ISSN 0181-0626
BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION TRIMESTRIELLE
SECTION A
zoologie
biologie et écologie
animales
4 e SÉRIE T. 12 1990 N° 1
Janvier-Mars 1990
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Professeur Ph. Taquet
Section A : ZOOLOGIE
Directeur : Pr Ph. Taquet.
Rédactrice : P. Dupérier.
Comité scientifique : R. C. Anderson (Guelph), M. L. Bauchot (Paris),
E. R. Brygoo (Paris), J. Carayon (Paris), A. Chabaud (Paris), A. M. Clark
(London), Y. Coineau (Paris), B. Collette (Washington), J. Daget (Paris),
C. Delamare Deboutteville (Paris), J. Dorst (Paris), C. Dupuis (Paris),
N. Halle (Paris), C. Heip (Gent), R. Killick-Kendrick (Ascot), Y. Lais-
sus (Paris), R. Laurent (Tucuman), C. Lévi (Paris), H. W. Levi (Cam¬
bridge, USA), C. Monniot (Paris), G. Pasteur (Montpellier), R. Paulian
(Ste Foy-la-Grande), P. Pesson (Paris), J. Vacelet (Marseille), M. Vachon
(Paris). A. Waren (Stockholm), P. Whitehead (London).
Un Comité de lecture examine tous les manuscrits reçus et nomme des rappor¬
teurs.
Fondé en 1895, le Bulletin du Muséum d’Histoire naturelle est devenu à partir de 1907 :
Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle. Des travaux originaux relatifs aux diverses
disciplines scientifiques représentées au Muséum y sont publiés. Il s’agit essentiellement
d’études de Systématique portant sur les collections conservées dans ses laboratoires, mais
la revue est également ouverte, depuis 1970 surtout, à des articles portant sur d’autres
aspects de la Science : biologie, écologie, etc.
La l re série (années 1895 à 1928) comprend un tome par an (t. 1 à 34), divisé chacun en
fascicules regroupant divers articles.
La 2 e série (années 1929 à 1970) a la même présentation : un tome (t. 1 à 42), six fasci¬
cules par an.
La 3 e série (années 1971 à 1978) est également bimestrielle. Le Bulletin est alors divisé
en cinq Sections et les articles paraissent par fascicules séparés (sauf pour l’année 1978
où ils ont été regroupés par fascicules bimestriels). Durant ces années chaque fascicule est
numéroté à la suite (n os 1 à 522), ainsi qu’à l’intérieur de chaque Section, soit : Zoologie,
n os 1 à 356 ; Sciences de la Terre, n os 1 à 70 ; Botanique, n os 1 à 35 ; Écologie générale,
n os 1 à 42 ; Sciences physico-chimiques, n os 1 à 19.
La 4 e série débute avec l’année 1979. Le Bulletin est divisé en trois Sections : A : Zoolo¬
gie, biologie et écologie animales ; B : Botanique, biologie et écologie végétales, phyto¬
chimie (fusionnée à partir de 1981 avec la revue Adansonia ) ; C : Sciences de la Terre, paléon¬
tologie, géologie, minéralogie. La revue est trimestrielle ; les articles sont regroupés en
quatre numéros par an pour chacune des Sections ; un tome annuel réunit les trois Sec¬
tions.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’Histoire naturelle,
38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris, tél. 43-31-71-24 ; 43-31-95-60.
— pour les abonnements et achats au numéro, au Service de vente des Publications du
Muséum, 38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris, tél. 43-31-71-24 ; 43-31-95-60.
C.C.P. Paris 9062-62.
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue Cuvier,
75005 Paris, tél. 45-87-19-17.
Abonnements pour l’année 1990 (Prix h.t.)
Abonnement général : 1 600 F.
Section A : Zoologie, biologie et écologie animales : 920 F.
Section B : Botanique, Adansonia : 430 F.
Section C : Science de la Terre, paléontologie, géologie, minéralogie : 430 F.
Numéro d’inscription à la Commission paritaire des publications et agences de presse : 1403 AD
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
4 e série, 12, 1990, section A (Zoologie, Biologie et Écologie animales), n° 1
SOMMAIRE — CONTENTS
F. J. Garcia, J. C. Garcia-Gômez and C. M a Lôpez de La Cuadra. — Runcina
macrodenticulata n. sp., a new Gastropoda Opisthobranchia from the Strait of
Gibraltar . 3
Runcina macrodenticulata n. sp., nouveau Gastropode Opisthobranche du détroit de Gibral¬
tar.
A. G. Chabaud et O. Bain. — Trois nouvelles Filaires parasites d’Oiseaux de forêts
équatoriales humides africaines. 9
Three new Filariae from african rain forest Birds.
J.-L. Justine et L. de Roguin. — Capillaria murissylvatici (Nematoda, Capillariinae),
parasite d’un Rongeur du Baluchistan iranien . 19
Capillaria murissylvatici (Nematoda, Capillariinae), parasite of a Rodent from iranian
Baluchistan.
J.-L. Albaret, F. Thiaucourt et A. di Maria. — Artyfechinostomum africanum n.
sp. (Digenea, Echinostomatidae) parasite de Civettictis civetta en Éthiopie ... 35
Artyfechinostomum africanum n. sp. (Digenea, Echinostomatidae) a parasite from Civet¬
tictis civetta in Ethiopia.
P. Bartoli and R. A. Bray. — Deretrema ( Spinoderetrema ) scorpaenicola sp. nov.
(Digenea, Zoogonidae) from the gall-bladder of western Mediterranean teleosts. 43
Deretrema (Spinoderetrama) scorpaenicola sp. nov. (Digenea, Zoogonidae) parasite de la
vésicule biliaire de Téléostéens de Méditerranée occidentale.
T. Pojmanska et C. Combes. — Quelques cercaires de Melanopsis praemorsa L. en
Algérie . 51
Some cercariae from Melanopsis praemorsa L. in Algeria.
I. Bartsch. — Hydrothermal vent fauna : Agauopsis auzendei n. sp. (Acari, Hala-
caridae). 69
Faune de fosse hydrothermale : Agauopsis auzendei n. sp. (Acari, Halacaridae).
E. Oliveira et L. Deharveng. — Isotomiella (Collembola, Isotomidae) d’Amazonie :
les espèces du groupe minor . 75
Isotomiella (Collembola, Isotomidae) from Amazonia : the species of the minor -group.
J. Najt, J.-M. Thibaud et W. M. Weiner. — Collemboles (Insecta) Poduromorphes
de Guyane française . 95
Collembola (Insecta) Poduromorpha from french Guyana.
H. Cagniant. — Contribution à la connaissance des fourmis marocaines : Aphaeno-
gaster atlantis Santschi, 1929 bona species (n. status) (Hymenoptera, Formici-
dae, Myrmicinae). 123
Contribution to the knowledge of Moroccan ants : Aphaenogaster atlantis Santschi, 1929
bona species (n. status) (Hymenoptera, Formicidae, Myrmicinae).
J. Casevitz-Weulersse. — Étude systématique de la myrmécofaune corse (Hyme¬
noptera, Formicidae) ( Première partie) . 135
A systematic study of the corsican myrmecofauna (Hymenoptera, Formicidae) (First part).
R. Cleva. — Sur les Stylodactylidae (Crustacea, Decapoda, Caridea) de l’Atlan¬
tique . 165
On the Stylodactylidae (Crustacea, Decapoda, Caridea) from the Atlantic.
P. K. L. Ng. — Currothelphusa asserpes gen. nov., sp. nov. (Crustacea Decapoda
Brachyura Sundathelphusidae) from a cave in Halmahera, Moluccas . 177
Currothelphusa asserpes gen. nov., sp. nov. (Crustacea Decapoda Brachyura Sundathelphu¬
sidae) d’une grotte de Halmahera, Moluques.
J. Forest et J. E. Garcia Raso. — Trizopagurus rubrocinctus sp. nov. des îles du
Cap-Vert (Decapoda, Diogenidae). 187
Trizopagurus rubrocinctus sp. nov. from the Cape Verde Islands (Decapoda, Diogenidae).
D. Robineau. — Les types de cétacés actuels du Muséum national d’Histoire natu¬
relle. II. Delphinidae, Phocoenidae. 197
Type specimens of cetaceans in the National Museum of Natural History (Paris). II. Del¬
phinidae, Phocoenidae.
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4' sér., 12, 1990,
section A, n“ 1 : 3-7.
Runcina macrodenticulata n. sp.,
a new Gastropoda Opisthobranchia
from the Strait of Gibraltar
by Francisco José Garcia, José Carlos Garcia-Gômez
and Carlos M a Lôpez de La Cuadra
Abstract. — Runcina macrodenticulata n. sp. is characterized by a ground slightly brown or olive
green, with a dorsal pattern of rich dark patches and yellowish white specks distributed regularly. On the
back, in the cephalic region there are two dark olive green bands and, externally to these, are two
yellowish white curved bands. These bands are separated by means of a medial clear brown band. There
are three gills. The radular formula is 20 x 1.1.1. The central tooth is slightly bilobed, each lobe having 4-
6 slender denticles. The lateral teeth are hook-shaped and show 8 big denticles. The 4 gizzard plates have
7 irregular crests or denticles.
Résumé. — Runcina macrodenticulata n. sp., du détroit de Gibraltar (nord de l’Afrique), est
caractérisé par une coloration générale marron clair ou vert olive, avec un dessin dorsal constitué de
nombreuses taches sombres et de petits points blanc jaunâtre régulièrement distribués. Deux bandes vert
olive foncé bordent la région céphalique et sont flanquées latéralement de deux bandes blanc jaunâtre. Ces
bandes sont séparées par une autre bande marron clair. Il y a trois branchies. La formule radulaire est
20 x 1.1.1. La dent centrale est légèrement bilobée, chaque lobe ayant 4 à 6 petits denticules. Les dents
latérales sont crochues et portent 8 forts denticules. Les 4 plaques gésiales ont 7 crêtes irrégulières.
Resumen. — La especie Runcina macrodenticulata n. sp. se caracteriza por su coloraciôn general
castano claro o verde oliva, con numerosas manchas pequenas de color negro y también otras blanco
amarillento regularmente distribuidas sobre el dorso. El borde del noto es de color castano claro. En la
region cefâlica existe una banda longitudinal central de color castano y otras dos latérales verde oliva.
Externamente a éstas, la region cefâlica se muestra de color blanco amarillento. R. macrodenticulata tiene
très branquias. La formula radular es 20 x 1.1.1, con los dientes centrales ligeramente bilobulados y los
latérales ganchudos y provistos de 8 denticulos bien desarrollados. Las 4 plaças gâstricas tienen 7 crestas
irregulares.
F. J. Garcia, J. C. Garcia-Gômez and C. M a Lôpez de La Cuadra, Laboratorio de Biologla marina (Zoolo-
gia) ; Dept. de Fisiologia y Biologla animal; Facultad de Biologia; Avda Reina Mercedes s/n; Aptdo 1095;
41080 Sevilla, Espana.
Introduction
Several animals of an unknown species of Runcina were collected during the international
expedition of marine biology CEUTA-86, in the Strait of Gibraltar (Northern Africa) during
may of 1986, organized by the Laboratoire de Biologie des Invertébrés Marins et Malacologie
of the Muséum national d’Histoire naturelle, Paris (Dr. P. Bouchet), and the Laboratorio de
Biologia Marina de la Facultad de Biologia de Sevilla (Dr. J. C. Garcia-Gômez).
— 4 —
This new species, named Runcina macrodenticulata, constitutes the third new species
collected during the expedition CEUTA-86. The description of the other two unknown species,
Tambja ceutae Garcia-Gômez and Ortea, 1988, and Trapania hispalensis Cervera and Garcia-
Gômez, 1988, were published recently (Garcia-Gômez and Ortea, 1988; Cervera and
Garcia-Gômez, 1988).
Order CEPHALASPIDEA Fischer, 1883
Family Runcinidae H. and A. Adams, 1853
Genus RUNCINA Forbes and Hanley, 1853
Runcina macrodenticulata n. sp.
Material. — Five specimens were dredged up near the Playa de Benitez (35°54'12"N; 5°19'39"W)
from a depth of 25 m.
Description
External anatomy (fig. 1 A) : The specimens (3-4 mm in length) have the notum slightly
convex and the head is bilobed in front. The anus is located behind the end of the notum to
left of the three gills, which are situated posteriorly on the right side. The food extends as a
short tail during locomotion behind the notum. There is no posterior notai crest.
Coloration : R. macrodenticulata displays a ground colour slightly brown or olive green,
with a dorsal pattern of rich dark patches and yellowish white specks distributed regularly. In
some specimens the yellowish white specks are as abundant as those of the notum which are
whitish in colour. The notum has a clear narrow brown border. The cephalic region shows a
middle line brown band, two lateral dark olive green bands and, externally to these, there are
two yellowish white bands. The foot has a dark olive green band and translucent margins.
Internal anatomy : The radular formula is 20 x 1.1.1 (one specimen of 4 mm in length).
The rachidian teeth are slightly bilobed, each lobe having 4-6 denticles which have irregular
sizes. The lateral teeth are broad and hook-shaped and show 8 big denticles (fig. 1 B-C). The 4
gizzard plates have 7 transversal crests. Some of these crests are made up of two or three little
crests which joined together to form the principal crests (fig. 1 D).
Origin of the name. — This species of Runcina is named macrodenticulata for the big denticles
present in the lateral teeth of the radula.
Holotype. — One specimen of 3 mm in length has been deposited in the collections of the Muséum
national d’Histoire naturelle, Paris. The paratypes are located in the collections of the Laboratorio de
Biologia marina, Sevilla.
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1. — Runcina macrodenticulata n. sp. : A, dorsal view of an animal (b = black; br = brown; g = gills;
og = olive green ; t = translucent ; yw = yellowish white) ; B, radula ; C, details of the radular teeth (a, c, frontai
and lateral view of a lateral tooth; b, central tooth); D, lateral view of a gizzard plate.
Discussion
The radula of our species, with lateral teeth provided with some big denticles, makes it
different from all the atlantic and mediterranean species of Runcina in which the lateral teeth
are either smooth (R. capreensis Mazzarelli, 1894; R. africana Pruvot-Fol, 1953; R. ferruginea
Kress, 1977; R. adriatica Thompson, 1980; R. brenkoae Thompson, 1980 and R. zavodniki
Thompson, 1980) or finely denticulated ( R. coronata Quatrefages, 1844 and R. aurata Garcia,
Lôpez, Luque and Cervera, 1986). Besides in R. capreensis the central teeth are also smooth
(Mazzarelli, 1894; Kress, 1977; Thompson and Brodie, 1988). In regard to the coloration,
the species R. capreensis, R. ferruginea, R. adriatica, R. brenkoae and R. zavodniki differ from
R. macrodenticulata. Although the description that have been done on the coloration of R.
coronata show important differences (Quatrefages, 1844; Alder and Hancock, 1846;
Vayssière, 1883, 1913, 1930; Pruvot-Fol, 1954; Ortea, 1976; Thompson, 1976, 1980;
Thompson and Brown, 1976; Kress, 1977; Ballesteros and Ortea, 1981; Garcia et ai,
1986), especially if one takes as a point of reference the original description made by
Quatrefages (1844) (on account of this we think that this species has to be revised). However
R. coronata differs from R. macrodenticulata because the latter displays a ground colour
slightly brown or olive green with dark patches and yellowish white specks on the notum,
while R. coronata is very dark. Besides, R. macrodenticulata has a middle of brown band and
two lateral dark olive green bands in the cephalic region, which are not present in R. coronata.
Our species presents a similar coloration to that of R. africana and R. aurata (Pruvot-Fol,
1953 ; Garcia et al., 1986), but the dorsal bands of the cephalic region, among other features,
are different.
The rest of the Runcina species reviewed by Thompson and Brodie (1988) differ from R.
macrodenticulata in the radula. Only radula of R. inconspicua Verrill, 1901/03, is unknown, but
this species differs from R. macrodenticulata because it has a dark green-brown notum with a
narrow orange border and the foot is light green with dots and orange-violet margins
(Verrill, 1901/03; Kress, 1977; Thompson and Brodie, 1988). The radula of R. prasina
Môrch, 1863 is unknown too, but according to Kress (1977) what is known about this species
makes it doubtful if it grouping within the genus Runcina is correct.
Acknowledgements
We wish to thank to Dr. Bouchet and Dr. S. Gofas for providing facilities during the international
expedition of marine biology “CEUTA-86” and Dr. J. L. Cervera for assistance in the elaboration of
the manuscript. We are grateful to the club Nâutico CAS from Ceuta for helping us during the
expedition.
This paper has been partially supported by the project DGICYT PB-87-0397 of Spain.
REFERENCES
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Cervera, J. L., and J. C. Garcia-Gômez, 1988. — Dos nuevas especies de Trapania Pruvot-Fol, 1931
(Gastropoda : Nudibranchia) del sur de Espana. Boll, malacol., 24 (9-12) : 189-204.
GARcla, J. C, C. M. Lôpez, A. A. Luque and J. L. Cervera, 1986. — Description comparativa de
Runcina aurata n. sp. y R. coronata (Quatrefages, 1844) (Gastropoda : Opisthobranchia). Cah.
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Garcia-Gômez, J. C., and J. A. Ortea, 1988. — Una nueva especie de Tambja Burn, 1962 (Mollusca,
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Kress, A., 1977. — Runcina ferruginea n. sp. (Cephalaspidea : Opisthobranchia : Gastropoda), a new
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Pruvot-Fol, A., 1953. — Étude de quelques opisthobranches de la côte atlantique du Maroc et du
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— 1954. — Mollusques Opisthobranches. Faune Fr., 58. Paris, Paul Lechevalier.
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Thompson, T. E., and G. H. Brown, 1976. — British Opistobranch Molluscs. Synopses of the British
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Verrill, A. E., 1901/03. Additions to the fauna of the Bermudas. Trans. Conn. Acad. Arts. Sci., 11 :
15-62.
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 12, 1990,
section A, n° 1 : 9-18.
Trois nouvelles Filaires parasites d’Oiseaux
de forêts équatoriales humides africaines
par Alain G. Chabaud et Odile Bain
Résumé. — Andersonfilaria bartlettae n. sp., parasite à' Halcyon malimbica, en République Centrafri¬
caine, est la deuxième espèce du genre. Elle diffère de l’espèce-type par des microfilaires plus courtes et par
la queue plus courte chez le mâle et chez la femelle. Cardiofilaria erardi n. sp., parasite à' Ale the diademata
castanea au Gabon et C. brosseti n. sp., parasite de Campethera caroli au Gabon, sont les premières
Cardiofilaria décrites chez des oiseaux africains. Elles font partie du groupe des espèces pourvues d’un
anneau chitinoïde préœsophagien. C. erardi se distingue essentiellement par un important dimorphisme
sexuel et des spicules de longueurs assez différentes. C. brosseti est pourvu d’ailes latérales et se rapproche
donc de C. nuda d’Amérique du Nord. Elle s’en distingue essentiellement par sa cuticule très épaisse et par
ses dimensions.
Abstract. — Three new Filariae from african rain forest Birds. — Andersonfilaria bartlettae n. sp.,
parasite of Halcyon malimbica, in Central-Africa is the second species of the genus. It differs from the type
species by its shorter microfilariae and by the shorter tail of both sexes. Cardiofilaria erardi n. sp., parasite
of Alethe diademata castanea (Gaboon) and C. brosseti n. sp., parasite of Campethera caroli (Gaboon) are
the first two species described from African birds. Both belong to the group of species with a
precesophageal ring. C. erardi is characterised mainly by its sexual dimorphism and by the more than
usual unequal length of the spicules. C. brosseti with large lateral alae should be compared with C. nuda
from North America. It differs from the latter by a thicker cuticule and different measurements.
A. G. Chabaud et O. Bain, Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNRS, Muséum national d’Histoire natu¬
relle, 61, rue Buff on, 75231 Paris cedex 05, France.
Il est normal que la diversité spécifique des organismes libres vivant en forêt équatoriale
humide se retrouve dans l’étude des organismes parasites.
Chez les Oiseaux, dans la grande majorité des cas, et même lorsque le sang révèle la
présence de deux ou trois espèces différentes de microfilaires, l’autopsie reste négative ou ne
fournit qu’un seul sexe.
Plusieurs facteurs expliquent cette constatation : a) la plupart des Filaires parasites
d’Oiseaux sont extrêmement minces et difficiles à voir ; b) comme il est démontré pour les
Eulimdana (Bartlett et Anderson, 1989), il est vraisemblable que la longévité des
microfilaires soit plus forte que celle des adultes ; c) en outre, et conformément à la règle des
faunes de forêts équatoriales humides, les Filaires paraissent être très diversifiées mais n’avoir
qu’un taux de parasitisme peu élevé.
Les trois espèces décrites ci-dessous proviennent d’Oiseaux, morts accidentellement dans
des filets, et constituent des cas favorables où les deux sexes du Nématode ont été découverts.
Andersonfilaria bartlettae n. sp.
Hôte : Halcyon malimbica (Shaw), Alcedidae, (72 HE).
Localité : La Maboké, près M’Baiki, République Centrafricaine, 12-04-1986.
Matériel et localisation : Un mâle holotype et une femelle allotype dans une aponévrose sous-
cutanée abdominale. Une femelle entre les muscles de la cage thoracique (spécimen éclaté). Deux mâles
(dont un éclaté) dans les aponévroses des muscles abdominaux.
Description
Dimorphisme sexuel très marqué, le mâle étant six à sept fois plus petit que la femelle.
Corps épais, longuement atténué en avant mais brusquement dilaté dans la région cervicale.
Papilles labiales et céphaliques peu visibles. Anneau nerveux bien développé constituant
presque une cloison transversale dans l’extrémité antérieure du Ver. Œsophage court et grêle à
lumière non perceptible. Intestin étroit, avec, chez la femelle, un rectum mal défini, rattaché à
la paroi ventrale par un ligament; anus absent. Extrémité postérieure du corps arrondie.
Mâle holotype : Corps long de 3500 pun, large au maximum de 90 pim. Anneau nerveux à
70 pim de l’apex. Œsophage long de 90 pim. Testicule remontant jusque dans la région
œsophagienne où se trouve la boucle terminale. Queue courte (65 pim) et arrondie, avec une
paire de phasmides apicales et une paire de papilles peu saillantes au tiers antérieur de la
queue. Spicules subégaux mais dissemblables figurés en 1 E. Le gauche est long de 55 pim, le
droit de 52 pim.
Mâle paratype : Longueur du corps 3300 pim, largeur 90 pim. Anneau nerveux à 60 pim de
l’apex. Œsophage long de 120 pim, queue de 50 pim. Spicule gauche long de 57 pim, droit de
52 pim.
Femelle allotype : Corps long de 22700 pim, large au maximum de 350 pim. Anneau nerveux
à 65 pim de l’apex. Œsophage long de 370 pim. Vulve à 240 pim de l’extrémité antérieure ; pas de
sphincter différencié; ovéjecteur impair long de 1400pim; oviductes très courts situés l’un à
12500 pim, l’autre à 19000 pim de l’extrémité antérieure. Queue longue de 190 pim.
Microfilaire : Les microfilaires, prélevées dans l’utérus de la femelle éclatée, n'ont pas de
crochet céphalique perceptible. Elles sont longues de 83 pim et larges de 4,5 pim. Le corps à
extrémité antérieure arrondie s’amincit très progressivement jusqu’à la pointe caudale. La
figure indique la forme et l’emplacement des deux noyaux céphaliques et des derniers noyaux
caudaux.
Discussion
L’anus n’étant pas subterminal et les spicules étant peu différents l’un de l’autre, l’espèce
se classe dans la sous-famille des Splendidofilariinae ; l’œsophage très réduit rapproche l’espèce
du genre Splendidofilaria (voir Anderson et Bain, 1976).
IO
— 12 —
Dans la clé des Filaires parasites d’Oiseaux proposée plus récemment par Bartlett et
Anderson (1987), l’ensemble des espèces dont l’anus n’est pas subterminal et dont l’œsophage
est très réduit est divisé en deux genres : le genre Splendidofilaria Skrjabin, 1923 (deux paires de
papilles céphaliques) et le genre Andersonfilaria Bartlett et Bain, 1987 (quatre paires de papilles
céphaliques).
Ces papilles céphaliques n’apparaissent pas nettement sur notre matériel; cependant,
l’ensemble des caractères et en particulier le dimorphisme sexuel très marqué rapproche notre
espèce de l’espèce-type unique Andersonfilaria africanus Bartlett et Bain, 1987. La microfilaire,
bien que très différente, présente cependant un amincissement progressif de l’extrémité
postérieure commun aux deux espèces. La diagnose générique correspond en tous points ; nous
plaçons donc l’espèce dans le genre Andersonfilaria.
L’espèce-type A. africanus, parasite d’un Estrildidae africain, se distingue aisément de
notre matériel par ses microfilaires plus longues (250 [xm au lieu de 83) et par la queue des
adultes qui, chez le mâle comme chez la femelle, est deux ou trois fois plus longue que large.
L’espèce est donc nouvelle et nous la nommons Andersonfilaria bartlettae n. sp. pour la dédier
à notre collègue le Dr Cheryl M. Bartlett.
Cardiofilaria erardi n. sp.
Hôte : Alethe diademata castanea (Cassin), Turdidae, (105 DS et 124 DS).
Localité : Makokou, Gabon.
Matériel et localisation : Un mâle holotype (124 DS) recueilli dans l’eau de rinçage de la carcasse
(05-08-81). Une femelle allotype (105 DS) dans la cavité générale d’un autre oiseau de même espèce (01-
08-81). Nombreuses microfilaires sur sang en goutte épaisse coloré au giemsa : lames N VI 104 (105 DS)
et N VI 106, N VI 141 (124 DS).
Description
Tête de forme carrée avec papilles bien saillantes. Pas d’ailes latérales. Extrémité
antérieure de l’œsophage portant un anneau chitinoïde bien marqué. Œsophage cylindrique
non atrophié suivi d’un intestin très large. Mâle avec queue courte et arrondie portant une
paire de papilles proches de l’extrémité postérieure et trois ou quatre paires, peu visibles,
situées sur un cercle péricloacal. Spicules dissemblables de longueur un peu inégale ; le droit
terminé en une sorte de capuchon arrondi, coiffant la pointe; le gauche terminé en lame à
pointe aiguë. Sur la zone médio-ventrale, la face interne de la cuticule est ondulée. Ces
ondulations correspondent à l’insertion de muscles particulièrement développés dans cette
région; il s’agit donc d’un véritable organe préfigurant Y area rugosa. Femelle avec vulve
punctiforme, très postérieure à l’œsophage. Portion initiale de l’ovéjecteur dirigée postérieure¬
ment, puis recourbé vers l’avant pour donner naissance à deux utérus; oviductes et ovaires
postérieurs. Microfilaires de grande taille.
Mâle holotype : Corps long de 4700 fi.m, large de llOpim. Anneau nerveux à 132 gm de
l’apex. Œsophage long de 310 fxm. Spicule droit long de 52 gm; spicule gauche de 85 p.m. Zone
— 14 —
cuticulaire ventrale différenciée située de 480 à 230 ;xm au-dessus du cloaque (donc haute de
250 Queue longue de 45 [jn.
Femelle allotype : Corps long de 11500 pun, large de 220 pan. Anneau nerveux à 140 pun de
l’apex. Œsophage long de 380 pim. Vulve à 740 pim de l’extrémité antérieure. Queue longue de
120 pim.
Microfilaire : Longueur du corps de 225 à 245 pim. Un spécimen long de 225 pim est large
de 7pim; espace céphalique haut de 9pim; corps interne long de 40pim, situé à 125pim de la
tête.
Discussion
Des révisions du genre ont été faites par Sonin (1968), par Anderson et Freeman (1969),
et par Bartlett (1979). Il n’y a pas, à notre connaissance, d’espèces nouvelles décrites depuis
cette date. Bartlett reconnaît l’existence de neuf espèces valides et de deux species
inquirendae ; cependant la systématique du genre reste difficile car les adultes ont peu
d’éléments caractéristiques. Les meilleurs caractères spécifiques résident vraisemblablement
dans la morphologie des microfilaires mais il est difficile de comparer les descriptions de
microfilaires qui varient selon les auteurs et selon les techniques d’étude.
Le Cardiofilaria décrit ci-dessus est le premier qui soit signalé de la région éthiopienne.
Deux espèces sont décrites de la région malgache : C. andersoni (Chabaud, Brygoo et Richard,
1964) chez Nectarinia souimanga apolis (Nectariniidae) et C. major (Bartlett, 1979) chez Coua
reynaudii (Cuculidae). Toutes deux sont dépourvues de l’anneau chitinoïde préœsophagien
présent chez notre espèce. Cet organe bien caractéristique est signalé dans le groupe d’espèces
suivant :
— C. nuda (Hamann, 1940), parasite de Chaetura pelagica (Apodidae), aux États-Unis.
L’espèce est pourvue d’ailes latérales non signalées chez les autres espèces (voir Anderson et
Chabaud, 1959);
— C. dubia (Johnston et Mawson, 1940), parasite de Geoffroyus geoffroyi maclennani
(Psittacidae) en Australie. L’espèce, peu connue, est de taille relativement grande (mâle 15 mm,
femelle 25 mm);
— C. stepheni Schmidt et Neiland, 1973, parasite de Cymbilaimus lineatus fasciatus
(Formicariidae) au Nicaragua. L’espèce est remarquable par des papilles caudales nombreuses
et par des microfilaires plus petites (llOjrm) que celles des congénères;
— C. pavolvskyi Strom, 1937, parasite d 'Oriolus oriolus au Turkmenistan, C. inornata
(Anderson, 1956), parasite de Hylocicla mustelina au Canada, C. campanae (Chabaud et
Golvan, 1956), parasite de Turdus musicus en France, C. ardae (Mawson, 1957), parasite
d’Ardea herodias au Canada. Ces taxons sont considérés tantôt comme des synonymes tantôt
comme des espèces valides (Sonin, 1968 ; Anderson et Freeman, 1969 ; Gibson, 1973 ; Lopez-
Caballero, 1977 ; Bartlett, 1979, 1982). De très nombreuses espèces d’Oiseaux holarctiques,
appartenant à douze familles différentes ont été mentionnées comme hôtes (voir Bartlett,
1979).
— 15 —
L’ensemble de ces formes diffère de notre matériel par la plus grande similitude dans la
longueur des spicules : le droit a 10 ou 15 fxm de moins que le gauche. Chez notre spécimen, au
contraire, cette différence de longueur est plus sensible (52 qm et 85|xm).
Le Nématode décrit ci-dessus ne peut donc être rattaché à aucun taxon déjà décrit. On
notera en outre que l’espèce est plus petite que les autres : mâle de moins de 5000 fxm, et que le
dimorphisme sexuel est plus grand : longueur du mâle n’atteignant pas la moitié de la longueur
de la femelle. Nous nommons l’espèce Cardiofilaria erardi n. sp., en l’honneur de notre collègue
ornithologiste, le Pr. Christian Erard.
Cardiofilaria brosseti n. sp.
Hôte : Campethera caroli (Malherbe), Picidae, (107 DS).
Localité : Makokou, Gabon.
Matériel et localisation : Un mâle allotype (deux fragments postérieurs, le fragment céphalique
non récolté), une femelle holotype et deux femelles paratypes dans la veine porte hépatique. Très
nombreuses microfilaires dans le sang cardiaque (Frottis N VI 105).
Description
Au moment de la récolte, les Vers sont immobiles dans la veine porte hépatique. Le corps,
relativement trapu, est recouvert d'une cuticule très épaisse. Il existe des ailes latérales, bien
marquées tout le long du corps, qui sont présentes au niveau buccal ; la tête est plus large en
vue médiane (fig. 3 A) qu’en vue latérale (fig. 3 B). Anneau chitinoïde préœsophagien présent.
Œsophage simple bien développé en relation avec un intestin large à lumière ample. Femelle à
vulve punctiforme, postœsophagienne. Ovéjecteur remontant vers l’avant jusqu’à la fin de
l’œsophage, puis recourbé vers l’arrière et donnant deux utérus. Opistodelphie. Queue courte
et irrégulièrement arrondie. Microfilaires longues à queue très fine. Mâle avec queue courte,
conique, arrondie. La zone précloacale ventrale est pourvue de petites stries longitudinales
sous-cuticulaires peu marquées; l’aspect de pseudo area rugosa est donc perceptible, mais
moins nettement que chez l’espèce précédente. Cloaque au sommet d’un léger monticule
arrondi ; une paire de papilles peu visibles dans la région moyenne de la queue. Spicules peu
inégaux. Le droit à pointe arrondie située postérieurement à la pointe du gauche, celle-ci en
forme de lame mince.
Femelles holotype et paratypes : Corps long de 18500 (xm (holotype), de 17000 et 16700 |xm
(paratypes), large au maximum de 380 txm (400 et 350). Anneau nerveux à 150|xm de l’apex
(150 et 150). Œsophage long de 480 gm (450 et 470). Vulve à 1200fxm de l’extrémité antérieure
(1150 et 1050); ovéjecteur impair long de 1200fxm (1100 et 1200). Queue longue de 140[xm
(120 et 110).
Mâle allotype : Longueur du corps estimée à 1 3000 ixm ; largeur maximum 200 fxm. Queue
longue de 63 gm. Spicules subégaux mais dissemblables. Le gauche est long de 93 jxm (fig. 3 D),
le droit de 72 jxm (fig. 3 F).
— 17 —
Microfilaire : Longueur du corps de 310 à 382 Un spécimen long de 310|xm est large
de 7 pm ; espace céphalique haut de 8 fxm ; anneau nerveux à 80 fj.m et cellule excrétrice à
llOfrm de l’apex; corps interne long de 65[xm, situé à 185pm de la tête.
Discussion
En plus des caractères génériques communs aux Cardiofilaria , l’espèce a des analogies
avec C. erardi : structure de l’œsophage et de l’intestin, anneau préœsophagien, forme des
extrémités caudales, forme des pointes spiculaires, légers reliefs sous-cuticulaires dans la zone
ventrale précloacale. Cependant, par l’épaisseur de sa cuticule et par ses fortes ailes latérales,
l’espèce a un aspect général très différent.
C. nuda (Hamann, 1940), parasite de Chaetura pelagica (Apodidae), aux États-Unis, a été
redécrite par Anderson et Chabaud (1959); c’est la seule espèce pourvue d’ailes latérales.
L’espèce américaine est très proche de l’africaine. Elle en diffère par sa cuticule mince, par des
spicules un peu plus courts et, dans les deux sexes, une queue un peu plus longue. L’espèce
parasite de Campethera caroli est donc nouvelle et nous la nommons Cardiofilaria brosseti en
l’honneur de notre collègue et ami André Brosset, ancien directeur de la station biologique de
Makokou.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Capillaria murissylvatici (Nematoda, Capillariinae),
parasite d’un Rongeur du Baluchistan iranien
par Jean-Lou Justine et Louis de Roguin
Résumé. Des spécimens de Capillaria murissylvatici (Diesing, 1851) Travassos, 1915, ont été
trouvés dans le tube digestif du paratype de Microtus kermanensis de Roguin, 1988, petit Rongeur des
montagnes du Baluchistan iranien. Une comparaison a été effectuée avec des spécimens parasites de
Clethrionomys glareolus en France. L’espèce est caractérisée, chez la femelle, par la présence d’un
appendice vulvaire très variable et des œufs pourvus d’incisions longitudinales en surface, et chez le mâle,
par la présence de deux ailes latéro-caudales, un spicule épais (long de 200-215 u.m), un cirre inerme, une
bourse caudale soutenue par deux expansions bifurquées, un canal éjaculateur très long (2050-2590 (^m).
Le cloaque postérieur du mâle a une section transversale en forme de croissant et une puissante cuticule
ventrale qui correspond au cirre invaginé. Capillaria wioletti Rukhlyadeva, 1950, est considéré comme un
synonyme plus récent de cette espèce.
Mots-clés. — Capillaria murissylvatici, Microtus kermanensis, Nematoda, Capillariinae, Morpholo¬
gie, Iran.
Abstract. — Specimens of Capillaria murissylvatici (Diesing, 1851) Travassos, 1915, were found in
the digestive tract of the paratype of Microtus kermanensis de Roguin, 1988, a small rodent from the
iranian Baluchistan mountains. Specimens of this species from French Clethrionomys glareolus were also
examined for comparison. This species is characterized in females, by the presence of a very variable
vulvar appendage and eggs with longitudinal surface incisions, and in males, by the presence of two
latero-caudal alae, a thick spicule 200-215 [un in length, a non-spiny cirrus, a caudal bursa supported by
two forked protrusions, and a very long ejaculatory duct (2050-2590 |im in length). The posterior cloaca
in the male has a crescent-shaped transverse section and a thick ventral cuticle which corresponds to the
invaginated cirrus. Capillaria wioletti Rukhlyadeva, 1950, is considered a junior synonym of this species.
Key-words. — Capillaria murissylvatici, Microtus kermanensis, Nematoda, Capillariinae, Morpholo¬
gy, Iran.
J.-L. Justine, Laboratoire des Vers, Muséum national d’Histoire naturelle, 61, rue Buff on, 75231 Paris cedex 05,
France.
L. de Roguin, Département de Mammalogie et d'Ornithologie, Muséum d’Histoire naturelle, Case Postale 434,
CH-1211 Genève 6, Suisse.
Introduction
Au cours d’une étude des micromammifères du Baluchistan iranien, quelques parasites
ont pu être récoltés. Nous présentons ici la description de Capillaria murissylvatici (Diesing,
1851) Travassos, 1915; l’hôte concerné ici est un Rongeur rare appartenant à une espèce
récemment décrite, Microtus kermanensis de Roguin, 1988. Pour comparaison et confirmation
de l’identification de l’espèce, des spécimens parasites de Clethrionomys glareolus en France ont
aussi été examinés.
— 20 —
Matériel examiné
Matériel d’Iran (la description et les figures sont basées uniquement sur ce matériel)
Hôte : Microtus kermanensis de Roguin, 1988, paratype; conservé au MHNG (Genève), numéro
1686.85.
Localité, date : Zarda, 3 km sud de Laleh-Zar, altitude 3500 m, versant nord du Kuh-e Laleh-Zar,
environ 120 km au sud de Kerman ; coordonnées : 29°38' N-56°49' E, province de Kerman, Iran, le 22 juin
1975. Matériel légué par M. Desfayes et J.-C. Praz, récolte des parasites par M.-C. Durette-Desset en
1988.
Localisation : Tube digestif.
Matériel : 3 ? et 2 $. Les spécimens sont déposés au MNHN (Paris), lot 39 JL (2 T et 1 Ç) et au
MHNG (Genève), numéro 975.366 (le? et 1 $).
Matériel de France
Hôte : Clethrionomys glareolus.
Localité, date : Richelieu, Indre-et-Loire, France, le 24 août 1962.
Localisation : Estomac.
Matériel : 5 <?, 5 Ç incomplètes, 1 $ complète. Les spécimens sont enregistrés au MNHN sous le
numéro 40 JL.
Les observations ont été pratiquées à l’aide d’un microscope équipé du contraste interférentiel de
Nomarski.
Liste des abréviations utilisées dans les figures
List of abbreviations in figures-text
AS : extrémité antérieure du spicule /anterior extremity of spicule.
AV : appendice vulvaire /vulvar appendage.
BB : bande bacillaire latérale, vue de surfac e/lateral bacillary band, surface view.
bb : bande bacillaire latérale, vue par transparence/Zutera/ bacillary band, as seen through the body.
c : stries transversales de la cuticule, vue de surfac e/transversal striations of cuticle, surface view.
ce : canal éjaculateur, coupe optiqu e/ejaculatory duct, as seen via optical section
CE-C : limite canal éjaculateur-cloaqu e/ejaculatory duct-cloaca junction.
El : entrée de l’intestin dans le canal éjaculateur /junction of intestine with ejaculatory duct
i : intestin, coupe optiqu e/intestine, optical section.
I-R: limite intestin-rectum /intestine-rectum junction.
PO : extrémité postérieure de l’ovair ^/posterior extremity of ovary.
PS : extrémité postérieure du spicule/posterior extremity of spicule.
PT : extrémité postérieure du testicule /posterior extremity of testis.
S-CE : limite sphincter musculaire-canal éjaculateur /muscular sphincter-ejaculatory duct junction.
t : testicule, coupe op tique/ testis, optical section.
V : vul ve/vulva.
vs : vésicule séminale, coupe optique /seminal vesicle, optical section.
— 21
VS-S : limite vésicule séminale-sphincter m u sc u 1 a i re/.s<?m /«a / vesicle-muscular sphincter junction.
W-VU : limite vagin vrai-vagin utérin/ vagina vera-vagina uterina junction.
1, 2, etc. : numéros des stichocytes/stichocyte numbers.
Capillaria murissylvatici (Diesing, 1851) Travassos, 1915
Synonymes : Trichosome du mulot Dujardin, 1845; Trichosomum mûris sylvatici Diesing, 1851;
Capillaria halli Kalantarian, 1924; Aonchotheca mûris sylvatici (Diesing, 1851) Lôpez-Neyra, 1947;
Capillaria wioletti Rukhlyadeva, 1950; Capillaria murissylvatici 1 . in Roman, 1951 ; Aonchotheca wioletti
(Rukhlyadeva, 1950) Moravec, 1982.
1 — Parasites de Microtus kermanensis en Iran
Mâles
(Les mesures sont données pour les trois spécimens du lot 39 JL.)
Aspects généraux : Corps long de 10400, 8850, 10100 pm, large de 46, 46, 44 pm au niveau
de la jonction œsophage-intestin, largeur maximum 56, 53, 55 pm. Anneau nerveux non vu.
Préœsophage (fig. 1 A) long de 255, 170pm. Œsophage total long de 2800, 2100, 2800 pm.
Stichosome : Stichocytes disposés sur une seule rangée, nombre de stichocytes 31, 29.
Stichocytes allongés, plus longs que larges. Alternance irrégulière de stichocytes longs et courts
(fig. 1 C). Dernier stichocyte (fig. 2 A) long de 123, 95, 85 pm et large de 40, 35, 35 pm. Long
stichocyte au milieu du stichosome (fig. 1C) long de 135pm et large de 30 pm.
Bandes bacillaires et stries cuticulaires : Deux bandes bacillaires latérales presque égales,
largeur 7 pm, pores disposés sur une rangée, à l’avant du stichosome (fig. 1 A, 1 B), 16 p.m, 2-3
rangées de pores, au milieu du stichosome (fig. 1C), 19 et 20 pm, 3-4 rangées de pores, à
l’arrière du stichosome (fig. 2 A), llpm, 1-2 rangées de pores, au niveau de l’extrémité
postérieure de la vésicule séminale (fig. 3 A), et 10 pm, 1-2 rangées de pores, au niveau du canal
éjaculateur (fig. 2C). Extrémité postérieure des bandes bacillaires à 140 pm de l’extrémité
postérieure du corps. Stries cuticulaires transversales espacées de 1,4 pm à l’avant (fig. 1 B).
Appareil génital mâle : Extrémité antérieure du testicule au niveau de la jonction
œsophage-intestin (fig. 2 A). Extrémité postérieure du testicule au niveau du sphincter vésicule
séminale-canal éjaculateur (fig. 2 B, 3 A). Canal déférent différencié en une vésicule séminale
suivie par un sphincter puis un canal éjaculateur extrêmement long (fig. 2 B). Distance de
l’extrémité postérieure de la vésicule séminale à l’extrémité postérieure du corps 2800 pm.
Longueur du sphincter 330, 380 pm (fig. 3 A). Longueur du canal éjaculateur 2200, 2590,
2050 pm, largeur 30-40 pm. Insertion de l’intestin dans la partie postérieure du canal
éjaculateur, 80 pm en avant de son extrémité postérieure (fig. 2 B). Cloaque faisant suite au
canal éjaculateur, à paroi fine et musculaire (fig. 2 B, 2 C, 3 B-D). Longueur totale du cloaque
275, 250, 275 pm. Insertion du spicule 65, 55 pm en arrière de l’extrémité antérieure du cloaque.
Le cloaque anté-spiculaire forme une boucle dans un des trois spécimens. Spicule épais, bien
— 23 —
Fig. 2. — Capillaria murissyhatici <$ (de Microtus kermanensis ), vue latérale : A, derniers stichocytes, jonction
œsophage-intestin, extrémité antérieure du testicule et de la vésicule séminale; B, schéma général de l’appareil
génital de l’extrémité postérieure de la vésicule séminale à la queue; C, extrémité postérieure du corps (canal
éjaculateur, cloaque, spicule et bourse caudale). (Échelles : A, 40|im; B, 200 pim; C, 30pim.)
— 24 —
Fig. 3. — CapiUaria murissylvatici $ (de Microtus kermanensis) : A, vue latérale, sphincter entre la vésicule séminale et
le canal éjaculateur; B, extrémité postérieure, vue ventrale (les flèches marquées (E) et (F) indiquent le niveau
approximatif des coupes transversales représentées dans les figures correspondantes) ; C, extrémité postérieure, vue
latérale ; D, extrémité postérieure, vue dorsale ; E, coupe transversale du corps au niveau de la partie antérieure du
spicule ; F, coupe transversale du corps au niveau du cloaque postérieur : cloaque à section en forme de croissant et
cuticule puissante à sa face ventrale, correspondant à la partie externe du cirre invaginé. Au centre, spicule entouré
par la partie interne du cirre. (Echelles : A, 60 ^m ; B-D, 30 uni ; E, F, 20 ;j.m.)
— 25 —
sclérifié, à surface marquée de stries transversales (fig. 2 C, 3 B-D). Longueur du spicule 200,
210, 215 pim. Extrémité antérieure du spicule un peu élargie (largeur 13 pim), région moyenne
du spicule plus fine (6 pim), extrémité postérieure élargie (9 pim) puis amincie, pointe pourvue
d’une petite dilatation (fig. 2C, 3 B-D). Section du spicule circulaire dans sa région antérieure
(fig. 3 E) comme dans sa pointe postérieure (fig. 3 F). Cirre inerme. Chez les trois spécimens, le
spicule et le cloaque sont courbes, et le spicule et le cirre ne sortent pas du corps.
Importante formation cuticulaire, très caractéristique, dans le cloaque postérieur,
s’étendant de l’ouverture cloacale jusqu’à 55 pim en arrière (fig. 3 B, 3 D). Cette formation est
visible surtout sur les vues médianes où elle gêne l’observation du spicule ; elle est constituée
probablement par la partie externe du cirre invaginé (fig. 3 F). Le cloaque a une section en
forme de croissant à ce niveau (coupe transversale, fig. 3 F).
Extrémité caudale du corps : Petite bourse membraneuse, longue de 22 pim, large de 33 pim,
supportée par une paire d’expansions pulpeuses bifurquées. Les deux prolongements de chaque
expansion sont de dimensions égales, divergents et sont chacun pourvus d’une papille. Deux
ailes latéro-ventrales épaisses (fig. 3 F), plus longues que hautes, à bord crénelé, hauteur 25-
30 pim, longueur 50, 50, 55 pim. Petite crête cuticulaire ventrale, visible en vue latérale entre les
ailes latéro-ventrales (fig. 2, 3C), s’étendant de l’orifice cloacal jusque 90 pim en arrière de
celui-ci. Distance de l’orifice cloacal à l’extrémité postérieure du corps 17-18 pim. Extrémité
postérieure des ailes latérales légèrement postérieure à l’orifice cloacal.
Femelles
(Les mesures sont données chez les deux spécimens du lot 39 JL.)
Aspects généraux : Corps long de 14000, 12800 pim, large de 46, 53 pim au niveau de la
vulve, large de 45, 52 pim au niveau du dernier stichocyte, largeur maximale 62, 73 pim. Anneau
nerveux (fig. 4 A) à 50 pim de l’apex. Préœsophage (fig. 4 A) long de 300, 265 pim. Œsophage
total long de 3000, 2800 pim.
Stichosome : Stichocytes (fig. 1 A, 1 B, 5) disposés sur une seule rangée, alternance
irrégulière de stichocytes longs et courts (fig. 5). Nombre de stichocytes 35, 35. Dernier
stichocyte long de 125, 105 pim et large de 40, 41 pim (fig. 4, 5).
Bandes bacillaires, stries cuticulaires : Deux bandes bacillaires latérales inégales, largeur 14
et 16 pim, pores disposés sur 3 rangées, en avant de la vulve, 18 et 23 pim, 4 rangées de pores, en
arrière de la vulve (fig. 6A-B), 23 et 27 pim, 4 rangées de pores, au niveau de la largeur
maximale du corps 8800 pim en arrière de l’apex (fig. 6D), égales et larges de 19 pim, 3 rangées
de pores à 200 pim de l’extrémité postérieure du corps (fig. 4C). Extrémité postérieure des
bandes bacillaires bien nette, située à 25 pim de l’extrémité postérieure du corps (fig. 4 C). Stries
cuticulaires transversales espacées de 1,4 pim au niveau de l’extrémité postérieure du corps
(fig. 4C).
Boursouflures cuticulaires péri-vulvaires : Boursouflures cuticulaires de faible épaisseur
réparties apparemment sans ordre sur toute la périphérie du corps dans la région de la vulve,
jusqu’à 200 pim en arrière et 400 pim en avant de la vulve (fig. 4 B, 5, 6A-C). Ces boursouflures
sont différentes à droite et à gauche de l’animal (fig. 6 A-B). Elles sont situées aussi bien sur les
bandes bacillaires qu’en dehors des bandes.
4, _ Capillaria murissylmtici 5 (de Microtus kermanensis) : A, extrémité antérieure, préœsophage et premiers
stichocytes ; B, vue latérale, région vulvaire (les petites flèches indiquent les boursouflures de la cuticule) ; C, vue
latérale, extrémité postérieure (intestin partiellement omis); D, œuf, coupe optique; E, œuf, vue de surface.
(Échelles : A, B, 60 |im ; C-E, 30 jim.)
— 28 —
Fig. 6. Capillaria murissylvatici $ (de Microtus kermanensis), boursouflures cuticulaires et bandes bacillaires • A B
et C, vue de surface, région vulvaire, côté droit (A), côté gauche (B), et vue ventrale (C) du corps; D, vue latérale,
bandes bacillaires au niveau de la largeur maximale du corps, 8800 |rm en arrière de l’apex. (Échelles • A-C 30 wm ■
D, 40 |tm.) ’
— 29 —
Appareil génital femelle : Présence d’un petit appendice vulvaire, long de 12 pim, inséré en
avant de la vulve (fig. 4 B, 5, 6C). Distance de la vulve à l’extrémité postérieure du stichosome
80, 100 pim (fig. 4 B, 5). Vagin vrai (= vagina vera) long de 195 pim, à paroi très musculaire et
cuticule striée longitudinalement. Œufs présents dans le vagin vrai et dans le vagin utérin
(= vagina uterina). Œufs non embryonnés, à bouchons non saillants (fig. 4D); coque de l’œuf
marquée par de petites incisions longitudinales (fig. 4 E). Dimensions des œufs (en pim) (mesure
chez les 10 œufs les plus mûrs) : 54-59 x 26-27 (moyenne 56,6 x 26,9), 56-61 x 26-27
(moyenne 59,3 x 26,9).
Extrémité postérieure du corps (fig. 4C) : Rectum long de 72, 65 pim. Extrémité postérieure
de l’ovaire postérieure à l’extrémité antérieure du rectum. Distance de l’ovaire à l’extrémité
postérieure du corps 37 pim. Anus subterminal.
2 — Parasites de Clethrionomys glareolus en France
Les mesures principales sont données dans le tableau comparatif. La formation cuticulaire
du cloaque est visible chez les spécimens mâles dont le cirre est invaginé. L’appendice vulvaire
des femelles montre une très grande variabilité morphologique, de l’absence totale à un
appendice très développé, en passant par un appendice très étroit. Les boursouflures
cuticulaires péri-vulvaires sont rares ou absentes, à la différence des spécimens d’Iran.
Discussion
Le Capillaria étudié ici appartient à un groupe d’espèces caractérisé chez le mâle par la
présence de deux ailes latéro-caudales, une bourse caudale bien développée, un cirre inerme.
Ces espèces ont été rassemblées dans le genre Aonchotheca Lôpez-Neyra, 1947, par Moravec
(1982) qui considère néanmoins ce genre comme hétérogène, en particulier dans son spectre
d’hôtes. Ultérieurement, Mas-Coma et Esteban (1985) ont proposé le genre Tenoranema pour
une espèce de ce groupe possédant un système compliqué de projections dans la bourse
caudale. Certaines espèces du genre Skrjabinocapillaria Skarbilovitsch, 1946, correspondent à
la définition de Aonchotheca sauf en ce qui concerne l’absence supposée du spicule, qui est
probablement le résultat d’observations erronées (Moravec, 1982; Justine, 1989). Pour ces
raisons, nous préférons conserver toutes ces espèces dans le genre Capillaria, suivant en cela les
synonymies génériques de Anderson et Bain (1982).
Parmi les espèces montrant les caractéristiques ci-dessus, nous limitons la comparaison
aux espèces à spicule de longueur comparable à celle du Capillaria étudié, soit 200 à 300 pim, et
possédant deux expansions pulpeuses bifurquées dans la bourse caudale. Nous éliminons donc
les espèces à expansions non bifurquées, comme par exemple C. myoxinitelae (Diesing, 1851),
ou à expansions nombreuses, comme par exemple C. alcoveri (Mas-Coma et Esteban, 1985).
Les espèces comparables sont donc au nombre de trois : C. murissylvatici, C. wioletti et C.
legerae.
Tableau 1 . — Comparaison de notre matériel avec les descriptions successives de C. murissylvatici (mesures en jim).
Binôme
« Trichosome du mulot »
Capillaria halli
Capillaria muris-sylvatici
Auteur, date
Dujardin, 1845
Kalantarian, 1924
Read, 1949
Hôte
Apodemus sylvaticus
Cricetulus migratorius
Micro tus pennsyl van icus
Localité géographique
Rennes, France
Arménie, URSS
Wisconsin, USA
Localisation
tube digestif
intestin
intestin
Mâle
non décrit
Longueur
Longueur œsophage
14000
9100-10800
Longueur spicule
192,8
204-225
Longueur cloaque
Longueur canal éjaculateur
Expansions pulpeuses
Largeur bourse caudale
2 bifurquées + 2 submédianes
2 , bifurquées
Longueur bourse caudale
Longueur ailes latérales
91,6
70
Femelle
Longueur
12000-22000
22000
13400-15100
Longueur œsophage
Distance vulve-œsophage
appr, 5600
appr. 4850
3000
Longueur vagina vera
Appendice vulvaire
non signalé
anneau et « papille »
absent
Dimensions œufs
55-60 x ?
59-63 x 24-27
47-50 x 24-26
Ornementations des œufs
coque lisse
Binôme
Capillaria wioletti
Capillaria muris-sylvatici'!
Capillaria murissylvatici
Capillaria murissylvatici
Auteur, date
Rukhlyadeva, 1950
Roman, 1951
Présent travail
Présent travail
Hôte
Arvicola terrestris
Clethrionomys glareolus
Clethrionomvs glareolus
Micro tus kermanensis
Localité géographique
Khoper, URSS
Près de Lyon, France
Richelieu, France
Baluchistan, Iran
Localisation
estomac
pylore
estomac
tube digestif
Mâle
Longueur
11340-13038
11000-14000
12400-14300
8850-10400
Longueur œsophage
2838-4008
3000-3500
3400-4000
2100-2800
Longueur spicule
279-309
187-247
210-250
200-215
Longueur cloaque
380-520
358-365
250-275
Longueur canal éjaculateur
2450-3200
2450-2850
2050-2590
Expansions pulpeuses
2 , bifurquées
2 , bifurquées
2 , bifurquées
2 , bifurquées
Largeur bourse caudale
17-30
30
33
Longueur bourse caudale
12-22
20
22
Longueur ailes latérales
60-82
75-90
50-55
Femelle
Longueur
13108-17063
17000-20000
17500
12800-14000
Longueur œsophage
3062-3430
3500-4500
4000
2800-3000
Distance vulve-œsophage
21-43
44-82,5
40-73
80-100
Longueur vagina vera
145-295
200-230
195
Appendice vulvaire
non signalé
très variable
très variable
très petit
— 31 —
1. C. murissylvatici (Diesing, 1851) Travassos, 1915 [parasite de plusieurs Rongeurs des
genres Clethrionomys, Microtus (Arvicolidae), Mus, Rattus, Apodemus (Muridae), et Cricetus,
Cricetulus (Cricetidae) en Europe, URSS, USA (Skrjabin et al., 1957; Bernard, 1961, 1969;
Tenora et Zavadil, 1967)] pose un problème d’identification. La description par Dujardin
(1845) sous le nom « Trichosome du mulot » ne concerne que la femelle et n’est pas
accompagnée de figures. Le binôme a été latinisé par Diesing (1851) en Trichosomum mûris
sylvatici, et l’espèce a été attribuée au genre Capillaria par Travassos (1915). Il faut attendre
Read (1949) pour les premières figures de l’espèce désignée sous ce nom, à partir de matériel
récolté chez Microtus pennsylvanicus aux USA. Kalantarian (1924) considère le « Trichoso¬
me du mulot » comme species inquirenda et décrit sous le nom Capillaria halli un parasite de
Cricetulus migratorius en Arménie soviétique. Cette espèce est considérée comme un synonyme
plus récent de C. murissylvatici par Freitas et Lent (1936) et les auteurs suivants, parmi
lesquels Lôpez-Neyra (1947), Read (1949) et Skrjabin et al. (1957). Roman (1951) redécrit
l’espèce (sous le nom C. muris-sylvaticil) à partir de spécimens parasites de Clethrionomys
glareolus en France; il émet des doutes sur la similitude de son matériel avec celui de
Dujardin, parce qu’il n’a jamais trouvé ce parasite chez l’hôte de la description originale
(Apodemus sylvaticus), et parce que Dujardin n’a signalé ni appendice vulvaire ni bandes
bacillaires, que lui-même observe dans son matériel. Roman donne une description très
détaillée de l’appareil génital et en particulier de l’aspect du cloaque postérieur chez le mâle ;
lorsque le cirre est invaginé, il l’observe à l’intérieur du cloaque sous forme d’« un repli assez
épais à concavité antérieure » (Roman, p. 188 et fig. 75).
La description de Dujardin est incomplète; parmi les descriptions ultérieures, celle de
Roman (1951) nous semble la plus susceptible de correspondre à la même espèce. Les nouvelles
données permettent de ne pas soutenir les éléments de doute retenus par Roman (1951). En
effet, la spécificité parasitaire de l’espèce semble large, l’appendice vulvaire est très variable
dans notre matériel de France, et Dujardin peut avoir omis de mentionner les bandes
bacillaires. Le matériel de Roman est le plus proche géographiquement de celui utilisé par
Dujardin, alors que les descriptions de Read (1949) et Kalantarian (1924) concernent du
matériel lointain. La définition de C. murissylvatici doit donc être fondée sur la description de
Roman (1951). Cette description a, en plus, le mérite d’être la plus détaillée.
En raison des similitudes des mesures et de la morphologie, nous assimilons notre matériel
d’Iran et de France à cette espèce.
2. C. wioletti Rukhlyadeva, 1950 (parasite de Arvicola terrestris en URSS), n’a
apparemment été retrouvé que par Mozgovoi, Semenova, Mishenko et Tsybatova (1966) en
Carélie. L’espèce est considérée comme valide et attribuée au genre Aonchotheca par Moravec
(1982). Cette espèce présente des mensurations proches de celles de C. murissylvatici (au sens
de Roman) mais a pour caractéristique originale la présence d’une formation cuticulaire dans
le cloaque postérieur. Cette formation est très similaire en forme et dimensions avec ce qui a
été décrit par Roman (1951) chez C. murissylvatici dans les spécimens dont le cirre est
invaginé; c’est aussi ce que nous retrouvons dans notre matériel. D’autre part, une telle
structure est visible, mais dessinée moins fortement, dans les dessins de spécimens à cirre
invaginé de Kalantarian (1924) et de Read (1949). Nous considérons donc que C. wioletti
Rukhlyadeva, 1950, est un synonyme plus récent de C. murissylvatici. Le caractère de
— 32 —
formation cuticulaire dans le cloaque ne peut pas être utilisé pour différencier les espèces
puisqu’il correspond en réalité au cirre invaginé.
3. C. legerae Justine, Ferté et Bain, 1987 (parasite de Eliomys quercinus en France) peut
être différencié de notre matériel par un spicule plus fin et moins sclérifié, l’ornementation de
ses œufs qui est réticulée, un canal éjaculateur beaucoup plus court, la forme des papilles de la
bourse, l’absence de formation cuticulaire dans le cloaque postérieur même chez les spécimens
à cirre invaginé.
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Artyfechinostomum africanum n. sp. (Digenea, Echinostomatidae)
parasite de Civettictis civetta en Éthiopie
par Jean-Louis Albaret, François Thiaucourt et Antonio di Maria
Résumé. — Description de Artyfechinostomum africanum n. sp., Echinostomatidae parasite de
Civettictis civetta en Éthiopie. C’est la première mention d’une espèce du genre Artyfechinostomum sur le
continent Africain.
Mots-clés. — Digenea, Echinostomatidae, Artyfechinostomum, Éthiopie, Civettictis civetta.
Abstract. Artyfechinostomum africanum n. sp., an Echinostomatidae parasite from the Civet
Civettictis civetta in Ethiopia, is described. This is the first record of a species of the genus
Artyfechinostomum in Africa.
Key-words. — Digenea, Echinostomatidae, Artyfechinostomum, Ethiopia, Civettictis civetta.
J.-L. Albaret, Laboratoire de Zoologie des Vers, associé au CNRS, Muséum national d'Histoire naturelle, 6!, rue
Buffon, 75231 Paris cedex 05
F. Thiaucourt, IEMVT, C1RAD, mission vétérinaire française en Éthiopie, B.P. 379, Debre Zeit, Éthiopie.
A. Di Maria, National Veterinary Institute, B.P. 379, Debre Zeit, Éthiopie.
Introduction
Six spécimens d’un Echinostomatidae ont été obtenus par régurgitation, après traitement
au Stromiten, d’une Civette Civettictis civetta (Schreber, 1777), capturée dans le Kaffa, région
de Jimma au sud-ouest de l’Éthiopie.
L’étude morphologique détaillée a été faite, après fixation post mortem et coloration au
carmin chlorhydrique alcoolique, de deux individus montés in toto et, sur coupes sagittales
épaisses, de deux autres exemplaires.
Les caractères mis en évidence et sa localisation géographique permettent de considérer
l’espèce décrite comme une espèce nouvelle, Artyfechinostomum africanum. A notre connais¬
sance, il s’agit de la première mention d’une espèce de ce genre sur le continent africain.
Artyfechinostomum africanum n. sp.
Description
Le corps allongé, de grande taille, épais, est courbé ventralement à ses deux extrémités. La
face ventrale est légèrement concave. La face dorsale est convexe (fig. 1, A).
1 . _ Artyfechinostomum africanum n. sp. : A, aspect du Ver après fixation, vue ventro-latérale ; B, vue ventrale in
toto; C, coupe sagittale.
— 37 —
Les quatre exemplaires non aplatis mesurent de 12,50 à 16,60mm de long sur 5,25 à
5,60 mm de large au niveau du quart antérieur du corps. Les vitellogènes sont bien visibles à
travers le tégument. Les diverses mensurations des deux spécimens montés in toto sont données
dans le tableau I.
La bouche, qui s’ouvre à l’extrémité antérieure du corps, ventralement, est entourée par
un plateau céphalique réniforme réduit, large de 800 à 900 |xm, sur lequel quelques épines
seulement ont été observées (fig. 2, A, B). Ces épines ont une longueur de 40 à 78 fun et une
largeur de 18 à 25 [xm. Elles sont arrondies à leur extrémité. Étant donné leur emplacement très
irrégulier, il ne fait aucun doute que le collier céphalique doit comporter un nombre d’épines
beaucoup plus élevé et que la perte de la plupart d’entre elles serait due à la manipulation des
spécimens et à leur fixation tardive.
Le tégument porte des épines disposées transversalement, longues de 50 à 65 jxm et larges
de 20 à 32 (xm, bien visibles dans la région postacétabulaire (fig. 2, C). L’acétabulum, qui
occupe une position très antérieure, est bien développé et caractérisé par sa grande profondeur
(fig. 1,C).
Appareil digestif (fig. 1, B) : La ventouse orale sphérique se poursuit par un prépharynx
très court, auquel succède le pharynx, de contour circulaire, un peu plus petit que la ventouse
orale. L’œsophage, réduit, se divise en avant de l’acétabulum en deux branches latérales
presque rectilignes, qui se prolongent jusqu’à proximité de l’extrémité postérieure du corps.
Appareil génital mâle (fig. 1, B, fig. 2, D) : Les testicules volumineux, disposés en tandem,
occupent le troisième quart du corps. Ils sont constitués de quatre à cinq lobes principaux qui
se subdivisent et ils présentent de ce fait un aspect ramifié très caractéristique. Les deux canaux
déférents, issus chacun de la région centrale des testicules, ventralement, rejoignent individuel¬
lement la vésicule séminale à l’extrémité postérieure de la poche du cirre, après un parcours
plus ou moins sinueux de part et d’autre de l’utérus. Le canal issu du testicule postérieur se
trouve du côté droit, celui issu du testicule antérieur, du côté gauche. La poche du cirre,
longue, est accolée à l’acétabulum dorsalement ou sur sa droite. Son extrémité postérieure se
situe entre le bord postérieur de l’ouverture acétabulaire et le fond de l’acétabulum. Elle
renferme la vésicule séminale et un long cirre, entouré à sa base de cellules prostatiques, et
débouche au pore génital immédiatement au-dessous de la bifurcation intestinale. La vésicule
séminale occupe environ le tiers postérieur de la poche du cirre. Elle est légèrement réniforme
et se courbe à sa partie antérieure selon une direction postérieure oblique.
Appareil génital femelle (fig. 1, B, fig. 2, E) : Il comprend un ovaire prétesticulaire plus ou
moins profondément lobé, à grand axe oblique. L’oviducte, court, prend naissance sur son
bord interne, selon une direction postérieure oblique. Le canal de Laurer s’ouvre dorsalement
dans la région médiane. La glande de Mehlis est bien développée. L’utérus, long, remplit tout
l’espace compris entre le testicule antérieur et l’acétabulum. Il effectue un grand nombre de
circonvolutions et renferme de très nombreux œufs. Il se prolonge ensuite, au-dessus de
l’acétabulum, selon un trajet rectiligne, jusqu’au pore génital. Les œufs ont une forme
elliptique. Ceux de la partie subterminale de l’utérus mesurent 114 à 130(xm de long et 80 à
81 [xm de large. Les glandes vitellogènes débutent au niveau de la partie postérieure de
l’acétabulum. Elles sont constituées par de très nombreux follicules de petite taille, répartis en
deux champs latéraux, s’étendant jusqu’à l’extrémité postérieure du corps et qui demeurent
nettement distincts dans la région posttesticulaire. Ces follicules sont réunis par des
— 39 —
vitelloductes longitudinaux. Les deux vitelloductes transverses se rejoignent au niveau de la
glande de Mehlis.
Appareil excréteur : La vessie est du type en Y et présente des ramifications transversales à
sa partie proximale. Le pore excréteur s’ouvre à l’extrémité postérieure du corps.
Tableau I. - Mensurations des deux spécimens de Artyfechinostomum africanum n. sp. montés in toto.
Dimensions (en mm)
1
2
Longueur du corps
16,600
18,500
Largeur du corps
4,400
5,100
Diamètre de la ventouse orale
0,440
0,490
Diamètre du pharynx
0,310
0,390
Diamètre de la ventouse ventrale
1,950
2,100
Profondeur de la ventouse ventrale
2,150
2,500
Rapport ventouse orale/pharynx
1,410
1,250
Rapport ventousaire (vv/vo)
4,430
4,280
Longueur de l'œsophage
0,400
0,410
Dimensions du testicule antérieur
2,150 x 2,600
2,500 x 2,730
Dimensions du testicule postérieur
2,200 x 2,300
2,300 x 2,360
Dimensions de l'ovaire
0,600 x 0,670
0,500 x 0,710
Dimensions de la glande de Mehlis
0,800 x 0,600
0,750 x 0,500
Longueur de la poche du cirre
3,300
3,270
Largeur de la poche du cirre
0,700
0,750
Longueur de la vésicule séminale
1,100
1,200
Largeur de la vésicule séminale
0,430
0,580
Discussion
D’après la classification de Yamaguti (1971), l’espèce décrite se rattache à la sous-famille
des Echinostomatinae Faust, 1929, dont les espèces parasites de Mammifères appartiennent à
sept genres.
La possession d’un utérus long et sinueux exclut l’appartenance du Ver étudié à cinq
d’entre eux et nous conduit à le comparer aux deux autres genres : Artyfechinostomum Lane,
1915, espèce-type A. sufrartyfex Lane, 1915, et Echinostoma Rud., 1809, espèce-type E.
revolutum (Froelich, 1802) Looss, 1899.
Le premier, selon Lane, possède une poche du cirre longue, dépassant très nettement
l’acétabulum, et des glandes vitellogènes qui se rejoignent dans la région posttesticulaire.
Le second, d’après Dietz (1909), se caractérise par une poche du cirre petite, située
presque entièrement en avant de l’acétabulum, et des glandes vitellogènes approchant
partiellement la ligne médiane en arrière des testicules. L’absence d’une grande partie des
épines du collier céphalique ne nous permet pas de prendre ce caractère en considération dans
le cadre de la discussion.
Si l’on s’en tient strictement à cette diagnose, notre Digène ne pourrait être placé dans
aucun de ces deux genres, étant donné que la poche du cirre ne dépasse pas le fond de
l’acétabulum et que les glandes vitellogènes ne se fusionnent pas dans la région posttesticulaire.
— 40 —
Toutefois, pour certains auteurs (Jain, 1960; Mukherjee et Ghosh, 1968; Mohandas,
1971), ces caractères peuvent présenter des variations plus ou moins prononcées.
Faust (1929) met le genre Artyfechinostomum en synonymie avec Echinostoma.
Lie Kian Joe (1963) considère que Artyfechinostomum sufrartyfex est identique à
Echinostoma malayanum Leiper, 1911. Il souligne toutefois que la poche du cirre est grande et
admet qu’il a utilisé le nom Echinostoma, non parce que le Ver correspond à l’une des
définitions du genre, mais parce qu’il est le plus souvent utilisé dans la littérature médicale.
Compte tenu des dimensions de la poche du cirre et aussi de la forme très particulière des
testicules qui s’observe chez les espèces du genre Artyfechinostomum nous pensons qu’il
convient d’y rattacher l’espèce décrite.
Outre A. sufrartyfex, parasite de l’homme en Inde, le genre Artyfechinostomum comprend
trois espèces décrites également de l’Inde : A. munshii Deodhar et al., 1967, parasite du Chien;
A. paradoxuri Baugh, 1962, parasite de Paradoxurus hermaphroditus ; A. varanum Simha et
Deshpande, 1964, parasite de Varanus bengalensis.
Les Vers étudiés diffèrent des espèces ci-dessus par leur taille plus élevée et la profondeur
plus marquée de l’acétabulum.
Ils se distinguent, en outre, de A. munshii par la ventouse orale plus grande que le
pharynx; de A. paradoxuri par un rapport ventousaire (acétabulum/ventouse orale) nettement
plus grand. Ce dernier caractère et un pharynx plus petit que la ventouse orale les écartent de
A. varanum.
D’autre part, l’espèce décrite est un parasite africain. Nous pensons par conséquent qu’il
convient de la considérer comme une espèce nouvelle, que nous nommons Artyfechinostomum
africanum.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Baugh, S. C., 1962. — Contributions to our knowledge of digenetic Trematodes. IV. Z. ParasitKde, 21 :
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species of genus Artvfechinostomum Lane, 1915 in a dog in Bombay. Indian J. Helminth., 19 : 122-
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Dietz, E., 1909. — Die Echinostomiden der Vôgel. Inaug. Diss. Kônisberg, 40 p.
Faust, E. C., 1929. — Human Helminthology. Philadelphia, 616 p.
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Parasitology, 50 : 1-5.
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Leiper, 1911 (Trematoda) and the probable synonymy of Artyfechinostomum sufrartyfex Lane,
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Mohandas, A., 1971. — Artyfechinostomum sufrartyfex Lane, 1915 a synonym of Echinostoma
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Mukherjee, R. P., et R. K. Ghosh, 1968. — On the synonymy of the genus Artyfechinostomum Lane,
1915 (Echinostomatidae). Proc. Indian Acad. Sci., Ser. B, 68 : 52-58.
— 41 —
Simha, S. S., et P. Deshpande, 1964. — On a new species of Artyfechinostomum Lane, 1915 from the
intestine of the monitor lizard Varanus bengalensis in Hyderabad. India. Z. ParasitKde, 24 : 23-26.
Yamaguti, S., 1971. — Synopsis of Digenetic Trematodes of Vertebrates. Keigaku Publishing Co. Ltd
Tokyo, Vol. 1 : 1074 p; Vol. II : 349 p.
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 12 , 1990,
section A, n° 1 : 43-50.
Deretrema ( Spinoderetrema ) scorpaenicola sp. nov.
(Digenea, Zoogonidae)
from the gall-bladder of western Mediterranean teleosts
by Pierre Bartoli and Rodney A. Bray
Abstract. — Deretrema ( Spinoderetrema ) scorpaenicola n. sp. is reported from the gall-bladder of
Scorpaena porcus (type host), Serranus scriba, S. cabrilla and Labrus merula off the western coast of
Corsica (the Scandola Nature Reserve). In the former host it occurs at a prevalence of 24.6 % and the
latter three hosts are probably accidental. D. ( S .) scorpaenicola is most similar to D. (A.) sebastodis
(Yamaguti, 1934) and D. (S.) acutum Pritchard, 1963, but differs in the length of the caeca, the position of
the testes relative to the ventral sucker and the range of egg-sizes.
Key-words. — Deretrema, Spinoderetrema, Zoogonidae, Digenea, Scorpaena, Serranus, Labrus,
Mediterranean.
Résumé. — Deretrema ( Spinoderetrema ) scorpaenicola sp. nov. est décrit à partir de nombreux
exemplaires trouvés dans la vésicule biliaire de Téléostéens en provenance de la Réserve Naturelle de
Scandola (Corse). Le quart des effectifs de Scorpaena porcus (hôte type) est parasité (24.6 %) tandis que
Serranus scriba, S. cabrilla et Labrus merula sont des hôtes accidentels. D. (S.) scorpaenicola est proche de
D. (S.) sebastodis (Yamaguti, 1934) et de D. (S.) acutum Pritchard, 1963 mais s’en éloigne par la longueur
des cæcums digestifs, la position des testicules par rapport à la ventouse ventrale et les dimensions de ses
œufs.
Mots-clés. — Deretrema, Spinoderetrema, Zoogonidae, Digenea, Scorpaena, Serranus, Labrus,
Méditerranée.
P. Bartoli, Centre d’Étude des Ressources Animales Marines (CERAM ) , Faculté des Sciences et Techniques de
Saint-Jérôme, F. 13397 Marseille Cedex 13, France.
R. A. Bray, Department of Zoology, British Museum (Natural History), London SW7 5BD, UK.
The family Zoogonidae includes several species which inhabit unusual sites in their fish
(mainly teleost) hosts. Although most species are reported from the intestine some are found in
the urinary bladder, some in the bile-duct and some in the gall-bladder. The genus Deretrema
Linton, 1910 contains several species which occur in the latter site, and this paper presents a
description of a further species from this site in four species of Mediterranean fishes.
Material and methods
The parasites were collected live. Some worms were flattened between slide and coverslip,
killed by heating and fixed in Bouin-Hollande fluid. Others were dropped into Berland’s fluid
— 44 —
for one minute and then stored in 80% alcohol. All were stained in Grenacher’s borax
carmine, and mounted in Canada balsam.
The drawings were prepared using a camera lucida. Dimensions are given in micrometres,
withe the range (and mean in parentheses).
The type-specimens are deposited in the British Museum (Natural History), London, and
the Muséum national d’Histoire naturelle, Paris.
Registration numbers : holotype BM(NH) 1989.1.5.64 (Scorpaena porcus)-, paratypes
BM(NH) 1989.1.5.65-68; MNHN 59HF (S. porcus ); BM(NH) 1989.8.14.1-2 (Serranus
cabrilla) ; BM(NH) 1989.8.14.3 (S. scriba ).
Zoogonidae Odhner, 1902
Lepidophyllinae Stossich, 1903
DERETREMA Linton, 1910
Deretrema (Spinoderetrema) scorpaenicola n. sp.
(Figs 1-3)
Hosts, site, parasite indices : Scorpaena porcus L. [Scorpaenidae], gall-bladder, 69 fish autopsied.
May 1988 (56 fish examined) : prevalence 21.4%, abundance 0.27, mean intensity 1.25. October 1988
(13 fish examined) : prevalence 38.4%, abundance 0.54, mean intensity 1.4. Total : prevalence 24.6%,
abundance 0.32, mean intensity 1.29. — Labrus merula (L.) [Labridae], gall-bladder, 18 fish autopsied :
prevalence 5.6%, abundance 0.05, mean intensity 1. — Serranus cabrilla (L.) [Serranidae], gall-bladder,
7 fish autopsied : prevalence 28.6%, abundance 0.43, mean intensity 1.5. — Serranus scriba (L.)
[Serranidae], gall-bladder, 40 fish autopsied: prevalence 5%, abundance 0.05, mean intensity 1.
Locality : Mediterranean Sea off western coast of Corsica at Scandola Nature Reserve.
Material studied : 28 adult worms.
Description
Living worm stout, thick, opaque, regularly oval. Flattened worms slightly attenuated at
extremities. Greatest width at level of ovary (figs 1, 2).
Tegument : Thick, covered with fine, elongate spines, not easily seen; more distinct on
dorsal surface than ventral ; numerous, long and powerful on ventral surface near posterior
extremity. These long caudal spines are embedded in wall of gall-bladder of host, forming
accessory attachment organ in addition to suckers (figs 1, 2).
Suckers : Oral sucker terminal; rounded; aperture ventral. Ventral sucker powerful;
rounded; in mid-body or nearly preequatorial.
500 |jm
1. — Deretrema ( Spinoderetrema ) scorpaenicola n. sp. from the gall-bladder of Scorpaena porcus , Scandola,
Corsica (May, 1988). Ventral view of holotype, flattened. BM(NH) 1989.1.5.64.
— 46
Fig. 2. — Deretrema {Spinoderetrema) scorpaenicola n. sp. from the gall-bladder of Scorpaena porcus, Scandola.
Corsica (May, 1988). Dorsal view of paratype, flattened. BM(NH)) 1989.1.5.65-68.
Digestive system : Mouth opens through centre of oral sucker. Prepharynx always very
distinct. Numerous gland-cells ensheath prepharynx, particularly at base of oral sucker.
Pharynx subspherical, powerful ; very small spines present in anterior part. Numerous gland-
cells around base of pharynx. (Esophagus always present ; narrow anteriorly, wider
posteriorly ; thick-walled. Intestinal bifurcation mid-way between pharynx and ventral sucker.
Cæca voluminous ; thick-walled ; pass between ventral sucker and testes ; terminate at level of
3. — Deretrema ( Spinoderetrema ) scorpaenicola n. sp. from the gall-bladder of Scorpaena porcus, Scandola,
Corsica (May, 1988). Ventral view of terminal genitalia and pharynx region of holotype, flattened BM(NH)
1989.1.5.64. ; e jr y
— 48 —
testes. Lumen of posterior oesophagus and anterior part of caeca ornamented by irregularly
arranged spines, relatively long (11-14 pm) and sharp (fig. 3).
Male reproductive system : Testes near margins of body, at or about level of posterior
margin of ventral sucker, not rigorously symmetrical, one may be placed a little more
anteriorly than other ; ovoid with entire margins. Cirrus-sac restricted to forebody ; bifurcal or
slightly post-bifurcal ; rectilinear ; long axis perpendicular or nearly so to long axis of body ;
reaches to about median line ; opens on left margin of body (fig. 3). Seminal vesicle internal ;
bipartite but constriction not always distinct ; surrounded by gland-cells. Pars prostatica short ;
vesicular. Ejaculatory duct distinct, narrower and longer than pars prostatica; thick-walled.
Cirrus not seen everted,
Female reproductive system : Ovary ovoid; long axis oblique to long axis of worm;
margins entire ; in median line or just to right ; overlapping posterior border of ventral sucker
or at posterior margin. Seminal receptacle and Laurer’s canal not seen. Uterine coils occupy
bulk of hindbody. Metraterm distinct, not strongly muscular (fig. 3). Vitellarium follicular,
follicles large; in two lateral bunches; partly extra-cæcal; lateral and anterior to ventral
sucker; right bunch with 9 follicles, left bunch with 9-12; left bunch posterior to cirrus-sac.
Vitelline collecting ducts pass around posterior margin of ventral sucker ; unite with
voluminous post-ovarian and median vitelline reservoir. Eggs operculate ; strongly tanned ;
those in proximal uterus smaller than those in distal. Genital atrium reduced. Genital pore on
sinistral body-margin, at level of intestinal bifurcation.
Excretory system : Pore terminal. Vesicle seen only in living animal ; cylindrical ; reaching
about halfway along hindbody.
Measurements (from 10 flattened worms from Scorpaena porcus) : Length : 1,170-2,020 (1,670);
Width at level of ovary : 490-956 (696); Forebody : 453-830 (647); Hindbody : 517-1,000 (780); Oral
sucker: 137-219 x 130-229 (167 x 176); Ventral sucker: 217-346 x 213-352 (291 x 300); Prepha¬
rynx : 0-70 (25); Pharynx : 56-85 x 50-96 (68 x 70); Oesophagus : 130-217 (168); Right testis : 160-
271 x 96-195 (215 x 138) ; Left testis : 130-250 x 113-185 (200 x 149) ; Cirrus-sac : 240-336 x 35-75
(283 x 59); Ovary : 184-330 x 144-293 (243 x 188); Distance from posterior margin of pharynx to
genital pore : 170-310 (243); Distance from genital pore to anterior margin of ventral sucker : 117-255
(184); Eggs in distal uterus : 43-54 x 22-27 (47.5 x 24); Sucker ratio : 1 : 1.36-2.10 (1.76); Oral
sucker/pharynx ratio : 1 : 0.35-0.48 (0.41); Forebody/hindbody ratio : 1 : 0.95-1.47 (1.20).
Discussion
This species belongs in the family Zoogonidae and fits into the subfamily Steganodermati-
nae Yamaguti, 1934, as recognized by Yamaguti (1971). Bray (1987a, b) considered that the
name Lepidophyllinae had priority over Steganodermatinae. The species is considered to
belongs in the subgenus Deretrema ( Spinoderetrema ) Bray, 1987, as it possesses the following
characteristics : tegument spinous; bulk of uterus posterior to gonads; vitellarium disposed
overlapping and anterior to ventral sucker.
Bray (19876) listed the five species in the subgenus Deretrema ( Spinoderetrema ) and gave
— 49 —
a key to them. According to this key, D. (S.) scorpaenicola is most similar to the species D. (S .)
sebastodis and D. (S.) acutum, but it differs from the species in the subgenus in the following :
— D. ( S .) sebastodis (Yamaguti, 1934) which is recorded from Scorpaenopsis cirrhosa and
Sebastes schlegeli of Japan but also in Serranus hepatus of Mediterranean (Parukhin, 1976),
has a distinctly pre-testicular ovary, testes entirely in the hindbody and close together and
large eggs with the range 51-57 ^m long.
— D. ( S .) acutum Pritchard, 1963, from numerous definitive hosts of Pacific, has caeca
which pass posteriorly to the testes, the testes are entirely in the hindbody, the ovary tends to
be pretesticular and the eggs are reported to have a range of 32-49 fxm long.
— D. (S.) plotosi Yamaguti, 1940, from several hosts of Pacific, has caeca which pass
posteriorly to the testes, vitelline fields which are almost confluent in the median line and a
sucker ratio which is usually 1 : > 2.
— D. (S.) fellis (Yamaguti, 1934) from Sillago sihama of Japan and D. (S.) ovale
Machida, 1984 from Myripristis violaceus of Pacific have a sucker ratio close to 1 : 1.
In the Mediterranean, the subgenus Deretrema (Spinoderetrema ) has been recorded
infrequently. Deretrema sp. was recorded and figured from Blennius pavo (Blenniidae) by
Paggi & Orecchia (1976), and recorded from B. pavo and B. gattorugine by Orecchia &
Paggi (1978) all from the Tyrrhenian Sea. Deretrema sebastodis Yamaguti, 1934, was recorded
but non described or figured from the gall-bladder of Serranus hepatus (Serranidae) off
Lampedusa Island in the southern Mediterranean by Parukhin (1976). D. ( S .) scorpaenicola
resembles the species figured by Paggi & Orecchia (1976) but differs in the microhabitat
(intestine) and the size of the oral sucker calculated from the figure and its scale. It may be that
little importance can be attached to this latter point as the figure is described as a ‘ disegno
schematica’. Bray (19876) observed that this form from the blenny appeared to belong in the
subgenus D. (Spinoderetrema ), and despite the slight differences enumerated above, we think
that the blenny parasite is likely to be conspecific with D. (S.) scorpaenicola. We also think it
possible that the gall-bladder form referred to as D. sebastodis from the Mediterranean by
Parukhin (1976) is conspecific.
Acknowledgements
Fieldwork on Corsica was carried out under the auspices of the Comité Scientifique de la Réserve
Naturelle de Scandola, and the senior author was funded by the Ministère chargé de l’Environnement et
la Région Corse. Our thanks are due to Dr. D. I. Gibson who read the manuscript.
REFERENCES
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Introduction and subfamily Zoogoninae. Syst. Parasit., 9 : 3-28.
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Subfamily Lepidophyllinae and comments on some aspects of biology. Syst. Parasit., 9 : 83-123.
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Yamaguti, S., 1971. — Synopsis of digenetic trematodes of vertebrates. Keigaku Publishing Co., Tokyo,
Vol. I, 1,074 p.; Vol. II, 349 pis.
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris , 4' sér., 12, 1990,
section A, n° 1 : 51-67.
Quelques cercaires de Melanopsis praemorsa L. en Algérie
par Teresa Pojmanska et Claude Combes
Résumé. — L’examen parasitologique de Melanopsis praemorsa (Gastéropodes, Prosobranches)
récoltés dans plusieurs localités situées le long de l’Oued Tafna, près de Tlemcen (Algérie) permet de
décrire six espèces de cercaires de Trématodes, appartenant aux types furcocercaire, gymnocéphale,
xiphidiocercaire virgula, cotylicerque, cercariaeum et pleurolophocerque. La furcocercaire est identifiée à
l’espèce Szidatia joyeuxi (Cyathocotylidae) et la cercaire cotylicerque à l’espèce Nicolla gallica
(Opecoelidae) ; le cercariaeum est rapporté au genre Parasymphylodora (Monorchiidae) ; les autres
cercaires sont désignées sous les noms de Cercaria algerica I, II, III et leurs affinités sont discutées.
Abstract. — A parasitological survey allows the description of six species of trematode cercariae
from the freshwater prosobranch snail Melanopsis praemorsa in Algeria (Oued Tafna, near the city of
Tlemcen) ; these cercariae belong to six different types : furcocercous, gymnocephalous, xiphidiocercaria
virgula, cotylicercous, cercariaeum and pleurolophocercous. The furcocercous cercaria is identified as
Szidatia joyeuxi (Cyathocotylidae) and the cotylicercous to Nicolla gallica (Opecoelidae) ; the cercariaeum
is the larva of a species of Parasymphylodora (Monorchiidae). The other cercariae are described as
Cercaria algerica I, II, III and their affinities are discussed.
T. Pojmanska, Institut de Parasitologie de l'Académie Polonaise des Sciences, 3, rue Pasteur, B.P. 153 00-973
Varsovie (Pologne).
C. Combes, Centre de Biologie et d’Ecologie tropicale et méditerranéenne. Université, 66025 Perpignan (France).
Introduction
Les Gastéropodes Prosobranches du genre Melanopsis ont fait l’objet de plusieurs
recherches parasitologiques en Afrique du Nord (Sonsino, 1982; Joyeux, 1923; Langeron,
1924; Callot, 1936; Balozet, 1953a et b ; Ullman, 1954) mais seuls trois travaux concernent
le territoire algérien : celui de Balozet (1953Ù), déjà cité, auquel s’ajoutent les thèses non
publiées de Daumas-Candelon (1977) et Horr (1979). C’est pourquoi nous exposons dans le
présent travail le résultat de nos recherches parasitologiques sur les Melanopsis praemorsa
d’Algérie, bien qu’il s’agisse là d’un travail préliminaire et incomplet.
Matériel et méthodes
Nos échantillons ont été récoltés dans une série de stations situées le long de l’Oued
Tafna, dans la région de Tlemcen (nord-ouest de l’Algérie); la localisation précise de ces
stations est donnée sur la figure 1. Les stations T3 et T6, où M. praemorsa est le seul
Mollusque présent, ont été particulièrement prospectées. La station T3 forme un cours d’eau
assez important, avec abondante végétation émergée, en amont du barrage de Béni Bahdel ; la
— 52 —
station T6, située en aval (près d’El Khef) et régulièrement alimentée par ce même barrage,
possède un fond pierreux et une végétation flottante. Un échantillon de 65 Mollusques a été
récolté en T3 (décembre 1986) et un échantillon total de 504 Mollusques en T6 (décembre
1986, mai et septembre 1987).
Les parasites (sporocystes, rédies et cercaires) ont été observés sur le vivant au laboratoire,
sans coloration, après écrasement des Mollusques. L’absence d’équipement à notre disposition
ne nous permet de donner que des dimensions approximatives.
Fig. 1. — Carte des stations prospectées le long de l’Oued Tafna.
— 53 —
RÉSULTATS ET DISCUSSIONS
Ordre STRIGEIDA La Rue, 1926
Cyathocotylidae Poche, 1926
1. Szidatia joyeuxi (Hughes, 1929) Dubois, 1938
(Fig. 2)
Sporocyste 1 grand (2-3 mm), blanchâtre, allongé, avec une extrémité pointue et à paroi
épaisse, renfermant quelques dizaines de cercaires à des stades divers de développement.
Cercaire : furcocercaire conforme aux descriptions de Sonsino (1892), Langeron (1924),
Callot (1936), Balozet (1953). Nos observations nous ont permis d’établir comme formule
protonéphridienne, 2 {(2 + 3 +3) + (3 +2) + 3} = 32, et de noter l’existence de 4 rangées
de 4 à 5 cellules glandulaires entre la ventouse orale et le pharynx et de 4 ou 5 paires de
glandes dans la ventouse orale elle-même.
Caractères de l’infestation : Un Mollusque infesté en T3, soit 1,5%; trois Mollusques
infestés en T6, soit 0,6 % ; une dizaine de sporocystes par Mollusque.
Discussion
S. joyeuxi paraît être un Trématode commun en Afrique du Nord, puisque rapporté de
Tunisie (Sonsino, 1892; Joyeux; 1923; Langeron, 1924; Callot, 1936; Joyeux et Baer,
1941), du Maroc (Dollfus, 1951 ; Mouahid, 1989) et d’Algérie : dans la Mitidja (Balozet,
19536) et dans l’Oued Hallouf (Daumas-Candelon, 1977; Horr, 1979). L’Oued Tafna
représente une nouvelle localité.
Toutes les descriptions précédentes de cette cercaire sont restées imprécises quant à la
structure du système excréteur. Langeron (1924) a dessiné deux groupes de 4 cellules-flammes
en avant de la bifurcation intestinale et 6 cellules dans la queue. Callot (1936) a observé 6
cellules de chaque côté du corps et 6 dans la queue. Balozet (1953) donne comme formule
protonéphridienne 2 {(12) + (3)}, Daumas-Candelon (1977) 2 {(3 + 2 + 3) + (3)} = 22 et
Horr (1979) 2 {(3 + 3 + 3) + (3 + 3 + 2)} = 32 + 6 dans la queue. Selon Combes et al.
(1980), la formule des Cyathocotylidae est 2 {(a + a + a) + (a + a) + (a)}, où « a » vaut 2
ou 3. Nous en déduisons que nous n’avons pas observé la totalité des protonéphridies et que la
formule exacte est vraisemblablement 2 {(3 + 3 + 3) + (3 + 3) + 3)} = 36.
1. Les sporocystes mentionnés dans cet article sont tous des sporocystes-fils, producteurs de cercaires.
— 55 —
Ordre ECHINOSTOMIDA La Rue, 1957
Philophthalmidae Travassos, 1918
2. Cercaria algerica I
(Fig. 3)
Rédie grande (2-3 mm), allongée, légèrement incurvée, munie d’une apophyse près de
l’extrémité postérieure, au dernier sixième de la longueur. Orifice buccal s’ouvrant au centre
d’un petit bourrelet antérieur. Pharynx moyen. Cæcum étroit, long, atteignant presque
l’apophyse. Orifice de ponte non observé. Cavité renfermant 20 à 30 cercaires à des degrés
divers de développement.
Cercaire : gymnocéphale, avec queue simple pourvue d’un organe adhésif glandulaire.
Corps grand, allongé, à extrémité antérieure rétrécie et très mobile. De nombreuses glandes
cystogènes, en rangs assez réguliers, occupent tout l’espace entre le pharynx et l’extrémité
postérieure. Ventouses bien développées, l’acétabulum, situé un peu en arrière du milieu du
corps étant un peu plus grand que la ventouse orale. Système digestif comprenant prépharynx
assez long, pharynx, œsophage long et deux cæca se terminant au niveau de la vessie urinaire.
Vessie petite, sacciforme, à paroi mince, s’ouvrant par deux pores latéraux dans la partie
proximale de la queue. Canaux collecteurs connectés au bord antérieur de la vessie par un
court canal commun, se dirigeant vers l’avant jusqu’au niveau du pharynx, retournant en
arrière et se bifurquant au niveau de l’acétabulum en un canal antérieur et un canal postérieur.
Formule protonéphridienne 2 {(2 + 3) + (2 + 2)} = 18. Queue cylindrique, plus courte que
le corps, rétrécie en arrière, se terminant par une invagination glandulaire formant un organe
adhésif, en avant duquel peuvent s’observer quelques plis transversaux.
Caractères de l’infestation : Trois Mollusques infestés (0,6 %) à la station T6.
Discussion
Cette cercaire montre les caractères essentiels des Philophthalmidae tels qu’établis par
Cable (1963), notamment le développement dans des rédies et l’organe adhésif glandulaire à
l’extrémité de la queue. Cet organe est connu par exemple chez Philophthalmus gralli Mathis et
Léger, 1910, d’après West (1961), chez Cloacitrema philippinum Velasques, 1969 ou Parorchis
avitus Linton, 1914, d’après Stunkard et Show (1931). Notre cercaire pourrait appartenir au
genre Cloacitrema, car elle manque d’épines tégumentaitres (caractère des cercaires de
Philophthalmus et Parorchis) et d’un collier antérieur (caractère de Parorchis). Horr (1979) a
trouvé une cercaire semblable chez les M. praemorsa de l’Oued Hallouf et l’a rapprochée de
Pseudochetosoma salmonicola (Zoogonidae) en raison de la présence de ce Trématode chez les
Poissons du même biotope. Nous pensons que cette hypothèse ne peut pas être retenue car on
n'a pas mentionné de rédies dans les cycles biologiques connus de Zoogonidae et, de plus, leurs
cercaires n’ont pas d’organe glandulaire sur la queue.
— 56
Fig. 3. — Cercaria algerica I: a, rédie; b, cercaire, vue d'ensemble; c, corps cercarien; d, organe adhésif de la
queue.
Notre cercaire présente plusieurs différences par rapport à celles de Daumas-Candelon et
de Horr et ne leur est probablement pas identique : d’après ces auteurs, la rédie a un cæcum
dont la longueur ne dépasse pas le tiers de la longueur du corps, et les canaux collecteurs du
système osmo-régulateur débouchent séparément et latéralement dans la vessie. Notre cercaire
diffère également de Cloacitrema philippinum qui a des glandes cystogènes beaucoup plus
nombreuses et la partie glandulaire de la queue relativement plus longue. Elle ressemble le plus
à Cercaria melanopsi VIII Ismail et Abdel-Hafez, 1984, récoltée par ces auteurs chez M.
praemorsa au Proche-Orient (oasis d’Azraq en Jordanie), mais cette dernière a une queue
beaucoup plus longue et sa rédie est munie de deux apophyses.
— 57 —
Ocdre PLAGIORCHIIDA La Rue, 1957
Sous-ordre Plagiorchata La Rue, 1957
3. Cercaria algerica II
(Fig. 4)
Sporocyste petit (moins de 1 mm), sacciforme, presque globuleux, blanchâtre, contenant
de nombreuses cercaires à divers degrés de développement, sans trace d’orifice de ponte.
Cercaire du type xiphidiocercaire virgula, très petite, à corps ovoïde, peu aplati, et courte
queue se rétrécissant vers l’arrière ; ventouses bien développées, l’orale beaucoup plus grande
que la ventrale ; stylet grand, avec une lame aux bords arrondis ; organe « virgule » de grande
taille, occupant plus de la moitié postérieure de la ventouse orale, composé de deux lobes
latéraux avec cavités nettes et d’un lobe transversal entre les précédents; trois paires de
grandes cellules glandulaires, des deux côtés de la ventouse orale; vessie urinaire allongée
transversalement; systèmes digestif et osmo-régulateur non observés.
Caractères de l’infestation : Rencontrée chez un seul Mollusque de la station T6.
Discussion
Notre cercaire est identique à celles répertoriées en Algérie par Daumas-Candelon sous le
nom de Cercaria virgula I et par Horr sous le nom de Cercaria virgula II : forme, organe
« virgule », stylet, glandes sont semblables ; d’après Horr, elle possède déjà un système
digestif, avec très court prépharynx, pharynx, œsophage court et cæcums courts ne dépassant
pas le niveau du bord postérieur de l’acétabulum ; les canaux collecteurs du système excréteur
vont vers l’avant jusqu’au niveau du centre de l’acétabulum où ils se divisent en un canal
antérieur et un canal postérieur ; la formule protonéphridienne, toujours d’après Horr, est 2
{(2 + 2) + (2 + 2)} = 16. D’après la chétotaxie et en se basant sur le système de Richard
(1971) et Bayssade-Dufour (1979), les deux auteurs ont placé cette cercaire dans le sous-ordre
des Plagiorchata. Cette cercaire nous paraît aussi presque identique à Cercaria melanopsi IX,
décrite par Ismail et Abdel-Hafez (1984) chez les M. praemorsa de Jordanie, les différences
concernant seulement la ventouse orale (plus petite chez les exemplaires du Proche-Orient) et
la formule protonéphridienne :2{(2+2+2 + 1) + (2)} = 18.
D’autres cercaires du type virgula possédant 3 paires de glandes de pénétration présentent
par ailleurs de nettes différences. Chez Cercaria melanopsi III Ismail et Hafez, 1984, les glandes
de pénétration ne dépassent pas le niveau de la moitié de l’acétabulum, il y a quelques soies sur
le corps et la formule protonéphridienne (30 cellules-flammes) est bien différente. Parmi les
cercaires décrites par Seitner (1945), Cercaria nyxetica et C. neustica (= cercaire de Mosesia
chordeilesia McMullen, 1935, d’après Hall, 1959) ont les glandes en arrière de l’acétabulum;
chez C. nothrica et C. tranoglandis, elles sont en avant de l’acétabulum ; chez C. meringura, la
position des glandes est la même que chez notre cercaire, mais il existe en outre une paire de
— 58
Fig. 4. — Cercaria algerica II : a, sporocyste; b, cercaire; c, stylet.
glandes plus petites au niveau du pharynx. Ces espèces diffèrent aussi de notre cercaire par la
forme et la dimension de la virgula. D’après Etges (1960), la cercaire de Prosthodendrium
(Acantharium) anaplocami a les glandes devant la ventouse ventrale et la queue aussi longue
que le corps. Chez Acantharium oregonense et Cercaria gyrinoides, les glandes, selon Burns
(1961), sont disposées à côté et en avant de la ventouse ventrale. Il en est de même, d’après le
dessin repris par Yamaguti (1975), pour la cercaire de Lecithodendrium ( Acantharium )
— 59 —
lageniforme (Agata, 1947), mais le dessin, très schématique, ne se prête guère à une
comparaison. On doit aussi souligner que toutes ces cercaires proviennent d’autres Mollusques
et d’autres continents. Une seule cercaire du type virgula trouvée en Afrique par Callot (1936)
et décrite sous le nom de C. nefzaoua III a des glandes en avant de l’acétabulum, en nombre
non précisé, et diffère aussi par la forme de la vessie urinaire. Les cercaires du type virgula
décrites en Europe (Dubois, 1929; Wesenberg-Lundt, 1934; Zdun, 1961) possèdent toutes un
nombre de glandes de pénétration différent.
Daumas-Candelon pense avoir obtenu (mais sans certitude) les métacercaires chez des
larves de Libellula sp. et suggère qu'elles puissent représenter Sonsinotrema tacapense Balozet
et Callot, 1939 (Lecithodendriidae), espèce commune chez les Amphibiens du même biotope.
Nous partageons cette opinion, mais la démonstration expérimentale reste à faire.
Opecoelidae Ozaki, 1925
4. Nicolla gallica (Dollfus, 1948) Dollfus, 1951
(Fig. 5)
Sporocyste grand (environ 3 mm de longueur sur 0,5 de largeur), cylindrique, le plus
souvent jaune vif, parfois blanchâtre, pointu et à paroi épaisse à une extrémité, arrondi à
l’autre, pourvu d’un orifice muni de soies, contenant de nombreuses cercaires à divers stades de
développement.
Cercaire de type cotylicerque, à corps ovoïde, allongé, muni de quelques soies à
l’extrémité antérieure; ventouses à peu près égales, la buccale munie d’un stylet avec une
pointe centrale et deux latérales; quatre paires de glandes de pénétration en avant de
l’acétabulum et atteignant son bord antérieur, à longs canaux s’ouvrant près des pointes
latérales du stylet; appareil digestif comprenant un long prépharynx, un pharynx et une
ébauche d’œsophage; vessie urinaire grande, cylindrique, atteignant le bord postérieur de
l’acétabulum; système des canaux excréteurs non observé; queue courte, remplie de cellules
glandulaires.
Caractères de l'infestation : Un seul Mollusque parasité (1,5 %) dans la station T3 et deux
(0,4%) en T6.
Discussion
Daumas-Candelon et Horr mentionnent cette cercaire et donnent pour formule des
protonéphridies 2 {(2 + 2) + (2 + 2)} = 16. Il s’agit de la cercaire décrite par Dollfus
(1959) et identifiée comme celle de Nicolla gallica Dollfus, 1948. Selon Dollfus (1960) elle est
identique à Cercaria myzura Pagenstecher, 1891; celle-ci a été rapportée plusieurs fois en
Europe chez Teodoxia fluviatilis (Luhe, 1909 ; Zdun, 1958 ; Dollfus, 1959). Nous pensons que
Cercaria koleae Balozet, 1953, du Mollusque Amnicola dupotetane d’Algérie, représente
également la même espèce ; Balozet (1953a) a déjà noté la ressemblance entre C. myzura et C.
— 60 —
koleae, mentionnant toutefois l’absence de pharynx chez la seconde. La cercaire de type
cotylicerque, décrite chez M. praemorsa par Ismail et Abdel-Hafez (1983) sous le nom de
Cercaria melanopsi V représente une autre espèce ; elle a 5 paires de glandes de pénétration et
une vessie urinaire plus petite.
Fig. 5. — Nicolla gallica (Dollfus, 1948) Dollfus, 1951 : a, sporocyste; b, cercaire; c, stylet et canaux des glandes
de pénétration.
— 61 —
Monorchiidae Odhner, 1911
5. Parasymphylodora sp.
(Fig. 6)
Rédie cylindrique, sans apophyse, blanchâtre, d’une longueur de 1 mm, caractérisée par la
couleur brune ou verte du cæcum ; ouverture buccale dans une dépression antérieure, pharynx
globuleux plutôt petit, cæcum sacciforme, étroit, atteignant 1/3 de la longueur du corps ; orifice
de ponte non observé ; cavité contenant une vingtaine de cercariaeums à des degrés divers de
développement et 2 à 3 cercariaeums mûrs, un cercariaeum pouvant être enkysté dans la rédie.
Cercariaeum (description basée sur un individu isolé d’un kyste) : Corps à extrémités
arrondies, de largeur maximale au niveau de l’acétabulum ; extrémité antérieure mobile, plus
rétrécie que la postérieure et couverte d’épines jusqu’au niveau de l’acétabulum ; ventouses
Fio. 6. — Parasymphylodora sp. : a, rédie; b, cercariaeum; c, stylet.
— 62 —
grandes, surtout la ventrale; ventouse orale munie d’un stylet petit et simple; cinq paires de
glandes de pénétration entre pharynx et ventouse ventrale, à canaux s’ouvrant près du stylet ;
appareil digestif comprenant un court prépharynx, un pharynx, un œsophage assez long
enroulé en S et deux cæcums se terminant au niveau du bord postérieur de l’acétabulum ;
système génital en arrière de l’acétabulum, bien développé mais non fonctionnel, avec un
testicule et un ovaire globuleux, le second deux fois plus petit que le premier, une poche du
cirre grande et allongée disposée obliquement et s’ouvrant latéro-ventralement à droite du
corps au niveau du bord postérieur de l’acétabulum, un utérus formant une boucle entre ovaire
et ventouse ventrale et s’ouvrant un peu en arrière de l’orifice génital mâle; vessie urinaire
cylindrique, à paroi épaisse, courte, atteignant le bord postérieur du testicule.
Caractères de l’infestation : Deux Mollusques infestés (3,1 %) en T3 et 3 (0,3 %) en T6;
jusqu’à 30 rédies par Mollusque.
Discussion
En Algérie, deux cercariaeums différents ont été décrits par Daumas-Candelon et Horr.
Le nôtre ressemble à celui décrit par Horr (1979) sous la même appellation de Parasymphylo-
Tableau I.— Comparaison de trois espèces de Parasymphylodora. (Toutes les mesures sont en u.m.)
CARACTERES
Parasymphylodora sp.
P. markewitschi Kulakovskaja, 1947
P. demeli
Markowski, 1935
d'après HORR (1979,
non publié)
d'après Kulakovskaja,
1947
d'après LAMBERT,
1976
Longueur du corps
1000-1100
702-1000
940-1700
285-900
Largeur du corps
460-505
288-510
375-555
180-450
Ventouse orale
150-175x 145-160
162-166
184-157
68-136x68-136
Pharynx
100x83
93-136
103-82
49-90 x 27-90
Ventouse ventrale
180-200x200
- ? -
198-176
82-177x82-190
Testicule
260x135-160
414-169
352-173
41-163x35-122
Ovaire
130-140 x 110
195-118
164-115
22-125 x 16-122
Poche du cirre
240-260 x 60-80
255 x 54
169 x 92
82-136x27-49
Oeufs
-?-
24-27 x 11-14
24 x 15
22-27 x 11-14
Epines
au niveau de la ventou¬
se ventrale
n'atteignent pas l'extré¬
mité post, du corps
au niveau de l'ovaire
sur la partie antérieure
du corps
Position de l'orifice
génital
à droite, au niveau du
bord post, de la vent.
ventrale
à gauche, au niveau du
bord post, de la vent.
ventrale
à gauche, au niveau du
bord post, de la vent.
ventrale
à gauche, dans la région
de la vent, ventrale
Extension des
vitellogènes
du centre de l’ovaire au
centre du testicule
entre la vent, ventrale et
le bord post, du testicule
entre la vent, ventrale et
le centre du testicule
entre le bord post, de
l'ovaire et l'extrémité
post, du corps
Vessie urinaire
courte, atteignant le
bord post, du testicule
longue, arrivant dans la
région du testicule
longue, arrivant dans la
région du testicule
courte, n'atteignant pas
la région du testicule
— 63
dora sp., mais son dessin représente un individu plus jeune que le nôtre qui provient d’un
kyste. Horr a récolté, dans le même biotope que les cercaires, des métacercaires de
Parasymphylodora chez Ancylus fluviatilis et des adultes chez Barbus meridionalis. Selon Horr,
il peut s’agir de P. markewitschi Kulakovskaja, 1947, ou bien d’une espèce nouvelle. L’adulte
décrit par Horr diffère de P. markewitschi par l’étendue des vitellogènes et la dimension de la
vessie urinaire, ainsi que par la position de l’orifice génital (à droite pour notre cercaire, à
gauche pour P. markewitschi d’après la description de Kulakovskaja, 1947, et d’après
Lambert, 1976); cependant, nous attachons peu d’importance à ce dernier caractère car, chez
une autre espèce ( Asymphylodora progeneticd), on a observé les deux positions de cet orifice
(Serkova et Bykhovskij, 1940). Une autre espèce auropéenne, A. demeli, décrite par
Markowski (1935) possède une vessie urinaire courte, mais elle diffère de notre espèce par la
position de la poche du cirre et les dimensions des ventouses. La comparaison des caractères et
dimensions (tabl. I) montre que Parasymphylodora sp. est probablement une espèce non
décrite à ce jour. La « tailess cercaria » décrite par Ismail, Saliba et Tomo (1983) chez M.
praemorsa de Jordanie diffère de notre cercariaeum par les cæcums plus longs, le plus grand
nombre de glandes de pénétration et le plus grand nombre de protonéphridies (50 contre 24).
Ordre OPISTHORCHIIDA La Rue, 1957
Heterophyidae Odhner, 1919
6. Cercaria algerica III
(Fig. 7)
Rédie petite (environ 1 mm de longueur), blanchâtre, sacciforme, à extrémité antérieure
un peu plus rétrécie que la postérieure ; orifice buccal dans une dépression, pharynx globuleux,
cæcum court et sacciforme, précédé par un court œsophage; cavité renfermant seulement
quelques cercaires et embryons.
Cercaire de type pleurolophocerque, pouvant être rencontrée aussi bien libre entre les
organes du Mollusque que dans la rédie ; corps ovale, allongé, à extrémité antérieure mobile,
spinulé jusqu’au niveau du bord postérieur de la ventouse orale, en arrière de laquelle se
trouvent deux grands ocelles ; sept paires de glandes de pénétration en deux rangs le long du
corps, à cellules grandes, à bords lisses, non lobées, allongées transversalement; canaux en
deux faisceaux latéraux, s’ouvrant près de la ventouse orale ; acétabulum petit, mal développé,
dans la moitié postérieure du corps ; vessie urinaire large, bicorne, s’ouvrant par deux pores
latéraux dans la partie proximale de la queue; systèmes digestif et excréteur non observés;
queue beaucoup plus longue que le corps, se repliant dans une poche de celui-ci, avec une
nageoire dorso-ventrale débutant à la base.
Caractères de l’infestation : Rencontrée chez un seul Mollusque, à la station T6.
— 64 —
Fig. 7. — Cercaria algerica III : a, rédie; b, cercaire.
— 65 —
Discussion
Cette cercaire diffère nettement d’une cercaire pleurolophocerque décrite par Daumas-
Candelon et par Horr d’Algérie et de Cercaria orospinosa décrite par Ullman (1954) chez
des M. praemorsa d’Israël ; les différences portent sur le nombre et la disposition des glandes
de pénétration, sur la présence, chez les deux cercaires mentionnées, de nombreuses petites
cellules glandulaires concentrées vers le milieu du corps, sur la longueur et le point de départ
de la nageoire. Quant à Cercaria pleurolophocerca Sonsino, 1892, trouvée en Égypte par
Sonsino puis en Tunisie par Langeron (1924) et Callot (1936), elle est munie de nageoires
latérales.
L’arrangement des glandes de pénétration rapproche notre cercaire de celle de Cercaria
melanopsi VI Ismail et Abdel-Hafez, 1983, et de celles d’Heterophyidae décrites par Martin à
Hawaii (1958) et en Égypte (1959); elle diffère cependant des représentantes du genre
Haplorchis par l’absence de nageoires latérales; la présence d’une nageoire dorso-ventrale
débutant à la base de la queue, le nombre, l’apparence et l’arrangement des glandes de
pénétration font penser au genre Heterophyes, mais nous ne pouvons affirmer son identité avec
l’une des cercaires décrites par Martin.
Conclusion
Nous avons pu récolter, chez le Mollusque Melanopsis praemorsa L. de l’Oued Tafna
(nord-ouest de l’Algérie) six espèces de cercaires dont chacune appartient à un type différent :
furcocercaire, gymnocéphale, xiphidiocercaire virgula, cotylicerque, cercariaeum et pleurolo¬
phocerque. Les prévalences étaient toujours très faibles (moins de 2%) et nous n’avons
enregistré aucune infestation mixte.
La cercaire de Szidatia joyeuxi était la plus commune dans le biotope où nous avons
travaillé comme d’ailleurs dans toute l’Afrique du Nord.
Nous pensons que Cercaria koleae Balozet, 1953, décrite d’Algérie, est en fait la cercaire
de Nicolla gallica.
Deux cercaires, que nous avons désignées sous les noms de Cercaria algerica I et C.
algerica III, sont décrites pour la première fois : C. algerica I pourrait appartenir au genre
Cloacitrema (Philophthalmidae) et C. algerica III au genre Heterophyes (Heterophyidae). Le
cercariaeum de Parasymphylodora sp. avait déjà été rencontré en Algérie par Horr, mais nous
pensons qu’il s’agit également d’une nouvelle espèce. La position systématique de Cercaria
algerica II ne peut pas être donnée avec plus de précision que celle du sous-ordre
(Plagiorchiata).
Remerciements
Nous remercions vivement le Dr J. Gagneur pour son aide dans l’organisation de notre travail sur le
terrain.
RÉFÉRENCES
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Pasteur Algér., 31 : 75-83.
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Algér., 31 : 381-396.
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digénétiques. Mém. Mus. natn. Hist, nat., Paris , nouv. sér., série A, Zool., 113 : 81 p.
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Hydrothermal vent fauna : Agauopsis auzendei n. sp.
(Acari, Halacaridae)
by lise Bartsch
Abstract. — In 1988 investigations with the submersible “Nautile” were made at the Snake Pit,
23°22,09'N, 44°57,12'W, a volcanic ridge in the Mid-Atlantic Ridge. Sediment samples taken at the base
of an active chimney contained halacarid mites, viz. Agauopsis auzendei n. sp. The species is described and
figured. The species has no marked external characters distinctly separating it from shallow water species.
Key words. — Mid-Atlantic Ridge, volcanic vent biota, marine mites.
Résumé. — Sur la ride volcanique du Snake Pit, 23°22,09'N, 44°57,12'W, à l’axe de la dorsale
médio-Atlantique, ont été capturés quatre spécimens d’halacariens par le submersible « Nautile »
(campagne HYDROSNAKE 1988). L’espèce Agauopsis auzendei n. sp. est décrite et figurée. Cette espèce
n’a pas de modifications morphologiques frappantes pour mener une vie hydrothermale et abyssale.
I. Bartsch, Biologische Anstalt Helgoland, Notkestr. 31, 2000 Hamburg 52, FR Germany.
Introduction
The Snake Pit, located at 23°22,09'N, 44°57,12'W, is a volcanic and tectonically active
portion of the Mid-Atlantic Ridge comprised of pillow lavas and lava tubes (Kong et ai,
1985; Mevel et al., 1989). In recent years its hydrothermal vent biota has been investigated,
e.g., with the submersible “Alvin” (Grassle et al, 1986) and during the HYDROSNAKE
cruise from June 12 to July 14, 1988 with the R/V “Nadire” and the submersible “Nautile”
(organized by Université VI, Paris, chief scientist C. Mevel). Ten dives were made to the dome
of the Snake Pit to study biology, geology, mineralogy, gravimetry, and chemistry of
hydrothermal fluids. During dive HS10 (observer M. Segonzac), biological material and
sediment was taken at the base of an active chimney at 3478 m depth. According to
observations, the hydrothermal vents at the Snake Pit are characterized by an abundance of
shrimps at the chimneys ; around the vents, the fauna consists of anemones, worm tubes, large
gastropods, bivalves, crabs, and zoarcid fishes (Grassle et al., 1986; Mevel et al., 1989).
The biological material taken during dive HS10 was sorted in the Centre National de Tri
d’Océanographie Biologique (IFREMER, Brest) and the four halacarid specimens found
placed at my disposal.
— 70 —
Agauopsis auzendei n. sp.
Material : One female, 3 deutonymphs. Mid-Atlantic Ridge, Snake Pit, 23°22,09'N, 44°57,12'W,
3478 m. Sediment from the base of an active chimney. The female holotype and a deutonymph paratype
are deposited in the Muséum national d’Histoire naturelle, Paris.
Etymology : The species is named in honour of the geologist J.-M. Auzende, participant in the
HYDROSNAKE cruise.
Description
Female
Idiosoma length 614 pun, width 395 pun. All dorsal plates reticulate. Anterior dorsal plate
almost as wide as long, broadly rounded both anteriorly and posteriorly. Ocular plates almost
as long as wide ; with a transverse canaliculus close to posterior edge ; neither cornea nor gland
pore distinguishable. Posterior dorsal plate with 2 narrow, longitudinal costae (fig. 1 A).
Dorsal setae long ; first pair (ds-1) inserted on anterior dorsal plate at level of insertion of leg I,
ds-2, ds-3 and ds-4 within striated integument, ds-5 on posterior dorsal plate, lateral to
longitudinal costae, ds-6 on anal cone. Membranous integument with minute cuticular cones.
Ventral plates marginally reticulate, ventrally very faintly pitted. No epimeral pores on
anterior epimeral plate. Anterior plate with 3 pairs of long ventral setae, posterior epimeral
plate with 2 dorsal (marginal) and 2 ventral setae. Genitoanal plate with 2 pairs of setae.
Genital opening (GO) large, distance to anterior margin of genitoanal plate less than GO’S
length. Genital sclerites with 3 small setae. Ovipositor long, surpassing genital opening for
GO’S length (fig. 1 B).
Gnathosoma length 194 pun. Gnathosoma slender, its base slightly longer than wide.
Rostrum elongate triangular. Both pairs of maxillary setae inserted on rostrum. Palps
4-segmented, distinctly extending beyond tip of rostrum (fig. 1 C). Second palpal segment
(P-2) with a dorsal seta, P-3 with a medial spine, P-4 with 3 setae in the basal whorl.
Legs almost as long as idiosoma. Leg I slightly wider than the other legs, with long,
narrow spines ; telofemur and tibia both with 3 ventromedial and 2 ventrolateral spines, genu
with a pair of spines, and tarsus with a ventromedial spine (fig. 1 H). No spines on posterior
Fig. 1. — Agauopsis auzendei n. sp. : A, idiosoma, dorsal view; B, idiosoma, ventral view; C, gnathosoma, lateral
view ; D, tarsus II, medial view (lateral setae omitted) ; E, tarsus I, lateral view (medial setae dashed) ; F, tibia II,
ventral view (dorsal setae dashed) ; G, genitoanal plate ; H, leg I, basifemur to tarsus, medial view ; I, leg II,
basifemur to tarsus, medial view ; K, leg IV, ventrolateral view.
Figure 1 G from a deutonymph, the others from the holotype female. Each scale division represents 50 gm.
(AD anterior dorsal plate; AE anterior epimeral plate; ds-1 first dorsal seta; GA genitoanal plate; ga genital
acetabula ; GO genital opening ; OC ocular plate ; ov ovipositor ; P-2 2nd palpal segment ; pas parambulacral setae ;
PD posterior dorsal plate; PE posterior epimeral plate; pgs perigenital seta; sgs subgenital seta; so solenidion.)
— 72 —
legs; tibia II with 3 ventromedial and 1-2 ventrolateral bristles (figs 1 F, I), tibia III with 3-4,
tibia IV with 3 ventral bristles (fig. 1 K). Tip of tarsus I with a pair of ventral setae and a pair
of doubled parambulacral setae (fig. 1 E), tip of tarsus II with 1 ventral seta and a pair of
doubled parambulacral setae (fig. 1 D), tarsi III and IV both with a pair of slender, seta-like
parambulacral setae. Solenidion on tarsus I dorsolateral, on tarsus II dorsomedial in position.
Leg chaetotaxy from segment 1 to 5 : Leg I 1, 2, 9-10, 4, 14; leg II 1, 3-4, 6-7, 4, 9-12; leg III
3, 3, 4, 3, 6-7 ; leg IV 1,3, 4, 3, 6. Claws strong. All claws with accessory process. Claw comb
with approximately 10 tines on the claw stem.
Deutonymph
Idiosoma length 440-504 ^im, width 341-346 jj.m. Dorsal plates similar though smaller than
those of adults. One of the nymphs with a adjunct pair of dorsal setae inserted at end of
posterior dorsal plate (substitute for gland pore?). Anterior epimeral plates with 3 ventral
setae, posterior epimeral plate with 2-3 marginal and 2 ventral setae. Genital plate fused with
anal plate, with 2 pairs of perigenital setae (fig. 1 G) ; primordial genital slit with 1 pair of
subgenital setae and 2 pairs of internal genital acetabula.
Gnathosoma similar to that of adults.
Leg I with long spines, telofemur and tibia both with 2 pairs of spines, genu with 1 pair of
spines, and tarsus with 1 medial spine. Tibia II with 3 ventral bristles, tibiae III and IV each
with 2 bristles.
Remarks
Agauopsis auzendei differs from all other species in having long palps and long spines on
leg I. The majority of Agauopsis species have palps that hardly surpass the rostrum and 1-2
setae in the basal whorl of P-4. They also have posterior epimeral plates with 1 dorsal and 3
ventral setae, a female genitoanal plate with 3 pairs of setae, genital sclerites with no setae, and
2-3 ventral bristles on tibiae II. A. auzendei, however, has palps that surpass the rostrum and 3
setae in the basal whorl of P-4. The posterior epimeral plates have only 2 ventral setae, a
genitoanal plate with 2 pairs of perigenital setae, and 3 setae on the genital sclerites.
Furthermore, tibiae II has 4-5 ventral bristles. A. auzendei is not closely related to any of the
species described to date. Some of its characteristics are reminiscent of species of the genus
Halacarellus.
Several of the genera common in littoral waters also are represented in the abyss fauna
(Bartsch, 1988). At present, the deepest records of Agauopsis are from 550-950m, i.e. A.
producta Newell, 1971, and A. costata Newell, 1971, both collected off San Felix Island,
southeast Pacific (Newell, 1971, 1984). A third species from the Pacific, A. bathyalis Bartsch,
1989, was found amongst halacarid material taken off New Caledonia at 1400 m depth
(Bartsch, 1989). The three species lack eye pigment ; otherwise, there are no marked external
characters that distinguish them from shallow water species. A. auzendei, too, shows no
morphological pecularities.
The halacarid fauna associated with hydrothermal vent communities is poorly investiga¬
ted. A single species, Copidognathus papillatus Krantz, 1982, was found amongst detritus of
— 73 —
mussel samples gathered at a depth of 2482 m in the eastern Pacific (Galapagos Rift) (Krantz,
1982). Agauopsis auzendei is the second species from a hydrothermal vent site. There is no
obvious external specialisation that can be corrolated with life in the abyss or in volcanic
hydrothermal vents.
Acknowledgements
Thanks are due to Dr. C. Mevel, chief scientist of the HYDROSNAKE cruise, and
Dr. M. Segonzac for making the collections and submitting the halacarids.
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section A, n° 1 : 75-93.
Isotomiella (Collembola, Isotomidae) d’Amazonie :
les espèces du groupe minor
par Elisiana Oliveira et Louis Deharveng
Résumé. — Six Isotomiella nouvelles du groupe minor sont décrites d’Amazonie : prussianae n. sp.,
similis n. sp., amazonica n. sp., granulata n. sp., sensillata n. sp. et arlei n. sp. Plusieurs caractères
taxonomiques nouveaux pour le genre sont proposés et discutés.
Abstract. — Six new species of the minor group of the genus Isotomiella are described from
Amazonas : prussianae n. sp., similis n. sp., amazonica n. sp., granulata n. sp., sensillata n. sp. and arlei n.
sp. Several taxonomic characters new for the genus are proposed and discussed.
E. Oliveira, Laboralorio de Pedobiologia, Instituto Nacional de Pesquisas de Amazonia, Caixa Postal 478, Manaus
Amazonas (Brasil).
L. Deharveng, UA 333 du CNRS, Laboratoire de Zoologie, Écobiologie des Arthropodes édaphiques, Université
Paul Sabatier, 118, route de Narbonne, 31062 Toulouse cedex (France).
Le présent article traite des Isotomiella du groupe minor récoltées dans le cadre des
recherches sur les peuplements édaphiques de Collemboles en Amazonie entreprises par l’un
des auteurs. Il fait suite à l’étude des espèces du groupe delamarei (Deharveng et Oliveira,
1990 sous presse).
A PROPOS DES CARACTÈRES TAXONOMIQUES UTILISÉS
Les caractères morphologiques utilisés pour l’ensemble des Isotomiella ont été discutés
dans notre précédent travail (Deharveng et Oliveira, 1990 sous presse). Nous envisageons ici
ceux plus particulièrement utiles à l’analyse taxonomique du groupe minor.
Ornementation et canaux épicuticulaires : Chez les espèces brésiliennes du groupe minor
décrites ici les canaux épicuticulaires sont présents de la tête à abd. II; ils sont cependant
beaucoup moins nets et moins développés que chez Isotomiella minor et I. paraminor d’Europe.
On observe souvent des granules épicuticulaires secondaires plus ou moins forts selon l’espèce
considérée, surtout visibles sur l’arrière-corps. Les pseudopores sont parfois bien visibles sur
les tergites.
Labre : Les soies antéro-externes sont sclérifiées et spiniformes chez certaines espèces.
Antennes : Les caractères suivants ont une valeur discriminante : 1) longueur relative de
l’antenne, exprimée en fonction de la longueur du corps (le rapport classique avec la diagonale
— 76 —
céphalique est mentionné dans la description mais reste trop imprécis) ; 2) nombre de soies
ordinaires sur ant. /; peu différent d’une espèce à l’autre, il présente en outre une légère
variabilité ; 3) présence éventuelle de soies ciliées sur ant. I, et parfois II et III ; chez les espèces
possédant des soies ciliées, on en trouve 6 sur ant. I auxquelles s’ajoutent, sur certains
exemplaires, une ou deux soies ciliées près des soies du même article ; 4) forme des soies
hypertrophiées si à s6, nombre et disposition des autres soies s à' ant. IV (variabilité
individuelle parfois importante) (fig. 1).
Revêtement ordinaire des tergites : Chétotaxie axiale : nombre de soies par demi-tergite le
long de l’axe de th. II à abd. V, chez l’adulte ; on trouve notamment 4 ou 6 soies sur abd. I
selon les espèces avec toutefois une variabilité individuelle notable. Degré de développement
des macrochètes. Nombre et disposition des mésochètes ciliés sur les somites.
Chétotaxie du tube ventral : Stable au sein d’une espèce.
Pattes : La présence éventuelle de soies ciliées sur les tibiotarses et les fémurs est à utiliser
avec précautions (variations individuelles importantes). La forme et la disposition des soies x
sur le tibiotarse III du mâle diffèrent selon les espèces.
Furca : Nombre de soies et nombre de soies ciliées sur les subcoxae furcales (légère
variabilité pour Scxa ). Chétotaxie ventrale du manubrium (excellent caractère discriminant,
stable). Nombre de soies ventrales sur la dens (variabilité individuelle). Taille du mucron.
Caractères stables chez les espèces étudiées : Un certain nombre de caractères sont les
mêmes chez toutes les espèces étudiées ici mais diffèrent chez certaines espèces du groupe
delamarei (la plupart, signalés par une astérisque, sont communs à toutes les espèces connues
du groupe minor) : 1) * 4 poils sublobaux au lobe externe de la maxille; 2) soies céphaliques
non ciliées; 3) 1, 1/3, 3, 3, 4 macrochètes par demi-tergite de th. II à. abd. IV-, 4) * 3, 2/0, 0, 1,
3, 5 soies s par demi-tergite de th. II à abd. V; 5) * ergots tibiotarsaux fins ; 6) 5 + 5 soies
ventrales au minimum sur le manubrium ; 7) * dens à 6 soies dorsales ; 8) * rétinacle à 4 + 4
dents et 1 soie au corpus; 9) * mucron tridenté, petit.
Abréviations utilisées dans les descriptions
abd. I, II, III, IV et V-VI : segments abdominaux I, II, III, IV et V-VI.
ant. : longueur de l’antenne.
ant. I, II, III et IV : (longueur des) articles antennaires I, II, III et IV.
d : longueur de la dens.
G III : (longueur de la) crête interne de la griffe de la patte III.
L : longueur (corps + tête).
m : longueur du mucron.
Md, Mdl, Ml : (longueur du) macrochète dorsal, dorso-latéral, latéral (fig. 24).
sa : soies 5 antérieures des tergites.
sp : soies 5 postérieures des tergites.
si : soies s latérales des tergites.
spl (V) : grande soie sp épaissie latérale d’abd. V.
sv : soies s ventrales des tergites.
th. II et III : méso- et métathorax.
T I, Il et III : tibiotarses I, II et III.
— 77 —
Matériel
Dépôt des types : Collections de l’INPA, Departamento de Ecologia, Laboratorio de Pedobiologia,
Manaus, Amazonas, Brésil (L. Ped. INPA); collection du Laboratoire de Zoologie, Écobiologie des
Arthropodes Édaphiques, Université Paul Sabatier, Toulouse, France (L. Zool. Toul.); collection du
Muséum national d’Histoire naturelle de Paris (MNHN).
Abréviations utilisées pour les récoltes : Am, Amazonas; EMBRAPA, Empresa Brasileira do
Pesquisas Agropecuaria (Station de Recherches); prél., prélèvement; Zf, nom d’une route (estrada
vicinal).
Isotomiella prussianae n. sp.
(Fig. 1-8 et 16-18)
Matériel
Holotype femelle et 7 paratypes : Brésil : Manaus (Amazonas), île Marchantaria, forêt secondaire
inondable, litière, E. Palheta et M. L. Paz leg., 05.12.1986 (prél. AM. ARM.). — 2 paratypes femelles,
même station, Palheta et Paz leg., 26.11.1986 (prél. 3).
Holotype et 3 paratypes déposés dans la coll. L. Ped. INPA, 4 paratypes dans la coll. L. Zool. Toul.,
2 paratypes au MNHN.
Autre matériel : Brésil : (Amazonas), Zf-02, forêt primaire sur sol argileux, 27.09.1979 (prél. Mata 3),
09.01.1980 (prél. 81 et 82), 17.10.1980 (prél. Mata 14) et 20.11.1980 (prél. Mata 08, Mata 10, Mata 15),
E. Palheta et C. Sena leg. : 15 ex. — Zf-02, forêt secondaire sur sol argileux, C. Sena et E. Palheta leg.,
27.09.79 (prél. Cap 1) : 4 ex. — Zf-03, forêt primaire sur sol argileux, D. Campista leg., 26.03.1986
(prél. 3) : 2 ex. — EMBRAPA, forêt primaire sur sol argileux, litière, E. Palheta et C. Sena leg.,
08.11.1984 (prél. 11, 12 et 13) : 7 ex. — EMBRAPA, racines, 08.11.1984 (prél. 5) : 1 ex. — Careiro (Am),
forêt secondaire périodiquement inondée, Trincheira, E. Palheta et M. L. Paz leg., 27.01.1987 (prél.
lit. 2) : 1 ex. — Réserva Biologica da Campina, est. D, E. Oliveira leg., 29.12.1975 : 6 ex. — Réserva
Biologica da Campina, Campinarana, mousses à 20cm du sol, M. L. Paz et C. Sena leg., 09.10.1986 : 3
ex.
Description
Longueur : 0,4 à 0,7 mm. Habitus d 'Isotomiella minor.
Ornementation épicuticulaire : Tégument à grain primaire très fin, sans pustules ni
granules ; canaux épicuticulaires indistincts sauf sous la tête et parfois sur la tête et le thorax.
Tête ; Soies labrales ni épaissies, ni sclérifiées. Lobe externe de la maxille à soies lisses,
avec un palpe bifurqué et 4 poils sublobaux. Antennes plus longues que la diagonale
céphalique ; L : ant. = 3,9. Chétotaxie antennaire assez abondante, sans aucune soie ciliée ;
ant. I avec 17 soies ordinaires, 2 microchètes basaux et 2 soies s inégales (fig. 2) ; ant. IV à soies
sl-s6 ovoïdes allongées, les autres soies i épaissies et subcylindriques, au nombre de (l)-2
internes et 3-6 (le plus souvent 4) externes (fig. 1); ant. IV : G III — 5,2. Soies céphaliques
toutes lisses.
Tergites et sternites : Revêtement ordinaire assez abondant; une grande zone ventro-
latérale d 'abd. 7/est dépourvue de soies (fig. 18); chétotaxie axiale : 18, 14/6, 6, 6, 6, de th. II à
Fig. 1 à 8. — Isotomiellaprussianae n. sp : 1, quatrième article antennaire en vue dorsale (antenne droite; 1 à 6 : soies
si à s6 subdistales ; s : autres soies s\ or : organite ; so : soie 1s voisine de l’organite ; cercles : embase des soies
ordinaires et des soies mousses non épaissies) ; 2, premier article antennaire en vue dorsale (antenne droite ; ^ :
microchètes basaux ; s : soies s) ; 3, tibiotarse et prétarse de la patte II ; 4, abd. V : spl et soies voisines (côté droit) ;
5, tergites d ’abd. IV à K/; 6, manubrium en vue ventrale ; 7, disposition des soies ventrales de la dens ; 8, mucron et
partie distale de la dens.
— 79 —
abd. IV (fig. 16); les 2 soies axiales de la rangée m sont plus écartées que celles de la rangée a
sur abd. I (fig. 17). On trouve trois types de soies ordinaires sur les tergites (fig. 5) :
1) macrochètes ciliés, au nombre de 1, 1/3, 3, 3, 4 par demi-tergite de th. II à abd. IV; les
macrochètes Md et surtout Mdl sont plus courts que Ml sur abd. / et II; Ml : G III {abd. I) =
3,0; Ml : Md {abd. I) = 1,4; Ml : Md {abd. I) = 1,7; 2) mésochètes ciliés : 1 + 1 latéraux sur
th. II et th. III, aucun sur abd. I à III, quelques-uns sur abd. IV, nombreux sur abd. V-VI;
3) mésochètes lisses, nombreux de th. II à abd. IV, quelques-uns sur abd. V- VI où certains sont
plus grêles. — Revêtement de type 5 réduit, conforme au tableau I. Soie spl épaissie d 'abd. V
de longueur comparable à G III (fig. 4-5; spl (V) : G III = 0,9).
Tableau I. — Revêtement de soies s chez I. prussianae, I. similis et I. amazonica.
Morphologie
Nombre et
POSITION
PAR DEMI-TERGITE
th. II
th. III
abd. III
abd. IV
abd. V
Bâtonnet court et fin
2sl
2sl
lsv
lsv
Courte, fine, effilée
Moyenne, grêle
lsl
3sp
Isa, 2sp
Moyenne, épaisse
Isp
Total
3
2
1
3
5
Appendices : Ergots du tibiotarse fins, non sclérifiés (fig. 3). Pas de soies ciliées sur le
tibiotarse, parfois 1 faiblement ciliée sur le fémur III ; ergot fémoral lisse. Tube ventral à 2 + 2
soies antérieures, 4+4 soies latéro-distales et 2 + 2 soies postérieures. Subcoxa furcale
antérieure portant 17-19 soies (dont 1 à 3 ciliées), postérieure à 9 soies (dont 5 ou 6 ciliées).
Rétinacle à 4 + 4 dents et 1 soie au corpus. Manubrium avec 5 + 5 soies ventrales et 4 soies
latérales de chaque côté (fig. 6) ; soies dorsales lisses. Dens élancée, assez longue {d : G III =
10,5 ; L : d = 4,9), munie de (39)-41 -43 soies ventrales (fig. 7) et 6 soies dorsales lisses plus
grêles. Mucron court {G III : m = 2,4), tridenté (fig. 8)
Mesures (en u.m) (femelle holotype) : L : 682,0; ant : 173,6; ant. 1 : 26,4; ant. II : 38,4; ant. III :
40,8; ant. IV : 68,4; {abd. I) Md : 27,6; (abd. I) Mdl : 24,0; (abd. I) Ml : 39,6; G III. 13,2; d : 139,2; m :
5,4; spl (V) : 1,44.
Derivatio nominis ; Nous dédions affectueusement cette espèce à M me Prussiana Pereira de
Oliveira.
Discussion : Cf. Isotomiella similis n. sp.
Isotomiella similis n. sp.
(Fig. 9-15 et 19-21)
Matériel
Holotype femelle et 2 paratypes : Brésil, Manaus (Amazonas), île Marchantaria, forêt secondaire
périodiquement inondée, sol argileux, E. Palheta et M. L. Paz leg., 26.11.1986 (prél. 3, litière). — 5
Fig. 9 à 15. — Isotomiella similis n. sp. : 9, premier article antennaire en vue dorsale (antenne droite; g : microchètes
basaux; s : soies s); 10, chétotaxie axiale des tergites d'abd. I et II, 11, articles antennaires 3 et 4 en vue dorsale
(antenne droite) ; 12, extrémité du tibiotarse et prétarse de la patte III ; 13, abd. V : spl et soies voisines, avec détail
de l’ornementation épicuticulaire (côté gauche) ; 14, disposition des soies ventrales de la dens ; 15, tergites d'abd. V-
VI.
— 81 —
paratypes : même station, E. Palheta et M. L. Paz leg., 26.11.1986 (prél. de litière 4, 5 et 9; prél. de
racines 3 et 9). — 1 paratype : même station, E. Franklin leg., 05.12.1986.
Elolotype et 3 paratypes déposés dans la coll. L. Ped. INPA; 3 paratypes dans la coll. L. Zool. Toul. ;
2 paratypes au MNHN.
Autre matériel : Brésil, Careiro (Am), forêt secondaire périodiquement inondée, Trincheira, 27.01.87
(prél. lit. 2) : 1 ex.
Description
Longueur : 0,5 à 0,7 mm. Habitus d 'Isotomiella minor.
Ornementation épicuticulaire : Tégument granuleux sur abd. IV à VI (granules un peu
inférieurs à une embase de mésochète, généralement bien distincts, fig. 13); canaux épicuti-
culaires peu distincts sur la tête et le thorax, plus nets sous la tête.
Tête : Soies labrales et lobe externe de la maxille comme chez I. prussianae. Antennes plus
longues que la diagonale céphalique ; L : ant = 3,2. Chétotaxie antennaire comme chez I.
prussianae (fig. 9 et 11), les soies s supplémentaires au nombre de 2 internes et 6 externes;
ant. IV : G III = 6,0. Soies céphaliques toutes lisses.
Tergites : Revêtement ordinaire assez abondant ; pas de zone ventro-latérale dépourvue de
soies sur abd. //(fig. 21); chétotaxie axiale : (18)-20, 14/6, 6, 6, 6 de th. II à abd. IV (fig. 10 et
16 17 18
Fig. 16 à 21 — Isotomiella prussianae n. sp. (16 à 18) et I. similis n. sp. (19 à 21) : 16 et 19, chétotaxie axiale
antérieure du tergite de th. //(soies entourées de pointillés : présentes chez similis, absentes chez prussianae ); 17 et
20, chétotaxie axiale du tergite d 'abd. I (m : soies m axiales; p : pseudopores); 18 et 21, région ventrale à'abd. II.
82 —
19); les 2 soies axiales de la rangée m sont aussi écartées que celles de la rangée a sur abd. I
(fig. 20). Trois types de soies ordinaires sur les tergites (fig. 15) : 1) macrochètes ciliés comme
chez I. prussianae ; Ml : G III {abd. I) = 3,9; Ml : Md {abd. I) — 1,3; Ml : Mdl {abd. I) =
2,1; 2) mésochètes ciliés : 1 + 1 latéraux de grande taille sur th. II et sur th. III, parfois
accompagnés de 1 + 1 latéraux de petite taille sur th. III; aucun sur abd. là III; quelques-uns
sur abd. IV ; nombreux sur abd. V- VI ; 3) mésochètes semblables aux précédents mais lisses,
nombreux de th. II à abd. IV; quelques-uns sur abd. V-Vl où certains sont plus grêles. —
Revêtement de type s réduit, identique à celui décrit pour I. prussianae (tableau I). Soie spl
épaissie d ’abd. V aussi longue que G III (fig. 13; spl {V) : G III = 0,9).
Appendice : Ergots du tibiotarse fins, non sclérifiés (fig. 12). Pas de soies ciliées sur le
tibiotarse, plusieurs (4-5) sur le fémur III ; ergot fémoral lisse. Tube ventral à 3 + 3 soies
antérieures, 4 + 4 soies latéro-distales et 2 + 2 soies postérieures. Subcoxa furcale antérieure
portant 18-19 soies (dont 3-4 ciliées), postérieure à 9 soies (dont 5-6 ciliées). Rétinacle à 4 + 4
dents et 1 soie au corpus. Manubrium avec 5+5 soies ventrales et (3)-4 soies latérales de
chaque côté. Dens élancée, assez longue {d : G III = 11,5 ; L : d = 4,0), munie de 44-47 soies
ventrales (fig. 14) et 6 soies dorsales lisses plus grêles. Mucron court, tridenté {G III : m =
2,4).
Mesures (en fxm) (holotype femelle) : L : 542,9; ant : 168,3; ant. 1 : 26,4; ant. II : 36,9; ant. III :
38,5 ; ant. IV : 70,4 ; {abd. I) Md : 33,6 ; {abd. I) Mdl : 21,8 ; {abd. I) Ml : 45,2 ; G III : 11,7 ; d : 134,1 ; m :
4,8; spl{V) : 10,4.
Derivatio nominis : Le nom de l’espèce rappelle sa similitude avec Isotomiella prussianae et I. minor.
Discussion
Isotomiella similis est très voisine d’/. prussianae et d7. minor, elle s’en distingue par
plusieurs caractères que nous avons contrôlés chez tous les exemplaires adultes et subadultes
disponibles chez nos espèces brésiliennes et chez 15 exemplaires d’une population d’/. minor
provenant de Haute-Garonne (France) :
Caractères
prussianae
similis
minor
Soies axiales sur th. II
18
généralement 20
20
Soies m axiales sur abd. I
Abd. II avec une zone ventro-latérale
écartées
rapprochées
rapprochées
sans soies
oui
non
non
Granules sur abd. IV à VI
—
+
—
Isotomiella prussianae apparaît comme l’espèce du groupe minor la plus abondante dans
nos relevés alors que I. similis n’a été rencontrée qu’en deux stations; dans l’une d’elles
(Marchantaria), elle cohabite avec I. prussianae. A noter que notre matériel d7. prussianae (46
exemplaires) et d7. similis (10 exemplaires) ne contenait aucun mâle.
Isotomiella amazonica n. sp.
(Fig. 22-27)
Matériel
Holotype femelle et 3 paratypes : Brésil, Manaus (Amazonas), île Marchantaria, forêt secondaire
périodiquement inondée, sol argileux, litière, E. Palheta et M. L. Paz leg., 26.11.1986 (prél. 1). — 9
paratypes : même station, litière, E. Palheta et M. L. Paz leg., 26.11.1986 (prél. 3, 5, 6 et 8). — 5
paratypes : même station, E. Franklin leg., 05.12.1986.
Holotype et 7 paratypes déposés dans la coll. L. Ped. INPA ; 7 paratypes dans la coll. L. Zool. Toul. ;
3 paratypes au MNHN.
Autre matériel : Brésil Careiro (Am), forêt secondaire périodiquement inondée, sol argileux, litière,
E. Palheta et M. L. Paz leg., 27.01.1987 (prél. 2) : 2 ex.
Description
Longueur : 0,7 à 0,8 mm. Habitus à.'Isotomiella minor. Tégument avec des granules assez
petits sur abd. V- VI, parfois IV ; canaux épicuticulaires visibles sous la tête et parfois sur les
parties latérales et antérieures de th. II à abd. II.
Tête : Soies labrales ni épaissies, ni sclérifiées. Lobe externe de la maxille à soies lisses;
palpe bifurqué, 4 poils sublobaux. Antennes plus longues que la diagonale céphalique ; L :
ant = 3,2. Chétotaxie antennaire assez abondante, sans aucune soie ciliée; ant. I avec 18 soies
ordinaires, 2 microchètes basaux et 2 soies s inégales (fig. 23) ; ant. IV à soies sl-s6 ovoïdes
allongées, les autres soies s épaissies et subcylindriques, au nombre de 1 -2 internes et 4 externes
(fig. 22) ; ant. IV : G III = 5,8. Soies céphaliques toutes lisses.
Tergites : Revêtement ordinaire assez abondant; chétotaxie axiale : 20, 14/4, 6, 6, 6 de
th. Il à abd. IV (fig. 24 et 27). On trouve 3 types de soies ordinaires sur les tergites (fig. 24) :
1) macrochètes ciliés, au nombre de 1, 1/3, 3, 3, 4 par demi-tergite de th. Il à abd. IV ; les
macrochètes Md sont un peu plus courts, les Mdl nettement plus courts que les Ml sur abd. I et
II; Ml : G III (abd. I) = 4,8 ; Ml : Mdl (abd. I) = 1,85 ; 2) mésochètes ciliés : 1 + 1 latéraux
sur th. II, 1 — 2 + 1 — 2 latéraux sur th. III, aucun sur abd. I, quelques-uns à l’arrière
A'abd. III ou même II (en n° 2 et 3 de la rangée antérieure notamment), quelques-uns sur
abd. IV, nombreux sur abd. V-VI; 3) mésochètes semblables aux précédents, mais lisses,
nombreux de th. II à abd. IV, quelques-uns sur abd. V-VI où certains sont plus grêles. —
Revêtement de type s réduit, identique à celui décrit pour I. prussianae (tableau I). Soie spl
épaissie A'abd. V de longueur comparable à G III (fig. 25 ; spl( V) : G III = 0,9).
Appendices : Ergots du tibiotarse fins, non sclérifiés. Des soies ciliées sur les tibiotarses et
fémurs des pattes II et III (2-3 sur TII, 3-4 sur TIII, 6 sur les fémurs II et III, 3 sur le fémur I
chez 2 exemplaires analysés) ; ergot fémoral lisse. Tube ventral à 3 + 3 soies antérieures, 4 +
4 soies latéro-distales et 2 + 2 soies postérieures. Subcoxa furcale antérieure portant 17-19
soies (dont 2-3 ciliées), postérieure à 9 soies (dont 5-6 ciliées). Rétinacle à 4 + 4 dents et 1 soie
au corpus. Face ventrale du manubrium avec les 5 + 5 soies habituelles du groupe minor, 2-3
(parfois 4) soies proximales impaires et 4 soies latérales de chaque côté (fig. 26) ; soies dorsales
du manubrium lisses. Dens élancée, assez longue (d : G III = 11,8 ; L : d = 4,1), munie de 41-
Fig. 22 à 27. — Isotomiella amazonica n. sp. : 22, quatrième article antennaire en vue dorsale (antenne droite) ; 23,
premier article antennaire en vue dorsale (antenne droite ; (x : microchètes basaux ; s : soies s) ; 24, chétotaxie
dorsale ; la ciliature des soies n’a été figurée que pour les macrochètes et les grands mésochètes ; 25, abd. V : spl et
soies voisines, avec détail de l’ornementation épicuticulaire (côté gauche); 26, manubrium en vue ventrale; 27,
chétotaxie axiale des tergites d 'abd. I et II.
— 85 -
43 soies ventrales et 6 soies dorsales lisses plus grêles. Mucron court, un peu inférieur à la
moitié de la griffe, tridenté.
Mesures (en [im, holotype femelle) : L : 700,6; ant : 221,0; ant. 1 : 25,3; ant. II : 55,6; ant. III :
56,1 ; ant. IV : 84,0; (abd. I) Md : 56,5; (abd. I) Md! : 37,2; (abd. I) Ml : 69,0; G III : 14,4; d : 170,4;
spI(V) : 13,4
Discussion
Par la présence de plus de 5 + 5 soies ventrales au manubrium et l’absence de soies ciliées
sur ant. I, Isotomiella amazonica peut être rapprochée d ’/. paraminor Gisin, 1942, d’Europe ; si
l’on s’en tient à la description originale succincte de cette espèce, la seule différence avec
amazonica réside dans le nombre de soies ventrales au manubrium (12-14 chez amazonica, 18
chez paraminor, in Gisin 1960). D’autres différences importantes existent cependant,
notamment une moindre extension des canaux épicuticulaires chez amazonica (de la tête à
abd. Il) par rapport aux « paraminor » pyrénéens (où ils sont nets sur tous les tergites).
Isotomiella granulata n. sp.
(Fig. 28-34)
Matériel
Holotype femelle et 1 paratype mâle : Brésil, Manaus (Amazonas), Zf-02, forêt primaire, sol argileux,
E. Palheta et C. Sena leg., 20.11.1979 (prél. Mata 5). — 5 paratypes : même station, E. Palheta et
C. Sena leg., 20.11.1979 (prél. Mata 6), 17.10.1980 (prél. Mata 15 et 17) et 20.11.1980 (prél. Mata 8).
Holotype et 2 paratypes déposés dans la coll. L. Ped. INPA; 2 paratypes dans la coll. L. Zool.
Toul. ; 2 paratypes au MNHN.
Autre matériel : Brésil, Manaus (Amazonas), EMBRAPA, forêt primaire, sol argileux, M. L. Paz et
C. Sena leg., 08.11.1984 (prél. 5, 8, 12 et 14) : 5 ex. — Réserva Biologica da Campina, végétation basse,
E. Oliveira leg., 29.12.1975 : 4 ex. — Brésil, Porto Velho (Rondônia), forêt primaire dégradée, sol
argileux, E. Oliveira et C. Sena leg., 01.04.1985 : 1 ex.
Description
Longueur : 0,75 à 0,90 mm. Habitus à'Isotomiella minor. Tégument à forts granules,
dépassant la moitié du diamètre d’une embase de mésochète, plus marqués sur abd. V-VI;
canaux épicuticulaires visibles sous la tête, moins distincts sur la tête et l’avant des tergites de
th. II à abd. II.
Tête : Soies labrales distales externes faiblement épaissies, effilées, non sclérifiées. Lobe
externe de la maxille à soies lisses ; palpe bifurqué, 4 poils sublobaux. Antennes plus longues
que la diagonale céphalique; L ; ant = 3,5. Chétotaxie antennaire abondante; ant. / avec 17-
19 soies ordinaires (dont 1 externe et 5 internes sont ciliées), 2 microchètes basaux et 2 soies s
inégales (fig. 29); ant. IV à soies sl-s6 ovales-allongées, les autres soies s peu épaissies, au
nombre de 3-4 internes et 5-8 externes dont une centrale plus épaisse (fig. 30) ; ant. IV :
G III = 5,0. Soies céphaliques toutes lisses.
Fig. 28 à 34. — Isolomiella granulata n. sp. : 28, ahd. V : spl et soies voisines, avec détail de l’ornementation
épicuticulaire (côté droit) ; 29, premier article antennaire en vue ventrale (antenne droite ; n : microchètes basaux ;
s: soies .s); 30, quatrième article antennaire en vue dorsale (antenne gauche); 31, tergites d'abd. V-VI\ 32,
tibiotarse et prétarse de la patte III chez un mâle (avec soies x représentées en noir) ; 33, manubrium en vue
ventrale; 34, disposition des soies ventrales de la dens.
87 —
Tergites : Revêtement ordinaire abondant; chétotaxie axiale : 20-22, 14/6, 6, 6, 6 de th. II
à abd. IV. On trouve 3 types de soies ordinaires sur les tergites (fig. 31) : 1) macrochètes ciliés,
au nombre de 1, 1/3, 3, 3, 4 par demi-tergite de th. Il à abd. IV ; les macrochètes Md et Mdl
sont plus courts que Ml sur abd. I et II; Ml : G III (abd. I) = 4,9; Ml : Md (abd. I) = 1,3 ;
Ml : Mdl (abd. I) = 1,5; 2) mésochètes ciliés : 4-5 + 4-5 latéraux sur th. II; 2+2 latéraux
sur th. III; aucun sur abd. I; quelques-uns sur abd. //(par exemple chez une femelle : 1 dans la
rangée antérieure (n° 1), 1 dans la rangée moyenne, près de Ml, ceux de la rangée postérieure
étant tous ciliés à l’exception des n os 2 et 6) ; nombreux sur abd. III à VI; 3) mésochètes lisses,
à base large comme les précédents : nombreux de th. II à abd. II, quelques-uns sur abd. III
àVI. — Revêtement de type s réduit, conforme au tableau II. Soie spl épaissie d 'abd. V de
longueur comparable à G III (fig. 28 ; spl( V) : G III = 0,9).
Tableau II. — Revêtement de soies s chez I. granulata.
Type de soies s
Nombre et
POSITION
PAR DEMI-TERGITE
th. II
th. III
abd. III
abd. IV
abd. V
Bâtonnet court et fin
lsl
lsl
lsv
lsv
Courte, fine, effilée
lsl
Moyenne, grêle
lsl*
lsl *
3sp
Isa, 2sp
Moyenne, épaisse
Isp
Total
3
2
1
3
5
* accompagnées de 2 soies grêles de morphologie semblable, qui sont soit des soies s surnuméraires, soit des
mésochètes grêles.
Appendices : Ergots du tibiotarse fins, non sclérifiés. Les soies x du tibiotarse III sont
épaisses, assez longues, non rapprochées chez le mâle (fig. 32). Des soies ciliées sont présentes
sur les tibiotarses et les fémurs des pattes II et III ainsi que sur F /; ergot fémoral lisse. Tube
ventral à 4 + 4 soies antérieures, 4+4 soies latéro-distales et 2 + 2 soies postérieures.
Subcoxa furcale antérieure portant 19-21 soies (dont 5-6 ciliées), postérieure à 9 soies (dont 6
ciliées). Rétinacle à 4 + 4 dents et 1 soie au corpus. Manubrium avec 5 + 5 soies ventrales et
4 soies latérales de chaque côté (fig. 33) ; soies dorsales lisses. Dens élancée, assez longue (d :
G III = 10,6 ; L : d = 4,5), munie de 54 à 62 soies ventrales (fig. 34) et 6 soies dorsales lisses et
grêles. Mucron court, tridenté (G III : m = 2,5).
Mesures (en pm) (holotype femelle) : L : 806,0; ant : 233,0; ant. 1: 33,6; ant. II : 58,8; ant. III :
56,4 ; ant. IV : 84,0 ; (abd. I) Md : 64,8 ; (abd. I) Mdl : 56,4 ; (abd. I) Ml : 81,6 ; G III : 16,8 ; d : 177,6 ; m :
6,6; spl(V) : 15,0.
Derivatio nominis : Le nom de l’espèce fait référence à l’aspect granuleux caractéristique de son
tégument.
Discussion
Isotomiella granulata se place près d7. minor par sa chétotaxie manubriale (5+5 soies
ventrales) et sa sensille spl(V) courte, subégale à G III; la nouvelle espèce en diffère par la
présence de soies ciliées sur ant. I et par son tégument granuleux.
1 sot oui ici I a sensillata n. sp.
(Fig. 35-40)
Matériel
Holotype femelle et 2 paratypes : Brésil, Manaus (Amazonas), EMBRAPA, route Br. 174, Km 60,
forêt primaire, sol argileux, litière, C. Sena et M. L. Paz leg., 08.11.1984 (prél. 14). — 3 paratypes (2
mâles et 1 femelle) : même station, C. Sena et M. L. Paz leg., 08.11.1984 (prél. 4 et 5, racines).
Holotype et 2 paratypes déposés au L. Ped. INPA ; 2 paratypes dans la coll. L. Zool. Toul. ; 1 au
MNHN.
Autre matériel : Nous rapportons avec doutes à cette espèce 2 exemplaires de la station suivante :
Brésil, Porto Velho (Rondonia), Sitio N. Sa de Fatima, route Br. 364, Km 653, forêt primaire dégradée
sur sol argilo-sableux, inondée par les pluies de février à avril, sur de petites îles ; E. Oliveira et C. Sena
leg., 01.04.1985.
Description
Longueur : 0,70 à 0,85 mm (holotype : 0,70 mm). Habitus d’ Isotomiella minor, furca
longue. Tégument à granules moyens, inférieurs à une embase de mésochète, nets sur l’arrière
d 'abd. V-VI. Les pseudopores sont souvent bien visibles sur les tergites. Canaux épicuticulaires
nets face ventrale de la tête, moins visibles dorsalement jusqu’à abd. II.
Tête : Soies labrales externes antérieures un peu épaissies, courbées, faiblement sclérifiées.
Lobe externe de la maxille à soies lisses; palpe bifurqué, 4 poils sublobaux. Antennes plus
longues que la diagonale céphalique ; L : ant = 2,9. Chétotaxie antennaire abondante ; ant. I
avec 18 soies ordinaires dont 5 ciliées internes et 1 ciliée externe, 2 microchètes basaux et 2
soies s inégales; ant. II possède 1-3 soies proximales ciliées internes et 0-1 ciliée externe; soies
si, s4 et s5 à' ant. IV ovoïdes, s3 et s6 plus allongées ; autres soies s à.' ant. IV au nombre de 11 à
13 (3-4 internes et 7-8 externes, fig. 35); ant. IV : G III = 6,8. Soies céphaliques toutes lisses.
Tergites : Revêtement ordinaire abondant; chétotaxie axiale : 20-22, 14/6, 6, 6, 6 de th. II
à abd. IV. On trouve 3 types de soies ordinaires sur les tergites (fig. 39) : 1) macrochètes ciliés
au nombre de 1, 1/3, 3, 3, 4 par demi-tergite de th. II à abd. IV. Les macrochètes Md et surtout
Mdl sont plus courts que Ml sur abd. / et II; 2) mésochètes ciliés : 2 + 2 latéraux sur th. II; 2-
4 + 2-4 latéraux sur th. III ; aucun sur abd. I; quelques-uns sur abd. II et III , assez nombreux
sur abd. IV, nombreux sur abd. V- VI ; 3) mésochètes semblables aux précédents, mais lisses,
nombreux de th. II à abd. IV, quelques-uns sur abd. V-VI. — Revêtement de type 5 réduit,
conforme au tableau III. Soie spl à’abd. V plus de 3 fois plus longue que G III { fig. 37; spl(V)
: G III = 3,5)
Tableau III. — Revêtement de soies s chez I. sensillata.
Type de soies 5
Nombre et
POSITION
PAR DEMI-TERGITE
th. II
th. III
abd. III
abd. IV
abd. V
Bâtonnet court et fin
lsv
lsv
Bâtonnet épais, assez long
Isl
lsl
Courte, fine, effilée
lsl
Moyenne, grêle
lsl
lsl
3sp
Isa, 2sp
Longue, pointue
Isp
Total
3
2
1
3
5
Fig. 35 à 40 — lsotomiella sensillata n. sp. : 35, quatrième article antennaire en vue dorsale (antenne gauche ; 1 à 6 :
soies 5 subdistales) ; 36, tibiotarse et prétarse de la patte III chez un mâle (avec soies x représentées en noir) ; 37,
abd. V : spl et soies voisines, avec détail de l’ornementation épicuticulaire (côté gauche) ; 38, manubrium en vue
ventrale; 39, tergites d 'abd. IV à VI; 40, région basale de la dens et région distale du manubrium en vue dorsale
chez un exemplaire de Porto Velho.
— 90 —
Appendices : Ergots du tibiotarse fins, non sclérifiés. Soies ciliées présentes sur les
tibiotarses et les fémurs ; ergot fémoral lisse. Soies x du tibiotarse III du mâle courtes et
rapprochées (fig. 36). Tube ventral à 3 + 3 soies antérieures, 4 + 4 soies latéro-distales et 2 +
2 soies postérieures. Subcoxa furcale antérieure portant 21-22 soies (dont 6-7 ciliées),
postérieure à 9 soies (dont 5-6 ciliées). Rétinacle à 4 + 4 dents et 1 soie au corpus. Manubrium
avec 6 + 6 soies ventrales et 4 soies latérales de chaque côté (fig. 38) ; les soies dorso-distales
du manubrium sont ciliées (fig. 40). Dens élancée, assez longue (d : G III - 16,0; L : d = 3,3),
munie de 66 à 79 soies ventrales et 6 soies dorsales ciliées plus grêles (fig. 40). Mucron court,
tridenté.
Mesures (en ;un) (holotype femelle) : L : 732,0 ; ant : 250,0 ; ant. 1: 38,4 ; ant. II : 56,4 ; ant. III :
61,2; ant. IV: 93,6; ( abd. I) Md: 61,2; ( abd. I) Mdl: 36,0; d: 221,0; G III : 13,8; spl(V) : 48,0.
Derivatio nominis : Le nom de l’espèce fait référence à la longueur de la soie spl A'abd. V.
Discussion : Voir /. arlei .
Isotomiella arlei n. sp.
(Fig. 41-46)
Matériel
Holotype mâle et 2 paratypes femelles : Brésil, Manaus (Amazonas), Careiro, forêt secondaire
périodiquement inondée, sol argileux, E. Palheta et M. L. Paz leg., 27.01.1987 (prél. 1).
Holotype et 1 paratype déposés dans la coll. L. Ped. INPA et 1 paratype dans la coll. L. Zool. Toul.
Autre matériel : Brésil, Manaus (Amazonas), Zf-02, forêt primaire, sol argileux, E. Palheta et
C. Sena leg., 20.11.1980 (prél. Mata 18) : 1 ex. ; Zf-03, forêt primaire, sol argileux, D. Campista leg.,
13.11.1985 (prél. 10) : 3 ex.; 26.03.86 (prél. 1 et 9) : 4 ex.
Description
Longueur : 0,70 à 0,85 mm. Habitus d 'Isotomiella minor. Tégument à petits granules,
parfois peu distincts ; pseudopores souvent visibles sur les tergites ; canaux épicuticulaires nets
sous la tête, moins visibles sur la tête et les tergites de th. II à abd. II.
Tête : Soies labrales distales externes épaisses, effilées et légèrement sclérifiées (fig. 42).
Lobe externe de la maxille à soies lisses; palpe bifurqué, 4 poils sublobaux. Antennes plus
longues que la diagonale céphalique ; L : ant = 3,2. Chétotaxie antennaire abondante, avec
des soies ciliées, notamment 1 (Careiro) ou 1-3 (Zf-02, Zf-03) externes et 5 internes sur ant. I;
ant. I avec (17)-18 soies ordinaires, 2 microchètes basaux et 2 soies s inégales; ant. IV à soies
sl-s6 ovales-allongées, les autres soies j subégales, subcylindriques, au nombre de 3 internes et
7-8 externes (fig. 41); ant. IV : G III = 5,5. Soies céphaliques toutes lisses.
Tergites : Revêtement ordinaire abondant; chétotaxie axiale : 20, 14/4-6, 6, 6, 6-8 de th. Il
à abd. IV (fig. 43). On trouve 3 types de soies ordinaires sur les tergites (fig. 46) :
1) macrochètes ciliés au nombre de 1, 1/3, 3, 3, 4 par demi-tergite de th. II à abd. IV; les
macrochètes Md et surtout Mdl sont plus courts que Ml sur abd. /; Ml : G Ill {abd. I) = 4,1 ;
Fig. 41 à 46. — Isotomiella arlei n. sp. : 41, quatrième article antennaire en vue dorsale (antenne gauche; 1 à 6 : soies
s subdistales); 42, extrémité du labre en vue dorsale; 43, chétotaxie axiale du tergite d’abd. /; 44, tibiotarse et
prétarse de la patte III chez un mâle (avec soies x représentées en noir) ; 45, abd V : spl et soies voisines, avec détail
de l’ornementation épicuticulaire (côté droit); 46, tergites d’abd. IV à VI.
92 —
Ml : Md ( abd. I) = 1,3 ; Ml : Mdl (abd. I) = 1,9 ; 2) mésochètes ciliés : 2-4 + 2-4 latéraux sur
th. Il; 3-5 + 3-5 latéraux dont 1 presque aussi grand que Ml sur th. III; aucun sur abd. I;
quelques-uns sur abd. II, en particulier les soies n os 3 et 5 dans la rangée postérieure; sur
abd. III, assez nombreux; sur abd. IV et V-VI, la plupart des mésochètes sont ciliés;
3) mésochètes semblables aux précédents mais lisses : nombreux de th. II à abd. III, quelques-
uns sur abd. IV et V- VI; aucun d’entre eux n’est très grêle. — Revêtement de type s réduit,
conforme au tableau IV. La taille des soies s se montre légèrement variable chez cette espèce.
Soie spl épaissie à'abd. V longue ( spl(V) : G III = 2,1 à 2,4, plus longue chez certains
exemplaires de Zf-03) (fig. 45).
Tableau IV. — Revêtement de soies s chez I. arlei.
Type de soies 5
Nombre et
POSITION
PAR DEMI-TERGITE
th. II
th. III
abd. III
abd. IV
abd. V
Bâtonnet assez épais, moyen
lsl
lsl
lsv
Courte, fine
lsl
Moyenne à longue, fine
lsl
lsl
3sp
lsv, Isa, 2sp
Très longue, assez fine
Isp
Total
3
2
1
3
5
Appendices : Ergots des tibiotarses très fins, non sclérifiés (1, 1, 2). Les soies x du
tibiotarse III sont en forme de bâtonnets courts très rapprochés chez le mâle, plus longs, plus
fins et moins rapprochés chez la femelle (fig. 44). Des soies ciliées sur les tibiotarses et les
fémurs des pattes II et III; ergot fémoral lisse. Tube ventral à 2 + 2 soies antérieures, 4 + 4
soies latéro-distales et 3 + 3 soies postérieures. Subcoxa furcale antérieure portant 21-23 soies
(dont 7 ciliées), postérieure à 9 soies (dont 6-7 ciliées). Rétinacle à 4 + 4 dents et 1 soie au
corpus. Manubrium avec 5 + 5 soies ventrales et 4 soies latérales de chaque côté ; soies dorso-
distales ciliées. Dens élancée, assez longue (d : G III = 11,1 ; L : d = 4,2), munie de 52 à 63
soies ventrales et 6 soies dorsales plus grêles (dont 4 à 6 sont ciliées). Mucron court, tridenté.
Mesures (en (xm) (holotype mâle) : L : 706,8 ; ant : 217,8 ; ant. 1 : 31,2 ; ant. II : 51,8 ; ant. III : 52,8 ;
ant. IV : 82,0; {abd. I) Md : 48,5; {abd. I) Mdl : 31,2; (abd. I) Ml : 61,0; G III : 14,9 ;d : 166,0; spl( V) :
34,9.
Derivatio nominis : Nous dédions cette espèce à M. Arlé, spécialiste de la faune collembologique
amazonienne.
Discussion
Isotomiella arlei s’éloigne des espèces européennes minor et paraminor par le développe¬
ment de sa soie spl(V), qui dépasse 2 fois la longueur de G III (1-1,5 fois chez les espèces citées)
et la présence de soies ciliées sur ant. I. Ces mêmes caractères la rapprochent d’/. sensillata,
mais cette dernière possède 6 + 6 soies ventrales sur le manubrium contre 5 + 5 pour arlei.
— 93 —
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Barra, J. A., 1968. — Contribution à l’étude du genre Isotomiella Bagnall, 1939. Revue Écol. Biol. Sol, 5
(1) : 93-98.
Cardoso, M. A., 1969. — Contribuiçao para o estudo do genero Isotomiella Bagnall, 1939. Revta Cienc.
biol., 2 (A) : 115-123.
Deharveng, L., et E. Oliveira, 1990. — Isotomiella (Collembola : Isotomidae) d’Amazonie : les espèces
du groupe delamarei. Annls Soc. ent. Fr. (sous presse).
Gisin, H., 1960. — Collembolenfauna Europas. Muséum d’Histoire Naturelle, Genève, 312 p.
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 12 , 1990,
section A, n° 1 : 95-121.
Collemboles (Insecta) Poduromorphes de Guyane française
par Judith Najt, Jean-Marc Thibaud et Wanda M. Weiner
Résumé. — Dans ce travail nous étudions les Collemboles Poduromorpha de Guyane française.
Nous décrivons onze espèces et un nouveau genre : Xenylla raynalae n. sp., Mesaphorura orousseti n. sp.,
Aethiopella ariana n. sp., Pseudachorutes cacaoiensis n. sp., P. guyanensis n. sp., P. multidentatus n. sp.,
Pseudachorutella maxima n. sp., Furculanurida longisensillata n. sp., Intermediurida anophthalma n. g., n.
sp., Neotropiella pedisensilla n. sp. et N. arlei n. sp. Nous donnons aussi des précisions systématiques et
biogéographiques sur quatorze autres espèces qui s’ajoutent aux sept espèces précédemment connues de
cette région très peu étudiée.
Abstract. — In this work we study the Poduromorpha Collembola from french Guyana. We
describe eleven species and one new genus : Xenylla raynalae n. sp., Mesaphorura orousseti n. sp.,
Aethiopella ariana n. sp., Pseudachorutes cacaoiensis n. sp., P. guyanensis n. sp., P. multidentatus n. sp.,
Pseudachorutella maxima n. sp., Furculanurida longisensillata n. sp., Intermediurida anophthalma n. g., n.
sp., Neotropiella pedisensilla n. sp and N. arlei n. sp. We give also systematical and biogeographical
precisions on fourteen other species. These ones are added to the seven species previously known in this
very little studied country.
Mots-clefs. — Taxinomie; Collemboles; Poduromorpha; Guyane française.
J. Najt et J.-M. Thibaud, Laboratoire d' Entomologie, MNHN, 45, rue Buffon, 75005 Paris, France.
W. M. Weiner, Institut de Zoologie systématique et expérimentale, Académie polonaise des Sciences, Slawkowska
17, 31-016 Cracovie, Pologne.
Introduction
La Guyane française, pays de 91000 km 2 , est située du côté atlantique de l’Amérique
néotropicale, entre le Surinam et le Brésil. Plus de 90 % de sa surface est couverte de forêts,
dont une bande sur sables côtiers. Le climat y est subéquatorial.
Jusqu’à maintenant sept espèces seulement étaient connues de la Guyane : Neotropiella
carli (Denis, 1924), Ballistura schôtti (Dalla Torre, 1895) et Lepidocyrtus geayi Denis, 1924
parues dans le travail de Denis (1924). Le même auteur publie en 1925 trois autres espèces :
Trogolaphysa berlandi (Denis, 1925) ; T. carpenteri (Denis, 1925) et Cyphoderus serratus Schôtt,
1917. Cette dernière espèce a été revue par Delamare et redécrite sous le nom de Cyphoderus
subserratus Delamare, 1948. La septième espèce, Brachystomella agrosa Wray, 1953 est citée
dans le travail de Gasc et al., 1983.
Dans ce travail nous nous proposons d’étudier les Collemboles guyanais du groupe des
Poduromorpha.
— 96 —
Liste des stations
Récoltes A. Raynal-Roques
GU. 1 — Montagne du Mahury; plateau sommital au-dessus du lac de barrage de Rorata; ait. env.
160m; litière et branchettes accumulées entre les contreforts d'un Hymensea courbaril (16-XII-77).
GU. 2 — Idem\ litière sur pente (16-XII-77).
GU. 3 — Pente NE du mont Cabassou à env. 6 km S-SE de Cayenne ; forêt basse dégradée à Cecropia et
Isertia en pente forte; litière (25-XII-77).
GU. 4 — Idem\ pente défrichée; litière (25-XII-77).
GU. 5 — Savane de Corossony, à env. 7km W-SW de Sinnamary; bosquet d’arbustes de 2 à 3m
( Clusia, Maie ta...), dominés par quelques grands Mauritia; litière épaisse sur sol podzolique (30-XII-
77).
GU. 6 — Km 22 de la route de St. Élie, à partir de la route Sinnamary-Mana, à env. 25 km W-SW de
Sinnamary; forêt primaire; litière de bas de pente (30-XII-77).
GU. 7 — Idem ; mousse sur gros tronc pourrissant (30-XII-77).
GU. 8 — Route de St. Élie, à env. 25km de Sinnamary; forêt primaire sur pente; litière (7-1-78).
GU. 9 — Idem.
GU. 10 — Route de St. Élie, à env. 10km de Sinnamary; forêt dégradée; litière de sous-bois à grandes
Cypéracées (7-1-78).
GU. 11 — « Route de l’Est » (Route de Cacao) à env. 38km au sud de Cayenne; litière de ramures
d’arbres abattus (10-1-78).
GU. 12 — Idem -, feuilles pourrissantes au cœur de la rosette d’un Anthurium épiphyte sur arbre abattu
(10-1-78).
GU. 13 — Savane Gabrielle, partie supérieure de la « Crique Gabrielle », à env. 35 km au sud de
Cayenne; litière (13-1-78).
GU. 14 — Montagne de Mahury, dominant la côte à env. 12km au sud-est de Cayenne; litière de fond
de ravin (22-1-78).
GU. 15 — Idem-, forêt sur pente à env. 20 m au-dessus du torrent, litière (22-1-78).
GU. 16 — Village de Galibi à l’embouchure de la Mana ; cordon sableux en arrière de la plage à 1 km à
l’est du village; litière de fourrés xérophiles sur sable grossier blanc (27-1-78).
GU. 17 — Idem-, à 8km à l’est de la pointe entre les fleuves Mana et Maroni; 2 e cordon sableux en
arrière de l’estuaire de la Mana à 5 km à l’est du village de Aouara, litière de forêt basse
broussailleuse, sur sable grossier blanc (27-1-78).
GU. 18 — Mont du Grand Matoury, à env. 10km S-SW de Cayenne, forêt secondaire en pente; ait.
env. 190m; litière (29-1-78).
GU. 19 — Près du village de Saül, au centre de la Guyane; litière de forêt primaire du plateau de la
Douane à 3 km au nord du village (2-II-78).
GU. 20 — Idem-, mousse sur arbre à env. 60 cm du sol (2-II-78).
GU. 21 — Idem ; feuilles mortes entre les bases des feuilles d’un Palmier du sous-bois à env. 1 m du sol
(2-II-78).
GU.22 — Idem ; sentier de la crique Limonade, à env. 2 km au sud du village ; litière, forêt primaire sur
pente faible (6-II-78).
GU. 23 — Idem ; sentier du réservoir d’eau, à moins de 1 km N-NW du village ; litière et mousses dans
diaclases de rochers de quartz blanc dans forêt primaire (7-II-78).
GU. 24 — Crique Gabrielle à env. 6 km du dégrad de Stoupan; litière de forêt secondaire (26-11-78).
GU. 25 — « Route de l’Est » (Route de Cacao), à 3 km au nord de la rivière Comté, à env. 38 km au sud
de Cayenne; litière (1-III-78).
GU. 26 — Idem-, mousse sur tronc couché (1-III-78).
GU. 27 — Route de St. Élie, à 20km de Sinnamary; litière de forêt primaire (10-III-78).
GU. 28. — Cayenne, parc du centre ORSTOM; basses pentes du Montabo; sous-bois (11-III-78).
— 97 —
GU. 29. — Route de Mana, à env. 1 km du carrefour de la route de Cayenne-St. Laurent du Maroni ;
litière de forêt sur sable blanc (16-III-78).
Toutes ces récoltes furent traitées par la méthode de Berlese-Tullgren.
Récolte J. Orousset
GU. 30 à GU. 41 — Mont du Grand Matoury, à env. 10km S-SW de Cayenne; ait. env. 200m; forêt
primaire : GU. 30 à 32 : écorce d’un arbre mort (9-VIII-82) ; GU. 33 et GU. 34 : cône de déjections
d’une fourmilière et terre (5-VIII-82); GU. 35 à GU. 41 : lavage d’humus (5 et 9-VIII-82).
GU. 42 à GU. 47 — Piste menant au village de Cacao, 40 km env. au sud de Cayenne, 10 km avant le
village; forêt secondaire; litière et terre (15-VIII-82).
GU. 48 à GU. 53 — Lac Américain à 10km au sud de Cayenne; pièce d’eau artificielle en forêt
secondaire; humus et bois pourri gorgé d'eau, avec termites (12-VIII-82).
Ces prélèvements ont été d’abord traités par lavage, ensuite par la méthode de Berlese-Tullgren.
I. HYPOGASTRURIDAE
1. Ceratophysella sp.
Matériel étudié : Guyane, Lac Américain; GU. 53 : 1 ex. juv.
2. Willemgastrura coeca Oliveira et Thibaud, 1988
Matériel étudié : Guyane, Lac Américain ; GU. 53 : 1 ex.
Aux caractères génériques de la description originale il faut ajouter l’absence de la
microsensille s' sur le thorax II. Cette espèce édaphique a été décrite d’Amazonie (Brésil).
3. Willemia brevispina Hüther, 1962
Matériel étudié : Guyane, Grand Matoury; GU. 34 : 1 ex.
Cette espèce, décrite de El Salvador comme sous-espèce de W. buddenbrocki, a été
retrouvée aussi au Mexique.
4. Xenylla raynalae n. sp.
Description
La longueur des femelles varie de 0,9 à 1 mm, celle des mâles de 0,5 à 0,7 mm. Couleur
bleu moucheté. Grains secondaires présents.
FlG ' f- T p n y[ la raynalae n. sp. : 1, articles antennaires III et IV, face dorsale; 2, patte III • 3 furca- 4
chetotaxie dorsale. ’ ’
Fig. 5. — Mesaphorura orousseti n. sp. : chétotaxie dorsale. Sur les abdomens II et III la soie m5 n’est pas dessinée.
— 99 —
5 + 5 cornéules. Organe postantennaire absent. Les lamelles des maxilles semblent plus
allongées que la norme des Xenylla, rappelant celles de la lignée X. thibaudi.
Article antennaire I avec 7 soies ; article antennaire II avec 11 soies. Organe sensoriel de
l’article antennaire III constitué de deux microsensilles globuleuses cachées par un repli
tégumentaire et encadrées par deux sensilles de garde plus épaisses (fig. 1), la microsensille
ventro-externe est petite ; la composition de cet organe de l’antenne III, rappelle celle des
espèces de la lignée X. thibaudi. L’article antennaire IV porte 5 sensilles : 4 épaisses,
subcylindriques, en position subapicale et 1 plus longue et plus mince en position dorso-
interne; l’organite subapical est très petit, la vésicule apicale est entière (fig. 1).
Les tibiotarses portent respectivement 18, 18 et 17 soies, dont 1 ergot légèrement capité.
Les griffes trapues sont munies d’une dent interne médiane et de 1 + 1 dents latérales au tiers
basal (fig. 2).
Tube ventral avec 4 + 4 soies. Rétinacle avec 3 + 3 dents. Dens portant 2 soies. Mucron
bien séparé de la dens, avec l’apex arrondi, 2 petites dents et 1 lobe plus basal (fig. 3).
Remarquons que les petites dents et le lobe sont parfois difficiles à distinguer en fonction de
l’orientation du mucron.
Les deux petites épines anales sont portées par deux papilles.
La chétotaxie dorsale est représentée figure 4. Signalons que, sur le tergite thoracique III,
les soies a2 sont présentes chez près de 45 % de la trentaine des individus étudiés ; remarquons
aussi la présence de quelques rares asymétries pour les soies al, ml et p2. Sur le tergite
abdominal IV, signalons la présence de p3 chez 25 % des individus et aussi quelques asymétries
pour les soies al, a2, ml, p2, p3 et p4 ; sur ce tergite, on observe entre les soies p2 et p4 ou p3
un gonflement tégumentaire plus ou moins prononcé, comme chez certaines espèces de la
lignée de X. thibaudi.
Discussion
X. raynalae n. sp. est proche de X. bellingeri Gama, 1969. La nouvelle espèce possède, sur
l’article antennaire IV, 5 sensilles, donc une sensille de plus, longue et mince en position dorso-
interne, que X. bellingeri. En outre, elle se différencie surtout par la morphologie du mucron et
par certains caractères de sa chétotaxie : absence de m3 sur l’abdomen IV et présence de p3
chez 25 % des individus seulement ; elle possède par contre m3 sur la partie ventrale de la tête.
Localité-type : Guyane, Réserve indienne de Galibi : GU. 16 et GU. 17.
Matériel étudié : Holotype mâle et 2 paratypes.
Autre matériel : Montagne de Mahury, GU. 1 : 3 ex; GU. 2 : 3 ex.; GU. 14 : 1 ex. Mont
Cabassou, GU. 4 : 4 ex. Savane de Corossony, GU. 5 : 4 ex. Route de Cacao, GU. 11 : 1 ex; GU. 12:1
ex : GU. 25 : 1 ex.; GU. 26 : 2 ex. Montagne Grand Matoury, GU. 18 : 1 ex. Saül, GU. 20 : 2 ex.;
GU. 21 : 2 ex. ; GU. 23 : 10 ex. Lac Américain, GU. 53 : 1 ex.
Derivatio nominis : Cette espèce est amicalement dédiée à M me A. Raynal Roques, du Laboratoire
de Phanérogamie du Muséum, qui a récolté ce matériel.
— 100
5. Xenylla welchi Folsom, 1916
Matériel étudié : Guyane, Lac Américain, GU. 51 : 1 ex. Montagne Grand Matoury, GU. 41 : 1
ex.
Cette espèce cosmopolite est déjà connue, entre autres, d’Amérique Centrale (Mexique,
Guatemala et Costa Rica), des Petites Antilles et d’Amérique du Sud (Pérou, Chili et
Argentine).
6. Xenylla yucatana Mills, 1938
Matériel étudié : Guyane, village de Galibi, GU. 17 : 1 ex. Cayenne, GU. 28 : 4 ex.
Espèce décrite du Mexique, retrouvée en Afrique, en Asie, connue aussi des Antilles
(Cuba, Jamaïque et Porto Rico) et des îles Galapagos.
II. ONYCHIURIDAE
1. Mesaphorura orousseti n. sp.
Description
Longueur de l’holotype femelle 1 mm, du paratype femelle 0,89 mm. Couleur blanche.
Grain tégumentaire fort, spécialement sur le tergite abdominal VI.
Formule pseudocellulaire par demi-tergite : 11/011/10010.
Les macrochètes sont bien différenciées du reste des autres soies. La chétotaxie dorsale du
corps (fig. 5) est décrite dans le tableau I ; la comptabilisation des soies dorsales, par demi-
tergite, est limitée aux soies comprises entre la ligne médiane et les macrochètes dorsaux-
externes.
Tableau I
Soies
Th. I
II
III
Ab. I
II
III
IV
V
a
_
5
5
5 (3)
5 (3)
5 (3)
6
5
m
4
5 (1)
5 (1)
1 (4)
2 (5)
2 (5)
—
—
p
—
4 (2)
4 (2)
5 (7)
5
5
5
4 (6)
subc/pl
2
2
2
2
3
3
4
1
(1) : m2 absente, m6 = s ; (2) : p2 absente ; (3) : a4 absente, afi présente ; (4) : seulement m4 présente ; (5) : m4 et m5
présentes; (6) : pl absente, p3 = s\ (7) ; p4 absente.
— 101 —
Sternites I, II et III avec respectivement : 0 + 0, 1 + 1 et 1 + 1 soies.
La chétotaxie du lobe anal est représentée figure 6. Signalons la présence des soies 1 2'.
L’article antennaire IV possède 5 sensilles a à d, toutes presque de même diamètre, avec la
sensille e légèrement plus longue et la d plus courte. Présence de la vésicule apicale exsertile, de
l’organite subapical et de la microsensille dorso-externe. L’organe sensoriel de l’article
antennaire III est de type Mesaphorura, avec la sensille ventrale assez grande (fig. 7). Articles
antennaires II avec 11 soies et I avec 6 soies.
Organe postantennaire allongé (fig. 8), avec 48-52 vésicules périphériques.
Tibiotarse I, II et III avec respectivement 11, 11 et 11 soies. Griffe trapue, sans dent
interne, avec un rudiment d’empodium.
Tube ventral avec 6 + 6 soies, dont 2 + 2 basales.
Deux épines anales légèrement plus longues que la crête interne de la griffe III.
Discussion
Notre nouvelle espèce se rapproche de Mesaphorura yosii (Rusek, 1967), de M. pacifica
Rusek, 1976, et de M. hygrophila (Rusek, 1971).
Elle diffère de ces trois espèces par sa taille ainsi que par le nombre de vésicules à l’organe
postantennaire (yosii : 36; pacifica : 30 et hygrophila : 31). M. orousetti n. sp. diffère de M.
yosii par la longueur des macrochètes, par la forme de la sensille b et de la soie 5 sur
l’abdomen V. Elle diffère de M. pacifica et de M. hygrophila par la longueur respective des
soies pl et p2 sur l’abdomen IV.
Localité-type : Guyane, Grand Matoury : GU. 38.
Matériel étudié : Holotype femelle et 3 paratypes.
Derivatio nominis : L’espèce est dédiée amicalement à J. Orousset qui a récolté une partie du
matériel étudié dans ce travail.
2. Mesaphorura yosii (Rusek, 1967)
Matériel étudié : Guyane, Grand Matoury, GU. 33, GU. 37 et GU. 38 : 12 ex. Cacao, GU. 47 : 1
ex. Lac Américain, GU. 50 : 1 ex. Montagne de Mahury, GU. 1, GU. 2 et GU. 14 : 8 ex. Mont
Cabassou, GU. 3 et GU. 4 : 3 ex. Saül, GU. 19 : 1 ex. Route de Mana, GU. 29 : 2 ex.
Tous les exemplaires étudiés correspondent à la redescription de M. yosii (Rusek, 1967)
faite par le même auteur en 1971. En effet, dans cette dernière publication, Rusek corrige le
nombre de pseudocelles (11/011/10011). Les légères différences trouvées sur nos exemplaires
sont :
— l’organe postantennaire plus court et présentant entre 22 et 29 vésicules, contre 36
dans le type de Chine.
— la paire de pseudocelles sur le tergite abdominal I située, chez nos exemplaires, entre
les soies p2 et p3, tandis que dans la figure 10 de Rusek (1971), pour l’espèce-type de Chine,
elle se trouve disposée entre les soies p3 et p4.
Fig. 6 à 8. — Mesaphorura orousseti n. sp. : 6, chétotaxie du lobe anal; 7, articles antennaires III et IV ; 8, organe
postantennaire.
Fig. 9 à 11. — Brachystomella agrosa Wray, 1953 : 9, plaque génitale mâle; 10, articles antennaires III et IV, face
dorsale; 11, articles antennaires III et IV, face ventrale.
Fig. 12 à 15. — Aethiopella ariana n. sp. : 12, articles antennaires I à IV, face dorsale; 13, maxille et mandibule; 14,
arceau labial; 15, organe postantennaire et cornéules.
— 103 —
Espèce trouvée en Norvège, République Démocratique d’Allemagne, Pologne, France,
Autriche, Chine, Corée du Nord, Vietnam, Irak, Canada, États-Unis d’Amérique, Petites
Antilles, Mexique, Vénézuela, Brésil, Nouvelle-Calédonie et maintenant Guyane.
III. ODONTELLIDAE
Odontella sp.
Matériel étudié : Guyane, Grand Matoury, GU. 41 : 2 ex. Village de Galibi, GU. 16 : 1 ex. Route
de l’Est, GU. 25 : 1 ex. Route de Cacao, GU. 47 : 1 ex.
IV. NEANURIDAE
A — Brachystomellinae
1. Brachystomella agrosa Wray, 1953
Matériel étudié : Guyane, Montagne du Mahury, GU. 1, GU 2 : 7 ex. Mont Cabassou, GU. 3 : 4
ex. Savane de Corossony, GU. 5 : 3 ex. Route de St. Élie, GU. 6, GU. 7, GU. 9 et GU. 10 : 12 ex. Route
de Cacao, GU. 11, GU. 12 : 3 ex. Savane Gabrielle, GU. 13 : 2 ex. Village de Galibi, GU. 16, GU. 17:5
ex. Grand Matoury, GU. 18 : 1 ex. Saül, GU. 23 : 1 ex. Crique Gabrielle, GU. 24 : 1 ex. Route de l’Est,
GU. 25 : 28 ex. Cayenne, GU. 28 : 3 ex. Grand Matoury, GU. 31, GU. 41 : 3 ex. Lac Américain,
GU. 51, GU. 53 : 6 ex. Cacao, GU. 47 : 1 ex.
Signalons la présence de caractères sexuels secondaires sur la plaque génitale mâle (fig. 9).
Nous figurons aussi les articles antennaires III et IV (fig. 10) avec une légère râpe sensorielle
sur la face ventrale (fig. 11). La dens porte généralement 5 soies, parfois 6. La maxille montre
de 7 à 10 dents.
Cette espèce est déjà connue des Grandes et Petites Antilles, de Guyane française et du
Brésil. Elle est très abondante et très répandue. On la rencontre dans tous les groupements
végétaux et dans les substrats les plus divers.
2. Brachystomella stachi Mills, 1934
Matériel étudié : Guyane, route de Cacao, GU. 11, GU. 12 : 2 ex. Savane Gabrielle, GU. 13 : 3 ex.
Lac Américain, GU. 51 : 1 ex. Route de l’Est, GU. 25 : 1 ex.
Cette espèce est déjà connue des États-Unis d’Amérique, du Mexique et des Petites
Antilles (Guadeloupe et Martinique).
3. Brachystomellides compositus Arlé, 1959
Matériel étudié : Guyane, Lac Américain, GU. 51 : 1 ex.
Cette espèce a été décrite du Brésil.
B — Frieseinae
1. Friesea arlei Massoud et Bellinger, 1963
Matériel étudié : Guyane, Crique Gabrielle, GU. 24 : 2 ex.
Cette espèce décrite de Jamaïque, a été retrouvée en Amazonie (Brésil) et dans les Petites
Antilles (Guadeloupe, Marie-Galante et Martinique), dans tous les groupements végétaux.
C — Pseudachorutinae
1. Hylaeanura infinia (Arlé, 1959)
Matériel étudié : Guyane, Montagne du Mahury, GU. 1 : 1 ex. Savane de Corossony, GU. 5 : 1
ex. Route de St. Élie, GU. 7 : 1 ex. Route de Cacao, GU. 11 : 1 ex. Saül, GU. 19 : 2 ex. Crique Gabrielle,
GU. 24 : 3 ex. Route de l’Est, GU. 25 : 14 ex. Grand Matoury, GU. 31 : 5 ex. Lac Américain, GU. 52 : 1
ex.
Espèce décrite du Brésil (Mato Grosso, Amazonie et Para), signalée du Pérou amazonien
et de Guadeloupe.
2. Arlesia albipes (Folsom, 1927)
Matériel étudié : Guyane, Savane de Corossony, GU. 5 : 1 ex.
Espèce connue depuis l’Amérique Centrale jusqu’au Brésil, ainsi que dans toutes les
Petites Antilles.
3. Arlesia variabilis Thibaud et Massoud, 1983
Matériel étudié : Guyane, route de l’Est, GU. 25 : 2 ex.
Espèce décrite de Guadeloupe, retrouvée en Martinique et à Sainte-Lucie.
— 105 —
4. Aethiopella delamarei Arlé, 1959
Matériel étudié : Guyane, Crique Gabrielle, GU. 24 : 1 ex.
Espèce décrite du Brésil (Minas Geraes), retrouvée en Guadeloupe.
5. Aethiopella ariana n. sp.
Description
De couleur gris-bleu uniforme, le mâle adulte mesure 0,6 mm. Dorsalement le VI e segment
abdominal est visible et le bord postérieur du V e est droit.
Les articles antennaires III et IV sont soudés sur la face dorsale (fig. 12). Le IV e article
antennaire porte une vésicule apicale bilobée, un organite subapical, 8 sensilles dorsales et une
microsensille dorso-externe (fig. 12); râpe sensorielle absente. L’organe sensoriel de l’article
antennaire III est constitué de deux petites sensilles droites, encadrées par deux sensilles de
garde dont la ventrale est en forme de « S », et d’une petite sensille ventrale. Article
antennaire II avec 11 soies, I avec 7 soies.
La maxille styliforme a deux lamelles, dont une avec deux dents ; la mandibule porte 6
dents, dont la basale plus grande (fig. 13). Présence d’un arceau labial bien visible (fig. 14).
8 + 8 cornéules; organe postantennaire moruliforme comportant de 21 à 25 vésicules
(fig. 15). Le rapport plus grande largeur de l’organe postantennaire/diamètre d’une cornéule
est d’environ 1,75.
Les tibiotarses I, II et III portent respectivement 18, 18 et 17 soies, dont un ergot aigu.
Griffe avec une dent interne au tiers basal (fig. 16).
Tube ventral avec 3 + 3 soies. Rétinacle avec 3 + 3 dents.
Dens avec 5 ou 6 soies, dont les deux apicales plus fortes. Mucron avec une lamelle
externe n’atteignant pas l’apex (fig. 17).
Chétotaxie du thorax et de l’abdomen IV, V et VI représentée figures 18 et 19; les soies
sont courtes et fines, les sensilles sont 2 à 3 fois plus longues que celles-ci.
Discussion
Cette nouvelle espèce se rapproche de A. caraibensis Thibaud et Massoud, 1983, des
Petites Antilles, dont elle diffère par la vésicule apicale, par la forme et le nombre des sensilles
sur l’article antennaire IV, par le nombre de vésicules à l’organe postantennaire et par la forme
du mucron.
Localité-type : Guyane, Village de Galibi, GU. 16.
Matériel étudié : Holotype mâle.
Autre matériel : Route de Cacao, GU. 11 : 2 ex. Route de l’Est, GU. 25 : 2 ex.
Derivatio nominis : Cette espèce porte le nom de la fusée Ariane.
Fig. 16 à 19. — Aethiopella ariana n. sp. : 16, patte II; 17, furca; 18, chétotaxie dorsale du thorax; 19, chétotaxie
dorsale de l’abdomen IV à VI.
Fig. 20 à 28. — Pseudachorutes cacaoiensis n. sp. : 20, articles antennaires III et IV, face dorsale; 21, article
antennaire IV, face ventrale ; 22, organe antennaire III ; 23, mandibule et maxille ; 24, arceau labial ; 25, organe
postantennaire ; 26, patte III ; 27, dens et mucron ; 28, chétotaxie dorsale de l’abdomen IV à VI.
— 107 —
6. Pseudachorutes cacaoiensis n. sp.
Description
Longueur de 1,2 à 1,8 mm chez l’adulte. Couleur bleu-violet. Allure générale typique de
Pseudachorutes. Grain tégumentaire fort.
Le IV e article antennaire porte une vésicule apicale trilobée, un petit organite subapical et
6 sensilles ; la microsensille dorso-externe est absente (fig. 20). Il présente sur sa face ventrale
des soies ordinaires et des soies plus épaisses à apex arrondi (fig. 21). L’organe sensoriel de
l’article antennaire III est composé de 2 petites sensilles droites, dont une est cachée par un
repli tégumentaire, encadrées par 2 sensilles de garde, et d’une microsensille ventro-externe
(fig. 22). Article antennaire II avec 11 soies, I avec 7 soies.
La maxille, styliforme, est constituée de 2 lamelles; la mandibule porte de nombreuses
dents (fig. 23). Arceau labral représenté figure 24.
8 + 8 cornéules. Le nombre de vésicules à l’organe postantennaire est de 17 ou 18
(fig. 25).
Pas d’ergot aux tibiotarses. Les griffes portent une dent interne sub-basale (fig. 26).
Rétinacle avec 3 + 3 dents. Dens avec 6 soies, parfois seulement 5. Mucron droit proche
de celui de P. herberti Arlé et Rufino, 1976 (fig. 27).
Chétotaxie de l’abdomen IV, V et VI représentée figure 28. Remarquons que les soies 5
sont très longues et que les soies dorsales sont très courtes.
Discussion
Notre nouvelle espèce se rapproche de P. herberti décrite du Brésil. Elle en diffère par la
couleur, par le nombre de vésicules à l’organe postantennaire et par la forme de la mandibule.
Localité-type : Guyane, route de l’Est (dite de Cacao), GU. 25
Matériel étudié : Holotype femelle et un paratype.
Derivatio nominis : Nom dérivé de la station-type.
7. Pseudachorutes guyanensis n. sp.
Description
Longueur de l’holotype mâle 0,7 mm. Couleur bleu-violet. Allure générale typique de
Pseudachorutes. Grain tégumentaire fort, particulièrement sur les trois derniers tergites
abdominaux.
Le IV e article antennaire porte une vésicule apicale trilobée, un petit organite subapical, 6
sensilles subcylindriques dont celle en position s7 plus longue et recourbée, et une microsensille
Fig. 29 à 34. — Pseudachorutes guyanensis n. sp. : 29, articles antennaires III et IV, face dorsale ; 30, mandibule et
maxille; 31, organe postan tennaire et cornéules; 32, patte II; 33, dens et mucron; 34, chétotaxie dorsale de
l’abdomen IV à VI.
Fig. 35 à 39. — Pseudachorutes multidentatus n. sp. : 35, articles antennaires III et IV, face dorsale ; 36, apex de
l’article antennaire IV, face ventrale ; 37, mandibule et maxille ; 38, arceau labial ; 39, chétotaxie dorsale de
l’abdomen IV à VI.
— 109
dorso-externe (fig. 29). L’organe sensoriel de l’article antennaire III est composé de deux
petites sensilles arrondies, encadrées par 2 sensilles de garde, dont la ventrale en forme de
« S », et d’une microsensille ventrale. Article antennaire II avec 11 soies, I avec 7 soies.
La maxille styliforme, est constituée de 2 lamelles; la mandibule porte 4 fortes dents
(fig. 30).
8 + 8 cornéules. Organe postantennaire avec 10 vésicules (fig. 31); son plus grand
diamètre est 1,8 fois supérieur à celui d’une cornéule.
Pas d’ergot aux tibiotarses I à III qui portent, respectivement, 17, 17 et 16 soies. Les
griffes portent une petite dent interne médiane (fig. 32).
Rétinacle avec 3 + 3 dents. Dens avec 6 soies. Mucron légèrement recourbé (fig. 33).
Chétotaxie de l’abdomen IV, V et VI représentée figure 34. Les soies s sont 1,5 à 2 fois
plus longues que les autres soies dorsales ordinaires.
Discussion
Notre nouvelle espèce se rapproche de P. subcrassus Tullberg, 1871, d’Europe; elle en
diffère par la forme des deux petites sensilles internes de l’organe antennaire III, par la forme
du mucron et de la griffe, par l’absence de gros grain tégumentaire sur la dens et par la
chétotaxie de l’abdomen V.
Localité-type : Guyane, Lac Américain, GU. 53.
Matériel étudié : Holotype mâle et 1 paratype.
Autre matériel : Grand Matoury, GU. 31 et GU. 41 : 2 ex.
8. Pseudachorutes multidentatus n. sp.
Description
Longueur de l’holotype mâle 2 mm. Couleur bleu-violet. Allure générale typique de
Pseudachorutes. Grain tégumentaire fort.
Le IV e article antennaire porte une vésicule apicale trilobée, un petit organite subapical et
6 sensilles subcylindriques relativement longues; la microsensille dorso-externe est absente
(fig. 35) ; signalons aussi la grande longueur des soies ordinaires. Sur la face ventrale présence,
à côté des soies ordinaires, de soies plus courtes (fig. 36). L’organe sensoriel de l’article
antennaire III est composé de 2 petites sensilles en forme de bâtonnets, encadrées par 2
sensilles de garde, et d’une microsensille ventrale. Article antennaire II avec 11 soies, I avec 7
soies.
La maxille, styliforme, est constituée de 2 lamelles ; la mandibule porte une quinzaine de
dents, dont certaines plus fortes : 4 sub-basales et 1 apicale (fig. 37). L’arceau labial est
représenté figure 38 ; la moitié du labium figure 40.
8 + 8 cornéules. Organe postantennaire avec 14 à 17 vésicules; son plus grand diamètre
est 3 fois supérieur à celui d’une cornéule (fig. 41).
Fig. 40 à 43. — Pseudachorutes multidentatus n. sp. : 40, moitié du labium; 41, organe postantennaire; 42, patte III;
43, dens et mucron.
Fig. 44 à 48. — Pseudachorutella maxima n. sp. : 44, articles antennaires III et IV ; 45, mandibule et maxille ; 46,
patte I ; 47, dens et mucron ; 48, chétotaxie dorsale.
— Ill —
Ergot absent aux tibiotarses ; présence de plis sur la partie distale. Griffes assez longues,
portant une dent interne au tiers basal (fig. 42).
Rétinacle avec 3 + 3 dents. Dens avec 6 soies, parfois 7. Mucron allongé à lamelles
externe et interne élargies à la base (fig. 43). Rapport dens : mucron = 2,4 : 1.
Chétotaxie du corps réduite ; celle de l’abdomen IV, V et VI est représentée figure 39. Les
soies s sont 7 fois plus longues que les soies ordinaires.
Discussion
Notre nouvelle espèce est proche de P. herberti Arlé et Rufino, 1976, d’Amazonie; elle en
diffère par la coloration, le nombre de vésicules à l’organe postantennaire et la forme du
mucron.
Localité-type : Guyane, route de St. Élie, GU. 9.
Matériel étudié : Holotype mâle et un paratype.
Autre matériel : Savane de Corossony, GU. 5 : 1 ex. Route de l’Est, GU. 11 : 2 ex. Mont du Grand
Matoury, GU. 18 : 1 ex. Saül, GU. 19 : 1 ex. Crique Gabrielle, GU. 24 : 1 ex. Route de l’Est, GU. 25 : 1
ex.
Derivatio nominis : Le nom spécifique fait allusion au nombre de dents de la mandibule.
9. Pseudachorutes sp.
Matériel étudié : Guyane, Crique Gabrielle, GU. 24 : 1 ex. juv.
10. Pseudachorutella maxima n. sp.
Description
Longueur de l’holotype femelle 2,9 mm. Couleur bleu-violet foncé. Grain tégumentaire
fort. Paratergites saillants (entre type Pseudachorutes et type Ceratrimeria).
Le IV e article antennaire porte une vésicule apicale trilobée, un petit organite subapical et
8 sensilles subcylindriques allongées (fig. 44) ; la microsensille dorso-externe est absente ; pas de
râpe sensorielle. L’organe sensoriel de l’article antennaire III est composé de 2 petites sensilles
en bâtonnets, de 2 sensilles de garde et d’une microsensille ventrale. Article antennaire II avec
11 soies, I avec 7 soies.
La maxille, styliforme, est constituée de 2 lamelles ; la mandibule porte 6 dents (fig. 45).
8 + 8 cornéules; organe postantennaire absent.
Les tibiotarses I à III portent respectivement 19, 19 et 18 soies, sans ergot. Griffe
relativement longue avec une dent interne sub-médiane (fig. 46).
Tube ventral avec 3 + 3 soies. Rétinacle avec 3 + 3 dents. Dens avec 5 soies. Mucron à
apex courbé, avec les lamelles interne et externe élargies à leurs bases (fig. 47).
— 112 —
La chétotaxie dorsale est représentée figure 48. Remarquons la paurochaetose. Les soies s
sont généralement 3 fois plus longues que les soies ordinaires, sauf sur les derniers tergites
abdominaux où elles sont 5 fois plus longues. Abdomen VI visible dorsalement.
Discussion
Jusqu’à ce jour seules deux espèces de Pseudachorutella étaient connues de l’Amérique du
Sud, plus précisément du Chili : P. castrii (Rapoport et Rubio, 1963) et P. gigas (Rapoport et
Rubio, 1963). Notre nouvelle espèce s’en différencie par la forme de la mandibule, de la griffe,
de la dens et du mucron et par la chétotaxie des antennes, des tibiotarses et du corps.
Localité-type : Guyane, Mont Cabassou, GU. 4.
Matériel étudié : Holotype femelle et 4 paratypes.
Autre matériel : Route de St. Élie, GU. 10 : 1 ex.
Derivatio nominis : Le nom spécifique fait allusion à la grande taille de cette espèce.
11. Furculanurida longisensillata n. sp.
Description
Longueur de l’holotype femelle 1,25 mm, du paratype mâle 1,1mm. Couleur bleu assez
foncé.
La limite des articles antennaires III et IV est seulement visible ventralement. Le
IV e article antennaire porte une vésicule apicale trilobée, un organite subapical, 6 sensilles
subcylindriques et des soies ordinaires longues (fig. 49); absence de la microsensille dorso-
externe et de râpe sensorielle. L’organe sensoriel de l’article antennaire III est constitué de 2
petites sensilles en forme de bâtonnets, recourbées à la base, de 2 sensilles de garde et d’une
microsensille ventrale. Article antennaire II avec 11 soies, I avec 7 soies.
Maxille styliforme avec 2 lamelles ; mandibule avec une dizaine de dents, dont trois plus
fortes (fig. 50). La moitié du labium est représenté figure 51.
6 + 6 cornéules. Organe postantennaire circulaire, en rosette, avec 6 à 7 vésicules
périphériques (fig. 52).
Pas d’ergot au tibiotarse. Griffe avec une dent interne au tiers basal, sans empodium
(fig. 53).
Tube ventral avec 3 + 3 soies. Rétinacle avec 3 + 3 dents. Dens avec 6 soies (fig. 54).
Mucron droit avec apex pointu (fig. 54 et 55). Rapport dens : mucron = 1,7 : 1.
Chétotaxie représentée figure 56. Les soies ordinaires sont fines et courtes. Par rapport à
celles-ci, les soies s sont environ 9 fois plus longues sur le thorax et 15 fois sur les derniers
segments abdominaux. Rapport G III : soies s abd. IV et V = 1 : 2,4 à 3,2. Signalons
l’absence, sur la tête, des soies OC3 et de celles de la rangée C (sauf C5 ou C6).
Fig. 49 à 56. — Furculanurida longisensillata n. sp. : 49, articles antennaires III et IV, face dorsale ; 50, mandibule et
maxille; 51, moitié du labium; 52, organe postantennaire et cornéules; 53, patte I; 54, dens et mucron; 55,
mucron; 56, chétotaxie dorsale.
Fig. 57 à 60. — Intermediurida anophthalma n. g., n. sp. : 57, articles antennaires II à IV, face dorsale; 58, organe
antennaire III ; 59, mandibule et maxille ; 60, organe postantennaire.
— 114 —
Discussion
La seule autre espèce de Furculanurida actuellement connue avec 6 + 6 cornéules est F.
duodecimoculata Thibaud et Massoud, 1980, du Maroc. Notre nouvelle espèce en diffère
particulièrement par la chétotaxie, la forme de la mandibule, le nombre de vésicules à l’organe
postantennaire et par la dens et le mucron.
Dans le genre, seules deux espèces sont connues de l’Amazonie : F. belemensis Arlé et
Rufino, 1976, et F. goeldiana Arlé et Rufino, 1976. La première porte 5+5 cornéules, la
seconde 7+7 .F. longisensillata n. sp. diffère aussi de ces deux espèces par le nombre de
vésicules à l’organe postantennaire et par celui des dents à la mandibule, ainsi que par la
grande longueur des soies sensorielles.
Localité-type : Guyane, Montagne de Mahury, GU. 1.
Matériel étudié : Holotype femelle et un paratype femelle.
Autre matériel : Route de l’Est, GU. 11 : 3 ex. Village de Galibi, GU. 16 : 2 ex. Mont du Grand
Matoury, GU. 18 : 1 ex. Saül, GU. 19, GU. 22 : 3 ex.
Derivatio nominis : Le nom spécifique fait allusion à la longueur des soies sensorielles.
INTERMEDIURIDA n. g.
Diagnose : Aspect général du type 1, « pseudachorutinien », sans paratergite saillant. Couleur
blanche. Grain tégumentaire très fort. Article antennaire IV avec des sensilles nettes, un organite
subapical et une vésicule apicale non rétractile; la microsensille dorso-externe est absente. Organe
sensoriel de l’article antennaire III composé de 5 sensilles. Cornéules absentes. Organe postantennaire
moruliforme. Cône buccal allongé. Maxilles très fines, à 2 lamelles. Mandibules dentées. Furca de petite
taille. Le VI' segment abdominal est visible en vue dorsale. Chétotaxie de la tête et du corps réduite.
Absence de soie médiane sur le sternite abdominal III.
GÉnÉrotype : Intermediurida anophthalma n. g., n. sp.
Discussion
Le nouveau genre présente des caractères qui le rapprochent des genres Neotropiella
Handschin, 1942, Furculanurida Massoud, 1967, et Grananurida Yosii, 1954 ( sensu Weiner et
Najt, 1985).
Ces quatre genres se caractérisent par la réduction du nombre de cornéules (7 + 7 à 0 +
0 ).
Le tableau II montre les principaux caractères différentiels.
— 115 —
Tableau II
Caractère
Intermediurida n. g.
Neotropiella
Handschin, 1942
Grananurida
Yosii, 1954
Furculanurida
Massoud, 1967
Cornéules
0 + 0
6 + 6 ou 5 + 5
0 + 0
0 + 0 à 7 + 7
OPA
Microsensille
moruliforme
moruliforme
moruliforme
un seul rang
Ant. IV
Vés. apicale
absente
présente
présente
absente
ant. IV
non exsertile
exsertile
exsertile
exsertile
Cône buccal
Dents
allongé
allongé
court
allongé
Mandibule
5
4 à 11
2-3?
2 à 11
Furca
normale, courte
normale, longue
réduite à un
mamelon
normale, longue ou
réduite
Rétinacle
présent
présent
absent
présent
Grain tég.
très fort
fin à fort
très fort, en
rosette
fin à fort
Chétotaxie
3 + 3 V.E.
—
4 + 4 V.E.
—
St. Abd. III
2 + 2 V.L.
3 + 3 V.L.
3 + 3 V.L.
2 + 2 V.L.
Couleur
blanche
bleu-violet
blanche
blanche à bleu
Distrib. géogr.
néotropicale
holotropicale
paléarctique
néotropicale,
éthiopienne
12. Intermediurida anophthalma n. sp.
Description
Longueur des adultes comprise entre 1 et 1,5 mm (holotype femelle 1,1mm). Couleur
blanche. Grain tégumentaire très fort.
La limite entre les articles antennaires III et IV n’est visible que ventralement. Le
IV e article antennaire porte une vésicule apicale, un organite subapical et 6 sensilles
subcylindriques (fig. 57); absence de la microsensille dorso-externe et de la râpe sensorielle.
L’organe sensoriel de l’article antennaire III est constitué de 2 petites sensilles, de 2 sensilles de
garde et d’une microsensille ventrale (fig. 58). Article antennaire II avec 11 soies, I avec 7 soies.
Cône buccal allongé. Maxille styliforme avec 2 lamelles; mandibule avec 5 fortes dents
(fig. 59). Demi-labium représenté figure 61.
Absence de cornéule. Organe postantennaire moruliforme avec 23 à 30 vésicules (fig. 60).
Tibiotarses I à III avec respectivement 19, 19 et 18 soies; ergot absent. Griffe avec une
dent interne au tiers basal; tubercule empodial résiduel (fig. 62).
Tube ventral avec 3 + 3 soies. Rétinacle avec 3 + 3 dents. Dens assez réduite, avec 6
soies. Rapport dens : G III = 1 : 1,1. Mucron droit, à apex arrondi; rapport mucron :
dens =1:2 (fig. 63).
Fig. 61 à 64. — Intermediurida anophthalma n. sp. : 61, moitié du labium; 62, patte I; 63, dens et mucron; 64,
chétotaxie dorsale.
Fig. 65 à 72. — Neotropiella pedisensilla n. sp. : 65, articles antennaires I à IV, face dorsale; 66, articles
antennaires III et IV, face ventrale ; 67, organe antennaire III ; 68, moitié du labium ; 69, mandibule et maxille ; 70,
organe postan tennaire et cornéules; 71, patte III; 72, dens et mucron.
— 117 —
Chétotaxie dorsale représentée figure 64. Signalons une paurochaetose. Pour l’abdomen V
le rapport sensille s : soie ordinaire = 4,5 : 1.
Localité-type : Guyane, Mont du Grand Matoury, GU. 31.
Matériel étudié : Holotype femelle et 1 paratype.
Autre matériel : Lac Américain, GU. 48, GU. 52, et GU. 53 : 3 ex.
Derivatio nominis : Le nom du genre fait allusion à sa position générique intermédiaire ; le nom de
l’espèce, à l’absence de cornéule.
13. Neotropiella vanderdrifti Massoud, 1963
Matériel étudié : Guyane, Montagne de Mahury, GU. 2 : 1 ex. Mont Cabassou, GU. 3 : 2 ex.
Route de St. Élie, GU. 7, GU. 26 : 2 ex. Lac Américain, GU. 48 : 1 ex. Mont du Grand Matoury,
GU. 41 : 2 ex. Cacao, GU. 47 : 1 ex. Route de l’Est, GU. 11, GU. 25 : 4 ex. Galibi, GU. 16 : 1 ex. Saül,
GU. 21 : 1 ex. Crique Gabrielle, GU. 24 : 2 ex.
Signalons que le nombre de vésicules à l’organe postantennaire varie d’une quinzaine à 22
ou 23 et que les soies de l’abdomen Y sont à apex pointu ou émoussé.
L’espèce est déjà connue du Surinam, du Vénézuela et des Petites Antilles.
14. Neotropiella pedisensilla n. sp.
Description
Longueur 1,1mm. Couleur bleue. Grain tégumentaire fort. Paratergite du type 1.
Le IV e article antennaire porte une vésicule apicale trilobée, un organite subapical, 6
sensilles subcylindriques et une microsensille dorso-externe (fig. 65); la face ventrale est
pourvue sur un tiers d’une râpe sensorielle (fig. 66). Présence d’une vésicule exsertile ventrale
entre les articles antennaires III et IV. L’organe sensoriel de l’article antennaire III est
constitué de 2 sensilles en forme de « pied » logées dans une fossette et recouvertes en partie
par une fine languette tégumentaire, de 2 sensilles de garde et d’une microsensille ventrale
(fig. 67). Article antennaire II avec 12 soies, I avec 7 soies.
Cône buccal allongé. Demi-labium représenté figure 68 ; signalons l’absence de la soie c.
Maxille styliforme, avec 2 lamelles; mandibule fine, avec 4 dents (fig. 69).
5 + 5 cornéules. Organe postantennaire avec 20 à 22 vésicules (fig. 70). Le plus grand
diamètre de cet organe est légèrement inférieur à celui d’une cornéule (0,8 à 0,9).
Les tibiotarses I à III portent respectivement 19, 19 et 18 soies; ergot absent. Griffes avec
une dent interne médiane et 2 dents latérales asymétriques au tiers basal ; tubercule empodial
résiduel (fig. 71).
Tube ventral avec 3 + 3 soies. Rétinacle avec 3 + 3 dents. Dens, relativement allongée,
portant 6 soies. Mucron du type N. digitomucronata à apex arrondi (fig. 72). Rapport G III :
dens : mucron = 1 : 1,9 : 8.
La chétotaxie dorsale est dessinée figure 73.
Fig. 73. — Neotropiella pedisensilla n. sp. : chétotaxie dorsale.
Fig. 74 à 81. — Neotropiella arlei n. sp. : 74, articles antennaires III et IV, face dorsale; 75, articles antennaires III et
IV, face ventrale; 76, mandibule et maxille; 77, moitié du labium; 78, organe postantennaire et coméules; 79,
patte III; 80, dens et mucron; 81, chétotaxie dorsale.
— 119 —
Discussion
Par la présence de 5 + 5 cornéules, d’une vingtaine de vésicules à l’organe postantennaire
et par la forme de la griffe, notre nouvelle espèce se rapproche de N. vanderdrifti Massoud,
1963. Elle s’en différencie par la présence d’une râpe sensorielle sur la face ventrale de l’article
antennaire IV, par le nombre de dents à la mandibule, par la chétotaxie du labium, par la
forme de son mucron et, légèrement, par la chétotaxie dorsale.
Elle se rapproche aussi de N. digitomucronata Thibaud et Massoud, 1983, par sa râpe
sensorielle, par la forme de sa mandibule et de son mucron et par le nombre de cornéules. Elle
s’en différencie par le nombre de vésicules à l’organe postantennaire et par sa chétotaxie
dorsale (légèrement moins fournie chez digitomucronata).
Localité-type : Guyane, Lac Américain, GU. 51.
Matériel étudié : Holotype femelle et deux paratypes.
Autre matériel : Lac Américain, GU. 53 : 1 ex. Mont du Grand Matoury, GU. 31, GU. 34 : 2 ex.
Cacao, GU. 47 : 1 ex.
Derivatio nominis : Le nom de l’espèce fait allusion à la forme des sensilles internes de l’organe
antennaire III.
15. Neotropiella arlei n. sp.
Description
Longueur 3,4 mm. Couleur bleu-violet foncé. Grain tégumentaire fin. Paratergites du
type I, avec une tendance à être légèrement saillants.
Le IV e article antennaire est pourvu d’une vésicule apicale trilobée, d’un organite
subapical, de 6 sensilles subcylindriques, dont la subapicale plus longue et d’une microsensille
dorso-externe (fig. 74). Il présente sur sa face ventrale 8 à 10 soies courtes triangulaires en
forme d’épines et 4 sensilles subapicales à apex mousse (fig. 75). L’organe sensoriel de l’article
antennaire III est constitué de 2 petites sensilles internes en forme de bâtonnets logées dans
une fossette tégumentaire, encadrées par 2 sensilles de garde et une microsensille ventrale
(fig. 74 et 75). Article antennaire II avec 11 soies, I avec 7 soies.
Maxille styliforme. Mandibule très mince, peu sclérotinisée, portant 4 petites dents
(fig. 76). Cône buccal allongé. Labium dessiné figure 77.
5 + 5 cornéules. Organe postantennaire avec 25 à 32 vésicules (fig. 78). Le plus grand
diamètre de cet organe est égal à celui d’une cornéule.
Les tibiotarses I à III portent respectivement 19, 19 et 18 soies. Griffe assez longue avec
une dent interne médiane et 1 + 1 dents latérales sub-basales (fig. 79).
Tube ventral avec 4 + 4 soies. Rétinacle avec 3 + 3 dents. Dens relativement allongée,
portant 6 soies. Mucron de type N. vanderdrifti, à apex arrondi (fig. 80). Rapport G III :
dens : mucron = 1 : 1,8 : 1.
— 120 —
La chétotaxie dorsale est représentée figure 81. On observe quatre types de soies :
microchètes et mésochètes à apex aigu, macrochètes à apex arrondi et soies s longues, à apex
mousse.
Discussion
Cette nouvelle espèce est proche de N. vanderdrifti Massoud, 1963, par le type d’article
antennaire IV, surtout la face ventrale, par la griffe et par le mucron. Elle s’en différencie par
les soies sensorielles dorsales de l’article antennaire IV, par la mandibule, par le nombre de
vésicules à l’organe postantennaire, par le grain tégumentaire à la dens et, surtout, par la
chétotaxie, particulièrement par le type de macrochètes.
Localité-type : Guyane, Route de l’Est, GU. 11.
Matériel étudié : Holotype femelle et un paratype.
Autre matériel : Montagne de Mahury, GU. 1 : 1 ex. Mont Cabassou, GU. 3 : 1 ex. Saül, GU. 19 :
1 ex.
Derivatio nominis : L’espèce est dédiée cordialement à R. Arlé du Brésil qui a décrit plusieurs
Neotropiella d’Amérique du Sud.
16. Neotropiella sp.
Matériel étudié : Guyane, route de St. Élie, GU. 6 : 1 ex.
Cet exemplaire semble être une nouvelle espèce. Malheureusement, avec un seul individu
nous ne pouvons pas la décrire.
CONCLUSION
Dans ce travail nous avons analysé 53 échantillons, de sol et de litière, effectués en
Guyane française, pour la plupart autour de Cayenne jusqu’à Cacao, dans la région de Mana,
de Sinnamary et dans le centre, à Saül.
Pour la Guyane, 7 espèces étaient déjà connues ; elles ont été citées dans notre
introduction. Nous y ajoutons 25 autres espèces dont 11 nouvelles, inclus le nouveau genre
Intermediurida.
Parmi les Hypogastruridae, une espèce est nouvelle, une est cosmopolite, une néotropicale
et une holotropicale.
Dans les Onychiuridae Tullbergiinae, une espèce est nouvelle et une autre est cosmopolite.
Signalons que les Onychiurinae sont absents dans les échantillons étudiés.
— 121 —
Dans les Neanuridae nous avons étudié seulement 3 sous-familles. Les 3 espèces de
Brachystomellinae sont, elles aussi, néotropicales. Dans la sous-famille des Pseudachorutinae
nous avons étudié 14 espèces, dont 9 sont nouvelles, avec un nouveau genre; les 5 autres
espèces sont connues de la région néotropicale.
Un deuxième travail sur les Poduromorpha de Guyane est en cours, ce qui nous permettra
d’avoir une vision plus élargie du peuplement des Collemboles sud-américains.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Éthologie, Systématique). Archs Zool. exp. gén., 85 (5) : 265-425.
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Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 12 , 1990,
section A, n° 1 : 123-133.
Contribution à la connaissance des fourmis marocaines :
Aphaenogaster atlantis Santschi, 1929 bona species (n. status)
(Hymenoptera, Formicidae, Myrmicinae)
par Henri Cagniant
Résumé. — Aphaenogaster atlantis Santschi est décrite pour les trois castes et quelques notes
biologiques sont présentées. De nombreux caractères particuliers permettent de séparer À. atlantis d’A.
praedo Emery et d’en faire une espèce à part entière. Elle n’est connue que du secteur occidental du Haut
Atlas de Marrakech, entre 1400 et 2400 m; une population occupe le versant nord et une autre se trouve
au Tizi-n-Test; une étude biométrique révèle de petites différences entre les deux populations qui
pourraient constituer deux isolats géographiques.
Abstract. — Aphaenogaster atlantis Santschi, from the western Moroccan High Atlas of Marrakech,
is described for the three castes; queen and males were unknown. Some biological data are given. This
species belongs to the praedo species group and can be set up as a good species. It was found between
1400 and 2400 m of elevation and some biological and ecological data are presented. A population
inhabits the northern versant of the Atlas and another one was found at the Tizi-n-Test ; a biometrical
study showed little differences between the two populations which could be geographically isolated at the
present time.
H. Cagniant, Laboratoire des Artigues, Entomologie, Université P. Sabatier, 31062 Toulouse cedex, France.
Introduction
Le Maroc s’avère particulièrement riche en espèces de fourmis du genre Aphaenogaster,
sous-genre Aphaenogaster stricto sensu. Au cours de plusieurs missions sur le terrain, il nous a
été donné de découvrir et de décrire plusieurs espèces nouvelles de ce taxon. La plupart des
formes précédemment nommées l’avaient été sur un ou quelques individus, ouvrières ou mâles,
mais aucune n’était correctement décrite pour les trois castes. Tel est le cas de l’espèce que
nous présentons dans le présent travail.
Aphaenogaster atlantis Santschi, 1929
Synonymie
Aphaenogaster (Aphaenogaster) praedo var. atlantis Santschi 1929. Haute Reraya (sic).
Aphaenogaster ( Aphaenogaster ) praedo var. atlantis : Santschi, 1931. Arround (sic) Grand Atlas.
— 124 —
Aphaenogaster ( Aphaenogaster ) praedo var. atlantis : Santschi, 1933.
Aphaenogaster praedo Emery, 1908 : Cagniant, 1962. Tizi-n-Test et Kasba d’Asni.
Aphaenogaster rupestris Forel, 1909 : Cagniant, 1962. Ait Mizane, Grand Atlas. (A. rupestris
Forel doit donc être retiré du catalogue des fourmis marocaines).
Matériel étudié : 2 ouvrières types de A. (A.) praedo var. atlantis. Haute Vallée de l’Oued Ghiraïa.
— 30 ouvrières et 1 reine syntypes, matorral près d’Aroumd, 1900 m, au-dessus d’Imlil, village à 15 km au
SSE d’Asni, localité au sud de Marrakech ; Haut Atlas ; mai 1981. Ces exemplaires proviennent donc de la
localité-type. — 27 mâles et 8 reines ailées obtenues ultérieurementt par l’élevage de la colonie (étés 1982
et 1983). Quelques exemplaires de cette série sont déposés au Muséum national d’Histoire naturelle, Paris
(n° 1288).
Description des trois castes
Nouvelle description de l’ouvrière (fig. 1)
Longueur du corps : 5,8-7,7m. Aspect mat; coloration brun-noir sombre, mandibules,
funicules et tarses brun rougeâtre. Pilosité assez épaisse, blanchâtre, longue de 0,12-0,18 mm
sur le corps; un peu plus fine, de 0,14-0,16mm sur les tibias; sur les scapes elle est encore plus
ténue et longue de 0,08-0,09 mm.
Mandibules luisantes mais couvertes de fines rides dichotomiques s’effaçant vers le bord
masticateur qui devient lisse. Palpes maxillaires de cinq articles égaux, minuscules (0,05 mm
l’un); labiaux de 3 (0,06mm l’un).
Tête réticulée en entier, avec quelques rides en mailles sur la partie médiane du clypéus et
entre les arêtes frontales ; sur les joues, d’autres rides plus fines, peu distinctes de la réticulation
s’arrêtent en avant des yeux ou les contournent par dessus sans cependant les dépasser de
beaucoup vers l’arrière. Les yeux sont relativement petits; les antennes sont grêles, avec le
scape plus grand que la longueur céphalique et au funicule, les sept premiers articles sont 2,5-
2,7 fois plus longs que larges, les quatre derniers constituant une massue peu renflée (fig. 2, D).
Thorax et nœuds sans rides, avec la même réticulation nette et serrée que sur la tête;
quelques rides en courtes mailles se distinguent cependant sur l’épinotum ; les métasternes sont
marqués par trois ou quatre épaississements qui s’atténuent en simples rides sur les flancs du
mésothorax. Épines redressées, aiguës et divergentes, longues ou plus longues que leur
intervalle basal.
Le pétiole est caractéristique par la forme presque hémisphérique du nœud qui rejoint le
pédoncule par une courbe régulière; ce dernier est plus long que le nœud et possède, sur sa
carène inférieure, une ébauche de dent subapicale plus marquée chez les grands individus. Le
postpétiole, également de forme arrondie, a sa face antérieure un peu plus allongée que la
postérieure. Les deux segments ne présentent pratiquement pas de rides mais une réticulation à
peine plus superficielle que celle de l’avant-corps.
Striation du gastre extrêmement ténue. Sur la majorité des individus de la série (23/30), la
disposition est symétrique : les stries apparaissent de part et d’autre de l’articulation avec le
postpétiole et confluent pour descendre droit sur la ligne médiane du tergite, puis s’écartent en
éventail en s’effaçant vers le bord postérieur du segment (rappelant le « type a » de la
nomenclature présentée à propos de A. gemella marocana Forel ; Cagniant, 1989). Sur les sept
autres individus, on observe un dessin dissymétrique avec les stries débouchant davantage du
— 125 —
côté gauche (l’animal étant vu de dessus), comme dans le « type c » (idem). Aucun individu de
la série ne présente de stries basales transversales.
Pattes III longues comme 1,2 fois le corps, leurs tibias à peine plus grands que les scapes.
Larve du dernier stade : 3,8-4,3 mm (étendue). Jaunâtre, garnie de poils fauves de 0,10-
0,16 mm, dressés et un peu arqués ; la plupart sont courtement bifides et quelques-uns le sont
plus longuement (fig. 2, F).
Description de la reine (inédite) (fig.l)
Longueur du corps : 8,5-9,2 mm. Coloration semblable à celle de l’ouvrière ainsi que la
pilosité (plus longue sur les pétioles : 0,20 mm).
Les rides s’étendent sur toute la tête, formant des mailles autour des yeux, des ocelles et
s’effaçant vers l’occiput ; elles restent assez fines et peu distinctes de la réticulation, sauf entre
les arêtes antennaires où elles deviennent plus fortes. Antennes comme chez les ouvrières mais
les yeux sont plus grands. Thorax confusément réticulé-ridé sur le dos, plus franchement ridé
en long sur les flancs, tandis que l’épinotum porte une série de rides transversales, assez serrées
et un peu sinueuses, qui se continuent jusqu’entre les épines, puis la face déclive devient lisse.
Vu de profil, l’épinotum fait une pente oblique, presque sans angle au niveau des épines,
lesquelles sont plus brèves que leur intervalle basal et un peu incurvées vers l’intérieur.
Nœuds rugueux, avec des rides peu marquées mais parfois plus fortes sur le postpétiole,
chez certains individus. De profil, le nœud pétiolaire est plus ou moins étroit et élevé, anguleux
— 126 —
au sommet mais en courbe régulière vers le pédoncule (lequel est denté dessous). Postpétiole à
peine plus long que haut ; son profil évoque une « courbe en cloche ».
Striation du gastre comme sur la figure 2 C ; des stries basales-transverses (plus ou moins
nombreuses selon les individus) entourent l’articulation du postpétiole et dessinent vers
l’arrière une sorte de languette qui s’intercale entre les stries latérales concentriques.
Pattes III à peine plus longues que le corps ; ailes rembrunies, assez bien développées (les
Al = 2/3 de la long, corps), avec la nervation habituelle (1 cellule discoïdale et 2 cubitales à
l’aile antérieure).
Fig. 2. — Aphaenogaster atlantis Santschi : A, profil du mâle et tête de face ; B, épinotum, pétioles et sommet du gastre
du mâle en vue dorsale ; C, aspect de la striation du gastre chez une reine d’Aroumd ; D, antennes de l’ouvrière ; E,
du mâle ; échelle = 1 mm. F, poils bifides de la larve ouvrière du dernier stade.
Description du mâle (inédit) (fig. 2, A, B, E)
Longueur du corps : 4,9-6,2 mm. Noir, le bord des mandibules, les derniers articles des
antennes et les tarses plus clairs. Pilosité jaunâtre, souple et longue de 0,20-0,30 mm, éparse sur
tout le corps.
Tête, alitronc et pétioles réticulés plus finement et superficiellement que chez les femelles.
Mandibules à 4 ou 5 dents. Tête un peu plus longue que large, arrondie à l’occiput. Yeux
moyens, ocelles petits, sillon frontal assez distinct. Le scape est plus court que les deux
premiers articles du funicule et tous ceux-ci sont trois fois plus longs qu’épais.
— 127 —
Alitronc sans plages lisses sur les flancs. Scutum et scutellum convexes ; la face dorsale de
l’épinotum descend en faible pente vers l’arrière puis se redresse à l’horizontale pour former
avec la déclive un angle droit bien net. L’emplacement des épines est marqué par des
épaississements rugueux, hérissés de soies, mais débordant très peu en pointe vers l’arrière.
Nœuds pétiolaires arrondis, avec quelques rides très courtes ; la dent sous le pédoncule devient
indistincte sur beaucoup d’individus.
Gastre réticulé sur son tiers antérieur; le pourtour de l’articulation avec le postpétiole
s’orne d’une ceinture de courtes rides longitudinales, fines mais cependant bien détachées du
fond.
Pattes longues (1,5 fois le corps) et grêles; ailes un peu rembrunies, les Al presque aussi
longues que le corps.
Fig. 3. — Aphaenogaster atlantis Santschi : genitalia : a, plaque sous-génitale; b, socii; c, valve externe; d, valve
moyenne chez deux individus de la même colonie d’Aroumd ; t, d’un mâle du Tizi-n-Test ; e, valve interne ; échelle
= 0,5 mm.
— 128 —
Tableau I. — Aphaenogaster atlantis Santschi, Aroumd (Grand Atlas, Maroc). Mesures biométriques
(en mm; erreur = 0,01mm).
Nombre d'ouvrières mesurées : 30; de reines : 9; de mâles : 27. Pour chaque mesure, on
indique la plus petite, la moyenne (en caractères gras) avec son intervalle de confiance à 95 % et
la plus grande valeur observée.
Mesures
Ouvrières
Reines
Mâles
Longueur corps
Longueur tête
Largeur tête
Longueur scape
Grand diamètre œil
Diamètre ocelle antérieur
Longueur thorax-épinotum
Largeur thorax
Hauteur thorax
Longueur épine
Longueur pétiole
Largeur pétiole
Hauteur pétiole
Longueur postpétiole
Largeur postpétiole
Hauteur postpétiole
Longueur tibia III
Longueur aile antérieure
5.78-6.806 + 0.264-7.66
1.55-1.732 + 0.037-1.87
0.95-1.076 + 0.028-1.17
1.92-2.075 + 0.038-2.24
0.22-0.253 + 0.008-0.30
2.14-2.425 + 0.063-2.66
0.72-0.815 + 0.022-0.90
0.31-0.361 + 0.013-0.41
0.60-0.671 + 0.017-0.74
0.24-0.259 + 0.007-0.29
0.30-0.348 + 0.011-0.41
0.40-0.426 + 0.010-0.46
0.28 0.323 + 0.009-0.36
0.27-0.336 + 0.011-0.38
1.98-2.165 + 0.059-2.31
8.50-8.859 + 0.187-9.20
1.79-1.838 + 0.024-1.89
1.22-1.276 + 0.028-1.31
1.98-2.061+0.048-2.15
0.38-0.390 + 0.011-0.42
0.09-0.096 + 0.008-0.11
2.90-2.984 + 0.055-3.09
1.19-1.238 + 0.045-1.33
1.65-1.724 + 0.055-1.81
0.48-0.513 + 0.020-0.55
0.81-0.901+0.047-0.95
0.36-0.394 + 0.018-0.42
0.52-0.561+0.023-0.59
0.56-0.604 + 0.021-0.65
0.55-0.592 + 0.026-0.62
0.54-0.573 + 0.018-0.60
2.24-2.304 + 0.033-2.35
5.89-6.163 + 0.295-6.30
4.92-5.583 + 0.173-6.20
0.87-0.936 + 0.027-1.07
0.70-0.766 + 0.014-0.80
0.26-0.280 + 0.008-0.30
0.31-0.350 + 0.008-0.37
0.06-0.073 + 0.005-0.10
2.30- 2.491 + 0.054-2.63
0.96-1.071+0.027-1.15
1.31- 1.487 + 0.045-1.61
0.61-0.644 + 0.014-0.69
0.26-0.285 + 0.010-0.32
0.26-0.289 + 0.008-0.32
0.39-0.406 + 0.008-0.44
0.38-0.428 + 0.013-0.47
0.30-0328 + 0.009-0.36
4.95-5.245 + 0.094-5.40
Tableau II. — Aphaenogaster atlantis Santschi (ibidem). Indices biométriques pour les mêmes individus qu’au
tableau I.
Pour chaque indice on indique la valeur minimum, la moyenne (en caractères gras) (avec un inter¬
valle de confiance du rapport à 95 % calculé à titre indicatif) et la valeur maximum.
Mesures
Ouvrières
Reines
Mâles
Longueur/largeur tête
1.57-1.611 + 0.015-1.68
1.40-1.440-
-1.50
1.15-1.223 + 0.033-1.43
Longueur scape/largeur tête
1.80-1.932 + 0.029-2.03
1.58-1.615- -
-1.67
0.34-0.366 + 0.009-0.41
Diamètre œil/longueur tête
0.13-0.146 + 0.003-0.16
0.20-0.212- —
-0.23
0.33-0.374 + 0.010-0.40
Indice des ocelles
—
0.29-0.313-
-0.34
0.23-0.266 + 0.017-0.36
Long, thorax-épi./larg. thorax
2.75-2.979 + 0.038-3.12
2.22-2.414-
-2.50
2.06-2.329 + 0.064-2.45
Long, thorax-épi./haut, thorax
—
1.63-1.732-
-1.79
1.59-1.677 + 0.034-1.87
Indice des épines
1.32-1.545 + 0.048-1.71
1.39-1.727- -
-2.14
—
Longueur/largeur pétiole
2.34-2.599 + 0.076-3.00
2.08-2.290-
-2.41
2.00-2.270 + 0.090-2.54
Longueur/hauteur pétiole
1.79-1.931+0.048-2.18
1.42-1.607-
-1.70
1.97-2.237 + 0.078-2.54
Longueur/largeur postpétiole
1.23-1.320 + 0.031-1.45
0.97-1.201-
-1.12
0.87-0.951 + 0.028-1.05
Longueur/hauteur postpétiole
1.18-1.270 + 0.035-1.48
1.02-1.055-
-1.14
1.14-1.241 + 0.034-1.39
Larg. postpétiole/larg. pétiole
1.17-1.251 + 0.031-1.38
1.44-1.506-
-1.59
1.40-1.502 + 0.039-1.63
— 129 —
Genitalia (fig.3) : 0,84-0,92 mm. Valve externe brun sombre, l’apex plus clair, anguleux,
portant une soixantaine de soies.
Plaque sous-génitale largement pentagonale, peu échancrée au sommet qui porte environ
40 soies; les latérales sont bien plus courtes que celles de la partie médio-apicale. Socii avec
une dizaine de soies.
Valve moyenne assez peu variable (sur 10 mâles disséqués). Digitus en angle droit, plus ou
moins délié ; cuspis en lobe assez long ; angle du calx un peu obtus ; 12 soies sur le bord ventral.
Valve interne petite, spadiforme. La base du processus postérieur forme un simple repli
ventral.
Position systématique
Aphaenogaster atlantis appartient au groupe praedo caractérisé par la forme de la tête,
notablement allongée et rétrécie vers l’occiput (Cagniant, 1987). Les points particuliers sont
les suivants :
— la teinte uniformément noire des ouvrières; chez A. praedo Emery et A. wilsoni
Cagniant l’avant-corps est plus ou moins rougeâtre ou brunâtre;
— la forme régulière du nœud pétiolaire qui ne se retrouve chez aucune des autres espèces
du groupe;
— la taille qui est plus faible que chez A. torossiani Cagniant et A. weulersseae Cagniant,
tandis qu’Æ espadaleri Cagniant a une striation du gastre bien plus réduite.
Les caractères de coloration, de forme du pétiole et de sculpture ainsi que le relatif
développement des ailes chez A. atlantis permettent de différencier cette espèce au niveau des
reines.
Les mâles d’A. torossiani, A. espadaleri, A. weulersseae et A. praedo offrent une
conformation de l’alitronc distincte de celles des mâles d 'A. atlantis-, les deux derniers ont en
outre de gros ocelles. Les mâles d’A. wilsoni sont assez voisins de ceux d’A. atlantis par leur
morphologie générale mais sont pourvus d’épaississements médiaires plus marqués ; leur gastre
est luisant, sans rides à la base ; la valve moyenne est plus étroite, son crochet bien plus court et
épais.
Biologie
Les nids d’A. atlantis sont peu profonds (10 cm) et constitués de chambres autour d’un
orifice de sortie débouchant généralement sous une pierre assez grosse. En élevage, l’espèce se
montre avant tout carnivore et accepte mal ou pas du tout la « diet » artificielle. Les colonies
ayant conservé leur reine n’ont donné que des ouvrières; le couvain hivernant ne serait
composé que de femelles. Après orphelinage fin mai, on obtient des reines de remplacement au
cours de l’été à partir du couvain subsistant, mais aucun mâle; chez les autres espèces du
groupe, les ouvrières orphelines élèvent toujours des mâles dans ces conditions. La ponte des
ouvrières d’A. atlantis est donc beaucoup plus lente à se déclencher (dans nos conditions
d’élevage) que chez ses congénères; elle ne se produit qu’après l’hibernation, c’est-à-dire en
— 130 —
mars-avril de l’année suivante. Les mâles, peu nombreux, émergent de mai à juillet ; comme les
reines ailées, ils ne tentent pas de s’envoler, même sur de courtes distances, et se contentent
d’arpenter le promenoir. Les accouplements expérimentaux avec des reines ailées d 'A. wilsoni
ou A. praedo ont toujours échoué.
Exemple de relevé écologique
Aroumd, matorral à Chênes verts rabougris et broutés, Genévriers oxycèdres, Cistes et
Asphodèles, herbacées éparses, 1900 m. Pente d’environ 40%, exposition Nord, sur schistes.
Fourmis, par ordre approximatif d’abondance décroissante des colonies : Camponotus
cruentatus lindbergi Sants, (forme sombre), Plagiolepis schmitzi maura Sants., Pheidole pallidula
(Nyl.), C. atlantis Sants., Aphaenogaster atlantis Sants., Leptothorax marocanus Sants., L.
tyndalei balli Sants., A. (Attomyrma) nadigi Sants., Lasius niger (Foërster), C. laurenti Sants.,
Cataglyphis albicans (Roger), Messor medioruber Forel, Tetramorium semilaeve atlantis Sants.,
C. sicheli (forme sombre et peu poilue du Maroc), Monomorium areniphilum Sants. Moins de
la moitié des espèces ou sous-espèces sont endémiques, ce qui traduit le caractère dégradé et
« banalisé » du biotope livré au pâturage et à l’érosion, mais abritant encore une
myrmécofaune relativement diversifiée (16 espèces).
Outre la station de référence (Haute vallée de la Ghiraïa) et les pentes du Toubkal (Assif
n’Aït Mizzane), A. atlantis a été retrouvé en trois autres localités du versant nord de l’Atlas de
Marrakech dans le secteur défini par les oueds Nfis et Amezmiz (échant. n os 2-4) ; vers le sud, il
existe au Tizi-n-Test. Il manque par contre à l’Oukaïmeden et sur l’Adrar Yagour ainsi que
dans la vallée de l’Ourika à l’est; on ne dispose pas de renseignements concernant la
myrmécofaune des zones élevées plus intérieures comme le lac d’Ifni et tous les Adrars formant
la barrière méridionale du Grand Atlas ; plus à l’est, nous ne l’avons pas observé vers Toufleht
et le Tizi-n-Tichka. On manque également de données sur les zones à l’ouest d’Amezmiz, les
montagnes au sud de Guemassa (vers Adassil, le J. Erdouz, l’Adrar Tadafelt et le massif de
l’Igdat) et au-delà (J. Afouzar, Awrir-n-Toukhsine) ; nous ne l’avons cependant pas relevé
dans l’Adrar Ifersiwane, au sud de Souq as Sebt Mzouda.
Étude comparée des populations
Liste des échantillons disponibles :
1 — Série d'Aroumd.
2 — Adrar Takherkhort, mai 1981; Matorral à Cistes au-dessus de Wirgane, 1500m : 30 ouvrières
et 1 reine.
3 Jbel Tighardine, mai 1985; Matorral à Chêne vert au-dessus d’Ameghras au sud-est d’Amez¬
miz, 1400 m : 30 ouvrières et 3 reines.
4 Jbel Azrou Wizem, mai 1983; Matorral à Chênes verts au-dessus de Tizgui, 1470m : 30
ouvrières et 5 reines.
— 131 —
5 — Adrar-n-Guinnous, mai 1983 ; Matorral rocailleux à Cytize, Euphorbes et Graminées vers
2200 m, près du Tizi-n-Test : 30 ouvrières, 5 reines et 2 mâles par élevage.
6 — Même localité, mai 1987 : 30 ouvrières et 4 reines.
7 — Tizi-n-Test (sans autre précision), mai 1975 : 6 ouvrières. Dejean leg.
8 — Adrar Aoulim, mai 1987; pente pierreuse à Graminées vers 2000 m près du Tizi-n-Test : 26
ouvrières.
9 — Haute Reraya (sic), 2400 m : 2 ouvrières (types), collection F. Santschi, Muséum de Bâle.
10 — Assif n’Aït Mizzane, massif du Toubkal (entre 2000 et 3000 m), mai 1939 : 1 ouvrière,
A. Metro leg.
Tableau III. — Valeurs de quelques indices sur les individus actifs pour les populations du versant
nord (groupe 1) et pour celle du Tizi-n-Test (groupe 2). Le test de Kruskal-Wallis est un test de
Chi2 sur les rangs, avec ici un nombre de DDL = 1.
Groupe 1 (effectif : 120)
Variables
Minimum
Moyenne
Maximum
Longueur/largeur tête
1.54
1.587
1.64
Long, scape/larg. tête
1.75
1.883
2.03
Indice des épines
1.30
1.526
1.76
Long./haut, pétiole
1.79
1.922
2.18
Long./larg. postpét.
1.23
1.336
1.56
Groupe 2 (effectif
: 86)
Variables
Minimum
Moyenne
Maximum
Longueur/largeur tête
1.55
1.615
1.73
Long, scape/larg. tête
1.79
1.951
2.10
Indice des épines
1.33
1.582
1.80
Long./haut, pétiole
1.84
1.997
2.27
Long./larg. postpét.
1.24
1.388
1.63
Test de
Kruskal-Wallis sur
les rapports.
Longueur/largeur tête
**
Long, scape/larg. tête
***
Indice des épi»;s
*
Long./haut. pétiole
n.s.
Long./larg. postpét.
n.s.
L’ensemble des sujets de ces échantillons a été soumis à une analyse en composantes
principales suivant la méthodologie exposée par ailleurs (Cagniant et al., soumis pour
publication). Un résultat est représenté figure 4. Au niveau des ouvrières, on peut distinguer
deux groupes ; l’un rassemblant les échantillons 1 à 4 (plus les ouvrières types du n° 9 et le
n° 10) provenant du versant nord et l’autre ceux du Tizi-n-Test (n os 5 à 7). Les individus de ces
derniers ont la tête et les pétioles en moyenne plus larges, les scapes plus courts et les épines
plus grandes. En outre, sur le gastre, c’est la striation dissymétrique qui devient majoritaire
Fig. 4 . — ACP sur les ouvrières (en haut) et les reines (en bas) ; plan des composantes 2 (horizontale) et 3 (verticale).
Les numéros correspondent aux barycentres des échantillons cités dans le texte. Variables principales sur le cercle
unité : Longueur et largeur de la tête (Lte, lat) ; longueur du scape (Lsc) ; largeur du thorax (lth) et chez les reines sa
hauteur (hth) ; longueur des épines depuis le spiracle (Lep) ; largeur et hauteur du pétiole (lpe, hpe) et du postpétiole
dPP. hpp).
Ouvrières : 1 division = 0,2 unité CP. Individus actifs : 206 ; supplémentaires : 9 (n° s 7 , 9 et 10 ). Contribution
à l'inertie : axe 1 (non représenté) = 74 %, l’essentiel de la variance est dû aux variations de taille des sujets;
axe 2 = 8 %; axe 3 = 6 %.
Reines : 1 division = 1 unité CP. Individus actifs : 27 . Contribution à l’inertie : axe 1 (non représenté) =
46 %); axe 2 = 21 %; axe 3 = 6 %.
— 133 —
(sur les individus des lots 1-4 elle est en majorité du type symétrique). La biométrie des reines
(malgré la petitesse des échantillons) semble apporter des résultats concordants. Les deux
mâles du Tizi-n-Test (éch. n° 5) ne permettent pas d’observer de notables différences avec ceux
d’Aroumd; ils sont cependant plus petits (L. corps = 4,8-4,9mm; Long, tête = 0,81-
0,83 mm; larg. tête = 0,70-0,74 mm) ; à la valve moyenne, le digitus est plus épais (fig. 3, t).
On ignore si la population du Tizi-n-Test est effectivement séparée de celles du versant
nord par suite des incertitudes subsistant sur la répartition. Vu la faible mobilité des
reproducteurs chez de nombreux Asphaenogaster, on peut penser que des populations se
retrouvent facilement isolées du fait des barrières géographiques (hautes chaînes de montagnes
qui « compartimentalisent » le pays) et de l’histoire bioclimatique, mais aussi des actions
anthropiques (cultures, pâturages), plus récentes mais particulièrement lourdes dans le Grand
Atlas. La population du Tizi-n-Test pourrait ainsi constituer un isolat subissant un processus
d’évolution allopatrique. Cette localité, malheureusement en voie de dégradation accélérée, est
un lieu de haut endémisme myrmécologique : on y trouve, entre autres, une forme spéciale du
Camponotus cruentatus lindbergi, un Leptothorax du groupe marocanus particulier et l’unique
station connue de Chalepoxenus brunneus (Cagniant, 1985a et b).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Cagniant, H., 1962. — Étude de quelques fourmis marocaines. Statistique provisoire des Formicidae du
Maroc. Bull. Soc. Hist. nat. Afr. N., 53 : 83-118.
— 1985a. — Étude des Camponotus du groupe cruentatus au Maroc (Hyménoptères, Formicidae),
Bull. Soc. Hist. nat. Toulouse, 121 : 77-84, fig. 1-4, tabl. 1.
— 1985è. — Chalepoxenus brunneus n. sp. (Hyménoptères, Formicidae). Nouv. Rev. Ent. (N.S.), 2 :
141-146, fig. 1-5, tabl. 1-2.
— 1987. — Nouvelle description et compléments à la définition de l’espèce Aphaenogaster praedo
Emery ((Hyménoptères, Éormicidae). Problèmes posés par le groupe praedo. Bull. Soc. Hist. nat.
Toulouse, 123 : 159-165, fig. 1-2; tabl. 1-3.
— 1989. — Aphaenogaster gemella au Maroc. Nouvelle description à'Aphaenogaster gemella ssp.
marocana Forel (n. status) de la région de Tanger. Problèmes biogéographiques soulevés par
l’espèce Aphaenogaster gemella (Roger) (Hyménoptères, Formicidae). Bull. Soc. Hist. nat.
Toulouse, 125 : 47-54, fig. 1-4, tabl. 1-3.
Cagniant, H., X. Espadaler et P. Colombel (soumis pour publication). — Contribution à la
connaissance des Aphaenogaster du Bassin méditerranéen occidental et du Maroc. Analyse
multivariée de quelques populations à'Aphaenogaster ( suprasp. senilis) senilis (Hyménoptères,
Formicidae), fig. 1-6, tabl. 1-2.
Santschi, F., 1929. — Fourmis du Maroc, d’Algérie et de Tunisie. Bull. Annls Soc. ent. Belg., 69 (5) : 138-
165, fig. 1-14.
— 1931. — Fourmis du Bassin Méditerranéen et du Maroc récoltées par MM. Lindberg. Soc. Scient
Fenn. Comm. Biol., 3 (14) : 1-13.
— 1933. — Étude sur le sous-genre Aphaenogaster Mayr. Revue suisse Zool., 40 (27) : 389-408, 1 pl.
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 12, 1990,
section A, n° 1 : 135-163.
Étude systématique de la myrmécofaune corse
(Hymenoptera, Formicidae)
(Première partie)
par Janine Casevitz-Weulersse
Résumé. — La première partie de cette étude systématique de la myrmécofaune corse comprend
l’analyse critique de la littérature et l’examen de quatre genres, Stenamma, Aphaenogaster, Messor et
Solenopsis. Stenamma orousseti n. sp. est décrite. On démontre que deux espèces différentes, A. spinosa et
Aphaenogaster sp. 1, ont été confondues, probablement, sous le nom de Aphaenogaster spinosa. Une clé
pour les ouvrières des quatre espèces de Messor de Corse est donnée.
Abstract. — The first part of this systematic study of the corsican myrmecofauna includes a critical
analysis of the literature and an survey of four genera, Stenamma, Aphaenogaster, Messor and Solenopsis.
Stenamma orousseti n. sp. is described. It is established that two different species, Aphaenogaster spinosa
and Aphaenogaster sp. 1, have been probably confused under the name of A. spinosa. A key to worker
caste of the four species of Messor from Corsica is proposed.
J. Casevitz-Weulersse, Laboratoire d'Entomologie du Muséum national d’Histoire naturelle, 45, rue Buffon, 75005
Paris.
Introduction
En 1974, nous avions publié une première liste des fourmis de la Corse, comprenant 67
espèces. Debouge et Gaspard (1983), dans un travail de faunistique portant principalement
sur le nord-ouest de l’île, mentionnent la présence du genre Stenamma, nouveau pour la Corse.
Espadaler, Plateaux et nous-même décrivons Leptothorax mêlas en 1984. L’année suivante,
en 1985, Buschinger découvre deux espèces du genre parasite Epimyrma, E. ravouxi et E.
kraussei, et retrouve une troisième espèce du genre, décrite de Corse en 1895 mais jamais
reprise depuis, E. Corsica. En 1986, nous signalons la présence en Corse d’un parasite de
Tetramorium caespitum, Strongylognathus testaceus, que nous avions déjà pris en Sardaigne en
1974, et de Lasius bicornis, une espèce considérée comme rare. Ces apports récents montrent
combien la myrmécofaune corse est encore imparfaitement connue et beaucoup plus riche que
ce qui était admis 1 .
Il faut reconnaître que, quand on cherche à identifier des fourmis, on se heurte à des
difficultés très particulières. Pour établir des classifications modernes, les données de la
1. Ce travail est extrait de la thèse (nouveau régime) de doctorat de l’Université Paris VI, Pierre et Marie Curie,
que nous avons soutenue au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, le 26 mai 1989.
— 136 —
cytologie, la génétique, la biochimie, la physiologie, l’écologie et l’éthologie sont actuellement
employées, avec succès. Mais l’approche faunistique ou écologique du groupe nécessite encore
d’utiliser essentiellement des critères morphologiques pour distinguer les espèces entre elles et
pour leur attribuer un nom. Or l’identification des fourmis à partir de ces critères
morphologiques est plus complexe que chez d’autres insectes.
En effet, les fourmis sont caractérisées par un fort polymorphisme, bien plus développé
que chez d’autres Hyménoptères sociaux. D’une part les deux sexes présentent entre eux des
différences morphologiques considérables et les femelles sont elles-mêmes très polymorphes
(castes). D’autre part, la variabilité individuelle est élevée.
Pour établir clairement la validité d’une espèce, il faut donc pouvoir disposer, en nombre
suffisant, à la fois de mâles, de femelles sexuées et d’ouvrières. Pendant longtemps ce ne fut pas
le cas et les auteurs anciens, tout comme certains auteurs modernes, ont décrit une quantité
d’espèces, de sous-espèces, variétés et races, à partir de quelques ouvrières isolées ou même à
partir d’un seul individu, mâle ou femelle. D’où la grande confusion qui règne encore dans la
systématique du groupe, même en Europe où il a pourtant été abondamment étudié.
Compte tenu de l’extrême dispersion des informations disponibles, de leur diversité et de
leur caractère souvent contradictoire, une mise au point des connaissances acquises sur la
myrmécofaune de l’île était nécessaire.
Nous avons donc effectué la révision de tous les spécimens que nous avons récoltés en
Corse, entre 1970 et 1986, en y ajoutant le matériel transmis par nos collègues. Nous avons
consulté les types existants et des exemplaires des collections Baroni-Urbani (Vérone, Italie),
Bondroit (Bruxelles, Belgique), Emery (Gênes, Italie), Forel (Genève, Suisse), Kutter
(Lausanne, Suisse), Santschi (Bâle, Suisse) ainsi que le matériel du Muséum national
d’Histoire naturelle (Paris, France), en particulier les spécimens des collections André et
Bernard.
I — DONNÉES DE LA LITTÉRATURE
Dans la littérature ancienne, on trouve maintes citations d’espèces, sous-espèces et variétés
qui seraient présentes en Corse mais que nous n’avons jamais reprises au cours de nos
prospections. De plus, certains travaux récents, mentionnés dans l’introduction, concernent
quelques espèces que nous n’avons pas récoltées nous-même.
Nous discutons ici de la valeur qu’il convient d’attribuer, à notre avis, à chacune de ces
références anciennes ou modernes.
Leptanillinae
1 — Leptanilla revelierei var. bimaculata Emery, 1899, variété décrite de Corse (Bonifa¬
cio), serait endémique selon Emery (1899). Bondroit (1918), Bernard (1968) et Baroni-
Urbani (1971) reprennent la citation d’EMERY. Pour notre part, nous n’avons jamais observé
cette forme dans nos récoltes.
— 137 —
PONERINAE
2 — Cryptopone ochraceum (Mayr, 1855) a été cité par Emery (1895, 1909 et 1916).
3 — Hypoponera abeillei (André, 1881), a été décrite d’Ajaccio et citée par Emery (1895,
1909, 1916) et Bondroit (1918).
Ce sont deux espèces endogées apparemment rares que nous n’avons encore jamais prises
nous-même.
Myrmicinae
4 — Myrmica pilosiscapus Bondroit, 1918 (in : Bondroit, 1918a) est considéré par
Kutter (1977 : 69) comme un synonyme de Myrmica scabrinodis. La comparaison des
spécimens de M. scabrinodis que nous avons récoltés en Corse (déterminés par Elmes, in litt.)
avec les types de M. pilosiscapus, dans la collection Bondroit, confirme le point de vue de
Kutter.
5 — M. sabuleti var. spinosior Santschi, 1931, décrit des Pyrénées-Orientales, est cité par
Santschi de Corse (Poggiolo). Il n’est pas distinct de la forme nominale; pour nous, M.
sabuleti Meinert, 1861 = M. sabuleti var. spinosior Santschi, 1931.
6 — Stenamma sardoum Emery, 1915, est cité par Debouge et Gaspard (1983) qui ont
ainsi découvert le premier Stenamma de Corse. Cependant, nous avons pu examiner l’ouvrière
qu’ils ont récoltée et il s’agit en fait de S. orousseti n. sp. que nous décrivons plus loin.
7 — Aphaenogaster spinosa var. Corsica Santschi, 1933 (de Corse?) est un nomen nudum.
D’après le nom attribué à cette variété, il est vraisemblable que l’auteur considère une forme
prise en Corse mais il ne s’en explique pas.
8 — M essor bouvieri Bondroit, 1918. Nous avions appelé à tort M. bouvieri des ouvrières
moyennes de M. capitatus. M. bouvieri, tel qu’il est défini actuellement (Agosti et
Collingwood , 1987), est absent de l’île.
9 — Crematogaster auberti Emery, 1869. Emery estime que sa présence en Corse est
douteuse (1916 : 82 : « Il tipo di questa specie abita la Francia merid., la Spagna, l’Algeria e
dubbiamente la Corsica. »). Cependant, Bernard (1968 : 164) affirme que C. auberti est
« connu de Corse » ! Baroni-Urbani (1971) place C. auberti, cité de Corse par Bernard, dans
la liste de ses « nomina incertae sedis », à notre avis avec raison. Sa présence dans l’île n’a
jamais été confirmée, ni dans la littérature, ni par des exemplaires déposés dans des collections
ni par des récoltes plus récentes. C. auberti est probablement absent de Corse.
10 — C. scutellaris var. Corsica Santschi, 1921. Cette variété, décrite de Corse, n’a aucune
valeur réelle ; d’après nos observations, en Corse comme en Sardaigne, les caractères donnés
dans la description correspondent à des variations individuelles que l’on rencontre au sein de
sociétés de C. scutellaris typique.
C. scutellaris (Olivier, 1791) = C. scutellaris var. Corsica Santschi 1921.
— 138 —
11 — C. scutellaris var. degener Santschi, 1937. La remarque précédente est également
valable pour cette variété.
C. scutellaris (Olivier, 1791) = C. scutellaris var. degener Santschi, 1937.
12 — Solenopsis fugax var. debilior Santschi, 1934, est décrit de Poggiolo, en Corse.
Nous précisons plus loin le peu de valeur qu’il convient d’attribuer aux nombreuses espèces,
sous-espèces et variétés du « groupe » fugax, tant qu’une révision sérieuse du genre n’a pas été
faite, au niveau mondial.
S. fugax (Latreille, 1798) = S. fugax var. debilior Santschi, 1934.
13 — Monomorium pharaonis (Linné, 1758) est cité de Corse par Emery (1916),
Bondroit (1918) et Bernard (1968). Nous n’avons pas retrouvé d’exemplaires corses de cette
espèce dans les collections, en particulier dans celle de Bernard. Cependant, M. pharaonis,
appelé souvent « la fourmi du Pharaon », est cosmopolite et, dans nos régions, vit uniquement
dans les locaux : il est très plausible qu’il ait atteint l’île, véhiculé par l’homme. Pour confirmer
sa présence en Corse, il faudra effectuer une enquête dans les villes, chez les habitants, plutôt
que des recherches en milieu naturel où nous ne l’avons encore jamais trouvé.
14 — Leptothorax exilis var. specularis Emery, 1898. Nous discuterons, dans la deuxième
partie 1 , de ce taxon qui a été élevé au rang d’espèce par Collingwood (1978) et que nous
n’avons pas trouvé en Corse, contrairement à ce que nous indiquions en 1974.
15 — L. interruptus (Schenck, 1852), cité par Emery (1916), a sans doute été confondu
avec les espèces racovitzai ou tristis (Plateaux, comm. personn.). Il ne semble pas exister en
Corse.
16 — L. interruptus var. nitidiceps Forel, 1890. La même remarque est valable pour cette
variété, citée de Corse par Emery (1898).
17 — L. luteus Forel, 1874. Nous n’avons pas retrouvé cette espèce qui est citée de Corse
par Emery (1916). Il est impossible, actuellement, de confirmer ou de réfuter sa présence dans
l’île.
18 — L. mêlas Espadaler et al., 1984, a été décrit à partir d’une société que nous avions
rapportée vivante et qui fut élevée au laboratoire par Plateaux.
19 — L. niger Forel, 1894, est signalé par Bernard (1968) à Venaco, Ponte-Leccia et
Vizzavona. Nous avons retrouvé dans sa collection ces exemplaires, récoltés par Bonfils : ce
sont tous des L. exilis. Ils sont reconnaissables surtout à leur pétiole anguleux alors que L.
niger a le sommet du pétiole arrondi; d’autres caractères encore distinguent L. niger de L.
exilis : les épines aiguës mais plus courtes, la tête plus striée, la coloration différente. L. niger
n’a pas été signalé dans l’île par d’autres auteurs.
20 — Epimyrma Corsica (Emery, 1895) décrite de Corse, n’a jamais été reprise depuis sa
description. Buschinger l’a retrouvée récemment (1985).
21 — E. kraussei Emery, 1915 a été découverte en Corse, également par Buschinger
(1985).
1. A paraître in : Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris , 4' sér., 12, 1990, section A, n° 2.
— 139 -
22 — E. ravouxi (André, 1896). Au cours du même séjour en Corse, Buschinger a
découvert aussi cette espèce, dans la forêt de l’Ospédale (à 1 000 m d’altitude) et au col de
Vergio (à 1 100 m). Nous l’avons retrouvée par la suite dans la vallée de la Manica, près du
haut-Asco, à 1 100 m.
23 — Tetramorium ferox Ruzsky, 1903. Bernard, en 1959, indique que Bonfils a pris
« 2 reines de T. ferox à Bonifacio ». Nous avons examiné ces deux reines dans sa collection ; il
s’agit, indiscutablement, de deux reines de T. méridionale. Nous n’avons trouvé aucun autre
exemplaire corse de T. ferox dans cette collection. En 1968, dans la Faune des « Fourmis
d’Europe occidentale et septentrionale », Bernard cite T. ferox dans le paragraphe sur les
fourmis de Corse ( op. cit. p. 52). Plus loin (p. 236) dans le chapitre consacré aux Tetramorium,
il écrit que T. ferox existe « en Corse (d’après Emery) ». L’auteur ne fait plus alors référence à
la capture de Bonfils. De même que Baroni-Urbani (1971), nous n’avons jamais retrouvé la
citation d’EMERY témoignant de la présence de T. ferox en Corse. Par ailleurs, il n’existe aucun
exemplaire corse de T. ferox dans la collection Emery. Nous estimons donc que l’espèce est
inconnue en Corse, pour le moment.
Dolichoderinae
24 — Tapinoma erraticum (Latreille, 1798) est compté par Debouge et Gaspard (1983)
parmi les fourmis de l’île. Nous discuterons dans la deuxième partie de notre étude 1 de la
présence de cette espèce en Corse, présence que nous jugeons tout à fait douteuse.
Formicinae
25 — Formica cinerea var. selysi Bondroit, 1918 a été signalée de « M. Cervello », en
Corse, par Santschi (1925). Kutter (1977) tient cette variété pour une bonne espèce. Très
proche, morphologiquement, de F. cinerea Bondroit, 1918, F. selysi s’en distinguerait surtout
par la pilosité réduite.
26 — F.fusca Linné, 1758 est mentionnée en Corse, pour la première fois, par Bernard
(1959, 1968) à partir des récoltes de Bonfils. En 1959 (p. 110) l’auteur cite deux localités : « le
pâturage de la Lisa, près d’Ajaccio [et] Vizzavona, chalet du Club Alpin Français, à 1450 m
d’altitude ». Nous n’avons pas retrouvé dans sa collection les exemplaires de la première de ces
localités ; les exemplaires de la deuxième, cinq ouvrières, ne sont pas des F. fusca, mais elles
pourraient être des F. pyrenaea Bondroit, 1918. En 1974 nous avions pris des ouvrières que
nous avions appelées F. fusca. Cependant Rohe (in litt .) les considère toutes comme des F.
cunicularia. D’un autre côté, Debouge et Gaspard (1983) signalent F.fusca dans leurs récoltes.
27 — F. lemani Bondroit, 1917, est citée de Corse, pour la première fois, par Bernard.
Celui-ci indique, en 1959, p. 110 : « 5 ouvrières du défilé de l’Inzecca (200 m) [et] ...2 ouvrières
de Tafunato (massif du Cinto, à 2100 m)». En fait, nous avons seulement vu, dans sa
1. Voir note infrapaginale p. 138.
— 140 —
collection, 4 ouvrières étiquetées « F. lemani, Tafunato, Ajaccio » (localité tout à fait
incertaine) qui sont, à notre avis, des F. cinerea Bondroit, 1918. L’auteur cite encore « ...6
ouvrières de Chioni (sud de l’île, altitude 20 m) » que nous avons retrouvées, et qui sont
également, à notre avis, des F. cinerea. En 1968, Bernard ne cite plus qu’une localité où aurait
été trouvée F. lemani récoltée par Bonfils (p. 296). Finalement, il n’est pas sûr que Bonfils ait
pris des F. lemani en Corse. Rohe (in litt.) a étudié deux spécimens que nous avions appelés F.
lemani en 1974 et les appelle F. pyrenaea Bondroit, 1918. Cependant, Debouge et Gaspard
(1983) indiquent lemani dans leurs récoltes.
28 — Cataglyphis cursor (Fonscolombe, 1846). Bernard (1968) écrit au sujet de cette
espèce (p. 282) : « Présence à confirmer en Corse et en Sardaigne ». Aucun argument ne
justifie cette assertion. L’éventualité de la présence de cette espèce dans l’île n’a jamais été
envisagée par aucun autre auteur. Une mention ancienne de C. cursor en Sardaigne, qui aurait
pu expliquer la supposition de Bernard, est réfutée par Emery (1916 : 267) : « ...è basata su
d’una determinazione erronea ». C. cursor est une fourmi agile, de taille assez grande (4 à
6 mm). Son activité est diurne. Bernard lui-même (1968 : 282) en décrit les nids terricoles, en
France continentale : « ...souvent au milieu des sentiers, toujours en plein soleil ». Il s’agit
donc d’une espèce facile à voir dans la nature et nous estimons qu’il est hautement improbable
qu’elle ait pu échapper à notre attention comme à celle des autres myrmécologues qui sont
venus en Corse ces dernières années.
En conclusion, parmi les citations précédentes nous retiendrons six espèces que nous
n’avons pas récoltées nous-même, mais dont le statut taxinomique est clair, pour lesquelles les
références sont incontestables : deux Ponerinae ( Cryptopone ochraceum et Hypoponera abeillei )
et quatre Myrmicinae ( Monomorium pharaonis, Leptothorax luteus, Epimyrma Corsica et E.
kraussei). En ce qui concerne les Formicinae, dans la mesure où la systématique des Formica de
la région méditerranéenne est encore très incertaine, il n’y a aucune raison valable de mettre en
doute, pour le moment, la présence de trois espèces citées dans la littérature mais que nous-
même n’avons jamais récoltées en Corse, F. fusca, E. lemani et F. selysi.
II — ÉTUDE SYSTÉMATIQUE DE NEUF GENRES
En ajoutant les neuf espèces retenues ci-dessus aux 74 que nous avons récoltées et
étudiées, le nombre total des espèces constituant la myrmécofaune de la Corse s’élève
actuellement à 83. Avant d’en donner la liste, nous passerons en revue des genres qui, soit
renferment des espèces nouvelles ou que nous soupçonnons d’être nouvelles, soit comprennent
des espèces mal définies, ou particulièrement délicates à reconnaître, sur le nom desquelles les
auteurs ne sont pas tous d’accord. Dans cette première partie, nous étudierons ainsi
successivement les quatre genres Stenamma, Aphaenogaster, Messor et Solenopsis. Dans la
deuxième partie nous aborderons cinq autres genres, Leptothorax, Tetramorium, Tapinoma,
Plagiolepis et Lasius.
Comme Bolton et Collingwood (1975), nous laissons de côté les noms de sous-genres
encore employés par de nombreux auteurs. Souvent ce sont des taxons artificiels élaborés à
— 141 —
partir de l’étude d’un trop petit nombre d’espèces appartenant à une aire réduite de la zone
paléarctique. C’est le cas, par exemple, des sous-genres Temnothorax et Myrafant : cette
division semble particulièrement artificielle car elle concerne un genre, Leptothorax, dont la
plupart des représentants sont distribués en zone tropicale, comme le souligne Bolton (1982).
Le même auteur ( op. cit .), cherchant les caractères permettant de distinguer les genres Messor
et Aphaenogaster qui sont très proches, constate le peu de valeur des critères sur lesquels la
division de ce dernier genre en deux sous-genres, Attomyrma et Aphaenogaster s. str., est basée,
c’est-à-dire principalement la pilosité et la forme des mâles. Bernard (1968) avait déjà
remarqué qu’il existe chez Aphaenogaster des espèces de transition entre les deux sous-genres.
On a donc adopté les synonymies suivantes (publiées par Brown, 1973) : Aphaenogas¬
ter = Attomyrma Emery, 1915; Crematogaster = Acrocoelia Mayr, 1852; Leptothorax =
Temnothorax Mayr, 1861 = Myrafant Smith, 1950; Lasius = Cautolasius Wilson, 1955 =
Chthonolasius Ruzsky, 1912; Camponotus = Tanaemyrmex Ashmead, 1905 = Myrmentoma
Forel, 1912 = Colobopsis Mayr, 1861; Formica = Serviformica Forel, 1913.
Enfin, pour chaque taxon, seul le niveau spécifique a été considéré au cours de cette étude.
Le genre STENAMMA Westwood, 1840
Ce genre est représenté en Corse par deux espèces, S. petiolatum et S. orousseti n. sp.
1. Stenamma petiolatum Emery, 1897
Une reine et des ouvrières de cette espèce ont été découvertes en Corse près de Zonza, à
750 m d’altitude, dans un prélèvement de sol traité par la méthode de Berlèse-Tullgren
(Orousset réc.). Elle se distingue bien de toutes les autres connues d’Europe, en particulier par
sa grande taille (l’ouvrière mesure 4,5 mm en moyenne et la reine 4,8 mm) et son pétiole très
allongé (pétiole de l’ouvrière, longueur = 0,483 mm en moyenne, pétiole de la reine =
0,550 mm). En outre on observe, sur les pattes et les antennes, des poils semi-dressés et des
poils dressés en abondance alors que toutes les autres espèces connues ont des poils couchés.
S. petiolatum est nouveau pour la Corse.
2. Stenamma orousseti n. sp.
Cette espèce (fig. 1 à 6) a été trouvée dans de nombreux prélèvements de sol traités par la
méthode de Berlèse-Tullgren. Nous avons étudié 8 reines et 21 ouvrières provenant de 15
prélèvements. Un mâle isolé a été récolté par tamisage de litière.
— 143 —
Description
A — Caste femelle ouvrière (fig. 1, 2 et 3)
Longueur totale du corps comprise entre 3,3 et 3,7mm 1 .
Couleur d’ensemble variant entre le châtain clair et le jaune roux foncé, selon les
individus. Dessus de la tête, en arrière des lames frontales, et dessus du thorax châtains ou
brun plus ou moins foncé, mais toujours plus foncé que l’avant de la tête. Lames frontales,
clypéus et mandibules jaune-roux à châtain clair ainsi que les antennes. Aire frontale brun
foncé comme les dents du bord masticateur des mandibules. Yeux noirs, très petits comme
chez toutes les ouvrières de Stenamma. Stries constituant la sculpture générale du corps brun
foncé. Premier tergite du gastre, qui recouvre presque entièrement les autres tergites, et partie
médiane du premier sternite brun foncé, le reste du gastre jaune-roux. Pattes également jaune-
roux.
Pilosité abondante sur tout le corps, avec de nombreux poils semi-dressés, y compris sur
les appendices (fig. 3). Yeux légèrement poilus. Pubescence absente, tégument brillant.
Sculpture se présentant comme un ensemble de stries longitudinales ou transversales, plus
ou moins régulièrement parallèles entre elles, selon les régions du corps. Sur tout le dessus de la
tête, striation longitudinale dense et forte, stries droites et presque parallèles (fig. 2). Sur les
bords latéraux de la tête, stries légèrement ondulées et, selon l’éclairage, apparaissant comme
de vraies stries ou comme un réseau de mailles alignées en files. Clypéus brillant et lisse, les
deux carènes longitudinales caractéristiques du genre bien marquées. Lames frontales
arrondies et courtes, très fortement striées, limitant Faire frontale étroite, lisse et luisante.
Mandibules striées. Sur le thorax, stries du pronotum transversales au-dessus, s’infléchissant
sur les côtés, au niveau des épaules, en formant des angles plus ou moins arrondis selon les
individus, pour devenir longitudinales, assez rectilignes et parallèles entre elles comme celles
qui couvrent le reste du thorax. Sur les flancs, striation parfois interrompue, laissant place à
quelques plages lisses et brillantes. Quelques stries superficielles sur la face postérieure inclinée
de l’épinotum, entre les épines, mais cette surface reste brillante. Suture promésonotale
invisible, suture mésoépinotale accusée. Pétioles striés grossièrement. Abdomen lisse et luisant.
Mesures et détails morphologiques complémentaires (sur 21 ouvrières)
Les mesures suivantes ont été effectuées :
— longueur de la tête à plat, vue par dessus (Lt), depuis le milieu du bord antérieur du
clypéus jusqu’au milieu du bord occipital, et largeur (lt) mesurée en arrière des yeux, dans les
mêmes conditions;
— longueur du scape (Lsc) depuis la base de son insertion sur la tête jusqu’à son
extrémité distale;
1. Valeur très relative, dépendant de l’état physiologique de l’insecte au moment de la mort, ainsi que des
conditions de sa conservation (à sec ou en alcool).
— 144 —
— longueur du thorax (Lth), depuis le milieu de la marge antérieure du pronotum
jusqu’au milieu du bord postérieur de la face dorsale de l’épinotum, les individus étant
observés à plat, vus par dessus, et largeur (lth) mesurée dans les mêmes conditions, à l’endroit
de la plus grande largeur du mésonotum;
— longueurs du pétiole (Lp) et du post-pétiole (Lpp) vus de profils, depuis leur limite
antérieure jusqu’à la postérieure.
Quatre rapports ont été calculés : indice de Buschinger (fig. 7-8) ; longueur sur largeur de
la tête (Lt/lt); longueur de la tête sur longueur du scape ((Lt/Lsc); indice de gracilité ou
longueur sur largeur du thorax (Lth/lth).
Fig. 7-8. — Mesure de l’indice de Buschinger (I.B.) sur une ouvrière de Myrmicinae.
Pour chaque mesure, nous donnons la moyenne (m), l’écart-type (s) et l’étendue (e).
Précision : 0,025 mm.
Tête un peu plus longue que large : Lt : 0,772 mm (s : 0,056, e : 0,675-0,850 mm) ; lt :
0,660 mm (s : 0,057, e : 0,525-0,750 mm). Rapport Lt/lt 1,17 (s : 0,050, e : 1,08-1,29).
Comme chez toutes les femelles de Stenamma, antenne de douze articles. Scape
n’atteignant pas la marge occipitale de la tête, rapport Lt/Lsc 1,33 (s : 0,047, e : 1,22-1,43).
Premier article du funicule deux fois plus long que large, les six suivants aussi larges que longs,
les derniers de plus en plus larges et plus longs jusqu’à l’apex, formant une massue plus ou
moins nette de quatre articles. Palpes maxillaires de quatre articles, palpes labiaux de trois
(caractères du genre).
Thorax plus long que large : indice de gracilité 1,99 (s : 0,090; e : 1,88-2,2). Épines
épinotales fortes et pointues : indice de Buschinger 1,97 (s : 0,031, e : 1,7-2,3).
Pétiole : Lp : 0,342 mm (s : 0,031, e : 0,275-0,400 mm). Les deux plans du nœud qui le
surmonte forment, vus de profil, un angle à peu près droit, dont le sommet est plus ou moins
arrondi. Postpétiole arrondi, Lpp : 0,221mm (s : 0,028, e : 0,175-0,300 mm), aussi large que
long.
Localité-type : Cap Corse, entre le col de Santa Lucia et Pino (275 m d’altitude), Orousset réc. (15-
IV-1984).
Holotype : une ouvrière récoltée dans un prélèvement de sol traité par la méthode de Berlèse-
Tullgren.
Paratypes (ouvrières) : 4 ouvrières récoltées avec l’holotype.
Autre matériel étudié : Cap Corse : col de Serra (alt. 280m) (III/81), Bracolaccia (120m), Pino
(150 m) et Piazze (150 m) (IV/84); Casalabriva (sud-ouest d’Ajaccio) (30 m) (IV/84); Matra (ouest
— 145 —
d’Alistro) (30 m) (X/84); Orousset, réc. : 11 ouvrières. Cucuruzzu (750 m) et Montagne de la Cagna
(600 m) (IV/82); Deuve et al. réc. : 4 ouvrières. Pointe de la Revellata (près Calvi) (50 m) (IV/81);
Debouge réc. : 1 ouvrière.
B — Caste femelle sexuée (reine) (fig. 4)
Longueur totale : 3,7 à 3,9 mm.
Couleur générale un peu plus sombre que chez l’ouvrière mais toujours avec l’avant de la
tête (clypéus et mandibules) plus clair que le reste du corps, pattes et antennes jaune sombre.
Pilosité un peu plus abondante que chez l’ouvrière, avec également des poils semi-dressés
sur les pattes et sur les scapes, des poils sur les yeux.
Sculpture semblable à celle de l’ouvrière, avec quelques plages brillantes sur les pleures.
Espace entre les épines épinotales lisse et brillant, reste de l’épinotum strié transversalement.
Pétioles plus ponctués que striés.
Mesures et détails morphologiques complémentaires (sur 8 reines)
Tête un peu plus longue que large. Lt/lt 1,13 (s : 0,040, e : 1,08-1,19). Lames frontales,
aire frontale et clypéus comme chez l’ouvrière. Yeux noirs, assez proéminents, les trois ocelles,
incolores, disposés en triangle bien en arrière de la tête. Mandibules striées, palpes maxillaires
de quatre articles, labiaux de trois. Antenne semblable à celle de l’ouvrière. Scape n’atteignant
pas le bord occipital, Lt/Lsc 1,25 (s : 0,10, e : 1,08-1,40).
Thorax plus long que large et très bombé. Indice de gracilité 1,71 (s : 0,11, e : 1,52-1,86).
Métanotum un peu saillant, surplombant l’épinotum presque vertical. Sclérites alaires marron
foncé, aile inconnue. Épines fortes et aiguës, indice de Buschinger 2,2 (s : 0,052, e : 2-2,4).
Pétiole et postpétiole plus arrondis que chez l’ouvrière, peu luisants. Lp : 0,387 mm (s :
0,019, e : 0,375-0,425 mm). Lpp : 0,237 mm (s : 0,027, e : 0,200-0,275 mm).
Abdomen lisse et luisant, avec une pilosité bien développée.
Localité-type : Cap Corse, entre le col Santa Lucia et Pino (275 m d’altitude), Orousset réc. (15-IV-
1984).
Paratypes (reines) : 3 reines récoltées avec les 5 ouvrières (holotype et paratypes).
Autre matériel étudié : Cap Corse : Pino et Piazze (alt. 150 m) (IV/84); Casalabriva (sud-ouest
d’Ajaccio) (30m) (IV/84); Matra (ouest d’Alistro) (30m) (X/84); Orousset, réc. : 5 reines.
C — Mâle (fig. 5 et 6)
De petite taille (3 mm environ).
Couleur brun sombre avec les pièces buccales jaunes et les antennes brun clair. Pattes
jaune sombre à jaune clair, s’éclaircissant progressivement du fémur jusqu’au tarse. Ailes
translucides, brun très pâle, avec les nervures et le stigma brun pâle. Nervation habituelle des
Stenamma, avec une grande cellule cubitale et une cellule discoïdale. Sclérites articulaires de
— 146
l’aile marron clair. Pétiole et postpétiole ainsi que la face inférieure de l’abdomen d’un marron
plus clair que le reste du corps.
Tête : dessus et dessous, stries fines et longitudinales ; sur le dessus légèrement brillante.
Clypéus strié transversalement et un peu brillant aussi, de même que l’aire frontale, seulement
ponctuée. Yeux marron noir, très proéminents et poilus. Ocelles marron sombre, portés
chacun par une petite protubérance. L’espace entre les trois finement strié comme le reste de la
tête. Mandibules cylindriques et lisses, avec seulement trois dents sur le bord masticateur et
portant de longs poils. Palpes maxillaires de cinq articles, labiaux de trois. Antenne de treize
articles comme chez tous les mâles de Stenamma. Scape couvert d’une pilosité peu dense,
couchée. Premier article du funicule globuleux, deuxième allongé, long comme le double de
chacun des suivants. Les cinq derniers articles s’élargissant et s’allongeant légèrement sans
former une véritable massue.
Thorax : pilosité longue, pubescence rare. Sur le mésonotum, sillons de Mayr assez bien
marqués, stries fines, transversales, s’infléchissant sur les côtés pour devenir longitudinales en
arrière des sillons de Mayr. Sur le scutellum, stries fines longitudinales. Pleures légèrement
striées longitudinalement et brillantes. Épinotum, allongé, lisse et luisant avec quelques rides
superficielles longitudinales sur les flancs. Angles épinotaux se terminant en épines très petites
et pointues. Pattes portant des poils couchés et des poils semi-dressés. Pétiole et postpétiole
allongés, tous les deux de la même hauteur, aussi luisants que le gastre.
Mesures (sur l’unique exemplaire)
Plusieurs mesures ont été effectuées sur le mâle observé par dessus, sauf les pétioles
observés de profil : Lt : 0,575mm, lt (yeux exclus) : 0,500mm. Lsc : 0,250mm. Lth : 1,100mm,
lth : 0,625 mm. Lp : 0,375 mm, Lpp : 0,225 mm.
Localité-type : maquis haut, sur un causse calcaire au nord de Bonifacio (100m d’altitude),
Orousset réc. (20-X-1984).
Paratype mâle : un individu récolté dans un tamisage de litière.
Derivatio nominis : la nouvelle espèce est dédiée amicalement à Jean Orousset qui a récolté ce
matériel.
Comparaison avec les autres Stenamma
DE LA RÉGION MÉDITERRANÉENNE
1. On distinguera tout d’abord Stenamma orousseti n. sp. de S. sardoum Emery, 1915,
avec lequel il a été confondu par Debouge et Gaspard, lors de leur découverte du genre en
Corse (1983). En comparant l’unique ouvrière qu’ils ont récoltée ainsi que nos propres récoltes
avec les deux ouvrières types et avec divers spécimens femelles (le mâle étant inconnu) de la
collection Emery, on constate que S. orousseti n’a pas la taille élevée de S. sardoum, lui-même
presque aussi grand que S. petiolatum. Il n’a pas non plus son pétiole dont le nœud présente un
sommet tronqué et aplati, caractère qui permet de séparer sardoum de toutes les autres espèces
connues dans la région méditerranéenne.
147 —
2. S. orousseti est également différent de S. petiolatum, dont les ouvrières et les reines sont
plus grandes, ont des scapes antennaires plus longs par rapport à la longueur de la tête mais
des épines épinotales plus courtes, proportionnellement à leur taille. Le seul caractère
rapprochant les femelles (ouvrières et reines) de S. orousseti de celles de S. petiolatum est la
présence de poils semi-dressés sur les antennes et les pattes. Cependant, chez S. petiolatum, on
observe en plus des poils dressés qui sont absents chez S. orousseti. Quant au mâle de S.
petiolatum Emery, selon la description faite par Kutter (1971) et nos propres observations sur
l’exemplaire type (dans la collection de cet auteur, au Musée de Lausanne), comparé avec le
mâle que nous attribuons à S. orousseti n. sp. il est plus grand et il possède des mandibules
triangulaires portant six dents sur le bord masticateur, au lieu de trois chez orousseti. De plus,
à la différence de ce dernier, il ne présente pas de nets sillons de Mayr sur le mésonotum.
3. On comparera maintenant S. orousseti à deux autres espèces de Stenamma que l’on
retrouve dans la région méditerranéenne, S. westwoodi auctorum (nec Westwood = S. debilis
Foerster, sensu Kutter, 1971) et S. striatula Emery, 1895 (= 5. westwoodi Westwood, sensu
Kutter, 1971).
Chez 25 ouvrières et 9 reines de S. westwoodi et 13 ouvrières et 1 reine de *S. striatula, de
provenances diverses, on a effectué les mêmes mesures et calculé les mêmes rapports que sur les
21 ouvrières et les 8 reines de S. orousseti. On a aussi mesuré le mâle type de S. striatula, décrit
par Kutter (1971), et 7 mâles de S. westwoodi provenant de collections différentes. Les
résultats sont les suivants :
— chez les ouvrières : les moyennes obtenues en mesurant chacune des trois séries
d’ouvrières étudiées et en calculant quatre rapports (Lt/lt, Lt/Lsc, Lth/lth et indice de
Buschinger) sont indiqués au tableau I ; certes les différences entre les trois groupes
apparaissent ténues, cependant une étude morphométrique plus poussée (en préparation), qui
concerne un plus grand nombre d’ouvrières en utilisant des analyses multivariables, d’une part
Tableau I. — Étude morphométrique des ouvrières de S. westwoodi, S. orousseti n. sp. et S. stria¬
tula : L tête, L thorax, L scape, L pétiole = longueurs tête, thorax, scape et pétiole; 1 tête,
1 thorax = largeurs tête et thorax; I.B., indice de Buschinger; m, moyenne; s, écart-type; e,
étendue des mesures; n, nombre d’individus mesurés.
ESPECE
LONGUEUR
TOTALE
(mm)
L tête
(mm)
1 tête
(iim)
- tête
1
L scape
(mm)
L tête
L scape
L thorax
(mm)
1 thorax
(mm)
— thorax
1
I.B.
L pétiole
(mm)
westwoodi
3,3â 3,5
m 0,805
s + 0,035
e 0,725-0,875
n 25
0,685
+ 0,031
0,625-0,750
25
1,18
+ 0,030
1,14-1,22
25
0,607
+ 0,038
0,500-0,650
25
1,33
+ 0,060
1,23-1,40
25
0,922
+ 0,053
0,800-1,025
25
0,462
+ 0,027
0,400-0,525
25
1,99
+ 0,070
1,85-2,17
25
1,59
+ 0,056
1,1-2,0
24
0,360
+ 0,018
0,325-0,375
25
orousseti
3,3à 3,7
m 0,772
s + 0,056
e 0,675-0,850
n 21
0,660
+ 0,057
0,525-0,750
21
1,17
+ 0,050
1,08-1,29
21
0,580
+ 0,043
0,525-0,675
21
1,33
+ 0,047
1,22-1,43
21
0,900
+ 0,071
0,775-1,000
21
0,452
+ 0,045
0,375-0,525
21
1,99
+ 0,090
1,88-2,20
21
1,97
+ 0,031
1,7-2,3
21
0,342
+ 0,031
0,275-0,400
21
striatula
2.7 à 3,1
m 0,769
s + 0,040
e 0,725-0,850
n 13
0,638
+ 0,027
0,600-0,675
13
1,21
+ 0,060
1,12-1,33
13
0,575
+ 0,020
0,550-0,600
10
1,31
+ 0,024
1,26-1,34
10
0,845
+ 0,040
0,775-0,900
10
0,435
+ 0,017
0,400-0,450
10
1,84
+ 0,290
1,82-2,06
10
1,98
+ 0,020
1,8-2,0
10
0,330
+ 0,019
0,300-0,350
13
— 148 —
oppose nettement les ouvrières de S. westwoodi à celles de S. orousseti et 5. striatula et d'autre
part différencie bien ces deux dernières;
— chez les sexués : le tableau II concerne les reines (taille, Lt/lt, Lt/Lsc, Lth/lth et indice
de Buschinger) de westwoodi, orousseti et striatula et le tableau III concerne les quelques mâles
étudiés (taille, Lt/lt, Lt/Lsc et Lp/Lpp).
Tableau II. — Étude morphométrique des reines. (Même légende qu’au tableau I.)
ESPECE
LONGUEUR
TOTALE
(mm)
- tête
1
L tête
L scape
— thorax
1
I.B.
westwoodi
4,2 à 4,3
m
1,13
1,36
1,77
1,8
s
+ 0,030
+ 0,027
+ 0,080
+ 0,061
e
1,09-1,16
1,31-1,38
1,62-1,88
1,6-2,0
n
9
8
9
9
orousseti
3,9
m
1,13
1,25
1,71
2,2
s
+ 0,040
+ 0,100
+ 0,110
+ 0,052
e
1,08-1,19
1,08-1,40
1,52-1,86
2,0-2,4
n
8
8
8
8
striatula
3,4
1,17
1,40
1,67
2,0
n
1
1
1
1
Tableau III. — Étude morphométrique des mâles. (Même légende qu’au tableau I, L postpétiole =
longueur du postpétiole.)
Espèce
Longueur
totale
(mm)
n
Tête
L/I
L tête/
L scape
L pétiole/
L postpétiole
westwoodi
3,4 à 3,6
7
1,13
2,40
1,49
orousseti
3
1
1,15
2,30
1,33
striatula
3,2
1
1,25
2,27
1,50
En complétant ces mesures par la comparaison de certains caractères morphologiques
comme la pilosité et la sculpture du tégument, on fait les constatations suivantes :
a) Les ouvrières de S', orousseti n. sp. sont proches de celles de S. westwoodi par leur taille,
par leur tête un peu plus longue que large dans les mêmes proportions, par le même rapport
entre la longueur de la tête et la longueur du scape qui n’atteint pas la marge occipitale, et
enfin par le même indice de gracilité du thorax. Elles s’en distinguent cependant par un indice
de Buschinger plus élevé. La sculpture générale est différente de celle de westwoodi, les stries
sont plus régulièrement parallèles et, plus denses, elles couvrent la majeure partie du dessus de
— 149
la tête et du thorax. Enfin, les scapes antennaires et les pattes portent des poils semi-dressés qui
n’existent pas chez westwoodi.
b ) Par l’indice de Buschinger et par la sculpture, les ouvrières de S. orousseti n. sp. se
rapprochent plutôt de striatula mais, par leur plus grande taille et par les poils semi-dressés de
leurs appendices, elles s’en distinguent absolument.
c) En comparant les huit reines de S. orousseti n. sp. avec les neuf de S. westwoodi et celle
de S. striatula, on observe qu’elles se placent entre les exemplaires des deux autres espèces par
la taille et par l’indice de gracilité : leur thorax est plus trapu que celui des reines de S.
westwoodi mais plus étroit que celui de la seule reine de S. striatula que nous avons pu étudier.
La tête est un peu plus longue que large chez la nouvelle espèce, dans les mêmes proportions
que chez S. westwoodi (Lt/lt identiques). Les reines de S. orousseti ont, toutefois, un scape
antennaire en moyenne plus long par rapport à la longueur de la tête que les reines de S.
westwoodi et S. striatula. Elles présentent aussi l’indice de Buschinger le plus élevé.
d) Enfin, nous attribuons à la nouvelle espèce l’unique mâle de Stenamma trouvé en
Corse. On a vu précédemment qu’il ne peut s’agir d’un mâle de S. petiolatum Emery, dont les
mandibules sont différentes. Il pourrait s’agir d’un mâle de S. westwoodi auct. (sensu Kutter,
1971) qui présente, comme S. orousseti, des mandibules cylindriques à trois dents seulement.
Mais les mâles de S. westwoodi sont plus grands (3,4 à 3,6mm). De plus, leur sculpture moins
étendue et leur coloration plus uniformément sombre les distinguent aussi du mâle que nous
considérons comme S. orousseti. La structure du funicule antennaire également est différente
chez S. westwoodi dont tous les articles du funicule sont aussi longs que larges sauf le premier,
légèrement allongé et les cinq derniers dilatés progressivement jusqu’à l’apex, alors que chez S'.
orousseti le deuxième article du funicule est nettement plus allongé que les autres.
Cette espèce présente donc, chez les ouvrières, chez les reines et chez l’unique mâle connu,
un ensemble de caractères qui la situent entre S. striatula et S. westwoodi. Elle possède, de plus,
comme S. petiolatum, des poils semi-dressés sur les scapes et les pattes des femelles, reines et
ouvrières.
Le genre APHAENOGASTER Mayr, 1853
Ce genre est représenté en Corse par quatre espèces, A. pallida (Nylander, 1848), A.
subterranea (Latreille, 1798), A. spinosa Emery, 1878 et Aphaenogaster sp. 1. Les deux
premières ne posent aucun problème taxinomique particulier. On retiendra seulement à leur
sujet qu’il est assez délicat de déterminer certaines petites ouvrières de A. subterranea qui se
confondent avec des ouvrières de A. pallida.
Il semble, par contre, que sous le nom de Aphaenogaster spinosa, aient été confondues
deux espèces, A. spinosa Emery, 1878 (et sa variété nitida Emery, 1895) et une autre que nous
appelons pour le moment Aphaenogaster sp. 1.
A. spinosa, au sens large, est une des fourmis les plus communes de l’île. Elle semblait ne
poser aucun problème particulier d’identification : on admettait couramment (Emery, 1916;
Bernard, 1959; Baroni-Urbani, 1968a, 19686, 1971; Casevitz-Weulersse, 1974, 1974a)
qu’elle était représentée en Corse « surtout » par la variété nitida.
C’est Emery (1878) qui crée, à partir d’ouvrières, la sous-espèce A. testaceo pilosa spinosa,
— 150 -
en même temps que deux variétés, A. testaceo pilosa spinosa var. nitida et A. testaceo pilosa
spinosa var. romana, décrites à cette date mais nommées seulement en 1895. En 1908, il publie
le profil d’un mâle de spinosa (indiqué par erreur dans la publication comme profil de la
femelle, fig. 9, p. 320) identique à celui des mâles que nous avons pris en Corse, et précise que
les sexués de la variété nitida sont inconnus.
Bondroit (1918) donne une description de A. spinosa et de A. spinosa var. nidida. Sa
diagnose de A. spinosa ne correspond ni avec la description d’EMERY ni avec les types; par
contre, la description qu’il fait de A. spinosa var. nitida s’applique aussi bien à A. spinosa qu’à
A. spinosa var. nitida, telles que Emery les a décrites, et correspond aux types. Il apparaît donc
que Bondroit, en 1918, décrit déjà Aphaenogaster sp. 1, sous le nom que Emery avait donné à
une autre forme, A. spinosa.
En étudiant de nombreux prélèvements provenant de diverses régions de l’île, nous avons
remarqué qu’il était possible de distinguer trois groupes parmi les ouvrières à'Aphaenogaster
spinosa, au sens large, en considérant un caractère qui est stable : la sculpture du premier
tergite du gastre. Par contre la sculpture du tégument de la tête, du thorax et des pétioles, assez
variable d’un individu à l’autre, ne peut pas être prise en compte, du moins dans un premier
temps.
Groupe a : Aphaenogaster spinosa ( = A. testaceo pilosa spinosa Emery, 1878; = A.
spinosa var. nitida sensu Bondroit, 1918) (pi. I, A, B, C).
Un champ de stries longitudinales peu profondes s’étend à partir du pétiole, au plus sur le
premier tiers du premier tergite (qui, dans le genre Aphaenogaster, recouvre la plus grande
partie du gastre), suivi ou non de quelques stries transversales très superficielles s’étendant plus
ou moins sur les 2/3 restant. Le tégument réfléchit vivement la lumière et paraît luisant malgré
la striation. Emery (1878) décrit ainsi cette forme : « ...a) sculpture de semipolita (addome
levigato sulla parte posteriore piu o meno sottilmente striato sul primo segmento almeno a la
base, Sardegna (Gestro) ».
La sculpture générale du corps est développée, mais variable ; à l’avant de la tête, il existe
des stries longitudinales fortes, plus ou moins longues ; à l’arrière, jusqu’au vertex, luisant au
moins sur les côtés, la sculpture est variable selon les individus; la ponctuation générale est
légère mais bien présente. Les mandibules sont striées. Les stries et la ponctuation sont
également variables sur le dessus et les côtés du thorax. Les pétioles sont plus ou moins
luisants, ponctués.
La coloration générale est noire à brun foncé. Les tarses et les articulations des pattes,
l’insertion des antennes et, éventuellement, la massue, sont brun un peu plus clair. Tout le
corps est assez luisant.
Groupe a' : Aphaenogaster spinosa var. nitida Emery, 1895 (= également A. spinosa var.
nitida, sensu Bondroit) (pi. II, A, B).
Le gastre est presque entièrement lisse et luisant sur le dessus avec quelques stries
longitudinales courtes partant de la base, parfois visibles seulement en faisant jouer la lumière
sur le tégument.
A l’avant de la tête, on observe des stries comme dans le groupe précédent, ou moins
accusées, ou même presque entièrement effacées; la sculpture du vertex, du thorax et des
— 151 —
pétioles est très variable, il existe quelques stries plus ou moins profondes, la ponctuation est
assez grossière, superficielle mais bien présente. Description d’EMERY (1878) : « ... b) metanoto
nodi e addome lucidi, capo striato antoriante quasi levigato e lucente an dietro, Corsica
(Revelier, Simon) » [nommée nitida en 1895].
La coloration générale est marron très foncé à châtain, avec au moins les tarses, les
articulations des pattes, les mandibules et le funicule des antennes un peu plus clairs. L’aspect
générale est très luisant.
Groupe b : Aphaenogaster sp. 1 (= A. spinosa Emery sensu Bondroit, 1918) (pi. Ill, A, B,
C).
Gastre : on observe une plage étroite de stries longitudinales à la base, entourées et suivies
de stries transversales ou obliques sur toute la surface du premier tergite. La striation est plus
profonde et plus dense que dans les deux groupes précédents ; quand on fait jouer la lumière
sur le gastre, il présente des reflets moirés, satinés (cf. Bondroit, 1918 : 162), jamais luisants.
La sculpture générale de tout le corps (stries et ponctuation) est plus affirmée, le faisant
paraître franchement plus mat que dans les deux formes précédentes mais la face antérieure du
pétiole est toujours luisante, alors que, souvent, le dessus du pétiole, sa face postérieure et le
postpétiole sont mats, ponctués et même peuvent être striés. La base de la tête est parfois
luisante.
La coloration générale est noir mat. Les mandibules, la massue des antennes, les
articulations des pattes et les tarses sont brun rougeâtre.
Dans les groupes a et b, la pilosité est plus ou moins semblable mais un peu plus éparse
chez A. spinosa var. nitida (groupe a'). En général elle apparaît moins dense chez A. spinosa
que chez Aphaenogaster sp. 1, mais des ouvrières de l’un et l’autre groupes peuvent être aussi
poilues, surtout au niveau de la tête. Il n’y a pas de différence au niveau de la pilosité du scape
ou des pattes. Dans les trois groupes, les sternites du gastre et le dessous de la tête sont
luisants, non ponctués. Dans les groupes a et b, la striation des pétioles est plus variable que
dans le groupe a'. En revanche, la face déclive de l’épinotum, entre les épines, toujours luisante
dans les trois groupes et non ponctuée, est couverte de stries transversales, plus ou moins
effacées dans les groupes a et a' et nettes dans le groupe b.
Nous avons étudié 34 mâles et 7 reines, récoltés en même temps que des ouvrières et qui
peuvent donc se rattacher à l’un ou l’autre de ces groupes.
Les reines présentent la même sculpture que les ouvrières qui les accompagnent.
Certains des mâles ont été récoltés en septembre-octobre alors que les autres ont été pris
en avril-mai. Les mâles d’automne se rattachent à des ouvrières de A. spinosa, ceux de
printemps sont tous associés à des ouvrières de Aphaenogaster sp. 1. La distinction spécifique
entre les mâles par leur date de capture (automne ou printemps) serait hasardeuse. Certains,
pris en automne, peuvent avoir subi un retard dans leur développement, dû à des conditions
micro-climatiques particulières. D’autres ont été pris au mois d’octobre, en 1973, dans un
maquis où le feu avait détruit une partie de la végétation au mois d’avril précédent, ce qui a pu
perturber le développement des sociétés 1 . Ou bien encore, il est possible que, comme d’autres
1. Des feux de printemps, de courte durée et superficiels, n’affectent pas notablement la survie des sociétés de
fourmis terricoles, en Corse. Beaucoup d’ouvrières disparaissent, évidemment, mais les nids sont rarement détruits en
entier et les reines survivent.
— 152 —
espèces de fourmis, A. spinosa produise des mâles pendant toute la belle saison, du printemps à
la fin de l’automne. Les quelques mâles de A. spinosa, au sens large, observés dans des
collections ou cités dans la littérature et datés ont toujours été pris en avril, en mai ou en juin.
Il existe quelques très légères différences morphologiques entre les mâles associés à des
ouvrières de A. spinosa et ceux qui ont été pris avec des ouvrières de Aphaenogaster sp. 1. Ces
différences portent sur les antennes, la striation du thorax et la plaque sous-génitale. Chez les
mâles d’automne, associés à des ouvrières de A. spinosa, le 8 e article du funicule antennaire est
allongé, le thorax est ponctué, parfois strié sur le scutum et le scutellum (pi. I, C), la plaque
sous-génitale présente un apex tronqué avec une pilosité courte et éparse. Chez les mâles de
printemps, associés à des ouvrières de Aphaenogaster sp. 1, le 8 e article du funicule est plus
court, le thorax plus réticulé que strié et légèrement luisant (pi. Ill, C), la plaque sous-génitale
possède un apex arrondi avec une pilosité plus longue et plus dense. Malheureusement, nous
n’avons pas assez de mâles pris en même temps que des ouvrières de A. spinosa (8 seulement,
les 26 autres accompagnant des ouvrières de Aphaenogaster sp. 1) pour juger actuellement de
la valeur taxinomique de ces différences morphologiques qui varient beaucoup d’un individu à
l’autre.
En ce qui concerne la variété nitida, Baroni-Urbani (1968a), après étude de la variation
de la forme de la volsella de 19 mâles de A. spinosa var. nitida et de A. spinosa de diverses
provenances, estime qu’il n’y a pas lieu d’élever nitida au rang de sous-espèce. Dans son étude
sur les fourmis de Pile de Monte-Cristo (1968Z?), le même auteur mentionne une légère
différence entre les populations de A. spinosa var. nitida de Monte Cristo et celles de la
péninsule mais, ne disposant pas de sexués pris avec les ouvrières de cette île, il ne peut
résoudre le problème. Dans son catalogue (1971) il conserve le statut de variété pour nitida. Il
n’y a qu’une seule reine atribuée à A. spinosa var. nitida, dans la collection Bernard, elle ne
montre aucune différence avec les quelques reines de A. spinosa que nous avons récoltées.
Enfin, nous n’avons vu aucun mâle pris avec des ouvrières répondant à la description de cette
variété. Nous la considérons, pour le moment, comme sans valeur taxinomique et la mettons
en synonymie avec l’espèce :
A. spinosa Emery, 1878 = A. spinosa var. nitida Emery, 1895.
La fréquence de Aphaenogaster sp. 1 par rapport à celle de A. spinosa est très élevée. En
étudiant 82 localités réparties dans toute Pile, dans 31 nous avons trouvé A. spinosa et dans 51,
soit 62 % du total des localités étudiées, nous avons trouvé Aphaenogaster sp. 1.
Il existerait donc en Corse deux espèces différentes dans le groupe spinosa : A. spinosa
(incluant la variété nitida ) et Aphaenogaster sp. 1. En ce qui concerne cette dernière, nous ne
possédons cependant pas encore assez de données pour créer un nouveau taxon.
L’espèce que nous appelons Aphaenogaster sp. 1 semble correspondre à A. spinosa sensu
Bondroit, 1918.
Cette même espèce correspond peut-être à la variété A. spinosa var. Corsica qui est un
nomen nudum. En effet, Santschi (1933) cite cette variété sans en préciser l’origine
géographique et sans l’avoir jamais décrite. Il l’illustre par un dessin sommaire de la tête d’un
mâle, vue par dessus, qui pourrait représenter la tête de n’importe quel mâle d 'Aphaenogaster
trouvé en Corse.
Ainsi, pour le moment, le problème de Aphaenogaster sp. 1 reste en suspens.
Le genre MESSOR Forel, 1890
Les faunes et les catalogues qui traitent du sud de l’Europe citent trois à cinq espèces de ce
genre présentes en Corse, mais les noms des espèces sont souvent différents selon les auteurs, à
cause de la profusion des sous-espèces, variétés et races, conservées par les uns et regroupées en
une ou plusieurs espèces par les autres, sans réelle synthèse. On en jugera par les citations
suivantes ayant trait à la présence du genre Messor en Corse, provenant des faunes d’EMERY,
de Bondroit, de Bernard et du catalogue de Baroni-Urbani. Les diverses synonymies
utilisées par ces auteurs montrent combien un taxon peut se transformer au cours du temps !
Pour Emery (1916 : 142-143), cinq Messor se rencontrent en Corse :
— M. barbarus meridionalis var. wasmanni Krausse, 1910.
— M. barbarus capitata Latreille, 1798.
— M. barbarus minor André, 1881 (daté par Emery, 1883).
— M. barbarus structor var. tyrrhena Emery, 1898.
— M. barbarus s. str. var. nigra André, 1883 [j/c].
Pour Bondroit (1918 : 154-155), Messor est représenté en Corse par trois espèces :
— M. bouvieri, « nov. nom — capitatus # auct. (nec Latr.) ». Signalé de Corse par
Emery, selon Bondroit. Il s’agirait du taxon capitata au sens d’EMERY, interprété comme
bouvieri par Bondroit (?).
— M. minor André, 1883 [j/c].
— « la var. Wasmanni Krausse, 1910 » de M. meridionalis André, 1883 [j/c].
Pour Bernard (1968 : 145-149), comme pour Emery, il existe cinq Messor en Corse :
— M. rufitarsis (Fab., 1804) « (= M. structor var. tyrrhena Em., 1898; = M. structor
var. muticus Nyl., 1849; = M. structor var. rufitarsis Em., 1908 et 1919; = M. structor Latr.
pour Bondroit, 1918, p. 150, nec Latreille) ».
— M. capitata (Latr., 1798) « (= M. barbara var. niger André, 1883 [j/c], p. 355; = M.
barbara nigra Emery, 1916, p. 141; = M. capitatus Bondroit, 1918, p. 153, fig. 74; = M.
capitata Santschi, 1923 et 1939) ».
— M. semirufus (Forel, 1880) « (= André, 1882 [j/c], p. 149 (en partie); = M. barbara
meridionalis var. wasmanni Krausse, Emery, 1916, p. 142; M. meridionalis var. wasmanni
Krausse, Bondroit, 1918, p. 155) ».
— M. sancta (Forel, 1905) « (= M. barbara capitata var. sancta Emery, 1916, p. 142;
= M. bouvieri Bondroit, 1918, p. 154, fig. 75; = M. sancta Santschi, 1925)».
— M. minor (André, 1883 [j/c]) « (= M. barbara minor André, 1883, p. 150; = M.
barbarus minor Emery, 1916, p. 143; = M. minor Bondroit, 1918, p. 155, fig. 76) ».
Dans son catalogue (1971), Baroni-Urbani indique également cinq Messor en Corse :
— M. capitatus (Latreille, 1798).
— M. meridionalis wasmanni Krausse, 1909 « (= Messor barbarus wasmanni) ».
- 154 —
— Messor minor minor (André, 1881).
— M. rufitarsis (Fabricius, 1804).
— M. bouvieri « (Messor sanctus bouvieri Bondroit, 1918) ».
Pour terminer ce parcours embrouillé, nous citerons Collingwood à propos de M.
wasmanni, taxon demeuré jusqu’à maintenant particulièrement obscur.
Collingwood, en 1978, établit une synonymie entre M. meridionalis wasmanni Krausse et
M. meridionalis André, pour des exemplaires d’Espagne, de la collection Medina, qui sont en
fait des M. maroccanus Emery, 1908 (Martinez Ibanez et Espadaler Gelabert, 1986). Cet
auteur n’a sans doute pas vu d’exemplaires corses de « wasmanni » autrement il n’aurait pas
mis ce taxon en synonymie avec meridionalis. Les exemplaires types de M. meridionalis de la
collection André ont disparu mais nous avons trouvé, dans la collection générale du Muséum
national d’Histoire naturelle, à Paris, quelques ouvrières de cette espèce, déterminées
probablement par Santschi. Ces exemplaires correspondent tout à fait à la description
originale d’ André (1881). Par contre, cette description ne s’applique pas aux ouvrières que
nous avons récoltées en Corse, qui sont semblables à d’autres exemplaires de la collection
générale du Muséum de Paris, provenant de Corse aussi et déterminés par Santschi comme
M. meridionalis wasmanni.
Depuis, Collingwood a nommé wasmanni une espèce étudiée par Harkness (1988) en
Grèce. Ce dernier nous en a envoyé des exemplaires : il s’agit bien de la même espèce que celle
qu’on trouve en Corse, différente de M. meridionalis. Nous estimons (comme semble le penser
maintenant Collingwood) qu’il s’agit d’une bonne espèce, M. wasmanni Krausse, 1909,
différente de meridionalis.
Enfin, la synonymie de M. rufitarsis et M. structor, établie par Agosti et Collingwood
(1987), nous paraît satisfaisante, d’après l’étude comparée que nous avons faite à partir de
populations d’Espagne, de France du sud-ouest et du sud-est, de Corse et de Sardaigne.
Nous avons donc révisé tous les Messor récoltés en Corse qui étaient à notre disposition,
en les comparant avec des exemplaires de collections diverses. Les descriptions originales et les
travaux de Finzi (1929), de Collingwood (1978) et d’ Agosti et Collingwood (1987a) ont été
consultés.
Nous avons ainsi constaté que, en 1974, nous avions indiqué à tort bouvieri dans la liste
des fourmis récoltées en Corse, à partir de quelques individus qui, en fait, sont des ouvrières
moyennes de capitatus. Quant à M. sanctus, contrairement à ce qu’en écrit Bernard (1968)
(« ...C’est l’espèce la plus répandue dans les îles : Baléares, Corse, Sardaigne... »), d’après nos
observations il est absent de l’île, et n’est d’ailleurs pas cité de Corse dans la littérature.
Notre conclusion est que, dans l’île, il existe quatre espèces de Messor, M. capitatus
(Latreille, 1798), M. minor (André, 1881), M. structor (Latreille, 1798) et M. wasmanni
Krausse, 1909.
En récapitulation, dans le tableau IV nous avons rassemblé les diverses appellations sous
lesquelles figurent ces quatre espèces chez Emery (1916), Bondroit (1918), Bernard (1968) et
Baroni-Urbani (1971).
Comme toujours, les séries très incomplètes des anciennes collections et la difficulté de
trouver les sexués de chaque forme ne permettent pas encore d’effectuer la révision du genre, ni
au niveau de la région méditerranéenne, ni bien entendu au niveau mondial. Devant la
situation pour le moins confuse, exposée plus haut, et dans un souci d’efficacité pratique, nous
— 155 —
Tableau IV. — Dénominations des quatre Messor présents en Corse, selon Emery, Bondroit, Ber¬
nard et Baroni-Urbani.
Casevitz-
Weulersse
M. structor
M. capitatus
M. minor
M. wasmanni
Emery (1916)
M. barbarus struc¬
tor var. tyrrhena
M. barbarus capi¬
tatus
M. barbarus minor M. barbarus meridionalis
var. wasmanni
Bondroit (1918)
—
M. bouvieri
M.
minor
M. meridionalis var. was¬
manni
Bernard (1968)
M. rufitarsis
M. capitata
M.
minor
M. semirufus
Baroni-Urbani
(1971)
M. rufitarsis
M. capitatus
M.
minor minor
M. meridionalis wasmanni
avons établi une clé de détermination pour les quatre espèces présentes en Corse. Elle ne
concerne que les ouvrières car nous ne possédons pas assez de sexués pris au nid pour
construire une clé complète.
Les caractères essentiels permettant de distinguer ces espèces entre elles sont la couleur, la
sculpture et la pilosité. La difficulté principale que l’on rencontre, dans la détermination des
Messor, est le polymorphisme des ouvrières. C’est surtout chez les ouvrières majors que les
caractères indiqués dans la clé sont les plus évidents, d’où l’importance de posséder des récoltes
correctement exécutées, c’est-à-dire comprenant des individus de toutes les tailles pris ensemble
au nid ou dans une colonne de récolte, représentant toutes les variations de couleur, de
sculpture et de pilosité existant dans la société.
Rappelons les caractères morphologiques généraux des ouvrières de toutes les espèces de
Messor : 1) polymorphisme très important, avec tous les intermédiaires entre les plus grandes
Fig. 9-12. — 9, Messor minor, tête, vue de profil ; 10, M. structor, tête, vue de face ; 11, scape de M. structor ; 12, scape
de M. capitatus
156 —
ouvrières (= soldats ou majors) et les plus petites (= minors); 2) tête très carrée chez les
grands individus ; 3) mandibules triangulaires, fortes, aux dents bien développées ; 4) pas de
massue antennaire ; 5) épinotum inerme ou pratiquement inerme.
Clé de détermination des espèces corses de Messor
(basée uniquement sur les ouvrières)
1 — Sous la tête (gula), poils de la même longueur que sur le dessus ou pas de poils. 2
1' — Sous la tête, quelques poils très longs, inclinés vers l’avant, légèrement recourbés vers le haut,
formant une sorte de corbeille : le psammophore; poils clairsemés sur toute la surface dorsale
du corps (fig. 9) . 3
2 — Poils denses sur tout le corps, dessus comme dessous; stries fines longitudinales sur toute la
tête (fig. 10) sauf au niveau du vertex où elles s’effacent légèrement (les petits individus peu¬
vent avoir la tête presque entièrement lisse et même luisante); petit lobe à la base du scape
(fig. 11); thorax plus ou moins sculpté, stries transversales sur le pronotum et l’épinotum; épi¬
notum inerme, avec au plus des angles arrondis; thorax faiblement luisant chez les petits indi¬
vidus; pétioles plus ou moins striés ou ponctués; gastre lisse et luisant; couleur marron clair
(avec abdomen plus foncé) à brun hoir uniforme, sauf mandibules, funicule antennaire et tarses
un peu plus clairs, brun orangé; parfois, taches du même brun orangé au niveau de l’inser¬
tion des mandibules ; taille : entre 3-4 et 8-9 mm au maximum, largeur de la tête des majors
n’étant pas supérieure à 2,6 mm . M. structor (Latreille, 1798)
2' — Poils moins denses sur le corps, y compris le gastre, rares sous la tête, absents sur les tempes;
quelques stries sur le front, ponctuation très superficielle et tête luisante; scape sans lobe (fig. 12);
pronotum lisse, flancs et épinotum striés; angles de l’épinotum bien marqués; couleur brun très
foncé à noir franc sur tout le corps, mandibules, funicule antennaire, tarses et articulations, brun
rougeâtre, taches brun rouge à l’insertion des mandibules; taille : 3-4 à 12-13mm, la tête des
soldats peut mesurer jusqu’à 4 mm de large, avec une base échancrée, c’est l’espèce qui com¬
porte les plus grands individus, en Corse. M. capitatus (Latreille, 1798)
3 — Tous les individus, y compris les plus petites ouvrières, sont franchement bicolores : tête et tho¬
rax rouge franc, pétioles soit rouges soit noirs, pattes noires y compris les hanches, tarses brun
rouge, les pattes postérieures souvent plus sombres que les autres; antennes brun rouge; gastre
noir; stries longitudinales sur la tête, l’épinotum strié transversalement; peu ou pas de poils sur
le premier tergite du gastre, rares et épars sur le reste du corps; épinotum plus ou moins
anguleux; taille : 4,3 à 6mm. M. minor (André, 1881)
3' — Tête et gastre d’un noir franc brillant, thorax rouge ferrugineux taché largement de noir;
pétioles noirs sur le dessus et rouge ferrugineux dessous; quelques stries sur le front, pas très
accentuées; quelques poils sur le gastre, rares sur tout le corps; taille maximale : 9,5mm.
. M. wasmanni Krausse, 1909
Le genre SOLENOPSIS Westwood, 1841
Ce genre comprend deux espèces en Corse : S.fugax (Latreille, 1798) et S. orbula Emery,
1875.
Baroni-Urbani, en 1968, avait proposé qu’un des synonymes de Solenopsis, Diplorhop-
trum Mayr, 1855, soit pris comme nom de genre pour toutes les espèces du groupe fugax
(paléarctiques) ; il les opposait aux Solenopsis du groupe geminata (Fabricius, 1804)
(néotropicaux).
— 157 —
Tous les auteurs récents travaillant sur la région paléarctique (Kutter, 1977; Bernard,
1977; Collingwood, 1978, 1979; Onoyama, 1980; Espadaler, 1979, 1981; etc.) ont suivi
Baroni-Urbani.
Bolton, en 1987, révise le genre Solenopsis : il estime que le caractère des genitalia mâles,
sur lequel Baroni-Urbani s’est fondé pour le diviser, est insuffisant pour distinguer deux
genres. Il écrit : « The taxonomie level of the genitalia characters is certainly far lower than
those utilized to discriminate genera.No one I think would argue that fugax and geminata
are not different at species-group level, but the higher characters which link them are so strong
and consistent that there is no reason to regard the two groups as belonging to different
genera ». Il montre la grande confusion qui existe dans ce genre, le nombre élevé d’espèces
tropicales encore non décrites et le désordre régnant dans le groupe fugax où Bernard a créé,
rien que pour la France, une vingtaine d’espèces. Le point de vue de Bolton nous paraît le
seul raisonnable et nous reprenons donc le nom de Solenopsis dans le sens qu’il lui attribue.
Nous refusons, en outre, de distinguer, pour le moment, plusieurs espèces dans le groupe fugax
tout en estimant qu’il en contient certainement plus d’une.
Les deux espèces de Corse sont bien distinctes. Les ouvrières du groupe fugax sont
polymorphes, leur taille varie de 1 à 3 mm et leur tête est nettement convexe. Les ouvrières de
S. orbula sont monomorphes, ont une plus petite taille (1 à 1,5 mm) et leur tête est allongée
avec des bords latéraux droits, subparallèles.
(A suivre.)
Les références bibliographiques sont données à la fin de la deuxième partie de ce travail, à paraître dans
le Bulletin du Muséum, 1990 n° 2.
— 158 —
Planche I
Aphaenogaster spinosa
A : Premier tergite du gastre.
B : Détail du premier tergite.
C : Thorax du mâle, vue dorsale.
(Micrographies de I. Foldi, MEB Laboratoire d’Entomologie, MNHN, Paris.)
— 159 —
lOO^m
I
10^m
lOOwm
PLANCHE I
— 160
Planche II
Aphaenogaster spinosa var. nitida
A : Premier tergite du gastre. B : détail.
(Micrographies de I. Foldi, MEB Laboratoire d'Entomologie, MNHN, Paris.)
lOO^m
PLANCHE II
- 162 —
Planche III
Aphaenogaster sp. 1.
A : Premier tergite du gastre. B : Détail du premier tergite.
C : Thorax du mâle, vue dorsale.
(Micrographies de I. Foldi, MEB Laboratoire d’Entomologie, MNHN, Paris.)
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 ' sér., 12, 1990,
section A, n” 1 : 165-176.
Sur les Stylodactylidae (Crustacea, Decapoda, Caridea)
de l’Atlantique
par Régis Cleva
Résumé. — Une importante collection de Stylodactylidae a été rassemblée à la suite de plusieurs
campagnes relativement récentes effectuées dans l’Atlantique (détroit de Floride et Caraïbes, îles
Canaries). Slylodactylus rectirostris A. Milne Edwards, 1883, espèce rarement signalée et connue par
quelques spécimens seulement, y est représenté par 72 spécimens. 5. serratus A Milne Edwards, 1881, lui
aussi mal connu, est retrouvé dans les Petites Antilles et les Canaries. S. profondus Cleva, 1990, décrit de
la Nouvelle-Calédonie, est signalé pour la première fois dans l’Atlantique. Deux spécimens incomplets et
en mauvais état, récoltés l’un aux Bahamas, l’autre aux Açores, sont cités ici comme Slylodactylus sp. :
leur mauvais état ne permet pas leur identification précise, ni même de savoir s’ils appartiennent à la
même espèce, mais ils appartiennent incontestablement à un ou deux taxons nouveaux pour la région
considérée.
Abstract. — An important collection of Stylodactylidae, assembled from several relatively recent
cruises in the Atlantic (Florida Straits, the Caribbean and the Canary Islands), is reported here.
Slylodactylus rectirostris A. Milne Edwards, 1883, a species rarely reported, and known only from a few
specimens, is represented here by 72 specimens. Stylodactylus serratus A. Milne Edwards, 1881, also
poorly known, is rediscovered in the Lesser Antilles and the Canary Islands. Stylodactylus profundus
Cleva, 1990, previously known only from New Caledonia, is reported from the Atlantic. Two incomplete
specimens, one from the Bahamas, the other from the Azores, are reffered as Stylodactylus sp. Because of
their poor condition, it is not possible to identify them at the species level or even to know if they belong
in the same species, but they are without doubt new taxa for the region.
R. Cleva, Muséum national d'Histoire naturelle, Laboratoire de Zoologie (Arthropodes), 61, rue Buffon, 75231
Paris cedex 05, France.
Introduction
De nombreux échantillons de Stylodactylidae ont été récoltés dans le détroit de Floride et
les Caraïbes au cours des campagnes des navires océanographiques américains « Gerda »,
« Pillsbury » et « Iselin », qui se sont déroulées entre 1963 et 1974. A ce matériel s’ajoute celui
récolté aux Petites Antilles par le navire belge « Luymes » (Saba Bank Expedition, 1972), ainsi
que quelques spécimens provenant des Açores (campagnes du Prince de Monaco) et des
Canaries (campagne belge Tydeman Canary Islands Expedition, 1977). L’importance et
l’intérêt de ce matériel nous ont conduit à faire le point de nos connaissances sur les crevettes
de cette famille présentes dans l’Atlantique, dont seules deux espèces du genre Stylodactylus, S.
serratus A. Milne Edwards, 1881, et S. rectirostris A. Milne Edwards, 1883, étaient
répertoriées jusqu’alors. Quatre espèces du genre Stylodactylus ont été identifiées :
— 166
' S. rectirostris A. Milne Edwards, 1883, espèce illustrée sans aucune description par A. Milne
Edwards dans son « Recueil de Crustacés nouveaux ou peu connus », et connue seulement,
jusqu’à présent, par les spécimens types du « Blake » et par un spécimen mâle provenant du détroit
de Floride, signalé et décrit récemment par Lemaître (1984), est représenté par 72 spécimens, soit
près de 85 % du matériel rassemblé au cours de ces campagnes.
2. Quatre spécimens des Petites Antilles et deux des Canaries ont été identifiés à S. serratus A. Milne
Edwards, 1881, espèce-type du genre et, elle aussi, très rarement signalée.
Deux autres espèces de Stylodactylus, malheureusement représentées par un petit nombre
de spécimens assez abîmés et incomplets, figurent dans les collections étudiées ici :
3. S. profundus Cleva, 1990, récemment décrit de Nouvelle-Calédonie, est retrouvé dans le détroit de
Floride et aux Bahamas.
4. Deux spécimens, l’un des Bahamas, l’autre des Açores, présentent des affinités avec S. tokarensis
Zarenkov, 1968, et S. licinus Chace, 1983 : leur mauvais état ne permet pas leur identification
précise, ni même d’être certain qu’ils appartiennent au même taxon; ils sont désignés sous
l’appellation Stylodactylus sp.
Mensurations
Les dimensions indiquées pour les spécimens correspondent à la longueur de la carapace sans le
rostre, mesurée du fond des orbites au milieu du bord postérieur dorsal de la carapace.
Abréviations utilisées
MNE1N : Muséum national d’Histoire naturelle, Paris.
PI, P2, P3, P4, P5 : premier, deuxième, troisième, quatrième, cinquième péréiopodes.
Pmx2, Pmx3 : deuxième et troisième maxillipèdes.
IM/C, P/C, P/D : rapport des longueurs ischion-mérus/carpe, propode/carpe, propode/dactyle.
Stylodactylus serratus A. Milne Edwards, 1881
Stylodactylus serratus A. Milne Edwards, 1881 : 11; 1883, pl. 36. Faxon, 1896: 160. Figueira,
1971 : 2, fig. 1. Crosnier et Forest, 1973 : 129, fig. 36 a-f.
Non Stylodactylus serratus ; Stubbing, 1914 : 51, pl. 12 (= Stylodactylus stebbingi Hayashi et Miyake,
1968).
Matériel examiné. — Petites Antilles : « Blake » : St. 190, au large de la Dominique, 991 m : I ? ov.
17,5mm, holotype (MNHN Na. 7992). St. 205, au large de la Martinique, 10.02.1879, 14°25T5"N-
60°56'35" W, 611m : 1 d 13mm (MNHN Na. 1850); 1 J 17mm (MNHN Na. 11276). — « Pillsbury » :
St. 881, 06.07.1969, 13°20' N-61°02'W, 576-842 m : 1 c? 17,5 mm, 1? 20,5 mm. St. 954, 18.07.1969,
16°55' N-62°43' W, 686-1043 m : 1 $ 12 mm, 1Ç ov. 18 mm. — Rio de Oro (Sahara espagnol):
«Talisman»: St. 76, 09.07.1883, 25°39'N-16°06'W, 1435m, sable vasard, coraux, coquilles: 1
12.5 mm (MNHN Na. 1851). — Iles Canaries : « Tydeman Canary Islands Expedition » : St. 131,
08.09.1977, S.W. de Hierro, au large de Punta Orchilla, 27°40'N-18°10'W, 1200-1800 m : 2? 18 et
19.5 mm (ov.).
Cette espèce n’était encore connue que par le matériel type d’A. Milne Edwards et par
un spécimen est-atlantique du « Talisman », signalé par Crosnier et Forest (1973). Depuis le
travail de ces deux auteurs, deux spécimens supplémentaires ont été retrouvés dans les
— 167 —
collections du Muséum national d’Histoire naturelle : une femelle ovigère de 17,5 mm, très
incomplète et en mauvais état, capturée à la station 190 du « Blake » (au large de la
Dominique, 542 brasses), et un mâle de 17 mm, en relativement bon état, provenant de la
station 205 de la même campagne (au large de la Martinique, 334 brasses) : le premier de ces
spécimens est très probablement celui figuré par A. Milne Edwards (1883, pl. 36), et doit être
considéré comme l’holotype; une incertitude persiste cependant en raison de sa taille,
A. Milne Edwards indiquant une longueur de carapace de 20 mm (1881 : 12); nous
indiquons ci-après l’état dans lequel il se trouve actuellement :
Le rostre, dont l’extrémité manque, est brisé au niveau de sa base.
Le telson est démuni de la plupart de ses épines terminales : sur les trois paires d’épines
habituellement rencontrées chez toutes les espèces de la famille, il ne subsiste plus que deux
épines. Nous avons noté par ailleurs que le telson de ce spécimen ne portait, à l’origine, que
cinq épines terminales, tandis que celui qui a servi à illustrer ce taxon, sur la planche 36
d’A. Milne Edwards, en présente bien six.
L’antennule droite, qui a visiblement été volontairement détachée, manque.
Des appendices thoraciques, seuls subsistent : les deux Pmx2, en place ; le premier article
du Pmx3 droit, en place; un P1 et un P2, détachés, et dont une partie distale de la pince
manque ; les deux P3, en place mais incomplets : du P3 droit ne subsistent plus que l’ischion-
mérus et le carpe, ce dernier article étant détaché; le propode et le dactyle du P3 gauche
manquent également ; le P4 droit (ou, moins probablement, le P5 droit), détaché, et dont seuls
persistent l’ischion-mérus et le carpe.
Les deux uropodes sont présents; celui de droite est détaché.
Nous signalons ici six autres spécimens, quatre récoltés par le « Pillsbury » dans les
Petites Antilles, et deux est-atlantiques, capturés aux îles Canaries par la « Tydeman Canary
Islands Expedition ». Ces huit spécimens présentent un intérêt certain, car ils permettent
d’apporter quelques précisions sur ce taxon mal connu.
Description et variations observées sur l’ensemble du matériel examiné
Quatre spécimens seulement possèdent un rostre en relativement bon état, mais dont
l’apex est toutefois brisé : dans ces conditions, sa longueur estimée est approximativement de
1,3 à 1,6 fois celle de la carapace. La partie restante des rostres porte de 29 à 37 épines
dorsales, dont 7 à 9 post-rostrales, et 16 à 23 épines ventrales.
L’épine supra-orbitaire est très petite mais bien individualisée; les épines antennaire et
branchiostège sont longues et robustes et se prolongent en carène sur la carapace. Les pleurons
abdominaux 1 à 5 sont arrondis.
Le telson, de 2,5 à 3 fois plus long que sa plus grande largeur, est pourvu de quatre paires
d’épines dorsales (huit individus), ou de quatre épines d’un côté et cinq de l’autre (deux
individus); il se termine par une longue pointe aiguë.
Le rapport de la longueur du telson à celle du sixième segment abdominal varie de 1,8 à
2,0, et celui des longueurs respectives des sixième et cinquième segments abdominaux de 1,2 à
1,4.
L’extrémité du stylocérite peut ne dépasser que très légèrement l’extrémité du premier
article du pédoncule antennulaire, ou atteindre le milieu du deuxième article.
Le bord externe de l’écaille antennaire est inerme.
Le mérus du troisième péréiopode est armé de 13 à 16 fortes épines ventro-latérales, le
dactyle de quatre ou cinq spinules ventrales ; le propode est de 4,5 à 6,4 fois plus long que le
dactyle.
L’ischion et le mérus des quatrième et cinquième péréiopodes sont séparés par une ligne
de suture très nette. Le mérus du P4 porte de 13 à 17 épines ventro-latérales, le dactyle quatre
ou cinq spinules; le rapport P/D varie de 7,0 à 8,7. Le mérus du P5 montre de 12 à 15 épines
ventro-latérales, le dactyle cinq spinules; le rapport P/D varie de 7,5 à 10.
Dimorphisme sexuel : En dehors de l’aspect particulier de l’endopodite de la première paire
de pléopodes et de la présence, sur la seconde, d’un appendix masculina, le mâle se distingue de
la femelle par le pédoncule antennulaire sensiblement plus court et plus large, le fouet
antennulaire externe nettement plus large, et par la présence d’une paire de fortes épines sub¬
médianes sur les sternites abdominaux 1 et 2.
Coloration : Inconnue.
Dimensions : La femelle récoltée par le « Pillsbury » à la station 881, dont la carapace
mesure 20,5 mm de longueur, est le plus grand spécimen connu.
Affinités
Stylodactylus serratus montre des affinités évidentes avec S. discissipes Bate, 1888. Nous
renvoyons à ce sujet le lecteur au travail de Crosnier et Forest (1973 : 131), en précisant
seulement que le telson de S. discissipes illustré sur leur figure 36 h est anormal, d’une part,
comme l’ont noté les auteurs précités, par ses épines dorsales asymétriques, mais surtout par
son bord postérieur, élargi et terminé par quatre paires d’épines : on compte en effet
classiquement, chez tous les Stylodactylidae, trois paires d’épines sur le bord postérieur du
telson; les seules exceptions que nous avons pu noter, au cours de nos nombreuses
observations, concernent la présence d’une épine postérieure surnuméraire chez quelques rares
spécimens. Le caractère anormal de ce telson est encore attesté par l’asymétrie de ces quatre
paires d'épines terminales par rapport à l’axe médio-dorsal du telson.
Distribution. — Petites Antilles, entre 576 et 1043 m; Canaries, 1200-1800 m; Rio de
Oro (Sahara espagnol), 1435 m.
Stylodactylus rectirostris A. Milne Edwards, 1883
(Fig. 1, 2a)
Stylodactylus rectirostris A. Milne Edwards, 1883, pl. 35. Chace, 1983 : 11, 14. Lemaître, 1984 :
430, fig. 2, 3.
Matériel examiné. — Petites Antilles : « Blake » : St. 220, au large de Ste Lucie, 212 m : 1 $ ov.
9,2 mm, holotype (MNHN Na. 1848); 1 S 10 mm, 1 $ 8 mm environ (abîmée) (MNHN Na. 11512). Au
large de la Havane, 320 m : 1 $ ov. très abîmée, non mesurée (MNHN Na. 1849). — « Luymes » :
— 169
St. 101, 24.05.1972, 17° 14’ N-63°34' W, 500m : 1 d 5,5 mm ; 2 $ (1 ov.) 6,5 et 9mm. St. 140, 14.06.1972,
17° 12'N-63°43'W, 350-600m : 1 5,5mm; 3 Ç 5 à 9mm. St. 141, 14.06.1972, 17°13'N-63°42'W, 300-
600 m : 1 $ 9 mm ; 2 $ 5 et 8 mm. Détroit de Floride et Bahamas, canal du Yucatan, Haiti : « Gerda » :
St. G. 232, 29-30.01.1964, 25°36' N-79°20' W, 439-421 m : 1 $ 9 mm; 3 $ (2 ov.) 8 à 9 mm. St. G. 233,
30.01.1964, 25°40'N-79°21'W, 402-421 m : 1 $ 10,5mm; 6 $ (3 ov.) 8 à 11mm. St. G. 234, 30.01.1964,
25°42' N-79°23' W, 452-474 m : 3d 9 à 11,5mm; 7? (5 ov.) 7 à 10,5mm. St. G. 235, 30.01.1964,
25°44'N-79°22'W, 530m: 1 $ ov. 11,5mm. St. G. 236, 30.01.1964, 25°15'N-79'15'W, 384m: 1?
5,5mm. St. G. 239, 30.01.1964, 25°20'N-79°15'W, 347-256 m : 1 $ 9,5mm. St. G.241, 30.01.1964,
25°26'N-79°18' W, 494-501m: 3 J 8,5 à 9mm; 9$ (6 ov.) 6,5 à 10,5mm. St. G. 242, 30.01.1964,
25°36'N-79°2FW, 457-530m : 3 $ 7 à 9mm; 2 $ ov. 8,5 et 9,5mm. St. G. 275, 31.03.1964, 25°21'N-
79° 15' W, 375-293m : 2 $ (1 ov.) 7 et 11mm. St. G. 510, 02.03.1965, 26°07'N-79°09' W, 311-329m : 3 $ 8
à 12mm. St. G. 533, 04.03.1965, 26°27'N-78°43'W, 384-402m : 1 10mm. St. G. 633, 30.06.1965,
25°59'N-79°19'W, 439-457 m : 1 Ç 11,5 mm. St. G. 889, 10.09.1967, 20°55' N-86°28' W, 219-177 m : 1 $
10mm. St. G. 897, 10.09.1967, 20°59'N-86°24'W, 293-210m : 3 $ 7 à 10mm; 3? 8 à 11,5mm.
St. G. 925, 29.09.1967, 25°58'N-78°29'W, 439-457m : 1 $ ov. 11.5mm. « Pillsbury » : St. P. 598,
15.03.1968, 21°07'N-86°21'W, 155-205m : 1 $ 6,5mm. St. P. 1141, 13.01.1970, 20°52'N-73°14'W, 403-
457m : 2 cJ 8 et 9mm; 2 ? (1 ov.) 8,5 et 10,5mm. St. P. 1186, 02.07.1970, 18°29'N-74°38'W, 183m : 1 $
5 mm.
Stylodactylus rectirostris n’était connu que par la figure d’A. Milne Edwards publiée en
1883 dans le « Recueil de Crustacés nouveaux ou peu connus », jusqu’à ce que, récemment,
Lemaître (1984 : 430) signale, illustre et décrive un nouvel exemplaire (mâle de 11mm), du
détroit de Floride.
Quatre spécimens du « Blake » figurent dans les collections du MNHN, dont trois
correspondent à la station où a été capturé l’holotype (au large de Ste Lucie, 116 brasses) ;
malgré l’imprécision des dessins d’A. Milne Edwards (on observera notamment que, sur la
/
Fig. 1. — Stylodactylus rectirostris A. Milne Edwards, 1883 : a, femelle ov. 10mm, détroit de Floride, « Gerda »,
st. G. 234 : région antérieure de la carapace et portion basale du rostre, vue latérale; b, c, mâle 9mm, Petites
Antilles, Saba Bank Expedition, st. 141 : b, dactyle de P3 droit; c, dactyle de P5 droit. (Échelles: 1mm.)
— 170 —
planche 35, le nombre des épines rostrales dorsales est de 29 sur le dessin d’ensemble de
l’animal, et de 31 sur le dessin de détail du rostre), on doit considérer l’exemplaire enregistré
sous le numéro Na. 1848, une femelle ovigère de 9,2 mm, comme l’holotype. En effet :
— c’est le spécimen le plus complet;
— le rostre porte 7 épines ventrales, comme sur les figures de Milne Edwards (sa
formule rostrale s’écrit 27(6)/7, tandis que celle des deux autres spécimens, un mâle de 10 mm
et une femelle de 8 mm, est respectivement de 29(6)/9 et 30(6)/8);
— le telson figuré par A. Milne Edwards lui correspond tout à fait, alors que celui de la
femelle Na. 11512 est très différent (voir plus loin le paragraphe concernant les variations
observées).
Le quatrième exemplaire, enregistré sour le numéro MNHN Na. 1849, a été récolté au
large de la Havane, par 320 m de fond : il s’agit d’une femelle ovigère en mauvais état et très
incomplète, dont la formule rostrale s’écrit 30(7)/10.
Variations
Le matériel récolté récemment et étudié ici comprend 72 spécimens, 26 S et 46 $. Cette
abondante récolte permet d’apprécier la variabilité des caractères de cette espèce. Les données
suivantes rassemblent nos observations sur l’ensemble du matériel examiné :
Le rostre porte de 22 à 34 épines dorsales (moyenne sur les 49 spécimens au rostre
complet : 27), dont 5 à 8 post- rostrales (6 ou 7 le plus souvent), et 6 à 12 épines ventrales
(moyenne : 8). Sa longueur varie de 0,8 à 1,2 fois celle de la carapace (moyenne 0,9 à 1,0).
Sous l’épine branchiostège, on observe, le plus souvent, deux épines (34 spécimens sur
76); 22 spécimens n’ont qu’une seule épine (la plus petite des deux faisant alors défaut), et 17
autres, deux épines d’un côté et une de l’autre ; deux spécimens (9 9 mm, station G. 233 et 9 ov.
10 mm, station G. 234, fig. 1 a) montrent, par rapport au cas le plus fréquent, deux petites
épines surnuméraires, mais d’un seul côté, tandis qu’un autre enfin (J 10,5 mm, station G. 233)
possède une petite épine surnuméraire de chaque côté.
Le telson porte quatre paires d’épines dorsales (65 spécimens), à l'exception toutefois de
trois spécimens avec quatre et trois épines, et d’un autre avec cinq et six épines, ce dernier étant
pourvu par ailleurs d’une épine terminale surnuméraire (9 8 mm MNHN Na. 11512).
L’écaille antennaire porte de deux à sept spinules.
Le stylocérite atteint le plus souvent, ou dépasse quelque peu, le milieu du second article
du pédoncule antennulaire ; comme chez les autres espèces, il est cependant plus court chez les
petits spécimens, ou il n’atteint pas l’extrémité du premier article.
Le nombre d’épines latéro-ventrales du mérus des trois dernières paires de péréiopodes
varie respectivement de : 7 à 13 pour P3; 9 à 14 pour P4; 7 à 13 pour P5.
Le rapport P/D de ces mêmes appendices varie de : 2,2 à 5,0 pour P3 ; 2,5 à 5,5 pour P4 ;
4,1 à 7,4 pour P5.
Dimorphisme sexuel : En dehors des différences concernant les antennules et l’endopodite
des deux premières paires de pléopodes, observables chez toutes les espèces, le mâle se
distingue de la femelle par la présence d’une paire d’épines sub-médianes sur les sternites des
— 171 —
deux premiers segments abdominaux. Ces ornementations s’observent également, mais moins
développées, chez les femelles non ovigères.
Coloration : Inconnue.
Dimensions : Le plus grand mâle observé, capturé lors de la station G 510 du « Gerda »,
mesure 12 mm, les plus grandes femelles 11,5 mm.
Affinités
Chace (1983 : 14), puis Cleva (1990 : 109) ont fait état des affinités de Stylodactylus
rectirostris avec S. libratus Chace, 1983. L’étude comparée de spécimens de même taille
appartenant à ces deux taxons confirme leur proche parenté : si, en moyenne, les épines du
bord antérieur de la carapace (épine antennaire notamment) sont plus courtes, et les trois
derniers péréiopodes sensiblement plus courts et plus robustes chez le premier, le meilleur
caractère pour différencier ces deux espèces concerne les dactyles des P3 à P5, nettement plus
longs et dotés de spinules ventrales plus grêles chez S. rectirostris. On notera également que le
rapport P/D des P3 à P5 varie de façon sensiblement différente chez les deux espèces
(rappelons que, chez S. libratus, ce rapport varie entre 5,0 et 6,4 pour P3 ; 5,5 et 7,6 pour P4 ;
5,6 et 8,3 pour P5).
Fig. 2. — Région antérieure de la carapace et portion basale du rostre, vue latérale : a, Stylodactylus rectirostris
A. Milne Edwards, 1883, mâle 9 mm, Petites Antilles, Saba Bank Expedition, st. 141 ; b, Stylodactylus
multidentatus mullidentalus Kubo, 1942, femelle 9 mm, Philippines, MUSORSTOM 3, st. 120 (MNHN Na. 10786).
(Échelle : 1 mm.)
— 172 —
Quelques spécimens de S. rectirostris, à dactyle des P3 particulièrement long par rapport
au propode (rapport P/D inférieur à 2,5), et à celui des P5 pourvu d’une spinule ventro-distale
particulièrement développée (fig. 1 b, c), évoquent S. multidentatus Kubo, 1942. La comparai¬
son, deux à deux, de spécimens de même taille de ces deux espèces, met toutefois en évidence
les différences qui les séparent. Ainsi, S. rectirostris se distingue de S. multidentatus par :
— une formule rostrale notablement différente (chez S. multidentatus multidentatus : 38 à
65 épines dorsales, dont 9 à 14 post-rostrales, et 11 à 28 épines ventrales; chez S. multidentatus
robustus, de Madagascar, le rostre est, en moyenne, plus long et porte un plus grand nombre
d’épines que la sous-espèce nominative);
— la taille et l’espacement plus grands des dents rostrales (comparer les figures 2 a et
2 b);
— l’œil sensiblement plus large;
— la carapace et l’abdomen proportionnellement plus hauts;
— des écailles antennaires à spinules latérales plus longues;
— les dactyles des P3 à P5 plus courts, et à spinules plus longues;
— les P3 à P5 sensiblement plus courts et plus robustes (ce dernier caractère se
manifestant de façon moins nette chez les spécimens de petite taille).
Rappelons d’autre part que S. rectirostris est d’une taille nettement inférieure à celle de S.
multidentatus.
Distribution. — Antilles, détroit de Floride et Bahamas, canal du Yucatan, entre 155-
205 m et 530 m.
Stylodactylus profundus Cleva, 1990
(Fig. 3, 4)
Stylodactylus profundus Cleva, 1990 : 85, fig. 2.
Matériel examiné. — Détroit de Floride et Bahamas : « Gerda » : St. G 130, 21.06.1963, 23°59'N-
81°10'W, 1020m : 1 <3 15mm; 1 $ ov. 14mm. St. G 965, 01.02.1968, 23°45'N-81°49'W, 1399-1393m :
1 S 10mm; 1 $ 13,5mm. — « Pillsbury » : St. P. 187, 10.08.1964, 27°26'N-77°50' W, 1372m : 1 ? ov.
15 mm. — « Iselin » : St. CI 151, 04.02.1974, 23°57' N-76°49'W, 1315 m : 1 $ 15,5 mm.
Ces six spécimens, malheureusement très incomplets et en mauvais état, ont été identifiés à
Stylodactylus profundus, espèce récemment décrite de la Nouvelle-Calédonie (Cleva, 1990 :
85), d’après un matériel également dans un état peu satisfaisant. La forme du bord postéro-
ventral des 4 e et 5 e pleurons abdominaux (respectivement arrondi pour le 4 e et terminé en
pointe aiguë pour le 5 e ), la taille et les proportions des articles du pédoncule antennulaire
(second article sensiblement de même longueur que le premier), et la spinulation très réduite du
mérus du cinquième péréiopode (une seule épine latéro-ventrale, subdistale), sont des
particularités qui isolent cette espèce des autres Stylodactylus et permettent de la reconnaître
sans trop de difficultés.
173
Fig. 4. — Stylodaçtylus profundus Cleva, 1990. mâle 10mm, détroit de Floride, « Gerda », st. G. 965 : a, P3 gauche;
b, P5 droit. (Échelle : 2 mm.)
Variations 1
Telson de 4,0 à 4,2 fois plus long que large (4,0-4,5), et de 1,8 à 2,0 fois plus long que le
sixième segment abdominal (1,3-1,7); trois spécimens avec cinq paires d’épines dorsales, et un
1. Les chiffres placés entre parenthèses sont relatifs aux spécimens néo-calédoniens et figurent en rappel.
— 174 —
autre avec cinq épines d’un côté et six de l’autre; telson des deux derniers spécimens cassé
(spécimens néo-calédoniens : 5 paires d’épines).
Stylocérite atteignant ou dépassant quelque peu l’extrémité du premier article du
pédoncule antennulaire.
Longueur de l’écaille antennaire de 0,65 à 0,75 fois celle de la carapace (0,7).
Mérus du troisième péréiopode (fig. 4 a) avec une rangée externe de six à huit épines
mobiles ventro-latérales (huit), et une rangée mésiale de trois à sept épines mobiles ventrales
(quatre ou six) : dactyle du même appendice avec quatre ou cinq spinules ventrales : rapport
des longueurs des articles comme suit : IM/C : 4,0 à 4.2; P/C : 2,0 à 2,1 ; P/D : 5,0 à 5,3.
Mérus du quatrième péréiopode avec trois à cinq épines ventro-latérales (quatre ou cinq),
une ou deux épines ventrales (une ou deux), et une petite épine disto-dorsale ; dactyle du même
appendice avec cinq ou six spinules; rapport des longueurs des articles comme suit : IM/C :
2,7 à 2,8 (2,6); P/C : 1,8 à 1,9 (1,6); P/D : 6,2 à 6,4 (7,3).
Mérus du cinquième péréiopode (fig. 4 b) avec une seule épine ventro-latérale, subdistale,
et une petite épine disto-dorsale ; dactyle avec cinq spinules ventrales ; rapport des longueurs
des articles comme suit : IM/C : 2,2 (2,1); P/C : 1,6 (1,5); P/D : 7,6 à 8,5 (9,7).
Coloration : Inconnue.
Les différences observées entre les matériels atlantique et pacifique peuvent relever de la
variabilité normale de l’espèce, et/ou correspondre à des variations géographiques. Compte
tenu, d’une part, du petit nombre de spécimens ayant servi à l’établissement de ce taxon (1 d 1 ,
5 9, et un juvénile) et du petit nombre de spécimens récoltés par les campagnes américaines, et
d’autre part de l’état peu satisfaisant de l’ensemble du matériel, des récoltes complémentaires
s’avèrent indispensables pour mettre en évidence, le cas échéant, l’existence de différences
morphologiques bien définies entre ces deux populations.
Distribution. — Nouvelle-Calédonie, 1395-1410 à 1618-1740 m; détroit de Floride et
Bahamas, 1020 à 1399-1393 m.
Stylodactylus sp.
Un mâle de 10,5 mm, récolté aux Bahamas (« Gerda », st. G. 177, 30.06.1963, 27°17'N-
79°34'W, 686 m), en assez bon état malgré un rostre cassé, et une petite femelle de 5,5 mm
provenant des Açores (campagnes du Prince de Monaco, st. 2214, 02.09.1905, 39°26'10"N-
3r21'30"W, 914-650m), très abîmée et incomplète (rostre et telson brisés, seuls péréiopodes
présents, détachés, P3 et P5 droits), ne peuvent être rattachés à aucune des trois autres
Stylodactylus atlantiques, le bord postéro-ventral des 4 e et 5 e segments abdominaux se
terminant en pointe aiguë.
Nous avons par ailleurs noté pour ces spécimens les caractères suivants :
— carapace avec épines supra-orbitaire (petite mais bien individualisée), antennaire et
branchiostège ;
— région postéro-dorsale du troisième segment abdominal recouvrant la région antéro-
dorsale du quatrième;
— sixième segment abdominal 1,4 fois plus long que le cinquième;
175 —
— telson (mâle) environ 3,7 fois plus long que sa plus grande largeur, 1,75 fois plus long
que le sixième segment abdominal, avec cinq paires d’épines dorsales, et terminé en une longue
pointe aiguë;
— écaille antennaire à bord externe inerme, mesurant (mâle) environ les trois quarts de la
longueur de la carapace;
— stylocérite atteignant le premier tiers du second article du pédoncule antennulaire,
terminé en pointe aiguë;
— cornée bien pigmentée, plus large que le pédoncule; pas de cornée secondaire;
— troisième péréiopode dépassant l’extrémité de l’écaille antennaire du dactyle et d’un
peu moins de la moitié du propode (mâle) ; mérus avec, dans sa moitié distale, de cinq à sept
fortes épines mobiles latéro-ventrales et, dans sa moitié proximale, trois épines mobiles mésio-
ventrales; dactyle orné de cinq ou six spinules ventrales; rapport des longueurs des articles
comme suit (mâle et femelle respectivement) : IM/C : 3,5 et 3,3; P/C : 1,9 et 2,0; P/D : 4,7 et
5,2;
— quatrième péréiopode (présent chez le spécimen mâle seulement) : ischion et mérus
complètement fusionnés (plus aucune trace de ligne de suture) ; appendice dépassant
l’extrémité de l’écaille antennaire du dactyle et de moins de la moitié du propode ; mérus avec,
dans sa moitié distale, cinq ou six épines latéro-ventrales, deux épines proximo-ventrales, et
une petite épine disto-dorsale; dactyle avec six spinules; rapport des longueurs des articles
comme suit : IM/C : 2,6; P/C : 1,8; P/D : 6,6;
— ischion et mérus du cinquième péréiopode séparés par une ligne de suture ; mérus avec
cinq (mâle) ou une (femelle) épines latéro-ventrales et une petite épine disto-dorsale ; dactyle
avec neuf (mâle) ou six (femelle) spinules ; rapport des longueurs des articles comme suit (mâle
et femelle respectivement) : IM/C : 2,2 et 2,1 ; P/C : 1,6 et 1,7; P/D : 7,4 et 8,7.
Affinités
Par l’ensemble de ces caractères, ces deux spécimens peuvent être rattachés au groupe
Stylodactylus stebbingi Hayashi et Miyake, 1968, Stylodactylus tokarensis Zarenkov, 1968,
Stylodactylus licinus Chace, 1983, espèces qui montrent entre elles des affinités (Chace, 1983 :
10; Cleva, 1990 : 90 et 94). L’absence de ligne de suture entre l’ischion et le mérus de P4,
observé chez le mâle des Bahamas, exclut son identification à Stylodactylus stebbingi d’Afrique
du Sud, espèce la plus proche géographiquement ; il en est de même pour la femelle qui, bien
que dépourvue de P4, paraît ne pas appartenir à ce taxon compte tenu de la faible spinulation
du mérus de P5 (une seule épine latéro-ventrale, subdistale, contre cinq à onze chez S.
stebbingi).
Le mauvais état de ces spécimens ne permet pas d’indiquer s’ils appartiennent à la même
espèce, s’ils sont identifiables à S. tokarensis et/ou à 5. licinus, ou si, au contraire, ils
appartiennent à une ou deux espèces nouvelles.
Conclusion
Les nouveaux taxons de Stylodactylidae recensés dans l’Atlantique montrent que la
représentation de la famille dans cet océan est plus diversifiée qu’il n’y paraissait jusqu’alors et
— 176 —
il y a tout lieu de penser qu’un dépouillement plus approfondi du matériel carcinologique
rapporté lors des campagnes océanographiques permettrait d’étoffer sensiblement cette liste.
On retiendra que, dans l’état actuel de nos connaissances :
— seul le genre Stylodactylus est représenté dans l’Atlantique, tandis que trois genres
supplémentaires (Neostylodactylus, Parastylodactylus, et Stylodactyloides ), soit au total 23
espèces, existent dans l’Indo-ouest Pacifique;
— les espèces atlantiques montrent de grandes affinités avec certaines formes indo-ouest
pacifiques : ainsi en est-il de S. serratus avec S. discissipes, de S. rectirostris avec S. libratus, de
S. profundus que l’on rencontre dans les deux régions, de S. sp. enfin avec S. licinus et S.
tokarensis.
Remerciements
Le Dr. C. H. M. Fransen, du Rijksmuseum van Natuurlijke Historié de Leyde, a bien voulu nous
confier les Stylodactylidae récoltés par les campagnes américaines et belges. Le Dr. F. A. Chace, du
National Museum of Natural History de Washington, ainsi que nos collègues M. de Saint Laurent et
A. Crosnier ont accepté de relire notre travail et d’en effectuer la critique. M. J. Rebière a repassé à
l’encre les dessins que nous avons nous-même réalisés.
A tous nous adressons nos sincères remerciements.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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tropicale, 19 : 1-409, fig. 1-121.
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in South Africa). Ann. S. Afr. Mus., 15 (1) : 1-55, pl. 65 (l)-76 (12).
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris , 4 e sér., 12 , 1990,
section A, n° 1 : 177-185.
Currothelphusa asserpes gen. nov., sp. nov.
(Crustacea Decapoda Brachyura Sundathelphusidae)
from a cave in Halmahera, Moluccas
by Peter K. L. Ng
Abstract. — A new genus and species of freshwater crab of the family Sundathelphusidae,
Currothelphusa asserpes gen. et sp. nov., is described from a cave on the island of Halmahera in the
Indonesian Moluccas. It is allied to the genera Sundathelphusa and Archipelothelphusa, but easily
separated by its more convex carapace, long ambulatory legs, well developed epigastric and postorbital
cristae, and distinctly T-shaped male abdominal segment. The holotype has two pairs of male second
pleopods, which is an anomalous condition.
Key-words. — Brachyura, Sundathelphusidae, Currothelphusa asserpes, new genus and new species,
cavernicole, Halmahera, Moluccas, aberrant male, two pairs of male second pleopods.
Résumé. — Un nouveau genre et une nouvelle espèce de crabe d’eau douce de la famille
Sundathelphusidae, Currothelphusa asserpes gen. et sp. nov., sont décrits d’une grotte de l’île de
Halmahera (Moluques). Le genre est voisin des genres Sundathelphusa et Archipelothelphusa mais s’en
distingue aisément par sa carapace plus convexe, par ses pattes ambulatoires allongées, par les crêtes
épigastriques et postorbitaires de la carapace bien développées et par l’abdomen mâle distinctement en
forme de T. L’holotype a deux paires de P12 mâles, ce qui est une anomalie.
P. K. L. Ng, Department of Zoology, National University of Singapore, Kent Ridge, Singapore 0511, Republic of
Singapore.
Introduction
The author recently had an opportunity to study the carcinological material collected by
the 1988 French “ MALU” Expedition to Halmahera (Indonesian Moluccas) and Thailand by
the Association Pyrénéenne de Spéléologie and University Paul Sabatier, Toulouse. Two
specimens were found to represent an undescribed species of sundathelphusid. This new
species could not be satisfactorily classified in any of the known sundathelphusid genera, and a
new genus has been established to accomodate it.
The description of this new genus and species, Currothelphusa asserpes gen. et sp. nov.,
forms the content of the present paper. Type specimens are deposited in the Muséum national
d’Histoire naturelle (MNHN), Paris ; and the Zoological Reference Collection (ZRC) of the
Department of Zoology, National University of Singapore. Measurements given are of the
carapace width and length respectively. The male first and second pleopods are abbreviated as
the G1 and G2s respectively. Morphological terminology essentially follows that used by Ng
(1988).
— 178 —
Family Sundathelphusidae Bott, 1969
CURROTHELPHUSA gen nov.
Diagnosis : Carapace transverse, broader than long, surfaces relatively smooth, glabrous, distinctly
convex, especially branchial regions which appear swollen, lateral parts of anterolateral and posterolateral
regions with distinct but very low and almost smooth oblique striae. Epigastric and postorbital cristae
well developed and distinct, separated, not confluent, anterolateral margin strongly convex, cristiform,
external orbital angle sharply triangular, low but distinct, almost confluent with anterolateral margin,
outer margin almost straight or slightly concave, epibranchial tooth indistinct. Posterolateral margin
distinctly converging. Ambulatory legs greatly elongated, especially merus, propodus and dactylus, merus
without distinct subterminal spine, as long as or slightly longer than length of carapace. Male abdomen
strongly T-shaped, lateral margins of sixth and seventh segments distinctly concave. G1 stout, slightly
sinuous, directed outwards, terminal segment cylindrical, about one fifth length of subterminal segment.
G2 distal segment (= flagellum) well developed, shorter than elongate basal segment.
Type species : Currothelphusa asserpes sp. nov.
Etymology : The generic name is derived from the Latin “currere” for run, and the name
“ Thelphusa ”, alluding to the cursorial abilities of the crab as suggested by its long ambulatory legs. The
gender is feminine.
Currothelphusa asserpes sp. nov.
(Fig. 1-2; pis. 1-2)
Diagnosis : As for genus.
Material examined : Halmahera, Indonesian Moluccas, Batu Lubang cave, near village of Sagea, in
small pond or on clay, “MALU 40”, leg. L. Deharveng, 20 to 28.vii.1988 : holotype $ 43.0 by 33.2mm
(MNHN-B20991 ), paratype 30.1 by 24.0mm (ZRC 1989.2156).
Description of male holotype
Carapace transverse, broader than long, surfaces convex, glabrous, regions distinct,
branchial regions inflated. Cervical groove broad but not very deep, extending from
epibranchial tooth to well developed H-shaped central depression. Epigastric cristae well
developed, but margins not sharp, straight, slightly forward of postorbital, separated by deep
groove. Postorbital cristae distinct, sharp, becoming low and indistinct towards anterolateral
margin, separated from epigastric by small, shallow and rather indistinct notch. Frontal
margin straight or slightly sinuous, frontal median triangle distinct, upper margin strongly
developed, almost confluent with lateral margins. External orbital angle triangular, outer
margin twice length of inner, not projecting beyond frontal margin. Anterolateral margin
distinctly convex, slightly crested, margins almost smooth, epibranchial tooth well developed
- 179 —
and distinct but not very sharp, separated from external orbital angle by distinct V-shaped
notch. Posterolateral margin slightly convex, converging. Anterolateral and posterolateral
regions lined with numerous distinct, low, oblique striae. Suborbital, sub-branchial, subhepatic
and pterygostomial regions rugose. Posterior margin of epistome with well developed median
triangle, tip rounded. Third maxilliped with distinct oblique ischial sulcus, closer to inner
margin, exopod with well developed flagellum extending beyond width of merus. Mandibular
palp with two terminal folds.
Fig. 1. — Currothelphusa asserpes gen. et sp. nov., holotype male, 42.6 by 32.8 mm (MNHN-B20991). A, B, G1
(ventral view); C, D, G1 (dorsal view); E, first G2; F, second G2.
— 180 —
Chelipeds asymmetrical, left larger, palm appearing inflated, fingers as long as or shorter
than palm, surfaces rugose, lined with oblique striae. Cutting edge of fingers with numerous
closely packed teeth of varying sizes, larger on pollex, tips of fingers strongly hooked, beige-
coloured.
Ambulatory legs very long, especially meri, propodi and dactyli, meri of first three pairs
(detached) as long as or slightly longer than length of carapace. Second pair longest. Margins
of merus crested, slightly serrated, without distinct subterminal spine.
Ventral surfaces smooth, male abdomen distinctly T-shaped, segments gradually narro¬
wing from one to seventh, first segment reaching to base of last pair of ambulatory legs. Sixth
segment longer than seventh, lateral margins of sixth and seventh concave, tip of seventh
rounded. G1 stout, subterminal segment gradually tapering from broad base, terminal segment
approximately one fifth length of subterminal, cone-shaped, bent outwards. Two pairs of G2s
present (anomalous), first pair in front of and better developed than second, distal segments of
both pairs shorter than their respective basal segments.
Etymology : The specific name is derived from the Latin “asser” for pole, and “pes” for leg,
alluding to the long slender ambulatory legs of the species.
Remarks
The smaller male paratype agrees with the holotype male in most respects except that its
carapace convexity is less pronounced and the anterolateral margins less convex. Its chelipeds
are also approximately equal in size. The general shape of its G1 agrees with the holotype but
the terminal segment is straighter and almost in line with the subterminal segment and is not
distinctly bent outwards at an angle.
Currothelphusa asserpes gen. et sp. nov. is remarkable mainly because of its long
A B C D E
Fig. 2. — Currothelphusa asserpes gen. et sp. nov., paratype male, 30.1 by 24.0mm (ZRC 1989.2156). A, B, G1
(ventral view); C, D, G1 (dorsal view); E, G2.
— 181
ambulatory legs. In general, the carapace is similar to some species of the genus
Sundathelphusa Bott, 1969, but none of these species have ambulatory legs as long as those on
Currothelphusa. With regards to the carapace, C. asserpes is closest to Sundathelphusa cassiope
(De Man, 1902), and S. rubra (Schenkel, 1902), both from Sulawesi (Celebes), especially the
former. Ng & Stuebing (1989) commented that of the eight species and subspecies of
Sundathelphusa recognised by Bott (1969, 1970), two, S. minahassae (Schenkel, 1902), and S.
halmaherensis (De Man, 1902), as well as S. tenebrosa Holthuis, 1979, and S. aspera Ng &
Stuebing, 1989 from Sabah, Borneo, should perhaps be separated on account of their more
rugose carapaces and well developed epigastric and postorbital cristae. These species however,
have much flatter and much more rugose carapaces, appearing quite different externally
compared to Currothelphusa. Although C. asserpes has the general carapace form of the
remaining Sundathelphusa species, none have the epigastric and postorbital cristae as well
developed. These differences, together with the long ambulatory legs of the Halmahera
specimens, have prompted the author to establish a new genus, Currothelphusa, allied to but
distinct from Sundathelphusa.
The only other sundathelphusid known from Halmahera, S. halmaherensis (De Man,
1902) was described on the basis of a small male specimen (see Bott, 1970; Holthuis, 1979).
The carapace and legs of this species however, are very different from Currothelphusa asserpes,
and there can be no doubt that they are separate taxa.
As to its long ambulatory legs, Currothelphusa resembles the genus Archipelothelphusa
Bott, 1969. The latter genus is known on the basis of four species from the Philippines (Bott,
1970; Takeda, 1983). It is perhaps closest to A. sutteri, known only from a single female
collected from Luzon, especially with regards to its swollen and rather smooth carapace. In
this species however, the epigastric and postorbital cristae are confluent, with the epigastric
cristae sharp, and slightly below the postorbital, unlike C. asserpes. As it is, the present author
has reservations about classifying A. sutteri in the genus Archipelothelphusa, as well as with
Bott’s (1970) synonymising of several Filipino species under A. grapsoides (H. Milne
Edwards, 1853). At least one of these synonymies, Para-Bary-Thelphusa grapsoides longipes
Balss, 1937, appears to be unwarranted (unpublished data). Archipelothelphusa has to be
revised before more detailed comparisons with Currothelphusa can be made.
The G 1 structures of all three genera, although helpful in separating most of the species,
are however, not very useful in delimiting the various genera due to their general similarity.
Moreover, as a comparison of the G1 structures of the two type males of C. asserpes has
shown, they may vary slightly within a species.
Perhaps one of the most interesting features of the holotype male is the observation of
two pairs of G2s, not previously reported for any brachyuran. Both pairs are on the second
male abdominal segment. The second pair, although less well formed than the first, are clearly
functional and not degenerated or otherwise. Gordon (1963) reported an anomalous spider
crab ( Pleistacantha moseleyei ) as having five pairs of male pleopods; the single pair of Gls
being normal, but with four pairs of G2s, all of which had a distinct exopodite each. The G2s
of the type specimen of Currothelphusa asserpes however, do not have any trace of exopodites.
The anomalous pair of G2s in C. asserpes could have arisen through a faulty or aberrant
moult, in which the pre- (or post-) moult pair of G2s were inadvertently retained together with
the post- (or pre-) moult pair.
The type specimens of C. asserpes were described as being pink in life. Both specimens
- 182 -
were collected in caves, but other than its unusually long legs and relatively paler coloration,
this species is unlikely to be an obligate cavernicole as its eyes are not reduced to any degree
(see Holthuis, 1979; Ng & Goh, 1987). They are also probably found in suitable epigeal
habitats. Deharveng (in litt. 13 September 1988) wrote that these crabs were quite common in
the cave, in small ponds far from, as well as near or in the underground cave river.
Acknowledgements
The author is grateful to Dr. Louis Deharveng (Université Paul Sabatier, Toulouse, France) for the
opportunity to study the material from the French “MALU” expedition. Thanks is also due to
Dr. Danièle Guinot (Paris Museum) for her generous help in the course of this study.
REFERENCES
Bott, R., 1969. — Fliisskrabben aus Asien und ihre klassifikation. Senckenberg. biol., 50 : 359-366.
— 1970. — Die Süsswasserkrabben von Europa, Asien, Australien und ihre Stammesgeschichte. Eine
Revision der Potamoidea und der Parathelphusoidea. (Crustacea, Decapoda). Abh. senckenb.
Naturforsch. Ges., 526 : 1-338, pis. 1-58.
Gordon, I., 1963. — An anomalous adult male spider crab with five pairs of pleopods. Crustaceana, 5
(2): 151-154.
FIolthuis, L. B., 1979. Cavernicolous and terrestrial decapod Crustacea from northern Sarawak,
Borneo. Zool. Verh., 171 : 1-47, pis. 1-8.
Ng, P. K. L., 1988. — The Freshwater Crabs of Peninsular Malaysia and Singapore. Dept. Zool., Natn.
Univ. Singapore, Shinglee Press, Singapore, pp. i-viii, 1-156, figs. 1-63, 4 colour plates.
Ng, P. K. L., and R. Goh, 1987. — Cavernicolous freshwater crabs (Crustacea Decapoda, Brachyura)
from Sabah, Borneo. Stygologia, 3 (4) : 313-330, pis. 1-3.
Ng, P. K. L., and R. Stuebing, 1989. — Description of a new species of montane freshwater crab of the
genus Sundathelphusa Bott, 1969 (Crustacea : Brachyura : Decapoda : Brachyura : Gecarcinucoi-
dea) from Borneo. Malay. Nat. J., Kuala Lumpur, 43 (1) : 13-19.
Takeda, M., 1983. — A new cavernicolous crab from Bohol, the Philippines. Bull. natn. Sci. Mus., (A), 9
(4) : 169-173.
Plate 1
Currolhelphusa asserpes gen. et sp. nov., holotype male, 42.6 by 32.8mm (MNHN-B20991). A, dorsal view; B, ventral
view; C, frontal view; D, chelae.
PLATE I
— 184 —
Plate 2
Currothelphusa asserpes gen. et sp. nov., paratype male, 30.1 by 24.0mm (ZRC 1989.2156). A, dorsal view; B, ventral
view; C, frontal view.
PLATE II
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4‘ sér., 12 , 1990,
section A, n° 1 : 187-195.
Trizopagurus rubrocinctus sp. nov. des îles du Cap- Vert
(Decapoda, Diogenidae)
par Jacques Forest et J. Enrique Garcia Raso
Résumé. — Une espèce nouvelle de pagure Diogenidae, Trizopagurus rubrocinctus sp. nov., est
décrite des îles du Cap-Vert. Elle est comparée aux deux espèces auxquelles elle est apparentée, T. melitai
(Chevreux et Bouvier) de l’Atlantique ouest-africain, et T. magnificus (Bouvier) du Pacifique oriental
tropical.
Abstract. — A new species of diogenid hermit crab, Trizopagurus rubrocinctus, is described from the
Cape Verde Islands. It is compared with two related species, T. melitai (Chevreux et Bouvier) from the
West-African Atlantic, and T. magnificus (Bouvier), from the Eastern Tropical Pacific.
J. Forest, Muséum national d'Histoire naturelle, Laboratoire de Zoologie (Arthropodes), 61, rue Buffon, 75231
Paris cedex 05, France.
J. E. Garcia Raso, Universidad de Malaga, Facultad de Ciencias, Departamento de Biologia Animal (Zoologia),
29071 Malaga, Espagne.
Un petit Diogenidae recueilli dans les eaux peu profondes de l’île de Sal (îles du Cap-Vert)
appartient à une espèce nouvelle du genre Trizopagurus. Ce genre, établi en 1952 (Forest,
1952a : 255), qui se distingue des autres représentants de la famille par la présence d’un
appareil stridulatoire sur les chélipèdes, comprend plusieurs groupes d’espèces caractérisés
notamment par la structure et le développement de cet appareil stridulatoire et par
l’ornementation des trois premières paires d’appendices thoraciques (Forest, 1952 b : 35).
Trizopagurus rubrocinctus sp. nov. prend place dans le groupe qui ne réunissait jusqu’à
présent que T. melitai (Chevreux et Bouvier, 1892), type du genre, de l’Atlantique oriental
tropical, et T. magnificus (Bouvier, 1898) du Pacifique oriental tropical.
La présente note comporte une description des principaux caractères taxonomiques qui
séparent la nouvelle espèce des deux espèces apparentées et une comparaison avec celles-ci. Les
relations entre les différents groupes d’espèces actuellement rangées dans le genre Trizopagurus
seront envisagées dans un travail de révision entrepris par l’un de nous (J. F., cf. p. 192).
Les dimensions indiquées pour les spécimens sont celle de la carapace, depuis le rostre
jusqu’à l’échancrure médiane postérieure (Le) et celle, plus précise, de l’écusson (Le).
La longueur des pédoncules oculaires a été mesurée le long du bord latéral, entre sa base
et le niveau du bord antérieur de la cornée. Celle des articles des pattes ambulatoires est celle
de leur bord dorsal, et, pour le dactyle, correspond à la distance séparant en ligne droite
l’articulation dorsale et la pointe de l’ongle. La largeur des articles est celle, maximale, de la
face latérale.
Trizopagurus rubrocinctus sp. nov.
(Fig. 1-4)
Matériel. — 1 $ ovig. holotype, 6,6 mm (Le), 3,6 mm (Le). Iles du Cap-Vert : I. de Sal, baie de
Fontona, 0-5 m, coll. 8.08.1985 (Museo Nacional de Ciencias Naturales, Madrid).
Description
Céphalothorax : Écusson plus long que large, le rapport de ses dimensions égal à 1,2; ses
bords latéraux convexes, sa surface légèrement bombée avec de faibles dépressions arrondies
et, sur les côtés, des rugosités correspondant à des insertions de soies. Bord frontal présentant
une avancée rostrale en triangle obtus, arrondi au sommet et dépassant les saillies
postantennaires faiblement acuminées. Région mésogastrique limitée postéro-latéralement par
un sillon en V, prolongé jusqu’au sillon cervical par une ligne médiane.
Région cardiaque entière, légèrement rétrécie en avant.
De longues soies brunes, surtout arrangées en courtes rangées transverses, sont insérées de
part et d’autre de l’écusson, en arrière du sillon cervical, et, éparses, sur les régions branchiales.
Pédoncules oculaires subégaux, le gauche très légèrement plus long. Présentant un
diamètre minimal vers leur milieu, ils s’élargissent fortement jusqu’à leur base et, plus
faiblement, jusqu’aux cornées. Celles-ci, hémisphériques, dotées d’une petite échancrure
postérieure, ont un diamètre compris 1,4 fois dans le diamètre proximal des pédoncules et cinq
fois environ dans leur longueur.
Écailles oculaires écartées, larges à la base, leur partie distale triangulaire, à sommet
acuminé.
Pédoncules antennulaires robustes, n’atteignant pas tout à fait la base des cornées ; leur
dernier article environ quatre fois plus court que l’écusson.
Pédoncules antennaires se terminant nettement en arrière des cornées. Deuxième article
avec une forte saillie antéro-latérale épineuse. Écaille antennaire dépassant la base du dernier
article du pédoncule, armée de deux (à droite) ou trois (à gauche) dents distales aiguës, suivies
de deux ou trois autres dents du côté mésial. Flagelle de 31-32 articles, plus court que la
carapace.
Chélipèdes (fig. 2, 3 : chélipède gauche) semblables et égaux : mérus massif, avec une forte
saillie ventrale formant une pyramide triangulaire à sommet légèrement émoussé. La face
antérieure de cette pyramide, limitée par des arêtes granuleuses, est faiblement excavée pour
recevoir le carpe et la partie proximale de la main, lorsque celle-ci est rabattue contre le mérus.
Longueur du carpe légèrement supérieure à celle de son bord disto-dorsal. Largeur
maximale de la main égale au 3/5 e de sa longueur totale. Région palmaire d’un quart plus
courte que les doigts.
Face dorso-latérale de la main et du carpe couverte de tubercules coniques peu denses.
Ces tubercules, légèrement inclinés vers l’avant, sont bas et émoussés, sauf au voisinage des
bords des articles où ils sont plus forts et plus élevés ; sur le carpe en particulier, du côté mésial,
— 189 —
Fig. 1. — Trizopagurus rubrocinctus sp. nov., île de Sal, $ holotype 6,6 mm : écusson céphalothoracique et appendices
céphaliques antérieurs.
ils prennent la forme de dents assez aiguës. Sur une partie de la région palmaire et sur le carpe,
chaque tubercule est bordé vers l’avant par des soies brunes assez courtes (cils), disposées en
arcs de cercle. Sur le carpe, des soies raides, beaucoup plus longues, brunes également, sont
insérées isolément en avant d’une partie des tubercules ; des soies similaires sont aussi présentes
sur la face ventrale de la main, ainsi que sur le bord dorsal et sur la saillie ventrale du mérus.
Sur la face mésiale de la main (fig. 3) existe un appareil stridulatoire constitué par des
tubercules à sommet corné dont six sont alignés le long du bord d’articulation avec le dactyle
et quatre légèrement en arrière; d’autres sont isolés, plus en arrière encore. Seuls quatre
tubercules de la première ligne et deux de la seconde, ceux situés le plus près du bord dorsal,
présentent un notable prolongement postérieur de la pointe distale, sous la forme d’une crête
— 190 —
Fig. 2-4. — Trizopagurus rubrocinctus sp. nov., île de Sal, $ holotype 6,6mm : 2, chélipède gauche, vue dorso-latérale ;
3, id., vue mésiale de la main ; 4, 3' péréiopode gauche, vue latérale.
Les marques colorées n’ont été représentées que sur les figures 2 et 4.
cornée courte et assez large, à orientation oblique par rapport à l’axe longitudinal de l’article.
Le dactyle porte également des tubercules dont la pointe cornée, inclinée vers l’avant, s’étire
quelque peu vers l’arrière.
Deuxième et troisième péréiopodes trapus, ceux du côté droit légèrement plus longs.
Deuxième péréiopode gauche à mérus deux fois plus long que large : propode d’un quart plus
court que le mérus, et également deux fois plus long que large ; dactyle un peu plus court que le
propode et doté d’un ongle fortement recourbé et acéré. Les articles du troisième péréiopode
gauche (fig. 4) et des appendices droits homologues présentent des proportions voisines, sauf
en ce qui concerne le propode qui est plus grêle, sa largeur maximale étant comprise jusqu’à
3,5 fois dans la longueur (sur P3 droit). Ces deux paires d’appendices sont armées d’une forte
— 191 —
dent disto-dorsale sur le carpe. Sur tous les articles, et particulièrement sur les régions dorso-
latérale et ventrale, on observe des tubercules bas ou des petites crêtes peu saillantes, en avant
et à la base desquels s’insèrent de courtes lignes de soies brunes, raides, de taille variée. Sous le
dactyle, en arrière de l’ongle, une ligne de 4-5 épines cornées ne dépasse pas le tiers proximal de
l’article.
Quatrième péréiopode à propode ovalaire, plus court que le mérus; le carpe, de même
longueur que le propode, porte une dent disto-dorsale; la râpe, ovalaire, s’étend jusqu’à
l’extrémité du doigt fixe.
Cinquième péréiopode chéliforme, à doigts subégaux, d’une longueur égale au quart
environ de celle de la main.
Abdomen : Les cinq premières plaques tergales très faiblement sclérifiées, la sixième bien
calcifiée, subrectangulaire, divisée en arrière de son milieu par une profonde dépression
transverse et longitudinalement par un sillon peu marqué, un peu plus proche du bord droit
que du bord gauche ; sur la partie antérieure, de part et d’autre du sillon submédian, un groupe
de longues soies raides. Des soies également, mais plus fines, sur les bords postérieur et
postéro-latéraux.
Telson avec une paire d’encoches latérales profondes; les lobes postérieurs arrondis, le
gauche plus saillant que le droit, l’un et l’autre bordés de soies fines, assez longues.
L’abdomen porte du côté gauche quatre pléopodes biramés bien développés (PI 2 à PI 5),
à exopodite nettement plus long que l’endopodite. Les deux rames des trois premiers
pléopodes sont ovifères : les œufs, au nombre de 250 environ, sont légèrement ovoïdes,
mesurant en moyenne 650 x 700 fxm. Le quatrième pléopode, légèrement plus petit, n’est pas
ovifère.
Les uropodes sont fortement inégaux, le gauche étant environ deux fois plus grand que le
droit. Les bords antérieur et latéral de l’exopodite, qui s’inscrivent dans un angle légèrement
obtus, se rejoignent suivant une courbe régulière.
Coloration (en alcool) : Les régions antéro-latérales de l’écusson sont rouge vermillon,
avec des taches blanchâtres ; cette pigmentation est limitée par deux lignes virtuelles joignant le
rostre au tiers antérieur des bords latéraux. En arrière, la région frontale et la partie antérieure
de la région gastrique sont blanches avec quelques taches rougeâtres. Le reste de l’écusson est
blanc, lavé de rose, teinte qui s’étend quelque peu en arrière du sillon cervical. Les pédoncules
oculaires sont d’un orange intense avec quelques taches blanches vers la base. Écailles
oculaires, pédoncules antennulaires et antennaires sont rougeâtres. Le flagelle antennaire est
orange.
Sur les chélipèdes, carpe et main ont une teinte d’ensemble rouge vermillon, sur laquelle
ressortent les tubercules d’un blanc plus ou moins rosé, d’aspect translucide. Le mérus est
rouge avec des marbrures blanchâtres et de larges plages rosées sur les faces latérale et surtout
mésiale. Sur les deuxièmes et troisièmes péréiopodes la coloration présente une combinaison
complexe de blanc rosé et de rouge. Le rouge, avec des macules blanches, domine sur l’ischion
et le mérus des P2, mais ce dernier article est blanc proximalement et blanc également
distalement, avec des taches rouges en avant des insertions sétifères. Sur le mérus des P3 c’est le
blanc qui domine avec des taches rouges marquant les insertions sétifères. Sur les deux paires
d’appendices, les trois articles distaux apparaissent comme annelés de rouge et de blanc : le
carpe est blanc en arrière d’une région distale maculée de rouge ; le propode porte un anneau
d’un rouge intense avec des taches blanches en arrière des insertions pilifères, entre deux
— 192 —
anneaux blancs, l’un étroit, distal, l’autre plus large, proximal ; de même le dactyle présente un
anneau rouge similaire, entre deux anneaux blancs.
Les articles des quatrièmes péréiopodes sont rouges avec des marbrures ou taches
blanches, sauf dans leur partie proximale qui est blanche. Les cinquièmes péréiopodes ont une
coloration similaire, mais très atténuée.
Remarques
Les Trizopagurus connus jusqu’à présent se répartissent en trois groupes bien séparés.
L’un inclut pour l’instant le seul T. strigimanus (White, 1847) signalé du sud-est de l’Australie
et du Japon 1 entre 40 et 400 m.
Il est caractérisé notamment par une couverture de fortes dents épineuses sur les
chélipèdes et par l’appareil stridulatoire formé de plaques cornées striées. Le second groupe,
avec T. strigatus (Herbst, 1804) comme chef de file, comprend actuellement six espèces,
auxquelles s’ajouteront plusieurs autres en cours de description. Il est largement distribué dans
l’Indo-Ouest-Pacifique, de la côte africaine à la Polynésie et aux Hawaii, et dans l’Atlantique
ouest-africain ; il se tient à des niveaux variables suivant les espèces, de la zone intertidale à
plusieurs centaines de mètres. Ses représentants sont tous dotés de chélipèdes et de pattes
ambulatoires à stries ciliées plus ou moins annulaires, et d’un appareil stridulatoire bien
développé, mais en partie formé de plusieurs plages de crêtes cornées séparées.
Enfin le troisième groupe réunissait les deux espèces mentionnées plus haut, T. melitai
connu du Sénégal au Ghana et aux îles du Cap-Vert et T. magnifiais décrit de Basse-Californie
et retrouvé au Mexique (côte pacifique) et aux îles Galapagos. L’une et l’autre sont intertidales
et ont en commun des chélipèdes ornés de tubercules arrondis ou peu aigus, des pattes
ambulatoires non annelées et un appareil stridulatoire peu développé par rapport à celui du
groupe précédent.
Les trois groupes présentent chacun des caractéristiques bien tranchées, sans qu’aucune
espèce n’apparaisse comme réellement intermédiaire 2 .
L’holotype et spécimen unique de la nouvelle espèce, femelle ovigère à carapace de 6,6 mm
(écusson : 3,6 mm), a été comparé à d’assez nombreux spécimens de T. melitai provenant
principalement du Sénégal (c/. Forest, 19526 : 15, fig. 3, 12, 19) et aux deux spécimens
disponibles de T. magnifiais, l’holotype, de Basse-Californie, femelle de 15,5 mm (écusson :
9,0 mm) et un mâle d’Oaxaca (Mexique) de 18,5 mm (écusson : 9,9 mm) ( loc. cit., p. 12, fig. 2,
11, 18). Nous nous sommes également référés pour la coloration de la seconde espèce, à
l’illustration de son synonyme ( Clibanarius chetyrkini Boone, 1932 : 29, fig. 8).
La forme de l’écusson est assez voisine chez T. rubroeinctus et chez T. melitai : ses bords
sont assez régulièrement convexes alors que chez T. magnifiais une atténuation de la courbure
à partie du tiers antérieur confère à la partie postérieure de l’écusson un aspect quelque peu
triangulaire. Le rostre, très obtus chez les deux espèces est-atlantiques, est plus aigu chez celle
du Pacifique.
1. En fait, les spécimens japonais appartiennent à une espèce distincte qui, en même temps que plusieurs espèces
apparentées provenant d’autres régions, sera ultérieurement décrite (J. F.).
2. Il n’existe pas non plus de formes de transition parmi les nombreuses autres espèces reconnues mais encore non
décrites. Les importantes particularités observées dans le groupe strigimanus nécessiteront sa séparation dans un genre
distinct, et il en sera probablement de même pour le groupe strigatus. Le genre Trizopagurus se trouvera ainsi restreint
au troisième groupe qui inclut l’espèce-type, T. melitai (J. F.).
— 193 —
Les pédoncules oculaires diffèrent par leur forme et leurs proportions chez les trois
espèces. Le diamètre cornéen est compris de 5,0 à 6,0 fois dans la longueur des pédoncules
oculaires chez T. melitai et il n’y a pas à cet égard de différence significative avec T.
rubrocinctus , chez lequel ce rapport est de 5,0, mais avec une cornée nettement plus allongée.
Cependant, chez la première espèce, seule la partie basale est fortement renflée, alors que chez
la seconde l’élargissement intervient en arrière du milieu du pédoncule. Chez T. magnificus, au-
dessus d’un court renflement basal, le pédoncule est cylindrique; le rapport du diamètre
cornéen à la longueur du pédoncule est plus élevé que chez les deux autres espèces, mais très
variable : égal à 6,3 chez le type, à 7,9 chez le plus grand spécimen.
Les longueurs relatives des pédoncules oculaires, antennulaires et antennaires, sujettes à
de notables variations chez T. melitai et quelque peu différentes chez les deux T. magnificus
examinés, ne permettent guère de rapprocher ou de séparer T. rubrocinctus de l’un ou de
l’autre. En revanche, l’article distal des pédoncules antennulaires a une longueur égale au quart
environ de celle de l’écusson chez les deux espèces est-atlantiques, au tiers chez T. magnificus.
Les écailles oculaires, unidentées chez T. rubrocinctus et T. melitai, plus ou moins nettement
bidentées chez T. magnificus, sont plus écartées dans la nouvelle espèce.
Si la forme et les proportions des articles des chélipèdes sont voisines chez ces
Trizopagurus, leur ornementation est sans doute la caractéristique spécifique la plus frappante,
en dehors de la coloration. La présence sur le carpe et la main de tubercules isolés de taille
variée, chacun bordé vers l’avant de soies courtes, ou cils, disposées en arcs de cercle est
commune à T. magnificus (Forest, 19526, fig. 11) et à la nouvelle espèce, chez laquelle
cependant les tubercules sont un peu plus petits et plus nombreux.
Chez T. melitai (Forest, loc. cit., fig. 12), les tubercules, petits, arrondis, très peu saillants,
sont organisés en courtes rangées transverses dont chacune est limitée en avant par un sillon et
par une frange de courtes soies en arc de cercle. Cette disposition confère un aspect squameux
à une partie de la face dorsale de la main, sauf au voisinage du bord préhensile du doigt fixe et
sur le dactyle, où les tubercules restent isolés. Les mêmes formations en arcs de cercle sont
présentes sur le carpe, certaines tendant cependant à s’aligner dans la région distale pour
former une strie transverse continue.
Nous avons noté plus haut que l’appareil stridulatoire de T. magnificus et T. melitai était
moins développé que dans le groupe strigatus. Dans les deux groupes les éléments de cet
appareil sont constitués par des tubercules homologues de ceux présents sur la main. Les
pointes cornées aiguës, inclinées vers l’avant, des moins modifiés de ces tubercules s’étirent
postérieurement pour former d’étroites baguettes parallèles régulièrement espacées. Dans le
groupe strigatus ces baguettes sont nombreuses, disposées en plusieurs plages qui occupent,
suivant les espèces, un espace plus ou moins étendu en arrière du dactyle, et sont aussi souvent
présentes sur ce dernier.
Chez T. melitai (Forest, 19526, fig. 19) on trouve en arrière du dactyle une rangée de 8-9
baguettes de longueur décroissante à partir du bord dorsal, les dernières étant réduites à une
petite protubérance cornée. Une seconde rangée, en arrière de la précédente comprend quatre
baguettes bien différenciées et deux denticules cornés. Sur le dactyle, les forts tubercules cornés
ne sont que légèrement étirés vers l’arrière. Un appareil stridulatoire similaire est présent chez
T. magnificus (Forest, loc. cit., fig. 18), mais avec des éléments cornés, et en particulier des
baguettes différenciées, moins nombreux.
— 194 —
L’appareil stridulatoire de T. rubrocinctus apparaît comme plus réduit encore. Il
comprend un petit nombre d’éléments cornés, dont quelques-uns seulement, près de l’angle
disto-dorsal de la paume, sont étirés postérieurement en crêtes parallèles courtes et larges.
Chacune des trois espèces présente une sétosité caractéristique, particulièrement sur la
face dorsale des chélipèdes. Chez T. melitai, ce sont essentiellement des soies courtes, des cils,
fins et denses, disposés devant les groupes de tubercules. Chez T. magnificus les cils sont plus
longs, plus épais, moins nombreux; ils s’allongent notablement vers les côtés de la main et
surtout sur le carpe, où, devant chaque tubercule, s’insère un éventail de soies dont certaines
sont longues. On trouve chez T. rubrocinctus une sétosité voisine sur la main, mais sur le carpe
on observe, en avant des tubercules, des arcs de cils courts et réguliers, au milieu desquels se
dresse une très longue soie brune isolée. Sur les régions dorsales des deux paires de pattes
suivantes, la première espèce ne porte que des soies relativement courtes, la seconde des soies
assez longues, groupées en touffes serrées et la troisième des soies de taille variée, certaines très
longues, formant des faisceaux moins denses que chez l’espèce précédente.
Les trois espèces ont également des colorations bien différentes. Chez T. melitai, la teinte
générale des régions calcifiées, rouge marron sur le vivant, passe au rouge et au rose dans
l’alcool, celle des pédoncules oculaires et des pattes ambulatoires tendant vers l’orange.
L’écusson et la moitié proximale des pédoncules oculaires sont parsemés de taches blanchâtres
petites ou très petites, avec des taches blanches arrondies beaucoup plus grandes et peu
nombreuses. Ces taches, présentes sur les articles proximaux des pattes ambulatoires,
s’atténuent et disparaissent sur le propode et le dactyle. Les chélipèdes sont de teinte assez
uniforme, avec quelques taches blanches marquant les plus gros tubercules.
Des deux spécimens de T. magnificus examinés, seul le type, conservé pourtant depuis près
d’un siècle, offre encore des restes de coloration : taches blanches sur un fond rosé. Cependant,
la photographie de l’espèce synonyme, T. chetyrkini (Boone, 1932, fig. 8) précise la disposition
des taches sur un fond dont l’auteur n’indique pas la teinte, mais qu’on peut présumer rouge
foncé. Toutes les parties calcifiées, pédoncules oculaires compris, sont couvertes de taches
blanches rapprochées, dont beaucoup, sur l’écusson et les pattes thoraciques, sont grandes et
arrondies. Sur les chélipèdes, tous les tubercules sont blancs, quelle que soit leur taille.
Le type et spécimen unique de la nouvelle espèce a conservé, quatre ans après sa récolte,
une très vive coloration. Celle-ci, telle qu’elle est décrite plus haut (p. 191), est tout à fait
particulière et fort éloignée de celle des deux autres espèces du même groupe. Ainsi, la présence
sur les deuxièmes et troisièmes péréiopodes d’anneaux rouges sur un fond blanc est tout à fait
caractéristique et justifie le nom spécifique retenu.
En conclusion, T. rubrocinctus sp. nov. apparaît comme une espèce bien caractérisée,
apparentée à T. melitai et à T. magnificus, mais plus proche de cette dernière par
l’ornementation des chélipèdes, l’organisation de l’appareil stridulatoire et la sétosité.
Il faut noter que la nouvelle espèce ne peut être considérée comme une forme
intermédiaire. On observe en effet chez elle, et plus accentuées encore, certaines particularités
qui distinguent T. magnificus de T. melitai, avec un appareil stridulatoire plus réduit encore et
la présence, en particulier sur le carpe des chélipèdes, de soies brunes plus longues et plus
épaisses.
Il est remarquable que les relations taxonomiques entre ces Trizopagurus ne correspon¬
dent pas à leur distribution géographique. T. rubrocinctus, décrit des îles du Cap-Vert, est
morphologiquement plus éloigné de T. melitai signalé de la même région que de T. magnificus,
— 195 —
localisé dans le Pacifique oriental. Ajoutons que les trois espèces ne présentent pas de
différences dans leur habitat : elles ont toujours été récoltées en zone rocheuse, dans la zone
intertidale et jusqu’à une profondeur de cinq mètres au plus.
Remerciements
Nous exprimons notre gratitude aux Drs Emilio Rolân, Angel A. Luque et José Templado,
membres de la « P Expediciôn Ibérica al Archipiélago de Cabo Verde », qui ont recueilli et bien voulu
nous confier le spécimen étudié. Nous remercions également M lle Françoise Theureau qui a exécuté les
dessins.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Boone, L., 1932. — The littoral Crustacean fauna of the Galapagos Islands. Pt 2, Anomura. Zoologica,
N. Y„ 14 : 1-62.
Bouvier, E.-L., 1898. — Sur quelques Crustacés Anomoures et Brachyures recueillis par M. Diguet en
Basse-Californie. Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 : 371-384.
Chevreux, E., et E.-L. Bouvier, 1892. — Paguriens. In : Voyage de la goélette « Melita » aux Canaries et
au Sénégal, 1889-90. Mém. Soc. zool. Fr., 5 : 83-144, pl. 2-4.
Forest, J., 1952a. — Notes préliminaires sur les Paguridae des Côtes occidentales d’Afrique. I. Définition
de Pseudopagurus gen. nov. et de Trizopagurus gen. nov. Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 2 e sér.,
24 (3) : 254-256.
— 19526. — Contribution à la révision des Crustacés Paguridae. I. Le genre Trizopagurus. Mém.
Mus. natn. Hist, nat., Paris, Sér. A, Zool., 5 (1) : 1-40, fig. 1-25.
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 12, 1990,
section A, n” 1 : 197-238.
Les types de cétacés actuels
du Muséum national d’Histoire naturelle
II. Delphinidae, Phocoenidae
par Daniel Robineau
Résumé. — Histoire et, quand besoin est, brève description des spécimens-types de sept espèces
nominales valides (Delphinus tropicalis, Grampus griseus, Lagenorhynchus cruciger, Sotalia fluviatilis,
Sousa plumbea, Stenella frontalis, Neophocaena phocoenoides) et de quatorze espèces nominales placées en
synonymie (Phocaena capensis [= Cephalorhynchus heavisidei ], Delphinus fulvifasciatus, Eudelphinus
tasmaniensis [= Delphinus delphis], Globiocephalus guadaloupensis [Globicephala macrorhynchus], Grampus
sakamata [= Grampus griseus], Delphinus breviceps [Lagenorhynchus cruciger ], Delphinus pallidus
[= Sotalia fluviatilis], Delphinus velox, D. brevimanus [= Stenella attenuata], Delphinus froenatus [Stenella
frontalis], Delphinus tethyos, D. marginatus, D. mediterraneus [= Stenella coeruleoalba], Delphinus
roseiventris [= Stenella longirostris] des collections du Muséum national d’Histoire naturelle (Paris).
Abstract. — History and, when necessary, brief description of type specimens of seven valid nominal
species (Delphinus tropicalis, Grampus griseus, Lagenorhynchus cruciger, Sotalia fluviatilis, Sousa plumbea,
Stenella frontalis, Neophocaena phocoenoides) and fourteen nominal species put in synonymy (Phocaena
capensis [= Cephalorhynchus heavisidei], Delphinus fulvifasciatus, Eudelphinus tasmaniensis [= Delphinus
delphis], Globiocephalus guadaloupensis [Globicephala macrorhynchus]. Grampus sakamata [= Grampus
griseus], Delphinus breviceps [Lagenorhynchus cruciger], Delphinus pallidus [= Sotalia fluviatilis], Delphinus
velox, D. brevimanus [ = Stenella attenuata], Delphinus froenatus [Stenella frontalis], Delphinus tethyos, D.
marginatus, D. mediterraneus [= Stenella coeruleoalba], Delphinus roseiventris [= Stenella longirostris] in
the collections of the National Museum of Natural History (Paris).
D. Robineau, Muséum national d’Histoire naturelle. Centre national d’Étude des Mammifères marins, Laboratoire
d’Anatomie comparée, 55, rue Buffon, 75005 Paris.
Dans cette seconde partie de notre travail 1 , un nom, celui de Dussumier, sera maintes fois
cité. J. J. Dussumier (1792-1883), négociant-armateur et capitaine au long cours fut aussi un
voyageur-naturaliste particulièrement actif. De ses nombreux voyages — qu’il fit de 1816 à
1840, entre Bordeaux, l’Inde et la mer de Chine — il rapporta au Muséum des collections
zoologiques et botaniques considérables, préparées avec le plus grand soin pour la
conservation, et accompagnées de notes de terrain très précises (cf. Arvy, 1972; Laissus,
1973). Grâce au travail précédemment cité de Y. Laissus et aux documents de Dussumier
(conservés à la Bibliothèque centrale du Muséum, ainsi qu’aux Archives Nationales, Paris), il a
été possible de dresser un bilan des spécimens de cétacés dont il fit don au Muséum. En dix
1. La première partie a été publiée dans le Bulletin du Muséum, 1989, A, n° 1 : 239-257.
— 198 —
ans, de 1826 (fin de son 4 e voyage) à 1835 (fin de son 9 e voyage), Dussumier collecta 30
spécimens de petits cétacés (animaux entiers conservés dans la saumure ou l’alcool, pièces
squelettiques), et parmi eux sept types. Ce nombre, qui peut paraître bien modeste à une
personne non avertie, est en fait considérable si l’on tient compte des difficultés rencontrées
pour se procurer ces animaux et du fait que l’activité principale de Dussumier était tout de
même le commerce des marchandises entre la France, l’Inde et la Chine. Nul doute que les
remerciements et les encouragements qu’il reçut de G. Cuvier furent pour lui très motivants. A
lui seul, Dussumier a fait autant pour la cétologie que toutes les grandes expéditions
scientifiques françaises 1 qui sillonnèrent, au xix e siècle, les océans.
Arvy (1972 : pl. 1) a publié des aquarelles de Dussumier (MS. 894 de la Bibliothèque
centrale du Muséum) représentant des dauphins capturés lors du 6 e voyage (décembre 1827 à
septembre 1830) au terme duquel treize spécimens furent remis au Muséum. Ces figurations,
faites visiblement d’après des animaux fraîchement capturés, permettent de reconnaître
aisément (à une exception près) l’espèce ; il n’y a malheureusement aucun type parmi eux. Elle
a également fait connaître huit dessins au trait (MS. 539 de la Bibliothèque centrale du
Muséum) représentant des petits cétacés collectés par Dussumier. Mais ceux-ci sont de toute
autre facture. Exécutés à la plume et à l’encre de Chine, six d’entre eux sont exactement
conformes aux dessins coloriés publiés par Geoffroy Saint-Hilaire et F. Cuvier (1829). La
seule différence tient à ce que les premiers représentent le profil gauche des animaux alors que
les seconds sont des profils droits. Les deux séries ont sans nul doute été exécutées de la même
main, celle de J. Ch. Werner; les animaux représentés sont les spécimens de Dussumier tels
qu’ils étaient lorsqu’ils arrivèrent au Muséum, conservés dans la saumure. Parmi eux on trouve
les types de Phocaena capensis, Delphinus velox, D. frontalis, D. froenatus et D. phocoenoides.
Il nous reste à indiquer que cette seconde partie de notre travail a été faite dans le même
esprit et selon le même plan d’exposition que la première. Les abréviations utilisées sont
identiques, à savoir :
CAC : Catalogue des collections du Laboratoire d’Anatomie comparée.
CAG : Catalogue des anciennes galeries d’Anatomie comparée.
CGZ : Catalogue des mammifères marins de la Galerie de Zoologie.
JAC : Journal du Laboratoire d’Anatomie comparée.
Delphinidae
Cephalorhynchus heavisidei (Gray, 1828)
— Phocaena capensis G. Cuvier, 1829.
« Il y a dans les mers du Cap, un marsouin assez semblable au nôtre, mais qui a vingt huit
dents partout, cylindriques, un peu pointues, et non pas comprimées comme celles du nôtre.
1. L’une de celles-ci, sur les corvettes T « Astrolabe » et la « Zélée », commandées par Dumont d’Urville, fournira
cependant une contribution notable puisque quatre spécimens-types proviennent de cette expédition.
— 199
C’est le D. capensis de M. Dussumier ». Par ces quelques lignes G. Cuvier, dans la 2 e édition
du « Règne animal » (1829) \ signale à ses lecteurs la découverte de M. Dussumier. A noter
qu’il place le D. [elphinus] capensis de Dussumier dans le chapitre consacré aux marsouins
(genre Phocaena) et que, par conséquent, le binôme latin du marsouin du Cap est Phocaena
capensis.
La même année (1829), F. Cuvier dans son « Histoire naturelle des mammifères »
(tome III, livraison LVIII, septembre 1829), qu’il publie avec Geoffroy Saint-Hilaire, relate
que Dussumier a rapporté à Paris un individu capturé dans la rade du « Cap de Bonne
Espérance ». Ce spécimen, figuré et décrit sous le nom de marsouin du Cap, « avait vingt-six
dents de chaque côté de la mâchoire supérieure, et vingt-trois de chaque côté de l’inférieure. Sa
couleur était entièrement noire, excepté une tache blanche qui se voyait de chaque côté. Sa
longueur totale était de près de quatre pieds » ( ~ 130 cm). Il indique finalement que « cette
espèce portera sans doute dans les catalogues le nom de capensis », mais il la décrira quelques
années plus tard (1836) sous le nom de dauphin céphalorhynque (D. [ elphinus] cephalorhyn-
chus).
En fait, le marsouin du Cap n’était pas une forme nouvelle car une année auparavant, en
1828, Gray avait décrit l’espèce sous le nom de Delphinus heavisidei [il le placera plus tard dans
son genre Cephalorhynchus (Gray, 1850)].
En outre il avait, dans cette même publication, déjà utilisé le nom de Delphinus capensis
pour désigner une autre espèce de dauphin (en réalité un D. delphis), ce qui amènera Fischer
(1829) à proposer pour le marsouin du Cap le binôme Delphinus Dussumieri.
Mentionnée par F. Cuvier (1829), l’existence d’un spécimen de marsouin du Cap,
rapporté en France par Dussumier, est attestée par le « Catalogue des animaux donnés au
Muséum d’Histoire Naturelle par M. Dussumier de Bordeaux [le] 9 novembre] 1827 »
(Archives Nationales : AJ 15 572, n° 10). Ce spécimen-type est aussi signalé par Pucheran
(1856) qui en donne les mensurations. Autrefois exposé à la Galerie de Zoologie (n° 26 du
catalogue), cet individu naturalisé est maintenant conservé dans la Zoothèque du Muséum.
Parmi les spécimens de C. heavisidei étudiés par True (1889) figurait un crâne de nos
collections (CAC : A.3063) provenant du « Cap de Bonne-Espérance » 1 2 . Le CAC a réuni sous
ce même numéro un calvarium et une mandibule qui dans le catalogue des anciennes galeries
(CAG) étaient inscrits sous les numéros et avec les indications suivantes :
— B 11/116 : « Marsouin à dents coniques. Harponné dans la rade du cap de Bonne-Espérance par
M. Dussumier, en 1827. Crâne ».
— B 11/112 : « Delphinus cephalorhyncus F. Cuvier. Mâchoire inférieure».
La mandibule A.3063 (= B 11/112) existe dans nos collections; par contre aucun
calvarium portant ce numéro n’a pu y être découvert. Ces collections renferment cependant un
(et un seul) calvarium de C. heavisidei qui, retrouvé sans indication, a été renuméroté à une
période récente (JAC : 1972-03). Un certain nombre d’indices nous incitent à admettre que ce
calvarium est celui qui était précédemment numéroté A.3063 ; en effet, ses mensurations sont
très proches de celles de A.3063 (cf. True, 1889 : 110-111) et son état correspond assez bien à
la description qui est donnée du calvarium A.3063 dans le CAC.
1. La parution des tomes 1, 2, 4 et 5 du « Règne animal » est signalée dans le numéro daté du 11 avril 1829 de la
« Bibliographie de la France » ou « Journal de l’Imprimerie ».
2. A noter que les crânes A.3061, A.3062 et A.3064 de ces collections, que True (1889) considère comme des C.
heavisidei, sont en fait des C. hectori.
- 200
I Vautre part, nous avons pu nous assurer qu’il s’agissait du calvarium représenté dans
Van Beneden et Gervais ((1868-1879), pi. XXVI, fig. 1 et la. Or cette pièce provient du « Cap
de Bonne-Espérance » et a été rapportée par Dussumier (communication de R. Anthony,
ancien Directeur du Laboratoire, à S. Harmer; cf. Harmer, 1922 : 636). Par contre, ainsi que
le notait aussi R. Anthony, on peut douter que la mandibule A. 3063 (= B II/l 12) corresponde
à ce même calvarium ; elle paraît en effet bien trop grande (cf. Van Benedan et Gervais, 1868-
'1879, pi. XXVI, fig. 16).
Le matériel-type du marsouin du Cap semble donc comprendre :
— un spécimen naturalisé (CGZ n° 26);
— un calvarium (CAC : A.3063; CAG: B 11/116, JAC : 1972-03);
— une mandibule (CAC : A.3063; CAG : B 11/112).
Nous savons que le marsouin du Cap parvenu au Muséum de Paris le 9 novembre 1827
faisait partie d’un lot d’« animaux conservés en peau » (Catalogue, Archives Nationales ;
AJ 15 572, n° 10). Ce spécimen figurait parmi les dauphins dessinés par J. Ch. Werner pour
l’ouvrage de Geoffroy Saint-Hilaire et F. Cuvier (1829). Or, ces auteurs nous apprennent
que « ces animaux, conservés dans la saumure, ont été dessinés avant leur dissection ». Il
s’agissait par conséquent de spécimens entiers. Il paraît donc possible que, lors de la
naturalisation du marsouin du Cap, le crâne ait été extrait, et aurait pu correspondre au
calvarium et à la mandibule A.3063 du CAC. Cette hypothèse, toute séduisante qu’elle soit,
doit être cependant rejetée, car une radiographie du spécimen naturalisé a permis de constater
que le crâne était présent à l’intérieur du montage. Dès lors, on doit considérer que le
calvarium et la mandibule A.3063 proviennent d’un (?) autre individu rapporté par Dussumier,
peut-être lors d’un voyage ultérieur 1 .
P. Best (in litteris) nous a suggéré que le spécimen de C. heavisidei n° 26 du CGZ pourrait
être le « dauphin hasté » (D. hastatus) décrit par Quoy d’après un spécimen naturalisé qu’il
trouva chez M. Verreaux au Cap (cf. F. Cuvier, 1836 : 161 ; Flower, 1883 : 475). Une telle
hypothèse peut être facilement écartée car : 1) si ce spécimen avait été à Paris en 1836,
F. Cuvier l’aurait sans doute indiqué et ne se serait pas borné à citer le manuscrit de Quoy ;
2) on sait que J. Verreaux est revenu à Paris en 1838 mais qu’il a perdu toute sa collection dans
le naufrage du navire « Lucullus » de La Rochelle (cf. Arvy, 1977 : 327) ; 3) le dauphin hasté a
été représenté par Quoy (MS : 109 de la Bibliothèque centrale du Muséum reproduit in Arvy,
1977 : 335, fig. 7) et d’après ce dessin il ne ressemble guère au spécimen n° 26 du CGZ.
Par ailleurs, nous avons de bonnes raisons de ne pas douter que ce dernier spécimen soit le
type du marsouin du Cap (Phocaena capensis) car il porte une étiquette ancienne qui l’indique
et il ressemble beaucoup à la figure qu’en donne Geoffroy Saint-Hilaire et F. Cuvier en
1829.
Holotype : spécimen capturé dans la « rade du Cap de Bonne-Espérance » 2 ; collecté par J. J. Dus¬
sumier lors de son 5 e voyage et remis au Muséum le 9 novembre 1827. Dussumier note « Cette
espèce doit être rare au Cap, car elle ne se trouve pas dans les deux Cabinets de la ville »
(Manuscrit MS : 539 de la Bibliothèque centrale du Muséum).
1. Par exemple, à l’issue de son 6 e voyage, Dussumier donnera au Muséum, en octobre 1830, plusieurs crânes de
dauphins (Catalogue, Archives Nationales : AJ 15 572, n° 11).
2. Les écrits anciens ne distinguent pas la ville du Cap (Cap Town) du cap de Bonne-Espérance (Cap Point). Dans
ce cas il s’agit vraisemblablement de la rade de Cape Town.
— 201 —
— Animal naturalisé avec son crâne.
— Numéro de collection : CGZ n° 26.
— Zoothèque du Muséum national d’Histoire naturelle (Paris).
On trouvera ci-dessous (fig. 1) deux photos de ce spécimen (vues latérale et ventrale). Chez
Cephalorhynchus heavisidei la marque blanche en forme de trident (à pointes postérieures) qui
orne la face ventrale est normalement séparée du blanc de la gorge par une bande noire (Best,
1988) qui semble ne pas exister sur le spécimen. Des retouches de peinture pourraient être
responsables de cette anomalie.
Fig. 1. — Phocaena capensis G. Cuvier [= Cephalorhynchus heavisidei (Gray, 1828)] : holotype CGZ n° 26 (peau
montée). Vues latérale (en haut) et ventrale (en bas).
Les principales mensurations standard (en cm) du spécimen-type s’établissent comme
suit :
Longueur totale. 156
Du bout du museau :
— à la pointe de la nageoire dorsale. 92,2
— à la base de la nageoire pectorale. 35,6
— à l’évent . 18,3
Longueur maximale de la nageoire pectorale. 20
Hauteur de la nageoire dorsale. 12,3
Largeur de la nageoire caudale. 36,1
— 202 —
Geoffroy Saint-Hilaire et F. Cuvier (1829) indiquent pour l’holotype une longueur
approximative qui apparaît nettement sous-estimée (« près de quatre pieds » ^ 130 cm).
Pucheran (1856), quant à lui, fournit une longueur totale (161,2 cm) surestimée car elle est
mesurée suivant la courbe du dos.
Le nombre de dents de l’holotype varie lui aussi suivant les auteurs : « vingt huit dents
partout » (G. Cuvier, 1829); « vingt six dents de chaque côté de la mâchoire supérieure et
vingt trois de chaque côté de l’inférieure » (Geoffroy Saint-Hilaire et F. Cuvier, 1829). En
fait, le dénombrement des dents n’est pas aisé sur le spécimen. Nous avons compté, quant à
nous, du côté gauche (à droite la denture paraît incomplète) : 26 dents en haut et 27 en bas.
Principales figurations
Geoffroy Saint-Hilaire et F. Cuvier (1829), Marsouin du Cap.
Arvy, 1972, pl. 4, fig. 4 (d’après le manuscrit MS 539 de la Bibliothèque centrale du Muséum).
Best (1988), fig. la et b (vues latérale et ventrale de l’holotype).
Delphinus delphis Linnaeus, 1758
— Delphinus fulvifasciatus Wagner, 1846.
Wagner (in Schreber et Wagner, 1846) n’a fait que traduire en latin le nom français de
Dauphin à bande fauve et à reproduire le dessin de l’animal publié dans l’Atlas de Zoologie
(pl. 21, fig. 1) du « Voyage au pôle sud... » (Jacquinot, 1842-53). Le spécimen-type avait été
pris par l’expédition de 1’ « Astrolabe » et la « Zélée », commandée par Dumont d’Urville,
près de l’embouchure de la rivière d’Hobart-Town en Tasmanie. Il est représenté dans les
collections du Muséum par une peau montée et un crâne.
Le D. fulvifasciatus est placé en synonymie avec D. delphis Linnaeus, 1758.
Holotype : collecté par l’expédition de 1’ « Astrolabe » et la « Zélée » (1837-1840), commandée par
Dumont d’Urville, à proximité d’Hobart-Town, Tasmanie.
— Spécimen naturalisé (peau montée) et crâne.
— Numéros de collection : CGZ n° 20 (spécimen naturalisé) et CAC A. 3025 (crâne).
— Zoothèque (spécimen naturalisé) et Laboratoire d’Anatomie comparée (crâne) du Muséum
national d’Histoire naturelle (Paris).
En ce qui concerne le spécimen naturalisé, Jacquinot et Pucheran (1853) indiquent
comme longueur totale 1,81m. Nous avons trouvé 1,62 m pour la longueur totale standard.
Les auteurs précédemment cités relatent (p. 37) que « Ce dauphin a malheureusement perdu
par la dessication et le montage quelques-uns de ses caractères. Le noir du dessus et le blanc
des parties inférieures sont encore parfaitement saisissables, mais la bande fauve des flancs
s’est tout à fait éclipsée... ». Nous sommes en effet en présence d’un spécimen peint en noir et
blanc.
Le spécimen naturalisé et le crâne sont mentionnés par True (1889) qui note (p. 51) : « I
do not think that the differences pointed out are sufficient to warrant the separation of
fulvofasciatus (sic) from delphis ».
Les principales mensurations (en mm) du crâne A.3025 sont les suivantes :
Longueur condylo basale. 432
Longueur du rostre. 270
Largeur du rostre à sa base. 90
en son milieu . 54
Largeur du crâne : préorbitaire . 173
postorbitaire. 191
zygomatique. 184
pariétale. 153
Longueur de la mandibule. 383
Hauteur de la mandibule (ap. coron.) . 68
Formule dentaire D 45 G 42 +
D 44 G 45
La calotte crânienne a été sciée, puis le reste du calvarium a été coupé selon le plan
sagittal médian. Les pétrotympaniques manquent ainsi que les jugaux. L’extrémité du rostre
est incomplète du côté gauche.
Principales figurations
Jacquinot (1842-53), pl. 21, fig. 1 (animal en vue latérale); pl. 23, fig. 1 (vue dorsale du calva¬
rium), fig. 2 (vue latérale du crâne).
Van Beneden et Gervais (1868-79), pl. XXXIX, fig. 8 (rostre en vue ventrale).
— Eudelphinus tasmaniensis Van Beneden et Gervais, 1880.
L’aspect de la face inférieure du rostre figuré par Van Beneden et Gervais (1868-79,
pl. XXXIX, fig. 9) indique que cette espèce est, comme la précédente, un Delphinus delphis.
L’espèce est citée dans le texte (1880 : 604).
Holotype : collecté par J. Verreaux, en Tasmanie, en 1843 (CAC) ou 1853 (date portée sur la man¬
dibule). Van Beneden et Gervais (1880), dans la légende de leur planche, mentionnent la loca¬
lité d’Hobart-Town.
— Crâne.
— Numéro de collection : CAC : A.3071.
— Nous n’avons pu retrouver le crâne A.3071 en collection.
True (1889 : 50) fournit la longueur condylobasale (44,5 cm) et la largeur orbitaire
(16,8 cm) de cette pièce.
Principales figurations
Van Beneden et Gervais (1868-79), pl. XXXIX, fig. 9 (face inférieure du rostre).
Delphinus tropicalis Van Bree, 1971
— Delphinus longirostris G. Cuvier, 1829.
En 1829, G. Cuvier définit brièvement une nouvelle espèce de dauphin — caractérisée par
le nombre élevé de ses dents (« il en a partout cinquante cinq à soixante ») — d’après un
- 204 —
spécimen rapporté par Dussumier de la côte de Malabar. Il la nomma, d’après Dussumier,
Delphinus longirostris. Un crâne de « dauphin à bec très long », de Malabar, figure en effet
dans le « Catalogue des animaux donnés au Muséum par M. Dussumier [le] 9 novembre]
1827 » (Archives Nationales : AJ 15 572, n° 10). Ce crâne, toujours présent dans nos
collections, constitue donc l’holotype de cette espèce et des espèces qui en dérivent pour des
raisons de nomenclature.
Comme le binôme de D. longirostris avait déjà été utilisé par Gray en 1826 (pour une
espèce nommée maintenant Stenella longirostris ), Blanford (1891 : 588) décida d’attribuer au
D. longirostris de Cuvier un nouveau nom : Delphinus dussumieri.
Van Bree (1971) a fait remarquer que D. dussumieri Blanford, 1891, était préutilisé pour
D. dussumieri Fischer, 1829 (nouveau nom pour D. capensis G. Cuvier, 1829, déjà utilisé pour
D. capensis Gray, 1828) et a finalement proposé le binôme Delphinus tropicalis pour désigner
cette espèce qui fréquente surtout les eaux chaudes de l’océan Indien nord.
Le crâne-type est très longtemps resté le seul témoin de l’espèce, si bien que,
progressivement, le statut taxonomique de celle-ci était devenu douteux (elle était souvent
placée en synonymie avec D. delphis ou citée parmi les incertae sedis). La découverte de
nouveaux spécimens dans les années soixante-dix allait permettre de préciser son statut.
Delphinus tropicalis Van Bree, 1971, est considéré par un certain nombre d’auteurs actuels
(Pilleri et Gihr, 1972; Van Bree et Gallagher, 1978; Honacki et al., 1982; Robineau et
Rose, 1984) comme une espèce valide.
Holotype : collecté par J. J. Dussumier sur la côte de Malabar (océan Indien nord, sud-ouest de la
péninsule indienne) lors de son cinquième voyage et remis au Muséum en novembre 1827.
— Crâne.
— Numéros de collection : CAC : A.3065, CAG : B 11/64.
— Laboratoire d’Anatomie comparée du Muséum national d’Histoire naturelle (Paris).
Le crâne-type a été étudié par True (1889 : 58-59) qui en donne les mensurations. Il est en
bon état mais un certain nombre de dents manquent à la partie antérieure du rostre ; en outre
les pétrotympaniques sont absents ainsi que les jugaux.
Principales figurations
Van Beneden et Gervais (1868-1879), pi. XXXIX, fig. 10 (calvarium en vue dorsale); fig. 11 (calva¬
rium en vue ventrale).
Pilleri et Gihr (1972), pi. XV (calvarium en vues dorsale et ventrale d’après Van Beneden et Ger¬
vais).
Globicephala macrorhynchus Gray, 1846
— Globiocephalus guadaloupensis Gray, 1871.
Van Beneden et Gervais (1868-79) ont représenté (pl. LU, fig. 3), sous le nom de
Globiocephalus intermedius Gray, 1868, un crâne de cétacé des collections du Muséum de Paris
provenant de l’île de la Guadeloupe.
Gray (1871 : 84) a pris ce crâne pour type d’une espèce nouvelle Gl. guadaloupensis
actuellement placée en synonymie avec Gl. macrorhynchus Gray, 1841 (cf. True, 1889 : 141).
- 205 -
Holotype : animal échoué sur la côte de l’île de la Guadeloupe (Antilles françaises) en 1836; collecté
par M. L’Herminier et donné par lui au Muséum en 1840.
i— Calvarium.
— Numéros de collection : CAG : B 11/241; CAC : A.3215.
—r Laboratoire d’Anatomie comparée du Muséum national d’Histoire naturelle (Paris).
M. L’Herminier avait donné deux crânes au Muséum. Le second crâne, également présent
dans nos collections, porte les numéros CAG ; B 11/238, CAC : A.3216. Les mensurations de
ces deux pièces se trouvent dans Casinos et Bou (1980).
Principale figuration
Van Beneden et Gervais (1868-79), pl. LII, fig. 3 (calvarium en vue dorsale).
Grampus griseus (G. Cuvier, 1812)
— Delphinus griseus G. Cuvier, 1812.
Cuvier (1812) relate qu’il a reçu de Brest l’année précédente, grâce à M. Duméril, le
dessin et le squelette d’un dauphin adulte long de 3,5 m. Il considère être en présence d’une
espèce nouvelle qu’il nomme Delphinus griseus et reproduit (pl. 1) le dessin qui accompagnait
le squelette de l’animal.
Cuvier (1823) citera à nouveau cette espèce, donnera les mensurations du crâne-type
(p. 302) et figurera cette pièce dans sa planche XXII.
Le Delphinus griseus sera classé par Gray (1828) dans son genre Grampus, considéré
actuellement comme monospécifique.
Le squelette du Delphinus griseus était resté entreposé dans les anciennes galeries
d’Anatomie comparée où il était, jusqu’à la fin du xix e siècle, exposé. En 1944 et début 1945, le
crâne puis le squelette post-crânien ont été découverts là sans indication d’origine et sans
numéro. Ils furent donc réinscrits au JAC à cette époque. Recherchant le D. griseus dans nos
collections, nous avons pu, grâce aux indications fournies par Cuvier dans ses publications,
reconnaître dans ces pièces l’holotype de l’espèce.
Holotype : collecté à Brest, département actuel du Finistère Nord (côte atlantique de France, Bre¬
tagne), par M. Duméril et reçu au Muséum en 1811.
— Squelette (accompagné d’un dessin de l’animal).
— Numéros de collection : JAC : 1944-307 (crâne); JAC : 1945-4 (squelette post-crânien); CAG : B
11/156 (squelette).
— Laboratoire d’Anatomie comparée du Muséum national d’Histoire naturelle (Paris).
L’animal, ainsi que l’avait noté Cuvier (1812) était adulte. On trouvera ci-dessous les
principales mensurations (en mm) du crâne qui est représenté par la figure 2.
Longueur condylobasale. 507
Longueur du rostre. 249
Largeur du rostre à sa base. 182
en son milieu . 117
— 206 —
Largeur du crâne : préorbitaire . 313
postorbitaire. 350
zygomatique. 352
pariétale. 241
Longueur de la mandibule. 398
Hauteur de la mandibule (ap. coron.) . 106
Fig. 2. — Grampus griseus (G. Cuvier, 1812) : holotype JAC : 1944-307 (crâne).
Cuvier (1812) indique que le crâne « n’a plus que quatre dents sur le devant de la
mâchoire inférieure, toutes très usées et prêtes à tomber ». La pièce est actuellement édentée ; il
existe deux alvéoles bien marqués de chaque côté de la mandibule, mais trois autres alvéoles
(un du côté gauche, deux du côté droit), en grande partie comblés, peuvent également être
reconnus.
La formule vertébrale est, ainsi que l’indique Cuvier (1823) :Cv=7;D = 12; L +
Cd = 42.
Principales figurations
Cuvier (1812), pl. 1 (dessin de l'animal).
Cuvier (1823), pl. XXII, fig. 1 (calvarium en vue dorsale), fig. 2 (crâne en vue latérale).
Van Beneden et Gervais (1868-79), pl. LIV, fig. 7 (calvarium en vue dorsale), fig. 7a (partie pala¬
tine du calvarium), fig. 7b (symphyse mandibulaire en vue dorsale).
— 207 —
— Grampus sakamata Gervais, 1880.
True (1889 :131) explique que le binôme Grampus sakamata fut donné par Gray (1846 :
31) à un cétacé décrit par Schlegel d’après des dessins et des « natural histories » japonais.
Mais Schlegel ne vit jamais aucun spécimen de cette espèce tandis que Gray ne put étudier les
documents originaux qu’avait utilisés Schlegel : True considère donc qu’il s’agit d’un nomen
nudum.
Le nom de Grampus sakamata fut appliqué plus tard par Gervais (in Van Beneden et
Gervais, 1868-80) à un squelette de Grampus expédié au Muséum de Paris par le Directeur du
Muséum de Tokio. True (1889) « Consider the skull figured by Gervais in the Osteographie
(pi. LXIV, fig. 5, p. 568) as the type of the so-called Grampus sakamata ».
Holotype : don du gouvernement japonais. Envoyé par le Directeur du Muséum de Tokio; reçu à
Paris le 16 mai 1877.
— Squelette d’un individu juvénile.
— Numéro de collection : JAC : 1877-276.
— Laboratoire d’Anatomie comparée du Muséum national d’Histoire naturelle (Paris).
Les principales mensurations du crâne (en mm) sont les suivantes :
Longueur condylobasale. 472
Longueur du rostre. 244
Largeur du rostre à sa base. 162
en son milieu . 110
Largeur du crâne : préorbitaire . 270
postorbitaire. 279
zygomatique. 285
pariétale. 226
Longueur de la mandibule. 385
Hauteur de la mandibule (ap. coron.) . 101
Nombre d’alvéoles dentaires par demi-mâchoire inférieure : D = 2, G = 2
Principale figuration
Van Beneden et Gervais (1868-79), pi. LXIV, fig. 5 (calvarium en vue dorsale), fig. 5a (symphyse man-
dibulaire en vue dorsale : dents).
Lagenorhynchus cruciger (d’Orbigny et Gervais, 1847)
— Delphinus cruciger d’Orbigny et Gervais, 1847.
En janvier 1820, entre l’Australie et le cap Horn, par 49° S, les naturalistes de
1’ « Uranie » et la « Physicienne » (les deux corvettes de l’expédition commandée par
Freycinet) observent des dauphins « ayant de chaque côté du corps, dans presque toute sa
longueur, deux larges lignes blanches coupées à angle droit par une noire, ce qui, vu par le dos,
formoit une croix noire sur fond blanc ». Ils nommeront cette espèce Delphinus cruciger et
donneront une figuration assez grossière (Quoy et Gaimard, 1824 : 87 et pl. 11, fig. 3 et 4) : un
dauphin à bec court et au dos noir dont la face ventrale, blanche, présente, entre le niveau des
— 208 —
pectorales et la dorsale une large bande transversale noire ceinturant, semble-t-il, le corps (cf.
fig. 3a). Quelques années plus tard, l’expédition de « La Coquille » (commandée par
Duperrey) rencontrera entre le cap Horn et les îles Malouines des dauphins qui seront nommés
Delphinus bivittatus (dauphins à bandes) et, eux aussi, figurés assez grossièrement (Lesson et
Garnot, 1826 : 178, pi. IX, fig. 3). Il s’agit d’animaux au bec court dont la face dorsale, noire,
s’orne latéralement d’une bande longitudinale blanche séparée en deux parties (antérieure et
postérieure) par un isthme noir placé à l’aplomb de la nageoire dorsale (cf. fig. 3b).
c
Fig. 3. — a, Delphinus cruciger Quoy et Gairaard, 1824; b, Delphinus bivittatus Lesson et Garnot, 1826; c, Delphinus
cruciger d’Orbigny et Gervais, 1847 (in Liouville, 1813, pi. VIII, fig. 2, 3, 4).
F. Cuvier (1836 : 226) considérera que ces deux espèces nominales n’en forment qu’une
car, en effet : « Si l’on considère que cet animal ( D. cruciger), n’ayant été vu que par le dos et
nageant, n’a montré que la moitié de son corps, on présumera avec raison que la bande noire
que M. Quoy nous représente comme formant une ceinture entière, n’est de sa part que
— 209 —
conjecturale, et, s’il en était ainsi, ne serait-il pas permis de supposer que ce dauphin crucigère,
et le dauphin à bandes de M. Lesson (D. bivittatus ), sont de la même espèce, ont les mêmes
caractères de couleur? En effet, en voyant ce dernier dauphin à moitié plongé dans l’eau, et
cachant la ligne noire étroite des côtés de son corps, on ne serait frappé que de ce qu’a
remarqué M. Quoy dans son dauphin crucigère : deux lignes blanches coupées à angle droit
par une noire ».
Doit-on, comme F. Cuvier, admettre la synonymie de D. cruciger = D. bivittatus ? Par
ailleurs, l’espèce décrite sous le nom de D. cruciger par Quoy et Gaimard est-elle bien celle
désignée actuellement sous le nom de Lagenorhynchus cruciger ? La réponse à ces deux
questions est, selon nous, identique : il est possible, et même vraisemblable, que les animaux
observés par Quoy et Gaimard et par Lesson aient été des L. cruciger, mais on ne peut acquérir
aucune certitude à ce propos car les figurations et les descriptions de ces dauphins observés à la
mer sont bien trop grossières. Dès lors on comprend les hésitations et les doutes exprimés par
d’Orbigny et Gervais (1847) lorsqu’ils décrivirent et figurèrent sous le nom de D. cruciger une
espèce de dauphin que d’Orbigny avait rencontré « du 57 e au 76 e degré de latitude sud ou à
l’est et au sud du cap Horn ». Aussi sommes-nous de l’avis de True (1899 : 91) lorsqu’il
déclare « I hold that d’Orbigny et Gervais’s binomial is the proper one to apply to species in
question ». En effet, pour la première fois, l’espèce est décrite et figurée (cf. fig. 3c) par ces
auteurs d’après un spécimen capturé dont le crâne (qui fait encore partie de nos collections) est
également représenté. Nous proposons donc de considérer que D. cruciger Quoy et Gaimard,
1824 et D. bivittatus Lesson et Carnot, 1826 sont des nomina dubia et que D. cruciger est, par
conséquent, à attribuer à d’Orbigny et Gervais, 1847.
Holotype : l’endroit précis où a été capturé le spécimen n’est pas connu. D’Orbigny et Gervais
(1847) se bornent à relater que l’espèce a été rencontrée « du 57' au 76' degré de latitude sud
ou à l’est et au sud du cap Horn ».
— Crâne (« envoi de M. D’Orbigny, 1830 »).
— Numéro de collection : CAC : A.3045.
— Laboratoire d’Anatomie comparée du Muséum national d’Histoire naturelle (Paris).
Le crâne-type (fig. 4) est en bon état. Manquent cependant : les jugaux, le tympanique
gauche, le pétrotympanique droit, quelques dents (à l’extrémité antérieure de la rangée
dentaire supérieure gauche).
Les mensurations de cette pièce se trouvent dans True (1889 : 92).
Principales figurations
D’Orbigny et Gervais (1847), pl. 21, fig. 1 (calvarium en vue latérale); fig. 2 (mandibule en vue
latérale); fig. 3 (dernières dents des rangées dentaires supérieure et inférieure); fig. 4 (animal
en vue latérale gauche).
True (1889), pl. 25, fig. 1 (animal en vue latérale gauche) d’après d’Orbigny et Gervais.
Liouville (1913), fig. 4 (animal en vue latérale gauche), fig. 5 (crâne en vue latérale gauche) d’après
d’Orbigny et Gervais.
210 —
Lagenorhynchus obscurus (Gray, 1828)
— Delphinus breviceps Wagner, 1846.
Wagner (in Schreber et Wagner, 1846, pi. 368) s’est borné à reproduire une planche de
l’Atlas de Zoologie du « Voyage au pôle sud... » (Jacquinot, 1842-53, pl. 22, fig. 1) et à
traduire en latin le nom français de dauphin-à-museau-court donné à cette espèce par le
zoologiste de 1’ « Astrolabe ». Alors que le crâne de ce dauphin « originaire du Rio de la
Plata » (Jacquinot et Pucheran, 1853) figure également dans l’Atlas du « Voyage... » (pl. 23,
fig. 5 et 6), il est surprenant de lire sous la plume de Pucheran (in Jacquinot et Pucheran,
1853 : 39) : «Je n’ai de cette espèce, que des fragments, fragments de tête, fragments de
nageoires, etc... ».
Van Beneden et Gervais (1868-1879) ont représenté dans leur ouvrage (pl. 36, fig. 7) un
crâne de Lagenorhynchus breviceps des collections du Muséum de Paris « dont la calotte
crânienne a été sciée pour montrer la face supérieure de la base du crâne ». Mais ils ne font
aucune référence à l’origine de cette pièce qui, selon True (1889 : 89), pourrait provenir du
« Voyage au pôle sud... ».
Nos collections renferment deux squelettes de dauphin-à-museau-court rapportés par
l’expédition de F « Astrolabe » et la « Zélée » :
— JAC 1880-646 : « Dauphin à museau court pris par le travers de la Plata dans les eaux troubles
que la rivière salit à 20 lieues de l’embouchure (Astrolabe, Zoologie, pl. 22)... squelette n° 2 ».
— JAC 1880-647 : « Dauphin à museau court des mers de Patagonie... squelette n° 1, jeune,
Astrolabe... ».
Le type du dauphin-à-museau-court est donc, sans conteste, le spécimen n° 1880-646. On
peut aussi vérifier que son crâne (cf. fig. 4) est bien celui qui figure dans Jacquinot (1842-53,
pl. 23, fig. 5 et 6) et Van Beneden et Gervais (1868-79, pl. 26, fig. 2).
Pucheran, qui n’appartenait pas au Laboratoire d’Anatomie comparée du Muséum, n’a
sans doute pas su ou pu localiser ce spécimen dans les collections.
True (1889 : 89), d’après l’aspect extérieur de l’animal tel qu’il est figuré dans Jacquinot
(1842-53, pl. 22, fig. 1), a reconnu dans le D. breviceps un dauphin du genre Lagenorhynchus.
Cette identification générique a été confirmée plus tard par Kellog (1941 : 302) qui a proposé
en outre que cette espèce soit considérée « as one of the color variants of the porpoise hitherto
known as Lagenorhynchus fitroyi » (espèce maintenant placée en synonymie avec L. obscurus).
La morphologie du crâne 1880-646 confirme que le Delphinus breviceps est bien un
Lagenorhynchus obscurus (Gray, 1828).
Holotype : spécimen capturé dans Rio de la Plata « à 20 lieues de l’embouchure » par l’expédition
de F « Astrolabe » et de la « Zélée », sous le commandement de Dumont d’Urville.
— Squelette.
— Numéro de collection : JAC : 1880-646.
— Laboratoire d’Anatomie comparée du Muséum national d’Histoire naturelle (Paris).
La calotte crânienne du calvarium a été sciée et il en manque un fragment du côté gauche ;
les tympaniques sont absents. La région ptérygoïdienne est très abîmée, par contre la denture,
— 211 —
Fig. 4. — Crânes en vue dorsale de Lagenorhynchus cruciger d’Orbigny et Gervais, 1847 : holotype CAC : A.3045 (à
droite) et Delphinus breviceps Wagner, 1846 (= L. obscurus) : holotype JAC : 1880-646 (à gauche).
à 2 ou 3 dents près, est complète. On trouvera ci-dessous les principales mensurations du crâne
(en mm).
Longueur condylobasale. 357
Longueur du rostre. 185
Largeur du rostre à sa base. 82
en son milieu . 53
Largeur du crâne : préorbitaire. 146
postorbitaire . 166
zygomatique. 166
pariétale. ~ 144
Longueur de la mandibule. 291
Hauteur de la mandibule (ap. coron.) . 61
Formule dentaire : D 31 G 31
D 31 G 30
— 212 —
Jacquinot (1842-53) indique sur la planche 23, fig. 6 (crâne en vue latérale gauche) le
nombre des dents : 31/19. La différence vient de ce que nous comptons en plus une très petite
dent située à l’extrémité antérieure de la rangée dentaire.
Principales figurations
Wagner (in Schreber et Wagner) 1846, pl. 368, fig. 1 (vue latérale droite du spécimen-type d’après
Jacquinot).
Jacquinot (1842-53), pl. 22 (animal en vue latérale gauche); pl. 23, fig. 5 et 6 (crâne en vues dorsale
et latérale).
Van Beneden et Gervais (1868-79), pl. 35, fig. 2 (calvarium en vue dorsale après résection de la
calotte crânienne).
Sotalia fluviatilis (Gervais, 1853)
— Delphinus fluviatilis Gervais, 1853.
Dans le compte rendu de son « Expédition dans les parties centrales de l’Amérique du
Sud... pendant les années 1843 à 1847 », Castelnau (1851, t. III : 459-60) relate que l’on
distingue à Nauta (Pérou) trois espèces de dauphins : « 1 — Le dauphin d’eau douce ordinaire
(Bufeo des missionnaires), qui atteint jusqu’à deux mètres vingt-cinq de long » (il s’agit de
VInia geoffrensis)... 2 — Le dauphin d’eau douce ( Bufeo blanco des missionnaires) qui est plus
petit et ne dépasse pas un mètre soixante cinq... 3 — le dauphin d’eau douce noir... [qui]
ressemble au dernier, mais il est plus petit... [et] sa couleur est très différente ». Un exemplaire
de cette espèce (le Bufeo negro des missionnaires) sera capturé ultérieurement à Pebas (Pérou)
sur le Haut-Amazone (Castelnau, 1851, t. V : 33). Il est clair que les dénominations Bufeo
blanco et Bufeo negro sont des noms vernaculaires.
Gervais (1853), dans un article « Sur les mammifères marins qui fréquentent les côtes de
France... », évoquant les différents milieux fréquentés par les dauphins, indique incidemment
(p. 148) qu’ « on en connaît même deux espèces fluviatiles qui vivent dans les affluents de
l’Amazone, principalement en Bolivie et au Pérou ». Dans une note infrapaginale il précise :
« L’espèce fluviatile la mieux connue est VInia boliviensis d’Orb[igny], synonyme de Delphinus
geoffrensis Bl[ainville], Une autre a bien plus de ressemblance avec les dauphins ordinaires,
mais elle est plus petite et a un bec un peu plus grêle. Dans un travail que nous avions
commencé sur cette espèce, avec feu M. E. Deville, nous lui avions donné le nom de Delphinus
fluviatilis. Elle a été découverte par M.M. Deville et Castelnau ».
Cette seconde espèce nous paraît définie de façon très médiocre : le premier caractère est
particulièrement vague; la taille n’est pas un bon critère pour définir une espèce; quant au
troisième caractère (bec un peu plus grêle), il est manifestement erroné. En outre, Gervais ne
précise pas si cette espèce est le Bufeo blanco ou le Bufeo negro. Néanmoins, Van Bree (1874) a
estimé que cette espèce était valide. On peut à la rigueur la considérer comme telle si l’on tient
compte de la publication ultérieure de Gervais (1855a) et de l’état actuel de nos
connaissances : il n’existe en effet dans l’Amazone et ses affluents, en dehors de VInia
geoffrensis, qu’une seule autre espèce de dauphin (le Bufeo blanco et le Bufeo negro ne sont en
fait que des formes pigmentaires de la même espèce) dont l’aspect est en effet plus proche de
celui des dauphins « ordinaires » et dont la taille est beaucoup plus petite (elle ne dépasse pas,
semble-t-il, 165 cm).
— 213 —
Gervais (1855/)) évoque à nouveau le D. fluviatilis dans son « Histoire naturelle des
mammifères » (tome II : 322) annonçant qu’on « on en trouvera la description dans la partie
mammalogique du Voyage de MM. Castelnau et Deville dont le premier de ces naturalistes a
bien voulu nous confier la rédaction » (Deville, préparateur du Muséum et chargé des
collections zoologiques, était mort à cette date). La même année (1855a) paraît en effet la
Zoologie de l’expédition de Castelnau dont le troisième mémoire, rédigé par Gervais, est
consacré à la « Description des trois espèces de dauphins qui vivent dans la région du haut
Amazone ». Le dauphin fluviatile ( Delphinus fluviatilis, ou Bufeo negro des missionnaires) y est
décrit et figuré d’après un spécimen « pêché dans le haut Amazone, auprès de Pebas (Pérou) »
et nous apprenons que cet animal est représenté dans les collections du Muséum par une peau
en mauvais état et la « partie faciale » du crâne. La peau n’a pu être retrouvée (voir cependant
ci-dessous le chapitre consacré au D. pallidus), par contre la portion du crâne du spécimen
figure dans nos collections et constitue donc l’holotype de l’espèce Delphinus fluviatilis Gervais,
1853, placée actuellement dans le genre Sotalia Gray, 1856.
Holotype : collecté par Castelnau et Deville lors de leur « Expédition dans les parties centrales de
l’Amérique du Sud » (1843 àl847). L’animal, long de 110cm et pesant environ 37,5kg, a été
capturé dans le Haut-Amazone, près de Pebas (Pérou).
— Partie antérieure du crâne : rostre et mandibule (fig. 5).
— Numéro de collection : JAC : 1880-550.
— Laboratoire d’Anatomie comparée du Muséum national d’Histoire naturelle (Paris).
Les principales mensurations (en mm) de l’holotype sont les suivantes :
Longueur du rostre. 206
Largeur du rostre à sa base. ~ 66
en son milieu. 38
Longueur de la mandibule. 278 +
Longueur de la symphyse mandibulaire. ~ 57
Formule dentaire : D 29 G 30
D 28 G 30
Principales figurations
Gervais (1855a), pl. 19, fig. 2 (animal en vue latérale gauche).
True (1889), pl. V, fig. 1 (animal en vue latérale gauche, d’après Gervais).
— Delphinus pallidus Gervais, 1855.
La troisième espèce de dauphin décrite par Gervais (1855a) est le Delphinus pallidus \ ou
dauphin pâle (c’est le Bufeo blanco des missionnaires), caractérisé par sa couleur « pâle, blanc
jaunâtre en dessus et blanche en dessous... », qui doit être considéré, nous l’avons vu, comme
une variété de coloration de Sotalia fluviatilis. Gervais nous apprend qu’un exemplaire de cette
« espèce », long de 165 cm « a été pris à Nauta, dans la région de l’Amazone que l’on nomme
1. Gervais (1855a) cite en référence : Delphinus pallidus , P. Gerv. Ac. sc. de Montpellier], 1855. J’ai vainement
recherché ce travail et me demande s’il a été effectivement publié.
Fig. 5. — Holotype de Sotalia fluviatilis (Gervais, 1853) : rostre et mandibule JAC : 1880-550.
— 215 -
Maranon », par Castelnau et Deville. Gervais a pu étudier le crâne de cet animal mais ne
mentionne pas de peau. Or, en consultant le catalogue de la Galerie de Zoologie du Muséum
(CGZ) j’ai découvert l’existence de deux spécimens de Sotalia dont les références sont les
suivantes :
— « n° 29 (ou 11) Sotalia tucuxi Gray, Nauta? Castelnau et Deville ( Delphinus pallidus , Gervais)
type.
— n° 30 Sotalia tucuxi Gray, Nauta? Castelnau et Deville ».
Nous avons retrouvé ces deux spécimens dans la Galerie de Zoologie. Tous deux portent
la même étiquette imprimée : « Sotalia, Sotalia tucuxi Gray (Delphinus pallidus , Gervais) type,
Castelnau et Deville, Nauta ».
L’un de ces spécimens, le plus grand (142,8 cm de longueur totale standard), n’est
visiblement pas un Sotalia ; en effet, sa nageoire dorsale, falciforme, est relativement haute et
un sillon bien marqué sépare le bec du melon : il s’agit vraisemblablement d’un Stenella.
L’autre spécimen, plus petit (133 cm de longueur totale standard), est bien un Sotalia, et
nous pensons qu’il s’agit du type de Delphinus pallidus. Les seuls éléments qui permettraient
d’en douter sont sa taille, beaucoup plus petite que ce qui est indiqué par Gervais, et le fait
qu’il n’est pas mentionné par cet auteur. Gervais (1855a : 94) cite le chiffre de 165 cm pour
l'exemplaire de Delphinus pallidus. En fait dans l’histoire du voyage (1851, t. IV), Castelnau
écrit (p. 460) « Le dauphin d’eau douce blanc ne dépasse pas 1,65 m », ce qui n’est pas la
même chose. Si nous admettons tout de même que 165 cm est bien la longueur de l’animal, il
paraît vraisemblable qu’elle a été mesurée, comme on le faisait beaucoup à cette époque, selon
la courbe du dos et « hors tout » et qu’elle est donc plus grande que la longueur standard prise
en ligne droite jusqu'au fond de l’encoche de la nageoire caudale. Si l’on tient compte d’autre
part du fait que les peaux montées de cétacés se rétrécissent quelque peu, le chiffre de 133 cm
que nous avons trouvé ne nous paraît pas étonnant. Par ailleurs, on sait que Gervais travaillait
à cette époque à Montpellier (il n’occupera la chaire d’Anatomie comparée du Muséum qu’en
1868) et que le matériel de l’expédition était déposé au Muséum de Paris, que Deville était
mort et Castelnau reparti à l’étranger comme Consul de France. Tous ces faits expliquent que
Gervais ait pu ne pas avoir eu connaissance du spécimen naturalisé de D. pallidus L Un dernier
problème se pose quant à l’origine géographique précise du type de D. pallidus. En effet, alors
que Gervais (1855a) indique que l’animal a été capturé à Nauta (Pérou), on trouve inscrit sur
le crâne du type une localité différente : Fontiboa (très vraisemblablement Fonte-Boa, Brésil,
sur l’Amazone). Si l’on se reporte à l'histoire du voyage par Castelnau (1851, t. IV, : 459), on
se rend compte que le dauphin d’eau douce capturé à Nauta était un dauphin d’eau douce
ordinaire, c’est-à-dire un Inia geoffrensis 1 2 . Castelnau et Deville séjourneront effectivement à
Fonte-Boa (Castelnau, 1851, t. V : 67-71) mais la capture d’un dauphin dans cette localité
n’est pas mentionnée dans l’histoire du voyage.
Holotype : collecté par Castelnau et Deville lors de leur « Expédition dans les parties centrales de
l’Amérique du Sud » (1843 à 1847). L’animal, long de 165 cm (?) a été capturé, d’après Ger¬
vais (1855), à Nauta (Pérou) dans le Rio Maranon mais sur le crâne-type il est indiqué Fonte-
Boa (Brésil).
1. Il n’a pas retrouvé non plus, au moment de la publication, le crâne qu'il avait étudié précédemment et qu’il
voulait faire figurer.
2. C’est le n° A.61 du CAC de nos collections.
— 216 —
— Spécimen naturalisé (peau montée), crâne et squelette post-crânien incomplet.
— Numéros de collection : spécimen naturalisé : CGZ n° 29; squelette JAC : 1880-549.
Zoothèque (spécimen naturalisé) et Laboratoire d’Anatomie comparée (squelette) du Muséum
national d’Histoire naturelle (Paris).
On trouvera ci-dessous quelques mensurations (en cm) du spécimen naturalisé :
Longueur totale standard . 133
Longueur du bec. ~ 12
Du bout du museau à l’évent. 22,5
à l’extrémité de la nageoire dorsale. 76,2
Longueur max. de la nageoire pectorale. 23
Hauteur de la nageoire dorsale. 8
Largeur de la nageoire caudale. 38,5
Les principales mensurations (en mm) du crâne 1880-549 sont les suivantes :
Longueur condylobasale . 349
Longueur du rostre . 206
Largeur du rostre à sa base . 69
Largeur du rostre en son milieu. 40
Largeur du crâne : préorbitaire. 127
postorbitaire. 144
zygomatique. 153
pariétale . 113
Longueur de la mandibule. 295
Hauteur de la mandibule (ap. coron.). 63
Longueur de la symphyse mandibulaire . 60
Formule dentaire D 30 G 30
D 30 G 30
Le calvarium a été scié sagittalement.
Principales figurations
Gervais (1855a), pl. 19, fig. 1 (animal en vue latérale gauche).
Van Beneden et Gervais (1868-1879), pl. XLI, fig. 6 et 6a (calvarium en vues dorsale et ventrale),
fig. 7 (rangées dentaires supérieure et inférieure), fig. 8 et 8a (pétrotympanique droit : vues
latérale et médiale), fig. 9 à 14 (vertèbres cervicales), fig. 15 (sternum), fig. 16 (omoplate), fig. 17
(nageoire pectorale).
True (1889). pl. Il, fig.l (animal en vue latérale gauche d’après Gervais), fig. 2 (calvarium en vue
ventrale d’après Van Beneden et Gervais).
Sousa plumbea (G. Cuvier, 1829)
— Delphinus plumbeus G. Cuvier, 1829.
Dans la deuxième édition de son « Règne animal », G. Cuvier (1829) énumérant les
différentes espèces de dauphins « que l’on a longtemps confondues » signale : « Il y en a un au
Malabar (D. plumbeus, Dussum.), dont le museau a la même forme comprimée [que le D.
frontatus = Sténo bredanensis ] mais est armé partout de trente sept dents ».
— 217 —
F. Cuvier (in Geoffroy Saint-Hilaire et F. Cuvier, 1829) nous apprend la même année
que J. J. Dussumier a rapporté en France, conservés dans la saumure, deux spécimens du
dauphin plombé ( D. plumbeus) : un jeune individu (portant le n° 1) et un individu « adulte » le
n° 3). Ces deux animaux figurent en effet dans le « Catalogue des animaux donnés au Muséum
d’Histoire naturelle par M. Dussumier... [le] 9 novembre] 1827 » (Archives Nationales : AJ 15 ,
572, n° 10) mais y portent toutefois des numéros différents : « Dauphins de Malabar n° 2 et 3,
2 individus] ». Les deux spécimens sont décrits et figurés par F. Cuvier qui relate que « cette
espèce a été trouvée sur les côtes de Malabar, où elle est très abondante » et qu’ « elle se tient
près du rivage... ». Il indique cependant que son frère « soupçonne que Delphinus plumbeus est
le même que D. malayanus, figuré et décrit par M.M. Lesson et Garnot dans le Voyage de la
Coquille, pi. IX, fig. 5 ». Lesson (1826) avait en effet donné trois ans plus tôt une description
et une figuration d’un spécimen de dauphin capturé entre Java et Bornéo 1 lors de l’expédition
conduite par Duperrey et en avait fait le type d’une nouvelle espèce. En 1856, Pucheran
notera (p. 319) que, à deux exceptions près : « tous les mammalogistes ont, sans hésitation,
admis la fusion de ces deux espèces » qui lui paraissent, quant à lui « tout à fait distinctes ».
Comparant en effet l’aspect extérieur de D. malayanus et de D. plumbeus, il trouve que ce
dernier est plus grand et présente une dorsale plus basse et plus longue. Par ailleurs,
confrontant le crâne de D. plumbeus à un crâne rapporté par Schlegel (1841) à D. malayanus,
il découvre (et pour cause !) d’importantes différences entre ces deux espèces. En fait, le D.
malayanus de Schlegel est un Stenella atténuât a (Perrin et al., 1987 : 149). Quant au D.
malayanus nous pensons avec Perrin et al. (1987 : 111) qu’il doit être considéré comme un
nomen dubium. D. plumbeus doit donc être reconnu comme une espèce valide.
Le D. plumbeus G. Cuvier, 1829, a été inclus dans le genre Sousa Gray, 1856; le terme
spécifique de plumbeus a été corrigé pour tenir compte du genre féminin de Sousa si bien que
l’espèce est maintenant désignée sous le nom de Sousa plumbea. Souvent placée en synonymie,
ces dernières années, avec Sousa chinensis (Osbeck, 1765) (cf. Honacki et al., 1982), elle est
cependant considérée comme une espèce distincte par quelques auteurs.
Les deux dauphins rapportés par Dussumier étaient représentés dans les collections du
Muséum, au milieu du xix e siècle, par deux spécimens naturalisés et deux crânes (Pucheran,
1856). Nous avons retrouvé dans ces mêmes collections :
— le jeune spécimen naturalisé et son crâne;
— l’hémicrâne droit du second spécimen (« adulte »);
— un spécimen naturalisé de Sousa sp. qui pourrait être la peau montée du second
spécimen. Retrouvé à la Galerie de Zoologie du Muséum muni d’une étiquette mobile
manifestement fausse (D. delphis des côtes de France), il ne ressemble guère au dauphin n° 3
représenté par F. Cuvier (1829). Ce dernier, il est vrai, n’a vraiment pas l’aspect d’un Sousa,
en particulier si l’on considère la forme de la nageoire dorsale. Quant à la taille de ce spécimen,
F. Cuvier (1829) indique « environ 8 pieds (c’est-à-dire à peu près 260 cm), ce qui devait
correspondre à la longueur de l’individu entier dans la saumure. Par contre, ce même individu
qu’il figure à l’échelle 1 /9 e , mesure sur le dessin 23 cm de l’extrémité du bec au fond de
l’encoche de la caudale, ce qui correspond à un animal de 207 cm. La longueur totale (mesurée
suivant la courbe du dos) de l’individu « adulte » naturalisé était de 236 cm (Pucheran, 1856)
I. Cet exemplaire n’a, semble-t-il, pas été conservé, si bien qu’il n’existe aucun spécimen-type pour cette espèce.
— 218
tandis que la longueur standard (mesurée en ligne droite parallèlement à l’axe du corps) du
spécimen que nous avons retrouvé, est de 226 cm. Il peut donc s’agir du même animal.
Syntypes : collectés par J. J. Dussumier dans l’océan Indien nord, près de la côte de Malabar (pénin¬
sule indienne); donnés au Muséum le 9 novembre 1827.
— Un jeune individu représenté par une peau naturalisée et un crâne, un individu « adulte »
représenté par un hémicrâne droit.
— Numéros de collection : jeune individu naturalisé : CGZ n° 31 (cf. fig. 6); crâne de ce
jeune individu: CAC: A.3051 ; CAG : VI/535; hémicrâne droit de l’individu «adulte» :
CAC : A.3053 ; CAG : B 11/94.
— Laboratoire d’Anatomie comparée du Muséum national d’Histoire naturelle (Paris) : crânes, et
Zoothèque du Muséum : jeune individu naturalisé.
Fig. 6. — Sousa plumbea (G. Cuvier, 1829) : jeune individu naturalisé, CGZ n° 31 (syntype).
Toutes ces pièces sont bien identifiées soit par des étiquettes fixes (jeune spécimen
naturalisé) soit par des numéros et des inscriptions sur les crânes.
L’individu naturalisé de Sousa sp. qui pourrait être l’individu « adulte » de Dussumier, ne
porte pas de numéro. Il est conservé à la Zoothèque du Muséum.
On trouvera ci-dessous quelques mensurations (en cm) prises sur les spécimens
naturalisés :
Jeune individu Individu
(CGZ n° 31) « adulte »
Longueur totale standard. 98 226
Du bout du museau :
à l’évent. 17,6 37,4
à l’origine de la nageoire pectorale 29 54,2
à l’extrémité de la nageoire dorsale. 64,5 110,8
Largeur de la nageoire caudale. ~ 18 48,7
Les mensurations du crâne de 1’ « adulte » (A.3053) sont données par True (1889 : 22).
Les principales mensurations (en mm) du crâne du jeune individu (A.3051) sont les
suivantes :
Longueur condylobasale. 300
Longueur du rostre. 158
Largeur du rostre à sa base. 60
en son milieu. 31
Largeur du crâne : préorbitaire. 106
postorbitaire. 122
— 219 —
zygomatique. 118
pariétale. 127
Longueur de la mandibule. 238
Hauteur de la mandibule (ap. coron.). 48
Formule dentaire : D 37 G 36
D 36 G 37
A noter que les dents de ce spécimen étaient encore incluses dans la gencive.
Principales figurations
F. Cuvier (in Geoffroy Saint-Hilaire et Cuvier, 1829) : aspect extérieur des deux syntypes en vue
latérale droite avant leur dissection. Les mêmes dessins non coloriés, réduits aux traits et retour¬
nés (il s’agit de vues latérales gauches) se retrouvent dans le manuscrit MS.539 de la Biblio¬
thèque centrale du Muséum (Arvy, 1972, pl. 4).
Van Beneden et Gervais (1868-1879), pl. XXXVII (crâne n° A.3053), fig. 1 et 2 (crâne en vue
latérale droite), fig. 3 et 4 (calvarium en vue dorsale et en vue ventrale), fig. 5 (pétrotympa-
nique).
True (1889), pl. 1, fig. 2 (crâne en vue latérale droite d’après Van Beneden et Gervais).
Stenella attenuata (Gray, 1846)
Des binômes plus anciens et parfaitement acceptables ont été employés pour désigner
cette espèce répartie dans les eaux tropicales (et parfois subtropicales) de tous les océans.
Parmi ces noms, deux sont fondés sur des spécimens conservés dans nos collections : Delphinus
velox G. Cuvier, 1829, et Delphinus brevimanus Wagner, 1846. Cependant, comme le nom
proposé par Gray a été régulièrement utilisé jusqu’à nos jours (sous sa forme originelle ou des
formes subséquentes) et que les autres n’ont pas été employés depuis le début du siècle, Perrin
et al. (1987) ont proposé de désigner l’espèce sous le nom de Stenella attenuata (nomen
conservandum) et de supprimer les dénominations plus anciennes.
— Delphinus velox G. Cuvier, 1829.
Le « Catalogue des animaux donnés au Muséum d’Histoire Naturelle par M. Dussumier
[le] 9 novembre] 1827 » (Archives Nationales : AJ 15 572, n° 10) mentionne un « Dauphin pris
sous l’Équateur au sud de Ceylan ». G. Cuvier (1829 : 208) signale cet animal sous le nom de
D[elphinus\ velox Duss[umier], mais se borne à indiquer qu’il a « le museau un peu plus allongé
[que le D. plumbeus ], et partout quarante et une dents ». Ce spécimen sera figuré la même
année par F. Cuvier (in Geoffroy Saint-Hilaire et F. Cuvier, 1824-29) sous le nom de
« Dauphin léger n° 2 ». Le qualificatif latin « velox » attribué à cette espèce par Dussumier et
que F. Cuvier traduit par « léger » vient de ce que « La rapidité de ces dauphins dans leurs
mouvements était extrême et surpassait celle de la plupart des autres dauphins ». A propos du
spécimen de Dussumier, F. Cuvier nous apprend que sa longueur totale était de « quatre pieds
neuf pouces » (soit environ 154 cm), que ses dents étaient au nombre de quarante et une de
chaque côté des deux mâchoires et que sa couleur apparaissait comme « marbrée de noir sur
un fond verdâtre foncé ». Dans une publicarion ultérieure (F. Cuvier, 1836), il rectifiera cette
— 220 —
dernière indication car Dussumier lui avait fait savoir entre temps que la coloration de l’animal
était entièrement noire.
Pucheran (1856 : 455) relate qu’il existe au Muséum un spécimen de « Dauphin véloce
(Delphinus velox ) Dussumier » dont il donne les mensurations (il est long de 154,1 cm, « le lien
suivant la courbe du dos ») et précise que sa face ventrale, verdâtre très foncée, présente des
marbrures noirâtres.
Ce spécimen, qui fait toujours partie de nos collections, constitue l’holotype de l’espèce
Delphinus velox. Perrin (1975 : 21) l’a identifié comme un « spotted porpoise » et Perrin et
al., 1987, ont placé l’espèce en synonymie avec S. attenuata.
Holotype : collecté dans l’océan Indien (« sous l’équateur au sud de Ceylan ») par Dussumier, lors
de son 5 e voyage; donné au Muséum le 9 novembre 1827.
— Spécimen naturalisé (peau montée).
— Numéro de collection : CGZ n° 17.
— Zoothèque du Muséum national d’Histoire naturelle (Paris).
Les principales mensurations standard (en cm) du spécimen figurent ci-dessous :
Longueur totale. 135,4
Longueur du bec. 10,4
Du bout du museau à l’évent. 25,5
à l’origine de la nageoire pectorale. 32,6
à la pointe de la nageoire dorsale. 84,5
Longueur maximale de la nageoire pectorale. 19
Hauteur de la nageoire dorsale. 13
Longueur de la nageoire dorsale. 18,8
Largeur de la nageoire caudale. ^ 32
Principales figurations
F. Cuvier (in Geoffroy Saint-Hilaire et F. Cuvier, 1824-29), 57 e livraison : Dauphin léger n° 2
(animal en vue latérale droite).
Arvy, 1972, pl. 5, fig. 4 (animal en vue latérale gauche). Il s’agit du même dessin que celui publié
par F. Cuvier mais il est retourné et réduit au contour de l’animal.
—- Delphinus brevimanus Wagner, 1846.
Wagner (in Schreber et Wagner, 1846) a reproduit (pl. 361, fig. 2) sous le nom de
Delphinus brevimanus, le dessin du « Dauphin à petites pectorales » figuré dans l’Atlas
zoologique du « Voyage au pôle sud et dans l’Océanie sur les corvettes l’Astrolabe et la Zélée »
(C. H. Jacquinot, 1842-1853, pl. 21, fig. 2).
L’holotype de l’espèce est donc l’animal représenté dans Jacquinot et « Peint par Werner
d’après Lebreton» 1 . C. H. Jacquinot et Pucheran (1853) font mention d’un spécimen
mesurant 1,705 m qui, pensent-ils, est le type de l’espèce. Nous avons retrouvé cet individu
dans les collections du Muséum et vérifié qu’il s’agissait bien de l’animal figuré. Sa longueur
I. Lebreton est vraisemblablement le jeune chirurgien embarqué sur 1’ « Astrolabe » ; excellent dessinateur, il a sans
doute dessiné l’animal alors qu’il venait d’être capturé. Son dessin a servi de modèle à J. Ch. Werner, auteur des
planches.
— 221
totale standard est de 150 cm (la longueur fournie par Jacquinot et Pucheran a été sans doute
mesurée non en ligne droite mais selon la courbe du dos).
Nos collections renferment également deux crânes du dauphin à petites pectorales (CAC :
A.3028 et JAC : 1882-112) collectés par l’expédition de 1’ « Astrolabe » et la « Zélée ». Pour le
crâne A.3028, le CAC indique que « La peau de cette espèce est à la galerie » et cite la
planche 21 de l’Atlas zoologique du « Voyage au pôle sud... ». Il pourrait donc s’agir du crâne
de l’holotype. Toutefois la taille du spécimen monté (longueur totale standard = 150 cm)
semble bien trop faible pour un crâne de 407 mm de longueur condylobasale. D’après les
données de Perrin et al. (1987), on peut en effet grossièrement estimer que la longueur de
l’individu correspondant au crâne A.3028 1 devait être comprise entre 185 et 226. Certes, un
certain raccourcissement de la peau montée peut être envisagé mais, comme dans le cas de
Delphinus roseiventris (voir plus loin), l’ampleur du phénomène apparaît ici si important qu’il
est difficile à admettre. Aussi, préférons-nous considérer le crâne A.3028 comme un paratype.
Le crâne 1882-113 est, nous avons pu le vérifier, la pièce représentée sur la planche 23 (fig. 7-8)
de l’Atlas zoologique du « Voyage au pôle Sud... ». Il constitue, lui aussi, un paratype de D.
brevimanus.
Les types de Delphinus brevimanus sont aussi ceux du Delphinus microbrachium Gray,
1850.
Le D. brevimanus a ultérieurement été classé dans le genre Sténo par Gray (1866) et dans
le genre Prodelphinus par Gervais (in Van Beneden et Gervais, 1869-80).
Holotype : capturé dans le détroit de Bangka (situé entre l’île du même nom et Sumatra) ou dans
la « mer de Singapour », par l’expédition de 1’ « Astrolabe » et la « Zélée », sous le comman¬
dement de Dumont d’Urville.
— Spécimen naturalisé (peau montée).
— Numéro de collection : CGZ n° 21.
— Zoothèque du Muséum national d'Histoire naturelle (Paris).
Le spécimen a été peint en noir et blanc. Ses principales mensurations (en cm) figurent ci-
dessous :
Longueur totale. 150
Longueur du bec. 9,8
Du bout du museau à l’évent. 21,6
à l’origine de la nageoire pectorale. 32,9
à la pointe de la nageoire dorsale. 91,2
Longueur maximale de la nageoire pectorale. 18,2
Hauteur de la nageoire dorsale. 11,7
Longueur de la nageoire dorsale. 18,1
Largeur de la nageoire caudale. =< 32,6
Principales figurations
Wagner (in Schreber et Wagner, 1846), pl. 361, fig. 2 (animal en vue latérale).
C. H. Jacquinot (1842-1853), pl. 21, fig. 2 (animal en vue latérale).
Paratypes : capturés dans le détroit de Bangka (entre l’île du même nom et Sumatra) ou dans la
« mer de Singapour » par l’expédition de 1’ « Astrolabe » et la « Zélée », sous le comman¬
dement de Dumont d’Urville.
1. La soudure des prémaxillaires et des maxillaires à la partie antérieure du rostre permet de penser que l’individu
était adulte.
— 222 —
— Crânes (2).
— Numéros de collection : CAC : A. 3028 (? = CAG : B 11/107) et J AC : 1882-113 (? = CAG B
n/iii).
— Laboratoire d’Anatomie comparée du Muséum national d’Histoire naturelle (Paris).
Les mensurations du crâne A. 3028 se trouvent dans True (1889 : 72).
Principales figurations
C. H. Jacquinot (1842-53), pl. 23, fig. 7 et 8 (crâne 1882-113 : calvarium en vue dorsale et crâne
en vue latérale).
Stenella frontalis (G. Cuvier, 1829)
On sait depuis peu de temps que les eaux chaudes de l’Atlantique sont fréquentées par le
dauphin tacheté pantropical (S. attenuata ) et par une seconde espèce propre à cet océan : le
dauphin tacheté de l’Atlantique (Perrin et ai, 1987). Lorsque cette seconde espèce a pu être
différenciée de la première, s’est posé le problème de sa dénomination scientifique. Le binôme
disponible le plus ancien était D[elphinus\ dubius G. Cuvier, 1812, fondé sur plusieurs crânes de
dauphins des collections du Muséum. Ces crânes « avaient le museau déprimé comme celui du
dauphin commun, mais un peu plus court, et chaque maxillaire était garni de trente-cinq dents
Fig. 7. — Stenella frontalis (G. Cuvier, 1829) : holotype CGZ n° 25 (peau montée).
petites et aigues... Ces caractères incomplets déterminèrent mon frère à distinguer les dauphins
qui les présentaient sous le nom de “delphinus dubius''' » (F. Cuvier, 1836 : 153). En 1823,
G. Cuvier (p. 302) a donné les mensurations d’un crâne de D. dubius. Malheureusement il n’a
pas été possible d’identifier sans conteste cette pièce dans nos collections. Le crâne CAC :
A.3033, dont les mensurations, ainsi que l’a remarqué Perrin (in Perrin et al., 1987 : 111),
sont très proches de celles du spécimen de Cuvier, a été collecté, si l’on en croit nos registres, en
1836 par Dussumier. En outre, les mensurations d’une autre pièce de nos collections, d’origine
inconnue (calvarium JAC 1972-184), sont également très voisines de celles de ce spécimen.
Dans ces conditions, il ne nous est pas apparu possible de désigner un lectotype. La sagesse
223 —
consistait dès lors à considérer D. dubius comme un nomen dubium, solution adoptée par
Perrin et al. (1987).
Deux binômes restaient en concurrence : D. frontalis G. Cuvier, 1829 et D. froenatus
F. Cuvier, 1829. Le premier ayant été publié avant le second a priorité (Fraser, 1950). Nous
montrerons d’ailleurs ci-dessous que D. froenatus devrait être attribué en fait, si l’on applique
strictement les règles de nomenclature, à F. Cuvier, 1836.
— Delphinus frontalis G. Cuvier, 1829.
Énumérant les espèces de dauphins « que l’on a longtemps confondues », G. Cuvier
(1829 : 288) relate que « M. Dussumier en a découvert un [Dauphin] aux îles de cap Vert ( D.
frontalis Duss.), fort semblable au précédent [D. dubius ], mais un peu autrement coloré et à
trente-quatre dents partout ». Cet animal est mentionné dans le « Catalogue des Mammifères
et des Oiseaux donnés, le 19 mai 1826, au Muséum d’Histoire neturelle par M. Dussumier »
(Archives Nationales : AJ 15 572, n° 9).
F. Cuvier {in Geoffroy Saint-Hilaire et F. Cuvier, 1824-29) figure ce spécimen sous le
nom de « Dauphin douteux n° 4 ». Il précise qu’il mesure « quatre pieds six pouces » de
longueur (146,2 cm), présente « trente-six dents de chaque côté des deux mâchoires » et
qu’ « une bande large et plombée descend de l’angle de la bouche à la base de la pectorale, et
est séparée du noir des côtés par une bande blanche ».
F. Cuvier (1836 : 153) évoquera à nouveau cet individu, qu’il considère comme un
Delphinus dubius G. Cuvier, 1812 {nomen dubium : Perrin et al., 1987), et en donnera les
mensurations externes (longueur totale 144,4 cm : « le lien suivant la courbe du dos »).
La présence d’un crâne-type est signalée par Gray (1846) et Pucheran (1856).
Holotype : collecté par J. J. Dussumier en 1825 à proximité des îles du Cap Vert (océan Atlan¬
tique nord : environ 15° N et 24° W); donné au Muséum le 19 mai 1826.
— Spécimen naturalisé (peau montée) et crâne.
— Numéros de collection : CGZ n° 25 (peau montée); CAC : A.3035, CAG : B 11/86 (crâne).
— Zoothèque (peau montée) et Laboratoire d’Anatomie comparée (crâne) du Muséum national
d’Histoire naturelle (Paris).
On trouvera ci-dessous les principales mensurations externes (en cm) du spécimen
naturalisé (représenté sur la fig. 7).
Longueur totale. 125,6
Longueur du bec. 10,2
Du bout du museau à l’évent. 25,2
à l’origine de la nageoire pectorale. 35
à la pointe de la nageoire dorsale. 85,2
Longueur maximale de la nageoire pectorale. ~ 22,3
Hauteur de la nageoire dorsale. 12,5
Longueur de la nageoire dorsale. 20
Largeur de la nageoire caudale. 36,6
Le crâne A.3035 est représenté sur les figures 8 et 9. True (1889 : 73) et Fraser
(1950 : 71) en donnent les mensurations. La formule dentaire a pu être précisée récemment
grâce à une radiographie ; D 38 G 37.
D 37 G 37
— 224
Fig. 8. — Stenella frontalis (G. Cuvier, 1829) : holotype CAC : A.3085 (crâne). Vues dorsale et ventrale de calvarium.
- 225 —
Fig. 9. — Stenella frontalis (G. Cuvier, 1829) : holotype CAC A.3085 (crâne). Vue latérale.
Principales figurations
F. Cuvier (in Geoffroy Saint-Hilaire et F. Cuvier, 1824-29). Livraison 59 : (sept. 1829) : Dau¬
phin douteux n° 4 (animal en vue latérale).
Arvy, 1972, pi. 5, fig. 3 (animal en vue latérale gauche) : même dessin (mais retourné et réduit au trait)
que celui publié par F. Cuvier.
— Delphinus froenatus F. Cuvier, 1836.
Sous le nom de « Dauphin bridé n° 3 », F. Cuvier (in Geoffroy Saint-Hilaire et
F. Cuvier, 1824-29) représente un dauphin mâle collecté par M. Dussumier « à trente lieues
des îles du Cap Vert ». Il indique qu’ « une bande plus sombre forme sur les joues une
moustache qui s’étend de l’angle de la gueule jusqu’au delà des yeux » et qu’elle constitue « le
caractère qui a porté M. Dussumier à lui donner le nom de Froenatus ».
Ce spécimen est mentionné dans le « Catalogue des animaux donnés au Muséum
d’Histoire naturelle par M. Dussumier [le] 9 novembre] 1827 » (Archives Nationales : AJ 15
572, n° 10).
— 226
On trouvera dans Arvy (1972, pi. 2) la reproduction du manuscrit de Dussumier
(Bibliothèque centrale du Muséum : MS.539) dans lequel est décrit cet animal.
Le binôme D[elphinus ] froenatus ne sera publié par F. Cuvier qu’en 1836 dans son
« Histoire naturelle des cétacés ». Il note alors (p. 155, note infrapaginale 1) que la figure qu’il
a publiée en 1829 « n’est pas exactement enluminée » (coloriée) et que « seule la description est
fidèle ».
Gray ( 1846 : 39) cite le Delphinus frenatus (sic), indique que le crâne du spécimen-type se
trouve au Muséum de Paris et signale également dans les collections du Muséum la présence
d’un second crâne marqué D. froenatus n° 2. Ces deux crânes sont à nouveau signalés par
Pucheran (1856 : 459) qui précise que l’un est sans doute le type de Dussumier et que l’autre
provient d’un individu capturé par Dussumier, en 1836, près des Açores. Recherchant dans les
collections un spécimen naturalisé de D. froenatus, il a pensé un moment le découvrir mais
l’extraction du crâne de ce spécimen a montré qu’il s’agissait en fait d’un Delphinus delphis.
Nous n’avons pu trouver la trace d’un spécimen naturalisé de D. froenatus, par contre le
crâne-type a été aisé à retrouver.
En ce qui concerne le second crâne, celui dont parlent Gray et Pucheran, il n’est pas sûr
qu’il s’agisse de la même pièce. Le crâne étudié par Gray pourrait être le CAC : A.3033 (qui
porte l’inscription [D. froenatus] et dont l’origine apparaît mal définie), celui cité par Pucheran
est sans doute le JAC : 1882-94.
Holotype : dauphin collecté par J. J. Dussumier (en 1827?) « à trente lieues au sud des îles du
Cap Vert » (océan Atlantique : environ 15° N et 24° W); remis au Muséum le 9 novembre 1827.
— Crâne.
— Numéros de collection : CAC : A.3034, CAG : B 11/70.
— Laboratoire d’Anatomie comparée du Muséum national d’Histoire naturelle (Paris).
Les mensurations du crâne-type sont fournies par True (1889 : 73) et Fraser (1950 :
71). Une radiographie récente a permis de préciser la formule dentaire : D 36 G 38.
D 36 G 34
Principales figurations
F. Cuvier (in Geoffroy Saint-Hilaire et F. Cuvier, 1824-29); livraison 58 (sept. 1829) : Dauphin
bridé n° 3 (animal en vue latérale).
F. Cuvier (1836), pi. X, fig. 1 (animal en vue latérale droite).
Arvy (1972), pl. 4, fig. 3 (contour de l’animal en vue latérale gauche) : même dessin (mais retourné
et réduit au trait) que celui publié par F. Cuvier.
Stenella coeruleoalba Meyen, 1833
— Delphinus tethyos P. Gervais, 1853.
Cette espèce a été considérée par Gervais (1853) comme « propre à la Méditerranée ». La
description qu’il donne du crâne-type et l’examen de cette pièce permettent de conclure qu’il
s’agit d’un Stenella coeruleoalba Meyen, 1833.
Holotype : collecté par P. Gervais en décembre 1852 à Valréas, département de l’Hérault (côte
française de Méditerranée), à peu de distance de l'embouchure de l’Orb (il s’agissait d’un animal
dépecé dont seul le crâne a été prélevé).
— Crâne.
— 227 —
Numéro de collection : CAC : A.3021. Cette pièce a d’abord fait partie des collections de la
Faculté des Sciences de Montpellier (cat. n° 2, n° 2572).
Laboratoire d’Anatomie comparée du Muséum national d’Histoire naturelle (Paris).
Ainsi que le note Gervais (1853 : 151), la boîte crânienne avait été défoncée pour extraire
le cerveau. Le crâne est édenté, il n’a plus ses pétrotympaniques et ses jugaux. On trouvera ses
mensurations dans Robineau (1972, tableau 2 : 526).
Principales figurations
Gervais (1853), pi. I.
Van Beneden et Gervais (1868-79), pi. XXXVIII, fig. 2 (vue inférieure du calvarium).
— Delphinus marginatus Desmarest, 1856 (et non Pucheran, 1856).
La cinquième espèce de dauphin traitée par Pucheran (1856) dans ses « Notices
mammalogiques » est le « dauphin bordé, Delphinus marginatus Duvernoy », espèce « établie
par M. Duvernoy d’après deux individus envoyés au Musée de Paris, en 1854, par le docteur
Guiton (sic). Ces deux cétacés étaient échoués aux environs de Dieppe. Aussitôt après leur
arrivée, un dessin en fut fait pour la collection des vélins du Muséum : ce dessin a été reproduit
par M. E. Desmarest dans l’encyclopédie du docteur Chenu (1) [(1) Encycl. d’hist. nat.,
Mammifères, vol. V, p. 284, pi. XXIX, fig. 1] ». Pucheran ne donne aucune référence
bibliographique d’un travail de Duvernoy. Il nous paraît probable que ce dernier n’a pas
publié son D. marginatus ; nous n’avons trouvé d’ailleurs aucune trace d’une telle publication.
Par contre, cette espèce est bien mentionnée et figurée dans 1’ « Encyclopédie d’histoire
naturelle » dirigée par J. Ch. Chenu où elle est classée dans les espèces qui « ne sont pas
connues suffisamment pour qu’on puisse affirmer positivement leur existence ». Desmarest
(p. 284), qui a rédigé le texte, place au premier rang de ces espèces « Le dauphin bridé (D.
marginatus Duvernoy) (voyez Atlas, pi. XXIX, fig. 1), fondé sur un assez grand nombre
d’individus échoués à Dieppe en 1854, et dont quatre ont été envoyés au Muséum par le
Docteur Guitton ». La figure publiée par Desmarest constitue une indication suffisante pour
caractériser l’espèce (Code de Nomenclature Zoologique, Art. 12, b, 7). Comme le travail de
Pucheran, qui paraît en décembre 1856, fait mention de la publication de Desmarest,
l’antériorité de cette dernière ne fait aucun doute : le Delphinus marginatus doit donc être
attribué à Desmarest et non à Pucheran comme l’indiquent presque toutes les publications
ultérieures.
Desmarest mentionne quatre spécimens, Duvernoy deux seulement. Nous n’avons
trouvé dans les collections que deux spécimens (un animal naturalisé et un squelette) qui
constituent donc les syntypes de l’espèce, actuellement placée en synonymie avec Stenella
coeruleoalba Meyen, 1833.
Le D. marginatus Desmarest, 1856 ne doit pas être confondu avec le D. marginatus
Lafont, 1868 qui est placé en synonymie avec Delphinus delphis (cf. Hershkovitz, 1966 : 46).
Syntypes : deux individus collectés par le Dr Guitton à Dieppe, département de Seine-Maritime
(côte française de la Manche), en 1854.
— Un spécimen naturalisé (peau montée) et un squelette.
— 228 —
— Numéros de collection : CGZ n° 9 (spécimen naturalisé); CAC : A.7946, CAG : B 11/196
(squelette).
— Zoothèque (spécimen naturalisé) et Laboratoire d’Anatomie comparée (squelette) du Muséum
national d’Histoire naturelle (Paris).
Pucheran fournit les mensurations externes de l’un des spécimens qui mesurait 209 cm de
longueur totale (« le lien passant sur le dos »). Nous n’avons trouvé que 165,5 cm de longueur
totale standard pour le spécimen naturalisé de la galerie de Zoologie. Peut-être s’agit-il du plus
petit des deux animaux mentionnés par Pucheran. Le spécimen naturalisé a été peint en noir et
blanc et les bandes pigmentées qui caractérisent l’espèce ne sont donc plus discernables.
Les autres caractéristiques du squelette A.7946 sont fournies par Pucheran (1856),
Fischer (1881) et Robineau (1972).
Principales figurations
Desmarest (in Chenu, 1856), pl. 29, fig. 1 (animal en vue latérale droite).
Pucheran (1856), pl. XXV (animal en vue latérale gauche).
Van Beneden et Gervais (1868-79), fig. 1 et la (calvarium A.7946 en vues dorsale et ventrale),
fig. lb et le (pétrotympanique).
True (1889), pl. XV, fig. 1 (animal en vue latérale gauche, d’après Pucheran).
Fraser et Noble (1970), pl. 4, fig. b (animal en vue latérale gauche d’après Pucheran), fig. c (ani¬
mal en vue latérale gauche d’après Desmarest).
— Delphinus mediterraneus Loche, 1860.
L’examen du dessin de l’animal publié par Loche (1860 : 22, fig. 2) et l’étude de son crâne
conservé dans nos collections montrent qu’il s’agit d’un Stenella coeruleoalba (voir aussi
Perrin et al., 1987). C’est donc à tort que Hershkovitz (1966 : 36) donne le D. mediterraneus
comme synonyme de Stenella frontalis.
Holotype : capturé le 1 er mai 1860 dans la rade d’Alger (Algérie).
— Crâne et squelette post-crânien incomplet 1 .
— Numéro de collection : J AC : 1860-132.
— Laboratoire d’Anatomie comparée du Muséum national d’Histoire naturelle (Paris).
Loche (1860 ; 478) donne les mensurations externes de l’animal et n’a trouvé que 1,54 m
entre l’extrémité du bec et l’extrémité de la queue (le lien passant sur le dos). Il s’agit donc,
quoiqu’en dise Loche, d’un juvénile, ce que confirme l’examen du squelette (épiphyses
vertébrales et celles des os longs non soudées).
On trouvera ci-dessous les principales mensurations (en mm) du crâne :
Longueur condylobasale. 343
Longueur du rostre. 182
Largeur du rostre à sa base. 75
en son milieu. 43
Largeur du crâne : préorbitaire.
postorbitaire. 161
I. Loche indique que la peau de l’animal est au Musée d’Alger.
— 229 —
zygomatique. 162
pariétale. 141
Longueur de la mandibule. 297
Hauteur de la mandibule (ap. coron.). 56
La formule dentaire est difficile à établir d’après la pièce. Loche (1860 : 477) indique ■
4j_ 4L
41 39
Principale figuration
Loche (1860), pl. 22, fig. 2 (animal en vue latérale droite).
Stenella longirostris Gray, 1828
— Delphinus roseiventris Wagner, 1846.
Wagner (in Schreber et Wagner, 1846) a reproduit dans l’Atlas de son ouvrage (pl. 360,
fig. 1), le dessin du dauphin à ventre rose publié dans l’Atlas de Zoologie du « Voyage au pôle
sud et dans l’Océanie sur les corvettes l’Astrolabe et la Zélée » (Jacquinot, 1842 à 1853, pl. 22,
fig. 2). Il a été le premier auteur à attribuer à cette espèce un binôme latin (Delphinus
roseiventris) qui a été adopté par H. Jacquinot et Pucheran (1853) lorsqu’ils ont rédigé la
partie zoologique, consacrée aux mammifères et aux oiseaux, du « Voyage au pôle sud... ».
L’holotype de l’espèce est donc le spécimen représenté dans Jacquinot (1842 à 1853,
pl. 22, fig. 2) et, selon une inscription de la planche, « peint par Werner d’après Lebreton ».
Lebreton est très vraisemblablement le jeune chirurgien embarqué sur F « Astrolabe » qui,
excellent dessinateur, a sans doute figuré l’animal alors qu’il venait d’être capturé. Ce dessin a
été recopié par J. Ch. Werner, peintre animalier bien connu à l’époque. Le dauphin à ventre
rose a été pris « dans la mer des Moluques en vue de la côte sud de Nouvelle-Guinée ».
(H. Jacquinot et Pucheran, 1853 : 42).
Ces auteurs nous donnent les dimensions d’un spécimen de cette espèce mesurant 118 cm
du bout du museau à l’extrémité de la caudale et mentionnent qu’ils ont « sous les yeux trois
crânes de dauphin à ventre rose ». L’expédition a donc recueilli au moins trois spécimens
parmi lesquels se trouve sans doute l’holotype.
Nous avons découvert dans les collections du Muséum :
— un spécimen naturalisé (peau montée) de petite taille (108 cm de longueur totale standard) qui
paraît être celui dont H. Jacquinot et Pucheran (1853 : 40) donnent les mensurations;
— les ossements de trois spécimens : 2 crânes (CAC : A.3026 et A.3027); 1 calvarium (JAC : 1928-
192); 2 squelettes post-crâniens plus ou moins complets (JAC : 1880-553 et 1880-554).
Le spécimen naturalisé est-il l’holotype ? Pour tenter de le découvrir nous avons d’abord
comparé ce spécimen (fig. 10) au dessin représentant l’holotype. Cette comparaison a permis
de mettre en évidence un certain nombre de différences (aspect du bout des mâchoires, position
de l’œil par rapport à l’angle de la bouche, forme de la nageoire dorsale) qui semblent
s’opposer à une telle assimilation. Toutefois, il serait possible que ces dissemblances soient
dues à la naturalisation qui a pu modifier l’aspect originel du spécimen. L’holotype, représenté
au 1 /5 e dans Jacquinot (pl. 22, fig. 2), mesure 29 cm du bout du museau au fond de l’encoche
de la nageoire caudale, ce qui correspond à un animal de 29 x 5 = 145 cm de longueur
standard. Cette donnée est à rapprocher d’un renseignement fourni par H. Jacquinot et
230 —
Pucheran (1853) qui indiquent, pour un individu de dauphin à ventre rose capturé par
l’expédition, une longueur de 143 cm. Or, le spécimen naturalisé ne mesure, nous l’avons vu,
que 108 cm de longueur standard. Certes, et nous l’avons déjà constaté pour d'autres
spécimens, la naturalisation détermine un raccourcissement important. Dans le cas qui nous
préoccupe, il serait considérable et paraît de ce fait peu vraisemblable. Par ailleurs, les
inscriptions figurant dans nos catalogues laissent à penser que le spécimen figuré et le spécimen
naturalisé sont distincts. Tout bien considéré, il apparaît donc très douteux que l’animal
naturalisé soit l’holotype.
Une seconde question se pose maintenant à nous : l’holotype est-il représenté par un des
crânes (ou squelettes) de nos collections? Malgré tous nos efforts et une enquête très
minutieuse, il nous a été impossible de répondre affirmativement, sans équivoque, à cette
question. Aussi avons-nous considéré tous les spécimens du dauphin à ventre rose comme des
syntypes et choisi parmi eux un lectotype.
Le spécimen naturalisé, réduit à une peau, est peu intéressant, car sa pigmentation
originelle est indiscernable et ses mensurations très probablement altérées par la naturalisation.
Parmi les spécimens ostéologiques, le crâne A.3026 s’impose à mon avis comme lectotype.
En effet, des deux crânes disponibles, c’est celui qui est dans le meilleur état et celui qui paraît
le plus proche de la maturité physique. A propos de ce crâne, le CAC fait référence à la
planche 23, fig. 3 et 4 de l’Atlas zoologique du voyage au pôle sud. Toutefois, ces dessins sont
si peu précis que, les comparant au crâne A.3026, nous n’avons pu acquérir la certitude que
c’était bien cette pièce qui était figurée. Le CAC indique également que la peau de cet animal
était aux galeries; mais le crâne A.3026 me paraît bien trop grand (longueur condylobasale
actuelle 36,6 cm) pour être celui du spécimen naturalisé. Ce crâne correspond selon nous au
squelette post-crânien n° 1 (incomplet), inscrit au JAC sous le n° 1880-533 1 qui, d’après le
JAC, serait celui d’un animal « pris le 4 mars 1839 [dans la] Mer des Moluques ».
Lectotype : capturé en mars 1839 dans la mer des Moluques (Indonésie) par l’expédition de
1’ « Astrolabe » et la « Zélée », sous le commandement de Dumont d’Urville.
— Crâne (et squelette post-crânien incomplet?).
— Numéros de collection : crâne : CAC : A.3026; squelette post-crânien : JAC : 1880-553(7).
— Laboratoire d’Anatomie comparée du Muséum national d’Histoire naturelle (Paris).
Le crâne A.3026 est édenté, il lui manque les jugaux et les pétrotympaniques. En outre, la
région ptérygoïdienne est en mauvais état et l’extrémité du rostre incomplète. Les mensura¬
tions de cette pièce sont données par True (1889 : 60 et 61).
Principales figurations
Jacquinot (1842-1853, pl. 23, fig. 3 et 4) représente un crâne de D. roseiventris qui, selon nos cata¬
logues, serait le A.3026. En fait, comme on l'a vu précédemment, les dessins sont si peu précis
que l’on n’a pu s’en assurer en les comparant à la pièce.
Paralectotypes : ils ont été collectés dans la même zone géographique que le lectotype mais à des
dates différentes.
— Un spécimen naturalisé, un crâne, un calvarium, un squelette postcrânien.
1. Selon le CAC, ce squelette post-crânien n° 1 (JAC : 1880-553) correspondrait au crâne A.3027. Mais comme le
squelette n° 1 est, selon le JAC, plus grand que le squelette n° 2 (JAC : 1880-554), et que le crâne A.3026 est plus grand
que le A.3027, il paraît logique de penser que A.3026 = 1880-553 et A.3027 = 1880-554.
— 231 —
Fig. 10. — Delphinus roseiventris Wagner, 1846 (= Stenella longirostris Gray, 1828). Paralectotype CGZ n° 19 (peau
montée).
— Numéros de collections : CGZ n° 19 (spécimen naturalisé); CAC : A.3027 (crâne en mauvais
état); JAC : 1928-192 (calvarium en mauvais état); JAC : 1880-554 (squelette post-crânien).
— Zoothèque (spécimen naturalisé) et Laboratoire d’Anatomie comparée (ossements) du Muséum
national d’Histoire naturelle (Paris).
Les mensurations standard (en cm) du spécimen naturalisé sont les suivantes :
Longueur totale. 108
Du bout du museau à l’évent. 20,5
à l’origine de la nageoire pectorale. 29
à la pointe de la nageoire dorsale. 68,7
Longueur maximale de la nageoire pectorale. 22
Largeur maximale de la nageoire pectorale. 8
Hauteur de la nageoire dorsale. 13
Largeur de la nageoire caudale. 33
L’état du crâne A.3027 et celui du calvarium 1928-192 ne permettent pas la prise de la
plupart des mensurations standard, en particulier la longueur condylobasale.
Principales figurations
Van Beneden et Gervais (1868-79), pi. XXXVIII, fig. 6 (vue dorsale du calvarium), 6a (vue ventrale
du calvarium). La pièce représentée est le calvarium 1928-192 (et non le A.3026).
True (1889), pi XIII, fig. 2 (calvarium en vue ventrale d’après Van Beneden et Gervais).
Si l’on s’en tient aux indications fournies par les catalogues on pourrait distinguer trois
spécimens :
a) CAC : A.3026 = JAC : 1880-554 = CAG : BII/87 = CGZ n° 19;
b) CAC : A.3027 = JAC : 1880-553 = CAG : BII/108;
c) JAC 1928-192 = CAG : 11/94.
Nous avons vu qu’il valait mieux considérer à part le spécimen naturalisé (CGZ n° 19). En
outre, si l’on tient compte des dimensions des pièces et de leur état, je pense qu’il est plus
logique de proposer les équivalences suivantes :
— 232
ai CAC : A.3026 = JAC : 1880-553 = CAG : BII/108;
b) CAC : A.3027 = JAC : 1880-554 = CAG : BII/87;
c) JAC 1928-192 = CAG : 11/94.
La petite taille de Delphinus roseiventris est très remarquable. Perrin, Miyazaki et
Kasuya (1989) et Perrin (en préparation) envisagent qu’il puisse constituer une sous-espèce
particulière du Stenella longirostris.
Phocoenidae
Neophocaena phocoenoides (G. Cuvier, 1829)
— Delphinus phocoenoides G. Cuvier, 1829.
G. Cuvier (1829), dans un chapitre intitulé « Les dauphins delphinus », envisage les
formes sans nageoire dorsale (les delphinaptères de Lacépède) et indique (p. 291) que
« M. Dussumier a découvert au Cap, une espèce de ce sous-genre, qui a la tête ronde, et les
dents comprimées et obtuses du marsouin ( D. phocoenoides) ». Pour brève que soit cette
définition elle est cependant suffisante pour identifier sans équivoque l’espèce, et le binôme
Delphinus phocoenoides doit être considéré comme valable. Pour cette espèce, Gray (1846) créa
un genre nouveau : Neomeris, nom qui avait malheureusement déjà été employé pour désigner
un annélide polychète; elle constitue maintenant, pour la plupart des auteurs, l’unique espèce
du genre Neophocaena Palmer, 1899, que l’on trouve dans certains fleuves et le long des côtes
du continent asiatique depuis le Pakistan jusqu’à la Corée et au Japon, ainsi qu’en Indonésie.
La localité-type (le Cap de Bonne-Espérance) désignée par Cuvier, 1829, soulève un
sérieux problème, car depuis 1829 aucun spécimen de Neophocaena phocoenoides n’a été
découvert le long de toute la côte d’Afrique 1 . Il apparaît donc nécessaire de poser une
première question : Dussumier a-t-il rapporté du Cap un spécimen de cette espèce?
Ainsi que l’avait fait Pucheran (1856), nous avons recherché la trace, dans les envois de
Dussumier, d’un D. phocoenoides en provenance du Cap. Nous avons consulté pour ce faire,
outre les différents catalogues du Laboratoire d’Anatomie comparée, tous les manuscrits se
rapportant à Dussumier en dépôt soit à la Bibliothèque centrale du Muséum, soit aux Archives
Nationales (la liste de ces documents se trouve dans l’article de Laissus, 1973) ainsi que les
différentes publications le concernant. Dans le dossier « Dussumier » en dépôt aux Archives
Nationales (cote AJ 1S 572) se trouvent les listes d’animaux donnés au Muséum. Trois
spécimens seulement de petits cétacés proviennent du Cap de Bonne-Espérance :
— un individu « en peau » de marsouin du Cap de Bonne-Espérance ( Cephalorhynchus heavisidei),
reçu le 9 novembre 1827 ;
— deux squelettes de dauphins (un de mâle et un de femelle), reçus le 7 novembre 1836.
Tous les spécimens de « delphinaptères », au nombre de trois, proviennent de la côte de
Malabar (sur la côte orientale de la péninsule indienne); il s’agit de :
1. Gibson-Hill (1950) est le seul auteur qui signale cette espèce sur les côtes d’Afrique du Sud.
— 233 —
— un animal « en peau » (9 novembre 1827);
— la tête, les membres « en peau » et les viscères d’un animal (reçu en octobre 1830);
— un animal conservé dans l’alcool (novembre 1830).
Or, les collections du Muséum renferment actuellement trois spécimens de Neophocaena
phocoenoides :
— un crâne (CAC : A.3086; JAC : 1881-231);
— un crâne et quelques éléments post-crâniens (CAC : A.3087 ; JAC 1880-552);
— un spécimen naturalisé de petite taille : Lt = 108 cm (CGZ n° 32) 1 .
Nous savons que les spécimens 2 et 3 proviennent de la côte de Malabar, et ont été
collectés par Dussumier. L’origine du spécimen 1 (A.3086) n’est par contre pas sûre. Le
calvarium porte l’inscription suivante : « Delphinapterus phocoenoides n° 2.g. Neomeris » et
on lit sur la mandibule, écrit de la même main : « D. phocoenoides Cuv., qui dans le Règne
animal le dit du Cap ». Ces inscriptions, postérieures à 1846 (date de la création du genre
Neomeris), semblent indiquer qu’il s’agit du type de l’espèce. Notons que l’origine géographi¬
que est indiquée d’après Cuvier. Les inscriptions au JAC et au CAC, faites en 1881 et 1882,
font également part de l’incertitude qui règne quant à l’origine géographique du spécimen.
(« Cuvier, dans le Règne animal, le dit du Cap »; « du Cap? »).
En conclusion, il n’y a aucune trace d’un spécimen de N. phocoenoides en provenance du
Cap. Si le crâne A.3086 (1881-231) est bien le type de l’espèce, nous n’avons que l’indication
fournie par Cuvier (1829) quant à son origine. D’après les données en notre possession, le
crâne A.3086 (1881-231) ne peut provenir que de l’animal « en peau » venant de la côte de
Malabar, reçu le 9 novembre 1827. Cela implique non pas une erreur d’étiquetage du spécimen
ainsi que l’a suggéré Allen (1923), mais une confusion de Cuvier. Nous pensons par ailleurs
que, vraisemblablement, le crâne A.3087 est la tête reçue en octobre 1830. Le spécimen monté
(CGZ n° 32) pourrait être, quant à lui, l’animal, conservé dans l’alcool, réceptionné en
novembre 1830.
Ces deux spécimens, postérieurs à la publication de Cuvier (1829), ne peuvent être en
aucune manière considérés comme des syntypes et on ne peut donc choisir parmi eux un
lectotype.
Holotype, de la côte de Malabar, collecté par Dussumier et donné au Muséum le 9 novembre 1827 (?).
— Crâne.
— Numéros de collection : CAC : A.3086; JAC : 1881-231.
— Laboratoire d’Anatomie comparée du Muséum national d’Histoire naturelle (Paris).
Les mensurations du crâne-type se trouvent dans True (1889 : 116). Alors que le crâne
A.3087 (1880-552) a été représenté dans Van Beneden et Gervais (1868-1879, pl. LVI, fig. 1-
4) et, d’après ces auteurs, dans True (1889, pl XXXIV), le crâne-type n’a, à ma connaissance,
jamais été figuré, c’est pourquoi nous en publions les photographies (fig. 11 et 12).
Le dessin du « Delphinaptère phocenoide Dussumier » (Arvy, 1972, pl. 5, n° 1) est
vraisemblablement une figuration de l’animal « en peau » reçu le 9 novembre 1827, c’est-à-
dire, selon notre hypothèse, l’holotype (cf. fig. 13).
I. Il existe un second spécimen (CGZ n° 33), de plus grande taille (Lt = 173cm), étiqueté de la même manière;
nous avons déterminé qu’il s’agissait en fait d’un exemplaire de Lissodelphis peronii (celui reproduit par Arvy, 1972,
pl. 5, fig. 2).
Fig. II. — Neophocaena phocoenoides (G. Cuvier, 1829) : holotype CAC : A.3086 (crâne). Vues dorsale (en haut) et
latérale du calvarium.
Fig. 12. — Neophocaena phocoenoides (G. Cuvier, 1829) : holotype CAC : A.3086. Vue ventrale du calcarium et vue
dorsale de la mandibule.
— 236 —
Fig. 13. — Neophocaena phocoenoides (G. Cuvier, 1829) : holotype (dessin au trait : MS 539 de la Bibliothèque
centrale du Muséum).
Remerciements
Le Dr W. F. Perrin (La Jolla) et le Dr P. J. H. Van Bree (Amsterdam) ont bien voulu revoir notre
manuscrit et nous les en remercions. Les photographies sont de A. Gordon ; la figure 2 est due au talent
de M. Gaillard. S. Arnold s’est chargée de la dactylographie des deux parties de notre travail; nous lui
en sommes très reconnaissant.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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G. Pilleri ed., Invest, on Cetacea. VIII : 323-339.
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Achevé d’imprimer le 2 août 1996.
Le Bulletin du 4 e trimestre de l’année 1989 a été diffusé le 23 mai 1990.
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Collection à périodicité irrégulière. Paraît depuis 1935. A partir de 1950, les Mémoires se subdivisent
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T. 142. — Tillier (S.) (Coordonné par). — Zoologia Neocaledonica. Volume I. Publié avec le concours de
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T. 143. — Résultats des campagnes MUSORSTOM : Philippines. Volume 4 (J. Forest, éd.), 1989, 260 p.,
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