BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
lllllllllllllllllllllllllllllllllll
PUBLICATION BIMESTRIELLE
CHMiee
de la terre
20
N° 100 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1972
11 !
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : P r M. Vachon.
Comité directeur : P rs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr. M.-L. Bauciiot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupéhier.
Conseiller pour l’illustration : Dr. N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la :l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme —- Sciences physico-chimiques — Ecologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
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BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 100, novembre-décembre 1972, Sciences de la Terre 20
Révision de Combophyllum osismorum M.E. et H., 1850
(Tétracorailiaire dévonien)
par Yves Plusqlellec et Pierre Semenoff-Tiax-Chansky *
Résumé. — Une révision de Combophyllum osismorum M. E, et H., espèce-type du genre,
est présentée. Cette étude a été réalisée à partir du matériel original et d’une importante collection
provenant de la localité-type. Elle a permis de préciser les caractères morphologiques, structuraux
et microstructuraux de l’espèce. 1 .es éléments radiaires de ce polypier discoïde sont des costo-septes
dont la croissance est essenlicllemenl centrifuge* distale et proximale. Ils sont constitués de tra¬
bécules disposées eu éventail. La position slratîgraphique de cette espèce est précisée 'base du
Dévonien muyeti). Une révision criliquc des autres espèces connues de Combophyllum est proposée.
PeatoMB. — npeficranaeita pcBitaim Combophyllum osismorum M. E, et II., ruu poga. Dra
paOoTa fiu.na npoaejeiiu no opiirtfuâahiioMy MaTcpua.ty h üpytiHcdi KO.rt.ieKUitii npoitcxoamueft
ii 3 THUMtiioro MecTOHaxoMcteuiiH. Onu poanuaiiJUi yronmiTh Mopilio.ioni'tecKiic. erp> HTypHwe h
MH xpocrpyvrypunie npn3iiui;n muta. Paaiia.n.Hi.ie;jjietieim.i riToi'o niicuoofipnriuoro nopa.nna hu.ih-
RiTcu itufTocetiTaMM ■ y Koropux iiaiipaa,icmie BOaptU'fumin ôw.io r.iamiWM Ofipa.iuM iiepuipepioiec-
hhm, ancTa.'Ti.m.iM u npoKCitua.n.nuM. 1 “aammwtnic imeMcin ni cocraimeiini un HoepuoOpaauo pacno-
aontCHiiMX TpuïicKy.i. CrpaTUrpailmuecitcie nuJioiKenue nroro miaa yiouncno (unau cpeancro ,ieao-
ua). IIpeg.iOHtcit npimiueciaiii nô.iop .ipyrux muoii UombofihyUunt.
Abstract. A révision of l'ombophyllmn usishtorunt M. E. & IL, lype-spoeics of Cumhophyl-
Inm, is given. This stmly was oarried mit on tho original mai criai and on a large collection ïrom
the type-locahl v. Il whm possible tn State preeisely tbe morphologie»), structural and mierostruc-
tural features of the Species. The radiary cléments of Ibis discord corul are eosto-septu of wkich
the growth direction IS chicllv périphérie, distal and proximal. Thev arc eomposed of trabeeulae
arranged in a fail-sliapcd pattern. The stratigraphie»! position of the species is aceurately deler-
niineif hnver part of the Middle Devoiuani. À critical révision of the olhcr known species of
Combophyllum is proposed.
La révision des Tétracoralliaires des collections de Verneuil (École des Mines, Paris)
par P. Semenoff-Tivn-Ch ixsky et un travail de thèse sur ce groupe dans le Massif armo¬
ricain par Y. Pli spuELLEC nous conduisent à présenter ici l'étude de Coinhophyllum osis¬
morum Mi Inc-Edward s et llaime, cspèec-t.ypo de ce genre, dont la localité-type est située
dans le Dévonien de la rade de Brest.
Celle espèce fut l'objet d'une révision rapide par D. Le Maîthk, en 1952 ; nous la repre¬
nons sur un matériel abondant provenant de la localité-type et extrait de la gangue à la
microsalilcuso SS. YVhite.
* Y, TVi soi i-.li.ec, Laboratoire de Paléontologie, Université de Bretagne Occidentale, UER Scienti¬
fiques, ne. Le Corgeü, 29 N Brest et RU R n° 240.
P. S i-, m i; xo i i -Ti a \-('. il a n s k v, Institut de Paléontologie, Muséum national d’Histoire naturelle. S, rue
de Buffon, 75005 Paris.
100, 1
412
YVES PLUSQUELLEC ET PIERRE SEMENOFF-TIAN-CHANSKY
Matériel
L’étude des variations do Cornbopht/llum onimnoritm porte sur l’examen des types et
sur environ 150 spécimens provenant d'une part des collections Bahuois de la Faculté
Catholique de Lille (RAC 1 à 21), d'autre part de collections plus ou moins récentes dues
aux géologues locaux et d’une série d’échantillons récoltés par niveaux à l’occasion du pré¬
sent travail. Ces derniers spécimens sont conservés dans les collections du Laboratoire de
Paléontologie de la Faculté des Sciences de Brest (LPB).
Echantillons originaux
Cinq spécimens appartenant à la collection de Verneuil ont été retrouvés à l’École des Mines
(Paris) par le Dr W. A. Oliver en 1969. Aucun de ces échantillons ne correspond d’une manière
parfaite à la figuration de Milne-Edwasds et Haimf., Dans ces conditions, nous désignons comme
lect.otype l’échantillon qui, par l'ensemble de ses caractères (diamètre 6,3 mm, nombre total de
sept.es 34, fassole légèrement détériorée), correspond le mieux à la figuration vraisemblablement
stylisée de ees auteurs.
Ce matériel original esl conservé à l’École nationale supérieure des Mines, Paris. La numéro¬
tation est celle adoptée par le CERI’AB (Université d'Orsay).
LfHùlijpi) : u° e-102
Paralectoli/pes : n 09 e-l()3, e-104, e-105, c-106.
Localité-type : position str \tigrapiiiquf. et coordonnées
La localisation géographique des échantillons-types de Combophyllum osismorum est peu
précise, l’étiquette originale portant la mention « Le Fret (rade de Brest) ».
A notre connaissance, le seul niveau Où cette espèce peut être récoltée dans la région du Fret
est exposé en falaise au nord du village de Reun ar C’FIrank 1 en Lanvéoc, à quelque 800 m,
à l’est du Fret (fig. 1).
1. Reun ar C'Hrank — la coltine du crabe — est orthographié de façon diverse suivant les cartes
et les utilisateurs : Run ar Cliranc (1/8(1 000 e — 1/50 000 e ), Reun ar C’Hrank (forme correcte — 1/25 000 e ),
Reun ar Hang (panneau de signalisation des Pouls et Chaussées).
43
. Pleurodictyum rosaceum
/ PI. crassum
PI sp. PLUSQUELLEC 1965
_ Arthrophyllum cf. vermiculare
PI. cf. rosaceum
PI. crassum
Cleistopora granulosa
Plectodonta minor
w " Cl. granulosa
^ ^Metrionaxon paucitabulatum
i
Phacops sp.
Uncinulus gr. pila-orbignyanus
Calcaires
Grauwackes
Sch/sfes
3m
2
I
0
Euryspirifer arduennensis
arduennensis
27
26
25
Eur arduennensis arduennensis
Schizophoria vulvaria
REUN AR C'HRANK - LOG
Fig. 2 — Reun ar C’Hrank en Lanvéoc : log partiel.
HR), 2
414
YVES PLUSQUELLEC ET PIERRE SEMENOFF-TIAN-CHAIVSKY
Coordonnées du gisement : long. 7G 59.6W, lut. 53G 64.BN.
I lie succession à peu près continue — en falaise et sur l’eslran — s’étendant de Beg an arreun 1
à l’est jusqu'au sillon (ero ar Fret barrant l’étang du Fret, à l'ouest, montre des terrains du Siege-
nien supérieur, de l'Emsien et une partie importante du Dévonien moyen,
La position stratigraphique de la topozone à Comhaphytluin est indiquée sur le log partiel
de la coupe de Beun ar CTIrank lig. 2;.
M n nk-Eov a ans et Haimf., dans leur travail de 1851, placent le gisement-type dans le Dévo¬
nien inférieur.
Ch. B vaiuus i 1877) situe ce gisement dans les « schistes de l’orsguen # qu’il considérait alors
comme Dévonien inférieur, avant de leur attribuer un âge eifélien en 1889.
La présence, dans les niveaux 26 et 28, d ’Euryspirifer arduennerVtût arduennensis (Schnur) 2
indiepte qu’il s’agit d’Emsien supérieur (Em 3 i : dans le niveau 32, des exemplaires d’f ncinulus
qui paraissent appartenir à une forme intermédiaire entre l . pila (Sehnurl Em a CtBai et i . orlii-
gnyanm 'de \ erneuilj avec une tendance vers le pôle orbignyanns pourraient marquer
la zone limite entre Dévonien inférieur et Dévonien moyen.
Les niveaux 41 ct 42 qui livrent PletUtdonia rnirwr Boemer ;, Plniradiitifum rosuceum Le Maître,
Melrionamn et Arlhropkyllurn appartiennent, de façon à peu près certaine, au Dévonien moyen.
ArlhraphyUum aermiculare (G, et IL 'Fermier) est connu plus à l’est (Lanvoy sur la rivière
du Faon : dans du Dévonien moyen (Babi.n, 1964 : Mouzauiu., I960; : la forme de Reun ar (’.’Hrank
lui est peut-être identique mais elle se présente malheureusement en moule interne.
Le genre Melrionaron est signalé dans l’Eifélien de l'Eifel, les Bergisehen Lande par Glixski
( 1963 et dans la Givélien inférieur de Pologne par Fkookowskl (1965).
Le niveau à Camhophyllnrn asiamorum peut être considéré comme appartenant à la base du
Dévonien moyen mais l’absence de formes caractéristiques telles que Euryspinfrr mosellanus
(Sollet et Para-spin frr nihrijuyalus (Roerner), interdit toute autre précision sur sa place exacte
dans le Couvinien 3 .
En plus de la localité-type Reun ar CHrank en Lanvéoc, Finistère (base du Dévonien moyen’;,
un seul gisement est actuellement connu, c’est celui de l’rioly (ou l’rioldy en Rosnoën Finistère
où l’espèce parait rare (4 échantillons récoltés). Le faciès et la faune de ce gisement permettent
d’allirincr qu'il s'agit exactement du même niveau stratigraphique qu’à Reun ar C’Ilrank.
F,h. Bahrois ( 1877) signale un gisement de Combophyttiun osismoru/n à llelleonct (Finistère),
la localisation de ce toponyme nous est inconnue ; par contre, sur la carte topographique au 1/25 000 e
le Faou n° 5-6, ligure un nom très voisin : Ilelleouet (au nord de F lie Tibidy), mais le Dévonien
moyen qui affleure dans ce secteur ne correspond pas au niveau de Reun ar C’hlrank et Combo-
phyllwn osismorum n'y* a pas été trouvé.
1. Pointe (du pays) sur la colline.
2. Les déterminations de Brachiopodes sont dues à P. Mqrzadec ; la coupe de Reun ar C’Ilrank a été
levée avec sa collaboration.
3. Pour les auteurs belges, la limite entre Dévonien inférieur et Dévonien moyen se situe entre Em,
et CXOa ; pour les auteurs allemands entre CO l a et C0 1 b.
RÉVISION DE COMBOPHYLLUM OSISMORUM
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HADROPHYLLIDAK Nicholson, 1889
Combophyllum osismorum Milnc-Edwards et Mainte, 1850
1850 Combophyllum osismorum nov. gen., nov, sp., Mii.ne-Ejiw.vrbs et IIaime : lxvii.
1851 Combophyllum osismorum M. H, et H.. Milnc-Edwards et Haime : 359, pl. II, fig. 2 a-c.
1877 — Combophyllum osismorum M. E. et 11., Bahrois : 93 courte description).
1889 — Combophyllum osismorum M. E. et 11., Iîwuuhs : 139 liste:.
1898 — Comliophyllum osismorum M. E. et H., Uariuiik : 241 (liste).
1912 — Mirrtirytlus eifeliensis (sic: Kavser, Collin : 433 non décrit mais gisement précisé,
déterminai ion de Kerfornc . Non Microcyclus ri/lionsis Kavser, 1872.
19.37 — Comliophyllum osismorum M.E. cl II.. Bassi eu : 190, pl. XXXII, lig. 20-28 freprise de
la ligure originale o
1952 — Combophyllum osismorum M. E. cl. II., Le Maître : 44-45, 40-47. pl. Il, lig. 10-12 (matériel
do gisement-type, collection Iîaiikois).
1952 — Comboplijillum osismorum M. E. et II.. Recompte in l’n eteai : 485, lig. 135 (reprise
île la figuration originale modifiée).
1955 — Combophyllum osismorum M. E.. et 11., Jeffords : 10, lig. 2 diagramme septal d’après
la figuration originale .
1956 — ( oiiihophylhim osismorum M.E. et II., lln.i. in Moore : P 202, lig. 179-1 u, h, c reprise
de la ligurnlion originale .
Nous avons retrouvé dans les collections de l’Institut, géologique de Rennes des échan¬
tillons de Combophyllum osismorum déterminés Microcyclus eifeliensis Kayser (collection
Collin) et Microcyclus sp.
ÉTUDE MORPHOLOGIQUE
Disposition septale
Face distale
La face distale montre clairement la symétrie bilatérale et dans bien des cas la dispo¬
sition des septps en 4 secteurs. Le sep te cardinal (C) logé dans une fossulc profonde, rectan¬
gulaire, se manifeste chez les Formes adultes par une ride très émoussée, peu élevée au-des¬
sus des loculi interseptaux de la fossule. Il est toutefois facilement repérable sur le pour¬
tour du polypier où il constitue une dent très nette et, quelquefois, dans la partie interne
de la fossulc où il forme un petit contrefort. Très souvent le septe cardinal est en retrait
par rapport au contour général du polypier et cela ne semble pas résulter d'une usure des
échant liions.
Sur les stades très jeunes, tous les seples ont sensiblement le même développement et
la fossule cardinale u'esl pas marquée. Au cours de la croissance centrifuge du squelette,
le septe cardinal ne se développera qu’en longueur tandis que les autres septes s’accroî¬
tront en longueur cl en hauteur amenant une différenciation assez rapide de la fossule
cardinale.
Les septes alaircs (A), dirigés vers le centre du polypier, sont bordés, sur leur face
« antipode. », par une pseudo-fossiile alaire, assez peu distincte, plus étroite du côte externe
Fig. 3. — Diagrammes septaux de la face proximale chez Combophyllum osismorum. Septes majeurs en
trait plein, septes mineurs en pointillé. Les triangles indiquent les septes cardinal, alaires, périantipodes
et antipode.
A : éch. LPB 2190 ; B : éch. RAC 7 ; C : éch. LPB 2224 ; D : éch. LPB 2246 (présence d’une protu¬
bérance centrale) ; E : éch. LPB 2180 ; F : éch. LPB 2174 ; G : éch. LBP 2220 ; H : éch. LPB 2175 ; 1 : éch.
LPB 2233. (Remarquer la présence exceptionnelle de septes mineurs entre les doux derniers méta-
septes formés dans le secteur cardinal.) J : éch. LPB 2166 ; lv : éch. LPB 2196 ; L : éch. LPB 2168 ; M :
éch. LPB 2234.
RÉVISION DE COMBOPHYLLUM OSISMORUM
417
que du côté interne, comme chez la plupart des Tétracoralliaires dont l’insertion septale
pennée est visible dans cette région. C’est la présence de cette pseudo-fossule qui permet de
repérer le septe alaire. Les septes antipode (K) et périantipodes (P) ne diffèrent pas des
septes majeurs voisins. Le septe antipode se trouve dans le prolongement du septe cardinal.
Dans les secteurs cardinaux et antipodes se trouvent les septes majeurs et les septes
mineurs. Entre 2 septes majeurs voisins s’intercale un septe mineur qui, dans la plupart
des cas, est seulement repérable par la dent qu’il constitue sur la périphérie du squelette.
Exceptionnellement, certains septes mineurs ne donnent pas naissance à une dent sur le
pourtour des polypiers ; ils sont alors invisibles du côté calicinal ; cette disposition est liée
à une crête septale qui n’atteint pas la périphérie du polypier sur la face proximale.
Les septes mineurs alternent régulièrement avec les septes majeurs sauf en deux
endroits :
— dans les zones de bourgeonnement septal (près du septum cardinal et des septa alaires),
entre les deux derniers septes majeurs constitués où ils ne se développeront que
plus tardivement ;
Fig. 4. — Orientation et nomenclature des septes chez Combophyllum osismorum. Éch. LPB 2218 : vue
distale (a) ou calicinale et vue latérale cardinale (b). La figure b a été orientée de manière à ce que
les mêmes septes soient face à face.
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YVES PLUSQUELLEC ET PIERRE SEMENOFF-TIAN-CHANSKY
•— entre le sopte cardinal et les sept es majeurs adjacents, et entre les sep tes alaires et le
dernier septe majeur formé du coté antipode où ils n’existent jamais.
On remarquera que le secteur « autipode-périaiitipode » ne se distingue en rien morpho¬
logiquement d’un loculus interseptal normal, chacun contenant un septe mineur.
L’exemplaire de la ligure 4 montre que du septe alaire (A) au septe cardinal (C) on
rencontre un septe mineur, un septe majeur fM t ), un septe mineur, nu septe majeur (M 2 ),
un septe majeur (M a ) et le septe cardinal (C),
Le sep le M 8 ne peut être, à notre avis, considéré autrement que comme un septe majeur ;
il prend appui très nettement sur M 2 les septes mineurs sont bien indépendants —- et
il a une hauteur très importante, ce que n’ont pratiquement jamais les septes mineurs. En
effet, ces derniers apparaissent, dans la majorité des cas, comme une protubérance nodu-
leuse à la périphérie du polypier et ne se prolongent que très exceptionnellement, vers le
centre, par une Crète dans l’espace limité par deux septes majeurs.
0 I 2 mm
Fie. 5. — Com-bophyltuin o&ismoriim. Kcli. J,PB 2220 : vue cardinale. Explication dans le texte.
Seuls de rares spécimens (LPB 2249) sont pourvus de quelques septes mineurs aber¬
rants qui s’élèvent très nettement au-dessus de la muraille ; mais à notre connaissance,
cette particularité n’affecte jamais l'ensemble des septes mineurs d’un individu. L’échantil¬
lon LPB 2220 (lig. 5) présente des septes mineurs de plus en plus élevés au fur et à mesure
de leur apparition. Il semblerait donc que le dernier septe formé, dans la région cardinale,
soit un septe mineur, contrairement ù ce qui a été admis plus haut ; mais ce spécimen est
exceptionnel et de très nombreux exemplaires, ayant un nombre de septes supérieur ou
égal à celui-ci, ne montrent pas cette particularité.
I n dernier argument nous est fourni par l'échantillon LPB 2233 dont la formule septale
est identique à celle de la ligure 4, et chez lequel on devine, sur la face distale, entre les
deux derniers septes formés M 2 M 3 , l'ébauche d’un septe mineur qui est nettement marqué,
en outre, par un bourrelet sur la face proximale. Cela représente un cas intermédiaire carac¬
térisé par l'alternance septe majeur — septe mineur jusqu’au \1 3 axant toute ébauche
du M*.
Au contact du septe alaire, dans la zone de bourgeonnement septal, la disposition est
en tous points identique à celle observée au contact du septe cardinal. On remarque très
bien sur la ligure 4 la dernière lame septale formée (M' s ) s’élev ant au-dessus de la muraille,
surpassant en dimension les septes mineurs, s'appuyant sur M' a et disposée suivant une
direction qui ne passe pas par le centre du polypier, M' 8 doit donc être considéré comme un
septe majeur.
Entre M 2 et M 3 , M , et M's, s’intercaleront ultérieurement au cours de la croissance
des septes mineurs et apparaîtront de nouveaux septes majeurs M 4 et
REVISION DE COMBOPHYLLUM OSISMORUM
419
Les sept es majeurs sont toujours très visibles à la périphérie du polypier mais, sur la
plate-forme ealicinafe, ils sont plus ou moins repérables. Généralement, au niveau où les
septes se soudent pour former la plate-forme, ils s'épaississent, avant de s'amincir à nou¬
veau vers le centre du squelette.
Les variations de la morphologie septale sur la plate-forme calicinale s'établissent
comme suit :
— septes non visibles ;
— septes représentés seulement par une rangée de nodules ;
—• septe antipode seul visible ; il se prolonge jusqu'à la protubérance columellaire ;
— seuls les derniers septes majeurs formés dans le secteur cardinal sont nets ; ils constituent
deux crêtes disposées symétriquement qui se rejoignent sur la columelle ;
— le septe antipode, les septes iiluireS et les septes bordant la fossule cardinale ont un relief
plus accentué que les autres septes ;
— tous les septes ont le même relief, plus ou moins accentué.
On voit très mal, dans la plupart des cas, les relations chronologiques entre les diffé¬
rents septes, excepté au contact de la fossule cardinale et des pseudo-fossules alaires où
le dernier septe formé prend appui sur le précédent. De rares exemplaires donnent une
image complète de la disposition pennée des septes (éch. LPB 2234, pl. Il, iig. 7).
Face proximale
La face proximale est plane, convexe ou déprimée au centre. Contrairement à ce que
l’on observe chez la plupart des Tétracoralliaires, au lieu d’une muraille à rides concentriques
(épithèque des auteurs), la face proximale de Combophi/llutn présente des côtes dont la
disposition est rayonnante eu première approximation. Chaque côte de la face proximale
correspond à un septe, majeur ou mineur, sur la face distale ; il y a donc autant de côtes
que de septes. Toutefois, dans les zones de bourgeonnement septal, le dernier septe formé
est souvent bien visible sur la face proximale tandis que l'on devine à peine, sur la face
calicinale, un élargissement périphérique du septe majeur bordant la fossule.
L’extension des crêtes septales (côtes) est variable sur la face proximale : ces dernières
occupent toute la surface et se rejoignent au centre du polypier (équivalent de l’apex chez
une forme non discoïde) ou bien elles n’en occupent qu’une partie et se résolvent alors
généralement en granules plus ou moins épars. L’extension des septes est, en général, plus
grande dans la moitié cardinale (ACA).
La correspondance des côtes et des septes observés sur la face calicinale est facile à
établir sur le pourtour du polypier, mais vers le centre des anastomoses se produisent très
souvent et il peut être malaisé sinon impossible de savoir à quel septe correspond la côte.
Il faut remarquer que le trajet de la partie costale des éléments radiaires est, beaucoup
plus rectiligne que celui de la partie, septale. Les septes, bien dév eloppés en hauteur, peuvent
se gauchir tandis que les côtes très basses et proches du disque basal n'en ont pas la possi¬
bilité.
Parallèlement à la côte correspondant au septe cardinal existent presque toujours
deux longues crêtes qui correspondent aux extrémités internes de plusieurs côtes dont la
disposition simule une ride continue.
Dans la moitié antipode (AKA), les côtes se soudent rarement sauf au contact du costo-
420
YVES PLUSQUELLEC ET PIERRE SEMENOFF-TIAN-CHANSKY
seple alaire, région où le costo-septe M'n incorpore en une crête continue la portion interne
du costo-septe M'n-'l et quelquefois celle de M'n-2 (n désignant le dernier septe formé,
n -1 l’avant-dernier, etc.).
D'une façon générale, il y a dans ce secteur une alternance régulière des côtes majeures
et mineures non jointives et plus ou moins rayonna nies. I,a disposition pennée des côtes
devient sensible quand des anastomoses de rides costales se produisent contre le septe
cardinal et les scptcs alaires. I.es côtes correspondant aux sep tes cardinal, alaire et antipode,
ne se distinguent pas spécialement des autres côtes, ni par leur épaisseur, ni par leur lon¬
gueur. De même les côtes se rapportant aux seples majeurs sont identiques à celles des
septes mineurs, et la véritable opposition entre septes majeurs et septes mineurs provient
du fait que ces derniers sont, dans l’ontogénie, postérieurs aux couples de septes majeurs
entre lesquels ils s'intercalent.
Formule septale
Compte tenu de l’interprétation ci-dessus, les formules septales (cf. tableau 1) seront
établies en indiquant seulement les septes majeurs observés dans chaque quadrant, en
comptant tout septe dont la croissance se trouve ébauchée (l’observation en est alors plus
facile sur la face proximale).
Par exemple, l’échantillon LPB 2218 (fig. 4) aura pour formule septale :
C
3 | 3
A -- A
3 | 3
P Iv P
11 apparaît, en examinant les figures données par Cahjiutuers (1906), Duerdex (1906),
F a u R o t (1909), Sc min de wolf (1942, 1952) pour de nombreuses espèces de Tétraeoralliaires,
que les formules septales sont caractérisées par un nombre de septes égal dans les quatre
secteurs ou plus élevé dans les secteurs antipodes. Contrairement à ces exemples nombreux,
C. osimnorum présente soit un nombre égal de septes, soit un retard des secteurs antipodes
par rapport aux secteurs cardinaux.
L'examen des formules septales montre que 1/3 des échantillons possède un nombre
identique de septes dans les quatre secteurs « productifs », 1/3 présente une avance dans
les secteurs cardinaux el 1/3 présente des formules non symétriques avec généralement
un seul secteur en retard ou en avance sur les trois autres (dans 80 % des cas, les secteurs
cardinaux sont en avance). En règle générale, le développement marque une tendance à
être plus rapide dans les secteurs cardinaux.
ÜHNKM EXT VTIOX SEPTALE
Sur la face calicinale, seuls les septes majeurs montrent une ornementation ; sur la
face proximale, les côtes correspondant aux deux types de septes en sont pourvues.
L’ornementation des septes semble un caractère constant de Combophylluni osismo -
REVISION DE COMBOPHYLLUM OSISMORUM
421
rum, une ornementation très dillLcilenienl. décelable ou absente coïncidant avec des échan¬
tillons plus ou moins usés par le dégagement à la microsableuse, abrasion qui se produit
lorsque la partie superficielle du test est altérée.
Sur le bord libre du septe, l’ornementation est constituée de nodules — rarement
d’épines — ayant une tendance à être légèrement transverses. Cette ornementation se
retrouve, quoique de façon plus discrète, sur la partie interne du septe correspondant à la
plate-forme calicinale, quand toutefois le septe y est matérialisé. Le nombre de nodules
sur la partie libre d’un septe adulte se situe autour de 7-8.
Les faces latérales des septes montrent des carènes dont les nodules du bord distal sont
le prolongement. Carènes très couchées à la périphérie de la lame septale, et qui se redressent
du côté interne de celle-ci. Il y a une disposition en éven tail des carènes et une ornementation
du bord distal du septe tout à fait comparable à ce qui existe chez Porpites porpita. Sur
la face proximale, la partie costale de l’élément râdiaîre porte un nombre de nodules supé¬
rieur à celui de la partie septale (souvent plus de 10). On observe parfois entre les côtes des
petites dépressions.
Plate-forme calicinale
Au centre du polypier se trouve un disque surélex'é par rapport au disque basal et cons¬
titué dans la région axiale par la soudure des éléments radia ires, et à la périphérie par la
coalescence des parties distales, r en liées, des septes majeurs : la plate-forme calicinale.
Celle-ci surplombe nettement les loculi interseptaux (fig. 4),
Fig. 6. — Les mensurations ; méthode utilisée : orientation par rapport au septe cardinal.
En plus des aspects divers dus aux crêtes septales et qui ont été étudiés plus haut, les
variations de la plate-forme proprement dite portent sur sa concavité et sur la présence
ou l’absence d une protubérance columellaire.
Du point de vue du profil de la plate-forme calicinale, on peut distinguer des échantil¬
lons ayant une plate-forme fortement, concave, faiblement concave, plane ou convexe.
100, 3
422
YVES PLUSQUELEEC ET PIERRE SEMF.NOFF-TI AN-C.H AXSKY
L’étude du tableau II montre que la concavité est étroitement liée à la taille des échantil¬
lons (représentée par L\ ef. fig. 6) ; chez les jeunes spécimens, la plate-forme est convexe
ou plane, chez les spécimens de taille moyenne, la concavité est faible, elle devient forte
chez les formes de grande taille.
Il n’y a aucune relation entre la concavité et l’absence ou la présence de la protubé¬
rance columcllaire. Cette dernière, située au centre de la plate-forme ealieiiiale, est très
nette sur environ tjO % des échantillons ; elle est discrète sur 27 % et est absente dans 14 %
des cas. Ou peut donc considérer qu’il y a une protubérance columcllaire plus ou moins net te
chez à peu près 85% des spécimens et ce fait mérite d'être souligné car cette, particularité
typique de l’espèce wtwmrurn n’est pas signalée dans la diagnose originale (« le calice est
subplan et présente dans son milieu une petite concav ité »), ni dans la diagnose du genre
donnée en 1851 (« l’as de columellc »), ni dans la révision de l). Le Maître (« Face distale
plate convexe avec petite dépression centrale profonde »).
Si l’on étudie les v ariations du caractère columellc en fonction de la stratigraphie (cf.
tableau III )., il semble, malgré le nombre relativement faible d échantillons récoltés dans
certains niveaux, qu’il y ait une évolution marquée par une raréfaction des formes dépour¬
vues de eolumelle.
L in llucnec du milieu de sédimentation n"a sans doute aucun rôle dans les modifications
de ce caractère puisque la minéralogie des quatre niveaux est très voisine :
Niv. 41 a = Quartz, Chlorite, I’vrophyIIiIe. Laïcité
Niv. 41 b = Quartz, Chlorite, l’yrophyllite, Caleite
Niv. 42 a — Quartz, Chlorite, Pyrüpllyllile, Caleite, traces de Ixaolinite
Niv. 42 b = Quartz, Chlorite, Pyrophyllite
L absence de Caleite au sommet du niveau 42 annonce une longue phase de sédimen¬
tation argileuse,
1,examen des variations de la protubérance columellaire ne permet pas de scinder
Comhophythun osismornm eu plusieurs espèces puisque, même si ce caractère semble évo¬
luer progressivement, on trouve à tous les niveaux des formes qui restent dépourvues de
eolumelle. On ne peut attribuer une valeur générique à ce caractère ; il permet tout au plus
de distinguer des morphotypes dont l’intérêt paraît assez restreint, les différentes formes
étant toujours associées.
Muraille
Elle est de type septothécal, comme on le verra plus loin, et elle constitue le disque
basal.
Contour nu polypier
Le contour du polypier qui, dans le détail, présente des « dents » correspondant aux
sept es majeurs et mineurs et un rentrant assez marqué au niveau du sep te cardinal, est
subcirculaire ou encore div isé en deux zones : une moitié antipode (AKA) au contour sen¬
siblement semi-circulaire et une moitié cardinale (ACA) plus ou moins trapézoïdale.
RÉVISION DE COMBOPHYLLUM OSISMORUM
423
T ÉRATOLOGIE
Deux échantillons (LPB 2194 et RAC il) possèdent une morphologie aberrante :
le premier a une plate-forme calicinale pratiquement inexistante, une épaisseur (H) très
forte et une fossule cardinale très longue et très profonde. Le second exemplaire montre
des sept es épais, boursouflés et qu’il est impossible d’identifier.
ÉTUDE DE LA MACROSTRUCTURE EN LAMES MINCES
La particularité la plus frappante que l’on observe en coupe transversale chez Com-
bophyUurn osismorum est la présence d'une sorte de structure axiale — formée d’un petit
nombre de septes — plus ou moins indépendante de la zone périphérique. Dans cette der¬
nière apparaît l’ensemble des septes lorsque la coupe est, proximale, et seulement les septes
majeurs, lorsqu’elle est distale (voir fig. 7 à 12),
▼
Fig. 7. — Éch. LPB 2276 : Coupe proximale dans un échantillon de faible diamètre (L' = 3 mm). Zone
centrale occupée par les 6 protoseptes en disposition hexamrrc régulière. Les sepIes périantipodes
et alaires montrent un début de division. Les zones centrale et périphérique sont bien individualisées.
La structure axiale apparaît bien individualisée dans la plupart des coupes proximales
et moyennes. Dans les coupes distales, ou n’observe aucune discontinuité entre Taxe et la
périphérie du polypier : les lames septales de la zone axiale se prolongent par des septes
majeurs dans la zone périphérique (fig. 12).
Les coupes transversales proximales, qui montrent — du fait de la forme discoïde
du polypier — les différents stades de croissance sur une même section, permettent les
remarques suivantes :
424
YVES PLUSQUELLEC ET PIERRE SEMENOFF-TIAN-CHANSKY
— La zone centrale est occupée par un nombre restreint de septes : les septes princi¬
paux (protoseptes) et la partie interne de quelques métaseptes.
— La disposition régulièrement radiée des septes principaux, qui sont au nombre
de six, est assez commune, mais ils ne convergent jamais en un seul point. Une telle dispo¬
sition permet d’avancer qu’il s’agit bien des 6 protoseptes, et constitue par ailleurs un argu¬
ment appréciable en faveur de l’existence de ce nombre de protoseptes chez les Tétraco-
ralliaires b
T
Fig. 8. — Éch. LPB 2288 : Coupe transversale proximale. Zone centrale relativement mal individualisée.
On reconnaît cependant les 6 protoseptes. A la limite des doux zones, les septes présentent des irrégu¬
larités, comme si ceux de la zone centrale étaient gênés dans leur croissance par ceux de la zone péri¬
phérique. Ces derniers sont régularisés.
— 11 y a des discontinuités entre les septes de la zone centrale et ceux de la zone péri¬
phérique et ils ne se trouvent pas toujours dans le prolongement l’un de l’autre. Certains
butent franchement contre la zone externe ou se recourbent comme s’ils étaient gênés
dans leur croissance.
— On observe parfois au contact entre la zone centrale et la zone externe des centres
de calcification supplémentaires ou dédoublés parfois également, au contact entre les
deux zones, des plages grises apparemment sans structure.
— Sur les coupes franchement proximales, les dichotomies donnant naissance aux
métaseptes majeurs sont visibles, mais cette disposition est évidente sur les coupes distales :
1. L'un de nous ( Y. P.) qui a présenté, à l'occasion d’une récente étude sur Micrucyclus, la conception
d’un polypier à 4 protoseptes, se rallie à la théorie des 6 protoseptes après avoir remarqué que les septes
alaires et tes septes principaux latéraux à l'antipode (= périantipodes) se bifurquent de façon similaire et
sonl à l’origine des 4 zones de formation des métaseptes. Ils méritent donc pleinement la qualification de
protoseptes.
REVISION DE COMBOPHYLLUM OSISMORUM
425
les métaseptes s’insèrent en 4 points du septarium, à la manière classique des Tétracoral-
liaires.
— Le mode de formation des septes mineurs est assez confus ; on peut voir toutefois
sur la plupart des coupes qu’ils prennent naissance en face des fourches formées par la dicho¬
tomie de la « ligne noire » des septes majeurs et qu’ils ne sont pas reliés à celle-ci ( fig. 10).
— 11 est possible que certaines coupes (fig. 9) montrent des septes d’un 3 e ordre comme
en a remarqué l’un de nous (Y. P.) chez un ('ornbophylluni d’Espagne (Ph. Marin et
Y. Pli /sgvELLEc, à paraître). En effet, dans Je secteur antipode droit et gauche de l'échantil¬
lon LP B 2346, entre le septe antipode et les périantipodes, on observe 3 septes, soit un septe
mineur flanqué d’une paire de septes d’ordre 3. Cette disposition est rare chez les Tétraco-
ralliaires et n’a encore jamais été signalée chez les Hadrophyllidae.
— Les sections nettement distales montrent uniquement les protoseptes et les méta¬
septes majeurs.
—■ La muraille est du type septothécal ; elle est constituée par les parties épaissies
et contiguës des costo-septes.
A
Fig. 9. — Ech. LPB 2346 : Coupe transversale proximale. Zone centrale bien individualisée. De part
et d’autre des septes périantipodes on reconnaît des septes de 3 e ordre ébauchés ou entièrement for¬
més.
426
YVES PLUSQUELLEC ET PIERRE SEMENOFF-TIAN-CHANSKY
La formation relativement indépendante des zones centrale et externe et la dualité
qui en résulte suggèrent que la zone centrale est homologue de celle de la plupart des Tétra-
coralliaires à structure axiale. Un argument de taille confirme cette hypothèse : dans les
deux cas, les éléments radiaires de la structure axiale ont une origine septale,
T
Fig. 10. — Écli. LPB 2283 : Coupe transversale proximale. Comparer avec la photo de la même lame
(pl. V, fig. 1). A la limite des zones centrale et périphérique se trouvent des centres de calcification
qui ne peuvent apparemment être rattachés à aucun seple. Au centre du polypier, on reconnaît les
G protoseptes malgré leur disposition dissymétrique.
Pour Sc hindewolf (1942 : 45, 46, pl. 18, fig. 1), la microstructure de Verbeekia australis
(Beyrich) (= Verbeekiella, Permien supérieur, Timor) montre que les lamelles radiaires
de cette espèce s’étaient formées en direction centrifuge, alors que les bords internes des
septes avaient eu une croissance centripète. Pour cet auteur, la direction de croissance des
RÉVISION DE COMBOPHYLLUM OSISMORUM
427
lamelles radiaires est également opposée à celle des septes chez les Clisiophyllidae (= Aulo-
phyllidae).
De nombreuses observations que nous avons faites sur ce groupe (Semenoff-Tian-
C hansk v, 1969) corroborent celle interprétation. Toutefois, nous ne croyons pas que les
structures axiales de ces polypiers puissent être considérées comme de « vraies columelles »
dont l'origine est indépendante de celle du sep tari uni. D’après nos observations, les lamelles
radiaires de la structure axiale des Aulopltyllidae ont bien une origine septale à la base du
polypier, mais, au cours de l’ontogenèse, la structure axiale acquiert une indépendance
par rapport au septarium : les lamelles radiaires ne suivent pas régulièrement l’ordre d’appa-
▼
Fig. 11. — Éch. LPB 2280 : Coupe transversale légèrement oblique. Du côté cardinal, elle est encore proxi¬
male bien qu’elle passe déjà à travers la fossulc, alors qu’elle est distale du côté antipode.
Fig. 13. — Éch. LPB 2279 : Coupe longitudinale perpendiculaire au plan de symétrie. Les trabécules
des costo-septes sont nettement disposées en éventail. Elles sont plus inclinées dans la partie costale
que dans la partie septale. Au centre, lignes noires verticales (zones médianes des lames septales) ;
d’autres sont plus ou moins horizontales ou encore « géniculées » (voir texte p. 430 et fîg. 15). Remar¬
quer les courtes trabécules costales de la partie axiale du polypier.
RÉVISION DE COMBOPHYLLUM OSISMORUM
429
rition des sep les et, d’autre pari , les directions de croissance sont effectivement opposées.
Chez les Aulophyllidae, on constate enfin que la direction de croissance des lamelles radiaires
est perpendiculaire aux tabellae, alors que dans les septes elle est perpendiculaire aux
dissépiments, et parfois à certains planchers.
i
i
Fig. 14. — Représentation schématique d'un Combopliÿltuni (A) replié en entonnoir (B) afin de montre
l’homologie entre la plate-forme el la coin nulle de certains polypiers coniques, ainsi que la faillie dif
férence fondamentale d'architecture du squelette existant entre Comhopkyllum et une forme du type
Turbinalia. Le Irait noir épais représente la muraille.
Dans un but similaire, a lin de comparer un polypier discoïde (Mieroeyelus clypeutus) à un poly¬
pier conique, BrfttiMii ioi, (1971 : .705, fig. 5) a imaginé d'« ouvrir « jusqu’à un angle de 180° un poly¬
pier de forme conique.
Fig. 15. — Tentative de représentation, dans la partie axiale tlu polypier, de deux surfaces correspondant
à la localisa tion des centres de calci (ication des trabécules dans les lames septales. La surface de droite
fait un coude à la partie inférieure, visible sous forme d’un dièdre.
Il ressort de ces remarques que, chez Combophyllum, c’est bien la croissance centri¬
fuge des septes qui confère à ce genre l'une do ses singularités. Du reste, cette direction
n’est pas liée à une disposition particulière de l’endothèque, inexistante dans ce genre.
Fig. 16. — Éch. LPB 2286 : Vue distale schématique. Numération
simplifiée des septes, indiquée dans les coupes sériées de la
figure 17. Disque basal en pointillé. Plate-forme et septes en
blanc. Les sections langent telles de la figure 17 ont été réalisées
depuis la coupe I jusqu'à la coupe 36 indiquées par des traits.
100, 4
430
YVES PLUSQUELLEC ET PIERRE SEMENOFF-TIAN-CHANSKY
La plate-forme calicinale surplombante — élément structural inconnu jusqu'ici chez
les autres polypiers — est peut-être en fait l'équivalent d’une columellc septale (selon la
terminologie proposée par Schovppê et Stac cl, 1961 : 270) des polypiers coniques.
L'analogie semble évidente si l’on se représente par la pensée un Coniliophylliiin replié
en entonnoir à la manière d'un papier filtre (lig. 14).
Cette interprétai ion implique que ec qui à première vue peut être considéré comme une
columellc n’est en fait qu’un élément mineur et facultatif de celle-ci. Cette petite protubé¬
rance, rarement composée, correspond à la partie saillante d’une ou plusieurs lames septales.
Le plus souvent, d semble qu'il s'agisse de l'axial-septuni.
Les coupes longitudinales n'apportent pas de données supplémentaires à la connais¬
sance de l’organisation septale,
Les « perforations « observées dans les septes de certaines de ces coupes (tig. 13) sont
dues an passage des sections par les dépressions latérales des septes.
Les coupes tangentielles en série elTcetuées dans un échantillon (fig. 16 et 17) montrent
que les septes sont renflés distalemenl et présentent vers leur milieu une forte construction
mais ne sont aucunement perforés (pl. V, fig. 3 et 4). Les parties distales renflées sont du
reste jointives dans la plupart des échant illons, au moins vers le milieu du polypier, et ont
ainsi contribué à la formation de la plate-forme.
MICROSTRUCTURE
En lames minces, les éléments radiaires constitués de trabécules jointives — parfaite¬
ment visibles, disposées en éventail (lig. 13 ; pl. VI, fig. la) montrent des aspects quelque
peu variables suivant l'orientation de la coupe et le secteur observé.
Les coupes longitudinales passant par le plan de symétrie (C-K) nu parleplan médian de
deux septes opposés montrent qu’il existe, meme dans la région tout à fait axiale du polypier,
de» trabécules très courtes à direction de croissance orientée vers la face inférieure (fig. 13).
Les coupes longitudinales recoupant perpendiculairement à leur plan des septes de la zone
axiale présentent la même disposition. Une gerbe de fibres est insérée au point le plus infé¬
rieur de la « ligne noire » médiane du scple (pl. VI, fig- 1b, 2b).
La région de l'élément radiairc constituée par les trabécules à directions de croissance
distale et périphérique et celle constituée par les trabécules à croissance proximale corres¬
pondent respectivement aux parties septale et. costale des éléments radiaires que l’on peut
considérer comme des costp-septes. On peut noter que chaque trabécule de la partie costale
des éléments radiaires se présente comme un bouquet de fibres, aux limites parfois peu
précises, taudis que dans la partie septale, les trabécules ont, en coupe longitudinale, un
aspect penné.
Certaines coupes longitudinales montrent dans la région axiale des portions de « ligne
noire » horizontale repliées distalement : l’interprétation en est délicate. On peut penser
que la surface correspondant aux centres de calcification des trabécules montre, dans la
zone où le septe prend naissance, une sorte de géniculation (fig. 15).
En coupe transversale, l’écartement des trabécules varie avec la position de la section
au 1 au l jth, 4m.
4-7 8 10
~r-f o iw |2
jrjl jbl Jfir J&b
.4-7
14
11
4-6‘ 8' |0
4B^» JB#3o «d^3i aS^t
4-7* 8'
i-lti v IL». %lh y %i i
^§^^^33 ^■■1^34 1W35 ^■■P*36
Fig. 17. Sections langent iclles -sériées dan» ! échantillon LPB 22Hh. Espacement moyen : 0,08 mm.
Les coupes 2 à 8 montrent La formation de* la plate-forme pnr soudure des parties supérieures
renliées des seples. La u perforation » du sente 2, dont on voit le début dans la coupe 0, disparaît com¬
plètement dans la coupe 15. Il s’agit donc d'une dépression latérale de ce septe. Les ligures Iti à 19
montrent des aspects typiques du profil de la plate-forme. Grossissement : X 7 environ.
432
YVES PLUSQUELLEC ET PIERRE SEMENOFF-TIAN-CHAIVSKY
par rapport à l’éventail trabéculaire. Cet écartement augmente quand on s’éloigne de la
zone de divergence ; il varie de 0,13 à 0,16 mm.
Vers la périphérie du polypier, chaque côte ou chaque septe est constitué d’une rangée
assez régulière de trabécules juxtaposées. Par contre, vers le centre du polypier, les sections
transversales peuvent recouper des trabécules que l’on replace difficilement dans le prolon¬
gement d'un élément radiaire donné. Cette disposition provient de l’irrégularité de la struc¬
ture axiale du polypier.
Fig. IH. — Disposition schémaliqufl des fibres dans une trabécule.
Fig. 19. — Ech. LFB 2347 : Coupe transversale. Dessin à la chambre claire des fibres dans une région d’un
septe où la coupe leur est approximativement parallèle. Ne sont représentées que les limites à fort
contraste de polarisation. Noter les indentations.
La totalité du squelette de C. osismorum est constituée de fibres organisées en trabé¬
cules ; aucune structure lamellaire, n’a été observée.
L’observation en niçois croisés de lames très minces (pl. VII, fig. 1) montre au niveau
de chaque trabécule une croix noire ; elle est due à la disposition en « jet. d’eau », ou, si l’on
Fig. 20. — Éch. LPB 2278 : Limites des libres dans une coupe
approximativement perpendiculaire aux flbro-cristaux.
préfère, à une disposition des fibres au sein de chaque trabécule qui rappelle la structure
sphérulitique. Il en ressort que, dans une coupe perpendiculaire à l’axe d’une trabécule,
les fibres présentent une disposition approximativement rayonnante autour du « centre
de calcification » ou axe trabéculaire. Dans la région axiale de la l.rahécule, la plupart des
fibres sont pratiquement parallèles à l’axe trabéculaire. 11 s’ensuit qu’eu coupe transversale
RÉVISION DE COMBOPHYIXUM OSISMORUM
433
le « centre de calcification » apparaît constitué d’un ensemble de petits polygones irréguliers
qui sont eu fait les sections transversales des fibres (fig. 20). En s’éloignant du centre on
observe des sections de fibres plus allongées. Cependant, elles sont irrégulières. Cet aspect
est lié à la morphologie, elle-même irrégulière, des fibres et à leur inclinaison par rapport
à la coupe (fig. 18).
Lorsque les trabécules sont coupées obliquement (c’est le cas à la périphérie des coupes
transversales du polypier : pl. Vil, fig. 2), les fibres montrent bien la disposition en « jet
d’eau ». Elles décrivent des courbes infléchies vers les faces latérales du septe. En lames
très minces et finement polies, aux forts grossissements, cette courbure est rarement appa¬
rente. Cet aspect résulte de la forme rectiligne de la plupart des fibro-cristaux, quelques-uns
d’entre eux présentant toutefois une légère courbure.
Dimensions des microéléments
Diamètre
Les coupes parallèles ou perpendiculaires aux fibres montrent des contours irréguliers :
renflements, constrictions et indentations (fig. 19 ; pl. VI, fig. 3, 4 ; pl. VII, fig. 4). Ceci
s’explique d’une part par les imbrications des fibres entre elles. Celles-ci sont en effet dis¬
posées soit en petits faisceaux, soit à peu près parallèlement. Il y a de ce fait une très faible
probabilité pour qu'une coupe coïncide, à la fois avec l’axe d’une fibre et ses deux extrémités.
D’autre part, ces fibres présentent des parties renflées, généralement situées vers leur
milieu ou en deçà de leurs extrémités.
Nous donnerons donc deux mesures obtenues à partir de moyennes :
— diamètre des parties renflées : 4 à 8 p ;
— diamètre des parties rétrécies : 1 à 4 p.
Le diamètre le plus couramment observé se situe autour de 5 p.
Indentations
Les libres présentent des indentations dans lesquelles s’engrènent les boursouflures
des fibres voisines.
La profondeur de ces indentations varie de 0,4 à 2 p. Elle se situe le plus souvent entre
0,5 et 1 p.
Longueur
C’est la dimension la plus difficile à apprécier. Dans les meilleures coupes il n’est pas
aisé de situer les extrémités de chaque clément fibreux, pour les raisons indiquées plus
haut, à propos de la mesure du diamètre. L’ordre de grandeur de cette longueur varie de
10 à 40 p et doit se situer le plus souvent aux alentours de 20 p.
Les fibres de Combophyllum ont une morphologie voisine de celle observée chez la plu¬
part des Tétracoralliaires chez lesquels nous avons fait des observations détaillées de micro-
structure, notamment : forme renflée et bords denticulés.
434
YVES PLUSQUF.I.I.F.C ET PIERRE SEMFNOFF-TIAN-CHANSKY
Cependant, on est frappé par leurs faillies dimensions : 20 p. de long et. 5 p. de diamètre
au lieu de 120 p. et 15 p. pour Dibunophyllutn biparlitunl ! NlcCciy} et 80 p. et 10 p. pour Cli-
siophylhun keyserlingi MoCoy pour ne citer que ces deux exemples pris dans le Carboni¬
fère. Toutefois, un Cyatbopsidae du Carbonifère inférieur du Sahara, IlaplophyUia pan’ica-
rinata Sem, T.-C., 1909, possède des libres dont les dimensions sont équivalentes à celles
que nous venons de voir chez ( ombuphylluin.
Chez ('. uxitsrnorum, en coupes parallèles aux libres, on observe une moindre complexité
des variations de teintes de polarisation — au sein de ce qui paraît être le micro-élément
fibreux — que chez les espèces de Tétracnra Ilia ires où ces éléments sont plus gros. De même,
en coupes perpendiculaires aux fibres, celles-ci ont bien des bords échanerés, mais forment
une « mosaïque >) également moins complexe (pl. \ II, lig. 3). II semble donc que l’on soit
en présence d'éléments fibreux de dimensions relativement faibles et, de ce fait, on discerne
mieux leur contour réel que chez beaucoup d'autres Tétracoralliaires possédant des élé¬
ments fibreux plus gros.
RELATIONS ENTRE LA MORPHOLOGIE ET LA MICROSTRUCTURE
Les carènes qui ornent les faces latérales des costo-septes et leurs terminaisons sous
forme de dents sur le bord distal des sept.es ou îles côtes correspondent au trajet et à l’émer¬
gence des trabécules.
Sur le bord des cotes, l'espacement, des dents varie de 0,2 à 0,3 mm ; sur le bord des
sept es il peut varier de 0,4 à 0,5 mm. Ceci s’explique par la disposition en éventail des tra¬
bécules. Elles s’élargissent à mesure que l’on s’éloigne de leur lieu de formation : les côtes
étant moins larges que les septes, il est normal que l’espacement soit plus grand au bord
distal de ces derniers.
Les trabécules costales sont moins bien individualisées que celles de la partie septale.
On peut penser néanmoins que leur densité est, plus grande que dans les septes, comme le
suggère la morphologie.
CROISSANCE
Les études microstructurales (orientation des trabécules et des fibres) montrent qu’à
tous les stades de croissance du polypier les éléments radiairos sont des costo-septes, et que
leur sécrétion distale, périphérique cl proximale, est due au fait que le polype entourait
complètement le polypier 1 . L’absence totale d’ « épilhèque « à rides concentriques en est
la preuve flagrante. La croissance est essentiellement centrifuge, moyennement distale
et faiblement proximale, surtout dans les premiers stades : Ceci explique lu forme discoïde
du polypier cl la différence d’importance entre les côtes et les septes proprement dits. Dans
ce polypier très aplati, la présence de la « zone centrale » entourée d’une zone externe à
croissance essentiellement centrifuge atteste le fait qu’un premier stade, discoïde et pourvu
d’un nombre réduit de septes, a dû se former. Ce stade est grossièrement comparable à la
1. Voir Gi ll ci Semi-nom- T.-G., 1971 : 19.
RÉVISION DE COMBOPHYLLUM OSISMORUM
435
« cupule » à 12 seples (= protothèque des ailleurs) que Lacaze-Dutiiiers a observée chez
le Sclcractiniairc actuel Balanophyllia régla Gosse (Lacaze-Dothiers, 1897 : 178, pl. X,
fig. 18). Toutefois, contrairement au cas de Balanophyllia, chez Combophyllum- ce premier
stade n’est pas limité par une muraille. On ne peut donc pas parler de, protothèque, La
caractéristique principale de ce premier stade est l'absence de seples mineurs, Ils apparais¬
sent après les premières dichotomies et sont souvent situés à l’extérieur de la zone centrale ;
leur apparition cmilrihue à en marquer la limite.
En examinant les coupes transversales proximales, on seraiL tenté de croire qu’il y
ait eu arrêt dans la croissance du squelet te après l'edi ficatîon de la zone centrale. La preuve en
serait fournie par les anomalies relevées dans l'organisation septale au contact des zones
centrale et périphérique. Toutefois, il y a continuité en coupe transversale distale entre
la zone centrale — non individualisée — et In zone périphérique. Ceci pourrait être dû au
fait que, distalement, la surface de discontinuité, si elle existait, serait parallèle au plan
de coupe, mais nous n’avons pu la mettre en évidence dans ce cas. Un peut noter également
qu’en coupe longitudinale, l'individualité de la zone centrale n'est pas très apparente.
L’analogie signalée par G. A. Gii.i. cl l’un de. nous 1 concerne la morphologie du sque¬
lette et en particulier certains caractères : forme discoïde du polypier, absence d’épithèque
(en relation avec l'enveloppement du squelette par le polype).
Par contre, chez Cnnilniphylluin il n'y a pas eu de recourhement du bord latéral du
squelette, comme chez Choinatoseri.fi, En effet, chez Combophyllum on n’observe pas de stades
intermédiaires en forme de champignon se recourbant progressivement, comparables à
ceux figurés par G. A. Gii.i. (197(1, lig. 2, schémas \a-\a). La cicatrice de fixation n’a
jamais été observée. De plus, la régularité de la disposition des côtes et. leur étroite corres¬
pondance numérique avec les seples n’est guère compatible avec un tel développement.
La densité des sep tes est la même sur la face proximale et sur la face distale, mais sur cette
dernière, les seples mineurs n'apparaissent qu’au bord du disque, basal : il n’y a donc aucune
marge de variation entre les deux faces.
Par ailleurs, la ligne ondulée qui semble, partager en deux moitiés la zone centrale du
polypier dans le schéma 2 b (pl, I) (Gill et Semenoff-T.-C., 1971) ne marque pas une dis¬
continuité, Il s’agit en fait de centres de calcifications (« ligne noire ») de part et d’autre
desquels les fibres se dirigent proxirnalement et distalement.
On peut par contre admettre que la planula s’est fixée pendant un temps très court
sur un corps étranger dont on n'a pas retrouvé la trace — et qui a pu être abandonné.
Par la suite, le polypier a dû se développer dans toutes les directions (communication orale
de G. A. Gill). En fait, le mode de croissance de Combophyllum serait beaucoup plus proche
de celui de Fungia.
MENSURATIONS
Les différentes mensurations, L, L', II, P, sont prises comme il est indique sur la
figure 6, P étant mesuré au niveau des pseudo-fossules alaires perpendiculairement au
septum cardinal.
t. Voir Gill et Sf.mf.noff T.-C., 1971 : 19.
RÉVISION DE COMBOPHYLLUM OSISMORUM
437
Les échantillons des collections anciennes ou de certaines récoltes relativement récentes
proviennent vraisemblablement du niveau 42, mais il est impossible de l’affirmer ; on les
considérera donc comme provenant des niveaux 41-42 représentant, dans la coupe de Reun
ar C’IIrank, la topozone à Coinbophyllum osismorum.
Une collection récente a été constituée, avec plus de précision, niveau Dar niveau (41a
— 41b — 42a — 42b).
— Le report sur un diagramme triangulaire, dont les 3 pôles sont II, P, L/l/ (fig. 21),
des points représentât ils des échantillons, ne permet pas d’établir une discrimination entre
les formes des divers niveaux.
— Les trois histogrammes de la figure 22 montrent qu'il n'y a aucune relation entre
l’importance de la coluniellc el la taille des échantillons (représentée par I/). Des formes
sans coluniellc, à columelle faible on à columelle bien développée se trouvent chez les formes
jeunes comme chez les adultes.
— Les variations du diamèlro de la plate-forme calieinale (P) en fonction de la taille
des individus (L') sont sans relation avec les fluctuations du caractère columelle ; l’impor¬
tance de la plate-forme est uniquement liée aux modalités de la croissance (fig. 23).
mm
P
4 ■
3
2
I ■
I A - B .C
L . mm
10 g
Fig. 23. — Représentation graphique des variations de P en fonction de L' : A, échantillon sans colu-
inelie ; 11, à columelle faible; C, à columelle forte.
— La représentation graphique de l’intervalle de confiance de la moyenne calculée
pour L, L', H et P, dans les niveaux 41 b, 42a, 42b, montre que ceux-ci sont largement che¬
vauchants (fig. 25). Le test statistique « t » de différence de moyennes, effectué sur la moyenne
de L pour les échantillons du niveau 41b et ceux de 42b, indique une différence non signi¬
ficative au niveau 0,05. L’augmentation de taille des formes les plus récentes que suggère
la simple comparaison des moyennes est infirmée parles calculs statistiques.
En conclusion, tous les essais de discrimination de. plusieurs formes éventuelles se révè¬
lent vains ; il semble que l’on soit en présence d’une espèce bien homogène du point de vue
biométrique et l’intérêt de ces mesures sera de permettre des comparaisons précises avec
d’autres espèces.
438
YVES PLUSQUELLEC ET PIERRE SEMENOFF-TIAN-CHANSKY
nombre de septes
Fig. 24. — Histogramme montrant la courbe de l'augmentation du nombre total de septes par rapport
à celle du diamètre du polypier.
Fig. 25. — Représentation graphique de l’intervalle de confiance de la moyenne pour L, L', H, P en
fonction du niveau stratigraphique.
RÉVISION DE COMBOPHYLLUM OSISMORUM 439
Tableau I. -—■
Mensurations des échantillons relevés banc
par banc à Reun ar
C’Hrank.
N° éch.
L'
N° éch.
L
L'
H
P
de septes
L
H
P
de septes
Niveau
LPB 2231
5,00
5,10
2,25
2,3
34 ?
EN SM e-103
ENSM e-104
ENSM e-102
ENSM e-105
ENSM e-lOfi
8,20
8,10
6,35
7,50
1,90
8.65
8,35
6,05
7,30
1.65
2,60
2,65
2,05
2,55
1,75
3.8
3,3
2.9
1,'*
2,5
38
12
34
40
32
LPB 2232
LPB 2233
LPB 2234
LPB 2235
LPB 2236
LPB 2237
1.40
3.45
2.70
1,00
3.70
1,75
4,70
3,65
3,00
4,00
3,95
4,90
1,75
1,40
1.30
1,65
1.70
1.70
2,1
2,0
1,4
1,9
2,0
2,6
32
30
22
27
31
32
Niveau 41a
LPB 2238
LPB 2239
4,35
4.75
4,90
0,35
1,65
1,65
2.5
2.7
28
33 ?
LPB 2196
2,95
3,00
1,05
0,8
24
LPB 2240
5,85
5,80
2.15
2.9
34
LPB 2211
3,30
3,50
1,35
1.8
26
Niveau 41b
LPB 2212
3,30
3,85
1,70
1.7
26
LPB 2197
LPB 2198
LPB 2199
LPB 220Ü
LPB 2201
LPB 2202
LPB 2203
3,85
4,60
3,70
5,25
1.55
6,15
6.55
3,80
5,35
> 3,50
5,35
1,85
6,15
7,00
1,30
1,50
1,30
2.15
1.15
2,10
2,25
2,4
2,6
2,0
2,1
2,9
3,(1
3,1
28
30
25 ?
36
33
32
34
LPB 2213
LPB 2214
LPB 2245
LPB 2246
LPB 2247
LPB 2248
LPB 2219
2,70
3,25
3,35
4,90
5,00
3,85
5,05
3,00
3,35
4,00
> 4,45
5,30
3,8(1
5,15
1,20
1,25
1,50
1,85
1,80
1,35
1,80
1.5
1,7
2,1
2.5
2.6
1,7
2,6
24
24
29 ?
32
32
32
LPB 2204
3,40
3,55
1,25
1,8
28
Niveau 42b
Niveau 42a
LPB 2263
_
5,35
2,2(1
2,3
LPB 2213
2,20
2,30
0,65
1,1
21
LPB 2261
1,80
5,15
2,00
2,9
27 ?
LPB 2214
2,10
2.50
1,20
0,9
20
LPB 2265
4,35
4,lu
1,95
2.2
30
LPB 22lü
1,95
4,50
1,80
2.7
32
LPB 2266
—
6,45
2.30
3,3
LPB 2216
5,00
5,35
1,90
2,8
32
LPB 2267
7,15
7,70
2,65
3,3
34
LPB 2217
6,75
7,30
2,45
3,5
36
LPB 2268
3,60
4,25
.2,00
2,0
27
LPB 2218
5,25
5*50
2,30
2.9
28
LPB 2275
3.75
3,75
1,50
2,4
27
LPB 2219
5,25
5.25
1,65
3,0
32
LPB 2276
2,75
2,95
1,15
1,6
LPB 2220
1,70
5,25
2,15
2,0
28
LPB 2277
-J- 10.00
± 10.00
3.00
—
LPB 2221
5,30
5,30
2,00
2,8
34
LPB 2278
t 10,00
4- 10.00
4,50
—
LPB 2222
8.10
8,35
2,75
3,5
36
LPB 2279
6.75
8,35
2,25
4,8
LPB 2223
6,35
6,55
2,00
3,5
40
LPB 2280
6,65
6,90
2,25
3,6
34
LPB 2221
4 ..35
$.75
2.25
) >
32
LPB 2281
6,40
6,70
2,35
4,7
LPB 2225
7.25
7,75
2.30
3,7
36
LPB 2282
4.95
5,35
2.05
2,6
34
LPB 2226
7,30
7,30
1.80
3,1
35 y
LPB 2281
7,85
7,25
3.00
—
LPB 2227
6,25
6,85
2,30
3,8
36
LPB 2285
4,90
5,70
1.95
2,7
36
LPB 2228
4,80
5,00
2.00
2,5
28
LPB 2286
5,00
5,00
1,95
2,5
LPB 2229
1,90
5,15
1,70
2,8
28
LPB 2287
4,30
4,05
1,50
2,5
LPB 2230
6,10
6,55
2,40
2,9
36
LPT1 2288
3,70
3,60
2,10
2,0
Les formules sep laies ont été établies pour tous les échantillons. Ne Figurent ici que celles des types
et de cinq topotypes.
e-103^ e-10'il-! ? e-102
|3
c-105 ?tt o-lOC ^[4 2196 v! 4 2203 4Î4 2213 2245 4 |-r 2267 4 ' 4
3 | 3
2 ] 2
',|3
440 YVES PLUSQUELLEC ET PIERRE SEMENOFF-TIAN-CHANSKY
Tableau II. — Tableau donnant la taille moyenne (X) des échantillons (exprimée par L')
en fonction des caractères de la columelle et de la plate-forme calieinale. (n représente
le nombre de données utilisées dans le calcul de la moyenne.)
* Plate-forme à concavité forte
Pas de columelle
Columelle faible
Columelle nette
K ch. ENSM e-103.
Éch. RAC 15.
Éch. ENSM 1-105, l-104.
Éch. RAC 2, 22.
Éch. LPB 2168, 2182, 2190, 2193,
Éch. RAC 3, 4, 5, 7, 8. 19, 20, 21,
Éch. 1 .l‘B 2103, 2187, 2192, 2200,
2205, 2223, 2239, 2250
23.
2203, 2216, 2208, 2296.
à 2253, 2273, 2274.
Éch. LPB 2100. 2107, 2109, 2172
à 2174. 2175, 2176,
n = 9 X = 5,44
n = 12 X = 5,90
2178, 2180. 2181, 2183,
2191, 2195. 2198, 2199,
2202 , 2200 n 2212,
2215. 2217 à 2222,
222h 2225 2227. 2230,
2232, 2235, 2237, 2240,
2216, 22'.7, 2249, 2257
à 2203, 2205 5 2267,
2203, 229
„ = 47 X = 5,57
** Plate-forme à concavité faible
Pas de columelle
Columelle faible
Columelle nette
Éch. ENSM e-102.
Éch. LPB 2199.
n = 2 X = 4,75
Éch. RAC G, 13, 14, 24,
Éch. LPB 2226, 2233, 2244, 2245,
2254, 2255, 2270.
n = 10 X = 4,52
Éch. RAC 9. 16. 17, 18.
Éch. LPB 2164, 2165, 2170, 2171,
2179, 2134 à 2186,
2189, 2207. 2208, 2228.
2229, 2231, 2238, 2241,
2212, 2248, 2256, 2272.
n = 20 X = 4,67
*** Plate-forme à plan convexe
Pas de columelle
Columelle faible
Columelle forte
Éch ENSM e-106.
Éch. LPB 2204, 2213.
Éch. LPB 2196, 2197, 2214, 2234,
2236, 2243, 2264.
Éch. LPB 2177.
X = 4,70
n = 3 X = 3,50 n = 7 X = 3,50
REVISION DE COMBOPHYLLUM OSISMORUM
441
Tableau III. — Variations du caractère columelle en fonction de la stratigraphie.
Niveau
Columelle absente
Columelle faible
Columelle
nette
n
0/
/o
n
O/
/o
n
O/
/o
41a
i
2
41b
4
25 %
3
19 %
9
56 %
42a
3
6 %
16
31 %
32
63 %
42b
1
4,5 %
9
41 %
12
54,5 %
Tableau IV. — Tableau donnant, pour les différentes mensurations et par niveau, la
moyenne (X), l’éeart-type (s), le nombre de données (n) et l’intervalle de confiance
de la moyenne au niveau 5 %.
L
L'
H
P
X
X
s
n
dr t o, 05 .sm
5,16
1,287
56
4,82 - 5,50
5,26
1,310
57
4,91 — 5,61
1,90
0,407
56
1,80 — 2,00
2,55
0,617
57
2,39 2,71
Niv. 41-42
X
X
S
n
d= t o, 05 .sm
4.80
1,205
8
3,80 — 5,80
4,95
1,276
8
3,89 - 6,01
1,66
0,427
8
1,31 — 2,01
2,52
0,429
8
2,13 — 2.91
Niv. 41b
X 4,74 4,94 1,80
s 1,335 1,489 0,434
n 37 37 37
X ± t o.oô.sm 4,30 — 5,18 4,45 — 5,43 1,66 — 1,94
2,45
0,711
37
2,22 — 2.68
X 5,70 5,95 2,25
s 2,142 2,049 0,713
n 17 19 19
X ± t o.oâ-sm 4,60 — 6,80 4,97 — 6,93 1,91 — 2,59
2,85
0,911
16
2,37 — 3,33
Niv. 42a
Niv. 42b
X
s
n
5,05
1,471
119
1,631
122
1,90
0,499
121
t o,o 5 -sm 4,78 — 5,32 4,94
,52 1,81
1.99
2,55
0,704
119
2,42 — 2,66
Totalité
des
échantillons
442
YVES PLUSQUELLEC ET PIERRE SEMENOFF-TIAN-CHANSKY
Les espèces du genre COMBOPHYLLUM
A notre connaissance, en dehors du type, les espèces rapportées au genre Combophyl-
lum sont :
C. ( Microeycl.it \ .’) nsterirm Weisscjrnel, 1939, Dévonien supérieur. Allemagne (Thuringe) ;
C. bramai Freeh in Mansuy, 1910, Dévonien, Totikin ;
C. ttifehensr l.e Maître, 1952, Erosion supérieur— Kifelien inférieur, Algérie (Saoura) ;
C. gertiwnicnm Kreeh, IKS.3, Cohleneien supérieur, Allemagne (Rhénanie) ;
C. grariuïosiim Le Maître, 1952, Kifelien inférieur, Algérie (Saoura) ;
C. lamvUtautn Le Maître, 1952, Kifelien inférieur. Algérie Saoura);
C. lautimse Mihu-Kdwards et l'Iaïmr, 1351, Dévonien, Kspagne ;
C. titariariitm 1 latine in île Yerneuil et Rorrande, 1355, I tévonien (Cohleneien d’après D. Le Maître),
Espagne ;
C. aiuliiradiriHim Moek, IStiS, Dévonien moyen, Canada (Northwest Terrxtories) ;
C. ublusura Sandberger, IKH9, Dévonien inférieur, Allemagne ; Rhénanie),
Certaines de ces espèces peuvent être éliminées de façon à peu près certaine du genre
Cornbophyllum ; pour d’autres, l'insuffisance de la description, souvent liée à la mauvaise
conservation du matériel, ne permet pas de se faire une opinion valable.
Cornbophyllum I M iirocyclnx ?) aslerieus, dont la face proximale n'est pas décrite et.
ne semble pas conservée i« Dagegen kaim der blumcnnrtige Kalkôherzug auf dem kieinen
Stock wohl nue als eine horizontal aysgehreitele Tlieka aufgefassl werden »), ne saurait
être déterminé dans l'état actuel des choses.
( 'omhopliyl.hun brnncui est une espèce qui, d’après H. Fontaine, 1961, possède une
épithèque à fines stries d*iiccmissrnicnl concentriques; elle ne peut dune appartenir au
genre ( ombophyllum.
Cumbopliyllurn multiradial a m ■ l'hololype — apparemment le seul échantillon connu
— semble très usé et nous ne possédons aucun renseignement sur la face proximale.
Cornbophyllum oblumun : de celte espèce le seul moule interne du calice est connu;
il s'agit donc d’un échantillon indéterminable.
C. eifelienne, C. germanùum, C, granulosum, C. lamellosurn, C. kvnense , C. marianum,
par les earaelères de la muraille iface proximale) exposant les cotes, peuvent appartenir
au genre ConihnphyUurn.
La face distale chez C, rifeli.en.te, C. germanicum, C. granulosum, C. lamellosurn, C. leo-
nense montre une plate-forme calicinale surélevée, des septes mineurs peu apparents logés
dans le fond des loculi interseptaux et intercalés entre les septes majeurs ; ce sont là des
caractères que I on retrouve chez Cornbophyllum osismorum.
Chez C, marianum dont nous avons vu les types, la plate-forme calicinale très développée
n’est pas surplombante et les septes mineurs sont relativement longs. Ces caractères ne
permet tant pas d’exclure cette espèce du genre Cornbophyllum,
Les métaseptes des CorribophyUum de la Saoura et de C. leonense portent des créne-
lures ; ce caractère les rapproche donc de l’cspècc-type. Far contre, chez C. marianum ces
créuelures n’existent pas.
Aucune des espèces décrites ne présente la moindre trace de protubérance columellaire.
Il faut, donc considérer ce caractère — d’ailleurs aléatoire — comme spécifique et présent
chez C. osismorum seulement,
REVISION DE COMBOPHYLLUM OSISMORUM
443
Eliiii), la micros tructure n’est, connue jusqu'à présent que chez l'espèce-type.
A la liste donnée ci-dessus il convient d’ajouter :
Parmusessor ovalus Ludwig, 1869, Cohleneien supérieur, Allemagne (Rhénanie).
Parmasessor geinilzi Ludwig, 1869, Dévonien moyen, lndiana (USA).
P. Macheii (1889 : 162, pl. tll, fig. 5-7) lente, en effet, de démontrer la synonymie
entre P. ooatus Ludwig cl ComhophyUum germanicum Frech. Malgré quelques différences
qu’on peut noter d’après les figurations (diamètre plus grand et nombre de sep tes plus
élevé chez P. ooatus ; disposition tetraradiée plus marquée que dans C. germanicum), la
synonymie proposée par Mai msn pourrait se révéler exacte. Dans ce cas l’espèce ooatus
serait prioritaire. Mais ce fait ne pourrait être confirmé qu’après examen du matériel ori¬
ginal ; celui décrit pas Frecii et par Maurer est, en effet, particulièrement mal conservé
et mal figuré.
Par ailleurs. la figuration relativement bonne de Ludwig permet d'affirmer que P. ooa-
tus est un ComhophyUum. Si l’on considère P. ooatus comme, espèce-type du genre Parma¬
sessor, ce dernier tombe en synonymie avec Combophyllum.
P. geinilzi n’est probablement pas un Combophyllum : développement important des
quatre fossides ou pseudo-fossules, face proximale fortement bombée et dépourvue de
côtes mineures.
Notons, d'autre part, que très peu d’auteurs ont tenu compte des travaux de Lud¬
wig. Celui de 1865-1866 (u Corallen aus palfmlil isebeu Formationeu ») a lait l’objet de pro¬
positions réitérées pour l'exclusion de cet ouvrage par demande d’une mesure d’excep¬
tion auprès de la Commission Internationale de Nomenclature Zoologique (Lang et Smith,
1931 ; Lang, Smiiii et Thomas, 1940; SciutioN, 1969; etc.) ; nomenclature et classifi¬
cation aberrantes voire fantasques, confusion des espèces, des auteurs, etc.
Cependant, dans le cadre de celle altitude critique jusiiliée, l'ouvrage de Lijdwig
(1869 : « Korallenstôcke aus palaeolitîsebcii Formationeu ») où cet auteur traite du genre
Parmasessor est passé inaperçu. Par sa figuration meilleure et ses descriptions plus cohé¬
rentes bien que désuètes, il devrait, à notre avis, garder sa place dans la bibliographie.
En conclusion, mis à pari le cas de Combophyllum germanicum (— C. o valus ?), il ne
semble pas qu’il y ail de problèmes de synonymie parmi les espèces décrites de Combophyl¬
lum.
Le genre Combophyllum par sa face proximale se rapproche de Baryphyllum Milne-
Edwards et Haime, 1850, mais ce dernier en diffère essentiellement par l’absence de septes
mineurs et le très grand développement pris par le sep te cardinal.
Quanta Gymnophyllu/n ltowell, 1945, dont les éléments radiaires sont également expo¬
sés sur la face proximale, il en diffère par sa base parfois pédieellée et ses septes majeurs
bifurqués.
Répartition stratigraphique et géographique du genre : sommet du Dévonien
inférieur — Dévonien moyen. Europe — Afrique du Nord.
En conclusion, nous proposons une nouvelle diagnose du genre Combophyllum et de
l’espèce-tvpe.
444
YVES PLUSQUELLEC ET PIERRE SEMENOFF-TIAN-CHANSKY
Diagnose du genre Combophyllum
Polypier simple, discoïde, de faibles dimensions, dépourvu d’endothèque et d’ « épi-
thèque » à stries concentriques. Muraille septothécale formant un disque basal partageant
les éléments radiaires en leurs partie costale (face proximale) et septale (face distale). Costo-
septes mineurs présents, à partie costale généralement bien développée. Fossule cardinale
parfois assez marquée de même que les pseudo-fossules alaires. Pas de fossule antipode.
Structure trabéculaire en éventail se traduisant par des carènes et des dents plus ou moins
développées.
Diagnose de l’espèce Combophyllum osismormn
Combophyllum à plate-forme centrale bien développée et surplombante, généralement
munie d’une protubérance columellaire. Fossule profonde, munie d’un septe cardinal réduit.
Côtes majeures et mineures également développées, et dont l’épaisseur est égale à la largeur
des loculi intercostaux. Structure axiale nettement individualisée dans les coupes trans¬
versales proximales.
Diamètre du stade adulte : 6 à 8 mm. Nombre total de septes (chez l’adulte) : 30 à 40.
REVISION DE COMBOPHYLLUM OSISMORUM
445
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Manuscrit déposé le 19 juin 1972.
448
YVES PLUSQUELLEC ET PIERRE SEMENOFF-TIAN-CHANSKY
Combophyllum osismorum Milne-Edwards et Haime, 1851.
Tous les échantillons proviennent de la base du Dévonien moyen de Reun ai* C’Hrank en Lanvéoc
(Finistère), sauf les échantillons LPB 2350 et 2351 (pl. III, fig. 6, 9) provenant de Prioly en Rosnoën (Finis¬
tère), même niveau.
Les échantillons figurés appartiennent aux collections de l’Ecole des Mines de Paris (ENSM), du labo¬
ratoire de Géologie de la Faculté Catholique de Lille (RAC) et du laboratoire de Paléontologie de la Faculté
des Sciences de Brest (LPB). Le costo-septe cardinal se trouve toujours en haut de la figure. Les proto¬
sep! es sont repérés par des triangles, dans la mesure du possible.
Photographies non retouchées.
Pour les photographies des planches 1 à 111, les échantillons ont été blanchis au NH 4 C1.
PLANCHE I
Fig. 1. — Figures originales de Milne-Edwards et IIaime, 1851 (pl. 2, fig. 2, 2a, 2b, 2c). Grossissement
non précisé, environ \ pour les figures la, 1b, le, figure ld grandeur naturelle,
la, face distale ; 1 b, lace proximale ; le, profil ; ld, profil.
Fig. 2. — Éeh. ENSM e-lO'i. Matériel original.
2 a, face dislale ; 2b, face proximale ; 2c, profil, vue alaire droite.
Fig. 3. — Éeh. ENSM e-103. Matériel original.
3a, face distale ; 3b, face proximale (remarquer la crénelure des côtes) ; 3c, profil, vue alaire gauche ;
remarquer la hauteur du dernier métasepte formé (costo-septe majeur) à droite du septe alaire.
Figures 2 el 3 : grossissement X 7.
PLANCHE I
450
YVES PLUSQUELLEC ET PIERRE SEMENOFF-TIAN-CHANSKY
PLANCHE II
Fig. 1. — Éch. ENSM *‘-102 : lectotype.
la, face distale ; 11), face proximale ; 1c, profil, vue alaire gauche.
Fig. 2. — Éch. ENSM e-106. Matériel original.
2 a, face distale ; 2b, profil, vue alaire gauche ; remarquer la hauteur du dernier septe formé et
sa disposition contrai ingénié.
Fig. 3. — Éch. ENSM e-105. Matériel original.
3a, face distale; septes fortement carénés; 3b, profil, vue alaire gauche.
Fig. 4. — Éch. RAC 5 : face distale.
Fig. 5. — Ech. RAC 8 : face distale.
Fig. 6 . — Ech. LPR 2213 : face distale ; forme très jeune à fossule cardinale peu marquée et costo-septe
cardinal apparent sur toute sa longueur.
Fig. 7. — Ech. LPR 2234 : face distale.
Fig. 8 . — Ech. LPR 2160 : face distale, h* processus columellaire correspond à la protubérance située au
point de^ convergence des costo-scptes alaires.
Fig. 9. — Éch. LPR 2196 : face distale, plate-forme centrale mal individualisée.
Fig. 10. — Éch. LPR 2190 : profil ; échantillon cassé suivant C-K, remarquer les carènes sur les septes.
10 a, moitié gauche, costo-septe cardinal en bas et à droite de la figure ; 10b, moitié droite, plate¬
forme centrale concave et nettement surplombante bien visible du côté droit.
Toutes les ligures : grossissement 7.
PLANCHE //
452
YVES PLUSQUELLEC ET PIERRE SEMENOFF-TIAN-CHANSKY
PLANCHE III
Fig. 1. — Ech. LPB 2203 : face distale, processus columellaire absent.
Fig. 2. — Ech. LPB 2167 : face distale, le processus columellaire paraît en relation étroite avec le septe
antipode (K).
Fig. 3. — Ech. RAC 11 : face distale, forme tératologique, protoseptes non repérés.
Fig. 4. — Éch. LPB 2175.
la, face distale ; 4b, profil, vue alaire droite, remarquer la disposition en éventail des carènes et leur
terminaison sous forme d’un gros nodule sur la tranche du septe.
Fig. 5. - Ech. LPB 2194 : face distale, forme aberrante, plate-forme centrale presque inexistante.
Fig. 6. - Ech. LPB 2351 : échantillon décalcifié, moulage naturel de la face distale, montrant le fond
des loculi interseptaux et au centre de P échantillon — sous forme d’un vide -— la structure axiale.
Fig. 7. — Ech. LPB 2174 : face distale, nette disposition contratingente des métaseptes majeurs dans
le secteur alaire-périantipode droit.
Fig. 8 . — Ech. LPB 2180 : face distalc.
Fig. 9. — Ech. LPB 2350 : mêmes remarques que pour la figure 6. Aucune trace du septe cardinal, même
dans la partie tout à fait interne de la fossule. Les septes mineurs sont visibles dans leur partie interne
(dépression allongée sur le moulage des loculi interseptaux), s’estompent ensuite puis réapparaissent
à la périphérie du polypier.
Fig. 10. — Éch. LPB 2166 : profil, vue alaire droite ; face distale : voir pl. If, fig. 8.
Toutes les figures : grossissement X 7.
PLANCHE 111
454
YVES PLUSQUELLEC ET PIERRE SEMENOFF-TIAN-CHANSKY
PLANCHE IV
Fig. 1. — Ech. LPB 2310 : coupe transversale proximale.
la, ensemble X 10 ; lb, détail de la zone centrale < 35. Remarquer la disposition des protoseptes.
Les périantipodes et les alaires se divisent à la périphérie de la zone centrale. Au centre ils butent contre
l’axial-septum mais sans rayonner d’un même point.
Fig. 2. — Ech. LPB 2304 : coupe transversale légèrement oblique. Distale à gauche, elle est plus profonde
à droite.
2 a, ensemble 10 ; 2b, détail de la zone centrale, montrant les protoseptes et les bifurcations des
scptes périantipodes et alaires. Grossissement : < 21.
Fig. 3. — Ech. LPB 2309 : coupe transversale.
3a, ensemble X 10 ; 3b, détail de la zone centrale montrant les « lignes noires » des septes ; les
protoseptes sont irrégulièrement disposés et sont de ce fait plus difficiles à reconnaître.
PLANCHE IV
456
YVES PLUSQUELLEC ET PIERRE SEMENOFF-TIAN-CHANSKY
PLANCHE V
Fig. 1. — Ech. LPB 2283 : coupe transversale proximale 15 (niçois croisés). Se reporter à la légende
de la figure 10.
Fig. 2. — Éeh. LPB 2279.
2a, coupe longitudinale perpendiculaire au plan C-K 18. Remarquer les angles rentrants rem¬
plis de gangue aux extrémités de la coupe. Dans la partie gauche de celle-ci une zone circulaire est
également remplie de gangue. Ces creux sont dus à ce que la coupe passe par des dépressions latérales
des sep tes.
2b, détail de la zone axiale de la même coupe 43,5 (niçois croisés). Deux lames septales de la
zone centrale dont les « lignes sombres » sont bien visibles, traversent toute l’épaisseur du polypier depuis
la face proximale jusqu’à la face distale, où elles sont à l’origine de protubérances columellaires.
Fig. 3. — Ech. LPB 2308 a : coupe tangentielle 15.
Les sep tes majeurs sont biconcaves et non perforés. A la partie inférieure, muraille septothécale
formée par les parties épaissies contiguës des costo-septes des deux ordres. Partie supérieure : plate¬
forme calicinale formée par les parties renflées jointives des septes majeurs.
Fig. 4. — Éch. LPB 2307 a : coupe tangentielle x 15 (niçois croisés). Mêmes remarques que pour la
figure 3. Les septes anastomosés sont probablement les derniers formés dans les quadrants antipode
et cardinal.
PLANCHE V
458
YVES PLUSQUELLEC ET PIERRE SEMENOFF-TIAN-CHANSKY
PLANCHE VI
Fig. 1. — Kch. LPB 2344 a : coupe longitudinale C-K.
la, x 15. La section passe dans la fossule cardinale (C) et recoupe une partie de l’un des derniers
métaseptes formé dans cette région (flèche). A droite, septe (probablement antipode, montrant la dis¬
position en éventail des trabécules).
lb, détail 33. A gauche trabécule horizontale du costo-septe cardinal. Au centre et à droite,
disposition des Ira bée u les de la zone centrale. On peut supposer qu’à la base de la partie axiale du
polypier le bord costal aurait été érodé.
Fig. 2. — Éch. LPB 2323 b : coupe longitudinale parallèle au plan C-K.
2a, X 15 ; 2b, détail ( , 43) de la partie centrale de la base de la coupe longitudinale.
Fig. 3 et 4. — Éch. LPB 2345 : détails dans une coupe très mince ultra-polie transversale 1200. Fibres
plus ou moins rectilignes et irrégulières imbriquées les unes dans les autres. Noter les parties rétrécies
et renflées ainsi que leurs contours denticulés.
Niçois croisés dans toutes les figures, sauf la figure 2b.
, W
PLANCHE VI
460
YVES PLUSQUELLEC ET PIERRE SEMENOFF-TIAN-CHANSKY
PLANCHE VII
Fig. 1. — Ech. LPB 2349 (X 100) : coupe transversale dans un septe, perpendiculaire aux trabécules.
Structure en « jet d’eau » donnant en niçois croisés des extinctions en croix des ensembles de fibres
approximativement parallèles aux plans de polarisation. Au centre de chaque trabécule, les fibres
sont « éteintes », étant parallèles à l’axe optique du microscope.
L’axe et la périphérie du polypier sont situés respectivement en dessous et au-dessus de la photo.
Fig. 2. — Keh. LPB 23'i5 ( 250) : détail du bord périphérique d’un septe en lame ultra-polie. Disposi¬
tion en « jet d’eau » des fibres.
Fig. 3. — Ech. LPB 2348 (X 1200) : coupe perpendiculaire aux fibres en lame ultra-polie. Disposition
en mosaïque. Le contour de chaque élément est relativement simple. On remarque cependant des pro¬
tubérances et des indentations qui s’engrènent les unes dans les autres.
Fig. 4. — Ech. LPB 2346 (X 1200) : coupe transversale, détail. Fibres montrant leurs bords denticulés.
Toutes les photos en niçois croisés.
PLANCHE VU
Achevé d’imprimer le 31 juillet 1973.
IMPRIMERIE NATIONALE
2 564 004 5
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Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
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