albo, 4 mm longo, 3 mm in diametro, extra tenuiter
pubescente, intus glabro; lobis violaceis manifeste inaequalibus, antico bene
porrecto lateralibus aequalibus, posterioribus minoribus. Stamina 2 fertilia,
sicut staminodia basi corollae inserta, filamentis fere 3 mm longis, staminodio
posteriore quam alia duo minore; disco fere regulari; ovarium 2,5 mm longum.
Source : MNHN, Paris
— 290 —
PI. 2. — Streptocarpus boinensis H. Humb. : 1, ensemble de la plante montrant l'appareil
souterrain, avec feuilles, fleurs et fruits x 2/3; 2, détail de l'indument de la face inférieure
du limbe x 20; 3, corolle ouverte x 2; 4, calice et pistil x 4; 5, graine x 30. (Perrier
delà Bdlhie 8S23.) — S. polyphyllus H. Humb. : 6, ensemble de la plante montrant l'appa¬
reil souterrain avec les feuilles, fleurs et fruits x 2/3; 7, détail de l'indument de la face
inférieure du limbe x 20; 8, corolle ouverte et étalée x 2; 9, calice et pistil x 4; 10,
graine x 30. (Humbert 25849.)
Source : MNHN, Paris
— 291 —
lageniforme, glabrum; stylo satis longo (2,5 mm), stigmate capitalo. Capsula
elongata fere 12 mm longa, bis torta, glabrescens, seminibus ovato-ellipticis.
Pentes de rocailles; ait. 1 900-2 300 m; fl. janvier-février.
Centre (pentes occidentales) : Perrier de la Bâlhie 8522, mont Ibity,
sud d’Antsirabe (Typus in Herb. P.).
Streptocarpus polyphyllus H. Humb., sp. nov.
Herba acaulis, haud neoteniam praebens, rbizomate brevi. Folia breviter
petiolata arido coelo in semet convoluto-crispata simul ac colore cinerea, a
pluvia etiam minima diffusa et iterum viridia; lamina crassa, late lanccolato-
acuta, in petiolo brevi attenuata, ad partem dimidiam inferiorem dilatata,
6-7 cm longa, 3-4 cm lata, utraque pagina pilis fusco-rubris, pagina inferiore
densioribus, tecta; nervi obliqui pauci, pagina inferiore manifeste prominentes
et pilis longis rufis hirti. Cymae basilares pauciflorae, basi petiolorum axil-
lares; pedunculus ad 22-25 cm longus; simul ac pedicelli tenues, 6-10 mm
longi, dense pubescentes, pilis rufis nonnunquam glandulosis. Calyx lobis
triangulo-acutis, pubcscentibus, 3-4 mm longis; corolla 12-15 mm longa,
intus fasciolis 2 papillarum glandulosarum subrubrarum hirta, tubo fere 5 mm
lato extra colore rubro vinoso ^ tincto; lobi extra albi, obliqui patuli, rotun-
dati, mediano 5 mm longo, aliis minoribus. Stamina 2 fertilia ad tertiam
nferiorem partem tubi inserta, antheris ad centrum tubi cohaerentibus,
filamentis 6-7 mm longis; staminodia 3, minora, pari linea cum staminibus
inserta, antico quam alia duo minore; discus annularis. Ovarium lageniforme,
fere 4 mm longum pilis hirtum; stylo ovario aequilongo, stigma bilobatum.
Capsula 3 cm longa torta, dense villosa; semina multa, minima, vix 1 mm
longa, elliptica apice acuta, latusculis parvis ornata. P1.2, 6-10.
Rochers gneissiques découverts suintants; ait. 2 100-2 200 m; fl.
déc.-avril.
Centre (Nord) : Humbert 25849, massif de Marivorahona, au sud-
ouest de Manambato (haute Mahavavy du Nord), district d’Ambilobe
(Typus in Herb. P.).
Streptocarpus boinensis H. Humb., sp. nov.
Herba perennis rhizomate brevi. Folia breviter petiolata; lamina anguste
lanceolata, 3-9 cm longa, 2,5 cm (maxime ad tertiam inferiorem partem) lata,
ad basin valde contracta, utraque pagina tenuissime sed dense pubescens,
pilis appressis; nervi praecipue subter conspicui, pilis parvis albidis, pagina
inferiore densis hirti; nervi secundarii maxime obliqui sed pauci. Flores in
cymis basilaribus paucifloris (10-14-floris) dispositi; pedunculus ad 25 cm
longus dichotomice ramosus, glabrescens; pedicelli 15-20 mm longi, graciles,
glabrescentes. Calyx lobis lanceolato-acutis, pagina externa pilis paucis
munitis, pagina interna glabris, fere 3 mm longis; corolla 8-10 mm longa,
obliqua, lobis posterioribus quam duos anteriores majoribus, tubo angusto,
3 mm lato, pagina externa pilis paucis sparsis tenuibus munita, pagina interna
Source : MNHN, Paris
— 292
glabra, exceptis fasciolis 2 papillosis supra stamina definitis. Stamina fertilia
2 ad tertiam inferiorem partem tubi corollae inserta, filamentis 8 mm longis,
antheris parvis, 2 mm longis, ad centrum corollae liaud cohaerentibus; stami-
nodia 3 aequalia 1,5 mm longa. Ovarium lageniforme, pubescens; Stylus
tenuis, ovario longior (fere 6 mm); stigma bilobatum. Capsula bis torta,
2,5 cm longa, glabrescens. Semina ovato-oblonga, extra latusculis parvis
(0,2 mm) omata. PI. 2, 1-5.
Rocailles boisées sur granité; fl. mars.
Ouest ’.Perrier de la Bâthie 8523, mont Masiakapika, haute Bemarivo
(Boina). (Typus in Herb. P.).
Streptocarpus variabilis 11. Humb., sp. nov.
Herba subacaulis polyphylla, axi hypocotyleo 5 mm longo, radicibus
liaud copiosis tenuibus; foliis ad rupes appressis, subsessilibus; lamina satis
crassa, ovata basi longe attenuata et eo modo petiolum efficiente, 7-10 cm
longa, 5-6 cm lata, subpalmatinervia, marginibus integris; pagina superiore
fusco-viridi, pubescente; inferiore albido-viridi villosa; nervo mediano sicut
nervis secundariis supra impressis, subter prominentibus valde pubescenti-
bus; nervis secundariis basilaribus maxime inter se confertis, 5-6 jugis; nervis
tertii ordinis subter notatis, propre margines auctis; inflorescentia in cymis
paucifloris disposita, pedunculo glabrescente basi subrubro, 4-5 cm longo,
pedicellis tenuiter hirtulis, 10 mm longis; lobis calycis anguste lanceolatis,
subrubro-viridibus, solum pagina exteriore villoso-hirsutis ; corolla extra
simul ac basi subcoerulea ad partem superiorem tubi magis magisque violacea,
tubo longissimo (7-8 mm), lobis rotundatis lilacinis colore acriter violaceo
marginatis, subaequalibus, 2 mm longis; corolla extra pilis paucis hirta, intus
glabra exceptis fasciolis 2 pilosis supra stamina sitis, papillis magnis, simul
ac basi tubi papillis minoribus sparsioribus hirtula; staminibus stamino-
diisque 2,5-3 mm a basi tubi distantibus, filamentis 3 mm longis, lcviter
inflatis, glabris; antheris medifixis dorsifixis, staminodiis filiformibus ; ovario
longe attenuato, pubescente; disco annulari; stylo glabrescente, stigmate
bilobato; capsula 2 cm longa circuitibus 6-8 in helicem torta, paullo pubes¬
cente.
Bois humides; ait. 900 m, fl. nov.-janvier.
Ouest : Perrier de la Bâlhie 461, Firingalava (Typus in Herb. P.).
Streptocarpus tanala 1 H. Humb., sp. nov.
Planta herbacea perennis caule (1-3 dm alto) erecto basi vix lignoso-
ramoso, pilis pluricellularibus minimis plus minusve caducis, apice minutis-
sime glandulosis sparse, densius ad nodos, praedito. Folia minima tenerrima,
petiolata, limbo ovato (8-20 X 5-10 mm) leviter crenulato, laxe pinnatinervio,
1. Nom de peuplade.
Source : MNHN, Paris
— 293 —
utraque pagina, ut petiolus aequilongus sparsim hirtulo. Flores minimi soli-
tarii, vel bini, vel in cymas pauciflores axillares pedunculo 5-8 cm longo dispo-
siti, apice pedicellorum (10-15 mm long.) filiformium sepala fere a basi
libéra, anguste lanceolata, acutissima, minute hirtula, uninervia, marginibus
vix scariosis ; corolla pallide violacea (ca. 6 mm longae) fere ovoideae tubus
dorso intus longe papilloso, fauce minutissime papilloso lobis brevibus parum
inaequalibus oblongo-rotundatis ; stamina 2 glabra filamentis valde incurvatis,
antherae medifixae, staminodia 3 brevissima; discus annuliformis brevis;
ovarium ad stylum longe attenuatum, pilis caeteris similibus sed multo
minoribus et caducis dense tectum; stigma bilobatum, lobis intus longe
papillosis. Capsula (maturitate) 1,5-2 cm longa, in 5-7 orbes torta, semina
transverse reticulata.
Var. tanala
Caractères ci-dessus.
Rochers moussus humides, bords de torrents, en forêt ombrophile
vers 800-1 200 m d’alt., fl. août-octobre.
Confins Centre-Est : Decary 5351, base Est du pic d’Ivohibe (Typus
in Herb. P.).
Var. prostratus. Humb., var. nov.
Planta herbacea ramosissima, diffusa, caulibus tenuissimis, foliis (pagina
inferiore fere omnino glabris) et floribus leviter majoribus, capsulis maturis
brevioribus (5 mm longis), ter tortis.
Mêmes stations, vers 400 m ait.
Est : Perrier de la Bâthie 18285, mont Analapanga, rive droite du
Mangoro (Typus in Herb. P.).
Streptocarpus papangæ H. Humb., sp. nov.
Suffrutex caulescens ad 1,20 m altus caulibus potius crassis (in diametro
5 mm), glabrescentibus, cylindricis, lignosis; foliis petiolatis, petiolis 10-
25 mm longis, cylindricis, simul ac nervis pilis paucis munitis; lamina coriacea,
obovato-elliptica, apice acuta basi paulatim angustata vix subcordata ad
12 cm longa, 5 cm lata, marginibus integris, supra subterque omnino glabra
nervis exceptis pilis appressis potius strictis munitis; nervis subter valde
prominentibus universis pubescentibus ; nervis lateralibus, 6-8 jugis, pagina
superiore invisis, inferiore tenuiter prominentibus; inflorescentia in cymis
axillaribus paucifloris Iaxis disposita, pedunculo ad 6-8 cm longo, glabres-
cente, pedicellis fere 15 mm longis, glabris; lobis calycis anguste lineari-
lanceolatis, pagina externa pilos paucos sparsos (5-6) gerente, pagina interna
glabra; corolla alba, roseo tincta, potius magna (13-14 mm), utraque pagina
glabra, tubo infundibuliformi, 7 mm longo lobis fere paribus, rotundatis;
staminibus vix supra basin tubi corollae insertis, filamentis vix 2 mm longis,
glabris, antheris paribus; staminodiis apice paullo inflatis; ovario lageniformi,
glabro, 1,5 mm longo; stylo brevissimo, stigmate subspatulato; capsula
ignota.
Source : MNHN, Paris
— 294 -
Forêt et brousse éricoïde des sommets de montagnes; ait. 1 400-
1 576 m; fl. novembre.
Centre : Humbert 6392, massif du Beampingaratra (Sud-Est) (Typus
in Herb. P.).
Streptocarpus glabrifolius H. Humb., sp. nov.
Suffrutex caulibus ramosis, lignosis, ad 1,20 m altus; caulibus cylindricis
glabris; foliis petiolatis in sicco subcastaneis, petiolis fere 15 mm longis,
glabris; lamina potius tenui obovato-oblonga a medio vel a tertia superiore
parte longe attenuata, apice acuto-subacuminata, 9-13 cm longa, 20-25 mm
lata, marginibus haud dentatis, utraque pagina omnino glabra; nervis supra
notatis, subter tenuiter prominentibus, lateralibus 12 jugis, arcuatis; inflo-
rescentia in cymis axillaribus lateralibus disposita, apice pedunculi 5-6 cm
longi, glabri, flores confertos subglomeratos exhibente; pedicellis subnullis;
lobis calycis anguste lanceolatis, glabris, 2,5 mm longis; corolla allia, parva,
intus et extra glabra, tubo paullo inflato, fere 3 mm longo, lobis subaequalibus,
rotundatis; staminibus 2 sicut stanxinodiis vix supra basin tubi corollae
insertis, filamentis glabris fere 1 mm longis, antheris medifixis dorsifixis
filamentis aequilongis; staminodiis paribus; ovario lageniformi, glabro;
disco parvo, annulari; stylo oblongo, glabro, 2 mm longo, stigmate globoso;
capsula longissima (25 mm) circuitibus 3-4 in helicem torta.
Forêt ombrophile sur latérite de gneiss; ait. 1 200-1 300 m; 11. février.
Centre (Sud-Est et confins Est) : Humbert 14108, montagnes entre
l’Andohahela et l’Elakelaka : col de Tsilotsilo, 6 km au N.-E. de l’Elake-
laka (Typus in Herb. P.),
Bi
ILIOGRAPHIE SOMMAIRE
Bennett J. J. et Brown R. — PI. Jav. rar. : 119 (1838-1852).
Bentham G. et Hooker J. D. — Gesneriaceae, Gen. Plant. 2 : 990-1025 (1876).
Burtt B.L. — Some tropical African Slreplocarpus, Notes Bot. Gard. Edinb. 22 :
569-579 (1958).
— Studies of Gesneriaceae of the Old Worl XXIV. — Tentative keys to the tribes
and généra, Notes Edinb. Bot. Gard. 24, 3 : 205-220 (1963).
Clarke C. B. — Cyrlandreae ( Gesneracearum tribus), in DC, Mon. Phan. 5 : 148-156
(1883).
— Gesneraceae in Thilselton-Dyer, Fl. Cap. 4, sect. 2 (3) : 438-447 (1904).
Humbert H. — Une merveille de la nature à Madagascar, première exploration bota¬
nique du massif du Marojejy et de ses satellites, Mém. Inst. Sc. Madag. sér. B,
6 : 134-139 (1955).
Lindley J. — Slreplocarpus in Bot. Reg., t. 1173 (1878).
Vatke W. — Planlae in ilinere africano ab J. M. Hildebrandt colleclae. Linnaea 43 :
305-334 (1880-1882).
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 7 (3) 1967.
NOTES SUR DIVERSES ESPÈCES D’AFRIQUE
ET DE MADAGASCAR
DU GENRE URERA Gaudich. (URTICACÉES)
par
René Letouzey
1. AFFINITÉS DE DURERA ACUMINATA Gaudich. MALGACHE
ET DE L 'URERA CAMEROONENSIS Wedd. AFRICAIN.
Le rapprochement possible de 1 ’Urera cameroonensis Wedd. du
continent africain et des îles de la côte occidentale d’Afrique, ou d’espèces
si voisines des mêmes régions qu’il est impossible de ne pas les considérer
comme identiques, avec V Urera acuminata Gaudich. de Timor, des Mas¬
careignes, de Madagascar et des Comores, a été signalé à diverses reprises
[De Wildeman, Bull. Soc. Roy. Bot. Belg. 38 : 53 (1899) pour U. arborea
De Wild. et Th. Dur.; N. E. Brown, Kew Bull. : 96 (1911) pour U. Woodii
N. E. Br.; Léandri et Letouzey, Fl. Madagascar, Urtic. : 24 (1965) pour
U. acuminata var. cameroonensis J. Léand.]
Certaines variétés et « formes » de ces deux espèces paraissent en elïet
extrêmement voisines au premier abord, au moins par la forme des
feuilles, particulièrement Urera acuminata var. cameroonensis J. Léand.
(= U. sphaerophylla Bak.), U. Woodii N. E. Br. et les « formes » latifolia
et grandi folia distinguées par Hauman (Fl. Congo belge 1 : 186 (1948)
pour VU. cameroonensis Wedd. du Congo ex belge (feuilles à limbe moins
de 2 fois plus long que large, ovale à suborbiculaire ou obovale, de 10
(-17) X 7 (-10) cm).
Ces « formes » latifolia et grandifolia se rencontrent en Afrique du Sud,
en Angola, au Congo ex belge, à l’île d’Annobon, au Congo ex français,
au Gabon et en République Centrafricaine, peut-être au Cameroun ; la
« forme » typica d’HAUMAN a une répartition géographique différente car
elle existe au Ghana, en Nigéria, au Cameroun, aux îles de Fernando Po
et de Sâo Tomé, en Ouganda et au Tanganyika, mais elle atteint aussi le
Gabon, la République Centrafricaine, le Congo ex français et le Congo ex
belge.
L’examen, d’une part d’assez nombreux échantillons d’Afrique
concernant ces différentes formes de 1 ’Urera cameroonensis Wedd. ou des
Source : MNHN, Paris
— 296 —
taxa ayant été ou devant être mis en synonymie (cf. Letouzey, Fl.
Cameroun Urtic. inéd.), l’examen d’autre part d'échantillons malgaches
concernant Urera acuminala Gaudich. et ses variétés, permettent de pré¬
senter ci-après les caractères principaux ou secondaires qui conduisent
à séparer d’une manière peut-être définitive l’espèce malgache de l’espèce
africaine :
U. acuminala Gaudich.
de Madagascar
IJ. cameroonensis Wedd.
d’Afrique
Caractères principaux
FIXES
Fleurs (J
pentamères (avec pédicelle arti¬
culé aux 3 /4 de la hauteur).
tétramères 1 (avec pédicelle
articulé au sommet).
Caractères secondâmes,
LUCTUA.NTS
Fleurs S
Inflorescences
Feuilles
bouton floral subsphérique;
membraneux déchiqueté,
à l'aisselle des cicatrices foliaires
pétiole garni de poils urticants;
limbe de teinte verdâtre au sé¬
chage; 3 paires de nervures laté-
lantes au-dessous du limbe;
cystolithes sous le limbe et les
nervures visibles facilement.
bouton floral déprimé au-des¬
sus; lobes du périgone à som¬
met régulier.
à l'aisselle des feuilles sur des
pétiole interne; limbe de teinte
brunâtre au séchage; 2 (-3)
paires de nervures latérales;
nervures et veines imprimées
dans le limbe au-dessous; cys¬
tolithes sous le limbe et les ner¬
vures visibles difficilement.
Les fleurs Ç et les fruits de ces deux espèces paraissent identiques.
Ces derniers éléments sont différents chez V Urera Ihonneri De Wild. et
Th. Dur., espèce assez bien définie d’Afrique centrale (Cameroun, Fer¬
nando Po, Gabon, Congo ex français, Congo ex belge, Angola), distincte
d ’Urera cameroonensis Wedd. mais dont les feuilles et surtout les fleurs
pentamères sont assez semblables à celles d ’Urera acuminala Gaudich.
2. PRÉSENCE EN AFRIQUE OCCIDENTALE D'UNE ESPÈCE NOUVELLE
(URERA KEAYl R. Let.) DISTINCTE D'URBRA REPENS (Wedd.)
Rendle D'AFRIQUE CENTRALE.
Keay (FWTA 1 : 618 (1958) a signalé que tous les échantillons
connus du Libéria et du Ghana rattachés par lui à Urera repens (Wedd.).
Rendle pouvaient en réalité représenter une espèce différente. Lambinon
1. Ce caractère a pu être vérifié sur plusieurs échantillons du Congo ex beige grâce
à l'amabilité de G. Gilbert.
Source : MNHN, Paris
— 297 —
(Bull. Soc. roy. Bot. Belg. 91 : 198 (1959) a repris cette idée lors de la
découverte d ’Urera repens (Wedd.) Rendle au Congo ex belge.
L’opinion de ces auteurs paraît à présent confirmée par la récolte
en Côte d’ivoire, déjà en 1907 par Chevalier, puis au cours des dernières
années, de plantes absolument identiques aux échantillons libériens et
ghanéens, alors qu'aucun spécimen de ces régions d’Afrique occidentale
ne paraît devoir être rattaché à Urera repens (Wedd.) Rendle; cette der¬
nière espèce se localise ainsi semble-t-il en Nigéria du Sud, à Fernando Po,
au Cameroun, au Gabon, au Congo ex français et au Congo ex belge;
inversement aucun spécimen de type libérien, éburnéen ou ghanéen n’a
jusqu’à ce jour été rencontré parmi les échantillons d 'Urera repens (Wedd.)
Rendle d’Afrique centrale.
Les deux espèces, Urera repens (Wedd.) Rendle et cette nouvelle
espèce Urera Keayi R. Let., diffèrent par un caractère fondamental déjà
signalé par Keay (loc. cil.) concernant la forme des feuilles : suborbi-
culaire chez U. repens, ovale chez U. Keayi et ce caractère paraît cor¬
rélatif de l’organisation des inflorescences et infrutescences, elle-même
entrevue par Lambinon (loc. cil.): inflorescences (J corymbiformes et
infrutescences $ contractées chez U. repens, inflorescences paniculi-
formes et infrutescences $ ouvertes chez U. Keayi.
Divers caractères secondaires viennent corroborer cette différencia¬
tion mais ils sont plus subtils, telle la présence presque constante chez
U. repens, au moins sous forme d’ébauches, d’appendices épidermiques
aplatis longitudinalement sur les jeunes tiges rampantes (distincts des
ébauches de racines adventives) alors que ces appendices paraissent faire
défaut chez U. Keayi; mais, comme chez U. cordifolia Engl., de tels
appendices chez U. repens peuvent être totalement absents. Les carac¬
tères de pubescence des pétioles, des limbes et des fleurs ne fournissent
aucun indice valable.
Les caractéristiques biométriques différentielles, moyennes et
extrêmes, de ces deux espèces ne pourront être définies d’une manière
statistiquement valable qu’en présence d’un nombre d’échantillons beau¬
coup plus élevé que celui des spécimens actuellement rassemblés, ces
échantillons devant aussi être comparés à des stades de développement
biologique très voisins. Seules quelques tendances concernant ces deux
espèces peuvent être actuellement dégagées de l’examen des spécimens
disponibles :
L’inflorescence d’U. repens peut être portée sur un pédoncule
atteignant jusqu’à 18 cm de longueur, alors qu’il ne dépasserait pas
4 cm chez U. Keayi; l’inflorescence corymbiforme d’U. repens mesure
jusqu’à 12 cm de diamètre et 5 cm de hauteur, alors que l’inflorescence
paniculiforme, sans doute plus ou moins unilatérale sur échantillons frais,
d’U. Keayi atteindrait 15 cm de longueur. Les inflorescences à fleurs
ouvertes d’U. Keayi sont encore inconnues et, au stade des boutons
floraux, les cymules peuvent être analogues à celles d’U. repens, avec des
pédicelles inégaux atteignant jusqu’à 2 mm de longueur; mais souvent
les boutons d’U. Keayi paraissent sessiles et rassemblés en glomérules
Source : MNHN, Paris
— 298 —
PI. 1. — Urera Keayi R. Let. : 1,1', feuille et inflorescence ô x 2/3; 2, infrustescence x 2/3
(Leeuwenberg 1901). — Urera repens (Wedd.) Rendl. : 3, 3', feuille et inflorescence
d X 2/3 (Haunal 10329); 4, infrutescence X 2/3 (Lelouzey 1978).
Source : MNHN, Paris
— 299 —
compacts espacés sur les rameaux de l’inflorescence, alors qu’ils paraissent
plus ou moins pédicellés et disposés en cymules plus ouvertes chez U.
repens. Les pédicelles des fleurs ouvertes d’U. repens se montrent
grêles et de longueur assez uniforme, comprise entre 2 et 4 mm. Les inflo¬
rescences Ç et surtout les infrutescences sont contractées chez U. repens,
atteignant 5-6 cm de diamètre, alors qu’elles sont manifestement plus
ouvertes chez U. Keayi où elles peuvent mesurer 8-15 cm de diamètre;
les fleurs et les fruits sont sessiles ou subsessiles chez U. repens et parfois
un peu et inégalement pédicellés chez U. Keayi.
Au point de vue biologique, les indications des collecteurs laissent
supposer qu’ Urera Keayi R. Let. est une plante parfois traînante mais
aussi très souvent grimpante, alors qu’ Urera repens (Wedd.) Rendle est
semble-t-il toujours traînante. Ces deux espèces ne vivent peut-être pas
non plus en des sites toujours absolument semblables car, si elles se ren¬
contrent toutes deux en sous-bois plus ou moins ombragés de forêt dense
humide, U. Keayi R. Let. affectionne aussi les terrains découverts en
bordure de chemins, dans les plantations de caféier... tous sites où elle
paraît commune, alors qu 'Urera repens (Wedd.) Rendle émigre de son
côté dans les sous-bois de raphiales ou sur des parois de rochers humides
en forêt.
Urera Keayi fi. Let., sp. nov.
Urerae repentis (Wedd.) Rendle admis sed caule reptanti vel vulgo scan-
denti, processibus destituto; folio ovato (usque 16 X 9 cm) ; inflorescentia laxe
paniculiformi; infrutescentia vix contracta.
Holotype (Côte d'ivoire) : Leeuwenberg 1901, près Lamé (40 km NE d'Abidjan),
6 nov. 1958, feuilles, 11. <J, fl. $, fr., WAG (4 parts).
Paratypes :
— Libéria : Baldwin 6255, Yratoke (district de Webo, province orientale), 111. et
fl. <?, juill. (K).
— Cote d’Ivoire : Chevalier 19083, bassin de la moyenne Sassandra (route de Gui-
déko à Soubré), fil. et (1. <J, juin (P); De Wilde J.J.F.E. 17, Adiopodoumé, 111.,
fl. $ et fr., juin (WAG); Halle F. 263, Adiopodoumé, fl. ? et fr. uniquement, août,
(P); Leeuwenberg 4474, Nieki (NE Dabou), ni. et n. <J, juin (WAG); Oldeman 26,
Buyo près de la Sassandra, fl. $ et fr. uniquement, déc., (WAG); 71, 10 km SE
d’Anyama, fll. et fr., juin (WAG); 134, Banco (3 km NO d'Abidjan), M., n., Ç et
fr., juill. (WAG).; (? Aké Assi IA 1631, Adiopodoumé, cit. in Aké Assi, Contr.
étud. llorist. Côte d'ivoire : 96 (1961), non vu).
— Ghana : Irvine 1858, Mampong Scarp, Ashanti fll., fl. $ et fr., nov. (K); Morlon
GC 7811, Cape Coast road 28 miles from Accra )cit. in Keay, FWTA 1 : 618
(1958), non vu; ( tlllrvine 1855, Mampay, cit. in Aké Assi, Contr. étud. florist.
Côte d'ivoire : 96 (1961), non vu).
La répartition géographique de cette espèce montre qu’elle peut se
rattacher aux espèces présentes dans la forêt dense humide à la fois vers
la frontière Côte d’ivoire-Libéria et vers la frontière Côte d’ivoire-Ghana.
Source : MNHN, Paris
— 300 —
Urera Keayi R. Let. représenterait donc une espèce du domaine occidental
de la forêt dense humide congo-guinéenne, alors qu 'Urera repens (Wedd.)
Rendle représenterait une espèce voisine du domaine oriental; un tel
parallélisme se retrouve pour le couple Urera oblongifolia Benth. — Urera
Ihonneri De Wild. et Th. Dur. et sans doute aussi pour d’autres espèces du
genre Urera Gaudich.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A LA CONNAISSANCE
DE LA FLORE SÉNÉGALAISE
par
J. et A. Raynal
Résumé : Bilan botanique d'un séjour de deux ans au Sénégal : observations
floristiques, d'importances diverses, sur 130 plantes de ce pays; pour 70 d'entre elles,
simples précisions sur leur répartition locale; 50 autres ont été récoltées pour la première
fois au Sénégal, dont une moitié seulement a été déjà mentionnée dans des articles
antérieurs. Six taxa nouveaux sont décrits (1 Ceropcgia, 1 var. de Polycarpnn. 2 subsp.
de Rhynchospora, 1 Rotala et 1 Ilysanlhes) ; 3 Cyperaceæ changent de rang ou de nom.
Enfin, 44 des plantes énumérées représentent des additions et corrections à la nouvelle
édition de la Flore du Sénégal.
De tous les pays de l’Ouest africain, le Sénégal est certainement celui
dont la flore est connue et recensée avec le plus d’exactitude; cela tient
à diverses raisons : ancienneté de l’implantation européenne et, corréla¬
tivement, des collections botaniques, déjà très importantes au début du
xix e siècle; relative pauvreté floristique d’un pays dont une grande partie
est soumise à des climats secs ou même subarides; pénétration facile,
en comparaison des grands massifs forestiers équatoriaux. Curieusement,
après les découvertes de Leprieur, Perrottet, Heudelot, antérieures
à 1850, la floristique sénégalaise a subi une très longue période de stagna¬
tion; il faut attendre les récoltes de Trochain, et, plus récemment, les
importants apports dûs à Adam et Berhaut, pour que le recensement
des espèces puisse être considéré comme près d’être achevé. La Basse-
Casamance, région la plus humide du Sénégal, qui seule renferme des
vestiges de forêt dense humide, demeure, comme le souligne Adam (9),
la principale zone d’où l’on puisse encore espérer des découvertes nom¬
breuses.
Ayant séjourné au Sénégal d’avril 1960 à janvier 1962, nous avons
récolté plus de 2 000 spécimens dans des régions variées. Un certain
nombre de ces récoltes présentent un intérêt particulier à des degrés
divers ; nouveautés taxinomiques, floristiques, ou simplement confirma¬
tion d'espèces rarement récoltées; beaucoup d’espèces voient leur aire
prendre fin au Sénégal (il s’agit surtout de limites septentrionales) et nous
nous sommes souvent attachés à préciser ces limites, surtout pour les
espèces herbacées, nettement moins bien connues que les arbres à cet
égard.
Un certain nombre de ces récoltes ont été déjà mentionnées dans des
travaux antérieurs (8, 22, 30, 31,34, 35, 36, 37,), mais le caractère très
Source : MNHN, Paris
— 302 —
dispersé, parfois peu accessible de ces informations, et les rectifications à
apporter dans certains cas, nous ont poussé à les rassembler ici en une
sorte de bilan de notre activité botanique pendant ces deux années passées
au Sénégal.
Le présent article était à l’impression lorsqu’à paru la seconde édition
de la Flore de Berhaut (12 bis), très augmentée par l’inclusion de la
Casamance. Nous avons pu apporter ici les quelques modifications néces¬
sitées par cette publication; nous regrettons que nos adjonctions aient
parfois dû contredire le texte de cette nouvelle Flore du Sénégal, où sont
ignorés certains travaux récents; mais n’est-ce pas là le tribut payé par
ceux qui mènent à bien, seuls, des œuvres importantes?
Quand Berhaut n’a pas récolté lui-même une espèce, il lui arrive fré¬
quemment, dans sa Flore, de citer simplement le binôme avec une brève
description. Comme il est toujours intéressant de connaître l’origine
d’une information, surtout lorsqu’elle est entachée d'erreur, nous avons
ici précisé cette origine, chaque fois que nos récoltes étaient concernées l .
Nous avons noté, en marge des espèces, d’un astérisque*, celles
dont nous croyons avoir récolté le premier spécimen sénégalais.
Le signe + accompagne 35 plantes non signalées dans la seconde
édition de la Flore du Sénégal.
L’énumération est faite dans l’ordre alphabétique des familles,
genres et espèces (y compris les Cryptogames vasculaires).
Nous avons abrégé la citation de nos spécimens en : J.A.R. (récoltés
en commun), ou J.R. (récoltes effectuées par l’un de nous en mission dans
le Ferlo et la Casamance).
Nous devons la détermination ou la révision de certains de nos
échantillons aux spécialistes suivants : W. I). Clayton (Kew), H. Heine
(Paris), F. N. Hepper (Kew), Miss S. Hooper (Kew), H. Jacques-Félix
(Paris), M lle M. Keraudren (Paris), J.-P. Lebrun (Maisons-Alfort),
H. N. Moldenke (New York), M. Nazeer Chaudhri (Utrecht), M. Pel-
tier (Paris), H. St. John (Honolulu), M me Tardieu-Blot (Paris). Qu’ils
trouvent ici l’expression de notre reconnaissance.
1. Bien que le présent article soit consacré à nos seules récoltes personnelles, nous
soulignerons, à titre d’unique exception, la mention, dans la nouvelle édition de la
« Flore du Sénégal », de la Gentianacée linicoslema hyssopi/olium (Willd.) Verdoorn,
dont la présence dans l'ouest africain est très douteuse. Cette information est certaine¬
ment reprise de la Flora of West Tropical Africa, qui la tient elle-même de la Flora of
Tropical Africa, vol. 4 (1), 1903. L’origine de cette citation semble être J. G. Baker,
Kew Bull. : 273 (1891), dans une liste de déterminations de plantes collectées par
Brown-Lester en Gambie. Il est à remarquer que F. N. Williams, Florula Gambica,
Bull. Ilerb. Boissier, 1907, qui a utilisé toutes les récoltes Brown-Lester. ne cite
aucune Gentianacée, et que nul n’a revu depuis, à Kew, cet échantillon; selon toute
vraisemblance, la citation originale de l’espèce repose sur une erreur, soit d’étiquetage,
soit de détermination.
Source : MNHN, Paris
— 303 —
ACANTHACEÆ
’ Barleria œnotheroides Dumont de Courset.
Belle Acanthacée à fleurs jaunes, récoltée dans un sous-bois à Dion-
dène, près de Bignona, Basse-Casamance [J.R. 7975, 10-1-1962); ceci
reporte un peu au nord sa limite septentrionale, précédemment connue
en Guinée portugaise.
Dicliptera hyalina Nees; Berhaut, Fl. Sén., ed. 1 : 92 (1954).
= D. villosior Berh., Fl., Sén., ed. 2 : 427 (1967).
Dans la Flora of West Tropical Africa, ed. 2 : 426 (1963), H. Heine
range la plante ainsi nommée par Berhaut parmi les « espèces douteuses»;
à son avis, ce n’est ni D. verlicillata (Forsk.) C. Chr., ni D. hyalina Nees,
décrit des Comores.
Ayant nous-mêmes récolté deux fois cette plante aux environs de
Ntiaye, sur la rive orientale du lac Tanma (J.A.H. 7053, 5-5-1961, cité
dans la F.W.T.A., et 7102, 23-6-1961), nous avons voulu rechercher si
cette plante critique méritait d’être décrite comme nouvelle.
Nous avons dû revoir l’ensemble du matériel correspondant au
Dicliplera verlicillata, au sens de la F.W.T.A., ed. 2. De cette étude sont
ressortis les faits suivants :
— le matériel paraît se classer en deux taxa différant à la fois par
un certain nombre de caractères morphologiques, qui concernent princi¬
palement les bractées inflorescentielles, et par la localisation géographique
et écologique. Il nous semble opportun de restituer à ces taxa le rang
spécifique que leur attribuaient C. B. Clarke (Fl. Trop. Afr. 5 : 258-259
(1900) et Hutchinson & Dalziel (Fl. W. Trop. Afr., ed. 1,2 : 264 (1931),
sous les noms respectifs de D. micranlhes Nees (= D. verlicillata (Forsk.)
C. Chr.) et de D. umbellala. Ce dernier nom était erroné; en effet le type de
Justicia umbellala Vahl, échantillon sénégalais dans l’herbier Jussieu,
est un D. verlicillata; mais, hormis ce nom inexact, les descriptions, les
clefs, les synonymes et les échantillons cités concernent bien la plante
qu’il nous faut aujourd’hui nommer, à la suite de Benoist fin sched.) et
Berhaut (éd. 1), Dicliplera hyalina Nees; au rang spécifique, c’est en effet
le nom prioritaire correct du taxon.
— Les spécimens des environs du lac Tanma, qui se signalent par
une pubescence blanche très dense de toute la plante, ne peuvent pour¬
tant pas être distingués de D. hyalina Nees, malgré la nouvelle opinion de
Berhaut, qui en fait l’espèce D. villosior', ils constituent une forme
extrême, dont la fixation génétique est très douteuse; on retrouve en effet
cette même pilosité très abondante dans des spécimens de République
Centrafricaine, qui, comme ceux du lac Tanma, proviennent de la limite
septentrionale de l’aire de D. hyalina. Or, parallèlement, on peut observer,
dans les régions subdésertiques, un accroissement identique de la pilosité
chez D. verticillala. Ces réactions parallèles, mais géographiquement
Source : MNHN, Paris
— 304 —
décalées, à des valeurs différentes d’un même facteur (vraisemblablement
sécheresse atmosphérique plus qu’édaphique) sont à notre avis une preuve
supplémentaire à la fois de l’indéniable affinité, et du caractère néanmoins
distinct de ces deux espèces.
Nous ne citons que pour mémoire les caractères différentiels de D.
hyalina, déjà décrits dans les diverses Flores citées ci-dessus, et en parti¬
culier celle de Berhaut : cette plante se distingue de D. verlicillala par
ses bractéoles plus grandes, plus larges, plus oblancéolées ou même
obovales-mucronnées, à poils et cils plus longs, moins scabres, enfin par
les deux zones translucides décolorées, de part et d’autre de la nervure
médiane, qui ont valu son nom à l’espèce.
La pilosité, nous l’avons dit, est variable ; de même la couleur des
fleurs, toujours blanche au lac Tanma, peut aller, dans d’autres régions,
jusqu'au rose vif.
Il semble que ce soit Benoist qui, le premier, ait constaté la mau¬
vaise application du nom D. umbellala; il établit alors la combinaison
D. senegambica, basée sur D. maculala var. senegambica Nees, dont le type
(Brunner , île Brava, dans l’archipel du Cap Vert) appartient en effet à
notre taxon. Cette combinaison n’aurait normalement pas dû voir le jour,
car lorsque Tisserant la publia en 1950, R. Benoist avait déjà réuni son
D. senegambica à D. hyalina, après avoir longtemps considéré cette der¬
nière espèce comme endémique des Comores. Les déterminations portées
par Benoist en 1949 dans l’herbier du Muséum montrent en effet qu’il
considérait dès cette époque D. hyalina comme largement réparti, des îles
du Cap Vert à l’Angola et Madagascar.
La synonymie des deux taxa se présente comme suit :
Dicliptera verticillata (Forsk.) C. Christensen, Dansk Bot. Ark. 4 (3) :
II (1922); Heine, Fl. W. Trop. Afr., ed. 2, 2 : 425(1963), pro parle, excl. syn.D. macu¬
lala var. senegambica Nees.
— Dianlhera verlicillala Forsk., Fl. Æg.-Arab., Descr. : 9 (1775).
— Juslicia cuspidala Vahl, Symb. Bot. 2 : 9 (1791), nom. illeg.
— Juslicia ocymoides Lam., Encycl. Méth., Bot. 1 (2) : 630 (1784).
— Dicliptera ocymoides (Lam.) Juss., Ann. Mus. Par. 9 : 268 (1807).
— Juslicia umbellala Vahl, Enum. 1 : 111 (1807).
— Dicliptera umbellala (Vahl) Juss., 1. c. (1807).
— Dicliptera micranlhes Nees, in Wall., PI. As. rar. 3 : 112 (1832); C. B. Clarke,
in Thiselt.-Dyer, Fl. Tr. Afr. 5 : 258 (1900); Hutch. & Dalz., Fl. W. Trop.
Afr. ed. 1, 2 (1) : 264 (1931).
Dicliptera hyalina Nees, in DC., Prodr. 11 : 484 (1847); Berhaut, Fl. Sén.,
ed. 1 : 92 (1954).
— D. maculala var. senegambica Nees, in DC., 1. c. : 485 (1847).
— D. senegambica (Nees) R. Ben. ex Tisserant, Mém. I.E.C. 2 : 15 (1950).
— D. villosior Berhaut, Fl. Sén. ed. 2 : 427 (1967), syn. nov.
- D. umbellala auct. : C. B. Clarke, in This.-Dyer, l.c. : 259 (1900); Hutch. &
Dalz., l.c. : 264 (1931), non (Vahl) Juss.
— D. verticillata auct. : Heine, in Hutch. & Dalz., Fl. W. Trop. Afr., ed. 2, 2 : 425
(1963), pro parle, non (Forsk.) C. Chr.
L’aire de D. verlicillala est de type soudano-deccanien sec : la limite
septentrionale se situe en plein Sahel, et l’espèce ne se rencontre qu’excep-
Source : MNHN, Paris
— 305 —
tionnellement (à la faveur des cultures?) dans les régions de savanes les
plus humides. L’aire part de la Mauritanie et du Sénégal jusqu’à la
Somalie, et descend de là en Zambie et en Angola, en contournant de
façon classique les massifs forestiers; en Asie, l’espèce se rencontre depuis
l’Arabie (patrie du type) jusqu’au Yunnan.
Sous réserve de travaux monographiques à l’échelle mondiale, qui
pour le genre Dicliptera seraient très souhaitables, l’espèce D. hyalina
Nees semble exclusivement africaine. Son aire comprend les régions les
plus humides, et, curieusement, un assez grand nombre d’îles : archipel
du Cap-Vert, Sénégal (Cap Vert et, d’après Adam (7), Casamance), Sierra
Leone, Togo, Nigeria méridional, Afrique centrale et îles du golfe de
Guinée (Principe, San Tomé, Annobon), Afrique orientale, Comores et
Madagascar.
Les aires des deux espèces ne sont pas rigoureusement distinctes,
mais leur partie commune est très étroite; de plus, dans cette étroite
bande où les deux espèces coexistent, leurs écologies respectives sont net¬
tement différentes; l’une (D. verlicillala) est héliophile, des lieux tempo¬
rairement humides : bords de mares, de ruisseaux; l’autre (D. hyalina)
est sciaphile, et ne tolère qu’une sécheresse très relative, croissant en
sous-bois, tant au Cap Vert, dans la strate inférieure des niayes que dans
les forêts de Basse-Casamance.
On est donc en présence d’une véritable vicariance écologique et géo¬
graphique, déjà soupçonnée par Clarke (17), qui se demandait si son
D. umbellata (D. hyalina) ne pouvait pas être considéré comme une forme
des régions humides de D. micranlhes. Aujourd’hui, après étude d’un
matériel plus abondant que celui dont Clarke disposait, nous croyons
pouvoir maintenir la distinction spécifique; les échantillons intermédiaires
font défaut; il est certain qu’on pourrait admettre, comme l’a fait Heine,
une espèce unique; mais dans ce cas il faudrait à notre avis y distinguer
de toute façon deux bonnes sous-espèces.
Phaulopsis Barteri (T. And.) Lindau
Acanthacée ouest-africaine signalée (22) jusqu’au Mali et la Guinée
portugaise; nous l’avons récoltée au Sénégal oriental (J.A.R. 6927,
27-12-1960) au Niokolo-koba, dans la galerie forestière du Boko, affluent
du Niokolo-koba. La détermination a été confirmée par H. Heine.
Espèce découverte dans la même région par J. G. Adam en novembre
1959 (n° 17203, fide Berhaut, Fl. Sén., ed. 2 : 199).
ADIANTACEÆ
* Adiantum Schweinfurthii Kühn
Niokolo-koba, dans un étroit ravin ombragé entaillant la cuirasse
latéritique, à la tête du thalweg d’un sous-affluent du Niokolo-koba, à
15 km du campement sur la route de Tambacounda (J.A.R. 6850, 26-12-
1960, cité par Adam, 8). Cette Fougère croissait là en compagnie de l’espèce
plus courante, A. philippense L.
Source : MNHN, Paris
— 306 —
L’espèce figure dans la seconde édition de Berhaut, sur la foi, semble-
t-il, de notre récolte (non citée).
AIZOACEÆ
Sesuvium sesuvioides (Fenzl) Verdc., Kew Bull. 12 : 349 (1957).
= Trianlhema polysperma Hochst. ex Oliv.; T. hydaspica Edgew.; Berhaut,
Fl. Sén., ed. 1 : 63 (1954); ed. 2 : 155 (1967).
Cette espèce sahélienne des sols halomorphes a jusqu’ici été assez peu
récoltée; au Sénégal, elle ne semble occuper que la région de l’estuaire du
fleuve, près de Saint-Louis, où Berhaut (12) la signale, et où nous l’avons
aussi récoltée (J.A.R. 6282, Gandon, 27-8-1960). L’espèce existe aussi en
Mauritanie [Ch. Rossetli 61/214, entre Oualata et Oujaf, 29-8-1961); ces
spécimens étendent largement l’aire généralement attribuée à l’espèce en
Afrique occidentale : la flore d’HuTCHiNSON & Dalziel, ed. 2 (22) ne cite
en effet que Tombouctou.
Nous attirons d’autre part l’attention des botanistes ouest-africains
sur le transfert récent de cette espèce au genre Sesuvium.
ALISMATACEÆ
* Galdesia oligococca (Müll.) Buch. var. echinata den Hart.
Hydrophyte enracinée à feuilles flottantes, connue de peu de points
d'Afrique occidentale. Notre récolte [J.A.R. 6877, 27-12-1960) provient
de la mare Diamowel, ou Diamal, dans le parc national du Niokolo-koba,
à 10 km environ du campement en allant vers Banharé; le Caldesia
occupe, avec Scleria lacustris, le centre inondé très longtemps (peut-être
même en permanence) de cette mare à la flore très riche.
Espèce mentionnée par Berhaut dans sa seconde édition (même
remarque que ci-dessus, sous Adiantum).
ANNONACEÆ
Xylopia æthiopica (Dunal) A. Rich.
Arbuste bien connu déjà de la région des Niayes, d’où malheureu¬
sement il disparaîtra bientôt, comme bien d’autres, si défrichements et
dégradations se poursuivent à la cadence actuelle. Nous l’avons vu à
Mbidjem, localité connue, mais aussi un peu plus au nord, à Mboro, où
il atteint sans doute sa limite septentrionale; c’était là un arbuste très
vigoureux, abondamment fructifié, en bordure d’une niaye inondable à
Pycreus lanceus Turrill, près de la nouvelle route de Dakar (J.A.R. 13652,
9-3-1965). Mais combien de temps y subsistera-t-il?
Source : MNHN, Paris
— 307 —
ARACEÆ
■ Anchoman.es difformis Engl.
Espèce banale dans les régions forestières humides; elle atteint sa
limite septentrionale en Basse-Casamance, où Adam (7) l’a vue en divers
points (Diouloulou, Bignona), mais non récoltée. Notre spécimen (•/./?.
7918, 9-1-1962) provient d’une galerie forestière humide de la forêt de
Bari près de Sedhiou.
Culcasia scandens P. Beauv.
Autre Aracée banale quand la pluviométrie annuelle dépasse 1 mètre,
déjà connue de Gambie, mais récoltée seulement récemment en Basse-
Casamance par Adam (7); nous l’avons récoltée en Haute-Casamance,
près de Kolda (J.B. 7818, galerie forestière à Saré Doina, 5-1-1962).
ASCLEPIADACEÆ
+ ‘ Ceropegia prætermissa J. & A. Raynal, sp. nov.
Herba radice tuberosa perenni, orbiculari, compressa, 3-4 cm in diametro,
1 cm crassa. Coulis herbacea annua, scandens, plus minusve volubilis, usque
ad 160 cm longus, 1, 5 mm in diametro, teres, minute striatulus, pilis brevibus
curvatis rufescentibus, nodiis dcnsioribus, obtectus. Intemodia 5-12 cm
longa. Folia opposita pctiolata, lamina ovata vel ovato-lanceolata, 3-6 X 2-
6 cm, subcamo8a, profunde viridis, basi cordata vel rotundata, rarius sub-
cuneata, apice brevissime acuminata. Petiolus 5-15 mm longus, pubescens.
Nervi circa 5 utroque latere, facie superiore laminæ impressi. Lamina supra
glabra, subtus pubescens ad instar caulis petiolique.
InfloTescentiœ. axillares, floribus 3-9-nim subumbellatis constitutæ,
pedunculo per anthesin circa 1 cm longo, postea fructificatione incrassato
et ad 2 cm elongato. Pedicelli tenues, circa 1 cm longi. Calyx 2 mm longus,
pubescens, profunde 5-lobatus, lobis linearibus apice recurvatis margine
angustissime scariosis. Corolla anthesi 18-22 mm longa, extus parce pubescens,
intus glabra, tubo circa 12-14 mm longo, albido, plus minusve pallido, virides-
centi-livido, basi utriculosa subsphærica 3 mm in diametro, supra incurvato,
cylindrico, 1 mm in diametro, suprema parte ad ostium breviter dilatato,
sinubus inter lobos rotundatis. Corollæ lobi lineares, 6-8 mm longi, basi
glabra breviter triangulari, supra induplicati et paullo spiraliter contorti,
apice connati, haud vel minime spathulati, intus longe setosi, seti basin
versus valdc purpureis, supra albis. Corona glabra, lobis exterioribus brevibus
obtusis, subquadrato-orbiculatis, concavis, introrsum utroque latere comutis,
gvnostegio paullo brevioribus; lobis interioribus linearibus hyalinis integris,
ad 2-2,5 mm longis, gynostegium longe superantibus. Fructus folliculis binis
valde divergentibus, circa 8 cm longis, viridi- et brunneo-variegatis, compo-
situs. Semina fere matura brunnea, compressa, anguste alata, obovata, circa
5,5 X 2 mm, longe rufo-comata. Vid. tab. 1.
Source : MNHN, Paris
— 308 —
Source : MNHN, Paris
— 309 —
Sectionis Lagunculœ Huber C. Meyeri-Johannis Engl, figura floris et
vegetatione affinis, tamen characteribus coronæ valde distinguenda.
Holotypus : J. & A. Raynal 6366, in sepi scandens cum Ceropegia arislo-
lochioidi Decne. mixta, circa domos et laboratorium O.R.S.T.O.M. ad pagum
Hann dictum Promontorii Viridis prope urbem Dakar, caput reipublicæ
Senegalensis, 18-9-1960, P!
Alterum specimen nobis cognitum : J. Audru 2670, versus regionem
septentrionalem pagi Saveigne dicti prope urbem Saint-Louis, 19-9-1965,
ALF! P!
Cette espèce, qui par les caractères de sa corolle rappelle certains
Ceropegia d’Afrique centrale et orientale, est pourtant bien distincte par
sa couronne, qui par contre ressemble assez à celle de C. Linophyllum
Huber.
Nous ne connaissions cette espèce que des abords du laboratoire de
l’O.R.S.T.O.M. à Hann près Dakar, sur sols sableux (anciennes dunes
semi-fixées), où croissent dans un rayon de quelques dizaines de mètres
trois espèces différentes de Ceropegia: C. præterrnissa, C. senegalensis
Huber (voir ci-dessous), et C. arislolochioides Decne. Récemment, J.-
P. Lebrun nous a communiqué du matériel récolté dans la région de
Saint-Louis par J. Audru, agrostologue de l’Institut d'Élevage et de
Médecine vétérinaire des pays tropicaux, Maisons-Alfort : très curieuse¬
ment, deux de ces espèces, C. præterrnissa et C. senegalensis, ont là
encore été trouvées en mélange, sur sols dunaires également. Il semble
bien que l’on soit en présence de deux espèces endémiques des régions
dunaires de l'ancien erg ouest-sénégalais.
Ceropegia senegalensis Huber
= C. Linophyllum auct. : Bullock, in Hutch. & Dalz., F.W.T.A., ed. 2, 2 : 102
(1963), pro parle ; Berhaut, Fl. Sén., ed. 2 : 98 ( 1967), non Huber.
Le type de cette espèce provient de Dakar ( Pilot s. n., « point B »,
dans les faubourgs de la ville; les seuls autres récoltes sont notre échantillon
(J.A.R. 6310, Hann, 5-9-1960), prélevé sur un pied unique, et le spécimen
Audru 2669 (N de Saveigne près Saint-Louis, 19-9-1965). Ces trois récoltes
sont remarquablement semblables, de même que sont semblables, entre
eux, les spécimens assez nombreux de C. Linophyllum Huber de l’herbier
de Paris; les différences indiquées par Huber entre ces deux taxa sont
constantes, quoique faibles, et nous ne pouvons suivre Bullock (l. c.)
qui réunit les deux espèces sous le nom de C. Linophyllum. On peut enfin
ajouter à ces différences morphologiques le fait que ces deux Ceropegia
ont des aires et des habitats nettement distincts : C. senegalensis est,
à notre connaissance, endémique des sables du Sénégal occidental, alors
que C. Linophyllum fréquente les zones Iatéritiques ou rocheuses des
régions plus humides de la Guinée à la République centrafricaine.
Source : MNHN, Paris
— 310
Parquetina nigrescens (Afz.) Bullock
= Omphalogonus nigrilanus N.E.Br.
Liane commune dans le domaine guinéen, découverte en Basse-
Casamance, près de Diouloulou, par Adam (7). Nous l’avons récoltée en
Haute-Casamance, juste en aval de Kolda, dans la galerie bordant le
fleuve, rive gauche ( J.R. 7855, 6-1-1962).
CARYOPHYLLACEÆ
Polycarpon prostratum (Forsk.) Asch. & Schweinf. var. littorale
J. & A. Raynal, var. nov.
— " Polycarpæa aff. nivea " auct. : Berhaut, Fl. Sén., ed. 2 : 171 (1967), non P. nivea
(Ait.) Webb.
A var. prostrato liabitu perenni, foliis in anni temporibus aridis e
brevibus, ovatis vel obovatis, usque ad 3 X 2 mm, subsessilibus, v
planta dense albido-pilosis.
Flores rosei, numerosi etiam in tempori arido: antheræ oblongs
Source : MNHN, Paris
- 311
Holotypus : J. & A. Raynal 6058, in depressionibus humidis inter arenas
mobiles propre pagum vulgo Kayar dictum ad litorem septentrionalem Pro-
montorii Viridis, 7-7-1960, P!
Sous sa forme typique, Polycarpon proslratum est commune dans
une grande partie du monde tropical; elle croît généralement sur les
berges limoneuses des cours d’eau, après la décrue, pour fleurir avant la
crue suivante; elle se comporte donc le plus souvent en annuelle, bien que
certains spécimens soient à cet égard un peu douteux.
Par rapport à cette forme typique, la plante des dunes vives de Kayar
est très aberrante à la fois par sa morphologie (au moins en saison sèche),
sa biologie et son écologie. La première récolte, pour autant qu’on puisse
en juger d’après le fragment conservé à Paris, a été faite par Adam &
Naegelé en avril 1960, dans ces mêmes dunes de Kayar, où nous l’avons
récoltée nous-mêmes deux mois plus tard et observée ensuite toute une
année [J.A.R. 6042 et 6047 bis, 1-7-1960 ; 6058, 7-7-1960 ; 6437, 9-10-
1960 ; 7650, 5-10-1961).
De plus amples détails, en particulier sur la synécologie de cette
plante, seront trouvés dans l’étude de la végétation des dunes de Kayar
(A. Raynal, 31), sous le nom de Polycarpon sp. En résumé, cette plante
est vivace, pouvant former de fortes souches ligneuses; c’est un pionnier
des dépressions sableuses légèrement humides, et ses tiges rayonnantes
sont ensablées au cours de la saison sèche; seuls des rameaux latéraux
apparaissent en surface. A cette saison, toute la plante est très velue-
blanchâtre; les feuilles sont très courtes, à peine plus longues que larges;
des fleurs s’épanouissent même en pleine saison sèche, et les pétales sont
constamment d’un rose assez vif. Tous ces caractères contribuent à
donner, toujours en saison sèche, un aspect extrêmement particulier à
ce Polycarpon, qui peut faire penser à des plantes du littoral saharien
comme Polycarpæa nivea (Ait.) Webb.
Pourtant, cet aspect n’est que saisonnier; à la période des pluies,
quand la nappe phréatique remonte et que le fond des dépressions inter-
dunaires est inondé, le Polycarpon donne des pousses beaucoup moins
velues, à feuilles lancéolées, se rapprochant alors beaucoup de la forme
typique de l’espèce. Les germinations de l’année, qui croissent rapide¬
ment et se mettent bientôt à fleurir, sont même tout à fait indistinctes
de certains Polycarpon proslratum typiques.
Finalement, en présence d’échantillons récoltés en saison sèche,
on prendrait aisément cette plante pour une bonne espèce, différente
de P. proslratum; en saison humide, au contraire, la distinction s’éva¬
nouit. Par l’ensemble de son cycle annuel, son caractère pérenne et son
hétérophyllie saisonnière, le Polycarpon de Kayar n’en demeure pas
moins une population qui diffère du type normal, d’une façon plus biolo¬
gique que morphologique. D’après l’abondant matériel d’herbier conservé
à Paris, les autres Polycarpon proslratum deviennent certes, en condi¬
tions plus sèches, plus poilus, mais ne donnent jamais ces feuilles très
courtes si étonnantes de la var. litloralis. Selon toute vraisemblance,
Source : MNHN, Paris
- 312 -
Chevalier (16) a décr
une variété de Salicornes, .
i Chev., là où d’autres
répandue S.
(Berhaüt)
Cap-Vert, d’où
lacs Retba,
Source : MNHN, Paris
- 313 -
les formes revêtues par ces plantes que l’effet de la variation assez impor¬
tante de plusieurs facteurs écologiques : dans ces lagunes et ces sebkhas
(incluses par Adam (4) dans les « niayes », dont elles n’ont ni l’origine
ni la végétation) la baisse des eaux, qui s’accompagne d’une concentra¬
tion de sels en surface du sol, alTecte très rapidement la périphérie, où
les Salicornes fleurissent très tôt, à l’état nain, donnant l’aspect
S. præcox; les zones centrales, plus longtemps humides, permettent
une croissance plus longue; la concurrence intervient alors : si les indi¬
vidus sont très serrés, ils ont un port grêle, fastigié; s’ils sont isolés
au contraire, ils peuvent arriver à former de véritables petits buissons,
la plante pouvant alors aisément être prise pour vivace ( fig. 3).
Il n’y a cependant à notre avis aucune distinction taxinomique
à retenir entre ces formes, que nous nommons provisoirement S. senega-
lensis Chev., en attendant qu’un spécialiste de ce genre difficile décide
de ses affinités et de son éventuelle synonymie avec S. europæa L.
COMBRETACEÆ
+ ' Combretum cf. hispidum Laws.?
Nous avons récolté à Diondène près de Bignona, au voisinage de
Combrelum racemosum P. Beauv., un autre Combrelum sarmenteux à
rameaux, bourgeons et dessous des feuilles couverts de poils roux-ferru¬
gineux. Malheureusement notre spécimen [J.R. 7976, 10-1-1962) est
stérile; il semble appartenir à l’une des espèces du groupe C. hispidum
Laws., C. dolichopetalum Engl. & Diels, C. rhodanlhum Engl. & Diels,
mais il n’est pas possible d’aller plus loin dans la détermination. Comme
aucune de ces espèces, qui existent en Guinée, n’est connue au Sénégal,
nous croyons utile de signaler cette récolte.
COMPOSITÆ
Coreopsis Borianiana Sch. Bip. ( spliaim. Boriniana in Berh.. Fl.
Sén., ed. 2 : 22, etc.).
Adam (8) a cité à tort ce nom comme une nouveauté pour le Sénégal.
Ce n’est en effet que le nom correct pour C. guineensis Oliv. & Hiern,
déjà connu des forêts claires du Sénégal oriental, au Niokolo-koba, où
nous l’avons aussi récolté. Nous avons vu cette espèce beaucoup plus
au Nord, dans la région de Tièl (J.R. 7676, Ndioridi, 11-10-1961). où
l’on trouve les dernières forêts claires de physionomie et composition
floristique franchement soudaniennes, avant d’atteindre les savanes
steppiques sahéliennes du Djoloff ou du Ferlo septentrional. Nous avons
observé là un certain nombre d’espèces soudaniennes qui ne paraissent
pas dépasser Tièl vers le nord, et qui sont citées plus loin dans cette liste.
C’est précisément à Tièl que Trochain (46) fait passer sa limite des deux
domaines sahélien et soudanien, au nord de laquelle la flore subit un
appauvrissement très sensible. Nous sommes entièrement d’accord
sur le tracé de cette limite dans cette région.
Source : MNHN, Paris
— 314 —
* Crassocephalum picridifolium (DC.) S. Moore
= C. sambamense Berh., Fl. Sén., ed. 2 : 427 (1967), syn. nov.
= Gynura sp. fors, nov.?, A. Raynal, Fl. et Vég. Kavar, D.E.S. ronéo : 65, Dakar,
déc. 1961 *.
Nous avons découvert cette Composée en 1960 aux abords de la
niaye de Mbidjem près Kayar [J.A.R. 6051, 7-7-1960); J. G. Adam,
auquel nous avons montré la plante l’année suivante, l’a citée sous son
nom correct dans le Bulletin de l’I.F.A.N. (8).
C’est une plante à ajouter à la longue liste des espèces soudano-
guinéennes atteignant leur limite dans les Niayes du Cap Vert. A Mbidjem,
elle croît en bordure de la typhaie, milieu à la fois très humide et relative¬
ment ensoleillé.
Récemment nous avons pu étudier le type de Crassocephalum
sambamense Berh.; sa conspécificité avec C. picridifolium ne fait pour
nous aucun doute; sa description ne comporte en effet aucun caractère
différentiel suffisant, et peut s’appliquer à plusieurs échantillons de
C. picridifolium de diverses provenances de l’herbier de Paris. C. samba¬
mense représente à notre avis l’extrémité d’une variation tout à fait
continue, et correspond à des échantillons moins développés. Quant
à la pubescence, elle peut varier, comme il arrive si souvent chez les hélo-
phytes, sur un même individu, décroissant du sommet vers la base. Enfin,
la séparation géographique indiquée par Berhaut (12 bis, p. 194) ne tient
pas, car notre spécimen, qui vient des Niayes, non loin de la localité-type
de C. sambamense, est pourtant un C. picridifolium, même au sens de la
Flore du Sénégal : la plante est robuste, à gros capitules et sommités
pubescentes.
Vernonia bambilorensis Berh.
Plante remarquable surtout par ses caractères végétatifs : sa rosette
basale de feuilles fait penser aux plantes bisannuelles des régions tem¬
pérées, et mériterait à cet égard des investigations plus poussées, sur
le terrain et en culture. Sur le plan de la morphologie des inflorescences,
les différences avec l’espèce voisine V. ambigua Kotschy & Peyr. sont
faibles, et l’on pourrait même se demander si une distinction au rang
spécifique est appropriée; les akènes des deux espèces, en particulier,
sont tout à fait semblables, alors que souvent dans ce genre ils fournis¬
sent de bons caractères spécifiques.
La présente note ne concerne pas l’aire sénégalaise de Vernonia
bambilorensis : nous avons en effet récolté cette plante à Sangalkam,
localité classique avec Bambilor. Mais nous avons eu la surprise de la
retrouver fort loin de là, en 1964, dans le nord du Cameroun, près de
Waza (J.A.R. 12752, 28-12-1964). Nous avons depuis trouvé, dans les
1. Six espèces de Composées, dont celle-ci, ont malencontreusement « sauté », par
suite d’une erreur typographique, à l'impression de ce travail dans les Annales de la
Faculté des Sciences de Dakar, 9 : 156 (1963).
Source : MNHN, Paris
- 315 -
V. ambigua de l’herbier du Muséum, plusieurs spécimens, du Mali et
de Côte d’ivoire, qui doivent être eux aussi rapportés à V. bambilorensis;
cette espèce perd de ce fait tout caractère endémique; son nom fournit
un exemple du danger présenté par les épithètes géographiques trop
précises : un nom de petit village, ou de petite rivière, évoque imman¬
quablement l’idée dé la « plante rare » qu'on ne trouve que là...
CONVOLVULACEÆ
Ipomœa acanthocarpa (Choisy) Asch. & Schweinf. ; Berhaut, Fl.
Sén., ed. 2: 273 (1967).
= I. ochracea auct. : Berh., Fl. Sén., ed. 1 : 158 (1954), non (Lindl.) G. Don.
Malgré les réserves formulées par H. Heine (F.W.T.A. ed. 2, 2 :
349 (1963) sur l’opportunité d’une distinction spécifique entre Ipomœa
ochracea (Lindl.) G. Don et I. acanthocarpa (Choisy) Asch. & Schweinf.,
il nous semble utile de les considérer comme espèces distinctes, au moins
provisoirement. La question demande à être reprise sur un plan mono¬
graphique, et réclame des observations de terrain plus poussées. Ces
deux espèces, que nous avons observées toutes deux in vivo , semblent
différer nettement par plusieurs caractères suffisamment constants :
taille et couleur des fleurs, longueur de la base persistante du style sur
la capsule.... caractères qui ne sont pas forcément bien visibles en her¬
bier, d’où la difficulté de classer certains spécimens. L’écologie des deux
espèces semble différente aussi ; peut-être l’étude précise de la réparti¬
tion géographique de ces taxa (que nous n’avons pas faite) apportera-
t-elle des faits intéressants, qui demeureraient insoupçonnés, par contre,
si l’on concevait l’ensemble du matériel comme représentant une espèce
unique polymorphe. Notre position s’accorde avec celle de Berhaut dans
sa nouvelle édition (12 bis).
Ipomœa acanthocarpa est banale dans le Cap Vert; nous l’avons
observée aussi à Tièl (J.R. 7719 , 19-10-1961).
CUCURBITACEÆ
Gorallocarpus epigæus (Rottl.) C. B. Cl.
= C. Welwilschii auct. : Berh., Fl. Sén., ed. 1 : 152 (1954); ed. 2 : 263 (1967).
Liane herbacée rare en Afrique, découverte par Berhaut à OuaKam
en 1950. Nous l’avons trouvée en un autre point, du Cap Vert, assez
éloigné, sur les marnes de la rive occidentale du Lac Tanma (J.A.R. 7322.
Diender Guedj, 1-9-1961). L’espèce est décrite des Indes.
Source : MNHN, Paris
316 —
CYPERACEÆ
* Bulbostylis zambesica C. B. CI. var. occidentalis M. Bodard,
Bull. Soc. Bot. Fr. 108 : 309 (1961).
- fl. Clarkeana auct. : Adam, Bull. I.F.A.N. 24 A : 913 (1962), non Hutch. ex. Bon.
= fl. sambesica Adam, 1. c. (sphalm.).
Nous avons découvert cette Cypéracée dans la prairie spongieuse
à la périphérie de la mare Diamowel, au Niokolo-koba (J.A.R. 6918,
27-12-1960, échantillon cité par Adam (8) comme B. Clarkeana, d’après
notre propre détermination initiale); c’est là que Adam lui-même l'a
récoltée quelque temps après; les deux espèces de Bulboslylis données
dans son article comme nouvelles pour le Sénégal n’en font donc qu’une.
L’utilisation du nom variétal donné par M. Bodard à cette plante n’est
pas critique : nous n’avons pas encore entrepris la révision de ce genre.
Néanmoins, d’après des notes manuscrites de M. Bodard dans l’her¬
bier de Paris, il semble qu’il ait lui-même douté, après coup, de la valeur
de sa variété.
Cyperus congensis C. B. Clarke
= C. distans var. mucronalus Berhaut, Fl. Sén., ed. 1 : 231 (1954); ed. 2 : 383 (1967),
descr. gall. tantum : = Cyperus sp. /ors. nov., in A. Raynal, Fl. et vég. envir.
Kayar, D.E.S. ronéo : 69 (1961) et Ann. Fac. Sc. Dakar 9 : 157 (1963).
Le statut définitif de cette plante n’est pas encore certain car si,
au Sénégal, elle est parfaitement distincte de Cyperus disions L. f., elle
montre dans d’autres régions d’Afrique, au Congo en particulier, des
variations qui la rapprochent beaucoup de certaines formes de C. disions,
lui-même très polymorphe.
Nous avons identifié nos récoltes, celle de Berhaut et d’autres
échantillons récoltés depuis par Fotius dans la région de Kédougou,
à Cyperus congensis C.B.C1. ; c’est une espèce restée méconnue par suite
du traitement qu’en donne Kükenthal dans le Pflanzenreich (24) :
il la place dans les taxa incerla à la suite de la sect. Rolundi, et, de toute
évidence, n’en a pas vu le type, pourtant accessible à Bruxelles; un iso¬
type existe aussi à Paris.
A titre au moins provisoire, nous préférons distinguer C. congensis
au rang spécifique; son écologie semble différente aussi de celle de
C. distans: marécages ensoleillés en savane, alors que C. distans préfère
l’ombre des galeries forestières, au moins au Sénégal.
Tous nos échantillons (J.A.R. 6043, 1-7-1960; 6060, 11-7-1960;
6451, 6452, 9-10-1960) proviennent des interdunes du cordon littoral
de Kayar; mais ceux de Berhaut et Fotius ont été récoltés dans l’inté¬
rieur.
Du point de vue morphologique, la seule différence constante entre
les deux espèces demeure la densité des glumes, bien imbriquées et souvent
munies d’un court mucron chez C. congensis, alors que celles de C. distans
Source : MNHN, Paris
- 317 -
sont nettement séparées et normalement obtuses-arrondies au sommet.
Quant à l’inflorescence de C. congensis, elle revêt les aspects les plus
divers, en relation sans doute avec le milieu : nous avons vu, dans une
même mare temporaire des dunes humides de Kayar, des inflorescences
d’aspects très variés, plus ou moins fournies ou contractées, selon que
les pieds étaient plus ou moins longtemps inondés.
+ Cyperus Fenzelianus Steud.
C. longus var. pallidus Bôck.: Kük., Pflanzenr. = C. rolundus auct. : Cherm.,
Arch. Bot. Caen 7, mém. 4 : 15(1936), pro parle; Berh., Fl. Sén., ed. I : 234 (1954);
ed. 2 : 387 (1967). pro parle, non L.
C’est là encore une espèce assez critique, que pour diverses raisons
nous préférons conserver distincte, plutôt que de la rattacher soit à
C. longus L. soit à C. rolundus L., comme l’ont fait une partie des auteurs.
En effet, C. Fenzelianus, morphologiquement, se situe à beaucoup d’égards
à mi-chemin entre ces deux espèces; il a cependant une aire géogra¬
phique et une amplitude écologique bien distinctes; il est inféodé aux
zones argileuses temporairement inondées par des eaux chargées en sels.
11 ne quitte pas les zones tropicales, alors que C. rolundus, et C. longus
surtout, s'en éloignent sensiblement.
L’espèce avait été distinguée dans la première édition de la Flora
of West Tropical Africa, mais Berhaut semble avoir préféré suivre
Chermezon. Cette instabilité est la raison pour laquelle nous avons
trouvé utile de faire une nouvelle mention de cette espèce, qui est cou¬
rante au Sénégal, dans les lagunes de l’estuaire du fleuve ou les sebkhas
du Cap Vert. On la retrouve, dans l’intérieur du continent, aux abords
des dépressions argileuses inondables, dans le domaine sahélien, là où
les solutions du sol peuvent atteindre des concentrations salines assez
élevées : Macina, cuvette tchadienne par exemple.
+ ‘ Cyperus hamulosus M. Bieb.
= Scirpus l.ugardi C.B.Cl.; A. Raynai., Fl. et vég. envir. Kayar, D.E.S. ronéo :
71 (1961), et Ann. Fac. Sc. Dakar 9 : 158 (1963).
Nous avons consacré (J. Raynal, 38) un article à cette petite
annuelle des sables temporairement humides des zones subarides, dont
l’aire très curieuse va d’Asie Centrale en Afrique du Sud. Elle est à
Kayar, dans certaines dépressions interdunaires temporairement inon¬
dables.
Cyperus podocarpus Bôck.
Annuelle des mares temporaires soudaniennes, souvent sur cuirasse,
occupant en Afrique occidentale une bande assez étroite du Sénégal
au Soudan. Notre échantillon doit sensiblement correspondre à la limite
septentrionale de l’espèce (J.R. 7687, Gassane, dans la haute-vallée
du Sine, 12-10-1961).
Source : MNHN, Paris
- 318 -
Gyperus pulchellus R. Br.
= C. leucocephalus auct. afric., non Retz.
Espèce soudanienne des sols sablo-limoneux en savane un peu
humide, souvent aux abords des mares temporaires; comme pour l’espèce
précédente, nos récoltes marquent actuellement la limite septentrionale
de l’espèce au Sénégal (J.F. 7683, Doli, et 7692, Gassane, 12-10-1961).
+ ' Heleocharis Brainii Svenson
= Heleocharis Irilophm auct. : J. G. Adam, Bull. I.F.A.N. 24 A (4) : 948 (1962), non
C-.B.Cl.
Nous avons parlé (J. & A. Raynal, 34), à propos A'Heleocharis
Irilophus C.B.C1. du Mali, de la « forme de Haute-Gambie et de Guinée... »,
apparemment différente, mais que nous n’avions pas su déterminer
de façon satisfaisante à l’époque. Adam (l.c.) l’a citée sous le nom erroné
inscrit sur nos étiquettes d’herbier. Le véritable //. Irilophm C.B.C1.
existe bien au Sénégal, mais dans la vallée du fleuve; au contraire,
//. Brainii est assez commun dans la strate inférieure des prairies spon¬
gieuses en périphérie des grandes mares de la zone d’inondation de la
Gambie, en particulier dans le Parc National du Niokolo-koba.
Cette espèce n’a pas encore été signalée d’Afrique occidentale, à
notre connaissance. Nous en connaissons également un spécimen prove¬
nant de Guinée (Pilot s.n., entre Kifïava et Sériba, 1950).
+ ‘ Heleocharis complanata Bock.
= //. anceps Ridl.
Annuelle, bien reconnaissable à ses tiges comprimées, fréquentant
les prairies spongieuses inondables du domaine soudanien; se répand
souvent dans les rizières. Adam (8) a signalé deux de nos récoltes (.J.A.B.
6773, Dialacoto, rizière, 25-12-1960 et 6947, Banharé, 28-12-1960);
nous l’avons aussi de Casamance (J.R. 7808, Kolda, 4-1-1962).
’ Heleocharis nupeensis Hutch.
Espèce rarement récoltée, distincte de H. variegala (Poir.) Presl
surtout par son akène. Adam (8) a signalé nos deux échantillons, du
Niokolo-koba (J.A.R. 6883, mare Diamowel, 27-12-1960, et 6998, Siminti,
29-12-1960). M. Bodard l’a récolté depuis, sous une forme inondée
curieuse par ses limbes foliaires anormalement développés, à Baïnouk
(Casamance).
+ ' Heleocharis setifolia (A. Rich.) J. Raynal, comb. nov.
= Isolepis seli/olia A. Richard, Tentam. Fl. Abyss. 2 : 498 (1851).
= Heleocharis Schweinfurlhiana Bock., Flora 62 : 562 (1879), syn. nov.
Le type d 'Isolepis setifolia (Quarlin-Dillon el Pelil s.n., Tchélatché-
kanné, Éthiopie) est un mélange en proportions très inégales : il y a un
Source : MNHN, Paris
- 319
pied unique d 'II. alropurpurea Kunth, tout le reste (une dizaine de
pieds) étant l’espèce qui nous intéresse ici, bien distincte par ses glumes,
et surtout ses trois stigmates et son akène trigone. Clarke (18) a joué
de malchance en identifiant I. selifolia A. Rich. à H. alropurpurea Kunth;
la description originale de Richard n’offre pas d’ambiguïté, et ne laisse
aucun doute sur la nature du matériel décrit : il s’agit bien de l’espèce
à trois stigmates, que Bôckeler devait plus tard décrire sous le nom
de II. Schweinfurlhiana. Le mélange d’un pied de II. alropurpurea au
matériel-type n’a rien d’étonnant, ces espèces de petite taille croissant
fréquemment ensemble, et n’étant pas immédiatement distinctes à
l’œil nu.
Une légère différence subsiste entre les types de Isolepis selifolia
et Heleocharis Schweinfurlhiana : l’akène du matériel récolté par Quartin-
Dillon & Petit est dépourvu de soies hypogynes, alors que le type de
l’espèce de Bôckeler en est pourvu ; cette différence ne peut cependant
servir à une distinction spécifique; l’étude de l’ensemble du matériel
africain montre en effet que le développement de ces soies offre ici les
mêmes variations que dans nombre d’espèces du même genre (par exemple
H. alropurpurea) ; il ne peut en être tenu compte au rang spécifique.
Dans le cas de II. setifolia, l’absence ou l’état rudimentaire des soies
hypogynes affecte peu d’échantillons, alors que c’est l’inverse chez
II. alropurpurea.
Au Sénégal, nous avons récolté cet Heleocharis dans une mare
temporaire, à Gassane (haut-Sine), en compagnie de Cyperus podocarpus
Bock, et d ’lsoeles melanolheca Alst. (J.R. 7689, 12-10-1961).
+ ' Heleocharis variegata (Poir.) Presl
Espèce des savanes spongieuses des régions humides, à répartition
assez clairsemée : décrite de Madagascar, où elle est commune, ainsi
qu’en Afrique orientale, cette plante paraît beaucoup moins fréquente
en Afrique occidentale ; nous l’avons personnellement observée dans
les savanes littorales du Dahomey et de Côte d’ivoire, et, en Casamance,
nous l’avons récoltée près de Ziguinchor [J.R. 7928, Toubakouta, 9-1-
1962).
Hemicarpha Isolepis Nees
= Scirpus Isnlepis (Nees) Bock.
Petite Cypéracée annuelle des sols sableux temporairement humides,
connue çà et là en Afrique et en Asie tropicales, probablement souvent
négligée en raison de sa petitesse. Déjà récoltée en 1827 à Saint-Louis
par Leprieur, elle n’a pas été revue ensuite jusqu’à ce que Berhaut
la récolte à Siminti, au Niokolo-koba; notre matériel vient d’une troi¬
sième région, les « tannes » de Fatick (grandes étendues à relief presque
nul des anciens estuaires du Sine et du Saloum, alternativement salées
en saison sèche et — au moins en périphérie — dessalées par les pluies esti¬
vales) : J.A.R. 6708, 14-12-1960; 7740, 27-10-1961.
Source : MNHN, Paris
- 320 -
Hemicarpha micrantha (Vahl) Pax.
= Scirpus miaanthus Vahl.
Espèce très voisine de la précédente, mais principalement améri¬
caine; au Sénégal elle n’est connue que dans les sables humides du Cap
Vert (Berhaut 1186, Mbao; Adam 12408, Hann), et sa présence pourrait
résulter d’une introduction, quoique probablement pas d'origine anthro¬
pique. Nous l’avons nous-mêmes trouvée à Kayar, dans les dépressions
sableuses humides à Cyperus hamulosus M. Bieb. (J.A.R. 6432, 9-10-
1962).
+ * Kyllinga robusta Bock.
Cypéracée des marais littoraux salés; nous l’avons trouvée en Gambie,
en lisière de la mangrove, à Pakali Nding (J.F. 7978, 10-1-1962). A
notre connaissance, c’est la première récolte, dans cette région d’Afrique,
de cette espèce amphiatlantique. C'est à Miss S. Hooper que nous devons
la détermination de notre matériel.
+ Lipocarpha Prieuriana Steud. var. crassicuspis J. Raynal
Adansonia, ser. 2, 7 (1) : 86 (1967).
Nous avons récemment décrit cette variété, qui paraît localisée
aux périphéries sableuses de « tannes », dans la région de Fatick et Kao-
lack.
Mariscus Soyauxii C. B. Cl.
Cypéracée des sous-bois forestiers, connue, au Sénégal, des « niayes »
du Cap Vert; nous l'y avons vue à sa localité classique de Sangalkam,
mais aussi dans la niaye de Ndiar, à l’est de la route de Kayar ( J.A.R■
7327, 1-9-1961).
+ * Pycreus intermedius (Steud.) C.B. Clarke
= P. oicinus Cherm., Bull. Soc. Bot. Fr. 67 : 328 (1920), syn. nov.
Espèce nouvelle pour l’Afrique occidentale, connue jusqu’à présent
d’Afrique orientale, d’Angola, et de Madagascar, où le P. Vicinus, que
Kükenthal (24) avait maintenu comme variété de P. intermedius, ne
nous paraît pas mériter cette distinction, même à un rang infraspécifique.
Nous l’avons trouvé au Niokolo-koba mare Diamowel ( J.A.R. 6889,
27-12-1960), et à Badène (Casamance), dans un petit marécage herbeux
en lisière de la forêt des Bayottes J. R. 7958, 9. 1. 1962).
Pycreus lanceus (Thunb.) Turrill
= P.globosus var. nilagiricus auct. : Berh., Fl. Sén., ed. 1.267 (1954), non C. B. Clarke
Nous avons déjà signalé l’existence de cette espèce (in A. Raynal,
30), restée longtemps méconnue en Afrique occidentale par suite d’iden¬
tifications erronées (elle n’est pas citée dans la F.W.T.A. ed. 1). Elle se
rencontre au Sénégal en divers points de la région des Niayes, dans les
Source : MNHN, Paris
marais constamment mouillés par des eaux douces, souvent en compa¬
gnie de P. Mundlii Nees. Assez fréquent dans les environs de Kayar,
P. lanceus remonte au nord jusqu’à Lompoul (J.A.R. 13653, 10-3-1965).
Rhynchospora gracillima Thw. subsp. subquadrata (Cherm.)
J. Raynal, sial. nov.
= R. subquadrala Cherm., Bull. Soc. Bot. Fr. 69 : 720 (1922) = R. Teslui Cherm.,
Arch. Bot. Caen 4, mem. 7 : 42 (1930).
Kükenthal (25) a considéré R. Teslui Cherm. comme synonyme de
R. gracillima Thw., décrit de Ceylan, mais a conservé distinct R. subqua¬
drala Cherm., espèce malgache. Cette interprétation a été reproduite par
Raymond (29). Robinson (40 adopte une position à notre avis beaucoup
plus juste, en plaçant la coupure spécifique entre R. gracillima, asiatique,
et R. subquadrala, considéré cette fois comme africano-malgache; bien
que Robinson ne parle pas de R. Teslui, il met implicitement celui-ci
en synonymie de R. subquadrala; en effet les plantes ouest - et centre-
africaines ne sont pas distinctes du matériel est-africain étudié par Robin¬
son. Nous avons revu les spécimens africains et malgaches de l’herbier
de Paris, et approuvons entièrement cette synonymie.
Cependant, R. gracillima demeure très proche des plantes africaines,
et n’en diffère que par un caractère constant, mais unique et de faible
importance (nombre de rides transversales de l’akène). Nous distinguons
donc les mêmes taxa que Robinson, mais nous préférons en faire deux
races géographiques d’une même espèce, pour laquelle R. gracillima est
le nom prioritaire.
Nous devions publier ce changement de rang plus tard, dans un tra¬
vail d’ensemble sur les Rhynchospora d’Afrique; l’apparition, dans la
seconde édition de la Flore du Sénégal, d’une combinaison variétale inédite
et invalide, qui semble nous être attribuée (« R. gracillima Thw. var.
subquadrala (Cherm.) R. » — sic, p. 459), nous oblige à faire état de notre
véritable position à ce sujet.
Rhynchospora holoschœnoides (L.C. Rich.) Herter
= R. cyperoides (Sw.) Britt. ; Berh., Fl. Sén., ed. 1 : 218 (1954).
Celte espèce possède une répartition afro-américaine d’un type
assez particulier : en Afrique occidentale elle ne quitte pas les savanes
littorales, bien qu’elle ne semble pas du tout halophiîe; par contre,
son aire traverse l’Afrique tropicale méridionale, de l’Angola au Mozam¬
bique, passant de là à Madagascar.
Au Sénégal, les dernières stations de ce Rhynchospora vers le nord
sont au Cap Vert; longtemps on n’en connut que l’échantillon récolté
par Chevalier à Niakoulrab. Pitot devait le retrouver à Malika; nous
l’avons recueilli, toujours dans la même région du littoral nord du Cap
Vert, sur la rive sud du lac Retba, à Déni Biram Ndao (J.A.R. 6086,
24-7-1960 ; 6670, 11-12-1960), en compagnie de Laurembergia lelrandra
(Schott) Kanitz.
Source : MNHN, Paris
- 322 -
La mention de cette espèce dans le Sine-Saloum par Adam (5)
repose sur une erreur de détermination, mais l’espèce est effectivement
à y rechercher, des biotopes favorables devant certainement exister
dans cette région, de même que sur le littoral de Basse-Casamance.
' Rhynchospora Perrieri Cherm., Bull. Soc. Bot. Fr. 69 : 71
(1922).
= R. Deighlonii Hutch. in Hutch. & Dalz., F.W.T.A., ed. 1, 2 (2) : 468 (1936),
descr. angl. tantum, excl. specim. Chevalier 22316.
= R. selacea (Berg.) Bock. var. a/ricana R. Gross ex Dinklage, Repert. Sp. Nov.
41 : 242 (1937), nom. nud., syn. nov.
= R. selacea var. semiselacea Kük., Rep. Sp. Nov., Beihefte 40, I A : 525, Anhang :
142 (1938), syn. emend.
Ainsi que nous l’a prouvé l’examen des échantillons de Deighton,
c’est par erreur que Berhaut (12) et Raymond (29) ont mis R. Deighlonii
Hutch. en synonymie de R. Teslui (= R. gracillima subsp. subquadrala).
La description de R. Deightonii s’applique bien au matériel de Deighton,
mais non à l’échantillon Chevalier 22316; ce dernier, examiné rapidement
à Paris par Hutchinson, fut ajouté, dans la F.W.T.A., aux trois spéci¬
mens de Deighton, mais ne peut en aucun cas être considéré comme type
de l’espèce; seul ce spécimen est un R. gracillima subsp. subquadrata. C’est
donc la synonymie donnée par Robinson (Kirkia 1 : 40, 1961) qui est
exacte.
Pour les variétés de R. selacea publiées par Gross et KCkenthal,
la situation est également embrouillée par l’hétérogénéité du matériel
cité : dans sa monographie des Rhynchospora (25), Kükenthal met sa
var. semiselacea en synonymie de la var. fallax (Uitt.) Kük. de R. setacea,
décrite de Surinam. Il cite donc sous ce nom :
— Pulle 270 (type de Rhynchospora fallax Uitt.).
— Dinklage 2758 (type de R. selacea var. africana Gross).
— Dinklage 3341 (type de R. selacea var. semiselacea Kük.).
— Hollz 696, du Tanganyika.
— Dinklage 2304, venant, comme les autres spécimens Dinklage
cités ci-dessus, du Liberia.
Nous attribuons aujourd’hui ce matériel à trois taxa différents : R.
fallax Uitt. (Pulle 270) ; R. Perrieri (Dinklage 2758, 3341, et, selon toute
vraisemblance, IIollz 696)', R. tenerrima subsp. microcarpa J. Rayn.
(Dinklage 2304) ; voir plus loin la description de cette sous-espèce.
En ce qui concerne l’échantillon Hollz 696 (non vu), son appartenance
à R. Perrieri, supposée par Miss D. M. Napper (26 : 42) nous semble pra¬
tiquement certaine. Les descriptions de R. selacea var. semiselacea Kük.
(25, et in Peter. 28), le rapprochement avec Dinklage 3341 (R. Perrieri
authentique, B!), l’existence de R. Perrieri en Afrique orientale confirmée
par d’autres récoltes, l’invraisemblance enfin de la présence de R. lenerrima
dans cette région sont autant de solides arguments en faveur de cette
thèse.
Source : MNHN, Paris
- 323 -
Nous avons récolté R. Perrieri en Haute-Casamance, près de Kolda
(J.R. 7836, Saré Doma, 5-1-1962), et en Basse-Casamance, à Toubakouta
près de Ziguinchor (J.R. 7932, 9-1-1962). L’espèce serait à rechercher au
Niokolo-koba, où sa présence est très possible.
Rhynchospora rubra (Lour.) Makino subsp. africana J. Raynal,
nom. el sial. nov.
= B. minor Nelmes, Kew Bull. 11 : 533 (1957), non Nees (1842).
= B. cyperoides auct. : Adam, Journ. Agr. Trop. & Bot. Appl. 8 : 651 (1958), pro
parle, non (Sw.) Britt.
Diagn. emend. :
A subsp. rubra nonnisi spiculis brevioribus, 3-4 mm, longis, distincts.
Holotypus : FitzGerald 5217, e Tanzaniæ insula Mafia dicta, 7.8.1936,
K!
Une étude d’ensemble des plantes citées sous les noms R. rubra
(Lour.) Makino, R. Wallichiana Kunth, R. parva (Nees) Steud., R. mada-
gascariensis Cherm., R. minor Nelmes, à laquelle nous consacrerons un
article spécial, nous a prouvé qu’il était illusoire d’établir des coupures
spécifiques valables dans ce groupe, dont l’ensemble doit être considéré
comme constituant l’espèce R. rubra (Lour.) Makino. Au Sénégal, cette
espèce est représentée par deux plantes qui, par certains caractères,
sembleraient assez distinctes pour que l’on puisse nier leur conspécificité.
Mais ces deux races représentent des variations extrêmes, entre lesquelles
les formes intermédiaires existent, bien loin de là, à Madagascar. Le
problème phytogéographique posé par ces plantes semble difficile à
résoudre.
L’un de nos résultats est qu’il s’avère impossible de distinguer de la
sous-espèce typique de R. rubra, autrement que par la taille des épillets,
la plante des savanes littorales africaines isolée par Nelmes en 1957 sous
le nom (illégitime) de R. minor. La forme de la stylobase et le faible déve¬
loppement des soies hypogynes sont identiques à ce que l’on observe
chez les plantes asiatiques. La séparation opérée par Kükenthal (25)
entre R. parva et R. rubra, dans deux sous-sections différentes, Plumoso-
selosæ et Scabro-setosæ, d’après la présence ou l’absence de poils à la base
des soies hypogynes, ne résiste pas à l’examen ; ces poils existent nettement
dans bien des spécimens de R. rubra; leur développement semble en
rapport avec la pilosité de la surface de l’akène, elle-même variable de
façon assez anarchique.
Nous avons récolté R. rubra subsp. africana en Basse-Casamance,
dans les marais de Toubakouta près Ziguinchor (J.R. 7933, 9-1-1962). Au
Sénégal septentrional, Adam a récolté cette plante près de Kaolack, à
Lyndiane ( Adam 12487, 30-9-1956); dans cette localité la subsp. afri¬
cana coexiste avec la subsp. senegalensis décrite ci-dessous :
+ Rhynchospora rubra (Lour.) Makino subsp. senegalensis J. Ray¬
nal, subsp. nov.
= B. cyperoides auct. : J. G. Adam, Journ. Agr. Trop, et Bot. Appl. 5 : 651 (1958),
pro parle, quoad specim. Adam 11020, non (Sw.) Britt.
Source : MNHN, Paris
- 325
A subsp. africana achæniis paullo majoribus, valde tuberculato-pilosis,
styli basi longiorc, circa 0,7 mm longa, et setis hypogyniis achænium multo
superantibus, 0,2 mm latis, differt. Vid. tab. 4.
Holotypus : J. & A. Raynal 7742, in planitie arenosa temporaliter inun-
data vulgo dicta « tanne » prope urbem Fatick Rcipublicæ Senegaliæ,
27-10-1961, P!
Specimina altéra : J. & A. Raynal 6712, ex eod. loco, 14-12-1960, IFAN!;
Adam 11020, Lyndiane prope Kaolack, 6-10-1955, P!
La récolte, par Adam, des deux sous-espèces dans le même « tanne »
de Lyndiane peut induire à penser que, malgré les différences nettes et
constantes entre ces taxa, l’évolution vers la subsp. senegalensis aurait pu
se produire sur place, directement par mutation. Néanmoins, il faut aussi
tenir compte de l’existence à Madagascar d’une autre sous-espèce, très
proche de la subsp. senegalensis, et que nous décrirons dans un prochain
article.
Rhynchospora tenerrima Nees ex Spreng. subsp. microcarpa
J. Raynal, subsp. nov.
= R. lenerrima auct. : Hutch. & Dalz., Fl. W. Trop. Afr., ed. 1,2: 470 (1936), non
Nees ex Spreng.
A subsp. lenerrima differt achæniis minoribus, 1,2-1,8 mm, nec 1,6-
2,4 mm, longis, superficie minutissime alveolata, nec manifeste transversim
undulata. Vid. fig. 5.
Holotypus : Jacques-Félix 7325, in oryzctis insulæ Tristao vulgo dictæ
Reipublicæ Guineæ, novembri 1956, P! Isotypus, K!
Fil,'. 5. - Rhynchospora tenerrima Nées ex
[Rodriguez 4589, Guadeloupe): 2, subsp.
Dessin de A. Raynal.
Spreng. : 1, subsp. tenerrima, akène x 30
microcarpa J. Rayn., akène x 30 (type).
Source : MNHN, Paris
- 326 -
Répartition géographique : Sénégal : J. Ragnal 7830, rizière à Saré Doma
près Kolda (Haute-Casamance, 5-1-1962). — Guinée : Chillou 598 p.p., Friguiagbé,
1FAN !; Scaella 3087, 3090, Dalaba ,19-10-1937, P!; Pilol s.n., Télimélé, IF A N ! ; Pilot
s.n., entre Télimélé et Pita, IFAN!; Jacques-Félix 7325, type; Adam 12600, Konakry,
1956, K! — Sierra Leone : Glanville 24, Materboi, 12-10-1928, K!; Deighlon 5620,
Sugarloaf Mt., ait. 600 m, 1-11-1951, Kl; Melville & Hooker 295, 302, 2 miles W. of
Waterloo, 22-8-1958, K! P! — Libéria : Dinklage 2304, Fishtown, B ! ; Adam 16057,
Buchanan, 22-11-1958, P!
La subsp. lenerrima (= Bhynchospora selacea (Berg.) Bock., non
Vahl) est une plante américaine, répandue des Antilles au Brésil, et beau¬
coup plus commune, semble-t-il, que son homologue ouest-africaine.
L’espèce B. lenerrima Nees ex Spreng. est ainsi un nouvel exemple de dis¬
tribution amphi-atlantique inégale; dans le contexte du genre Bhynchos¬
pora, beaucoup plus différencié en Amérique qu’en Afrique, tout semble
en faveur de l’hypothèse d’une introduction d’Amérique en Afrique
occidentale, introduction suffisamment ancienne pour permettre une
différenciation subspécifique.
+ Scleria bambariensis Cheim.
= S. parvula auct. : Adam, Bull. I. F. A. N. 24 A : 953 (1962), non Steud.
Espèce décrite de République Centrafricaine, mais dont l’existence
a été reconnue par E. A. Robinson (41,43), çà et là en Afrique, du Sénégal
à l’Afrique orientale. La première récolte sénégalaise (Adam 12491, Lyn-
diane, 30-9-1956) a été citée par Robinson comme appartenant à sa
« var. b », à gros akènes, surtout représentée en Afrique orientale et
demandant des études complémentaires; la matériel très pauvre conservé
à Paris sous ce numéro possède pourtant le petit akène de la variété
typique; peut-être Robinson a-t-il disposé d’une autre part de la récolte
d’ÀDAM, auquel cas les deux variétés existeraient en mélange à Lyndiane?
La présence de la « var. b » nous semble toutefois improbable au Sénégal,
à moins d’une origine hybridogène (hypothèse non écartée, d’ailleurs).
Nous avons retrouvé l’espèce, toujours sous sa forme typique, sur
un bowal humide entre le Niokolo-koba et Banharé (J.A.B. 6802, 26-12-
1960, cité par Adam (8) sous le nom inexact de S. parvula que nous lui
avions d’abord attribué, d’après la clef donnée par Nelmes en 1956 dans
le Kew Bulletin).
Scleria catophylla C. B. Clarke
- S. hirlella auct. : Hutch. & Dalz., F.W.T.A., ed. 1, 2 (2) : 491 (1936), pro parle;,
Adam, Bull. I.F.A.N. 24 A (4) : 952 (1962); Berh., Fl. Sén., ed. 2 : 356 (1967), non
Sw.
Herbe vivace des prairies spongieuses soudano-guinéennes, trouvée
au Niokolo-koba, à quelques mois d’intervalle, par Adam, à Banharé, et
par nous-mêmes à la mare Diamowel (J.A.B. 6919, 27-12-1960).
Cette espèce mérite d’être séparée, par des caractères affectant
l’appareil végétatif, de S. nulans Willd., avec laquelle beaucoup d’auteurs
l’ont confondue sous le nom inexact de S. hirlella Sw., espèce dont nous
parlons quelques lignes plus loin.
Source : MNHN, Paris
- 327 -
Scleria foliosa Hochst. ex A. Rich.
Espèce déjà connue du Sénégal, mais peu récollée; nous pouvons
préciser son aire dans ce pays : elle monte, à la faveur des Niayes, jusqu’à
Mboro (J.A.R. 6621, 20-11-1960); courante dans le Cap Vert, on la retrouve
à l’est du Sénégal, à Kidira (Berhaut), et, au sud, en Casamance [J.R.
7838, Saré Doma près Kolda, 5-1-1962).
Scleria hirtella Sw.
E. A. Robinson (42) a étudié la véritable identité du S. hirlella de
Swartz qui, d’après ses observations, est une espèce annuelle correspon¬
dant au S. inlerrupla L. Rich. et au S. Iricholepis décrit beaucoup plus
récemment d’Afrique par Nelmes.
L’espèce est fréquente dans le massif du Fouta-Djalon, mais encore
peu récoltée au Sénégal : Pitot l’a trouvée en 1950 entre Goulombo et
Tambacounda; notre récolte, sur un bowal humide du Niokolo-koba
(J.A.R. 6803, 26-12-1960), est la seconde.
Scleria lacustris W.ight
= S. aqualica Cherm.
Ce Scleria vivace des marais longtemps inondés, dont la répartition
connue est très discontinue, était recensé du Cap Vert depuis près de
vingt ans (récoltes de Pitot et Adam dans la région de Malika, signalées
Source : MNHN, Paris
- 328
par Adam, 1). Il ne figure pas dans la première édition de Berhaut (12).
Nous l’avons retrouvé à deux endroits du Cap Vert (J.A.R. 6347, Mbao,
11-9-1960, et 6390, eod. loc., 27-9-1960; 7672, Sangalkam, 5-10-1961).
Enfin, au Niokolo-koba, nous l’avons vu en abondance au centre de la
mare Diamowel ( J.A.R. 6893, 27-12-1960).
Scleria mikawana Makino
Heudelot a récolté cette espèce en Sénégambie (Ileudelol 662) au
début du xix e siècle (mais, à défaut de localité plus précise, on ignore si
cet échantillon provient du Sénégal, de Gambie ou de Guinée). Nous avons
confirmé sa présence au Sénégal en récoltant l’espèce au Niokolo-koba
[J.A.R. 6894. 27-12-1960, cité par Adam, 8).
Scleria pterota Presl
y Espèce vivace des galeries forestières, longtemps méconnue en Afrique
occidentale par confusion avec S. lagoensis Bôck. (= S. canaliculato-
Iriquelra Bôck.). Sa répartition est afro-américaine. Adam l’a récoltée
dans l’est du pays, vers la Koulountou et au Niokolo-koba, où nous l’avons
retrouvée. Elle est aussi dans les galeries forestières de Haute et Basse-
Casamance [J.R. 7823, Saré Doma près Kolda, 5-1-1962; 7915, Yassina
Mandina près Sedhiou, 9-1-1962).
Scleria tessellata Willd.
= S. glandi/ormis Bôck.; Hutch. & Dalz., F.W.T.A., ed. 1, 2 (2) : 493 (1936); Berii.,
Fl. Sén., cd. 1 : 214 (1954).
C’est, avec S. foliosa Hochst. ex A. Rich., l’un des Scleria montant
le plus au nord : la mare de Gassane, dans le Haut-Sine, où nous l’avons
trouvé (J.R. 7695, 12-10-1961) constitue pour l’instant sa limite septen¬
trionale.
+ ' Scleria verrucosa Willd.
Espèce vivace commune dans les régions forestières, mais non encore
signalée du Sénégal; nous l’avons rencontrée dans une galerie forestière
près de Kolda (Haute-Casamance) : J.R. 7816, 5-1-1962.
DENNSTAEDTIACEÆ
‘ Microlepia speluncæ (L.) Moore
Nous ne rappelons que pour mémoire la découverte à Mbidjem, dans
le nord du Cap Vert, de cette Fougère des régions forestières, qui n’est
commune qu’à partir de la Guinée; cette récolte [J.A.R. 7007, 8-2-1961)
a déjà fait l’objet de plusieurs citations (8, 30, 31,35).
Source : MNHN, Paris
329 -
ERIOCAULONACEÆ
+ * Eriocaulon bifistulosum Van H. & Müll. Arg.
Aquatique flottant dans le courant d’un petit ruisseau du Parc
national du Niokolo-koba, sur la route de Tambacounda (J.A.R. 6846,
26-12-1960, cité par Adam, 8).
Eriocaulon bongense Engl. & Ruhl.
Annuelle des prairies marécageuses, déjà connue de Gambie (21) et
de Basse-Casamance (7). Nous l’avons trouvée en Haute-Casamance près
de Kolda (J.R. 7829, 5-1-1962). L’espèce existe au Mali à Bamako, et
devra être recherchée en Haute-Gambie, où sa présence est vraisemblable.
Eriocaulon Heudelotii N. E. Br.
Petite annuelle croissant en colonies nombreuses dans les cuvettes
faiblement et brièvement inondées, sur sol sableux. Nous l’avons récoltée
à Kayar (J.A.R. 6573, 4-11-1960) et dans la mare de Tièl (J.R. 7701,
12-10-1961), où elle se trouve sans doute à sa limite septentrionale.
EUPHORBIACEÆ
Euphorbia cf. paganorum Chev.
D’après nos échantillons du Parc National du Niokolo-koba (près de
Banharé, sur grès, J.A.R. 6959, et près de Siminti, J.A.R. 6993, 28-12-
1960), Adam (8) a signalé E. paganorum Chev. comme nouvelle pour le
Sénégal. En réalité, après examen du matériel conservé à Paris, il nous
semble que tous les échantillons sénégalais jusqu’ici nommés E. sudanica
Chev. (Trochain, 45; Berhaut, 12; Hutchinson & Dalziel, ed. 2, 22)
sont conspécifiques de nos propres échantillons, et ont été incorrectement
nommés; le vrai E. sudanica Chev. (abondant, par exemple, aux environs
de Bamako) a des rameaux plus grêles, verts ou bruns mais non gris, et
des feuilles plus petites; à notre avis il n’a pas encore été récolté au
Sénégal, ce qui n’exclut nullenjent sa présence.
Le matériel récolté n’appartient cependant pas de façon certaine à
E. paganorum; la plupart de ces échantillons d’Euphorbes sont très
insuffisants; le type même de E. paganorum est incomplet, et le fruit,
décrit après coup par Chevalier, n’a pu être retrouvé dans les collections.
L’attribution de notre matériel à ce taxon repose uniquement sur l’aspect
des rameaux, cylindriques, à l’écorce d’un gris luisant, et sur quelques
feuilles sèches restaurées après trempage, dont la forme obtriangulaire
et les grandes dimensions concordent avec la description de E. paganorum *.
I. La clef donnée par Berhaut (12 bis) ne sépare pas du tout E. paganorum
de E. sudanica, dont les caractères sont mal indiqués.
Source : MNHN, Paris
- 330 -
La connaissance des Euphorbes cactiformes ouest-africaines réclame de
la part des botanistes encore bien des efforts : récolte de matériel aussi
complet que possible, ce qui demande plusieurs passages à des saisons
différentes (les graines, qui dans la taxinomie des Euphorbia sont pré¬
cieuses, sont trop peu récoltées) et observations nombreuses et précises
in vioo.
+ ' Phyllanthus sublanatus Schum. & Thonn.
Ce Phyllanthus, qui n’attire pas l’attention, a dû être souvent négligé;
il n’est pas rare dans les régions soudano-guinéennes (marécages ensoleil¬
lés, galeries forestières dégradées). Nous l’avons trouvé à Kolda, Haute-
Casamance (J.R. 7895, 8-1-1962).
GENTIANACEÆ
' Centaurium pulchellum (Sw.) Krause
Espèce eurasiatique à large répartition, polymorphe, descendant de
l’Afrique du Nord vers le sud à travers le Sahara, à la faveur de suinte¬
ments, de gueltas (Adrar mauritanien, Aïr), sans doute aussi le long du
littoral du Sahara océanique; elle atteint au Cap Vert sa limite méri¬
dionale à Kayar, où nous avons découvert cette jolie petite annuelle en
1961, dans les dépressions humides des dunes (J.A.R. 7058, 26-5-1961.
et 7162, 15-7-1961). Pour plus de détails sur la synécologie locale de cette
espèce, voir A. Raynal, 31. La mention de l’espèce par Berhaut (12 bis)
est fondée sur notre récolte.
GRAMINEÆ
Aristida Kerstingii Pilg.
Annuelle des savanes soudaniennes, parfois confondue en herbier
avec A. funiculala Trin. & Rupr., plante plus basse, à répartition sahé¬
lienne. A. Kerstingii est bien connue du Sénégal oriental; nous l’avons
observée, sans doute près de sa limite nord, dans les forêts claires au sud
de Tièl (J.R. 7724, 7727, Ndioridi. 19-10-1961).
+ * Brachiaria Kotschyana (Hochst. ex Steud.) Stapf
Espèce décrite de Nubie, signalée seulement du Nigeria par Hut-
chinson & Dalziel (21). Notre échantillon a été récolté dans les dunes
de Kayar (J.A.R. 7347, 5-9-1961).
Eragrostis lingulata W. D. Clayton, Kew Bull. 20 (2) : 269 (1966)
= E. perbella auct. : Bbrh., Fi. Scn., ed. 1 : 252 (1951); ed. 2 : 410 (1967), non
K. Schum.
C’est Berhaut (12) qui a mis en évidence cet Eragroslis jusqu’ici
méconnu en Afrique occidentale. Il n’est pas rare au Sénégal dans les
Source : MNHN, Paris
- 331
sables argileux; nous l’avons rencontré tant dans la région de Tamba-
counda que dans le Djoloff, région beaucoup plus sèche; on le trouve
d’ailleurs encore en Mauritanie, au nord de Kaédi. Clayton (19) a établi
qu’il s’agissait d’une espèce inédite.
' Eragrostis plurigluma Ilubbard
Graminée cespiteuse vivace des prairies spongieuses soudano-gui-
néennes; notre récolte à Toubakouta près de Ziguinchor (J.fi. 7936, 9-1-
1962) semble la première au Sénégal. Ce marais de Toubakouta, auquel
nous n’avons pu malheureusement consacrer que trop peu de temps,
mérite une prospection détaillée qui devrait apporter encore d’autres
nouveautés à la llore sénégalaise.
Adam l’a retrouvé dans la région de Kédougou (Sénégal oriental).
Hemarthria altissima (Poir.) Slapf & Hubb.
Comme pour Scleria lacuslris Wright, cette Andropogonée des marais
plus ou moins permanents, signalée par Adam ( 1 ), manquait dans la pre¬
mière édition de Berhaut (12). On la trouve en abondance en divers
points de la région de Kayar et du lac Tanma, toujours en peuplements
importants (voir A. Raynal, 31).
Loudetia hordeiformis Hubb.
Nous avons rencontré cette élégante Graminée dans les forêts claires
au sud de Tièl, où elle semble â sa limite nord : J.R. 7673, 11-10-1961, et
7725, Ndioridi, 19-10-1961.
Oplismenus hirtellus (L.) P. Beauv.
Graminée banale dans les régions de forêt humide, mais inconnue au
Sénégal jusqu’à sa découverte au Niokolo-koba par Adam (8); nous avons
eu la surprise, en révisant nos collections, de constater que nous l’avions
aussi ramassée, sous le nom d’O. Burmannii (Retz.) P. Beauv., en mélange
avec cette dernière espèce, qui seule était connue jusqu’ici des niayes du
Cap Veit. Notre matériel hétérogène provient de la niaye de Mbidjem,
qui se trouve ainsi recéler une espèce intéressante de plus [J.A.fi. 6469 b,
16-10-1960).
En 1960, date de notre première visite à cette niaye, les Oplismenus
formaient un tapis presque continu à l’ombre dense des Palmiers, dont
la végétation était magnifique. Depuis, hélas, la niaye a subi de très
importantes dégradations, un grand nombre de Palmiers ont été abattus,
tandis que le débroussaillemenl de la dune, haute de 30 m, à laquelle
s’adossait la niaye, a provoqué la remise en mouvement très rapide du
sable; celui-ci envahit actuellement l’ancien sous-bois, et les quelques
espèces relictuelles, témoins d’une ancienne extension des forêts gui-
Source : MNHN, Paris
- 332 -
néennes, comme Eulophia alla, Microlepia speluncæ, Lygodium micro-
phyllum, Anlhocleisla procera, etc. sont en voie de disparition rapide.
Une mise en réserve, soustrayant une surface bien minime aux activités
humaines — qui, à part la coupe des broussailles et l’extraction du vin de
palme, plus dangereuses qu’utiles, demeurent aujourd’hui nulles — aurait
dû être décidée et appliquée quand il en était temps; cette niaye aurait
constitué un jardin botanique naturel incomparable pour les étudiants
de la jeune Université dakaroise. Mais il est trop tard, et les sables du
cordon littoral peuvent maintenant repartir à la conquête des cultures
maraîchères et des champs d’arachide de Mbidjem.
Sacciolepis micrococca Mez
Petite Graminée annuelle des marécages ensoleillés, bien connue
des zones les plus humides du Sénégal. La localité de Gassane (haut
Sine) où nous l’avons observée (J.Fl. 7688, 12-10-1961) est assez septen¬
trionale pour l’espèce, qui ne doit guère la dépasser au nord.
Tetrapogon cenchriformis (A. Rich.) Clayton
= T. spalhaceus (Hochst.) Hack.; Berh., FI. Sén., ed. 1 : 259 (1954); ed. 2 : 422
(1967).
Graminée sahélienne peu fréquente au Sénégal ; Adam l’a découverte
dans le Ferlo; nous l’avons vue, en petit nombre, à Dahra, sur l’une des
coupoles à sol argilo-calcaire (cf. J. Raynai., 37) qui constituent dans
cette région l’un des milieux les plus arides (J.A.R. 7754, 11-11-1961).
+ Urochloa trichopus Stapf
Autre Graminée sahélienne peu récoltée, trouvée déjà à Dahra par
Adam (rapport de mission inédit de 1956, 2). Nous l’avons revue au
même point qu’ADAM [J.A.R. 7642 bis, 1-10-1961), ainsi que dans un
bas-fond argileux temporairement mouillé, un peu plus à l’est, vers
Linguère (J.A.R. 7565, Ndjarno, 8-9-1961).
ILLECEBRACEÆ
Corrigiola littoralis L.
- C. Russelliana Chev.; Berh., Fl. Sén., ed. 1 : 6 (1954); ed. 2 : 12, 323 (1967).
Nous ne citons ici cette plante que pour son identification à C. til-
loralis L., que nous soupçonnions depuis plusieurs années, et que
M. Nazeer Chaudhri, spécialiste de cette famille, a bien voulu nous
confirmer lors de son récent passage à Paris.
C. Russelliana a été décrite d’après un matériel peu développé,
appauvri par une trop grande sécheresse; mais les échantillons bien
développés, que l’on peut aisément récolter, par exemple dans le lit du
Niger près de Bamako (J. & A. Raynal, 34), ne diffèrent en rien des C.
littoralis européens.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
- 334 -
HALORRHAGACEÆ
Laurembergia tetrandra (Schott) Kanitz subsp. brachypoda
(Welw. ex Hiern) A. Raynal var. brachypoda
= !.. villosa Schindl. = L. Engleri Schindl.
Nous avons pu montrer (A. Raynal, 32) que les différences, à pre¬
mière vue frappantes, entre les spécimens du Cap Vert nommés L. villosa
et ceux nommés L. Engleri, comme on en trouve, entre autres, au Niokolo-
koba, ne possédaient pas de valeur taxinomique et ne représentent que
des variations saisonnières en rapport avec le régime d’inondation.
Depuis, ces vues ont été renforcées par une expérience de culture
comparée, effectuée aux serres de la Faculté des Sciences d’Orsay, grâce
à l’amabilité de M. le Professeur Mangenot, et à la compétence de
M. Ehrmann. Des spécimens provenant de localités très différentes (Cap
Vert et Cameroun), offrant respectivement les aspects L. villosa (feuilles
larges, dentées, très velues) et L. Engleri (feuilles linéaires glabrescentes)
ont été cultivés côte à côte en conditions identiques; les différences se
sont graduellement estompées, les plantes, au bout de quelques mois,
n’étant plus distinctes; exondées, elles ont produit les mêmes feuilles
larges, dentées et éparsement velues (non très velues, faute de sécheresse
atmosphérique dans la serre) ; inondées, les deux plantes ont produit les
mêmes feuilles linéaires glabrescentes; ainsi, se trouvent à notre avis
démontrées directement à la fois la plasticité morphologique de l’espèce
(déjà observée sur le terrain à Kayar, cf. A. Raynal, 31) et la conspécifi-
cité des divers taxa autrefois reconnus.
iridaceæ:
* Gladiolus Klattianus 1 lui ch.
Géophyte des savanes soudaniennes : nous l’avons récolté au Niokolo-
koba, dans les environs de la mare Diamowel (J.A.H. 6923, 27-12-1960,
cité par Adam, 8). Berhaut (12 bis) ne le cite que de Casamance.
ISOETACEÆ
Isoetes melanotheca Alston
= /. Schweinfurlhii auct. : Uerh., Fl. Scn.. ed. I : 183 (1954); cd. 2 : 312 (1967), non
\. Br.
C’est à cette espèce ouest-africaine décrite en 1956 qu’il faut rap¬
porter le matériel cité par Berhaut comme /. Schiveinfurlhii ; nous avons
retrouvé cette plante en abondance dans une mare temporaire de la haute
vallée du Sine, près de Gassane; c’est pour l’instant la localité la plus
septentrionale de cette espèce (J.R. 7693, 12-10-1961).
Source : MNHN, Paris
- 335 -
LABIATÆ
Endostemon tereticaulis (Poir.) Ashby
= Ocimum lereticaule Poir.
Curieusement, cette Labiée répandue dans une grande partie de
l’Afrique tropicale ne semble pas avoir été revue au Sénégal depuis les
récoltes de Heudelot et Perrottet. Nous l’avons trouvée à Ndjarno,
entre Dahra et Linguère, dans un bas-fond argileux boisé temporairement
mouillé ( J.A.R. 7220, 6-8-1961, et 7563, 8-9-1961).
LENTIBULARIACEÆ
* Utricularia pubescens Sm.
= V. slrialula aucl. : Adam, Bull. I.F.A.N. 24 A (4) : 954 (1962), non Sm.
Minuscule plante, peu visible, connue des régions plus humides, de
la Guinée à la Zambie, ainsi que d’Amérique du Sud. Niokolo-koba, bowal
humide sur la piste de Banharé, J.A.R. 6793, 26-12-1960. Ce spécimen
a été cité par Adam (I. c.) sous la détermination erronée portée d’abord
dans notre herbier. Berhaut reproduit cette indication, sans citer ses
sources...
Le vrai U. slrialula Sm. est une plante encore plus petite, surtout
montagnarde, que nous avons vue au Cameroun dans une grotte de l’Ada-
maoua, mais dont la présence au Sénégal semble très improbable.
Utricularia subulata L.
Petite Utriculaire terrestre courante dans les régions soudano-
guinéennes, déjà connue de Casamance depuis Trochain. Elle existe,
peu abondante, à Kayar (J.A.R. 6473 bis, 16-10-1960, et 6562, 4-11-1960),
dans les dépressions interdunaires inondables (cf. A. Raynal, 31).
LILIACEÆ
Chlorophytum macrophyllum (A. Rich.) Aschers. ex Bak.
Géophyte apparaissant en saison des pluies, connu au Sénégal depuis
Trochain, mais, semble-t-il, seulement de l’est du pays (Tambacounda)
ou de Casamance (Adam, 7). Nous l’avons trouvé au Cap Vert, sur les
marnes de Diender Guedj, rive ouest du lac Tanma (J.A.R. 7318, 1-9-
1961).
LOGANIACEÆ
Anthocleista procera Lepr. ex Bureau
Trochain (46) donne l’espèce comme peut-être disparue des Niayes.
Berhaut l’a retrouvée à Sébikotane; nous l’avons vue et récoltée à
Mbidjem, au fond du lac Tanma, dans cette magnifique niaye aujour-
Source : MNHN, Paris
- 336
d’hui en perdition (cf. plus haut, Oplismenus). Seuls existaient de jeunes
individus stériles [J.A.R. 7008, 8-2-1961). Cette espèce, témoin de
l’ancienne présence de la forêt dans le Cap Vert, se trouve aujourd’hui
très menacée; sa disparition, accompagnant celle des milieux climaciques
du Cap Vert pour faire place à des cultures ou à des faciès très dégradés
pseudo-sahéliens, fortifiera dans leur erreur ceux qui placent Dakar dans
le Sahel 1 : on dira, un jour, que cette espèce n’était qu'une relique, « pas
à sa place » au Cap Vert, alors que seul l’homme est responsable de son
extinction.
LYTHRACEÆ
Ammania auriculata Willd.
On a longtemps confondu plusieurs Ammania sous le nom d’.4. sene-
galensis Lam. La situation a été clarifiée dans la seconde édition de la
F.W.T.A. Berhaut, qui n’avait pu en tenir compte pour la première
édition de sa Flore, a reproduit, dans sa seconde édition, la clef de la
F.W.T.A., mais sans citer d’échantillons. Bien que ces plantes soient
toutes assez communes, la présence au Sénégal des divers composants
de l’ancien A. senegalensis sensu lalo n’était donc pas toujours certaine.
C’est le cas d 'A. auriculala : sa présence, indiquée par Koehne (23) est
confirmée par notre échantillon provenant de Dahra, d’une mare tempo¬
raire [J.A.R. 7633, 1-10-1961).
Ammania Prieuriana Guill. & Perr.
Autre espèce confondue avec A. senegalensis. Bien connue au Sénégal
par des récoltes anciennes, elle n’avait pas été mentionnée dans les travaux
récents. On la trouve, entre autres, autour du lac Tanma, dans les zones
humides non salées ( J.A.R. 6553, Mbidjem, 4-11-1960). Quant au véri¬
table A. senegalensis Lam., il existe tout près de là, dans les mares inter-
dunaires de Kayar (J.A.R. 7036, 23-3-1961); nous l’avons aussi de Tièl
(J.A.R. 7711, 19-10-1961).
Nesæa dodecandra (DC.) Koehne
Espèce jusqu’ici connue, au Sénégal, de la région de Richard-
Toll (Hutchinson & Dalziel, 22, Trochain, 46, Berhaut, 12) mais
non du Cap Vert, où Adam (1, 3, 5) ne la signale pas. Nous avons trouvé
I. Et. d'une manière générale, ceux qui ne veulent voir dans une formation végétale
donnée que le résultat global d’actions aussi diverses que climat général (actuel et
ancien), microclimat, et action souvent prépondérante et généralement destructive de
l'homme. Cette façon de refuser l’analyse permet de rapprocher des paysages végétaux
d’origines très différentes, les uns correspondant réellement à un type de bioclimat, les
autres métamorphosés par la dégradation. Cela revient à assimiler les moissons de la
plaine française aux steppes du Proche-Orient! Confondre végétation autochtone et
faciès anthropiques autorise peut-être une simplification du travail, mais qu’y gagne la
science?
Source : MNHN, Paris
- 337 -
cette intéressante espèce en saison des pluies, dans les argiles de décom¬
position des basaltes de la Pointe des Almadies, à Ngor (J.A.R. 6240,
25-8-1960).
+ ‘ Rotala pterocalyx A. Raynal, sp. nov.
R. Ritchiei (C.B.C1.) Kœhne et R. fluitanti Pohnert aflinis, calyce
angulis anguste alato, ad orem in lobos 4 triangulares distinctos protracto
nec subtruncato præcipue distinguitur.
Herba humilis annua, adscendens vel erecta, radicibus tenuibus ad
nodos imos fasciculatis. Caulis gracilis, quadrangularis, ad 1,5 mm crassus
sed sæpe valde tenuior; internodia foliis æquilonga vel paullo breviora.
Folia sessilia, obovata; lamina viridis, 2,5 - 6,5 X 1,5 - 4 mm, basi leviter
amplectens, apice late rotundata, Costa media leviter conspicua, nerviis
secundariis vix vel haud distinctis.
Flores axillares solitares, pedicello usque ad longitudincm calycis maturi.
Bracteolir 2 subulatæ, 0,5 mm longæ, ad basin calycis insertæ. Calyx tubulosus
tetragonus, faciebus papyraceis ad anthesin planis, postea leviter inflatis,
angulis alatis: ala viridis, angusta, sub sinubus calycis in appendicem minu-
tum obtusum prodncta. Calycis lobi virides, late triangulares, acuti, ad
0,5 mm longi. C.orolla 0 (vel petala 4 minuta, calycis lobis breviora, in speciminc
Chevalier 6651). Stamina 4 inclusa, bilocularia, circa imam tertiam partem
calycis inserta. Antheræ loculi subsphærici, introrsum déhiscentes. Pislillum
carpellis 4, ovoideum; Stylus brevissimus; stigma capitatum. Capsula inclusa,
4-valvis, faciebus papyraceis. Semina dilute ochracea, anguste obovata,
facie interiore leviter concava, exteriore valde convexa. Vid. fig. 8.
Typus : J. Raynal 7704, in stagno temporario propre pagum Tièl vulgo
dictum Reipublicæ Sencgaliæ, 12-10-1961, P!
Specimen alterum hic referendum : Chevalier 6651, in lacuna planitierum
lateriticarum Reipublicæ Centrali-africanæ regionis Dar Banda vulgo dictæ,
inter flumen Koukourou et Kaga Mbra rupes, 4-12-1902, P!
Hoc specimen, petalis evolutis minutis leviter distinctum, nominis
nudi R. rotundæ Chev., Et. Fl. Afr. Centr. Franç. : 130 (1913) basis est.
Cette plante, dont le port est celui de nombreux petits Rolala à tige
dressée, se rapproche de R. fluilans Pohnert (= R. letragonocalyx R. &
A. Fern.), espèce d’Afrique tropicale australe (Angola, Zambie, S.W. afri¬
cain) ; il en a le calice tétragone, mais en diffère nettement par la présence
d’ailes vertes sur les angles du calice, par le développement des sépales et,
au contraire, par la réduction des appendices situés au niveau des sinus.
Nous n'avons trouvé dans l’herbier de Paris qu’un seul spécimen
à notre avis conspécifique, une récolte centrafricaine de Chevalier
citée ci-dessus; elle se distingue de la nôtre par la présence d’un cycle de
très petits ptéales; mais bien que légèrement plus grande dans toutes ses
parties, elle est par ailleurs tout à fait semblable à notre échantillon
sénégalais. La formule florale varie dans de nombreuses espèces de Rolala,
et la présence de pétales, d’ailleurs très réduits, ne constitue pas, à elle
seule, un caractère spécifique suffisant.
Source : MNHN, Paris
- 338 -
8. Rotala pterocalyx A. Maynal : 1, pli
3, fleur à l'anthèse x 20; 4, fleur, le calice
capsule x 20; 7, graine x 100 (J. Raynal :
Nous avons cependant préféré ne pas reprendre le type de Chevalier,
ni valider son nom. nud. ; notre but était, en effet de nommer notre plante
du Sénégal; il demeure possible que de nouveaux matériaux permettent
ultérieurement la mise en évidence d'une distinction infraspécifique
entre les plantes ouest- et centre-africaines. De plus, l’épithète rolunda,
donnée par Chevalier, et qualifiant, de toute évidence, la forme des
feuilles, peut s’appliquer à un grand nombre de Rolala, et ne distingue
aucunement celui-ci; d’autres espèces ont reçu déjà des épithètes très
semblables [R. subrolunda Kœhne, R. rotundifolia (Roxb.) Koehne), et
nous n’avons pas voulu accroître les risques de confusion.
* Rotala Welwitschii Exell
Espèce jusqu’ici peu récoltée en Afrique occidentale, connue de
points très distants de la Guinée portugaise à l’Angola. Nous l'avions
trouvée au Mali (J.A.R. 5431 , Katibougou, en amont de Bamako, zone
d’inondation du Niger); elle est aussi au Niokolo-koba, à la mare Dia-
Source : MNHN, Paris
- 339 -
mowel (J.A.R. 6867, 27-12-1960, cité par Adam, 8 et source — non citée —
pour Berhaut, 12 bis).
MELASTOMATACEÆ
+ ' Antherotoma Naudini Hook. f.
Petite herbe des prairies humides, connue de Guinée et du Nigeria
en Afrique occidentale, paraissant préférer les régions un peu élevées.
Nous l’avons récoltée en Haute-Casamance, près de Kolda (J.R. 7847,
6-1-1962).
MENISPERMACEÆ
' Epinetrum cuneatum Keay
Nous avons trouvé cette mince liane dans la forêt des Bayottes
(Basse-Casamance, J.R. 7945, 9-1-1962), pourvue seulement de fleurs $
très petites. La clef de la F.W.T.A., ed. 2 (22) nous menait à ce nom spéci¬
fique, mais nous n’étions pas certains de la détermination, étant donné
l’éloignement géographique (E. cunealum Keay n’était connu que du
Ghana). Depuis, J. Berhaut nous a montré des échantillons de cette
même plante, provenant aussi de Casamance, mais dans le même état
que le nôtre.
C’est seulement récemment, grâce à la réception à Paris d’un double
de l’herbier de Kew, authentique E. cunealum, que nous avons pu consta¬
ter la parfaite conspécificité de tous ces échantillons.
Cette extension d’aire importante est très intéressante; il est éton¬
nant que cette espèce n’ait jamais été récoltée entre le Sénégal et le Ghana.
Serait-ce parce qu’elle évite la grande forêt, en se cantonnant sur ses
lisières? Il faudrait dans ce cas la rechercher en Guinée et dans le Nord
de la Côte d'ivoire.
MIMOSACEÆ
Cathormion rhombifolium (Benth.) Keay
Arbre déjà connu de Casamance (7, 22), mais sans localité précise.
Nous l’avons trouvé en Haute-Casamance, dans une galerie forestière
à Saré Doma près de Kolda ( J.R. 7817, 5-1-1962).
MORACEÆ
Ficus Thonningii Blume
Connu du Cap Vert (Niayes et Petite Côte), cet arbre atteint proba¬
blement sa limite septentrionale à la niaye de Mbidjem (J.A.R. 7348,
5-9-1961).
Source : MNHN, Paris
- 340 -
Treculia africana Decne.
Arbre forestier, déjà connu des zones les plus humides du Sénégal;
nous en avons découvert, à la niaye de Mbidjem (fig. 9), un exemplaire
unique en voie de disparition par ensablement (cf. A. Raynal, 31); cette
espèce, jusqu’ici non connue du Cap Vert, représente un cas identique
à celui d ’Anlhocleisla prncera.
MYRSINACEÆ
Embelia Rowlandii Gilg
Nous avons récolté cet arbuste sarmenteux dans une galerie fores¬
tière de la région de Sedhiou [J.R. 7921, Yassina Mandina, 9-1-1962),
en Casamance. Adam (7) signale des environs d’Oussouye un « Embelia
aiï. Rowlandii », qui doit effectivement appartenir lui aussi à cette espèce;
nous n’avons pas vu son échantillon.
Source : MNHN, Paris
341
N AJ AD AC EÆ
+ * Najas marina L. subsp. armata Horn af Rentz.
Hydrophyte submergé, dans les canaux des rizières de Richard-Toll
(J.A.H. 6633 , 26-11-1960). Cette espèce, à notre connaissance, n’avait pas
encore été signalée d’Afrique occidentale.
OPHIOGLOSSACEÆ
Ophioglossum costatum R. Br.
= O. reticulalum auct. : Berh., Fl. Sén., ed. 1 : 185 (1954); ed. 2 : 315 (1967), non L.
L’Ophioglosse découverte par Berhaut à Nianing (Berhaul 1290)
et citée dans sa première édition n’est pas O. reticulalum L., mais O. cos-
latum R. Br. ; les deux espèces diffèrent, macroscopiquement, par l’allure
de la fronde et la nervation. Nous avons retrouvé O. costatum à Diouroup,
à l’ouest de Fatick (J.A.B. 7251, 13-8-1961), dans la périphérie herbeuse
dessalée d’un « tanne ».
ORCHIDACEÆ
Eulophia alta (L.) Fawc. & Rendle
= E. longifolia Schlechter.
Nous ne citerons ici cette belle Orchidée que pour mémoire; nous
avons déjà consacré un article à sa redécouverte (J. & A. Raynal, 35).
Mais sa seule localité connue au Sénégal, la niaye de Mbidjem (J.A.B. 6468,
6569, 7155, 7312, d’oct. 1960 à sept. 1961) a été depuis ravagée et ensa¬
blée; nous n’avons pas retrouvé la plante au cours d’une rapide visite
en 1965, ni même reconnu l’emplacement où elle croissait. Il est à craindre
que cette espèce ne soit elle aussi à rayer de la flore du Cap Vert.
Habenaria cf. Holubii Rolfe
Berhaut (12) donne une de ses récoltes (Berhaul 896) comme Ilabe-
naria Laurenlii De Wild., provenant des environs de Tambacounda. Au
Niokolo-koba, dans la savane autour de la mare Diamowel, nous avons
trouvé une Orchidée terrestre malheureusement beaucoup trop avancée
pour être déterminable avec certitude (J.A.B. 6924, 27-12-1960); néan¬
moins cette plante est un Ilabenaria, très voisin de la plante de Berhaut,
elle-même bien conforme aux H. Laurenlii de l’herbier du Muséum
de Paris. Malgré la pauvreté de notre spécimen, on distingue cependant
que ses pétales latéraux ont des lobes nettement plus épais et charnus
que ceux de Berhaul 896, et rapprocheraient cette plante, pour autant
qu’on puisse juger, de H. Ilolubii Rolfe, espèce ne dépassant pas, vers
l’ouest, le Nigeria.
Source : MNHN, Paris
- 342 -
Notre matériel demeure insuffisant pour que la présence au Sénégal
de H. Holubii puisse être affirmée; on peut en outre se demander si ces
deux Habenaria sont bien distincts au rang spécifique; nous avons trouvé
que certains spécimens ouest-africains de l’herbier de Paris semblaient
intermédiaires entre ces deux taxa, et difficilement classables.
Platycoryne paludosa (Lindl.) Rolfe
Adam (7) signale cette Orchidée palustre des prairies marécageuses
à l’ouest de Bignona, en Basse-Casamance ; nous avons trouvé aussi cette
plante en Haute-Casamance, à Saré Doma près de Kolda (J.R. 7840,
5-1-1962).
PANDANACEÆ
-f Pandanus senegalensis St.-John, sp. ined.
= P. candelabrum auct. : Berhaut, Fl. Sén., ed. 1 : 187 (1954); ed. 2 : 319 (1967),
non Pal. Beauv.
H. Saint John, savant monographe de ce genre difficile, a bien voulu
nous autoriser à mentionner ici l’un des résultats de ses recherches
récentes : le véritable P. candelabrum Pal. Beauv. occupe une aire limitée,
dans le sud du Nigeria, et n’existe pas au Sénégal.
II a de ce fait choisi le matériel que nous avons récolté entre le
Niokolo-koba etBanharé (J.A.R. 6966, 28-12-1960), comprenant des fruits
mûrs, pour type d’une espèce nouvelle, dont la description sera ultérieure¬
ment publiée.
Adam (7) signale de Basse-Casamance un P. candelabrum. Nous
ignorons s’il s’agit de la même espèce qu’au Niokolo-koba.
PAPXLIONACEÆ
Æschynomene crassicaulis Harms
= Smithia (?) Trochainii Berhaut, Fl. Sén., ed. 1 : 31 (1954), descr. gall. ; ed. 2:54
(1967); Bull. Soc. Bot. Fr. 101 : 375 (1955), syn. nov.
Nous n’avons pas récolté cette plante au Sénégal, mais au Mali, à
divers endroits des environs de Bamako, dans la zone d’inondation du
Niger. Il était cependant utile d’en faire mention ici, pour attribuer sa
véritable identité au Smilhia Trochainii Berh., décrit d’après un matériel
stérile récolté au Sénégal par Trochain, près de Bakèl, dans la vallée du
Sénégal.
Nous avons d’abord trouvé, au Mali, des plantes stériles, en
février 1960; une identification tentée avec la flore de Berhaut menait
aisément à Smilhia Trochainii. Ensuite, nous avons vu ces plantes croître
considérablement et fleurir, dans des mares non encore asséchées, au
mois d’avril ; cette fois la détermination « normale » avec la F.W.T.A.
était possible, et aboutissait à Æschynomene crassicaulis Harms. Depuis
cette époque, nous soupçonnions donc cette synonymie; nous en avions
Source : MNHN, Paris
- 343 -
fait part au Pr. Trochain, qui ne put nous donner son avis, n’étant
plus en possession de son herbier, déposé au Muséum. II nous restait
donc, avant d’établir définitivement cette synonymie, à examiner le type
de Smithia Trochainii. Celui-ci demeurait introuvable, et c’est seulement
récemment que nous l’avons enfin extrait des Papilionacées indétermi¬
nées de l'herbier africain; par suite d’un oubli, sans doute, Berhaut
n’avait rien inscrit sur l’échantillon-type, demeuré par conséquent
inclassé.
Après comparaison avec un matériel équivalent (nos échantillons
stériles de Bamako), aucun doute ne subsiste plus, la synonymie est cer¬
taine; ceci permet d’éclaircir un point de taxinomie (l’espèce Smithia (?)
Trochainii, décrite sur un matériel stérile dont l’attribution à un genre
était fort problématique, était restée, dans la F.W.T.A., édition 2, parmi
les « imperfectly known species ») et d’ajouter le Sénégal à l’aire de cet
/Eschynomene amphibie connu du Mali au Congo.
Crotalaria comosa Bak.
Espèce déjà connue du Sénégal, mais non encore citée de Casamance;
nous l’avons récoltée à Kolda [J.R. 7857, 6-1-1962) dans le sous-bois
herbeux de la galerie du fleuve, en aval de la ville.
Crotalaria glaucoides Bak. f.
D’après les échantillons cités dans la F.W.T.A. (22), cette espèce
est confinée à une aire occidentale paralittorale peu étendue, du Cap Vert
à la Guinée portugaise. La localité de Tièl, où nous l’avons trouvée
(J.R. 7681, 11-10-1961) étend nettement cette aire vers l’intérieur.
+ * Crotalaria microcarpa Hochst. ex Benth.
Herbe de petite taille, à petites fleurs, pouvant passer facilement
inaperçue dans les hautes herbes, surtout à la saison tardive de sa florai¬
son. Nous l’avons rencontrée une seule fois, en pleine savane, à Dahra,
où elle demeure certainement très rare (J.A.R. 7709, 18-10-1961).
■ Cyclocarpa stellaris Afz. ex Bak.
Petite herbe un peu ligneuse, prostrée, des endroits humides; d’après
la F.W.T.A. (22) elle est peu commune malgré sa vaste répartition en
Afrique. Nous l’avons récoltée au Niokolo-koba, dans un bas-fond humide
sur la piste de Banharé, à 4 km au SW de l’Azogué (J.A.R. 6810, 26-12-
1960, cité par Adam, 8). Trouvé aussi par Berhaut sur la côte, à Palmarin,
et en Casamance (12 bis).
* Dalbergia rufa G. Don
Arbuste forestier, connu jusqu’en Guinée portugaise; il est aussi en
Basse-Casamance, où nous l’avons trouvé aux Bayottes (J.R. 7942,
9-1-1962).
Source : MNHN, Paris
- 344 -
+ ' Desmodium setigerum (I£. Mey.) Benth. ex Harv.
Herbe des régions humides, connue de la Guinée à l’Afrique méri¬
dionale. Nous l’avons récoltée dans la galerie forestière du Taliboulou,
au Niokolo-koba (J.A.R. 6837, 26-12-1960).
Indigoîera bracteolata DC.
Herbe bien connue au Sénégal, depuis les anciennes récoltes de
Heudelot et Perrottet. Nos échantillons de la région de Tièl (J.R. 7679,
11-10-1961, et 7722, 19-10-1961, Ndioridi) marquent vraisemblablement
la limite septentrionale de l’espèce dans l’intérieur du pays.
+ ' Indigofera geminata Bak.
D’après Hepper (F.W.T.A., 22), Berhaut décrit correctement
cette espèce, dans la Flore du Sénégal, éd. 1, mais le matériel qu’il
cite est l’espèce voisine I. congolensis De Wild. & Th. Dur. La présence
de l’espèce au Sénégal était donc douteuse *, mais nous pouvons la confir¬
mer par un échantillon récolté entre Tambacounda et Ouassadou (J.A.R.
6756, 25-12-1960), qui appartient bien à I. geminala Bak.
-h ‘Tephrosia villosa (L.) Pers. subsp. Ehrenbergiana (Schweinf.)
Brummit
Lors d’un passage au Centre de Recherches agronomiques de Bambey,
H. Merlier nous a montré, dans des terrains en jachère, un Tephrosia
qui résistait à la détermination. Nous avons pensé à une installation de
cette plante consécutive à une introduction pour des essais fourragers,
mais nous n’avons réuni aucune preuve d’une telle introduction; elle a
pu être effectuée il y a longtemps, le C.R.A. étant installé là depuis de
nombreuses années.
Grâce à M. Peltier, nous avons pu déterminer notre échantillon
(J.A.R. 6674, Bambey, 13-12-1960) comme T. villosa subsp. Ehrenber¬
giana, plante est-africaine dont l’introduction comme fourragère a en
effet été tentée dans diverses stations d’élevage; cette utilisation semble
abandonnée, mais l’espèce manifeste une vitalité suffisante pour se main¬
tenir par ses propres moyens, et éventuellement se répandre, tout comme
cela s’est autrefois produit avec Crolalaria relusa L.
' Vigna pubigera Bak.
Nous avons récolté, dans les forêts sèches au sud de Tièl (J.R. 7721,
Ndioridi, et 7733, Ogo, 19-10-1961), ce Vigna à fleurs jaunes, dont les
localités les plus occidentales étaient jusqu’ici le Macina et le Ghana (22).
Nous l’avons recueilli aussi à Sotuba près Bamako (J.A.R. 5066, 31-10-
1959).
1. Berhaut l’a d’ailleurs supprimée dans sa seconde édition.
Source : MNHN, Paris
- 345 -
Nous n’avons pas étudié le matériel cité par Berhaut (12) comme
Vigna ambacensis Welw. ex Bak., espèce voisine de V. pubigera, dont
l'aire est limitée vers l’ouest, d’après la F.W.T.A. (22) au Nigeria; il se
pourrait que ces spécimens appartiennent eux aussi à V. pubigera.
POLYGALACEÆ
Polygala micrantha Guill. & Perr.
Cette gracieuse petite annuelle aux fleurs blanches ou lilacées, des
prairies marécageuses soudano-guinéennes, n’était pas connue, semble-
t-il, du Cap Vert, mais seulement des régions plus humides du Sud du
Sénégal; nous l’avons trouvée, très abondante, dans les dépressions
interdunaires inondables de Kayar (A. Raynal, 31) où elle atteint sa
limite septentrionale. Elle appartient au cortège de plantes, typiques des
parties les plus humides du domaine soudanien, qui ont leurs dernières
stations au Cap Vert, et dont la réunion forme de véritables groupements
végétaux soudano-guinéens ; cette végétation, absente des régions plus
sèches situées, dans l’intérieur, à la même latitude, voit sa limite s’infléchir
et remonter, selon un phénomène bien connu, le long du littoral. Cette
remontée générale des limites phytogéographiques le long de la côte
océanique, due à des causes bien naturelles encore que spéciales aux
régions littorales, est aujourd’hui de jour en jour masquée, au Cap Vert,
par l’excessive dégradation induite par l’homme; celle-ci s’exerce au
premier chef sur les groupements végétaux de terre ferme, détruits
depuis longtemps pour faire place à l’arachide : d’abord défrichements,
cultures, aujourd’hui extension d’une capitale de plus en plus peuplée,
avec corrélativement déplacements de tous ordres : hommes, troupeaux,...
extension des cultures à la faveur des nouvelles voies de communication,
transformation des derniers boisements, ceux des niayes, en cultures
maraîchères. Le pays ressemble de plus en plus au Sahel, et déjà Trochain
a parlé de ce phénomène ; mais, comme nous l’avons dit, c’est une erreur
que d’assimiler ce « faciès » aux véritables groupements sahéliens; l’ana¬
lyse floristique montre bien une invasion d’espèces sahéliennes, coloni¬
sant de grandes étendues d’espaces nus; mais, encore aujourd’hui, les
éléments soudaniens dominent nettement la flore du Cap Vert, non par
le nombre d’individus, qui importe peu, mais par le nombre d’espèces;
cette richesse floristique, que seule une dégradation encore bien plus
intense pourrait sérieusement abaisser, est incompatible avec le classe¬
ment de ce pays dans le domaine sahélien.
Polygala multiflora Poir.
Notre spécimen provenant de Ndioridi près Tièl (J.B. 7677, 11-10-
1961), nettement au nord des récoltes précédemment connues, marque
vraisemblablement la limite septentrionale de cette espèce.
Source : MNHN, Paris
- 346 -
* Polygala rarilolia DC.
Grande herbe anx belles fleurs bleues, endémique des régions les
plus occidentales d’Afrique : Guinée, Sierra Leone; elle atteint la Casa-
mance aux Bayottes, où nous l’avons récoltée, dans un petit marécage
herbeux près de la forêt (J.R. 7959, 9-1-1962).
D’après les quelques récoltes trop hâtives que nous avons pu faire
en Basse-Casamance, la flore des rizières et prairies marécageuses de
cette région paraît correspondre à la dernière avancée vers le nord des
marais paralittoraux si développés en Sierra Leone et en Guinée.
POTAMOGETONACEÆ
Cymodocea nodosa (Ucria) Asch.
Phanérogame marine, répandue depuis les Canaries jusqu’à l’extré¬
mité orientale de la Méditerranée. Connue depuis longtemps de la lagune
de Joal, où Ascherson (10, 11) la signale, et où Trochain l’a récoltée à
nouveau (46), elle manquait pourtant dans la Flore de BERHAUT.ed. 1 (12),
de même que les espèces suivantes, Halodule Wrighlii et Ruppia mari-
lima *.
Nous l’avons récoltée à 15 km au nord de Joal, dans la lagune peu
profonde de la Pointe Sarène (J.A.R. 7240, 13-8-1961).
+ Halodule Wrightii Aschers.
= Diplanlhera Wrighlii (Aschers.) Aschers.; Trochain, Vég. Sén. : 108 (1940).
Autre Phanérogame marine atteignant au Sénégal, comme Cymo¬
docea nodosa, des localités très distantes de son aire principale; celle-ci
est surtout caraïbe, pour autant qu’on puisse en juger; ces Phané¬
rogames marines sont mal collectées, négligées souvent aussi bien par
les phanérogamistes que par les algologues.
C’est Trochain qui a découvert cette espèce au Sénégal; nous l’avons
récoltée à la lagune de la Pointe Sarène, où elle croît en mélange avec le
Cymodocea (J.A.R. 7242, 13-8-1961).
+ Potamogeton octandrus Poir.
Espèce aquatique d’eau douce, signalée d’abord par Adam (8)
du Niokolo-koba. Nous croyons pouvoir lui rapporter un échantillon
bien développé mais stérile, récolté à l’autre bout du Sénégal, dans les
canaux des rizières de Richard-Toll (J.A.R. 7141, 5-7-1961).
Ruppia maritima L.
Aquatique submergée des eaux saumâtres, déjà récoltée par
Leprieur au début du siècle dernier, retrouvée par Trochain dans la
région de Gandiole près Saint-Louis (46), signalée enfin par Adam (4)
1. Halodule Wrighlii manque toujours dans la seconde édition.
Source : MNHN, Paris
- 347 -
dans un travail sur les « niayes » (sensu lalissimo!) . Elle est abondante
en saison humide dans le Lac Tanma (J.A.R. 7275, Ntiaye, 29-8-1961;
7304, Mbidjem, 31-8-1961).
PRIMULACEÆ
* Anagallis pumila Sw. var. pumila
Petite Primulacée annuelle à fleurs blanches, croissant généralement
dans la strate inférieure de hautes prairies spongieuses, devant donc
être recherchée soigneusement, tout comme beaucoup d’autres petites
herbes des mêmes milieux (Cypéracées, Gentianacées, Xyridacées,
Lentibulariacées, etc.). Bien que fréquent dans les savanes humides
de toute l’Afrique tropicale, cet Anagallis n’avait pas été jusqu’ici
signalé du Sénégal 1 . Nous l’avons trouvé dans le même marais que le
Polygala rarifolia, aux Bayottes (J.R. 7964, 9-1-1962). Nous avons aussi
cette plante du Mali [J.A.R. 5238, Sotuba près Bamako, 9-12-1959);
sa présence dans l’est du Sénégal septentrional (Niokolo-koba) est
donc très probable.
RHIZOPHORACEÆ
Cassipourea congoensis R. Br. ex DC.
Berhaut ne cite cet arbuste que de l’est (Ouassadou). Au siècle
dernier, Thierry l’avait récolté dans le Cap Vert, à Mbidjem (Hut-
chinson & Dalziel, 22), mais la plante n’y avait pas été revue (cf.
Adam, 1). Nous avons eu la chance de l’y retrouver, dans une localité
très proche sinon identique à celle de Thierry : petite cuvette inter-
dunaire entre Mbidjem et Kayar (J.A.R. 7350, 5-9-1961). L’arbuste,
peu abondant, est dans une situation précaire; tout comblement de cette
dépression par les sables remis en mouvement peut entraîner sa dispa¬
rition.
RUBIACEÆ
Borreria scabra (Schum. & Thonn.) K. Schum.
= B. Ruelliæ (DC.) K. Schum. ex H. Thoms.
Herbe assez banale dans le domaine soudanien et même les régions
plus humides; elle doit être à sa limite septentrionale à Tièl, où nous
l’avons récoltée (J.R. 7680, Ndioridi, 11-10-1961).
' Geophila repens (L.) I. M. Johnston
= G. lancislipula Hiern.
Les Geophila sont communs dans les sous-bois de forêt dense humide
un peu dégradée; le genre atteint au Niokolo-koba sa limite septen-
1. Berhaut l’a retrouvé depuis en Casamance, et l’indique dans la 2° édition
de sa Flore.
Source : MNHN, Paris
- 348 -
trionale; dans cette région, ces plantes ne quittent évidemment pas les
galeries forestières (J.A.R. 6840, galerie du Taliboulou, 26-12-1960,
cité par Adam, 8). Berhaut (12 bis) l’indique aussi de Casamance 1 .
RUTACEÆ
Fagara rubescens (Planch. ex Hook. f.) Engl.
= F. Welwilschii Engl.
Adam (8) a le premier signalé cet arbuste de forêt dense dans la
région d’Oussouye. Nous l’avons récolté dans l’intérieur, dans une galerie
forestière de belle apparence de la région de Sedhiou (J.R. 7917, Yassina
Mandina, 9-1-1962).
SALICACEÆ
+ * Salix Chevalieri Seem.
Seul a été signalé au Sénégal le Salix coluleoides Mirb., qui fréquente
les bords du fleuve dans le nord du pays. Pourtant, Salix Chevalieri
n’est pas rare, au Niokolo-koba (J.A.R. 6932, 27-12-1960); nous en
avons aussi un spécimen venant des bords de la Koulountou (Bocquier
in herb. Raynal 7037, 15-3-1961). On retrouve cette espèce en abondance
dans la région de Bamako, sur les berges et îles du Niger.
SCROPHULARIACEÆ
Craterostigma gracile Pilg.
= C. guineensis Hepper, Kew Bull. 14 : 407 (1960); FAV.T.A., ed. 2, 2 : 361 (1963),
Berh. Fl. Sén., ed. 2 : 180 (1967).
= C. Schweinjurlhii auct. : Berh., Fl. Sén., ed. 1 : 81 (1954), non (Oliv.) Engl.
Nous ne citons ici cette espèce que pour mémoire, un article ayant
été consacré à cette question (A. Raynal, 33). Le véritable C. Schwein-
furlhii ne dépasse pas le Ghana vers l’ouest.
Berhaut a récolté C. gracile au Niokolo-koba; en Casamance,
Chevalier l’avait récolté dans la région de Sedhiou; nous l’avons
trouvé dans un petit marais herbeux (localité du Polygala rarifolia)
aux Bayottes ( J.R. 7960, 9-1-1962).
-)- * Ilysanthes congesta A. Raynal, sp. nov.
= I. parviflora? auct. : A. Raynal, FI. et vég. envir. Kayar, D.E.S. ronéo : 89 (1961),
et Ann. Fac. Sc. Dakar 9 : 164 (1963), non (Roxb.) Benth.
I. parviflorœ (Roxb.) Benth. affinis, sed inflorescentia congesta glandulosa,
pedicellis brevibus, corolla minuta, habitu erecto et characteribus minoribus
numerosis valde distincta.
Herba annua parva, usque ad 10 cm alta, sæpe purpurascens ; caulis
quadrangularis, primum erecta simplex, postea plus minusve ramosa, ultime
1. N. Hallé nous a fait part de son désaccord quant à la synonymie Geophiln
repens — G. lancislipula. Il semble que ce soit à la seconde de ces espèces qu’il faille
rapporter les échantillons sénégalais (Note ajoutée en cours d'impression).
Source : MNHN, Paris
- 349 -
Source : MNHN, Paris
- 350 -
interduni paullo decumbens, sed nunquam radicans. Folia opposita sessilia,
ovata vel lanccolata, usque ad 10 mm ionga, apice acuta, crassiuscula, triner-
via, subtus punctata; margines integri vel parce et irregulariter denticulata,
in sicco anguste albido-cartilaginea.
Injlorescentia glandulosa, per anthesin valde congesta, postea paullo
laxior. Flores axillares singuli. Calyx 2,5-3 mm longus, sepalis 5 liberis
anguste oblanceolatis vel linearibus, herbaceis, dense glanduloso-pubes-
centibtis. Corolla vix calycem excedens, inconspicua, alba vel pallidissime
lilacina, tubo dorsiventraliter paullo compresso, Iimbo subregulari 1,2-
1,5 mm in diametro, labio anteriore patulo lobis tribus subæqualibus, labio
posteriore paullo minore, suberecto, lobis duobus cuneatis. Stamina poste-
riora duo fertilia, filamentis in tubo insertis, arcuatis, antheris approximatis,
albidis, loculis duabus vadle divergentibus, fere diametraliter oppositis. Sta¬
mina anteriora ad staminodia duo lutea parva reducta, ad ostium corollæ
inserta, papillosa, filamcntum latérale minutissimum læve hamulosum
gerentes. Discum hypogynium calyculatum, ovarii basin circumdans. Ovarium
ovoideum, stylo leviter dorsiventraliter arcuato, stigmatis bilabiatis valde
papillosis. Fructus capsularis ovoideus vel subsphæricus, 1,5-2 mm longus,
sepalis sæpe patulis circumdato, stylo longe persistente, basi ad maturitatem
dilatante. Loculi septicidi duo. Semina numerosissima minutissima. Vid.
tab. 10.
Holotypus : J. & A. Raynal 7170, in arenosis depressis temporaliter
inundatis inter pagos Kayar et Mbidjem vulgo dictos ad septentrionalem
regionem Promontorii Viridis, 16-7-1961, P!
Specimina altéra : Adam 17603, 19-4-1960; Adam 17695, 1-6-1960; J. &
A. Raynal 6036, 1-7-1960, omnia ex eodem loco.
Cette petite annuelle discrète n’est encore connue que d’une petite
région entre Kayar et le Lac Tanma, où nous l'avons vue fréquemment :
elle croît dans les dépressions interdunaires temporairement inondables,
mais se limite aux zones où les eaux sont très peu chargées en sels. On
la trouve, éparse, dans les dépressions à Laurembergia lelrandra; elle
peut localement abonder dans les zones dénudées où les vivaces ne se
sont pas encore installées.
Malgré cette localisation étroite à la fois géographique et écologique,
nous hésitons à considérer cette plante comme endémique; l’endémisme
est très faible sur le littoral sénégalais; il est plus vraisemblable que cet
Ilysanthes peu visible sera un jour signalé d’autres points d’Afrique
ou —• éventuellement — d’un autre continent.
Taxinomiquement, I. congesla se place dans le groupe d’espèces
qui comprend I. parvi/lora (Roxb.) Benth.; il s’individualise immédia¬
tement, toutefois, par son inflorescence contractée et glanduleuse, ses
pédicelles floraux courts, ses corolles très petites et son port dressé.
La seule plante très proche d’/. congesta que nous ayons pu trouver
est un Ilysanthes sp. de Madagascar; si réellement I. congesla n’existe
qu’au Cap Vert, une telle affinité est surprenante, et n’est pas sans rap¬
peler quelque peu le cas de Rhynchospora rubra subsp. senegalensis
(voir à ce nom).
Source : MNHN, Paris
- 351
-f Limnophila fluviatilis A. Chev.
= L. Barleri auct. : Hbppeb, in Hutch. & Dalz., F.W.T.A., ed. 2, 2 : 357 (1963),
Ayant eu l’occasion de revoir tout le matériel du genre Limnophila
de l’ouest africain, et en particulier les types de L. Barleri Skan et L. flu-
vialilis Chev., l’un de nous (A.R.) conteste la synonymie donnée par
Hepper dans la F.W.T.A. ; en effet, des caractères constants séparent
ces deux plantes, qui semblent suffisants pour les maintenir comme
bonnes espèces. L. fluvialilis Chev. est décrit du Mali, dans la vallée
du Niger, où il a été récolté plusieurs fois depuis, et où nous l’avons vu
nous-mêmes [J.A.R. 5421, Katibougou, en amont de Bamako, 15-1-
1960).
Lors de la description, Chevalier (15) distinguait deux formes,
fa. fluviatilis et fa. lerreslris, auxquelles il ne convient pas de maintenir
une importance taxinomique quelconque; ce ne sont que des formes
stationnelles, la première, submergée, à fleurs rares et souvent cléisto-
games, et la seconde, terrestre, rampant sur la vase, à fleurs chasmo-
games. Si la forme submergée est parfois difficile à distinguer, par suite
d’une forte convergence, des états submergés des autres espèces du genre,
la forme terrestre possède par contre un aspect bien caractéristique.
La fleur de L. fluviatilis est très comparable à celle de L. Barteri,
mais les deux espèces se distinguent aisément par d’autres caractères;
entre autres, L. fluvialilis demeure, une fois exondé, une petite herbe
prostrée, rampante, ne produisant jamais de grandes inflorescences
rameuses, densément pubescentes, à longs entrenœuds comme L. Bar¬
teri; la capsule, beaucoup plus grosse que celle de L. Barleri, est un
excellent critère de discrimination.
Au Sénégal, nous avons rencontré L. fluviatilis dans les rizières
de Richard-Toll (J.A.B. 6640, 27-11-1960); déjà Leprieur et Perrottet
l’avaient récolté, très probablement dans cette région; l’aire de cette
espèce s’étend vers l’est jusqu’à l’Afrique centrale, et nous l’avons revue
en 1964-65 au Cameroun, près de Yagoua et dans l’Adamaoua.
‘ Lindernia debilis Skan
Les spécimens de cette espèce cités dans la F.W.T.A., seconde
édition, donnent une idée bien imparfaite de la répartition de cette
petite Scrophulariacée, peu récoltée vu son exiguïté; nous l’avons trouvée
au Mali et au Sénégal (cf. J. & A. Raynal, 34), et, plus récemment,
au Cameroun septentrional, dans la région de Garoua. Au Sénégal,
nous avons récolté notre spécimen 1 (J.A.R. 6790, 26-12-1960) sur un
bowal humide du Niokolo-koba.
L’aire de cette plante semble donc traverser l’Afrique d’est en
ouest, en se cantonnant, comme beaucoup d’espèces des mêmes biotopes,
1. Source (par l’intermédiaire de Adam, 8) de la mention de l’espèce par Bf.rhaut
(12 bis).
Source : MNHN, Paris
- 352 -
aux savanes inondables soudano-guinéennes, recevant entre 1000 et
1 500 mm de pluie par an.
SELAGINELLACEÆ
+ * Selaginella subcordata A. Br. ex Kühn
Petite Sélaginelle ouest-africaine connue vers le nord jusqu’au Mali et
à la Guinée. Nous l’avons trouvée dans la strate inférieure d’un bas-fond
humide semi-forestier, le long d’un affluent de l’Azogué, dans le Parc
national du Niokolo-koba [J.A.R. 6829, 26-12-1960).
SOLANACEÆ
-(- * Nicotiana plumbaginifolia Viv.
Ce tabac à fleurs blanc-jaunâtre à long tube a été trouvé naturalisé
près de Dakar, dans un petit thalweg au sud de la colline de la Grande
Mamelle de Ouakam. Cette espèce est une nouveauté pour la flore ouest-
africaine (J.A.R. 5712, 21-4-1960).
En 1961, Adam (6) a signalé, dans une florule de la Grande Mamelle
de Ouakam, un Nicotiana rustica L. qui, vu la précision de la localité
qu’il indique, est très certainement notre plante (mais nous n’en avons
pas vu d’échantillon). Cette observation, contemporaine de la nôtre,
ne permet pas de préciser l’histoire de l’introduction de cette espèce
centre-américaine au Cap Vert; nous sommes tout à fait ignorants des
circonstances et de l’époque de cette introduction; toutefois, l’existence
d’un drain évacuant les eaux usées, se déversant dans le thalweg un
peu en amont de la station de Nicotiana plumbaginifolia, permet de
penser que les graines ont pu arriver, par cette voie, d’un entrepôt ou
d’un jardin.
VITACEÆ
+ Ampelocissus africana (Lour.) Merr.
= A. Granlii (Bak.) Planch.
Trochain (46) a récolté plusieurs fois cette liane herbacée, qui peut
grimper dans les arbustes ou, comme c’est le cas de notre échantillon,
tramer sur le sol de la savane. L’espèce a néanmoins été oubliée dans
la Flore de Berhaut (12, 12 bis).
Nous avons trouvé cette espèce dans les forêts sèches de la région
de Tièl, donc vraisemblablement à sa limite nord (J.R. 7675, 11-10-
1961).
Source : MNHN, Paris
- 353 -
XYRIDACEÆ
‘ Xyris decipiens N. E. Br.
Nous avons trouvé ce grand Xyris dans les prairies marécageuses
de Toubakouta, près Ziguinchor (Basse-Casamance) [J.R. 7927, 9-1-
1962). L’espèce n’était pas signalée du Sénégal, mais certaines récoltes
attribuées à À’. Barteri pourraient être en réalité X. decipiens. Berhaut
l’indique aussi de Casamance (12 bis).
Xyris filiformis Lam.
Espèce déjà signalée du Sénégal, sans précision de localité ni de
collecteur, dans le F.W.T.A., première édition (21). Berhaut la cite
dans sa 2 e édition (12 bis) ; c’est également dans le marais de Toubakouta,
en Casamance, que nous l’avons récolté (J. R. 7929, 9-1-1962).
* Xyris straminea Nilss.
— .Y. minima auct. : Adam, Bull. I.F.A.N. 24 A (2) : 954 (1962), non Steud.
Cette annuelle assez courante dans les milieux marécageux ouverts,
sur sol détrempé peu épais, n’était pas signalés du Sénégal; nous l’avons
trouvée au Niokolo-koba {J.A.R. 6794, bowal humide, 26-12-1960)
sous une forme naine, appauvrie, cause de notre détermination initiale¬
ment erronée, citée par Adam (8) et reprise (toujours sans citer ses sources)
par Berhaut (12 bis).
Bibuographii
1. Adam J. G. & Pitot A. — Excursion « V 3 » Sénégal-Mauritanie, Ann. Ec. Sup.
Sciences Dakar 2 : 23-139 (1955).
2. Adam J. G. — Rapport de mission : relevés effectués en septembre 1956 au Centre
d’Élevage de Dahra, 17 p. dactylogr., Dakar, 1956.
3. •— La végétation de l'extrémité occidentale de l’Afrique. La pointe des Alma-
dies aux environs de Dakar (Sénégal), Bull. I.F.A.N. 18 A (3) : 685-702
(1956).
4. Flore et végétation de la réserve botanique de Noflaye (environs de Dakar-
Sénégal), Bull. I.F.A.N. 20 A (3) : 809-868 (1958).
5. - Floristique des pâturages salés (Halophytes et subhalophytes) et végétation
des rizières du Sine-Saloum (Sénégal), Journ. Agr. Trop, et Bot. Appl. 5 :
505-541, 638-664 (1958).
6. - Florule et végétation de la Grande Mamelle de Dakar (Phare), Bull. I.F.A.N.
23 A (2) : 406-422 (1961),
7. — Contribution à l'étude de la llore et de la végétation de l’Afrique occidentale.
La basse Casamance (Sénégal), Bull. I.F.A.N. 23 A (4) : 911-988 (1961), et
24 A (1) : 116-153 (1962).
8. - Plus de cent plantes nouvelles pour le Sénégal, Bull. I.F.A.N. 24 A (4) :
939-954 (1962).
9. - Autres plantes nouvelles pour le Sénégal (2" liste), Bull. I.F.A.N. 26 A (3) :
703-711 (1964).
Source : MNHN, Paris
- 354
10. Ascherson P. — Vorarbeiten zu einer Uebersicht der phanerogamen Meerge-
wâchse, Linnaea 35 : 152-208 (1867).
11. — Die geographische Verbreitung der Seegrâser, Peterm. Geogr. Mitteilung.
7 : 241-248 (1871).
12. Berhaut J. — Flore du Sénégal, ed. 1, 300 p. (1954).
12. bis. — Flore du Sénégal, ed. 2, 485 p. (août 1967).
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14. Bodard M. — Notes préliminaires à la révision du genre Bulboslylis (Cypéracées),
Bull. Soc. Bot. Fr. 108 : 307-310 (1962).
15. Chevalier A. — Plantes nouvelles ou peu connues récoltées en Afrique occidentale,
Bull. Mus. Hist. Nat. Paris, ser. 2, 4 : 583-590 ( 1932).
16. — Deux Salicornia nouveaux du Sénégal, Rev. Bot. Appl. et Agr. Trop. 27 :
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17. Burkill I. H. & Clarke C. B. — Acanlhaceæ, in Thiselton-Dyer W.T., Flora
of Tropical Africa 5 : 1-262 (1899-1900).
18. Clarke C. B. — Cyperaceæ, in Thiselton-Dyer W. T., op. cil. 8 : 266-524 (1901-
1902).
19. Clayton W. D. — Studiesinthe Gramineæ: IX, Kew Bull. 20 (2) : 257-273(1966).
20. Huber H. — Révision der Gattung Ceropegia, Mem. Soc. Brot. 12 : 5-203 (1958).
21. Hutchinson J. & Dalziel J. M. — Flora of West Tropical Africa, ed. 1, 2 vol.
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22. — op. cil., ed. 2, révisée par Keay R. W. J., 2 vol. parus (1954-1963).
23. Koehne E. — Lylhraceæ, in Engler A., Das Pflanzenreich, 326 p. (1903).
24. Kükenthal G. —- Cyperaceæ-Scirpoideæ-Cypereæ, in Engler A., op. cil., 671 p.
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25. — Vorarbeiten zu einer Monographie der Wiynchosporideæ, 18. Rhynchospora
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26. Napper D. M. — Cyperaceæ of East Africa. II, Journ. East Afr. Nat. Hist. Soc.
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29. Raymond M. — Notes sur quelques Rhynchospora africains, Natural. Canad. 84 :
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31. — Flore et végétation des environs de Kayar (Sénégal) : de la côte au lac
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33. — Cralerosligma gracile Pilger, Scrophulariacée méconnue, Adansonia, ser. 2
6 (3) : 431-436 (1966).
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36. Raynal J. — Étude préliminaire du ranch n° 1 de Doli, ronéo, 14 p. (1961).
37. — Étude botanique des pâturages du Centre de Recherches zootechniques de
Dahra-Djoloff (Sénégal), ronéo, 99 p. ( 1964).
38. — Notes cypérologiques : VI. Cyperus hamulosus M. Bieb., Adansonia, ser. 2
6 (4) : 581-588 (1967).
39. Richard A. — Tentamen Floræ Abyssinicæ, 2 vol. (1847-1851).
40. Robinson E. A., — Rhynchospora : Notes on the species occurring in Rhodesia
and Nyassaland, Kirkia 1 : 32-43 (1961).
41. — Notes on Scleria: I. The African species of secl. Tessellalæ, Kirkia 2 :
172- 192 (1961).
Source : MNHN, Paris
- 355
42. — Notes on Scleria: III. Scleria hirtella Sw. and some ailied species : a
transatlantic group, Kirkia 4 : 175-184 (1964).
43. — A Provisional Account of the genus Scleria Berg. [Cyperaceæ ) in the « Flora
Zambesiaca » area, Kew Bull. 18 (3) : 487-551 (1966).
44. Tisserant Ch. -— Catalogue de la Flore de l’Oubangui-Chari, Mém. I.E.C. 2,
166 p. (1950).
45. Trochain J. — Contribution à l’étude de la Flore du Sénégal, 66' Congr. Soc.
Sav. : 293-296 (1933).
46. — Contribution à l'étude de la Végétation du Sénégal, Thèse, Mém. I.F.A.N. 2,
433 p. (1940).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansoma. ser. 2, 7 (3) 1967.
NOTES SUR QUELQUES VANGUÉRIÉES
(RU BI ACE AB)
par
A. Cavaco
Le g. Psydrax Gaertn. 1 dont le type est le P. dicoccos Gaertn. a été
établi sur une plante récoltée par Leschenault à Ceylan. Plusieurs
auteurs ont placé ce taxon dans la synonymie de Canlhium 2 , genre créé
par Lamarck en 1783 (Encycl. 1, p. 602). Merril notamment 3 , a trans¬
féré l’espèce-type dans le g. Canlhium : Canlhium dicoccum (Gaertn.)
Merril. Nous avons examiné dans l’herbier de Paris l’échantillon de
Leschenault et avons constaté que cette plante présente réellement
tous les caractères d’un Canlhium typique : inflorescences, cupule florale
formée de plusieurs petites bractées squamiformes de 1 mm, plus ou
moins soudées à la base; ovaire à 2 loges uniovulées à ovule pendant
et fruit obcordé, drupacé, à 2 noyaux monospermes. Il nous semble
évident que Psydrax Gaertn. doit tomber en synonymie.
Cependant, dans le supplément XIII, p. 111, de l’Index Kewensis
publié en 1966, on considère Psydrax comme un bon genre; trois espèces
de A. Richard 4 y sont citées : Psydrax anguslifolia, P. major et P. media.
A leurs inflorescences entourées d’une cupule naviculiforme formée de
deux bractées soudées à la base, persistantes, on s’aperçoit facilement
que ces plantes malgaches doivent être placées dans le Pyroslria Juss. 5 .
Celui-ci est d’ailleurs mentionné dans le même Index Kewensis (p. 112)
comme un bon genre et nous estimons aussi qu’il doit garder son auto¬
nomie générique 6 . Ces espèces de Psydrax, dont nous avons examiné
les types, transposées dans le genre Pyroslria doivent s’appeler :
1. De frucl. el sem. pl. 4 : 125 (1788).
2. Le nom de Plectronia L. (1767) bien que plus ancien, doit être abandonné,
puisqu'il est, d’après Bullock (in Kew Bull. : 353-389, 1932) synonyme A'Olinia
Thunb. (Oliniaceae). Linné créa son genre (Mant. 6, 1767) sur un échantillon et une
figure publiée par Burmann (Pl. A/r. : 257, t. 94, 1739) qui appartiennent à des familles
distinctes respectivement Oliniacées et Rubiacées. Par ailleurs, le nom légitime le plus
ancien pour la plante figurée dans l’ouvrage de Burmann est Canlhium Lamk., ainsi que
l'a montré Bullock (loc. cil.). La description de ce genre par Lamarck (loc. cil.) cadre
exactement avec la figure de Burmann.
3. In Philipp. Journ. Sc. 35 : 8 (1928).
4. Mém. Rub. (1829).
5. Gen. pl. 5 : 206 (1789). Espèce-type : P. Commersonii Gmel., Syst. Naturae,
ed. 13, 6 : 246 (1791).
6. Bâillon (in Adansonia, ser. 1, 12 : 194 (1878) l’incorpore au g. Canlhium.
Source : MNHN, Paris
- 358 -
1. Pyrostria angustifolia (A. Rich.) Cavaco, comb. nov.
— Psydrax angusli/olia A. Rica., loc. cit. — Holotype : Chapelier s.n. (P).
— Pleclronia Richardii A. Chev., in Rev. Bot. Appliq. 18 : 842 (1938).
2. Pyrostria major (A. Rich.) Cavaco, comb. nov.
— Psydrax major A. Rich., loc. cit. —- Holotype : Perrotlel s.n. (P).
— Pyrostria umbellata Boj., Hort. Maurit. : 170 (1837), nomen nudum.
— Pleclronia umbellata (Boj.) Bak., in Journ. Linn. Soc. 20 : 168 (1884). — Type:
Baron 1626 (K), isotype (P).
3. Pyrostria media (A. Rich.) Cavaco, comb. nov.
— Psydrax media A. Rien., loc. cit. — Holotype : Chapelier s.n. (P).
— Pyrostria obovala Hochr., in Ann. Conserv. Bot. Genève : 96 (1907-1908). —
Type : Guillol 66 (G), isotype (P).
En résumé, nous distinguons seulement deux genres, Pyrostria
et Canthium, avec la synonymie suivante :
1. PYROSTRIA Juss. (1789).
— Psydrax sensu A. Rich., loc. cit., pro parte, non Gaertn.
— Canthium sect. Psydracium H. Bn, loc. cit. — Type : Canthium major (A. Rich.)
H. Bn.
2. CANTHIUM Lamk. (1783).
— Pleclronia sensu DC., Prodr. 4 : 475 (1830) et auct. plur., non L., loc. cit.
— Psydrax Gaertn., loc. cit.
On doit exclure du g. Pyrostria, le P. Alleizettei Dub. et Dop. (in
Journ. Bot. 13, ser. 2 : 24, 1911). C’est un Canthium Alleizettei
(Dub. et Dop.) Cavaco, comb. nov. Il en est de même du Pyrostria buxi-
folia (Bak.) Hochr. (in Ann. Conserv. et Jard. Bot. Genève il : 65 (1908)
= Pleclronia buxifolia Bak. (in Journ. Linn. Soc. 21 : 411 (1886) qui
doit s’appeler Canthium buxifolium (Bak.) Cavaco, comb. nov.
Nous donnons ci-dessous la diagnose latine d’une Vanguériée que
J. Arènes a nommée Pleclronia Blepharodon, nomen nudum. Il s’agit
d’une bonne espèce de Canthium.
Canthium Blepharodon J. Ar. ex Cavaco, sp. nov.
Frutcx 2-3-metralis, ramis novellis valde compressis, glabris vel glabres-
centibus vel plus minusve villoso-hispidis (pilis brunneis, inaequalibus, hir-
sutis), ramis vetustis cylindricis, cortice brunneo, glabro, lacvi. Folia integra,
persistentia; limbus variabilis, lanccolatus, oblongo-lanceolatus, elliptico-
lanceolatus vel ovato-lanceolatus, 1,5-8 cm longus, 8-30 mm latus, utraque
extremitate attenuatus, basi cuneatus et in petiolum decurrens, superne ±
longe acuminato-obtusus, raro ovatus basi subrotundatus apice obtusus vel
breviter acuminato-obtusus, nunc glaberrimus, nunc in Costa praesertim basi
subtusque J; villosus, paulum coriaceus, subtus paulo pallidior, marginibus
planis; Costa utraque pagina prominula sed subtus prominulior, utroque
latere nervis secundariis 4-6 ascendentibus tantum subtus paulum promi-
nulis, alii nervi inconspicui; petiolus brevissimus (2-3 mm), supra canalicu-
Source : MNHN, Paris
- 359 -
latus, glaber vel villoso-hispidus ; stipulae triangulares, basi 2,5 mm latae,
longe attenuato-acuminatae acutae, 5-6 mm longae, e basi ad apicem plicato-
carinatae, glabrae vel interdum tantum ima basi vel apice villoso-hispidae.
Flores parvissimi, in fasciculis parvis, axillaribus, 2-3-floris, sessilibus, basi
bracteatis; bracteae in cupula hemisphacrica 0,8 mm longa marginibus
irregulariter ciliatis connatae; pedicelli graciles, 1-1,3 mm longi, glabri. Calyx
cupuliformis, 1 mm latus, 0,7 mm longus, lobis 5 denticuliformibus, apice
ciliatis, 0,2 mm longis. Corolla alba, campanulata, lobis 5, ovatis erectis
1,3 mm longis, fauce hispida, tubo 0,7 mm alto. Stamina 5, in fauce inserta,
antheris subsessilibus, ovato-cordatis, apiculatis, 0,5 mm altis, semiexsertis.
Ovarium parvissimum, 2-loculare, loculis 1-ovulatis; Stylus crassus, e basi
ad apicem leviter attenuatus, 0,9 mm longus; stigma capitatum, 5-lobatum,
lobis ovatis, 0,6 mm longis, erectis. Drupae rubrae, obcordatae, vix compres-
sae, 10 mm longae, 12 mm latae, 2-pyrenae, glaberrimae, pedunculatae,
pedunculo 5-15 mm longo, gracili sed superne paulum dilatato.
Holotypus : Perrier 3855 (P.) — Endémique de Madagascar.
DEUX PSEUDOPEPONIDIUM NOUVEAUX DE MADAGASCAR
Ce genre est voisin des Pyrostria Juss. et des Peponidium (H. Bn)
J. Ar. et appartient également à la tribu des Vanguériées. Neuf Pseudo-
peponidium malgaches ont été décrits jusqu’à présent. Dans le présent
article nous décrivons deux espèces nouvelles que nous avons décou¬
vertes en examinant le matériel récolté par M. Capuron au cours de
l’année 1963.
Pseudopeponidium Capuronii Cavaco, sp. nov.
Arbor parva 5-6 m alta; caulis striatus, ramuli glabri, cortice griseo.
Folia opposita, integra, coriacea, penninervia, petiolata, elliptica, basi attc-
nuata, apice obtusa, petiolo excluso, 6-8, 5cm longa, 3-4 cm lata, utrinque
glabra, discolore subtus pallidiore, nervis lateralibus utrinque conspicuis 6-
8-adscendcntibus, alii nervi paulum distincti; nervus médius valde promi-
nulus; petiolus glaber, 5-10 mm longus; stipulae in vagina 4 mm alta connatae,
coriaceae. Flores £ in fasciculis axillaribus involucratis; involucrum bracteis 2,
coriaceis, concavis, longe acuminatis, 15 mm longis, in 5 mm inferioribus
coalitis compositum, sessile, glabrum; pedicelli subaequales plus minusve
6 mm, glabri. Calyx parvus, glaber, 5-dentatus, brevissime cupuliformis,
dentibus brevissimis. Corolla tubo plus minusve 10 mm longo, 2 mm lato,
intus ad insertionem staminum hispido, lobis 5, triangularibus, 2-3 mm
longis, plus minusve 2 mm latis. Stamina 5 in fauce villosa inserta, filamcntis
nullis, antheris subexsertis plus minusve 1 mm longis. Ovarium stérile et
plénum, 1 mm altum; Stylus 10 mm longus tubi apicem attingens, stigma
exsertum. Flos Ç et fructus nondum visus (PI. 1, 1-5).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
- 361
Madagascar. Est. — Extrême limite orientale, pentes moyennes et supérieures
(entre 300 et 500 m) du massif du Vohitsiandriana (au sud-ouest de Fort-Dauphin),
Capuron 22390-SF (Holotypus, P).
Affinités. — Voisin du P. analamazaolrense Cavaco dont il diffère
par ses feuilles plus petites à stipules de forme différente, par ses fleurs
à pédicelles beaucoup plus courts, à corolle plus longue et moins large,
à stigmate non capité.
Pseudopeponidium ankaranense Cavaco, sp. nov.
Frutex, ramis teretibus, nodis dilatatis, cortice griseo. Folia indivisa,
opposita, petiolata, coriacea, late elliptica interdum oblongo-obovata, basi
attenuata, apicc obtusa, petiolo excluso, 7,5-11 cm longa, 4-5 cm lata, utrinque
glabra, nervis latcralibus utrinque distinguendis, plus minusve 7-adscenden-
tibus marginem arcuatim anastomosantibus, venulis indistinguendis ; nervus
médius subtus valde prominulus; petiolus robustus, glaber, 7-10 mm longus;
stipulae late ovatae, inferne connatae, 5 mm longae, 4 mm latae, glabrae,
nervo medio robusto, extra prominulo. Flores in fasciculis involucratis;
involucrum bracteis 2, coriaceis, concavis, late ovatis, acuminatis, 15 mm
longis in 6 mm inferioribus coalitis compositum, glabrum; pedicclli subae-
quales, 3-5 mm, glabri. Flores glabris, calyce tubo subnullo, lobis 4 inaequa-
libus, 2 subspatulatis 3,5 mm longis, 2 subaequalibus 1,5-2 mm. Corolla tubo
(in alabastro) ad 4 mm longo, lobis 4-5 triangularibus 3 mm longis, fauce
villosa. Stamina 5 in partem superiorem tubi inserta, antheris subexsertis,
oblongis, 1,5 mm longis, filamentis nullis. Ovarium stérile et plénum, loculis
et ovulis abortivis, subglobosum, 1 mm altum; Stylus tubi apicem attingens;
stigma subexsertum, capitatum 2-lobatum. Flores $ solitarii, ad 15 mm longi
breviter pedunculati, involucrati; involucrum bracteis 2 liaud longe acumi¬
natis, 13 mm longis in 7 mm inferioribus connatis, extra glabris intus villosis
compositum. Calyx glaber, lobis 5 inaequalibus, 1 vix 1 mm, 4 subaequalibus
cire. 3-4 mm. Corolla extus glabra, tubo nondum maturo 7 mm longo, lobis
5,3 mm longis, acutis, apiculatis, fauce paulum pilosa. Stamina 5, sessilia,
antheris parvis, oblongis, insertis. Ovarium 5-6-loculare; Stylus glaber;
stigma exsertum, coroniforme, superne dilatatum et 6-lobatum. Fructus
nondum visus. (PI. 1, 6-14.)
Madagascar. Ouest (sect. Nord). — Plateau de I'Ankarana : rochers et lapiaz
calcaires dominant la rive droite de la rivière Andranonakoho (P.K. 103 de la route
Diego-Ambilobe), Capuron 23176-SF (Holotypus, fl. P), 23177-SF (Paratypus,
n. ?, P).
Affinités. — Proche du P. ambongense Hom. ex J. Ar. dont il se
distingue aisément par ses bractées florales non soudées en une seule
pièce spathiforme longuement acuminée et bifide au sommet ainsi que
par certains détails foliaires et floraux.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 7 (3) 1967.
SYNONYMIE ET UNE ESPÈCE NOUVELLE
DANS LE GENRE SCtIISMATOCLADA (RUBIACÉES)
par
A. Cavaco
La révision du genre Schismaloclada Bak. pour la Flore de Mada¬
gascar et des Comores m’a conduit à apporter quelques éléments nou¬
veaux pour la synonymie et à décrire une espèce nouvelle.
Synonymie : Au sujet du Schismaloclada rupestris Hom. var.
brevicalyx H. Humb., in Mém. Inst. Sc. Madagascar 6, sér. B : 143 (1955),
il nous semble que cette variété brevicalyx doit être transférée dans le
S. rubra Hom. 1 en raison de son calice petit à lobes très courts plus
petits que le tube, alors que chez S. rupestris Hom. les lobes sont allongés
deux à trois fois plus longs que le tube, foliacés. Nous proposons donc
son transfert : Schismatoclada rubra var. brevicalyx (H. Humb.)
Cavaco. Type de la variété : Humbert 22569 (P).
Quant aux Schismatoclada cilrifolia (Lamk. ex Poir.) Hom. in Not.
Syst. 8, 1 : 28 (1939) et S. rupestris Hom. (op. et tom. cit., p. 31),
nous estimons qu’ils sont identiques et cette dernière espèce doit être mise
en synonymie de la première. Elles ne se distinguent que par les feuilles
un peu plus longues et larges chez S. cilrifolia.
Schismatoclada longistipula Cavaco, sp. nov.
Frutex 1,5-2 m altus, ramis glabris cortice griseo-fulvo, ramulis pilosis,
angulatis, cortice nigro-griseo, nigrescente. Folia persistentia, petiolata,
opposita, integra, papyracca, longe elliptica, basi attenuata, apice acuminata,
nervis conspicuis, petiolo excluso, 16-23 cm longa, 4,5-5," cm lata, subtus
pubescente, marginibus paulum revolutis; nervus praecipuus et nervi secun-
darii subtus valde prominuli, venulis reticulatis, supra indistinguendis, nervis
lateralibus utrinque 13-15-adscendentibus arcuatim ad marginem anasto-
mosantibus; petiolus robustus, plus minusve 1 cm longus, subtus pilosus,
supra canaliculatus, glaber; stipulis plus minusve alte in vaginam apice longe
multifidam connatis. Inflorcscentiae in cymas corymbiformcs terminales
dispositae; bracteae subspathuliformes, usque ad 12 mm longae, pilosae.
Flores subsessiles, 4-meri. Calyx tubo 1 mm alto, lobis inaequilongis 2-3,5 mm
longis spar.se pilosis. Corolla glabra, tubo 7 mm longo; lobis 3 mm longis,
1. In Not. Syst. 8, 1 : 31 (1939).
Source : MNHN, Paris
- 364 -
1,5 mm latis. Stamina in parte superiore tubi inserta, filamentis 4 mm longis,
antheris exsertis plus minusve 1 mm longis, anguste oblongis. Stylus bifidus
tubi apicem attingens. Capsula subglobosa 4-5 mm lata. (PI. 1, 3-6.)
Centre : forêt ombrophile, massif du Bctsomanga, vallée inférieure de l'Andro-
ranga, affluent de la Bemarivo (Nord-Est) aux environs d'Antongondriha, 1 100 m.
d'alt., Humbert et Capuron in Humbert 24348 (Holotypus, P) (1. et fr. novembre.
Ce genre, endémique de Madagascar, compte actuellement vingt
espèces, toutes localisées dans la « région orientale » (sensu Humbert).
Pour compléter la description du S. Thouarsiana (H. Bn) Hom.,
in Not. Syst. 8, 1 : 32 (1939), on doit ajouter à la diagnose princeps 1 ,
les caractères suivants :
« Flores heterostyli. Stamina filamentis in flore dolichostylo 0,5 mm, in
flore brachystylo 5 mm longis supra medium tubum inserta. Stylus in flore
dolichostylo 24 mm, in flore brachystylo 7 mm longus; stigmata in flore doli¬
chostylo 5 mm, in flore brachystylo 2,5 mm longa. Tubus intus ad insertionem
staminum dense barbatus in flore dolichostylo, glaber in flore brachystylo. »
Ces caractères d’ordre biologique sont en rapport, comme chacun
le sait, avec la pollinisation entomogame. Ils donnent des différences
de prime abord très sensibles entre les spécimens.
1. Bâillon, Adansonia 12 : 295 (1876-1879).
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 7 (3) 1967.
PRÉSENCE EN INDOCHINE
DE STREBLUS INDICUS (Bur.) Corner (MORACEAF.)'
par
J. E. Vidal
Maître de Recherche au C.N.R.S. Laboratoire de Phanérogamie, Paris.
Résumé : Le genre Pseudostreblus Bureau (1873) a été réduit au
rang de section de Streblus par Corner (1962). Elle est représentée par une
seule espèce, Streblus indicus (Bur.) Corner, décrite originellement sur un
spécimen de l’Inde orientale par Bureau (1873) et retrouvée depuis
dans le nord de Birmanie et de Thaïlande et dans le sud de la Chine
(Yun Nan, Kouang Si, Hai Nan). Elle a été récoltée récemment (1967)
dans la chaîne de l’Éléphant, au Cambodge. C’est une espèce orophile
assez rare, localisée entre 1 000 et 2 000 m.
Summary : The genus Pseudostreblus Bureau (1873) has been reduced
to section Pseudostreblus of the genus Streblus by Corner (1962). It
is represented only by the species Streblus indicus (Bur.) Corner at first
described on a specimen from oriental India by Bureau (1873) and then
collected in Upper Burma, North Thailand, South China (Yun Nan,
Kwang Si, Hai Nan) and recently (1967) in S. W. Cambodia (chaîne
de l’Éléphant). Streblus indicus is a rather rare species living between
1 000-2 000 m.
Parmi des récoltes récentes de M me Dy Phon, professeur de Bota¬
nique à l’Université de Phnom Penh (Cambodge), effectuées dans la
chaîne de l’Éléphant à Popokvil (950 m) (S.-O. du Cambodge), nous
avons identifié une espèce de Moracée appartenant à la section Pseu¬
dostreblus du genre Streblus, non encore signalée en Indochine : Streblus
indicus (Bur.) Corner.
En fait, cette espèce fut décrite à l’origine sous le nom de genre
Pseudostreblus Bureau (1873), placé par cet auteur dans la tribu des
1. Nous remercions vivement le professeur Corner (Cambridge), MM. Forman
Kew) et Bakhuizen van den Brink (Leiden) pour les informations bibliographiques
et chorologiques qu’ils nous ont aimablement communiquées sur ce sujet.
Source : MNHN, Paris
- 366 -
neur y i
22641).
Source : MNHN, Paris
- 367 -
Slrebleae caractérisée par des fleurs (J et Ç séparées, celles-ci étant soli¬
taires ou très rarement en corymbes pauciflores.
Il fut admis par Bâillon (1875), Bentham & Hooker (1880) et
Engler (1889). Ce dernier situe le genre Pseudostreblus dans la sous-
famille des Moroideae (étamines infléchies dans le bouton, ovule pendant,
feuilles plissées dans le bourgeon), tribu des Faloueae. (fleurs $ en cymes,
fleurs $ solitaires). Récemment (1962), Corner lui a attribué le rang
de section dans le genre Streblus. Quoi qu’il en soit de ce changement
d’ordre nomenclatural il s'agit d’une unité taxinomique originale repré¬
sentée jusqu’à présent par une seule espèce assez rare des régions monta¬
gneuses de l’Asie tropicale orientale.
Dans la clé de la Flore générale de l'Indochine (5 : 694) sa place est
indiquée comme suit :
1. Étamines infléchies vers le centre, à anthère renversée dans le
bouton, au nombre de 4-5, rarement 3.
2. Styles 2 ou 1, longuement bifide.
3. Étamines 3; sépales 3, valvaires. Malaisia.
3’. Étamines et sépales 4-5.
4. Sépales non valvaires, au moins dans un sexe.
5. Inflorescences différentes d’un sexe à l’autre.
6. Fleurs en cymes axillaires, les $ solitaires, axil¬
laires. Streblus sect. Pseudostreblus.
6'. Fleurs $ en chatons, les Ç pauciflores.
Sect. PSEUDOSTREBLUS (Bur.) Corner
Corner, Gard. Bull. Singap. 19, 2 : 217 (1962).
Pseudostreblus Bur., in DC., Prodr. 17 : 219 (1873); Bâillon, Hist. PI. 6 : 146,
195 (1875); Benth. & Hook., Gen. PI. 3 : 357 (1880); Engl., in Engl. & Pr.,
Nat. Pllanzenfam. 3, l : 71 (1889).
Arbres ou Arbustes inermes.
Feuilles alternes, entières, penninervées, pétiolées; stipules petites,
latérales, caduques.
Fleurs monoïques, axillaires, les g en épis de cymes courtes, les
$ solitaires. Fleurs <$ sessiles ou courlement pédicellées, 3-bractéolées.
Périanthe à 5 segments orbiculaires, imbriqués. Étamines 5, opposées
aux divisions du périanthe, infléchies vers l’intérieur dans le bouton
puis dressées; anthères dorsifixes, à déhiscence longitudinale latérale.
Pistillode petit, conique.
Fleurs Ç courtement pédicellées, 2-3 bractéolées. Périanthe à 4 seg¬
ments, orbiculaires, imbriqués. Ovaire supère, subglobuleux; style
terminal, très court; branches stigmatiques 2, filiformes, subégales;
ovule pendant.
Source : MNHN, Paris
- 368 -
Fruit inclus dans le périanthe accrescent; embryon courbe; cotylé¬
dons charnus, inégaux.
Espèce type : Slreblus indicus (Bur.) Corner (= Pseudoslreblus
indica Bur.).
Distr. et Écol. — On connaît de cette section une seule espèce
répartie dans les régions montagneuses de l’Inde orientale (monts Khasia),
de la Chine méridionale (Yun Nan, Kouang Si, Hai Nan), du Nord de
Birmanie et de Thaïlande et du Sud-Ouest du Cambodge.
Streblus indicus (Bur.) Corner
Corner, Gard. Bull. Singap. 19, 2 : 226 (1962).
— Pseudoslreblus indica Bur., in DC., Prodr. 17 : 220 (1873); Hook. f., Fl. Brit.
Ind. 5 : 487 (1888).
Arbre haut de 8-10 m.
Feuilles à limbe elliptique-oblong, ayant 8-15 X 3-4 cm, aigu
à la base, acuminé au sommet, glabre, entier; nervures 16-20 paires,
parallèles, presque à angle droit avec la côte, réunies par arcs margi¬
naux. Pétiole glabre, long de 10 mm. Stipules ovales lancéolées, longues
de 3-4 mm, caduques.
Inflorescence en épi de cymes axillaires, ayant 1-2 cm de
long, comprenant 10-20 fleurs. Bractées 3, appliquées sur le périanthe.
Pédicelle nul ou très court. Périanthe à 5 divisions soudées à la base,
orbiculaires, imbriquées dans le bouton. Étamines 5, opposées aux
divisions du périanthe; filets soudés à la base. Pistillode petit, conique.
Source : MNHN, Paris
- 369 -
Fleurs Ç solitaires, axillaires, pédicellées sur 4-5 mm.
Le reste comme dans la section. — PI. 1, p.
Type : Inde orientale, monts Khasia, 700-1 500 m, Hooker f.
Thomson s.n. (K. P).
Distr. — Inde orientale, Chine méridionale (Yun Nan, Kouang
Si, Hai Nan), N. Birmanie, N. Thaïlande. Cambodge.
Écol. — Cette espèce se rencontre au Cambodge en forêt dense
humide sempervirente basse, vers 1 000 m, sur sol rocheux. Fleurs en
avril.
Obs. — Une autre espèce de la péninsule malaise avait été rapportée
au genre Pseudoslreblus : P. caudata Ridl., Journ. Fed. Mal. St. Mus. 6 :
54 (1915). Mais Corner l'a rattachée à la section Paralrophis du genre
Streblus (Gard. Bull. Singap. 19 : 221 (1962).
Matériel étudié (P).
Inde. — Monts Khasia, 700-1 500 m, Kooker /. & Thomson s. n. (type).
Chine. — Kouang Si : Tsang 22397, 22597, 22641. — Hai Nan : Chun & Tso
43452, 43857,; Fung 20215; Lau 3761; Liang 64295.
Cambodge. — Prov. de Kampot : chaîne de l'Éléphant, Popokvil, 950 m, Dy
Phon 1151.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 7 (3) 1967.
LES PASSIFLORACÉES ASIATIQUES
par
Gérard Cusset
Alors que le Nouveau Monde dispose, grâce à Killip, d’un remar¬
quable ouvrage sur ses Passifloracées, aucune révision n’a été faite de
celles de l’Ancien Monde; il n’existe que quelques monographies régio¬
nales, telles celles d’A. et R. Fernandes (Angola, Mozambique) et de
Chakravarty (Indes).
L’étude, que nous avons récemment faite, des Passifloracées indo¬
chinoises nous a donné l’occasion d’examiner, notamment, les espèces
asiatiques. Aussi, pensons-nous pouvoir présenter un synopsis des espèces
de l’Asie continentale, auquel nous avons joint une clef dichotomique,
en permettant la reconnaissance.
Certes, un tel travail ne constitue pas une véritable révision de cette
difficile famille, d’autant plus que les circonstances actuelles ne permet¬
tent guère l’examen des échantillons conservés dans les herbiers chinois.
Il peut, néanmoins, être utile en tant que point de départ de travaux
ultérieurs.
Cet article comprend toutes les espèces rencontrées, à notre connais¬
sance, dans les pays suivants : Inde, Pakistan oriental, Sikkim, Bhoutan,
Ceylan, Birmanie, îles Andaman et Nicobar, Thaïlande, Malaisie,
Cambodge, Laos, Viêt-Nam du Sud el du Nord, Chine et Taïwan, soit
la totalité des pays du continent asiatique où existent des Passifloracées.
En effet, le Pakistan occidental, l’Iran, l’Afghanistan, les régions de la
péninsule arabique el l’Asie Mineure en semblent dépourvus.
Suivi d’un tableau dichotomique, on trouvera un Synopsis où
figurent les synonymies, nombreuses et embrouillées 1 dans cette famille.
On a indiqué les espèces introduites et naturalisées, originaires d’Amé¬
rique du Sud (sauf Passiflora calcarala des Mascareignes); elles sont
marquées d’un astérisque. Quelques espèces indonésiennes, dont la
rencontre en Malaisie et en Thaïlande paraît vraisemblable, ont été
incluses dans la clef et le Synopsis.
In fine, un tableau donne la répartition géographique de chaque
espèce.
I. Cette étude contient 298 binômes pour 64 espèces retenues.
Source : MNHN, Paris
- 372
SYNOPSIS ASIATICARUM PASSIFLORACEARUM
+ Genus ADENIA Forsk., Fl. Aegypt. — Arab., Descr. PI. : 77 (1775)
A Subgenus blepharanthes VVight et Arn., Prodr. Fl. Ind. 1 : 353
(1834)
Adenia palmata (Lam.) Engl., Bot. Jahrb. 14 : 375 (1891)
— Modecca palmata Lam., Encycl. 4 : 209 (1797).
— Modecca inlegri/olia Lam., l.c. (1797), non Wall. (1828).
— Passiflora ilondala Steud., Nomencl., ed. 1 : 595 (1821).
— Modecca tuberosa Roxb., Fl. Ind. 3 : 134 (1832).
— Granadilla Hondala Roxb., l.c. (1832).
— Passi/lora Hondala (Roxb.) Steud., Nomencl., ed. 2, 2 : 275 (1840).
— Modecca Irilobala Blanco, Fl. Filip., ed. 2 : 452 (1845), non Roxb.
Adenia trilobata (Roxb.) Engl., 1. c. (1891)
— Modecca Irilobala Roxb., Hort. Bengal. : 49 (1814), non Blanco (1845).
— Modecca saponaria Blanco, Fl. Filip., ed. 2 : 453 (1845).
A Subgenus microblepharis Wight et Am., l.c. (1834)
Adenia acuminata (Blume) King, Journ. As. Soc. Bengal 71 :
54 (1902)
— Modecca acuminata Bl., Bijdr. : 940 (1826).
— Passi/lora singaporeana Wall., Cat. n“ 1232 (1828).
— Microblepharis acuminata (Bl.) M. Roem., Syn. Pepon. : 200 (1846).
— Modecca quinluplinervia Miq., Fl. Ind. Batav. 1 : 1093 (1858).
— Modecca singaporeana (Wall.) Mast., in Hook. f., Fl. Brit. Ind. 2 : 601 (1879).
— Adenia singaporeana (Wall.) Engl., l.c. (1891).
Adenia quinluplinervia (Mrç.) Hallier, Meded. Rijks Herb. Leiden 42 : 16(1922).
Adenia angustisepala Craib, Kew Bull. : 406 (1930)
Adenia apiculata (Mast.) Chakravarty, Bull. Bot. Soc. Bengal 3 :
67 (1949)
Modecca apiculala Mast.. in Hook f., l.c. (1879).
— •? Modecca fur/uracea Wall., Cat. n° 1235 (1828).
Adenia banaensis Cusset, Fl. Cambodge Laos Viêtnam 5 : 138
(1967)
Adenia Chevalieri Gagnep., Bull. Mus. Paris 25 : 126 (1919)
— [Adenia Chevalierii Gagnep., in Lecomte, Fl. Gén. Indoch. 2, t. 114 (1921)).
Adenia cordifolia (Blume) Engl., l.c. (1891)
— Modecca cordifolia Blume, Bijdr. 15 : 959 (1826), non auct. div.
- Modecca oblusa Blume, l.c. (1826).
— Microblepharis cordifolia (Bl.) M. Roem., l.c. (1846).
— Microblepharis oblusa (Bl.) M. Roem., l.c. (1846).
— Adenia oblusa (Bl.) Engl., l.c. (1891).
— - Adenia populifolia (Bl.) Engl. var. pentamera King, Journ. As. Soc. Bengal
71 : 54 (1902).
Source : MNHN, Paris
- 373 -
Adenia formosana Havata, le. PI. Formosanarum 4 : 8 (1914),
pro syn.
■— Modecca formosana Hayata, l.c.
Adenia heterophylla (Bl.) Koorders, Exkurs.-Fl. Java 2 : 632
(1912)
— Modecca heterophylla Blume, l.c. (1826), non Kurz (1867).
— Passiflora coccinea Blanco, l.c. (1837), non Banks, nec A uni. et.
Microblepharis heterophylla (Bl.) M. Roem.., l.c. (1846).
Adenia coccinea (Blanco) Merrill, Philipp. Journ. Sc. 3 : 421 (1909).
Adenia linearis Craib, Kew Bull. : 407 (1930)
Adenia macrophylla (Bl.) Koorders, l.c. (1912)
— Modecca macrophylla Blume, l.c. (1912).
— Microblepharis macrophylla (Bl.) M. Roem., l.c. (1846).
Adenia nicobarica (Kurz) King, Journ. As. Soc. Bengal 71 :
52 (1902), non Ridl. (1920)
- Modecca nicobarica Kurz., Journ. Bot. 13 : 326 (1875).
— ? Passiflora penangiana Wall., Cat. n° 1233 (1828), riomen solum.
— ? Disemma penangiana (Wall.) Miq., l.c. (1858).
Adenia parviflora (Blanco) Cusset, l.c. (1967) 1
— Passiflora parviflora Blanco, Fl. Filip., ed. 1 : 649 (1837), non Swartz (1788).
— Modecca parviflora Blanco, Fl. Filip., ed. 2 : 453 (1845).
- Modecca heterophylla Kurz, Andam. Rep., App. A : 39 (1867), non Blume (1826).
— Modecca cardiophylla Mast., in Hook. f., l.c. (1879).
- Modecca cordifolia auct., non Blume : Kurz, Journ. As. Soc. Bengal 2 : 132 (1876)
Mast., in Hook. f., l.c.
Adenia cardiophylla (Mast.) Engl., Bot. Jahrb. 14 : 376 (1891).
— Adenia pinnalisecla Gagnep. sensu Pham Hoang Hô, Fl. Viêtnam : 148 (1960).
Adenia parvifolia (Pierre) Gagnepain, Bull. Mus. Paris 25 : 127
(1919)
— Modecca parvifolia Pierre ex Gagnepain, l.c.
— Adenia nicobarica Ridl., FI. Mal. Pen. 1 : 106 (1922), pro parte, non King.
Adenia Pierrei Gagnep., l.c. (1919)
Adenia pinnatisecta (Craib) Craib, Kew Bull. : 124 (1914)
— Modecca pinnalisecla Craib, Kew Bull. : 56 (1911).
Adenia Poilanei Cusset, Fl. Cambodge Laos Viêtnam 5 : 151
(1967)
Adenia saxicola Craib, Kew Bull. : 407 (1930)
Adenia viridiflora Craib, Kew Bull. : 124 (1914)
— Adenia Harmandii Gagnep., Bull. Mus. Paris 25 : 126 (1919).
1. Pour la légitimité de l’épithète spécifique, voir Code de la Nomenclature (Congrès
d’Edinburgh), article 72 (note).
Source : MNHN, Paris
374
Adenia Wightiana (Wall.) Engl., l.c. (1891)
Modecca Wightiana Wall. Cat., n« 6764 (1828).
- Modecca diversi/olia Wall. Cat., n" 6783 (1828).
Microblepharis Wightiana (Wall.) M. Roem., l.c. (1846).
+ Genus PAROPSIA Noronh. ex Thouars, Hist. Végét. Isles Afrique
59 : 19 (1805)
Paropsia vareciformis (Griff.) Mast., Trans. Linn. Soc. 27 :
639 (1871)
— Trichodia vareci/ormis Griffith, Notul. 4 : 571 (1854).
— Paropsia malayana Planch. ex Mast., l.c.
+ Genus PASSIFLORA L., Sp. PI. : 955 (1753)
A Subgenus plectostemma Mast., Trans. Linn. Soc. 27 : 626 (1871)
Passiflora altebilobata Hemsl., Kew Bull. : 17 (1908)
Passiflora assamica Chakravarty, Bull. bol. Soc. Bengal 3 : 48
(1949)
* Passiflora biflora Lam., Encycl. 3 : 36 (1789)
— Passiflora lunata J. E. Sm., Icon. PI. Rar. 11, t. 1 (1790), non Juss. ex DC. (1828).
— Lortelia biflora (Lam.) Seringe, Fl. Jard. 2 : 150 (1849).
— Passiflora spathulata Mast. in Mart., Fl. Bras. 13 : 552 (1872).
Passiflora Brighamii Wats., Proc. Amer. Acad. Sc. 21 : 473 (1887) [* Brighami •].
— Passiflora normalis sensu Sessé et Moç., PI. Nov. Hisp. : 155 (1887), non L
(1759).
Passiflora transuersa Mast. Bot. Gaz. 16 : 7 (1891).
Passiflora burmanica Chakravarty, l.c. (1949)
* Passiflora capsularis L., l.c. (1753)
— Passiflora rubra Lam., l.c. (1789), non L. (1753).
— Passiflora pubescens H.B.K., Nov. Gen. Sp. 2 : 132 (1817).
— Passiflora bilobala Vell., Fl. Flumin. 9 : 78 (1825), non Juss. ex DC. (1828).
— Passiflora lunata Vell., l.c., non Juss.
Xerogona biloba Raf., Fl. Tellur. 4 : 103 (1838).
— Passiflora piligera Gardn., Journ. Bot. 1 : 173 (1842).
— Cieca pubescens (H,B.K.) M. Roem., Fam. Nat. Syn. 2 : 141 (1846).
— Decaloba capsularis (L.) M. Roem., l.c.
— Decaloba Smithii M. Roem., l.c.
— Decaloba piligera (Gardn.) M. Roem., l.c.
— Passiflora paraguayensis Chodat, Bull. Herb. Boissier 7, App. 1 : 74 (1899'.
— Passiflora Hassleriana Chodat, l.c. (1899).
Passiflora celata Cusset, l.c. (1967)
Passiflora yunnanensis Franchet ex Cusset, l.c., pro syn. et pro parte.
Passiflora cochinchinensis K. Spreng., Syst. Veget. 4. Curae
Post. : 346 (1827)
- Passiflora pallida Lour., Fl. Coch. 1 : 527 (1790), non I.. (1753) nec Vell. (1827).
Passiflora liguU/olia Mast., Trans. Linn. Soc. 27 : 632 (1871).
Passiflora linguli/olia Mast. ex Dunn et Tutcher, Kew Bull. : 11 (1912), sphalm.
Passiflora hainanensis Hance, Journ. Bot. 16 : 227 (1878).
Source : MNHN, Paris
- 375 -
Passiflora cupiformis Mast, in Hook. f., Icon. PI. 18 : 1768 (1888)
— Passiflora cupuli/ormis Mast. ex Hemsl., Kew Bull. : 17 (1908), sphalm.
-— Passiflora yunnanensis Franck et ex Cusset, l.c., pro syn. et pro parte (1967).
— ? Passiflora kwangsiensis Li, Journ. Arnold Arboret., 24 : 447 (1943), tlos ignotus.
Passiflora Eberhardtii Gagnep., in Lecomte, 1. c. (1921)
Passiflora Franchetiana Hemsl., in Hook. f., Ic. PI. : 2623 (1899)
— Passiflora Seguini Léveillé et Vaniot, Bull. Acad. Geogr. Bot. 11 : 174 (1902).
' Passiflora gracilis Jacq. ex Link, Enum. PI. 2 : 182 (1822)
— Cieca gracilis (Jacq.) M. Roem., l.c. (1846).
Passiflora Henryi Hemsl., in Hook. f., 1. c. (1899)
' Passiflora holosericea L., Sp. PI. : 958 (1753)
— Decaloba holosericea (L.) M. Roem., l.c. (1846).
-— l.orlelia holosericea (L.) Seringe, l.c. (1847).
— Passiflora reliculata Sauv., Fl. Cub. : 56 (1873).
Passiflora luxllensis Sessé et Moç, Fl. Mexic. : 229 (1887).
Passiflora Horsfieldii Blume, Rumphia 1 : 170 (1835)
— Anlhaclinia Horsfieldii (Bl.) M. Roem., l.c. (1846).
— Disemma Horsfieldii (Bl.) Miq., Fl. Ind. Batav. 1 : 700 (1858).
— Passiflora philippinensis Elmer, Leaflets 16 : 326 (1908).
Passiflora jugorum W. W. Sm., Notes Bot. Gard. Edinburgh 9 :
115 (1916)
Passiflora kwangtungensis Merrill, Lingnan Sc. Journ. 13 : 38
(1934)
Passiflora Leschenaultii DC., Prodr. 3 : 326 (1828)
— Decaloba Leschenaullii (DC.) M. Roem., l.c. (1846).
* Passiflora morifolia Mast., in Mart., 1. c. (1872)
— Passiflora Warmingii Mast., in Mart., I.c. (1872).
— Passiflora Weberiana André, Rev. Hort. 57 : 113 (1885).
Passiflora erosa Rusby, Bull. N. Y. Bot. Gard. 4 : 363 (1907).
Passiflora Heydei Killip, Journ. Wash. Acad. Sc. 12 : 258 (1922).
Passiflora nepalensis Wall., Tent. Fl. Nep. 20 : 11 (1826) [« napa-
lensis »]
— Passiflora nipaulensis Don, Gen. Syst. 3 : 47 (1834).
— Passiflora geminiflora Don, l.c.
— Anlhaclinia nepalensis (Wall.) M. Roem., l.c. (1846).
Passiflora octandra Gagnep., Bull. Mus. Paris 25 : 128 (1919),
emend. Cusset, 1. c. (1967), non Thompson ex DC. (1828)
Passiflora papilio Li, Journ. Arnold Arboret. 24 : 447 (1943),
flos ignotus.
Passiflora perakensis Hallier, Meded. Rijks Herb. Leiden 42 :
5 (1922)
Source : MNHN, Paris
— 376
Passiflora perpera Mast., in Hook. f., Ic. PI. : 1768 (1888)
Passiflora pertriloba Merrill. Journ. Arnold Arboret. 23 : 186
(1942)
Passiflora siamica Craib, Kew Bull. : 55 (1911)
Passiflora Spirei Cusset, 1. c. (1967)
' Passiflora suberosa L., Sp. PI. : 958 (1753)
— Passiflora pallida L., l.c.
— Passiflora hirsuta L., l.c.
— Passiflora minima L., l.c.
— Passiflora nigra Jacq., Obs. Bot. 2 : 27 (1767).
— Passiflora glabra Mill., Gard. Dict., ed. 8, Passiflora n° 4 (1768).
— Passiflora peliata Cav., Dissert. 10 : 447 (1780).
- Passiflora hederacea Cav., l.c.
— Cieca viridis Medik., Malvenfam. : 97 (1787).
— Cieca nigra (Jaco.) Medik., l.c.
— Passiflora angusli/olia Swartz, Prodr. : 97 (1788).
— Passiflora parviflora Swartz, l.c., non Blanco.
— Passiflora heterophylla Dryand. in Air., Hort. Kew. 3 : .109 (1789), non Lam.
(1789).
— Passiflora hederi/olia Lam., l.c. (1789) [“ hederae/olia «].
— Passiflora longi/olia Lam., l.c. (1789).
— G ranadilla suberosa (L.) Gaertn., Fruct. Sem. 2 : 480 (1791).
Cieca heterophylla (Dryand.) Moe.nch, Meth. PL Suppl. : 101 (1802).
- Cieca suberosa (L.) Moench, l.c.
Passiflora littoralis H.B.K., Nov. Gen. Sp. 2 : 138 (1817).
- Baldwinia pettata Raf., Amer. Monthly Mag. : 267 (1817).
— Monactincirma angusli/olia (Swartz) Bory, Ann. Gén. Sc. Phys. Bruxelles 2 :
138 (1819).
— Xlonaclineirma minima (L.) Bory, l.c.
— Monaclineirma suberosa (L.) Bory, l.c.
- Monaclineirma pellala (Cav.) Bory, l.c.
— Monaclineirma hederacea (Cav.) Bory, l.c.
— Passiflora olivi/ormis Vell., l.c. (1827).
— Passiflora globosa Vell., l.c.
— Passiflora Kohauliana Presl, Fl. Bemerk. : 72 (1836).
- Passiflora villosa Mac Fadyen, Fl. Jam. 2 : 151 (1837), non Vell. (1827).
— Meiopleris pellala (Raf.) Raf., Fl. Tellur. 4 : 103 (1838).
— Meiopleris suberosa (L.) Raf., l.c.
— Meiopleris minima (L.) Raf., l.c.
Meiopleris pallida (L.) Raf., l.c.
Meiopleris angusli/olia (Swartz) Raf., l.c.
— Meiopleris hederacea (Cav.) Raf., l.c.
Passiflora Warei Nutt. ex Torr. et Gray, Fl. North Amer. 1 : 539 (1838).
— Passiflora limbala Tenore, Ind. Sem. Hort. Neap. : 12 (1839).
Passiflora flexuosa Gardn., Journ. Bot. 1 : 174 (1842).
— Passiflora pseudo-suberosa Fisch., Ind. Sem. Hort. Bot. Petropol. 9 : 82 (1842).
Cieca pellala (Cav.) M. Roem., l.c. (1846).
Cieca hederacea (Cav.) M. Roem., l.c.
— Cieca pallida (L.) M. Roem., l.c.
— Cieca angusli/olia (Swartz) M. Roem., l.c.
— Cieca olivi/ormis (Vell.) M. Roem., l.c. [« olivae/ormis »).
- Cieca globosa (Vell.) M. Roem., l.c.
— Cieca lilloralis (H.B.K.) M. Roem., l.c.
Source : MNHN, Paris
- 377
— Cieca pseudo-suberosa (Fisch.) M. Roem., I.c.
- Cieca Warei (Nutt.) M. Roem., I.c.
- Cieca minima (L.) M. Roem., I.c.
Cieca flexuosa (Gardn.) M. Roem., I.C.
— Cieca limbata (Tenore) M. Roem., I.c.
Passiflora lineariloba Hook. F., Trans. t.inn. Soc. 20 : 222 (1851).
- Passiflora Iridaclyliles Hook. f., I.c.
• Passiflora puberula Hook. f., I.c.
— Passiflora calliaqualica Krause, Beih. Bot. Centralblatt 32 : 340 (1914).
* Passiflora trifasciata Lemaire, Illustr. Hortic. 15, t. 544 (1868)
Passiflora Wilsonii Hemsl., Kew Bull. : 17 (1908) [« Wilsoni »]
A Subgenus dysosmia (DC.) Killip, Field Mus. Nat. Hist. 19 : 30
(1938)
* Passiflora foetida L., Sp. PI. : 959 (1753)
— Passiflora vesicaria L., Amoen. Acad. 5 : 382 (1760).
— Passiflora ciliala Drvand., in Ait., I.c. (1789).
- Passiflora hibiscifolia Lam., I.c. (1789).
- Granadilla foetida (L.) Gaertn., I.c. (1902).
— Passiflora hirsula Lodd, Bot. Cab. 2 : l. 138 (1818), non L.
— Passiflora ijossypUfolia Desv., in Hamilt., Prodr. 13 : 582 (1825).
Passiflora Hermanii DC., I.c. (1828). [« Hermani »]
Passiflora nigelliflora Hook.. Bot. Mag. 65, t. 3635 (1839).
— Passiflora hastala Bertol., Fl. Guatim. : 427 (1840).
— Dysosmia foetida (L.) M. Roem., I.c. (1846).
Dysosmia gossypiifolia (Desv.) M. Roem., I.c.
Dysosmia nigelliflora (Hook.) M. Roem., I.c.
Dysosmia fluminensis M. Roem., I.c.
Dysosmia hastala (Bertol.) M. Roem., I.c.
- Passiflora Baraquiniana Lemaire, Illustr. Bot. 8, t. 276 (1861).
— Passiflora I.icbmannii Mast., in Mart., Le. (1872). [« Liebmanni >]
— Passiflora hispida DC. ex Triana et Plancii., Ann. Sc. Nat. ser. 5,17 : 172(1873).
— Passiflora marigouja Perrottet ex Triana et Planch., I.c., pro syn.
— Passiflora Morilziana Planch. ex Triana et Planch., Le.
— Passiflora muralis Barb.-Rodr., Contr. Jard. Rio 1 : 29 (1891).
— Passiflora Balansae Chodat, I.c. (1902).
— Passiflora pseudo-ciliala Britton, Bull. Torrey Bot. Club 44 : 19 (1917).
A Subgenus distephana (Juss.) Killip, 1. c.
* Passiflora vitifolia H.B.K., Nov. Gen. Sp. 2 : 138 (1817)
- Passiflora sanguinea J. E. Sm., in Rees, Cycl. 26 : n° 45 (1819).
— Passiflora punicea Ruiz et Pav. ex DC., I.c. (1828).
— Tacsonia sanguinea (.1. E. Sm.) DC., Le. (1828).
— Macrophora sanguinea (J. E. Sm.) Raf., Fl. Tellur. 4 : 103 (1838).
— Passiflora serrulata Jacç. var. pubescens Griser., Bonplandia 6 : 7 (1858).
- Passiflora servitensis Karst., Linnaea 30 : 163 (1859).
Tacsonia Buchananii Lemaire, Le. (1867). [« Buchanani »]
A Subgenus tacsonia (Juss.) Triana et Planchon, 1. c. (1873)
' Passiflora antioquiensis Karst., 1. c. (1859)
- Tacsonia Volxemii Funck, Journ. Hort. Prat. Belg. 5 : 25 (1861) [■ Volxemi »].
- Tacsonia Van-Volxemii Lemaire, Le. (1863).
- Passiflora Van-Volxemii (Lemaire) Triana et Planch., I.c. (1893).
Source : MNHN, Paris
378 -
* Passiflora mixta L. f., Suppl. : 408 (1781)
— Passiflora longiflora Lam., l.c. (1789).
— Passiflora Tacso Cav., l.c. (1790).
—- Tacsonia mixta (L.f.) Juss., Ann. Mus. Paris 6 : 394 (1805).
— Tacsonia longiflora (Lam.) Pers., Syn. PI. 2 : 223 (1807).
— Tacsonia speciosa H.B.K., l.c. (1817).
— Tacsonia mollissima Hort. ex Mast., Gard. Chron. : 388 (1869), non H.B.K. (1817).
— Mucurtija speciosa (H.B.K.) Spreng., Syst. Veget. 3 : 43 (1826).
—- Tacsonia quilensis Benth., PI. Hartw. : 184 (1845).
— Distephana quilensis (Benth.) M. Roem., l.c. (1846).
—• Tacsonia serrala Karst., l.c. (1859).
— Tacsonia urceolala Mast., in Mart., l.c. (1872).
— Tacsonia bicoronala Mast.. in Mart., l.c. (1872).
— Passiflora urceolala (Mast.) Killip., Journ. Wash. Acad. Sc. 17 : 428 (1927).
— Passiflora mesadenia Killip, l.c. (1927).
' Passiflora mollissima (H.B.K.) Bailey, Rhodora 18 : 156(1916)
— Tacsonia mollissima H B.K., l.c. (1817), non Hort. ex Mast. (1869).
— Mucuruja mollissima (H.B.K.) Spreng., l.c. (1826).
— Passiflora tomenlosa Lam. var. mollissima (H.B.K.) Triana et Planch., l.c. (1873).
A Subgenus passiflora
* Passiflora calcarata Mast., Trans. Linn. Soc. 27 : 638 (1871)
* Passiflora caerulea L., Sp. PI. : 959 (1753), non Lour. (1790).
— Granadilla caerulea (L.) Medik., Malvenfam. : 97 (1787).
— Passiflora cliinensis Hort. ex Mast., Journ. Hortic. Soc. 4 : 145 (1877), non Sweet
(1827) .
' Passiflora edulis Sims, Bot. Mag. 45, t. 1989 (1818)
— Passiflora incarnala auct., non L. (1753) : Ker-Gawl., Bot. Reg., 332 (1818);
Perrier, in Humbert, Fl. Madagascar, fam. 143 : 46 (1945), syn. nov.
— Passiflora pallidiflora Bertol., Syll. PL Hort. Bonon. : 6 (1827).
- Passiflora verruci/era Linol., Bot. Reg., t. 52 (1840).
- Passiflora Middleloniana Paxton, Mag. Bot. 9, t. 52 (1842).
— Passiflora rigidula Jacq., Eclog. PI. 2, I. 124 (1844), icon. sol.
— Passiflora rubricaulis Jacq., l.c., t. 169 (1844).
— Passiflora pomifera M. Roem., l.c. (1846).
— Disemma? nov. sp. Miquel, Fl. Ind. Batav. 1 : 701 (1858).
— Passiflora vernicosa Barb.-Rodr., l.c. (1902).
* Passiflora incarnata L., l.c. (1753)
— Granadilla incarnala (L.) Medik., l.c. (1787).
— Passiflora Kerrii Spreng., l.c. (1826).
— Passiflora edulis Sims var. Kerrii (Spreng.) Mast., Trans. Linn. Soc. 27 : 637
(1871).
* Passiflora laurifolia L., l.c. (1753)
— Granadilla laurifolia (L.) Medik., l.c. (1787).
— Passiflora linifolia Juss., Ann. Mus. Paris 6 : 113 (1805).
— Passiflora acuminala DC., l.c. (1828).
— Passiflora oblongifolia Pulle, Enumer. PI. Surinam. : 321 (1906).
— Passiflora capparidifolia Killip, l.c. (1924).
Source : MNHN, Paris
- 379 -
* Passiflora nitida l.c. (1817)
— Passiflora nymphoides Karst., l.c. (1859).
Passiflora odontophylla Harms ex Glaziou, Mém. Soc. Bot. France 3 : 315 (1909),
nomen.
■ Passiflora quadrangularis, L., Syst. Nat. ed. 10, 2 :1248 (1758)
— Granadilla quadrangularis (L.) Medik., l.c. (1787).
— Passiflora letragona M. Roem., l.c. (1846).
— Passiflora macrocarpa Mast., Gard. Chron. : 1012 (1869).
* Passiflora stipulata Aublet, PL Guian. 2 : 830 (1775)
— Passiflora glauca Dryand., in Ait., Hort. Kew. 3 : 308 (1789).
’ Passiflora subpeltata Ortega, Nov. Rar. PL 6 : 78 (1798)
— Passiflora alba Link. et Otto, Icon. PI. Rar. 65, t. 33 (1828).
— Passiflora stipulata sensu Griser., l.c. (1858), non Aubl. (1775).
— Passiflora adenophylla Mast., in Mart., l.c. (1872).
— Passiflora atomaria Planch., in Mart., l.c. (1872).
— Passiflora lulea sensu Sessé et Moç. (1887), non L. (1753).
SPECIES EXCLUDENDAE VEL NON SAT1S COGNITAE
— Passiflora caloneura Kurz, Journ. As. Soc. Bengal 2 : 95 (1877) =
Aristolochia trilobata L.
Passiflora Heyneana Wall., Cal. n° 1233 bis = Erythropalum populifolium
Mast.
— Modecca aliéna Wall., Cat. n° 6766 = Asclépiadacée.
— Passiflora chinensis Sweet, Hort. Brit., ed. 1 : 355 (1827), non Hort. ex Mast.
l.c. (1877).
— Passiflora caerulea Lour., Fl. coch. 1 : 526 (1790), non L.
— Passiflora Loureiri Don, Geog. Syst. 3 : 54 (1834).
CLEF DICHOTOMIQUE
1. Fruit : une baie. Corona et operculum bien développés. PASSIFLORAL.
2. Bractées sétacées, non verticillées. Operculum plissé, en mem¬
brane unique ou en pièces deltoïdes.
. sous-genre Plectostemma Mast.
3. Graine pyramidale, aiguë au sommet. P. Spirei Cusset
3'. Graine lenticulaire, comprimée latéralement :
4. Sépales munis d’un éperon dorsal à leur tiers supérieur :
5. Feuilles largement ovales, cordées.. P. Eberhardtii Gagnep.
5'. Feuilles trilobées, le lobe médian très réduit :
6. Lobes latéraux obtus. P. Franchetiana Hemsl.
6'. Lobes latéraux aigus. P. altebilobata Hemsl.
4'. Sépales sans éperon dorsal, rarement avec une glande
dorsale subapicale :
7. Tiges et rameaux pentagonaux, ailés.... P. Henryi Hemsl.
7'. Tiges et rameaux non ailés :
8. Feuilles trilobées :
9.' Lobe médian < lobes latéraux :
Source : MNHN, Paris
- 380 -
10. Corona en 4 rangées :
11. Pédoncules floraux fasciculés, plus courts que
les pétioles . P. Leschenaultii DC.
11'. Pédoncules floraux bijugués, plus longs que
les pétioles :
12. Page inférieure du limbe velue-tomen-
teuse . P. burmanica Chakr.
12'. Page inférieure du limbe glabrescente...
. P. assamica Chakr.
10'. Corona en 1-2 rangées :
13. Corona en 2 rangées :
14. Filaments de la rangée externe soudés à
leur base en une membrane translucide.
. P. capsularis L.
14'. Filaments libres :
15. Feuilles deux fois plus larges que lon¬
gues . P. biflora Lam
15'. Feuilles plus longues que larges :
16. Lobes latéraux arrondis. Sépales
velus à l’extérieur... P. cupiformis Mast.
16'. Lobes latéraux aigus-acuminés. Sé¬
pales glabres à l’extérieur.
. P. Wilsonii Hemsl.
13'. Corona en une rangée :
17. Rameaux florifères couverts de poils
blancs . P. jugorum W. W. Sm.
17'. Rameaux florifères glabres ou glabrescents :
18. Sépales tous semblables, munis d’une
glande dorsale . P. perpera Mast.
18'. Sépales dissemblables, sans glande dor¬
sale . P. celata Cusset
9'. Lobe médian au moins aussi long que les lobes
latéraux :
19. Corona en 1 rangée :
20. Sépales caudés en un apex linéaire de 3-
4 mm . P. morifolia Mast.
20'. Sépales non caudés. P. pertriloba Merrill
19'. Corona en 2 rangées :
21. Cinq pétales :
22. Pétiole sans glande. P. trifasciata Lem.
22'. Pétiole portant 2 glandes.. P. holosericea L.
21'. Pas de pétale :
23. Page inférieure du limbe verte. Glandes
au-dessus du milieu du pétiole. P. suberosa L.
23'. Page inférieure du limbe glauque. Glandes
en dessous du milieu du pétiole.
. P. gracilis Jacq.
Source : MNHN, Paris
- 381
8'. Feuilles entières :
24. Deux glandes au contact limbe-pétiole, ou dans
le quart supérieur du pétiole :
25. Feuilles densément pubescentes, glauques en
dessous. P. HoTsfieldii Blume
25'. Feuilles glabres, au moins en dessous :
26. Corona en 1 rangée... P. kwangtungensis Merr.
26'. Corona en 2 rangées... P. cochinchinensis Spreng.
24'. Deux glandes entre le milieu et le tiers inférieur
du pétiole :
27. Page supérieure du limbe glabre :
28. Page inférieure du limbe hispide.
. P. perakensis Hallier
28'. Page inférieure du limbe glabre :
29. Limbe 15 à 20 fois plus long que le pétiole..
. P. cochinchinensis Spreng.
29'. Limbe 1 à 2 fois plus long que le pétiole...
. P. nepalensis Wall.
27'. Page supérieure du limbe pubescente ou velou-
30. Huit étamines, 4 stigmates. Corona en
8 groupes. P. octandra Gagnep.
30'. 5 étamines, 3 stigmates :
31. Page inférieure du limbe munie de 10 à
14 glandes en 2 lignes. P. siamica Craib
31'. Page inférieure du limbe sans glande.
. P. Horsjieldii Blume
2'. Bractées foliacées, verticillées en involucre; operculum non
plissé, en éléments linéaires plus ou moins soudés :
32. Bractées pinnatiséquées, bipinnatiséquées ou tripinnatisé-
quées (sous-genre Dysosmia Killip). P. foetida L.
32'. Bractées entières ou dentées :
33. Hypanthium > sépales. sous-genre Tacsonia Tr. et PI.
34. Corona en 3 rangées de filaments linéaires.
. P. antioquiensis Karst.
34'. Corona en 1 ou 2 rangées :
35. Corona en 1-2 rangées de tubercules. Tige angu¬
leuse . P. mixta L. f.
35'. Corona en une membrane crénelée. Tige arrondie...
. P. mollissima Bailey
33'. Hypanthium < sépales :
36. Rangée interne de la corona en tube long de 1 cm,
entourant étroitement l’androgynophore.
(sous-genre Distephana Killip). P. vitifolia H.B.K.
36'. Non ainsi. sous-genre Passiflora.
37. Tige quadrangulaire ailée. P. quadrangularis L.
37'. Tige non ailée :
Source : MNHN, Paris
- 382 -
38. Feuilles lobées :
39. Stipules sétacées, linéaires :
40. Bractées de 20-25 mm sur 10-15 mm.
. P. edulis Sims
40'. Bractées de 4-7 mm sur 2,5-4 mm.
. P. incarnata L.
39'. Stipules foliacées, réniformes ou semi-ovales :
41. Feuilles 5-9 lobées. P. caerulea L.
41'. Feuilles 3-lobées :
42. Pétales deux fois plus longs que les
sépales. P. calcarata Mast.
42'. Pétales égalant les sépales :
43. Operculum haut de 10 mm. Corne du
sépale longue de 2 mm- P. stipulata Aublet
43'. Operculum haut de 2-3 mm. Corne du
sépale longue de 10 mm.
. P. subpeltata Ortega
38'. Feuilles entières :
44. Sépales longs de 20-25 mm. Ovaire tomenteux..
. P. laurifolia L.
44'. Sépales longs de 40-50 mm. Ovaire glabre.
. P. nitida H.B.K.
1'. Fruit : une capsule. Corona peu développée, operculum nul :
45. Arbres dépourvus de vrilles. PAROPSIA Noronh.
Une seule espèce. P. vareciformis Mast.
45'. Lianes munies de vrilles. ADENIA Forsk.
47. Feuilles 5-7 fides ou 5-lobées :
48. Nervation pennée :
49. Une glande unique à la base du limbe. A. saxicola Craib
49'. Deux glandes à la base du limbe :
50. Pédoncule de l’infrutescence de 13-16 cm.
. A. apiculata Chakr.
50'. Pédoncule de l’infrutescence de 6-10 cm.
. A. pinnatisecta Craib
48'. Nervation palmée. A. heterophylla Koorders
47'. Feuilles 3-lobées ou entières :
51. Feuille à base cordée :
52. Feuille grossièrement dentée dans sa moitié inférieure.
. A. viridijlora Craib
52'. Feuille non dentée :
53. Feuille trilobée :
54. Fruit long de 13-15 cm. A. heterophylla Kds.
54'. Fruit long de moins de 8 cm :
55. Glandes laminaires. Pétales insérés à la base de
l’hypanthium :
56. 2 glandes basales. Pédoncule de l’infrutes¬
cence long de 10 cm. A. trilobata Engl.
Source : MNHN, Paris
- 383
56'. 2 glandes basales + 2 en dessous des sinus
interlobaires. Pédoncule de l’infrutescence
long de 3-4 cm. A. palmata Engl.
55'. Glandes au sommet du pétiole. Pétales insérés
au tiers supérieur de l’hypanthium.
. A. parviflora Cusset
53'. Feuille entière :
56. Fruit pyriforme à paroi très épaisse.
. A. Pierrei Gagnep.
56'. Fruit ovoïde ou fusiforme à paroi mince :
57. Fruit anguleux long de 7-10 cm.
. A. cordifolia Engl.
57'. Fruit non anguleux :
58. Pédoncule de l’infrutescence long de 15 cm...
. A. acuminata Koorders
58'. Pédoncule de l’infrutescence long de moins
de 8 cm :
59. Deux glandes au sommet du pétiole.
. A. parviflora Cusset
59'. Deux glandes laminaires basales + deux en
dessous des sinus interlobaires.
. A. palmata Engl.
51'. Feuille à base arrondie ou cunéiforme :
60. Marge foliaire munie dans son tiers inférieur de petites
glandes noires. A. Chevalieri Gagnep.
60'. Marge foliaire sans glande :
61. Feuille des rameaux florifères de 3-7 cm sur 1,5-
62. Page inférieure du limbe veloutée. Partie peltée
de la feuille longue de 5 mm au moins.
. A. Poilanei Cusset
62'. Page inférieure du limbe glabre. Partie peltée de
la feuille longue de moins de 2 mm :
63. Feuilles papyracées-translucides. Sépales
ovales :
64. Feuille ovale à 2 glandes pétio-laminaires...
. A. parvifolia Gagnep.
64'. Feuille obscurément trilobée, avec une glande
laminaire basale. A. Wightiana Engl.
63'. Feuilles chartacées rigides. Sépales linéaires :
65. Pétiole lisse, long de 4-6 mm.
. A. angustisepala Craib
65'. Pétiole canaliculé, long de 7-13 mm.
. A. linearis Craib
61'. Feuilles des rameaux florifères de 10-15 cm sur 3-
66. Fruit à base arrondie, brusquement stipité :
Source : MNHN, Paris
- 384
67. Ovaire trimère. Feuilles entières.
. A. macrophylla Koordcrs
67'. Ovaire 4-5-mère. Feuilles trilobées.
. A. formosana Hayata
66'. Fruit fusiforme ou ovoïde, à base atténuée :
68. Une glande impaire à la base du limbe +
2 glandes laminaires à son quart inférieur et
souvent 2 glandes à son tiers supérieur.
. A. banaensis Cusset
68'. Deux glandes à la base du limbe.
. A. nicobarica Cusset
SPECIES NON SATIS COGNITÆ :
P. papilio Li, fl os ignotus
Source : MNHN, Paris
385
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 7 (3) 1967.
UN NOUVEAU DORSTENIA (MORAGÉES)
DE CÔTE D’IVOIRE
par
Laurent Aké Assi
Le genre Dorstenia Linn. est essentiellement tropical afro-américain ;
les quelques autres représentants, sur les autres continents, sont très peu
nombreux. Suivant nos connaissances actuelles, le nombre total de ses
espèces pour le monde entier, est d’environ 245. Elles sont réparties
comme suit :
Ancien monde :
Afrique tropicale 162
Éthiopie . 5
Madagascar. ô
Arabie .... 2
Socotra . I
Birmanie . 2
Inde orientale I
Amérique tropicale. 66
Cette répartition indique que l’Afrique tropicale est le centre prin¬
cipal d’accumulation des espèces du genre Dorstenia.
Le nombre total d’espèces jusqu’à présent connues en Afrique tro¬
picale occidentale (du Cameroun occidental au Sénégal) était de 21,
toutes herbes terrestres ou arbrisseaux; parmi celles-ci, trois se ren¬
contrent en Côte d’ivoire : D. Embergeri, D. Smylhei et D. lurbinata.
La vingt-deuxième espèce de l’Afrique occidentale pousse en épiphyte
au sommet du mont Tonkoui, dans la région de Man à environ 1 100 m
d’altitude parmi d’autres innombrables épiphytes, dont les représentants
appartiennent aux familles des Orchidées, Mélastomatacées, Aracées,
Piperacées ainsi qu’aux Fougères.
Dorstenia Astyanactis 1 Aké Assi, sp. nov.
Epiphyta suculenta, glabra. Caulis pendulus, 0,50-1,50 m longus et
jusque 1 cm diametrus. Folia ovata, inordinate dentata et glandulosa secun-
1. Astyanax, prénom du fils de l’Ingénieur des Eaux et Forêts, M. Allah Kouamé,
alors chef de l’Inspection de Man, en compagnie duquel j’ai découvert cette plante.
Source : MNHN, Paris
388 -
Source : MNHN, Paris
- 389 -
dum limbum, 5-13 cm longa et 3-7 cm lata, abrupte acuminata; petiolus
0,5-1 cm longus, crassus. Receptaculi ovati, solitarii ad extremum exfoliatæ
caulium, 2-3,5 cm longi, l,5-2,5 cm lati, virides-subflavi vel violacei. Sola
appendix opposita cauli, 3 cm longa, spathuliforma et pilosa extremitate;
pediculus 0,5-1 cm longus, crassus. Flores masculi numerosi, stamina 1;
flores femini numerosi, 1,5 mm longi; Stylus bifidus. Fructus 1 mm diametrus,
verrucosus, setaceis pilis.
Échantillons : Aké Assi 7633, Mont Tonkoui. 16 janvier 1965; Aké Assi 8023,
Mont Tonkoui, 16 avril 1965 (Type P!).
Épiphyle succulent, glabre, sauf quelques poils sétacés translucides
sur les parties jeunes. Tige pendante, de 0,50-1,50 m de long et jusqu’à
1 cm de diamètre, très peu ramifiée, peu feuillée (seulement 3-4 feuilles à
l’extrémité de chaque rameau), effeuillée de décembre à février durant
la saison sèche, laissant dans ce cas des cicatrices foliaires subérifiées,
Feuilles ovées, courtement cunéiformes à arrondies à la base, abrupte¬
ment acuminées au sommet, de 5-13 cm de long et de 3-7 cm de large,
à bord irrégulièrement denté et glanduleux; nervure médiane très large
et proéminante en dessous, les secondaires au nombre de 5-6 paires
proéminentes en dessous; pétiole de 0,5-1 cm de long, assez fort. Récep¬
tacles solitaires, naissant sur les parties elTeuillées, vers le sommet de la
tige, au-dessus des cicatrices foliaires, apparaissant avant les feuilles,
ovés, convexes, de 2-3,5 cm de long, de 1,5-2,5 cm de large et jusqu’à
0,5 cm d’épaisseur, vert jaunâtre ou violacé; pédoncule de 0,5-1 cm de
long, assez fort; un seul appendice unilatéral opposé à la tige, long de
2-3 cm, à extrémité spatulée et villeuse. Fleurs mâles nombreuses,
petites, à une étamine à anthère biloculaire; fleurs femelles nombreuses,
1,5 mm de long, à style bifide. Fruits ovoïdes, 1 mm de diamètre, ver-
ruqueux, à poils sétacés, beiges.
CLÉ DES ESPÈCES DE OOFtSTENlA DE COTE D'IVOIRE
1. Réceptacles avec un seul appendice unilatéral; épiphyte suc¬
culent, pendant de 0,50-1,50 m de long; feuilles ovées, de 5-
13 cm de long et de 3-7 cm de large, à bord irrégulièrement
denté et glanduleux. D. Astyanactis Aké Assi
2. Réceptacles avec deux appendices bilatéraux :
a. Arbrisseau de 2 m de haut; feuilles très variables de forme et
de grandeur, étroitement oblongues-elliptiques à oblon-
gues-lancéolées, entières à légèrement lobulées-dentées, de
5-15,5 cm de long et de l,5-6,5 cm de large... D. Smythei Sprague
b. Herbe de 5-15 cm de haut; feuilles elliptiques à rhombiques,
de 3-7 cm de long et de 2-3 cm de large... D. Embergeri Mangenot
3. Réceptacles avec quatre appendices; arbrisseau jusqu’à 2 m de
haut; feuilles oblancéolées, de 8,5-15 cm de long et de 2,5-
4 cm de large. D. turbinala Engl.
Source : MNHN, Paris
- 390 -
LE DORSTENIA DJETT1I J. L. Guillaumet EST UN CRATEROOYNE
(Par N. Hallé et L. Aké Assi).
Craterogyne Djettii (J. L. Guillaumet) N. Hallé et Aké Assi,
comb. nov.
Bas. : Dorstenia Djeltii J. L. Guillaumet, Adansonia, ser. 2, 5 : 99 (1965).
Cette espèce dépourvue d’appendices a été rapprochée par son auteur
du Dorstenia elliplica Bureau. Ce rapprochement est digne d’intérêt,
maïs en fait le D. elliplica est une espèce marginale du genre et sa position
mériterait d’être confirmée. Une espèce gabonaise d’un genre voisin, le
Cralerogyne oligogyna (Pellegrin) Lanjouw (1935), se présente à tout point
de vue comme beaucoup plus voisine de l’espèce de J. L. Guillaumet
ce qui justifie notre combinaison nouvelle : mêmes larges stipules à veines
en stries parallèles, finement pubérulentes sur la face externe et caduques;
même teinte brune sur le sec et même réticule foliaire finement apparent.
Bibliographie
Aké Assi, L. — Étude floristique de la Côte d'ivoire et des territoires limitrophes : 79
(1963).
Bureau. — Bull. Soc. Bot. Fr. 33 : 70 (1886).
Engler, A. — Monographieen Afrikanischer Pflanzen-Familien und Grattungen,
Moraceæ: 5 (1898).
Guillaumet, J.-L. — Un nouveau Dorstenia (Moracées) en Côte d’ivoire, Adansonia
ser. 2, 5, 1 : 99 (1965).
Hauman, L. — Flore du Congo Belge et du Ruanda-Urundi 1 : 58 (1948).
Keay, R. W. J. in Hutchinson & Dalziel. — F.W.T.A., edit. 2, 1 : 595 (1958).
Lanjouw, Rec. Trav. Bot. Néerl. 32 : 272 (1935).
Mangenot, G. — Sur trois espèces nouvelles des forêts denses delà Côte d’ivoire, Bull,
I.F.A.N. 19, sér. A, 2 : 355 (1957).
— Dorstenia Embergeri, Icônes Plantarum Africanarum 4 : 85 (1957).
Pellegrin, F. — Bull. Mus. Paris, ser. 2, 1, 2 : 162 (1929).
Rendle, A. B. — F.T.A. 6, 2 : 25 (1916).
Source : MNHN, Paris
l, ser. 2, 7 (3) 1967.
PLANTES RARES OU INTÉRESSANTES
DE LA RÉPUBLIQUE DU NIGER
par
J. -P. Lebrun et B. Peyre de Fabrègues
Au cours de trois missions d’études pastorales effectuées en Répu¬
blique du Niger — la première d’août 1962 à avril 1963, la seconde de
mai 1964 à janvier 1965, la troisième enfin de février à décembre 1966 —
un important matériel botanique (plus de 2 000 numéros) a été réuni par
M. B. Peyre de Fabrègues, Chercheur de l’Institut d’Élevage et de
Médecine Vétérinaire des pays Tropicaux 1 .
L’étude de ces intéressantes collections a révélé l’existence dans le
domaine de la « Flora of West Tropical Africa » d’espèces qui n’y avaient
pas encore été rencontrées ou d’espèces qui ne figurent pas dans cet
ouvrage, bien que déjà signalées dans des publications antérieures.
Parmi ces espèces, beaucoup atteignent au Niger la limite de leur
aire; par exemple, Nollelia chrysocomoides, plante ouest-méditerranéenne,
ne dépasse pas le Niger vers le sud; Cralerostigma planlagineum, Scrophu-
lariacée bien représentée sur les plateaux d’Afrique orientale, trouve ici
son extrême limite occidentale; Slrychnos spinosa, commun dans les
savanes soudaniennes, atteint sa limite nord au Niger méridional. Ce
pays, encore mal connu floristiquement voit se mêler des espèces d’ori¬
gines très diverses : méditerranéennes, orientales, tropicales, dont les
aires viennent jusqu’en son territoire mais ne le dépassent pas; le Niger
est donc un véritable carrefour biogéographique par sa position privi¬
légiée au centre de l'Afrique occidentale, à la croisée de plusieurs grands
courants floristiques.
Nous tenons à adresser nos plus sincères remerciements — à M. le Pr.
A. Aubréville, Directeur du Laboratoire de Phanérogamie du Muséum
National d’Histoire Naturelle de Paris, qui nous a accordé les plus grandes
facilités pour la consultation des herbiers de son laboratoire — aux divers
spécialistes qui ont bien voulu nous apporter leur concours : M. H.
1. 10, rue Pierre-Curie (94), Maisons-Alfort; les deux premières missions ont été
effectuées dans le cadre de conventions passées entre le Ministère de l'Économie Rurale
de la République du Niger et l’I.E.M.V.T. — la troisième entre cet organisme et l’Orga¬
nisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (F.A.O.).
Source : MNHN, Paris
- 392 -
II. Heine, Maître de Recherches au C.N.R.S., M me A. Raynal, du
Muséum, M. A. J. M. Leeuwenberg de Wageningen, M. W. D. Clayton
des Jardins Botaniques Royaux de Kew et M. Lars E. Kers de Stockholm.
Précisons enfin que les vingt-deux espèces étudiées sont classées par
ordre alphabétique de famille.
AGANTHACEÆ
1. Barleria eranthemoides R. Br. ex C.B.Cl., F.T.A. 5 : 147 (1899).
Peyre de Fabrègues 1643, à 20 kin à l’est de Takiéta ( 13°45' N-8°40' E),
25-5-1966, au bord de la route, légère dépression à sol argileux sur latérite
dans la brousse tigrée, ALF!; 2119, localité et station presque identiques,
27-9-1966, ALF!
Chaméphyte ou sous-arbrisseau épineux formant des buissons bas
et denses; fleurs ocre-crème; dans l’Ouest africain, connu du Nigéria.
2. Barleria Hochstetteri Nees ex DC., Prodr. 11 : 231 (1847).
Peyre de Fabrègues 1335, environs de Kao-Kiloum, massif du Kou-
tous (14°19' N-10°12' E), 12-1964, sur éboulis gréseux, ALF!; 2016, près
de Magagé, massif du Koutous (14°25' N-10°01' E), 20-8-1966, sur éboulis
gréseux, ALF!
Élément saharo-sindien signalé d’abord par Pitot dans l’Aïr méri¬
dional (mont Tarraouaji); la plante y fut aussi récoltée par Chopard et
Villiers (voir Bruneau de Miré et Gillet, Journ. Agr. Tropic. bot.
appl. 3 : 719, 1956). Non signalé dans la F.W.T.A., ed. 2 (1963).
Source : MNHN, Paris
- 393 -
3. Ruellia patula Jacq., Mise. Bot. 2 : 358 (1781).
Peyre de Fabrègues 1899, Aouza, massif du Koutous (14°21' N-
9°55' E), 13-7-1966, dans les éboulis gréseux, ALF!; 1912, à 3 km à
l’ouest de Oualléram, massif du Koutous (14°38' N-10°14' E), 21-7-1966,
ALF!; 1986, Likariri ( 13°51 ' N-10°08' E), 9-8-1966, sur les pentes du
piton quartzitique, ALF!; 2081, environs de Koursadi (14°13' N-9°35' E),
9-9-1966, sous l’ombre du couvert arbustif, dans un bas-fonds à sol
argileux, ALF!
Chaméphyte branchu, frutescent, limité aux sols argilo-caillouteux
arides. Signalé par Pitot, 1. c. : 57, dans l’Aïr (Irabellaben, monts
Baguezans; plateau des Baguezans) et par Bruneau de Miré et Gillet,
1. c. : 720, dans l’Aïr méridional (massif des Taraouadji) et central (pla¬
teau des Tamgak). Non signalé dans la F.W.T.A., ed. 2 (1963).
AMARANTHACEÆ
4. Gomphrena celosioides Mart., Nov. Act. Nat. Cur. 13 : 301
(1826).
Peyre de Fabrègues 1863, vers Tassao (13°05' N-9°10' E), 12-7-1966,
sur jachère sableuse, ALF!
Amérique du Sud, Indes, Java et Australie méridionale. Connu en
Afrique tropicale des pays suivants : Angola, Cameroun, Congo ex-Belge,
Ghana, Mozambique, Natal, Rép. du Soudan, Rhodésie, Sud-Ouest
africain, Tanzanie, Tchad, Transvaal. (Voir Holzhammer, Die Amerika-
nischen Arten des Gattung Gomphrena L., 2 Teil, Mitt. Bot. Staats.
München 2, 14-15 : 178-257 (1956) ; Cavaco, les Amaranlhaceæ de l’Afrique
au sud du Tropique du Cancer et de Madagascar, Mém. Mus. Nat. Hist.
Nat., n. s., sér. B, 13, 254 pp. (1962).
Nouveau pour la République du Niger.
ASCLEPIADACEÆ
5. Cynanchum hastifolium N.E. Br., Kew Bull. : 257 (1895).
Peyre de Fabrègues 1903, massif du Koutous, Aouza, 13-7-1966, sur
éboulis gréseux; 2020, massif du Koutous, Magagé, 20-8-1966, sur grès;
2065, même localité, 3-9-1966.
Connu d’Érythrée, d’Éthiopie et du Sénégal.
Nouveau pour la République du Niger.
BORAGINACEÆ
6. Heliotropium rariflorum Stocks, in Hook., Kew Journ. Bol.
4 : 174 (1852).
S y.n. : ? H . slellulalum Maire, Bull. Soc. Hist. Nat. Afr. Nord 29 : 137 (1938).
— H. slrigosum Willd. var. slellulalum (Maire) Monod, Contr. Et. Sali, occ., Phané¬
rogames 2 : 106, t. 14 (1939).
Peyre de Fabrègues 863 bis, dans les environs de Termit Sud (15°50' N-
11°30' E), 15-9-1964, sur sable dunaire très sec et pauvre, ALF!.
Source : MNHN, Paris
- 394
Élément typiquement saharo-sindien, rare dans l’Ouest de l'Afrique
où il est connu seulement de Mauritanie. (Voir H. Heine : Four représen¬
tatives of the Saharo-Sindian Elément in the flore of Sénégal and Mauri-
tania, Kew Bull. 16 , 2 : 203-207 (1962).
Déjà signalé par Audry et Rossetti (Prospection écologique. Études
en Afrique occidentale. Observations sur les sols et la végétation en
Mauritanie du Sud-Est et sur la bordure adjacente du Mali (1959 et 1961,
F.A.O., Rome, 1962) près d’Oujaf (17°57' N) herb. J. Raynal!
Non signalé dans la F.W.T.A., ed. 2 (1963).
7. Moltkiopsis ciliata (Forsk.) I. M. Johnston, Journ. Arn. Arb.
34 : 3 (1953).
Syn. : Mollkia callnsa (Vahl) Wettst., Oesterr. Bot. Zeit. 67 : 368(1918).
Peyre de Fabrègues 455 , environs de Termit-Ouest (16°05' N-l 1°15' E),
25-6-1964, ALF!; plante suffrutescente en touffes denses, très commune
dans les dunes vives traversées par la piste chamelière de Tasker à Termit-
Ouest, ALF!; 631, à quelques kilomètres au nord de Tasker (15°08'-
J0°42' E), 2-8-1964, sur dunes à sable mouvant, ALF!; 881, au N.-E.
de Termit-Sud (16°00' N-ll°35' E), 15-9-1964, sur sable dunaire aride,
ALF! Connu à l’est du massif du Gréboun (Bruneau de Miré), 1. c. :
713. Déjà signalé par Audry et Rossetti (1. c.) à Debed Biga (17°28' N);
connu aussi à Atar.
Non signalé dans la F.W.T.A., ed. 2 (1963).
CAPPARIDACEÆ
8. Gleome angustifolia Forskal, Fl. Aegypt. Arab. : 120 (1775).
Peyre de Fabrègues 535, Tasker, 28-7-1964, sur dunes; 632, Gouré,
2-8-1964, sur sable.
Taxon connu d’Afrique du Sud, de la République du Soudan, d’Éthio¬
pie, d’Arabie et maintenant du Niger.
Nouveau pour le domaine de la F.W.T.A., ed. 2 (1954).
COMPOSITÆ
9. Nolletia chrysocomoides Cass., Dict. Sc. Nat. 37 : 479 (1825).
Peyre de Fabrègues 1811, à 13 km à l’ouest de N’Guigmi, dans le
désert de Tal (14°15' N-13°05' E), 20-6-1966, sur sable, ALF!
Très probablement la localité la plus méridionale connue à ce jour,
de cette espèce récoltée en Espagne, au Maroc, en Algérie, en Tunisie,
Tripolitaine et Mauritanie.
Le Tal, d’étendue réduite est formé de sables vifs absolument stériles,
blancs, sur lesquels la végétation est réduite à de rares touffes parmi les¬
quelles dominent celles d’Aristida pungens Desf. et d’Asthenatherum
Source : MNHN, Paris
- 395 -
Forskalaei (Vahl) Nevski. Nouveau pour le domaine de la F.W.T.A.,
ed. 2 (1963).
CONV OLVULACEÆ
10. Seddera latifolia Hochst. et Steud. ex Hochst., Flora 27,
Bes. Beilage : 8, t. 5, fig. B, C (1844).
Syn. : Breweria argenlea Terrac., Ann. Inst. Bot. Roma 5 : 104 (1894).
Peyre de Fabrègues 145, Tilia (16°10' N-4°45' E), 10-9-1962, dans un
ravin de colline calcaire, ALF! ; 904, au nord-est de Termit-Sud (16°00' N-
11°35' E), 17-9-1964, sur sable aride, ALF!
Connu aussi par les récoltes Koechlin : 6735, In Arouinat, rég. de
Tahoua, sol rocheux, sept. 1961 ; 6854, rég. de Tahoua, falaise de Tilia,
sept. 1962, P!
Élément saharo-sindien signalé dans l’Aïr méridional (massif des
Taraouadji; Elmiki; Timia) par Bruneau de Miré et Gillet, 1. c. : 717,
sur pentes pierreuses et ravinelles des basses montagnes avec Ileliotro-
pium strigosum). Non signalé dans la F.W.T.A., ed. 2, 1963 (voir Heine,
1. c., 1962 qui signale l’espèce en Mauritanie et Hepper, Preliminary
account of the Phytogeographical aflinities of the Flora of West Tropical
Africa, Webbia 19 : 593-617 (1965).
CRU CIFERÆ
11. Morettia canescens Boiss., Diagn., 2, 8 : 17 (1842).
Peyre de Fabrègues 81, entre Tassara et Tilia (16°30' N-5°00' E),
9-9-1962, sur sable tassé sec, ALF!; 158, Tilia (16°10' N-4°45' E), 10-9-
1962, dans un ravin de colline calcaire, ALF!
Signalé par Bruneau de Miré et Gillet, 1. c. : 227 : « Tout le massif
de l’Aïr aussi bien dans les éboulis, les sols sablonneux ou compacts » et
par Audry et Rossetti (1. c.) à Dahr Néma (17°05' N).
Non signalé dans la F.W.T.A., ed. 2 (1954).
GRAMINEÆ
12. Aristida rhiniochloa Hochst., Flora 38 : 200 (1855).
Peyre de Fabrègues 1337, à quelques kilomètres au sud-ouest de Kao-
Kiloum, Massif du Koutous (14°19' N-10°12' E), 12-1964, sur sol squelet¬
tique développé sur dalle gréseuse, ALF!; 2072, même localité, 9-9-1966,
ALF! La plante existe aussi près de Magagé.
Plante d’Afrique du Sud, d’Angola, de l’Est africain, d’Abyssinie
et d’Érythrée; découverte au Tchad, dans l’Ennedi en septembre 1964
sur grès disloqués par Gillet (voir Bourreil et Gillet : Sur la présence
d’un Arislida d’Éthiopie et d’Afrique australe dans le massif de l’Ennedi
(Nord Tchad), Rev. Agricult. Trop. bot. appl. 12 : 108-113, 1965).
Nouveau pour le domaine de la F.W.T.A., ed. 1 (1936).
Source : MNHN, Paris
- 396 -
13. Brachiaria serrifolia (Hochst.) Stapf, F.T.A. 9 : 548 (1919).
Peyre de Fabrègues 379 : Toukounous (14°30' N-3°40' E), 6-3-1963,
sur sable humide, à l’ombre, ALF!; 2124, aux environs de Takiéta
(13°45' N-8°40' E), 27-9-1966, dans la brousse tigrée, sur sol argileux, à
l’ombre, ALF!
Nouveau pour le domaine de la F.W.T.A., éd. 1, 1936.
Abyssinie; Érythrée.
14. Panicum heterostachyum Hack., Oest. Bot. Zeitschr. 51 :
430 (1901).
Peyre de Fabrègues 1217, à quelques kilomètres au sud de Takiéta
(13°35' N-8°30' E), 20-11-1964, dans la brousse tigrée, sur sol argileux
de bord de mare à l’ombre, ALF!; 2117, à l’est de Takiéta (13°45' N-
8°40' E), 27-9-1966, brousse tigrée, sol argileux sur cuirasse, ALF!
Première récolte dans l’Ouest africain.
Kenya; Uganda; Transvaal; Rhodésie; Érythrée.
LOGANIACEAE
15. Strychnos spinosa Lam., lllustr. 2 : 38 (1794).
Peyre de Fabrègues 1265, Magaria (13°00' N-8°45' E), 28-11-1964,
sur sable profond, ALF!; 1845, Magaria (13°00' N-8°55' E), 2-7-66, sur
sable, ALF! Arbre banal des savanes soudaniennes mais nouveau pour
la République du Niger, où il atteint sa limite nord.
Du Sénégal à l’Afrique du Sud, Madagascar et Maurice.
MALVACEAE
16. Pavonia patens (Andr.) Chiov., Ann. Bot. 13 : 409 (1915).
Peyre de Fabrègues 489, à 15 km au nord de Gouré (14°09' N-10°12' E),
15-7-1964, bas-fonds sablo-argileux, inondables, avec Acacia seyal, ALF!;
1700, massif du Koutous (14°25' N-10°12' E), 15-6-1966, dans une dépres¬
sion sur sol argilo-pierreux, ALF!; 2185, bas-fonds soblo-argileux, Magagé
(Koutous), 30-9-1966.
Plante signalée par Bruneau de Miré et Gillet dans l’Aïr méri¬
dional (massif des Bagezan, Iralabelaben), 1. c. : 246.
Non signalé dans la F.W.T.A., ed. 2 (1958).
Rép. du Soudan ; Afrique de l’Est du Transvaal et Natal à l’Éthiopie ;
Angola, Sud-Ouest africain.
PAPILIONACEÆ
17. Crotalaria saharæ Coss., Bull. Soc. Fr. 11 : 165 (1864).
Peyre de Fabrègues 982, In Abangarit (17°54' N-6°03' E), 25-9-1964,
sur sables. Récolté par Volkonsky au Tamesna; par Bruneau de Miré
à In Todof, 1. c. : 428.
Non signalé dans la F.W.T.A., ed. 2 (1958).
Source : MNHN, Paris
- 397 -
18. Indigofera suaveolens Jaub. et Spach, Illustr. PI. Or., t. 489
(1856).
Peyre de Fabrègues 573, à 20 km au sud de Kao-Kiloum (14°19' N-
10°12' E), 1-8-1964, dans un bas-fond argilo-pierreux de l’éboulis gréseux
du massif du Koutous, ALF!; 583, près de Boutoum (14°36' N-10°17' E),
1-8-1964, dépression sablo-argileuse au pied de l’éboulis gréseux du Kou¬
tous, ALF!; 1697, entre Tedjira et Zinder, 15-6-1966, dépression sablo-
argileuse, ALF!; connu de l’Aïr (Aouderas, 8°50' E, 17°40' N) par une
récolte de Buchanan. (Voir Gillet, Indigofera (Microcharis) in Tropical
Africa, Kew Bull., Add. sér. 1, 1958).
19. Tephrosia nubica (Boiss.) Bak., F.T.A. 2 : 125 (1871).
Peyre de Fabrègues 60, près d’In Waggeur (16°10' N-6°40' E), 8-9-
1962, sur sables profonds, ALF!; 242, au pied du piton de Digdiga
(15°30' N-3°50' E), 15-10-1962, sur sable dunaire, ALF!; 581, Boultoum
(14°36' N-10°17' E), 1-8-1964, sur ensablement au pied du massif du
Koutous, ALF!; 906, massif de Termit, à Termit-Sud (15°45' N-13°25' E),
17-9-1964, dans le fond sableux d’un Kori descendant du massif de Termit,
ALF!; 1902, massif du Koutous, Aouza (14°21' N-9°57' E), 3-7-1966,
dans une fissure à sol argilo-sableux sur éboulis gréseux, ALF!
Signalé dans l’Aïr par Bruneau de Miré et Gillet, 1. c. : « Un peu
partout, sables et rochers » et aussi, antérieurement par Pitot, 1. c. : 48.
Connu aussi par les récoltes Koechlin 6689, llleba, rég. de Tahoua, dunes,
sept. 1961, P ! ; signalé par Gillett, Notes on Tephrosia in Tropical
Africa, Kew Bull. 13, 1 : 122 (1958) d’après un échantillon de Buchanan
récolté au mont Baguezane (8°30' E, 17°45' N).
Signalé par Audry et Rossetti (1. c.) mais dubitativement à Dahr
Néma près Oujaf; échantillon in herb. J. Raynal!
Non signalé dans la F.W.T.A., ed. 2 (1958).
SCROPHULARIACEÆ
20. Craterostigma plantagineum Hochst., Flora 24 : 669 (1841).
Peyre de Fabrègues 1705, près de Koursadi (entre Damagaram et
Tirmou) (14°14' N-9°36' E), 15-6-1966, dans une dépression inondable,
sur sol de décrue, argilo-sableux, ALF!; 1896, près de Damagaram
Ganatcho (14°17' N-9°41' E), 12-7-1966, dépression arbustive à sol
argilo-sableux, très humide, en fin de décrue à l’ombre de Grewia, ALF!
Rare espèce du Sud-Ouest et de l’Est africains atteignant le Niger
oriental.
Nouveau pour le domaine de la F.W.T.A., ed. 2 (1963).
Pour l’écologie de cette espèce, voir : Hornby H. E. et Hornby R. M.,
The reaction of Craterostigma plantagineum Hochst. to dessication,
Kirkia 4 : 217-219 + 2 tab. (1963-64).
Source : MNHN, Paris
- 398 —
SOLANACEÆ
21. Solanum albicaule Kotschy ex Dunal, in DC., Prodr. 13, 1 :
204 (1852).
Peyre de Fabrègues 1911, massif du Koutous, à 3 km à l’ouest de
Oualleram (14°38' N-10°14' E), 21-7-1966, dans les éboulis gréseux du
Koutous, ALF!; 2148, à 5 km à l’ouest de Gouré (13°58' N-10°14' E),
18-9-1966, éboulis gréseux, ALF!
Déjà récolté au Niger dans l’Aïr par Pitot, 1. c. : 55, au plateau des
Baguézans.
Plante sahélienne connue en Afrique tropicale des pays suivants :
Sénégal, Mauritanie, Niger, Tchad, Soudan, Éthiopie, Égypte, Érythrée
et Somalie (voir Heine, 1. c., 1962).
ZYGOPHYLLACEÆ
22. Seetzenia orientalis Decne, Ann. Sc. Nat., sér. 2, 3 : 281 (1835).
Syn. : S. a/ricana R. Br., in Denham et Clapp., Trav. App. : 231 (1826) p. p.
quod descr., sed excl. syn.
Peyre de Fabrègues 181, Tilia (16°10' N-4°45' E), 11-9-1962, sur
terrain caillouteux calcaire, ALF!; 933, Ténéré (16°00' N-U°35' E),
17-9-1964, sur sable très aride aux abords du massif de Termit, ALF!
Nouveau pour le domaine de la F.W.T.A., ed. 2 (1954).
Pour la nomenclature de cette espèce voir : Bullock, Nomencla-
tural Notes : XVI, Kew Bull. 19, 2 : 199-204, 1965.
Institut d’élevage et de médecine vétérinaire
DES PAYS TROPICAUX
Service Agrostologique
Maisons-Alfort
Source : MNHN, Paris
Adansonia, sér. 2, 7 (3) 1967.
SUR UN MODE DE RÉDUCTION DU NOMBRE
DES CONVERGENTS DANS LA PLANTULE
DE CUCUMIS MELO L.
Michèle Lescot
Duchaigne ( 16 ), dans son article sur « le liber inclus ou xylème
interxylémien chez les Cucumis L. », signale que les germinations de
Melon présentent fréquemment une racine triarche (50 % environ) alors
que leur hypocotyle est tétrarche; il n’en fournit cependant pas les carac¬
tères anatomiques. Il est évident que cela est dû au phénomène de réduc¬
tion du nombre des convergents, phénomène assez rare pour l’ensemble
des espèces végétales et qui toucherait ainsi particulièrement l’espèce
Cucumis Melo L.
Nous nous proposons, dans l’étude qui va suivre, de déterminer les
modalités de cette réduction chez les plantules de Melon lesquelles n’ont
encore fait l’objet d’aucunes recherches anatomiques approfondies en ce
domaine.
HISTORIQUE. — C’est dans l’hypocotyle que l’on peut le plus générale¬
ment suivre le passage de la structure dite « racine » à la structure dite
« tige ». Selon une théorie périmée, l’organisation fondamentale de l’appa¬
reil conducteur des Phanérogames consisterait, en effet, en une alternance
des faisceaux criblés et vasculaires dans la racine et en leur superposition
dans la tige. De cette conclusion, est née la théorie du raccord cherchant
à « raccorder » l’une à l’autre ces deux dispositions. Or ce « raccord » peut
s’effectuer tout au long d’une zone de transition, le collet anatomique,
défini par R. Gérard (22) comme « une région plus ou moins étendue
dans laquelle l’axe présente des états transitoires entre les structures
types de la racine et de la tige. Le changement d’épiderme n’est qu’une
des phases de ce passage ». Mais il peut aussi être brutal; en ce sens, le
collet anatomique est très court.
G. Chauveaud a établi qu’il existe à cet égard, trois types de plantes;
il a en outre démontré que ces trois types structuraux sont déterminés
par la suppression plus ou moins rapide, dans le temps et dans l’espace,
Source : MNHN, Paris
- 400 -
des trachéides des phases alternes et intermédiaires; les vaisseaux ont,
en effet, une tendance marquée à apparaître d’emblée au stade superposé
à mesure que l’on s’éloigne de la pointe de la racine. G. Chauveaud
considère que ce comportement traduit un des trois aspects d’un phéno¬
mène général qu’il définit comme étant « une accélération basifuge ».
De toute façon il existe dans chaque plante un niveau où les trachéides
les plus primitives caractéristiques de la « structure racine » cessent de
se différencier. C’est le sommet du collet anatomique, où, apparemment,
on « passe » d’une disposition à l’autre et, définitivement, à une structure
« tige ».
a) le plus souvent, ce sommet se situe à des niveaux variables tout
au long des hypocotyles;
b) cependant, chez certaines plantules, la phase alterne peut se
retrouver au sommet de l’hypocotyle et même jusque dans les cotylédons :
ce phénomène a été montré par G. Chauveaud pour la première fois
dans les cotylédons d’Oignon ( 10 ) en 1901, de Pin maritime ( 11 ) en 1902,
et de Lamier blanc ( 12 ) ainsi que dans quelques autres Labiées, en 1904.
Ces faits, nouveaux alors, présentaient à ses yeux une importance toute
particulière car ils confirmaient ses théories. Non seulement, la tige hypo-
cotylée mais la feuille (cotylédon = feuille primitive) pouvaient présenter
la structure jusque-là attribuée en propre à la racine.
c) à l’opposé, il est des cas extrêmes dans lesquels la suppression des
phases alternes se réalise au-dessous du collet morphologique, dans la
région supérieure de la racine, comme chez Cucurbila, Flicinus, Acer,
décrits par S. Rivière (26).
On distingue ainsi, suivant ces trois cas, des plantules dont le déve¬
loppement est faiblement, moyennement ou très accéléré.
Enfin signalons la particularité que présente l’ Helianlhus où la dis¬
position superposée apparaît dans la racine pour les convergents inter-
cotylédonaires et dans les cotylédons pour les convergents médians.
Notre travail consiste en l’étude de l’ontogénie de l’appareil conduc¬
teur d’une plantule de Melon, Cucumis Melo L. (Cucurbitacées). Nous
savons déjà que cette espèce est caractérisée par une forte accélération
de développement. Elle appartient donc à un type de plantule où il est
toujours délicat de cerner les étapes initiales de l’évolution vasculaire.
Nous avons pu récolter un assez grand nombre de germinations pré¬
sentant cette réduction de 4 à 3 du nombre des convergents. Et cherchant
à établir l’ontogénie et l’évolution de l’appareil conducteur à partir de
germinations d’âges différents (comme Duchaigne l’a proposé pour la
Courge) nous avons choisi trois plantules subissant cette réduction. Nous
nous trouvons donc contrainte de diviser ce travail en deux parties :
— la première partie traitera du phénomène de la réduction du
nombre des convergents chez le Melon et nous obligera, pour ce faire, à
suivre le phénomène dans le sens où il a lieu, c’est-à-dire de haut en bas
dans la plantule;
Source : MNHN, Paris
- 401
— la seconde partie concernera l’évolution de la structure dans le
temps et dans l’espace de trois plantules d’âges croissants.
I. RÉDUCTION DU NOMBRE DES CONVERGENTS
Dès 1858 Naegeli (24) définit les modes de réduction du nombre
des convergents qui se ramènent à deux : « ou bien un faisceau vasculaire
s’éteint et les faisceaux voisins de cambiforme se réunissent ensemble,
ou bien un faisceau de cambiforme disparaît et les deux groupes vascu¬
laires voisins se fondent en un seul ».
Tronchet (27) a montré le rôle que joue l’accélération basifuge dans
cette extinction des convergents. De son côté M. Fourcroy (20) reprend
avec beaucoup de précision l’étude du phénomène chez les Gymno¬
spermes. En fait, bien des espèces peuvent présenter cette réduction qui
apparaît finalement comme une fusion de faisceaux conducteurs au cours
de leur différenciation basipète, caractère absolument général, qui justifie
leur nom de « convergents » que ceux-ci affectent leur forme évoluée
(Bouvrain) ou primitive (Chauveaud).
pi.
La plantule de Melon ne constitue pas un matériel favorable à
cette étude : la réduction que nous devons suivre se réalise effective¬
ment dans la radicule, dans la partie supérieure de celle-ci, mais les
convergents s’y trouvent sous leur forme évoluée. Au-dessous du collet,
Source : MNHN, Paris
- 402 -
la racine, même très jeune, est tétrarche et présente la structure dite
tige. Nous avons donc retenu parmi les trois plantules intervenant dans
la deuxième partie, celle qui était la plus simple à décrire, la plantule B,
dont la figure 1 B, donne la morphologie. Elle a quatre jours de germi¬
nation; sa radicule mesure 2 cm, son hypocotyle environ 0,4 cm. Les
radicelles sont à peine apparentes et la limite morphologique de la racine
et de l’hypocotyle est marquée, comme on le sait, par une excroissance
particulière, le talon.
Comme le souligne Gérard (22) dans les plantules volumineuses
(Haricot, Ricin, Courge, Melon) il se produit souvent dans la partie
supérieure de la racine, laquelle reste grêle, une dilatation qui est le
siège de phénomènes accélérés.
A. LA RÉDUCTION DES CONVERGENTS AFFECTE LA RADICULE
a) Généralités.
Deux directions s'offrent à tous les ontogénistes dans la conduite
de leur travail : ou bien ils observent les coupes s’étageant de la pointe
de la radicule jusqu’à la base des cotylédons, ou bien ils commencent
à l’apex et descendent vers la pointe radiculaire.
Dans le premier cas, on suit plus aisément le développement de
l’appareil conducteur et l’influence progressive de l’accélération basi-
fuge. Cependant, nous avons opté pour la deuxième méthode qui permet
à l’observateur de rencontrer, dans le sens où ils se produisent, les apports
fournis par les différentes parties : cotylédons, gemmule et feuilles épico-
tylées éventuellement.
b) Désignation des faisceaux.
Avant d’aborder la description des faisceaux, nous devons préciser
que nous respectons la terminologie établie par les auteurs, qui nous
ont précédée, notamment A. Tronchet, G. Bouvrain, M. Fourcroy,
A. Duchaigne.
1° Nous plaçons donc : à gauche : le premier des deux cotylédons que
nous appelons A, celui qui s’insère le plus bas; à droite : le deuxième
cotylédon, B, celui qui s’insère le plus haut.
2° Le système cribro-vasculaire fondamental d’une plantule pouvant
comprendre deux catégories de faisceaux conducteurs, nous appelons :
A et B, les deux convergents médians cotylédonaires; C et D les deux
convergents intercotylédonaires, s’ils existent.
3° Pour chaque cotylédon, nous désignerons : la nervure médiane par M;
les nervures latérales proximales par L,; les nervures latérales distales
par L 2 .
c) Étude anatomique.
Seule la radicule nous intéresse et nous décrirons des coupes prati¬
quées à cinq niveaux qui sont déterminés par leur distance au collet
Source : MNHN, Paris
403 -
morphologique, souligné ici, par la présence du talon. Nous utiliserons
pour la désignation des niveaux le numéro qu’ils porteront aussi dans la
seconde partie en anatomie comparée.
La figure I (PI. 2) correspond à une coupe située à 1 mm au-dessous
du collet morphologique, sous le talon qui caractérise ces germinations.
Quatre faisceaux cribro-vasculaires réalisent pleinement une « structure
tige ». Ils permettent de situer les deux plans de symétrie fondamen¬
taux; suivant la tradition nous plaçons horizontalement le plan cotylé-
donaire. Ainsi donc, quoique dans la racine, nous passons au-dessus du
collet anatomique. Des résorptions touchent les plus anciens des vaisseaux
superposés primaires. Rien ne nous permet de hiérarchiser sûrement
entre eux les quatre convergents.
Figure II (PI. 2). L’extension inégale des massifs de phloème (tissu
qui se localise davantage) marque un déséquilibre évident entre les
quatre faisceaux constituants. Un seul d’entre-eux est indépendant;
les trois autres dessinent un arc continu mais aminci en deux points
qui permettent de les désigner, les isolant, topographiquement. Corréla¬
tivement le xylème est presque continu, délimitant la moelle. La struc¬
ture est « moins vieille » qu’au niveau précédent et des trachéides, en posi¬
tion intermédiaire sinon alterne, se reconnaissent notamment par leur
résorption et leur faible calibre. C’est ainsi que nous nous risquons à
désigner les convergents D et C par l’emplacement des trachéides alté¬
rées, à l’extrémité d’un diamètre qui marque ainsi le plan intercotylé-
donaire. C’est l’amincissement du phloème qui situe B, sans qu’on puisse
cependant parler de sa phase alterne, pendant que la bande parenchy¬
mateuse qui sépare les xylèmes et les phloèmes situe A en un secteur
diamétralement opposé. Ainsi se dessine le second plan de symétrie,
plan cotylédonaire qui n’est pas perpendiculaire au premier. Ceci atteste
qu’un phénomène est venu troubler le retour à la constitution des quatre
convergents sous leur forme primitive. D’une part, la structure, nous
l’avons dit plus haut, est « moins vieille », nous rencontrons la racine
vers la base du collet anatomique de ses quatre convergents (plus ou
moins près suivant le cas), autrement dit l’accélération basifuge intense
qui touchait la racine au niveau I, au point de lui conférer une structure
tige, va s’atténuant quand on descend, ce qui est normal; d’autre part,
la topographie des éléments criblés et vasculaires ne traduit pas une
symétrie axiale équilibrée, les « ailes » des convergents ne sont pas compa¬
rables entre elles. Un autre phénomène a superposé ses efforts perturba¬
teurs aux conséquences normales du phénomène précédent. Et ce niveau II
ne peut nous apporter d'autres renseignements.
Insensiblement plus bas, figure III (PI. 2), la structure est bien
modifiée. Étant donné l’extrême rapidité du développement dans l’espèce
considérée, et par le fait que nous nous trouvons vers la partie supé¬
rieure de la racine en plein collet anatomique, nous constatons la pré¬
sence d’éléments conducteurs en position intermédiaire et alterne, géné¬
ralement bien différenciés, quelques-uns en résorption. Par le phloème,
la racine devient ternaire avec la prédominance encore plus nette d’un
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
- 405 —
grand massif criblé (C gauche, B, et D droit). Le fait le plus nouveau
et le plus significatif est la présence de trois trachéides isolées, en super¬
position avec ce phloème, â peine aminci en face d’elles, à mi-chemin
entre D et C, et diamétralement opposés au pôle vasculaire A. Elles
correspondent donc à l’emplacement du pôle B, qui, en tant que quatrième
phase alterne ne différencie plus que ces trois trachéides profondes.
Nous ne serions pas encore susceptible d’interpréter le phénomène si
nous n’avions connaissance des travaux de C. Naegeli (24), de A. Tron-
chet (27), de M. Fourcroy (19), sur la réduction des convergents. Il
est évident que nous assistons à l’extinction de convergents B par fusion
des phloèmes et réduction du xylème ((1 er cas de Naegeli), que la pola¬
rité des phénomènes d'accélération évolutive confirme : extension plus
considérable des ailes xylémiques droite pour D, gauche pour C, marqués
à ce niveau III comme elle l’était déjà au niveau II. Puis, très rapide¬
ment, deux trachéides régressent, une seule subsiste alors, la plus pro¬
fonde, mais sur un très court espace. L’extrême rapidité du développe¬
ment de l'espèce rend cette réduction très brutale.
Plus bas, figure 4 (PI. 2). La racine est incontestablement ternaire
par les xylèmes; elle demeure dissymétrique, les ailes vasculaires les
plus développées sont à la gauche de C et surtout à la droite de D. A
cause de la proximité relative des pôles D et A, leurs ailes intermédiaires
et superposées se différenciant l’une vers l'autre, paraissent aussi assez
riches en vaisseaux; ce n’est qu’une apparence. Les massifs de phloème
sont eux aussi au nombre de trois; mais combien inégaux. Le phloème
gauche de C et le phloème droit de D, unis par celui de B en tant que
tel, forment une seule plage bien étendue. La corrélation avec le déve¬
loppement plus considérable du xylème qui leur est superposé est évi¬
dente, puisque le xylème de B s’éteint en cæcum. Nous sommes donc
autorisée à conclure qu’une accélération évolutive a touché les éléments
cribro-vasculaires de gauche pour C, de droite pour D.
L’observation d’un niveau suffisamment inférieur, figure V (P1.2),
révèle que la section du cylindre central tend à devenir circulaire. Le
nombre des éléments conducteurs diminue. A 5 mm environ au-dessous
du talon, le xylème bien différencié se présente en trois faisceaux centri¬
pètes alternant avec trois massifs de phloèmes caractérisés par une conden¬
sation particulièrement nette de leurs tubes criblés aux deux extrémités.
Les trois faisceaux ne sont pas disposés symétriquement. Les pôles
de xylèmes ne déterminent pas entre eux des angles de 120°. Si C se
trouve sur l'axe vertical du schéma, D dessine avec lui le plus grand
angle; l’écart entre C et A est déjà légèrement supérieur à 120°, de telle
sorte que le xylème C est pratiquement seul, les xylèmes A et D étant
plus rapprochés, séparés par un angle inférieur à 90°. Rien ne serait à
signaler pour les trois groupes de phloèmes si cette espèce — comme
la plupart des espèces de Cucurbitacées — ne présentait abondamment
de gros tubes criblés, typiques de la famille. L’étendue des plages cri¬
blées est tout de même légèrement fonction de l’écart compris entre
les pôles vasculaires. C’est ainsi que les surfaces occupées par C Pg —•
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et B — D Pd sont supérieures à celles de toutes les autres plages homo?
logues. A ces quelques inégalités près, nous sommes en présence d’une
racine apparemment triarche.
Source : MNHN, Paris
- 407 -
d) Conclusions.
Nous rencontrons donc chez le Melon le premier cas cité par Naegeli
où un « faisceau vasculaire s’évanouit et les faisceaux voisins de cambi-
forme se réunissent ensemble ». Nous croyons seulement utile de répéter
ici que ce phénomène est particulièrement fréquent dans cette espèce.
B. BASE ET NŒUD COTYLÉDONAIRES. HYPOCOTYLE
Nous reprenons, dans le but d'une étude ontogénique, la plantule B
que présentait la figure B (PI. 1). Les coupes, (PI. 4), seront faites de
haut en bas, à partir de la base cotylédonaire et les résultats seront
vérifiés par l’observation « in situ » des vaisseaux, après montage dans
le chlorallactophénol (PI. 3).
Au niveau de la coupe représentée par la figure a (PI. 4), les deux
cotylédons, semblables entre eux, possèdent chacun 7 faisceaux cribro-
vasculaires correspondant à 7 nervures principales. Une nervure médiane,
M, domine, et, de part et d’autre, 3 nervures régulièrement alignées
ont une taille décroissante depuis l'axe du cotylédon vers les bords;
on voit encore de minuscules faisceaux extrêmes, que l’on ne rencontre
que localement si la coupe passe près de leur nœud, car ils sont au début
de leur différenciation; seules L, et L^, nervures latérales, proximales
et distales, retiendront notre attention.
Un peu plus bas, figure b, la nervure médiane de A est indivise
alors que celle de B s’est scindée en deux faisceaux : les deux cotylédons
ne sont donc pas rigoureusement contemporains. Le sommet du collet
anatomique se trouve au-dessus de ce niveau pour le cotylédon B.
Beaucoup plus bas, vers le nœud cotylédonaire, la coupe rencontre
la gemmule au point d’attache du cotylédon B, figure c, alors que, dans A,
le faisceau médian se présente, à son tour, sous la forme de deux ailes
cribro-vasculaires. Le sommet du collet anatomique vient d’être franchi
pour A. Immédiatement au-dessous, figure d, les deux cotylédons sont
en contact avec la gemmule. En outre, des files cellulaires obliques,
partant de la nervure Lj, s’orientent vers la nervure L,. Cela marque
les condensations de faisceaux qui se produisent toujours à de tels niveaux
et qui, ici, commencent pour B, qui se soude le plus haut, avant de le
faire en A.
Plus bas (fig. e), on est au nœud cotylédonaire; la fusion de L t
et L 2 dans le cotylédon B réduit à quatre (les deux médians comptent
pour un) le nombre des nervures. Presque simultanément Lj de B puis
L2 de A, s’anastomosent avec le faisceau latéral proche.
Au-dessous (fig. f), 3 faisceaux à droite et 4 à gauche avec l’indica¬
tion d’une anastomose entre et Lj dans le cotylédon gauche. Dérou¬
lement banal de la convergence et de la condensation des faisceaux
dans une base foliaire.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
ô ô
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Remarquons, combien est lente la soudure des cotylédonaires;
c’est très progressivement que s’élargit la partie commune aux deux
premières unités morphologiques, mais les faisceaux restent très externes
par rapport à l'ensemble, dans ce qui garde longuement la forme des
limbes. Cette remarque est encore valable au niveau de la figure g où
les regroupements de faisceaux sont toujours plus avancés en B qu’en A.
Le fait marquant, ici, réside en l’écartement considérable subi par les
deux moitiés de la nervure médiane de B, qui se trouvent alors, chacune,
au voisinage d’une nervure latérale.
Au-dessous, la nervure médiane de A est fortement écartée en deux
ailes à son tour (fig. h). Mais aucune fusion ne se produit. Quelques élé¬
ments, formant un petit faisceau, se détachent de L t et de L 2 , symétri¬
quement des deux côtés dans l’hypocotyle, et forment une amorce bien
réduite des convergents intercotylédonaires. Nous avons indiqué, sur
cette figure schématique, l’ordre du glissement des faisceaux.
Plus bas (fig. £), la structure est nettement dissymétrique du fait
que la convergence des faisceaux cribro-vasculaires est beaucoup plus
vite réalisée d’un côté (en bas sur nos schémas) que de l’autre. En effet,
c’est vers le bas que s’individualise nettement le premier convergent
intercotylédonaire que nous appellerons D, aux dépens d’une partie
des nervures proximales et distales L x et de chacun des deux cotylé¬
dons. Mais ce qui reste, c’est-à-dire la majeure partie de ces deux fais¬
ceaux mixtes L x et L2 qui ont, en fait, drainé tous les faisceaux des demi-
limbes gauche pour B, droit pour A, vont fusionner avec leur M respectif.
Toutes ces fusions se pressentent vers le haut de la figure mais
ne sont pas effectives.
Pour la première fois, au niveau de la figure j, le contour de la coupe
est presque régulier, à une très légère échancrure près dans le plan inter¬
cotylédonaire. Nous pouvons considérer que nous passons au sommet de
l’hypocotyle.
Six faisceaux très inégaux caractérisent cet hypocotyle sur une
longueur appréciable. Dans toute ses parties supérieures et moyenne
dominent les deux faisceaux cotylédonaires A et B qui, correspondant
chacun à la presque totalité des faisceaux de leur limbe respectif, se
présentent sous leur forme très accélérée, celle qui convient à un collet
anatomique particulièrement long, puisque nous l’avons vu commencer
(partie supérieure) vers la base des limbes cotylédonaires et que l'étude
précédente des racines nous a montré qu’il se terminait (partie inférieure)
à plusieurs millimètres sous le talon, dans la partie haute de la racine.
Les faisceaux C et D existent mais demeurent plus grêles que chacune
des ailes (M + L, + L 2 ) leur maximum de développement se trouvant
T
vers le sommet de l’hypocotyle.
Quand on atteint la partie inférieure de l’hypocotyle, ces faisceaux
intercotylédonaires C et D se scindent (fig. k), sensiblement au même
niveau pour les deux, et chacune de leur deux moitiés va se souder à
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l’aile la plus proche des convergents médians. Ainsi l’hypocotyle semble
avoir quatre faisceaux libéro-ligneux (fig. /). En fait, il est de structure
binaire, il a uniquement ses deux convergents cotylédonaires, mais la
plantule est soumise à une telle accélération évolutive que les ailes super¬
posées des convergents existent seules, à l’exclusion de tous les éléments
des phases primitives. L’hypocotyle tout entier appartient à la zone de
transition. Les quatre massifs cribro-vasculaires, résultant de la coales¬
cence de tous les « convergents » (au sens de G. Bouvrain, faisceau
libéro-ligneux sous leur forme évoluée) médiane et intercotylédonaires,
descendent jusqu’au niveau du talon et puis, au-dessous, pénètrent
dans la racine où nous avons suivi précédemment :
1° le retour à une structure primitive dite « racine »,
2° le phénomène de la réduction du nombre des convergents.
2. ÉTUDE COMPARÉE DE TROIS RACINES
D'AGES DIFFÉRENTS
Cette dernière partie comporte l’étude comparée des racines de
plantules d’âges différents et permet donc de retrouver le développement
dans l’espace que nous venons d’établir et de le suivre dans le temps.
Pour ces descriptions, nous adopterons un plan parallèle, dans le
principe, à celui que Duchaigne (15) a utilisé pour la Courge. Étant donné
que nous nous limiterons à la partie radiculaire de la plantule nous
observerons les coupes, contrairement à ce que nous avons fait précé¬
demment, de bas en haut dans le sens de la différenciation basipète des
tissus conducteurs. Les trois plantules A, B, C correspondent aux stades
suivants, représentés PI. 1 :
A. Après deux jours de germination : hypocotyle 1,5 mm; radi¬
cule 5 mm.
B. Après quatre jours de germination : hypocotyle 0,4 cm; radi¬
cule 2 cm.
C. Après six jours de germination : hypocotyle 2,5 cm; racine 7 cm.
Comme nous l’avons fait pour l’échantillon B, nous pratiquerons
des coupes à 5 niveaux déterminés par leur distance au collet morpho¬
logique, homologues sur les trois plantules (élongation, vieillissement).
Dans la plantule A, la plus jeune, où le talon est à peine ébauché
et la radicule courte et effilée, le niveau V se localise près de l’extrémité
de la racine, à 3,5 mm du collet.
Dans les plantules B et C le niveau V se situe au début du renfle¬
ment radical, développé au cours de la germination, et qui apparaît,
ainsi que nous l’avons vu précédemment, comme une zone soumise à
à des phénomènes rapides. Du fait de la croissance intercalaire les por¬
tions étudiées mesureront, de la base de la dilatation au talon, 5 mm
pour B et 6 mm pour C.
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A. NIVEAU V (PI. 5) :
Plantule A. — La coupe présente deux centres de lignification :
— au pôle C, trois vaisseaux en file centripète dont le premier est séparé
du péricycle par quelques cellules;
— au pôle A un seul vaisseau différencié qui paraît profond très éloigné
du péricycle, et semble représenter un des derniers vaisseaux de la
phase alterne. Au futur pôle D pas d’éléments lignifiés. Ce convergent
est « en retard », par rapport aux autres. Le tissu criblé, lui, est en place,
avec trois massifs de phloème très inégalement étendus et ne possé¬
dant encore que peu de tubes criblés bien différenciés. Nous n’obser¬
vons donc pas une « structure racine », classique. Ce niveau est déjà
soumis au phénomène de l’accélération basifuge.
Plantule B. — A ce stade plus âgé, la manifestation de la vascula¬
risation au pôle D établit la triarchie. Triarchie toutefois dissymétrique
par la position des pôles vasculaires qui ne réalisent pas entre eux des
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angles de 120° et par l’inégalité des plages criblées, puisque l’une d’entre
elles est, comme nous le savons, fondamentalement double. D et A ont
rattrapé leur « retard » et les trois convergents, chacun possédant 5 ou
6 trachéides, se révèlent sensiblement équivalents.
Plantule C. — Trois faisceaux vasculaires sont différenciés; la phase
centripète prédomine, suivie au pôle D, de quelques trachéides de la
phase intermédiaire de calibre plus gros, et d’un énorme vaisseau pro¬
fond, en alternance avec trois plages de phloème marquées à leurs extré¬
mités par une condensation caractéristique de leurs tubes criblés.
B. NIVEAU IV {PI. 6) :
Source : MNHN, Paris
- 413 —
Plantule A. — Seule est présente la disposition vasculaire alterne,
mais celle-ci n’a pas le même développement dans les trois groupes :
— C : 6 vaisseaux disposés en file,
— D et A : nous n’observons pas encore les toutes premières trachéides
de la phase alterne, celles-ci ayant une position apparemment pro¬
fonde. Ces deux convergents sont touchés localement par une accé¬
lération réductionnelle et sont plus accélérés que C.
Plantule B. — La phase alterne est maintenant représentée dans
sa totalité par les trois pôles vasculaires pourvus de leurs trachéides
primitives. L’accélération évolutive n’atteint plus la phase alterne,
mais les éléments intermédiaires, ainsi que le témoigne l’inégalité mani¬
feste des branches gauche de C et droite de D.
Plantule C. — Au même niveau, plus tard, les phases alternes
sont présentes et leur proximité plus ou moins grande du péricycle
demeure ce qu’elle était. Seule C paraît avoir différencié les trachéides
du pôle, les plus primitives. Puisque la racine est ternaire ce sont les
deux autres convergents qui portent ici les conséquences de la réduction
de leur nombre de 4 à 3. Les trachéides centripètes profondes ont une
section énorme, leurs contours sont mal définis et elles se rejoignent
au centre du cylindre central réalisant la convergence des xylèmes-
Ce niveau IV est donc encore un niveau dépourvu de moelle.
C. NIVEAU III (PI. 7) :
Plantule A. — Le premier vaisseau alterne de C, entre en résorp¬
tion alors qu'aucune régression des vaisseaux alternes de A et D ne se
manifeste. Cette absence de régression, jointe à la différenciation d’élé¬
ments intermédiaires de part et d’autre de ces vaisseaux alternes de A
et de D, alors que nous pourrions nous attendre à la constitution d’une
file centripète, semble confirmer la position « profonde », présumée
au niveau IV, de ces vaisseaux alternes. Les plus primitifs manquent
encore.
Plantule B. — Trois trachéides à l’emplacement du pôle B, isolées
des autres groupes vasculaires, révèlent la présence du quatrième conver¬
gent, qui s’éteint et dont on ne pouvait pas au même niveau, mais préco¬
cement prévoir l’existence.
Plantule C. — Le trop grand nombre d’éléments lignifiés qui
occupent une position intermédiaire, puis superposée (une cinquantaine
d’éléments conducteurs), et qui forment un anneau continu sauf entre A
et D ne permettent plus d’identifier un quatrième convergent isolé.
Il n'est repérable par ses trachéides alternes profondes que par la connais-
Source : MNHN, Paris
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sance que nous avons de l’échantillon B d'une part, des règles de la réduc¬
tion du nombre des convergents d’autre part. La moelle est circonscrite.
Pour les convergents A, C et D, les résorptions atteignent les tra-
chéides externes; seules les dernières subsistent. Il ne reste des premiers
qu’une lacune informe, phénomène analogue à celui observé par
Duchaigne sur des plantules de Courge. A la suite des vaisseaux
superposés primaires, la zone génératrice fonctionnelle engendre de
gros vaisseaux secondaires.
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D. NIVEAU II (PI. 8) :
Plantule A. — Nous distinguons trois groupes de vaisseaux.
La résorption dépassée ou en cours de réalisation des trachéides alternes,
ainsi que les fusions diverses dues au phénomène de la réduction du
nombre des convergents ont amené des remaniements dans la topogra¬
phie des vaisseaux.
Un premier groupe C, est formé par un dernier vaisseau alterne C Xa
en voie de résorption et par les branches intermédiaires et superposées,
inégales. Il semble que sur la droite des éléments superposées A Xsg
du convergent voisin A se voient associés à C Xsd.
De ce fait A se trouve démuni de son aile gauche et le convergent
est isolé formant un groupe vasculaire pauvre, constitué d’une seule
trachéide alterne A Xa et d’une aile droite.
La troisième bande de vaisseaux est plus complète, formée de vais¬
seaux alternes profonds en voie de disparition ou fonctionnels, suivis
des éléments intermédiaires. Ceci, si nous décrivons topographiquement
le xylème seul; mais, si nous observons le phloème, les termes alternes,
intermédiaires et superposés cessent d’être significatifs. En effet, là
aussi des fusions et des glissements s’opèrent, en subordination à la fois
au changement de l’état structural (tendance à la formation de fais¬
ceaux de tige) et, ce qui est beaucoup plus difficile à suivre, aux conden¬
sations de phloème dues au phénomène qui nous fait passer de trois
convergents à quatre (réduction du nombre des convergents étudiée
dans le chapitre précédent, et rencontrée ici en sens inverse des fusions).
Notons comme une observation très positive que dans l’axe de symétrie
du faisceau C, celui qui participe le moins au phénomène de la réduction,
la soudure des phloèmes n’existe pas (aspect normal).
Plantule B. — Les vaisseaux, dont le nombre a nettement aug¬
menté, tendent à s’organiser en couronne autour de la moelle. Les pre¬
mières trachéides alternes sont touchées par des résorptions. Le qua¬
trième pôle se révèle identifiable, non directement par ses vaisseaux
puisqu’ils ne se distinguent pas de ceux de C et de D mais, par sa posi¬
tion en correspondance avec l’amincissement du phloème, ce qui laisse
pressentir déjà la structure tétrarche de la racine à un niveau supérieur
proche.
Plantule C. — La structure est beaucoup plus développée. La
fusion des phloèmes aboutit à une couronne comparable à la précédente,
bien qu’elle soit ici interrompue en deux points : dans l’axe de C et dans
l’axe de A. Les raisons de cette fusion sont évidemment les mêmes.
Les xylèmes sont pratiquement représentés par des phases superposées
primaires et surtout secondaires, les résorptions ayant touché les vais¬
seaux intermédiaires et les phases alternes étant sautées. Le vieillisse¬
ment de ce niveau (marqué de la plantule A vers la plantule C actuelle,
en passant par la plantule B) nous le fait apparaître comme capital.
En effet, la position des derniers vaisseaux superposés secondaires de
Source : MNHN, Paris
416
Source : MNHN, Paris
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gros calibre conduit à diviser la coupe en quatre secteurs qui sont prati¬
quement délimités ici par les plans cotylédonaire (horizontal) et inter-
cotylédonaire (vertical) dans lesquels justement se sont scindés, ou
sont au moins amincis, les faisceaux criblés continus. Nous pressentons
que le niveau supérieur pourra présenter une « structure tige » bien que
situé dans la racine, sous le collet, à cinq millimètres et que cette racine
aura la structure tétrarche faite de quatre faisceaux cribro-vasculaires
comme celui qui se présente déjà ici entre A et C.
PI. 9. — Plantules A, B, C : coupes transversales au niveau I.
Source : MNHN, Paris
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L’absence simultanée des phases alternes de C (sauf peut-être deux
vaisseaux minuscules) et de A, a déjà provoqué l’isolement d’un massif
libéro-ligneux ; il en est de même entre D et A bien que l’arrêt du phloème
à l’emplacement de ce qui aurait été la phase alterne D soit moins net.
Le troisième bloc, dominant en surface est encore unique par le phloème
malgré un amincissement médian ainsi que par les éléments les plus
jeunes et les vaisseaux de la phase intermédiaire. Mais une travée paren¬
chymateuse de plus en plus large, quand nous allons de la couronne
de vaisseaux tangentiels vers le phloème, sépare sans contredit deux
faisceaux vasculaires dont la différenciation se réalisait au moment
de la récolte.
E. NIVEAU I (PI. 9)
Plantule A. — Quatre massifs libéro-ligneux jeunes, mais typi¬
ques, bien que nous soyons dans la racine. Tous les vaisseaux sont super¬
posés; ils ont une disposition linéaire et sont peu nombreux.
Plantule B. — Régression de la phase intermédiaire et présence
de la phase superposée essentiellement. La formation du liber interne
s’amorce sous chaque massif composé de deux ailes à peu près sembla¬
bles.
Plantule C. — Le nombre des vaisseaux a sensiblement baissé
par rapport à ce qu’il était au niveau inférieur, au même âge, du fait de
l’accélération réductionnelle. Nous en comptons environ 35, à répartir
entre quatre groupes vasculaires totalement isolés. Du phloème interne
se différencie nettement sous chaque massif libéro-ligneux. C’est toujours
une structure tige, dans une racine tétrarche, en apparence du moins.
3. CONCLUSIONS
1. Nous avons suivi, dans la plantule de Melon, qui le présente
une fois sur deux, le phénomène de réduction des convergents :
a) il se fait suivant la première loi de Naegeli;
b) il a bien lieu : dans la racine, vers sa partie supérieure, mais il se
réalise simultanément avec la réapparition des phases primitives, à
la base du collet anatomique, ce qui le rend complexe;
c) néanmoins nous avons pu noter les phénomènes d’accélération réduc¬
tionnelle qui l’accompagnent et se manifestent, sous le niveau de la
fusion, en sens inverse de l’accélération basifuge normale;
d) il se réalise brutalement, c’est-à-dire sur une très courte longueur.
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2. L’étude que nous avons entreprise dans la plantule de Melon
après la germination de la graine, nous permet d’homologuer très étroi¬
tement son comportement, à celui de la plantule de Courge.
Les différences structurales ne portent que sur des points de détails,
par exemple :
— l’absence des très petits faisceaux surnuméraires de la Courge;
— le volume très réduit des faisceaux intercotylédonaires qui se consti¬
tuent dans les parties supérieures et moyennes de Phypocotyle.
Mise à part l’apparition de triarchie que nous avons notée, on peut
discuter au sujet du Melon, comme au sujet de la Courge, sur les raisons
qui leur feraient attribuer un type tétrarche plutôt que diarche.
3. L’étude anatomique comparée de trois plantules, menée dans le
temps, grâce à la présentation a montré que le « vieillissement » n’appor¬
tait aucune aide à l’observateur : les Cucurbitacées en cause ont un déve¬
loppement si rapide que ce que pourrait apporter l’élongation en sépa¬
rant les niveaux est perdu par le très grand nombre des différenciations.
Pour le Melon comme pour la Courge la « structure tige » est donc
acquise dès la racine, à 1 cm environ au-dessous du talon, et l’axe
hypocotyle tout entier appartient à la zone de transition.
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ACHEVÉ D'IMPRIMER LE 29 NOVEMBRE 1967
SUR LES PRESSES DE L’IMPRIMERIE
FIRMIN-DIDOT — PARIS - MESNIL - IVRY
Dépôt légal : 4« trimestre 1967. - 6398
Source : MNHN, Paris
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