BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
I I 11 I I I I I I I 11 I I 11 11 I I I 11 11 11 11 11111
PUBLICATION BIMESTRIELLE
CTUIIC"
N" 77 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1972
! I :, ■ I ■ '
I î i M i I i 11 I ’
; M M
de la terre
16
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : M. Vaciion.
Comité directeur ; P™ Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr. M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr. N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la U® série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2® série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3® série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Ecologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geofîroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9002-62) ;
— pour le.s abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum
30, rue Geolfroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
Crédit Lyonnais, agence Y-425) ;
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue
Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements :
Abonnement Général : France, 260 F ; l^tranger, 286 F.
Zoologie : France, 200 F ; Etranger, 220 F.
Sciences de la Terre : France, 50 F ; Étranger, 55 F.
Sciences de l’Homme : France, 45 F ; Etranger, 50 F.
Botanique : France, 40 F ; Étranger, 44 F.
Sciences Phvsico-Chimique : France, 15 F ; Étranger, 16 F.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3® série, n“ 77, septembre-octobre 1972, Sciences de la Terre 16
Contribution à Tétude stratip;raphique
et tectonique du fosse néogene de Teruel
(Chaînes Ibériques, Espagne)
par Francis Gautier, Étienne Moissenet et Pierre Viallard *
Résumé. — IjR bassin tertiaire de Teruel, étudié pour la première fois dans son ensemble,
inonire une sueeession de |dusienr.s fiirmations délTitiipies, gypseuses et caleaires, datées par des
gisements de \'erti'brés du Vimlobonien, du Vallésien et du Turolien et earaetérisées par d'impor¬
tantes variations de Faeiès et d'épaissenrs, Os dépôts eorres[iondent an remblaiement eontinental
<rnne longue gouttière teetomVpie d'orientation NNF-SSW, née avant le \ indidionien supérieur
d’un premier elïoudreinent des assises inésozoupies, plus aeeusé sur la bordure orientale, Leurs
tiél'ormations (frio’tures, ondulations, baseulenieuts) sont surtout le résultat d’un deuxième alfais-
sement, entraîné par le rejeu, a|irès le Poiitien et avant le l’Iioeéne supérieur, des accidents liordiers
orientaux. Le bassin de Teruel a|ijiaraît done, d'Alfainbra ;i \deiiinz, eointne un fossé teetoniipie
très dissyuiélri(|Ue, distinct île la dépression du .liloea ; il s'individualise nettement par rapport
aux liordureâ tertiaires des Chaînes Ibériijiies k la fois par l'ége inioeène de ses dépôts inférieurs,
pur son é\olution et son style struetural liés k des mout enieuts vertii'aux miocènes et laistiuioeènes,
et [lar son orientation transverse; eette fracturât ion mio-pliocène N.N'li-SSW est très nette dans
tonte la jiarlie méditerranéenne de» eliaînes.
Resumen. La eiieni'a tereiaria de Terind, estudiada par la primera vez en su eonjunto,
présenta unii siK'esiôn de varias formaeiones detrilieas, yesiferas y ealeâreas, datadas pur yaei-
rnientos de \ ertebrados del Vindidioneiise, del Vallesense y del Turtdense, y earaeterizailas por
eambios importantes île faciès y espesores. Fstos leiTenos corresponden al relleno eontinental de
una larga golera tectôniea, orientada .NNE-SSW . naeida antes del \ iiuloboneuse superior de un
primero luindiinieuto de las caftas inesozoicas, mus aeenluado en el borde oriental. Sus ileformu-
eiones (fallas. ondulaciones. basculanientos) resultan prineifialmenle de un segundo bundiinieulo,
debido a un nuevo funeionamienio de los aeeidenle» del borde oriental, desfiués del Ponliense
y antes did l’Iioeeno siifierior. Asi pues, la cuenea dt- Teruel présenta, desde Alfambra liasi a Aileinuz,
el earâcter de fusa teetôniea luuy disiinélriea. distintn ilt‘ la de|iresiôn del .liloea. Con relaeiôn a los
Itordes tereiarios de la C.ordillera Ibériea. se individualiza claramenle a la vez fior la edad inioeénica
de sus terrenos inferiores. por sus evoluriôn y eslilo eslrui lural uniilos a inovimienlos veiticales
miocénicos y post-mioeénicos, y yior su orientaciôn transversa ; esta fraoturacion mio-pliocénica
NNE-SSW es muy' clara en toda la parte mediterrânea de la cordillera.
* F. GAOTiiiit, Laboratoire de Géologie, Muséum national d'IIisloire naturelle, 61, rue de Bufjon, 75005
Paris.
K. MoissE.MiT, U.E.Ii. de Géographie, Université de Paris I, 191, rue Saint-darques, 75005 Paris.
P. ViALi..vui>, Laboratoire de Géologie méditerranéenne, Université Paul Sabatier, 38, rue des 'Trente-
Six Ponts, 31078 Toulouse-Cedex.
77, 1
180
FRANCIS GAUTIER, ÉTIENNE MOISSENET ET PIERRE VIALLARD
Situé dans la partie orientale des Chaînes Ibériques et drainé par les rios Alfatnbra
et Tiiria, le bassin tertiaire de 'l’eriiel se présente comme une zone déprimée de 80 km de
long sur 15 km de large et d’orientation NAE-SSW, sensiblement orthogonale à la direction
générale ibérique NVV-SE. Son remjilissage, d’origine continentale, consiste principalement
en dépôts détritiques rougeâtres et calcaro-gypseiix Idanchâlres qui sont considérés de
longue date corutne miocènes, en raison des restes de Vertébrés qu’ils ont livrés en divers
points du bassin, mais sans qu'une étude d'ensemble ait jamais été réalisée.
Ces tireiniers ossements cités (Toiiiiuoia, 175é), récoltés et correctement identifiés
(de VEnNEUfL, CoLLOMB pt Lorièbe, 185'2 ; (îeuvais, 1852), jiro\'nnaient du célèlire gise-
miml de Conciid, au nnrd-ouesi de Ternel, Ces namhrctises études effectuées depuis sur
l’abuiidant matériel extrait de plusieurs niveaux de celte zone fossilifère (Las Calaveras,
La Garita) ont toujours inoiitré son appartenance au l’ontien, plus précisément au Pon-
tien supérieur (Woodwaiid, IIernàndez-Pacheco, Ckiisafon i' et t>u \ im.ai.ta), Cet âge
pikermicn (Pikermien = Tiirolieii = Pnrillen sujjéricur) est conlirnté par Ions les fossiles
trouvés en tl’aiilres sites des environs do Tcrucl (Los Maiisuctos, Vableeebro, l’eha dcl
Macho, Puentp ilel Salobral, etc.), dans une position stratigraphique identique ou sensi¬
blement équivalente à celle du gisement de Conend (2, 10, 13, 20, 37).
Dans la partie méridionale dn bassin tertiaire, deux gisements do Mammifères fossiles
sont eonmis de longue date. Celui dos mines de lignites, aujourd’hui abandonnées, de Mas
del (llmo (Hincôn de .Vdemuz) a livré â 1)( erv de Lomé et Fern.ândez de Caleya une
association de Veilébrés ({ii’ils ont rapportée en 1818 au Miocène supérieur t)15) ; aucun
élément nouveau susceptible de modilier cet âge n’est intervenu dc]mis cl celles des pidjli-
catitms récentes qui font étal du gîte s’accordent à le considérer comme vimloboiiien (11,
12, 13). Le gisement de Libros a, par contre, donné lien à plus de controverses. Ouvertes
au sein de conches al triluiées an Pontien par Dereims (18!-)8) en raison de la présence de
M(dlusqnes continentaux sembla blés .à ceux fie Conciid, bjs anciennes exploitations de soufre
ont fourni à Longinos IS'avas des restes de Vertébrés qu’il a estimé caractéristi([ues de
rOligocèiie (11122) ; l'âge miocène supérieur, imniédiatement défendu par llovo Gômez,
fut confirmé et précisé en 1926 par Koman qui vit dans les Mammifère,s des mines de Libros
une faune pojitienne.
Ce bref liistoriqne sidTit à montrer que les connaissances géologiques sur les terrains
tertiaires de la région de Terucl sont es.seiitiellemeni locales, \’oire pondnelles. Si, en divers
points dn liassin et avec un degré de préeisinn variable, certaines couches, d’extension
limitée ou non reconnue, ont pu recevoir un âge grâce â la fléeoux erte et â l’étude (les osse¬
ments (pi’elles retd'ermenl, aucune analyse de l'ensemble du bassin ne nid à ce jour en évi¬
dence. la succession lithologiqne complète de son remplissage et ne situe, les uns par rapport
aux aiilres, les dill'éreiils niveaux dalés. C'e.st pourquoi nous envisageons de donner ici un
premier aperçu général du bassin de Ternel. Du jinint de vue slratigrajdiiqiie, l’étude,
du sud vers le nord, des eoiipes légiorialcment caractéristiques d de leurs variations laté¬
rales permettra de proposer des corrélations et une colonne litliotugiqne où les gîtes fossi¬
lifères, déjà connus ou nouveaux, fourniront des repères chronologiques ; il ne sera toute¬
fois pas tenté, dans le cadre de eelle étude d’ensemble, de fixer la position relative de plu¬
sieurs gisements des environs de Teruel, verticalement très proches les mis des autres an
sein d’une mémo formation. Du point de vue structural, la description des principaux
accidents et des déformations qui affectent les dépôts et leur siibsl.ralnni conduira à définir
FOSSÉ NÉOGÈNE DE TERUEL
181
le bassin comme un fossé dissymétrique d’orientation transverse. J^a reconstitution de son
évolution au cours du Néogène amènera enfin à le situer au sein de l’édifice ibérique.
A. _ ÉTUDE STRATIGRAPHIQUE i
I. Région Casas Hajas-Ademuz
Cette région représente la partie la plus méridionale du bassin tertiaire de Teruel ;
elle n’est séparée de ce dernier par aucune discontinuité et ne constitue pas un bassin sédi-
nientaire isolé comme l'indiquent, au moins implicitement, certaines publications ( 11 , 13 ,
15 , 31 , 36 ),
La coupe la plus complète des formations tertiaires de ce secteur peut être relevée
entre Ademuz et \’al de la Sabina, dans la partie axiale <lu bassin (j»l. D.
1. Les nivcau.x les plus anciens, ’\dsibles sur 50 m d'éjiaisseur environ dans la vallée
du Turia, è bailleur d'.Ademuz, corresponilent à des conglomérats et des grès rougeâtres,
î.eiir base ne peut être observée que vers le sud (Casas Rajas) ; ils sc montrent là nettement
discordants sur les terrains mésozoïques et atteignent 1.50 m de puissance.
2. Celle formation détritique est surmontée par des bancs de calcaires argileux ou
travertineux à Plaiiorlies (Casas Rajas) qui, à proximité d’Ademiiz, s’indentent dans des
gi’ès et argiles ocre (25 m).
3. Au-dessus viennent des marnes et des grès rosâtres ou rougeâtres, qui forment
dans la topographie un laïus en pente plus douce (40 m).
4. Enfin, constituant le terme le plus élevé du Tertiaire de la région d’Ademuz (Caslro,
Los Pianos, Pico de la Muida), suivent des calcaires blanchâtres travertineux, plus ou moins
argileux, souvent en gros bancs (25 m) ; ils forment une barre de patine ocre, dont un niveau
basal, fait de traveilin grossièrement concrétioiiné, nous a livré quelques fragments osseux
et molaires encroûtés d’//ip/airion sp. (Cote 055, 1 km au nord de Val de la Sabina).
Cet ensemble litbologique subit d’importantes variations lorsqu’on s’éloigne de l'axe
du bassin. Vers l’est, une faille méridienne passant près de Val de la Sabina met en contact
les formations tertiaires avec un compartiment relevé de terrains mésozoïques : ces der¬
niers ( Portlandien, Albien, Cénomanien) ne supporlent, en discordance, que les calcaires
inférieurs « 2 » (Cerrellar) ; plus à l’est encore, ces calcaires sont recouverts par une forma¬
tion conglomératique rougeâtre non datée, mais paraissant beaucoup plus récente. A l’ouest
d’Ademuz, en direction de Vallanca, les divers termes de la série tertiaire se biseautent
progressivement sur le Crétacé ; les coiigloiuérats de la base disparaissent en moins d’un
kilomètre ; des niveaux sus-jacents, devenus essentiellement calcaires, seuls les plus élevés
atteignent le secteur VaUanca-Negrôn ( fig. 4).
1. La nomenclature stratigraphique adoptée ici correspond à celle qui est habituellement utilisée
dans les dépôts continentaux du Néogene ; elle ii’irnplique aucune prise de position quant à l’équivalence
de ses différents termes avec les subdivisions définies dans les séries marines de la même période.
182
FRANCIS GAUTIER, ÉTIENNE MOISSENET ET PIERRE VIALLARD
il. Région Ademuz-El Campo
Ce domaine prolonge tout naturellement vers le nord la région précédente dont il
n’a été séparé (pie pour dos raisoiiH de présentation et de clarté de rexjmsé (pl. I).
l.a succession la plus complète peut cire oliser\ée aii.x abords du chemin conduisant
de Liluos i'i Miodevfa par les anciennes « mines de Liliros )> ; à l’est d’une faille subméridienne
qui longe le |u'ed occidental du Bolage ipl, IV) cl limilc un compartiment proche du Turia
où de.H couches néogènes sont en contact tectoniipic avec du Méso/.oï([ue (’l'rias et Juras¬
sique), les formations tertiaires forment un synclinal très évasé d'axe N-S où nous avons
relevé, de. bas en haut, la coupe scbcmatit(ue suivanlc :
la. Conglomérats pojygéniiioes, grès et argiles gréseuses rouge orangé (SO m visibles).
l b. Argiles et marnes rougeiitres et grises, à passées de cristaux de gypse (40 m).
2. Calcaires ai'gilenx en |,)clits bancs alternant avec des marnes verdàlres, puis caleaires
argilcu.x ou traverlineux plus massifs, en bancs de 0,5-1 m (.50 m) ; c’est cette barre
qui s’abaisse jusqu'au Turia, entre Libros et l'R Campo.
3a. Marnes gypseiises et gypse en bancs avec intercaialions marno-ligniteuses (50 m) ;
la pari ie moyenne de cel te formai ion renferme ilu soufre qui a été anciennement exploité
aux « mines de Tiliros )i ; à la faveur de ces exploitations, I.onginos Nav.a.s (27, 28)
a récolté, nuire des empreintes d’Inscctes et d’Arachnides, dos restes d'Ainphibions
Ifinnu Nav., J{. qiiellpnheroi Nav., fl/tgu.vc/nûi .spmo.va Xav.), de llepliles {Pyl-
niophis sfinmiuensis Lartet), d'Oiseaux (T/iior/n'.ç sociala Nav., /In,ver ou Cijynus ?)
et de Mammifères ipi’il allribua, en 1022, à rOligoecnc. Rom ex (32, 33) reconnut
dans la faune mammalicniie Ifipparion gmrUe Kaup, Atnphycion major var. pyrenai-
cus l)ep. et CrocuUt [IJyaena) e.rimia 11. et \V.. association qu'il considéra comme pon-
liciine (i< pontiipie »). Dons l’élal aclutd des connaissances en matière de paléontologie
stratigrapbique des Mammifèn's, on peut penser qu’elle correspond plus précisément
à la partie inférieure du Ponlien qui t^sl; désignée en Espagne sous le nom de Vallésicn
3b. Marnes .sableuses rougeâtres, gypseiises à la base, à minces intercalations de grès et
de calcaires à petits Gastéropodc.s (40 m).
4. Calcaires Iravertineux, plus ou moins argileux, parfois en gros liâmes, sauvent riches
en Eimnées et Planorbes (20 m) ; ces calcaires forment la surface structurale faiblement
gauchie en synclinal qui limile supérieuremeni les dépùts miocènes de la région (Loma
de la .X’ava).
IVr.s /f nord-fst. alors que les termes inférieurs ne soni filus visibles, les calcaires sommi-
taux sont recuiiveiùs, en conirebas des reliefs jurassiipies de la Loma de San Pablo (Masia
del Villarejo), par des conglomérais rougeâtres dont l’âge exact ne pimt être actuellement
précisé (Pliocène supérieur nu Villafranehien).
TTr.v le stni-esl. dans le Rarramai de N'allurgo, entre les « mines de Libros b et Mas del
Olmo (pl. 1), les conglomérats et grès inférieurs ne sont pas représentés ; les niveaux carbo-
1. Xbnis rcmmr.idiis M. L. (’iiNsncnc, Sous-Directeur à l'Inslitut de Paléontologie du iMusé.uni, qui
a bien voulu examiner les liste.s de .Mammifères des gisfiuents de Libros et de Mas del Olmo et nous préciser
leur valeur stratigrapliique.
FOSSÉ NÉOGÈNE DE TERUEL
183
iialés sus-jacents reposent directement, en discordance, sur des calcaires et dolomies calca-
riuises du Cénomanien ; près des anciennes mines de lignites de. San José par exemple, la
succession, au-dessus du Crétacé supérieur, est la suivante :
11). Marnes à tîastéropodes avec inlercalation de petits hancs de calcaires argileux, blan¬
châtres ou grisâtres, et de niveaux ligniteux (20 m environ) ; au toit et au mur des
couches de lignite autrefois exploitées, Dueuv de Lomé <‘t Fernandez de Caleva
(1818) ont récolté ; TnH'huiis s[),, lii.tTrorhitiiis cf. sansanù^nsis Lart., AnrhUkerium
aurelianeme Cuv., Macrotherium ffrandt' Lart., Lislriodon splendens Meyer et Telralo-
phodrm lonpirosiris Kau[). Celte faune, que nous avons com])lélée par la découverte
d’une molaire de Trdophudnn iinpi4stLdi;n.s (Cuvier) (détermination F. Chouzel), a
toujours été reconnue comme vindohonicnne (15, 11, 12, 13) ; la coexistence certaine
d’Anidtilfifniiiii (tiindûtnerme et de Tetrrdophodon longiroxlris incite à la situer dans la
partie élevée du Vindohonien
2a. Marnes rougCtàtres et minces hanes de calcaires argileux blanchâtres (15 in).
21). Calcaires argileux blanchâtres en hancs de 20-30 cm (25 â 30 m) ; ces calcaires forment
les reliefs structuraux ipii s’aliaissent vers l’est en direction delà sierra de Javalambrc ;
avant de l’atteindre, ils disparaissent sous une couverture, de conglomérats et de grès
rouges, d’âge encore indéterminé, qui, localement, repose directement en discordance
sur le Crétacé supérieur (Sud lliodeva).
A la dilTérencc de ce que révèle la bordure orientale du liassin où les niveaux inférieurs
du Miocène disparaissent assez vite, les formations tertiaires ne. se hiseautout pas aussi
rapidement vers l’ouest, au-delà de la A ullée du Turin, .\insi, la formation détritique infé¬
rieure reste bien développée et s’étend jusqu’au nord de Castielfabib où elle vient reposer
en nette discordance sur les terrains secondaires ; au sud-ouest du village, près de Tovedas,
elle inclut une barre massive de calcaire Iravertineux gris. La bordure occidentale du bas¬
sin, dans cette deuxième région du bassin de Teruel, est donc plus dillicile à préciser ; elle
devait vraisemblablement longer le massif du Collado de la l’iata qui a fourni le matériel
grossièrement déirilique accumulé sur le bord occiilenlal du bassin.
111. Région El Campo-Teruel
La coupe la plus caractéristique de ce domaine, qui prolonge le précédent vers le nord,
peut être relevée suivant l’a.xe du bassin, entre le rio de Camarena (Mas de Jacinto et Muela
10.57, à l’est de Villel) el Teruel (pl. I, IV). De la base au sommet, la succession est constituée
des termes suixauls :
21) Marnes rongeai res à cristaux de gypse (30 m visililc.s).
3a. Marnes gypseuses jaunâtres el gypse, en bancs (00 m).
3b. Marnes blafardes, rosées et grises, à gypse (20 m).
4. Calcaires plus ou moins argileux blanchâtres ; certains bancs sont riches en coquilles
et opercules de Gastéropodes (15 m).
1. Voir page précédente.
184
FRANCIS GAUTIER, ÉTIENNE MOISSENET ET PIERRE VIALLARD
Aii-delîi Hiï lii Miicla 1057, celle luirre plonge faiblemenl vers le nord et j)asse
latéralement à des inarno-calcaircs jaunâtres et à des marnes gréseuses rougeâtres
(Arroyo de la Canada).
5. Ensemble détritique rougeâtre de grès, conglomérats polygéniques et argiles sableuses
parfois riches en cristaux de gypse (50-100 m). Bien développé à Villastar, \illaespesa
et Castralvo, cet ensemble a parfois été désigné sous le nom de « série », ou a horizon
de Los Monotos » (1, 2, 11, 37).
6. Formation essentiellement calcarcusc blanchâtre (00 in) ; surtout marno-gypseuse à
la base, elle est formée, pour sa plus grande épaisseur, de, calcaires argileux ou tra-
vertiueux, parfois lithographiques et à Gastérojiodes, et d'intercalations marneuses
ou argileuses. pari, et d’aulre tl’unc llexure-failic transversale passanl. par Teruel,
elle couronne la [ilupart des reliefs proches de la ville (Castellar, Muela de Teruel,
Santa Barbara, Mansiu'to, etc.). Les nombreux restes de Mammifères extraits des
divers gisements souvent cités et situés ii des uivtiaux dilïértuils de celle formation
perniolterit de la rapporter dans son itilégralité au Tnrolien (= l’ikermicn — Ponticn
supérieur), Sans que notre souci ait été de corréler ecs gisements ou de les situer sur
une même verticale au soin de la formation, nous [touvonh alllrmer ipie celui de Los
Aljezares est apparemment le )dus bas, donc le plus ancieti ; mais la faune qu'il a
livrée n'étant pas fondarnentalcmenl dilTércntc de celle îles gisements de. Los Mansuc-
tos, Valdecebro f, II, IIL Masia dcl Barbo, Concud, il caractérise comme eux le Turo-
lie.n ; s’il a])partient sans doute â un horizon plus ancien de ce Ponticn supérieur,
il ne représente pas pour aulaul le Ponlien inférieur ou Vallésieii, âge (fui a élé pro¬
posé (13) vraisemblablement en considérant conjointement la position basse du
niveau fossilifère dan.s la série blanche et l’âge suppo.sé vindobonien de la série muge
sous-jacente ; or, nous verrons plus loin que cette dernière doit être rapportée aussi
au Turolien.
Variations latérales
La coupe schématique précédente subit latéralement d’importantes variations.
Wr.» l'oue.'it, l'essentiel des formations maruo-gypseuses du rio de Camarena (butte
1057) (tasse de façon bien visible à des conglomérats polygéniques grossiers, à éléments
calcaires et quartzeux noyés dans un ciment gréseux rouge orangé; ils alTIeurent bien aux
abords de Villcl mi ils reposimt en nette discordance sur divers ternies du Secondaire allant
du Crétacé supérieur au Trias.
An nord de Viltel (Las Hoyuelas), ces conglomérats sont surmontés par les niveaux
suivants (pl. I) :
•— Marmts gréseuses rougeâtres et jaunâtres, parfois gypseuses (15 m).
■— Marnes mauves, rougeâtres et grises à (tassées ligniteuses (3 m) ; ces niveaux, le (tins
souvent lenticidaircs, sont riches en Charo]thytes, Ostracodes et Gastétropodes, rejtré-
sentés par leurs coquilles {Brjthinia gracilis, Valmta schlosseri], par des opercules et
des radulas.
— Calcaires argileux, linioniteux, jaunâtres (0,5 m). A la pointe méridionale du ridief
FOSSE NEOGENE DE TERUEL
185
de Las Iloyuclas, eet liorizori nous a fourni, outre des Cliarophyles, des (Istracndes,
des opertndes et des radulas de Gastéropodes, quelques pièces osseuses de Gazella
deperdila Gervais (I phalaii}»e II, 1 frawinent proximal de radius gauelic, 1 fragment
distal de métacarpe) et un crâne, un peu déformé, mais presque complet. A'Hlpparion
sp. gr. inedilerruiwuin^ (fd. II, III). Ko l’état actuel des informations, l'association
de ces deux Mammifères indiquerait un âge turolicn ; en outre, il est permis de penser
qu’une élude jdiis approfotidie du crâne d’Ilipparion, seule pièce entière de ce type
trouvée k ce jour, k notre eoimaissanee, dans les dépôts néogènes des Chaînes Ibériques,
conduira à une détermination plus précise, et, peut-être, à une révision des critères
spécifiques des Ilipparions de, cette région.
— Calcaires argileux blanchâtres, légers, à nombreux opercules de Gastéropodes (10 m) ;
leurs bancs réguliers et linemeiit lités forment une barre à patine ocre dont la surface
supérieure porte un encroûtement ferrugineux.
— Marnes rosées ou grisâtres (20 m).
.— Calcaires travertineux vacuolaires (6 m), à Limnées (pitons 1096 et 1082).
Vers le nord. (Mucla de \ illastar), la barre calcaire à llipparion s'amenuise et disparaît
au sein de marnes rougeâtres. Quant au niveau supérieur de calcaires, par suite d’une discon¬
tinuité d’allleuremcnt, il est dillicilo de préciser s’il se biseaute lui aussi dans la formation
détritique rouge (Los Mouoto.s) ou s’il correspond à la base de la formation calcareusc lilanche
de Teriiel qui la surmonte.
Sur la bordure orienUilo du hassini les formations marno-gvqisciises et calcaires de la
vallée du rio de Camarena alllcurent jusqu’au secteur Cascante del Flio-Cubla. Au nord-est
de ce dernier village, après avoir circonscrit un petit relief de terrains jurassiques sur la
base duquel elles reposent par rintermédiaire de quelques niveaux conglomératiques, elles
disparaissent sous une couverture de conglomérats analogue à celle décrite dans les régions
plus méridionales (Mas del Olmo, Masia del Villarejo).
IV. Région I’ektjel-Alfambra
La coupe bien connue des dépôts néogènes aux alentours immédiats de Teruel, au nord
de la flexure-faille transversale, est, de bas en haut, la simante (pl. 1, Y) :
5. Formation détritique rouge, dite de « Los Monotos » (60 m visibles), qui n’a livré qu’une
molaire et quelques fragments osseux de Tetralophodon longirostris Kaup (1, 2).
6. Formation blanche, gypseusc, marneuse et calcaire (90 m environ), riche en restes de
Vertébrés du Pontien supérieur (Los Mansuetos, Santa Barbara, Valdecebro, Concud).
Nettement limités à l'est par la sierra de Camarena, ces défiôls sont aicssi d'extension
limitée vers l’ouest et ne présentent aucune continuité avec ceu.x qui occupent la dépression
du rio Jiloca. En effet, à l’entrée du couloir qui conduit de Teruel à cette dépression, les
formations turoliennes se biseautent sur des terrains mésozoïques (Buntsandstein à Caudé^
1. Ces (tcliîriniiialiuna siml dues respectivement à M. E. IIeintz et Mi"® V. Eisenmann (tnstitut de
t’aléontolosrie du Muséiiiii) que nous avons plaisir à remercier ici.
186
FRANCIS GAUTIER, ÉTIENNE MOISSENET ET PIERRE VIALLARD
Jui'iissiijiie aviiiil (Ica de Alftarraein), au-dessous d’un épandaije déiritique jtlus récenh.
Elles se, |ioursuivenL par contre vers le nord en subissant à plusieurs reprises d’importantes
variations de faciès.
;\. l'entrée de la vallée du rio Alfanilira, la coupe, comparable à celle de Teruel, comprend
les deux ensembles suivants (pl. I) :
5. Formation détritique roufje, d’épaisseur réduite, discordante sur des terrains jurassicjues
en série inverse ; elle conqiorte dans sa partie supérieure une intercalation calcaire dont
l’épaisseur croît vers le nord.
6. Formation blanehe ealenreuse.
Avant, d'alteindre Tortajada, ces deux ensembles passent à une masse gypseuse bomo-
gène, le cbangemenf de faciès alTeclanI il’abord les calcaires supérieurs, puis la formation
rouge avec sa barre calcaire ; cette dernière atteitit une vingtaine de mètres (l'épaisseur
au rio Salobnq avant de. passer û des gypses. Le complexe, gypseux d(( '?'ortajad(i-\ illalba
Baja, riche en Eharophytes, Ostracodes, oiicroules et surtout coquilles de petits Gastéro-
pode.s (Djitlània. [ nJuila, l' crEgo, Ni'iitiiia), passe à sou tour, un peu avant Euevas Labra-
das, à un ensemble de marnes et de calcaires faiblement gypseux et ligniteu.x (fui dépasse
Peralejos. (’n peu au nord de ce village. i\ la faveur de noiivcau.x ehangemetits de faciès,
le Turolicn retrouve sa division on deux termes identiques è ceux de 'l’cruel : ils sont bien
visibles avant Alfambra ; entre cette ville cl l’cralcs de Alfambra, ils se biseautent pro¬
gressivement sur un substratum jurassique et disparaissent sous une nappe de eonglomérats
polygéniques vraisendilablement équivale.nte à la formation d’Kscorilmela, d’âge [)liocène
supérieur
V. CoaaKi.ATio.NS kt conclusions
I/étude stratigra|diique des dépôts tertiaires qui, d’Ademuz à Alfambra, occupimt
le bassin de Teruel, indépendamment de ctdui dt( Calalayiid, permet d’établir une succession
de termes lit ludogiques où sont exactement situés divers gisements de Vertébrés d'âges
vindobouien, vallésien et turolien.
A l’alTleuremenl. la série débute, à la base, par une épaisse formation détritique rouge ;
bien visible nutarument dans la vallée du Turia de Libros à Casas Ba jas. elle al teint au
moins lüO ru de (luissance en ce dernier point ; ses nivtmu.x iidV'riimrs n'apparaissent pas
dans l’axe du bassin ; sur les bordures, elle riquist' im discordance sur de.s tcrraitis mésozoïques,
dont les plus récents appartiennent au Crétacé siqiéricur (Cénomaiio-Turonicn). Dans l’état
actuel des investigations, cette formation n’a livré aucun fossile et son âge, au plus vindo-
bonion, ne peut cire évalué que par rapport à celui des couches qui lui sont iiormalement
sujierposées.
Celles-ci sont constituées par des marnes k intercalations calcareuses, ligidleuses ou
gypseuses ; d’une puissance maximale de 4(1 m, elles sont datées du Vindobonien supérieur
au voisinage de Mas del Olmo. Elles sont suivies d'une barre calcaire d’une cinquantaine
de mètres d'épaisseur et d’âge précis non déterminé (encore vindobonien, ou déjà vallésien ?).
Cet ensemble carlionaté repose parfois directement en discordance sur le substratum méso¬
zoïque (région de Mas del Olmo).
I, .Mir a A CP, .J., 1971. — .Vi vicolinae (Hodciilia) du l’iiocéiie teriiiiiial cl du ( tuaternaire ancien do France
et d'I'ispagiie. Montpellier, 4 (5) : 137-21'i.
FOSSÉ NÉOGÈNE DE TERUEL
187
l.a scrif SI- |»oursiiii par une fornialinn niarno-irypseiise qui a fourni aux « mines de
l.iliros», où sa puissance alleini 5U ni, une faune vallésienne. iilleesl snrinoiilée [lar 'îO inèlres
de sédimenls délril iqiies lins qui siipporl.ent à leur lotir une barre ealeaire de IfS à 20 in
d’iqiaisseur maximale. Celle barre, qui eoiisl.ilue le lerme b; jibis élevé du Miocène dans la
jiartie méridionale du bassin eumprise entre Casas lîajas et le rio de Camarena, eontient
des restes tV11i[ifuiriaii. près d(‘ sa base au voisinuffe dWdimiuz : dans les muelas situées au
nord de Uiodeva iM ;'i l'est de \ illel, où elle est siqierposée à des niveaux marneux riebes
en tïypse partieulièrement développés dans la vallée du rio île Camarena. elle n*a fourni
aucun indice iialéonlolojriqiie déterminant ; mais elle pourrait trouter son prolongement
dans la cornicbc calcaire qui, au nord de N'illel (Cas Iloyuelas), repose sur des conglomérats,
équivalents latéraux des gypses, et qui a livré des ossemenis de (iazeUn lifperdila et un
crâne iVllipjxirinn sp. gr. nirdilerraneuin. Donc, en l'état actuel des faits, cette barre cal¬
caire pourrait représenter, sur toute son extension et peut-être a\ec. tout ou partie des
couebes délril iques ipi'elle surmonte, les premiers niveaux du Turolien.
Kntrc Villcl cl Villastar, fi la lut il ode de l’Arroyo de la Canaila, elle passe à des niveaux
marno-calcaires et marneux jaunâtres avant do disparaître, à la faveur d’un léger pcndage
vers le nord, sous la formation détritique rouge de Teruel Los Monolos). Celte dernière,
dont l’épaisseur (50 ;t Itllt m) semble plus importante dans l'axe du bassin que sur ses bor-
duri's, serait donc, de par sa position si rat igrnpbique, d'âge turolien et non vindobonicn
comme on le suggérait jusqu’alors. Itllc supporte à son tour la formatimi calcaro-marneuse
blancbc de 'reriiel (Oit mi, bien datée du l'iirolicn par ses nombreux restes di* N'ertidire.s.
L’ensemble turolien, séparé vers l’ouest des déjiôts miocènes de la dépression do .lilnea,
se poursuit vers le nord jusqu’à la région d’Vlfambra (vallée du rio \lfambra) sans qu’il
soit possible de préciser s’il y re|iosc sur dos coucbcs néogènea plus auciennos ; il présente
des faciès variés, lanlol .analogues :'i ceux de Teruel iformalioii rouge suivie d'nue formation
blancbc : Alfarnbral, taiilôt principalement gypseiix f rorlajada-N'illalba ; ou esscnlielle-
ment caleai'ciix Cuevas Labradas-Peralejos).
En résumé, du point de vue stratigra|>biquc., le Tertiaire du bassin de Teruel, déposé
dans une aire de sédinieutalion continentale bien individualisée, se montre formé par un
conqilexe de sédiments délrili([ucs, gypse.u.x et calcaires au sein duquel les variations de
faciès et d’épaisseur sont nomlireuscs et importantes. La partie a.xiale du liassin est carac¬
térisée par un certain nonilirc de formations, dont l'âge s’cohelonne du Vindobonicn, au
[dus, au Turolien et dont l'épaisseur maximale cumulée atteint environ 5(t(t m; les jdus
anciennes ne sont représentées en surface ipie dans la région niériilionalc où idlcs sont le
])lus souvent surmontéc.s par des couches vallésicnnes cl par les jiremiers niveaux du Tiiro-
ben * ; celles rapjiorices r\ ce dernier étage const.il oeiil jiar contre la totalité des alflcurc-
incnts miocènes du secteur cenlro-septenirioiud où l’étudo de, terrain ne permet pas d’allii-
mer la présence, en profondeur, de niveaux plus anciens du .Xéogène. Sur les bordures du
bassin, les dill'érentes formations miocènes s’amincissent et se biseautent sur le siibstraliiin
mésozoïque; corrélativement, les faciès conglomérat iques envabissent souvent une grande
partie de la série, rendant plus délicate l’analyse stratigraphique. En gros, la biseautage
des unités lithologiques s’opère rapidement sur la bordure orientale dont il permet une
1. L’uii d'culre anus tniilefoia (E. M.) pense (pie. ces nivn.;\ux pnurraieni représenter, avec des épais¬
seurs plus faibles et des faciès dilt'ércnts, l'ensenibie des formations luroliennes de la répioii de Teruel.
77 , 2
188
FRANCIS GAUTIER, ETIENNE MOISSENET ET PIERRE VIALLARD
localisalion relalivemeiit, précise, même lorsqu’il est masqué par un éjiamlage élastique
plus récent ; il est plus progressif et s’accompagne d’une évolution de certains termes vers
des faciès détritiques sur la bordure occidentale qui, de ce fait, apparaît beaucoup moins
franche.
U. — APERÇU STRUCTURAL
Les premières données sur la répartition et l’organisation des terrains tertiaires dans
la zone interne des Chaînes Riériques sont dues à de Verneuil et Coli.o.mb (1852), de
CoBT.vzAR (1885) et Debeims (1898) dont les Iravaux menlionnenl la disposition discor¬
dante des terrains miocènes sur leur substratum secondaire. Ultérieurement, Royo Gômez
(1922. 1928) considère qtio ce Miocène constitue, dans la partie ceulrale des chaînes, un
vaste bassin, désigné sous le nom de bassin de Calatayud-Teruel ; pour cet auteur, les ter¬
rains correspondants sont fréquemment horizontaux, mais certains accidents démontrent
l’existence de mouvements postpontiens. G. Richteb et R. Teicumeleer (1938) font état
d’un bassin île reruel-Ademuz-Mira ; sur la carte jointe ii leur publication. Ils représentent
du Tertiaire récent elfondrc contre le Mésozoïque, à l’est d'Ademuz. Dans leurs études
des régions île Caseanle dfd Rio et de Riodeva, Baux (1935) cl Mahi’in (1938) riuimnais-
senl l'extension du Miocène, jiisqu’è la borilure llexuréit ou failléc dc.s sierras de Camarena
et de .favalambrc *, le premier d’entre eux décrit l'ii outre dans le Tertiaire plusieurs failles
transverses. En 1959, C. \ii.i,\i.ÔN, E. Tiugi.'Kko.s et .\. ISavabbo (23) placeiil, au NNE
de d’enud, un accident N-S entre le Miocène du secttuir d’Alfarnbra et le Mésozoïque de la
sierra d’El Pobo. Enfin. (), Rtn\ (1959), puis ( t. Rini et .f. M. Rios (I9h()-l!)(i2) admettent
l’existeiiee d’un fossé teetoniqne du Turia-Jiloca prenant, au nord-uuesi de Teniel, une
direction ajijiroximative fS.^^\-8SK ; pour ces auteurs,, sa formation résidtorail il'un effou-
dremeut pré-, iulra- et postiuiocèue.
I/cnsomble de ees éléments ne fait [tas ressortir clairement rindividnalité structurale
du bassin <lc Tcrucl, fosse tectonique s’allongeant sur plus de 8(1 km, depuis Alfambra jus¬
qu’au sud d’.Vdemuz ; il iie suuligiie pas non plus sa direction originale ANE-SSW, nette¬
ment oldique par rapport aux axes tectoniques du bâti alpin qui l'encadre. Le fossé de
Teruel eonpe en effet les stnietnres ibériques (?s\\’-SE) qui earaelériseni, vers l’ouest,
les .Montes Universales et les sierras d’Albarraein et de Palornera et qui, à Test, se mar¬
quent moins nettement dans les massifs de .laAalambre et d'El Polio. Des dispositifs sem¬
blables, transverses par rapport h la direction ibérique, se retrouvent vers l'est, dans la
partie médiierranéenne des Cbaînes Ibériques (Maestrazgo oriental). Ajoutons d’autre
part que le.s terrains miocènes du fossé de Teruel ne sont affectés d’aucun plissement lié
à des phénomènes de conqircssion, mais seulement de déformations (fraetures, ondulations,
basculements) résultant de luonvements verticaux. Parmi ces déformations, les failles
longitudinales ont. joué un rôle déterminant dans rindividnalisalion et révolution du fossé ;
essentiellement localisées sur sa hordure orientale, elles ont déterminé son caractère dissy¬
métrique. Nous les étudierons en jjremier lieu, du sud vers le nord, avant d examiner la
bordure occidentale, puis l’intérieur du fossé.
FOSSÉ NÉOGÈNE DE TERUEL
189
I. Les accidents de la bordure orientale
1. Les failles du secteur Val de la Sabina-Torre Baja-Bolage
L’accident le plus important s’imlividiialise à 3 km à l’est d’Ademuz. C’est une faille
normale, suliAerlicale, de direclion .N-S à ; elle se suit depuis le sud de Val de la
Sabina jusqu’au rio de Hiodes'a, au sud-ouest des « mines de Libres ». Elle met en contact, du
Vindobonien ou du Ponticn inférieur et du Jurassique-Crélapé ; la coinposantc verticale
du rejet est d’environ 200 m (fig. 1, 4). Alors que dans le compartiment occidental elîon-
Los Molares
1076
Cerrellar
1220
/ s.
Umbria de la Sagra
Fig. 1. — ba lioriliire orierilale (tu fossé de Teniel à l'est de Torre Baja (acci(teiil. de Val de la Salu'iia)-
•Is ; Kiinineiidsfien (ealeaires argil(>ux, ralt'aii’cs) ; Pu : Porllandien de faciès luirheckien (ai-giles
et grès) ; Ci : .Milieu de faciès Ulrillas (arjriles et sables) ; Cs : Cénomaiio-Tiirouien (calcaires, marnes,
dolomies) ; t à 'i : iSêogèue (iiumérolaLion coiiforiiie à la description slratigraphique) ; Q : ancienne
(errasse alluviale.
dré les calcaires infravallésiens (( 2 » surmontent la série rouge [irincipale (Vindobonien)
bien développée, dans le compartiment oriental ils reposent directement, en discordance,
sur le Crétacé supérieur (Romance, Cerrellar).
Ainsi, pendant le Vindobonien, la sédimentation, alors détritique, n’aurait pas dépassé
vers l’est une ligne coïncidant avec le tracé actuel de cette faille. Cette limite correspondait
donc à la bordure d’un paléo-relief qui résultait de mouvements verticaux générateurs
soit de la faille elle-même, soit d’une flexiire préalable. .\u cours du Vindobonien, le ralen-
190
FRANCIS GAUTIER, ÉTIENNE MOISSENET ET PIERRE VIALLARD
tisseiiieiil, puis l’tiiTÔl du jpu dp l'aoi-ideiil perinettcnt à la sédimeiitatioii de rcdiiiro la
dénivellation: les dépôts s'élcndi-iit plus à l’esl [>endant le Pontien. Après cette période,
l’aceideiit rejoue dans le luèuie sens en eflVuidrant de nou\ eau le coinpartinieni ix'cidental
])our aboutir au dispositif actuellcinent oliservable.
An sud de \al de la Sabiiia, le rejet ib- la faille diiniiuie ; elle passe projiressiN ement
à une (lexiire qui s’amortit ellc-niènic assez rapidenuuit à l’est de Casas Rajas. I,a faille
de \ al de la Sabina s’amortit é^aleineiil a\i nord-est de Torre Raja, lùi allei|inanl le l'io
de lîiodeva, elle passe aussi à une. Ilexure alfeelaiil le .furassique supérieur et le Miocène
diseordani. A la base de ce dernier, les ennoldiuéiats et orès inl'érieuis sont ici très peu
épais; Ils disparaissent dans un bi.se.uu .s(rati;j;rapliique à tpielques centaines de mètres
à l’est de l'aecident.
A pai'tir du rio de Riodeva, l'accident de \'al de la Sabina est relayé vers le nord par
une faille jiorinale de même direction mais décalée d’I km vers l’ouest. Se poursuivant
jus<pi'à l’est de Libros, elle se dédouble au pied du Rolaoe, faisant surgir au sein du Mio¬
cène d'étroits témoins du substratum secondaire. La série miocène présente sctisiblemenl
les mêmes caractères de part et d’autre de cet accident ; celui-ci n’a |)eut-ètre donc pas
connu, comme celui de \'al de la Sabina, de manifestation antéviudobonienne : il résulterait
de la deuxième [d)ase, posi pontienue, de fracturation.
2. L’accident du bord occidental de la sierra de Javalambre
Soi' le bord ouest de la sierra de .favalambrc. le Secondaire est brutalement alfaissé
de quelques centaines de mètres par b' jeu d'une Ilexure, souvent accompa;ïuée d»* tailles
normales, de direction \AK-SS\V. Ce disjiositif, dé\'clop]ié sur plus de 30 km depuis Sesu.a
juscpi au-delà d’Aldehuela, s’idiserve notammciit :i l'est de, la sierra de Santa Ràrbara,
secteur où seuls les termes les plus récents du Miocène parviennent au pied de rescarpement.
Au sud, l’accident est parallèle à la faille de \al de la Sabina et délimite, avec elle, un gra¬
din intermédiaire (Itg. 2). A l’est de Riodeva, la Ilexure est particulièrement nette dans
les terrains jurassiques (pl. V) : ce.s derniers, subhoi'izonlaiix au sommet de la Lonia de San
Pablo, plongent fortement vers l’ouest sur le versant occidental de ce relief. A partir de ce
SE
NW
Mas del OImo
Puebla
Javalambre de San Miguel
1600
Carrascal
1ÎOO
Los Molares
Torro
Alta
Fig. 2. — Coupe selléiiialiipjc inoiilranl tes riip|iorts flu fossé et du massif itc .Javalujiiljre.
Js : Kiinmi'i'iilgien (cateaires argileux, ealcairesi ; Pu ; Portlandicn de, faciès piutieckien (argiles
et grès) ; Ci : Altiion de faciès t'trillus (argiles et sables) ; Cs ; Cénoinano-Turouien (calcaires, marnes,
dolomies) ; 1, 2 : Miouene (mimérolalinii conforme à ta description stratigrapliique) ; 7 : formation
détritique du Piiocciie supérieur-Villafraneliien (?).
FOSSÉ NÉOGÈNE DE TERUEL
191
seticur jiisqii'îi celui situé à l'esl d'Alilpliucla, la flcxiirc est cfitnpliquée de failles uorruales
({ui elToiitlreul le Jiirassiijuc du eoniparlimenl ouest eu eoutreljas du Lia» du bloc oriental.
Plus au nord l'iicore, à l'esl de Castraho, la Ile.Kurf reste visible, mais elle alïeele moins
vi<demmeut les assises du Jurassic|ue moyen et .supérieur. Dans cette région, comme en de
nombreux jaiints de sot( trajet, raccideiil. est souvent masqué par des dépôts détritiques
de })iémont, d’àgc vraisemblablement pllo-qualernaire.
3. L’accident du bord occidental de la sierra d’El Pobo
.Vu nord de Teruel, les terrains luroliens sont brusquement limités au pied occidental
des sierras de Corbalân et d’LI Pol )0 par une faille iifirmale de direction N-S et d’nms ving¬
taine tic kilomètres de long, dont l’existence a déjà été mise en évidence dans le secteur
d'.VIfambra i23j.
Fig. 3. — Coiilacl entre les calcaires luroliens cl les marnes à gypse et intercalations dolomitujucs ilu
Keuper dans le harranco Salolirc (dessin I’. (j.vulier, d'après pliotograpliiu).
Vers son extrémité sud, cet accident est bien visible dans le liarranco Salobre où les
calcaires luroliens sont trancbcs et faildcmcnl rcbrou.ssés au contact de» marnes gyp.scii.ses
du Keuper (fig. 3) ; il est certain que la faille a favorisé ici lo mouvement diatiirique des
terrains uiarno-salifères. Un peu plus au nord, à l'est de Cuevas Labradas, le Turolien
vient buter contre les calcaires jurassiques de la sierra de Corbaléu. Plus au nord encore,
dans le seeleitr d’Alfarnbra, l’accidcnt n’est pas visible eu raison lic la [iréseuco de ua|)pes
détritiques plio-quaternaircs formant un glacis de piéinont bien développé au voisinage
d’Escoriliuela ; mais, vu la disposition du Tertiaire jiar rapport au Mcsozo'iquc de la sierra
d’El Pidni, son existence ne saurait être mise en doute et son rejet serait de quelques cen¬
taines de mètres.
192
FRANCIS GAUTIER, ÉTIENNE MOISSENET ET PIERRE VIALLARD
Si l’on fient encore oliserver quelques allleurenients de terrains détritiques postorogé¬
niques dans le secteur d’El Pobo, il ne semble pas que ces assises aient pu être en relation
avec colles de la dépression d’Alfambra. On peut donc penser que la faille bordière a com¬
mencé à délimiter le fossé vers l’est avant meme le dépôt du Turolien. En tout état de
cause, elle a fonclionné après le Turolien, la surrection corrélative de la sierra d’El Pobo
pouvant être h l'origine des éjtaiidages détritiques du glacis d'Escoribuela.
En résumé, l’analyse de In bordure orientale du bassin de Teruel et des accidents qui
la caractérisent met on évidence les faits suivants :
— le bassin est limité vers l'est par des failles normales ou des flexures effondrant
les terrains tei liaires contre le Mésozoïque ;
— tous ces accidents ont probablement joué une première fois avant le Pontien ;
certains d’entre eux au moins (les plus méridionaux) ont incontestablement fonctionné
avant le N indobonien supérieur, marquant ainsi le début de la formation du fossé. Ils ont
tous rejoué après le Turolien, effondrant cette fois, avec leur substratum, les dépôts néo¬
gènes accumulés.
H. La borduke occidentale du fossé
Dans le secteur d’Ademuz, les formations miocènes sont sensiblement horizontales
dans l’axe de la vallée du Turia ; à l’ouest de cette dernière, les couches restent subhori¬
zontales et se biseautent assez rapidement ; seuls les termes supérieurs atteignent le pied
oriental du massif du Talayôn dans le secteur de Vallanca-Negrôn (fig. 4). .\u nord-ouest
Fig. 4. — Coupe transversale du fossé de Teruel au niveau d'Adeiuuz.
Ci ; .4101611 de faciès L'trillas (argiles et satdcs) ; Cs ; Crétacé supérieur (calcaires, marnes, dolomies) ;
1 à 4 : Néogène (numérotation conforme à la description siraligrapliique).
d’Ademuz, en même lemps que le Miocètte se réduit par sa base, il se relève progi-essivement
vers rmiesl pour aller reposer en nette discordance sur le Secondaire de la région de Tove-
das-Castielfubib. Lorsqu’ils viennent au contact dti Ketiper, les conglomérats basaux sont
parfois fortement rebroussés par suite de mouvements diapiriques des terrains triasiques
(nord-est de Tovedas).
Au nord de Casticlfabib, le Miocène s'étend en afllctiremcnts disconlintis jtisqti’au
pied est dti massif permo-triasique et bercynien dtt Collado de la Plata. Il rejioso là sur
le Mésozoïque suivant une surface de discordance généralement peu déformée. Cejtendant,
entre Libros et Villel, dans la vallée du Ttiria, se dévelojipe une faille de direction NNE-
FOSSÉ NÉOGÈNE DE TERUEL
193
SSW qui, par ses caractères, se rattache à la bordure occidentale du fossé. Il s’agit d’une
faille normale effondrant le compartiment est ; son regard est donc opposé à celui des acci¬
dents de la bordure orientale (fig. 5). En effet, des calcaires vallésions, reposant en discor¬
dance sur du Muschelkalk à 1 100 m d’altitude sur la rive droite du Turia (Tormo), sont
W
E
Villaplanos
1300
El Campo
Fig. 5. — Coupe schématique dans le fossé de Teruel au niveau d’tîl Campo (faille Libros-Villel).
Tm : .Muschelkalk (dolomies) ; Tk ; Kcuper (marnes à gypse) ; Cs ; Cônomano-Turonien (calcaires
et dolomies) -,104: Néogèno (numérotation conforme à la description stratigraphique).
effondrés à moins de ÜOO m sur l’autre rive. L’accident, dont le rejet apitroebe 300 iii, est
donc postiniocènc ; le versant abrupt développé sur le. Trias doit être interprété comme un
escarpernent de faille. Pur ailleurs, dans le comparl.imenl oriental, les calcaires vallésiens
surmontent, non plus directement du Trias moyen comme à l’ouest du Turia, mais la série
rouge vindobonienne ; elle-même repose, vraisemblablement en discordance, sur du Néo-
crétacé. Ou retrouve donc un di.spositif com[iarablc à celui analysé à l’est do Torro Baja.
Ici, le Muschelkalk du compartiment ouest constituait un paléo-relief, débarrassé des terrains
mésozoïques plus récents, peut-être pendant le \ indoboiiien, alors que la formation détri¬
tique rouge se déposait en eonlrebas sur le Crétaec effondré t la faille semble avoir connu
une première expression autéviudobouicnno. Comme celles do la bordure orientale, elle
serait donc earactériséc, du part et d’anlre d’une période de k l'os.silisalioa »>, par deux yibases
actives, Tune antévindobonieniie, l'autre postpontienne (au plus tôt (loslvallésieime),
qui ont cnnlribué Inities ileux à reffondrement du eom[»arlimeut oriental cl au dispositif
actuellement observable. L’importance de ces mouvements semble toutefois s’atténuer
vers le nord ; au voisinage de, Villel en effet, l'accident, de moindre rejet, juxtapose du Keu-
per et du Jurassique lermitial, avant de disparaître, sans les affecter, sous les conglomérats
miocènes.
A l’ouest de Teruel, comme nous l’avons déjà évoqué lors de l’élude stratigraphique,
les terrains tertiaires viennent se biseauter sur le Secondaire à l’entrée du couloir du Jiloca.
Ainsi, au nord de Concud, c’est le Turolien qui repose directement en discordance sur le
Jurassique.
A l’ouest de la vallée de l’Alfambra, le Miocène se relève faiblement et progressivement
vers l’ouest. Avant d’atteindre le versant oriental de la sierra Palomera, il repose en discor¬
dance soit directement sur divers termes du Jurassique, soit sur un ensemble coiitinental
de marne.s gypseuses, de grès et, vers la base, de conglomérats polygéniques. Cet ensemble.
194 FRANCIS GAUTIER, ÉTIENNE MOISSENET ET PIERRE VIALLARD
fortement redressé comme les terrains jurassiques sous-jacents, a été rapporte au l-’aléo-
gèiie (23:, malgré l’ahseuce de faune caractéristique ; aucun élément noineau ne vient
à ce jour confirmer ou infirmer cette, attrilmtion. Cette formation qui borde la sierra Palo-
mera à l’est, sur toute sa longueur, paraît liée aux [)lis de direction ibérique : ârextrémite
sud-est de la sierra, elle disparaît sous le Miocène ; elle ne reparaît fias à l’ouest de Teruel.
léii résumé, l’exanieii de la bordure occidenlale du bassin de 'l'eriiel révèle que le Mio¬
cène vient généralement se. biseauter sur son subsiralum : le coolael Terl iaire-substral um
est le ])lns souvent stratigrapbique et discordant. Des mouvements verticau.x ont cependant
afTecté localement cette bordure, notamment entre Libros et \ illrl oîi ils ont engendré
une importante faille antithétique par rapport aux accidents bordiers orientaux.
111. Les TRAITS STRUCTURAUX ESSENTIELS .V LINTÉlilEUIi DU FOSSÉ
Les déformations des terrains néogènes à l’intérieur du fossé ne sont jamais très accu¬
sées. Il s'.ngii de large.s ondulai ions et de dispositions nionoclinales qui sont fréquemment
sous la dépendance des fractures longitudinales mais aussi sous celle de failles transversi^s.
Elles permettent de distinguer trois secteurs •. un secteur méridional i Ademuz) et un secteur
septeiilrlonal (Alfambra) de tectonique simple, un secteur central, plus tectouisé, allant
du rer ers noi'd de la sierra de Santa Barbara jusqu'à 'l'eruel.
1. Le secteur méridional
Au sud de Casas Bajas, le Miocène est demeuré subborizontal : ses divers termes se
biseautent sur le Secondaire des environs de Santa Cruz de Moya, seuls les supérieurs s’éten¬
dent en direction de l.andete. Indiquons que des formations détritiques et calcaires se déve¬
loppent à nouveau [dus au sud, dans le .secteur de Garuballa-Miia.
Dans la région d'Adeniuz-Torre Baja, le Miocène est sensiblement horizontal suivant
l’axe de, la vallée du l’uria ; vers l’est, il se relève, assez brusquement au contact de l’ac¬
cident de Val de la Sabina qui a entraîné son clîondremeat relatif ; vers l’ouest, au contraire,
il ne remonte que très lentement jusqu’au iiiod du Talayon (lig. 4).
L'organisai ion liydrograpbiqur de cette région s’est adaptée de façon frappante à ces
déformations postmincènes : les allluenis du Tiiria emivergent en elTel an centre delà cuvette
d’Ademuz, conduisant à sa dissection partielle.
Lu peu plus au nord, entre les accidents de \ al de la Sabina et du Bolage d’une part
et celui bordant le massif de Javalambre d'autre |iarl, les terrains du compartiment inter¬
médiaire de Mas del Dliiio-Saiilu Biirlmra présenlent une disposition syucliiiale qui est bien
visible sur la rive ilroite du rio de Biodeva. Celle di.sposlllou s’i'lfaee dans la partie nord
de. la sierra de Santa Barbara où la dalle supérieure n'csl plus que faiblemciil gauchie.
Mais sur le versant ouest de celte sieriai, les couclies s’abaissent jusqu’au fond de la vnillée
où elles Soûl Iraiiciiées, enire l.ibros et El Canqio, jiar la faille de Libros-N’illel.
2. Le secteur central
A la limite du secteur précédent, les couches subhorizontales sont affectées par un
réseau de failles subv^erticales N-llOoE, donc quasi perpendiculaires à la direction générale
FOSSÉ NÉOGÈNE DE TERUEL
195
(lu fossi^. {j((s fractures, peut-être liées à la présence, sur la Itonlure orientale, de terrains
marnn-gypseux Iriasiqiies a\ec lescpiels leurs relations sont mal riclinies, sont génératrices
d’un [)etit graben transversc enijirunté par le rio de Cainarena, entre Cascante et \ illel
(flg. G). Au nord de celte \allée, les assises miociuies dessinenl un large dôme, plongeant
N
S
Muela de Cascante
Fig. ('). — l.e irralicn tiaiisv-eisal ilu rio cti- Gaiiiarena, en aval île Caseniile Jel Itin.
il (a el. li|, 4 : Xênvêiie (nuniérolation conforme, à la iloscrijitinn stralij^ranliii(ne|.
très fiulilenieni vers l'esl, ^•e^s rouest et \ ers le nord ; elles ne se relc\'ent sur le Mésozoïque
qu’au.v enx irons de Guida à l’est et de \ illel à l'ouest : vers le nord, elles plongent faildement
et régulièrement depids la Imite 11157 {(il. I\') jus((u’aux abords de 'l'eruel. Là, la formation
turolienm; est brutalement exhaussée d'une centaine de mètres (Santa Barbara. Los Man-
suetos) (lar une flexure-faille .\-l I0o|t qui passe sur la bordure sud de la ville avant de
s’infléchir et de s’amortir vers le sud-esl.
A proximité nord de Teruel, se développent d’antres accidents Iransverses. An nord-
ouesl de raggloniéralion, un aei'ideni de direction ibéri(]ne maiapn; la bordure nord du
couloir du .liloca, couloir dont l’iiistoire paraît très dilférente de celle du fossé de Teruel
et qui n’en constitue pas le pridongement vers le nord-ouest. Près de Concud. l’accident
surélève, eomnit} la flexure-faille de Teruel, le Pontien du comjiartiment nord. Itans ce
comjiartiinent, à l’entrée de la valléi; de l'.Vlfambra, le Tnrolien repose direetemeni. sur du
Jurassique. Au nord-est de Teruel, une faille de même, direction et de même nature, (irolon-
geant j)eut-(’'tre l'accident précédent, juxtapose Turolien au sud et Jurassique au nord ;
elle s’amorlil assez ra[iide,m(!nt vers l’est, près du rio Seco. Sur le versant nord de la colline
de Santa Barbara, le contact du Tnrolien et du Keuper semble av(nr un caractère dia|nrique.
3. Le secteur nord
Comme dans sa partie la (dus méridionale, l’intérieur du fossé (irésente ici une structure
simple. Les formations neogènes, dont le Tnrolien eonslilne tous les alllenremenis au voi¬
sinage du rio .VIfambra, ont subi un basculement en bloc vers l’est et s’-abaissent li-nteinent
vers la faille bordière qui longe la siiu'ra d'Iîl Pobo (lig. 7). .Mais raccunudation de nappes
détritiques de (liémont (Kse.orihuela) au bas de l’escaïqiement de faille masque le contact
entre le Tnrolien et le Mésozoïque et empêche d’observer Talluro des couches sur cette lior-
dure du fossé.
Au NNE d’.AIfambra, la terminaison du fossé se marque, rappelons-le, par le biseau¬
tage des assises turoliennes entre du Jurassique et des cailloulis horizontaux attribués au
Pliocène.
WNW
Fig. 7. — Coupe transversale dans la partie septentrionale du fossé de Teruel.
T : Trias (dolomies, marnes à gypse) ; J : Jurassique (dolomies, calcaires, marnes) ; Pg : Paléogène (?) ; 5, 6 : Turolien (numérotation conforme
description stratigraphique) ; 7 : formation détritique du Pliocène supérieur-Villafrancliien.
FOSSÉ NÉOGÈNE DE TERUEL
197
IV. Conclusions
Il ressort île cette esquisse striiel iirole que le hassiii de l'eruel corre.sqoiul à un fossé
tectonique dont les caractères géométriques fondamentaux sont d’une part son orientation,
transverse par rapport f» lu direction iliérique, d’autre part sa di.ss\miétric ; ces (-aractères
sont essentiellement sous la dépendance, dns accidents bordiers orient,aux, Ces derniers ont
joué au moins en deux temps ; un premier afiaissement s'est produit au plus lard avant le
Yindobonicn snpcrionr, donnant naissance à une gouttière sédimenlaire qui a clé comblée
au cours du Vindidionicii snjiéricnr et pendant tout le Pnntien (Vallésicn et Tnrolicn) ;
un deuxième elîomlremeiit est survenu après le Pontien, vraisemblablement avant la fin
du Pliocène. Ce rejeo a contribué j'i accentuer la dissymétrie du fossé et a engendré des
déformations de. faible amjilitude au sein des formations coiil ineiitales de remblaiement.
Ainsi donc, les terrains néogènes <lu fossé de TerueJ n’ont .subi aucune phase de serrage ;
leurs déformations sont le résultat soit du jeu de fractures normales ou de llcxures, soit
localement du diapirisme des terrains triasiquos des bordures ou du substrat ; elles sont donc
uniquement liées à des mouvements verticaux.
C. — ÉVOLUTION ET PLACE DU EOSSÉ DE TERUEL
DANS LES CHAÎNES IliÉRlQUES
Dans les plis ibériques de direction générale NW-SE, le fossé de Teruel s’individualise
tant par l’âge de ses terrains que par les caractères de ses déformations.
En ellet, bien qu’une inccrliliide demeure (juant à l’âge exact des formations détri¬
tiques liasales, il est à peu près certain qu’elles représentent essentiellemeut du Miocène.
Or, sur les bordures aragouaisc et castillane des Chaînes Ibériques (région de Uiuiciie-Mon-
talbân au iiord-est, région de Cuenea vers le sud-ouest), les accumulations détritiques ter¬
tiaires ont débuté au plus taril îi l’Ctligucèiic. Eu sédiiueiitatiou eoiilineutale dans le fossé de
Teruel, zone située à riutéri(uir des ebaîiie.s, se révèle donc plus réeetite que sur leursbordures.
Alors que les jilis <lcs Chaînes Ibcritpics sont d’orientation générale NW-SE cl d’âge
poststampicn (16, 40), le fossé de Teruel est de direction « méditerranéenne » (NE-.SW) ;
il a connu an moins deu.x jibascs irclfuudremenl, l’iiiie miocène, l'autre postmiocène. Il
existe donc une différence marquée entre le style, rorienlal iuii et l'âge des dél'ormalions
dn fossé de Tiuoiel et les traits gcnérau.x fin plissement des Chaînes Ibériques. Le sommet de
rOligooèiie, d’une part, et la base du Miocène, d’antre part, n’olant (las caractérisés, une
imprécision demeure à la fois sur l'âge exact de la fin du plissement et sur oeini dn début
de rintlivddiialisalion du fossé. Il est par eunséquent dillieile d'apprécier rimpurtanoe du
décalage elironologiqne entre les deux phases tectoniques, décalage <[ui apparaît pourtant
clairement démontré par deux types au moins d’oliservations : sur le plan morpliologique,
par les importantes déformations qu’a subies vers l’est, à partir dn fossé de Teruel, la surface
d’aplanissement fondamentale élaliorée et bien consers'ée sur les Montes tCniversales et la
Serrania de Cuenea ; sur le plan structural, par le sectionnement des plis de direction ibé¬
rique par le fossé de Teruel. Cette fracturation transverse NNE-SSW, plies récente que le
198
FRANCIS GAUTIER, ETIENNE MOISSENET ET PIERRE VIALLARD
plissenieiit ibérique, se développe vers l’est ; l)ieii marquée dans toute la partie orientale
des Chaînes Ibériques, elle a déterminé, (oitre autres, rorientation du littoral méditerranéen.
orvH.vc.KS coNsn/rÉs
1. AoHOVEFi, R., 19(i2. — Hallazgo de restes de Mastodonte en las arcillas rojas de Teruel. Xuevo
yacimiento de Las Pedrizas. « Teruel », 27 : 198-198.
2. - 19(!3. — Lstado aetual de las in\ estijfaeioiies paleonloh'ifrieas l’ti la provincia de Teruel.
« Teruel », 29 : 89-148.
3. Bakx, L. a. .1., 19d.â. — La géolo({ip de Cascante del Rio et de Valaeloehe (Espagne). Leid.
'^enL MedeiL, Leiden, 7 : Lâ7-22tl.
4. Biiior. P.. 19.84. - .V propos de quelques travaux réeents sur la eliaîne eeltibériipie et ses
anne.xes. Anu. (îèugr., Paris, 43 : 9()-99.
5. — 19.89. Esquisse inorpliologique des Monts eeltiliériqiies orientan.x. liull. Coiiiilé
True. hisl. et sn'etil., sert, (léogr,, 72 ; 191-130.
6. Romeo. R., 19.89. — .Vspeels inorpliologi(pies fin bassin de Calatayud-I taroea et de ses bordiiis's.
liull. -Lw. LVogr. fr.. Paris, 291-292 : 189-194.
7. Ç.OKT.Àzva. I). DE, 1885. Rosqiiejo flsieo-geidijgieo y minero de la [u'oviiuia de Ternid. liai.
( iiin. fieol. fe’.s'p., .MadrnI, 12 : 292-907.
8. r.KOLZKi-, I’., et P. \ i\i iMii), 1998. Sur un nouveau gisement de Mammifères fossiles dans
la jiro\inee de Lnenea (C.haîm* ibérique, Esjingne). C. r. .Sur. ^éul. Fr., Paris, (l) ; i-4-1.5.
9. (’.nt sAEoNT Paiiîô. .M.. .1. I'. DE \ IM. vi.i A et .M. .Iri.ivEriT, 1984. — Notas para la Eslrati-
grafia y Paleonlologia de la euenea de t'.alatayud-Teruel. .\ol. f’urii. lusi. (leol. .Min.
Fuj)., .\iadrid, 34 : 43-.88.
10. Ciu sAKONT Paihi'i, .M., et ,1. F. i>K 8ii.i Ai.i A. 1958. — l'na eam|)ana paleontolùgiea en la
euenea tereiaria de C.alataynd-Teruel. « Teruel », 14 : 218-221.
11. Lui sAFONT Paihô, M., .1. F’. DE ViM.Ar.TA et .1. Tiu Yoï.s Santon.ia, 1987. — Defjnii'iôn estra-
tigri’dleo-palennlolôgica de la euenea tereiaria de Calalayud-Teruel. (Jiir.i. ij ('unf.. Iii.sl.
« Lueii.s Malltula », Cons. Sup. Inv. Lient., Madrid, 4 : 89-91.
12. Cuis.vl'oNr Pmfui, \1., et J. THrA'oi.s Santon.ia, 1990. - El .Mioi'eiio rie las Cncneas de Cas-
tilla y lie la CordilliTa Ibérica. A~ol. Cuin. InxI. fleol. .Min. F.-tfi.. Mailrid, 60 : 127-140.
13. CiirsAEo.N'r Paiiîô, .M., et .1. TnfYoi..s S.anto.n.ia, 1994. — ,\pi‘iT;u (dironoslratigraphiqiie
des bassins de t’.alatavud-Teruel. Ci/r.s. y Conf., Inst. « Litens .Mulluilfi », Cous. Snp. Inv.
i:ien., .Mailrid, 9 : 89-92.
14. Deifeims, a., 1898. — Reeherehes géologiques dans le Sud de l'.Vragon. Thèse Fae. Sci., Paris,
198 p.
15. rit ei Y UE Lô.mi.:, E., et C. Fernânuez de Calea'.a, 1918.— Nota aeerea de un yaeiiniento
fie maniiferos fiîsiles en cl Riiieiin de .Vdemuz (Valencia). Uni. In-M. Cleul. Esp., .Vladritl,
2« sér., 19 ; 299-348.
16. Faelot. P., et .1. R. Ratam.eh, 1927. — Itinerario geolôgieo a triiA ès del Rajo .\ragôn y el
-Maestrazgo (Esp.L .Mein. H. .\<ad. Ciene. Art.. Barcelona, 20 (8) : 227-397.
17. CiEnA Ais, P., 1852. — 1 Iiîseription des ossements fossiles de .Mainmifères rapporti's d’Espagne
jiar .M.M. do Verneuil, Collonib et de Loriêre. liull. Soc. géol. Fr., Paris, 2® sér., 10 : 147-
167.
18. Hahne, K., 1943. — La eadena eeltibériea al Este de la linea Cuenea-Teruel-.Alfainbra. V.
Publi. alemana.'i sobre Gcologia de Espnna, Cons. Sup. Inv. Lient., Madrid, 2 : 7-50.
FOSSÉ NÉOGÈNE DE TERUEL
199
19. — Ifivesligaciont's cstratigrafifas y tectiiiiicas i“n las provinoias de Teruel,
Caslelloii y Tarragotia. VI, Publ. uleniana sobre Geologiii de Espana, Cons. Sn|). Inv.
(aetil., Madrid, 2 : 53-l<l2.
20. HKHNÂ.NnF.z-PAoiiKtio, li., l9l.(î. — l'Visiles de lus Aljezares de Teruel. Bol. H. Soc. Esp. Hist.
Madrid, 16 : 220.
21. — 1924. — Notieia solire le yaeiinieiito paleoiitologico de Concud (Teruel). Bol. B. Soc.
Esp. HUt. Nui.. .Madrid, 24 : 401-404.
22. — 19,30. — l.as grandes lieras de los yarimientos palenntolôgicos de Conend (Teruel).
Bol. B. Soc. Esp. tlisl. Nul., .Mailrid, 30 : 149-108.
23. Insliliitu geuliigieo y miiieru de Espaùa. — .Mapa geülijgieu de Espana, 1/üO 000. Iloja ,541
iSanla Eulalia), 1959 par (L \ ili.ai.on, E. Tiuui ehos et A. Navahko ; Iloja 542 (.\lfambra),
19.59 jiar (!. 4 i i.i Ar.iiN, E. Tuko'Kbos et A. A^avahho ; Hoja 507 (Teruel), 19,31 [lar E. Dl'pua'
Dr. l.iiMK, .1. Di; CuiHdsTizAij.e et I’. dk Nuvti.
24. Ji i.ivriir. .M.. 19.54. — Observaeiones sidire la leetiiniea île la dejuesiôu de Calatayud. .4rra-
liotin, SaOadell : 3-18.
25. Lorzr, 1'., 1929. — Stratigraphie iiiid Tektonik des Keltiheriselien (’irundgehirgi's (Spanien).
Bciir. fîeol. Westl. Medilerr., lîerlin, .\hh. N.l'., 14 (2), .320 ji.
26. M AariN, H., 19,30. — Die Géologie von Cainarena de la Sierra und Hiodcva. Leid. ^eol. Meded.,
Leiden, 8 : 55-154.
27. N.\v \s, I’. 1... 1922. — .\lgunos fôsiles de Lihros (Teruel). Bol. Soi-.. Ibér.Cienr. Nui., Zara-
goza, 21 : .52-61.
28. — 1922. .\lgunos fésiles de Lihros (Teruel). .\dieiones y eorreeeioiies. Bol. Soc. Ihér.
Cienc. Nul., Zaragoza, 21 : 172-175.
29. Riu v, t >., 1959. —- Esludio geoh'igieo de la Sierra de .Vlharraeln. .Monogr. 16, Inst. « Lucas
.Mallada », Cons. Su]). Inv. Lient, .Madrid, 28.3 p.
30. Riua, D., c( .1. M. Rios, 1900-1902. • )hser\ alions sur la stineture dti secteur SW de la ehaîne
ihériiiue (Esjiagne). Livre à la .Mémoire de F'. Fallut, .Méin. liors-sér. Soc. géol. Fr., Paris,
vol. I : 275-290.
31. Rii nii'R, G., et R. TKicu.Müt.i.Ka, 1933. Die J'intwiekiung des keltiheriselien Kelten. Ahh.
des. .\kud, lT5'.?,ï. Güitinpen, .Math-l’hys. Kl.. 3 (7), 118 p.
32. Rom vn, F., 1920. Sur la découverte d’une faune de .Mammifères de l’étage, Poiitien à Lihros
(province de 'reruel). C. r. .\cud. Sci., Paris, 182 : 1234-1235.
33. — 1927. — Sur i]ueh|ues restes de .Mammifères découverts par le R. P. Longinos Navas
dans les argiles pontiipies de Lihros (Teruel). Bidl. Soc. géol. Er., Paris, 4® sér., 27 : 379-
385.
34. Rovo Gômkz, .1., 1922. — El Mioceno continental ihéricu y su fauna inalacoléigica. Coni. Ino.
Put. y Prehist., .Madrid, .Mem. ,30 (ser. paleont. 5), 2,30 p.
35. — 1920. — Tectùnica del Terciario Continental Ibérico./lo/.//i.s't. Geo/. A/j/i. E.sp., Madrid,
47 : 131-103.
36. Soi.K Sabakîs, L., et O, Riba Abderiv, 1952. — El relieve de la Sierra de Albarracin y zones
limitrofes de la Cordillera Ihérica. « Teruel », 7, 10 p.
37. SoNDAAH, P., 1901. — Les Hijiparions de l'.Vragon méridional. Estudios géolôgicôs, Inst.
« Lucas Nlallnda », Cons. Su]). Inv. Cient., Madrid, 17 : 209-305.
38. TnaarniA, .1., 1754. — Aparato para la Histnria N’atural espanola. 14 pl.
39. VEBNEi n., E. DE, Pt E. C 01 . 1 . 0 MB, 1852. —- Coup d’rpil sur la constitution géologique de quel¬
ques provinces de l’Espagne. Bull. Soc. géol. Er., Paris, 2® sér., 10 : 01-147.
200
FRANCIS GAUTIER, ETIENNE MOISSENET ET PIERRE VIALLARD
40. ViALLARD, P., et L. Grambast, 1970. — Sur l’âge post-stampien moyen du plissement majeur
dans la chaîne ibérique castillane. C. r. Soc. géol. Fr., Paris, (1) : 9-11.
41. Villalta, J. F. DE, et M. Crusafont Pairô, 1947. — Les gisements de Mammifères du Néo¬
gène espagnol. C. r. Soc. géol. Fr., Paris, (14) : 278-280.
42. WooDWARD, A. S., 1903. — The lower Pliocène Bone-Bed of Concud. Prov. of Teruel. Spain.
Geol. Mag., London, 10 : 203-207.
Manuscrit déposé le 9 juin 1972.
PI.ANIJIIK I
Le fossé (le Teriiel ; cadre géographique et coupes straligraphiques.
Ji : Lias (calcaires) ; Cs : Cénoinano-Turonieii (calcaires et dolomies) ; 1 à ti : Viiidobonien-Vallésien-Turo-
lien ; 7 : PUocèue supérieur-Villatrancliieu (?). La nuraérotation et la figuration lithologique sont
conformes aux descriptions du chapitre A ; à défaut de repères palcoiilologiqiics sutlisarament nom¬
breux et précis, les corrélations proposées n’ont pas toujours une valeur rigoureuse, certaines sont
hypothétiques.
PLANCHE I
PLANCIll': 11
Hipparion sp. gr, incditerraneum du Turolieii de Las Hovuelas (nord de Villel). ïète osseuse en vue latérale. X 2/5 environ (photographie
M. Destarac).
PLANCHE 111
Hipparion sp. gr. mediterraneum du Turolien de Las Hoyuelas (nord deVillel). Crâne en vue palatine. X 2/5 environ (photographie M. Des-
TARAC).
204
FRANCIS GAUTIER, ETIENNE MOISSENET ET PIERRE VIALLARD
PLANCHE IV
En haut. La série miocène (Vindobonien-Vallésien) du Bolage, au sud-est de Libros.
la ; conglomérats, grès et argiles gréseuses rouge orangé ; Ib ; argiles et marnes rougeâtres et grises, à
passées gypseuses ; 2 ; marno-calcaires et calcaires blancs.
En bas. — La série néogène entre la Muela 1057 (à droite) et Teruel (à gauche, au fond).
3a : marnes gypseuses jaunâtres et bancs de gypse ; 3b : marnes blafardes, rosées et grises, à cristaux de
gypse ; 4 : calcaires ; 5 : formation détritique rougeâtre (« Los Monotos ») ; G : formation calcaro-gyp-
seuse blanche.
PLANCHE IV
206
FRANCIS GAUTIER, ETIENNE MOISSENET ET PIERRE VIALLARD
Pl.ANCHE V
En lifinf. — La série turolienne au voisinage de Teruel.
5 : formation détritique rouge de Los Monotos.
6 : formation calcaro-gypseuse blanche de Teruel.
En bas. — Flexure des terrains jurassiques (Kimmeridgien-Portlandien) marquant, à l’est de
Riodeva, le bord occidental de la sierra de Javalambre.
PLANCHE V
Achevé d’imprimer le 30 mai 1973.
IMPRIMERIE NATIONALE
2 564 003 5
Recommandations aux auteurs
Les articles à publier doivent être adressés directement au Secrétariat du Bulletin du
Muséum national d'Ilistoire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris. Ils seront accompa¬
gnés d’un résumé en une ou plusieurs langues. L’adresse du Laboratoire dans lequel le
travail a été elTectué figurera sur la première page, en note infrapaginale.
Le texte doit être dactylographié à double interligne, avec une marge suffisante, recto
seulement. Pas de mots en majuscules, pas de soulignages (à l’exception des noms de genres
et d’espèces soulignés d’un trait).
Il convient de numéroter les tableaux et de leur donner un titre ; les tableaux
compliqués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure.
Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2® sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
Les dessins et cartes doivent être faits sur bristol blanc ou calque, à l’encre de chine.
Envoyer les originaux. Les photographies seront le plus nettes possible, sur papier brillant,
et normalement contrastées. L’emplacement des figures sera indiqué dans la marge et les
légendes seront regroupées à la fin du texte, sur un feuillet séparé.
Un auteur ne pourra publier plus de 100 pages imprimées par an dans le Bulletin,
en une ou plusieurs fois.
Une seule épreuve sera envoyée à l’auteur qui devra la retourner dans les quatre jours
au Secrétariat, avec son manuscrit. Les « corrections d’auteurs » (modifications ou addi¬
tions de texte) trop nombreuses, et non justifiées par une information de dernière heure,
pourront être facturées aux auteurs.
Ceux-ci recevront gratuitement 50 exemplaires imprimés de leur travail. Ils pourront
obtenir à leur frais des fascicules supplémentaires en s’adressant à la Bibliothèque cen¬
trale du Muséum : 38, rue Geolîroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris.