BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
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PUBLICATION BIMESTRIELLE
scien
ces
de la terre
15
N" 76 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1972
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : P r M. Vachon.
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Le Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes I à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
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toire naturelle, 38, rue GeolTroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
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BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 76, septembre-octobre 1972, Sciences de la Terre 15
Étude des minéraux lourds des grès mésozoïques
du Tinrhert (Saliara algérien)
par Georges Buskon et Solange Duvlaix *
Résumé. — Brève description des séries gréseuses continentales d’âge anté-cénomanien
supérieur du Tinrhert (séries fréquemment désignées sous le nom de Post-tassilien) : nature des
principaux ensembles lithologiques ; âge et description de coupes avec localisation des échantillons
ayant fait l’objet d’analyses.
Inventaire des minéraux lourds des échantillons analysés et répartition granulométrique des
sables correspondants, Homogénéité des minéraux lourds de cette succession mésozoïque.
Abstract. - Briet description of the Tinrhert continental sandstones séries of anle-upper
cenomanian âge (sériés frequently known under the naine of Post-Tassilian) : nature of the major
lithologie»I unities ; âge and description of sections ineluding a localisation of sarnples having
been submitted lu analysis.
lnventory of the heavy minerais in the analvsed samples, and granulométrie distribution
of the corresponding sands. Homogeneity of the heavy minerais belonging to this mesozoïc
succession.
Introduction
Les séries de Zarzaïtine et de Taouratine affleurent au Saliara algérien entre la hamada
de Tinrhert au nord, les terrains paléozoïques du bassin de Fort de Polignac (Illizi) au
sud, l’erg Bourarhet à l’ouest, la frontière libyenne à l’est. Ces séries correspondaient à un
ensemble nomme poM-lassilien dans la nomenclature ancienne — considéré alors comme
d’appartenance paléozoïque - parce qu elles apparaissaient parfois plissécs, comme le Car¬
bonifère marin sous-jacent. On sait maintenant qu'il s agit, en fait, de couchés du Trias,
du Jurassique et du Crétacé inférieur, Ces attributions renforcent l’intérêt qui s’attache
à l’étude de ces terrains, puisque les affleurements de Trias et de Jurassique au moins sont
fort rares au Saliara algérien. Ces séries, souvent d’apparence continentale, sont consti¬
tuées pour une part importante de couches sableuses ou gréseuses : c’est l’étude des miné¬
raux lourds de certains de ces bancs sableux ou gréseux qui est présentée ici b On y a ajouté
quelques résultats se rapportant à la partie du Crétacé inférieur qui surmonte le plateau
de Taouratine et également un échantillon du Maestrichtien.
* M. i ienrgea ItrssuN, Laboratoire de Géologie du Muséum, 01, rue de Bu/Jon, 75005 Paris.
M eUu Solange Diipcaix, Laboratoire de Géologie dynamique, Université Paris VI, Tour 26, 9, quai
Saint-Bernard, 75005 Paris.
t. t.es études de minéraux lourds, ci-dessous exposées, n’ont porté que sur les sables et les grés, à l’exclu¬
sion des niveaux conglomératiquos. Ceux-ci en effet, même quand ils ont été échantillonnés, tic renferment
qu’une fraction fine peu importante et très indurée, d’étude difficile et assez peu révélatrice quant aux
minéraux lourds.
76, 1
160
GEORGES BUSSON ET SOLANGE DUPLAIX
I. DONNÉES GÉOLOGIQUES SUR LES AFFLEUREMENTS ÉTUDIÉS
Ces séries mésozoïques infra-cénomaniennes ne feront l'objet que d’une description
sommaire ayant seulement pour objet de localiser dans l’espace et de situer dans leur con¬
texte géologique les échantillons dont les minéraux lourds ont été étudiés. Ces séries, en
effet, seront décrites avec plus de détail et plus de précision dans un ouvrage qui sera consacré
Fig. 1. — Carte schématique de. situation de la zone d’où provie nnent les échantillons détritiques analysés.
à la bamada de Tinrhert (G. Busson, à paraître). Par ailleurs l'impossibilité de placer des
limites stratigraphiques dans ces couches argilo-gréseuses 1res peu fossilifères, interdit
de décrire successivement le Trias, le Lias, etc. L’on en est réduit à décrire les coupes rela¬
tivement continues qui s’observent dans la falaise et les gours (buttes-témoins) de Zarzaïtine;
puis dans ceux de Taouratine, etc. Il est bon de rappeler dès maintenant que ces séries
ne coïncident nullement — suivant une opinion courante— avec le Trias et le Jurassique.
LA SÉRIE DE ZARZAÏTINE
(Fig. 2, 3 et 4)
Elle comprend successivement, de bas en haut, le Zarzaïtine gréseux, le Zarzaïtine
argilo-dolomitique et enfin les grès ferrugineux. L’ensemble forme la grande falaise de
MINÉRAUX LOURDS DES GRÈS MÉSOZOÏQUES DU TIXRHERT
161
Zarzaïtine, ainsi que ses goura avancés et les plateaux et les huttes qui la surmontent (pla¬
teau de Zarzaïtine).
Différentes coupes ont été échantillonnées et. ont été regroupées en 3 régions princi¬
pales : 1) région de Tihalatinc et du champ de Zarzaïtine. 2) région de Tiderer, 3) région
de La Reculée. Les différents échant illons sont localisés sur une carte schématique (fig. 2)
et situés sur quelques coupes lithologiques ou, pour des échantillons dispersés, par rapport
à ces coupes lithologiques.
Fig. 2. — Carte géographique (d'après les cartes au 200 000 e de l’Institut Géographique national) des
régions de Zarzaïtine et de Taouratine, précisant la position des échantillons correspondants.
1. Le Zarzaïtine gréseux
C’est la formation qui constitue en quasi-totalité la falaise de Zarzaïtine qui s’étend
depuis la frontière libyenne jusqu’il la région de Ihansatène, 00 km ù l'ouest, de La Reculée.
Dans cette dernière région l'amenuisement puis la disparition de la falaise correspondent
en grande partie au biseautage stratigraphique, originel, des grès de Zarzaïtine. dans cette
direction occidentale, le eraton de l’issaouan n’ayant pas été recouvert, ou que très par-
76 , 2
162
GEORGES BUSSON ET SOLANGE DUPLAIX
RÉGION de la RECULÉE
REGION de TIDERER
Fig. 3. — Coupes du Zarzaïtine gréseux des régions de La Reculée et de Tiderer avec localisation verti¬
cale des échantillons analysés (voir G. Busson, 1971, fig. VIII. 6). Au sommet de la colonne de
gauche, lire Zarzaïtine argilo-doiomitique au lieu de Zarzaïtine arg.-grès.
MINÉRAUX LOURDS DES GRÈS MÉSOZOÏQUES DU TINRHERT
163
tiellement, par des dépôts. Alors qu’il ne sera fait allusion, dans le présent texte, qu’aux
affleurements, les données de sondages ont été évoquées dans un ouvrage récent pour arriver
à une description plus synthétique (G. Busson, 1971). On peut, en général, distinguer dans
ce Zarzaïtine gréseux 2 ensembles successifs, surtout détritiques, séparés par un niveau
argileux relativement constant.
a. Les « grès inférieurs » (%■ 3)
C’est une formation épaisse d’une cinquantaine de mètres qui forme de petits escar¬
pements particulièrement nets à l’est et au nord des Gour Laoud et également sur une
vingtaine de kilomètres à l’est des Gour Laoud. Cette formation s’identifie et se suit avec
beaucoup de netteté dans les coupes de sondages (op. cil., 1971 : 138-142, coupe VII.8 et
carte en isopaques VIT.9).
Du point de vue pétrographique, les « grès inférieurs » sont en général fins (grain en
général inférieur au mm), peu cimentés, sableux même. Les stratifications obliques y sont
fréquentes. Mais néanmoins de nombreux niveaux présentent des stratifications horizon¬
tales, parfois très fines, très nettes, dues à des changements granulométriques ou à l’appa¬
rition de passées ou de très fins lits argileux : c’est ainsi que des alternances millimétriques
à centimétriques de grès fins et d’argiles finement gréseuses peuvent produire un véritable
rubannement horizontal, en particulier dans la première dizaine de mètres au-dessus du
Tiguentourine. En dehors de ces très fines alternances, des passées d’argiles vertes et rouges
s’intercalent à différents niveaux dans cette série, sans prendre en général une importance
supérieure au 1/10 de l’épaisseur totale. Par ailleurs les passées grossières ne sont pas rigou¬
reusement absentes de ces grès inférieurs : elles se présentent surtout dans la moitié supé¬
rieure et correspondent à des galets pouvant atteindre 3 cm, galets d’argiles, de grès, galets
ferrugineux ou galets de quartz (voir note 1, ci-dessus).
La plupart des restes paléontologiques découverts dans la série de Zarzaïtine proviennent
de ces grès inférieurs : Poissons (dents de Ceratodus, épines de Sélacien du genre Hybodus ),
Reptiles (Dinosaures proches de la famille des Plateosauridae), Amphibiens (Stégocé-
phales Capitosauridés, à rapprocher du genre Stenosaurus), etc. Cette faune indique un
âge triasique pour ces grès inférieurs qui reposent en discordance légère sur les formations
paléozoïques sous-jacentes.
Echantillons de grès inférieurs :
- Région de Tiderer : 5001, 5006, 5014, 5041, 5043, 5044, 5046, 5047, 5072, 5076, 5077.
— Région de La Reculée : 5106.
b. Les « argiles de Ta2 » correspondent à une masse argileuse relativement constante
dans ces régions et assez remarquable dans la coupe du sondage de Ta2, prise pour type.
Elle isole et permet de distinguer les grès inférieurs des grès supérieurs. Epaisse d’une dizaine
de mètres, elle affleure bien dans les Gour Laoud et dans les gours voisins, ainsi qu’à la
base des escarpements déterminés par les grès sus-jacents (grès supérieurs).
c. Les grès supérieurs (fig. 3 et 4)
C’est une série gréseuse épaisse d’une centaine de mètres, comportant des passées
argileuses parfois épaisses mais très lenticulaires. Elle détermine dans le relief la falaise
principale qui se subdivise parfois en une succession d’escarpements.
164
GEORGES BUSSON ET SOEANGE DUPI.AIX
Pétrographiquement la formation est parfois caractérisée par l’existence d’un maté¬
riel exceptionnellement grossier, en quantité plus ou moins abondante : graviers disséminés
dans un grès moyen à grossier ; couches et lentilles franchement Conglomérai tiques où
abondent des galets de quartz et de qnarlzites de plusieurs centimètres. A côté de ees niveaux
grossiers existent de nombreux bancs de sable relativement fins : des alternances d’argiles
et de sables très lins ; des argiles politiques et de fortes épaisseurs d'argiles rouges homogènes.
Mais ces grès supérieurs sont aussi caractérisés par des irrégularités do stratification
d'importance exceptionnelle, depuis l’échelle do lit et. du liane jusqu'à des ravinements
et des lentilles de plusieurs décamètres. Ces irrégularités de. stratification et les ravinements
qui les accompagnent ont déjà été sommairement décrits par ailleurs f op. cù., 1971 : 144).
Les restes organisés ont une certaine abondance dans cette série : bois hématisés,
débris de Vertébrés. Mais le plus souvent ces derniers sont trop fragmentaires pour pouvoir
être identifiés, La seule découverte présentant un intérêt stratigraphique correspond à
l’association de Stégocéphales Capitosanridés et de Dinosauriens Tcratosauridés, associa¬
tion qui évoquerait lin âge encore triasique supérieur (A. F. de Lapparbnt, P. Claraeq
et F. NouCauboe, 1958).
En fait les corrélations, menées grâce aux sondages successifs depuis les aflleurements
du sud du Tinrhert (Zarzaïtine) jusqu’au cœur du bassin mésozoïque où la succession est
plus complète, fournissent également quelques données sur l'âge de ces grès supérieurs.
Il apparaît vraisemblable que l’argiln-dulomitique sus-jaceul est un équivalent latéral
des faciès évaporiliques du Lias-Dogger inférieur, ou d’une partie de ceux-ci. Dans ces
conditions, les grès de Zarzaïtine, dans leur ensemble, représenteraient non seulement
l’équivalent latéral du Trias gréseux du centre du bassin, mais aussi de tout ou partie du
k Salifère principal » (Trias et Lias p.p.), voîrc même de la partie basale du « Lias-Dogger
inférieur ». En définitive les grès supérieurs devraient donc être datés du Trias supérieur et,
vraisemblablement, d'une partie plus ou moins importante du Lias.
Echantillons des grès supérieurs ayant été examinés :
Région de Tihalatinc et du champ de Zarzaïtine (fig. 4) : 044, 5022, 5036, 5038, 5092.
Région de Tiderer (fig. 3) : 5049, 5050, 5054, 5055, 5057, 5058, 5059, 5061, 5062.
-- Région de La Reculée (fig. 3) : 5113, 5115, 5118, 5120, 5122, 5124, 5126, 5129,
Conclusions. Les grès de Zarzaïtine présentent un intérêt considérable non seulement
parce qu’ils sont parmi les seuls témoins de la couverture détritique triasique affleurant
au Sahara algérien, mais aussi pour les problèmes sédimentaires qu’ils posent. En parti¬
culier, la grossièreté du matériel présent à certains niveaux est d’autant plus difficilement
explicable que la zone d’alimentation de la sédimentation détritique se trouvait vraisem¬
blablement tapissée de grès paléozoïques, moins grossiers de façon très générale.
Fig. 4. — Coupes île ta série île Zarzaïtine (Zarzaïtine gréseux; Zarzaïtine argilo-dolnmitique ; grès fer¬
rugineux) dans la région de Tihalatinc et du champ de Zarzaïtine, avec localisation des échantillons.
Fig. 5. — Coupes de la série de Taouratine (voirimplantation sur la fig. 2) avec localisation des échantillons.
Fig. B. •— Coupes de l'Albien des régions d'In-Akharnil et d'Alrar avec localisation des échantillons.
L’équivalent de la barre aptienne — ici biseautée —- se situerait quelques mètres au-dessous de la base
de ces coupes.
jZARZAITINE [Partie supérieure du ZARZAÏTINE
jargilo-dolomitique 1 GRÉS FERRUGINEUX
166
GEORGES BUSSON ET SOLANGE DUPLAIX
2. Les termes supérieurs de la série Zarzaïtine (fig. 4)
Le Zarzaïtine argilo-dolomitique correspond en général à 20 ou 30 in de couches ten¬
dres, où dominent très largement les argiles rouges dans lesquelles s’intercalent quelques
bancs de dolomie blanche. Ces bancs de dolomie, superposés aux argiles, peuvent former
quelques butles-témoins ou uue petite euesta, telle que celle qui ceinture en partie le champ
de. Zarzaïtine. Cel le série étant à peu près dépourvue de bancs détritiques sableux ou gré¬
seux n’a pas fait l’objet d’études quant à son contenu en minéraux lourds.
La série sus-jacente ou grès ferrugineux est d’appartenance plus incertaine : géogra¬
phiquement les buttes-témoins et les euestas qui la constituent font plutôt partie de la
région de Zarzaïtine que de celle de Taouratine ; mais la présence, sporadique, de faciès
ferrugineux (cuirassements en particulier) apparente cette formation aux couches de Taou-
raline plus qu’à celles de Zarzaïtine. Eélrographiqucment il s’agit de grès ou de sables,
parfois grossiers ou même très grossiers (avec niveaux à dragées), ou parfois fins, micacés,
interstratifié» de minces lits argileux millimétriques. Ces grès et ces sables sont intercalés
d’argiles rouges ou plus rarement verdâtres ou grisâtres. Celle série a été échantillonnée
dans de petits reliefs au nord et au nord-ouest du champ de Zarzaïtine.
L’âge de cette série n’a pas été fixé par des découvertes paléontologiques. Les corré¬
lations menées de sondages en sondages suggèrent de la rapprocher de couches rapportées
au Dogger (Bathonien ?) dans la partie plus centrale du bassin.
Échantillons de la série des grès ferrugineux du Zarzaïtine : 618, 5204.
LA SÉRIE DE TAOURATINE
(Fig. 2, 5)
La région de Taouratine correspond à trois unités morphologiques. 1) Dans la partie
la plus méridionale une plaine, assez irrégulière, se raccorde sans aucune discontinuité
au plateau de Zarzaïtine. Dans le détail, un relief assez chaotique y est créé par l'interstra-
tification de niveaux lenticulaires de grès et de cuirasses ferrugineuses (buttes-témoins,
etc.), au sein d’une série tendre, puisque principalement constituée d’argiles, grises ou mauves,
et de sables fins. 2) Une falaise moins élevée, moins abrupte, moins régulière que celle
de Zarzaïtine sépare cette plaine, à matériel surtout argilo-sahleux, de l’unité suivante.
3) Dans la partie septentrionale, se développe un vaste plateau gréso-quartzitique, très
monotone, dépourvu de bonne coupe et dont il est difficile d’estimer l’épaisseur de série
à laquelle il correspond.
Cette série de Taouratine correspond au Jurassique supérieur et à une partie importante
du Crétacé inférieur, d’après les corrélations qui peuvent être menées grâce aux sondages
jusque dans une partie plus centrale, plus épaisse et mieux différenciée du bassin.
Les quelques échantillons qui ont été étudiés de la série de Taouratine sont en prove¬
nance de la plaine et des reliefs qui l’accidentent, et également, de la falaise, sous le niveau
sommital gréso-quartzitique qui, lui, n’a pas été étudié.
MINÉRAUX LOURDS DES GRÈS MÉSOZOÏQUES DU TINRHERT
167
Un cortège de. faciès caractérise réellement celte partie de la série de Taauratine et
lui confère un aspect morphologique très particulier : grandes masses d’argiles blanchâtres
et mauves, de nature kaolimque, qui se sont substituées aux illites de Zarzaïtine ; passées
gréseuses et sableuses, parfois conglomératiques, fréquentes cl réellement caractérisées
par leur allure lenticulaire, où l’abondance des niveaux à concrétions sphériques (kerboub),
dénote l’importance des ciments carbonates ; présence de nombreux débris de bois, le plus
souvent héma lises ou transformés en calcite ; fréquence des cuirasses ferrugineuses et des
produits de leur remaniement (grès à gravillons ferrugineux, à stratification oblique).
L’ensemble évoque une sédimentation dont les produits sont d’exportation continentale ;
sédimentation très lente où des phases sporadiques d’émersion favorisaient vraisembla¬
blement la genèse des cuirasses ferrugineuses dans certaines conditions topographiques ;
phases d’émersion qui sont en parfait accord paléogéographique avec la nature de biseau
continental de cette série.
Échantillons étudiés de la série de Taouraùne : 613, 628, 5140, 5153, 5155, 5245.
L’ALBIEN GRÉSEUX
(Fig. 6)
11 s’agil des affleurements gréseux qui apparaissent entre la vallée de l’Oued Irharar
et la frontière libyenne, au pied — et en amont-pendage par conséquent — de la falaise
cénomanienne. Les affleurements du Djoua sont souvent de. mauvaise qualité, empâtés
par le sable ou par les dépôts du « Mio-Pliocène ». Par contre dans la région d’In-Akhamil
et d’Alrar, le pied de la falaise, et. les buttes-témoins avancées montrent une succession
parfois fort bien exposée.
Aucun, parmi les restes organisés trouvés dans cette, série, ne permet une attribution
stratigraphique directe. Par contre, à ce niveau, les corrélations de sondages sont moins
malaisées que dans les niveaux scrus-jaeents. Elles permettent tout d’abord d’identifier
la barre aptienne (Aptien supérieur vraisemblablement) jusqu’à proximité des affleurements,
où elle se biseaute. Une extrapolation sans imprudence — étant donné le caractère très
isopaque de ces séries et l’extrême simplicité structurale — permet de situer le niveau de
cette barre aptienne à la base de cette série sablo-gréseuse, sensiblement près du contact
avec les grès quartzites du Touaraline sous-jacent. D’autre part, au-dessus de ces grès
d’In-Akhaniil et d’Alrar allleure une série argilo-earbnnaléc qui peut être mise, eu corréla¬
tion avec l’Albo-Vraconien des régions septentrionales. On peut donc bien parler à propos
de ces couches d'« Albien gréseux » (G. Bi sson, 1970).
Pétrogrâphiquenient, il s’agit d’une série argilo-saLdeuse, pouvant atteindre nue épais¬
seur de 80 tn, de granulométrie très hétérogène (depuis des pélites jusqu'à des sables très
grossiers, voire même, de petites dragées), avec passées ferrugineuses, ravinement abondant,
parfois important, lits et bancs dolomiliques et nombreux débris de bois (en général héma-
tisés) et d’ossements.
Échantillons situés sur les coupes ci-jointes :
— Région d’Alrar : 673, 674, 3743, 3752.
— Région d'In-Akhamil : 366 bis, 5330, 5332, 5340.
168
GEORGES BUSSON ET SOLANGE DUPLAIX
Echantillons non situés sur coupe :
— 5368 : sable très fin, à stratification oblique de très grande taille, prélevé 1 m sous le contact
avec les argiles rouges sus-iacentes (cénomaniennes), feuille Hassi-Tabarkort-Gara 475 en x :
379,6 ; y = 3126,6.
— 109 et 111 : sable et grès argileux rougeâtres dans une gara à proximité d’Hi-Tabtab (près Fort-
Flatters) respectivement une dizaine de mètres et 2 mètres sous le contact avec les argiles
rouges cénomaniennes.
LE MAESTRICHTIEN
(Éch. 5443)
Un seul échantillon de grès maestrichtien a été examiné dans cette étude de minéraux
lourds. Les niveaux gréseux prennent pourtant parfois une certaine importance, à ce
niveau stratigraphique, au détriment des couches carbonatées et parfois argileuses. Il
s’agit fréquemment de grès carbonatés — parfois à ciment cristallisé conférant à ces grès
le faciès kerboub —, avec fossiles marins (Inocérames en particulier) dans certaines régions,
azoïques ailleurs. Ces grès représentent la première réapparition des sédiments détritiques
après la grande période de rémission qui a couvert tout le Crétacé supérieur. Ils annoncent
les apports extrêmement abondants qui vont caractériser le Tertiaire continental (Mio-
pliocène auctorum ).
MINÉRAUX LOURDS DES GRÈS MÉSOZOÏQUES DU TINRHERT
169
IL ANALYSE DES ÉCHANTILLONS
A. — ÉTUDE MINÉRALOGIQUE
MÉTHODES
Les subies oui été préparés selon la méthode habituellement employée (S. Duplaix,
1958) et les minéraux extraits de la fraction dimensionnelle 0,50-0,04 min, elle-même divisée
en trois parties : 0,50-0,31 ; 0,31-0,10: 0,10-0,04 mm.
Divers renseignements sont donnés sur les tableaux. Tout d’abord les compositions
minéralogiques qui sont les nombres de grains de chaque espèce minéralogique transparente,
rapportés il cent grains transparents. Les teneurs pondérales sont les poids des minéraux
lourds transparents, opaques et altérés rapportés à 100 g de sable de la fraction étudiée
(0,50-0,04 mm), Les teneurs globales donnent les nombres de grains de minéraux lourds
transparents extraits de 1 g de sable de la mémo fraction.
Les compositions minéralogiques donnent la physionomie de chaque gisement, alors
que les teneurs globales traduisent les conditions de sédimentation.
Le rang moyen a été calculé sur les pourcentages du zircon, de la tourmaline et des
oxydes de titane (rutile, ariatase).
Les diagrammes de granulométrie ont été établis avec les poids des fractions retenues
pour les minéraux lourds et celui de la fraction plus grande que 0,50 mm.
ANALYSE MINÉRALOGIQUE
1. Le Zarzaïtine gréseux (Trias)
a. Les « grès inférieurs » (tableau J). — Le zircon est dans presque tous les gisements
le minéral le plus abondant ; il est suivi par la tourmaline et les oxydes de titane, rutile
et anatase. Le grenat est peu abondant de même que la staurotide et la monazite. Dans
la totalité de la formation le zircon est nettement prédominant (fig. 7).
b. Les « grès supérieurs » (tableau II). — Le zircon est ici moins abondant et peut
être, en certains points, précédé par la tourmaline, le rutile ou l’anatase. Cependant si l’on
considère, l’ensemble de la formation (fig. 7) il est encore le minéral le plus abondant, suivi
de très près par les oxydes de titane ; la tourmaline n’occupe plus ici que la troisième place.
Le grenat et la staurotide y ont aussi des proportions plus élevées. Il y a également plus
d’espèces minéralogiques dans les grès supérieurs, puisqu’on y rencontre du disthène et de
la sillimanito ; l'épidote est aussi plus fréquente.
Si l’un compare les grès inférieurs et les grès supérieurs d'une région où le nombre
d’échantillons de chaque formation est sullîsant pour que les résultats soient Valables, ici
170
GEORGES BUSSON ET SOLANGE DUPLAIX
celle de Tidercr, on s'aperçoit que le rang moyen des pourcentages du zircon, de la tourmaline
et des oxydes de titane (tableau III), donne des chiffres très proches de ceux trouvés pour
chacune des formations (tableau IV). Ce qui prouve bien que les grès inférieurs et les grès
supérieurs gardent leur caractéristique minéralogique quelle que soit la région considérée.
Tableau I. — Composition minéralogique des grès inférieurs.
Le signe -)- représente des proportions inférieures à 0,5 %.
TOURMALINE
ZIRCON
GRENAT
RUTILE
ANATASE
BR00KITE
SPHENE
STAUR0TIDE
tu
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TENEUR GLOBALE
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52
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1
30
7
25
+
32
22
6
18
♦
2
2
♦
62
0,23
1.11
40
7
10
26
♦
*
1
*
2
1
1
+
48
3752
6
64
B
8
3
7
4
80
3743
42
1
16
7
6
2
5
673
14
50
i
11
_
1
93
674
17
58
9
5 -
2
1
1
52
5340
37
31
4
12
10
6
120
36Bb±s
7
74
1
B
9
1
32
5332
24
43
4
11
14
2
2
+
151
5330
22
43
1
9
19
_
24 •
Fig. 7. Diagramme comparatif du rang moyen des pourcentages de zircon, tourmaline, oxydes de
litane, dans les différentes formations analysées.
MINERAUX LOURDS DES GRES MESOZOÏQUES DU TINRHERT
171
Tableau II. — Composition minéralogique des grès supérieurs.
Le signe -f- représente des proportions inférieures à 0,5 %.
172
GEORGES BUSSON ET SOLANGE DUPLAIX
Tableau III. — Rang moyen des pourcentages de zircon, tourmaline, oxydes de titane,
des échantillons des grès de Zarzaïtine de la région de Tiderer.
Tableau IV. — Rang moyen des pourcentages de zircon, tourmaline, oxydes de titane,
de l’ensemble des échantillons analysés, classés par formation.
ZIRCON
LU
H
.U
QC
ZD
O
1-
OXYDES DE TITANE
Grès inférieurs
60,5
22,5
14,5
Grès supérieurs
39,5
17
35
Série de Taouratine
30
36,5
21
Albien
43
10
24
Tableau V. —- Composition minéralogique des grès ferrugineux du Zarzaïtine.
Le signe -f- représente des proportions inférieures à 0,5 %.
TOURMALINE
ZIRCON
GRENAT
RUTILE
ANATASE
BR00K.ITE
SPHENE
STAUROTIDE
DISTHENE
LU
Z
<
£
M
1—1
en
EPIDOTE
AMPHIBOLE
PYROXENE MON.
CORINDON
LU
<
CL
O
MONAZITE
TENEUR GLOBALE
TENEUR PONDERALE
5204
19
50
15
5
1
+
2
425
0,25
618
36
■
15
B
3
37
0,03
MINÉRAUX LOURDS DES GRÈS MÉSOZOÏQUES DU TINRHERT
173
2. Les termes supérieurs de la série de Zarzaïtine : grès ferrugineux (tableau Y)
Les mêmes minéraux se retrouvent dans ces deux échantillons. Les proportions de
tourmaline et de zircon sont différentes d’un prélèvement à l’autre ; mais avec deux points
de prélèvements on peut seulement remarquer que ce sont les mêmes espèces déjà rencon¬
trées dans les grès inférieurs et supérieurs.
3. La série de Taoi ratine : Jurassique supérieur et Crétacé inférieur (tableau VI)
Dans cette série, le zircon est encore le minéral le plus abondant, bien que les propor¬
tions de tourmaline soient très proches (fig. 7). Les pourcentages des oxydes de titane sont
moins élevés. La sLaurotide est peu abondante ; on trouve du disthène, comme dans les
grès supérieurs. Les autres minéraux sont extrêmement rares.
Tableau VI. — Composition minéralogique de la série de Taouratine.
Le signe -j- représente des proportions inférieures à 0,5 %.
4. L’Albien gréseux (tableau VII)
Dans les grès albiens le zircon est, à nouveau, le minéral le plus représenté. Les pour¬
centages de la tourmaline et des oxydes de titane sont moins élevés (fig. 7). Le grenat,
si Ton excepte le prélèvement. 109, a une abondance et une fréquence proches de celles des
grès supérieurs ; de même que dans ceux-ci, on trouve du disthène et. de la sillimanite et
les espèces minéralogiques y sont, aussi, plus nombreuses.
5. Un échantillon de grès Maestrichtien (tableau VII) a été analysé afin de compa¬
rer sa composition minéralogique avec celle des autres formations. On peut seulement
noter qn’on y rencontre les mêmes espèces et que les proportions des minéraux principaux
y sont sensiblement les mêmes.
174
GEORGES BUSSON ET SOLANGE DUPLAIX
Tableau VII. — Composition minéralogique de l’Albien gréseux.
Le signe + représente des proportions inférieures à 0,5 %.
TOURMALINE
ZIRCON
GRENAT
RUTILE
ANATASE
BROOKITE
SPHENE
STAUROTIDE
DISTHENE
31INVWIT1IS
EPIDOTE
AMPHIBOLE
PYROXENE MON.
CORINDON
TOPAZE
MONAZITE
TENEUR GLOBALE
TENEUR PONDERALE
5077
14
55-
3
17
0
+
3
304
0,09
5014
30
47
10
12
1
0
0,02
5076
13
62
5
11
4
2
3
122
0,14
5047
14
69
2
10
4
+
1
40
0,05
5072
45
32
1
11
11
26
0,02
5046
17
61
6
9
4
3
41
0,06
5006
41
41
1
10
6
1
30
0,01
5044
23
60
*
13
4
+
*
093
0.15
5043
16
73
+
7
3
+
1
164
0,04
5041
23
63
*
10
4
-
29
0,01
5001
22
67
0
2
1
+
+
32
0,09
5106
42
39
1
6
6
5
1
30
0,06
B. — ÉTUDE GRANULOMÉTRIQUE
(Fig. 8)
Grès inférieurs. — Us sont plutôt fins ; dans la région de Tiderer ils deviennent plus
grossiers vers le sommet de la formation.
Grès supérieurs. — Dans la région de Tiderer, ils sont plus grossiers que les grès infé¬
rieurs et, là aussi, la grossièreté augmente au sommet de la série. Dans la région du champ
de Zarzaïtine ce sont, au contraire, les sables du sommet qui sont les plus fins. Dans celle
de La Reculée, à la base, on rencontre des sables plutôt grossiers, puis des sables fins, pour
retrouver des sables moins bien triés au sommet.
Série de Taouratine. — La granulométrie de cette série est différente d’un échantillon
à l’autre et d’une région à l’autre.
Albien gréseux et Maestrichtien. — Les sables albiens sont fins en général. L’échantillon
pris dans le Maestrichtien est plutôt grossier.
175
MINÉRAUX LOURDS DES GRÈS MÉSOZOÏQUES DU TINRHERT
ZARZAÏTINE: Grès inférieurs et supérieurs ZARZAITINE: Grés inférieurs
La Reculée Région de Tiderer
5106 5115 5120 5113 5 II S 5129 5122 5124 5126 5001 5041 5043 5044 5006 5046 5072 5047 5076 5014
ZARZAITINE: Grès supérieurs ZARZAITINE: Grés supérieurs el grès ferrugineux
Région de Tiderer Région du Champ de Zarzaïtine
5077 5054 5055 5049 5050 5057 5059 5059 506 t 5062 5022 5092 5036 5038 644 618 5204
Série de TAOURATINE Albien, Albo^Vraconien et Moestrichtien
613 5140 5153 5155 628 5245 lit 109 674 673 5330 5332 3666U 3743 5340 3752 5368 5443
Fig. 8. — Granulométrie des différents échantillons étudiés, classés par région. Pour chaque échantillon,
la longueur des quatre traits verticaux correspond aux pourcentages des quatre classes granulomé-
triques suivantes, de gauche à droite : 1 ) } 0,5 mm ; 2) entre 0,50 et 0,31 mm ; 3) entre 0,31 et 0,16 mm ;
4) entre 0,16 et 0,04 mm.
176
GEORGES BUSSON ET SOLANGE DUPLAIX
C. — CONCLUSIONS
Dans ces grès du Tinrhert une même association minéralogique se retrouve du Trias
au Maestrichtien. Elle est formée de zircon, tourmaline, rutile, anatase ; mais les propor¬
tions de chacun de ces minéraux sont différentes d’une formation à l’autre ce qui permet
ainsi de les caractériser (fig. 7, tableau IV).
Bien que le zircon soit toujours le minéral le plus abondant, il est surtout représentatif
des grès inférieurs. Dans les grès supérieurs il s’associe étroitement aux oxydes de titane ;
Creioce
noy et sup
■
Grès inf
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 4 0 50 60 70 80 90100 O O o 0 OO 0 OO
O O O OOOOOO
tu fO xj wi to s i' m Q
Fig. 9. — Diagramme comparatif des teneurs globales des différentes formations analysées.
la tourmaline est nettement moins abondante. Dans la série de Taouratine, le zircon se
groupe ici avec la tourmaline ; enfin à l'Albien il reste encore le minéral le plus abondant,
mais avec des proportions nettement plus faibles que dans les grès inférieurs.
Il y a diminution des pourcentages de zircon, des grès inférieurs à la série de Taouratine
avec une légère remontée à l’Albien ( fig. 7). On doit noter que ces différences minéralogiques
s’observent par formation et non par région (tableaux III et IV).
Les sables albiens et ceux dos grès inférieurs du Zarzaïtine paraissent les plus fins,
les plus grossiers étant les grès supérieurs.
Les teneurs globales (tableaux I, II, V, VI, VII) mettent en évidence la richesse ou
la pauvreté d'un gisement en minéraux lourds, c’est-à-dire los conditions de sédimentation
an moment de son dépôt : ces teneurs sont souvent très différentes d’un gisement à l'autre
dans une même formation. Les chiffres des teneurs globales reportées sur le diagramme
(fig. 9) traduisent bien ces différences; elles sont plus accentuées au Jurassique supérieur
— Crétacé inférieur (Taouratine). Il semble bien que ce soit à l’Albien que les conditions
de sédimentation aient été les plus semblables. Elles sont assez proches dans les grès infé¬
rieurs et supérieurs de Zarzaïtine (Trias p.p. maxima) avec cependant une plus grande
homogénéité au moment du dépôt des grès supérieurs.
Dans celle succession mésozoïque, le matériel sableux est minéralogiquement homogène
MINÉRAUX LOURDS DES GRÈS MÉSOZOÏQUES DU TINRHERT
177
et, semble-t-il, déjà trié, ce qui laisse supposer des origines peu variées, des roches sédimen-
taires vraisemblablement.
Il y a une plus grande Variété d’espèces dans les grès supérieurs et à l’Albien, mais
ces nouvelles espèces sont peu abondantes et peu fréquentes.
Il semble bien que le même matériel sableux a été repris et trié plusieurs fois, avant
de se déposer depuis le Trias jusqu’au Maestrichtien.
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Manuscrit déposé le 9 juin 1972.
Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 3 e sér., n° 76, sept.-oct. 1972,
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Achevé d’imprimer le 30 mai 1973.
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2 564 003 5
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Bauchot, M.-L., J. Dacet, J.-C. Bureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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