ISSN 0181-0642
BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION TRIMESTRIELLE
SECTION C
sciences de la terre
paléontologie
géologie
minéralogie
4 e SÉRIE T. 14 1992, N os 3-4
Juillet- Septembre/Octotye- Décembre 1992
Éditions scientifiques du Muséum, Paris
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Section C : SCIENCES DE LA TERRE
Directeur : L. Ginsburg.
Rédacteur : P. Dupérier.
Comité de rédaction : H. Lelièvre, E. L. Perseil, F. Poplin, J. M. Rouchy,
S. Sen (Univ. PARIS VI), P. Tassy.
Comité scientifique : C. Babin (Lyon), Chang Mee Man (Pékin, Chine), J. Der-
court (Paris), C. Devillers (Paris), M. Durang-Delga (Toulouse), J. H. Fran-
zen (Frankfurt-am-main, Allemagne), Z. Kielan-Jaworowska (Oslo, Dane¬
mark), J. P. La veine (Lille), M. Novacek (New York, USA), G. Nelson
(New York, USA), C. Patterson (Londres, Angleterre), J. L. Sanz (Madrid,
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Fondé en 1895, le Bulletin du Muséum d’Histoire naturelle est devenu à partir de 1907 :
Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle. Des travaux originaux relatifs aux diverses
disciplines scientifiques représentées au Muséum y sont publiés. Il s’agit essentiellement
d’études de Systématique portant sur les collections conservées dans ses laboratoires, mais
la revye est également ouverte, depuis 1970 surtout, à des articles portant sur d’autres
aspects de la Science : biologie, écologie, etc.
La l n série (années 1895 à 1928) comprend un tome par an (t. 1 à 34), divisé chacun en
fascicules regroupant divers articles.
La 2 e série (années 1929 à 1970) a la même présentation : un tome (t. 1 à 42), six fasci¬
cules par an.
La 3 e série (années 1971 à 1978) est également bimestrielle. Le Bulletin est alors divisé
en cinq Sections et les articles paraissent par fascicules séparés (sauf pour l’année 1978
où ils ont été regroupés par fascicules bimestriels). Durant ces années chaque fascicule est
numéroté à la suite (n os 1 à 522), ainsi qu’à l’intérieur de chaque Section, soit : Zoologie,
n os 1 à 356 ; Sciences de la Terre, n os 1 à 70 ; Botanique, n os 1 à 35 ; Écologie générale,
n os 1 à 42 ; Sciences physico-chimiques, n os 1 à 19.
La 4 e série débute avec l’année 1979. Le Bulletin est divisé en trois Sections : A : Zoolo¬
gie, biologie et écologie animales ; B : Botanique, biologie et écologie végétales, phyto¬
chimie (fusionnée à partir de 1981 avec la revue Adansonia ) ; C : Sciences de la Terre, paléon¬
tologie, géologie, minéralogie. La revue est trimestrielle ; les articles sont regroupés en
quatre numéros par an pour chacune des Sections ; un tome annuel réunit les trois Sec¬
tions.
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BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
4' série, 14 , 1992, section C (Sciences de la Terre, Paléontologie, Géologie, Minéralogie), n° 3-4
SOMMAIRE — CONTENTS
J. Lafuste, P. Semenoff-Tian-Chansky et F. Tourneur. — Succession microlamelles-
lamelles dans le sclérenchyme pariétal de Syringopora Goldfuss, 1826 (Tabulata,
Carbonifère). 249
Succession microlamellae-lamellae in ihe pariétal sclerenchyme of Syringopora Goldfuss, 1826
(Tabulata, Cürboniferous).
G. Breton. — Réexamen de l'holotypc de Pentaceros dilatatus Meunier, 1906
[= Nymphaster obtusus (Forbes, 1848)]. Goniasteridae (Asteroidea, Echinoder-
mata), Crétacé supérieur du Bassin de Paris . 267
Redescription of lhe holotype of Pentaceros dilatatus Meunier, 1906 [= Nymphaster
obtusus (Forbes, 1848)] Goniasteridae (Asteroidea, Echinodermata), Upper C.retaceous from
the Paris Basin.
A. Nel. Essai de révision des Berytidae fossiles (Heteroptera, Pentatomorpha). 275
Essav of révision of the fossil Berytidae (Heteroptera, Pentatomorpha).
J. Gaudant. — Présence des genres Dapaloides Gaudant et Dapalis Gistel (Poissons
téléostéens, Percoidei) dans l'Oligo-Miocène lacustre de la Limagne bourbon¬
naise ... 289
Occurrence of the généra Dapaloides Gaudant and Dapalis Gistel (Teleostean Fishes, Percoi¬
dei) from the lacustrine Oligo-Miocene of Burbonaise Limagne.
L. Ginsburg. —- Les genres Pseudarctos et Ictiocyon, Amphicyonidae (Carnivora,
Mammalia) du Miocène européen. 301
The généra Pseudarctos and Ictiocyon, Amphicyonidae (Carnivora, Mammalia) from the
european Miocene.
Bull. Mus. natl. Hist. nat., Paris, 4 e sér., 14 , 1992,
section C, n os 3-4 : 249-265.
Succession microlamelles-lamelles dans le sclérenchyme pariétal
de Syringopora Goldfuss, 1826 (Tabulata, Carbonifère)
par Jean Lafuste t, Pierre Semenoff-Tian-Chansky
et Francis Tourneur
Résumé. — La constitution microstructurale des parois chez le genre Syringopora Goldfuss, 1826 est
mise en évidence par l'emploi de lames ultra-minces à faces polies dans du matériel provenant du
Carbonifère inférieur de France et de Belgique. On reconnaît de l’extérieur à l’intérieur des murailles une
mince enveloppe corticale constituée de fibres et fibroïdes, une couche d'épaisseur relativement faible
composée de microlamelles cupulaires et enfin un manchon périluminaire bien développé de lamelles
onduleuses ; les planchers sont lamellaires et les épines septales fibreuses. Ces données microstructurales
sont à intégrer dans la diagnose générique de Syringopora.
Mots-clés. — Tabulata, biocristaux, systématique. Carbonifère, France, Belgique.
Abstract. The wall microslructural composition of the genus Syringopora Goldfuss, 1826 has been
investigated by polished ultra-thin sections from Lower Carboniferous spécimens from Fiance and
Belgium. The following succession has been Tecognized from the outer part to the inner part of the wall :
a thin cortical layer of fibres and fibroids followed by a slightly thicker layet composed of cupular
microlamellae and, finally, by a well-developed periluminaT layer of undulating lamellae. The tabuiae are
lamellar and the septal spines fibrous. These microstructural data should be incorporated in the generic
diagnosis of Syringopora.
Key words. — Tabulata. biocrystals, Systematics, Carboniferous, France, Belgium.
J. Lafustp (1930-1990) et P. Semenofe-Tian-Chansky, U B A 12 du CNRS, Laboratoire de Paléontologie, Muséum
national d'Histoire naturelle. S rue Buffon, F-75U0S Paris. France.
F. Tourneur, Unité de Paléontologie ci de Paléogéographie, Université Catholique de Louvain, 3 place Louis Pasteur,
B-1348 Louvain-la-Neuve, Belgique.
Le genre Syringopora Goldfuss, 1826, peut être considéré comme l’archétype des Tabulés
fasciculés ; en effet, il fut le premier genre de ce groupe à être décrit et il en montre tous les
traits morphologiques fondamentaux : des polypientes tubulaires subparallèles, unis à
intervalles irréguliers par des tubules de connexion, l’espace intérieur des polypiérites étant
recoupé par des planchers infundibuliformes. Comme c'est le cas pour la plupart des genres
anciennement décrits (notamment Favosites Lamarck, 1816), de très nombreuses espèces lui ont
été attribuées, de l’Ordovicien au Permien. Cet élargissement à des formes parfois très
différentes, qui ne présentent guère comme caractère commun que l’habitus fasciculé, a rendu
nécessaire un retour aux matériaux originaux, pour mieux cerner les caractères propres au
genre Syringopora et en présenter une diagnose précise. La présente note est consacrée à la
description microstructurale d’espèces du Dinantien de Belgique et de France.
— 250 —
Données historiques sur la microstructure
La constitution lamellaire du sclérenchyme de la muraille du genre Syringopora est l’une
des premières microstructures à avoir été décelée chez les Tabulata : elle a été dessinée en 1879
par Niciiolson et en 1898 par Struve. Cette microstructure, reconnaissable en lames minces,
a été par la suite très souvent signalée dans les descriptions spécifiques des représentants de ce
genre, comme par exemple par Dubatolov (1971 : 13), Yanet (1971 : 46, 51) et Nowinski
(1976 : 81). Dans les traités généraux de paléontologie, la constitution «concentrique»,
« lamellaire » ou « feuilletée » du squelette de certains représentants de la famille des
Syringoporidae est rapportée par Lecompte (1952 : 521), Sokolov (1955 : 193) et Hill (1981 :
F645). Notons toutefois que ce dernier auteur la considère comme résultant d’une diagenèse à
partir d’un sclérenchyme fibreux. Par ailleurs, Nelson (1962.457) a signalé une microstructure
« d’apparence fibreuse radiale » chez Syringopora virginica Butts, 1941, mais la morphologie de
ce polypier conduit en fait à le placer dans le genre Pleurosiphonella Tchudinova, 1970.
Dans toutes les publications antérieures à ce jour, qui résultent de l'examen de sections
d’épaisseur « pétrographique » (environ 30 pm), le matériel biocalcitique des parois de
Syringopora est figuré comme complètement homogène et de constitution lamellaire (Duba¬
tolov. 1971 : fig. 1, p. 13 ; Hill, 1981 : fig. 305, p. F454 ; Tchudinova, 1986 : fig. 51, p. 80).
Or, la réalisation de lames ultra-minces à faces polies (Lafuste, 1970), en permettant de
déterminer la morphologie individuelle exacte des biocristaux, a révélé que les murailles des
Syringopora typiques du Carbonifère inférieur comportent en réalité des lamelles et des
microlamelles bien différenciées. Mistiaen (1988 216-217) a décrit récemment la microstruc¬
ture microlamellaire de polypiers néodévoniens qu’il attribue au genre Syringopora, mais
l’appartenance de ces formes à ce genre au sens strict serait à vérifier. Rappelons également que
Brood (1978 : fig. 3 A-F, 6 A-D) a publié de bonnes photographies en microscopie
électronique des éléments granulaires et lamellaires qui constituent la muraille de Syringopo-
rides du Silurien de Gotland, alors que l’ouvrage récent de Wang et al. (1989 ; pi. 67, fig. 1-12 ;
pl. 71, fig. 9, 12) propose des illustrations d’un Syringoporide carbonifère de Chine.
Matériel étudié
Nous avons examiné le matériel original de l’espèce-type du genre, Syringopora ramulosa
Goldfuss, 1826, conservé dans les collections de l’Institut de Paléontologie de l’Université de
Bonn sous le numéro GPlBo 251 (pl I, 1). Ce matériel, qui provient du Dinantien de l’est de
la Belgique (Tourneur ci al., 1989 : 404, 413), est entièrement silicifîé et ne peut donc rien
révéler quant à la constitution originelle des murailles. Tous les topotypes au sens strict,
c'est-à-dire les spécimens provenant de la même région géographique et du même horizon
stratigraphique (les Dolomies de la Vesdre), que nous avons pu récolter et examiner, présentent
exactement la même conservation déficiente pour une étude efficace de la microstructure
(pl. I, 2-3) ; il en sera fort probablement de même pour tout matériel strictement topotypique.
Toutefois, au vu de la complète analogie morphologique des polypiers répertoriés ci-dessous
avec ceux de la collection Goldfuss et avec les topotypes que nous avons étudiés, nous
— 251
Fig. 1. — Syringopora sp. A, Viséen supérieur de la Montagne Noire (Hérault, France), morphologie d’un polypiérite :
A, coupe transversale; B, coupe longitudinale, MNHN LP R54871 (lames minces PS 4782/1-2).
Syringopora sp. A, Upper Visean of the Montagne Noire (Hérault, France), morphology of a corallite. A,
transverse section ; B, longitudinal section.
considérons que les données microstructurales qui sont exposées dans cette note peuvent être
attribuées au genre Syringopora.
Pour l’étude de la microstructure, a été examinée en premier lieu une colonie présentant
les caractères structuraux typiques du genre Syringopora, à savoir la présence de tubules de
connexion unissant à intervalles irréguliers des polypiérites phacelloïdes munis de planchers
disposés en syrinx axiaux (fig. 1 A-B). Les sections sont conformes aux remarquables
photographies données par Wilmore (1910 ; pl. XLI, fig. 1-4), qui attribue son matériel à
l’espèce classique Syringopora reticulata Goldfuss, 1826. Toutefois, en l’absence d’un travail
systématique cohérent sur les Syringoporides, nous préférons adopter dans le présent article la
nomenclature ouverte pour les espèces. Ce spécimen, noté Syringopora sp. A, a été récolté par
J. Roman dans le Viséen supérieur (« V3by ») de la Montagne Noire. Il provient d’un olistolithe
— 252 —
de « Calcaire à Productus » emballé dans le flysch carbonifère qui affleure au pied des
Louvières Hautes, sur la route de Neffiès à Vailhan (Hérault, France). Il est conservé au
MNHN sous le numéro LP R54871, accompagné de deux lames minces et de six lames
ultra-minces (PS 4782/1-6).
Pour obtenir confirmation de ces premières observations microstructurales, d’autres
spécimens de Syringopora du Dinantien ont été examinés :
— Syringopora sp. B, du Calcaire d’Hastière, Tournaisien inférieur d’Engihoul (Belgique),
collection Semenoff-Tian-Chansky, spécimen MNHN LP R54872, lames ultra-minces C810-
C815 ;
— Syringopora sp. C, de la Formation d’Yvoir, Tournaisien supérieur de Spontin
(Belgique), collection Semenoff-Tian-Chansky, spécimen MNHN LP R54873, lames ultra-
minces C820-C826 ;
— Syringopora sp. D, du Dinantien de Sablé (Sarthe, France), spécimen MNHN LP
R54876, lames ultra-minces C270-C275 ;
— Syringopora sp. D, du Dinantien de la carrière de Port-Etroit, près de Sablé (Sarthe,
France), collection Michelin MNHN LP SI 1472, lames ultra-minces C840-C843 ;
— Syringopora sp. D, du Dinantien de Sablé (Sarthe, France), collection Cheux, fonds
ancien du Laboratoire de Géologie de l’Université de Paris, spécimen MNHN LP R54874,
lames ultra-minces C860-C863 ;
— Syringopora sp. E, du Viséen supérieur de Visé (Belgique), spécimen MNHN LP
R54875, lames ultra-minces C830-C831.
L’ensemble de ce matériel est conservé au Laboratoire de Paléontologie du Muséum
national d’Histoire naturelle de Paris.
Microstructure de Syringopora sp. A
(Fig. 2, 3 ; pl. II, 1)
Grossissement moyen
Les premiers stades d’amincissement des lames, au voisinage de l’épaisseur « pétrographi-
que », ont permis de mettre en évidence la répartition globale des biocristaux dans les murailles.
Elle est illustrée par les figures 2 A et B.
A la périphérie du polypiérite se rencontrent des fibroïdes (Lafuste, 1981 : 275), d’abord
verticaux, puis de plus en plus inclinés ; ils sont suivis par des fibres à bosselures classiques, de
diamètre nettement plus réduit. Ces fibroïdes et fibres constituent une couche extérieure,
généralement opaque en lame mince, qui est ce que les auteurs ont généralement considéré
comme une épithèque. L'examen d’un bon nombre de genres de Tabulata à polypiérites
phacelloïdes montre que cette interprétation, émise par analogie avec les Sclèractiniaires, est
erronée en réalité, on doit regarder les biocristaux fibromorphes externes de Syringopora
simplement comme le premier stade de sécrétion de la muraille ; ils sont de ce fait identiques
aux éléments constitutifs des « lignes noires » du milieu des murailles, bien connues chez la
plupart des Tabulata cèrioïdes.
Ensuite, jusqu’à la limite de la cavité luminaire, le sclérenchyme est formé de biocristallites
— 253 —
Fig. 2. — Syrmgopora sp. A, Visèen supérieur de Neffîès (Hérault, France), disposition générale des éléments
microstructuraux : A, coupe longitudinale ; B, coupe transversale, MNHN LP R54871 (lames minces PS 4782/1-2).
F = tïbroïdes et fibres (peu difTérenciables à grossissement moyen) ; Ml — microlamelles ; L = lamelles
onduleuses ; PI = plancher lamellaire ; Ef = épine septale fibreuse,
Syringopora sp. A., Upper Visean ofNeffiès (Hérault, France). general disposition of microstructural éléments :
A, longitudinal section; B, transverse section. F = fibres andfibroids (not distinct at this magnification) ; Ml =
microlamellae ; L = ondulating lamellae ; PI - lamellar tabula ; Ef = ftbrous septal spine.
appartenant tous au type « aplati ». Une première zone, relativement étroite, comporte des
éléments courts, dont la morphologie globalement cupulaire est très souvent discernable. On
peut donc, dès ce stade d’élaboration des lames, les considérer comme des microlamelles
typiques (Lafuste. 1959). La deuxième zone est un manchon, plus largement développé, formé
de biocristallites nettement plus allongés. Leur très fréquente ondulation et leurs abuttements
angulaires notables sont tout à fait sensibles C’est évidemment l'aspect lamellaire dç cette
partie du squelette, à la portée d’observateurs de bonnes lames minces, qui est à l’origine des
opinions de nos prédécesseurs citées dans l’introduction de cette note.
Grossissement élevé
On sait que les biseaux périphériques des lames à deux faces polies (LFP) permettent
d’obtenir une épaisseur de quelques micromètres. Ils permettent de ce fait la reconnaissance des
caractères individuels des plages cristallines du sclérenchyme.
Coupe transversale
Au contact du sédiment encaissant le polypiérite se trouvent des éléments isodiamétraux
assez irréguliers de contour correspondant aux sections des fibroïdes verticaux ; y font suite des
plages de plus en plus allongées et de plus en plus étroites qui résultent du recoupement, de plus
en plus oblique, de fibroïdes puis de fibres à bosselures. Ces dernières, dont l’étude n’entre pas
254
Fig. 3. — Morphologie des éléments microstructuraux de la paroi de Syringopora sp. A (Viséen supérieur de Neffiès)
en section transversale (MNHN LP R54871, lame ultra-mince PS 4782/1) : A, succession fibres-microlamelles dans
la partie externe de la muraille ; B, succession microlamelles-lamelles dans la partie interne de la muraille. Axe du
polypiérite vers le haut.
Morphology of the microstructural components of the wall of Syringopora sp. A. (Upper Visean of Neffiès) in
transverse section. A, fibres-microlametlae succession in the externat part of the wall ; B, microlamellae-Iamellae
succession in the internai part of the wall. Corallite axis upwards.
dans le cadre de cette note, sont du type maintenant regardé comme classique chez les Tabulata
(ftg. 3 A, en bas).
Comme on l’a vu plus haut, la couche squelettique suivante est laite de microlamelles ;
celles-ci ont une longueur moyenne de 13 à 15 pm, pour une épaisseur avoisinant 4 pm et une
hauteur — du fait de leurs fréquentes courbures — de 5 à 7 pm. Une certaine partie d’entre
elles est réellement monocupulaire, mais en général leurs limites supérieures se montrent
constituées de 3 ou 4, et même de 5 ou 6, cupules élémentaires plus petites (fig. 3 A, en haut).
Il est intéressant de souligner que les microlamelles de ce représentant de Syringopora sont tout
à fait analogues à celles du genre Parastriatopora Sokolov, 1949, qui en est morphologiquement
très diffèrent (Plusquellec et Tchudinova, 1977).
La couche interne, c’est-à-dire celle qui est sécrétée terminalement, est la plus développée.
Elle résulte de l'empilement de lamelles. D’une épaisseur de 4 à 6 pm, donc de ce point de vue
très voisines des microlamelles, ces dernières sont par contre beaucoup plus étendues,
puisqu’elles présentent une longueur moyenne de 50 pm, pouvant atteindre 60 à 80 pm. Les
dépressions cupuliformes qui marquent leurs surfaces sont d’extension extrêmement variable,
allant de 2-3 pm à 8-10 pm et même quelquefois 12 à 15 pm (fig. 3 B, en haut).
Coupe longitudinale
Selon cette orientation de section du polypiérite, il a été noté plus haut que les biocristaux
— 255 —
du type « allongé » — fibroïdes et fibres à bosselures sont recoupés suivant leur étirement.
On constate qu’ils sont disposés en « demi-jet d’eau ».
Quant aux éléments cristallins du type « aplati », constitutifs des deux manchons coaxiaux
de la muraille, rien ne permet de différencier leur aspect en coupe verticale de celui qu’ils ont
en coupe horizontale. Cette constatation conduit à émettre une opinion sur leur morphologie
spatiale réelle : les microlamelles peuvent être comparées à des sortes d’écuelles ou de capsules
modérément gondolées ; les lamelles sont des objets beaucoup plus vastes, mais également
isodiamétraux (en tous sens), souvent très gondolés. Pour ces deux types d’éléments, nous
attirons l’attention sur le fait que si on leur suppose un axe fictif, celui-ci est horizontal et dirigé
vers l’axe général, également fictif bien sûr, du polypiérite, qui est tubulaire.
Microstructure de quelques Syringopora
des Ardennes et du Massif Armoricain
(Fig. 4, 5 ; pl. II, 2-3)
Pour acquérir la certitude que les caractéristiques microstructurales relevées chez le
polypier de la Montagne Noire peuvent être généralisées, nous avons effectué des lames
ultra-minces dans six représentants de Syringopora du Carbonifère inférieur de Belgique et du
Massif Armoricain. La liste de ceux-ci a été donnée dans le paragraphe « matériel étudié ».
Toutes les particularités des biocnstaux, tant morphologiques que dimensionnelles,
exposées ci-dessus ont été retrouvées chez eux tous. 11 ne faut pas manquer de préciser ici que
ces diverses colonies proviennent de faciès sédimentaires fort variés : c’est bien là la garantie
— qu’il peut être encore nécessaire d’apporter — que les caractéristiques du matériel calcitique
des Tabulata sont intégralement liées au phénomène biosécréteur et sont peu sensibles aux
diagenèses ultérieures. Rappelons ici que le très intéressant article récent de Rodriguez (1989)
a montré la nature originelle des cristaux calcitiques lamellaires observés chez les coraux
paléozoïques et leur indéniable intérêt pour la systématique.
Sur les quatre dessins de la figure 4, concernant les Syringopora de Sablé et de Visé, on
constate que se retrouve dans tous ses détails la constitution du polypier de la Montagne Noire.
On notera que les planchers minces ou légèrement épaissis sont constitués de deux ou
plusieurs couches de lamelles particulièrement rectilignes (fig, 5 A), par ailleurs semblables à
celles du sclérenchyme, avec lequel les planchers apparaissent en continuité (fig. 2 : Pl).
Les épines septales fusiformes étroitement enrobées par le sclérenchyme (fig. 2 : Ef)
présentent une constitution fibreuse ; leurs biocristaux sont en fait des fibres à bosselures (fig.
5 B) tout à fait typiques, telles qu’on les connaît chez de nombreux genres de Tabulés (Lafuste,
1986).
Compléments sur les lamelles
(Fig. 5)
Ce travail étant basé sur l’examen d’une bonne quantité de lames ultra-minces obtenues
à partir de sclérenchyme d’excellente conservation, nous en profitons pour apporter des
précisions sur certains caractères des biocristaux du type « lamelles », qui concernent leur mode
— 256 —
Fig. 4. — A-B : disposition des éléments microstructuraux chez Syringoporu sp. D du Dinantien de Sablé (spécimen
MNHN LP R54876) en sections transversale (A : lame ultra-mince C272) et longitudinale (B : lame ultra-mince
C274). C-D : morphologie des biocristaux aplatis en section transversale chez Syringopora sp. E du Viséen supérieur
de Visé (spécimen MNHN LP R54875) : microlamelles (C : lame ultra-mince C831) et lamelles (D : lame ultra-mince
C830).
A-B : disposition of the microstruclural éléments in Syringopora sp. D from lhe Dinantian of Sablé in transverse
(A) and longitudinal (B) sections, C-D : morphology of the jlattened biocrystals of Syringopora sp. E from the Upper
Visean of Visé in transverse section : microlamellae (C) and lamellae (D).
d’assemblage. 11 existe des lamelles parfaitement planes (fig. 5 C) ; il peut donc se trouver des
zones, réduites, où elles sont accolées tout à fait parallèlement entre elles. Celles de sections
onduleuses (fig. 5 D) sont très nettement majoritaires. Qu’elles soient planes ou onduleuses, le
mode d’association le plus caractéristique du sclérenchyme de type « lamellaire » est celui où
se manifestent des abuttements angulaires très nets (fig. 5 E).
Comparaison avec d’autres genres
Une variation de la taille et de la morphologie de biocristaux aplatis a été signalée
— 257 —
Fig. 5. — Syringopora sp, B, Tournaisien inférieur d’Engjhoul (Belgique) (MNHN LP R54872) : A, plancher en section
longitudinale, constitué de lamelles planes et rectilignes (LFP C811); B. épine septale composée de fibres à
bosselures (LFP CSI2) ; C, D. E (LFP CS 13), morphologie et disposition réciproque des éléments lamellaires : C,
lamelles à section rectiligne ; D, lamelle onduleuse typique ; F, abuttement de lamelles sous un angle net. A-E, axe
du polypiérite vers le haut.
Syringopora sp. B, Lovter Tournaisian of Engihoul (Bdgium) : A, tabula in longitudinal section, composed of
rectilinear lamellae ; B, septal spine constituted of embassed fibres ; C, D, E, morphology and relationship of lamellar
éléments : C, lamellae with rectilinear outline ; D, typical ondulating lamella ; E, discordant contact between lamellae.
A-E, corallile axis upwards.
récemment chez un représentant du genre Parastriatopora du Dévonien inférieur des Asturies.
Tourneur et Fernandez-Martinez (1991 : fig. 13 a) ont en effet observé dans les planchers
notablement épaissis qui caractérisent la partie périphérique des branches de ce genre, la
succession d’éléments minces et allongés et d’autres, nettement plus courts et plus épais.
Toutefois, ces deux types de biocristaux ont été considérés l’un et l’autre comme des
microlamelles au sens strict.
Un travail sous presse (Lafuste et al.) illustre par ailleurs le passage de lamelles
onduleuses à des microlamelles dans le sclérenchyme de formes attribuées provisoirement au
genre Ligulodictyum Plusquellec, 1973, du Dévonien inférieur d’Espagne et d’Afrique du Nord.
Ce changement de sécrétion d’un type lamellaire à un type microlamellaire a lieu assez
brutalement.
— 258 —
Enfin, la révision du genre Pachystriatoporci Le Maître, 1956 (Mistiaen et Tourneur, en
préparation) a révélé, dans les murailles de ce Tabulé branchu, la coexistence de microlamelles,
toujours situées à proximité de la lame médiane des parois, et de lamelles, localisées en bordure
des lumens.
Aussi, le passage, au cours de la sécrétion d’un élément squelettique, d’un type
microlamellaire à un type lamellaire — ou l'inverse — peut être considéré comme un caractère
relativement répandu chez des Tabulés de morphologie très diverse, puisqu’il se rencontre aussi
bien chez des formes phacelloïdes que cérioïdes, branchues, discoïdes ou massives.
Conclusions
1. A la diagnose du genre Syringopora, dont on peut admettre que celle de Hill (1981 :
F647) est satisfaisante sur le plan morphologique, il faut ajouter les données microstructurales
suivantes, schématisées par la figure 6 : « sclérenchyme de la muraille composé d’une étroite
zone externe de type fibreux, suivie d'une couche microlamellaire et terminée par un manchon
de lamelles onduleuses ; planchers composés de lamelles onduleuses et épines septales de
constitution fibreuse ».
2 Lu répartition des divers types de biocristaux de la muraille de Syringopora dépend d’un
ordre régulier et constant, c’est-à-dire que leur « coexistence » ne signifie nullement « mélan¬
ge ».
3. La mise en évidence de la succession microlamelles — lamelles onduleuses est un nouvel
élément à prendre en considération dans les essais d’établissement des unités supra-spécifiques
chez les Cœlentérés Tabulata. Elle a été repérée chez d’autres genres d’habitus varié.
4. Toute diagnose de genre chez les Tabulata doit donc comporter la caractérisation
précise des biocristaux de leur squelette et de leur mode d'association. Le critère d’« homo¬
généité » de la raicrostructure des parois des Tabulata, symbolisé par l’emploi d’un seul adjectif
pour la microstructure, apparaît de plus en plus comme dépassé par l’affinement des données
disponibles.
5. Il convient de rappeler que chez les Cœlentérés Tetracorallia, l’association de biocristaux
des types « petites lamelles rebroussantes » et « grandes lamelles » a été signalée par l'un de
nous chez des représentants de plusieurs genres du Carbonifère inférieur du Sahara, en
particulier des Axophyllidae : Pareynia Semenoff-Tian-Chansky, 1974 (241, fig. 93, Viséen
supérieur), Axophyllum pseudokirsopiamim Semenoff-Tian-Chansky, 1974 (220, fig. 83-85,
Serpukhovien supérieur). On ne peut manquer de constater par là, une fois de plus, les rapports
étroits qui existent entre les Tabulata et les Tetracorallia.
Remerciements
Le Pr. H. Remy (Univ. Bonn, Allemagne) nous a permis d’étudier le matériel original de G.A.
Goldfuss dont il a la garde. M. J. Roman nous a transmis le spécimen de la Montagne Noire qui fut à
l’origine de notre travail. MM. Y. Plusquellec et E. Poty ont relu et amélioré le texte. Qu’ils soient tous
remerciés de leur aide.
— 259 —
Fig. 6. — Syringopora Goldfuss, 1826 : représentation schématique de la répartition des biocristaux dans la muraille
d’un polypiérite, à partir d’espèces du Carbonifère inférieur. F = fibroïdes de la couche la plus externe de la
muraille, f = fibres à bosselures dirigées vers le lumen. Ml = microlamelles cupulaires du manchon intermédiaire,
Lo = lamelles onduleuses du manchon circumluminaire interne, Ef = épine fibreuse.
Syringopora Goldfuss, 1826 : sketch of the disposition of the biocrystals in the wall of a corallite, after several
species front the Lotver Carboniferous. F = fibroids of the most externat layer of the watt.f = embossed fibres directed
toward the lumen, Ml = cupular microlamellae of the intermediate layer, Lo = ondulating lamellae of the internai
layer, Ef = fibrous spine.
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— 262
Planche I
Syringopora ramulosa Goldfuss, 1826, Dolomies de la Vesdre, probablement Viséen inférieur;
Olne près de Limbourg, dans le Massif de la Vesdre (est de la Belgique).
1 — Holotype figuré par Goldfuss (1826 : pl. 25, fig. 7a). Collection G.A. Goldfuss GPIBo 251, Université de Bonn,
Allemagne. Vue d’ensemble du fragment de colonie, constituée de tubes légèrement divergents, d’un diamètre voisin
de 2,5 mm, écartés de 2 à 3 mm et unis par des tubules de connexion assez abondants, espacés de 5 mm en moyenne
(x 1).
2-3 — Topotype, collection G. Dewalque, Université catholique de Louvain, Belgique. Sections transversale (2) ( x 3)
et longitudinale (3) ( x 5). La silicification intense oblitère fortement les structures. On peut toutefois observer les
caractères internes typiques du genre ; parois minces, planchers nombreux et infundibuliformes autour d’un syrinx
subaxial, épines fréquentes, fusiformes, fichées dans les parois ou reposant sur les planchers. La microstructure est
complètement détruite par la silicification.
Vesdre Dolomites, probably Lower Visean ; Olne near Limbourg, in the Vesdre Massif (Eastern Massif).
1 — Holotype, figured by G.A. Goldfuss (1826 : pl. 25, fig. 7a). Global view of a fragment of colony, composed of slightly
divergent tubes, with a diameter close to 2.5 mm and a spacing of 2 to 3 mm, connected by fairly numerous transverse
tubules, with a mean spacing of 5 mm ( x 1).
2-3 — Topotype, transverse (2) ( x 3) and longitudinal (3) (* 5) sections. The intensive silicification deslroyed the
structures. However the internai characters of the genus are still perceptible : thin walls, tabulae abondant and
infundibuliform around a subaxial syrinx, numerous spindle-shaped spines, inserted in the walls or resting on the
tabulae. The microstructure has been completely destroyed by the silicification.
PLANCHE I
— 264
Planche II
1 — Syringopora sp. A, Viséen supérieur de Neffiès (Hérault, France), MNHN LP R54871 (LFP PS 4782/4).
2 — Syringopora sp. B, Tournaisien inférieur d’Engihoul (Belgique), MNHN LP R54872 (LFP C811).
3 — Syringopora sp. D, Dinantien de Sablé (Sarthe, France), MNHN LP SI 1472 (LFP C840).
Les trois microphotographies montrent, de l’extérieur des parois vers l’intérieur du polypiérite, des
microlamelles cupulaires courtes, suivies de lamelles onduleuses de grande taille. L’orientation de la concavité des
cupules des biocristaux indique le sens de sécrétion (vers le haut) du sclérenchyme. Les traits représentent 100
micromètres.
1 — Syringopora sp. A, Upper Visean of Neffiès (Hérault, France).
2 — Syringopora sp. B, Lower Tournaisian of Engihoul (Belgium).
3 — Syringopora sp. D, Dinantian of Sablé (Sarthe, France).
The three microphotographs show the succession from the short microlamellae of the external loyer to the long
undulating lamellae. The orientation of the cupular concavities indicates the direction of sécrétion of the sclerenchyme
(upwards). The scales represent 100 micrometers.
PLANCHE II
Bull. Mus. natl. Hist. nat., Paris, 4 e sér., 14 , 1992,
section C, n os 3-4 : 267-273.
Réexamen de l’holotype de Pentaceros dilatatus Meunier, 1906
[= Nymphaster obtusus (Forbes, 1848)],
Goniasteridae (Asteroidea, Echinodermata),
Crétacé supérieur du Bassin de Paris
par Gérard Breton
Résumé. L'holotype de Pentaceros dilatatus Meunier, 1906, récemment retrouvé dans les
collections du Laboratoire de Géologie du Muséum national d'Histoire naturelle, provient du Turonien
ou du Sénonien de Fontaine-Simon (Eure-et-Loir). Il se présente sous la torme d'un moule externe dans
un silex. L’étude des empreintes en élastomère prises sous vide confirme que ce spécimen doit être assigné
à l’espèce Nymphaster obtusus (Forbes, 1848), Goniasteridae (Asteroidea, Echinodermata) peu fréquent
du Crétacé supérieur. Le spécimen est l’un des plus complets connus.
Mots-clés. Asteroidea. Echinodermata, Turonien ou Sénonien, Bassin Parisien, holotype,
révision, moulage.
Abstract. The holotype of Pentaceros dilatatus Meunier, 1906 recently found again in lhe
collection of the Laboratoire de Géologie (Muséum national d’Histoire nalurelle, Paris), cornes from rhe
Turonian or the Senonian of Fontaine-Simon (Eure-et-Loir). It is prcserved as an extcrnal mould in a
Oint. Silastene prints hâve been tnade under vacuum. Their study confirms that this specimen belongs to
the species Nymphaster obtusus (Forbes, 1848), which is an uncommoo Uppcr Cretaceous species of
Goniasteridae (Asteroidea, Echinodermata). The specimen is one of the most complété known.
Key-nords. Asteroidea, Echinodermata, Turonian ot Senonian, Bassin Parisien, holotype,
révision, casting.
G. Breton, Muséum d'Histoire naturelle, place du Vieux-Marché, 76600 Le Havre.
Introduction
Stanislas Meunier (1906 : 117-118) décrit sommairement et figure « un fragment de silex
sur lequel se présente une belle empreinte d’étoile de mer. Ce silex gisait, à Fontaine-Saint-
Simon (Eure-et-Loir), dans des argiles [à silex] ... ». Il nomme Pentaceros dilatatus l’espèce
qu’il croit nouvelle et précise que le spécimen vient enrichir la collection de Géologie du
Muséum.
L’holotype, récemment retrouvé dans les collections du Laboratoire de Géologie du
Muséum national d’Histoire naturelle, a pu être étudié à nouveau.
— 268 —
Matériel, méthodes et terminologie
Le spécimen se présente sous la forme d’un moule externe dans un silex. Y étaient
associés :
un fragment d'empreinte en gutta-percha, témoignant d’essais de moulage par S.
Meunier probablement;
— l’étiquette originale : « Pentaceros dilatatus St. Meunier. Sénonien. Argile à Silex de
Fontaine-Simon près de Mesnue [Eure-et-Loir], A 108. Type (le Naturaliste, 1906) ». Mesnue
est sans doute une graphie approximative pour les Menus [= Les Mesnus] (Orne), quelques
kilomètres à l’ouest de Fontaine-Simon.
Les plus hauts niveaux crétacés non décalcifiés affleurant aux environs du lieu de récolte
sont datés du Cénomanien supérieur. Le silex dans lequel l’astéride étudié s’est trouvé fossilisé
est donc hérité de niveaux de craie turonienne ou sénonienne : il semble impossible d’être plus
précis.
Le spécimen, en tant que moule externe, se prête très mal à une étude morphologique. Des
empreintes en élastomère (Silastène RTV 700 avec catalyseur Beta 5) ont été prises sous vide
(Breton & Hauchecorne, 1981). Les descriptions suivantes et les illustrations sont celles de
ces empreintes qui restituent les volumes originaux du squelette de l’animal.
Dans la famille des Goniasteridae, le disque et les bras sont bordés d’une double rangée de
plaques marginales : supéromarginales en face abactinale, inféromarginales en face actinale, en
nombre égal, respectivement abrégées Sup M et Int' M et numérotées de 1 à n depuis
l'interradius jusqu’au radius. La face externe des marginales ou des autres plaques porte des
ponctuations dans lesquelles s'inséraient de petites épines ou de petits granules. Nous les avons
nommées « fossettes à épines » (abréviation : f.a.e.), traduction littérale des termes descriptifs
anglais (spine-pits) ou allemand (Stachelgrübchen). La longueur (L) d'une marginale est la
dimension mesurée selon l’axe parallèle à l’allongement du bras (ou au bord du disque); la
hauteur (h) est la dimension mesurée selon l’axe actino-abactinal et la largeur (1) est la
dimension mesurée selon l’axe orthogonal aux deux autres, c’est souvent la plus grande des
trois dimensions. Les autres éléments du squelette sont les suivants : en face abactinale :
plaques abactinales et madréporite; en face actinale : plaques ambulacraircs et adambulacrai-
res dans la gouttière ambulacraire, puis actinolatérales entre cette gouttière et les marginales. R
désigne le rayon radial (centre du disque — extrémité du bras), r le rayon interradial (centre du
disque — bord du disque). La terminologie anatomique appliquée à la description et à
l’orientation du squelette des astérides est celle de Breton (1992 ; 31-50).
L’holotype ex une empreinte en élastomère sont conservés au Laboratoire de Géologie du Muséum
national d’Histoire naturelle (Paris); les autres empreintes sont conservées au Muséum d’Histoire
naturelle du Havre sous l’index MHNH 8608.
Historique
Spencer (1907 : 110) a pu examiner une empreinte en plâtre, offerte au British Muséum
(Nat. Hist.) E. 13075, puis l’original qui « montre une empreinte bien préservée de la surface
— 269 —
abactinale ». 11 précise justement que le spécimen ne peut pas être placé dans le genre
Pentaceros , mais que sa morphologie, ses dimensions et son ornementation lui permettent de
l’assigner à l'espèce Pentagonaster obtusus décrite par Forbes (1848).
L’holotype de Pentaceros dilatants Meunier, 1906 ne sera plus cité lors des révisions
ultérieures de l’espèce Pentagonuster obtusus : ni par Spencer (1913 : 121) qui place le taxon
dans un genre qu'il vient de créer ( Crateraster obtusus ) d'une manière assez peu logique
compte tenu des différences de morphologie et d'ornementation ; ni par Scituiz & Weitschat
(1981 : 40) : Calliderma obtusa (Forbes, 1848) est redécrite et plusieurs spécimens sont figurés;
ni par Gale (1987 : 155) qui précise justement la position générique du taxon : Nymphaster
obtusus (Forbes. 1848).
Breton (1987 : II) évoque le spécimen de Fontaine-Simon pour le comparer à un
spécimen de Nymphaster aff, coombii (Forbes, 1848) provenant justement d’un silex de l’Argile
à silex d'Eure-et-Loir.
Aucun des trois derniers auteurs n'avait pu voir le type de Pentaceros dilatatus , qui a été
récemment repéré par A. Gai.oyer dans la collection où il était conservé.
Description
Le plan recoupé par la surface du silex est le plan abactinal au niveau des bras, le plan
profond et la surface du disque révélés par l'empreinte en élastomère sont aetinaux :
l'empreinte en élastomère présente donc sa face actinale à l'observateur.
La conservation générale est excellente (fig. I ; pl. 1, 1). Peu d’éléments squelettiques sont
déplacés. Ils ont, en majorité, conservé leurs relations analomiqucs relatives. Certains sont
affectés d’un glissement ou d’une rotation tout à fait limités. L'animal a néanmoins été fort
probablement fossilisé face abactinale vers le haut, c'est-à-dire retourné par rapport à sa
position de vie. En elïet, c'est le plancher aetinal qui s'est affaissé post-mortem sur la paroi
abactinale et non l'inverse. Il semble qu'ensuite aucun facteur de perturbation du squelette
comme un fouisseur agissant passivement ou un nècrophage actif (Breton, 1992) ne soit
intervenu. De plus, le développement de silice au contact du stéréome ou lors de la dissolution
de la calcite du squelette, qui vient parfois altérer la fidélité de la conservation de
l’ornementation, ne s’est pas ou guère produit ici : la conservation du détail de l'ornementation
est également excellente.
La forme générale est étoilée (Astropectinoïde sensu Blake, 1989) avec un disque
relativement grand et des bras nettement en massue. On compte 12 à 13 paires de marginales
de l'interradius au radius. Il y en avait peut-être 14 ou 15, les extrémités des bras n’étant pas
conservées.
Les supéromarginales entrent en contact dans le bras à partir de Sup M6. Elles sont
exactement opposées aux inféromarginales dans le disque, mais alternent avec à partir de la
Sup M8 ou 9, c'est-à-dire dans la partie enflée du bras. Sup Ml à 3 ont des faces latérales
parallèles, Sup M4 et 5 des faces latérales convergentes. Ces marginales cunéiformes sont
caractéristiques des espèces crétacées de Nymphaster placées jadis dans le genre Chomataster
(Schulz & Weitschat, 1975). Par contre, les marginales à partir de Sup M6-lnf M6, en
particulier dans le renflement du bras, conservent des faces latérales parallèles. Le renflement
est dû à une augmentation de largeur maximale vers Inf M9 ou 10 (Blake, 1976). Les
— 270 —
Fig. 1. — Nymphaster obtusus (Forbes. 1848), holotype de Pentaceros dilatants Meunier, 1906, en vue actinale. Plaques
squelettiques : a, ambulacraires; b, marginales; c, actinolatérales (en pointillé); d, abactinales (en clair); e, adam-
bulacraires.
Dessin central ; échelle 30mm; dessins de détails : échelle 5 mm.
supèromarginales sont moins larges que les inféromarginales homologues, en particulier au
niveau du renflement du bras où les marginales de Tune et Tautre série sont aussi hautes que
larges.
Aucune face abactinale de supéromarginale n’affleure. Il semble cependant qu’il y ait une
démarcation brutale entre cette face et la face abradiale des supèromarginales du disque ; la
face abradiale est verticale, le profil est donc busqué (Breton, 1988, 1992). Au niveau du
renflement du bras, la face abradiale reste verticale, mais la face abactinale est inclinée à 45°.
Les inféromarginales du disque (pl. I, 2) ont une face abradiale verticale et une face actinale
horizontale, mais la transition entre les deux est plus progressive que chez les supèromarginales
homologues. La face actinale est peu bombée. Les inféromarginales du renflement du bras,
hautes, étroites, de profil régulièrement convexe, ont une face externe non bombée. La face
externe des marginales est ornementée de f.a.e. fines, serrées et régulières à l’exception de
quelques f.a.e. beaucoup plus importantes et dans lesquelles pouvaient s’insérer de petites
épines. Ces f.a.e. plus importantes sont en particulier réparties, à raison de une à deux par
marginale, sur le pli à la limite face abactinale-face abradiale des supèromarginales. Il pouvait
en exister sur le reste de la face abactinale, partout invisible sur le spécimen étudié. Les
inféromarginales ne semblent pas porter de telles f.a.e. plus développées, à l’exception d’une,
douteuse, sur une Inf M12.
— 271 —
Les arêtes limitant la face externe et les faces latérales des marginales sont creusées d'une
sorte de chanfrein ou de sillon développé sur la face latérale; les f.a.e. sont réparties jusqu’au
bord de la face externe. Les alvéoles de pédicellaires sont toutes du type ovale-ailé (ScHULZ &
Weitschat, 1975 ; Breton, 1992). On en trouve une par inféromarginale du disque, centrée sur
la face externe, à proximité de l’arête intermarginale. Il en apparaît dans la même position sur
quelques supèromarginales du disque. Aucune n'est visible sur les marginales du bras.
Les abactinales affleurent ça et là entre les plaques de la paroi actinale. On ne peut en
décrire que la face actinale. A la base du bras, elles sont petites et ont une extrémité actinale à
4, 5 ou 6 lobes. Plus vers le centre du disque et en position interradiale, elles deviennent
polygonales, puis rondes, de plus grande taille. Une abactinale radiale, légèrement basculée,
montre une hauteur faible. Les actinolatérales sont petites, polygonales. Leur face externe est
ornementée de f.a.e. et celles qui jouxtent la gouttière ambulacraire portent l’alvéole ovale-ailée
d’un pédicellaire (pi. I, 3).
Les adambulacraires sont de petite taille : on en compte deux par aetinolatérale dans le
disque. Trois rangées portent respectivement quatre!?), quatre et cinq épines adambulacraires,
cette dernière rangée étant la plus adradiale. Les ambulacraires sont petites, assez trapues,
relativement hautes, droites, avec environ huit dents à l'extrémité adradiale oblique. Les
orales, odontophores et terminales ne sont pas visibles.
Les dimensions suivantes, exprimées en millimètres, sont mesurées sur l’empreinte en
élastomère, donc avec une certaine imprécision. L : longueur; 1 : largeur; h : hauteur.
R : rayon radial = 44 mm; r : rayon interradial = 23 mm.
L
1
h (approx.)
Sup M2
2,6
4,3
—
Sup M7
2.5
3,2
—
Sup M9
2.4
4,2
—
Inf Ml
2,8
5,3
4
Inf M4
2,9
4,5
4
Inf M7
3,0
3,0
3
Adambulacraire moyenne
1,0
1,5
—
Ambulacraire moyenne
0.8
2,5
—
Aetinolatérale
1 à
2,5
Abactinale
1,5
à 3
Il y a environ 20 f.a.e./mm 2 sur la face externe des Inf M interradiales.
Conclusions
Peu de spécimens de Nymphaster obtusus (Forbes, 1848) sont connus (Schulz &
Weitschat, 1975; Gale, 1987). Il semble cependant que cette espèce qui perdure du Turonien
moyen au Campanien inférieur soit peu variable. On retrouve dans le spécimen étudié ici les
caractères cardinaux de l'espèce. Les bras enflés à l’extrémité constituent un trait morphologi¬
que original à l’intérieur du genre (et même de la famille) dont la signification morphofonc¬
tionnelle n'est pas claire. La présence, sur un fond de f.a.e. de petite taille, de grandes f.a.e. en
- 272 —
2
Planche I
Nymphaster obiusus (Forbes. 1848), hololype de Pcntacerox dilatants Meunier, 1906 : I, empreinte en Silastène du
moule externe original (spécimen MHNH 8608). en vue actinale (échelle = 5cm); 2, inféromarginale 1 du même
spécimen, en vue actinale, adradial à gauche (noter le chanfrein en limite de la face actinale, plus visible en haut, et
les f.a.e. ornementant la face actinale) (cliché MEB; échelle = I mm); 3, actinolatérale x 2 par rapport à la figure
2 (noter les f.a.e. et l'alvéole d'un pédicellaïre) (cliché MEB; échelle = 1mm).
particulier sur les supéromarginales est aussi un caractère de N. obiusus que l’espèce partage
avec quelques autres espèces de la lignée.
L’holotype de Pentaceros dilatatus Meunier, 1906 entre donc bien dans le spectre de
variation de Nymphaster obiusus (Forbes, 1848), dont il constitue certainement un des
spécimens les plus complets connus.
Remerciements
M. François Frohuch m’a permis d’accéder au spécimen étudié qui avait été repéré par M. Alain
Galoyer dans les collections du Laboratoire de Géologie du Muséum national d’Histoire naturelle.
M. Rémi Cousin a réalisé les moulages sous vide et M. Alain Havard les photographies : je remercie très
sincèrement chacun de son aide.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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section C, n° s 3-4 : 275-287.
Essai de révision des Berytidae fossiles
(Heteroptera, Pentatomorpha)
par André Nel
Résumé. — Nous décrivons une nouvelle espèce de Berytidae fossile de l’Oligocène terminal d’Aix-
en-Provence : Neides (?) oligocenicus n. sp. Après révision des autres Berytidae fossiles, Melacanthus
( Megalomerium) serrai uni (Théobald, 1937) et Berytopsis femoràlis Heer, 1853 s’avèrent n’être que des
Heteroptera famille incertae sedis nov. stat. Berytinus cf. minor Herrich-Sehaeffer, 1835 (sensu Riou, 1988)
ne peut être considéré pour l'instant que comme Berytidae incertae sedis nov. stat. Les Berytidae fossiles
s’avèrent très rares et très mal connus.
Abstract. We describe a new species of Berytidae front the Oligocène of Aix-en-Provence : Neides
(?) oligocenicus n. sp. Al’ter thc révision of the other fossil Berytidae. Metacanthus ( Megalomerium )
serratum (Théobald, 1937) and Berytopsis femoràlis Heer. 1853 are in fact only Heteroptera family
incertae sedis nov. stat. Berytinus cf. minor Herrich-Schaeffer. 1835 (sensu Riou. 1988) must be considered
as a Berytidae incertae sedis nov. stat.
Mots-clefs. — Heteroptera, Berytidae, fossiles, Aix-en-Provence, Oligocène, Miocène, Neides (?)
oligocenicus n. sp., Metacanthus (Megalomerium) serratum (Théobald, 1937) (= Heteroptera famille
incertae sedis nov. stat.), Berytopsis femoràlis Heer, 1853 (= Heteroptera famille incertae sedis nov. stat.),
Berytinus cf. minor Herrich-Schaeffer. 1835 (sensu Riou, 1988) (= Berytidae incertae sedis nov. stat.).
A. Nel, 8. avenue Gassion, 13600 La Ciotat, France.
Les Berytidae sont des Heteroptera particulièrement rares à l’état fossile puisque
seulement trois ou quatre espèces sont, à notre connaissance, théoriquement connues dans le
Cénozoïque Heer (1853) a décrit Berytopsis femoràlis [Miocène inférieur d'Œningen
(Allemagne)], Théobald (1937) Metacanthus (Megalomerium) serratum [Oligocène supérieur et
terminal de Céreste (Vaucluse. France) et d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône, France)] et
Riou (1988) Berytinus cf. minor Herrich-Schaeffer, 1835 (espèce actuelle) dans le Miocène
supérieur de la Montagne d’Andance (Ardèche, France). Aucun représentant des Berytidae
fossiles n'est connu de très riches gisements du Cénozoïque néarctique (Wilson, 1978).
Lutz (1984) signale treize spécimens attribuables aux Berytidae dans l’Oligocène
supérieur de Céreste (Vaucluse, France). Le statut de ces fossiles non décrits demeure incertain.
Enfin, Spahr (198S) indique que Mbnge (1856 : 20). Handlirsch (1925 : 277) (« 1 Art
Berytus Fabr. aus dem baltischen Bernsteine. »), Bachoien-Echt (1949: 172) et Bekker-
Migdisova (1962 : 223) [« Berytinus sp. Menge, 1856... »] ont signalé l’existence de Berytidae
fossiles dans l'ambre de la Baltique (Éocéne supérieur). Il apparaît que seul Menge aurait
vraiment observé un spécimen fossile et que les références ultérieures sont d’ordre bibliographi¬
que. Tout cela demeure bien mystérieux et il n’en découle qu’une « certitude » : nous ne
- 276 —
pouvons rien affirmer quant à la réalité de l'existence de Berytidae dans les gisements de la
Baltique! Larsson (1978 : 72) reprend simplement les citations antérieures de Berytidae dans
l'ambre balte.
Nous avons découvert au cours de plusieurs années de fouilles (de 1980 à 1991) quatre
Punaises fossiles attribuables sans ambiguïté aux Berytidae dans le gisement d'Aix-en-
Provence. Nous avons aussi pu étudier le type de Metacanthus ( Megalomerium) serratum
(Théobald, 1937) grâce à l’obligeance de M. Prieur de l’Université Claude Bernard de Lyon.
Nous donnons ici les descriptions de ces fossiles.
Neides (?) oligocenicus n. sp.
Matériel-type : Holotype : spécimen n° IPM-R. 10372; paratypes : spécimens n os IPM-R. 10373,
IPM-R. 10374 et IMP-R. 10375, coll. Nel, Institut de Paléontologie du Muséum national d'Histoire
naturelle de Paris.
Age et gisement : Oligocène terminal, série du Gypse d’Aix, couche à Insectes, Aix-en-Provence,
Bouches-du-Rhune, France.
Présentation : Holotype : empreinte et contre-empreinte d’une Punaise en très bon état, presque
complète (seule l'antenne gauche est détériorée) et en vue dorsale, légèrement de profil ; l’ornementation
du corps est en négatif sur l'empreinte par rapport à celle de l'Insecte. Spécimens n 0 * IMP-R. 10374 et
IPM-R. 10373 : empreintes de Punaises en vue dorsale; le corps du spécimen n û IMP-R. 10374 est vu
légèrement de profil, celui du spécimen n“ IPM-R. 10373 est vu exactement de dessus. Spécimen n° IPM-
R. 10375 : empreinte et contre-empreinte d’une Punaise en assez mauvais état mais presque complète et en
vue ventrale.
Description (fig. 1-5)
Elle réunit tous les caractères visibles sur les quatre spécimens. Nous utiliserons les
notations de Péricart (1984).
Dimensions ; Holotype ; longueur totale : 7,3 mm, largeur : 0,9 mm; paratype IPM-R. 10374:
longueur totale : 8mm, largeur : 1,2mm; paratype IPM-R. 10373 : longueur totale ; 8mm, largeur :
1mm; paratype IPM-R. 10375 : longueur totale : 8mm. largeur: 0,8mm.
Tête : Holotype : longueur; 0,7mm; largeur: 0,55mm. Paratype IPM-R. 10374:
longueur: 1mm: largeur: 0,7mm. Paratype FPM-R. 10373: longueur: 1,1mm; largeur:
0,65mm. Paratype IPM-R 10375: longueur: 1mm: largeur: 0.5mm. Les yeux latéraux
composés sont très nets, ronds et saillants (diamètre : 0,25 mm). Ils sout situés en avant de la
tête, prés des insertions des antennes. Les ocelles sont nets, de diamètre 0,05 mm et situés à
0.2mm des yeux. Écart entre les ocelles : 0,08 mm. Ils sont donc très rapprochés. Le sillon
antéoculaire séparant le vertex du front csL très net. Longueur du vertex : 0,2 mm; largeur :
0,55 mm. Longueur du front : 0,2 mm ; largeur : 0,5 mm. Le front est prolongé en avant par un
processus frontal en forme de lame comprimée transversalement très visible (cf. fig. 3-4) sur les
spécimens IPM-R. 10374 et IPM-R. 10375 mais détérioré sur les deux autres spécimens (seule
sa base est visible sur le type, sa partie distale a été détériorée par la fossilisation des antennes).
— 278 —
Ce processus, long de U.3 mm, est arrondi à son extrémité apicale mais ne dépasse que très peu
du reste de la tête (de 0,1 à 0.2 mm). Le postclypeus, partiellement visible sous ce processus, est
inutilisable. Les pièces buccales sont cachées sous la tête. La tête n’est absolument pas ornée
par des pointes ou des épines. Un sillon qui représente peut-être le rostre est visible sur la tête
et le thorax du spécimen IPM-R 10375, La segmentation du rostre est de toute façon
indécelable.
Les antennes, surtout visibles sur le type et le spécimen IPM-R. 10375 (mal conservées sur
les autres paratypes), sont très longues (longueur totale : 10,8 mm) et très fines (largeur
minimale : 0,01 mm, largeur maximale : 0.11 mm). Elles sont portées par de courts tubercules
antenniféres bien visibles sur le type et le paratype IPM-R. 10374. Elles se composent de quatre
articles (ef fig 1-2). Le premier très long (longueur : 4.7mm) est très nettement renflé à son
extrémité distale (largeur minimale : 0,01 mm. maximale : 0.08 mm). Le second et le troisième
ne sont pas renflés. Longueur du second : 2,5mm, du troisième : 2,7 mm. Le quatrième est
relativement très court (longueur: 1,1mm) mais est aussi très nettement renflé (largeur:
0,11 mm). Il est en forme de fuseau allongé. La pilosité antennaire n'çst pas visible (absence ou
non-conservation ?).
Pronotum : Holotype : longueur : 1,05 mm; largeur : 0,9 mm. Paratype IPM-R. 10374 :
longueur : 1.3mm; largeur ; 1.1mm. Paratype IPM-R. 10373 ; longueur : 1,2mm; largeur :
1 mm Paratype IPM-R. 10373 : longueur ; 1,2mm; largeur . 0,9mm. Les ornementations des
pronotums des trois spécimens qui sont en vue dorsale sont identiques mais celle du spécimen
IPM-R. 10374 est la mieux conservée (cf. fig. 3-4). Us sont dorsalement densément ponctués,
mises à part les deux callosités antémédianes lisses, longues de 0,15mm et larges de 0,2mm.
Les pronotums ne sont ornés par aucune épine ni aucun tubercule. En arrière des callosités,
s’étend le disque qui occupe la plus grande partie de la surface du pronotum Ce disque est
nettement convexe et traversé par une carène médiane et deux carènes latérales longitudinales
très nettes. Chaque carène est ornée postérieurement par une petite gibbosité peu importante
mais bien visible. Longueur du disque: 0,75mm; largeur: 0,5mm. Les propleures sont
ponctuées comme le disque. La face ventrale du prostemum est visible sur le spécimen IPM-R.
10375 mais elle est très mal conservée. Elle ne semble pas ponctuée. Le seutellum n'apparaît
bien que sur les paratypes IPM-R. 10374 et IPM-R 10373. Il est petit (longueur : 0,1mm;
largeur : 0.15 mm), triangulaire et absolument pas prolongé en arrière par une quelconque
épine ou pointe. L'appareil odoritère métathoracique n’est absolument pas visible : il n’existe
aucune structure de gouttière ou d'appendice digitiforme comparable à celle d’un Meiacanthus.
Hcmélytres et ailes postérieures (fig. 5) : Les hémèlytres sont relativement bien visibles sur
le type et le spécimen IPM-R 10374. Ils atteignent l’extrémité de l’abdomen sur le spécimen
IPM-R. 10374 Leur extrémité distale est détériorée sur tous les spécimens. Us présentent un
clavus (visible sur le spécimen IPM-R. 10374), une corie et une membrane bien développés.
Longueur de l’hémélytre : 5,5mm environ; largeur : 1,1mm, longueur du clavus : 1,1mm,
largeur 0,2 mm, longueur de la coric : 2,1 mm, longueur de la membrane . 4,5 mm. Le clavus
est couvert d’une fine réticulation et traversé par la PCu. La coric est hyaline, non réticulée.
Elle est traversée par les deux nervures M et R. La membrane, hyaline, est traversée par les
cinq nervures Cu, M, Rs. R et Sc. Cu et M sont anastomosées. Les ailes postérieures ne sont
pas conservées.
Pattes : Seules celles du type et du spécimen IPM-R. 10375 sont bien conservées. Elles
sont très longues. Les coxae ne sont pas très visibles sur le type, mais les mésocoxae sont
— 279
saillantes et cylindriques. Celles du spécimen IPM-R. 10375 sont rondes et saillantes. Les
fémurs sont grêles et renflés apicalement. Les tibias, grcles aussi, ne sont presque pas renflés
apicalement. Les tarses triarticulès sont relativement bien conservés. Les griffes peuvent être
décelées sur le type. Pattes prothoraciques : Fémurs : longueur : 3,2 mm; largeur minimale :
0,08mm, maximale: 0,15mm. Tibias: longueur 3,5mm; largeur. 0,05mm. Tarses:
longueur : 0,6mm; largeur : 0.02mm. Pattes mésothoraciques : Fémurs : longueur : 3,6mm;
largeur minimale 0,05mm, maximale: 0,12mm. Tibias: longueur: 3,9mm: largeur:
0,02mm. Tarses : longueur : 0,6mm; largeur . 0,02mm. Pattes mètathoraciques : Fémurs :
longueur: 5,2mm; largeur minimale 0,06mm, maximale: 0,12mm. Tibias: longueur:
6,7 mm: largeur : 0,03 mm. Tarses : longueur : 0.6 mm; largeur 0.02 mm. Les fémurs des
pattes mètathoraciques dépassent nettement le niveau de l'extrémité de l’abdomen.
Abdomens : Ils sont mal conservés sur tous les spécimens. Holotype : longueur : 4,8 mm;
largeur : 0.6mm. Paratypc IPM-R. 10374 : longueur 5 mm; largeur : I mm. Paratype IPM-R.
10373: longueur: 5,1mm; largeur: 1mm. Paratype IPM-R. 10375: longueur: 5mm;
largeur : 0,7 mm. La segmentation abdominale est très mal conservée et à peine décelable. Elle
est inutilisable. Les pièces génitales ne sont pas visibles.
La pilosité du corps n’est décelable sur aucun spécimen.
Discussion
Ces fossiles appartiennent tous à la même espèce car les proportions de leur corps sont
identiques ou très proches et les ornementations de leur thorax sont identiques. Il n’existe
aucun argument en faveur d'une séparation spécifique. Nous les considérerons donc comme
appartenant tous à la même espèce. Ils sont nettement différents du fossile du même gisement
que Thêobaid (1973) a nommé Metacanthus (Megalomerium) serratum (Théobald, 1937) et
qui n’est en fait qu'un Heteroptera famille incertae salis nov. stat (voir plus loin). En effet,
leurs pattes et leurs antennes sont incomparablement plus longues et fines que celles de ce
fossile, proportionnellement à leur corps. Ils appartiennent donc à une espèce nettement
différente de M. serratum. Contrairement à cette dernière, ils peuvent être rapprochés des
Berytidae avec lesquels ils partagent de très nombreux caractères (dont de nombreuses
synapomorphies) : ocelles présents, antennes très longues, de quatre articles, le premier épaissi
vers l’extrémité distale, le quatrième en forme de fuseau étroit, membrane des hémèlytres
portant cinq nervures non anastomosées, pattes très longues, non ravisseuses et aux fémurs
épaissis apicalement, tarses triarticulès.
De plus, ils possèdent plusieurs caractères qui permettent de les rapprocher des Berytinae
Douglas & Scott, 1865 : absence d’une quelconque pointe ou épine sur le scutellum
(plésiomorphie), absence d’une gouttière odorifère (plésiomorphie), présence d'un processus
frontal net (synapomorphie des Berytinae). Aucun des genres de Metacantfiinae Douglas &
Scott, 1865 actuels ne peut être rapproché de ces fossiles (PÊRtCART, 1984; Lindberg, 1958;
Harris, 1943; Gross, 1950; Stusâk, 1965a; 19656; 1966; 1967; 1972; 1976; 1977; 1984;
1989a; 19896; Horvâth, 1905; McAtee, 1919; Breddin, 1907; Distant, 1911 ; ...). Parmi les
Berytinae, ils peuvent être rapprochés des genres actuels Berytinus Kirkaldy, 1900, Neiiies
Latreille, 1802, Hubertiella (sous-genre Capysoplymus Stusâk, 1989) et Berytoplymus Stusâk,
1989 avec lesquels ils partagent les caractères suivants : fémurs non fortement claviformes (non
- 280 —
épaissis brutalement), disque du pronotum non plat et avec trois petites bosses en arrière,
processus frontal non pointu mais arrondi à son extrémité, scutellum sans épine ni pointe,
absence de gouttière odoriférante développée. Les autres genres de cette sous-famille ne
partagent pas ces caractères avec ces fossiles. Ceüx-ci pourraient être écartés du genre
Bcryiinus par leur second segment antennaire long, nettement plus long que le quatrième. Ce
caractère les rapproche des genres N vides, Huhertiella (sous-genre Capysoplymus) et Berytoply-
mus mais il constitue probablement une symplèsiomorphie de ces genres par rapport au genre
Béryl inus. Ce caractère ne doit donc être utilisé qu'avec précaution. L’absence de gouttière
odoriférante visible permettrait d’écarter les deux genres Huhertiella (sous-genre Capysoply¬
mus) et Berytoplymus chez lesquels cette structure est plus développée que chez Berytinus mais
les gouttières odoriférantes sont si peu visibles dans ces genres qu'il est possible que ces fossiles
aient eu des structures de ce type et qu'elles ne soient pas visibles à cause de leur position et de
la fossilisation. Ce caractère est donc inutilisable. En fait, il est à peu près impossible de ranger
ces fossiles dans un genre précis de ce groupe. Comme ils représentent une des premières
espèces (sinon la première, voir plus loin) qui puisse être rangée sans ambiguïté dans les
Berytidae Berytinae, nous estimons qu'il est nécessaire de créer un nouveau taxon pour eux.
De plus, ils appartiennent à une espèce aisément reconnaissable dans le gisement d'Aix-en-
Provence. Nous les rangerons donc dans le genre Neides sensu lato sous le nom de Neides (?)
oligocenicus n. sp.
Nous 11 e prétendons pas que la diagnose suivante soit suffisante pour distinguer cette
espèce des espèces acuielles du genre Neides. Elle ne peut servir qu’à reconnaître rapidement
d’autres spécimens fossiles de Neides (?) oligocenicus n. sp. parmi des Heteroptera fossiles.
Diagnose : Processus frontal arrondi. Ocelles très rapprochés. Trois petits tubercules dans la région
postérieure du pronotum. Disque du pronotum nettement ponctué. Scutellum petit sans épine ni pointe.
La longueur du corps varie entre 7,3 et 8mm, la largeur entre 0,8 et 1.2mm. Les premiers articles des
antennes et les fémurs sont épaissis à leurs extrémités distales. Les pattes et les antennes sont très longues
et filiformes.
Metacanthus (Megalomerium) serratum (Thèobald, 1937)
(= Heteroptera famille incertae sedis nov. stat.)
Holotype : Spécimen n" 392027 (AA 59), coll. Département des Sciences de la Terre, Université
Claude Bernard de Lyon.
Age et gisement : Oligocène terminal. Série du Gypse d’Aix, couche à Insectes, Aix-en-Provence.
Bouches-du-Rhône. France.
Présentation : Empreinte d'une Punaise en très mauvais état de conservation dont les pattes, les
antennes et la segmentation du corps sont très mal indiquées.
Description (fig. 6)
La description de Thèobald est très peu précise et discutable par endroits.
Tête allongée et étroite, de forme grossièrement triangulaire, longue de 1,4 mm et large de
0,6 mm environ. Le rostre, les yeux et les ocelles ne sont absolument pas conservés,
Fig. 6. — Metacanthus (Megalomerium) serratum (Théobald, 1937) [= Heteroptera famille incertae sedîs nov. stat.],
schéma du corps de l’holotype (n" 392027) (AA 59) (échelle = 1mm).
contrairement à l’affirmation de Théobald ; celui-ci indiquait que les yeux étaient « à la base »
de la tête (caractère de toute façon totalement anormal pour une espèce appartenant aux
Berytidae et qui suffirait à l'exclure de cette famille,..). Les antennes, très mal conservées, sont
longues de 5,2mm (pour autant qu’elles soient complètes!). Leur segmentation est, en effet, à
peine visible. 11 est difficile de suivre Théobald qui affirme : « l’article basal est court, mais le
deuxième article dépasse l'apex du thorax, le troisième est plus court, les autres manquent, »
C’est nous qui soulignons; les Berytidae n’ayant que quatre articles antennaires, il est difficile
d’en compter trois et « les autres » ! De toute façon, la segmentation est en fait inutilisable, mis
à part le fait que les articles antennaires ne sont épaissis en aucun endroit, contrairement à
ceux des Berytidae.
Le pronotum est très mal conservé. Il semble divisé en deux parties comme l’indiquait
Théobald. La partie antérieure, non ponctuée, est aussi longue que la postérieure, ponctuée,
limitée par deux arêtes latérales et traversée par une arête médiane. Il ne porte aucune épine ni
aucun tubercule. Le scutellum n'est pas conservé. Longueur du pronotum : 1,6 mm; largeur :
1 m m. Longueur du thorax; 2,2mm.
Pattes nettement plus épaisses et plus courtes que celles des Berytidae. Les fémurs ne sont
absolument pas renflés en massue à leur extrémité distale. Les fémurs postérieurs, contraire¬
ment à l’affirmation de Théobald, sont nettement plus courts que l’abdomen et arrivent à
seulement 1,4mm de son extrémité. Pattes métathoraciques : Fémurs : longueur : 3,6mm;
largeur : 0,5mm. Tibias : longueur : 4,5mm; largeur : 0,2mm. Tarses : longueur : 1,2mm, de
trois articles, scmblc-t-il? Pattes mésothoraciques: Fémurs: longueur: 2,5mm; largeur:
0,3 mm. Tibias : longueur : 2,3 mm; largeur : 0,2 mm. Tarses non conservés. Pattes prothoraci¬
ques très mal conservées; la seule chose que nous puissions en dire, avec doute, est qu’elles ne
semblent pas ravisseuses.
Abdomen allongé, long de 5,3 mm et large de 1,3 mm. Huit segments abdominaux plus ou
moins visibles mais inutilisables.
Longueur totale du corps : 10mm; largeur : 1,3 mm.
Discussion
Théobald (1937 : 366-367, pl. 27, fig. 12) a (très) sommairement décrit et figuré ce fossile
en le rangeant dans le genre Megalomerium Fieber, 1859 ( = Metacanthus Costa, 1844). Il
n’indique nulle part les arguments qu'il a utilisés pour cette détermination, mise à part la
phrase suivante : « Les caractères, en particulier le collier antérieur, sont assez nets pour
caractériser le genre Megalomerium; ... ».
En fait, la non-conservation des yeux, des ocelles, du scutellum et la très mauvaise
conservation des antennes interdiraient toute détermination au niveau générique dans la
famille Berytidae, même si ce fossile devait y être rangé. Or, les quelques caractères qu’il a
conservés nous permettent de l’en écarter sans ambiguïté : les premiers articles de ses antennes
et les fémurs de ses pattes ne sont pas épaissis à leur extrémité. Le seul argument en faveur
d’un rapprochement avec les Berytidae est son aspect allongé, plus ou moins filiforme. Des
Nabidae comme les Dolîchonabis, des Colobasthristidae, des Reduviidae (Emesinae), des
Rhopalidae comme les Chorosoma (entre autres) présentent une allure générale qui ressemble à
celle de ce fossile. La seule chose certaine le concernant est qu’il s’agit d’un Heteroptera qui
n’appartient pas aux Berytidae!
Metacanthus ( Megalomerium ) serralum (Théobald, 1937) ne peut être considéré que
comme un Heteroptera famille incertae sedis nov. stat. d’intérêt très limité. Le genre
Metacanthus est donc encore inconnu à l’état fossile.
Théobald (1937 : 419) signale la présence de Metacanthus ( Megalomerium) serratum dans
l’Oligocène supérieur de Céreste (Vaucluse, France) : « Nous avons décrit cette forme de
l’Oligocène d’Aix. L'insecte de Céreste lui est parfaitement identique, par la taille, la forme et
la teinte. Il est représenté par un échantillon et sa contre-empreinte (F 220 + 257). » [Coll.
Fliche, École des Eaux et Forêts de Nancy]. Si ce fossile est vraiment identique au type de
cette espèce, il ne saurait donc s’agir d’un représentant des Berytidae. Nous devons signaler
que, contrairement à Théobalt et Lurz, nous n'avons jamais découvert le moindre
représentant fossile des Berytidae dans ce gisement de Céreste où les Heteroptera abondent et
où nous avons récolté plus de 4000 Insectes fossiles... ! Nous y avons par contre découvert de
nombreuses petites Punaises de forme allongée, de famille encore indéterminée, qui
ressemblent superficiellement à des Berytidae mais qui n’en sont absolument pas.
Nous donnons maintenant un réexamen critique des deux espèces attribuées aux
Berytidae par Heer et par Riou. Ces réexamens ne sont basés que sur les travaux de Heer et
Rtou car nous n’avons pas pu réexaminer directement les types de ces espèces.
— 283 —
BERYTOPSIS Heer, 1853
(= Heteroptera famille incertae sedis nov. stat.)
Berytopsis femoralis Heer, 1853
(= Heteroptera famille incertae sedis nov. stat.)
Holotype : un spécimen en bon état dans le « Lavaters Sammlung », localisation actuelle inconnue.
Age et gisement : Miocène inférieur d'Œningen, Allemagne.
Liste des caractères connus (d'après Heer, 1853 : 54-56, pl. 4, fig. 9a-9c).
Tête allongée. Présence d'un processus frontal allongé et caréné très net. Antennes assez
courtes (« antcnnae breviculae... »). Le premier article des antennes est plus court que le
second mais plus épais bien qu’il n’apparaisse pas particuliérement épaissi à son extrémité
distale. Le second et le troisième ont à peu près la même longueur mais demeurent
relativement courts par comparaison à ceux des Berytidae actuels. Le quatrième est court et
renflé. Les yeux sont figurés par Heer en position très proximale, éloignés de l’extrémité de la
tête, anormale pour un représentant des Berytidae. Les ocelles sont près des yeux et très
rapprochés. Heer ne figure pas de sillon antéoculaire. Le pronotum est allongé et criblé de
petites bosses. Le scutellum est assez gros mais semble dépourvu d'épine ou de pointe. Les
hémélytres sont courts, nettement plus courts que l'abdomen. Il s'agirait donc d'un individu
brachypière. Les pattes sont assez longues mais beaucoup moins que celles des Berytidae
actuels : les pattes métathoraciques ne dépassent l’abdomen que de fort peu. Les fémurs ne
sont pas fins ni épaissis à leur extrémité distale mais sont régulièrement épaissis de leur base à
leur extrémité. Nous n’avons aucun caractère concernant les tarses, les insertions des pattes sur
le thorax, la nervation des hémélytres et des ailes, la segmentation et la pilosité abdominale.
Discussion
En fait, ce fossile ressemble beaucoup à celui décrit par Théobald sous le nom de
Metacanthus ( Megalomerium ) serratum (même forme générale, même structure des pattes, du
thorax, de la tête...) pour autant que nous puissions en juger d’après le travail de Heer. Il ne
possède que fort peu de caractères qui permettraient de le rapprocher des Berytidae : la forme
générale de son thorax, le processus frontal qui orne sa tète, son quatrième segment antennaire
cylindrique. Il s’éloigne de ce groupe par de nombreux caractères : pas de sillon antéoculaire,
les yeux en position très proximale, les antennes et les pattes relativement très courtes par
rapport au corps pour un représentant des Berytidae, le premier segment antennaire et les
fémurs pas particulièrement épaissis à leur extrémité... Des antennes semblables à celles de ce
fossile sc retrouvent chez d’autres Heteroptera que les Berytidae, les Malcidae ou certains
Lygaeidae Cymini ou Ninini (Stys, 1967). Il ne reste pratiquement aucun argument en faveur
d’une attribution de ce fossile aux Berytidae. Il ne présente aucune des autapomorphies des
— 284 -
pattes, de la tête et des antennes propres aux Berytidae et les caractères des ailes, des
Itémélytres et de l’abdomen propres à ce groupe ne sont pas conservés. Une ressemblance
superficielle avec les Berytidae est insuffisante pour une détermination définitive. Il ressemble
aussi à certains Coreidae comme Leptocorisa varicornis ou Stenocephalus lateralis (Distant,
1902).
Le seul fait certain le concernant est qu’il s’agit bien d’un Heteroptera qui peut être
rapproché du complexe Lygaeidae-Coreidae (Péricart, 1984) mais probablement pas des
Berytidae. Nous le considérerons donc comme un Heteroptera famille ineertae sedis nov. stat.
dont les affinités sont très incertaines. Ce fossile demeurera à peu près dépourvu d’intérêt tant
qu’il n’aura pas été retrouvé et révisé.
Berytinus cf. minor Herrich-Schaeffer, 1835 (sensu Riou, 1988)
(Berytidae ineertae sedis nov. stat.)
Holotypf, : Spécimen n” R-321, coll. Riou, « un exemplaire fossilisé face dorsale, ... ».
Age et gisement : Miocène supérieur. Montagne d’Andance, Privas, Ardèche, France.
Ce fossile a été décrit et figuré (thèse non publiée) assez sommairement par Riou (1988 :
75-76, pl. 5, fig. 7) qui l’attribue à une espèce actuelle répandue dans toute l’Europe
occidentale.
Nous redonnons ici la totalité de sa description originale :
« Insecte dans un parfait état de conservation, au corps étroit et linéaire, aux pattes et antennes très
longues, de coloration brun clair.
Tête très allongée et étroite, clypeus développé formant une pointe dans la partie antérieure.
Antennes très longues et filiformes, formées de quatre articles : le premier particulièrement
allongé présentant un brusque renflement apical et le dernier court formant une massue nette de teinte
noire.
— Pronotum rectangulaire, deux fois plus long que large, légèrement rétréci dans sa partie
antérieure. Bords antérieur et postérieur droits présentant une arête médiane longitudinale.
— Structure des élytres effacée, recouvrant entièrement l’abdomen.
— Scutellum réduit, triangulaire.
— Abdomen allongé en fuseau à segmentation effacée.
— Pattes fines et longues aux fémurs renflés dans leur zone apicale.
Dimensions en millimètres : Longueur totale : 8. Tête : longueur : 1,25, largeur : 0,6; clypeus : 0,5.
Antennes : longueur totale : 4,75; premier article : longueur : 2,5; quatrième article : longueur : 0,5.
Pronotum . longueur : 1,75, largeur : 0,85. Pattes : fémur 1 : longueur : 2; fémur II : longueur : 2; fémur
III : longueur : 3. Abdomen : longueur : 5, largeur : 1,5. »
Discussion
Si nous sommes tout à fait d’accord avec Riou quant à l’attribution de ce fossile aux
Berytidae (bien caractérisé par les structures des pattes, des antennes, de la tête et la forme
générale...), il apparaît que les attributions au genre Berytinus et à Berytinus minor sont
nettement moins bien justifiées par cette description. Il semble que ce fossile possède un
- 285 —
processus frontal net (que Riou prend pour une pointe du clypeus... !), ce qui permettrait une
attribution à peu près certaine aux Berytinae. mais Riou n’indique rien sur l’ornementation du
scutellum (présence ou absence d'épine ou de pointe?). L’ornementation du disque du
pronotum n'est pas mieux décrite (présence de pointes, de bosses, de ponctuation...?). Les
proportions entre les diverses parties des pattes ainsi que celles entre les pattes, les antennes et
le corps ne sont pas plus précisées. Enfin, les proportions entre les segments antennaires ne
sont pas indiquées. Ce dernier « oubli » constitue même le problème le plus important car. si
les deux genres Berytinus et Neides peuvent être aisément distingués par la comparaison des
longueurs des second et troisième segments antennaires, il est très difficile de les distinguer
lorsque nous ne disposons pas de ce renseignement. Ce fossile pourrait en fait appartenir à
presque n'importe quel genre de la sous-famille Berytinae. Il est impossible d'être certain de
son attribution au genre Berytinus à partir de la seule description de Riou. Il est encore plus
impossible de l’attribuer à une des espèces actuelles de ce genre car celles-ci se distinguent les
unes des autres par des caractères Lrès ténus comme la pilosité et la coloration des antennes et
des pattes... ! Riou l'attribue à Berytinus rnmor car, « en comparant, les spécimens à l'espèce
actuelle Berytinus minor, on constate une très nette ressemblance. »!
En conclusion, ce fossile décrit par Riou est bien un représentant des Berytidae,
probablement des Berytinae, mais ne saurait être attribué sans redescription complète à
Berytinus minor. Ce n'est pour l’instant qu’un incertae sedis nov. stat.
Conclusion
Les Berytidae s’avèrent encore plus rares à l’état fossile que nous ne l’indiquions
précédemment puisque seulement deux espèces fossiles peuvent être attribuées à ce groupe sans
ambiguïté : le Berytidae incertae sedis décrit par Riou (1988) et Neides (?) oligocenicus n. sp.
Ces fossiles appartiennent à la sous-famille Berytinae. La sous-famille Metacanthinae est
encore inconnue à l’état fossile puisque Metacanthus ( Megalomerium) serratum (Théobald,
1937) est en fait un Heteroptera famille incertae sedis nov. stat A cause de leur très grande
rareté, ces fossiles n'apportent presque aucun renseignement sur la phylogénie et l’histoire de
cette famille, si ce n'est le fait que des Berytidae sensu stricto existaient à l'Oligocène terminal
(ce dont on pouvait se douter, étant donné la très grande ancienneté des Heteroptera qui
étaient déjà présents et très évolués au Lias). Neides (?) oligocenicus n. sp. démontre au moins
que des Berytidae déterminables peuvent être découverts dans les gisements d’origine lacustre.
Un très gros travail de recherche de Berytidae fossiles nouveaux reste à accomplir...
Remerciements
Nous remercions vivement M. le Pr. Prieur, du Département des Sciences de la Terre, Université
Claude Bernard de Lyon, qui a eu l’obligeance de nous prêter le type de Megalomerium serratum pour la
présente étude.
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Présence des genres Dapaloides Gaudant et Dapalis Gistel
(Poissons téléostéens, Percoidei)
dans POligo-Miocène lacustre de la Limagne bourbonnaise
par Jean Gaudant
Résumé. — La présence du genre Dapaloides Gaudant est signalée dans les marnes à Ostracodes
(Oligocène supérieur) de Cusset (Allier). Cette découverte étend la répartition géographique de ce genre
dans l’Oligocène lacustre d'Europe occidentale. On signale en outre la présence du genre Dapalis Gistel
dans l’Oligo-Miocène des environs de Vichy (Allier), sans qu’il soit possible de préciser la provenance de
ce spécimen.
Abstract. The occurrence of the genus Dapaloides Gaudant îs reported from the maris rich in
Ostracods (Upper Oligocène) outeropping at Cusset (Allier. France). This tinding extends the
geographical distribution of this genus in the lacuslrine Oligocène deposits or Western Europe.
Additionally, the occurrence of the genus Dapalis Gistel is also reported from the Oligo-Miocene of the
vicinity of Vichy ( Allier. France). It is however presently impossible to détermine the précisé origin of this
specimen.
Mots-clés. — Allier Dapalis — Dapaloides Poissons — Téléostéens — Limagne — Oligocène
— Miocène? Milieu lacustre.
Key-words. — Allier (France) Dapalis — Dapaloides — Fishes — Teleosts — Limagne —
Oligocène — Miocene? — Lacustrine environment.
J. Gaudant, 17, rue du Docteur Magnan, 75013 Paris. (URA 1433 du CNRS.)
Introduction
Le premier, A. Viquesnel (1842) signala la découverte d’un poisson fossile « sous le pont
de Mesdames », à Cusset (Allier), « dans un banc de marne grise feuilletée légèrement
verdâtre » qu’entaille la vallée du Sichon. A. Valenciennes et Ch. Laurillard (in A.
Viquesnel, 1842), qui examinèrent ce poisson, le rapportèrent au genre Myripristis Cuvier.
Cette pièce, conservée à Paris, â l'Institut de Paléontologie du Muséum national d’Histoire
naturelle, où elle porte le numéro de catalogue MNHNP-PFT 1, fut réétudiée par F. Priem
(1914) qui la figura et en donna une description sommaire, avant de conclure que «c’est
probablement un Poisson du genre Properca ». Il indiqua en outre la présence, dans les
collections de l’Institut de Paléontologie, d’un second spécimen provenant de Cusset (Allier),
déterminé « Laces Heberti‘1 », qu’il considérait comme un « débris indéterminable d’Acan-
thoptérygien ».
— 290 —
En revanche, aucun représentant du genre Dapalis Gistel n’avait été signalé à ce jour dans
rOtigo-Miocène de la Limagne bourbonnaise. C’est pourquoi, bien que sa provenance exacte
laisse subsister un doute, il nous a paru utile d’en donner ici une description rapide. 11 s’agit en
effet d’un poisson fossile conservé dans un calcaire micritique massif qui ne ressemble à aucun
des sédiments connus pour avoir livré des poissons fossiles attribuables au genre Dapalis
Gistel. C’est pourquoi, contrairement aux soi-disant « Smerdis » glangeaudi Priera, de Pontari,
prés de Corent (Puy-de-Dôme), dont nous avons montré (J. Gaudant. 1977a) qu’ils
proviennent en réalité d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) et des environs de Céreste
(Alpes-de-Haute-Provence), il nous a paru justifié de prendre en considération dans cet article
l’unique spécimen de Dapalis Gistel récolté à Vichy (Allier).
Les DAPALOIDES oligocènes de Cusset
D. cf. sieblosensis (Winkler)
Étude du matériei. original
Nous avons retrouvé à l’Institut de Paléontologie du Muséum national d’Histoire
naturelle, où il porte le numéro de catalogue MNHNP-PFT 1, le spécimen «donné par
M r Viqucsnel en 9 bre 1842 », comme l’indique son étiquette. 11 s’agit (fig. 1) d’un individu en
double empreinte dont la tête est en majeure partie détruite mais sur lequel on peut cependant
observer un opercule isolé qu'il a été possible de reconstituer (fig. 2A) en complétant son
empreinte imparfaite à l’aide de sa contre-empreinte partielle. Cet opercule est caractérisé par
sa forme trapézoïdale et par la possession de deux épines postérieures séparées par une
échancrure. L’épine principale, bien développée, se situe approximativement à mi-hauteur de
l’os tandis que la seconde, plus réduite, prend place à l’extrémité de son bord supérieur qui
s’abaisse faiblement vers l’arrière.
Fig. 1. — Dapaloides cf. sieblosensis (Winkler) : vue générale du spécimen MNHNP-PFT 1, provenant de l'Oligocène
de Cusset (Allier) (collection A. Viquesnel). Cliché D. Serrelte.
■
— 291
Fig. 2. — A. Dapaloides cf. sieblosensis (Winkler) : opercule du spécimen MNHNP-PFT 1 ; B, Dapaloides sieblosensis
(Winkler) : opercule isolé provenant de l’Oligocène inférieur de Sieblos (Hesse, Allemagne).
La forme de cet opercule ne diffère pas considérablement de celle qui est observée chez
certains Percichlhyidae actuels comme Macquaria novemaculeata (Steindachner) (C. M.
MacDonald, 1978) et présente une certaine similitude avec celle de l'opercule de l'espèce-type
du genre Dapaloides Gaudant : D. sieblosensis (Winkler), de l’Oligocène inférieur de Sieblos
(Allemagne) (fig. 2B).
Le corps est celui d’un petit individu dont la longueur standard devait avoisiner 80 mm (la
longueur du corps sans la tête égale 51mm), pour une hauteur maximale de 30mm. La
colonne vertébrale parait avoir comporté quinze vertèbres postabdominales. On distingue les
empreintes de neuf épines dans la nageoire dorsale antérieure. Leur longueur s'accroît jusqu’à
la cinquième, qui paraît avoir été la plus développée et dont la longueur excède légèrement la
moitié de la hauteur maximale du corps. La composition de la nageoire dorsale postérieure n’a
pu être déterminée II en est de même pour le nombre des lépidotriches de la nageoire anale.
Celle-ci comporte trois épines, la seconde d’entre elles étant à la fois la plus longue et la plus
robuste, randis que la première est remarquable par sa longueur qui excède les 3/4 de celle de la
seconde. La nageoire caudale, dont la longueur devait mesurer près du quart de la longueur
standard, paraît avoir eu une forme en palette. Sa composition n’est pas connue avec
précision. Le corps était couvert d’écailles cténoïdes dont le bord libre est orné de petites
spinules.
Description d’une pièce inédite
Au cours de l’étude de la collection de poissons fossiles cénozoïques conservée au Centre
des Sciences de la Terre de TUniversité Claude Bernard de Lyon, nous avons eu la bonne
Fig. 3. — Dapaloides cf. siebtosensis (Winkler) : vue générale du spécimen FSL 93 986, provenant de l’Oligocène de Cusset (Allier) et conservé
au Centre des Sciences de la Terre de l’Université Claude Bernard de Lyon.
■
292
— 293 —
fortune de découvrir un bloc de marne gris bleuté provenant de Cusset (Allier), qui porte te
numéro de catalogue FSL 93 986. Sur cette pièce est conservé un individu presque complet,
aux côtés duquel on distingue en outre les restes de trois autres poissons (fig. 3).
Le corps paraît avoir été trapu puisque la hauteur maximale du spécimen le mieux
conservé représente 44 % de la longueur standard. La tête, massive, est relativement grande car
sa longueur égale pratiquement la hauteur maximale du corps.
Mensurations (en mm) du spécimen FSL 93 986
Longueur totale. 144 (est.)
Longueur standard. 120
Hauteur maximale du corps. 53
Longueur de la tête. 52
Distance antédorsale. 51
Distance antéanale .. 86,5
Distance anlèpectorale.
Distance antépelvienne. 50
Longueur de la dorsale antérieure. 30 (est.)
Longueur de la dorsale postérieure (épine) ... 21
Longueur de l’anale (seconde épine). 18,5
Longueur des pectorales .
Longueur des pelviennes (épine). 22
Longueur basale de la dorsale. 55
Longueur basale de l’anale . 19
Longueur du pédicule caudal. 18,5
Hauteur du pédicule caudal. 15,5
La tête
L’anatomie céphalique demeure incomplètement connue. Le spécimen le plus complet
permet toutefois d’observer les frontaux, en arrière desquels on reconnaît la crête supraoccipi-
tale dont on distingue seulement le bourrelet supérieur, fortement redressé vers l'arrière. La
partie postérieure du parasphénoïde est visible à rarrière de l’orbite dont le diamètre
horizontal égale approximativement le quart de la longueur de la tête. L’ouverture buccale,
légèrement oblique, paraît assez grande puisque l'articulation de la mandibule avec le carré
prend place sur la verticale passant par le bord postérieur de l’orbite. De ce fait, la mandibule
est relativement grande car sa longueur excède légèrement la moitié de la longueur de la tête.
Le bord oral du dentaire s’élève progressivement vers l’arrière, si bien que la hauteur maximale
de la mandibule égale approximativement le tiers de sa longueur. De nombreux petits alvéoles
dans lesquels prenaient place des dents vilhforraes sont observables sur le processus oral du
dentaire.
Le maxillaire, robuste, est relativement grand puisque son extrémité postérieure élargie
atteint le bord postérieur de l’orbîte. Son processus assurant l’articulation maxillo-prémaxillai-
re est recourbé vers le bas et détermine avec le corps de l’os un angle d’environ 140". Comme le
montre un second individu dont seuls sont conservées la tête et la partie antérieure du corps, la
région postérieure du maxillaire porte un supramaxillaire bien développé dont la longueur
égale 40 % de celle du maxillaire.
294 —
Le prémaxillaire n'est que partiellement conservé. On en reconnaît cependant le processus
articulaire et la base du processus ascendant dont l'extrémité distale est brisée. Le processus
alvéolaire, très développé, a une longueur qui égale approximativement les 2/3 de celle du
corps du maxillaire. On y remarque quelques dents villiformes.
Le préopercule (fig. 4A), très robuste, est caractérisé par son angle postéro-ventral
légèrement arrondi. Son bord ventral et le tiers inférieur de son bord vertical (la partie
supérieure de celui-ci est masquée par l’opercule) sont ornés d’une série de petites épines très
denses puisqu’on en dénombre environ 22 sur le bord ventral de l’os. Ces épines sont toutes
orientées vers le bas et vers l’arrière. Contrairement aux plus antérieures qui sont généralement
simples, les épines postérieures sont fréquemment bifides, voire trifides. comme c’est le cas
pour l’épine qui orne l’angle postéro-ventral de l’os.
Fig. 4. — A. Dapaloides cf. .iieblo.ien.sh (Winklcr) : préopercule du spécimen FSL 93 986 : B. Dapaloides sieblosensis
(Winkler) : préopercule isolé provenant de l’Oligocène inférieur de Sieblos (Hesse, Allemagne).
L’opercule, de forme trapézoïdale, est relativement grand. Son épine principale, robuste,
mesure approximativement les 2/5 de la hauteur de l’os. La morphologie de l’opercule ne
diffère pas de manière significative de celle de l’opercule isolé représenté sur la figure 2A.
Le sousopercule est présent, quoique déplacé, un peu en arrière de l’opercule. C’est un os
falciforme de hauteur relativement faible.
Le corps
Le squelette axial semble avoir comporté environ 25 vertèbres, dont quinze postabdomi¬
nales. Les centra vertébraux, dont seule subsiste l’empreinte dans le sédiment, paraissent avoir
été relativement trapus puisque leur hauteur égale approximativement leur longueur. Ils
supportent des neurapophyses et des hémapophyses de longueur modérée dont l’extrémité
distale prend place approximativement aux 2/3 de la distance séparant les bords supérieur et
inférieur des centra vertébraux, respectivement des bords dorsal et ventral de l’animal.
— 295 —
Les côtes, dont le nombre exact n’a pu être déterminé, paraissent avoir été relativement
courtes.
La nageoire caudale est caractérisée par sa forme en palette arrondie à son extrémité
postérieure. Comme le montre une région caudale isolée, elle est constituée de dix-sept rayons
principaux, dont quinze bifurqués, en avant desquels prennent place, dorsalement et
ventralement, six rayons marginaux. Le squelette caudal axial, formé de trois vertèbres, est
relativement mal conservé. On distingue cependant, à l’arrière, le complexe ijro-terminal qui
supporte le parhypural, relativement long et étroit, et cinq hypuraux. Le premier et le
quatrième d'entre eux sont sensiblement plus larges que les autres. Deux uroneuraux sont
présents au-dessus et en arriére du complexe uro-terminal. Le nombre d’épuraux paraît avoir
été de trois. Les ncurapophyses et hémapophyses allongées et quelque peu élargies (en ce qui
concerne ces dernières) portées par les deux centra préuraux libres contribuent au soutien des
lépidotriches caudaux.
La nageoire dorsale est formée d'une partie antérieure composée de neuf épines dont la
longueur s'accroît progressivement jusqu’à la quatrième, avant de diminuer légèrement ensuite.
La longueur de la plus grande épine excède sensiblement la moitié de la hauteur maximale du
corps. La dorsale postérieure débute par une épine en arrière de laquelle on dénombre neuf
lépidotriches dont huit à la fois articulés et bifurqués.
L’endosquelette de la nageoire dorsale est formé de dix-huit axonostes proximaux dont
huit soutiennent la partie antérieure de la nageoire, l’axonostc proximal antérieur soutenant à
lui seul les deux premières épines. Plus en avant prennent place trois prédorsaux dont
l’extrémité distale est recourbée en crochet et dont il n'est pas possible de déterminer la
position par rapport aux ncurapophyses des vertèbres abdominales antérieures. La formule de
Smith & Bailey (1961) s'écrit donc 0-0-0-2.
La nageoire anale se compose de trois épines et de sept lépidotriches à la fois articulés et
bifurqués. L’épine antérieure paraît relativement grande puisque sa longueur excède les 3/4 de
celle de la seconde épine, qui est à la fois la plus longue et la plus robuste de la nageoire. La
troisième épine, à peine moins longue que la seconde, est en revanche nettement moins épaisse.
Les lépidotriches antérieurs sont sensiblement plus longs que les épines qui les précèdent. La
longueur des suivants se réduit progressivement vers l’arrière.
L’endosquelette de la nageoire anale débute par un élément très robuste qui s’accole à
l’hémapophyse de la première vertèbre postabdominale pour constituer le complexe hémaxa-
nal. En arriére de celui-ci prennent place sept axonostes proximaux plus grêles dont la
longueur diminue rapidement vers l’arriére.
Les nageoires pectorales n’ont laissé aucune trace sur les spécimens étudiés. De la ceinture
scapulaire, il n’a été possible d’observer que le posttemporal et le postcleithrum ventral.
Les nageoires pelviennes qui débutent un peu en avant de la verticale passant par l’origine
de la nageoire dorsale, sont très imparfaitement conservées. Leur épine est sensiblement plus
longue que la seconde épine de la nageoire anale.
Les écailles , de type cténoïde, sont relativement mal conservées. On y observe cependant
la présence de radii et de circuli concentriques La présence de spinules sur le bord libre des
écailles n'a pas pu être établie avec certitude.
296 —
Analyse taxonomique
Les principaux caractères observés et plus particulièrement la composition de la colonne
vertébrale et la morphologie de l’opercule et du préopercule des poissons décrits précédemment
conduisent à rapprocher ceux-ci de certains Pereoïdes actuels de la région indo-pacifique,
regroupés par W. A. Gosline (1966) dans la famille des Percichthyidae. Contrairement à ce
que pensait W. A. Gosline, la possession d'une nageoire caudale en forme de palette arrondie
à son extrémité distale ne fait pas obstacle à un tel rapprochement car C. M. MacDonald
(1978) a souligné le fait que plusieurs espèces australiennes de cette famille possèdent une
nageoire caudale en forme de palette arrondie à son extrémité distale.
Au sein de cette famille, les Percoïdes oligocènes de Cusset décrits précédemment peuvent
être rapprochés de l’espèce Dapaloides sieblosensis (Winkler), de l’Oligocène inférieur de
Sieblos (Hesse. Allemagne) car ils possèdent comme celle-ci un préopercule dont le contour
postéro-ventrai est garni de nombreuses petites épines dirigées vers le bas et vers l'arrière, un
supramaxillaite et une colonne vertébrale comportant quinze vertèbres postabdominales, trois
prédorsaux, une nageoire dorsale dédoublée dont la partie antérieure comporte neuf épines
tandis que sa partie postérieure se compose d'une épine et de neuf lépidotriches, une nageoire
anale constituée de trois épines et de sept lépidotriches, et des écailles cténoïdes (J. Gaudant,
1985).
De ce fait, le seul caractère susceptible de distinguer les spécimens de Cusset de ceux de
Sieblos paraît être la forme un peu plus trapue du corps (hauteur maximale du corps pouvant
atteindre 44% de la longueur standard contre environ 1/3 chez la plupart des Dapaloides de
Sieblos). On notera cependant que chez certains individus de Sieblos, la hauteur maximale du
corps égale 42 % de la longueur standard et devait même parfois excéder cette valeur.
En conséquence, faute de disposer d’un caractère diagnostique incontestable permettant
de distinguer de manière certaine les Dapaloides oligocènes de Cusset de ceux de l'Oligocène
inférieur de Sieblos rapportés à l'espèce D. sieblosensis (Winkler), nous proposons de désigner
les spécimens décrits dans cet article comme Dapaloides cf. sieblosensis (Winkler).
Ces poissons différent par ailleurs nettement de l'espèce D. miloni Gaudant, de l'Oligocène
supérieur de Chartres-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine), que nous avons décrite récemment (J.
Gaudant, 1989). En effet, cette espèce, qui ne possède que deux prédorsaux (au lieu de trois),
est caractérisée en outre par sa nageoire anale qui possède un ou deux lépidotriches
supplémentaires : neuf ou huit(?) au lieu de sept.
Un DAPALIS oligo-miocène de Vichy
D. cf macrurus (Agassiz)
Il existe dans les collections paléontologiques de l'Université Claude Bernard de Lyon un
petit spécimen de poisson percoïde catalogué FSL 93 992, provenant de la collection L.
Didelot, dont l’étiquette porte la mention « calcaire à Paludines, Vichy ». Or, il apparaît que
le terme de « calcaire à Paludines » n’a jamais été utilisé pour désigner une formation
géologique dans la Limagne bourbonnaise, ce qui laisse subsister une incertitude quant à l’âge
de ce fossile.
— 297 —
Le poisson étudié (fig. 5) possède un corps relativement allongé dont la hauteur maximale
égale approximativement la longueur de la tête, laquelle est comprise un peu plus de trois fois
dans la longueur standard.
Fig. 5. — Dapalis cf. macrurus (Agassiz) : vue générale du spécimen FSL 93 992, provenant de l’Oligo-Miocène de
Vichy (Allier) et conservé au Centre des Sciences de la Terre de l’Université Claude Bernard de Lyon (collection L.
Didelot). Cliché D. Serrelte.
Mensurations (en mm) du spécimen FSL 93 992
Longueur totale. 49
Longueur standard. 40
Hauteur maximale du corps. 12
Longueur de la tête. 12,5
Distance antèdorsale. 16,5
Distance antéanale. 25,5
Distance antépectorale. 14,5
Distance antèpelvienne. 15,5
Longueur de la dorsale antérieure. 9
Longueur de la dorsale postérieure (épine) ... 5
Longueur de l’anale (seconde épine). 6,5
Longueur des pectorales. 6
Longueur des pelviennes (épine). 5,5
Longueur basale de la dorsale. 12,5
Longueur basale de l’anale . 5,5
Longueur du pédicule caudal. 7
Hauteur du pédicule caudal. 5
La tête
Les deux constituants les plus significatifs de l’anatomie céphalique sont le lacrymal et le
préopercule. Le premier est caractérisé par son bord libre orné d’une série d’épines dirigées
vers le bas et vers l'arrière. Le préopercule (fig. 6) possède une branche verticale dont la
■
- 298 —
longueur égale approximativement 1,5 fois celle de la branche horizontale. Son contour
postéro-ventral est orné d’une série de petites épines. Celles ornant son bord ventral sont
toutes dirigées vers le bas et vers l’arrière.
Fig. 6. — Dapalis cf. macrurus (Agassiz) : préopercule du spécimen FSL 93 992, provenant de l’Oligo-Miocène de
Vichy (Allier) et conservé au Centre des Sciences de la Terre de l’Université Claude Bernard de Lyon.
Le corps
La région abdominale de la colonne vertébrale étant quelque peu disloquée, il n’est pas
possible de préciser le nombre total de vertèbres. Nous avons toutefois dénombré quatorze
vertèbres dans la région postabdominale.
La nageoire caudale est profondément bifurquée, puisque la longueur de ses lépidotriches
axiaux n’égale pas la moitié de celle des plus longs rayons de chaque lobe. Elle est formée de
dix-sepl rayons principaux dont quinze sont à la fois articulés et bifurqués. Dix rayons
marginaux sont observables dorsalement et ventralement.
La nageoire dorsale , dédoublée, débute par une partie épineuse constituée de sept épines
dont la seconde est la plus développée. La longueur de cette épine n’égale pas tout à fait les 3/4
de la hauteur maximale du corps et représente 22,5 % de la longueur standard. La longueur
des cinq épines suivantes diminue régulièrement vers l’arrière. La dorsale postérieure se
compose d’une épine dont la longueur excède légèrement la moitié de celle de la seconde épine
de la dorsale antérieure, et de neuf lépidotriches.
L’endosquelette de la nageoire dorsale comporte seize axonostes proximaux. Plus en
avant prennent place trois prédorsaux dont l’extrémité distale est recourbée en crochet. Le
premier d’entre eux prend place en avant de la première neurapophyse ; le second s’intercale
entre les deux premières neurapophyses, tandis que le troisième et l’axonoste proximal
— 299 —
antérieur, qui supporte les deux premières épines dorsales, se situent dans l’espace entre la
seconde et la troisième neurapophyse. De ce fait, la formule de Smith & Bailey (1961) s’écrit
0 - 0 - 0 - 2 .
La nageoire anale , qui débute un peu en arrière de la verticale passant par l’origine de la
dorsale postérieure, se compose de trois épines et de sept lèpidotriches. La seconde épine est à
la fois la plus longue et la plus robuste. Sa longueur égale pratiquement les 2/3 de la hauteur
du corps mesurée à son point d’insertion.
L’endosquelette de la nageoire anale se compose d’un élément antérieur très robuste, qui
s’accole à l'hémapophyse de la première vertèbre postabdominale pour constituer le complexe
hémaxanal, et de sept axonostes proximaux en forme de baguettes grêles.
Les nageoires pectorales , composées d’une douzaine de lèpidotriches, sont de taille
modérée puisque leur longueur excède à peine la moitié de la distance qui sépare leur base de
l’origine de l’anale. Plusieurs constituants de la ceinture scapulaire sont reconnaissables :
cleithrum. supracleithrum. postteinporal, poscleithrum ventral et scapula.
Les nageoires pelviennes, insérées au-dessous et un peu en amère de la base des pectorales,
se composent d’une épine et, normalement, de cinq lèpidotriches. La longueur de l’épine
pelvienne est sensiblement inférieure à celle de la plus longue épine anale.
Les os pelviens, triangulaires, sont dépourvus de processus postpelvien. Leur extrémité
antérieure entre en contact avec la branche inférieure du cleithrum.
Les écailles sont de type cycloïde ; leur surface est ornée de circuli concentriques ; des radii
sont également présents sur leur champ antérieur.
Analyse taxonomique
L’appartenance du spécimen décrit ci-dessus au genre Dapalis Gistel est démontrée par ses
caractères anatomiques et méristiques. On notera en particulier la morphologie du préopercule
et du lacrymal, la composition de la colonne vertébrale (qui comporte quatorze vertèbres
postabdominales) et des nageoires impaires, la forme de la nageoire caudale et la possession
d'écailles cycloïdes.
Au sein du genre Dapalis Gistel, trois espèces sont connues à ce jour par des squelettes en
connexion dans l’OIigo-Miocène d’Europe occidentale. Il s’agit de D. macrurus (Agassiz), du
Stampien des environs de Céreste (Alpes-de-Haute-Provence) et d’Oberdorf (Canton de
Soleure, Suisse). D. minutus (Blainville), de l’Oligocène supérieur d’Aix-en-Provence (Bouches-
du-Rhône), et D. formosus (von Meyer), de l’Ottnangien (Miocène inférieur) d’Unterkirehberg
(Wurtemberg, Allemagne).
Or, c'est indiscutablement avec la première de ces espèces que le spécimen de la collection
L. Didelot présente les affinités les plus étroites, comme le montre la comparaison des
rapports hauteur du corps/longueur standard, longueur de la seconde épine dorsale/longueur
standard, longueur de la seconde épine anale/longueur standard et longueur du pédicule
caudal/longueur standard, établis pour ce fossile, et les rapports correspondants obtenus sur
les Dapalis macrurus (Agassiz) de Céreste et d’Oberdorf (J. Gaudant, 19776). D. minutus
(Blainville) en diffère en effet par le plus grand développement des épines de ses nageoires
dorsale et anale. Des observations encore inédites nous permettent également d’affirmer qu’il
en est de même pour l’espèce D. formosus (von Meyer).
— 300
En conséquence, il nous paraît justifié de désigner l’unique spécimen du genre Dapalis
Gistel découvert à ce jour dans l’Oligo-Miocène de Vichy comme Dapalis cf. macrurus
(Agassiz).
CONCLUSION
Les Percoïdes décrits dans le présent article permettent de compléter la liste de
l’ichthyofaune oligo-miocène de la Limagne bourbonnaise et, plus précisément, des environs
de Vichy et Cusset (Allier). En effet, nous n’avions précédemment identifié que des fragments
de Cyprinidae dans l'arkose des Grivats (J. Gaudant, 1984), confirmant ainsi l’opinion de F.
Priem (1914) qui avait noté la présence de « Leuciscm sp. » à « Beaudechez » (ou Beaudechet).
Désormais, il est établi que les genres Dapalaides Gaudant et Dapalis Gistel sont présents dans
rOligo-Miocène de la Limagne bourbonnaise, ce qui permet d'étendre leur répartition
géographique car ni l’un ni l’autre n’était connu précédemment dans le Cénozoïque des
Limagnes, si l'on excepte l'espèce mythique « Smerdis » glangeaudi Priem (J. Gaudant,
1977a).
En ce qui concerne Dapalaides Gaudant, qui n'était précédemment connu que dans
l’Oligocène de Sieblos (Hesse, Allemagne) et de Chartres-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine),
l’extension de son aire de répartition géographique est encore plus frappante que pour Dapalis
Gistel.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Gaudant, J., 1977a. — « Smerdis » glangeaudi Priem (Poisson téléostéen), espèce mythique du Stampien
des environs de Corent (Puy-de-Dôme). Géobios, Lyon, 10 : 671-681.
— 19776. — Nouvelles observations sur l’ichthvofaune stampienne d'Oberdorf (Canton de Soleure).
Eclog. geol. Ifelv., Bâle, 70 : 789-809.
— 1984. — Nouvelles recherches sur les Cyprinidae (Poissons téléostéens) oligocènes des Limagnes.
Géobios, Lyon, 17 : 659-666.
1985. — Mise au point sur les Vertébrés inférieurs de l’Oligocène de Sieblos (Hesse. Allemagne). C.
r, Acad. Sci., Paris, 300 (II): 185-188.
1989. L’ichthyofaune stampienne des environs de Chartres-de-Bretagne, près de Rennes (Ille-et-
Vilaine) : un réexamen. Géologie de la France. Orléans, 1989 (1-2) : 41-54.
Gosline, W. A., 1966. Tbe limirs of the fish family Serranidae, with notes on other lower Percoids.
Proc. Calif. Acad. Sci., San Francisco, 33 : 91-112.
MacDonaid, C. M., 1978. — Morphological and biochemical systematics of Australian freshwater and
estuarine percichtbyid Fishes. Aust. J mar. freshwut. Res., Melbourne, 29 : 667-698.
Priem, F. 1914. — Sur des Poissons fossiles des terrains tertiaires d'eau douce et d’eau saumâtre de France
et de Suisse, Mèm. Soc. géol. Fr., Paléont., Paris, 50 1-17.
Smith, C. L., & N. M. Bailey, 1961. — Evolution of the dorsal fin supports of percoid fishes. Pap. Midi.
Acad. Sci., Ann Arbor, 46 : 345-363.
Viquesnel, A., 1842. — Note sur les environs de Vichv, département de l’Ailier. Bull. Soc. géol. Fr., Paris,
(1), 14 : 145-155.
Bull. Mus. natl. Hist. nat., Paris, 4 e sér., 14 , 1992,
section C, n os 3-4 : 301-317.
Les genres Pseudarctos et Ictiocyon , Amphicyonidae
(Carnivora, Mammalia)
du Miocène européen
par Léonard Ginsburg
Résumé. — Les travaux de Kuss (1965) avaient montré que le genre Pseudarctos, avec l’espèce
unique Pseudarctos bavaricus, constituait une petite lignée anagénétique simple allant de la base de MN3 à
MN9 et caractérisée principalement par une décroissance graduelle de taille. Nos récoltes ont doublé le
matériel actuellement connu et permettent de revoir ce schéma. La forme la plus grande, qui est aussi la
plus ancienne (MN3-MN4a), constitue un genre indépendant, Ictiocyon Crusafont et al., 1955. avec une
seule espèce, Ictiocyon socialis (Schlosser, 1904). Pseudarctos apparait au niveau MN4b avec une espèce
unique, Pseudarctos bavaricus , constituée par trois sous-espèces qui se relaient dans le temps et sont de
taille régulièrement croissante : P. bavaricus heaucensis nov. ssp. de la MN4b, P bavaricus pcmtignensis
nov. ssp. de la MN5, et P. bavaricus bavaricus de MN6 à MN9. Ictiocyon et Pseudarctos remplacent à
l’Orléanien moyen les Cynelos qui ont la même taille et disparaissent à cette époque.
Mots-clés. — Mammifères, Carnivores, Europe. Miocène, Évolution, Biostratigraphie.
Abstract. The genus Pseudarctos does not a single anagenetic lineage with dccrease of size since
MN3 until MN9, as it is generally admitted since the researchs of Kuss (1965) but two distinct and
indépendant forms, the bigger of winch, called Ictiocyon socialis ( - dthmi) is also the older one (MN3 +
MN4a). The smaller one, Pseudarctos bavaricus, is younger (MN4b-MN9); its size increases regularily
during the middle Miocene and we can distinguait three leveis, pointed by subspecies names : P. bavaricus
heaucensis nov. ssp. at MN4b, P. bavaricus ponlignensis nov. ssp. at MN5 and P. bavaricus bavaricus for
MN6 to MN9. The younger forrn, in MN9, is very badly represented and it is possible it belongs to an
another subspecies. Ictiocyon and Pseudarctos had the santé size as the small Amphicyonids Cynelos
helbfngi and Cynelos schlosseri and they rcplaeed them al the late Lower Miocene.
Key-words. — Mammals, Carnivora, Europe, Miocene, Evolution, Biostratigraphy.
L. Ginsburg, Institut de Paléontologie du Muséum national d'Histoire naturelle et URA 12 du CNRS, 8. rue
Buffon, F. 75005 Paris.
Pseudarctos est un Amphicyonidae de petite taille, à museau court, molaires basses et
élargies. C’est un animal rare. Depuis sa première description par Schlosser en 1899 dans le
Flinz de Bavière, il n’a été signalé qu’à Hàder (Schlosser, 1899), Gôriach (Helbing, 1937), La
Grive (ViRET, 1933), Neudorf-Sandberg (Thenius, 1949), Gau-Weinheim (Tobien, 1955),
Anwil (Engesser, 1972) et toujours par un petit nombre de pièces. Kuss (1965) a inclus dans le
genre Pseudarctos quelques pièces de plus grande taille, déterminées jusqu’alors comme
Amphicyon , et provenant de Solnhofen-Spalte en Bavière (Schlosser, 1904; Dehm, 1942),
Wintershof-West en Bavière aussi (Dehm, 1950) et El Canyet en Catalogne (Crusafont et al..
— 302 —
1955). Au cours des trente dernières années, les recherches, fouilles et récoltes effectuées dans
l’Orlcanais. les faluns d'Anjou et l'Aquitaine par divers collaborateurs et moi-même ont permis
de doubler largement les inventaires, en particulier pour la période de MN4b et MN5 où
régnait un vide. L’étude de tout le matériel aujourd'hui disponible amène à revoir les idées
précédemment admises.
HlSTORIQUn
Le genre Pseudarctos a été établi, ainsi que l’espèce-type P. bavaricus , par Schlosser en
1899, sur une mandibule provenant du Flinz, ou sables continentaux du Miocène moyen de
Tutzing sur le lac Starnberg en Bavière. Quelques années plus tard, le même Schlosser crée
une espèce de plus grande taille, qu’il nomme Amphicyon socialis, sur une mandibule de la
fissure miocène de Solnhofen en Bavière (1904). Viret, en 1933, rapprocha de Pseudarctos
bavaricus quelques molaires inférieures de la Grive-Saint-Alban, et Helbing fit connaître, en
1937, les dents jugales supérieures de cette même espèce, trouvées en association avec des
molaires inférieures, à Goriach en Styric (Autriche du Sud). En 1959, dans sa révision des
carnivores de Goriach, Thenius cite deux molaires supérieures trouvées à Neudorf-Sandberg
et, sur leur taille légèrement plus grande qu’à Goriach et leur plus grande étroitesse, propose
pour elles une espèce nouvelle : Pseudarctos vindobonensis nov. En 1951, Viret figure, quelques
matériaux inédits de la Grive-Saint-Alban, dont deux M 1 qui sont plus proches de celles de
Neudorf que de celles de Goriach. Aussi, dans son étude des Carnivores de Neudorf-Sandberg,
Thenius (1952) abandonne sa nouvelle espèce et désigne comme Virex ses pièces sous le nom
de Pseudarctos aff. bavaricus. Viret (1951) a aussi établi une nouvelle espèce, Pseudarctos
albanensis, sur une carnassière inférieure de la Grive-Saint-Alban, amputée de son paraconide
et à racine postérieure verticale. Mais cette dent, au protoconide à la fois bas et aigu, au
métaconide pointu et surtout à la pointe hypoconide haute et en position très postérieure,
évoque plutôt une dent lacléale. On dit souvent que les racines des dents lactéales sont très
écartées mais ce n'est pas exact sur toutes les dents. Sur la D* d 'Amphicyon major de Sansan
trouvée sur une mandibule portant, en germe, M t et M 2 (Ginsburg, 1961, pl. I, fig. 1) et celle
de Cyneîos helbingi de Wintershof-West trouvée dans les mêmes conditions (Dehm, 1950,
fig. 26) les racines, en particulier la postérieure, sont bien verticales. J'interpréterai donc la
dent de la Grive-Saint-Alban comme une D* d’un Amphicyonidae de la taille d’ Amphicyon
major. A la Grive, trois formes partagent ces caractéristiques d’après les derniers recensements
de Kuss (1962, 1965). Ce sont Agnotherium (= Tomocyon) grivensis (Viret, 1929), Amphicyon
major grivensis Viret, 1929 et Pseudocvon sansaniensis aff. seras Kuss, 1965.
Tobien (1955) rapprocha enfin de Pseudarctos bavaricus une carnassière inférieure isolée
provenant des « sables à Dinothérium », d’âge vallésien de Gau-Weinheim en Hesse rhénane,
et j'ai signalé Pseudarctos bavaricus dans une liste des Mammifères retrouvés dans les faluns
helvétiens du bassin de Pontigné au nord de la Loire (Ginsburg, 1972).
Par ailleurs, Amphicyon socialis. dont nous aurons à reparler, fut établie sur une
mandibule provenant d’une fissure d'âge miocène de Solnhofen (Schlosser, 1904), puis
signalée par Dehm (1950) à Wintershof-West. Crusaeont et ses collaborateurs, en 1955, ont
décrit un matériel voisin, un maxillaire et une mandibule trouvés en association dans le
Burdigalien de El Canyet en Catalogne, sous le nom à"Amphicyon ( Ictiocyon) dehmi nov.
subgen., nov. sp.
C’est sur l’ensemble de ce matériel que Kuss (1965) tenta une synthèse phylogénétique. 11
— 303 -
regroupa d'abord tous les restes cités en un genre et une seule espèce : Pseudarctos bavaricus et
les ordonna en sous-espèces différentes se relayant dans le temps. La plus ancienne,
Pseudarctos bavaricus dehmi (Crusafont et al. nov. ssp., 1955) est aussi la plus grande et
morphologiquement la plus primitive. Elle est reconnue à El Canyet, gisement placé dans la
moitié supérieure de la MN4 selon Agusti et al. (1985), et à Wintershof-West. La deuxième
sous-espèce est Pseudarctos bavaricus socialis Schlosser, 1904, représentée dans la fissure de
Solnhofen et, toujours d’après Kuss, peut-être à Sansan [MN6], Elle est plus petite que la
précédente et Kuss la place dans l'Helvétien. Il date en effet de cet âge la fissure de Solnhofen.
La concordance ou le voisinage d’âge avec Sansan lui fait attribuer plutôt à cette sous-espèce le
cubitus isolé de Pseudarctos , que j’ai décrit à Sansan (1961) La troisième sous-espèce est
Pseudarctos bavaricus bavaricus Schlosser, 1899, de Tutzing, Gôriach et la Grive, gisements
placés alors dans le Tortonien et qui correspond à l’Astaracien (MN6 + 7 + 8). Enfin la Mj
isolée des Dinotheriensand (MN9) de Gau-Weinheim est déterminée comme Pseudarctos
bavaricus aff. bavaricus. Cette dent montre des caractères spécialisés et Kuss laisse entendre
qu’il pourrait s'agir d'une bonne sous-espèce particulière si ces caractères se retrouvaient sur
du matériel plus abondant. Kuss conclut que les trois (ou quatre) sous-espèces de Pseudarctos
bavaricus descendent les unes des autres et constituent une petite lignée anagénétique
caractérisée principalement par une réduction de la taille.
Commentaire
Les nouveaux matériaux, provenant principalement de la MN4 et de la MN5, ne
s’intégrent pas dans le schéma proposé par Kuss. Ceci pour deux raisons : d’une part, Kuss
n’a eu à sa disposition aucun document de la MN4 (celui d’El Canyet excepté) et aucun
document de la MN5 (sauf, peut-être, de son extrême sommet si on y place Neudorf-
Sandberg).
Or ces matériaux nouveaux sont plus petits que ceux de la MN3 et que ceux de la MN7 +
8 + 9. D’autre part, le gisement de Solnhofen-Spalte, attribué alors à l’Helvétien, est en fait à
mon avis plus ancien. Schlosser (1904) en donne la liste faunique suivante :
« Lutra » franconica Quenst.
Prolagus oeningensis Kon.
Sciurus sp.
Pseudosciurus sp.
Amphicyon socialis n. sp.
Cephalogale sp.
Stenoplesictis grimmi Schl.
Paleogale
Mastodon angustidens Cuv. var. turicensis
Brachypotherium aurelianense Nouel sp.
Listriodon sp.
Palaeochoerus ? Choerotherium sansanien.se Lart.
Caenotherium sp.
Palaeomeryx annectens Schl.
Palaeomeryx simplicornis nov. sp.
Palaeomeryx sp. taille Amphitragulus boulangeri Pom.
— 304 —
Les pièces ont été détruites pendant la dernière guerre et l’on ne peut qu’épiloguer sur
cette liste.
« Lutra » franconica a été revue récemment par W. von Koeningwald (1969) et
déterminée comme Necronianis franconica. Les Manidae pholidotes sont rares et, d’après
Heissig (communication orale), sont en Allemagne plus nombreux dans les gisements du
Miocène inférieur que plus tard.
Des dents de Prolagus type oeningensis apparaissent au niveau d’Artenay (Bûcher, 1982).
Cephalogale n'existe plus au Miocène, mais YHemicyon hareni nob. (1989), de la MN3
ressemble encore fortement à un Cephalogale ; si Schlosser n’a pas donné de détermination
spécifique, c’est vraisemblablement que le matériel était très incomplet. Dans de telles
conditions, une confusion avec Cephalogale est très plausible. La pièce attribuée à
StenoplesicHs ? grimmi a été figurée par Schlosser (1902, pl. VII, fig. 24). Il s’agit d’une
mandibule édentée. Palaeogale est un genre principalement connu dans l’Agénien (Saint-
Gérand-le-Puy, Laugnac) mais monte dans la MN3 (à Wintershof-West) et jusque dans la
MN4a (à Artenay), pas plus haut cependant.
Zygolophodon luricensis est connu à Artenay dans la MN4a, et même plus bas. Tassy a
figuré (1977, fig. 5) une dent typique provenant de Marsolan (Gers), gisement typique de la
MN3. Le rhinocéros attribué par Schlosser à l’espèce aurelianensis est typique de la MN3 et
de la base de la MN4. Il est attribué aujourd'hui au genre Diacerutheriwn (Heissig, 1973), mais
le contenu de l’espèce n’a pas changé. Il est remplacé par Bruchypolherium hraehypus à la
MN4b (Gînsburc, 1974, 1989; Ginsburg et Bulot, 1984),
Le genre Llstriodon , à l’époque où Schlosser écrivait, recouvrait les espèces splendens,
hitidem et lockharti, cette dernière en étant aujourd’hui retirée pour entrer dans le genre
Bunolistriodon Arambourg, 1933. Bunolistriodon lockharti caractérise les zones MN4a et MN5 ;
Listriodon splendens et laüdens le relaient plus haut.
La mention de Pulaeochoerus ? Choerotherium sansaniense paraît plus certaine. L'espèce
est bien caractérisée et Simpson (1945), pour éliminer de la nomenclature le genre
Choerotherium employé alors en des sens trop divers, en a fait l’espèce-lype du genre
Taucanamo nov. L’espèce est connue à Bézian (MN4b) et, plus haut, â Sansan et Steinheim
(Ginsburg et Bulot, 1987). Cependant, il y a eu longtemps confusion entre le Taucanamo
sansaniense et l’espèce pigmeus attribuée aujourd’hui à Albanohyus La forme de Steinheim a
été attribuée à l’espèce pigmeam par Depéret (1892) et Stehlin (1900). Or elle appartient
nettement à Taucanamo sansaniense. comme j’ai pu le constater pièces en main (Ginsburg et
Bulot, 1987). On peut se demander à la limite si Schlosser n’aurait pas fait de même, mais en
sens inverse, attribuant à sansaniense des pièces de pigtneum. Or pigmeum est connu à Artenay,
et sansaniense seulement à Bézian. Un doute plane donc encore sur ce suiforme de Solnhofen.
Palaeomeryx annectens Schlosser, 1901 a été établi sur des restes dentaires provenant du
gisement de Tuchorice en Tchécoslovaquie que Mein (1989) place au sommet de la MN3. Les
pièces figurées de ce gisement (Schlosser, 1901, pl. I, fig. 1,2, 10, 11, 15, 16, 21) représentent
un ruminant bien voisin mais un peu plus petit et à sensiblement différente morphologique¬
ment et plus court que Amphitragulus aurelianensis.
Palaeomeryx simplicicornis est une espèce créée sur du matériel de Solnhofen. Elle est
représentée par deux bois (figurés respectivement par Schlosser, 1902, pl. IV, fig. 36 et
Schlosser, 1904, pl. XXVII, fig. 1) et des dents (Schlosser, 1904, pl. XXVI, fig. 3 et 5). Les
bois, par leur forme, la section (surtout le bois de la dernière figure, à section bien ronde
— 305 —
distalemcnt). l’implantation sur le crâne et la position du foramen supra-orbitaire pourraient
bien avoir appartenu à un Procervulus plus petit que Procervulus dichotomus-, les dents
pourraient aussi convenir à un Procervulus de petite taille,
Enfin Palaeomeryx taille Amphitragulus boulangeri doit appartenir soit à un petit
Lagomeryx, soit à Amphitragulus boulangeri lui-même.
En conclusion, sans qu’il soit possible de donner avec certitude un âge à la faune de
Solnhofen-Spaite, on doit lui reconnaître un cachet très nettement anté-Miocène moyen. La
plupart des formes (« Cephalogale », Stenogale , les trois ruminants) évoquent la MN3.
Diacerathcrium aurelicmensis est typique de la MN3 et de la MN4a, niveau où le
morphotype de Prolagus oeningensis apparaît. Par contre Taucanamo sansaniense et les
Listriodontinae apparaissent à la MN4b. J’aurais donc tendance à placer cette faune à la limite
du MN4a et MN4b, en constatant tout de même beaucoup d’archaïsme pour un tel niveau.
En fonction de l'âge corrigé de la faune de Solnhofen et des nouveaux matériaux récoltés,
je présenterai la systématique suivante :
Ordre CARNIVORA Bodwich, 1821
Sous-ordre ARCTOIFORMIA [= Arctoidea Flower, 1869]
Infra-ordre URSIDA Ginsburg, 1982
Famille Amphicyonidae Trouessart, 1885
Genre PSEUDARCTOS Schlosser, 1899
Espèce-type : Pseudarctos bavaricus Schlosser. 1899.
Diagnose : Amphicyonidae de petite taille, à museau court, dents jugales élargies à tubercules bas.
Prémolaires inférieures simples, sans deutéroconide. Absence de P,. M, à talonide subsymétrique, avec
tendance de l'entoconide à être aussi développé que l’hypoconide qui est plutôt bas; tendance à
l’élargissement du talonide de M, et à l’allongement de la M 2 .
Pseudarctos bavaricus Schlosser, 1899
Diagnose : Celle du genre.
Répartition : Trois sous-espèces se succèdent dans le temps, de la MN4b à la MN9.
Pseudarctos bavaricus beaucensis n. ssp.
1989 — Cynelos helbingi Dehm; Ginsburg, p. 164.
Diagnose : Pseudarctos bavaricus de petite taille, à M, plus primitive que les autres sous-espèces :
protoconide et hypoconide plus hauts, talonide à peine plus large que le trigonide. entoconide non
prolongé en arrière. M 1 à profil occlusal subsymétrique et à partie linguale réduite.
— 306 —
~1 - 1 - 1 - 1 - 1 - 1 r-
12 13 14 15 16 17 18
Fig. 1. — Diagramme des M, de Pseudarctos et Ictiocyon.
Type : Hémimandibule gauche de Baigneaux-en-Bauce avec Q P 3 -Mi (Muséum de Paris Ba 66).
Derivatio nominis : De la Beauce, où se trouve le gisement d’où provient la pièce-type.
Age : MN4b.
Répartition : Baigneaux-en-Beauce (Eure-et-Loire) et Pelleeahus (commune de la Romieu, Gers).
Mesures : (en mm) : Baigneaux-cn-Beaucc : Hémimandibule type (Ba 66) : C = 7,1 x 5,3; P 3 =
? x 3,2; P 4 = 7,4 x 4,0; M t = 13,2 x 6,4. Fragment de mandibule droite avec P 3 -P 4 (Ba 67) : P 3 =
5,6 x 3,2; P 4 = 7,3 x 4,0, M 3 d (Ba 72) : 13,8 x [6,65], Première phalange (Ba 22) : L = 27,9; DT prox.
= 12,0; DT dist. = 10,0. — Pelleeahus : MM (LRM 1041) : 10,2 x 12,5. M lg (LRM 1042) : 12,4 x
6,35.
Pseudarctos bavaricus pontignensis nov. ssp.
Diagnose : Pseudarctos bavaricus plus grand que Pseudarctos bavaricus beaucensis, à talonide du M !
plus élargi, entoconide de M 1 à moitié linguale plus développée.
Type : M , gauche (14,0 x 7,2 mm), de la carrière des Buissonneaux à Pontigné (Maine-et-Loire).
Dans an falun sableux de type pontilévien. Ce fallut de type pontilévien occupe la moitié inférieure de la
%SM
Fig. 2-4. — 2, 3, Pseudarctos havanais beaucensis de Baigneaux-cn-Bcauce : 2, fragment de mandibule avec P 3 -P 4
droite (Ba 67) : a, face occlusale, b. face labiale; 3, hémimandibule gauche avec C, P 3 -M, (Ba 66), face labiale,
type de la sous-espèce. 4. Icliocyon socialis d’Artenay : Hémimandibule droite (Ar 2447) : a, face occlusale, b, face
labiale. (Toutes les figures: x 1.)
Pseudarctos bavaricus beaucensis de Pellecahus : 5, M'd (LRM 1041), face occlusale; 6, M,g (LRM
i, face labiale, b, face occlusale, c, face linguale ( x 2).
— 308 —
coupe et est surmonté par un falun moins sableux et riche en Bryozoaires, de type savignéen (Muséum
Paris Fs 5373. Don J.-L. Wf.lcomme).
Age : MN5.
Derjvatio nominis : de Pontigné, la plus riche localité des faluns en mammifères, et qui a livré la
pièce-type.
Répartition : Faluns de Pontigné, Auverse, Lasse, Noyant-sous-le-Lude, Dènezé-sous-le-Lude
(Maine-et-Loire), Channay-sur-Lathan, Savigné-sur-Lathan, Marcilly-sur-Maulne. Hommes et Pont
Boutard à Saint-Michel-sur-Loire (Indre-et-Loire), Castelnau-d’Arbieu (Gers),
MESURES (en mm) : Faluns de l’Anjou : M’d (FS 5167, Hommes) : [ 8 , 8 ] x 12.L M'd (FS 2951,
Savigné-sur-Lathan) : [9,2] x 12,5. M'd (FS 6296, Savigné-sur-Lathan): 9,8 x 12,7. M’g (M 4403,
Auverse, coll. Gfstin) : 9,2 x 12,0. M'd (Hommes, coll. Boucher) : 9,9, x 12,6. M’d (M 4191, Savigné-
sur-Lathan, coll. H ARÈNE) : 9,8 x 13,3. M ; g (FS 2489, Pont Boutard) : S,3 x 13,9. M 2 g (Hommes, coll.
Boucher) : 8,7 x 13,3. M 2 d (Dénezé-sous-lc-Lude, coll. Loiret) : 8,7 x 12.75. M 5 g (Noyant-sous-le-
Lude) : 8.0 x 10,1. M,g (FS 1688, Pontigné) : 13,4 x 7,05. M,g (FS 5373, Pontigné) : 14,0 x 7,2. M,g
(M 4839. Auverse. coll. Leroux): 14,8 x 7 , 4 . M[d (FS 5964, Lasse): 13.0 x 6,9. M,d (FS 4139,
Auverse. coll. Leroux) : 14,8 x 7 , 5 . M,d (Noyant-sous-le-Lude, coll. Minimisi) : 13.4 x 7,0. M,d (Les
Mauvières à Marcilly-sur-Maulne, coll. Pouit) : 13,9 x 6.95. M ,d (M 4820, la Morfassiére à Channay-
sur-Lathan, coll. Escuillié) : 14,5 x 7,3. M,d (M 4182, Savigné-sur-Lathan, coll. Sinturet) : 13,85 x
Fig. 7-14. — Pseudarctos bavaricwt pontignensix de Castelnau-d'Arbieu (7 à 10) et des faluns de l’Anjou (11 à 14) :
7, P'd (CAR 485) : a, face linguale, b. face occlusale. c, face labiale; 8, M'd (CAR 484), face occlusale; 9, C inf.g
(CAR 479). face mèsiale. 10. D 4 g (CAR 487). face occlusale; 11, M’d (Fs 6296), face occlusale; I2.M'g(M 4403),
face occlusale ; 13, M-g (Fs 2489), face occlusale; 14, M’g (Fs 5373), type de la sous-espèce ; a, face labiale, b, face
occlusale, c, face linguale. (Toutes les figures : x ].g.)
— 309
7,0. M,<.1 (Savigné-sur-Lathan, coll. Boucher) : 13,9 x 6,8. M,g (? Pont Boutard) : 13,25 x 6,9. M 2 g
(FS 415, Pontigné) : 9,75 x 7,0. — Le Mouné à Castelnau-d’Arbieu : P 4 d (CAR 485) : 11,0 x 8.45. M'd
(Coll. Vidalenc) : 10,2 x 13,45. M 2 d (CAR 484) : 8,9 x 13,19. D 4 d (CAR 671) : 6,7 x 6,05. D 4 g (CAR
487) : 7,05 x 6,4.
Pseudarctos bavaricus bavaricus Schlosser, 1899
1899 — Pseudarctos bavaricus Schlosser, pl. XII1, fig. 17, 21, 22.
1900 — Pseudarctos bavaricus Schlosser; Roger, p. 57. pl. III, fig. 1.
1933 — Psetidarctos aff. bavaricus Schlosser; Viret pl. I. fig. 1-2.
1937 — Pseudarctos bavaricus Schlosser; Hh.bing. fig. 1-4.
1949 — Pseudarctos bavaricus Schlosser; Thenius, p. 720.
1949 — Pseudarctos vindobonensis Thenius, p. 722.
1951 — Pseudarctos aff. bavaricus Schlosser; Virkt. pl. I, fig. 5 à 7; pl. III, fig. 9-10.
1952 — Pseudarctos aff. bavaricus Schlosser . Thenius, fig. 18-19.
1961 — Pseudarctos bavaricus Schlosser; Ginsburc,, pl. XVI. fig. 1.
1965 — Pseudarctos bavaricus bavaricus Schlosser; Kuss, fig. 88.
1972 — Pseudarctos aff. bavaricus Schlosser; Engesser, fig. 54.
1972 — Pseudarctos bavaricus Schlosser; Ginsburg. p. 345.
Diagnose ; Sous-espèce de taille supérieure aux deux précédentes. M 1 plus dissymétrique, à cuspides
principales moins accusées; M, de même morphologie que Pseudarctos bavaricus pontignensis.
Type : Hémimandibule droite avec P a -M, du Flinz de Tutzing (MN 6 ) en Bavière (figurée par
Schlosser, 1899, pl. XIII, fig. 17, 22; Kuss, 1965, fig. 88 ).
Mesures (en mm) (d’après Schlosser) : P 4 : 9,0 x 5,5; M, ; 14,7 x 7,8; M 2 : 10,5 x 7,8; M 3 : 9,0
x 7,5. Mais d’après Dehm (1942) : P 4 : 8.9; M, : 13,2; M 2 : 10,7.
Age ; MN 6 à 8 .
Répartition : La sous-espèce est connue à Tutzing, Hiider (Allemagne), Neudorf-Sandberg
(Tchécoslovaquie), Gôriach (Autriche), Sansan, Simorre, la Grive-Saint-Alban (France) et Anwil (Suisse).
Mesures du nouveau matériel (en mm) : Simorre : M,d (Si 178) de Rajègats . 15,2 x 7 , 55 . Cubitus
(SEP 122) d’En Péjouan : DAP au niveau de la pointe de la petite cavité sigmoïde ; 24,2.
Fig. 15. — Pseudarctos bavaricus bavaricus de Simorre : M,d (Si 178) : a, face labiale, b, face occlusale, c, face
linguale ( x 1,8).
On peut remarquer que les molaires supérieures (M 1 ou M 2 ) sont plus courtes et plus
étirées transversalement sur les matériaux de la Grive, Anwil, Neudorf-Sandberg que sur ceux
de Gôriach et Hâder. On peut se demander alors s'il ne s’agirait pas de deux formes
différentes. C’est la question que Thenius s’est posée lorsqu’il a établi Pseudarctos
— 310
vindobonensis. Mais les tailles sont les mêmes et le matériel, plus ancien, des faluns montre des
variations assez importantes et surtout se rapproche plus morphologiquement des pièces
considérées comme les plus récentes : la Grive et Anwil. Je ne retiendrai donc qu’une forme au
sein de cet ensemble allant de MN6 à MN8.
Pseudarctos bavaricus aff. bavaricus Schlosser, 1899
1955 — Pseudarctos aff. bavaricus Schlosser; Tobien, fig. I.
1965 — Pseudarctos bavaricus aff. bavaricus Schlosser, Kuss, fig. 89.
Matériel : M,g isolée de Gau Weinheim en Hesse rhénane.
Age : MN9.
Cette dent isolée se sépare des autres M, de Pseudarctos bavaricus bavaricus par des
différences de hauteur bien moindres d’une part entre le protoconide et le métaconide, d’autre
part entre l’hypoconide et l’entoconide. Il semble que les deux cuspides linguaux (métaconide
et cntoconide) aient été surhaussés. Il semble aussi d'après la figure de Tobif.n, mais Kuss le
note, que le talonide soit un peu plus allongé. Il est possible qu’il s'agisse d’une sous-espèce
particulière qu’un matériel plus abondant viendra confirmer ou infirmer.
Genre ICTIOCYON (Crusafont, Villalta et Truyols, 1955)
Diagnose ; Amphicyonidae voisin de Pseudarctos, de plus grande taille, à quatre prémolaires, à M 2
et talonide de Mi plus larges, et M 1 à tubercules plus hauts.
Ictiocyon socialis (Schlosser, 1904)
1899 Amphieyon de mêmes dimensions que A. rugosidens Schlosser; Schlosser, p. 13.
1902 Amphieyon aff. rugosidens Schlosser; Schlosser, p. 37, 133.
1904 Amphieyon socialis Schlosser. pl. 26, fig. 2, 6, 7.
1950 - Amphieyon socialis Schlosser; Dehm, fig. 8.
1955 — Amphieyon ( Ictiocyon) deluni Crusafont, Villalta et Truyols, fig. 17-20, pl. I, fig. 1-6, pl. II,
fig. I.
1965 — Pseudarctos bavaricus dehmi Crusafont et ai ; Kuss, p. 147, fig. 87.
1965 — Pseudarctos bavarieus socialis Schlosser; Kuss, p. 148.
1990 — Cynelos schlosseri Dehm; Ginsburg, p. 162.
Diagnose ; Celle du genre.
Type : Hémimandibule droite avec M,-M 2 de la fissure de Solnhofen en Bavière (Schlosser, 1904,
pl. 26, fig. 2).
Age : Cette fissure est classiquement attribuée à l’Helvétien, cependant, pour les raisons exposées ci-
dessus, elle semble bien devoir être placée à la limite MN4a-MN4b, ou plus bas.
— 311 -
Autres gisements : Wintershof-West (MN3), El Canyet (MN4) et Artenay (MN4a).
Mesures du nouveau matériel (en mm) : Artenav : Hémimandibule droite avec C, P 4 -M 2 (Ar
2447) : C = 10,1 x 7,2; P 2 = 6,6 x 3,6; P 3 = 8,2 x 4,25; P 4 = 10,0 x 5,0; M 3 = 16,2 x 8,1 ; M a =
11,7 x 8,05: M 3 = 6.8 x 6,45. M 2 g (Ar 2555) : 13,2 x 9,05. M,g (Ar 2448) ; 10,9 x 8,5. P 2 g (Ar
2432) ; 6.85 x 3,8. P 4 g (Ar 2449) : [14,7] x 10,0. M l d (Ar 2554) ; [9,6] x [14]. M 2 d (Ar 2556) ; 10,7 x
17,0. M 3 g (Ar 2557) ; 5,9 x 8,85. Cubitus d (Ar 6, anc. coll.) DAP au niveau de la pointe de la petite
cavité sigmoïde : 26,2. - Pontigné (remanié de MN3) : M-’d (M 4215, coll. Bonneau) : 5,0 x 8,0.
Fig. 16-21. — lctiocyon socialis d'Artenay : 16. l ,4 g (Ar 2449) : a, faec labiale, b, face occlusale, c, face linguale;
17, M'd (Ar 2554), lace occlusale; 18, M 2 d (Ar 2556), face occlusale; 19, M 3 g (Ar 2557), face occlusale; 20, M 2 g
(Ar 2448), face occlusale; 21, M 2 g (Ar 2555), face occlusale. (Toutes les figures : x 2,3 environ.)
Commentaire
Bien qu’étant plus ancienne que Pseudarctos havanais heaucensis , cette espèce montre une
M, nettement plus évoluée, à côté de caractères plus primitifs, comme la conservation de P, et
la morphologie de M 1 . On ne peut donc pas relier phylogénétiquement les deux formes. Par
ailleurs, on a vu que Pseudarcios havanais augmente régulièrement en taille de la MN4 et de la
MN8 ou 9, alors que l'espèce socialis est à la fois plus grande et plus ancienne. Pour toutes ces
raisons, on ne peut les mettre dans un même genre. En rapprochant la grande forme du genre
Pseudarcios , Kuss a bien compris qu’il ne s’agissait pas d’un Amphicyon véritable, mais
l’assimilation avec Pseudarcios ne convient pas non plus. C’est pourquoi j’élèverai au rang
générique le sous-genre lctiocyon créé par Crusafont, Villalta et Truyols.
— 312 —
Variations de taille
L’importance des variations individuelles portant sur la taille des Amphicyon a déjà été
signalée (Ginsburg, 1961 ; Ginsburg et Telles Antunes, 1968). Il n’en est pas de même ici.
Les ellipses représentant les M, des trois sous-espèces de Pseudarctos bavaricus se recouvrent à
peine. Par contre, l'ellipse des M, d 'Ictioeyon socialis est beaucoup plus grande. Or, si l’on
considère les populations, homogènes, des deux espèces de Cynelos de Wintershof-West, on
constate que l’amplitude des variations individuelles est très nettement plus importante sur la
grande espèce, Cynelos kelbingi , où la longueur de M, est de 23.4mm + 16 % que sur la petite,
C. schlosseri , où la longueur de M! est de 16,8mm + 7 % (d’après les chiffres pris dans Kuss,
1965). Il apparaît donc que chez les Amphicyonidae l’amplitude des variations individuelles de
taille est plus faible chez les petites espèces que chez les grandes.
Conclusions
Nos récoltes et celles de nos collaborateurs ont permis de doubler le matériel attribué à
Pseudarctos. Son étude a permis les constatations suivantes :
1. Le genre Pseudarctos ne renferme qu’une espèce : Pseudarctos bavaricus. A l’intérieur
de cette espèce, le matériel s’ordonne en trois sous-espèces qui s'échelonnent selon le temps, de
la plus primitive et la plus petite, à la plus récente qui est aussi la plus évoluée. 11 est possible
qu’un matériel plus important amène à distinguer une quatrième sous-espèce. En attendant,
nous admettrons les divisions suivantes :
Pseudarctos bavaricus aff. bavaricus MN9
Pseudarctos bavaricus bavaricus MM6-8
Pseudarctos bavaricus pontignensis MN5
Pseudarctos bavaricus beaucensis MN4b
2. L'espèce socialis appartient à un genre indépendant, Ictiocyon , qui est proche mais
différent de Pseudarctos. Ce genre ne contient qu'une seule espèce.
3. De petite taille par rapport à leurs contemporains Cynelos bohémiens, Amphicyon
giganteus, Amphicyon major et Pseudocyon, nos deux genres occupent des niches écologiques
différentes. Ils relaient au début de EOrlèanien les Cynelos de petite et moyenne tailles qui
donnent à Wintershof-West leur dernier éclat et sont sensiblement de mêmes dimensions. On
peut donc admettre qu’ils avaient la même écologie.
Remerciements
J’ai reçu beaucoup d’aide pour mener à bien cette étude. D'abord l'aide scientifique de B. Azanza de
Saragosse et de K. Heissig de Munich qui m’ont éclairé sur certains points obscurs de mes recherches,
puis ceux qui m’ont prêté des pièces de leurs collections, MM. Escuillié, Gestin, J. J. Leroux, B. Pouit
et J. M. SiNTURKT, ceux qui m'en ont donné, Auripoui, C. BULOTet C. Haréne, et tous ceux qui m'ont
prêté main forte en venant fouiller avec moi en Orléanais (M""’' F. de Broin, C. Janot-Popun,
C. Goujet-Zalc, mes collègues J. C. Baratin. M. Brunet, G. C allas, D. Goujet, B. Loiret,
P. Taquet. A. de Ricqlês, J.-L. Welcomme), à Castelnau d'Arbieu (M" 1 ' D. Visset et mes collègues
H. Bûcher. C. de Muizon, P. Janvier ei P. Tassy) et à Pellccahus (F. Duranthon. H. Lelièvre et
S. Sen). Le texte a été saisi par M m “ J. Brondel. J. Maréchal et E. Molin, les dessins sont dus à la
plume de M me F. Pilard et les photographies à D. Serrette. Que tous trouvent ici l’expression de ma
sincère reconnaissance.
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Planche I
Pseudarctos havaricus beaucensis nov. ssp. de Baigneaux.
1 — Fragment d’hémimandibule droite avec alvéoles de C et de P,, P,-P.,, M brisée (Ba 67) : a, face linguale; b, face
occlusale ; c, face labiale ( x I ).
2 — Hémimandibulc gauche (Ba 66), type de la sous-espèce : a, face labiale ; b, face occlusale ; c, face linguale ( x 1 ) ;
d, face occlusale (x 2).
3 — Première phalange (BA 92), face dorsale ( x 1).
Pseudarctos havaricus havaricus Schlosser 1899, de En Péjouan à Simorre.
4 — Cubitus droit (SEP 122) : a, face latérale; b, face médiale (x 1).
— 316 —
Planche II
Ictiocyon socialis (Schlosser, 1904) d'Artenay.
1 — P 4 g (Ar 2449), face labiale.
2 — M‘d (Ar 2554), face occlusale.
3"— M 2 d (Ar 2556), face occlusale.
4 — M 2 g (Ar 2448) : a, face linguale; b, face occlusale; c, face labiale.
5 — Hémimandibule droite avec C, P 2 -M 3 (Ar 2447) : a, face linguale; b, face occlusale; c, face labiale.
6 — Cubitus droit (Ar 6) : a, face latérale; b, face médiale.
(Toutes les figures de cette planche sont à l’échelle 1.)
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1 : *' 1
1
1 1
— 318 —
Le comité de rédaction du Bulletin du Muséum remercie les spécialistes qui ont bien voulu prêter
leur concours pour le choix et l’examen critique des manuscrits reçus pour publication dans la section C au
cours de l’année 1992 :
L. Beltan, Institut de Paléontologie, MNHN, 8, rue Buffon, 75005 Paris.
A. Blieck, Université de Lille I, UER Sciences de la Terre, Laboratoire de Paléobotanique, URA
1365 du CNRS, 59655 Villeneuve d'Asq cedex.
H. Cappetta, Laboratoire de Paléontologie, Université de Montpellier II, place Eugène Bataillon,
34095 Montpellier cedex.
D. S. Cassidy, Dept. of Geology, Florida State University, Tallahassee, Florida 33306 (USA).
B. David, Laboratoire de Paléontologie, Bd Gabriel, 21000 Dijon.
J. L. Franzen. Natur-Museum und Forschungsinstitut, Senckenberg, Frankfurt-am-Main (Allemagne).
D r Gingerich, Muséum of Paleontology, University of Michigan, Ann Arbor, Michigan 48109
(USA).
L, Ginsburg, Institut de Paléontologie, MNFLN, 8, rue Buffon, 75005 Paris.
D. Goujet. Institut de Paléontologie, MNHN. 8, rue Buffon, 75005 Paris.
C. Guérin. Département des Sciences de la Terre, Université Claude-Bernard (Lyon I), 27/43,
Bd du 11 Novembre, 69622 Villeurbanne cedex.
K. Heissig, Institut fur Palaeontology, 10/11, Richard Wagner Strasse, Munich (Allemagne).
J. Legrand, Laboratoire d’Entomologie, MNHN, 45, rue Buffon, 75005 Paris.
P. Mein, Département des Sciences de la Terre, Université Claude-Bernard, 15-45, Bd du 11 Novembre,
69621 Villeurbanne.
J. Péricart, Laboratoire d’Entomologie, MNHN, 45, rue Buffon, 75005 Paris.
Y. Plusquellec, Laboratoire de Paléontologie et de Stratigraphie du Paléozoïque, Faculté des
Sciences, 6, av. Le Gorgeu, 29287 Brest cedex.
E. Poty, Laboratoire de Paléontologie Animale, Université de Liège, 7, place du Vingt-Août,
4000 Liège (Belgique).
J. Roman, Institut de Paléontologie, MNHN. 8, rue Buffon, 75005 Paris.
N. Schmidt-Kittler, Institut für Geowissenschaften, Johannes Gutenberg — Universitât Mainz,
Saarstrasse 21, D-6500 Mainz (Allemagne).
D. Smith, Laboratoire de Minéralogie, MNHN, 61, rue Buffon, 75005 Paris.
S. Wenz, Institut de Paléontologie, MNHN, 8, rue Buffon, 75005 Paris.
Achevé d’imprimer le 18 juin 1993.
Le Bulletin du 2 e trimestre de l’année 1992 a été diffusé le 26 février 1993.
IMPRIMERIE F. PAILLART, B.P. 109, 80103 ABBEVILLE - (D. 8548)
DÉPÔT LÉGAL : 2 e TRIMESTRE 1993.
Recommandations aux auteurs
Les articles doivent être adressés directement au Secrétariat du Bulletin du Muséum national
d’Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris. Ils seront accompagnés : de la traduction du titre
en anglais, d'un résumé en français et en anglais, de l’adresse du Laboratoire dans lequel le travail
a été effectué (en note infrapaginale sur la première page). Joindre, si possible, la disquette avec le
nom du logiciel utilisé.
Le texte doit être dactylographié à double interligne, avec une marge suffisante, recto seule¬
ment. Pas de mots en majuscules, pas de soulignages (à l’exception des noms de genres et d’espèces
soulignés d’un trait). Il convient de numéroter les tableaux et de leur donner un titre ; les tableaux
importants et complexes devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme des figures.
La liste des références bibliographiques, à la fin de l’article, devra être présentée par ordre
alphabétique des noms d’auteurs, chaque référence étant indiquée ainsi : auteur, initiales du (ou
des) prénom, date, titre d’article ou d’ouvrage (en entier), revue abrégée selon la World list of Scientific
Periodicals, tome (souligné), numéro (entre parenthèses), deux points, pagination et illustrations.
Les dessins et cartes doivent être réalisés à l’encre de chine. Les photographies seront le plus
nettes possible et tirées sur papier brillant. Tenir compte de la justification du Bulletin : 14,5 cm X
19 cm. L’auteur devra indiquer l’emplacement des figures dans la marge de son manuscrit. Les
légendes seront regroupées à la fin du texte sur un feuillet séparé.
Tirés à part : 50 tirés à part seront fournis gratuitement par article. Les auteurs peuvent
éventuellement commander des tirés à part supplémentaires qui leur seront facturés directement
par l’imprimeur.
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Collection à périodicité irrégulière. Paraît depuis 1935. A partir de 1950, les Mémoires se subdivisent
en quatre séries spécialisées : A, Zoologie ; B, Botanique ; C, Sciences de la Terre ; D, Sciences physico-chi¬
mique. (Format in-4°.)
Dernières parutions dans la série C
T. 43 — Recherches océanographiques dans l’Océan Indien. (Entretiens du Muséum, Paris, 20-22 juin 1977.)
1979, 253 p., fîg., pi.
T. 44 — Gayet (Mireille). — Contribution à l’étude anatomique et systématique des Poissons Cénomaniens
du Liban anciennement placés dans les Acanthoptérygiens. 1980, 151 p., fig., 29 pl.
T. 45 — Lauriat-Rage (Agnès). — Les Bivalves du Redonien (Pliocène atlantique de France). Signification
stratigraphique et paléobiogéographique. 1981, 175 p., fig., 16 pl.
T. 46 — FrOhlich (François). — Les silicates dans l’environnement pélagique de l’océan Indien au Cénozoïque.
1981, 208 p., fig., pl.
T. 47 — Loreau (Jean-Paul). — Sédiments argonitiques et leur genèse. 1982, 314 p., fig., pl.
T. 48 — Lauriat-Rage (Agnès). — Les Astaridae (Bivalvia) du Redonien (Pliocène atlantique de France).
Systématique, biostratigraphie, biogéographie. 1982, 118 p., fig., 16 pl.
T. 49 — Colloque sur le Turonien. (Entretiens du Muséum, Paris, 26-27 octobre 1981.) 1982, 240 p., 61 fig.,
8 tabl., 4 pl.
T. 50 — Rouchy (Jean-Marie). — La genèse des évaporites messiniennes de Méditerranée. 1982, 267 p. 72 fig.,
18 pl.
T. 51. — Gayet (Mireille). — RamalUchthys Gayet du Cénomanien inférieur marin de Ramallah (Judée). Une
introduction aux relations phylogénétiques des Ostariophysi. 1986, 119 p., 53 fig.
T. 52 — Russell (D. E.) et Zhai Ren-Jie. — The paleogene of Asia : Mammals and stratigraphy. 1987, 490 p.,
232 cartes, croquis et coupes slratigraphiques.
T. 53. — Russell (D. E.), Santoro (J. P.) et Sigogneau-Russell (D.). — Teeth revisited : Proceedings of the Vllth
International Symposium on Dental Morphology. 1988, 470 p., tabl. et illustr.
T. 54. — Véran (M.). — Les éléments accessoires de l’arc hyoïdien des poissons téléostomes (Acanthodiens et
Osteichthyens) fossiles et actuels. 1988, 113 p., 38 fig., 6 tabl., 7 pl. phot.
T. 55. — Busson (G.) (Coordonné par). — Évaporites et Hydrocarbures. 1988, 138 p., 50 fig., 5 tabl.
T. 56. — Saint-Martin, J.-P. — Les formations récifales coralliennes du Miocène supérieur d'Algérie et du
Maroc. 1990, 366 p., 160 fig., 32 tabl., 10 pl. phot.
Réimpression
T. 10. — Roger (J.). — Buffon, «Les Époques de la nature». Édition critique. 1988, 495 p. (P" édit., 1962).
Ouvrages disponibles :
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