ISSN 0181-0626
BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION TRIMESTRIELLE
SECTION A
zoologie
biologie et écologie
animales
4 e SÉRIE T. 10 1988 N° 3
Juillet-Septembre 1988
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Professeur E. R. Brygoo
Section A : ZOOLOGIE
Directeurs : Pr E. R. Brygoo et M. Vachon.
Rédactrice : P. Dupérier.
Comité scientifique : R. C. Anderson (Guelph), M. L. Bauchot (Paris),
J. Carayon (Paris), A. Chabaud (Paris), A. M. Clark (London), Y. Coi-
neau (Paris), B. Collette (Washington), J. Daget (Paris), C. Delamare
Deboutteville (Paris), J. Dorst (Paris), C. Dupuis (Paris), N. Hallé
(Paris), C. Heip (Gent), R. Killick-Kendrick (Ascot), Y. Laissus (Paris),
R. Laurent (Tucuman), C. Lévi (Paris), H. W. Levi (Cambridge, USA),
C. Monniot (Paris), G. Pasteur (Montpellier), R. Paulian (Ste Foy-la-
Grande), P. Pesson (Paris), J. Vacelet (Marseille), A. Waren (Gôteborg),
P. Whitehead (London).
Un Comité de rédaction examine tous les manuscrits reçus et nomme des
rapporteurs.
Fondé en 1895, le Bulletin du Muséum d’Histoire naturelle est devenu à partir de 1907 :
Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle. Des travaux originaux relatifs aux diverses
disciplines scientifiques représentées au Muséum y sont publiés. Il s’agit essentiellement
d’études de Systématique portant sur les collections conservées dans ses laboratoires, mais
la revue est également ouverte, depuis 1970 surtout, à des articles portant sur d’autres
aspects de la Science : biologie, écologie, etc.
La l re série (années 1895 à 1928) comprend un tome par an (t. 1 à 34), divisé chacun en
fascicules regroupant divers articles.
La 2 e série (années 1929 à 1970) a la même présentation : un tome (t. 1 à 42), six fasci¬
cules par an.
La 3 e série (années 1971 à 1978) est également bimestrielle. Le Bulletin est alors divisé
en cinq Sections et les articles paraissent par fascicules séparés (sauf pour l’année 1978
où ils ont été regroupés par fascicules bimestriels). Durant ces années chaque fascicule est
numéroté à la suite (n os 1 à 522), ainsi qu’à l’intérieur de chaque Section, soit : Zoologie,
n os 1 à 356 ; Sciences de la Terre, n os 1 à 70 ; Botanique, n os 1 à 35 ; Écologie générale,
n os 1 à 42 ; Sciences physico-chimiques, n os 1 à 19.
La 4 e série débute avec l’année 1979. Le Bulletin est divisé en trois Sections : A : Zoolo¬
gie, biologie et écologie animales ; B : Botanique, biologie et écologie végétales, phyto¬
chimie (fusionnée à partir de 1981 avec la revue Adansonia ) ; C : Sciences de la Terre, paléon¬
tologie, géologie, minéralogie. La revue est trimestrielle ; les articles sont regroupés en
quatre numéros par an pour chacune des Sections ; un tome annuel réunit les trois Sec¬
tions.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’Histoire naturelle,
38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris, tél. 43-31-71-24 ; 43-31-95-60.
— pour les abonnements et achats au numéro, au Service de vente des Publications du
Muséum, 38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris, tél. 43-31-71-24 ; 43-31-95-60.
C.C.P. Paris 9062-62.
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue Cuvier,
75005 Paris, tél. 45-87-19-17.
Abonnements pour l’année 1988 (Prix h.t.)
Abonnement général : 1575 F.
Section A : Zoologie, biologie et écologie animales : 900 F.
Section B : Botanique, Adansonia : 420 F.
Section C : Sciences de la Terre, paléontologie, géologie, minéralogie : 420 F.
Numéro d’inscription à la Commission paritaire des publications et agences de presse : 1403 AD
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
4“ série, 10, 1988, section A (Zoologie, Biologie et Écologie animales), n° 3
SOMMAIRE — CONTENTS
C. Monniot et F. Monniot. — Ascidies profondes de chaque côté du seuil de
Gibraltar (Campagne BALGIM). 415
Deep-sea ascidians on each side of the Gibraltar sill (BALGIM cruise).
G. Cherbonnier. — Espèces nouvelles ou peu connues de Rhopalodinidae (Échino-
dermes, Holothuries). 429
New or little known species of Rhopalodinidae ( Echinodermata, Holothurioidea).
F. M. Bayer et J. Stefani. — Primnoidae (Gorgonacea) de Nouvelle-Calédonie. 449
Primnoidae (Gorgonacea) from New Caledonia.
D. Van Waerebeke, A. G. Chabaud, O. Bain et A.-J. Georges. — Deux nouveaux
Nématodes parasites de Poissons de FOubangui .. 519
Two new nematode Parasites of Fish from Oubangui River.
P. Orecchia, P. Paggi et B. Radujkovic. — Sur une nouvelle espèce d’Eoa-
canthocéphale Acanthogyrus (Acanthosentis) lizae n. sp. (Gyracanthocephala,
Quadrigyridae) parasite de Liza aurata (Risso) . 529
On a new species of Eoacanthocephala Acanthogyrus (Acanthosentis) lizae n. sp. (Gyra¬
canthocephala, Quadrigyridae) parasite of Liza aurata (Risso).
N. Gourbault et W. Decraemer. — Nématodes marins de Guadeloupe. VIII. Le
genre Perepsilonema (Epsilonematidae). 535
Marine Nematodes from Guadeloupe. VIII. The genus Parepsilonema (Epsilonematidae).
J. Najt, J.-M. Thibaud et J. A. Mari Mutt. — Collemboles (Insecta) de l’Équateur.
III. Entomobryidae : Orchesellinae. 553
Collembola (Insecta) from Ecuador. III. Entomobryidae : Orchesellinae.
— 414 —
A. Crosnier. — Contribution à l’étude des genres Haliporus Bate, 1881 et Gordonella
Tirmizi, 1960 (Crustacea Decapoda Penaeoidea). Description de deux espèces nou¬
velles . 563
A contribution to the study of the genera Haliporus Bate, 1881 and Gordonella Tirmizi, 1960
(Crustacea Decapoda Penaeoidea) with description of two new species.
J. V. Compagno. — Scyliorhinus comoroensis sp. n., a new catshark from the Comoro
Islands, western Indian Ocean (Carcharhiniformes, Scyliorhinidae). 603
Scyliorhinus comoroensis n. sp., nouvelle espèce de requin des lies Comores, océan Indien ouest
( Carcharhiniformes, Scyliorhinidae).
Bull. Mus. natn. Hist, nut., Paris . 4 e sér., 10, 1988,
section A, n° 3 : 415-428.
Ascidies profondes de chaque côté du seuil de Gibraltar
(Campagne BALGIM)
par Claude Monniot et Françoise Monniot
Résumé. — La campagne BALGIM a permis de récolter vingt-quatre espèces d’Ascidies dont quatre
sont nouvelles pour la Science. Dix-neuf espèces sont présentes à l'ouest du seuil de Gibraltar mais dix
seulement à l’est, dont la plupart n’étaient connues que de l’Atlantique. Deux espèces décrites de
Méditerranée sont signalées pour la première fois dans l’Atlantique.
Abstract. — During the BALGIM cruise twenty four species of Ascidians have been collected and
four are new ones. Nineteen species are present west to the Gibraltar Sill and only ten in the east, most of
them already known from the Atlantic Ocean. Two species described from the Mediterranean Sea are
recorded for the first time in the Atlantic.
C. Monniot et F. Monniot, (URA 135 du CNRS), Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie.
Muséum national d’Histoire naturelle. 55, rue Buffon, 75005 Paris.
La campagne BALGIM avait pour objectif d’explorer comparativement la pente
continentale du golfe Ibéro-Marocain, du seuil de Gibraltar et de la partie occidentale de la
mer d’Alboran de 100 à 2000 m. L’emplacement des stations dans le golfe Ibéro-Marocain a
été choisi pour évaluer l’influence sur la faune de la masse d’eau profonde méditerranéenne qui
s’échappe en profondeur par le seuil de Gibraltar, s’enfonce puis s’intercale dans la
stratification des eaux atlantiques. Ainsi dans les parties centrale et nord du golfe Ibéro-
Marocain les fonds entre 300 et 1 300 m sont baignés par une eau plus chaude et plus salée que
les eaux situées au-dessus et en dessous. Pour les Ascidies cette influence ne semble pas
déterminante (Monniot & Monniot, sous presse).
Le matériel étudié a été récolté en mai-juin 1984 à bord du N.O. « Cryos » pendant la
campagne océanographique BALGIM, conduite par le CNRS (PIROCEAN), sous la direction
de P. Bouchet. Il a été trié par le Centre National de Tri d’Océanographie Biologique
(CENTOB), Brest. Vingt-quatre espèces ont été identifiées dont quatre sont nouvelles pour la
Science (tabl. I). Plusieurs autres décrites de l’Atlantique Nord-Est n’avaient jamais été
trouvées dans cette région. Enfin, plusieurs espèces bathyales ou abyssales de l’Atlantique ont
été récoltées pour la première fois en Méditerranée et vice versa.
— 416 —
Tableau I. — Répartition des ascidies de la campagne BALGIM .
Golfe Ibéro-Marocaîn
DU 7
34*46.1’N-09°27.0’U
1141
m
CP 9
36°47.6’N-09°28.0* U
1163
m
CP 10
36°45.3’N-09®32.0’ U
1592
m
CP 17
36°45.3* N-09°30.8’ U
1470
m
DR 23
36*38.8’N-07*19.5’U
556
m
DU 24
36*41.1’N-07®19.0’ U
545
m
CP 25
36*41.5’N-07*19.4’U
544
m
DU 28
36°45.8* N-07°07.7* U
398
m
CP 33
36°46.9’N-07°04.0’ U
256
m
DR 49
35°53.0’N-06°32.8’ U
521
m
DU 50
35°52.7’N-06°31.9’ U
523
m
DU 61
35*31.3’N-07®25.6’ U
1222
m
CP 62
35°31.3’N-07®26.2’ U
1250
m
DU 64
35°30.5’N-07°46.1 ’ U
1530
m
CP 68
35°11.9*N-07°52.6’ U
2035
m
CP 69
35°11.4’N-07°50.7’ U
2028
m
DR 71
33°52.1’ N-08°07.4’ U
155
m
DU 74
33°52.1’N-08° 12.8’ U
181
m
DR 75
33°52.7’ N-08°12.8* U
252
m
DR 81
33°45.9’N-08°29.9’ U
309
m
DR 82
33°45.5’N-08°32.0’ U
355
m
CP 90
34*21.4’N-07*23.7’U
890
m
CP 92
34°24.3’N-07°30.7’ U
1182
m
CP 94
34"24.9’N-07*28.5’U
1175
m
CP 95
34°24.0*N-07*39.3’U
1378
m
DU 96
34°23.5’ N-07°40.3’ U
1255
m
CP 97
34°25.4* N-07°41.1’ U
1515
m
DU100
34°28. O’ N-07°42. O’ U
1691
m
CP108
36°10.8’N-08°06.2' U
1527
m
DR113
35°45.4’N-06°04.8* U
144
m
CP155
36°19.8* N-07°45.6’ U
903
m
Méditerranée
DR118
35®48.5’N-05*12.5’U
352
m
DU120
35°51.2’N-05°10.4’ U
425
m
CP127
35°35.4’N-03°48.5 , U
720
m
DU128
35*35.3’ N-03°45.1’ U
480
m
DR130
35*25.3’N-04“19.3’U
145
m
DR132
35*25.7’N-04*18.8’U
170
m
DR133
35*25.8’N-04*17.4’U
195
m
DR134
35*25.8’N-04*17.0’U
205
m
CP135
35*26.5’N-04*14.2’ U
395
m
DR145
35*56.6’ N-03*07.9’ U
373
m
DU147
35*50.l’N-04*57.6’U
489
m
DR151
35*55.2’N-05*25.4’U
115
m
et indéterminables
— 417 —
DESCRIPTIONS ET REMARQUES SUR CERTAINES ESPÈCES
Abyssascidia millari Monniot F., 1971
Cette espèce cosmopolite n’était connue qu’à des profondeurs importantes. Elle est
présente sur la pente atlantique devant le seuil de Gibraltar à 520 m et se trouve même en
Méditerranée à 205 m de profondeur seulement.
Ascidia correi Monniot C., 1970
(Fig. 1)
Les exemplaires étaient fixés par toute leur face gauche sur des substrats solides. Le plus
grand mesure 2,5 x 1,5 cm. La tunique transparente est couverte de petites papilles
régulièrement disposées reliées entre elles par un réseau de sinus sanguins. La tunique est en
partie couverte de sable.
Le manteau est très fin, transparent. Le siphon buccal possède une musculature radiaire
constituée de fibres courtes sur la face gauche et beaucoup plus longues à droite (fig. 1). Sur la
face droite on trouve un réseau de fibres transverses anastomosées. Il n’y a aucun muscle sur la
face gauche autres que ceux du siphon buccal.
Fig. 1. — Ascidia correi : A, face gauche; B, face droite.
— 418 —
Le siphon buccal est muni de huit à neuf lobes un peu pointus séparés par des taches
pigmentaires. Les tentacules sont disposés sur un bourrelet net; ils sont au nombre de
soixante-dix environ. Plus ils sont grands, plus ils sont implantés en arrière du bourrelet mais
leur base est reliée à la crête du bourrelet par deux crêtes nettes. Le bourrelet péricoronal est
formé de deux lames égales. Il est beaucoup plus éloigné du cercle de tentacules à droite qu’à
gauche. Dorsalement il ne forme qu’une petite dépression au niveau du tubercule vibratile.
Celui-ci est en forme de C ouvert vers l’avant. Le ganglion nerveux est éloigné du tubercule
vibratile d’environ quatre fois sa longueur. Le raphé est formé de deux lames sur les deux tiers
de la distance entre le tubercule vibratile et le ganglion nerveux, puis d’une lame élevée avec
des papilles correspondant aux sinus transverses gauches et des papilles intermédiaires. Il existe
en outre des papilles sur la face droite du raphé. Sa hauteur diminue bien avant l'entrée de
l’œsophage. Postérieurement il se termine en crête basse. Sur la face droite, au niveau de
l’entrée de l’œsophage, les sinus transverses se terminent chacun par une grande papille et il
existe des petites papilles entre les grandes.
La branchie est fine et non gaufrée. On compte dans la partie moyenne quarante-deux
sinus longitudinaux à gauche et cinquante à droite. Ils sont fins, réguliers et portent des
papilles primaires. Il y a parfois de très petites papilles intermédiaires sans que leur présence
soit liée à un sinus parastigmatique. Ces derniers n’existent que dans les rangées de stigmates
en voie de dédoublement. Il y a trois à quatre stigmates par maille.
Le tube digestif est postérieur et l’estomac ovale est bien marqué avec un sillon net (fig. 1,
A). L’intestin forme une double boucle; l’anus est lisse.
Les gonades sont bien développées. L’ovaire déborde sur la face externe surtout dans la
partie apicale de la boucle intestinale. Les testicules se répartissent surtout sur la branche
ascendante de l’intestin (fig. 1, A). Les canaux génitaux accompagnent le rectum.
11 y a de grandes vésicules d’accumulation très nettes pigmentées en blanc crayeux.
Cette espèce n’était connue que sur la pente du golfe de Gascogne.
Ascidia iberica n. sp.
(Fig. 2)
Type : MNHN n° P5 ASC.A 202.
Cette espèce vit libre sur le sédiment ou très faiblement fixée à des coquilles. La taille
atteint 11 cm ; la surface de fixation sur le sédiment, postéro-ventrale gauche, mesure
7 x 2,5 cm; elle est couverte de rhizoïdes très ramifiés qui agglomèrent des débris divers,
spicules d'éponges et fragments de coquilles. Sous les rhizoïdes la tunique est transparente. Le
siphon buccal terminal est grand (au moins 1 cm de diamètre) et paraît avoir de nombreux
lobes obtus. Le siphon cloacal, situé à 6,5 cm du siphon buccal, est plus petit, multilobé. Sur la
face dorsale et autour des siphons, la tunique porte quelques très petites épines. Sur tout le
corps, la tunique est molle translucide. Son épaisseur peut atteindre 2 mm. Sa couche externe
est brunâtre mais se détache facilement.
Le manteau est extrêmement fin. Il y a quelques muscles circulaires aux siphons et un
champ de fibres anastomosées sur la face droite du corps. Toutes les fibres se terminent avant
d’atteindre l’axe médio-dorsal ou l’endostyle (fig. 2, A). Il n’y a aucun muscle sur la face
gauche.
— 420 —
Les tentacules, au nombre de soixante-dix environ, sont disposés en trois ordres, des très
grands de 0,7 à 1 cm de long, de moyens de 0,4 à 0,6 cm et de très petits dont la taille est
variable et dont la présence est inconstante. Ils sont implantés sur un bourrelet saillant. Le
bourrelet péricoronal est formé de deux lames inégales, l’antérieure étant la plus développée, et
écartées l’une de l’autre. Il est presque circulaire et ne forme qu’une petite dépression dorsale.
Le tubercule vibratile est situé loin en avant du bourrelet péricoronal ; il est en forme de U et
peu saillant (fig. 2, C). L’espace entre les tentacules et le bourrelet péricoronal est garni de fines
papilles. Le ganglion nerveux est situé entre les deux siphons à 1,7 cm du tubercule vibratile. Le
raphé est formé de deux lames sur une longueur de 8 à 9 mm puis d’une lame basse (<
0,5 mm). Les sinus transverses gauches se prolongent sur le raphé par une crête et se terminent
par une pointe fine qui peut atteindre la largeur du raphé. Il n’y a pas de papilles
intermédiaires. L’entrée de l’œsophage se trouve aux 5/7 e de la hauteur de la branchie (fig. 2,
B). Au niveau de l’entrée de l’œsophage, le raphé forme des dents irrégulières puis se prolonge
sans modifications jusqu’à la partie postérieure de la branchie. A droite de l’entrée de
l’œsophage, jusqu’en bas, les plus gros sinus transverses se terminent par une papille conique
(fig. 2, D). Il y a un fort ruban musculaire sous le raphé.
La branchie est très fine. On compte une centaine de sinus longitudinaux de chaque côté.
Ils sont souvent incomplets et remplacés par des papilles en croix. Les sinus longitudinaux sont
très fins. Il y a en moyenne quatre stigmates par maille. La branchie n’est pas gaufrée et il
n’existe ni sinus parastigmatiques ni papilles intermédiaires.
Le tube digestif (fig. 2, E, F) est petit et forme une double boucle fermée très saillante à
l’extérieur du manteau mais qui ne provoque pas une déformation de la tunique comme chez
Tableau II. — Distinctions entre les quatre espèces d 'Ascidia bathyales de l’Atlantique.
A. tritonis
A. ce 11 ica
A. correi
A. iberica
Tunique
lisse, moule le tube
digestif
lisse
papilles
petites épines
Ganglion ner¬
veux
proche du tubercule
vibratile
à mi-distance entre
les siphons
éloigné de 4 fois sa
longueur
à mi-distance entre
les siphons
Papilles intermé¬
diaires
absentes
présentes
présentes
absentes
VÉSICULES RÉNA¬
LES
rares
très nombreuses
grandes tout
autour du TD
grandes
aspect crayeux
peu nombreuses
petites
Canaux génitaux
éloignés du rectum
proches du rectum
proches du rectum
proches du rectum
Raphé
marge entière ou pe¬
tites papilles
lisse
papilles intermé¬
diaires et papilles
sur la face droite
papilles fines et
pointues
Tentacules
nombreux
25
25
plusieurs rangs
70
— 421 —
A. tritonis. Il existe une dilatation de l’intestin postérieur. L’anus un peu retroussé a un bord
finement lobé.
Les gonades (fig. 2, E, F) sont peu développées. La partie femelle est constituée de tubes
ramifiés situés dans la boucle intestinale et qui débordent sur l’intestin. La partie mâle est
diffuse. Oviducte et spermiducte accompagnent le rectum.
Il y a tout autour du tube digestif des vésicules d’accumulation non pigmentées,
transparentes qui laissent voir le tube digestif et les gonades.
C’est la quatrième espèce à'Ascidia signalée de la pente continentale européenne. Elles
sont difficiles à distinguer les unes des autres par leur aspect externe car elles ont une tunique
molle bien vascularisée sauf A. correi qui est couverte de papilles. Nous avons rassemblé en un
tableau les distinctions entre les espèces (tabl. II).
Polycarpa itéra Monniot et Monniot, 1977
Cette espèce bathyale décrite de la pente de l’Irlande n’était pas connue en dehors du golfe
de Gascogne. Elle est ici présente en Méditerranée mais aucun spécimen n'a été récolté dans le
golfe Ibéro-Marocain.
Polycarpa porculus Monniot et Monniot, 1979
Cette espèce était connue à 250 m devant Tromsô en mer de Norvège. Elle vit ici dans
l'eau méditerranéenne sur la pente atlantique devant le seuil de Gibraltar.
Polycarpa offa n. sp.
(Fig. 3, A)
Type : MNHN n° SI POL.B 229.
Cette espèce se présente sous la forme d’une demi-sphère de 1,5 cm de diamètre, d’où le
nom spécifique (offa = petite boule de matière). La face ventrale, libre sur le sédiment, est
aplatie et couverte de fines particules alors que sur la face dorsale les particules sont grossières
et toujours de plus de 1 mm de diamètre. Les deux siphons sont proches l’un de l’autre et
dissimulés par les graviers. La tunique est fine, transparente mais coriace. Elle se détache
facilement du manteau. Le manteau est assez opaque et ce n’est que sur la face ventrale que
l’on peut distinguer par transparence gonades et tube digestif. La musculature puissante est
essentiellement constituée de très nombreux faisceaux de muscles longitudinaux partant des
deux siphons et s’étendant sur toute la face dorsale. La musculature circulaire est faible sauf
sur les siphons.
Les tentacules sont nombreux, une cinquantaine, longs et très serrés. Ils sont alternative¬
ment grands et moyens. Il y a plusieurs ordres de grands tentacules mais ils diffèrent peu par
leur taille. Le bourrelet péricoronal est formé de deux lames écartées l’une de l’autre. La
- 422 —
Fig. 3. A. Polycarpa offu n. sp. exemplaire ouvert. B-E, Molgula crusto.su n. sp. ; B et C, faces droite et gauche; D,
exemplaire ouvert; E, gonade.
postérieure forme un V peu prononcé au niveau du tubercule vibratile. La lame antérieure
s’élargit dorsalement et forme une épaisseur dans laquelle s’ouvre le tubercule vibratile en
forme de C ouvert vers la gauche (fig. 3, A). Le raphé est lisse, élevé, nettement décalé vers la
gauche. Sa hauteur augmente régulièrement.
La branchie est formée de quatre plis, les plis n° 1 et 3 étant les plus développés. On
compte :
D. E. 2 6 2 11 3 7 3 13 0 R. 0 12 3 6 3 8 3 7 2 E. G.
Le premier sinus à droite du raphé s’écarte nettement de celui-ci et il y a une douzaine de
stigmates dans les mailles postérieures entre le raphé et le premier sinus à droite. On trouve en
- 423 —
moyenne quatre à cinq stigmates par maille entre les plis et de un à deux sur les plis. Les
stigmates sont peu allongés et toujours recoupés par un sinus parastigmatique. Les plis se
terminent avant d’atteindre l'entrée de l’œsophage.
Le tube digestif est situé très postérieurement ; le raphé rétro-pharyngien est soudé à
l’estomac (fig. 3, A). L’estomac est cylindrique et muni d’une quinzaine de plis réguliers bien
visibles à l’extérieur. Il existe un très petit cæcum pylorique, indépendant de la bride qui relie la
partie pylorique de l'estomac et la branche descendante de l’intestin. L'intestin est assez
irrégulier car il est soudé au manteau. L'anus possède deux lèvres lobées.
Il y a trois gonades à droite et deux beaucoup moins développées à gauche. Les
polycarpes sont globuleux et très saillants (fig. 3, A) dans la cavité cloacale. L’ovaire avec de
gros œufs (0,5 mm de diamètre) est situé sur une couche d’acini testiculaires. La papille mâle
est indépendante de la papille femelle.
Il y a de très nombreux endocarpes sur le manteau. Ils apparaissent comme des vésicules
arrondies transparentes et fixées au manteau par une petite surface. Le siphon cloacal est muni
d’un court velum à la base duquel se disposent les tentacules cloacaux. Ils ne sont présents que
latéralement; certains sont plus longs et terminés par un petit élargissement.
Nous avons trouvé un œuf dans la cavité cloacale. Il ne paraissait pas être segmenté.
Cette espèce diffère par le nombre, la structure et la disposition de ses gonades de toutes
les espèces bathyales ou abyssales de la région.
P. offa n. sp. ne présente aucune des adaptations caractéristiques que l’on trouve en
profondeur. Toutes les espèces littorales d’Europe qui possèdent des endocarpes ont des
gonades nombreuses dispersées sur le manteau. P. kornogi a des gonades beaucoup plus
allongées. C’est de P. violacea que cette espèce semble la plus proche par l’allure générale, les
tentacules, la forme du tubercule vibratile et la branchie, mais l'estomac de P. violacea est plus
long et les gonades sont à la fois plus petites, plus nombreuses et moins saillantes; mais c'est
surtout la taille exceptionnelle des œufs qui singularise notre espèce.
Seriocarpa rhi/oides Diehl, 1969
Connue uniquement dans l'Atlantique par une population isolée au sommet du banc
Joséphine, cette espèce se retrouve en Méditerranée sur un haut fond entre 170 et 205 m de
profondeur. S. rhizoieles pose une énigme biogéographique puisqu’elle semble également
présente en Indonésie à 128 m près d’Ambon (Millar, 1975) et sur la pente des Philippines
(Monniot & Monniot, sous presse a); elle n’apparaît donc en Europe que sur des hauts fonds.
Le lien entre ces différentes localités ne s’explique pas actuellement, d’autant qu'il s'agit d’une
espèce ayant une morphologie très particulière.
Styela calva Monniot, Monniot et Millar, 1976
Cette espèce dont la répartition couvre tout l’Atlantique n’était pas connue à moins de
3 000m. Elle est présente ici à 2030 m au centre du golfe Ibéro-Marocain.
— 424 —
Molgula tethys Monniot et Monniot, 1974
Cette espèce trouvée pour la première fois en Méditerranée, au centre du bassin
occidental, à plus de 2000 m, est retrouvée en deux stations en Atlantique : à 240 et 1 530 m
dans des zones non baignées par l’eau méditerranéenne.
Molgula vara Monniot et Monniot, 1979
M. vara a été décrite de la partie nord du golfe de Gascogne et de la mer de Norvège. Elle
n’a pas été identifiée sur la pente atlantique du golfe Ibéro-Marocain mais vit en Méditerranée
à 500 et 700 m.
Molgula crustosa n. sp.
(Fig. 3, B-E)
Type : MNHN n° S3 MOL.A 272.
Les spécimens sont entièrement couverts de sédiment aggloméré par de fins rhizoïdes
régulièrement dispersés sur la surface. Ils vivent libres dans le sédiment. La taille maximale est
de 1,9 x 1,5 x 1cm. Les deux siphons sont proches l’un de l’autre, saillants et situés à
l’extrémité du plus grand diamètre. Ils sont entièrement couverts de sédiment. La consistance
de la tunique est rigide, d’où le nom de l’espèce (crustosa = entouré d’une croûte). Le siphon
buccal a six lobes pourvus de petites digitations. Le manteau est mince; la musculature est
formée d’une trentaine de rubans musculaires au siphon buccal et d’une quarantaine au siphon
cloacal. Ces rubans se dissocient en fibres isolées qui s’anastomosent aux fibres transverses
pour former un feutrage fin et régulier qui couvre tout le corps. Il n’y a pas de champs
individualisés de fibres transverses.
Les tentacules, une vingtaine de deux ou trois ordres, sont grands, trapus et portent des
ramifications de premier ordre rarement divisées. Le bourrelet péricoronal formé de deux
lames subégales décrit des ondulations au niveau des plis branchiaux et un V prononcé dorsal.
Le tubercule vibratile saillant est en forme de U ouvert vers l’avant. Il est petit et situé sur la
face interne d’un grand complexe neural en forme de disque. Le raphé est formé d’une lame
portant sur sa crête des digitations irrégulières ; il est court, les siphons étant proches l’un de
l’autre.
La branchie est formée de sept plis. On compte :
D. R. 1629192 10 2927140 E.
G. R. 072 10 29292828340 E.
Les sinus des plis sont très inégaux, la hauteur des sinus ventraux d’un pli étant au moins
le double de celle des sinus dorsaux. Dans la partie antérieure de la branchie, il existe des sinus
incomplets qui se disposent sur l’espace entre les plis. Vers l’entrée de l’œsophage, les sinus des
plis se terminent par des papilles. Sous le premier pli on trouve six groupes de deux infundibula
monospiralés puis, au fur et à mesure que la longueur des plis augmente, le nombre
d’infundibula croît pour atteindre une trentaine sous le 6 e pli. Il n’a pas été possible de les
— 425 —
compter sous le pli n° 7 où la situation devient anarchique. Là où les infundibula sont les plus
réguliers (sous les plis 4 à 6), il existe au sommet deux à trois tours de spire avant que le
stigmate ne se découpe sur les faces antérieures et postérieures des infundibula. Entre les plis
les stigmates provenant de chaque infundibulum sont souvent divisés sous le sinus
parastigmatique de premier ordre, chaque stigmate étant de plus recoupé par des sinus
parastigmatiques de second ou troisième ordre. Certains stigmates sont arqués ou font presque
un tour sans que l’on puisse vraiment parler d’exoinfundibulum puisque cette spiralisation
s’effectue dans le plan de la branchie.
Le tube digestif (fig. 3, C, D) forme une boucle primaire fermée avec une courbe
secondaire accentuée. L’œsophage court donne accès à un estomac recouvert d’une glande
hépatique jaunâtre formée de papilles aplaties disposées sur des crêtes ovales parfois
méandriformes. L’intestin, transparent, se termine après un rectum court, soudé au début de
l'œsophage par un anus béant vaguement lobé.
Les gonades, bien que petites par rapport à la taille du corps (fig. 3. B-C), sont
fonctionnelles. Elles sont constituées par une demi-couronne d’acini testiculaires très petits
mais très nombreux, disposés en un boudin aussi épais que large. Les parties ventrale et
dorsale du testicule émettent chacune de fins canaux qui se réunissent et forment deux papilles
distinctes qui s’ouvrent côte à côte (fig. 3, E). L’ovaire en forme de ruban aplati contient des
ovocytes mûrs. L’oviducte est très long et se dirige vers la face antérieure et ventrale de la
cavité cloacale. L’espèce est incubatrice. Les larves n’étaient pas assez développées pour savoir
si elles sont anoures ou urodèles. Le rein est situé très loin de la gonade droite.
Cette espèce est très proche de M. complanata Aider & Hancock, 1870. Monniot C.
(1969) avait décrit la grande variabilité de cette espèce en milieu littoral en distinguant une
forme à canaux génitaux courts d’une forme à canaux génitaux longs. En 1971, la description
de M. complanata azorensis avec un ovaire sphérique à oviducte très court, dirigé dorsalement,
et un spermiducte long accusait encore la variabilité de cette espèce en zone littorale. En
Europe continentale, M. complanata est une espèce littorale abondante dans la zone des
marées et parfois présente dans l’infralittoral. Elle n’a pas été signalée au sud des côtes
bretonnes. Aux Açores, la répartition de M. complanata azorensis va de l’infralittoral à une
centaine de mètres de profondeur.
L'espèce de BALGIM a en commun avec le groupe de M. complanata les siphons
découpés, le raphé portant des denticules, le nombre de plis branchiaux, la présence
d’infundibula monospiralés, la forme du tube digestif et la structure des gonades. Les deux
espèces se distinguent par la possibilité que présente M. crustosa de pouvoir multiplier le
nombre de ses infundibula sous ses plis branchiaux et par l’existence de deux papilles mâles par
gonade.
Molgula caminae n. sp.
(Fig. 4)
Type : MNHN n° S3 828.
Le plus grand spécimen mesurait 3,2 mm de diamètre. Le corps est sphérique avec des
siphons en tube très saillants. Le buccal possède six lobes pointus un peu inégaux, les plus
— 426 —
Fig. 4. — Molgula caminae n. sp. : A, habitus; B, exemplaire ouvert; C, gonade.
grands étant antérieurs (fig. 4, A) ; le cloacal plus long, en cheminée, d’où le nom spécifique,
n’a pas de lobes nets. Le corps est couvert de rhizoïdes longs non ramifiés qui n’agglomèrent
que très peu de particules. La tunique est transparente.
La musculature (fig. 4, B) est très caractéristique. Seuls les siphons sont bien muscularisés.
Les muscles radiaires du siphon buccal sont très courts sur les faces antérieures et postérieures.
Au siphon cloacal la musculature s’étend plus vers l’arrière. La musculature circulaire est forte
sur les siphons, puis disparaît sur le manteau, à l’exception d’un très fort champ de fibres
parallèles situé entre les siphons. Ailleurs sur le manteau on ne trouve que des fibres isolées très
courtes. Le manteau est fin.
On compte une douzaine de tentacules peu ramifiés disposés en deux ordres. Ceux de
premier ordre sont longs mais peu ramifiés. Le bourrelet péricoronal est formé de deux lames
inégales, la postérieure étant la plus forte ; il forme des ondulations au niveau des plis et un V
dorsal prononcé. Le raphé est une lame fine lisse dont la hauteur croît vers l’entrée de
l’œsophage.
Il y a sept plis de chaque côté. On compte :
D. R. 080807070606060 E.
G. R. 070706060606040 E.
- 427 —
Les plis sont fins peu élevés et les infundibula sont très peu saillants et ne pénètrent pas
dans les plis. Les infundibula sont formés de deux stigmates imbriqués redécoupés. A l’apex
des infundibula on observe généralement une ébauche de stigmate sous forme soit d'un amas
de cellules, soit d’un petit trou, sans que cela paraisse être la marque d'une croissance
ultérieure de la branchie.
Le tube digestif (fig. 4, B) forme une boucle fermée. L’entrée de l’œsophage est située loin
du siphon cloacal. L’estomac n'est pas élargi ; il est recouvert d’une glande hépatique saillante
formant de gros tubercules. L’anus est lisse.
Les gonades (fig. 4, B, C) sont globuleuses. L’ovaire central s’ouvre par un court
spermiducte soudé au manteau. Les acini testiculaires entourent l’ovaire; ils émettent des
canaux spermatiques qui s’unissent en une courte papille située au centre de l’ovaire (fig. 4, C).
Le rein est court, subsphérique et collé à la gonade droite.
Cette espèce ressemble à M. vara, qui est aussi présente dans cette collection, par
beaucoup de caractères : la forme du bourrelet péricoronal, du tube digestif, des gonades et la
disposition générale de la musculature. Mais M. vara a des muscles longitudinaux beaucoup
plus longs qui dépassent nettement la zone tout à fait dorsale et surtout le premier pli à droite
du raphé est réduit à un sinus.
La campagne BALGIM a permis de récolter vingt-quatre espèces d’ascidies dont dix-neuf
ont des caractères adaptés à la vie en profondeur tandis que cinq sont littorales ou
circalittorales. Les quatre espèces nouvelles appartiennent à la faune bathyale et proviennent
du golfe Ibéro-Marocain. L’une des espèces Polycarpa porculus Monniot et Monniot, 1979, est
une espèce arctique qui a été décrite de la mer de Norvège près de Tromsô.
La diversité des espèces en zone littorale est nettement plus grande en Méditerranée qu’en
Atlantique, mais cette situation est complètement inversée au niveau bathyal ou abyssal. Parmi
les espèces récoltées au cours de la campagne BALGIM (tabl. I), dix-neuf sont présentes à
l’ouest du seuil, mais dix seulement à l’est. La seule espèce exclusivement méditerranéenne est
Cratostigma vestigialis Ramos, 1988. Les neuf autres ont toutes été signalées dans l’Atlantique
Nord-Est, même si toutes n’ont pas été récoltées dans le golfe Ibéro-Marocain au cours de la
campagne BALGIM.
Du côté atlantique, les espèces d’ascidies ne semblent pas du tout affectées par la présence
de la veine d’eau d'origine méditerranéenne (Monniot et Monniot, sous presse b). Il n’y a pas
de différences dans la diversité spécifique entre la partie nord du golfe Ibéro-Marocain en
présence de la masse d’eau méditerranéenne et la partie sud baignée par de l’eau atlantique. La
diversité maximale observée dans l’axe du détroit sur la pente atlantique serait plutôt due à la
présence d’un courant plus fort.
Deux groupes d’ascidies peuvent être isolés : des ascidies abyssales ayant une répartition
cosmopolite et des ascidies bathyales plus locales. Dans la région de Gibraltar, appartiennent
au premier groupe les espèces Abyssascidia millari, Slyela calva; les autres appartiennent au
second groupe. Les genres Polycarpa et Molgula ne sont bien représentés en profondeur que
dans le Nord-Est Atlantique; dans d’autres océans les genres Slyela et Cnemidocarpa
dominent chez les Styelidae et le genre Molguloides chez les Molgulidae. Les espèces profondes
du genre Ascidia semblent avoir un habitat surtout bathyal dans toutes les mers du monde.
Les espèces récoltées dans la région de Gibraltar ne montrent pas les adaptations très
— 428 —
marquées qui apparaissent à plus grande profondeur. Ce sont surtout des formes typiques de
substrats meubles ou détritiques.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Millar, R. H., 1975. — Ascidians from the Indo-west-Pacific region in the Zoological Museum,
Copenhagen (Tunica ta, Ascidiacea). Steenstrupia, 3 : 205-336.
Monniot, C., 1969. — Les Molgulidae des mers européennes. Mém. Mus. nain. Hist. nat.. Paris, 40 (4) :
172-272.
- 1971. — Quelques ascidies infralittorales de Sao Miguel (Açores). Bull. Mus. nain. Hist. nat..
Paris , 2 e sér., 42 (6) : 1200-1207.
Monniot, C., et F. Monniot, sous presse a. — Ascidies. In : Résultats des Campagnes MUSORSTOM I
et II, volume 4. Mém. Mus. natn. Hist, nat., Paris , série A, 143.
Monniot, C., et F. Monniot, sous presse b. — Relationships between deep-sea tunicate populations west
and east of the strait of Gibraltar.
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 10, 1988,
section A, n° 3 : 429-448.
Espèces nouvelles ou peu connues de Rhopalodinidae
(Échinodermes, Holothuries)
par Gustave Cherbonnier
Résumé. — Description de six espèces de Rhopalodinidae, dont quatre appartenant au genre
Rhopalodina sont nouvelles pour la Science, ainsi qu’une espèce du genre Rhopalodinopsis, également
nouvelle.
Abstract. — Five species of Rhopalodinidae are new for Science : four belonging to the genus
Rhopalodina and one of the genus Rhopalodinopsis.
G. Cherbonnier, Muséum national d’Histoire naturelle. Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malaco¬
logie, 55. rue Buffon. 75005, Paris.
Divers chercheurs de l’Office de la Recherche scientifique et technique d’Outre-mer
d’Abidjan ont récolté, dans la zone littorale de la capitale de la Côte d’ivoire, entre 1960 et
1970, un nombre appréciable d’Holothuries envoyées, par Intès, au Muséum national
d’Histoire naturelle pour détermination. Parmi elles se trouvent de nombreux exemplaires de
Phyllophoridae appartenant aux genres Rhopalodina et Rhopalodinopsis. Malheureusement,
certains d’entre eux, fixés primitivement au formol puis remis en alcool sans vraisemblable¬
ment un lavage préalable à l’eau douce, ont leurs spicules plus ou moins attaqués; ainsi en est-
il de vingt-quatre spécimens appartenant à peu près certainement à Rhopalodina lageniformis
Gray, récoltés entre—20 et —40 m, qui n’ont plus que les grandes plaques, d’ailleurs en
mauvais état, du cou et de la panse, à l’exclusion de tous autres spicules. Les autres spécimens
ont conservé, totalement ou partiellement, de très nombreux spicules intacts ce qui a permis
leur identification avec certitude; ils se répartissent en cinq espèces de Rhopalodina : gracilis
Panning, 1936, celsa, intesi, turrisalta et turrisdensa décrites ici pour la première fois, et
Rholapodinopsis collalongus, nouvelle espèce d’un genre dont le seul exemplaire connu jusqu’ici
avait été récolté à Kalk Bay (Afrique du Sud).
Six espèces de Rhopalodina du golfe de Guinée (du Libéria au Congo) n’ont pas été
récoltées dans la région d’Abidjan : pachyderma Panning, 1932, intermedia Panning, 1936,
panningi (Heding, 1937), compacta Cherbonnier, 1964, proceracolla et parvalamina Cherbon¬
nier, 1965, Rh. savatieri de Rochebrune, 1884, et Rh. heurteli E. Perrier, 1886, étant synonymes
de Rh. lageniformis Gray, 1853.
— 430 —
Rhopalodina gracilis Panning
(Fig. 1, A-Q; 2, A-N)
Rhopalodina gracilis Panning, 1936 : 29, fig. 9 (11-13), fig. 10; Heding, 1937 : 38, fig. 3, g-1; Heding
et Panning, 1954 ; 102, fig. 36, -
Rhopalodina lageniformis Panning, 1932, tab. 1, fig. 30 (non Rholalodina lageniformis Gray).
Origine : Abidjan, Grand Bassam (18-11-1966, 1 ex.; 10-11-1970, —45m, 1 ex.; 18-III-1970, —35m,
1 ex.); Abidjan (23-III-1966, 2 ex.; 22-XI-1966, —50m, 1 ex.; 25-XI-1966, 1 ex.).
Cinq des sept spécimens, fixés primitivement au formol, conservés ensuite en alcool, ont la
plupart de leurs spicules attaqués, mais il en reste suffisamment d’intacts pour que leur
identification spécifique reste possible.
Les animaux, gris à jaunâtres, ont un cou deux fois plus long que la panse (fig. 1, L). Le
tégument du cou est simplement finement granuleux alors que celui de la panse, souple, non
rigide, est hérissé de pointes qui sont le prolongement effilé de spicules situés à la base ou dans
la paroi des podia ; ceux-ci, bisériés sur chaque radius, vont du pôle jusqu’aux deux tiers de la
panse. Vingt tentacules et cinq papilles anales. La couronne calcaire, conservée à peu près
intacte chez un seul exemplaire, a la radiale ventrale pourvue antérieurement de six courtes
pointes égales, postérieurement de deux courtes queues ; les autres radiales n’ont, antérieure¬
ment, que quatre pointes inégales ; toutes les interradiales sont courtes à pointe triangulaire, à
base largement échancrée (fig. 1, P). Une vésicule de Poli filiforme ou en forme d’outre
terminée par un mince appendice digitiforme. Canal hydrophore détecté seulement chez un
spécimen; il est très court, terminé par une boule non calcifiée. Gonades faites de nombreux
tubes simples. Poumons portant, échelonnées sur leur tronc, de nombreuses vésicules de
longueurs diverses. Intestin contenant une fine vase jaunâtre à brune, mélangée parfois de
petits graviers.
Spicules : Les grandes plaques arrondies du cou sont partiellement finement granuleuses
(fig. 2, A). Parmi elles s’intercalent des tourelles à base circulaire festonnée, percée de quatre
grands trous centraux, de quelques trous périphériques (fig. 1, A) ou de nombreux petits trous
disposés en un ou deux cercles (fig. 1, B, D; fig. 2, I-L), parfois en trois cercles (fig. 1,1); leur
flèche, à quatre piliers et plusieurs entretoises, se termine par un bouquet d’épines à pointe
émoussée (fig. 1, B, D, F, I; fig. 2, I, J, L), bouquet parfois très touffu (fig. 2, K); quelques
tourelles à base non festonnée ont leur flèche coiffée d’un étroit bouquet de petites épines
(fig. L C).
Les plaques de la panse sont très variées; elles vont de petites formes à quatre trous
(fig. 2, N) à de grandes plaques circulaires (fig. 2, B) ou à bord irrégulier fortement échancré
(fig. 2, H), en passant par des formes intermédiaires (fig. 2, C); toutes ces plaques sont
dépourvues de nodules. La majorité des tourelles sont à base percée de quatre grands trous
centraux et de quelques trous accessoires (fig. 1, K); leur haute flèche (fig. 1, Q) se termine par
des épines pointues parfois échelonnées sur plusieurs niveaux (fig. 1, G). Au pôle de la panse,
les tourelles ont une grande base circulaire largement perforée et une flèche courte et massive
(fig. 1, E); on y trouve également de nombreux spicules cruciformes (fig. 1, M, N ; fig. 2, D), à
haute et mince flèche terminée par un groupe serré d’épines (fig. 2, D, F) ou par quelques
1. — Rhopalodina gracilis Panning : A-D, I, tourelles du cou ; E, tourelle de la panse et du pôle ; F, flèche d’une
tourelle du cou; G, flèches des tourelles de la panse; H, plaque des podia; J, K, spicules de la panse; L. un
spécimen grossi deux fois ; M, N, spicules cruciformes du pôle ; O, spicules arqués des podia ; P, couronne calcaire ;
Q, tourelle de la panse.
(L = x 1,5; P = éch. 1; H, J, K, M, N = éch. 2; O = éch. 3; A-F, G, I, Q = éch. 4.)
Fig. 2. — Rhopalodina gracilis Panning : A, plaque du cou ; B, C, H, N, plaques de la panse ; D, spicule cruciforme de
la panse; E, tourelle de la panse; F, G, sommets des spicules cruciformes de la panse; I-L, tourelles du cou; M,
plaque des tentacules.
(A, B, C, H, N = éch. 1 ; D, E, F = éch. 2; G = éch. 3; I-M = éch. 4.)
— 433 —
fortes épines (fig. 2, G) parfois réduites, pointues et disposées en croix (fig. 1, N). D’assez
nombreuses grandes plaques à base irrégulière sont munies, presque centralement, d’une très
mince et haute flèche à quatre piliers coiffée de petites pointes (fig. 2, E). A la base des podia et
aussi dans leur paroi, soutenue par des arceaux (fig. 1, O) et des bâtonnets (fig. 1, H), on
trouve des spicules à large base multiperforée prolongée, à angle le plus souvent droit, par un
appendice long et mince (fig. 1, J) ou parfois assez épais (fig. 1, K).
Les spicules des tentacules, quand ils existent, sont rares et se présentent comme de petites
plaques incurvées, généralement percées d’un grand trou central et de quelques trous
accessoires localisés sur les bords (fig. 2, M).
Observations : Les spécimens de Côte d’ivoire sont semblables par leur forme à Rh.
gracilis figurée par Panning (1936, fig. 10, n° 4488b), mais nettement différents des spécimens
n os 4474 et 4490 de la même figure, spécimens qui n’appartiennent peut-être pas à la même
espèce. Les tourelles du cou et de la panse sont similaires à celles figurées pour le n° 4488b,
mais il est regrettable que les spicules si caractéristiques de la panse, des podia et des tentacules
n’aient pas été figurés par Panning.
Répartition géographique : Libéria, Côte d’ivoire, Congo français.
Rhopalodina intesi nov. sp.
(Fig. 3, A-H; 4, A-L)
Origine : Abidjan, — 10m, 1 0-III-1966, 1 ex. (holotype Ec. Hh. 7221); Abidjan, — 15m, 8-III-1966,
1 ex. (paratype Ec. Hh. 7222).
L’holotype mesure au total 12mm; le cou a une longueur de 6 mm sur 1 mm de large, la
panse 6 mm sur 5 mm. Le tégument de la panse, gris clair, est souple, non rigide, hérissé de la
pointe de certains spicules. La bouche et l’anus, situés au sommet du cou, sont presque accolés.
Les longs podia cylindriques, au nombre d’une vingtaine de paires par radius, s’arrêtent au
milieu de la panse (fig. 4, N). Gonades mâles à tubes simples, blanc laiteux.
Vingt tentacules, quinze grands et cinq petits sur un cercle interne. Couronne calcaire très
peu calcifiée, à contours imprécis. Un minuscule canal hydrophore et une vésicule de Poli.
Poumons faits d’un gros tronc sur lequel s’échelonnent de longs et minces tubes d’inégale
longueur. Intestin contenant une fine vase grise.
Spicules : Les grandes plaques du cou, à bord finement dentelé, sont caractérisées par une
partie perforée, noduleuse, et une aire imperforée pouvant atteindre la moitié de la surface
totale (fig. 3, A). Ces plaques sont accompagnées de tourelles dont la base, peu à pas
noduleuse, à bord pourvu de courtes expansions arrondies, est percée de quatre grands trous
centraux et de quelques trous périphériques (fig. 3, D) ; de cette base s’élève une flèche haute et
assez mince (fig. 3, B) ou plus courte et massive (fig. 3, C), terminée par un bouquet d’épines à
pointe émoussée (fig. 3, B, C, E) ; ces flèches, à quatre piliers, peuvent avoir de deux à quatre
entretoises (fig. 3, E).
La panse possède de grandes plaques circulaires, lisses, à trous centraux minuscules, à
grands trous périphériques (fig. 3, F). Les petites tourelles, assez nombreuses, nettement
1cm
— 436
différentes de celles du cou (fig. 4, F, G), sont accompagnées de plaques semi-circulaires dont
la haute flèche très svelte, à quatre piliers, centrale à excentrique (fig. 4, A), se termine par un
groupe serré de courtes trabécules (fig. 4, B) ou par quelques pointes (fig. 4, E). De curieux
spicules (fig. 4, C) ont un socle semi-circulaire à petits trous, portant latéralement un
prolongement, le plus souvent en forme de cheminée massive (fig. 4, H), prolongement qui
peut être plus simple et partir d’une base plus étroite (fig. 4, D) mais qui fait toujours un angle
d’environ 90° avec le socle.
Les bâtonnets des podia sont droits, à extrémités élargies percées de quelques trous, ou en
arceaux portant des expansions à pointe émoussée (fig. 3, G, H). Les tentacules possèdent
d’assez grandes plaques épineuses (fig. 4, I), des plaques cintrées plus petites (fig. 4, J),
d’autres, étroites, allongées, noduleuses sur leur bord et leur surface (fig. 4, K), ainsi que des
bâtonnets noduleux (fig. 4, L).
Le paratype, à sommet du cou sectionné est, par ailleurs, absolument identique à
l’holotype, sauf par ses gonades femelles à nombreux petits ovules.
Observations : Cette nouvelle espèce diffère des autres Rhopalodina par ses spicules :
grandes plaques partiellement non trouées, tourelles du cou, présence de grandes plaques lisses
dans la panse (cf. fig. 4, A-G).
Rhopalodina celsa nov. sp.
(Fig. 5, A-I ; 6, A-D)
Origine : Abidjan, Tabou, —22m, 8-VII-1967, 1 ex. (holotype Ec. Hh. 3576); Abidjan, —30m, 25-
VI-1970, 1 ex. (paratype Ec. Hh. 3191).
L’holotype, à panse non séparée du cou par un étranglement (fig. 5, F), a une longueur
totale de 108 mm ; les très petits podia coniques, sans ventouse ni disque terminal, sont répartis
assez serrés sur les radius, et disparaissent à 28mm du pôle de la panse; celle-ci mesure 12mm
de diamètre à la base et 6 mm à la hauteur du dernier podion ; le cou mesure 2,5 mm de large
au sommet et 4 mm à 80 mm de ce sommet. Le tégument est épais, rigide, aussi bien sur le cou
que sur la panse; cette rigidité s’explique par la présence sur le cou de grandes plaques
multiperforées, ayant entre 0,6 à 1 mm de long sur 0,3 à 0,4 mm de large ; leurs bords sont
partiellement denticulés et elles sont ornées, sur environ un tiers de leur surface, de nodules à
section horizontale triangulaire, nodules entourant les trous (fig. 6, D). Sur la panse, des
plaques à peu près de même taille que celles du cou sont, pour la plupart, totalement
dépourvues de nodules; cependant, quelques-unes présentent des nodules arrondis très peu
développés, à peine visibles; les plaques radiaires sont percées pour le passage des podia.
Vingt tentacules, dix grands sur un cercle externe et, probablement, dix petits sur un cercle
interne. Bouche et anus accolés. Couronne calcaire très peu calcifiée, à contours difficiles à
discerner et représentée approximativement (fig. 5, G). Une vésicule de Poli et un très court
canal hydrophore. Gonades mâles formées d’une trentaine de longs tubes blanc laiteux.
Poumons d’environ 30 mm, portant tout le long du tronc des diverticules de tailles diverses
(fig. 6, C). Intestin contenant une fine vase grise.
Spicules : Les spicules du cou sont uniquement des tourelles à disque multiperforé, à base
— 438 -
fortement échancrée et surmontée d’une flèche à probablement quatre piliers qui est terminée
par une large couronne à centre perforé, pourvue de huit à dix grandes expansions latérales et
parfois de quelques expansions sous-jacentes (fig. 5, A). D’autres tourelles ont une base bien
plus large, plus échancrée, au-dessus de laquelle se superposent plusieurs couches de longues
digitations, la plus élevée formant une couronne similaire à celle des tourelles signalées plus
haut (fig. 5, C). Enfin, de nombreux spicules semblent dépourvus de flèche et prennent l’aspect
d’une masse épineuse plus ou moins perforée (fig. 5, B, D, E).
Les tourelles de la panse, plus grandes, bien plus simples, ont une base peu échancrée et
une flèche terminée par une large couronne (fig. 6, A).
Les spicules des tentacules sont uniquement des bâtonnets courbes de formes très diverses,
certains à centre perforé (fig. 5, H, I); ceux des podia sont de petites plaques très irrégulières
(fig. 6, B).
Fig. 6. — Rhopalodina celsa nov. sp. : A, tourelles de la panse ; B, plaquettes des tentacules ; C, poumon ; D, morceau
d'une plaque du cou.
(D = éch. 1; B = éch. 2; A = éch. 3; C = x 1,5.)
— 439 -
Le paratype, de même forme que l’holotype dont il présente toutes les caractéristiques, est
dépourvu d’extrémité céphalique et ne mesure en tout que 57 mm.
Observations : Par sa forme, cette nouvelle espèce est semblable à Rhopalodina
pachy derma Panning, 1932, mais elle s’en écarte nettement, ainsi que des autres espèces de
Rhopalodina, par des spicules totalement différents.
Rhopalodina turrisalta nov. sp.
(Fig. 7, A-Q)
Origine : Abidjan, 8-III-1966, —35m, 1 ex. (holotype Ec. Hh. 7215); Abidjan, 23-VIII-1966, I ex.
(paratype Ec. Hh. 7216).
L’holotype a un cou long de 18 mm, une panse de 6 mm sur 4 mm de large. Le cou a un
aspect granuleux ; la panse est hérissée de la pointe de certains spicules. Les longs podia,
coniques, sont disposés sur deux rangs par radius et vont du pôle jusqu’à environ les deux tiers
de la panse (fig. 7, L). Vingt tentacules très petits. Cinq papilles anales bifides. Couronne
calcaire à peine calcifiée, à contours indiscernables. Gonades faites de longs tubes blanchâtres.
Poumons sur le tronc desquels s’échelonnent de courts diverticules en doigt de gant. Intestin
contenant un sable fait de débris de mica et de petits graviers noirs ou blancs.
Le paratype, dépourvu presque totalement de cou, a le même aspect, la même
organisation interne et les mêmes spicules que l’holotype.
Spicules : Les tourelles du cou ont une grande base à bord très festonné, percée au centre
de quatre assez grands trous disposés en croix et de quinze à vingt petits trous périphériques,
irréguliers, entre lesquels s’insèrent partiellement de petits nodules (fig. 7, F); de cette base
s’élève une haute flèche assez gracile à quatre piliers et quatre à six entretoises, terminée par de
nombreuses épines émoussées, échelonnées sur plusieurs niveaux et formant un bouquet dense
(fig. 7, B-E, G). En plus de ces tourelles, le cou possède de grandes plaques subcirculaires
percées de nombreux petits trous et ornées partiellement de petits nodules (fig. 7, P).
Il n’existe pas de vraies tourelles dans la panse. On y trouve des pseudotourelles à base
divisée en cinq à six branches, d’où s’élève une flèche à deux piliers, terminée par une longue
pointe escortée latéralement de deux petites pointes (fig. 7, H), ainsi que des grandes plaques
peu noduleuses (fig. 7, Q) portant une haute et mince flèche (fig. 7,0). Un peu partout, mais
surtout à la base des podia, de grands spicules ont une large base très perforée portant, à angle
le plus souvent droit, une haute cheminée partiellement ouverte latéralement ou une flèche
mince assez étroite et presque plate percée d’un grand nombre de petits trous (fig. 7, N). Les
tentacules sont pourvus de courts bâtonnets, droits ou arqués (fig. 7, A, I), de plaques
incurvées (fig. 7, J), plates et alors ornées de nombreux petits nodules (fig. 7, K) ou surmontées
d’un pont à quatre piliers (fig. 7, M).
Observations : Cette nouvelle espèce présente des affinités avec Rhopalodina intermedia
Panning, 1936, surtout par la forme élancée des tourelles du cou, mais dont la base n’est pas
noduleuse comme celle de turrisalta ; elle s’en sépare également par la forme des autres spicules
et par l’absence de vraies tourelles dans la panse.
Rhopalodina turrisdensa nov. sp.
(Fig. 8, A-M; 9, A-I)
Origine : Côte d’Ivoire, Grand Bassam (10-11-1960, holotype Ec. Hh. 7209, 2-III-1966, —40m,
paratype Ec. Hh. 7211); Abidjan, 6-VII-1966, —25m (paratype Ec. Hh. 7210).
L’holotype mesure environ 34 mm, le cou ayant une longueur de 20 mm et une largeur de
2 mm, la panse, en forme de poire, 14 mm sur 9 mm (fig. 8, M). Le tégument, grisâtre, est
fortement granuleux, aussi bien sur le cou que sur la panse. Les deux paratypes, d’aspect
semblable à l’holotype, ont un cou de 25 mm de long sur 2 mm de large, celui du Grand
Bassam une panse de 16 mm de long sur 12 mm de large au milieu du corps, celui d’Abidjan
16 mm sur 8 mm.
L’holotype, conservé primitivement à sec puis en alcool, a des organes internes desséchés
non identifiables. La couronne calcaire n’a qu’une radiale à contours peu nets et deux
interradiales à contours flous (fig. 9, I). La couronne calcaire des paratypes est à peine
calcifiée; leurs tentacules sont au nombre de vingt et leur anus est bordé de cinq papilles
bifides. Le paratype de Grand Bassam a des gonades faites de très nombreux tubes
blanchâtres, un intestin rempli de fine vase grise et des poumons composés chacun d’un long
tube où s’échelonnent d’assez nombreuses et courtes digitations. L’autre paratype a des
organes internes semblables à ceux du précédent.
Chez tous les exemplaires, les gros et courts podia se disposent en deux rangs serrés sur
chaque radius jusqu’à environ la moitié de la panse.
Spicules : Les spicules du cou sont de deux sortes ; de grandes plaques subrectangulaires
ornées de quelques petits nodules sur une partie latérale de leur surface (fig. 9, A); des
tourelles à large base noduleuse et à bord festonné, percée de quatre trous centraux et de
nombreux petits trous plus ou moins répartis en deux cercles; leur courte flèche épaisse, à
quatre piliers et une à deux entretoises, se termine par un bouquet très dense d’épines à pointe
souvent émoussée (fig. 8, A-C).
Les plaques lisses de la panse, de tailles très diverses, vont d’une petite forme ovoïde
(fig. 9, D) ou triangulaire (fig. 9, E), à de grandes plaques arrondies (fig. 9, B) ou échancrées
pour le passage des podia (fig. 9, C). Les tourelles sont très nettement différentes de celles du
cou ; leur grand disque à bord non festonné, percé de quatre trous centraux et de quelques
trous périphériques (fig. 8, E), est surmonté d’une flèche terminée soit par trois courtes épines
émoussées (fig. 8, D), soit par des épines plus nombreuses et plus développées (fig. 8, E). De
très rares tourelles, localisées au pôle, ont une base divisée en quatre branches et une haute
flèche terminée par cinq à six courtes épines pointues (fig. 8, I).
Les bâtonnets des podia sont soit très arqués et munis de trois à quatre pointes sur leur
courbure externe, soit presque droits et à extrémités biperforées (fig. 8, J). Ils sont
accompagnés de spicules que l’on retrouve également épars dans le tégument de la panse, à
base multiperforée faisant un angle obtus à droit avec un prolongement assez mince (fig. 8, H,
K) ou très large et percé de nombreux trous (fig. 8, F), ou encore à base plus petite, plus
simple, à prolongement plus ou moins tordu (fig. 8, G, L).
Les tentacules ont de grandes plaques vaguement circulaires, un peu creusées en écuelle, à
-P O O O 9 o •
°°o 0)
o°o0 00 q>^
0°O o O O o °/
? 0 ° 0 o O o o 0° S
; <-> n ni
O
O
o û
’ o O o °o
O O 0/
O O o o
o A ooo°
o V/ ? o O ° O o
pO
JV ° o
/o o ° ° o
P ° ° ° o
)0 ° ° o
(° ° 0 o 0
/o o o
\o 0 O °
„o
\ o /
o o\
0 °c
O °
> o
X° o
fo O
[° ° o q\
jô° 0 o 0 O ° o°
(o O o o ° /
i° o o ° o 0 /
,0 ° 0 o ° 0 ° o °7
\0 o ° o »/ N
o X
/"O O o o (
o o O O o
— -yr~^ o u
° o ° ° °
o'o °0 O 0 ° O
NT o o ° ° O
_o o
g/O a /<
yo
y^0 0 on I
A\0, P I
o® ° /
(3 à
S
2Uii .L n»l100M 31_
1 ° 0
■üOc/i
"O/
yi/uvjv-.
j0,5mm
Fig. 9. — Rhopalodina turrisdensa nov. sp. : A. plaque du cou ; B, E, plaques de la panse ; F-H, spicules des tentacules ;
I, couronne calcaire.
(I = éch. 1; A-E = éch. 2; F-H = éch. 3.)
OO
— 444 —
nombreux trous inégaux, à surface noduleuse (fig. 9, G), des plaques peu noduleuses d’aspect
bizarre (fig. 9, H) et des plaques lisses plates ou légèrement courbées (fig. 9, F).
Observations : Cette nouvelle espèce se différencie nettement des autres espèces de
Rhopalodina par ses tourelles du cou à courte flèche épaisse, terminée par un bouquet très
dense d’épines, ses tourelles très particulières de la panse, ses plaques du cou et de la panse et
ses spicules des tentacules.
Rhopalodinopsis collalongus nov. sp.
(Fig. 10, A-H; 11, A-K)
Origine : Abidjan, Grand Bassam, —40 m, 2-III-1966, 2 ex. (holotype Ec. Hh. 7212, paratype Ec.
Hh. 7213). Grand Bassam, —21m, 20-11-1970, 4 ex. (paratypes Ec. Hh. 7214).
Les deux spécimens, récoltés par —40 m, sont grisâtres et, extérieurement, absolument
comparables à Rhopalodinopsis capensis tel qu’il a été figuré par Heding (1937, pi. IV). Le cou,
très long, étroit, à tégument épais, rugueux, est raccordé à une panse à tégument mince, où les
longs podia sont disposés en deux rangs serrés sur chaque radius, lesquels sont nettement
séparés sur le pôle ; il n’y a aucun podia sur le cou ; au sommet de celui-ci, la bouche et l’anus
sont largement séparés par l’interradius dorsal, caractère essentiel des espèces du genre
Rhopalodinopsis.
L'holotype a un cou long de 70 mm sur 1,5 mm de large, une panse de 13 mm sur 8 mm.
Les vingt tentacules sont disposés en deux cercles, quinze sur un cercle externe, cinq sur un
cercle interne. La couronne calcaire à peine calcifiée, est à contours indiscernables, au contraire
de celle du paratype Ec. Hh. 7213 (fig. 11, H). Une vésicule de Poli digitiforme, un très court
canal hydrophore. Muscles rétracteurs filiformes, raccordés à des muscles longitudinaux étroits
et plats. Gonades femelles constituées de quelques tubes en forme de chapelet, chaque grain
contenant quatre à cinq gros ovules (fig. 11, G). Longs poumons dont le tronc s’orne de gros
diverticules en doigt de gant (fig. 11, F).
Spicules : Les spicules du cou sont uniquement des tourelles dont la base, bordée de
nodules, percée de quatre trous centraux et d’un nombre variable de trous périphériques, est
surmontée d’une flèche à quatre piliers, terminée généralement par quatre pointes figurant un
X armé de deux à quatre petites pointes internes ou dont une pointe de l’X est dédoublée au
sommet (fig. 10, A); d’autres tourelles à base plus grande, plus perforée, plus noduleuse, ont
une flèche terminée par deux formations en X superposées (fig. 10, B); vues de profil, ces
tourelles présentent une flèche régulière à très irrégulière (fig. 10, C), terminée par des
formations épineuses très variées (fig. 10, D).
Les petites plaques noduleuses de la panse (fig. 10, E, F) sont accompagnées de tourelles
plus petites que celles du cou, à flèche basse, large, à quatre piliers et une entretoise (fig. 10, H),
terminée par une formation épineuse semblable ou, le plus souvent, plus compliquée que celle
des tourelles du cou (fig. 10, G).
Les spicules des tentacules sont de longs bâtonnets courbes, lisses ou légèrement noduleux
(fig. 11, A), et de petits bâtonnets situés à leur sommet (fig. 11, D). A la base des tentacules,
probablement dans le péristome, se trouvent quelques corpuscules mûriformes (fig. 11, E) et
des bâtonnets lisses (fig. 11, B) ou noduleux (fig. 11, C).
— 446 —
Les podia sont dépourvus de disque terminal calcaire ; leur paroi est soutenue par de très
nombreux spicules en arceau, armés de pointes émoussées (fig. 11, K), par quelques grands
bâtonnets (fig. 11, I) accompagnés de rares plaques noduleuses (fig. 11, J).
Le paratype, récolté à la même station que l’holotype, lui est absolument semblable
d’aspect; son cou mesure 40mm de long sur 2mm de large, sa panse 18mm sur 9mm. Son
3\_ ii i \ i i _i_i_i_1100 p 2l * i_i i i i_i i i llfnm
Fig. 11. — Rhopalodinopsis collalongus nov. sp. : A, D, bâtonnets des tentacules ; B, plaque du peristome ; C, bâtonnet
du péristome ; E, corpuscule crépu des tentacules ; F, poumon ; G, gonade ; H, couronne calcaire du paratype ; I-K,
spicules des podia.
(F, G = éch. 1; H = éch. 2; A-E, I-K = éch. 3.)
— 447 —
organisation interne est identique, sauf que les gonades mâles sont faites de nombreux et longs
tubes simples blanc laiteux.
Les quatre autres paratypes, de très petite taille et immatures, ont un cou d’une longueur
de 9 à 12 mm, une panse de 2 à 3 mm de long sur 2 à 3 mm de diamètre. Leurs spicules sont
identiques à ceux de l’holotype.
Observations : Le genre Rhopalodinopsis a été créé par Heding, en 1937, pour une espèce
sud-africaine, Rhopalodinopsis capensis, caractérisée essentiellement par un très long cou au
sommet duquel la bouche et l’anus sont séparés par un assez grand espace interradiaire dorsal,
alors que chez les Rhopalodina, la bouche et l’anus sont étroitement accolés. De plus, les
spicules du cou et de la panse de l’espèce sud-africaine sont très particuliers, consistant
uniquement en grandes plaques dans le cou, en petites plaques dans la panse, les deux formes
étant noduleuses, et en rares pseudo-tourelles très rudimentaires, jamais en vraies tourelles bien
développées.
Notre nouvelle espèce a été rangée dans le genre Rhopalodinopsis en raison de son aspect
externe semblable à celui de Rh. capensis et surtout de la présence d’une aire interradiaire
séparant très nettement la bouche de l’anus, mais non en raison de la forme des spicules. En
effet, son tégument possède des spicules très différents de ceux de l’espèce de Heding,
notamment de véritables tourelles bien développées dans le cou et dans la panse, élément
caractéristique de toutes les espèces de Rhopalodina ; signalons, cependant, que l’on retrouve,
dans les tentacules de collalongus, les mêmes corpuscules crépus que ceux des tentacules de
capensis. Il se pourrait donc que collalongus soit une forme de transition entre les Rhopalodina
et les Rhopalodinopsis.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Cherbonnier, G., 1958. — Holothuries des côtes de Sierra-Leone. Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris,
2 e sér., 30 (3) : 294-299, fig. 10-12.
— 1965. — Holothuries récoltées par A. Crosnier dans le golfe de Guinée. Ibid., 36 (5) : 647-676,
fig. 1-4.
Gray, J. E., 1853. — Description of Rhopalodina , a new genus of Echinodermata. Ann. Mag. nat. Hist.,
sér. 2, 9 : 301-302.
Heding, S. G., 1937. — Ueber die von Dr Monod 1927 beschriebenen Rhopalodiniden. Zool. An:., 118
(5-6) : 166-169, 3 fig.
— 1937. — A new Dendrochirote Holothurien from South Africa, with some Remarks on
Rhopalodinidae. Ann. S. Afr. Mus., 32 (2) : 31-40, 3 fig., 2 pi.
Heding, S. G., et A. Panning, 1954. — Phyllophoridae, eine Bearbeitung der Polytentaculaten
Dendrochiroten Holothurien des Zoologischen Museums in Kopenhague. Spolia zoo!. Mus. Iiaun.,
Kopenhague, 13 : 1-299, fig. 1-102.
Ludwig, H., 1877. — Ueber Rhopalodina lageniformis Gray und die darauf gegriindete Klasse
Diplostomidae Semper. Z. wiss. Zool., 29 : 141-149, pi. XIII..
— 1889. — Nochmals fiber Rhopalodina lageniformis. Ibid., 48 : 60-66.
Mortensen, Th., 1927. — Échinoderma. In : Th. Monod, Contribution à l’étude de la Faune du
Cameroun. Première partie. Faune des Colonies françaises, Paris, 1 : 481-482.
— 448 —
Panning, A., 1932. Echinodermata. III. Holothurioidea III (Famille Rhopalodinidae). In :
W. Michaelsen, Beitrâge zur Kenntnis der Meeresfauna West Afrikas. 3 : 361-372, fig. 1-3, pi. I-
II.
1936. — Die Gattung Rhopalodina. Verh. naturw. Ver. Hamb., 5 (1-4) : 20-35, fig. 1-20.
Perrier, E., 1886. - Les explorations sous-marines, Paris, Hachette : fig. 205.
Perrier, R., 1902. Holothuries. In : Expéditions scientifiques du « Travailleur » et du « Talisman » :
523, fig. 14.
Rochebrune, A. T. de, 1884. — Sur un Échinoderme nouveau du genre Rhopalodina propre à la
Sénégambie. Annls Sci. nat. La Rochelle : 5, pl. 1, fig. 1-5.
Semper, C., 1868. - Reisen im Archipel der Philippinen, 2 Theil. Wiss. Res. 1, Holothurien : 252-257,
pl. 40, fig. 12-26.
Théel, H. J., 1886. Holothurioidea. Part 2. Rep. scient. Result. Vov. « Challenger », (Zool.), 39 : 153-
154.
Vaney, C., 1911. — Mission Gruvel sur la côte occidentale d’Afrique 1909-1910. Annls Inst, océanogr.,
Paris, 2 (5) : 27.
Bull. Mus. natn. Hist, nut., Paris , 4' sér., 10, 1988,
section A, n° 3 : 449-518.
Primnoidae (Gorgonacea) de Nouvelle-Calédonie
par Frederick M. Bayer et Jeffrey Stefani
Résumé. — Deux nouveaux genres, neuf nouvelles espèces et une nouvelle sous-espèce de
Primnoidae sont décrits des eaux néo-calédoniennes et deux espèces de l’archipel hawaiien. La
distribution géographique de Fanellia comprend maintenant la Nouvelle-Calédonie, et celle de
Pterostenella la Nouvelle-Calédonie et les Philippines. Nous proposons une clé révisée des genres de
Primnoidae ainsi qu’une clé des espèces de Perissogorgia n. gen. et de Fanellia Gray.
Abstract. — Two new genera, nine new species and one new subspecies of Primnoidae are described
from New Caledonian waters and two species from the Hawaiian Archipelago. The geographical
distribution of Fanellia is extended to New Caledonia, and that of Pterostenella is extended to the
Philippines as well as to New Caledonia. A revised key to the genera of Primmoidae is given, as well as
keys to the species of Perissogorgia n. gen. and Fanellia Gray.
F. M. Bayer et J. Stefani, Department of Invertebrate Zoology. Smithsonian Institution, Washington, D C. 20560,
USA.
Introduction
Cette collection exceptionnellement intéressante de Gorgonacea du lagon de Nouvelle-
Calédonie, récoltée en partie par M. Georges Bargibant du Centre ORSTOM de Nouméa,
lors de plongées en scaphandre autonome, contient près de soixante espèces, alors que la
littérature signale seulement seize espèces de cette région (Tixier-Duri vault, 1970). Outre ce
matériel des eaux peu profondes, les chalutages effectués pendant les expéditions BIOCAL,
CHALCAL et MUSORSTOM ont permis de rassembler la collection de Gorgonacea la plus
extraordinaire du siècle. Elle comprend beaucoup de Primnoidae, dont les espèces nouvelles
sont le sujet de ce mémoire.
Nous avons trouvé dans cette collection Primnoa plumatilis Edwards et Haime, 1857, dont
le spécimen-type récolté par M. Rousseau provient de Tîle de la Réunion; par la suite, cette
espèce a été récoltée aux îles Kei, dans le détroit de Solor par l’expédition « Siboga »
(Versluys, 1906). Nous avons retrouvé cette espèce, dont le binôme correct est Pterostenella
plumatilis, aux Philippines et en Nouvelle-Calédonie, ce qui étend considérablement sa
distribution géographique.
Une deuxième Primnoidae provenant du lagon néo-calédonien ressemble à première vue à
Narella (genre récolté seulement entre 137 et 2450 m), mais elle se distingue en fait de tous les
genres connus dans cette famille. La collection contient plusieurs autres espèces appartenant à
ce nouveau genre Perissogorgia ', elles ont été récoltées par chalutage, dans certains cas à des
profondeurs accessibles en scaphandre autonome. Nous décrivons dans ce travail ces
450 —
différentes espèces ainsi qu’une autre Primnoidae remarquable récoltée par le N/O « Coriolis »
lors de chalutages au Banc Nova, ne relevant d’aucun genre connu dans la famille et que nous
appelons Microprimnoa n. gen.
Nous décrivons enfin trois nouvelles espèces du genre Fanellia : une de Nouvelle-
Calédonie et deux de l’archipel hawaiien, ce qui élargit nos connaissances de la taxonomie et
de la distribution de ce genre.
Pendant une période de fractionnement taxonomique, la plupart des spécimens que nous
décrivons actuellement auraient paru suffisamment différents pour être classés chacun dans
une famille distincte. On récolte aujourd’hui de plus en plus d’espèces dont les caractères sont
intermédiaires à ceux déjà connus et il est évident que les discontinuités entre espèces, genres et
même entre familles deviennent de moins en moins nettes. Aussi est-il préférable de classer ces
nouvelles espèces dans la famille des Primnoidae, en l’élargissant pour les y inclure.
Étant donné la subtilité croissante des caractères distinctifs, l’iconographie joue un rôle
indispensable dans la description taxonomique. La plus grande lacune de la littérature
scientifique jusqu’au xx e siècle est l'insuffisance d’illustrations pour compléter la description de
caractères difficiles à exprimer par des mots; c’est la raison pour laquelle nous illustrons les
caractères morphologiques aussi complètement et avec autant de détails que le permet la
technologie moderne. Cette illustration détaillée peut même révéler des caractères qui n’ont pas
encore été considérés comme ayant une importance taxonomique. Le MEB offre la possibilité
d’illustrer les caractères du squelette avec une précision inconnue jusqu’à maintenant, révélant
des détails qui n’ont jamais été vus, ou dont l’observation a été assez floue. Les
stéréomicrographies donnent des images en trois dimensions qui communiquent l'information
avec un degré de réalisme qu’on ne pourrait obtenir autrement.
Matériel et méthodes
Les techniques de préparation des spécimens de Gorgonacea pour la microscopie
électronique à balayage sont largement absentes de la littérature scientifique (Bayer, 19826),
aussi expliquerons-nous en détail le procédé utilisé pour la préparation des illustrations qui
accompagnent ce texte.
Sclérites
Avant l’observation au MEB, il est indispensable de nettoyer les sclérites de toute trace de
matière organique dans laquelle ils sont inclus. On fait donc macérer un échantillon
convenable de tissu dans une éprouvette de 2cc contenant de l’hypochlorite de soude à 5 %.
Quand la matière organique paraît séparée des sclérites, le liquide surnageant est enlevé à l’aide
d’une pipette et remplacé par de l’eau oxygénée, H 2 0 2 à 3 %. Le mélange de l’eau oxygénée et
du résidu d’eau de Javel provoque une vive effervescence qui secoue les sclérites et élimine
toutes les particules qui y seraient encore attachées. L’utilisation d'un appareil à nettoyage
ultrasonique est à éviter pour ne pas briser les sclérites. Quand l'effervescence cesse et que les
sclérites se déposent au fond de l’éprouvette, le liquide surnageant est alors enlevé et remplacé
par de l’eau distillée ou désionisée, à trois reprises, puis par trois bains d'éthanol à 75 % et
deux bains d’éthanol pur. Au dernier bain, les sclérites sont aspirés dans une pipette, où ils se
451 —
déposent près de l’orifice, avant d’être délicatement placés sur une lamelle de verre. Quand la
préparation est sèche, les sclérites peuvent être montés puis photographiés.
L'examen de la microstructure nécessite un nettoyage plus rigoureux afin d’éliminer toute
trace de résidus organiques qui pourraient dissimuler partiellement les microcristaux. Pour cela
on soumet la préparation sur sa lamelle à un plasma d’oxygène, in vacuo, pendant 2-3 heures.
Toute la matière organique résiduelle est transformée en C0 2 par l’oxygène ionisé. L’appareil
que nous utilisons est un Tegal « Plasmod plasma asher ».
Après nettoyage et complet séchage, un échantillon représentatif de sclérites est prélevé
sous un microscope binoculaire à dissection à l’aide d’un poil monté, à l’exception des sclérites
minuscules, comme ceux des Xeniidae. Les sclérites peuvent être disposés sur une lamelle
couvre-objet de taille appropriée au microscope, recouverte d’une mince couche de colle
blanche, mise à sécher à l’abri de la poussière.
Les sclérites à examiner transférés sur la colle sèche sous le microscope à dissection à
l’aide de ce pinceau sont disposés au mieux, à la périphérie du cercle, pour optimiser la qualité
du signal et celle de l’illumination. Puis la préparation est soumise à une atmosphère de vapeur
d’eau qui réhydrate suffisamment la colle pour que les sclérites y adhèrent. Une chambre
humide est facilement improvisée avec un couvercle en verre ou en plastique placé au-dessus de
la préparation sur la platine du microscope, avec un coin qui déborde pour permettre
l’introduction de la vapeur. Il faut attendre la condensation de la vapeur avant d’enlever le
couvercle ; sinon, les sclérites ne tiennent pas ; si le temps est trop long, les sclérites seront alors
noyés dans la colle. Les sclérites de grande taille sont parfois difficiles à fixer par cette
méthode; il faut alors introduire une petite quantité d’eau distillée aux extrémités de chaque
sclérite avec un pinceau en poil naturel 00, en évitant de les noyer.
Polypes
Quand il devient nécessaire d’observer la disposition des sclérites dans les polypes
individuels, comme c’est souvent le cas chez les Primnoidae, on peut examiner des polypes
isolés ou de courts segments de branches au faible grossissement du MEB. Les échantillons
doivent être suffisamment nettoyés pour que la fine couche de tissu qui recouvre les sclérites
soit éliminée, sans que les sclérites se séparent. Dans ce but on fait tremper l’échantillon dans
de l’eau de Javel, puis dans de l’eau oxygénée, enfin dans un bain d’éthanol à 75%. On le
nettoie avec un fin pinceau à aquarelle sous le microscope à dissection. On répète le processus
jusqu’à ce que la surface soit propre. Après un rinçage à fond dans l'alcool à 75 %, le spécimen
est déshydraté dans de l’éthanol pur, séché à l’air avant d’être fixé sur une lamelle couvre-objet
et monté sur un porte-objet pour le MEB. Des segments de branche, jusqu’à 1 cm de long,
peuvent être montés verticalement pour être examinés de tous côtés et les polypes isolés
peuvent être placés au bout d’un fil d’or, collé à la lamelle couvre-objet, ce qui permet leur
observation sur toutes leurs faces.
Famille Primnoidae Gray, 1857
Diagnose : Gorgonacea dont l’axe scléroprotéique est fortement calcifié, sans être interrompu par
des nœuds cornés et courts. Les sclérites les plus nombreux sont des écailles ou des plaques épaisses dont
les microcristaux ont une orientation radiaire produisant un motif d’extinction cruciforme en lumière
polarisée.
— 452 —
Un des caractères diagnostiques soulignés dans les définitions précédentes de cette famille
est la spécialisation de l'écaille la plus apicale de chacune des rangées verticales d’écailles
polypaires; ces écailles forment un opercule de huit plaques triangulaires, qui protègent les
tentacules repliés lorsque le polype est contracté (Kükenthal, 1915, 1919, 1924). Mais
Deichmann (1936) note que cette structure est « rudimentaire » chez un genre : Primnoeides.
Kinoshita (1908a) a démontré que les écailles polypaires les plus distales chez Thouarella
hilgendorfi sont plus petites que les écailles circumoperculaires qui se replient au-dessus d’elles
et servent donc d'opercule. Comme d’autres genres bien nets de Primnoidae à polypes sans
opercule distinct ont été décrits depuis lors ( Armadillogorgia Bayer, 1980; Ophidiogorgia
Bayer, 1980), il faut éliminer l’opercule distinct en tant que caractère diagnostique de la famille
des Primnoidae.
Les Primnoidae sont considérées depuis longtemps comme la famille la mieux étudiée de
l’ordre des Gorgonacea (Kükenthal, 1915, 1919); il est vrai que les membres de cette famille
sont rarement attribués à une autre. Mais ce n’est pas le cas pour les sous-familles, genres et
espèces. Les genres, à l’origine bien différents lorsqu’ils ne comptaient que quelques espèces, se
distinguent moins bien au fur et à mesure de la découverte de nouvelles espèces, au point
qu'aujourd'hui il est parfois difficile de déterminer auquel d’entre eux appartient un spécimen
donné. Nous révisons dans ce travail la clé de détermination écrite par Bayer (1981).
Caractères taxonomiques
La morphologie des colonies des Primnoella est flagelliforme et svelte ; celle des colonies
de Primnoa est robuste et arborescente. Des morphologies intermédiaires sont courantes dans
la famille : ramification dans un plan, pennée ou dichotomique; flabelliforme, biflabelliforme,
buissonnante ou arborescente. Un genre est rarement caractérisé par une forme type.
Le mode d’extension des polypes dépend de la ramification de la colonie. La satisfaction
des besoins respiratoires et énergétiques des polypes implique leur plus ou moins grande
extension en relation avec les conditions écologiques. La ramification des spécimens est
variable au sein d’une même espèce; cependant cette variabilité est génétiquement assez
limitée.
Chez les Primnoidae, comme chez tous les Gorgonacea, les colonies les plus simples ne
sont pas ramifiées ; elles peuvent être rectilignes, recourbées à leur extrémité ou spiralées. Les
deux types fondamentaux de ramification (dichotomique et pennée) sont distincts et ne
peuvent être en principe confondus, mais l’accroissement du nombre des branches de la colonie
complique parfois l’interprétation. Une espèce, ramifiée de façon pennée l’est toujours, mais les
conditions écologiques peuvent influencer la croissance des branches les plus latérales, les
obligeant à se développer plus près ou plus loin les unes des autres. Quand ces branches
latérales sont plus espacées et que l’axe a tendance à s’orienter à l'opposé de chaque branche
qui en est issue, une ramification pennée peut ressembler à une ramification dichotomique et
porte alors le nom de « quasi-dichotomique » (Bayer, 1982a). Les branches latérales sont
généralement dans un plan et toujours issues de l'axe principal ; dans certaines conditions les
colonies peuvent être composées de plusieurs « éventails » plus ou moins parallèles les uns aux
autres de sorte que la colonie entière n’est plus dans un seul plan.
Une colonie à ramification pennée dont les branches latérales courtes ne sont plus dans un
— 453 —
plan mais sont disposées autour de l’axe principal est appelée goupillon. Chez les Primnoidae,
ce type de ramification existe dans le genre Thouarella, dont certaines espèces sont connues des
eaux néo-calédoniennes.
Les colonies à ramification dichotomique sont disposées presque toujours dans un plan ;
mais par suite des contraintes d’espace, la dichotomie n'est pas toujours régulière; une des
branches d’une dichotomie peut cesser ses divisions, puis les reprendre après un allongement
suffisant. Les colonies peuvent alors être composées de plusieurs éventails plans superposés,
comme chez Fanellia korema.
Rien ne s’opposerait à priori à ce que les Anthozoaires coloniaux aient une croissance
illimitée, mais il est clair qu’il existe une restriction génétique à laquelle s'ajoutent des limites
écologiques. Une colonie d’une espèce donnée vivant à 10 m de profondeur peut avoir une
taille supérieure à celle d'une colonie de la même espèce vivant dans 1 m d’eau, alors que leurs
polypes ont une taille maximale à peu près identique. Mais la colonie qui vit à 10 m de
profondeur ne dépassera jamais une taille limite prédéterminée. La taille de la colonie est un
caractère taxonomique utilisable mais secondaire. En revanche, celle des polypes est un
caractère taxonomique important. Compte tenu de la variabilité due à l’âge, la taille des
polypes adultes mûrs est constante dans une espèce donnée.
Chez tous les membres de la famille des Primnoidae, l’axe principal a une structure
semblable; il est composé de la matrice scléroprotéique habituelle, minéralisée par l’addition
de carbonate de calcium. Sa teinte varie de presque noir à la couleur paille; il peut avoir une
brillance métallique. Sa croissance en diamètre s’effectue grâce à l’activité sécrétrice d’un
épithélium axial. Une coupe transversale de l’axe montre des cercles de croissance concentri¬
ques. Le parcours des canaux longitudinaux du cœnenchyme, qui entourent l’axe, est indiqué
par d’étroits sillons creusés dans la substance axiale, ce qui donne en coupe transversale
l’image de couches concentriques ondulées citée par Kükenthal (1919). Son hypothèse selon
laquelle le calcium, sous forme de conglomérats arrondis, représente des sclérites de la
mésoglée interne de la gaine axiale soudés (1919 : 705) est inexacte. L’aspect de ces sillons
varie; ils sont parfois très évidents chez certaines espèces de Callogorgia; ils sont parfois
presque invisibles comme chez certaines Narella. Le degré de calcification varie avec la taille,
l’âge et le niveau de la colonie. Il augmente depuis l’extrémité distale des branches jusqu’à la
base de la colonie où l'axe est dur et cassant. Un genre au moins, Mirostenella Bayer, 1988,
inconnu des eaux néo-calédoniennes, a une calcification axiale réduite à l’origine des branches,
état qui préfigure peut-être celui des Isididae chez lesquelles l’axe fortement calcifié est
interrompu à intervalles plus ou moins réguliers par des nœuds de matière organique flexible,
non seulement au départ de la ramification mais aussi entre deux ramifications. On pourrait
ainsi considérer les Primnoidae comme les ancêtres des Isididae.
Toutes les Primnoidae ont des sclérites essentiellement plats, composés de microcristaux
de calcite radiaires autour d’un centre. Étant donné l’orientation des cristaux qui les
composent, les écailles des Primnoidae produisent un motif d’extinction cruciforme en lumière
polarisée (Bayer, 1956). La forme et l’épaisseur de ces écailles varient non seulement suivant
les espèces, mais aussi en fonction de leur place dans la colonie et de leur fonction. Par contre,
au sein des différents genres et espèces de cette famille, les sclérites ayant la même fonction ou
la même situation sont équivalents. Les sclérites ont donc une importance taxonomique
primaire.
— 454 —
Remarque : La distinction entre « écailles » et « plaques » est surtout fonction de leurs
dimensions ; chez certaines espèces, les sclérites des polypes et de cœnenchyme sont minces et
fragiles et correctement nommés « écailles » ; chez d’autres espèces, ils sont épais et opaques et
sont alors appelés « plaques ». Il existe d’ailleurs certains sclérites intermédiaires, qui ont
toujours une forme aplatie.
Clé des genres de Primnoidae
1(37). Opercule constitué par les écailles les plus distales, qui sont larges et se replient sur les ten¬
tacules contractés.
2(34). Polypes entièrement séparés les uns des autres jusqu'à leur base, jamais soudés en zone proxi¬
male.
3(19). Polypes complètement recouverts d’écailles, y compris la face adaxiale entièrement pourvue
d’écailles.
4(18). Polypes recouverts d’écailles se chevauchant et disposées en rangées longitudinales distinctes.
5(6). Sclérites du corps du polype divisés par une arête denticulée externe séparant une partie dis¬
tale concave (ou en forme de coupe oblique) et une base tuberculée .
Ascolepis Thomson et Rennet, 1931
6(5). Sclérites du corps du polype non divisés par une arête transversale.
7(12). Huit écailles marginales.
8(9). Écailles marginales alternant avec les écailles operculaires. Colonies à ramification dichoto¬
mique; polypes en verticilles presque perpendiculaires à l’axe. Parastenella Versluys, 1906
9(8). Écailles marginales alignées verticalement avec les operculaires.
10(11). Colonies pennées; polypes bisériés ou éparpillés, orientés vers le haut. Plumarella Gray, 1870
11(10). Colonies à ramification dichotomique; polypes en verticilles orientés obliquement vers le haut
ou presque verticaux. Mirostenella Bayer, 1988
12(15). Cinq écailles marginales.
13(14). Colonies pennées dans un plan; écailles marginales à pointe courte, non épineuse.
Pteroslenella Versluys, 1906
14(13). Colonies en goupillon, avec ramifications tout autour de l’axe; écailles marginales portant
une longue arête denticulée. Dasyslenella Versluys, 1906
15(12). Moins de cinq écailles marginales.
16(17). Ramification dichotomique; polypes hauts (2,5-7mm), perpendiculaires à l’axe ou légèrement
orientés vers le haut, en verticilles, toujours avec quatre écailles marginales; les operculaires
se chevauchent. Candidella Bayer, 1954
17(16). Ramification pennée; polypes courts (1mm max.) orientés vers le haut ou recourbés vers
l’axe, bisériés ou irrégulièrement groupés, sans verticilles ; les operculaires ne se chevauchent pas.
Pseudoplumarella Kükenthal, 1915
18(4). Polypes recouverts d’écailles en mosaïque, ne formant pas de rangées régulières et ne se che¬
vauchant pas. Microprimnoa n. gen.
19(3). Polypes complètement ou partiellement dépourvus d’écailles adaxiales.
20(21). Polypes irrégulièrement groupés autour du tronc et des branches, sans verticilles; la plupart
des polypes sont orientés vers le bas (quelques rares individus font exception dans toutes les
colonies). Primnoa Lamouroux, 1812
21(20). Polypes généralement groupés en verticilles distincts, orientés vers le haut et le bas; chez
quelques espèces les verticilles sont masqués par le grand nombre de polypes, qui sont alors
orientés vers le haut.
22(23). Écailles abaxiales du polype non appariées, mais en séries de 3 (parfois 4 ou 5) : basale (1),
médiane (1, parfois 2 ou 3), buccale (1). Les polypes sont orientés vers le haut.
Perissogorgia n. gen.
— 455
23(22). Écailles abaxiales toujours en paires, dont certaines peuvent être soudées en anneaux.
24(29). Deux paires d’écailles abaxiales, séparées ou soudées.
25(26). Certaines paires d'écailles du corps du polype sont soudées en anneaux ; polypes orientés vers
le haut (sauf chez C. wyvillei et C. versluysi) . Calyptrophora Gray, 1866
26(25). Certaines écailles abaxiales font presque ou complètement le tour du corps du polype et peu¬
vent se toucher sur la face adaxiale, mais ne sont pas soudées en anneaux; polypes orientés
vers le bas.
27(28). Une seule paire d'écailles infrabasales entre les basales du corps du polype et les écailles du
cœnenchyme; colonies à ramification dichotomique... Paracalyplrophora Kinoshita, 1908
28(27). Plusieurs paires d’écailles infrabasales entre les basales du corps du polype et les écailles du
cœnenchyme; colonies ramifiées, dichotomiques ou pennées. Arthrogorgia Kükenthal, 1908
29(24). Au moins deux paires d’écailles abaxiales sur le corps du polype.
30(31). Polypes orientés obliquement vers le bas; 3 ou 4 paires d’écailles abaxiales sur le corps du
polype. Narella Gray, 1870
31(30). Polypes arqués vers le haut; au moins 4 paires d’écailles abaxiales sur le corps du polype.
32(33). Écailles du corps du polype lisses (face externe) ou avec des granules, qui, en groupe, for¬
ment un réseau d’arêtes basses. Abaxiales distales, parfois avec arêtes radiaires importan¬
tes, qui s'étendent des arêtes marginales (face interne) jusqu'à la surface externe; ramifica¬
tion pennée, parfois lâche. Callogorgia Gray, 1858
33(32). Écailles du corps du polype avec (face externe) de grands tubercules rapprochés qui peuvent être
cannelés, denticulés ou épineux, ou s'agglomérer en forme d’arêtes proéminentes; ramification
dichotomique, quasi-dichotomique ou pennée lâche. Fanellia Gray, 1870
34(2). Les polypes soudés en zone proximale forment des feuilles (type Pennatulacea) qui se dressent
obliquement vers le haut autour d’un tronc non ramifié.
35(36). Écailles marginales prolongées par de longues épines, qui s’étendent bien au-delà des opercu-
laires triangulaires. L'axe se dresse à partir d’un pied discoïdal fixé à un support solide.
Callozoslron Wright, 1885
36(35). Écailles marginales non prolongées par des épines, s’étendant bien au-delà des operculaires,
qui sont couronnées d'une pointe épineuse. Le pied est en forme d’entonnoir enfermant une
boule de boue. Ainigmaptilon Dean, 1926
37(1). L'opercule n'est pas formé par les écailles les plus distales se repliant sur les tentacules con¬
tractés, mais plutôt par les circumoperculaires ou même les submarginales, qui sont plus
grandes.
38(45). Sclérites des polypes en rangées longitudinales régulières.
39(42). Colonies non ramifiées ou avec quelques longues branches flagelliformes.
40(41). Sclérites des polypes en deux rangées abaxiales, rapprochées, en forme de faucille; polypes en
verticilles, complètement adnés au cœnenchyme et sans paroi adaxiale .
Armaddlogorgia Bayer, 1980
41(40). Sclérites des polypes répartis en plus de deux rangées; polypes non adnés au tronc, leur par¬
tie distale couverte d’écailles en rangées longitudinales. Primnoella Gray, 1858
42(39). Colonies à ramification abondante, en forme de goupillon.
43(44). Polypes éparpillés, ni en paires, ni en verticilles . Thouarella (s.s.) Gray, 1870
44(43). Polypes en paires ou en verticilles. ( Eulhouarella Kükenthal, 1915)
45(38). Sclérites polypaires non disposés en rangées longitudinales.
46(47). Colonies plumeuses à ramification pennée opposée; polypes courts (2mm max.), en paires
bien espacées ou en verticilles de 3 ; tous les sclérites sont des écailles lisses et minces . . .
Primnoeides Wright et Studer. 1887
47(46). Colonies non ramifiées; polypes hauts (3mm min.), en verticilles rapprochés de 15 ou plus;
les sclérites polypaires sont des plaques épaisses discoïdales, souvent au bord denticulé;
cœnenchyme comprenant des sphéroïdes irréguliers à tubercules. Ophidiogorgia Bayer, 1980
PTEROSTENELLA Versluys, 1906
Stenella (PterosteneUa ) Versluys, 1906 : 39.
Pseudoplumarella (partim) Kiikenthal, 1919 : 356; 1924 : 265.
PterosteneUa ; Bayer, 1981 : 937.
Espèce-type : Primnoa plumatilis Milne Edwards et Haime, 1857, par monotypie.
Diagnose : Primnoidae ramifiée de façon pennée avec polypes disposés en paires et en verticilles de 3-
4, perpendiculaires ou orientés légèrement vers le haut. Les polypes n’ont que 5 écailles marginales, sous
l'opercule.
Remarques : Ce genre a été établi par Versluys (1906) comme sous-genre de Stenella
Gray, 1870 (non 1866) pour des spécimens récoltés par l’expédition « Siboga » dans deux
stations d’Indonésie. Une comparaison avec le matériel-type original a permis à Versluys de
déterminer que ces spécimens appartenaient à Primnoa plumatilis, espèce établie par Milne
Edwards et Haime (1857) pour un spécimen de l’île de la Réunion récolté par M. Rousseau.
Nous élargissons donc la distribution géographique de cette espèce aux îles Philippines et à la
Nouvelle-Calédonie. La population du récif de Nouvelle-Calédonie, à plus de 11 000 km de la
localité-type de l’espèce, est établie comme sous-espèce de P. plumatilis.
PterosteneUa plumatilis plumatilis (Milne Edwards & Haime, 1857)
(PI. I)
Primnoa plumatilis Milne Edwards & Haime, 1857 : 141; Kent, 1870 : 83, pl. 41, figs 10-12.
Callogorgia plumatilis Gray, 1859 : 484.
Plumarella penna; Gray, 1870 : 36 {partim ); Wright & Studer, 1889 : 74.
Non Gorgonia penna Lamarck, 1815 : 164; 1816 : 323.
Récoltes : îles Philippines entre Cebu et Bohol, 10°10'40"N, 124°02'45"E, profondeur inconnue;
température au fond 62,4° F, USFC « Albatross », station D-5414, 24-III-1909 : une branche faisant
probablement partie d’une colonie plus grande, conservée en alcool (USNM 76964). îles Philippines,
USFC « Albatross », 1907-1910 : une branche probablement détachée d’une colonie plus grande,
conservée en alcool (USNM 60366).
Diagnose : PterosteneUa à polypes plus ou moins perpendiculaires, en paires ou en verticilles de 3-4 ;
5 à 7 écailles dans les rangées abaxiales, 3 à 5 dans les rangées adaxiales. Le bord visible des écailles du
corps du polype ne s’évase pas vers l’extérieur.
Description : Voir la description excellente des spécimens de la « Siboga » publiée par
Versluys (1906).
Remarques : Les spécimens des îles Philippines correspondent en général à la description
donnée par Versluys. Les verticilles de polypes sont un peu plus rapprochés, 8-10 pour une
— 457 -
longueur de 1 cm d'axe au lieu de 6-8 pour le matériel récolté par la « Siboga » ; les polypes ont
tendance à avoir une écaille de plus sur les faces ab- et adaxiales et la forme pointue de la
projection de la bordure distale libre est plus distincte que dans l’illustration de Versluys
(1906 : fig. 40, 41). Compte tenu de la variation observée sur le matériel récolté par la
« Siboga », ces différences sont insuffisantes pour justifier la création d'une espèce ou d’une
sous-espèce distincte.
La variation des caractères observés sur les spécimens des îles Philippines se retrouve sur
ceux des récifs de Nouvelle-Calédonie; ils sont cependant suffisamment distincts pour
représenter une sous-espèce géographique.
Pterostenella plumatilis anatole n. subsp.
(PI. II)
Récolte : Nouvelle-Calédonie, extérieur du grand Récif sud, 65-75 m, Georges Bargibant coll.,
(HG-186) : une colonie sèche (holotype MNHN OCT.S.1987.2) ; une autre conservée en alcool (paratype,
USNM 79978).
Diagnose : Pterostenella à polypes courbés vers le haut, orientés obliquement, en paires ou en
verticilles de 3-4 ; 7-8 écailles dans les rangées abaxiales, 3-4 dans les rangées adaxiales. La surface externe
des écailles du corps du polype est concave, leur bord distal, visiblement évasé vers l’extérieur.
Description
Les colonies sont ramifiées de façon pennée, serrée, formant des plumes complexes
atteignant 1,3 m de haut. Les polypes sont disposés obliquement en verticilles de 3-4, parfois en
paires et sont courbés vers le haut, les opercules étant orientés vers l’extrémité des branches.
On compte dix verticilles pour une longueur de 1 cm d'axe. Les écailles des rangées abaxiales
sont plus nombreuses que chez P. plumatilis s.s. (en général 7 à 8), mais seulement 3-4 dans les
rangées adaxiales; le bord visible des écailles du corps du polype est évasé vers l’extérieur,
laissant voir les petites arêtes radiaires de la bordure interne. Les écailles operculaires sont
triangulaires et se chevauchent de la face abaxiale vers l’intérieur. Elles se referment pour
former un opercule conique et haut.
Les spécimens conservés sont de couleur blanc crème, mais in vivo les colonies sont rose
pâle.
Remarque : Le récolteur (G. Bargibant) a vu de nombreuses colonies fixées sur un
tombant abrupt et presque lisse.
Étymologie : Du grec anatole ( = Est), allusion à la localité située bien à l'est de la localité-type de P.
plumatilis.
— 458 —
MICROPRIMNOA n. gen.
Espèce-type : Microprimnoa diabathra n. sp.
Diagnose : Primnoidae dont les polypes sont pourvus de sclérites en forme de grosses plaques qui ne
se chevauchent pas et ne sont pas disposés en rangées longitudinales régulières. Des huit écailles
operculaires, seules quatre ou cinq sont larges et visibles quand l’opercule est fermé.
Étymologie : Vu la petite taille de cette Primnoidae, le nom micro du grec micros lui a été attribué.
Microprimnoa diabathra n. sp.
(PI. III-VIII)
Récolte : Nouvelle-Calédonie, 22°07'66 S-l59°21 '40 E, 415 m; N/O « Coriolis », MUSORSTOM V,
station 306 (HGP-96), 12-X-1986 : quatre colonies conservées en alcool (holotype, avec pied et paratype,
MNHN OCT.A. 1987.3 et 23; paratypes, USNM 79977).
Diagnose : Primnoidae asymétriquement dichotomique, rigide, de petite taille, présentant des
verticilles espacés de deux polypes perpendiculaires à l’axe et à 180° l’un de l’autre. Le cœnenchyme
possède une armature de plaques épaisses qui s’emboîtent au lieu de se chevaucher. L’axe est calcaire et
les écailles des polypes forment un opercule distinct.
Description
Colonie rigide, dans un plan, à ramification lâche, à dichotomie asymétrique, atteignant
jusqu’à 4cm de haut. Les polypes proéminents sont disposés en verticilles de deux,
perpendiculaires à l’axe, plus ou moins dans le même plan que celui dans lequel s’effectue la
ramification. Les polypes mesurent environ 2 mm de long, 1 mm de diamètre (un peu plus à
leur base). Ils sont presque toujours à 180° les uns des autres, mais il y a parfois un polype
unique au départ des ramifications des branches.
Dans la colonie entière, les sclérites constituent une armature de plaques, qui s’emboîtent
les unes dans les autres, contrairement à la majorité des Primnoidae chez lesquelles elles se
chevauchent. De forme polygonale et irrégulière elles mesurent jusqu’à 0,6 mm de longueur
maximum (corps du polype), 0,2 à 0,4 mm (cortex axial).
Quatre, parfois cinq plaques forment l’opercule ; ce sont des écailles triangulaires dont le
sommet est très pointu; les plus grandes ont parfois une pointe supplémentaire. Ces écailles
dissimulent trois ou quatre autres plaques operculaires. Leur sculpture externe est rugueuse,
formée d’arêtes radiaires à partir d’une petite bosse centrale et se terminant en denticules sur
les bords de la plaque. Les sclérites des polypes sont en désordre ou en mosaïque. Il existe
rarement plus de deux plaques sur la longueur du polype. La sculpture externe des plaques
polypaires correspond aux arêtes de denticules dont la disposition est radiaire, mais sur les
basales elle est plutôt linéaire et horizontale autour du polype. Les plaques plus distales ont
une sculpture moins prononcée; celles du cœnenchyme ont des arêtes plutôt radiaires et des
denticules répartis au hasard.
- 459 —
L’axe du tronc émerge d’un renflement sphéroïde calcaire et n’est pas ramifié sur le
premier centimètre. A la base, il mesure 0,5 mm de diamètre (cœnenchyme inclus) et il conserve
son diamètre et sa rigidité jusqu’à la région distale. Sa couleur est légèrement dorée, visible à
travers le cœnenchyme blanchâtre. En général le rameau se termine par un verticille de polypes
orientés vers le haut; mais il se termine parfois par un seul polype.
Remarques : Cette espèce diffère beaucoup de toutes les autres Primnoidae connues
jusqu’à présent. Les plaques épaisses qui encerclent le corps des polypes et s’emboîtent en
mosaïque, sans se chevaucher, ne sont pas alignées et la dissimulation de trois à quatre plaques
operculaires par d’autres plus larges sont des caractères uniques chez les Primnoidae. Il est
possible que la petite taille des spécimens récoltés soit également un remarquable caractère
taxonomique, mais il se peut aussi que ce soit de jeunes colonies.
Étymologie : Du grec diabathra (= échelle), allusion aux paires de polypes placés régulièrement de
part et d’autre de l’axe, rappelant l’aspect d’une échelle.
PERISSOGORGIA n. gen.
Espèce-type : P. viridis n. sp.
Diagnose : Primnoidae à polypes orientés vers le haut et protégés sur leur face abaxiale par de larges
écailles ou par des plaques en rangée unique. Les bords des écailles operculaires se chevauchent au lieu de
s’emboîter. Les colonies sont fïagelliformes, lyriformes, ou pennées.
Le maintien au niveau de l’opercule seulement des huit rangées de sclérites polypaires et la
réduction des écailles polypaires à quelques grandes plaques abaxiales sont des caractères
communs aux genres Calyptrophora, Paracalyptrophora, Arthrogorgia et Narella, habituelle¬
ment réunis dans la sous-famille des Calyptrophorinae (Versluys, 1906; Kinoshita, 19086;
KÜkenthal 1919, 1924; Bayer, 1956; Utinomi, 1979). Parmi eux, seul le genre Calyptrophora
a des polypes orientés vers le haut et les écailles abaxiales des polypes, modifiées, forment deux
anneaux encerclant complètement le corps du polype sous les tentacules. Bien que ces anneaux
semblent faits d’un seul sclérite, ils sont en fait composés de deux écailles soudées sur les lignes
médianes abaxiale et adaxiale, de sorte que la disposition des sclérites est semblable à celle
observée chez Arthrogorgia, Paracalyptrophora et Narella.
Les formes coloniales de ce genre sont identiques à celles des Calyptrophora : non
ramifiées et fïagelliformes, ou lyriformes et bipennées. On ne connaît pas encore d’espèce à
colonies trifurquées analogue à celles de C. versluysi Nutting, mais il est possible que cette
forme ne soit qu’une adaptation en eau profonde de C. japonica, qui est bipectinée.
Bien que la disposition caractéristique des sclérites du corps du polype, en deux rangées
longitudinales chez tous les genres de Calyptrophorinae, soit absente chez Perissogorgia, nous
adopterons pour ce genre la même nomenclature, en nommant les écailles : basale, médiane et
buccale. Les écailles buccales et basales accessoires et plus petites seront nommées « buccale
latérale » et « buccale adaxiale ».
460 —
La taille des colonies et celle des polypes différencient principalement les quatre espèces
flagelliformes du genre. En observant les six colonies lîagelliformes de P. viridis , récoltées par
M. Bargibant, on constate que la taille des polypes est remarquablement uniforme en dépit
de la diminution progressive du diamètre de la colonie. Le diamètre plus grand à la base ne
dépend pas de la taille des polypes mais de leur plus grand nombre.
En admettant donc que la taille des polypes d’une colonie et des colonies d'une même
espèce soit relativement uniforme, nous constatons que deux espèces ont de grands polypes (P.
bythia et P. colossus ) et que les deux autres (P. petasus et P. viridis) ont de petits polypes. Les
deux espèces à grands polypes sont clairement différentes :
— chez P. colossus : (1) les écailles operculaires ont une carène très haute, mince,
longitudinale, à disposition oblique sur la face interne ; (2) l’écaille buccale a un bord distal
large et libre ; (3) la partie distale de l’écaille basale est plus grande que la partie
cœnenchymale ; (4) les écailles latérales basales sont minces et ovales ;
— chez P. bythia : (1) la carène longitudinale des écailles operculaires est plus basse et
plus épaisse ; (2) le bord distal de l’écaille buccale est moins saillant au-dessus des bases des
écailles operculaires; (3) la partie distale de l’écaille basale est égale à la partie cœnenchymale;
(4) les écailles latérales basales sont épaisses, polygonales et leur bord libre est souvent divisé
en plusieurs lobes proéminents.
De même, les deux espèces à petits polypes sont très différentes :
— chez P. petasus : (1) les écailles operculaires n’ont qu’une petite carène et les plus
grandes (les latérales externes) mesurent seulement 0,5 mm de haut ; (2) le bord distal libre de
l'écaille buccale est large et s’étend bien au-delà de la base des operculaires, qui débordent
légèrement les buccales; (3) les écailles du corps du polype, surtout les basales en forme
d’équerre, sont des plaques particulièrement épaisses;
— chez P. viridis : (1) les operculaires ont une forte carène et les plus larges mesurent
jusqu'à 1 mm, de sorte que l’opercule déborde nettement l'écaille buccale, dont le bord est
étroit; (2) les écailles du corps du polype et la basale en équerre sont peu épaisses.
En ce qui concerne la forme des polypes et leurs sclérites, les deux espèces les plus proches
sont P. viridis et P. bythia ', la première vit en eau moins profonde (60 m) que la seconde (311-
390 m). Leurs sclérites, de forme voisine, sont de taille différente. Ceux de P. bythia (USNM
79970) sont deux fois plus grands que ceux de P. viridis et les dimensions des polypes sont en
rapport. Les écailles basales latérales de P. bythia sont larges, avec un ou plusieurs lobes
marginaux, alors que celles de P. viridis sont longues et étroites, sans lobes marginaux. Comme
aucun spécimen n’a été récolté entre 60 et 300 m, il est impossible de dire s’il s’agit d’une seule
espèce aux caractères variables suivant la profondeur. Nous considérons donc qu’il s’agit de
deux espèces distinctes.
Clé des espèces de Perissogorgia
1(8). Colonies sans ramifications, jusqu’à 50 cm de haut. L'écaille operculaire latérale externe de
chaque côté chevauche l’abaxiale et la latérale interne adjacente.
2(5). Polypes ayant moins de 1,5 mm de haut, mesurés de la base de l’écaille médiane jusqu'au
bord distal de l’écaille buccale.
— 461 —
3(4). Bordure distale de l'écaille buccale large et libre autour des abaxiales et latérales operculaires ;
les plus grandes écailles operculaires ont 0,5 mm de haut. P. petasus n. sp.
4(3). Bordure distale de l’écaille buccale étroite et libre autour des abaxiales et latérales operculaires ;
les plus grandes écailles operculaires ont 1 mm de haut . P. viridis n. sp.
5(2). Polypes ayant plus de 1,5 mm de haut, mesurés de la base de l'écaille médiane jusqu’au bord
distal de l’écaille buccale.
6(7). Bordure distale de l’écaille buccale large et libre autour des abaxiales et latérales operculaires;
les plus grandes écailles operculaires ont souvent plus d'1 mm de haut, avec une grande carène
mince, disposée obliquement sur la surface interne. Les écailles basales latérales sont ovales avec
un bord finement denticulé et convexe. P. colossus n. sp.
7(6). Bordure distale de l'écaille buccale étroite et libre autour des abaxiales et latérales operculaires;
les plus grandes écailles operculaires mesurent jusqu’à 0,75 mm de haut, avec une carène basse,
longitudinale sur la face interne. Les écailles basales latérales sont anguleuses avec au moins
un lobe marginal denticulé. P. bythiu n. sp.
8(11). Colonies à ramification dichotomique, parfois dans un plan et lyriformes, parfois corymbi-
formes.
9(10). Ramifications ténues et flexibles; sclérites des polypes et du cœnenchyme vitreux, minces, en
forme d’écailles, lisses à l’extérieur; tentacules sans sclérites. P. vitrea n. sp.
10(9). Ramifications robustes, rigides, dans un plan; sclérites des polypes et du cœnenchyme opaques,
épais, en forme de pavés, dont la sculpture externe comprend de nombreux granules pointus.
Tentacules avec petits bâtonnets. P. monde n. sp.
11(1). Colonies ramifiées, rigides et pennées, dans un plan; sclérites des polypes et du cœnenchyme
épais, en forme de plaques, à face externe sculptée par de fins granules en réseau; la marge
interne du bord distal des écailles du corps du polype porte une denticulation haute et fine;
tentacules avec nombreux petits bâtonnets. P. penna n. sp.
Perissogorgia viridis n. sp.
(PI. IX-XI ; fig. 1, a)
Récolte : Nouvelle-Calédonie : Récif Tomboo, 55-60m, 5-II-1980, G. Bargibant coll. (HG-193) :
deux colonies avec pied, une sèche, de 36 cm de long (paratype USNM 80043), l'autre conservée en alcool,
en deux parties, dont la longueur totale est de 28 cm (paratype USNM 79976); quatre colonies avec pied,
conservées en alcool, dont la plus longue mesure 53 cm (holotype et paratypes, MNHN OCT.A. 1987.4,
24).
Diagnose : Perissogorgia à colonies flagelliformes dont les polypes mesurent au plus 1,5mm de haut;
avec six verticilles par centimètre de long. L’opercule est haut, dépassant la bordure libre étroite des
plaques buccales.
Description
Colonies non ramifiées, flagelligormes, flexibles en zone apicale mais plutôt rigides vers la
base, s’élevant à partir d’un pied peu étendu mais qui présente plusieurs expansions
digitiformes. Les polypes sont orientés vers le haut de la colonie, groupés en verticilles de
quatre en zone distale et jusqu’à huit en zone proximale. Il existe en moyenne six verticilles par
centimètre d’axe. Dans la partie inférieure de la colonie, les polypes semblent dégénérer
1. — Polypes de : a, Perissogorgia viridis ; b, P. bylhia \ c, P. petasus; d, P. colossus ', e, jeunes polypes de P.
monile, qui poussent entre les plaques du cœnenchyme. dans les intervalles entre les verticilles de polypes adultes.
— 463 —
progressivement. Il en manque beaucoup mais ils paraissent être en cours de régénération car
leur emplacement est occupé par un jeune polype. Les verticilles inférieurs sont déformés en
raison de la croissance irrégulière des plaques du cœnenchyme. L’axe est cylindrique, à
première vue lisse, mais il a de très faibles arêtes longitudinales de couleur paille mordorée.
Les polypes contractés avec les tentacules repliés mesurent environ 1,5 mm (mesures
parallèles à l’axe, y compris les écailles operculaires et la partie horizontale de l’écaille basale
sans son extension axiale). La face abaxiale du polype est recouverte d’une série longitudinale
de trois écailles simples : une basale, une médiane et une buccale. Il arrive que la médiane soit
double ou triple. Une seule écaille buccale importante est située sous chaque écaille latérale
operculaire interne et une plus petite sous chaque écaille operculaire adaxiale. Il peut y avoir
de petites écailles de chaque côté du polype en position latérale interne de part et d’autre des
écailles médianes ; on peut voir aussi une écaille basale accessoire sur un seul ou sur deux côtés
du polype. La face adaxiale du polype est dépourvue de sclérites. L’écaille basale est robuste,
en forme d’équerre avec une projection distale horizontale qui entoure partiellement la base du
polype. Sa région proximale s’étend le long de l’axe et forme une grande partie du cœnenchyme
entre les verticilles. Des écailles allongées plus petites occupent les espaces vides entre les
régions proximales des écailles basales et les écailles arrondies plus minces et beaucoup plus
petites du cœnenchyme qui recouvrent les projections du pied. L’opercule mesure entre 0,6 et
0,7 mm de haut ; il est conique, composé de huit écailles, dont seules les adaxiales et les
latérales internes ont cette forme triangulaire arrondie, avec une faible carène interne. Les
latérales externes et les abaxiales ont un contour irrégulièrement pentagonal avec une carène
interne prononcée sur un bord, correspondant à un sillon externe. Les écailles operculaires ne
se chevauchent pas dans la direction normale de l’ab- vers l’adaxial, avec une des écailles
abaxiales dominante. Par contre chaque écaille latérale externe chevauche les abaxiales et
latérales internes adjacentes. Les latérales internes, à leur tour, chevauchent les adaxiales
tandis que les écailles des paires d’ab- et d’adaxiales se chevauchent très peu ou pas du tout.
La face externe des sclérites est garnie de rangées d’épines basses, la plupart formant des
arêtes qui rayonnent autour du « noyau » du sclérite. Le long de la bordure distale ces rangées
se terminent en bord découpé ou dentelé. Sur les écailles du corps du polype, la face interne du
bord distal libre montre de nombreuses arêtes fines aux dents pointues, elles aussi en
disposition rayonnante. La partie centrale de cette face interne est couverte de tubercules
complexes, qui ont une disposition plus ou moins radiaire. Les écailles médianes sont
quadrangulaires, à angles arrondis, plus larges que longues ; leur courbure suit celle du corps
du polype. L’écaille buccale est onguiforme, sa bordure distale libre s’étendant autour de
l’opercule comme une étroite visière.
Remarques : Chez certaines colonies, à peu près un polype par verticille est plus grand
que les autres ; les écailles polypaires sont élargies et les écailles operculaires sont déformées.
Cette déformation varie d’un polype à l’autre. La dissection montre que ces polypes
contiennent un grand œuf sphérique et plusieurs ovules non développés, prêts à être libérés. Le
récolteur a remarqué « Vu plusieurs colonies, toujours tiges uniques, écartées les unes des
autres de 50cm à lm; taille entre 20 et 30cm de haut».
Étymologie : Du latin viridis (= vert); allusion à la couleur de la colonie in situ.
— 464 —
Perissogorgia petasus n. sp.
(PI. XII-XIV ; fig. 1, c)
Récolte : Nouvelle-Calédonie (S-E), 22°37'0S-167°05'7 E, 120 m, MUSORSTOM IV. station DW
204, 27-IX-1985 : fragment de colonie apparemment sans ramification, en mauvais état, conservé en
alcool (MNHN, OCT.A. 1987.5).
Diagnose : Perissogorgia flagelliforme dont les polypes mesurent moins de 1,5mm de haut; 7
verticilles de polypes par centimètre d’axe ; opercule bas, un peu masqué par la grande bordure libre de
l’écaille buccale.
Description
Colonie incomplète et rigide, sans ramifications apparentes, de 7,2 cm de long, sans pied et
sans partie distale. Les polypes sont orientés vers le haut de la colonie. On compte sept
verticilles par centimètre d’axe et six polypes par verticille. L’axe est rigide, brun, légèrement
mordoré en zone proximale, plus clair en zone distale. Sa surface porte des arêtes
longitudinales basses, étroites, qui s’estompent en région distale.
Les polypes contractés ont entre 1,2 et 1,3 mm de haut (depuis la base de l’écaille
médiane). Une plaque basale épaisse en forme d’équerre soutient la partie distale repliée du
polype, qui est protégée par une plaque médiane et une buccale, toutes deux à bord distal
proéminent. Il y a rarement deux plaques médianes ou buccales, comme c’est le cas chez P.
viridis.
L’opercule ne dépasse pas de façon nette le bord de la plaque buccale. Les plus grandes
écailles operculaires ont environ 0,5 mm de haut. Les tentacules n’ont pas de sclérites.
Les plaques sont de forme et de taille irrégulières; elles remplissent les espaces vides du
cœnenchyme, non recouverts par la partie proximale de la plaque basale (en équerre) des
polypes. Les sclérites sont d’un blanc opaque.
Étymologie : petasus (latin) du grec petasos (= chapeau à large bord), allusion au bord libre des
écailles buccales.
Perissogorgia colossus n. sp.
(PI. XV-XVII ; fig. 1, d)
Récolte : Au sud de la Nouvelle-Calédonie, 24°40'32 S-168°38'67 E, 750 m, N/O « Coriolis », station
CP 22, CHALCAL II, 29-X-1986 : une colonie incomplète avec pied, sans extrémité distale, conservée en
alcool (holotype, MNHN, OCT.A. 1987.6) ; fragment du même spécimen (USNM 79973).
Diagnose : Perissogorgia flagelliforme à polypes de 2,5 mm de haut ; 3 verticilles par centimètre
d’axe ; opercule masqué en partie par le large bord libre distal de la plaque buccale.
— 465
Description
La colonie n’est pas ramifiée; le spécimen incomplet est fixé par un disque calcaire et
mesure 19 cm de haut, mais il manque la partie distale. Les polypes sont orientés vers le haut,
disposés en verticilles de huit polypes avec trois verticilles par centimètre d’axe. L’axe est
rigide, fortement calcifié, de couleur paille en zone apicale et plus foncé à la base. On distingue
des sillons et des arêtes longitudinaux, surtout au milieu de la tige (peu vers le haut et pas du
tout à la base).
Les polypes contractés mesurent 2,5 mm de haut depuis la base de l’écaille médiane, soit
en tout 3 mm. La plaque basale de chaque polype est en forme d'équerre, avec une grande
extension horizontale et une petite pointe qui suit le cœnenchyme. Les plaques médianes et
buccales sont larges, avec des bordures distales arrondies et aplaties, qui dépassent nettement
l’articulation avec le sclérite supérieur; le bord libre de l’écaille buccale est souvent plus ou
moins endommagé, car il reste exposé pendant la contraction du polype. Des plaques basales
latérales existent de part et d’autre de la basale. En contraction, les polypes de chaque verticille
se chevauchent latéralement en raison de la grande largeur des plaques médianes et buccales, et
les operculaires sont complètement cachées par le bord des buccales. La forme des operculaires
est quadrangulaire ou plus ou moins losangique, avec une carène interne haute et mince à
laquelle correspond une dépression de la face externe (pi. XVII ; fig. a-c). Les sclérites des
paires abaxiales et latérales externes sont les plus larges ; ils cachent les latérales internes, qui, à
leur tour cachent les adaxiales. Les écailles abaxiales ont entre 1,1 et 1,2 mm de haut, tandis
que les adaxiales n’ont que 0,6 mm. Deux paires de petites écailles adaxiales buccales arrondies
se situent sous les operculaires adaxiales. Les tentacules n’ont pas de sclérites.
La surface externe des sclérites est couverte de petits granules pointus orientés vers la
périphérie, surtout près du bord ; la surface interne est couverte de nombreux tubercules
complexes.
Remarques : Bien que la colonie de P. colossus ressemble beaucoup à celle de P. bythia ,
ses polypes sont plus grands que ceux de toutes les autres espèces, y compris P. bythia dont la
carène des écailles operculaires est particulièrement développée; elle a même une largeur au
moins égale à la moitié de l’écaille. P. petasus est la seule espèce dont le bord buccal dépasse
autant l’opercule, mais elle a de plus petits polypes et la carène des écailles operculaires est
moins développée. Chez P. colossus les écailles médianes restent uniques. Ni polypes modifiés,
ni polypes reproducteurs n'ont été observés. Les nouveaux verticilles de polypes naissent entre
les verticilles développés, probablement à l’extrémité de la colonie.
Étymologie : colossus du grec kolossos (= statue de taille extraordinaire), allusion à la taille des
polypes qui sont nettement plus grands que ceux des autres Perissogorgia.
Perissogorgia bythia n. sp.
(PI. XVIII; fig. 1, b)
Récoltes : Sud de la Nouvelle-Calédonie. 23°19'60S-168°03'40 E, 311 m, N/O « Coriolis », station
DW 81 (HGP-116), CHALCAL II, 31 -X-1986 : une colonie complète, conservée en alcool (paratype
— 466 —
MNHN OCT.A.1987.8. Nouvelle-Calédonie, 22°47'04S-167°10'05E, 375-380m, MUSORSTOM IV,
station 0212, 28-IX-1985 : une colonie avec pied; conservée en alcool (holotype MNHN OCT.A. 1987.7);
portion de la même colonie (USNM 79972). Nouvelle-Calédonie (S-E), 22°47’2S-167°21'6E, 390m, N/O
« Vauban », station DW 226, 30-IX-1985 : deux colonies conservées en alcool (paratypes MNHN
OCT.A. 1987.9 et USNM 79971). Nouvelle-Calédonie, 22°02'55 S-167°06'05 E, 335-450 m, N/O «Jean
Charcot », station CP 108, BIOCAL, 09-IX-1985 : trois colonies avec pieds, fixées à des éponges, et une
colonie incomplète (paratypes MNHN OCT.A. 1987.10 et USNM 79970).
Diagnose : Perissogorgia flagelliforme à polypes de plus de 1,5mm de haut; 4-3 verticilles par
centimètre d’axe; la plaque latérale basale a souvent des lobes marginaux.
Description
Colonie flagelliforme assez rigide mesurant 20 cm, sans son extrémité apicale, fixée par un
petit pied calcaire discoïde. Les polypes sont groupés en verticilles de six en zone proximale et
sept en zone distale. Ces verticilles se chevauchent le long de l’axe. On en compte douze par
3 cm d’axe en zone proximale et neuf en zone distale. Dans les verticilles proximaux certains
polypes ont dégénéré et d’autres régénèrent à leur place.
L’axe est fortement calcifié, presque cylindrique, à l’exception d’une face aplatie; il est
faiblement strié longitudinalement. Sa surface est luisante et couleur de paille.
Les polypes contractés mesurent 1,5 mm de haut depuis la base de l’écaille médiane, en
tout 2,5 mm. Le diamètre des verticilles mesure environ 5 mm en zone apicale et 4 mm en zone
proximale. Du côté abaxial il y a trois écailles : basale, médiane et buccale. La basale s'étend le
long de l’axe comme P. viridis mais, contrairement à P. viridis où la plus grande partie de
l’écaille, dans bien des cas, s’étend le long de l’axe de la branche, dans P. bythia la plus grande
partie de l’écaille basale couvre la partie proximale du polype. Les quatre écailles operculaires
abaxiales sont en forme de lancette, avec une carène interne extraordinairement développée.
Elles s’emboîtent les unes dans les autres par le bord replié de leur face externe concave.
On observe deux paires d’écailles adaxiales operculaires, qui sont plus petites que les
abaxiales. Juste au-dessous, deux paires d’écailles buccales de forme circulaire à trapézoïdale
sont protégées par une paire d’écailles buccales latérales quadrangulaires.
Les abaxiales buccales operculaires présentent une sculpture externe d’arêtes denticulées
rayonnant autour d’un centre. Les bords sont crénelés. La face interne est couverte de petits
tubercules pointus, à disposition radiaire.
Etymologie : bythia du grec bvthios (= des profondeurs), allusion à l'habitat du spécimen.
Perissogorgia vitrea n. sp.
(PI. XXI-XXVIII)
Récoltes : îles Loyautés, 22°39'8 S-167°19'3 E, 130 m, N/O « Vauban », station 417 (HGP-59), 24-1-
1985 : une colonie conservée en alcool (paratype MNHN OCT.A. 1987.11); branche du même spécimen
(USNM 79965). Nouvelle-Calédonie, 22°30T S-166°50'4E, 62-68 m, N/O « Vauban », station 150 (HGP-
68), 24-VIII-1984 : une colonie avec pied, conservée en alcool (holotype MNHN OCT.A.1987.12); une
branche (USNM 80042). Nouvelle-Calédonie, 22°37'0 S-167°05'7 E, 120 m, MUSORSTOM IV, station
— 467 —
0204, 27-IX-1985 : une colonie sans pied, conservée en alcool (paratype MNHN OCT.A.1987.13); une
branche (USNM 79974). Nouvelle-Calédonie, 22°14'8S-167°15'7E, 470m, MUSORSTOM IV, station
CP 239, 2-X-1985 : trois colonies en alcool (paratypes MNHN OCT.A.1987.14); deux colonies et une
branche (paratypes USNM 79964). Nouvelle-Calédonie, 22°12'38 S-167°06'43 E, 320-420m, BIOCAL
1985, N/O «Jean Charcot», station CP 110, 9-IX-1985 : deux colonies (paratype MNHN
OCT.A.1987.16); une colonie (USNM 79962). Nouvelle-Calédonie, 22°02'55S-167°06'05E, 335m,
BIOCAL 1985, N/O « Jean Charcot », station CP 108 : deux colonies (paratypes MNHN
OCT.A.1987.15); une colonie (paratype USNM 79961). Nouvelle-Calédonie, 22°15'33S-167°15'40E,
520 m. BIOCAL 1985. station DW 77, 5-IX-1985 : trois colonies (paratypes MNHN OCT.A.1987.17);
deux colonies (paratypes USNM 79963). Nouvelle-Calédonie, Havannah « Vauban » 1978, dragage 8,
24-V-1978 : une colonie incomplète (MNHN OCT.A.1987.I8).
Diagnose : Perissogorgia à ramification dichotomique, à sclérites minces, lisses et vitreux : 5 à 7,5
verticilles pour 1 centimètre d'axe, généralement 6-8.
Description
Les colonies mesurent jusqu'à 30cm de haut; elles ont une ramification dichotomique,
parfois dans un plan, à partir d’un grand tronc mince. L’axe est fortement calcifié de couleur
paille mordorée, à forte striation longitudinale. Au niveau de chaque bifurcation la région
axiale est moins fortement calcifiée et nettement plus sombre que la substance plus minéralisée
des portions situées entre les ramifications.
Les polypes mesurent entre 1 et 1,5 mm de haut (souvent 1,3 mm); ils sont orientés vers le
haut et disposés en verticilles : trois en zone distale et cinq en zone proximale. Les polypes de
chaque verticille atteignent et souvent chevauchent les bases de ceux du verticille supérieur, ce
qui permet à 7-7,5 verticilles d'occuper 1 cm d’axe. Toutefois, dans certaines colonies les
verticilles sont nettement séparés et 5-5,5 occupent alors 1 cm de l’axe. Les verticilles ont
tendance à être plus éloignés dans la zone proximale des branches, ce qui suggère une
croissance apicale plus accentuée.
Du côté abaxial, les polypes sont protégés par une rangée unique de trois à six écailles
minces et vitreuses, dont la courbure suit celle du polype. L’écaille inférieure est en forme
d’équerre avec une partie supérieure évasée d’où se dresse le corps du polype en se courbant
légèrement vers l'axe. Les écailles médianes et buccales sont plus larges que longues,
rectangulaires ou trapézoïdales, à angles arrondis et arquées conformément au corps du
polype. Les formes des huit écailles operculaires sont variées : grandes lancettes (abaxiales et
latérales) de 0,5 et 0,7 mm de haut, petites écailles dentiformes étroites (adaxiales) de 0,2-
0,3 mm de haut. Elles ne se chevauchent pas dans la direction habituelle des Primnoidae (ad- à
abaxiale), une des latérales domine plutôt de chaque côté; deux petites operculaires adaxiales
sont plus ou moins cachées dans le cercle formé par les six écailles plus grandes. Les
operculaires les plus grandes ont une carène sur leur face interne, composée d’une ou plusieurs
arêtes qui vont vers le centre du sclérite. Dans certaines colonies l’écaille abaxiale la plus
distale, c’est-à-dire la buccale, est flanquée de chaque côté par une écaille buccale latérale, qui
peut chevaucher l’abaxiale ou être chevauchée par elle, ce qui dépend de leurs positions au
moment de la contraction. Chez d’autres, les écailles latérales buccales ne sont pas
développées. Dans ce cas leurs places sont occupées par un lobe, de taille exagérée, des écailles
operculaires latérales externes, qui sont donc peu symétriques. Toutes les écailles sont lisses et
— 468 —
luisantes sur leur face externe et, sauf sur le bord lisse, la face interne est couverte de tubercules
complexes. Les tentacules n'ont pas de sclérites.
Le cœnenchyme est couvert de petites écailles discoïdales ou ovales concaves et lisses à
l’extérieur ; la face interne est garnie de tubercules complexes. De temps à autre un tubercule se
développe au milieu de la face externe. Le cœnenchyme du tronc contient des sphéroïdes plus
ou moins aplatis.
Remarques : Les variations que nous observons chez ces colonies sont-elles vraiment
intraspécifiques ? La forme coloniale, le développement des écailles latérales buccales, la forme
des operculaires latérales et le nombre d’écailles abaxiales sont les caractères les plus variables,
sans qu’il y ait de corrélation entre eux. On peut donc trouver dans cette espèce à morphologie
variable :
— des colonies flexibles dans un plan, à longues branches terminales avec polypes sans
écailles latérales buccales, le lobe inférieur de l'operculaire latérale externe asymétrique prenant
leur place (USNM 79965);
— des colonies flexibles dans un plan, avec de longues branches terminales, dont les
polypes ont des écailles latérales buccales bien développées ; leur bord abaxial peut se trouver
au-dessus ou au-dessous de l’écaille abaxiale buccale la plus distale; les écailles latérales
operculaires sont symétriques (USNM 80042, 79963);
— des colonies rigides, dans un plan, avec de longues branches terminales avec polypes
sans écailles latérales buccales, mais avec écailles operculaires latérales externes asymétriques
(USNM 79974);
— des colonies corymbiformes à courtes branches terminales qui ne sont pas dans un
plan ; les polypes ont des écailles latérales buccales bien développées et des operculaires
latérales externes symétriques (USNM 79961, 79962).
Étymologie : vitrea adj., du latin vitrum (= verre), allusion à l’aspect diaphane et fragile des
sclérites.
Perissogorgia monile n. sp.
(PI. XXIX-XXXI ; fig. 1, e)
Récolte : Nord de la Nouvelle-Calédonie, 19°35’0 S-163°10'3 E, 525 m, MUSORSTOM IV, station
0162, 16-IX-1985 : une colonie avec pied, conservée en alcool (holotype MNHN OCT.A.1987.19); une
branche du même spécimen (USNM 80041).
Diagnose : Perissogorgia ramifiée de façon dichotomique, avec des plaques épaisses, opaques et
tuberculées. 4 à 4,5 verticilles sur 1 cm d’axe.
Description
La colonie lyriforme, ramifiée dans un plan, mesure 6,5 cm de haut (pied compris). Le
tronc se divise à 1,2 cm au-dessus du pied et les deux branches ne font de ramifications que du
côté supérieur. Ces rameaux secondaires mesurent jusqu’à 4 cm de long et 2 mm de diamètre
— 469 —
(polypes compris). Ils sont rigides, presque rectilignes et parallèles les uns aux autres, d’où
l’aspect lyriforme de la colonie. Le matériel à notre disposition étant limité, nous ne pouvons
déterminer si la ramification est sympodiale ou monopodiale.
Les polypes sont disposés en rangées régulières de quatre ; ils sont rapprochés mais non
adnés aux branches. On compte 4 à 4,5 verticilles par centimètre d’axe. L’allongement des
branches n’est pas exclusivement apical ; de nouveaux verticilles de polypes naissent entre les
verticilles développés, les jeunes polypes émergeant des interstices entre les plaques du
cœnenchyme. Sur le tronc, quelques polypes de trois verticilles anciens subsistent juste au-
dessous de la bifurcation ; plus bas ils ont tous été résorbés.
Sur leur face abaxiale, les polypes ont trois ou quatre plaques épaisses et courbées en
rangée unique : une buccale, une ou deux médianes et une basale. La plaque basale a la forme
d’un entonnoir coupé en deux longitudinalement. L’opercule est proéminent, conique,
composé de hautes plaques triangulaires de taille décroissante à partir des abaxiales vers les
adaxiales, nettement plus petites que les autres. Une carène longitudinale s’étend du centre de
la face interne vers l’apex où elle forme une pointe épineuse. Sur la face externe, un sillon
correspond à son emplacement. Les plaques abaxiales et latérales operculaires ont leur
articulation avec la plaque buccale si proche de son bord qu’il n’y a presque pas de marge
libre, bien que le bord interne ait une rangée de dents crénelées. Il existe une plaque latérale
buccale épaisse de chaque côté. Les tentacules n’ont pas de sclérites. Le cœnenchyme contient
une couche de plaques polygonales épaisses, devenant plus petites et irrégulières vers la base.
L’axe est rigide, fortement calcifié, avec striation longitudinale, de couleur bronze sur le tronc,
plus pâle vers le haut. Le pied est un disque calcaire blanc, épais, couvert d’une fine couche de
cœnenchyme pleine de plaques arrondies irrégulières. La surface externe des sclérites est garnie
de granules nombreux dispersés ; ceux des plaques médianes, buccales et operculaires sont très
pointus et orientés vers le bord distal des sclérites ; la surface interne est couverte de tubercules
complexes.
Les polypes ont légèrement moins de 2 mm de haut (de la base de la plaque basale
jusqu’au sommet de l’opercule fermé). La plaque basale a environ 1 mm de large.
Les plaques du cœnenchyme des branches sont orange pâle, devenant transparentes vers le
tronc et le pied ; la plaque basale des polypes a la même couleur que celle du cœnenchyme,
mais les plaques supérieures sont incolores.
Par son aspect lyriforme et rigide, ses branches épaisses et ses polypes rapprochés, cette
espèce se distingue de toutes les autres.
Etymologie : Du latin monile (= collier), allusion à la forme en collier des verticilles de polypes.
Perissogorgia penna n. sp.
(PI. XXXII-XXXIV)
Récolte : Sud de la Nouvelle-Calédonie, 24°47'88 S-168°09'32 E, 257 m, N/O « Coriolis », station
CH 3, CHALCAL II (HGP-133), 27-X-1986 : une colonie sans pied conservée en alcool (holotype
MNHN OCT.A. 1987.20) ; une branche du même spécimen (USNM 80044).
Diagnose : Perissogorgia ramifiée de façon pennée, avec des plaques épaisses, diaphanes, finement
réticulées ; 6 verticilles par centimètre d’axe ; tentacules avec nombreux bâtonnets (0,05 mm de long).
— 470 —
Description
La colonie pennée dans un plan mesure 40cm de haut; les branches naissent à intervalles
de 1 cm de chaque côté des branches principales ; elles sont rigides et rectilignes et mesurent
jusqu'à 5,5 cm de long, un peu moins dans la partie distale. Le tronc, sectionné juste au-dessus
du pied, mesure 12,5 cm jusqu’à l’unique branche latérale qui fait avec lui un angle de 20°. Les
branches terminales les plus basses sont cassées, mais leurs bases sont encore visibles, au-delà
de 3,3 cm après la bifurcation initiale. Il existe des traces d’origine de deux branches sous la
bifurcation du côté opposé à la branche principale.
L'axe est rigide, fortement calcifié, couleur bronze, plus clair et mordoré en région distale,
avec striation longitudinale nette en région proximale.
Les polypes sont groupés en verticilles réguliers, quatre en zone distale et six à sept en
zone proximale. Sur les branches on compte six verticilles par centimètre d’axe. Ce nombre
varie sur le tronc et sur la partie proximale des branches principales, où l’emplacement des
polypes maintenant résorbés se reconnaît à la disposition des sclérites du cœnenchyme. Les
polypes mesurent en moyenne 1,5 mm de haut, mais cela dépend de leur degré de contraction
et de la position des écailles operculaires. Sur la face abaxiale elles sont protégées par quatre
ou cinq plaques en rangée unique, courbées comme le corps du polype ; leur face externe porte
de petits granules disposés en réseau ; la face interne a des tubercules complexes ; la bordure
distale libre est étroite, la face interne ayant une crénelure radiaire. Contrairement à celle des
espèces flagelliformes, l’écaille basale de P. penna n’est pas en forme d’équerre. Les écailles
latérales basales, médianes et buccales sont bien distinctes, ainsi que les petites buccales
adaxiales. Les plaques du cœnenchyme sont épaisses, polygonales; leur surface externe porte
des petits granules en réseau, mieux visibles près du bord qu’au centre du sclérite. L’opercule
est proéminent et conique; il se compose d’écailles étroites et triangulaires, dont les plus
grandes mesurent 0,7 mm de haut. Les tentacules contiennent de nombreux bâtonnets
minuscules (jusqu’à 0,05 mm de long).
Les sclérites sont incolores, mais la colonie est brunâtre; il semble qu'elle ait séché
auparavant.
Remarques : Une ramification rigide et pennée caractérise cette espèce parmi les
Perissogorgia. A première vue la colonie ressemble à celle de plusieurs Callogorgia , mais elle
s’en distingue immédiatement par ses polypes. On peut supposer que les jeunes colonies de
cette espèce sont flagelliformes jusqu'à une taille de 10 cm environ, mais nous ne pouvons pas
l’affirmer.
Étymologie : Du latin penna ( = plume) ; nom en apposition ; allusion à la ramification de la colonie.
FANELLIA Gray, 1870
Fanellia Gray, 1870 : 46; Bayer, 1982a : 134.
Caligorgia\ Àuctt. (partim).
Espèce-type : Primnoa compressa Verrill, 1865, par monotypie.
Diagnose : voir Bayer, 1982a : 134.
- 471 —
Distribution géographique : Selon nos connaissances, le genre Fanellia n'existe que dans
l’océan Pacifique au nord de l’équateur. Toutefois, Fanellia corymbosa a été récoltée à moins
de 1° sud (Bayer, 1982a : 154). La récolte d’une Fanellia au sud de la Nouvelle-Calédonie
élargit donc nettement la distribution géographique de ce genre. Fanellia luberculala a d'abord
été découverte (comme Caligorgia) près de l’archipel Sulu, puis signalée (comme Caligorgia
aspera Kinoshita, 19086) du Japon et (comme Caligorgia pseucloflabellum Bayer, 1949) des îles
Marshall. Ensuite l’espèce a été trouvée aux Hawaii (Bayer, 1982a). Nous pouvons
aujourd'hui ajouter deux nouvelles espèces provenant de l’archipel hawaiien. On ne connaît
aucune Fanellia dans l’océan Antarctique et dans les eaux adjacentes.
Les espèces du genre Fanellia se distinguent par la sculpture externe complexe des
sclérites.
Clé des espèces de Fanellia
1(4). Branches terminales longues (15 à 30 cm); polypes en verticilles de 8 à 12.
2(3). Polypes à 7-8 écailles dans chaque rangée abaxiale, 2 dans les rangées latérales externes.
. F. fraseri (Hickson)
3(2). Polypes à 10-11 écailles dans chaque rangée abaxiale, 5-7 dans les rangées iatérales externes.
. F. compressa (Verrill)
4(1). Branches terminales courtes (9cm max.); polypes en verticilles de 2 à 5.
5(8). Écailles marginales des rangées abaxiales et latérales externes à projection marginale formée
par la sculpture proéminente des tubercules externes ; écailles du cœnenchyme avec bosse
centrale.
6(7). Ramification dichotomique ou quasi-dichotomique; colonies flabelliformes dans un plan ou en
plusieurs plans parallèles. Petits polypes (1 mm max.) avec 6 à 8 verticilles par cm d’axe.
Sur les abaxiales, écailles en rangées de 5 à 6 ; une seulement en position latérale externe ;
latérales internes absentes; sommet des operculaires à pointe unique. F. korema n. sp.
7(6). Ramification pennée. L’axe croît légèrement en sens opposé à l’origine de chaque branche (en
zigzag). Polypes plus grands (1,5 mm); 5 verticilles par cm d’axe. 9-10 écailles dans les ran¬
gées abaxiales, 4 à 6 dans les latérales externes et 2-3 dans les latérales internes. Le sommet
des écailles operculaires a 2 ou 3 pointes. F. mediaUs n. sp.
8(5). Écailles marginales sans projection médiane marginale.
9(10). Colonies corymbiformes. Polypes à 5 (ou 6) écailles dans les rangées abaxiales et une large
écaille en position latérale externe ; latérales internes absentes. F. corymbosa Bayer
10(11). Ramification pennée. Polypes en paires (rarement par 3), avec 8-9 verticilles par cm d’axe;
avec 4 (parfois 5-6) écailles dans chaque rangée abaxiale et 1 (rarement 2) dans les rangées
latérales externes; latérales internes absentes. F. granulosa (Kinoshita)
11(9). Ramification dichotomique ou quasi-dichotomique.
12(13). Branches terminales de 4cm de long (max.); le dernier cm apical sans polypes. Polypes en
paires, parfois par 3, avec 5-8 écailles dans les rangées abaxiales, 1-2 dans les latérales externes
et 1 en position latérale interne; 6-7 verticilles par cm d’axe .. F. tuberculata (Versluys)
13(12). Branches terminales jusqu’à 9 cm de long, avec polypes jusqu'à l'extrémité. Polypes de 1,2-
1,3 mm de haut, en verticilles de 3, avec 8-9 écailles dans les rangées abaxiales, 4-5 dans les
latérales externes et 2 dans les latérales internes ; 5-6 verticilles par cm d'axe. F. euthyeia n. sp.
Fanellia korema n. sp.
(PI. XXXV-XXXVI, XLI ; fig. e-j)
Récoltes : Nouvelle-Calédonie, 425 m, dragage II (HGP 17), 23-V-1978 : une colonie conservée en
alcool (holotype MNHN OCT. S. 1987.21 ) ; une colonie séchée (paratype USNM 79969).
Diagnose : Fanellia à ramification dichotomique ou quasi-dichotomique, polypes en verticilles de 3,
absents sur le dernier centimètre apical de beaucoup de branches. Les rangées abaxiales de sclérites sont
composées de 4-5 écailles, avec une ou deux écailles dans les rangées latérales externes et sans latérales
internes.
Description
Colonie flabelliforme composée de deux éventails, rarement trois, en plans parallèles ; sans
tronc principal évident.
Les polypes sont en paires espacées ou groupées par trois en six à huit verticilles sur un
centimètre d’axe. Ils sont en général arqués et orientés vers une face de la colonie, laissant
l’autre presque nue. La disposition des polypes est irrégulière en zone proximale, à cause de
leur rareté et l’extrémité des branches est souvent nue sur une longueur de 1,5 cm, comme chez
Fanellia tuberculata.
Les sclérites des polypes sont en rangées de 4-5 écailles sur la face abaxiale ; à l’exception
de l’écaille marginale, elles s’étendent autour du polype, comme une aile (« flügelartige
Ausbreitung », Versluys, 1906 : 81, fig. 95). La rangée latérale externe est réduite à une
grande écaille (parfois 2), qui supporte les écailles latérales operculaires internes et externes. Il
n’y a pas de rangée latérale interne, sa place étant occupée par l'extension adaxiale des écailles
latérales externes. Une seule petite écaille adaxiale est située sous chaque écaille operculaire. Le
cœnenchyme contient une couche d’écailles épaisses imbriquées. En position fermée, l’opercule
a une forme conique et occupe environ la moitié de la longueur totale du polype. Les sclérites
operculaires ont une forme triangulaire caractéristique et leur face externe porte de nombreux
tubercules proéminents et épineux. Les sclérites abaxiaux des polypes ont des tubercules plus
développés au milieu du bord distal où ils forment une bosse arrondie.
Remarques : Cette espèce ressemble beaucoup à Fanellia tuberculata par sa forme, ses
polypes généralement en paires et l’absence de polypes sur le dernier centimètre des branches
terminales. Cependant, elle diffère de F. tuberculata par le nombre d’écailles abaxiales (5 au
lieu de 6-7, parfois 8) et par la présence régulière d’une écaille marginale latérale interne et
externe au lieu d’une interne et de deux externes comme chez les colonies du Japon, des îles
Marshall et d'Hawaii, qui appartiennent toutes à F. tuberculata. Il faut noter que Versluys
(1906) reste vague sur ce point, puisqu’il a observé deux écailles dans les rangées latérales
externes de F. tuberculata , mais ne mentionne pas les rangées latérales internes et adaxiales.
Avec un microscope ordinaire, ces sclérites sont difficiles à distinguer. Actuellement, nous
considérons que les mentions suivantes se rapportent à une seule espèce Fanellia tuberculata :
Caligorgia tuberculata Versluys (des îles Sulu), Caligorgia aspera Kinoshita (du Japon),
Caligorgia pseudoflabellum Bayer (des îles Marshall et Hawaii). Chez ces espèces, la sculpture
— 473 -
tuberculaire des sclérites est plus cannelée qu'épineuse; elle est plutôt uniforme sur toute la
surface et non pas concentrée.
La Fanellia de Nouvelle-Calédonie doit être considérée comme distincte de F. tuberculata ,
en attendant de nouvelles récoltes dans les localités intermédiaires.
Étymologie : Du grec korema (= balai) rappelant la forme de la colonie; nom en apposition.
Fanellia medialis n. sp.
(PI. XXXVII-XXXVIII, XLII)
Récolte : Au large de Midway Island, sur le versant nord d'un grand banc qui entoure Gardner
Pinnacles. 25°21'2" N-168°09' W, 1 028 m, N/O « Kana Keoki », 12-VII-1972 : une branche appartenant à
une colonie plus grande, cassée en plusieurs morceaux, conservée en alcool (holotype USNM 79966).
Diagnose : Fanellia pennée, lâche, dans un plan, avec polypes en paires. Les écailles abaxiales et
operculaires externes ont souvent 2-3 pointes apicales.
Description
Colonie à ramification pennée, dans un plan. La plus longue branche intacte mesure
12,5 cm et nous supposons que la colonie était bien plus développée. Les branches latérales
partent alternativement de côtés opposés de l’axe principal à intervalles de 1 cm et à angle de
45°. Les branches terminales non ramifiées ont jusqu'à 5,5cm de long; elles sont plus courtes
en zone apicale. L’axe est fortement calcifié, jaune mordoré vers le haut de la colonie, plus
foncé (bronze) vers le bas, strié de sillons longitudinaux plus distincts en zone proximale qu’en
zone distale.
Les polypes mesurent environ 1,5mm de haut; ils sont disposés en paires, même sur les
branches les plus grandes du spécimen. Il existe 4-5 paires de polypes par centimètre d’axe.
L'extrémité pointue des branches terminales ne dépasse jamais les derniers polypes. Les
rangées abaxiales de sclérites sur le corps du polype ont chacune 8-10 écailles, mais la
disposition des rangées devient irrégulière dans la zone proximale des polypes ce qui rend
difficile leur dénombrement exact I .es écailles d'une des deux rangées abaxiales ont tendance à
être plus larges, ce qui fait qu'une rangée domine l'autre. Les latérales externes ont 8-9 écailles,
tandis que les internes n'en ont que quatre. Une écaille marginale bien développée se trouve
sous chaque adaxiale operculane. suivie en aval par plusieurs écailles plus petites du côté
adaxial. Dans bien des cas l’apex de l’abaxiale et des écailles operculaires latérales externes est
divisé en deux ou trois pointes, les operculaires des rangées adaxiales et latérales internes ont
la forme habituelle avec pointe unique. Les abaxiales et les latérales marginales internes et
externes peuvent avoir aussi un prolongement marginal plus ou moins net.
Le cœnenchyme contient une couche unique de plaques polygonales dont la face externe
est fortement convexe et bossue. Les faces externes des sclérites ont toutes des crêtes
rapprochées, crénelées, rayonnant autour du centre. Sur les plaques du cœnenchyme elle sont
presque verticales et les arêtes et sillons des crêtes voisines s’entremêlent. La face interne de
tous les sclérites du cœnenchyme a des tubercules complexes en disposition presque radiaire.
— 474 —
Remarque : La ramification pennée de Fanellia medialis ressemble à celle de F. tuberculata
(Versluys); mais il n’existe jamais de branches sans polypes aux extrémités. Le développement
de 2-3 pointes apicales sur les abaxiales et les latérales operculaires caractérise F. medialis.
Seule, F. compressa (Verrill) du Pacifique nord-est (Bayer, 1982a) a autant d’écailles latérales
internes et externes.
Étymologie : Du latin medialis (= au milieu), référence à la position de l’île de Midway (d'où
provient le spécimen), au milieu de l’océan Pacifique.
Fanellia euthyeia n. sp.
(PI. XXXIX-XL, XLI a-d)
Récolte : Archipel hawaiien au large de Necker Island, 23°33'N-164°54'W, 230 fathoms (= 419 m),
N/O « Thomas Cromwell », station 15, 21-X-1976 : une colonie cassée en quatre morceaux (holotype
USNM 79967; paratypes USNM 79968 et MNHN OCT. 1987.22).
Diagnose : Fanellia à ramification dichotomique, dans un plan, avec polypes en verticilles de 3 à 8 ;
8-9 écailles dans les rangées abaxiales, 4-5 dans les latérales externes et 2 dans les latérales internes.
Description
Colonie à ramification dichotomique, dans un plan, rigide et assez friable. La branche
intacte la plus longue fait 28 cm de long et la colonie entière devait être plus grande. Les
bifurcations ont lieu à intervalles de 3-7 cm (4 en moyenne ). Les branches forment des angles
de 18°, puis se redressent et deviennent parallèles. Les branches secondaires ne sont pas
ramifiées et mesurent jusqu’à 9 cm de long (4 cm en moyenne). L’axe est fortement calcifié,
jaune paille mordoré, avec de nombreux sillons longitudinaux.
Les polypes mesurent 1,1-1,2mm de haut; ils sont disposés en verticilles de trois en zone
distale et de 7-8 vers la base de la plus grande branche du spécimen. On compte 5-6 verticilles
par centimètre d’axe. En zone proximale, les verticilles deviennent irréguliers, de jeunes
polypes s’intercalant entre les anciens, sans alignement particulier.
L’apex des branches terminales les plus distales dépasse de plus d’ 1 mm le dernier verticille
de polypes tandis que, plus bas dans la colonie, les branches qui ne peuvent plus s’allonger se
terminent par un verticille de polypes.
Les rangées abaxiales du corps du polype sont formées de 8-9 sclérites. Les rangées
latérales externes en ont 4-5 et les internes deux. Le prolongement aliforme des abaxiales
inférieures encercle le polype. Les écailles operculaires ont la forme triangulaire arrondie
habituelle, avec un apex unique et des bords finement denticulés ; leur taille diminue vers les
adaxiales.
Le cœnenchyme contient une couche unique d’écailles polygonales allongées, dont la
surface externe est légèrement convexe, non bossue. La face externe de tous les sclérites a des
arêtes denticulées très rapprochées et disposées de façon radiaire; la surface interne est
couverte de tubercules complexes à disposition semblable.
— 475 —
Remarques : La forme coloniale de cette espèce de Fanellia diffère de celle de toutes les
autres espèces du genre. Seules Fanellia compressa (Verrill) et F. fraseri (Hickson) de l’Est
boréal du Pacifique ont des branches semblables (longues, droites et verticales), mais toutes les
deux forment des colonies plus larges et moins délicates à ramification pennée lâche, avec 8-12
polypes par verticilles sur les branches distales et même plus sur les branches proximales. A
part sa forme coloniale, Faniella euthyeia diffère de F. korema par ses verticilles réguliers d'au
moins trois polypes, tandis que chez F. korema ils sont en paires. Les branches rigides,
dichotomiques des colonies de Fanellia euthyeia ne peuvent être confondues avec celles de F.
medialis, qui sont plus courtes, plus souples et pennées. En outre, les écailles operculaires
abaxiales de cette espèce ont souvent 2-3 pointes apicales, tandis que celles de F. euthyeia sont
des triangles à apex unique.
Étymologie : euthyeia du grec euthys (= droit, vertical), rappelant la forme de la colonie.
Remerciements
Les Alcyonaria récoltés par les N/O « Jean Charcot », « Coriolis » et « Vauban » au cours des
expéditions BIOCAL, CHALCAL I et MUSORSTOM IV nous ont été transmis par le Centre ORSTOM
de Nouméa et le MNHN à Paris. Les autres spécimens ont été récoltés en plongée par M. G. Bargibant
auquel nous exprimons notre gratitude.
Nous remercions le Dr B. Richer de Forges dont les encouragements nous ont donné l’élan
nécessaire pour entreprendre cette étude, le Dr M. Grasshof, du Natur-Museum Senckenberg, pour ses
suggestions au cours de la préparation du manuscrit, et M.-J. d'HoNDT, du Muséum national d’Histoire
naturelle de Paris, qui a vérifié la traduction en français de l’article.
Les photographies au MEB ont été réalisées par M. W. R. Brown, du laboratoire de microscopie
électronique, MNHN, Smithsonian Institution. Le numérotage des planches a été réalisé par
M lle M. Ryan, Department of Invertebrate Zoology, Smithsonian Institution.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Bayer, F. M., 1949. — The Alcyonaria of Bikini and other atolls in the Marshall group. Part 1,
Gorgonacea. Pacif. Sci., 3 (3) : 195-210, pis. 1-4.
1956. Octocorallia. In : R. C. Moore (Ed.), Treatise on Invertebrate Paleontology. Part F,
Coelenterata : 163-231, figs. 134-162. Geological Society of America & University of Kansas Press.
1980. — Armadillogorgia cyathella and Ophidiogorgia paradoxa, two new genera and species of
primnoid octocorals (Coelenterata : Anthozoa) from South Georgia and South Orkney Islands.
Proc. biol. Soc. Wash., 93 (1) : 216-228, figs. 1-9.
1981. — Key to the genera Octocorallia exclusive of Pennatulacea (Coelenterata : Anthozoa),
with descriptions of new taxa. Proc. biol. Soc. Wash., 94 (3) : 902-947, figs. 1-80.
1982a. — Some new and old species of the primnoid genus Callogorgia Gray, with a revalidation
of the related genus Fanellia Gray (Coelenterata : Anthozoa). Proc. biol. Soc. Wash., 95 (1) : 116-
160, figs. 1-29.
— 19826. — Recent advances in research on octocorals. Seminarios de Biologia Marinha. Academia
Brasileira de Ciências, Rio de Janeiro : 19-28, figs. 1-7.
— 1988. — Mirostenella articulata, a remarkable new genus and species of primnoid octocoral with
uncalcified axial nodes. Proc. biol. Soc. Wash., 101 (2) : 251-256, figs. 1-3.
— 476 —
Deichmann,, E., 1936. The Alcyonaria of the western part of the Atlantic Ocean. Mem. Mus. comp.
Zool. Harv., 53 : 1-317, pis. 1-37.
Gray, J. E., 1859. — Description of some new genera of lithophytes, or stony zoophytes. Proc. zool. Soc.
Lond ., Part XXVII : 479-486.
— 1870. — Catalogue of the lithophytes or stony corals in the collection of the British museum.
London, (iv) + 51 p., 14 figs.
Kent, W. S., 1870. - On the calcareous spicula of the Gorgonaceae : their modification of form, and the
importance of their characters as a basis for generic and specific diagnosis. Monthly Microsc. J., 3 :
76-94, pis. 41-42.
Kinoshita, K., 1908n. — Gorgonacea no ikka Primnoidae ni tsuite. Dobutsugaku Zasshi, 20 (241) : 453-
549, figs. 1-2.
19086. — Primnoidae von Japan. J. Coll. Sci. Univ. Tokyo, 23 (12) : 1-74, pis. 1-6.
Kükenthal, W., 1915. — System und Stammesgeschichte der Primnoidae. Zool. Anz., 46 (5) : 142-158.
— 1919. — Gorgonaria. I Viss. Ergebn. dt. Tiefsee-Exped. « Valdivia », 13 (2) : 1-946, pis. 30-89.
— 1924. — Gorgonaria. Das Tierreich, 47 : xxviii + 478 p., 209 figs. Berlin & Leipzig, Walter de
Gruyter & Co.
Lamarck, J. B. de, 1815. — Suite des Polypiers Corticifères. Mém. Mus. Hist, nat., Paris, 2 : 157-164.
— 1816. - Histoire naturelle des Animaux sans Vertèbres, Tome second, les Polypes. Paris, iv +
568 p.
Milne Edwards, H. [& J. Haime], 1857. Histoire naturelle des Coralliaires ou Polypes proprement
dits. Tome premier. Paris, xxxix + 326 p.
Tixier-Durivault, A., 1970. — Les octocoralliaires de Nouvelle-Calédonie. In : L’Expédition française
sur les récifs coralliens de la Nouvelle-Calédonie, 4 : 171-350, fig. 1-173.
Utinomi, H., 1979. — Redescriptions and illustrations of some primnoid octocorals from Japan. Proc,
biol. Soc. Wash., 91 (4) : 1008-1025, figs. 1-6.
Versluys, J., 1906. — Die Gorgoniden der Siboga Expedition. II. Die Primnoidae. Siboga-Exped.
Monogr., 13a : 1-187, figs. 1-178, pis. 1-10, carte.
Wright, E. P., & Th. Studer, 1889. — Report on the Alcyoanaria collected by H.M.S. Challenger
during the years 1873-1876. Rep. Voyage « Challenger », Zoology, 31 (Part 64) : i-lxxvi + 1-314,
43 pis.
Planche I. — Pterostenella plumalilis plumatilis (Milne Edwards & Haime) : haut, deux verticilles de polypes
(échelle = 400;im); milieu, polype vue latérale (échelle = 200 am); has, vue operculaire du polype (échelle =
200 iim). (Vues stéréoscopiques.)
Planche II. — Pterostenella plumatilis anatole n. subsp. : haut, deux verticilles de polypes (échelle = 400 »m); milieu,
polype vue latérale (échelle = 200 v.m) ; bas, vue operculaire du polype (échelle = 200 um). (Vues stéréoscopiques.)
200HM _ 200HM _ 400HH
Planche III. — Microprimnoa diabathra n. sp. : a, holotype avec pied; b, paratype sans pied. (L.'échelle est en
millimètres.)
— 480 —
Planche IV. — Microprimnoa diabathra n. sp. : haul, deux paires de polypes les plus distales; bas, vue operculaire du
polype (échelle = 0,5 mm). (Vues stéréoscopiques.)
Planche V. — Sclérites de Microprimnoa diahalhra n. sp. : a-d, quatre grandes plaques operculaires ; e-g, trois petites
plaques operculaires, surface externe; h-i, deux plaques du corps du polype, vue interne et externe. (Échelle =
200 iim.)
— 482 —
Planche VI. — Sclérites de Microprimnoa cliabathru n. sp. : haut, petites écailles operculaires, surface externe; has.
grande écaille operculaire. surface interne. (Vues stéréoscopiques. Échelle = 200 am.)
— 483
Planche VII. — Sclérite de Microprimnoa diabathra n. sp. : haut, petite plaque du corps du polype, vue oblique (vue
stéréoscopique); milieu, grande plaque du corps du polype, vue du bord (vue stéréoscopique); bas, trois plaques du
cœnenchyme.
484 —
Planche VIII. — Sclérites de Microprimnoa diabathra n. sp. : haul, surface interne d’une grande plaque du corps du
polype: bas. surface externe d'une grande plaque du corps du polype. (Vues stéréoscopiques.)
Planche IX. — Pcrissogorgia viridis n. sp. : haut , polypes ordinaires; bas, polypes reproducteurs. (Vues stéréoscopi¬
ques. Échelle = 200 am.)
Planche XI. — Sclérites de Perissogorgia viridis n. sp. : a-1, écailles operculaires; m-n, écailles latérales buccales; o.
écaille buccale adaxiale; p, plaque buccale adaxiale; q. plaque abaxiale médiale; r-s, plaques basales. (Échelles =
200|j.m.)
— 488
Planche XII. — Polype isolé de Perissogorgia petasus n. sp. : haut, vue latérale; bas, vue operculaire. (Vues
stéréoscopiques. Echelle = 0,5 mm.)
Planche XIII. — Sclérites de Perissognrgia petasus n. sp. : a, écailles operculaires: b, écailles latérales buccales; c,
écaille latérale adaxiale; d, plaque médiale abaxiale (vue interne); e, plaque basale (vue externe); f, plaque du
cœnenchyme. (Échelle = 400 ixm.)
— 490 —
Planche XIV. — Sclérites basaux de Perissogorgia petasus n. sp. : vue oblique et surface interne. (Vues
stéréoscopiques. Échelle = 400 urn.)
Planche XV. — Perissogorgia colossus n. sp. : haul, polype isolé; milieu, vertidlle isolé, vue latérale;, has, verticille
isolé, vue orale montrant l'origine de nouveaux polypes (cassés) dans un cercle de polypes mûrs. (Vues
stéréoscopiques. Échelle = 0,5 mm.)
— 492 —
Planche XVI. — Opercule de Perissogorgia colossus n. sp. : haut, vue orale; bas, vue adaxiale. (Vues stéréoscopiques.
Échelle = 0,5 mm.)
Planche XVII. — Sclérites de Perissogorgia colossus n. sp. : a-b, écailles abaxiales operculaires ; c-d, écailles latérales
operculaires externes; e, écaille latérale operculaire interne; f-g, écailles adaxiales operculaires; h-i. écailles latérales
buccales; j-k, écailles buccales adaxiales; 1, écaille abaxiale buccale; m-n, écailles latérales basales.
494 —
495
Planche XIX. — Polype isolé de Perissogorgia bithya n. sp. : haut, vue latérale; bas, vue operculaire. (Vues
stéréoscopiques. Échelle = 0,5 mm.)
Planche XX. — Sclérites de Perissogorgia bithya n. sp. : a, écaille abaxiale operculaire; b, écaille operculaire latérale
externe ; c, écaille latérale operculaire interne ; d, écaille adaxiale operculaire ; e, écailles latérales buccales ; f. écailles
buccales adaxiales: g, écaille abaxiale buccale; h, écaille latérale basale.
Planche XXI. — Perissogorgia vilrea n. sp. : haut, colonie dans un plan avec polypes sans écailles latérales buccales;
milieu, colonie corymbiforme avec polypes à écailles latérales buccales: en has à gauche, colonie dans un plan avec
polypes à écailles latérales buccales (holotype); en has à droite, colonie dans un plan avec polypes sans écailles
latérales buccales. (Échelle = 5 cm.)
— 498
Planche XXII. — Verticilles de Perissogorgia vitrea n. sp. : haul, spécimen récolté à la station DW-77 ; bas, holotype
(HGP-68). (Vues stéréoscopiques. Echelle = 0,5 mm.)
Planche XXIII. — Sclérites de Perissogorgia vitrea n. sp., holotype : a-b, écailles abaxiales operculaires ; c-d, écailles
latérales operculaires; e, écaille adaxiale operculaire; f, surface externe d’une écaille buccale; g, surface interne
d’une écaille médiale ; h, surface externe d’une écaille médiale ; i, surface externe d’une écaille basale ; j, écailles du
cœnenchyme. (Échelle = 200 um.)
— 500 —
Planche XXIV. — Verticilles de Perissogorgia vilrea n. sp. de la station CP-108 : polypes avec l'écaille abaxiale
buccale chevauchée par les deux buccales latérales. (Vues stéréoscopiques. Échelle = 0,5 mm.)
— 501 —
Planche XXV. — Verticilles de Perissogorgia vilrea n. sp. de la station CP-I08 : l’écaille abaxiale buccale chevauche
la latérale d'un côté, mais est chevauchée de l'autre. (Vues stéréoscopiques. Échelle = 0,5 mm.)
— 502 —
Planche XXVI. — Peri.s.sogorgia vitrea n. sp. de la station MUSORSTOM IV 0204 : haut , sclérites; a, écailles
abaxiales operculaires; b, écailles latérales operculaires; c, surface interne d'une écaille abaxiale buccale: d, sur¬
face externe d'une écaille abaxiale basale; e, écaille du cœnenchyme (échelle = 200 am); has. verticille de polypes
(vue stéréoscopique; échelle = 500 um).
— 503 —
Planche XXVIII. — Sclérites de Perissogorgia vilrea n. sp. de la station MUSORSTOM IV 0204 : a, écailles latérales
operculaires externes; b, écailles operculaires abaxiales; c, écailles latérales operculaires internes; d. écaille
operculaire adaxiale; e, f, surface externe d’écailles abaxiales médiales; g, surface externe d'une écaille basale
abaxiale; h-i, écailles du cœnenchyme; j, plaques épaisses du cœnenchyme du pied. (Échelle = 200um.)
Planche XXIX. — Perissogorgia monile n. sp. colonie holotype. (Échelle en millimètres.)
Planche XXX. — Perissogorgia monile n. sp. : haut, verticille de polypes; bas, vue adaxiale de l'opercule. (Vues
stéréoscopiques.)
Biyer 1292
Planche XXXI. — Sclérites de Perissogorgia monile n. sp. : a, écailles operculaires ; b, plaque buccale abaxiale; c,
écaille buccale latérale; d, surface interne d’une plaque médiale abaxiale; e, surface interne d’une plaque basale; f.
plaques du cœnenchyme des branches; g, plaques du cœnenchyme du pied. (Échelle = 200um.)
— 508 -
— 509 —
Planche XXXIII.
Perissogorgiu penna n. sp. : verticille de polypes. (Vues stéréoscopiques. Échelle = 0.5 mm.)
S- .(*
— 510 —
1 - 'y-sOJ
Planche XXXIV. — Sclérites de Perissogorgia penna n. sp. : a-c, écailles operculaires ; d-h, écailles abaxiales; i-k,
plaques du cœnenchyme adjacent aux polypes (échelle = 200 jim); I, bâtonnet d'un tentacule (échelle = 10 um).
— 511 —
Planche XXXV. — Fanellia koremu n. sp. : colonie paratype. (Échelle en millimètres.)
— 514 —
— 515 —
Planche XXXIX. — Fanellia euthyeia n. sp. : branches de la colonie-type. (Échelle en centimètres.)
Planche XL. — Polypes de Fanellia eulhyeia n. sp. : haut, vue abaxiale; bas, vue latérale. (Vues stéréoscopiques.
Échelle = 0,5 mm.)
Planche XLI. — Sclérites de Fanellia eulhyeia n. sp. : a, écailles operculaires ; b, écailles distales abaxiales; c, écailles
latérales externes; d, écailles proximales adaxiales avec extension en forme d’aile. Sclérites de Fanellia korema n.
sp. : e, écailles operculaires ; f, écailles distales abaxiales ; g, écaille latérale externe ; h-i, écailles proximales
abaxiales; j, écaille du cœnenchyme. (Échelle = 100lum.)
Planche XLII. — Sclérites de Fanellia medialis n. sp. : a-d, écailles operculaires ; e-h, écailles marginales avec
projection; i-n, écailles abaxiales; o, écaille latérale proximale externe. (Échelle = 200 am.)
Bull. Mus. nain. Hist. nat.. Paris , 4' sér., 10, 1988,
section A, n° 3 : 519-527.
Deux nouveaux Nématodes
parasites de Poissons de l’Oubangui
par Daniel Van Waerebeke, Alain G. Chabaud, Odile Bain et Alain-J. Georges
Résumé. — Description de deux Nématodes parasites de Poissons de l'Oubangui : un Oxyure
Cithariniella gonzalezi n. sp. (quatrième espèce du genre), parasite de Synodontis longirostris, et un
Atractide Labeonema bakeri n. sp. (troisième espèce du genre), parasite de Distichodus sexfasciatus et de
D. fasciolatus. Les adaptations qui, en dépit de la très forte dilution des formes infestantes, permettent la
transmission de ces Nématodes monoxèmes ne sont pas élucidées.
Abstract. - Description of two nematode parasites of fish from Oubangui river. One oxyurid
Citheriniella gonzalezi n. sp. (fourth species of the genus), parasite of Synodontis longirostris , and one
atractid Labeonema bakeri n. sp. (third species of the genus), parasite of Distichodus sexfasciatus. The
adaptations which allow transmission of these monoxenous nematodes in spite of the strong dilution of
infective stages are still unknown.
D. Van Waerebeke, Entomologiste de l'ORSTOM, A. G. Chabaud et O. Bain, Laboratoire de Zoologie (Vers)
associé au CNRS. Muséum national d'Histoire naturelle, 61, rue Buffon, F 75231 Paris cedex 05.
A.-J. Georges, Institut Pasteur, BP 923 Bangui, République Centrafricaine.
Cithariniella gonzalezi n. sp.
Hôte : Synodontis longirostris Boulenger, 1902 (Mochocidae).
Localisation : intestin postérieur.
Origine géographique : fleuve Oubangui, au niveau de Bangui.
Matériel-type : MNHN : 112 HE.
Description
Pharyngodonidae Cithariniella Khalil, 1964. Pas de dimorphisme sexuel céphalique.
Bouche hexagonale comprimée latéralement par les amphides, saillantes en avant. Quatre
papilles ovalaires (fig. 1C, 2A, 2L), nettement limitées, situées sur les axes latéro-médians, sans
terminaisons sensorielles visibles. Cavité buccale triangulaire, très courte (fig. 2B). Extrémité
antérieure de l’œsophage avec, sur chaque lobe, un relief musculaire (fig. 2C) et en arrière une
bande de tissu musculaire paraissant constituer un diaphragme intraœsophagien (fig. IB).
Isthme court. Bulbe arrondi.
Femelle
Corps long de 2,91mm (2,64-3,13), large de 169p.m (139-211), vulve à 2,0 mm de
l’extrémité céphalique (1,81-2,26); œsophage long de 678 p.m (657-720) (bulbe d’environ
- 521 -
112 [xm de diamètre) ; anneau nerveux à 176 |xm ( 163-191 ) et pore excréteur à 774 fxm (713-816)
de l’apex; queue rapidement atténuée, longue de 529fxm (445-563); œufs longs de 99-119|xm,
larges de 33-38 jxm, légèrement aplatis sur une face ; la segmentation est bloquée au premier
stade : l’embryon a une queue bien visible et un œsophage à peine discernable; les œufs se
déplacent dans l’utérus toujours dans le même sens (fig. 1D), avec la queue de l’embryon vers
l’avant; chaque pôle est pourvu de filaments très longs (au moins 800 (xm), insérés sur des
protubérances de la coque (fig. 1E); le pôle antérieur (par rapport à la progression de l’œuf)
porte environ cinq filaments (4 à 7), la plupart insérés dans la zone apicale, mais un ou deux
pouvant être insérés plus vers l’arrière ; la zone postérieure (correspondant à la zone antérieure
de l’embryon) porte environ douze filaments insérés en couronne (fig. 1D).
L’anatomie de l’appareil génital peut être élucidée par dissection d’une jeune femelle
(fig. 1F et IG) : à l’ovéjecteur musculaire, long d’environ 200[xm, succède un sphincter de
400 [xm, terminé par un massif cellulaire obstruant la lumière, puis une trompe impaire de
600 [xm, se divisant en deux branches utérines à son extrémité.
Dimensions de la femelle holotype : Corps long de 3,12mm, large de 205 (xm; vulve à 2,01 mm de
l’extrémité antérieure; œsophage long de 710|xm; anneau nerveux et pore excréteur respectivement à 191
et 776ixm de l’apex; queue longue de 523fxm.
Mâle
Corps long de 1,9 mm (1,70-2,02), large de 146ixm (139-151). Œsophage long de 497 fxm
(463-541); bulbe d’environ 85p.m de diamètre; anneau nerveux à 146p.m (139-151) et pore
excréteur à 580 fxm (528-639) de l’apex ; cloaque saillant avec deux paires de papilles cloacales
(fig. 2F, 2G et 2H) et une troisième paire caudale (fig. 2F et 21); gubernaculum long de 32 [xm
(30-33) en aiguille simple; spicule long de 81 pm (73-86) de forme également simple (fig. 2F et
2H). Queue très fine, brusquement atténuée en arrière du cloaque, longue de 325 |xm (296-352).
Spermatozoïdes en forme de virgule (fig. 2K).
Discussion
Le genre Cithariniella comprend déjà trois espèces africaines parasites soit de Characifor-
mes ( Distichodus et Citharinus), soit de Siluriformes ( Synodontis ).
C. citharini Khalil, 1964, est parasite de Citharinus citharus au Soudan. Petter et coll.
(1972) ont rattaché à la même espèce des spécimens du même hôte et d’un Distichodus du
Sénégal. C. petterae Khalil, 1973, est parasite d’un Distichodus en Rhodésie. C. khalili Petter et
coll., 1972, est parasite de deux espèces de Synodontis, l’une au Sénégal, l’autre au Tchad.
L’espèce décrite ici est parasite d’un Synodontis de Centrafrique.
Les deux espèces parasites de Characiformes sont relativement grandes (femelles, environ
5 mm; mâles, environ 3 mm) et ont en commun l’existence d’une papille caudale impaire. Les
deux espèces parasites de Siluriformes sont plus petites (femelles, environ 3 mm ; mâles,
environ 2 mm) et ont une paire de papilles caudales non fusionnées.
C. khalili est donc l’espèce la plus proche de notre matériel. Cependant, l’œsophage de
notre espèce est relativement fin et long : le rapport longueur de l’œsophage sur longueur du
corps est d’environ 0,18 pour C. khalili et de 0,25 pour notre espèce. Les deux papilles caudales
sont jointives chez C. khalili ; elles sont nettement séparées chez notre espèce. Celle-ci est donc
2. — Citharinella gonzalezi, n. sp., A-D, femelle et E-L, mâle : A, tête, vue apicale; B, idem, coupe optique, cavité
buccale ; C, idem, coupe optique, base du stoma ; D, coupe transversale au niveau du corpus ; E, corps entier, vue
latérale; F, spicule et gubernaculum, vue latérale droite; G, cône génital, vue latérale droite; H, région cloacale,
vue ventrale; I, vue ventrale de la queue au niveau des papilles postérieures; J, sinus excréteur, vue latérale droite;
K, deux spermatozoïdes; L, tête, vue apicale.
— 523 —
nouvelle et nous la nommons Cithariniella gonzalezi n. sp. pour la dédier au
Dr J. P. Gonzalez, virologue de l’ORSTOM.
Labeonema bakeri n. sp.
Hôtes : Distichodus sexfasciatus Boulenger, 1897 (Distichodidae) (hôte-type) et Distichodus
fasciolatus Boulenger, 1898.
Localisation : intestin postérieur.
Origine géographique : fleuve Oubangui, au niveau de Bangui.
Matériel-type : MNHN : 29 HE.
Description
Atractidae, Labeonema Puylaert, 1970. Ailes latérales étroites (8[xm), débutant à 120 pim
de l’extrémité antérieure et se terminant à 280pim de l’extrémité postérieure; pas de papilles
somatiques; bouche hexagono-triangulaire, sans lèvres; tête avec un cercle de six petites
papilles labiales internes et quatre grosses papilles externes (fig. 3G) ; cavité buccale très petite,
triangulaire (fig. 3H); extrémité antérieure de l’œsophage surmontée de trois lobes arrondis
(fig. 31); œsophage divisé en quatre parties : portion pharyngée courte et peu différenciée,
corpus long et grêle, isthme court, bulbe sphérique et valvulé.
Femelle
Vulve avec lèvre antérieure saillante, couvrant l’orifice; ovéjecteur peu musculaire,
représenté figure 3A ; trompe très courte, repliée sur l’ovéjecteur ; branche utérine postérieure
atrophiée ; utérus antérieur contenant au total trois, parfois quatre œufs ou larves ; oviducte et
ovaire courts.
L’ontogenèse du tube génital est représentée sur les figures 4A et 4C-F. La femelle mûre
est pratiquement monodelphe, mais il existe cependant, à l’extrémité de la trompe une
bifurcation avec un utérus antérieur et un court diverticule postérieur; ce diverticule porte à
son apex une cellule isolée qui correspond à l’initiale germinale, déjà visible sur l’ébauche
génitale du troisième stade larvaire (fig. 4A).
Dimensions de la femelle holotype : Longueur du corps 2,72 [im; largeur 130,um; anneau nerveux et
pore excréteur respectivement à 202 et 451 jun de l’apex; œsophage total 570um; stoma 8[j.m; portion
pharyngée du corpus 28,um; corpus postérieur 400 p.m ; isthme 28jj.m; bulbe 75 x 85 turn; vulve à
1,83mm de l’extrémité antérieure; queue longue de 375,um.
Dimensions prises sur dix paratypes : Longueur du corps 2,66mm (2,52-2,85); largeur 119um (110-
138); anneau nerveux et pore excréteur respectivement à 203 um (198-210) et 442utn (424-475) de l’apex;
œsophage long de 562 jum (539-586); vulve à 1,82mm (1,73-1,93) de l’extrémité antérieure; queue longue
de 348|j.m (319-375). Les iarves du 3 e stade, encore dans l’utérus de la femelle, sont longues de 700 à
830 um : les larves du quatrième stade de 1,6 à 2,0 mm.
Mâle
Papilles cloacales nombreuses (33), représentées sur les figures 4G et H. Spermatozoïdes
de grande taille, sphériques (fig. 4K). Les spermatides les plus âgées montrent, sans aucune
coloration, des images chromosomiques extrêmement nettes (fig. 41).
200 am
F a J : 40 am
400 fiml
3. — Labeonema bakeri n. sp„ A-J, femelle et K, mâle : A, corps entier, vue latérale; B, œsophage, vue latérale
droite; C, oviducte; D, région vulvaire; E, région anale; F, coupe optique de la tête, vue latérale droite (face
dorsale à gauche); G, tête, vue apicale; H, idem , coupe optique du stoma; I, idem, coupe optique de la base du
stoma; J, coupe transversale du corpus; K, corps entier, vue latérale.
Fig. 4. — Labeonema bakeri n. sp., A et C-F, femelle; B et G-K, mâle : A à E, évolution des ébauches génitales; A.
larve du troisième stade ; B, début de l’évolution de l’ébauche mâle ; C-E, évolution de l’ébauche chez la femelle ; F,
appareil génital de la femelle juvénile; G, mâle, extrémité postérieure, vue ventrale; K, idem, vue latérale; 1,
testicule ; J, région cloacale, vue latérale ; K., spermatozoïde.
— 526 —
Dimensions prises sur dix paratypes : Longueur du corps 2,0 mm (1,88-2,16); largeur 77 u.m (69-87);
anneau nerveux et pore excréteur respectivement à 181 (xm (160-190) et 377jim (360-396) de l’apex;
œsophage long de 479 [xm (467-499) ; spicules et gubernaculum longs respectivement de 53 ;xm (49-59) et
de 31 jim (27-33); queue longue de 178|xm (168-191).
Discussion
Le genre Labeonema Puylaert, 1970, ne comprenait jusqu’à maintenant que deux espèces ;
L. intermedia Puylaert, 1970, parasite d’un Labeo (Cyprinidae) de l’Uelé (Zaïre) et L. bainae
Baker, 1982, parasite d’un Eutropius (Siluroide, Schilbeidae) de l’Ivindo (Gabon). L’espèce
décrite ci-dessus a des spicules et un gubernaculum plus courts : spicules de 49-59 fxm, au lieu
de 69-74 pm chez bainae et de 85-95 um chez intermedia ; gubernaculum de 27-33 u.m. au lieu de
41 -46 ;xm chez bainae et de 45-50 pm chez intermedia.
Quelques caractères accessoires permettent également de distinguer les espèces : L. bainae
a une queue plus courte, L. intermedia n’a pas de cloaque saillant ni de lèvre antérieure
recouvrant la vulve. Notre espèce est donc nouvelle et nous la nommons Labeonema bakeri en
l’honneur du Dr Michael Baker.
Les trois espèces ont en commun l’anatomie génitale femelle très particulière, sur laquelle
Puylaert avait fondé le genre. Il se confirme que c’est le seul caractère morphologique
important qui sépare les Labeonema , parasites de Poissons africains, des Schrankiana , parasites
des Amphibiens néotropicaux du genre Leptodactylus.
Conclusion
Les deux Nématodes étudiés appartiennent à des groupes zoologiques différents, mais ils
sont tous deux monoxènes; ils ont donc nécessairement des adaptations pour éviter une
dilution excessive des formes infestantes dans l’eau. Cela est particulièrement vrai pour
Synodontis longirostris qui est une espèce adaptée aux eaux vives.
Dans le cas des Atractides ( Labeonema ), il n’y a pas de stade infestant spécialisé; la
transmission ne peut se faire que par une grande promiscuité vraisemblablement liée à la
période de reproduction et permettant l’ingestion directe de matières fécales d’un Poisson par
un autre.
Dans le cas des Oxyures ( Cithariniella ), la transmission se fait par ingestion des œufs ;
ceux-ci sont pourvus de filaments qui permettent certainement un accrochage aux végétaux du
biotope. Il est étonnant de constater que parmi tous les genres de Poissons africains, ce soient
toujours les trois genres Citharinus ou Distichodus (Characiformes) et Synodontis (Silurifor-
mes) qui soient infestés. Cela peut être dû soit à une particularité anatomique du tube digestif
liée au régime herbivore, soit à une particularité biologique, non encore remarquée, concernant
par exemple le mode de frayage ou la protection de la ponte.
Remerciements
Nous remercions très vivement le Dr Guy Teugels, Sous-Directeur associé au laboratoire
d’Ichthyologie du Muséum, d'avoir bien voulu déterminer les Poissons utilisés dans ce travail.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Baker, M. R,. 1982. — Systematic relationships of the Atractidae and Cosmocercidae (Nematoda :
Cosmocercoidea) : two new atractids parasitic in amphibians and fish. Can. J. Zool., 60 : 2395-
2402.
Khalil, L. F., 1964. — Cithariniella citharini gen. et sp. nov. (Nematoda) : an Oxyurid from a freshwater
fish, Citherinus citharus in the Sudan. J. Helminth., 38 : 41-46.
— 1973. — Some Nematodes from the freshwater fishes of Rhodesia with the description of a new
species Cithariniella petterae n. sp. Annls Parasit. hum. comp., 48: 811-818.
Petter, A. J., G. Vassiliadès et P. M. Troncy, 1972. — Trois espèces d’Oxyures parasites de poissons en
Afrique. Annls Parasit. hum. comp., 47 : 569-579.
Puylaert, F. A., 1970. — Description de Labeonema intermedia gen. n., sp. n., parasite d’un Labeo
(Pisces — Cyprinidae) (Atractidae — Nematoda — Vermes). Rev. Zool. Bot. afr., 82 : 370-376.
Bull. Mus. nain. Hisl. nat., Paris, 4 e sér., 10, 1988,
section A. n” 3 : 529-534.
Sur une nouvelle espèce d’Eoacanthocéphale
Acanthogyrus ( Acanthosentis ) lizae n. sp.
(Gyracanthocephala, Quadrigyridae) parasite de Liza aurata (Risso)
par Paola Orecchia, Lia Paggi et Branko Radujkovic
Résumé. — Description de Acanthogyrus (Acanthosentis) lizae n. sp. (Gyracanthocephala, Quadrigy¬
ridae), parasite de l'intestin du muge doré, Liza aurata, de l’Adriatique. Les caractères différentiels par
rapport aux autres espèces du sous-genre sont décrits.
Mots-clés. — Acanthogyrus ( Acanthosentis) lizae n. sp.. Eoacanthocephala, Quadrigyridae, Liza
aurata (Risso), Adriatique.
Abstract. — Description of Acanthogyrus ( Acanthosentis ) lizae n. sp., an intestine parasite of the
golden grey mullet, Liza aurata, from the Adriatic Sea. Differential characters from the other species of
the subgenus are described.
Key-words. — Acanthogyrus ( Acanthosentis ) lizae n. sp., Eoacanthocephala, Quadrigyridae, Liza
aurata (Risso), Adriatic Sea.
P. Orecchia et L. Paggi, Istituto di Parassitologia, Université di Roma « La Sapienza ». Roma, Italia.
B. Radujkovic, Institut de Recherches Biologiques et Médicales de ta République Socialiste de Montenegro, Dépar¬
tement de Biologie Marine, Kotor, Yougoslavie.
Introduction
Dans le cadre d’un programme de recherches parasitologiques sur les poissons de
l’Adriatique, nous avons trouvé, dans le tube digestif de muges peuplant la baie de Kotor et
appartenant à l’espèce Liza aurata (Risso), un Acanthocéphale faisant partie de la classe des
Eoacanthocephala Van Cleave, 1936. Selon la classification proposée par Golvan (1959) et
par Amin (1985), notre espèce, pourvue d’épines cuticulaires sur le tronc, appartient à l’ordre
des Gyracanthocephala Van Cleave, 1936, à la famille des Quadrigyridae Van Cleave, 1920, à
la sous-famille des Pallisentinae Van Cleave, 1928, au genre Acanthogyrus Thapar, 1927 et au
sous-genre Acanthosentis Verma et Datta, 1929.
La morphologie de l’espèce yougoslave est différente de celle de toutes les autres
constituant le sous-genre. Nous pensons être en présence d’une espèce nouvelle, que nous
proposons d'appeler Acanthogyrus ( Acanthosentis ) lizae n. sp., en référence au nom générique
de l’hôte. C’est le premier Acanthocéphale de la sous-famille des Pallisentinae signalé dans le
tube digestif d'un muge de l’espèce Liza aurata.
— 530 —
Matériel
Dans l’intestin moyen et postérieur de Liza aurata : sur 132 poissons examinés, 11 se sont
révélés parasités (8,33 %). Intensité moyenne: 3,82 (1 à 16 parasites par hôte).
Nous avons étudié 9 mâles et 4 femelles adultes. Holotype (1 mâle), allotype (1 femelle) et
paratypes, déposés à l’Istituto di Parassitologia, Université di Roma «La Sapienza » (Italie);
1 $ 1 Ç paratypes, déposés au laboratoire des Vers du Muséum national d’Histoire naturelle
de Paris (n° MNHN 384 HC).
Acanthogyrus (Acanthosentis) lizae n. sp.
Description
Les mensurations sont en mm.
Corps de taille moyenne. Tronc allongé et cylindrique à cuticule ornée de rangées d’épines
extrêmement fines, de forme triangulaire à pointe postérieure. Ces rangées sont serrées les unes
contre les autres dans la partie antérieure et font le tour complet du tronc. En arrière, les
rangées sont beaucoup plus séparées et n’entourent pas complètement le tronc du parasite. Le
tronc est ensuite inerme.
Noyaux géants sous-cuticulaires au nombre de cinq-six dorsaux et deux ventraux.
Canaux principaux du système lacunaire dorsal et ventral unis par des anastomoses
transversales.
Proboscis très petit par rapport à la taille du tronc ; il est globuleux, armé de six spirales
de trois crochets chacune, soit dix-huit crochets en tout. Les crochets peuvent être classés en
trois types :
— crochets apicaux de grande taille, au nombre de six, mesurant de 0,050 à 0,060 de long,
avec une racine évidente;
— crochets médians de taille moyenne, au nombre de six, mesurant de 0,035 à 0,040 de
long;
— crochets basaux de petite taille, au nombre de six, mesurant 0,020 à 0,030 de long.
Cou court en forme de tronc de cône.
Réceptacle du proboscis à paroi simple.
Ganglion cérébroïde au fond du réceptacle.
Mâle
Longueur du corps : 13,00-21,80 (moyenne 17,7); largeur maximale : 0,65-1,34 (0,91).
Cuticule ornée de 21-37 rangées d’épines de 0,005-0,007 de longueur.
— 531 —
Proboscis très petit par rapport à la taille du corps : longueur 0,13-0,20 (0,16), et largeur
maximale 0,11-0,16 (0,13).
Cou en forme de tronc de cône, de 0,08-0,15 (0,11) de longueur et 0,13-0,16 (0,14) de
largeur en haut, et 0,15-0,26 (0,19) de largeur à la base.
Réceptacle du proboscis à paroi simple mesurant 0,56-0,94 (0,72) de longueur et 0,20-0,26
(0,22) de largeur.
Lemnisques inégaux toujours plus longs que le réceptacle du proboscis. L’un mesure 2,71-
5,22 (4,13) de longueur et 0,14-0,25 (0,20) de largeur; l’autre mesure 2,14-3,38 (2,75) de
longueur et 0,13-0,24 (0,18) de largeur. Le lemnisque le plus long présente deux noyaux, tandis
que le plus court en possède un seul.
Deux testicules, à grand axe longitudinal, l’un en arrière de l’autre, le postérieur empiétant
un peu sur l’antérieur.
Le testicule antérieur mesure 2,40-3,64 (3,11) de longueur et 0,59-0,81 (0,65) de largeur. Le
testicule postérieur mesure 2,06-3,20 (2,80) de longueur et 0,50-0,73 (0,61) de largeur.
Glande cémentaire syncytiale très allongée, disposée en arrière du testicule postérieur et en
contact avec celui-ci. Longueur de la glande : 1,76-2,38 (2,08), et largeur : 0,45-0,80 (0,61).
Réservoir cémentaire ovoïde, allongé, disposé en arrière de la glande cémentaire; il
mesure 0,70-1,15 (0,85) de longueur et 0,62-0,76 (0,69) de largeur.
Vésicule séminale piriforme, mesurant 0,76-1,45 (1,17) de longueur et 0,34-0,46 (0,38) de
largeur.
Organe de Saefftigen allongé, ayant 0,97-1,20 (1,08) de longueur et 0,26-0,37 (0,31) de
largeur.
Bourse copulatrice arrondie.
Orifice génital subterminal.
Femelle
Longueur du corps : 42,00-43,50 (moyenne 42,65); largeur maximale : 1,10-1,15 (1,12).
Cuticule ornée de 27-37 rangées d’épines de 0,005-0,007 de longueur.
Proboscis très petit par rapport à la taille du corps : longueur 0,19-0,22 (0,20) et largeur
maximale 0,14-0,17 (0,15).
Cou en forme de tronc de cône, 0,11-0,20 (0,15) de longueur et 0,18-0,26 (0,20) de largeur
en haut, et 0,24-0,41 (0,28) de largeur à la base.
Réceptacle du proboscis à paroi simple, mesurant 0,75-0,86 (0,79) de longueur et 0,20-0,25
(0,23) de largeur.
Lemnisques inégaux : le plus long mesure 5,20-5,67 (5,37) de longueur et 0,19-0,20 (0,19)
de largeur; le court mesure 3,88-3,99 (3,91) de longueur et 0,18-0,19 (0,19) de largeur.
L’appareil génital est disposé dans l’extrémité distale du corps et mesure 0,70-1,10 (0,88)
en tout.
Cloche utérine avec l’appareil sélecteur à sa base, mesurant 0,27-0,32 (0,29) de longueur.
Conduit utérin mesurant 0,25-0,35 (0,30) de longueur. Vagin mesurant 0,22-0,33 (0,28) de
longueur.
Orifice génital subterminal.
Œufs à coque mince mesurant 0,070-0,075 (0,073) de longueur et 0,025-0,027 (0,026) de
largeur.
Discussion
L’espèce d’Acanthocéphale que nous avons trouvée dans l’intestin de Liza aurata
appartient à l’ordre des Gyracanthocephala, à la famille des Quadrigyridae et à la sous-famille
des Pallisentinae, en raison de la présence sur le tronc de nombreuses rangées d’épines. De
plus, la disposition et le nombre des crochets du proboscis (six spirales comprenant trois
crochets chacune) nous ont permis de la placer dans le genre Acanthogyrus Thapar, 1927, et
dans le sous-genre Acanthosentis Verma et Datta, 1929, selon les classifications proposées par
Golvan en 1959 et par Amin en 1985.
A notre connaissance, aucun Acanthocéphale de la famille des Quadrigyridae n’a été
signalé dans le tube digestif de Liza aurata. Seule une espèce, Quadrigyrus polyspinosus , a été
trouvée par Li Minmin (1984) dans l’intestin de muges du Bohai Gulf (Chine), mais qui
appartiennent à l’espèce Mugit cephalus Linné. Selon notre opinion, l’espèce polyspinosus
n’entre pas dans le genre Quadrigyrus, parce qu’elle présente, selon la description de l’auteur,
six spirales de trois crochets chacune sur le proboscis, et, en conséquence, pourrait être placée
dans le sous-genre A. ( Acanthosentis ).
Conclusion
Une étude comparative des caractéristiques morphologiques de nos individus avec celles
des espèces du sous-genre Acanthosentis, y compris l’espèce polyspinosus, nous a permis de
montrer qu’il est possible de les rapprocher seulement des espèces qui ont l’appareil génital
mâle occupant toute la moitié postérieure ou les trois quarts du tronc, c’est-à-dire :
Acanthogyrus ( Acanthosentis ) acanthuri (Cable et Quick, 1954), parasite de Acanthurus
coeruleus et A. bahianus de Puerto Rico, Acanthogyrus ( Acanthosentis ) cameroni (Gupta et
Kajaji, 1969), parasite de Rohtee cotio de l’Inde, et Acanthogyrus ( Acanthosentis ) partispinus
Furtado, 1963, parasite de Hampala macrolepidota de Malaisie.
Toutefois, notre espèce se distingue des trois espèces nommées ci-dessus.
En effet, A. (A.) acanthuri en diffère par : la taille du corps qui est plus petit, étant de
9,12mm chez le mâle et 8,4-15,6mm chez la femelle; les dimensions plus grandes des crochets
apicaux du proboscis, de 0,063-0,081 mm ; l’appareil génital mâle occupant la moitié
postérieure du tronc.
A. cameroni en diffère par : la taille du corps plus petite, de 2,0-3,89mm chez le mâle et
5,48-7,90mm chez la femelle; les dimensions plus petites des crochets apicaux du proboscis, de
0,035-0,045 mm chez le mâle et 0,031-0,041 mm chez la femelle.
A. (A.) partispinus en diffère par : la taille du corps plus petite, de 2,50-3,03 mm chez le
mâle et 2,5-7,9mm chez la femelle; les dimensions supérieures des crochets apicaux, de 0,076-
0,085 mm ; l’appareil génital mâle, qui occupe la moitié postérieure du tronc.
Tous ces éléments d’ordre morphologique, morphométrique et écologique (hôte et origine
géographique bien différents) nous permettent de différencier les individus parasites du muge
doré de l’Adriatique et de les considérer comme appartenant à une espèce nouvelle, que nous
proposons de nommer Acanthogyrus ( Acanthosentis ) lizae n. sp., en référence au nom
générique de son hôte.
0,05 mm
— 534 —
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Amin, O. M., 1985. — Classification. In : D. W. T. Crompton & B. B. Nickol (Ed.), Biology of the
Acanthocephala. 27-72.
Cable, R. M., et L. A. Quick, 1954. — Some Acanthocephala from Puerto Rico with the description of a
new genus and three new species. Trans. Am. microsc. Soc., 73 : 393-400.
Furtado, J. I., 1963. — On Acanthogyrus partispinus n. sp. (Quadrigyridae, Acanthocephala) from a
Malayan Cyprinid, Hampala macrolepidota Van Hesselt. Z. Parasitkde, 23 : 219-225.
Golvan, Y. J., 1959. — Le phylum des Acanthocephala. Deuxième note. La classe des Eoacanthocephala
(Van Cleave, 1936). Annls Parasit. hum. comp., 25 : 7-25.
Gupta, S. P., et L. Kajaji, 1969. — A new acanthocephalan, Acanthosentis cameroni n. sp., from the
intestine of a freshwater fish, Rohtee cotio Sykes, 1839, from Lucknow. J. Fish. Res. Bd. Can., 26 :
965-968.
Li Minmin, 1984. — Parasites of the mullets Mugil cephalus (Linnaeus) and Liza haematocheila
(Temminck et Schlegel) in the areas of Bohai Gulf, I. Hangu Area. Acta zool. sin., 30 : 153-158.
Bull. Mus. nain. Hist, nat., Paris , 4' sér., 10, 1988,
section A, n° 3 : 535-551.
Nématodes marins de Guadeloupe
VIII. Le genre Perepsilonema (Epsilonematidae)
par Nicole Gourbault et Wilfrida Decraemer
Résumé. — Description de deux espèces nouvelles du genre Perepsilonema {P. tubuligerum n. sp., P.
kellyae n. sp.) des sables coralliens du littoral de la Guadeloupe et de ses dépendances. Mise en question
de la validité de la sous-espèce P. conifer lissum dont le caractère distinctif apparaît comme un stade
physiologique particulier.
Abstract. — Two new species of the genus Perepsilonema ( P. tubuligerum sp. n., P. kellyae sp. n.) are
described from the coralline littoral deposits of Guadeloupe and its satellite islands. The suppression of
the s. sp. P. conifer lissum is discussed, its main character being considered as a peculiar physiological
state of adults. A key to the eleven species of the genus is given.
Key-words. — Marine nematodes; Perepsilonema; Systematics; Morphology; Caribbean islands
(FWI).
N. Gourbault, Muséum national d’Histoire naturelle, VA 699 CNRS, Biologie des Invertébrés marins, 57, rue
Cuvier, F 75231 Paris cede.x 05.
W. Decraemer, Koninklijk Belgisch Instituul voor Natuurwetenschappen Vautierstraat 29, B. 1040 Brussels.
Introduction
Dans le cadre de l’étude exhaustive des Epsilonematidae récoltés lors des diverses
prospections méiofaunistiques des sédiments littoraux de quelques îles des petites Antilles
(Renaud-Mornant et Gourbault, 1981 ; Renaud-Mornant et al., 1983; Gourbault et al.,
1985) le genre Perepsilonema Lorenzen, 1973, a été révisé. Cette note fait ainsi suite à celles
traitant successivement des genres Metaglochinema et Keratonema Gourbault et Decraemer,
1986, Bathyepsilonema Steiner, 1927, et Leptepsilonema Clasing, 1983 (Gourbault et
Decraemer, 1987) et Epsilonema Steiner, 1927 (Decraemer et Gourbault, 1988). Perepsilone¬
ma papulosum Lorenzen, 1973, espèce-type du genre, décrite du sud du Chili a été signalée en
divers points des îles Galapagos (Clasing, 1984). Dans ce même genre sont regroupés : P.
trauci Lorenzen, 1973, présent dans l’île Chiloé (Chili), P. bahiae (Gerlach, 1957) provenant de
Salvador, Brésil, P. conifer et la sous-espèce P. conifer lissum Lorenzen, 1973, connus
respectivement de Delaware Bay, USA, et des Bermudes et P. crassum Lorenzen, 1973, récolté
près de Helgoland. Cette dernière espèce a été retrouvée en baie de Calvi (Corse) d’où sont
décrites aussi quatre autres espèces : P. corsicum, P. mediterraneum, P. longispiculosum et P.
coomansi Vanreusel et Vincx, 1986.
— 536 -
Cinq espèces de Perepsilonema sont présentes dans les divers biotopes où ont été effectués
nos prélèvements, la plupart du temps associées à d’autres taxons de la famille des
Epsilonematidae cités plus haut. P. conifer est particulièrement abondant et possède une large
aire de dispersion ; P. papulosum et P. cf. crassum sont plus rares et deux autres espèces sont
nouvelles.
Matériel et méthodes
Le matériel-type et certains des nombreux spécimens récoltés sont déposés dans les
collections du Muséum national d’Histoire naturelle, Paris (MNHN) et du Muséum royal
d’Histoire naturelle, Bruxelles (KBIN).
Le détail des méthodes de récoltes et d'étude a été exposé à diverses reprises dans nos
précédents articles et ne sera donc pas redonné ici.
Abréviations
abd, diamètre corporel au niveau de l’anus; amph (%), diamètre de l'amphide (son pourcentage par
rapport au diamètre de la tête à ce niveau); ant, longueur du tube anal; es, longueur des soies
céphaliques ; gub, longueur du gubernaculum ; L, longueur totale du corps ; mbd, diamètre maximum du
corps ; (mbd), diamètre minimum du corps ; mbd ph, diamètre corporel à la base du pharynx ; N, nombre
d’anneaux ; ph, longueur du pharynx ; ph S, longueur des soies dorsales au niveau du pharynx ; spic.,
longueur du spicule mesurée le long de la ligne médiane ; t, longueur de la queue ; tmr/t. pourcentage de la
partie non annelée de la queue par rapport à sa longueur totale ; v, distance de la vulve à l’apex ; a, b, c, V,
coefficients de de Man.
Famille Epsilonematidae Steiner, 1927
Sous-famille Epsilonematinae Steiner, 1927
Genre PEREPSILONEMA Lorenzen 1973
Perepsilonema tubuligerum n. sp.
(Fig. 1 et 2)
Matériel-type : Holotype J AN 619 (MNHN); paratypes 16 JJ, 9 ?$, 9 juv. AN 584, 616, 619 à
632, et 5 JJ, 6 $$, 6 juv. RIT 152, 201 à 209, 218 et 219 (KBIN).
Localités : Guadeloupe, Le Moule, st. 4, localité-type, prélèvement 26 (04.1979) 2 JJ, 3
prél. 150 (12.1984) 4 JJ, 1 $ et 152 3 JJ ; prél. 225 (05.1984) 3 JJ, 3 22 et 2 juv. ; anse Laborde. st. 2,
prél. 323 (11.1984) 6 JJ, 1 $, 1 juv.; anse du Souffleur, st. 1. prél. 51 (04.1979) 1 $; Porte d’Enfer, st. 3,
prél. 56 (04.1979) 1 $; anse de la Gourde, st. 6, prél. 12 (12.1982) 1 $ ; prél. 154 (12.1983) 3 JJ;prél. 214
(04.1984) 1 J; îlet à Fajou, plage de la Tour, st. 1, prél. 2 (04.1979) 3 JJ, 1 juv. La Désirade. anse
d’Échelle, st. 1, prél. 33 (04.1979) 16 JJ, 12 13 juv. Iles des Saintes, plage de Pompierre, st. 1. prél. 35
(04.1979) 7 JJ, 5 22 , 2 juv. ; Grosse Pointe, st. 2, prél. 224 (04.1984) 1 juv. Martinique, anse Figuiers,
st. 11, prél. 34 (02.1981) 2 ?Ç. - Total : 48 JJ, 30 $$, 20 juv.
537
Habitat : Eaux d’imbibition des sédiments marins littoraux; sables moyens (Md = 575-200 ara)
essentiellement coralliens (92-96% C03Ca); mixtes aux Saintes et à la Martinique (respectivement 69 et
78 %). Température 26-27° C; salinité 30-36%o.
Étymologie ; Du latin tubulus, petit tube, et gerere, porter.
Mesures (en u.m) de 11 TJ 1 , 10 et 15 juv. ; tableau I.
Tableau 1. Mesures des spécimens-types de Perepsiloncma tubuligerwn n. sp.
Holotype
*
D
Paratypes
JJ
n = 10
??
n = 10
jv JJ
n = 3
jv ?
n = 1
jv st. 4
n = 7
jv st. 3
n = 2
jv st. 2
n = 1
L
315
295-360
290-330
305-320
270
255-305
210-235
210
N
93
94-96
94-97
98-102
100
97-102
100-102
108
amph
5
3-4
3-4
3-4
4
3
3-4
3
(%)
38
27-33
28-36
28-33
38
28-30
35-38
30
CS
5
5-6
4-5
4-5
4
4-5
4
5
ph S
14
10-12
10-11
10
11
9-10
11
9
mbd ph
31
29-30
28-29
29-30
30
27-31
25-26
26
(mbd)
11
10-12
10-13
12-13
14
10-12
10-11
10
mbd
29
29-31
33-39
30-33
31
26-30
23-25
21
a bd
14
16-17
13-16
15-16
13
15-17
15-16
16
ph
51
48-52
48-53
47-53
49
45-50
42-43
43
t
28
28-32
20-23
21-23
17
20-22
20
18
tmr
12
12-14
11-13
9-11
11
10-11
9-11
8
ant
8
8-10
spic
74
69-76
70-75
gub
7
8-10
9
V
195-225
180
a
10,2
9,5-12,4
8,1-9,4
9,4-10,1
8,7
9,3-10,5
9,1-9,4
10
b
6,2
6,1-7,5
5,9-6,6
5,9-6,6
5,5
5,4-6,5
5,0-5,5
4,9
c
11,3
10,1-11,7
13.6-15,5
13,5-14,5
15,9
12,4-13,7
11,5-11,7
11,6
V
64-69
mbd (mbd)
2.8
2,4-3.1
2,7-3,7
2,1-2.5
2,2
2,3-2,8
2,1-2,5
2,6
Description
Mâles
Corps de forme sigmoïde, typiquement élargi dans la région pharyngienne, au niveau du
testicule et du cloaque. Cuticule annelée avec net épaississement des anneaux sur la face
dorsale ; 94 à 96 anneaux lisses, de 5 urn de largeur au niveau du pharynx où ils sont
particulièrement développés. Première inversion après la courbure dorsale du corps, dans la
zone rétrécie médiane, ventralement entre les 33 e et 34 e anneaux et dorsalement au 26 e , suivie
d’une deuxième située au niveau de la courbure ventrale chez l’holotype, au 52 e anneau, et
d’une troisième au 67 e anneau, au niveau du départ du vas deferens (fig. IA).
1. — Perepsilonema tubuligerum n. sp. : A, holotype mâle en vue latérale superficielle; B, paratype femelle en vue
latérale, tube digestif et appareil reproducteur en coupe optique sagittale ; C, inversion des anneaux au niveau de la
vulve ; D, partie antérieure et pharynx d’un paratype femelle en coupe optique sagittale ; E, structure en double
crosse du vagin; F-G, paratypes mâles, appareil reproducteur en vues latérales respectivement droite et gauche.
— 539 —
Le long de la pliure ventrale du corps, cinq à six anneaux, les 38 à 42 e , chez l’holotype,
présentent une petite excroissance en fine crête ventrale ; à une dizaine de microns en arrière,
toujours sur la face ventrale, sept anneaux consécutifs portent une paire de petites cornes
disposées en rangées longitudinales subventrales. Postérieur à ce premier champ de cornes
copulatrices, il en existe un second constitué par trois paires de cornes subventrales un peu plus
grandes. Enfin, quatre anneaux de la région cloacale sont pourvus de minuscules épines
subventrales (fig. IA, F, G).
Soies somatiques disposées en huit rangées, plus larges (10-12fxm) et fines sur les rangées
dorsales et surtout plus nombreuses dans la région pharyngienne ; après la pliure médiane, au
niveau du testicule, trois paires de soies subventrales sont nettement plus épaisses.
L’extrémité antérieure apparaît le plus souvent tronquée du fait de la rétraction de la
région labiale ; dans le cas contraire, l’apex est légèrement arrondi et les six papilles labiales
internes y sont à peine visibles. Cette partie rétractile prolonge de 1 à 2[xm la partie
cuticularisée de la capsule céphalique (13 x 14fxm) et à sa base s’observent difficilement les six
minuscules papilles labiales externes en arrière desquelles se trouvent les quatre soies
céphaliques (5-6 [xm de longueur). A proximité se situent deux paires de soies subcéphaliques
(4-5 (xm) subdorsales et subventrales, ainsi que l’insertion d’une paire de soies toujours
absentes (cf. P. conifer) ; une troisième paire de soies subdorsales (8 [xm) se trouve à la base de
l’amphide. Cette dernière est étroite (3-4 (xm), constituée d’une simple spire allongée (5-7 jxm), à
enroulement ventral et en position dorsolatérale ; elle occupe en moyenne 30 % de la largeur de
la tête à ce niveau; sa base est proche du premier anneau.
Cavité buccale avec petite dent dorsale et deux minuscules dents subventrales peu visibles.
Court pharynx musculeux à bulbe terminal arrondi à paroi interne très cuticularisée. Cardia de
3(xm de longueur. Anneau nerveux à 60% de la longueur du pharynx.
Courte queue conique comportant huit-neuf anneaux, cinq à six d’entre eux ornés d’une
paire de fortes épines subdorsales; deux paires de courtes soies sur l’anneau terminal (fig. IA,
F, G). Les trois glandes caudales ne dépassent pas le niveau de l’appareil copulateur.
Mâle à système reproducteur limité à la partie postérieure du corps, typique pour le genre
et situé ventralement par rapport au tube digestif. Testicule très court, petits spermatozoïdes
sphériques (diamètre 3-4 jxm), vas deferens plus fortement granuleux dans sa partie antérieure
élargie. Un long tube anal caractéristique (8-10 (xm) prolonge vers l’extérieur le cloaque.
Spicules élancés, particulièrement longs (68-77 ;xm), à capitulum arrondi et pointe effilée à
laquelle est accolé un mince gubernaculum en lames paires.
Femelles
Habitus semblable à celui des mâles, avec toutefois un élargissement au niveau du système
génital présentant un aspect fortement pointu caractéristique (fig. 1 B, E) ; taille très légèrement
inférieure dans l’ensemble à celle des mâles. Anneaux lisses ou à très faible vacuolisation, au
nombre de 94 à 97 et dont la dernière des trois inversions se produit au niveau de la vulve
(fig. 1C). Comme chez le mâle, quelques anneaux de la pliure ventrale du corps présentent de
fines crêtes ventrales. Trois paires de soies latéroventrales plus une à deux paires sublatérales
du milieu du corps particulièrement trapues. Organes sensoriels céphaliques analogues à ceux
du mâle ; les soies subcéphaliques sont au nombre de trois paires, la quatrième se limitant au
point d’insertion. Amphide spirale, à ouverture dorsale.
— 540 —
Queue plus courte que celle du mâle.
Didelphes à ovaires situés le plus souvent à gauche du tube digestif mais parfois à droite
(fig. IB), opposés et repliés : branche antérieure vers la droite et postérieure (toujours moins
développée), vers la gauche, ou parfois l’inverse. Souvent, un œuf de grande taille (55 ^m)
occupe plus des deux tiers de la longueur du système reproducteur. Petites spermathèques
arrondies accolées et toutes deux situées dans un plan inférieur à celui de la vulve renfermant
les spermatozoïdes globuleux. Vagin à partie distale très cuticularisée, débouchant largement
dans la chambre utérine impaire par un vaste pavillon, en entonnoir à bord recourbé,
constituant en coupe optique médiane une structure à double crosse très caractéristique
(fig. IB, C, E).
Juvéniles (stade 1 non récolté)
Stade 4 : Habitus rappelant celui des adultes; nombre d'anneaux supérieur (98 à 102),
mais surtout ceux-ci sont ornementés et non pas lisses comme c’est le cas pour les adultes. A
l’exception des quatre ou cinq premiers et des derniers, tous les anneaux apparaissent creusés
de vacuoles rectangulaires et hautes, plus ou moins régulières, et réparties sur la totalité de
l’anneau. Toutefois, dans la région rétrécie médiane du corps, les vacuoles sont restreintes à la
partie dorsale des anneaux et au niveau de la courbure dorsale postérieure, les vacuoles sont
absentes sur les faces latérales des anneaux (fig. 2D). Même disposition des trois paires
subventrales de soies somatiques trapues dans la région de l’ébauche génitale. Soies
subcéphaliques comme chez l’adulte : trois paires et le point d’insertion de la quatrième
absente. Amphide en une spire moins serrée et plus courte que chez les adultes.
Stade 3 : Habitus semblable à celui du stade précédent. 100 à 102 anneaux ornementés de
vacuoles. Les deux premières paires de soies subcéphaliques sont très proches des soies
céphaliques; la paire qui est située à la base de l’amphide pour les stades 4 et adulte est ici sur
le premier anneau (fig. 2C).
Stade 2 : Habitus rappelant aussi celui des stades ultérieurs; nombre supérieur d’anneaux
(108) dont l’ornementation est semblable à celle décrite pour les juvéniles du stade 4.
Inversions des anneaux comme chez l’adulte. Deux paires de soies somatiques trapues,
subventrales. Tête avec quatre soies céphaliques. Une paire de soies subcéphaliques
dorsosublatérales sur le premier anneau (fig. 2B).
Diaonose différentielle : Perepsilonema lubuligerum n. sp. se distingue des autres espèces du genre
par le nombre et la position des soies subcéphaliques, mais aussi par sa cuticule lisse rappelant celle de
quelques P. conifer , taxon certainement le plus proche. Le mâle de l'espèce nouvelle est simplement
pourvu de petites cornes copulatrices à peine développées et disposées en deux champs subventraux; son
spicule est particulièrement long (68-77um). supérieur en taille à celui de P. longispiculosum (64;rm).
L’extension (8-lOu.m) du tube anal est également remarquable, à peine ébauché chez quelques P. conifer.
Chez la femelle, le vagin est parfaitement caractéristique du fait de la forme bifide en double crosse de sa
partie proximale.
Perepsilonema kellyae n. sp.
(Fig. 3-4)
Matériel-type : Holotype □ AN 633 (MNHN); paratypes 7 4 $>?, 3 juv. AN 624, 634 à 638,
642-643, 654 à 656 (MNHN), et 7 ff, 3 $?, 6 juv. RIT 210 à 217 et 220 à 222 (K.BIN).
— 542
Localités : Guadeloupe, Les Raisins Clairs, localité-type, prél. 187 (12.1983) 5 10 99. 7 juv. ;
plage de Bois Jolan, st. 8, prél. 61 (03.1983) 2 dd ; prél. 328 (11.1984) 3 dd. 2 99. 1 juv. ; plage de Gosier,
st. 9, prél. 29 (12.1982) 1 ?, 1 juv.; prél. 40 (04.1979) 1 $ et 41 1 dî prél. 208 (04.1984) 1 dî prél. 332
(11.1984) 1 d- La Désirade, anse d’Échelle, st. 1, prél. 33 (04.1979) 2 dd. 1 juv. ; anse du Souffleur, st. 2,
prél. 86 (03.1983) 1 9, 1 juv. ; prél. 181 (12.1983) 3 dd. 2 99, 3 juv.; prél. 259 (05.1984) 1 d- — Total :
19 cJcJ, 17 99, 13 juv.
Habitat : Eaux d’imbibition des sédiments coralliens littoraux; sables moyens à fins (Md = 300-
150;j.m), coralliens (91-95% C03Ca). Température 26-27°C; salinité 29-31 %o.
Étymologie : Espèce affectueusement dédiée à Kelly Van Hecke-Decraemer Junior.
Mesures (en ,um) de 7 dd, 4 99 et 5 juv. : tableau IL
Tableau IL Mesures des spécimens-types de Perepsilonema kellyae n. sp.
Holotype
6
Paratypes
63
n = 8
99
n = 4
j 6
n = 1
j 99
n = 2
jv st. 4
n = 3
jv st. 3
n = 1
L
285
225-270
230-245
215
225-250
205-240
195
N
107
106-108
108-110
111
110-112
109-113
117
amph
2
2-3
2,5-3
2,5
3
3
3,5
(%)
17
20-30
25-30
30
30
35
CS
6
4-5
4-5
4,5
4
4-5
6
ph S
7,5
8-10
8-9
10
9
8
9,5
mbd ph
23
23-26
23-25
28
28
25-26
24
(mbd)
12
9-10
8-10
11
11-12
8-12
10
mbd
25
25-28
27-30
27
30
26-30
21
a bd
8,5
10-12
10-11
15
13-17
15
14
ph
35
40-46
41-46
43
44-47
41-44
35
t
15
15-18
16-18
19
17-21
17-18
14
tmr
8,5
9-10
9-11
9
9-10
8-10
7
ant
2
2,5-4
2,5
2
spic
43
42-48
41
gub
7
9-10
9,5
V
160-170
155-170
a
11,4
8,7-10,4
7,8-8,5
8,0
7,5-8,3
7,7-8,0
9,3
b
8,1
5,4-6,3
5,1-5,6
5,0
4,9-5,6
5,0-5,4
c
19,0
13,9-15,6
13,1-15,9
11,3
12,5-13,2
12,0-13,3
13,9
V
67,3-69,5
68,0-68,9
mbd/(mbd)
2,1
2,5-2,8
3,0-3,7
2,4
2,5-2,7
2,1-3.2
2,1
Description
Mâles
Corps de forme sigmoïde, typique du genre, avec pliure médiane parfois prononcée
donnant au niveau de l’élargissement de la région du testicule un aspect très anguleux, surtout
dorsalement; partie postérieure du corps sans nouveau rétrécissement avant le cloaque. 105 à
— 544 —
108 anneaux lisses, minces, atteignant au maximum 3 jam d’épaisseur dans la partie postérieure
où ils sont les plus larges. L’inversion se produit dorsalement après la pliure médiane, soit
entre les 71 e et 72 e anneaux chez l’holotype et ventralement au niveau du 70 e anneau sur lequel
est insérée la paire de grandes cornes copulatrices (fig. 3B).
Soies somatiques peu nombreuses, sauf dans la région pharyngienne; plus courtes et
recourbées subventralement près du testicule.
Courte capsule céphalique (12-13 x 13-16fxm) à extrémité le plus souvent rétractée où
seules sont visibles les six papilles labiales externes et plus en arrière les quatre soies
céphaliques (fig. 3A, C). Disposition caractéristique des huit soies subcéphaliques longues de
6,5-11 (xm : une paire en avant de l’amphide, une autre en arrière au même niveau qu'une
troisième paire sublatérale et enfin une dernière subventrale, au contact du premier anneau.
Amphide enroulée ventralement en une spire allongée occupant 26 % de la largeur de la tête à
son niveau.
Étroite cavité buccale et petite dent dorsale; pharynx court à bulbe terminal arrondi et
paroi interne cuticularisée. Court cardia (2 |j.m). Anneau nerveux à 55 % de la longueur du
pharynx.
Petite queue conique à cinq-sept anneaux, cinq-sept paires d’épines dorsales ; deux paires
de soies à la base de l’anneau terminal, l’une subdorsale, l’autre subventrale.
Système reproducteur typique du genre, situé ventralement par rapport au tube digestif.
Petit testicule trapu, nombreux spermatozoïdes globuleux (3[xm); vas deferens à forte
granulation dans sa partie proximale élargie, devenant plus fine dans la zone distale. Spicules
régulièrement arqués, à petit capitulum élargi en marteau ; gubernaculum en lames minces
accolées à la partie dorsale étroite des spicules. Court tube anal (2 à 4jj.m) présent; en arrière
de la paire de grandes cornes copulatrices médiane s’observent trois à cinq paires de
minuscules cornes accessoires ainsi que parfois deux à trois autres paires précloacales (fig. 3B,
D).
Femelles
Habitus semblable à celui des mâles; 106 à 110 anneaux lisses et étroits dont l’inversion se
produit un peu en avant de la vulve (fig. 3E). Dimorphisme sexuel au niveau de l’amphide
toujours en une spire nettement ronde à ouverture dorsale (fig. 3F) mais aussi en ce qui
concerne la position des soies subcéphaliques : quatrième paire de soies insérée au niveau du
deuxième anneau corporel (fig. 3E, F). Présence du court tube anal. Système reproducteur
didelphe, amphidelphe avec branches ovariennes repliées du même côté ou non, ventralement
par rapport à l’intestin. Vagin étroit, tubulaire et bien cuticularisé dans sa moitié distale ; petite
chambre utérine impaire sphérique (fig. 3G).
Juvéniles (stades 1 et 2 inconnus)
Stade 4 : Habitus rappelant celui des adultes; nombre d’anneaux un peu plus élevé : 110-
113 ; anneaux ornementés à vacuoles régulièrement arrondies (fig. 4B, C), sur tout le pourtour
de l'anneau. Nombre et position des soies céphaliques comme chez la femelle : quatrième paire
subdorsale insérée sur le premier ou deuxième anneau (fig. 4A, B). Amphides de type femelle :
une spire ronde, à enroulement ventral. Court tube anal visible chez un jeune mâle muant, à
— 545
Fig. 4. — Perepsilonema kellyae n. sp., juvénile de stade 4 : A, jeune femelle; B, partie antérieure d'une jeune femelle
montrant l'ornementation cuticulaire à ce niveau ; C, jeune mâle en train de muer ; D, jeune femelle à vagin et vulve
différenciés.
spicules bien formés encore que peu cuticularisés (fig. 4C) ; chez une jeune femelle (fig. 4D)
vagin et vulve sont nets.
Stade 3 : Habitus semblable à celui du stade 4 ; 117 anneaux ornés de vacuoles. Tête avec
quatre soies céphaliques, plus une paire de soies subcéphaliques subdorsales au niveau de
l'amphide et une paire subventrale; la paire de soies dorsales est insérée sur le deuxième
anneau.
Diagnose différentielle : Perepsilonema kellyae n. sp. est caractérisé par sa cuticule à 105-110
anneaux lisses ainsi que par le dimorphisme observé pour le nombre des soies subcéphaliques présentes
sur la tête : huit pour le mâle, six pour la femelle. Contrairement à P. tubuligerum , il possède une paire
d’assez grandes cornes copulatrices suivies de deux champs de minuscules cornes accessoires; son tube
- 546 -
anal est deux fois plus court et il est également présent chez les femelles et les juvéniles. Les premières se
distinguent de celles de P. conifer (lisses) par le nombre d’anneaux, mais encore par la disposition des
soies subcéphaliques. Les juvéniles sont caractérisés par la forme arrondie des vacuoles mais aussi par la
position très postérieure des soies subcéphaliques au nombre de six dans le quatrième stade, comme chez
la femelle.
Perepsilonema conifer Lorenzen, 1973
(Fig. 5)
Perepsilonema conifer Lorenzen, 1973 : 79-81, fig. 22 a-f.
Perepsilonema conifer lissum Lorenzen, 1973 : 81-82, fig. 23 a-f.
Matériel en collection : 19 JJ, 23 22 et 13 juv. AN 570, 578, 581, 587, 598, 607, 617, 625, 640 à
653 (MNHN).
Localités : Guadeloupe, anse Laborde, st. 2, prél. 45 (12.1982) 2 JJ, 12; prél. 114 (04.1983) 1 J,
1 $ ; prél. 172 (12.1983) 4 JJ, 8 22, 2 juv. ; prél. 248 (05.1984) 1$; prél. 323 (11.1984) 1 J, 2 22. 1 juv.;
Le Moule, st. 4. prél. 24 (04.1979) 1 J, 1 Ç; prél. 26 4 JJ, 3 22, 1 juv. ; prél. 150 (12.1983) 5 22. 5 juv. ;
anse de la Gourde, st. 6, prél. 13 (12.1982) 2 juv. ; Les Raisins Clairs, prél. 231 (05.1984) 1 2; prél. 313
(11.1984) 2 22, 3 juv. ; plage de Bois Jolan, st. 8, prél. 328 (11.1984) 1 2 et 330 1 2 ; plage de Gosier, st. 9.
prél. 39 (04.1979) 1 J; prél. 50 (03.1983) 1 juv.; prél. 202 (04.1984) 1 2; La Grande anse, st. 14, prél. 260
(05.1984) 1 {J; La Grande anse Deshaies, st. 22, prél. 21 (04.1979) 1 2; prél. 11 (12.1982) 2 JJ, 2 22;
prél. 212 (04.1984) 2 JJ, 1 2, • juv.; îlet à Fajou, plage de la Tour, st. 1, prél. 2 (04.1979) 5 juv. La
Désirade, anse d’Echelle, st. 1, prél. 33 (04.1979) 9 JJ, 4 22, 3 juv. et 34 12; anse du Souffleur, st. 2,
prél. 259 (05.1984) 1 2; prél. 323 (11.1984) 1 2, 2 juv. ; anse Petite Rivière, st. 3, prél. 38 (12.1982) 4 JJ,
3 22, 4 juv. ; prél. 82 (03.1983) 2 JJ, 1 2 et 85 2 22.. 2 juv. ; prél. 179 (12.1983) 6 JJ. 3 22. 4 juv. ;
prél. 254 (05.1984) 1 J, 5 22, 1 juv. et 258 3 JJ, 4 22- îles des Saintes, plage de Pompierre, st. 1, prél. 35
(04.1979) 1 2, 3 juv. ; Grosse Pointe, st.2, prél. 37 (04.1979) 4 J J, 2 22. 6 juv. et 38 2 22. 3 juv. ; prél. 224
(04.1984) 3 JJ, 2 22. 5 juv. La Marie-Galante (04.1979), Pointe Maréchal, st. 5, prél. 65 5 JJ, 4 22, 3
juv. ; anse de Mays. st. 8, prél. 67, et sublittoral, prél. 68 4 JJ, 25 22. 3 juv. et 69 1 J, 2 22, 1 juv. La
Martinique (02.1981), anse l'Étang, st. 4, prél. 22 1 2; Salines, st. 8, prél. 26 1 J, 4 22; anse Figuiers,
st. 11, prél. 34 1 2, 1 juv. — Total : 77 JJ, 143 22. 59 juv.
Habitat : Eaux d’imbibition des sédiments marins littoraux et sublittoraux; sables moyens à fins
(Md = 570-135 u.m), coralliens ou mixtes (95-69 % C03Ca) et même volcaniques (5 à 9% à la grande
Anse, st. 14). Température 26-27° C; salinité 30-36 %o.
Mesures (en arn) de 10 JJ, 11 22. 10 juv. : tableau III.
La diagnose originale de l’espèce repose sur la récolte de six mâles, six femelles et deux
juvéniles (stades 3 et 4) dans les sables moyens à grossiers de la baie du Delaware (USA); P.
conifer lissum (sept mâles et sept femelles) a été décrit des Bermudes. La seule diagnose
différentielle reconnue par Lorenzen réside dans l’ornementation cuticulaire, l’absence de
vacuoles et de tube cloacal chez la sous-espèce s’expliquant par l’isolement géographique.
L’étude du matériel abondant provenant de diverses îles des petites Antilles, et qui
correspond parfaitement â la description du découvreur, a montré que, le plus souvent, seule la
cuticule de la région postérieure du corps est ornementée de légères vacuoles, plus marquées
dorsalement, et parfois difficiles à distinguer. Il a été, de plus, possible d’observer des
spécimens présentant ce même caractère de vacuolisation sur la partie antérieure du corps,
comme chez le type; mais jamais d’ornementation irrégulière en zigzag (cf. Lorenzen, 1973,
fig. 2 a, c).
— 547 —
Tableau III. Mesures de quelques spécimens de Perepsilonema conifer.
3
Il ^
U*
O
moy.
9$
n = 11
moy.
j $$
n = 2
jv st. 4
n = 5
jv st. 3
n = 2
L
255-285
275
240-300
288
255
225-255
180-195
N
96-101
99
96-101
99
103
108-110
amph
3-4
3
3-4
3,5
3
3
3
(%)
26-38
32
30-40
35
33
30
CS
4-5,5
5
4-6
4,5
4-5
44-4,5
3-4
ph S
10-13
12
9-13
12
10-11
9-10
7-8
mbd ph
21-25
23
24-27
26
26-27
29-30
25
(mbd)
10-12
11
9-12
11
12
7-8
mbd
23-27
25
27-33
30
30-34
25-28
20
a bd
10-13
11
11-13
12
12-13
12-15
17
ph
45-50
47
42-50
45
44-46
44-45
39-40
t
18-21
19
14-19
15
15-18
16-18
17-18
tmr
9-10
9,5
9-11
10
10-11
9-10
8-9
spic
29-41
34
gu b
8-11
9
V
152-205
172
170
a
9,8-12,1
11,0
8,2-9,7
8,8
9,4-9,8
8,0-10,2
9,0-9,7
b
5,4-6,2
5,8
5,2-6,5
5,8
5,5-5,8
5,1-5,7
4,5-5,0
c
11,2-14.4
13,7
16.0-19,3
16,9
14,2-17,0
12,5-15,9
10.6-10,8
V
64,0-68,3
65,7
66,7
mbd/(mbd)
2,1-2,4
2,3
2,2-3,3
2,7
2,5-2.8
2,1-2,8
2,5-2,8
Le nombre d’anneaux des P. conifer du Delaware varie de 98 à 103 : il est de 96 (Ç) et 98
(cj) pour ceux des Bermudes; chez les spécimens antillais, il est compris entre 96 et 101 (99 en
moyenne).
En complément à la description originale, il est possible de souligner quelques points ;
l’inversion se produit entre les 65 et 66 e anneaux chez le mâle; le nombre de six soies
subcéphaliques et la persistance du point d’insertion de la quatrième paire ont été également
notés chez P. tubuligerum ; femelles et juvéniles de P. kellyae portent aussi six soies
subcéphaliques sur la tête, la dernière paire se trouvant sur les premiers anneaux. La cavité
buccale est typique pour le genre, avec une très petite dent dorsale ; il en est de même pour le
système reproducteur situé ventralement par rapport au tube digestif. Les cornes copulatrices
préanales sont au nombre de deux à quatre paires; six à huit paires au niveau du testicule. Les
mâles provenant des Antilles n’ont pas le tube anal signalé chez le type. Les ovaires sont
inégalement développés ; la partie distale du vagin est bien cuticularisée. Ce dernier débouche
dans une vaste chambre utérine impaire souvent masquée en partie par les spermathèques et les
œufs.
Le stade I n'a pas été récolté. Les juvéniles des stades 2, 3 et 4, dont ceux muant (J ou Ç),
possèdent tous une cuticule ornementée (sauf deux spécimens de stades 2 et 3, à cuticule lisse) ;
les anneaux présentent de nombreuses et légères vacuoles, assez régulières, minces et
légèrement allongées. Leur nombre est supérieur à celui observé chez les adultes (103-105,
juv. 4; 108-110, juv. 3). Les soies subcéphaliques au stade 4 sont identiques à celles des
adultes; seule demeure la paire postérieure à l’amphide aux stades 2 et 3.
— 549
Discussion
Une cuticule ornée de vacuoles est présente chez la majorité des juvéniles des diverses
espèces de Perepsilonema , que les adultes en soient également pourvus (P. papulosum, P.
crassum, P. trauci, les quatre espèces méditerranéennes) ou non (P. tubuligerum, P. kellyae et
P. conifer montrant les deux possibilités). De ce fait, il est difficile de considérer ce caractère
comme lié à des conditions d’isolement géographique puisqu'il dépend de l’état physiologique
de certains individus. C’est pourquoi P. conifer lissum ne peut conserver son statut de sous-
espèce ; seule l’espèce P. conifer est valable, son ornementation cuticulaire étant plus ou moins
marquée chez les adultes.
Remarques générales
Quelques caractères sont particulièrement déterminants pour la diagnose des onze espèces
décrites de Perepsilonema : la longueur du corps, le nombre, l’ornementation et la forme des
anneaux, la structure (dimorphisme sexuel) des amphides mais aussi la position et le nombre
des soies subcéphaliques. Chez le mâle, le nombre et la position des cornes copulatrices, la
longueur et la forme de l’appareil copulateur, celles des spermatozoïdes ; chez les femelles, la
structure du vagin, le développement des ovaires. Toutefois, ces caractères peuvent présenter
une certaine variabilité au sein d’une espèce, comme c’est le cas pour l’ornementation
cuticulaire de P. conifer , le développement plus ou moins grand des cornes copulatrices qui, de
ce fait, n’ont pas été notées dans la diagnose originale de P. crassum, alors que Jensen (1976)
en signale quatre paires médianes.
Clé de détermination
1 — Huit soies subcéphaliques. 3
— Six soies subcéphaliques, plus point d’insertion de la quatrième paire. 2
2 — Mâle à cornes copulatrices peu développées, en deux champs, l'un à la pliure ventrale, le
second au niveau du testicule; quelques petites épines cloacales; spic. = 68-77fxm. Femelle à
vagin bifide en double crosse . P. tubuligerum
— Cornes copulatrices nettement développées en deux champs, l’un au niveau du testicule, le second
précloacal; spic. = 31-32 (xm. Vagin bifide cylindrique. P. conifer
3 — Six soies subcéphaliques présentes sur la tête des femelles, une dernière paire est insérée sur
les premiers anneaux alors qu’elle se trouve à la base de l'amphide, encore sur la tête des
mâles. 4
— Huit soies subcéphaliques sur la tête, dans les deux sexes. 5
4 — Anneaux à vacuoles petites et nombreuses; absence de cornes copulatrices .. P. papulosum
— Anneaux lisses ; une paire de cornes copulatrices. P. kellyae
5 - Absence de cornes copulatrices au niveau de l’élargissement médian du corps ; 2 épaisses papilles
coniques et 2 rangées de petites épines subventrales cloacales; anneaux avec de minuscules
vacuoles irrégulières ou à une seule rangée de petites vacuoles. P. bahiae
- Cornes copulatrices au niveau de l'élargissement médian du corps. 6
550 —
6 Deux rangées de petites cornes subdorsales sur les anneaux (5-7) caudaux . 7
Deux champs de petites épines subdorsales sur les anneaux (5-8) caudaux . 8
7 Un champ de 4 paires subventrales de petites cornes copulatrices au niveau du testicule ; anneaux
ornementés de vacuoles soit minuscules et peu visibles, soit fines et allongées disposées sur une
rangée. P. crassum
Deux champs de cornes copulatrices subventrales : 5 paires au niveau du testicule, et 3 paires pré-
cloacales ; anneaux à une simple rangée de vacuoles bien développées. P. trauci
8 Un seul champ de 3 paires de cornes copulatrices subventrales au niveau du testicule . . 9
Deux champs de cornes copulatrices : au niveau du testicule et précloacal. 10
9 Cornes copulatrices bien développées ; spic. = 64 um. P. longispiciilosum
Cornes copulatrices peu développées; spic. = 39um . P. eorsicum
10 Six à 7 paires de cornes copulatrices subventrales au niveau du testicule plus 2 précloacales ;
spic. = 44um ; capsule céphalique aussi large que longue; es = 6;j.m. . P. mediterraneum
Trois paires de cornes copulatrices au niveau du testicule, plus une paire subventrale et une
simple corne ventrale au niveau antérieur du vas deferens , et encore 2 paires subventrales pré¬
cloacales; spic. = 45 uni ; capsule céphalique étroite, plus longue que large; es = 9um.
. P. coomansi
Remerciements
Prospections subventionnées pro parte par la mission Muséum Antilles et par le protocole Muséum-
Ministère de l'Environnement. Collaboration technique de Marie-Noëlle Helléouet (MNHN) et
Monique Van Beveren (ORSTOM).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Pour toutes références antérieures à 1973. consulter :
Gerlach, S. A., & F. Riemann. 1973-1974. The Bremerhaven checklist of aquatic nematodes. A
catalogue of Nematoda Adenophorea excluding the Dorylaimida. Veroff. Inst. Meeresforsch.
Bremerh.. suppl., 4(1): 1-104; (2) : 405-736.
Cl asing, E., 1983. Leptepsilonenia gen. n. (Nematoda, Epsilonematidae) from Chile and the Caribbean
Sea. Zool. Sir.. 12 : 13-17.
1984 Interstitielle Fauna von Galapagos. XXXII. Epsilonematidae (Nematodes). Microfaima
Manna. I : 149-189.
Decraemer. W.. & N. Gourbault, 1988. Marine Nematodes from Guadeloupe and other Caribbean
Islands. VII. The genus Epsilonema (Epsilonematidae). Bull. Inst. r. Sci. nut. Bclg.. Biologie, 57
(1987) : 57-77.
Gourbault, N., & W. Decraemer, 1986. Nématodes marins de Guadeloupe. III. Epsilonematidae des
genres nouveaux Metaglochinema n. g. (Glochinematinae) et Keratonema n. g. (Keratonematinae
n. subfam.). Bull. Mus. nain. Hist nat., Paris , 4 e sér., 8, sect. A, (1) : 171-183.
Gourbault, N„ & W. Decraemer, 1987. Nématodes marins de Guadeloupe. VI. Les genres
Bathyepsilonema et Leptepsilonenia (Epsilonematidae). Bull. Mus. nain. Hist, nat., Paris , 4 e sér., 9,
sect. A, (3) : 605-631.
Gourbault. N., J. Renaud-Mornant & M.-N. Helléouet, 1985. Biotopes et peuplements
méiofaunistiques des Petites Antilles (la Marie-Galante, les Saintes, la Désirade). Premières
données. Bull. Mus. nain. Hist. nat.. Paris , 4 e sér., 7, sect. A, (2): 419-431.
551
Lorenzen, S., 1973. Die Familie Epsilonematidae (Nematodes). Mikrofaima Meeresboden, 25 : 1-86.
Renaud-Mornant, J., & N. Gourbault, 1981. Premières prospections méiofaunistiques en
Guadeloupe. I. Les biotopes et leurs peuplements. Bull. Mus. nain. Hist, nul., Paris , 4 e sér., 3,
sect. A, (4) : 1011-1034.
Renaud-Mornant, J., N. Gourbault & M.-N. Helléouet, 1983. Prospections méiofaunistiques en
Martinique. I. Les biotopes et leurs peuplements. Bull. Mus. nain. Hist, nat., Paris. 4 e sér., 5,
sect. A, (1) : 221-234.
Vanreusel, A., & M. Vincx, 1986. Four new species of the genus Perepsilonema Lorenzen. 1973
(Nematoda, Epsilonematidae) from the bay of Calvi (Corsica, Mediterranea). Hvdrobiologia. 134 :
151-169.
Bull. Mus. nuln. Hist. nut.. Paris. 4' sér., 10, 1988,
section A, n" 3 : 553-561.
Collemboles (Insecta) de l’Équateur
III. Entomobryidae : Orchesellinae
par Judith Najt, Jean-Marc Thibaud et José A. Mari Mutt
Résumé. Dans cette troisième note sur les Collemboles de l’Équateur nous traitons de la sous-
famille des Orchesellinae (Entomobryidae); nous décrivons trois nouvelles espèces, Dicranocentrus
ehimborazoensis n. sp., D. peckorum n. sp., Heteromurus (Heteromurtrelta) caecus n. sp., et nous
redécrivons H. ( Alloscopus ) slrebeli Winter, 1966.
Mots-clefs. — Collembola; taxonomie; Équateur.
Abstract. — In this third work on Ecuador Collembola we discuss the sub-family Orchesellinae
(Entomobryidae) ; we describe three new species, Dicranocentrus ehimborazoensis n. sp., D. peckorum n.
sp., Heteromurus (Heteromurirella) caecus n. sp., and we redescribe H. ( Alloscopus ) slrebeli Winter, 1966.
J. Najt, UA 42 du CNRS, Laboratoire il’Entomologie (MNHN). 45. rue Buffon. F 75005 Paris.
J.-M. Thibaud, Laboratoire d'Écologie (MNHN), 4. avenue du Petit-Château, F 91800 Brunov.
J. A. Mari Mutt, Universidad de Puerto Rico, Departemento de Biologia, Mayagiiez, Puerto-Rico, 00708.
Dans ce troisième travail sur les Insectes Collemboles de l’Équateur nous continuons la
description de ceux-ci. Parmi les Entomobryomorphes, nous étudions la sous-famille des
Orchesellinae (Entomobryidae).
Les régions de récoltes, ainsi que les techniques, sont les mêmes que celles qui ont été
exposées dans l’introduction du premier article publié dans cette même revue.
Les types sont déposés au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris (Laboratoire
d’Entomologie).
1. Dicranocentrus ehimborazoensis n. sp.
Description
Longueur 3 à 4mm. Tête, antennes, pattes et furca blanches ou violet clair; corps bleu
violet foncé uniforme; tache oculaire violet foncé. L’habitus est représenté dans la figure 12.
Rapport diagonale céphalique : Antenne = 1 : 2,2-2,8. Rapport Ant. I ; II : III : IV
(Ant. I et II subdivisées en deux) = 1 : 1,3 : 2,3 : 1,8. Articles antennaires III et IV annelés.
Apex de Tant. IV (fig. 1) avec une « pin seta » bifurquée.
8 + 8 cornéules dont 1 + 1 ou 2 + 2 postérieures réduites.
Soies labrales et prélabrales lisses. Rapport des longueurs des soies des l re , 2 e et 3 e rangées
554 —
Fl °' ‘ à „ ll ,T D ‘ cr “ 1 °centrus chimborazoensis n. sp. : 1, apex de l'article antennaire IV; 2, échancrure labrale- 3
papilles labrales; 4, lobe externe du palpe maxillaire; 5, lobe externe du palpe labial; 6, labium; 7, griffe et
empodium III; 8, retinacle; 9, face dorsale de la dens; 10, épines dentales; II, schéma de la chétotaxie dorsale.
— 555
du labre = 1,7 : 1,3 : 1. L’échancrure du labre est très ouverte (fig. 2); les papilles, du type III,
sont représentées dans la figure 3. Les soies du palpe maxillaire sont de même longueur;
présence de quatre soies sublobales (fig. 4). Soies du lobe externe du palpe labial représentées
dans la figure 5. Le labium porte sur la partie postérieure six soies P (dont P, ciliée), une E
lisse, ainsi que les cinq soies A et les deux soies L ; ajoutons aussi la présence de sept à huit
écailles (fig. 6).
Organe trochantéral avec 30 à 40 soies. Tibiotarses portant des écailles et des soies ciliées
ainsi qu’un ergot à apex aigu. Griffe trapue avec sur le bord de la lamelle interne une paire de
petites dents médianes et une très petite dent impaire, la plupart du temps invisible, au tiers
distal ; sur le bord externe basal présence de deux fortes dents. Appendice empodial lancéolé
avec une petite dent au tiers basal externe (fig. 7).
Face antérieure du tube ventral avec plusieurs soies ciliées, des écailles et 2 + 2 longues
soies ciliées; sur la partie distale de nombreuses soies lisses ou ciliées.
Rétinacle avec 4 + 4 dents et 0, 1 ou 2 soies médianes sur la base du corps (fig. 8).
Face ventrale du manubrium avec des écailles; face dorsale avec de nombreuses écailles,
des soies ciliées et deux rangées latérales d'une vingtaine à une trentaine de soies spiniformes
chacune.
Face dorsale de la dens avec 30 à 50 épines (fig. 9) : une rangée externe d’une dizaine
d'épines et une rangée interne de 20 à 40 épines (fig. 10). Mucron avec deux dents et une épine
basale.
Chétotaxie schématisée dans la figure 11. Signalons que, par la présence sur la tête de 7 +
7 soies S (avec en plus une S 0 médiane) et de soies P, notre espèce entre dans le groupe
sundanensis.
Fig. 12. — Dicranocenlrys chimborazoensis n. sp. : habitus.
— 556 —
Discussion
Notre nouvelle espèce fait partie du groupe des Dicranocentrus portant des épines sur la
partie externe de la dens, et du sous-groupe possédant deux à cinq macrochètes P sur la tête.
Elle se différencie particulièrement des quatre autres espèces de ce sous-groupe par la présence
de la macrochète céphalique S 2 et de trois macrochètes antérieures sur l’abdomen IV (cf. clé
des Dicranocentrus « ad partem », page 558).
Localité-type : Province de Chimborazo ; versant sud-ouest du volcan Chimborazo ; près du refuge
Whymper; 4800m d’altitude; sol volcanique; 18-VIII-1984; Besson coll.
Matériel étudié : Holotype et 9 paratypes sur lame et 3 exemplaires paratypes dans l’alcool.
Derivatio nominis : Le nom de l’espèce provient du nom de la province du même nom.
2. Dicranocentrus peckorum n. sp.
Description
Longueur 3,5mm. Tête violet clair à blanche avec les deux aires oculaires très foncées;
antennes III et IV bien pigmentées, ant. I et II plus claires ; pattes colorées ou claires, le
tibiotarse étant toujours pigmenté; furca très claire; les segments du thorax et de l'abdomen
sont violet clair en alternance avec des bandes intersegmentaires blanches.
Rapport diagonale céphalique : antenne =1:3. Rapport Ant. I : II : III : IV (Ant. I et
II subdivisées en deux) = 1 : 1,2 : 2,6 : 1,3. Articles antennaires III et IV annelés. Ajoutons
que cette espèce possédant des antennes assez longues celles-ci sont, la plupart du temps, soit
coupées, soit en voie de régénération, tout particulièrement pour les Ant. III et IV. La
figure 13 montre l’organe sensoriel de l’article antennaire III.
8 + 8 cornéules dont 1 + 1 cornéules postérieures plus réduites.
Soies prélabrales et labrales lisses. Rapport des longueurs des soies des l r<r , 2 e , 3 e rangées
du labre = 1 : 0,9 : 1 à 1,2. Papilles labrales représentées dans la figure 14. Soies basale et
apicale du palpe maxillaire de même longueur et à apex aigu (fig. 15). Lobe externe du palpe
labial semblable à celui de l’espèce précédente. Le labium porte sur la rangée postérieure
quatre soies P (dont P, et P 2 ciliées), une E lisse, ainsi que les cinq soies A, la soie L( est ciliée,
L 2 est lisse; signalons aussi la présence de six écailles (fig. 16).
Organe trochantéral avec une cinquantaine de soies. Tibiotarses portant des écailles et des
soies ciliées ainsi qu’un ergot à apex aigu. Griffe trapue, avec sur la lamelle interne, tout au
long du tiers basal, deux rangées de petites dents, avec une paire de dents plus fortes au tiers
basal ; présence de deux dents impaires anté-apicale et apicale ; sur les lamelles externes basales
présence de deux fortes dents (fig. 17). Appendice empodial lancéolé avec une dent au tiers
basal externe.
Chétotaxie du tube ventral très proche de celle de l’espèce précédente.
Rétinacle avec 4 + 4 dents et une seule soie médiane sur la base du corps (fig. 18).
Lace ventrale du manubrium avec des écailles; face dorsale avec des écailles, des soies
ciliées et deux rangées latérales d'une vingtaine à une trentaine de soies spiniformes chacune.
Lace dorsale de la dens avec 40 à 50 épines (fig. 19) : une rangée externe de 10 à 18 épines
et une rangée interne de 30 à 50 épines ; lobe basal de la dens avec deux ou trois épines
(fig. 20). Mucron avec deux dents et une épine médiane.
— 557 —
Fig. 13 à 21. — Dicranocentruspeckorum n. sp. : 13, organe sensoriel de l’article antennaire III ; 14, papilles labrales ;
15, lobe externe du palpe maxillaire; 16, labium; 17, griffe et empodium III; 18, rétinacle; 19, face dorsale de la
dens; 20, lobe basal de la dens; 21, schéma de la chétotaxie dorsale.
Discussion
Cette nouvelle espèce fait partie, elle aussi, du groupe des Dicranocentrus portant des
épines sur la partie externe de la dens, et du sous-groupe possédant des macrochètes sur la tête.
Elle se différencie de D. colombiensis Mari Mutt, 1979, principalement, par le rapport des
articles antennaires V et VI, par la présence chez la nouvelle espèce de denticulations sur la
lamelle interne de la griffe et par la pigmentation du corps.
Localité-type : Province de Cotopaxi ; Pâramo entre 40 et 45 km au nord et nord-nord-est de
Latacunga ; 3350 à 3700m d'altitude; herbes rases; piège à viande; 19/25-VII-1985 ; S. et J. Peck coll.
(85-219 et 220).
Matériel étudié : Holotype et 8 paratypes sur lames; 15 exemplaires paratypes dans l’alcool.
— 558 —
Autre matériel : Province de Pichincha; à 4km à l’ouest d’Aloaq; 3 000m d’altitude; prairie; piège
à viande; 19/25-VII-1985 ; S. et J. Peck (85-221); 2 ex. sur lames.
Derivatio nominis : Cette espèce est dédiée très cordialement à M. et M me Peck.
Clé des Dicranocentrus avec épines sur le bord externe de la dens
1 — Moitié postérieure de la tête avec 2-5 macrochètes (groupe P) . 2
Moitié postérieure de la tête sans macrochètes P . 6
2 Macrochète céphalique S 2 présente; Abd. IV avec 3 macrochètes antérieures (fig. 11); Équateur.
. chimborazoensis n. sp.
— Macrochète céphalique S 2 absente; Abd. IV avec 2 macrochètes antérieures (fig. 21). 3
3 — Bord externe de la dens avec jusqu’à 50 épines; tête noire, corps clair; Th. III avec 8 macro¬
chètes; apex des longues macrochètes bifurquées; Brésil .. heloisae Arlé et Mendonça, 1982
— Bord externe de la dens jusqu’à 14 épines; couleur de la tête semblable ou plus claire que le
reste du corps; Th. III avec 9 macrochètes; apex des longues macrochètes simple. 4
4 Bord interne de la dens avec jusqu’à 16 épines en deux rangées; dents paires internes de la
griffe près de la base ; Abd. IV avec 3 macrochètes internes disposées en lignes longitudinales ;
Cameroun. gracilis Schôtt, 1893
— Bord interne de la dens avec 31-37 épines disposées en 3-4 rangées; dents paires internes de la
griffe pas trop près de la base; Abd. IV avec 2 macrochètes internes, une antérieure et l'autre
postérieure (fig. 21) . 5
5 — Ant. III de même longueur que l’Ant. IV; bord interne de la griffe sans denticulations ; corps
dépigmenté; Colombie. colombiensis Mari Mutt, 1979
— Ant. III deux fois plus longue que l’Ant. IV ; bord interne de la griffe avec 2 rangées de den-
ticules au tiers basal (fig. 17); couleur violet clair; Équateur . peckorum n. sp.
6 — Th. II avec 5 macrochètes postérieures; Inde (Sud). spinosus Prabhoo, 1971
— Th. II avec 6 macrochètes postérieures. 7
7 — Labium sans soie ciliée; bord interne de la dens avec jusqu'à 35 épines disposées sur 2 rangées;
bord antérieur de l’Abd. IV avec 2 macrochètes; Haïti. biseriatus Mari Mutt, 1981
— Labium avec soies ciliées; bord interne de la dens avec jusqu’à 67 épines disposées sur 4 ran¬
gées; bord antérieur de l'Abd. IV avec 3 macrochètes; île de la Réunion.
reunionensis Mari Mutt. 1985
3. Heteromurus (Alloscopus) strebeli Winter, 1966
Description
Nous donnons ici un complément de la description de cette espèce fait à partir des
exemplaires de la série-type de Winter portant le numéro 1615.
L’apex de l’antenne IV est représenté figure 22, l’aire oculaire et l’organe postantennaire
figure 23 ; le labre figure 24, le palpe maxillaire figure 25, le lobe externe du palpe labial
figure 26. La griffe est représentée dans la figure 27 ; nous indiquons en pointillé, à la base de
chaque soie, les glandes observées par transparence; soulignons aussi que la petite dent
impaire au tiers distal de la lamelle interne de la griffe est difficilement observable.
Le manubrium présente, sur sa face ventrale, des écailles et, sur sa face dorsale, de
nombreuses soies ciliées avec des glandes basales, de nombreuses écailles et 3 + 3 soies lisses.
Remarquons la présence sur le lobe basal de la dens d’une soie lisse, d’une soie ciliée et d’une
Fig. 22 à 38. — 22-28 : Heteromurus (Alloscopus) strebeli Winter, 1966 : 22, apex de l’article antennaire IV ; 23, aire
oculaire et organe postantennaire ; 24, labre ; 25, lobe externe du palpe maxillaire ; 26, lobe externe du palpe labial ;
27, griffe et empodium II ; 28, lobe basal de la dens et épines dentales. — 29 à 38 : Heteromurus ( Heteromurtrella)
caecus n. sp. : 29, apex de l’article antennaire IV ; 30, papilles labrales ; 31, lobe externe du palpe labial ; 32, labium ;
33, organe trochantéral ; 34, griffe et empodium I ; 35, griffe et empodium II en vue ventrale ; 36, manubrium face
dorsale; 37, mucron; 38, schéma de la chétotaxie dorsale.
560 -
épine à apex arrondi ; les épines de la dens, représentées dans la figure 28, montrent aussi des
glandes basales.
Pour ce qui est de la chétotaxie de la tête, l'absence du groupe de soies postérieures P
sépare Alloscopus d’ Heteromurtrella, ainsi d’ailleurs que la présence, chez Alloscopus, d'un
organe postantennaire.
Discussion
Notre exemplaire correspond à la description de l’espèce péruvienne faite par Winter.
Nous l’avons comparée avec l’espèce-type aimablement prêtée par le Senckenberg Museum de
Frankfurt-am-Main que nous remercions ici.
Toutefois nous avons trouvé quelques variabilités. Dans les exemplaires-types, ainsi que
dans le nôtre, nous avons observé des différences en nombre et en position dans les sensilles
antennaires, et dans les soies du labium, ainsi que des asymétries. La présence ou l’absence de
la petite dent impaire à la griffe est une observation très aléatoire due surtout à l’orientation de
celle-là. Le nombre des épines dentales et la forme de l’organe postantennaire sont aussi
variables.
Rappelons que cette espèce a déjà été signalée de l’Équateur par Mari Mutt en 1982.
Matériel étudié : Province de Napo ; à l’extérieur près de l’entrée de la Grande grotte de
Porotoyacu; à 3 km à l’est d’Archidona; 750m d’altitude; terre; 19-VI1-1982; Besson coll. ; 1 exemplaire
d-
4. Heteromurus (Heteromurtrella) caecus n. sp.
Description
Longueur du : 0,6mm. Exemplaires totalement dépigmentés; sans cornéule.
Rapport diagonale céphalique : antennes = 1 ; 1,9. Rapport Ant. I ; II : III : IV = 1 ;
1,4 : 1,7 : 3. Articles antennaires I (subdivisé en 2) et II avec écailles. Article antennaire IV
annelé, portant de nombreuses soies ciliées et lisses, ainsi qu’une « pin setae » apicale et deux
soies sensorielles subapicales (fig. 29).
Soies prélabrales ciliées. Bord interne du labre du type III, avec deux papilles externes
rondes et deux internes pointues (fig. 30). Lobe externe du palpe labial dans la figure 31.
Formule labiale : rangée antérieure avec cinq soies a] à a 5 lisses; rangée postérieure avec M,
ciliée, M 2 et M 3 lisses, E lisse, L, ciliée, L 2 lisse (fig. 32); signalons que cette formule semble
constante chez notre nouvelle espèce, à l’exception d’un exemplaire qui présente E lisse d’un
côté et ciliée de l’autre, contrairement à ce qui se rencontre chez certaines espèces décrites par
Mari Mutt. Absence d’écailles labiales.
Les soies postérieures situées après le rectangle des quatre soies post-labiales sont, en
général, au nombre de 2 + 2 ou 1 + 1 (2 + 2 = 3 ind. ; 2+1=2 ind. ; 1 + 1=3 ind. ;
1 + 0=1 ind.).
Organe trochantéral composé d’environ 16 soies (fig. 33). Tibiotarses portant de
nombreuses soies ciliées à l’exception de l’ergot qui est lisse et aigu et d’une soie, elle aussi lisse,
située côté ventral. Griffes avec deux dents paires au tiers basal de la lamelle interne et deux
— 561 —
dents paires basales dorsales. Appendice empodial lancéolé avec une dent sur le bord externe
(fig. 34 et 35).
Rétinacle avec 4 + 4 dents, sans soies sur le corps. Manubrium portant 4 + 4 soies lisses
sur la face dorsale (fig. 36), nous avons observé quelques asymétries (3 + 4 soies). Lobe basal
de la dens avec une soie lisse. Ajoutons que la dens ne porte pas d'épine. Mucron avec deux
dents, sans épine basale (fig. 37).
La figure 38 représente le schéma de la chétotaxie dorsale. Signalons la présence sur la tête
de 1 + 1 trichobothries, sur l'abdomen II de 2 + 2, sur l'abdomen III de 3 + 3 et sur
l'abdomen IV de 2 + 2.
Discussion
Cette espèce diffère de toutes les autres principalement par l’absence de cornéule. Elle se
rapproche le plus d 'H. nitens Yosii, 1964, des îles Tonga (Pacifique Sud), dont elle diffère
principalement par le nombre de cornéules (1 + 1), par les soies prélabrales (lisses), par la
présence d'une dent impaire sur la griffe et par la chétotaxie dorsale du manubrium (5+5
soies lisses).
Localité-type : Province de Napo; grotte de Aguayacu grande; à 4km à l’est-nord-est
d'Archidona; 660m; sur du guano; 19-VIII-1984; Besson coll.
Matériel étudié : Holotype d et 8 paratypes sur lames.
Derivatio nominis : Le nom de l'espèce fait référence à l’absence de cornéule.
Remerciements
Nous remercions bien cordialement M" e Marie-Ange Delamare pour la frappe de notre texte, ainsi
que M. Gilbert Hodebert pour le dessin de l'habitus de Dicranocentrus chimborazoensis n. sp.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Besson, J. P., O. Lera et E. de Valicourt, 1983. Ecuador 82. Expédition spéléologique de la
S.S.P.P.O., suivi d'un pré-inventaire spéléologique de l'Équateur. Soc. Spéléol. préhist. Pyr. occid.,
Pau : 1-168.
Mari Mutt, J. A., 1979. — A revision of the genus Dicranocentrus Schott (Insecta : Collembola :
Entomobryidae). Pub. Univ. Puerto Rico, Coll. Agric. Sc., 259 : 1-79.
1982. — A new species of Heteromurus (AUoscopus) from Papua New Guinea and descriptive
notes for the others species of the subgenus (Collembola : Entomobryidae : Orchesellinae). Pad).
Insects, 24 : 84-94.
Najt, J., et J.-M. Thibaud, 1987. — Collemboles (Insecta) de l’Équateur. I. Hypogastruridae, Neanuridae
et Isotomidae. Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 9 , Sect. A, (1) : 201-209.
Thibaud, J.-M., et J. Najt, 1988. — Collemboles (Insecta) de l'Équateur. II. Entomobryidae p.p.,
Cyphoderidae et Oncopoduridae. Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 9, 1987, Sect. A, (4) : 933-946.
Winter, C., 1966. — Beitrâge zur Kenntnis der neotropischen Collembolen fauna. Entomol. Z., 76 : 1-6.
Yosii, R., 1964. Some Collembola of the Tonga Islands. Kontyû, 32 (1) : 9-17.
Bull. Mus. nain. Hist, nat., Paris. 4 e sér.. 10 , 1988,
section A, n° 3 : 563-601.
Contribution à l’étude des genres Haliporus Bate, 1881
et Gordonella Tirmizi, 1960 (Crustacea Decapoda Penaeoidea)
Description de deux espèces nouvelles
par Alain Crosnier
Résumé. — Les quatre espèces considérées jusqu’à présent comme appartenant au genre Haliporus
ont été réexaminées. Une définition détaillée du genre est donnée et seules trois espèces, H. curvirostris
Bate. 1881. H. thetis Faxon, 1893, et H. taprobanensis Alcock et Anderson, 1899, y sont maintenues.
L'espèce pour laquelle Tirmizi, en 1960, avait créé le genre Gordonella, G. polyarthra, est considérée
comme synonyme à'Haliporus villosus Alcock et Anderson, 1894. Le genre Gordonella, basé en partie sur
des erreurs d’observations, est redéfini et H. villosus lui est rattaché, de même que deux espèces nouvelles
G. kensleyi et G. paravillosa.
Abstract. The four species thought of, until now, as belonging to the genus Haliporus have been
reexamined. A detailed diagnosis of the genus is published and three species only, H. curvirostris Bate,
1881, H. thetis Faxon, 1893, and H. taprobanensis Alcock et Anderson, 1899, are maintained in this
genus. The species for which Tirmizi (1960) has created the genus Gordonella, G. polyarthra, is thought to
be synonymous with Haliporus villosus Alcock and Anderson, 1894. The genus Gordonella, partly founded
upon erroneous observations, is redefined and H. villosus is considered as belonging to it as well as two
new species, G. kensleyi and G. paravillosa.
A. Crosnier, Océanographe biologiste de l'ORSTOM , Laboratoire de Zoologie (Arthropodes) du Muséum national
d’Histoire naturelle et Laboratoire de Carcinologie et d'Océanographie biologique (EPHE), 61, rue Buffon,
75005 Paris.
Le genre Haliporus a été établi, en 1881, par Bate qui lui rattachait quatre espèces
nouvelles, dont la première citée était H. curvirostris. En 1888, cet auteur donnait une
définition plus détaillée du genre, définition qui ne s’applique correctement qu’à H. curvirostris
(formule branchiale et taille du prosartéma en particulier) qui doit donc être considéré comme
l’espèce-type du genre.
Par la suite, les Solenoceridae se caractérisant par des flagelles antennulaires non creusés
en gouttière, presque tous de grande profondeur, et dont fait partie H. curvirostris, ont posé
bien des problèmes aux taxonomistes. Différents genres ont été créés, entre 1881 et 1914, pour
les accueillir: Hymenopenaeus Smith, 1882; Pleoticus Bate, 1888; Faxonia Bouvier, 1905;
Parartemesia Bouvier, 1905; Haliporoides Stebbing, 1914.
Au gré des uns et des autres, ces genres ont été ensuite, soit mis en synonymie, soit
considérés, pour la plupart, comme des sous-genres. En 1934, Burkenroad considérait que les
Solenoceridae ne comprenaient que deux genres : Haliporus et Solenocera.
La clarification a débuté avec le travail publié par Burkenroad en 1936, dans lequel cet
— 564
auteur reconnaissait trois genres : Haliporus, Hymenopenaeus, et Solenocera, mais, surtout,
répartissait les Hymenopenaeus en quatre groupes dont deux étaient eux-mêmes subdivisés en
deux sections. Ces groupes et sections définissaient nettement la voie des recherches futures qui
devaient trouver leur aboutissement, en ce qui concerne les Hymenopenaeus sensu Burken-
road, avec le travail que Pérez Farfante a publié en 1977 et où elle répartit les Solenoceridae
en sept genres dont deux nouveaux : Haliporus, Hymenopenaeus, Haliporoides, Pleoticus,
Hadropenaeus, Mesopenaeus et Solenocera.
En ce qui concerne le genre Haliporus, Burkenroad, en 1936, lui rattachait deux espèces :
H. curvirostris Bate, 1881, et H. thetis Faxon, 1893, qui, d’après lui, se séparaient des autres
Solenoceridae par la présence de podobranchies en arrière du deuxième segment thoracique,
d’épines latérales mobiles sur le telson, d’un prosartéma court et rigide, d'une épine
ptérygostomienne mais non d’une branchiostège, d’un petit exopodite sur les troisièmes
maxillipèdes et d’une bifurcation postérieure de la carène branchiocardiaque.
Dans ce même travail, Burkenroad indiquait que deux espèces qu’il assignait au genre
Hymenopenaeus : H. villosus Alcock et Anderson, 1894, et H. taprobanensis Alcock et
Anderson, 1899, mais dont il n’avait pas vu de spécimens, étaient difficiles à placer parmi les
groupes et sections qu’il avait définis. Il émettait l'hypothèse qu 'H. villosus « which seems to be
described as bearing both branchiostegal and pterygostomian spines and in which no
postrostral teeth are separated from the rostral series » pouvait mériter « an indépendant
position ».
Quant à H. taprobanensis, figuré par Alcock (1899) avec une dent ptérygostomienne mais
sans dent branchiostège, Burkenroad estimait que par l’existence d’un sillon branchiocardia¬
que bien développé, la présence d’une dent médiane sur le bord postérieur des quatrième et
cinquième segments abdominaux, l’absence d’une dent orbitaire et la position latérale de la
dent distale du bord externe de l'exopodite des uropodes, il présente des affinités avec les
espèces de son groupe III [H. diomedeae (Faxon, 1893), H. sibogae (de Man, 1907) et H.
triarthrus (Stebbing, 1914)], c’est-à-dire avec les espèces qu’actuellement on rattache au genre
Haliporoides. Burkenroad faisait également remarquer qu "H. taprobanensis se sépare
toutefois de ces espèces par l’absence de dents postrostrales nettement séparées des autres,
l’absence d’une dent postcervicale au-dessus de la dent hépatique et l’exopodite des deuxièmes
maxillipèdes beaucoup plus long.
En 1977, Pérez Farfante se livrait à quelques considérations sur les deux espèces
précédentes. Se basant sur la description faite par Kensley (1968) d’un spécimen qu’il avait
identifié à Haliporus villosus (à tort car, comme nous le verrons, ce spécimen appartient à une
espèce très proche d'H. villosus mais nouvelle), cet auteur faisait valoir que la présence d'épines
mobiles sur le telson et d’une podobranchie sur les troisièmes maxillipèdes (mais ce dernier
caractère est inexact et provient d’une erreur d’observation de Kensley) rapprochait plus H.
villosus du genre Haliporus que du genre Hymenopenaeus. L’examen de spécimens d'H.
taprobanensis la conduisait à observer les mêmes caractères et à aboutir aux mêmes
conclusions pour cette espèce. Pérez Farfante faisait observer, pour finir, qu'//. villosus et H.
taprobanensis différaient toutefois d'H. curvirostris par plusieurs caractères (forme du rostre,
nombre de podobranchies postérieures aux seconds maxillipèdes, carènes de la carapace) qui
lui semblaient avoir une signification supraspécifique et qu’il se pourrait qu’une étude, faite
avec le matériel voulu, montre que chacune de ces espèces appartient à un genre
monospécifique.
— 565 —
En 1983, Burkenroad maintenait sa position de 1936, ne reconnaissant toujours que trois
genres dans la famille des Solenoceridae, Haliporus, Hymenopenaeus et Solenocera , et mettait
en doute l’utilité du travail de Pérez Farfante publié en 1977. Cette position étonnante et à
laquelle nous ne pouvons adhérer, le travail de Pérez Farfante étant excellent, s’explique par
le fait que Burkenroad a publié, en 1983, un travail rédigé antérieurement à celui de Pérez
Farfante et qu’il a préféré, par la suite, ne pas remanier comme il l’aurait dû.
Des récoltes faites il y a une quinzaine d’années à Madagascar, puis d’autres plus récentes
provenant de l’océan Indien et de Nouvelle-Calédonie nous ont incité à essayer d’y voir plus
clair parmi les espèces rattachées actuellement au genre Haliporus. Par ailleurs le genre
GordoneUa Tirmizi, 1960, nous avait intrigué lorsque nous avions étudié, en 1978, les
Benthesicymidae de Madagascar; il nous avait alors semblé qu'il présentait beaucoup plus
d’affinités avec les Solenoceridae qu’avec les Benthesicymidae et, parmi les Solenoceridae, avec
le genre Haliporus ; il y avait, là aussi, une question que nous souhaitions reprendre.
Malheureusement, à l’exception à'H. taprobanensis Alcock et Anderson, 1899, que l’on
trouve à partir de 500 m de profondeur et qui est commun dans certaines zones, les autres
espèces concernées par notre étude, qui vivent à de grandes profondeurs, ne sont capturées que
rarement. D'autre part, très fragiles pour la plupart, elles sont le plus souvent en mauvais état
lorsqu’elles nous parviennent.
Grâce à divers chercheurs que nous remercions à la fin de ce travail, nous avons pu
compléter nos collections et rassembler un matériel certes insuffisant (nous ne possédons pas
de mâles de certaines espèces et ne pouvons donc examiner leur pétasma qui fournirait bien
souvent des caractères déterminants), mais qui permet cependant une approche raisonnable du
problème qui nous intéresse ici.
Les conclusions auxquelles nous avons abouti sont les suivantes :
1 — Haliporus curviroslris Bate, 1881, H. thetis Faxon, 1893, et H. taprobanensis Alcock
et Anderson, 1899, sont considérés comme appartenant tous trois au genre Haliporus. Cette
décision n’a pas été prise aisément car si H. thetis et H. taprobanensis semblent pouvoir être
considérés comme congénériques sans problème (ils ne diffèrent guère que par leur nombre de
podobranchies, nombre qui, comme nous le verrons, est susceptible de varier à l’intérieur
d’une même espèce, ce qui permet de s’interroger sur la valeur très relative de ce caractère au
plan générique), il nous a paru moins évident de considérer ces deux espèces comme étant
congénériques avec H. curvirostris. Nous nous y sommes finalement résolu car la plupart des
différences remarquables observées : mollesse du tégument, gracilité du corps, allongement des
pédoncules antennulaires et des péréiopodes, faible développement et coloration peu marquée
de la cornée, scaphocérite à lame peu élargie, carènes supplémentaires sur la carapace et
l’abdomen, nous ont paru plus relever d’adaptation à la vie à de plus grandes profondeurs que
celles où vivent les autres espèces concernées, que correspondre à des différences d’ordre
générique. Il est bien évident qu'une telle décision est très subjective, motivée aussi par une
réticence envers les genres monospécifiques, et qu’il est fort possible que la découverte de
nouvelles espèces amène à la remettre en cause assez rapidement.
2 — Haliporus villosus Alcock et Anderson, 1894, ne nous paraît pas pouvoir être
conservé dans le genre Haliporus pour diverses raisons, notamment la forme de sa carapace, le
réseau de carènes très particulier qui la couvre et la présence d’une dent postcervicale. Il est
— 566
synonyme de Gordonella polyarthra Tirmizi, 1960. Ce dernier auteur ayant créé le genre
Gordonella à la suite d’erreurs d’observations et sans voir que son espèce était synonyme d'H.
villosus, le genre Gordonella est redéfini. Deux espèces nouvelles lui sont rattachées. L'une,
kensleyi , est créée pour des spécimens est-africains et néo-calédonien, l’autre, paravillosa , très
proche de villosa, accueille des spécimens indonésien et australiens.
Genre HALIPORUS Bate, 1881
Haliporus Bate, 1881 : 185; 1888 : 284.
Espèce-type. — Haliporus curvirostris Bate, 1881.
Définition
Corps glabre ou pubescent, à tégument mou ou ferme, portant des carènes d’autant plus
développées que l’espèce vivant plus profondément son corps est moins calcifié. Carapace
modérément haute. Abdomen relativement grêle ou massif. Rostre court ou modérément
allongé, ne dépassant pas le dernier article du pédoncule oculaire et parfois même le premier,
peu haut, aplati latéralement, légèrement dressé vers le haut, droit sur toute sa longueur ou
bien légèrement recourbé vers le haut ou vers le bas dans sa partie distale, sans dents ventrales.
Pas de dent épigastrique séparée des autres dents postrostrales par un grand intervalle. Épines
antennaire, postantennaire, hépatique et ptérygostomienne présentes. Sillon cervical bien
marqué; bord dorsal de la carapace présentant une large dépression peu profonde à son
niveau. Pas de sillon postcervical. Abdomen ayant tous ses segments carénés dorsalement, les
carènes pouvant ou non se terminer par une dent. Telson terminé en pointe avec une paire
d’épines fixes subdistales, de taille moyenne, précédée, le long du bord inférieur des faces
latérales, par trois paires de spinules mobiles largement espacées.
Œil à cornée très élargie et colorée ou, au contraire, à cornée de même largeur que le
pédoncule et peu colorée. Prosartéma présent, peu ou bien développé, mais jamais foliacé.
Stylocérite bien défini. Flagelles antennulaires identiques, cylindriques et filiformes, très longs.
Palpe mandibulaire à trois segments, le premier annulaire et très court, le second long et très
élargi, le troisième grêle et plus court que le second ; mandibule comprenant une partie
coupante, entaillée par une dent vers son tiers supérieur, et, près de sa base, une partie
broyeuse. Palpe des maxillules non segmenté. Quatrièmes péréiopodes un peu plus courts ou
nettement plus longs que les troisièmes ; cinquièmes nettement plus longs que tous les autres.
Aucun des péréiopodes filiformes. Exopodite présent sur tous les maxillipèdes et les
péréiopodes; celui des deuxièmes maxillipèdes atteignant ou dépassant l’extrémité du mérus,
celui des troisièmes petit mais plurisegmenté ou réduit à l’état de bourgeon, ceux des
péréiopodes petits, uni- ou plurisegmentés. Exopodite des uropodes avec une forte dent distale
sur sa côte externe, située nettement en retrait de l’extrémité de la partie lamellaire.
Thélycum de type ouvert, sans réceptacles séminaux. Un mamelon sur le sternite
thoracique VII, un autre plus gros sur le sternite VIII. Pétasma symétrique à structure assez
simple; lobule dorsomédian très court à court, ne s’étendant que sur 15 à 30% de la longueur
du pétasma ; lobule ventromédian élargi en spatule plus ou moins recourbée à son extrémité ;
lobule dorsolatéral à partie distale décrivant une large sinuosité; lobule ventrolatéral à
— 567 —
extrémité bien détachée, élargie ou non, faiblement ou fortement recourbée. Appendix
masculina trièdre, plus long que l'appendix interna et avec deux ou trois de ses faces concaves.
Appendix interna plus ou moins cylindrique ou au contraire aplati. Base de l’endopodite des
deuxièmes pléopodes avec une large expansion foliacée, plus ou moins recourbée dans sa partie
distale.
Une pleurobranchie sur les segments thoraciques III à VIII. Une arthrobranchie sur le
segment I, deux sur les segments II à VII. Une podobranchie toujours présente sur les
segments II et III, parfois sur les segments IV, V, VI. L’arthrobranchie du segment I est petite,
il en est de même de la podobranchie du segment III et de celles des segments IV-VI
lorsqu’elles existent; ces dernières peuvent même être rudimentaires.
Comme nous l’avons exposé, le genre Haliporus , tel qu’il est défini ci-dessus, renferme
trois espèces : H. curvirostris Bate, 1881, H. thetis Faxon, 1893, et H. taprobanensis Alcock et
Anderson, 1899, qui peuvent être séparées avec la clé d’identification ci-après. Elle ne sont
connues jusqu’à présent que de l’Indo-Pacifique. Toutes sont benthiques et vivent sur des
fonds vaseux ou vaso-sableux. Haliporus taprobanensis a été récolté entre 500 m environ et
1650 m, H. thetis entre 2487 et 3 500 m et H. curvirostris à 4343, 4 361 et 5 700 m.
Clé d'identification des espèces du genre Haliporus
1. Tégument mou. Œil ne dépassant pas la moitié du premier segment du pédoncule antennulaire, à
cornée peu colorée et de même largeur que le pédoncule oculaire. Rostre incurvé vers le bas dans sa
partie distale . H. curvirostris
- Tégument ferme. Œil atteignant presque l’extrémité du premier segment du pédoncule antennulaire,
à cornée beaucoup plus large que la base du pédoncule oculaire et très colorée. 2
2. Carène dorsale du premier segment abdominal s’étendant sur tout l’espace s’étendant entre le
sillon transversal et le bord postérieur du segment. Pas de dent à l’extrémité distale de la carène
dorsale du quatrième segment abdominal. H. thetis
- Carène dorsale du premier segment abdominal ne s’étendant que sur la moitié environ de l’espace
s’étendant entre le sillon transversal et le bord postérieur du segment. Une dent à l’extrémité distale
de la carène dorsale du quatrième segment abdominal. H. taprobanensis
Haliporus curvirostris Bate, 1881
(Fig. 1 a-b; 2 a, f; 3 a; 4; 5; 6 a-c; 9 a; 10 a-b; 11 a-c)
Haliporus curvirostris Bate, 1881 : 135; 1888 : 288, pl. XLII, fig. 1. — Bouvier. 1906 : 3, 6; 1908 :
80, 82. — De Man, 1911 : 7, 31 (liste). — Burkenroad, 1936 : 101. — Anderson et Lindner,
1945 : 288 (clé). — Burukovsky, 1974 : 44 (éd. 1983 : 60) (clé). Crosnier, 1978 : 97 (liste). —
Kikuchi et Nemoto, 1986 : 53.
Matériel examiné Challenger Exp., st. 281, 22°21'S-150T7' W, sud-ouest de l’archipel des
Tuamotu, 4361m. chalutage, 6.10.1875: 1 J 25,5mm (BM. 1888: 22); st. 285, 32°36'S-137°43'W,
4343 m, chalutage, 14.10.1875 : 1 ? 25,2 mm (BM. 1888 : 22). — Nord-est des îles Mariannes. 23°00'N-
150°00'E, 5 700 m, chalutage, mai 1983 : 2 $ 17,7 et 27,9 mm (ORI).
i»//,
^WWWWW'.''
Fig. 1 a-b. — Haliporus curviroslris Bate, 1881 : a, $ 27,9 mm, nord-est des îles Mariannes (ORI); b, 2 25,2 mm.
« Challenger », st. 285 (BM. 1888 : 22).
Fig. I c. — Haliporus taprobanensis Alcock et Anderson, 1899, $ 49,5 mm, « Vauban », CH 65 (MP-Na 7350).
D'après Crosnier, 1978.
Fig. 1 d-e. — Haliporus lhelis Faxon, 1893 : d, Ç 27,0mm, MD 32/Réunion, CP 150 (MP-Na 6368), d'après
Crosnier, 1985; e, 2 38,1 mm, BENTHEDI, CH 82 (MP-Na 9987).
a, c, d : région antérieure du corps, vue latérale. — b, partie postérieure du bord dorsal de la carapace. — e.
région postérieure de la carapace, vue de dessus.
— 569
Types. Le spécimen représenté par Bate (1888. pl. 42, fig. 1) est la femelle récoltée à la station 285
de l'expédition du « Challenger »; nous la désignons comme lectotype. Le mâle récolté à la station 281 de
cette même expédition est le paralectotype ; il a malheureusement été massacré par une dissection très
maladroite, destinée vraisemblablement à l'examen des pièces buccales.
Description
Le corps est assez gracile; son tégument, mou, porte de courtes soies glabres, raides,
légèrement arquées, et relativement clairsemées.
Le rostre est légèrement incurvé et n’atteint pas tout à fait l’extrémité du premier article
du pédoncule antennulaire. Son bord dorsal porte quatre dents de taille voisine; son bord
ventral est inerme; en arrière de l’orbite, on compte cinq dents puis une épine épigastrique,
mobile semble-t-il ; la disposition de ces dents est assez irrégulière et il semblerait, d'après les
quatre spécimens examinés, que si les dents du rostre sont séparées par des espaces de taille
voisine, les deux ou trois dents postrostrales centrales sont nettement plus proches les unes des
autres que de la première et de la dernière dent postrostrale ; quant à la dent épigastrique, elle
est au moins aussi éloignée de la première dent postrostrale que celle-ci l’est de la seconde. Le
bord dorsal de la carapace porte une carène aiguë sur toute sa longueur et présente une large
dépression au voisinage du sillon cervical ; à son extrémité postérieure, il porte une série de
denticules de taille variable (certains peuvent même être de véritables dents) dont le nombre
peut varier de 2 à 15.
Les faces latérales de la carapace portent une minuscule épine antennaire, une épine
postantennaire un peu plus forte et une épine hépatique encore un peu plus forte; il existe
également une épine ptérygostomienne dont la taille est semblable à celle de l’épine
postantennaire. Il n’y a ni angle ni épine postorbitaire. Le sillon cervical est bien marqué et
s’étend jusqu’au bord dorsal de la carapace ; en arrière de la partie inférieure de ce sillon, s'en
trouve un autre qui rejoint une carène qui s’incurve, borde la région hépatique, et s’étend en
diagonale sur la partie supérieure de la région branchiale sans atteindre, et de loin, le bord
postérieur de la carapace. Sous cette carène, une autre, séparée par le sillon branchiocardiaque,
s’étend presque jusqu’au bord postérieur de la carapace en se divisant en deux branches dans
sa partie postérieure; entre ces deux branches on observe des vermiculures en relief; de telles
vermiculures, plus faiblement marquées, s’observent également sous la branche inférieure de
cette carène. Quatre autres carènes s’observent : l’une part de l'épine antennaire et se termine
sous l'épine postantennaire; l’autre commence au-dessus de la carène précédente, en arrière de
l’orbite, passe par l'épine postantennaire et rejoint l’épine hépatique; la troisième part de
l’épine ptérygostomienne et se prolonge vers l’arrière très légèrement au-delà du niveau du
sillon cervical; la quatrième borde le bord inférieur de la carapace en arrière de l’épine
ptérygostomienne, puis devient submarginale ; légèrement sinueuse, elle suit, dans sa partie
postérieure, le bord postérieur de la carapace à quelque distance et atteint le bord dorsal de la
carapace. Le bord inférieur de la carapace est très sinueux dans sa partie antérieure.
L’œil a une cornée peu colorée qui n’est pas plus large que l’article distal du pédoncule.
Celui-ci, légèrement aplati dorsoventralement, est orné d'un petit tubercule conique bien
saillant vers le milieu de son bord interne. L’article basal du pédoncule est court et large, sans
écaille oculaire individualisée du côté interne.
Les antennules n’ont pas de prosartéma développé : seul existe un gros tubercule orné
- 570 —
Fig. 2 a-e. — Œil droit et écaille oculaire : a, Haliporus curvirostris Bate, 1881, J 27,9mm, nord-est des îles
Mariannes (ORI); b, Haliporus taprobanensis Alcock et Anderson, 1899, Ç 49,5 mm, « Vauban », CH 65 (MP-Na
7350); c, Haliporus thetis Faxon, 1893, ? 38,1 mm, BENTHEDI, CH 82 (MP-Na 9987); d, Gordoneüa paravillosa
sp. nov., $ holotype 48,5 mm, « Cidaris I », st. 24. 2 (James Cook Univ.); e, Gordonella kenslevi sp. nov., $
holotype 53,5 mm. BIOCAL, st. CP 23 (MP-Na 12399).
Fig. 2 f-h. — Scaphocérite : f, Haliporus curvirostris Bate, 1881, $ 27,9mm, nord-est des îles Mariannes (ORI); g,
Haliporus taprobanensis Alcock et Anderson, 1899, $ 49,5 mm, « Vauban », CH 65 (MP-Na 7350); h, Gordoneüa
paravillosa sp. nov., Ç holotype 48,5mm, «Cidaris I », st. 24. 2 (James Cook Univ.).
d’un pinceau de longues soies. Le pédoncule antennulaire s’étend jusqu’aux trois quarts du
scaphocérite ; son article basal porte une épine subdistale sur son bord externe, aucune épine
sur son bord interne supérieur, une épine subdistale sur son bord interne inférieur, précédée,
un peu au-dessus de ce bord, d'une autre épine plus petite; le second article porte également
une forte épine subdistale sur son bord interne inférieur. Les flagelles sont tous deux longs,
filiformes et cylindriques ; une dent aiguë s’observe à la base du bord externe du flagelle
supérieur. Au moins chez le mâle, l’ensemble formé par les premiers articles du flagelle
antennulaire supérieur est légèrement aplati latéralement et est armé, au total, de quatre dents
sur son bord inféro-interne; de plus sa face inférieure porte plusieurs touffes de soies.
Le stylocérite est court et n’atteint pas la moitié du premier article du pédoncule
antennulaire.
Le scaphocérite est foliacé (L/l = 4,1) et d’une largeur qui varie peu. Sa lame, qui porte
une côte longitudinale médiane, s’étend largement au-delà de l’épine distale de son bord
externe.
— 571 —
a
Fig. 3. — Premier et deuxième segments du pédoncule antennulaire : a, Haliporus curvirostris Bate, 1881, £ 27,9 mm,
nord-est des îles Mariannes (ORI); b, Haliporus taprobanensis Alcock et Anderson, 1899, $ 49,5 mm, « Vauban »,
CH 65 (MP-Na 7350); c, Gordonella paravillosa sp. nov., 5 holotype 48,5 mm, « Cidaris I », st. 24. 2 (James Cook
Univ ); d, Gordonella villosa (Alcock et Anderson, 1894), $ 47,0mm (holotype de G. polvarthra Tirmizi, 1960),
John Murray Exp., st. 135 (BM 1958.6.3.134).
Les pièces buccales sont représentées sur les figures 4 a-h et 5 a. Les mandibules ont un
palpe dont l’article basal est calcifié sur tout son pourtour et dont l’article terminal est grêle ; la
partie coupante de la mandibule porte une dent vers son tiers supérieur ; la partie broyeuse est
bien développée (fig. 4 b). L’endopodite des maxillules, non segmenté, porte trois longues soies
à son extrémité (fig. 4 c). L’endopodite des maxilles porte, chez le spécimen que nous avons
disséqué (d 1 le = 27,9mm, ORI), six grosses soies près de l’extrémité de sa face dorsale et, sur
sa face ventrale, deux soies d’une part et une rangée d’une quinzaine de soies de taille inégale
d’autre part (fig. 4 e-f). Les premiers maxillipèdes montrent un long endopodite divisé en
quatre articles (fig. 4 g) ; les deuxièmes ont un exopodite qui dépasse à peine l’extrémité du
mérus, ce dernier est peu élargi ; les troisièmes sont divisés en sept articles et très longs
(fig. 5 a) : ils dépassent le pédoncule antennulaire par leurs deux derniers articles qui,
ensemble, ont une longueur égale à 1,5 fois environ celle du pédoncule antennulaire;
l’exopodite, sur l'unique troisième maxillipède que nous avons pu observer, est réduit à l’état
de bourgeon; le carpe est élargi, le dactyle un peu plus court que le propode.
Les premiers péréiopodes atteignent le niveau de l’extrémité du deuxième article du
pédoncule antennulaire; ils portent une épine subdistale sur le bord inférieur du basis et de
l'ischion et, au moins chez les mâles, un pinceau subdistal de courtes soies sur le bord inférieur
— 573 —
Fig. 5. — Haliporus curvirostris Bate, 1881 : a-d, 3 27,9 mm, nord-est des îles Mariannes (ORI) : a, troisième
maxillipède droit ; b, premier péréiopode droit ; c, exopodite du premier péréiopode ; d, brosses de soies du carpe et
du propode du premier péréiopode. — e-f, 3 17,7mm, ibidem (ORI) : e, deuxième péréiopode droit; f, troisième
péréiopode droit.
Pour les figures a, b, e, f, les grossissements ont été homogénéisés en tenant compte du rapport des longueurs
des carapaces.
— 574 —
du carpe auquel correspond un autre pinceau sur le bord inférieur du propode, l’ensemble de
ces deux pinceaux devant servir au nettoyage des antennes. Les autres péréiopodes sont sans
épine; les deuxièmes sont plus longs que les premiers et nettement plus courts que les
troisièmes. Seule une partie de quatrième péréiopode a pu être examinée; elle montre que,
comme l’a représenté Bate (1888, pl. 42, fig. 1), les quatrièmes péréiopodes sont nettement
plus longs que les troisièmes. Aucun cinquième péréiopode n’a pu être examiné. Tous les
péréiopodes portent un exopodite à l’état de bourgeon ; les quatre premiers seuls portent un
épipodite; ceux-ci sont en forme de lame foliacée, bien développée.
La répartition des branchies est donnée dans le tableau I. Seule la podobranchie des
deuxièmes maxillipèdes est bien développée ; celles des troisièmes maxillipèdes et des premiers
péréiopodes sont petites, tandis que celles des deuxièmes et troisièmes péréiopodes se limitent à
un filament ramifié, peu visible.
Tableau I. — Répartition des branchies, épipodites et exopodites chez Haliporus curvirostris (r =
réduit).
Segments thoraciques
I
(Mxpl)
II
(Mxp2)
III
(Mxp3)
IV
(Pl)
V
(P2)
VI
(P3)
VII
(P4)
VIII
(P5)
Pleurobranchies
_
_
1
1
1
1
1
1
Arthrobranchies
1
2
2
2
2
2
2
Podobranchies
1
1
1
r
r
Épipodites
1
1
1
1
i
i
1
Exopodites
1
1
r
r
r
r
r
r
L’abdomen a tous ses segments carénés dorsalement sur toute la longueur de leur partie
visible; les carènes se terminent toujours par une petite épine dans le cas des cinquième et
sixième segments, parfois dans le cas du quatrième (l’épine, lorsqu’elle existe, est alors
minuscule). La partie antérieure du pleuron du premier segment forme une sorte d’auvent sous
lequel vient se placer la partie inférieure du bord postérieur de la carapace. Les faces latérales
des segments sont renforcées par un réseau de carènes : l’une borde les pleurons (sauf dans le
cas du sixième segment), tandis qu’une (cas du premier segment) ou deux (cas des segments 2-
6) carènes longitudinales s’étendent à mi-hauteur des tergites, sur la totalité ou une partie de
leur longueur ; des carènes obliques, de longueur limitée, s’observent également dans la moitié
postérieure des pleurons (fig. 6 a). Une très petite épine est implantée près de l’extrémité distale
du bord ventral du sixième segment.
Le telson est malheureusement incomplet chez tous les spécimens examinés. Il doit être
environ 1,8 fois plus long que le sixième segment. Sa face supérieure est creusée en gouttière
sauf à sa base ; ses bords latéraux inférieurs portent trois paires de petites épines mobiles et ses
bords latéraux supérieurs de nombreuses spinules très petites (fig. 6 b). L’extrémité du telson
n’a pu être observée. Les uropodes ne doivent être qu’à peine plus longs que le telson ; leur
exopodite porte, sur le bord externe, une assez forte dent située nettement en retrait de
l’extrémité de la partie lamellaire (fig. 6 c).
Le thélycum (fig. 9 a) est de type ouvert, sans réceptacles séminaux. L’espace entre les
— 575 —
Fig. 6 a-c. — Haliporus curvirostris Bate, 1881, $ 27,9 mm, nord-est des îles Mariannes (ORI) : a, segments
abdominaux 1-6; b, telson, vue de dessus; c, uropode externe gauche.
Fig. 6 d-f. — Haliporus taprobanensis Alcock et Anderson, 1899, $ 42,3 mm, « Vauban », CH 65 (MP-Na 7351) : d,
segments abdominaux 1 -6 ; e, telson, vues de dessus et de profil ; f, uropode externe gauche.
Fig. 6 g-h. — Haliporus thelis Faxon, 1893 : g, $ 38,1mm, BENTHEDI, CH 82 (MP-Na 9987), segments
abdominaux 1-6. — h, $ 27,0mm, MD 32/Réunion, CP 150 (MP-Na 6368), telson, vue de dessus.
— 576 —
cinquièmes péréiopodes est occupé par un gros mamelon ovoïde, très renflé ; il en est de même
de celui compris entre les quatrièmes péréiopodes, le mamelon étant toutefois plus petit.
Le pétasma (fig. 10 a-b) n’est cincinnulé que sur le septième inférieur de son bord médian.
Le lobule ventromédian a sa partie distale développée en un processus arrondi du côté interne,
pointu du côté externe. Le lobule dorsolatéral ne présente, distalement, qu’une simple
membrane ondulée. Le lobule ventrolatéral a sa partie distale triangulaire et fortement
recourbée.
L’appendix masculina (fig. 11 a-c), trigone en section transversale, a sa face antéro-
externe vaguement triangulaire et convexe, sa face antéro-interne moins large et partiellement
concave, sa face postérieure légèrement concave. L’appendix interna est plus court que
l’appendix masculina, assez massif, vaguement cylindrique avec une partie distale renflée.
L’éperon ventrolatéral, bien développé, aplati, est foliacé, triangulaire et concave du côté
externe.
Taille : Le plus grand spécimen récolté a une carapace de 27,9 mm et une longueur totale
d’un peu plus de 9 cm.
Répartition. — Les quatre spécimens examinés sont, à notre connaissance, les seuls
jamais récoltés de cette espèce. Le lectotype a été récolté par 32°36'S-137°43'W, le
paralectotype par 22°21 ' S-150° 17' W (sud-ouest de l’archipel des Tuamotu) et les deux autres
spécimens par 23°N-150°E (nord-est des îles Mariannes). Toutes ces récoltes ont été faites à de
très grandes profondeurs, de 4 343 à 5 700 m.
Haliporus taprobanensis Alcock et Anderson, 1899
(Fig. 1 c; 2 b, g; 3 b; 6 d-f; 7; 8; 9 c; 10 c-d; 11 d-f)
Haliporus taprobanensis Alcock et Anderson, 1899 : 280. — Alcock. 1899, pl. 41, fig. 3; 1901 : 25. —
Bouvier, 1906 : 4, 5, 6; 1908 : 80, 81, 82. - De Man, 1911 : 7, 31 (liste). — Pérez Farfante,
1977 : 263. — Crosnier, 1978 : 97, fig. 34, 35, 39a, 40a, 42a; 1986 : 23.
Hymenopenaeus taprobanensis -, Burkenroad, 1936 : 104. — Anderson et Lindner, 1945 : 290 (clé).
Burukovsky, 1974 : 45 (clé); 1983 : 60 (clé).
Hymenopenaeus kannemeyeri Kensley, 1977 : 16, 27, fig. 7.
Matériel examiné. Madagascar, « Vauban », CH 60, 23°36,5'S-43°28,8'E, 710m, 27.02.1973 :
I ? 47,0 mm (MP-Na 7227); CH 65, 23°35,0' S-43°28,6'E, 740-760 m, 29.02.1973 : 3 £ 37,5 à 39,5 mm
(MP-Na 7230), 1 T 42,5mm (MP-Na 7351), 2 T 40,0 et 41,0mm, 1 2 25,0mm (MP-Na 7231), 1 2
49,5mm (MP-Na 7350); CH 103, 22° 18,2'S-43°00,5'E, 880-920m, 29.11.1973: 1 £ 40,5mm, 2 2 39, 5 et
48,5 mm (MP-Na 7228); CH 104, 22°15,7'S-43°01,5'E, 750-810 m, 29.11.1973 : I j 39,0 mm (MP-Na
7356); CH 108. 22° 18,9' S-43°01,T E, 735-760m. 30.11.1973 : 1 £ 17,5mm, 1 2 21,5 mm (MP-Na 7355);
CH 139, 13°50,0'S-47°37,0'E, 850-1 125m, 27.02.1975: 1$ 41,0mm (MP-Na 7229). Philippines,
Camp. MUSORSTOM I, st. 47, 13°40,7' N-120°30,0' E, 685-757 m, 25.03.1976 : 1 juv„ 1 £ 25,1 mm, 2 $
35,2mm et abîmée (MP-Na 6472); st. 49, 13°49,1'N-119°59,8'E, 750-925m, 25.03.1976 : 1 juv. (MP-Na
6473). Camp. MUSORSTOM II. st. 25, 13°39,0'N-120°42,6'E, 520-550m, 23.11.1980: 4juv„ 1 £
29,7 mm. 1 2 30,9 mm (MP-Na 6474); st. 38, 12°53,5'N-122°26,6'E, 1650 m, 25.11.1980: 4 £ 23,4 à
27,3mm, 7 2 21,2 à 36,8 mm (MP-Na 6475); st. 39, 13°02,8' N-122°37,l' E, 1030-1 190m, 25.11.1980 : 1 £
23,9mm, 6 2 24.4 à 38,6mm (MP-Na 6476); st. 42, 13°04,2' N-122°25,0' E, 1 580-1 610m, 25.11.1980 : 1 £
25,3mm, I 2 17,2mm (MP-Na 6477); st. 44, 13°23,2'N-122°20,7' E, 760-820m, 26.11.1980 : 5 £ 15,3 à
23,6mm, 7 2 17,1 à 30,1mm (MP-Na 6478); st. 50, I3°36,7'N-120°33,7'E, 810-820m, 27.11.1980 : 3 2
— 577 —
38,3 à 41,9 mm (MP-Na 6479); st, 79, 13°44,6'N-120°31,6'E, 682-770 m, 1.12.1980 : 7 $ 21,9 à 47,8 mm
(MP-Na 6480); st. 82, 13°46,1'N-120°28,4' E, 550m, 2.12.1980: 1 <? 37,1mm, 1 $ 25,4mm (MP-Na
6481). Camp. MUSORSTOM III, st. 116, 12°32,2'N-120°46,4'E, 804-812m, 3.06.1985 : 1 $ 26,1mm
(MP-Na 9514); st. 123, 12° 10,6'N-12P45'E, 700-702m, 4.06.1985 : 1 9 27,4mm (MP-Na 9516); st. 128,
11°49,7'N-121°41,2'E, 815-821 m, 5.06.1985 : 1 9 38,3 mm (MP-Na 9515); st. 136, !2°09,0'N-122°13.8'E,
1404m, 6.06.1985 : 1 9 21,3mm (MP-Na 9513).
Description
Le corps est robuste; son tégument, bien calcifié, est glabre avec de minuscules
dépressions clairsemées qui correspondent, peut-être, à l’insertion de soies (mais aucune n’a pu
être observée).
Le rostre, fort et assez haut, atteint ou même dépasse légèrement l’extrémité du deuxième
segment du pédoncule antennulaire. Son bord dorsal, presque droit, parfois légèrement
concave, porte quatre ou cinq dents toutes proches les unes des autres; son bord ventral,
légèrement convexe, est inerme. En arrière du rostre on compte quatre, plus rarement trois
dents ; lorsqu’il y a quatre dents, l’antérieure est au niveau du fond de l’orbite. Les huit ou neuf
dents rostrales et postrostrales, toutes fixes, forment une série continue, les troisième et
quatrième étant les plus distantes l’une de l’autre et les antérieures étant de plus en plus
proches. Le bord dorsal de la carapace présente une large dépression au niveau du sillon
cervical ; la partie située en arrière du sillon cervical se trouve à un niveau un peu inférieur à
celui de la partie située en avant et porte, près de son extrémité postérieure, un granule ; la
carène postrostrale est peu marquée et de section arrondie, elle ne s’étend pas tout à fait
jusqu’au bord postérieur de la carapace.
Les faces latérales de la carapace portent des épines antennaire, postantennaire, hépatique
et ptérygostomienne, toutes assez fortes et de taille voisine. Il n’y a ni angle ni épine
postorbitaire. Le sillon cervical est bien marqué. Il en est de même des sillons orbito-
antennaire, hépatique et branchiocardiaque, par contre le sillon qui se trouve en arrière de la
partie inférieure du sillon cervical est peu marqué. Les carènes sont soit très marquées et de
section aiguë, soit moins marquées et de section arrondie. Celles du premier type
comprennent : une carène qui prolonge en arrière l’épine postantennaire jusqu’au sillon
cervical, une, courte et convexe, qui se trouve en arrière du sillon cervical à mi-hauteur, une
qui borde inférieurement la partie antérieure du sillon hépatique jusqu’au niveau de l’épine
hépatique, une dernière qui part de l’épine ptérygostomienne, s’étend sur toute la partie
branchiostège, puis borde le bord postérieur de la carapace. Les carènes du second type
s’observent en arrière de l’épine antennaire sur une courte longueur, le long du bord supérieur
de la partie postérieure du sillon hépatique, en arrière de l’épine hépatique et du sillon
branchiocardiaque, et enfin le long du bord inférieur de ce dernier sillon ; cette dernière carène
se bifurque de manière peu nette dans sa partie postérieure, l’espace entre les deux branches
étant occupé par une série de petites dépressions. Le bord inférieur de la carapace est sinueux
dans sa partie antérieure mais cela ne se voit pas, la partie inférieure des faces latérales de la
carapace s’enroulant, en partie, du côté des cavités branchiales.
L’œil a une cornée bien colorée et très développée (fig. 2 b). L’article distal du pédoncule
porte un petit tubercule vers le milieu de son bord interne. L’article basal du pédoncule, court
et large, porte, du côté interne, une courte écaille ornée d’une touffe de longues soies.
— 578 —
Les antennules ont un prosartéma rigide, bien développé, et orné d’un pinceau de longues
soies (fig. 3 b). Le pédoncule antennulaire s’étend jusqu’aux trois quarts du scaphocérite ; son
article basal porte une forte épine subdistale sur son bord externe, pas d’épine sur son bord
interne supérieur et une épine subdistale sur son bord interne inférieur. Les flagelles sont tous
deux longs, filiformes et cylindriques. Aussi bien chez les mâles que chez les femelles, les six ou
sept premiers articles du flagelle supérieur sont plus longs que les suivants et, à partir du
second, aplatis latéralement avec, sur leur face inférieure, une dépression à fond plat ornée de
nombreuses soies sur son axe longitudinal.
Le stylocérite est bien marqué et atteint les sept dixièmes du premier article du pédoncule
antennulaire.
Le scaphocérite est foliacé (L/l = 2,7), et s’élargit vers sa base. Il présente une forte côte
longitudinale médiane. Sa lame dépasse légèrement l’extrémité de l’épine distale du bord
externe.
Les pièces buccales sont représentées sur les figures 7 a-e et 8 a. Les mandibules ont un
palpe dont l’article basal est calcifié sur tout son pourtour, dont le second article est ovoïde et
Fig. 7. — Haliporus taprobanensis Alcock et Anderson, 1899 : a, $ 49,5 mm, « Vauban », CH 65 (MP-Na 7350),
mandibule gauche, face externe. — b-e, cJ 42,3mm, ibidem (MP-Na 7351) : b, maxillule gauche, face interne; c,
maxille gauche, face interne; d, premier maxillipède gauche, face interne; e, deuxième maxillipède gauche, face
externe.
Toutes ces figures d'après Crosnier, 1978.
— 580 —
dont le troisième, plus grêle, est égal aux sept dixièmes du second ; la partie coupante de la
mandibule porte une dent vers son tiers supérieur, la partie molaire est très développée.
L’endopodite des maxilles porte, sur sa face ventrale, une série de six à huit soies sur la partie
distale externe de son renflement distal et de nombreuses soies plus fines près de son bord
interne; sur sa face dorsale, on observe un groupe d’une quinzaine de soies plus ou moins
disposées sur deux rangs. L’endopodite des premiers maxillipèdes, long, est divisé en quatre
articles ; sur le deuxième article on observe la trace d’une division, reste vraisemblablement de
la fusion de deux articles (mérus + carpe?). Les deuxièmes maxillipèdes, dont aucun article
n'est élargi, ont un exopodite bien développé dont l’extrémité atteint celle du carpe. Les
troisièmes maxillipèdes, divisés en sept articles, ont un petit exopodite ; ils dépassent le
scaphocérite par toute la longueur de leur dactyle; celui-ci est égal aux sept dixièmes du
propode; le carpe n’est pas élargi.
Les premiers péréiopodes atteignent le niveau de la moitié du deuxième article du
pédoncule antennulaire ; ils portent, chez les deux sexes, un pinceau subdistal de soies
recourbées sur la face inférieure du carpe qui peut s’appliquer sur un autre pinceau plus petit
situé à la base du propode ; ils sont armés d’une épine fixe subdistale sur le basis et l’ischion et
d’une épine mobile subdistale sur le bord inférieur externe du mérus. Si les premiers
péréiopodes portent seuls une épine fixe sur le basis et l'ischion, les quatre autres paires de
péréiopodes portent également une épine mobile sur le mérus. Les deuxièmes ont une taille
intermédiaire entre les premiers et les troisièmes ; ces derniers dépassent le scaphocérite de leur
dactyle et d’au moins la moitié, parfois la totalité, de leur propode. Les quatrièmes et les
cinquièmes ne sont pas plus grêles que les autres péréiopodes; les quatrièmes dépassent très
légèrement le pédoncule antennulaire, les cinquièmes dépassent le scaphocérite de leur dactyle.
Tous les péréiopodes portent un exopodite petit mais avec des traces de segmentation et
plusieurs paires de soies ; les quatre premiers portent seuls un épipodite ; ceux-ci sont en forme
de lame foliacée, bien développée.
La répartition habituelle des branchies est donnée dans le tableau IL Nous écrivons
« habituelle » car quelques variations ont été observées au niveau des podobranchies : parmi
celles-ci, seule celle des deuxièmes maxillipèdes est très développée, celle des troisièmes est
petite et il arrive qu’elle soit absente d’un côté sans que cela semble dû à un accident ; enfin
l’examen d’une cinquantaine de spécimens récoltés aux Philippines a permis d'en observer deux
qui avaient une très petite podobranchie sur les premiers péréiopodes et un qui en avait sur les
premiers et les seconds.
Tableau II. Répartition des branchies, épipodites et exopodites chez Haliporus taprobanensis.
Segments thoraciques
I
(Mxpl)
II
(Mxp2)
III
(Mxp3)
IV
(PI)
V
(P2)
VI
(P3)
VII
(P4)
VIII
(P5)
Pleurobranchies
1
1
1
1
1
1
Arthrobranchies
1
2
2
2
2
2
2
Podobranchies
1
1
Épipodites
1
1
1
1
1
1
1
Exopodites
1
1
1
1
1
1
1
1
— 581 —
L'abdomen a tous ses segments carénés dorsalement sur toute la longueur de leur partie
visible, sauf en ce qui concerne le premier qui n’est caréné que sur une moitié de sa longueur.
Les carènes des quatrième, cinquième et sixième segments se terminent par une forte dent. La
partie antérieure du pleuron du premier segment recouvre la partie inférieure du bord
postérieur de la carapace. Les faces latérales des segments sont sans réseau de carènes ; la seule,
faiblement marquée, qui puisse s’observer, se trouve sur le cinquième où elle relie les condyles
d’articulation de ce segment avec le quatrième et le sixième. Une petite épine est présente à
l’extrémité distale du bord ventral du sixième segment.
Le telson (fig. 6 e) est environ 1,6 fois plus long que le sixième segment. Sa face supérieure
est creusée en gouttière sauf à sa base, avec une côte médiane faiblement marquée en son
milieu dans sa partie postérieure. Il se termine en pointe avec une paire d’épines subdistales
fixes, assez petites, précédée de trois paires d’épines mobiles minuscules sur la moitié
postérieure, juste au-dessus du bord latéral inférieur. Les uropodes (fig. 6 0 sont de même
longueur que le telson; leur exopodite porte, sur le bord externe, une forte dent située en
retrait de l’extrémité de la partie lamellaire.
Le thélycum (fig. 9 c) est de type ouvert, sans réceptacles séminaux. L'espace entre les
cinquièmes péréiopodes est occupé par un gros mamelon ovoïde; un autre mamelon, plus
petit, pentagonal, à pointe dirigée vers le bas, se trouve entre les quatrièmes péréiopodes.
Le pétasma (fig. 10 c-d) n’est cincinnulé que sur le quart inférieur environ de son bord
médian. Les lobules ventromédian et ventrolatéral sont creusés en cuiller dans leur partie
distale. Le lobule dorsolatéral se présente distalement comme une membrane ondulée.
L’appendix masculina (fig. 11 d-f), trigone en section transversale, a ses trois faces
concaves. L’appendix interna est plus court que l’appendix masculina, plutôt aplati, avec sa
partie distale vaguement quadrangulaire. L’éperon ventrolatéral, bien développé, aplati, est
foliacé, triangulaire et concave du côté externe.
Taille : La plus grande femelle que nous ayons observée avait une carapace de 49,5 mm et
une longueur totale d’un peu plus de 16cm; le plus grand mâle, une carapace de 42,5 mm et
une longueur totale de 15 cm.
Répartition — Cette espèce a été récoltée au large de l’Afrique du Sud (28°21,9'S-
32°34,6'E, Kensley, 1977, sous le nom d ' Hymenopenaeus kannemeyeri), de Madagascar (côte
ouest entre 13°50'S et 23°36'S, Crosnier, 1978), au sud de l’Inde (golfe de Mannar et cap
Comorin, Alcock et Anderson, 1899), en Indonésie (Crosnier, 1986) et aux Philippines
(Crosnier, sous presse). Elle a été capturée à 775-825 m en Afrique du Sud, entre 700 et
1 200 m à Madagascar, à 971 et 1 017-1 088 m en Inde, à 528-582 et 675 m en Indonésie et entre
520-550 et 1 650 m aux Philippines.
Haliporus thetis Faxon, 1893
(Fig. 1 d; 2 c; 9 b; 10 e-f; 11 g-i)
Haliporus thetis Faxon, 1893 : 196; 1895 : 122, pl. 48, fig. 2-2d. — Burkenroad, 1934 : 65; 1936 :
100, 101. — Anderson et Lindner, 1945 : 288 (clé). — Burukovsky, 1974 : 44 (éd. 1983 : 60) (clé).
- Crosnier, 1978 : 97 (liste); 1986 : 863, fig. lOa-c, 11b.
Haliporus Thetis ; de Man, 1911 : 7, 31 (liste).
— 582 —
Fig. 9. — Vue ventrale des sternites thoraciques VI, VII, VIII : a, Haliporus curvirostris Bate, 1881, $ 25,2mm,
Challenger Exp., st. 285 (BM 1888 : 22). — b. Haliporus thetis Faxon, 1893, $ 27,0 mm, MD 32/Réunion, CP 150
(MP-Na 6368). — c, Haliporus taprobanensis Alcock et Anderson, 1899, $ 49,5mm, « Vauban », CH 65 (MP-Na
7350).
Figure c d’après Crosnier, 1978.
10. — Moitié gauche du petasma : vues latérales externe et interne, a-b, Haliporus curvirostris Bate, 1881,
27,9 mm, nord-est des îles Mariannes (ORI). — c-d, Haliporus taprobanensis Alcock et Anderson, 1899, 39,0 mm,
« Vauban », CH 104 (MP-Na 7356). — e-f, Haliporus thetis Faxon, 1893, d 24,5 mm, BENTHED1 st CH 13
(MP-Na 6370).
Figure e d'après Crosnier, 1986.
584
Fig. 11. — Appendices masculina et interna gauches, vues latérales externe (exopodite du pléopode enlevé) et interne.
Appendix masculina gauche seul, vue de face ou de trois quarts.
a-c : Haliporus curvirostris Bate, 1881, J 27,9mm, nord-est des îles Mariannes (OR1). — d-f : Haliporus
taprobanensis Alcock et Anderson, 1899, J 39,0 mm, « Vauban », CH 104 (MP-Na 7356). — g-i : Haliporus thelis
Faxon, 1893, S 24,5 mm, BENTHEDI, st. CH 13 (MP-Na 6370).
— 585
Matériel examiné. Nord-ouest de Madagascar, Camp. BENTHEDI, st. CH 13, 12°12,7'S-
46°40,8'E, 2300-2500m, 20.03.1977: 2 24,5 et 28,5mm (MP-Na 6370); st. CH 82, 11°59,8'S-
45°42,6'E, 3 450 m, 1.04.1977 : 1 $ 38,1 mm (MP-Na 9987). - La Réunion, Camp. MD 32, st. CP 150,
20”27,4'S-55°41,3'E, 3 450-3 520 m, 5.09.1982 : 1 $ 27,0 mm (MP-Na 6368). - Sud de l’Inde, Camp.
SAFARI II, st. 2 CP 02, 5°42' N-78°56' E, 3625m, 25.07.1981 : 1 $ très abîmée (MP-Na 6369).
Type. — L’espèce a été décrite d’après une femelle récoltée au nord des îles Galapagos par 2°34' N-
92°06'W à 2487 m de profondeur («Albatross», 1891, st. 3413).
Cette espèce est très proche d’//. taprobanensis Alcock et Anderson, 1899, et nous nous
contenterons d’indiquer ici ce qui la distingue de celle-ci à savoir :
— l’absence sur le tégument de minuscules dépressions;
- le rostre légèrement plus dressé et plus grêle et qui serait recourbé vers le bas à son
extrémité comme chez H. curvirostris (ceci d’après le dessin de Faxon, tous nos spécimens
ayant l’extrémité de leur rostre cassé);
— le nombre un peu moindre de dents rostrales et postrostrales : sept au lieu de huit ou
neuf (ceci demande toutefois à être confirmé par l’examen d’un plus grand nombre de
spécimens) ;
— la crête postrostrale beaucoup plus nette avec une trifurcation, suivie d’une
bifurcation, dans sa partie postérieure, les espaces compris entre les diverses branches étant
réticulés (fig. 1 e);
— le sillon cervical plus nettement incisé ; le sillon situé en arrière de la partie inférieure
du sillon cervical mieux marqué;
- les carènes de la carapace souvent plus développées (plus longues) ; c’est le cas de la
carène hépatique, de la carène postantennaire et de la carène postcervicale;
- le scaphocérite moins élargi à sa base;
les péréiopodes qui portent les mêmes épines que chez H. taprobanensis avec, en plus,
une épine très aiguë aux six dixièmes du bord inférieur du mérus des premiers;
— la formule branchiale qui diffère par la présence constante, semble-t-il, de podobran-
chies, de petite taille, sur les trois premières paires de péréiopodes (tabl. III);
Tableau III. Répartition des branchies, épipodites et exopodites chez Haliporus tlietis.
Segments thoraciques
I
II
III
IV
V
VI
VII
VIII
(Mxpl)
(Mxp2)
(Mxp3)
(PI)
(P2)
(P3)
(P4)
(P5)
Pleurobranchies
1
1
1
1
1
1
Arthrobranchies
1
2
2
2
2
2
2
Podobranchies
Épipodites
Exopodites
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
1
I
!
1
1
1
— l’abdomen qui porte des carènes plus nombreuses et plus nettes, en particulier sur les
cinquième et sixième segments ; par ailleurs la carène dorsale du premier segment s’étend sur
toute la partie visible du segment (au lieu de la moitié environ) et celle du quatrième segment
est inerme à son extrémité distale (au lieu de se terminer par une forte dent);
— 586
— l’épine du bord externe de l’exopodite des uropodes moins en retrait par rapport à
l’extrémité de la lame;
— le thélycum et le pétasma qui, avec des structures générales identiques, diffèrent
nettement dans le détail (fig. 9 b et 10 e-f).
Taille : Le plus grand spécimen observé est une femelle dont la carapace mesure 38,1 mm
et qui a 13 cm environ de longueur totale.
Répartition. — Cette espèce est connue des îles Galapagos, du sud de l’Inde, du nord-
ouest de Madagascar, de La Réunion. Elle a été capturée entre 2 300-2 500 et 3 625 m.
Genre GORDONELLA Tirmizi, 1960
Gordonella Tirmizi, 1960 : 372.
Espèce-type. — Gordonella polyarthra Tirmizi, 1960 [= G. villosa (Alcock et Anderson, 1894)].
Définition
Corps glabre ou pubescent, à tégument mou dont la tenue est renforcée par de
nombreuses carènes aussi bien sur la carapace que sur l’abdomen. Carapace haute, à bord
dorsal nettement convexe de part et d’autre du sillon cervical. Abdomen relativement grêle.
Rostre court, droit et légèrement dressé vers le haut, s’amincissant rapidement, ne dépassant
pas le deuxième article du pédoncule antennulaire, sans dents ventrales. Pas de dent
épigastrique séparée des autres dents postrostrales par un grand intervalle. Épines antennaire,
postantennaire, postcervicale, hépatique et ptérygostomienne présentes. Épines postcervicale et
parfois ptérygostomienne suivies d’un ou de plusieurs denticules ou spinules. Sillon cervical
très marqué et entaillant profondément le bord dorsal de la carapace. Pas de sillon
postcervical. Abdomen ayant tous ses segments carénés dorsalement, les carènes pouvant se
terminer ou non par une épine ou une dent. Telson terminé en pointe avec une paire d’épines
fixes subdistales, de taille moyenne, précédée, le long du bord inférieur des faces latérales, par
trois paires de spinules mobiles largement espacées.
Œil à cornée bien développée et colorée. Écaille oculaire réduite. Prosartéma absent ou,
au contraire, bien développé mais jamais foliacé. Pas de stylocérite bien défini. Flagelles
antennulaires identiques, cylindriques et filiformes, très longs. Palpe mandibulaire à trois
segments, le premier annulaire et très court, le second très allongé, renflé dans sa partie basale,
le troisième nettement plus court que le second et grêle; mandibule comprenant une partie
coupante longue et entière et, en arrière de celle-ci et près de sa base, une petite partie
broyeuse. Palpe des maxillules non segmenté. Quatrièmes péréiopodes un peu plus longs que
les troisièmes ; cinquièmes nettement plus longs que tous les autres et assez grêles. Exopodite
présent sur tous les maxillipèdes et les péréiopodes; celui des deuxièmes maxillipèdes très
développé et dépassant l’extrémité du mérus, celui des troisièmes plurisegmenté mais court,
ceux des péréiopodes unisegmentés et très petits ou même réduits à l’état de bourgeon.
Exopodite des uropodes avec, sur le bord externe, une forte dent située nettement en retrait de
l’extrémité de la partie lamellaire.
— 587 —
Thélycum de type ouvert, sans réceptacles séminaux. Un mamelon sur le sternite
thoracique VII, un autre plus gros sur le sternite VIII. Pétasma symétrique, à structure assez
simple; lobule dorsomédian court, ne s’étendant que sur le tiers environ de la longueur du
pétasma; lobule ventromédian nettement recourbé à son extrémité; lobules latéraux sans
grandes excroissances distales. Appendix masculina plus long que l’appendix interna, ce
dernier assez aplati et en forme de serpe.
Une pleurobranchie sur les segments thoraciques III à VIII. Une arthrobranchie sur le
segment I, deux sur les segments II à VII. Une podobranchie sur le segment II seulement.
Toutes ces branchies de grande taille, à l’exception de l’arthrobranchie du segment I qui est
petite. Un épipodite foliacé, bien développé, non bifurqué, sur les segments I à VII.
Remarques
Tirmizi a décrit ce genre pour accueillir une espèce qu’elle croyait nouvelle et dont elle
n’avait qu’un exemplaire femelle en mauvais état. Les troisièmes maxillipèdes et les
péréiopodes de ce spécimen fragile avaient été pliés en plusieurs endroits. Très curieusement,
Tirmizi puis Gordon (1960) ont cru qu’au moins certaines de ces pliures correspondaient à
des articulations naturelles et que les appendices en cause comportaient plus de segments que
ceux que l’on observe habituellement, d’où le nom de polyarthra donné par Tirmizi à son
espèce.
Par ailleurs Tirmizi, qui s’est demandée où son genre se plaçait parmi les Penaeoidea, a
comparé G. polyarthra à Haliporus curvirostris Bate, 1881, mais n’a pas vu que son espèce était
manifestement congénérique avec celle décrite par Alcock et Anderson, en 1894, sous le nom
d 'Haliporus villosus.
Pour nous, la situation s’est compliquée avec l’examen de trois spécimens, un récolté
autrefois par 1’ « Albatross » en Indonésie et deux pêchés récemment par le « Cidaris I » à
l’est de l’Australie. Dans un premier temps nous avons identifié ces spécimens à G. villosa,
l’espèce décrite par Alcock et Anderson. Par la suite, l’examen de l’holotype de G. polyarthra
nous a montré qu’il possède un prosartéma bien développé, tandis que les spécimens
indonésien et australiens en sont totalement dépourvus (cf. fig. 3 c-d) et que, d’autre part, ses
yeux sont beaucoup moins pigmentés que ceux des spécimens australiens (mais ceci peut être
dû au mode de conservation du spécimen, le spécimen indonésien, récolté il y a 70 ans et qui
appartient certainement à la même espèce que les spécimens australiens, ayant ses yeux
décolorés). Aucune autre différence n’a pu être trouvée, mais le mauvais état de Phototype de
G. polyarthra ne rend pas les comparaisons aisées.
Il semble toutefois évident que nous nous trouvons en présence de deux espèces distinctes
dont l’une (mais laquelle?) est très vraisemblablement l’espèce d’ALCOCK et Anderson.
Il semble logique d’admettre que G. polyarthra est synonyme de G. villosa, si l’on
considère :
— la relative proximité des positions des captures des spécimens d’ALCOCK et Anderson
et de l’holotype de G. polyarthra (les premiers ont été récoltés, l’un par 14°35' N-72°02' E,
l’autre un peu plus au sud au large de Minicoy, l’holotype de G. polyarthra au sud des Chagos
par 4°37'N-72°35'E), comparée aux positions des récoltes des autres spécimens (Célèbes et
côte est de l’Australie);
— le fait que les spécimens d’ALCOCK et Anderson ont été récoltés par 2085 et 2 195 m
— 588 -
de profondeur et l’holotype de G. polyarthra par 2 727 m, tandis que les spécimens indonésien
et australiens proviennent de 1280, 1 147-1 132, et 1200m de profondeur;
— les yeux décolorés de l’holotype de G. polyarthra , alors qu’ALCOCK et Anderson ont
noté pour leurs spécimens « eyes deficient in pigment » et que les spécimens australiens ont
leurs yeux bien colorés (mais, comme nous venons de l’indiquer, le spécimen indonésien récolté
par 1’ « Albatross » au début du siècle a ses yeux décolorés, vraisemblablement par l’alcool).
Pour acquérir une certitude, l'idéal serait de pouvoir examiner le matériel identifié à G.
villosa par Alcock et Anderson. Le Dr K. N. Reddy, du Zoological Survey of India, nous a
informé que le matériel suivant, récolté par 1' « Investigator » et identifié Haliporus villosus , se
trouve à Calcutta :
1 ?, holotype, st. 121, mer d’Arabie, au voisinage des îles Laquedives, 14°35'15"N-72°02'37" E,
2085m, 22.10.1891 (Z.S.I. n° 9115/9). — 1 d, st. 319, mer d’Arabie, au voisinage des îles Laquedives,
12°02'N-73°46'E, 2 116m, 7.11.1903 (Z.S.I. n° 4862/10).
Un troisième spécimen [1 Ç, st. 127, mer d’Arabie, au large des îles Minikoy, 2 195 m,
12.12.1891 (Z.S.I. n° 9116/9)], noté sur les registres, n’a pas été retrouvé.
Ces exemplaires, étant donné leur fragilité, n’ont pu être obtenus en prêt ; même pas le
mâle dont la connaissance du pétasma serait si utile. Le Dr Reddy nous a toutefois indiqué
que les exemplaires qu’il a examinés présentent, tous deux, un prosartéma identique à celui
observé chez G. polyarthra , ce qui semble rendre certaine la synonymie envisagée plus haut.
Les spécimens indonésien et australiens appartiennent alors à une espèce nouvelle que nous
avons nommée paravillosa pour rappeler combien elle est proche de l’espèce d’ALCOCK et
Anderson.
Sur ces bases, nous rattachons au genre Gordonella trois espèces : G. villosa (Alcock et
Anderson, 1894), G. paravillosa sp. nov., G. kensleyi sp. nov.
Nous traitons de ces trois espèces dans les pages qui suivent. On s’étonnera peut-être de
trouver une description détaillée de G. paravillosa et non de G. villosa, espèce-type du genre.
Ceci s’explique par le fait que les deux espèces sont extrêmement proches l’une de l’autre et
que, si nous ne disposions que d’un spécimen en très mauvais état de G. villosa (l’holotype de
G. polyarthra), nous avions trois spécimens de G. paravillosa appartenant aux deux sexes et
dont deux, en bon état, permettaient de faire de bons dessins.
Affinités
Tirmizi a évoqué les affinités de Gordonella avec les Benthesicymidae. Si par son tégument
mou, la partie antérieure du bord inférieur de la carapace fortement échancrée et son sillon
cervical coupant le bord dorsal de la carapace, Gordonella peut faire penser aux Benthesicymi¬
dae, cette ressemblance est toute superficielle et tout sépare ce genre de cette famille (forme du
rostre, nombre de dents, absence de sillon postcervical, forme des pièces buccales, épines de la
carapace, armature du telson, thélycum, etc.).
Tirmizi (1960) a également fait ressortir certaines des affinités de Gordonella avec la
famille des Solenoceridae. C’est bien à cette famille, nous semble-t-il, que le genre doit être
rattaché. La présence d’assez nombreuses dents rostrales et postrostrales, d’une écaille oculaire
(réduite il est vrai), d’un sillon cervical atteignant le bord dorsal de la carapace, d’épines
hépatique et postantennaire, d’exopodite sur tous les maxillipèdes et les péréiopodes, d’un
— 589
abdomen caréné dorsalement, d’un telson terminé en pointe et armé d’une paire de fortes
épines latérales fixes subdistales, l’absence d’un sillon postcervical, l’existence d’un thélycum de
type ouvert et, sur les deuxièmes pléopodes du mâle, d’un appendix masculina, d'un appendix
interna et d'un éperon à la base de l’endopode nous semblent probants.
Parmi les Solenoceridae, c’est du genre Haliporus que Gordonella est le plus proche. Il a en
commun avec lui, entre autres, le telson portant des épines latérales mobiles en plus des épines
fixes subdistales, l’absence d'un prosartéma foliacé, l’absence de dent épigastrique largement
séparée des dents rostrales et postrostrales, la carène postrostrale s’étendant presque jusqu’au
bord postérieur de la carapace, le sillon cervical entaillant le bord dorsal de la carapace, la
présence sur la carapace de dents antennaire, postantennaire, hépatique et ptérygostomienne,
la présence d’une carène dorsale sur tous les segments abdominaux.
Il en diffère notamment par la forme plus haute de la carapace dont le bord dorsal est plus
convexe, un rostre plus grêle et droit, un réseau de carènes beaucoup plus développé sur la
carapace, la présence d’une seule podobranchie (sur Mxp 2), l’indentation fine et profonde du
sillon cervical dans le bord dorsal de la carapace, le stylocérite mal défini, la présence d'une
dent postcervicale au-dessus de la dent hépatique.
Clf. d’identification des espèces du genre Gordonella
1. Tégument entièrement couvert par une pilosité rase et dense. 2
Tégument glabre. G. kensleyi
2. Pas de prosartéma (fig. 3 c). G. paravillosa
- Un prosartéma (fig. 3 d). G. villosa
Gordonella paravillosa sp. nov.
(Fig. 2 d, h; 3 c; 12 a; 13; 14; 15 a-e; 16 a-f)
Materiel examine. Indonésie, « Albatross » Exp. 1907-1910, st. 5651, Célèbes (golfe de Boni),
4°43'50" S-121 °23'24" E, 1280m, 17.12.1909 : 1 3 43,0mm (USNM 205716). — Côte est de l’Australie.
« Cidaris I », st. 18-1. 17°45,44' S-148°01,30' E, 1 147-1 132 m, chalutage, 9.05.1986 : 1 $ 43,0 mm (James
Cook Univ. 456); st. 24-2, 17° 19,58'S-147°47,61 ' E, 1 187-1200m, chalutage. 11.05.1986: 1 ? 48,5mm
(James Cook Univ. 28).
Types. — La femelle (Le = 48,5 mm) récoltée par le « Cidaris I » au large des côtes est-australiennes
et conservée à la James Cook University a été choisie comme holotype. Les deux autres spécimens sont
des paratypes.
Description
Le corps se caractérise par une carapace plutôt massive et renflée, au bord antérieur
largement échancré dans sa partie inférieure, suivie par un abdomen relativement gracile ; son
tégument est mou et entièrement couvert de soies courtes, glabres et raides, implantées de
manière très serrée.
Le rostre, court, assez grêle, est légèrement dressé et atteint le milieu environ du deuxième
article du pédoncule antennulaire; il se prolonge en arrière par une carène postrostrale très
— 590 —
Fig. 12. — Partie antérieure du corps, vue latérale: a, Gordonella paravillosa sp. nov., $ holotype 48,5mm,
« Cidaris I », st. 24. 2 (James Cook Univ.); b, Gordonella kensleyi sp. nov., $ holotype 53,5 mm, BIOCAL
st. CP 23 (MP-Na 12399).
marquée qui s’étend presque jusqu’au bord postérieur de la carapace. Le bord dorsal de la
carapace, qui porte cette carène, décrit une large courbe convexe dont le tracé est modifié, aux
deux cinquièmes environ de sa longueur comptée à partir du rostre, par le sillon cervical ; celui-
ci creuse une gorge étroite et profonde, précédée et suivie par un lent affaisement du bord
dorsal. Souvent, juste en arrière du sillon cervical, la carène postrostrale se divise pour
encercler une petite dépression plus ou moins circulaire. On compte trois (parfois deux) dents
rostrales supérieures et cinq (parfois quatre) dents postrostrales, dont l’antérieure se situe
sensiblement au niveau du fond de l’orbite; toutes ces dents, de taille très proche, ont des
espacements assez voisins; en arrière de la dernière dent et en avant du sillon cervical, on
observe un fort granule. Un autre granule s’observe, toujours sur le bord dorsal, en avant du
bord postérieur de la carapace.
Les faces latérales de la carapace portent, chacune, cinq épines : antennaire, postantennai-
re, ptérygostomienne, hépatique et postcervicale. L’antennaire et la postcervicale sont un peu
plus petites que les trois autres qui sont subégales. En arrière de la postcervicale, on observe
trois ou quatre granules de petite taille. Sur ces mêmes faces, trois sillons, hépatique, cervical et
postcervical (entre les niveaux des épines hépatique et postcervicale), sont particulièrement
— 591 —
bien marqués; d’autres sillons moins nets existent également, notamment l’un au voisinage
immédiat du bord inférieur de la carapace.
Outre ces épines et ces sillons, la carapace porte un réseau assez complexe de fines carènes
bien en relief qui lui donne de la rigidité :
— l’une prolonge en arrière l’épine antennaire et s’arrête peu avant l’épine postantennai-
re;
— une seconde part de l’épine postantennaire, se dirige en arrière et finit par se diviser en
deux branches dont l’une atteint l’épine hépatique tandis que l’autre, située en dessus, rejoint le
sillon cervical ;
— une troisième borde postérieurement le sillon cervical ; elle débute un peu au-dessus de
l’épine hépatique et s’étend presque jusqu’au bord dorsal de la carapace;
— une quatrième, que l’on peut appeler branchiocardiaque, part de l’épine postcervicale
et s’étend presque jusqu’au bord postérieur de la carapace en décrivant une sinuosité marquée ;
— une cinquième part de l’épine hépatique et, après avoir été interrompue par le sillon
vertical qui borde en arrière la partie inférieure de la carène postcervicale, rejoint la carène
branchiocardiaque ;
— une sixième part de l’épine ptérygostomienne, suit d’abord le bord inférieur de la
carapace puis le quitte pour se diriger vers l’arrière ; suivant les spécimens cette carène peut
alors soit se prolonger de façon continue jusqu’au bord postérieur de la carapace, soit
s’interrompre sur une certaine longueur, dans le tiers antérieur de la carapace, comme c’est le
cas sur le spécimen que nous avons figuré;
— une septième, bordée en partie par le sillon hépatique, prolonge, en arrière, la partie
antérieure, droite, de la carène branchiostège et s’arrête au niveau du sillon vertical qui borde
la partie inférieure de la carène postcervicale;
— une huitième, bordée par un sillon, débute après le sillon hépatique et gagne le bord
postérieur de la carapace après s’être divisée en deux branches;
— une neuvième borde le bord postérieur de la carapace.
L’œil a une cornée bien colorée et développée. L’article distal du pédoncule, peu aplati,
élargi dans sa partie distale pour porter la cornée, porte un tubercule vers le milieu de son bord
interne. L’article basal du pédoncule ne présente qu’une écaille oculaire peu développée
(fig. 2 d).
Les antennules n’ont aucune trace de prosartéma. Le pédoncule antennulaire s’étend
jusqu’aux trois cinquièmes du scaphocérite ; son article basal porte une épine subdistale sur son
bord externe, aucune épine sur son bord interne supérieur, une petite épine subdistale sur son
bord interne inférieur. Les flagelles sont tous deux longs, filiformes et cylindriques.
Le stylocérite, mal différencié, a son épine distale qui se situe aux trois quarts environ du
premier article du pédoncule antennulaire.
Le scaphocérite est foliacé, large (L/l = 3,2), avec une lame dépassant très nettement
l’épine distale de son bord externe et portant une côte longitudinale médiane (fig. 2 h).
Les pièces buccales sont représentées sur les figures 13 a-i. Les mandibules ont une partie
coupante longue et entièrement lisse ; à la base de cette partie coupante et un peu en arrière, on
observe une petite partie broyeuse ; le palpe comprend un petit article basal bien calcifié sur
tout son pourtour, suivi d’un long article peu large à sa base et s’amincissant vers son
extrémité, suivi lui-même d’un article grêle égal à la moitié du précédent. Les maxillules ont un
Fig. 13. — GordimeUu puraviUosa sp. nov., V holotype 48,5 mm, « Cidaris I », st. 24. 2 (James Cook Univ.). pièces
buccales droites, face ventrale : a-b, mandibule (soies non figurées) et son extrémité en vue latérale interne; c-d.
maxiilule et extrémité du palpe en vue latérale externe; e-g, maxille et extrémité de l'endopodite en vues dorsale et
ventrale ; h, premier maxillipède ; i, deuxième maxillipède.
(a-b X 4,7; c-d x 7,2; e. h x 6; f-g x 25; i x 4.)
- 593
palpe non segmenté et qui porte trois longues soies près de son extrémité chez le spécimen que
nous avons examiné. Chez ce même spécimen, les maxilles ont un endopodite qui porte sur sa
face dorsale, un peu en retrait de son bord interne, une douzaine de soies plus ou moins
alignées et, sur sa face ventrale, quatre soies qui prolongent, sur cette face, la rangée de soies
du bord dorsal, plus une bonne vingtaine de soies plus courtes, disposées dans un alignement
très relatif parallèlement aux soies précédentes et sur une plus grande longueur, en retrait du
bord externe (fig. 13 f-g). Les premiers maxillipèdes montrent un long endopodite divisé en
quatre articles; les deuxièmes ont un exopodite qui atteint la moitié du carpe environ et un
mérus étroit et allongé (L/l = 4,7). Les troisièmes maxillipèdes sont divisés en sept articles; ils
dépassent le pédoncule antennulaire par leur dernier article et la moitié environ de l’avant-
dernier et ont un exopodite petit mais bien visible et segmenté ; leur carpe est légèrement élargi
et leur dernier article un peu plus court que l’avant-dernier.
Les premiers péréiopodes atteignent le niveau de l’extrémité du premier article du
pédoncule antennulaire ou un peu au-delà ; ils portent un pinceau subdistal de courtes soies sur
le bord inférieur de leur carpe, qui peut s’appliquer contre une brosse du bord inférieur du
propode, et ce aussi bien chez les mâles que chez les femelles. Les deuxièmes sont nettement
plus longs que les premiers et plus courts que les troisièmes ; les quatrièmes sont un peu plus
longs que les troisièmes et nettement plus courts que les cinquièmes. Tous sont sans épines, à
l’exception des premiers qui peuvent porter une très petite épine fixe, subdistale, sur le bord
inférieur de l'ischion et des quatrièmes et des cinquièmes qui ont, le plus souvent mais pas
toujours, une épine mobile, subdistale, sur la face externe du mérus. Tous présentent un
exopodite très court et unisegmenté (fig. 14 0; les quatre premiers portent seuls un épipodite;
celui-ci est bien développé en forme de lame foliacée. On notera enfin que l'articulation du
propode et du dactyle des deux dernières paires de péréiopodes ne présente pas de renflement
net et que les deux articles donnent, à première vue, l’impression d'un dactyle divisé.
La répartition des branchies est donnée dans le tableau IV.
Tableau IV. Répartition des branchies, épipodites et exopodites chez Gordonella paravillosa (p =
petit; r = réduit).
Segments thoraciques
I
(Mxpl)
II
(Mxp2)
III
(Mxp3)
IV
(PI)
V
(P2)
VI
(P3)
VII
(P4)
VIII
(P5)
Pleurobranchies
1
1
1
1
1
1
Arthrobranchies
P
2
2
2
2
2
2
Podobranchies
1
_
Épipodites
1
1
1
1
1
i
1
Exopodites
1
1
P
r
r
r
r
r
L'abdomen a tous ses segments carénés dorsalement sur toute leur longueur; seule la
carène du sixième segment se termine toujours par une épine; celle du cinquième se termine
par un denticule qui peut, parfois, être si petit qu'il en est pratiquement invisible; les autres
sont inermes à l’exception de la première dont l’extrémité antérieure porte, parfois, un
denticule. La partie antérieure du pleuron du premier segment abdominal forme une sorte
14. — Gordonella paravillosa sp. nov. : a-f, 2 paratype 43,0mm, « Cidaris I », st. 18. 1 (James Cook Umv.) : a,
troisième maxillipède droit ; b, premier péréiopode droit ; c, deuxième péréiopode droit ; d, quatrième péréiopode
droit; e, cinquième péréiopode droit; f, exopodite du cinquième péréiopode droit. — g, 2 holotype 48,5mm,
« Cidaris 1 », st. 24. 2 (James Cook Univ.), troisième péréiopode droit.
— 595 —
d’auvent sous lequel vient se placer la partie inférieure du bord postérieur de la carapace ; le
bord antérieur du pleuron de ce segment porte, dans sa partie supérieure, une forte épine
dirigée vers l’avant. Les faces latérales des segments sont renforcées par un réseau de carènes :
l’une borde les pleurons, tandis que deux (une seule dans le cas du sixième segment)
longitudinales s’étendent sur la totalité ou non de la longueur des segments ; dans le cas du
deuxième segment, la carène longitudinale supérieure se bifurque dans sa partie postérieure ; de
courtes carènes obliques, beaucoup moins nettes, peuvent également s’observer sous les
carènes longitudinales.
Le telson est 2,2 fois plus long que le sixième segment et se termine en pointe. Il porte une
paire de courtes épines fixes subdistales, précédée de trois paires de minuscules épines mobiles
étagées sur les trois cinquièmes distaux des bords latéraux inférieurs. Les bord latéraux
supérieurs sont carénés. La face supérieure est creusée en gouttière sur presque toute sa
longueur. Les uropodes sont plus longs que le telson, l’externe porte une forte épine
distolatérale.
Le thélycum est de type « ouvert », sans réceptacles séminaux. L’espace entre les
cinquièmes péréiopodes est occupé par un gros mamelon à dessus aplati, à bord antérieur
arrondi et à partie postérieure assez pointue. Entre les quatrièmes péréiopodes, on observe un
mamelon plus petit ayant sensiblement la même forme que le précédent si ce n’est que sa partie
postérieure est arrondie (fig. 16f).
Le pétasma (fig. 16 a-b) est cincinnulé sur le tiers inférieur de son bord médian. Le lobule
ventromédian a son extrémité, relativement peu développée, recourbée avec un denticule
subdistal émoussé sur son bord supérieur. Le lobule dorsolatéral est vaguement lobé vers son
extrémité. Le lobule ventrolatéral a une extrémité distale large et subrectangulaire.
L’appendix masculina (fig. 16 c-e), trigone en coupe transversale, à extrémité relativement
pointue, a ses faces antéro-externe et antéro-interne convexes et sa face postérieure concave.
L’appendix interna, aplati, moins long que l’appendix masculina, est en forme de serpe.
L’éperon ventrolatéral, aplati, a sa partie distale assez étroite et son extrémité arrondie.
Répartition. — Les trois spécimens que nous avons examinés semblent être les seuls
spécimens de l’espèce récoltés jusqu’à présent. Celle-ci est donc connue des Célèbes et de la
côte est de l’Australie. Elle a été récoltée entre 1 140 et 1 280 m.
Gordonella villosa (Alcock et Anderson, 1894)
(Fig. 3d; 15 g)
Haliporus villosus Alcock et Anderson, 1894 : 146; 1896, pl. 26, fig. 1. — Alcock, 1901 : 26. —
Bouvier, 1906 : 4 (clé); 1908 : 80 (clé). — Pérez Farfante, 1977 : 263.
Hymenopenaeus villosus; Burkenroad, 1936 : 104. — Anderson et Lindner, 1945 : 290 (clé).
Gordonella polyarthra Tirmizi, 1960 : 373, fig. 86-95. — Gordon, 1960 (in Tirmizi, 1960) : 379, fig. 96.
Non Haliporus villosus; Kensley, 1968 : 299, fig. 78 = G. kensleyi. sp. nov.
Matériel examiné. — Océan Indien, John Murray Exp., st. 135, 4°37'42" S-72°35'36" E, 2 727 m,
18.02.1934 : 1 $ 47,0mm, holotype de G. polyarthra (BM 1958.6.3.134).
Types. — L’espèce a été décrite d’après deux spécimens récoltés en mer d’Arabie, l’un au nord des
îles Laquedives (14°35T5"N-72°02'37" E) par 2085m de profondeur, l’autre au sud, au large de Minicoy,
par 2 195 m. Le premier de ces spécimens a été désigné comme holotype par Alcock et enregistré sous le
numéro 9115/9. Comme nous l’avons indiqué, il se trouve actuellement au Zoological Survey of India à
Fig. 15 a-f. — Gordonella paravillosa sp. nov. : a-d, $ holotype 48,5 mm, « Cidaris I », st. 24. 2 (James Cook Univ.) :
a, segments abdominaux 1-6, vue latérale; b, telson, vue de dessus; c, uropode externe gauche; d, coupe
transversale médiane du troisième segment abdominal. — e, Ç paratype 43,0 mm, « Cidaris I », st. 18. 1 (James
Cook Univ.), bord dorsal des segments abdominaux 4-6. — f, ^ paratype 43,0mm, « Albatross », st. 5651 (USNM
205716), idem.
Fig. 15 g. — Gordonella villosa (Alcock et Anderson, 1894), Ç 47,0 mm (holotype de G. polyarlhra Tirmizi, 1960),
John Murray Exp., st. 135 (BM 1958.6.3.134), bord dorsal des segments abdominaux 4-6.
Fig. 15 h-1. — Gordonella kensleyi sp. nov. : h-i. i holotype 53,5mm, BIOCAL, st. CP 23 (MP-Na 12399) ; h.
segments abdominaux 1-6, vue latérale; i, coupe transversale médiane du troisième segment abdominal; j. telson.
— k, ? 31,5 mm, « Anton Bruun », Cr 8, st. 399 C (USNM 205715), bord dorsal des segments abdominaux 4-6. —
I, $ 58,5 mm, « Africana II », st. A. 192 (SAM-A10461), idem.
— 597 -
Calcutta, et l’on peut penser que c’est lui qui est figuré sur la planche 26 des « Illustrations of the Zoology
of the Investigator ». L’autre spécimen semble avoir disparu (cf. p. 5B8).
Comme nous l’avons exposé dans les « Remarques » relatives au genre Gordonella , nous
n'avons pu examiner les types de cette espèce, dont G. polyarthra doit être synonyme.
Actuellement, nous ne pouvons malheureusement distinguer G. villosa de G. paravillosa
que par la présence d’un prosartéma rigide mais bien développé, prosartéma absent chez les
autres espèces du genre. La pigmentation moins marquée des yeux serait également spécifique,
mais ceci devrait pouvoir être vérifié sur du matériel frais.
Il est vraisemblable que d’autres caractères distinctifs existent notamment au niveau du
rostre (orientation et nombre de dents) et du thélycum (le gros mamelon serait hexagonal au
lieu d'être en goutte d’eau, le petit, situé au-dessus du gros, aurait son extrémité postérieure
plus pointue). Mais pour relever ces différences avec certitude, il faudrait disposer de
spécimens en bon état et aussi de mâles pour pouvoir comparer les pétasmas et les appendices
masculina et interna (un mâle, rappelons-le, existe à Calcutta — cf. p. 588 — mais n’a pu être
examiné).
Tirmizi (1960) a indiqué que les yeux du spécimen qu’elle a appelé G. polyarthra sont
rudimentaires et que leur pédoncule est long et grêle. Ceci est inexact. De même que chez G.
paravillosa , les yeux sont très développés.
Répartition. — G. villosa n’est connue que du nord de l’océan Indien occidental, au
voisinage des îles Laquedives et au nord des îles Chagos; elle a été récoltée à 2085, 2111, 2 195
et 2 727 m de profondeur.
Gordonella kensleyi sp. nov.
(Fig. 2 e; 12 b; 15 h-i; 16 g)
Haliporus villosus; Kensley, 1968 : 299, fig. 7-8. Non Alcock et Anderson, 1894.
Matériel examiné. — Nouvelle-Calédonie, Camp. BIOCAL, st. CP 23, 22°46' S-166°20' E, 2040m,
28.08.1985 : 1 9 53,5mm (MP-Na 12399). Afrique du Sud, « Africana II », st. A192, dans l’ouest de
Cape Point, 2 798m : 1 $ 58,5mm (SAM-A1046I), identifiée Haliporus villosus par Kensley, 1968.
«Anton Bruun », Cr. 8, st. 399C, 21°18'S-36°18' E, 1510-1 600m, 2.10.1964: 1$ 31,5mm (USNM
205715).
Type. — La femelle récoltée en Nouvelle-Calédonie (MP-Na 12399), en assez bon état, a été choisie
comme holotype. Les autres spécimens, en état médiocre, n’ont pas été sélectionnés comme paratypes.
Cette espèce nouvelle est proche de G. paravillosa sp. nov., que nous venons de décrire, et
il nous semble préférable de présenter seulement les caractères permettant de la distinguer de
cette dernière.
Par rapport à G. paravillosa, G. kensleyi se caractérise par :
— son tégument totalement glabre (alors que, chez G. paravillosa , le tégument est
entièrement couvert d’une pilosité rase et dense);
- son abdomen dont le bord dorsal des segments est plus convexe (ceci étant surtout
marqué sur les segments 2-4), dont les carènes latérales sont plus nettement marquées et,
surtout, dont les carènes dorsales médianes des segments 4-6 se terminent par une forte dent
(tandis que, chez G. paravillosa, le quatrième segment est sans dent, le cinquième avec, au plus.
— 598
iiiî denticule, le sixième avec une petite épine). On notera aussi la présence d’une forte dent à
l’extrémité antérieure de la carène dorsale du premier segment, dent plus petite ou absente chez
G. paravillosa et les tergites abdominaux plats ou même légèrement concaves (fig. 15 i), tandis
qu’ils sont renflés, au moins le troisième, chez G. paravillosa (fig. 15 d).
D’autres différences existent vraisemblablement, mais elles devront être vérifiées sur un
matériel plus abondant que celui dont nous disposons et, surtout, comprenant des mâles car il
Fio. 16 a-f. — Gordonella paravillosa sp. nov. : a-e, d paratype 43,0mm, « Albatross », Exp. 1907-1910, st. 5651
(USNM 205716) : a-b, moitié gauche du pétasma, vues latérales externe et interne; c-d, appendices masculina et
interna gauches, vues latérales externe et interne; e, appendix masculina gauche, vue de trois quarts. — f, Ç
holotype 48,5 mm, « Cidaris 1 », st. 24. 2 (James Cook University), vue ventrale des sternites thoraciques Vil et
VIII.
Fig. 16 g. — Gordonella kensleyi sp. nov., Ç holotype 53,5 mm, BIOCAL, st. CP 23 (MP-Na 12399), vue ventrale des
sternites thoraciques VII et VIII.
— 599
serait bien étonnant que le pétasma et probablement aussi les appendices masculina et interna
ne fournissent pas de bons caractères distinctifs. On peut toutefois déjà noter les points
suivants :
— le rostre du spécimen de G. kensleyi en provenance de la Nouvelle-Calédonie est plus
court que celui de G. paravillosa et avec moins de dents (une au lieu de trois), il est
vraisemblable que cette différence est due à une ancienne blessure; l’autre spécimen de G.
kensleyi ayant un rostre entier est le petit spécimen capturé au large du Mozambique : il a un
rostre similaire à celui de G. paravillosa ;
— chez nos deux grands spécimens on observe, en arrière de l’épine ptérygostomienne,
plusieurs denticules, ce qui n’est pas le cas chez G. paravillosa ; il faut toutefois remarquer que
notre petit spécimen de G. kensleyi ne présente pas ces denticules ;
— chez G. kensleyi , les premiers péréiopodes ont tous une épine subdistale, bien visible,
sur le bord inférieur du basis et de l’ischion ; chez G. paravillosa, nous n’avons jamais observé
de telles épines sur le basis et une fois seulement sur l’ischion (fig. 14 b), mais alors l’épine était
très petite. On notera également que les spécimens de G. kensleyi ont une épine mobile
subdistale sur la face externe du mérus des quatrièmes et cinquièmes péréiopodes; chez G.
paravillosa, la présence de ces épines n’est pas constante.
Nous mentionnerons enfin que, si les exopodites des péréiopodes sont très petits et
unisegmentés dans tous les cas, ceux du spécimen néo-calédonien sont plus petits (il s’agit
presque de bourgeons) que ceux du spécimen sud-africain, chez lequel ils ont la même taille
que chez G. paravillosa.
Observations. — B. Kensley avait clairement vu, en 1968, que son spécimen différait de
l’ Haliporus villosus d’ALCOCK et Anderson par son tégument glabre. Ne disposant alors
d’aucun matériel de comparaison, il n’avait pu décider s’il se trouvait devant une espèce
nouvelle. Nous sommes heureux de lui dédier cette espèce, eu égard à l’importance des
recherches carcinologiques qu’il a menées dans le canal de Mozambique, alors qu’il travaillait
au South African Museum.
Répartition. — Trouvée au sud du Mozambique, aux environs du Cap et en Nouvelle-
Calédonie, cette espèce semble uniquement benthique; elle a été récoltée entre 1 510-1 600 m et
2 798 m de profondeur.
Remerciements
Le Dr A. A. Fincham et M. P. Clark du British Museum, les Dr I. Pérez Farfante et
B. F. Kensley du National Museum of Natural History, à Washington, le Dr T. Kikuchi de l’Océan
Research Institute, à Tokyo, M me G. Van der Merwe du South African Museum, le Dr F. Hoedt de la
James Cook University à Townsville, en Australie, nous ont envoyé en prêt une grande partie du matériel
étudié dans cette note.
Le Dr K. N. Reddy a examiné à notre attention des spécimens conservés dans les collections du
Zoological Survey of India, à Calcutta.
Le Pr J. Forest et M me de Saint Laurent du Muséum national d’Histoire naturelle, le Dr I. Pérez
Farfante du National Museum of Natural History, ont bien voulu critiquer notre travail.
M. M. Gaillard a exécuté les dessins originaux illustrant cette note.
A tous nous adressons nos remerciements.
— 600 —
RÉFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Alcock, A., 1899. — Illustrations of the Zoology of the Royal Indian Marine Survey Ship Investigator
under the command of Commander T. H. Heming, R.N. Crustacea. Part VII, pi. 36-45. Off. Supt.
Gov. Print. India, Calcutta.
1901. — A Descriptive Catalogue of the Indian Deep-Sea Crustacea Decapoda Macrura and
Anomala, in the Indian Museum. Being a Revised Account of the Deep-Sea Species collected by
the Royal Indian Marine Survey Ship Investigator. Indian Museum, Calcutta, iv + 286 p., 3 pi.
Alcock, A., et A. R. S. Anderson, 1894. — Natural History Notes from H.M. Indian Marine Survey
Steamer « Investigator », Commander C. F. Oldham, R.N., commanding. Ser. II, N° 14. An
Account of a Recent Collection of Deep Sea Crustacea from the Bay of Bengal and Laccadive Sea.
J. asiat. Soc. Beng., 63 (pt. 2) : 141-185, pi. 9.
1896. - Illustrations of the Zoology of the Royal Indian Marine Surveying Steamer Investigator,
under the command of Commander C. F. Oldham. R. N. Crustacea. Part IV. pi. 16-27. Off. Supt.
Gov. Print. India, Calcutta.
1899. - Natural History Notes from H. M. Royal Indian Marine Survey Ship « Investigator »,
Commander T. H. Heming, R. N., commanding. Ser. Ill, N° 2. An Account of the Deep-Sea
Crustacea dredged during the Surveying-Season of 1897-98. Ann. Mag. nal. Hist., (7), 3 : 278-292.
Anderson, W. W., et M. J. Lindner, 1945. - A provisional key to the shrimps of the family Penaeidae
with especial reference to American forms. Trans. Am. Fish. Soc., 73 : 284-319.
Bate. C. S., 1881. — On the Penaeida. Ann. Mag. nat. Hist., (5), 8 : 169-196, pi. 11-12.
— 1888. — Report on the Crustacea Macrura dredged by H. M. S. Challenger during the years
1873-76. Rep. scient. Res. Vox. Challenger, Zool., 24, xc + 942 p., 76 fig., 150 pi.
Bouvier, E. L., 1905a. — Sur les Pénéides et les Sténopides recueillis par les expéditions françaises et
monégasques dans l’Atlantique oriental. C. r. hebd. Séanc. Acad. Sci., Paris, 140 : 980-983.
1905/). — Sur les macroures nageurs (abstraction faite des Carides) recueillis par les expéditions
américaines du « Blake » et du « Hassler ». C. r. hebd. Séanc. Acad. Sci., Paris. 141 : 746-749.
1906. — Observations sur les Pénéides du genre Haliporus sp. Bate. Bull. Mus. océanogr. Monaco,
81 , 11 p.
1908. — Crustacés Décapodes (Pénéides) provenant des campagnes de f « Hirondelle » et de la
« Princesse Alice » (1886-1907). Résuit. Camp, scient. Prince Albert I, 33 : 1-122, pl. 1-16.
Burkenroad, M. D., 1934. — The Penaeidea of Louisiana with a discussion of their world relationships.
Bull. Am. Mus. Nat. Hist., 68 : 61-143, fig. 1-5.
1936. The Aristeinae, Solenocerinae and pelagic Penaeinae of the Bingham Oceanographic
Collection. Bull. Bingham Oceanogr. Collect., Yale Univ., 5 (2) : 1-151. fig. 1-71.
1983. Natural Classification of Dendrobranchiata, with a key to recent genera. In : Crustacean
Phylogeny (F. Schram éd.), Balkema, Rotterdam, 1 : 279-290.
Burukovsky. R. N., 1974. — Opredelitel krevetok, langustov i omarov. Moskva, pischevaja promichlen-
nost. 126 p., fig. 1-189. Traduit en anglais, 1983, Key to Shrimps and Lobsters. Russian
Translations Series (Ed. Balkema, Rotterdam), 5, xi + 174 p., fig. 1-189.
Crosnier, A., 1978. — Crustacés Décapodes Pénéides Aristeidae (Benthesicyminae, Aristaeinae,
Solenocerinae). Fame Madagascar, 46 : 1-197, fig. 1-63, tab. 1-22.
1986. — Crevettes pénéides d’eau profonde récoltées dans l'océan Indien lors des campagnes
BENTHEDI, SAFARI I et II, MD 32/RÉUNION. Bull. Mus. nain. Hist, nat., Paris, 4 e sér.. 7,
1985 (1986), sect. A, (4) : 839-877, fig. 1-14.
sous presse. — Crustacés Décapodes Penaeoidea : Benthesicymidae, Aristeidae, Solenoceridae.
— 601
In : Résultats des campagnes MUSORSTOM I et II, volume 4. Mém. Mus. nain. Hist. nul.. Paris ,
sér. A, Zool., 144 .
Faxon, W.. 1893. Reports on the Dredging Operations off the West Coast of Central America to the
Galapagos, to the West Coast of Mexico, and in the Gulf of California, in Charge of Alexander
Agassiz, Carried on by the U.S. Fish Commission Steamer « Albatross », during 1891, Lieut.
Commander Z. L. Tanner, U. S. N„ Commanding, VI : Preliminary Descriptions of New Species
of Crustacea. Bull. Mus. Comp. Zool. Harvard. 24 (7) : 149-220.
1895. The stalk-eyed Crustacea. Reports on an exploration off the West Coasts of Mexico,
Central and South America, and off the Galapagos Islands, in charge of Alexander Agassiz, by the
U.S. Fish Commission steamer « Albatross », during 1891, Lieut.-Commander Z. L. Tanner,
U. S. N., commanding, XV. Mem. Mus. comp. Zool. Harv. Coll., 18 : 1-292, fig. 1-6, pi. A-K. 1-57,
1 carte.
Gordon, L, I960. Additional Note on Gordonella polyartltra Tirmizi. In : N. Tirmizi, Crustacea :
Penaeidae. Part II. Series Benthesicymae. John Murray Exped. 1933-34, scient. Rep., 10 (7) : 379-
381, fig. 96.
Ki nsley, B.. 1968. Deep-sea Crustacea from West of Cape Point, South Africa. Ann. S. Afr. Mus., 50
(12): 283-323, fig. 1-19.
1977. The South African Museum's Meiring Naude Cruise. Part 5. Crustacea, Decapoda,
Reptantia and Natantia. Ann. S. Afr. Mus., 72 (2) : 13-44, fig. 1-16.
1981. On the Zoogeography of Southern African Decapod Crustacea, with a Distributional
Checklist of the Species. Smithson. Contrih. Zool., (338) : i-tv + 1-64, fig. 1-4.
Kikuchi. T., et T. Nemoto, 1986. List of Pelagic Shrimps (Crustacea. Decapoda) from the Western
North Pacific. Bull. Biogeogr. Soc. Japan, 41 (7): 51-59, fig. 1.
Man, J. G. de, 1907. — Diagnoses of new species of macrurous Decapod Crustacea from the « Siboga
Expedition ». II. Not. Leyden Mus., 29 : 127-147.
1911. Family Penaeidae. The Decapoda of the Siboga Expedition. Parti. Siboga Exped.
Monogr., 39a : 1-131.
Pérez Farfante, L, 1977. American Solenocerid shrimps of the genera Hymenopenaeus, Haliporoides,
Pleoticus, Hadropenaeus new genus, and Mesopenaeus new genus. Fish. Bull., 75 (2) : 261-346,
fig. 1-63.
Smith, S. L, 1882. Reports on the results of dredging, under the supervision of Alexander Agassiz, on
the east coast of the United States, during the summer of 1880, by the U. S. Coast Survey steamer
« Blake », Commander J. R. Bartlett, U. S. N., commanding. Report on the Crustacea. Part I.
Decapoda. Bull. Mus. comp. Zool. Harv. Coll., 10 : 1-108. pi. 1-15.
Siebhing, T. R. R., 1914. South African Crustacea (Part VII of S.A. Crustacea, for the Marine
Investigations in South Africa). Ann. S. Afr. Mus., 15 : 1-55, 7 fig., pi. 1-12.
Tirmizi, N. M., 1960. Crustacea : Penaeidae. Part II. Series Benthesicymae. Avec une note
additionnelle par 1. Gordon. John Murray Exped. 1933-34, scient. Rep., 10 (7) : 319-383, fig. 1-96.
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris , 4 e sér., 10, 1988,
section A, n” 3 : 603-625.
Scyliorhinus comoroensis sp. n., a new catshark
from the Comoro Islands, western Indian Ocean
(Carcharhiniformes, Scyliorhinidae)
by L. J. V. Compagno
Abstract. — A new species of catshark (Scyliorhinidae, Carcharhiniformes), Scyliorhinus comoroen¬
sis sp. n., is described from an adult male 464 mm TL from 400 m depth off Moroni, Grande Comore
Island. This is the first record of a scyliorhinid shark from the Comoro Islands. S. comoroensis can be
grouped with other species of Scyliorhinus with light spots on a dark background, including S. capensis, S.
torrei, S. hesperius , and .S', torazame. The new species is closest to 5. hesperius of the Atlantic coast of
Central America but differs in coloration, nasal flap size, anal and second dorsal fin positions, and
diplospondylous and total vertebral counts.
Résumé. — Une espèce nouvelle de roussette (Pisces, Chondrichthyes, Scyliorhinidae), Scyliorhinus
comoroensis n. sp., est décrite à partir d’un mâle adulte de 464 mm LT, récolté au large de Moroni,
Grande Comore, par 400 m de profondeur. Il s’agit de la première capture d’un scyliorhinidé pour les
Comores. 5. comoroensis peut être classée dans le groupe des espèces du genre Scyliorhinus présentant des
taches claires sur une livrée sombre, et comprenant S. capensis, S. torrei, S. hesperius , et S. torazame. La
nouvelle espèce est proche de 5. hesperius des côtes atlantiques de l’Amérique Centrale, mais elle s’en
distingue par la coloration, la taille des valvules nasales, la position de la nageoire anale et celle de la
seconde nageoire dorsale, le nombre total de vertèbres et celui des vertèbres diplospondyles.
L. J. V. Compagno, Shark Research Center, J. L. B. Smith Institute of Ichthyology, Private Bag 1015, Grahamstown
6140, South Africa.
Introduction
In 1982, 1983 and 1984, Dr. P. Fourmanoir conducted a series of private ichthyological
expeditions to the Comoro Islands and collected a few deapwater sharks with a deep-set
longline off Grande Comore. These were identified by Fourmanoir and stored in the fish
collection of the Muséum national d’Histoire naturelle. The specimens were recently
accessioned in the Museum collection and include the first records of the families Squalidae
and Scyliorhinidae from the Comoro Islands. The sharks include the following species and
specimens (B. Seret, pers. comm.) :
Family Squalidae : Centrophorus uyato , MNHN 1986-719, 715 mm TL female, Grande Comore,
350 m, May 1982. Squalus asper. MNHN 1986-722, 763 mm TL female, Grande Comore, 320 m, May,
1982.
Family Scyliorhinidae : Scyliorhinus capensis , MNHN 1984-701, 464 mm TL adult male, Moroni,
Grande Comore, 400m, June 18, 1983.
— 606
Scyliorhinus capensis (Smith, in Müller & Henle, 1838) was first named but not described
by A. Smith (1837, 1838) as ScyIlium capense (nomen nudum). ScyIlium capense was described
by Smith in Müller & Henle (1838 : 1 1), with a type locality “vom Cap” (from the Cape of
Good Hope, South Africa). Scyliorhinus capensis was considered by Bass et al. (1975),
Springer (1979), and Compagno (1984) as confined to South African waters, with outlying
records from India and Pakistan (Günther, 1870; Day, 1878; Misra, 1949, 1969; Qureshi,
1971) being incorrect and possibly based on an undescribed species of Scyliorhinus. Bass et al.
(1975) listed 5. capensis as ranging from Natal, South Africa, where it is extremely rare, to the
eastern Cape and southwestern Cape off Cape Town, where it commonly occurs in the catches
of commercial hake trawlers.
In 1985, 1986, 1987 and 1988 the writer and colleagues Mr. D. A. Ebert,
Mr. P. Cowley, and Ms. A. Macras (Shark Research Center), and Dr. M. J. Smale (Port
Elizabeth Museum) participated in eight hake demersal and experimental cruises (039, 046,
048, 050, 054, 056, 059 and 060) of RV “Africana”, a large (77.85 m, 2456 tonnes) and
modern research vessel outfitted as a stern trawler and operated by the Sea Fisheries Research
Institute, Cape Town. During these cruises we examined hundreds of Scyliorhinus capensis and
deposited some of them in the fish collection of the J. L. B. Institute of Ichthyology along with
S', capensis taken by four previous “Africana” cruises (015, 022, 028 and 033). The details of
the chondrichthyian collections made on these cruises will be published elsewhere, but some
data for S. capensis are noted in this account. We collected S. capensis off the Cape coast of
South Africa from East London to the Orange River mouth and off southern Namibia. Lloris
(1986) reported five S. capensis from Namibian waters just north of the Orange River but did
not collect it elsewhere off Namibia. Present information suggests that S. capensis is
commonest in South African temperate waters from the Cape Peninsula to Algoa Bay in
depths from 26 to 530 m, but apparently reaches the extreme limits of its range off Natal and
southern Namibia where very few specimens have been collected.
With the known range of S', capensis off southern Africa in mind I examined
Fourmanoir's Grande Comore specimen and compared it with material of S. capensis from
South Africa. This confirmed Fourmanoir’s placement of this shark in Scyliorhinus , but
indicated that it is a new species, not referable to S. capensis or any other species and described
below as S. comoroensis.
Terminology and abbreviations
Terminology for external and anatomical structures (including vertebral count terminolo¬
gy) follows Compagno (1970, 1979, 1988). Dentitional terms are from a system developed by
Dr. Bruce Welton and myself (see Compagno, 1988). The major difference as used here is the
substitution of the orientation terms ‘ distal ’ for ‘ postlateral ’, ‘ mesial ’ for ‘ premedial ’,
‘labial’ for ‘outer’ and ‘lingual’ for ‘inner’, in conformity with current European
terminology. Abbreviations and methodology for measurements follow the FAO system of
Compagno (1984) except for the following correction : The measurement MOL (mouth length)
was incorrectly shown in the diagram (Compagno, 1984 : 12) as extending from the lower
symphysis to the mouth corners, but should be from the upper symphysis to the mouth
corners.
— 607 —
Abbreviations for catalog numbers follow Leviton et al. (1985) and Compagno (1988) and
include : BMNH : British Museum (Natural History), London; ISH : Institut für Seefisherei,
Hamburg; LACM-C : Los Angeles County Museum of Natural History, uncataloged
Applegate cranial specimen ; LJVC : L. J. V. Compagno collection ; MNHN : Muséum
national d’Histoire naturelle, Paris; RUSI : J. L. B. Smith Institute of Ichthyology, Grahams-
town; SU : Stanford University fish collection, now housed at California Academy of
Sciences, San Francisco; USNM : United States National Museum of Natural History,
Washington, D.C.
RV “Africana” regular field numbers for hake demersal cruises (eg., A6300 056 082
3366) include a consecutive station number for the ship (A6300), the cruise number (056), the
consecutive station for the cruise (082), and a block coordinate number (3366). “Africana”
experimental field numbers on hake cruises (eg., A5309 050 E07) include only a consecutive
experimental station number (E07) in addition to ship station (A5309) and cruise (050)
numbers. Field numbers are also listed for the U.S. National Marine Fisheries Service research
vessels RV “ Oregon ”, RV “ Oregon II”, and RV “ Silver Bay ” for uncataloged comparative
material examined by me.
Family Scyliorhinidae Gill, 1862
Subfamily Scyliorhininae Gill, 1862
Scope of this family follows Springer (1979), and Compagno (1984, 1988). Compagno
(1988) divided the family into four subfamilies, one of which, Scyliorhininae, includes
Scyliorhinus along with Poroderma Smith, 1837, and Cephaloscyllium Gill, 1862.
Genus SCYLIORHINUS Blainville, 1816
Subgenus Scyliorhinus Blainville, 1816 : 121 (genus Squalus Linnaeus, 1758). Type
species : Squalus canicula Linnaeus, 1758, by subsequent designation of Gill (1862 : 407, as
“ Scylliorhinus canicula Blainville ”). For definitions and synonymies of this genus see Bigelow
& Schroeder (1948), Springer (1979), and Compagno (1984, 1988).
The latest revision of Scyliorhinus is that of Springer (1979), culminating his earlier work
on the genus (Springer, 1966; Springer & Sadowsky, 1970). Springer (1979), followed by
Compagno (1984, 1988), included thirteen species in Scyliorhinus : S. besnardi Springer &
Sadowsky, 1970, 5. boa Goode & Bean, 1896, S. canicula (Linnaeus, 1758), S. capensis (Smith,
in Müller & Henle, 1838), S. cervigoni Maurin & Bonnet, 1970, S. garmani (Fowler, 1934), S.
haeckelii (Ribeiro, 1907), S. hesperius Springer, 1966, S. meadi Springer, 1966, 5. retifer
(Garman, 1881), S. stellaris (Linnaeus, 1758), S. torazame (Tanaka, 1908), and 5. torrei
Howell-Rivero, 1936.
— 608 —
Springer’s revision of Scyliorhinus was based primarily on external morphology and
vertebral counts, and coloration figures heavily in his key to species. The present investigation
suggests that additional character systems, including cranial and clasper morphology and
intestinal valve counts, will be important in elucidating the interrelationships of species within
Scyliorhinus, but such an investigation is beyond the scope of this paper and was not possible
with the limited material available. A key to species, extensively revised from that of
Compagno (1984), is presented below.
IA.
IB.
2A.
2B.
3A.
3B.
4A.
4B.
5A.
5B.
6A.
6B.
7A.
7B.
8A.
8B.
9A.
9B.
IOA.
IOB.
11 A.
1 IB.
12A.
12B.
13A.
13B.
Key to species
Anterior nasal flaps contacting each other at upper symphysis; shallow nasoral grooves present
between nostrils and mouth.. Scyliorhinus canicula (Linnaeus, 1758)
Anterior nasal flaps not contacting each other at upper symphysis; no nasoral grooves between
nostrils and mouth. 2
Color pattern with conspicuous small dark spots or lines. 3
Color pattern without conspicuous small dark spots or lines, with light spots, dark saddles, or
both. 9
Color pattern of black lines in a reticular pattern. Scyliorhinus relifer (Garman, 1881)
Color pattern without black lines in a reticular pattern, with small dark spots and sometimes light
spots and dark saddles. 4
Saddle marks inconspicuous or masked by spots. 5
Saddle marks conspicuous. 7
Small and large dark and sometimes withe spots densely distributed over fins and body ....
Scyliorhinus stellaris (Linnaeus, 1748)
Large dark spots sparsely distributed on fins and body . 6
Round dark brown spots on fins and body. Scyliorhinus garmani (Fowler, 1934)
Irregular black spots on fins and body .. Scyliorhinus besnardi Springer & Sadowsky, 1970
Saddle marks outlined by borders of black spots or broken black lines .
Scyliorhinus boa Goode & Bean, 1896
Saddle marks not outlined by black spots or lines. 8
Anal base as long or longer than interdorsal space.
Scyliorhinus cervigoni Maurin & Bonnet. 1970
Anal base shorter than interdorsal space. Scyliorhinus haeckelii (Ribeiro, 1907)
A dwarf species, not exceeding 32 cm. Saddles obscure in adults.
Scyliorhinus lorrei Howell-Rivero, 1936
Medium to large species, adults 40cm to over 1 m. Saddles well developed in adults ... 10
Ground color dark with darker saddles but light spots few or absent. 11
Ground color light with darker saddles, blotches, and numerous light spots. 12
Head broad, width nearly equal to head. Dorsolateral denticles lanceolate and small, skin not
very rough. Scyliorhinus meadi Springer, 1966
Head fairly narrow, width about 3/4 of head length. Dorsolateral denticles tricuspidaxe and large,
skin very rough . Scyliorhinus torazame (Tanaka, 1908)
A large species, adults over 70 cm. Saddles with irregular edges, no conspicuous dark bar under
eyes. Scyliorhinus capensis (Smith, 1838)
Medium-sized species, adults mature between 40-50 cm. Saddles with sharp edges, a conspicuous
dark bar under eye. 13
Light spots small, wide-spaced, and scattered over body, present inside saddle marks and
between them. Scyliorhinus comoroensis, new species
Light spots large and close-set, usually confined to saddle marks, but when outside them large
and closely spaced. Scyliorhinus hesperius Springer, 1966
— 609
Scyliorhinus comoroensis n. sp.
(Figs. 1, 3-5, 6A, 7A, 8A-B)
Holotype : MNHN 1984-701, 464mm TL adult male, Moroni, Grande Comore, Comoro Is.,
ca. 11°40'S, 43°15'E, 400m depth, collected by P. Fourmanoir on 18 June 1983.
Derivation of name : Comoroensis, from the island group where the holotype was captured.
Diagnosis : A species of Scyliorhinus with a bluntly rounded, moderately long snout, preoral length
5.6 % of total length. Head moderately broad, greatest width 0.64 times of head length. Nostrils without
nasoral grooves ; anterior nasal flaps enlarged, reaching level of mouth but not touching each other at the
midline, with a strong medial ridge. Tooth row counts 50/50. First dorsal origin just anterior to pelvic
insertions ; second dorsal origin over anal midbase ; interdorsal space 0.9 times anal base. Denticles fairly
large, teardrop-shaped, and barely tricuspidate, skin relatively rough. Inner margins of pelvic fins only
partly fused into an apron over claspers, with a deep notch separating them for about half the inner
margin length. Claspers long and slender, cylindrical and blunt-tipped, extending behind expanded free
rear tips of pelvic fins but falling well anterior to anal origin. Clasper hooks absent, rhipidion well-
developed, cover rhipidion weak, accessory terminal and ventral terminal 2 cartilages absent, dorsal
terminal 2 present, dorsal and ventral terminal cartilages of equal length, end-style elongated and
extending between terminal cartilages for about two-thirds of their lengths. Monospondylous precaudal
vertebral count 40, total vertebral count 137. Intestinal valve with 8 turns. Color pattern with bold,
discrete dark gray-brown saddles and large blotches on a light-gray brown background, with scattered
numerous small white spots size of eye pupil or slightly larger; white spots in saddles and spaces between
them but not close-set; no small bold dark spots. Size small, male adult at 464mm TL.
Description
Measurements and proportions of the holotype (fig. 1) are presented in Table 1. Weight of preserved
holotype 290 gm.
Table 1. — Measurements in millimeters and proportions as percentages of total length for the
holotype of Scyliorhinus comoroensis, MNHN 1984-701. Measurements and abbreviations from
Compagno (1984).
mm
Percent total
length (% TOT)
Total length (TOT) :
464
100.0
Precaudal length (PRC) :
353
76.0
Prenarial length (PRN) :
16
3.4
Preoral length (POR) :
26
5.6
Preorbital length (POB) :
32
6.9
Prespiracular length (PSP) :
50
10.7
Prebranchial length (PGI) :
70
15.0
Head length (HDL) :
87
18.7
Prepectoral length (PP1) :
82
17.6
Prepelvic length (PP2) :
176
37.9
Snout-vent length (SVL) :
191
41.1
Preanal length (PAL) :
270
58.1
Pre-first dorsal length (PD1) :
215
46.3
Pre-second dorsal length (PD2) :
301
64.8
— 610 -
Interdorsal space (IDS) :
48
10.3
Dorsal-caudal space (DCS) :
25
5.4
Pectoral-pelvic space (PPS) :
62
13.3
Pelvic-anal space (PAS) :
61
13.1
Anal-caudal space (ACS) :
28
6.0
Eye length (EYL) :
15
3.2
Eye height (EYH) :
5
1.1
Interorbital space (INO) :
37
8.0
Nostril width (NOW) :
13
2.8
Internarial space (INW) :
7
1.5
Anterior nasal flap length (ANF) :
9
1.9
Spirale length (SPL) :
2
0.4
Eye-spiracle space (ELS) :
6
1.3
Mouth length (MOL) :
20
4.3
Mouth width (MOW) :
32
6.9
Upper labial furrow length (ULA) :
0
0
Lower labial furrow length (LLA) :
7
1.5
First gill slit height (GS1) :
8
1.7
Second gill slit height (GS2) :
8
1.7
Third gill slit height (GS3) :
7
1.5
Fourth gill slit height (GS4) :
7
1.5
Fifth gill slit height (GS5) :
6
1.3
Head height (HDH) :
36
7.8
Head width (HDW) :
56
12.0
Trunk height (TRH) :
38
8.2
Trunk width (TRW) :
46
9.9
Caudal peduncle height (CPH) :
15
3.2
Caudal peduncle width (CPW) :
9
1.9
Girth (GIR) :
134
28.8
Pectoral length (P1L) :
65
14.0
Pectoral anterior margin (PIA) :
54
11.6
Pectoral base (P1B) :
34
7.3
Pectoral heigth (P1H) :
53
11.4
Pectoral inner margin (PII) :
43
9.3
Pectoral posterior margin (PIP) :
25
5.4
Pelvic length (P2L) :
61
13.1
Pelvic anterior margin (P2A) :
33
7.1
Pelvic base (P2B) :
34
7.3
Pelvic height (P2H) :
23
5.0
Pelvic inner margin (P2I) :
25
5.4
Pelvic posterior margin (P2P) :
44
9.5
Clasper outer length (CLO) :
33
7.1
Clasper inner length (CLI) :
54
11.6
Clasper base width (CLB) :
4.3
0.9
First dorsal length (DIL) :
48
10.3
First dorsal anterior margin (D1A) :
57
12.2
First dorsal base (DIB) :
36
7.8
First dorsal height (D1H) :
29
6.3
First dorsal inner margin (Dll) :
12
2.6
First dorsal posterior margin (DIP) :
23
5.0
Second dorsal length (D2L) :
41
8.8
Second dorsal anterior margin (D2A) :
45
9.7
Second dorsal base (D2B) :
32
6.9
Second dorsal height (D2H) :
22
4.7
Second dorsal inner margin (D2I) :
10
2.2
- 611
Second dorsal posterior margin (D2P) :
17
3.7
Anal length (ANL) :
59
12.7
Anal anterior margin (ANA) :
46
9.9
Anal base (ANB) :
51
10.9
Anal height (ANH) :
23
5.0
Anal inner margin (ANI) :
7
1.5
Anal posterior margin (ANP) :
31
6.7
Dorsal caudal margin (CDM) :
110
23.7
Preventral caudal margin (CPV) :
48
10.3
Postventral caudal margin (CPL -1- CPU) :
47
10.1
Subterminal caudal margin (CST) :
22
4.7
Terminal caudal margin (CTR) :
24
5.2
Terminal caudal lobe (CTL) :
32
6.9
Head short, length 0.7 times in pectoral-pelvic space. Head fairly broad and flattened,
roughly trapezodial in cross-section at eyes. Outline of head in lateral view undulated dorsally,
convex in front of spiracles but with a slight depression just in front of gills and'a distinct
hump over them ; in dorsal view head has a broad parabolic outline anterior to gill openings.
Preoral snout length short, 0.8 times mouth width, broadly rounded in dorsal view, not
noticably indented anterior to nostrils; snout bulbous and bluntly pointed in lateral view,
convex above and below.
External eye opening with prominent anterior and posterior eye notchs; eyes large and
spindle-shaped, eye length 5.8 time in head length and 3 times eye height. Eyes dorsolateral on
head, with lower edges well medial to horizontal head rim in dorsal view, subocular ridges
strong. Nictitating lower eyelids of rudimentary type (Compagno, 1970), with shallow, scaled
subocular pouches and secondary lower eyelids free from upper eyelids.
Spiracles small, length 7.5 times in eye length, spiracles 0.4 times eye lengths behind and
below posterior eye notch. First two gill openings about equally wide, last three tapering down
to fifth; fifth slightly shorter than third, width of fifth 0.8 times of third; third 12.4 times in
head and 0.5 times of eye length. All gill openings slightly concave, gill filaments not visible
from outside. Upper ends of gill openings slightly below lower edges of eyes, gill openings not
elevated on dorsolateral surface of head. Wide-spaced but prominent gill-raker papillae
present on gill arches.
Nostrils (fig. 3) with large elongated incurrent apertures lacking posterolateral keels,
broadly angular nasal flaps with narrowly rounded tips, very small mesonarial flaps, small oval
excurrent apertures, and small posterior nasal flaps. Nostrils in front of mouth, with anterior
nasal flaps extending just past upper symphysis. Anterior nasal flaps very large but separated
by a narrow space, with a strong ventral ridge along their midlengths that does not extend
behind their posterior edges ; anterior nasal flaps covering posterior nasal flaps and excurrent
apertures. Nostril width 0.5 times in internarial space, 1.2 times eye length, and 0.5 times in
third gill opening width.
Mouth broadly arched, moderately large, and short, mouth width about 0.6 times of head
width at mouth corners, 2.7 times in head length; mouth length 1.6 times in mouth width.
Lower symphysis falling well short of upper symphysis, teeth prominently exposed in ventral
view. Tongue moderate-sized, flat and rounded, filling most of floor of mouth. Maxillary valve
extremely narrow, width about 0.13 times of eye diameter, highly papillose. Large buccal
— 612
INA
Fig. 3. — Scyliorhinus comoroensis , MNFIN 1984-771, A, right nostril in ventral view; B, same with anterior nasal flap
deflected. Abbreviations : ANF, anterior nasal flap; EXA, excurrent aperture; INA, incurrent aperture; MNF,
mesonarial flap; PNF, posterior nasal flap; RANF, ridge on anterior nasal flap (incipient barbel). Figure 3 and
subsequent illustrations by L. J. V. Compagno.
Fig. 4. — Scyliorhinus comoroensis, MNHN 1984-771. Teeth in A, D, E, labial view, B, F, lingual view, and C, G,
mesial view. A-C, upper right anteroposterior tooth at symphysis; D, lower right anteroposterior tooth at
symphysis; E-G, upper right posterior tooth at end of dental band. Abbreviations : BG, basal groove; BL, basal
ledge; CFT, crown foot; CR, crown; DSAS, distal attachment surface of root; DSC, distal cusplet; LIF, mesial
lingual foramen; MIF, medial lingual foramen; MSAS, mesial attachment surface of root; MSC, mesial cusplet;
PC, primary cusp; RT, root; TG, transverse groove; Tr, transverse ridge.
— 613
papillae covering floor and roof of mouth behind maxillary valve. Palate and floor of mouth
naked, with no buccopharyngeal denticles. Lower labial furrows moderately long, uppers
absent, anterior ends of lowers well behind lower symphysis. Labial cartilages large.
Teeth (fig. 4) in 50/50 rows, 2-3/3-4 series functional. Lateroposterior teeth arranged in
inconspicuous files in both jaws, no toothless spaces at symphysis. Teeth not highly
differentiated in upper and lower jaws and along jaws, tooth row groups include medials (M),
symphysials (S), and anteroposteriors (AP). Tooth formula is :
AP24 SI SI
AP23 M4
AP24
AP23
Right or
25-25
25-25
Sexual heterodonty probably weak, teeth not enlarged or particularly modified in adult
male holotype. Upper teeth slightly higher-crowned than lowers, with longer, stronger
transverse ridges, otherwise very similar. Medials and poorly differentiated symphysials are
higher-crowned and smaller than anteroposteriors, with erect or semierect cusps and one weak
cusplet on either side of the cusp. Anteroposteriors in both jaws are larger than medials and
symphysials, with strong erect to semioblique cusps, usually one strong high to low cusplet on
either side, strong basal ledges and grooves, longitudinal ridges confined to the basal ledges or
extending onto the cusps and cusplets, and low, flat roots. Gradient monognathic heterodonty
well-developed in anteroposterior teeth; distally the anteroposteriors become smaller, with
thicker and more oblique cusps, and lower cusplets. On distalmost teeth the cusp is shifted
slightly distal on the crown foot, with sometimes two mesial cusplets, but these teeth are not
comb-shaped. Sample teeth examined either have a narrow transverse groove (holaula-
corhizous) in distalmost teeth or no groove (anaulacorhizous) in teeth near symphysis,
and with prominent centrolingual foramen on linguobasal attachment surface of roots.
Tooth histological type (histotype) orthodont, with a definite pulp cavity.
Body fairly slender, trunk vertically oval in section at first dorsal base, length of trunk
from fifth gill openings to vent 1.2 times head length. No predorsal, interdorsal or postdorsal
ridges on midline of back, and no postanal ridge between anal base and lower caudal origin ;
lateral ridges absent from body. Caudal peduncle short, fairly high, slightly compressed,
cylindrical-tapering and without lateral keels, caudal peduncle height at second dorsal
insertion 1.7 times of width there, 1.7 times in dorsal-caudal space.
Lateral trunk denticles (fig. 5) with flat, elongated teardrop-shaped crowns about twice as
long as wide, anterior part covered with prominent reticulated depressions. Crown with a
strong medial ridge that extends the entire length of the crown onto the long, strong, narrow
medial cusp, ridge flanked posteriorly or along most of its length by a pair of low but
prominent accessory ridges ; medial cusp about as long as the rest of the crown ; lateral cusps
not well developed, mostly indicated as truncated lateral angles, lateral ridges anterior to them
very short or absent. Denticle crowns loosely spaced, not closely imbricated. Denticle pedicels
short and slender, but elevating crowns well above skin; denticle roots with 4 lobes.
Pectoral fins broad and rounded-triangular, not falcate, with broadly convex anterior
margins, narrowly rounded apices, nearly straight posterior margins, broadly rounded free
rear tips, convex inner margins, and broad bases. Pectoral anterior margin 0.8 times pectoral
length. Pectorals over twice area of first dorsal. Origins of pectorals under interspace between
third and fourth gill openings. Apex of pectoral anterior to its free rear tip when fin is elevated
and appressed to body.
Fig. 5. — Scyliorhinus contoroensi.i, MNHN 1984-771. Lateral trunk denticles from just in from ol first dorsal fin.
view of denticle crowns. Abbreviations : AMR, accessory medial ridge; LCU. lateral cusp; MCU. medial cusp;
MRI, medial ridge; RED, reticular indentations.
Fig. 6. — Pectoral fin skeleton of : A, Scyliorhinus comoroensis, MNHN 1984-771 ; B, Scyliorhinus cupensis, RV
"Africana” A2372 028 095 4010, 665 mm immature female. Abbreviations : ADIS, accessory distal radial
segments; DIS, distal radial segments; INS, intermediate radial segments; MES, mesopterygium; MET,
metaplerygium; MTS. metapterygial segments; PG, pectoral girdle; PRO, propterygium: PRS, proximal radial
segment.
615 -
Pectoral fin skeleton (fig. 6A) with radiais extending about 0.4 times of pectoral anterior
margin length into fin. Radiais mostly divided into three segments, longest distal segment 0.3
times length of its proximal segment. Pectoral skeleton tribasal, propterygium probably with a
single radial, mesopterygium probably with 5 radiais, and metapterygium with 10 radiais on
basal segment and none on metapterygial axis; total radial count 16. Propterygium small,
short, wedge-shaped, and distally elongated in the axis of its radial. Mesopterygium short,
subpentagonal, and slightly elongated and distally expanded in the axes of its radiais and
distally expanded. A large fused plate formed by the propterygial radial, the first mesopterygial
radial, and the intermediate segments of the second and third mesopterygial radiais ; a second
fused plate formed by the proximal segment of the second, third and fourth mesopterygial
radiais. Mesopterygium and metapterygium partly separated by an elongated fenestra.
Metapterygial basal segment triangular, elongated slightly diagonal to the axes of its radiais ;
metapterygial axis long, tetrasegmental, and with length about 0.8 times of metapterygial basal
segment. Only two accessory distal radial segments intercalated between first and second, and
second and third distal metapterygial radial segments.
Fig. 7. — Dorsal view of right claspers : A, Scyliorhinus comoroensis, MNHN 1984-771 ; B, Scyliorhinus capensis, RV
"Africana" A4750 048 029 3368, 945mm adult male; C, Scyliorhinus torrei, RUSI-6054, 267mm adult male,
Clasper drawings adjusted to same width at base. Abbreviations : AP, apopyle; CLD, clasper denticles; CRH,
cover rhipidion; EN, envelope; ERH, exorhipidion ; FCG, fused clasper groove; HP, hypopyle; RH, rhipidion;
RH?, probable rhipidion vestige.
- 616 -
Pelvic fins broadly triangular; pelvic anterior margins 0.6 times of pectoral anterior
margins ; pelvic area subequal to anal fin area. Pelvic anterior margins nearly straight, apices
narrowly rounded, posterior margin slightly concave, free rear tips attenuated and narrowly
rounded, inner margins fused for about half their lengths anterior to the free rear tips, forming
a partial ‘apron’ over the claspers.
Claspers (fig. 7A) relatively long and moderately stout, cylindrical, not markedly tapering,
and with slightly undulated, blunt-tipped clasper glans. Claspers extending well behind free
rear tips, by distance about 0.4 times pelvic inner margin, but falling in front of anal origin by
about 0.6 times of anal base. Most of clasper except dorsomedial and posteromedial surface of
glans (including rhipidion) and a lateral strip adjacent to the clasper groove covered with large
clasper denticles with anteriorly directed cusps. Exorhipidion not differentiated from lateral
edge of glans, specialized clasper hooks absent. Rhipidion present and relatively large,
partially covered medially by a weakly differentiated cover rhipidion. Pseudosiphon and
pseudopera absent. Apopyle and hypopyle connected by a long clasper groove, with its dorsal
margins fused over the clasper canal. Clasper skeleton (fig. 8A-B) relatively simple. The axial
Fig. 8. — Clasper skeleton of : A-B, Scyliorhinus comoroen.iis , MNHN 1984-771 ; C-D, Scyliorhinus capemis , RV
“Africana" A4750 048 029 3378, 945mm adult male. Abbreviations : AX, axial cartilage; B, basipterygium; B,
beta cartilage ; Bl, basal segment ; G, end-style ; RD, dorsal marginal cartilage ; RV, ventral marginal cartilage ; T3,
accessory terminal cartilage ; TD, dorsal terminal ; TD2. terminal dorsal 2 cartilage ; TV, ventral terminal cartilage ;
TV2, ventral terminal 2 cartilage.
617 -
cartilage (AX) or appendix-stem is connected proximally by a single basal segment (Bl) and a
dorsal beta cartilage (B) to the pelvic basipterygium. The clasper shaft, formed from the axial
cartilage and tightly rolled dorsal and ventral marginal (RD and RV) cartilages, is slender, and
tapers and then expands posteriorly in an elongated hourglass shape. The skeleton of the
clasper glans comprises a large, curved, wedge-shaped dorsal terminal (TD) and a similarly
shaped ventral terminal (TV), articulating with and separated along their proximo-mesial two-
thirds by a terminal extension of the axial cartilage, the narrow, cylindrical end-style (G); the
posterior ends of the terminal cartilages are separated by a gap and are slightly hooked. There
is no accessory terminal cartilage (T3), but a short, hooked dorsal terminal 2 cartilage (TD2) is
present and supports the rhipidion. The TD2 cartilage originates opposite the joint between
dorsal marginal and dorsal terminal cartilages, and extends about a third of the length of the
dorsal terminal posterior to the joint. Clasper siphons short and narrow, extending about 0.3
times pectoral-pelvic space anterior to pelvic bases and ending well behind pectoral free rear
tips.
First dorsal fin low, apically narrow and not falcate, with nearly straight anterior margin,
narrowly rounded apex, nearly straight posterior margin, angular free rear tip, and slightly
concave inner margin. First dorsal origin slightly anterior to insertions of pelvic fins, midpoint
of base slightly anterior to pelvic free rear tips, insertion about 1.5 times closer to anal origin
than pelvic insertions, and free rear tip about 0.7 times inner margin anterior to anal origin.
Posterior margin vertical from fin apex, insertion anterior to dorsal apex. First dorsal base 1.3
times in interdorsal space, 3.1 times in dorsal caudal margin; first dorsal height 1.2 times in
first dorsal base ; first dorsal inner margin 2.4 times in first dorsal height, 3 times in first dorsal
base.
Second dorsal fin low, apically narrow and not falcate, about 0.7 times of first dorsal area,
second dorsal height 0.75 times first dorsal height, base 0.9 times first dorsal base. Second
dorsal with nearly straight anterior margin, bluntly rounded apex, straight posterior margin,
narrowly rounded free rear tip, and straight inner margin. Second dorsal origin about opposite
anal midbase, insertion about opposite anal free rear tip, and free rear tip in front of upper
caudal origin by about 1.5 times its inner margin. Posterior margin slanting posteroventrally
from apex, insertion slightly anterior to dorsal apex. Second dorsal base 0.9 times in
dorsocaudal space, second dorsal height 1.5 times in second dorsal base, second dorsal inner
margin 2.2 times in second dorsal height and 3.2 times in second dorsal base.
Anal fin low, apically narrow, not falcate, and somewhat larger than second dorsal, anal
height 1.1 times second dorsal height and base 1.6 times second dorsal base. Anal anterior
margin nearly straight, apex narrowly rounded, posterior margin slightly undulated, free rear
tip acutely pointed, and inner margin straight. Anal base without preanal ridges, anal origin an
anal base length behind pelvic insertions, free rear tip slightly more than inner margin length
anterior to lower caudal origin. Anal posterior margin slanting posterodorsally, anal insertion
posterior to apex. Anal base 0.5 times in anal-caudal space, anal height 2.2 times in anal base,
anal inner margin 3.3 times in anal height and 7.3 times in anal base.
Caudal fin narrow-lobed and asymmetrical, with large terminal lobe and ventral lobe
hardly developed. Caudal short, dorsal margin 3.2 times in precaudal length ; preventral
caudal margin 3.2 times in dorsal caudal margin, terminal lobe 3.4 times in dorsal caudal
margin, subterminal margin 1.1 in terminal margin. Dorsal caudal margin slightly convex,
without lateral undulations, preventral margin basally concave and apically straight, tip of
618 -
ventral caudal lobe bluntly rounded, upper and lower postventral margins hardly differentia¬
ted, lower convex, upper nearly straight, transition between them a very broad concavity at an
angle of about 145 degrees, subterminal notch a narrow, deep slot, subterminal and terminal
margins nearly straight, lobe formed by these margins angular, and tip of tail narrowly
rounded.
Total vertebral counts (TC) 137, monospondylous precaudal (MP) centra 40, diplospon-
dylous precaudal (DP) centra 51, diplospondylous caudal (DC) centra 46. MP counts 29.2 %,
DP counts 37.2%, and DC counts 33.6% of TC counts. Ratios of DP/MP counts 1.3,
DC/MP counts 1.2, ‘A’ ratio 143, ‘ B’ ratio 114. Transition between MP and DP centra well
behind pelvic bases and over clasper shafts, about ten centra behind pelvic girdle. Last few MP
centra before MP-DP transition moderately enlarged, not forming a ‘stutter zone' of
alternating long and short centra.
Intestinal valve of conicospiral type, with 8 turns.
Cranium not dissected in the holotype, but examined by radiography and by probing its
head. The cranium is poorly calcified and is not well detailed on the radiograph. The nasal
capsules are apparently quite large, the supraorbital crests are strongly developed, and the
occiput is excerted, as in other Scyliorhinus species.
Color : In alcohol medium gray-brown above, cream-white below on head, trunk, and
precaudal tail, medium gray-brown on dorsal fins, upper surfaces of pectoral and pelvic fins,
and caudal fins, mottled gray-brown on undersides of pectoral and pelvic fins and anal fin.
Bold dark gray-brown saddle-marks on head above eyes, over gills, over pectoral rear tips,
over pelvic base, under first and second dorsal bases, and on base and above subterminal
notch of caudal fin, complemented by dark blotches below eyes, above gills and pectoral bases,
on the pectoral fin web, on flank in front of pelvic bases, on anterior part of pelvic fin web.
over anal base, on the anterior anal fin web, and on the hypural caudal lobe. Numerous small
white spots about size of eye pupil or smaller scattered over dorsal surface and sides of head,
body, tail, and dorsal surface of pectoral and pelvic fins, between and inside dark saddle marks
and most other dark spots. No small dark spots on fins or body.
Comparison with other species of Scyliorhinus
Nine species of Scyliorhinus are icadily distinguished from S. comoroensis by their color
patterns, which feature bold dark spots or lines on a light background and combined in some
species with dark saddles and light spots. 5. relifer has a reticulated pattern of dark lines
unique in the genus, while S. besmirch, S. boa, S. canicula, S. cervigoni, S. garmani, S. haeckelii ,
and S. stellaris have conspicuous, small to medium-sized, rounded dark spots. S. meacli has a
somber pattern of dark saddles on a light background, without light or dark spots. S. canicula
approaches S. comoroensis in having relatively larger, broader anterior nasal flaps which reach
the mouth ; but in S. canicula these meet at the midline of the snout and cover shallow nasoral
grooves that are lacking in S. comoroensis.
Scyliorhinus comoroensis, S. capensis, S. torrei, S. hesperius , and S. torazame agree with
one another in having a color pattern of light spots on a darker background, combined with
619
dark saddles and large dark blotches in some species but lacking small dark spots. In some S.
torazame and S. torrei the light spots are inconspicuous or obsolete ( torazamc ).
Scyliorhinus capensis of southern Africa differs from S. comoroensis in its much larger
size, with males adolescent at about 675-750 mm and adult at 800-950 mm. Its snout is usually
more pointed (fig. 2) and shorter than that of S. comoroensis (fig. 9A), with preoral length 3.2-
4.9% (N = 58, mean 3.91, standard deviation 0.37, and coefficient of variation 9.57)
vs. 5.6 % total length. S. capensis has smaller anterior nasal flaps which are often slightly in
front of the mouth, with medial ridges that are broader and less distinct than those of S.
comoroensis. Tooth counts for S. capensis are higher than S', comoroensis, 65-70/55-65 (N =
10, mean = 67.7/60.5, standard deviation = 1.89/3.06, coefficient of variation = 2.79/5.06)
vs. 50/50. The upper and lower dental arcades of S. capensis are closer together than those of
S. comoroensis (fig. 1-2).
The abdomen of S. capensis is relatively longer at all stages of growth than in S.
comoroensis (fig. 9B), with pectoral-pelvic space 15.6-23.8% (N = 58, mean 19.41, standard
deviation 1.37, and coefficient of variation 7.07) vs. 13.3% of total length. The first dorsal
origin of most S. capensis examined is well behind the pelvic insertions, except in two adult
females in which it is over them. All S. capensis examined have the second dorsal origin well
behind the anal midbase and varying from over last third to last sixth of the base. In adult
male S. capensis the pelvic inner margins are fused nearly to their tips, with a shallow notch
between them, and the pelvic rear tips usually extend posterior to the clasper tips. The pectoral
fin skeleton of 5. capensis (fig. 6B) has slightly longer distal radiais than that of S. comoroensis
(fig. 6A), and, in the specimens examined, has three accessory distal radiais rather than two.
The claspers of Scyliorhinus capensis and 5. comoroensis are strikingly different. In the
former, these are short, stout, and tapering (fig. 7B) with strong cover rhipidion, rudimentary
rhipidion, short, thick straight clasper shaft, no dorsal terminal 2 (TD2) cartilage (fig. 8C-D),
a ventral terminal slightly larger than the dorsal terminal, and well-developed ventral
terminal 2 (TV2) and accessory terminal (T3) cartilages (lacking in S. comoroensis). Dorsal
and ventral terminal cartilages (TD and TV) are proportionally much longer and flatter in S.
capensis than in S. comoroensis.
Scyliorhinus capensis has higher MP vertebral counts than S. comoroensis, 44-46 (N = 14,
mean = 45 I, standard deviation = 0,63. coefficient of variation = 1.41) vs. 40, but total
counts broadly overlap S. comoroensis at 130-144 (combined counts of writer and Bass et al.,
1975, N = 26) S. capensis has 10 or 11 turns in its intestinal valve, vs. 8 in S. comoroensis. Of
35 .S', capensis counted 14 had 10 valve turns and 20 had II turns (mean = 10.58, standard
deviation = 0.493, coefficient ol variation = 4.66).
The color pattern of Scyliorhinus capensis (fig. 2) differs from that of S. comoroensis in
having poorly defined, irregular dark saddles and light interspaces, and no bold, large dark
blotches below its eyes and on its fins. The light spots of preserved S. capensis are cream-
yellowish in color rather than white as in S. comoroensis ; live capensis have vivid golden spots.
Scyliorhinus torrei of the Western North Atlantic differs from S. comoroensis in its much
smaller size, with one adolescent male examined 203 mm long and three adult males 246, 256,
and 267mm long. It also differs in having a slightly shorter snout; first dorsal origin behind
pelvic insertions ; second dorsal origin over anal insertion ; pelvic inner margins fused nearly to
their tips in males, with a shallow notch between them, and usually extending posterior to the
clasper tips; possibly fewer intestinal valve turns (6 in one and 7 in two counted); and simpler
- 620
200 500 1000
Fig. 9. — Comparison of two proportional measurements of Scyliorhinus comoroensis (MNHN 1984-771) and S.
capensis (58 specimens} : A, preoral snout (POR) as percentage of total length (y axis), vs. total length (TOT) in
mm (x axis) ; B, pectoral-pelvic space (PPS) as % TOT (y axis), vs. TOT (x axis). Linear regression (Y = a + bx)
lines fitted to S. capensis data, with values POR = 4.47 + (—0.0010) (TOT) for data in A (R2 = 0.34) and PPS =
17.92 + (0.0028) (TOT) for B (R2 = 0.18). Note variation within the sample and allometric trends in .S', capensis ,
with preoral snout decreasing relative to total length with growth while pectoral-pelvic space increases with growth.
Symbols : 5. comoroensis , filled square, 5. capensis, hollow squares.
621
color pattern, with poorly defined dark saddles and light interspaces, fewer light spots, and no
bold dark blotches below eye and on fins and body.
Scyliorhinus torrei probably has fewer tooth rows than S. comoroensis; one specimen
counted had 44/42, while Springer (1979) reported a range of 40-46/38-42 for several
specimens (number not stated). S. torrei has fewer vertebrae than S. comoroensis ; for six
individuals counted, TC = 114-123 (mean =117.1, standard deviation = 2.91, coefficient of
variation = 2.48), MP = 31-34 (mean = 32.3, standard deviation = 1.37, coefficient of
variation = 4.25) and DP = 43-46 (mean = 44.6, standard deviation = 1.24, coefficient of
variation = 2.79). Springer (1979) listed 30-34 MP centra for 11 torrei counted.
The claspers of Scyliorhinus torrei (fig. 7C) are short and stout and have a tapered glans,
as in S. capensis , but have parallel sides anterior to the glans as in 5. comoroensis. S. torrei has
a weak cover rhipidion and large fleshy rhipidion as in 5. comoroensis , but differs in having a
well-developed exorhipidion (without clasper hooks) and a discrete envelope unlike either S.
comoroensis or S. capensis. The clasper skeleton of S', torrei (fig. 10) is similar to that of S.
capensis in having a broad shaft with parallel-sided dorsal and ventral marginals. The dorsal
and ventral terminals of S. torrei differ from those of S. comoroensis in being of unequal
length, with the dorsal terminal extending well posterior to the ventral terminal and being
differently shaped, clawlike in the former vs. broad and platelike in the latter. The end-style of
B 1
P
AX
RD
G
TD
Fig. 10. — Clasper skeleton of Scyliorhinus torrei. “Silver Bay" 2457, 256 mm adult male, in A, dorsal, and B, ventral
views. Abbreviations : AX, axial cartilage; B, basipterygium; B, beta cartilage; Bl, basal segment; G, end-style;
RD, dorsal marginal cartilage; RV, ventral marginal cartilage: TD, dorsal terminal; TV. ventral terminal
cartilage; TV2, ventral terminal 2 cartilage.
— 622
S. torrei is extremely short and barely protrudes between the terminal cartilages, unlike S.
comoroensis and S. torrei in which it is elongated and extends about half ( capensis) or two-
thirds ( comoroensis ) to the tips of the marginals. A small ventral terminal 2 (TV2) cartilage is
present in 5. torrei (supporting the exorhipidion), but is lacking in S. comoroensis.
Very few specimens of Scyliorhinus torazame and S. hesperius were available for
comparison with S. comoroensis. Both are moderate-sized species as in S. comoroensis, with
adults between 400-500 mm total length. S. torazame of the Western North Pacific differs from
S. comoroensis in having a shorter mouth and snout (Nakaya 1975, gives 3.7-4.2 for POR);
smaller anterior nasal flaps that do not reach the mouth ; much more elongated claspers than
in S. comoroensis (Nakaya, 1975, fig. 4; Springer. 1979, fig. 96), which nearly or quite reach
the anal origin and with long fused pelvic rear tips that extend past them ; second dorsal origin
over last half of anal base, behind pelvic midline; fewer MP centra, 33-38 (data from Nakaya,
1975, N =99; mean = 35.03, standard deviation = 0.99, coefficient of variation = 2.83);
and possibly lower intestinal valve counts, with 7 in two counted by me plus a count of 7
mentioned by Nakaya (1975); and claspers with discrete clasper hooks (Schmidt, 1935). Light
spots where present are large and relatively few in S. torazame (see Springer. 1979, fig. 95).
and dark saddles and blotches, when present, are irregular.
Scyliorhinus hesperius from the uppermost slope (274-457 m depth) of Atlantic Central
America is apparently close to S. comoroensis , with a broadly similar shape and color pattern,
moderate size, and similar tooth, intestinal valve, and MP vertebral counts. Springer (1966,
1979) records 52/46 tooth rows and 39-42 MP vertebrate (N =8) for S. hesperius while an
additional two specimens examined by me had MP counts of 38-41. S', hesperius has a short
abdomen and relatively long snout as in S. comoroensis, with POR 4.7 and 4.8 in two
specimens (Springer, 1979), and an intestinal valve count of 8 (one specimen counted by me).
Scyliorhinus hesperius differs from S. comoroensis most noticably in its color pattern.
Light spots are much larger, less numerous, and more regularly spaced than in S. comoroensis,
and are close-set within and (in some specimens) between the dark blotches and markings of
the body and tail ; dark primary saddle markings are more uniformly rectangular (more
irregular in S. comoroensis), and lighter intercalary saddles are well developed (indistinct in S.
comoroensis) ; the elongated lateral blotch on the abdomen in front of the pelvic fins is vertical
in S. hesperius but horizontal in S. comoroensis ; the pectoral fins have few large light spots and
very vague dark barring (strongly barred and with numerous small light spots in S.
comoroensis) ; the dorsal and pelvic fins have very few large light spots (several small ones in S.
comoroensis) ; and the pelvic and anal fins and caudal tip are not boldly marked with dark bars
(present in S. comoroensis).
In addition, the anal fin origin of Scyliorhinus hesperius is possibly more anteriorly
situated, about opposite the first dorsal free rear tip (well behind it in S', comoroensis), and the
second dorsal origin is behind rather than opposite the anal midbase. The anterior nasal flaps
of S. hesperius (see Springer, 1966, fig. 27D) are narrower, do not overlap the mouth, and
have less prominent medial ridges than in S. comoroensis, S. hesperius may also have fewer
diplospondylous and total centra than S. comoroensis ; two specimens counted by me had DP
counts of 44, DC counts of 40-45, and TC counts of 122-130.
It is apparent from the comparisons presented above that Scyliorhinus comoroensis is not
particularly close to its geographically nearest congener, S. capensis of southern Africa, and
that it may instead have a close relative (and possibly a sister species) in the distantly situated
- 623
5. hesperius of Central America. However, important features of the morphology of S.
hesperius are unknown (particularly its clasper structure) and need to be studied to determine
the relationship of S. hesperius with 2>. comoroensis and other members of its genus.
Comparative material
Scyliorhinus boa : RV “Oregon II” 11090, immature male, 292mm, adolescent male, 422mm,
immature female, 345 mm, adolescent female. Western North Atlantic, 530 m.
Scyliorhinus canicula : North Sea : ISH 52/59, 431 mm, adolescent male, 49°56' N Lat., 5°25' W Long.
England : LJVC-0430, 60cm adult male, head only. Italy, Naples : LACM-2, male (neurocranium only);
SU-20612, 443 mm mature male and two females, 361 and 365 mm.
Scyliorhinus capensis : South Africa : RUSI-6050, 851 mm adult male, RUSI-6051, 401 mm immature
female, and RUSI-6052, 596mm immature female. Eastern Cape, Algoa Bay, 26-128 m; RUSI-12147,
3 immature males, 367, 399 and 671 mm. Eastern Cape, no further data ; RUSI-12159, 231 mm immature
male, Eastern Cape, East London, no further data; RUSI-12160, 331 mm immature female, and RUSI-
12161, 275mm immature female, both from Algoa Bay, no further data; RUSI-21879, 435mm immature
male, RV "Africana" A1659 022 072 3154, Western Cape, 30°52'S, 16“06'E, 279 m; RUSI-21880.
541 mm immature female, RV “Africana” A1570 022 023 2579, Western Cape, 35°02'S, 18°58'E, 179m;
RUSI-21881, 385mm immature female, RV “Africana" A1658 022 071 3139, Western Cape. 30°46'S,
16°06'E, 214m; RUSI-21882, 300mm immature female, RV “Africana” A1560 022 017 2546, Western
Cape, 34°40'S, 18°49'E, 155m; RUSI-25218, 325mm immature female, RV "Africana” A2768 033 024
2675, Western Cape, 35°59'S, !9°58'E, 175m; RUSI-25219, 385 mm immature male and RUSI-25224,
410mm immature female, RV “Africana" A2750 033 006 2542. Western Cape. 34°40'S, 18°49'E. 192m;
RUSI-25220, 630mm immature male RV "Africana" A2786 033 042 4062, Western Cape, 31°38'S,
16°20.5'E, 364m; RUSI-25221, 672mm imature male, RV "Africana” A2241 028 017 5138. Western
Cape, 34°50' S, 18°17'E, 500 m; RUSI-25222, 392 mm immature male, RV "Africana" A2747 033 003
3373, Western Cape, 35°11'S, 18°57.4'E, 202m; RUSI-25223, 535mm immature female, RV “Africana”
A2235 028 014 5143, Western Cape, 35°16'S, 18°40'E, 466 m; RUSI-25225, 555 mm immature female,
RV “Africana” A2304 028 051 4137, Western Cape, 32°50'S, 16“58'E, 354m; RUSI-25226, 363mm
immature male, RV “Africana" A1193 015 002 3393, Western Cape, 35°35' S, 19°30'E, 204m; RUSI-
25227, 416mm immature male, RV "Africana" A2364 028 091 3011, Western Cape, 29°53'S, 15°18'E,
466m; RUSI-25228, 535mm immature male. RV “Africana" A1276 015 047 4029, Western Cape,
30°46'S. 15°30'E, 346m; RUSI-25229, 446mm immature female, RV “Africana" A2769 033 025 3406,
Western Cape, 36°00'S, 19°50'E, 201 m; RUSI-25715, 762 mm adolescent female, RUSI-25720, 697 mm
early adolescent male, RUSI-25720, 687 mm early adolescent male, RUSI-25721, 495 mm immature
female, RUSI-25722, 697 mm early adolescent female, RUSI-25723, 590 mm immature female, RUSI-
25731, 532mm immature male, RUSI-25927, 591 mm immature female, all from RV "Africana" A3429
039 089 4010, Western Cape, 30°02'S, 15°06.5'E, 365m; RUSI-25733, 636mm immature female, RV
“Africana” A3346 039 022 4179, Western Cape, 34°31 ' S, 13°08'E, 313m; RUSI-25919, 781 mm adult
female, and RUSI-25926, 870mm adult female, Algoa Bay, no further data; RUSI-26323, 620mm
immature male, RV “Africana" A4307 046 021 5138, Western Cape, 34°48'S, 18°16.4'E, 495m; RUSI-
26439, 945mm adult male, and RUSI-26440, 848mm gravid female, RV “Africana" A4750 048 029
3378, Southeastern Cape, 32°21.2'S, 22°04.0'E, 146m; RUSI-27137, 807mm gravid female, RV
“Africana” A5229 050 005 5145, Western Cape, 35°35.7'S, 19°04.0'E, 450m; RUSI-27138, 832mm
adult male, RV "Africana” A5303 050 067 2002, Western Cape, 29°37.8'S, 15°05.2'E, 270m; RUSI-
27139, 820mm gravid female, RV "Africana” A5309 050 E07, Western Cape, 29°10.5'S, 14°48.0'E,
215m; RUSI-27576, 800mm adult female, RUSI-27577, 901 mm adult male. RUSI-27578, 852mm adult
female, and RUSI-27579, 786mm adult female, RV “Africana” A5866 054 016 3391, Western Cape,
35°37.5'S, 19°26.7'E, 224m; RUSI-uncat., PEM-860730, three immature males, 310, 341, 373mm, and
two immature females, 275 and 475 mm, Algoa Bay off Bird Island; RUSI-uncat., LJVC-850722, 665 mm
immature female, RV “Africana” A2372 028 095 4010, Western Cape, 30°00'S, 15°05'E, 370 m
(skeletonized); RUSI-uncat., 289mm immature female, RV “Africana” A4814 048 076 3209, Eastern
Cape, 35°30.3' S, 2U10.8' E, 108 m ; RUSI-uncat., 880 mm adult male, four immature males, 275, 350, 395,
624 -
and 415mm and three immature females, 258. 281 and 465mm, RV "Africana" A5255 050 030 3124,
Western Cape, 30°42.6'S, 16°07.0'E, 217m; RUSI-uncat., 272mm immature male, RV "Africana”
A6300 056 082 3366, Eastern Cape, 34°24.1'S. 22°04.4'E, 146m; RUSI-uncat,, 713mm adolescent male,
no further data; SU-31455, 400 mm female, ‘Cape of Good Hope’. Also, numerous additional specimens
seen from trawl catches by RV “ Africana ” off the south and western Cape, not recorded here.
Scvliorhinus cervigoni : Senegal : ISH-390/64, 605mm female, 15°51'N Lat., I6°56'W Long., 140-
250m;'ISH-400/64, 640mm adol. male, 15°56'N Lat., 16°57'W Long., 140-250m.
Scvliorhinus garmani : “East Indies” : USNM-43749, 245mm immature female, holotype of
Halaelurus garmani Fowler, 1934.
Scvliorhinus hesperius : SU-65844, 159 mm immature female and 356 mm immature male, 12°31'N
Lat., 82°21'W Long., off Bluefields, Nicaragua.
Scvliorhinus retifer : Western North Atlantic. New England : LJVC-0197, 300 mm immature female
(skeletonized). Gulf of Mexico : LJVC-0323, 402 mm immature female. 29° 1 3.5'N Lat., 87°53'W Long.;
RV “Oregon" 4069, three immature females, 267, 280, 284mm, 250mm immature male, 29°30'N Lat.,
87°10'W Long., all five from off Mississippi Delta; RV “Oregon” 4547, 402mm immature female.
24°30'N Lat., 83°34'W Long. ; SU-65841, 330 mm immature female, 24°29' N Lat., 83°29'W Long., both
from off Dry Tortugas; SU-65840, 434mm immature male, 27°46'N Lat., 94°13'W Long., about
200 miles east of Corpus Christi, Texas. No data : RUSI-6055, 235mm immature male; RUSI-6056,
245 mm immature female.
Scvliorhinus stellaris : England : BMNH 1975.8.18.1, 960mm adult male, off Beachy Head. Italy :
SU-1483, 341 mm immature female and 323mm immature male, Venice; SU-20625, 375mm immature
male, Naples.
Scvliorhinus torazame : Japan : SU-22041, 456mm female, Hakodate, Hokkaido; SU-53386, 340mm
female, Chosi, Honshu.
Scvliorhinus lorrei : North coast of Cuba : RV "Silver Bay” 2457, 213mm immature male and
256mm adult male; SU-65845, 130mm immature male and 256mm adult male; all from 23°34'N Lat.,
79°7'W Long., 458m. No data : RUSI-6053, 246mm adult male; RUSI-6054, 267mm adult male (head
dissected).
Acknowledgements
I would like to thank Dr. B. Seret and Dr. M.-L. Bauchot of the Muséum national d’Histoire
naturelle, Paris, for loaning me the holotype of Scvliorhinus comoroensis for examination and description.
My special thanks to my colleagues Mr. D. A. Ebert, Mr. P. Cowley, and Ms. A. Macras (The ‘S.-
Team ’, Shark Research Center), and Dr. M. J. Smale (Port Elizabeth Museum) for collecting material of
S. capensis and much collaboration. Mr. B. Ranchod, Mr. E. Matama, Ms. E. Grant, and
Mr. P. Hazelhurst (J. L. B. Smith Institute of Ichthyology) for help with curation and illustration, the
Director of Sea Fisheries Research Institute for allowing us to participate in "Africana” cruises,
Dr. A. I. L. Payne for inviting us on these cruises and for much encouragement and support.
Dr. A. A. Robertson, Dr. A. Badenhorst, Dr. J. Augustyn, Mr. B. Rose, Mr. R. Leslie and the ‘A-
Team’ at Sea Fisheries Research Institute for much help on the cruises and other matters, and Capt.
D. Kriege and the officers and crew of RV “Africana” for expediting our work and making the cruises
both efficient and safe.
BIBLIOGRAPHIC REFERENCES
Bass, A. J., J, D. d’Aubrey, and N. Kistnasamy, 1975. Sharks of the east coast of Southern Africa. II.
The families Scyliorhinidae and Pseudotriakidae. S'. Afr. Ass. Mar. Biol. Res., Oceanogr. Res. Inst.,
Invest. Rep., (37) : 64 p.
Bigelow, H. B., and W. C. Schroeder, 1948. — Chapter three. Sharks. In : Fishes of the Western North
Atlantic. Mem. Sears Fnd. mar. Res., (1) 1 : 56-576.
- 625 -
Blainville, H. M. D. de, 1816. — Prodrome d’une distribution systématique du règne animal. Bull. Sci.
Soc. Philom. Paris, 8 : 105-124.
Compagno, L. J. V., 1970. — Systematics of the genus Hemitriakis (Selachii : Carcharhinidae), and
related genera. Proc. Calif. Acad. Sci., ser. 4, 38 : 63-98.
1979. — Carcharhinoid sharks : morphology, systematics and phylogeny. Unpub. Ph. D. thesis.
Stanford U., 932 p.
— 1948. — FAO Species Catalogue. Vol. 4, Sharks of the World. An annotated and illustrated
catalogue of shark species known to date. FAO Fisheries Synopsis No. 125, vol. 4, pt. 1
(noncarcharhinoids), pp. viii, i-250, April, pt. 2 (Carcharhiniformes), pp. x, 251-655, Dec. United
Nations Development Programme/Food and Agriculture Organization of the United Nations.
— 1988. — Sharks of the Order Carcharhiniformes. Princeton University Press, Princeton, New
Jersey. P. xxii, 570.
Day, F., 1878. — The fishes of India. 816 p. + atlas. London.
Gill, T., 1862. — Analytical synopsis of the Order of Squali; and revision of the nomenclature of the
genera. Squalorum generum novorum descriptions diagnosticae. Ann. Lvc. Nat. Hist. N. Y.,1 :
367-413.
Günther, A., 1870. — Catalogue of the fishes in the British Museum. Vol. 8, 549 p. British Museum
(Natural History), London.
Leviton, A. E., R. H. Gibbs, Jr., E. Heal & C. E. Dawson, 1985. — Standards in herpetology and
ichthyology : Part I. Standard symbolic codes for institutional resource collections in herpetology
and ichthyology. Copeia, 1985, (3) : 802-832.
Lloris, D., 1986. — Ictiofauna demersal y aspectos biogeograficos de la costa sudoccidental de Africa
(SWA/Namibia). Monografias Zool. Mar., Barcelona, 1 : 9-432.
Misra, K. S., 1947. — A check list of the fishes of India, Burma, and Ceylon. I. Elasmobranchii and
Holocephalii. Rec. Indian Mus., 45 : 1-46.
1969. — Elasmobranchii and Holocephali. In : M. L. Roonwal (ed.). The fauna of India and the
adjacent countries. Pisces, (Second Edition). Zoological Survey of India, Gvmt. India Press,
Faridabad, 276 pp., viii-xvii.
Müller, J., and F. G. J. Henle, 1838. — Systematische Beschreibung der Plagiostomen. Part 1, p. 1-28.
Veit, Berlin.
Nakaya, K., 1975. — Taxonomy, comparative anatomy and phylogeny of Japanese catsharks,
Scyliorhinidae. Mem. Fac. Fish. Hokkaido Unit’., 23 : 1-94.
Qureshi, M. R., 1971. — Sharks, skates and rays of the Arabian Sea. Pakist. J. Scient, ind. Res.. 15 (4-5),
spec. pap. : 294-311.
Schmidt, P., 1930. — On the Japanese shark Halaelurus torazame (Tanaka). C. r. Acad. Sci. URSS,
(1930) : 223-227.
Smith, A., 1837. — (On the necessity for a revision of the groups included in the Linnean genus Sc/ualus).
Proc. zool. Soc. Lond., (pt. 5) : 85-86.
— 1838. — (On the necessity for a revision of the groups included in the Linnean genus Squctlus).
Ann. nat. Hist., 1 : 12-1 A.
Springer, Stewart, 1966. — A review of Western Atlantic cat sharks, Scyliorhinidae, with description of a
new genus and five new species. U. S. Fish Wild!. Serv. Fish. Bull., 65 : 581-624.
— 1979. — A revision of the catsharks, family Scyliorhinidae. NOAA Tech. Rep., NMFS Circ.,
(422) : v, 1-152.
Springer, Stewart, and V. Sadowsky, 1970. — Subspecies of the western Atlantic cat shark, Scyliorhinus
retifer. Proc. biol. Soc. Wash., 83 : 83-98.
Achevé d'imprimer le 27 janvier 1989.
Le Bulletin du 2 e trimestre de l’année 1988 a été diffusé le 14 octobre 1988.
IMPRIMERIE NATIONALE
8 564 003 5
Recommandations aux auteurs
Les articles doivent être adressés directement au Sécrétariat du Bulletin du Muséum national
d’Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris. Ils seront accompagnés : de la traduction du titre
en anglais, d’un résumé en français et en anglais, de l’adresse du Laboratoire dans lequel le travail
a été effectué (en note infrapaginale sur la première page).
Le texte doit être dactylographié à double interligne, avec une marge suffisante, recto seule¬
ment. Pas de mots en majuscules, pas de soulignages (à l’exception des noms de genres et d’espèces
soulignés d’un trait). Il convient de numéroter les tableaux et de leur donner un titre ; les tableaux
importants et complexes devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme des figures.
La liste des références bibliographiques, à la fin de l’article, devra être présentée par ordre
alphabétique des noms d’auteurs, chaque référence étant indiquée ainsi : auteur, initiales du (ou
des) prénom, date, titre d’article ou d’ouvrage (en entier), revue abrégée selon la World list of Scientific
Periodicals, tome (souligné), numéro (entre parenthèses), deux points, pagination et illustrations.
Les dessins et cartes doivent être réalisés à l’encre de chine. Les photographies seront le plus
nettes possible et tirées sur papier brillant. Tenir compte de la justification du Bulletin : 14,5 cm x
19 cm. L’auteur devra indiquer l’emplacement des figures dans la marge de son manuscrit. Les
légendes seront regroupées à la fin du texte sur un feuillet séparé.
Tirés à part : 50 tirés à part seront fournis gratuitement par article. Les auteurs peuvent
éventuellement commander des tirés à part supplémentaires qui leur seront facturés directement
par l’imprimeur.
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Collection à périodicité irrégulière. Paraît depuis 1935. A partir de 1950, les Mémoires se subdivisent
en quatre séries spécialisées : A, Zoologie ; B, Botanique ; C, Sciences de la Terre ; D, Sciences physico-chi¬
mique. (Format in-4°).
Dernières parutions dans la série A
T. 116 — Betsch (Jean-Marie). — Éléments pour une monographie des Collemboles Symphypléones (Hexa¬
podes, Aptérygotes). 1980, 229 p., 65 fig.
T. 117 — Iiag (Paul L.) & Dudley (Patricia L.). — The family Ascidicolidae and its subfamilies (Copepoda,
Cyclopoida), with decriptions of new species. 1980, 193 p., 62 fig.
T. 118 — Tillier (Simon). — Gastéropodes terrestres et fluviatiles de Guyane française. 1980. 190 p., fig. 6 pl.
T. 119 — Golvan (Yves), Combes (Claude), Euzeby (Jacques) et Salvat (Bernard). — Enquête d’épidémio¬
logie écologique sur la schistosomose à Schistosoma mansoni en Guadeloupe (Antilles françaises). 1981,
229 p., fig., 3 pl.
T. 120 — MuRoz-Cuevas (Arturo). — Développement, rudimentation et régression de l’œil chez les Opiliens
(Arachnida). Recherches morphologiques, physiologiques et expérimentales. 1981, 117 p., fig., 10 pl.
T. 121 — Hugot (Jean-Pierre). — Les Syphaciinae (Oxyuridae) parasites de Sciuridés. Évolution des genres
Syphatineria et Syphabulea. 1981, 64 p., fig.
T. 122 — Felice (Suzanne). — Étude anthropologique des quatre squelettes de Kader des monts Anémalé (Inde).
1981, 65 fig.
T. 123 — Deuxième Symposium sur la spécificité parasitaire des parasites de Vertébrés. 1982, 326 p., fig.
T. 124 — Paullan (Renaud). — Révision des Cératocanthides (Coleoptera, Scarabaeoidea) d’Amérique du Sud.
1982, 110 p., fig., 18 pl.
T. 125 — Monniot (Claude) et Monniot (Françoise). — Les Ascidies antarctiques et subantarctiques : mor¬
phologie et biogéographie. 1983. 168 p., 27 fig., 5 tabl., 7 pl.
T. 126 — Clastrier (Jean). — Ceratopogonidae des îles Seychelles (Diptera, Hematocera). 1983. 83 p., 38 fig.
T. 127 — Holyak (D. I.) et Thibaud (J.-C.). — Contribution à l’étude des oiseaux de Polynésie orientale.
1984, 209 p., 22 fig.
T. 128 — Rougeot (Pierre-Claude). — Missions entomologiques en Éthiopie 1976-1982. Fasc. II. 1984, 93 p.,
9 fig., 18 pl.
T. 129 — Ledoyer (Michel). — Les Gammariens (Crustacea, Amphipoda) des herbiers de phanérogames
marines de Nouvelle-Calédonie (région de Nouméa). 1984, 113 p., 48 fig.
T. 130 — Descamps (Marius). — Revue préliminaire de la tribu des Copiocerini (Orth. Acrididae). 1984, 72 p.,
136 fig.
T. 131 — Dubois (Alain). — La nomenclature supragénérique des Amphibiens Anoures. 1984, 64 p., 1 pl.
T. 132 — Vertébrés et forêts tropicales humides d’Afrique et d’Amérique. Entretiens du Muséum, décembre 1982.
1986, 304 p., 8 pl.
T. 133 — Résultats des campagnes MUSORSTOM I et IL Philippines, tome 2. 1986, 526 p., fig., pl.
T. 134 — Brygoo (Edouard-R.). — Les Gerrhosaurinae de Madagascar. Sauria (Cordylidae). 1985, 65 p., 18 fig.
T. 135 — Lemire (Michel). — Contribution à l’étude des fosses nasales des Sauriens. Anatomie fonctionnelle de
la glande «à sels» des Lézards déserticoles. 1986, 148 p., 33 fig., 11 pl.
T. 136 — Monniot (C.) et Monniot (F.). — Les Ascidies de Polynésie française. 1987, 160 p., 55 pl. dessins,
5 pl. photos.
T. 137. — Forest (J.). — Les Pylochelidae ou «Pagures symétriques» (Crustacea Coenobitoidea). Résultats des
campagnes MUSORSTOM : Philippines. Tome 3. 1987, 274 p., 82 fig., 9 pl. phot.
T. 138. — Érard (C.). — Écologie et comportement des gobes-mouches (Aves : Muscicapinae, Platysteirinae,
Monarchinae) du Nord-Est du Gabon. Vol. 1 : Morphologie des espèces et organisation du peuplement. 1987,
256 p., 94 fig., 1 carte, 10 pl. phot.
Ouvrages disponibles au Service de vente des Publications du Muséum,
38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris