BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
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PUBLICATION BIMESTRIELLE
scie
nces
de la terre
27
N° 173
JUILLET-AOUT 1973
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : P r M. Vaciion.
Comité directeur : P rs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur généra! : Dr. M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupêrier.
Conseiller pour l’illustration : Dr. N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de. la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant; des articles divers.
À partir de 1971, le. Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
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toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
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International Standard Serial Nuniber (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 173, juillet-août 1973, Sciences de la Terre 27
Sur les bois fossiles (Angiospermes)
d’âge tertiaire inférieur du nord
de la hamada de Tinrkert
et du nord-est du Tademaït (Sahara algérien)
par Georges Busson *
Résumé. — Ces bois, ayant fait, récemment l’objet d’une étude anatomique précise — - à
caractère systématique et écologique . il importe de les situer avec précision dans leur contexte
stratigraphique et sédiment a ire. Ainsi, pour la première fois, peuvent être précisées les llores
du sommet de la série hamadierme (non signalée jusqu’alors), des grès du Continental terminal
dans leurs différents sites, et en lin des « paléo-oueds » (dont les alluvions serpentent à la surface
des plateaux luimadieus et, parfois, du Continental terminal). L’examen des conditions sédimon-
taires de dépôt de ces bois incite à une certaine prudence dans les reconstitutions paléogéograplaques
fondées sur la signiiication écologique de ces flores.
Les bois fossiles des formations gréso-argilo-conglomératiques du nord de la hamada
de Tinrhert et du nord-est du Tademaït (fig. 1) sont connus de longue date ; de grands
troncs d’arbres silicifiés ont ainsi été signales par F, Fovreav (1893, 1905) qui suggérait,
dubitativement, de les rapporter à l'époque quaternaire ; puis par C. Kiuan (1925, 1930)
qui leur assignait un âge plus exact : « ce gisement, reposant sur le liant de la série des for¬
mations du Tinrhert, ne peut être que d'âge tertiaire ». Les première» déterminations faites
sur ces troncs, dues h E. Bourkau (1951) sur du matériel collecté par J. Ph, Lefranc,
mettaient en évidence la présence d'espèces nouvelles de Légumineuses et d'Euphorbiacées.
Les conditions de gisement n’étaient, précisées que de façon approximative, puisque, sui¬
vant E. Bovreau, les grès à bois étaient superposés à la hamada crétacée, mais sous-jacents
aux calcaires éocfcnes à Fnraminil'ères de la région, tandis que, suivant le collecteur lui-même
(J. Ph. Leva a nc, 1952), cette formation serait sus-jacente aux calcaires éocèues à Fora-
minifères qu’elle ravine. Depuis, les découvertes et les récoltes de bois silieifiés se sont
multipliées (J, Ph, Lefranc, à. Bonnet, G. Busson). Les déterminations sont d’abord
apparues en petit nombre et concernent des échantillons en général isolés (E, Bourkau,
J. C. Koeniguer). Puis, récemment, un travail fondamental dû à P. Louvet (1971) com¬
porte la déterminât.ion systématique de nombreux échantillons, une comparaison avec
des échantillons de provenance voisine (Libye en particulier) et un certain nombre de con¬
clusions d’ordre stratigraphique et paléogéographique. Ce travail de spécialiste, qui consti¬
tue une mine de renseignements précieux, souligne la nécessité qu’il y a, pour le géologue
* Laboratoire de Géologie du Muséum national d'Histoire naturelle, 6 7 , rue de Buf/on, 7500a Paris.
11S, 1
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GEORGES BESSON
Fig. 1. — Carte géologique schématique avec localisation <h*s noms cités dans le texte.
du terrain, de préciser les niveaux stratigraphiques qui ont livré ces bois et leur relation,
les différentes conditions de gisements observées, le caractère présumé autochtone ou alloch-
tmie des échantillons, données qui, jusqu’alors, n’ont pratiquement jamais fait l’objet de
publications autres que très sommaires.
En fait, l’étude de ces bois devait présenter d’autant plus d’intérêt que les formations
gréseuses d’où ils proviennent sont par ailleurs d’une désespérante pauvreté en restes
organisés : rien n’v a été découvert hormis quelques gyrogonites de Characces (G. Busson
et L. Grambast, 1965). Bar ailleurs, les formations gréseuses qui les ont livrés ont une exten¬
sion géographique considérable, de la région d'Hassi-lnifel à celle de Hhadamès, et sont
encore très mal datées, entre les calcaires éocènes sous-jacents et les regs quaternaires qui
les surmontent et les prolongent de façon parfois indistincte.
I. Contexte géologique
(Fig. 2)
Le contexte géologique mérite d'abord d’être précisé quelque peu, car il s’avère sen¬
siblement plus complexe que ne le donnent à penser les quelques descriptions existantes.
Classiquement, les grès à bois, partie du Continental terminal, reposent en discordance
sur une série hamadienne (C. Kilian, 1931 : 109-111) carbonatée et argileuse ; cette der¬
nière n’étant pas seulement d’âge crétacé supérieur, mais également éocène — dans la
région d’Hassi-Mseggem par exemple (J. Pli. Lefranc, 1952 : 253-254) —, ou au moins
paléocène — à l’est d’El-Biod (G. Busson, 1960). De celle situation, J. Ph. Lefranc con¬
cluait (1965 : 415) : « Il suffit de noter que le calcaire à Fora minif ères du Tinrliert occidental
date de la moitié inférieure de l’Éocène, tandis que les couches à bois fossiles, épandues
BOIS FOSSILES D’ÂGE TERTIAIRE INFÉRIEUR
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sur le nord de la hamada de Tinrhert, appartiennent à la moitié supérieure de l’Éocène ».
J. C. Koeniguer (thèse inédite, 1964 : 93), de son cftté, notait : « Plus on va vers l’ouest,
plus les grès à bois fossiles sont en discordance sur des niveaux de plus en plus élevés de la
série hamadienne ».
W
INTERPRETATION CLASSIQUE
Hossi Msegguem région de Medorbo Confins libyens
E
IV- -150 - - HT- - 30 Km-*-H>-
Région <3 Hossi Haut d‘£l-Biod entre El-Biod et
Msegguem tn H» Belguebbour
Grès a bo>5 ."!•
I Continental teiminall <
Yprèsien d Operculntaioçs | à>
Paléocêne
probable —
Maestrîchtien
150 km-*-I
Région de Medarba
é- m . -%
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Polêocêoe
■ - . , -i—r- i— -l-r Maestrîchtien
Fig. 2. — Gisements de bois fossiles du nord de la hamada de Tinrhert, situation des grès du Continental
terminal par rapport aux différents termes de partie, sommitale de la série hamadienne (calcaires marins,
crétacés et éocènes),
(1) l n lit: calcaire, près de la base de ces grés à bois, a livré des gyrogonites de Characées qui évoquent,
localement, un âge oligocène plutôt qu’éoeène.
En fait, la discordance entre les grès à bois et la série hamadienne (crétacico-éocène),
qu elle s’accompagne ou non de ravinement, est extrêmement légère ; l’examen de photos
aériennes prouve que la même corniche hamadienne, immédiatement sous-jacente aux
grès à bois, se poursuit sur de très grandes distances avant de disparaître. En règle générale
au moins, la discordance est si légère qu'elle ne peut être que cartographique. Mais une autre
observation précisera les rapports entre ces deux séries : au nord-ouest de l'oued Tamendjelt,
les couches supérieures de la série hamadienne [niveau paléoeène KG de la feuille Forl-Flat-
ters (G. Busson)] voient l’apparition, au sein des bancs calcaires massifs habituels, de
couches gréseuses, à bois (fig. 2), Dès lors, on a l’impression que, de. l'ouest vers l'est, il y a
moins ravinement de plus en plus poussé et de plus en plus profond qu’apparition de plus en
plus précoce du faciès des grès à bois, qui tend à descendre dans la série hamadienne. Le phé¬
nomène est difficile à prouver et impossible à préciser, car infiniment progressif et se dérou¬
lant dans une zone où les épandages détritiques et les massifs dunaircs s’opposent à des
observations continues. Par surcroît, cette présence de bois au sein de la série hamadienne
ne s’impose que difficilement à l’observateur : celui-ci tend toujours à penser que les débris
trouvés proviennent de l’habituelle série détritique sus-jacente. Il est également possible
que certains lambeaux de grès à bois reposent sur un plateau hamadien à la faveur d’une
aggravation locale de la discordance.
173, 2
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GEORGES BUSSON
Line conséquence à tirer d’un tel passage, d’une série à l'autre, se rapporte à l’âge des
grès à bois : même si localement l’attribution à l'Oligocène (G. Busson et L. Grambast,
1965) se confirmait sur le haut d’El-Biod — où elle est parfaitement vraisemblable —,
les grès à bois, passant en continu à la série hamadienne (Paléocène ou Eocène inférieur 1 ),
doivent eux-mêmes débuter à l’Foeène.
Une complication supplémentaire provient de la présence de paléo-alluvions (G. Bus-
son, 1964), formations de ravinement, gréso-conglomératiques, elles-mêmes souvent riches
en bois et d'autant, plus dilliciles à dater qu’elles doivent correspondre à plusieurs épisodes
de creusement et d’alluvionuement fluviat.iles d’âges dilférents. La datation de chacune
de ces formations nécessiterait des études supplémentaires d’extrême détail et, dans l’état
actuel îles connaissances acquises, il n’est pas possible de tirer argument des déterminations
des bois qui en proviennent. D’ailleurs, meme en supposant ces formations correctement
situées et datées, leur aspect grossièrement conglomératique rend incertaine la position
des fragments de bois qui peuvent, y être récoltés, car toujours suspects d'un remaniement
postsédimentaire, sous la furme de galets.
IL Flores identifiées
1. Probablement au sein de la série hamadienne : Paléocène ou Eocène inférieur du nord-
ouest de l'oued Tamendjelt.
A la surface du plateau paléocène, au nord-ouest de l’oued Tamendjelt, des formations
à bois semblent donc se situer dans le Paléocène, entre les formations eC et eG de la carte
Fort-Flatters (G. Busson, 1964), en particulier les gisements 5439 (363,000 ; 3232,600)
et 5440 (364,100 ; 3232,300). Les bois (éch. 5439 et 5440) sont surtout des Légumineuses :
Lrgutnino-xylon monodii Louvet, L . Uimendjellvnae L,, L, zeinletimse L., L. medurbaense L.,
ainsi que d'autres Légumineuses non déterminables avec précision, et une espèce A'Entan-
drophragmoxylon : E. nurmahdii Louvet. Ces débris de troncs d’arbres correspondent en
tous points à Ja flore classique des grès à bois du Continental terminal, « discordants » sur
la série hamadienne ; dans la mesure où les travaux ultérieurs confirmeront dans tous les
cas leur gisement dans la série hamadienne (Paléocène en T occurrence), on peut en déduire
une continuité remarquable et inattendue entre ces deux séries ; et cette continuité s’oppose
à la révolution. tectonique ou climatique — suggérée par la superposition, supposée
en discordance généralisée, de Ja formation détritique des grès à bois surfes calcaires marins
hamadiens.
2. Dans les grès à bois sus-jacents aux derniers calcaires hamadiens.
Les premiers mètres de base des grès du Continental terminal, au-dessus des derniers
calcaires hamadiens, sont particulièrement riches en débris de troncs d’arbres silicifiés.
1. Les faunes que j’ai ramassées dans la région d’IIassi-Msegguem ont permis de préciser l’attribution
d’âge faite autrefois par J. Ph. Lefranc : il s’agit d’Yprésien à Nunimulites (O perçut inoi des) berin udezi
(Palmer) et JV. (O.) calcnula (Cuslunan et Jarv.) (Y. Le Calvez, in litteris).
BOIS FOSSILES o’ÂGF, TERTIAIRE INFERIEUR
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Sur le haut d’El-Biod (site III de, la ligure 2) ils ont livré de nombreux débris d'Anogi-issuxy-
lon bussoni Louvet (éch. 5657) ; entre El-Biod et Hassi-Bel-Guebbour (site II de la lxg. 2),
d’autres échantillons d’.1 nogeissuxylrm bussoni L. (3066 A et B) 1 , Eeguminox y km. atenchi-
koffii Boureau (3114 A), Palmoxylon sp. (3114 B) et Entandrophragmoxylon normandii
(éch. 5446 4) ; enfla au nord d'Oudoumé (site comparable au site I de la fig. 2} un exemplaire
de Lovockvylon princeps Louvet (éch. 1140).
Les récolles d’autres auteurs peuvent èlre situées dans ce schéma général. C'est ainsi
que les bois recueillis par J. Ph. Lefranç et déterminés par E. Boi.treau en 1951, Legumi-
tioxylon pienckïkofUj et, Euphorbioxylon lefrancit. , proviendraient des grès a bois dans le site
IV ; leur Age postyprésien est ainsi établi à coup sûr. La région de Zcmlet-cI-Medarha (grès
à bois do site 1) a fourni des échantillons déterminés par I. C. Koenicuek (1964, 1965),
comme L. menchikofjii , L. paramcnc.hikoffii Koeniguer, L. bonneti Iv. et L. schenkii K.
Enfin, les régions extrême-occidentales (région de l’oued Mseid) viennent de livrer à
J. Ph. Lefiianc de nombreux exemplaires de Detanouylon libycuin (= StcrcuUoxylon aegyp-
tiacum) et Leguminoxylon ocaciae Ivrausel, dans des conditions de gisement vraisembla¬
blement très eomparables h celles de la région d’Hassi-Mscgguem (site IV de la ligure 2).
II convient de citer — sans en tirer argument — les espèces île bois qui ont pu être
déterminées en provenance de palco-oueds, Les formations ravinantes s’étendent sur plu¬
sieurs kilomètres, successivement sur les Calcaires maeslricblieus et sur les calcaires paléo¬
cènes. En un premier point, situé dans le quart nord-ouest de la feuille au 20b 000 e Fnrt-
Flatters. en 240,3 : 3172,1 : Pahudioxylon kiliani Louvet (= Afzelioxylon k ilium L.) et
Conibretoxylon euphorbioides L. (éch. 3053) ; en un second point, en 233,75 ; 3169,45 :
Entandrophragmoxylon normandii !.. et E. mkralluensc L. (éch. 5547). Ou remarquera,
seulement, à la lumière de ces déterminations, que les bois de ces paléo-oueds rappellent
ceux rencontrés dans les formations précédentes.
III. Difficultés d’interprétation des données des bois fossiles
Etant donné leur extrême dureté et leur cohésion, les fragments de bois fossiles sont
éminemment susceptibles de remaniements postsédbupiitairos, sous forme de véritables
galets ; e'esl là un obstacle, mineur mais non négligeable, pour tirer argument des restes
de bois dès lors que l’on a affaire à des fragments détritiques, alloelitones, et non point,
comme dans certaines couches de houille par exemple, à des arbres en rapport avec un
sol de végétation. Dans le cas dos gisements sahariens où les grands troncs abondent géné¬
ralement, ou pourra tenter d’éviter ees cas de remaniement en ne prélevant d'échantillons
qu’au sein de gra nds troncs, peu suseeptibles de déplacements pustsédirnenta ires importants :
cette précaution doit être prise, car il est toujours tentant de ramasser l’échantillon suffi¬
samment petit pour être transporté sans être au préalable cassé et fragmenté.
Le géologue qui ramasse des bois fossiles en attend parfois la possibilité d’une attri¬
bution d’âge pour la formation qui les a livrés : cet espoir est rarement satisfait dans le cas
présent et l’utilisation des déterminations de bois en stratigraphie reste très limitée. Il y
a là, semble-t-il, des raisons profondes. Tout d’abord l’allure anonyme, indifférenciée de
1. Anogeissuxylon bussoni Louvet a été décrit précédemment sous le nom d ’Evodioxylon primigeninm
(Schenk) Krausel.
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GEORGES BUSSON
nombreux plans ligneux qui pourront être rapprochés, par exemple, des Légumineuses,
mais non pas de tel genre ou de telle espèce. La constance et l’absence d’évolution de nom¬
breux plans ligneux sont évidemment un autre obstacle, majeur, pour tirer parti des bois
en stratigraphie. Dès lors que le plan ligneux de tel Anogeissuxylon du début du Tertiaire
s’est révélé exactement identique à celui «le IVl nage issus If.iocarpus actuel, il ne faut pas
s’étonner de retrouver le même Anogeissuxylon dans toute la série tertiaire et quaternaire...
et de ne pas pouvoir dater des couches par la présence de cet arbre.
Restent les enseignements écologiques et les données climatiques qui peuvent être
tirés de ees bois. On peut en effet penser que l'identité des plans ligneux — fossiles et actuels
— n’est pas compatible avec des différences radicales dans le milieu de vie (espèces de man¬
grove, de forêt humide, de savane, etc.), et Ton peut ainsi, théoriquement, reconstituer
ce milieu de vie d’après les espèces végétales rencontrées à tel niveau et dans telle région.
Mais la méthode n'est pas applicable dans tous les cas. Tout d’abord parce que la plus grande
partie des plans ligneux de ees grès sahariens n’a pu être mise en identité avec une espèce
actuelle d’habitat bien déterminé, mais seulement être située dans une famille dont les
représentants actuels ont des habitats variés. De plus, à côté de cette raison, d'ordre bota¬
nique, en existe une autre, géologique, d'importance fondamentale. De façon très générale,
ces débris de troncs emballés au sein d’une formation grossièrement détritique représentent
des bois flottés , et non ptas des bois sédimentés sur le lieu même de leur habitai originel.
Le fait de trouver parmi ees débris do bois une espèce de forêt dense en un point et une
espèce de savane à quelques kilomètres de lit ne saurait établir l’existence de la forêt dense
au premier point et «le la savane au second, Car, dans un cas comme dans l’autre, il ne s’agit
que d’un point d’accumulation dans le bassin de sédimentation, vraisemblablement, très
en aval du domaine continental où s'étalent développés les arbres correspondants. Certes,
cette allochtonie intégrale et originelle doit souffrir quelques exceptions : quand cm découvre
des bois fossiles en compagnie de très nombreux restes de Vertébrés continentaux aériens,
on peut penser qu’une exondation a permis le développement sur place d’une vie conti¬
nentale et que, dès lors, les bores sédiment,ées ont également poussé sur place. Ce n’est cer¬
tainement pas le cas de la plus grande partie de ees formations grossièrement détritiques
à grands troncs emballés. C’est là la raison fondamentale pour laquelle il m’est, impossible
de souscrire pleinement aux cartes du Tinrhcrt publiées par P. Louvet (1988 : 105, fig. 28,
1 ; 1970 : 429, fig. 101, etc.), oit la ligne séparant les sites d’échantillons de forêt humide
et celui d’échantillons de savane est considérée comme la frontière véritable entre la forêt
humide et. la savane. La répartition de ees échantillons flottés au sein de la formation détri¬
tique qui les renferme rte peut être qu’aléatoire (de surcroît, dans le cas présent, ees échan¬
tillons ne sont pas toujours tous du même âge).
IV. Résultats
1. Dès le Paléocène, les formations à bois apparaissent au sein de la série earbonatée
dans le Tinrhcrt oriental, alors que pendant ce temps les séries restent uniquement argilo-
carhonatées au Tinrhcrt occidental, comme elles le resteront jusqu’à la fin de l’Yprésien.
Les bois déterminés en provenance du Tinrhert oriental consistent en une espèce de Méliacée
BOIS FOSSILES D’ÂGE TERTIAIRE INFÉRIEUR
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(Entandrophragnioxylon normandii L.) identique à des formes actuelles de forêt humide
et différentes Légumineuses ( Leguminoxylon zemletense, tamendjeltense, morwdii, medar-
baense) d’écologie non déterminable.
2. Au-dessus des derniers calcaires hamadiens, les grès h bois se généralisent et ont
fourni, de l'extrémilé sud-occidentale de l’Erg oriental (région de l'oued In-Sokki) aux
confins libyens, de nombreuses espèces. Les couches comprennent vraisemblablement de
l’Éocènc (moyen-supérieur) et de l’Oligocène, même si en certaines régions (haut d’El-
Biod par exemple) l’Oligocène est effectivement seul représenté.
On a signalé en particulier dans ces couches i des Légumineuses, Leguminoxylon. men-
thikofjii Boureau, !.. bonneli Koenigtier, L. schenkii K., Detarioxylan libycum Louvet et
Boureau ; une Méüaeée, Lwoaxylon princeps Louvet ; une Combretacée, Anogcissuxylon
bussorii Louvet ; une Kuphorbiaeée, Euph or h ioorylon lefrancii B. ; un palmier, Palmoxy-
lon sp.
11 convient de souligner que, parmi ces espèces, certaines ont un plan ligneux identique
à celui d’espèces actuelles de savanes (hiolope soudano-guinéen) : ainsi d’.f nogeissurylon
bussoni ou de Detarioxylon libycum . D’autres, au contraire, tel que Locoaxylon princeps L.,
correspondent à des espèces actuelles des forêts de régions côtières à pluviosité importante.
Si les conditions de gisement (flottage des bois, absence de niveaux-repères précis au sein
de la formation des grès St bois) s’opposent, actuellement, à toute tentative d’implantation
géographique de ces biotopes différents, l’indication de leur existence, pendant le dépôt
de ces grès à bois, constitue un progrès notable de nos connaissances à imputer aux déter¬
minations paléoxylologïques précises de P. Louvet.
V- Comparai son avec les résultats obtenus en Libye
(Syrie en particulier)
L’Éocènc et l’Oligocène de Syrie offrent des affleurements meilleurs, mieux différen¬
ciés et mieux datés que ceux du Tinrhert. Alors que les grès à bois du Tinrhert n’affleurent
pratiquement jamais sous forme de falaise, offrant une coupe stratifiée, mais sous forme
de reg, sorte de grande plaine recouverte de caillotitis et plus ou moins empâtée par les
massifs dunaires, les terrains éoecnes .— non seulement y présiens mais de l'Éoeène moyen
supérieur — et oligocènes se présentent souvent, en Syrie, en coupes d'excellente qualité.
En ou Ire, l'intrication des faciès marins et continentaux permet une datation des seconds
par les premiers. De surcroît, le rapproche me ni de ces faciès, franchement marins et fran¬
chement continentaux, suggère un flottage du bois de moindre importance et par consé¬
quent un rapprochement probable des biotopes et des emplacements de sédimentation.
Ce dernier fait est fondamental : on voit l'opposition avec le Continental terminal du Sahara
algérien où une immense zone d’épandage détritique (pouvant mesurer un millier de kilo¬
mètres du nord vers le sud) a pu s’intercaler à l’Éoeène supérieur et à l’Oligocène — entre
le domaine continental où poussaient tes arbres et le domaine marin franc des régions
mésogèennes.
Parmi les bois déterminés, en provenance de l’Éoeène et de l’Oligocène de Libye,
on fera au moins état de ceux qui sont situés avec une précision suffisante du double point
de vue géographique et stratigraphique.
100
GEORGES BUSSON
Dans le Lutétien supérieur de Graret-el-Gifa, ont été trouvés Sonneratioxylon aubrevillei
Louvet, espèce de mangrove, et Flacourtioxylon gifaense Louvet, Flaeourtiacée (ou peut-
être Monomiacée) de forêt dense, de forêt-galerie ou de mangrove. A Dar-el-Talah, dans
un niveau qui doit être peu différent de celui de Graret-el-Gifa, a été identifié Terminalioxy -
Ion fezzanense Boureau, bois présentant de nettes affinités avec Anogeissuxylon hussoni,
en association avec un fruit, Fezzania cnlanchoensis B., et un serpent déterminé comme
Plerosph&nits par R. Hofpstetter.
Dans l’Oligocène, on rappelle la présence des espèces suivantes : 1) Entandrophrag-
murylon magnieri Louvet, arbre de forêt dense du gisement de Gara Gehauneur : 2) Ficoxy-
Ion mcltdwnsu Louvet, dont le plan ligneux est procive de celui de certaines espèces de Ficus
cet-usa, espèce de mangrove, dans le gisement de Dor-ci-Mclah ; 3) Hrideli-oxylon arnouldii
Koeniguer. Euphorbiacée en provenance des falaises de Dor-el-Abd. Les gisements suivants
sont en position plus continentale: 4) à Zella-el-Gbetia, Anogeissuxyliin bussoni: Louvet
associé à des restes de Palcunuisloilon, l'ensemble suggérant un biotope de type soudano-
guinéen : 5) gisement du djebel Coquin mi Anogeissuxylon hussoni I,, est alors associé avec
des feuilles (I htariopkyUum coquinense et Plerocarpophyllum erinucoides), l'ensemble indi¬
quant encore un biotope snudano-guiuéen.
Enfin ou doit signaler que les couches du Miocène inférieur ont livré des espèces carac¬
téristiques de zone relativement sèche ( Anogeissuxylon bussoni, Delerioxylon libyeum) ou
pas caractéristiques du tout, mais jamais des espèces de forêt humide. Le phénomène semble
relativement général.
Conclusions
La richesse en troncs et débris divers de ces formations à bois du nord du Tinrhert
et du nord-est du Tademaït est tout à fait frappante. Cette richesse ne rend que plus remar¬
quable l'absence de formations homologues à l’ouest du bassin, au contact des affleurements
« crétacés » du Mzab, et à l’est, au contact du Dahar. Deux interprétations an moins peu¬
vent être proposées en présence de ce fait. Les forêts d’où provenaient ces troncs flottés
pouvaient être localisées au sud, de telle sorte que les bordures occidentale et orientale
n’en auraient point reçus ou beaucoup moins, Mais il est aussi possible que les niveaux
à bois du sud représentent un Continental terminal ancien (Eocène, Oligocène) qui n’existe
pas sur les bordures orientale et. occidentale où les sédiments plus récents (Miocène, Plio¬
cène .’) se seraient étalés en transgression discordante jusqu’à dissimuler le contact. Eocène/
Crétacé. 11 est certain qu’à Hassi-el-Hadjar (50 à 100 km au SSW d'Ouargla), par exemple,
on observe très nettement la dalle « villafranchienne » dépassant l'extension du Mio-Plio-
cène sous-jacent, pour venir au contact des calcaires à Basycladacées du Crétacé supérieur
ou de l’Eocène.
Par ailleurs on retiendra l’apparition précoce, daris la série hamadienne des régions
orientales — dès le Paléocène —, de nombreuses Légumineuses et d' Entandropkragmoxylon
nortnandii, flore qui annonce celle qui sera si abondante dans les grès à bois du Continental
terminal proprement dit. Cette dernière formation, loin de reposer en discordance angulaire sur
la série hamadienne sous-jacente, correspondrait à un faciès apparu de plus on plus tôt de
BOIS FOSSILES D’ÂGE TERTIAIRE INFÉRIEUR
101
l’ouest vers l’est. Ce seul fait Sullit à démontrer que l’âge de la liase de ces grès à bois sera varia¬
ble d’une extrémité à l’autre de leur aire d'extension (l'.ucène moyen, supérieur, et Oligocène).
L’installation franche de ce faciès, au-dessus des derniers calcaires hamadiens, s'accom¬
pagne d’une très grande richesse en troncs siliciliés, L'absence de niveaux-repères et même
de couches bien individualisées interdit une récolte niveau par niveau. La liste pêle-mêle
des bois déterminés l'ail apparaître à la fois des bois de forêt dense (.Lovoaxylon princeps)
et des arbres de savane (.1. hussoni,Delarioxybm lihycum, etc.). Le mélange peut être imputé
aux conditions d’échantillonnage, mais aussi au fait que ces arbres correspondent de façon
très générale à des troncs flottés, déposés ici avec un matériel grossièrement détritique,
assez loin vraisemblablement de leur biotope originel. Si l’implantation de la végétation
saharienne à PEocène moyen-supérieur et à l’Oligocène ne peut être déterminée av r ec pré¬
cision, la composition de cette végétation, par contre, commence à être connue assez remar¬
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Achevé d'imprimer le 30 mars 1974.
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