ISSN 0181-0626
BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION TRIMESTRIELLE
SECTION A
zoologie
biologie et écologie
animales
4 e SÉRIE T. 11 1989 N° 3
Juillet-Septembre 1989
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Professeur E. R. Brygoo
Section A : ZOOLOGIE
Directeurs : Pr E. R. Brygoo et M. Vachon.
Rédactrice : P. Dupérier.
Comité scientifique : R. C. Anderson (Guelph), M. L. Bauchot (Paris),
J. Carayon (Paris), A. Chabaud (Paris), A. M. Clark (London), Y. Coi-
neau (Paris), B. Collette (Washington), J. Daget (Paris), C. Delamare
Deboutteville (Paris), J. Dorst (Paris), C. Dupuis (Paris), N. Hallé
(Paris), C. Heip (Gent), R. Killick-Kendrick (Ascot), Y. Laissus (Paris),
R. Laurent (Tucuman), C. Lévi (Paris), H. W. Levi (Cambridge, USA),
C. Monniot (Paris), G. Pasteur (Montpellier), R. Paulian (Ste Foy-la-
Grande), P. Pesson (Paris), J. Vacelet (Marseille), A, Waren (Stockholm).
P. Whitehead (London).
Un Comité de rédaction examine tous les manuscrits reçus et nomme des
rapporteurs.
Fondé en 1895, le Bulletin du Muséum d’Histoire naturelle est devenu à partir de 1907 :
Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle. Des travaux originaux relatifs aux diverses
disciplines scientifiques représentées au Muséum y sont publiés. Il s’agit essentiellement
d’études de Systématique portant sur les collections conservées dans ses laboratoires, mais
la revue est également ouverte, depuis 1970 surtout, à des articles portant sur d’autres
aspects de la Science : biologie, écologie, etc.
La l re série (années 1895 à 1928) comprend un tome par an (t. 1 à 34), divisé chacun en
fascicules regroupant divers articles.
La 2 e série (années 1929 à 1970) a la même présentation : un tome (t. 1 à 42), six fasci¬
cules par an.
La 3 e série (années 1971 à 1978) est également bimestrielle. Le Bulletin est alors divisé
en cinq Sections et les articles paraissent par fascicules séparés (sauf pour l’année 1978
où ils ont été regroupés par fascicules bimestriels). Durant ces années chaque fascicule est
numéroté à la suite (n os 1 à 522), ainsi qu’à l’intérieur de chaque Section, soit : Zoologie,
n os 1 à 356 ; Sciences de la Terre, n os 1 à 70 ; Botanique, n os 1 à 35 ; Écologie générale,
n os 1 à 42 ; Sciences physico-chimiques, n os 1 à 19.
La 4 e série débute avec l’année 1979. Le Bulletin est divisé en trois Sections : A : Zoolo¬
gie, biologie et écologie animales ; B : Botanique, biologie et écologie végétales, phyto¬
chimie (fusionnée à partir de 1981 avec la revue Adansonia) ; C : Sciences de la Terre, paléon¬
tologie, géologie, minéralogie. La revue est trimestrielle ; les articles sont regroupés en
quatre numéros par an pour chacune des Sections ; un tome annuel réunit les trois Sec¬
tions.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’Histoire naturelle,
38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris, tél. 43-31-71-24 ; 43-31-95-60.
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Abonnements pour l’année 1989 (Prix h.t.)
Abonnement général : 1575 F.
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BULLETIN DU MUSEUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
4' série, 11, 1989, section A (Zoologie, Biologie et Écologie animales), n° 3
SOMMAIRE — CONTENTS
C. Monniot. — Ascidies de Nouvelle-Calédonie. VI. Pyuridae et Molgulidae .... 475
Ascidians from New Ccdedonia. VI. Pyuridae and Molgulidae.
J. Healy. — Spermatozeugmata of Abyssochrysos : ultrastructure, development and
relevance to the systematic position of the Abyssochrysidae (Prosobranchia,
Caenogastropoda). 509
Spermatozeugma d ’Abyssochrysos : ultrastructure, développement et rapports avec la posi¬
tion systématique des Abyssochrysidae (Prosobranchia, Caenogastropoda).
J.-L. Justine. — Quatre nouvelles espèces de Capillaria (Nematoda, Capillariinae)
parasites de Chiroptères du Gabon. 535
Four new species of Capillaria (Nematoda, Capillariinae), bat parasites from Gabon.
S. Morand. — Deux nouveaux Nématodes Cosmocercidae parasites des escargots
terrestres : Cepaea nemoralis L. et Cepaea hortensis Müller. 563
Two new Nematodes (Cermocercidae) parasite of terrestrial snails : Cepaea nemoralis L.
and Cepaea hortensis Midler.
J. Renaud-Mornant. — Espèces nouvelles de Florarctinae de l’Atlantique Nord-Est
et du Pacifique Sud (Tardigrada, Arthrotardigrada). 571
New species of Florarctinae from North Eastern Atlantic and South Pacific (Tardigrada,
A rthrotardigrada ).
M. L. I. Judson. — On the presence of Chthonius (C.) halberti Kew and Chtho-
nius (C.) ressli Beier in France with remarks on the status of Kewochthonius
Chamberlin and Neochthonius Chamberlin (Arachnida, Chelonethida, Chtho-
niidae). 593
Présence de Chthonius (C.) halberti Kew et de Chthonius (C.) ressli Beier en France et
remarques sur le statut de Kewochthonius Chamberlin et de Neochthonius Chamberlin
(Arachnida, Chelonethida, Chthoniidae).
J.-P. Mauriès. — Révision des Stemmiulides : espèces nouvelles et peu connues
d’Afrique (Myriapoda, Diplopoda) .
Revision of Stemmiulids : new and not very known species of Africa ( Myriapoda, Diplo¬
poda).
605
— 474
J.-F. David. — Le cycle biologique de Chamaesoma brolemanni Ribaut & Verhoeff,
1913 (Diplopoda, Craspedosomatida) en forêt d’Orléans (France) . 639
The life-cycle of Chamaesoma brolemanni Rihciul & Verhoeff, 1913 (Diplopoda, Craspe¬
dosomatida) in the forest of Orleans (France).
M. E. Hhndrickx. — Glytoplax consagae new species (Crustacea, Decapoda, Bra-
chyura, Panopeidae) from the Gulf of California, Mexico, with some notes on
the distribution of G. pugnax Smith, 1870 . 649
Glytoplax consagae now sp. (Crustacea, Decapoda, Brachyura, Panopeidae) du golfe de
Californie, Mexique, et notes sur la distribution de G. pugnax Smith, 1870.
J. H. Stock. — Landhoppers (Amphipoda, Talitridae) of the genus Orchestia of the
Canary Islands. 659
Talitidrae (Amphipoda) du genre Orchestia des iles Canaries.
Bull. Mus. nain. Hist, nat., Paris , 4' sér., II, 1989,
section A, n° 3 : 475-507.
Ascidies de Nouvelle-Calédonie
VI. Pyuridae et Molgulidae
par Claude Monniot
Résumé. — La famille des Pyuridae n’est représentée en Nouvelle-Calédonie que par onze espèces, la
plupart vivant dans les zones portuaires. Une seule espèce est nouvelle, Bolteniopsis pacifiais, qui vit dans
des sables grossiers et représente la première espèce de ce genre trouvée dans le littoral tropical. Les
Molgulidae ne sont représentées que par une espèce nouvelle.
Abstract. - The Pyuridae family is present in New Caledonia with eleven species only. Bolteniopsis
pacifiais is a new species, inhabiting coarse sand and represents the first species of this genus in tropical
shallow waters. The Molgulidae family is only represented by a new species.
C. Monniot. UA 699 du CNRS, Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, Muséum national
d'Histoire naturelle, 55, rue Buffon, 75005.
Les grandes espèces de Pyuridae montrent une préférence écologique pour les zones à
forts apports nutritifs. Ce sont souvent dans les ports qu’elles sont les plus abondantes grâce à
leur résistance à la pollution et à l’agitation des eaux. Leur transport d’un port à l’autre par les
navires fait qu’un certain nombre d’espèces sont cosmopolites. En Nouvelle-Calédonie la
plupart des espèces vivent ensemble dans le port de Nouméa, sur les piliers des quais, sous les
bouées et sur les chaînes d’ancres. Dans les milieux naturels, lagon, récifs, les Pyuridae sont
beaucoup plus rares et sont souvent représentées par des populations clairsemées d’individus
« maigres » alors que ceux des ports, que l’on peut qualifier de « gras », ont un manteau plus
épais et des gonades plus développées. Ces différences sont parfois si importantes que nous
avons dû figurer les deux types d’exemplaires.
Dans des sables grossiers, en arrière du récif barrière, nous avons décrit une petite
Pyuridae sabulicole appartenant au genre Bolteniopsis. Cette espèce présente des adaptations
parallèles à celles observées chez les Pyuridae sabulicoles de très petite taille d’Europe mais
n’appartient pas à la même lignée. Dans le même milieu nous avons trouvé une petite
Molgulidae qui peut aussi vivre fixée sur des supports divers. Il n’y a que très peu de
Molgulidae en zone tropicale et l’espèce de Nouvelle-Calédonie présente des affinités avec des
espèces subantarctiques ou antiboréales.
Pour les Pyuridae, la faune de Nouvelle-Calédonie apparaît comme très appauvrie par
rapport à la faune australienne avec laquelle elle présente de grandes affinités.
— 476 —
Famille des Pyuridae
Bolteniopsis pacifiais n. sp.
(Fig. 1)
Type : MNHN S2 BOL. B 17.
Cette espèce de 3 mm de diamètre vit libre dans le sédiment. Elle n’a été trouvée que par
B. Thomassin dans le lagon ouest un peu au nord de Nouméa, au pied de la pente sous le vent
du récif M’Ba, par 6 m de fond. Elle vit dans des bandes de sable grossier entre les pâtés
coralliens de la pente et l’herbier du fond du lagon. L’épaisseur du sédiment est faible (5-10 cm)
sur un fond induré.
L’animal se présente sous forme de petites sphères de 3 mm de diamètre, couvertes de
grains de sable (fig. 1, A). Les deux siphons, peu saillants, sont marqués par quatre lobes
pointus. On distingue quelques petites digitations sur la surface de la tunique. La tunique est
mince et opaque. Les grains de sable sont fixés directement dessus, sans rhizoïdes.
Le manteau est très fin et laisse voir tous les organes par transparence, y compris les
stigmates branchiaux. Chaque siphon possède sa musculature formée de fibres circulaires fines,
parallèles, et de fibres longitudinales régulièrement espacées; on en compte une quarantaine au
siphon buccal et une trentaine au siphon cloacal. Les fibres des deux systèmes ne
s’anastomosent pas. Les tentacules sont situés sur un petit velum très antérieur dans le siphon
buccal. Il y en a seize, de trois ordres, régulièrement alternés. Les plus grands sont situés en
retrait par rapport aux plus petits. Ils sont courts et non ramifiés. Le bourrelet péricoronal est
formé d’une seule lame saillante. Il est éloigné du cercle de tentacules et forme un V très
prononcé dorsal (fig. 1, D). Le ganglion nerveux est allongé et situé à mi-chemin entre les
siphons. La glande hyponeurale est située ventralement ; son canal s’ouvre au fond du V par
un orifice circulaire entouré d’une petite couronne de cellules différenciées. A droite de cette
ouverture, on trouve une crypte (fig. 1, D) formée par le bourrelet péricoronal. Cette crypte
largement ouverte est beaucoup plus visible que le tubercule vibratile. Le raphé est formé d'une
lame mince peu élevée.
La branchie est très fine ; elle possède six plis de chaque côté, le pli n° 2 étant réduit à un
seul stigmate. On compte :
D. E. 2 3 3 3 1 3 R. 3 1 3 3 3 3 E. G.
Les plis formés de deux ou trois sinus présentent des papilles indiquant la possibilité de
former un quatrième sinus. Les stigmates présentent un gradient antéro-postérieur de
développement. La partie antérieure est formée de quatre rangées de stigmates spiralés
formant des infundibula; la cinquième rangée est formée dans la partie ventrale (fig. 1, C)
d’infundibula spiralés et dans la partie dorsale de fragments de protostigmates. Postérieure¬
ment se trouvent trois protostigmates. Les stigmates spiralés des quatre premiers rangs peuvent
se cloisonner sous le pli sous la face postérieure de l'infundibulum, parfois surtout
ventralement; le cloisonnement peut aussi s’effectuer antérieurement.
Le tube digestif est petit et forme une boucle fermée, l’anus étant proche de l’entrée de
l’œsophage (fig. 1, B). L’œsophage étroit, courbé, donne accès à un estomac élargi dont la face
dorsale est munie de papilles hépatiques. L'intestin présente des constrictions dont l’une est
- 477
Fig. 1. — BoUeniopsis pacificus n. sp. : A, habitus: B, exemplaire ouvert; C, détail de la partie postéro-ventrale de la
demi-branchie gauche; D, région neurale; E, gonades.
marquée par la présence de cellules prenant le colorant plus que celles des régions voisines.
L’anus est rétréci et possède l’ébauche de quatre lobes.
Il n’y a qu’une seule gonade à droite (fig. 1, B, E) formée d’un petit testicule lobé et d’un
ovaire massif. Le spermiducte court sur l’ovaire et se termine par une papille peu saillante.
L’ovaire semble se prolonger par un oviducte large. Des œufs segmentés se trouvaient dans une
— 478 —
poche postérieure à la gonade. Nous n’avons pas pu mettre en évidence les relations entre
l’oviducte et la poche incubatrice.
Il n’y a d’endocarpe ni sur la gonade si sur le manteau.
Remarques
Cette espèce appartient à la famille des Pyuridae par sa structure branchiale (les
infundibula ne sont formés que d’un stigmate), sa musculature, sa glande hépatique et la
présence de quatre lobes aux deux siphons.
Les grandes familles d’ascidies simples possèdent à la fois dans les grands fonds et dans les
graviers littoraux de petites espèces paedomorphes dont la structure branchiale représente les
premiers stades du développement des branchies des différentes familles. Chez les Pyuridae, ces
espèces sont groupées en genres définis par les stades de complication successifs de la branchie,
stades par lesquels passent les larves et les jeunes des espèces de ces genres paedomorphes. Les
grandes espèces de Pyuridae sautent généralement ces stades dont les traces demeurent parfois
chez des individus jeunes.
Monniot F. (1965) a décrit l’apparition des protostigmates de l’avant vers l’arrière, la
formation des six premiers sinus longitudinaux, le cloisonnement des protostigmates entre ces
sinus et le début de la spiralisation chez Heterostigma gonochorica. Monniot C. (1965) a
complété cette étude en observant chez Cratostigma, Bolteniopsis, Hartmeyeria et Pyura la
formation des infundibula, en définissant le mode de cloisonnement de la spirale stigmatique
pour former les stigmates longitudinaux, et les lois de la formation des plis à partir des
premiers sinus longitudinaux. Depuis cette époque, plusieurs espèces de Heterostigma,
Cratostigma et Bolteniopsis ont été décrites, apportant la confirmation des observations
précédentes. Un genre encore plus simplifié qui ne possède que des protostigmates, Bathypyura
Monniot F., 1971, a été décrit de la plaine abyssale.
Le paedomorphisme de ces espèces se manifeste selon deux modalités : soit en conservant
à l’ensemble de la branchie une structure simple, c’est le cas des Bathypyura, Cratostigma,
Hartmeyeria et Ctenyura', soit en conservant le gradient antéro-postérieur de développement
chez les genres Heterostigma et Bolteniopsis. C’est à ce dernier genre que l’espèce de Nouvelle-
Calédonie est la plus apparentée.
Le genre Bolteniopsis ne comprenait que des espèces bathyales ou abyssales. Le type du
genre B. prenanti Harant, 1927, vit dans l’Atlantique nord-est de 200 à 1000 m avec dans la
Manche des populations isolées de 40 à 90 m. B. sessilis Monniot & Monniot, 1970, vit dans
l’Atlantique nord vers 2000 m. Deux autres espèces, dont une seule a pu être nommée (B.
perlucidus), vivent dans l’océan Indien, sur la pente de Mayotte, à 600 et 3400 m de
profondeur. B. pacificus se distingue de toutes ces espèces par une structure branchiale
beaucoup plus simple, avec des protostigmates non découpés, des infundibula peu développés,
sans stigmates ni sinus longitudinaux entre les plis. Les autres espèces décrites ont une gonade
de chaque côté et des endocarpes. Aucune n’est incubatrice.
B. pacificus par bien des aspects se rapproche des espèces interstitielles européennes du
genre Heterostigma par l’absence des gonades à gauche et d’endocarpes, et par la présence
d’une cavité incubatrice et de protostigmates non découpés. Mais il s’en distingue par la
présence de plis longitudinaux.
Il est curieux de constater qu’à taille équivalente les espèces paedomorphes sont toutes
— 479
incubatrices lorsqu'elles vivent dans les graviers littoraux et toutes ovipares en mer profonde
même si elles appartiennent aux mêmes genres. Les quatre Bolteniopsis profonds ne sont pas
incubateurs mais l’espèce littorale B. pacificus l’est. Le seul Heterostigma profond, H.
melitensis de Méditerranée, n’est pas incubateur alors que toutes les autres espèces du genre le
sont.
Microcosmus exasperatus Heller, 1878
(Fig. 2; pi. I, A)
Synonymie et répartition : voir Kott, 1985 : 348.
M. exasperatus vit dans toutes les mers chaudes et tempérées du globe, à très faible
profondeur. En Nouvelle-Calédonie, l’espèce est abondante dans le port de Nouméa sur
certains warfs et sous les bouées. Elle est plus rare mais toujours présente dans le fond du
lagon et sur les récifs. Selon le lieu d’implantation, l’espèce acquiert une taille et un aspect
différents. Nous décrirons un exemplaire du port de Nouméa et nous signalerons les
différences observées dans d'autres milieux.
L’aspect est globuleux, régulier; les siphons sont peu saillants; à l’état contracté, on
distingue une ride entre les siphons. L’animal est fixé par la face ventrale gauche. La coloration
brun rougeâtre est plus foncée au niveau des siphons. La tunique possède quelques rides bien
marquées ; elle est coriace mais assez souple ; il y a moins d’épibiotes que sur d’autres espèces
dans le même milieu. La taille est d’environ 4 cm mais de très grands exemplaires peuvent
dépasser 6 cm. La tunique est peu épaisse (1 à 1,5 mm) rose rougeâtre dans son épaisseur, plus
rouge près des siphons et ne présente pas de couche interne molle. Les spinules (pi. I, A) sont
présents sur la tunique réflexe. Ils apparaissent dressés; leur partie saillante mesure 100 à
150 ;xm.
Le manteau est assez fin pour laisser deviner la forme des gonades et du tube digestif. Le
bord des siphons est coloré en rouge, les muscles sont jaunâtres et forment un réseau régulier.
Les tentacules, une vingtaine de trois ordres, régulièrement disposés, sont insérés sur un
petit anneau musculaire. Ils portent trois ordres de ramifications régulières. Le bourrelet
péricoronal est formé de deux lames élevées; il décrit de petites ondulations au niveau des plis
et un V prononcé dorsal. Le tubercule vibratile est gros, saillant, en forme de fer à cheval avec
les cornes enroulées vers l'intérieur. L’aire pérituberculaire est couverte de fines papilles. Le
raphé est lisse, peu élevé; il contourne l'entrée de l’œsophage.
La branchie possède en général neuf plis à droite et huit à gauche (parfois neuf et neuf ou
neuf et dix); les plis les plus ventraux n’atteignent pas l’entrée de l’œsophage. On compte :
D. E. 3 12 5 20 5 24 6 23 5 24 6 27 8 22 6 20 6 23 3 R.
D. E. 4 15 2 20 3 22 4 23 4 24 5 25 4 25 5 24 5 23 2 R.
Les plis sont élevés et se recouvrent les uns les autres. Les sinus longitudinaux sont de
même taille sur les deux faces du pli et entre les plis, si bien qu’il est difficile de les distinguer.
Les plis se terminent progressivement près de l’entrée de l’œsophage et les sinus ne se
transforment pas en papilles. On compte de quatre à huit stigmates allongés par maille,
recoupés par un sinus parastigmatique. Le tube digestif (fig. 2, A) forme une boucle fermée
avec une inflexion caractéristique de la branche descendante de l’intestin. Il est soudé au
— 481 —
manteau sur toute sa longueur, sauf pour l’anus qui, lui, est soudé au raphé. L’estomac est
élargi et possède une glande hépatique volumineuse, en deux parties, dont la première est la
plus développée. Les deux masses sont couvertes de fines papilles. L’anus est lobé.
11 y a une gonade de chaque côté (fig. 2, A), formée chacune de trois lobes réunis par des
canaux. Les papilles génitales sont courtes, séparées et s’ouvrent loin du siphon cloacal. La
gonade gauche croise l’intestin sur le point de rebroussement de celui-ci.
Il y a quelques endocarpes qui prolongent les lobes des gonades. Les deux vélums des
siphons possèdent à leur base quelques petits tentacules digitiformes.
Une population trouvée dans le nord de la Nouvelle-Calédonie à 33 m de fond, au bord
du Grand Passage, présente quelques différences. Les exemplaires sont moins colorés et
portent plus d’épibiotes. La tunique est plus molle, le manteau possède une musculature plus
mince. Les différences principales s’observent sur le tube digestif (fig. 2, D) qui est moins
volumineux, avec une paroi très transparente et une courbure secondaire moins accentuée. Les
gonades peu développées, mais fonctionnelles, sont entourées de grands endocarpes. Des
endocarpes sont présents sur le tube digestif.
Un exemplaire de cette station contenait, dans sa cavité branchiale, une douzaine
d’Amphipodes et, dans sa cavité cloacale à l’intérieur des plis branchiaux, de nombreux
Copépodes immatures, de la famille des Notodelphyidae. Une telle disposition suggère un
antagonisme entre Amphipodes et Copépodes. Généralement, les Copépodes vivent dans la
cavité branchiale, les Amphipodes dans la cavité cloacale.
Les spécimens trouvés sur le platier du récif barrière, près de la passe de la Dumbéa, ne
dépassent pas 1,5 cm. Ils sont rouge vif avec des siphons bien marqués. Le manteau est
transparent et les gonades apparaissent en mauve. La structure interne (fig. 2, E) montre une
réduction très nette de la courbure secondaire de l’intestin et de l’importance de la glande
hépatique. La gonade apparaît formée d’un ovaire axial et de lobes contenant surtout des
éléments mâles.
Le genre PYURA
Sept espèces de Pyura sont présentes en Nouvelle-Calédonie. A une exception près, elles
vivent toutes sur les quais du port de Nouméa et sur les différents warfs, quais et bouées
autour de la Nouvelle-Calédonie. Il est souvent impossible de les distinguer les unes des autres,
en place, tant elles sont mélangées et couvertes des mêmes épibiotes. Certaines de ces espèces
sont également présentes dans le lagon et sur le récif externe. Les sept espèces sont toutes
connues d'Australie et de la région Indo-Malaise.
Kott (1985) regroupe les Pyura en trois groupes principaux, dont deux seulement sont
présents en Nouvelle-Calédonie, et en espèces isolées. Le groupe irregularis est ici représenté
par P. confragosa, P. sp. aff. confragosa et P. scortea. Le groupe albanyensis (groupe obesa de
Kott, 1985) 1 comprend P. vittata et P. albanyensis. P. sacciformis et P. momus n’ont que peu
de rapports avec les autres espèces.
1. Le binôme Pyura obesa sensu Hartmeyer, 1919, est préoccupé. P. obesa a été décrit par Sluïter (1912). Il s'agit
d’une espèce antarctique qui a été retrouvée pour la première fois par Kott (1971 : 60). P. obesa sensu Hartmeyer,
1919. n'a jamais été ni retrouvée ni recitée, même pas dans la faune d'Australie de Kott (1952). La synonymie entre P.
obesa sensu Hartmeyer. 1919, et P. albanyensis Michaelsen. 1927, décrite dans Hartmeyer et Michaelsen (1928) est
tout à fait probable. Cette espèce et ce groupe d'espèces doit donc porter le nom de Pyura albanyensis.
— 482 —
Le « groupe P. irregularis »
Il est caractérisé selon Kott (1985) par toute une série de caractères dont les plus
importants sont : la taille des spinules, la structure des gonades formées de lobes hermaphrodi¬
tes peu fixés au manteau et alignés plus ou moins régulièrement de part et d’autre des canaux
génitaux, une boucle intestinale souvent ouverte, à courbure secondaire réduite et, sauf pour P.
elongata et P. scortea, plus de six plis branchiaux.
Pyura confragosa Kott, 1985
(Fig. 3, 4; pi. I, A, B)
C’est de beaucoup la Pyura la plus commune de la région de Nouméa. Elle se rencontre
dans tout le lagon ; elle est particulièrement abondante dans les ports sur toutes les surfaces
artificielles (piliers, warfs, bouées, etc.). Sa forme est variable et dépend beaucoup de son
environnement. Elle est fixée par toute la face ventrale. Si le substrat est plat et les individus
isolés, la forme est régulière avec le siphon buccal dans l’angle antérieur et le siphon cloacal
aux deux tiers postérieurs ; la tunique est parcourue par de grandes rides et il existe une crête
entre les siphons. Si le substrat est irrégulier ou si les exemplaires sont serrés les uns contre les
Fig. 3. — Pyura confragosa Kott, 1985 : exemplaire à gonades très développées.
483 —
autres, la forme varie : les siphons deviennent peu visibles, les rides de la tunique sont
irrégulières et souvent la crête axiale est peu visible. Dans tous les cas les siphons sont courts et
presque invisibles chez les animaux contractés. Chez l’animal vivant les siphons sont rouges.
La tunique varie du brun clair à un brun violacé très foncé en passant par des exemplaires
rouges. Il y a souvent des épibiotes. La tunique est épaisse de 2 à 3 mm et très coriace. La
tunique réflexe dans les siphons est d'un blanc crayeux. Les spinules couvrent toute la tunique
réflexe. Ils sont dépourvus de pointes (pi. I, B) et enroulés en cornet. Contrairement aux
spinules de la plupart des Pyuridae, ils possèdent une surface granuleuse (pi. I, C) visible à fort
grossissement.
La musculature est bien développée sur les siphons et sur les flancs mais elle est très faible
sur la face ventrale. A ce niveau, le manteau est mince et brunâtre, presque noir, alors que les
masses musculaires sont jaunes. Les muscles sont plus développés chez les individus isolés que
chez les spécimens agglomérés.
Les tentacules sont insérés sur un très fort anneau musculaire. Il y en a seize grands de
trois ou quatre ordres et deux ordres supplémentaires de beaucoup plus petits. Les grands
tentacules sont peu ramifiés : une dizaine de digitations parfois divisées sur chaque face du
tentacule. Le bourrelet péricoronal forme des orbes au niveau de l’insertion des plis et un V
très prononcé dorsal (fig. 3, 4). Le tubercule vibratile est en général simple, en forme de C ou
de U, parfois divisé en deux. Il est peu saillant et se situe dans la partie supérieure du V formé
par le bourrelet péricoronal. Le raphé est long, constitué par des languettes courtes, serrées les
unes contre les autres et implantées sur un très gros vaisseau sanguin.
La plupart des spécimens possèdent huit plis de chaque côté, le pli le plus ventral étant
bien développé. Chez les petits exemplaires, on trouve parfois sept plis. Certains exemplaires,
qui ne sont pas forcément les plus grands, possèdent, comme le décrit Kott (1985), neuf plis, le
plus ventral étant alors rudimentaire. Chez un exemplaire moyen on compte :
D. R. 1 15 2 23 2 25 2 28 2 27 2 27 2 23 2 25 1 R.
G. E. 1 16 2 25 2 25 2 27 2 28 2 28 2 23 2 23 1 R.
Les plis sont très rapprochés. Les sinus entre les plis appartiennent à la face dorsale du pli
suivant. En effet, le sinus le plus ventral de chaque pli est plus développé que les autres. Les
plis se terminent d'une manière abrupte contre l’entrée de l’œsophage. Il y a cinq à huit
stigmates allongés par maille entre les plis. Il n’y a pas de sinus parastigmatiques.
Le tube digestif forme une boucle ouverte qui couvre une grande partie de la face gauche.
La courbure secondaire est nulle ou très faible (fig. 3, 4). L’œsophage est long. La masse
principale de la glande hépatique est située entre le tiers et le milieu de la branche ascendante
du tube digestif. La glande hépatique est constituée d'un lobe antérieur situé à droite de
l’endostyle, d’une série de petits lobes (fig. 3) (qui ne sont pas toujours présents (fig. 4, A)) et
d’un très gros lobe saillant formé d'amas de papilles digitiformes. La paroi de l’intestin est
mince. Le rectum, indépendant du manteau et du raphé, se termine par un anus rétréci à lobes
généralement retroussés.
La gonade droite possède une structure caractéristique bien visible chez les individus
jeunes (fig. 4, A) ou à gonades peu développées (fig. 4, B), mais beaucoup plus difficile à mettre
en évidence chez des individus très mûrs (fig. 3). Les canaux génitaux se divisent en deux
branches, l’une antérieure plus développée, l’autre postérieure. Ovaires et testicules sont
groupés en lobes saillants, souvent ramifiés ou subdivisés, et faiblement liés au manteau. La
Fig. 4. — Pyura confragosa Kott. 1985 : A, exemplaire jeune du port de Nouméa; B. petit exemplaire du lagon.
gonade gauche, de structure normale, est située dans la boucle intestinale; elle l'occupe en
entier chez les individus âgés et suit la branche ascendante chez les jeunes.
Les endocarpes sont liés aux lobes des gonades et ne sont présents que sur les lobes les
plus saillants. Il y en a aussi sur la branche descendante de l'intestin et en avant de la glande
hépatique sur l'œsophage. Le siphon cloacal possède un velum court et un très fort sphincter
analogue à celui du siphon buccal.
— 485 —
Remarques
L’espèce de Nouvelle-Calédonie est très proche de Pyura confragosa Kott, 1985, de la côte
du Queensland. Elle n’en diffère que par un point : chez les exemplaires australiens, Kott,
signale que la glande hépatique est formée d’un seul organe pédonculé situé au milieu de la
branche ascendante du tube digestif. Kott (1985) accorde de l’importance à ce caractère pour
distinguer P. confragosa de P. irregularis mais n’en tient pas compte pour d’autres espèces, par
exemple pour P.fissa (p. 302) (le type de l’espèce n’a qu’un seul lobe, les autres exemplaires en
possèdent plusieurs). Malheureusement, aucune allusion n’est faite à la gonade droite qui, à
notre sens, est le caractère le plus important de cette espèce. P. confragosa est aussi caractérisée
par la position de sa gonade gauche qui est éloignée des deux branches du tube digestif.
La tunique d’un exemplaire récolté dans la baie de la Dumbéa contenait une Modiole de
4,5 cm de long.
Pyura sp. aff. confragosa Kott, 1985
(Fig. 5; pi. I, D)
Un seul exemplaire a été trouvé à l’extérieur du grand récif près de la passe de la Dumbéa.
La taille est de 5,5 x 5,5 cm; l’exemplaire vivait couché, fixé par toute sa face ventrale. La
tunique, brun clair uniforme, est parcourue de grosses rides. Les siphons sont portés par de
grosses protubérances tuberculées. La partie dorsale de la tunique est hérissée de petits poils. Il
n’y a que peu d’épibiotes. La tunique est coriace, rigide et blanche dans toute sa masse; la
couche interne très mince est bistre. Son épaisseur est variable et peu atteindre 3 mm. Les
spinules sont de même type que ceux de P. confragosa (pi. I, D).
Le manteau blanchâtre, bistre sur les siphons, est peu épais et laisse deviner la forme des
gonades et du tube digestif. La musculature régulière est formée de rubans parallèles larges
mais peu épais.
Le siphon buccal possède un velum fin et très grand. Les tentacules sont très peu
développés chez l’individu observé. On en compte une dizaine de petits de 1 à 2 mm,
régulièrement disposés, portant deux à cinq ramifications de premier ordre. A la base du
velum, en arrière des tentacules ramifiés on trouve une ligne de petites digitations. Le bourrelet
péricoronal forme des ondulations très marquées au niveau des plis et un V très profond
(fig. 5). Le tubercule vibratile est situé tout au fond du V ; il est petit, plat et en forme de fer à
cheval, ouvert postérieurement. Le raphé court est formé de languettes coniques, pointues,
disposées à gauche d’un espace imperforé, parcouru par des rides correspondant aux sinus
transverses droits. Ces rides sont assez irrégulières et parfois interrompues.
On compte dix plis de chaque côté, dont le dernier à gauche n’est présent que dans la
partie dorsale :
D. E. 2 10 4 18 4 18 5 19 5 25 5 25 4 28 3 28 3 23 2 17 2 R.
Les plis sont élevés et se recouvrent les uns les autres. Ils sont brusquement coupés au
niveau de l’entrée de l’œsophage et les sinus longitudinaux se transforment en papilles
pointues. Les plis sont dissymétriques et les sinus longitudinaux situés entre les plis sont les
Fig. 5. — Pyura sp. aff. confragosa .
sinus dorsaux du pli. Les mailles entre les plis sont transversales et contiennent jusqu'à dix
stigmates alors qu’il n’y en a que cinq ou six sur les plis. Sur les plis, les stigmates sont allongés
et régulièrement recoupés par un sinus parastigmatique ; entre les plis, les rangées de stigmates
se recoupent et les sinus parastigmatiques deviennent interstigmatiques. De ce fait, les
stigmates entre les plis sont courts et non recoupés par un sinus parastigmatique.
Le tube digestif (fig. 5) forme une boucle ouverte à courbure secondaire peu marquée. Il
débute par un œsophage rectiligne qui débouche dans un estomac peu ou pas élargi. La glande
hépatique est formée de trois lobes : deux petits antérieurs et un grand postérieur. Chacun est
constitué d'amas de papilles denses. La glande n’a pas de coloration particulière. L’intestin est
soudé au manteau ; sa paroi est mince, avec un aspect marbré dû à des accumulations
cellulaires. Le rectum court, indépendant du manteau, se termine par un anus vaguement
quadrilobé.
Les gonades (fig. 5) sont formées de nombreux lobes peu liés au manteau mais solidement
fixés sur l’axe de la gonade qui ne contient que les canaux génitaux. La gonade droite est
sinueuse mais, contrairement à ce que l’on observe chez P. confragosa , les papilles s’ouvrent à
l’extrémité de la gonade. La gonade gauche n’est pas sinueuse. Les papilles épaisses s’ouvrent
nettement en retrait de l’anus.
Il y a de très nombreux endocarpes situés sur les lobes de gonades, sur le cœur et sur tout
— 487 —
le pourtour du tube digestif. Ils sont particulièrement bien développés sur les deux faces de la
branche descendante de l’intestin. Le siphon buccal est entouré par un fin velum implanté sur
un cercle.
Remarques
Le seul exemplaire dont nous disposons diffère de P. confragosa par d’assez nombreux
caractères : allure et couleur du manteau, présence d’endocarpes sur le cœur et anus à quatre
lobes. La structure de la gonade droite et la place du tubercule vibratile, si elles se révélaient
constantes, auraient une plus grande importance. L’emplacement du tubercule vibratile
rapprocherait l’exemplaire de Nouvelle-Calédonie de P. irregularis (Herdman, 1882), de
Tasmanie et de Bass Strait, mais P. irregularis ne possède que sept-huit plis et surtout
beaucoup moins de lobes aux gonades (huit à dix de chaque côté des canaux génitaux).
Pyura scortea Kott, 1985
(Fig. 6; pi. I, E)
Pyura scortea Kott, 1985 : 324, fig. 159 — Ouest de l'Australie.
C’est une espèce de grande taille (8 x 5 x 4 cm) avec de gros siphons saillants non
rétractiles. L’animal est solidement fixé au substrat par sa face ventrale gauche. La tunique est
ridée ; sa surface est presque lisse et elle porte peu d’épibiotes. Autour des siphons on trouve
une zone tuberculée. La coloration générale est rougeâtre avec des siphons rouge vif. La
tunique est épaisse de 2 à 3 mm mais n’est pas très rigide. Elle est blanche dans sa masse mais
se colore en rouge autour des siphons. La couche interne est fine, résistante, et se détache
facilement. La tunique réflexe dans les siphons est rouge vif et nous n’y avons pas trouvé de
spinules. Le manteau est uniformément brun clair dans le formol. La musculature est formée
de rubans nets longitudinaux et d'une couche continue régulière de muscles circulaires qui
cache entièrement la structure interne. Les spinules sont peu visibles et ne se rencontrent que
dans la partie tout à fait supérieure de la tunique réflexe, presque sur les siphons. Ils sont petits
(pi. I, D), largement espacés les uns des autres, mais présentent le même aspect en cornet
dépourvu de pointe que ceux des autres espèces du groupe.
Les siphons sont grands et peu muscularisés ; il y a seulement un fort anneau musculaire
saillant à leur base. On compte seize grands tentacules foliacés de trois ordres. Ils portent des
ramifications aplaties de premier ordre avec parfois quelques petits boutons de second ordre.
Ils sont larges, buissonnants et ferment complètement le siphon. Entre eux on en trouve de très
petits irrégulièrement développés. Le bourrelet péricoronal forme des ondulations au niveau
des plis et un V dorsal prononcé. Il est proche du cercle de tentacules. Le tubercule vibratile est
situé au fond du V ; il est peu saillant. Le raphé est formé de languettes pointues, coniques,
jointives à leur base, implantées sur la marge gauche d’une large bande imperforée, plus large
que la longueur des languettes.
Il y a six plis branchiaux de chaque côté. On compte chez un spécimen de 8 cm un nombre
équivalent de sinus à droite et à gauche :
E. 12 26 12 26 10 31 10 32 8 27 14 25 5 R.
488
Les plis sont élevés, fins et se recouvrent les uns les autres. Ils sont brusquement coupés au
niveau de l’entrée de l’œsophage et les sinus longitudinaux se transforment en papilles courtes.
Entre les plis on compte six à huit stigmates par maille, avec rarement un sinus
parastigmatique ; sur les plis on en trouve quatre à six, souvent avec des sinus parastigmati-
ques.
Le tube digestif (fig. 6) forme une boucle simple sans courbure secondaire (l’aspect du
tube digestif (fig. 6, A et C) est exclusivement lié à la contraction du corps car le rectum n’est
pas soudé au manteau mais lié au raphé). L’œsophage débouche dans un estomac peu élargi
avec une vaste glande hépatique en un seul lobe. La glande, blanc jaunâtre, est en forme de
chou-fleur avec des diverticules courts et serrés, hérissés de petites papilles. L’intestin
isodiamétrique se termine par un anus béant à bord lisse.
Les gonades (fig. 6) sont formées d’un petit nombre de lobes situés de part et d’autre des
canaux génitaux. Les lobes sont saillants, fixés au manteau par les canaux et quelques brides.
Fig. 6. — Pyura scortea Kott, 1985 : A, exemplaire avec gonades très développées du port de Nouméa ; B. exemplaire
du lagon (chenal de l'îlot Maître); C, exemplaire de la pente externe (ouest de File des Pins).
— 489 —
La partie femelle est interne et entourée de toutes parts par les acini testiculaires. Oviducte et
spermiducte débouchent ensemble par de grosses papilles très courtes situées en retrait de
l’anus.
Les endocarpes sont, chez les exemplaires du port de Nouméa, très peu développés (fig. 6,
A). On remarque quelques zones sur les gonades ne contenant pas de produits génitaux, un
endocarpe sur la boucle intestinale et quelques très petits sur le cœur. Si l'on sort du port où les
eaux sont très chargées en matière organique, les spécimens de P. scortea sont d’une taille
équivalente mais leurs gonades ont moins de lobes et de produits génitaux (fig. 6, B, îlot
Maître; fig. 6, C, ouest de l’île des Pins). Par contre les endocarpes sont plus développés non
seulement sur les gonades mais aussi sur le tube digestif et le cœur.
Les exemplaires du lagon ont une musculature plus faible que ceux du port, ce qui permet
de voir les gonades par transparence. Les tentacules sont moins longs et moins branchus et leur
longueur ne dépasse pas le demi-diamètre du siphon. La glande hépatique est moins
développée et la disposition du rectum peut varier.
Remarques
Cette espèce se rapproche de P. scortea Kott, 1985, par tous ses caractères sauf les
endocarpes dont Kott signale l’absence. Nos exemplaires les plus développés n’ont
pratiquement pas d’endocarpes (fig. 6, A) et, sans examen attentif et coloration, il est difficile
de mettre en évidence les petits endocarpes présents sur le tube digestif et le cœur.
Le « groupe P. albanyensis »
Le groupe P. albanyensis est né des éclatements successifs des synonymes de P. vittata. Ce
nom a été utilisé par de nombreux auteurs et plusieurs espèces ont été à un moment ou à un
autre mises en synonymies avec P. vittata. Monniot C. (1983) en a dressé la liste. A cette
époque, j’estimais comme probable la synonymie de l’espèce pacifique P. curvigona Tokioka,
1950. Les récoltes de P. vittata en Polynésie française et à Nouméa confortent cette hypothèse.
Je pensais également que l’espèce du Pacifique sud-ouest P. albanyensis Michaelsen, 1927
était très proche sinon identique à P. vittata. La récolte de cette espèce en Nouvelle-Calédonie
montre qu’il s’agit d’une espèce différente qui se distingue de P. vittata par de nombreux
détails dont le plus important est l’absence de dilatation de l’intestin postérieur.
La synonymie des deux espèces s’établit comme suit :
Pyura vittata (Stimpson, 1852)
Pour les exemplaires atlantiques voir Monniot C., 1983 : 1030.
Pour les exemplaires pacifiques :
= Pyura curvigona Tokioka, 1950 : 147, fig. 22, pl. 10, fig.4-5 — îles Palao; 1967 : 199, fig. 88-89
îles Palao; Millar, 1975 : 313, fig.90-91 Indonésie; Tokioka et Nishikawa, 1975 : 339.
fig. 37-40 - Okinawa; Kott, 1985 : 296, fig. 143a-b, 144 — West Australia, Queensland,
non Pyura curvigona-, Kott et Goodbody, 1982 : 539 Hong Kong [= P. sacciformis],
= Pyura vittata ; Monniot et Monniot, 1987 : 125 — Tahiti.
490 —
Pyura albanyensis Michaelsen, 1927
= Pyura obesa non Sluiter, 1912, Hartmeyer, 1919; 14, pi. 1, fig. 4-5 — Australie (cap Jaubert);
Kott, 1985 : 315, fig. 154a-b, 155 ouest et sud de l’Australie, Queensland.
= Pyura albanyensis Michaelsen, 1927 : 193 — ouest de l’Australie (Albany); Kott, 1986 : 80 —
Queensland.
= Pyura vittata; Tokioka, 1950 — îles Palao; 1952; 135, fig. 27 — mer d’Arafura; Kott, 1964 :
142 — mer d’Arafura, Queensland; 1966 : 300 — Queensland (Townsville); 1972a : 37 sud
de l’Australie; 19726 : 242 — Queensland; Hartmeyer et Michaelsen, 1928 : 435, fig. 53
West Australia.
= Pyura scoresbiensis Kott, 1972a ; 36, fig. 57-59 — sud de l’Australie; 19726 : 187; 1975 : 14 -
Victoria; 1976 : 78.
A cette synonymie il faut peut-être ajouter Pyura karasboja (Oka, 1906), espèce japonaise
qui ne possède pas d'élargissement de l’intestin postérieur, et que Oka (1932), puis Tokioka
considéraient comme synonyme de Pyura vittata à la suite de l’erreur commise par Van Name
(1921) (dans cette publication, Van Name a utilisé un dessin représentant Pyura munita comme
figuration de Pyura vittata ). Une synonymie complète de cette espèce japonaise a été publiée
par Monniot C. (1983 : 1032).
Pyura vittata (Stimpson, 1852)
(Fig. 7; pi. I, F)
Le corps est globuleux, solidement fixé sur le substrat par de larges expansions de la
tunique. Le plus grand spécimen (figuré) mesure 5,5 cm de long. Le corps est en partie
recouvert d’épibiontes. La tunique est tuberculeuse, brunâtre dans le formol. Les siphons ne
sont pas saillants. Ils sont marqués sur la tunique par des spinules iridescents; ceux-ci sont très
serrés à l’ouverture du siphon, et s'écartent les uns des autres sur un anneau de tunique entouré
par les tubercules de la tunique. Sur la tunique réflexe, les spinules ne sont disposés que sur la
partie distale. Ils sont très grands (100 à 150[xm) et disposés presque parallèlement à la surface
de la tunique réflexe (pi. I, F). La tunique a une consistance de cuir ; elle est blanche dans son
épaisseur qui atteint 2 à 3 mm. La couche interne est fine, molle et forme une peau contenant
de nombreux granules pigmentaires jaunâtres ou brunâtres; elle se détache facilement.
Dans le formol, le manteau est translucide et laisse voir les gonades qui sont pigmentées
en blanc crème. Les muscles sont rougeâtres. La musculature est formée de bandes nettes dans
la partie dorsale, qui se divisent ventralement pour former un champ de fibres parallèles
perpendiculaires à l’endostyle. La musculature circulaire est moins développée que la
musculature longitudinale.
On compte environ seize tentacules de quatre ordres alternés. Les plus grands atteignent
5 mm et portent de chaque côté une dizaine de ramifications aplaties. Ces ramifications sont
frangées par de petits tubercules. Chez un exemplaire plus petit, les grands tentacules, au
nombre d’une dizaine, ne portent que très peu de ramifications et sont séparés par de petites
digitations. Le bourrelet péricoronal est situé très près du cercle de tentacules et de la branchie.
Il forme des ondulations au niveau des plis et un V peu prononcé dorsal. Le tubercule vibratile
est saillant, en fer à cheval avec les cornes enroulées vers l’intérieur. Le raphé est formé de
— 492 —
languettes coniques, longues et pointues. Elles sont très serrées et se touchent les unes les
autres.
La branchie est fine et non pigmentée : elle est formée de six plis élevés de chaque côté, se
recouvrant les uns les autres. On compte chez un exemplaire de 5,5 cm à droite :
E. 8 18 8 21 10 22 12 28 8 23 5 26 5 R.
Au niveau de l’entrée de l’œsophage, les plis se terminent brusquement, les sinus
longitudinaux se transformant en papilles. On compte de six à huit stigmates allongés par
maille, aussi bien entre que sur les plis. Les sinus parastigmatiques sont rares. Au sommet des
plis on distingue des spirales stigmatiques.
Chez un exemplaire de 3 cm, le nombre de sinus est moins important :
E. 6 13 5 17 5 18 5 19 4 18 5 13 4 R.
Les plis ventraux sont repliés sur eux-mêmes, l’axe du pli venant en contact avec la face
dorsale du pli.
Le tube digestif (fig. 7, A, D) débute par un œsophage assez long qui se poursuit par un
estomac un peu élargi à paroi mince. La glande hépatique est formée d’un très petit lobe
antérieur, incolore, situé à droite de l’endostyle, et d’un très gros lobe pédonculé, en chou-
fleur, de couleur verte. Entre les deux on trouve quelques petites digitations, ou un petit lobe
incolore (fig. 7, A), qui représentent les vestiges des lobes intermédiaires. L’estomac débouche
progressivement dans l’intestin. L’intestin postérieur est très dilaté (fig. 7, A, D). Le rectum
court, non soudé au manteau, se termine par un anus béant possédant quelques lobes peu
marqués.
Il y a une gonade de chaque côté, formée d’un ovaire tubulaire qui émet des lobes de part
et d’autre de son axe. Chaque lobe est hermaphrodite ; la partie femelle est externe, la partie
mâle, peu développée dans l’exemplaire figuré (fig. 7, A), est interne. Chez un petit exemplaire
(fig. 7, D) dont la gonade est peu développée, la partie mâle recouvre tout le lobule. Chaque
lobe émet un spermiducte fin qui vient se jeter dans un spermiducte large situé sur la face
interne de l’ovaire. Oviducte et spermiducte s’ouvrent ensemble par une papille courte près du
siphon cloacal, un peu en retrait de l’anus.
Il y a de grands endocarpes sur les gonades et autour du tube digestif, surtout à l’extérieur
de la branche descendante de l’intestin. Il n’y a pas d’endocarpes indépendants. Les deux
siphons possèdent un grand velum.
Pyura albanyensis Michaelsen, 1927
(Fig. 8; pi. II, A, B)
Quelques spécimens de cette espèce ont été trouvés en Nouvelle-Calédonie dans des
milieux différents. L’aspect des gonades, du tube digestif et surtout des endocarpes est très
différent, aussi avons-nous figuré et décrit les trois spécimens.
Spécimen de grande taille fixé sur la pente du lagon (ouest de l’île des Pins, 23°36.3' S-
167'14.2'E, 20-60m) (fig. 8, A-C; pi. II, A)
L’exemplaire mesure 5 x 5 x 5 cm. Il était fixé par une partie réduite de sa face ventrale.
Les deux siphons sont saillants et proches l’un de l’autre (2 cm). La partie ventrale de la
— 493 —
tunique est jaunâtre; la coloration devient brun rougeâtre sur les flancs et brune sur les
siphons. La tunique est parcourue de quelques rides dues à la contraction. Les siphons sont
entourés de tubercules saillants. Lorsqu’ils sont contractés les siphons s’ouvrent dans une
petite dépression. Les lobes des siphons sont recouverts de spinules iridescents (pi. II, A). La
tunique est épaisse de 3 à 4 mm, blanche et molle dans son épaisseur. La couche interne de la
tunique est jaunâtre, gélatineuse et se détache facilement. La tunique réflexe est colorée en
brun rouge.
Le manteau, très peu pigmenté, est translucide. Il laisse nettement voir par transparence
gonades et tube digestif. Les muscles, régulièrement disposés, sont blanchâtres. La musculature
radiaire est disposée plus régulièrement que la musculature transverse qui est formée de rubans
plus minces.
Le velum buccal est élevé : sa marge est entière. Les tentacules sont peu nombreux (seize
de trois ordres), longs, pourvus de digitations latérales longues rarement bifides. Le bourrelet
péricoronal forme des ondulations au niveau des plis et un V dorsal peu accentué ; il est très
proche du cercle de tentacules. Le raphé est long et formé de languettes longues, fines et
pointues, implantées à gauche d’une large bande imperforée.
Il y a six plis de chaque côté, relativement bas et ne se recouvrant pas les uns les autres.
On compte à droite :
E. 10 23 10 24 11 24 12 23 14 23 13 23 6 R.
Les plis se terminent brusquement au niveau de l’entrée de l’œsophage par une lame
imperforée, prolongée par des papilles correspondant aux sinus longitudinaux. A droite du
raphé, entre celui-ci et le troisième ou quatrième sinus longitudinal, la branchie ne présente que
de très rares perforations, alors qu’à gauche, les stigmates sont normaux au contact du raphé.
Les mailles sont carrées et contiennent cinq à sept stigmates allongés entre les plis et deux à
trois sur les plis, toujours recoupés par des sinus parastigmatiques.
Le tube digestif (fig. 8, A, C) forme une grande boucle régulière qui occupe la plus grande
partie de la face gauche. Les deux branches sont parallèles. L’œsophage est long ; il débouche
dans un estomac peu élargi. La glande hépatique est formée de deux parties : de petits lobes
incolores avec des papilles digitiformes, situés sur l’œsophage, et une grosse masse formée
d’amas pédonculés de papilles courtes et pigmentées en vert. L’intestin est isodiamétrique,
soudé au manteau sur toute sa longueur. Le rectum est également soudé au manteau jusqu’à
une distance de l’anus inférieure au diamètre de celui-ci. L’anus présente quatre lobes très
plats.
Les gonades (fig. 8, A) sont formées d’un ovaire en boudin central, émettant des
diverticules latéraux couverts d’acini testiculaires. Les lobes sont disposés irrégulièrement et
certains peuvent être situés sur l’ovaire. Les papilles génitales sont grosses et s’ouvrent près du
siphon cloacal au niveau de l’anus.
Il y a de très nombreux endocarpes sur les lobes des gonades, tout autour du tube digestif
et sur le cœur. Le siphon cloacal est fermé par un grand velum dont l’implantation est
irrégulière.
Forme de petite taille vivant sur le sédiment (fig. 8, D; pi. II, B)
Ce spécimen se présente sous la forme d'une sphère de 12 mm de diamètre un peu aplatie,
fixée par la face ventrale sur un petit morceau de corail mort posé sur le sédiment. Il a été
495 —
trouvé dans le lagon à l’ouest de Nouméa entre l’îlot Goéland et le récif barrière (10 m). La
tunique est imprégnée de sable. Les deux siphons, un peu saillants, s’ouvrent l’un près de
l’autre; ils sont aussi couverts de sédiment et possèdent des lobes indistincts. La tunique
possède deux couches; l’une épaisse imprégnée de sédiment, l’autre mince blanchâtre,
membraneuse, et qui contient des granules jaunâtres. Les spinules sont du même type que ceux
de l’exemplaire de l’île des Pins mais leur taille est moins importante (pi. Il, B).
Le manteau mince laisse voir les organes par transparence. La musculature est formée de
fibres régulières. Les siphons sont colorés en jaune d’or, les gonades sont un peu rosées et la
glande hépatique est brune. On compte de vingt à vingt-cinq tentacules de trois ou quatre
ordres avec une douzaine de ramifications primaires obtuses, portant quelques boutons de
second ordre. Le bourrelet péricoronal ne forme ni ondulations ni V dorsal net (fig. 8, D). Le
tubercule vibratile a une ouverture en U dirigée vers l’avant sur un bouton saillant. Le raphé
est assez long et formé de languettes courtes.
Il y a six plis de chaque côté. On compte :
D. E. 3 12 3 16 4 18 2 15 3 15 3 14 2 R.
G. E. 4 13 3 17 3 17 3 18 3 15 3 15 4 R.
La hauteur des plis est un peu inférieure à la distance entre les plis. On compte de quatre à
six stigmates peu allongés par maille entre les plis et deux à trois sur les plis. Il y a en général
des sinus parastigmatiques.
Le tube digestif (fig. 8, D) présente une double courbure accentuée. L'œsophage court
donne accès à un estomac élargi. La glande hépatique comprend deux parties nettes;
l’antérieure située de part et d’autre de l’endostyle est formée de touffes de lobes allongés;
l’intestin occupe la plus grande partie de la face gauche. Le rectum, court, non soudé au
manteau, se termine par un anus élargi à deux lobes.
Les gonades (fig. 8, D) comprennent un ovaire tubulaire qui émet des ramifications dans
les lobules latéraux. On en compte une vingtaine à droite et un peu moins à gauche. La partie
mâle est limitée à la face apicale des lobules. Les canaux génitaux s’ouvrent côte à côte, un peu
en retrait de l’anus.
Les endocarpes sont limités aux lobes des gonades et à la bordure dorsale de l’intestin
postérieur. Il n’y a aucun endocarpe sur le manteau. Les deux siphons sont munis d’un velum
dont la marge est marquée par un muscle circulaire. En outre, au siphon cloacal, on trouve une
lame fine qui forme un véritable tablier sous les papilles génitales et l’anus.
Trois exemplaires de cette espèce, trouvés sur les pentes des sea mounts de la ride de
Norfolk, au sud de la Nouvelle-Calédonie, ont été décrits (Monniot & Monniot, sous presse :
fig. 19, D-E). Ils sont caractérisés par un tube digestif réduit, des gonades mal développées
avec peu de produits génitaux et surtout un très grand développement des endocarpes qui
occupent une grande partie de l’espace disponible entre la branchie et le manteau. La réduction
du tube digestif et des gonades ainsi que le développement des endocarpes sont des
modifications morphologiques que l’on observe souvent chez les Pyuridae, les Styelidae et les
Ascidiidae littorales qui peuvent vivre en profondeur.
— 496 —
Remarques
Cette espèce ressemble beaucoup à P. vitlata et n’en diffère réellement que par l'absence
de la dilatation de l’intestin postérieur. Tous les autres caractères sont peu importants et les
différences observées entre les espèces pourraient correspondre à une variabilité.
L’existence de la dilatation de l’intestin semble être un caractère constant que l’on observe
même chez les très petits individus de P. vittata et ceci dans toute l’aire de répartition de
l’espèce. Chez d’autres espèces de Pyuridae ou d’Ascidiidae, ce caractère a été considéré
comme spécifique.
Pyura sacciformis (Drasche, 1884)
(Fig. 9; pi. II, C)
Synonymie et répartition : voir Kott, 1985 : 321, fig. 157a-c, 158, pl. 7, c; Monniot & Monniot,
1987 : 123, fig. 149.
Les plus grands exemplaires mesurent 6 cm. Ils étaient fixés sur des surfaces verticales en
compagnie de Microcosmus exasperatus et de Pyura confragosa dont ils se distinguent par la
tunique rougeâtre un peu plus molle. La tunique est parcourue de grosses rides. Les siphons
rétractiles s’ouvrent au centre d’une couronne de tubercules saillants. Il n’y a pas de spinules
visibles de l’extérieur. L’animal est fixé par la face ventrale gauche. La tunique est couverte
d’algues calcaires et de bryozoaires. Elle est épaisse de 2 à 4mm, de couleur blanche; la couche
interne se détache facilement ; elle est résistante. Le manteau ne possède de muscles rougeâtres
que dans la partie dorsale; la partie ventrale molle est envahie par des corpuscules blanc
jaunâtre qui la rendent totalement opaque. Les siphons se terminent par huit lobes pointus,
alternés, longs et courts; ils contiennent des amas internes de pigment orange. La glande
neurale fait saillie dorsalement et tranche par sa couleur jaune sur le rouge des muscles. Les
spinules ne sont présents que dans la partie distale de la tunique interne. Ils sont trapus (pl. Il,
C), dressés et relativement éloignés les uns des autres.
On compte environ vingt-quatre tentacules de trois ordres, portant des ramifications
coniques de deux ordres, peu nombreuses. Ils se disposent sur un fort anneau musculaire. Le
bourrelet péricoronal forme des ondulations au niveau des plis et un grand V très prononcé,
dorsal. Le tubercule vibratile est saillant et, chez les grands spécimens, il a tendance à présenter
des ouvertures accessoires (fig. 9). Le raphé est formé de languettes pointues courtes, disposées
sur un vaisseau saillant.
Il y a six plis de chaque côté. On compte à droite :
E. 5 10 6 16 4 20 4 20 4 25 3 16 3 R.
Les plis sont élevés et se recouvrent les uns les autres. Au niveau de l’entrée de l’œsophage,
les plis sont coupés brusquement et les sinus longitudinaux se transforment en papilles. La
taille des sinus sanguins est variable; ceux qui sont situés entre les plis sont beaucoup plus
larges. Les sinus transverses sont gros et font nettement saillie dans la cavité cloacale. Dans
toute la partie dorsale de la branchie, les sinus transverses émettent des digitations pointues
— 497 —
Fig. 9. — Pyura sacciformis (Drasche, 1884), du port de Nouméa.
distinctes des ponts dermato-branchiaux. Des papilles analogues se rencontrent sur la branche
descendante de l’intestin. Nous n’avions pas observé cet aspect chez les exemplaires
polynésiens. Les mailles branchiales sont irrégulières et contiennent, entre les plis, de cinq à dix
stigmates courts, souvent recoupés par des sinus parastigmatiques.
Le tube digestif (fig. 9) occupe la plus grande partie de la face gauche. L’œsophage, très
court, donne accès à un estomac élargi. La glande hépatique est formée de nombreux lobes. Il
y a un lobe à droite, très près de l’entrée de l’œsophage, puis deux lignes parallèles de lobes
situés sur l’estomac, les derniers étant les plus développés. Les lobes sont pédonculés et en
forme de chou-fleur. L’intestin est isodiamétrique. Le rectum est soudé au manteau et l'anus
possède des lobes plats irréguliers. Le rectum est contigu à l’entrée de l’œsophage.
Les gonades sont formées d’un boudin sinueux (fig. 9) ; les œufs jaunâtres sont internes ;
les acini testitulaires blanc rosé sont externes. La coloration est en grande partie masquée par
les pigments du sang. Les canaux génitaux débouchent près du siphon cloacal par des papilles
divergentes.
Il n’y a pas d’endocarpes ni sur les gonades ni sur le tube digestif.
— 498 —
Remarques
Nous n’avons pas observé chez ces exemplaires les spicules calcaires décrits par
Nishikawa (1980) au Japon.
En Nouvelle-Calédonie cette espèce n’a été trouvée que dans la région de Nouméa, dans le
port et sur les bouées de la plage de la baie des Citrons, alors qu’en Polynésie cette espèce est
non seulement abondante dans le port mais aussi présente dans le lagon sans modifications
morphologiques. Il s’agit probablement d’une espèce importée par la navigation. Dans le port
de Papeete, P. sacciformis représente l’espèce dominante. A Nouméa elle est rare et largement
supplantée, dans les mêmes biotopes, par P. confragosa.
Pyura momus (Savigny, 1816)
Synonymie et répartition : voir Kott, 1985 : 338, pl. 7e.
Cette espèce très polymorphe se rencontre dans tout le lagon et à l’extérieur, jusqu’à une
centaine de mètres de profondeur. Pour des exemplaires adultes, la taille peut varier de 0,5 cm,
dans le cas d’individus du récif ou des parties sédimentaires du lagon, à plus de 8 cm dans le
port de Nouméa.
Sur les sea mounts et sur la pente externe de Nouvelle-Calédonie vit une petite espèce
sabulicole Pyura sp. qui se distingue de P. momus par la structure de sa gonade.
Halocynthia hispida (Herdman, 1881)
(Fig. 10; pl. II, D)
Halocynthia cactus ; Vasseur, 1967 : 144, pl. 6, fig. 24-26, pl. 8, fig. 34-35 — Nouvelle-Calédonie,
baie de Saint-Vincent.
L’unique spécimen de cette espèce a été trouvé aux îles Loyauté dans le lagon de l’atoll de
Beautemp-Beaupré (station MUSORSTOM 6 DW 431 20°22.2' S-166° 10.0' E), par 21m de
profondeur. Il mesure 1,7 cm de haut et était fixé par le tiers postérieur de la face gauche.
Contracté, il présente un aspect globuleux, mais il devait être cylindrique en extension. Les
siphons sont saillants et proches l’un de l’autre. La tunique est orange rouge, un peu plus claire
dans la partie postérieure. L’ensemble de la surface est couvert de petits tubercules portant une
couronne de cinq à neuf petites épines rouges (pl. Il, D). Un peu partout sur le corps, on
trouve de petites papilles transparentes portant une couronne de petites épines au sommet et
un verticille à mi-hauteur (pl. II, D). Ces papilles sont plus denses et plus élevées entre les
siphons et peuvent alors avoir deux verticilles. Les siphons portent quatre lobes saillants avec
un bouquet d’épines longues de 2 à 3 mm, verticillées mais possédant moins d’épines que les
papilles du corps (fig. 10, B). La tunique est mince, coriace et colorée en rose dans son
épaisseur. La couche interne se détache facilement, elle est molle et contient des granules
rosâtres. Le manteau est rouge clair, avec des muscles puissants uniformément répartis sur tout
— 499 —
Fig. 10. — Halocynthia hispida (Herdman, 1881) : A, exemplaire ouvert; B, épines des siphons; C, tentacule.
le corps, sauf sous la boucle intestinale. La musculature longitudinale du siphon buccal est de
beaucoup la plus développée.
Il y a environ vingt-quatre tentacules de deux ordres implantés sur un anneau musculaire
saillant. Ils ont une forme très particulière (fig. 10, C). Les ramifications de premier ordre sont
disposées de part et d’autre de l’axe du tentacule et dirigées postérieurement. Le bourrelet
péricoronal forme un V net dorsal ; il est éloigné du cercle de tentacules et formé de deux lames
élevées. Le tubercule vibratile est saillant. Le raphé est long et formé de languettes pointues
correspondant aux sinus transverses gauches. A droite on trouve une lame imperforée
parcourue par des crêtes prolongeant les sinus transverses. Sur ces crêtes se trouvent des
papilles pointues, plus courtes que celles du raphé, et qui doublent celui-ci sur sa droite.
La branchie est formée de huit plis complets de chaque côté et d’un neuvième peu
développé et uniquement présent dans la partie antérieure du corps. On compte à gauche :
R. 1 13 3 15 3 17 3 17 3 17 3 16 2 12 3 12 3 5 1 E.
Les plis sont élevés et se recouvrent les uns les autres. Au niveau de l’entrée de l’œsophage
les plis s’abaissent progressivement sans que les sinus longitudinaux forment de papilles. Les
mailles sont allongées transversalement; on compte entre les plis de six à dix stigmates par
maille, trois à cinq sur les plis, recoupés par un sinus parastigmatique.
Le tube digestif débute par un œsophage long. L’estomac est élargi et formé de deux
— 500 —
parties nettes, séparées par un étranglement (fig. 10, A). La partie antérieure de la glande
hépatique apparaît formée de sillons parallèles, alors que la partie postérieure est formée de
lignes de papilles pointues. L’intestin forme une boucle régulière. Le rectum est assez long et
soudé au raphé. L’anus est bilobé.
Les gonades sont typiques du genre Halocynthia (fig. 10, A), formées d’ovaires tubulaires
parallèles mais réunis dans leurs parties postérieures. Les testicules sont situés autour et
extérieurement par rapport à l’ovaire à droite, alors qu’à gauche les acini testiculaires ont
tendance à s’étaler sur la paroi du tube digestif. Il y a deux gonades à droite et trois à gauche,
croisant l’intestin. La papille mâle est plus longue que la papille femelle.
Il y a des endocarpes sur tout le manteau, qui ne sont liés, comme c’est le cas chez la
plupart des Pyuridae, ni aux lobes des gonades, ni au tube digestif. Le siphon cloacal est
entouré d’un velum court.
Remarques
C’est le second exemplaire de cette espèce trouvé en Nouvelle-Calédonie. Le premier avait
été décrit par Vasseur en 1967 sous le nom de Halocynthia cactus. Kott (1968) considère que
H. cactus est un synonyme de H. hispida.
En principe, H. hispida possède plus de deux gonades de chaque côté, mais Kott (1985) a
trouvé en Australie des exemplaires ayant de deux à dix gonades. Dans les autres régions de
son aire géographique, qui couvre tout le Pacifique tropical, H. hispida est une espèce de
grande taille qui peut dépasser 10 cm. Les exemplaires de Nouvelle-Calédonie mesurent moins
de 2 cm. L’aspect de la gonade de l’exemplaire décrit par Vasseur est, de plus, juvénile.
Famille des Molgulidae
Molgula bisinus n. sp.
(Fig. 11)
Type : MNHN S3 MOL.A 276.
C’est la seule Molgulidae littorale trouvée en Nouvelle-Calédonie. Elle peut vivre aussi
bien libre dans des sédiments meubles (fonds blancs en arrière du récif barrière) que fixée sur
les algues ou des coquilles (plage du Mont Dore ou canal Woodin).
Dans les zones sédimentaires l’espèce est couverte de sédiment grossier. Au Mont Dore les
exemplaires sont souvent nus ou couverts d’algues filamenteuses, de bryozoaires et de petits
grains de sable. La taille maximale observée est de 1,2 cm mais la plupart des spécimens adultes
mesurent entre 0,5 et 1 cm. Les siphons sont saillants et éloignés l’un de l’autre. Le siphon
buccal possède six lobes pointus ; les quatre lobes du siphon cloacal sont obtus.
La musculature est forte (fig. 11). Elle est constituée de fibres longitudinales qui
s’entrecroisent ; elles sont plus nombreuses au siphon buccal. Il y a un champ net de fibres
transverses entre les siphons et un vaste champ ventral. Les tentacules sont peu nombreux,
douze à seize, bien espacés, disposés en deux ordres. Ils portent des ramifications de premier
— 501
Fig. 11. — Mulgulu bisinus n. sp. : A, face droite; B, face gauche; C, exemplaire ouvert.
ordre, parfois digitées. Le bourrelet péricoronal, formé de deux lames nettes forme un V dorsal
prononcé. Le tubercule vibratile est en forme de simple trou. Le raphé lisse est court et élevé ; il
contourne l’entrée de l’œsophage et se raccorde aux trois premiers plis à gauche puis se
transforme en une lame basse.
La branchie est formée de sept plis avec chacun deux sinus longitudinaux. Les plis sont
nets et recouvrent des rangées d’infundibula. Les sinus longitudinaux sont particulièrement
épais; l’un est axial, l’autre est situé sur la face ventrale du pli. A gauche, le pli n° 1 est très
court et se raccorde au raphé à mi-hauteur de la branchie ; le pli n° 2 se raccorde au niveau de
l’entrée de l’œsophage. A droite tous les plis sont complets et se raccordent à la crête basse qui
contourne l’entrée de l’œsophage. Sous les plis n os 1 et 2 de chaque côté, les perforations
branchiales sont mal ordonnées. Sous les plis n os 3 à 6, il y a six rangées transversales
d’infundibula. Le sommet de chaque infundibulum est formé de deux apex bispiralés. On
— 502 —
observe un recoupement régulier des stigmates sur la face ventrale de chaque infundibulum
sans que les stigmates situés entre les plis soient découpés. Sous le pli n° 7, il existe douze
infundibula avec deux apex bispiralés. Entre le pli n° 7 et l’endostyle, on trouve douze
infundibula plats bispiralés.
Le tube digestif (fig. 11, C) forme une boucle fermée, les deux branches de l’intestin étant
jointives sur les trois quarts de leur longueur. La courbure secondaire n’est pas très prononcée.
L’œsophage est court; la glande hépatique volumineuse est formée de lobes parfois alignés.
L'anus est lisse.
Les gonades (fig. 11, C) sont formées d’un ovaire en boudin court. Les acini testiculaires
forment une masse en croissant, centrée sur l’angle postéro-dorsal de l’ovaire. Les canaux
génitaux sont courts et s’ouvrent à peu de distance l’un de l’autre. Chez certains exemplaires
nous avons observé des œufs non segmentés dans la cavité cloacale.
Le rein est assez éloigné de la gonade.
Chaque siphon possède un petit velum avec six lobes au siphon buccal et quatre au siphon
cloacal.
Remarques
Molgula bisinus présente un caractère rare dans le genre : des plis branchiaux formés de
deux sinus longitudinaux. Comme chez toutes les espèces qui présentent ce caractère, ceux-ci
sont plus larges que chez les autres espèces du genre.
Par ses gonades, M. bisinus se rapproche de l’espèce subantarctique M. georgiana
Michaelsen, 1900, qui possède sept plis à droite et six à gauche (exceptionnellement six-six).
Mais les gonades de cette espèce ont un ovaire ventral et postérieur par rapport au testicule.
M. antiborealis Millar, 1867, de Tristan da Cunha n’a que six plis et une gonade formée d’un
ovaire sphérique entouré d’une demi-couronne de testicules.
Une espèce, ou plusieurs espèces tropicales, ont été rassemblées par Kott (1985) sous le
nom de M. calvata. Kott (1985) donne de cette espèce une description composite en figurant
les gonades de deux spécimens : l’un qui possède de nombreux spermiductes indépendants
correspond à l’exemplaire-type de M. medusa Kott, 1952 (fig. 184b); l’autre dont tous les
spermiductes se rassemblent pour former une papille commune au centre de l’ovaire
correspond à un spécimen du Queensland. Les descriptions précédentes de M. calvata de
Sluiter (1904) et de Millar (1975) font état d’un ovaire allongé, mais la disposition des
canaux génitaux n’a pu être précisée. Kott (1985) met en synonymie avec M. calvata : M.
medusa Kott, 1952, M. minuta Kott, 1952 (cette dernière ayant été décrite avec trois sinus par
pli), et M. reducta Hartmeyer, 1921. Cette dernière espèce avait été redécrite par Monniot C.
(1978) des îles Saint-Paul et Amsterdam dans l’océan Indien. Dans cette dernière espèce, les
spermiductes se rassemblent au milieu de l’ovaire en une papille unique. Une autre espèce, M.
brieni Monniot & Monniot, 1976, du Mozambique, possède de nombreuses papilles mâles
indépendantes mais l’ovaire présente une orientation différente de celle figurée pour M.calvata
et M. reducta et pour les exemplaires australiens de Kott (1985).
Toutes les espèces tropicales avec deux sinus par pli possèdent un ovaire allongé
complètement bordé par les acinis testiculaires.
— 503 —
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Planche I
Spinules des siphons
A — Microcosmus exasperatus (échelle = 100 um).
B — Pyura confragosa (échelle = 10 am).
C — Pyura confragosa. détail d'un spinule (échelle = I um).
D — Pyura sp. aff. confragosa (échelle = 10 am).
E — Pyura scortea (échelle = 10 am).
F — Pyura vittata (échelle = 100 am).
PLANCHE I
506
Planche II
A — Pyura albanyensis, exemplaire de l’ouest de l’île des Pins (échelle = 100|j.m).
B — Pyura albanyensis, exemplaire du lagon (échelle = 10p.m).
C — Pyura sacciformis (échelle = 100 jim).
D — Surface de la tunique de Halocynlhia hispida (échelle = 100 :/m).
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PLANCHE II
Bull. Mus. nam. Hist. nut.. Paris, 4' sér., 11, 1989,
section A, n" 3 : 509-533.
Spermatozeugmata of Abyssochrysos :
ultrastructure, development and relevance
to the systematic position of the Abyssochrysidae
(Prosobranchia, Caenogastropoda)
by John Healy
Abstract. — Light microscopic and electron microscopic examination of testis tissue from the deep-
sea gastropod Abyssochrysos cf. eburneum Locard, reveals the presence of spermatozeugmata. Each
spermatozeugma consists of a round, vesicle-filled paraspermatozoon (‘nurse cell’ type) and numerous
euspermatozoa attached via the tips of their acrosomes to the periphery of the paraspermatozoon.
Euspermatozoan attachment is restricted to a specific, crescent-shaped area of the paraspermatozoon.
Paraspermatozoa lack a nucleus (or nuclear remnant) and mitochondria though both organelles are
present in the spermatocytes from which paraspermatozoa develop. Euspermatozoa exhibit the following
features : (1) conical acrosome (acrosomal vesicle 1.3-1.7 fxm long with apical bleb; axial rod and basal
plate present) ; (2) rod-shaped nucleus (8-9 [itn long, basally invaginated) ; (3) midpiece (80 u.m long,
axoneme surrounded by five to seven helically-coiled midpiece elements) ; (4) glycogen piece (25 jj.m long,
axoneme surrounded by nine wedge-shaped tracts of granules) ; and (5) annulus (dense ring complex) at
junction of midpiece and glycogen piece. All features of euspermiogenesis in Abyssochrysos (eg the
patterns of acrosomal, nuclear and midpiece development) have previously been reported in a number of
other caenogastropod taxa. After comparison with the spermatozoa in other gastropods, it is concluded
that the Abyssochrysidae are closely allied to the Littorinoidea (which produce very similar spermato¬
zeugmata) and its sister group the Truncatelloidea (formerly the Rissooidea). If abyssochrysids are truly
representative of the Loxonematoidea, that superfamily would occupy a basal position in the evolutionary
history of the Caenogastropoda.
Résumé. — L’examen structural et ultrastructural du testicule du gastéropode bathyal, Abyssochry¬
sos cf. eburneum Locard, révèle la présence de spermatozeugma. Chaque spermatozeugma est une vésicule
ronde remplie de spermatozoïdes atypiques (de type « cellules nourricières ») portant de nombreux
spermatozoïdes typiques accrochés par la pointe de leur acrosome. La surface des spermatozoïdes
atypiques présente une spécialisation membranaire en forme de croissant où sont fixés les spermatozoïdes
typiques. Les spermatozoïdes atypiques sont dépourvus de noyaux (ou de résidus nucléaires) et de
mitochondries bien que les deux types d’organites existent dans les spermatocytes qui leur donnent
naissance. Les spermatozoïdes typiques sont caractérisés par : (1) un acrosome conique (vésicule
acrosomiale de 1,3-1,7 (xm de long avec bulle apicale, baguette axiale et plaque basale); (2) un noyau en
forme de bâtonnet (8-9 fj.m de long, invaginé à sa base) ; (3) une pièce intermédiaire (80 u.m de long, avec
axonème entouré de cinq à sept éléments périphériques enroulés en hélice); (4) une pièce à glycogène
(25 u.m de long, axonème entouré de neuf éléments granulaires en forme de coin) ; et (5) un annulus
(anneau complexe et dense) situé à la jonction de la pièce intermédiaire et de la pièce à glycogène. Tous les
caractères de la spermatogénèse typique d 'Abyssochrysos (par exemple, le type d’acrosome, la
différenciation du noyau et de la pièce intermédiaire) ont été précédemment reconnus dans un certain
nombre de taxons de Caenogastropodes. De la comparaison avec les spermatozoïdes d’autres
gastéropodes, on conclut que les Abyssochrysidae sont étroitement apparentés aux Littorinoidea (qui
produisent des spermatozeugma très semblables) et au groupe voisin des Truncatelloidea (anciennement
Rissoidea). Si les Abyssochrysidae sont vraiment représentatifs des Loxonematoidea, cette superfamille
doit se situer aux origines de l'histoire évolutive des Caenogastropoda.
J. Hkaly, Department of Zoology. University of Queensland, St. Lucia 4067, Brisbane, Queensland, Australia.
Introduction
In 1979, Houbrick described and discussed the anatomy, distribution and possible
relationships of the deep-sea family Abyssochrysidae (containing a single genus, Abyssochry-
sos). He found that Abyssochrysos differed significantly in soft part and radular morphology
from other caenogastropods, but that shells showed remarkable similarity to those of the
'extinct' Loxonematoidea and to a lesser degree, shells of thiarid cerithioideans. Houbrick
provisionally placed the Abyssochrysidae within the Loxonematoidea and suggested that the
family was related to the Viviparoidea, Valvatoidea, Truncatelloidea and Cerithioidea. Since
the Loxonematoidea are thought to have given rise (either directly or indirectly) to other
caenogastropod taxa (Knight et al, 1954; Healy, 1984; Haszprunar, 1988) and possibly the
Pyramidelloidea (Knight et ai, 1954, 1960), the anatomy of inferred living members of this
group becomes a subject of considerable importance.
Previous studies have demonstrated that sperm ultrastructure reflects the systematic
affinities of molluscan taxa (Giusti & Selmi, 1982; Healy, 1982-1989; Koike, 1985). In the
case of the Gastropoda, such research has been particularly helpful, most notably for
identifying the nearest allies of certain ‘problem’ groups such as the Architectonicidae,
Rissoellidae, Omalogyridae and Pyramidellidae (Healy, 1982n, 1987, 1988«, b).
Through the courtesy of Dr. Philippe Bouchet of the Muséum national d'Histoire
naturelle (Paris), the author has had opportunity to examine the ultrastructure of mature and
developing spermatozoa in Abyssochrysos collected off the Brasilian coast during May 1987.
The results of this work are presented here, and discussed in terms of comparative sperm
morphology and possible taxonomic and phylogenetic significance. Most of the classificatory
changes proposed by Ponder & Warén (1988) have been used in this study, including
elevation of the Caenogastropoda to superordinal status (embracing orders Architaenioglossa,
Neotaenioglossa and Neogastropoda).
Materials and methods
This study was carried out using sea water/formalin-fixed specimens of Abyssochrysos cf.
eburneum Locard, 1896, on loan to the author from the Muséum d’Histoire naturelle
(Laboratoire de Biologie des Invertébrés Marins et de Malacologie). These specimens were
collected from a depth of 960 m off Brazil (station CB 95, 19°38'S, 38°43'W) during the cruise
MD 55/Bresil of the Research Vessel “ Marion-Dufresne ” (30 May, 1987).
Small (1-2 mm 3 ) pieces of testis tissue were taken from males and washed for 2 hrs in fil¬
tered sea water to remove formalin. The tissues were post-fixed for 1 hr at 0-4° C in a 1 %
solution of osmium tetroxide (prepared in sea water), then rinsed in filtered sea water for 2 hrs,
511
dehydrated via a graded ethanol series, and finally embedded in Spurr’s epoxy resin. Survey
sections and ultrathin sections were cut using an LKB IV Ultrotome. Ultrathin sections were
collected on uncoated 200 mesh copper grids, stained with 2-6 % aqueous uranyl acetate and
Reynold's lead citrate, and examined using either a Philips 300 or a Hitachi 300 transmission
electron microscope (operated at 80 kV). An Olympus II A light microscope was used for
observations and photography of survey sections (stained with 0.1 % aqueous toluidine blue)
and tissue squashes (phase-contrast light microscopy).
RESULTS
Paraspermatozoa and spermatozeugmata
Paraspermatozoa of Abyssochrysos are spherical to ovoid and approximately 17-18 fxm in
diameter (pi. 1 A-C). They contain numerous, moderately electron-dense vesicles (average
diameter 5-6 fxm) (pi. I A-D), a central deposit of cytoplasm and a few mitochondria, but no
nucleus/nuclear remnant, endoplasmic reticulum, centrioles or axonemes. Clumps of eusper-
matozoa — perhaps as many as 150-250 (a precise number could not be obtained in available
material) — are attached to a specific crescentic site on each paraspermatozoon, to form a
mature spermatozeugma (pi. I B also VII B). Euspermatozoal attachment involves contact
between the apical bleb of the acrosome and the paraspermatozoon plasma membrane
(pi. I D-F). Actual .physical enclosure of the euspermatozoan acrosome by the paraspermato¬
zoon is minimal : presumably interaction between euspermatozoal and paraspermatozoal
glycocalices plays a major role in maintaining the integrity of each spermatozeugma.
Euspermatozoa
Euspermatozoa of Abyssochrysos consist of an acrosome, nucleus, midpiece, glycogen
piece and end piece with enveloping plasma membrane (pi. II A-I).
The acrosomal vesicle is conical, and 1.3-1.7jcm long with a deep basal invagination
occupied in part by an axial rod (length 1-1.2 turn, maximum diameter 0.3 urn). Visible within
the wall of the vesicle are elongate plates (pi. Il A, C) which, in transverse section, are radially
arranged (pi. II A). The membrane of the acrosomal vesicle is dilated apically to form an
apparently empty bleb (pi. I E, F; II C). It is this region of the acrosome that attaches to the
paraspermatozoon periphery in spermatozeugmata. An accessory membrane surrounds the
lower half of the acrosomal vesicle (pi. II C). Positioned between the acrosome and nucleus is
a centrally-perforate plate, the anterior surface of which is grooved to fit the basal rim of the
acrosomal vesicle (pi. I E; II C).
The nucleus is cylindrical, 8-9 urn long, weakly indented anteriorly and invaginated to a
depth of 0.7-0.8 [j.m posteriorly (pi. II C-E). Located within the posterior invagination are the
centriolar derivative and initial portion of the axoneme. Many sperm nuclei are distinctly
fibrous in appearance (pi. I E; II C). This may indicate the true substructure of the nucleus,
though exaggerated by long-term fixation in sea water formalin.
512 —
The midpiece is approximately 80 [on long and composed of five to seven mitochondrial
elements helically coiled around a 9 + 2 pattern axoneme (pi. II E-J). A single membrane
surrounds the axoneme, while a double membrane (unfortunately stripped from many
observed euspermatozoa) surrounds the midpiece elements (pi. II E, G, H). Cristae are visible
in each of the coiled elements, but are never well developed (pi. II G, H).
A ring complex or annulus occurs at the midpiece-glycogen piece junction (pi. II I). This
complex is composed of : (1) a simple ring attached to the plasma membrane; and (2) a sleeve
of dense material which lines the inner mitochondrial membrane (pi. II I). Some sections also
suggest that connections may exist between the ring complex and axoneme.
The glycogen piece consists of the axoneme surrounded by : (1) granular deposits (here
interpreted as glycogen : this material largely absent in euspermatozoa examined, either due to
dissolution during long-term fixation or slight immaturity of sperm examined); (2) nine
radiating spokes (probably granule supports) and (3) the plasma membrane. This region
measures approximately 25 ^.m (pi. II, F, I, J).
Euspermatozoon development
Euspermatogenesis in Abyssochrysos proceeds from spermatogonia of the germinal
epithelium in each seminiferous tubule. Spermatogonia are oblong cells (5 [j.m x 9 fon) with an
oval nucleus (max. diam. 6-7 [j.m), bunched mitochondria and scattered endoplasmic reticular
(ER) cisternae (pi. Ill A). The nucleoplasm of spermatogonia is coarsely granular in
appearance, with two well-defined nucleoli (both showing a dense medulla and less-dense
cortex — pi. Ill A).
Spermatogonia give rise to primary spermatocytes which, like spermatogonia, also show
prominent nucleoli (often two visible). Primary spermatocytes however are distinguished by
numerous irregular dense patches within the nucleoplasm and well developed perinuclear ER
cisternae (pi. Ill B).
In secondary spermatocytes the oval-shaped nucleus (max. diam. 8-9 urn) exhibits
chromosome cores (pi. Ill C) and usually one nucleolus. Secondary spermatocytes are
interconnected by cytoplasmic bridges and possess two centrioles (pi. Ill D) and a cluster of
oblong mitochondria (pi. Ill C).
Nuclei of newly-formed euspermatids are compact, usually irregular in shape and very
electron dense (pi. Ill E). Early spermatid nuclei gradually return to an oval or spherical shape
and the nucleoplasm assumes a mottled appearance with a granular central portion (pi. Ill E;
IV A, B). Numerous morphological changes occur almost simultaneously within early
euspermatids. Firstly the flagellum forms from a centriole positioned close to the plasma
membrane (pi. IV A, B). Nuclear condensation commences posteriorly and peripherally and
progresses anteriorly and internally, thereby converting the nuclear contents into a sponge-like
reticulum (reticular-fibrillar condensation phase) (pi. IV E). The basal invagination of the
nucleus first becomes evident as a slight indentation of the nuclear surface (pi. IV A). As the
invagination deepens (during the reticular-fibrillar condensation phase) it forms an insertion
and attachment point for the centriole-flagellum apparatus (pi. IV E).
Development of the acrosome begins at the onset of nuclear condensation. The Golgi
complex produces two acrosomal components — the basal granule and the acrosomal vesicle.
— 513 —
Plate V A shows the earliest observed stage of acrosome formation : the acrosomal vesicle is
attached to the basal granule close to the concave face of the Golgi complex. A newly formed
secretory vesicle proceeds from the Golgi cisternae towards the acrosomal vesicle, to which it
presumably fuses. Development of the acrosome occurs at some distance from its eventual
attachment site at the nuclear apex, but always in close proximity to the Golgi complex
(pi. V B, C). The vesicle of the developing acrosome invaginates basally thereby transforming
the dense component of the vesicle into a cylindrical structure (pi. V B, C).
As the nucleus passes from the reticular-fibrillar to longitudinal-fibrillar condensation
phase, the acrosome attaches to the nuclear apex (pi. V D) and the mitochondria, which
formerly were round or pyriform (pi. IV D, E), now begin to elongate posteriorly (pi. V D). In
advanced euspermatids the longitudinally-orientated fibres of the nucleus fuse laterally to
produce lamellae (longitudinal-lamellar condensation phase (pi. V E) which gradually
compact. The midpiece of these advanced cells has almost reached its definitive shape as the
mitochondria form an extremely elongate, periaxonemal sheath associated with cytoplasmic
microtubules (pi. VI A, B). It is during this last stage of midpiece development that the
mitochondria become helically twisted around the axoneme thereby forming the 5-7 midpiece
elements of the mature euspermatozoon. As already described, cristae are retained in the
mature midpiece (see pi. II E, G, H), though they are not as readily detectable as those from
the preceding euspermatids.
The centrally-perforate basal plate of the mature acrosome (pi. I E; II C) is derived from
the basal granule of the developing acrosome (pi. V B, D), while the axial rod (a form of
subacrosomal deposit) is probably formed from material occupying the vesicle invagination of
developing acrosomes or from the basal granule (pi. V B, C).
Paraspermatozoon development
Paraspermatozoa develop from primary spermatocytes which, at least morphologically,
are indistinguishable from those producing secondary spermatocytes of the euspermatozoal
line. The first signs of differentiation in the paraspermatozoon line are lobulation of the
nucleus and a marked increase in cytoplasmic volume (pi. VI D). As the nucleus becomes
irregular in shape, it begins to slowly fragment through the pinching-off of lobes (pi. VI C).
Plate VI C shows a developing paraspermatozoon with its voluminous cytoplasm and a
largely-intact nucleus. Although at least three Golgi complexes are present at this growth
stage, production of the numerous developing secretory vesicles (diameted 0.5-1.5 ^m) appears
to take place exclusively within the dilated cisternae of the endoplasmic reticulum (pi. VI D).
Mitochondria are small (0.3-0.5 imti in length), oblong and scattered among the secretory
vesicles (pi. VI D). Presumably by a process of amalgamation, (? facilitated by Golgi activity),
the secretory vesicles form the large vesicles observed in mature paraspermatozoa (see pi. I A-
D; VII B, C). In immature paraspermatozoa these vesicles frequently show a reticulate pattern
of dense and less-dense areas (pi. VII A), but this substructure is not retained. Formation of
spermatozeugmata only occurs after paraspermatozoa and euspermatozoa are fully developed.
DISCUSSION
Paraspermatozoa / Spermatozeugmata
Mature paraspermatozoa of Abyssochrysos strongly resemble those of littorinid genera
such as Littorina (s.s.), Littoraria (subgenus Littorinopsis), Nodilittorina and Melaraphe
(Reinke, 1912; Buckland-Nicks & Chia, 1977; Reid, 1986; Healy unpublished data).
Observed similarities between paraspermatozoa of Abyssochrysos and littorinids include :
(1) spheroidal form; (2) internal structure (large secretory vesicles, absence of nuclear material
and axonemes) ; (3) absence of emergent tail(s) and (4) formation of spermatozeugmata by
attachment of euspermatozoa (via tips of acrosomes) to a crescentic site on the paraspermato-
zoon. Thiriot-Quievreux & Martoja (1979), using light microscopy, reported spermatozeug¬
mata similar to littorinids and Abyssochrysos in Carinaria lamarki (Pterotracheoidea —
‘ Heteropoda’) but only euspermatozoa were found in another pterotracheoid Atlanta
gaudichaudi by Jamieson & Newman (1989) using electron microscopy. Further electron
microscopical work will be needed to determine the incidence of spermatozeugmata formation
within the Pterotracheoidea, and the level of similarity to spermatozeugmata of littorinids and
Abyssochrysos.
Spermatozeugmata occur in other caenogastropods, notably the Janthinoidea (Bulnheim,
1962; Nishiwaki & Tochimoto, 1967; Melone et al. , 1978), Triphoroidea (Cerithiopsidae —
Fretter & Graham, 1962; Healy, 1989; Triphoridae — Healy, 1989) and Fusitriton
(Cymatiidae — Buckland-Nicks et al., 1982). In these taxa however, euspermatozoa are
attached to mobile, multiaxonemal paraspermatozoa. Spermatozeugmata presumably assist in
prevention of premature dispersal of euspermatozoa before and/or after copulation (eg
littorinids - Buckland-Nicks & Chia, 1977), or in the case of aphallic, though still
internally-fertilizing, taxa such as the Triphoroidea and Janthinoidea, these cellular associa¬
tions may perform additionally a spermatophoral function (eg Graham, 1954). Unlike
littorinids or Carinaria, Abyssochrysos lacks a penis (see Ponder & Warén, 1988) though
Houbrick (1979) mentions an “accessory copulatory process” in his description of A.
melanoides anatomy (based on rehydrated specimens).
The secretory vesicles of paraspermatozoa of Abyssochrysos, littorinids and Carinaria and
paraspermatozoa of other caenogastropods probably play an important role in the nutrition of
euspermatozoa within the female reproductive tract (eg Reinke, 1912; Buckland-Nicks &
Chia, 1977) or contribute to nutrition of the female or egg production (re-use of vesicles
contents).
Euspermatozoa, euspermatogenesis
The features of mature and developing euspermatozoa of Abyssochrysos differ in no way
from those described in many other caenogastropod taxa (eg — some Littorinoidea and
Truncatelloidea; Vermetoidea; Stromboidea; Cypraeoidea; Naticoidea ; Janthinoidea; Calyp-
— 515 -
traeoidea; some neogastropods — see Kohnert & Storch, 1984a; Koike, 1985; Healy,
1988a). In the Cyclophoroidea, Viviparoidea and Cerithioidea (excepting Campanile — Healy.
1986/?), midpiece development culminates in the formation of parallel plate-like cristae within
each of the periaxonemal elements (four straight elements in Cerithioidea, four helically-coiled
elements in most Viviparoidea, seven or eight straight elements in Cyclophoroidea) (Kaye,
1958; Healy, 1982ft; Selmi & Giusti, 1980). Although few ultrastructural studies of
spermatogenesis in the Caenogastropoda give details of pre-spermiogenic stages, those that do
(eg Walker & MacGregor, 1968; Buckland-Nicks & Chia, 1976; West, 1978; Griffond,
1980; ClaViera & Etges, 1988) are essentially in agreement with results presented here.
Systematic considerations : Abyssochrysid relationships
Prior to Houbrick’s (1979) study of Abyssochrysos, most authors included the
Abyssochrysidae within the Cerithioidea (e.g. Wenz, 1938; Taylor & Sohl, 1962), though
sometimes with reservations (e.g. Thiele, 1931; Franc, 1968). Golikov & Starobogatov
(1975) however, excluded the Abyssochrysidae from the Cerithioidea because of the presence
of what they termed a “cephalic copulatory apparatus” (p. 219). They removed the family to
their superorder Littorinimorpha, tentatively close to the Rissoidae, Rissoinidae and
‘ Anabathronidae’. Although more recent work has shown that the palliai process of
Abyssochrysos is in fact a tentacle and not a penis (see Ponder & Warén, 1988), the presence
of closed genital ducts does support removal of the Abyssochrysidae from the Cerithioidea (see
Houbrick, 1979, for further discussion). Houbrick (1979 : 19) concluded that soft-part
anatomy and radular morphology of Abyssochrysos were “ indicative of simple mesogastro-
pods related to the superfamilies Viviparacea, Valvatacea, Rissoacea and Cerithiacea”. He
clearly demonstrated a close resemblance between abyssochrysid shells and those of the
Loxonematoidea (especially Pseudozygopleuridae) — a group believed to have been extinct
since the upper Jurassic — and provisionally assigned the Abyssochrysidae to that
superfamily.
Sperm morphology and spermiogenesis contributes substantially to our knowledge of the
relationships of the Abyssochrysidae to other prosobranch gastropods. The features of
euspermiogenesis in Abyssochrysos are as observed in numerous other caenogastropods
(Kohnert & Storch, 1984ft; Koike, 1985; Healy, unpublished observations). Mature
euspernratozoa closely resemble those of some Littorinoidea (Bembicium, Laevilitorina,
Lacuna ), the Vermetoidea, some Truncatelloidea (eg Vitrinellidae), Cypraeoidea, Naticoidea,
Stromboidea, Janthinoidea, Triphoroidea, Calyptraeoidea and certain neogastropod taxa
(Volutidae, Turbinellidae) (Kohnert & Storch, 1984a; Koike, 1985; Healy, 1986c, 1988a, e,
1989, unpublished observations). Sperm morphology does not support Houbrick's view that
the Viviparoidea, Cerithioidea and Valvatoidea could be close relatives of the Abyssochrysi¬
dae. The Viviparoidea, true Cerithioidea and Cyclophoroidea show euspermatozoan and
paraspermatozoan features which separate these three taxa, as a group, from Abyssochrysos
and other caenogastropods (Healy, 1982ft, 1983, 1986a, ft, 1988a; Healy & Jamesion, 1981).
The Valvatoidea exhibit a number of unusual sperm characters, some possibly unique to that
superfamily and some suggestive of close links with the Heterobranchia (= Euthyneura)
rather than the Archaeogastropoda or Caenogastropoda (Healy, unpublished observations)
— 516 —
supporting the anatomical conclusions of Salvini-Plawen & Haszprunar (1987), Rath
(1988) and Haszprunar (1988). Of particular interest is the production of littorinid-type
paraspermatozoa and spermatozeugmata in Abyssochrysos (for comparison see Reinke, 1912;
Buckland-Nicks & Chia, 1977; Reid, 1986). Houbrick (1979), though aware of Tomlin’s
(1931) suggestion that abyssochrysids may be allied to the Littorinidae and Thiaridae 1 , did
not discuss the possibility of an abyssochrysid-littorinid connection. Golikov & Staroboga-
tov (1975) were uncertain as to the correct systematic position of the Abyssochrysidae, but
placed that family, the Truncatelloidea (as Rissooidea — split by them into several
superfamilies) and the Littorinoidea, into a suborder Littorinina of their superorder
Littorinimorpha (a higher category embracing several neotaenioglossan superfamilies inclu¬
ding Vermetoidea, Stromboidea, Pterotrachaeoidea, Dolioidea, Calyptraeoidea, Cypraeoidea,
Naticoidea). Anatomical studies suggest that Littorinoidea, Cingulopsoidea and possibly
Truncatelloidea are primitive neotaenioglossans and closely related to each other (Fretter &
Graham, 1962; Ponder, 1983, 1988).
If abyssochrysids are accepted as living members of the Loxonematoidea, as they have
been in some recent classifications (Houbrick, 1979; Boss, 1982; provisionally by Ponder &
Warén, 1988), then spermatozeugmata and euspermatozoan morphology would support a
basal position for this superfamily in caenogastropod phylogeny — in close association with
the Littorinoidea, Cingulopsoidea and Truncatelloidea. This conclusion is in accord with the
view (Healy, 1984, 1988c) that the Loxonematoidea, through adaptive radiation in the late
Paleozoic and/or early Mesozoic, may have given rise to numerous other caenogastropod taxa.
Acknowledgements
I would like to express my sincere thanks to Dr. P. Bouchet, of the Muséum national d’Histoire
naturelle (Laboratoire de Biologie des Invertébrés Marins et de Malacologie), for collecting, fixing and
making available the specimens of Abyssochrysos for this study. My thanks are also due to
Dr. W. F. Ponder (Australian Museum, Sydney) and Professor B. G. M. Jamieson (University of
Queensland) for their comments on the manuscript, and to Mrs. L. Daddow (Department of Zoology,
University of Queensland) and the staff of the University of Sydney Electron Microscope Unit for their
technical assistance. The work was carried out at the School of Biological Sciences and the Electron
Microscope Unit of the University of Sydney, and at the Department of Zoology, University of
Queensland during my terms as postdoctoral research fellow. This project was financially supported by
the University of Sydney and University of Queensland (Special Project Grant), and the Keith Sutherland
Award of the Australian Museum.
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Kohnert & Storch, I984«. h). Aside from some conchological similarities berween thiarids and abyssochrysids, there
are no grounds for associating these two taxa.
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520 —
Plate I
Abyssochrysos : spermatozeugmata.
A — Paraspermatozoon showing constituent secretory vesicles and central deposit of cytoplasm. Euspermatozoa also
visible in figure ( x 5,600).
B — Spermatozeugmata in testis (light microscopy, toluidine-blue stained resin sections). Each paraspermatozoon bears
numerous euspermatozoa (attached via their darkly staining heads) to form a mature spermatozeugma ( x 500).
C — Phase-contrast light micrograph of paraspermatozoon (without attached euspermatozoa) showing secretory
vesicles (x 1,250).
D — Periphery of a spermatozeugma. Euspermatozoa cut in transverse section (arrows) are attached via their
acrosomes to the paraspermatozoon (x 31,400).
E, F — Acrosomal region of attached euspermatozoa. Note apical bleb and centrally perforate basal plate ( x 43,200 ;
47.800).
Abréviations used in Jigures
a, acrosomal complex (mature or developing) ; ab, apical bleb of acrosomal vesicle ; am, accessory
membrane (of acrosomal complex); an, annulus; ar, axial rod (of acrosomal complex); av, acrosomal
vesicle; ax, axoneme; bp, basal plate (of acrosomal complex); c, centriole; eu, euspermatozoa; f,
flagellum of euspermatid; G, Golgi complex; gp, glycogen piece; m, mitochondria; M, midpiece; mpe,
midpiece element; mt, microtubules; n, nucleus; nc, nucleolus; nf, nuclear fragment (in developing
paraspermatozoon); spc, secondary spermatocytes; sz, spermatozeugmata (paraspermatozoon with
attached euspermatozoa); v, secretory vesicles of paraspermatozoon.
— 522 -
Plate II
Ahyssochrysos : euspermatozoa.
A, B — Transverse sections (T.S.) through middle (A) and basal (B) portions of the acrosome (x 74,700).
C — Longitudinal section (L.S.) of acrosome and apex of nucleus. Basal plate has a central perforation ( x 40,000).
D — L.S. euspermatozoan heads (= acrosome + nucleus) (x 12,000).
E — L.S. nucleus-midpiece junction. Shallow basal invagination of nucleus contains the centriolar derivative
( x 45.000).
F - Phase-contrast light micrograph showing euspermatozoon. Arrow indicates junction of midpiece and glycogen
piece ( x 1,000).
G — T.S. midpieces. 5-7 helically coiled mitochondrial elements surround the axoneme ( x 40,000).
H — Oblique L.S. showing helical midpiece elements ( x 44,000).
1 - Midpiece-glycogen piece junction with annulus (x 50,000).
J — T.S. glycogen piece. Note spokes for granule support; oblique sections of midpiece also visible (x 47,500).
— 524 —
Plate III
Abyssochrysos : euspermatozoon development.
A — Spermatogonium of the germinal epithelium. Note granular nucleoplasm and presence of two structured nucleoli
(x 10,000).
B — Primary spermatocytes. Nucleoplasm shows dense patches ( x 9,000).
C — Secondary spermatocytes. Note cytoplasmic bridge (arrows). Chromosome cores clearly visible (x 10,150).
D — Secondary spermatocyte with cytoplasmic bridge (arrows) and paired centrioles (x 14,000). Inset : detail of
centrioles ( x 28,000).
E — Survey section of testis showing secondary spermatocytes, newly formed euspermatids (I), euspermatids at onset
of nuclear condensation (II), and advanced euspermatids (III) (x 2,100).
PLATE III
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526 -
Plate IV
Abysxochrysos : euspermatozoon development.
A — Early spermatid at onset of nuclear condensation. Note flagellum developing from centriole at cell periphery and
early stage in formation of nuclear invagination (arrow) (x 21,300). Inset : detail of developing nuclear
invagination ( x 38,300).
B — Early spermatid showing flagellum and centriole at cell periphery and (arrow) portion of cytoplasmic bridge
(x 18,600).
C — Cytoplasmic bridge (arrows) between euspermatids (x 16,000).
D — T.S. through developing midpiece of euspermatid (same stage as pi. IV E). Seven mitochondria elongate
posteriorly during this process (x 21,600).
E — L.S. euspermatid showing development of nuclear invagination (now enveloping centriolar derivative), reticular-
fibrillar phase of nuclear condensation, and position of mitochondria (see pi. IV D) ( x 27,600).
Plate V
Abyssochrysos : euspermatozoon development.
A — Formation of the acrosome by the Golgi complex. At this stage the acrosome is composed of a basal granule and
developing acrosomal vesicle. Figure also shows a membrane-bound product (arrow) from the Golgi complex
presumably about to fuse with the acrosomal vesicle (x 51,500).
B — More advanced acrosome. Base of the vesicle has invaginated further ( x 37,200).
C — Same stage as pi. V B, showing relative positions of condensing nucleus (see also pi.IV E), developing midpiece and
Golgi-acrosome association ( x 20,000).
D — L.S. euspermatid at longitudinal-fibrillar phase of nuclear condensation. Mitochondria have commenced
elongation, while anteriorly the acrosome tilts into position at the nuclear apex ( x 24,400).
E -- L.S. Nucleus-midpiece junction of advanced stage euspermatid. The nucleus is at the longitudinal-lamellar phase of
condensation. Elongate mitochondria now form the midpiece elements ( x 24,400). Inset : detail nuclear lamellae
(x 54,800).
- 530 -
Plate VI
Abyssochrysos : euspermatozoon development (concluded); paraspermatozoon development.
A — T.S. late euspermatid midpiece showing cristae in periaxonemal element (x 27,800).
B — T.S. late euspermatid midpiece with surrounding microtubules in cytoplasmic sheath ( x 27,000).
C — Early stage of paraspermatozoon development (from primary spermatocytes). Note nucleolus, nuclear fragments,
mitochondria, and lobulate (fragmenting) nucleus (x 14,800).
D — Developing paraspermatozoon showing three Golgi complexes, mitochondria and numerous developing secretory
vesicles (forming within dilated portions of the endoplasmic reticulum) (x 8,700).
— 532 —
Plate VII
Abyssochrysos : paraspermatozoon development (concluded).
A — Almost mature paraspermatozoon showing vesicles at various stages of compaction, and scattered, dense nuclear
fragments ( x 10,500).
B — Light micrograph showing spermatozeugmata and developing paraspermatozoa and euspermatids within the testis
(toluidine-blue stained resin sections) ( x 500).
C — Almost mature paraspermatozoon — note extensive cytoplasmic deposit and differing electron-density of secretory
vesicles ( x 5,500).
Bull. Mus. natn. Hist. nul.. Paris, 4' sér.. 11. 1989,
section A, n° 3 : 535-561.
Quatre nouvelles espèces de Capillaria (Nematoda, Capillariinae)
parasites de Chiroptères du Gabon
par Jean-Lou Justine
Résumé. — Description de quatre espèces de Capillaria parasites de microchiroptères du Gabon. Les
trois premières espèces ont en commun : chez le mâle, deux ailes latéro-caudales, une bourse caudale
membraneuse, un cirre inerme; chez la femelle, la présence d'un appendice vulvaire et des œufs à surface
lisse. Capillaria landauae n. sp., de l'intestin et estomac de Rhinolophus si/vestris, a un spicule fin strié
transversalement, long de 650;j.m, une bourse caudale de petite dimension soutenue par deux expansions
pulpeuses bifurquées, et la femelle possède un prolongement fibreux à l'extrémité postérieure de l'ovaire et
une petite bande bacillaire médiane en plus des bandes latérales. C. brosseti n. sp., de l'intestin de
Rhinolophus landeri. a un spicule non sclérifié, presque invisible, long de 300 u.m, un cloaque à cuticule
interne puissante, une bourse caudale de grande dimension soutenue par deux expansions massives
portant chacune trois papilles. C. gabonensis n. sp., de l’intestin de R. landeri, est proche de C. brosseti
mais est différencié par la forme des stichocytes et les dimensions des œufs. Une quatrième espèce, C.
magnova n. sp.. de l’estomac de Minioplerus inflalus, est décrite à partir de femelles seulement. Cette
espèce a aussi un appendice vulvaire; elle se différencie des trois autres par ses œufs de dimensions
importantes et pourvus de stries au niveau des pôles. L'existence de spicules non sclérifiés, visibles
seulement avec un microscope équipé du contraste interférentiel de Nomarski (chez C. brosseti, C.
gabonensis et probablement d'autres espèces), est considérée comme un argument contre la validité du
genre Skrjabinocapillaria Skarbilovitsch, 1946.
Mots-clés. Capillaria landauae n. sp., C. brosseti n. sp.. C. gabonensis n. sp., C. magnova n. sp..
Skrjabinocapillaria. Nematoda, Capillariinae, Rhinolophus silvestris, R. landeri, Minioplerus inflalus.
Mammalia, Chiroptera, Gabon.
Abstract. - Four new species of Capillaria, parasites of microchiropterans, are described from
Gabon. Three species share : two latero-caudal alae, a membranous caudal bursa and a non-spiny cirrus
in the male; presence of a vulvar appendage and eggs with smooth surfaces in the female. Capillaria
landauae n. sp. is found in the intestines and stomach of Rhinolophus silvestris. The male has a thin,
transversally striated spicule 650 um in length, and a small membranous caudal bursa which surrounds
two forked protrusions ; the female has an ovary provided with a posterior fibrous expansion and a small
median bacillary band in addition to the two usual lateral bands. C. brosseti n. sp. is found in the
intestines of Rhinolophus landeri. The male has a non-sclerified, almost invisible spicule 300 urn in length,
a cloaca with a powerful internal cuticle, and a large caudal membranous bursa which surrounds two
massive protrusions each of which bears three papillae. C. gabonensis n. sp., found in the intestines of R.
landeri, is similar to C. brosseti but is distinguished by the shape of stichocytes and the egg dimensions. A
fourth species. C. magnova n. sp., is found in the stomach of Minioplerus inflatus, and is described only
from females. This species also has a vulvar appendage and it is distinguished from the three above species
by its eggs, which have greater dimensions and bear polar striations. The existence of non-sclerified
spicules in C. brosseti and C. gabonensis (probably also found in other species) and which are only visible
with a microscope equiped with Nomarski interference contrast is considered to be an argument against
the validity of the genus Skrjabinocapillaria Skarbilovitsch, 1946.
— 536 —
Key-words, Capillaria landauae n. sp., C. brosseti n. sp., C. gabonensis n. sp., C. magnova n. sp.,
Skrjabinocapillaria , Nematoda, Capillariinae, Rhinolopluis silvestris, R. landeri, Miniopterus in flatus.
Mammalia, Chiroptera, Gabon.
J.-L. Justine, Laboratoire des Vers, Muséum national d’Histoire naturelle, 61. rue Buffon, 75231 Paris cedes 05.
Introduction
Chabaud et Landau ont récolté en 1977 plusieurs espèces de Capillaria de chauves-souris
au Gabon. Une première espèce, C. chabaudi, a été décrite précédemment (Justine, 1989).
Quatre autres espèces sont décrites dans cet article. Ces cinq espèces sont les premiers
Capillaria décrits de chauves-souris d’Afrique Centrale (cf. Anciaux de Favaux, 1984).
Les observations ont été effectuées avec un microscope à contraste interférentiel de
Nomarski. Les spécimens sont déposés au Muséum national d’Histoire naturelle, Paris
(MNHN).
Matériel examiné
Lot 238 PB : Hôte: Rliinolophus silvestris Aellen, 1959 (Rhinolophidae). Localité, date : anciennes
mines de fer. Be' nga, Gabon, 23 juillet 1977. Estomac : Capillaria chabaudi Justine, 1989 : 3 3
(1 holotype et 2 paratypes), 8 2 (1 allotype et 7 paratypes). Intestin : Capillaria gabonensis n. sp. : 1 3 et
2 2 .
Lot 130 PB : Hôte : Rliinolophus landeri Martin, 1838 (Rhinolophidae). Localité, date : Makokou,
Gabon, 9 juillet 1977. Estomac : Capillaria landauae n. sp. : 3 $, 1 2 incomplète. Intestin : Capillaria
brosseti n. sp. : 2 3 et 2 2, et Capillaria landauae n. sp. : 2 3 et 3 2-
Lot 252 PB : Hôte : Miniopterus in flatus Thomas, 1903 (Vespertilionidae). Localité, date : Grotte du
Faucon, Belinga, Gabon, 25 juillet 1977. Estomac : Capillaria magnova n. sp. : 5 2-
Liste des abréviations (dans les figures)
Abbreviation list (in figures)
BB : bande bacillaire latérale, vue de surface / lateral bacillary band, surface view.
bb : bande bacillaire latérale, vue par transparence / lateral bacillary band, as seen through the body.
BBM : bande bacillaire médiane, vue de surface / median bacillary band, surface view.
ce : canal éjaculateur, coupe optique / ejaculatory duct, as seen via optica / section.
eu : cuticule du cloaque, coupe optique / cloaca cuticle, optical section.
i : intestin, coupe optique / intestine, optica! section.
I-R : limite intestin-rectum / intestine-rectum junction.
PF : extrémité postérieure du prolongement fibreux de l’ovaire / posterior extremity of the ovary's
fibrous expansion.
PO : extrémité postérieure de l’ovaire / posterior extremity of ovary.
PT : extrémité postérieure du testicule / posterior extremity of testis.
S-CE : limite sphincter musculaire-canal éjaculateur / muscular sphincter-ejaculatory duct junction.
SM : sphincter musculaire / muscular sphincter.
s : spicule, coupe optique / spicule, optica! section.
ss : surface du spicule / spicule surface.
— 537 —
t : testicule, coupe optique / testis, optical section.
vs : vésicule séminale, coupe optique / seminal vesicle, optical section.
VS-S : limite vésicule séminale-sphincter musculaire / seminal vesicle-muscular sphincter junction.
VV-VU : limite vagin vrai-vagin utérin / vagina vera-vagina uterina junction.
vu : vagin utérin, coupe optique / vagina uterina, optical section.
1, 2, etc. : numéros des stichocytes / stichocyte numbers.
Capillaria landauae n. sp.
(Fig. 1-5)
Hôte : Rhinolophus kinderi Martin, 1838 (Rhinolophidae).
Localisation anatomique : Intestin et estomac.
Localité, date : Makokou, Gabon, 9 juillet 1977.
Matériel examiné : Intestin : 2 3 (I holotype et 1 paratype emmêlé avec une femelle), 4 2 entières
mûres (1 allotype, 3 paratypes); estomac : 3 $ paratypes. Lots 130 PB (intestin) et 130 PB (estomac).
Description
Mâles (mesures de l’holotype et, entre parenthèses, mesures chez le paratype)
Aspects généraux : Corps long de 5600pm, large de 40 [Am au niveau de la jonction
œsophage-intestin, largeur maximum 43 p.m. Anneau nerveux situé à (50 pm) en arrière de
l’apex (fig. IA). Préœsophage long de 220 (240)pm (fig.lA). Œsophage total long de 2300pm.
Stichosome : Stichocytes disposés sur une seule rangée, nombre de stichocytes environ 33.
Stichocytes allongés, plus longs que larges. Plus long stichocyte (le 18 e chez le paratype) long
de 130pm et large de 30pm (fig. IB).
Bandes bacillaires et stries cuticulaires : Deux bandes bacillaires latérales égales, larges à
l’avant et au milieu du corps, plus étroites à l’arrière. Largeur maximale des bandes bacillaires
18 pm, pores très visibles et disposés sur 3-4 rangées, en avant (fig. 1C) et en arrière (fig. 1D) de
la jonction œsophage-intestin; largeur des bandes bacillaires 13pm, pores disposés sur 3-
4 rangées, au niveau du stichosome (fig. IB). Stries cuticulaires transversales espacées de
1,5 pm au niveau du milieu du corps (fig. 1D), de 2,6 pm au niveau du canal éjaculateur.
Appareil génital mâle : Extrémité antérieure du testicule au niveau de la jonction
œsophage-intestin. Extrémité postérieure du testicule au niveau du sphincter vésicule séminale-
canal éjaculateur (fig. 1E). Canal déférent différencié en une vésicule séminale à paroi fine,
continuée vers l’arrière par un sphincter musculaire puis un canal éjaculateur à paroi épaisse et
apparemment glandulaire (fig. 1E). Longueur du sphincter (85) pm. Longueur du canal
éjaculateur 390 pm (370). largeur 35 pm (fig. 1E, 2). Cloaque faisant suite au canal éjaculateur,
à paroi fine et musculaire (fig. 2). Insertion du spicule dans le cloaque 210 pm en arrière de
l'extrémité antérieure du cloaque (fig. 2). Longueur totale du cloaque 940 pm. Spicule fin, peu
sclérifié, avec stries transversales (fig. 2). Extrémité antérieure du spicule non élargie; largeur
maximale du spicule 6um, largeur dans la région moyenne 5pm; extrémité postérieure du
— 538 —
Fig. I. — Capillaria landauae n. sp., cj. A, paratype, vue latérale, extrémité antérieure du corps, anneau nerveux,
préœsophage, premiers stichocytes; B, paratype, vue latérale, plus long stichocyte, bandes bacillaires, stries
cuticulaires transversales ; C, vue latérale, bande bacillaire au niveau des stichocytes postérieurs ; D, vue latérale,
200 um en arrière de la jonction œsophage-intestin, bande latérale et striés cuticulaires ; E, vue latérale, sphincter
entre la vésicule séminale et le canal éjaculateur, extrémité postérieure du testicule ; F, spermatozoïdes dans la partie
postérieure de la vésicule séminale. (Échelle 30 urn.)
^ 2^~3, ries*sijponfidelles^amversaler du^ss^ficule^partieHemen't représentée *;VxtSmU?'pwAerieu^du°spicule
non visible. (Échelle 30 am.)
— 540 —
spicule effilée, non visible (fig. 2). Longueur visible du spicule 630 [xm ; longueur estimée
650 um. Spicule non sorti du corps chez les deux spécimens. Cirre inerme, à peine évaginé (sur
30 urn) chez l’holotype (fig. 3). Insertion de la partie externe du cirre bien visible à partir de la
cuticule du corps, au niveau de l’ouverture cloacale (fig. 3B, 3C). Cirre présentant des
ondulations fines et régulières dans la plus grande partie du cloaque, sauf dans la région tout à
fait postérieure où le cirre paraît épais et sans ondulations (fig. 2). La jonction de l’intestin
avec l’appareil génital n’a pas pu être observée, mais se situe au niveau du canal éjaculateur.
Extrémité caudale du corps (fig. 2, 3) : Petite bourse membraneuse, haute de 25 [xm,
longue de 20txm, large de 30 txm, supportée par une paire d’expansions pulpeuses; chaque
expansion pulpeuse porte deux prolongements : un distal effilé, et un proximal en forme de
cœur. Deux ailes latéro-ventrales plus longues que hautes; longueur des ailes latérales 55 txm,
hauteur maximale 10-15 txm. Distance de l’orifice cloacal à l’extrémité postérieure du corps
35;xm. Extrémité postérieure des ailes latérales postérieure à l’orifice cloacal, et située à 20 fxm
de l’extrémité postérieure du corps.
Fig. 3. — Capillaria lunclauae n. sp., _? holotype, extrémité postérieure du corps. A. B. vue latérale : A, éléments
latéraux représentés. B. coupe optique; C, vue ventrale; D. vue dorsale. (Echelle 30;xm.)
Femelles de l'intestin (mesures de l’allotype et, entre parenthèses, mesures chez deux
paratypes)
Aspects généraux : Corps long de 7200 txm (8200,7900), large de 55ixm (58, 64) au niveau
de la vulve, large de 68 um (62, 82) au niveau du dernier stichocyte, largeur maximale 90;xm.
Anneau nerveux (fig. 4A) à (140)rxm de l’apex. Préœsophage (fig. 4A) long de 195txm (320,
190). Œsophage total long de 2900 txm (3700, 3300).
Stichosome : Stichocytes disposés sur une seule rangée, nombre de stichocytes 38. Dernier
stichocyte (fig. 4C) long de 50,um et large de 40 txm. Plus long stichocyte (fig. 4B, 5A), long de
70 (100) ;xm et large de 45 (30) txm. Muscles constricteurs des stichocytes bien visibles au milieu
du stichosome (fig. 4B).
[G. 4. — CapiUuria lundauae n. sp., J. A, paratype, vue latérale, extrémité antérieure du corps, anneau nerveux,
préœsophage, premiers stichocytes: B, paratype, vue latérale, longs stichocytes; muscles constricteurs des
stichocytes et bandes bacillaires représentées; C, allotype, vue latérale, région vulvaire, derniers stichocytes, vulve,
vagin vrai (coelomocytes non représentés). (A, échelle 60 am: B, C, échelle 30 am.)
- 542 —
Fig. 5. — Capillaria landauae n. sp., $. A, allotype, vue ventrale, région vulvaire; derniers stichocytes, vulve, vagin
vrai et début du vagin utérin; B, vue oblique, paratype, 1200um en arrière de la vulve, bandes bacillaires latérales
et bande bacillaire médiane ventrale; C, vue ventrale, allotype, 250um en arrière de la vulve, bande bacillaire
médiane, stries transversales superficielles de la cuticule ; D, paratype, extrémité postérieure du corps, vue latérale ;
extrémité postérieure de l’ovaire avec prolongement fibreux ; E, paratypes, œufs, coupe optique. (A, échelle 40 um ;
B-E, échelle 30 um.)
Bandes bacillaires et stries cuticulaires : Deux bandes bacillaires latérales égales et une
bande bacillaire ventrale, pores non visibles; largeur des bandes latérales 14fzm au niveau du
milieu du stichosome (fig. 4B), 18-19(zm en arrière de la vulve (fig. 5B), 15 pim au niveau de
l’extrémité postérieure de l’ovaire (fig. 5D). Bande bacillaire médiane peu visible, discernable
seulement dans la partie postérieure du corps, largeur 7-8 pim (fig. 5B, 5C). Stries cuticulaires
transversales bien visibles, espacées de 2,1 pim en arrière de la vulve (fig. 5C).
Appareil génital femelle : Présence d'un appendice vulvaire, formé par un repli de la
cuticule (fig. 4C, 5A). Distance de la vulve à l’extrémité postérieure du stichosome 60 pim.
Vagin vrai (= vagina vera) long de 170 pim (fig. 5A). Œufs présents dans le vagin vrai et dans
le vagin utérin ( vagina uterina) (fig. 5A). Œufs non embryonnés, à bouchons non saillants et
coque apparemment lisse (fig. 5E). Dimensions des œufs 44-47 x 23-27 pim.
Extrémité postérieure du corps : Rectum long de 60 pim (85, 58, 63). Extrémité postérieure
de l'ovaire très éloignée de la queue et très antérieure au rectum ; distance de l’extrémité
postérieure de l’ovaire à la queue 140 pim (165, 165, 170). Ovaire continué vers l’arrière par un
prolongement fibreux (fig. 5D). Cette structure donne un aspect très caractéristique à
l’extrémité caudale de la femelle. Anus subterminal.
Femelles de l’estomac (mesures chez trois paratypes)
Longueur du corps 11200, 10500, 11100 pim, largeur maximum 95, 105 pim, largeur au
niveau du dernier stichocyte 62, 62, 63 pim, longueur de l’œsophage 3000, 2800, 3200 jam,
longueur du préœsophage 220, 225, 230 pim, nombre de stichocytes 34, 37, 31, longueur du
dernier stichocyte 70, 78 pim, largeur du dernier stichocyte 39, 38 pim, longueur du rectum 105,
105 pim, œufs 46-50 x 26-28 pim, distance de l'ovaire à l’extrémité postérieure du corps 130,
98 pim.
Détails morphologiques : Les femelles de l’estomac présentent les caractéristiques des
femelles de C. landauae de l’intestin, à savoir présence d’un appendice vulvaire, d’un pro¬
longement fibreux postérieur à l’ovaire, d’une bande bacillaire médiane étroite et de deux
bandes bacillaires latérales larges. Les femelles trouvées dans l’estomac sont plus grandes que
celles de l’intestin. En dépit de cette différence, la similitude morphologique montre qu’il s’agit
de la même espèce dans les deux organes.
Étymologie : L’espèce est dédiée à Irène Landau qui a récolté le matériel.
Discussion
Capillaria landauae se distingue facilement de Capillaria brosseti, trouvé dans le même
organe (intestin) du même hôte, pour le mâle, par les dimensions et la morphologie de la
bourse caudale, et pour la femelle, par la morphologie de l’extrémité postérieure de l’ovaire.
Capillaria landauae ressemble à Capillaria chabaudi , aussi parasite de l’estomac de chauve-
souris au Gabon, mais chez un autre hôte ( Rhinolophus silvestris ), par les dimensions de la
bourse et la morphologie générale; elle s’en distingue, chez le mâle, par la forme des
expansions pulpeuses soutenant la bourse caudale et la présence de stries transversales sur le
spicule, et chez la femelle, par la morphologie de l'extrémité postérieure de l’ovaire (tabl. I).
Les espèces de Capillaria de chauves-souris qui ressemblent à C. landauae sont d’abord
— 544 —
celles qui ressemblent à C. chabaucli par les caractères suivants : chez le mâle, présence d’ailes
latéro-caudales et d'une bourse membraneuse, expansions pulpeuses soutenant la bourse
caudale de forme bifurquée, cirre inerme, spicule bien visible de longueur proche de 600 um et
à extrémité postérieure effilée; chez la femelle, présence d’un appendice vulvaire. Ces quatre
espèces (Justine, 1989) sont :
— C. rhinolophi Mészarôs, 1973, de l’estomac de Rliinolophus sinicus au Viêt-Nam;
— C. kashmirensis Raina et Kaul, 1982, de l’estomac de Myotis muricola en Inde;
— C. pipistrelli Yamaguti, 1941 sensu Wang, 1982 (= Cupillaria sp. 1 in Justine, 1989),
de Pipistrellus abramus en Chine;
— C. speciosa Beneden, 1873 sensu Zdzitowiecki, 1970 nec Beneden (= Cupillaria sp. 2 in
Justine, 1989), de l’estomac de Myotis myotis, M. nattereri et M. daubentoni en Pologne.
Aucune de ces espèces n’a néanmoins une morphologie de la bourse caudale semblable à
celle de C. landauae.
C. martinezi Caballero, 1942, dans la redescription de Rutkowska (1980), basée sur des
parasites de Eptesicus fuscus dutertreus à Cuba (longueur du spicule 680-840 ,um), ressemble à
C. landauae par la forme des expansions pulpeuses de la bourse. L’espèce peut être différenciée
par les dimensions des œufs (48-58 x 25-27 ;j.m) et par la forme de l’extrémité distale du
spicule, qui est élargie.
C. landauae est donc différent de tous les Capillariinae connus chez les Chiroptères.
Capillaria brosseti n. sp.
(Fig. 6-10)
Hôte : Rliinolophus landeri Martin, 1838 (Rhinolophidae).
Localisation anatomique : Intestin.
Localité, date : Makokou, Gabon, 9 juillet 1977.
Matériel examiné : 2 $ (1 holotype et 1 paratype auquel il manque la partie antérieure du corps),
2 2(1 allotype auquel il manque le préœsophage et 1 paratype entier mais en mauvais état). Lot 130 PB
(intestin).
Description
Mâles (mesures de l'holotype et, entre parenthèses, mesures chez le paratype).
Aspects généraux : Corps long de 4500 u.m, large de 56 qm (58) au niveau de la jonction
œsophage-intestin, largeur maximum 56 (75). Anneau nerveux situé à 110(j.m en arrière de
l’apex (fig. 6A). Préœsophage long de 280 um. Œsophage total long de 3200 pm.
Stichosome : Stichocytes disposés sur une seule rangée, nombre de stichocytes non
déterminé. Chez l’holotype, stichocytes très étroits, présence d’un large espace vide autour des
stichocytes, et muscles constricteurs des stichocytes bien visibles (fig. 6B, 6C). Cette
particularité provient probablement de la fixation. Chez le paratype, largeur normale des
stichocytes, mais l'avant manque. Dernier stichocyte (fig. 6C, 6D) long de 85 um (85) et large
de 35 ixm (48).
— 545
Fig. 6. — CapiUuria hrosseti n. sp„ $. A. holotype, vue latérale, extrémité antérieure du corps, anneau nerveux,
préœsophage, premiers stichocytes; B. holotype. longs stichocytes, tiers postérieur du stichosome: muscles
constricteurs des stichocytes représentés en haut; œsophage à l'intérieur des stichocytes représenté en bas; C,
holotype, derniers stichocytes et jonction œsophage-intestin, muscles constricteurs des stichocytes partiellement
représentés; D, paratype, derniers stichocytes et jonction œsophage-intestin. (Échelle 40 urn.)
— 546
Bandes bacillaires et stries cuticulaires : Deux bandes bacillaires latérales égales. Pores
non visibles. Largeur maximale des bandes bacillaires 13 gm, au niveau de la jonction
œsophage-intestin (fig. 6C, 8B) ; largeur 3 gm, au niveau du cloaque antéspiculaire (fig. 7A) ;
largeur 5 [xm, au niveau de l’extrémité antérieure du spicule (fig. 7B1) ; largeur 4 gm, au niveau
de l’extrémité postérieure du corps (fig. 8D). Limite postérieure des bandes bien visible
(fig. 8D) ; distance entre l’extrémité postérieure des bandes bacillaires et l’extrémité postérieure
du corps 48 gm (fig. 8D). Stries cuticulaires transversales bien visibles ; espacement des stries
1,7 gm au niveau de la jonction œsophage-intestin (fig. 8B). Les stries ne sont pas visibles au
niveau de la bande bacillaire.
Appareil génital mâle : Extrémité antérieure du testicule au niveau de la jonction
œsophage-intestin (fig. 6C, 6D). Extrémité postérieure du testicule au niveau de l’extrémité
antérieure du canal éjaculateur. Canal déférent différencié en une vésicule séminale antérieure
à paroi fine, continuée en arrière par un sphincter musculeux puis un canal éjaculateur
postérieur à paroi apparemment glandulaire. La vésicule séminale commence 50 gm en arrière
de la jonction œsophage-intestin (fig. 6D). Longueur du sphincter musculeux 105 gm (90).
Longueur du canal éjaculateur 400 gm (600), largeur 30 gm. Cloaque faisant suite au canal
éjaculateur, à paroi musculeuse garnie intérieurement d’une cuticule épaisse et régulière
(fig. 7B, 8A). La cuticule du cloaque s’amincit en avant de l’entrée du spicule ; on a donc un
cloaque antéspiculaire très peu cuticularisé (fig. 7A) et un cloaque postspiculaire très
cuticularisé. Longueur du cloaque antéspiculaire 70 gm (160) (fig. 7A). Chez le paratype, le
spicule à son origine part vers l’avant sur 25 gm puis revient en arrière (fig. 7A, 7B1); il est
droit chez l’holotype (fig. 8A). Spicule (fig. 7A, 7B1, 8A) très fin, très peu sclérifié et peu
visible, sans stries transversales. Largeur maximum du spicule 5-6 gm. Extrémité antérieure du
spicule à peine élargie ; extrémité postérieure s’amincissant progressivement jusqu’à devenir
invisible (fig. 7B1). Longueur visible du spicule : 300 gm (180 gm). Spicule non sorti du corps
chez les deux spécimens. Cirre inerme (fig. 7B2, 8B, 8E), sorti du corps chez les deux
spécimens; longueur du cirre sorti (130gm). Insertion de la partie externe du cirre à partir de
la cuticule du corps bien visible au niveau du cloaque (fig. 7B2). Spermatozoïdes allongés,
longs de 5-7 gm au niveau de l’extrémité postérieure de la vésicule séminale (fig. 8C). La
jonction de l’intestin avec l’appareil génital n’a pas pu être observée, mais se situe au niveau du
canal éjaculateur.
Extrémité caudale du corps (fig. 7B2, 8D, 8E) : Grande bourse membraneuse, haute de
35 gm, large de 45 gm et longue de 60 gm. La bourse membraneuse est supportée par une
expansion pulpeuse dorsale large, marquée à son extrémité postérieure par une incision
médiane profonde de 10gm environ. L’expansion pulpeuse porte trois paires de papilles : une
paire bien visible, en position ventrale, au niveau de l’extrémité antérieure de la bourse ; une
paire latérale externe, environ 10gm avant l’extrémité postérieure de l’expansion pulpeuse;
une paire terminale, au niveau de l’extrémité de chacune des branches séparées par l’incision
distale. Distance de l’orifice cloacal à l’extrémité postérieure du corps (80 gm). Deux ailes
latéro-ventrales, peu sclérifiées, très souples; longueur des ailes (75gm). Extrémité postérieure
des ailes latérales postérieure à l’orifice cloacal, et située à 55 gm de l’extrémité postérieure du
corps.
. 7. — Capillaria brosseti, n. sp., <J. A, paratype. vue latérale, cloaque antéspiculaire et extrémité antérieure du
spicule; l'extrémité antérieure du spicule est repliée sur elle-même; B, paratype, vue latérale, dessin en deux
morceaux B1 et B2, région postérieure du corps, cloaque postspiculaire; extrémité postérieure du corps représentée
en coupe optique. (Échelle 30 um.)
548 —
Fie. 8. — Capillaria brosseti n. sp., -J. A, holotype, extrémité antérieure du spicule, non repliée; B, paratype, vue
latérale, stries cuticulaires et bande bacillaire en arrière de la jonction œsophage-intestin ; C, spermatozoïdes, dans
la partie postérieure de la vésicule séminale; D, paratype, vue latérale, extrémité postérieure du corps, dessin des
éléments latéraux; E. paratype, vue ventrale, extrémité postérieure du corps. (Échelle 30um.)
Fig. 9. — Capillaria brossai n. sp., 5 . A, paratype, vue latérale, extrémité antérieure du corps, anneau nerveux,
préœsophage, premiers stichocytes ; B. allotype, longs stichocytes ; muscles constricteurs des stichocytes représentés
en haut : œsophage à l'intérieur des stichocytes représenté au milieu ; C, paratype, vue latérale, bandes bacillaires au
niveau du tiers postérieur du stichosome; les bandes bacillaires gauche et droite sont de largeur égale; D, allotype,
vue latérale, stries cuticulaires transversales et bande bacillaire, 100um en arrière de la vulve; E. comme D. région
la plus large du corps, 900 urn en avant de la queue. (A, échelle 50 am; B-E, échelle 30 urn.)
— 550 —
Femelles (mesures de l’allotype et, entre parenthèses, mesures chez la femelle paratype)
Aspects généraux : Corps long de plus de 5700 jxm chez l’allotype, chez lequel le
préoesophage manque, (4800) chez le paratype, large de 58 jxm au niveau de la vulve, large de
68 [xm au niveau du dernier stichocyte, largeur maximale 95 jxm (95). Anneau nerveux à
(35) jxm de l’apex (fig. 9A). Préœsophage long de (195) jxm (fig. 9A). Œsophage total long de
plus de 2200 [xm (2000).
Stichosome : Stichocytes disposés sur une seule rangée, nombre de stichocytes au moins
39 (les premiers stichocytes manquent). Stichocytes plus longs que large à l’avant (fig. 9A, 9B),
presque aussi larges que longs à l’arrière (fig. 10A). Chez l’allotype, les stichocytes de la région
moyenne du stichosome sont très étroits et les muscles constricteurs des stichocytes sont bien
visibles (fig. 9B). Dernier stichocyte long de 65 jxm et large de 55jxm (fig. 10A). Plus long
stichocyte, long de 80 jxm et large de 30jxm.
Bandes bacillaires et stries cuticulaires : Deux bandes bacillaires latérales égales, pores
visibles; largeur maximale des bandes 17jxm, pores disposés sur 4-5 rangées, au niveau de la
région postérieure du stichosome (fig. 9C); largeur 15-16[xm au milieu et dans la région
postérieure du corps (fig. 9D, 9E); largeur 11 jxm au niveau de l’extrémité postérieure du corps
(fig. 10C). Bandes bacillaires se terminant de manière bien visible aux deux extrémités du
corps; distance des bandes à l'apex 40jxm (fig. 9A), distance des bandes à la queue 25jxm
(fig. 10C). Stries cuticulaires transversales bien visibles, espacées en moyenne de 2,3 [xm
(fig. 9D, 9E). Les stries cuticulaires sont moins marquées, mais néanmoins visibles, au niveau
des bandes bacillaires (fig. 9D, 9E).
Appareil génital femelle : Distance de la vulve à l’extrémité postérieure du stichosome
courte : 40 [xm. Présence d'un appendice vulvaire formé par un repli de la cuticule du corps
(fig. 10A). Longueur de l’appendice vulvaire 20 jxm (fig. 10A). Vagin vrai ( vagina verd) à paroi
musculeuse épaisse, long de 130 jxm (fig. 10A). Vagin utérin ( vagina uterina ) à paroi épaisse
(fig. 10A). Œufs présents dans le vagin utérin, disposés sur une ou plusieurs rangées. Œufs
asymétriques, non embryonnés, à deux bouchons non saillants (fig. 10D). Longueur des œufs
48-50 ixm (45) ; largeur 22-25 jxm (28). Coque de l’œuf apparemment lisse.
Extrémité postérieure du corps : Rectum très court, 44 jxm (55); extrémité postérieure de
l’ovaire antérieure au rectum, située à 78 (85) jxm de l’extrémité postérieure du corps (fig. 10B).
Anus subterminal.
Étymologie : L’espèce est dédiée à M. Brosset, Directeur de la station de Makokou en 1977.
Discussion
Cette espèce est caractérisée par une bourse caudale très grande, la présence d’une cuticule
puissante dans le cloaque, un spicule très peu sclérifié et à peine visible. Elle se distingue très
facilement des espèces à petite bourse (C. chabaudi, C. landauae) par ces caractères (tabl. I).
Les bandes bacillaires présentent la caractéristique particulière d’avoir une interruption très
nette à leurs extrémités.
Puisque nous avons trouvé mélangés les mâles et les femelles des deux espèces (C. brosseti
et C. landauae) dans l’intestin de ce spécimen de Chiroptère, le choix des mâles et des femelles
* vv-vu
Fig. 10. — Capillaria brosseti n. sp., $ allotype. A, vue latérale, région vulvaire; derniers stichocytes, vulve, vagin vrai
et début du vagin utérin; B, vue latérale, extrémité postérieure du corps, coupe optique; C, comme B, vue des
bandes bacillaires; D, œuf, coupe optique. (Échelle 30t,un.)
— 552
de chaque espèce demande une justification. Les caractères utilisés ont été la longueur du
corps, l’aspect des bandes bacillaires, et le fait que nous avons trouvé un spécimen mâle et un
spécimen femelle étroitement emmêlés, les deux appartenant à la même espèce (C. brosseti).
C. brosseti doit être comparé aux Capillariinae de chauves-souris qui possèdent aussi les
caractères suivants : chez le mâle, présence de deux ailes latéro-caudales et d’une bourse
membraneuse, cirre inerme, spicule de longueur proche de 300 fun ; chez la femelle, présence
d’un appendice vulvaire. Ces espèces sont :
— C. euryali Ricci, 1949 (longueur du spicule 310-510um), de l’intestin de Rhinolophus
euryale en Italie : les expansions pulpeuses de la bourse caudale ne sont pas représentées dans
la description originale, ce qui ne permet pas de comparer avec C. brosseti , mais l’espèce peut
être différenciée par la longueur de ses œufs (37-40 ;j.m), nettement plus petits que chez C.
brosseti ;
— C. italica Ricci, 1949 (longueur du spicule 320-372 pun), de l’intestin de Myotis
nattereri en Italie : aucun dessin du mâle n’est donné dans la description originale, ce qui ne
permet pas de comparaison ;
— C. romana Ricci, 1949 (longueur du spicule 380 (xm), de l’intestin de Rhinolophus
euryale en Italie : la description précise que le spicule est peu visible, comme chez C. brosseti ;
l’extrémité postérieure de l’ovaire est éloignée de l’extrémité postérieure du corps, ce qui
permet de différencier cette espèce de C. brosseti.
Skvortsov (1971) a redécrit les espèces de Ricci à partir de matériel de Moldavie (URSS)
et a proposé des synonymies. Aucune des espèces de Skvortsov ne correspond à C. brosseti
par la morphologie de sa bourse caudale et les dimensions.
C. pereirai Freitas et Lent, 1935 de Molossidae au Brésil (figures in Freitas et Lent,
1936), est une espèce qui ressemble â C. brosseti par la présence de deux expansions pulpeuses
très massives dans la bourse caudale, mais elle en diffère par la longueur du spicule (608 am) et
les stries transversales très visibles sur le spicule.
Comme le spicule de C. brosseti est presque invisible avec un microscope classique, il faut
aussi comparer l'espèce aux Capillariinae de chauves-souris qui ont été décrits sans spicule et
avec aussi un cirre inerme et des ailes latérales. Ces espèces sont :
— C. pulchra Freitas, 1934 sensu Lent, Freitas et Proença, 1946, de l’estomac de Tadarida
laticaudata au Paraguay : la morphologie de la bourse caudale est différente de celle de C.
brosseti ;
— C. eubursata (Skarbilovitsch, 1946), de diverses chauves-souris d’Europe : la bourse
caudale est très différente de celle de C. brosseti , aussi bien dans la description originale que
dans les redescriptions de Zdzitowiecki (1970), Skvortsov (1971), et Rutkowska (1980);
— C. miniopterae Thomas, 1959, parasite de Miniopterus blepotis en Australie :
l’appendice vulvaire est différent de celui de C. brosseti.
C. brosseti est donc différent de tous les Capillariinae décrits chez des Chiroptères.
— 553
Capillaria gabonensis n. sp.
(Fig. 11)
Hôte : Rhinolophus silvestris Aellen, 1959 (Rhinolophidae).
Localisation anatomique : Intestin.
Localité, date : Anciennes mines de fer, Belinga. Gabon, 23 juillet 1977.
Matériel examiné : 1 holotype (à extrémité postérieure abîmée) et 2 Ç paratypes. Lot 238 PB.
Description
Mâle
Aspects généraux : Corps long de 4000 um, large de 44;am au niveau de la jonction
œsophage-intestin, largeur maximale 52 um, œsophage long de 2250 jam, préœsophage long de
245 jam.
Stichosome : Nombre de stichocytes environ 45, en majorité plus courts que longs;
dernier stichocyte long de 35 fxm et large de 35 pm (fig. 11 A).
Bandes bacillaires larges de 13 [um ; 3-4 rangées de pores bien visibles, au niveau de la
région postérieure du stichosome (fig. 11 A).
Appareil génital : Canal éjaculateur long de 540 u.m. Sphincter de la vésicule séminale au
canal éjaculateur long de 50;jutl Cloaque long de 350 jim. La paroi du cloaque est fortement
cuticularisée (fig. 1 IB). Spicule non sclérifié, extrêmement peu visible, enroulé sur lui-même au
niveau de la région antérieure du cloaque. Longueur du spicule non mesurable.
L’extrémité postérieure du corps est détériorée. On peut néanmoins observer la présence
de deux ailes latéro-caudales peu sclérifiées, très souples, et d’une bourse caudale de grandes
dimensions.
Femelles (mesures données pour les deux femelles)
Aspects généraux : Corps longs de 4650 et 3400 um, largeur maximale 90 et 70;am, largeur
au niveau du dernier stichocyte 68 et 60 [im, largeur au niveau de la vulve 70 et 52 [im,
œsophage long de 2050 et 1650 am, préœsophage (fig. 11C) long de 270 ^m, distance de
l’anneau nerveux à l’apex 70;um (fig. 11C).
Stichosome : Nombre de stichocytes environ 37, en majorité plus courts que longs
(fig. H D).
Bandes bacillaires larges de 18, am; 4-5 rangées de pores bien visibles, au niveau de la
région postérieure du stichosome (fig. 11D).
Appareil génital femelle : Présence d’un appendice vulvaire formé par un repli de la
cuticule du corps (fig. 11D). Distance de la vulve au dernier stichocyte 30 am (fig. 11D). Œufs
(fig. 11E) à coque lisse et bouchons non saillants, longueur 42-45 am, largeur 20-21 ram.
t Extrémité postérieure du corps : Distance de l’ovaire à l’extrémité postérieure du corps
38;am. Longueur du rectum 44 p.m. Anus subterminal.
Étymologie : Basée sur le pays d'origine, le Gabon.
O£"o
— 555 —
Discussion
Capillaria gabonensis se distingue aisément de C. chabaudi Justine, 1989, trouvé dans
l’estomac du même spécimen par ses dimensions très inférieures et la morphologie du
stichosome, composé de stichocytes très courts alors que C. chabaudi a des stichocytes tous
plus longs que larges (tabl. I).
La présence d’une cuticule épaisse dans le cloaque, les ailes latérales souples et fines, la
grande bourse caudale font que cette espèce paraît très proche de C. brosseti', malheureuse¬
ment, le mauvais état du matériel ne permet pas de comparer les bourses caudales. La
morphologie des stichocytes paraît néanmoins différente de celle de C. brosseti , et les œufs sont
plus petits que ceux de C. brosseti. Pour cette raison, un nom d’espèce est attribué à ces
spécimens; l’examen de matériel plus abondant permettrait de déterminer si cette espèce est
synonyme de C. brosseti.
Capillaria magnova n. sp.
(Fig. 12-13)
Hôte : Miniopterus inflatus Thomas, 1903 (Vespertillionidae).
Localisation anatomique : Estomac.
Localité : Grotte du Faucon, Belinga, Gabon, 25 juillet 1977.
Matériel examiné : 1 9 holotype, 2 Ç paratypes, 2 fragments de femelles, pas de mâle. Lot 252 PB.
Description
Femelles (mesures de l’holotype et, entre parenthèses, mesures chez les deux paratypes)
Aspects généraux : Corps long de 10100 gm (8400, 9500), large de 46 gm (48) au niveau de
la vulve, large de 52 gm (47) au niveau du dernier stichocyte, largeur maximale 46 gm (48).
Anneau nerveux à 45 gm de l’apex (fig. 12A). Préœsophage formant des ondulations (fig. 12A)
long de 170gm (290, 240). Œsophage total long de 3200 gm (3000, 2500).
Stichosome : Stichocytes disposés sur une seule rangée, nombre de stichocytes 39 (42).
Stichocytes allongés, plus longs que larges. Plus long stichocyte (le 29 e chez l’holotype) long de
115gm et large de 35 gm (fig. 12B). Dernier stichocyte long de 80 gm et large de 42 gm.
Bandes bacillaires et stries cuticulaires : Deux bandes bacillaires latérales, largeur
maximale 20 gm, 4-5 rangées de pores petits, au niveau des derniers stichocytes (fig. 12B, 12C);
largeur 12gm (fig. 13B) au niveau de l’extrémité postérieure du corps. Stries cuticulaires
espacées de 1,7 gm en arrière de la vulve, et de 1,5 gm au niveau de l’extrémité postérieure du
corps (fig. 13C).
Appareil génital femelle : Distance de l’extrémité de l’œsophage à la vulve courte : 40 gm
(25). Présence d’un appendice vulvaire formé par un repli de la cuticule du corps (fig. 12D,
13A). Longueur de l’appendice vulvaire 20-50 gm (fig. 12D, 13A). Œufs présents dans le vagin
Fig. 12. — Capillaria magnova, n. sp. $. A, holotype. vue latérale, extrémité antérieure du corps, anneau nerveux,
préœsophage, premiers stichocytes; B, holotype, vue latérale, les plus longs stichocytes; C, paratype. vue latérale,
bande latérale et pores au niveau de l'avant-dernier stichocyte ; D, paratype, vue latérale, région vulvaire, derniers
stichocytes, appendice vulvaire. (A, C, D, échelle 30 um ; B, échelle 40 um.)
Fig. 13. — Cupillaria magnova, n. sp. $. A. holotype, vue latérale, région vulvaire, derniers stichocytes, appendice
vulvaire; B, holotype, vue latérale, coupe optique, extrémité postérieure du corps; C, comme B, vue de surface des
stries cuticulaires transversales; D, E, œufs, paratype, coupe optique; F, œuf, holotype. vue de face du pôle avec
stries en spirale; G, comme F, vue oblique du pôle de l'œuf. (A, échelle 40 urn; B-G, échelle 30um.)
— 558 —
utérin, disposés sur une ou plusieurs rangées. Œufs asymétriques, non embryonnés, à deux
bouchons non saillants (fig. 13D, 13E). Longueur des œufs 52-54 p.m, largeur 27-30 am. Stries
superficielles fines, en spirale, visibles autour des pôles des œufs en vue polaire (fig. 13F, 13G).
Extrémité postérieure du corps : Rectum long, 140 p.m. Extrémité postérieure de l'ovaire
postérieure au rectum, située à 125fxm de l’extrémité postérieure du corps (fig. 13B). Anus
subterminal.
Étymologie : De l'adjectif magnus, grand, et du substantif pluriel ova, œufs; fait référence aux
dimensions relativement importantes des œufs.
Tableau I. — Comparaison des espèces de Capillaria parasites de chiroptères du Gabon.
C. chabaudi
C. landauae
C. brosseti
C. gabonensis
C. magnova
Hôte
R. silvestris
R. lande ri
R. landeri
R. sdveslris
M. inflatus
Localisation
estomac
intestin
intestin
intestin
intestin
estomac
Bourse caudale
petite
petite
grande
grande
Spicule
bien visible
bien visible
peu visible
peu visible
Surface
lisse
strié transv.
Longueur (u.m)
665-840
650
300
???
Stichocytes postérieurs
chez le mâle
longs
longs
courts
Cuticule du cloaque
fine
fine
épaisse
épaisse
Prolongement fibreux de
l’ovaire
absent
présent
absent
absent
absent
Bande bacillaire ventrale
chez la femelle
absente
présente
absente
absente
absente
Œufs : Longueur (tun)
48-50
44-50
48-50
42-45
52-54
Largeur (u.m)
22-25
23-28
22-25
20-21
27-30
Surface
lisse
lisse
lisse
lisse
stries polaires
Longueur du mâle (mm)
5,5-6,6
5,6
4,5
4,0
Longueur de la femelle (mm)
7,3-9,2
7,2-8,2
4,8-5,7
3,4-4,65
8,4-10,1
(intestin)
10,5-11,2
(estomac)
Discussion
Bien que le mâle ne nous soit pas connu, cette espèce se différencie facilement des autres
espèces parasites de chauves-souris au Gabon par les dimensions de ses œufs, supérieures à
celles des œufs de toutes les autres espèces (tabl. I).
Quelques espèces de Capillariinae de chauves-souris ont des dimensions d’œufs compara¬
bles à celles de C. magnova. Comme aucune de ces espèces n’est africaine, l’identité de C.
magnova peut néanmoins être basée sur l’éloignement géographique. C. miniopterae Thomas,
1959, qui est parasite aussi d’un Miniopterus (M. blepotis) en Australie, a des œufs de
— 559 —
dimensions comparables à celle de C. magnova (50 x 25 jxm) mais l’appendice vulvaire de la
femelle semble très différent.
Pour ces raisons, un nom d’espèce est attribué à ce matériel, en attendant la récolte de
mâles.
DISCUSSION GÉNÉRALE
La description de C. brosseti met en relief un point délicat de la systématique générique
des Capillariinae, qui est l’absence de spicule et la validité du genre Skrjabinocapillaria.
Le genre Skrjabinocapillaria a été créé par Skarbilovitsch (1946) pour l’espèce S.
eubursata , parasite de chiroptères d’URSS. La description originale indique que le spicule est
absent. Khalil (1977) a proposé une clé des espèces de « Skrjabinocapillaria », identifiées sur
le seul caractère de l'absence du spicule. Spratt (1982) a étudié divers spécimens de S.
eubursata (mais pas les spécimens types), a observé un spicule peu sclérifié chez ces spécimens
et a donc conclu à l’identité du genre Skrjabinocapillaria avec Capillaria. Moravec (1982)
considère aussi comme douteuse l’absence de spicule chez « Skrjabinocapillaria ». Anderson et
Bain (1982) mettent en synonymie Skrjabinocapillaria avec Capillaria. Raina et Raina (1985)
ont observé des Capillaria à spicule très faiblement sclérifié et aussi conclu à cette synonymie
générique.
Le spicule chez C. brosseti est distingué difficilement avec un microscope muni du
contraste interférentiel de Nomarski et est pratiquement invisible avec un microscope à fond
clair normal. Chez C. gabonensis , le spicule est replié sur lui-même dans la portion antérieure
du cloaque et peut à peine être distingué, même avec un microscope à contraste de Nomarski.
Il est donc tout à fait vraisemblable que le spicule soit très faiblement sclérifié chez C.
eubursata , comme chez ces espèces, et non visible avec un microscope sans contraste
interférentiel de Nomarski.
Plusieurs de ces espèces de Capillaria à spicule très peu sclérifié se trouvent chez les
chauves-souris : C. eubursata, C. pulchra Freitas, 1934 sensu Lent, Freitas et Proença, 1946, C.
miniopterae Thomas, 1959, C. brosseti n. sp., et C. gabonensis n. sp. Ce fait peut être attribué
en partie à la petite dimension de ces espèces, en rapport avec la petitesse des appareils digestifs
de leurs hôtes.
Le genre Skrjabinocapillaria doit donc probablement être mis en synonymie avec
Capillaria. Mas-Coma et Esteban (1985) ont affirmé que l’identité du genre Skrjabinocapillaria
ne doit pas être basée sur ce caractère du spicule, qu’il soit absent ou non, mais sur la
morphologie de la bourse caudale. La morphologie de la bourse caudale de C. eubursata
n’étant pas exceptionnelle, ce caractère ne tient pas.
Lomakin et Romashov (1987) ont proposé une nouvelle subdivision des Capillariidae,
incluant en particulier la sous-famille Skrjabinocapillariinae n. subfam. Cette sous-famille est
basée sur l’absence de spicule. La validité de cette nouvelle sous-famille dépend de la validité
du genre Skrjabinocapillaria, et apparaît donc douteuse.
Remerciements
M. Wang nous a fourni une traduction d’une partie de son article en Chinois.
— 560 —
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Deux nouveaux Nématodes Cosmocercidae
parasites des escargots terrestres :
Cepaea nemoralis L. et Cepaea hortensis Müller
par Serge Morand
Résumé. — Deux nouvelles espèces de Nématodes Cosmocercidae parasites de l’appareil génital
d’escargots Helicidae terrestres sont décrits. Nemhelix lamottei n. sp., parasite de Cepaea nemoralis Linné,
se distingue des autres espèces du genre par une ouverture buccale triangulaire et une queue des femelles
se terminant en forme d’ampoule. Nemhelix ludesensis n. sp., parasite de Cepaea hortensis Müller, possède
une ouverture buccale arrondie, comme chez Nemhelix hakeri, mais les ailes latérales se terminent
postérieurement à l’anus chez les femelles.
Abstract. — Two new species of Nematodes parasiting the genital tract of terrestrial snails
(Helicidae) are described. Nemhelix lamottei n. sp., parasite of Cepaea nemoralis Linné, can be
distinguished from the other species of the genus by a sub-triangular oral opening and a like-ampulla tip
of the female tail. Nemhelix ludesensis n. sp., parasite of Cepaea hortensis Müller, has a round oral
opening, like Nemhelix bakeri Morand et Petter, but lateral alae of the female are inserted behind the
anus.
S. Morand, Laboratoire de Zoologie et d'Ecophysiologie (L.A. INRA) de l'Université de Rennes, av. Gl. Leclerc,
35042 Rennes cedex, France, et Laboratoire des Vers (L.A. CNRS), Muséum national d’Histoire naturelle, 61,
rue Buffon, 75231 Paris cedex 05, France.
Des escargots Cepaea nemoralis et Cepaea hortensis ont été trouvés parasités par des
Nématodes qui appartiennent au genre Nemhelix Morand et Petter, 1986. Ce dernier
comprenait, jusqu’à présent, l’unique espèce N. bakeri parasite de l’appareil génital de Helix
aspersa Müller (Morand et Petter, 1986). Le cycle évolutif de N. bakeri , que nous avons
décrit dans un précédent travail (Morand, 1988), se déroule entièrement dans l’appareil
génital de l’escargot. Le parasite se transmet uniquement lors des phases d’accouplement des
Mollusques, les Nématodes étant incorporés dans les spermatophores échangés par les
partenaires. Un tel mode de transmission sans aucun passage dans le milieu extérieur est un cas
exceptionnel chez les parasites et on peut s’attendre à des phénomènes de spéciation originaux.
Les Nématodes, récoltés également dans l’appareil génital des deux espèces hôtes,
présentent des différences morphologiques qui semblent nécessiter la création de deux espèces :
Nemhelix lamottei n. sp. chez Cepaea nemoralis et Nemhelix ludesensis n. sp. chez Cepaea
hortensis.
Nemhelix lamottei n. sp.
(Fig. 1 et 2)
Matériel-type : 1 f holotype, 1 Ç allotype, 3 f paratypes, n° MNHN 152 BC.
Hôte : Cepaea nemoralis Linné, 1758.
Localisation : Appareil génital.
Localité : Rennes (Ille-et-Vilaine).
Étymologie : En hommage au Pr. M. Lamotte et à ses recherches sur l’escargot Cepaea nemoralis.
Étude morphologique
Caractères généraux : Petit Nématode aminci aux deux extrémités, à queue longue effilée
chez les mâles et élargie en forme d’ampoule chez les femelles. Étroites ailes latérales présentes
chez les deux sexes. Ouverture buccale sub-triangulaire, sans lèvres; six papilles labiales
internes de petite taille entourant l’ouverture buccale; quatre papilles labiales externes et
quatre papilles céphaliques groupées deux par deux sur quatre tubercules submédians;
amphides petites. Petite cavité buccale à paroi interne légèrement sclérotisée. Œsophage
composé d’une courte portion pharyngienne, d’un corpus allongé, prolongé par un isthme peu
marqué et par un bulbe valvulé ; l’œsophage forme antérieurement trois lobes saillants dans la
cavité buccale.
Description du mâle : 14 paires de papilles caudales (y compris les phasmides) et une
papille impaire sur la lèvre supérieure du cloaque : six paires précloacales subventrales et huit
paires postcloacales dont quatre paires subventrales, une paire latérale (les phasmides) et trois
paires subdorsales. Deux spicules égaux minces et arqués, gubernaculum triangulaire.
Mensurations du mâle holotype : Longueur 3100 (j.m ; largeur maximale 70 ;im ; longueur de
l’œsophage 300 um (portion pharyngienne 20;i.m; corpus 250 um; isthme + bulbe 50 jum);
diamètre du corpus 30 um ; diamètre du bulbe 40 [im ; distance extrémité antérieure-anneau
nerveux 180 um ; distance extrémité antérieure-pore excréteur 230 [im ; distance extrémité
antérieure-début des ailes latérales 10 turn; distance extrémité postérieure-fin des ailes latérales
360um; queue 240um; distance extrémité postérieure-phasmides 120fxm; largeur maximale
des ailes latérales 5;um; longueur des spicules 210 jj.m ; longueur du gubernaculum 60 turn.
Description de la femelle : Vulve au voisinage du milieu du corps; ovéjecteur court dirigé
antérieurement puis recourbé en crosse vers l’arrière; appareil génital amphidelphique; ailes
latérales se terminant postérieurement à l'anus. Les femelles sont ovovivipares, les utérus
contiennent des œufs à coque fine (55 x 40 um) et des larves.
Mensurations de la femelle allotype : Longueur 4500 um ; largeur 130um; longueur de
l’œsophage 330um (portion pharyngienne 25rum; corpus 270[um; isthme + bulbe 60txm);
diamètre du corpus 25um; diamètre du bulbe 50(im; distance extrémité antérieure-anneau
nerveux 175ium; distance extrémité antérieure-pore excréteur 250 txm; distance extrémité
— 565 —
Fig. 1. — Nemhelix lamollei n. sp. -J : A, extrémité céphalique, vue médiane profonde; B. extrémité caudale, vue
latérale; C. extrémité céphalique, vue ventrale superficielle; D. extrémité caudale, vue ventrale; E. extrémité
céphalique, vue apicale; F, extrémité antérieure, vue latérale. (Échelle : 50um : A, C, E; 100um : B, D, F.)
antérieure-vulve 2400 p.m; distance extrémité antérieure-début des ailes 10[um; distance
extrémité postérieure-fin des ailes 370 jam; longueur de la queue 570p.m; distance extrémité
postérieure-phasmide 180um; largeur maximale des ailes caudales 5um.
Variations chez les paratypes mâles : Longueur 3650-4250 um ; longueur de l’œsophage
320-350 (um ; longueur de la queue 240-300 [tm ; longueur des spicules 220-240 -um.
Fig. 2. — NemheUx lamottei n. sp. ? : A, extrémité céphalique, vue ventrale profonde; B, extrémité antérieure, vue
latérale, C, extrémité céphalique, vue apicale; D, extrémité caudale, vue ventrale; E, région vulvaire; F, extrémité
caudale, vue latérale. (Echelle : 50jim : A, C, E; 100 urn : B, D, F.)
— 567 -
Nemhelix ludesensis n. sp.
(Fig. 3)
Matériel-type : 1 $ holotype, 1 Ç allotype n° MNHN 295 BC ; 1 $ paratype n° MNHN 296 BC.
Hôte : Cepaea hortensis Müller, 1774.
Localisation : Appareil génital.
Localité : Ludes (Marne).
Étude morphologique
Caractères généraux : Petit Nématode aminci aux deux extrémités, à queue longue et
effilée chez les mâles et dont l’extrémité n’est pas élargie en forme d’ampoule chez les femelles.
Étroites ailes latérales présentes chez les deux sexes. Ouverture buccale arrondie, sans lèvres ;
six papilles labiales internes de petite taille entourant l’ouverture buccale ; quatre papilles
labiales externes et quatre papilles céphaliques groupées deux par deux sur quatre tubercules
submédians; amphides petites. Petite cavité buccale à paroi interne légèrement sclérotisée.
Œsophage composé d'une courte portion pharyngienne, d’un corpus allongé prolongé par un
bulbe valvulé; l’œsophage forme antérieurement trois lobes saillants dans la cavité buccale.
Description du mâle : 15 paires de papilles caudales (y compris les phasmides) et une
papille impaire sur la lèvre supérieure du cloaque : sept paires précloacales subventrales et huit
paires postcloacales dont quatre paires subventrales, une paire latérale (les phasmides) et trois
paires subdorsales. Deux spicules égaux minces et arqués, gubernaculum triangulaire.
Mensurations de l'holotype mâle : Longueur 3375 u.m; largeur lOOpun; longueur de
l’œsophage 330 am (isthme + bulbe 65 ,um) ; diamètre du bulbe 45 [j.m ; distance extrémité
antérieure-anneau nerveux 190ptm; distance extrémité antérieure-pore excréteur 270 pim;
queue 255 pun ; distance extrémité antérieure-début des ailes latérales 15 pun ; distance extrémité
postérieure-fin des ailes latérales 400 pun; distance extrémité postérieure-phasmides 135 pun;
spicules 200 pun; gubernaculum 50pun.
Description de la femelle : Vulve au voisinage du milieu du corps; ovéjecteur court dirigé
antérieurement puis recourbé en crosse vers l’arrière; appareil génital amphidelphique; ailes
latérales se terminant postérieurement à l’anus. Les femelles sont ovovivipares, les utérus
contiennent des œufs à coque fine et des larves.
Mensurations de la femelle allotype : Longueur 4270 pim ; largeur maximale 130 am ;
œsophage 340 pun (isthme + bulbe 70 pun); diamètre du bulbe 50 gm; distance extrémité
antérieure-anneau nerveux 200 pun; distance extrémité antérieure-pore excréteur 290 [im;
distance extrémité antérieure-vulve 2250pun; queue 390pun; distance extrémité antérieure-
début des ailes latérales 15 pun ; distance extrémité postérieure-fin des ailes latérales 325 pim ;
distance extrémité postérieure-phasmides 180 pun.
— 568 —
Mensurations d’une femelle paratype : Longueur 4650 am; largeur maximale 150 am;
œsophage 300ram; distance extrémité antérieure-anneau nerveux 185fxm; distance extrémité
antérieure-pore excréteur 275 am ; distance extrémité antérieure-vulve 2300 ram ; queue 320 ram ;
distance extrémité postérieure-fin des ailes latérales 260 ;am ; distance extrémité postérieure-
phasmides 180 jam.
Fig. 3. — Nemheli.x liulcsensis n. sp. : A-E, % : A. région vulvaire; B, extrémité caudale, vue latérale; C, extrémité
antérieure, vue latérale; D, extrémité céphalique, vue apicale, E, extrémité céphalique, vue ventrale profonde; F,
_J : extrémité caudale, vue latérale. (Echelle : 50um : E. D; lOOum : A, B, C, F.)
Discussion
Nemhelix lamottei se différencie de l’espèce-type Nemhelix bakeri Morand et Petter par
une ouverture buccale subtriangulaire, un nombre et une disposition des papilles caudales
différents chez les mâles, et chez les femelles des ailes latérales qui se terminent postérieurement
à l’anus, ainsi qu’une extrémité caudale en forme d’ampoule.
Nemhelix ludesensis se distingue de Nemhelix bakeri par un nombre plus élevé de papilles
caudales chez le mâle et par des ailes latérales qui se terminent postérieurement à l’anus chez la
femelle. La disposition des papilles des mâles rapproche cette espèce de Nemhelix lamottei ,
mais elle en diffère par une ouverture buccale bien arrondie et une extrémité caudale effilée
chez les femelles comme chez Nemhelix bakeri.
Il existe donc en Europe au moins trois espèces de Cosmocercidae parasites de
Mollusques terrestres et qui appartiennent à un genre différent de l’espèce nord-américaine
Cosmocercoides dukae Holl, 1928 (Anderson, 1960; Vanderburgh et Anderson, 1987).
Cepaea nemoralis et Cepaea hortensis sont deux espèces bien établies et leur croisement est
difficile à obtenir au laboratoire (Lang, 1908), Par contre, Manwell et Baker (1968)
expliquent les variations similaires observées dans certains profils électrophorétiques par de
possibles hybridations en milieu naturel. Ce point, contesté par certains auteurs, nécessiterait
des recherches plus précises (Murray, 1975; Lamotte, 1987). Ainsi, Tilling (1985) démontre
l’existence d’un antagonisme important entre ces deux espèces qui peut aboutir à une exclusion
par compétition interspécifique.
Par ailleurs, on peut supposer que les modes d’infestation de N. lamottei et N. ludesensis
sont identiques à celui de N. bakeri. Chez cette dernière espèce, la transmission du parasite se
produit uniquement au cours des accouplements entre les hôtes (Morand, 1988).
Nemhelix lamottei, Nemhelix ludesensis et Nemhelix bakeri semblent donc trois espèces
isolées dont les probabilités de rencontre sont nulles. L’évolution récente des hôtes expliquerait
les faibles divergences morphologiques entre les espèces parasites. Mais, d’autre part, les
espèces du genre Nemhelix pourraient servir de véritable marqueur phylétique. Pour cela, il
nous faut supposer les étapes adaptatives successives suivantes : (a) une infestation primitive
d’un Mollusque par capture d’un Cosmocercide parasite d’Amphibiens comme cela a pu être
démontré chez Cosmocercoides dukae (Vanderburgh et Anderson, 1987); (b) un isolement
du parasite chez ce Mollusque (localisation dans l’appareil génital, puis abandon des stades
infestants libres) ; (c) une radiation évolutive secondaire des Mollusques hôtes accompagnée
d’une spéciation des parasites.
Ainsi, il se pourrait que des données parasitologiques permettent d’appréhender les
relations taxonomiques encore confuses d’une partie des Helicinae hôtes et en particulier pour
les genres Helix, Cepaea et Otala.
Remerciements
Je remercie M me A. J. Petter et M. le Pr. A. G. Chabaud pour l'aide et les commentaires apportés à
la réalisation de ce travail.
— 570 —
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(Deroceras laeve). Can. J. Zool., 65 : 1650-1661.
Bull. Mus. nain. Hist. nul.. Paris, 4' sér., 11, 1989,
section A, n u 3 : 571-592.
Espèces nouvelles de Florarctinae
de l’Atlantique Nord-Est et du Pacifique Sud
(Tardigrada, Arthrotardigrada)
par Jeanne Renaud-Mornant
Résumé. — Description de quatre espèces nouvelles de Florarctinae (Arthrotardigrada) : Wingstran-
darclus crypticus n. sp.. Florarctus asper n. sp. de Nouvelle-Calédonie; Fl. slellcilus n. sp. des îles de la
Société (Polynésie); Fl. acer n. sp. de l'Atlantique Nord-Est (France). La description originale de W.
intermedius (Renaud-Mornant, 1967) est complétée. Les tendances évolutives sont discutées au sein de la
sous-famille des Florarctinae.
Abstract. — Four new Florarctinae are described : Wingstrandarctus crypticus n. sp., Florarctus
asper n. sp. from New Caledonia; Fl. stellatus n. sp. from Society Islands (Polynesia); Fl. acer n. sp. from
NE Atlantic coast of France. W. intermedius (Renaud-Mornant, 1967) original description is supplemen¬
ted. Evolutionary trends in the Florarctinae subfamily are discussed.
J. Renaud-Mornant, Muséum national d’ Histoire naturelle, VA 699 CNRS, Biologie des Invertébrés marins, 57, rue
Cuvier, F-7523I Paris eedex 05.
Introduction
Les récoltes de méiofaune effectuées par B. Thomassin en Nouvelle-Calédonie, J. Grelet
à Moorea (Polynésie) et R. M. Kristensen à Roscoff (Manche) ont permis l’étude de diverses
formes littorales de Florarctinae. Des travaux récents (Renaud-Mornant, 1982; Kristensen,
1984) sur de nouveaux genres laissaient présager une grande diversité dans cette sous-famille.
L’examen approfondi de certaines espèces réputées cosmopolites a déjà révélé des différences
morphologiques permettant de séparer des espèces nouvelles (Renaud-Mornant, 1987). Les
variants étudiés ici illustrent des phénomènes de spéciation vraisemblablement liés à
l’allopatrisme et révèlent le potentiel évolutif des Florarctinae.
I. RÉSULTATS TAXONOMIQUES
Famille Halechiniscidae Thulin, 1928
Diagnose : Arthrotardigrades sans plaques; appendices céphaliques complets, adultes avec pattes
terminées par quatre doigts, chacun portant une griffe.
Genre et espèce-types : Hakchiniscus guiteli Richters, 1908.
Sous-famille Florarctinae Renaud-Mornant, 1982
Diagnose (emend. Kristensen, 1984) : Halechiniscidae avec expansions aliformes sur le pourtour du
corps. Assortiment complet d’appendices céphaliques avec clavas secondaires transformées en papilles
autour de la bouche. Quatre doigts avec griffes présents chez l’adulte, doigts externes avec pédoncule en
forme de crosse arrondie dans le tarse, griffes avec calçar externe. Femelles avec deux réceptacles
séminaux, chacun consistant en une vésicule sphérique et un conduit génital en forme de S.
Genre-type : Florarctus Delamare Deboutteville et Renaud-Mornant, 1965.
Cette sous-famille, créée pour inclure les genres Ligiarctus Renaud-Mornant, 1982, et
Florarctus, s’est accrue du genre Wingstrandarctus Kristensen, 1984, qui est très étroitement lié
à Fl. hulingsi Renaud-Mornant, 1976.
Genre WINGSTRANDARCTUS Kristensen, 1984
Diagnose : Alae présentes à tous les stades sauf pour la larve à deux doigts qui est du type
Halechiniscus ; alae simples formées de la seule procuticule dorsale. Griffes simples ou avec calcar externe ;
griffe externe formée d’une seule pièce. Pédoncule en crochet dans les doigts externes. Vésicules
céphaliques au nombre de trois ou absentes. Réceptacles séminaux et spermatozoïdes du type
Florarctinae. Glandes segmentaires et glandes épidermiques présentes à tous les « segments ».
Espèce-type : Wingstrandarctus corallinus Kristensen, 1984.
A ce genre qu’il a décrit de la Grande Barrière (Australie), Kristensen a rattaché une
forme de Nouvelle-Calédonie : Halechiniscus intermedius Renaud-Mornant, 1967, en une
nouvelle combinaison, Wingstrandarctus intermedius, parfaitement justifiée.
Les récoltes de B. Thomassin en Nouvelle-Calédonie ont livré une espèce nouvelle, proche
de W. intermedius', les provenances étant voisines, il était intéressant de réactualiser
consécutivement la description déjà ancienne de W. intermedius à la lumière du travail détaillé
de Kristensen (1984) sur ce genre.
Wingstrandarctus crypticus n. sp.
(Fig. 1, 2)
Diagnose : Tête avec une paire de vésicules céphaliques contenant des organismes bactériens
symbiontes. Cuticule dorsale mamelonnée, couverte de débris principalement sableux, déposés également
sur ou sous les alae, celles-ci au nombre de 6 : 2 paires latérales, dont la latéro-postérieure possède un
rebord épaissi au-dessus de l’insertion de la P4, une antérieure de faible taille et une caudale arrondie.
Lobes des clavas secondaires bien séparés en avant de la bouche. Griffes simples, subégales en forme de
croissant et avec petit calcar externe. Soies sensorielles sur PI, P2, P3, papille en S sur P4.
Étymologie : Du latin crypticus = caché, se rapportant au revêtement de la cuticule.
Matériel-type : Holotype : une femelle adulte déposée au Muséum national d'Flistoire naturelle,
Paris, MNHN AR 587; allotype : un mâle adulte, MNHN AR 587b; paratypes : un juvénile (J?),
MNHN AR 586; 2 mâles, MNHN AR 587c et AR 584.
Localité-type : Récif Croissant, intertidal, lagon sud-ouest, Nouvelle-Calédonie, 166°29' E-22°28' S.
Coll. B. Thomassin 1981.
— 573
Fig. 1. — Wingstrandarctus crypticus n. sp. : holotype, femelle, vue ventrale.
Description de l'holotype
Morphologie externe : Le corps ovoïde mesure 150 pm de long sur 85 de large (à la hauteur
de l’insertion P2-P3), alae exceptées. Tête conique non séparée du corps par une constriction.
La cuticule dorsale mamelonnée présente des replis en arriére de la tête et de l'insertion des
trois premières paires de pattes. Les alae sont étroites (latérales de 20 ;j.m), la plupart du temps
— 574 —
avec un revêtement de débris sableux et des bords repliés ventralement ; l’ala caudale, arrondie,
ne recouvre pas la P4. Un épaississement en forme de grosse épine recourbée est situé à la base
des alae latéro-postérieures. L’ala frontale n'est représentée que par la simple cuticule
céphalique avec plage muqueuse, recouverte de débris. Les organes sensoriels (à l’exception des
clavas), sont fixés sur un faible cirrophore et comprennent scapus, flagellum et pointe effilée
distale dont les mesures sont données ici à la suite de la longueur totale : cirre médian situé très
en avant sur la tête : 21 um (5, 13, 3); cirres médians internes : 33tum (10, 19, 4); cirres
médians externes : 24um (9, 11, 14); cirre A : 26um (10, 12, 4), avec, insérée sur le même
cirrophore, la clava (de 50 ;um) porteuse d’un double organe de Van der Land. Les clavas
secondaires, en forme de Y, s’étalent autour de la bouche sans que les branches internes se
rejoignent. Les organes des sens coxaux sur PI, P2 et P3 mesurent 11, 10 et 9;j.m
respectivement. La papille P4 porteuse d’un organe de Van der Land est en forme de S et
longue de 10 ;um. Le cirre E porté par un cirrophore possède un scapus en mamelon (8 um), un
flagellum (18 um) et une pointe distale (8;um).
Fig. 2. — Wingstrundarctus crypticus n. sp. : allotype, mâle, vue dorsale.
— 575 —
Les doigts sont de morphologie conforme à celle observée chez les Florarctinae ; les doigts
externes, plus courts, sont armés d’un pédoncule formant un crochet arrondi à la base du
tarse; les griffes, avec un faible calcar externe, sont de taille très semblable et en forme de
croissant (fig. 2, B).
Morphologie interne : Le cerveau très étiré latéralement n’occupe que le tiers antérieur de
la partie céphalique. La bouche s’ouvre ventralement dans la partie médiane de la tête. Les
stylets (30 um), avec furca basale, flanquent le tube buccal étroit, long de 28 [im. Le bulbe, avec
trois placoïdes fins, mesure 17 um de diamètre. Un œsophage bulbeux lui fait suite. L'estomac
est peu visible et à faibles diverticules. L’anus, trifide, est nettement ventral. Deux vésicules
piriformes contenant vraisemblablement des bactéries (1 à 2ixm) sont présentes de part et
d’autre de la bouche à proximité du cirrophore portant cirre A et clava. Cinq paires de glandes
de 2 à 3 txm de diamètre s’observent au niveau de la tête et de chaque paire de pattes. L’ovaire
s’étend de l’insertion des P3 jusqu'au bord postérieur dorsal et contient des ovules de 15, 20 et
25 um de diamètre. Des vésicules séminales (4 um de diamètre) remplies de sperme flagellé, en
peloton, sont situées dorsalement au-dessus de l'insertion des P4. Les vagins décrivent une
boucle vers le bas pour déboucher, par un orifice très fin, à 10 um en dessous du gonopore en
rosette.
Description de l’allotype mâle
Le corps mesure 187fxm de long sur 95 de large. Les alae sont fortement recouvertes
d’éléments fins sableux, notamment l’ala caudale et la lame alaire frontale. Le dimorphisme
sexuel portant sur la clava primaire est peu accentué puisque celle-ci mesure 66 [im pour une
taille correspondante de l’animal de 187 |xm. Cependant, il a été possible de voir que chez un
jeune mâle de 129 [xm cet organe atteignait déjà 67 [xm (fig. 2,A). Il se pourrait donc que la
taille de la clava, acquise à la mue de différenciation, ne soit plus synchronisée avec la taille de
l’adulte au cours des mues de maturité chez le mâle. Les vésicules porteuses de bactéries n’ont
pas été vues mais sont présentes chez les paratypes mâles. Le testicule de forme triangulaire
possède deux vastes vésicules séminales latérales, pleines de spermatides à flagelle et qui
s’ouvrent ventralement dans un gonopore cylindrique situé à moins de 10 fxm au-dessus de
l’anus.
Discussion
Wingstrandarctus crypticus n. sp. appartient bien au genre décrit par Kristensen (1984)
par la morphologie de la cuticule dorsale, l'agencement des alae, la disposition non jointive des
clavas secondaires; mais il se distingue de l’espèce-type et de W. intermedius essentiellement
par des griffes simples, alors que ces deux espèces possèdent une épine accessoire aux doigts
internes. De plus, les conduits génitaux ont une forme différente de celle rencontrée chez les
deux autres espèces de Wingstrandarctus. Enfin, un caractère évolutif important, annonçant les
divers caestus (Renaud-Mornant, 1987) présents chez les Florarctus (sauf chez Fl. hulingsi),
s’observe chez l’espèce nouvelle sous forme d’épaississement cuticulaire soutenant la base des
alae latéro-postérieures. Cet ensemble de caractères l’isole des autres espèces du genre.
— 576
Wingstrandarctus intermedius (Renaud-Mornant, 1967)
(Fig. 3)
Diagnose (emend.) : Cuticule dorsale fortement mamelonnée. Cinq alae présentes, ala caudale
bilobée. Lobes médians des clavas secondaires courts et non joints. Trois vésicules céphaliques avec
bactéries. Supports de stylets présents. Organes sensoriels sur toutes les pattes, plus longs sur PI, en forme
de S sur P4. Griffes simples, faible calcar sur griffes externes, épines accessoires sur griffes internes.
Pédoncules à crochet en boucle dans les doigts externes. Conduits génitaux en S aplati.
Matériel réexaminé : Type et paratype, MNHN, Paris, AA 1281 et AA 1282. Nouvelle-Calédonie,
Fond Blanc, Grand Ténia, 22°00'30"S-165°56'48"E.
Les observations complémentaires confirment la présence d’une cuticule dorsale fortement
mamelonnée et l’existence d’un épaississement cuticulaire à la base des alae latéro-postérieures.
Celui-ci, plus faible que celui observé chez l’espèce précédente, forme un arc peu marqué. Les
clavas secondaires dont la présence est quasi générale chez la plupart des Arthrotardigrada
(Kristensen, 1981) ont pu être observées chez W. intermedius. La branche médiane en avant
de la bouche est relativement courte par rapport à la branche externe (fig. 3, B). Les soies
sensorielles existent sur les trois premières paires de pattes, avec les dimensions respectives de
19, 16 et 14 ;im. Un organe de Van der Land a été décelé sur la papille P4. Le réexamen des
griffes montre qu’elles sont simples. Les griffes internes, plus petites, possèdent une épine
accessoire, les griffes externes une très faible ébauche de calcar (fig. 3, C). Les réceptacles
Fig. 3. — Wingstrandarctus intermedius : A. vagin, réceptacle séminal, gonopore et anus; B. clavas secondaires et
bouche; C, griffes interne et externe. (Échelle pour A et C.)
— 577 —
séminaux sont prolongés par un conduit très fin en forme de S, plus contourné que chez
l’espèce-type (fig. 3, A). Les glandes segmentaires ont une disposition et un nombre équivalents
à ceux décrits chez les autres espèces du genre.
Genre FLORARCTUS Delamare Deboutteville et Renaud-Mornant, 1965
Diagnose : Larges expansions aliformes, lobées, latérales ou postérieures au nombre de trois ou de
cinq, recouvrant plus ou moins les pattes. Ala caudale pouvant être remplacée par une formation pourvue
d'épines. Expansions procuticulaires (caestus) généralement présentes sous les alae. Doigts externes plus
courts avec griffe portant une pièce distale en aviculaire. Doigts internes avec griffe simples et épine
accessoire.
Espèce-type : Florcirclus heimi Delamare Deboutteville et Renaud-Mornant, 1965.
Florarctus Stella tus n. sp.
(Fig. 4, 5)
Diagnose : Florarctus avec deux paires d’alae latérales, les antérieures étant les plus longues et
s’étendant jusqu’aux attaches des P3 et P4 en lame cuticulaire simple, sans support. Ala caudale avec une
forte encoche ronde la divisant en deux lobes; une lame cuticulaire antérieure joint la base des scapus des
cirres médians internes. Clavas secondaires à lobes médians joints. Cuticule dorsale ponctuée par des
piliers formant un réseau étoilé sous l’épicuticule. Soies coxales présentes, celles sur PI étant les plus
longues. Organe sensoriel de P4 effilé et coudé. Pédoncule digitaux sans doigts externes. Griffes internes
avec épines accessoires, griffes externes avec uncus en aviculaire, typiques du genre. Conduits génitaux des
réceptacles séminaux en forme de S dont l’ouverture est équidistante du gonopore et de l’anus. Poches à
bactéries présentes dans la tête.
Étymologie : Du latin stellatus = étoilé, rappelant les piliers de la cuticule.
Matériel-type : Holotype : une femelle adulte déposée au Muséum national d’Histoire naturelle,
Paris, MNHN AR 643 ; paratype : une femelle adulte, MNHN AR 653.
Localité-type : Tiahura, pente externe de la barrière corallienne, prof. 32m, 149°50'70"W-17°29'S,
île de Moorea, Polynésie. Coll. J. Grelet.
Description de l’holotype
Morphologie externe : Le corps ovoïde mesure 190 uni de long sur 120 de large, à la
hauteur de l’insertion P2, P3, alae exceptées. La tête (83 p.m de large) est nettement séparée du
corps par une constriction (68 urn). La cuticule dorsale est ornée de faibles mamelons sous
lesquels s’observent des piliers d’où partent des formations en étoile (fig. 5, C); bien visibles le
long des dépressions en regard de l’insertion des pattes, ils sont absents de la partie creuse de
ces plis. Alae larges, les antéro-latérales (larges de 40 turn) s’étendant jusqu'à P3 et chevauchant
légèrement les postéro-latérales munies d’une large encoche arrondie. Ala caudale bilobée,
large de 55 ;um. Les alae se forment directement à partir de la cuticule dorsale et ne sont pas
munies de caestus. La lame cuticulaire ou « ala frontale » s’élève de 10 [j.m entre les cirres
médians internes.
— 579 —
Fig. 5. — Florarctus stellatus n. sp. : paratype, femelle ; A, vue ventrale de la tête, vésicules à matériel bactérien de part
et d’autre des clavas secondaires; B, doigts de la P4; C, structure de la cuticule (bord latéro-dorsal).
A l’exception des clavas et des organes coxaux, tous les cirres sont issus d'un cirrophore
plus ou moins élevé et comprennent scapus, flagellum et filament terminal. Leurs mesures sont
données à la suite de la longueur totale : cirre médian, inséré légèrement en arrière de la
bordure frontale : 22;^m (10, 10, 2); cirres médians internes faisant saillie au-delà de l’ala
frontale : 40 um (12, 19, 9); cirres médians externes implantés nettement sur la face ventrale :
32 um (12, 14, 6); cirre A, issu du même socle que celui de la clava (66 pm) porteuse d’un
— 580 —
organe de Van der Land à sa base : 32 gm (10, 17, 5). Un organe de Van der Land est
également présent parmi les organes sensoriels pédieux; ces soies mesurent 20, 14 et 12gm
respectivement sur les trois premières paires de pattes. Sur la dernière, la papille (20 gm) est
coudée dans sa partie distale. Le cirre E est identique par la forme et la taille au cirre A, et
inséré nettement au-dessus de la P4. Les clavas secondaires, présentes autour du cône buccal,
forment deux lobes latéraux situés sous l’insertion des cirres médians externes et deux lobes
médians se rejoignant en avant de la bouche.
Les pattes présentent tous les caractères liés au genre : fémur et tibia téléscopiques, tarse
portant les crochets proximaux des pédoncules des doigts externes. Ceux-ci, plus courts que les
doigts internes, ont des griffes avec uncus aviculaire et calcar externe. Celui-ci est présent aussi
sur les griffes simples avec épine accessoire des doigts internes (fig. 5, B).
Morphologie interne : Le tube buccal rectiligne (48 gm) s’ouvre dans un bulbe ovale
(diamètre : 30 et 21 gm) avec trois apophyses lamellaires de 18gm de long. Stylets de 50 gm,
sans supports. Estomac à diverticules peu marqués et larges cellules. Anus en fente trifide et
ondulée. Ovaire antérieurement très étroit, au niveau des P2, s’évasant au-dessus de P4 et
contenant trois ovules. Gonopore en rosette, antérieur à l’anus, distant de 20 gm des
ouvertures des conduits génitaux ; ceux-ci très effilés distalement, s’élargissant pour former un
S et rejoindre les vésicules séminales sphériques (diamètre : 6 gm) où s’observent des pelotons
de spermatozoïdes flagellés.
Discussion
La nouvelle espèce appartient incontestablement au genre Florarctus par la présence de
griffes externes composées et de griffes médianes simples, ainsi que par des clavas secondaires
dont les lobes médians sont joints comme chez la plupart des espèces du genre. Cependant,
l’aspect de la cuticule fortement ponctuée pourrait la rapprocher du genre Wingstranclarctus
dont c'est l’une des caractéristiques majeures, bien qu’une morphologie semblable se constate
aussi chez Fl. cinetus Renaud-Mornant, 1976, et Fl. acer n. sp. Le fait que FL stellatus n. sp. ne
possède pas de caestus lui confère de fortes affinités avec Fl. hulingsi Renaud-Mornant, 1976,
dont il se distingue par la structure de sa cuticule; celle de Fl. hulingsi présente une épicuticule
lisse où les piliers ne sont pas visibles, tout au moins en microscopie optique. De plus, chez
cette dernière espèce, les vésicules à bactéries sont absentes (Renaud-Mornant, 1976;
Kristensen, 1984). Les mâles demeurant inconnus chez la nouvelle espèce, l’existence d’un
dimorphisme sexuel semblable à celui décrit chez Fl. hulingsi n’a pu être élucidée.
Florarctus asper n. sp.
(Fig. 6, 7, 8)
Diagnose : Florarctus avec griffes externes composées munies d’une partie distale en forme
d’aviculaire. Assortiment complet d’alae y compris une frontale reliant les cirres médians internes.
Expansions alaires antéro-latérales s’étendant jusqu'aux P3, et soutenues par deux forts caestus composés
d’un grand piquant dans un fourreau épicuticulaire et cinq paires de caestus plus petits, en forme d'épines.
Alae postéro-latérales fortement échancrées, munies d’un grand caestus avec fourreau et piquant, et deux
Fig. 6. — Florarclus asper n. sp. : holotype, femelle, vue dorsale.
— 582
caestus secondaires. Ala caudale à deux caestus principaux et trois échancrures de faible taille. Cuticule
dorsale fortement et régulièrement ponctuée dans la région du tronc par des piliers formant des
mamelons. Organes céphaliques sensoriels classiques du genre, avec clavas secondaires jointes. Soies
coxales de taille semblable, sauf celle sur P4, plus longue et recourbée en sa partie distale. Bulbe buccal de
faible diamètre. Vésicules contenant des bactéries situées de part et d'autre de la tête.
Étymologie : Du latin asper = ciselé, rappelant la configuration des caestus.
Matériel-type : Holotype : une femelle adulte déposée au Muséum national d'Histoire naturelle,
Paris, MNHN AR 543; allotype : un mâle adulte, MNHN AR 542; paratypes : 8 femelles adultes,
1 juvénile, MNHN AR 540, AR 542, AR 545; 5 mâles adultes, MNHN AR 452b, AR 545b.
Localité-type : Récif Aboré fond du lagon, sable corallien, prof. 3 m, côte Sud, Nouvelle-Calédonie,
166°29' E-22°28' S. Coll. B. Thomassin (1981).
Autre matériel : Un mâle préadulte, MNHN AR 576 : Récif Maître, platier, côte Sud, Nouvelle-
Calédonie, coll. B. Thomassin, 1981. Deux mâles, MNHN AR 646, AR 648. et deux femelles, MNHN
AR 647, AR 651 : Moorea, Tiahura, îles de la Société, Polynésie, 149°51'30" W-I7°30'S, coll. Y. Grelet.
Description de l'holotype
Morphologie externe : Le corps ovoïde mesure 180um de long sur 108 de large à la
hauteur de l'insertion P2-P3, largeur des alae exceptée. La tête trapue (68 utn de large) est
séparée du corps par une faible constriction (62 pm). La cuticule dorsale (tête et sillons à
hauteur des trois premières paires de pattes exceptés) présente une surface régulièrement
mamelonnée par la saillie des piliers situés grossièrement en quinconce. Une lame cuticulaire,
ou ala frontale de 11 um de haut, réunit les cirrophores des cirres médians internes; en arrière,
un bourrelet cuticulaire s’étend dorsalement de part et d'autre du cirre médian impair pour
rejoindre les cirrophores des clavas primaires. Les mesures des appendices céphaliques incluant
celles des scapus, flagellum et filament terminal sont les suivantes : cirre médian impair : 30 um
(9, 18, 3); cirres médians internes : 38um (11, 20, 7); cirres médians externes : 25um (7, 15, 3);
cirre A : 25 um (8, 14, 3). La clava primaire (76 um) porte un organe de Van der Land à sa
base. Les clavas secondaires (30 um de haut) présentent des branches médianes jointes au-
dessus de la bouche. Un épaississement continu de la cuticule dorsale est présent à la naissance
des alae. Les latérales sont au nombre de deux paires. L’antérieure, s’étendant jusqu'à
l'insertion de P3, possède cinq caestus en forme d’épine de taille inférieure aux deux autres
caestus, composés d'une pointe enrobée dans un fourreau lâche, allongé distalement. Ces
dernières formations mesurent respectivement 18 et 28 um, l’ala à sa base ayant une largeur de
45 um. Les alae latéro-postérieures portent un gros caestus à fourreau (32 um) et deux épines
de taille très inégale. Ces expansions aliformes sont bilobées et atteignent 50 um de largeur,
ainsi que l’ala caudale. Celle-ci possède trois échancrures et deux caestus de moindre
importance (15um). Le cirre E est porté par un cirrophore de 6;um (8, 23, 9); son scapus,
étroit et cylindrique, est séparé du cirrophore portant l’organe de Van der Land par un anneau
isolé et bien délimité (fig. 8, B).
Les pattes sont du type Florarctus , avec doigts internes plus longs et porteurs de griffes à
épines accessoires et faible calcar externe. Les griffes externes composées, avec uncus en
aviculaire, sont portées par des doigts plus trapus dont le pédoncule se recourbe en crochet
dans le tarse. Présence d’une pièce dorsale le long du tibia ou « triquetrum » (fig. 7, A, B). Les
— 583 —
Fig. 7. — Florarctus axpcr n. sp. : A, patte vue de profil avec triquetrum; B, patte vue de 3/4, pédoncules pédieux.
soies coxales sensorielles sur les trois premières paires de pattes mesurent 12, 14 et 15 mn
respectivement. La papille P4 est sinusoïde (20p.m) avec organe de Van der Land à la base du
scapus.
Morphologie interne : Deux vésicules formant un V avec branches de 12 u.m et contenant
vraisemblablement des bactéries (1 p.m) s’étendent des bords extérieurs de la tête vers la
bouche. Le tube buccal est étroit, long de 36 p.m, flanqué de stylets sans supports, avec glande
de dimension réduite. Le bulbe est de petite taille (diamètre : 12p.m), avec trois petites
apophyses en lame; lui font suite un œsophage massif et un intestin à lobes antérieurs
atteignant la région céphalique. Anus en fente trifide ondulée. L’ovaire dorsal est bordé
latéralement par les vésicules séminales situées au-dessus de l’insertion des P4 et où s’observe
du sperme flagellé enroulé en peloton. Les conduits ou vagins, nettement plus larges dans leur
partie proximale en U, s’affinent vers les pores s’ouvrant à 23 p.m du gonopore en rosette.
Description de l’allotype mâle
Plus petit que la femelle (120um de long sur 80 de large), son dimorphisme sexuel
secondaire se manifeste au niveau de la taille des clavas (80u.m); les caestus, alae et autres
appendices céphaliques et pédieux sont proportionnellement semblables dans les deux sexes,
avec les mesures suivantes ; cirre médian ; 28 um (7, 15, 5); cirres médians internes : 30 um (9,
18, 3); cirres médians externes : 21 ;j.m (6, 12, 3); cirre A : 20ij.ni (5, 11,4); cirre E : 39;j.m (9,
— 584 —
Fio. 8. — Fhrarctus asper n. sp. : allotype, mâle; A, vue ventrale; B, cirre E.
21, 9); soies pédieuses PI, P2, P3 : 11 à 12pun; papille P4 : 15pun. Caestus avec fourreau : 12
et 17 pun pour les alae antéro-latérales, 21 pun pour les postéro-latérales et lOpun pour l’ala
caudale.
Le tube buccal est court ; 17pun; les stylets mesurent 18pun. Deux vésicules piriformes
contenant vraisemblablement des bactéries symbiontes s'étendent latéralement de part et
d’autre de la bouche, avec orifices vers le cône buccal.
Le testicule s'étend dorsalement avec un apex atteignant le repli situé entre les PI et P2.
Les spermatocytes sont situés au centre de la glande triangulaire et de nombreux spermatides
en forme de « grain de blé » s’observent à la périphérie. Dans la partie postérieure, ces
- 585
éléments se rassemblent, contournent l’intestin dans des spermiductes qui se rejoignent
ventralement en un seul conduit s’ouvrant par un pore arrondi, situé à 4 pm au-dessus de
l’anus.
Discussion
Cette nouvelle espèce se classe sans difficulté dans le genre Florarctm par la présence de
griffes externes composées. Par la structure mamelonnée de sa cuticule dorsale, elle est
apparentée à Fl. cinctus et FL acer n. sp., mais elle diffère de la première par la forme plus
complexe de ses caestus et de la seconde par une disposition des mamelons postérieurs non
alignés. Le fourreau recouvrant les plus grands caestus de Fl. asper n’est pas sans rappeler la
morphologie en « doigt de gant » rencontrée chez Fl. vulcanius Renaud-Mornant, 1987, et Fl.
salvaii Renaud-Mornant et Delamare Deboutteville, 1965; mais, chez ces deux dernières
espèces, les épines sous-jacentes sont absentes et les caestus caudaux sont différents. Quant aux
caestus qui sont présents chez Fl. glareolus Noda, 1987, leur analyse trop peu poussée dans la
description originale (Noda, 1987 : 324, fig. 1) ne permet pas actuellement de comparaison
valable.
Florarctus acer n. sp.
(Fig. 9, 10, 11)
Diagnose : Florarctus avec cuticule antérieure découpée par une échancrure médiane, cuticule
dorsale avec ponctuation plus forte et arrangée en ligne sagittale postérieurement. Six alae présentes, y
compris l'antérieure. Caestus bifides avec pointes acérées sous les alae latérales et caudales. Clavas
secondaires accolées antérieurement. Des paires de vésicules céphaliques latérales avec symbiontes
(bactéries) peuvent être présentes. Doigts internes plus longs, porteurs de griffes avec épine accessoire.
Doigts externes avec pédoncule en crochet et griffes à uncus distal faiblement découpé en aviculaire, et
avec calcar externe. Organe sensoriel sur P4 incurvé en S. Conduits génitaux femelles en double S.
Étymologie : Du latin acer = pointu, rappelant la forme caractéristique des caestus.
Matériel-type : Holotype : une femelle adulte déposée au Muséum national d’Histoire naturelle,
Paris, MNHN AV 379; paratypes : cinq femelles, MNHN AV 377, AV 380 et AV 382; un juvénile,
MNHN AV 378.
Localité : Baie de Morlaix, France, 48°46'6" N-04°00'7" W. prof. 25m. Coll. R. M. Kristensen,
juillet 1985.
Autre matériel : Une femelle adulte, MNHN AR 153 : Roscoff, intertidal, coll. J. Renaud-
Mornant, mars 1979. Un juvénile FJ?), MNHN AV 384 : Roscoff, sable à Dentalium, coll.
R. M. Kristensen, mars 1982.
Description de l’holotype
Morphologie externe : Femelle avec corps hémisphérique, aplati ventralement, et tête
démarquée du corps par une constriction. Le corps mesure 195 pm de long sur 135 de large
sans compter les alae. La cuticule dorsale formant trois replis à la hauteur des pattes est
— 586 -
fortement ponctuée de mamelons disposés en quinconce. Cette disposition devient linéaire et
forme un éventail dans la partie postérieure du corps où les mamelons augmentent de taille. La
cuticule ventrale est très finement ponctuée. Les alae, très translucides, larges de 20 à 40;j.m,
sont au nombre de cinq. Les antéro-latérales sont quadrilobées avec deux caestus bifides munis
d’épines et un petit caestus intermédiaire. Les alae postéro-latérales sont bilobées avec un
Fig. 9. — Florarctus acer n. sp. : holotype. femelle, vue ventrale.
Fig. 10. — Florarclus acer n. sp. : holotype. femelle, vue dorsale montrant la configuration de la cuticule postérieure.
caestus dont la branche antérieure possède une épine. L’ala caudale est quadrilobée avec
caestus bifide à deux prolongements en pointe.
Les cirres céphaliques comprennent un cirrophore de 3 um, suivi de trois parties : un
scapus en forme de gaine, un flagellum et une soie distale effilée. Les mesures sont les
suivantes : cirre médian inséré nettement en arrière de la bordure frontale : 35p.m (11, 15, 9);
cirres médians internes, situés tout à fait frontalement : 33 p.m (7, 15* 11); cirres médians
externes, insérés beaucoup plus en arrière, ventralement : 24 (5, 14, 5). Les clavas
secondaires sont accolées dans leurs parties antérieures médianes, et peu visibles postérieure¬
ment à la bouche. Cirres A, 34p.m (9, 15,10), et clavas (52[xm) sont insérés sur des cirrophores
de 3ij.m dont la base est commune. Un organe de Van der Land est présent à la base de la
clava. Les autres organes sensoriels, les soies coxales, mesurent 20, 11, 9i^m, respectivement,
sur les trois premières paires de pattes. Sur P4 une papille courte et effilée avec organe de Van
der Land, mesure 15u.m. Cirre E, 43;j.m (12, 26, 5), avec scapus cannelé.
— 588 —
Fig. 11. — Florarctus acer n. sp. : A, appareil buccal ; B, patte ; C, doigt externe vu de profil ; D, réceptacles séminaux
et gonopore Ç.
Les pattes possèdent un tibia surmonté dorsalement d'une pièce conique ou « trique¬
trum » qui, avec le tibia peut se rétracter entièrement dans le fémur. Boucles des pédoncules
des doigts externes présentes dans le tarse. Griffes des doigts externes avec calcar; l’encoche
interne suggère un aviculaire rudimentaire. Les doigts internes plus longs que les externes, sans
pédoncule mais avec replis spiralés et renflement proximaux, portent des griffes avec petit
calcar externe et épine accessoire (fig. 11, B, C).
Morphologie interne : La plus grande partie de la cavité générale est de couleur verte due
aux diverticules intestinaux remplis de matériel végétal. Le cerveau étiré en largeur présente un
589 —
protocérébron avec deux lobes frontaux. La bouche est située nettement en arrière du rebord
frontal. Le tube buccal (40 fxm) est calcifié sur les trois quarts proximaux. Stylets (33 fim) avec
furcas trilobées. Le bulbe (diamètre : 20 jon) inclut les renflements du conduit buccal ainsi que
trois apophyses simples (fig. 11, A). Glandes des stylets de taille réduite. Œsophage court et
estomac sans diverticules marqués ; anus en fente trifide ondulée. Des glandes pédieuses sont
visibles en avant des coxas; d’autres glandes, de plus petite taille (diamètre : 3 à 4;j.m),
sphériques en position dorso-latérale, sont présentes à hauteur du cou et de l'insertion de
chaque patte. Ovaire dorsal où s'observent plusieurs ovules et un œuf (diamètre : 45 [/mj déjà
engagé dans l'oviducte. Gonopore en rosette à six plaques; à 15[j.m de distance postérieure¬
ment s’ouvrent les canaux ou vagins en forme de S, rejoignant les réceptacles séminaux
dorsaux contenant du sperme flagellé (fig. 11, D).
Chez un paratype juvénile MNHN AV 378 et un adulte MNHN AV 384 en provenance
du sable à Dentalium de Roscoff, des vésicules contenant vraisemblablement un matériel
bactérien ont été observées de part et d’autre de la tête. Ces individus, correspondant par tous
les autres caractères à l’espèce décrite, lui ont été rattachés.
Discussion
Les griffes externes à pièces aviculaires rudimentaires permettraient de situer cette espèce
en position intermédiaire entre les genres Wingstrandarctus et Florarctus, si la présence de
caestus bien délimités ne la rapprochait nettement du dernier genre. L’ala caudale est très
semblable à celle de Fl. antillensis Van der Land, 1968, mais s’en différencie par la présence de
caestus. Quant au caractère de la cuticule dorsale, fortement mamelonnée, il se rapprocherait
de celui de Fl. cinctus et de Fl. asper n. sp. par son aspect général, mais s’en éloigne par la
disposition particulière des mamelons postérieurs dorsaux.
La possession de vésicules à bactéries par certains spécimens roscovites n’apparaît pas
comme un caractère discriminant valable. Leur présence peut être liée à l’état physiologique
des hôtes qui sont capables de les vider, ou de s’en débarrasser lors des mues (Kristensen,
1984); l’étude d’une population est donc obligatoire pour conclure.
IL CRITÈRES MORPHOLOGIQUES ET LIGNÉES ÉVOLUTIVES
CHEZ LES FLORARCTINAE
L’adjonction de quatre espèces dans la sous-famille des Florarctinae apporte une vision
nouvelle sur les lignées évolutives possibles à l’intérieur de ce groupe. Les taxons décrits ici
peuvent être considérés comme des chaînons manquants dans ces lignées, notamment dans
celle basée sur la morphologie des griffes, caractère jugé fondamental pour la systématique des
Heterotardigrada (Renaud-Mornant, 1982; Kristensen & Higgins, 1984). Les stades
intermédiaires illustrés par ces taxons s’insèrent dans la série partant des griffes simples de
Wingstrandarctus intermedius, pour aboutir à celles composées d’un article en aviculaire de Fl.
salvati , par exemple. Leur insertion dans la série évolutive rend les coupures génériques moins
- 590 -
évidentes, les autres critères morphologiques étant basés sur des caractères n’ayant pas suivi
une évolution parallèle. Les alae, par exemple, qui se trouvent en nombre égal aussi bien chez
les genres Wingstrandarctus que Florarctus , mais néanmoins en un seul exemplaire chez
Ligiarctus, sans que les stades intermédiaires aient encore pu être découverts. Chez Florarctus ,
un variant du caractère alaire apparaît sous forme d’épines remplaçant l’ala caudale chez Fl.
heimi et Fl. cervinus Renaud-Mornant, 1987, sans qu’il soit possible de savoir, à l'heure
actuelle, s’il s’agit d’un caractère primitif se rapprochant des épines observées chez Actinarctus
lyrophorus Renaud-Mornant, 1978, ou d’un caractère dérivé des caestus présents chez certaines
espèces de Florarctus. Or, l’évolution de ceux-ci, bien qu’apparemment liée aux alae, est encore
très problématique, leur étude détaillée ne faisant que débuter, au fur et à mesure des récoltes.
La morphologie mamelonnée de la cuticule dorsale due à la structure des piliers
(Kristensen, 1984) et à leur développement apparaît comme un caractère convergent présent
chez des espèces considérées comme les plus spécialisées, et qui se retrouve dans de nombreux
genres de la famille des Halechiniscidae : Tanarctus Renaud-Debyser, 1959, Raiarctus Renaud-
Mornant, 1981, et surtout Actinarctus Schulz, 1935.
En revanche, les appendices céphaliques sont remarquablement conservateurs dans
l’ensemble de la sous-famille; seul un variant portant sur l’extension de la branche médiane des
clavas secondaires, les rendant jointives ou non (Kristensen, 1984), pourrait être considéré
comme un critère générique valable. L’appareil buccal dont la morphologie est peu utilisée
dans la systématique des Arthrotardigrada apporte des éléments de valeur dans l’établissement
d’une hiérarchie des caractères chez les Florarctinae. En effet, Kristensen (1987) a montré que
la présence de supports de stylets est un caractère plésiomorphe chez les Echiniscidea ; on peut
donc supposer que l’évolution de ces pièces s’est accomplie dans le même sens chez les
Arthrotardigrada, d’autant plus que ceux-ci pourraient être les ancêtres de ceux-là. C’est ainsi
que dans le cladogramme des Florarctinae (Renaud-Mornant, 1987 ; 370), W. intermedius
porteur de supports de stylets et Ligiarctus à supports rudimentaires sont placés parmi les
genres présentant le plus grand nombre de caractères plésiomorphes, l’évolution des pièces se
faisant ici en parallèle avec celle des griffes. Il est bien certain que l’appareil buccal est
susceptible d’évoluer selon les possibilités trophiques du milieu et que celles-ci ont infléchi
l’évolution des Halechiniscidae. Ceci étant particulièrement évident dans le processus
d’acquisition de symbiontes. Ce caractère apomorphe semble lié à la possibilité pour la
majorité des Florarctinae de coloniser les sables coralliens connus pour leur pauvreté en
nutriments (Kristensen, 1984). Ceci semble en contradiction avec la présence d’associations
symbiotiques chez Fl. acer n. sp. en provenance de Roscoff, et vivant dans un milieu riche en
ressources phytales. Mais il pourrait s’agir dans ce cas d’une réadaptation d’une espèce
transfuge, phénomène déjà observé chez des Eutardigrades terrestres recolonisant le milieu
marin (Hallas, 1971 ; Crisp et Kristensen, 1984).
L’étude globale de la morphologie des taxons décrits ici, ainsi que la répartition des
espèces de Florarctinae viennent apporter des arguments en faveur de leur origine halechinisci-
dienne. La morphologie des alae pourrait dériver de l’appendice caudal d 'Halechiniscus
flabellatus Grimaldi de Zio et al., 1982, et celle des pédoncules pédieux de ceux des
Styraconyxinae analysés par Kristensen et Higgins (1984). Nombre de caractères apomor-
phes constatés chez les Florarctinae sont liés à la conquête des sables coralliens à partir
desquels d’importants phénomènes de spéciations ont eu lieu (de nombreuses espèces
appartenant à la sous-famille ne sont pas encore décrites; Kristensen, 1984; Renaud-
- 591 -
Mornant en prép.). Étant donné le nombre élevé de taxons en provenance de Madagascar et
de Nouvelle-Calédonie, et la fréquence des spécimens récoltés aux Chesterfield, ou en Australie
malgré le peu de prospections effectuées, il est possible de penser que les radiations évolutives
se seraient effectuées à partir de la région indo-pacifique; cette hypothèse est renforcée par la
vicariance des espèces malgaches et néo-calédoniennes (Renaud-Mornant, 1987), et le faible
nombre d'espèces récoltées à Tahiti où la pauvreté en Florarctinae pourrait être due à
l'isolement. La colonisation de la Méditerranée et des côtes Atlantique Est aurait pu avoir lieu
par cheminement le long des rivages de l’ancienne Téthys. Malheureusement les principaux
continents actuels, qui étaient en liaison avec la province néo-calédonienne, avant la
fragmentation de la Pangée, n’ont pas encore été suffisamment prospectés pour leur faune de
Tardigrades. Des recherches sur ces rivages doivent être accomplies avant que des hypothèses
plus poussées puissent être émises.
Remerciements
Les récolteurs du matériel mis à notre disposition sont chaleureusement remerciés : Y. Grelet,
R. M. Kristensen et B. Thomassin; ainsi que M. N. Helleouët pour son assistance technique.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Les références des descriptions originales se trouvent dans la monographie suivante : Ramazzotti.
G., et W. Maucci, 1983. — Il phylum Tardigrada. Memorie 1st. ital. Idrobiol., 41 : 1-1012.
Crisp, M., et R. M. Kristensen, 1984. - A new marine interstitial eutardigrade from east Greenland,
with comments on habitat and biology. Vidensk. Meddr dansk naturlt. Foren., 144: 99-114.
Grimaldi de Zio, S„ M. d'Addabbo Gallo, M. R. Morone de Lucia, R. Vaccarella et P. Grimaldi.
1982. — Quattro nuove speci di Halechiniscidea in due grotte sottomarine dell’Italia méridionale
(Tardigrada : Heterotardigrada). Call. Biol, mar., 23 : 415-426.
Hallas, T. E., 1971. - Notes on the marine Hypsibius stenostomus complex, with a description of a new
species (Tardigrada. Macrobiotidae). Steenstrupia, 1 : 201-206.
Kristensen. R. M., 1981. Sense organs of two marine arthrotardigrades (Heterotardigrada,
Tardigrada). Acta zoo!., Stockh., 62 : 27-41.
1984. On the biology of Wingstrcmdarctus corallinus nov. gen. et sp., with notes on the
symbiontic Bacteria in the subfamily Florarctinae (Arthrotardigrada). Vidensk. Meddr dansk
naturlt. Foren., 145 : 201-218.
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of the family. In : Biology of Tardigrades. R. Bertolani (Ed.). Selected Symposia and
Monographs. U. Z. I. Mucci, Modena, 1 : 261-335.
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with descriptions of two new species from Diskô Bay. West Greenland. Smithson. Contr. Zoo!.,
391 : 1-40.
Noda, H., 1987. A new species of marine Tardigrada of the genus Florarctus (Heterotardigrada,
Halechiniscidae) from Japan. Pubis. Seto mar. biol. lab., 32 : 323-328.
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Récifs Coral. Nouvelle-Calédonie. Ed. Fondation Singer-Polignac, Paris, 12: 103-118.
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description de deux espèces nouvelles (Arthrotardigrada). Bull. Mus. nam. Hist, nat., Paris. 3 e sér.,
n° 369, Zool. 257 : 325-333.
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Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris. 4 e sér., 9, section A, (2) : 353-373.
Van der Land, J., 1968. — Florarctus antillensis. a new tardigrade from the coral sands of Curaçao. Stud.
Fauna Curaçao, 25 : 140-146.
Bull. Mux. nain. Hist, nut., Paris, 4' sér., 11, 1989,
section A, n° 3 : 593-603,
On the presence of Chthonius (C.) halberti Kew
and Chthonius (C.) ressli Beier in France
with remarks on the status of Kewochthonius Chamberlin
and Neochthonius Chamberlin
(Arachnida, Chelonethida, Chthoniidae ) 1
by Mark L. I. Judson
Abstract. Beier’s (1963) record of Chthonius ( C .) halberti Kew from Banyuls-sur-Mer, France, is
confirmed. Chthonius (C.) ressli Beier is recorded from France (La Rochelle : Charente-Maritime) for the
first time and is synonymized with C. (C.) parvulus Inzaghi from Italy. The validity of Kewochthonius
Chamberlin and Neochthonius Chamberlin is discussed. Kewochthonius is synonymized with Chthonius
(Chthonius) C. L. Koch; Neochthonius is retained as a valid genus, restricted to North America. An
analysis of the position of trichobothrium est in Chthonius suggests that interspecific differences in
trichobothrial positions might be explained by an allometric model of chelal growth.
Résumé. — La présence de Chthonius (C.) halberti Kew en France (Banyuls-sur-Mer) est confirmée.
Chthonius (C.) ressli Beier est signalée en France pour la première fois. L'espèce Chthonius (C.) parvulus
Inzaghi d’Italie est considérée comme synonyme de C. (C.) ressli. La validité de Kewochthonius
Chamberlin et de Neochthonius Chamberlin est discutée. Kewochthonius est relégué en synonymie de
Chthonius (Chthonius ) C. L. Koch; Neochthonius est maintenu au rang de genre, limité à l'Amérique du
Nord. L'analyse de l'emplacement de la trichobothrie est dans Chthonius suggère qu’un modèle
allométrique de croissance de la pince peut être employé pour expliquer les différences interspécifiques des
positions trichobothriales.
M. L. I. Judson, Department of Pure and Applied Biology, University of Leeds, Leeds, LS2 9JT, England.
The genera Kewochthonius and Neochthonius were created by Chamberlin (1929) for
Chthonius halberti Kew (from England and Ireland) and N. stanfor dianus Chamberlin (from
California) respectively. At the time he noted that they migh prove to be synonymous. Since
then, these two genera have been a source of confusion and nomenclatural instability.
Beier (1931) synonymized the two genera, giving Neochthonius priority and reducing it to
a subgenus of Chthonius C. L. Koch. Hoff (1951) accepted this synonymy, but gave
Kewochthonius priority — following Chamberlin’s (1929) expressed intention — and returned
it to generic status. The type species of Kewochthonius and Neochthonius were subsequently
1. Paper presented at tenth Colloque européen d'Arachnologie, Rennes, 1987.
— 594 —
revised by Muchmore (1968, 1969) who concluded that both genera were valid. Mahnert
(1974) returned Kewochthonius to subgeneric status under Chthonius and suggested that all of
the European species which had been assigned to Neochthonius should be transferred to
Kewochthonius. However, Gardini (1977) followed Beier in regarding Neochthonius as a
subgenus of Chthonius with priority over Kewochthonius. The situation has been further
confused by Leclerc's (1983) proposal to limit Kewochthonius to the type species and transfer
all of the remaining species to Neochthonius.
During work on material of Chthonius (K.) halberti and Chthonius (C.) ressli Beier from
France it became clear that Chthonius and Kewochthonius were more closely related than one
would suppose from the littérature. In order to reassess the relationships of these taxa,
specimens of Neochthonius stanfordianus (U.S.A., California, Riverside County, Cajalco,
K. W. Cooper leg., 18 February 1968; WM 1567) have also been studied.
Status of Neochthonius
Muchmore (1963) separated Neochthonius from Kewochthonius on the basis of the
arrangement of the coxal spines. In Kewochthonius , the spines are arranged in “bristle-like
patches”, whereas in Neochthonius they form a “row of nearly equally-pinnate blades". He
also noted that the spines of Neochthonius are relatively large and have longer pinnules than
those of Kewochthonius.
The coxal spines of Kewochthonius are similar in form and arrangement to those of
Chthonius. Examination of the spines of Chthonius (C.) ischnocheles and N. stanfordianus by
scanning electron microscopy confirms the differences between the two types of spines (figs. 1
and 2).
Neochthonius also appears to differ from Chthonius (s.st.) and Kewochthonius in the form
of the female genitalia. In Chthonius and Kewochthonius the lateral apodeme frame is complete
(Fegg, 1975; pers. obs.); in Neochthonius the frame is incomplete (fig. 10), resembling that of
Chthonius (Ephippiochthonius ) species.
I therefore follow Muchmore's (1969) interpretation of Neochthonius which includes three
species — N. stanfordianus Chamberlin, N. troglodytes Muchmore and N. amp lus (Schuster) —
all from California.
Status of Kewochthonius
Kewochthonius is separated from Chthonius by the form of the teeth of the chela : in
Kewochthonius the teeth are rounded and contiguous, whereas in Chthonius they are triangular
and spaced, at least for part of their length. However, several Chthonius species have been
described with an intermediate dentition, both types of teeth being present (e.g. C. (C.) ressli,
fig. 9). This has led to a rather arbitrary division of the two groups, reflected by the
problematic positions of Chthonius pygmaeus Beier and C. strinatii Mahnert (Mahnert, 1975,
1979).
Feclerc (1983) introduced a second character — the position of trichobothrium est on
the fixed finger — to distinguish Kewochthonius/Neochthonius from Chthonius. In Neochthonius
and Kewochthonius, est is situated more proximally than in Chthonius. Leclerc quantified this
— 595
Figs. 1-2. — 1, Chthonius (C.) ischnocheles (Flermann), coxal spines of right coxa II; 2, Neochthonius stanfordianus
Chamberlin, coxal spines of left coxa II. (Scale lines equal 0.01mm.)
596 —
difference by the use of a ratio, a, defined as the distance from est to the tip of the fixed finger
divided by the distance from est to ist. His analysis of a large number of species of
Kewochthonius, Neochthonius and Chthonius suggested that in Chthonius, a is less than 0.79,
whereas in Kewochthonius/Neochthonius, a is greater than 0.80.
My own analysis of a data set similar to that used by Leclerc, using published figures
and measurements of 52 species of Chthonius ( s.st .) and Kewochthonius (sensu Muchmore),
indicates an allometric relationship between a and absolute finger length '. A log-log plot of a
against the length of the moveable finger (approximately the same length as the fixed finger)
gives a good approximation to a straight line, with a decreasing as finger length increases
(fig. 3). This is due to the positive allometric growth of the fixed finger proximad of ist relative
to the region distad of this trichobothrium (the negative slope of the plot is an artefact caused
by the use of the ratio instead of the absolute distance between ist and the fingertip).
Ontogenetic allometry of the chelal fingers has been demonstrated by several authors,
notably Vachon (1943), Morikawa (1962), Gabbutt (1969, 1972) and Mahnert (1981), in a
variety of speudoscorpion species. In all of these studies it was found that most of the growth
Fig. 3. — Plot of ratio a against length of moveable finger (log scales) in adults of Chthonius (s. st.) (species of
subterraneus group excluded) and ‘ Kewochthonius circles, Chthonius species; squares, intermediate species:
triangles, 'Kewochthonius' species. Equation of regression line, v = 0.39.x 0 - 17 . See text for explanation.
1. Species of the subterraneus group have been excluded due to the strong curvature of their chelal fingers which
makes comparable measurements difficult.
— 597 —
occured in the proximal region of the fingers. Gabbutt (1969, 1972) used the differential
ontogenetic growth of the fingers of a number of neobisiids and chernetids to account for
interspecific and intergeneric differences in the trichobothrial positions of the adults.
Morikawa (1962) showed that the was little growth distad of est during the development of
Allochtlionius opticus (Ellingsen), the only chthoniid in which the growth of the fingers has
been studied.
Leclerc (1983) seems to have be aware of the relationship between size and the relative
position of ist. Noting that the adult of ‘ Neoclithonius ’ chamberlini is barely larger than the
deutonymph, he stated : “ On se trouve donc en présence d’une espèce ayant atteint sa taille
d’adulte dès le stade deutonymphal ou dont la croissance est bloquée à ce stade (neoteny?)”
and that : “ Cela pourrait expliquer, d’une part la petite taille des espèces de [Neoclithonius and
Kewochthonius ] et, d’autre part, la position proximale des trichobothries it et est car on peut
remarquer que le rapport a est “ Neochthonien ” pour les deutonymphes du genre Chthonius ;
ce n’est qu’aux stades ultérieurs que sa valeur décroît”.
Unfortunately our knowledge of the relationships and ontogeny of the chthoniini are too
meagre to permit such analyses of the polarity of size to be carried out. I have assumed that an
increase in finger length has occured merely because this is more parsimonius than invoking
neoteny.
The dentition of the fingers may also be size dependant, at least in part. Smaller
(‘'Kewochthonius') species have closely spaced teeth, whereas larger ('Chthonius') species
generally have more widely spaced teeth. Species intermediate between Kewochthonius and
Chthonius in their a values usually have an intermediate form of dentition (e.g. C. hungaricus
Beier, C. pygmaeus Beier, C. ressli Beier, C. strinatii Mahnert, C. submontanus Beier, and C.
thessalus Mahnert). This would be expected if finger length increases without a ‘compensato¬
ry’ increase in the number (or size) of teeth. There are, however, some exceptions to this
trend : a few species with long fingers also have a large number of closely spaced teeth (e.g.
Chthonius (C.) italicus Beier).
Neither the dentition of the fingers nor the ratio a can be reliably used to distinguish
Kewochthonius from Chthonius and both characters appear to be size related. Kewochthonius
Chamberlin is reduced here to a junior subjective synonym of Chthonius (s.st.) (n. syn.).
The following species are here transferred to Chthonius (Chthonius) :
Chthonius halberti Kew, 1916 (see below).
C. (Neoclithonius) alpicola Beier, 1931.
C. (N.) caprai Gardini, 1977.
C. (N.) graecus Beier, 1963.
C. (A'.) ilvensis Beier, 1963.
C. (TV.) jonicus Beier, 1931 (C. (Kewochthonius) jonicus , Mahnert, 1974; C. (N.) jonicus,
Mahnert, 1979, 1982).
C. (N.) karamanius Hadzi, 1937.
C. (N.) shulovi Beier, 1963.
C. (N.) tauricus Beier, 1963.
Neoclithonius chamberlini Leclerc, 1983, n. comb.
N. leoi Callaini, 1988, n. comb.
- 598 -
N. mauritanicus Callaini, 1988, n. comb.
N. paludis Chamberlin, 1929 (C. (N.) paludis , Beier, 1932; Kewochthonius paludis (syn. C.
( C.) pearsi Hoff), Hoff, 1951), n. comb.
Two other species previously placed in Chthonius ( Neochthonius ) — Chthonius ( Mundoch-
thonius) shelkovnikovi Redikorzev, 1930 (Beier, 1932) and C. (N.) pygmaeus Beier, 1934 -
have been transferred to Chthonius (s.st.) by Schawaller (1983) and Mahnert (1979)
respectively.
This leaves a single species, Kewochthonius spingolus Schuster, 1962, from California, of
uncertain taxonomic affinities. Judging from Schuster’s description and figures, it probably
belongs to Chthonius ( Hesperochthonius) Muchmore, but a reexamination of the types will be
necessary for the correct placement of this species.
Chthonius (Chthonius) halberti Kew, comb. rev.
(Fig. 11)
Chthonius halberti Kew, 1916 : 76-77, fig. 3.
Kewochthonius halberti ; Chamberlin, 1929 : 65-66; Muchmore, 1968 : 71-75, figs. 1-3; Legg and
Jones, 1988 : 56-58, figs 9A. 9B a-e.
Kewochthonius cf. halberti ; Leclerc, 1983 : 49-50.
Chthonius (Neochthonius) halberti ; Beier, 1932 : 46; 1963: 20-21, fig. 13.
Material examined : 1 "France, Banyuls-sur-Mer, Plage du Troque. L. Fage leg.. M. Vachon
det." (mounted on two slides MNHN Paris).
Description oe male
Carapace as long as broad ; epistome well developed, dentate, but not “ fast halbkreisfor-
mig” (Beier, 1963 : 20); one pair of small anterior eyes visible; setae 4 : 6 : 4 : 2 : 6 (22), setae
in posterior row of equal length.
Tergal setae 4: 4: 6: 6: 8: 8; 8: 8: 6: 4: 6: 0.
Sternal setae 9 : mm22mm (5-6 along sides of notch) : mm6mm : 10 : 10 : 9 : 10 : 10 : 7 :
8 : 2 .
Coxal setae P 2 (on manducatory process) + 3; 1 mmm + 3; II 4 (10-12 spines); III 6
(4 spines); IV 7; intercoxal tubercle bisetose.
Chelicera - fixed finger with 2 large, apical teeth and 5 small basal teeth ; moveable finger
with 1 isolated, distal tooth plus 1 large and 3 small basal teeth; spinneret a distinct tubercle;
hand with 5 setae; gs present on moveable finger; flagellum with 10 blades.
Palp — chela as figured by Beier (1963 : fig. 13) except that the teeth do not form a
lamella on either finger; fixed finger with about 63, moveable finger with about 53, contiguous,
rounded teeth, decreasing in size proximally.
Leg IV setae 3 : 8 : 10 : 9; basitarsus TS 0.35, telotarsus TS 0.33.
Measurements (in mm) (ratios in parentheses) : body 1.1 ; carapace 0.36 x 0.34 (1.0); palp - femur
0.35 x ?, tibia 0.14 x ?, moveable finger 0.35 ; leg IV basifemur 0.14 x 0.12 (1.2), telofemur 0.19 x
0.11 (1.7), tibia 0.18 x 0.05 (3.4), basitarsus 0.09 x 0.04 (2.2), telotarsus 0.15 x 0.03 (5.5).
599
This is almost certainly the specimen examined by Beier (1963) for his redescription of C.
halberti. Unfortunately, the palps have subsequently been crushed. Muchmore (1968) noted
that the types of C. halberti differed from Beier’s (1963) description in the form of the chelal
teeth and the epistome. These differences are due to errors in Beier's description; the French
specimen agrees well with Muchmore’s description. The only apparent differences are in the
TS ratios of the tarsi of leg IV which are slightly higher than the values given for the males
from Ireland (basitarsus 0.38-0.42, telotarsus 0.40-0.42), though they fall within the range
given for the females from England.
The apparently disjunct distribution of Chthonius halberti is probably due to its having
been overlooked elsewhere; Legg and Jones (1988) note that efforts to find it at the two
known British localities have been unsuccessful. Mahnert (pers. comm.) has collected it from
a second French locality, ‘Côte d'Azur, Beauvallon-sur-Mer, algae at sea-shore, 23 August
1979'.
Chthonius (Chthonius) ressli Beier
(Fig. 4-9)
Chthonius (C.) ressli Beier, 1956 : 24-25, fig. 1 (p. 32); 1963 : 32.
Chthonius (C.) parvulus Inzaghi, 1981 : 67-72, figs. 1-11; n. syn.
Material examined : holotype of C. ressli ‘Niederosterreich, Purgstall, 20.10.1954, F. Ressl leg.’
(Naturhistorisches Museum Wien) ; 1 T, 1 $, France, Charente-Maritime, La Rochelle, Parc Moulin des
Pères (?), under stones beneath trees, August 1980, M. Judson leg. (MNHN, Paris).
Description of French material (? in parentheses)
Carapace about as long as broad ; epistome large, dentate, denticulation extending along
anterior margin; eyes difficult to see, but apparently with a weak pair of anterior eyes;
setae 4 ; 6 : 4 : 2 : 4 (20), lateral setae of posterior row shorter than the median setae.
Tergal chaetotaxy 4: 4: 4: 4: 6: 6: 6: 6: 1T2T1 ; 4 : 1T2T1 ; 0.
Sternal chaetotaxy 9 ; $ mm23mm (6 setae along either side of notch) (9 mm7mm) :
mm7mm ; m6m : m4m : m4m : s4s : 6 : 2T1T2 : 1T2T1 : 0.
Genitalia — £ typical, ejca relatively large; 9 with lateral apodeme frame complete.
Coxal setae P 2 + 3; I mmm + 3 ; II 4 (7-8 spines); III 4 (2-3 spines); IV 7; intercoxal
tubercle bisetose.
Chelicera — fixed finger with 9-11 teeth ; moveable finger with 1 isolated, distal tooth and
9-10 basal teeth; galea a low tubercle; hand with 6 setae; serrula exterior composed of
13 blades.
Palp — setae of femur 5 : 2 : 5-6 : 3 ; 1 ; setae of hand 4 posterior, 7 median and
4 anterior; fixed finger with 43 (40) teeth, moveable finger with 38 (36) teeth; sensorium of
moveable finger opposite 11th (16th) tooth from base; a = 0.92 (0.91).
Leg I setae femur 9-10 (10); tibia 8; basitarsus 12.
Leg IV setae (basifemur to basitarsus) 3 : 7 : 10 : 9; basitarsus TS 0.36 (0.35); telotarsus
TS 0.30 (0.28).
— 600 —
Measurements (in mm) (ratios in parentheses) : Male : body length 0.85 ; carapace 0.29 x 0.27 ; palp
- femur 0.31 x 0.06 (4.9), tibia 0.14 x 0.08 (1.8), hand 0.16 x 0.10 (1.7), chela length 0.47 (4.9),
moveable finger length 0.31 (2.0 x hand); leg I femur 0.17 x 0.04 (4.1), tibia 0.09 x 0.04 (2.4).
basitarsus 0.10 x 0.03 (3.3), telotarsus 0.20 x 0.03 (7.8); leg IV femur (total) 0.27 x 0.11 (2.3), tibia
0.18 x 0.05 (3.5), basitarsus 0.09 x 0.04 (2.3), telotarsus 0.19 x 0.03(7.4). Female : body length 1.0 ;
carapace 0.29 x 0.30; palp — femur 0.35 x 0.08 (4.3), tibia 0.16 x 0.09(1.8), hand 0.19 x 0.12(1.6),
chela length 0.53 (4.5), moveable finger length 0.36 (1.9 x hand); leg I — femur 0.19 x 0.05 (4.2), tibia
0.09 x 0.04 (2.1), basitarsus 0.10 x 0.03 (3.1), telotarsus 0.22 x 0.03 (8.6); leg IV — femur (total)
0.29 x 0.13 (2.3), tibia 0.20 x 0.06 (3.6), basitarsus 0.10 x 0.04 (2.4), telotarsus 0.20 x 0.03 (7.5).
Examination of the holotype of C. ressli reveals two errors in Beier’s original description
(1956, repeated 1963). Although the specimen is in poor condition (right chela and tibia lost,
body covered in small crystals), it is clear that the teeth of the chela do not form a lamella and
that the chaetotaxy of the tergites is normal (tergite IV with 4 setae, not 6 as stated by Beier).
The following details can be added to Beier’s description : palp — femur 0.33 x 0.08 (4.2),
hand 0.17 x 0.10 (1.7), moveable finger 0.35 (2.0 x hand), chela 0.51 (5.0); dentition as
described above for French specimens; leg IV — basitarsus TS 0.36, telotarsus TS 0.28.
With these corrections it becomes apparent that Chthonius parvulus Inzaghi (types from
Italy, Bergamo; subsequently collected at Emilia, Besenzone, PC, 17 June 1979, S. Inzaghi
leg.) is a junior subjective synonym of C. ressli Beier. The only difference between Inzaghi’s
(1981) description and the specimens examined here lies in the development of the eyes.
Inzaghi described the eyes of C. parvulus as “anterior con lenti... posteriori ridotti a machie
oculari ’’ which contrasts with the poorly developed (possibly absent) eyes of C. ressli
specimens from Austria and France. This may simply be due to the state of preservation of the
different collections. Given the close agreement between all other characters, it seems
reasonable to conclude that the two species are synonymous.
Chthonius ressli is very similar to Chthonius (C.) strinatii Mahnert, 1975, from a cave in
Greece. The female of C. strinatii can be distinguished from that of C. ressli by the absence of
contiguous teeth at the tip of the fixed finger, the lower number of chelal teeth (fixed finger
with 32, moveable finger with 30 in strinatii) and by the relatively shorter fingers of the chela
(1.52 — 1.54 x hand in strinatii).
Acknowledgements
I am indebted to Dr J. Heurtault for her courtesy and help during my visits to the MNHN; to
Dr W. B. Muchmore for the loan of Neochthonius specimens and helpful criticism of a draft of this
paper; to Dr V. Mahnert for his comments on the paper and providing a second record of Chthonius
halberti from France ; to Dr P. D. Gabbutt for his criticism of the first draft ; to Dr J. Gruber for the
loan of the holotype of C. ressli ; and to Mr S. Inzaghi for the second Italian record of C.ressli. Statistical
assistance was kindly provided by Miss J. M. Gal. My thanks are also due to Dr R. A. Baker and the
University of Leeds for the award of a travel bursary which enabled me to attend the tenth Colloque
Européen d'Arachnologie in Rennes.
Figs. 4-9. — Chlhonius ressli Beier, female (La Rochelle) : 4, right leg I ; 5, right leg IV ; 6, right chelicera ; 7. moveable
finger of chelicera (male); 8. genitalia; 9, left palp. (Scale lines equal 0.1mm.)
Figs. 10-11. — 10, Neochlhonius stanfordiunus Chamberlin, female genitalia; 11, Chlhonius halberli Kcw (Banyul-sur-
Mer), right leg IV, male. (Scale lines equal 0.1 mm.)
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section A, n“ 3 : 605-637.
Révision des Stemmiulides :
espèces nouvelles et peu connues d’Afrique
(Myriapoda, Diplopoda)
par Jean-Paul Mauriès
Résumé. — Pour la première fois, la quasi-totalité des Stemmiulides sont regroupés dans un seul
genre : Stemmiulus. Onze espèces nouvelles d'Afrique, réparties provisoirement dans trois sous-genres,
sont décrites : Stemmiulus (5), Diopsiulus (3), Nethoiulus (3). Les caractères femelles de quatorze espèces
ouest-africaines du sous-genre Diopsiulus sont figurés.
Abstract. — For the first time, nearly all Stemmiulids are considered as belonging to a single genus,
Stemmiulus. 11 new african species, distributed in three subgenera (5 Stemmiulus, 3 Diopsiulus, 3 Nethoiu¬
lus) are described. Female characters are given for 14 west-african already known species of the subgenus
Diopsiulus.
J.-P. Mauriès, Laboratoire de Zoologie (Arthropodes) Muséum national d'Histoire naturelle, 61, rue Buff on, 75005
Paris, France.
Introduction
Les Stemmiulides, petit groupe de Diplopodes et groupe-frère présumé des Craspédosomi-
des-Chordeumides (majoritairement holarctiques et néarctiques), ont une répartition pantropi-
cale. Ils sont représentés par une centaine d’espèces presque toutes rassemblées traditionnelle¬
ment dans trois genres ( Stemmiulus, Prostemmiulus, Diopsiulus).
L'auteur de la présente note poursuit, dans la perspective d'une analyse cladistique
globale du groupe destinée à évaluer la validité des genres existants et à tirer des
renseignements biogéographiques en rapport avec la répartition tripolaire (Amérique, Afrique,
Indo-pacifique) du groupe, une révision déjà ébauchée en de précédentes notes (Démangé &
Mauriès, 1975; Mauriès, 1979, 1984, 1985).
Le matériel étudié ici, exclusivement africain, comprend, outre les femelles de quatorze
espèces ouest-africaines déjà décrites, onze espèces nouvelles; il provient de différentes
collections et appartient aux institutions suivantes :
Muséum national d’Histoire naturelle (Paris, France) : matériaux collectés par P. Beron
(Nigeria), M. Lamotte (Cameroun), P. Lavelle (Côte d’Ivoire), J. P. Mauriès & L. Meunier
(Sénégal).
Musée Royal de l’Afrique Centrale (Tervuren, Belgique) : coll. R. P. M. Lejeune (Zaïre :
Nord-Kivu), coll. L. Berger, N. Leleup & J. Debecker (Tanzanie : Mts Uluguru), coll.
K. M. Howell (Tanzanie).
— 606 -
Zoologisk Museum (Copenhague, Danemark) : coll. Stoltze & Scharff (Tanzanie :
Mts Uluguru, Uzundwe et Usambara) et coll. H. Enghoff, O. Homboldt & O. Martin
(Tanzanie : Mts Usambara).
Je remercie les personnes qui, à divers titres (collecteurs, curators, etc.), m’ont aidé à rassembler ce
matériel et notamment MM. P. L. G. Benoit (Tervuren), P. Beron (Sofia). H. Enghoff (Copenhague),
J. J. Geoffroy (Paris). R. L. Hoffman (Radford), M. Lamotte (Paris), L. Meunier (Kaolack). J'associe
à cet hommage l'auteur des nombreux dessins de cette note, M me Michèle Bertoncini (MNHN Paris).
Valeur systématique des structures sexuelles des femelles
Dans deux notes précédentes consacrées aux Stemmiulides (Mauriès, 1979 et 1984),
j’avais formulé l’espoir de voir les caractères relevés sur les femelles suppléer ou compléter
ceux, trop monotones, relevés sur les gonopodes des mâles, et regretté que malheureusement
ces structures ne soient connues que chez un nombre trop infime d'espèces. Il me semblait en
effet à ce moment-là qu’il deviendrait possible un jour de faire intervenir utilement ces
caractères dans la systématique des Stemmiulides. Deux grands types de structure, connus
d’ailleurs depuis les travaux de Carl (1914), Silvestri (1916), puis Carl (1936 et 1941),
étaient observées dans ce sous-ordre :
les vulves à réceptacles séminaux intravulvaires ;
les vulves à réceptacles séminaux extravulvaires (infrasternaux aux P.3).
Ces deux types paraissaient en corrélation avec la répartition géographique, le dernier
type n’ayant été trouvé que chez les formes américaines et asiatiques, tandis que le premier
était prédominant chez des formes africaines.
Mais les progrès dans nos connaissances des structures des femelles ne confirment pas ce
dualisme, bien au contraire. Ainsi, en 1984, j’ai eu l'occasion de décrire deux espèces de
l’Amazonie que j’avais rangées dans le genre Prostemmiulus (que je considère aujourd'hui tout
au plus comme sous-genre), et qui présentaient chacune l’un des deux types : les femelles de P.
adisi présentent des réceptacles séminaux extravulvaires, tandis que chez celles de P.
amazonicus les réceptacles sont intravulvaires. De même, parmi les spécimens (exclusivement
africains) étudiés plus loin, se trouvent des espèces qui présentent des structures extravulvaires
similaires à celles observées chez les formes américaines et asiatiques et qui sont signalées pour
la première fois sur des Stemmiulides africains ; c’est le cas de albicephalus et uluguruensis, de
Tanzanie, et d’une espèce non identifiée (sp. n° 1) du Cameroun.
En outre, il apparaît nettement que les structures observées sur les femelles ne présentent
aucune corrélation apparente avec les types de structure des gonopodes. Par exemple, dans le
groupe homogène formé par les espèces qui présentent des gonopodes du type de D. lacustris
Hoffman, 1977, on observe les deux grands types de structures vulvaires : albicephalus et
uluguruensis ont des réceptacles extravulvaires tandis que jocquei, kivuensis et lejeunei ont des
réceptacles intravulvaires.
Ainsi, les caractères relevés sur les femelles, pas plus que ceux relevés sur les mâles, et les
caractères non sexuels ne laissent apparaître aucune possibilité d’utilisation commode et simple
dans la systématique des Stemmiulides. Ceci renforce les réserves déjà exprimées (Mauriès,
- 607 —
1979) à propos de la validité de la plupart des caractères ayant servi à définir les genres. En
conséquence, il ne paraît pas correct de séparer, par une quelconque coupe taxonomique de
rang générique, les espèces américaines, les espèces africaines et les espèces de la région indo¬
malaise. A mes yeux aujourd'hui, la quasi-totalité des espèces de Stemmiulides appartiennent à
un seul genre. C’est pourquoi les espèces décrites ci-après sont toutes classées dans le genre
Stemmiulus , démarche que n'aurait pas désavouée Carl (1914). Provisoirement, je conserve
ici, pour y placer les formes africaines qui sont l’objet de cette note, Diopsiulus et Nethoiuhts au
rang de sous-genres de Stemmiulus.
Caractérisation provisoire
ET CONTENU DES TROIS SOUS-GENRES AFRICAINS DE Stemmiulus
1. Stemmiulus
Bien que les gonopodes de l’espèce-type (bioculcitus Gervais & Goudot, 1844, de
Colombie) ne soient pas connus, le sous-genre peut être caractérisé par les gonopodes d'autres
espèces colombiennes dont l’angiocoxite est orné, disto-latéralement, d’une expansion le plus
souvent triangulaire qui lui donne une silhouette caractéristique. Ce type de gonopodes (qui est
nettement prédominant en Amérique et seul représenté chez les formes du sud de l’Inde et du
Sri Lanka) ne figurait pas dans le tableau de caractérisation des Stemmiulides africains de
Démangé & Mauriès (1975), car il n’avait pas encore été trouvé en Afrique; cakarifer , qui
semble s’y rattacher, n’avait pas été reconnu comme tel par ces auteurs. Il a fallu attendre
Hoffman (1977) pour attirer l’attention sur une espèce ( lacustris, du Ruanda) qui présentait ce
type de gonopodes. Depuis, une deuxième espèce a été trouvée au Malawi (jocquei Mauriès,
1985) et je décris ci-après cinq espèces du Cameroun, du Zaïre et de Tanzanie, ce qui porte à
huit le nombre d’espèces africaines pouvant être regroupées dans le sous-genre Stemmiulus.
2. Nethoiulus (espèce-type : sjoestedti Attems, 1909, du Kilimandjaro)
Ce sous-genre a été créé par Brôlemann (1920) sur la base d’une observation insuffisante
des paragonopodes qui. en fait, ne se distinguent pas fondamentalement de ceux des autres
Stemmiulides. Cependant, il est possible de regrouper, provisoirement, dans ce sous-genre,
quelques espèces qui présentent des gonopodes très semblables, par leur silhouette, à ceux des
Stemmiulus s.s., mais s’en distinguent par une plus grande complexité des parties distales des
gonopodes (notamment des colpocoxites), mais surtout par l’existence, médialement, d’un
volumineux syncolpocoxite impair situé caudalement. A ce groupe, outre l’espèce-type, je
rattache ici nigricollis Mauriès, 1969, du Gabon et trois espèces de Tanzanie décrites ci-après.
3. Diopsiulus (espèce-type : bellus Cook, 1895, du Libéria)
Ce sous-genre fut créé par Silvestri (1897) sur la base de caractères de morphologie
externe sans aucune valeur à priori (voir Mauriès, 1979). Nous ne le conservons ici que pour
regrouper la majorité des espèces africaines pouvant se caractériser par leurs gonopodes qui
apparaissent comme simplifiés par rapport à ceux des deux autres sous-genres, notamment par
l’absence d’expansion disto-latérale à l’angiocoxite. Cet ensemble apparemment hétérogène
— 608 —
correspond aux vingt-quatre espèces présentant des gonopodes des types A, B, C et E du
tableau de caractérisation de Démangé & Mauriès (1975), auxquelles viennent s’ajouter :
aoutii et albicollis Démangé & Mauriès, 1975c/ ; gilloni et schiotzae Mauriès, 1979; trois espèces
nouvelles, décrites ci-après, du Sénégal, de Côte d’ivoire et du Nigeria. Géographiquement, les
espèces de ce « sous-genre » n’occupent que la partie occidentale de l’Afrique, du Sénégal au
Nigeria (voir carte).
Carte 1. — Répartition en Afrique des sous-genres provisoires et des espèces du genre Sicnimiulu.s ; en grisé, aire de la
forêt tropicale humide d’après Ewer & Hall (1978).
Caractères sexuels des femelles
de quelques espèces d’Afrique occidentale
Dans le but de rassembler les éléments propres à effectuer une analyse cladistique des
Stemmiulides, je me propose, à l'occasion de la description de plusieurs nouvelles espèces de
différentes régions de l'Afrique, de compléter la description de plusieurs espèces dont les
caractères sexuels femelles avaient été négligés. Il s'agit de quatorze espèces du Mont Nimba,
Fig. 1-5. — Structures sexuelles des femelles dans le sous-genre Diopsiulus : 1, S. (D.) cal vu.s (Cook. 1895). base des P.2
et vulves; 2, S. (D.) simpliciter Démangé & Mauriès. 1975, base des P.2 et vulves; 3, S. ( D .) keouleiUanus Démangé
& Mauriès, 1975, base des P.2 et vulves; 4, S. (D.) aoutii Démangé et Mauriès, 1975a, base des P.2 et vulve droite;
5, S. ( D .) pullulas Démangé & Mauriès, 1975, base des P.2 et vulve droite.
Fig. 6-12. — Structures sexuelles des femelles dans le sous-genre Diopsiulus : 6, S. (D.) tremhlayi Démangé & Mauriès.
1975, base des P.2 et vulve droite ; 7. S. (D.) trilincatus Démangé, 1971. base des P.2 et vulve droite : 8 , S. (D.) hellus
(Cook, 1895), base des P.3 et vulve gauche; 9, S. ( D .) nimbanus Démangé & Mauriès, 1975, base des P.3 et vulve
gauche: 10, S. (D.) altipratensis Démangé & Mauriès, 1975. base des P.3 et vulve gauche; 11, S. ( D .) calcarifer
Démangé & Mauriès. 1975, base des P.2 et P.3 et vulves; 12, S. (£>.) albicollis Démangé & Mauriès, 1 915a. base des
P.3 et vulve gauche.
— 611 —
de Côte d’Ivoire et de Sierra Leone, décrites par Démangé (1971) et par Démangé & Mauriès
(1975 et 1975a). Plutôt que de donner des descriptions, nous préférons, vu la relative simplicité
de ces structures, en donner des dessins ; le lecteur est donc invité à se reporter aux figures 1 à
14.
Une première remarque est qu’aucune de ces espèces ne présente de structure extravulvai¬
re, comme il en existe chez plusieurs formes américaines, asiatiques et même africaines (voir
p. 607), entre les vulves et les P. 3. Le réceptacle séminal (r) est intravulvaire, le plus souvent de
forme simple (généralement une ampoule et son canal).
Deuxième remarque : les vulves de douze de ces quatorze espèces se divisent en deux
catégories :
— les unes, de structure simple (sans trace de fissure externe), le plus souvent presque
globuleuses, paraissent, à la dissection, plus intimement liées aux P.2 qu’aux P.3 : c’est le cas
de calvus Cook, 1895, keoulentanus, pullulus, simpliciter Démangé & Mauriès, 1975, aoutii
Démangé & Mauriès, 1975a (les figures 1 à 5 montrent ces vulves en face caudale, avec les P.2
auxquels elles sont liées);
— les autres, qui présentent, sur le côté, une fissure qui détermine une sorte de petit clapet
operculaire (op) basal externe, sont plus liées aux P.3 qu’aux P.2 : c’est le cas de bellus Cook,
1895, calcarifer, nimbanus, altipratensis Démangé & Mauriès, 1975, albicollis Démangé &
14
Fig. 13-14. — Structures sexuelles des femelles dans le sous-genre Diopsiuliis : 13, S. (D.) royi Démangé & Mauriès.
1975, base des P.2 et P.3, et vulves; 14, S. ( D .) morbosus Démangé & Mauriès, 1975 (* immature?), base des P.2 et
vulves.
— 612 —
Mauriès, 1975a (fig. 8 à 12), et peut-être de royi Démangé & Mauriès, 1975 (fig. 13);
cependant chez deux espèces, les vulves sont restées attachées aux P.2 à la dissection ; c’est le
cas de tremblayi Démangé & Mauriès, 1975, et de trilineatus Démangé, 1971 (fig. 6 et 7).
Une espèce ne se rapporte pas exactement aux deux types précédents : chez morbosus
Démangé & Mauriès, 1975 (fig. 14), les deux vulves, unies sagittalement par un pont
membraneux, forment une sorte de bandeau transverse comme chez les formes à réceptacles
extravulvaires ; mais ici aucun réceptacle n’est visible, ni à l’intérieur ni à l’extérieur des vulves
(femelle immature?).
Description d’espèces nouvelles
Stemmiulus (Stemmiulus) infuscatus n. sp.
Loc. : Cameroun, Ouest, div. Mezam, subdiv. Ndop, Mont Oku. camp, ait. 2900 m, 6.11.1975, coll.
M. Lamotte, 1 £ holotype (MNHN Paris, coll. Myriapodes DC 037).
Caractères morphologiques externes
Coloration du type 2 (défini par Démangé et Mauriès, 1975), d'un brun clair uniforme
(sauf 2-3 marbrures plus claires de chaque côté), légèrement plus foncé dorsalement, avec une
ligne claire dorsale nette; tête et antennes un peu plus foncées que les métazonites; pattes et
ventre clairs.
Mensurations : $ holotype : 41 anneaux (2 apodes); longueur 12mm; diamètre vertical 1.3mm.
Capsule céphalique normale, à pilosité modérée (voir chaetotaxie faciale fig. 15).
Antennes de longueur médiocre (1,6 mm, soit à peine plus longues que le diamètre vertical du
corps). Yeux biocellés; diamètre de l’ocelle postérieur 1,5 fois plus grand que celui de
l’antérieur.
Anneaux moyens : plusieurs (deux ou trois) stries métatergales obliques ne touchent le fin
sillon dorso-médian qu’à partir du 20 e anneau; entre le 10 e et le 20 e , une seule strie touche le
sillon vers l’avant du métazonite ; sillon zonital très labile ; ozopores très petits ; échancrures du
bord antérieur des prozonites des premiers anneaux presque aussi profondes que chez gilloni
(Mauriès, 1979).
Pygidium à 3 + 3 bâtonnets sétigères.
Caractères sexuels du mâle
Gnathochilarium à lames linguales subrectangulaires, striées transversalement comme
chez cal vus et bel lus.
P.2 (fig. 18) très comparables, notamment par ses coxites, à ceux de lacustris Hoffman,
— 613 —
Fig. 15-20. — Stemmiulus (S.) infuscatus n. sp. <$ holotype : 15, chaetotaxie faciale ; 16, P.8 (gonopodes), face caudale;
17, le même, face orale; 18, P.2, face orale; 19, P.9 (paragonopodes); 20, P.3, face caudale.
1977, mais ici l'angle coxal externe est nettement plus prolongé distalement et il n'y a aucune
trace de processus bacilliforme.
P.3 (fig. 20) remarquables par l’allongement du lobe sternal médian et des coxites.
P. 8 (gonopodes, fig. 16 et 17) d’un type non défini par Démangé et Mauriès (1975), mais
qui s'est trouvé chez deux autres espèces africaines décrites depuis : lacustris Hoffman, 1977, et
jocquei Mauriès, 1985. Ce type de gonopodes rappelle ceux observés chez maintes formes du
Sud-Est asiatique : l’angiocoxite (a) n’est pas divisé en deux branches comme dans le type B, ni
simple comme dans le type A, mais plutôt intermédiaire, puisqu’il émet une branche latérale
614 —
rétroarquée (b). Dans la partie distale du colpocoxite (c), la partie qui engaine l'extrémité du
flagelle (0 se rétrécit progressivement vers l’apex; elle est masquée par sa partie orale qui, se
terminant apicalement par une pointe acérée, s'élargit brusquement vers l’intérieur en une lame
rectangulaire hyaline.
P.9 (fig. 19) en moignons vaguement triarticulés.
Femelle inconnue.
Stemmiulus (Stemmiulus) albicephalus n. sp.
Loc. tip. : Tanzanie, Uluguru Mts, Lupanga. East, alt. 1600m, litter, 1.7.1981, coll. M. Stoltze &
N. Scharff, 1 S holotype (Zool. Mus. Copenhagen). Ibid., pitfall trap, 10.7.1981. coll. M. Stoltze &
N. Scharff, 3 paratypes (1 3 2 2 ) (Zool. Mus. Copenhagen).
Caractères morphologiques externes
Coloration générale brune, avec une ligne blanche dorso-médiane fine, évasée en large
triangle court à chaque prozonite; tête blanche avec yeux monocellés noirs et antennes brunes;
telson blanc; une tache blanchâtre ronde à mi-hauteur de chaque métazonite.
Mensurations : 3 holotype : 39 anneaux; longueur 8mm; diamètre vertical 0,75mm. — Paratypes :
39 anneaux (3), 36 (2 2); longueur 8 mm (3). 7 et 7,5 mm (2 2); diamètre vertical 0,8 mm (3), 0,9 mm
(2 ?).
Capsule céphalique (fig. 21) sans trace de suture médiane occipitale et sutures supra-
oculaires très courtes et situées au contact de l’œil. Antennes courtes, aux articles claviformes,
1,2 fois plus longues que le diamètre vertical du corps (longueur 1,1mm chez le mâle
holotype). Yeux monocellés.
Anneaux moyens présentant une double striation métazonitale : la striation oblique
habituelle, ici effacée dorsalement (aucune strie oblique ne touche le sillon médio-dorsal) sur
tous les anneaux, interfère avec une fine et dense striation longitudinale, surtout marquée de
part et d’autre du sillon médio-dorsal.
Pygidium à 3 + 3 cônes (courts et â sommet arrondi) sétigères.
Caractères sexuels du mâle
Gnathochilarium sans modification notable des lames linguales.
P.2 comme figuré pour uluguruensis , à angle interne du coxite puissamment lobé; angle
externe obtus émoussé. Article basal du télopodite avec un petit lobule pileux sur sa face orale.
P.3 à coxites et télopodites seulement un peu épaissis; lobe sternal médian en lobe arrondi
apicalement, ne parvenant qu’à mi-hauteur des coxites.
P.8 (gonopodes fig. 22 et 23) d’une silhouette plutôt courte, avec un angiocoxite de forme
simple, densément pileux sur sa face orale, à profil apical arrondi (a), et orné, subapicalement
sur sa face caudale d’un petit processus latéral arqué (b). Chaque colpocoxite (c) ne dépasse
615 —
Fig. 21-25. — Stemmiulus (S.) albicephalus n. sp. holotype, 2 paratype : 21, chaetotaxie faciale du mâle holotype;
22, P.8 (gonopodes) du même, face orale ; 23, les mêmes face caudale ; 24, P.9 du même ; 25, P.2 et vulve d'une
femelle paratype.
que légèrement l’angiocoxite correspondant; sa partie distale s’incline légèrement vers
l’extérieur et montre trois petites dents (une apicale et deux externes) de forme variable.
P.9 (paragonopodes, fig. 24) à moignons vaguement triarticulés portés par un bandeau
sternal pigmenté.
Caractères sexuels de la femelle
Remarquables par la présence d’une structure postvulvaire (pv) (fig. 25), se présentant, de
chaque côté, sous la forme de canaux sinueux paraissant déboucher par une assez grande
— 616 —
ouverture parasagittale ovale (o) sur la face orale du bandeau transversal membraneux (m)
situé entre les vulves (v).
Stemmiulus (Stemmiulus) sp. ? albicephalus
Loc. : Tanzanie, Mts Uluguru, Lukwangule plateau, 2400-2600 m, 2-22.7.1971, mission L. Berger,
N. Leleup, J. Debecker, 1 2 (Tervuren, n° 13354).
Mêmes caractères externes (y compris la coloration) que albicephalus. Les structures
vulvaires ne permettent pas une identification certaine de cette espèce.
Stemmiulus (Stemmiulus) uluguruensis n. sp.
Loc. tip. : Tanzanie, Uluguru Mts, Lupanga, West, alt. 1900 m, litter, 1.7.1981, coll. M. Stoltze &
N. Scharff, 1 S holotype 2 5 paratypes (Zool. Mus. Copenhagen). Ibid., pitfall trap, 1.7.1981, coll.
M. Stoltze & N. Scharff, 1 2 paratype (Zool. Mus. Copenhagen).
Caractères morphologiques externes
Coloration du type 2, brune un peu contrastée dorso-ventralement ou non, avec une
bande dorso-médiane jaunâtre à bords nets et deux taches sur chaque anneau : une latérale
ronde blanchâtre, une dorso-latérale allongée oblique marbrée ; tête et 5-6 premiers anneaux
d’un brun plus soutenu que le reste du corps.
Mensurations : $ holotype : 38 anneaux; longueur 8mm; diamètre vertical 0,9mm. - 2 2
paratypes : 40 et 38 anneaux; longueur 10 et 8mm; diamètre vertical 1 et 0,8mm. — 1 2 j- : longueur
7,5 mm ; diamètre vertical 0,8 mm.
Capsule céphalique à pilosité éparse (voir chaetotaxie faciale fig. 26) ; sutures occipitale et
supraoculaires très courtes et peu marquées. Antennes de longueur médiocre (1,3 mm chez le
mâle holotype, soit 1,5 fois le diamètre vertical du corps). Œil monocellé.
Anneaux moyens présentant une double striation métazonitale : la striation oblique
habituelle, ici effacée dorsalement sur tous les anneaux, interfère avec une fine et dense
striation longitudinale, surtout marquée de part et d’autre du sillon zonital.
Pygidium à 2 + 2 cônes sétigères; 4 + 4 soies posttergales un peu plus épaisses que les
normales.
Caractères sexuels mâles
Gnathochilarium à lames linguales peu modifiées.
P.2 (fig. 30 et 31) et P.3 comme chez l’espèce précédente.
P.3 à coxites et télopodites seulement un peu épaissis; lobe sternal médian arrondi
apicalement.
— 617 —
Fig. 26-32. — Slemmiulus (5.) uluguruensis n. sp. J holotype, $ paratype : 26, chaetotaxie faciale du mâle holotype;
27, P.8 (gonopodes) du même, face orale; 28, les mêmes, face caudale; 29, P.9 du même; 30, P.2 du même, face
orale; 31, le même, face caudale; 32, P.2 et vulve gauche d’une femelle paratype.
P.8 (gonopodes, fig. 27 et 28) très proches de ceux de l’espèce précédente, se caractérisant
surtout par le forme de la partie distale de l’angiocoxite, qui est ici marquée par une large
échancrure séparant un lobe interne (a), plutôt allongé et très pileux, d’un lobe externe (b) dont
la face orale est creusée d’une concavité subcirculaire. Le colpocoxite (c) ne montre que deux
petites dents (une apicale et une subdistale externe) et présente une forme un peu évasée dans
sa partie la plus apicale.
P.9 (paragonopodes, fig. 29) en moignons triarticulés.
— 618 —
Caractères sexuels de la femelle
Très semblables à ceux de albicephalus : à noter que le « mur » membraneux (m) qui unit
les deux vulves (v) est ici nettement plus bas (fig. 32).
Stemmiulus (? Stemmiulus) sp.
Loc. : Tanzanie, Uzungwe Mts, Mwanihana forest above Sanje, ait. 1250m, 1.8.1981, coll.
M. Stoltze & N. Scharff, 1 $ jeune à œil biocellé, du type de coloration 1, sans telson (Zool. Mus.
Copenhagen). Ibid., alt. 1800m, pitfall trap, 18.8.1982, coll. M. Stoltze & N. Scharff, 1 jeune presque
entièrement dépigmenté, à 1 ocelle (Zool. Mus. Copenhagen).
Stemmiulus (Stemmiulus) lejeunei n. sp.
Loc. tip. : Zaïre. N. Kivu, réserve du Kasongwere (près Ishango), ait. 2600 m, 6.4.1970, coll.
R. P. M. Lejeune, 3 holotype (n° 13187), 7 ^ 23 5 34 j. paratypes (MRAC Tervuren), 2 J 3 2 4 j.
paratypes (MNHN Paris, coll. Myriapodes DC 035).
Caractères morphologiques externes
Coloration du type 2 : moitié dorsale brun foncé, moitié ventrale brun clair; ces deux
moitiés sont séparées, de chaque côté, au milieu des flancs, par une ligne blanc jaunâtre
moniliforme ; dorsalement, on observe une assez large ligne médio-dorsale blanc jaunâtre à
bords presque droits et, sur chaque anneau, entre cette médio-dorsale et la latérale, une petite
tache ronde de même teinte.
Mensurations : <$ holotype : 38 anneaux, 66 paires de pattes (35.1.1.T); longueur 10,5 mm; diamètre
vertical 0,9 mm. Il est difficile d’avoir des chiffres moyens, beaucoup d’échantillons étant fragmentés. Les
femelles paraissent un peu plus grandes que les mâles ; la plus grande possède 39 anneaux (36.1.1.T) et
mesure 12mm de long pour 1,1mm de diamètre vertical; une femelle (fragment) atteint 1,2mm de
diamètre vertical.
Capsule céphalique à pilosité assez faible (voir chaetotaxie fig. 33). Antennes plutôt
courtes (1,2 mm chez le mâle holotype, soit 1,3 fois le diamètre vertical). Yeux biocellés;
l’antérieur est séparé du postérieur par une distance égale à son propre diamètre, qui est lui-
même égal à seulement la moitié de celui du postérieur.
Anneaux moyens à striation oblique ne touchant le sillon dorso-médian que par une strie
sur les anneaux de la région moyenne du corps; striation longitudinale fine et dense.
Pygidium à 3 + 3 bâtonnets sétigères ; 4 + 4 soies telsoniennes : seule la plus interne est
plus forte que les autres.
Caractères sexuels du mâle
Gnathochilarium sans modification, les lames linguales en rectangles presque parfaits (du
fait que le bord distal du mentum est en angle plat), 2,5 fois plus longs que larges.
P.2 (fig. 37) quasiment identiques à ceux de jocquei , avec le petit mamelon coxal et la
pointe basale de l’article proximal du télopodite, mais sans le ressaut de la base du processus
coxal interne; à signaler l’existence, face orale de l’article basal du télopodite, d’un petit lobe
arrondi garni de 4-6 longues soies.
P.3 très faiblement modifiés : coxite et articles du télopodite un peu épaissis; lobe sternal
médian arrondi ne parvenant pas à mi-longueur du coxite.
P.8 (gonopodes, fig. 34-35) caractérisés par la présence d'un appendice latéral
triangulaire (b) de la moitié distale externe de l’angiocoxite, comme jocquei et lacustris ; mais la
partie apicale (a) de ce dernier a un contour nettement plus large et arrondi. Quant aux
colpocoxites (c), on y observe le même ressaut médial, et ils apparaissent comme plus simples
que chez les deux espèces citées : leur partie distale n’est pas divisée en lobes.
P.9 (paragonopodes, fig. 36) à membres présentant les traces de 3 (ou 4?) articles.
Caractères sexuels de la femelle
Face postérieure des vulves (v) touchant les P.3, aplaties de part et d'autre d'un plan de
symétrie oblique par rapport au plan sagittal ; sur les figures 38 et 39, la vulve droite est
couchée par le poids de la lamelle et présente sa valve interne (vi), qui porte quelques soies
dans son angle antéro-distal ; à travers celle-ci on aperçoit, par transparence, le réceptacle
séminal (r), en ampoule sphérique débouchant dans le cimier (c) grâce à un très long et fin
canal ; on ne voit que la partie distale de la valve externe, symétrique de l’interne et qui porte
aussi quelques soies.
Stemmiulus (Stemmiulus) kivuensis n. sp.
Loc. tip. : Zaïre. Kivu, Kambaila, ait. 1700m, juin 1973, coll. R. P. M. Lejeune (n° 13849), 1 J 1
holotype, 1 ^10 2 3 j. paratypes (MRAC Tervuren). — Ibid. (n° 13850), 5 ^ 15 2 3 j. (MRAC Tervuren),
2 S 4 2 1 j. (MNHN Paris, coll. Myriapodes DC 036). — Zaïre, Kivu, Kambaila. vallée de la Vukaïko,
juin 1973, même coll. (n° 13995), 5 S 5 2 8 j. (MRAC, Tervuren), 1 J 1 2 2j. (MNHN Paris, coll.
Myriapodes DC 036). Zaïre, Kivu, Kambaila, Sindani, ait. 1800m, juin 1973, même coll. (n° 13855),
3 J j. 13 c? 20 $ 63 j. (MRAC Tervuren), 1 c? j. 3 d 1 5 2 10 j. (MNHN Paris, coll. Myriapodes DC 036).
Zaïre, Kivu, Kambaila, vallée de Tantaliritanda, terreau, juin 1973, même coll. (n° 13996), 2 T 9 2 23 j.
(MRAC Tervuren). Zaïre, Kivu, réserve forestière de la Biena, 7.4.1969, même coll. (n° 12988), 2 ^62
10 j. (MRAC Tervuren). — Ibid. : dans l'humus (n° 12993). 1 T j- 10 S 15 2 40 j. (MRAC Tervuren);
dans l'humus (n° 12996), 1 $ 14 2 1 1 j. (MRAC Tervuren); dans l’humus (n° 13000). 1 <3 j. 4 3 23 2 49 j.
(MRAC Tervuren) ; dans le bois mort (n° 12999), 3 J j. 10 J 7 2 13 j. (MRAC Tervuren), 1 j. 2 3 2 2
3 j. (MNHN Paris, coll. Myriapodes DC 036); dans l'humus, 10.4.1969, même coll. (n° 13003), 2 <J j- 8 3
12 2 16 j. (MRAC Tervuren).
— 621 —
Caractères morphologiques externes
Coloration du type 2 : moitié dorsale brun foncé, moitié ventrale brun clair; ces deux
moitiés sont séparées, de chaque côté, au milieu des flancs, par une ligne blanc jaunâtre
moniliforme; dorsalement, on observe une assez large ligne médio-dorsale blanc jaunâtre
également moniliforme et, de part et d’autre, sur chaque anneau, une petite tache réniforme
(ou deux petites) de même teinte; très ventralement, une tache ronde blanchâtre occupe
souvent la longueur de chaque métazonite.
Mensurations : $ holotype : 39 anneaux, 68 paires de pattes (36.1.1.T); longueur 10mm; diamètre
vertical 0.9mm. Les femelles sont à peine plus grandes que les mâles; elles ont rarement plus de 11 mm de
long et plus de 1,1 mm de diamètre vertical. Le nombre d'anneaux est généralement égal à 39 chez les
adultes; nous n'avons vu qu’une femelle, d'une taille d’ailleurs exceptionnelle (12,5mm de long pour 1,2
de diamètre vertical), atteindre 43 anneaux (40.1.1.T).
Capsule céphalique à pilosité faible (voir chaetotaxie faciale fig. 40) ; antennes de longueur
médiocre (1,35 mm chez le mâle holotype, soit 1,35 fois le diamètre vertical). Yeux biocellés;
l'ocelle postérieur est à peine plus grand que l'antérieur (dans le rapport 1,2/1).
Anneaux moyens comme dans l’espèce précédente.
Pygidium à 3 + 3 bâtonnets sétigères. Soies telsoniennes normales.
Caractères sexuels du mâle
Gnathochilarium comme précédemment.
P.2 (fig. 44) proches de ceux de jocquei, avec la pointe basale de l’article proximal du
télopodite et le lobe oral (ici en bâtonnet portant 3-4 soies) de l’article basal du télopodite,
mais sans le petit ressaut de la base du processus coxal interne ni le petit mamelon coxal.
P.3 comme chez l’espèce précédente.
P.8 (gonopodes, fig. 42 et 43) très semblables à ceux de jocquei, dont ils ne se distinguent
que par la partie distale du colpocoxite (c), qui est ici non divisée, mais s’évase en deux lobes ;
un interne (m) et un externe (e).
P.9 (paragonopodes, fig. 45) à membres en moignons vaguement biarticulés.
Caractères sexuels de la femelle
Assez différents (fig. 41) de ceux de l'espèce précédente, notamment par l’aspect général de
la vulve (v), qui est beaucoup moins aplatie, mais surtout par la présence d’une très grande
ampoule réceptaculaire (r) et par l’absence apparente de canal. Il est à noter que, sur deux
femelles disséquées, nous avons observé la présence d’un « spermatophore » (sp), en fait
agglomérat probable de sperme enrobé par un coagulât de teinte ambrée, formant deux masses
oblongues réunies par un pont de sécrétion. Les deux extrémités de ce « spermatophore »,
dont la forme générale semble être déterminée par son encastrement entre les vulves et la base
sternale des P.3, sont engagées dans l’espace ménagé postérieurement, sur chaque vulve, par
l’écartement des deux valves.
Fig. 40-45. — Stemmiulus (S.) kivuensis n. sp. £ holotype, $ paratypes : 40, chaetotaxie faciale du mâle holotype; 41,
base des P.3 d’une femelle paratype, avec « spermatophore » dont un côté est encore fixé sur la vulve droite: 42,
P.8 (gonopodes) du mâle holotype, face orale; 43, les mêmes, face caudale; 44, P.2 du même, face caudale; 45, P.9
(paragonopodes) du même.
— 623 —
Stemmiulus (Nethoiulus) howelli n. sp.
Loc. tip. : Tanzanie, Lushoto district, Monts Usambara, Baga II Forest Reserve, 8.6.1980, coll.
K. M. Howell, 1 holotype, 1 paratype (MRAC Tervuren, envoi RLH).
Caractères morphologiques externes
Coloration du type 1 (défini par Demange et Mauriès, 1975), brun chocolat, à peine plus
clair très ventralement, sans ligne médio-dorsale claire, avec sur chaque anneau, latéro-
dorsalement, une petite tache marbrée allongée oblique et, surtout, latéralement, à mi-hauteur
des flancs, une tache claire ronde, nette, d’un diamètre égal à la moitié de la longueur du
métazonite.
Mensurations : J holotype : 41 anneaux 2 apodes (38.1.1.T); longueur 12mm; diamètre vertical
1mm. — cJ paratype: 45 anneaux 2 apodes (42.1.1.T)) longueur 10mm; diamètre vertical 0,9mm.
Capsule céphalique normale, à pilosité éparse mais poils assez longs (voir chaetotaxie
faciale fig. 46). Antennes d’une longueur de 1,8 mm (soit 1,8 fois plus longues que le diamètre
vertical du corps). Yeux biocellés; diamètre de l’ocelle postérieur 1,2 fois plus grand que celui
de l’antérieur.
Anneaux moyens à striation oblique effacée dorsalement sur tous les anneaux ; à noter la
présence d’une très fine, labile, dense striation longitudinale sur tout le métazonite; sillon
zonital effacé; ozopores très petits et très dorsaux.
Pygidium à 3 + 3 bâtonnets sétigères ; partie postdorsale du tergite pygidial bordée par
4+4 soies très épaisses (leur base est 6 fois celle d’une soie normale).
Caractères sexuels du mâle
Gnathochilarium à lames linguales subtrapézoïdales (3 fois plus longues que larges à la
base), et striées transversalement.
P.2 (fig. 50) comme chez D. (N.) sjoedtedti, avec un court processus poilu sur la face orale
de l’article basal du télopodite; mais le coxite n’a aucune trace de division transverse et le
télopodite est plus grêle. P.3 sans particularité.
P.8 (gonopodes, fig. 47 et 48) du type D (voir Démangé et Mauriès, 1975), caractérisés
par la présence d'un syncolpocoxite dont la partie basale (k), impaire et orale, est
volumineuse; ses parties libres (c), membraneuses et d’une morphologie malléable, ne
présentent aucune structure caractéristique, sinon qu’elles recèlent en leur sein l’habituelle
gaine chitinisée dans laquelle se meut un très long flagelle. Les angiocoxites présentent une
partie distale divisée en trois feuillets (a 1 , a 2 , a 3 ) par deux échancrures assez profondes.
P.9 (fig. 49) en moignons vaguement triarticulés.
Femelle inconnue.
Stemmiulus (Nethoiulus) spinogonus n. sp.
Loc. tip. : Tanzanie, Coast region, Kisarawe district, Pugu Forest Reserve, ! 1.11.1979, in leaf litter,
forest floor, coll. K. M. Howell, 1 <$ holotype (Tervuren).
Caractères morphologiques externes
Même coloration que le précédent, mais les taches blanches latérales forment une ligne
moniliforme.
Mensurations : holotype : 42 anneaux (39.1.1.T); longueur 11mm; diamètre vertical 1mm.
Capsule céphalique (sauf la chaetotaxie faciale, fig. 51) et yeux comme chez l'espèce
précédente.
Anneaux moyens comme chez l’espèce précédente, mais les stries obliques ne sont effacées
dorsalement que sur les douze premiers anneaux; sur les anneaux suivants, une seule strie
oblique touche le sillon dorso-médian dans la partie la plus antérieure du métazonite.
Pygidium comme chez l'espèce précédente.
Caractères sexuels du mâle
Gnathochilarium comme chez l’espèce précédente.
P.2 (fig. 52) très semblable à ceux de sjoestedti, mais à angle externe du coxite nettement
plus saillant et aigu.
P.3 comme précédemment, sans particularité.
P.8 (gonopodes, fig. 53 et 54) à colpocoxites formant caudalement un syncolpocoxite
impair (k) comme chez l’espèce précédente et chez sjoestedti, mais dont les parties libres (c),
membraneuses, sont couvertes de spinulations qui deviennent, disto-latéralement des dents (d).
Les angiocoxites sont beaucoup moins développés que les parties libres du colpocoxite et que
chez les deux espèces citées ci-dessus ; de structure très simple, ils sont divisés en deux branches
inégales : une externe (a) courte et érigée, et une interne (b), grêle, qui enserre médialement le
colpocoxite.
P.9 (fig. 55) en moignons vaguement triarticulés.
Femelle inconnue.
Stemmiulus (Nethoiulus) usambaranus n. sp.
Loc. tip. : Tanzanie, West Usambara Mts, Mazumbai, ait. 1900m, 1.8.1980, coll. M. Stoltze &
N. Scharff, 1 d holotype (Zool. Mus. Copenhagen). Ibid. : ait. 1400 m, même date, même coll., 1 9, 3 j.
paratypes (ZMC); ait. 1600m, même date, même coll., 1 9 j- paratype (ZMC); ait. 1900m, même date,
même coll., 1 j paratype (ZMC).
— 626 —
Fig. 5 1 -55. — Slemmiutus ( Nelhoiulus ) spinogonus n. sp. J holotype : 51, chaetotaxie faciale du mâle holotype ; 52. P.2
du même, face orale; 53. P.8 (gonopodes) du même, face orale; 54, les mêmes, face caudale; 55. P.9
(paragonopodes) du même.
Caractères morphologiques externes
Coloration brune (plus ou moins foncée, avec quelques marbrures), médio-dorsale fine,
blanche à rougeâtre avec élargissements prozonitaux en larges triangles courts; deux rangs de
taches claires, l’un à mi-hauteur (taches de taille variable, mais rondes et de coloration blanche
à blanchâtre), l’autre très ventral (formant bande blanchâtre continue).
Capsule céphalique à pilosité éparse (voir chaetotaxie faciale fig. 56); antennes assez
longues (1,8 mm chez le mâle holotype, soit 1,6 fois le diamètre vertical du corps). Œil biocellé.
Anneaux moyen à striation oblique effacée dorsalement sur la moitié antérieure du corps ;
sur la deuxième moitié, seules une ou deux stries touchent la suture médio-dorsale.
Pygidium : 3 + 3 sétigères.
— 627
Caractères sexuels du mâle
Gnathochilarium à lames linguales sans déformation importante.
P.2 (fig. 57) très semblables à ceux de sjoestedti\ angle externe du coxite un peu plus
saillant. P.3 sans particularité notable.
Fig. 56-60. — Slemmiulux (Nethoiutus) usambaranus n. sp. j holotype : 56. chaetotaxie faciale du mâle: 57. P.2 du
même, face orale; 58, P.8 (gonopodes) du même, face orale; 59. les mêmes, face caudale; 60. P.9 (paragonopodes)
du même.
— 628
Gonopodes (fig. 58 et 59) du type D, ressemblant beaucoup à ceux de sjoesteclti tant par la
forme des colpocoxites (c) que par celle des angiocoxites (a). Mais la masse syncolpocoxale (k)
basale impaire caudale est ici échancrée distalement, tandis que le processus interne angiocoxal
est réduit à un simple épaississement interne qui se différencie apicalement et oralement en une
courte dent (d).
Paragonopodes (fig. 60) en moignons triarticulés implantés sur un sternite largement
rebordé basalement et latéralement et sur lequel on voit des traces de stigmates et des courtes
poches trachéennes.
Les quelques femelles récoltées sont immatures.
Stemmiulus (Nethoiulus) sp.
Loc. : Tanzanie, East Usambara Mts, Amani, 1000m, sieved from litter & humus, 1.2.1977, coll.
H. Enghoff, O. Homboldt, O. Martin, 1 2 j. (Zool. Mus. Copenhagen). Ibid. : 2.2.1977, même coll.,
1 2 j- (ZMC); 4.2.1977, même coll., 2 2 (ZMC); 8.2.1977, même coll., 1 2j. (ZMC).
Les caractères externes (coloration, striation, etc.) sont sensiblement les mêmes que chez
l’espèce de la partie occidentale des monts Usumbara, décrite ci-dessus. Les variations du
nombre d’ocelles et de sétigères pygidiaux ont de fortes chances d’être en relation avec l'âge
des individus.
Mensurations
Nb. Ocelles
N/a
Longueur
(mm)
0 vertical
(mm)
Nb. Sétigères
? j. (1-2.77)
1 + 1
37/3
8
0,7
2 + 2
2 j. (2.2.77)
2 + 2
41/3
11
1,2
3 + 3
2 (4.2.77)
2 + 2
46/2
18
1,8
3 + 3
2 (4.2.77)
2 + 2
40/3
13
1,2
3 + 3
2 j. (8.2.77)
2 + 2
40/3
9
0,8
2 + 2
N = nombre d'anneaux; a = apode.
Il n’y a malheureusement aucun mâle adulte dans le matériel récolté dans la partie
orientale des monts Usambara; il pourrait bien représenter une forme inédite proche de
usumbaranus.
Comme la femelle est inconnue chez cette dernière espèce, nous décrivons brièvement et
figurons (fig. 61 et 62) les structures de la seule femelle adulte capturée pour l’ensemble du
massif. On remarquera que ces structures diffèrent, notamment au niveau des vulves, de celles
observées chez sjoesteclti. La vulve elle-même est plus volumineuse et, de plus, présente une
formation infravulvaire (iv) probablement réceptaculaire, visible grâce à la présence de
sécrétion coagulée, de coloration ambrée, qui n'a pas été observée chez l’espèce du
Kilimandjaro. Une telle structure, bien qu'originale, semble plutôt devoir être rapprochée du
type « intravulvaire » (la plus répandue chez les Stemmiulides africains) que du type
postvulvaire (plus fréquent en Amérique et en Asie tropicales, et apparaissent nettement
comme annexes des P.3). Mais la présence de cette structure aurait besoin d'être observée sur
d'autres espèces de Nethoiulus pour pouvoir être prise en compte comme caractère de niveau
générique.
— 629
Fig. 61-62. — Stemmiulus (Nethoiulus) sp. * : 61, P.2 vue orale; 62, P.3 et vulve droite, vue orale.
Stemmiulus (Diopsiulus) saloumensis n. sp.
Loc. : Sénégal, Sine-Saloum, Keur Saloum (« Les Palétuviers »), près Tambacounda, sous débris
végétaux à 200 m du bord de mer, 20.7.1987, coll. J. P. Mauriès & L. Meunier, 1 $ holotype, 1 $
paratype (MNHN de Paris, coll. Myriapodes DC 032).
Caractères morphologiques externes
Coloration du type 1 (défini par Démangé et Mauriès, 1975), beige grisâtre (aux
prozonites et aux bords postérieurs des métazonites) et brunâtre (aux moitiés antérieures des
métazonites) ; pas de ligne claire dorsale nette ; tête et antennes brunes un peu plus foncées que
les métazonites; pattes et ventre clairs.
Mensurations : & holotype : 49 anneaux 2 apodes; longueur 28mm; diamètre vertical 2,1 mm. — $
paratype: 53 anneaux 2 apodes; longueur 32 mm; diamètre vertical 2,5 mm.
Capsule céphalique normale, à pilosité modérée (voir chaetotaxie faciale fig. 63).
Antennes de longueur médiocre (3 mm chez le mâle, soit 1,5 fois plus longues que le diamètre
vertical du corps). Yeux biocellés; diamètre de l’ocelle postérieur 1,4 fois plus grand que celui
de l’antérieur.
Anneaux moyens ; stries métatergales obliques touchant le fin sillon dorso-médian à partir
Fig. 63-69. — Stemmiulus ( Diopsiulus ) sabumensis n. sp. _j holotype, %. paratype : 63, chaetotaxie faciale du mâle
holotype; 64, P.8 (gonopodes) du même, face orale; 65, les mêmes, face caudale; 66, P.2 et pénis du même; 67, P.9
(paragonopodes) du même; 68, P.3 du même, face orale; 69, P.2 et vulve gauche d'une femelle paratvpe, vue
caudale.
— 631
du 9 e anneau ; sillon zonjtal très labile ;-ozopores très petits ; échancrures du bord.antérieur des
premiers anneaux normales, c’est-à-dire beaucoup moins profondes que chez gilloni.
Pygidium à 2 + 2 bâtonnets (cônes courts et larges à la base) sétigères.
Caractères sexuels du mâle
Gnathochilarium à lames linguales modifiées en forme de semelle, striées transversalement
comme chez calvus et bellus.
P.2 (fig. 66) sans particularité, comme chez gilloni.
P.3 (fig. 68) remarquable par l’allongement du lobe sternal médian et des coxites, et par la
robustesse du préfémur.
P.8 (gonopodes, fig. 64 et 65) du type B (voir Démangé & Mauriès, 1975), c’est-à-dire que
chaque angiocoxite est profondément divisé en deux branches. Ces deux branches, dont l’une
(a) est antéro-interne tandis que l’autre (b) est postéro-externe, encadrent et dépassent en
hauteur le colpocoxite (c) ; ce dernier, dont la partie basale est, comme d’habitude, réceptacle
du flagelle, présente ici une partie distale en lame à contour arrondi.
P.9 (fig. 67) en moignons vaguement triarticulés.
Caractères sexuels de la femelle
La figure 69 montre la situation de la vulve en arrière des P.2 et par rapport au coxoïde, et
la poche trachéenne correspondante. Le réceptacle séminal (r), intravulvaire, est comparable
par son aspect à celui de gilloni.
Stemmiulus (Diopsiulus) lavellei n. sp.
Loc. : Côte d’ivoire, Lamto, forêt-galerie : (L.2 124 1), 11.6.1969, 1 $ holotype, 1 2 1 j. paratypes;
(H.l 54 1, parcelle humide), 1.2.1969, 4 2 paratypes; (F.2 076 1), 13.3.1969, 6 J 3 2 paratypes; (F.l 80 1).
20.3.1969, 1 2 paratype; (L.2 84 1), 28.3.1969, 12 12 (disséquée) paratypes; (F.l 101 1). 15.5.1969, 1 2
paratype; (F. 1 102 1), 5.1969, 1 2 paratype; (F.l 102 3), 5.1969, 1 2 paratype; C.l 121 1 SNB). 7.6.1969,
1 2 paratype; (F.l 132 1), 20.6.1969, 1 2 paratype; (L.l 133 2), 21.6.1969, 1 2 paratype; (F.l 132 2),
20.6.1969, 1^12 (disséquée) paratypes; (L.l 188 1), 23.9.1969, 1 2 paratype; (F.l 143 1). 9.7.1969, 2 2
paratypes; (T.14 182 2), 9.1969, 1 2 paratype; (F.l 200 1), 8.10.1969, 1 2 1 j. paratypes; (F.l 235 1),
28.11.1969, 5 2 paratypes.
Ce matériel, qui est déposé au MNHN Paris (coll. Myriapodes DC 033), a été récolté dans le cadre
d’une étude écologique d'une forêt-galerie située à Lamto, sous la direction de P. Lavelle, à qui est
dédiée cette espèce. Les numéros cités ci-dessus entre parenthèses sont ceux qui ont été donnés par le
collecteur.
Caractères morphologiques externes
Coloration du type 2 (défini par Démangé et Mauriès, 1975), brune sur la moitié dorsale
du corps (avec deux ou trois minuscules taches claires latéro-dorsales), les antennes, la tête, les
- 632
deux premiers anneaux, le pygidium, et beige pâle sur la moitié ventrale (et les pattes);
dorsalement, une ligne claire dorsale à bords nets (rarement moniliforme), de couleur jaunâtre,
à partir du 3 e anneau ; tête, antennes et deux premiers anneaux quelquefois d’un brun un peu
plus soutenu que sur le dos des anneaux moyens ; plus rarement encore, 2 e et 3 e anneaux aussi
pâles que le ventre.
Mensurations : S holotype : 43 anneaux 2 apodes (40.1.1.T); longueur 16mm; diamètre vertical
1,5mm. — c? adultes : 42 à 44 anneaux; longueur 14,5 à 17mm; diamètre vertical 1,3 à 1,5mm. Les
plus grandes femelles: 46 anneaux; longueur 18mm; diamètre vertical 1,8mm.
Capsule céphalique normale, à pilosité très faible (voir chaetotaxie faciale fig. 70).
Antennes de longueur médiocre (1,9 mm chez le mâle holotype, soit 1,25 fois plus longues que
le diamètre vertical du corps). Yeux biocellés; diamètre de l’ocelle postérieur 1,3 fois plus
grand que celui de l'antérieur.
Anneaux moyens : stries métatergales obliques touchant le fin sillon dorso-médian à partir
du 10 e anneau; sillon zonital très labile; sillon médio-dorsal bien marqué; ozopores très
petits; échancrures du bord antérieur des premiers anneaux normales, c’est-à-dire beaucoup
moins profondes que chez gilloni.
Pygidium à 2 + 2 cônes courts sétigères.
Pattes ambulatoires : à noter sur les tibias des dernières paires, la présence d’un poil
dorso-distal très long.
Caractères sexuels du mâle
Gnathochilarium à lames linguales en « forme de trapèze » dont le côté médial est plus de
3 fois plus long que le basal, ce dernier étant un peu plus long que le côté distal.
P.2 (fig. 74) à coxites sans aucun prolongement (comme chez gilloni) et article basal du
télopodite muni, sur sa face orale, d’un faisceau de très longs poils.
P.3 (fig. 75) à coxites allongés mais sans prolongement distal; préfémurs renflés seulement
sur leur profil disto-externe.
P.8 (gonopodes, fig. 71 et 72) du type C, le plus courant (voir Démangé et Mauriès,
1975) : l’angiocoxite (a) n’est pas divisé et ne porte aucun processus accessoire. A signaler que
le quart distal s’élargit latéralement en une feuille à contour arrondi tandis que la partie disto-
orale (b), granuleuse, masque oralement la partie distale du colpocoxite (c) ; ce dernier, dont la
partie basale forme un bourrelet au niveau de l’entrée du flagelle dans la gorge colpocoxale,
présente ici une partie distale très simple tronquée à l’extrémité.
P.9 (fig. 73) en moignons vaguement triarticulés.
Caractères sexuels de la femelle
La figure 76 montre la situation de la vulve, en arrière des P.2 et par rapport au coxoïde,
et la poche trachéenne correspondante, sans structures paravulvaires. Cette vulve (v) est d’une
constitution très simple, en mamelon chiffonné, avec un réceptacle séminal à vésicule petite et
canal long.
7r 0 n 6 o 7 ~ Slemmiulus (Diopsiulus) lavellei n. sp. holotype, $ paratype : 70, chaetotaxie faciale du mâle holotype ;
71, P.8 (gonopodes) du même, face orale; 72, les mêmes, face caudale; 73, P.9 (paragonopodes) des mêmes; 74, P.2
du meme, face orale; 75, base des P.3 du même, face orale; 76, base des P.2 et vulve gauche d'une femelle pàratype"
vue caudale.
Stemm iulus (Diopsiulus) beroni n. sp.
Loc. : Nigeria, Plateau state, Jos, 18.6.1977, coll. P. Beron, leg. R. L. Hoffman, 1 $ holotype
(MNHN Paris, coll. Myriapodes DC 034).
Caractères morphologiques externes
Coloration du type 2 (défini par Demange er Mauriès, 1975), d'un brun clair uniforme
(sauf 2-3 marbrures plus claires de chaque côté), légèrement plus foncé dorsalement, avec une
ligne claire dorsale nette; tête et antennes un peu plus foncées que les métazonites; pattes et
ventre clairs.
Mensurations : $ holotype : 38 anneaux 2 apodes (35.1.1.T); longueur 7,5mm; diamètre vertical
0,75 mm.
Capsule céphalique normale, à pilosité faible (voir chaetotaxie faciale fig. 77). Antennes
relativement longues ; 1,2 mm (soit 1,6 plus longues que le diamètre vertical du corps). Yeux
biocellés; diamètre de l'ocelle postérieur 1,6 fois plus grand que celui de l'antérieur.
Anneaux moyens : stries métatergales obliques ne touchant le sillon zonital qu'à partir du
15 e anneau; sillon zonital très labile; ozopores très petits; échancrures (insertions musculaires)
du bord antérieur des prozonites très peu marquées.
Pygidium à 2 + 2 bâtonnets sétigères.
Caractères sexuels du mâle
Gnathochilarium à lames linguales peu modifiées, subtrapézoïdales (2 fois plus longues
que larges à la base), et striées transversalement.
P.2 (fig. 81) très comparables, par leur simplicité, à ceux de pullulus Démangé & Mauriès,
1975, du Mont Nimba, mais télopodite moins élancé. P.3 (fig. 82) non déformés.
P.8 (gonopodes, fig. 78 et 79) du type C (voir Démangé et Mauriès, 1975), c’est-à-dire à
angiocoxite (a) simple : la forme de ce dernier, qui donne son aspect général au gonopode,
rappelle aussi beaucoup pullulus. Ici cependant il dépasse en longueur le colpocoxite (c) et ce
dernier, bien qu’ayant la même structure fondamentale (en feuillet plié enserrant l’extrémité du
flagelle), s’orne d’une pointe apicale au lieu d’avoir un contour distal arrondi.
P.9 (fig. 80) en moignons vaguement triarticulés.
Femelle inconnue.
Stemmiulus (? Diopsiulus) sp. n° 1
Loc. : Cameroun, à 250 km au nord de Yaoundé, 3.3.1979, coll. Lief Nielsen, 1 2 (Zool. Mus.
Copenhague).
Cette femelle, amputée de ses derniers anneaux, appartient probablement à une espèce
inédite. Elle figure ici parce qu’elle se singularise, par rapport à toutes les autres espèces du
— 636 —
genre rencontrées jusqu’à ce jour en Afrique occidentale, par l'existence de formations
extra vulvaires (ev) sur les P. 3 (fig. 83). Cet échantillon incomplet mesure 18 mm de long sur
1,6 mm de diamètre vertical. Les yeux sont biocellés; le diamètre de l’ocelle postérieur est 1,5
fois plus grand que celui de l’antérieur. La coloration (du type 5) est brune, foncée sur le dos
(qui est marqué d’une ligne médio-dorsale jaune), claire sur le ventre ; le collum est blanc.
Stemmiulus (? Diopsiulus) sp. n° 2
Loc. : Cameroun, Kribi, « slope at the sea, under leaves », 13-15.3.1979, coll. Lief Nielsen, 1 ?
(Zool. Mus. Copenhague).
Également représenté par une seule femelle, ce Stemmiulide appartient probablement à
une espèce inédite, distincte de la précédente. Il se distingue de tous les autres Stemmiulides
dont la femelle est connue par la présence, en arrière de chaque vulve, d’un processus érigé (p)
(fig. 84). Cette femelle possède 48 anneaux, mesure 27 mm de long et 2,2 mm de diamètre
vertical. Les yeux sont biocellés; le diamètre de l’ocelle postérieur est 1,3 fois plus grand que
celui de l’antérieur. La coloration est du type 2 : moitié dorsale du corps, tête et antennes
bruns (avec de chaque côté une tache claire métazonitale sur chaque anneau) ; moitié ventrale,
pattes et gnathochilarium beiges. 2+2 bâtonnets sétigères telsoniens.
Fig. 83-84. — Stemmiulus (? Diopsiulus) sp., $ : 83, Stemmiulus (? Diopsiulus) sp. n° 1 : P.2, vulves, P.3 et formations
extravulvaires postérieures ; 84, Stemmiulus (? Diopsiulus) sp. n° 2 : P.2 et vulves avec processus postvulvaire érigé.
— 637 —
Conclusion
Si la non-commodité, chez les Stemmiulides, des caractères systématiques, en mosaïque,
ne paraît pas ouvrir, dans le cadre de la systématique phénétique traditionnelle, des
perspectives en vue du classement des espèces dans des taxons de rang générique ou leurs
affinités, elle devrait en revanche se prêter à une analyse cladistique de l’ensemble des espèces
du groupe. Une telle analyse, déjà en préparation et qui sera précédée d’au moins une ou deux
prochaines notes de caractère descriptif concernant d’autres Stemmiules d’Amérique et
d’Indonésie, sera seule à même de nous fournir les bases d’une classification correcte reflétant
les rapports phylétiques, et donc exploitables au moins pour le biogéographe.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Bull. Mus. nain. Hist. nul.. Paris, 4 e sér., 11, 1989,
section A, n” 3 : 639-647.
Le cycle biologique de Chamaesoma brolemanni
Ribaut & Verhoeff, 1913
(Diplopoda, Craspedosomatida)
en forêt d’Orléans (France)
par Jean-François David
Résumé. Un échantillonnage dans la litière et Je sol d’une station forestière a permis de récolter
les huit stades du développement postembryonnaire de C. brolemanni. Les variations de la structure de la
population au cours de l'année ont conduit à préciser la durée du cycle biologique, qui est annuel en forêt
d'Orléans. Une discussion porte sur les variations de la durée du cycle chez les Craspedosomatida.
Abstract. A sampling in litter and soil of a forest site has made it possible to collect the eight
postembryonic stadia of C. brolemanni. Changes in the population structure throughout the year have led
to precise its life-cycle, which is annual in the forest of Orleans. Discussion deals with life-cycle variations
in Craspedosomatida.
J.-F David, UA 689 CNRS, Laboratoire d' Ecologie générale. Muséum national d'Histoire naturelle. 4. avenue du
Petit-Chateau, 91800 Brunoy.
Introduction
Le développement postembryonnaire des Craspedosomatida a surtout été étudié sous sa
forme la plus courante, c’est-à-dire chez des espèces dont les adultes sont de stade IX et ont
pour formule segmentaire 27/2 *. Après la première caractérisation des stades par Verhoeff
(1928), précisée par Blower (1978), les auteurs se sont surtout attachés à connaître le rythme
des mues et la durée de l’ensemble du cycle biologique (Verhoeff, 1929; Richter, 1967;
Pedroli-Christen, 1978; Geoffroy, 1979; Meyer, 1979; Dunger & Steinmetzger, 1981;
David, 1984; Blower, 1985; Karamaouna, 1987).
En ce qui concerne les autres formes de développement postembryonnaire chez les
Craspedosomatida, Tabacaru (1965) a étudié le cas de Haasea ( = Orobainosoma) hungaricum
et Blower (1979. 1985) celui de Melogona (= Microchordeuma) scutellare , dont les adultes
sont de stade VIII et ont pour formule segmentaire 25/2; Geoffroy (1984) a élucidé les étapes
de la croissance chez Opisthocheiron canayerertsis , dont les adultes sont également de
stade VIII mais ont pour formule segmentaire 23/2.
1. Dans la formule segmentaire x/y, x est le nombre d’anneaux pédifères, collum compris, et y le nombre d'anneaux
apodes, telson non compris. Au total, le corps de l’animal se compose donc de la tête, de x + y anneaux, et du telson.
640
I a découverte d'une population assez abondante d’une autre espèce à 23/2 anneaux chez
l’adulte, Chamaesoma brolemanni , a permis d’en récolter tous les stades de développement,
lesquels sont décrits dans le présent article. De plus, les variations de la structure de la
population dans une série d’échantillons ont permis de déterminer sans ambiguïté la durée du
cycle biologique en conditions naturelles, depuis les premiers stades d’une cohorte jusqu’aux
femelles reproductrices et aux premiers stades de la cohorte suivante.
Le site et les méthodes
La population étudiée vit sur la parcelle n° 875 du massif d’Ingrannes, en forêt d’Orléans.
Il s’agit d’une station feuillue peu ouverte, où les apports de litière sont essentiellement
constitués par le Chêne ( Quercus petraea et Q. robur) et le Charme ( Carpinus betulus) qui
représentent respectivement « 90% et « 10% de la masse de feuilles mortes. Les strates
herbacée et muscinale ont un très faible recouvrement.
L’humus est de type dysmoder avec un horizon Al très acide (pH = 3,6) et une litière
(AO) très épaisse : l’épaisseur des couches L, F et H est respectivement de 1 à 1,5cm, 1 à 2cm
et 3 à 4,5 cm.
Le sol superficiel, très argileux, est gorgé d’eau pendant l’hiver et reste généralement frais
et humide pendant l’été. Mais, en 1985, les précipitations ayant été très faibles au mois de
septembre (11 mm) et d’octobre (5 mm), le sol forestier a subi un déficit hydrique sévère à la fin
de l’été et au début de l’automne (David, 1988a).
Une description plus complète de la station est donnée par David (19886).
Six échantillons, chacun de dix unités d’échantillonnage (UE), sont prélevés entre avril
1988 et avril 1989. Chaque UE comprend les horizons AO et Al sur une surface de l/16m 2 ,
ainsi que les bois morts de diamètre supérieur ou égal à 1,5cm sur une surface de 1 m 2 . Ce
matériel est placé séparément dans des extracteurs de type Tullgren, de 25 cm de diamètre, où
l’extraction dure environ deux semaines.
Quelques UE prélevées antérieurement selon le même protocole et traitées selon la même
technique sont regroupées en trois échantillons distincts : celui du printemps 1985 (4 avril au
15 mai) (8 UE); celui de l’automne 1985 (11 octobre au 12 décembre) (6 UE); et celui du
printemps 1986 (18 avril au 13 juin) (6 UE).
Résultats
1. Abondance et répartition de la population
La densité de la population dans chaque échantillon est indiquée tableau I. Tous stades
confondus, elle varie entre 210 Ind./m 2 (printemps 1985 et 29 juin 1988) et 11 Ind./m 2
(automne 1985 après la sécheresse). Dans ce dernier échantillon, exceptionnellement, les
récoltes sont plus importantes dans le sol superficiel (Al) que dans la litière (AO), mais, à
toutes les autres occasions d’échantillonnage, C. brolemanni apparaît clairement comme une
espèce vivant surtout dans les couches holorganiques. La densité dans les bois morts est faible
et ne dépasse pas 3 % de la population.
— 641 —
Tableau I. — Densité de la population de C. brolemanni dans les différents échantillons (Ind./m 2 ).
Densité
Date
Nb (UE)
en A0
en Al
dans le
bois mort
Totale
(+ erreur standard)
Printemps 1985
8
210
0
0.6
210,6 (± 79,3)
Automne 1985
6
2,7
8
0
10,7 (± 7,9)
Printemps 1986
6
10,7
5,3
0
16 (± 7,2)
27.04.1988
10
91,2
24
0.5
115,7 (± 46,1)
29.06.1988
10
176
27,2
6,2
209,4 (± 119,6)
7.09.1988
10
43,2
6,4
0,1
49,7 (± 19,9)
3.11.1988
10
41,6
0
0,2
41,8 (± 9,5)
1.03.1989
10
25,6
1,6
0,2
27,4 (± 11,4)
6.04.1989
10
36,8
11,2
0,2
48,2 (± 14.5)
2. Les stades de développement
Comme le montre le tableau II, huit formules segmentaires ont été observées chez C.
brolemanni , depuis les larves hexapodes (4/1) 1 jusqu’aux adultes (23/2). Elles correspondent à
l’intégralité du développement postembryonnaire, puisque leur filiation est conforme à la règle
de l’anamorphose (x n + y„ = x n + i), ce qui indique clairement que toutes les étapes de la
croissance sont représentées.
Dans le cadre de ce développement postembryonnaire à huit stades, on retrouve un
certain nombre de caractères communs à l’ensemble des Craspedosomatida :
— l’absence de variabilité des formules segmentaires à chaque stade;
l’existence d’un anneau demi-apode ne portant qu’une seule paire de pattes à partir du
stade III (cet anneau est compté parmi les apodes dans les formules segmentaires du
tableau II) ;
l’identité des formules segmentaires des cinq premiers stades avec celles des autres
espèces étudiées dans cet Ordre.
C’est à partir du stade VI qu’apparaît une différence avec les Craspedosomatida dont le
développement s’étend sur neuf stades. La séquence qui est observée chez ces derniers
(stade VI 18/4 -* stade VII 22/3 -* stade VIII 25/2 -» stade IX 27/2) est remplacée chez C.
brolemanni par la séquence: stade VI 18/3 -* stade VII 21/2 —> stade VIII 23/2. Cette
croissance segmentaire est rigoureusement la même que celle de O. canayerensis , autre espèce à
23/2 anneaux chez l’adulte étudiée par Geoffroy (1984). La seule distinction entre le
développement des deux espèces porte peut-être sur le premier stade de différenciation sexuelle.
1. Ces larves du premier stade sont légèrement mobiles et ont été récoltées à douze exemplaires.
- 642
stade à partir duquel des caractères morphologiques externes permettent de distinguer
facilement le sexe des animaux. Chez C. brolemanni , cette différenciation débute au stade VI
avec la réduction de la huitième paire de pattes des mâles (P 8) ; elle se poursuit aux stades VII
(régression des P 8 et des P 9 des mâles) et VIII (présence des gonopodes en P 8 et des
paragonopodes en P 9). Au contraire, chez O. canayerensis, la différenciation sexuelle ne
débute qu’au stade VII.
Tableau II. — Le développement postembryonnaire de C. brolemanni. (M : mâles; F : femelles;
ad : stade adulte).
Nombre
DE PAIRES DE PATTES
I
4/1
3
II
5/2
5
III
7/3
10
IV
10/4
16
V
14/4
24
VI M
18/3
31
F
18/3
32
VII M
21/2
36
F
21/2
38
VIII M ad
23/2
40
F ad
23/2
42
Stade Formule
SEGMENTAIRE
3. Le cycle biologique
a — Le cycle en 1988-89
Les variations de la structure de la population de C. brolemanni dans les six échantillons
prélevés entre avril 1988 et avril 1989, permettent de suivre son développement en conditions
naturelles (fig. 1).
A la fin du mois d’avril 1988, la population est principalement aux stades II et III; deux
mois plus tard, à la fin du mois de juin, elle est principalement aux stades IV et V ; dans
l’échantillon du début du mois de septembre les stades VI et VII sont majoritaires, puis, dans
celui du début du mois de novembre, les récoltes sont essentiellement composées d’adultes. Par
conséquent, au cours de la période allant d'avril à novembre, la croissance segmentaire se fait à
peu près au rythme d’une mue par mois et le développement sexuel est achevé à l’automne.
Les deux autres échantillons prélevés en mars et avril 1989 montrent que les animaux
parvenus à l’état adulte à l’automne disparaissent progressivement au début du printemps
suivant, tandis qu’une nouvelle cohorte de jeunes, en l’occurrence surtout des stades II,
commence à les remplacer. La reproduction (copulation et oviposition) a donc eu lieu pendant
la saison froide, entre novembre et février.
— 643 -
27 / 04/88
29 / 06/88
03/1 1 /88
IV V VI VII Ad.
01 / 03/89
07 / 09/88
06 / 04/89
Fig. 1. — Variations de la structure de la population de C. broleniaimi entre avril 1988 et avril 1989. Les flèches
indiquent le stade majoritaire à chaque date d’échantillonnage. A partir du stade VI, les surfaces claires
représentent les iï et les surfaces foncées les JJ.
L’interprétation la plus simple de ces données conduit à considérer C. brolemcmni comme
une espèce annuelle. Les quelques animaux dont la croissance et le développement se font plus
lentement (stade III en septembre; stade V de novembre à mars; stade VI en avril) sont si peu
nombreux qu’il est difficile de les suivre au-delà d’un an et de savoir si leur cycle biologique
peut s’étendre, ou non, sur deux ans.
— 644 —
b — Données antérieures (fig. 2)
La structure de la population dans l’échantillon prélevé au printemps 1985 est conforme à
l’interprétation précédente : la cohorte de l’année, composée d’animaux du stade I au
stade IV, côtoie celle de l’année antérieure, composée d’adultes et de quelques rares
retardataires de stade VI.
P. 85
lnd./m 2
A. 85
P. 86
Fig. 2. — Structure de la population de C. brolemanni dans trois échantillons du printemps 1985, de 1 automne 1985 et
du printemps 1986.
— 645
Par contre, dans les deux échantillons prélevés à l’automne 1985 et au printemps 1986, on
ne retrouve pas la structure de la population à laquelle on s’attendrait. Même si la petite taille
de ces échantillons doit inciter à la prudence, certaines modifications ne sont probablement pas
fortuites et sont à mettre en relation avec la sécheresse exceptionnelle qui a régné à la fin de
l’été et à l’automne 1985. Non seulement les effectifs sont peu importants, mais il semble aussi
que la population ait été affectée par un retard de développement. En effet, les adultes sont
rares à l’automne 1985 — si même ils existent — puisque seuls quelques stades VI ont été
récoltés; au printemps suivant, à nouveau, les stades V à VII semblent plus nombreux que les
adultes; et ces observations s’accordent bien avec le fait que la cohorte née en 1986 paraît
exceptionnellement réduite.
Conclusions et discussion
1. La croissance segmentaire de C. brolemanni, depuis la larve hexapode (4/1) jusqu’à
l’adulte (23/2), se fait en huit stades, identiques à ceux de O. canayerensis (Geoffroy, 1984).
2. La différenciation sexuelle semble plus précoce chez C. brolemanni que chez O.
canayerensis, avec, dès le stade VI, la réduction de la huitième paire de pattes des mâles
correspondant aux futurs gonopodes. De telles variations interspécifiques dans l’intensité de la
sexualisation ne sont pas surprenantes, et d’autres ont déjà été signalées chez des espèces
proches (Pedroli-Christen, 1978). Néanmoins, des vérifications sont nécessaires sur ce point
car tous les auteurs n’ont peut-être pas la même conception de la « différenciation sexuelle » ;
c’est ainsi que Blower (1985) la fait débuter au stade VIII chez les Chordeumatidae à neuf
stades, alors qu’une paire de pattes est nettement régressée dès le stade VII chez les mâles de
Chordeuma sylvestre et de Melogona (= Microchordeuma) gallica (Dunger & Steinmetzger,
1981; David, 1984).
3. Le cycle biologique de C. brolemanni est annuel dans les conditions climatiques
normales de la forêt d’Orléans. La reproduction a lieu entre les mois de novembre et de février
et les plus jeunes animaux (stades I et II) peuvent être récoltés au début du printemps. Ils se
différencient sexuellement (stades VI et VII) au cours de l’été, et atteignent l’état adulte
(stade VIII) à l’automne de la même année. En principe, seule une faible fraction de chaque
cohorte hiverne aux stades V ou VI, et c’est le cas pour celles nées en 1984, 1987 et 1988.
Cependant, la cohorte née en 1985, après un début de cycle normal, semble avoir subi un
important retard de développement et n’avoir donné que très peu d’adultes lors de l’hiver
1985-86; ce retard est à mettre en relation avec la sécheresse intense qui a eu lieu à la fin de
l’été et à l’automne 1985.
De façon générale, il existe une correspondance entre la durée du cycle biologique chez les
Craspedosomatida et les conditions climatiques :
— en Europe, à basse altitude, le cycle est très souvent annuel (Blower, 1979, 1985;
Geoffroy, 1979; Dunger & Steinmetzger, 1981 ; David, 1984, et ce travail), même si des
durées plus longues ne sont évidemment pas exclues chez certaines espèces qui n’ont pas encore
été étudiées;
— le prolongement de la saison froide, corrélatif de l’augmentation d’altitude, coïncide
avec des cycles de deux ans (Pedroli-Christen, 1978), ou même de trois ans au-dessus de
2000m (Meyer, 1979); la croissance n’a alors lieu qu’en été;
— 646 —
— le prolongement de la saison sèche à la belle saison, en climat méditerranéen, coïncide
également avec des cycles de deux ans car, dans ce cas, la croissance s’interrompt en été
(Karamaouna, 1987).
Ces variations concernent le plus souvent des espèces différentes, mais des variations
intraspécifiques peuvent également se manifester à l’échelle des populations, à l’instar de celles
qui ont été mises en évidence dans d’autres Ordres de Diplopodes (Fairhurst, 1974; David,
1982; Snider, 1984; Bercovitz & Warburg, 1985). Chez les Craspedosomatida, lorsqu’on
compare les données de Verhoeff (1929), Richter (1967), Pedroli-Christen (1978) et Meyer
(1979), des variations intraspécifiques de la durée du cycle biologique apparaissent chez
Craspedosoma alemannicum, Ochogona (— Triacontazona ) caroli et Haasea (= Orobainosoma)
fonticulorum. Chez C. brolemanni, le retard observé en 1985-86 pourrait être un exemple
d’allongement du cycle sous l’influence de la sécheresse, et il serait intéressant de savoir si le
prolongement de la saison froide se traduit par un cycle bisannuel dans les populations
pyrénéennes, là où l’espèce vit à plus haute altitude (Mauriès, 1974).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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112. Diplopoden-Aufsatz. Z. Morph. Ôkol. Tiere, 15 : 35-89.
Bull. Mus. nain. Hist, nul., Paris, 4 e sér., 11 , 1989,
section A, n° 3 : 649-657.
Glyptoplax consagae new species
(Crustacea, Decapoda, Brachyura, Panopeidae)
from the Gulf of California, Mexico,
with some notes on the distribution of G. pugnax Smith, 1870
by Michel E. Hendrickx
Abstract. During trawling operations on the continental shelf of the Gulf of California, Mexico,
a new species of Glyptoplax Smith was found at one locality in the upper Gulf. This is the second species
of the genus for the eastern Pacific.
Key-words. — Brachyura, Panopeidae, Gulf of California, eastern Pacific.
Résumé. — Lors d’un chalutage réalisé le long de la plate-forme continentale du golfe de Californie,
Mexique, une nouvelle espèce du genre Glyptoplax Smith fut récoltée dans le nord du golfe. Il s'agit de la
deuxième espèce du genre décrite pour le Pacifique est.
M. E. Hendrickx, Estaciôn Mazatlan UNAM, A.P. 811, Mazatlàn, Sinaloa 82000, Mexico.
The genus Glyptoplax was established by Smith (1870) to accomodate six males and three
females of a new species, G. pugnax collected by F. H. Bradley at Islas Perlas, on the Pacific
coast of Panama. This monospecific genus soon received a second member when A. Milne
Edwards (1881 : 336) 1 described G. smithii on the basis of material collected in Florida, on
the Atlantic coast of america.
Since that time, no other species has been added to the genus Glyptoplax. The Pacific
species, G. pugnax, was again recorded from Punta Arenas, Costa Rica (Rathbun, 1918) and
cited in checklists of the brachyuran fauna of the Gulf of California, Mexico, successively by
Glassell (1934) and Garth (1960).
In March 1985, during sampling activities on the continental plarform of the northern
Gulf of California, México, aboard the research vessel “El Puma” of the Universidad
Nacional Autônoma de México (CORTES 2 Cruise), two male specimens of a goneplacid-like
brachyuran crab were collected in shallow water using a semi-commercial otter-trawl. These
specimens were left unidentified until 1988 when the author had the opportunity to compare
them to the very rich collection of Panopeidae and Goneplacidae held at the Laboratoire
I. According to the zoological records and to the "Registre d'entrée" of publications held by the Muséum
national d’Histoire naturelle, Paris, page 336 of A. Milne Edwards' work was, indeed, published in 1881 and not in
1880 as stated by Rathbun (1918).
— 650 —
d’Arthropodes of the Muséum national d’Histoire naturelle of Paris, through the courtesy of
Dr. D. Guinot.
The results of this comparative analysis indicate that the specimens from the northern
Gulf of California present affinities with Glyptoplax pugnax, the type-species of Glyptoplax
Smith, and belong to a new species which is described herein.
The holotype is deposited at the Muséum national d’Histoire naturelle, Paris (MP), and
the paratype is kept at the Mazatlân Marine Station, Mazatlân (EMU).
Glyptoplax consagae sp. nov.
(Figs. 1, 2A-C; pi. I)
Material examined. — CORTES 2 cruise, station 37, 16.III.1985; 3ri8'N-114°25'W, southeast of
Rocas Consag, Baja California, trawling at 28 m, fine sand : 1 d 12.2 x 17.3 mm (MP-B 20896) and 1
without chelipeds, 11.9 x 16.5mm (EMU-2623).
Type. — The male with chelipeds (MP-B 20896) is the holotype. The other male (EMU-2623) is the
paratype.
Fig. 1. — Glyptoplax consagae sp. nov., holotype $ 12.2 x 17.3mm (MP-B 20896) : a, orbital region, dorsal; b,
abdomen ; c, sternal-abdominal view at level of fourth and fifth pereiopods.
al, a2, a3-5, first, second and third to fifth abdominal segments; st7, st8, seventh and eighth sternites; cx4, cx5,
fourth and fifth coxae of pereiopods.
— 651 —
Description
Carapace subhexagonal, broader than long, strongly convex antero-posteriorly, less so
from side to side, with the anterolateral teeth slightly upturned; surface finely granulate;
regions not well defined, separated by shallow sulci, protogastric and hepatic lobes more
prominently indicated. Carapace wider at level of fourth tooth. Front deflexed, edge granulate,
horizontal in frontal view, biconvex in dorsal view; a shallow, V-shaped, median notch.
Orbit relatively wide ; upper orbital margin straight, flat, with two shallow sutures ; inner
orbital angle unconspicuous, not marked by a tooth or tubercle ; eyestalk very long, granulate,
without a tubercle ; lower orbital margin granulate, with a short inner tooth and a low, convex
outer lobe; outer orbital tooth weak.
Anterolateral border very short, arched, with five marginal teeth, all granulate; first
(outer orbital tooth) and second fused, separated by a shallow sinus, the two together a little
wider than third ; third wide, obtusely triangular and with a rounded tip, slightly upturned,
well separated from the fourth tooth, the later similar to third but more upturned ; fifth tooth
very small, reduced to a small indentation.
Third maxilliped granulate; distal border of merus concave, with a slightly projecting
outer angle ; ischium subrectangular, as wide as merus and with a convex inner margin ; palp
coarse.
Chelipeds massive, very strong, slightly unequal (in male), the fingers longer and slender
in small chelae. Merus finely granulate ; a sharp upper ridge, made up of irregular, rounded,
large granules, this ridge ending in a sharp subterminal tooth ; a subterminal sulcus parallel to
the outer distal border of merus. Carpus finely granulate, outer face rounded, without
protuberances ; a stout triangular tooth at the inner angle ; a well-defined sulcus parallel to the
distal border. Manus strongly inflated, smooth, with a ill-defined shallow furrow on the upper
margin of large chelae ; fingers compressed laterally, incurving, their tips slender, curved and
crossing; cutting edges of fingers parallel, armed with sharp teeth and denticles throughout
their length.
Pereiopods slender; moderately long, slightly compressed laterally and smooth; carpus
and propodus fringed with long hairs on anterior and posterior margins; dactylus almost
straight, with one posterior fringe of long hairs and three anterior fringes of shorter hairs.
Male first abdominal somite short, relatively broad, lateral margin acute, not reaching the
coxa of fifth pereiopod ; second somite very narrow ; first and second somites leaving sternite
eight largely exposed ; third to fifth somites fused ; sixth somite wider than long, lateral
margins slightly concave, distal margin wider than proximal ; telson triangular, with rounded
tip.
Male first pleopod long, robust, cylindrical, slightly curved and slightly tapering toward
tip. Accessory process of tip short, at a right angle with shaft ; median process (or lobe) high,
opening small ; four long subterminal spines at base of accessory process ; lateral process (or
tooth) long and slightly deflexed.
Colour : Ventral side of carapace whitish. Dorsal side of carapace brown-grey, with spots
of black pigments, except for the withish fifth tooth and posterolateral edges, and the
yellowish-brown frontal edge ; anterolateral teeth (except last) darker. Ambulatory legs white,
partially mottled with dark-brown on the upper and posterior sides. Carpus of both chelipeds
light brown, dorsally mottled with dark brown ; chelae beige, speckled with dark brown on the
upper crest; fingers brownish (from color slide of live specimens).
Etymology. — The species is named after Father Consag, a Jesuit who sailed up the Gulf of
California in 1746 and led the first marine expedition that reached the head of the Gulf (where Roca
Consag, the type-locality of the new species, is located) and the Colorado River.
Distribution. — The species is so far known only from the type-locality, in the upper Gulf of
California, Mexico.
Remarks
Glyptoplax consagae was compared to type specimens of G. pugnax from Panama held at
the Muséum national d’Histoire naturelle (1 3 6.5 x 9.0mm, 1 $ 5.0 x 6.8mm; MP-B
10151) and it was found that the new species shares several important characteristics with the
type-species of Glyptoplax : the sternum-abdomen organization is strikingly similar, with
Fig. 2. — Male first pleopod of species of Glyptoplax Smith, a-c. G. consagae sp. nov., holotype rj 12.2 x 17.3 mm
(MP-B 20896) : a. pi 1 ; b-c, tip of pi 1. — d-f, G. pugnax Smith, syntype J 6.5 x 9.0mm (MP-B 10151) : d, pi 1 ;
e-f. tip of pi 1 (d-f redrawn from fig. 23 of Guinot, 1969).
— 653 —
sternite eight not covered by the first two abdominal somites and widely united to sternite
seven to cover the groove through which the penis passes; the lateral piece of sternite eight
separates almost completely the first abdominal segment from coxa of pereiopod 5 ; the first
pleopod of the two species (fig. 2) are very similar in shape and the ornamentation of the tip
differs only in details; the stout, inflated hands with long, compressed fingers of the male
chelipeds are unmistakable; the third maxillipeds are also similar in shape, although in G.
pugnax the merus is narrower anteriorly. Considering our present state of knowledge of
phylogenetic relationships among Panopeidae and Goneplacidae, these similarities indicate
that G. consagae can be considered as a member of Glyptoplax, and this despite differences
existing between it and the type-species of this genus, in particular in the shape of the carapace
(i.e. carapace very convex and front strongly deflexed in G. consagae ), and of the orbit (i.e. no
distinct inner orbital tooth and upper orbital margin parallel to front in G. consagae) (table 1).
Glyptoplax consagae also shares some morphological characteristics with G. smithii,
including the areolation of the carapace, the shape of the antero-lateral border and the
structure of the orbital regions. But as noted by Guinot (1969 : 259), G. smithii does not
present the typical sternum-abdomen organization of the genus Glyptoplax (i.e. the first
Table 1. — Main differences between Glyptoplax consagae sp. nov. and G. pugnax Smith,
1870 (males only).
Glyptoplax consagae
Glyptoplax pugnax
1. Carapace
2. Orbit
3. Cheliped
4. First
pleopod
Regions obscure, separated by shallow
sulci.
Carapace strongly convex anteriorly ; front
deflexed, its anterior margin biconvex in
dorsal view, almost straight in frontal
view.
Anterolateral teeth 3-4 obtusely triangular,
with rounded tip; 5th tooth very small.
Inner orbital angle unconspicuous ; upper
orbital margin straight, parallel to frontal
line, sutures shallow.
Ocular peduncle long, without tubercle.
Carpus finely granulate ; inner tooth short,
obtuse.
A strong, tuberculate, upper ridge on
merus. ending in a sharp subterminal
tooth.
Median lobe higher, opening narrow; a
group of four long subterminal spines.
Regions well marked, separated by deep
sulci.
Carapace almost flat; front projecting in
an horizontal plan, with a median depres¬
sion, curved in frontal view.
Anterolateral teeth 3-4 sharp; 5th tooth
well developed.
Inner orbital angle marked with a strong
tooth projecting above front; upper orbi¬
tal margin irregular, deeply notched, direc¬
ted obliquely backward.
Ocular peduncle short, with a strong gra¬
nular tubercle anteriorly, at base of cor¬
nea.
Carpus with patches of coarse granules,
bumpy on the outer face ; inner tooth
long, acute.
Ridge on upper margin of merus strong,
tuberculate, without a distinct subterminal
tooth.
Median lobe flater, opening wide; a group
of three short subterminal spines.
- 654 —
abdominal somite is wider and reaches the coxa 5 ; the sternite 8 is only partly uncovered and
narrowly in contact with sternite 7) and the tip of the male first pleopod is distinct (see
Guinot, 1969 : fig. 24). In fact, Guinot (loc. cit.) concluded that C. smithii should perhaps be
excluded from this genus. All three species of Glyptoplax, however, present the basic pleopod
morphology showed by many panopeid genera (see Martin and Abele, 1986, for discussion).
Their peculiar sternum-abdomen organization (more advanced towards a catametopous
organization, sensu Guinot, 1969, in the case of G. pugnax and G. consagae) set them apart
from the other Panopeidae Ortmann, 1893 (i.e. the species included in the Panopeidae
Eucratopsinae ; see Guinot, 1969: 249; 1970: 1079; 1978: 276). For Guinot (oral
communication, November, 1988) the pleopod structure indicates the phyletic relationships
with the panopeid line.
Glyptoplax pugnax , a species originally described from Panama (Smith, 1870) has also
been reported from Costa Rica (Rathbun, 1918). These are the only records for which the
locality is known with certainty. The record of G. pugnax for the Gulf of California by Garth
(1960) is based upon the list presented by Glassell (1934) for the same area (Garth, in litt.).
Glassell (op. cit.), who gave no precise collecting locality for this species, made most of his
collections in the northern Gulf of California, precisely the area where the new species was
found. A search by J. S. Garth in the Allan Hancock Foundation collections was
unsuccessful in locating specimens of G. pugnax (Garth, in litt .) 1 .
Acknowledgements
I thank the Muséum national d’Histoire naturelle, Paris, and particularly Dr. D. Guinot and
Dr. A. Crosnier, for their support and help while working at the Muséum. To Dr. D. Guinot, my most
sincere thanks for reviewing the manuscript and for permitting to reproduce fig. 2D-F. I also thank
Dr. J. Garth and Dr. J. Martin for their opinion regarding the taxonomic position of the new species. I
am also grateful to Mrs. Mercedes Cordero H. for the aid in preparing and typing the manuscript, and
to M. J. Rabière who took the photographs of plate I. This study was partly financed by CONACyT.
México (ICECXNA-021926) and the DGPA, UNAM. Contribution 604 of the Instituto de Ciencias del
Mar y Limnologia.
LITERATURE CITED
Garth, J. S., 1960. Distribution and affinities of the Brachyuran Crustacea. In : The biogeography of
Baja California and adjacent seas. Part II. Marine Biotas. Syst. Zool., 9 (3) : 105-123.
Glassell, S. A., 1934. — Affinities of the brachyuran fauna of the Gulf of California. Trans. S. Diego
Soc. nat. Hist., 8 (5) : 13-14.
Guinot, D., 1969. Recherches préliminaires sur les groupements naturels chez les Crustacés Décapodes
Brachyoures. VII. Les Goneplacidae. Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 2 e sér., 41 (1) : 241-265.
1970. — Recherches préliminaires sur les groupements naturels chez les Crustacés Décapodes
Brachyoures. VIII. Synthèse et bibliographie. Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 2 e sér., 5 : 1063-
1090.
1. Another search, at the Smithsonian Institution, Washington D.C.. indicates that there is no material of this
species available for the Gulf of California (Manning, in tin.).
— 655
1978. — Principes d'une classification évolutive des Crustacés Décapodes Brachyoures. Bull. biol.
Fr. Belg. , 112 (3) : 211-292.
Martin, J. W., and L. G. Abele, 1986. — Notes on male pleopod morphology in the Brachyuran crab
family Panopeidae Ortmann, 1893, sensu Guinot (1978) (Decapoda). Crustaceana, 50 (2) : 182-198.
Milne Edwards, A., 1873-1881. — Études sur les Xiphosures et les Crustacés de la région mexicaine. In :
Mission scientifique au Mexique et dans l’Amérique Centrale, 5 e partie, vol. 1. Paris, Imprimerie
Nationale, 368 p.
Ortmann, A., 1893. — Die Decapoden-Krebse des Strassburger Museums. VII. Theil. Abtheilung :
Brachyura (Brachyura genuina Boas) II. Unterabtheilung :Cancroidea, 2. Section : Cancrinea, 1.
Gruppe : Cyclometopa. Zool. Jber., 7 : 411-495, pl. 17.
Smith, S. I., 1870. — Notes on American Crustacea. No. 1. Ocypodoidea. Trans. Conn. Acad. Arts Sci.,
2 : 113-176.
— 656 —
Plate I
Glyploplax consagae sp. nov., holotype 12.2 x 17.3 mm, Roca Consag, Gulf of California, Mexico : a, frontal view;
b, carapace and chelipeds, dorsal view; c, chelipeds, frontal view.
PLATE I
Bull. Mus. nain. Hist, nat., Paris , 4 e sér., 11, 1989.
section A. n° 3 : 659-668.
Landhoppers (Amphipoda, Talitridae) of the genus Orchestia
of the Canary Islands
by Jan H. Stock
Abstract. Orchestia canariensis Dahl, 1950 (an endemic of Gran Canaria) is re-described, and O.
gomeri n. sp. (an endemic of La Gomera) is described. They are compared with the closely related O.
chevreuxi de Guerne. 1887 (an endemic of the Azores), and with O. guancha Stock & Boxshall, 1989 (an
endemic of Tenerife). The record of O. chevreuxi from Fuerteventura by Chevreux (1900) supports on a
erroneous identification of O. gammarellus (Pallas, 1766).
Résumé. Orchestia canariensis Dahl, 1950 (endémique de Gran Canaria) est redécrite, et O.
gomeri n. sp. (endémique de La Gomera) décrite. Elles sont comparées à l’espèce étroitement apparentée,
O. chevreuxi de Guerne, 1887 (endémique des Açores), et à O. guancha Stock & Boxshall, 1989
(endémique de Ténérife). La présence d’O. chevreuxi à Fuerteventura, signalée par Chevreux (1900),
repose sur une identification erronée d’O. gammarellus (Pallas. 1766).
J. H. Stock, Institute of Taxonomie Zoology, University of Amsterdam, P.O. Box 4766, 1009 AT Amsterdam,
Netherlands.
Introduction
Terrestrial Amphipoda of the Canary Islands have been subject of several previous studies
(Chevreux, 1888. 1900; Dahl, 1950, 1967; Andersson, 1962; Stock & Martin, 1988; Stock
& Boxshall, 1989). If we exclude the halophilous forms (the so-called beachfleas), of which
several species are knoxn from the Canary Islands [Orchestia gammarellus (Pallas, 1766), O.
mediterranea Costa, 1857, Platorchestia platensis (Krôyer, 1845), Talitrus saltator (Montagu,
1808)], there remain several species which are confined to the interior of the islands
(landhoppers), often at considerable altitude (150-2000 m). Three genera of landhoppers are
recorded from the Canarias : Orchestia Leach, 1814, Talitroides Bonnier, 1898, and
Palmorchestia Stock & Martin, 1988. Of Talitroides, two species have been introduced
accidentally from the Indo-Pacific region : T. topitotum (Burt, 1934) [= T. pacificus (Hurley,
1955)], and T. alluaudi (Chevreux, 1896), both mainly restricted to cultivated areas at lower
altitudes. Palmorchestia is a genus with two species, endemic to the island of La Palma. Up to
very recently, only two landhoppers of the genus Orchestia were recorded : O. canariensis
Dahl, 1950, from Gran Canaria, and O. chevreuxi de Guerne, 1877. Stock & Boxshall (1989)
showed that material identified as O. chevreuxi from Tenerife is not identical with topotypical
O. chevreuxi from the island of Faial in the Azores. They proposed the name O. guancha for
the taxon from Tenerife.
660 —
Chevreux (1900 : 4) lists “0. chevreuxi” not only from Tenerife, but also from Gran
Canaria, Fuerteventura, and La Palma. Thanks to the courtesy of Dr. J. Forest (Muséum
national d’Histoire naturelle, Paris), we were enabled to re-examine several of Chevreux’s
samples. The comparison of this material, with recently collected samples from Tenerife, La
Gomera, La Palma, and Gran Canaria, showed that none of the specimens belonged to the
real O. chevreuxi. Chevreux’s material from Fuerteventura consists of O. gammarellus, that
from Gran Canaria of O. canariensis. The specimens from La Palma belong to the genus
Palmorchestia. Finally, the form from La Gomera proved to be a new species, described in this
paper.
The samples recorded in this paper are preserved in the Muséum national d'Histoire
naturelle, Paris (MNHN), and in the Zoôlogisch Museum, Amsterdam (ZMA).
Orchestia canariensis Dahl, 1950
(Figs 1-2)
O. canariensis Dahl, 1950 : 195-198, figs. 1-8; Andersson, 1962 : 217.
O. chevreuxi ; Chevreux, 1900 (non de Guerne, 1887) : 4 (Gran Canaria records only).
Material (all from Gran Canaria). — 16 specimens, “Melita” Stn. 281, Barranco de los Laureles,
alt. 500 m, 8 Jan. 1890 (Muséum national d’Histoire naturelle, Paris, MNHN Am 4370). [We were not
able to retrace a locality with exactly the same orthography. Most probably the material was collected in
the Barranco del Laurel. SW of Firgas, ca. 28°04'30"N-15°37' W]. — 2 specimens, Pinar d’Agaëte, alt.
1000 m, 3 Jan. 1890 (MNHN Am 4371). — 3 specimens, Gran Canaria, no details, no date, alt. 1000 m
(MNHN Am 4373). — 1 specimen, canales de Temisas, alt. ca. 800 m, 30 March 1989 (Zoôlogisch
Amsterdam, ZMA Amph. 108.603).
Description
Adult <$ 15.5mm, ovigerous $ (12 eggs) 11.5mm. Eye (in preserved state) not strongly
pigmented, light brown, circular (fig. la). Live specimen greenish.
Antenna 1 reaching to end of peduncle segment 4 of antenna 2 ; flagellum 6-segmented,
similar to that of O. gomeri n. sp. Antenna 2 (fig. lb) ; Peduncle of Ç slightly weaker than that
of <$\ flagellum 20-segmented.
Left lacinia mobilis 4-dentate.
Maxilliped : Inner lobe distally with 3 short, triangular spines. Palp segment 2 with
mediodistal lobe; segment 4 small but not fused with segment 3.
Gnathopod 1 (fig. lc, g) ; Coxal plate (çJ,Ç) less triangular than Dahl’s fig. 1 suggests.
Basis (J, $) without proximo-anterior row of bristles on medial surface. Carpus of £ with
strong posterior swelling, of rounded-triangular shape, proximal margin longer than distal
margin ; that of Ç not strongly swollen (Dahl’s figures 1 and 7 do not quite do justice to the
shape of the carpus of both sexes). Propodus of $ (fig. Id) with distally dilated posterior
margin; claw shorter than palm; palmar margin convex; propodus of 9 (fig- lh) almost
rectangular; palmar margin concave; claw longer than palm.
661 —
Fig. I. — Orchestia canuriensis Dahl, 1950, from Barranco de los Laureles, Gran Canaria, a, head. J (scale I); b.
antenna 2, J (2); c, gnathopod 1 -J (3); d, propodus of gnathopod 1, (4) ; e, gnathopod 2, Ç (2); f, propodus of
gnathopod 2, 2 (5); g, gnathopod 1, 2 (3) ; h. carpus and propodus of gnathopod 1, 2 (4); i, gnathopod 2, o (2) ; j.
coxal plate 3, J (3); k, distal segments of pereiopod 3, J (3); 1, pereiopod 4, J (3); m, epimeral plates I to 3, i (3);
n, uropod 1, J (2); o, uropod 2, J (2); p, uropod 3, S (5) ; q, telson, j (5); r, telson, 2 (5).
— 662
Fig. 2. — Orchestia canariensis Dahl, 1950, (?, from Barranco de los Laureles, Gran Canaria, a, coxal gill of pereionite
3 (scale 5); b, pereiopod 5 (2); c, pereiopod 6 (2); d, pereiopod 7 (2).
Gnathopod 2 (fig. le, i) : Coxal plate (cî, 9) of normal shape (posterior pointed projection
not very large, posteroproximal emargination almost rectangular), illustrated incorrectly in
Dahl’s fig. 2. Coxal gill (3, 9) ribbon-shaped, reaching far beyond middle of basis. Posterior
margin of basis (c?) with angular bent. Anterior margin of basis ($) with modest, rounded
swelling. Ischium of <$ markedly L-shaped. Meral expansion of $ stronger than that of çj.
Carpus of $ long, with modest posterior lobe; carpus of S very small. Propodal palm (cJ) with
shallow notch near tip of finger, and strong sinus near base of finger. Tip of finger ($) obtuse,
distal part distinctly narrower than rest of finger. Propodus of 9 (fig- If) mitten-shaped, distal
lobe overreaching finger.
Pereiopod 3 (g, 9) : Coxal plate slightly deeper than wide; posterior pointed projection
well-developed, postero-proximal emargination more or less rectangular (fig. lj). Coxal gill
ribbon-shaped, lobate, reaching almost to end of basis (fig. 2a). Merus as long as propodus.
Claw not “pinched”, cuspidactylate (fig. Ik).
Pereiopod 4 (rf, 9) (fig- 11) : Coxal plate wider than plate 3; posterior point and
emargination as in plate 3. Coxal gill overreaching basis. Merus slightly shorter than
propodus. Claw “pinched”.
Pereiopod 5 (fig. 2b) without sexual dimorphism, shorter than P6. Coxal gill small ; coxal
plate anterolobate, large. Merus very short, distally strongly widened. Claw short.
Pereiopod 6 (fig. 2c) without sexual dimorphism, shorter than P7. Coxal gill large, coxal
663 —
plate postero-lobate, small. Propodus slender, with ca. 8 groups of spines on anterior margin.
Claw very thin and slender.
Pereiopod 7 (fig. 2d) : Coxal plate almost non-lobate. No coxal gill. No sexual
dimorphism. Basis with somewhat overhanging postero-ventral lobe. Propodus slender, with
ca. 10 (groups of) spines on anterior margin. Claw as in P6.
Epimeral plates (fig. lm) with pointed postero-ventral corner; posterior margin with
several setules, that of plate 3 serrate; ventral margin unarmed.
Pleopods : Peduncle unarmed, as long as endopodite; endopodite slightly longer than
exopodite; both rami 10-segmented.
Uropod 1 (fig. In) : Exopodite with fewer dorsal spines (4-6) than endopodite (6-7). No
interramal spine.
Uropod 2 (fig. lo) : Peduncle and rami with several spines.
Uropod 3 (fig. Ip) : Peduncle as long as ramus, with 2 distal spines. Ramus with 2 or 3
dorsal spines and 3 or 4 distal spines.
Telson (fig. lq, r) as long as wide, not cleft or with very shallow cleft; distal half with 3 to
6 dorsal spines; distal margin with 3 to 5 spines.
Remarks
This species is closely related to the landhopper of the Azores, Orchestia chevreuxi de
Guerne, 1887. O. canariensis agrees with O. chevreuxi in the absence of a row of bristles in the
proximal part of the basis of gnathopod 1 (J, Ç), in the drawn out, obtuse claw of
gnathopod 2 (^), in the contour of the proximal part of the palmar margin of gnathopod 2
(<?), etc.
Differences with O. chevreuxi are found in the carpus and propodus of pereiopods 6 and 7
(more elongate and with more groups of spines in chevr.), coxal gill of pereiopod 6 (much
smaller in chevr.), the slightly smaller lobe of the basis of pereiopod 7 of chevr., the less clearly
L-shaped ischium of gnathopod 2 (çj) in chevr., and the less pronounced palmar sinus at the
basis of the claw in gnathopod 2 (^) of chevr.
Orchestia gomeri n. sp.
(Figs. 3-4)
Material (all from La Gomera, Canary Islands). — 1 d holotype. 1 $ ovig. allotype, 25 paratypes.
Parque Nacional del Garajonay, Barranco El Carmen, alt. ca. 800 m, 21 Apr. 1987. (Holotype, allotype
and 21 paratypes ZMA Amph. 108.607; 4 paratypes MNHN Am. 4375). — 5 paratypes. Parque
Nacional del Garajonay, above Ermita de N.D. de Guadeloupe, alt. ca. 1000m, 22 Apr. 1987 (ZMA
Amph. 108.608). - In both localities, the animals were found in very humid conditions (banks of a spring
and of a stream).
Description
Body length of <$ and ovigerous Ç (7 eggs) 14 mm. Colour : dark greenish. Eye black,
round (fig. 3a).
Fig. 3. — Orchest
gnathopod 1, \
h, pereiopod 3
(2); m, pereio
— 665 —
Antenna 1 (fig. 3b) reaching slightly beyond distal end of peduncle segment 4 of antenna
2. Peduncle segment 3 longest. Flagellum 6-segmented.
Antenna 2 (fig. 3c) without conspicuous sexual dimorphism. Flagellum of adults 18- to
22-segmented.
Mandibular left lacinia mobilis 4-dentate.
Distal margin of inner lobe of maxilliped with 3 short, triangular spines. Palp segment 2
with median lobe; palp segment 4 small but not fused with segment 3.
Gnathopod 1 of S (fig- 3f, g) : Shape of coxal plate as in related species. Basis with row of
bristles in proximal part, on anterior side of medial surface. Carpus and propodus similar to
those of O. canariensis.
Gnathopod 1 of $ (fig. 3d, e) : Coxal plate and basis as in $. Posterior margin of carpus
convex but not clearly lobate. Posterior margin of propodus strongly spinous ; palm strongly
concave; claw longer than palm.
Gnathopod 2 of (fig. 4a) : Coxal plate with inconspicuous posterior projection;
proximoposterior emargination regularly convex (not angular as in O. canariensis). Coxal gill
slightly smaller than in O. canariensis. Posterior margin of basis gently curved (not angular).
Ischium of “ normal ” shape, not so markedly L-shaped as in O. canariensis. Palm of propodus
gently curved ; proximal notch (near tip of claw) hardly indicated ; distal sinus (near
implantation of claw) practically absent. Claw drawn out into narrow, obtuse tip, as in O.
canariensis.
Gnathopod 2 of Ç (fig. 4b) : Coxal plate as in J. Anterior side of basis swollen. Carpus
and propodus resembling those of O. canariensis. Oostegite elongate-ovate, reaching to middle
of merus, marginal armature of ca. 25 straight setae.
Pereiopod 3 (d, Ç) (fig, 3h, i) : Coxal plate as deep as wide, with small posterior point and
regularly curved emargination. Coxal gill much shorter than basis. Merus as long as propodus.
Claw not pinched.
Fig. 4. — Orchestia gomeri n. sp., paratypes. a, gnathopod 2, <J (scale 3); b, gnathopod 2, 9 (3); c, epimeral plates I
to 3, $ (2); d, uropod 3, j (3); e, telson, 9 (5).
666 —
Pereiopod 4 (çj, 9) (fig- 3j, k) : Coxal plate wider than deep, posterior point small, sharp ;
proximoposterior emargination shallow, regularly convex (not angular). Coxal gill shorter
than basis, much smaller than in O. canariensis. Merus shorter than propodus. Claw slightly
“ pinched
Pereiopods 5 to 7 without sexual dimorphism ; P5 (fig. 31) much shorter than P6 (fig. 3m) ;
P6 slightly shorter than P7 (fig. 3n). Coxal gill of P5 small, as in O. canariensis, that of P6
much smaller than in O. canariensis. Merus of P5 more elongate and less widened than in O.
canariensis. Posteroventral lobe of basis of P7 less overhanging than in O. canariensis.
Propodus of P6 and P7 elongate, anterior margin with ca. 8 groups of spines. Claw of P6 and
P7 slender, as in O. canariensis.
Epimeral plates (fig. 4c) with small posterior tooth ; posterior margin slightly serrate, with
minute setules.
Pleopods : Peduncle unarmed, slightly longer then rami; rami 8- to 9-segmented.
Uropods (figs. 3o, p; 4d) resembling those of O. canariensis.
Telson (fig. 4e) longer than wide; disto-medial notch wide, but not deep; armed with 2
pairs of dorsal spines, a variable number of distal spines (3 to 4 per telson half) and no or 1
disto-lateral spine.
Etymology. — The island of La Gomera, and the new species, derive their name from Genesis X, 2
(Gomer, son of Japhet, grandson of Noah).
Remarks
The new species is closely related to the other terrestrial Orchestia species from
Macaronesia : O. chevreuxi de Guerne, 1887 (Azores), O. guancha Stock & Boxshall, 1989
(Tenerife), and O. canariensis Dahl, 1950 (Gran Canaria).
In the absence of a strong palmar notch near the tip of the claw of gnathopod 2 (<J), in the
distal narrowing of the obtuse claw of the same appendage, and in the richly spinous propodus
of pereiopod 7 (çj, 9), it agrees with O. canariensis and O. chevreuxi. In the presence of a row
of bristles in the proximal part of the basis of gnathopod 1 (rf, 9 ) it corresponds with O.
guancha.
Other differences with O. canariensis are enumerated in the above description (small size
of posterior tooth on coxal plates 2 to 4 ; shallow, rounded postero-proximal emargination of
same coxal plates ; merus of pereiopod 5 not strongly widened ; telson more elongate in shape).
Additional differences from O. chevreuxi are the presence of dorsal spinules on the ramus
of uropod 3, and the shape of the coxal plates 2 to 4.
Orchestia guancha Stock & Boxshall, 1989
O. guancha Stock & Boxshall, 1989 : 46-48, figs. 1-5.
“ O. chevreuxi ” (non de Guerne, 1887); Tenerife records of Chevreux, 1888, 1900; Dahl, 1950,
Andersson, 1962.
This is an endemic of the mountains in northern and northwestern Tenerife, where it
occurs in moist places between 100 and 2000 m a.s.l. It can be distinguished at once from all
— 667 —
other Macaronesian talitrids by its large body size (up to 21 mm) and the morphology of the
propodus of gnathopod 2 (c?) : the palma possesses a deep emargination near the opposing tip
of the claw, and the claw itself is pointed (not obtuse) and is not drawn out into a narrow
distal part. Detailed illustrations of this species can be found in the publications of Chevreux
(1900), Andersson (1962), and Stock & Boxshall (1989).
A rapid identification key to the 4 Macaronesian taxa of terrestrial Orchestia is presented
below. Each taxon is endemic to a single island or groups of islands.
la — Basis of gnathopod 1 (d, ?) with proximo-anterior row of bristles on median surface .. 2
b — Without row of bristles in that position. 3
2a — Claw of gnathopod 2 (T) gradually tapering, distally sharply pointed; palma of gnathopod 2
(cj) with deep emargination near palmar corner. Postero-ventral lobe of basis of pereiopod 7
(<?, $) strongly overhanging. O. guancha (Tenerife)
b — Claw of gnathopod 2 (a) with narrowly drawn out, obtuse tip; palma (d) with very shallow
emargination near palmar corner. Lobe of basis of P7 (<J, 9) not strongly overhanging ....
O. gomeri (La Gomera)
3a — Coxal gill of pereiopods 3, 4, and 6 longer than basis (d, 9)- Propodus of pereiopod 7 ($, 9)
ca. 1.25 times as long as carpus. Ischium of gnathopod 2 (d) L-shaped.
O. canariensis (Gran Canaria)
b — Coxal gill of pereiopods 3, 4, and 6 shorter than basis (d, $). Propodus of pereiopod 7 (d, Ç)
more than 1.5 times as long as carpus. Ischium of gnathopod 2 (d) “normal”.
O. chevreuxi (Azores)
In our opinion, at least O. canariensis, O. chevreuxi, and O. gomeri form a monophyletic
group within the genus Orchestia. O. guancha might be closer to O. gammarellus (Pallas, 1766),
living in salty, supralittoral conditions and known from Macaronesia, but unlike O.
gammarellus, O. guancha lacks strong sexual dimorphism in pereiopod 7.
Note on the occurrence of terrestrial talitrids on the other islands of the Canary archipelago,
and on the alledged occurrence of Orchesia chevreuxi on Fuerteventura.
Chevreux (1900 : 4) records “ O. chevreuxi" from various islands of the Canary
archipelago. Re-examination of his material showed that the specimens recorded from Tenerife
belong to O. guancha ; those from Gran Canaria belong to O. canariensis, whereas a single
adult male from Fuerteventura (locality not specified, altitude 200 m), preserved in the
Muséum national d’Histoire naturelle, Paris, under cat. nr. Am 4372, belongs to O.
gammarellus, a common supralittoral species in the Canary Islands. Up to now, no “ real ”
terrestrial talitrid is known from Fuerteventura, and in the light of the semi-arid conditions
prevailing on the island, no such taxon is expected either. Similarly, no landhoppers are known
from the dry islands Lanzarote, La Graciosa, and Allegranza. More surprisingly, and
notwithstanding extensive search, no landhoppers have been found so far on the more humid
island of El Hierro.
REFERENCES
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zool. Fr., 13 : 92-96.
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Guerne, J. de, 1887. — Notes sur la faune des Açores. Le Naturaliste , (2), 9 : 16.
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Stock, J. H. & J. M. Martin, 1988. — A new cavehopper (Amphipoda : Talitridae) from lava tubes in
La Palma, Canary Islands. J. nat. Hist., 22: 1121-1133.
Achevé d’imprimer le 16 février 1990.
Le Bulletin du 2 e trimestre de l’année 1989 a été diffusé le 21 octobre 1989.
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Collection à périodicité irrégulière. Paraît depuis 1935. A partir de 1950, les Mémoires se subdivisent
en quatre séries spécialisées : A, Zoologie; B, Botanique; C, Sciences de la Terre; D, Sciences physico-chi¬
mique. (Format in-4°.)
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T. 120 — MuRoz-Cuevas (Arturo). — Développement, rudimentation et régression de l’œil chez les Opiliens
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T. 121 — Hugot (Jean-Pierre). — Les Syphaciinae (Oxyuridae) parasites de Sciuridés. Évolution des genres
Syphatineria et Syphabulea. 1981, 64 p., fig.
T. 122 — Felice (Suzanne). — Étude anthropologique des quatre squelettes de Kader des monts Anémalé (Inde).
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T. 124 — Paulian (Renaud). — Révision des Cératocanthides (Coleoptera, Scarabaeoidea) d’Amérique du Sud.
1982, 110 p., fig., 18 pl.
T. 125 — Monniot (Claude) et Monniot (Françoise). — Les Ascidies antarctiques et subantarctiques : mor¬
phologie et biogéographie. 1983. 168 p., 27 fig., 5 tabl., 7 pl.
T. 126 — Clastrier (Jean). — Ceratopogonidae des îles Seychelles (Diptera, Hematocera). 1983. 83 p., 38 fig.
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T. 142. — Tillœr (S.) (Coordonné par). — Zoologia Neocaledonica. Volume I. Publié avec le concours de
l’ORSTOM. 1988, 158 p., nbrx tabl. et illustr.
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