ALBERT R. MANN
LIBRARY
New York State Colleges
OF
Agriculture and Home Economics
CORNELL UNIVERSITY
Date Due
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POUR LA FAUNE DU CONGO
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POISSONS NOUVEAUX
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ÉTAT INDÉPENDANT DU CONGO
ANNALES DU MUSÉE
PUBLIÉES PAR ORDRE DU SECRÉTAIRE
DU CONGO
D’ÉTAT
ZOOLOGIE
SÉRIE I
MATERIAUX
POUR LA FAUNE DU CONGO
TOME I
POISSONS NOUVEAUX
G. A. BOULENGER
MEMBRE DE LA SOCIÉTÉ ROYALE DE LONDRES
56 Planches dessinées, sous la direction de l’auteur, par P. J. Smit et J. Green.
BRUXELLES
1898—1900
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S^r. I
V, I
195953
PRÉFACE
Trois années seulement se sont écoulées depuis la clôture de VExposition
congolaise de Tervueren, dont les poissons qui y furent exposés ont fourni le nucléus
de la collection du Musée du Congo, et déjà nous possédons les matériaux dune
faune ichthyologique qui surpasse de beaucoup, par le nombre des espèces et la variété
des formes génériques, celle des autres bassins de VAfrique, tant mieux explorés. Le
présent volume en fait foi, puisqu’il renferme les descriptions de 145 espèces nouvelles
et de 24 genres nouveaux. Nous sommes loin toutefois d’avoir épuisé la liste des
poissons des lacs et des rivières du vaste territoire de T État Indépendant, et il est à
espérer que la publication des matériaux déjà acquis ne fera que stimuler le zèle des
explorateurs et que les trouvailles à venir qui, j’ose le croire, seront aussi nombreuses
et non moins importantes, permettront au Gouvernement de l’État de continuer la
publication à laquelle j’ai eu l’honneur d’être associé.
Mais afin de présenter dès à présent un aperçu de l’étendue de nos connaissances
sur la faune ichthyologique du Bassin du Congo, j’ai réuni tous les documents qu’il
m’a été possible de rassembler en un ouvrage qui sera publié par le Gouvernement
presque en même temps que le dernier fascicule de ce volume et qui comprendra des
descriptions de toutes les espèces connues, avec les indications nécessaires à leur
classification et les renseignements, malheureusement encore bien insuffisants, que
nous possédons sur leurs mœurs et leur distribution. Cet ouvrage montrera l’état de
II
Tichthyologie congolaise à Vexpiration du siècle et pourra servir de base à des recherches
plus approfondies sur un groupe d’animaux dont l’importance scientifique et économique
est si grande et dont l’étude avait pourtant été si négligée. Il n’y a pas trois ans,
nos connaissances sur les poissons du Congo et du vaste lac Tanganika étaient encore
si insignifiantes qu’il eût été impossible d’établir une comparaison entre cette faune et
celle des autres parties de l’Afrique. S’il a cessé d’en être ainsi, c’est grâce aux efforts
de MM. Cabra, Wilverth, Waqenaar, De Bauw, Weyns et Delhez, qui ont recueilli
sur divers points du Congo et dont les belles collections font partie du Musée en
formation à Tervueren ; de MM. Descamps et Hecq au Tanganika et de la mission
du Katanga dirigée par M. Lemaire, qui vient de rentrer en Belgique avec de si
importantes récoltes. A Londres aussi, des envois du Congo ont été reçus de deux
missionnaires, MM. Weeks et Grenfell, et les expéditions de M. Moore au Tanganika
ont enrichi la science cl’un nombre inattendu de genres et d’espèces nouveaux. Enfin,
je constate avec plaisir que les collections rapportées à Paris il y a près de quinze
ans par la mission de b Ouest africain sous la direction de M. de Brazza sont en ce
moment même l’objet d’une étude plus approfondie par M. le D r Pellegrin, du Muséum.
Décembre 1900.
G. A. BOULENGER
POISSONS NOUVEAUX DU CONGO
PREMIÈRE PARTIE
MORMYRES
MORMYRI DÆ
La famille des Mormyres, si intéressante au point de vue anatomique et
physiologique, si remarquable par la variété et la bizarrerie de ses formes si
appréciée comme ressource alimentaire, est très richement représentée dans les eaux
du Congo, plus richement sans doute que dans aucun autre fleuve de l’Afrique.
On en connaissait, dans toute l’Afrique intertropicale et le bassin du Nil,
une cinquantaine d’espèces, dont quinze se rencontrent au Congo. La belle collection
appartenant au Musée de l’État du Congo, recueillie par M. le lieutenant Wilverth,
puis ensuite par MM. Wagenaar et De Bauw, officiers au service de l’État, sous
les auspices de la Société d’Études coloniales, grâce à l’initiative de M. le général
Donny, permet d ajouter dix-neuf espèces à celles déjà connues.
Les Mormyres ont été démembrés en un certain nombre de genres, plus ou
moins bien definis, qui n ont pourtant pas été adoptés par la majorité des
ichthyologistes. Sauf le genre Gymnarchus, considéré même comme le type d’une
famille à part, tous les représentants de ce groupe ont été réunis dans ces derniers
temps en un genre unique : Mormyrus, comme l’avait proposé Valenciennes. A mon
avis, après révision de toutes les espèces connues, il est bon d’adopter la plupart des
genres créés par Joh. Müller, par Marcusen et par Gill, et même d’ajouter à leur
nombre. Je crois avoir réussi à asseoir ces groupes sur des bases plus solides que
Novembre 1898 . -,
2
ne l’avaient fait mes prédécesseurs et à en fournir des définitions assez nettes pour
qu’à l’avenir la distinction en soit grandement facilitée. Nul doute que ces genres
ne présentent une valeur égale, sinon supérieure, à celle des divisions correspondantes
universellement admises parmi les Characins et les Cyprins par exemple.
Voici d’ailleurs, sous forme de synopsis, la liste et la définition des onze
genres, dont trois nouveaux, qui me semblent devoir être admis. Huit d’entre eux
sont représentés au Congo.
I. Nageoires ventrales, anale et caudale présentes.
A. Une seule série de dents à chaque mâchoire.
1. Douze dents ou davantage à chaque mâchoire.
Bouche terminale ou subinférieure, en avant des yeux; corps allongé;
nageoire anale considéralement plus longue que la dorsale; narines
bien séparées, éloignées de l’œil.1. Mormyrops, J. Midi.
Bouche inférieure, sous les yeux ; corps court ; narines très rapprochées
l’une de l’autre et de l’œil.2. Petrocephalus, Marcus.
2. Pas plus de dix dents à chaque mâchoire.
a. Palais et langue â dents minuscules, coniques.
a. Bouche inférieure ou subinférieure, au-dessous du niveau de l’œil.
* Corps court ou modérément allongé; nageoires ventrales à égale distance des
pectorales et de l’anale, ou plus rapprochées de celles-là.
Dents petites, tronquées ou échancrées; narine postérieure éloignée de
la bouche.3. Marcusenius , Gill.
Dents petites, bicuspides; narine postérieure (inférieure) tout près de
la bouche.4. Stomatorhinus, g. n.
Dents supérieures très petites, coniques, les inférieures comprimées, la
paire médiane très grande, en forme d’incisives; narines très
rapprochées.5. Myomyrus, g. n.
** Corps très allongé, anguilliforme; nageoires
ventrales plus près de l’ânale que des pectorales. 6. Isiclithys, Gill.
y Bouche terminale.
Nageoires dorsale et anale ne différant pas très considérablement en
étendue.7. Gnathonemus, Gill.
Nageoire dorsale au moins 2 2/3 fois aussi longue que l’anale ... 8. Mormyrus, L.
b. Palais et plancher de la bouche comme pavés de grandes
dents à couronnes arrondies; nageoire dorsale courte,
anale très allongée.9. Hyperopisus, Gill.
B. Dents aux deux mâchoires coniques, disposées en plusieurs
rangées formant une râpe; nageoires dorsale et anale presque
également développées.10. Genyomyrus, g. n.
II. Nageoires ventrales, anale et caudale absentes; corps anguilliforme. 11 . Gymnarchus , Cuv.
MORMYROPS, J. Müller.
Ce genre embrasse douze espèces, dont six sont décrites ici pour la première
fois. Avant de passer à la description des types nouveaux, je crois utile de présenter,
en synopsis, les caractères les plus saillants des douze espèces, afin de mieux fixer
les idées sur les rapports et les différences qui existent entre elles.
Je dois prévenir que la longueur totale est prise à l’exclusion de la nageoire
caudale, que la longueur de la tête s’étend jusqu’à l’extrémité de l’opercule et non
pas jusqu’à la fente des ouïes, formée par une expansion cutanée, et que le
pédicule caudal commence ici à l’extrémité de l’anale; le pédicule caudal étant la
3
partie libre de la queue, sans la nageoire caudale, il s’ensuit qu’il doit au contraire
être mesuré à partir de la nageoire dorsale chez les espèces chez lesquelles celle-ci
s’étend en arrière au delà de l’anale. Les initiales D. et A. se rapportent aux
nageoires dorsale et anale, dont le nombre de rayons est indiqué en chiffres.
I. Pédicule caudal 2 à 2 1/2 fois plus long que haut, sa longueur 1/3 à 1/2 fois celle de la tête.
A. 20-35 dents à chaque mâchoire; tête au moins presque 2 fois plus longue que haute; 815-96
écailles à la ligne latérale.
D. 21-27; A. 41-51; 16-18 écailles entourent le pédicule caudal; hauteur
du corps 5 à 6 fois dans la longueur totale ; tête presque 2 fois plus
longue que haute.1. M. deliciosus, Leach.
D. 26-28; A. 39-42; 20 écailles entourent le pédicule caudal; hauteur du
corps 5 à 61/2 fois dans la longueur totale; tête presque 2 fois plus
longue que haute.2. M. anguilloides, L.
D. 26; A. 39; hauteur du corps 7 fois dans la longueur totale; tête
plus de 2 fois plus longue que haute.3. M. longiceps, Gthr.
D. 26; A. 43; hauteur du corps 7 2/3 fois dans la longueur totale;
tête presque 2 fois plus longue que haute.4. M. breviceps, Stdr.
B. 12-16 dents à chaque mâchoire.
1. I). 19-21.
Museau prolongé en tube droit; tête 2 1/2 à 2 3/4 fois plus longue
que haute; A. 36-39; L. lat. 70-74. 5. M. zanclirostris, Gthr.
Museau court, arrondi ; tête 2 fois plus longue que haute ; A. 35-37 ;
L. lat. 80-93. 6. M. engystoma, sp. n.
2. D. 30; museau court, arrondi; tête moins de 2 fois plus longue que haute.
A. 40, commençant un peu en avant de la dorsale et un peu plus près
de la tête que de la caudale.7. M. Masuianus, sp. n.
A. 47, commençant fort en avant de la dorsale et à distance presque
égale du bout du museau et de la caudale.8. M. sirenoides, sp. n.
II. Pédicule caudal pas plus long que haut, sa longueur 1/6 à 1/5 celle de la tête; 12-16 dents à chaque
mâchoire.
D. 29; A. 48; L. lat. 80; hauteur du corps 6 fois dans la longueur
totale.9. M. lineolatus, sp. n.
D. 34-37; A. 50-59; L. lat. 100-105; hauteur du corps 5 1/2 à 6 1/2 fois
dans la longueur totale.10. M. Mariœ, Scliilth.
D. 45; A. 70; L. lat. 102; hauteur du corps un peu plus de 6 fois
dans la longueur totale.11. M. microstoma, sp. n.
D. 43; A. 63; L. lat. 95; hauteur du corps 8 1/2 fois dans la longueur
totale.12. M. cittenuatus, sp. n.
MORMYROPS ENGYSTOMA.
PL I, fi g. 1.
La hauteur du corps est comprise 7 à 7 1/2 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 4 1/2 à 5 fois. La tête est près de deux fois plus longue que
haute, à profil supérieur droit et déclive; le museau est arrondi, dépassant un peu
la bouche, dont la largeur légale à peine les 2/3 de la longueur du museau; les
dents sont échancrées, au nombre de 12 à chaque mâchoire ; l’oeil est très petit,
situé dans le tiers antérieur de la tête, son diamètre est compris 3 fois dans la
longueur du museau, 2 1/2 à 3 fois dans la largeur de l’espace interoculaire. La
nageoire dorsale comprend 19 ou 20 rayons; elle mesure la moitié de la longueur
de l’anale et commence à distance du bout du museau double de la distance de la
racine de la nageoire caudale. La nageoire anale comprend 35 à 37 rayons, commence
4
bien en avant de la dorsale, le 9 me rayon anal correspondant au premier de la
dorsale ; elle est située à distance égale de la tête et de la racine de la nageoire caudale.
La nageoire pectorale est arrondie et mesure les 3/5 de la longueur de la tête, la
ventrale en mesurant les 2/5. La nageoire caudale est assez petite, écailleuse à la
base, à lobes arrondis. Le pédicule caudal est 2 à 2 1/2 fois plus long que haut
et mesure la moitié ou les 3/5 de la longueur de la tête. Les écailles sont au nombre
de 80-93 le long de la ligne latérale, 12-13/20-22 en ligne transversale sur le corps,
18-19 entre la nageoire dorsale et l’anale, 16 autour du pédicule caudal.
La coloration, chez les spécimens conservés, est brun pâle, pointillé de
noirâtre.
Longueur totale : 145 millimètres.
Trois spécimens provenant de Matadi, Bas-Congo.
MORMYROPS MASUIANUS.
PL II, flg. 1.
La hauteur du corps est comprise 6 fois dans la longueur totale, la longueur
de la tête 4 2/3 fois. La tète est 1 2/3 fois plus longue que haute, à profil supérieur
droit et déclive; le museau est arrondi, dépassant un peu la bouche, dont la largeur
excède un peu la longueur du museau; les dents sont tronquées, au nombre de 12
à la mâchoire supérieure, de 14 à l’inférieure; l’oeil est très petit, situé dans le
tiers antérieur de la tête, son diamètre compris 3 fois dans la longueur du museau
et dans la largeur de l’espace inter orbitaire. La nageoire dorsale, à 30 rayons, mesure
les 4/5 de l’anale; son premier rayon est 1 2/3 fois plus éloigné du bout du museau
que de la racine de la nageoire caudale. L’anale, à 40 rayons, commence un peu
en avant, de la dorsale, son 7 me rayon correspondant au premier de celle-ci, et un peu
plus près de la tête que de la racine de la caudale. La pectorale, arrondie, mesure
la moitié de la longueur de la tète, la ventrale seulement le tiers. La caudale est
assez petite, couverte d’écailles, à lobes arrondis. Le pédicule caudal est 2 1/2 fois
plus long que haut et mesure la moitié de la longueur de la tête. 93 écailles le
long de la ligne latérale, 14/20 en série transversale sur le corps, 21 entre la nageoire
dorsale et l’anale, 18 autour du pédicule caudal. Brun pâle.
Cette espèce, que je suis heureux de pouvoir dédier à M. le lieutenant Th. Masui,
est représentée par un spécimen unique, long de 41 centimètres, provenant d’Upoto,
Haut-Congo.
MORMYROPS SIRENOIDES.
PL I, flg. 2.
La hauteur du corps est comprise 7 fois dans la longueur totale, la longueur
de la tête 6 fois. La tête est 1 1/2 fois plus longue que haute, à profil supérieur
droit et déclive; le museau est arrondi et dépasse un peu la bouche, dont la largeur
excède un peu la longueur du museau; les dents sont tronquées, au nombre de 12
à chaque mâchoire; l’œil est très petit, situé dans le tiers antérieur de la tète, son
diamètre est compris 3 fois dans la longueur du museau, 4 fois dans la largeur de
l’espace inter orbitaire. La nageoire dorsale, à 30 rayons, mesure les 2/3 de banale;
la distance qui sépare son premier rayon du bout du museau égale 11/2 fois celle qui
le sépare de la racine de la caudale. L’anale, à 47 rayons, commence bien en avant
de la dorsale, dont le premier rayon correspond au 14 me de l’anale, et à distance presque
égale du bout du museau et de la racine de la caudale. La pectorale, arrondie,
mesure un peu plus de la* moitié de la longueur de la tête, la ventrale seulement le
tiers. La caudale est petite, couverte d’écailles, à lobes arrondis. Le pédicule caudal
est 2 1/2 fois plus long que haut et mesure la moitié de la longueur de la tête.
90 écailles le long de la ligne latérale, 12/19 en série transversale sur le corps,
20 entre la nageoire dorsale et banale, 18 autour du pédicule caudal. Brun foncé,
un peu plus clair en dessous.
Le spécimen unique, mesurant 63 centimètres, provient de Nouvelle-Anvers,
Haut-Congo.
MORMYROPS LINEOLATUS.
PI. II, fig. 2.
La hauteur du corps est comprise 6 fois dans la longueur totale, la longueur
de la tète 5 fois. La tète est 1 3/4 fois plus longue que haute, à profil supérieur
un peu concave; le museau est arrondi; la bouche est terminale, sa largeur égale
la longueur du museau; les dents sont tronquées, au nombre de 16 à chaque
mâchoire; l’oeil est très petit, situé dans le tiers antérieur de la tête, son diamètre
compris 3 fois dans la longueur du museau, 2 1/2 fois dans la largeur de l’espace
inter orbitaire. La dorsale, à 29 rayons, est beaucoup plus haute en avant qu’en
arrière ; sa longueur fait les 3/5 de celle de banale ; la, distance de son premier
rayon du bout du museau égale 1 2/3 fois sa distance de la racine de la caudale.
L’anale, à 48 rayons, commence bien en avant de la dorsale, dont le premier rayon
répond au ll me de banale, et un peu plus près de la tête que de la racine de la
caudale. La pectorale est arrondie et mesure la moitié de la longueur de la tête;
la ventrale n’en mesure que le tiers. La caudale est petite, couverte d’écailles, à
lobes courts et arrondis. Le pédicule caudal n’est pas plus long que haut et mesure
seulement 1/5 de la longueur de la tète. 80 écailles le long de la ligne latérale,
16/20 en série transversale sur le corps, 23 entre la nageoire dorsale et banale, 16
autour du pédicule caudal.
Ce poisson, tel qu’il est conservé, est d’un brun pâle, les côtés du corps
ornés de lignes longitudinales plus foncées suivant les séries d’écailles.
Longueur totale : 40 centimètres.
Un seul spécimen d’Upoto.
MORMYROPS MICROSTOMA.
PL I, flg. 3.
La hauteur du corps est comprise 6 1/3 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 4 2/3 fois. La tête est deux fois plus longue que haute, à profil
supérieur droit; le museau est arrondi, dépassant la bouche, dont la largeur égale
les 2/3 de la longueur du museau ; les dents sont tronquées, au nombre de 14 à
chaque mâchoire; l’œil, de grandeur moyenne, mesure les 2/3 de la longueur du
museau, la moitié de la largeur de l’espace interorbitaire. La dorsale, à 45 rayons,
mesure à peu près les 3/4 de la longueur de l’anale et commence presque deux fois
plus loin du bout du museau que de la racine de la caudale. L’anale, à 70 rayons,
commence bien en avant de la dorsale, le 17 me rayon tombant sous le premier de
celle-ci, et plus, près de la tête que de la racine de la caudale. La pectorale,
arrondie, mesure la moitié de la longueur de la tête, la ventrale le tiers. La
caudale est très petite, écailleuse à la base, à lobes courts et arrondis. Le pédicule
caudal est à peine aussi long que haut, et mesure le sixième de la longueur de
la tête. 102 écailles le long de la ligne latérale, 12/15 en série transversale sur le
corps, 16 entre la nageoire dorsale et l’anale, 14 autour du pédicule caudal.
Le spécimen unique, d’un brun noirâtre, mesure 165 millimètres. Il provient
de Nouvelle-Anvers.
MORMYROPS ATTENUATUS.
PL I, flg. 4.
La hauteur du corps est comprise 8 1/2 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 6 1/2 fois. La tête est près de deux fois plus longue que haute,
à profil supérieur droit et déclive; le museau est arrondi et dépasse un peu la
bouche, dont la largeur égale les 2/3 de la longueur du museau ; les dents sont
tronquées, au nombre de 12 à la mâchoire supérieure, de 14 à l’inférieure ; 1 œil
est petit, situé dans le tiers antérieur de la tète, son diamètre 2 1/2 fois dans la
longueur du museau ou dans la largeur de l’espace inter orbitaire. Dorsale, a 43
rayons, mesurant les 3/4 de la longueur de l’anale, commençant un peu plus près
de la racine de la caudale que de la tête. Anale à 63 rayons, commençant bien en
avant de la dorsale, son 14 me rayon tombant sous le premier de celle-ci, et à distance
égale du bout du museau et de la racine de la caudale. La pectorale, arrondie,
mesure un peu plus de la moitié de la longueur de la tête, la ventrale près des 2/5.
La caudale est très petite, écailleuse à la base, à lobes courts et arrondis. Le
pédicule caudal est à peine aussi long que haut et ne mesure que le sixième de
la longueur de la tête. 95 écailles le long de la ligne latérale, 12/17 en série
transversale sur le corps, 18 entre la nageoire dorsale et l’anale, 16 autour du
pédicule caudal.
Le spécimen unique, provenant d’Upoto, paraît branchâtre, finement ponctué
de brun foncé. Sa longueur totale est de 41 centimètres.
7
MARCUSENIUS, Gill.
Dans l’état actuel de nos connaissances on peut distinguer 13 espèces de ce
genre, dont 3 sont nouvelles.
En voici les caractères principaux :
I. Origine de la nageoire anale en avant de la dorsale.
A- Pédicule caudal 4 à 5 fois plus long que haut.
D. 22-24; A. 30-31; L. lat. 62; 12 séries d’êcailles autour du pédicule
caudal.1. ilf. Marchii, Sauv.
B. Pédicule caudal 2 à 3 fois plus long que haut, entouré de 12 séries d’écailles.
D. 20; A. 25-26; L. lat. 67.2. M. sphecodes, Sauv.
D. 15-18; x4. 25-30; L. lat. 58-64 . 3. ilf. brachyhistius, Gill.
D. 18; A. 22; L. lat. 55.4. ilf. Kingsleyœ, Gthr.
U. 20-21; A. 27-28; L. lat. 46-50; pédicule caudal 3 fois plus long que
haut.5. M. adspersus, Gthr.
D. 20; A. 28; L. lat. 48; pédicule caudal 2 fois plus long que haut. . 6. M. Lhuysii, Stdr.
C. Pédicule caudal 1 1/2 fois plus long que haut, sa longueur la moitié de la longueur de
la tête.
D. 18; A. 23; L. lat. 70; environ 20 écailles autour du pédicule
caudal.7. ilf. pauciradiatus, Stdr.
II. Origine de la nageoire dorsale en avant de l’anale.
A. Pédicule caudal 4 fois plus long que haut.
D. 35; A. 30; L. lat. 55; 16 écailles entourent le pédicule caudal . . 8. M. plagiostoma, sp. n.
B. Pédicule caudal 2 à 3 fois plus long que haut.
D. 38-40; A. 25-27; L. lat. 61-68; 12 écailles entourent le pédicule
caudal, qui est 3 fois plus long que haut.9 . M. Wilverthi, sp. n.
D. 30-36; A. 23-27; L. lat. 65-70; 14 écailles entourent le pédicule
caudal, qui est 2 fois plus long que haut.10. ilf. discorhynchus, Ptrs.
D. 35-36; A. 26; L. lat. 55-60; 12 écailles entourent le pédicule caudal,
qui est 2 1/2 fois plus long que haut.11. ilf. Petherici, sp. n. (Nil).
D. 33; A. 23; L. lat. 60; 12 écailles entourent le pédicule caudal, qui
est 3 fois plus long que haut.12. ilf. psittacus, Blgr.
D. 17-22; A. 20-24; L. lat. 53-60; 16 écailles entourent le pédicule
caudal.13. ilf. Isülori, C. et V.
MARCUSENIUS PLAGIOSTOMA.
PL III, fi g. 1.
La hauteur du corps est comprise 3 fois dans la longueur totale, la longueur
de la tête 5 fois. La tête est aussi longue que haute, à profil supérieur légèrement
concave ; le museau mesure 1 /5 de la longueur de la tête ; la bouche est située
au-dessous du bord antérieur de l’œil, sa largeur est comprise 5 fois dans la
longueur de la tête; les dents sont très petites, faiblement échancrées, au nombre
de 9 à la mâchoire supérieure, de 10 à l’inférieure; les narines sont percées au
niveau du bord inférieur de l’œil, la postérieure très rapprochée de celui-ci; la
longueur de l’œil, qui est médiocrement grand, égale celle du museau et les 2/3
de la largeur interoculaire. La nageoire dorsale contient 35 rayons; sa longueur
égale sa distance de la tête. L’anale, à 30 rayons, naît sous le ll me rayon de la
dorsale, à distance égale de la racine de la ventrale et de celle de la caudale. La
nageoire pectorale est pointue, aussi longue que la tête, 1 2/3 fois plus longue que
8
la ventrale, et atteint au delà de la base de celle-ci. Le pédicule caudal est 4 fois
plus long que haut, et mesure les 3/4 de longueur de la tête. Il y a 55 écailles
le long de la ligne latérale, 15/22 en série transversale sur le corps, 12/15 entre
la nageoire dorsale et l’anale, 16 autour du pédicule caudal.
La coloration, après séjour dans la liqueur conservatrice, est uniformément
brunâtre.
Longueur totale : 17 centimètres.
Trois spécimens de Matadi.
MARCUSENIUS WILVERTHI.
PL IV, flg. 1.
La hauteur du corps est comprise 2 1/2 à 3 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 4 3/4 à 5 fois ; le dos est gibbeux et caréné, à profit convexe
en avant de la nageoire dorsale et concave à la nuque. La tête est aussi longue
que haute, à profil supérieur convexe, à profil inférieur concave ; le museau est
court, mesurant 1/4 à 1/3 de la longueur de la tête; la bouche est terminale ou
subinférieure, bien au-dessous du niveau de l’œil; sa largeur est comprise 3 ou
4 fois dans la longueur de la tête ; le menton porte un fort renflement globuleux ;
les dents sont extrêmement petites, presque cachées dans la muqueuse, tronquées
ou faiblement échancrées, au nombre de 3 à la mâchoire supérieure et de 6 à
l’inférieure; les narines sont situées dans la seconde moitié du museau, la postérieure
un peu plus bas que l’antérieure, au niveau du centre de l’œil; celui-ci est de
grandeur moyenne, mesurant les 2/3 ou les 3/4 de la longueur du museau ou de
la largeur inter orbitaire. La longueur de la nageoire dorsale, formée de 38 à 40
rayons, égale 1 2/3 à 1 3/4 fois celle de l’anale, ou la distance qui la sépare de
la tête. La nageoire anale, à 25 à 27 rayons, commence sous le 12 me ou 14 me rayon
de la dorsale, un peu plus près de la racine de la ventrale que de celle de la
caudale. La nageoire pectorale est pointue, un peu plus courte que la tête, 1 1/2
à 1 2/3 fois la longueur de la ventrale, s’étendant au delà de la base de
celle-ci. La nageoire caudale est aux 2/3 écailleuse et ses lobes sont pointus. Le
pédicule caudal est 3 fois plus long que haut, sa longueur égale les 4/5 de celle
de la tête. 61-68 écailles sur la ligne latérale, 20-21/20-21 en série transversale sur
le corps, 12-14/13-14 entre la nageoire dorsale et l’anale, 12 autour du pédicule
caudal.
V
Ce poisson, qui paraît avoir été d’une couleur jaunâtre uniforme, atteint une
longueur totale de 26 centimètres.
Plusieurs exemplaires, recueillis à Matadi et à Upoto, ont été rapportés par
M. le lieutenant Wilverth, auquel je me plais à dédier cette espèce en témoignage
du succès de sa mission.
9
S T 0 MAT 0 RIi IN U S, g. n.
Ce genre est établi pour le Mormyrus Walkeri, G-thr., de l’Ogowe, et l’espèce
suivante, qui se distinguent des Marcusenius par la position des narines, les deux
orifices de chaque côté étant superposés et l’inférieur très rapproché de la bouche.
STOMATORHINUS MICROPS.
PL IV, flg. 2.
Corps subcylindrique, sa hauteur 4 à 4 1/2 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tète y étant comprise 4 fois. La tête est d’un quart ou d’un tiers
plus longue que haute; le museau est arrondi et entre pour 1/4 ou 2/7 dans la
longueur de la tète; la bouche est petite, située en dessous, mais en avant des
yeux, sa largeur comprise 5 ou 6 fois dans la longueur de la tète; les dents sont
petites, bicuspides, au nombre de 7 à la mâchoire supérieure, de 8 à l’inférieure;
l’oeil est extrêmement petit, et presque caché sous la peau. La nageoire dorsale
comprend 18 à 20 rayons, sa longueur est à peu près la moitié de la distance qui
la sépare de la tête. La nageoire anale comprend 20 à 22 rayons, elle est plus
rapprochée de la caudale que de la ventrale. La nageoire pectorale est obtusément
pointue et mesure les 2/3 de la longueur de la tète, 1 2/3 fois la longueur de la
ventrale, au delà de la base de laquelle elle s’étend un peu. Les lobes de la
nageoire caudale sont arrondis. Le pédicule caudal est 2 fois aussi long que haut
et mesure la moitié de la longueur de la tête. 48-50 écaillés le long de la ligne
latérale, 7-8/14-15 en série transversale sur le corps, 8/9-10 entre la nageoire
dorsale et l’anale, 16 autour du pédicule caudal.
Petite espèce incolore mesurant 9 centimètres.
Plusieurs exemplaires de Borna et de Matadi, Bas-Congo, et de la région des
Cataractes (Manyanga).
Cette espèce se distingue de S. Walkeri par l’oeil plus petit, le pédicule
caudal plus court et le nombre moindre de rayons à la nageoire anale.
MYOMYRUS, g. n.
Ce genre est bien caractérisé par sa dentition : 5 ou 6 petites dents coniques à la
mâchoire supérieure, 6 dents comprimées à la mâchoire inférieure, la paire médiane
grande et en forme d’incisives. Les narines sont très rapprochées l’une de l’autre
et éloignées de l’oeil. Le corps est court et la nageoire dorsale est beaucoup plus
longue que l’anale.
Espèce unique.
Novembre 1898. 2
10
MYOMYRUS MACRODON.
PL VII, fig. 1.
La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise 4 1/3 à
4 2/3 fois dans la longueur totale. La tête est 1/5 ou 1/4 plus longue que haute;
son profil supérieur est légèrement concave; le museau est court, dépassant beaucoup
la bouche, mesurant les 2/7 de la longueur de la tète; la t bouche est petite, située
en dessous mais antérieure à l’œil, sa largeur comprise 6 fois dans la longueur de
la tête; les narines sont situées au dessous du niveau de l’œil, plus rapprochées
du bout du museau que de celui-ci, qui est très petit, mesurant le 1/4 de l’espèce
interorbitaire. 41 ou 42 rayons de la dorsale, dont la longueur excède légèrement
la distance qui la sépare du bout du museau. 30 rayons à l’anale, le premier
correspondant au 13 me de la dorsale et un peu plus rapproché de la caudale que de
la ventrale. La nageoire pectorale, obtusément pointue, égale les 2/3 de la longueur
de la tête et 1 1/3 lois celle de la ventrale, dont elle atteint la racine. La nageoire
caudale, couverte d’écailles, a les lobes arrondis. Le pédicule caudal est 3 fois plus
long que haut et égale les 3/5 de la longueur de la tête. 88-90 écailles le long
de la ligne latérale, 19-20/24-25 en ligne transversale sur le corps, 11/15 entre la
nageoire dorsale et l’anale, 20 autour du pédicule caudal.
La coloration, chez les spécimens conservés, est d’un brun pâle en dessus,
blanchâtre en dessous.
Longueur totale : 24 centimètres.
Deux exemplaires de Matadi.
GNATHONEMUS, Gill.
14 espèces de ce genre sont connues, dont 7 du Congo. Il y a lieu d’en
ajouter 5 nouvelles, non des moins remarquables. Voici d’ailleurs un tableau synoptique
de toutes les espèces.
I. Museau plus court que la région postoculaire de la tête.
A. Nageoire anale commençant plus ou moins en avant de la dorsale.
1. D. 18-25.
a. Dents échancrées.
I). 18-20; A. 26-28; pas d’appendice au menton; L. lat. 51-56; 12 écailles
entourent le pédicule caudal. I. G. niger, Gthr.
D. 22; A. 28; un long appendice pointu au menton; L. lat. 58 . . . 2. G. longibarbis, Hilg.
D. 20-25; A. 25-29; un renflement globuleux au menton; L. lat. 43-49;
8 écailles entourent le pédicule caudal. 3. G. Moorii, Gthr.
D. 23; A. 34; un renflement globuleux au menton; L. lat. 58; 12
écailles entourent le pédicule caudal.. 4. G. Bentleyi, Blgr.
b. Dents coniques.
D. 23-24; A. 28-32; un renflement globuleux au menton; L. lat. 56-62;
14-16 écailles entourent le pédicule caudal.5 .G. macrolepidotus, Ptrs.
11
2. D. 26-33.
a. Dents coniques ; un renflement globuleux au menton.
D. 26-28; A. 32-35; L. lat. 70-86; 16 écailles entourent le pédicule
caudal.6. G. cyprinoides, L.
D. 26-28; A. 31-36; L. lat. 66-72; 12 écailles entourent le pédicule
caudal.7. G. senegalensis, Stdr.
D. 28-31; A. 37-40; L. lat. 70-80; 12 écailles entourent le pédicule
caudal.8. G. Stanleyanus, Blgr.
b. Dents échancrées.
D. 29-33; A. 36; un renflement globuleux au menton; L. lat. 84-85;
12 écailles entourent le pédicule caudal. 9. G. mento, Blgr.
D. 29-30; A. 36-38; un appendice arrondi au menton, mesurant le
diamètre de l’œil; L. lat. 78-80; 12 écailles entourent le pédicule
caudal.10. G. Monteiri, Gtlir.
D. 27-29; A. 34-38; un long appendice conique au menton, un peu
plus long que le museau; L. lat. 63-70; 8 écailles entourent le
pédicule caudal.il. G. Petersii, Gthr.
B. Nageoire dorsale commençant un peu en avant do l’anale.
D. 28; A. 30; un renflement globuleux au menton; L. lat. 55; 12
écailles entourent le pédicule caudal. 12. G. Ussheri, Gthr.
I). 35; A. 31; un court appendice conique au menton; L. lat. 80; 8
écailles entourent le pédicule caudal.13. G. Gresshofjî, Schilth.
II. Museau beaucoup plus long que la région postoculaire de la tête, tubiforme ; un appendice ou
barbillon au menton.
A. 12 écailles entourent le pédicule caudal.
D. 26-30; A. 30-33; longueur du museau 4 à 5 fois son moindre
diamètre vertical ; appendice du menton environ aussi long que l’œil. 14. G. tamandua, Gthr.
D. 34; A. 35; longueur du museau 3 fois son moindre diamètre vertical;
appendice du menton mesurant les 3/4 de la longueur du museau . 15. G. mirus, sp. n.
D. 33; A. 34-36; museau dirigé en bas, sa longueur 3 à 4 fois son
moindre diamètre vertical ; appendice du menton environ aussi long
que l’œil.16. G. elephcis, sp. n.
B. 16-18 écailles entourent le pédicule caudal; appendice du menton court.
D. 28-31; A. 31-35; museau fortement courbé, sa longueur 5 1/2 à 7 fois
son moindre diamètre.17. G. rhynchophorus, sp. n.
D. 32; A. 36; museau fortement courbé, sa longueur 12 fois son
moindre diamètre.18. G. curvirostris, sp. n.
D. 34 ; A. 36 ; museau à peine courbé, sa longueur 20 fois son
moindre diamètre.19. G. numenius, sp. n.
GNATHONEMUS MIRUS.
PI. III, fig. 2,
La hauteur du corps est comprise 3 1/2 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 4 fois. Le profil supérieur de la tête descend en forte courbe;
le museau est très prolongé en tube fortement comprimé et courbé, sa longueur est
le double de celle de la région postoculaire de la tête et le triple de sa moindre
hauteur, qui est le double du diamètre de l’oeil; ce dernier est compris une fois et
demie dans la largeur de la région interorbitaire; le menton porte un long appendice
comprimé, atténué, mesurant presque les trois quarts de la longueur du museau;
la bouche, très petite, n’a qu’un petit nombre de dents minuscules et coniques : 3 à
la mâchoire supérieure, 4 à l’inférieure. La nageoire dorsale est composée de 34
rayons, le premier tombant au-dessus du 4 mo de l’anale; la longueur de sa base
est comprise une fois et demie dans la distance qui la sépare de la tête.
La nageoire anale, composée de 35 rayons, est située à distance égale des
12
nageoires ventrales et de la caudale. La nageoire pectorale est pointue, mesure les
2/3 environ de la longueur de la tête, le double de la longueur de la ventrale
et s’étend au delà de la base de celle-ci. La nageoire caudale est en grande partie
couverte de petites écailles et les lobes en sont pointus. Le pédicule caudal est
3 fois plus long que liant et mesure les 2/S de la longueur de la tète. 78 écailles le
long de la ligne latérale, 17/25 en série transversale sur le corps, -20/18 entre la
nageoire dorsale et l’anale, 12 autour du pédicule caudal. Uniformément brunâtre.
Le spécimen unique, d’Upoto, mesure 32 centimètres de longueur totale.
GNATHONEMUS ELEPI1AS.
PL Y, flg. 1.
La hauteur du corps est comprise 3 2/3 à 3 3/4 fois dans la longueur totale,
la longueur de la tête 4 à 4 1/4 fois. Le profil supérieur de la tète descend en
très forte courbe; le museau est très prolongé en tube, fortement comprimé, dirigé
en bas, ce qui rappelle la trompe d’éléphant et justifie le nom choisi pour désigner
cette espèce nouvelle; la longueur du museau est près du double de celle de la
région postoculaire de la tête et 3 ou 4 fois son moindre diamètre (perpendiculaire
à l’axe), ce dernier égalant une fois et demie le diamètre de l’œil; la largeur de la
région interorbitaire égale une fois et demie le diamètre de l’œil; Un court appendice
charnu, très obtus, sous la mâchoire inférieure, cet appendice n’étant guère plus
long que le diamètre de l’œil; la bouche est très petite, trois dents minuscules et
coniques à la mâchoire supérieure, quatre à l’inférieure. La nageoire dorsale, à 33
rayons, commence au-dessus du 5 me rayon de l’anale et sa longueur dépasse d’un
tiers ou de 2/5 la distance qui la sépare de la tête. L’anale, à 34-36 rayons, est à
distance égale de la ventrale et de la caudale. La nageoire pectorale est pointue, à
peine plus courte que la tète, deux fois plus longue que la ventrale et s’étend au
delà de la base de celle-ci. La nageoire caudale est en grande partie couverte de
petites écailles et les lobes en sont pointus. Le pédicule caudal est 3 fois plus long
que haut et aussi long que la tète ou un peu plus court. 80 écailles le long de la
ligne latérale, 15/23 en série transversale sur le corps, 16-18/15-16 entre la nageoire
dorsale et l’anale, 12 autour du pédicule caudal. Uniformément brunâtre.
Longueur totale : 40 centimètres.
Deux spécimens d’Upoto. Nom indigène : Anke.
GNATHONEMUS RHYNCHOPHQRUS:
pi. v, flg. 2 .
La hauteur du corps égale la longueur de la tète et est comprise 3 4/5 à
4 fois dans la longueur totale. Le profil supérieur de la tète descend en forte courbe;
le museau est très prolongé en tube, fortement comprimé, courbé, sa longueur 2 ou
13
2 1/3 fois plus grande que la longueur de la région postoculaire de la tète, 5 1/2
à / fois son moindre diamètre perpendiculaire à l’axe, ce dernier presque égal au
diamètre de 1 œil ; la largeur de la région interorbitaire égale une fois et demie le
diamètre de l’œil; un appendice comprimé, à peu près aussi long que l’œil, sous
la mâchoire inférieure; la bouche est très petite; cinq dents minuscules et coniques
à la mâchoire supérieure, quatre à l’inférieure. La nageoire dorsale, à 28-31 rayons,
commence au-dessus du 6 me ou 7 me rayon de l’anale et sa longueur dépasse de moitié
ou de 3/4 la distance qui la sépare de la tète. L’anale, à 31-35 rayons, est à peu
près a distance égale de la ventrale et de la, caudale. La nageoire pectorale est
obtusément pointue, de moitié plus courte que la tète et s’étend au delà de la racine
de la ventrale. La nageoire caudale est en grande partie couverte de petites écailles
et les lobes en sont pointus. Le pédicule caudal est 3 a 3 1/2 fois plus long que
haut et mesure la moitié ou les 2/3 de la longueur de la tète. 75 à 85 écailles
le long de la ligne latérale, 18-21/31-32 en série transversale sur le corps, 20-23/20-23
entre la nageoire dorsale et l’anale, 18 autour du pédicule caudal.
La couleur, chez les individus conservés, est d’un brun pâle, avec une
bande foncée très indistincte s’étendant en travers entre la nageoire dorsale et l’anale,
système de coloration que l’on retrouve chez G. tamandua, Gthr., espèce voisine
qui se distingue de la présente par le museau plus court et les écailles plus grandes
et par suite moins nombreuses eu travers du corps et autour du pédicule caudal.
Quatre spécimens d Upoto. Le plus grand mesure 38 centimètres.
GNATIIONEMUS CURVIROSTRIS.
PL YI, fig. 1.
La hauteur du corps est comprise 4 2/3 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tète 3 1/2 fois. Le profil supérieur de la tète descend en forte courbe;
le museau est très prolongé en tube fortement comprimé et courbé, sa longueur
égale 3 1/2 fois la longueur de la région postoculaire de la tète et 12 fois sou
moindre diamètre (perpendiculaire à l’axe), ce dernier excédant un peu le diamètre
de l’œil; la largeur de la région interorbitaire est presque le double du diamètre de
l’œil; l’appendice charnu du menton est comprimé, sa longueur égale une fois et
demie le diamètre de l’œil; la bouche est très petite; les dents, minuscules et coniques,
sont au nombre de 3 à la mâchoire supérieure, de 4 à l’inférieure. La nageoire
dorsale, à 32 rayons, commence au-dessus du 10 me rayon de l’anale et sa longueur
dépasse de moitié la distance qui la sépare de la tète. L’anale, à 36 rayons, est
située à distance égale de la ventrale et de la caudale. La nageoire pectorale est
pointue, de moitié plus courte que la tête, et s’étend au delà de la base de la
ventrale, qui ne mesure que le quart de la longueur de la tète. La nageoire caudale
est en grande partie couverte tle petites écailles et les lobes en sont pointus. Le
pédicule caudal est 4 fois plus long que haut et mesure plus de la moitié de la
14
tête. 90 écailles le long de la ligne latérale, 18/22 en série transversale sur le corps,
18/17 entre la nageoire dorsale et l’anale, 16 autour du pédicule caudal.
Le spécimen unique, de Matadi, long de 37 centimètres, est brunâtre en dessus,
blanchâtre en dessous.
GNATHONEMUS NUMENIUS.
PL VI, fi g. 2.
La hauteur du corps est comprise 4 2/3 à 5 fois dans la longueur totale,
la longueur de la tête 2 2/5 à 2 1/2 fois. Le profil supérieur de la tête est convexe;
le museau est prolongé en un tube extrêmement long, comprimé, faiblement courbé,
rappelant par sa forme le bec du Courlis (. Numenius ) ; sa longueur est 5 à 5 1/2
fois plus grande que celle de la région postoculaire de la tête et 20 fois son moindre
diamètre vertical, qui égale le diamètre de l’oeil ; la largeur de la région interoculaire
égale une fois et demie le diamètre de l’œil; un appendice cutané, comprimé à la
mâchoire inférieure, presque aussi long que l’œil; la bouche est très petite; les dents,
très petites et coniques, sont au nombre de 7 à la mâchoire supérieure, de 4 ou
de 6 à l’inférieure. La nageoire dorsale, à 32 rayons, commence au-dessus du 8 me
ou du 9 me rayon de l’anale et sa longueur est comprise une fois et 3/4 dans la
distance qui la sépare de la tête. L’anale, à 36 rayons, est à distance égale de la
ventrale et de la caudale. La nageoire pectorale est pointue, mesure le tiers de la
longueur de la tête, près du double de la longueur de la ventrale, et atteint presque
l’extrémité de celle-ci. La nageoire caudale est en grande partie couverte de petites
écailles et les lobes en sont obtusément pointus. Le pédicule caudal est 3 fois plus
long que haut et sa longueur est comprise un peu moins de 3 fois dans celle de
la tète. 79-81 écailles le long de la ligne latérale, 18/24-25 en série transversale sur
le corps, 19/17-18 entre la nageoire dorsale et l’anale, 16 autour du pédicule caudal.
Brunâtre en dessus, blanchâtre en dessous.
Longueur totale : 61 centimètres.
Deux spécimens d’Upoto. Nom indigène : Mondungu.
MORMYRUS, Linné.
Le genre Mormyre proprement dit embrasse 10 espèces connues, dont 2 ont
été rencontrées dans le Congo. Il y a lieu, après étude de la collection Wilverth,
d’en ajouter 3 nouvelles, dont la place est indiquée dans le tableau suivant :
I. Museau ne mesurant pas plus du tiers de la longueur de la tête.
A. Nageoire dorsale commençant en avant de la base des .ventrales ; nageoire pectorale arrondie.
D. 70; A. 18; pédicule caudal 2 fois plus long que haut, mesurant,
ainsi que la pectorale, la moitié de la longueur de la tête ... 1. M. Hasselquistn, Geoffr.
15
D. 62-66; A. 18-20; pédicule caudal 2 fois plus long que haut, mesurant
près de la moitié de la longueur de la tête; pectorale mesurant les
2/3 de la longueur de la tête. 2. 31. Anchietœ, Guimaraes.
B. Doisale commençant au-dessus de la base des ventrales; pectorale pointue, mesurant au moins
les 3/4 de la longueur de la tête; pédicule caudal 2 1/2 fois plus long que haut, mesurant les 3/4
ou les 4/5 de la longueur de la tête.
D. 65; A. 21; œil presque aussi long que le museau.3. 31. macrophthalmus, Gtlir.
I). 53; A. 23; museau 2 fois plus long que l’œil. 4 , m. ovis, sp. n.
II. Museau mesurant au moins les 2/5 de la longueur de la tête.
A. Dorsale commençant au-dessus ou en avant de la base des ventrales.
1. Pédicule caudal 1 3/4 à 2 1/2 fois plus long que haut, mesurant au moins la moitié de la
longueur de la tête.
a. D. 80-87; A. 17-20.
a. Pectorale pointue, mesurant plus de la moitié de la longueur de la tête.
Longueur de la tête non supérieure à la hauteur du corps; profil
supérieur de la tête droit ou faiblement courbé; 26-30 écailles
entourent le pédicule caudal, qui est 2 fois plus long que haut et
mesure la moitié de la longueur de la tête. 5. 31. caschive , Hasselq
Longueur de la tête supérieure à la hauteur du corps ; profil
supérieur du museau légèrement concave. 6 . 31. niloticus, Bl. Schn.
Longueur de la tête non supérieure à la hauteur du corps ; profil
supérieur de la tête droit; pédicule caudal plus de 2 fois plus long
que haut.7 .31. Jubelini, C. et V.
p. Pectorale arrondie, mesurant la moitié de la longueur
de la tête; profil de la tête droit. s 31 rume C et V
b. D. 58-78.
D. 71-78, 5 à 5 1/2 fois plus longue que l’anale; A. 18-20; pectorale
pointue, mesurant les 3/5 ou les 2/3 de la longueur de la tête; 22-26
écailles entourent le pédicule caudal. 9. 31. longirostris Ptrs
D. 58-66, 4 à 4 1/2 fois plus longue que l’anale; A. 18-21; pectorale
pointue, mesurent les 2/3 ou les 3/4 de la longueur de la tête; 26-28
écailles entourent le pédicule caudal. 10 w lutnrmmp vnwV
D. 62, 3 fois plus longue que l’anale; A. 23; pectorale arrondie,
mesurant à peine la moitié de la longueur de la tête; 12 écailles
entourent le pédicule caudal.n 31. caballus, sp. n.
2. Pédicule caudal 1 1/2 fois plus long que haut, mesurant le tiers de la longueur de la tête.
D. 75, 5 fois plus longue que l’anale; A. 19; pectorale pointue,
mesurant près de la moitié de la longueur de la tête; 18 écailles
entourent le pédicule caudal. 12. M. proboscirostris sp n
B. Dorsale commençant en arrière des ventrales; A. 20. 13 . 31 . tenuirostris Ptrs.
MORMYRUS OVIS.
PI. VII, fig. 2.
La hauteur du corps est comprise 4 fois dans la longueur totale, la longueur
de la tête 4 3/4 fois. La tête est d un quart plus longue que haute, à profil
supérieur fortement courbé, rappelant par sa forme la tète du mouton; le museau
est court, mesurant les 2/3 de la longueur de la région postoculaire de la tête ; la
bouche est petite et terminale; les dents, très petites et à bord écliancré, sont au
nombre de 5 à la mâchoire supérieure, de 8 à l’inférieure. La nageoire dorsale
comprend 53 rayons, commence au-dessus de la racine des ventrales, dépasse un
peu en longueur la distance qui la sépare du bout du museau, et mesure 2 2/3
fois la longueur de l’anale. Celle-ci compte 23 rayons et commence un peu plus
près de la tête que de la racine de la caudale, La nageoire pectorale est obtusément
pointue et mesure les 3/4 de la longueur de la tête, tandis que la ventrale en
IG
mesure les 3/5. La nageoire caudale, à lobes obtusément pointus, est aussi longue
que la tète. Le pédicule caudal est 2 1 /2 fois plus long que haut et mesure les
3/4 de la longueur de la tète. Il y a 92 écailles le long de ligne latérale, 26/18 en
série transversale sur le corps, 29 entre la nageoire dorsale et l’anale, 16 autour
du pédicule caudal.
Le spécimen unique, long de 29 centimètres, est uniformément roussâtre
après séjour dans la liqueur conservatrice. Il a été recueilli à Upoto.
MORMYRUS CABALLUS.
PL VIII, flg. 1.
La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise 3 3/5 fois
dans la longueur totale. Le profil supérieur de la tète descend en ligne courbe; le
museau est prolongé, aussi long que la région postoculaire de la tète, et mesure
2 fois son moindre diamètre vertical; la bouche est très petite, terminale, cachée
sous des lèvres épaisses ; les dents sont petites, à bord échancré, au nombre de 7
à la mâchoire supérieure, de 10 à l’inférieure; l’oeil est de grandeur moyenne, son
diamètre est compris 4 fois dans la longueur du museau, 1 1/2 fois dans la largeur
de l’espace interoculaire. La nageoire dorsale, à 62 rayons, commence au-dessus
de la racine des ventrales, égale en longueur la distance qui la sépare du bout du
museau et mesure 3 fois la longueur de l’anale. Celle-ci, à 23 rayons, commence à
distance égale de la tête et de la nageoire caudale. La nageoire pectorale est
arrondie, mesure à peine la moitié de la longueur de la tête, tandis que la ventrale
en mesure les 2/5. La nageoire caudale est couverte de petites écailles et les lobes
en sont obtusément pointus. Le pédicule caudal est 2 1/2 fois plus long que haut
et mesure la moitié de la longueur de la tête. 85 écailles le long de la ligne
latérale, 30/28 en série transversale sur le corps, 32 entre la nageoire dorsale et
l’anale, 12 autour du pédicule caudal.
Autant qu’il est possible d’en juger dans l’état présent de conservation, le
spécimen unique est d’un gris bleuâtre en dessus, d’un rose vineux en dessous; les
nageoires sont roses.
Longueur totale : 50 centimètres. Upoto. Nom indigène : Modobudola.
MORMYRUS PROBOSCIROSTRIS.
PI. VIII, fig. 2.
La hauteur du corps est comprise 4 1/4 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 3 3/4 fois. Le profil supérieur de la tête descend en ligne
courbe; le museau est très prolongé, rappelant une trompe, sa longueur excède un
peu celle de la région postoculaire de la tête et mesure 4 1/2 son moindre diamètre
vertical; la bouche est très petite, terminale, cachée sous des lèvres épaisses; les
17
dents sont tiès petites, à bord echancre, au nombre de à la mâchoire supérieure,
de 1~ a 1 infeiieure, 1 oeil est petit, son diamètre est compris 7 1/2 fois dans la
longueur du museau, 2 lois dans la largeur de la région inter oculaire. La nageoire
doisale, a /5 rayons, commence en avant de la racine des ventrales; sa longueur
est près de 5 fois plus grande que celle de l’anale et dépasse d’un quart la distance
qui la sepaie du bout du museau. L anale, à 19 rayons, commence à distance égale
de la base de la pectorale et de celle de la caudale. La pectorale est obtusément
pointue et mesure la moitié de la longueur de la tête, la ventrale en mesure le
tiers. La caudale est couverte de petites écailles et les lobes en sont arrondis. Le
pédicule caudal est 1 1/2 lois plus long que haut, il mesure moins du tiers de la
longueui de la tète. 95 écailles le long de la ligne latérale, 21/28 en série
transversale sur le corps, 32 entre la dorsale et l’anale, 18 autour du pédicule
caudal.
La coloration du spécimen unique paraît rosâtre, avec une large bande gris
bleuâtre s’étendant tout le long du corps et de la queue.
Longueur totale : 57 centimètres.
Upoto.
GENYOMYRUS, g. n.
Ce genre nouveau réunit les principaux caractères des Gnathonemus, mais
en diffère, ainsi que de tous les autres genres de la famille des Mormyres, par les
dents premaxillaires et mandibulaires non unisériées mais disposées irrégulièrement
en plusieurs rangées, formant une râpe; ces dents, comme celles qui arment le
paiasphénoïde et la langue, son très petites, grêles, coniques, en partie cachées
sous les muqueuses.
En dédiant l’espèce type à M. le général Donny, président de la Société
d Études coloniales, je rends hommage à 1 initiative éclairée à laquelle nous devons
la première collection importante des poissons du Congo. Combien la formation d’une
telle collection s imposait, les nombreuses espèces nouvelles et curieuses décrites
dans ce fascicule et dans les deux qui lui feront suite le démontrent.
GENYOMYRUS DONNYI.
PL IX.
La hauteur du corps est comprise 3 1/3 à 4 fois dans la longueur totale,
la longueur de la tête 4 à 4 1/3 fois. La tête est une demi-fois plus longue que
haute, le profil supérieur en est droit ou légèrement convexe; le museau est rétréci,
prolongé, sa longueur 2 1/2 à 3 fois sa moindre hauteur; la bouche est terminale;
le menton porte un appendice cutané atténué en pointe, dont la longueur égale
presque celle du museau; cet appendice est dirigé en avant; l’oeil, de grandeur
Novembre 1898. q
18
moyenne, occupe le milieu de la largeur de la tête, son diamètre est compris 3 1/2
fois dans la longueur du museau et 2 fois dans la largeur de l’espace interoculaire.
La nageoire dorsale se compose de 31-34 rayons; elle commence légèrement en
arrière (au-dessus du 2 me ou 4 me rayon) de l’origine de l’anale et sa longueur égale
1 1/2 à 1 2/3 fois la distance qui la sépare de la tête. La nageoire anale comprend
36-38 rayons; elle est située à distance égale de l’extrémité de la ventrale et de
la racine de la caudale. La, nageoire pectorale est obtusément pointue; elle mesure
les 2/3 de la longueur de la tète, un peu plus du double de la longueur de la
ventrale, et s’étend au delà de la racine de celle-ci. La nageoire caudale est couverte
de petites écailles et les lobes en sont arrondis. Le pédicule caudal est 3 lois plus
long que haut et mesure un peu plus de la moitié de la longueur de la tête. Il y a
79-82 écailles le long de la ligne latérale, 17-18/20-26 en série transversale sur le
corps, 14-15/13-14 entre la nageoire dorsale et l’anale, 12 autour du pédicule
caudal.
Les spécimens conservés sont d’un brun roussâtre.
Longueur totale : 45 centimètres. Nom indigène : Dcinki.
Troiç spécimens ont été recueillis à Upoto, localité située sur le Congo, par
environ 2° N. et 21°30’ E. de Greenwich, qui a fourni la plupart des nouveautés
décrites dans ce travail. En effet, des 19 espèces, 11 sont fondées sur des sujets
recueillis exclusivement à Upoto, tandis qu’une 12 me se trouve aussi dans le Bas-Congo
(Matadi). Des types des 7 autres espèces, 4 proviennent de Matadi, 2 de N lle -Anvers,
et une de Borna, Matadi et Manyanga.
Dans la liste suivante des espèces connues du Congo j’ai indiqué par des
numéros entre parenthèses la provenance des Mormyres rapportés par les officiers
au service de l’État ; ces numéros correspondent aux localités où ils ont été récoltés :
1. Borna )
2. Matadi ' BaS ' C ° ng °'
3. Manyanga. Bief dans la région des Cataractes.
4. Léopoldville i
5. N lle -Anvers Haut-Congo.
6. Upoto )
L I S T K I) E S ESPECES I) U
C 0 N G O
MORMYRIDÆ.
1. Mormyrops, J. Müll.
1. deliciosus, Leacli. (4,6).
2. engystoma, Bïgr. (2).
3. Masuianus, Blgr. (6).
4. sirenoides, Blgr. (5).
5. hneolatns, Blgr. (6).
6. Mariæ, Schilth. (2) .
7. microstoma, Blgr. (5).
8. attenuatus, Blgr. (6).
2. Petrocephalus, Marcus.
1. Sauvagii, Blgr. (2).
2. Balayi, Sauv. (2).
3. Marcusenius, Bill.
1. brachyhistius, Bill. (2).
2. plagiostoma, Blgr. (2).
3. Wilverthi, Blgr. (2, 6).
4. psittacus, Blgr. (2).
4. Stomatorhinus, Blgr.
1. microps, Blgr. (1, 2, 3).
5. Myomyrus, Blgr.
1. macrodon, Blgr. (2).
6. Bnathonemus, Bill.
1. Moorii, Bthr. (2).
2. Bentleyi, Blgr.
3. cyprinoides, L.
4. Stanleyanus, Blgr. (2,6.).
5. Petersii, Bthr.
6. Breshoffi, Schilth.
7. tamandua, Bthr. (6).
8. mi rus, Blgr. (6).
9. elephas, Blgr. (6).
10. rhynchophorus, Blgr. (6).
11. curvirostris, Blgr. (2).
12. numenius, Blgr. (6).
7. Mormyrus, L.
1. ovis. Blgr. (6).
2. caschive, Hasselq.
3. longirostris, Ptrs.
4. caballus, Blgr. (6).
5. proboscirostris, Blgr. (6).
8. Benyomyrus, Blgr.
1. Donnyi, Blgr. (6).
20
EXPLICATION DES PLANCHES
PL. I.
Fig. 1.
« 2 .
» 3.
» 4.
Mormyrops engystoma, p. 3. Grandeur naturelle.
sirenoides, p. 4. Réduit aux 7/8 de la longueur,
microstoma, p. 6. Grandeur naturelle.
attenuatus, p. 6.
PL. IL
Fig. 1. Mormyrops Masuianus, p. 4. Grandeur naturelle.
» 2. « lineolatus, p. 5. » «
PL. III.
Fig. 1. Marcusenius plagiostoma, p. 7. Grandeur naturelle.
« 2. Gnathonemus miras, p. il. Réduit aux 7/8 de la longueur.
PL. IV.
Fig. 1. Marcusenius Wilverthi, p. 8. Grandeur naturelle.
» la. » » Tête vue de face.
» 2. Stomatorhinus microps, p. 9. Grandeur naturelle.
» 2a. « « Tête vue en dessous.
pl. v.
Fig. 1. Gnatlionemus elephas, p. 12. Réduit aux 9/10 de la longueur.
” 2. » rhynchophorus, p. 12. Réduit aux 9/10 de la longueur.
PL. YI.
Fig. 1. Gnathonemus curvirostris, p. 13. Grandeur naturelle.
» la. « numenius, p. 14. Réduit aux 3/4 de la longueur.
PL. VII.
Fig. 1. Myomyrus macrodon, p. 10. Grandeur naturelle, et museau et
bouche vus en dessous.
» 2. Mormyrus ovis, p. 15. Réduit aux 7/9 de la longueur.
PL. VIII.
Fig. 1. Mormyrus caballus, p. 16. Réduit aux 7/10 de la longueur.
» 2. « proboscirostris, p. 16. « » «
PL. IX.
Genyomyrus Donnyi, p. 17. Grandeur naturelle, avec squelette et vue de
la bouche ouverte pour montrer la dentition.
G. A. BOULENGER
POISSONS NOUVEAUX DU CONGO
DEUXIEME PARTIE
ELOPES, CHARAC1NS, CYPRINS
¥
E LO PI D/E
ELOPS,
Linné.
Ce genre, dernier* vestige d’un groupe très répandu à l’époque Crétacée,
renfermait deux espèces seulement : E. saur us, L., des mers tropicales et
subtropicales, et E. lacerta, C. et XL, du Sénégal. La collection faite par MM. les
lieutenants Wilverth, Wagenaar et De Bauw permet d’ajouter une troisième espèce,
intermédiaire par la grandeur de ses écailles aux deux déjà connues.
ELOPS CONG-ICUS.
PL X, fig. 1.
La hauteur du corps est comprise 5 1/3 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tète 4 3/4. L’œil, dont la paupière adipeuse est fort développée,
égale le museau en longueur, excède un peu l’espace interoculaire, et est compris
Décembre 1898.
4
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22
4 fois dans la longueur de la tète ; la mâchoire inférieure dépasse fortement le
museau ; le maxillaire s’étend au delà du bord postérieur de l’œil, son diamètre
maximum est compris 4 fois dans sa longueur ; les dents sont extrêmement petites ;
l’espace interorbitaire est concave, avec deux paires d’arêtes assez saillantes ; les
rayons branchiostèges sont au nombre de 24 ; la plaque gulaire ou os de l’isthme
est allongée, sa plus grande largeur étant comprise près de 5 fois dans sa longueur;
les râtelures branchiales sont plus longues que les filaments branchiaux, on en
compte 17 à la branche inférieure du premier arceau ; les branchies operculaires
sont longues et très développées. La nageoire dorsale est située à égale distance de
la tète et de la racine de la nageoire caudale et commence un peu en arrière du
premier rayon de la ventrale ; elle a 18 rayons, dont 14 branchus, et son bord
est fortement échancré. L’anale a 18 rayons ; sa base égale presque sa distance de
la caudale. L’appendice écailleux à la base de la ventrale est presque aussi long que
celle-ci. La caudale est très fourchue, à lobes étroits et pointus. La hauteur du
pédicule caudal est comprise 1 3/4 fois dans sa longueur. Les écailles, fortement
striées en éventail, sont au nombre de 83 le long de la ligne latérale, de 10/12
en ligne transversale ; G séries entre la ligne latérale et l’appendice écailleux à la
base de la ventrale, 22 autour du pédicule caudal. Coloration argentée, sauf sur le
dos qui est d’un brun foncé.
Le spécimen unique, provenant du bief de Manyanga, région des cataractes,
mesure 56 centimètres.
Cette espèce doit-elle être considérée comme propre à l’eau douce ! Je serais
plutôt disposé à la ranger parmi les types marins qui remontent le Congo jusqu’à
Manyanga et il est probable qu’on la retrouvera à la côte occidentale d’Afrique,
dont la faune ichthyologique n’est encore que bien imparfaitement connue. Plusieurs
poissons marins font d’ailleurs partie des récoltes de Manyanga. Je citerai : Sphyrœna
guachancho, C. et V. (S. dubia, Blkr.), Pristipoma Jubelini, C. et V., Otolithus
senegalensis, C. et V., Pseudotolithus typus, Blkr., Polynemus quadrifilis, C. et V.,
Pentanemus cquinquarius, L., Galeoides polydactylus, Vahl, Caranœ ccirangus, L.
La figure de 1 ’Flops lacerta, du Sénégal, dans le grand ouvrage de Cuvier et
Valenciennes, représente cette espèce, qui m’est inconnue, avec une soixantaine
d’écailles le long de la ligne latérale. VFlops saunes, L., type du genre, répandu
dans toutes les mers tropicales et subtropicales, en a plus de cent. Chez ces deux
espèces la nageoire dorsale commence exactement au-dessus du premier rayon de la
ventrale, donc un peu plus en avant que chez F. congicus.
CHARACINIDÆ
HYDROCYON, Cuvier
Peters, en 1868 (Reise n. Mossamb. IV, p. 69), s’est efforcé de réduire à
une seule les trois espèces distinguées par ses devanciers. Toutefois l’insuffisance
du matériel, du Nil et du Zambèze, dont disposait ce zoologiste éminent, empêche
qu’on attache en cette circonstance grand poids à ses vues sur la valeur des
caractères propres à la distinction des espèces. J’ai examiné bon nombre de spécimens
et je puis affirmer qu’on n’a rencontré au Congo, jusqu’à ce jour, ni le véritable
H. Forskalii, Cuv., du Nil, du Tanganika, du Sénégal, du Niger, ni le H. brevis,
Gtlir., du Nil. Par contre des individus répondant en tous points à H. lineatus,
Bleeker, du Nil et de la Guinée, ont été reçus de Stanley-Falls et de Nouvelle-
Anvers. Ces exemplaires, au nombre de six, présentent 14 à 16 rayons à l’anale,
44 à 46 écailles sur la ligne latérale, 7 écailles entre la dorsale et la ligne latérale
et 2 entre cette dernière et l’écaille allongée à la, base de la ventrale. Ces caractères
seuls suffisent à les distinguer de leurs congénères du Congo, que je rapporte à
deux espèces nouvelles Les cinq espèces peuvent être distinguées à l’aide des
formules suivantes, tirées du nombre de rayons à la nageoire anale (A.) et du
nombre d’écailles (Sq.) le long de la ligne latérale ainsi qu’entre la nageoire dorsale
et la ligne latérale et entre celle-ci et l’écaille allongée à la base de la ventrale.
9-10
1. II. Goliath, sp. n. A. 17-18. Sq. 54-58
3
2. II. brevis, Gtlir. A. 14-16 Sq. 49-52
8-9
TT
8-9
3. II. Forskalii, Cuv. A. 15-16. Sq. 45-50
9
4. II. vittatus, sp. n. A. 17. Sq. 56-57
9
5. II. lineatus, Blkr. A. 14-16. Sq. 44-46
2
Les spécimens du Fleuve Saint-Paul, rapportés par Steindachner (Notes Levd.
Mus. XVI, 1894, p. 62) à II. Forskalii, me semblent répondre à la définition de
II. lineatus.
HYDROCYON GOLIATH
PI. XI.
La hauteur du corps est comprise de 3 2/3 à 4 1/2 fois dans la longueur
totale, la longueur de la tête 4 à 4 1/2. La longueur de la tête excède de 1/6
à 1/5 sa plus grande hauteur ; sa plus grande largeur est comprise 1 1/2 à
2 fois dans sa longueur; le museau égale 1 1/2 à 2 fois le diamètre de
l’oeil, celui-ci étant compris 4 1/2 à 5 1/2 fois dans la longueur de la
tète, 1 1/2 à 2 1/2 dans la largeur inter orbitaire. La paupière adipeuse, en avant
et en arrière de l’œil, est très développée. La fente buccale s’étend jusqu’au-dessous
du bord antérieur de l’œil, et le maxillaire jusqu’au-dessous du centre de celui-ci ;
les dents, fortement comprimées, à bords tranchants, sont relativement plus grandes
et plusj élargies à la base que chez les espèces voisines ; on en compte 6 à 9
(5 grandes et 1 à 4 petites) à la mâchoire supérieure, 5 (4 grandes et 1 petite) à
l’inférieure. Les os qui cuirassent la joue sont, ainsi que l’opercule, assez
fortement striés. La nageoire dorsale, à 10 ou 11 rayons, naît au-dessus des
ventrales et à égale distance du bout du museau et de la nageoire caudale, ou un
peu plus près de celle-ci ; sa hauteur égale 1 4/5 à 2 1/4 fois sa longueur. La
nageoire anale, à 17 ou 18 rayons, falciforme, commence à égale distance de la
base de la ventrale et de la caudale. La nageoire dorsale adipeuse est courte mais
bien développée. La nageoire pectorale, de même longueur que la ventrale, mesure
les 3/4 ou les 4/5 de la longueur de la tète. La nageoire caudale est profondément
fourchue, et la longueur du pédicule caudal égale 1 2/3 fois sa propre hauteur.
Il y a 54 à 58 écailles sur la ligne latérale, 9-10/6 en ligne transversale, 3 séries
entre la ligne latérale et l’écaille allongée à la base de la nageoire ventrale.
Les spécimens conservés, au nombre de 6, qu’il m’a été permis d’examiner,
mesurent de 11 centimètres à 1 mètre. Ils sont brunâtres en dessus, jaunâtres en
dessous ; des lignes foncées, plus ou moins nettes, s’étendent le long des séries
d’écailles des côtés du corps, au-dessus de la ligne latérale.
Ils proviennent du bief de Manyanga, de Léopold ville et de Umangi (Haut-
Congo). Le poisson porte à cette dernière station le nom de Binga. La chair en
est très estimée.
HYDROCYON VITTATUS.
PI. X, fig. 2.
La* hauteur du corps égale la longueur de la tète et est comprise 4 à 4 1/3
fois dans la longueur totale. La hauteur de la tête est comprise 1 2/7 à 1 1/3 fois
dans sa longueur, sa largeur 2 1/2 à 2 2/3; le museau égale 1 1/3 à 1 1/2 fois
le diamètre de l’œil, qui est compris 3 1/2 à 4 fois dans la longueur de la tète,
et égale à peu près la largeur de la région interorbitaire. La paupière adipeuse est
bien développée, quoique un peu moins que chez l’espèce précédente. Le maxillaire
n atteint qu’au-dessous du tiers antérieur de l’œil, et les dents sont plus effilées
que chez l’espèce précédente ; il y a 5 grandes dents à la mâchoire supérieure, qui
peuvent être suivies de 4 autres très petites ; 4 grandes dents et une très petite à
la mandibule. Os des joues et de l’opercule très faiblement striés. 10 rayons à la
nageoire dorsale, qui occupe la même position que chez l’espèce précédente. De
même de 1 a mile, qui a, 1 / rayons, et de la nageoire adipeuse. La pectorale mesure
les 2/3 ou les 3/4 de la longueur de la tète. La caudale est profondément fourchue,
a lobes piolongés en pointe fine, et la hauteur du pédicule caudal est comprise
deux fois dans sa: longueur. La ligne latérale comprend 56 ou 57 écailles ; la
ligne transversale 10/5 ; 2 séries d écaillés entre la ligne latérale et la grande
écaille à la base de la nageoire ventrale.
La coulem, chez les exemplaires conserves, est brun-olive en dessus, rosâtre
en dessous ; une bande noirâtre s étend le long du corps, de ropercule à la racine
de la nageoire caudale, sur les 2"' et 3 m séries décailles au-dessus de la ligne latérale;
un peu avant 1 adipeuse, toutefois, cette bande se déplace pour baisser d’une série
d écaillés. La nageoire adipeuse est noire et le bord libre de la caudale est noirâtre.
Trois spécimens font partie de la collection recueillie par MM. Wilverth,
M agenaar et De Bauw. Le plus grand, de Umangi, mesure 34 centimètres ; le
plus petit, de Upoto, 12 ; le troisième, de Manyanga, est de taille intermédiaire.
EUGNATHICHTHYS, g. n.
Mâchoires massives ; prémaxillaires coossifiés, ainsi que les dentaires, mobiles
de bas en haut mais non protractiles ; maxillaire très petit, édenté, coossifié avec
le prémaxillaire et caché . sous les sous-orbitaires quand la, bouche est close ; une
rangée externe de dents fortes, subégales, comprimées, bieuspides, et une rangée
interne de dents comprimées, obtuses, très petites, aux deux mâchoires, les deux
rangées séparées l’une de l’autre par un espace considérable. Pas de dents au palais.
4été nue; narines très rapprochées, près de l’œil, séparées par une papille
valvulaire ; ouïes largement ouvertes, membranes• branchiostèges non soudées à
1 isthme. Écailles petites, a bord libre fortement cilié ; ligne latérale complète. Dorsale
a 1/ ou 18 rayons, située au-dessus des ventrales. Anale à 12 ou 13 ravons.
e/
Nageoire adipeuse courte, bien développée.
Ce type remarquable vient se placer à côté des genres Ichthyoborus, Gtlir.
( Psalidosloma, Kner) et Phago, Gtlir., qui forment une section naturelle parmi les
Characins, caractérisée par la conformation des mâchoires, les membranes des ouïes
libres et 1 écaillure cténoïde (1). Il diffère du premier par l’absence de dents canines
et la présence d’une seule rangée de petites dents, et du second, dont il se
rapproche davantage par la dentition, par la forme de la tète et la petitesse des
écailles ; enfin de tous deux par la position de la nageoire dorsale qui commence
en avant et non en arrière des ventrales.
L espèce unique est dédiée à l’éminent Secrétaire d’Etat de l’État du Congo,
M. le Baron van Eetvelde.
(1) Ce dernier caractère a échappé aux auteurs qui ont traité dernièrement des écailles cténoïdes chez
les Characins : Vaillant, Bull. Soc. Philom. (8) V, 1893, p. 13, et Gill. Proc. U. S. Nat, Mus. XVIII, 1895, p. 199.
26
EUGNATHICHTHYS EETVELDII.
PL XII.
La hauteur du corps est comprise 4 à 5 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 3 3/4 à 4 1/4. La longueur de la tête égale environ 2 fois sa
largeur et 1 1/2 fois sa hauteur, le museau 1 1/4 à 1 1/2 fois le diamètre de
l’œil, qui est compris 4 à 5 fois dans la longueur de la tète et 1 1/3 à 1 1/2 fois
dans la largeur de l’espace interorbitaire. La mâchoire supérieure s’étend jusqu’au-
dessous du centre de l’œil ; il y a \2 ou 13 dents de chaque côté à chaque
mâchoire ; ces dents sont bicuspides, la pointe secondaire est courte et mousse et
située antérieurement. Les deux os post-orbitaires et le sous-orbitaire qui recouvrent
la joue sont grands, ce dernier finement strié ; ils sont séparés du préoperculaire
et de l’operculaire, tous deux très étroits, par un espace nu égal à la moitié de
leur largeur. Les ratelures des arceaux branchiaux sont très petites, très courtes.
La nageoire dorsale, à 17 ou 18 rayons, est située au-dessus des ventrales, le
premier rayon de celle-ci tombant sous le 6 me ou 7 me de celle-là, à égale distance
de la caudale et du centre ou du bord postérieur de l’œil ; la longueur du plus
long rayon (le 3 me ) égale les 4/5 de la, longueur de la tête, et plus de 3 fois la
longueur du dernier rayon. La dorsale adipeuse est plus rapprochée de la caudale
que de la dorsale proprement dite ; sa base est couverte de petites écailles. Il y
a 12 ou 13 rayons à l’anale, qui est deux fois plus éloignée de la nageoire caudale
que de l’anus. Les nageoires pectorales sont un peu plus courtes que les ventrales
et ne mesurent qu’un peu plus de la moitié de la longueur de la tête. La caudale,
presque entièrement couverte de très petites écailles cténoïdes, est bilobée ; le lobe
supérieur, le plus long, est pointu, l’inférieur est arrondi. La moindre hauteur du
pédicule caudal est comprise 2 fois dans sa longueur. Les écailles ont le bord libre
fortement cilié ; on en compte 95 à 107 le long de la ligne latérale, 14-16/13-15
en série transversale en avant des ventrales, et 9 entre la ligne latérale et la racine
de la ventrale.
Le corps est jaunâtre, orné en dessus de grosses taches noirâtres arrondies
ou rliomboïdales, disposées en quinconce; quatre ou cinq bandelettes noires traversent
la nageoire dorsale ; une tache noire sur l’adipeuse ; une raie noire le long du
milieu de la nageoire caudale, quatre autres, obliques, sur le lobe supérieur et trois
sur le lobe inférieur ; ces raies convergent en arrière vers le prolongement de la
ligne médiane.
Plusieurs spécimens ont été recueillis à Léopoldville, ainsi qu’à Borna, à Nouvelle-
Anvers et à Upoto. Le plus grand mesure 29 centimètres. Noms indigènes : Mosabo
à Léopoldville, Moengue à Upoto.
Le dessin de la queue, tout à fait exceptionnel parmi [les Malacoptérygiens,
rappelle celui qui orne certains Mulets et Thérapons, et encore plus celui d’un
Characinoïde de l’Amérique du Sud, Prochilodus insignis, Schornb., sans que toutefois
il y ait la moindre correspondance dans le dessin des autres nageoires ni du corps.
27
DISTICHODUS, Müll. et Trosch.
On connaît aujourd’hui 18 espèces de ce genre, dont 6 du Congo. La
collection formée par MM. Wilverth, Wagenaar et De Bauw permet d’ajouter
3 espèces nouvelles.
DISTICHODUS MACULATUS.
PL XIII, fig. I.
La hauteur du corps est comprise 3 1/3 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tète 5 fois. La longueur de la tète excède un peu sa hauteur; le
museau, assez busqué, constitue le tiers antérieur de la tète; l’espace inter orbitaire,
légèrement convexe, égale la moitié de la longueur de la tète; l’oeil, bordé
d’une courte paupière adipeuse, est compris 1 1/4 fois dans la longueur du
museau, 3 1/2 fois dans la longueur de la tête, 2 fois dans la largeur de
l’espace interorbitaire ; le museau dépasse fortement la bouche, qui s’étend
jusqu’en dessous des narines; 2 séries de dents à chaque mâchoire, assez petites
et au nombre de 24 dans chaque série externe. Nageoire dorsale à 19 rayons,
dont 3 rudimentaires, sa base égale à sa plus grande hauteur, située à égale
distance de l’oeil et de la nageoire caudale; elle est séparée de la dorsale adipeuse
par un espace presque égal à sa base. Nageoire anale à 11 rayons, dont
2 rudimentaires. Nageoire pectorale un peu plus courte que la ventrale, mesurant
les 5/6 de la longueur de la tête; la ventrale est loin d’atteindre l’anus. La
nageoire caudale est fortement bifurquée et entièrement couverte de très petites
écailles cténoïdes; le lobe supérieur est pointu, l’inférieur arrondi. La hauteur du
pédicule caudal égale à peine sa longueur. Les écailles, à bord fortement cilié,
sont au nombre de 75 le long de la ligne latérale, de 10/12 en ligne transversale;
8 séries d’écailles entre la ligne latérale et la nageoire ventrale.
Le poisson, tel qu’il est conservé, est jaunâtre, un peu olivâtre en dessus,
blanchâtre en dessous; le dos et les côtés sont ornés de grosses taches noirâtres
arrondies, disposées, avec assez de régularité, en séries obliques, chacune de ces
séries comprenant 5 ou 6 taches.
Le spécimen unique provient du bief de Manyanga et mesure 31 centimètres.
Cette espèce se rapproche par le dessin du I). brevipinnis, Grthr., du Nil et du
Sénégal, comme l’espèce suivante se rapproche du D. martini, Stdr., du Sénégal,
avec lequel de jeunes individus ont été confondus par M lle Schilthuis dans une
notice descriptive quelle a publiée sur une petite collection de poissons du Congo
(Tydschr. Nederl. Dierk. Ver. [II] III, 1891).
28
DISTICHODUS F AS CIO L AT U S.
PL XIY.
La hauteur du corps est comprise 2 3/5 à 3 fois dans la longueur totale,
la longueur de la tête 4 à 5 fois. La longueur de la tète égale ou dépasse
légèrement sa hauteur, et le double de sa largeur; le museau, obtusément pointu,
entre pour 1/3 ou 2/5 dans la longueur de la tête; l’espace interorbitaire,
médiocrement convexe, égale 1/3 à 2/5 de la longueur de la tète; le diamètre de
l’œil est compris 1 1/2 à 1 2/3 fois dans la longueur du museau, 4 à 4 1/2 fois
dans celle de la tète, 1 1/2 à. 1 3/4 fois dans la largeur de la région interorbitaire;
le museau dépasse fortement la bouche, qui s’étend jusqu’en dessous des narines;
2 séries de dents à chaque mâchoire, médiocrement grandes, au nombre de 20 à 24
à la mâchoire supérieure, de 20 à 30 à l’inférieure. Nageoire dorsale à 25-27 rayons,
dont 3 rudimentaires, de 1/5 à 1/G plus longue que haute, située un peu plus près
de la tète que de la nageoire caudale; la longueur de sa base excède de beaucoup
la distance qui la sépare de la nageoire adipeuse. Nageoire anale à 14 ou 15 rayons,
dont 2 rudimentaires. Nageoire pectorale mesurant les 4/5 ou les 5/6 de la longueur
de la tète, un tant soit peu plus courte que la ventrale, qui n’atteint pas, ou
atteint à peine l’anus. Nageoire caudale fourchue, presque entièrement couverte de
petites écailles cténoïdes, à lobe supérieur pointu, à lobe inférieur arrondi. La
hauteur du pédicule caudal est un peu moindre que sa longueur. Les écailles, à
bord finement cilié, sont au nombre de 68 à 72 le long de la ligne latérale, de
13-14/15-16 en ligne transversale, de 10 à 11 entre la ligne latérale et la nageoire
ventrale.
La couleur des spécimens conservés est d’un brun clair en dessus, passant
au blanc argenté en dessous, avec un grand nombre (18 à 20) de bandelettes
verticales foncées, qui n’atteignent pas la région ventrale; chez les tout jeunes
spécimens il y a une tache brune près de la ligne latérale, au-dessus de la
pectorale, et une autre à la racine de la nageoire caudale; la membrane entre les
rayons de la dorsale est ponctuée de petites taches noirâtres. En somme, la
coloration rappelle celle du T), martini , Stdr., à cela près que chez cette espèce
sénégalienne les bandelettes sont moins nombreuses et obliques.
J’ai pu examiner bon nombre d’exemplaires de cette espèce nouvelle, mesurant
de 65 millimètres à 32 centimètres. Ils proviennent des localités suivantes : Borna,
Manyanga, Léopold ville.
DISTICHODUS ATROVENTRALES.
PI. XIII, flg. 2,
La hauteur du corps est comprise 2 3/4 fois dans la longueur totale, la
4 fois. La longueur de la tête égale ou excède un peu
longueur de la tête 3 2/3
sa hauteur et le double de sa largeur; la longueur du museau égale ou dépasse
un peu le diamètre de l’œil, qui est compris 3 1/3 à 3 1/2 fois dans la longueur
de la tète; la région inter orbitaire, légèrement bombée, est un peu plus large que
le diamètre de l’oeil; le museau dépasse fortement la bouche, qui s’étend jusqu’en
dessous des narines; 2 séries de dents à chaque mâchoire, assez petites et au
nombre de 20 environ dans chaque série externe. Nageoire dorsale à 22 ou
23 rayons, dont 3 rudimentaires, située à égale distance de la tète et de la nageoire
caudale et séparée de la dorsale adipeuse par un espace égal à la moitié de sa
base. Nageoire anale à 14 rayons, dont 2 rudimentaires. Nageoire pectorale aussi
longue que la ventrale, mesurant les 2/3 de la longueur de la tète; la ventrale
n’atteint pas tout à lait l’anus. La nageoire caudale est bifurquée et en grande
partie couverte de minces écailles cténoïdes. La hauteur du pédicule caudal égale
sa longueur. Les écailles ont le bord libre cilié; on en compte 70 à 75 le long de
la ligne latérale, 13/15 en ligne transversale, 10 entre la ligne latérale et la
nageoire ventrale.
Brunâtre clair, avec (3 à 8 bandes verticales d’un brun foncé, complètes ou
interrompues ; des points bruns entre les rayons de la nageoire dorsale ; nageoires
ventrales noires.
Longueur totale 110 millimètres.
Deux spécimens, recueillis à Borna. Un troisième, un peu plus petit, provenant
du Lac Bayari, Bas-Congo, fait partie des collections du Musée Britannique, qui l’a
reçu de l’Université d’Utrecht. Il a été rapporté, à tort, par M lle Schilthuis à son
I). lusosso, espèce qui en diffère par l’absence d’une seconde rangée de dents et le
nombre plus élevé d’écailles tant en long qu’en travers du corps.
ALESTES, Müll.
et Trosch.
Le genre A lestes renferme 20 espèces connues, en y comprenant celles qui
en ont été séparées sous le nom de Brachy aies tes. 8 d’entre elles habitent le Congo,
sans compter la suivante qui est nouvelle pour la science.
ALESTES LIEBRECIITS11.
PI. xv.
La hauteur du corps est comprise 3 1/4 à 3 2/3 fois dans la longueur
totale, la longueur de la tête 5 fois. La longueur de la tête excède un peu sa
hauteur, et sa largeur y est comprise 1 1/2 à 2/3 fois; le museau, large et
arrondi, égale en longueur le diamètre de l’oeil, et fait les 2/7 de la longueur
de la tète; une paupière adipeuse, fort développée en avant et en arrière,
décembre 1898. 5
30
recouvre près de la moitié de l’œil, dont le diamètre est compris 1 1/2 fois dans
la largeur de la région interorbitaire; la largeur de la bouche égale à peine
le 1/3 de la longueur de la tête et le maxillaire n’arrive pas jusqu’en dessous
du bord antérieur de l’œil; il y a 10 dents pluricuspides à la mâchoire supérieure
et 8 à l’inférieure (série externe); ces dents sont blanches. La nageoire dorsale,
à 11 rayons, dont 2 rudimentaires, est située à égale distance de l’occiput et
de la base de la caudale, et prend naissance au-dessus de la ventrale ; la longueur
de sa base égale les 3/5 de sa plus grande hauteur, au quatrième rayon, qui égale
la longueur de la tète; la dorsale adipeuse, petite, est 3 fois plus éloignée de
la dorsale proprement dite que de la caudale, et correspond au dernier rayon de l’anale.
La nageoire anale se compose de 18 rayons, dont 2 rudimentaires ; son bord est
fortement échancré. La nageoire pectorale est un peu plus longue que la ventrale,
dont elle est séparée par un espace très considérable; sa longueur égale presque
celle de la tête. La nageoire ventrale n’atteint pas l’anus. La nageoire caudale est
fourchue. Le pédicule caudal est un peu plus long que haut. 39 ou 40 écailles sur
la ligne latérale, 7/3 en travers, 2 entre la ligne latérale et la nageoire ventrale.
La coloration paraît avoir été un brun olivâtre en dessus, un jaune rosâtre
en dessous ; les écailles de la moitié supérieure du corps sont bordées de noirâtre
et portent chacune une ou plusieurs petites taches brunes.
Longueur totale : 40 centimètres.
Trois spécimens, provenant du Haut-Congo : Upoto, Umangi.
Cette espèce se rapproche surtout de A. macrophthalmus , Gthr., de l’Ogowe,
qui diffère par la forme plus allongée et par le nombre de rayons à la nageoire
anale (21 ou 22). Le nom que je propose pour ce poisson est destiné à rappeler
les services rendus à la science par M. le Commandant Liebrechts, Secrétaire Général
du Département de l’Intérieur de l’État du Congo, comme Président de l’Exposition
congolaise de Tervueren, origine du Musée dont font partie les spécimens ici décrits.
Je termine la description des Characins nouveaux par une liste des espèces
connues du bassin du Congo, comme je l’ai fait dans le fascicule précédent pour
les Mormyres (p. 18), les numéros entre parenthèses indiquant la provenance
des spécimens recueillis par MM. Wilverth, Wagenaar et l)e Bauw. Le n° 7 indique
Umangi, Haut-Congo.
LISTE DES ESPÈCES DU CONGO
CHARACINIDÆ.
1. Llydrocyon, Cuv.
1. Goliath, Blgr. (3, 4, 7).
2. vittatus, Blgr. (3, 5, 7).
3. lineatus, Blkr. (4, 5).
2. Sarcodaces, Gthr.
1. odoë, Bl.
3. Eugnathichthys, Blgr.
1. Eetveldii, Blgr. (1, 4, 5, 6).
4. Phago, Gthr.
1. loricaria, Gtlir. (4).
2. Boulengeri, Schilth.
5. Distichodus, M. et T.
1. affinis, Gthr. (1).
2. abbreviatus, Ptrs.
3. notospilus, Gthr.
4. maculatus, Blgr. (3).
5. fasciolatus, Blgr. (1, 2, 3, 4).
6. atroventralis, Blgr. (1).
7. lusosso, Schilth.
8. Antonii, Schilth. (3, 4, 5).
9. sexfasciatus, Blgr. ( 2 , 3, 5).
10. leptorhynchus, Blgr. (3, 4, 5).
6. Alestes, M. et T.
1. holargyreus, Gthr.
2. brevipinnis, Perugia.
3. macrolepidotus, C. et V. (2)
4. leuciscus, Gthr.
5. tæniurus, Gthr.
6. Liebrechtsii, Blgr. (6, 7).
7. longipinnis, Gthr.
8. Moequardianus, Thomin. (4).
7. Xenocharax, Gthr.
1. spilurus, Gthr.
8. Bryconæthiops, Gthr.
1. microstoma, Gthr.
9. Nannæthiops, Gthr.
1. unitæniatus, Gthr.
10. Citharinus, M. et T.
1. congicus, Blgr. (1, 3. 4).
32
CYPRINIDÆ
LABEO, Cuvier.
Le genre Labeo, représenté dans les eaux douces de 1 Afrique par une
douzaine d’espèces, n’avait pas encore été signalé au Congo. Voici, d’un coup, six
espèces nouvelles qui se distinguent entre elles de la manière suivante :
I. Pas de barbillons.
Dorsale très élevée, à bord convexe, à 13 rayons branchus (le dernier
double, comme de coutume); Sq. 37-38 6/6-7; largeur de la bouche
(lèvres comprises) près de deux fois dans la longueur de la tête;
face interne des lèvres plissée; yeux franchement latéraux . . . . 1. L. velifcv.
II. Un petit barbillon à l’angle de la bouche, plus ou moins caché sous le repli de la peau.
A. Yeux franchement latéraux, visibles d’en bas comme d’en haut; dorsale à 10-12 rayons branchus;
Sq. 36-37 6/5-6.
Dorsale très élevée, à bord convexe; pectorale s’étendant jusqu’à la
ventrale; 4 séries d’êcailles entre la ligne latérale et la nageoire
ventrale; largeur de la bouche près de 2 fois dans la longueur de la
tête; face interne des lèvres plissée. 2. L. longipinnis.
Dorsale modérément élevée, à bord à peine échancré ; pectorale
n’atteignant pas la ventrale ; 3 séries d’écailles entre la ligne latérale
et la nageoire ventrale ; largeur de la bouche 2 2/3 à 3 fois dans la
longueur de la tête; face interne des lèvres lisse.3 . L. lineatus.
B. Yeux supéro-latéraux, non visibles d’en bas; dorsale à 10-11 rayons branchus; Sq. 38-39
7-8/7-10; face interne des lèvres plissée.
Dorsale très élevée, falciforme, à bord échancré; 5 séries d’êcailles
entre la ligne latérale et la nageoire ventrale; 20 écailles autour du
pédicule caudal; largeur de la bouche 2 1/2 fois dans la longueur de
la tête.4 . L. falcifer.
Dorsale assez élevée, à bord peu échancré; 4 séries d’écailles entre la
ligne latérale et la nageoire ventrale; 16 écailles autour du pédicule
caudal; largeur de la bouche 12/3 à 2 fois dans la longueur de la
tête.5 . L. mctcrostoma.
III. Deux barbillons assez allongés de chaque côté de la bouche.
Dorsale à bord échancré, à 10-11 rayons branchus ; Sq. 40 8/9-10; 6 séries
d’écailles entre la ligne latérale et la nageoire ventrale; 22 écailles
autour du pédicule caudal.6. Y. barhatus.
LABEO VELIFER.
PI. XYI.
La hauteur du corps est comprise 2 2/5 à 2 2/3 fois dans la longueur
totale, la longueur de la tête 4 à 4 1/3 fois. La tète est presque aussi large que
longue, le museau épais et arrondi, couvert de tubercules cornés; l’œil, parfaitement
latéral, visible d’en haut comme d’en bas, est compris 4 1/2 à 5 fois dans la
longueur de la tête, 4 à 4 1/2 fois dans l’espace interoculaire; la bouche’, avec
33
les lèvres, mesure près de la, moitié de la longueur de la tète; une forte
entaille de chaque côté du museau, qui forme en avant une sorte de voile
épais à bord denticulé, couvrant en partie la lèvre supérieure; les lèvres sont
plissées en dedans; la supérieure a le bord entier, tandis que l’inférieure a le
bord denticulé ou frangé et est munie en outre de une ou deux rangées de papilles
coniques assez espacées; enfin la bouche proprement dite est bordée d’un bourrelet
tranchant et corné; il n’y a pas de barbillon à l’angle des lèvres. La nageoire
dorsale est extrêmement élevée, à bord convexe, à' 3 rayons simples et 13 branchas;
les plus longs de ces rayons dépassent considérablement la longueur de la tète; le
sixième rayon est au-dessus du premier de la ventrale. L’anale a 7 rayons, dont
5 branches; le plus long rayon excède un peu la longueur de la tète; repliée, cette
nageoire s’étend fort au delà de la racine de la caudale. La pectorale,, falciforme,
égale la longueur de la tète et ne s’étend pas jusqu’à la ventrale, qui, un peu
plus longue, atteint l’orifice anal ou l’origine de la nageoire anale. La nageoire
caudale est grande et échancrée. La hauteur du pédicule caudal excède sa longueur.
Les écailles sont au nombre de 37 ou 38 le long de la ligne latérale; 6/6-7 en
série transversale, 4 entre la ligne latérale et la nageoire ventrale, 16 autour du
pédicule caudal.
Ce poisson, tel qu’il est conservé, est d’un brun olivâtre ou noirâtre
uniforme. Le plus grand exemplaire mesure 42 centimètres.
L’espèce a été trouvée à Borna, à Manyanga et à N lle -Anvers.
LABEO LONGIPINNIS.
PI. XVII, fig. 1
La hauteur du corps est, comprise près de 3 fois dans la, longueur totale, la
longueur de la tète 4 fois. La tète est d’un tiers plus longue (pie large, le museau
épais et arrondi; l’oeil est latéral, visible d’en haut comme d’en lias, son diamètre
compris 4 1/2 fois dans la longueur de la tète, 3 1/3 fois dans l’espace interoculaire;
la bouche, avec les lèvres, mesure près de la moitié de la, longueur de la tète; le
museau est conformé comme chez l’espèce précédente et le lobe qui recouvre la
lèvre supérieure est de même denticulé; la lèvre supérieure est entière et l’inférieure
finement denticulée et bordée d’une série de papilles coniques; un bourrelet tranchant
au bord de la bouche proprement dite; un barbillon, mesurant les 2/3 du diamètre
de 1 œil, est caché sous le repli de l’angle de la bouche, son extrémité étant à peine
visible quand celle-ci est close. La nageoire dorsale est très élevée, à 3 rayons
simples et 12 branchus; les plus longs rayons excèdent considérablement la longueur
de la tète; le sixième rayon est au-dessus du premier de la ventrale. L’anale a
7 rayons, dont 5 branchus; le plus long rayon excède un peu la longueur de la tête
et, replié, s’étend fort au delà de la racine de la caudale. La pectorale, falciforme,
égale la longueur de la tête et s’étend jusqu’à la ventrale; celle-ci à peine plus
longue, atteint l’origne de l’anale. La nageoire caudale est grande et profondément
34
échancrée. La hauteur du pédicule caudal excède sa longueur. 37 écailles le long
de la ligne latérale, 6/6 en série transversale, 4 entre la ligne latérale et la nageoire
ventrale, 16 autour du pédicule caudal.
Le spécimen unique, provenant de Léopoldville, est d’un brun rougeâtre pâle. Il
mesure 17 centimètres.
Cette espèce se rapproche surtout de L. coubie, Rüpp., qui s’en distingue toutefois
par la tête plus étroite (sa longueur 1 1/2 fois sa largeur), la largeur de la bouche,
comprise environ 3 fois dans la longueur de la tête, et le corps plus allongé, la
nageoire pectorale n’atteignant pas la racine de la ventrale. Ce qui ressort bien des
mensurations comparatives établies sur un individu de même longueur totale, type de
L. coubie , provenant de la collection de Riippell :
Longueur totale.. . Millim.
Du bout du museau à la caudale . . . .
Hauteur du corps.
Longueur de la tète.
Largeur de la tête.
Largeur de la bouche.
Le L. coubie habite le Nil.
L. longi'pinnis .
L. coubie.
170
170
144
152
51
44
38
35
29
24
17
12
LABEO LINEATUS.
PI. XVIII.
La hauteur du corps est comprise 3 à 3 1/4 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tète 4 1/4 .à 5 fois. La largeur de la tête est d’environ les 2/3 de sa
longueur ; le museau est arrondi, hérissé au bout et sur les côtés de petits tubercules
coniques ; l’oeil, franchement latéral et visible d’en haut comme d’en bas, est compris
6 fois dans la longueur de la tête et 4 1/2 fois dans l’espace interoculaire chez l’adulte,
3 1/2 fois et 2 fois chez le jeune; la largeur de l’appareil buccal est comprise 2 2/3 à 3 fois
dans la longueur de la tête; une entaille médiocrement forte de chaque côté du museau, qui
se rabat sur la lèvre supérieure en un lobe à bord entier ou à peine dentelé ; les deux
lèvres externes sont dépourvues de plis ou lamelles en dedans, mais leur bord externe
est frangé d’assez longues papilles disposées sur 2 ou 3 rangs; les lèvres internes,
bordant l’orifice buccal, portant chacune une lamelle à bord tranchant revêtue d’un
étui corné; un petit barbillon à l’angle des lèvres, à peine visible quand la bouche est
close et mesurant moins de la moitié du diamètre de l’œil. La nageoire dorsale,
composée de 3 rayons simples et 10 à 12 branches, est modérément élevée, à bord
libre à peine échancré; le plus long rayon égale ou dépasse un peu la longueur de la tète;
le 6 me ou le 7 me rayon est au-dessus du premier de la ventrale. L’anale a 7 ou 8 rayons,
dont 5 branchus, le plus long, un peu plus court que la tête, atteignant la racine de
la caudale. La pectorale, subfalciforme, presque aussi longue que la tête, ne s’étend pas
jusqu’à la ventrale; celle-ci, aussi longue ou un peu plus courte, n’atteint pas ou
atteint à peine l’orifice anal. lia nageoire caudale est échancrée. La hauteur du
pédicule caudal excède sa longueur. Il y a 36 ou 37 écailles le long de la ligne
latérale, 6/5-6 en série transversale, 3 entre la ligne latérale et la nageoire ventrale,
16 autour du pédicule caudal.
Le corps est orné de raies d’un vert-bouteille séparées par d’autres rosâtres
ou jaunâtres occupant chacune le centre d’une écaille.
Ce beau Cyprin, atteignant une longueur de 65 centimètres, est très répandu
dans le Congo, car il est représenté par des exemplaires de Banana, Borna, Matadi,
Manyanga, TJpoto et N lle -Anvers. Enfin il a été recueilli à Stanley-Falls, par
M. Bentley.
LABEO FALCIFER.
PL XVII, fig. 2.
La hauteur du corps est comprise 3 à 3 3/4 fois dans la longueur totale,
la longueur de la tête 4 fois. La largeur de la tête égale les 2/3 de sa longueur ;
le museau est arrondi, un peu renflé à l’extrémité, et garni tout autour de
tubercules cornés ; l’œil, supéro-latéral, non visible d’en bas, est compris 4 à 5 fois
dans la longueur de la tête, 2 1/2 à 3 fois dans l’espace interoculaire, qui est peu
bombé; la bouche, avec les lèvres, mesure les 2/5 de la longueur de la tête; une
forte entaille de chaque côté du museau, dont le repli labial est fortement dentelé
et recouvre en grande partie la lèvre supérieure ; les lèvres sont plissées en dedans,
et ces replis ou lamelles transversales sont denticulés ou frangés comme le bord des
lèvres elles-mêmes ; de plus, la lèvre inférieure est hérissée, près du bord, de deux
rangées irrégulières de papilles coniques ; le bord de la bouche proprement dite
porte, comme de coutume, un bourrelet tranchant revêtu d’un mince étui corné ; un
barbillon, mesurant la moitié ou les deux tiers du diamètre de l’œil, est caché dans
l’enfoncement à l’angle des lèvres. La nageoire dorsale, à 3 rayons simples et 11
branchus, est falciforme, à bord profondément échancré ; le premier rayon branchu,
le plus long, mesure 1 2/3 à 1 3/4 fois la longueur de la tète et 4 à 4 1/2 fois
la longueur du dernier rayon ; le 9 me rayon tombe au-dessus du premier rayon de la
ventrale. L’anale a 7 rayons, dont 5 branchus ; le plus long égale la longueur de
la tête et dépasse la racine de la caudale. La pectorale, subfalciforme, égale la longueur
de la tête ; elle est un peu plus longue que la ventrale, dont elle n’atteint pas
tout à fait la base; la ventrale s’étend jusqu’à l’orifice anal. La nageoire caudale
est grande, à échancrure angulaire et profonde. La hauteur du pédicule caudal
excède sa longueur. Il y a 39 écailles le long de la ligne latérale, 7-8/9-10 en ligne
transversale, 5 entre la ligne latérale et la nageoire ventrale, 20 autour du pédicule
caudal.
Les spécimens conservés sont uniformément brunâtres en dessus, rosâtres en
dessous. Ils proviennent de Borna, de Matadi et de N lle -Anvers. Le plus grand mesure
47 centimètres.
30
LABEO MACROSTOMA.
PL XIX, fi g. 1.
La hauteur du corps est comprise 3 1/5 à 3 1/2 fois dans la longueur
totale, la longueur de la tête 4 à 4 1/4 fois. La largeur de la tète égale les 2/3
de sa longueur; le museau est un peu pointu, très proéminent, et presque entièrement
couvert de pustules à épines cornées ; l’œil, supéro-latéral, non visible d’en bas, est
compris 6 fois dans la longueur de la tête, 4 fois dans l’espace interoculaire, qui
est peu bombé ; la bouche, avec les lèvres, est très large, occupant toute la largeur
de la tête au niveau correspondant, sa largeur étant comprise 1 2/3 à 2 fois seulement
dans la longueur de la tête ; une forte entaille de chaque côté du museau, dont
le repli labial est denticulé et recouvre presque entièrement la lèvre supérieure ; celle-ci
a le bord entier, sans dentelure ni papilles ; le bord de la lèvre inférieure est
frangé ; la face interne des deux lèvres porte plusieurs lamelles transversales ou
replis muqueux, et le bord de la bouche proprement dite porte un bourrelet
tranchant revêtu d’un mince étui corné ; un petit barbillon, mesurant la moitié
du diamètre de l’œil, est caché dans l’enfoncement à l’angle des lèvres. La nageoire
dorsale, à 3 rayons simples et 10 branchus, a le bord libre un peu échrancré ; le
premier rayon brancbu, le plus long, égale ou excède un peu la longueur de la
tête et mesure un peu plus du double de la longueur du dernier rayon ; le 9 me ou
le 10 me rayon tombe au-dessus du premier rayon de la ventrale. L’anale a 7 rayons
dont 5 branchus ; le plus long égale presque la longueur de la tète et dépasse la
racine de la caudale. La pectorale, falciforme, égale la longueur de la tête ; elle est
un peu plus longue que la ventrale, dont elle n’atteint pas tout à fait la base ; la
ventrale atteint ou n’atteint pas l’orifice anal. La nageoire caudale est grande, à
échancrure angulaire et profonde. Le pédicule caudal est presque aussi long que
haut. On compte 38 ou 39 écailles à la ligne latérale, 7/7-8 en ligne transversale,
4 entre la ligne latérale et la nageoire ventrale, 16 autour du pédicule caudal.
Les spécimens conservés, dont le plus grand mesure 59 centimètres, sont
uniformément brunâtres. Ils proviennent de Matadi.
LABEO BARBAT US.
PL XIX, fig. 2.
La hauteur du corps est comprise 3 2/3 à 3 3/4 fois dans la longueur totale,
la longueur de la tête 4 à 5 fois. La largeur de la tête est comprise 1 1/3 fois dans
sa longueur; le museau est arrondi, très proéminent, percé de pores ou portant de
petits tubercules au bout et sur les côtés ; l’œil, supéro-latéral, non visible d’en bas,
est compris, chez l’adulte, 8 fois dans la longueur de la tête, 4 fois dans la
largeur interoculaire, 4 fois et 1 1/2 fois chez le jeune ; la largeur de la bouche,
37
lèvres comprises, égale la moitié ou les 2/5 de la longueur de la tête ; une forte
entaille de chaque côté du museau, dont le repli labial est dentelé ou frangé et
recouvre presque entièrement la lèvre supérieure ; les lèvres sont plissées en dedans;
la lèvre supérieure a le bord entier, tandis que l’inférieure l’a frangé et bordé de 2 ou
3 rangées de papilles coniques ; le bord de la bouche proprement dite porte un
bourrelet tranchant recouvert d un mince étui corné ; deux barbillons très développés,
plus longs que le diamètre de l’œil, de chaque côté, le premier au-dessus du lobe
rostral, le second implanté dans le repli à l’angle des lèvres. La nageoire dorsale,
à 3 rayons simples et 10 ou 11 branchus, est médiocrement haute et son bord est
échancré ; le premier rayon branchu, le plus long, excède un peu la longueur de
la tête et mesure 2 ou 2 1/2 fois la longueur du dernier rayon ; le 7 me ou le
8 me rayon tombe au-dessus du premier rayon de la ventrale. L’anale a 7 rayons dont
o branchus ; le plus long est un peu plus court que la tète et ne dépasse pas la
racine de la caudale. La, pectorale, subfalciforme, égale la longueur de la tête ;
elle est un peu plus longue que la ventrale, dont elle n’atteint pas la base ; la
ventrale atteint ou atteint presque 1 orifice anal. La nageoire caudale est grande, à
échancrure angulaire et profonde. La hauteur du pédicule caudal est égale à sa,
longueur. Il y a 40 écailles le long de la ligne latérale, 8/9-10 en ligne transversale,
6 entre la ligne latérale et la nageoire ventrale, 22 autour du pédicule caudal.
Je ne puis rien dire de la coloration, les individus conservés sur lesquels je
décris cette espèce étant uniformément brunâtres, avec le bord des écailles dorsales
plus foncé.
Le plus grand individu mesure 50 centimètres ; sa nageoire caudale est fort
endommagée et a été restaurée, sur la figure pl. XIX, d’après celle d’un individu
Plus petit. Le premier provient, ainsi que plusieurs jeunes, de Matadi, le second de
Borna.
Nous nous trouvons ici en présence de la première espèce africaine du genre
Labeo pourvue de 4 barbillons, caractère qui n’avait jusqu’ici été rencontré que chez
des espèces de la région indienne. Par contre, l’espèce décrite en tète de cet article
se distingue de ses congénères africains, pour se rapprocher encore de certains
types indiens, par l’absence complète de barbillons. Nous connaissons donc
maintenant, en Afrique comme en Asie, des Labeo sans barbillons, à une paire de
barbillons et à deux paires de barbillons.
Décembre 1898 .
6
38
EXPLICATION DES PLANCHES
PL. X.
Fig. 1. Elops congicus, p. 21. Réduit aux 5/6 de la longueur.
» 2. Hydrocyon vittatus. p. 24. Grandeur naturelle.
PL. XI.
Hydrocyon Goliath, p. 23. Réduit aux 3/4 de la longueur.
PL. XII.
Eugnathichthys Eetveldii, p. 26. Un peu réduit ; tête vue en dessus et
en dessous ; bouche ouverte pour montrer la dentition ; écaille des
côtés du corps, grossie 9 diamètres.
PL. XIII.
Fig. 1. Distichodus maculatus, p. 27. Un peu réduit.
» la. ” » Tête vue en dessus et en dessous.
» 2. » atroventralis, p. 28. Grandeur naturelle.
PL. XIV.
Distichodus fasciolatus, p. 28. Grandeur naturelle et tête vue en dessus
et en dessous.
PL. XV.
Alestes Liebrechtsii, p. 29. Réduit aux 5/7 de la longueur.
PL. XVI.
Labeo velifer, p. 32. Réduit aux 7/11 de la longueur, et bouche ouverte.
PL. XVII.
Fig. 1. Labeo longipinnis, p. 33. Grandeur naturelle.
« la. ” » Bouche ouverte.
« 2. » falcifer, p. 35. Réduit aux 7/9 de la longueur.
« 2a. » ” Bouche ouverte.
PL. XVIII.
Labeo lineatus, p. 34. Réduit aux 3/4 de la longueur, et bouche ouverte.
PL. XIX.
Fig. 1. Labeo macrostoma, p. 36. Réduit à la moitié de la longueur.
« la. » ” Bouche ouverte.
» 2. » barbatus, p. 36. Réduit à la moitié de la longueur.
« 2a. » » Bouche ouverte.
/
1
G. A. BOULENGER
POISSONS NOUVEAUX DU CONGO
TROISIÈME PARTIE
SILURES, AC AN THOPTÉR Y GIEN S, MASTACEMBLES,
PLECTOGNATHES
SI LU RI DÆ
CHRYSICHTHYS, Bleeker.
Ce genre était représenté clans le Congo par une seule espèce connue,
G. Cranchii, Leach, poisson qui atteint 1 mètre de longueur. L’espèce nouvelle que
je décris ici se rapproche surtout de C. auratus, G-eoffr., du Nil, dont elle diffère
par la largeur très considérable de l’espace entre les dents du palais ainsi que
par la longueur des barbillons.
CHRYSICHTHYS WAGENAARI.
PL XX, fi g. 1.
La hauteur du corps est contenue 4 fois dans la longueur totale, la longueur
de la tète 3 1/3 fois (1). La tète est large et très déprimée, un peu plus large que
le corps, longue comme large, non rugueuse, entièrement couverte d’une peau
(1) La longueur cle la tête est mesurée, chez ce Silure ainsi que chez les suivants, jusqu’à l’extrémité
de l’os operculaire.
Avril 1899.
7
40
Or if k
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3e?r; i
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épaisse; le museau est arrondi et dépasse très peu la mâchoire inférieure; sa
longueur égale les 2/5 de la tête, un peu plus du double du diamètre de l’œil, qui
est compris presque 6 fois dans la longueur de la tête et 3 fois dans la largeur
interoculaire; le prolongement occipital, caché sous la peau, est en contact avec le
bouclier de l’interépineux; le barbillon nasal mesure 1 1/2 fois le diamètre de l’œil;
le barbillon maxillaire atteint le premier rayon mou de la nageoire pectorale, le
mandibulaire externe, l 1/2 fois la longueur de l’interne, atteint presque l’os
operculaire. Les dents voméro-palatines forment deux assez larges bandes séparées par
un espace égal à celui qui sépare les narines antérieures. La nageoire dorsale a
6 rayons mous; l’épine, striée, à dents excessivement faibles en avant et en arrière,
mesure la moitié de la longueur de la tête et les deux tiers des rayons mous. La
dorsale adipeuse est 3 fois plus longue que haute, sa base excède un peu celle de
la dorsale rayonnée et égale les 3/4 de la distance qui la sépare de celle-ci. L’anale
a 11 rayons, dont 7 branchus. L’épine pectorale, presque aussi longue que la
dorsale, porte une vingtaine de dents très faibles au bord interne. La nageoire
ventrale n’atteint pas l’anale. La nageoire caudale est médiocrement échancrée, à
lobes largement arrondis. La longueur du pédicule caudal excède d’un quart sa
moindre hauteur.
Longueur totale : 46 centimètres.
Le spécimen unique est brun foncé au-dessus, plus clair en dessous. Il a été
pris à Upoto.
Cette espèce nouvelle est dédiée à M. le Lieutenant Wagenaar, qui succéda à
M. Wilwerth dans la mission de récolte des poissons du Haut-Congo et auquel nous
devons bon nombre des types décrits dans les précédents fascicules de ce travail.
CIIRYSOBAGRUS, g. n.
Très voisin de Chrysichthys, Blkr., dont il ne diffère que par l’absence de
dents sur les os palatins.
Les deux espèces nouvelles pour lesquelles ce genre ou sous-genre est fondé
se distinguent facilement l’une de l’autre par un caractère auquel les noms qui leur
ont été conférés font suffisamment allusion.
CHRYSOBAGRUS BREVIBARBIS.
PI. XXI, fi g. 1.
La hauteur du corps est contenue 4 1/3 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 3 3/4 fois. La tète est très déprimée, d’un quart plus longue
que large, faiblement striée et granulée sur l’occiput; le museau, carrément tronqué,
dépasse à peine la mâchoire inférieure, sa longueur égale près du tiers de la longueur
de la tête; l’oeil, ovale, mesure à peine 1/5 de la longueur de la tête et la moitié
de la largeur interorbitaire; le prolongement occipital est un peu plus long que large
41
et touche un bouclier de l’interépineux, qui est un peu plus court et en forme de
triangle équilatéral échancré à la base; le barbillon nasal est très mince et très
court, mesurant à peine la moitié du diamètre de l’œil; le barbillon maxillaire
atteint la base de l’épine pectorale, le mandibulaire externe, 1 1/2 fois la longueur
de l’interne, atteint l’os operculaire. Les dents vomériennes forment deux petites
bandes obliques séparées l’une de l’autre par un intervalle étroit. La nageoire
dorsale a, comme chez les Chrysichthys, 6 rayons mous; l’épine est un peu plus
courte que la tête, finement striée, sans aucune serrature; le premier rayon mou
est presque aussi long que la tête. La dorsale adipeuse est 2 fois plus longue que
haute, sa base égale celle de la dorsale rayonnée et les 3/4 de la distance qui la
sépare de celle-ci. L’anale a 12 rayons, dont 9 branchas. L’épine pectorale, un peu
plus courte que la dorsale, mesure les 2/3 de la longueur de la tête; elle est lisse
en dehors, armée de 24 ou 25 dents faibles au bord interne. La nageoire ventrale
n’atteint pas l’anale. La nageoire caudale est profondément bifurquée, à lobes longs
et pointus. La moindre hauteur du pédicule caudal fait près de la moitié de sa
longueur. La ligne latérale est ramifiée.
La coloration du spécimen unique, conservé dans la liqueur, est uniformément
brunâtre clair; le barbillon maxillaire est noirâtre du côté interne.
Ce spécimen, provenant de Borna, mesure 44 centimètres.
CHRYSOBAGRUS LONGIBARBIS.
PI. XXI, fl g. 2.
La hauteur du corps est contenue 4 1/2 fois dans la longueur totale, ]a
longueur de la tête 3 3/4 fois. La tête est très déprimée, d’un tiers plus longue
que large, faiblement striée et. granulée sur l’occiput; le museau, arrondi, dépasse
un peu la mâchoire inférieure, sa longueur égale près du tiers de la longueur de la
tête; l’œil, ovale, mesure le tiers ou près du quart de la longueur de la tête et
égale la largeur de la région interorbitaire ; le prolongement occipital est un peu
plus long que large et en contact avec le bouclier de l’interépineux qui est de même
longueur et en forme de triangle échancré à la base; le barbillon nasal est très
mince et très court, plus court que l’œil ; le barbillon maxillaire atteint la nageoire
anale ou le pédicule caudal, le mandibulaire externe, plus de deux fois plus long
que l’interne, atteint le quart ou le tiers antérieur de l’épine pectorale. Les dents
vomériennes forment deux petites bandes transversales, très rapprochées l’une de
l’autre. La nageoire dorsale a G rayons mous; l’épine est un peu plus courte que
la tète, à serrature postérieure très faible; le plus long rayon mou est aussi
long que la tête. La dorsale adipeuse est un peu plus longue que haute, sa base,
plus courte que celle de la dorsale rayonnée, mesure la moitié de la distance qui
la sépare de celle-ci. L’anale a 12 rayons, dont 9 branclius. L’épine pectorale, un
peu plus courte que la dorsale, mesure près des trois quarts de la longueur de la
tète; elle est lisse au bord externe, armée de 14 ou 15 dents très fortes au bord
interne. La nageoire ventrale n’atteint pas l’anale. La nageoire caudale est
42
profondément bifurqnée, à lobes longs et pointus, le supérieur prolongé au delà de
l’inférieur. La moindre hauteur du pédicule caudal est comprise une fois et demie
dans sa longueur. La ligne latérale est ramifiée.
La coloration est uniformément brunâtre.
Cette espèce a pour types deux spécimens provenant de Léopoldville. Le plus
grand mesure 22 centimètres.
Chrysichthys acutirostris , Gthr., d’Angola, fait aussi partie du genre Chrysobagrus.
Il se rapproche de C. brevibarbis par la brièvreté des barbillons maxillaires, mais
en diffère par les groupes de dents vomériennes plus petits et plus largement séparés,
par le museau plus allongé, et par les épines dorsale et pectorales plus courtes et à
serrature très forte.
GEPHYROGLANIS, g. n.
Voisin du précédent, ce genre nouveau s’en distingue par l’absence de toute
dentition palatine. L’extrême petitesse du barbillon nasal établit d’une façon frappante
le passage des Chrysobagrus aux Pimelodus, qui sont, comme le genre nouveau,
dépourvus de dents au palais. Bagrus, Chrysichthys , Chrysobagrus, Gephyroglanis,
Pimelodus, forment les jalons d’une série complète et il ne saurait plus être question
de maintenir les groupes Bagrina et Pimeloclina.
GEPHYROGLANIS CONGICUS.
PL XX, flg. 2.
La hauteur du corps est contenue 5 1/2 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tète 4 fois. La tête est déprimée, sa largeur 1 3/5 fois dans sa
longueur, lisse, sauf sur le prolongement occipital, qui est faiblement granulé et
strié, et sur l’opercule, qui est strié ; le museau, obtusément conique, mesure les 2/5
de la longueur de la tête; l’œil, ovale, est compris 6 fois dans la longueur de la
tête et 2 fois dans la largeur de la région interorbitaire, qui est presque plane; le
prolongement occipital est long comme large et en contact avec le bouclier de
l’inter épineux, qui est un peu plus court et subcordiforme ; le barbillon nasal est
minuscule, à peine développé comme prolongement de la valvule de la narine
postérieure ; le barbillon maxillaire est mince, mesure à peine la moitié de la
longueur de la tète et n’atteint pas l’opercule; le barbillon mandibulaire externe
mesure le tiers de la longueur de la tête et près du double de l’interne. La bouche
mesure un peu moins de la moitié de la largeur de la tète; les dents, très minces,
villiformes, forment d’assez larges bandes aux deux mâchoires. La nageoire dorsale
a 6 rayons mous; l’épine mesure les 2/3 de la tête, elle est finement striée, sans
aucune serrature; le premier rayon mou est un peu plus long. La dorsale adipeuse,
une demi-fois plus longue que haute, est un peu plus courte que la dorsale
rayonnée, dont elle est séparée par un espace mesurant 2 1/2 fois sa base. L’anale
a 12 rayons, dont 8 branchus. L’épine pectorale mesure la moitié de la longueur de
43
la tête; elle est lisse en dehors, armée d’une vingtaine de dents assez faibles au
bord interne. La nageoire ventrale, insérée immédiatement en arrière de la dorsale,
est un peu plus courte que la pectorale; elle est largement séparée de l’anale. La
nageoire caudale est profondément bifurquée, à lobes pointus. La longueur du pédicule
caudal est un peu plus du double de sa moindre hauteur. Les canaux mucipares
sont très développés sur les côtés de la tète et forment de longues ramifications
partant de la ligne latérale.
Le spécimen unique, mesurant 48 centimètres, est brunâtre en dessus, blanc
en dessous. Il provient de Upoto.
SYNODONTIS, Cuvier.
La distinction des espèce^ de ce genre présente encore de grandes difficultés,
malgré le travail de révision publié récemment par M. L. Vaillant dans les Archives
du Muséum (VII et VIII, 1895-96). Sur une trentaine d’espèces admises aujourd’hui,
je crois bien pouvoir en définir treize du bassin du Congo, y compris le Tanganika,
déterminables à l’aide du synopsis suivant, établi sur un nombre assez considérable
d’individus. Je me suis abstenu de faire intervenir la présence ou l’absence de
petites dents mandibulaires postérieures dans la définition des espèces, convaincu que
ce caractère ne peut qu’induire en erreur vu la difficulté qu’on éprouve souvent à
se convaincre de la présence de ces dents, insérées sur l’os de la mâchoire inférieure,
souvent cachées par la muqueuse. D’accord avec Vaillant (1. c.) et Pfeffer (Fische
Ost-Afrikas, 1896), j’attache grande importance au nombre et à la grandeur des
dents mandibulaires antérieures grêles et mobiles, ne tenant compte, pour la longueur,
que de la partie projetant hors de la lèvre; mais je ne saurais suivre ce dernier
auteur en négligeant, comme caractères spécifiques de l’adulte, la présence ou
l’absence de villosités sur le corps et la longueur relative de la nageoire dorsale
adipeuse, considérés â tort par lui comme dimorphisme sexuel.
J’omets de la liste le S. Robbianus, J. A. Smith, cité par Vaillant du Congo
français, d’après un spécimen unique dont la détermination demande à être revue.
Le type de S. Robbianus, du Calabar, conservé au British Muséum, a une bordure
membraneuse très nette au barbillon maxillaire et les dents mandibulaires sont au
nombre de 15 seulement; il diffère donc très sensiblement de l’individu décrit par
Vaillant, ainsi que cet auteur le reconnaît lui-même.
I. Barbillons maxillaires non branclius; plusieurs rangées de dents prémaxillaires.
A. Yeux supéro-latéraux ou supères.
1. Barbillons maxillaires non bordés d’une manière sensible.
a. Dents mandibulaires grêles au nombre de 70 à 80; dessus
de la tête lisse; nageoire caudale prolongée en iilaments . S. caudalis, sp. n.
b. Dents mandibulaires grêles au nombre de 30 à 60; dessus de la tête granulé, rugueux.
a. Barbillon maxillaire n’atteignant pas l’extrémité de l’épine pectorale.
* Prolongement huméral non armé d’épines; 30 à 35 dents mandibulaires.
Barbillons mandibulaires externes à branches longues, minces, non
ramifiées; côtés du corps un peu villeux chez l’adulte. S. Depauwi, sp. n.
Barbillons mandibulaires externes à branches courtes, massives, bi- ou
trifides; corps nu. S. angelicus, Schilth.
** Prolongement huméral armé d’épines; 40 à 50 dents
mandibulaires; côtés du corps villeux. S. acanthomias, sp. n.
44
p. Barbillon maxillaire atteignant l’extrémité de l’épine
pectorale; peau villeuse chez l’adulte; 40 à 60 dents
mandibulaires. S. Greslioffi , Schiltli. (l)
c. Dents mandibulaires grêles au nombre de 15 à 30 ;
prolongement huméral non caréné.
a. Barbillon maxillaire n’atteignant pas l’extrémité de l’épine pectorale; prolongement
huméral très pointu.
Dorsale adipeuse plus longue que la tête; peau villeuse chez l’adulte. . S. schall, Bl. Schn.
Dorsale adipeuse un peu plus courte que la tête ; peau non villeuse. . . S. multipunctatus, Blgr.
(3. Barbillon maxillaire au moins aussi long que le corps;
prolongement huméral arrondi ou obtusément pointu. . S. Alberti, Schiltli.
cl. Dents mandibulaires grêles au nombre de 8 ou 9; barbillon
maxillaire plus court que la tête; dorsale adipeuse beaucoup
plus courte que la tête ; prolongement huméral se terminant
en pointe mousse. S. Vaillanti, Blgr.
2. Barbillon maxillaire bordé d’une membrane du côté interne, distincte tout au moins à la base;
prolongement huméral très large, tronqué ou arrondi en arrière.
19 ou 20 dents mandibulaires grêles; barbillon maxillaire beaucoup plus
long que la tête; dorsale adipeuse beaucoup plus courte que la tête . S. notatus, Vaill.
8 à 12 dents mandibulaires grêles ; barbillon maxillaire pas plus long que
la tête; dorsale adipeuse presque aussi longue que la tête. S. nummifer, sp. n.
B. Yeux absolument latéraux, visibles d’en bas comme d’en haut;
barbillon maxillaire bordé à la base, atteignant à peine la base de
l’épine pectorale; 15 à 19 dents mandibulaires grêles; prolongement
huméral très large, tronqué ou arrondi en arrière; dorsale adipeuse
plus courte que la tête. S. pleurops, Blgr.
IL Barbillons maxillaires branchus ; une seule rangée de dents prômaxillaires;
4 à 6 dents mandibulaires grêles; yeux supôrodatôraux; prolongement
huméral très large, arrondi en arrière. S. decorus, sp. n.
I)e ces 13 espèces, 10 sont représentées, par un total de 29 spécimens, dans
la collection formée par MM. Wilwertli et Wtigenaar. Les S. schall (2) et S. Vaillanti
sont signalés du Congo français par Vaillant; le S. multipunctatus a été découvert
récemment dans le lac Tanganika, par M. J. E. S. Moore.
S YN O D ON TI S CAUDALIS.
PI. XXII, fig. 1.
Le corps est assez fortement comprimé, sa hauteur égale à la longueur de
la tête et comprise 4 à 4 1/2. fois dans la longueur totale. La tète est aussi large
que longue, très déprimée, presque lisse en dessus; la fontanelle frontale est petite,
linéaire; le museau, arrondi, mesure la moitié de la longueur de la tète; l’œil est
supère, son diamètre est compris 5 1/2 à G fois dans la longueur de la tète, 2 à
2 1/2 fois dans l’espace inter oculaire, qui est presque plat; pas de carène occipitale.
La bouche a les lèvres très développées; le barbillon maxillaire, simple, mesure
1 1/2 à 1 2/3 fois la longueur de la tète; les barbillons mandibulaires sont insérés
sur une ligne transversale droite et portent de longues branches à courtes et épaisses
ramifications; les externes, un peu plus longs que les internes, mesurent le 2/3 de
(1) Grâce à l’obligeance de M. le prof. Hubrecht, j’ai pu comparer le type de cette espèce, provenant de
Stanley-Pool, avec des exemplaires recueillis à Matadi et à N Ue -Anvers. Ce Synodontis a été décrit et figuré par
Vaillant, d’après un exemplaire défectueux du Congo français, sous le nom de S. Afro-Fischeri , Hilg. Le
véritable S. Afro-Fischeri du Victoria Nyanza, en diffère, à en juger par les descriptions données par Hilgendorf
et par Pfeffer, par la dorsale adipeuse plus courte (mesurant les 2/3 de la tête et égale à la distance qui la
sépare de la dorsale rayonnée), la serrature des épines dorsale et pectorales plus forte et par la présence de
bandes transversales noirâtres sur les nageoires.
(2) Les individus du Congo rapportés à cette espèce, mais non décrits, pourraient bien en être distincts et
non séparables de X. Depauwi.
I
la longueur de la tète. Les dents prémaxillaires forment une assez large bande; les
mandibulaires, très petites et crochues, mesurant à peine la moitié du diamètre de
l’œil, sont au nombre de 70 à 80. La fente operculaire 11 e s’étend pas en dessous
au delà de la base de la nageoire pectorale. Le bouclier oceipito-nuchal, lisse et
• simplement convexe, 11 ’est qu’un peu plus long que large et se termine en pointes
aiguës ou obtuses qui 11 e s’étendent pas au delà de la base de l’épine de la dorsale.
Le prolongement huméral, faiblement strié, est étroit et aigu et s’étend jusqu’au
niveau de l’extrémité du bouclier occipito-nuchal. La peau du corps est dépourvue
de villosités. La nageoire dorsale a 6 rayons branchus; l’épine n’est que médiocrement
forte, à peine plus longue que la base de la nageoire, faiblement striée, lisse en
avant, et porte en arrière 6 à 10 dents réclinées assez faibles. La dorsale adipeuse
est 4 à 5 fois plus longue que haute et 2 1/2 à 3 1/2 fois plus longue que la
distance qui la sépare de la dorsale rayonnée. L’anale a 11 ou 12 rayons, dont
8 ou 9 branchus. L’épine pectorale est forte, aussi longue que la tête ou un peu
plus courte; son bord antérieur est armé de 15 à 20 dents dirigées en bas, son
bord postérieur en a 13 à 16 beaucoup plus grandes et dirigées en sens inverse. La
nageoire ventrale atteint presque l’origine de l’anale. La caudale est profondément
échancrée et ses lobes se terminent en longs filaments, le plus long rayon mesurant
plus de la moitié de la longueur totale sans la caudale.
Uniformément brunâtre.
Plusieurs individus, dont le plus grand mesure 14 centimètres. Ils proviennent
de Borna, de Matadi, de Léopoldville.
Voici une espèce facile à caractériser par sa tête recouverte d’une peau lisse
et par l’extrême prolongement des lobes de la caudale. Par ses dents excessivement
nombreuses elle se rapproche de l’espèce à laquelle Vaillant a. imposé le nom de
S. polyodon et qui provient de l’Ogowé. Elle s’en distingue, outre les caractères
mentionnés déjà, par l’épine dorsale plus courte, la dorsale adipeuse plus longue, le
prolongement huméral plus étroit, l’œil plus petit, et par l’absence de villosités sur
les côtés du corps. En prenant, à l’exemple de Vaillant, le S. schall comme type
moyen de la, série, si nombreuse et si variée, que nous offre le genre Synodontis,
S. caudalis et S. decorus viendraient en occuper les deux bouts.
SYNODONTIS DEPAUWI.
PI. XXII, flg. 2.
Le corps est assez fortement comprimé, sa hauteur égale ou un peu supérieure
à la longueur de la tête et comprise 3 2/3 à 4 1/3 fois dans la longueur totale.
La tête est aussi large que longue, assez déprimée, finement granulée en dessus ;
la fontanelle frontale est petite, peu distincte; le museau, arrondi, mesure la moitié
de la longueur de la tête; l’œil est supère, son diamètre est compris 5 à 6 fois
dans la longueur de la tête, 2 fois dans l’espace interoculaire, qui est presque
plat; pas de carène occipitale. La bouche a les lèvres assez développées; le barbillon
maxillaire, simple, est un peu plus long que la tête; les barbillons mandibulaires
46
sont insérés sur une ligne transversale droite et portent de longues branches, minces
et au nombre de 4 à 6 sur les externes, plus épaisses et ramifiées sur les internes;
les barbillons externes, près de 3 fois plus longs que ces derniers, sont un peu
plus courts que la tête. Les dents, prémaxillaires forment une assez large bande;
les mandibulaires, très petites et crochues, mesurant moins de la moitié du diamètre
de l’oeil, sont au nombre de 30 à 35. La fente operculaire ne s’étend pas en dessous
au delà de la base de la nageoire pectorale. Le bouclier occipito-nuchal, finement
granulé et simplement convexe, est d’un tiers ou de moitié plus long que large et
se termine en pointes aiguës ou obtuses qui ne s’étendent pas au delà de la base
de l’épine de la dorsale. Le prolongement huméral est faiblement strié, caréné, étroit
et se termine en pointe, très aiguë et légèrement relevée. La peau, chez les adultes,
est un peu villeuse sur la moitié antérieure du corps. La nageoire dorsale a 6 ou 7
rayons branchus; l’épine n’est que médiocrement forte, d’un tiers plus longue que
la base de la nageoire et porte un prolongement mou assez développé ; elle est
faiblement striée, et munie en arrière de 6 à 10 dents réclinées très faibles. La dorsale
adipeuse est 3 1/2 à 4 1/2 fois plus longue que haute et 2 à 3 fois plus longue
que la distance qui la sépare de la dorsale rayonnée. L’anale a 10 ou 11 rayons,
dont 7 ou 8 branchus. L’épine pectorale est forte, aussi longue que la tète; son
bord externe porte 25 à 32 dents dirigées, en bas, son bord interne en a 15 à 20
beaucoup plus grandes et dirigées en sens inverse. La nageoire ventrale n’atteint
pas, ou atteint à peine, l’origine de l’anale. La caudale est profondément échancrée;
son plus long rayon mesure le 1/3 ou les 2/5 de la longueur totale sans la caudale.
Brunâtre uniformément.
Cette espèce, représentée par 3 individus de Léopoldville, le plus grand
mesurant 21 centimètres et le plus petit 8 1/2, est nommée en l’honneur de
M. Louis De Pauw, conservateur des collections de l’Université libre de Bruxelles,
par les soins duquel la collection de poissons du Congo a été installée à l’Exposition
de 1897, et qui, à maintes occasions, a rendu de réels services au Musée du
Congo. Elle est assez voisine de l’espèce précédente, dont elle se sépare de suite
par un caractère important : le nombre bien moins élevé de dents mandibulaires.
En outre, elle s’en distingue par le dessus du crâne rugueux, par les dents
plus nombreuses à l’épine pectorale, et par le prolongement moindre des lobes de la
caudale. Elle est encore plus voisine de S. angelicus, Scliiltli., dont elle diffère par
le prolongement huméral plus étroit et plus aigu,- les barbillons mandibulaires
différemment branchus, ainsi que par l’absence de tout dessin sur le corps et sur
les nageoires.
SYNODONTIS ACANTHOMIAS.
PL XXIII.
Le corps est faiblement comprimé, sa hauteur égale ou excède un peu la
longueur de la tête et est comprise 4 à 4 1/3 fois dans la longueur totale. La tête
est aussi longue que large, faiblement grêlée et vermiculée en dessus; la fontanelle
frontale est très petite, elliptique, 2 ou 3 fois plus longue que large ; le museau,
47
obtusément conique, mesure un peu plus de la moitié de la longueur de la tête;
l’œil est supère, son diamètre est compris 6 fois dans la longueur de la tête,
2 1/2 ou 3 fois dans l’espace interoculaire; la région interoculaire est peu bombée,
l’occiput dépourvu de carène, le bouclier nuclial lui-même ne portant qu’une carène
très obtuse. La bouche a les lèvres médiocrement développées; le barbillon maxillaire,
simple, est au moins une demi-fois plus long que la tête; les barbillons mandibulaires
sont branchus, les externes, aussi longs que la tête, mesurent le double des internes
et sont insérés un peu plus bas. Les dents prémaxillaires forment une très large
bande; les mandibulaires, crochues, mesurant près de la moitié du diamètre de
l’œil, sont au nombre de 40 à 50. La fente operculaire ne s’étend pas en dessous
au delà de la base de la nageoire pectorale. Le bouclier nuclial, faiblement sculpté
comme le dessus de la tête, est d’un tiers ou de moitié plus long que large; ses
processus postérieurs sont tantôt pointus, tantôt carrément tronqués et s’étendent
jusqu’au niveau du premier rayon mou de la dorsale. Le prolongement huméral,
2 1/2 à 3 fois plus long que haut, se termine en pointe en arrière du niveau du
bouclier nuclial et est armé de longues et fortes épines dirigées en arrière. La peau
est couverte, sur les côtés du corps, de villosités très développées. La nageoire
dorsale a 6 rayons branchus; l’épine est très forte, 1 2/S à 1 3/4 fois la longueur
de la base de la nageoire, munie de quelques dents très faibles à l’arrière de sa
moitié supérieure. La dorsale adipeuse est 5 à 7 fois plus longue que haute et
3 à 5 fois plus longue que la distance qui la sépare de la dorsale rayonnée.
L’anale a 12 rayons, dont 8 ou 9 branchus. L’épine pectorale est un peu plus
longue que la tête, à serrature modérément forte des deux côtés : 40 à 45 dents
dirigées en arrière du côté externe, 30 à 35, droites ou dirigées un peu en arrière,
du côté interne; le premier rayon mou de la-pectorale est prolongé en filament.
La ventrale n’atteint pas l’anale. La caudale est profondément bifurquée.
Corps et nageoires d’un brun foncé, uniformes ou couverts de petites taches
noires arrondies.
Longueur totale 35 centimètres.
Deux spécimens de Borna, un de Léopoldville.
Cette espèce est voisine de S. omias, G-tlir., auquel des spécimens de Ubangi
ont été rapportés, à tort je crois, par Vaillant. Chez S. omias le prolongement huméral
est plus large et plus court et il ne porte que deux ou trois épines, près du bord
inférieur; les dents au bord interne de l’épine pectorale sont plus fortes et réclinées;
la dorsale adipeuse est plus courte, seulement 2 fois plus longue que la distance
qui la sépare de la dorsale rayonnée.
SYNODONTIS NUMMIFER.
PL XXIV.
Corps fortement comprimé, sa largeur près de 2 fois dans sa plus grande
hauteur, qui est comprise 3 1/3 à 3 1/2 fois dans la longueur totale. La tête est
comprise 3 3/4 à 3 4/5 fois dans la longueur totale; elle est d’un tiers ou de
moitié plus longue que large et finement granulée à partir de la région interoculaire,
Avril 1899. S
48
qui est à peine convexe; la fontanelle frontale est très étroite, sa largeur étant
comprise 5 ou 6 fois dans sa longueur; l’opercule est faiblement strié; le museau,
obtusément conique, mesure la moitié ou les 2/5 de la longueur de la tète; l’œil
est supéro-latéral, son diamètre est compris 3 1/2 à 4 fois dans la longueur de la
tête, 1 2/5 à 1 3/4 fois dans l’espace inter oculaire; l’occiput ne forme de carène
qu’à partir du bouclier nuchal. La bouche a les lèvres médiocrement développées; le
barbillon maxillaire égale la longueur de la tête, ou un peu moins; il est finement
denticulé au bord externe et bordé en dedans d’une large membrane; les barbillons
mandibulaires sont insérés sur une ligne transversale droite, les externes, un peu
plus longs que les internes, mesurent le tiers de la longueur de la tête; ils sont
porteurs de branches elles-mêmes ramifiées, qui leur donnent un aspect arborescent.
Les dents prémaxillaires, petites et espacées, sont disposées en plusieurs rangées;
les mandibulaires, crochues, sont au nombre de 8 à 12 et mesurent le quart ou le
tiers du diamètre de l’œil. La fente operculaire ne s’étend pas en dessous au delà
de la base de la nageoire pectorale. Le bouclier occipito-nuchal, finement granulé
comme le dessus de la tète, forme une carène très obtuse; sa largeur est comprise
1 1/2 fois dans sa longueur; ses processus postérieurs sont arrondis et ne s’étendent
pas au delà de la base de l’épine de la dorsale. Le prolongement huméral, finement
strié, est très large, au moins aussi large que l’espace nu qui le sépare du bouclier
nuchal; il est tronqué ou arrondi en arrière et s’étend aussi loin que le bouclier
nuchal. La peau du corps est dépourvue de villosités. La nageoire dorsale a, comme
de coutume, 6 rayons branclius; l’épine est forte, 2 fois plus longue que la base
de la nageoire, striée, munie d’assez faibles serratures réclinées sur les 2/3 supérieurs
de sa face postérieure. La dorsale adipeuse est à peu près 4 fois plus longue que
haute et sa longueur est de beaucoup supérieure à la distance qui la sépare de la
dorsale rayonnée. L’anale a 10 rayons, dont 7 branchus. L’épine pectorale est un
peu plus courte que la tète, à serrature très forte; 22 ou 23 dents dirigées en
arrière à la face externe, 17 à 20, plus fortes et dirigées en sens inverse, a la
face interne. La nageoire ventrale n’atteint pas tout à fait l’origine de l’anale.
La nageoire caudale est profondément bifurquée.
La coloration est jaunâtre; une ou deux taches noires arrondies de chaque
côté du corps, la première sur la ligne latérale au-dessus de la base de la ventrale;
quelques taches brunes sur la caudale.
Longueur totale
185 millimètres.
Le spécimen figuré provient de Léopoldville, un second est de Matadi.
Cette espèce est très voisine du S. notatus , Vaill., que nous avons aussi
reçu du Congo, et qui s’en distingue par le barbillon maxillaire moins largement
bordé, les barbillons mandibulaires moins ramifiés, les épines des nageoires moins
fortes et par la dorsale adipeuse beaucoup plus courte. Ces deux espèces établissent
le passage des formes à yeux supères à celle décrite précédemment du Congo sous
le nom de S. pleurops, chez laquelle les yeux sont absolument latéraux, c est-à-dire
visibles d’en bas aussi bien que d’en haut.
49
SYNODONTIS DECORUS.
PL XXV.
Le corps est faiblement comprimé, sa hauteur égale à la longueur de la tête,
3 2/3 à 3 3/4 fois dans la longueur. totale. La tête est d’un quart plus longue que
large, finement granulée en dessus; la fontanelle frontale est petite, 3 ou 4 fois
plus longue que large; le museau, obtusément conique, mesure la moitié de la
longueur de la tête; l’œil est supéro-latéral, son diamètre est compris 4 à 4 1/2 fois
dans la longueur de la tête, 1 1/2 à 2 fois dans l’espace interoculaire; la région
interoculaire est presque plate, l’occiput ne forme de carène qu’à partir du bouclier
nuchal. La bouche a les lèvres très développées; le barbillon maxillaire égale la
longueur de la tête, ou au moins les 4/5 de celle-ci, il est frangé, c’est-à-dire
pourvu, du côté externe, de petites branches, au nombre d’une vingtaine, dont
quelques-unes sont même bifides ; les barbillons mandibulaires sont insérés sur une
ligne transversale droite, les externes, plus longs que les internes, mesurant la moitié
ou les 3/5 de la longueur de la tête; ils sont munis d’assez longues branches
pour la plupart ramifiées. Les dents prémaxillaires, petites et peu nombreuses,
forment une seule rangée; les mandibulaires, également très petites, crochues,
mesurant à peine le cinquième du diamètre de l’œil, sont au nombre de 4 à 6. La
fente operculaire ne s’étend pas en dessous au delà de la base de la nageoire
pectorale. Le bouclier occipito-nuchal, finement granulé comme le dessus de la tête,
forme une carène très obtuse; sa largeur est contenue 1 1/2 fois dans sa longueur
(processus compris) ; ses processus postérieurs sont arrondis ou pointus et ne
s’étendent pas au delà de la base de l’épine de la dorsale. Le prolongement huméral,
finement granulé, avec ou sans quelques stries très faibles, est beaucoup plus large
que l’espace nu qui le sépare du bouclier nuchal; sa hauteur est comprise 1 1/2 à
1 2/3 fois dans la longueur; il est obtusément pointu ou arrondi en arrière et ne
s’étend pas au delà du bouclier nuchal. La peau du corps est dépourvue de
villosités. La nageoire dorsale a 6 rayons branchus (ou 7 si l’on compte le dernier
pour deux) ; l’épine est forte, près de 2 fois plus longue que la base de la nageoire,
striée, munie de quelques très faibles serratures réclinées sur le tiers supérieur de sa
face postérieure. La dorsale adipeuse est à peu près 3 fois plus longue que haute
et sa longueur égale la distance qui la sépare de la dorsale rayonnée. L’anale a
10 rayons, dont 7 branchus. L’épine pectorale est presque aussi longue que 1a, tête,
à serrature forte et réclinée (19 à 22 dents) à la face interne, nulle ou presque
nulle à la face externe. La nageoire ventrale atteint l’origine de l’anale. La nageoire
caudale est profondément bifurquée.
Le corps est brun au-dessus, blanc en dessous ; un pointillé noirâtre sur
l’arrière de la tête; de grosses taches rondes, noires forment trois séries alternantes
sur le corps; 3 ou 4 bandelettes noirâtres en travers de la dorsale; 3 ou 4 bandes
obliques noires sur chaque lobe de la caudale, convergentes en arrière. Cette livrée,
unique chez les Siluroïdes, est particulièrement remarquable par sa ressemblance à
50
celle du Characinoïde Eugnathichthys Eetveldii décrit et figuré dans le fascicule
précédent, p. 26, pl. XII.
J’ai examiné 4 spécimens de cette espèce, provenant de Léopoldville et de
N lle -Anvers. Le plus grand mesure 23 centimètres.
Le S. clecorus se rapproche de S. clarias, L., du< Nil et du Sénégal, dont il
se distingue par les dents mandibulaires beaucoup plus petites, la dorsale adipeuse
plus courte, les barbillons maxillaires plus allongés, et par la coloration.
PRISTIPOMATIDÆ
DIAGRAMMA, Cuvier.
Ce genre, nombreux en espèces, est distribué dans toutes les mers tropicales
et subtropicales, l’Océan Indien fournissant la plus grande diversité de formes. On
n’en connaît que trois espèces de la côte occidentale d’Afrique ( D . citrinellum, Gthr.,
D. angustifrons, Trosch., I). œneum, Ptrs.).
L’espèce nouvelle que je décris ici, quoique fondée sur un spécimen obtenu
dans le bief de Manvanga, dans la région des cataractes, donc assez avant dans le
Congo, doit sans doute être classée comme poisson marin, ainsi que l’indiquent non
seulement ses affinités naturelles, mais aussi et surtout son association avec un
nombre assez considérable de formes qui appartiennent bien à la faune marine
quoique remontant plus ou moins loin les grands fleuves, formes dont j’ai donné
la liste dans le précédent fascicule, p. 22.
DIAGRAMMA MACROLEPIS.
Pl. XXVI.
La hauteur du corps est contenue 2 1/4 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête un peu plus de 3 fois. Le museau est court, égalant le diamètre
de l’oeil, qui est contenu 3 2/3 fois dans la longueur de la tête, et la largeur de
l’espace interoculaire; son bord supérieur est légèrement concave; les lèvres sont
très épaisses et le menton porte 4 pores très marqués; les dents sont très petites; le
maxillaire s’étend jusqu’en dessous de la narine postérieure; le bord postérieur du
préopercule est distinctement denticulé; deux épines mousses à l’opercule; à l’exception
du museau, la tête est entièrement couverte d’écailles, les plus grandes sur
l’opercule; les rayons branchiostèges sont au nombre de 6; les branchiospines de
l’arceau branchial externe sont assez longues, au nombre de 18 à sa partie
inférieure. La nageoire dorsale naît en avant de la, pectorale et se compose de 14
épines très fortes et 16 rayons mous; les épines croissent jusqu’à la 5 me , qui
mesure les 3/5 de 1a, tête, puis décroissent jusqu’à la dernière, qui est à peine aussi
longue que la 2 me ; les plus longs rayons mous égalent la plus longue épine.
51
L’anale a 3 épines et 7 rayons mous; la 2 me épine est très forte, presque aussi
longue que la 5 me épine dorsale, et beaucoup plus longue que les deux autres. La
nageoire pectorale est un peu plus courte que la ventrale, qui atteint l’anus. La
nageoire caudale est arrondie. Le pédicule caudal est à peine plus long que haut.
Les écailles sont au nombre de 55 en série longitudinale, de 8/23 en série
transversale; la ligne latérale perce 48 écailles.
La couleur, après séjour dans la liqueur conservatrice, est brunâtre; les
ventrales et 1 anale, ainsi que la membrane entre les dernières épines dorsales sont
noirâtres.
Longueur totale : 21 centimètres.
Un spécimen de Manyanga. Nom indigène : Pongui.
Cette espèce est très voisine de D. crassispinum, Rüpp. ( affine, Gthr.), de
l’Océan Indien, auquel des individus de Liberia ont été rapportés à tort par
Steindachner (Notes Leyd. Mus. XVI, 1894, p. 6), et qui s’en distingue par les
écailles plus petites entre la nageoire dorsale et la ligne latérale (en 9 à 11 rangées)
et par la 4 me épine dorsale plus longue que la 5 me .
CICHLIDÆ
TILAPIA CABRÆ.
PL XXVII.
La hauteur du corps est comprise 2 à 2 1/5 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 3 fois. Le profil est convexe depuis l’œil jusqu’à l’origine de la
nageoire dorsale, descend en pente droite de l’œil à la lèvre. Le diamètre de l’œil
est compris 1 1/2 à 1 2/3 fois dans la longueur du museau, 4 à 4 1/2 fois dans
la longueur de la tète, 1 1/2 à 2 fois dans l’espace interoculaire; la bouche est
assez grande, mesure les 3/4 de la largeur de la tète, et s’étend en arrière
jusque entre la narine et l’œil; les dents sont petites, les externes, plus grandes et
bilobées, sont au nombre de 70 à 80, et sont séparées par un espace assez
considérable des internes, tricuspides, qui forment 4 rangées très rapprochées;
4 séries décailles sur la joue; de grandes écailles sur l’opercule. Branchiospines
courtes, au nombre de 10 à 12 à la partie inférieure du premier arceau. Nageoire
dorsale composée de 16 épines et 12 ou 13 rayons mous; les épines croissent en
longueur jusqu’à la dernière, qui mesure les 2/5 ou la 1/2 de longueur de la tête; la partie
molle est prolongée en pointe, les plus longs rayons mesurant plus du double de la
dernière épine. La nageoire pectorale est pointue, aussi longue (pie la tête, et n’atteint
pas 1 origine de l’anale. La ventrale s’étend jusqu’à l’anus ou l’origine de la nageoire
anale. Celle-ci comprend 3 épines et 10 ou 11 rayons mous; la troisième épine, la
plus longue, est plus forte mais plus courte que la dernière de la dorsale; la partie
molle est prolongée en pointe comme celle de la dorsale. La nageoire caudale est
52
arrondie en arrière. La hauteur du pédicule caudal excède sa longueur. Les écailles,
rugueuses mais dépourvues de denticulations marginales, sont au nombre de 32 en
ligne longitudinale, de 3L/10 à 3/13 en ligne transversale; la ligne latérale perce
20 ou 21 écailles dans sa branche supérieure, 12 à 14 dans l’inférieure.
La couleur, chez les spécimens conservés, est d’un brun-olive; une tache
noirâtre au bord de l’opercule et de petites taches noirâtres arrondies sur la dorsale
molle et sur la caudale.
Cette espèce, qui atteint une longueur de 34 centimètres, semble se rapprocher
surtout de T. Tholloni, Sauvage, de l’Ogowé, dont elle se distingue par le nombre
plus élevé de rayons mous à la dorsale : 12 ou 13 au lieu de 8 (1).
Trois spécimens ont été envoyés par M. le capitaine Cabra de Kaika Zobé, sur
le Shiloango.
STEATOCRANUS, g. n.
Voisin de Tilapia, Smith. Deux séries de dents petites et échancrées à chaque
mâchoire, celles de la série externe plus grandes et comprenant à la symphyse une
paire de dents plus considérables et tronquées, en forme ^d’incisives. Une crête
ou renflement adipeux le long du vertex et de l’occiput. Écailles cycloïdes. 19 ou
20 épines à la nageoire dorsale, 3 à l’anale. Vertèbres au nombre de 30 (16 + 14).
STEATOCRANUS GIBBICEPS.
PI. XXVIII, fig. 1.
Le corps est fortement comprimé, sa hauteur comprise 3 1/2 à 3 2/3 fois dans
la longueur totale, dans laquelle la longueur de la tête entre pour 3 fois. Le museau,
à profil supérieur légèrement concave, est près de 2 fois plus long que l’œil, dont
le diamètre est compris 5 fois dans la longueur de la tête et égale la largeur de
l’espace interoculaire; le maxillaire, dont l’extrémité est visible quand la bouche est
close, s’étend jusqu’au-dessous de la narine; 24 dents dans la série externe à la
mâchoire supérieure; la tête est complètement dépourvue d’écailles; le bourrelet
adipeux de la tête commence au niveau du bord antérieur de l’œil et s’étend jusqu’à
la nageoire dorsale. Celle-ci a 19 ou 20 épines et 8 rayons mous; les épines croissent
jusqu’à la dernière, qui mesure les 2/5 de la tête; les rayons mous sont un peu
plus longs. L anale a 3 épines et 6 rayons mous; la 3 me épine est la plus longue.
La pectorale est arrondie et mesure les 2/3 ou les 3/4 de la tête; la ventrale, un
peu plus longue, n’atteint pas l’anus. La caudale est arrondie. Le pédicule caudal
est aussi long que haut. Les écailles sont au nombre de 32 à 35 en série
longitudinale, de 3/14 en série transversale; lignes latérales 21/10-11.
Deux exemplaires décolorés de Matadi, le plus grand mesurant 75 millimètres.
(1) Sauvage indique 18 rayons, mais c’est là bien certainement une faute d’impression, car la figure
annexée à sa description n’en montre que 8.
53
LABRIDÆ
TELEOGRAMMA, g. n.
Ce genre se rapproche de Acantholabrus , C. et V., dont il diffère principalement
par l’absence de denticulations au préopercule, la ligne latérale située plus bas,
s’étendant ininterrompue et presque droite depuis la fente des ouïes jusqu’à la base
de la nageoire caudale, et les écailles plus petites. Il y a 20 épines à la dorsale
et 5 à l’anale. Les mâchoires portent une assez large bande de dents coniques très
petites, au-devant desquelles quelques canines à couronne brune : quatre à la
mâchoire supérieure, deux à l’inférieure. Vertèbres au nombre de 34 (15 -h 19).
TELEOGRAMMA GRACILE.
PL XXVIII, fig. 2.
Le corps est à peine comprimé, sa hauteur comprise 6 fois dans la longueur
totale, dans laquelle la longueur de la tète entre pour près de 4 fois. Le museau
est obtusément pointu, 2 fois plus long que l’œil, dont le diamètre est compris
5 1/2 fois dans la longueur de la tête et excède un peu la largeur de l’espace
interoculaire; le maxillaire, dont l’extrémité déborde à peine le préorbitaire quand
la bouche est close, ne s’étend pas tout à fait jusqu’au-dessous du bord antérieur
de l’œil; la tête est complètement dépourvue d’écailles. La dorsale, occupant presque
toute la longueur du corps, se compose de 20 épines et 8 rayons mous; les épines
croissent jusqu’à la dernière, qui mesure les 2/5 de la tête; les rayons mous sont un
peu plus longs. L’anale a 5 épines et 6 rayons mous. La pectorale est arrondie et
mesure les 2/3 de la tète; la ventrale, de même longueur, n’atteint pas l’anus. La
caudale est arrondie, les rayons médians beaucoup plus longs que les externes. Le
pédicule caudal est aussi long que haut. Les écailles sont au nombre de 72 en
série longitudinale, de 10/20 en série transversale; la ligne latérale s’étend sur
37 écailles plus grandes.
Le spécimen unique, tout décoloré, mesure 72 millimètres. Il provient de
Matadi et représente évidemment l’état jeune d’une espèce marine pénétrant dans
l’estuaire du Congo.
Grâce à l’obligeance de MM. Gardiner et Green, j’ai pu, à l’aide des rayons
Roentgen, constater la structure de la colonne vertébrale chez le spécimen unique.
Elle se rapproche beaucoup de celle de Acantholabrus Palloni, Risso, les côtes étant
fixées à l’extrémité des parapophyses, qui commencent à partir de la 4 me vertèbre.
Il y a 15 vertèbres précaudales et 19 caudales, au lieu de 18 + 18 comme chez
Acantholabrus.
54
MASTACEM BELIDÆ
MASTACEMBELIJS, Gronow.
La famille des Mustacembelidœ a été longtemps considérée comme exclusivement
propre aux eaux douces du sud de l’Asie. Ce n’est qu’en 1867 que fut décrite,
par Günther, la première espèce africaine du genre Mastacembelus . Depuis, le
nombre s’en est singulièrement accru et il est possible aujourd’hui d’en distinguer 15,
propres à la région intertropicale de l’Afrique, de Liberia au Nord jusqu’au Congo
au Sud et aux grands lacs à l’Est. Les caractères principaux de ces 15 espèces sont
indiqués dans le tableau synoptique suivant. Deux d’entre elles sont décrites ici comme
nouvelles et portent à 4 le nombre des espèces du Congo : M. paucispinis, congicus,
marmoratus et brachyrhinus.
I. Dorsale à épines peu nombreuses.
D. VII 105; A. III 70. M. paucispinis, sp. n.
II. Dorsale à épines nombreuses (23 à 35).
A. Anus à égale distance, ou à peu près, du bout du museau et de la nageoire caudale.
1. Deux- fortes épines au préopercule.
I). XXIII-XXIV 75; A. II 75-76; longueur de la tête (mesurée jusqu’à
l'extrémité de l’opercule et sans l’appendice rostral) comprise à peine
deux fois dans sa distance de l’anus et 1/6 dans sa distance de la
première épine dorsale. m. Marchii, Sauv.
D. XXIV 100; A. II 100; longueur de la tête 3 1/2 fois dans sa distance
de l’anus et une fois dans sa distance de la première épine dorsale. . M. cryptacanthus, Gthr,
D. XXVII 85; A. III 92; longueur de la tête 2 1/2 fois dans sa distance
de l’anus et 1/3 dans sa distance de la première épine dorsale .... M. congicus, Blgr.
D. XXVI-XXX 80; A. II 80. M. liberiensis, Blgr.
D. XXIX-XXX 117-130; A. II 117-127; longueur de la tête près de 4 fois
dans sa distance de l’anus et 1/2 fois dans sa distance de la première
épine dorsale. M. Loennbergii, Blgr.
2. Épines préoperculaires très petites (jeunes) ou absentes.
D. XXVII-XXVIII 70-80; A. II 80-90; longueur de la tête 3 à 4 fois dans
sa distance de l’anus et une fois ou un peu moins dans sa distance de
la première épine dorsale.. M. flavomarginatus, Blgr.
I). XXVII 80-82; A. Il 60-65; longueur de la tête égale à sa distance de
la première épine dorsale. M. niger, Sauv.
D. XXVII-XXIX 65-70; A. II 68-75; longueur de la tête 2 1/2 à 3 fois
dans sa distance de l’anus, 1 1/2 fois dans sa distance de la première
épine dorsale. Af. shiranus, Gthr.
D. XXIX 95; A. II 85; longueur do la tête 3 fois dans sa distance de
l’anus, 1/2 fois dans sa distance de la première épine dorsale .... M. nigromarginatus, Blgr.
D. XXV-XXVII 70-80; A. II 70-80; longueur de la tête 2 fois dans sa
distance de l’anus, près de 1/3 clans sa distance de la première épine
dorsale.Af. Moorii, Blgr.
B. Anus plus rapproché de la nageoire caudale que du bout du museau.
D. XXX 85; A. II 70; deux fortes épines au préopercule; tête 1 1/2 fois
sa distance de la première épine dorsale; anus à égale distance de la
tête et de la caudale. m. marmoratus, Perugia.
D. XXXI 51; A. III 53; pas d’épine au préopercule; tête 3 fois sa distance
de la première épine dorsale; anus à égale distance du préopercule et
de la caudale... M. brachyrhinus, sp. n.
D. XXXIII-XXXV 50-60; A. II 50-60; une forte épine au préopercule;
tête 2 1/2 à 3 fois sa distance de la première épine dorsale ; anus
plus rapproché de la caudale que de la tête. M. Tanganicœ , Gthr.
C. Anus beaucoup plus rapproché du bout du museau que de la nageoire caudale. :
D. XXX1-XXX1I 103; A. I 116.AT. ophidium, Gthr.
55
MASTACEMBELUS PAUCISPINIS
PI. XXVIII, flg. 3.
La hauteur du corps est contenue 10 fois dans la longueur totale, la longueur
de la tête (sans 1 appendice rostral) 5 1/4 fois. L’anus est un peu plus rapproché du
bout du museau que de la nageoire caudale et séparé de la tête par un espace
mesurant 1 1/2 fois la longueur de celle-ci. Le museau est 4 fois plus long que
l’œil et est prolongé en un appendice triflde dont la longueur excède un peu le
diamètre de l’oeil; la fente buccale ne s’étend pas tout à fait jusqu’en dessous du
bord antérieur de l’œil; il n’y a pas trace d’épines au préopercule. Les nageoires
dorsale et anale ne sont nullement séparées de la caudale, qui est courte et arrondie ;
la dorsale a 7 épines courtes et 105 rayons mous; l’anale a 3 épines, la première
excessivement courte, la troisième cachée sous la peau, la deuxième mesurant 1/5
de la longueur de la tête et le double de la longueur de la dernière épine dorsale;
les rayons de l’anale, au nombre de 70, sont plus courts que ceux de la dorsale;
la dorsale commence presque immédiatement en arrière de la tête, l’anale sous le
second quart de la dorsale molle. La nageoire pectorale mesure un peu plus du quart
de la longueur de la tête. Les écailles sont extrêmement petites; on en compte
environ 30 entre l’origine de la nageoire dorsale molle et la ligne latérale.
Le spécimen unique, uniformément brunâtre, avec quelques petites taches
foncées sur les nageoires pectorales et anale, mesure 22 centimètres. Il provient de
Matadi.
Par le petit nombre de ses épines dorsales cette espèce s’isole de toutes ses
congénères, tant Asiatiques qu’Africaines.
MASTACEMBELUS BRACHYRHINUS.
PL XXVIII, flg. 4.
La hauteur du corps est contenue 12 fois dans la longueur totale, la longueur
de la tête 6 2/3 fois. L’anus débouche à égale distance du bord du préopercule et
de la nageoire caudale; la distance qui le sépare de la tête égale 2 2/3 fois la
longueur de celle-ci. Le museau est 3 fois plus long que l’oeil et se termine en un
appendice triflde excessivement court, mesurant à peu près la moitié du diamètre
de l’œil; la fente buccale s’étend jusqu’au-dessous du bord antérieur de l’œil; pas
trace d’épine au préopercule. Les nageoires dorsale et anale ne sont nullement
séparées de la caudale, qui est courte et arrondie; la dorsale a 31 épines courtes
et 51 rayons mous ; l’anale a trois épines, la première excessivement courte, la
deuxième aussi longue que la dernière dorsale, et 53 rayons mous; les rayons de
l’anale sont un peu plus courts que ceux de la dorsale; la distance entre la
première épine dorsale et la tête égale le tiers de la longueur de celle-ci. La
longueur de la nageoire pectorale est contenue 4 1/2 fois dans la longueur de la
Avril 1899. 9
tête. Les écailles sont extrêmement petites; il y en a 28 entre l’origine de la nageoire
dorsale molle et la ligne latérale.
Le spécimen unique, uniformément brunâtre, mesure 15 centimètres. Il provient
de Matadi. Nom indigène : Loborésendé.
Cette espèce est intermédiaire aux M. marmoratus, du Congo, et M. Tanganicœ ,
du Tanganika. Elle se distingue de tous deux par l’absence d’épine au préopercule et
par la brièveté de l’appendice rostral; en outre, du premier par le nombre moindre
de rayons mous à la dorsale et à l’anale, et du second par le nombre moindre
d’épines dorsales et la longueur plus considérable de la région caudale du corps.
TETRODONTIDÆ
TETRODON, Linné.
TETRODON MBU.
PI. XXIX.
Le corps est assez allongé, la longueur de la tète (mesurée jusqu’à l’orifice
branchial) étant comprise 3 à 3 1/2 fois dans la longueur totale. Le museau fait le
tiers ou les 2/7 de la longueur de la tête et la moitié ou les 3/5 de la largeur de
l’espace inter oculaire, qui est légèrement bombé. La narine est représentée par
deux tentacules imperforés (sous-genre Arotliron, J. Midi.), dont la longueur égale
le tiers environ du diamètre de l’œil. La nageoire dorsale, environ 3 fois plus
éloignée du bout du museau que de la racine de la caudale, comprend 11 ou 12
rayons. L’anale, opposée à la dorsale, a 10 ou 11 rayons. La pectorale, large et
tronquée, mesure les 2/5 de la tète. La caudale égale au moins la longueur de la
tête et excède la distance qui la sépare du premier rayon de la dorsale. Le pédicule
caudal est presque deux fois plus long que haut. Le corps est couvert de très petites
épines qui souvent ne se distinguent que sur la région ventrale. Les lignes latérales
sont très marquées, formant d’assez profonds sillons.
Le corps est brun en dessus, tacheté ou vermiculé de noir, uniformément
blanc en dessous. Chez les jeunes les taches sont grandes, souvent polygonales, séparées
par des espaces clairs étroits formant un réseau à larges mailles ; une bande
noirâtre s’étend de chaque côté le long de la queue. Chez les adultes les taches,
très variables par leur nombre et par leur disposition, sont étonnamment multipliées;
elles peuvent former des anneaux, des rosettes, ou des dessins vermiculaires des
plus variés. Les nageoires sont immaculées.
Ce poisson, qui atteint une longueur de 67 centimètres, est très répandu. Sa
57
présence a été constatée à Léopold ville, à Monsembé, à Umangi et dans l’Ubangi.
Le nom de Mbu est celui par lequel il est désigné des indigènes du Haut-Ubangi.
Cette espèce est voisine du Tetroclon fahaka, Hasselq., du Nil, du Sénégal
et du Niger. Elle en diffère par les épines plus faibles, le pédicule caudal plus
effilé, la nageoire caudale beaucoup plus longue et par la coloration.
EXPLICATION DES PLANCHES
PL. XX.
Fig. 1. Cnrysichthys Wagenaari, p. 39. Réduit aux 3/4 de la longueur.
•’ ia - ” ” Dentition, grandeur naturelle.
” 2. Gephyroglanis congicus, p. 42. Réduit aux 4/5 de la longueur.
PL. XXI.
Fig. 1. Chrysobagrus brevibarbis, p. 40. Un peu réduit.
” la. ” » Tête vue en dessus, réduite à la moitié
de la longueur.
” lb. ” « Dentition, grandeur naturelle.
» 2. Chrysobagrus longibarbis, p. 41. Grandeur naturelle.
“ 2a. ” » Tête vue en dessus.
” 2b. » » Dentition.
PL. XXII.
Fig. 1. Synodontis caudalis, p. 44. Grandeur naturelle. '
” la. ” » Tête vue en dessus, grandeur naturelle.
» lb. » » Bouche, x 1 1/2.
” 2. Synodontis Depauwi, p. 45. Grandeur naturelle.
” 2 a. » » Tête vue en dessus, grandeur naturelle.
» 2b. « » Bouche, x 1 1/2.
PL. XXIII.
Synodontis acanthomias, p. 46. Réduit aux 3/4 de la longueur. Tête vu
en dessus et bouche, grandeur naturelle.
PL. XXIV.
Synodontis nummifer, p. 47. Grandeur naturelle; tête vue en dessus ;
bouche, X 1 1/2.
PL. XXV.
Synodontis decorus, p. 49. Grandeur naturelle; tête vue en dessus; bouc
X 1 1/2.
PL. XXVI.
Diagramma macrolepis, p. 50. Grandeur naturelle; tête vue en dessus et
en dessous.
PL. XXVII.
Tilapia Cabrae, p. 51. Réduit aux 6/7 de la longueur, et dentition.
PL. XXVIII.
Fig. 1. Steatocranus gibbiceps, p. 52. Grandeur naturelle.
» 2a. » » Dentition, x 5.
*> 2. Teleogramma gracile, p. 53. Grandeur naturelle.
» 3. Mastacembelus paucispinis, p. 55. »
« 3a. » » Tête, vue en dessus, grandeur
naturelle.
» 4. Mastacembelus braehyrhinus, p. 55. Grandeur naturelle.
» 4a. « « Tête vue en dessus, x 1 1/2.
PL. XXIX.
Tetrodon mbu, p. 56. Réduit aux 3/4 de la longueur.
G. A. BOULENGER
POISSONS NOUVEAUX DU CONGO
QUATRIÈME PARTIE
POLYPTERES, CLUPES, MORMYRES, CHARACINS
Les collections rassemblées, un peu à la hâte, par MM. Wilverth, Wagenaar et
I)e Bauw en vue de l’exposition congolaise de Tervueren en 1897 et dont les types nouveaux
sont décrits dans les trois premiers fascicules du présent volume, montraient la richesse
exceptionnelle, on pourrait dire inattendue, de la faune ichthyologique du Congo.
L’exploration plus méthodique de cette faune s’imposait donc et promettait de
nouvelles et nombreuses découvertes, surtout en ce qui concerne les petites espèces,
trop négligées dans les premières collections. Il fut décidé, par ordre de M. le
Secrétaire d’État, de continuer les recherches et de réunir une collection aussi
complète que possible des poissons du Bassin du Congo, qui devait s’ajouter au
nucléus déjà rassemblé, par les soins de l’État, en vue de la fondation d’un musée
du Congo. L’étude de ces matériaux, qui m’avait été confiée dès le début, devait
se poursuivre par comparaison directe avec ceux du British Muséum, cet
établissement étant autorisé à conserver une partie des doubles de la collection.
Appel fut fait à de nombreux agents de l’État du Congo, stationnés aux
points les plus favorables, et qui furent pourvus du matériel nécessaire à la récolte
des poissons et d’instructions relatives à leur conservation. Pour faire mieux
encore, il fut décidé d’envoyer en mission spéciale, pour quelques mois, un
naturaliste chargé de se consacrer exclusivement à ce genre de recherches et qui
devait fournir des renseignements sur les mœurs des poissons et sur les caractères
qui, s’altérant après conservation dans l’alcool, ne peuvent être relevés que sur le
vivant.
Ayant été prié de désigner un naturaliste capable d’entreprendre cette tâche,
Septembre 1899.
10
60
je recommandai M. Paul Delhez, dont l’intérêt s’était déjà porté sur les poissons,
tant en Belgique que dans l’Amérique du Sud, et dont le talent d’artiste devait
être particulièrement utile pour l’exécution d’aquarelles, faites avec toute la rapidité
qu’exige 1a, prompte décomposition des poissons dans un climat tropical. Ce choix
fut agréé par le Secrétaire d’État et le 6 août 1898 M. Delhez était à même
de s’embarquer à Anvers.
Les résultats obtenus n’ont pas trompé les espérances et, malgré la saison
des pluies, relativement peu favorable à la pêche, M. Delhez s’est acquitté de sa
mission d’une façon qui mérite les plus grands éloges. Grâce à ses efforts, la
faune ichthyologique du Congo se voit enrichir de nombreuses espèces nouvelles,
dont plusieurs de types génériques encore inconnus, en même temps qu’il devient
possible de décrire, avec beaucoup plus d’exactitude que par le passé, la coloration,
si brillante mais si fugace, de beaucoup d’entre eux, à l’aide des aquarelles faites
sur place, en attendant que ces documents puissent servir un jour, comme je le
souhaite et l’espère, à l’exécution de planches coloriées offrant toutes les garanties
que la science et l’art iconographique sont en droit d’exiger. Des notes sur 1a, forme
de la pupille de l’œil, des renseignements sur les mœurs, les noms locaux, etc.,
viennent supplémenter ces données. En ce qui concerne les noms indigènes, M. Delhez
s’est efforcé de les transcrire, aussi phonétiquement corrects que possible, en se les
faisant répéter plusieurs fois et, dans bien des cas, par plusieurs individus.
Conformément à l’usage adopté pour l’orthographe des noms africains, Vu se
prononce ou.
Le séjour de M. Delhez au Congo a duré six mois, de la fin d’août 1898 à
la fin de février 1899. Voici l’énumération des localités où les poissons ont été
recueillis :
1. Léopoldville, sur le Stanley-Pool, 13-15 sept. 1898, et région des chutes
aux environs, 17 sept. 1898.
2. Dolo, sur le Stanley-Pool, 24 sept. 1898.
3. Kutu, lac Léopold II, 14-21 oct. 1898.
4. Ibali, lac Léopold II, 27-30 oct. 1898, 11 nov. 1898.
5. M’Bali, lac Léopold II, 2 nov. 1898.
6. Utanda, lac Léopold II, 8 nov. 1898.
7. Ebinga, lac Léopold II, 16 nov. 1898.
Le lac Léopold II, quoique très vaste, a peu de profondeur, quatre à
six mètres seulement. Sa faune ichthyologique était encore inconnue. Elle ne semble
différer aucunement de celle du fleuve avec lequel ce lac est en communication.
8. Obeke ou Ibeke, petit lac entre le lac Léopold II et le lac Tumba, 21 nov. 1898.
9. Bikoro, lac Tumba, 4-8 déc. 1898.
10. Irebu, sur le Congo, à l’embouchure du lac Tumba, 10 déc. 1898.
11. Coquilliatville, sur le Congo, sous l’Équateur, 13-17 déc. 1898.
12. Liranga, poste français presque en face d’Irebu, 25-26 déc. 1898.
13. Matadi, 24-25 janv. 1899.
14. Yélala, district de Matadi, région des chutes, 28 janv. 1899.
15. Banana, 3-8 févr. 1899.
16. Borna et environs, 11-18 févr. 1899.
61
Le présent fascicule contient 1a, description d’une partie seulement des
poissons nouveaux de la collection Delhez, trente espèces appartenant aux familles
des Poly'pteridæ, Clupeidæ, Mormyridæ et Chàracinidæ. Le reste paraîtra sous peu
dans le 5 me fascicule de ce volume. J’ai ajouté les descriptions de quelques espèces
nouvelles provenant d’autres collections qui me sont parvenues depuis la publication
des trois premières parties.
Qu’il me soit permis, en terminant* de m’associer à M. Delhez pour remercier
publiquement, au nom de la science, tous ceux qui ont bien voulu faciliter en
Afrique la mission qui a produit de si excellents résultats. Surtout M. le Gouverneur
Général Fuchs, MM. le Commissaire Général le Clément de Saint-Marcq, dont
nous déplorons la perte récente, le Commissaire Général Bolle, le Commissaire
de district Dubreucq, les Intendants De Marbaix, Dohet, Van der Stappen, les
Commandants Lemaire, Schiôtz, Deuster, Mahieu, Tonglet, les Lieutenants Smets
et de Symony ; enfin M. Dol, chef du poste français de Liranga, dont l’hospitalité
si gracieusement offerte à M. Delhez pendant quatre jours lui a permis de passer
la fête de Noël en sa société et en celle des Pères missionnaires installés à
proximité, d’une façon qui lui laisse les plus agréables souvenirs.
POLYPTERIDÆ
POLYPTERIJS, Geoffroy.
Dans un travail récent (Ann. and Mag. N. Ii. [7] II, 1898, p. 416) j’ai fait
ressortir les principaux caractères qui permettent de distinguer 7 espèces de ce
genre, dont 3 du Congo. Une espèce nouvelle vient s’y ajouter. Sa place est
indiquée dans le synopsis suivant des espèces du Congo :
13 ou 14 épines à la dorsale; sous-operculaire plus grand que l’œil; 48
ou 50 écailles autour du milieu du corps.P. congicus, Blgr.
10 ou 11 épines à la dorsale; sous-operculaire presque aussi grand ou un
peu plus grand que l’œil; 38 écailles autour du milieu du corps . . 4 P.Delliezi, sp. n.
9 épines à la dorsale; sous-operculaire plus petit que l’œil; 44 écailles
autour au milieu du corps.P. Weeksii, Blgr.
5 à 8 épines à la dorsale; sous-operculaire plus petit que l’œil; 36 ou 38
écailles autour du milieu du corps.P. Palmas, Ayres (1).
POLYPTERUS DELIIEZI.
PI. XXX, flg. 2.
La tête, dont la longueur est comprise 5 1/2 à 6 fois dans la longueur
totale, est médiocrement déprimée, 1 2/3 à 1 3/4 fois aussi longue que large; les
mâchoires sont égales en avant; le diamètre de l’œil est compris 7 1/2 fois dans
(I) P. retropinnis, Vaillant, Bull. Mus. Paris, 1899, p. 219, en est synonyme.
62
la longueur de la tête, 1 1/3 fois dans la longueur du museau, 2 fois dans la
largeur de la région inter orbitaire, qui est presque plate; pas d’écusson impair entre
les nasaux; le sous-operculaire est aussi grand que l’oeil, ou un peu plus grand;
les plaques gulaires sont 2 1/2 fois aussi longues que larges. La nageoire dorsale
est composée de 10 ou 11 épines; les épines antérieures sont 4 à 5 fois aussi
longues que larges et ne chevauchent pas quand la nageoire est repliée ; la dernière
épine mesure les 3/5 ou la moitié de la longueur de la tête. 11 rayons à l’anale.
La nageoire pectorale atteint ou n’atteint pas le niveau de la première épine. Les
écailles sont lisses, il y en a 56 le long du corps, 38 autour du milieu du corps,
14 ou 17 entre l’occiput et la nageoire dorsale.
Brun en dessus, blanc jaunâtre en dessous; 7 bandes noires en travers de la
moitié supérieure du corps; nageoires grisâtres, mouchetées de brun foncé. Pupille
orange pendant la vie, iris gris foncé.
Longueur totale : 34 centimètres.
Ln seul individu a été recueilli par M. Delhez, auquel je suis heureux de
dédier cette espèce nouvelle. Il provient d’une crique marécageuse à Kutu, lac
Léopold IL Un second exemplaire, moins bien conservé, provenant de N lle -Anvers,
fait partie de 1a, collection formée par MM. Wilverth et Wagenaar.
Nom indigène à Kutu : Bonga.
M. Delhez, que j’avais prié de recueillir tous les documents possibles sur les
moeurs et la reproduction des Polyptères, n a guère pu rien taire dans cet ordre
d’investigations par suite de la saison défavorable. Il a dû se borner à consigner
les notes suivantes, qui lui ont été fournies par les indigènes : « Après la saison
des pluies, lorsque les eaux se retirent, ces poissons s’avancent le plus loin possible
vers la terre, sans toutefois quitter l’eau. Les œufs sont très petits et en très
grande quantité, et restent parfois à sec quand les eaux baissent. La chair de ces
poissons étant bonne, on en pêche beaucoup en saison sèche. » Les nègres n’en
distinguent pas plusieurs espèces et ils se figurent que plus le Polyptère devient
grand plus il a d’épines à la dorsale, ce qui s’explique par le fait que le P. congicus
est le seul qui atteigne un mètre de longueur.
J ai fait figurer sur la pl. XXX, un jeune individu de Polypterus congicus,
porteur de branchies operculaires externes. La présence de ce caractère larvaire,
signalé pour la première fois par Steindachner chez des individus de Polypterus
Lapradii du Sénégal, est fréquente chez cette espèce, même chez des individus de
taille assez considérable.
CLUPEIDÆ
La famille des Clupes, ou Harengs, n’était représentée dans les eaux douces
de 1 Afrique tropicale que par le genre Pellonula, Gthr., comprenant une espèce
africaine, P. vorax, Gthr., et une de 1 Amérique méridionale, P. Bühiensis, Stdr.
Cette affinité entre les faunes de ces deux parties du monde est renforcée par la
63
découverte dans le Haut-Congo d’un genre nouveau qui, quoique très voisin de
Pellonula, établit une sorte de passage entre celui-ci et le genre américain
Chirocentrodon , Gthr. Le genre Pellonula lui-même se voit enrichir d’une espèce
nouvelle.
PELLONULA, Günther.
PELLONULA ACUTIROSTRIS.
PL XXXVI, flg. 7.
La hauteur du corps est comprise 4 à 4 1/2 fois dans la longueur totale,
la longueur de la tète 3 3/4 à 4 rois. Le profil supérieur de la tête est un peu
moins oblique que l’inférieur; le museau, très pointu et dépassant un peu la
mâchoire inférieure, est aussi long que le diamètre de l’oeil, qui fait le tiers de la
longueur de la tête et excède légèrement la largeur interoculaire; le maxillaire s’étend
un peu au delà du bord antérieur de l’oeil; la paupière adipeuse est bien développée.
Branchiospines minces, beaucoup plus courtes que les filaments branchiaux, au
nombre de 25 environ au premier arceau. La nageoire dorsale, à 13 ou 14 rayons,
dont 2 rudimentaires, commence au-dessus du premier rayon de la ventrale, beaucoup
plus près du bout du museau que de la base de la caudale. L’anale, à 17 ou 18
rayons, dont 2 rudimentaires, est près de deux fois aussi éloignée de la base des
ventrales que de la caudale et commence bien en arrière des derniers rayons de la
dorsale. La pectorale mesure les 3/5 ou les 2/3 de la longueur de la tête et
n atteint pas la ventrale, qui mesure la moitié de la longueur de la tête. La caudale
est bifurquée, à lobes pointus. Le pédicule caudal est un peu plus long que haut.
40 à 42 écailles en série longitudinale, 10 en série transversale; 12 ou 13 scutelles
ventrales épineuses en avant des ventrales, 12 entre celles-ci et l’anale.
Olive en dessus, blanc en dessous ; une bande latérale argentée ; une grande
tache bleu d’acier (noire en alcool) sur la tempe et la région au-dessus de la
pectorale, et une autre à la base de la caudale; iris argenté, avec un cercle jaune
autour de la pupille, qui est allongée verticalement.
Longueur totale 75 millimètres.
M. Delhez a rapporté deux exemplaires de cette espèce, de Coquilhatville, où
elle est confondue par les indigènes avec Pellonula vorax et l’espèce suivante sous
e nom de Posera. J’ai pu, en outre, examiner deux autres exemplaires, provenant
du Haut-Congo, sans localité précise.
Pellonula acutirostris se distingue de P. vorax par le museau plus pointu et
dépassant la mâchoire inférieure, par la position plus en avant de la dorsale et le
nombre moindre de ses rayons (13 ou 14 au lieu de 15 à 17), par la position plus
en arrière de l’anale, le nombre moins élevé d’écailles en travers du corps (10 au
lieu de 13 ou 14), et le nombre moins élevé de scutelles épineuses entre les ventrales
et l’anale (12 au lieu de 9 ou 10).
64
0DAX0THRIS8A,
cr
fe •
Coips fortement comprime, caréné en scie depuis les nageoires pectorales
jusqu’à l’anale. Écailles de moyenne grandeur; pas de ligne latérale. Bouche assez
grande ; une série de dents coniques aux prémaxillaires et à la mandibule, qui sont en
outre armés d’une forte canine dirigée en arrière; des dents minuscules le
long du maxillaire, des dents coniques sur les palatins et sur la langue. Nageoire
dorsale courte, située au-dessus de l’espace entre les ventrales et l’anale; celle-ci
assez allongée (21-22 rayons). Membrane des ouïes séparées; 7 rayons branchiostèges.
Branchies operculaires bien développées.
Se distingue de Pellonula par la présence de grandes dents canines, par la
position plus reculée de la nageoire dorsale et par le nombre un peu plus élevé
des rayons de l’anale; de Chirocentrodon par la position de la dorsale en avant de
l’anale et par le nombre moindre des rayons de celle-ci, ainsi que par l’extrême
petitesse des dents qui garnissent le bord de l’os maxillaire.
ODAXOTHRISSA LOSERA.
PI. XXXI, flg. 1.
La hauteur du corps égale la longueur de la tète et est comprise 3 1/2 fois
dans la longueur totale. Le profil supérieur de la tête est presque droit et
horizontal ; le museau, arrondi, mesure le tiers de la longueur de la tête; le menton
le dépasse fortement; 1 oeil, dont la paupière adipeuse est assez développée, mesure
le tieis de la longueur de la tête et excède d’un quart la largeur interoculaire; le
maxillaire est trois fois aussi long que large et s’étend en arrière jusque sous le
centre de loeil, les branchiospines sont beaucoup plus courtes que les filaments
branchiaux, au nombre de 18 à la branche inférieure du premier arceau. La nageoire
dorsale, à 16 ou 17 rayons, dont 2 rudimentaires, est 4 fois plus haute en avant
qu’en arrière et commence immédiatement derrière la base de la ventrale, à égale
distance du bout du museau et de la base de la caudale, tandis que l’extrémité de
ses layons tombe au-dessus de 1 origine de 1 anale. Celle-ci comprend 21 ou 22
rayons, dont 2 rudimentaires, et est 2 1/2 fois aussi haute en avant qu’en arrière.
La pectorale mesure les 2/3 de la longueur de la tête et n’atteint pas la ventrale;
celle-ci mesure la moitié de la longueur de la tête, sa base est à égale distance
de la base de la pectorale et de 1 origine de l’anale. La nageoire caudale est
profondément fourchue, a lobes pointus. Le pédicule caudal est un peu plus long
que haut. 44 à 46 écailles en série longitudinale, 14 en série transversale;
la grande écaille à la base de la ventrale mesure le tiers de la longueur de celle-ci ;
la serrature ventrale comprend 11 écailles en avant des ventrales, 9 ou 10 entre
celles-ci et l’anale.
Une aquarelle de M. Delhez représente ce poisson comme brun-olive en dessus,
65
blanc en dessous; dessous de la tête teinté de rose, quelques petites taches vertes
sur les côtés du corps; nageoires olivâtres; iris argenté.
Longueur totale : 16 centimètres.
Deux spécimens de Coquilhatville, Haut-Congo. — Nom indigène : Losera.
MORMYRIDÆ
MORMYROPS, J. Müller.
MORMYROPS PARVUS.
PL XXXI, flg. 2.
La hauteur du corps est comprise 6 1/2 à 7 1/2 fois dans la longueur totale,
la longueur de la tête 4 1/2 à 4 3/4 fois. La tête est deux fois aussi longue que
haute, à profil supérieur droit et légèrement déclive; le museau est arrondi, presque
tronqué à 1 extrémité, qui dépasse un peu la bouche; celle-ci est très étroite, sa
largeur n’égalant que les 3/5 de la longueur du museau; les dents sont échancrées,
au nombre de 10 à 12 à chaque mâchoire; l’oeil est très petit, situé dans le tiers
antérieur de la tête, son diamètre est compris 3 fois dans la longueur du museau,
2 1/2 à 3 lois dans la largeur de l’espace interoculaire. La nageoire dorsale comprend
19 à 22 rayons; elle mesure la moitié ou les 3/5 de l’anale et son premier rayon
est 2 à 2 1/2 lois plus éloigné du bout du museau que de la racine de la nageoire
caudale. La nageoire anale comprend 33 à 36 rayons, le neuvième ou le dixième
correspondant au premier de la dorsale; elle commence à distance égale de la tête
et de la racine ou de l’extrémité de la nageoire caudale. La nageoire pectorale est
obtusément pointue et mesure les 3/5 de la longueur de 1a. tête, la ventrale en
mesurant les 2/5. La nageoire caudale est assez petite, en grande partie couverte
d écailles, à lobes arrondis. Le pédicule caudal est deux fois aussi long que haut
et mesure la moitié ou les 2/5 de la longueur de la tête. Les écailles sont au nombre
de 70 à 76 le long de la ligne latérale, 10-11/14-16 en ligne transversale sur le
corps, 17-18 entre la nageoire dorsale et l’anale, 12 autour du pédicule caudal.
Gris pâle en dessus, blanc en dessous, à reflets lilas; la tête et le corps
finement pointillés de noirâtre, au moins sur les parties supérieures ; des points
blancs sur la tête; nageoires grises.
5 exemplaires, mesurant de 100 à 165 millimètres, ont été pêchés à Borna,
parmi les herbes de la rive du fleuve, par M. Delhez. — Nom indigène : Kunga.
Ces individus peuvent être considérés comme adultes: l’un d’eux, que j’ai
disséqué, ayant l’ovaire gauche très développé. Cet organe commence en arrière de
l’estomac pour s’étendre jusqu’à l’anus; les œufs qui le remplissent sont relativement
grands, mesurant 1 1/2 millimètres de diamètre. L’ovaire droit est absolument
rudimentaire. Les vertèbres sont au nombre de 53 (21 + 32).
66
MORMYROPS CURTUS.
PI. XXXII, fig. 1.
La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise 4 à 4 1/4
fois dans la longueur totale. La tète est 1 1/2 fois aussi longue que haute, à profil
supérieur concave, le museau est arrondi' la bouche est terminale, sa longueur égale
la longueur du museau; les dents sont tronquées, au nombre de 22 ou 24 à chaque
machoii e ; 1 œil est petit, situé dans le tiers antérieur de la tête, son diamètre compris
3 à 3 1/2 fois dans la longueur du museau, 2 1/2 à 3 fois dans la largeur de
1 espace interoculaire. La dorsale, a 24 ou 25 rayons, est beaucoup plus haute en
avant qu en arrière; sa longueur fait la moitié de celle de l’anale; la distance de son
piemier rayon du bout du museau égale 2 1/2 fois sa distance de la racine de la
caudale. L anale, à 40 à 43 rayons, commence bien en avant de la dorsale, dont
le piemier rayon répond au quatorzième ou au quinzième de la dorsale, et à distance
à peu piès égale de la tète et de la racine de la caudale. La pectorale est arrondie
et mesure les 3/5 de la longueur de la tête; la ventrale n’en mesure que les 2/5
ou le tiers. La caudale est petite, en grande partie couverte d’écailles, à lobes courts
et arrondis. Le pédicule caudal est un peu plus long que haut et mesure le tiers ou
le quait de la longueur de la tête. 62 à 67 écailles le long de la ligne latérale,
13-14/11-19 en série transversale sur le corps, 21-23 entre la nageoire dorsale et
l’anale, 16 autour du pédicule caudal.
Violet en dessus, plus clair en dessous, irrégulièrement tacheté ou marbré de
plus foncé, chaque écaille portant une tache brun foncé, ces taches plus ou moins
régulièrement reliées par des lignes brunes suivant les séries d’écailles; dessous de
la tête jaune orangé ; nageoires d un brun jaunâtre, à l’exception de la caudale, qui
est violet fonce comme le corps et bordee de jaunâtre. Pupille de l’oeil orange.
Longueur totale : 40 centimètres.
5 spécimens ont été rapportés de Borna par M. Déliiez.
MORMYROPS NIGRICANS.
PI. XXXII, fig. 2.
La, hauteur du corps est comprise 5 1/2 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 4 fois. La tête est 1 2/3 fois aussi longue que haute, à profil
supérieur un peu concave ; le museau est arrondi ; la bouche est terminale, sa
laigeur égale la longueur du museau ; les dents sont tronquées, au nombre de
24 à la mâchoire supérieure, de 28 à l’inférieure ; l’œil est très petit, situé dans
le tieis antérieur de la tête, son diamètre 3 1/2 fois dans la longueur du museau
ainsi que dans la largeur de l’espace interoculaire. La nageoire dorsale, à 24 rayons,
est beaucoup plus haute en avant qu’en arrière ; sa longueur fait à peu près les
3/° de ce ^ e de 1 anale ; la distance de son premier rayon du bout du museau
égale 3 fois sa distance de la racine de la caudale. L’anale, à 38 rayons,
commence bien en avant de la dorsale, dont le premier rayon répond au 12 rae , et
beaucoup plus près de la racine de la caudale que de la tête. La pectorale ést
arrondie et mesure la moitié de la longueur de la tète ; la ventrale n’en mesure
que le tiers. La caudale est petite, en grande partie couverte d’écailles, à lobes
courts et arrondis. Le pédicule caudal n’est pas plus long que haut et mesure
seulement 1/5 de la longueur de la tête. 54 écailles le long de la ligne latérale,
11/13 en série transversale sur le corps, 15 entre la nageoire dorsale et l’anale,
12 autour du pédicule caudal.
Noirâtre en dessus, grisâtre en dessous ; dessous de la tête d’un rouge de
rouille ; côtés du corps tachetés de noir, à lignes brun foncé suivant les séries
d’écailles; nageoires noirâtres. « Œil lumineux, à pupille orange ».
Longueur totale : 34 centimètres.
Le spécimen unique a été recueilli par M. Delhez à Kutu, lac Léopold II,
où il semble être confondu avec le Mormyrops lineolatus, Blgr., sous le nom de
Elendé. Il a été pêché à l’endroit où les indigènes jettent les détritus de toute
espèce. Sa chair, comme celle des autres espèces du même genre, est très estimée.
MARCUSENIUS, Gill.
MARCUSENIUS NIGRIPINNIS.
PL XXXIII, fig. 1.
Le corps est fortement comprimé, sans former de carène sur le dos, sa
hauteur est comprise 3 à 3 1/2 fois dans la longueur totale, la longueur de la
tête 4 à 4 1/4 fois. La tête est aussi haute que longue, à profil convexe ; le
museau, plutôt tronqué qu’arrondi, mesure 1/5 ou 1/4 de la longueur de la tête,
et dépasse à peine la bouche ; celle-ci est petite, sa largeur comprise 4 fois dans
la longueur de la tête ; les dents, tronquées ou faiblement échancrées, sont au
nombre de 9 à la mâchoire supérieure, de 10 à l’inférieure ; la narine antérieure
est au niveau du centre de l’œil et à égale distance de celui-ci et du bout du
museau, la postérieure un peu plus bas et tout près de l’œil ; celui-ci est assez
grand, son diamètre égal ou un peu supérieur à la longueur du museau et compris
1 1/3 fois dans la largeur interoculaire. La dorsale, à 20 à 22 rayons, est assez
élevée et pointue qn avant, à bord libre concave ; elle commence au-dessus du
6 me ou du 7 me rayon de l’anale ; sa longueur égale la moitié de la distance qui la
sépare de la tête. L’anale, moins pointue que la dorsale, compte 26 ou 27 rayons;
elle est un peu plus rapprochée de la base de la caudale que de celle de la
ventrale. La pectorale est pointue, aussi longue que la tête, 2 1/2 à 2 2/3 fois la
longueur de la ventrale, dont elle dépasse l’extrémité. La caudale, écailleuse à la
base, a les lobes longs et pointus. Le pédicule caudale est 3 à 3 1/2 fois aussi
long que haut et mesure les 3/4 ou les 4/5 de la longueur de la tête. 46 à 53
Septembre 1899. 11
38
écailles le long de la -ligne latérale, 8-10/14-16 en série transversale sur le corps,
9-11/9-11 entre la dorsale et l’anale, 12 autour du pédicule caudal.
Violet foncé, à reflets iridescents ; le corps et la tête semés de petits points
noirs ; nageoires noirâtres ; pupille orange.
Longueur totale: 11 centimètres.
Plusieurs exemplaires ont été recueillis par M. Delhez à Kutu (lac Léopold II),
près des herbes de la rive.
Nom indigène : Loboij.
Cette espèce est très voisine de M. adspersus, Gthr. Elle en diffère surtout
par les dents plus grandes, moins échancrées et plus nombreuses (9 au lieu de
5 ou 7 à la mâchoire supérieure, 10 au lieu de 8 à l’inférieure), et la bouche
moins étroite.
MARCU SENIU S PULVERIJLENTUS.
PI. XXXIII, fig. 2.
Le corps est fortement comprimé, sans former de carène sur le dos, sa
hauteur comprise 3 à 3 1/4 fois dans la longueur totale, la longueur de la tète
étant comprise 3 3/4 à 4 fois. La tête est un peu plus haute que longue, à profil
fortement courbé ; le museau mesure le quart ou le cinquième de la longueur de
la tête et dépasse à peine la bouche ; celle-ci est petite, sa largeur comprise 4 à
4 1/2 fois dans la longueur de la tête ; les dents, tronquées ou très légèrement
échancrées, sont au nombre de 9 à la mâchoire supérieure, de 10 à l’inférieure ;
la narine antérieure est au niveau du centre de l’œil et à égale distance de celui-ci
et du bout du museau, la postérieure est un peu plus bas et tout près de l’œil ;
celui-ci est grand, son diamètre compris 4 à 4 1/2 fois dans la longueur de la
tête, 1 1/3 à 1 1/2 fois dans la largeur interoculaire. La nageoire dorsale,
composée de 23 à 25 rayons, est assez élevée et pointue en avant, à bord libre
légèrement concave ; elle commence au-dessus des 5 me à 7 me rayons de l’anale; sa
longueur égale un peu plus de la moitié de la distance qui la sépare de la tête.
La nageoire anale, à 28 ou 29 rayons, a la même forme que la dorsale et est
également distante de la base de la ventrale et de celle de la caudale ou un peu
plus rapprochée de celle-ci. La pectorale est pointue, aussi longue que la tête
ou un peu plus courte, 2 fois aussi longue que la ventrale, dont elle atteint
l’extrémité. La nageoire caudale, écailleuse à la base seulement, a les lobes longs
et pointus. Le pédicule caudal est 3 à 3 1/2 fois aussi long que haut, et mesure
les 2/3 de la longueur de la tête. 50 écailles le long de la ligne latérale, 9-11/15-18
en série transversale sur le corps, 10-11/9-11 entre la dorsale et l’anale, 12 autour
du pédicule caudal.
Brun olivâtre, finement pointillé de noirâtre sur le corps, plus grossièrement
sur la tête ; nageoires noirâtres ; pupille orange.
Longueur totale : 10 centimètres.
69
Quatre spécimens proviennent des récoltes de M. Delhez à Coquilliatville. Nom
indigène : Lufumbê.
Comme la précédente, cette espèce est très voisine de M. adspersus , Gtlir.
Elle en diffère par le nombre de rayons à la dorsale (23 à 25 au lieu de 20 à 22),
le pédicule caudal plus court, et les dents plus nombreuses et peu ou point
écliancrées.
STOMATORHINUS, Boulenger.
Ce genre, établi dans un précédent fascicule (I. p. 9) pour Mormyrus Walkeri,
Gtlir., de l’Ogowe, et une espèce nouvelle au Congo, désignée sous le nom de
S. microps , se voit enrichir, grâce à la collection de M. Déliiez, de 4 espèces
nouvelles. Le tableau suivant fait ressortir les caractères différentiels des 6 espèces
du genre.
I. Pédicule caudal 3 1/2 fois aussi long que haut, mesurant les 4/5 ou les 5/6 de la longueur de
la tête.
Museau dépassant la bouche; D. 17-18; A. 21-22; L. lat. 52-55; 16 écailles
autour du pédicule caudal; hauteur du corps 3 à 3 1/2 fois dans la
longueur totale... S. puncticu la tus, sp. n.
IL Pédicule caudal 2 1/2 fois aussi long que haut, mesurant les 3/5 ou les 2/3 de la longueur de
la tête.
Museau dépassant la bouche; D. 19-20; A. 23-25; L. lat. 50-53; 16 écailles
autour du pédicule caudal; hauteur du corps 3 1/2 à 3 2/3 fois dans la
longueur totale. S. Walkeri, Gthr.
Museau ne dépassant pas la bouche; D. 18-19; A. 20-22; L. lat. 51-53;
14-16 écailles autour du pédicule caudal; hauteur du corps 4 1/3 à 5 fois
dans la longueur totale. S. humilier, sp. n.
III. Pédicule caudal 2 fois aussi long que haut, mesurant la moitié de la longueur de la tête.
Museau ne dépassant pas la bouche; D. 17; A. 20; L. lat. 48; 12 écailles autour
du pédicule caudal; hauteur du corps 3 1/2 fois dans la longueur totale S. Corneti, sp. n.
Museau dépassant un peu la bouche; D. 18-19; A. 20-23; L. lat. 54-60;
20-22 écailles autour du pédicule caudal ; hauteur du corps 3 2/3 à
4 1/3 fois dans la longueur totale. S. polylepis, sp. n.
Museau dépassant fort la bouche; D. 18-20; A. 20-22; L. lat. 48-53;
16-18 écailles autour du pédicule caudal; hauteur du corps 4 à 4 1/2
fois dans la longueur totale. S. microps, Blgr.
STOMATORHINUS PUNCTICULATUS.
PI. XXXI, fig. 3.
Corps fortement comprimé, sa hauteur 3 à 3 1/2 fois dans la longueur
totale; longueur de la tête 4 fois dans la longueur totale. La tête est à peine plus
longue que haute ; le museau est arrondi et fait les 2/7 de la longueur de la tête;
la bouche est petite, située en dessous, mais en avant des yeux, sa largeur est
comprise 5 fois dans la longueur de la tête; les dents sont petites, à couronne
tronquée ou faiblement écliancrée, au nombre de 7 à la mâchoire supérieure, de 8 à
l’inférieure; l’œil est petit, son diamètre compris 2 fois dans la longueur du museau,
7 fois dans la longueur de la tête. La nageoire dorsale comprend 17 ou 18 rayons,
les antérieurs 2 1/2 à 3 fois aussi longs que les postérieurs; sa longueur est un
peu plus de la moitié de la distance qui la sépare de la tête. La nageoire anale
70
comprend 21 ou 22 rayons, le sixième ou le septième correspondant au premier de
la dorsale; rallongement de ses rayons antérieurs lui donne, comme à la dorsale, un
aspect falciforme; elle est à peine plus rapprochée de. la base de la ventrale que de la
base de la caudale. La nageoire pectorale, pointue, est à peine plus courte que la
tète et atteint presque l’extrémité de la ventrale, qui n’en mesure que la moitié.
Les lobes de la caudale sont longs et obtusément pointus. Le pédicule caudal est
3 1/2 fois aussi long que haut et mesure les 4/5 ou les 5/6 de la longueur de la
tête. 52-55 écailles le long de la ligne latérale, 8-9/13-14 en série transversale
sur le corps, 10/8-9 entre la nageoire dorsale et l’anale, 16 autour du pédicule
caudal.
Violet, tout piqueté de plus foncé; nageoires dorsale et anale plus foncées en
avant qu’en arrière.
Longueur totale : 87 millimètres.
Trois spécimens ont été pris par M. Delhez à Borna, parmi les herbes et les
rochers du fleuve. Le Britisli Muséum en a acquis un quatrième, recueilli dans le
Chiloango, par M. De Meuse.
STOMATORHINUS HUMILIOR.
PI. XXXI, fig. 4.
Corps modérément comprimé, deux fois aussi haut que large, sa hauteur
comprise 4 1/3 à 5 fois dans la longueur totale, la longueur de la tète 3 2/3 à 4
fois. La tète est d’un quart plus longue que haute; le museau, tronqué verticalement,
ne dépasse aucunement la bouche; sa longueur fait 1/4 de celle de la tète; la
bouche est petite, sa largeur 1/5 de la longueur de la tête; les dents sont petites,
bicuspides, au nombre de 7 à la mâchoire supérieure, de 8 à l’inférieure; l’œil est
très petit mais bien distinct, son diamètre est compris 2 fois dans la longueur du
museau, 8 fois dans celle de la tête. La nageoire dorsale, à contour supérieur arrondi,
comprend 18 ou 19 rayons, les antérieurs beaucoup plus longs que les postérieurs;
sa longueur excède un peu la moitié de la distance qui la sépare de la tète. La
nageoire anale a 20 à 22 rayons, le quatrième ou le cinquième correspondant au
premier de la dorsale; les 6 premiers rayons branchus sont plus allongés et produisent
une projection courbe dans le contour de la nageoire. La nageoire pectorale,
obtusément pointue, mesure les 2/3 ou les 3/4 de la longueur de la tête, 1 2/3 fois
la longueur de la ventrale, dont elle atteint le milieu. Les lobes de la nageoire
caudale sont obtusément pointus. Le pédicule caudal est 2 1/2 fois aussi long que
haut et mesure les 3/5 de la longueur de la tête. 51 à 53 écailles le long de la
ligne latérale, 6/16-17 en série transversale sur le corps, S-9/8-9 entre la nageoire
dorsale et l’anale, 14 ou 16 autour du pédicule caudal.
Brun violacé très foncé en dessus, un peu plus clair en dessous; des points
clairs sur la tète ; nageoires grises ; iris bleu foncé.
Longueur totale : 8 centimètres.
Un exemplaire de Ibali, lac Léopold II (nom indigène : Lobé-ibili) et deux
de Coquilliatville (Coll. Delhez).
71
STOMÀTORHINUS CORNETI.
PL XXXI, flg. 5.
»
Corps modérément comprimé, près de 2 fois plus haut que large, sa hauteur
égale à la longueur de la tète et comprise 3 1/2 fois dans la longueur totale. La
tête est d’un cinquième plus longue que haute; le museau, tronqué verticalement, ne
dépasse aucunement la bouche; sa longueur fait 1/4 de celle de la tête; la bouche
est petite, sa largeur 1/4 de la longueur de la tête; les dents sont petites, bicuspides,
au nombre de 9 à la mâchoire supérieure, de 10 à l’inférieure; l’œil est très petit
mais bien distinct, son diamètre est compris 3 fois dans la longueur du museau,
12 fois dans celle de la tète. La nageoire dorsale, à contour supérieur arrondi,
comprend 17 rayons, les antérieurs beaucoup plus longs que les postérieurs ; sa
longueur entre pour 1 1/2 dans la distance qui la sépare de la tète. La nageoire
anale a 20 rayons, le quatrième correspondant au premier de la dorsale; les cinq
premiers rayons branchus sont plus allongés et produisent une projection dans le
contour de la nageoire. La nageoire pectorale, obtusément pointue, mesure les 3/4
de la longueur de la tête, 1 2/3 fois la longueur de la ventrale, dont, elle atteint
le milieu. Les lobes de la nageoire caudale sont arrondis. Le pédicule caudal est
deux fois aussi long que haut et mesure la moitié de la, longueur de la tête.
48 écailles le long de la ligne latérale, 6/15 en série transversale sur le corps, 8/9
entre la nageoire dorsale et l’anale, 12 autour du pédicule caudal.
Brun en dessus, blanchâtre en dessous; nageoires incolores.
Longueur totale : 10 centimètres.
Un seul spécimen, du Stanley-Pool (Delhez). L’espèce est dédiée à M. J. Cornet,
le naturaliste bien connu pour ses travaux sur la faune et la géologie du Congo.
STOMATORHINUS POLYLEPIS.
PL XXXI, %. 6.
Corps modérément comprimé, près de deux fois plus haut que large, sa
hauteur comprise 3 2/3 à 4 1/3 fois dans la longueur totale, la longueur de la
tête 3 1/2 à 4 fois. La tête est d’un cinquième ou d’un quart plus longue que haute;
le museau est arrondi et dépasse un peu la bouche, beaucoup moins que chez
S. microps, sa longueur fait 1/4 ou 1/5 de celle de la tête; la bouche est petite,
située bien en avant des yeux, sa largeur comprise 4 ou 5 fois dans la longueur
de la tête; les dents sont petites, bicuspides, au nombre de 7 à la mâchoire
supérieure, de 8 à l’inférieure; l’œil est très petit, mais plus distinct que chez
S. microps, son diamètre est compris 2 à 2 1/2 fois dans la longueur du museau,
8 ou 9 fois dans celle de la tête. La nageoire dorsale, à contour supérieur arrondi,
comprend 18 ou 19 rayons, les antérieurs beaucoup plus longs que les postérieurs,
sa longueur entre pour 1 3/5 dans la distance qui la sépare de la tète. La nageoire
anale comprend 20 à 23 rayons, le quatrième ou le cinquième correspondant au
premier de la dorsale; les 4 ou 5 premiers rayons branchus sont plus allongés et
produisent une courbe plus ou moins nette dans le contour de la nageoire. La
nageoire pectorale, obtusément pointue, mesure les 2/3 ou les 3/4 de la longueur
de la tête, 1 2/3 à 2 fois la longueur de la ventrale, au delà de la base de laquelle
elle s’étend plus ou moins. Les lobes de la nageoire caudale sont arrondis. Le
pédicule caudal est 2 fois aussi long que haut et mesure la moitié de la longueur
de la tête. 54 à 60 écailles le long de la ligne latérale, 9-10/18-20 en série
transversale sur le corps, 10-11/10-11 entre la nageoire dorsale et l’anale, 20 ou 22
autour du pédicule caudal.
Brun violacé très foncé en dessus, plus pâle en dessous; nageoires grises.
Plusieurs spécimens, mesurant de 3 à 11 centimètres, ont été recueillis par
M. Delhez à Coquilliatville.
J’en ai examiné aussi un spécimen de Isangila, région des cataractes (lat.
S. 5°16’, long. E. Greenwich 13°32’17”), reçu par l’État du Congo il y a plusieurs
années.
GNATHONEMUS, Gill.
GNATHONEMUS LEOPOLDIANUS.
PL XXXIII, fig. 3.
La hauteur du corps est comprise 3 1/2 à 4 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tète 4 1/4 à 4 1/2 fois. La longueur de la tête excède un peu sa
hauteur; le profil supérieur est déclive et faiblement convexe; la longueur du museau
fait un peu plus du quart de la longueur de la tète; la bouche est au niveau du
bord inférieur de l’œil, sa largeur égale la longueur du museau ; les dents sont
petites et échancrées, au nombre de 6 ou 8 à la mâchoire supérieure, de 10 à
l’inférieure; le menton n’est pas sensiblement renflé; l’oeil est médiocrement grand,
mesurant la moitié ou un peu moins de la moitié de la longueur du museau, les
2/5 de la largeur inter oculaire, 1/8 à 1/7 de la longueur de la tête. La nageoire
dorsale comprend 24 ou 25 rayons, commence en dessus du cinquième ou sixième
rayon de l’anale; sa longueur égale la moitié, ou un peu moins de la moitié, de
la distance qui la sépare de la tête. La nageoire anale comprend 30 ou 31 rayons;
elle est plus rapprochée de la base de la nageoire caudale que de celle de la
ventrale; comme la dorsale, elle est beaucoup plus élevée en avant qu’en arrière.
La nageoire pectorale est pointue, un peu plus courte que la tête, deux fois aussi
longue que la ventrale, dont elle atteint le milieu. La nageoire caudale est écailleuse
sur sa moitié basilaire; ses lobes sont longs et pointus. Le pédicule caudal est deux
fois aussi long que haut et mesure les 2/3 ou les 3/4 de la longueur de la êtte.
55 à 60 écailles le long de la ligne latérale, 11/15-16 en série transversale sur le
corps, 8-9/S-9 entre la dorsale et l’anale, 12 autour du pédicule caudal.
Ce poisson est uniformément noir en alcool. L’aquarelle de M. Delhez le
représente à l’état frais comme violet foncé en dessus, brun noirâtre en dessous, la
73
gorge teintée de brun de rouille; nageoires d’un brun noirâtre. Pupille orange,
iris vert émeraude.
Longueur totale : 27 centimètres.
Trois spécimens de Ibali, lac Léopold II, font partie de la collection de
M. Delhez. Ce poisson se trouve parmi les herbes dans les endroits marécageux,
et est - désigné des indigènes sous le nom de Lufumbé, qu’ils appliquent aussi à
d’autres espèces du genre Marcusenius. La chair est bonne.
Le Gnathonemus Leopoldianus est voisin du G. niger, Gthr., de la Gambie,
et du G. Bentleyi , Blgr., du Congo. Il diffère du premier par le museau au moins
deux fois plus long que le diamètre de l’oeil et le nombre plus élevé de rayons à
la dorsale et à l’anale (D. 24-25, A. 30-31, au lieu de D. 18-20, A. 26-28); du
second par le corps plus élevé (sa hauteur 3 1/2 à 4 fois dans la longueur totale
au lieu de 5 fois), l’absence d’un fort renflement sphérique au menton, et le moindre
allongement du pédicule caudal.
GNATHONEMUS SCHILTHUISIÆ.
PI. XXXIII, fig. 4.
La hauteur du corps est comprise 4 fois dans la longueur totale, la longueur
de la tète 4 1/2 fois. La tête est à peine plus longue que haute; le profil supérieur
est fortement courbé ; la longueur du museau égale le diamètre de l’œil et est
comprise 4 1/2 fois dans la longueur de la tète.; la bouche est au niveau du
bord inférieur de l’œil, sa largeur est comprise 4 1/2 fois dans la longueur de la
tête ; les dents sont très petites et profondément échancrées, au nombre de 5 à la
mâchoire supérieure, de 6 à l’inférieure ; le menton porte un renflement globuleux
médiocrement développé ; l’œil est assez grand, son diamètre égale les 2/3 de la
largeur interoculaire. La nageoire dorsale comprend 27 ou 28 rayons; elle est élevée
et pointue en avant, son bord libre échancré, et commence au-dessus du 4 me rayon
de l’anale ; sa longueur est un peu moins de la moitié de la distance qui la
sépare de la tête. L’anale, composée de 33 rayons, est pointue et échancrée comme
la dorsale. La pectorale est pointue, un peu plus courte que la tête, et mesure le
double de la ventrale, dont elle atteint le milieu. La caudale, écailleuse à la base,
a les lobes longs et pointus. Le pédicule caudal est 3 fois aussi long que haut
et mesure les 3/4 de la longueur de la tète. 49 à 54 écailles le long de la ligne
latérale, 8/15 en série transversale sur le corps, 8/8 entre la dorsale et 1 anale,
8 autour du pédicule caudal.
Brun (en alcool), plus foncé sur la tète et le pédicule caudal ; une bande
verticale noirâtre entre les rayons antérieurs de la dorsale et 1 anale ; nageoires
noirâtres.
Un spécimen, mesurant 85 millimètres, provient de Kutu, lac Léopold IL
Un second a été mentionné du Stanley-Pool par M lle Schilthuis en 1891 sous le
nom de Mormyrus gradisquamis , Peters.
Espèce voisine de G. Moorii, Gthr. ; s’en distingue surtout par le corps
plus allongé, les rayons plus nombreux à la dorsale et à l’anale, et l’œil un
74
peu plus grand. Nommée en l’honneur de l’ancienne conservatrice des collectinos
zoologiqnes de F Université d’Utrecht.
GNATHONEMUS KUTUENSIS.
PL XXXIII, fig. 5.
La hauteur du corps est comprise 3 1/2 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 5 fois. La tête est à peine plus longue que haute; le profil
supérieur est fortement courbé; le museau égale le diamètre de l’œil et fait le quart
de la longueur de la tête; la bouche est au niveau du bord inférieur de l’œil; sa
largeur est comprise 4 1/2 fois dans la longueur de la tête ; les dents sont très
petites et faiblement échancrées, au nombre de 5 à 1a, mâchoire supérieure, de 6 à
l’inférieure ; le menton porte un petit appendice cutané globuleux ; l’œil est assez
grand, son diamètre égale les 2/3 de la largeur interoculaire. La nageoire dorsale
comprend 29 rayons ; elle est élevée et pointue en avant, son bord libre est
échancré. L’anale, à 27 rayons, de même forme que la dorsale, commence sous le
sixième rayon de celle-ci. La pectorale est pointue, un peu plus longue que 1a, tête
et mesure le double de la ventrale, dont elle atteint presque l’extrémité. La caudale,
écailleuse sur la moitié basilaire, a les lobes longs et pointus. Le pédicule caudal
est 4 fois aussi long que haut et aussi long que la tête. 42 écailles le long de la
ligne latérale, 10/14 en série transversale sur le corps, 7/7 entre la dorsale et
l’anale, 8 autour du pédicule caudal.
La coloration est semblable à celle du G. Moorii et G. Schilthuisiæ . Le corps
est brun, plus foncé en avant; une bande verticale brun foncé s’étend des premiers
rayons de la dorsale aux premiers rayons de l’anale ; le pédicule caudal est noirâtre
dans ses deux tiers antérieurs, jaunâtre à la base de la nageoire caudale ; les
nageoires sont grises.
Un seul exemplaire, mesurant 10 centimètres, a été rapporté par M. Delhez.
Il provient de Kutu, lac Léopold IL
G. kutuensis se distingue de G. Moorii et de G. Schilthuisiæ par la nageoire
dorsale plus développée que l’anale et commençant en avant de celle-ci. Ce
caractère la rapproche de G. Greshofî, Schilthuis, qui en diffère par les écailles
beaucoup plus petites.
CHARACINIDÆ
En décrivant, dans le deuxième fascicule zoologique de ces Annales (p. 25), le
genre nouveau Eugnathichthys, je faisais remarquer que Ichthyoborus et Phago
formaient avec lui une section naturelle parmi les Characins. Grâce à la collection
Delhez, ce petit groupe s’accroit de deux genres nouveaux, qui viennent relier
plus intimement encore les trois déjà connus, ainsi que l’indique le synopsis suivant
des genres qui forment ensemble les Ichthyoborinœ .
75
I. Pas de dents canines; deux séries de dents à chaque mâchoire; nageoire dorsale au-dessus des
ventrales.
Dents égales; museau arrondi; un espace nu entre les sous-orbitaires
et le préoperculaire; écailles petites; un appendice écailleux à la base
de la ventrale. Eugnathichthys, Blgr.
Dents antérieures plus grandes; museau pointu; un espace nu entre les
sous-orbitaires et le préoperculaire; écailles petites; pas d’appendice
écailleux à la base de la ventrale. Paraphago , g. n.
Dents antérieures un peu plus grandes; museau rétréci en rostre; joue
entièrement cuirassée ; écailles grandes, dures ; pas d’appendice écailleux
à la base de la ventrale.. Phago, Gthr.
IL Des dents canines sur l’avant des mâchoires, qui sont armées d’une seule série de dents; nageoire
dorsale en arrière des ventrales; joue en grande partie nue; écailles petites; un appendice écailleux
à la base de la ventrale.
Pas de dents à la face interne des mâchoires. Neoborus, g. n.
Des dents en cardes à la face interne des mâchoires. Ichthyoborus, Gthr.
EUGNATHICHTHYS, Boulenger.
EUGNATHICHTHYS MACROTEROLEPIS.
PI. XXXIY, fig. 1.
La hauteur du corps est comprise 4 1/4 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 3 1/2 fois. La longueur de la tête égale 2 fois sa longueur et
1 1/2 fois sa hauteur; le museau, arrondi et dépassant un peu la bouche en avant,
mesure 1 1/2 fois le diamètre de l’oeil, qui est compris 5 fois dans la longueur de
la tête et 11/2 fois dans la largeur interoculaire; le maxillaire s’étend en arrière
jusque sous la pupille; 14 dents de chaque côté à la mâchoire supérieure; le sous-
orbitaire inférieur, strié en éventail, qui couvre une grande partie de la joue, est
encore plus grand que chez E. Eetveldii, l’espace nu qui le sépare du préoperculaire
ne mesurant que le quart de sa largeur. La nageoire dorsale a 11 rayons, dont
8 branchus, elle est située à égale distance de la caudale et du bord antérieur de
l’œil, et son sixième rayon correspond au premier de la ventrale; son plus long
rayon ne mesure que les 2/3 de la longueur de la tête et 2 1/2 fois la longueur du
dernier rayon. La dorsale adipeuse, petite et écailleuse à la base, est plus rappro¬
chée de la caudale que de 1a, dorsale rayonnée. 12 rayons à l’anale. La pectorale est
un peu plus courte que la ventrale et ne mesure que la moitié de la longueur de la
tête. La caudale a le lobe supérieur pointu, l’inférieur plus court et arrondi. Le
pédicule caudal est 2 fois aussi long que large. 68 écailles le long de la ligne latérale,
10/10 en série transversale, 7 entre la ligne latérale et la ventrale.
Brunâtre en dessus, jaunâtre sur les côtés et en dessous (en alcool); une série
médiane et deux latérales de grandes taches noirâtres sur le corps, alternantes, les
latérales en forme de barres verticales, les inférieures, les plus grandes, au nombre de
12, traversant la ligne latérale; trois raies noires en travers de la dorsale; une tache
noire à l’extrémité de l’adipeuse ; une raie noire le long du milieu de la caudale et des
raies obliques et convergentes en arrière sur les lobes de la caudale, 4 en haut et 3
en bas.
Longueur totale : 145 millimètres.
Le spécimen unique ne fait pas partie des collections de M. Delhez. Il provient
Septembre 1899. 12
76
d’un petit lot de poissons recueillis par M. De Meuse dans le Chiloango et acquis
récemment par le British Muséum.
Quoique voisin de E. Eetveldii , cette espèce s’en distingue facilement par le
plus grand développement du troisième sous-orbitaire, le nombre moins élevé de
rayons à la nageoire dorsale, et surtout par les écailles plus grandes.
PARAPHAGO, g. n.
Mâchoires massives, pointues; prémaxillaires coossifiés, ainsi que les dentaires,
mobiles de bas en haut mais non protractiles ; maxillaire très petit, édenté, ankylosé
au prémaxillaire, non caché sous les sous-orbitaires ; une rangée externe de dents
fortes, comprimées, bi- ou tricuspides, les antérieures plus grandes, et une rangée
interne de dents petites, coniques, acérées, aux deux mâchoires, les deux rangées
séparées l’une de l’autre par un espace considérable. Pas de dents au palais. Tète
dépourvue d’écailles, la joue presque entièrement cuirassée par les sous-orbitaires;
narines très rapprochées, près de l’oeil, séparées par une papille valvulaire; ouïes
largement ouvertes, membranes branchiostèges étroitement soudrés à l’isthme en
avant. Corps allongé, comprimé. Écailles petites, à bord libre fortement cilié; ligne
latérale complète, à tubes droits, non ramifiés, pas d’appendice écailleux à la base
de la ventrale. Dorsale à 15 rayons, située au-dessus des ventrales. Anale à 13
ou 14 rayons. Nageoire adipeuse courte, bien développée.
La fontanelle sur l’arrière du crâne, très réduite chez Eugnathichthys, est
absente chez Paraphago • comme chez Phago.
PARAPHAGO ROSTRATUS.
PL XXXIV, fig. 2.
La hauteur du corps est comprise 5 1/2 à 6 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 3 1/2 à 3 2/3 fois. La longueur de la tête est le triple de sa
largeur; le museau, pointu, dépassant à peine la mâchoire inférieure en avant,
mesure 1 1/2 fois le diamètre de l’œil, qui est compris 4 1/2 à 5 fois dans la
longueur de la tète et égale l’espace interorbitaire; la mâchoire supérieure s’étend
jusqu’au-dessous du tiers antérieur de l’œil; 15 ou 16 dents de chaque côté à
chaque mâchoire, la plupart bicuspides, la pointe principale dirigée en arrière, la
pointe secondaire courte et située antérieurement ; le sous-orbitaire inférieur est très
grand et couvre presque entièrement la joue, n’étant séparé du préopercu'laire que
par un espace nu très étroit. Les branchiospines sont peu nombreuses, très courtes,
presque rudimentaires. La nageoire dorsale, à 15 rayons, dont 12 branchus, commence
à égale distance du bout du museau et de la racine de la caudale ; son cinquième rayon
correspond au premier de la ventrale; son plus long rayon mesure la moitié de la
longueur de la tète. La dorsale adipeuse est plus rapprochée de la caudale que de la
dorsale rayonnée et commence au-dessus du dernier rayon de l’anale. Celle-ci a 13 ou
14 rayons, dont 10 ou 11 branchus. La pectorale est plus courte que la ventrale et
77
mesure à peine les 2/5 de la longueur de la tête. La ventrale n’atteint pas l’orifice
anal. La caudale est fourchue, à lobes obtusérnent pointus. Le pédicule caudal est
près de 3 fois aussi long que haut. Les écailles, à bord libre fortement cilié, sont
au nombre de 87 à 90 le long de la ligne latérale, de 10-11/12 en série transversale,
de 9 entre la ligne latérale et la nageoire ventrale.
Olivâtre en dessus, blanchâtre en dessous, le dessus de la tête d’un brun foncé,
les nageoires d’un blanc sale. Le dessin se rapproche beaucoup de celui de
Eugnathichthys macroterole/pis, consistant en 5 séries de taches alternantes sur le corps,
l’inférieure, traversant la ligne latérale, en forme de barres verticales; ces barres, au
nombre de 12 à 15, ont une tendance à s’unir aux taches du dos; trois bandes noires
plus ou moins régulières sur la nageoire dorsale; trois bandes noires obliques sur
chaque lobe de la caudale, une septième bande entre les deux lobes; nageoire adipeuse
orange à la base, noire sur la seconde moitié. Pupille orange.
Longueur totale : 13 centimètres.
Trois individus de Kutu (lac Léopold II). Ce poisson, très vorace et ichthyophage
comme les autres membres du groupe dont il fait partie, se trouve, aussi bien au
milieu du lac que sur ses bords.
Nom indigène : Buenguè.
PHAGO, Günther.
Deux espèces de ce genre ont été décrites : P. loricatus, Gtlir., de l’Afrique
occidentale sans indication plus précise, et P. Boulengeri, Schilth., du Congo. J’avais
d’abord cru devoir rapporter à la première de ces espèces un individu du Stanley-
Pool (Coll. Wilverth et Wagenaar) qui s’en rapproche par la forme du museau mais
qui en diffère par l’écaillure du corps, plus semblable à celle de P. Boulengeri.
Aujourd’hui, après examen d’un très grand nombre d’exemplaires du Congo, je crois
pouvoir conclure que P. loricatus est une espèce distincte de celles qui ont été trouvées
jusqu’ici dans ce fleuve, et il me semble nécessaire d’établir pour l’individu unique
auquel j’ai fait allusion une espèce nouvelle, sous un nom expressif de sa position
systématique. Les diagnoses suivantes font ressortir les différences sur lesquelles
reposent les trois espèces :
Museau plus long que la partie postocuiaire de la tête; D. 12; A. 10;
Sq. 47-48 . P. loricatus , Gthr.
Museau plus long que la partie postoculaire de la tête; D. 12; A. 12;
Sq. 47 ... P. intermedius, sp. n.
o 1/2
Museau plus court que la partie postoculaire de la tête; D. 13; A. 10-11;
Sq. 42-45 L—. . P. Boulengeri , Schilth.
o 1/2
PHAGO INTERMEDIUS.
PI. XXXIV, fig. 3.
La hauteur du corps est comprise 6 fois dans 1a, longueur totale, la longueur
de la tête 3 1/2 fois. Tète 3 1/2 fois aussi longue que large; museau plus long
que la partie postoculaire de 1a, tête, 2 1/2 fois le diamètre de l’œil, qui est compris
5 1/2 fois dans la longueur de la tète et 11/3 fois dans la largeur inter orbitaire;
78
le bout du museau dépasse un peu 1a, mâchoire inférieure ; 22 dents de chaque côté à
la mâchoire supérieure, qui s’étend jusqu’à l’œil; os de la tête faiblement granulés
et striés. Branchiospines très courtes, rudimentaires. Dorsale à 12 rayons, dont
8 branchus, commençant au-dessus du premier rayon de la ventrale et à égale
distance du bout du museau et de la caudale. Dorsale adipeuse très petite, plus
rapprochée de la caudale que de 1a, dorsale rayonnée, immédiatement en arrière de
l’anale. Celle-ci est composée de 12 rayons, dont 9 branchus. Pectorale un peu plus
courte que la ventrale, mesurant les 2/5 de la longueur de la tête. Ventrale n’atteignant
pas l’orifice anal. Caudale échancrée, à lobes arrondis, en grande partie couverte de
très petites écailles. Pédicule caudal arrondi, 5 fois aussi long que haut. Écailles
obtusément carénées, à bord finement, 47 sur la ligne latérale, en série
transversale en avant de la dorsale, -§- entre la dorsale et la ventrale, 6 autour du
pédicule caudal.
L’individu unique, provenant de Léopoldville, est décoloré. La longueur totale
est de 14 centimètres.
NEOBORUS, g. n.
Museau en rostre étroit; prémaxillaires coossifiés, ainsi que les dentaires,
mobiles de bas en haut mais non protractiles ; maxillaire très petit, édenté, ankylosé
au prémaxillaire, caché sous les sous-orbitaires quand 1a, bouche est close; une seule
rangée de dents aux mâchoires, les antérieures grandes, en forme de canines, les
latérales pointues, comprimées, à pointe dirigée en arrière, avec ou sans une petite
pointe secondaire. Pas de dents au palais. Tète dépourvue d’écailles, la joue en grande
partie nue; narines très rapprochées, près de l’œil, séparées par une papille valvulaire;
ouïes largement ouvertes, membranes branchiostèges étroitement soudées à l’isthme en
avant. Corps allongé, comprimé. Écailles petites, à bord libre fortement cilié; ligne
latérale complète, à tubes droits, non ramifiés; un appendice écailleux à la base de
la ventrale. Dorsale à 16 à 18 rayons, située en arrière des ventrales. Anale à 17 à 19
rayons. Nageoire adipeuse courte, bien développée.
Ayant pu faire préparer le squelette de l’espèce unique, je puis ajouter quelques
renseignements ostéologiques à la définition de ce type nouveau. On distingue encore
la suture entre les prémaxillaires, tandis que toute trace de séparation entre les dentaires
a disparu. Une grande fontanelle sur l’arrière du crâne, séparant entièrement les
pariétaux et s’étendant entre les frontaux jusqu’au niveau des bords postérieurs des
orbites. Comme chez Ichthyoborus , le maxillaire ne borde pas la bouche, contrairement
à la définition habituelle de la famille des Characinidœ. La branche inférieure du
préoperculaire est excavée en gouttière, bordée d’une forte crête qui s’étend jusqu’à
l’articulation quadrato-mandibulaire. 24 vertèbres précaudales (les 3 premières coossifiées)
et 19 caudales.
NEOBORUS ORNATUS.
‘ PL XXXIV, flg. 4.
Le corps est fortement comprimé, sa, hauteur est comprise 5 1/3 à 6 1/3
fois dans la longueur totale, la longueur de la tète 3 1/2 à 3 2/3 fois. La tête
4
79
est à peu près 2 fois aussi longue que haute, 3 1/2 fois aussi longue que large,
plate en dessus; le museau est long et pointu, sa longueur égale celle de la région
postoculaire de la tête, l’oeil étant situé au milieu et contenu 5 fois dans la longueur
de la tête; le diamètre de l’oeil égale ou excède un peu la largeur interorbitaire; 30 à
32 petites dents de chaque côté de la mâchoire supérieure, 24 à 26 à l’inférieure ; deux
grandes canines à l’extrémité de la mâchoire supérieure et trois à l’extrémité de la
mandibule; ces dents sont très asymétriques et une des deux canines supérieures, celle
qui croise la canine mandibulaire médiane, est toujours plus développée que l’autre; la
largeur du sous-orbitaire égale à peu près la moitié de la partie nue de la joue; les
os du dessus et des côtés de la tête sont plus ou moins fortement striés. Les branchiospines
sont très courtes, presque rudimentaires, peu nombreuses. La nageoire dorsale commence
un peu en arrière de la base de la ventrale et est située à égale distance.de la tête et
de la nageoire caudale; il y a 16 à 18 rayons, dont 13 à 15 branchus; le plus long
mesure à peine les 2/3 de la longueur de la tête. La dorsale adipeuse est très petite
et plus rapprochée de la caudale que de la dorsale rayonnée. L’anale est basse et
composée de 17 à 19 rayons, dont 14 ou 15 branchus; le dernier rayon correspond
à l’adipeuse. La pectorale, plus courte que la ventrale, mesure moins de la moitié de
la longueur de la tète; l’extrémité de la ventrale est très éloignée de l’orifice anal. La
caudale, bifurquée, a les lobes courts et arrondis, en grande partie couverts de petites
écailles à bord cilié. Le pédicule caudal est deux fois aussi long que haut. Les écailles,
à bord fortement cilié, sont au nombre de 100 à 110 le long de la ligne latérale,
14-15/11-13 en série transversale, 8 ou 9 entre la ligne latérale et la nageoire
ventrale.
La coloration, que je puis décrire à l’aide des aquarelles qui accompagnent la
collection de M. Delhez, est d’un gris violâtre sur le dos, argenté ou verdâtre sur
les côtés, blanc sur le ventre; trois raies olives de chaque côté du corps, la médiane
la plus large, suivant la ligne latérale; dessus de la tête brun noirâtre; dorsale
orangée ou grise; pectorales, ventrales et anale grisâtres; caudale orange, avec un
dessin noir consistant en raies droites selon l’axe du corps quand la nageoire est étalée,
ces raies au nombre de 6 ou 7, parfois irrégulières. Iris verdâtre.
Longueur totale 18 centimètres. Atteindrait 30 centimètres.
Plusieurs exemplaires, provenant de Bikoro (lac Tumba) et de Kutu (lac
Léopold II), piis parmi les herbes. Poisson très vorace.
Noms indigènes : Lopondi à Bikoro, Untcliatcha à Kutu.
Dans un article sur les collections rapportées par la Mission de Brazza et
déposées au Muséum de Paris, publié en 1886 dans la Revue Scientifique (XXIII. IL
p. 17), il est fait mention d’un Ichthyoborus tœniatus, Vaillant, dont malheureusement
aucune description n’a encore été publiée. Il serait très intéressant de retrouver dans
le Congo le genre Ichthyoborus du Nil; mais il est probable que la dentition n’a
pas été examinée avec tout le soin nécessaire, lors du classement préparatoire de la
collection, et que le poisson ici décrit a été la base de cette indication. Il y a lieu
également de faire ses réserves quant au Phago loricatus cité dans le même article,
la détermination ayant été faite à une époque où ce genre ne renfermait encore
qu’une seule espèce décrite.
80
DISTICHODUS, Millier et Troschel.
SYNOPSIS DES ESPÈCES DU CONGO.
I. Écailles grandes, 37-45 ~ 2
A. D. 16-18, séparée de l’adipeuse par un espace égal à sa Dase.
A. 15-16; Sq. 38-41 A ; e ou 7 écailles entre la ligne latérale et la
ventrale; lobes de la caudale pointus.D. notospilus , Gthr.
A. 19-21; Sq. 37-39 -L; 7 écailles entre la ligne latérale et la ventrale;
lobes de la caudale arrondis. D. affînis, Gthr.
A. 21-22; Sq. 40-42 2U; 9 écailles entre la ligne latérale et la ventrale;
lobes de la caudale arrondis. D. altus, sp. n.
B. D. 20, séparée de l’adipeuse par un espace égal aux 2/3 de sa base;
A. 16; Sq. 45 A ; 8 écailles entre la ligne latérale et la ventrale. D. noboli, sp. n.
II. Écailles petites, 60-85 UL.
A. Museau plus haut que long, large ou faiblement comprimé.
1. D. 19, séparée de l’adipeuse par un espace presque égal à sa
base ; A. 11 ; Sq. 70-75 -A—. D. maculatus, Blgr.
2. D. 22-27, séparée de l’adipeuse par un espace bien inférieur à sa base; A. 13-16.
D. 23-25: Sq. 60-66 AP. D. Antonii, Schiltli.
D. 22-24; Sq. 68-77 D. atroventralis, Blgr.
D. 25-27; Sq. 68-78 AP . B. fasciolcitus, Blgr.
B. Museau plus haut que long, fortement comprimé; D. 24-25; A.
12-14; Sq. 60-68 AP. B. sexfasciatus, Blgr.
C. Museau plus long que haut, non comprimé; D. 25-26; A. 13-14; Sq.
70-80 . D. lusosso, Schilth.
15-17
Ainsi que j’ai pu m’en assurer par la comparaison directe avec le type de
D. lusosso , le Distichodus décrit par moi sous le nom de D. leptorhynchus (Ann. and
Mag. N. H. [6] XX, 1897, p. 425) est synonyme de cette espèce, chez laquelle les
dents internes sont ou bien très petites ou manquent tout à fait. Cette constatation
vient renforcer l’opinion émise par Peters (Reise n. Mossamb. IV, p. 74) sur la valeur
de la présence ou de l’absence de la seconde rangée de dents comme caractère spécifique,
ce qui réduirait le D. macrolepis, Gthr., au rang de synonyme de D. mossambicus, Ptrs.
DISTICHODUS ALTUS.
PL XXXV, fig. 1.
La hauteur du corps est comprise 2 à 2 1/5 fois dans la longueur totale,
la longueur de la tête 4 à 4 1/2 fois. La tête est un peu plus haute que longue;
le museau, large et tronqué à l’extrémité, égale ou excède un peu le diamètre de
l’oeil et fait le tiers de la tête; l’espace interorbitaire est légèrement convexe, sa
largeur égale la moitié de la longueur de la tète et 1 1/2 à près de 2 fois le
diamètre de l’oeil; la bouche est terminale et s’étend jusque sous les narines;
2 séries de dents à chaque mâchoire, au nombre de 18 à 22 dans chaque série
externe. Nageoire dorsale à 17 ou 18 rayons, dont 3 rudimentaires, aussi haute
que longue, située à égale distance de l’œil et de la nageoire caudale; sa distance
de la dorsale adipeuse égale la longueur de sa base. Anale à 21 ou 22 rayons,
dont 2 rudimentaires; elle est presque entièrement couverte de petites écailles.
81
Pectorale aussi longue ou un peu plus longue que la ventrale, mesurant les 2/3 ou
les 3/4 de la longueur de la tête. La ventrale n’atteint pas l’anus. La caudale, en
grande partie couverte de petites écailles, est profondément échanerée, à lobes
arrondis. La hauteur du pédicule caudal excède un peu sa longueur. Les écailles,
à bord fortement cilié, sont au nombre de 40 à 42 le long de 1a, ligne latérale,
de 9/11-12 en série transversale, de 9 entre la ligne latérale et la nageoire
ventrale.
Brun bronzé, chaque écaille portant une tache dorée; dessous de la tête et
région pectorale blanchâtres; nageoires d’un gris noirâtre, la caudale à bord libre
rose; la dorsale adipeuse olive clair; iris d’un noir bleu, avec un cercle jaune
autour de la pupille.
Longueur totale : 18 centimètres.
Trois exemplaires du lac Léopold II (Kutu et Utanda). — Collection Delhez.
Nom indigène : Ekushu.
Espèce très voisine de D. a/finis, Gthr., qui s’en distingue par les écailles
plus grandes (37-39 7). D. abbreviatus, Ptrs. est synonyme de D. affinis.
DISTICHODUS NOBOLI.
PL XXXV, lig. 2.
La hauteur du corps est comprise 2 4/5 fois dans la longueur totale, la longueur
de la tête 3 1/2 fois. La tête est un peu plus longue que haute ; le museau, large
et arrondi, est un peu plus court que l’œil, dont le diamètre est compris 3 fois
dans 1a, longueur de la tète; l’espace interoculaire est plat, sa largeur égale les
2/5 de la longueur de la tète ; la bouche est terminale et s’étend jusque sous les
narines; 2 séries de dents à chaque mâchoire, au nombre de 18 à la série externe
de la mâchoire supérieure, de 16 à l’inférieure. Nageoire dorsale à 20 rayons, dont
2 rudimentaires, aussi haute que longue, située un peu plus près de la tête que
de la nageoire caudale; sa distance de la dorsale adipeuse égale les 2/3 de la
longueur de sa base. Anale à 16 rayons, dont 2 rudimentaires. Pectorale aussi
longue que la ventrale, mesurant les 2/3 de la longueur de la tête. La ventrale
n’atteint pas l’anus. La caudale, en grande partie couverte de petites écailles, est
profondément échanerée, à lobes courts et arrondis. La hauteur du pédicule caudal
excède un peu sa longueur. Les écailles, à bord fortement cilié, sont au nombre
de 45 le long de la ligne latérale, de 9/10 en série transversale, de 8 entre la ligne
latérale et la nageoire ventrale.
Olive en dessus, argenté en dessous ; une grande tache noire occupe le tiers
antérieur de la dorsale, dont le reste est rouge vif, ainsi que les nageoires ventrales,
anale, caudale et adipeuse; un gros point noirâtre à la racine de la caudale. Bord
de la bouche et iris rouges.
L’exemplaire unique, mesurant 6 centimètres seulement, provient de Kutu
(lac Léopold II). — Collection Delhez.
Nom indigène : Noboli.
Se distingue des espèces voisines (D. notospilus et D. affinis ) par le nombre
de rayons (20) à la dorsale et par les écailles plus petites et plus nombreuses.
82
BRYCONÆTHIOPS, Günther.
Ce genre, distingué des Alestes par la présence de trois séries de dents à la
mâchoire supérieure, ne renfermait qu’une seule espèce, B. microstoma , Gthr., à
laquelle il convient de rapporter comme synonyme Brachyalestes Mocquardianus ,
Thominot. La seconde espèce ici décrite ne fait pas partie des récoltes de M. Déliiez,
mais d’un petit lot de poissons du Congo récemment acquis par le British Muséum.
Elle est dédiée à M. le D r E. Yseux, professeur à l’Université libre de Bruxelles.
BRYCONÆTHIOPS YSEUXI.
PL XXXVII, fig. 2.
La hauteur du corps est comprise 2 3/4 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête près de 4 fois. La longueur de la tête égale sa hauteur et
1 3/4 fois sa largeur ; le museau, arrondi, est plus court que le diamètre de l’œil,
qui est compris 3 fois dans la longueur de la tête et égale la largeur interoculaire;
une paupière adipeuse recouvre près des 2/3 de l’œil; la largeur de la bouche égale
a peu près le quart de la longueur de la tête; le maxillaire s’étend en arrière
jusqu au-dessous du bord antérieur de l’œil; 2 dents à la première série de la
mâchoire supérieure, 6 à la seconde, 8 à la troisième, ainsi qu’à la série
mandibulaire externe; ces dents ont la couronne brunâtre; le deuxième sous-
orbitaire est le plus grand, la longueur de son bord inférieur égale le diamètre de
1 œil. Branchiospin.es courtes, au nombre d’une douzaine à la partie inférieure du
premier arceau. La nageoire dorsale, à 10 rayons, dont 8 branchus, est remarquable
par le prolongement en filaments de ses rayons, dont le plus long excède la moitié
de 1a, longueur totale; le premier rayon est situé à égale distance du bout du
museau et de 1a, dorsale adipeuse, le quatrième correspond au premier de la ventrale.
La dorsale adipeuse est petite et 2 fois plus éloignée de la dorsale rayonnée que
de la caudale. La nageoire anale comprend 23 rayons, dont 20 branchus. La
nageoire pectorale est de même longueur que la ventrale, qui atteint l’anale. La
nageoire caudale est longue et fourchue, à lobes pointus. Le pédicule caudal est un
peu plus long que haut. Les écailles sont au nombre de 38 le long de la ligne
latérale, de en série transversale, 3 entre la ligne latérale et la ventrale.
Le spécimen conservé, provenant du Haut-Congo et mesurant 8 centimètres,
est brun en dessus, jaunâtre sur les cotes et en dessous; l’extrémité de la nageoire
dorsale et des ventrales et le bord de l’anale et de la caudale sont noirâtres.
Cette espèce se distingue facilement de B. microstoma par le prolongement
des rayons de la dorsale et par la présence d’une série d’écailles de plus entre la
dorsale et la ligne latérale.
A Ibali et à Coquilhatville, M. Delhez a trouvé une variété remarquable du
Bryconæthiops microstoma , dont la coloration diffère tant de celle du type de l’espèce
83
qu’on serait tenté, à première vue, de croire à une espèce distincte. Je n’ai pourtant
réussi à découvrir aucun caractère qui puisse justifier, à mes yeux, cette distinction.
Ce poisson, figuré pl. xxxvn, fig. 1, est olive foncé ou bleu d’acier en dessus, vert
clair sur les côtés, argenté en dessous; une grande tache noire allongée au-dessus
de la ligne latérale, commençant à partir du milieu de la pectorale, et une bande
noire également au milieu de la ligne latérale, le long de la moitié postérieure du
corps; dorsale noirâtre entre les cinq premiers rayons, les autres nageoires grisâtres.
ALESTES, Müller et Troschel.
ALESTES FUCHSII.
Pl. XXXVI, fig. 1.
La hauteur du corps est comprise 2 2/3 à 3 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 3 1/2 à 4 1/5 fois. La tête est aussi longue que haute, ou à
peine plus longue, 1 3/4 à 2 fois aussi longue que large; le museau est aussi long
que le diamètre de l’œil, qui est compris 3 à 3 1/3 fois dans la longueur de la
tête; la paupière adipeuse est à peine développée au bord antérieur de l’œil; la
largeur interoculaire égale à peu près la moitié de 1a, longueur de la tête; la largeur
de la bouche égale le diamètre de l’œil ; le maxillaire n’atteint pas le bord antérieur
de l’œil; 16 dents | à la mâchoire supérieure, les antérieures tricuspides, les
postérieures beaucoup plus grandes, à deux tubercules et à bord postérieur dentelé;
dents mandibulaires tricuspides au nombre de 8; la longueur du bord inférieur du
second sous-orbitaire égale ou excède un peu le diamètre de l’œil. Branchiospines
minces et modérément longues, au nombre de 17 ou 18 à la partie inférieure du
premier arceau. La nageoire dorsale, à 10 rayons, dont 8 branchus, commence
immédiatement en arrière de la base des ventrales, plus près de la caudale que du
bout du museau, à égale distance de l’occiput et de la nageoire adipeuse; la
longueur de sa base fait la moitié de sa plus grande hauteur, qui mesure la longueur
de la tête ou un peu moins. La dorsale adipeuse, petite, est 2 1/2 ou 2 2/3 fois
aussi éloignée de la dorsale rayonnée que de la caudale. L’anale a 17 ou 18 rayons,
dont 14 ou 15 branchus. La pectorale est plus longue que la ventrale, dont elle
n’atteint pas la base, et mesure les 3/4 ou les 5/6 de 1a, longueur de la tête. La
ventrale n’atteint, pas l’orifice anal. La nageoire caudale est échancrée, à lobes
obtusément pointus. Le pédicule caudal est aussi haut que long. 23 à 26 écailles
le long de la ligne latérale, en série transversale, 2 entre la, ligne latérale et
la, racine de la ventrale.
Argenté; dos olivâtre plus ou moins foncé ; une tache noire ou bleu d’acier
derrière la tête, au-dessus de la ligne latérale; une autre beaucoup plus grande,
sur le pédicule caudal; nageoires jaune olivâtre, l’adipeuse brun rougeâtre; le tiers
supérieur de l’iris rouge.
Longueur totale : 17 centimètres.
Cette espèce nouvelle, dédiée à M. le Gouverneur général Fuchs, dont le
bienveillant concours a été si utile à M. Delhez, se rapproche de A.leuciscus Gtlir.,
avec laquelle elle a été confondue par M lle Schilthuis et par moi. Elle en diffère
Septembre 1899. 13
84
surtout par le nombre d’écailles au-dessus de la ligne latérale (4 1/2 au lieu de
5 1/2). De beaux individus ont été recueillis à Borna (rivière des crocodiles), au
Stanley-Pool (région des chutes) et au lac Léopold II, par M. Delhez, et le British
Muséum en a reçu des jeunes de Monsembé, par les soins de M. Weeks.
Noms indigènes : Sonza à Borna, Likuki au Stanley-Pool, Monguli à Kutu.
ALESTES LEMAIRII.
PL XXXVI, flg. 2.
La hauteur du corps est comprise 3 à 3 1/2 fois dans la longueur totale,
la longueur de la tête 4 fois. La tète est aussi longue cpie haute, 1 3/4 à 2 fois
aussi longue que large; le museau est un peu plus court que le diamètre de l’œil,
qui est compris 3 1/2 à 3 2/3 fois dans la longueur de la tête; la paupière
adipeuse est à peine développée au bord antérieur de l’œil; la largeur interoculaire
égale à peu près les 2/5 de la longueur de la tête; la largeur de la bouche égale
le diamètre de l’œil; le maxillaire n’atteint pas le bord antérieur de l’œil; 16 dents
(-|-) à la mâchoire supérieure, les antérieures tricuspides et disposées en zigzag, les
postérieures beaucoup plus grandes, à deux tubercules et à bord postérieur dentelé;
dents mandibulaires tricuspides au nombre de 8; la longueur du bord inférieur du
second sous-orbitaire égale ou excède un peu le diamètre de l’œil. Branchiospines minces
et modérément longues, au nombre de 18 à la partie inférieure du premier arceau.
La nageoire dorsale, à 10 rayons, dont 8 branchus, commence au-dessus de la base de la
ventrale, a égale distance du bout du museau et de la caudale, plus près de l’occiput
que de la nageoire adipeuse; la longueur de sa base fait la moitié de sa plus grande
hauteur, qui mesure un peu moins que la longueur de la tête. La dorsale adipeuse,
petite, est 2 1/2 fois aussi éloignée de la dorsale rayonnée que de la caudale. L’anale
a 19 rayons, dont 16 branchus. La pectorale est plus longue que la ventrale, dont
elle n’atteint pas la base, et mesure les 3/4 ou les 4/5 de la longueur de la tête.
La ventrale n’atteint pas l’orifice anal. La caudale est fourchue, à lobes pointus.
Le pédicule caudal est un peu plus long que haut. 27 à 29 écailles le long de la
ligne latérale, en série transversale, 2 entre la ligne latérale et la ventrale.
Argenté; dos olivâtre; une bande latérale foncée, plus distincte sur le pédicule
caudal.
Longueur totale : 125 millimètres.
Deux spécimens font partie d’une petite collection de poissons du lac Moero,
recueillie par l’expédition Lemaire, et que l’État du Congo vient de recevoir. Outre
Tilapia natalensis, M. Weber, deux espèces nouvelles de Paralilapia et une de
Tilapia, qui seront décrites dans la prochaine partie de ce volume, la collection
contenait aussi des exemplaires de Alestes macrophthalmus , Gtlir., espèce qui n’est
encore connue que du Gabon et du lac Tanganika. La faune ichthyologique du
lac Moero n’avait pas encore été explorée. M. Moore y avait, il est vrai, recueilli
quelques poissons, mais sans réussir à les rapporter à Londres.
Alestes Lemairii, dédié à M. le lieutenant Ch. Lemaire, est très voisin de
l’espèce précédente. Il en diffère par la position un peu plus antérieure de la nageoire
dorsale, ainsi que par le nombre supérieur d’écailles à la ligne latérale.
85
ALESTES BIMACULATUS.
PL XXXYI, fig. 3.
La hauteur du corps est comprise 3 1/3 à 3 3/4 fois dans la longueur totale,
la longueur de la tête 3 1/2 à 3 2/3 fois. La tête est un peu plus longue que
haute et 2 fois aussi longue que large; le museau est aussi long ou un peu plus
court que le diamètre de l’oeil, qui est compris 3 à 3 1/2 fois dans la longueur de
la tête; pas de paupière adipeuse; la largeur interoculaire égale les 2/5 ou la 1/2
de la longueur de la tête; la largeur de la bouche égale le diamètre de l’oeil; le
maxillaire n’atteint pas le bord antérieur de l’oeil ; 16 dents (-§-) à la mâchoire
supérieure, les antérieures tricuspides, les postérieures beaucoup plus grandes,
bi- ou tricuspides, à deux tubercules ; dents mandibulaires tricuspides au nombre de 8;
la longueur du bord inférieur du second sous-orbitaire égale ou excède un peu le
diamètre de l’œil. Les branchiospines sont longues et minces, un peu plus courtes
que les filaments branchiaux, au nombre de 22 à 26 à la partie inférieure du
premier arceau. La nageoire dorsale, à 10 rayons, dont 8 brandi us, commence
immédiatement en arrière de la base des ventrales, plus près de la caudale que du
bout du museau, à égale distance de l’occiput et de la dorsale adipeuse; la longueur
de sa base fait à peu près la moitié de sa plus grande hauteur, qui mesure les
3/4 de la longueur de la tète. La dorsale adipeuse, petite, est au moins deux fois
plus éloignée de la dorsale rayonnée que de la caudale. L’anale a 15 à 17 rayons,
dont 12 à 14 branchus. La pectorale est plus longue que la ventrale, dont elle
n’atteint pas la base, et mesure les 2/3 ou les 3/4 de la longueur de la tête. La
ventrale n’atteint pas l’orifice anal. La nageoire caudale est échancrée, à lobes
arrondis. Le pédicule caudal est un peu plus long que haut. 27 à 29 écailles le
long de la ligne latérale, en série transversale, 2 entre la ligne latérale et la
racine de la ventrale.
Vert foncé en dessus, argenté en dessous; deux grandes taches rondes noires,
à reflets fortement métalliques, de chaque côté du corps, la première entre la ligne
latérale et les derniers rayons de la dorsale, la seconde à la base de la caudale;
nageoires jaunâtres, l’adipeuse parfois orange. Iris jaune ou orange.
Longueur totale : 14 centimètres.
Plusieurs exemplaires de Kutu, lac Léopold IL - Collection Delhez.
Noms indigènes : Monguli et Mokowi.
Espèce voisine de P. macrolejndotus , C. et V., dont elle se distingue surtout
par la nageoire dorsale moins reculée, la tête moins large, les branchiospines plus
longues et plus nombreuses, et les écailles un peu moins grandes.
ALESTES GRANDISQUAMIS.
PL XXXY, fig. 3.
La hauteur du corps est comprise 3 1/3 à 3 2/3 fois dans la longueur totale,
la longueur de la tête 3 3/4 à 4 1/3 fois. La tête est plus longue que haute et
1 1/2 à 1 2/3 fois aussi longue que large; le museau est aussi long ou un peu
86
plus long que le diamètre de l’œil, qui est compris 3 à 4 fois dans la longueur
de la tète ; pas de paupière adipeuse ; la largeur interoculaire égale la moitié ou
les 3/5 de la longueur de la tète; la largeur de la bouche excède le diamètre de
l’œil; le maxillaire est loin d’atteindre le bord antérieur de l’œil ; IG dents |
à la mâchoire supérieure, les antérieures trieuspides, les postérieures beaucoup plus
grandes, à plusieurs pointes (3 à 9) et tubercules ; dents mandibulaires tri- ou
quinquécuspides, au nombre de 8; la largeur du bord inférieur du second sous-
orbitaire égale ou excède un peu le diamètre de l’œil. Les branchiospines sont minces
et médiocrement longues, au nombre de 15 ou 16 à la partie inférieure du premier
arceau. La nageoire dorsale, à 10 rayons, dont 8 branchus, occupe le milieu de
l’espace entre les ventrales et l’anale ; elle est beaucoup plus rapprochée de la
caudale que de l’occiput; la longueur de sa base est un peu plus de la moitié de
sa plus grande hauteur, qui mesure les 2/3 ou les 3/4 de la longueur de la tête. La
dorsale adipeuse, petite, est deux fois plus éloignée de la dorsale rayonnée que de la
caudale. L’anale a 13 ou 14 rayons, dont 10 ou 11 branchus. La pectorale est
plus longue que la ventrale, dont elle n’atteint pas la base et est un peu plus courte
que la tête. La ventrale n’atteint pas l’orifice anal. Le pédicule caudal est à peine
plus long que haut. 25 à 27 écailles le long de la ligne latérale, en série
transversale, 1 entre la ligne latérale et la racine de la ventrale.
Brun olive plus ou moins foncé sur le dos, argenté sur les côtés et en dessous,
parfois teinté de rose; une tache noirâtre, plus ou moins distincte, à la base de la
caudale.
Longueur totale : 26 centimètres.
Ce poisson a été recueilli dans le Bas-Congo par M. F. liens, qui lui donne
le nom indigène de Sounza, à Matadi par MM. Wilverth et Wagenaar; ces individus
ont été faussement déterminés par moi comme A. macrolepidotus , C. et V., espèce
qui habite le bassin du Nil, le Tanganika et l’Afrique occidentale depuis le Sénégal
jusqu’au Calabar. Plusieurs individus ont été rapportés par M. Delhez de Borna
et du lac Léopold IL
Alestes grandisquamis est excessivement voisin de A. macrolepidotus , qui
diffère par le museau plus long et plus pointu, le nombre de rayons à l’anale
(15 à 17) et le nombre d’écailles à la ligne latérale (22 à 24).
MICRALESTES, g. n.
Je propose de grouper, sous le nom de Micralesi.es, les Alestes acutidens, Peters,
A. holargyreus, Gfthr., et les trois espèces suivantes, qui diffèrent des vrais Alestes
par le caractère des dents prémaxillaires de la seconde rangée qui sont simplement
comprimées, à couronnes pluricuspides, non molariformes, semblables à celles des genres
Tetragonopterus et Petersius, dont ils se distinguent par la présence d’une paire
de dents coniques derrière la série mandibulaire. Par la petitesse de ces dents coniques,
l’espèce que je désigne sous le nom de M. altus établit une sorte de passage entre
Micralestes et Petersius.
87
SYNOPSIS DES ESPÈCES
I. Ligne latérale complète
4 1 ; 2
A. 18-19; Sq. 25-27 3 -^; la hauteur du corps excède la longueur de la
tête. M. acutidens, Ptrs.
4 1/2
A. 20; Sq. 27 g-j^; la hauteur du corps égale la longueur delà tête. M. hmnilis, sp. n.
A. 20-22 ; Sq. 23-25 ; la hauteur du corps excède la longueur de la tète. M. holargyreus, Gthr.
A. 26-28; Sq. 23-26 corps très élevé, sa hauteur 2 1/5 à 2 1/3 fois
dans la longueur totale.. M. altus, sp. n.
II. Ligne latérale réduite à quelques écailles sur la partie antérieure du
corps; A. 21-22; Sq. 21-23 . M. interr/cptus, sp. n.
MICRALESTES IIUMILIS.
PL XXXVI, %. 4.
La hauteur du corps égale la longueur de la tète et est comprise 3 1/2 fois
dans la longueur totale. La tête est plus longue (pie haute et 2 fois aussi longue
que large; le museau est un peu plus court que le diamètre de l’oeil, qui est
compris 2 2/3 fois dans la longueur de la tète ; pas de paupière adipeuse ; la
largeur interoculaire excède un peu le tiers de la longueur de la tête; la bouche
est plus étroite que le diamètre de l’oeil; le maxillaire s’étend en arrière presque
jusque sous le bord antérieur de l’œil; 14 dents à la mâchoire supérieure, les
antérieures, au nombre de 6, tricuspides, celles du second rang beaucoup plus
grandes et quinqué- ou septemcuspides comme celles de la mâchoire inférieure, qui
sont au nombre de 8; les pointes des dents brunâtres. Branchiospines assez courtes,
au nombre de 14 à la partie inférieure du premier arceau. La nageoire dorsale, à
10 rayons, dont 8 branchus, commence immédiatement en arrière de la base des
ventrales, un peu plus près de la racine de la caudale que du bout du museau; la
longueur de sa base fait à peu près la moitié de sa plus grande hauteur, qui
mesure les 4/5 de la longueur de la tête. La dorsale adipeuse, petite, est 1 1/2 fois
aussi éloignée de la dorsale rayonnée que de la caudale. L’anale a 20 rayons, dont
17 branchus ; les rayons antérieurs sont les plus longs et donnent une forme
pointue à la nageoire. La pectorale est plus longue que la ventrale, dont elle atteint
la racine, et un peu plus courte que la tète. La ventrale atteint l’orifice anal. La
nageoire caudale est bifurquée, à lobes pointus. Le pédicule caudal est un peu
plus long que haut. 27 écailles le long de la ligne latérale, ||| en série transversale,
2 entre la ligne latérale et la racine de la ventrale.
Olivâtre en dessus, blanc jaunâtre en dessous; une bande latérale argentée;
nageoires anale et caudale gris bleuâtre; iris rouge.
Longueur totale : 48 millimètres.
Un seul exemplaire de Kutu, lac Léopold IL — Collection Delhez.
Nom indigène : Ghienghé.
Espèce très voisine de M . acutidens , Ptrs., dont elle se distingue par le corps
moins élevé. Je saisis cette occasion pour rectifier la détermination de l’individu du
fleuve Rovuma, don de Sir J. Kirk, inscrit par Gûnther sous le nom de Brachyalestes
acutidens (Cat. Fish., V, p. 316), cet individu étant un véritable A lestes, A. Irnberi,
Ptrs.
88
MICRALESTES ALTUS.
PL XXXYI, flg. 5.
La, hauteur du corps est comprise 2 1/5 à 2 1/3 fois dans la longueur totale,
la longueur de la tête 3 1/2 à 3 2/3 fois. La tête, à profil supérieur un peu
concave, est plus longue que haute, 2 fois aussi longue que large; le museau est
beaucoup plus court que le diamètre de l’œil, qui est compris 2 à 2 1/3 fois dans
la longueur de la tète; pas de paupière adipeuse; la largeur interorbitaire égale à
peu près la largeur de la bouche et les 3/4 du diamètre de l’œil ; le maxillaire
atteint à peine le bord antérieur de l’œil; 12 ou 14 dents à la mâchoire supérieure,
les antérieures, au nombre de 4, tricuspides, celles du second rang plus grandes
et quinqué- ou septemcuspides ; 8 dents quinqué- ou septemcuspides à la mâchoire
inférieure, les deux dents coniques postérieures extrêmement petites ; les pointes
des dents brunâtres. Branchiospines assez longues, au nombre d’une douzaine à la
partie inférieure du premier arceau. La nageoire dorsale, à 10 rayons, dont 8
branchus, commence immédiatement en arrière de la base des ventrales, à égale
distance du bout du museau et de la racine de la nageoire caudale; la longueur
de sa base fait à peu près la moitié de sa plus grande hauteur, qui égale la
longueur de la tète. La dorsale adipeuse, petite, est deux fois aussi éloignée de la
dorsale rayonnée que de 1a, caudale. L’anale a, 26 à 28 rayons, dont 23 à 25
branchus; les rayons antérieurs sont les plus longs et forment un lobe à contour
arrondi. La pectorale est plus longue que la ventrale, dont elle dépasse un peu la
racine, et un peu plus courte que la tête. La ventrale atteint, ou atteint presque,
l’origine de l’anale. La nageoire caudale est bifurquée, â lobes pointus. Le pédicule
caudal est aussi haut que long. 23 à 26 écailles le long de la ligne latérale,
en série transversale, 2 entre la ligne latérale et la racine de la ventrale.
Ce petit poisson est très brillamment coloré pendant la vie. Olivâtre sur le
dos, argenté à reflets irisés sur les côtés, les écailles bordées de bleu; une grande
tache noire arrondie de chaque côté de la queue, entre l’adipeuse et les derniers
rayons de l’anale ; dorsale et pectorale rouge vif, les autres nageoires gris clair à
rayons jaunes; adipeuse noire. Iris doré.
Longueur totale : 65 millimètres.
Plusieurs exemplaires de Bikoro, lac Tumba, district de l’Équateur. — Coll.
Delhez.
Nom indigène : Moencljé.
MICRALESTES INTERRUPTUS.
PL XXXVI, flg. 6.
La, hauteur du corps est comprise 3 fois dans la longueur totale, la longueur
de la tête 3 1/3 à 3 1/2 fois. La tête est un peu plus longue que haute et 2 fois
aussi longue que large; le museau ne mesure que les 3/5 du diamètre de l’œil,
qui est compris 2 1/2 fois dans la longueur de la tête; pas de paupière adipeuse;
la largeur interoculaire égale les 2/5 de la longueur de la tête; la bouche est un
89
peu plus étroite que le diamètre de l’oeil ; le maxillaire s’étend en arrière jusque
sous le bord antérieur de 1 oeil ; 12 dents à la mâchoire supérieure, les antérieures,
au nombre de 4, tricuspides et alternant avec celles du second rang, qui sont
beaucoup plus grandes et quinquéeuspides ; 8 dents quinqué- ou septemcuspides à
la mâchoire inférieure, les deux externes petites ; les pointes des dents brunâtres.
Branchiospines courtes, au nombre d’une douzaine à la partie inférieure du premier
arceau. La nageoire dorsale, à 10 rayons, dont 8 branchus, commence immédiatement
en arrière de la base des ventrales, un peu plus près de la racine de la caudale
que du bout du museau; la longueur de sa base fait les 2/5 de sa plus grande
hauteur, qui égale la longueur de la tète. La dorsale adipeuse, petite, est deux fois
aussi éloignée de la dorsale rayonnée que de la caudale. L’anale a 21 ou 22 rayons,
dont 1/ ou 18 branchus. La pectorale est plus longue que 1a. ventrale, dont elle
atteint la base, elle mesure les 4/5 de la longueur de la tète. La ventrale atteint
l’orifice anal. La nageoire caudale est bifurquée, à lobes pointus. Le pédicule caudal
long.
21 à 23 écailles en série longitudinale,
en sene
est aussi haut que
transversale, 2 entre la ligne latérale et la racine de la ventrale; la ligne latérale
4 1/2
3 1/3
se perd avant le milieu du corps, elle ne s’étend que sur 7 à 10 écailles.
Rougeâtre (en alcool) avec une bande latérale argentée.
Longueur totale : 45 milimètres.
3 spécimens recueillis par M. Delhez au Stanley-Pool.
PETERSIUS, Hilgendorf.
Ce genre, qui ne diffère du précédent que par l’absence des deux dents coniques
derrière la série mandibulaire, a été établi en 1894 pour une espèce de l’Afrique orientale
découverte par Stuhlmann. Plus récemment encore, une espèce de la Côte d’Or,
Petersius occidentaiis, Gthr., est venue s’y ajouter. La collection Delhez porte à six
le nombre des espèces, qui se différencient par les caractères suivants :
I. Diamètre de l’œil 3 1/2 fois dans la longueur de la tête.
7 1/2
A. 21 ; Sq. 33 3 -j^.P. conserialis, Hilgend.
IL Diamètre de l’œil pas plus de 3 fois dans la longueur de la tête.
A. 22-24; Sq. 25-27 LA; la hauteur du corps excède la longueur de la
tête.P. occidentaiis, Gthr.
A. 22-24; Sq. 29-30 |j-|; la hauteur du corps excède la longueur de la
tête.P. caudalis, sp. n.
A. 22-23; Sq. 30-31 la hauteur du corps égale la longueur de la tête. P. Leopoldianus, sp. n.
A. 23-26; Sq. 35-36 ITU la hauteur du corps excède la longueur de la
o 1/2
tête.P. Hilgendorfi. sp. n.
A. 23; Sq. 40 8 -L 3 ; la hauteur du corps excède la longueur de la tête. P. modestus, sp. n.
3 1/2
PETERSIUS CAUDALIS.
PI. XXXVII, fig. 3.
La hauteur du corps est comprise 2 1/3 à 2 1/2 fois dans la longueur
totale, la longueur de la tête 3 1/2 à 4 fois. La tête n’est pas plus longue que
haute, à profil supérieur très légèrement concave; la mâchoire inférieure dépasse un
peu la supérieure; le maxillaire s’étend jusque sous le bord antérieur de l’oeil; les
dents prémaxillaires externes sont tricuspides et au nombre de 4, plus petites et très
rapprochées des internes, quinqué- ou septemcuspides et au nombre de 8, avec
lesquelles elles alternent, disposition semblable à celle décrite par Hilgendorf chez
P. conserialis; les dents mandibulaires, en une seule rangée de 8, sont les plus
grandes de toutes, quinqué- ou septemcuspides, à pointe centrale beaucoup plus
élevée qu’à la mâchoire supérieure ; ces dents sont blanches ; le diamètre de l’œil
excède de beaucoup la longueur du museau, il est compris 2 1/2 à 2 2/3 fois dans
la longueur de la tète et égale la largeur interoculaire; le deuxième sous-orbitaire,
le plus long, égale le diamètre de l’œil. Les branchiospines sont assez longues, au
nombre de 16 à 18 à la partie inférieure du premier arceau. La nageoire dorsale, à
10 rayons, dont 8 branchus, commence à égale distance du bout du museau et de
la caudale, immédiatement en arrière des ventrales ; 1a, longueur de sa base est à
peu près la moitié de sa hauteur, qui égale la longueur de la tête. La dorsale
adipeuse est petite et deux fois aussi éloignée de la dorsale rayonnée que de la
caudale. L’anale, composée de 22 à 24 rayons, dont 19 ou 20 branchus, les antérieurs
les plus longs, a le contour arrondi. La pectorale est un peu plus courte que la tête
et atteint presque la base de la ventrale, laquelle s’étend jusqu’à l’anus. La nageoire
caudale est fourchue, à lobes pointus. Le pédicule caudal est aussi haut que long.
Les écailles sont au nombre de 29 ou 30 le long de la ligne latérale,
en série transversale, 2 entre la ligne latérale et la racine de la nageoire ventrale.
La coloration, en alcool, est rougeâtre, avec une bande latérale argentée qui
passe au noir sur le pédicule caudal et se prolonge en une bande noire sur la
nageoire caudale ; système de coloration très fréquent chez les Tetragonop ter us
d’Amérique, si voisins des Petersius.
Longueur totale : 62 millimètres.
Plusieurs exemplaires ont été recueillis par M. Delhez à Borna, en même
temps que de jeunes individus de Distichodus affinis.
PETERSIUS LEOPOLDIANUS.
PL XXXVII, fig. 4.
La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise 3 1/2 à
3 2/3 fois dans la longueur totale. La tête est plus longue que haute, à profil
supérieur droit et descendant en pente très faible; la bouche est obliquement dirigée
en haut et la mâchoire inférieure dépasse notablement la supérieure; le maxillaire
s’étend jusque sous le bord antérieur de l’œil; les dents, tri- ou quinquécuspides,
ont la pointe centrale longue, très aiguë; les dents de la série prémaxillaire externe,
au nombre de 4, sont un peu plus petites que celles de la série interne, au nombre
de 8, avec lesquelles elles alternent; les dents mandibulaires, en une seule rangée
de 8, sont les plus grandes de toutes; le diamètre de l’œil excède un peu la
longueur du museau et est compris 3 fois, ou un peu moins de 3 fois, dans la
longueur de la tête, et égale la largeur interoculaire; le deuxième sous-orbitaire,
le plus long, égale le diamètre de l’œil. Les branchiospines sont longues et serrées;
91
on en compte 25 à 30 à la partie inférieure du premier arceau. La nageoire
dorsale, à 10 rayons, dont 8 branehus, est à peu près deux fois aussi haute que
longue et commence au-dessus de la base de la ventrale, à égale distance du bout
du museau et de la racine de la caudale ; la dorsale adipeuse est très petite et
séparée de la dorsale rayonnée par un espace égal au double de la base de celle-ci.
L’anale, composée de 22 ou 23 rayons, dont 19 ou 20 branehus, est plus haute
chez les mâles que chez les femelles ; son contour est très convexe chez les premiers,
droit ou un peu concave chez les secondes. La pectorale mesure les 3/5 ou les
2/3 de la longueur de la tête et n’atteint pas la base de la ventrale, laquelle s’étend
jusqu’à l’anus. La caudale est fourchue, à lobes pointus. Le pédicule caudal est
très peu plus long que haut. Les écailles sont au nombre de 30 ou 31 le long de
la ligne latérale, en série transversale, 2 entre la ligne latérale et la ventrale.
En alcool, ce petit poisson se fait remarquer par une bande latérale noire ou
noirâtre et la dorsale noirâtre. A l’état frais, d’après M. Delhez, le dos est gris-
olive, le ventre argenté, la bande latérale verte, les nageoires, et parfois le dessus
de la tète, orange ou rouge brique. Iris argenté.
Longueur totale : 9 centimètres.
Plusieurs individus de Kutu et d’Ibali (lac Léopold II).
Noms indigènes : Opondi et Monjué.
Comme chez l’espèce suivante, dont j’ai également pu examiner le squelette,
il y a 17 vertèbres précaudales (les 3 premières coossifiées) et 19 caudales. Une très
grande fontanelle allongée sur le crâne, limitée par les frontaux, les pariétaux et
le sus-occipital.
PETERSIUS H1LGENDORFI.
PI. XXXVII, flg. 5.
La hauteur du corps est comprise 3 à 3 1/3 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 3 1/2 à 3 2/3 fois. La tête est à peine plus longue que haute,
à profil supérieur légèrement concave; la bouche est peu oblique et la mâchoire
inférieure ne dépasse pas la supérieure; le maxillaire s’étend jusque sous le bord
antérieur de l’œil; les dents, disposées comme chez l’espèce précédente, ont la pointe
centrale beaucoup moins longue; les prémaxillaires externes sont tricuspides, les autres
quinqué- ou septemeuspides ; le diamètre de l’œil excède considérablement la longueur
du museau, est compris 2 1/2 à 3 fois dans la longueur de la tête, et égale la
largeur interoculaire; le deuxième sous-orbitaire, le plus long, égale le diamètre de
l’oeil. Les branchiospines sont moins longues et moins serrées que chez l’espèce
précédente, on en compte 15 ou 16 à la partie inférieure du premier arceau. La
nageoire dorsale, à 10 rayons, dont 8 branehus, à peu près 2 1/2 fois aussi haute
que longue chez les femelles, est beaucoup plus élevée chez les mâles, dont plusieurs
rayons sont prolongés en filaments, le troisième atteignant le pédicule caudal ; elle
commence au-dessus de la base de la ventrale, à égale distance du bout du museau
et de la racine de la caudale. La dorsale adipeuse est très petite et séparée de la
Septembre 1899.
14
92
dorsale rayonnée par un espace égal au double de la base de celle-ci. L’anale, à 23
à 26 rayons, dont 20 à 23 branchus, est beaucoup plus haute, et à bord plus
convexe, chez les mâles que chez les femelles. La pectorale mesure les 2/3 ou les
3/4 de la longueur de la tète et atteint presque la base des ventrales, lesquelles
s’étendent jusqu’à l’anus. La caudale est fourchue. Le pédicule caudal est à peine
plus long que haut. Les écailles sont au nombre de 35 ou 36 le long de la ligne
latérale, en série transversale, 2 entre la ligne latérale et la ventrale.
La coloration, pendant la vie, est brun foncé en dessus, argenté en dessous,
bleu sur les flancs ; une bande latérale plombée le long des deux tiers postérieurs
du corps et une barre verticale noirâtre en travers de la ligne latérale au-dessus
de la pectorale; nageoires noires, dorsale, anale, ventrales et caudale rouge vermillon
à la base chez les mâles. Iris argenté.
Longueur totale : 10 centimètres.
Plusieurs individus de Kutu et de Ibali, lac Léopold IL
Noms indigènes : Lopondi et Ichabu.
Cette espèce est nommée en l’honneur du fondateur du genre Petersius, M. le
professeur F. Hilgendorf, du musée de Berlin.
PETERSIUS MODESTUS.
PI. XXXVII, fig. 6.
La hauteur du corps est comprise 3 1/3 fois dans la longueur totale, la longueur
de la tête 4 fois. La tète est à peine plus longue que haute, à profil supérieur
droit ; la bouche est oblique et la mâchoire inférieure dépasse la supérieure; le
maxillaire s’étend jusque sous le bord antérieur de l’oeil; les dents sont semblables
à celles de l’espèce précédente; le diamètre de l’œil est compris 2 1/2 fois dans la
longueur de la tète et égale la largeur interoculaire, ainsi que la longueur du
deuxième sous-orbitaire. Les branchiospines sont médiocrement longues et au nombre
d’une douzaine à la partie inférieure du premier arceau. La nageoire dorsale, à 10
rayons, dont 8 branchus, 2 1/3 fois aussi haute que longue, est située à égale
distance de l’œil et de la caudale; son premier rayon correspond au dernier de la
ventrale. La dorsale adipeuse est très petite et séparée de la dorsale rayonnée par
un espace égal au double de la base de celle-ci. L’anale, à 23 rayons, dont 20
branchus, est assez basse. La pectorale est un peu plus courte que la tête, et un
peu plus longue que la ventrale, dont elle n’atteint pas tout à fait la base ; la
ventrale n’atteint pas l’anus. La caudale est fourchue, à lobes pointus. Le pédicule
caudal est un peu plus long que haut. 40 écailles le long de la ligne latérale,
3 -^ en série transversale, 2 entre la ligne latérale et la ventrale.
Olivâtre en dessus, argenté sur les côtés et en dessous; nageoires jaune pâle;
dorsale adipeuse orange; iris grisâtre.
Longueur totale : 65 millimètres.
Un seul exemplaire de Kutu, lac Léopold IL
Nom indigène : Buntchèlé.
93
CITHARINUS, Müller et Troschel.
En déterminant les poissons de la collection Wilverth et Wagenaar, j’avais
rapporté à Citharinus congicus, Blgr., un certain nombre d’exemplaires qui diffèrent
du type par quelques caractères dont je n’avais pas osé me servir pour fonder des
distinctions spécifiques. Mieux renseigné aujourd’hui, sur la valeur exacte de ces
différences, grâce au matériel supplémentaire qui m’est fourni par la collection Delhez,
je n’hésite pins à distinguer trois espèces dans le Congo, ce qui porte à cinq le
nombre de celles connues.
Le tableau synoptique suivant suffit, dans l’état actuel de nos connaissances,
pour leur détermination :
28
C. Geoffroyi, Cuv. — D. 18-19 A. 26-30 ; Sq. 80-90 ; dorsale adipeuse ne mesurant pas plus des
2/3 de la distance de la dorsale proprement dite.
C. latus, Müll. et Trosch. — D. 20-22; A. 24-26; Sq. 63-68 adipeuse au moins aussi longue
que sa distance de la dorsale.
15-16
C. congicus, Blgr. — D. 18-21 ; A. 25-30 ; Sq. 60-66 ; adipeuse ne mesurant pas plus de la
moitié de sa distance de la dorsale.
13-14
C. macrolepis, sp. n. — D. 17-19; A. 25-29; Sq. 55-60 ; adipeuse mesurant les 2/3 ou les 3/4
de sa distance [de la dorsale.
C. gibbosus, sp. n. — D. 20-23; A. 22-27; Sq. 53-59 jt-L; adipeuse au moins aussi longue que sa
distance de la dorsale.
3 des rayons de la dorsale et 2 ou 3 de ceux de l’anale sont rudimentaires;
les écailles de la série transversale sont comptées entre le premier rayon de la
dorsale et la ligne latérale et entre celle-ci et le premier rayon de la ventrale.
CITHARINUS MACROLEPIS.
PI. XXXVIII.
La hauteur du corps est comprise 2 à 2 1/3 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 3 à 4 fois. Le profil supérieur se relève d’une façon plus ou
moins prononcée de l’occiput à la nageoire dorsale, quoique moins fort que chez
l’espèce suivante. Le museau est court et large, carrément tronqué en avant, ne
dépassant pas la bouche, sa largeur est le double de sa longueur, qui n’excède pas
le diamètre de l’œil; celui-ci est compris 3 1/2 (jeunes) à 5 fois dans la longueur
de la tête; une étroite paupière adipeuse en avant et en arrière; la largeur de
l’espace interoculaire égale à peu près la moitié de la longueur de la tête ; la
largeur de la bouche égale les 2/5 ou les 3/7 de la longueur de la tête. La
nageoire dorsale est élevée en avant, falciforme; le nombre des rayons varie entre
17 et 19, les trois premiers rudimentaires ; elle commence au-dessus du dernier
rayon de la ventrale et est plus rapprochée de la nageoire caudale que de l’occiput.
La dorsale adipeuse, en grande partie couverte d’écailles, est beaucoup plus longue
que haute; sa base mesure les 2/3 ou les 3/4 de l’espace qui la sépare de 1a, dorsale
rayonnée. L’anale, à 25 à 29 rayons, dont 2 ou 3 rudimentaires, est prolongée en
pointe en avant. La pectorale mesure à peu près les 2/3 de la longueur de 1a, tète
et atteint, ou atteint presque, la racine de la ventrale. La nageoire caudale est
fourchue. Le pédicule caudal est aussi long, ou un peu plus long que haut. 55 à
94
60 écailles le long (le la ligne latérale, 13 ou 14 entre le premier rayon de la dorsale
et la ligne latérale, 10 à 12 entre celle-ci et le premier rayon de la ventrale.
Une aquarelle de M. Delhez représente ce poisson comme argenté, bleuâtre sur
le dos, brun-olive sur le dessus de la tète; nageoires pectorales et ventrales
jaunâtres, les autres nageoires grises. Iris argenté verdâtre avec un cercle doré
autour de la pupille.
Ce beau poisson, qui atteint une longueur de 75 centimètres, a été trouvé à Borna,
à Manyanga et à Upoto par MM. Wilverth et Wagenaar, dans le Chiloango par M. De
Meuse, à Borna (rivière des Crocodiles), à Ivutu et à Ibali (lac Léopold II) par M. Delhez.
Noms indigènes : Bulivanga à Borna, Lebéché à Kutu.
Se pèche près des rochers et parmi les herbes des rives ; se nourrit de
végétaux.
CITHARINUS GIBBOSUS.
PL XXXIX.
La hauteur du corps est comprise 1 3/5 à 2 fois dans la longueur totale,
la longueur de la tête 3 1/4 à 4 fois. Le profil supérieur se relève fortement en
ligne courbe de l’occiput à la nageoire dorsale, ce qui donne un aspect bossu aux
individus d’âge moyen ou adultes. Le museau est court et large, mais au lieu
d’être carrément tronqué au bout, le contour de son bord terminal forme un angle
très ouvert et dépasse très nettement la bouche; sa largeur est moins du double de
sa longueur, qui égale ou excède un peu le diamètre de l’oeil ; celui-ci est compris
3 (jeunes) à 4 fois dans la longueur de la tête; à âge égal, l’œil est plus grand
chez cette espèce que chez la précédente; une étroite paupière adipeuse en avant et
en arrière; la largeur de l’espace interoculaire est un peu moins de la moitié de la
longueur de la tête. La nageoire dorsale, à 20 à 23 rayons, est encore plus élevée
que chez l’espèce précédente, elle occupe la même position. La dorsale adipeuse,
beaucoup plus longue que haute et en grande partie couverte d’écailles, égale ou
excède l’espace qui la sépare de la dorsale rayonnée. L’anale a 22 à 27 rayons. La
pectorale mesure les 2/3 ou les 3/4 de la longueur de la tète et n’atteint pas la
ventrale. La caudale est fourchue. Le pédicule caudal est plus haut que long. 53 à
59 écailles le long de la ligne latérale, 14 ou 15 entre le premier rayon de la
dorsale et la ligne latérale, 10 à 12 entre celle-ci et le premier rayon de la ventrale.
Argenté, gris bleuâtre sur le dos, avec des lignes longitudinales plus foncées entre
les séries d’écailles; nageoires olivâtres; iris argenté, à reflets rosâtres.
Longueur totale : 32 centimètres.
La collection Delhez renferme de beaux individus de cette espèce, provenant
du Stanley-Pool (région des chutes) et de Kutu (lac Léopold II). J’en ai aussi examiné
un grand individu de Monsembé, Haut-Congo, (reçu de M. J. H. Weeks), un autre
du Haut-Congo sans localité précise, et des jeunes de Banana (collection Wilverth
et Wagenaar) et de Monsembé (Weeks). Enfin, je crois reconnaître la même espèce
dans la série de dessins de poissons du Tanganika exécutés par M. J. E. S. Moore.
Pêché au Stanley-Pool près des rochers et herbages. Consommé particulièrement
par les nègres, qui le nomment Pungo ; les Européens l’estiment moins, quoique
M. Delhez le renseigne comme très bon. D’après M. Weeks, le nom indigène à
Monsembé est Loboko (au pluriel Mboko).
95
EXPLICATION DES PLANCHES
PL. XXX.
Fig. 1. Polypterus congicus, p. 62. Jeune, muni de branchies externes,
grandeur naturelle.
« 2. Polypterus Delhezi, p. 61. Grandeur naturelle.
PL. XXXI.
Fig. l. Odaxothrissa losera, p. 64. Grandeur naturelle.
« 2. Mormyrops parvus, p. 65. » »
” 3. Stomatorhinus puncticulatus, p. 69. Grandeur naturelle.
” 4. » humilior, p. 70. Grandeur naturelle.
” 5. » Corneti, p. 71. Grandeur naturelle.
” 6. » polylepis, p. 71. Grandeur naturelle.
PL. XXXII.
Fig. 1. Mormyrops curtus, p. 66. Grandeur naturelle.
” 2. » nigricans, p. 66. Grandeur naturelle,
PL. XXXIII.
Fig. 1. Marcusenius nigripinnis, p. 67. Grandeur naturelle.
» 2. » pulverulentus, p. 68. Grandeur naturelle.
» 3. Gnathonemus Leopoldianus, p. 72. Grandeur naturelle.
» 4. » Scliilthuisiæ, p. 73. Grandeur naturelle.
» 5. » kutuensis, p. 74. Grandeur naturelle.
PL. XXXIV.
Fig. 1. Eugnathichthys macroterolepis, p. 75. Grandeur naturelle.
» la. « « Tête vue en dessus.
» 2. Paraphago ro,stratus, p. 76. Grandeur naturelle.
» 2a. » » Tête vue en dessus.
» 3. Phago intermedius, p. 77. Grandeur naturelle.
» 3a. » » Tête vue en dessus.
» 4. Neoborus ornatus, p. 78. Grandeur naturelle.
» 4a. » » Tête vue en dessus.
PL. XXXV.
Fig. 1. Distichodus altus, p. 80. Grandeur naturelle.
» la. » » Tête vue en dessus.
» 2. Distichodus noboli, p. 81. Grandeur naturelle.
« 3. Alestes grandisquamis, p. 85. Grandeur naturelle.
» 3a. » » Bouche ouverte.
PL. XXX VI.
Fig. 1. Alestes Fuchsii, p. 83. Grandeur naturelle.
« 2. « Lemairii, p. 84. Grandeur naturelle.
» 3. » bimaculatus, p. 85. Grandeur naturelle.
» 4. Micralestes humilis, p. 87. Grandeur naturelle.
» 5. » altus, p. 88. Grandeur naturelle.
» 6. » interruptus, p. 88. Grandeur naturelle.
» 7. Pellonula acutirostris, p.63. Grandeur naturelle.
PL. XXXVII.
Fig. l. Bryconæthiops microstoma, var., p. 82. Grandeur naturelle.
” 2. « Yseuxi, p. 82. Grandeur naturelle.
” 2a. » ,, Bouche ouverte.
» 3. Petersius caudalis, p. 89. Grandeur naturelle.
” 3a. » » Bouche ouverte.
» 4. Petersius Leopoldianus, p. 90. Grandeur naturelle.
” 4a. » « Bouche ouverte.
” 5. Petersius Hilgendorli, p. 91. Grandeur naturelle.
” 5a. » » Bouche ouverte.
” G. Petersius modestus, p. 92. Grandeur naturelle.
PL. XXXVIII.
Citharinus macrolepis, p. 93. Un peu réduit.
PL. XXXIX.
Citharinus gibbosus, p.94. Grandeur naturelle, et tête vue en dessous.
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G. A. BOULENGER
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POISSONS NOUVEAUX DU CONGO
CINQUIÈME PARTIE
CYPRINS, SILURES, CYPRINODONTES,
ACANTHOPTERYGIENS
CYP RI N I DÆ
LABEO, Cuvier.
Dans le deuxième fascicule de la série zoologique de ces Annales, j’ai fait
connaître six espèces nouvelles de ce genre. Je puis, grâce à la collection Delhez,
en ajouter deux, qui nécessitent le remaniement suivant du synopsis des espèces du
Congo :
I. Pas de barbillon.
Dorsale très élevée, à bord convexe, à 13 rayons branchus (le dernier
g
double, comme de coutume); Sq. 37-38 -jrj- ; largeur de la bouche
(lèvres comprises) près de deux fois dans la longueur de la tête: face
interne des lèvres plissée; yeux franchement latéraux. L. velifer, Blgr.
IL Un petit barbillon à l’angle de la bouche, plus ou moins caché sous le repli de la peau.
A. Yeux franchement latéraux, visibles d’en bas comme d’en haut; dorsale à 10-12 rayons branchus,
0
située à égale distance de l’œil et de la nageoire caudale; Sq. 36-37 -^r--
Dorsale très élevée, à bord convexe; pectorale s’étendant jusqu’à la ven¬
trale; 4 séries d’écailles entre la ligne latérale et la nageoire ventrale;
largeur de la bouche près de 2 fois dans la longueur de la tête;
face interne des lèvres plissée... L. longipinnis, Blgr.
Dorsale modérément élevée, à bord plus ou moins échancré; pectorale
n’atteignant pas la ventrale ; 3 séries d’écailles entre la ligne latérale et
la nageoire ventrale; largeur de la bouche 2 2/3 à 3 fois dans la longueur
de la tête; face interne des lèvres lisse. L. lineatus , Blgr.
Décembre 1899.
15
98
B. Yeux supéro-latêraux, non visibles d’en bas; face interne des lèvres plissée.
1. Dorsale à 12 rayons branchus, située à égale distance de. l’œil et de la nageoire caudale;
Sq. 38 -f.
Dorsale très élevée, à bord écliancré; 4 séries d’écailles entre la ligne
latérale et la nageoire ventrale; 16 écailles autour du pédicule caudal;
largeur de la bouche 1 3/4 fois dans la longueur de la tête . ... L. cyclorhynchus, sp. n.
2. Dorsale à 10 ou 11 rayons branchus, plus rapprochée de l’œil que de la nageoire caudale ;
Sq. 38-40
Dorsale très élevée, falciforme, à bord écliancré; 5 séries d’écailies entre
la ligne latérale et la nageoire ventrale ; 20 écailles autour du pédicule
caudal; largeur de la bouche 2 à 2 1/2 fois dans la longueur de la
tête, diamètre de l’œil 4 à 5 fois chez l’adulte. L. falcifer, Blgr.
Dorsale assez élevée, à bord peu échancré; 4 séries d’écailles entre la
ligne latérale et la nageoire ventrale; 16 écailles autour du pédicule
caudal ; largeur de la bouche l 2/3 à 2 fois dans la longueur de la tête,
diamètre de l’œil 5 à 6 fois chez l’adulte . . . . .. L. macrostomci, Blgr.
Dorsale médiocrement élevée, à bord échancré; 4 séries d’écailles entre la
ligne latérale et la nageoire ventrale; 16 écailles autour du pédicule
caudal; largeur de la bouche 1 2/3 fois dans la longueur de la tête,
diamètre de l’œil au moins 7 fois chez d’adulte; un appendice rostral. L. nasus, sp. n.
III. Deux barbillons assez allongés de chaque côté de la bouche.
Dorsale à bord échancré, à 10-11 rayons branchus; Sq. 40 ^ ; 6 séries
d’écailles entre la ligne latérale et la nageoire ventrale; 22 écailles
autour du pédicule caudal. L. barbatus , Blgr.
LABEO CYCLORHYNCHUS.
PL XL, fig. 1.
La hauteur du corps est comprise 3 fois dans la longueur totale, la longueur
de la tête 4 fois. La largeur de la tête fait les 3/4 de sa longueur; le museau est
gros et arrondi, dépassant très peu la bouche, garni sur les côtés de petites verrues;
l’oeil, presque latéral, quoique non visible d’en bas, est compris 4 1/2 fois dans la
longueur de la tête et 2 2/3 fois dans la largeur interoculaire; la largeur de l’appareil
buccal est 1 3/4 fois dans la longueur de la tête; lobe sus-labial à bord faiblement
dentelé; lèvres externes faiblement plissées en dedans, à bord très faiblement dentelé;
lèvres internes armées d’une lamelle à bord tranchant revêtue d’un étui corné; un
petit barbillon à l’angle des lèvres, à peine visible quand la bouche est close, et
mesurant les 2/3 du diamètre de l’oeil. La nageoire dorsale, composée de 3 rayons
simples et de 12 branchus, est située à égale distance de l’oeil et de la racine de
1a, nageoire caudale; elle est très élevée, à bord libre échancré, le plus long rayon
1 2/3 fois la longueur de la tète; le 7 me rayon est au-dessus du premier de la
ventrale. L’anale a 8 rayons, dont 5 branchus, le plus long atteignant la racine de
la caudale. La pectorale, pointue, aussi longue que la tête, ne s’étend pas jusqu’à
la ventrale; celle-ci, un peu plus courte, atteint l’anus. La nageoire caudale est
profondément échancrée en croissant. La hauteur du pédicule caudal égale sa longueur.
38 écailles le long de la ligne latérale, 6/7 en série transversale, 4 entre la ligne
latérale et la nageoire ventrale, 16 autour du pédicule caudal.
M. Delhez représente ce poisson comme brun foncé en dessus, gris en dessous;
chaque écaille des côtés du corps marquée d’un gros point rouge carmin; nageoires
99
paires brun foncé, nageoires impaires gris foncé. Iris noirâtre; un cercle orangé
autour de la pupille, rouge en dessus.
Longueur totale : 16 centimètres. Atteindrait 75 centimètres.
Cette espèce, établie sur un spécimen unique, provient du Stanley-Pool, à
Léopoldville, dans la région des chutes, où elle se tient de préférence près des rochers
(coll. Delhez). La chair est bonne.
Nom indigène : Lusuli.
LABEO N ASUS.
PI. XL, fig. 2.
La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise 4 1 j2 fois
dans la longueur totale. La largeur de la tête, qui est assez fortement déprimée,
fait les 5/6 de sa longueur; le museau est pointu, dépassant beaucoup la bouche,
et terminé par un petit appendice transversal et légèrement relevé; cet appendice,
ainsi que les côtés du museau et le front, porte des verrues creusées en cra/tères
et destinées à recevoir des tubercules nuptiaux; l’œil, supère, est très petit, son diamètre
compris 7 fois dans la longueur de la tête (5 fois chez les très jeunes), 3 1/2 fois
dans la largeur interoculaire; lobe sus-labial à bord non dentelé; lèvres externes
faiblement plissées en dedans, à bord très faiblement dentelé; lèvres internes armées
d’une lamelle à bord tranchant revêtue d’un étui corné; un très petit barbillon caché
sous les lèvres, ne mesurant que la moitié du diamètre de l’œil. La nageoire
dorsale, composée de 2 rayons simples et de 10 branchus, est plus rapprochée de
l’œil que de la nageoire caudale; elle est modérément élevée, à bord libre profondément
échancré; le plus long rayon égale la longueur de la tête; le 7 me rayon est au-
dessus du premier de la ventrale. L’anale a 7 rayons, dont 5 branchus, le plus
long atteignant la racine de la caudale. La pectorale, large et pointue, est à peine
aussi longue que la tête et ne s’étend pas jusqu’à la ventrale; celle-ci, un peu plus
courte, dépasse l’anus. La nageoire caudale est profondément échancrée en croissant.
La hauteur du pédicule caudal égale presque sa longueur. 38 ou 39 écailles le long
de la ligne latérale, 6/7 en série transversale, 4 entre la ligne latérale et la nageoire
ventrale, 16 autour du pédicule caudal.
Violet en dessus, plus clair en dessous; écailles des côtés du corps bordées
de jaune; iris rouge.
Longueur totale : 19 centimètres.
Un exemplaire de Matadi, pêché par M. Delhez dans les cataractes de Yélala.
Le Musée du Congo en possédait déjà de très jeunes individus provenant de
Matadi.
Nom indigène : Lulu.
100
BARBUS, Cuvier.
Le genre Barbus n’était encore représenté dans le bassin du Congo que par
une seule espèce, B. Kessleri, Stdr., recueilli dans le Cliiloango par M. le capitaine
Cabra. M. Delhez a découvert deux espèces nouvelles dans le fleuve même
du Congo.
BARBUS CONGICUS.
PI. XL, flg. 3.
La hauteur du corps est comprise 2 3/4 à 3 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tète 3 1/2 à 3 2/3 fois. Le museau est plus court que le diamètre
de l’œil, qui est compris 2 1/2 à 3 fois dans la longueur de la tète et égale la
largeur interoculaire; la bouche est petite, pourvue de quatre barbillons, dont les
postérieurs, les plus longs, mesurent la moitié ou les 3/5 du diamètre de l’œil. La
nageoire dorsale, sans épine, comprend 10 rayons, dont 8 branchus; sa hauteur
égale 1 1/2 fois la longueur de sa base et la longueur de la tête; son bord libre
est échancré; elle est située à égale distance du centre de l’œil et de la racine de
la caudale. L’anale a 8 rayons, dont 5 branchus. La pectorale mesure les 3/4 de la
longueur de la tête et atteint presque la base de la ventrale, qui est située sous
les premiers rayons de la dorsale. La nageoire caudale est profondément échancrée.
Le pédicule caudale est à peu près 11/2 fois aussi long que haut. 23 à 25 écailles
le long de la ligne latérale, ~ en série transversale, 2 entre la ligne latérale et
1a, racine de la ventrale.
Gris olivâtre en dessus, blanc en dessous, vert le long de la ligne latérale;
pectorales incolores, les autres nageoires rouges; iris rouge.
Longueur totale : 75 millimètres.
Plusieurs spécimens de Matadi et de Borna (coll. Delhez).
Nom indigène : Lomamé.
Espèce très voisine de B. radiatus, Ptrs., dont elle se distingue par le corps
plus élevé et les barbillons plus courts.
BARBUS PLEUROPHOLIS.
PL XL, flg. 4.
La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise 3 1/3 fois
dans la longueur totale. Le museau est plus court que le diamètre de l’œil, qui est
compris 2 2/3 fois dans la longueur de la tête et égale la largeur interoculaire; la
101
bouche est petite, pourvue de quatre barbillons, dont les postérieurs, les plus longs,
mesurent la moitié du diamètre de l’œil. Le dorsale, sans épine, a 10 rayons, dont
8 branchus; sa hauteur égale 1 2/3 fois la longueur de sa base et excède un peu
la longueur de la tête; son bord libre est échancré; elle est située à égale distance
de l’œil et de la racine de la caudale. L’anale a 8 rayons, dont 5 branchus. La
pectorale mesure les 4/5 de la longueur de la tête et atteint presque la base de la
ventrale, qui est située sous les premiers rayons de la dorsale. La caudale est
profondément échancrée. Le pédicule caudal est 1 1/2 fois aussi long que haut. 22
ou 23 écailles le long de la ligne latérale, ces écailles beaucoup plus étendues dans
le sens vertical que les autres, ht en série transversale, 2 entre la ligne latérale
et la ventrale.
Brun pâle en dessus, blanc en dessous, les côtés de la tête lavés de rose;
les écailles bordées de carmin; iris doré, avec un cercle orange autour de la
pupille.
Deux individus, jeunes sans doute, dont le plus grand ne mesure que
4 centimètres, ont été recueillis par M. Déliiez à Coquilhatville, dans une source
d’eau très limpide dans la forêt.
Nom indigène : Muningo. D’après les indigènes, ce poisson n’atteint guère
plus de 10 centimètres de longueur totale.
La présence de deux séries d’écailles seulement entre la dorsale et la ligne
latérale distingue bien cette espèce de toutes celles déjà décrites.
CHELÆTIIIOPS, g. n.
Corps allongé, fortement comprimé, à ventre tranchant. Écailles grandes; ligne
latérale située très bas. Bouche grande, oblique, dirigée en haut; pas de barbillons.
Sous-orbitaires grands, couvrant la joue. Nageoire dorsale sans épine, courte, à
9 rayons, commençant en arrière de l’origine de l’anale, qui est très allongée.
Pectorales allongées, se touchant sur la ligne médiane. Membranes branchiostèges
étroitement unies à l’isthme.
Ce genre est voisin des Pelecus d’Europe et des Chela de la région indienne.
L’espèce du Nil décrite par Joannis, sous le nom de Leuciscus bibie, pourrait bien
en faire partie.
CHELÆTHIOPS ELONGATUS.
PI. XL, fig. 5.
La hauteur du corps est comprise 5 1/2 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 4 1/4 fois. Le profil supérieur de la tète est droit, horizontal;
le museau est pointu, aussi long que le diamètre de l’œil, qui est compris 4 fois
102
dans la longueur de la tête; la largeur de l’espace interorbitaire est comprise 3 1/2
fois dans la longueur de la tète; le prémaxillaire s’étend jusqu’au-dessous du centre
de l’œil. La nageoire dorsale, à 9 rayons, dont le premier correspond au huitième
de l’anale, est trois fois aussi éloignée du bout du museau que de la caudale. L’anale,
à 20 rayons, est pointue en avant, les rayons décroissant en longueur vers l’arrière.
La pectorale, à 12 rayons, est falciforme et beaucoup plus longue que la tête,
dépassant la base de la ventrale. Celle-ci a 9 rayons et n’atteint pas l’anale. La
caudale est fourchue, à lobes longs et pointus. Le pédicule caudal est 2 fois aussi
long que haut. Les écailles sont au nombre de 36 le long de la ligne latérale, 5/1
en série transversale, la ligne latérale étant très rapprochée de la ligne ventrale.
Uniformément argenté; caudale jaunâtre à la base, grisâtre à l’extrémité. Iris
blanc d’argent.
Longueur totale : 6 centimètres.
Un seul individu de Liranga, rive française du Congo (coll. Delhez).
Nom indigène : Fondé.
Ainsi que je viens de le dire, le Leuciscus bibie , à en juger par la figure et
la description assez détaillée de Joannis, est probablement voisine de Chelæthiops
elongatus. Le poisson de l’Ogowé décrit par Günther sous le nom de Barilius bibie
en est bien certainement distinct et je propose de le désigner sous le nom de
B. Kingsleyœ , en souvenir de l’intrépide voyageuse à laquelle nous en devons la
connaissance. Le genre Barilius est d’ailleurs représenté au Congo, ainsi que j’ai
pu m’en assurer tout récemment, le British Muséum en ayant reçu un individu de
Monsembé, Haut-Congo, par M. J.-H. Weeks, et deux autres du Haut-Congo, sans
désignation de localité, se trouvant dans une petite collection envoyée au Musée du
Congo par M. Weyns. En attendant la publication de descriptions détaillées, je puis
dès à présent indiquer les caractères distinctifs de ces deux espèces nouvelles, dédiées
à MM. Weeks et Weyns, en les comparant, dans le synopsis suivant, à celles déjà
connues d’autres parties de l’Afrique.
Synopsis des espèces africaines du genre Barilius, Ham. Buch. (Opsaridium,
Ptrs., Pelotrophus , Gthr., Engraulicypris, Gthr.).
I. Dorsale entièrement en avant de l’anale, à 7 ou 8 rayons branchus; anale à 13 à 15 rayons (1);
36-40 (2).
Bouche s’étendant jusqu'au-dessous du centre de l’œil; tête 2 fois
aussi longue que large ; dorsale commençant plus près de l’occiput
que de la racine de la caudale . . ;. B. niloticus, Joannis. (Nil, Niger).
Bouche s’étendant jusqu’au-dessous du tiers antérieur de l’œil; tête ■
2 1/2 fois aussi longue que large; dorsale commençant à égale
distance de l’occiput et de la racine de la caudale. B. Weeksii, sp. n. (Haut-Congo).
II. Dorsale en partie au-dessus de l’anale.»
A. 9 ou 10 rayons branchus à la dorsale; 19 à 22 rayons à l’anale; la dorsale commence à égale
distance de la racine de la caudale et de l’occiput, ou un peu plus près de celui-ci.
Sq. 80-88 1LL; bouche s’étendant jusqu’au-dessous du bord posté¬
rieur de l’œil chez l’adulte; ventrales n’atteignant pas l’anale . . B. microlepis, Gthr. (Nyassa).
(1) Y compris les rayons rudimentaires.
(2) Les écailles de la ligne transversale sont comptées du premier rayon de la dorsale à la ligne latérale
de celle-ci à la ventrale.
103
9_] O
Sq. 47-52 — ; bouche ne s’étendant pas au delà du plomb du
centre de l’oeil ; ventrales n’atteignant pas l’anale, la distance entre
la base de ces nageoires égalant les 3/4 ou les 4/5 de la base de
l’anale. B. microcephalus, Gthr. (Nyassa).
Sq. 48-50 C; bouche ne s’étendant pas au delà du plomb du centre
de l’œil; ventrales atteignant l’anale, la distance entre la base de
ces nageoires ne mesurant pas plus de la moitié de la base de
l’anale. B. G-uentheri, Blgr. (Nyassa).
B. 7 ou 8 rayons branclms à la dorsale; 17 ou 18 rayons à l’anale.
9 10
Sq. 59-63 ; 8 rayons branclms à la dorsale; bouche s’étendant
jusqu’au-dessous du centre de l’œil ; la dorsale commence à égale
distance de l’occiput et de la racine de la caudale. B. senegalensis, Stdr. (Sénégal).
Sq. 49-50 .j; 7 rayons branchus à la dorsale; bouche s’étendant
presque jusqu’au-dessous du bord postérieur de l’œil; la dorsale
commence plus près de la racine de la caudale que de l’occiput. B. Kingsleyœ, sp. n. (Ogowé).
Q
Sq. 46 - ; 7 rayons branchus à la dorsale; bouche s’étendant
presque jusqu’au-dessous du bord postérieur de l’œil; la dorsale
commence un peu plus près de l’occiput que de la racine de la
caudale... B. Buchholzi , Ptrs. (Ogowé).
Sq. 44-45 y; 8 rayons branchus à la dorsale; bouche s’étendant
jusqu’au-dessous du centre de l’œil ; la dorsale commence un
peu plus près de la racine de la caudale que de l’occinut ... B. Weynsii, sp. n. (Haut-Congo).
C. 9 rayons branchus à la dorsale; 13 ou 14 rayons à l’anale; Sq. 43-48 \.
Dorsale commençant plus près de l’occiput que de la racine de la
caudale ; hauteur du corps environ 4 fois dans la longueur totale ;
bouche s’étendant presque jusqu’au-dessous du centre de l’œil. . B. zambesensis, Ptrs. (Zambèse).
Dorsale commençant plus près de la racine de la caudale que de
l’occiput ; hauteur du corps environ 6 fois dans la longueur totale ;
bouche s’étendant à peine jusqu’au-dessous du bord antérieur de
l’œil. B. sardella, Gthr. (Nyassa).
Engraulieypris pinguis, Gthr., est synonyme de cette dernière espèce, qui
n’est encore connue que par des échantillons en mauvais état de conservation. Les
caractères indiqués dans le synopsis ci-dessus pour B. senegalensis et B. Buchholzi
ont été puisés dans les descriptions de Steindachner et de Peters. Toutes les autres
espèces sont caractérisées d’après nature.
SI LU RI DÆ
CL ARIAS, Gronow.
CLARIAS LONGICEPS.
PL XLI, fig. 1.
La hauteur du corps
totale, la longueur de la tète
de sa longueur; le dessus de
occipital forme un angle aigu;
est comprise (3 1/2 à 7 1/2 lois dans la longueur
3 à 3 1/2 fois. La largeur de la tête égale les 3/5
la tête est lisse ou faiblement grenu; le prolongement
la fontanelle frontale est en forme de semelle 3 à 4 fois
104
aussi longue que large; la fontanelle occipitale est petite, ovale et située en avant du
prolongement occipital; le diamètre de l’oeil est compris 2 à 2 1/2 fois dans la
longueur du museau, 3 1/2 à 4 fois dans la largeur inter orbitaire, qui égale à peu
près les 2/5 de la longueur de la tète. La largeur de la bouche égale les 3/5 de
la largeur de la tête; la bande de dents prémaxillaires est 5 fois aussi longue que
large; les dents vomériennes, courtes et coniques, forment une bande en croissant
plus large que la bande de dents prémaxillaires. Le barbillon nasal mesure les 2/3
ou les 3/4 de la longueur de la tête; le barbillon maxillaire excède la longueur de la
tête et atteint l’extrémité de la nageoire pectorale; le barbillon mandibulaire interne
égale le nasal et les 3/4 de l’externe. Les branchiospines sont longues et minces,
au nombre de 25 à 30 au premier arceau branchial. Les clavicules sont médiocrement
distinctes sous la peau. La nageoire dorsale a 65 à 75 rayons, l’anale en a 50 à
58; elles n’atteignent pas tout à fait la base de la caudale; la distance qui sépare
le premier rayon de la dorsale de l’occiput égale 1/5 à 1/6 de la longueur de la
tête. La nageoire pectorale mesure les 2/5 ou la moitié de la longueur de la tête;
l’épine, dont le bord externe seul est armé de dents réclinées, mesure les 3/5 de
la nageoire. Les nageoires ventrales sont insérées à égale distance du bout du
museau et de la base de la. nageoire caudale, dont la longueur égale la moitié,
ou un peu plus de la moitié de la longueur de la tête.
Brun olive ou violacé en dessus, blanc jaunâtre en dessous; barbillons
maxillaires et nasaux olives, mandibulaires jaunes; un trait brun de chaque côté
de la région gulaire; nageoires grises, bordées de jaune claire; une barre plus ou
moins foncée, bordée de jaune, à la base de la caudale. Iris violacé, avec un
cercle doré autour de la pupille.
Longueur totale : 14 centimètres.
De nombreux individus des marais de Borna, recueillis par M. Delhez.
Nom indigène : Go la.
Je suis redevable à mon collègue du Musée de Berlin, M. le professeur
Hilgendorf, de notes supplémentant la description par trop succincte de Clarias
albomarginatus par feu le professeur Peters (Sitzb. Ges. Nat. Fr. Berl. 1882, p. 74).
M. Hilgendorf a, de plus, bien voulu comparer directement un des spécimens du
Congo, que je lui ai envoyé, avec les types conservés à Berlin. Il résulte de cette
comparaison que l’espèce ici décrite est bien distincte. Le nombre des rayons aux
nageoires (IL 84; A. 66-70) est plus élevé chez C. albomarginatus , dont la tête est
moins allongée (1). J’ignore, et on ignore également à Berlin, la position de la
« Tooxlong River », Afrique occidentale, seule indication géographique accompagnant
les types, acquis de M. Schillong, de Hambourg, avec des exemplaires de Isichthys
Henryi (Mormyrus cobitiformis, Ptrs.), Marcusenius Marchii, Stomatorhinus Walkeri
(Mormyrus affinis. Sauv.), Malapterurus electricus et Pellonula vorax ; associa,tion
d’espèces qui semble indiquer le Gabon.
(1) Chez un individu de 102 millimètres de longueur totale, elle mesure, ainsi que m’en informe
M. Hilgendorf, 19 millimètres, sa largeur étant de 14 millimètres ; un individu de C. longiceps de même longueur
totale donne 28 pour la longueur de la tête et 17 pour la largeur. La dorsale et l’anale mesurent respectivement,
67 et 52 millimètres chez le premier, 53 et 36 chez le second.
EUTROPIUS, Millier et Troschel.
EUTROPIUS LATICEPS.
PL XLI, flg. 2.
105
La hauteur du corps est comprise 3 1/2 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 4 1/2 fois. La tête est à peine plus longue que large; le museau,
aussi long que le diamètre de l’oeil, 4 fois aussi large que long, ne dépasse ni n’est
dépassé par la mâchoire inférieure; le diamètre de l’œil est compris 5 fois dans la
longueur de la tête; le barbillon nasal mesure les 2/5 de la longueur de la tête,
le maxillaire les 2/3, le mandibulaire antérieur le 1/4, le mandibulaire postérieur
les 4/5. Bande de dents voméro-palatines ininterrompue, aussi large que la bande
prémaxillaire. Les branchiospines sont assez longues et espacées, au nombre de 12
au premier arceau. La nageoire dorsale, située entièrement en avant des ventrales,
a 6 rayons branchus, dont le plus long mesure presque la longueur de la tête;
l’épine est médiocrement forte, à serrature postérieure bien marquée dans son tiers
supérieur ; la distance du bout du museau à la dorsale est comprise 1 2/3 fois dans
la distance de celle-ci à la caudale. Dorsale adipeuse très petite. 45 rayons à l’anale.
Pectorale un peu plus courte que 1a, tête, l’épine un peu plus forte que celle de la
dorsale et faiblement dentelée au bord interne. Ventrale mesurant les 3/5 de la
longueur de la tête. Caudale fourchue, à lobes pointus, longue comme la tête.
Brun foncé en dessus, violacé en dessous, à reflets verts sur les côtés ;
nageoires brun olive. Iris violet, pupille orange.
Longueur totale : 23 centimètres.
D’après les indigènes, ce poisson, nommé Etâta, atteindrait une longueur de
2 mètres. La chair est bonne.
M. Delhez n’en a rapporté qu’un exemplaire de Kutu (lac Léopold II).
Par le barbillon maxillaire plus court que le mandibulaire postérieur, E. laticeps
se rapproche surtout de E. Moébii, PfefF., de l’Afrique orientale, qui s’en distingue
surtout par la nageoire dorsale située en partie au-dessus des ventrales et par les
rayons plus nombreux à l’anale (63-70). Chez la seconde espèce du Congo, E. congoensis,
Leach, découverte au commencement du siècle par l’expédition Tuckey, la tête est
moins large, le museau dépasse la mandibule, le barbillon maxillaire est plus long
que le mandibulaire postérieur, la nageoire dorsale est plus élevée et se termine
au-dessus des ventrales, et les rayons de l’anale sont plus nombreux (58-60).
PARAILIA, g. n.
Corps allongé, fortement comprimé ; pas de nageoire dorsale ni d adipeuse ;
nageoire anale très allongée, s’étendant depuis les ventrales jusqu à la caudale; ventrales
très petites, à 6 rayons. Une seule rangée de très petites dents aux mâchoires. Pas
Décembre 1899. 16
106
de dents au palais. Yeux grands, à bord libre, situés au niveau de la bouche,
derrière les commissures des mâchoires. Narines très rapprochées. Quatre paires de
barbillons : nasal, maxillaire, deux mandibulaires. Membranes des ouïes complètement
libres.
Ce genre se rapproche de Siluranodon, Blkr., du Nil, dont il diffère par la
présence de dents aux mâchoires et par l’absence de la nageoire dorsale, et de
Ailia, Gray, de l’Inde et de l’Afrique orientale, dont il diffère par l’absence de dents
vomériennes et de nageoire adipeuse.
PARAILIA CONGICA.
PL XLI, flg. 3.
La hauteur du corps est comprise 5 4 5 1/2 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 6 à 7 fois. Le diamètre de l’oeil excède la longueur du museau
et est compris 3 1/4 à 3 1/2 fois dans la longueur de la tête; la bouche est
oblique, les mâchoires égales en avant; le crâne est lisse; une fontanelle occipitale
étroite, allongée; barbillon nasal aussi long que la tête, mesurant à peu près les 2/3
du barbillon maxillaire et la moitié des mandibulaires; ceux-ci très rapprochés,
insérés en ligne transversale tout près du bord de la mâchoire. La nageoire pectorale
égale la longueur de la tête; son épine est assez forte, lisse, et en mesure les 3/4.
Les nageoires ventrales, très petites et très rapprochées l’une de l’autre, marquent
le quart antérieur de la longueur totale. La nageoire anale est composée de 80 à
92 rayons; elle atteint la racine de la caudale, sans toutefois se confondre avec elle
La nageoire caudale est fourchue.
La vessie natatoire, qnoique petite, est libre, comme chez Eutropius, Schilbe
et Siluranodon et se distingue sous la peau derrière l’opercule, sans toutefois
permettre le passage de la lumière. Chez Ailia, par contre, la vessie natatoire est
en forme de tube transversal en croissant, en partie emprisonnée par le
développement des apophyses des vertèbres ankylosées.
Malgré leur très petite taille, les individus ici décrits ont atteint leur maturité,
une famille que j’ai ouverte ayant les ovaires remplis d’œufs très développés.
Le corps est d’un olive clair pointillé de noirâtre; la tète et l’arète dorsale
sont d’un brun noirâtre, les nageoires d’un gris bleuâtre ou verdâtre. L’iris est
violet foncé et la pupille jaunâtre.
Ce petit poisson ne dépasse pas une longueur de 8 centimètres.
M. Delhez a rapporté plusieurs individus pris à Ebinga (rivière du lac
Léopold II) parmi les rochers et herbes. Les indigènes, qui donnent à cette espèce le
nom de Bolengi, en pèchent de très fortes quantités, qu’ils étendent au soleil sur
de grandes nattes. M. Delhez a retrouvé la même espèce dans le Congo à Borna,
parmi les herbes.
107
CHRYSICHTHYS, Bleeker.
SYNOPSIS DES ESPÈCES DU CONGO.
I. 12 à 16 rayons à l’anale, dont 8 à 11 branches; bandes de dents vomériennes contiguës ou têroitement
séparées sur la ligne médiane.
Tête presque lisse en dessus, d’un tiers ou de moitié plus longue que
large ; le plus long rayon de la dorsale un peu plus court que la tête ;
caudale à lobes longs et pointus, les plus longs rayons mesurant le
triple des médians. C. furcatus, Gthr.
Tête rugueuse en dessus, d’un quart plus longue que large ; le plus long-
rayon de la dorsale beaucoup plus court que la tête; les plus longs
rayons de la caudale ne mesurant pas plus de 2 1/2 fois les médians. C. Crancliii, Leacli.
II. 11 rayons à l’anale, dont 7 branchus; lobes de la caudale arrondis.
Bandes de dents vomériennes séparées sur la ligne médiane par un
espace égal au tiers ou la moitié de la distance qui sépare les
narines antérieures ; tête rugueuse en dessus; caudale assez profondément
échancrée; le plus long rayon de la dorsale mesure les 2/3 ou les 3/4
de la longueur de la tête. C. punctatus, sp. n.
Bandes de dents vomériennes étroitement séparées sur la ligne médiane ;
tête en grande partie lisse en dessus ; caudale très faiblement échancrée ;
le plus long rayon de la dorsale mesure la moitié de la longueur de
la tête.C. Dclhezi, sp. n.
Bandes de dents vomériennes séparées par un espace égal à la distance
qui sépare les narines antérieures ; tête lisse en dessus ; caudale faiblement
échancrée; le plus long rayon de la dorsale égale les 3/4 delà longueur
de la tête. C. Wagenaari, Blgr.
CHRYSICHTHYS PUNCTATUS.
PI. XLI1, fig. I.
La hauteur du corps est contenue 5 à 5 1/2 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 3 à 3 1/4 fois. La tête est modérément déprimée, 1 1/2 fois
longue comme large, rugueuse en dessus, la peau étant complètement adhérente au
crâne; le museau est arrondi et dépasse très peu la mâchoire inférieure; sa longueur
égale le tiers ou un peu plus du tiers de celle de la tête; l’oeil, grand et ovale,
mesure à peu près le quart de la longueur de la, tête et les 2/3 de la largeur
interoculaire; le prolongement occipital est étroit, 2 fois aussi long que large, et
atteint le bouclier de l’interépineux, qui est petit et en forme de fer de lance; le
barbillon nasal est un peu plus court que le diamètre de l’œil ; le barbillon maxillaire
mesure les 3/4 ou les 4/5 de la longueur de la tête et ne dépasse pa,s la base de
la nageoire pectorale; le barbillon mandibulaire interne mesure les 2/3 de 1 externe,
qui mesure les 3/5 ou les 2/3 de la tête. Les dents voméro-palatines forment deux
rangées étroites, séparées l’une de l’autre par un espace égal au tiers ou a la
moitié de celui qui sépare les narines antérieures. La nageoire dorsale a 6 rayons
mous; l’épine, striée, à faible serrature postérieure, mesure les 3/5 ou les 2/3
de la longueur de la tête; le premier rayon mou n’est qu’un peu plus long. La
■ dorsale adipeuse n’est guère plus longue que haute; sa base égale les 2/3 ou les
108
3/4 de celle de la dorsale rayonnée et les 2/5 ou 1a, 1/2 de la distance qui la sépare
de celle-ci. L’anale a 11 rayons, dont 7 branchus. L’épine pectorale, presque aussi
longue que la dorsale, est striée et armée au bord interne de 12 à 15 dents très
fortes. La nageoire ventrale n’atteint pas l’anale. La nageoire caudale est assez
profondément échancrée, les rayons médians ne mesurant que la moitié des externes,
mais les lobes en sont largement arrondis. La longueur du pédicule caudal excède
de moitié ou de 2/3 sa moindre hauteur.
Brun olivâtre foncé en dessus, verdâtre sur les côtés, blanc en dessous;
quelques points noirs sur les côtés du corps; nageoires grises; pupille orange, ovale
verticale.
Longueur totale : 155 millimètres.
Établie sur quatre individus jeunes du Stanley-Pool et un cinquième de Ivutu,
lac Léopold II, recueillis par M. Delhez, cette espèce se distingue facilement des
jeunes G. Cranchii, de même grandeur, par la dention voméro-palatine moins
développée, le nombre moindre de rayons à l’anale, et l’allongement plus considérable
ainsi que la forme plus arrondie des lobes de 1a. caudale.
A Kutu ce poisson porte le nom de Kuendjèké; au dire des indigènes il
atteindrait une longueur de 70 centimètres environ, donc 4 fois celle du plus grand
exemplaire obtenu par M. Delhez, ce qui me semble fort probable.
CHRYSICHTHYS DELHEZI.
PL XLII, fig. 2.
La hauteur du corps est contenue 5 à 5 1/2 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tète 3 fois. La tète est large et très déprimée, sa longueur d’un
cinquième supérieure à sa, largeur; sa face supérieure ne porte que peu de rugosités,
étant recouverte d’une peau épaisse sous laquelle sont en partie cachés le prolongement
occipital et le bouclier de l’interépineux ; le museau est très largement arrondi,
dépassant très peu la mâchoire inférieure, 2 fois plus long que l’œil, dont le diamètre
est compris 5 1/2 à 6 fois dans la longueur de la tète et 2 à 2 1/3 fois dans la
largeur interoculaire; le barbillon nasal mesure 1 1/3 à 1 1/2 fois le diamètre de
l’oeil, le maxillaire la moitié ou les 3/5 de la tête, le mandibulaire externe, près de
2 fois plus long que l’interne, la moitié ou les 2/5 de 1a, tête. Les dents voméro-
palatines forment une large bande en croissant, presque continue ou étroitement
interrompue au milieu, sa largeur un peu inférieure à celle de la très large bande
de dents prémaxillaires. La nageoire dorsale, peu développée, a 6 rayons mous; la
partie ossifiée du rayon épineux, non dentelé et entièrement enveloppé d’une peau
épaisse, ne mesure que le tiers de la longueur de la tète, les plus longs rayons
branchus en mesurant la moitié. La dorsale adipeuse, une demi fois plus longue
que haute, est un peu plus courte que la nageoire rayonnée, dont elle est séparée par un
espace au moins double de sa longueur. L’anale a 11 rayons, dont 7 branchus.
I
109
L’épine pectorale, un peu plus longue et plus forte que la dorsale, est faiblement
striée et armée au bord interne d’une douzaine de dents réclinées assez fortes. La
nageoire ventrale n’atteint pas, ou atteint à peine, l’anale. La nageoire caudale est
arrondie, très faiblement écliancrée. La longueur du pédicule caudal excède d’un tiers
ou de moitié sa moindre hauteur.
Brun foncé en dessus, blanc en dessous.
Un spécimen, mesurant 27 centimètres, a été rapporté de Borna par M. Delhez.
Le British Muséum en a acquis un second spécimen, long de 17 centimètres seulement,
provenant du Congo, sans indication de localité. Enfin, un tout jeune individu de
9 centimètres, recueilli par M. Delhez à Coquilhatville, me semble se rapporter à
la même espèce. La nageoire caudale est plus profondément écliancrée, comme
toujours chez les jeunes de ces Silures, les rayons médians mesurant les 3/5 des
externes, la base de la dorsale adipeuse est plus du double de la- distance qui la
sépare de la dorsale rayonnée, et le barbillon maxillaire, qui mesure les 2/3 de la
longueur de la tète, atteint la base de 1 epine de la pectorale.
GEPHYROGLANIS, Boulenger.
GEPHYROGLANIS LONGIPINNIS.
PI. XL1 t iig. 4.
La hauteur du corps est comprise 4 3/4 ou o fois dans la longueui totale,
la longueur de la tête 3 ou 3 1/4 fois. La tête est peu déprimée, sa largeur 1 1/2
fois dans sa longueur, assez fortement granulée et striée en dessus à partir du
vertex; l’opercule est faiblement strié; la fontanelle frontale est bien distincte,
allongée; le museau, obtusément conique, dépassant peu la mâchoire inférieure,
égale" en longueur le diamètre de l’œil; celui-ci, très grand et ovale, mesure un
peu moins du tiers de la longueur de la tète et égale presque la largeur interoculaire;
le prolongement occipital est long comme large et en contact a\ ec le boucliei de
l’inter épi neux, qui est de même longueur et en forme de tiiangle a base échanciée,
le barbillon nasal est très mince et très court, mesurant le tiers ou la moitié du
diamètre de l’œil; le barbillon maxillaire dépasse un peu la longueur de la tête et
atteint le milieu ou le second tiers de l’épine pectorale; le barbillon mandibulaire
externe mesure les 3/5 de la longueur de la tète et un peu moins du double de
pinterne. La bouche mesure la moitié de la largeur de la tête; les bandes de dents
villiformes des mâchoires sont assez étroites. La nageoire dorsale a 6 rayons mous;
pépine mesure les 3/4 de la longueur de la tète, elle est finement striée et armée
en arrière de dents réclinées très faibles ; les deux premiers rayons mous sont aussi
longs que la tête et, repliés sur le corps, atteignent ou dépassent un peu l’origine
de °la dorsale adipeuse. Celle-ci n’est guère plus longue que haute; sa base égale
les 3/5 ou les 2/3 de celle de la dorsale rayonnée, dont un espace 2 à 2 1/2 fois
110
plus grand la sépare. L’anale a 13 ou 14 rayons, dont 8 ou 9 branchus. L’épine
pectorale mesure les 2/3 de la longueur de la tête; elle est striée, finement denticulée
au bord externe et armée au bord interne de 10 ou 11 dents réclinées très fortes.
La nageoire ventrale atteint l’origine de l’anale. La nageoire caudale est profondément
bifurquée, à lobes pointus mais moins prolongés que chez l’espèce décrite
précédemment. La hauteur du pédicule caudal égale les 3/5 ou les 2/3 de sa
longueur.
Les canaux mucipares des côtés de la tête et les ramifications de la ligne
latérale sont moins développés que chez G. congicus.
Gris-brun en dessus, blanc en dessous; une tache noirâtre sur l’épaule, derrière
l’opercule; nageoires noirâtres à l’extrémité.
Plusieurs jeunes, mesurant de 60 à 135 millimètres, ont été recueillis à Dolo
(Stanley-Pool) par M. Delhez.
Un individu de 140 millimètres, du Congo sans localité précise, a aussi servi
à la description de cette espèce.
SYNODONTIS, Cuvier.
SYNODONTIS SOLONI.
PL XLIII, fi g. 1.
Corps comprimé, sa hauteur comprise 5 fois dans la longueur totale. La tête,
un peu plus longue que large, est comprise 3 3/4 à 4 fois dans la longueur totale;
elle est finement granulée sur sa face supérieure; la région interoculaire est légèrement
convexe; la fontanelle frontale est étroite, sa largeur comprise environ 3 fois dans
sa longueur; l’opercule est lisse; le museau, obtusément conique, mesure presque la
moitié de la longueur de la tête; son extrémité dépasse considérablement la bouche;
l’oeil est supéro-latéral, son diamètre est compris 6 fois dans la longueur de la tête,
presque 2 fois dans l’espace interoculaire; l’occiput et le bouclier nuclial forment
une arête mousse. La bouche a les lèvres médiocrement développées; le barbillon
maxillaire, bordé d’une membrane très distincte du côté interne, mesure la longueur
de 1a, tète et n’atteint pas le milieu de l’épine pectorale; les barbillons mandibulaires
sont insérés sur une ligne transversale droite, et sont munis de branches ramifiées;
les externes mesurent près du double des internes. Les dents prémaxillaires forment
trois ou quatre rangées irrégulières ; les mandibulaires, crochues, sont au nombre
de 18 à 20 et mesurent à peu près le tiers du diamètre de l’œil. La fente opèreulaire
ne s’étend pas en dessous au delà de la base de la nageoire pectorale. Le bouclier
nuchal est rugueux ou granulé; sa largeur est comprise 1 1/4 ou 1 1/3 fois dans
sa longueur; ses processus postérieurs sont arrondis et ne s’étendent pas au delà de
la base de l’épine de la dorsale. Le prolongement huméral, granulé et strié, est
étroit et pointu en arrière et s’étend aussi loin que le bouclier nuchal. La peau du
111
corps est dépourvue de villosités. La nageoire dorsale a 7 rayons branehus; l’épine
est forte, un peu moins de 2 fois aussi longue que la base de la nageoire, striée,
munie de très faibles serratures réclinées sur le tiers supérieur de sa face postérieure.
La nageoire adipeuse est grande, 4 1 2 fois aussi longue que haute, plus longue
que la tête, 2 1/2 fois aussi longue que la distance qui la sépare de la dorsale
rayonnée. L’anale a 10 rayons, dont 7 branehus. L’épine pectorale est un peu plus
courte que la tête, striée, à serrature assez faible au bord externe, très forte et
réclinée (12 dents) au bord interne. La nageoire ventrale n’atteint pas l’origine de
l’anale. La nageoire caudale a les lobes longs et pointus, à échancrure anguleuse
et profonde.
Gris olivâtre en dessus, marbré de brun, blanc en dessous; nageoires dorsale
et caudale à taches brunes arrondies.
Longueur totale : 13 centimètres.
Deux individus du Congo, sans indication de la localité. Espèce voisine de
S. Robbianus , J. A. Smith. S’en distingue par le corps plus allongé, le museau plus
long et plus pointu, l’oeil plus petit, la nageoire adipeuse plus allongée, et le
prolongement huméral moins large à la base.
Ce Synodontis est dédié à la mémoire d’un jeune voyageur, Alexandre Solon,
décédé au Congo après avoir aidé M. le capitaine Cabra dans la récolte des
poissons.
SYNODONTIS ORNATIPINNIS.
PI. XLIII, flg. 2.
Corps faiblement comprimé, sa hauteur comprise 4 1/4 à 4 2/3 fois dans la
longueur totale. La tête, un peu plus longue que large, est comprise 3 1/3 à 3 2/3
fois dans 1a. longueur totale; elle est finement granulée et vermiculée sur sa face
supérieure; la région interoculaire est plane ou légèrement concave; la fontanelle
frontale est étroite, sa largeur comprise 3 fois dans sa longueur; l’opercule est lisse;
le museau, obtusément conique, mesure presque la moitié de la longueur de la tète;
son extrémité dépasse un peu la bouche; l’œil est supéro-latéral, son diamètre est
compris 4 à 4 1/3 fois dans la longueur de la tête, 1 1/3 à 1 2/3 fois dans l’espace
interoculaire; l’occiput et le bouclier nuclial ne forment pas d’arête sensible. La
bouche a les lèvres médiocrement développées; le barbillon maxillaire, bordé d’une
membrane très distincte du côté interne, est un peu plus long que la tète et atteint
le milieu ou le tiers postérieur de l’épine pectorale; les barbillons mandibulaires sont
insérés sur une ligne transversale droite, et sont munis de branches ramifiées; les
extei nés mesurent un peu plus du double des internes. Les dents prémaxillaires
forment 3 ou 4 rangées irrégulières; les mandibulaires, crochues, sont au nombre de
22 à 26 et mesurent à peu près le tiers du diamètre de l’œil. La fente operculaire
ne s etend pas en dessous au delà de la base de la nageoire pectorale. Le bouclier
nuclial est rugueux, vermiculé; sa largeur est comprise 1 1/5 à 1 14 fois dans sa
112
longueur; ses processus postérieurs sont plus ou moins pointus et ne s’étendent pas
au delà de la base de l’épine de la dorsale. Le prolongement huméral,’ granulé et
strié, est pointu en arrière et ne s’étend pas tout à fait aussi loin en arrière que
le bouclier nuchal. La peau du corps est dépourvue de villosités. La nageoire dorsale
a 7 rayons branchus; l’épine est forte, 1 2/3 à 1 3/4 fois aussi longue que la
base de la nageoire, striée, à serratures réclinées sur la moitié supérieure de sa
face postérieure. La nageoire adipeuse est grande, 3 à 4 fois aussi longue que
haute, un peu plus courte que la tête, à peu près 2 fois aussi longue que la distance
qui la sépare de la dorsale rayonnée. L’anale ail rayons, dont 7 branchus. L’épine
pectorale est un peu plus courte que la tête, striee, à serrature forte, surtout au
bord interne, dont les dents sont au nombre de 13 à 24. La nageoire ventrale
n’atteint pas l’origine de l’anale. La nageoire caudale est échancré en croissant; les
rayons supérieurs sont prolongés.
Jaunâtre ou olivâtre sur le corps, avec de grandes taches noires arrondies plus
grandes que les espaces qui les séparent; tête et nuque brun olive; ventre blanc;
nageoires jaune pâle, toutes, à l’exception des pectorales, ornées de taches noires
confluentes en bandes transversales ; sur la caudale, ces bandes forment des croissants
disposés à l’inverse de l’échancrure de la nageoire; pupille orange; iris brun olive
avec un cercle doré autour de la pupille.
Longueur totale : 20 centimètres.
M. Déliiez a rapporté trois individus de cette espèce de Coquilhatville et un
de Bikoro (lac Tumba).
Nom indigène : Ikoko.
M. Delhez a constaté que ce poisson peut vivre longtemps hors de l’eau.
CYP RI NODONTI DÆ
HAPLOCHILUS, Mc Clelland.
Ce genre est représenté par quatre espèces, dont deux nouvelles, dans le bassin
du Congo. Les caractères distinctifs en sont indiqués ici.
I. Anale à 13 ou 14 rayons, dorsale à 8.
A. La dorsale commence au-dessus du milieu de la base de l’anale.
Hauteur du corps 3 1/4 à 4 fois dans la longueur totale; 25 à 28 écailles le long du corps; caudale
arrondie... H. spilauchen , A. Dum.
Hauteur du corps 4 1/2 à 5 fois dans la longueur totale ; 30 à 32 écailles
le long du corps ; caudale prolongée en filaments chez le mâle ... H. elegans, sp. n.
B. La dorsale commence au-dessus du dernier rayon de l’anale; 27
écailles le long du corps, qui est 4 1/2 fois aussi long que haut. . H. singa, sp. n.
IL Anale à 28 rayons, dorsale à 13; 42 écailles le long du corps. ... H. tanganicanus, Blgr.
Le H. t spilauchen habite l’Afrique occidentale depuis le Sénégal jusqu’au Congo.
113
Il a été trouvé à Borna par M. Delhez. Le H. tanganicanus est propre au lac
Tanganika où il a été découvert par M. Moore et retrouvé par l’expédition Lemaire
ainsi que par M. le lieutenant Hecq.
HAPLOCHILUS ELEGANS.
PL XLVII, fig. 2.
La, hauteur du corps est comprise 4 1/2 à 5 1/3 fois dans la longueur totale,
la longueur de la tête 3 1/2 à 3 2/3 fois. La tête est tout à fait plate en dessus;
la mâchoire inférieure dépasse sensiblement la supérieure; le diamètre de l’œil excède
la longueur du museau et est compris 3 à 3 1/3 fois dans la longueur de la tête,
1 1/2 fois dans la largeur interoculaire. La nageoire dorsale, à 8 rayons, commence
au-dessus du milieu de la base de l’anale, plus près de la racine de la caudale que
de la tète; elle est prolongée en filament chez le mâle, mesurant environ 1 1/2 fois
la longueur de la tète; le premier rayon correspond à la 16 me écaille de la ligne
latérale. L’anale a 14 rayons; elle est prolongée comme la dorsale. La pectorale
mesure les 3/4 de la longueur de la tête et atteint presque la racine de la caudale.
La caudale est fourchue, les rayons supérieurs et inférieurs étant prolongés en
filaments. Le pédicule caudal est beaucoup plus long que haut. 30 à 32 écailles en
série longitudinale, 8 en série transversale; ligne latérale représentée par une série
de petits points.
Jaunâtre ou olive pâle, brun sur le dos ; la plupart des écailles bordées de
rouge carmin; des points du même rouge sur les nageoires impaires, dont les rayons
externes sont rouge ou violet foncé. Iris doré.
Longueur totale : 4 centimètres.
Plusieurs individus ont été recueillis à Bikoro et à Coquilhatville par M. Delhez.
A Bikoro ils étaient en très grand nombre dans un ruisseau d’eau très limpide à
fond pierreux et les indigènes les désignent sous le nom de Muningo. A Coquilhatville
ils ont été trouvés en grand nombre, en compagnie de Barbus pleuropholis , dans une
t
source d’eau excellente dans la forêt; nom indigène : Elembê, le Barbus étant ici
nommé Muningo.
HAPLOCHILUS SINGA.
PL XLVII, fig. 1.
La hauteur du corps est comprise 4 1/2 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 3 2/3 fois. La tète est tout à fait plate en dessus; la mâchoire
inférieure dépasse un peu la supérieure ; le diamètre de l’œil égale la longueur du
museau et est compris 3 1/2 fois dans la longueur de la tête, 1 1/2 fois dans la
Décembre 1899. 17
114
largeur interoculaire. La nageoire dorsale, à 8 rayons, commence 2 lois plus loin
de l’œil que de la racine de la nageoire caudale; sa hauteur mesure les 3/4 de la
longueur de la tête (mâle) ; elle est située en arrière de l’anale, le premier rayon
correspond au dernier de celle-ci et à la 17 me écaille de la ligne latérale. L anale a
14 rayons; la longueur des rayons postérieurs égale celle de la dorsale. La pectorale
est un peu plus courte que la tête et dépasse un peu la racine de la ventrale. La
caudale est échancrée, quelques-uns des rayons supérieurs et inférieurs étant prolongés
(mâle). Le pédicule caudal est à peine plus long que haut. 27 écailles, en série
longitudinale, 8 en série transversale; ligne latérale représentée par une série de
petits points.
Coloration vert olive sur le corps, jaune verdâtre sur les nageoires; la plupart
des écailles portent une tache arrondie rouge carmin et il y a des séries de points
de la même couleur entre les rayons des nageoires dorsale et caudale; iris vert olive,
avec un cercle doré autour de la pupille.
Longueur totale : 45 millimètres.
Un seul individu, mâle, a été recueilli dans les marais de Borna par M. Delhez.
Nom indigène : Singa.
Sous le nom de Neolebias unifasciatus (1), Steindachner (Notes Leyd. Mus.
XVI, 1894, p. 78) a rapporté à la famille des Cyprinodontes un tout petit poisson
de 2 centimètres de long provenant de Libéria. La petite taille, l’absence de dorsale
(caractère qui mérite d’être vérifié sur les types) et de ligne latérale sont probable¬
ment les motifs qui l’ont porté à établir ce rapprochement, auquel la conformation de
la tète de ce poisson s’oppose absolument. Neolebias est réellement voisin de
Nannæthiops, Gthr. (2), et doit être considéré comme type ultra-nain de la famille
des Characinidæ. Ces réflexions me sont suggérées par la présence dans la collection
Delhez d’un petit poisson provenant de Dolo (Stanley-Pool) que j’avais d’abord négligé
comme trop jeune et que je crois maintenant pouvoir rapporter au genre Neolebias ,
sous le nom de N. trilineatus . Il diffère de l’espèce type du genre, dont il semble
pourtant très voisin, par la dorsale à 12 rayons, commençant au-dessus du premier
rayon de la ventrale, l’anale a 10 rayons, et la présence de 3 lignes noires de
chaque côté du corps, séparées par des bandes argentées; le dos est jaune olivâtre.
Les écailles sont semblables à celles de N. unifasciatus , au nombre de 33 ou 34
en série longitudinale, de 11 en série transversale. Dorsale adipeuse extrêmement
petite.
Longueur totale : 3 centimètres.
dessin
(1) Aurait dû être « univittatus » ou « unitænicitus » pour répondre à la pensée de Fauteur et au
caractéristique du poisson ; « uni fus c i a tus » sig'nifle portant une bande trans\ ei sale, ce qui n est pas
(2) Günther n’a pas examiné la dentition avec beaucoup de soin, car il n’accorde à son N. unitœniatus
qu’une rangée de dents à chaque mâchoire et les lui refuse catégoriquement au maxillaire. Les dents sont en
deux séries et il y en a quelques-unes à la base du maxillaire. Le caractère cténoïde si prononcé des écailles
a aussi échappé à Günther; ce n’est qu’en 1893 qu’il a été signalé pour la première fois par Vaillant. Chose
encore plus singulière, Steindachner figure les écailles cténoïdes de Neolebias, mais n’en souffle mot dans sa
description.
115
Cl CH L1 DÆ-
LAMPROLOGUS, Schilthuis.
LAMPROLOGUS HECQUI
PI. XLIY, flg. 1.
La hauteur du corps est comprise 3 1/2 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 3 fois. Le museau est plus court que le diamètre de l’œil, qui
est compris 2 3/4 fois dans la longueur de la tète et 2/3 fois dans la largeur
interorbitaire; le maxillaire s’étend jusqu’au-dessous du bord antérieur de l’œil;
6 canines modérément grandes à chaque mâchoire, suivies d’une bande de dents
minuscules; dents latérales très petites; des écailles petites et caduques sur la joue
et sur l’opercule. Branchiospines courtes, au nombre de 16 à la partie inférieure du
premier arceau. Dorsale à 19 épines et 8 rayons mous; épines croissant en longueur
jusqu’à la dernière, qui mesure un peu moins de la moitié de la longueur de la
tète; rayons mous à peine plus longs. Pectorale mesurant les 2/3 de la longueur de
la tête. Ventrale atteignant l’anus. Anale à 7 épines et 8 rayons mous; épines
croissant en longueur jusqu’à la dernière, qui est un peu plus courte que la plus
longue de la dorsale. Caudale arrondie. Pédicule caudal aussi long que haut. 55 à
57 écailles en série longitudinale, en série transversale; écailles sur la nuque
excessivement petites; ligne latérale supérieure sur 35 ou 36 écailles, l’inférieure sur
9 ou 10.
Olivâtre, avec cinq bandes transversales plus foncées; une tache noirâtre sur
l’opercule, une autre, très petite, à la base de la caudale; dorsale et anale bordées
de noirâtre; ventrales noirâtres.
Longueur totale : 6 centimètres.
Le spécimen unique de cette espèce nouvelle, ainsi que le type de la suivante,
a été trouvé dans la bouche d’un grand Silure, Auchenoglanis scutatus, faisant
partie d’une collection formée à Albertville, lac Tanganika, par M. le lieutenant
Hecq, en l’honneur duquel l’espèce est nommée.
LAMPROLOGUS BREVIS.
PI. XL1V, flg. 2.
La hauteur du corps est
longueur de la tête 3 fois. Le
comprise 2 2/3 fois dans la longueur totale, la
museau est plus court que le diamètre de l’œil,
116
qui est compris 2 2/3 fois dans la longueur de la tète et égale la largeur
interorbitaire; le maxillaire s’étend jusqu’au-dessous du quart antérieur de l’œil; les
canines sont modérément grandes, au nombre de 6 à chaque mâchoire; joue et
opercule nus. Dorsale à 18 épines et 6 rayons mous; épines subégales, mesurant les
2/5 de la longueur de la tête; les plus longs rayons mous mesurent la moitié de
la longueur de la tête. Anale à 9 épines et 5 rayons mous; la dernière épine aussi
longue que les dorsales. Caudale arrondie. Pédicule caudal un peu plus haut que
long. 34 écailles en série longitudinale, £ en série transversale; ligne latérale
supérieure sur 18 écailles, l’inférieure sur 6 ou 7.
Jaunâtre, une tache noire sur l’opercule.
Longueur totale : 35 millimètres.
Albertville, lac Tanganika. Envoi du Lieut. Hecq.
Cette espèce se rapproche surtout de L. compressiceps , Blgr., dont elle se
distingue principalement par la tête moins fortement comprimée, les épines moins
nombreuses à 1a, dorsale et à l’anale, et les écailles beaucoup plus grandes entre la
dorsale et la ligne latérale.
LAMPROLOCtUS tumbanus.
PL XLIV, flg. 3.
La hauteur du corps est comprise 3 1/2 à 3 2/3 fois dans 1a, longueur totale,
la longueur de la tête 3 à 3 1/4 fois. L’occiput est un peu renflé et le profil du
museau descend en pente assez forte; le diamètre de l’œil égale la longueur du
museau, excède un peu la largeur inter oculaire, et est compris 3 1/2 fois dans la
longueur de la tête; le maxillaire s’étend jusqu’au dessous du bord antérieur de l’œil
ou un peu au delà; la tête est entièrement dépourvue d’écailles. Les branchiospines
sont très courtes, au nombre de 8 ou 9 à la partie inférieure du premier arceau.
La nageoire dorsale se compose de 17 ou 18 épines et de 8 ou 9 rayons mous; les
épines croissent en longueur jusqu’à la dernière, qui mesure les 2/5 de la longueur
de la tète et la moitié des plus longs rayons mous. La nageoire pectorale est
arrondie et mesure les 2/3 de la longueur de la tête. La ventrale atteint l’anus.
La nageoire anale se compose de 5 épines et de 6 rayons mous. La nageoire
caudale est arrondie, un peu pointue, les rayons médians étant les plus longs. Le
pédicule caudal est à peine plus long que haut. Les écailles ont le bord libre fortement
denticulé ; elles sont au nombre de 30 à 33 en série longitudinale, de AA en série
+ 4-15
transversale; les écailles sont très petites sur la nuque et sur le ventre; la ligne
latérale supérieure s’étend sur 18 à 20 écailles, l’inférieure sur 10 à 12.
Violet sur le corps, les écailles, bordées de noir, brun foncé sur la tête; des
traces de cinq barres noires en travers du dos; ventre blanchâtre; joue et opercule
teintés de rouge; nageoires grises ou noirâtres; iris doré.
Longueur totale : 72 millimètres.
117
Trois individus ont été recueillis à Bikoro (lac Tumba) par M. Delhez.
Noms indigènes : Lupjapa, Mombek , Mundjulu.
Cette espèce nouvelle se place entre L. congoensis, Schilth., du Congo, et
L. modestus, Blgr , du Tanganika. Elle diffère de la première par le nombre d’épines
à l’anale (5 au lieu de 6 ou 7) et d’écailles le long du corps (30-33 au lieu de
42-53); de la seconde par le nombre d’épines à la dorsale (17 ou 18 au lieu de 20)
et d’écailles le long du corps (30-33 au lieu de 36-40), ainsi que par la forme
arrondie, acuminée, de la nageoire caudale.
LAMPROLOGrUS TRETOCEPHALUS.
PI. XLIV, flg. 4.
La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise 3 fois dans
la longueur totale. Le profil supérieur de la tête descend en pente légèrement
concave; le diamètre de l’œil est compris 1 1/3 fois dans la longueur du museau,
3 1/2 fois dans la longueur de la tète, et égale la largeur interoculaire ; le maxillaire
s’étend en arrière jusqu’entre la narine et l’œil; la tête est entièrement dépourvue
d’écailles; de très grands pores sur la tète et sous le mandibule et, sur le bord du
préopercule (1). Les branchiospines sont très courtes, au nombre de 9 à la partie
inférieure du premier arceau. La nageoire dorsale se compose de 16 épines et de
11 rayons mous; les épines croissent en longueur jusqu’à la dernière, qui mesure
près de la moitié de la longueur de la tête et est un peu plus courte que les plus
longs rayons mous. La nageoire pectorale est arrondie et mesure les 2/3 de la
longueur de la tête. La ventrale dépasse un peu l’anus. L’anale se compose de 5
épines et de 6 rayons mous. La caudale est arrondie. Le pédicule caudal est à peine
plus long que haut. Les écailles ont le bord libre fortement denticulé; elles sont au
nombre de 37 en série longitudinale, de ^ en série transversale; les écailles sont
très petites sur la nuque et sur le ventre; la ligne latérale supérieure s’étend sur 32
à 34 écailles, étant prolongée jusque sur le pédicule caudal, l’inférieur sur 15 ou 16.
Olivâtre en alcool, avec 5 barres foncées en travers du dos; 1a, première sur
la nuque et descendant sur l’opercule, les trois suivantes sous la dorsale et
prolongées sur la base de celle-ci, la dernière sur le pédicule caudal.
Longueur totale : 14 centimètres.
Le spécimen unique provient de Albertville, lac Tanganika, par M. le lieutenant
Hecq.
Espèce intermédiaire entre la précédente et L. modestus. Diffère de la première
par les écailles plus nombreuses et le nmseau plus allongé; de 1a, seconde par les
épines moins nombreuses à la dorsale (16 au lieu de 20) et la caudale arrondie.
(1) Ces oriiices des cryptes mucipares existent aussi chez les autres espèces, mais ils acquièrent une
grandeur exceptionnelle chez la présente, d’où le nom qui lui est imposé.
118
LAMPROLOGUS TETRACANTHUS.
P). XLIV, fig. 5.
La hauteur du corps est comprise 4 fois dans la longueur totale, la longueur
de la tête 3 1/3 fois. Le profil du museau est un peu convexe; le diamètre de l’oeil
est compris 1 1/3 fois dans la longueur du museau, 3 2/3 fois dans la longueur
de la tête, et excède un peu la largeur interoculaire; le maxillaire s’étend en arrière
jusqu’entre la narine et l’œil ; la tête est entièrement dépourvue d’écailles et criblée
de grands pores. Les branchiospines sont courtes, au nombre de 10 à la partie
inférieure du premier arceau. La nageoire dorsale se compose de 20 épines et de
10 rayons mous; les épines croissent en longueur jusqu’à la dernière, qui mesure
les 2/5 de la longueur de la tête et les 3/5 des plus longs rayons mous. La
pectorale est arrondie et mesure les 3/5 de la longueur de la tête. La ventrale est
prolongée en filament et dépasse un peu l’origine de l’anale. Celle-ci se compose de
4 épines et de 7 rayons mous; les plus longs rayons mous mesurent les 2/3 de la
longueur de la tête. La caudale est arrondie. Le pédicule caudal est un peu plus
long que haut. Les écailles ont le bord libre faiblement denticulé; elles sont au
nombre de 41 en série longitudinale, de ^ en série transversale; les écailles sont
très petites sur la nuque et sur le ventre; la ligne latérale supérieure s’étend sur
30 écailles, l’inférieure sur 15.
Brun foncé; nageoires noirâtres, la dorsale bordée de blanc; des taches claires
sur la caudale.
Longueur totale : 12 centimètres.
O
Ilecq.
Un spécimen unique de Albertville, lac Tanganika, recueilli par M. le lieutenant
Le nombre d’épines à la nageoire anale distingue cette espèce de toutes ses
congeneres.
PARATILAPIA, Bleeker.
PARATILAPIA CERASOGASTER.
PI. XLV, fig. 1.
La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise 2 1/2 à
2 2/3 fois dans 1a, longueur totale. .Le profil du museau descend en ligne droite;
le diamètre de l’œil égale la longueur du museau, est compris 3 1/2 fois dans la
longueur de la tête, et égale la largeur interoculaire; le maxillaire ne s’étend pas
jusqu’au-dessous du bord antérieur de l’œil; les dents forment 4 ou 5 séries, celles
de la série externe sont beaucoup plus grandes que les autres; 3 ou 4 séries
119
d’écailles sur la joue; de grandes écailles sur l’opercule. Branchiospines courtes, au
nombre de 9 ou 10 à la partie inférieure du premier arceau. Nageoire dorsale
composée de 14 ou 15 épines et de 10 ou 11 rayons mous; les épines croissent en
longueur jusqu’à la dernière, qui mesure un peu plus du tiers de la longueur de la
tête; la partie molle est pointue, le plus long rayon mesurant les 2/3 de la longueur
de la tête. La pectorale est pointue et mesure à peu près les 2/3 de la longueur
de la tête. La ventrale est prolongée en filament et atteint l’anale. Celle-ci est
composée de 3 épines et de 7 rayons mous; la 3 me épine est plus forte mais un
peu plus courte que la dernière épine dorsale. La caudale est arrondie. Le pédicule
caudal est aussi long que haut. Les écailles, dépourvues de denticulations marginales,
sont au nombre de 27 ou 28 en série longitudinale, de | en série transversale;
la ligne latérale supérieure s’étend sur 17 à 19 écailles, l’inférieure sur 8 à 11.
Brun violacée en dessus, rouge carmin en dessous; joue et opercule jaune
vif; une grande tache noire sur l’opercule et une autre entre les 4 ou 5 dernières
épines de la nageoire dorsale, qui est violet foncé en avant, rouge cerise en arrière;
pectorale et anale gris violacé; ventrale rouge carmin; caudale noirâtre, carmin à
la base; iris brun violacé en dessus, rouge carmin en dessous.
Longueur totale : 8 centimètres.
Plusieurs exemplaires ont été recueillis à Utanda et à Kutu (lac Léopold II)
par M. Delhez.
Nom indigène : Lungundu.
P. cerasogaster se rapproche de P. Moffali, Castelli., du sud-est de l’Afrique,
et de P. afra, Gthr., du lac Nyassa, plus que d’aucune autre espèce. Il se distingue
facilement du premier par le nombre d’épines à la dorsale (14-15 au lieu de 13),
le maxillaire moins prolongé en arrière, et l’absence de denticulations aux écailles ;
du second par le nombre d’épines à la dorsale (14-15 au lieu de 17) et l’absence de
denticulations aux écailles.
PARATILAPIA MOERUENSIS.
PL XLV, fig. 2.
La hauteur du corps égale la longueur de la tète et est comprise 3 à 3 1/4
fois dans la longueur totale. Le profil du museau descend en ligne droite ; le diamètre
de l’œil est compris 1 1/2 fois dans la longueur du museau, 4 à 4 1/2 fois dans
la longueur de la tète, et égalé la largeur interoculaire; le maxillaiie ne s étend
pas jusqu’au-dessous du bord antérieur de l’œil; les dents forment une assez large
bande, 4 ou 5 séries de dents minuscules et une série externe de dents plus grandes;
4 séries d’écailles sur la joue; des écailles plus grandes sur l’opercule. Branchiospines
courtes, au nombre de 7 ou 8 à la partie inférieure du premier arceau. Nageoire
dorsale composée de 15 ou 1(3 épines et de 8 ou 9 rayons mous; les épines
croissent en longueur jusqu’à la dernière, qui mesure a peu près les 2/5 de la
120
longueur de la tète; la partie molle est pointue, le plus long rayon mesurant les
3/5 ou les 2/3 de la longueur de la tête. La pectorale est obtusément pointue et
mesure les 2/3 ou les 3/4 de la longueur de la tête. La ventrale est prolongée en
filament et atteint l’anale. Celle-ci est composée de 3 épines et de 7 rayons mous;
la 3 me épine est aussi longue et plus forte que la dernière épine de la dorsale. La
caudale est arrondie. Le pédicule caudal est aussi long que haut. Les écailles,
dépourvues de denticulations marginales, sont au nombre de 30 ou 31 en série
longitudinale, de J en série transversale; la ligne latérale supérieure s’étend sur
18 à 22 écailles, l’inférieure sur 9 à IL
Brun olive (en alcool); une tache noire sur l’opercule; une bande foncée plus
ou moins distincte au-dessus de la ligne latérale supérieure et une autre en arrière
de la tache operculaire.
Longueur totale : 95 millimètres.
Six individus du lac Moero (expédition Lemaire).
Cette espèce se rapproche de P. afra, Gthr., du lac Nyassa. Elle en diffère
par l’oeil plus petit, les dents plus nombreuses, les branchiospines moins nombreuses
et par l’absence de denticulations; au bord des écailles.
PARATILAPIA DEMEUSII.
PL XLY, fig. 3.
La hauteur du corps excède à peine la longueur de la tète, qui est comprise
3 fois dans la longueur totale. Le chanfrein et l’occiput forment une bosse très
marquée, le profil du museau descend en ligne droite; le diamètre de 1 oeil est
compris 1 1/4 fois dans la longueur du museau, 3 3/4 fois dans la longueur de la
tête, et égale la largeur interoculaire; le maxillaire s’étend jusqu au-dessous du
quart antérieur de l’œil; les dents sont petites, en 3 séries; 4 séries décailles sur
la joue; de grandes écailles sur l’opercule. Branchiospines courtes, au nombre de
9 à la partie inférieure du premier arceau. Nageoire dorsale composée de 15 épines
et de 10 rayons mous; les épines sont égales en longueur à partir de la 4 me et
mesurent les 2/5 de la longueur de la tête; la partie molle est pointue, le plus long
rayon mesurant les 4/5 de la longueur de la tète. La pectorale est obtusément
pointue et mesure un peu plus des 2/3 de la longueur de la tête. La ventrale est
prolongée en filament et atteint l’anale. Celle-ci est composée de 3 épines et de 7 rayons
mous; la 3 me épine est plus forte mais un peu plus courte que les épines de la
dorsale. La caudale est arrondie. Le pédicule caudal est aussi long que haut. Les
écailles, dépourvues de denticulations marginales, sont au nombre de 28 en série
longitudinale, de § en série transversale; la ligne latérale supérieure s étend sur
19 écailles, l’inférieure sur 11.
Brun en dessus (en alcool) plus clair en dessus ; une tache noire sur 1 opercule;
de petites taches noires entre les rayons de la dorsale molle et de la caudale.
Longueur totale : 13 centimètres.
121
Un seul exemplaire du pays des Bangalas, recueilli par M. J. De Meuse.
Cette espèce semble se rapprocher surtout de P. Bloyeti, Sauv., de l’Afrique
orientale, qui diffère principalement par les écailles denticulées et au nombre de ~
en série transversale.
PARAT IL API A MACROCEPHALA.
PL XLV, fig. 4.
La hauteur du corps est comprise 3 fois dans la longueur totale, la longueur
de la tète 2 2/3 fois. Le profil du museau descend en ligne droite; le diamètre de
l’œil est compris 1 1/2 fois dans la longueur du museau, 4 1/2 fois dans la
longueur de la tête, et égale la largeur interoculaire; le maxillaire s’étend jusqu’au-
dessous du bord antérieur de l’œil; les dents sont petites, en 3 rangées; 6 séries
d’écailles sur la joue; des écailles beaucoup plus grandes sur l’opercule. Branchiospin.es
courtes, au nombre de 12 à la partie inférieure du premier arceau. Nageoire dorsale
composée de 15 épines et de 13 rayons mous; les épines sont subégales en longueur
à partir de la 6 me , qui mesure le tiers de la longueur de la tête; les plus longs
rayons mous mesurent la moitié de la longueur de la tète. La pectorale est pointue
et mesure les 2/3 de la longueur de la tête. La ventrale atteint l’anale. Celle-ci est
composée de 3 épines et de 8 rayons mous; la 3 me épine est aussi longue et plus
forte que les dorsales. La caudale est arrondie. Le pédicule caudal est à peine plus
long que haut. Les écailles, dépourvues de denticulations marginales, sont au nombre
de 34 en série longitudinale, de f/ en série transversale; la ligne latérale supérieure
s’étend sur 22 ou 23 écailles, l’inférieure sur 17.
Brun (en alcool); une petite tache noire sur l’opercule; nageoires dorsale et
caudale tachetées de blanc et de noir, en damier.
Longueur totale : 9 centimètres.
Un seul exemplaire du lac Moero (expédition Lemaire).
Cette espèce est voisine de P. robusta, Grthr., du Zambèse et du lac Nyassa.
Elle en diffère surtout par la tête plus grande, les écailles moins nombreuses le
long du corps, la nageoire caudale arrondie.
PSEUDOPLESIOPS,
CT
tD '
II.
Se distingue de Paratilapia par la position de la ligne latérale supérieure, qui
suit la série d’écailles contiguë à la nageoire dorsale, comme chez Plesiops, Rüpp.,
et genres voisins.
décembre 1899.
18
122
PSEUDOPLESIOPS NUDICEPS.
PI. XL1V, fig. 6.
La hauteur du corps est comprise 3 1/2 à 3 3/4 fois dans la longueur
totale, la longueur de .la tête 3 à 3 1/4 fois. Le museau, un peu plus long que
l’œil, descend en forte courbe; le diamètre de l’œil est compris 3 1/3 à 3 1/2 fois
dans la. longueur de la tête et excède un peu la largeur interoculaire; le maxillaire
s’étend jusqu’au-dessous du bord antérieur de l’œil; les dents, petites et coniques,
forment 3 ou 4 rangées, celle de la rangée externe beaucoup plus grandes que les
autres; la tête est entièrement dépourvue d’écailles. Les branchiospines sont courtes,
au nombre de 9 ou 10 à la partie inférieure du premier arceau. La nageoire dorsale
comprend 18 ou 19 épines et 8 rayons mous; les épines croissent en longueur
jusqu’à la dernière, qui mesure la moitié de la longueur de la tête; la partie molle
est pointue et prolongée en filament, le plus long rayon mesurant au moins les 2/3
de la longueur de la tête. La nageoire pectorale est arrondie et mesure les 2/3 de
la longueur de la tête. La ventrale est prolongée en filament mais n atteint pas
l’origine de l’anale. Celle-ci se compose de 3 épines et de 7 rayons mous; la
3 me épine est plus forte et plus longue que la dernière épine de la dorsale; la partie
molle est prolongée en filament comme la dorsale. La caudale est arrondie, un peu
pointue, les rayons médians étant les plus longs. Le pédicule caudal est un peu plus
haut que long. Les écailles, dépourvues de denticulations marginales, sont au nombre
de 28 ou 29 en série longitudinale, de 18 ou 19 en série transversale; la ligne
latérale, formée de longs tubes occupant toute la longueur d’une écaille, consiste en
2 séries; la supérieure, comprenant 12 à 14 écailles, commence comme de coutume
derrière l’opercule et remonte brusquement pour atteindre le haut du dos, la série
d’écailles qu’elle perce étant contiguë à la nageoire dorsale; la seconde série,
comprenant 4 à 7 écailles, occupe le milieu de la face latérale de 1a, queue, depuis
les derniers rayons de la dorsale jusqu’à la caudale.
Brun olivâtre pâle en dessus, blanc en dessous; parfois une grande tache
violette de chaque côté du corps; les nageoires dorsale et anale sont bordées
de noirâtre. Chez le plus grand exemplaire la dorsale molle, l’anale et la caudale
portent de petites taches brunes formant des séries transversales; ces taches sont
absentes chez les autres exemplaires qui portent par contre une ligne noirâtre
longitudinale en dedans du bord supérieur de la dorsale molle et de la caudale.
Longueur totale : 66 millimètres.
Quatre exemplaires font partie de la collection Delhez. Le plus grand provient
de Kutu (lac Léopold II). Nom indigène : Mokiki. Les trois autres proviennent de
Dolo (Stanley-Pool). Nom indigène : Tumbambachi .
123
TILAPIA, A. Smith.
TILAPIA FLAVOMARGINATA.
PL XLVI.
La hauteur du corps est comprise 2 1/3 à 2 2/5 fois dans la longueur totale,
la longueur de la tête 3 à 3 1/3 fois. Le profil supérieur de la tête descend en
ligne droite ou légèrement concave à partir de l’occiput; le diamètre de l’œil est
compris 1 1/2 à 2 fois dans la longueur du museau, 4 1/2 à 5 fois dans la longueur
de la tète, 2 fois dans la largeur interoculaire ; la largeur de la bouche mesure les
3/4 de celle de la tète et s’étend en arrière jusqu’entre la narine et l’œil; les dents
sont très petites, bilobées, en 7 ou 8 séries; 3 séries d’écailles sur la joue; de
grandes écailles sur l’opercule. Branchiospin.es modérément longues, au nombre de
23 à 25 à la partie inférieure du premier arceau. Nageoire dorsale composée de
15 ou 16 épines et de 11 ou 12 rayons mous; les épines croissent en longueur
jusqu’à la dernière, qui mesure à peu près les 2/5 de la longueur de la tête; la
partie molle est très prolongée en pointe, les plus long rayons mesurant les 4/5 ou
les 5/6 de la longueur de la tète. La nageoire pectorale est pointue, en peu plus
longue que la tète, et atteint ou atteint presque l’origine de l’anale. La nageoire
ventrale est prolongée en filament et atteint ou dépasse un peu l’anus. Nageoire
anale composée de 3 épines et de 9 ou 10 rayons mous, de même forme que la
dorsale; la 3 me épine est plus forte mais un peu plus courte que la dernière de la
dorsale. La nageoire caudale est tronquée, légèrement échancrée. Le pédicule caudal
est un peu plus haut que long. Les écailles, rugueuses mais dépourvues de
denticulations marginales, sont au nombre de 30 en série longitudinale, de ~ en
série transversale; la ligne latérale supérieure s’étend sur 18 ou 19 écailles, l’inférieure
sur 9 à 11.
Les spécimens conservés sont d’un brun rougeâtre, plus foncé sur le dessus
de la tête et sur le dos; chaque écaille noire au bord postérieur; opercule tacheté
de noir; dorsale noirâtre, bordée de jaune.
Longueur totale : 29 centimètres.
Deux exemplaires de la lagune de Kalombo, Mayombé, recueillis par les
soins de M. le commandant Cabra.
Cette espèce est plus voisine de T. microcephala, Blkr., de la Côte d’Or, que
de toute autre. Elle en diffère principalement par la bouche plus large, la présence
de 3 séries d’écailles sur la joue au lieu de 2, et par le nombre plus considérable
des brancliiospines.
TILAPIA DOLLOI.
PL XL Y, fig. 5.
La hauteur du corps est comprise 2 à 2 1/2 fois dans la longueur totale,
la longueur de la tète 2 2/3 à 3 fois. Le profil du museau est un peu convexe;
124
le diamètre de l’œil est compris 1 1/3 à 1 1/2 fois dans la longueur du
museau, 4 à 4 1/2 fois dans la longueur de la tête, 1 1/3 à 1 2 3 fois dans la
largeur inter oculaire; la largeur de la bouche égale les 3/5 ou les 2/3 de celle
de la tête; l’extrémité du maxillaire tombe un peu en arrière du plomb de la,
narine; les dents internes, en 3 ou 4 séries, sont très petites; les externes, un peu
plus grandes, bicuspides, sont au nombre de 56 à 80 à la mâchoire supérieure ; 2
ou 3 séries d’assez grandes écailles sur la joue, la largeur de cette bande écailleuse
n’excédant pas la distance qui la sépare de l’angle du préopercule; de grandes
écailles sur l’opercule. Branchiospines courtes, au nombre de 12 à 14 à la partie
inférieure du premier arceau. Nageoire dorsale composée de 15 ou 16 épines et de
10 ou 11 rayons mous; la dernière épine est la plus longue et mesure un peu
moins de la moitié de la longueur de la tête; la partie molle est pointue, les plus
longs rayons mesurant les 2/3 de la longueur de la tête. La pectorale est pointue
et égale ou excède un peu la longueur de la tête, elle atteint presque l’origine de
l’anale. La ventrale n’atteint pas l’anus. L’anale a 3 épines et 8 ou 9 rayons mous;
la 3 me épine est plus forte mais un peu plus courte que 1a, dernière épine de la
dorsale. La caudale est faiblement échancrée. Le pédicule caudal est un peu plus
haut que long. Les écailles, dépourvues de denticulations marginales, sont au nombre
de 29 ou 30 en série longitudinale, LL en série transversale; la ligne latérale
supérieure s’étend sur 18 à 20 écailles, l’inférieure sur 13 à 15.
Coloration olivâtre; ventre blanc; quelques-unes des écailles des flancs noirâtres
à la base; menton souvent noir d’encre, ainsi que quelques macules sur la partie
inférieure du préopercule et de l’opercule; nageoires grises, les ventrales et l’anale
parfois noires; des taches claires arrondies entre les rayons de la dorsale et de la
caudale chez les jeunes.
Longueur totale : 15 centimètres.
Plusieurs exemplaires du lac Obeke, district de l’Equateur, par M. Delhez.
Cette espèce, dédiée à mon savant collègue du Musée d’histoire naturelle de
Bruxelles, M. Louis Dollo, est voisine de Tilapia lata, Gthr., qui se rencontre dans
les mêmes eaux. Elle en diffère par les écailles de la joue plus grandes et moins
nombreuses et par l’échancrure plus distincte du bord de la nageoire caudale.
TILAPIA POLYACANTHUS.
PI. XLV, flg. 6.
La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise 3 1/2 fois
dans la longueur totale. Le profil du museau descend en ligne droite; le diamètre de
l’œil est compris 1 1/2 fois dans la longueur du museau, 4 fois dans la longueur
de la tête, et égale la largeur interoculaire; la largeur de la bouche égale les 2/3
de celle de la tète; l’extrémité du maxillaire tombe sous la narine; les dents internes,
en 5 rangées, sont très petites; les externes, au contraire, sont assez grandes,
bieuspides, au nombre de 44 à la mâchoire supérieure; 4 séries d’écailles sur la
joue; des écailles à peine plus grandes sur l’opercule. Branehiospines courtes, au
nombre de 9 à la partie inférieure du premier arceau. Nageoire dorsale composée
de 19 épines et de 8 rayons mous; les épines subégales en longueur à partie de la
5 me , mesurant à peu près les 2/5 de la longueur de la tète; les plus longs rayons
mous mesurant la moitié de la longueur de la tète. La nageoire pectorale est très
obtusément pointue, mesure les 3/4 de la longueur de la tète, et ne dépasse pas
l’extrémité des ventrales, qui n’atteignent pas l’anus. L’anale a 3 épines et 7 rayons
mous; la 3 me épine est plus forte et un peu plus longue que les épines de la dorsale.
La caudale est arrondie. Le pédicule caudal est 1 1/3 fois aussi long que haut. Les
écailles, dépourvues de denticulations marginales, sont au nombre de 34 en série
longitudinale, de en série transversale; la ligne latérale supérieure s’étend sur
24 écailles, l’inférieure sur 10.
Brun olivâtre foncé (en alcool) ; opercule, nageoires dorsale, anale et caudale
bordés de noir; ventrales noirâtres.
Longueur totale : 72 millimètres.
Un seul individu recueilli au lac Moero par l’expédition Lemaire.
Le nombre élevé d’épines à la dorsale rapproche cette espèce des T. iiolycentra,
A. Dum., labiata , Blgr., zébra , Blgr., et aurala, Blgr. Elle se distingue de la première
par les écailles plus petites et le corps moins élevé; des trois autres par l’absence
de denticulations au bord des écailles.
XENOCHROMIS, g. n.
Voisin de Plecodus, Blgr. Dents également uniseriées, à couronnes laminées,
courbées et un peu concaves; mais pointues, plus nombreuses, se touchant à la
base et couchées, appliquées contre le bord des mâchoires.
XENOCHROMIS HECQUI.
PI. XLVII, fig. 3.
La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise 3 1/2 fois
dans la longueur totale. Le profil supérieur de la tête est régulièrement courbé; le
diamètre de l’œil égale la longueur du museau et la largeur inter oculaire, et est
comprise 3 1/2 fois dans la longueur de la tète; la mâchoire inférieure dépasse un
peu la supérieure en avant; l’extrémité du maxillaire tombe sous le bord antérieur
de l’œil; 34 dents à la mâchoire supérieure, 30 à l’inférieure; 4 séries d’écailles sur
la joue; opercule couvert d écaillés un peu plus grandes. Branehiospines presque
aussi longues que les filaments branchiaux, minces, très serrées, au nombre de 45
126
à la partie inférieure du premier arceau. Nageoire dorsale composée de 17 épines
et de 10 rayons mous; épines subégales à partir de la 7 me , mesurant les 2/5 de la
longueur de la tête; rayons mous à peine plus longs. Ventrale atteignant l’anus.
Anale composée de 3 épines et de 10 rayons mous; 3 me épine de même longueur
que la 2 me , plus forte et un peu plus courte que les épines de la dorsale. Pédicule
caudal 11/2 fois aussi long que haut. Écailles dépourvues de uenticulations marginales,
au nombre de 64 en série longitudinale, de ^ en série transversale; ligne latérale
supérieure s’étendant sur 53 à 56 écailles, prolongée sur le pédicule caudal, l’inférieure
s’étendant sur 35 à 40 écailles.
Le spécimen unique, assez mal conservé, est olivâtre en dessus, blanc en
dessous; des traces de barres foncées en travers du dos; une tache foncée sur
l’opercule.
Longueur totale : 15 centimètres.
Ce poisson a été découvert dans le Tanganika, à Albertville, par M. le
lieutenant Hecq, en l’honneur duquel j’ai le plaisir de nommer l’espèce type du genre
si remarquable qui vient s’ajouter à tant d’autres de la même famille récemment
décrits du grand lac.
MASTACEMBELI D/E.
MASTACEMBELUS, Gronow.
MASTACEMBELUS ELLIPSIFER.
$
PI. XLVII, fl g. 4.
La hauteur du corps est contenue 10 1/2 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tète 7 fois. L’anus est situé à égale distance de la tête et de la
nageoire caudale et séparé de la tète par un espace triple de la longueur de la
tète. Le museau est 3 fois aussi long que l’œil et est prolongé en un appendice
trifide égal en longueur à ce dernier; la fente buccale est petite, elle ne s’étend
même pas jusqu’au-dessous de la narine; une forte épine érectile, en partie cachée
dans un sillon, sous la narine; deux fortes épines au préopercule. Il y a continuité
entre les nageoires dorsale, anale et caudale, cette dernière courte et arrondie; la
dorsale a 31 épines, dont les dernières croissent en longueur, et 70 rayons mous;
l’anale a 2 épines, la première très courte, la deuxième à peine plus longue que la
dernière épine de la dorsale; les rayons mous de l’anale sont en même nombre,
mais plus courts, que ceux de la dorsale; la distance entre la première épine de la
127
dorsale et la tète égale le tiers de la longueur de celle-ci. La longueur de la
nageoire pectorale est contenue 3 fois dans la longueur de la tète. Les écailles sont
extrêmement petites : 20 entre l’origine de la dorsale molle et la ligne latérale.
Jaunâtre (en alcool), avec 12 bandes elliptiques brunes, plus foncées au bord,
en travers du dos; museau brun foncé; une bande de même teinte en travers de
l’occiput, descendant sur la région operculaire; des taches brunes arrondies sous la
ligne latérale, attenant avec les bandes dorsales; deux bandes foncées en travers de
la nageoire pectorale; nageoires verticales bordées de blanc.
Longueur totale : 26 centimètres.
Un exemplaire de Albertville, lac Tanganika (collection Hecq).
La présence d’une épine de chaque côté du museau distingue bien cette espèce
de ses congénères. Abstraction faite de ce caractère, elle se rapprocherait surtout
de M. marmoratus, Perugia, du Congo, qui en diffère encore par les épines
préoperculaires très faibles, la bouche beaucoup plus grande (s’étendant jusqu’au
dessous du bord postérieur de l’oeil), l’appendice rostral plus long (2 fois le
diamètre de l’oeil), les écailles un peu plus grandes, et par la coloration.
128
EXPLICATION DES PLA NCHE S
Ç
*
*
PL. XL.
Fig. 1. Labeo cyclorhynchus, p. 98. Grandeur naturelle.
» la. » » Tête vue en dessus.
» lb. •' ” Bouche ouverte.
» 2. » nasus. p. 99. Grandeur naturelle.
» 2a. « » Tête vue en dessus.
» 2b. « « Bouche ouverte.
« 3. Barbus congicus, p. 100. Grandeur naturelle.
» 4. « pleuropholis, p. 100. Grandeur naturelle.
” 5. Clielæthiops elongatus, p. 101. Grandeur naturelle.
PL. XLI.
Fig. 1. Clarias longiceps, p. 103. Grandeur naturelle.
» la. « » Tète vue en dessus.
» 2. Eutropius laticeps, p. 105. Grandeur naturelle.
» 3. Parailia congica, p. 106. Grandeur naturelle.
» 4. Gephyroglanis longipinnis. p. 109. Grandeur naturelle.
» 4a. >• « Tête vue en dessus.
PL. XLII.
Fig. 1. Chrysichthys punctatus, p. 107. Grandeur naturelle.
la.
» Tête vue en dessus
lb.
99
« Dentition.
2.
99
Delhezi, p. 108. Grandeur naturelle.
2a.
99
« Tête vue en dessus.
2b.
99
» Dentition.
PL. XLIII.
Fig.
99
1 .
la.
lb.
2 .
2a.
2b.
Synodontis Soloni, p. 110. Grandeur naturelle.
» ” Tête vue en dessus, x 11/2..
» « Bouche ouverte, X 3.
» ornatipinnis, p. 111. Grandeur naturelle.
» » Tête vue en dessus, grandeur naturelle.
» » Bouche ouverte, x 3.
PL. XLIY.
Fig. 1. Lamprologus Hecqui, p. 115. Grandeur naturelle.
« 2. » brevis, p. 115. » »
» 3. ” tumbanus, p. 116. » «
» 4. » tretocephalus, p. 117. » »
« 5. » tetracanthus, p. lis. « »
» 6. Pseudoplesiops nudiceps, p. 118.
PL. XLV.
Fig. 1. Paratilapia cerasogaster, p. 118. Grandeur naturelle.
« 2 . ” moeruensis, p. 119. » »
» 3 . ” Demeusii, p. 120. » >■
» 4. » macrocephala, p. 121. » »
« 5. Tilapia Dolloi, p. 123.
„ 5a. » » Bouche ouverte, x 2.
» 6. » polyacanthus, p. 124. Grandeur naturelle.
„ 6a. » ” Bouche ouverte, X 2.
PL. XLYI.
Tilapia flavomarginata, p. 123. Grandeur naturelle, et bouche ouverte.
PL. XLYII.
Fig. 1. Haplochilus singa, p. 113. Grandeur naturelle,
„ ia. » » Tête vue en dessus, x 2 1/2.
„ 2 . ” elegans, p. 113. Grandeur naturelle.
„ 2 a. » ” Tête vue en dessus, X 3.
» 3. Xenochromis Hecqui, p. 125. Grandeur naturelle.
„ 3a. » » Bouche ouverte, x 2, vue de face.
„ 3 P, » » La même, vue de côté.
« 4. Mastacembelus ellipsifer, p. 126. Grandeur naturelle.
G. A. BOULENGER
POISSONS NOUVEAUX DU CONGO
SIXIÈME PARTIE
MORMYRES, CHARACINS, CYPRINS, SILURES,
ACANTHOPTERYGIENS, DIPNEUSTES
Les deux précédents fascicules ont traité principalement des collections rapportées
par feu Paul Delhez (1). Dans les pages suivantes se trouvent décrits divers poissons
découverts dans la région du Bas-Congo par M. le commandant Cabra, dans le Haut-
Congo par M. le commandant Weyns, dans la région de UUelle par M. le lieutenant
De Bauw, dans le lac Tanganika par MM. les capitaines Descamps et Hecq; enfin, et
surtout, les récoltes de la mission Lemaire au Tanganika et au Katanga, dont la plus
grande partie a déjà fait l’objet d’un travail paru dans les Transactions de la Société Zoolo¬
gique de Londres. Cette société ayant bien voulu permettre la reproduction des planches
qui accompagnent ce Mémoire (pi. LIII à LV de ces Annales), tous les types d’espèces
nouvelles découverts jusqu’ici parles officiers et employés de l’État Indépendant se trouvent
figurés dans le premier volume de la section zoologique des Annales du Musée du Congo.
(1) Mort à Bruxelles, le 15 août 1900, à l’âge de trente ans, au retour d’un voyage au Sénégal entrepris à ma requête
pour la récolte des poissons. Qu’il me soit permis d’exprimer ici les vifs regrets que me cause cette perte et les senti¬
ments de profonde reconnaissance que je porte à la mémoire de ce jeune naturaliste et artiste, dont les collections faites
avec tant de zèle et d’enthousiasme pour le compte de l’Etat Indépendant ont beaucoup enrichi nos connaissances sur
faune ichthyologique du Congo.
Décembre 1900.
19
130
MORMYRIDÆ
MARCUSENIUS, Gill.
MARCUSENIUS CABRÆ
PL XLYIII, flg. 1.
Le corps est fortement comprimé, le dos arrondi. La hauteur du corps égale la
longueur de la tête et est comprise 4 2/3 ou 5 fois dans la longueur totale. La tête est
d’un quart ou d’un cinquième plus longue que haute, à profil supérieur convexe ; le
museau est arrondi, mesurant le quart de la longueur de la tête, dépassant un peu la
bouche; celle-ci est petite, sa largeur égale la longueur du museau; dents petites,
faiblement échancrées, 5 à la mâchoire supérieure, 6 à l’inférieure; narines également
distantes du bout du museau et de l’œil, l’antérieure au niveau du centre de celui-ci, la
postérieure au niveau de son bord inférieur ; œil petit, peu distinct, mesurant à peine
la moitié de la longueur du museau et le tiers de la largeur interoculaire. La nageoire
dorsale, composée de 16 à 18 rayons, mesure un peu plus du tiers de sa distance de
tête; elle commence au-dessus des 6 me à 8 me rayons de l’anale. L’anale, à 21 à 23 rayons,
tout au plus d’un tiers plus longue que la dorsale, est plus rapprochée de la base de
la caudale que de celle de la ventrale. La pectorale, obtusément pointue, mesure
à peu près les 3/4 de la longueur de la tête et 1 1/2 à 1 2/3 fois celle de la ventrale, dont
elle n’atteint pas la base. La caudale, écailleuse à la base, a les lobes arrondis ou
obtusément pointus. Le pédicule caudal est 2 à 2 1/2 fois aussi long que haut et mesure
tout au plus les 3/4 de la longueur de la tête. 57 à 60 écailles le long de la ligne
latérale, en série transversale sur le corps, entre la dorsale et l’anale, 12 autour
du pédicule caudal.
Brun foncé (en alcool).
Longueur totale : 125 millimètres.
Trois spécimens des marais de Kop-Malafu (Mayumbe), recueillis par M. le com¬
mandant Cabra.
CH ARACI NI DÆ
ALESTES, Müller et Troschel.
ALESTES LATERALIS
PL XLVIII, flg. 2.
La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise 4 à
4 1/2 fois dans la longueur totale. La tête est un peu plus longue que haute,
2 fois aussi longue que large ; le museau est un peu plus court que le diamètre
131
de l’œil, qui est compris 3 fois dans la longueur de la tête ; la paupière adipeuse
est peu développée ; la largeur interoculaire égale les 2/5 de la longueur de la
tête ; la largeur de la bouche est un peu inférieure au diamètre de l’oeil ; le maxil¬
laire n’atteint pas le bord antérieur de l’œil ; 16 dents ( § ) à la mâchoire supérieure,
disposées régulièrement, les antérieures tricuspides, les postérieures beaucoup plus
grands et à bord pluricuspide ; dents mandibulaires tricuspides, au nombre de 8;
la longueur du bord inférieur du second sous-orbitaire égale le diamètre de l’œil.
Branchiospines minces et longues, au nombre de 18 à 20 à la partie inférieure du
premier arceau. La nageoire dorsale, à 10 rayons, dont 8 branchus, commence au-
dessus de la base de la ventrale, à égale distance du bout du museau et de la
caudale, plus près de l’occiput que de la nageoire adipeuse; la longueur de sa
base fait la moitié de sa plus grande hauteur, qui égale la longueur de la tête.
La dorsale adipeuse, petite, est 2 1/2 fois aussi éloignée de la dorsale rayonnée
que de la caudale. La nageoire anale a 18 ou 19 rayons, dont 15 ou 16 branchus.
La pectorale est un peu plus longue que la ventrale, dont elle n’atteint pas la
base, et mesure les 3/4 de la longueur de la tête. La ventrale n’atteint pas l’ori¬
fice anal. La caudale est fourchue. Le pédicule caudal est 1 1/2 fois aussi long
que haut. 30 à 32 écailles le long de la ligne latérale, §-{jg en série transversale,
2 entre la ligne latérale et la racine de la ventrale.
Olivâtre en dessus, blanc argenté en dessous ; une bande latérale foncée, devenant
noire sur le pédicule caudal et les rayons médians de la nageoire caudale.
Longueur totale : 11 centimètres.
Plusieurs exemplaires ont été rapportés du lac Dilolo (Katanga) par la mission
Lemaire.
Cette espèce se rapproche de A. Lemairii, Blgr., du lac Moero, et de A.
senegalensis, Stdr., du Sénégal. Elle diffère du premier par les écailles plus nom¬
breuses et de tous deux par le corps plus allongé.
Les autres poissons trouvés dans le même lac par la mission Lemaire sont
Tilapia natalensis, M. Weber, T. Sparrmani, Smith, T. ovalis, Stdr., et un très
petit Haplochilus , d’espèce probablement nouvelle, dont les spécimens sont trop
mal conservés, malheureusement, pour que je puisse en donner une description.
Notons que le lac Dilolo, qui était considéré comme faisant partie du bassin du Zambèze,
n’appartient, d’après les découvertes de M. Lemaire, ni à celui-ci, ni au Congo. C’est
une sorte de Pool fermé qui, en dehors de l’époque des crues, ne communique avec aucun
exutoire.
NANNOCHARAX, Günther.
NANNOCHARAX ELONGATUS
PL XLVIII, fig. 3.
La hauteur du corps, qui n’est nullement comprimé, est comprise 6 1/2 à
7 fois dans la longueur totale, la longueur de la tête 4 1/2 à 5 fois. La tête a
les mêmes proportions que chez N. fasciatus et la bouche et les branchiospines sont
f
132
en tous points semblables. La nageoire dorsale, également à 13 rayons, est plus rap¬
prochée du bout du museau que de la racine de la nageoire caudale, et la distance
qui la sépare de l’adipeuse est le double de la longueur de sa base. L’anale et la
caudale sont semblables à celles de N. fasciatus. La pectorale est un peu plus courte
que la tête et que la ventrale ; celle-ci atteint l’anus. La longueur du pédicule caudal
est le double, ou un peu plus du double, de sa hauteur. 52 à 57 écailles en série
longitudinale, en série transversale, 4 entre la ligne latérale et l’appendice écailleux
à la base de la ventrale.
Jaunâtre; 8 ou 9 barres brunes en travers du dos, alternant avec une série
de grandes taches plus ou moins distinctes de chaque côté du corps sur la ligne
latérale; une petite tache brune entre les premiers rayons de la dorsale, une plus
grande à la base de la caudale, et une petite sur chaque lobe de celle-ci.
Longueur totale : 68 millimètres.
Plusieurs individus du Haut-Congo, entre Nouvelle-Anvers et Stanley Falls, par
M. le commandant Weyns, qui a receuilli en même temps le A r . fasciatus G-thr., type
du genre, qui n’était connu que du Gabon et qui se distingue facilement de l’espèce
nouvelle par le corps moins allongé et le nombre des écailles (42-46 .
CYPRINIDÆ
BARBUS, Cuvier.
BARBUS KATANGÆ
PL XLIX, fig. 1.
La hauteur du corps est comprise 3 1/2 fois dans la longueur totale, la longueur
de la tête 4 1/2 fois. Le museau, arrondi, égale le diamètre de l’oeil, qui est compris
4 fois dans la longueur de la tête et 1 1/2 fois dans la largeur interoculaire ; la bouche
est petite, pourvue de barbillons, dont l’antérieur égale et le postérieur excède consi¬
dérablement le diamètre de l’oeil. La nageoire dorsale est formée de 10 rayons, dont
7 branchus ; le troisième rayon est une très forte épine osseuse dépourvue de
dentelures, dont la longueur égale celle de la tête ; elle est située à égale distance
de l’œil et de la racine de la caudale. L’anale a 6 rayons, dont 4 branchus, le
plus long mesurant à peine les 3/5 de la longueur de la tête. La pectorale mesure
les 3/4 de la longueur de la tête et n’atteint pas la base de la ventrale, dont le
dernier rayon tombe sous le premier de la dorsale. La nageoire caudale est fourchue.
Le pédicule caudal est près de 2 fois aussi long que haut. 35 écailles le long de
la ligne latérale, —| en série transversale, 4 entre la ligne latérale et la racine de
la ventrale.
Brun, olivâtre en dessus, jaunâtre en dessous ; trois taches noires arrondies
de chaque côté au-dessus de la ligne latérale : la première au-dessus de l’extrémité
133
de la pectorale, la deuxième sous les derniers rayons de la dorsale, la troisième
à la base de la caudale.
Longueur totale : 135 millimètres.
Un spécimen unique de Lofoi (Katanga), par la mission Lemaire.
BARBUS TROPIDOLEPIS
PI. XLIX, flg. 2.
La hauteur du corps est comprise 3 fois dans la longueur totale, la longueur
de la tête 4 à 4 1/2 fois. Le museau, large et arrondi, dépasse beaucoup la bouche;
le diamètre de l’oeil est compris 11/2 à 2 fois dans la longueur du museau, 4 1/2
à 5 1/2 fois dans la longueur de la tête, 2 à 2 1/2 fois dans la largeur interoculaire;
la bouche est petite et infère ; un très petit barbillon est en grande partie caché
dans l’angle des lèvres. La nageoire dorsale est formée de 12 rayons, dont 9 branchus;
le 3 e rayon simple est très fort et entièrement osseux, mais ne porte aucune dente¬
lure, sa longueur égale au moins les 2/3 de celle de la tête; le bord libre est
échancré ; elle est située à égale distance de l’occiput et de la racine de la caudale.
L’anale a 7 rayons, dont 5 branchus, le plus long mesurant à peu près les 3/4 de
la longueur de la tête. La pectorale mesure à peu près les 3/4 de la longueur de
la tête et n’atteint pas la base de la ventrale, dont le premier rayon tombe sous
l’origine de la dorsale. La nageoire caudale est fourchue. Le pédicule caudal est
1 1/2 à 1 3/4 fois aussi long que haut. 44 à 46 écailles le long de la ligne
latérale, en série transversale, 5 entre la ligne latérale et la racine de la ventrale ;
les écailles, tout au moins celles situées sous la ligne latérale à partir des ventrales,
portent un renflement médian, formant ensemble des lignes saillantes ou carènes
obtuses très régulières le long du corps (1).
Olivâtre en dessus, blanchâtre en dessous.
Longueur totale : 55 centimètres.
Grande et très curieuse espèce découverte au Tanganika, presque simultanément
par M. Hecq à Albertville et par M. J.-E.-S. Moore à Usambura.
LEPTOCYPRIS, g. n.
Corps allongé, faiblement comprimé, à ventre arrondi. Écailles grandes ;
ligne latérale plus rapprochée du ventre que du dos, mais occupant à peu près le
milieu sur le pédicule caudal. Bouche assez grande, oblique ; pas de barbillons.
Sous-orbitaires grands, couvrant la joue. Nageoire dorsale sans épine, courte, à
10 rayons, commençant au-dessus des ventrales. Anale courte, à 8 rayons. Membranes
(1) Sans doute ce caractère n’est-il que passager et propre à l’époque des amours; il ne se voit pas chez les
jeunes.
134
branchiostèges unies à l’isthme. Dents pharyngiennes coniques, crochues, en deux
séries (5. 3 — 3. 5).
LEPTOCYPRIS MODESTUS
PL XLIX, fig. 3.
La hauteur du corps est comprise 5 2/3 à 6 fois dans la longueur totale,
la longueur de la tête 4 1/2 fois. Le bout du museau dépasse un peu la bouche,
qui s’étend jusqu’au-dessous du quart antérieur de l’oeil ; le diamètre de l’œil
égale la longueur du museau, la largeur interoculaire, et est compris 3 1/2 fois
dans la longueur de la tête. Branchiospines très courtes, rudimentaires. La nageoire
dorsale a 10 rayons, dont 8 branchus ; le premier correspond au premier de la
ventrale et est situé à égale distance du bout du museau et de la racine de la
caudale; le plus long rayon ne mesure que les 2/3 de la longueur de la tête. L’anale
a 8 rayons, dont 6 branchus. La pectorale, à 16 rayons, est pointue et mesure les
3/4 de la longueur de la tête. La ventrale n’atteint pas l’orifice anal. La caudale
est fourchue, à lobes pointus. Le pédicule caudal est 2 fois aussi long que haut.
40 écailles le long de la ligne latérale, jj en série transversale, 2 entre la ligne latérale
et la nageoire ventrale.
Longueur totale : 85 millimètres.
Deux individus décolorés proviennent des récoltes de M. Weyns dans le Haut-
Congo.
BARILIUS, Hamilton Buchanan.
BARILIUS WEEKSII
PL XLVIII, fig. 4.
La hauteur du corps est comprise 5 fois dans la longueur totale, la longueur
de la tête 4 1/4 fois. La tête, à profil supérieur très légèrement courbé, est
2 1/2 fois aussi longue que large; le museau, très pointu, dépasse légèrement
l’extrémité de la mâchoire inférieure et égale la largeur interoculaire ou le diamètre
de l’œil, qui est compris 3 2/3 fois dans la longueur de la tête ; la bouche s’étend
jusqu’au-dessous du tiers antérieur de l’œil ; pas de barbillons ; les sous-orbitaires
couvrent entièrement la joue. Branchiospines courtes, au nombre de 9 à la branche
inférieure du premier arceau. La nageoire dorsale, à 11 rayons, dont 8 branchus,
est insérée entièrement en avant de l’anale et commence à égale distance de l’occiput
et de la racine de la caudale. L’anale, à 13 rayons, dont 10 branchus, est falci-
forme, les rayons antérieurs étant beaucoup plus longs que les postérieurs. La pec¬
torale, très pointue, est plus courte que la tête et est loin d’atteindre la base de
la ventrale, qui ne s’étend pas jusqu’à l’anus. La caudale est fourchue. Le pédicule
135
caudal est deux fois aussi long que haut. 39 écailles le long de la ligne latérale,
| en série transversale, 2 entre la ligne latérale et la nageoire ventrale.
Argenté, olivâtre sur le dos.
Longueur totale : 7 centimètres.
Un seul exemplaire fait partie d’une petite collection recueillie à Monsembé,
Haut-Congo, par le révérend J.-H. Weeks et offerte par lui au British Muséum.
BARILIUS WEYNSII
PI. XLVIII, fig. 5.
La hauteur du corps est comprise 5 fois dans la longueur totale, la longueur de la
tête 4 1/2 fois. La tête, à profil supérieur très légèrement courbé, est 2 fois aussi longue
que large ; le museau, pointu, dépasse à peine l’extrémité de la mâchoire inférieure et
égale la largeur interoculaire ou le diamètre de l’oeil, qui est compris 3 1/2 fois dans la
longueur de la tête; la narine postérieure est extrêmement grande, en fente verticale;
1a. bouche s’étend jusqu’au-dessous du centre de l’oeil ; pas de barbillons; l’espace nu entre
le second sous-orbitaire et le préopercule mesure à peine le quart de la largeur de celui-là.
Branchiospines très courtes, rudimentaires. Ladorsale ail rayons, dont 8 brancbus, le
tiers postérieur de sa base au-dessus de l’anale, commençant un peu plus près de la
racine de la caudale que de l’occiput; elle est plus élevée en avant qu’en arrière, ses
plus longs rayons mesurant un peu moins de la moitié de la longueur de la tête, et son
bord est un peu échancré. L’anale, de même forme, a 17 ou 18 rayons, dont 14 ou
15 branchus. La pectorale, très pointue et aussi longue que la tête, n’atteint pas la
ventrale, qui ne s’étend pas jusqu’à l’anus. La caudale est fourchue. Le pédicule caudal
est deux fois aussi long que haut. 44 ou 45 écailles le long de la ligne latérale, \ en
série transversale, 1 entre la ligne latérale et la nageoire ventrale.
Argenté, olivâtre sur le dos.
Longueur totale : 95 millimètres.
Deux exemplaires du Haut-Congo ont été reçus de M. le commandant Weyns.
Cette espèce et la précédente ont déjà été caractérisées brièvement dans le précédent
fascicule de ces Annales, p. 103 (décembre 1899).
SI LU RI DÆ
CLARIAS, Gronow.
CLARIAS BREVICEPS
PL XLVIII, fig. 6.
La hauteur du corps est comprise 6 à 8 fois dans la longueur totale, la longueur
de la tête 4 1/2 à 5 fois. La tête est remarquablement courte, à contour arrondi, sa
136
plus grande largeur, qui n’est inférieure à sa longueur que de 1/7, est entre l’oeil et
l’opercule; le dessus de la tête est lisse; le sus-oceipital se termine en pointe; les
fontanelles sont petites, la frontale en forme de semelle et mesurant 1/5 de 1a, longueur
de la tête, l’occipitale ovale et en partie sur le processus occipital ; l’œil est très petit,
son diamètre étant compris 3 fois dans la longueur du museau et 6 fois dans la largeur
inter orbitaire, qui égale la moitié de la longueur de la tête. La largeur de la bouche
égale la moitié de la longueur de la tête ; la bande de dents prémaxillaires est 5 fois aussi
longue que large et de même largeur que la bande de dents vomériennes qui est également
formée de dents coniques. Le barbillon nasal mesure les 3/5 de la longueur de la tête ;
le barbillon maxillaire est aussi long ou un peu plus long que la tête et atteint
l’extrémité de la nageoire pectorale ; le barbillon mandibulaire interne égale le nasal et
les 2/3 de l’externe. Les branchiospines sont minces et assez espacées, au nombre de 20
au premier arceau. Les clavicules sont cachées sous la peau. La nageoire dorsale a
58 ou 60 rayons, l’anale en a 40 ou 42 ; elles n’atteignent pas la caudale, dont la racine
est séparée de la dorsale par un espace supérieur au diamètre de l’œil ; la distance
entre le premier rayon de la dorsale et l’occiput égale la moitié de la longueur de la tête.
La pectorale mesure environ la moitié de la longueur de la tête ; l’épine, lisse, fait à peu
près les 2/3 de la longueur de la nageoire. La ventrale est beaucoup plus rapprochée du
bout du museau que de la caudale. Celle-ci mesure la moitié de la longueur de la tête.
Brun noirâtre en dessus, blanc brunâtre en dessous.
Longueur totale : 190 millimètres.
Deux exemplaires des marais de Siala Ntoto, Mayumbé, par M. le commandant
Cabra.
Cette espèce est voisine de G. liocephalus, Blgr. et de C. liberiensis , Stdr.
Elle diffère de toutes deux par sa tête encore plus courte. En outre, de la première,
par les rayons moins nombreux à la dorsale et à l’anale ; de la seconde par la
forme de la tête dont la plus grande largeur est derrière les yeux et non aux
opercules, le barbillon nasal plus court et l’espace très sensible qui sépare la dorsale
de la caudale.
Clarias breviceps porte à sept le nombre des espèces connues du bassin du
Congo, sans compter le C. mêlas , Blgr. (Ann. & Mag. N. H. [5] XIX, 1887,
p. 148), que je considère maintenant comme type d’un genre nouveau, Clariallabes,
qui se distingue par le bouclier céphalique incomplet, la plaque postorbitaire seule
étant présente, les tempes restant à nu ; en outre, 1a, peau se continue sur l’œil, qui
est dépourvu de bord libre. Clariallabes établit le passage de Clarias à Gymnallabes,
Grthr., chez lequel le casque fait absolument défaut, dont les nageoires paires sont
plus réduites et dont le corps est plus anguilliforme encore. Le Clariallabes
mêlas , découvert par M. F. Hens dans les lagunes et les marais du Bas-Congo
en 1886, n’a plus été retrouvé depuis et le spécimen conservé au British Muséum
reste unique.
137
EUTROPIUS, Müller et Troschel.
Synopsis des espèces du Congo :
I. Barbillon maxillaire plus long que le mandibulaire postérieur ; museau dépassant la mandibule.
Dorsale au-dessus des ventrales; pectorale beaucoup plus longue que la
tête; hauteur du corps 4 à 4 1/3 fois dans la longueur totale; A. 52-60. . E. congolensis, Leach.
Dorsale en partie en avant des ventrales; nageoire pectorale à peine plus
longue que la tête; hauteur du corps 3 2/5 fois dans la longueur totale;
.. E- Grenfelli, sp. n.
Dorsale entièrement en avant des ventrales ; nageoire pectorale un peu
plus courte que la tête ; hauteur du corps 4 fois dans sa longueur totale ;
^ 38-40 . E. Eebauwi, sp. n.
II. Barbillon maxillaire plus court que le mandibulaire postérieur; museau ne dépassant pas la mandibule
dorsale entièrement en avant des ventrales; pectorale plus courte que la tête.
Hauteur du corps 3 1/2 fois dans la longueur totale ; A. 45 ; bande de dents
voméro-palatines aussi large que la bande prémaxillaire.• • E. laticeps, Blgr.
Hauteur du corps 3 3/4 à 4 fois dans la longueur totale ; A. 53 ; bande de
dents voméro-palatines beaucoup plus étroite que la bande prémaxillaire . E. Lemairü, sp n.
EUTROPIUS GRENFELLI
PI. L, lig. 1.
La hauteur du corps est comprise 3 2/5 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 5 fois. La tête est 1 2/5 fois aussi longue que large; le
museau, un peu plus long que l’œil, 2 fois aussi large que long, dépasse nettement
la mâchoire inférieure ; le diamètre de l’œil est compris 4 fois dans la longueur
de la tête ; le barbillon nasal mesure le tiers de la longueur de la tête, le maxil¬
laire les 5/6 ; le mandibulaire antérieur est aussi long que l’œil, le postérieur
mesure les 3/5 de la longueur de la tête. Bande de dents voméro-palatines ininter¬
rompue, un peu moins large que la bande prémaxillaire. Les brancbiospines sont
courtes et espacées, au nombre de 10 au premier arceau. La nageoire dorsale,
dont la moitié de la base est en avant du plomb des ventrales, a 6 rayons branchus,
dont le plus long égale la longueur de la tête ; l’épine est assez mince, à serrature
postérieure faible, sa longueur, y compris l’appendice filamenteux qui le termine,
excède un peu la longueur de la tête; la distance du bout du museau à la dorsale
est comprise 1 3/4 fois dans la distance de celle-ci à la caudale. La dorsale adipeuse
est très petite. 52 rayons à l’anale. La pectorale est à peine plus longue que la tête,
atteigannt la racine de la ventrale ; l’épine, faiblement dentelée au bord interne, est un
peu moins longue que la tête. La ventrale mesure les 2/3 de la tête. La caudale est
fourchue, à lobes pointus, un peu plus longue que la tête.
Blanc argenté, dos brun (en alcool) ; une grande tache noirâtre arrondie au-
dessus de l’épaule.
Longueur totale : 215 millimètres.
Le spécimen unique, type de l’espèce, a été rapporté du Congo et offert au
Bristish Muséum par le révérend George Grenfell, auquel l’espèce est dédiée.
138
EUTROPIUS DEBAUWI
PL L, flg. 2.
La hauteur du corps est comprise 4 à 4 1/2 fois dans la longueur totale,
la longueur de la tête 5 fois. La tête est 1 1/2 à 1 3/4 fois aussi longue que
large; le museau est aussi long que l’oeil et dépasse un peu la mâchoire inférieure;
le diamètre de l’œil est compris 3 1/2 fois dans la largeur de la tête; le barbillon
nasal mesure le 1/4 ou le 1/5 de la longueur de la tête, le maxillaire les 3/4,
le mandibulaire postérieur la 1/2. La nageoire dorsale, située bien en avant des
ventrales, a 5 rayons branchus, dont le plus long mesure les 2/3 de la longueur
de la tête; l’épine est assez mince et distinctement dentelée en avant et en arrière;
la distance du bout du museau à la dorsale est comprise plus de 2 fois dans la
distance de celle-ci à la caudale. La dorsale adipeuse est très petite. 38 à 40 rayons à
l’anale. La pectorale est plus courte que la tête, n’atteignant pas la ventrale, qui
mesure à peine la moitié de la longueur de la tête. La caudale est fourchue.
Jaunâtre (en alcool); un trait noirâtre le long du milieu de la caudale; un
second, parallèle au premier, sur le lobe supérieur.
Longueur totale : 7 centimètres.
Deux individus jeunes, provenant de l’Uerre, font partie d’une petite collection
due aux soins de M. le lieutenant De Bauw.
EUTROPIUS LEMAIRII
PL L, flg. 3.
La hauteur du corps est comprise 3 3/4 à 4 fois dans la longueur totale, la lon¬
gueur de la tête 4 1/2 à 4 2/3 fois. La tête est un peu plus longue que large; le
museau, un peu plus long que le diamètre de l’œil, 2 1/2 à 3 fois aussi large
que long, ne dépasse ni n’est dépassé par la mâchoire inférieure ; le diamètre de
l’œil est compris 5 à 5 1/2 fois dans la longueur de la tête, 3 à 3 1/2 fois dans
la largeur interoculaire ; le barbillon nasal mesure le 1/3 de la longueur de la tête,
le maxillaire les 2/5, le mandibulaire antérieur le 1/5, le mandibulaire postérieur
la 1/2. La bande de dents voméro-palatines est ininterrompue, étroite, mesurant à
peine la moitié de la largeur de la bande prémaxillaire. Les branchiospines sont assez
longues et espacées, au nombre de 14 ou 15 au premier arceau. La nageoire
dorsale, située entièrement en avant des ventrales, a 6 rayons branchus, dont le
plus long ne mesure que les 2/3 de la longueur de la tête ; l’épine, qui mesure un
peu plus de la moitié de la longueur de la tête, est médiocrement forte, à serrature
faible au bord postérieur de sa. moitié supérieure ; la distance du bout du museau
à la dorsale est comprise près de 2 fois dans la distance de celle-ci à la caudale.
La dorsale adipeuse est très petite. L’anale a 53 rayons. La pectorale mesure les
139
2/3 de la longueur de la tête et n’atteint pas la racine de la ventrale ; l’épine est un
peu plus forte que celle de la dorsale et faiblement dentelée au bord interne. La ven¬
trale mesure un peu moins de la moitié de la longueur de la tête. La caudale est
fourchue, à lobes obtus, plus courte que la tête.
Brun foncé en dessus, blanc en dessous, les côtés du corps finement pointillés
de noirâtre ; une grande tache noirâtre derrière l’épaule.
Deux individus, mesurant 30 et 16 centimètres respectivement, ont été recueillis
à Lofoi (Katanga) par la mission dirigée par M. le capitaine Lemaire.
CHRYSICHTHYS, Bleeker.
CHRYSICHTHYS MYRIODON
PI. LI.
La hauteur du corps est contenue 4 1/2 fois dans la longueur totale, la lon¬
gueur de la tête 3 1/3 à 3 1/2 fois. La tête est large et très déprimée, d’un sixième plus
longue que large, rugueuse sur le vertex et sur l’occiput; le museau est largement
arrondi et dépasse à peine la mâchoire inférieure ; sa longueur égale le tiers de celle
de la tête et le double du diamètre de l’œil, qui est compris 6 fois dans la longueur de
la tête et 2 ou 2 1/2 fois dans la largeur interoculaire; le prolongement occipital, rugueux
comme l’occiput, est en contact avec le bouclier de l’interépineux, qui est triangu¬
laire et un peu plus long que large; le barbillon nasal mesure les 3/4 ou les 4/5 du
diamètre de l’œil, le maxillaire un peu plus de la moitié de la longueur de la tête; le
barbillon mandibulaire interne mesure le 1/3 de la longueur de la tête, l’externe un peu
moins de la moitié. Les dents voméro-ptérygoïdiennes, très fines et très serrées comme
les prémaxillaires et les mandibulaires, forment une large bande en fer à cheval ininter¬
rompue ; sa largeur sur la ligne médiane est un peu moindre que celle de la bande
prémaxillaire, mais elle s’élargit beaucoup en arrière et excède de beaucoup celle-ci sur
les ptérygoïdiens. La nageoire dorsale a 6 rayons mous ; l’épine, rugueuse mais non
dentelée, mesure presque la moitié de la. longueur de la tête et les 3/4 ou les 4/5 des
plus longs rayons mous. La dorsale adipeuse est un peu plus longue que haute; sa base
égale les 2/3 de celle de la dorsale rayonnée et le tiers de la distance qui la sépare de
celle-ci. La nageoire anale a 12 ou 13 rayons, dont 8 ou 9 branchus. L’épine pectorale,
un peu plus longue et plus forte que celle de la dorsale, est faiblement striée et armée
à son bord interne d’assez fortes dents réclinées, au nombre d’une vingtaine. La
nageoire ventrale n’atteint pas l’anale. La nageoire caudale est profondément échan-
crée, à lobes obtusément, pointus ; les rayons externes mesurent le double des médians.
Le pédicule caudal est 1 2/3 ou 2 fois aussi long que haut.
Brun olivâtre en dessus, blanc en dessous.
Longueur totale : 47 centimètres
Ce grand silure habite le lac Tanganika. Un individu a été reçu d’Albertville,
de M. le capitaine Hecq. Un second a été rapporté de Tembwi, sur la côte ouest, par
M. J. E. S. Moore.
140
Cette espèce est voisine de C. Cranchii, Leach, qui vit aussi dans le Tanganika.
Comparé à un individu de même taille que ce dernier, C. myriodon diffère tout
d’abord par ses dents plus fines et plus nombreuses, s’étendant beaucoup plus loin
sur les ptérygoïdiens où les bandes s’élargissent fortement au lieu de s’atténuer en
arrière; ensuite, l’œil est plus grand (7 fois dans la longueur de la tête, 3 fois
dans la largeur interoculaire chez un C. Cranchii de 45 centimètres) ; enfin l’épine
pectorale est plus longue et plus fortement dentelée au bord postérieur.
CICHLIDÆ
LAMPROLOGUS, Schilthuis.
LAMPROLOGUS LEMAIRII
Bout.eng. Tr. Zool. Soc. XV, 1899, p. 88, pl. XVIII, fig\ 1.
PL LUI, flg. 1.
La hauteur du corps est comprise 3 à 3 1/2 fois dans la longueur totale, la lon¬
gueur de la tête 2 3/4 fois. Le museau est aussi long ou un peu plus long que le diamètre
de l’œil, qui est compris 3 à 4 fois dans la longueur de la tète et excède la largeur
interorbitaire; le maxillaire s’étend un peu au delà du bord antérieur de l’œil; quelques
canines modérément grandes en avant à la mâchoire supérieure, suivies d’une bande
étroite de dents minuscules très serrées ; dents latérales très petites ; joues nues; quelques
petites écailles caduques sur l’opercule. Branchiospines courtes, au nombre de 9 ou 10 à
la partie inférieure du premier arceau. Dorsale à 19 épines et 7 rayons mous; épines
subégales à partir de la 5 me , mesurant un peu plus du tiers ou les 2/5 de la longueur
de la tête et la moitié ou les 3/4 des plus longs rayons mous. Pectorale mesurant les 3/5
de la longueur de la tête. Ventrale atteignant ou dépassant l’origine de l’anale. Celle-ci a
8 épines et 5 rayons mous; les épines croissent en longueur jusqu’à la dernière, qui
excède un peu les plus longues épines de la dorsale. Caudale arrondie. Pédicule caudal
un peu plus long que haut. 40 à 48 écailles en série longitudinale, ^ en série trans¬
versale ; ligne latérale supérieure sur 25 à 30 écailles, l’inférieure sur 13 à 19.
Brun clair; la plupart des écailles à bord foncé; une bande oblique noirâtre
s’étend du tiers antérieur de l’œil au maxillaire ; une grande tache noirâtre sur l’opercule;
trois bandes obliques noirâtres sur le dos, dirigées en avant et prolongées sur la base de
la dorsale; dorsale et anale noirâtres à l’extrémité; une grande tache noire entre les
quatre ou cinq premières épines de la dorsale.
Longueur totale : 22 centimètres.
Un exemplaire a été recueilli à Moliro, lac Tanganika, par l’expédition Lemaire
en 1898. Un second, de grande taille, a été rapporté de Kibwesi, ainsi qu’un troisième
de Msambu, par M. J. E. S. Moore.
PARATILAPIA, Bleeker.
PARATILAPIA DEWINDTI
141
Bouleng. Tr. Zool. Soc. XV, 1899, p. 88, pl. XVIII, iïg. 2.
PL LUI, fig. 2.
La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise environ 3 fois
dans la longueur totale. Le museau, dont le profil est courbé, est plus court que l’oeil,
dont le diamètre excède la largeur interorbitaire et est compris 2 2/3 ou 2 3/4 fois dans
la longueur de la tête; le maxillaire s’étend jusqu’au dessous du quart antérieur de l’oeil;
les dents sont très petites, en 3 ou 4 séries à chaque mâchoire, les externes à peine plus
grandes que les autres; 2 ou 3 séries d’écailles sur la joue; de grandes écailles sur
l’opercule. Branchiospines assez longues, lancéolées, au nombre de 17 ou 18 à la partie
inférieure du premier arceau. La dorsale comprend 12 ou 13 épines et 12 ou 13 rayons
mous; les épines croissent en longueur jusqu’à la 8 me ou la 9 me , qui mesure les 2/5 ou
la moitié de la longueur de la tête et les 3/4 des plus longs rayons mous. La pectorale
est un peu plus courte que la tête et s’étend jusqu’à l’origine de l’anale. La ventrale
est prolongée en un long filament qui dépasse l’origine de l’anale. Celle-ci a 3 épines
et 9 rayons mous ; la 3 me épine, 1a, plus longue, mesure les 2/5 de la longueur de la
tête ; les rayons mous médians sont prolongés, aussi longs que la tête ou un peu plus
courts. La caudale est profondément échancrée, en croissant. Le pédicule caudal est
1 1/3 fois aussi long que haut. Les écailles, à bord finement denticulé, sont au nombre
de 37 ou 38 en série longitudinale, de ^ en série transversale; la ligne latérale supé¬
rieure s’étend sur 29 ou 30 écailles, l’inférieure sur 14 ou 15.
Gris en dessus, blanc en dessous ; quatre raies jaunâtres le long de chaque côté ;
pectorales jaunâtres ; les autres nageoires grises foncées ou noirâtres.
Longueur totale : 10 centimètres.
Lac Tanganika. — Les types ont été recueillis à Moliro par la mission Lemaire.
Nom indigène : Likuko.
Cette espèce a été nommée en mémoire du jeune géologue De Windt, attaché à
l’expédition Lemaire, qui périt accidentellement dans le lac Tanganika en 1898. Elle
est très voisine de P. ventralis, dont elle diffère surtout par la dentition et la nageoire
pectorale plus courte.
TREMATOCARA
Bouleng. Tr. Zool. Soc. XV, 1899, p. 89.
Dents minuscules, coniques, formant une bande étroite aux deux mâchoires.
Maxillaire caché sous le préorbitaire quand la bouche est close. Des cavités mucifères
grandes et très profondes creusées sur le dessus et les côtés du crâne et sous la
mandibule. Corps modérément allongé ; écailles cycloïdes ; ligne latérale unique, réduite
à quelques écailles derrière la tête. 10 épines à la nageoire dorsale, 3 à l’anale.
142
TREMATOCARA MARGINATUM
Bouleng. 1. c. pl. XIX, fig. 1.
PL LIV, fig. 1.
La hauteur du corps est comprise 3 1/2 fois dans la longueur totale, la longueur
de la tête 2 2/3 ! à 3 fois. Museau à profil supérieur courbé, plus court que l’œil, dont
le diamètre excède la largeur interorbitaire et est compris 2 1/2 fois dans la longueur
de la tête; la bouche s’étend jusqu’au dessous du bord antérieur de l’œil; joue nue;
quelques écailles caduques sur l’opercule ; os nasaux, frontaux, préorbitaires, sous-
orbitaux, préoperculaires et mandibulaires caverneux, creusés de grandes cavités cou¬
vertes d’une peau fine et séparées par des cloisons étroites. Branchiospines courtes, au
nombre de 10 à 1a, partie inférieure du premier arceau. Nageoire dorsale à 10 épines
et 11 rayons mous ; les épines mesurant les 2/5 de la longueur de la tête et un peu
moins que les plus longs rayons mous. Pectorale pointue, aussi longue que la tête.
Ventrale atteignant l’origine de l’anale. Celle-ci à 3 épines et 10 rayons mous ; la
3 me épine presque aussi longue que les dorsales. Caudale profondément échancrée, en
croissant. Pédicule caudal 1 1/2 fois aussi long que haut. 29 ou 30 écailles en série
longitudinale, f en série transversale ; ligne latérale sur 6 ou 7 écailles.
Brunâtre en dessus, blanc en dessous ; une bande latérale bleuâtre ; nageoires
jaunâtres, la dorsale et l’anale bordées de noirâtre.
Longueur totale : 8 centimètres.
Lac Tanganika. — Découvert à Moliro par l’expédition Lemaire et retrouvé
à Albertville par M. le capitaine Hecq.
Nom indigène à Moliro : Lilowé.
PELMATOCHROMIS, Steindachner.
Ce genre, dont on connaît huit espèces de l’Afrique occidentale, vient s’ajouter
à la liste, déjà nombreuse, des Cichlidæ du lac Tanganika. L’espèce nouvelle décou¬
verte par M. le capitaine Hecq porte à quatre le nombre des espèces du bassin du
Congo. On peut les distinguer facilement à l’aide du tableau suivant.
I. Ligne latérale inférieure aussi longue, ou pi’esque aussi longue que la supérieure.
6-7
D. XV-XVI14-15 ; Sq. 55-58 3 . P. polylepis, sp. n.
18 J-5
D. XIV-XVI 12-14; Sq. 31-36 . P. Interdis, Blgr. (1).
8-10
II. Ligne latérale inférieure confinée à la région caudale.
D. XIII 11 ; Sq. 28-30 L. P. congicus, Blgr.
D. XV 10; Sq. 29 Lip. P. ocellifer, Blgr.
(1) Espèce à coloration très variable. Je ne puis en séparer le poisson décrit tout récemment sous le nom
de Pelmatochromis lepidurus, Pellegrin, d’après des spécimens provenant de Nganchou sur le Congo (Collection
de Brazza).
143
PELMATOCHROMIS POLYLEPIS
PL LU, fig. 1.
La hauteur du corps est comprise 2 1/2 à 2 2/3 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 3 à 3 1/3 fois. Le museau, dont le profil descend en ligne droite,
mesure 11/3 fois le diamètre de l’œil; il est très élevé, car sa longueur n’excède pas
la largeur de la région préorbitaire ; le diamètre de l’œil est compris 3 1/2 à 3 2/3 fois
dans la longueur de la tête, là 1 1/4 fois dans la largeur interoculaire ; le maxillaire
s’étend presque jusqu’au dessous du bord antérieur de l’œil ; les dents sont très
petites, en 4 ou 5 séries irrégulières à chaque mâchoire, celles de la série externe plus
grandes que les autres ; 4 ou 5 séries d’écailles sur la joue; opercule couvert d’écailles
plus grandes. Branchiospines courtes, en forme de lamelles à bord libre festonné,
au nombre de 14 ou 15 à la partie inférieure du premier arceau. La nageoire dorsale
a 15 ou 16 épiues et 14 ou 15 rayons mous; les épines sont modérément fortes, subégales
à partir de la 6 nie , qui mesure les 2/5 ou un peu plus du tiers de la longueur de la
tête. La nageoire anale a 3 épines et 8 rayons mous ; la troisième épine est beaucoup
plus forte que les épines de la dorsale, elle mesure près de la moitié de la longueur
de la tête. La nageoire pectorale est pointue, falciforme, au moins aussi longue que
la tête. La ventrale, à rayon externe prolongé en filament, atteint l’anus. La nageoire
caudale est assez fortement, échancrée. Le pédicule caudal est un peu plus long que
haut. Les écailles, à hord denticulé, sont au nombre de 55 à 58 en série longitu¬
dinale, de 29 ou 30
en série transversale ; il y a deux lignes latérales très étendues ;
la supérieure, perçant 25 à 31 écailles, se termine sous les premiers rayons mous de
la dorsale; l’inférieure, commençant un peu en arrière de l’épaule, s’étend sur 47 ou
48 écailles et atteint la nageoire caudale.
Le corps semble avoir été doré, olivâtre sur le dos; des lignes d’un brun
violacé s’étendent le long de la nageoire dorsale et souvent aussi sur la caudale, for¬
mant parfois un réseau à larges mailles.
Ce poisson, qui atteint une longueur de 30 centimètres, provient du lac Tanga-
nika. Il a été envoyé d’Albertville par M. le capitaine Hecq et M. J. E. S. Moore l’a
rapporté de Kinyamkolo et de Kibwesi.
Cette espèce nouvelle, appartenant à un genre dont on ne connaissait pas
encore de représentant dans le lac Tanganika, est voisine de P. latercilis, Blgr., du
Congo. Elle en diffère surtout par les écailles beaucoup plus nombreuses.
ECTODUS
Bouleng. Tr. Zool. Soc. XV, 1898, p. 21.
Dents petites, coniques, en deux rangées à chaque mâchoire ; les dents externes
de la mâchoire inférieure dirigées horizontalement en dehors, perpendiculaires aux
internes. Maxillaire caché sous le préorbitaire quand la bouche est close. Un grand
144
renflement papilleux de chaque côté du pharynx, entre les branchies. Corps plus ou
moins allongé; écailles cténoïdes ; deux lignes latérales. 13 a 15 épines à la doisale,
3 à l’anale.
Ce genre, propre au lac Tanganika, est représenté par 3 espèces bien caracté¬
risées. Vaillant (Bull. Mus. Paris, 1899, p. 221) en a décrit, très brièvement, une
quatrième (E. Foœ) ; mais j’ai pu m’assurer, sur le type même, que cette espèce nomi¬
nale est fondée sur un jeune individu de Tilapia grandoculis.
Synopsis des espèces :
D. XIII-XIV 13-14; A. III 8; Sq. 34-35 ^^; museau un peu plus court
que l’œil . . . ,. E - Descampsü, Blgr.
D. XIII-XIV 16-17; A. III 13; Sq. 43 44 ? E ; museau un plus long quel’œil. E melanogemjs Blgr.
D. XV 15; A III 17; Sq. 44 | ; museau plus long que l’œil . . ... E. longianalis , Blgr.
ECTODUS DESCAMPSII
Bouleng. Tr. Zool. Soc. XV, 1898, p. 21, llg. XV, et 1899, p. 90, pl. XIX, flg. 2.
PL LIV, flg. 2 .
La hauteur du corps est comprise 3 1/2 à 3 4/5 fois dans la longueur totale,
la longueur de la tête 3 fois. Le museau, à profil supérieur courbé, est un peu
plus court que l’oeil, dont le diamètre égale les 2/3 de la largeur interoculaire et est
compris 2 4/5 fois dans la longueur de la tête ; la bouche s étend en arrière jus¬
qu’entre la narine et l’œil; deux séries d’écailles sur la joue; opercule nu. Branchio-
spines courtes, au nombre de 11 à la partie inférieure du premier arceau. Dorsale
à 13 ou 14 épines et 13 ou 14 rayons mous ; épines minces, croissant en longueur
jusqu’à la dernière, qui mesure à peu près les 2/3 de la longueur de la tête et un
peu moins que les rayons mous. Pectorale obtusément pointue, mesurant les 2/3 de
la longueur de la tête. Ventrale atteignant l’anus. Anale à 3 épines et 8 rayons
mous ; la 3 me épine un peu plus courte que les épines de la dorsale. Caudale
échancrée. Pédicule caudal 11/2 fois aussi long que haut. 34 ou 35 écailles en série
longitudinale, en série transversale ; ligne latérale supérieure sur 27 ou 28 écailles,
l’inférieure sur 14 ou 15.
Brun pâle en dessus, jaunâtre en dessous; nageoires jaunes; une tache noire
arrondie sur l’arrière de la dorsale épineuse.
Longueur totale : 95 millimètres.
Lac Tanganika. — Découverte par M. le capitaine Descamps, en l’honneur
duquel elle a été nommée, cette espèce a été retrouvée à Moliro par l’expédition
Lemaire.
145
ECTODUS MELANOGENYS
Bouleng. Tr. Zool. Soc. XV, 1898, p. 21, fig., et p. 91, pl. XIX, fig. 3.
PL LIY, fig. 3.
La hauteur du corps est comprise de 5 à 5 1/4 fois dans la longueur totale,
la longueur de la tête 3 1/2 fois. Museau allongé, à profil presque droit, faible¬
ment incliné, mesurant 1 2/3 fois le diamètre de l’œil, qui est compris 4 fois dans
la longueur de la tête et égale ou excède un peu la largeur interoculaire ; la bouche
s’étend en arrière jusqu’entre la narine et l’oeil; 3 séries d'écailles sur la joue; des
écailles caduques sur l’opercule. Branchiospines courtes, au nombre de \2 ou 13
sur la partie inférieure du premier arceau. Dorsale à 13 ou 14 épines et 17 rayons
mous ; épines minces, croissant en longueur jusqu’à la dernière, qui mesure à peu près
les 2/5 de la longueur de la tête ; derniers rayons mous prolongés, au moins aussi longs
que la tête. Pectorale pointue, un peu plus courte que la tête. Ventrale atteignant
l’origine de l’anale. Celle-ci à 3 épines et 13 rayons mous ; 3 me épine mesurant le
tiers de la longueur de la tête. Caudale profondément échancrée. Pédicule caudal
2 fois aussi long que haut. 43 ou 44 écailles en série longitudinale, en série
transversale; ligne latérale supérieure sur 30 ou 31 écailles, l’inférieure sur 14 à 16.
Gris en dessus, blanc en dessous ; une tache bleu pâle au milieu de chaque
écaille du dos; une tache noirâtre sur l’opercule; menton et membrane branchiostège
noirâtres ; dorsale grise, tachetée et striée de blanchâtre, avec une grande tache ovale
noirâtre au milieu de la partie épineuse; anale grise, striée de blanchâtre; pectorale
et caudale, jaunâtres, celle-ci à bandes noirâtres en croissants; ventrales noirâtres à
l’extrémité.
Longueur totale : 11 centimètres.
Lac Tanganika. — Découvert par M. le capitaine Descamps et retrouvé à
Moliro par l’expédition Lemaire.
Nom indigène à Moliro : Losorella.
ECTODUS LONGIANALIS
Bouleng. Tr. Zool. Soc. XV, 1809, p. 91, pl. XIX, fig. 4.
Pl. LIY, fig’. 4.
La hauteur du corps est comprise 5 fois dans la longueur totale, la longueur
de la tête 3 fois. Museau allongé, à profil supérieur un peu convexe, mesurant
1 1/2 fois le diamètre de l’oeil, qui est compris 3 1/2 fois dans la longueur de la tête
et 2/3 fois dans la largeur interoculaire; la bouche s’étend en arrière jusqu’entre la
narine et l’œil; 3 séries d’écailles sur la joue; des écailles caduques sur l’opercule.
Branchiospines courtes, au nombre de 12 sur la partie inférieure du premier arceau.
I
146
Dorsale à 15 épines et 15 rayons mous ; épines minces, croissant en longueur jusqu’à
la dernière, qui mesure le tiers de la longueur de la tête ; rayons mous un peu
plus longs. Pectorale pointue, mesurant les 4/5 de la longueur de la tête. Ventrale
atteignent presque l’origine de l’anale. Anale à 3 épines et 17 rayons mous ; la 3 me épine
mesure le quart de la longueur de la tête. Caudale profondément échancrée. Pédicule
caudal deux fois aussi long que haut. 44 écailles en série longitudinale, | en série
transversale; ligne latérale supérieure sur 31 écailles, l’inférieure sur 17 ou 18.
Brunâtre en dessus, blanchâtre en dessous ; une tache noirâtre sur l’opercule ;
une série latérale de taches foncées assez indistinctes ; dorsale grisâtre, les autres
nageoires jaunâtres.
Longueur totale : 97 millimètres.
Lac Tanganika. — Le spécimen unique (femelle), recueilli à Moliro par
l’expédition Lemaire, a la bouche et le pharynx remplis d’embryons dans un état
avancé, ce qui prouve que cette espèce, comme tant d’autres de la même famille,
protège sa progéniture de cette façon bizarre mais très effective.
GRAMMATOTRIA
Boüleng. Tr. Zool. Soc. XV, 1899, p. 90.
Mâchoires étroites, garnies d’une bande de dents minuscules et coniques
et d’une rangée externe de dents un peu plus grandes. Maxillaire caché sous le
préorbitaire quand la bouche est close. Un grand renflement papilleux de chaque
côté du pharynx, entre les branchies. Corps allongé; écailles cténoïdes ; trois lignes
latérales incomplètes. 15 épines à la dorsale, 3 à l’anale.
GRAMMATOTRIA LEMAIRII
Bouleng. 1. c. pl. XVIII, fig. 3.
PI. LUI, fi g. 3.
La hauteur du corps est comprise 4 fois dans la longueur totale, la longueur
de la tête 3 fois. Museau à profil supérieur légèrement convexe, mesurant 1 1/2 fois
le diamètre de l’oeil, qui égale la largeur interoculaire et est compris 3 2/3 fois
dans la longueur de la tête ; maxillaire s’étendant en arrière jusqu’entre la narine
et l’œil; 3 séries d’écailles sur la joue; opercule couvert d’écailles. Branchiospines
courtes, au nombre de 12 à la partie inférieure du premier arceau. Nageoire dorsale
à 15 épines et 14 rayons mous; épines minces, égales à partir de la 5 e , qui
mesure le tiers de la longueur de la tête et égale les plus longs rayons mous J
Pectorale pointue, presque aussi longue que la tête, atteignant l’origine de l’anale.
Ventrale atteignant l’anus. Anale à 3 épines et 10 rayons mous ; la 3 e épine un
peu plus forte mais plus courte que celles de la dorsale. Caudale profondes ent
147
échancrée, en croissant. Pédicule caudal 2 1/2 fois aussi long que haut. Écailles
à bord finement denticulé, au nombre de 55 en série longitudinale, de ~ en série
transversale; la ligne latérale supérieure s’étend sur 48 à 52 écailles, la médiane
sur 26, l’inférieure sur 13 à 15, les deux dernières seules atteignent la racine de la
nageoire caudale.
Brun pâle en dessus, jaunâtre en dessous; une petite tache brune sur l’oper¬
cule ; une tache brune arrondie sur le pédicule caudal à la base de la nageoire
caudale ; dorsale grisâtre, quelques taches blanches arrondies sur la partie molle ;
les autres nageoires jaunâtres.
Longueur totale : 175 millimètres.
Lac Tan’ganika. Le type unique a été recueilli à Moliro par l’expédition Lemaire ;
un second individu, plus petit, d’Albertville, a été envoyé par M. le capitaine Hecq.
Non indigène à Moliro : Murungi.
XENOTILAPIA
Bouleng. Tr. Zool. Soc. XV, 1899, p. 92, et Proc. Zool. Soc. 19UÜ, p. 3.
Bouche petite, très protractile ; deux séries de dents minuscules et coniques à la
mâchoire supérieure; une série de petites dents coniques, dirigées en dehors, à la
mâchoire inférieure. Maxillaire caché sous le préorbitaire quand la bouche est close.
Un grand renflement papilleux de chaque côté du pharynx, entre les branchies. Corps
modérément allongé; écailles cténoïdes; trois lignes latérales, dont deux incomplètes.
14 ou 15 épines à la dorsale, 3 à l’anale.
XENOTILAPIA SIMA
Bouleng. 1. c. pl. XIX, fig. 5.
PL LIV, fig. 5.
La hauteur du corps est comprise 4 à 4 1/2 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 3 à 3 1/4 fois. Museau très court et élevé, très abrupt et convexe;
œil très grand, ovale, son diamètre égal aux 2/5 de la longueur de la tête et de
beaucoup supérieur à la largeur interorbitaire; bouche presque droite, horizontale,
s’étendant jusqu’au dessous du bord antérieur de l’œil ; 3 ou 4 séries d’écailles sur la
joue ; des écailles caduques sur l’opercule. Branchiospines très courtes, larges, tronquées,
au nombre de 9 à la partie inférieure du premier arceau. Nageoire dorsale à 14 ou
15 épines et 12 ou 13 rayons mous ; épines subégales à partir de la 5 me , mesurant le
tiers de la longueur de la tête. Pectorale pointue, aussi longue que la tête. Rayon
interne de la ventrale prolongé en filament et s’étendant un peu au delà de 1 origine
de l’anale. Celle-ci à 3 épines et 11 ou 12 rayons mous; la 3 me épine mesure le tiers
148
de la .longueur de la tête. Caudale profondément échancrée en croissant. Pédicule
caudal 2 fois aussi long que haut. Écailles à bord fortement denticulé, au nombre de
38 à 41 en série longitudinale, de JA en série transversale; ligne latérale supérieure
complète, s’étendant sur 32 à 36 écailles, la médiane sur 21 à 25, l’inférieure sur 5 à 16.
Brunâtre pâle, avec quelques grandes taches plus foncées; une tache noire sur
l’opercule; une tache dorée sur le sous-opercule; dorsale grisâtre, les autres nageoires
jaunâtres.
Longueur totale : 14 centimètres.
Lac Tanganika. — Cette espèce a été découverte à Moliro par l’expédition
Lemaire. D’autres exemplaires ont été envoyés d’Albertville par M. le capitaine Hecq.
Nom indigène à Moliro : Lu fuma.
TROPI4EUS, Boulenger.
TROPHEUS ANNECTENS
PL LU, fig. 2.
La hauteur du corps est comprise à 1/2 â 2 2/3 fois dans la longueur totale,
la longueur de la tête 3 1/4 à 3 1/3 fois. Le museau descend en forte courbe, le
profil supérieur de la tête formant un quart de cercle ; le diamètre de l’œil égale la
longueur du museau et est compris 3 1/2 fois dans la longueur de la tête, 1 1/2 fois
dans la largeur interoculaire ; la bouche s’étend jusqu’au dessous du bord antérieur de
l’œil ; les dents sont excessivement nombreuses et absolument semblables à celles de
T. Moorii ; 5 séries d’écailles sur la joue ; de grandes écailles sur l’opercule. Les
branchiospines sont courtes, au nombre de 12 à la partie inférieure du premier arceau.
La nageoire dorsale se compose de 20 épines et de 5 ou 6 rayons mous ; les épines
sont égales à partir de la 6 me ou de la 7 me , qui mesure un peu moins de la moitié
de la longueur de la tête; les rayons mous sont à peine plus longs. La pectorale est
un peu plus courte que la tête. La ventrale est prolongée en filament et s’étend un
peu au delà de l’origine de l’anale. L’anale a 4 épines et 6 ou 7 rayons mous ; ces
épines croissent en longueur jusqu’à la dernière et sont aussi longues et plus fortes
que celles de la dorsale. La caudale est très légèrement échancrée. Le pédicule caudal
est aussi long que haut. 28 à 30 écailles en série longitudinale, A en série transver¬
sale; la ligne latérale supérieure s’étend sur 21 écailles, l’inférieure sur 7.
Longueur totale : 8 centimètres.
Deux individus mal conservés d’Albertville, lac Tanganika (collection Hecq).
Cette espèce est extrêmement voisine de T. Moorii, Blgr., dont elle diffère par
la présence de 4 épines seulement à l’anale au lieu de 6. Sous ce rapport elle établit
un trait d’union entre les genres Tropheus et Simochromis.
149
TILAPIA, Smith.
TILAPIA RUBROPUNCTATA
Bouleng. Tr. Zool. Soc. XY, 1899, p. 93, pl. XX, fig. 2.
PL LY. fie. 1.
La hauteur du corps est comprise 3 fois dans la longueur totale, la longueur
de la tête 2 2/3 à 2 3/4 fois. Le profil du museau descend en ligne droite; le -diamètre
de l’œil est compris 2 fois dans la longueur du museau, 4 1/2 fois dans la longueur
de la tête, et égale la largeur interoculaire; la bouche est assez grande, égale les 3/4
de la largeur de la tête et s’étend en arrière jusqu’entre la narine et l’œil ; les dents
sont très petites, en 4 ou 5 séries, les externes bicuspides, au nombre de 44 à 48 à
la mâchoire supérieure, séparées par un espace très considérable des autres dents qui
sont encore plus petites et tricuspides ; quelques écailles caduques sur la joue ; de
grandes écailles sur l’opercule. Les brancliiospines sont courtes, minces, au nombre
de 12 ou 13 à la partie inférieure du 1 er arceau. La dorsale est composée de 15 ou
16 épines et de 9 ou 10 rayons mous ; les épines sont égales en longueur à partir de
la 6 e ou de la 7 e , qui mesure le 1/3 de la longueur de la tête et les 2/3 des plus longs
rayons mous. La pectorale est obtusément pointue, mesurant les 2/3 de la longueur de la
tête, n’atteignant pas l’anus. L’anale a 3 épines et 7 rayons mous ; la 3 e épine est un peu
plus courte que les épines de la dorsale. La caudale est tronquée. Le pédicule caudal est
aussi long que haut. Les écailles sont pour la plupart dépourvues de denticulations
marginales, on en compte 32 ou 33 en série longitudinale, ^ en série transversale ; la
ligne latérale supérieure s’étend sur 21 ou 22 écailles, l’inférieure sur 11 à 13.
La coloration est très brillante. Brun olive en dessus, jaune pâle en dessous ;
des barres foncées en travers du dos ; un point rouge vermillon au centre de chaque
écaille du dos et des côtés du corps ; tête tachetée et marbrée de brun violacé ;
mâchoire inférieure et partie inférieure de la région operculaire jaune vif; nageoires
dorsale et caudale jaune vif, tachetées de brun foncé; pectorale jaune; membrane
branchiostège, région pectorale, bord externe des ventrales et anale rouge vermillon.
Longueur totale : 12 centimètres.
Lac Tanganika. — Découverte à Moliro par l’expédition Lemaire, cette espèce
a été retrouvée par M. le capitaine Hecq à Albertville.
Nom indigène à Moliro : Kasanga Malengi.
Cette espèce est très voisine de T. Horii. Elle en diffère par l’œil un peu plus
petit et par les écailles un peu plus nombreuses. La valeur de ces caractères est
cependant sujette à caution et T. rubropunctata pourrait bien devoir passer en syno¬
nymie de T. Horii.
150
T1LAPIA DARDENNII
Bouleng. Tr. Zool. Soc. XV, 1899, p. 92, pl. XX, fig. 1.
PL LV, fig. 2.
La hauteur du corps est comprise 3 à 3 1/3 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 3 1/3 à 3 1/2 fois. Le profil supérieur du museau est fortement
courbé; le diamètre de l’oeil, à peine plus court que le museau et égal ou un peu
inférieur à la largeur interoculaire, est compris 3 1/2 fois dans la longueur de la
tête; la bouche est petite, mesurant les 3/5 de la largeur de la tête et s’étendant
en arrière jusqu’entre la narine et l’oeil ; les dents sont très petites, en 4 ou 5 séries,
les externes bicuspides, au nombre de 30 à 36 à la mâchoire supérieure, séparées par
un espace très considérable des autres dents, qui sont encore plus petites et tricuspides ;
5 ou 6 séries d’écailles sur la joue ; de grandes écailles sur l’opercule. Branchiospines
courtes et épaisses, au nombre de 13 à la partie inférieure du premier arceau. La dorsale
est composée de 18 ou 19 épines et 10 rayons mous ; les 6 me à 9 me épines sont les
plus longues, ne mesurant pas tout à fait la moitié de la longueur de la tête, un peu
plus courtes que les plus longs rayons mous. La pectorale est pointue, aussi longue que
la tête ou un peu plus courte, n’atteignant pas l’origine de l’anale. La ventrale atteint
ou n’atteint pas tout à fait l’anus. L’anale a 3 épines et 8 rayons mous ; la 3 me épine
est aussi longue et beaucoup plus forte que les plus longues épines de la dorsale. La
caudale est faiblement échancrée. Le pédicule caudal est 1 2/3 à 1 3/4 fois aussi long
que haut. Les écailles, pour la plupart à bord denticulé, sont au nombre de 36 ou 37 en
série longitudinale, de ^ en série transversale; la ligne latérale supérieure s’étend sur
42 à 26 écailles, l’inférieure sur 17 à 20.
Jaune olivâtre en dessus, argenté en dessous; 10 ou 11 barres foncées en travers
de la région dorsale, la première entre les yeux; des lignes jaunes le long des séries
d’écailles ; nageoires jaunâtres, la dorsale avec des marbrures olives, la pectorale et
l’anale rouges à la base.
Longueur totale : 155 millimètres.
Lac Tanganika. — Cette espèce, découverte à Moliro par l’expédition Lemaire,
a été retrouvée par M. le capitaine Hecq à Albertville.
Nom indigène à Moliro ; Sangani.
Le nom spécifique est destiné à rappeler les services rendus par M. Dardenne,
l’excellent artiste attaché à l’expédition Lemaire.
TILAPIA (jRANDOCULIS
Bouleng. Tr. Zool. Soc. XV, 1899, p. 94, pl. XIX, fig. 6.
Ectodus Foæ, Vaillant, Bull. Mus. Paris, 1899, p. 221.
Pl. LIV, fig. 6.
La hauteur du corps est comprise 3 1/3 à 3 3/4 fois dans la longueur totale,
la longueur de la tête 3 à 3 1/3 fois. Le museau est court, à profil convexe; l’œil est
151
très grand, son diamètre un peu supérieur à la longueur du museau et à la largeur
interoculaire, compris 2 1/2 fois dans la longueur de la tête; la bouche est petite, sa
largeur la moitié de celle de la tête, s’étendant en arrière jusqu’entre la narine et
l’oeil; dents très petites, en 4 ou 5 séries, celles de la série externe plus grandes,
bi- ou tricuspides ; quelques écailles caduques sur la joue ; des écailles plus grandes sur
l’opercule. Branchiospines très courtes, assez épaisses, au nombre de 17 à la partie
inférieure du premier arceau. La dorsale a 13 ou 14 épines et 14 rayons mous ; les
épines sont grêles, égales en longueur à partir de la 7 me , mesurant les 2/5 de la
longueur de la tête, un peu plus courtes que les plus longs rayons mous. Pectorale
falciforme, un peu plus longue que la tête, atteignant l’origine de l’anale. Ventrale
prolongée en un long filament qui s’étend au delà de l’origine de l’anale. Celle-ci a
3 épines et 9 ou 10 rayons mous ; la 3 me épine est plus forte mais plus courte que les
épines de la dorsale. La caudale est profondément échancrée en croissant. Le pédicule
caudal est un peu plus long que haut. Les écailles, dont la plupart ont le bord denticulé,
sont au nombre de 58 à 63 en série longitudinale, de en série transversale ; la ligne
latérale supérieure s’étend sur 58 à 60 écailles, l’inférieure sur 26 à 36.
Brun en dessus, à taches foncées mal définies, blanc en dessous ; pectorales
jaunâtres ; les autres- nageoires noirâtres vers le bord.
Longueur totale : 115 millimètres.
Cette espèce est fondée sur un exemplaire unique de Moliro, lac Tanganika,
recueilli par l’expédition Lemaire en 1898. Le type de Ectodus Foæ, que M. le professeur
Vaillant a bien voulu me permettre d’examiner au Muséum de Paris, a été obtenu
par M. Foa sur 1a, côte sud du lac.
TILAPIA MICROLEPIS
Bouleng-. Tr. Zool. Soc. XV, 1899, p. 94, pl. XX, fi g. 3.
PL LV, fig. 3.
La hauteur du corps est comprise 3 1/3 à 4 fois dans la longueur totale, la
longueur de la tête 3 à 3 1/3 fois. > Museau descendant en ligne droite ou un peu
convexe, 1 1/2 à 1 2/3 fois le diamètre de l’œil, qui est compris 4 à 4 1/2 fois dans la
longueur de la tête et 1 à 1 1/3 fois dans la largeur interoculaire; largeur de la bouche
les 3/5 de celle de la tête ; maxillaire s’étendant en arrière jusqu’entre 1a, narine et
l’œil; dents très petites, en 4 ou 5 rangées très rapprochées, les externes plus grandes,
bicuspides, la pointe secondaire très petite et parfois absente chez l’adulte (1); 7 ou
8 séries d’écailles sur la joue; opercule couvert d’écailles plus grandes. Branchiospines
courtes, assez épaisses, au nombre de 13 à 15 à la partie inférieure du premier
arceau. La dorsale est composée de 16 ou 17 épines et de 13 à 15 rayons mous ;
les épines sont subégales à partir de la 5 me ou de la 6 me et mesurent à peu près le
(1) Certains individus (collection Hecq), reçus depuis la description de cette espèce, pourraient même être
rapportés au genre Paratïlapia, tant la pointe secondaire est indistincte.
152
tiers de la longueur de la tête ; les rayons mous sont seulement un peu plus longs.
La pectorale est pointue, mesurant les 3/4 de la longueur de la tête, n’atteignant pas
l’anale. La ventrale est loin d’atteindre l’anus. L’anale a 3 épines et 9 rayons mous; la
3 me épine est aussi longue et un peu plus forte que les épines de la dorsale. La caudale
est profondément échancrée, en croissant. Le pédicule caudal est 2 à 2 1/2 fois aussi
long que haut. Les écailles, dépourvues de denticulations marginales, sont au nombre
de 80 à 90 en série longitudinale, de ^ en série transversale; la ligne latérale supé¬
rieure s’étend sur 45 à 54 écailles, l’inférieure sur 38 à 50.
Brun-olive clair en dessus, blanc en dessous ; des traces très faibles de barres
foncées en travers du dos et quatre taches noirâtres arrondies de chaque côté, la
dernière sur le pédicule caudal; nageoires jaunâtres.
Longueur totale : 18 centimètres.
Découverte en 1898 par l’expédition Lemaire à Moliro, côte sud-ouest du lac
Tanganika, où elle est désignée des indigènes sous le nom de Mocupi, cette espèce a
été retrouvée en 1899 par M. le capitaine Hecq à Albertville.
SPATHODUS, g. n.
Une seule série de dents grandes et peu nombreuses, très aplaties et un peu
élargies, arrondies-subtronquées à 1a. couronne, cylindriques et allongées à la base.
Maxillaire caché sous le préorbitaire quand la bouche est close. Corps modérément
allongé ; écailles cténoïdes ; deux lignes latérales. 23 épines à la dorsale, 3 à l’anale.
Ce genre est voisin de Eretmoclus, Blgr.
SPATHODUS ERYTHRODON
PL LU, flg. 2.
La hauteur du corps égale la longueur de la tête et est comprise 3 fois dans
la longueur totale. Le profil du museau est un peu courbé; le diamètre de l’œil est
compris 1 1/2 fois dans la longueur du museau, 4 fois dans la longueur de la tête,
et égale la largeur interoculaire ; la bouche s’étend jusqu’au dessous de la narine ;
16 à 20 dents à chaque mâchoire, à couronne d’un brun rouge ; la tête est entière¬
ment nue. Les branchiospines sont courtes, au nombre de 10 à la partie inférieure
du premier arceau. La nageoire dorsale se compose de 23 épines et de 5 rayons
mous; les épines, subégales à partir de la 5 me , mesurent le tiers de la longueur de
la tête, les plus longs rayons mous en mesurent la moitié. La pectorale mesure les
3/4 de la longueur de la tête. La ventrale atteint l’anale. Celle-ci a 3 épines et 6 ou
7 rayons mous; la troisième épine, la plus longue, est un peu plus longue que celle
de 1a, dorsale ; le plus long rayon mou mesure les 2/3 de la longueur de la tête. La
caudale est arrondie. Le pédicule caudal est plus haut que long. 30 ou 31 écailles en
série longitudinale, ^ en série transversale ; la ligne latérale supérieure s’étend sur
23 écailles, l’inférieure sur 10.
153
D’un brun noirâtre; ventre blanchâtre; nageoire caudale bordée de blanchâtre.
Longueur totale : 7 centimètres.
Deux individus d’Albertville, lac Tanganika (collection Iiecq).
A part la dentition, qui exige l’établissement d’un genre, ce petit poisson
ressemble étonnamment à Eretmodus cyanostictus , Blgr., également du lac Tanganika.
PLECODUS
Bouleng. Tr. Zool. Soc. XV, 1898, p. 22.
Dents grandes et peu nombreuses, unisériées, dilatées à la base, tronquées
à l’extrémité, comprimées d’avant en arrière, légèrement excavées à la face anté¬
rieure, courbées et dirigées en arrière; maxillaire exposé quand la bouche est close.
Écailles médiocrement grandes, non denticulées ; deux lignes latérales. 19 ou 20 épines
à la nageoire dorsale, 3 à l’anale.
PLECODUS PARADOXUS
Bouleng. 1. c. fig.
Pl. LU, fig. 4.
La hauteur du corps est comprise 4 fois dans la longueur totale, la longueur
de la tête 3 1/2 à 4 1/2 fois. Le profil supérieur du museau est un peu convexe;
le diamètre de l’oeil égale ou excède un peu la longueur du museau et est compris
3 fois dans la longueur de la tête, 1 à 1 1/4 fois dans la largeur interoculaire; le
maxillaire s’étend jusqu’au dessous du tiers antérieur de l’œil ; 14 dents à la mâchoire
supérieure, 12 à l’inférieure; 3 séries d’écailles sur la joue; de petites écailles sur
l’opercule. Branchiospines minces, assez courtes, au nombre de 16 à la partie infé¬
rieure du premier arceau. Nageoire dorsale composée de 19 ou 20 épines et de 12 à
14 rayons nous ; épines subégales à partir de la 7 e , mesurant les 2/5 de la longueur
de la tête. La ventrale atteint l’anus. L’anale est composée de 3 épines et de 11 ou
12 rayons mous ; la 3 e épine est plus forte et presque aussi longue que les épines de la
dorsale. La caudale est arrondie (?). Le pédicule caudal est 1 1/2 à 2 fois jaussi long que
haut. 65 à 75 écailles en série longitudinale, en série transversale ; ligne latérale
supérieure sur 50 à 57 écailles, l’inférieure sur 36 à 45.
Il ne m’est pas possible de rien dire de la coloration.
Longueur totale : 105 millimètres.
Lac Tanganika. — Le type de cette espèce, en mauvais état, provient de la
petite collection du capitaine Descamps. Deux autres individus, mieux conservés, ont
été recueillis par le capitaine Hecq à Albertville.
154
LEPIDOSIRENIDÆ
PROTOPTERUS, Owen.
On a cm longtemps à l’unité spécifique des Protoptères d’Afrique, tout comme
une étude par trop superficielle avait fait croire à l’existence d’une seule espèce de
Polypterus. Aussi la plupart des auteurs assignent-ils à l’espèce type, Protopterus
annectens, Owen, une aire géographique très vaste, s’étendant du Sénégal et du Nil
Blanc au Congo et au Zambèze. Il se peut bien que cette distribution soit correcte,
sauf en ce qui concerne le Congo, où on n’a jamais trouvé, que je sache, le véritable
P. annectens ; mais il n’est pas encore démontré que la forme du Nil Blanc (P. œthio-
picus, Heckel) soit réellement identique au Protoptère de la Gambie sur lequel a été
fondée l’espèce annectens. Les individus du Nil (empaillés), de Wadelai et du lac Albert-
Edouard que j’ai pu examiner ont un plus grand nombre d’écailles (55-62) à la
ligne latérale, l’origine de la dorsale est plutôt un peu plus rapprochée de l’anus que
de la tête, et je crois qu’il faut les considérer comme d’espèce distincte (1). Le seul
auteur récent qui se soit prononcé en faveur d’une distinction d’espèces est Anton
Schneider (2) ; cet anatomiste a donné des raisons, peu conclusives à mon avis, pour
réhabiliter l'espèce du Bas-Zambèze décrite par Peters sous le nom de Rhinocryptis
amphibius. Mais ayant pu, ainsi que W. N. Parker, retrouver sur des spécimens de la
Gambie le caractère tiré de la conformation des membres décrit par Peters et sur
lequel Schneider a surtout insisté (3), je ne puis que partager la manière de voir de
Peters lui-même en réunissant R. amphibius à P. annectens.
Quant au Protoptère qui se rencontre au Congo, ses caractères distinctifs sont
de telle importance que je ne pense pas devoir insister sur la valeur qu’il convient de
leur accorder. Ayant à proposer un nom pour cette espèce non encore décrite, je ne
crois pouvoir mieux faire que d’en choisir un destiné à rappeler le remarquable travail
de mon collègue du Musée de Bruxelles sur la phylogénie du groupe dont le genre
Protopterus fait partie (4).
Les principaux caractères qui distinguent les deux espèces dont j’ai pu examiner
un nombre suffisant d’exemplaires peuvent être brièvement formulés de la manière
suivante :
P. annectens , Owen. — Longueur de la tête 3 3/4 à 4 1/2 fois dans la distance
du bout du museau à l’anus ; 34 à 36 paires de côtes ; 40 à 50 écailles le long de la
ligne latérale jusqu’à l’anus ; diamètre de l’oeil compris 8 à 12 fois dans la longueur
(1) Je compte 35 paires de côtes chez un individu de l’Albert-Edouard.
(2) Zool. Ang. 1886, p. 524, et Zool. Beitr. II, 1887, p. 97.
(3) Il s’agit de la présence de paramères supportant les rayons exosquelettiques, paramères qui ont échappé
à beaucoup d’auteurs. Afin de dissiper les doutes qui pourraient encore subsister sur la nature de ces pièces, j’ai prié
mon ami le D r A. Willey de les soumettre à un examen microscopique, d’où il résulte qu’elles sont bien formées de
cartilage hyalin entouré d’une gaine de tissu ligamenteux.
(4) L. Dollo. Sur la Phylogénie des Dipneusies. Mém. Soc. Belge Géol. IX. 1895, p. 79.
155
de la tête, 2 1/2 à 3 1/2 fois dans la largeur interoculaire; origine de la nageoire
dorsale plus rapprochée de la tête que de l'anus.
P. Dolloi, sp. n. — Longueur de la tête 5 à 6 fois dans la distance du bout
du museau à l’anus; 54 paires de côtes; 86 à 91 écailles le long de la ligne latérale
jusqu’à l’anus ; diamètre de l’oeil compris 15 à 19 fois dans la longueur de la tête, 4
à 6 fois dans la largeur interoculaire ; origine de la nageoire dorsale beaucoup plus
rapprochée de l’anus que de la tête.
La découverte de cette dernière espèce vient infirmer d’une façon assez curieuse
un des caractères distinctifs dn genre Protopterus tel qu’on le concevait, et l’on ne
peut plus dire que Lepidosiren a le corps long et anguilliforme par rapport à Pro¬
topterus qui l’aurait relativement court et ramassé, puisque chez le premier la longueur
de la tête, prise à bon droit comme terme de comparaison (1), est comprise 6 à 8 fois
dans la longueur jusqu’à l’anus et que le nombre de côtes est à peu près le même
que chez Protopterus Dolloi. Voir aussi dans le travail cité de Dollo, la série des
Dipneustes vivants montrant l’allongement graduel du tronc ; Ceratodus, 27 paires
de côtes; Protopterus, 36; Lepidosiren , 55.
PROTOPTERUS DOLLOI
PI. LVI.
La hauteur du corps est comprise (chez les individus à queue intacte) 111/2 ou
12 fois dans la longueur totale, la longueur de la tête 9 1/4 ou 10 fois. La tête, dont
la longueur est comprise 5 à 6 fois dans la région précaudale, est d’un tiers ou d’un
quart plus longue que large ; le museau est largement arrondi ; l’œil est très petit,
son diamètre étant compris 15 à 19 fois dans la longueur de 1a, tête, 4 à 6 fois dans
la largeur inter oculaire ; certains individus ont la tête nue, d’autres ont des écailles
sur la, région occipitale. Les branchies externes sont distinctes, au nombre de deux
ou de trois; elles mesurent, chez les individus examinés, 1 1/4 à 4 fois le diamètre de
l’œil. L’origine de la nageoire dorsale est de 2 à 2 1/3 fois aussi éloigné de la tête que
de l’anus. Le membre antérieur, qui se termine en filament grêle, mesure 1 4/5 à
2 1/4 fois la longueur de la, tête; la frange est bien développée, à peu près aussi
large que l’axe qui la porte, et s’étend sur moins de la moitié de la longueur de
celui-ci ; le membre postérieur, moins prolongé en filament, et à frange tout à fait
rudimentaire ou absente, mesure 1 1/5 à 1 1/2 fois la longueur de la tête. La queue,
quand elle est intacte (2), se termine en un long filament et fait à peu près la moitié
de la longueur totale. L’anus est, à droite chez les individus examinés. Les écailles,
(1) Voir Ray Lankester, Tr. Zool. Soc. XIV, 1896, p. 15.
(2) Le grand individu figuré sur la planche LVI a la queue régénérée, ce qui arrive souvent chez ces
poissons, comme d’ailleurs chez les autres Dipneustes (Voir Traquair, Rep. Brit. Assoc. 1871, II, P- 143). En capti¬
vité il est presque impossible de conserver plusieurs individus dans le même aquarium, sans qu’ils s’amputent
mutuellement les nageoires, qui repoussent d’ailleurs très facilement, mais souvent sous des formes anormales.
156
jusqu’à l’anus, sont au nombre de 86 à 91 séries transversales ; 40 à 44 écailles autour
du milieu du corps.
J’ai trouvé 54 paires de côtes sur le spécimen unique que j’ai pu ouvrir.
Certains spécimens sont d’un brun olivâtre avec de grosses taches noirâtres
arrondies, d’autres sont uniformément noirâtres en dessus ; les parties inférieures sont
blanchâtres. Les lignes latérales se détachent en clair.
Les spécimens que j’ai examinés mesurent 47 à 83 centimètres de longueur
totale. Ils proviennent de Nouvelle-An ver s.
Je nai pas encore réussi à voir le Protoptère signalé sur la rive ouest du
Tanganika par feu le Père de Beerst, de la mission de Mpala, mais il est probable
qu’il appartient à P. annectens ou à P. œthiopicus. Anton Schneider, dans le travail
cité plus haut, dit avoir examiné un individu, qu’il identifie avec P. annectens , conservé
au Musée de Berlin, rapporté des environs du Tanganika par le voyageur Reichard;
mais mon collègue M. le Prof. Hilgendorf m’informe qu’il provient du district d’Ugalla,
qui est en dehors du bassin du Congo.
EXPLICATION DES PLANCHES
PL. XLVIII
Fig. 1. Marcusenius Cabræ, p. 130.
» 2. Alestes lateralis, p. 130.
» 3. Nannocharax elongatus, p. 131.
« 4. Barilius Weeksii, p. 134.
» 5. » Weynsii, p. 135.
» 6. Clarias breviceps, p. 135.
” 6a. » »» Tête vue en dessus.
Toutes les figures de grandeur naturelle.
PL. XLIX
Fig. 1. Barbus Katangæ, p. 132. Grandeur naturelle.
”2. »» tropidolepis, p 133. Réduit aux 3/4 de la longueur.
” 2a. - »» Dents pharyngiennes.
" 3. Leptocypris modestus, p. 134. Grandeur naturelle.
PL. L
Fig. 1. Eutropius Grenfelli, p. 137. Grandeur naturelle.
” 2. ’> Debauwi, p. 138. Grandeur naturelle.
”3 « Lemairii, p. 138. Réduit aux 3/4 de la longueur.
PL. LI
Chrysichthys myriodon, p. 139. Réduit aux 4/5 de la longueur.
Tête vue en dessus et dentition.
PL. LU
Fig. 1. Pelmatocliromis polylepis, p. 143. Réduit aux 3/4 de la longueur.
» 2. Tropheus annectens, p. 148. Grandeur naturelle.
» 3. Spathodus erythrodon, p. 152. Grandeur naturelle.
” 3a. »» »» bouche ouverte, X 5.
» 4. Plecodus paradoxus, p. 153. Grandeur naturelle.
” 4a »» bouche ouverte et de profil, X 2 1/2.
PL. LUI
Fig. 1. Lamprologus Lemairii, p. 140.
>» 2. Paratilapia Dewindti, p. 141.
»» 3. Grammatotria Lemairii, p. 146.
Toutes les figures de grandeur naturelle
PL. LIY
Fig. 1. Trematocara marginatum, p 142.
»> la, lb, « »» Tête vue de profil et en dessous, grossie
»» 2. Ectodus Descampsii, p. 144.
» 3. » melanogenys, p. 145.
” 4. »» longianalis, p. 145.
»> 5. Xenotilapia sima, p. 147.
» 6. Tilapia grandoculis, p. 150.
Toutes les figures de grandeur naturelle.
PL. LY
Fig. 1. Tilapia rubropunctata, p. 149.
»» 2. »> Dardennii, p. 150.
” 3. » microlepis, p. 151.
Toutes les figures de grandeur naturelle.
PL. LYI
Protopterus Dolloi, p. 155.
Deux individus, réduits aux 2/3 de la longueur, et bouche ouverte pour
montrer la dentition.
INDEX SYSTEMATIQUE
CROSSOPTERYGII
POLYPTERIDÆ
Polypterus Dolhozi.
DIPNEUSTI
LEPIDOSIRENIDÆ
Protopterus Dolloi.
TELEOSTEI
ELOPIDÆ
Elops congicus.
PAGES
61
155
21
Myomyras macrodon. . .
Gnathonemus Leopoldianus .
» Schilthuisiæ .
« kutuensis .
» miras. .
« elephas. . .
« rhynchophorus
« curvirostris .
» numenius .
Genyomyrus Donnyi .
Mormyrus ovis.
» caballus. . . .
» proboscirostris .
MORMYRIDÆ
CLUPEIDÆ
Mormyrops engystoma .
» parvus . .
« Masuianus .
« sirenoides
» curtus. . .
« lineolatus.
« nigricans.
» microstoma .
» attenuatus .
Marcusenius Cabræ . .
« nigripinnis .
» pulverulentus
« plagiostoma.
« Wilverthi .
Stomatorhinus puncticulatus
humilior .
» Corneti. .
» polylepis .
» microps .
3
65
4
4
66
5
66
6
6
130
67
68
7
8
69
70
71
71
9
Pellonula acutirostris ....
Odaxothrissa losera ....
CHARACINIDÆ
Hydrocyon Goliath ....
» vittatus ....
Bryconæthiops Yseuxi . . .
Alestes Liebrechtsii.
» lateralis.
» Fuchsii.
» Lemairii..
» bimaculatus ....
« grandisquamis....
Micralestes humilis ....
« altus.
« interraptus .
Petersius caudalis.
» Leopoldianus . . .
» Hilgendorfi ....
PAGES
10
72
73
74
11
12
12
13
14
17
15
16
16
63
64
23
24
82
29
130
83
84
85
85
87
88
88
89
90
91
160
PAGES
Petersius modes lus. 92
Eugnathichthys Eetveldii. 26
» macroterolepis. 75
Paraphago rostratus. 76
Phago intermedius.. 77
Neoborus ornatus. 78
Neolebias trilineatus.114
Distichodus altus. 80
« noboli. 81
« maculatus. 27
« atroventralis. 28
« fasciolatus. 28
Nannocharax elongatus.131
Citharinus macrolepis. 93
« gibbosus. 94
CYPRINIDÆ
Labeo velifer. 32
« longipinnis. 33
» lineatus. 34
» cyclorhynchus. 98
» falcifer. 35
” macrostoma. 36
» nasus. 99
« barbatus. 36
Barbus Katangæ.132
» congicus.100
» pleuropholis.100
« tropidolepis.133
Leptocypris modestus.134
Barilius Weeksii.102, 134
» Weynsii .103, 135
Chelæthiops elongatus.101
SILURIDÆ
Clarias longiceps.103
« breviceps. 135
Clariallabes mêlas.136
Eutropius Grenfelli.137
« Debauwi.138
» laticeps.105
” Lemairii.138
Parailia congica.106
Chrysichthys myriodon.139
« punctatus.107
» Delhezi.•. 108
” Wagenaari. 39
Chrysobagrus brevibarbis . 40
» longibarbis. 41
Gephyroglanis congicus. 42
» longipinnis.109
Synodontis caudalis. 44
» Depauwi. 45
» acanthomias. 46
PAGES
Synodontis Soloni.110
« ornatipinnis.111
» nummifer. 47
» décoras. 49
CYPRIN ODONTIDÆ
Haplochilus elegans.113
» singa.113
PRISTIPOMATIDÆ
Diagramma macrolepis. 50
CICHLIDÆ
Lamprologus tetracantlius. 118
” tretocephalus.117
” tumbanus.116
» Lemairii.140
» Hecqui.. . 115
« brevis.115
Paratilapia macrocephala.121
« Demeusii.120
« moeruensis.119
» cerasogaster.118
» Dewindti.141
Trematocara marginatum.142
Pseudoplesiops nudiceps.122
Pelmatochromis polylepis.143
Ectodus Descampsii.144
” melanogenys.145
» longianalis.145
Grammatotria Lemairii.146
Xenotilapia sima.147
Tropheus annectens.148
Tilapia flavomarginata ..123
» Dolloi.123
» Cabræ. 51
’• rubropunctata.149
« polyacanthus.124
« Dardennii.150
» grandoculis.150
» microlepis.151
Steatocranus gibbiceps. 52
Spathodus erythrodon.152
Xenochromis Hecqui.125
Plecodus paradoxus.153
LABRIDÆ
Teleogramma gracile. 53
MASTACEMBELIDÆ
Mastacembelus paucispinis. 55
” brachyrhinus. 55
» ellipsifer.126
TETRODONTIDÆ
Tetrodon mbu. 56
TABLE ALPHABÉTIQUE
DES
GENRES ET DES ESPÈCES
PAGES
acantliomias (Synodontis). 46
acutirostris (Pellonula). 63
Alestes. 29, 83, 130
« bimaculatiis. 85
» Fuchsii. 83
» grandisquamis. 85
» lateralis.130
« Lemairii. 84
” Liebrechtsii. 29
altus (Distichodus). 80
» (Micralestes). 88
annectens (Tropheus).148
atroventralis (Distichodus). 28
attenuatus (Mormyrops). 6
barbatus (Labeo). 36
Barbus.100, 132
” congicus. 100
« Katangæ.132
pleuropholis. 100
” tropidolepis.133
Barilius.102, 134
Weeksii.102, 134
» Weynsii.103, 135
bimaculatus (Alestes) .. 85
brachyrhinus (Mastacembelus). 55
brevibarbis (Chrysobagrus). 40
breviceps (Clarias).135
brevis (Lamprologus).115
Bryconæthiops. 82
» microstoma. 82
» Yseuxi........ 82
caballus (Mormyrus). 16
Cabræ (Marcusenius) ....
PAGES
130
« (Tilapia).
51
caudalis (Petersius) ....
89
” (Synodontis) ....
44
cerasogaster (Paratilapia)
118
Chelæthiops.
101
« elongatus....
101
Chrysichthys.
. . 39,
107
139
•’ Delhezi ....
108
myriodon . . .
139
” punctatus .
107
« Wagenaari . . .
39
Chrysobagrus .
40
” brevibarbis . .
40
” longibarbis . .
41
Citharinus.
93
« gibbosus ....
94
» macrolepis. . . .
93
Clariallabes.
136
” mêlas.
136
Clarias.
103
135
« breviceps .
135
» longiceps.
103
congica (Parailia).
105
congicus (Barbus).
100
» (Elops).
21
» (Gephyroglanis) . .
42
» (Polypterus). . . .
62
Corneti (Stomatorhinus) . . .
• /
71
curvirostris (Gnathonemus) . .
13
curtus (Mormyrops) ....
66
cyclorhynchus (Labeo) . . .
98
Dardennii (Tilapia).
.
150
162
Debauwi (Eutropius) . .
decorus (Synodontis) . . .
Delhezi (Chrysichthys)
» (Polypterus) . . .
Demeusii (Paratilapia) . .
Depauwi (Synodontis) . .
Descampsii (Ectodus) .
Dewindti (Paratilapia)
Diagramma.
« macrolepis . .
Distichodus.
« altus ....
» atroventralis
» fasciolatus . .
» maculatus .
» noboli. . . .
Dolloi (Protopterus) . . .
» (Tilapia).
Donnyi (Genyomyrus). . - .
Ectodus.
« Descampsii . . .
» Foæ.
» longianalis. . .
» melanogenys .
Eetveldii (Eugnathichthys) .
elephas (Gnathonemus) . .
elegans (Haplochilus) . . .
elongatus (Chelæthiops) .
« (Nannocharax)
ellipsifer (Mastacembelus)
Elops .
« congicus.
engystoma (Mormyrops). .
erythrodon (Spathodus) .
Eugnathichthys.
» Eetveldii.
« macroterolepis
Eutropius.
» Debauwi. . .
» Lemairii.
Grenfelli . . .
« laticeps ...
falcifer (Labeo).
fasciolatus (Distichodus) .
Fuchsii (Alestes) ....
flavomarginata (Tilapia) . .
Foæ (Ectodus).
Gephyroglanis.
” congicus . .
« longipinnis .
PAGES
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. 138
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Genyomyrus. 17
« Donnyi. 17
gibbiceps (Steatocranus) . . ... 52
gibbosus (Citharinus). . . 94
Gnathonemus. ?... 10, 72
» curvirostris. 13
» elephas. 12
« kutuensis. 74
.» Leopoldianus. 72
» miras. 11
« numenius. 14
« rhynchophorus . 12
» Schilthuisiæ ...... 73
Goliath (Hydrocyon). 23
gracile (Teleogramma) . . . 53
Grammatotria . 146
« Lemairii.146
grandisquamis (Alestes) . 85
grandoculis (Tilapia) . 150
Grenfelli (Eutropius).137
Haplochilus. . . 112
» elegans . . 113
« singa.113
Hecqui (Lamprologus).115
» (Xenochromis).125
Hilgendorfi (Petersius) ... ... 91
humilior (Stomatorhinus). 70
humilis (Micralestes). . 87
Hydrocyon. 23
« Goliath. 23
« vittatus. 24
intermedius (Phago). 77
interruptus (Micralestes). 88
Katangæ (Barbus) .. . 134
kutuensis (Gnathonemus). ... . . 72
Labeo.. . . 32, 97
« barbatus. 36
» cyclorhynchus. 98
» falcifer. 35
« lineatus.• . 34
macrostoma. .. 36
« nasus. 99
longipinnis .... .... 33
» velifer. 32
Lamprologus.115, 140
« brevis ..115
« Hecqui.115
« Lemairii. . . 140
« tetracanthus.118
163
Lamprologus tretocephalus ....
PAGES
. . 117
« tumbanus ....
. . 116
lateralis (Alestes) .
. . 130
laticeps (Eutropius).
. . 105
Lemairii (Alestes).
. . 84
« (Eutropius) .......
. . 138
» (Grammatotria).
. . 146
» (Lamprologus).
. . 140
Leopoldianus (Gnathonemus) . . .
. . 72
« (Petersius).
. . 90
Leptocypris.
. . 133
« modestus. . . • • •
. . 134
Liebrechtsii (Alestes).
. . 29
lineatus (Labeo).
. . 34
lineolatus (Mormyrops).
. . 5
longianalis (Ectodus).
. . 145
longibarbis (Chrysobagrus) ....
. . 41
longiceps (Clarias).
. . 103
longipinnis (Gephyroglanis) ....
. . 109
« (Labeo).
. . 33
losera (Odaxothrissa).
64
macrocephala (Paratilapia) ....
. . 121
macrodon (Myomyrus).
. . 10
macrolepis (Citharinus).
. . 93
» (Diagramma).
. . 50
macro terolepis (Eugnathichthys) . .
. . 75
macrostoma (Labeo).
36
maculatus (Distichodus).
. . 27
Marcusenius
7, 67, 130
» Cabræ .
. . 130
» nigripinnis.
. . 67
» plagiostoma.
. . 7
» pulverulentus ....
. . 68
» 1 Wilverthi.
. . 8
marginatum (Trematocara) ....
. . 142
Mastacembelus.
. 54, 126
» brachyrhinus. . . .
. . 55
» ellipsifer.
. . 126
» paucispinis ....
. . 55
Masuianus (Mormyrops).
. . 4
mbu (Tetrodon.
. . 56
melanogenys (Ectodus).
. . 145
mêlas (Clariallabes).
. . 136
Micralestes.
. . 86
» altus ........
. . 88
« humilis.
. . 87
interruptus.
. . 88
microlepis (Tilapia).
. . 151
microps (Stomatorhinus).
. . 9
microstoma (Bryconæthiops) . . .
. . 82
» (Mormyrops).
. . 6
mirus (Gnathonemus).
. . 11
modestus (Leptocypris) .
» (Petersius) . .
moeruensis (Paratilapia).
Mormyrops .....
» attenuatus .
» curtus. . .
« engystoma .
» lineolatus.
” Masuianus
» microstoma .
» nigricans .
» parvus. . .
» sirenoides
Mormyrus.
» caballus . .
ovis ....
« proboscirostris
Myomyrus.
« macrodon .
myriodon (Chrysichthys).
Nannocharax ....
« elongatus .
nasus(Labeo) . . .
Neoborus . . . .
« ornatus . . .
Neolebias . - .
« trilineatus
nigricans (Mormyrops) .
nigripinnis (Marcusenius)
noboli (Distichodns) . .
nudiceps (Pseudoplesiops)
numenius (Gnathonemus)
nummifer (Synodontis) .
Odaxothrissa . . . .
« losera .
ornatipinnis (Synodontis)
ornatus (Neoborus) . .
ovis (Mormyrus) .
paradoxus (Plecodus). .
Parailia.
« congica . . .
Paraphago ....
rostratus .
Paratilapia.
cerasogaster .
« Demeusii . .
” Dewindti .
» macrocephala
» moeruensis .
parvus (Mormyrops) . .
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164
PAGES
paucispinis (Mastacembelus). 55
Pellonula. 63
» acutirostris. 63
Pelmatochromis.143
« polylepis.143
Petersius. 89
« caudalis. 89
» Hilgendorfi. 91
» Leopoldianus. 90
» modestus. 92
Phago. 77
« intermedius. 77
plagiostoma (Marcusenius). 7
Plecodus. 153
» paradoxus.153
pleuropholis (Barbus).100
polyacanthus (Tilapia).124
polylepis (Pelmatochromis) . . . . . 143
» (Stomatorhinus). 71
Polypterus. 61
» congicus. 62
« Delhezi. . 61
proboscirostris (Mormyrus). 16
Protopterus.155
» Dolloi.155
Pseudoplesiops.121
» nudiceps. 122
pulverulentus (Marcusenius). 68
punctatus (Chrysichthys) ....... 107
puncticulatus (Stomatorhinus) ... 69
rhynchophorus (Gnathonemus) .... 12
rostratus (Paraphago). . . 76
rubropunctata (Tilapia) .149
Schilthuisiæ (Gnathonemus). .... 73
sima (Xenotilapia) ... 147
singa (Haplochilus).113
sirenoides (Mormyrops). 4
Soloni (Synodontis).110
Spathodus.152
« erythrodon. . 152
Steatocranus. 52
» gibbiceps. 52
Stomatorhinus.9, 69
» Corneti. 71
” humilior. 70
» microps. 9
PAGES
Stomatorhinus polylepis.- . 71
« puncticulatus. 69
Synodontis.43, 110
» acanthomias. 46
» caudalis. 44
« decorus. 49
« Depauwi. 45
nummifer. 47
« ornatipinnis ..111
» Soloni.110
Teleogramma. 53
gracile. 53
tetracanthus (Lamprologus).118
Tetrodon. 56
” mbu.. 56
Tilapia.51, 123, 149
» Cabræ. 51
» Dardennii.150
« Dolloi.123
” flavomarginata ..123
» grandoculis.150
” microlepis.151
» polyacanthus ..124
•• rubropunctata.149
Trematocara.141
« marginatum.142
tretocephalus (Lamprologus).117
trilineatus (Neolebias).114
Tropheus.143
» annectens.148
tropidolepis (Barbus).133
tumbanus (Lamprologus).116
velifer (Labeo).• * . . 32
vittatus (Hydrocyon). 24
Wagenaari (Chrysichthys). 39
Weeksii (Barilius).102, 134
Weynsii (Barilius).103, 135
Wilverthi (Marcusenius. . 8
Xenochromis.125
« Hecqui.125
Xenotilapia . 147
» sima.147
Yeuxi (Bryconæthiops). 82
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2.GNATHONEMITS RHYNCHOPHORFS.
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PL.XXXIV.
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1.EUGNATHICHTHYS MACROTEROLEPIS. 2.PARAPHAGO ROSTRATUS.
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3.PHAGO INTERMEDIUS.
4. NEOBORUS ORNATES.
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l.DISTICHODUS ALTUS. 2. DISTICIIODUS NOBOLL 3. ALE S TE S GBANDIS QUAMI S.
PI. XXXVI.
Poiss. Nouv. Congo.
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6.M. IOTERRUPTUS. 7. PELLONULA ACUTIROSTRIS .
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3 PETERSIUS CAÜDAEIS.
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5. P. HILGENDOREI. 6. P. MODESTUS
Poiss. Nom. Congo.
PI. XXXVIII.
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2. SYNODONTI S ORNATIPINNIS
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1. LAMPR O LO GUS HE 0 QUI. 2 . L. B REVIS.
5. L.TUMBAN U S. 4. L .TRETOCEPHALUS.
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3.P. DE ME U 8II. 4.P. MAC P OCE PH AL A .
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1. LAMPROLOGUS LEMAIRII.
inrup.
2. PARAT IL AP IA DE WINDTI. 5. GRAM MAT O T RI A LE MAIRII.
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PI.LIV.
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J. Green. del. et li-th..
1. T REM AT O GARA MARGINAT UM.
E.ECTODUS LONGIANALIS,
Mm.fcern.BT’Os. ima
2.ECTODUS DESCAMPSII. 3.ECTODUS M E LAN O GE I\ T YS.
5.XENOTILAPIA SIMA. 6.TILAPIA GRANDOCULIS.
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