Source : MNHN, Paris
MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
ADANSONIA
TRAVAUX PUBLIÉS
AVEC LE CONCOURS
du Centre National de la Recherche Scientifique
SOUS LA DIRECTION DE
f H. HUMBERT A. AUBRÉVILLE
Membre de l’Institut Professeur
Professeur honoraire
Nouvelle Série
Tome VII
FASCICULE 4
1967
PARIS
LABORATOIRE DE PHANÉROGAMIE
DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
16, rue de Buffon, Paris (5 e )
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2,7 (4) 1967.
SOMMAIRE
Le Professeur Henri Humbert, Membre de l’Institut, 1887-1967. 423
Leandri, J. — La fin de la dynastie des Jussieu et l’éclipse d’une
chaire au Muséum (1853-1873). 443
Guillaumin, A. — Comment ont été connues les plantes vasculaires
de Nouvelle-Calédonie. 451
Aubréville, A. — Contribution à l’étude des Sapotacées de la
Guyane française. 465
Capuron, R. — Nouvelles observations sur les Rutacées de Mada¬
gascar . 479
Halle, N. — Contribution à l’étude des Tarenna (Rubiaceæ) d’Afri¬
que . 501
— Deux Bégonia du Gabon analysés sur le vif, B. Iriflora Irmscher
et B. ferramica sp. nov. 507
Raynal, J. —- Notes cypérologiques : X. Les races africaines et mal¬
gaches de Bhynchospora rubra (Lour.) Makino. 513
Kœchlin, J. — Germination et développement des plantules des
Hydrostachyacées. 525
Raynal, A. — Les Botala (Lylhraceæ) d’Afrique occidentale et cen¬
trale dans l’herbier de Paris. 535
Attims, Y. et Cremers, G. — Les radicelles capillaires des Palétuviers
dans une mangrove de Côte d’ivoire. 547
Rédacteur Principal
A. Le Thomas
Assistant
La publication d’un article dans Adansonia n’implique nullement
que celle revue approuve ou caulionne les opinions de l’auteur.
Date de publication du fasc. 3, 1967 : 5 décembre 1967.
Source : MNHN, Paris
k, ser. 2, 7. (4) 1967
LE PROFESSEUR HENRI HUMBERT
MEMBRE DE L’INSTITUT
1887-1967
Le professeur Humbert vient de nous quitter après une longue et
douloureuse maladie qui avait meurtri cet homme si vigoureux, ce brous-
sard de l’Afrique, ce montagnard dont nous admirions toujours la vitalité
longtemps encore après sa mise à la retraite. M. le directeur Roger Heim
dans un discours émouvant prononcé sur sa tombe le 24 octobre 1967,
a exprimé magnifiquement ce que ressentaient ceux qui avaient connu ce
savant si profondément humain avec ses qualités de cœur, de bienveil¬
lance, de droiture, de modestie et de probité intellectuelle. Il dirigea
pendant vingt-sept années, de 1931 à 1958, le laboratoire de Phanéro-
gamie du Muséum National d’Histoire Naturelle. La notice qui suit
retracera les étapes de sa carrière de professeur, d’explorateur et de
savant, elle analysera son œuvre scientifique et rappellera la longue liste
de ses travaux. On pourrait résumer cette carrière scientifique en disant
qu’il a vécu une grande passion, la botanique de Madagascar. Il était
heureux d’entreprendre, région après région, l’exploration de la nature
malgache, dans des conditions matérielles parfois précaires dont il se
souciait d'ailleurs médiocrement. Ses séjours à Paris étaient consacrés à
l’étude de ses récoltes et à la préparation des prochaines missions. Dans la
notice on lira quels furent les résultats de ce dessein poursuivi avec
persévérance et bonheur. Son œuvre a illustré le laboratoire de Phanéro-
gamie du Muséum, et fait grandement honneur à la science botanique
française. A nous qui sommes ses continuateurs son souvenir reste vivant
et son ombre toujours présente dans nos Galeries du grand herbier
national.
A. Aubréville
ALLOCUTION PRONONCÉE PAR M. LE PROFESSEUR ROGER HEIM
AUX OBSÈQUES DU PROFESSEUR HENRI HUMBERT
LE 24 OCTOBRE 1967 AU CIMETIÈRE DE BAZEMONT
Au nom de l’Académie des Sciences,
au nom du Muséum National d’Histoire Naturelle, de son directeur,
M. le professeur Maurice Fontaine, de mes collègues,
au nom du Laboratoire de Phanérogamie du Muséum et de son
directeur, M. le professeur André Aubréville,
au nom des botanistes de cette Maison,
et des autres,
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 425 —
au nom de ceux pour qui la Nature est encore un refuge et un temple,
et la Botanique une science de la jeunesse ouverte aux joies des yeux
et de l’âme,
Je viens dire au professeur Henri Humbert notre adieu rempli
d’émotion et de regrets.
Depuis les classes du Lycée Charlemagne jusqu’aux prés et aux bois
de cette vallée de la Seine près desquels il s’éteignit, depuis l’Afrique du
Nord jusqu’à Madagascar, du Grand Atlas au Congo Belge, du Transvaal
au Nyassaland, depuis l’Olympe jusqu’à Tucuman, et de l’Angola au
Ruwenzori, et encore, et souvent, du Nord au Sud, à l’Ouest et à l’Est,
de la Grande lie Rouge, au long de tant de périples, au travers de tant
d’ascensions, de marches forcées et de campements sous l’orage, au long
d’une existence que remplissaient ses dures expéditions dans le monde
et la ferveur de ses études au Muséum, la vie d’Henri Humbert fut
celle de la droiture, du courage et du labeur. Son enthousiasme juvénile
ne l’a jamais quitté. De tout cela, il a fait don exclusivement à sa passion
pour la science, j’entends pour la science de la vie qu’il avait adoptée.
Les énigmes qu’il désirait résoudre n’étaient que celles que lui posait la
Nature, et il y attachait toute son obstination avec les préoccupations
nées sur le champ immense qu’il entendait pénétrer.
Il appartenait à cette élite des grands naturalistes dont les Tour-
nefort, les Adanson, les Auguste Chevalier, ont été d’autres exemples :
ceux qui aimaient la Nature pour elle-même, chez elle-même, et qui
entendaient la glorifier par la science. De tels savants, et lui aussi, ont
servi à la fois leur pays, la connaissance et les contrées qu’ils ont par¬
courues. A Henri Humbert, Madagascar pourrait élever sa statue comme
l’Afrique Noire à Auguste Chevalier la sienne.
L’œuvre botanique de Henri Humbert est à la mesure de cette
longue vie d’efforts et d’étude. Elle prouve la haute conception qu’il se
faisait de la science dont les faits qu’elle lui livrait, j’entends les spécimens
glanés à tout instant, n’étaient que les éléments, les pièces. Une idée
puissante présidait à ses travaux que ses écrits mieux que ses paroles
mettaient excellemment en exergue. Il était parfaitement conscient de
l’importance biologique mais relative des espèces végétales dont il a
recueilli des dizaines de milliers d’échantillons. Je veux dire du rôle que
chaque plante vivante, ou que chaque spécimen déposé dans l’herbier,
mais combien différemment selon sa nature, pouvait jouer dans le man¬
teau végétal et ses agencements.
La synthèse, la sienne, ce n’était pas d’ajouter simplement des
centaines de noms d’espèces nouvelles à un catalogue : c’était bien,
au-delà de ses remarquables monographies sur les Composées ou ses
écrits sur les Diptérocarpés de Madagascar, de rapprocher cette foule
de données, inscrites dans les répertoires, pour les conduire à l’étape
essentielle des synthèses biogéographiques, paléogéographiques, ou
sociologiques. Peu de botanistes étaient aussi aptes que lui-même, après
tant de voyages et d’observations, à se rendre compte du danger d’intro¬
duire la sociologie dans les relevés de végétation des forêts primitives;
Source : ÂANHN, Paris
— 426 —
c’esl un leurre, dans l’état momentané où la connaissance des facteurs
écologiques, au sein d’un imbroglio inordonné, nous place, et même
peut-être une erreur définitive. Autrement dit, Henri Humbert a cherché
à établir ce qui était à ce propos raisonnable : « mettre en place les cadres
à l’intérieur desquels devront se multiplier les études de détail ». Son
mémoire sur les principaux aspects de la végétation de Madagascar,
en 1927, en était la première et remarquable traduction.
Mais le contact avec les végétations tropicales d’Afrique et d’Amé¬
rique du Sud, la passion et la vénération qu’il vouait à la Nature ances¬
trale, le conduisaient à tout instant à contempler tristement les méfaits
que l’Homme exerce sur celle-ci. Il a vu la forêt léchée et carbonisée par
les feux, abattue-en vue de culture temporaires, pénétrée par les tanks et
l’exploitation déraisonnée. Ses cris d’alarme sur la forêt malgache ont
été de prémonitoires avertissements propres à une situation dramatique
dont le monde déjà surpeuplé — non seulement l’Afrique tropicale et
l’Afrique du Nord, l’Amérique et Madagascar, mais l’Europe, vouée
actuellement au slogan de la surindustrialisation, au tourisme frénétique,
aux ersatz artificiels qu’on nomme espaces verts — offre tant de blessures.
Henri Humbert a pu éprouver mieux que quiconque la tristesse que lui
imprimaient d’irréversibles lésions, tant de profanations, si souvent
inutiles, lui qui tant de fois a goûté au milieu de la forêt ancienne l’ampli¬
tude de sa signification, et ce que représente la longue histoire qu’elle a
portée jusqu’à nous à travers tant de siècles, comme un don de notre
berceau.
11 a entendu en Afrique les éléphants sauvages traverser son campe¬
ment, et, abandonné de ses porteurs, il a su atteindre de ses poignets au
long des murailles terminales, en saisissant les lianes qui pendaient sur
la paroi rocheuse, les crêtes finales de pics jusqu’alors inviolés. Comme %
Welwitsch devant la découverte qui porte son nom, il a parfois rampé
sur une dalle avant d’arracher quelque Drosera d’altitude à son sol
mouillé pour contempler la fleur encore fraîche de vie.
Dans le cerveau d’Henri Humbert galopaient les idées qui s’entre¬
croisaient parfois au travers des anecdotes les plus savoureuses qu’il
savait si bien raconter autour d’une table avec verve et sans en rechercher
l'effet. La relation verbale de ses souvenirs de brousse était un régal qui
suscitait la pleine sympathie. Certes, il n’était fait ni pour l’enseignement,
ni pour les conférences. Trop d’intentions se pressaient dans son esprit.
Mais il est significatif que ses écrits soient rédigés d’une plume sans
bavure, très sûre, livrant des phrases claires et concises. L’ordonnance
de ses publications était parfaitement assurée. En vérité, pour lui, faire
un cours était un pensum professionnel, écrire un bienfait de la réflexion
et de la connaissance éprouvée. Mais faire son devoir de Français, dans
l’héroïsme, ce que la médaille militaire sanctionnait, cela était le domaine
caché, sacré, celui dont il ne parlait pas, celui des vrais soldats.
Madagascar aura été la grande adoption de sa vie et les voyages
qu’il y fit, l’endémisme exceptionnel qu’il y découvrait, l’originalité des
forêts, l’immensité des plateaux, la diversité des races qui l’occupent,
Source : MNHN, Paris
— 427 —
faisaient vibrer sou ccenr H conquis, aimait la Grande lie comme un
enfant celle qui l’a nourri. Sa sensibilité d’ailleurs s'exerçait aussi sur son
entourage, et j’ai gardé précieusement la lettre désespérée qu’il m’adres¬
sait lors de la mort tragique de l’un de ses meilleurs collaborateurs.
Nous exprimons à M me Humbert, dans sa peine profonde, tout le
chagrin que nous éprouvons devant celui dont la gentillesse native,
l’affabilité, la bonhomie ajoutaient à notre estime. Dites-vous aussi
Madame, que vous avez largement contribué à lui apporter cette joie
de vivre dans le travail et selon la consécration de son but. Devant le
fossé qui se creuse dans la tombe entre les vivants et les morts, il ne
nous reste de contact avec celui qui disparaît que dans la mesure où sa
trace demeure, par son œuvre et par son exemple. Nous devons nous
souvenir aussi qu’Henri Humbert a vécu heureux. Il a atteint ce qu’il
désirait. Il a pu aimer pleinement ce à quoi son bonheur était attaché,
passionnément, avec désintéressement, pour la seule joie de connaître,
pour ces découvertes vers lesquelles il allait, la houlette du pèlerin et du
botaniste à la main. Car rien ne comptait pour lui autant que la Nature.
C’est à nous de répéter sur ces coteaux d’Ile de France qu’il y a encore
des hommes qui ne vivent que pour elle.
NOTICE SUR
LE PROFESSEUR HENRI HUMBERT
La botanique française vient de perdre un de ses meilleurs maîtres,
pure figure du dévouement à la Science et à son pays : Jean Henri
Humbert, membre de l’Institut, professeur honoraire au Muséum Natio¬
nal d’Histoire Naturelle, animateur des études botaniques à Madagascar,
et co-directeur avec le professeur Aubréville de la nouvelle « Adansonia ».
Il était né avec des dons supérieurs dans un grand nombre de domaines,
mais c’est pour la systématique et la géographie des plantes sous leurs
différents aspects qu’il a montré la compréhension, l’intuition, l’intérêt
passionné les plus dignes d’admiration, avec à leur service une mémoire
extraordinaire. Il n’a pas été un de ces génies éblouissants et fugaces
qui lancent parfois des idées originales ou séduisantes, mais qui ne résistent
pas aux changements que le temps apporte à l’ensemble de l’édifice de nos
connaissances. Ses travaux parce qu’ils furent directement inspirés par
une observation patiente, attentive et détaillée de la Nature dans des
domaines peu exploités ne disparaîtront pas avec lui : ils resteront le
guide précieux et sûr de toutes les générations à venir, et c’est ainsi qu’il
s’inscrit parmi les grands maîtres qui depuis Tournefort, Adanson,
les Jussieu, ont placé la France à l’un des premiers rangs : floristique
française et exotique, analyse des diverses sortes de groupements végé-
Source : MNHN, Paris
— 428 —
taux, systématique des Gamopétales et principalement des Composées,
chorologie, écologie, protection de la Nature garderont l’empreinte du
profond sillon qu’il a tracé.
Comme botaniste de terrain il fut exceptionnel : avoir réussi à
conduire des expéditions dans des secteurs parfaitement inexplorés x , à
ramener son personnel intact d’ascensions où les meilleurs spécialistes
avaient perdu des hommes, morts de froid et de faim, avoir donné son
nom à l’un des sommets de l’Afrique orientale, avoir dans de telles condi¬
tions rapporté un matériel de grande valeur, mais encore l’avoir fait
« au passage », sur le continent africain, en rentrant d’une mission à
Madagascar au cours de deux ans d’explorations sans repos, c’est là un
exploit dont peu d’hommes sont capables, et sur lequel les petits défauts
de son enseignement oral ne peuvent faire passer qu’une ombre légère.
Encore enfant, il avait herborisé dans les régions les plus variées
de la France, avec un discernement que lui envient bien des botanistes
chevronnés, et qui étonnait son maître H. Belzung; adolescent, il
commençait sa licence avec un bagage équivalent dans certaines parties
à celui de ses professeurs, à Rennes d’abord, puis à la Sorbonne et au
Collège de France. Son premier travail date de cette époque (1910) :
c’est un essai sur la végétation de la vallée de la Mauldre, dans le Vexin,
où il se montre un phytosociologue avant la lettre, mais dans le bon
esprit, et un précurseur des méthodes et des points de vue que devait
quelques années plus tard, illustrer Pierre Allorge dans son beau travail
sur les associations végétales du Vexin français.
La prédilection de Humbert pour la famille des Composées commence
à se manifester vers la même époque où parmi quelques autres travaux
de valeur il publie d’intéressantes observations sur des Senecio et des
Helichrysum de Madagascar. Avec le professeur René Viguier, il effectue
dans la Grande île en 1912, une première mission ou avec d’autres récoltes,
il réunit le matériel indispensable à la thèse qu’il projette sur les Compo¬
sées de Madagascar et leur biogéographie.
La mise en œuvre de ce matériel est interrompue par la première
guerre mondiale. Humbert avait vingt-sept ans en 1914 : il était de la
génération qui a porté le plus lourdement le poids de la guerre et a eu à
faire preuve du plus grand esprit de sacrifice. Servant dans l’infanterie,
plusieurs fois blessé, deux fois cité, médaillé, nommé lieutenant, Humbert
montre ce que peut faire une âme droite et élevée dans des activités qui
n’avaient rien de commun avec celles auxquelles il espérait consacrer sa
vie. Rescapé du grand massacre, il peut en 1919 rentrer dans la vie civile
et achever sa thèse, soutenue en 1923 avec les félicitations du jury et
l’inscription immédiate sur la liste d’aptitude à l’Enseignement supérieur.
C’est alors que se place la partie la plus belle de sa prestigieuse
carrière. Ne craignant pas d’ajouter de nouveaux dangers à ceux qu’il
avait courus, il interrompt son enseignement à la Faculté des Sciences
d’Alger, où il est maître de conférences, pour accomplir de nouvelles
1. Première ascension du Mont Mugule (4.450 m) sur le versant occidental du
Ruwcnzori.
Source : MNHN, Paris
— 429 —
missions de recherches botaniques, au Maroc en pays insoumis, à Mada¬
gascar, en Afrique orientale, le premier à faire l’ascension de sommets
qui avaient découragé ses prédécesseurs. Il donne son nom à l’un des
sommets de l’Afrique orientale (pic Humbert). Il publie les résultats
de ses observations dans de beaux travaux comme « la destruction d’une
flore insulaire par le feu » où il complète les observations si importantes
d’un autre grand naturaliste, Henri Perrier de la Bâthie, sur la végé¬
tation de Madagascar.
Humbert reçoit alors les témoignages de l’estime de son pays et de
l’étranger. Le roi des Belges le nomme membre de la Commission admi¬
nistrative de l’Institut des Parcs nationaux du Congo belge. Louis Man¬
gin, alors directeur du Muséum le voit à Alger triant ses matériaux
au retour d’une de ses plus fructueuses missions, et reconnaît aussitôt
en lui un homme capable d’apporter à la grande maison qu’il dirige un
lustre nouveau : il le présente à l’Assemblée pour occuper la chaire laissée
vacante par le départ d’Henri Lecomte (1931).
Humbert aura la lourde charge d’installer les membres encore
épars de l’herbier du Muséum dans un bâtiment nouveau, où les bota¬
nistes n’auront plus à parcourir une distance équivalent au quart de la
traversée de Paris pour examiner les divers documents concernant un
seul et même problème.
Les tâches matérielles et administratives n’empêchent pas Humbert
de poursuivre ses voyages, en cherchant à améliorer encore un talent
déjà exceptionnel et des connaissances aussi profondes qu’étendues. Sa
valeur est reconnue par de nouveaux honneurs; les efforts qu’il déploie
pour la protection de la Nature le font nommer membre du Comité
national créé dans ce but pour les territoires de la France d’outre-mer;
l'Académie des Sciences coloniales — devenue aujourd’hui Académie des
Sciences d’outre-mer — l’accueille avec joie parmi ses membres; il sera
nommé à la fin de la seconde guerre mondiale (1944) membre de la Commis¬
sion de Botanique et de Biologie végétale du Centre national de la Recherche
scientifique et du Conseil supérieur de la Recherche scientifique outre
mer.
La préparation d’une monumentale Flore de Madagascar et des
Comores pour les plantes vasculaires a absorbé aussi, sans l’occuper
entièrement, l’activité de Humbert. Avec la collaboration de Henri
Chermezon, alors professeur à Strasbourg et qu’une mort prématurée
devait enlever bientôt à la science, il avait fixé les directives de l’œuvre
à accomplir. Il devait continuer jusqu’à sa dernière mission, en 1960, à
compléter les collections malgaches par des récoltes persévérantes et
habiles. Il avait admirablement saisi l’intérêt spécial de cette flore, si
riche en endémiques anciennes et aux caractères si originaux, et il lui
avait paru que les résultats escomptés justifiaient une concentration des
efforts du service qu’il avait accepté de diriger sur ces études malgaches,
concentration qui entraînerait un certain ralentissement de l’étude
d’autres régions pourtant d’un grand intérêt pour notre pays, comme
l'Afrique occidentale et équatoriale ou l’Indochine.
Source : MNHN, Paris
— 430 —
La Flore de Madagascar est aujourd’hui aux trois cinquièmes ou
aux deux tiers achevée, et si certaines parties ont déjà besoin d’une
nouvelle révision, à la suite de l'extraordinaire accroissement des facilités
de transport qui caractérise notre époque d’après-guerre, et qui per¬
mettent une exploration plus complète (et aussi des progrès accomplis
dans l’étude de certains groupes de plantes), on peut dire que l’impulsion
donnée par le premier animateur de cette œuvre, le choix heureux qu’il
a fait de collaborateurs compétents, sont la garantie que la Flore de
Madagascar sera achevée en France.
Quatre-vingt livraisons, comportant l’étude de 150 familles natu¬
relles, sur les 213 que doit comporter l'ouvrage, ont déjà été publiées,
depuis 1936, date de sortie de la première, contenant les Aponogétonacées
dues à leur spécialiste le professeur H. Jumelle. La Flore comporte
déjà plus de 12 000 pages et plus de 2 000 planches de dessins au trait,
représentant le port et les détails importants de l’organographie pour la
plupart des 8 000 espèces étudiées. Les familles les plus importantes
qui restent à rédiger ou à compléter, Graminées, Légumineuses, Rubia-
cées, Euphorbiacées, Acanthacées, etc. sont entre les mains de spécia¬
listes qualifiés et leur étude progresse régulièrement. Plusieurs ordres
naturels nouveaux pour la science ou au moins pour Madagascar ont
été découverts à l’occasion de la rédaction de la Flore.
Le professeur Humbert avait donné lui-même peu de temps avant
sa mort une mise au point de l’état d’avancement de son grand ouvrage
et de ses perspectives d’avenir. Cette mise au point a paru dans cette
revue même (tome VI, fasc. 3, 1966).
Au cours de la seconde guerre mondiale, Humbert avait eu à main¬
tenir avec des moyens réduits à l’extrême par la pénurie générale qui
avait suivi l’occupation, l’activité de l’Herbier du Muséum et du Labora¬
toire de Phanérogamie. La mise en sûreté loin de Paris de leurs inestima¬
bles trésors scientifiques avait demandé un premier déménagement des
plus importants herbiers vers le château de Sainte-Mesme (Seine-et-Oise)
généreusement prêté par son propriétaire. Après l’armistice, il fallut
ramener au Muséum les précieuses collections en veillant à ce que rien ne
fût perdu ou égaré, mais il fallut aussi résister dans toute la mesure du
possible aux exigences de l’occupant. Humbert réussissait à faire paraître
malgré toutes les difficultés de l’époque plusieurs familles de la Flore
de Madagascar, dont la plus importante, les Orchidées élaborées par le
grand naturaliste Perrier de la Bâthie. Pour les autres, le travail de
préparation était poursuivi avec persévérance en attendant que les
circonstances pussent permettre leur impression.
Dès la fin des hostilités, Humbert reprenait ses voyages, et l’impres¬
sion des deux grandes Flores alors en chantier, celle d’Indochine presque
achevée et celle de Madagascar à ses débuts, était poursuivie avec activité
pour rattraper le temps perdu. Leur animateur était récompensé en 1951
par son entrée à l’Académie des Sciences et ajoutait de nouvelles récom¬
penses à son palmarès, mais aussi de nouvelles charges. Docteur honoris
causa des Universités de Genève et de Tucuman, membre des Sociétés
Source : MNHN, Paris
— 431
royales d’Édimbourg et de Bruxelles, il animait encore au 8 e Congrès
international de Botanique tenu à Paris en 1954, différentes sections et
surtout celle de Taxinomie, Systématique et Phylogénie.
C’est aussi dans cette période d’après-guerre que Humbert étend ses
explorations au continent américain, après sa participation au Congrès
de Tucuman en 1948. Humbert maintenait ainsi dignement dans le
domaine de la Botanique une présence scientifique française en Amérique
latine qui avait été si brillamment figurée jadis par des hommes comme
Bonpland, Saint Hilaire eux aussi membres de l’Académie des Sciences,
Glaziou et bien d’autres. Ses belles collections dans les Andes et d’autres
secteurs, sans égaler ses herbiers malgaches ou africains, représentent
néanmoins une participation très substantielle à l’étude scientifique du
continent.
Ses études américaines ne l’empêchaient pas de continuer l’explo¬
ration botanique de Madagascar et il publiait en 1955 un magnifique
ouvrage intitulé : « Une merveille de la Nature à Madagascar », en appor¬
tant des résultats capitaux sur l’exploration du massif du Marojejy, un
des plus importants de la Grande île.
Atteint par la limite d’âge en 1958, Humbert prenait une retraite
laborieuse, qu’il consacrait d’abord à l’achèvement d’une œuvre commen¬
cée quarante-cinq ans auparavant et que ses autres entreprises et ses
charges écrasantes l’avaient empêché d’achever, l'étude de la famille
des Composés pour la Flore de Madagascar et des Comores. Cet ouvrage
d’un millier de pages, avec 168 planches extrêmement précises, 87 genres
dont 13 endémiques, 550 espèces dont 500 endémiques, marquera une
date dans l’étude de la flore malgache et dans celle des Composées.
Humbert cherchait aussi à achever l’étude des familles — une trentaine
en tout! — dont il avait fait l’étude sur le terrain à Madagascar et pour
lesquelles il avait réuni les matériaux les plus complets. Il publiait les
Pédaliacées et la plus grande partie des Gentianacées dans cette revue
même; des notes partielles sur d’autres familles, une synthèse magistrale
sur les origines présumées et les affinités de la flore malgache présentée
au 3 e Congrès de la P.I.O.S.A. à Tananarive, marquent aussi les der¬
nières années du grand botaniste; de même une « histoire de l’exploration
Botanique à Madagascar » donnée au Bulletin de l’A.E.T.F.A.T. en
1961.
En 1959-1960, il accomplissait à Madagascar sa dernière mission
sur le terrain, visitant de nombreux secteurs intéressants et orientant les
travaux sur place d’autres botanistes du Muséum comme M. Leandri
ou M lle Keraudren.
Gravement malade depuis trois ans, il devait renoncer progressive¬
ment à travailler lui-même mais devait inspirer jusqu’à ses derniers jours
le travail de ses collaborateurs dans l’élaboration de la « Flore de Mada¬
gascar et des Comores ». Sa dernière sortie à Paris, il y a deux ans, l’avait
conduit à l’Institut, où il avait tenu à venir apporter sa voix dans un vote
de l’Académie des'Sciences.
Nous donnerons en conclusion dans les lignes suivantes un exposé
Source : AANHN, Paris
— 432 —
plus systématique de l’œuvre d'H umbert au cours de sa longue carrière.
Son activité s’est partagée surtout entre la phytogéographie et la
systématique des Phanérogames. Après ses premiers contacts avec la
végétation de l’Afrique du Nord et de Madagascar (1911-1912), qui
devaient orienter sa carrière, et entraîné depuis son enfance aux obser¬
vations sur le terrain et à la constitution de collections botaniques, il
donnait après l’interruption de cinq ans due à la guerre de 1914-1918,
un premier grand travail (thèse de doctorat) sur les Composées malgaches,
qui comprenait l’étude de la systématique, de la phytogéographie, de
la variation et de l’adaptation, des rapports floristiques entre Madagascar
et les autres parties du globe, et un essai de reconstitution des dernières
phases de la colonisation de Madagascar par les Composées.
Dix missions s’échelonnent à Madagascar de 1924 à 1960 permettant
de récolter environ 30 000 numéros d’herbier, chacun en plusieurs parts,
et de publier des travaux importants.
« La destruction d’une flore insulaire par le feu. Principaux aspects
de la végétation à Madagascar : documents photographiques et notices »
complètent avec un rare bonheur l’excellent travail « La Végétation mal¬
gache » donné aux Annales du Musée Colonial de Marseille par Perrier
de la Bâthie en 1921.
Avec Perrier, Petit, Louvel et d’autres, Humbert propose la
création à Madagascar de dix réserves naturelles intégrales pour la pro¬
tection de la Nature et du climat naturel. Le 31 décembre 1927, le projet
est adopté; une onzième Réserve (Andohahela, dans le Sud) puis une
douzième (massif du Marojejy, dans le Nord, au S.-E. du Tsaratanana)
seront créées plus tard à son instigation. L’ensemble des Réserves mal¬
gaches couvre plus de 400 000 hectares. C’est le premier créé des ensembles
homogènes de Réserves intégrales, dans le monde entier.
L’étude de l’Andohahela révèle un des territoires du monde présen¬
tant les plus remarquables contrastes climatiques, auxquels correspond
une complexité extraordinaire de la végétation. Le Tsaratanana et le
Marojejy, dans le Nord, sont moins contrastés mais intéressants par la
richesse et la beauté de leur végétation et de leur flore, décrites par
Humbert dans d’importantes publications.
Sur le continent africain, la délimitation et l’étude floristique du
Parc national Albert, au Congo, ont fourni en 1929 à Humbert une pre¬
mière occasion pour comparer l’action de l’Homme avec celle qu’il a
exercée à Madagascar. Les territoires entre les lacs Tanganyika et Albert,
la dorsale Congo-Nil et sa cime culminante le Kahuzi, exploré pour la
première fois, les volcans du Kivu jusqu’à 4 500 m, le Ruwanzori jusqu’à
la limite de la végétation phanérogamique (4 500 m), la forêt équatoriale
de l’Ituri, ont fourni un abondant matériel aux spécialistes d’herbier
belges, français, allemands et anglais avec de nombreuses nouveautés et
grandement contribué à la réalisation de la « Flore des Spermatophytes
du Parc National Albert » de W. Robyns. L’étude de la « Rift Valley »
du Kenya y a confirmé la présence d’une des grandes voies de migrations
floristiques du continent africain.
Source : MNHN, Paris
— 433 —
Poursuivant l’étude comparative des diverses régions du continent,
Humbert effectuait à partir de 1933 une série d’itinéraires du Cap et du
Natal au Nyasaland et à l’Angola, permettant l’étude des climats les
plus variés et des végétations correspondantes et la récolte de plus de
10 000 numéros d’herbier.
En Afrique du Nord, 5 séries d’itinéraires, de 1923 à 1926, seul ou
avec le professeur René Maire, apportent une importante contribution
à l’étude floristique de l’Empire chérifien. L’ascension de l’Ari Ayachi
(3 876 m) en zone insoumise est particulièrement à citer, avec le mémoire
auquel elle a donné matière, et dont la substance, avec celle d’autres est
rappelée plus loin.
Au Muséum, Humbert a poursuivi et développé l’œuvre de son
prédécesseur Henri Lecomte en vue de l’élaboration des flores des
pays d’outre-mer dépendant de la France. Poursuivre la Flore générale
de l’Indochine, entreprendre la Flore de Madagascar, tels furent les
premiers objectifs du nouveau titulaire de la Chaire de Phanérogamie.
Pour la seconde de ces flores, il devait trouver en Perrier de la
BSthie, le grand naturaliste, un collaborateur assidu et c’est à ce dernier
qu’est dû en grande partie l’excellent départ que cette Flore devait
prendre.
Les travaux de révision systématique continuaient, comme au
temps de Lecomte, à trouver place dans la Revue du Laboratoire, les
Nolulae syslemalicae, aujourd’hui remplacées avec un programme élargi
par le nouvel Adansonia.
Résumons les résultats ainsi acquis : à Madagascar systématique
des Composées, Crassulacées, Cucurbitacées, Didiéréacées (avec
P. Choux), Diptérocarpacées, Gentianacées, Géraniacées, Gesnériacées,
Guttifères (avec R. Viguier), Légumineuses, Scrofulariacées, Stercu-
liacées (avec Viguier), Turnéracées, Verbénacées; d’énormes progrès en
phytogéographie (extinction des derniers vestiges de certains types de
végétation autochtone; influence des phénomènes de fœhn sur la végé¬
tation des massifs du Sud de l’île); définition et origine des éléments
floristiques, leurs migrations; variation et adaptation de genres nouveaux
de Cucurbitacées, anatomie comparée des Séneçons.
En Afrique du Nord au Maroc : découvertes phytogéographiques
et floristiques au Grand Atlas marocain oriental avec l’Ayachi et dans
l’Atlas saharien occidental, et le Moyen Atlas septentrional.
En Afrique équatoriale, tropicale et australe, étude des territoires
aux confins des bassins du Congo et du Nil et de leurs contrastes de végé¬
tation, en collaboration avec le climatologiste et pédologue Scaetta;
distribution des Séneçons arborescents et ses rapports avec l’histoire
volcanique et orogénique de la région ; zones et étages de végétation dans
le Sud Ouest de l’Angola.
Des résultats généraux sur les caractères biologiques de la végétation
des zones intertropicales et sur le dynamisme des peuplements végétaux
sont tirés par Humbert de tous ces travaux et l’amènent à leur appli¬
cation aux problèmes de la Protection de la Nature où il a été un des
Source : MNHN, Paris
— 434 —
experts les plus écoutés (Congrès d’Amsterdam, 1935, de Stockholm,
1949, etc.).
Un mot sur des travaux moins importants : une étude de jeunesse
de la végétation de la Vallée de la Mauldre (Ile de France); études sur la
Lavande, l’Aspic et leurs hybrides; études sur la flore et la végétation
de la Grèce; observations sur le Welwilschia mirabilis (biologie, valeur
morphologique des mamelons du sommet de l’axe hypocotyle, et impor¬
tantes conclusions de tout ordre qui en découlent).
Rappelons enfin que Humbert avait dirigé et animé le Jardin bota¬
nique alpin de la « Jaysinia » (Samoëns), fondation Cognacq-Jay.
Laboratoire de Phanérogamie.
TITRES ET FONCTIONS
Henri Humbert fut appelé à exercer des fonctions d’enseignement
à Clermont-Ferrand (Faculté des Sciences, Institut de Chimie et de
Technologie industrielle, École de Médecine et de Pharmacie de 1914 à
1922) puis à Alger où il fut chef de Travaux puis maître de Conférences
de Botanique (1922-1931). Dès 1928, il était correspondant du Muséum.
Lauréat de l’Institut (1923 et 1927), de la Société nationale d’accli¬
matation de France (1926), de la Société de Géographie (1929), Henri
Humbert était Membre honoraire de l’Académie malgache depuis 1924.
Membre de la Société Botanique de France à partir de 1924, il devait en
assurer la Présidence durant les quatre années sombres de la guerre
(1940-1944). De nombreux organismes scientifiques comptèrent Henri
Humbert parmi leurs membres : Société de Biogéographie (1929), Société
de Biologie (1933), Commission administrative de l’Institut des Parcs
Nationaux du Congo (ex-belge, 1933), Académie des Sciences Coloniales
(1938), Comité national pour la Protection de la Nature dans les terri¬
toires de la France d’outre-mer (1938), Commission de botanique et de
biologie végétale du C.N.R.S. et Conseil supérieur de la recherche scienti¬
fique coloniale (1944), Comité supérieur scientifique de l’Institut, français
d’Afrique Noire (1945), Conseil exécutif de l’U.I.C.N., Institut National
génevois, Botanical Society of Edinburgh, Linnaean Society of London,
etc.
Henri Humbert, titulaire de la croix de guerre avec palmes (deux
citations à l’ordre de l’armée, 1914-1918), était Chevalier de la Légion
d’Honneur à titre militaire (1931) et Officier de la Légion d’Honneur au
titre de l’Éducation Nationale (1951).
Source : MNHN, Paris
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PRINCIPALES MISSIONS ET VOYAGES D'EXPLORATION
A Madagascar : 1912 (côte nord de Majunga à Tamatave, et région
des Hauts plateaux centraux); 1924 (itinéraire de Tuléar à Tamatave);
1928 et 1933-34 (région méridionale et extrême sud); 1937-1938 (de
Tananarive à Diégo, avec exploration des montagnes du nord de l’Ile) ;
1946-1947 (sud-ouest et sud-est); 1948-1949 (nord-est, dont la l re
exploration du Marojejy); 1950-1951 (hautes-montagnes du nord et du
nord-est); 1955 (sud-ouest, sud-est et centre); 1959-1960 (nord-est et
nord).
En Afrique tropicale : 1929 (Parc National Albert, montagne de la
dorsale Congo-Nil, dont de nombreux sommets inexplorés du Kivu et
du Ruwenzori, Rift Valley, nord du Kilimandjaro, forêts équatoriales
d’Ituri); 1933 (Afrique du sud, du Cap au Transwaal); 1934 (Afrique du
Sud, du Natal au Bechuanaland et au Katanga); 1937 (Angola, Rhodésie
du sud, Nyassaland); 1953 (Bukavu); Canaries (1962).
En Amérique latine : 1948 (nord-ouest de l’Argentine); 1952
(Vénezuéla, Colombie et République Dominicaine); 1958 (Pérou et
Mexique).
En Europe et dans le Bassin méditerranéen : 1911 (Tunisie);
1912 (Algérie); 1923-1926 (Maroc dont l’exploration de l'Ayachi, Algérie);
1938 (hautes montagnes de Grèce, dont l’exploration du Kaimaktchalan) ;
1953 (Picos de Europa et Sierra Nevada d’Espagne), etc.
Henri Humbert avait poursuivi des investigations dans toute la
France et fut l’un des directeurs scientifiques de la « Coupe des Alpes »
(78 e Session extraordinaire de la Société Botanique de France, d’Insbruck
à Grenoble et Sisteron, 1950).
PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
1. H. Humbert. — La végétation de la partie inférieure du bassin de la Mauldre
(travail pour le diplûme d’études supérieures de Botanique). Rev. Gén. de
Bot. 22 : 1-43, 1 pl. (1910).
2. H. Humbert et R. Viguier. — Les Bongn de Madagascar. Agric. pral. des pays
chauds, 8 p. (1914).
3. - Sur deux Senecio frutescents de Madagascar. Bull. Soc. Bot. Fr., ser. 4,
14: 21-27 (1914).
4. — Sur le Crotalaria ibilyensis de Madagascar. Ibid. : 94-98 (1914).
5. - Guttifères nouvelles de Madagascar. Ibid. : 130-131 (1914).
6. - Sur certains Helichrysum de Madagascar: Ibid. : 141-187 et 242-245 (1914).
7. Observations sur quelques Guttifères malgaches. Rev. Gén. de Bol. 25 bis :
629-045 (1914).
8. - Deux nouvelles espèces malgaches de Oombeya. C. R. Ass. Franç. Avanc.
Sc. 43: 122 (1914).
Source : MNHN, Paris
— 436 —
9. H. Humbert. — La Lavande. Rapport de mission. Office Nat. Mat. premières
végét. Notice n° 1 : 1-22 (1916).
10. H. Humbert et R. Viguier. — Le Hlieedia Laka. Bull. Soc. Linn. Norm., ser. 7,
3 : 255-260 (1920).
11. — Plantes récoltées à Madagascar en 1912, 1 er fasc. Ibid. : 325-356 (1920).
12. 11. Humbert. — La Lavande, l'Aspic et leurs hybrides. Off. Nat. Mat. pre¬
mières végét. Notice n" 7 : 37-59, 8 pl. (1921).
13. 11. Humbert et R. Viguier. — Plantes récoltées à Madagascar en 1912, 2 e fasc.
Bull. Soc. Linn. Norm., ser. 7, 4: 37-52 (1921).
14. — Plantes récoltées à Madagascar en 1912, 3' fasc. Ibid., ser. 7,5: 125-149
(1922).
15. H. Humbert. — Les Composées de Madagascar (thèse de Doctorat). Mém. Soc.
Linn. Norm. 25: 1-335. 0 pl. in 4° (1923). Mémoire couronné par l'Aca¬
démie des Sciences : prix de Coincy.
16. H. Humbert et R. Viguier. — Plantes récoltées à Madagascar en 1912, 4» fasc.
Bull. Soc. Linn. Norm., ser. 7, 6: 169-200 (1923).
17. — Plantes récoltées à Madagascar en 1912, 5 e fasc. Ibid., ser. 7. 7: 193-208
(1924).
18. H. Humbert. ■ — Végétation du Grand Atlas marocain oriental. Exploration
botanique de l'Ari Ayachi. Bull. Soc. Hist. Nat. Afr. Nord. 15: 147-234,
13 pl. (1924).
19. II. Humbert et R. Maire. — l.a flore du Moyen Atlas septentrional. C.R. Soc.
Biogéogr. 14: 100-101 (1925).
20. 11. Humbert. — La végétation des hauts sommets du S. E. de Madagascar.
Ibid. 14: 102-103 (1925).
21. — Sur deux types de structure unifaciale de la feuille chez des Senecio mal¬
gaches. C.R. Acad. Sc. 184: 42 (1927).
22. — La destruction d'une dore insulaire par le feu. Principaux aspects de la
végétation à Madagascar. Mém. Acad. Malgache 5: 1-80, 41 pl. (1927).
Mémoire couronné par l'Académie des Sciences : prix Gay et par la Société
de Géographie : prix Eugène Potron.
23. — La disparition des forêts à Madagascar, scs causes, ses conséquences.
Rev. Gén. Sc., numéro du 15 juin, 14 p. (1927).
24. — Une composée nouvelle remarquable au point de vue phylogénique. C.R.
Acad. Sc. 135: 395-398 (1927).
25. — Plantes nouvelles du Maroc. Bull. Soc. Hist. Nat. Afr. Nord 18: 143-163
26. — Sur la llore des hautes montagnes de Madagascar. C.R. Soc. Biogéogr. 31 :
84-87 (1927).
27. — Végétation des hautes montagnes de Madagascar. Mém. Soc. Biogéogr. 2 :
195-220 (1928).
28. — Végétation de l’Atlas saharien occidental et additions à l'étude botanique
de l’Ari Ayachi. Bull. Soc. Hist. Nat. Afr. Nord 19 : 204-240, 8 pl. (1928).
29. — Végétation de la dorsale occidentale du Kivu (Afrique équatoriale) Ass.
Franç. Avanc. Sc., Congrès d’Alger (1930).
30. — Composées nouvelles de Madagascar. Bull. Soc. Bot. Fr. 77: 681-693
(1930).
31. — La végétation des hautes montagnes de l’Afrique centrale équatoriale.
La Terre et la Vie n» 4 (1931).
Source : MNHN, Paris
— 437 —
32. — Types de végétation primaire et secondaire en Afrique équatoriale. C.R.
du Congr. intern. de Géogr. Paris 2, sect. 3 (1931).
33. H. Humbert et J. Leandri. — La véritable position systématique de 1 ’llex mada-
gascariensis Lam. Bull. Mus. Paris, ser. 2, 4: 118-121 (1932).
34. H. Humbert. — L’herbier Perrier de la BÂthie, Ibid.: 345-346 (1932).
35. — Sur deux Astérées nouvelles de Madagascar en voie d'extinction. Ibid. :
1013-1019 (1932).
36. — Kalanchoe (Grassulacées) nouveaux ou peu connus de Madagascar. Ibid. 5 :
163-170 et 238-241 (1933).
37. — Parcs nationaux et Réserves naturelles en Afrique et à Madagascar. Ass.
Franç. Avanc. Sc. : 211-215 (1933). Conférence radiodiffusée.
38. - Parcs nationaux et Réserves naturelles de l’Union sud-africaine. C.R.
sommaire Soc. Biogéogr. 82 : 38-40 (1933).
39. — La mission H. Humbert en Afrique australe et à Madagascar (1933-1934).
Rev. Bot. Appl. et d’Agr. col. : 461 (1934).
40. — Mission botanique en Afrique australe et à Madagascar. Bull. Mus. Paris,
ser. 2, 6: 513-517 (1934).
4L — Sur un Senecio arborescent nouveau des hautes montagnes du Congo
belge et sur les liens phylogénétiques des espèces alliées. Bull. Soc. Bot.
Fr. 81: 830-845 (1934).
42. H. Humbert et P. Choux. — Alluaudiopsis fiherenensis, Didiéréacée nouvelle de
Madagascar. C. R. Acad. Sc. 199 : 1651 (1934).
43. — Une nouvelle Didiéréacée. Bull. Soc. Bot. Fr. 82 : 55-62, 4 pl. (1935).
44. H. Humbert. — Sur un Pélargonium nouveau de Madagascar et sur les affinités
des Géraniacées malgaches. Ibid.: 593-602 (1935).
45. - L’extinction des derniers vestiges de certains types de végétation auto¬
chtone à Madagascar. Arch. du Muséum, ser. 6, 12: 569-586, 4 pl. (in 4»)
(1935).
46. — Les Senecio arborescents de l’Afrique équatoriale. Encvclopédie française 5
(1936).
47. — Destruction des Flores et des Faunes, protection de la nature. Ibid.
48. H. Humbert et P. Staner. — Observations critiques sur quelques Composées.
Bull. Jard. Bot. État Brux. 14: 99-114 (1936).
49. H. Humbert. — La Protection de la nature dans les pays intertropicaux et
subtropicaux. Soc. Biogéogr. 5 : 159-180 (1937).
50. — Sur un Brachylaena nouveau exploité comme Santal de Madagascar. Bull.
Soc. Bot. Fr. 84 : 203-209 (1937).
51. — Oeniianolhamnus, genre nouveau de Gentianacées de Madagascar. C.R.
Acad. Sc. 204: 1747 (1937).
52. — ! salua, genre nouveau de Scrophulariacées de Madagascar. Bull. Soc. Bot.
Fr. 84: 313-317 (1937).
53. — Un genre nouveau de Gentianacées.Chironiinées de Madagascar. Ibid.:
386-390 (1937).
54. — Le Laboratoire de Phanérogamie du Muséum National d'Histoire Naturelle
et les recherches botaniques relatives aux territoires d’Outre-Mer. Ass.
Colonies-Sciences, Congr. de la Recherche scientifique dans les territoires
• d’Outre-mer : 334-340 (1938).
55. — Helichrysum nouveaux de Madagascar. Bull. Soc. Bot. Fr. 85: 655-663
(1938).
Source : MNHN, Paris
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— Un « fossile vivant », le Welwilscliia mirabilis Hook. f. La Terre et la Vie
(1938).
— Les aspects biologiques du problème des feux de brousse et la protec¬
tion de la nature dans les zones intertropicales. Bull. Inst. Roy. Col.
belge, Brux. 9 : 811-835 (1938).
- Un genre archaïque de Cucurbitacées de Madagascar. C. R. Acad. Sc. 208 :
220 (1939).
— Contributions à l'étude de la Flore de Madagascar et des Comores, fasc. I.
Not. syst. 8: 1-24 (1939).
— La Protection de la nature dans les territoires d’Outre-mer pendant la
guerre. Acad. Sc. Col., séance du 21 février (1940).
Zones et étages de végétation dans le Sud-Ouest de l’Angola. C.R. sommaire
Soc. Biogéogr. : 47 et 54 (1940).
Un type aberrant de Légumineuses-Césalpiniées de Madagascar. C. R.
Acad. Sc. 208: 372 (1939).
Vernonia et Helichrysum nouveaux de Madagascar. Bull. Soc. Bot. Fr. 87 :
344-351 (1940).
Contributions à l'étude de la Flore de Madagascar et des Comores, fasc. 2.
Not. syst. 9: 95-111 (1941).
— Le massif de l'Andohahela et ses dépendances (Madagascar, Réserve
naturelle, n« 11). C.R. sommaire Soc. Biogéogr. 153-154 : 32-37 (1941).
H. Humbert et A. Guillaumin. — Plantes nouvelles, rares ou critiques des
serres du Muséum. Bull. Mus. Paris, ser. 2, 13 : 318-319 (1941).
IL Humbert. — Contribution à l'étude de la Flore de Madagascar et des Comores,
fasc. 3. Not. syst. 10 : 95-112 (1942).
Révision du Genre Leucosalpa (Scrophulariacées), genre endémique de
Madagascar. Boissiera 7 : 281-292 (1943).
— La Protection de la nature dans les Colonies. Publications de l'Office de
la Recherche Scientifique Coloniale : 1-39, 8 pl. (1943).
— Sur l’existence à Madagascar d’une Diptérocarpacée du genre Monoles.
C.R. Acad. Sc. 208: 341-342 (1944).
— Une Diptérocarpacée à Madagascar : Monoles madayascariensis, nov. sp.
Bull. Soc. Bot. Fr. 91: 149-153 (1944).
- Les Cucurbitacées-Févillées de Madagascar. Bull. Soc. Bot. Fr. 91: 166-171
(1944).
Variations de la structure florale chez les Cucurbitacées primitives. Bull.
Mus. Paris, ser. 2, 16 : 566-571 (1944).
- Une curieuse anomalie par torsion chez l'liquiselum ramosissimum Desv.
Bull. Soc. Bot. Fr. 92 : 45-46 (1945).
Sur une Turnéracée nouvelle de Madagascar. Not. syst. 12 : 124-125(1945).
La protection de la nature à Madagascar. Journ. of Arnold Arboretum 17 :
470-480, 5 pl., I carte. — Résumé dans la Rev. Bot. appl. 286: 358-361
(1946).
— Utilisation de l’aviation dans les recherches botaniques. Bull. Congrès
national de l'aviation française. Rapport 41 bis , (1946).
— Chapitre : Végétation de Madagascar. Encvcl. coloniale et maritime :
Madagascar et Réunion 1: 47-62 (1947).
— Sixième voyage botanique à Madagascar, 1946-1947. C. R. Acad. Sc.
col. 7: 393-402 (1947).
— Contributions à l’étude de la flore de Madagascar et des Comores, fasc. 4.
Not. syst. 13 : 304-332 (1947).
Source : MNHN, Paris
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— Au sujet des récoltes de Scott Ei.liot à Madagascar. Ibid.: 163 (1947).
- Au sujet de l 'Humberlia madagascariensis Lamk. Ibid.: 303 (1947).
— Composées nouvelles ou peu connues de Madagascar. Bull. Soc. Bot.
Fr. 94 : 374-384 (1947).
— Un nouveau genre remarquable de Mutisiées à Madagascar. Ibid. 95 : 181-
183 (1948).
—• Rapport de mission botanique à Madagascar (1946-1947). Le Naturaliste
malgache, Institut de Recherche Scientifique de Madagascar 2 : 61-79, 2pl.
(1948).
— Une espèce nouvelle ornementale de Cordia (C. Mairei HumbJ du Sud-
Ouest de Madagascar. Mém. Soc. Hist. Nat. Afrique du Nord, vol. jubilaire
dédié au professeur R. Maire : 173-176, 1 pl. (1949).
—- La dégradation des sols à Madagascar (rapport présenté à la Conférence
internationale de Goma, Kivu). Institut de Recherche scientifique de
Madagascar 1: 33-52, 2 pl. (1949).
— Coupe botanique des Alpes. Dauphiné méridional; Briançonnais, Gapen-
çais, Dévoluy, Trêves. Bull. Soc. Bot. Fr. 97 : 52-57 (1950).
IL Humbert et J. Leandri. — Documents sur Auguste Pervillé conservés à
l’Herbier du muséum. Bull. Mus. Paris, ser. 2, 23 : 305-309 (1951).
H. Humbert. — François Gagnepain. In memoriam. Not syst. 14 : 221-229
(1952).
— Les territoires phytogéographiques du nord de Madagascar. C.R. som.
séance Soc. Biogéogr. 246 : 176-184 (1952).
— Le problème du recours aux feux courants. Rapport présenté à l'Assemblée
de l'Union internationale pour la protection de la Nature, Caracas, 2-9 sept.
(1952).
— Un exemple suggestif de désertification provoquée : les territoires semi-
arides du Sud de Madagascar. Ibid.
— Même titre, in Le Naturaliste malg. 5, 1 : 5-18 (1953)
— Le problème du recours aux feux courants. Rev. de Bol. appl. 363-364 :
19-28 1953.
H. Humbert et R. Capuron. — Découverte d’une Cldoranthacée à Madagascar :
Ascarinopsis Coursii gen. nov., sp. nov., C.R. Acad. Sc. 240:28,1 fig. ( 1954).
11. Humbert et J. Leandri. — Cinquante ans de recherches botaniques Mada¬
gascar. Bull. Acad. malg. : 33-43 (1954).
— Marcel Pichon, 1921-1954. Bull. Mus. Paris, ser. 2, 26 : 569-571 (1954).
H. Humbert Les territoires phytogéographiques de Madagascar. Leur carto¬
graphie. Colloque sur les régions écologiques du globe, Année biologique
31, 5-6 : 195-204, 1 carte h. t. col. (1955).
— Rapport général sur les pays intertropicaux. Ibid.: 209-219 (1955).
— Une merveille de la nature à Madagascar : le massif du Marojejy. Mém.
Inst, scient. Madag. 6, B, 272 pp, 15 pl., 28 h.t., 1 carte (1955).
H. Humbert et J. Leandri. — Marcel Pichon, 1921-1954. Taxon 4, 1 : 1-2 (1955).
H. Humbert. — Contributions à l’élude de la llore de Madagascar et des Comores,
fasc. 5. Not. syst. 15: 113-134, 6 fig. (1956).
M. Humbert et .1. Leandri. — Marcel Pichon, 1921-1954. Not. syst. 15:
107-112, 1 fig. (1956).
H. Humbert. — Un curieux Ceropegia (Asclépiadacées) nouveau de Madagascar.
Bull. Mus. Paris, ser. 2, 29: 503-507, 1 pl. (1957).
Source : MNHN, Paris
— 440 —
106. — Sur deux Hydrocolyle (Ombellifères) d’Afrique tropicale. Bull. Jard. Bol.
État Brux. 27: 763-772, 2 pl. h. t. (1957).
107. — Ch. Killian. Notice nécrologique. C.R. Acad. Sc., mai (1957).
108. — R. de Litardière. Ibid., décembre (1957).
109. — Parallélisme entre la chorologie des Dendrosenecio africains et celle des
Espelelia américains. C.R. 8" Congrès intern. de Bot. sect. 4, Paris : 105
(1957).
110. — Le Jardin botanique alpin et le laboratoire de la Jaysinia à Samoëns
(Haute-Savoie) (Fondation Cognacq-Jay), station écologique placée sous
le contrôle scientifique du Muséum national d’Histoire naturelle. Publ.
du Muséum 17: 7-14, 2 pl. (1957).
111. — Contributions à l'étude de la flore de Madagascar et des Comores, fasc. 6.
Not. syst. 15 : 245-259 (1957).
112. — Notice nécrologique sur H. Perrier de la Bâthie. C.R. Acad. Sc., 2 pp.,
15 oct. (1958).
113. — Tournefort voyageur naturaliste, in Tournefort, éd. Muséum, Paris :
71-75, 1 pl. (1958).
114. — Origine présumée et affinités de la flore de Madagascar. Résumé de la
communication faite au 3 e Congrès de la P.I.O.S.A., Tananarive : 5-11
(1958).
115. — Henri Perrier de la Bâthie (1873-1958). Journ. Agr. trop, et Bot.
appl. 5, 1958 : 863-867 (1959).
116. — Contributions à l’étude de la flore de Madagascar et des Comores, fasc. 7.
Not. syst. 15, 4 : 359-376 (1959).
117. — Composées (tome I). Flore de Madagascar et des Comores, 338 pp., 64 pl.
(1960).
118. — Origines présumées et affinités de la flore de Madagascar. Mém. Inst.
scient. Madagascar, ser. B, : 149-187 et Index bibliographique (1960).
119. — H. Perrier de la Bâthie (1873-1958) : notice biographique. Not. syst.
16, 1-2 : 1-6, 1 pl. h. t. (1960).
120. — Nolonia et Senecio nouveaux de Madagascar. Ibid.: 325-328.
121. — Projet de carte de végétation de Madagascar au 1 /I 000 000, Coll, intern.
C.N.R.S., Toulouse, 97 : 49-60, 2 cartes, 20 diagr., 1 carte h. t. (1961).
122. — Histoire de l’exploration botanique à Madagascar. C. R. 6 e réunion plén.
A.E.T.F.A.T., Coimbra, 12, 10 pp. (1961).
123. H. Humbert et G. Aymonin. — Jean Arènes, 1898-1960. Bull. Soc. Bot. Fr. 107 :
300-306 (1961).
124. II. Humbert. — Composées nouvelles de Madagascar. Adansonia. ser. 2, 2, 1 :
85-91, 1 fig. (1962).
125. — Les Pédaliacées de Madagascar. Ibid. 2,2 : 201-215.
126. — Composées (tome II). Flore de Madagascar et des Comores, 284 pages,
50 pl. (1962).
127. H. Humbert et A. Aubréville. — Rapport pour l’attribution du Prix du
Conseil de la Société Botanique de France en 1961. Bull. Soc. Bot. Fr. 108 :
443-444 (1962).
128. H. Humbert. — Les Gentianacées de Madagascar, Adansonia, ser. 2, 3, 3 : 342-
351, 3 pl. (1963).
129. — Composées (tome III). Flore de Madagascar et des Comores. 290 pp.,
52 pl. (1963).
Source : MNHN, Paris
— 441 —
Les Gentianacées de Madagascar (suite). Adansonia, ser. 2, 4, I : 29-37,
4 pl. (1964).
Carte internationale du tapis végétal et des conditions écologiques. Répu¬
blique malgache. 3 feuilles coul., et Notice de la carte. Travaux de l’Institut
français de Pondichéry, section scientifique et technique, 1965, h. s. n° 6
(avec G, Cours Darne et la collaboration de H. Besairie, F. Blasco,
P. Legris, J. Riquier, R. Perraudin et autres).
La « Flore de Madagascar et des Comores (Plantes vasculaires) » Résultats
et perspectives. Adansonia, ser. 2, 6: 315-317 (1966).
A PARAITRE A TITRE POSTHUME :
Espèces nouvelles de Slreplncarpus (Gesneriaceae) à Madagascar. Adan¬
sonia, ser. 2, 7, 3 : 275-294 (1967).
Flore de Madagascar et des Comores. — Pédaliacées, Gesnériacées, 179 et
180° familles (1968).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansoma, ser. 2, 7 (4) 1967.
LA FIN DE LA DYNASTIE DES JUSSIEU
ET L’ÉCLIPSE D’UNE CHAIRE AU MUSÉUM
(1853 à 1873).
par
J. Leandri
« Cette action se manifeste d'abord, il est vrai, par un acte regrettable :
la transformation en chaire de Paléontologie pour Alcide d’ORBiGNV
(5 juillet 1853) de la chaire de Botanique à la campagne devenue vacante
par la mort d’Adrien de Jussieu. Nul plus que moi n'est partisan résolu
de l'utilité de la chaire de Paléontologie, mais il a été vraiment regrettable
de la constituer aux dépens de la Chaire de Botanique à la campagne qui
avait la charge de la conservation et du développement des herbiers. Il
a fallu tout le dévouement des aides-naturalistes Weddell (1850-1859),
Bureau (1872-1873) et aussi de Spach (1829-1854) qui appartenait au
Service de Culture, pour que cette décision n’amène pas de catastrophe.
En tout cas, au moment de l'exploration des grands continents (1853-
1874), l'existence de cette chaire aurait permis d’enrichir notablement les
herbiers. Le service de Botanique (Phanérogamie) n'existait plus au Muséum.
C’est ainsi que la France perdit l’occasion d’acquérir l’herbier Delessert,
qui est actuellement à Genève. »
P. Lemoine, Archives du Mus.6 , 12: 16(1935).
Le second Empire ne peut guère être considéré comme une période
heureuse pour le progrès au Muséum des études sur la systématique des
plantes vasculaires. C’est en effet à ses débuts, en 1853, que mourait Adrien
de Jussieu, dernier titulaire de la chaire de Botanique « rurale 1 », et ce
n’est que vingt ans après, en 1873, avec le retour de la République, que,
sur les instances du comte Jaubert, ami du Président Thiers, était créée
au profit d’Édouard Bureau une nouvelle chaire de Botanique systéma¬
tique (« classification et familles naturelles »).
L’Assemblée des Professeurs de 1853 a-t-elle voulu seulement faire
à tout pris une place dans notre Établissement à une science nouvelle,
la paléontologie, pour laquelle était créée avec d’ORBiGNY pour titulaire
une chaire d’ailleurs parfaitement méritée? A-t-elle voulu considérer la
systématique comme une science achevée et par suite bien près d’une science
morte, ou marquer qu’une science perd de ses possibilités quand elle reste
1. Depuis 1793, par décision de la Convention, « les douze officiers du Muséum »
étaient tous « professeurs » et jouissaient des mêmes droits. Desfontaines avait succédé
en 1788 à Lemonnier comme professeur de ■ botanique au Jardin des Plantes » et
A. L. de Jussieu était professeur de « botanique dans la campagne ». Un troisième
botaniste, André Thouin avait lui, été nommé professeur de culture, et c’est cette
chaire qui devait être occupée plus tard par Mirbel puis par Decaisne.
Source : MNHN, Paris
— 444 —
trop longtemps entre les mains d’une seule famille, même illustre? Adrien
de Jussieu était pourtant loin d’être indigne de ses célèbres parents, ses
grands-oncles, Antoine, Bernard et Joseph de Jussieu et son père Antoine-
Laurent. Il avait hésité longtemps entre les carrières scientifique et litté¬
raire, et ses ouvrages se distinguent par la clarté et l’élégance du style.
Ce souci d’extrême perfection explique que ses travaux soient relativement
peu nombreux : son premier Mémoire, relatif à la famille des Euphorbiacées,
présentait un tableau de ce groupe bien plus clair que ceux que l’on trouve
dans des travaux postérieurs. Les Rutacées, les Méliacées, les Malpighiacées
lui ont aussi fourni la matière de travaux qui restent de véritables modèles
et peuvent encore être consultés de nos jours. Mais le nom d’Adrien de Jus¬
sieu est resté aussi celui d’un professeur exceptionnel. Son ouvrage traduit
dans toutes les langues, destiné aux candidats au baccalauréat et compris
dans le « cours élémentaire d’Histoire naturelle » qu’il avait écrit avec
Milne-Edwards et Beudant, renferme en réalité un exposé complet
de la botanique connue vers le milieu du dernier siècle et certaines de ses
parties peuvent encore être lues avec intérêt. Outre ses fonctions de pro¬
fesseur au Muséum où âgé seulement de vingt-neuf ans, il avait succédé
à son père en 1826, ses talents didactiques lui avaient valu celles de pro¬
fesseur à la Sorbonne depuis 1850; il avait succédé dans la chaire de Bota¬
nique à de Mirbel; ses travaux sur la structure des Monocotylédones
(1859) le rendaient digne de succéder au plus grand anatomiste français
du début du xix e siècle. L’enseignement d’Adrien ne se situait pas seu¬
lement dans les amphithéâtres de la Sorbonne et du Muséum : c’est surtout
sur le terrain, aux environs de Paris que, semblable aux philosophes antiques,
il donnait toute sa mesure et que son incomparable érudition lui permettait
de profiter de tous les incidents, de toutes les trouvailles d’une promenade,
pour donner un enseignement par l’exemple, bien plus capable d'atteindre
l’intelligence et la mémoire que les leçons d’amphithéâtre plus équilibrées
mais auxquelles la vie manquait. C’est ainsi qu’Adrien de Jussieu avait
eu pour élèves les botanistes les plus doués : dans l’avant-dernière de mes
évocations historiques j’ai rappelé la mémoire d’un des meilleurs, le mono¬
graphe des Quinquinas et des Urticacées, Hugh Algernon Weddell.
Les lettres que ce dernier écrivait à son maître prouvent assez à quel point
celui-ci avait su gagner l'affection et la confiance de ceux qui le suivaient
dans les promenades du Muséum 1 .
1. Un naturaliste du Muséum à la recherche des Quinquinas, Adansonia, ser. 2,
6, 2 : 165-173 (1966).
Source : MNHN, Paris
— 445
CHAIRES DE BOTANIQUE DU MUSÉUM
DU DÉCRET DE LA CONVENTION (1793) A LA CRÉATION
DE LA CHAIRE DES CLASSIFICATIONS ET FAMILLES NATURELLES (1874)
végétale
Ad. Brongniar
1874-1879
Botanique et Physi
végétale :
Ad. Brongniaf
1833-1874
(H. Lecomte)
t
Botanique : classilic;
et familles naturell
(Maxime
J. Decaisni
1850-1884
Botanique au Jardin des
Plantes
Ad. Brongniart
1833-1857
Botanique dans la campn-
Botanique au Jardin des
Plantes :
Desfontaines
1788-1833
Botanique dans la campa-
A. L. de Jussieu
1772-1826
(suppl.)-I837
Culture
Bosc D’Antic
1825-1828
Culture
A. TllOUIN
1793-1825
Le souvenir prestigieux de son père Antoine-Laurent était d'ailleurs
encore récent, mais ne devait pas être considéré comme un motif suffisant
de conserver le poste qu’il avait illustré. A. L. « Jussieu ne sortait que
très rarement, sa taille s’était courbée. La dernière année de sa vie, il
vint visiter l’École formée par lui. Il entra dans le pavillon du jardinier,
et s’entretint pendant quelque temps avec lui sur les moyens de changer
les plantes annuelles en plantes vivaces. En sortant du pavillon, il avisa
de ses yeux presque éteints le Pin Laricio qu’il avait planté soixante-trois
ans auparavant, et dont la pyramide dominait toute l’École; il s’approcha
de lui, appuya une main sur le tronc, et sa tête inclinée sous le poids de
quatre-vingt neuf ans, se redressa en tremblant pour admirer la taille
élancée et l’adolescence vigoureuse de son nourrisson. Cette visite était
un adieu, car elle fut la dernière. Il mourut en 1837, et son fils Adrien,
qui depuis longtemps le remplaçait dans le cours de botanique rurale,
fut nommé son successeur... Desfontaines était mort en 1833, âgé de
Source : MNHN, Paris
— 446 —
soixante-dix neuf ans, et sa chaire fut donnée à son suppléant, M. Adolphe
Brongniart » (Le Maout, in Cap. Le Muséum 1850).
Adolphe Brongniart, successeur de Desfontaines, était le fils de
l’illustre minéralogiste Alexandre Brongniart, et s’était fait connaître
lui-même par de belles recherches sur « les végétaux pétrifiés »; il fut donc
un des fondateurs de la paléontologie végétale, et c’est à lui que devait
revenir la charge de l’herbier après la suppression de la chaire d’Adrien
de Jussieu. Il avait ainsi à sa disposition les éléments nécessaires pour
classer les fossiles végétaux récents et ce rapprochement devait servir
après lui aux beaux travaux de B. Renault et d’E. Bureau. Il cumulait
ainsi les responsabilités de la Botanique au Muséum, de la Botanique rurale
et de l’herbier; seuls les services de Culture lui échappaient 1 .
La retraite de Mirbel en 1850 avait amené Jussieu dans la chaire que
le premier occupait à la Sorbonne, tandis que Decaisne prenait au Muséum
la chaire que le même Mirbel détenait avec le service de Culture. Weddell
qui venait (mars 1848) de rentrer d’Amérique du Sud avec les admirables
récoltes qu’il avait faites dans les Andes, pouvait ainsi être nommé « aide-
naturaliste » auprès de son maître Adrien de Jussieu. Les collections de
l’herbier de Paris se trouvant sous sa main, Weddell pouvait mettre
en œuvre ses récoltes personnelles et publier plus tard la Chloris Andina,
la monographie des Urticées, et d’autres beaux travaux.
A cette époque les galeries de botanique occupaient déjà l’aile nord-
est du bâtiment de style grec —- risquons cet euphémisme —• où beaucoup
d’entre nous les ont connues avant l’inauguration en 1937. De nouvelles
galeries le prolongent aujourd’hui le long de la rue Buffon, sur l’empla¬
cement où existait un petit café vers le milieu du xix e siècle. La partie
centrale, entre les deux pavillons, était occupée déjà par la géologie et
la minéralogie — qui s’y trouvent encore — et l’aile sud-ouest par la
bibliothèque centrale, n’a quitté que tout récemment cet antique refuge
pour les nouveaux et somptueux bâtiments vitrés de la rue Geolïroy-Saint-
Hilaire.
Sur les côtés de la galerie se trouvait l’herbier général qui comprenait
en principe un spécimen des espèces figurant dans les herbiers particuliers.
Ces derniers occupaient les dix cabinets latéraux dont on voit encore les
fenêtres, cinq sur la rue Buffon et cinq sur le jardin : 1, France, Europe;
2, Afrique du Nord et Canaries; 3, Afrique tropicale; 4, Afrique australe;
5, Australasie; 6, Indes; 7, Moyen Orient (Asie mineure, Arabie, Égypte);
Perse et Empire Russe; 8, Chili; 9, Pérou, Brésil, Guyanes; 10, Mexique
et Amérique du Nord. Nous ne rappellerons pas ici le détail des collections
dont les plus importantes sont mentionnées dans une note consacrée
à Lecomte et à Finet 2 parue il y a quelques années. Les herbiers de Jussieu
1. Decaisne, le nouveau professeur de culture (1850), avait été avec Gaudichaud
(1789-1854) et Guillemin (1776-1842), un des conservateurs de l’herbier. Peut-être
a-t-il nourri l'espoir de diriger aussi l’herbier à la mort d’Adrien de Jussieu et certains
l'accusent d’avoir empêché par des " manœuvres » Weddell de succéder à son maître.
Quoiqu’il en soit, ce fut Brongniart qui recueillit cette partie de l’héritage d’Adrien.
2. Adansonia, sot. 2, 2, 2 : îr.i et s (1962).
Source : MNHN, Paris
— 447 —
et de Lamarck n’appartenaient pas encore à cette époque au Muséum.
Seul l’herbier de Tournefort était séparé de l’herbier général et occupait
des deux côtés l'entrée de la galerie. La statue d'Antoine-Laurent de Jus¬
sieu, diverses curiosités végétales impossibles à mettre en herbier, ornaient
les parties restées libres de la galerie et du vestibule, sans parler de la
partie réservée aux végétaux fossiles chers à Adolphe Brongniart, « pro¬
fesseur de botanique » (1833-1859) puis de « botanique et physiologie végé¬
tale »> (1859-1876).
A cette époque du début du second empire et du milieu du siècle,
le Jardin des Plantes était déjà un magnifique établissement. Les galeries
de botanique, sans attirer autant de visiteurs que la ménagerie, les serres
ou l’École des arbres fruitiers, avaient de nombreux fervents; le zèle des
« amateurs » était à son apogée. Le Maout écrivait dans « le Muséum d’His-
toire Naturelle » de P. A. Cap : « Nous voici devant les galeries de botanique.
Ici vous allez mesurer d’un coup d’œil les services rendus à la science
par ceux qui récoltent des plantes, ceux qui les décrivent, ceux qui les
classent, ceux qui étudient la structure intime et les fonctions de leurs
organes. Cette passion pour les végétaux, qui élève à la fois l’âme et l’intel¬
ligence, et que ne refroidit pas la vieillesse, se répand de plus en plus
dans nos sociétés modernes, et est devenue une sorte de religion, unis¬
sant par les liens d’une fraternité commune tous les botanistes du
globe »...
La suppression de la chaire de Botanique dans la campagne, la remise
de l’herbier à des mains à demi étrangères — Adolphe Brongniart ne
s’intéressait qu’accessoirement aux classifications — privait d’un grand-
pontife la religion des amateurs éclairés qui marchaient dans les traces
ouvertes par la lignée des Jussieu. Que devait devenir la botanique systé¬
matique sans chef? Des conservateurs de l’herbier du Muséum, Guille-
min était mort en 1842, Gaudichaud ne devait pas tarder à le suivre (1854),
seul, Weddell s’efforçait d’abord de réagir contre l’injuste déconsidéra¬
tion dont l’Assemblée flétrissait une discipline à laquelle il avait sacrifié
le meilleur de sa jeunesse. Pour Weddell, des ennuis de famille et son départ
en province privaient l’herbier de ses services et achevaient de le paralyser.
En 1872, il était nommé membre correspondant de l’Académie des Sciences,
mais cet honneur tardif ne devait pas lui permettre l'année suivante, compte
tenu de son état de santé, de figurer parmi les candidats possibles à une
chaire de Systématique rétablie. Ce furent d’autres Établissements, surtout
la Faculté de Médecine, avec le grand Bâillon (le concurrent malheureux
de Decaisne à la chaire de Culture du Muséum) qui devaient recueillir la
gloire de recevoir le flambeau en France. Bâillon entreprenait dès 1860
la rédaction de sa monumentale « Histoire des Plantes ». Il admirait surtout
Adanson et Lamarck, peut-être par réaction contre la tendance de la lignée
des Jussieu à considérer la botanique systématique comme une propriété
de famille, et c’est le nom d’ADANSON qu’il donnait à la Revue de botanique
systématique qui devait paraître de 1860 à 1879 et dont le présent recueil a
repris le nom et la tradition.
Bâillon tenait aussi le plus grand compte en systématique des argu-
Source : MNHN, Paris
— 448 —
ments apportés par les nouvelles disciplines comme l’anatomie avec Mirbel,
Payer, et les autres grands maîtres de l’époque.
Dans le service du Professeur Ad. Brongniart, d’excellents botanistes
comme Tulasne s’efforçaient aussi de maintenir notre pays dans un rang
honorable pour les travaux de botanique systématique, mais la nécessité
d’étudier aussi les Cryptogames (la chaire de Cryptogamie du Muséum
date seulement de 1904 et le premier titulaire en fut le Directeur Mangin)
où de magnifiques découvertes étaient d’ailleurs réalisées, limitait les études
consacrées aux plantes vasculaires.
Brongniart lui-même sentait le danger que faisait courir à la bota¬
nique la disparition de l’enseignement au Muséum de la classification des
plantes, et s’efTorçait d’y remédier en aidant de toutes ses forces à la créa¬
tion d’une Société botanique nationale où les études de systématique de
floristique et de phytogéographie auraient une place de choix. Sous sa prési¬
dence se formait, le 23 avril 1854, un groupe de botanistes, savants d’élite
et grands amateurs, dont l’un des buts était de ne pas laisser mourir des
études qui avaient fait l’honneur de notre pays.
Avec Brongniart pour président et de Schoenefeld pour secrétaire,
la nouvelle « Société botanique de France » tenait sa première séance, ayant
déjà dans ses rangs quelques-uns des adeptes les plus brillants de la science
des Jussieu, Bâillon, Bureau, Cosson, Decaisne, Durieu de Maison¬
neuve, J. H. Fabre, plus connu aujourd’hui comme entomologiste, de
Franqueville, Germain de Saint-Pierre, le comte Jaubert, ancien
ministre, A. Lasègue, le conservateur du Musée Delessert, Le Maout,
A. Maille, Moquin-Tandon, Puel, E. Revelière, G. Thuret, Timbal-
Lagrave, Tulasne, L. Vilmorin et Weddell. De nombreux autres bota¬
nistes systématiciens se joignaient au cours des années suivantes à ce pre¬
mier noyau.
Mais cet elTort de Brongniart pour comprendre l’intérêt capital des
collections dont il avait la charge n’allait pas jusqu’à lui laisser voir la néces¬
sité impérieuse de les accroître, et il devait laisser échapper de France
l’herbier Delessert.
Benjamin Delessert, né à Lyon (1773-1847), un des Mécènes de la
botanique française, membre de l’Institut de France, industriel, banquier,
homme politique, philanthrope, adversaire de la Loterie et fondateur des
Caisses d'Épargne, doué d’un esprit très ouvert et d’une activité univer¬
selle 1 est le créateur de l’herbier Delessert, aujourd’hui la gloire du
Conservatoire botanique de Genève. Il était le fils de M me Étienne Deles¬
sert, née Boy de la Tour, amie de Rousseau, et c’est pour sa sœur
Madeleine que le célèbre philosophe écrivit, paraît-il les « Lettres sur la
Botanique ». L’herbier de Delessert commencé par Jean-Jacques Rous¬
seau, compte 80 000 espèces dont plusieurs milliers étaient à l’origine
1. Dr. Benjamin Bord. L'exposition des botanistes genevois. /Esculape, mai
1938, p. 8. — C'est à la suite de la perte de sa femme, morte jeune, que Delessert
devait consacrer ses admirables facultés à la bienfaisance. Il avait fait graver sur la
tombe de la disparue : « Elle a choisi la bonne part : elle ne lui sera point ôtée » (Écri-
Source : MNHN, Paris
— 449 —
inédites. Tous les systématiciens connaissent le remarquable ouvrage que
Lasègue, qui tut longtemps le conservateur de cet herbier, a publié en
1845 sous les titres : « Musée botanique de M. B. Delessert » et où en sont
énumérées toutes les richesses, qui comprennent un bel herbier de France et
l’herbier de Burmann. Les Icônes seleclæ planlarum, 5 volumes in-fol.,
(1820-1846) publiés par Delessert avec A. P. De Candolle constituent
une splendide illustration de Syslema et du Prodromus de ce grand bota¬
niste, et proclament aussi tout ce que la botanique doit à Delessert.
Après la mort de Benjamin Delessert en 1847, son herbier était passé
entre les mains de son frère François, également botaniste de valeur comme
d'autres membres de la famille connus pour de belles récoltes aux Indes, en
Indonésie, aux Mascareignes et aux Antilles.
Mais à la mort de ce dernier, ses filles n’ayant pas, semble-t-il, trouvé
auprès des « botanistes officiels de notre pays » 1 l’intérêt que méritait un
trésor aussi royal, et peu encouragées par le manque de considération dont
le Muséum faisait preuve envers ses propres richesses les plus renommées,
firent don en 1869 des collections Delessert à la ville de Genève, où elles
devaient enfin recevoir en 1904 un bâtiment digne d'elles. La bibliothèque
Delessert, par contre, était léguée à l’Institut de France.
Peut-être la perte pour notre pays de l’herbier Delessert fut-elle
une des raisons qui firent comprendre aux pouvoirs publics la nécessité
de rétablir l’ancienne chaire des Jussieu.
Un jeune médecin nantais s’était montré un botaniste doué et fervent,
et avait publié d’excellents travaux de paléontologie végétale et de bota¬
nique des plantes vivantes, en particulier sur les Loganiacées et les Bigno-
niacées. C’était Édouard Bureau (1830-1918). Dès 1856, Moquin-Tandon,
sur le vu de son travail sur les Loganiacées, n’hésitait pas à le recommander
comme collaborateur aux animateurs du Prodrome de De Candolle.
En 1872, au départ de Tulasne, Brongniart le prenait dans son service
comme aide-naturaliste et deux ans seulement plus tard, il prenait rang
parmi les Professeurs du Muséum dans la chaire des Jussieu, rétablie sous
le nom de chaire de Botanique (classification et familles naturelles des
plantes) 2 3 . La chaire de Brongniart changeait en même temps de nom et
prenait celui de « Botanique : organographie et physiologie végétales ».
Le 23 janvier 1874, un décret rendu à la suite de la proposition unanime
des Professeurs du Muséum d’abord et de l’Académie des Sciences ensuite,
le désignait pour ce poste qui venait d’être rétabli à la suite du vote de
l’Assemblée nationale du 14 octobre 1873 s .
Les intentions exprimées par l’Assemblée nationale et les instructions
ministérielles prescrivaient au nouveau Professeur de s'attacher surtout à
l'enseignement pratique de la botanique. Des exercices pratiques et des
herborisations à la campagne devaient compléter le cours ordinaire.
1. H. Bâillon, Dictionnaire de Botanique 2, : 374 (1886).
2. Ce titre devait être changé successivement en « classification et familles
naturelles des Phanérogames (1904), puis « Phanérogamie » (1932).
3. Ce n’est qu’en 1904 qu'une chaire particulière devait être créée pour l’étude
des Cryptogames.
Source : MNHN, Paris
— 450 —
Les recherches à l’herbier étaient devenues presque impraticables,
par suite de la conservation séparée de nombreux herbiers particuliers.
C’est à sa mise en état, et à la préparation d’herbiers tropicaux devant per¬
mettre dans l’avenir la réalisation des Flores des pays d’outre-mer placés
sous la tutelle de la France, que devait se consacrer pendant les 31 ans de
son professorat (1874-1905) le 'Professeur Bureau, secondé par des aides-
naturalistes dont le premier devait être J. Poisson jardinier autodidacte
devenu botaniste, qu’il est bien dans la tradition du Muséum, établissement
toujours ouvert à tous les talents, de voir succéder après treize ans de vide
à un Weddell, correspondant de l’Institut et qui pouvait passer à juste
titre pour la fine fleur de la culture classique.
Source : MNHN, Paris
r. 2,7(4) 1967
COMMENT ONT ÉTÉ CONNUES
LES PLANTES VASCULAIRES
DE NOUVELLE-CALÉDONIE
par
A. Guillaumin
L’étude de la flore de la Nouvelle-Calédonie commence dès la découverte
de l’île en 1774 par le Capitaine James Cook, au cours de son deuxième
voyage avec YAdvenlure et la Résolution : en effet les botanistes Johan
Reinhold Forster, son fils Johan Georg, et le jardinier William Anderson
(qu’il ne faut pas confondre avec le chirurgien du même nom) herborisèrent
de Balade en direction de Koumac, du 5 au 13 Septembre et à l’île Améré
(Botany Island) le 23. Les récoltes des Forster (57 espèces) énumérées
par Forster fils, en 1786, dans le Florae insularum auslralium Prodromus
ont été acquises avec des aquarelles et des dessins par le British Muséum
en 1842; des doubles existent à l’herbier du Muséum de Paris et à Moscou.
11 paraît hors de doute que Jean-François de Galaup de La Pérouse ait
abordé en 1788 à l’île des Pins ou tout au moins à la Grande Terre; sur la
Boussole qu’il commandait en personne, se trouvait Jean-Nicolas Col-
lignon, jardinier du Jardin du Roi 1 et sur Y Astrolabe, commandée par
de Langle, le D r de la Martinière, désigné comme botaniste par
B. de Jussieu.
Antoine de Bruni d’ENTRECASTEAUx, parti à la recherche de La
Pérouse avec la Recherche et Y Espérance, jeta l’ancre, en 1793, à Balade
justement où avait atterri Cook; du 13 avril au 8 mai, le botaniste Jacques,
Julien Huton de La Billardière et le jardinier Félix Delahaie 2 , chef
de l’École de Botanique du Jardin du Roi, herborisèrent aux environs.
La Billardière a fait connaître ses récoltes (80 espèces) dans son Serlum
auslrocaledonicum (1824-1825); elles sont à Florence mais celles de Lahaie
(166 n os ) ainsi que son « Journal » manuscrit n’ont été retrouvés à Paris
qu’en 1879 et sont au Muséum de Paris.
Le 21 décembre 1843, le commandant Julien de La Ferrière, à bord
du Bucèphale débarqua à la Grande Terre les premiers missionnaires maristes
1. Notice par A. Guillaumin, in Bull. Mus. Paris (1948).
2. Il transforma ensuite, pendant la Révolution, son nom en Lahaie, puis en
de La Haye quand il devint jardinier de l’Impératrice Joséphine à la Malmaison,
enfin horticulteur à Versailles (actuellement Maison Moser). Notices par A. Guillau¬
min, in Bull. Mus. Paris (1910, 1922).
Source : MNHN, Paris
Jacques Julien Huton
de La Biixardière
(1755-1834)
Source : MNHN, Paris
— 453 —
et, le 25 septembre 1845, Auguste Bernard, commandant le Rhin vint les
ravitailler; c’est pendant l’escale que Vedel, officier de marine, récolta,
sans doute aux environs de Balade, quelques plantes actuellement à l’herbier
de Paris.
Le 31 mars 1846, les missionnaires maristes, notamment le P. Xavier
Montrouzier 1 , chassés des îles Salomon, se réfugient à Balade, où le
commandant du Bouzet les évacue à Pouébo, sur la Brillante, le 13 mars
1847.
En janvier 1848, Auguste Marceau, commandant l’Arche d’ Alliance,
débarque en Nouvelle-Calédonie un nouveau contingent de missionnaires
maristes dont le P. Goujon qui séjourna à l’île des Pins de 1848 à 1876,
puis de 1876 à 1881, et récolta quelques plantes actuellement à Paris.
C’est vers cette époque que Charles Moore, jardinier-chef du Jardin
botanique de Melbourne, puis directeur de celui de Sydney, accompagné
de George Bennet, de la Faculté de Médecine de Sydney, visita une pre¬
mière fois la Nouvelle-Calédonie à bord du Havannah, commandé par le
capitaine Erskine, et que James Paddon, commerçant anglais installé
à l’Ile Nou, envoya des plantes vivantes et des graines à Sydney.
On a dit, qu’en 1850, le baron Ferdinand, Jacob, Heinrich von Muel-
i.er, directeur du Musée de Melbourne, organisa une mission chargée de
récolter en Nouvelle-Calédonie des plantes utiles, placée sous la direction
de Charles Moore, comprenant outre G. Bennet, Richards, de la maison
Sheperd de Sydney 2 , Duncan, voyageur de Rule, horticulteur à Victoria,
Roberts et E. Hodgson; mais J. H. MacKee (Phytochimie et plantes
médicinales des terres du Pacifique : 22, 1966) pense que Mueller n’a
pas réellement envoyé de mission en Nouvelle-Calédonie et s’est contenté
de réunir les échantillons rapportés de ce territoire par ses correspondants.
Certains spécimens semblent pourtant avoir été récoltés par Mueller
lui-même, et en tout cas, ne portent mention d’aucun autre collecteur.
Quelques-uns ont été donnés à l’herbier de Paris, les autres sont à Mel¬
bourne.
En 1852, Sir James, Evrard, R. N. Home, médecin de la marine
britannique, récolta en Nouvelle-Calédonie et à l’île des Pins quelques
plantes qui sont conservées au British Muséum et à l’herbier de Kew,
comme certains échantillons rapportés des îles Loyalty entre 1852 et
1854 par Sir George Grey, le futur Gouverneur de la Nouvelle-Zélande.
C’est sans doute également vers cette date que Frédrick Strange, natu¬
raliste anglais ayant beaucoup voyagé en Australie, passa en Nouvelle-
Calédonie : ses récoltes ont été acquises par le British Muséum en 1857.
En 1853, le R. P. Montrouzier, après avoir évangélisé l’île Woodlak
aux îles Salomon et s’être réfugié à Balade en 1846, à Pouébo en juin 1847
et à Sydney, revint à l’île des Pins, puis à Tiaré et à Touho; il se trouvait
de nouveau à Balade le 24 septembre 1853 lorsque le Contre-Amiral Auguste
Febvrier-Despointes, à bord du Phoque, prit possession de la Nouvelle-
1. Notices par G. Beauvisage, in Annales de la Société Botanique de Lyon (1897),
et par P. O’Reilly, in Revue de l’Histoire des Missions (1931).
2. Est-ce le même que le « santaleur • établi en Hienghène en 1846?
Source : MNHN, Paris
— 454 —
Calédonie au nom de la France, et le 29, de l’île des Pins. Pourtant, depuis
le 24, le Herald, mouillait devant l’île, commandé par Sir Henry Mangles
Denham, ayant à son bord John Mac Gillivray, botaniste du gouverne¬
ment, assisté de William Grant Milne qui herborisèrent à l’île des Pins
jusqu’au 22 octobre, puis du 10 au 20 décembre. Le R. P. Montrouzier
passa ensuite à Nouméa (alors Port-de-France) en 1855, à l’île Art en 1856,
puis en 1863 après avoir été à Hienghène en 1858; il y retourna une
troisième fois en 1866 après avoir été à Païta en 1865, et une quatrième
fois en 1874 après avoir séjourné à Nouméa en 1873 et en 1874, avant de
se retirer à St. Louis de 1893 à 1897. Il envoya à Sydney quelques échantil¬
lons de l’île des Pins dès 1853. Ses séjours prolongés à l’île d’Art lui per¬
mirent de publier en 1860, une « Flore de l’île d’Art 1 », comportant la
description de nombreux genres et espèces nouveaux. L’herbier corres¬
pondant, envoyé à Lyon en 1859, a été retrouvé en partie à la Faculté
de Médecine de Lyon par Georges Beauvisage et la liste en a été publiée
sous le titre Species Monlrouzierianæ par A. Guillaumin et G. Beauvi¬
sage 2 ; une autre série de 667 échantillons, avec une numérotation diffé¬
rente, avait été envoyée par Montrouzier en 1866, à l’herbier de Mont¬
pellier; d’autres échantillons de la Grande Terre se trouvent à l’herbier
de Paris.
MacGillivray visita, à titre privé, la Nouvelle-Calédonie en 1858
et l’île des Pins en 1860. Les plantes du voyage du Herald sont au British
Muséum, la collection personnelle de MacGillivray a été acquise par
l’herbier de Paris en 1868.
De l’occupation française en 1853 à la transportation en 1863, ce sont
uniquement à des militaires : officiers, médecins, chirurgiens et pharmaciens,
qu’est due la connaissance de la flore néo-calédonienne : en 1856, c’est
l’Amiral Ernest Lequerré, alors midship sur la Bayonnaise, dont les
plantes sont à Nantes dans l’herbier Viaud-Grand-Marais 3 , le Dr. Pinard,
médecin de marine, récolte quelques plantes à Nouméa et à Balade et sur¬
tout Eugène Vieillard et Emile Deplanche, chirurgiens de marine qui
séjournent en Nouvelle-Calédonie de 1855 à 1860 et de 1861 à 1867, herbo¬
risant à la Grande Terre, à l’île des Pins et à Lifou ; Vieillard créa même,
à Balade, un petit jardin d’essai. Les collections personnelles de Vieillard
sont conservées à Caen où il fut longtemps conservateur de l’herbier;
lors de la libération de la ville en 1944, elles ont souffert des déménagements
et de la pluie d’autant plus que beaucoup d’échantillons n’étaient pas
attachés; la numérotation en est d’ailleurs déplorable, le même numéro
s’appliquant à des plantes récoltées à des endroits et des années différentes
alors qu’un échantillon porte souvent plusieurs numéros; des erreurs de
chiffres semblent de plus avoir été commises par M me Lenormand, quand
elle a recopié les étiquettes. Une importante série, complétant celle de Caen
1. in Mém. Acad. Sc. Lyon (1860).
2. in Annales de la Société botanique de Lyon (1913).
3. Liste par A. Guillaumin, in Bull. Mus. Paris (1919).
Source : MNHN, Paris
— 455 —
existe à Paris, et des doubles ont été distribués dans de nombreux herbiers.
L’herbier de Deplanche est, en partie à Caen, en partie à Paris ; sa numé¬
rotation n’est pas non plus sans défaut. Pendant son deuxième séjour en
Nouvelle-Calédonie, Deplanche était, sur La Bonite, sous les ordres du
capitaine de vaisseau Henri Jouan 1 qui récolta des Fougères.
A la même époque Sir Daniel Cooper envoie de Nouvelle-Calédonie
au grand horticulteur anglais Veitch des graines d'une Acanthacée qui,
ayant fleuri en 1864, se révéla être une espèce nouvelle : Eranlhemum
Cooperi.
Baudoin, capitaine d’infanterie de marine, herborisa en 1865, puis
Thiebaut, lieutenant de vaisseau, A. Krieger, capitaine d’infanterie
de marine, en 1867, Edouard Heckel, pharmacien et médecin de marine,
mort professeur à la Faculté des Sciences et à l’École de médecine de
Marseille, de 1867 à 1869 2 , Edouard Delacour, médecin de marine,
attaché au service sanitaire des ports, qui collecta des Fougères. Les
récoltes de Baudoin, Thiebaut, Delacour, sont à Paris, celles d’HECKEL
à Marseille (ancien Musée colonial).
Jean, Armand, Isidore Pancher 3 , chef du Laboratoire des graines
du Jardin des Plantes de Paris, parti en 1849 comme jardinier colonial
à Tahiti, passa en 1858 comme botaniste du gouvernement en Nouvelle-
Calédonie et jusqu’en 1869, explora en tous sens la Grande Terre, Fîle
Ouen et l’île des Pins, fondant le premier Musée néo-calédonien, tandis
que l’ingénieur agricole Adolphe Boutan, arrivé en Nouvelle-Calédonie
sur l’Iris en 1862, créait la Ferme modèle d’Yahoué où étaient introduites
de la Réunion quantité de plantes utiles notamment des arbres fruitiers,
des plants de vigne du Cap et toute une série de graines provenant du
Jardin des Plantes de Paris. Rentré en France en 1869, Pancher repartit
en 1874, pour le compte du grand horticulteur belge Lucien Linden,
en compagnie de L. de Maerschalk, sous-directeur de cet établissement,
et mourut le 8 mars 1877, chez Lecard, inspecteur des établissements
pénitenciers et commandant du Pénitencier et du jardin d’essais d’Uaraï;
sa tombe est à Fonwhary. Plus de 4 000 échantillons sont conservés à
Paris, notamment son herbier personnel donné pas Hennecart en 1879;
800 numéros ont été envoyés par Pancher, à l’herbier de Kew et, des
graines envoyées à Linden, sont issues quelques plantes qui ont donné
matière à des planches colorées de Y Illustration Horticole. Les plantes
attribuées à Charpentier, dans l’herbier de Genève ont sans doute été
récoltées par Pancher.
C’est à Weight qu’est due l’introduction en Angleterre du Dyzygolheca
(Aratia) lenuifolia décrit par Pancher en 1873 (Adansonia, ser. 1, 10,
1871-73). Les nombreuses espèces nouvelles décrites par Brongniart
et Gris, dans le Bulletin de la Société botanique de France et les Annales
des Sciences Naturelles sont basées surtout sur des échantillons de Vieil¬
lard, Pancher et Deplanche.
1. Notice par P. O’Reilly et R. Teissier, in Tahitiens (1962).
2. Notice anonyme, in Ann. Fac. Sc. Marseille 24.
3. Notice, in Moniteur de la Nouvelle-Calédonie, 21 mars 1877.
Source : MNHN, Paris
— 456 —
Le général Hippolyte Sebert, alors capitaine d’artillerie de marine,
avec l’aide d’Eugène Fournier, garde d’artillerie, recueillit, de 1866 à
1870, de nombreux échantillons surtout des arbres qui sont maintenant
à Paris sauf quelques-uns à Sydney. Il publia, dans la Revue coloniale
(1873-1874) puis en un ouvrage distinct, une « Notice sur les Bois de la
Nouvelle-Calédonie » dont il est l'auteur de la partie technologique et
Pancher de la partie descriptive. Aux récoltes de Sebert et Fournier
sont jointes celles de Kay, officier chargé des travaux de la transportation.
En 1863, Evenor de Greslan arriva à Nouméa avec un groupe de
Réunionnais et acclimata dans son domaine de Nemba, dans la vallée
de la Dumbéa, près de l’Établissement de Koé, toute une série de plantes
utiles tropicales.
En 1868, l’anglais Caldwell vint de l’île Maurice en Nouvelle-Calé¬
donie pour y chercher des variétés indigènes de canne à sucre et récolta
quelques plantes conservées à Kew.
De 1868 à 1872, Benjamin Balansa 1 , voyageur naturaliste du Muséum
de Paris, réunit à la Grande Terre, à l’île Ouen, à l’île des Pins, à l’île Art
et à Lifou un splendide herbier de 3 752 numéros dont il donna en 1872,
dans le Bulletin de la Société botanique de France, le « Catalogue des Grami¬
nées »; il publia, en outre diverses notes sur la Végétation et la Géographie
botanique de la Nouvelle-Calédonie. Beaucoup d’espèces nouvelles décrites
par H. Bâillon, notamment dans Adansonia, sont basées sur des échantil¬
lons de Balansa. En 1870, il était devenu directeur d’un Jardin d’acclima¬
tation à Nouméa.
Les récoltes du pasteur anglais Samuel, James Whitmee, faites en
1871, à Lifou, sont à Londres; celles de Petit, instituteur déporté en Nou¬
velle-Calédonie à la suite de la Commune, sont à Paris. De nombreux
collecteurs se succèdent par la suite : en 1873, Chuland; en 1875,
M lle Kiener 2 , missionnaire évangélique; entre 1875 et 1879, Germain,
capitaine d’infanterie de marine; en 1879-1880, Saves, neveu de Balansa 3 ;
en 1881-1882, Le Dentu; en 1883, de Pompery; en 1884, Brousmiche,
alors pharmacien de la marine, Chalande, Albert Grunow 3 , chimiste
autrichien employé en Nouvelle-Calédonie; V. Perret, inspecteur de la
transportation et directeur de la Colonie pénitentière de la Dumbéa et de
l’Établissement agricole de Koé, qui en 1883 publia dans le Journal de la
Société Nationale d’Horlicullure de France, le « Catalogue des plantes des pépi¬
nières, jardins et cultures d’essai de l’Établissement de Koé », ne comprenant
pas moins de 244 espèces utiles ou d’ornement; en 1845, Gervais, médecin
major 4 et Pelletier, colonel d’infanterie de marine; en 1887, Léopold
Layard, consul anglais en Nouvelle-Calédonie, Pennel commandant le
Pénitencier de Bourail 8 en 1888, le Dr Louis Ormières, futur gouverneur
1. Biographie par C. Astre (1947).
2. Liste par A. Guillaumin, in Not. syst. 2 (1911).
3. Liste par A. Zahlbruckner, in Annales des K. K. naturhistorischen Hofmu-
seums (1888).
4. Liste par A. Guillaumin, in Not. syst. 2 (1911).
5. Liste par A. Guillaumin, in Annales du Musée colonial de Marseille (1911-
1912).
Source : MNHN, Paris
— 457 —
des Colonies; en 1889, François Édouard Raoul, pharmacien de marine,
fondateur d’un jardin d’essai à Tahiti 1 ; Mazagot, Garde-mines et l’Admi¬
nistration pénitentiaire 2 .
L’herbier de Grunow est au Musée de Vienne; ce sont des Orchidées
vivantes que La yard avait envoyées au Jardin botanique de Melbourne, et
des Conifères vivantes que Raoul fit parvenir à celui de Sydney; les her¬
biers de Pennel et de Pelletier sont à Marseille, les autres sont à Paris,
ainsi que les quelques échantillons du P. Agatope, missionnaire mariste, de
Spire, médecin militaire, et un herbier dendrologique anonyme qui figura
à l’Exposition universelle de 1889 3 . Ensuite, pendant un certain temps, ce
sont des fonctionnaires des Services agricoles qui réunissent des herbiers :
Edmond Coutest-Lacour, chargé des cultures expérimentales; en 1892,
Bougier agent de colonisation 4 5 et, en 1892-1893, A. Jeanneney, agent
de cultures 6 ; ce dernier, à l’exemple de Charles Lemire, directeur des
P.T.T. en Nouvelle-Calédonie publia dans la Colonisation Française en
Nouvelle-Calédonie el dépendances 8 , une « Nouvelle-Calédonie Agricole »,
dans laquelle figurent un certain nombre de nomina nuda sans échantillons
à l’appui et où sont citées des espèces qui n’ont jamais existé en Nouvelle-
Calédonie, même plantées 7 .
En 1900, l’ingénieur agronome Marius Etesse, prend la direction de
la Ferme-école et du Jardin d’essais de Yahoué. Parmi ses élèves, Charles
Jacques, étant devenu Secrétaire de la Chambre d’Agriculture de Nouméa,
créa en 1930 à Païta, pour remplacer l’établissement de Yahoué disparu
en 1908, un petit jardin d’essai dont s’occupe maintenant, depuis 1948, le
Service des Eaux et Forêts du territoire. Un autre jardin d’introduction et
d’essais existe à l’École d’Agriculture de Port Laguerre depuis 1950.
Julien Bernier, conservateur du deuxième Musée néo-calédonien
créé par Lucien Bernheim, fit réunir par le forçat libéré Léon Cribs, un
herbier de plus de 2000 numéros, pour l’Exposition Universelle de 1900.
La plus grande partie a été donnée par Bernier au Muséum de Paris 8 ,
mais une centaine de numéros se trouvent à Nouméa et quelques échantil¬
lons avaient été donnés à Schlechter pour l’herbier de Berlin. Les plantes
de l’herbier de Sydney, attribuées à Le Boucher ont dû être récoltées par
Cribs : celui-ci, sur la fin de sa vie, vendait ses récoltes et composait de petits
tableaux avec des fragments de plantes de Nouvelle-Calédonie.
Auguste Le Rat, instituteur à Nouméa, de 1900 à 1910, et M me Le
Rat 9 , en 1908 et 1909, réunirent un herbier de près de 4 000 numéros,
1. Notice par J. Barrau, in Cahiers du Pacifique (1966).
2. Liste par A. Guillaumin, in Annales du Musée colonial de Marseille (1912).
3. Liste par A. Guillaumin, in Bull. Mus. Paris (1913).
4. Liste par A. Guillaumin, in Bull. Mus. Paris (1912).
5. Liste par A. Guillaumin, in Ann. Mus. Col. Marseille (1911).
6. Cfr. A. Guillaumin, in Not. syst. (1952).
7. Essai d'identification par A. Guillaumin, in Not. syst. (1943).
8. Listes par A. Guillaumin, in Bull. Mus. Paris (1912-1948).
9. Notice par A. Guillaumin, in Bull. Mus. Paris (1911).
Source : MNHN, Paris
— 458 —
actuellement à Paris 1 ; une petite série avait été emportée à Berlin par
Schlechter qui avait herborisé avec Le Rat en Nouvelle-Calédonie.
Quelques échantillons récoltés par Cacot, instituteur à Plum, avaient été
intercalés dans les collections de M. et M me Le Rat.
En 1902-1903, Friedrich, Richard, Rudolf Schlechter, botaniste et
voyageur de l’herbier de Berlin, récolta, à la Grande Terre, 998 numéros
dont la collection princeps était à Berlin; une autre presque complète,
existe à Paris et une autre à Kew 2 .
Isidore Franc, instituteur et professeur au Collège de Nouméa, cons¬
titua, de 1904 à 1930, un herbier considérable dont une bonne partie se
trouve à Paris 3 , mais 447 numéros ont été donnés à Berlin, tandis que sa
collection personnelle, devenue la propriété de Bonati, pharmacien à
Lure, fut, à la mort de celui-ci, vendue quelque peu clandestinement à
l’Université de Berkeley (Californie). Il comprend plusieurs séries; une
générale, l’autre marquée A, une troisième marquée D, plus une série
spéciale et une quatrième numérotée A...; en principe le même numéro
de la série générale et de la série A s’applique à la même espèce mais souvent
provenant de localités différentes.
En 1909, Fetscherin, capitaine au long cours, récolta, entre Thio et
Houaïlou, mais sans précision de localité, 115 plantes qu’il donna à l’herbier
de Paris 4 ; la même année, M me Richard, femme du Gouverneur, envoya
quelques Orchidées vivantes au Muséum dont une nouveauté Dendrobium
muricalum Finet var. munificum Finet.
En 1910-1911 Godefroy 8 , soldat d’infanterie de marine, mort pour
la France en 1915, collecta sur la Grande Terre des plantes pour le comman¬
dant d’ALLEizETTE, qui les donna par la suite au Muséum. En 1911-1912,
Fritz Sarasin, ethnologue de Bâle, assisté de Jean Roux, attaché au Musée
de Bâle, parcourut en tous sens la Nouvelle-Calédonie, et les îles Loyalty,
pour des recherches anthropologiques et ethnologiques, réunissant aussi
des collections zoologiques et botaniques qui sont conservées en majeure
partie à Bâle, la deuxième série de plantes étant à Zurich et la troisième à
Paris 8 . Vers la même époque,'Oscar Rohrdorf, commerçant à Maré, récolta
des échantillons d’herbier pour le Musée de Zürich, tandis que le pasteur
Étienne Bergeret réunit, en majorité aux îles Loyalty, 183 numéros,
acquis par l’herbier de Genève 7 . En 1914, A. H. Compton, ultérieurement
1. Listes des Phanérogames par A. Guillaumin, in Bull, du Mus. Paris (1911,
1912, 1913, 1920, 1923, 1926, 1929, 1932, 1934, 1938); des Fougères par R. Bonaparte,
in Notes ptéridologiques 2 (1915).
2. Liste par R. Schlechter, in Botanische Jahrbücher (1906) avec supplément
comportant des échantillons de Le Rat, Franc et Cribs, in Botanische Jahrbücher
(1908).
3. Listes des Phanérogames par A. Guillaumin, in Bull. Mus. (1913, 1919, 1920,
1921, 1922, 1925, 1926, 1927, 1929, 1930, 1932, 1933, 1934, 1935, 1938, 1940); des
Fougères par R. Bonaparte, in Notes ptéridologiques 2 (1915).
4. Liste par A. Guillaumin, in Not. syst. (1911).
5. Liste par A. Guillaumin, in Bull. Mus. Paris (1932, 1943).
6. Liste par H. Schinz, A. Guillaumin et autres, in Nova Caledonia, Botanique
(1914-1921).
7. Liste par A. Guillaumin, in Candollea (1932).
Source : MNHN, Paris
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professeur à l’Université de Kirtenbosch (Afrique du Sud), explora la
Nouvelle-Calédonie de l’ile des Pins 1 .
A. V. Daniker, mort directeur du Musée botanique de Zürich, séjourna
en Nouvelle-Calédonie de 1924 à 1925, explorant méthodiquement la Grande
Terre, les îles et îlots voisins, jusqu’à l’archipel Huon et les Loyalty, récol¬
tant 3 173 numéros dont il a donné la liste dans les Milleilungen dem Bola-
nischen Muséum der Universilal Zürich (1932, 1933).
En 1920, le géologue Arnold Heim (qu’il ne faut pas confondre avec le
cryptogamiste Roger Heim, professeur au Muséum de Paris, qui passa
depuis en Nouvelle-Calédonie mais n’y récolta pas de plantes vasculaires)
réunit un herbier d’environ 300 numéros conservés à l’herbier de Zürich.
C. T. White, botaniste du Gouvernement du Queensland, voyagea en Nou¬
velle-Calédonie, en 1923, pour le compte de l’Arnold Arboretum où est
conservée la collection princeps de ses récoltes 2 . Kuno Metzger, docteur
d’Université, réunit en 1924 dans le sud de la Grande Terre, une collection
d’échantillons d’herbier et de bois conservé à Marseille 3 . Robert Virot,
du C.N.R.S., actuellement attaché à l'herbier de Paris, recueillit dès 1938
pendant son service militaire, à la Grande Terre et à l’île des Pins 4 5 6 , puis,
jusqu’en 1946, à la Grande Terre et à Maré, un important herbier conservé
à Paris s .
C’est en 1934, que Édouard Baudet, syndic des Affaires indigènes à
la Foa, Chaminade à Ponérihouen, Bouteiller à Nakéty, Auguste Doué à
Poindou, Malejac à Koné, James Doly à Pouembout, colons en Nouvelle-
Calédonie, envoyaient, sur sa demande, au professeur Auguste Chevalier,
du Muséum de Paris, des échantillons d’herbes récoltés dans leurs pâtu¬
rages.
Le pasteur Maurice Leenhardt, en 1934-1935 ®, puis M me Leenhardt,
en 1938-1939 7 , récoltèrent des échantillons dans les régions où ils avaient
longuement séjourné comme missionnaires évangéliques, afin de les identifier
avec les noms indigènes. Ils ont donné leurs récoltes à Paris.
John T. Buchholz, alors professeur à l’Université d’Urbana (États-
Unis), vint en Nouvelle-Calédonie en 1948, pour étudier spécialement les
Conifères 8 , et récolta en outre d’autres Phanérogames 9 ; dans sa collec¬
tion figurent quelques échantillons récoltés par Luc Chevalier, conser¬
vateur du Musée de Nouméa.
Julien Bernier jeune, chef de poste de T.S.F., dernier fils de Julien
Bernier, conservateur du Musée de Nouméa, récolta pendant ses vacances
de 1948, dans le Sud de la Grande Terre, 242 échantillons, surtout des
1. Énumération par A. B. Rendle, S. L. M. Moore et E. G. Baker, in Journal
of Linnean Society, Botany (1921).
2. Liste par A. Guillaumin, in Journal of Arnold Arboretum (1926).
3. Liste par A. Guillaumin, in Annales du Musée colonial de Marseille (1926).
4. Liste par A. Guillaumin, in Bull. Mus. Paris (1939).
5. Liste par A. Guillaumin et R. Virot, in Mém. Mus. Paris (1953).
6. Liste par A. Guillaumin, in Bull. Mus. Paris (1939).
7. Liste par A. Guillaumin, in Bull. Mus. Paris (1941).
8. Liste par J. Buchholz, in Bull. Mus. Paris (1955).
9. Liste par A. Guillaumin, in Bull. Mus. Paris (1949).
Source : MNHN, Paris
— 460 —
Conifères qu’il donna à l’herbier de Paris 1 ; quelques autres sont intercalés
dans la collection de Buchholz.
Le D r René Catala, alors Entomologiste à l’I.F.O., depuis créateur
de l’Aquarium de Nouméa, récolta des échantillons en 1948, surtout
sur les îfots entourant la Grande Terre 2 , M me Catala en réunit une autre
série qu’elle donna ensuite à Baumann et qui est incorporée dans les collec¬
tions de la Mission franco-suisse.
Jacques Barrau, docteur ès Sciences, chef du Service d'Agriculture,
en Nouvelle-Calédonie, puis attaché à la Commission du Pacifique Sud,
actuellement sous-directeur du Laboratoire d’Ethnobotanique du Muséum
de Paris, récolta aussi en 1948, surtout sur les îlots de la Grande Terre,
des échantillons qui sont à Paris.
Miss L. E. Cheeseman, entomologiste du British Muséum, réunit en
1948, outre une riche collection d’insectes, 450 échantillons de plantes, du
N. E. de la Nouvelle-Calédonie, du Nord de Nouméa et de Lifou qui sont
à Londres 3 .
P. Sarlin, inspecteur des Eaux et Forêts, alors chef du Service fores¬
tier de la Nouvelle-Calédonie, récolta et envoya à Paris à partir de 1949,
des échantillons surtout d’arbres et de bois et, en 1954 4 , de plantes four¬
ragères s . Pour ces dernières le lieu de la récolte n’est pas souvent précisé.
Il publia, en 1954, un important travail consacré aux « Bois et Forêts de la
Nouvelle-Calédonie ».
C’est sans doute vers cette époque que furent entreprises des introduc¬
tions de divers Eucalyptus australiens, mais quelques pieds avaient été
plantés çà et là antérieurement.
Revenant en 1949, du VII e Congrès panpacifique en Nouvelle-Zélande,
C. Skottsberg, directeur du Musée de Gôteborg, s’arrêta quelques jours en
Nouvelle-Calédonie, et y collecta des échantillons qui sont actuellement
à Goteborg 8 ; de même H. J. Lam, alors directeur de l’herbier de Leyde,
eut le temps de récolter 81 numéros d’herbier qui sont à Leyde.
D. H. Selling, du Muséum de Stockholm, au cours d’une mission
paléobotanique, récolta en juillet 1949, 316 numéros qui sont à l’herbier de
Stockholm 7 .
L. H. Macmaniels, du Département de Floriculture et d’Horticulture
ornementale de l’Université de Cornell, à Ithaca (États-Unis), en novembre
et décembre 1949, à la recherche du Musa Iroglolilarum (Féhi), récolta des
échantillons d’autres plantes qui sont à Paris 8 .
André Guillaumin professeur de Culture au Muséum de Paris, le
1. Liste par A. Guillaumin, in Bull. Mus. Paris (1948, 1949).
2. Liste par A. Guillaumin, in Bull. Mus. Paris (1948, 1949).
3. Liste par A. Guillaumin, in Bull. Mus. Paris (1948, 1954).
4. Liste par A. Guillaumin, in Bull. Mus. Paris (1953).
5. 2. Liste par A. Guillaumin, in Bull. Mus. Paris (1949, 1959, 1951).
6. Liste par A. Guillaumin, in Meddelanden frau GOteborgs Botaniska Irâdgard
(1951).
7. Liste par A. Guillaumin, in Acta Horti GOteburgiensis (1952).
8. Liste par A. Guillaumin, in Bull. Mus. Paris (1951).
Source : MNHN, Paris
— 461 —
D r Marcel Baumann de Zürich et le D r Hans Hurlimann de Winterthur,
au cours d’une Mission franco-suisse, qui dura de 1950 à 1952, visitèrent
la Grande Terre, l’île des Pins et Maré, accumulant, 16 000 numéros
d’herbier, dont la série complète est à Zürich, la seconde presque complète
à Paris. Parmi les collecteurs dont les récoltes furent incluses dans celles
de Baumann, il faut mentionner M me R. Catala, Baas-Becking, dernier
directeur hollandais du Jardin botanique de Buitenzorg, (aujourd’hui
Bogor), le hollandais W. Straatsmans, de l’Université nationale austra¬
lienne, séjournant actuellement en Nouvelle-Guinée, Lucien Bernier,
contrôleur des Eaux et Forêts à Nouméa, deuxième fils de Richard Bernier,
lui-même fils d’Alphonse Bernier, frère de Julien Bernier, conservateur
du Musée de Nouméa, qui avait chargé Léon Cribs de récolter des échan¬
tillons, Lucien Lavoix, commerçant à Nouméa, Lucien et Perigon,
exploitants forestiers, Cohic, entomologiste à l’I.F.O., etc... L’étude n’en
est pas achevée mais déjà 4 fascicules des « Résultats scientifiques de la
Mission franco-suisse de Botanique » ont paru dans les Mémoires du
Muséum de Paris 1957, 1962, 1964, 1967 et un cinquième est en prépa¬
ration. J’ai alors envoyé au Muséum de Paris 16 plantes vivantes dont
une Orchidée nouvelle Liparis pulverulenla Guillaum. et 150 espèces de
graines.
Calvin Macmillan *, en juin-août 1952, fit des récoltes pour l’herbier
de Berkeley; 226 doubles ont été donnés à Paris.
Le D r H. S. MacKee, de l’Université de Sydney, attaché à la Commis¬
sion du Pacifique Sud à Nouméa, puis au C.S.R.I.O. à Canberra, actuelle¬
ment maître de recherches au C.N.R.S., ne cesse depuis 1954, de récolter
des échantillons dont le nombre dépasse actuellement 16 750 numéros;
l’énumération est en cours 1 2 . C’est l’herbier le plus considérable qui ait
jamais été récolté en Nouvelle-Calédonie. MacKee a envoyé en outre aux
Serres du Muséum de Paris, 39 plantes vivantes, notamment des Orchidées
dont un genre nouveau Canacorchis Guillaum. et 60 espèces de graines.
En mars 1954, A. T. Hoschkiss, du Département de Biologie de l’Uni¬
versité de Louisville, (Kentucky) récolta surtout des Dilléniacées qui ont
été transmises à Paris par MacKEE.
De mai à juin 1956, A. S. Foster, de l’Université de Berkeley (Cali¬
fornie) recueillit des plantes à la Grande Terre 3 4 ; 162 doubles ont été donnés
à Paris. La même année, Maurice Schmid, ingénieur agronome, au cours
d’une mission pédologique, récolta un certain nombre d’échantillons qu’il
donna au Muséum de Paris *, et Muratelle, pilote d’avion, rapporta
aux Serres du Muséum des espèces d’Araucaria en jeunes plants; reparti
en Nouvelle-Calédonie en 1966, il y continua ses récoltes.
Robert F. Thorne, alors professeur à l’Université de Iowa City (États-
1. Liste par A. Guillaumin, in Bull. Mus. Paris (1958).
2. Listes par A. Guillaumin, in Bull. Mus. Paris (1956, 1957, 1959, 1965), Mémoires
du Mus. Paris (1959), Journal d’Agriculture Tropicale et de Botanique appliquée (1964),
Cahiers du Pacifique (1966).
3. Liste par A. Guillaumin, in Bull. Mus. Paris (1957).
4. Liste par A. Guillaumin, in Bull. Mus. Paris (1957).
Source : MNHN, Paris
— 462 —
Unis), maintenant directeur du Jardin Botanique du Rancho Santa Anna,
à Claremont (Californie), assisté de sa femme, parvint, en moins d’un mois
(octobre-novembre 1959), à récolter, sur la Grande Terre, 750 numéros
d’herbier dont une série est déposée à Paris, l’autre à Claremont avec de
nombreux doubles dans divers herbiers 1 .
André Haudicourt, ingénieur agronome et linguiste, récolta des
plantes en Nouvelle-Calédonie, en 1959* et 1963 3 ; ses informateurs Louis
Baoua, de Poume *, et M me Kasareou, de Poya 8 , lui envoyèrent des docu¬
ments complémentaires en 1960 et 1964.
Pierre Chouard, professeur de Physiologie végétale à la Faculté
des Sciences de Paris, au cours d’un passage en Nouvelle-Calédonie, récolta
aussi quelques plantes en 1961.
Michel Denizot, assistant de Cryptogamie au Muséum de Paris, à la
suite d’une Mission Singer-Polygnac, rapporta au Muséum des plantes
récoltées à la Grande Terre, mais surtout sur les îles et îlots voisins, spé¬
cialement ceux de la baie de St Vincent ®.
En 1963, J. W. Davson, de l’Université de Wellington, (Nouvelle-
Zélande), récolta quelques plantes qui sont en partie à l’herbier de Paris 7 .
David de Laubenfels, de l’Université de Syracuse (New York), récolta en
Nouvelle-Calédonie une série d’échantillons de Conifères pour lesquels il
créa toute une série de nouvelles espèces.
En 1964 et 1966, M. Legand, océanographe de l’I.F.O., apporta aux
Serres du Muséum de Paris, 65 plantes vivantes, notamment des Orchidées.
De plus en 1965, 1966, 1967, Marcel Lecoufle, le grand horticulteur de
Boissy-St-Léger (Val-de-Marne) et correspondant du Muséum, donna aux
Serres du Muséum, 10 plantes, la plupart des Orchidées, parmi celles que
lui avaient fait parvenir Legand et Louis Robert, pépiniériste au Mont-
Dore près de Nouméa.
En juin-juillet 1965, André Aubréville, professeur de Phanérogamie
au Muséum de Paris, accompagné de Heino Heine, maître de recherches
au C.N.R.S., attaché à cet établissement, purent récolter, dans le Sud de
la Grande Terre, quelque 300 échantillons, notamment des Sapotacées
dont Aubréville préparait la monographie pour la Flore de Nouvelle-
Calédonie 8 . La même année, le D r Luciano Bernardi, du Conservatoire
botanique de Genève, récoltait aussi des échantillons d’herbier en Nouvelle-
Calédonie.
Actuellement, depuis les envois de Jean-Pierre Blanchon, ingénieur
1. Liste par A. Guillaumin, R. F. Thorne et R. Virot, in University Jawa,
Studies in Natural History (1965).
2. Liste par A. Guillaumin et A. Haudricourt, in Journal d’Agronomie Tropi¬
cale et de Botanique appliquée (1961).
3. Liste par A. Guillaumin, in Bull. Soc. Bot. Fr. (1964).
4. Liste par A. Guillaumin, in Journ. Agron. Trop, et Bot. appl. (1962).
5. Liste par A. Guillaumin, in Bull. Soc. Bot. Fr. (1964).
6. Liste par A. Guillaumin, in Cahiers du Pacifique (1957).
7. Liste par A. Guillaumin, in Bull. Mus. Paris (1965).
8. Flore de la Nouvelle-Calédonie et dépendances 1(1967).
Source : MNHN, Paris
agronome et agrostologiste, chargé de recherches à l’O.R.S.T.O.M., l’herbier
du Muséum reçoit les récoltes de Schmid, retourné en Nouvelle-Calédonie
au titre de l’O.R.S.T.O.M., de Jean-Marie Veillon, technicien de
l’O.R.S.T.O.M., et surtout de H. S. Mackee, qui est en Nouvelle-Calédonie
au titre du C.N.R.S. ; toutes ces plantes étant transmises par Michel Corbas-
son, chef du Service forestier à Nouméa.
Il y a lieu de signaler enfin que Maxime Cornu, professeur de Culture
au Muséum, avait réuni de 1884 et 1901, une très importante collection
de graines actuellement au Service des cultures 1 , dont quelques-unes pro¬
venaient de Nouvelle-Calédonie ; elles lui avaient été envoyées par Perret
(1887-1900), Gervais (1887), Heckel (1888), Gouharoux, directeur de
l’Intérieur à Nouméa (1893), Moriceau, le capitaine de Touzalin et Gabriel
Nicolas, agent de la Société française des Nouvelles-Hébrides (1908).
Les renseignements manquent sur Aguillon, Eloin, Kruger, Le
Jolis et Moutin qui sont signalés comme ayant récolté des plantes en
Nouvelle-Calédonie, mais c’est à tort qu’on a dit que Cuming et F. Von
Hohnel, avaient herborisé en Nouvelle-Calédonie: ils n’y sont jamais
allés.
1. Liste par A. Guillaumin, in Bull. Mus. Paris (1921).
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 7 (4) 1967.
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES SAPOTACÉES
DE LA GUYANE FRANÇAISE
par
A. Aubréville
Dans deux notes sur les Chrysophyllées et les Poutériées américaines
publiées dans Adansonia en 1961; tome 1, fasc. 1 et fasc. 2, ont été
reproduites plusieurs planches de dessins figurant des Sapotacées guya-
naises : Nemaluma Engleri (Eyma) Aubr. etPellegrin (1, 1 : 32), Pouteria
yuianensis Aublet (1, 2 : 160), Podoluma Benaï Aubr. et Pellegr. et
Sandwilhiodoxa egregia (Sandw.) Aubr. et Pellegrin( 1,2: 164), Eremoluma
Sagoliana Baill. (1, 2 : 166). Une autre note réhabilitant les genres de
Pierre, Ragala et Prieurella, fut publiée dans la même revue (4, 3, 1964).
Celles qui suivent ici complètent les dessins et descriptions précédents
et entrent ainsi dans la ligne d’une nouvelle contribution à la connais¬
sance des Sapotacées de la Guyane française.
Cynodendron auratum (Miq.) Bæhni
Baehni, Boissiera 11 : 143 (1965).
—■ Chrysophyllum auralum Miquel, in Mart., Fl. Bras. 7 : 97 (1863).
— Chrysophyllum sericeum A. DC., Prodr. 8 : 158 (1844), non Sausb. (179G).
— Chrysophyllum Richardii Klotzsch mss.
Arbres. Rameaux grisâtres ou roussâtres. Feuilles alternes, elliptiques
ou oblongues, acuminées ou atténuées au sommet. Limbe membraneux ,
pubescenl brillant opprimé grisâtre ou roussâtre en dessous, de dimensions
très variables, de 6 sur 3 cm jusqu'à 20 cm sur 10 cm, Nervure médiane
saillante dessous, déprimée dessus. De 7-14 paires de nervures secondaires
bien marquées dessous, réunies par un réseau très lâche de nervilles. Pétiole
env. 8 mm, tomenteux roux.
Fleurs fasciculées, par 3-10, à l’aisselle des feuilles ou des cicatrices
foliaires. Pédicelles tomenteux roux, env. 5 mm. Calice (4-) 5 (-6) sépales
ovés, tomenteux roux, longs de 1,5 mm. Corolle à (4-) 5 (-6) lobes ovés, de
1-1,25 mm, à tube de 3 mm, lomenleuse opprimée rousse extérieurement sauf
sur les bords des lobes. Étamines, 4-6, à filets très courts, env. 0,5 mm,
insérés à la gorge; anthères très petites à déhiscence latérale. Ovaire à
4-6 loges, hirsute; style très court; stigmate 5-lobé.
Fruits inconnus.
Source : MNHN, Paris
— 466 —
Petit arbre, rarement récolté en Guyane française, fréquemment
collecté au contraire en Guyane anglaise et au Surinam. Présent dans tout
le nord de l’Amérique du Sud.
Cette espèce se distingue de l’espèce voisine C. nilidum, par la pubes¬
cence et la forme des feuilles.
Lectotype : Hoslmann et Keppler 1139, Surinam.
Matériel étudié :
Équateur : var. glabriflorum Monachino : VF. H. Camp 3837, arbre 12 m, près de
Bucary, 300-375 m (11. juin) isotype.
Colombie : Triana 2601, prov. de Bogota, 1 200 m.
Vénézuela : Golmer 6052, Tabacal, Caracas. — Wulschlaegel 1503, Paramaribo.
Guyane anglaise : Schomburgh 550, 813, 864, Roraima; 856, savane; 1389, Ufer
des Flusses Pomeroon (11. août).
Surinam : Kappler 630. — Kegel 108, près Poelebandjii. — J. P. Schulz 7806,
arbuste 4 m, Coppename supérieure, forêt dense humide sur limon sablonneux. —
B. VF. 4744 (fl. sept.) (U); B. VF. 5032 (U); B. VF. 539«(U).
Guyane française : Bichard s. n.
Cynodendron nitidum (G. F. W. Meyer) Aubr., comb. nov.
— Chrysophyllum nilidum G. F. W. Meyer, Prim. Fl. Esseq. : 116 (1818).
— Chrysophyllum psilophyllum A. DC., Prodr. 8 : 160 (1844), nonChrysophyllumpsito-
phyllum (Sandw.) Baehni, Boissiera 11 : 73 (1965); Aubréville, Adansonia, ser. 2,
1, 1:11 (1960).
Arbre. Rameaux grisâtres rougeâtres. Feuilles alternes, lancéolées à
oblongues-lancéolées, acuminées, cunéiformes. Limbe membraneux, jusqu’à
11 cm long sur 4 cm large, glabre. Nervure médiane saillante dessous,
déprimée dessus. Une douzaine de nervures secondaires peu accusées. Une
nerville parallèle est ordinairement visible entre 2 nervures consécutives,
faisant partie d’un réseau très lâche de nervilles. Pétiole 6-10 mm, canaliculé,
tomenteux roux.
Fleurs fasciculées par 4-6, à l’aisselle des feuilles, ou des cicatrices
foliaires sur les rameaux défeuillés. Pédicelles tomenteux roux, jusqu’à
7 mm long. Calice à 5 courts lobes ovés, tomenteux roux extérieurement.
Corolle tomenteuse extérieurement; 5 lobes ovés, courts, 1 mm long au
plus; tube relativement long, de 3,5 à 4,5 mm. Étamines à très courts
filets de 1 /4-1 /2 mm, insérées à hauteur du niveau de la soudure des
lobes; anthères également très petites, moins de 1/2 mm. Staminodes
O. Ovaire tomenteux à 5 loges. Style court, stigmate 5-lobé.
Fruits inconnus.
Cette espèce est proche du Cynodendron auralum (Miq.) Baehni.
Holotype : Meyer s. n., Guyane anglaise (GOET).
Matériel étudié :
Guyane anglaise : Foresl Depl. 6445, 23 miles, Potaro Road, arbre 75 feet high,
12 inch. d. (fl. sept.). — Meyer s. n., Esséquibo.
Source : MNHN, Paris
— 467 —
Guyane française : BAFOG 7556, Crique Margot (il. jaunâtre, oct.). — Godeberl
375; 468. — Martin s. n., Cayenne (type du Chrysophyllum psilophyllum A. DC.). —
Mètinon s. n., Maroni. — Sagol 845, Acarouany, « balata petites feuilles ».
Eremoluma Sagotiana Baill.
Bâillon, Histoire des Plantes 11 : 292 (1892); Aubréville, Adansonia, ser. 2, 1,
2 : 166, t. 7 (1961).
-— Melinonella cuspidala Pierre mss.
— Lucuma Sagotiana (H. Bn.) Engler, in Engl, et Prantl., Nat. Pflanzenf. : 274
(1897).
— Pouteria Sagotiana (H. Bn.) Eyma, Notes on Guiana Sapolaceae, Rec. Trav. Bot.
Neer. 33 : 170 (1936); Flora of Suriname 4, 1 : 375 (1936).
Petit arbuste. Jeunes rameaux pubescents. Feuilles oblongues, longue¬
ment acuminées (1 cm-1,5 cm), cunéiformes à la base, glabres, env.
10 X 3,5 cm, jusqu’à 14 X 4 cm. Nervure médiane saillante sur les deux
faces; 8-10 paires de nervures latérales réunies par un réseau de nervilles
et veinules bien apparent sur les 2 faces. Pétiole court, 5 mm.
Fascicules axillaires de petites fleurs blanches pédicellées. Pédicelles
de 3 à 6 mm. Calice très ouvert à 5 sépales triangulaires, un peu pubescent.
Corolle glabre à 5 lobes suborbiculaires de 1,5 mm env. ; tube de même lon¬
gueur. Étamines 5, à Irès courts filets (0,5 mm) insérés à la base du tube;
déhiscence latérale. Staminodes 5, de 1 mm de long, subulés linéaires, insérés
à hauteur de la soudure des lobes. Ovaire très petit, glabre, à 1 loge.
Fruit petit, ellipsoïde, env. 2 cm long, monosperme. Graine aplatie, à
cicatrice ventrale linéaire, sans albumen.
Nous avons repris le nom du genre donné par Bâillon. Cette espèce
n’est certainement pas un Pouteria Aublet. Elle est très particulière, par
la forme du calice, de la corolle, les étamines à très courts fdets soudés à
la base de la corolle, l’ovaire uniloculaire.
On a parfois cru reconnaître dans YE. Sagotiana le Chrysophyllum
Macoucou d’Aublet. Une certaine forme de feuille les rapproche, mais ce
sont tout de même deux espèces différentes, dont la seconde n’a pas encore
été retrouvée depuis Aublet.
Arbuste de 1-6 m de haut de la forêt dense humide guyanaise. Espèce
connue jusqu’à présent en Guyane française et au Surinam. B.ehni la
signale en Guyane anglaise sous forme d’un arbre de 30 m de haut.
Type : Mélinon 462, du Maroni, Guy. fr., 1862-63 (P).
Matériél étudié :
Surinam : Hoslmann 1315. — Schulz 7421 (II. oct.); 7493 (II. déc.).
Guyane française : Benoist 1112, Saint Jean (11. avr.). — Mélinon 462, Maroni,
holotype.— Perroltel (1820-21). — Rech 445. —Sagol 1189, Acarouany.
Manilkara bidentata (A. DC.) A. Chev.
A. Chev., Rev. Bot. App. 12 : 270 (1932); Cronquist, Bull. Torr. Bot. Club : 553
(1945); Béna, Ess. For. Guy. : 414 (1960).
Source : MNHN, Paris
— 468 —
— Achras balala Aijbi.et, Hist. PI. Guy. fr. 1 : 307 (1775), nomen confusum *.
— Mimusaps bidenlala A.D.C., Prodr. 8 : 204 (1844).
— Mimusops Sieberi A. DC., 1. c.
—■ Mimusops balala Gærtn., in Mart., Fl. Bras. : 44 (1863).
— Mimusops surinamensis Miq., 1. c. : 43.
— Mimusops balala var domingensis Pierre, Bull. Soc. Linn. Paris 1 : 508 (1885).
— Mimusops Riedleana Pierre ex Baill., Bull. Soc. Linn. Paris 2 : 922 (1891).
— Mimusops balala var. Sieberi Pierre, Symb. Ant. 5 : 166 (1904).
— Mimusops nilida Urb., Symb. Ant. 5 : 167 (1094).
— Manilkara Riedleana Dubard, Ann. Col. Inst. Mars. 3 : 17 (1915).
— Manilkara nilida Dubard, 1. c. : 18.
— Mimusops darienensis Pitt., Contr. U. S. Nat. Herb. 18 : 249 (1917).
— Manilkara darienensis Standl., Trop. Woods 31 : 45 (1932).
Arbre. Rameaux jeunes glabres, glutineux. Très jeunes feuilles gluti-
neuses dessous. Feuilles groupées vers l’extrémité des rameaux. Limbe
oblong, ou obové-oblong, ou obové elliptique ou elliptique, obtus ou arrondi
au sommet qui est courtement acuminé (l’acumen étant généralement
récurvé) coriace, glabre, couvert d’une cuticule cireuse, mate mais parfois
au contraire brillante, mesurant jusqu’à 20 cm long et 8 cm large. Nervure
médiane déprimée dessus, proéminente dessous. Nombreuses nervures secon¬
daires, très peu apparentes, presque à angle droit sur la médiane, tracées
droites jusqu’à la marge. Pétiole jusqu’à 4 cm long.
Fleurs en fascicules axillaires vers le sommet des rameàux, longuement
pédicellées, jusqu’à 3 cm, glabres extérieurement, parfois glutineuses et,
parfois enduites de cire. Calice à 6 sépales deltoïdes de 5 mm long env.
cireux extérieurement. Corolle : 6 lobes de 4 mm, lancéolés, chacun porteur
de 2 appendices lancéolés, eux mêmes bifides presque sur toute leur lon¬
gueur; tube très court, 1,25 mm. Staminodes épipétales courts, 1,25 mm
long, denticulés au sommet. Étamines : 6, filets de 2-2, 25 mm; anthères
extrorses de 1,5 mm. Étamines et staminodes sont insérés sur la corolle à
hauteur de la soudure des lobes. Ovaire et style glabres; 6-10 loges.
Fruit globuleux-ellipsoïde, de 3 cm de long sur 2,5 cm de diamètre.
Une seule graine de 2,5 X 1,4 x 1 cm ; parfois 2-3. Petite cicatrice oblongue
de la graine sur la moitié inférieure de la face ventrale, environ 13 mm sur
4-5 mm. Graine albuminée. Cotylédons foliacés, minces.
Cette espèce dans sa vaste aire de répartition est assez polymorphe,
1. Aublet a certainement connu cette espèce dont deux échantillons du Muséum
de Paris proviennent de son herbier. L’un d’eux étiqueté « Achras, Guyane Herb.
d’Aublet » se trouvait dans l’herbier d’Adrien de Jussieu qui fut donné au Muséum
par ses enfants en 1857. Malheureusement la citation de l'Acftras balala dans l’Histoire
des Plantes de la Guyane française d' Aublet (1: 308) se réfère à une espèce de l’ile
de France (Maurice), appelée « bois de nate à feuille de poirier », et à une planche de
Lheede dans « Hortus Malabar » (1678), qui sous le nom de ■ Manil-kara », représente
effectivement un Manilkara asiatique, évidemment sans rapport avec l’espèce améri¬
caine. Il pourrait résulter de ces rapprochements inexacts une confusion, et pour
l’éviter Chevalier a proposé d'abandonner ce nom d 'Achras balala, bien qu’il s'applique
certainement à l’espèce guyanaise, pour le premier nom publié après Aublet qui ne
permit aucune ambiguïté, qui est celui donné par De Candolle dans ses Prodromes
de 1844, « Mimusops bidenlala ». Voir Chevalier, Rev. Bot. App. « Les vrais et les
faux balatas », avril 1932.
Source : MNHN, Paris
— 469 —
ce qui explique pourquoi plusieurs variétés et espèces que nous mettons en
synonymie, furent décrites par différents botanistes. En particulier dans la
Flore du Brésil de Martius, elle est décrite sous 4 espèces de Mimusops,
M. bidenlala A. DC., M. Sieberi A. DC., M. balala Gærtn., M. surinamensis
Miq.
Espèce de forêt primaire. Fût cylindrique, droit, pouvant atteindre
25 m de haut et 1 m de diamètre. Sur les plus grands arbres des contreforts
s’élèvent jusqu’à 1 m de haut. Cime dense, vert sombre. Écorce crevassée
longitudinalement. Tranche épaisse, 1,5-2 cm. Elle exsude en abondance
un latex blanc très poisseux qui roulé entre les doigts s’agglomère en bou¬
lettes. Ce moyen permettrait de reconnaître le balata vrai, ou balata franc,
des autres Sapotacées dont le latex ne se roule pas en boulettes. Bois rou¬
geâtre, d’où le nom en anglais de « beefwood ». Le latex produit une sorte
de gutta percha appelé balata. L’arbre a été très saigné, souvent à mort.
Cette espèce a une aire de répartitition très étendue qui couvre les Guyanes,
le nord de l’Amazonie (État de Para, Rio Branco), le Vénézuela, la
Colombie, Panama, et les Antilles (Porto Rico, Saint-Domingue, Martinique,
Guadeloupe, Barbade, etc... D’après Béna, la floraison en Guyane française
est en août-septembre. Le feuillage est partiellement caduc (mai-juin).
Fructification en février-mars.
Type : L. C. Richards s. n. in herb. Delessert (G).
Matériel étudié :
Martinique : Hahn 1365, hauteur du Carbet.
Guadeloupe : Duss 160; 252.
Porto Rico : Sintenis 971; 1422; 5174; 5308; 6753. — Slahl 715.
St Domingue : Venlenet s. n.
Trinité : Grueger 158. — Harl 5378. — Sieber 33, holotype de Mimusops Sieberi
A. DC.
Colombie : Cualrecasas 16707, 19946, 21055 versant Pacifique.
Vénézuela : Luis Marcano Berli 62, Delta Amacuro; 117, « purgou morado »;
127, « purguo blanco ».
Brésil : Duke 34989, haut Rio Negro. — Kuhlmann 22129, Serra de Taracaraby,
Rio Branco. — Spruce 3351, Cassiquiare et 3919, types du Mimusops surinamensis Miq.
Guyane Britannique : Schombergh 780 Roraïma; 954. — A. C. Smilh 3204, Mts
Kanuhu.
Surinam : B. W. 446; 4413. — Hasimann 739a; 12138, Mts Danuhu 1509, fleuve
Barana, types du Mimusops balala Gærtn.
Guyane française : Aublet s. n., Achras in herb. A. de Jussieu. — BAFOG
7318, ■ boiti » (paramaka), « balata franc », Charvein (fl. fév. ). — Benoist 1320. —
L. C. Bichard s. n., in herb. Delessert, holotype. — Milinon 37, balata rouge, Maroni ;
197, Kourou; 198 (var. Melinoni Pierre); 14; 257; 4958, Maroni. — Perrollel s. n. —
Sagot 836; 980, Acarouany. — S. F. 8, Stoupan.
Nemaluma Engleri (Eyma) Aubr. et Pellegr.
Aubréville et Pellegrin, Adansonia, ser. 2,1, 1 : 31-32, t. 9 (1961).
— Pouleria (§ Nemaluma) Engleri Eyma, Notes on Guiana Sapolaceae, Rec. Trav. Bot.
Néerl. 33 : 178 (1936).
Source : MNHN, Paris
— 470 —
— Chrysophyllum alni/olium Engl., in Engl. Jahrb. 12 : 522 (1890), non Baker, in
F. T. A. 3 : 499 (1877).
— Nemaluma alnifolia Pierre mss. (1891); Eyma ex Pulle, Flora of Suriname : 36G
(1936).
Arbre. Jeunes rameaux pubescents roussâtres. Feuilles elliptiques à
obovées-elliptiques, arrondies ou obtuses au sommet, cunéiformes à la base,
5-12 cm long, 3-7 cm large, glabres sauf la nervure médiane dessous qui
demeure un peu pubescente. Environ 6 paires de nervures latérales tracées
presque jusqu’à la marge, réunies par un réseau de nervilles parallèles et de
veinules bien marqué sur les 2 faces. Pétiole env. 1 cm long, plan convexe.
Petites fleurs en fascicules dans l’axe des feuilles et au-dessus des
cicatrices foliaires sur les rameaux plus âgés. Pédicelles de 5 à 8 mm long,
pubescents.
Calice à 5 sépales ovés, pubescents sur les 2 faces. Corolle à 5 lobes
ovés, env. 2 mm haut; tube de même hauteur. Étamines 5, extrorses, à
fdet assez long (env. 1,25 mm), insérées vers la base du tube. Présence de
staminodes rudimentaires.
Ovaire velu à 5 loges, prolongé d’un style cylindrique épais, glabre.
Fruit ellipsoïde jaunâtre, de 2 cm long, monosperme. Graine épaisse
à cicatrice étroite, sans albumen (d’après Eyma).
La fleur de cette espèce diffère de celle des Pouleria vrais par ses stami¬
nodes très rudimentaires, sa structure pentamère. C’est du genre africain
Gambeya qu’elle se rapproche le plus, mais l’espèce n’est cependant pas un
Gambeya en raison de son fruit monosperme.
Type : Mélinon s. n. (1862-64), Guy. fr. (P).
Matériel étudié :
Surinam : eyma signale un grand nombre d’échantillons recueillis au Surinam. —
Schulz 7326, arbre 25 m haut, 30 cm diam. Forêt dense humide, commun (fl. sept.).
Guyane française : Godebert 26. — Mélinon, type.
Neopometia ptychandra (Eyma) Aubr.
Aubréville, Adansonia, ser. 2,1, 1 : 26 (1961).
— Pouleria ptychandra Eyma, Rec. Trav. bot. néerl. 33 : 189 (1936); Béna, Essences
forestières de Guyane : 424 (I960).
Arbre. Rameaux jeunes grisâtre-brunâtre, cylindriques, finement
striés longitudinalement, un peu pubescents. Très jeunes feuilles tomen-
teuses brunâtre.
Feuilles groupées au sommet des rameaux. Limbe obové-oblong,
acuminé, cunéiforme à la base, glabre ou glabrescent, vert mat dessous,
vert glauque dessous, devenant grisâtre en séchant, de 7-13 cm long x 3-5 cm
large. Nervure médiane déprimée dessus, proéminente dessous. Environ
11 paires de nervures latérales, saillantes dessus, très arquées et tracées
presque jusqu’à la marge. Réseau remarquable de fines nervures tertiaires,
parallèles, obliques, ou presque perpendiculaires aux nervures secondaires.
Nervilles peu apparentes. Pétiole canaliculé, 1-2 cm long.
Source : MNHN, Paris
— 471 —
Fleurs rougeâtres groupées en faisceaux denses sur les vieux rameaux.
Pédicelles, environ 1-2 cm long. Calice : 5 sépales pubescents, 2-2,5 cm
long. Corolle pubescente extérieurement. Étamines : 5, à filets complète¬
ment repliés dans le bouton, insérées à la gorge. Staminodes O. Ovaire
pubescent, à 5 loges.
Fruits ovoïdes sur le vieux bois, jaunâtres, 4-5 cm de diamètre. Ils
contiennent une seule graine, ellipsoïde aplatie, environ 2,7 X 1,7 X 1,5 cm,
à cicatrice oblongue (2,5 x 1 cm). Cotylédons semi ellipsoïde épais. Cau-
dicule conique. Albumen inapparent. Eyma indique cependant que les
cotylédons sont enveloppés dans une pellicule d’albumen très mince.
Arbre de la Guyane française et du Surinam, pouvant atteindre 25 m
de haut et 80 cm de diamètre. Fût cylindrique, droit, sans contrefort.
Écorce brunâtre-grisâtre, à tranche granulo-fibreuse, dure. Floraison
en décembre-janvier. Fructification de mars à mai (Béna). L’espèce a été
récoltée en Guyane française surtout dans la forêt sur sable blanc entre
St Laurent du Maroni et Mana.
Type : Surinam, B. W. 6943 (U).
Noms vernaculaires : en paramaka : houatabobi (sein de guenon),
ou encore kimboto ; en créole : balata pommier, zolives, graines kouata ;
malobi-wéti?
Matériel étudié : BAFOG 7177; 720$; 7217; 7240; 7333; 7364; 7467; 7490
(fr. avril); 7495; 7499. — Benoist 1058. — Godebert 93. — Service forestier 55 M.
Pouteria guianensis Aublet
Aublet, Hist. Fl. Guiane franç. 1 : 86 (1775); 3, pl. 33 exct. frucl .; Eyma
Notes on Guiana Sapotaceae, Rec. Trav. Bot. néerl. 33 : 175 (1936); Aubréville,
Adansonia, ser. 2, 1, 2 : 160, t. 5 (1961).
Le type du Pouteria guianensis d’AuBLET existe au Muséum de Paris
dans l’herbier Jean-Jacques Rousseau, sous forme d’un rameau stérile
en bon état. Il est curieux que dans la collection abondante de plantes,
de Guyane réunie au Muséum depuis Aublet, par Martin, Mélinon
Sagot, etc... il n’y ait qu’un spécimen récent de l’espèce d’AuBLET. En
revanche celle-ci a été retrouvée au Suriman, d’où elle est représentée
aujourd’hui par de nombreux numéros d’herbier que la grande obligeance
du Botanical Muséum de l’Université d’Utrecht m’a permis d’examiner.
Leur comparaison avec le type d’AuBLET me permet de confirmer sans
le moindre doute, si cela était nécessaire, qu’ils appartiennent bien au
Pouteria guianensis. La question de la véritable identité de cette espèce
qui fut longtemps controversée est aujourd’hui terminée, et il n’y a pas
lieu de revenir sur les diverses interprétations qui furent autrefois débat¬
tues.
Très jeunes feuilles et très jeunes rameaux pubescents apprimés
roussâtres. Cette pubescence disparaît rapidement, les rameaux et les
feuilles deviennent rapidement pratiquement glabres, cependant il persiste
Source : MNHN, Paris
Type de Pouteria guianensis Aubl. dans l'herbier de J. J. Rousseau; agrandissement montrant les détails de la nervation.
Source : MNHN, Paris
— 473 —
toujours quelques poils fins épars sous le limbe , même chez les vieilles feuilles.
Ce petit caractère est cependant utile parce qu’il permet de toujours dis¬
tinguer les feuilles adultes du P. guianensis de celles d’espèces du même
genre qui sont absolument glabres.
Limbe obové oblong, plus rarement obové elliptique, obtus au sommet
ou courtement et obtusément acuminé, cunéiforme à la base, environ 12-
20 cm de long, 5-8 cm large. Assez long pétiole, 2-4 cm, pubescent apprimé
puis glabre.
En séchant, le limbe devient noir en dessus, brun foncé en dessous.
Environ 10 paires de nervures secondaires (8-12) très saillantes dessous,
arquées et dessinées presque jusqu’à la marge. Typique réseau de nervilles
et veinules un peu saillantes se détachant en brun clair sur fond sombre en
dessous du limbe.
Petites fleurs dans l’axe des feuilles terminales. Pédicelle env. 3 mm.,
pubescent roussâtre. Calice à 4 lobes, pubescents roussâtres extérieurement.
Corolle, 4 mm haut; 4 lobes 1,5 mm long, finement ciliés; tube 2,5 mm
long. Étamines 4, à filets de 1,5 mm insérés vers la base du tube. Stami-
nodes 4, courts, subulés, 1 mm long, insérés à la commisure des lobes.
Ovaire hirsute; style glabre; 4 loges uniovulées.
Fruits globuleux, glabres à maturité; env. 4 cm diamètre. Graine
ellipsoïde, 2,5 cm long, 1,8 cm large, 1,9 cm épaisseur. Cicatrice ventrale
oblongue, env. 2,2 cm x 0,8 cm.
Type : Aublel in herbier Jean-Jacques Rousseau (P).
Matériel étudié :
Brésil : Murça Pires et Black 209 (fl. sept.), Belem.
Surinam : nombreux spécimens de l’Herbier d’Utrecht.
Guyane française : BAFOG 7701 .
Micropholis gnyanensis (A. DC.) Pierre
Pierre, Notes bot. Sapot. : 40 (1891).
— Sideroxylon guyanense A. DC., Prodr. 8 : 182 (1844).
— Chrysophyllum Melinonii Engl., Bot. Jahrb. 12 : 521 (1890).
— Pouleria Melinonii (Engl.) BæiiNi, Candollea, Mém. Sapot. 9 : 200 (1942).
Feuilles oblongues, acuminées, cunéiformes à la base; de 7 à 14 cm
long, sur 2,5 à 5 cm large, en général. Limbe vert foncé, glabre dessus,
en dessous vert clair ou vert ferrugineux, finement tomenteux ou glabre
chez les vieilles feuilles, coriace. Nervure médiane déprimée dessus, sail¬
lante dessous. Nombreuses nervures latérales fines, parfois très peu visi¬
bles (12-15 paires). Pétiole canaliculé, 6-10 mm long.
Fleurs fasciculées à la base des rameaux de l’année. Pédicelles courts,
jusqu'à 5 mm. Sépales ovés pubescents. Corolle à 5 lobes largement ovés,
longueur totale 3,25 mm (tube 2 mm, lobes 1,25 mm). Étamines à très
courts filets (0,25-0,5 mm) insérées à hauteur de la gorge; anthères à
déhiscence latérale. Staminodes lancéolés, de 1 mm long. Ovaire velu à
la base, placé sur un disque hirsute formant une couronne de poils dressés
autour de l’ovaire. 5 loges.
Source : MNHN, Paris
— 474 —
Fruits ovoïdes de 2 cm de diamètre portés par des pédoncules de 1 cm
long, jaunâtres. Pulpe sucrée, comestible (ayant un arrière goût de prune.
Béna). Graine oblongue, aplatie, noirâtre. Cicatrice sur toute la longueur
de la face ventrale, oblongue-linéaire, env. 3 mm de largeur.
Floraison : juillet-août. Fructification : février-mars.
Grand arbre de 30-35 m haut, commun dans les trois Guyanes et
dans le territoire d’Amapa au Brésil. Fût cylindrique, droit, pouvant attein¬
dre 25 m de long et 1 m de diamètre. Contreforts jusqu’à 2 m haut. Écorce
grisâtre-brunâtre, écailleuse. Tranche rougeâtre, fibreuse, dure (d’après
Béna, Ess. for. Guy.).
Espèce semi décidue. Chute partielle des feuilles après la fructifica¬
tion.
Type : Mèlinon s. n., Guy. fr. (P).
Une espèce inédite très voisine est signalée au Surinam 1 qui se distingue
seulement par des fleurs un peu plus grandes et des staminodes largement
ovés et non lancéolés comme chez M. guyanense (smalbladig, zwart,
riemhout).
Noms vernaculaires : balata blanc, bakouman, baakabouba (pamaka);
bouchi ape (saramaka); moraballi (Demerara); wit riemhout (Surinam).
Matériel étudié :
Guyane britannique : A. C. Smilh 2629, Amapa. — Black 8211, Oyapock.
Surinam : Schulz 7296 (fl. août); 7435.
Guyane française : Benoist 252, Charvein; 367 (j. fr. déc.); 880, 898 (n. mars);
947, Saint Jean. — Godeberl 3; 223; 427. — Mélinon type s.n. ; 54, Maroni; 64; 334 ;
574. — Sagol s.n. — S. F. 29 M ; 49 M (j. fr. août); 69 M, Charvein (fl. août); 78 M
(km. 9 route de Saint Laurent à Cayenne, fr. sept.); 134 M ; 6106 (fl. août); 7524,
route de Mana (boutons fl. juill.) ; 7665.
Prieurella Prieurei (A. DC.) Aubréville
Aubréville, Adansonia, ser. 2, 4, 3 : 370 (1964).
— Chrysophyllum Prieurei A. DC., Prodr. 8 : 161 (1844); Béna, Ess. for. Guy. : 407
(I960); Aubréville, Adansonia, ser. 2,1, 1 : 20 (1961).
Arbre commun en Guyane française dans la forêt des environs de
St Laurent du Maroni.
Feuilles obovées-oblongues, arrondies au sommet, parfois très obtu-
sément et largement acuminées, cunéiformes à la base, jusqu’à 18 cm
long et 9 cm large. Limbe coriace, finement pubescent roussâtre dessous.
Nervure médiane proéminente dessous. Nervures secondaires, dix paires
environ, tracées jusqu’à la marge. Réseau remarquable de fines nervilles
parallèles obliques par rapport aux nervures secondaires. Long pétiole,
2 à 3 cm long.
Fleurs fasciculées sur les vieux rameaux. Fleurs pédicellées. Pédicelles
jusqu’à 10 mm. Calice à 5 lobes ovés, pubescents sur les 2 faces et certains
ciliés. Corolle à 5 lobes ovés, longs de 2 mm; tube moitié plus court, 1 mm.
1. Échantillon de référence : Schulz 7748 (U).
Source : MNHN, Paris
— 475 —
PI. 2. — Ecclusina guianensis Eyma : 1, feuille x 2/3; 2, fragments de corolle vus de l'exté¬
rieur et de I'interieur x 10; 3, pistil x 10; 4, graine de dos, de profil et de face x 2/3.
Prieurella Prieurii (A.DC.) Aubr. ; 5, rameau florifère x 2/3; 6, fragment de corolle
x 10; 7 pistil x 10; 8, fruit x 2/3; 9, graine face et profil x 2/3.
Source ; MNHN, Paris
— 476 —
Présence de touffes de poils roux à la base interne des lobes. Étamines 5;
filets 1-1, 5 mm, insérés vers le sommet de la gorge. Pas de staminodes.
Ovaire pubescent, à 5 loges, prolongé par un style épais et court.
Gros fruits pyriformes, 3-4 cm de diamètre, tomenteux rouge orangé,
pédonculés, très nombreux sur le vieux bois en dessous des feuilles termi¬
nales. Graines 5, oblongues aplaties, à surface male; cicatrice linéaire.
Holotype : Leprieur s. n., Guyane française, 1838 (P).
Floraison d’octobre à novembre; fructification mars à mai (Béna).
Arbre atteignant 25 m de haut à 80 cm de diamètre, muni de contreforts
aliformes à la base jusqu’à 3 m de haut. Écorce brunâtre rougeâtre.
Noms vernaculaires : balata (créole), pépé boïti (pamaka), kokontouta
(saramaka), couatabobi.
Matériel étudié de la Guyane française :
Aubrèville 241, Saint Laurent du Maroni (fr. avr.). — BAFOG 86, Charvein
(fl. oct.); 138; 186; 233; 1488; 7118. — Benoist 280, Charvein (fl. nov.). — Godeberl
51; 163; Le Prieur s.n., holotype. — Mélinon (1863) 1; 34; 118; S. F. 6034.
Ragala sanguinolenta Pierre
Pierre, Notes Bot. : 57 (1891); Aubrèville, Adansonia, ser. 2, 4, 5 : 368 (1964).
— Ecclinusa sanguinolenta Pierre mss.
— Ecclinusa sanguinolenta (Pierre) Engler, Nat. Pflanzenfam. Nachtr. 4 : 278
(1897); Eyma, Notes on Guiana Sapotaceae : 202 (1936); Béna, Ess. for. Guy. : 410
(1960).
Arbres. Très jeunes feuilles et jeunes rameaux tomenteux gris. Feuilles
disposées à l’extrémité d’épais rameaux. Limbe obové elliptique, 10-20 cm
long x 5, 5-13 cm large, arrondi au sommet, obtus à la base qui est un
peu décurrente sur le pétiole, coriace, glabre, la nervure médiane demeu¬
rant un peu tomenteuse dessous. Nervures déprimées dessus, saillantes
dessous. Ënviron 12 paires de nervures latérales, tracées jusqu’à la marge.
Réseau net de nervilles parallèles serrées, Obliquement par rapport aux ner¬
vures secondaires, légèrement déprimées sur les 2 faces (feuilles sèches).
Pétiole épais, largement plan convexe, env. 1-1, 5 cm long, tomenteux
grisâtre.
Fleurs en fascicules sur les rameaux défeuillés. Courts pédicelles pubes-
cents, 3-4 mm long. Fleurs polygames. Calice à 5 lobes libres presque jusqu’à
la base, pubescents. Corolle glabre, 4,5 mm environ de long. 5 (6) lobes
ovés presque orbiculaires, env. 3 mm long et 3-3, 5 mm large. Tube Irès
court, env. 1 mm. Pas de staminodes. Étamines 5, insérées sensiblement
à hauteur de la soudure des lobes, à filets relativement longs : 2, 25-2,5 mm.
Anthères ovales 3/4 mm., extrorses. Ovaire hirsute à 5 loges. Style terminé
par un stigmate 5-lobé. Calice remarquablement accrescenl dans le fruit.
Fruits sphériques, très courtement pédonculés sur les vieux rameaux,
mesurant 6-8 cm de diamètre, de couleur marron clair. Cinq graines ellip¬
soïdes, env. 2,8 cm long, et 1,3 cm épaisseur. Surface brune brillante. Cica¬
trice linéaire latérale et basiventrale.
Source : MNHN, Paris
477 —
Source : MNHN, Paris
— 478
Holotype : Mélinon 42, Maroni, Guy. fr. (P).
Les fruits sont recherchés par certains oiseaux.
Pierre, après avoir attribué cette espèce au genre Ecclinusa, avait
ensuite cru pouvoir en faire le type d’un nouveau genre Bagala. Ni Engler,
ni Eyma ne l’ont suivi, et ils ont maintenu la première détermination de
Pierre. Celui-ci avait en particulier noté comme différences morpholo¬
giques avec Ecclinusa, l’insertion des étamines à la base du tube. En réalité,
le tube des Ecclinusa est très court, si bien qu’il faut examiner très atten¬
tivement l’insertion des filets pour reconnaître si elle se fait à hauteur de
la soudure des lobes ou en dessous. La facilité avec laquelle les filets] peuvent
se détacher peut parfois donner l’apparence d’une insertion vers la base
du tube. C’est sans doute ce qui a induit Pierre en erreur.
Un caractère très net de l’espèce est l’accrescence du calice. Il se
trouve dans deux autres espèces amazoniennes très voisines de E. sangui-
nolenla.
Bagala spuria (Ducke) Aubr. « ucuquirana brava » de Manaos est
très voisin de B. sanguinolenla. Il ne s’en distingue que par des pétioles
nettement plus longs, mesurant 2-3 cm. Les fruits sont globuleux, à calice
accrescent, et contiennent 5 graines à cicatrice ventrale linéaire.
Bagala Ulei (Krause) Aubr. (= Ecclinusa balala Ducke), « ucuqui¬
rana » de Manaos, très proche aussi des précédents a des feuilles tomenteuses
en dessous.
La Bagala sanguinolenla est un grand arbre de la forêt primaire pouvant
atteindre 80 cm de diamètre, au latex abondant. Présence de contreforts
aliformes élevés.
Floraison : septembre-octobre; fructification : janvier-avril (Béna).
Noms vernaculaires : balata rouge, balata saignant, suitiamini
(paramaka), balata pommier variété, wapo.
Matériel étudié dans l’herbier de la Guyane française : Aubrêville 242;
256, Saint Laurent (fr. avr.). — BAFOG 7574, Cayenne; 7662 et 7664 Cayenne (fr. fév.);
65 M (km 10, route de S Laurent); 7523 (fl. juil.) route de Mana; 4391. — Benoist 230,
Charvein; 304; 351; 1059 (St Jean); 1092; 1316. — Godeberl 379 (fl.); F. Hallè 566
Saut sabbat. — Mélinon 14, 42, 55, 99, 454 du Maroni. — Sagol s.n., Acarouany.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 7 (4) 1967.
NOUVELLES OBSERVATIONS
SUR LES RUTAGÉES DE MADAGASCAR
par
R. Capuron
(C.T.F.T. Tananarive)
Dans une note parue précédemment dans la même revue (Adansonia,
ser. 2, 1 (1961) : 65 et seq.) nous avions signalé à Madagascar la présence
de représentants des genres Chloroxylon DC. et Fagaropsis Milbd., décrit
un genre nouveau (Ivodea) et une espèce nouvelle de Vépris. Depuis lors
de nouvelles récoltes nous ont fourni un intéressant matériel qui nous
permet aujourd’hui d'apporter quelques modifications ou compléments
à cet article.
I. — UN NOUVEAU CHLOROXYLON
Deux espèces de ce genre sont présentes à Madagascar. Pour l’une
d'elles, la connaissance de ses caractères floraux nous avait permis de la
considérer comme nouvelle (C. falcalum), parfaitement distincte du C.
Swielenia (Roxb.) DC., espèce type du genre. Pour la deuxième, faute de
fleurs, nous n’avions pu nous résoudre à la séparer de l’espèce indienne
et c’est sous le nom de C. Swielenia que nous l’avions signalée. Aujourd’hui
que cette lacune est comblée il nous est possible d’affirmer que cette assi¬
milation était erronée et que la deuxième espèce malgache mérite d’être
considérée comme autonome. D’après son nom vernaculaire nous nom¬
mons cette espèce Chloroxylon Faho. En voici la diagnose :
Chloroxylon Faho R. Capuron, sp. nov.
— Syn. : Chloroxylon Swietenia R. Capuron, Adansonia, ser. 2,1 : 64, tab. 1, fig. 1-4
(excl. 5-7) (1961), non DC.
Valde affinis C. falcato R. Cap. a quo differt ramulis, foliis, inflorescentia-
rum axibus, pedicellis manifeste puberulis, ovario dense albido-puberulo, folio-
lis non falcatis; a C. Swietenia (Roxb.) DC. differt petalis (extus) et disco
glabris, disco obconico-subcylindrico, ovario late conico, radiatim sulcato,
foliolis minus numerosis.
Typus speciei : 27562 SF
A celles déjà fournies dans [l’article ci-dessus cité nous ajouterons quel¬
ques indications concernant l’appareil végétatif et floral. Le Faho est une
Source : MNHN, Paris
— 480 —
Source : MNHN, Paris
— 481 —
essence à feuilles caduques; la période pendant laquelle les arbres sont
défeuillés semble durer peu de temps et se situer entre janvier et mars; en
décembre en effet nous avons pu constater que tous les exemplaires possé¬
daient encore leur vieux feuillage alors qu’en fin mars les mêmes individus
avaient des feuilles nouvelles ayant déjà atteint leur taille définitive.
Le nombre de folioles, chez les arbres adultes, ne paraît pas dépasser
une quinzaine par feuille, le chiffre de vingt que nous avions indiqué s’appli¬
quant à de très rares sujets.
La floraison a lieu après le développement des nouvelles feuilles et
nous l’avons observée fin mars-première quinzaine d’avril; elle se produi¬
rait, d’après les indications fournies par un autochtone, au moment de
la floraison des Trachylobium verrucosum ce que nos observations nous
ont confirmé (la période de floraison de cette dernière essence paraît s’étaler
plus largement dans le temps que celle du Faho).
Les inflorescences sont des panicules terminales, plus ou moins lar¬
gement pyramidales, dont les ramifications principales inférieures (en nom¬
bre variant de 1 à 5) sont axillaires des feuilles supérieures du rameau.
Le développement des inflorescences est très variable suivant les individus
(en rapport sans doute avec les conditions stationnelles où ils vivent);
si parfois les panicules sont plus ou moins dépassées par les feuilles il
est également fréquent que les panicules dépassent longuement le feuillage ;
c’est le cas en particulier de l’échantillon choisi comme Type et dans lequel
les inflorescences peuvent atteindre près de 30 cm de longueur sur à peu
près autant de diamètre.
Les axes de l’inflorescence, les pédicelles et souvent, en partie, la face
externe du calice sont nettement pubérulents (dans le C. falcalum ces
organes sont très glabres). Les fleurs, 5-mères, ont des pédicelles de 2-5 mm
de longueur; les caractères particuliers du disque (plus élevé, de forme diffé¬
rente, glabre) et de l’ovaire (largement conique, nettement et radialement
sillonné) qui séparent le C. Faho du C. Swietenia sont sensiblement les
mêmes que ceux qui séparent ce dernier du C. falcalum; quelques carac¬
tères permettent cependant de séparer les fleurs des deux espèces malga¬
ches : dans le C. Faho le disque est un peu moins élevé, assez nettement
évasé vers le haut et surtout l’ovaire (et aussi à un moindre degré le style)
est très nettement pubérulent-grisâtre. Ajoutons enfin que si dans le
C. Sivielenia les pétales sont pubérulents sur les deux faces et dans le
C. falcalum totalement glabres, dans le C. Faho ils sont glabres extérieu¬
rement, un peu pubérulents intérieurement.
Aux échantillons que nous avions cités antérieurement, nous ajou¬
terons les suivants, qui proviennent tous du Nord-Est de l’Ile où il semble
de plus en plus probable que l’espèce soit localisée :
Est (Nord) : Forêt d’Analamateza, à quelques kilomètres au Sud d'Antsirabe-
Nord (basse Mahanara), vers 100 m d’alt., 27562 SF (Fl., 25-3-1967, Faho, Type);
environs sud-est d’Ambinanifaho, à l’Ouest d'Ambodipont-lsahana, entre Sambava
et Antalaha, vers 50 m d’alt., 27723 SF (Fl., 17-4-1967, Faho); éboulis rocheux dans
la partie subterminale méridionale de la table basaltique d’Ambanitaza, près d’Andra-
pengy (N. d’Antalaha), vers 250-300 m d'alt., 27740 SF (Fl., 11-4-1967, Faho).
Source : MNHN, Paris
— 482 —
La clé suivante permettra de séparer les trois Chloroxylon actuellement
connus :
1. Disque pubesccnt, en couronne, peu élevé. Ovaire, non distinctement
pubescent à loges (6-7)-8 ovulés. Pétales pubérulents sur les deux
faces. Inflorescences pubérulentes. Feuilles à 10-20 paires de
folioles. Espèce de Ceylan et des Indes.... C. Sivietenia (Roxb.) DC.
1'. Disque glabre, cylindrique ou largement obeonique. Ovaire sillonné,
à loges 6-ovulées. Pétales glabres extérieurement. Feuilles ayant
(2-) 4-8 paires de folioles. Espèces malgaches
2. Plantes pubérulentes (feuilles jeunes, inflorescences, face interne
des pétales, ovaire). Disque largement obeonique. Folioles non
falciformes et sans nervure marginale bien indiquée sur sa marge
inférieure (Nord-Est). C. Faho R. Cap.
2'. Plantes glabres (ovaire en particulier). Disque subcylindrique, plus
élevé. Folioles falciformes à nervure marginale nette le long de la
marge inférieure (Ménabé). C. falcatum R. Cap.
2. LOCALITÉS NOUVELLES ET OBSERVATION SUR LES FAGAROPSIS
Étant donné le très petit nombre d’échantillons que nous avions
à notre disposition pour décrire les Fagaropsis glabra et F. velulina il
ne nous avait pas été possible d’émettre une opinion sur la répartition
de ces espèces. Grâce à des récoltes de matériel nouveau (soit stérile, soit
en fruits) nous pouvons aujourd’hui fournir quelques renseignements à
ce sujet. Il est regrettable que les fleurs restent encore inconnues car nous
ne disposons toujours pas des éléments essentiels qui pourraient permettre
de préciser les rapports entre espèces malgaches et espèces africaines.
a- Fagaropsis glabra R. Capuron
Cette espèce nous est maintenant connue de la zone comprise entre
Diego-Suarez au Nord et Antalaha au Sud, zone englobant au point de
vue phytogéographique deux unités tout à fait distinctes. H. Humbert,
en 1954, a proposé le canevas des subdivisions territoriales de la grande
Ile; d’après ce canevas, auquel nous nous tiendrons, nous nous trouvons,
de Diego-Suarez à Vohémar, dans le secteur Nord du Domaine de l’Ouest
(appartenant à la région malgache occidentale); entre Vohémar et Antalaha
nous sommes dans le secteur Nord-Est du Domaine de l’Est (appartenant
à la région malgache orientale). Aux forêts tropophylles de la région Diego-
Vohémar s’opposent les forêts ombrophiles de la zone Vohémar-Antalaha.
Le Fagaropsis glabra se rencontre dans les deux types de forêts ce qui,
pour une essence qui n’appartient qu’aux formations forestières non ou
peu modifiées, mérite d’être signalé. Elle partage d’ailleurs, dans la même
région, ce caractère avec un certain nombre d’autres espèces parmi lesquelles
on peut citer Cæsalpinia insolila (Harms) Brenan et Gillet, Cellis philip-
Source : MNHN, Paris
— 483 —
pensis Blanco, Hymenodiclion sp., Lepidolrichilia convallariæodora (Baill.)
J. F. Leroy, Crossonephelis Pervillei Bâillon, etc.
Dans la région de Diego-Suarez l’espèce a d’abord été récoltée dans
le massif calcaire de la montagne des Français (échantillon type); elle
a été ultérieurement récoltée dans les forêts de Sahafary et d’Analafondro,
situées toutes deux entre les vallées du Rodo et de la Saharenena, la pre¬
mière sur le plateau de grès continentaux (Néocomien supérieur) que
les géologues désignent sous le nom d’Analatamby, la deuxième sur les
pentes du rebord Sud-Est de ce même plateau. Dans ces forêts le Fagaropsis
glabra est représenté par des arbres de 10-15 m de hauteur, rarement plus.
Les feuilles de ces exemplaires ont parfois sept folioles; la foliole terminale
est parfois brièvement, parfois longuement pétiolulée, mais dans ce dernier
cas le pétiolule ne paraît pas articulé au-dessous de la foliole.
Dans la région de Sambava nous avons observé le Fagaropsis dans
la forêt littorale, sur sables; c’est là un arbre qui peut atteindre d’assez
fortes dimensions (0,50-0,80 m de diamètre et une vingtaine de mètres
de hauteur); il en est de même dans la région d’Antalaha, où nous en
avons vus de nombreux et beaux exemplaires sur les pentes du massif
d’Ambanitaza qui constitue un remarquable relief tabulaire, basaltique,
près du village d’Andrapengy. De très faibles différences séparent les echan-
tillons de cette dernière région de ceux de Diego-Suarez : les folioles sont
un peu plus étroites, légèrement plus aiguës et la foliole terminale a, lors¬
qu’il est long, un pétiolule presque toujours articulé près de son sommet.
A maturité le fruit a un péricarpe charnu, rose, d’odeur fort agréable.
Le Fagaropsis glabra est localement exploité et des bûcherons nous l’ont
désigné sous le nom de Faho (nom qui, nous venons de le voir, désigne sur¬
tout un Chloroxylon).
Voici l’énumération des échantillons que nous avons en mains :
Ouest (Nord) : Forêt de Sahafary, bassin de la Saharenena, sur sables, 24502 SF
(Fr., 7-2-1966); forêt d'Analafondro, sur sables, au pied Sud-Est du plateau de Saha¬
fary (bassin inférieur du Rodo), 23096 bis SF (F., 27-12-1963).
Est (Nord) : Forêt littorale sur sables, au Sud de Sambava, 27689 SF (Fr., Bois,
9-4-1967); table basaltique d'Ambanitaza, près d’Andrapengy, au N. d'Antalaha,
24957 bis SF (F., 22-10-1966).
b- Fagaropsis velutina R. Capuron
Nous avons décrit cette espèce d’après des échantillons récoltés dans
l’Androy ; c’est dans cette même région que nous l’avons retrouvée, entre
Ambatomika et Tranomora (22572 SF), sous forme d’un grand arbuste;
les feuilles de ce spécimen paraissent toutes trifoliolées (parfois bifoliolées
par avortement de la foliole terminale); par leurs caractères (forme et
pubescence) les folioles de cette plante sont très semblables à celles des
Types.
Près d’Ambatry (Betioky) le Fagaropsis uelutina est représenté
(20690 S F ) par des arbustes dont les feuilles ont 3 ou 5 folioles, parfois 7 ;
Source : MNHN, Paris
— 484 —
dans les échantillons cités plus haut la pubescence de la face inférieure
des folioles est assez dense pour cacher pratiquement l’épiderme alors
qu’ici elle est beaucoup plus lâche (quoique très sensible au toucher).
Le dernier échantillon que nous citerons (20204 bis SF) a été récolté à
l’Est de Tuléar, vers Andranohinaly, dans un type de forêt qui fait tran¬
sition entre le bush xérophile du plateau calcaire et les forêts tropophylles
de l’intérieur; il s’agissait d’un jeune sujet poussant dans le sous-bois;
cette plante possède des feuilles à 5-7 folioles ne présentant plus qu’une
pubescence très éparse, non sensible au toucher; les folioles sont ici plus
largement elliptiques (3,5-7 X 1,8-2,8 cm) que dans les échantillons de
l’Androy mais, sous ce rapport, la plante d’Ambatry constitue la transi¬
tion.
Les différences notées entre les divers échantillons cités ci-dessus nous
paraissent entrer dans la gamme normale des variations telles qu’en pré¬
sentent de nombreuses espèces à Madagascar et il n’y a pas lieu, nous sem-
ble-t-il, de leur accorder de valeur taxonomique. En résumé l’aire actuel¬
lement connue du Fagaropsis velulina s’étend de la limite nord-orientale
de l’Androy jusque dans le bassin moyen du Fiherenena; il est probable
que cette aire doit s’étendre loin au Nord de ce fleuve mais les forêts de
cette région sont encore terra incognita.
Sud : Entre Ambatomika et Tranomoro (vallée de la Betroka, bassin du Mandrare),
22572 SF (Fr., 5-2-1963); forêts dégradées au Sud-Ouest d'Ambatry. au Sud du
carrefour des routes vers Soalara et Ejeda, 20690 SF (Fr., 14-1-1962); route de Tuléar à
Sakaraha, vers le P. K. 45, aux environs d’Andranohinaly, 20204 bis SF (F., 28-3-1961).
UNE NOUVELLE ESPÈCE D ’EVODIA
3- Evodia tsaratananensis H. Capuron, sp. noo.
Frutex sæpe simplex vel arbor parva, ramulis adultis crassis (5-7 mm
diam.), juvenilibus breviter et dense pubcrulis ad nodos manifeste compressis.
Folia opposita, interse approximata (internodia 1-2,5 cm longa) trifoliata;
petiolo brevi (2-10 mm) robustissimo (ad 4 mm lato, sæpe latiore quant longo)
supra leviter complanato-canaliculato, ab initio pilis albidis sat densis ins-
tructo; foliolis coriacissimis sessilibus, lateralibus quam mediana parum
brevioribus, plus minusve late (2-3,5-pIo longioribus quam latis), obovatis,
3-8 cm longis, l,5-3,5 cm latis, apice late obtusis vel rotundatis, e tertia vel
quarta parte superiore basin versus cuneatim attenuatis, lateralibus basi
leviter asymmetricis, adultis subtus sparsissime pilis albidis parum visibilibus
instructis, costa subtus crassa et e basi versus apicem attenuata, supra in parte
basali carinata (ultra complanata), nervis lateralibus parum prominulis,
marginibus in sicco statu revolutis. Inflorescentiæ (3-4,5 cm longæ) ex axillis
foliorum superiorum (nonnunquam quoque e secundo foliorum jugo) ortæ,
foliis breviores vel vix superantes, densifloræ, corymbiformes, composito-
cymosæ, pedunculatæ (pedunculo ca. 1,5-2 cm longo), axibus dense griseo-
puberulis; bracteæ parvæ, triangulares, pubescentes. Flores abortu uni-
Source : MNHN, Paris
— 485
PI. 2. — Evodia tsaratananensis R. Cap. : 1, rameau en fleurs x 2/3: 2, bouton floral
mâle x 4; 3, sépale x 4; 4, pétale face interne x 4; 5, fleur mâle débarrassée de ses
pétales et d’un sépale x 4; 6, étamine face interne x 6; 7, étamine profil x 6; 8, fleur
femelle x 4; 9, staminode x 6; 10, anthérode x 12; 11 , infrutescence x 2/3; 12, coupe
de la graine x 4; 13, embryon x 4.
Source : MNHN, Paris
— 486 —
sexuales, diolci, tetrameri. Flores masculi (ca. 5,5 mm alti, pedicello excluso)
breviter pedicellati (pedicello 1-2 mm longo, pubcrulo), sepalis imbricatim
decussatis extus glabris late ovato-triangularibus (2 mm latis, 1,5 cm altis),
glanduloso-punctatis ; petalis, in alabastro leviter imbricatis, ambitu ovato-
triangulari, ca. 4,5-5 mm longis, 2,6-2,8 mm latis, basi breviter unguiculatis
(unguiculo ciliato), lamina basi asymmetrice auriculata, extus secus lineam
medianam pilis adpressis plus minusve numerosis instructa, intus, supra
unguem puberula, apice cucullatim apiculata, dense glanduloso-pimctata;
staminibus 4, alternipetalis, ca. 6 mm longis, petala leviter superantibus,
filamentis robustis supra basin interiore latere puberulis, in alabastro apice
inflexis, antheris dorsifixis profunde basi excisis, ovato-triangularibus (ca.
2 X 13, mm); pistillodio (cum disco 3 mm alto) dense flavido-hirsuto, bene
evoluto, carpellis 4(-5) inter se liberis constituto, carpellis 2-ovulatis (ovulis
parvis probabiliter abortivis), stylis 4(-5), cohærentibus, columnam 4(-5)-
sulcatam ca. 1,25 mm longam formantibus. Flores fœminei quam masculos
minores (ca. 4,75 mm alti, pedicello brevi (ad 1 mm longo), sepalis subor-
bicularibus (ad 2 mm latis, 1,25 mm altis), petalis (4 X 2,25 mm) quam in
masculis magis concavis et basi minus auriculatis, intus supra unguem pube¬
rulis; staminodiis inclusis (ca. 4 mm longis), filamentis complanatis glabris,
antherodiis 1 mm longis thecis duabus vacuis; disco pulviniformi (ca. 1,25 mm
alto) impressu filamentorum leviter lobato, in parte superiore dense piloso;
pistillo (cum disco et stylo 4,25 mm alto) dense piloso, carpellis 4 (-5) ovariis
liberis composito, stylis 4 (5) interse adnatis, columnam 4(-5)-sulcatam (ad
1,75 mm longam), leviter tortam efformantibus; ovulis in quoque carpello
duabus, superpositis. Fructus generis, carpidiis (usque ad 5 maturitate
evolutis) ca. 13 mm altis, pericarpio viridi-nigrescenti pilis paucis instructo.
Semina (1 vel 2 per carpidium evoluta) late obovoidea (ca. 5 mm longa), testa
tribus tegumentis constituta, extero tenue, fragili, lucido, nigro, a ceteris
facile secedenti, mediano tenuissimo, albido, subcarnoso, interno crasso,
nigro, durissimo; albumen camosum; embryo cotyledonibus subfoliaceis,
ellipticis (ca. 2,5 X 1,9 cm); radicula supera, cylindrica, ca. 1 mm longa.
Typus speciei : 27004 SF (Flores masculi).
Centre : Massif du Tsaratanana, sylve à lichens sur la crête séparant les hauts
bassins de la Maevarano et du Sambirano, entre 2200 et 2450 m d’alt. (Andohani-
sambirano, 27004 SF (Fl. mâles, 8-11-1966); id-, crête entre les hauts bassins du Sambi¬
rano et de la Mahavavy, pentes supérieures et sommet du pilon coté 2362 m (entre
l’Andohanisambirano et le Maromokotro), 27034 SF (Fl. femelles et Fr., 12-11-1966),
27034 bis SF (Fl. mâles, id.).
Cette espèce n’a été récoltée, à ce jour, que dans le massif du Tsara¬
tanana; elle est assez fréquente dans la sylve à lichens et les broussailles
qui recouvrent la crête séparant le bassin du haut Sambirano d’une part
et les bassins de la haute Maevarano et des affluents rive gauche de la haute
Mahavavy d’autre part, au Sud du Maromokotra; on l’observe, sur cette
crête et dans son voisinage, à partir de 2200 m environ jusque vers 2500 m
d’alt.. Sur les crêtes c’est un simple arbrisseau ou un petit arbuste; un peu
Source : MNHN, Paris
— 487 —
en contrebas, dans des stations plus abritées, l’espèce est représentée par
de petits arbres ne dépassant pas 4-5 m de hauteur.
L ’Evodia Isaraiananensis se rapproche de 1 ’Evodia Falraina H. Perr.,
espèce arborescente décrite de la région de Périnet et de Midongy du Sud
dont elle diffère par plusieurs caractères (tailles du pétiole et des feuilles,
folioles sessiles etc...). Elle est remarquable par ses feuilles à pétiole très
court et très robuste, ses folioles extrêmement coriaces. Les fleurs sont
unisexuées-dioïques mais présentent, dans chaque sexe, des rudiments
bien développés de l’autre sexe. Sous ce rapport le pistillode de la fleur
mâle est proportionnellement moins atrophié que ne le sont les staminodes
de la fleur femelle (le pistillode contient des ovules très nets dans chacun
de ses carpelles) et il n’est guère douteux que la fleur mâle pourrait être
prise pour une fleur hermaphrodite si l’on ne disposait pas des fleurs femelles
pour effectuer la comparaison.
Pour cinq espèces, sur les onze décrites de Madagascar, Perrier
a ignalé que les fleurs étaient hermaphrodites; cette opinion mériterait
d être confirmée. Elle est inexacte en ce qui concerne l'Evodia madagas-
canensis Baker comme nous avons pu le constater en examinant des
exemplaires vivants et des échantillons d’herbier.
Signalons, pour en terminer avec les Evodia, que le genre est repré¬
senté aux Comores, dans l’île d'Anjouan (échantillon 12968 SF).
4. NOTES COMPLÉMENTAIRES SUR LE GENRE IVODEA ET DESCRIP¬
TION DE TROIS ESPÈCES ET D'UNE VARIÉTÉ NOUVELLES
Les graines, dépourvues d’albumen et à testa mince et fragile, nous
ont paru fournir les meilleurs caractères permettant de séparer le genre
luodea des genres voisins d’Evodiinæ, Evodia et Melicope en particulier.
Nous avons rattaché à ce genre six espèces, toutes nouvelles au moment
où nous les avons décrites, en nous basant sur un matériel à vrai dire
pauvre ou très pauvre. Depuis lors, nous avons eu la chance de pouvoir
récolter du matériel nouveau qui nous permet dans certaines cas de par¬
faire quelques descriptions et dans lequel nous avons cru pouvoir reconnaî¬
tre quelques taxa nouveaux. Néanmoins le matériel dont nous disposons
est encore incomplet et très souvent un ou plusieurs éléments (les fleurs
en particulier) restent encore inconnus, ce qui crée des situations bien
embarrassantes lorsqu’il s’agit de préciser les affinités des espèces entre elles.
La pauvreté des collections d’herbier est sans doute due à la rareté relative
des Ivodea dans les formations primitives où ils vivent; on ne saurait invo¬
quer en effet les difficultés de récolte car ce sont tous des arbrisseaux ou
des arbustes de petite taille. Nous avons nous-même constaté, sur le terrain,
que les Ivodea vivent d’ordinaire en peuplements généralement très isolés
les uns des autres; dans chaque peuplement, monospécifique, couvrant
souvent plusieurs ares, les individus sont très nombreux et absolument
comparables entre eux; cet isolement dans l’espace des populations ne
peut, on le conçoit aisément, que faciliter la différenciation plus ou moins
poussée de multiples taxa; ce phénomène, très fréquent à Madagascar,
Source : AANHN, Paris
— 488 —
tant dans le domaine botanique que zoologique, paraît ici particulièrement
net et il n’est guère douteux que de nombreuses formes (espèces, sous-
espèces etc.) restent à découvrir; il suffit de jeter un coup d’œil sur la
carte où nous avons reporté les localités connues, pour y voir l’ampleur
de notre ignorance sur les espèces de ce genre : à la Côte Est aucune récolte
n’a été effectuée entre Soanirana-Ivongo et Fort-Dauphin que 900 km
séparent, tandis que sur la Côte Ouest une seule localité est connue entre
Ambilobe et Tuléar distants de 1400 km.
Avant d’aborder l’étude des espèces nous voudrions signaler une
particularité biologique que présentent certains des Ivodea de la Côte
Est (I. nana, I. confertifolia, I. mahanarica). Ces espèces sont représentées
par des arbrisseaux ou de petits arbustes le plus souvent à tige simple
ou très peu ramifiée et à feuilles groupées en bouquet terminal très dense;
les feuilles paraissent persistantes. Dans le bouquet de feuilles s’accumulent
de nombreux débris végétaux provenant des plantes des alentours. Sous
l’action de la chaleur et de l’humidité ces débris donnent une masse en
décomposition dans laquelle vivent de nombreux organismes animaux,
Myriapodes, Insectes et mêmes vers de terre. De nombreuses plantes,
appartenant aux familles les plus variées, présentent ce même type;
citons par exemple : Evonymopsis aculifolia H. Perr. et aff. (Célastracées),
Oncostemon macrophyllum Mez (Myrsinacées), Mapouria humilis Bremek.
etafT. (Rubiacées), Cotylodiscus unijugalus R. Cap. (Sapindacées), Mammea ?
div. sp. nov. (Guttifères) etc. Souvent les inflorescences se développent
au travers de cette sorte de terreau dans laquelle elles restent plus ou
moins emprisonnées; c’est le cas, en particulier, des Guttifères précitées
dans lesquelles les fleurs et même les fruits demeurent cachés dans la masse
d’humus. La fécondation des fleurs, fréquemment unisexuées et dioïques,
doit prodablement être assurée par les animaux humicoles. Il arrive
même souvent qu’une partie des graines germent sur le pied mère; nous
l’avons observé dans ces très curieuses Guttifères.
Avant de décrire les taxa nouveaux et de donner quelques indications
supplémentaires sur quelques espèces anciennement décrites nous donnerons
une clé de détermination des Ivodea connus :
1. Étamines (ou staminodes) en nombre double des pièces de la corolle.
Feuilles très obtuses ou arrondies ou en cœur à la base. Stigmates
réunis en une seule pièce lobée sur les bords.
2. Feuilles elliptiques-oblongues, obtuses ou arrondies à la base, à
limbe ne dépassant pas 10 cm de longueur. Plante pubescente
(tiges, feuilles, inflorescences, pétales, carpelles, fruits).
. 1. I. sahafariensis.
2'. Feuilles ovales, à plus grande largeur au-dessus de la base, celle-ci
largement arrondie ou en cœur, longuement atténuées en pointe
à partie du point le plus large, atteignant souvent 10-15 cm de
longueur. Plante glabre (sauf le pistillode et les carpelles).
. 2. I. cordata.
Source : MNHN, Paris
— 489 —
1'. Étamines (et staminodes, ceux-ci parfois nuis ou à peine perceptibles)
en même nombre que les pétales. Feuilles normalement atténuées
en coin à la base.
3. Styles et stigmates libres l’un et l’autre. Arbrisseaux ou arbustes
normalement ramifiés. Limbe foliaire ne dépassant pas 10 cm de
longueur. 3. I. trichocarpa.
3'. Styles brièvement soudés à leur extrémités; stigmates soudés en une
pièce unique à bords profondément lobés.
4. Feuilles non groupées en bouquets denses. Arbrisseaux ou
arbustes normalement ramifiés, dépourvus de feuilles réduites
à leur pétiole.
5. Feuilles à limbe ne dépassant pas 9 cm de longueur. Carpelles
et fruits partiels lisses.
6. Feuilles elliptiques, à peu près également atténuées à la base
et au sommet, pour la plupart opposées. Pétiole légère¬
ment ailé. Réticulation non dense ni saillante.
.4. I. menabeensis.
6'. Feuilles obovales, arrondies au sommet, en coin aigu à la
base, à pétiole non ailé, alternes. Réticulation dense et
bien visible, surtout à la face inférieure.... 5 . I. reticulata.
5'. Feuilles à limbe de (10-) 15-30 cm de longueur.
7. Carpelles et fruits partiels recouverts de tubercules et d’ex¬
pansions lamelliformes. 6. I. cristata.
7'. Carpelles et fruits partiels lisses. 7. I. alata.
4'. Feuilles groupées en bouquets denses ou très denses, à limbe de
(10-) 15-50 cm de longueur. Presque toujours des feuilles
avortées, réduites à leur pétiole. Sous-arbrisseaux ou arbris¬
seaux à tige simple ou peu ramifiée. Carpelles et fruits partiels
lisses.
8. Plantes glabres (axes des inflorescences, pétales, étamines,
staminodes, carpelles, pistillode, fruits). Pétiole cylindrique,
robuste. 8. I. nana
8'. Plantes au moins en partie pubescentes (axes des inflores¬
cences, pétales et carpelles en particulier).
9. Pétioles cylindriques, grêles, non ailés. Staminodes glabres.
Écorce des ramules blanchâtre, ceux-ci non anguleux.
. 9. I. confertifolia.
9'. Pétioles nettement ailés ou feuilles sessiles. Staminodes
poilus. Ramules anguleux, à écorce rougeâtre.
.10. I. mahanarica
1- Ivodea sahaîariensis R. Capuron
Nous avons déjà signalé, dans les fleurs femelles de cette espèce,
l’existence de huit staminodes. La découverte des fleurs mâles nous confirme
bien que l’androcée est diplostémone. Les inflorescences mâles sont des
Source : MNHN, Paris
— 490 —
panicules pour la plupart terminales (quelques unes peuvent être axillaires
des feuilles supérieures), plusieurs fois ramifiées et pouvant atteindre une
douzaine de centimètres de longueur. Tous les axes de l’inflorescence sont
densément et brièvement pubérulents. Les fleurs mâles, de petite taille,
sont brièvement pédicellées (au plus 1 mm) ou subsessiles. Le calice, pubé-
rulent-cilié comme le pédicelle, n’atteint pas 1 mm de hauteur et est bordé
par 4 dents plus larges que hautes. Les pétales ciliés-hérissés extérieurement,
sont très fortement concaves-naviculiformes, leur contour dorsal étant à
peu près hémicirculaire; le bouton, de forme générale globuleuse est, par
suite de la forme des pétales, profondément 4-sillonné verticalement et
ressemble à un minuscule bonnet d’évêque; dans la concavité de chaque
pétale vient se loger l’anthère de l’étamine épipétale correspondante.
A l’anthèse les pétales s’étalent tout en restant concaves; leur longueur
dépasse à peine 2 mm tandis que la profondeur de la cavité qu’ils déli¬
mitent dépasse légèrement 1 mm; ils sont légèrement atténués en onglet
à la base, cucullés au sommet. Les 8 étamines sont égales et atteignent
2,5 mm de longueur totale (dont 1 mm environ pour l’anthère, profondément
excisée à sa base, émarginée au sommet, présentant quelques cils apprimés
dans la commissure externe entre les deux loges) ; les filets staminaux s’amin¬
cissent régulièrement de la base au sommet; ceux des étamines épipétales
adhèrent légèrement à la base des pétales et s’enlèvent avec ceux-ci.
Les anthères sont à déhiscence latérale. Le pistillode, petit, conique, divisé
verticalement en quatre lobules, est hirsute.
Dans les fleurs femelles les pétales sont moins concaves et par suite
le bouton est moins profondément sillonné.
L ’lvodea sahafariensis n’est encore connu que dans la région de Diego-
Suarez, dans des forêts tropophylles, sur terrains sablonneux.
Nous l’avons retrouvé dans la localité où avait été récolté le Type (Forêt de Saha-
fary, 22008 SF, Fr., 20-2-1962) et nous l'avons découvert dans la forêt d’Orangea, à
l’est de Diego-Suarez (22987 SF, Fl. S, 16-12-1963; 23261 SF, Fr., 25-2-1964).
2- Ivodea cordata R. Capuron, sp. nov.
Nous ne connaissons cette plante que d’une seule station aux environs
d’Ambilobe. Bien qu’à première vue elle se distingue facilement de la
précédente, nous avons hésité à l’en séparer spécifiquement car nous la
connaissons encore mal (fruits et boutons mâles seuls connus). Parmi les
caractères qui permettent de la distinguer de 1’/. sahafariensis nous cite¬
rons, sa glabréité presque totale, ses feuilles plus grandes et de forme
différente, à plus grande largeur vers la base qui est très largement arrondie
ou plus souvent nettement cordée, à limbe se rétrécissant régulièrement
de ce point vers le sommet aigu, ses inflorescences mâles dont les axes
sont nettement comprimés et ont par suite des bords presque tranchants.
Frutex parva, 2-3-metralis alta, fere omnino (ramuli, folia, inflorescen-
tiæ, petala) glabra. Ramuli sat robusti, 2-3 mm diam., novelli in sicco statu
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
— 492 —
nigrescentcs. Folia alterna, verisimiliter persistentia; petiolo 1,5-4,5 cm
longo, cylindrico, apice inarticulato ; lamina, (6,5-) 8,5-17 X (2-) 3-5,5 cm sat
anguste ovata, maxima latitudine supra basin late rotundatam vel sæpius
manifeste cordatam, a maxima latitudine apicem versus longissime attenuata,
apice acuta (sat sæpe vulnere deformata), leviter chartacea, parum discolori
(subtus pallida), punctato-pellucida (punctis minimis sed numerosissimis) ;
Costa supra plana, subtus prominens; nervi secundarii numerosi (ca. 20-
30-jugi), patuli, graciles, utrinque vix prominuli sed bene aspectabiles, supra
colore albido prope marginem manifeste arcuatim anostomosantes. Paniculæ
masculæ terminales, amplæ, laxæ, pyramidales, 8-15 cm longæ, axibus angu-
losis, compressis, glaberrimis (marginibus ciliatis bracteorum triangularium
parvorum exceptis). Flores masculi in alabastro solum visi, 4-meri ; alabastra
pedicellata (pedicello 1-1,5 mm longo), globulosa, sicut in I. sahafariense
valde 4-sulcata, ca. 1,5 mm alta; sepala late triangularia; petala valde concava,
naviculiformia; stamina 8 fertilia (nonnunquam tamen 1-4 abortiva et tune
staminodio baculiforme reducta); antheræ in alabastro 0,75 mm longæ late-
raliter déhiscentes, connectivo extus apice glandula parva instructo; pistillo-
dium (cupuliforme) 4-lobatum, pilis longissimis rigidis instructum. Flores
fœmini ignoti. Infrutescentiæ paniculatæ ad 10 cm longæ. Fructus generis,
pedicellati (pedicello 5-8 mm longo); carpidia (1-4 evoluta) sublævia, leviter
sulcata, 10-13 mm longa; carpidia abortiva ciliis longis rarissimis instructa.
Semina ignota.
Typus speciei : 23407 SF.
Ouest (Nord), aux confins du Sambirano : dalles gréseuses à la base Sud-Ouest
de l’Ambohipiraka, près d’Ambilobe, vers 50 m d'alt., 23407 SF (Fr., 9-3-1964),
23406 SF (Fl. S jeunes, id.).
L ’lvodea cordata présente dans ses fleurs mâles la particularité de
posséder parfois des staminodes. Si la plupart des fleurs ont huit étamines
fertiles quelques-unes en revanche présentent des étamines avortées réduites
à des staminodes en forme de bâtonnet. Une fleur nous a même présenté
quatre étamines fertiles seulement accompagnées de quatre staminodes.
C’est le seul Ivodea dans lequel nous ayons rencontré cette particularité.
À la suite de cette observation nous avons repris l’analyse de plusieurs
Heurs mâles d’/. sahafariensis et nous y avons toujours noté huit étamines
fertiles.
Au centre de la fleur mâle se trouve une petite masse de tissus, très
surbaissée en forme de cupule à bords 4-lobés, recouverte de très nom¬
breux cils robustes, longs et dressés (nettement plus longs que ceux de
1’/. sahafariensis), qui représente le pistillode.
Nous avons dit que cette espèce était connue d’une seule localité;
celle-ci est située à l’Est d’Ambilobe, au pied Sud-Ouest de l’Ambohipiraka.
Le sommet de ce massif gréseux qui culmine à 513 m d’alt., est accessible
par un ancien sentier muletier; moins d’un kilomètre après l’embranche¬
ment de ce sentier sur la route d’Ambakirano on trouve, sur la gauche,
une petite route qui conduit, en quelques centaines de mètres jusqu’à une
Source : MNHN, Paris
493 —
sorte de carrière située à proximité d’un ruisseau sur lequel a été installée
une petite prise d’eau. Ce ruisseau sort d’une vallée étroitement encaissée
dans les grès; les berges et les flancs de la vallée sont encore boisés et
on y trouve, en mélange, des espèces de l’Ouest et des espèces du Sambirano
(celles-ci étant entre autres représentées par Parkia madagascariensis
R. Vig., Inlsia bijuga A. Gray etc.); sur sa rive gauche le ravin où coule
le ruisseau est dominé par une sorte de plateau constitué de dalles gré¬
seuses qui portent une végétation très xérophile; c’est là que l’on trouve
en abondance l 'Ivodea cordala accompagné de Commiphora div. sp., Pou-
partia minor (Bojer) H. Perr., Operculicarya Decaryi H. Perr. etc. (à
noter que ces deux dernières espèces ne sont encore signalées que du bush
du Sud ; nous les connaissons aussi des environs de Diego-Suarez).
3- Ivodea trichocarpa R. Capuron
Nous avons caractérisé cette espèce par l’indépendance des styles
et des stigmates de chaque carpelle dans la fleur femelle ; nous reviendrons
plus loin sur ce sujet.
La séparation des deux variétés, trichocarpa et lanceolala, tirée de
la forme du limbe foliaire doit être abandonnée, de nouvelles récoltes nous
ayant montré l’existence d’intermédiaires. Les deux variétés peuvent
cependant être maintenues en faisant appel à des critères tirés de la forme
du pétiole et de la base du limbe.
Dans la variété trichocarpa le limbe s’atténue en coin très aigu sur
le haut du pétiole le long duquel il est légèrement décurrent; il n’y a pas
de séparation nette entre ces deux parties de la feuille et aucune trace,
si minime soiLelle, d’articulation n’est perceptible.
Dans la var. lanceolala la distinction entre limbe et pétiole est bien
marquée; ce dernier est très légèrement marginé-ailé et l’aile se rétrécit
très brusquement à son extrémité supérieure; il y a ainsi au niveau du
passage marge pétiolaire-limbe, une nette constriction qui pourrait faire
croire à une articulation (celle-ci n’est qu’apparente car la nervure princi¬
pale et le pétiole se font suite sans discontinuité).
Examinons successivement les deux variétés :
var. trichocarpa
Nous avons retrouvé cette plante dans la forêt de Zombitsy, non loin
de sa lisière supérieure, près du plateau de Kely-Milioky, vers 700-800 m
d’alt. Les échantillons 20233 SF (Fl. <?, 3-4-1961) et 20233 bis (Fl. Ç,
id.) sont en tous points comparables au Type.
var. lanceolata
Nous avons trouvé cette variété dans quatre nouvelles localités.
Le limbe foliaire, au demeurant fort variable dans chaque échantillon,
est tantôt plus ou moins largement elliptique, plus rarement un peu oblong.
Les variations les plus dignes de remarque concernent la pubescence
Source : MNHN, Paris
— 494 —
des carpelles et du pistillode. Dans le Type et les échantillons 22615 SF
(mâle) et 22616 SF (femelle), ces organes sont recouverts d’une très dense
pubescence. Dans 22311 S F et 22481 SF, les carpelles jeunes ne portent
que quelques rares cils, les fruits partiels devenant glabres. Dans les échan¬
tillons à pistil pubescent les styles, éloignés les uns des autres sont entière¬
ment libres entre eux de même que les stigmates. Dans les échantillons à
pistil glabre ou glabrescent ces mêmes organes sont connivents mais
restent néanmoins libres entre eux.
Nous rapportons à la var. lanceolala les échantillons suivants :
Est (extrême limite méridionale) : forêt de Vinanibe, sur sables, près de Fort-
Dauphin, 22311 SF (Fr., 9-1-1963).
Sud : Versant méridional du massif de l’Angavo, à l’Est d’Antanimora, 22481 SF
(Fr., 23-1-1963); bush (de transition avec la forêt tropophylle) sur les pentes du massif
de Vohipary (711 m d’alt.) au Nord-Ouest d’Andalatanosy (Antanimora), 22497 bis SF
(F., 25-1-1963).
Ouest : Forêts tropophylles dans le bassin de la Menarahaka, à l'Est d'Ihosy,
près du carrefour d’Ihosy et Iakora, vers 650 m d’alt., 22615 SF (Fl. (J, 10-11-1963),
22616 SF (Fl. $, id.).
4- Ivodea menabeensis R. Capuron
Nous n’avons aucun nouvel échantillon à rattacher à cette espèce.
Un réexamen des fleurs femelles du Type nous a confirmé qu’il n’y a pas
de staminodes et que les stigmates sont soudés en une pièce unique lobée
sur ses bords. Les caractères du pétiole rappellent ceux de l 'Ivodea Iricho-
carpa var. lanceolala. Nous ne pensons pas cependant que l’on puisse
réunir les deux taxa en raison des caractères stigmatiques. Dans 1’/. mena¬
beensis les inflorescences paraissent également plus réduites que dans 1’/. tri-
chocarpa. Comme dans cette dernière espèce les pétales sont de petite taille
(ils mesurent ici 2 X 1 mm environ) et sont nettement moins bossus que
dans les I. sahafariensis et I. cordala.
5- Ivodea reticulata R. Capuron
Aucune nouvelle récolte de cette espèce à petites fleurs et à caractères
pétiolaires analogues à ceux de Y Ivodea Irichocarpa var. Irichocarpa.
6- Ivodea cristata R. Capuron, sp. nov.
Inter omnia generis Ivodea species facile cognoscenda ovariis et fructibus
appendicibus instructis.
Frutex 2-4-metralis, glaber. Ramuli robusti (3-5 mm diam.), juvéniles
nigrescentes, vetustiores cortice suberosa vestiti. Folia alterna petiolo
(2-4 cm longo) robusto, supra piano et marginato (non nunquam leviter alato)
apice tumido sed non articulato ; lamina elliptica vel leviter obovato-elliptica
(16-30 X 4-7,5 cm), maxima latitudine ad medium vel ad tertiam partem supe-
Source : MNHN, Paris
— 495 —
Source : MNHN, Paris
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riorem basim versus longe cuneata, apice acuminata (acumen 1-2 cm long.)
subcoriacea, pellucido-punctata (punctis parvis numerosissimis), in sicco statu
subtus plus minusve rubesccntia, marginibus leviter recurvatis; Costa supra
plana, subtus prominens; nervi secundarii numcrosi (25 et ultra-jugi),
patentes, supra plani vel vix prominuli, subtus prominuli, prope marginem
arcuatim anastomosantes; reticulatio obsolcta. Flores ignoti. Infrutes-
centiæ axillares et terminales, racemiformes, 2-8 cm long», racliide robusto
angulato, pilis minutis parum visibilibus instructo. Fructus pedicellatus
(pedicello robusto 6-10 mm longo), (1-) 2-5 follicularis, folliculis glabris (ca.
10 mm longis, cum appendicibus ad 20 mm) appendicibus aculeiformibus vel
loriformibus (longissimis apice fimbriatis) vestitis. Semina immatura solum
Typus : 23819 S F.
Est : Colline de Menatany, au Sud de Soanierana-Ivongo, forêt ombrophile, sur
latérites, entre 50 et 100 m d’alt., 23819 SF (Fr., 17-11-1964).
Cette espèce est remarquable par ses fruits dont les follicules sont
recouverts d’un très grands nombre d’appendices, les plus courts en forme
de pointes à sommet mousse ne dépassant pas quelques millimètres de
longueur, les autres en forme de rubans comprimés latéralement, plus
ou moins recourbés comme des cornes vers le haut et à sommet plus ou
moins découpé fimbrié; trois de ces appendices sont plus particulièrement
développés : deux d’entr’eux, les plus grands de tous, sont situés de chaque
côté de la suture dorsale des follicules, vers le tiers supérieur de leur hau¬
teur; le troisième, souvent moins développé que les précédents est situé
sur la ligne médiane vers le tiers inférieur; au moment de la déhiscence
la fente dorsale s’arrête à son niveau.
Par ses caractères végétatifs 1’/. crislata paraît très proche de 1’/. alala.
Des autres Ivodea à grandes feuilles (tels que I. nana, I. conferlifolia etc.)
11 se distingue par ses feuilles non groupées en bouquet et par son port
d’arbuste normalement ramifié.
Nous avons vu deux peuplements de cette espèce : un dans la localité
du Type et un autre, situé à quelques kilomètres plus au Nord, dans la
forêt de Sahavolamena, située aux portes de Soanierana-Ivongo.
7- Ivodea alata R. Capuron
Son appareil végétatif ressemble beaucoup à celui de 1’/. cristala
mais ses fruits, tout à fait semblables à ceux des autres espèces du genre,
permettent de l’en séparer aisément. Ses fleurs restent encore inconnues.
8- Ivodea nana R. Capuron, sp. nov.
Arbuscula (ad 1 m alta) caule simplici, foliis apice caulis dense congestis,
ut videtur omnino glabra (folia juvenilia haud visa). Caulis apice robustus,
ca. 1-1,5 mm diam., cortice albida, plus minusve suberosa tecta, cylindrica.
Folia petiolata, petiolo robusto, brevi (1-3 cm longo) cylindrico, supra leviter
Source : MNHN, Paris
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canaliculato, exalato sed angustissimc marginato, apice paulum tumido,
inarticulato ; lamina submembranacea anguste obovato-lanceolata (22-37 X 3-
6 cm), maxima latitudine circiter tcrtiam vel quartam partem superiorem,
basin versus longissime attenuata, apice obtuso manifeste acuminata (acumine
1-2 cm Iongo); Costa supra plana vel leviter prominens, subtus valde promi-
nens; nervi secundarii multijugi (30 et ultra), subtus parum prominuli, patuli,
prope marginem arcuatim anastomosantes; puncti pellucidi sat numerosi
imprimi prope marginem. Inflorescentiæ axillares, glaberrimæ, fœmineæ
racemiformes simplices, 3-9 cm longæ, masculæ subracemiformes, breviter
ramosæ. Flores masculi breviter pedicellati (pedicello gracili 2-4 mm longo);
alabastra ovoideo-oblonga, sat magna (per anthesin 10-12 mmdiam.); calycis
lobi late triangulares, latiores quam alti; petala, in vivo statu alba, subellip-
tica (6 X 2,3 mm), patula, sat crassa, plana vel subplana, apice acuta apicu-
lata pellucido-punctata ; stamina 4, alternipetala, erecta, ca. 6 mm longa,
fila mentis robustis, antheris (ca. 1,5 mm longis) basi profunde apice leviter
excisis, rimis lateralibus subextroisis dehiscentibus ; pistillodium anguste
conicum, 1,75 mm altum, glaberrimum. Flores fœminei quam masculi
majores (ad 15-16 mm diam.), pedicello robustissimo, apicem versus dila-
tato, ad 10 mm longo; calycis lobi latissime triangulares (basi 2 mm lati,
ca. 0,5 mm alti); petala crassa, late elliptica (ca. 7 X 3,8 mm), paulum
concava, pellucido-punctata; staminodia alternipetala, elliptico-oblonga,
ca. 3,5 X 0,75 mm, ananthera; pistillum subglobosum, 4 (-5)-carpellatum,
carpellis epipetalis, glaberrimis, stylis brevissimis apice perbreviter inter se
conjunctis, stigmate discoideo (ca. 3,5 4,5 mm diam.) profunde 4 (-5) lobato.
Fructus generis, folliculis evolutis 1-4 (-5), ceteris abortivis, pcricarpio
sublævi, leviter transverse sulcato, 12-14 mm altis. Semina (nonnunquam
2 per folliculum evoluta) ca. 9 mm longa.
Typus speciei : 23757 S F (flores fœminei et fructus); cotypus 23756 SF
(flores masculi).
Est : Antanambe, au Sud de Mananara, sur latérites, 23156 SF (Fl. mâles, 10-11-
1964), 23757 SF (Fl. femelles, Fr., id.)
Des deux espèces précédentes 1’/. nana se distingue par son port de
sous-arbrisseau à tige simple, par ses feuilles très densément groupées en
bouquet terminal, ses feuilles à pétiole cylindrique (simplement muni,
de part et d’autre du léger canalicule supérieur, d’un très léger rebord).
Ses fruits lisses le séparent en outre de 1’/. crislala.
Comme dans les deux espèces suivantes avec lesquelles elle paraît
particulièrement affine, les feuilles normales sont accompagnées de feuilles
avortées réduites à leur pétiole (lui-même d’ailleurs manifestement plus
grêle que dans les feuilles normales). Elle diffère de 1’/. conferlifolia par
sa totale glabréité et par ses pétioles nettement plus grêles; de 1’/. mahana-
rica par sa glabréité et par ses pétioles non ailés.
9- Ivodea confertifolia R. Capuron
Nous avons retrouvé cette espèce aux environs Sud du Cap Est,
dans la presqu’île Masoala (27792 SF, Fr., 19-4-1967). Dans cet échan-
Source : MNHN, Paris
— 498 —
tillon les feuilles sont réduites à leur pétiole, celui-ci plus grêle que le
pétiole normal; les infrutescences, à axes pubérulents, sont nettement
plus ramifiées que dans les échantillons précédemment connus. Les pétales,
observés à la base du fruit, mesurent 4-5 X 1,75-2 mm; pubérulents sur
le dos, ils sont assez fortement concaves. Les staminodes, glabres, mesu¬
rent 3-3,5 mm. Les follicules striées transversalement sont très nettement
pubérulents.
10- Ivodea mahanarica R. Capuron, sp. nov.
Arbuscula (ad 1,5 m alta) caule simplici vel parum ramoso, ramis apice
angulatis et cortice subrubro tectis. Folia apice caulis vel ramorum plus
minusve dense approximata fere omnino glabra (costa subtus pilis rarissimis
instructa), petiolata (petiolo 1-2,5 cm longo, manifeste alato) ; lamina mernbra-
nacea anguste elliptica vel obovato-elliptica (11-22 X 2,5-5 cm) dense pellu-
cido-punctata, maxima latitudine ad mediam vel ad tertiam partem supe-
riorcm utrinque longe attenuata (apice obscure acuminato); Costa supra
plana, subtus prominens; nervi secundarii numerosi (20 ultrajugi) patuli,
prope marginem arcuatim anastomosantes. Infloresccntiæ masculæ ignotæ,
fœmineæ (e infrutescentiis) 3-7 cm longæ, simplices vel fere simpliccs axibus
pubescentibus. Flores fœminei (abortivi solum notati) pcdicello pubcscenti
5-6 mm longo; sepala acuta sat auguste triangularia, extus pilosula; petala
parum concava, ovato-triangularia (5x2 mm), extus adpresse puberula, post
anthesin dcflcxa, sat diu persistentia; staminodia baculiformia, 3,5-4 mm
longa, dense ciliata; pistilium dense lanuginosum, 4(-5)- carpellatum, car-
pellis apice in stylum brevem lanuginosum attenuatis, stylis apice interse
brevissime connatis, stigmate unico peltato profunde 4 (-5)-lobato. Fructus
1-5- follicularis, folliculis ab initio dense lanuginosis, vetustioribus manifeste
reliquia pubescentiæ exhibentibus, ca. 12 mm altis, transverse vix sulcatis.
Semina matura ignota.
Typus speciei : 27619-SF.
Est (Nohd) : Environs Sud d’Andampy, entre Nosiarina et Antsirabe-Nord (route
Sambava-Vohémar), bassin de la Mahanara, 27619-SF (Fr., 28-3-1967).
Nous ne connaissons cette espèce que de la seule localité signalée
plus haut où, sur quelques ares, elle est représentée par de très nombreux
individus. C’est un sous-arbrisseau à tige simple ou un peu ramifiée. Le
haut de la tige ou les ramules sont plus grêles que dans 1’/. conferlifolia
et surtout assez nettement anguleux et recouverts d’une écorce rougeâtre.
Les pétioles sont très manifestement ailés (l’aile s’élargit vers le haut et
se termine assez brusquement au sommet, dans la partie légèrement renflée
mais non articulée du pétiole). Comme dans les deux espèces précédentes,
il y a aussi des feuilles avortées réduites à leur pétiole.
Nous rattacherons à cette espèce à titre de simple variété (var. sessili-
folia) un échantillon que nous avons récolté dans la forêt d'Analalava,
au Sud de la Fanambana (Vohemar). Nous n’en avons observé que quelques
pieds dont un seul présentait encore de vieux fruits. Il s’agissait d’arbris-
Source : MNHN, Paris
— 499 —
Source : MNHN, Paris
— 500 —
seaux à tige simple et à feuilles groupées en bouquets denses. Ces feuilles
(plus grandes que dans la var. mahanarica et atteignant 35 x 9 cm, plus
obovales) sont surtout remarquables en raison du fait qu’elles sont sessiles
ou à pétiole extrêmement court (1-2 mm). Les feuilles avortées sont repré¬
sentées par de petits organes ovales-acuminés mesurant 6-11 X 3-5 mm.
Dans le haut de la tige, l’écorce est rougeâtre. Les fruits sont velus.
var. sessilifolia R. Capuron, var. nov.
Typo differt foliis sessilibus vel petiolo brcvissimo (1-2 mm).
Typus varietatis : 27551-SF.
Ouest (Nord) : Forêt d’Analalava, au Sud de la basse Fanambana (Vohémar),
27551-SF ( Fr., 18-3-1967).
Pour être complets, il nous faudrait signaler l’existence, sur le plateau
de calcaires éocènes aux environs de Tuléar, d’un IuocLea ( 20.846 SF,
Fl. femelles passées, 1/1962) remarquable par ses feuilles étroitement ellip¬
tiques mesurant 7,5-15 cm de longueur (pétiole compris) sur 0,6-1,7 cm
de largeur; le limbe s’atténue un angle très aigu sur le haut du pétiole de
long duquel il est longuement décurrent (il en résulte qu’il n’y a pas de
séparation nette entre le limbe et le pétiole; la partie que l’on peut consi¬
dérer comme pétiolaire mesure 1,5-4 cm, et est recouverte, de même que
le haut des ramules, d’un enduit grisâtre). Les inflorescences femelles,
terminales, en panicules ramifiées presque aussi larges que hautes (jusqu’à
6 cm de hauteur), ont des axes brièvement pubérulents. Les fleurs sont
petites, à pétales fortement concaves (1,75 mm de longueur), glabres;
les staminodes sont réduits à une denticulation à peine perceptible; les
carpelles portent quelques rares cils apprimés. Il se pourrait, mais nous
n’oserions l’affirmer, que les styles soient libres. Dans ce cas, nous penche¬
rions assez volontiers pour une forme à rattacher à 1’/. trichocarpa. Nous
n’avons vu de cette plante qu’un seul exemplaire, représenté par un arbuste
de 4-5 m de hauteur. A rechercher.
Source : MNHN, Paris
r. 2, 7 (4) 1967.
CONTRIBUTION
A L’ÉTUDE DES TARENNA (RUBIACEÆ)
D’AFRIQUE
par
Nicolas Halle
Le genre Tarenna Gaertn. (1788) compte approximativement 180 espè¬
ces tropicales dans le monde entier. Près d’une cinquantaine d’entre elles
sont africaines; plus de 25 espèces, dont le tiers seulement est nommé,
sont de Madagascar et des îles Mascareignes; plus de 120 espèces sont dis¬
tribuées en Asie, Indonésie et Océanie. Le genre n’est pas connu de l’Amé¬
rique.
La synonymie des Tarenna est assez complexe car beaucoup d’espèces
ont d’abord été décrites dans un genre Chomelia L. (1737) dont la validité
n’est pas reconnue et qui prête à confusion avec le genre américain Chome¬
lia Jacq. (1760) d’une autre tribu de Rubiacées. D’autres synonymes sont
nombreux, spécialement dans les genres Stylocoryne Wight et Arn., Webera
Source : MNHN, Paris
— 502 —
Schreb., Pavella L. et même Ixora L. Bremekamp lui même, le monographe
du genre Pavella a pu s’y tromper comme le montre ci-dessous le cas du
Tarenna funebris.
Outre les fleurs qui sont pentamères chez Tarenna, et tétramères chez
Pavella, les stipules (f. 1) des parties végétatives permettent de distinguer
aisément les Tarenna d’un grand nombre de Pavella ou même de Rutidea.
Les stipules des Tarenna sont généralement glabres, au moins sur la plage
médiane de la face externe qui se présente sans carène médiane, souvent
nigrescente, lisse et vernissée, fréquemment bombée, et même charnue
au stade juvénile chez diverses espèces. Le sommet de la stipule est aigu
et relativement court; s’il est parfois atténué, il n’est jamais brusquement
subulé ni aristé. Au contraire, chez de nombreux Pavella africains de forêt,
ceux qui justement prêtent à confusion, l'acumen subulé de la stipule est
long ou même très long, parfois un peu comprimé latéralement, abruptement
émergent; chez les espèces pubescentes la pubescence occupe tout le limbe
stipulaire, notamment la région médiane.
Le but de la présente note est d’ajouter au genre Tarenna deux espèces
congolaises nouvelles et de proposer deux combinaisons nouvelles ainsi
qu’un nom nouveau. Nous tenons à exprimer notre gratitude à
MM. F. Demaret et E. Petit dont l’obligeance nous a permis d’étudier
les matériaux du Jardin Botanique de Bruxelles cités ici.
Tarenna Petitii N. Hallé, sp. nov. (fig. 2, 1-9)
Frutex hirsutus, stipulis acutis. Petiolum hirsutum. Lamina magna
elliptica basi cuneata, acuminata, utrinque pilosa. Inflorescentia villosa
paniculata, bracteosa, floribus sessilibus hirsutis. Calyx breviter dentatus.
Corolla pilosa lobis apiculatis. Stylus glaber; stigma peroblongum. Ovarium
biloculatum 5-6 ovulis in quoque loculo. Fructus pilosus 6-10 seminibus.
Affinis Tarennœ eketensi Wernh. sed habitu et bracteis valde diffcrt.
Arbre ou arbuste (parfois sarmenteux : Gilbert 2126) de 3-10 m de
hauteur et 13 cm de diam. ; jeunes rameaux velus hirsutes à poils bruns
dressés longs de 1-2 mm. Jeunes entrenceuds non grêles montrant souvent
un sillon à sec. Stipules grandes, triangulaires à sommet très atténué
aigu, longues de 6-18 mm et, vers la base, nettement plus large que le
rameau, ± pileuses latéralement puis glabrescentes. Pétioles bruns hir¬
sutes, longs de 9-15 mm. Feuilles grandes, elliptiques, de 14-23 (28) x 5-
12 cm, à base aiguë ou subaiguë i dissymétrique, à sommet acuminé.
Limbe subcoriace brun ou roussâtre à sec, à poils mous épars sur les deux
faces : la supérieure d: glabrescente avec la ligne médiane pileuse; l’infé¬
rieure avec les nervures plus nettement velues. 11-15 (17) paires de nervures
secondaires ascendantes. Domaties axillaires densément pubescentes et
± distinctes le long de la médiane. Nervures intersecondaires nombreuses
et apparentes.
Inflorescences terminales velues roux-ochracé, en panicules atteignant
6-15 cm de largeur totale, contractées vers les extrémités. Nombreuses
Source : MNHN, Paris
— 503 —
bractées longues, ensiformes, de 5-6 X 1-2 mm, pubescentes, entourant
les fleurs sessiles, d’où un aspect très particulier des jeunes inflorescences
tout spécialement (apparence de certains Rulidea). Calice haut d’env. 2 mm
à 5 petites dents deltoïdes de 0,8 mm, à poils ochracés dressés abondants.
Corolle blanche ou jaune-vert devenant rosâtre, nigrescente à sec, à tube
de 7 mm, pubescent à gorge glabre; 5 lobes pileux à l’extérieur, oblongs
apiculés, de 4 x 1,9 mm. Étamines exsertes à filet de 0,8 mm; anthère
de 3 mm. Style entièrement glabre, filiforme sur 11 mm, à stigmate en
massue de 4 x 0,7 mm, médiocrement strié. Ovaire à 2 loges; chaque pla¬
centa pelté, pendant, présente 5 ou 6 ovules enchâssés.
Fruit de 6 mm de diam., globuleux, finement ridé à sec, pileux, conte¬
nant 6 à 10 graines irrégulièrement orbiculaires et ombiliquées.
IIolotype, BR; isotype, P : Lebrun 1450, Congo occidental. L’espèce
est dédié à M. E. Petit, spécialiste des Rubiacées du Congo et Lichéno-
logue.
Congo, District forestier central du lac Léopold-II à Stanleyville.
Forêts denses ombrophiles, forêt à Macrolobium, à Telrorchidium didymos-
lemon, à Scholia romii, à Annonidiurn Mannii, forêt secondaire à Uapaca
guineensis, plus rarement en forêt ± sèche.
Matériel étudié : O. Bolema 06, Yangambi, fr. 5.10-60 (BR, P); 971, Yangambi
infl. juv. 6-3-63 (BR, P). — A. Chevalier 276S8, Mbamou, pays Bakongo, infl. juv.
4-8-12 (P). — J. Claessens 537, Nebasa, infl. 1921 (BR). — P. Compère 2157, Mputu,
Kasangulu, Nsélé-Lukunua, 8-6-60 (BR). — C. Evrard 2832, Iwama, Monkoto, infl.
13-10-57 (BR, P); 4624, Nkinki-Pomanjoku, Monkoto, infl. juv. 12-8-58 (BR). —
Flamigny 6307, Otioki, fr. 3-43 (BR). — Ph. Gérard 2712, Madabu, 7-obia, infl. juv.
28-2-57 (BR, P). — G. Gilbert 2126, Poulis-Munybui, infl. juv. 2-39 (BR); 14587,
Ipeke, Kutu, infl. juv. 4-8-53 (BR, P). — J. Lebrun 1450, Bokatola-Bikoro, lac Léopold-
II, fl. 9-30 (BR, P); 5785, Urega, Maniema, infl. juv. 7-32 (BR, P). — J. Louis 5592,
Yangambi, ait. 470 m, 10 km au nord du neuve, infl. juv. 10-9-37 (BR, P); 7134,
Yangambi, 470 m, bout. 18-12-37 (BR, P). — P.T.L. Pulman 116, Epulu, est de Stan¬
leyville, fl. 1935 (BR ex Arnold Arboretum).
Tarenna Leonardii N. Hallé, sp. nov. (fig. 2, 10-16)
Àffinis Tarennœ Petitii N. Hallé sed habitu minore, foliis minoribus haud
cuneatis sed subcordatis, bracteis linearibus longioribus, sepalis majoribus,
petalis vix apiculatis, stylo pubescenti, ovulis 6-9 in quoque loculo, præcipue
differt.
Arbuste ou arbrisseau (parfois sarmenteux : A. Léonard 4131) de 1 à
3 m de hauteur et 3 cm de diam., à extrémités hirsutes; poils bruns dressés
ou un peu réfractés, longs de 1,5-2,5 mm. Entrenœuds grêles, cylindriques.
Stipules grandes, triangulaires très aiguës, longues de 5-15 mm, à plage
médiane vernissée, à flancs à peu près glabres élargis vers la base. Pétiole
hirsute long de 3-6 mm. Feuilles de taille médiocre, elliptiques de (6) 8-
14 (18) X 3,5-6 cm, à base cordée ou subcordée ± dissymétrique, à sommet
acuminé. Limbe chartacé brun-roussâtre, pileux sur les deux faces : poils
dressés abondants sur les nervures à la face inférieure. Médiane pubescente
Source : MNHN, Paris
— 504 —
Fig. 2. — TarennaPetitii N. Huilé : 1 , feuille, face inf.; 2,stipules; 3,portiond'infl. en boutons
4, inflorescence de petite taille; 5, bractée: 6, fleur; 7, anthère; 8, placentas; 9, fruit
{J. Lebrun 1450 et 5784, J. Louis 7134, Bolemu 56). — Tarenna Leonardii N. Halié :
10, feuille, face inf.; 11, portion d'inflorescence; 12, bractée; 13, fleur; 14, style; 15,
placentas; 16, fruit {A. Léonard 4967, 4710).
Source : MNHN, Paris
— 505 —
dessus. 7-10 paires de nervures secondaires ascendantes. Touffes axillaires
des domaties très réduites ou à peu près indistinctes. Nervures intersecon¬
daires apparentes en réseau très lâche.
Inflorescences terminales velues, roux-ochracé, en panicules de 4-8 cm
de largeur à extrémités contractées. Bractées longues, linéaires, de
5-9 X 0,5 mm. Fleurs subsessiles roses. Calice haut de 4 mm à 5 lobes
linéaires de 2-2,5 (3,5) mm de hauteur, à poils ochracés abondants. Corolle
nigrescente à sec, à tube de 6 mm garni extérieurement de poils ± réfractés,
pubescent à l’intérieur; 5 lobes à axe hirsute du côté extérieur, oblongs à
peine apiculés, de 4 X 2 mm. Étamines exsertes à anthère de 4 mm. Style
pubescent, filiforme sur 8 mm, à stigmate en massue de 5 X 0,8 mm, striée.
Ovaire à 2 loges; chaque placenta hémisphérique présente 6 à 9 ovules
enchâssés.
Le fruit est blanc, de 0,7 mm de diam., nigrescent et finement ridé à
sec, pileux, coiffé des longs sépales formant une pointe, contenant 12-
18 graines ombiliquées
Holotype, BR; isotype, P : A. Léonard 4967, Congo oriental. L’espèce
est dédiée à M. A. Léonard récolteur de la presque totalité des matériaux
connus de cette espèce.
Congo oriental montagneux à l’ouest du lac Kivu. Forêts de montagne,
forêt à Penladesma Lebrunii, à Ocotea Michelsonii, à Parinari Ilolslii;
limon sur granit.
Matériel étudié : A. Léonard 3S63, Kimbili, Shabunda, 1350 m, fr. 15-4-59
(BR, P); 4131, Ihembe, Kabare, 2000 m, fr. 11-5-59 (BR, P); 4710, Lusheni, Kalehe,
1800 m, fr. 24-6-59 (BR, P); 4943, riv. Ulindi, Mwenga, 1140 m, fr. 11-7-59 (BR, P);
4967, Bushababa, Mwenga, 1600 m, fl. 14-7-59 (BR, P). — 11. Pierlol 1036, Bitale,
Kalehe, route Kawumu-Walikale, 1700 m, infl. et fr. 8-12-55 (BR).
Tarenna funebris (Bremek.) N. Hallé, comb. nov.
= Pauella funebris Bremek., Monogr. Gen. Pavella, Fedde Repert. 37 : 63 (1934).
Le type, Vanderyst 10221 (BR!), Mpio-Mpio, Kasai, Congo, présente
des placentas médifixes 5-ovulés et les fleurs sont bien pentamères. Les
stipules sont larges, vernissées, du type Tarenna. Il est inexplicable que
Bremekamp ait placé cette espèce dans le genre Pavella parmi la série
Enodulosæ qui présente des loges d’ovaire uniovulées. Un complément de
description tenant compte de nouveaux matériaux est devenu nécessaire.
Arbuste ou petit arbre de 2,5 à 6 m de hauteur. Rameaux quadrangu-
laires. Stipules nettement connées aux aisselles, glabres et lisses, déve¬
loppées, largement subdeltoïdes, apiculées ou ± tronquées au sommet,
jamais aristées. Fleurs odorantes, jaunes ou verdâtres. Calice glabre à
l'exception de très courts cils marginaux sur les sépales. La gorge présente
un dense anneau de poils blancs apparents à l’anthèse ; le reste de la corolle
est entièrement glabre. Le filet retient l’anthère très près de son extrémité
inférieure. Le style est glabre; la massue stigmatique présente de fines
crêtes longitudinales bien saillantes. 2 loges ayant chacune un placenta
serti de 5 ovules. Fruit globuleux, noir à maturité, de 9 mm de diam.,
Source : MNHN, Paris
— 506 —
orné à sec de 10 côtes méridiennes en relief. 8 graines dans un fruit, de
4 x 3,4 x 2,5 mm, à face convexe opposée à l’ombilic dont l’ouverture
dépasse 1 mm de diam.
Matériel étudié en plus du type : P. Compère 1010, Yombe, Songololo, lin de
(1. 3-12-59 (BR); 1644, Mbirabi, Thysville, fr. 11-3-60 (BR). — C. Evrard 2842, Iwama-
Isandja, Monkoto, 11. 18-10-57 (BR). — Guigonis s.n., Bangui, près de la Landjia, 11.
18-8-64 (P). — Ch. Tisseront 50, Boukoko, 11.27-7-47 (P); 2605, Boukoko, fr.30-9-53 (P).
— L. Tolca 141, Lukolela, forêt de Mompoto 11. 13-7-59 (BR, P). — H. Vanderysl
12121, Ipamu, 11. 9-22 (BR).
Tarenna precidantenna N. Hallé, nom. nov.
= Pavella Warburgiana De Wild. et Th. Dur., Ann. Mus. Congo 3, 1 : 27 (1901).
non Tarenna Warburgiana Valeton, Nov. Guin. 14 : 270 (1924) = T. nigrescens
Warb. (1891), non T. nigrescens Hiern (1877).
non Tarenna Soyauxii (Hiern) Bremek. (1934) = T. nigrescens Good (1926).
non Tarenna Hulchinsonii Bremek. (1934) = Pavella nigrescens Hutch. et
Dalz. (1934).
non Tarenna bipindensis (K. Schum.) Bremek., Fedde Repert. 37 : 208 (1934);
Keay, F.W.T.A. ed. 2, 2 : 135 (1963). Synonymie refusée.
Bien que voisin de T. bipindensis, le T. precidantenna se distingue par
ses longs filets staminaux, par son stigmate subcapité et non longuement
renflé en massue cylindrique ; les lobes du calice sont un peu plus longuement
effilés. Type : Dewèvre 1080 (BR!). L’espèce est congolaise, de Yangambi
(J. Louis 4122, BR) à Komono-Zanaga [A. Bouquet 919, P) et jusqu’au
Gabon [Le Teslu 8645, P).
Remarque : Le style rappelle par sa forme une antenne de Lépidoptère
Nymphalidæ du genre Précis.
Tarennafusco-üava (K. Schum.) N. Hallé, comb. nov.
= Chomelia fusco-flava K. Schum., Engl. Bot. Jahrb. 33 : 339 (1903).
= Chomelia flavo-fusca K. Schum., nomen msc. in herb.
= Tarenna flavo-fusca S. Moore, Journ. Linn. Soc. 37 : 302 (1906).
Source : MNHN, Paris
i, ser. 2, 7 (4) 1967.
DEUX BEGONIA DU GABON ANALYSÉS SUR LE VIF :
B. TRIFLORA Irmscher et B. FERRAMICA Sp. Nov.
par
Nicolas H allé
Parmi les Bégonia africains, les sections très affines des Sculobegonia
Warb. et Loasibegonia Warb. groupent près de 25 espèces. Ce sont pour la
plupart des herbes basses adaptées à l’ombrage épais des forêts denses
humides. A l’opposé des divers Fusibegonia, parfois épiphytes et parfois
aussi ligneux, qui survivent ou prolifèrent en végétation dégradée, les
Sculobegonia et Loasibegonia sont des espèces terrestres, à tige succulente
réduite, de forêts plus ou moins intactes ; étant à peu près inaptes à survivre
dans la forêt secondaire, elles sont l’indice de forêts particulièrement
intéressantes pour le botaniste de terrain. Elles affectionnent les flancs de
vallons encaissés, les rives concaves surplombantes, les parois rocheuses et
les blocs isolés.
On peut citer, parmi les espèces gabonaises les plus remarquables
de ce groupe, le B. ciliobracleata Warb. à limbe non pelté, les B. hirsulula
Hook. f., scululum Hook. f., Slaudtii Gilg, polamaphila Gilg (= B. Balesii
C. CD., = B. quadriradiata Warb. nomen), tri/lora Irmscher et enfin le
banal quadrialala Warb. à feuilles peltées. Une nouvelle espèce, B. ferra-
mica décrite ci-dessous, bien qu’appartenant à ce groupe fait preuve d’une
certaine originalité dans sa morphologie comme dans sa biologie.
Avant de rappeler les caractères essentiels des deux sections de
Warburg, il est utile de noter que plusieurs espèces ont fait l’objet d’attri¬
butions infragénériques qui se sont révélées incertaines. Ainsi le B. Iriflora
Irmscher a été décrit comme Sculobegonia bien que ses placentas ne soient
pas bipartites; le B. gracilicaulis Irmscher, décrit comme Loasibegonia en
1921, est replacé par son auteur en 1925 parmi les Sculobegonia; les
B. Whylei Stapf et B. modica Stapf, tous deux Sculobegonia , sont mis en
synonymie, par Keay en 1954, du B. quadrialala Warb. qui est un Loasi¬
begonia pour Warburg (1897) et pour Irmscher (1925, p. 564). Les carac¬
tères séparatifs ayant ainsi fait preuve d’inconsistance, il convient de
jumeler ces deux sections en une seule dont les caractères sont les sui¬
vants.
Fleurs <? et $ à deux tépales; stigmates subcapités, réniformes ou
en fer à cheval à extrémités parfois tordues-hélicoïdes ; placentas entiers
ou bipartites (uni, bi ou quadilobés en coupe transversale); fruits secs,
ailés ou non, glabres ou pubescents; inflorescences axillaires monoïques,
Source : MNHN, Paris
— 508 —
PI. 1. — Bégonia triflora Irmsch. (N. Hallé 3943J : 1, pied florifère avec fruits immatures
2, feuille au stade juvénile; 3, cataphylle; 4, inflorescence ayant 2 fleurs <J épanouies
5, bractée; 6 et 7, androcée; 8, styles; 9, coupe transversale de fruit immature; 10
fruit mûr sec; 11, graine. — var. caloskiadia N. Hallé (N. Hallé 3952) : 12, feuille
13, fruit mûr sec; 14, coupe transversale de fruit mûr avec un placenta avorté. — Dimen¬
sions dans le texte.
Source : MNHN, Paris
— 509 —
protandres, à pédoncule développé, à bractées petites ± ciliées, générale¬
ment une seule paire, subopposées au sommet du pédoncule ; Heurs Ç ter¬
minale unique (plus rarement 2) entourée de fleurs ces dernières, le
plus souvent 2, plus rarement 3 à 5, sont disposées latéralement et forment
une pseudombelle.
Bégonia triflora Irmscher, Botanische Jahrbücher 57, 2 : 245 (1921).
var. triflora. La tige, les stipules, les pétioles, la marge des limbes et
les pédoncules inflorescentiels sont généralement rouge-incarnat ou rosés.
La tige rampante est rarement ramifiée. Les stipules triangulaires, longues
de 1,5-3 mm, sont ciliées. Le pétiole, long de 1-3 cm, est succulent cylin¬
drique. Le limbe foliaire mesure 1,5-6 X 1-3 cm. Le pédoncule de l’inflores¬
cence long de 1-3 (4,5) mm, cylindrique, atteint 1 mm de diamètre. Les
2 (3) bractéoles ovées de 1-3 X 0,5-2 mm (par erreur 1 cm de longueur dans
la diagnose originale), présentent environ 4-8 cils de 0,5-1 mm de longueur.
2 fleurs $ latérales à pédicelle jaunâtre de 6-13 mm de long et 2 tépales
orbiculaires à face interne jaune d’or de 6-7 mm, le supérieur di veiné de
rouge à la base. 8-12 étamines inégales de 1,5-2,5 mm à filets connés sur
0,5-0,7 mm, à anthères de 1-1,2 mm de longueur, à 2 fentes longitudinales
de déhiscence. Fleur $ unique terminale (et non latérale) ; les (3) 4 styles
de 2,5-3 mm, sont connés sur 1-1,5 mm. Les stigmates en court fer à cheval
atteignent 1 mm.
Capsule subsessile ou pédonculée sur 1-1,5 mm, prismatique en flacon
étroit de 10 X 2-3,6 mm, à 4 faces, ± fusiforme à sec, à col atteignant 3 mm
de longueur. Graine brunâtre, brièvement oblongue, de 0,3 mm, pauci-
réticulée.
Matériel étudié (Gabon) :
A. Chevalier 26908 (type P), Ahiémé sur le Haut-Komo, 9-10-12, 11. et fr. —
N. Halle 2292, Haut-Abanga, 6-6-63, fl. et fr.; 2776, Bélinga, ait. 800 rn, 24-10-64,
n. et fr.; 3943, Bélinga, ait. 950 m, 17-6-66, 11. et fr. — Mgr. A. Le Hoy 12, Haut-Ogooué,
1894, fl <J et $.
Biologie. — Ce Bégonia de petite ou très petite taille croît sur des
parois rocheuses verticales ou sur des blocs rocheux; il émerge souvent
d’un revêtement ± épais de Mousses, toujours sous forêt dense à humidité
permanente. C’est une espèce plus grégaire que le B. quadrialata Warb. ;
ce dernier diffère en outre par ses feuilles moirées d’un vert plus foncé.
Il n’est pas rare, si la station devient moins propice au développement de
l’espèce, de rencontrer des formes minuscules appauvries (gynécée di ou
trimère; étamines peu nombreuses).
var. caloskiadia N. Halié, var. nov. (pl. 1,12-14)
Habitu majore, petiolis longis, pedunculis longis, capsula paulum pedicel-
lata a var. typ. differt.
La tige un peu ramifiée atteint 9 cm de longueur. Les enlrenœuds
comme dans la variété type sont très courts, inférieurs à 5 mm. Les stipules
Source : MNHN, Paris
— 510 —
d'un même nœud; 3, jeune inflorescence; 4 et 5, androcée; (
sa coupe transversale; 8 et 9, fleur $, 10, style; 11 et 12, style et ovaire d<
13, fruit plein; 14, coupe de fruit plein; 15, graine. -
Source : MNHN, Paris
— 511 —
sont un peu plus grandes, env. 4 mm. Les pétioles rouges, plus longs ou
beaucoup plus longs que les limbes, soit 3,5 à 12 cm, atteignent 2-3 mm
de diamètre. Limbe variable, petit de 3,5 X 2 cm, à grand de 8 X 5 cm,
d’un vert tendre avec une mince marge rouge comme dans la variété type.
Pédoncule de l'inflorescence long de 3 à 5 mm. Une (rarement 2) fleur Ç
et 2 (3) fleurs (J par inflorescence. Pédicelle de la fleur $ long de 8 à 18 mm;
tépales jaunes de 5-12 mm de diamètre; 4 styles; ovaire pédicellé sur
1- 2,5 mm. Capsule longue de 12-19 mm et large de 2-3,5 mm, de section qua-
drangulaire avant séchage.
Matériel étudié (Gabon) :
N. Hallè 1326, Masaha, NE de Makokou, 25-2-61, 11. et fr. ; 2311, Bélinga, 27-10-64,
n. et fr.; 3217, Bélinga, 19-11-64, fr.; 3371, Bélinga, 30-11-64, 0. et fr.; 3962 (type
var. P), Bélinga, crête de Babiel, ait. 950 m, 18-6-66, 11. et fr. ; 1111, Bélinga, ait. 1000 m,
27-6-66, 11. et fr. — G. Le Testu 5276, entre Ngoumbi et Ighouma, Haute-Ngounyé,
2- 3-25, 11.; les individus groupés sous ce numéro sont intermédiaires entre les variétés
caloskiadia et Iri/lora.
Biologie. — Grégaire, stations très ombragées, tantôt sur parois
rocheuses très humides, tantôt sur blocs ou bois pourris dans des bas-fonds.
Par beau temps la plante a été observée courbant ses pédoncules fructifères
vers le support rocheux.
Bégonia ferramica N. Hallé, sp. nov. (pl. 2).
Herba fragilis repens caule sinuoso 5-20 cm longa, tomentosa, inter-
nodiis 2-5 (10) mm longis, 1-5 mm diam. Stipulas plerumque inæquales pau-
cidentatæ tomentosæ 3-6 X l,5-2,5 mm. Petioli cylindrici 1 mm diam.
2- 17 mmlongi tomentosi. Lamina peltata suborbiculata, in sicco membranacea,
dilute viridis, utrinque tomentoso-lanuginosa, margine sinuosa concolora.
3- 9 X 2,5-8 mm, 1/3 diametris majoris inserta, venulosa. Nervi basilares
7-8, furcati. Inflorescentiæ trifloræ tomentosæ, pedunculo 3-8 cm longo.
bracteis 2 ovatis 1-2 mm longis. Flores $ 2 latérales, pedicello (10) 15-25 mm
longo, tepala ovata; stamina 12-17, 3,5 mm longa filamentis connatis ; antheræ
1,2 X 0,6 mm apice vix emarginatæ, rimis longitudinalibus. Flores $ ter¬
minales unici, pedicello (1) 2-7 (9) mm longo; tepala 2 ovata vel ovalia 9-11 mm
longa, 7-9 mm lata, tomento extemo; styli 2-3, 3-3,5 mm longi connati,
superne dilatati; stigmata forma ferro équino similia 2 mm lata; ovarium 2-3-
loculatum subglobosum vix lobatum, tomentosum.
Capsula (2)3-lobata, lobis obtusis, tomentoso-lanuginosa, 4,5-5 X 3,5-
4 cm; placentas 2(4)-partitæ, seminibus numerosis brunneis ovalibus
0,3 mm longis, testa modice reticulata.
Hæc species inter Scutobegonias Warb. peltata» quamvis singularia
sit posita est.
Ce Bégonia vert pâle, un peu succulent et cassant dans ses diverses
parties, est principalement remarquable par son tomentum laineux, blan¬
châtre, très fin qui recouvre tous les organes végétatifs, l’inflorescence et
même l’extérieur des tépales et l'ovaire. Les fleurs sont jaune vif ± lavées
Source : MNHN, Paris
— 512 —
de rose à l’extérieur, parfois un peu striées de rouge vers la base sur la face
interne des tépales. Styles jaune d’or ainsi que les étamines. Fruit immature
rouge pâle ou vert pâle, se déchirant irrégulièrement de façon subtrans¬
versale à l’état sec.
Matériel étudié (Gabon) :
N. Halle 3489 (type P), Bélinga, falaise de la crête nord, 12-12-64, 11. et fr. ; 3496,
Bélinga, falaise culminale du belvédère, ait. 1000 m, 14-12-64, 11. et fr. ; 3767, Bélinga
1000 m, 8-6-66, 11. et fr. — M. Halle et A. Le Thomas 496, Bélinga, Crête Babiel nord,
ait. 950 m, 14-8-66, 11. et fr.
Biologie. — Cette espèce particulière des crêtes ferrugineuses de la
région de Bélinga, croît exclusivement dans les fissures, anfractuosités et
abris naturels des pieds de falaises des minerais riches compacts. Enracinée
dans des fentes elle paraît craindre les suintements (rares Mousses, aucune
Hyménophyllacée) et préfère un couvert moyennement sombre. Grégaire,
croissant en touffes souvent denses, elle peut remplir telle fissure ou tel
abri sous roche ou s’étaler en peuplement continu sur des parois étendues.
Entre les touffes les plus basses s’ouvrent parfois des terriers (Athérures?);
on trouve alentour de nombreuses toiles d’Araignées en hamacs qui servent
de gîtes à des Microhétéroptères Plokiophilidés. Cette espèce fragile et
délicate est menacée de disparition par la prochaine exploitation des mines
de fer du nord-est du Gabon.
Source : MNHN, Paris
Adansoni
r. 2, 7 (4) 1967.
NOTES GYPÉROLOGIQUES :
X. LES RACES AFRICAINES ET MALGACHES
DE RHYNCHOSPORA RUBRA (Lour.) Makino 1
par
J. Raynal
Résumé : L'espèce asiatique Bhynchospora ruhra (Lour.) Makino était jusqu'à
ce jour distinguée de B.parva (Nees) Kunlh exSteud.,de Madagascaret(/ide Kükentiial)
du Japon, et de B. minor Nelmes, nom. illeg., du continent africain. Le présent travail
conclut à la conspéciflcité de tous ces Bhynchospora, qui sont redistribués en cinq
sous-espèces géographiques : subsp. rubra, madagascariensis, tuberculata, a/ricana
et senegalensis.
Nees von Esenbeck (6) décrivait en 1834, sous le nom de Morisia
Wallichii, une Cypéracée du Népal; les noms ultérieurs Morisia capitata
Nees, Bhynchospora Wallichiana Kunth et Sphæroschœnus Wallichii (Nees)
Nees sont fondés sur le même type.
En 1837, Kunth (5) admet comme synonyme de B. Wallichiana un
nomen nudum créé par Nees (7) en 1835 : Cephaloschœnus parvus. Il ajoute
1. Voir Notes cypérologiques précédentes, toutes dans Adansonia, ser. 2 : I, 3 (2) :
250-265 (1963); II, 4 (1) : 148-155 (1964), cf. erratum ci-dessous; III, 5 (2) : 277-279
(1965); IV, 6 (2) : 301-309 (1966); V, 6 (3) : 385-392 (1966); VI, 6 (4) : 581-588 (1967);
VII, 7 (1) : 81-87 (1967), cf. erratum ci-dessous; VIII, ibid. : 89-95 (1967); IX, 7 (2) :
237-248(1967).
Errata importants :
— Dans la Note cyp. Il (Deux Scleria nouveaux ouest-africains), s’est glissée une
erreur typographique modifiant (p. 150) le numéro du type de Scleria guineensis
J. Rayn. : il faut lire « Boismare 387 in herb. Chillou 3905 », et non « Boismare 367... »
— Dans la Note cyp. VII (Sur quelques Lipocarpha africains), p. 84, nous avons cru
nouvelle la combinaison Lipocarpha nana, fondée sur Fuirena nana A. Rich. En
réalité, Chermezon l'a déjà établie en 1924 (Bull. Soc. Bot. Fr. 71 : 142). C’est donc
Lipocarpha nana (A. Rich.) Cherm. le nom correct de la plante jusqu’ici couram¬
ment nommée L. pulclierrima Ridl.
Nous espérons que cette malencontreuse erreur nous sera pardonnée; c’est tout
à fait fortuitement, à l'occasion du présent travail, que nous avons découvert
cette combinaison de Chermezon. Probablement en raison d’une présentation
inhabituelle (la comb. nov. est faite en plein texte, sans alinéa, et c'est le basionyme
Fuirena nana A. Rich. qui forme le titre du paragraphe) cette nouveauté a échappé
à l’Index du tome 71 du Bulletin de la Société Botanique de France, puis à
l’Index Kewensis lui-même; elle semble être restée ignorée ensuite de tous les
cypérologues. Pour comble de malchance, contrairement à son habitude, Chermezon
n’a laissé aucune inscription sur le type de Fuirena nana.
Source : MNHN, Paris
— 514 —
à l’aire asiatique de R. Wallichiana l’indication « Mauritius », qui ne peut
correspondre qu’au C. parvus de Nees. En effet, ce dernier, en 1843 (8),
valide ce nom par une description, distingue clairement l’espèce de /?. Walli¬
chiana, cite un spécimen de Du Petit-Thouars conservé dans l’herbier
de Kunth, et fait remarquer les hésitations de ce dernier; en effet, à un
autre endroit de son Emimeratio (p. 302), Kunth a cité à nouveau le C. par-
vus Nees, sous le nom de Rhynchospora parva, parmi les « species mihi
nonnisi nomine nolæ ».
A Paris, le seul spécimen de ce groupe dû à Du Petit-Thouars est
étiqueté « Madagascar ». Quoique l’origine donnée par Kunth puisse être
inexacte, il demeure un certain doute, et nous ne sommes pas absolument
sur que le matériel de Paris constitue un isotype.
En 1855, Steudel (11) a donné pour cette même plante, en créant la
combinaison valide Rhynchospora parva (Nees) Kunth ex Steud., une
patrie cette fois tout à fait fausse, l’Inde. Dans le même ouvrage, il décrit
Chætospora madagascariensis, d’après un matériel de Boivin provenant
de la côte orientale de la Grande Ile, sans s’apercevoir de la ressemblance
de cette plante avec R. parva.
De tout ceci, nous devons surtout retenir que, dès 1837, Kunth consi¬
dérait comme conspécifiques des matériaux asiatiques et malgaches appa-
tenant à ce groupe, dans lequel Nees et Steudel voyaient au contraire
plusieurs espèces.
Plus tard, Bentham (1) déterminait comme R. Wallichiana Kunth une
récolte de Th. Vogel faite au Liberia, soit tout à fait à l’ouest du conti¬
nent africain. Certes, il remarque la taille plus faible des inflorescences
et épillets, mais souligne — à juste titre — que rien d’autre ne permet de
distinguer la plante africaine des asiatiques. Dans la Flora of Tropical
Africa, Clarke (3) confirme cette opinion en ajoutant deux nouvelles
récoltes, l’une de l’île Corisco (Rio Muni), l’autre de Zanzibar, toujours
sous le nom de R. Wallichiana Kunth.
Ayant à étudier les seules plantes malgaches, Chermezon ne s’est
pas clairement prononcé quant à l’ensemble du groupe. Rhynchospora parva
(Nees) Kunth ex Steud. étant à cette époque tombé dans l’oubli, Cher¬
mezon (2), en créant R. madagascariensis (Steud.) Cherm., semble en tout
cas avoir voulu choisir un nom correspondant à coup sur au matériel
malgache.
C’est seulement quelques années plus tard que Kükenthal (4),
dans son importante monographie du genre, émet une opinion nouvelle :
pour lui, Rhynchospora rubra (Lour.) Makino, basé sur un matériel cochin-
chinois, synonyme prioritaire de R. Wallichiana, est une espèce absente
d’Afrique; son aire s’étend de l’Inde au Japon et à l’Océanie. Pour les
plantes africaines et malgaches, Kükenthal rétablit le nom de R. parva
(Nees) Kunth ex Steud., dont R. madagascariensis (Steud.) Cherm. devient
synonyme. Cependant, selon Kükenthal, cette espèce africaine se retrou¬
verait au Japon, après un étonnant hiatus de 10 000 km.
De plus, tout en reconnaissant l’affinité étroite entre ces deux espèces,
Kükenthal les classe dans deux sous-sections différentes (il les place, à
Source : MNHN, Paris
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vrai dire, à la charnière entre ces deux sous-sections) : R. parva est dans la
subsect. Plumoso-setosæ Kük., R. rubra dans les Scabro-selosæ Kük. Comme
nous l’exposerons plus loin, ce découpage nous semble assez artificiel.
L’histoire taxinomique succincte du groupe en Afrique prend fin avec
Nelmes, qui, en 1956 (9), modifie ce schéma en séparant de R. parva , à
nouveau considéré comme endémique malgache, les plantes du continent
africain; de celles-ci, Nelmes fait l’espèce nouvelle Rhynchospora minor,
épithète malheureusement rendue illégitime par l’existence d’un homonyme
ancien, R. minor Nees (1842) du Brésil.
C’est devant la diversité de ces opinions, et à cause de nos propres
récoltes, en Afrique occidentale, qui comprenaient deux formes distinctes
appartenant à ce groupe, que nous avons dû à notre tour reprendre cette
étude; nous l’avons étendue à l’ensemble du matériel paléotropical dont
nous disposions à Paris.
Nous passerons d’abord en revue les caractères invoqués par Küken-
tjial et Nelmes pour séparer des espèces :
1. Le caractère utilisé par Kükenthal pour séparer des sous-sections
devrait, semble-t-il, être le plus important, ou tout au moins le mieux
tranché. Il s’agit de la base des soies hypogynes, glabre ou scabre dans
la subsect. Scabro-selosæ, munie de poils longs et soyeux dans la subsect.
Plumoso-selosæ. D’après Kükenthal, les plantes asiatiques (à l’exception
des échantillons japonais qu’il classe dans R. parva, dont aucun n’est
représenté à Paris) sont dépourvues de ces longs poils, et le matériel afri-
cano-malgache en possède, d’où la coupure imposée par cet auteur et
le classement de ces plantes dans ses deux sous-sections (et, a fortiori,
dans deux espèces distinctes).
En fait, l’examen d’un grand nombre d’akènes des spécimens asia¬
tiques révèle que les soies hypogynes sont souvent plumeuses à la base,
à des degrés divers, en relation apparente avec la pubescence plus ou
moins fournie de la partie supérieure du corps de l’akène. Le caractère
« soies plumeuses » se réalise çà et là dans toute l’aire de R. rubra, et ne
semble pouvoir être mis en corrélation avec aucun autre; certains échan¬
tillons asiatiques ont des soies aussi plumeuses que les africains. Pour
nous ce caractère n’a même pas de valeur au rang variétal; de ce fait,
les sous-sections de Kükenthal nous paraissent bien artificielles, d’autant
que d’autres groupes d’espèces très affines ont été coupés en deux de
la même manière : tels sont R. longiselis R. Br., R. affinis Fitzgerald et
R. sublenuifolia Kük.
2. Passons rapidement sur le port plus grêle (« Zierlichkeit desWuchses »)
attribué par Kükenthal à R. parva; il donne pour tailles extrêmes :
5-40 cm pour R. parva, 25-60 cm pour R. rubra. Il y a, en réalité, des
R. rubra bien plus petits et grêles; d’autre part, la gracilité de la plante
est surtout estimée d’après le diamètre de son inflorescence, qui est un
autre caractère (voir § 4 ci-dessous). Bien que la variation de taille et
de vigueur soit plus étendue en Asie qu’en Afrique, il n’est pas possible
de retrouver l’origine d’un spécimen quelconque par ce caractère, de
Source : MNHN, Paris
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valeur donc très faible. Enfin, il semble que les plantes de ce groupe puissent
être annuelles ou vivaces, ceci ne correspondant apparemment pas à
des races distinctes, mais plutôt à des conditions écologiques diverses.
Ainsi, les représentants jusqu'ici connus de notre subsp. senegalensis
sont tous annuels, mais nous n’en avons pas fait un caractère diagnostique,
étant donné la variation (et souvent l’incertitude) constatée dans les
autres sous-espèces.
3. Les gaines foliaires plus claires (« hellerren Blattscheiden »), attri¬
buées par Kükenthal à /?. parva, ne nous semblent pas un caractère
bien convaincant, d’autant que les descriptions latines données par le
même auteur sont identiques pour les deux espèces : « vaginæ clare
brunneæ ».
4. L’inflorescence de R. parva est moins grosse, ses épillets sont plus
courts : têtes de 6-12 mm de diamètre, épillets de 3-4 mm, d’après Küken¬
thal, contre 10-15 mm et 4-6 mm pour R. rubra. Ces caractères n’en font
qu’un en réalité, le diamètre des têtes étant fonction directe de la lon¬
gueur des épillets. Nous avons vérifié la valeur de la coupure proposée
par Kükenthal : on peut en effet considérer 4 mm comme une limite
de longueur de l’épillet, soit inférieure (plantes asiatiques et subsp. sene¬
galensis), soit supérieure (autres sous-espèces africaines).
5. Kükenthal croit distinguer R. parva par le nombre de ses éta¬
mines (2, contre 3 chez R. rubra). Un sondage effectué dans les spécimens
asiatiques nous a donné, sur quatre échantillons, une seule fois trois éta¬
mines, et trois fois deux étamines (en particulier dans le type de R. Walli-
chiana). Peut-être y a-t-il là une variation infraspécifique à mettre en
évidence en Asie? Mais ce caractère ne peut servir à distinguer, au rang
spécifique, les plantes des deux continents.
6. Curieusement, Kükenthal ne mentionne pas, dans la discussion
placée sous R. parva (1. c. : 490) la longueur des soies hypogynes; dans
ses descriptions, il attribue pourtant des soies « nucem basi superantes »
à R. parva, et « nuce breviores » à R. rubra. Ce caractère sera repris par
Nelmes pour isoler son R. minor, lui aussi à soies courtes.
Étudié en détail sur l’ensemble de notre matériel, ce caractère s’est
montré utilisable, pourvu qu’on lui assigne seulement deux valeurs, comme
le fait Kükenthal : soies nettement plus longues que l’akène, ou au
contraire soies tout au plus égalant l’akène, à nulles.
7. Kükenthal attribue à R. parva un akène plus petit (« kleinere
Nuss »), mais ses deux descriptions latines donnent la même valeur (« nux...
11/2 mm longa »). Nelmes distingue R. minor de R. parva par ses « achæniis
minoribus », longs, dit-il, de 1,2-1,5 mm (cela laisse supposer que R. parva
a des akènes dépassant 1,5 mm, ce qui contredit Kükenthal...).
En fait, la longueur des akènes (stylobase exclue) varie, d’après nos
mesures, pour les R. rubra asiatiques, de 1,2 à 2,1 mm; pour les R.parva
malgaches, de 1,2 à 1,65 mm; pour les R. minor africains, de 1,25 à 1,6 mm;
enfin, pour les trois échantillons sénégalais formant un nouveau taxon,
Source : MNHN, Paris
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Nous avons, aussi soigneusement que possible, mesuré la longueur (B)
et la largeur (b) des stylobases de tous les échantillons fructifiés dont nous
disposions. Ces mesures se sont avérées plus fructueuses que celles faites
sur le corps de l’akène; les résultats sont exposés graphiquement dans
la fig. 1, où sont en outre indiquées, au moyen de signes expliqués dans
la légende, les valeurs d’autres caractères distinctifs : on voit que la ligne
b/B = 3/4 sépare bien deux groupes de points, et que cette distinction
est par surcroît liée à des valeurs différentes du caractère suivant (tuber¬
cules de l’akène).
Nous avons aussi étudié les diagrammes formés par les valeurs de
bjl et B IL. Ces diagrammes, non reproduits ici, donnent de même une
bonne séparation entre les deux mêmes groupes de points que précédem¬
ment; la ligne séparative est, cette fois, b/l = B IL, ce qui signifie que,
dans le premier groupe de plantes, en particulier toutes les asiatiques,
la stylobase a une forme relativement plus large que celle du corps de
l’akène; au contraire, dans l’autre groupe (une partie des malgaches et
notre subsp. senegalensis) la stylobase paraît relativement plus allongée
que le corps de l’akène.
Par ailleurs, il semble bien que, sur le diagramme de la fig. 1, la valeur
b = 0,67 mm constitue une limite entre deux nuages de points; on trouve
en eiîet en Asie des stylobases remarquablement grandes, qu’il est assez
aisé de distinguer, sous la loupe, de celles de taille normale; malheureu¬
sement nous n’avons trouvé aucune corrélation entre ce caractère et un
autre, ou avec une répartition géographique déterminée; il semble même
que les deux types de stylobase puissent coexister en un même lieu, et
que la valeur de cette variation ne puisse dépasser un rang variétal.
9. Enfin, nous utilisons un caractère à peine mentionné par les auteurs,
à savoir le relief du corps de l’akène, surtout dans sa partie supérieure
qui, dans les spécimens à stylobase étroite de Madagascar et du Sénégal,
est fortement marqué de tubercules hirsutes; de tels tubercules sont
inexistants ou très effacés dans le reste du matériel.
De cette revue des caractères distinctifs ou prétendus tels, il ressort
que peu d’entre eux peuvent être retenus : longueur des soies hypogynes
(relativement à l’akène), longueur des épillets, dimensions relatives de
la stylobase, et présence nette de tubercules sur l’akène. Pour ces cinq
caractères, nous n’avons constaté qu’une seule corrélation (stylobase étroite
et tubercules nets); encore ces deux caractères liés nous ont-ils paru trop
minces pour justifier une coupure spécifique. A fortiori, les autres carac¬
tères retenus, eux aussi bien mineurs, ne peuvent servir isolément à dis¬
tinguer des espèces, même si, comme c’est le cas, leurs diverses valeurs
correspondent à des répartitions géographiques bien tranchées. Nous
sommes donc amené à reprendre l’opinion de Clarke, qui ne voyait dans
ce matériel qu’une espèce unique.
Notons, à l’appui de notre thèse, que cette réunion fait disparaître
l’étonnante disjonction de l’aire de B. parva, au sens de Kükenthal.
Nous n’avons pas disposé des spécimens japonais qu’il a étudiés, et nous
Source : MNHN, Paris
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de 1,75 à 1,9 mm. On voit que la simple longueur du corps de l’akène
pourrait localement servir à distinguer la plante sénégalaise des autres
échantillons africains, mais que la variation d’ensemble en Asie englobe
toutes les dimensions observées en Afrique. Nous avons donc renoncé
à utiliser ce caractère, qui en tout cas ne saurait avoir de valeur spéci¬
fique ici.
De même la largeur de l’akène ne fournit aucun caractère bien distinc¬
tif; la forme du corps de l’akène, exprimée par le rapport l/L, est elle-
même relativement peu variable (valeurs extrêmes : 0,5 et 1,0), et toute
la gamme de variation se retrouve dans toute l’aire occupée par le groupe.
8. Reste la forme de la stylobase, qui sert ici depuis les anciens auteurs
à distinguer des espèces : Nees trouve à son Cephaloschœnus parvus une
stylobase plus longue que celle de R. rubra. Kükenthal ne l’indique pas
plus longue, mais plus étroite, ce qui, du point de vue de la forme géné¬
rale seule, revient au même; Nelmes distingue enfin fi. minor par sa
stylobase déprimée, plus basse que chez H. parva.
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Fig. 1. — Diagramme montrant, la variation de forme de la stylobase cher. Rhynchospora
rubra (Lour.) Makino, ainsi que les valeurs de deux autres caractères, permettant la
6, largeur de la stylobase.
Source : MNHN, Paris
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ignorons d’après quels caractères il les a classés ainsi; si c’est pour la pré¬
sence de soies hypogynes plumeuses à la base, nous avons vu que ce carac¬
tère ne tient pas; il s’agirait alors de R. rubra tout à fait normaux. Si vrai¬
ment le matériel japonais diffère des R. rubra typiques, il y a de fortes
chances pour qu’il s’agisse d’une race supplémentaire, vraisemblablement
distincte des sous-espèces présentes à Madagascar et en Afrique.
Nous ajouterons que, tels que Kükenthal les comprenait, les R. rubra
et R. parva méritaient d’être reconnus comme espèces distinctes; la descrip¬
tion de R. parva qu’il donne correspond en effet surtout à notre subsp.
luberculala, qui se trouve séparée de R. rubra par quatre caractères en
corrélation (voir schéma de la fig. 2). C’est la mise en évidence des races
intermédiaires africana (s R. minor Nelmes), madagascariensis et sene-
galensis qui interdit le maintien de cette distinction spécifique; chacune
de ces races constitue une étape différente d’un enchaînement devenant
continu, où chaque « saut » n’affecte plus qu’un, ou au maximum deux
caractères.
A ce propos, précisons bien qu’il ne s’agit là que d’une image, et que
nous ne prétendons nullement que l’évolution vers ces races distinctes
se soit produite nécessairement le long de cette chaîne; ainsi la subsp.
senegalensis, qui cohabite avec la subsp. africana, en est vraisemblablement
Source : MNHN, Paris
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issue directement, et non de la subsp. tuberculata, pourtant très affine,
mais dont 8 000 kilomètres la séparent.
En conclusion, nous considérons donc que les différentes combinaisons
réalisées par les cinq caractères retenus, correspondant à des répartitions
géographiques cohérentes, justifient la distinction, dans l’ensemble de
l’espèce Rhynchospora rubra (Lour.) Makino, de cinq sous-espèces, dont
nous donnons ci-dessous la clef et l’énumération :
CLEF DES SOUS-ESPÈCES DE RHYNCHOSPORA RUBRA
— Soies hypogynes dépassant nettement l’akène, stylobase com¬
prise; cette dernière étroite, ne dépassant pas 0,4 mm de
largeur.
= Stylobase allongée (rapport largeur/longueur inférieur à 3/4);
akène muni, au moins à sa partie supérieure, de tubercules
poilus nets.
• Épillets longs de 4,5-6 mm, soies hypogynes épaisses,
larges de 0,2 mm. subsp. senegalensis.
• Épillets longs de 3-4 mm, soies hypogynes fines, larges
de 0,1 mm. subsp. tuberculata.
Stylobase très petite (rapport largeur/longueur supérieur
à 3/4); akène généralement glabrescent, à tubercules nuis
ou très peu visibles. subsp. madagascariensis.
— Soies hypogynes égalant au maximum l’akène, souvent presque
milles; rapport largeur/longueur de la stylobase supérieur à 3/4.
= Épillets courts (3-4 mm); stylobase ne dépassant pas
0,35 X 0,5 mm. subsp. africana.
= Épillets longs de 4,5-6 mm; stylobase de dimensions très
variables, mais de forme triangulaire assez constante, de
0,2 X 0,4 à 0,8 X 0,9 mm, les spécimens dont la stylobase
atteint ou dépasse 0,7 mm de largeur constituant peut-être une
variété distincte; plantes très variables d’aspect, mais sou¬
vent plus robustes. subsp. rubra.
Rhynchospora rubra (Lour.) Makino subsp. senegalensis J. Raynal,
Adansonia, ser. 2, 7 (2) : 323 (1967).
Cette race représente à divers points de vue l’extrémité de la variation
intraspécifique dans R. rubra (akènes très grands, très tuberculés et poilus,
soies très longues et épaisses). Elle reste néanmoins très proche de la
subsp. tuberculata. Ainsi que nous l’avons déjà dit, il paraît plus plausible
d’admettre son apparition, dans les « tannes » saumâtres du Sine-Saloum
où elle est pour l’instant confinée, directement à partir de la subsp. africana,
plutôt que de supposer une problématique migration depuis Madagacar.
Source : MNHN, Paris
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Rhynchospora rubra (Lour.) Makino subsp. tuberculata J. Raynal,
subsp. nov.
A subsp. rubra differt setis hypogyniis achænio longioribus, achænio
supernc piloso-tuberculato, styli basi angustiore, spiculis brevioribus 3-4 mm
longis. A subsp. senegalensi spiculis brevioribus, achænio paullo minore,
setis hypogyniis tenuioribus recedit.
Holotypus : Perrier de la Bâthie 17266, ad locos humidos propre mare,
Majunga, ad occidentalem partem insulæ Madagascar, aprili 1925, P!
Madagascar (Centre et Ouest) : Perrier 927, Moraitatra, mars 1899; 11252,
baie de Bombetoka, mars 1908; 13593, Betsileo S., 1 200 m, avr. 1921; 17266, type;
Poisson 435 bis, entre Betioky et Sakamena (Tuléar) , 10-4-1922; Decary 1660, Maroki-
traro, avr. 1923; Bosser 17200, entre Betroka et Tanakofy, fév. 1963.
Rhynchospora rubra (Lour.) Makino subsp. madagascariensis (Steud.)
J. Raynal, sial. nov.
= Chælospora madagascariensis Steud., Syn. Cyp. : 161 (1855).
es Rhynchospora madagascariensis (Steud.) Cherm., Bull. Soc. Bol. Fr. 71 : 143
(1924).
? = Rhynchospora parva (Nbes) Kunth ex Steud., l.c. : 148 (1855).
Madagascar (Est) : Du Petil-Thouars, s. loc.; Boivin 161?, Sainte-Marie (type);
Viguier et Humbert 406, Tamatave, 27-9-1912; Perrier 14212, embouchure du Mangoro,
déc. 1921; Decary 6429, Ambilo, 7-5-1928; G eay 8073, littoral de Mananjary, mars-
avr. 1909; D’Alleizelle s.n., Ambatolaona, avril 1905.
Bien que la distinction entre les subsp. tuberculala et madagascariensis
repose sur deux caractères mineurs, leur corrélation semble donner une
valeur certaine à cette séparation; elle va de pair avec des répartitions
géographiques jusqu’à ce jour tout à fait distinctes, conformes d’ailleurs
au schéma classique opposant l’ouest et l’est de la Grande Ile. Un fait
mérite d’être noté, bien que sa signification nous échappe : les subsp.
affines senegalensis et luberculala correspondent, respectivement en Afrique
et à Madagascar, aux régions les plus sèches de l’aire occupée par F. rubra.
Un autre fait intéressant mais inexpliqué est la répartition exclusivement
littorale des sous-espèces africaines, alors que les malgaches et l’asiatique
se rencontrent aussi bien dans l’intérieur. Ce cas n’est pas isolé, et doit
être rapproché des aires offertes par d’autres Cypéracées, comme par
exemple Rhynchospora holoschœnoides (L. C. Rich.) Hert., ou Pycreus
polyslachyos (Rottb.) P.B., qui sont elles aussi presque exclusivement para-
littorales en Afrique occidentale et centrale, mais pas nécessairement
ailleurs. Sommes-nous en présence de plantes se propageant à partir des
côtes, arrivées en Afrique depuis trop peu de temps pour avoir conquis
l’intérieur? Il serait présompteueux de faire de cette explication autre
chose qu’une hypothèse de travail; on peut penser peut-être aussi à une
liaison entre ces plantes, qui fréquentent volontiers les rizières, et la culture
du riz, dont la pénétration en Afrique continentale n’est que très récente
et sporadique (tout au moins en ce qui concerne Oryza saliva L.).
Pour la présente sous-espèce, nous avons préféré le nom de mada¬
gascariensis, pour diverses raisons : nous avons dit que l’identité du type
Source : MNHN, Paris
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de R. parva est incertaine; peut-être correspond-il à la subp. luberculala ?
De plus l’épithète parva convient moins bien, d'un point de vue pure¬
ment descriptif, que madagascariensis, à une race si nettement localisée.
On notera enfin que cette sous-espèce marque une étape vers les plantes
asiatiques, par le raccourcissement de sa stylobase, qui devient indis¬
tincte de celle de nombreux spécimens, en particulier d’Extrême Orient.
Rhynchospora rubra (Lour.) Makino subsp. africana, J. Rayn., Adan-
sonia, ser. 2, 7 (2) : 323 (1967).
= Rhynchospora minor Nelmes, Kew Bull. 11 (3) : 533 (1957), non Nees (1842).
Sénégal : Adam 124S7, Lyndiane près Kaolack, 30-9-1956; J. Raynal 7933,
Toubakouta (Casamance), 9-1-1962. — Sierra Leone : Deighlon 341, Mano Salija,
29-11-1926, Kl; Melville & Hooker 296, 2mi. W. Waterloo, 22-8-1958, Kl. — Libéria :
Vogel 105, Grand Bassa, juil. 1841, Kl; Bequaerl in herb. Linder 1460, Duport, 15-11-
1926, Kl; Baldwin 9175, Monrovia, 31-8-1947, Kl; 10919, Robertsport, 28-12-1947,
Kl; van Ditlewijn 87, Paynesville, 6-9-1962, Kl; Adam 16040, Buchanan, 21-11-1958;
16426, Buchanan, 15-12-1958. —- Côte o'Ivoire : J. & A. Raynal 13579, Moosou
près Grand Bassam, 3-3-1965. — Ghana : Morton A 2155, Essiama, 21-5-1956, K!
— Dahomey : .7. & A. Raynal 13545, Sémé, 27-2-1965. — Rio Muni : Mann 1897,
lie Corisco, oct. 1862, K! — Gabon : Koechlin 5953, Owendo près Libreville, juin 1959.
— Tanzanie : Hildebrandl 1275, Zanzibar, avr. 1874, Kl; Sacleux 1660, Zanzibar,
juil. 1891; FilzGerald 5217, île Mafia, 7-8-1936, Kl; Greenway 5119, entre Irume et
Liwali, 16-8-1937, Kl — Mozambique : Schlechler 12090, lnhambana, 1-2-1898. —
Afrique du Sud : E. A. Robinson 5526, Richard’s Bay, 10-6-1963.
Rhynchospora rubra (Lour.) Makino subsp. rubra
Cette sous-espèce occupe une aire continue depuis l’est de l’Inde
jusqu’au Japon, et atteint, par la Malaisie et les Philippines, l’Océanie
et l’Australie septentrionale. La variation offerte par les spécimens étudiés,
tout en restant dans les limites du cadre que nous lui assignons, est cepen¬
dant nettement plus importante que celle observée dans les races africaines;
cela n’est guère étonnant : l’Asie du sud-est semble en effet être le foyer
de diversification de ce groupe de Rhynchospora, qui y compte plusieurs
autres espèces. L’aire asiatique de R. rubra est vaste, et, d’un point de
vue génétique, peut sans doute être considérée comme quasi-continue,
les barrières maritimes entre les nombreuses îles étant probablement aisé¬
ment franchies, que ce soit par transport direct par la mer, ou par zoo-
chorie. De ce fait, les populations asiatiques doivent représenter un stock
plus diversifié, mais aux coupures infraspécifiques peu ou pas visibles;
les quelques formes qui ont émigré vers l’Afrique ont pu évoluer, mais
en se cloisonnant géographiquement, et en perdant leur potentiel de
variation.
Ouvrages consultés
1. Bentham G. — Cyperaceæ, in Hooker J. D. et Bentham G., Flora Nigritiana,
in Hooker W. J., Niger Flora : 549-556 (1849).
2. Chermezon H. — Sur quelques Cypéracées africaines critiques, Bull. Soc. Bot.
Bot. Fr. 71 : 141-144 (1924).
Source : MNHN, Paris
— 523 —
3. Clarke C. B. — Cyperaceæ, in Thiselton-Dyer W. T., Flora of Tropical Africa
8 : 266-524 (1901-02).
4. Kükenthal G. — Vorarbeiten zu einer Monographie der Rltynchosporideæ, 18.
Rhynchospora Vahl, Bot. Jahrb. 74 : 375-509 (1949) (première partie).
5. Kunth C. S. — Enumeratio Plantarum, Cyperaceæ, 2. 592 p. (1837).
6. Nees von Esenbeck, C.G., in Arnott, New Généra of Plants, Edinb. N. Phil.
Sourn. 17 : 260-267 (1834).
7. — , Uebersicht der Cyperaceengattungen, Linnæa 9 : 273-306 (1835).
8. — , Cyperaceæ, in Me yen F. J. F., Observationes botanicæ in itinere circum
terram institutas, Acta Acad. Cæs. Leop. Car. Nat. Cur. 19, suppl. : 53-
124 (1843).
9. Nelmes E. — Notes on Cyperaceæ : XI.I. Rhynchospora in Tropical East Africa,
Kcw Bull. 11 : 533 (1957).
10. Raynal J. & A. — Contribution à la connaissance de la (lore sénégalaise, Adanso-
nia, ser. 2, 7 (3) : 301-355 (1967).
11. Steudel E. G. — Synopsis Plantarum Cyperacearum et affinum..., 348 p. (1855).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 7 (4) 1967.
GERMINATION ET DÉVELOPPEMENT
DES PLANTULES DES HYDROSTAGHYAGÉES
par
J. Koechlin
Laboratoire de Botanique de la Faculté des Sciences, Tananarive.
Le genre llydroslachys est représenté à Madagascar par une vingtaine
d’espèces ou de variétés endémiques. Ce sont toutes des plantes aquatiques
annuelles, fixées sur les rochers grâce à un rhizome discoïde muni de nom¬
breuses racines qui adhèrent fortement au substrat. Cette disposition per¬
met à ces plantes de vivre dans les eaux torrentielles, d'où le nom général
que leur donnent les malgaches : « Tsilvondriana » : que les eaux torentielles
ne détruisent pas 1 .
Les llydroslachys sont acaules, les feuilles naissant toutes à partir
d’un bourgeon situé sur la face supérieure du rhizome. Elles sont plus ou
moins grandes, souvent finement pennées et divisées et couvertes d’émer¬
gences de forme variable, avec une allure générale de fronde de fougère.
Les Hydroslachys sont normalement immergés et, comme chez les Podos-
témonacées, les inflorescences, sous forme d’épis allongés, se développent
rapidement lorsque la plante émerge à la suite de la baisse des eaux. Les
inflorescences apparaissent comme les feuilles, qu’elles remplacent, à la
face supérieure du rhizome. La structure de ces plantes a été fort bien
analysé par Rauh et JXger-Zürn (1966). La plante meurt après fructi¬
fication, mais les axes d’inflorescences, dont les tissus sont fortement
sclérifiés, persistent assez longtemps sur le rhizome. Celui-ci, en effet,
porte de nombreuses racines qui adhèrent fortement à la roche et assurent
une fixation efficace de la plante. D’après Perrier de la Bathie (1929,
1952) les graines mûres, qui sont minuscules (de l’ordre de 0,5 mm de
long) sont entraînées par le courant et par le vent. Elles germent en se
« développant en un petit disque adhésif et flottant que les courants dis¬
persent sur les roches d’aval ».
On trouve effectivement dans le lit des rivières de nombreuses plan-
lules fixées sur les rochers par un petit rhizome discoïde ayant émis quelques
racines.
Notre attention a été attirée, dans le lit de la rivière Hazofotsy (sur
1. Cette orthographe, donnée par Dandouau (1909), est meilleure que l’appella¬
tion « Tsilaindriana » proposée par Perrier de la Bathie dans la Flore de Mada¬
gascar.
Source : MNHN, Paris
PI. 1. — 1, graine, coupe longitudinale; 2, graines en coupe transversale montrant les deux
cotylédons entourant les deux ébauches foliaires; 3, coupe longitudinale montrant les
deux ébauches foliaires; 4, graines en cours de germination ii l'intérieur du fruit.
Source ; MNHN, Paris
— 527 —
le plateau de l’IIorombé, dans le Centre-Sud de Madagascar), par de vieilles
inflorescences d’ Hydrostachys plus ou moins immergées par la remontée
des eaux après la période d'étiage, et couvertes d’organes chlorophylliens
allongés. Il s’agissait en fait de plantules appartenant à cette espèce. Elles
s’étaient développées in situ, à partir de graines ayant germé dans le
fruit. Nous avons pu observer ces germinations et les premiers stades
du développement des plantules. Il s’agit d’il, plumosa A. Juss. ex Tul.
Cette espèce vit là en association avec Aponogelon feneslralis Hook. f.
et Ilydroslachys llildebrandlii Engl.
STRUCTURE DES GRAINES ET GERMINATION
Les graines, nombreuses, sont très petites, entre I /3 et 1 /2 mm de
long et deux fois moins larges environ. L’albumen a disparu et l’enveloppe
séminale est entièrement remplie par un embryon de structure rudimen¬
taire. Il comporte deux cotylédons, occupant les 2/3'de la longueur de
la graine environ, formés chacun de 3 à 4 couches de cellules toutes à peu
près semblables. L’hypocotyle est court, arrondi et ne comporte aucune
ébauche de radicule. Là aussi, les cellules ont toutes le même aspect. Entre
les cotylédons se trouvent deux ébauches foliaires situés côte à côte, et
formées de cellules plus petites renfermant des noyaux aussi gros ou plus
gros que ceux des autres cellules de l’embryon. L’examen de nombreuses
coupes ne nous a pas permis de mettre en évidence la moindre ébauche
de vascularisation (PI. 1, fig. 1, 2, 3).
Nous avons également recherché en vain, tant sur les graines que
sur les jeunes plantules, la « tache foncée » signalée par Warming (1891)
et décrite à nouveau par Schnell et Cusset (1963) à l’extrémité basale
des plantules de certaines Podostomonacées. Chez II. plumosa, en effet,
comme nous l’avons signalé, les cellules de l’hypocotyle sont toutes sem¬
blables, tant par la taille que par l’aspect du cytoplasme et du noyau.
L’absence de cette tache foncée s’explique peut-être par les récents travaux
de Rauh et Jâeger-Zürn (1966) sur le développement embryonnaire
des Hydrostachyacées. Schnell et Cusset pensent, entre autres hypo¬
thèses, que cette tache pourrait constituer un vestige du suspenseur décrit
dans l’embryon des Podostémonacées (Magnus, 1913). Or, les travaux
cités plus haut font apparaître certaines différences entre les structures
embryonnaires des deux familles : en particulier absence d’« haustorium
suspenseur » chez les Hydrostachyacées. Des études comparatives plus
poussées seraient nécessaires pour trancher cette question.
Les premiers stades de la germination sont très semblables à ceux
observés par Schnell et Cusset chez les Podostemonacées de Guyane.
Ces premiers stades sont en effet caractérisés par le développement très
précoce de « rhizoïdes » sur l’hypocotyle et par l’absence de toute racine
principale. De tels faits ont déjà été, sinon décrits, du moins sous-entendus
par Warming (1891) qui ne distingue pas, dans la première édition des
Source : MNHN, Paris
— 528 —
« Pflanzenfamilien » les 2 familles, Podostémonacées et Hydrostachyacées,
et décrivait, pour la famille des Podostémonacées, sensu-lato, une ger¬
mination de ce type. Chez H. plumosa, la germination peut avoir lieu dans
le fruit, qui reste attaché à la plante-mère (PI. 1, fig. 4). On constate en
premier lieu un allongement des cotylédons, ce qui provoque la rupture
Source : MNHN, Paris
— 529 —
irrégulière des téguments séminaux. Des restes de ceux-ci peuvent persis¬
ter sur la plantule, le plus souvent comme une coiffe recouvrant
l’extrémité des cotylédons. Mais c’est parfois aussi la base de l’hypocotyle
qui reste enfermée dans les enveloppes de la graine (PI. 2, fig. 1, 2).
En même temps, l’hypocotyle s’élargit, sans s’allonger notablement,
et les premiers rhizoïdes apparaissent (PI. 2, fig. 3). Les rhizoïdes se pré¬
sentent comme des poils absorbants et peuvent atteindre plusieurs milli¬
mètres de long. Ils sont formés par l’allongement de certaines cellules
périphériques de l’hypocotyle, et vont assurer imméditament la fixation
de la jeune plantule. Effectivement les extrémités de ces rhizoïdes se renflent
en ventouse et viennent se fixer solidement, soit sur des débris de téguments,
soit sur le péricarpe. Certains de ces rhizoïdes sont même capables de
s’insinuer entre les cellules du péricarpe. Cette fixation est très efficace :
il est difficile de séparer la plantule de son support sans briser les rhizoïdes.
Insistons encore sur le fait qu’à ce stade, il n’y a pas trace de racine :
les cellules de l’hypocotyle restent parenchymateuses et ne montrent aucune
différenciation.
Les deux ébauches foliaires, qui préexistent dans la graine, se dévelop¬
pent également : elles donnent naissance à deux « préfeuilles » filiformes
de quelques mm de long, en position croisée par rapport à celle des coty¬
lédons (PI. 2, fig. 4). Très vite, deux nouvelles feuilles apparaissent, en
position croisée par rapport aux premières. Elle sont encore étroites, allon¬
gées, mais portent déjà latéralement un certain nombre d’émergences.
La structure des feuilles se complique ainsi progressivement au fur et
à mesure de leur apparition, jusqu’à réaliser la structure pennée définitive
de la feuille adulte. Il ne se forme pas d’axe épicotylé, le bourgeon restant
toujours situé au même niveau, au sommet du rhizome formé par le déve¬
loppement de l’hypocotyle.
La structure générale de la plante adulte se trouve ainsi déjà réalisée :
un « rhizome » discoïde, assurant la fixation de la plante et portant direc¬
tement les feuilles.
Le développement se poursuit encore pendant un certain temps selon
le même schéma : apparition de feuilles nouvelles, et surtout, accroissement
du rhizome formé à partir de l’axe hypocotylé, ce disque ne portant tou¬
jours que des rhizoïdes renforçant la fixation. Il est très probable qu’à
ce stade, certaines plantules peuvent être entraînées par le courant et
aller se fixer en aval dans le lit du cours d’eau. Mais un certain nombre
continue à se développer sur la plante-mère. Le rhizome en effet augmente
de diamètre et de volume, ce qui lui permet d’atteindre l’axe de l’inflo¬
rescence sur lequel il s’attache par de nouveaux rhizoïdes. Il se forme ainsi
un coussinet parenchymateux qui arrive à entourer complètement cet
axe. Les rhizoïdes se fixent à sa surface, s’insinuent entre les cellules.
Mais cet axe étant mort, il semble qu’il n’y ait que des relations purement
mécaniques entre ce support et la plantule. Celle-ci ne sera libérée que par
destruction de la plante-mère (PI. 3, fig. 1, 2, 3).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 531 —
FORMATION DES RACINES
Jusque-là, le rhizome ne présentait aucune différenciation, si ce n’esl
le massif méristématique foliaire, à son extrémité supérieure. Des diffé¬
renciations nouvelles ne vont cependant pas tarder à se manifester, lorsque
le rhizome aura atteint environ 3 à 4 mm de diamètre, et 2 à 3 mm d’épais¬
seur. Elles donneront naissance à de véritables racines. Celles-ci auront
une origine endogène comme les racines secondaires typiques des
Phanérogames.
Le rhizome est donc formé de grandes cellules à caractère parenchyma¬
teux avec, à sa partie supérieure, sous le bourgeon, un plateau de cellules
plus petites. C’est dans cette zone qu’apparaissent des massifs méristé-
matiques nouveaux qui vont se développer vers la périphérie en repoussant
les cellules du rhizome pour former des racines qui finiront par émerger
à l’extérieur (PI. 4, fig. 1).
Ce plateau se comporte également comme un centre de différenciation
vasculaire. On voit s’y former des groupes de cellules allongées, disposées
grossièrement de façon radiale autour d’une zone centrale. Les parois
de ces cellules comportent des éléments ligneux disposés en anneaux ou
en spirales. Ces vaisseaux rudimentaires se dirigent, d’une part vers les
feuilles les plus récentes, d’autre part vers les ébauches de racine. Ils
sont accompagnés le plus souvent de cellules allongées dépourvues d'orne¬
mentations ligneuses (PI. 4, fig. 2, 3).
On peut remarquer que les premières feuilles formées étaient dépour¬
vues de toute vascularisation. Les suivantes ne comportent dans leur partie
axiale que des files de cellules allongées banales. La différenciation ligneuse
semble donc synchronisée avec l’apparition des racines. De plus, elle ne
paraît intéresser que la base des feuilles, proche de la région de différencia¬
tion : en effet, plus haut, le système vasculaire est formé uniquement de
cellules allongées, à parois cellulosiques, avec seulement, et très exception¬
nellement, un anneau ligneux autour de certaines de ces cellules. Les
choses se passent de façon semblable dans les racines. Les éléments vascu¬
laires décrits plus haut et prenant naissance dans le plateau méristématique,
pénètrent dans la racine mais disparaissent rapidement. Ils sont accom¬
pagnés de cellules allongées qui constituent une sorte de cylindre central.
Celui-ci se retrouve sur toute la longueur de la racine. A la base de celle-ci,
certaines de ces cellules présentent une membrane épaissie, sclérifiée. Mais
plus loin, dans la jeune racine, le cylindre central est uniquement formé
d’éléments cellulosiques. Dans les racines plus âgées, le cylindre comporte
dans sa partie centrale un axe formé de cellules sclérifiées à parois épaisses.
Cet axe est entouré d’un manchon de cellules allongées, cellulosiques, de
petit diamètre et à parois minces. Mais ces cellules ne comportent pas
d’ornementations ligneuses. Finalement, la racine émerge du rhizome; elle
possède une coiffe volumineuse et présente une symétrie nettement dorsi-
ventrale : la partie inférieure, destinée à s’appliquer au support, est lisse.
Comme dans le cas du rhizome, la fixation sera assurée par des rhizoides.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 533 —
La partie supérieure présente des émergences semblables à celles qui recou¬
vrent les feuilles (PI. 4, fig. 4).
L’extrémité de la racine, en arrière de la coiffe, est dépourvue de zone
pilifère.
Notons enfin l’existence d’un mode de multiplication végétative, par
des plantules qui se forment sur les racines, de la façon suivante : une
excroissance se forme sur la partie latérale de la racine. Elle s’étend hori¬
zontalement pour former un rhizome appliqué sur le substrat, tout à fait
semblable à celui qui se forme après la germination. Le bourgeon se diffé¬
rencie sur la face supérieure du rhizome, et le développement se poursuit
comme celui des plantules nées de germinations.
CONCLUSION
La germination et le développement des plantules d’H. plumosa offrent
donc un certain nombre de caractères remarquables :
— Développement important, en largeur du moins, de l’hypocotyle,
sous la forme d’une sorte de rhizome.
— Apparition précoce de rhizoïdes qui serviront à la fixation de la
plantule. Ces rhizoïdes se retrouvent sur les racines, mais celles-ci sont
dépourvues de zone pilifère.
— Absence de racine principale, mais formation de racines secondaires
d’origine endogène à partir du rhizome.
— Existence, dans le rhizome presque uniquement, d’ébauches de
vaisseaux ligneux.
Malgré les différences systématiques mises en évidence entre les deux
familles par Bauh et Jager zürn, les analogies entre l’aspect des germina¬
tions des Hydrostachyacées et des Podostémonacées sont tout à fait
remarquables. Il y a là une convergence de formes due sans doute au fait
que ces plantes, qui vivent dans des eaux agitées, se trouvent dans l’obli¬
gation d’assurer très rapidement une fixation efficace de leurs plantules.
Mais l’appareil végétatif des Hydrostachyacées est beaucoup plus homogène
que celui Podostémonacées. Il comporte toujours un rhizome discoïde,
formé à partie de l’hypocotyle et d’où naissent feuilles et racines. Comme
nous l’avons dit, l’absence, chez les Hydrostachyacées, de la tache foncée,
souligne peut-être leur position systématique éloignée de celles des
Podostémonacées.
Une autre hypothèse a été avancée par Schnell et Cusset pour expli¬
quer la tache foncée des Podostémonacées : il pourrait s’agir d’une cellule
apicale nécrosée, l’avortement de la racine se traduisant par le développe¬
ment de poils absorbants (les « rhizoïdes ») à la base de la plantule.
L’absence de toute différenciation cellulaire dans le jeune rhizome des
Hydroslachys, le fait que les racines sont dépourvues de zones pilifères,
ne permet sans doute pas d’appliquer cette hypothèse aux plantules
d 'Hydroslachys. Les rhizoïdes, ceux des rhizomes et ceux des racines,
n’auraient donc pas la valeur de véritables poils absorbants, mais d’organes
essentiellement fixateurs résultant du mode de vie particulier de ces plantes.
Source : MNHN, Paris
— 534 —
Enfin, il serait intéressant d’étudier les raisons de l’absence de la racine
principale, et le déterminisme de l’apparition des racines secondaires. Leur
formation parait liée, d'une part, à un certain état de développement des
plantules, d’autre part, à la différenciation d’ébauches vasculaires dans le
rhizome. Ce fait pourrait être rapproché d’une observation rapportée par
Champagnat (1961) sur l’existence éventuelle d’un facteur prenant nais¬
sance dans les vaisseaux du bois et coopérant avec l’auxine pour induire la
rhizogénèse.
Bibliographi
Champagnat, F. — Différenciation. Formation des racines et des bourgeons. Handbuch
der Pflanzenphysiologie 14 : 838-871 (1961).
Dandouau, A. — Catalogue alphabétique des noms malgaches des végétaux (1909).
Jâger-Zürn, I. — Zur Frage der systematischen Stellung der Hydroslachyaceæ auf
Grund ihrer Embryologie, Blilten und Inüoreszenzmorphologie. Osterr. Bot.
Z. 112 : 621-639 (1965).
Magnus, W. — Die atypische Embryonal enterwicklung der Podostemaceen. Flora
105, 3 : 275-376 (1913).
Perrier de la Bathie, H. — Hydrostachyacées. Flore de Madagascar et des Comores,
Paris (1952).
Les Hydroslachys de Madagascar. Arch. Bot. Caen 3 : 137-140 (1929).
— Histoire naturelle des Hydroslachys de Madagascar. Congrès des Sociétés
Savantes 77 : 327-332 (1952).
Rauh, W. et Jâger-Zürn, I. — Le Problème de la position systématique des Hydro-
stachycées. Adansonia, ser. 2, 6, 4 : 515-523 (1966).
— Zur Kenntniss der Hydroslachyaceæ 1. Teil. Sitz. Ber. Heidelberger Akad. Wiss.,
math.-nat.-wiss. Kl., 1 Abh. (1966).
Schnell, R. et Cusset, G. — Remarques sur la structure des plantules de Podosté-
monacées. Adansonia, ser. 2, 3, 3 : 358-369 (1963).
Warming, E. — Podoslemaceæ, in Engler et Prantl. Nat. PII. III, 2a : 1-22 (1890).
— Note sur le genre Hydroslachys. Bull. Acad. Roy. Dan. Sc-.Lettre. Copenhague,
Oversigt : 37-43 (1891).
Source : MNHN, Paris
Adansoma, ser. 2, 7 (4) 1967.
LES ROT AL A (LYTHRACEÆ)
D’AFRIQUE OCCIDENTALE ET CENTRALE
DANS L’HERBIER DE PARIS
par
A. Raynal
A l’occasion d’un rangement des Lythracées africaines dans l’herbier
du Muséum de Paris, nous avons constaté que l’Afrique occidentale et
centrale était plus riche qu’on ne pensait en espèces du genre Rolala L. Les
travaux récents sur ce genre ont surtout porté, en Afrique, sur les maté¬
riaux récoltés au sud de l’équateur; pour les régions qui nous intéressent
ici, la bibliographie ne signale qu’un petit nombre d’espèces; on pouvait
penser que ce genre subissait le classique appauvrissement du sud vers
l’ouest du continent. Il n’en est rien : si les Rolala , de récolte et de recon¬
naissance souvent difficiles, ont été parfois négligés par les collecteurs, ils
semblent pourtant aussi diversifiés au nord qu’au sud de l’Afrique tropicale.
La Flora of West Tropical Africa, ed. 2 (1954), dernière mise au point
des espèces d’Afrique occidentale, est en effet déjà dépassée : 6 espèces de
Rolala y sont signalées, alors que nous en recensons au moins 10. La toute
récente seconde édition de la Flore du Sénégal (J. Berhaut, 1967) en compte
cinq ; l’une d’elles est à supprimer, mais il faut par contre en ajouter
quatre autres.
Aussi croyons-nous utile de publier ce simple catalogue des spécimens
de Rolala ouest- et centre-africains conservés dans les herbiers parisiens \
sans prétendre à une révision taxinomique. Nous donnons donc une clef
des 13 espèces recensées, et indiquons ensuite brièvement, pour chacune
d’elles, la bibliographie essentielle, la répartition géographique et la liste
des échantillons étudiés.
1. Principalement collections du Laboratoire de Phanérogamie, Muséum Natio¬
nal d’Histoire Naturelle, Paris, auxquelles nous avons ajouté nos récoltes ouest-afri¬
caines, ainsi que les spécimens de l’herbier de l'Institut d’Élevage et de Médecine Vété¬
rinaire des Pays Tropicaux (Maisons-Alfort). Nous prions M. le Directeur de cet
Institut d’accepter nos sincères remerciements pour cet apport non négligeable à la
connaissance du genre ici étudié.
Source : MNHN, Paris
— 536 —
CLEF DES ROTALA D'AFRIQUE OCCIDENTALE ET CENTRALE
1. Fleurs disposées en un épi terminal dense beaucoup plus court
que la tige; feuilles immergées étroitement linéaires, verti-
cillées, non florifères; feuilles émergées généralement ternées,
largement cordées à la base; pétales 3-4 fois plus longs que les
lobes du calice; étamines 4; calice fructifère urcéolé; capsule
à 3 valves, entièrèment incluse dans le calice. 1. R. Gerardii.
1'. Tige portant des fleurs sur presque toute sa longueur; passage
graduel, en cas d’hétérophyllie, des feuilles basales aux som-
mitales. Pétales nuis ou à peine plus longs que les lobes du
calice. Feuilles opposées (sauf parfois chez R. mexicana et
R. Welivitschii).
2. Feuilles toujours très étroites, même les supérieures émergées,
linéaires à étroitement linéaires-lancéolées, aiguës.
3. Plante diffuse, rampante, pouvant être minuscule lorsqu’elle
est émergée, à tige grêle; feuilles pouvant être verticillées
par 3-4, surtout sur les rameaux immergés; calice le plus
souvent 5-mère; capsule égalant le calice, s’ouvrant par
3 valves. 2. R. mexicana.
3'. Plante cespiteuse, à tiges dressées, hautes de quelques cm;
tige épaisse, spongieuse, au moins à la base; feuilles
opposées; calice 4-mère; capsule dépassant nettement
le calice, à 2 valves. 3. R. capensis.
2'. Feuilles (au moins les supérieures, émergées) à limbe lancéolé
à orbiculaire, cordé ou non à la base, arrondi ou obtus
au sommet.
4. Fleurs isolées à l’aisselle des feuilles bractéales; feuilles
sessiles, les supérieures au moins élargies ou cordées à la
5. Appendices intersépalaires nuis ou très petits.
6. Calice non ailé.
7. Étamines (1-) 2 (-3), toujours en nombre inférieur
à celui des lobes du calice.
8. Tube du calice fructifère à peu près aussi long que
large; pétales nuis ou exceptionnels; capsule à
2 ou 3 valves.
9. Capside à 2 valves, un peu plus courte que
le calice; style aussi long que l’ovaire; parfois
des pétales très petits, plus courts que les
lobes du calice; étamines insérées au tiers
de la hauteur du calice. 4. R. heterophylla.
9'. Capsule à 3 valves; style plus court que l’ovaire;
pétales nuis; étamines insérées vers la base
du calice.
Source : MNHN, Paris
— 537 —
10. Capsule plus courte que le calice, totalement
incluse; calice restant tétragone au cours
de la fructification, ses lobes demeurant,
même à maturité, à peu près aussi longs
que le tube.
11. Plante rameuse, diffuse : feuilles cauli-
naires suborbiculaires profondément cor¬
dées; bractées sommitales largement
ovales, légèrement cordées; parfois des
feuilles submergées étroitement liné¬
aires. 5 .R. urundiensis.
11'. Tiges peu rameuses, grêles; entrenœuds
plus longs que les feuilles, sauf au som¬
met; feuilles caulinaires ovales légère¬
ment cordées; bractées supérieures non
cordées; feuilles inférieures submergées
finement membraneuses, mais non liné¬
aires . 6. R. Gossweileri.
10'. Capsule dépassant le calice; ce dernier
tétragone, légèrement urcéolé dans le
bouton, mais devenant hémisphérique-
arrondi à maturité; lobes alors beaucoup
plus courts que le tube. 7. R. stagnina.
8'. Tube du calice au moins deux fois plus long que
large à maturité; pétales 4, pourprés, bien visi¬
bles à la floraison; capsule à 4 valves, totalement
incluse dans le calice. 8. R. elatinoides.
7'. Étamines et sépales 4; pétales toujours présents.
12. Capsule égalant le calice, s’ouvrant par deux val¬
ves; fleur courtement pédicellée; bractéoles
insérées à la base du pédicelle. 9. R. fonlinalis.
12'. Capsule plus longue que le calice, s’ouvrant par
4 valves; fleurs sessiles. 10. R. tenella.
6'. Tube du calice portant 4 ailes longitudinales sur les
angles, se prolongeant, au sommet du tube, en petits
appendices intersépalaires plans; tube du calice sca-
rieux, ailes et lobes herbacés; étamines 4, capsule
à 4 valves . 11. R. pterocalyx.
5'. Appendices filiformes cylindriques insérés au sommet
du tube du calice, entre les lobes et égalant à peu près
ceux-ci; calice entièrement scarieux; étamines 2 (le
plus souvent); capsule à 3 valves. 12. R. Welivitschii.
4'. Fleurs groupées en glomérules cymeux à l’aisselle des
feuilles, celles-ci atténuées en pétiole à la base; norma¬
lement une seule étamine; port dressé, rappelant celui de
certains Ammania . 13. R. serpiculoides.
Source : MNHN, Paris
— 538 —
Source : MNHN, Paris
- 539 —
1. R. Gerardii Boutique, Buil. Jard. Bot. Brux. 34 : 503 (1964).
Espèce décrite récemment, paraissant limitée à une aire géographique
restreinte.
La tige, submergée sur une grande longueur, spongieuse, porte des
feuilles étroites, nombreuses à chaque nœud, et ressemble à une tige d ’Hip-
puris; la partie supérieure, émergée, porte des feuilles larges, cordées à la
base, aiguës au sommet, moins nombreuses à chaque nœud. Les fleurs
sont limitées à la partie supérieure aérienne.
Tube du calice allongé, surmonté, à l’anthèse, de pétales aussi longs
que lui. A la base du calice, intérieurement, se trouve un double cycle
de petite pièces glandulaires : les 4 filets staminaux sont insérés sur 4 courtes
écailles émarginées, avec lesquelles alternent 4 pièces cylindriques plus
longues. Fig. F 1-2, p. 538.
Répartition : Afrique centrale.
Matériel étudié : Cameroun : Letouzey 6001, Sabal Haléo, 24.9.1963. — Rép.
Centrafricaine : Tisseranl 1690, Rewanji, 45 km E des Moroubas, 12.11.1924; Audru
el Boudel 3182 bis, Gomoko, 6.10.1963, ALFI
2. R. mexicana Cham. et Schlecht., Linnæa 5 : 567 (1830).
Koehne, Lylhraceæ, in Engler, Pflanzenr. 4, 216 : 29 (1903) ; Keay in Hut-
CHINSON & Dalziel, Fl. \V. Trop. Afr., ed. 2, 1 : 164 (1954); Berhaut, Fl. Sén., ed. 2 :
154 (1967).
Unité complexe, dans laquelle sont distingués plusieurs taxa aux rangs
spécifique ou infraspécifique suivant les auteurs. Ces distinctions reposent
sur des caractères d’observation délicate, et nous pensons qu’une étude
de la valeur et de la constance de ces caractères, réclamant une révision
du groupe a l’échelle mondiale, est nécessaire. En l’absence d’un tel travail
de synthèse, nous préférons, au moins pour le moment, considérer l’espèce
au sens large.
Une dissection soigneuse des fleurs de plusieurs échantillons africains
nous a toujours montré, à la base du calice, sur la face interne, un cycle
de glandes cylindriques intersépalaires dont la longueur varie de 1 /3 à 1/2
de celle du tube du calice. Nous pourrions en conclure, d’après la clef de
Koehne (l.c. : 29), que tous les échantillons étudiés entrent dans le H. pusilla
Comparaison des Rotala d’Afrique occidentale et centrale : A, H. mexicana x 20
(Adam 16994): B, R. capensis X 20 (Lelouzey 6021) ; C, R. slagnina X 10 (Le Teslu
3336); D, R. Welwilschii x 10 (Chevalier 6896); E, R. elalinoides X 10 (De Wailly
4692); F, R. Gerardii X 10 (Tisseranl 1690); G, R. helerophylla X 10 (Tisseranl 2735/ ;
H, R. urundiensis X 10 (J. <?- A. Raynal 10603); 1, R. tenella x 10 (Le Teslu 1365);
J, R. fonlinalis x 10 (De Wailly 5380); K, R. Gossweileri X 10 (Gossweiler 1145); L,
R. serpiculoidcs x 10 (Tisseranl 2736); M, R. pterocalyx x 10 (J. Raynal 7704).
1, fleur étalée; 2, calice fructifère; 3, bouton floral; 4, variation foliaire le long
d’une même tige : de gauche à droite, h 4, feuilles submergée, caulinaire, bractéale;
K4, feuilles caulinaire et bractéale; 6, glomérule inflorescentiel. Dessin de A. Raynal.
Source : MNHN, Paris
— 540 —
Tulasne (= R. mexicana subsp. Hierniana Koehne). C’est également le
résultat auquel arrivent A. Fernandes & M. A. Diniz (Garcia de Orta 6(1) :
8, 1958) pour l’Angola. Mais, pour s’assurer que toutes les plantes afri¬
caines entrent dans un taxon différent de celui du Mexique, il serait néces¬
saire d’étendre l’observation non seulement à tout le matériel africain, mais
aussi à celui du monde entier; une telle étude dépassait notre propos.
Les feuilles sont plus souvent opposées que verticillées, surtout lors¬
que la plante est émergée ; de nombreux échantillons sont totalement dépou-
vus de feuilles verticillées. Fig. A 1-2, p. 538.
Répartition : Pantropicale ; en Afrique, semble répandue dans la plupart des
régions de savane, y compris Madagascar.
Matériel étudié : Sénégal : Berhaul 1513, Richard-Toll *, 10.1951; Adam
15722, Hassirik, 21-23.10.1958; 16994, Badi, 18.11.1959; 17059, 17067, Siminti.
19.11.1959; 17572, Siminti, 11.2.1960; J. & A. Baynal 6855, Massadala, 26.12.1960;
6973, Mpantié, 28.12.1960 ; 6983, Sitandi, 28.12.1960; toutes les localités Adam
et Raynal sont situées dans le Parc national du Niokolo-koba ou ses environs immé¬
diats; Folias Ii 602, Kanéméré, 30.10.1965, ALF! — Guinée : Jacques-Félix 521,
Siguiri Sininko, 11.1935. — Mau : Chevalier 154, Nafadié, 6.1.1899. — Dahomey :
Armel 41, Ouécé, 11.1910. — Nigeria : Barler 898, Nupe, 1858. — Cameroun : Lelou-
zey 7248, 7248 bis, 7268, Dega près Guirvidig, 10.10.1964; J. & A. Baynal 12831.
Gandjam près Yagoua, 1.1.1965. — Tchad : Audru 1907, Doro, 8.12.1964, ALF! —
Rép. Centrafr. : Tisseront 752, Pangula, 26 km SE des Moroubas, 20.10.1922.
3. R. capensis (Harvey) A. Fernandes & M. A. Diniz, Bull. Jard.
Bot. Brux. 27 : 105 (1957).
— Suf/renia capensis Harvey, Thés. Cap. 2 : 56, t. 189 (1863).
— Botala flli/ormis auct. : Hiern, in Oliver, FI. Trop. Afr. 2 : 468 (1871), pro parle,
quoad syn. el specim. plur. cil., non B. /lli/ormis (Bellardi) Hiern.
Espèce très proche de R. helerophylla (avec laquelle elle fut confondue ;
voir plus loin, sp. e flora afric. excl., R. filiformis) dont elle se distingue
cependant immédiatement par son port cespiteux, ses feuilles toutes étroi¬
tement linéaires, et sa capsule plus longue que le calice. Fig. B 1-2, p. 538.
Répartition : Espèce principalement sud-africaine (connue au nord jusqu’en
Angola et Rhodésie), nouvelle pour l’Afrique centrale.
Matériel étudié : Cameroun : Lelouzey 6021, Sabal Haléo, 60 km NE Tibati,
26.9.1963.
4. R.heterophylla YVelw. ex A. Fernandes &M. A. Diniz, 1. c. : 106(1957).
— B. flli/ormis auct. : Hiern, in Oliver, Fl. Trop. Afr. 2 : 468 (1871), pro parle,
quoad specim. Welwilsch 2341 el 2342, non B. flli/ormis (Bellardi) Hiern.
Nous n’avons pas vu l’échantillon Keay FH1 20130, cité dans la Fl. W.
Trop. Afr., ed. 2: 164 sous le nom provisoire de R. sp. nr. Dinleri, mais nous
pensons qu’il correspond à R. helerophylla, dont nous avons trouvé d’autres
récoltes ouest- et centre-africaines, et qui est en effet extrêmement proche
de Rotala Dinleri Koehne. Fig. G 1-2, p. 538.
Répartition : espèce jusqu’ici connue d’Afrique tropicale méridionale et orientale,
nouvelle pour l'ouest et le centre du continent.
1. Localité demandant confirmation : il y a un autre Berhaul 1513, (B. slagnina).
mais indiqué du Niokoio-koba, 4. 1951.
Source : MNHN, Paris
— 541 —
Matériel étudié : Mali : De Wailly 5004, Gao, vers Berra, 29.3.1936; 5016,
Gao, vers la Dune Rose, 5.4.1936. — Cameroun : J. & A. Baynal 12832, Gandjam
près Yagoua, 1.1.1965. — Rép. Centrafricaine : Tisseront 2735, Gungere près
Ippy, 4.11.1928.
5. R. urundiensis A. Fernandes & M. A. Diniz, Bull. Soc. Brot. 29 : 89,
t. 4 (1955).
Cette espèce peut présenter une hétérophyllie prononcée ; les rameaux
inondés portent alors des feuilles étroitement linéaires rubanées, fort
différentes des feuilles cordées suborbiculaires des rameaux émergés; ce
caractère biologique la rapproche de R. helerophylla et de R. minuta A. Fern.
& M. A. Din., avec lesquels elle partage déjà un bon nombre de caractères
floraux.
En effet, R. minuta et R. urundiensis semblent très affines, bien que
placés par leurs auteurs dans des sous-sections différentes : R. minuta,
décrit avec de très petits appendices intersépalaires (pouvant parfois être
presque nuis), est dans la subsect. Sellowia (Roth) Koehne, tandis que
R. urundiensis, décrit sans appendices, se place dans la subsect. Suffreniopsis
Koehne. Il est toutefois aisé d’observer des calices de R. urundiensis[porianl
des épaississements au sommet des nervures intersépalaires : il paraît
alors difficile de tracer la limite entre présence et absence d’appendices.
R. urundiensis est également très proche de R. Gossweileri dont il a la
fleur et le fruit.
Le calice est généralement rose, ainsi que les graines. Fig. H 1,2,4, p.538.
Répartition : Espèce jusqu’ici connue seulement du Burundi, mais s’étendant
en réalité dans toute l’Afrique occidentale et centrale.
Matériel étudié : Sénégal : Berhaul 113 p. p., Badi, 12.1951. — Mali : Che¬
valier 210 bis, Sikoro, 18.1.1899; Adam 11359, Bamako, 16.12.1955. —■ Nigeria :
Meikle 1040, entre Kontagora et Auna, 17.1.1950. — Cameroun : J. & A. Baynal
10603, Ngoro, 30.3.1963; 12928, Roumsiki, 10.1.1965; Letouzey 5525, 17 km SSW
de Koso, feuille I.G.N. de Medoum, 28.7.1963. — Tchad : Audru 320, riv. Koumogo,
3.7.1964, ALF! —- Rép. Centrafricaine : Chevalier 6610, Kaga Djé, 4.12.1965;
8142, Ndellé, 20-25.4.1903; 8255 bis, Télé, 2-12.5.1903; Tisseront 126, près de Bessou,
12.1916; 2818, Kaga Ndokpwa, 20 km N Bambari, 1925; 2044, Balimbwa, 40 km N
Bambari, 13.10.1925.
6. R. Gossweileri Koehne, Bot. Jahrb. 42, Beibl. 97 : 48 (1909);
A. Fernandes & M. A. Diniz, Garcia de Orta 6 (1) : 11 (1958).
Plante grêle, se distinguant de R. urundiensis par son port et la forme
de ses feuilles. Fig. K 1,2,4, p. 538.
Répartition : Jusqu’ici considérée comme endémique d’Angola, mais retrouvée
par places jusqu’à l’ouest du continent.
Matériel étudié : Sénégal : Adam 17565, entre Oulou et Badi, Niokolo-koba,
10 21 960. — Rép. Centrafricaine : Le Testu 3478, marais de la Dinga, 24.11.1921.
7. R. stagnina Hiern, in Oliver, Fl. Trop. Afr. 2 : 467 (1871) ;
Koehne, Lylhraceae, in Engler, Pflanzenr. 4, 216 : 39 (1903); Keay in Hut-
chinson & Dalziel, Fl. W. Trop. Afr., ed. 2,1 : 164 (1954).
Source : MNHN, Paris
— 542 —
Espèce polymorphe, produisant souvent des fleurs cléistogames sur
des rameaux immergés à larges feuilles membraneuses. Les filets staminaux
sont insérés sur des épaississements d’aspect glandulaire. Au cours de la
maturation, le calice, finement scarieux-papyracé, se fend longitudinalement.
Fig. C 1-3, p. 538.
Répartition : Afrique tropicale septentrionale, de la Sénégambie à l’Éthiopie.
Matériel étudié : Sénégal : Perrollel 332 p. p., s. loc.; Berhaul 1513 1 , Niokolo-
koba, 4. 1951. — Guinée : Chevalier 18484, entre Timbo et Ditinn, 16-19.9.1907;
18657 bis, de Sombalato à Boulivel, 28-29.9.1907; Pobiguin 1110, Kouroussa, 10.1903;
1880 bis, Diélila, 10.1907; 2182, s. loc., 10.1909; Scaelta 3383, Mali, 1937; Adam 12692,
Sériba, 28.10.1956. — Mali : Chevalier 15764, Koulikoro, 6-14.10.1899; Adam 11358,
Bamako, 16.12.1955; Démangé 887, Koutiala, 10.1961. —• Haute-Volta : Adam
15112, route de Bobo-Dioulasso, 16.9.1958. — Nigeria : Olorunfemi FHI 24400,
Zaria, 30.9.1948. — Cameroun : Lelouzey 6020, Sabal Haléo, 26.9.1963; 6209, Ouda
Ngaoui, 70 km ENE Meiganga, 17.10.1963. — Rép. Centrafricaine : Le Teslu 3336,
Yalinga, 9.10.1921; Tisseront 1243, Les Moroubas, 9.9.1923; Eckendorfj 110, entre
Bocaranga et Boukongo, 24.10.1936; Trochain 10460, Yakélé près Ft. Crampel, 9.1957;
Bille 1341, Dauzat, 10.1963, ALF!; Audru & Boudel 1976, Sanba, 21.9.1963, ALF!;
3182, Gomoko, 6.10.1963, ALF!
8. R. elatinoides (DC.) Hiern, in Oliver, 1. c. : 466 (1871);
Kobhne, 1. c. : 39 (1903); Keay, 1. c. : 164 (1954); Berhaut, l.c. : 193 (1967).
— Ammania elatinoides DC., Mém. Soc. Genève 3 (2) : 92, t. 3 (1826).
Espèce aisément reconnaissable à son calice fructifère allongé, subcy¬
lindrique. Comme chez R. slagnina, les filets staminaux sont insérés sur des
renflements glanduleux. Fig. E 1-2, p. 538.
Répartition : Espèce croissant sur les berges des grands cours d’eau, dans les
régions sèches d’Afrique tropicale.
Matériel étudié : Mauritanie : Chevalier 2823 bis, Kaédi, 3.12.1898. — Séné¬
gal : in herb. Jussieu, s. loc., s. dat. ; in herb. Gay, id. ; in herb. Poirel, id. ; Richard
s. n., nec loc. nec dat.; Leprieur s. n., Dagana, 1825; Perrollel 92, s. loc., 25.1.1825;
332, s. loc., s. dat.; s. n., Walo, 1834; Trochain 1010, Matam, 30.11.1930; Berhaul
1407, Richard-Toll, 2.1951; Audru 3054, Témélé, 7.1.1966, ALF! 3146, Tiguet, 27.1.
1966, ALF! — Mali : Monod in Mission Augiéras-Draper 714, bords du Niger, 3.2.1928;
De WaiUy 4692, Gao, vers Gourra, 16.4.1937; 4966, Gao, vers Bagoundié, 20.2.1936;
4983, Gao, 4.3.1936. — Niger : Peyre de Fabrègues 1535, riv. Komadougou, 10.5.1966,
ALF! — Cameroun : J. & A. Raynal 12681, Makari, 26.12.1964. — Tchad : Chevalier
8683, Bahr el Azreg près Ft. Archambault, 10.6.1903; Gaston 590, Moussafoyo, 20.1.
1965, ALF! — Rép. Centrafricaine : Chevalier 7870, Dar Goulla, entre Ndellé et
le Mamoun, 3.1903.
9. R. fontinalis Hiern, in Oliver, I. c. : 468 (1871), emend. A. Fern. &
M. A. Din., Garcia de Orta 6 (1) : 9 (1958);
Koehne, 1. c. : 39 (1903).
Nous rapportons à cette espèce un échantillon unique, très pauvre,
provenant du Mali. Voisine de R. brevistyla Bak. f., cette plante s’en sépare
immédiatement par sa capsule à 2 valves; également proche de R. cala-
ractæ Koehne, qui s’en distingue par ses pétales longs et son calice de forme
différente. Fig. J 1-2, p. 538
1. Cf. note au bas de la p. 540.
Source : MNHN, Paris
— 543 —
Répartition : espèce jusqu’ici considérée comme endémique en Angola.
Matériel étudié : De Wailly 5380, Gao, 17.4.1937.
10. R. tenella (Guill. & Perr.) _Hiern, in Oliver, 1. c. : 467 (1871);
Koehne, 1. c. : 39 (1903); Keay, 1. c. : 164 (1954); Berhaut, 1. c. : 194 (1967).
— Ammania tenella Guill. & Perr., FI. Seneg. 1: 297 (1832).
Espèce polymorphe, pouvant produire des rameaux submergés à larges
feuilles membraneuses souvent rougeâtres, et des fleurs cléistogames aqua¬
tiques. La capsule n’a parfois que 3 valves. Fig. I 1-2, p. 538.
Répartition : Afrique tropicale occidentale, centrale et orientale, jusqu’au
Transvaal.
Matériel étudié : Sénégal : Perroltel 333, s. loc., s. dat.; Berhaul 113 p. p.,
Badi, 12.1951; 1512, Niokolo-koba, 4.1951; 2917, Richard-Toll, 10.1951 ; J. & A. Bay-
nal 6779, 6811, Niokolo-koba, 26.12.1960; J. Baynal 7826, Saré Doma près Kolda,
5.1.1962. — Guinée : Chevalier 20233, Grandes-Chutes, 19.12.1908; Pobéguin 1897,
Toumanéa, 10.1907; Brun s. n., s. loc., s. dat. — Mali : Chevalier 153, Nafadié, 6.1.1899.
— Togo : Mahoux 96, s. loc., 9.1931. — Cameroun : Lelouzey 7262, Dega près Guirvidig,
70 km ENE Maroua, 10.10.1964; J. & A. Baynal 12733, Maltam, 28.12.1964. — Rép.
Centrafricaine : Tisseront 1689, riv. Deyase, 45 km E des Moroubas, 12.11.1924;
2734, Gungere, près d’Ippy, 4.12.1928 ; 2817, 20 km NBambari, 8.12.1921 ; 3582, rocher
de Yaoyam, 20 km W Bozoum, 11.11.1937; Le Teslu 2993, Yalinga, 21.7.1921. — Gabon:
Le Teslu 1355, Moukoualou, 11.8.1908.
11. R. pterocalyx A. Raynal, Adansonia, ser. 2, 7 (3) : 337 (1967).
Espèce affine à la fois des Rotala sect. Enanliorolala Koehne subsect.
Sellowia (Roth) Koehne (à calice appendiculé) ayant autant d’étamines
que de sépales, comme R. fluitans Pohnert, et de la subsect. Suffreniopsis
Koehne, dont la structure florale est la même, mais sans appendices
(R. lenella (G. & P.) Hiern, R. pedicellata Fern. & Din.). De tous, cependant,
iljse sépare par les 4 ailes longitudinales du tube du calice. Fig. M 1.2, p. 538.
Répartition : Afrique occidentale et centrale. Au moment de mettre sous presse
J.-P. Lebrun, de l’I.E.M.V.T., nons a communiqué un échantillon provenant du
Niger. Cette nouvelle récolte vient heureusement se placer entre les.deux seules localités,
fort éloignées, connues précédemment.
Matériel étudié : Sénégal : J. Baynal 7704, Tièl, 12.10.1961, type — Niger :
Peyre de Fabrègues 2234, Takiéta, 15.10.1966, ALF! — Rép. Centrafricaine :
Chevalier 6651, du Koukourou au Kaga M’bra, 4.12.1902.
12. R. Welwitschii Exell, Bol. Soc. Brot., ser. 2, 30 : 69 (1956);
A. Fernandes & M. A. Diniz, Garcia de Orta 6 (1) : 9(1958); Keay, 1. c. 1(2) :
760 (1958); Berhaut, 1. c. : 194 (1967).
—• B. decussala auct. : Hiern, in Oliver, 1. c. : 647 (1871); Koehne, 1. c. : 34 (1903);
Keay, 1. c. 1 (1) : 164 (1954), pro parle, quoad specim. a/ric., non DC.
Cette espèce s’individualise immédiatement, parmi les Rolala africains,
par la présence de 4 appendices intersépalaires subcylindriques presque
aussi longs que les lobes du calice. Malgré ce caractère net, qui la place sans
ambiguïté dans la subsect. Sellowia (Roth) Koehne, elle n’est pas très
éloignée de R. urundiensis.
Source : MNHN, Paris
— 544 —
Comme cette dernière espèce, R. Welwitschii est parfois hétérophylle :
les feuilles des rameaux submergés sont alors étroitement rubanées, tandis
que les feuilles aériennes sont lancéolées à ovales. Il arrive que les rameaux
les plus immergés portent des feuilles verticillées par 3. Fig. D 1-2 p. 538.
Répartition : Afrique tropicale occidentale, jusqu’à l’Angola.
Matériel étudié : Sénégal : ./. & A. Raynal 6867, Niokolo-koba, 27.12.1960;
Folius K 639, Kanéméré, 16.11.1965, ALF! — Mali : J. & A. Raynal 5431, Katibou-
gou, près Bamako, 20.1.1960. —- Côte d’Ivoire : Chevalier 22245, entre Alangouassou
et Mbayakro, 1.8.1909. — Togo : Warnecke 229, Lomé, 1900-02. — Cameroun :
Lelouzey 7270, Dega près Guirvidig, 10.10.1964; 7354, Ndiguina, parc national de
Waza, 15.10.1964. —• Rép. Centrafricaine : Chevalier 5896, Kaga Do près Demba,
26.10.1902. — Gabon : Tholton 772, plaine de Sopi, 2.1887.
13. R. serpiculoides Welw. ex Hiern, in Oliv., I. c. : 469 (1871);
Koehne, 1. c. : 33 (1903).
Espèce exceptionnelle dans le genre par ses fleurs groupées en petites
cymes axillaires, constituant à elle seule la subsect. Serpiculopsis Koehne.
Ces inflorescences lui donnent un aspect très différent de celui des autres
Rotala, qui rappelle plutôt le port de petits Ammania. Fig. L 1-5, p. 538.
Répartition : Espèce connue d’Afrique tropicale méridionale (Angola, Rhodésie)
et du Sudan; Koehne y a vu deux variétés, qui nous semblent fort peu différentes.
La localité de République Centrafricaine comble un hiatus entre Sudan et Angola.
Matériel étudié : Rép. Centrafricaine : Tisseront 2736, Gerelenji, 50 km
N Bambari, 26.11.1928.
SPECIES E FLORA AFRICANA REJICIENDA :
R. filiformis (Bellardi) Hiern
— Suffrenia filiformis Bellardi, Act. Taur. 7 : 445 (1794).
En faisant passer la plante de Bellardi dans le genre Rotala, Hiern l’a
confondue avec deux autres espèces; il fut suivi par Koehne, l.c. : 37 (1903).
En 1957, A. Fernandes & M. A. Diniz mirent en évidence la distinction
entre le véritable R. filiformis, jusqu’ici connu seulement d’Italie, et les
espèces africaines R. capensis et R. heterophylla.
Dans la première édition de la Flore du Sénégal de Berhaut (1954),
l’auteur cite sous ce nom deux échantillons : Tisserant 2044, de République
Centrafricaine, qui est en réalité R. urundiensis, et fut rayé dans la seconde
édition, et Perrottel s.n., du Sénégal, seul mentionné dans l’édition de 1967.
En effet, l’échantillon en question, attribué à Perrottet, est bien
un R. filiformis (Bellardi) Hiern. Il consiste en une demi-page de l’herbier
Maire, passé dans l’herbier Cosson, étiquetée « Perrottet, Sénégal » par un
copiste dont l’écriture est très courante dans l’herbier Maire, et comprend,
mêlés au Rolala, quelques pieds d ’Elaline triandra Schkuhr. En l’absence
de part originale avec étiquette autographe de Perrottet, cet échantillon
était déjà douteux. Nous avons pu retrouver dans l’herbier d’Europe une
Source : MNHN, Paris
— 545 —
part de l’herbier Maire en tous points identique à cette prétendue récolte
sénégalaise, y compris le mélange avec Elaline Iriandra : ce mélange nous
permet d'affirmer qu’il s’agit d’un même matériel, dont une part a par
erreur reçu une étiquette inexacte. Le fait est fréquent dans l’herbier Maire.
La part provenant de l’herbier d’Europe est correctement étiquetée, de la
main du même copiste : « Dans les rizières près Verceil »; Verceil, ou Vercelli,
est en effet la localité italienne classique de B. filiformis. Rolala füiformis
(Bell.) Hiern, dont l’origine demeure toujours énigmatique, n’a donc jamais
été récolté sur le continent africain.
INCERTÆ SEDIS :
Les spécimens De Wailly 4693 et 4891, de Gao (Mali), représentés
surtout par des rameaux stériles à grandes feuilles membraneuses, portent
quelques très jeunes boutons sur une sommité émergée à feuilles cordées
subcoriaces. Ces spécimens sont indéterminables, mais ne semblent pouvoir
être rattachés à aucune des 13 espèces ici énumérées; de nouvelles récoltes
sont donc souhaitables.
Quelques échantillons ouest- et centre-africains de l’herbier de Paris
demeurent indéterminables parce qu’insuffisants (matériel stérile), mais
appartiennent vraisemblablement à l’une des espèces étudiées ici. Ce sont :
Sénégal : Berhaul s.n., Niokolo-koba, 4. 1951. —- Côte d’ivoire :
Chevalier 21929, Mankono, 18.6.1909. — Tchad : Chevalier 8678,
Bahr el Azreg, 10.6.1903.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 7(4) 1967.
LES RADICELLES CAPILLAIRES
DES PALÉTUVIERS DANS UNE MANGROVE
DE CÔTE D’IVOIRE
par
Y. Attims et G. Cremers
Laboratoire de Botanique du Centre ORSTOM d’Adiopodoumé.
Il INTRODUCTION
Le sol de la mangrove à Rhizophora racemosa G. F. W. Meyer située
près de Grand Bassam, en bordure de la lagune Ouladine est principalement
constitué, sur une épaisseur de 80 cm environ, par une feutrage de radicelles
de diamètre capillaire. Dans cette mangrove les arbres sont souvent éloignés
les uns des autres d’une dizaine de mètres et nous avons été surpris de ren¬
contrer une si grande abondance de radicelles dans le sol des espaces décou¬
verts, à plusieurs mètres des arbres les plus proches.
II. COUPE DU SOL v flg. 1)
Le sol de la mangrove est un sol salé hydromorphe à gley.
1°) La couche superficielle est constituée de débris organiques fins
décomposés et de sables fins limoneux ; son épaisseur est variable, quelques
millimètres dans les parties faiblement surélevées, 1 à 10 cm dans les zones
les plus basses.
2°) Entre 5 et 80 cm le sol est essentiellement formé d’un feutrage
compact de radicelles capillaires mortes. On y rencontre aussi des débris
plus ou moins décomposés de grosses racines et, surtout vers la base, de
petites quantités de sables argileux. Des faisceaux de radicelles capillaires
traversent longitudinalement les tronçons de racines mortes au niveau de
l’écorce et de la moelle; ces deux zones, rapidement décomposées, sont
limitées par des formations secondaires plus résistantes (bois et zone subé¬
reuse externe) qui se laissent difficilement pénétrer par les radicelles et
orientent leur croissance.
3°) Les radicelles sont encore fréquentes dans la couche d’argile riche
en matière organique située à 80 cm de profondeur.
4°) Au-dessous de 1,20 m les sables grossiers ne contiennent plus qu’une
très faible quantité de racines capillaires.
Source : tANHN, Paris
— 548 —
L’amplitude des marées est de l’ordre de 50 cm dans la lagune Ouladine
et le niveau de l’eau à marée basse est situé à quelques centimètres au-
dessous de la surface du sol.
III. SYSTÈME RACINAIRE
Les palétuviers sont ancrés dans le sol de la mangrove par de nombreux
rhizophores qui prennent naissance sur le tronc et les basses branches. Ces
rhizophores, dont la structure anatomique archaïque ne correspond ni à
la structure d’une tige, ni à celle d’une racine (Pitot, 1958), se transforment
en racines vraies sous la surface du sol et émettent chacun une dizaine de
racines secondaires horizontales qui vont à leur tour se ramifier abondam¬
ment (fig. 2).
Les racines des palétuviers sont d’une couleur blanche caractéristique,
légères, à écorce épaisse et spongieuse, et ressemblent aux pneumatophores
des Jussiaea qui appartiennent au même ordre des Myrtales et vivent
également sur des sols hydromorphes.
IV. SYSTÈME RADICELLAIRE
Les racines les plus fines ont un diamètre à peu près constant de 110
à 140 |x et correspondent aux ramifications d’ordre 3 ou 4. Elles peuvent
atteindre une longueur de 15 à 20 cm, parfois plus, sans se ramifier. Ces
radicelles capillaires, de couleur blanche lorsqu’elles sont vivantes, sont
pourvues d’une coiffe transparente de type liorhize (Belzung, 1900) de
Source : AANHN, Paris
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1,5 mm de longueur. Elles ne portent pas de poils absorbants.
La structure anatomique de ces radicelles capillaires est très simple
(fig. 3). L’écorce mesure 50 |t d’épaisseur environ et renferme plusieurs
assises de cellules à tanin. Le cylindre central comprend, à l’intérieur d’un
Source : MNHN, Paris
— 550 —
péricycle bien différencié, 2 pôles ligneux alternant avec 2 pôles de liber.
Les éléments conducteurs sont peu nombreux : 4 à 6 vaisseaux annelés,
spiralés ou réticulés de fin diamètre et quelques tubes criblés. Les formations
secondaires sont absentes.
Les radicelles capillaires mortes prennent une teinte rouge due à
l’accumulation et à la transformation des tanins.
V. CONCLUSIONS
Le système radicellaire de Rhizophora racemosa C. F. W. Meyer se
compose d’un nombre extrêmement élevé de radicelles capillaires; ces
racines sont dépourvues de poils absorbants, munies d’une coiffe de type
liorhize, faiblement vascularisées, dépourvues de formations secondaires
et très comparables aux radicelles de certaines plantes aquatiques (Pislia
slratioles Linn., Araceae).
Le sol submergé de la mangrove est un milieu réducteur (pH 3-4)
particulièrement favorable à la conservation de la matière organique.
Les racines des palétuviers y subsistent, bien après la disparition des arbres,
ce qui explique la présence de l’épais feutrage de racines capillaires
mortes dans les espaces découverts. Des racines vivantes ont été observées
jusqu’à 1,50 m des rhizophores, mais il ne nous a pas été possible de préciser
s’il en existait au delà de cette distance.
La formation des racines capillaires semble être liée aux conditions
asphyxiques du sol; elles semblent en effet moins abondantes lorsque les
palétuviers poussent sur des sols moins compacts (lagune Ebrié à Adiopo-
Source : MNHN, Paris
— 551 —
doumé). Elles auraient donc un rôle respiratoire et pourraient être comparées
aux radicelles décrites par Troll (1933) chez les Sonneratia (Sonneratiacées,
Myrtales) des mangroves orientales.
Bibliographie
Belzung, E. — Anatomie et Physiologie Végétales, Félix Alcan Ed., Paris (1900).
Pitot, A. — Les « racines échasses » de Ithizophora racemosa C.F.W. Meyer. Bull.
1FAN, Dakar, 13,4: 979-1010, 31 lig. (1951).
— Rhizophores et racines chez Rhizophora sp., Bull. IFAN, Dakar 20,4 : 1103-
1138, 32 flg. (1958).
Troll, C. — Trop. Natuur 22 : 33-39 (1933). (Cité par Backer et Van Steenis,
Flora Malesiana 1, 4 : 281 (1954).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
INFORMATIONS
Madame M. L. Tardieu-Blot a été nommée Directeur du Laboratoire
de Botanique phanérogamique tropicale à l’Ecole pratique des Hautes
Etudes.
FLORE DE MADAGASCAR ET DES COMORES
B. Descoings, Vitacées. — 124 e famille (5 g., 51 sp.) 156 p., 15 pl.;
Leeacées. — famille 124 bis (1 g., 2 sp.) 13p., 2 fig. — 30 F.
R. Benoist, Acanthacées, tome 1. — 182 e famille (31g., 166 sp.
230 p., 35 pi. - 40F.
FLORE DU CAMBODGE, DU LAOS ET DU VIETNAM
Vol. 5 : M. L. Tardieu-Blot, Umbellifereae (16 g., 26 sp.), Aizoa-
ceae (2 g., 2 sp.), Molluginaceae (3 g., 6 sp.) 12 pl.; G. Gusset, Passi-
floraceae (2 g., 20 sp.) 7 pl. — 157 p. — 43 F.
FLORE DU CAMEROUN
Vol. 6 : M. Keraudren, Cucurbitacées (26 g., 58 sp.) 192 p., 36 pl. —
35 F.
Source : MNHN, Paris
ÉDITIONS DU CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
15, quai Anatole-France, PARIS 7 e
Tél : 705-93-39 C.C.P. PARIS 9061-11
COLLOQUES INTERNATIONAUX
DU CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
N° 144
PHYTOCHIMIE
ET
PLANTES MÉDICINALES
DES
TERRES DU PACIFIQUE
NOUMÉA
(Nouvelle-Calédonie)
28 Avril - 5 Mai 1964
Cette manifestation a été consacrée plus particulièrement aux plantes
médicinales du Pacifique, envisagées non seulement sous l’angle botanique
et phytochimique, mais également, ethnologique, voire sociologique.
Ouvrage in-4° coquille, 270 pages, 8 planches, hors-texte cartonné.
PRIX : 50 F.
Source : MNHN, Paris
ACHEVÉ D’IMPRIMER LE 20 DÉCEMBRE 1967
SUR LES PRESSES DE L’iMPRIMERIE
FIRMIN-DIDOT — PARIS-MESNIL-IVRY
Dépôt légal : 4 e trimestre 1967 — 6894
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
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