BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
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PUBLICATION BIMESTRIELLE
SC!
îenees
de la terre
N° 17 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1971
11111
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75-Paris, 5 e
Directeur : P r M. Vachon.
Comité directeur : P ra Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : M me D. Grmek-Guinot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Le Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes l à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Ecologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His-
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75-Paris, 5 e (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75-Paris, 5 e (C.C.P., Paris 17591-12 —
Crédit Lyonnais, agence Y-425) ;
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 61, rue
de Buffon, 75-Paris, 5 e .
En 1971, deux sections sont représentées :
Zoologie (prix de l’abonnement : France, 96 F ; Étranger, 110 F).
Sciences de la Terre (prix de l’abonnement : France, 24 F ; Étranger, 27 F).
En 1972, paraîtront également les sections suivantes : Botanique, Sciences
de l’Homme, Sciences physico-chimiques.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 17, septembre-octobre 1971, Sciences de la Terre 1
Un nouveau moulage endocrânien
de Procamelus du Pliocène inférieur
par Jacques Repérant *
Abstract. — 1 bave examined a second “ fossil brain ” of Procamelus troin the Pliocène,
which gave lis the opportunîty to complété our earlicr conclusions about the évolution of the
brain of Catnelinî during this period : the operculization of tbe gyrus I is nol so important in
Procamelus- front the Pliocène as it is in the présent day Camélidés, also the oblique and eetolate-
ralis Systems and the arcunte nuiras are not complet ety dilîerenliated. On l.lto ni.hcr hartd as in
the modem for-rns the siiprasylvian, luteralis and entolatcralis suivi arc very much medially Irans-
lated and the subits X is very clearly delincatcd, The. comjtnrison of lhe two spécimens of Pro-
cumelus front the Pliocène bas permitted also to open the question of cvulnl.ionary variahility
in convolution of the brain surface, An important exemple of this is the émergence of a hypo-
tliesis that the relationship of the suprasylvian and ansatus sulci is represented in lhe primitive
form in ('iitncfini,
Resumen. — El examen de un segundo ejemplar de un « cncefaio fossil » de Procamelus del
Plioceno nos da la ocasîôn de révisai- y completar nuestras conclusiones anteriurcs sobre cl grado
de evoluciun cérébral de los « Came-lini » durante este période) : la opercnlasnciôn del gyrus I es
mucho menos importante en los Procamelus del Plioceno que en los Camélidés actualcs, por cl con¬
trario lus sistemas oblieuo y ectoluterahs, y el surco urcimltts estan incoioplct.ainente diferenciados.
Por el otro lado, eoino an las formas moderuas el suprasyloia cl luteralis y cl ecioTtne.ralis son luerte-
mente « intruvartidos » y al surco X pei-fectaïuaule iudividualizado, La eomparacion de los dos
ejemplares de Procamelus dal Plioceno nos partiale igualmente ahordar el problema de la varia-
bilidad dal sisU-ma giroencefalico. Su aspeeto mas interesante es probahlamente fa hipotùsïs segûn
la cual la union antre el surco suprusyleiti el anseato représenta en los Camelini una disposicion
primitiva.
Le moulage endocrânien artificiel de deux Procamelus 1 provenant d’un niveau plio¬
cène inférieur du gisement de Burge Quarry (Nebraska) nous a été confié en 1966, à la
demande du Professeur J, Anthony, par la regrettée T. Edingf.r. Nous avons dans une
première note (Repérant, 1970) décrit et interprété le premier de ces spécimens (E.A.M.
40 366 AINS 309 1872) à la lumière des résultats acquis sur l’encéphale et le moulage endo-
erâuien des Tylopodes modernes (Repérant, 1969). L’examen du second « encéphale fos¬
sile » (F.A.M. 40 425 AINS 280 1433), dont nous rendons compte aujourd'hui, rions donne
* Laboratoire d'Anatomie, comparée du .Muséum national d,'Histoire naturelle, 55, rue de Buffon,
75-Paris. 5 e .
1. Ces deux moulages cndocrànicris confectionnés au « FrieU Laboratory of Lhe American Muséum »
appartiennent vraisemblablement à des individus d’une même espèce, voisine selon B. E. Taylor (com¬
munications personne]les, 1969) de Procamelus grandis Gregory.
17, 1
2
JACQUES REPÉRANT
donc l’occasion de revoir et compléter nos conclusions sur le degré d’évolution cérébrale
des Camelini 1 durant cette période. Malgré plusieurs déformations fâcheuses dues à l’écra¬
sement du crâne au cours de la fossilisation, la pièce permet en effet d’utiles confrontations
avec le premier spécimen.
Description et interprétation du moulage endocrânien 2
F.A.M. 40 425 AINS 280 1433
Les mensurations principales du moulage sont assez voisines de celles relevées sur le
premier spécimen comme l’indique le tableau suivant :
Mensurations
Longueur prise sur l’hémisphère cérébral gauche entre
l’extrémité antérieure du néocortex frontal et la face
postérieure du venais.
Longueur maximale de l’hémisphère cérébral gauche
(bulbe olfartif exclus)., , . ....
Largeur maximale des hémisphères cérébraux.
F.A.M. 40 366
AINS 309 1872 3
141 mm
101 mm
84 mm
F.A.M. 40 425
AINS 280 1433
144 mm
100 mm
82 mm
Nous envisagerons l’étude des différentes vues de ce moulage endocrânien en prenant
en considération, pour les faces latérales, les côtés droit et gauche, afin de mettre en évi¬
dence les variations du système fissurai.
Vue ventrale. — Le moulage montre un écrasement quasi complet de la face ven¬
trale, rendant impossible la lecture des différentes régions du plancher de l’isthme encé¬
phalique. Seule, l'empreinte de la fosse pituitaire apparaît parfaitement individualisée sous
forme d’un relief circulaire légèrement convexe en tous sens, et dont le diamètre mesure
environ 14 mm. Par ailleurs, les différentes régions du lobe olfactif antérieur et du lobe
olfactif postérieur demeurent illisibles.
Vue antérieure. — La région antérieure des hémisphères cérébraux se montre par¬
ticulièrement déformée et écrasée. De chaque côté, l’empreinte de l’extrémité orale du
lobe frontal se poursuit sans délimitation nette avec celle du bulbe olfactif, le tout formant
on ensemble mal défini.
Vue latérale droite. — Notablement comprimée transversalement, la face latérale
droite du moulage endocrânien présente une modification importante du modelé. Aucune
région du cervelet ni de la pars b as ails rbinencépbalique n’est réellement discernable. On
identifie seulemenl quelques sillons néocorticaux.
1. Le genre Procameîus inclus dans la tribu des Camelini serait probablement à l’origine des Cha¬
meaux: actuels jWi-BB, 1965) +
2. La nomenclature employée est celle définie précédemment chez les Camélinés actuels et fossiles
( Rkpkkant, 1969, 1970).
d. Pour la commodité de la discussion (p. 6), nous désignerons respectivement F.A.M. 40 366 AINS 309
1972 et F.A.M. 40 425 AINS 280 1133 par Procameîus 1 et Procameîus IL
MOULAGE ENDOCRÀNIEN DE PROCAMF.LUS
3
Le système oblique, indistinct dans la région ventrale du gyrus 11 postérieur, demeure
toutefois indique, non loin de la suprasylvia, par deux courtes anfractuosités parallèles,
orientées d'arrière en avant vers la base de l enccphale (fig. 2). L’extrémité du complexe
sylvien est surmontée vers l’arrière par une courte dépression et vers l’avant par un long
sillon, oblique de bas en haut et d’arrière en avant, lié rostralement à la suprasyl via moyenne
(fig. 2). La première anfractuosité fait vraisemblablement partie du sillon arqué. Le second
Fig. 1. Schéma «tu moulage fwtnmVnirn artificiel du Piiicaiiu'lns pliocène,
l'.A.M. ',0 'Gif) Al.NS 2S0 1433, on vue latèralo gauche.
an., ansate ; h.a., bulbe olfactif ; h.d.x.a.. hriuiche ilosooiidaitle de la mqirnsylviu antérieure ; e,,v, complexe
sylvien ; r/., diagonal ; l’.a./i., portion Iniri/ontide de IVetosvIvia anlerienre ; cctosylvia posté¬
rieure ; f.ptt., tissure pnrnmédinnc ; tissure postérn-supérieure ; hémisphère cérébelleux ;
I.c.c., limite cérébro-cérébelleuse ; ni.r., moelle épinière! In.l.d.p. rn.I. oe., moulage du trou déchiré
postérieur — moulage du trou ovale; ni.I,nia. | m.f.i.c.pj., moulage du trou mastoïdien -f- moulage
du foramen interne du eundiul parîéto-lemporal : n. Ail, nerf Xlt ; ub. 1, oblique 1 ; ob. 2, oblique 2 ;
r. a.e.a., rameau ascendant de i’eetosylvia antérieure : rli. t rhinale ; s., suprasylvia ; s.ar., sillon arqué ;
s. sa., sinus sagitlal; s.r, sillon x; en., vcriuis.
sulcus pourrait figurer une branche descendante de la portion moyenne de la suprasylvia
ou bien le tronc principal d'un sillon arqué relativement développé. Le diagonal apparaît
sur l’hémisphère cérébral droit sous forme d’un sillon court bien marqué, peu ramifié,
oblique de bas eu liant el d’arrière en avant, situé postérieurement il la branche descen¬
dante de la suprasylvia antérieure, (.él it* dernière, relal ivemenl hien définie, reste sans
relation apparente avec le diagonal. Par ailleurs, dirigée obliquement d’avant en arrière
et vers la base de l’encéphale, elle se termine à environ 15 mm de l'extrémité antérieure
du pôle frontal el à mi-hauteur de la face latérale de l'hémisphère cérébral (fig. 2).
Vue latérale gauche (fig. i). L’encéphale, sur cette lace, moins déformé qu’en
vue latérale droite, demeure néanmoins particulièrement altéré dans sa région inférieure.
Aucune formation rhinencéphalique ne peut de ce fait être effectivement reconnue. En outre,
■ 17 , 2
4
JACQUES REPÉRANT
le trajet de la scissure rhinale reste imprécis. Nous envisagerons isolément le modelé du cer¬
velet et celui du néocortex.
Fig. 2. — Schéma du moulage endocrânien artificiel du Procamelus pliocène,
F.A.M. 40 425 AINS 280 1433, en vue dorsale.
an., ansatc ; b.d.s.a., branche descendante de la suprasylvia antérieure ; b.a.s.m., branche ascendante de
la suprasylvia moyenne ; b.d.s.ni., branche descendante de la suprasylvia moyenne ; r..v., complexe
sylvien ; </., diagonal; ec,, eclolatéral ; f.pa., fissure para médiane ; f.p.s., fissure postéro-supérieure ;
li.c., hémisphère cérébelleux; I, latéral ; !.r r. , limite cérébro-cérébelleuse ; />.//., pressoir d'Hérophile ;
s., suprasylvia moyenne; s.oli., système oblique ; s. [>., suprasylvia postérieure; s.sa., sinus sagittal ;
s.r, sillon x., \>e., vorniis.
a) Cervelet. — L’interprétation de la face latérale du cervelet demeure particulière¬
ment délicate. Si l’on devine le moulage du foramen interne du conduit temporo-pariétal
et du trou mastoïdien, le moulage de la fossa subarcuata (lobule pétreux du paraflocculus)
MOULAGE ENDOCRÂNIEN DE PROCAMELUS
5
et du méat auditif interne sont mal définis ; les différents lobes et lobules de l’hémisphère
cérébelleux, par ailleurs, n’apparaissent pas distinctement.
b) Nêocorlex. — Quoique peu marqué, le sillon ectosylvien antérieur offre un tracé
relativement aisé à définir, tandis que celui de fectosylvia postérieure n’est que Faiblement
indiqué, Au centre sc dessine légèrement une courte anfractuosité verticale correspondant
au complexe sylvien, d’où se détache vers l’avant la portion horizontale de fectosylvia
antérieure, prolongée par son rameau ascendant.
Le diagonal forme une scissure profonde, sensiblement oblique, dirigée de bas en haut
et d’arrière en avant. Ce sillon peu ramifié, relativement court, rejoint antérieurement
f ansate.
Sensiblement au-dessus du complexe sylvien, en arrière du diagonal, s'inscrivent
légèrement deux courtes dépressions obliques qui lui sont parallèles. Ces suivi à peine mar¬
qués correspondent vraisemblablement au sillon arqué.
Le système oblique est aussi différencié que chez le spécimen F.A.M. 40 366 AINS 309
1872. De la suprasylvia postérieure émerge un oblique (oh. 1) relativement profond, dirigé
de bas en haut et d'arrière en avant, d’où parlent deux suivi, d'importance inégale, paral¬
lèles entre eux et à la base de l'hémisphère cérébral. L’anfrnctuosil.é la plus courte située
verticalement représente une ramification de oh. 1. L’autre, beaucoup plus longue, placée
à environ I cm de la suprasylvia et rompue postérieurement., correspond au sillon oblique 2.
Ce dernier donne naissance, également du côté médian, a deux branches verticales qui,
toutefois, n’atteignent pas la suprasylvia. L’oblique 3 n’apparaît pas ; néanmoins la mau¬
vaise qualité du moulage ne permet pas de conclure à son absence.
Vue dorsale (fîg. 2). — Si l’on exclut l'extrémité antérieure de l’hémisphère céré¬
bral, la face dorsale de ce moulage endocrànien est généralement bien conservée.
a) Cervelet. — Le venais, sensiblement, aussi élevé que l'hémisphère cérébral, s'indivi¬
dualise mal sur ses versants latéraux, tant la Fissure paramédiane est peu profonde. Il
est d’autre part délicat de retrouver les différents lobes et lobules du cervelet. Kn effet,
il semble que les éléments méningés, particulièrement développés ici, aient masqué fâcheu¬
sement le modelé du vennis et «les hémisphères cérébelleux. Néanmoins, on devine la fis¬
sure posléro-supérieure à environ 25 mm de la limite cérébrocérébelleuse.
b) iV viHiirle.v. — Le sinus sagittal, étroit vers l’avant, s’élargit progressivement vers
l’arrière et se termine dans le pressoir d’Hérophile large et triangulaire. De part et d’autre
du sinus s’inscrivent généralement de manière vigoureuse les différents sillons néocorti¬
caux «!<■ la face dorsale.
Les deux sillons suprasylviens, profondément marques, offrent cette caractéristique
essentielle d’être durant tout leur trajet sensiblement parallèles au plan sagittal médian,
tout en restant extrêmement proches de celui-ci 1 . Lorsqu’on examine plus précisément le
dessin de ces suivi, on constate que leur portion moyenne est située il environ 24 mm du
plan sagittal médian. Par ailleurs, f extrémité aborde des suprasylvia* postérieures droite
et gauche montre une certaine tendance à se rapprocher de la scissure interhémisphérique.
Par contre, les suprasylvias antérieures s’en écartent et s'incurvent vers la base de l’hé-
1. La proximité tirs sillons de la face dorsale, du plan sagittal médian, a été décrite respectivement
par Ktiueg (1878) et Spaïz (1965) sous le terme de « pronation » et « d'introversion ».
6
JACQUES REPÉRANT
misphère apparaissant même légèrement en vue latérale. La suprasylvia dans la région
orale olïre en outre une disposition différente sur les deux hémisphères. F.lli* se termine du
côté gauche, en arrière de Fansate, par une courte branche ascendante (hranehe ascendante
de la suprasylvia moyenne) liée à l’eetolatéral et dirigée vers le sinus sagittal ainsi que par
une hranehe descendante plus longue (hrnnche descendu nie de la suprasylvia antérieure).
Nous retrouvons a droite les deux ramifications ; toutefois, la branche descendante, plus
développée, s'allonge vers l'avant et rejoint Fansate, alors que la hranehe ascendante reste
libre i> son extrémité interne. Les suprasylvia» sont généralement peu ramifiées dans la
région moyenne et postérieure rie 1 hémisphère cérébral. Il existe cependant sur chacun
des hémisphères une ramification externe pouvant figurer soit des dépendances du sillon,
soit à droite et à gauche respectivement les portions supérieures du sillon oblique 1 et
arqué, liées aux suprasylvia».
Le latéral droit et le gauche forment deux profonds sillons non ramifiés, placés à faible
distance du plan sagittal médian. Situés postérieurement, à environ I mm du sinus sagittal,
ils disparaissent sous ce dernier dans la région moyenne et émergent, antérieurement en
s'écartant progressivement île. la scissure interhémisphérique pour se terminer (sur l’hé¬
misphère gauche) à failde distance de Fansate.
Le système fissurai du gi/rus 111 est figuré sur les deux hémisphères par un sillon
unique légèrement ramifié et sensiblement parallèle aux sillons suprasylvien et latéral.
Le mima, vraisemblablement équivalent à Feetolatéral principal des Lamas actuels, cons¬
titue sur l’hémisphère cérébral droit un ensemble continu, isolé des autres sillons, tandis
que sur l’autre hémisphère il se morcelé en deux tronçons dont Faulérieur rejoint la supra¬
sylvia.
L’a nsa te droit et gauche forment deux profondes anfractuosités sensiblement per¬
pendiculaires au plan sagittal médian b A gauche, Fansate rejoint le diagonal mais sur l’autre
hémisphère il reste en continuité avec la suprasylvia.
Dans la région antérieure, particulièrement déformée, apparaît sur l’hémisphère gauche
un sillon de faible importance.
L'entolatéral, invisible, est vraisemblablement masqué par le sinus sagittal médian 1 2 .
Discussion et conclusions
La morphologie d’ensemble et les dimensions encéphaliques des deux spécimens
(F.A.M. 40 366 AINS 1872 ou Procamelus I et F.A.M. 40 425 AINS 280 1433 ou Proca-
melus 11) sont sensiblement comparables.
La topographie du système gyrencéphalique sur les deux moulages endocrâniens reste
semblable dans ses grandes lignes, connue le montrent : le tracé de Fcctosylvia et l’oper-
culisation du territoire central, le nombre des sillons obliques, la réduction, voire F absence
1. La portion antérieure de l'ansate droit est toutefois illisible.
2. L’entolatéral, présent citez Poebrotherium et Procamelus occidcnlaUs offre, sur la face dorsale do
l'hémisphère, l'aspect d’un sillon relativement bien développé. Chez les formes modernes, ce sulcus moins
important s'inscrit sur le bord dorso-médial du gyrus entomarginalis ou sur la face médiale du gyrus IV.
De ce fait, l’entolatéral n’apparaît jamais sur le moulage endocrinien des Tvlopodns actuels (Repérant,
1969).
MOULAGE EMDOCR V IS'IEN DE PROCAMELUS
de sillon arqué, « l'introversion » accentuée de la suprasylvia du latéral et de l'entolaféral,
le système fissurai du gf/rus 111 représenté par un sillon unique l , la présence d'un sillon x.
Cependant, l'examen approfondi des deux « encéphales fossiles » fait ressortir dans la
fissuration un certain nombre de particularités. Dans le système fissurai du gynis II pos¬
térieur, l'oblique I présente, deux fois sur trois, une discontinuité vers l’arrière (hémisphère
droit de Proeathelux I et hémisphère gauche de Procamelus H! ; il rejoint en outre la snpra-
sylvia une fois sur quatre 2 (hémisphère gauche de Procamelus 11 ). Sans discontinuité sur la face
latérale gauche du premier spécimen décrit, l'oblique 2 se moreèle au contraire en deux tron¬
çons sur l'autre lace de ce même spécimen cl sur l'hémisphère gauche du second moulage
(.Procatnelus II). Le diagonal manifeste une certaine variabilité quant à son orientation, sa
disposition et ses relations : incliné d'arrière en avant el de bas en haut sur notre exem¬
plaire (Proriiinclus II), il prend une direction inverse sur l’autre fossile (Prurawclus I).
Sit ué en arrière de la branche descendante île la suprasylvia antérieure chez Pmi amrhis I,
il lui est antérieur chez Procamelus II 3 . Enfin, normalement en contiguïté avec les sulci
voisins, il rejoint l'ansate sur l'hémisphère gauche du second moulage (Procatnelus II).
Dans les rapports de la suprasylvin avec les sillons voisins on observe une relation de con¬
tinuité avec I’crtolatorul sur l'hémisphère gauche de notre spécimen {.Prorumelus II) et
une liaison avec l'ansate sur l’hémisphère droit de chaque moulage endoerânicn. Par ail¬
leurs, du enté droit (Proniirielus l) et gauche {Procamelus II), l'ectolatcral se dissocie en
deux tronçons arhorisés ; pur contre II conserve un aspect linéaire 4 sur l’autre hémisphère
de chaque fossile,
La comparaison avec les formes actuelles fuit ressortir un certain nombre de points
communs comme : la jonction de l’oblique 1 avec la suprasylvia postérieure, « l’introver¬
sion « accent née des sillons entojaléral, latéral et suprasyl vieil, l'individualisation du sil¬
lon x. |l existe pur contre certaines différences. Les unes ont probablement la valeur de
variation individuelle 5 6 îles liaisons du diagonal avec l’ansate et de la suprasylvia anté¬
rieure avec l'eetnlaléral). Les autres peuvent être interprétées comme des caractères phy-
létiques indiscutables telle la faillie opereulisalion du gyrus L la moindre dilîérencîation
du système oblique, île l ectolaléral et du sillon arqué, la relation entre la branche descen¬
dante de la suprasylvia antérieure el l’ansate qui probablement, représente une disposi¬
tion primitive ®.
En résumé, l'operculisatiou du gyrus I est bien moins importante cbez les deux Pro-
camelus d’âge pliocène que chez les Camelini actuels : eu outre le système oblique et ecto-
latéral et le sillon arqué sont incomplètement différenciés. Par contre, comme chez les
1. Ce sillon est vraisemblablement équivalent à Eectolaléral principal des Larnas actuels (Repérant,
1970).
2. Disposition que l’on retrouve chez les Camélînés actuels.
3. Chez les Ty Inpndes modernes, le diagonal est généralement dans le prolongement, de la branche
descendante de la suprasylvia antérieure.
4. L’ectolat.éral droit el, gauche du Procatnelus occidentales Leidy, U.S.N.M. 2128 (Miocène supérieur),
présente un arrangement comparable (Repérant, 1970).
5. Il est toutefois difficile, par suite du nombre encore limité île moulages endocràniens de Procamelus
connus à ce jour, d'apprécier pleinement la signification de ces variations.
6. Ces documents bibliographiques figurant des moulages eIeloerâniens fossiles de Tylopodes plus
anciens (Piwhrnlhnilim, lu .ni y. 1931 ; Prnh/ltifms, ’f. Eoinoiïii, llltifi) semblent confirmer cette hypothèse.
En outre, cet arrangement est extrêmement, rare chez les Caméliiics modernes.
8
JACQUES REPÉRANT
formes modernes, la suprasylvia, le latéral et l'entolalcral sont fortement « introvertis » et
le sillon x parfaitement individualisé. La comparaison des deux spécimens permet égale¬
ment d’aborder le problème de la variabilité du système gvrencépIndique. Son aspect le
plus intéressant demeure probablement l’hypothèse selon laquelle la liaison entre .supra¬
sylvia et ansate représente dans cette lignée une disposition primitive.
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Manuscrit déposé le 3 décembre 1970.
Achevé d’imprimer le 30 juin 1972.
IMPRIMERIE NATIONALE
1 564 002 5
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Le texte doit être dactylographié à double interligne, avec une marge sullisante, recto
seulement. Pas de mots en majuscules, pas de soulignages (à l'exception des noms de genres
et d’espèces soulignés d’un trait).
Il convient de numéroter les tableaux et de leur donner un titre ; les tableaux
compliqués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure.
Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauchot, M.-L., .1. Daget, J.-C. Bureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. llist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
Les dessins et cartes doivent être faits sur bristol blanc ou calque, à l’encre de chine.
Envoyer les originaux. Les photographies seront le plus nettes possible, sur papier brillant,
et normalement contrastées. L’emplacement des figures sera indiqué dans la marge et les
légendes seront regroupées à la fin du texte, sur un feuillet séparé.
Un auteur ne pourra publier plus de 100 pages imprimées par an dans le Bulletin,
en une ou plusieurs fois.
Une seule épreuve sera envoyée à l’auteur qui devra la retourner dans les quatre jours
au Secrétariat, avec son manuscrit. Les « corrections d’auteurs » (modifications ou addi¬
tions de texte) trop nombreuses, et non justifiées par une information de dernière heure,
pourront être facturées aux auteurs.
Ceux-ci recevront gratuitement 50 exemplaires imprimés de leur travail. Ils pourront
obtenir à leur frais des fascicules supplémentaires en s’adressant à la Bibliothèque cen¬
trale du Muséum : 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75-Paris, 5 e .