ISSN 0181-0642
BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION TRIMESTRIELLE
SECTION C
sciences de la terre
paléontologie
géologie
minéralogie
I e SERIE T. 2 1980 N° 1
Mars 1980
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeurs : P re E.-R. Bbygoo et M. Vachon.
Comité de rédaction : MM. et M me8 M.-L. Bauchot, E.-R. Bbygoo, J. Dobst,
P. Dupébieb, C. Dupuis, J. Fabbiès, J.-C. Fischeb, N. Halle, J.-L. Hamel,
S. Jovet, R. Laffitte, Y. Laissus, C. Lévi, D. Molho, C. Monniot,
M. Vachon.
Fondé en 1895, le Bulletin du Muséum d’Histoire naturelle est devenu à partir de 1907 :
Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle. Des travaux originaux relatifs aux diverses
disciplines scientifiques représentées au Muséum y sont publiés. Il s’agit essentiellement
d’études de Systématique portant sur les collections conservées dans ses laboratoires, mais
la revue est également ouverte, depuis 1970 surtout, à des articles portant sur d’autres
aspects de la Science : biologie, écologie, etc.
La 1™ série (années 1895 à 1928) comprend un tome par an (t. 1 à 34), divisé chacun en
six fascicules regroupant divers articles.
La 2 ® série (aimées 1929 à 1970) a la même présentation : un tome (t. 1 à 42), six fasci¬
cules par an,
La 3 e série (années 1971 à 1978) est également bimestrielle. Le Bulletin est alors divisé
en cinq Sections et les articles paraissent par fascicules séparés (sauf pour l’année 1978
où ils ont été regroupés par fascicules bimestriels). Durant ces années chaque fascicule est
numéroté à la suite (u 08 1 à 522), ainsi qu’à l’intérieur de chaque Section, soit : Zoologie,
n°* 1 à 356 ; Sciences de la Terre, n 08 1 à 70 ; Botanique, n 0B 1 à 35 ; Écologie générale,
n 0B 1 à 42 ; Sciences physico-chimiques, n°® 1 à 19.
La 4 e série débute avec l’année 1979. Le Bulletin est divisé en trois Sections : A : Zoolo¬
gie, biologie et écologie animales — B : Botanique, biologie et écologie végétales, phyto¬
chimie — C : Sciences de la Terre, paléontologie, géologie, minéralogie. La revue est tri¬
mestrielle ; les articles sont regroupés en quatre numéros par an pour chacune des Sections ;
un tome annuel réunit les trois Sections.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’Histoire naturelle,
38, rue GeoSroy Saint-Maire, 75005 Paris, tel. 331-71-24; 331-95-60.
— pour les abonnements et achats au numéro, au Service de vente des Publications
du Muséum, 38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris, tel. 331-71-24 ; 331-95-60.
C.C.P. Paris 9062-62.
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue Cuvier,
75005 Paris, tel. 587-19-17.
Abonnements pour l’année 1980
Abonnement général : 640 F.
Section A : Zoologie, biologie et écologie animales : 490 F.
Section B : Botanique, biologie et écologie végétales, phytochimie : 100 F.
Section C : Sciences de la Terre, paléontologie, géologie, minéralogie : 130 F.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
4 e série, 2, 1980, section C (Sciences de la Terre, Paléontologie, Géologie, Minéralogie), n° 1
SOMMAIRE
C. Bulot. — Nouvelle description de deux espèces du genre Magacricetodon (Cri-
cetidae, Rodentia) du Miocène de Bézian (zone de La Romieu). 3
P. Brébion. ■— Corrélations entre les terrasses marocaines atlantiques et le Pléisto-
cène méditerranéen dans la chronologie glaciaire. 17
A. Blieck. — Le genre Rhinopteraspis Jaekel (Vertébrés, Hétérostracés) du Dévo¬
nien inférieur : systématique, morphologie, répartition. 25
1, 28
llull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 4 e sér., 2, 1980,
section C, n° 1 : 3-16.
Nouvelle description de deux espèces
du genre Megacricetodon (Cricetidae, Rodentia)
du Miocène de Bézian (zone de La Romieu)
par Christian Bu lot *
Résumé. — I .es sables de Bézian (Gers) recèlent deux espèces différentes appartenant au genre
Megacricetodon (Fahlbusch, 19(14). Il s'agit de M, primitivus (Frcudentlud. 19(13) et du Al. hava¬
nais besianensix nuv. subsp. Le présent travail a pour objet la distinction et la description de ees
deux espèces. Leur élude permet eu outre de préciser la position Stratigraphitpie du gisement.
Abstract. Two différent speoios belonging lu the Mrgacriretodon (Pahlhusch, 1964) genus
lie hidden vxitbin the sa ml s of Bézian (Gers). Thèse are : lhe M. pri.mit.wus (Preiidentbal, 1963)
and the M. havanais bvzianensis nov. subsp. The purpose of ibis pieco of my work is the distinc¬
tion and the description of these speeies. The research work on these species allows us, besides,
to State precisely the stratigraphie site of the deposit.
Introduction
En 1972, dans notre travail sur les Cricétidés de Bézian, nous étudions le genre Mega¬
cricetodon et n'y rapportions qu’une seule espèce M. collongensis (Mein, 1958). Depuis,
l’importance de l’échantillon s’est considérablement accrue et cela nous a amené à distin¬
guer deux espèces au sein du genre : M. primitivus (Fmidenthal, 1963) et M. bavaricus
bezianensis nov. subsp. Ce sont surtout les différences de taille importantes existant entre
les plus petites et les plus grandes dents de notre échantillon qui nous ont amené à modifier
notre jugement.
Les diagrammes longueur/largeur montrent bien l’existence de deux groupes, mais la
séparation manque parfois de netteté, en particulier pour les M 2 . La morphologie des dents
se situant dans la zone d’intersection n'apporte pas de précision à ce sujet et nous ne pouvons
écarter l’hypothèse que quelques spécimens soient mal déterminés.
* Villa La Roche Follet. Bussac-les-Saintes. — Institut de Paléontologie du Muséum national d'Histoire
naturelle , 8 , rue de Bufjon , 75005 Paris.
— 4 —
Famille Cricetidae Rochebrune, 1883
Genre MEGACRICETODON Fahlbusch, 1964
Megacricetodon primitivus (Frcudenthal, 1963)
Matériel : 46 dents isolées.
Mesures (en millimètres ; n : nombre de dents)
n
min.
Longueur
moy.
max.
min.
Largeur
moy.
max.
M 1
8
1,41
1,51
1,56
0,92
0,96
1,02
M 2
8
1,03
1,06
1,07
0,89
0,95
1
M 3
7
0,75
0,78
0,81
0,77
0,80
0,82
M,
12
1,28
1,41
1,46
0,74
0,85
0,90
m 2
10
1,09
1,12
1,16
0,87
0,92
0,97
m 3
1
0,87
0,71
Description
M 1 : L ’antérocône est bifide mais sa paroi antérieure n’est nettement fissurée que pour
3 dents sur 8. Le cône lingual de l’antérocône est toujours relié à l’antérolophule ; il est
généralement plus petit que le cône labial. Sur une dent les deux parties de l’antérocône
sont égales el symétriques. A la base de l'antérocône, sur 3 spécimens, existe un bourrelet
peu marqué et discontinu. Le protolophule, postérieur, est transverse sur 7 spécimens
et rétroverse sur un. Le métalopbule est le plus souvent postérieur. Sur une dent il est oblique
vers l’avant. Le inésolophe est court à mi-long et se termine librement dans le mésosinus.
Sur un spécimen il rejoint la paroi antérieure du métaeône. L ectolophe du paracône n’est
vraiment développé que sur une dent et ne s’unit pas au inésolophe. Le sinus se recourbe
vers l’avant sur 6 dents ; il est transverse sur les deux autres. Sur une dent, l'ouverture
du sinus est fermée par un cingulum descendant de la paroi antérieure de l’hypocône. Sur
les autres spécimens les crêtes cingulaires sont peu développées ou milles ; les baies sont
donc largement ouvertes.
M 2 : La branche labiale de l’antérolophe, bien développée, se recourbe vers la base
du paracône, sur le bord labial de la dent, fermant ainsi l’ouverture d'un antérosinus de
bonnes dimensions. La branche linguale de l’antérolophe, réduite, se présente, dans 6 cas
] _ 1mm _ [
Fig. 1-7. — Megacricetodon primitivw, face oeclusale des molaires : 1, M 1 droite (Be 4106) ; 2, M 2 droite
(Be 4109) ; 3, M 3 gauche (Be 4120) ; 4, Mj droite (Be 4130) ; 5, M, gauche (Be 4133) ; 6, M a droite (Be
4136) ; 7, M 3 gauche (Be 4146).
sur 8, comme; uni; arête descendant le long de la paroi antérieure du protocône. Sur ces
6 dents le protosinus a pratiquement disparu. Sur deux spécimens, le protosinus existe
vraiment mais à l'état réduit. Le protolophule est antérieur sur 6 spécimens. Sur l’un d’entre
eux existe l'amorce d'un protolophule postérieur. Le protolophule est transversal sur les
2 autres dents. L’eetolophe du paracône n’est bien développé que sur deux dents. Le sinus
est transverse ou légèrement dirigé vers l’avant. Le mésolophe, court à mi-long, se termine
librement dans le rnésosinus. Le métalophule est antérieur sur 6 dents, transverse sur une
dent et postérieur sur une autre. Le postérosinus est. toujours bien visible.
M 3 : C’est une dent à partie postérieure réduite mais on distingue encore les quatre
cônes, le paracône étant nettement plus haut que les autres. Le protolophule se dirige
vers l’avant. Le métalophule rejoint le bras antérieur de l'hypocône. Il est incliné vers l’avant
sur quatre dents et ira ns verse sur les trois autres. Le sinus très réduit se dirige vers l’avant.
Le mésolophe, mi-long à long sur 6 dents ou à peine marqué sur une dent,, établit une liaison
postérieure avec le métalophule à mi-longueur de celui-ci. Le postérosinus est bien développé.
— 6 —
M x : L’antéroconide est simple et placé très haut. Du côté labial eu descend une crête
qui horde le protosinuside jusqu’au pied du protoconide. Cette crête a un relief très peu
accusé. Un éperon lahial de l'antérolophulide occupe une partie du protosinuside à 2 dents
sur 12. L’antérosinuside est largement ouvert sur 8 spécimens. Sur les 4 autres il est barré
par un cingulurn plus ou moins haut issu du côté postéro-lingual de l’antéroeonide. Le méta-
lophulide est oblique vers l'avant. L’hypolophulide est oblique vers l’avant sur 10 spécimens,
transverse sur 2. A son point de contact avec l’ectolophide, on voit une légère protubérance
dans le sinuside sur deux dents. Le mésolophide est court sur trois dents, mi-long sur 8
et long sur la dernière. Il n'atteint jamais le bord interne de la couronne. Le sinuside est
dirigé vers l’avant, t n poslérolophide labial réduit est présent sur une dent.
M s : La branche labiale de l’antérolophide, très développée, atteint la base du proto-
couîde en formant la limite antérieure d'un protosinuside de bonnes dimensions. La branche
linguale est petite. Sur 3 dents peu usées, on note la présence d'un antérosimiside réduit.
Le métalophulide, transverse sur une dent, se dirige vers l'avant sur les 9 autres. L’hypolo¬
phulide se dirige vers l’avant sur 8 dents et est transverse sur 2. Le mésolophide est plutôt
long sur une dent, mi-long sur 8 et presque absent sur la dernière ; il se dirige et bute contre
la paroi postérieure du métaconide. Le sinuside se dirige vers l'avant sur 7 dents. 11 est
transverse sur une autre et se recourbe en arrière sur une dernière. La paroi postérieure
de rtiypoconide est concave. Sur 5 dents il existe un postérolophide labial très peu marqué.
Lp postérolophide lingual rejoint la hase de l’entoeonide, fermant ainsi l’entrée du posté-
rosinuside.
M 3 : La seule \1 3 que nous rattachons avec certitude à cette espèce est petite. Les
branches labiale et linguale de l’antérolophide sont bien développées. Le métaconide n’est
rattaché, ni à l’antérolophide, ni au bras antérieur du protoconide. De la base vers le sommet,
ce conide pointe suivant un axe de direction transversale. L’entoconide est réduit. 11 s’unit
à l’ectolophide par une crête transverse. Le sinuside est légèrement recourbé en arrière.
Les spécimens de Bézian ayant une petite taille cl appartenant au genre Megacricetodon
ont une structure trop primitive pour être rattachés à M. collongensis.
Le petit rongeur de Bézian possède sur M 1 des liaisons moins évoluées que sur les dents
correspondantes de M . collongenttis. D’autre part, M- ne présente pas de double liaison
au niveau du ptotolophule comme chez M. côllnngensix. Seule une dent présente l’amorce
d’un protnlophule postérieur. Sur la seule M 3 que nous possédions, le métaconide est disposé
transversalement. Ces caractères les rapprochent inévitablement de Megacricetodon pri -
rnitivus. tel qu’il a été défini par Freudenthal en 1963.
Megacricetodon bavaricus bezianensis nov. subsp.
Hoi-otypf. : Mandibule gauche n° 4801 avec M x -M 3 (Mj : 1,53 X 0,97 ; M 2 : 1,22 X 1,05 ; M 3 :
1,02 x 0,81) (fig. 8a et 8b).
Pahatypk : Fragment de maxillaire gauche n° 4808 avec M 1 , M 2 (M 1 : 1,71 X 1,07 : M 2 : 1,20 X
1,12) (fig. 9).
Hyhodigme : Fragment de mandibule droite n° 4802 ( M x : 1,59 X 0,97 ; M 2 : 1,22 X 1,03).
Fragment de mandibule droite n° 4803 (M, : 1,51 X 0,92 ; M 2 : 1,17 X 1). Fragment de mandibule
gauche n° 4804 (Mj : 1,59 X 1,02 ; M a ; 1,28 X 1,03). Fragment de mandibule droite n° 4805 (M x :
7 —
1,51 X 1,01 ; Hj : 1,20 X 1,04). Fragment de mandibule droite n° 4806 (M, : 1,53 X 0,97 ; VI 2 :
1,18 X 1,05) (lig. 10).
Fragment, de mandibule gauclic n° 4807 (M 2 : 1,20 X 0,94; M 3 : 1,07 X 0,83). Fragment de
maxillaire gauche n° -4809 (M 1 : 1,59 X 1,07 ; M 2 : 1,12 X 1,07). Fragment de maxillaire droit
ii° 1810 (M 2 : 1,10 X 0.99 ; M* : 0,75 X 0,87).
Df.rivationomims ; De Bézian (Gers;.
Gisement-type : Sables de Bézian (Gers) ; zone de La Romieu.
Diacnosk : Megacrirelodon de morphologie semblable et de taille sensiblement égale à celle
de AI. bavaricus Fahlbuseh, 1901) provenant de I.angenmoosen (Bavière). Comparé à ce dernier
AI. bavar'ww beziarwnsis nov. snbsp. présente des traits morphologiques plus archaïques :
- le pourcentage des Mj à antéroconide divisé est plus faible et sur ces dents il est très rare
d’observer un sinuside recourbé en arrière ;
— les baisons sont moins évoluées pour les crêtes des deux premières molaires supérieures
et, en particulier, les M 2 possèdent un paraiophe qui est eu moyenne plus nettement incliné vers
l’avant :
- l’ectolophe du paracnne est généralement moins développé ;
les contacts observés entre le mésolophe et l'cet.olnphe du paracrine, sur les M 2 , sont beau¬
coup moins fréquents.
Ilolnti/pr i, lig. 8a el 8b) : La branche montante de la mandibule est brisée. Kn vue verticale
le foramen mental est visible. Ce foramen est situé en avant de la racine antérieure de la M î et
placé assez haut sur le diastème. Le diastème est; creux. Les crêtes massélcriennes sont fortement
développées. La pointe de l’incisive est plus basse que la surface masticatrice.
Sur la M, l’anléroeunide est simple. Le mélalopliulide antérieur est incliné vers l’avant. L’hypo-
loplmlide antérieur est Iransverse. I.e mésnlophide est mi-long. Le sinuside est dirigé vers l avant.
Sur la NU, la branche linguale de l’anlérolophide est réduite, la hranehe labiale bien développée
atteint la base du proliiounide. Le métalopliulide el. l'hypolophulide sont dirigés comme sur la M r
Le mésolopliide est: etmrl.. Le sinuside se recourbe légèrement en arrière. La M., est réduite à sa partie
postérieure. File ne possède pas de mésolopliide. Le sinuside est très légèrement incliné vers l’avant.
Purntr/pe (lig. 9) : Sur la M 1 , l’unlérocnne est divisé. Sa partie labiale a une taille légèrement
supérieure à sa partie linguale. Le protolophule postérieur est transverse. Le métalopliule postérieur
est dirigé en arriére. Le mésolophe est mi-long et vient se terminer contre la paroi du métneône.
Le sinus est. transverse. Sur la M 2 , les loplies sont l ra ns verses. Le mésolophe, mi-long, entre en
contact avec l’eetolophe du paraeùne. Le sinus largement ouvert, transverse, se recourbe très
légèrement vers l'arriére dans sa partie terminale.
Matériel : 336 dents isolées.
Mesures
[en millimètres ; n
: nombre
de dents)
Longueur
Largeur
n
min.
moy.
max.
min.
moy.
max.
M 1
63
1,59
1,66
1,84
1
1,09
1,21
M 2
70
1,10
1,18
1,30
0,97
1,03
1,17
M 3
34
0,82
0,87
0,94
0,80
0,83
0,95
Mi
73
1,48
1,59
1,76
0,87
0,97
1,13
Mo
30
1,17
1,25
1,33
0,94
1,05
1,15
66
0,95
1,04
1,14
0,75
0,84
0,97
— 8 —
Fig. 8-10. — Megacricelodon bavaricus bezianensis nov. subsp. : 8a, mandibule gauche, vue de profil (holo-
type, Be 4801) ; 8b, mandibule gauche, surface occlusalc (holotype, Be 4801) ; 9, maxillaire gauche,
surface occlusale (paratype, Be 4808) ; 10, mandibule droite, surface occlusale (Be 4806).
Description
: L’antéroconide est simple, rond ou en forme de croissant à 62 dents sur 73. Il
est divisé sur 11 spécimens. Un sillon plus ou moins développé occupe alors la partie haute
9 —
de la face antérieure de l’antéroconide. Sur une dent, il est profondément fissuré sur toute
sa hauteur.
Une crête basse prend naissance du côté labial de l’antéroconide pour venir se terminer
à la base du protocoriide. Elle constitue la limite d’un grand protosinuside de forme trian¬
gulaire. En éperon labial de l’antérolophulide plus ou moins développé l’occupe sur fi dents.
L’antérosinuside peut, lui aussi, être parcouru par un éperon lingual de l'antérolophulide.
Ceci se réalise sur 7 spécimens. Le métalophnlide est transverse sur 10 dents et se dirige
vers l’avant sur 03 dents. L’hypolophulide est transverse sur 30 dents. Sur les autres il
est proverse. Le inésolopbide atteint, le bord de la couronne sur un spécimen ; long sur 12 dents,
mi-long sur 40, il est court sur 20 dents. Le sinusîde se dirige généralement vers l’avant.
Le postérolophide lingual rejoint l’entoeonidc à sa base. Line arête cingulairc, bordant une
concavité peu accusée de la moitié posléro-labiale de la couronne et représentant un vestige
de postérolophide est présente sur 36 spécimens.
\1 2 : Sur les dénis peu usées, on distingue un petit anlérolophide lingual qui forme la
limite d’un antérosinusidc très réduit. Par contre, l’antérolophide labial est bien développé
et descend de l'antéroconide pour atteindre la base du protoconîde. Le proLositmside est
large. Le métalophnlide entre en contact avec l’antéroconide par une liaison antérieure
dirigée vers l’avant. Sur une dent seulement il entre en contact avec la branche linguale
de l’antêrolophîdr. 1,0 mcsolophide est absent sur un spécimen, court sur 23, mi-long sur 5
et long sur un dernier, il se dirige vers la paroi postérieure du métaconidc. Le sinuside se
dirige légèrement vers l’avant et. se recourbe en arrière sur 5 dents. L’hypolophulide, anté-
Fig. 11-15. — Megacriceiodon bavaricus bezianensis nov. subsp., face occlusale des molaires inférieures :
11, Al, droite (Be 4232) ; 12, M\ droite (Be 4274) ; 13, M 2 gauche (Be 4624) : 14, M a gauche (Be 4704) ;
15 : M a droite (Be 4732).
1, 29
— 10 —
rieur, est transverse sur 5 dents et sc dirige vers l’avant sur les autres. Le plus souvent,
la face postérieure de l’hypoconide est concave et il existe un postérolophide labial sous forme
d’une crête peu diffère ne fée sur 22 dents.
M 3 : La partie antérieure de la dent est semblable à son homologue sur M 2 mais l’anté-
roconide est de plus petite taille. Le métalophulide est antérieur et rejoint l'anléroconide.
Il est transverse sur 2 dents et oblique vers l’avant sur les 64 autres. Sur 5 spécimens, une
crête longitudinale issue de l’anléroconide occupe le mésosinuside sur la moitié de sa lon¬
gueur. Sur 2 autres, celte même crête a pour origine la face postérieure du métaconide
et elle se dirige vers Penloeoiiidc. Sur 3 dents existe un véritable mésolophîle. LYntoconide
est réduit. L’hypolopliulidc est transverse ou incliné vers l avant. Le poslérolophide, très
courbé, rejoint l’entoeonide et le postëro-sinuside est une petite cuvette fermée. Le sinuside,
largement ouvert, pénètre profondément la dent en se recourbant en arrière.
M 1 : L’ant érocône est bifide. Les deux cônes sont d'importance inégale, le plus allongé
étant celui qui se trouve du côté labial. La partie linguale est rattachée à Tantérolophule.
A 24 dents sur 63, Pantérocône est parcouru par un sillon profond sur sa face antérieure.
Parmi celles-ci, 22 présentent à la hase du sillon un bourrelet d’émail peu accentué ceinturant
Pantérocône à sa partie antérieure. Du cône lingual de Pantérocône descend un petit cingu-
luin qui obture en partie l’ouverture du prolosinus. L’antcrosinus pour sa part est plus
ouvert, mais sur 10 dents s’y développe un éperon labial de l’antérolophule mi-long et
transversal. Le protolopbule, postérieur, est Iransverse sur 40 spécimens et dirigé vers
l’arrière sur 23. En outre, 2 dents montrent un reste de liaison antérieure. L’ectolophe du
paracône n’est que peu développé ; il manque même sur 22 dents. Le mésolophe mi-long
à long ne le rejoint jamais mais se dirige vers la paroi antérieure du inétaeône. Le mésolophe
est court sur 7 dents. Le métalophule est antérieur et transverse sur une dent, médian et
transverse sur 2 dents, postérieur et transverse sur I dent , postérieur et incliné vers l’arrière
sur le reste des spécimens. Sur ces derniers le postérosinus est réduit.
M 2 : La branche labiale de l’anlérolophe, bien développée, se termine contre la hase
du paracône fermant ainsi l’ouverture de l'antérosinus. La branche linguale de l’antéro-
lophe est constituée par une arête descendant du petit antéroeûne central jusqu’à
la hase du protocône, plus ou moins détachée de la paroi antérieure de celui-ci et, de ce
fait, le protosinus est plus ou moins ouvert suivant les spécimens. La taille n'alleint cepen¬
dant jamais celle de l’anlérosinus. Le protolopbule est antérieur et dirigé légèrement vers
l’avant sur 60 dents. Sur 12 d’entre elles existe un début de liaison rétroverse. Il est médian
el Iransverse sur une dent, et 5 spécimens montrent un double protolopbule. L eclolophe
du paracône est parfois plus développé que sur M 1 . Le mésolophe le rejoint sur 5 spécimens.
Sur les autres dents ce mésolophe est mi-loug à long et son aspect évoque celui des ML
Le métalophule est antérieur sur 51 dents. II se dirige vers l’avant ou se recourbe avant
son contact avec le liras antérieur de Phypocône. Il est médian et transverse sur 7 dents,
postérieur et dirigé en arrière sur 12 dents. Le sinus, largement ouvert, se dirige légèrement
vers l’avant : sur certaines dents il se recourbe vers l’arrière. Sur 10 molaires on remarque
un petit entostyle. L’une d’entre elles possède un entomésolophc et sur deux autres un
fragment lingual d’entomésolophe s’accole à la face antérieure de Phypocône.
M 3 : La partie antérieure de la dent est une réduction de celle de la M 2 . Toutefois la
branche linguale de Pantérolophe n’existe pas toujours. Le paracône est le plus haut des
monts. Le protolophule est antérieur et transverse ou un peu incliné vers Pavant sur 24 dents.
— 11
Fig. 16-22. — Megaericetadon bavaricux bezianenn s nov. subsp., face occlusale îles molaires supérieures :
16, M 1 droite (Be 4548) ; 17, M* droite (Be 4530) ; 18, M* droite (lie 4311)1 ; 11), M* droite (Be 4352) ;
20. M 3 droite (Be 44061 ; 21, M 3 gauche (Be 4413) ; 22, M* gauche (Be 4408).
Sur les 10 autres, une seconde liaison, longitudinale, s’établit entre le protolophule d'une
part et le métalophule d’autre part, ceci ayant pour effet d’isoler une petite cuvette cen¬
trale. Sur 2 dents, le protocône çt Fhypocône n’étant pas reliés cette cuvette communique
avec le sinus. Le mésolophe est mi-long à long. Il manque seulement sur une dent. Il est
relié au métalophule à proximité du point de contact de ce dernier avec Fhypocône ou bien
se rattache sur la crête longitudinale qui assure la liaison entre le protolophule et le métalo¬
phule. Le métalophule est antérieur et incliné vers l’avant. Le sinus esl petit, presque
toujours présent et incliné vers l’avant.
Megacricetodon bavaricun bezianensis est très proche de M. bavaricus (Fablbusch,
1964) provenant de Langenmooscn, tant par les caractères morphologiques de ses dents
que par leur taille. A Langenmoosen les mesurent entre 1,55 et 1,75 mm de longueur.
— 12 —
et à Bézian entre 1,48 et 1,76 mm. Bien qu’il semble difficile de distinguer les dents des deux
gisements, il ressort de l’étude de l’ensemble des spécimens de Bézian que les dents de
il/, havanais bezianensis sont un peu moins évoluées que celles de M. bavaricus de Langen-
moosen décrites par Faim, b use H en 1964. 22,5 % des M x de Langenmoosen ont un antéro-
eonide divisé par un sillon. A Bézian cc caractère n’est vraiment net que sur 1,4 % des dents
et on observe un sillon superficiel et court sur 13,6 % des MSur ces mêmes dents, 20 %
des spécimens de Langenmoosen ont un sinuside recourbé en arrière. A Bézian, 1,4 % des
dents présentent ce caractère.
L’absence d’ectolophc du paracône, caractère archaïque, se trouve à 20 % des M 1
de Langenmoosen contre 34,9 % à Bézian. Sur 25 % des M 2 de Langcmnoosen, on observe
le contact de l’ectolophe du paracône av^ec le mésolophe. A Bézian, cela ne se produit que
0,90
0,80
0,70
0,70 0,80 0,90 1
Fig. 23. — Diagrammes longueur/largeur des molaires supérieures de Megacricetodon de Bézian.
— 13 —
Fig. 24. — Diagrammes longueur/largeur des molaires intérieures de Megacricetodon de Bézian.
dans 8,4 % des cas. Les liaisons elles-mêmes sont moins évoluées à Bézian. 3,1 % des M 1
de ce gisement n'ont pas de métalophule postérieur. Sur les M 2 de Bézian, le protolophule
est en moyenne plus incliné vers l’avant qu’à Langenmoosen et 28,5 % de M 2 ont un méta-
lophule rétroverse à Langenmoosen contre 12,8 % à Bézian.
Les dents de Bézian apparaissent donc comme plus primitives que celles de Langen¬
moosen. Les différences présentées entre les spécimens des deux populations nous ont amené
à distinguer le Megacricetodon de Bézian de celui de Langenmoosen, en nommant Je premier
M. biwaricus bezianensLs.
— 14 —
STR ATI G R AP HIE
Megacricetodon baoaricus bezianensis nov. subsp. ne donne pas d’indication concernant
la position stratigraphique précise du gisement de Bézian. En effet, nous avons retrouvé
ce rongeur dans plusieurs autres gisements qui feront l'objet de publications ultérieures.
C’est vers Megacricetodon primitivus qu’il faut se tourner si l’on veut définir cette position.
Le gisement de Bézian est plus ancien que les couches supérieures du gisement de La Romieu
où S. Baodelot, en 1969, découvrait Megacricetodon collongensis, forme plus évoluée et
à l’origine de laquelle se situe sans doute M. primitivus. Ce dernier a élé trouvé dans les
gisements espagnols de Buùol, Valtorres et Valdelmoros I A. En L974, Daàms et Freu-
dkntiiai. Comparaient les longueurs des mésolophides des M 1 et M a de M. primitivus prove¬
nant de Buùol à celles des dents provenant de Valtorres et de Yaldemoros 1 A. Ces résultats
étaient les suivants ; « A Buùol le rnésolopbide est moyennement long à long sur la \l x
et court à moyennement long sur la M z . A Valtorres, le rnésolopbide est court à moyenne¬
ment long sur les Mj et Mo. A Valdemoros I A, le mésoloplude est court sur la M x et court
à moyennement long sur la M 2 . » A Bézian, le rnésolopbide de M t et i\I 2 est court à moyenne¬
ment court. Le gisement de Bézian pourrait donc se situer au même niveau que celui de
Valtorres, à la base de la zone à Megacricetodon collongensis (De Bruijn et: Van Meurs, 1967),
et correspondre à la zone 4 a de la Biozonation de Mein publiée eu 1975.
Rapports et différences
Megacricetodon primitivus de Bézian diffère de M. collongensis de Vieux Collonges
par les caractères suivants :
Le prélobe de M 1 ne montre pas de bourrelet cingulaire à sa base antérieure et le sillon
séparant l’antéroeône en deux parties distinctes est moins fortement creusé. A Vieux Col¬
longes le protolophule des M 1 peut être transverse mais il est le plus souvent rétroversc.
A Bézian, il est proverse, sur un spécimen, transverse sur 6 et rélroverse sur un.
Sur les M 2 de Vieux Collonges, on observe assez souvent une double liaison asymétrique
entre le paracône et le protocône. Cette double liaison n’a pas été observée à Bézian, et une
seule dent présente l’amorce d’un protolophule postérieur.
Sur les Mj de M . collongensis , le rnésolopbide est en moyenne moins développé que
sur les de Bézian. Il est court ou absent sur M. collongensis et court ou moyennement
long sur M. primitions de Bézian.
Sur les M 2 la différence n’est pas aussi évidente. On trouve cependant à Vieux Collonges
des Mo sans rnésolopbide alors qu’il est court à moyennement long sur les dents de Bézian.
Sur les M a de M. collongensis le métalophulide est plutôt proverse. Sur la seule M 3 de
Bézian que nous rattachons à M. priinitions le métaeonide est. disposé transversalement.
De celte comparaison il ressort que le petit Megacricetodon de Bézian ne peut être
rattaché à M. collongensis car il présente un ensemble de traits moins évolués. M. pri mitions
a clé décrit pour la première fois par M. FrevdeNtiial en 1963. Il s’agissait de spécimens
provenant de gisements de la péninsule Ibérique, Valtorres et Valdemoros I A. Plus récem-
15 —
ment, M. priniiticus a été retrouvé dans le gisement espagnol de Bunol et décrit en 1974
par R. Daims et M. Freudenthal. A notre connaissance c’est la première fois que M. pri-
mitivUs fait l’objet d’une description en France. Fa comparaison entre les longueurs des
mésolctphides des \l l et des M 2 des M. primitivus des gisements espagnols et du gisement
de Bézian nous a montré que le M. primitivus de ce dernier gisement est très semblable à
celui du gisement de Vallorres situé à la base de la zone à Megacriretodon nollongensis de
De Buuijn.
Dans le bassin d’Aquitaine le gisement de Bézian csl plus récent que le gisement de
PelleCahus et plus ancien que celui de La Romieu, ces trois gisements n'élanl distants les
uns des antres que de quelques kilomètres seulement, A La Romieu, S. Bauoki.ot a trouvé
M. collengensis. Cet auteur a eu la gentillesse de nous confier sa collection pour effectuer
des comparaisons et les spécimens de Megacriretodon que nous avons pu observer corres¬
pondent bien à M. ml-longensis. Kii ce qui concerne le gisement de Pcllecnlius, plus ancien
répétons-!»* que celui de Bézian, on devrait y trouver M. primitions. Ce gisement est actuelle¬
ment fouillé par un amateur, A. Collier et dernièrement une note écrite par ce dernier
en collaboration avec S. Bacdiu.ot donnait une liste des mammifères découverts dans le
gisement. Parmi ceux-ci ou trouve M. rollongemis, ce qui paraît peu vraisemblable* si l’on
tient compte de la position stratigraphicpie du gisement de Pelleealms par rapport à Bézian.
Le M. cation gensis île Pellecalius ne serait-il pas M. primitivus ? Pour répondre à cette
question, il faudrait, avoir accès aux collections de A. Collier, ce qui n’est pas le cas actuelle¬
ment. Lue erreur de détermination étant toujours possible, nous persistons à croire que le
petit Megacricetodon de Bézian appartient bien à M. primitivus tel qu’il a été défini en
1963 par M. Fisk udentiial.
Megacriretodon bavaricus a été décrit par V. Faiilbcsch en 1.964 sur des spécimens
provenant de gisements de Bavière. C’est avec les dents décrites à Langenmoosen que notre
Megacriretodon présente le plus d'allinités. Mais les spécimens de Bézian sont plus primitifs
que ceux de Langenmoosen, ce qui n’est, pas étonnant car le gisement de Bavière est nette¬
ment plus récent, que celui de Bézian, et appartient à la zone 5 de la Biozoualion de P. Mein.
Dans le bassin d’Aquitaine, ce rongeur n'avait pas encore été reconnu et omis pensons
qu’il a été assimilé bien souvent à M, bourgeois!.. En 1.934, F. Roman et J. Virex décri¬
vaient des dents provenant de La Romieu comme appartenant à Cricetodun bourgeoisi.
Beaucoup plus récemment, dans la note déjà citée, A. Collier et S. Bauoki.ot signalaient
M. cf. bourgeoisi provenant des gisements de Smicard et de Sérido (Gers). Il nous semble
bien que ees déterminat ions soient inexactes et ce, pour deux raisons. Nous avons pu étudier
les pièces-types de M, bourgeoisi. provenant de Suèvres et. déposées au Muséum de Paris.
M. bourgeois! est de plus petite taille que les pièces décrites par Roman et Virex D’autre
part, nous étudions depuis un certain temps déjà la microfaune de Sérido, Nous y avons
trouvé des dents très semblables à celles de Bézian, de plus forte taille que M. bourgeoisi
et qui peuvent bien être assimilées à M. bavarims bezianensis. Il apparaît donc que M. bava¬
ricus bezianensis était présent dans le bassin d’Aquitaine dès le niveau de Bézian, probable¬
ment même antérieurement, au niveau de Pellecahus. Une étude sur l’ensemble des gise¬
ments du bassin d’Aquitaine recelant des restes de Megacricetodon devrait effacer nos
incertitudes.
— 16 —
Conclusion
La découverte dans le gisement de Bézian de deux espèces du genre Megacricetodon
est d’un intérêt non négligeable.
Megacricetodon primilwus de Bézian est au même stade évolutif que M. primitivus
de Yallorres en Espagne. Ceci permet de préciser la position stratigraphique du gisement
de Bézian, plus ancien que celui de La Romieu, gisement où l’on trouve M. collongensis
dont M. prirnkwwi doit être l'ancêtre.
Megacricetodon bavaricus bezianensis, ancêtre probable de M. baoaricus de Langen-
moosen en Bavière, est une espèce dont on retrouve les dents en grand nombre à Bézian.
Son arrivée dans le bassin d’Aquitaine pourrait bien se situer à une époque antérieure et
l’élude de gisements plus anciens devrait confirmer cette hypothèse.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Manuscrit déposé le 31 mai 1979.
Bull. Mus. nain. Hist. nat., Paris, 4 e sér., 2, 1980,
section C, n° 1 : 17-24.
Corrélations entre les terrasses marocaines atlantiques
et le Pléistocène méditerranéen dans la chronologie glaciaire
par Philippe Brkhion *
Résumé. — Le problème des équivalences entre les terrasses marines pléistocénes du Maroc
occidental et de la Méditerranée, est examiné à nouveau ainsi que les relations avec les périodes
glaciaires. Les trois transgressions marocaines, où j'ai mis récemment en évidence une tempéra¬
ture plus élevée : le Moghrébitm supérieur — Messaoudicn, l’Anfalicn et l’Ouljien, sont mises en
parallèle avec les trois principales transgressions méditerranéennes de caractère chaud : l’Emilien,
le Milazzien el le Tyrrhénien (a Slrombes). Les unes et les autres prennent place dans les inlergla-
ciaires Gmiz-.Miitdel, Miudel-Riss et Hiss-Wunn. Le Muarifien el le lluromiicn, marqués par un net
refroidissement, sont situés dans de simples interstades du Miudel et du Riss.
Abstract. Corrélations belween weslern Morocco and Medilerranean marine terracos arc
restudied as wdl as Ihoir relations wit.li glacial periods. I brcc Vloroccan transgressions : tlpper
Mogbreliian — Messnoudiun, Anfalian and Ouljinn are cbaracleiized by a highrr température.
They are paralleli/.cd witb the Ihree leading Mediterrnnean transgressions witb a “ warm ” character :
Emilian, Milazzian and Tyrrhenian witb Stromhus), AU of tbem are situated in the following
interglacial stages Cünz-Mindcl, Mindel-Riss and Riss-Würm. MaariC.au and Ilarounian eharae-
terized by a delinile cooling arc onlv to be placed in the interstades of Mindel and Riss.
Introduction
Dans un article paru en 1979, j’ai retenti dans le Pléistocène marin du Maroc atlan¬
tique l’existence de cinq transgressions bien définies par leurs faunes de Gastéropodes.
Parmi celles-ci on peut en distinguer trois où la température des eaux était plus élevée
qu’aujourd'lmi : le Moghréhïen supérieur (= Messaoudicn), l’Anfatien, rOnljien et, inter¬
calées cuire les précédentes, deux autres où elle était nettement plus fraîche : le Maarifieu
et le I(arminien. Il faut y ajouter deux niveaux régressifs encore plus froids, contemporains
de phases glaciaires : le premier au-dessus du Messaoudicn n’a pas reçu de nom, le second
est constitué par les couches J, Gy-Gj posl maarifieunes. Remarquons tout de suite qu’il
n’y a pas de grandes dilTcrenees malacologiqties entre le Muarifien et les deux niveaux
régressifs qui le limitent. Les espèces récoltées sont à peu près les mêmes, sauf celles qui
vivent dans les eaux les plus superficielles, c'est-à-dire la zone mcdiolittorale. Celte dernière
est envahie pendant les deux épisodes « froids » par quelques formes que l’on retrouve de
nos jours dans la province franco-ibérique jusqu'au Portugal et même, dans certains cas,
un peu plus au sud. Ce sont Nucella lapillus (L.) et diverses Littorines. Notons que parmi
les Lamellibranches on n’observe l’apparition d’aucune forme d’origine nordique.
* Institut de Paléontologie, Muséum national d'IJLstoire naturelle, S rue de Buffon, 75(105 Paris.
1, 30
— 18 —
Les corrélations avec les terrasses méditerranéennes, telles qu’elles étaient généralement
admises ces dernières années, doivent être révisées. D'un autre côté, il y a toujours eu beau¬
coup d’hésitations en ce qui concerne leur rapport avec les glaciations. Voici (tabl. I),
à titre d'exemples et pour nous cantonner dans un passé récent, les hypothèses émises par
P. Biberson en 1971 et moi-même en 1979. On remarquera l’identité des positions relatives
au parallélisme des dépôts marins.
Tableau I
Maroc
Méditerranée
Glaciations
(Biberson, 1971) (Brébion, 1979)
Wurm
Wurm 2
Ouljien
Néotyrrhénien
Riss 2
Wurm 1
Harounien
Eutyrrhénien
Riss 1
Riss
Anfatien
Palaeotyrrhénien
Mindel
Mindel
Maarifien
Sicilien à faune
banale
Gunz
Gunz 2
Messaoudien
Emilien
Donau
Gunz 1
Comme il existe plus de terrasses marines que d’interglaciaires, il faut tenir compte
aussi, dans les essais de synchronisation, des interstades relativement chauds qui marquent
des interruptions au sein des périodes glaciaires, mais le choix des uns et des autres n’est
pas toujours évident. On peut supposer que les interglariaires correspondent à des phases
plus longues et plus chaudes avec des transgressions plus importantes. En fait les phéno¬
mènes ne sont lias si simples ; on constate dans les divers étages, aussi bien parmi les inter-
glaciaires qui; les interstades, de grandes variations principalement d’ordre climatique.
A la lumière de ces remarques, il parait indispensable de reprendre entièrement le
tableau de corrélation du Quaternaire paru dans mon article de 1979. Dans ce tableau,
deux des trois transgressions marocaines caractérisées par une faune chaude, le Moghrébien
supérieur — Messaoudien et l’Ouljien, ont été situées dans de simples interstades. En revan¬
che, les deux transgressions contemporaines d’un climat plus froid, le Maarifien et le Harou-
nien, trouvaient place dans un interglaciaire. De plus il n’y a pas de correspondance, sauf
pour le Moghrébien supérieur — Messaoudien mis au même niveau que l’Émilien, entre
les trois phases principales correspondant aux périodes de température élevée au Maroc
et en Méditerranée.
— 19 —
Biostratigraphie du Pléistocène méditerranéen
Dans ce secteur, les trois transgressions principales sont l’Émilien, le Milazzien et le
Tyrrhénioii situés respectivement dans les inLerglaciaires Gunz-Mindel, Mindel-Riss et
Riss-Wurm.
Si la troisième est accompagnée d'une riche faune semi-tropicale, les deux précédentes
11 e nous montrent, qu'une faune banale que l’on retrouvera, avec des nuances, dans les
épisodes mineurs du Tyrrhénien rapportés à des interslades du Riss et du Wurrn. La notion
de faune banale demande à être quelque peu corrigée. D’une part 011 observe la survivance
d’un certain nombre d’espèces pliocènes à la base du Quaternaire, c’est-à-dire dans le Préca¬
la brien surtout mais aussi dans le cycle Calabrieu-Emilien. D'autre part certaines coquilles
actuelles de la Méditerranée, de cachet tropical et souvent d’ailleurs en régression ne sont
apparues qu’au Tyrrhénien,
Les niveaux froids sont essentiellement, le Cala bric 11 (C.unz} et le Sicilien (Mindel)
pris au sens strict. Citons, en outre, quelques gisements encore plus froids rapportés au
Wurm, notamment le Cap Creus. Les coquilles d'origine nordique sont habituellement diffé¬
rentes de celles qui ont colonisé le Maroc. A l’exception de certains dépôts wurnueiis supé¬
rieurs découverts récemment, elles sont moins littorales, ce sont surtout des Buccinidae. Les
exemplaires récoltés sont rarement nombreux, du moins pour le Calabrien et le Sicilien,
et il est souvent nécessaire de posséder un abondant matériel pour les y découvrir. On com¬
prend ainsi que la distinction des épisodes chauds et froids par l’étude des coquilles ne soit
pas toujours évidente.
Il est très probable que les faunes tyrrhéniennes se placent toutes dans l’interglaeiairc
Riss-Wurm. Un voit mal qu’une association aussi caractéristique puisse se retrouver iden¬
tique après une phase froide qui l'aurait vu disparaître, au moins en grande partie. O 11
remarque en elîet, outre les St,rondins, près d'une vingtaine d'espèces dont certaines viennent
de très loin. Deux mi trois stades sont admis de nos jours, mais tous se rattachent au Tyrrhé-
nien moyen, c'est-à-dire l'Eutyrrhénien. Toutefois ou peut observer une liruide annonce
de la faune chaude dans le Tyrrhénien inférieur mais qui eu lait trouve son origine dans le
Milazzien. E 11 revanche, la survivance relative dans le Tyrrhénien supérieur est probable¬
ment. réduite, en dehors bien sûr des espèces qui se sont maintenues jusqu’à nos jours.
Comparaison avec la Méditerranée extrême occidentale
Une comparaison s'impose tout d’abord avec le Rif et le sud de l’Espagne, très proches
géographiquement et où la terminologie slratigraphique établie au Maroc est souvent uti¬
lisée. Dans cette région de contact on a reconnu depuis quelques années trois terrasses
tyrrhéniennes. Les corrélations proposées par les auteurs avec le reste de la Méditerranée,
le Maroc occidental et les phases glaciaires sont résumées dans le tableau IL
— 20 —
Tableau II
Maroc
Rif et Sud Espagne
Méditerranée
Glaciations
Wurm
Ouljien
Tyrrhénien III
Néotyrrhénien
Riss 2
Harounien
Tyrrhénien II
Eutyrrhénien
Riss I
Anfatien
Tyrrhénien I
Palaeotyrrhénien
= Milàzzien
Mindel
Je n’ai rien à objecter au sujet des relations avec le Maroc atlantique et les périodes
glaciaires. Pour ces dernières, la solution proposée est identique à celle de P. Biberson.
Je fais mienne cette opinion beaucoup plus satisfaisante que celle que j’ai exposée en 1979.
Le Tyrrhénien III ( = Ouljien) possède la faune à Si combes. Le Tyrrhénien U ? situé
dans un interstade du lîiss, est bien moins développé que les deux autres niveaux du même
étage correspondant aux interglaciaires Mindel-Riss et Riss-Wurm. Mutons que dans les
comparaisons avec le littoral marocain occidental il a été fait état, par les auteurs, de la
faible importance de la terrasse barouniennc contemporaine du Tyrrhénien II. Ce n'est
qu’en partie exact car traditionnellement ce niveau a été sous-estimé à l’encontre de l’Anfa-
tien qui était surévalué. Toutefois ces remarques ne remettent pas en cause l'interpréta¬
tion proposée. La position que j'ai adoptée en 1979 sur l'importance relative de ces deux
terrasses était exagérée dans l’autre sens, comme je l’indiquerai dans une prochaine publi¬
cation.
Kn revanche, les corrélations avec P ensemble de la Méditerranée doivent, me semble-
t-il, être révisées. Je pense qu'il est nécessaire d’opérer un décrochement d'une terrasse
entre les deux régions comparées. Ainsi il est plus logique de donner respectivement, comme
équivalents aux trois Tyrrhénicns déliais localement, le Milàzzien (non confondu avec le
Palacotyrrhénien), le Tyrrhénien inférieur i rnal représenté) et le Tyrrhénien moyen (c'est-
à-dire l’Kutyrrhénien h faune subtropicale). On n’a pas encore reconnu dans le secteur la
récurrence néut yrrhénimlno inlrawurmiennc.
Comparaison avec l’ensemble de la Méditerranée
Il semble naturel de chercher à adapter la chronologie quaternaire du Maroc à celle
de la Méditerranée qui constitue un ensemble beaucoup plus vaste et occupe une position
plus centrale. Je prendrai comme base la synthèse proposée par E. Bonifay en 1975. On
remarque tout de suite, malgré un certain décalage climatique et biogéographique, une
profonde analogie entre les irois principales transgressions méditerranéennes et les trois
— 21
niveaux marocains à faunes les plus chaudes, avec cette différence que le maximum ther¬
mique se trouve, dans le premier cas, à la fin du Pléistocèuo (Tyrrhénien) et, dans le second,
vers le début (Moghrébicn supérieur - Messaoudien).
Dans cette optique les deux phases les plus froides trouvent aisément leur place dans
les inters truies du Mindel et du lliss. Les corrélations proposées, bien différentes de celles
admises antérieurement à l'exception du Messaoudien, sont plus rationnelles. Le Maarifien,
où l’on constate un très important refroidissement par rapport au .Messaoudien, n’esL plus
parallélisé avec le Sicilien II ou Milazzien mais avec le Sicilien I de caractère froid. L’en¬
semble Moghrébicn régressif, Maarifien, couches J, <r 0 -( l. lt assez homogène par sa faune,
est situé entièrement dans la très longue période mindélienue, c’est-à-dire dans le Sicilien
s.str. Le Maarifien transgressif, marqué par un faible réchauffe ment, se trouve dans l’in-
terstade Mindel l-Mindel II, La correspondance aujourd’hui classique entre le Maarifien
et le Milazzien parait peu cohérente si l'on envisage révolution climatique générale. De
plus, étant donné l’évidence du parallélisme Ouljien-Tyrrhénien N iai, on serait obligé dans
cette éventualité de placer J’Anfalien et le Il arminien dans le Riss, Ces deux étages n’au¬
raient d’équivalent que le très discret Tyrrhénien inférieur. Enfin le Maarifien, malgré
son climat relativement froid, serait contemporain du Mindel-Riss tandis que l’Anfatien
beaucoup plus chaud prendrait place, comme je viens de l’indiquer, dans un interstade
rissien.
La série straligraphiqne pléistocène est plus étendue, du moins en apparence, sur le
littoral méditerranéen. Ko effet on distingue, au-dessus du Tyrrhénien vrai, une récurrence
néotyrrbénienne, puis le Néurl holyrrhénien. Il est bien difficile de les retrouver au Maroc.
Si l’on examine les conditions de gisement, on remarque la localisation de l’Ouljien très
proche du niveau de la mer ; les dépôts plus récents sont mal aisés à distinguer. On connaît
seulement avec certitude le Mellahien i - Ycrsilien) mal représenté et des dépôts suh-
actuels. Au point de vue malacologiquo, il en est de même car lOuIjien est loin d’être aussi
caractérisé que le Tyrrhénien à Slrombes. Il est curieux de constater qu’il est moins affecté
que ce dernier par le réchauffement de celle période. Sans doute rumpl.e-l-.on dans les faunes
ouljiemies un nombre élevé d’espèces tropicales disparues depuis, mais aucune d’entre
elles n'est commune. On hésite parfois même à distinguer l’Ouljien «‘I le Mellahien par les
seuls critères pnléonlologiqiios lorsque les récoltes de fossiles sont peu abondantes. D’après
des mesures radiométriques récentes il y aurait des dépôts d’âge intermédiaire entre l’Oul¬
jien et le Mellahien, mais il n’a pas été possible jusqu’ici d’établir une biostratigraphie
précise.
Conclusion
J’ai été amené à modifier complètement le parallélisme des terrasses marocaines et
méditerranéennes. La solution proposée paraît logique. Les trois principales transgressions
caractérisées par un climat chaud : d’une part le Moghrébicn Supérieur - Messaoudien,
l’Anfatien et l’Ouljien, d’autre part LEmilien, le Milazzien et le Tyrrhénien considérés
comme contemporains des précédents, ont été placées dans les trois derniers interglaciaires
du Quaternaire. Le Maarifien et le Harounien, plus froids, sc situent sans difficulté dans les
interstades du Mindel et du Riss. Ils ont pour équivalent le Sicilien à faune froide et le
Tyrrhénien inférieur.
22 —
I.a période Donau-Gurtz n'a pas été envisagée faute de dépôts marins sur le littoral
marocain. En effet le Moghrébien est un ensemble complexe malheureusement très peu
fossilifère malgré l'ampleur de la formation. Les gisements en sont fort nombreux mais peu
d’entre eux ont fourni une faune utilisable. Je n’aî pu reconnaître que le Pliocène 111 et
lin niveau ancien du Quaternaire, comparable à P Emilie». Il y a donc entre ces deux périodes
un important hiatus. Je ne puis exclure la possibilité de découvrir des couches intermé¬
diaires comparables au Précalahricn. Je rappelle l’exisleuce au Fouarat, près de Kenitra,
d’un site intéressant d’âge incertain.
J’ai indique dans le tableau de corrélations générales les diverses provinces eurafri-
caines. Je n ai toutefois pas mentionné la région franco-ibérique par manque de données
suffisantes, ni les îles Canaries en cours d’élude. Au Portugal, les terrasses du cap Saint-
Vincent, du cap d’Espichel, etc., n’ont livré qu'un nombre réduit de coquilles. Peut-être
sonunes-nous en présence d’un Milazzicn à faune banale, d’un Eutyrrhénien à faune plus
chaude qu’aujourd’hui niais sans Slrombes, et d'un Xéolyrrhénien de caractère également
banal. C’était l'opinion de G. Lecoixtre qui, de plus, mettait également ees étages en
corrélation, à tort selon moi, avec le Maarifieu, le lJarounien et l’Ouljien. Je propose à la
place des deux premiers l’Anfatien et l’Ouljien.
Eu Vendée, à Maillezais, un gisement découvert par M me Teks nous montre une faune
1res pauvre, sans doute plus chaude qu’aujourd’bui. 11 pourrait être daté du Tyrrhénîen
vrai mais il n’y a guère de comparaison possible avec la Méditerranée. Les associations
malacologiques propres au Tyrrhénien ne semblent pas dépasser, sauf exception, les limites
de cette mer; notamment on ne les retrouve que très partiellement au Maroc atlantique
jusqu’au cap Bojador.
Dans les Canaries J. Meco, à la suite de travaux récents, n’a guère retenu qu'un niveau
bien défini, le Tyrrhénien à Slrombes, de cachet méditerranéen. Il cite aussi une terrasse
plus ancienne rapportée à la glaciation de Mindel, mais qui pourrait être anfalienne par la
faune. On connaît enfin un dépôt plus récent întrawurmicn, sans plus de précision.
Il n’v a A peu près rien à rajouter concernant le bassin sénégalo-mauritanien. On a
discuté de la contemporanéité du Tafaritien avec l’Anfaticn ou le I larounien. Le premier
de ees étages est le plus plausible si l’on se base sur la signification générale de la strati¬
graphie marocaine.
Dans la Manche, l’Eémicn est mieux placé à côté de J'Eutyrrhénien que du Néotyrrhé-
nien. Ou remarque, comme dans tous les dépôts de l’interglaciaire Riss-Wurm. une tempé¬
rature plus élevée qu’aojourd'hui (citons surtout Selsev), En fin de période un refroidisse¬
ment annonce le début du Wurm (Caudeville). Les assises saumâtres de Cléon et de Tanear-
ville près de Rouen correspondent A deux interstades différents du lbiss, que je n’ai pas
distingués dans le tableau III. Il existe encore des Ierrasses plus anciennes qui ne peuvent
être analysées faute de fossiles. Citons toutefois Saint-Nicolas de Pierrepont.
Le Quaternaire est bien connu dans le secteur de la mer du Nord, mais on y rencontre
surtout des dépôts continentaux. Ainsi en Angleterre rions pouvons citer le Pastomen, le
lioxnien et l’Ypswieliien, contemporains respectivement de l’Emilien, du Milazzien et du
Tyrrhénien, Les dépôts marins ont. été cependant signalés depuis longtemps. Des travaux
récents dans le nord de la France et en Belgique ont mis à jour de nouvelles couches marines,
notamment le niveau fossilifère de Herzeele,
Tableau III. — Corrélation du Quaternaire marin méditerranéen, atlantique et nordique.
Glaciations
Meh du Nord
Manche
Méditerranée
Maroc
Mauritanie
Holocène
Flandrien
Flandrien
Versilien
Mellahien
Nouakchottien
Wurin III, IV
Néorthotyrrhénien
Inchirien
Wurm II
Tyrrhénien sup.
VVurm 1
Eémien
Eémien
1 3
Tyrrhénien moy. ] 2
( 1
Ouljien
Aïoujien
Riss II
Assises de Cléon
et de TancarvÜIe
Tyrrhénien inf.
Harounien
Riss 1
Néosicilien
c
'D
O
O
Hopton, Billockby,
Herzeele
Milazzien
Anfatien
Tafaritien
en
’S
Mindel II
Corton beds
t
couches .T, G 0 , G t
0-
Sicilien
Maarifien
Mindel I
1
Moghrébien régressif
Emilien
Moghrchien supérieur
= Measaoudien
Gunz
Baventien
Calabrien
Antien = Tiglien
Saint-Nicolas
de Pierrepont
Précalabrien
Donau
Thurnien = Prétiglien
Butleyen
Niveau
de
Ludhamien L.M. I-II
transition
Pliocène
i Newbournien
! Little Oakley
Hâvre
de Blainville
Pliocène III
Moghrébien inférieur
— 24
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES 1
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Manuscrit déposé le 6 novembre 1979.
1. Pour une bibliographie plus complète, se rapporter à ma note de 1979.
Bull. Mus. nain. Hist. nat., Paris, 4 e sér., 2, 1980,
section C, n° 1 : 25-47.
Le genre Rhinopteraspis Jaekel (Vertébrés, Hétérostracés)
du Dévonien inférieur : systématique, morphologie, répartition
par Alain Blieck *
Résumé. L’auteur propose île regrouper dans le même genre, Rhinopteraspis Jaekel, 1919,
les espèces Pülaeoteuthis dune nuis Bonnier, 1855, Ptera&pis rrouehi. Lankester, 1808, et Jt. sancta-
crucemis nov. sp. d’après les caractères morphologiques des régions rostrale et préorale de la cara¬
pace et leur mode de croissance. 11 analyse ensuite le polymorphisme des espèces concernées et
passe eu revue leur répartition géographique et st.rntigraphique.
Abstract. — The morphologies) cliaracteristics and the growth type of the rostral and preora'l
régions of lhe. shield lead Uni author to group the species Palaeoleuthis du ne-mi s Roenier, 1855,
Pteraspis rrouehi Lankester, 1868, and R. saruiacrucensis nov. sp. in the saine gémis Rhinopteraspis
Jaekel, 1919. Sexual dimorpltism is reexamined in terni of polymorphisin. Geographical and strati-
graphical distribution is reviewed.
Introduction
Au sein des Hétérostracés, l’ordre des Ptéraspidiformes est remarquablement homogène
en ce qui concerne le nombre et la disposition relative des plaques principales de la cara¬
pace. C'osl la forme cl les proposions de ces plaquas ainsi que le détail de leur ornementa¬
tion qui fondent les diagnoses spécifiques cl Les regroupements génériques. La région orale
et préorale de la partie ventrale de la carapace offre ii cet égard un grand intérêt (Weite,
1956: Stexsio, 1958. 1964, 1968) mais est souvent incomplète ou totalement inconnue.
C’est néanmoins sur les caractères de celte partie de la carapace qu’est fondée la diagnose
de Doryaspi-s (N. I Ii-in iz, 1968 ; Denison, 1970) dont la plaque orale médiane est développée
en pseudorostre ventral. Ce caractère, unique chez les Ptéraspidiformes, a conduit nombre
d’auleurs à faire de Doryaspis le genre-type (et seul genre) de la famille des Doryaspididae
(Dorvaspidinae, Denison, 1970; Doryaspididae, Obruciigv, 1964; Bi.ieck, 1976). Tous
les autres Ptéraspidiformes sont regroupés dans la famille des Pt.eraspididae.
La description de nouveau matériel de « Belpimspis » cmuelii de France (Goujet et
Blieck, 1979), de Rhinopteraspis du-nensis d’Allemagne (Blieck et Jahnke, mus presse)
et du matériel-type de Rhinopteraspis sunclda'ucmsis nov. sp. de Pologne me conduit à
considérer que la région préorale de ces trois espèces permet de les isoler des autres Ptéra-
spididés ; elle présente en effet une plaque préorale distincte, séparée de la lamelle ventrale
du rostre par une suture. Ce caractère, unique chez les Ptéraspididés, justifie à mon avis
le regroupement de ces trois espèces dans un seul genre, Rhinopteraspis Jaekel, 1919.
* Institut de Paléontologie du Muséum national d'Histoire naturelle , LA 12 du C NUS, S rue de Bufjon ,
F-75005 Paris «.
26 —
Abréviations
BMNH : British Muséum (Natural History), London (GB).
FPM : Faculté Polytechnique de Mons (B).
GLNW : Geologisches Landesamt Nordrhein-Westfalen, Krefeld (D).
GP1MG : GôologiBCh-Palâontologischcs Institut u. Muséum der L T niversitat, Gôttingen (D).
IRSN : Institut Royal des Sciences Naturelles, Bruxelles (B).
LAG : Laboratorium Algoinene Géologie, Leuveii (B).
LPA : Laboratoire de Paléontologie Animale, Université de Liège (B).
MNHN : Muséum National «l'Histoire Naturelle, Paris (F;,
PAN : Polska Akademia Nauk, Zaklad Paleobiologii, Warszawa (P).
RFWU : Rhein. Friedrich-Wilhelms Universitat, Institut für Paléontologie, Bonn (D),
Abréviations des figures
bl, blisters ; Br, plaque branchiale ; C, plaque cornuale ; vh.pr, champ préoral ; cmd A _ c , commis¬
sures sensorielles transversales ; cr.m, crête médiane de la.asc ; Dd , disque dorsal ; ép.d, épine
dorsale ; if.c, canal sensoriel infraorbitaire ; L, plaque latérale ; la.asc, lamelle postrostrale
ascendante ; la.d, lamelle dorsale du rostre : la.l, lamelle latérale de PO ; la.sbr, lamelle subros-
strale ; le, canal de la ligne latérale principale ; l.ch, limite de deux chevrons ; Id, canal senso¬
riel dorsal ; 0, plaque orbitaire ; Or, plaques orales ; P, plaque pinéale ; pic, canal sensoriel
pinéal ; PO, plaque préorale ; H, rostre ; r.de, rides de dentine ; soc, canal sensoriel supra-
orbitaire ; svp, surface ventrale préorale du rostre.
Le genre RHINOPTERASPIS
L DÉFINITION, COMPOSITION
Heterostraci
Ordre Pteraspidiformes
Famille Pteraspididae
Genre Rhinopteraspis Jaekel, 1919
Définition : Ptéraspididés de taille moyenne à très grande (cf. tabl. I). Rostre long
et effilé, à bords latéraux souvent concaves ; ornementation des lamelles dorsale et ventrale
formée de rides de dentine disposées en chevrons, ouverts vers l’avant sur la lamelle dorsale,
vers l’arrière sur la lamelle ventrale. Plaque préorale individualisée. Plaques cornuales
réduites, étroites. Rides de dentine larges (3-6 ri/mm).
Espèce-type : Palacoteulhis dunensis Roomcr, 1855.
Autres espèces : Ii. crouchi (Lankester, 1868) ; R. sanctacrucensis nov. sp.
Remarque : Le nom générique Rhinopteraspis Jaekel, 1919, a priorité sur le nom
Belgicaspis Zyc.li, 1931, qui avait été créé pour désigner l’espèce Pleraspis crouchi Lankester,
1868.
— 27 —
Rhinopteraspis dunensis (Roemer, 1855)
(Fig. 6, 8, 10 : pl. I, L-3)
Palaeoteuthis Dunensis Roemer, 1855 : 72-74, pl. XIII.
Pour la synonymie voir en particulier Jaekel (1919), Write (1956, 1960), Fahlbusch (1957),
Tarlo (1961, pro parte), Blieck et Jahnke (sous presse).
Hoi-otyhe : Spécimen RFWU n° 170 (pl. I, fig. 3; Roemiîr, 1855, pl. XIII).
Remarque
La Commission Internationale de Nomenclature Zoologique IIemming, 1957) a validé
le nom de genre Rhinopteraspis Jaekel, 1919, e|. désigné Palaeoteuthis dunensis Roemer,
1855, comme espèce-type. Cependant Tarlo (1961 : 368-370) en fait un synonyme de
Steganodirtyurn cnrnubu'um McCoy, 1851. Si Tarlo (1961) a raison, le nom spécifique
cornubicum a donc priorité et le terme Innommai devient Rhinopteraspis cornubica (McCoy,
1851). Néanmoins, comme le souligne Dknison 1970 : 8), l'espèce nominale type reste
Palaeoteuthis dunensis Roemer, 1855, qui est alors synonyme de R. rorrutbica (McCoy,
1851) sensu Tarlo, 1961 (cf. aussi Stensiô, 1964 ; Obruciiev, 1964).
A mon avis, cette nomenclature crée la confusion pour deux raisons :
1. Le leelolype de R. cornubica choisi par Tarlo 1961 : 370 cl pl. I) ne permet absolu¬
ment pas de différencier le taxon. Il s'agit d’un fragment de disque dorsal (I 1 ) portant envi¬
ron 3 ri/mm. Cel te pièce n’est pas caractéristique, l'ornementation n’ayanl de valeur dia-
gnosique qu’à condition que les rides de dentine ne soient pas usées (Write, 1956 : 8 ;
Novitskaya, 1971 ; Blieck, 1976), ce qui n'est pas le cas du spécimen en question. Il
pourrait tout aussi bien s'agir d’un fragment de Protaspis (cf. Write, 1956 : 4).
2. Le nom « Pteraspis cornubica » a été donné à tous les grands Ptei'aspididae des
Dartmouth Slates de Cornouailles et correspond à une espèce collective. Ces niveaux dévo¬
niens ont lit ré un abondant matériel inédit que Write (1956 ; 4) a provisoirement attribué
à Rhinopteraspis dunensis , Akhaspis Imrhi et une espèce de Protaspis [cf. aussi House et al.
(1977 : 23) pour la Cornouailles, ainsi que Dineley (1966) et Orcbaru (in ; House et al.,
(1977 : 21) pour les niveaux équivalents du Sud Devon]. On y trouve également Stegano-
dictyurn carleri McCoy, 1851. qui serait en fait un Drepanaspis (Tarlo, 1965 : 36-37 et
pl. VIII, fig. 1).
Dans ces conditions et dans l’attente d’une étude du matériel de Cornouailles, je con¬
serve le nom Rhinopteraspis dunensis (Roemer, 1855) pour l’espèce définie ci-dessous.
Diagnose : Espèce grande à très grande (cf. tabl. I). Plaque rus traie beaucoup plus longue
que large (JaR/LoR — 0,14-0,21) il suture postérieure présentant un petit processus médian dirigé
vers l’arrière. 3-6 ri/mrn sur la partie centrale des différentes plaques. Suture antérieure de la plaque
préorale à contour trapézoïdal.
Définition
Plaque rostrale (cf. diagnose). Plaque pinéale en V à angle aigu. Plaques orbitaires
à processus antérieur court, à processus postérieur long, à processus médian long et toujours
28 —
en contact avec la plaque pincalc ; cette suture est convexe vers l’extérieur. Plaques bran¬
chiales longues et étroites, portant une carène longitudinale latérale. (Plaques cornuales
inconnues.) Disque dorsal étroit présentant de chaque côté, vers le tiers postérieur, une
sinuosité au niveau des ouvertures branchiales. Epine dorsale très longue et elïilée. Bord
antérieur de la plaque préorale à contour trapézoïdal. Disque ventral étroit à bords laté¬
raux sinueux. Rides de dentine larges (3-6 ri/mm sur la partie centrale des différentes
plaques ; jusqu’à 8 ri/mm sur le bord des plaques et sur les écailles), à bords crénelés.
Mesures : cf. tableau 1.
Tableau I. — Mesures (en mm) et indices du bouclier dorsal et du disque ventral de Rhinopte-
raspis crouchi et de R. dunerutis d’après Roemer (1855), Lekicke (1924), H. Schmidt (1933),
Fahlbusch (1957, 1966), W. Schmidt (1959), White (1960, 196:1, 1973) et les observations
de l’auteur.
R. crouchi
II. dunensis
laR
3,5-19
6-60
LoR
13-56
42-314
laR/LoR
0,22-0,75
0,14-0,21
laD
20-40
8,5-100
Loi)
20-70
17-160
laD/LoD
0,56-0,74
0,46-0,74
laT/LoT
LoR/LoT
(0,46)
(0,27)
(0,40)
(0,48)
LoD/LoT
(0,59)
(0,51)
LoO
15-25
23-68
LoO/LoT
(0,27)
(0,16)
LoB
31-45
46-90
LoR/LoT
(0,47)
(0,29)
LoC
18
p
LoC/LoT
(0,15)
O
laV
12-31
8-80
LoV
20-76
26-165
laV/LoV
0,53-0,57
0,30-0,50
ri/mm
5-6
3-6 (-> 8)
Les nombres entre parenthèses sont évalués d’après les reconstitutions (fig. 8-9) ; les autres nombres
sont tirés des spécimens figurés ou signalés par les différents auteurs. Les mesures laT et LoT ne sont pas
fournies parce qu’on ne connaît pas de carapace complète des espèces concernées.
Rhinopteraspis crouchi (Lankcstcr, 1868)
(Fig. 5, 9, 10; pl. I, 4-5)
Pteraspis Crouchii [Salter, MS] Lankester, 1868 : 30-31 ; pl. 111 ; pl. IV, fig. 4 ; pl. VI, fîg. 4, 7, 8 ;
pl. VII, fig. 4, 8, 11, 14.
— 29
Pour la synonymie voir on particulier Le riciif. (1900), Zvr.n (1931), Whitk (1935,1961, 1973),
Denison (1967, 1970), Novitskaya (1975), Goujet et Blieck (1979).
Lectotypf. : Spécimen Ou Ludlow Muséum (Lankester, 1868, pi. III, fig. 8) désigné par White
(1935 : 450).
Remarque : Denison 1967 : 34 : 1970 : 8) avait déjà suggéré île rapporter l'espèce
crouchi au genre R hinupltirmpis à cause de la morphologie de la région préorale.
Diagnose : Espèce de taille moyenne (cf. tald. I). Plaque rostraie plu» longue, que large (laR/
LoR = 0,22-0,75), à suture postérieure régulièrement, convexe ver» l'arrière. Extrémité antérieure
du rostre souvent retroussée. 6 ri/mm environ sur les plaques et le» écaille». Plaque préorale bien
individualisée, triangulaire, avec un champ préoral orné de petits tubercules alignés transversale¬
ment.
Définition
Plaque rostrale (cf. diagnose). Plaque pinéale semi-lunaire ou en Y à angle souvent
obtus. Plaques orbitaires à processus postérieur assez long et processus médian en con¬
tact ou non avec la plaque pinéale. Plaques branchiales longues cl étroites. Ouvertures
branchiales petites. Plaques eornuale» courtes et très étroites. Disque dorsal plus long que
large, à bords latéraux régulièrement convexes vers l'extérieur. Épine dorsale assez courte.
Plaque préorale (ef. diagnose). Une rangée de plaques orales petites et pointues. Une rangée
de plaques postorales pentagonales et de plaques latérales trapézoïdales. Disque ventral
plus long que large, à contour heptagonal et bords latéraux droits ou légèrement courbes.
Rides de denline assez larges (environ 6 ri/mm), à bords crénelés.
Mesures : cf. taideau 1.
Rhinopteraspis sanctacrucensis nov. sp.
(Fig. 7)
Espèce nouvelle fondée sur deux spécimens dont l’un a été décrit sous le nom de Rhinopte¬
raspis cornubica (Mc Cov) par T \Rio ( 1961, (ig. 1, fig. 2 c-d et pl. Il) et refiguré par Stf.nsiô (1964,
fig. 93).
Derivatio nominIS : Rhinopteraspis des monts de Sainte-Croix (Pologue).
I Ioi.otype : spécimen PAN n° D 1145 (fig. 7 ; Taki.o, 1961, pl. II).
Matériel : Une plaque préorale isolée (BMNH n° P 52052b) en plus de l’holotype.
Stratum tyjucum : « Placoderm Sandstone » (Erasien).
Locus TYPtcvs : Daleszyce, |>rès de Kielce, monts de Sainte-Croix. Pologne.
Diagnose : Espèce 1res grande (laR - 44 mm environ). Plaque préorale très grande (largeur =
22-29 mm ; longueur ïï 31 mm), triangulaire, doat la lamelle subrostrale est ornée de rides de den-
tine longitudinales; lamelle postroslrale ascendante longue et portant une crête médiane nette.
Rides de dentinc assez larges (5-6 ri/mm sur la face ventrale du rostre et sur la plaque préorale).
Description et discussion
L’espèce n’est connue que par deux spécimens (signalés par Tarlo, 1957 : 228) dont
l’un a été décrit par Taiilo (1961 : 371-374) sous le nom de « Rhinopteraspis cornubica ».
— 30 —
Cette pièce est un moule externe naturel de la partie proximale ventrale d’un rostre avec
la plaque préorale et les processus antérieurs des deux plaques orbitaires (O, ftg. 7). La
description est fondée sur le moulage de ce spécimen (fIg. 7). La morphologie de la lamelle
ventrale du rostre est du même type que celle de R. dunensis et de R. crouchi : elle est limitée
postérieurement par une suture et non par une lamelle postrostrale ascendante. Une plaque
préorale (PO, fig. 7), dont la lamelle subrostrale ( la.sbr.) est ornée de rides de dentine longi¬
tudinales, lui fait suite. Cette plaque est plus longue et plus étroite que celle de R. crouchi
(PO, fig. 5 et pl. I, 4) et se termine par une lamelle ascendante postrostrale (la. asc , fig. 7)
plus développée que celle de R. crouchi.
Le second spécimen que je rapporte à R. sanctacrucemis (IlM N11 n° P 52052b) est une
plaque préorale isolée dont la surface est usée. Il s’agit d’une pièce encore plus grande que
l’holôtype puisqu’elle mesure 29 mm en largeur et plus de 30 mm en longueur.
Remarques
OnnuciiEV 1964, pl. II, fig. 4-5) attribue à Rhinopteraspis deux rostres du Siegénien
d’URSS. Par leur forme et leurs dimensions, ces spécimens semblent être des représentants
de l'espèce R. crouchi (22-23, fig. 10).
Déni son (1970 : 5-8), se fondant sur les caractères de la région branchiocornuale,
suppose que l'espèce Protaspis priscillae Denison, 1953, peut être attribuée à Rhino pteras pis.
Cependant, Couverture branchiale de Phototype (Denison, 1970 fig. 2) est différente de
celle de Rhino pleraspis (Fahlbcsch, 1957) et, comme le souligne Write (1961 : 270), le
spécimen en question est très incomplet. La région orbitopinéale de P. priscillae Denison
: 1953, fig, 82-83) est également différente de celle de Rhinopleruspis et ses canaux sensoriels
dorsaux (rndl, Denison, 1953, lîg. 83) sont parallèles alors qu’ils divergent sur les disques
dorsaux de Rhinopteraspis ( fig. 8-9.) Aut rement dit, P. priscillae Denison reste d’attribution
générique incertaine.
Enfin, l’espèce Pleraspis dewahpiei Frnipont, 1908, fondée sur un seul spécimen, a
été rapprochée de Rhino pteras pi s par Write (1956 : H et fig. 5) puis remise dans le genre
Pleraspis (White, 1960 : 8-14 et fig. 3). Le spécimen en question (LPA n° 5045) est dans
un mauvais état de conservation : il s’agit essentiellement d’un moule interne dont la région
hranchîo-cornuale droite est incomplète. Cependant, la forme cl les proportions de la plaque
pinéale et du disque dorsal sont compatibles avec celles d ’AIlhaspis leaclii, en particulier
avec celles des spécimens de Paliseul (LAC n° 1-5, Assclberghs, 1955). Il me semble donc que
P. dewahpiei Fraipont, 1908, est synonyme de AUhaspis leachi (While, 1938) (cf. Blieck
et Jahnke, sous presse).
IL RÉGION PRÉORALE
Sur R. crouchi, la base de la surface ventrale du rostre est occupée par une plaque
préorale triangulaire (White, 1956, fig. 1; 1960 : 8, note 14; 1973, fig. 25; Goujet et
Blieck, 1979, fig. 3 B), Cette plaque préorale présente, à l’avant et latéralement, des rides
de dentine parallèles au bord de la plaque (la.l, fig. 5), et à l’arrière un champ préoral
Fig. 1-4. — Reconstitution de la lamelle ventrale du rostre de quelques Pteraspididae : 1, Protopteraspis
primaeva (Kiaer) d'après Stensiô (1964, 6g. 43 A), X 5 environ ; 2, Pleraspis rostrata (Agassiz)
d'après White (1935, 6g. la et 41-47 ; 1956. 6g. 2), x 2,7 environ ; 3, Allhaspis leachi (White) d’après
les spécimens RMNII n° P 18045-18047 (c.f. White, 1938, 6g. 3-5 ; 1956, 6g. 3), X 1 environ ; 4
Allhaspis leachi (White), détail de la lamelle postrostrale ascendante des spécimens BMNH n° P 18045,
(a) et. 18047 (b) montrant des « blisters », X 5 environ.
— 32 —
limité postérieurement par une lamelle ascendante postrostrale ( la.asc) et orné de petits
tubercules de dentine alignés transversalement ( la.sbr ). Ainsi cette plaque a-t-elle les mêmes
caractères que la surface ventrale préorale {svp, fig. 1-2) de la plaque rostraie des Pteras-
pididae à champ prcoral cf. Pteraspis rostrata (W'iiite, 1935, fig. 1-4 cl 6), Mylopteraspis
graeilis Stensio (1958, fig. 139 ; 1964, fig. 41 ; No vers kaya, 1975 : 82-83), M. robusta Stensio
(1958, fig. 156; 1964, fig. 58), Podolaspis lerichei (« Plesiopteraspis » sp., Stensio, 1958,
fig. 148 A-B ; 1964, fig. 50 A-B ; = Podolaspis lerichei in Taklo, 1961 : 381-382 ; Novtrs-
kaya. 1975 : 81-82), P. goujeti Blieck, 1976, P. graeilis :« Parapteraspis » graeilis, Stensio,
1958, fig. 155 ; 1964, fig. 57 ; = Podolaspis grucilis in Novitskaya, 1975 : 82), Pteraspis
dobrowtanyensis Stensio (1958, fig. 151 ; 1964, fig. 53)1,
En outre, la partie rostrale ventrale du canal sensoriel infraorlutaire (if.c, fig. 1-6)
a le même parcours sur la partie ventrale du rostre de Phinopteraspis crouchi (W'iiite, 1973,
fig. 25 et 33 ; Goujet et Blieck, 1979, fig. 3 B) que sur les bords ventrolaléraux île la lamelle
dorsale du rostre de Pteraspis rostrata (White, 1935, lîg. 44 et 82; 1956, fig. 2), de Podo¬
laspis lerichei. (a Plesiopteraspis » sp., Stensio, 1964, lig. 50 B), de P. grucilis (« Paraphe¬
ras pis » graeilis, Stensio, 1964, fig. 57), de Mylopteraspis robusta (Stensio, 1964, fig. 58).
Ainsi, le rostre de P. crouchi n’est pas Fhomologuc strict de la plaque rostrale des autres
Pteraspididac mais seulement de la lamelle dorsale de cette plaque, la plaque préorale de
H. crouchi étant l'homologue de la lamelle ventrale de la plaque rostrale de ces Pteraspididac.
Cette plaque préorale est déjà bien distincte sur les jeunes individus (W'iiite, 1973, fig. 15).
Elle a été trouvée isolée dans le matériel du Dévonien inférieur de l’Artois (Goljet et
Blieck, 1979, lig. 3 C).
Ea région préorale de 7? hinopteraspis dunensis présente une morphologie comparable
à celle de P, crouchi. En effet, sur tous les spécimens de. 11. dunensis montrant la lamelle
ventrale du rostre, eelte lamelle se termine à l'arrière non par une lamelle postrostrale
ascendante mais par une suture qui limite postérieurement le dernier chevron de rides de
dentine (fig. 6; pl. 1. 1 ; W. Sciimidt, 1959, fig. 8, 10: pl. 2, fig. 5: (il. 4, fig. 2). 11 existe
donc vraisemblablement, à l’arrière de la lamelle ventrale du rostre de P. dunensis, une
plaque préorale dont la suture antérieure épouse fidèlement la suture postérieure de la
lamelle ventrale du rostre (ef. W. Schmidt, 1959, pl. 4, 2; Blieck et Jaiinke, sous presse).
Quant à P. sanctacrucensis nov. sp., sa région préoralc présente également une plaque
préorale (PO, fig. 7) qui a été décrite sous le nom de « single synclironornorial unit » (Taiîi.o,
1961 : 370 ; lîg. 1 et pl. II). A Pavant de la lamelle ascendante ( la.asc , fig. 7), la lamelle sub-
rostrale (la.sbr) porte des rides de dentine longitudinales ( pre.or.fld , Taklo. 1961, fig. 1 ;
la.sbr. p, Stensio, 1964, fig. 93).
Hemabque
L’holotype de P. sanctacrucénsis présente une particularité : la lamelle ascendante
postrostrale porte une rangée de 6 « blisters » ( bl , fig. 7) interprétés par Tarlo (1961, fig. 1)
comme des plaques orales écrasées sur le rostre (soi-disant 7). Il n’y a aucune symétrie
dans leur répartition, contrairement à ce qu’affirme Tarlo (1961 ; 373) mais ces blisters
portent effectivement des rides de dentine (5 ou 6 ri/mm comme sur la lamelle subrostrale).
Ils évoquent ceux qui ont été décrits chez Canadapteraspis Dineley et Loeffler (1976, fig. 48
et 50 ; pl. 16, fig. 3 et 5).
Fig. 5-7. — Région préorale du rostre de Rhinopteraspis : 5, Rhinopteraspis crouehi (Lankester) d’après
Whitiî (1956, lig. 1 ; 1973, Og. 25), x 1 environ ; 6, Rhinopteraspis dunensis (Roenier) d’après
les spécimens GP IMG n° 811-2 el 6 et GLNW il 0 Sg U R 23 (ef. W. Schmidt, 1959, fig. 8), X 1
environ ; 7, Rhinopteraspis sanctacrucemis nov. sp. d’après le moulage BMNH n° P 52052a ( of. Tarlo,
1961, pl. II), X 1 environ.
— 34 —
La lamelle ascendante postrostrale de la surface ventrale du rostre A' AUhaspis leac.hi
porte parfois aussi une rangée de Misters irréguliers (spécimens BMNII n° P 18045-18047,
fig. 4, a-b) interprétés soit comme de petites plaques fusionnées au rostre (White, 1956,
iig. 3 ; 1960 : 8, note 141 soit comme des plaques orales écrasées sur ce rostre (Allen et al.,
1968 ; 145 et fig, 2, b-c), Ces Misters n'ont, rien à voir avec des plaques orales ; celles-ci
sont situées en arrière de la lamelle ventrale du rostre en particulier sur le spécimen BMXIl
n° P 18046 (Or, fig. 3 et White, 1938. fig. 5). En tout cas, ils ne sont pas comparables aux
plaques orales décrites chez A f y lo pteraspis rohusla Slensio (cf. Tarlo, 1961 : 373).
Ces Misters ne semblent pas avoir eu de rôle spécifique mais correspondent simplement
à des « bourgeons » de doutine secondaires apparus dans une région saillante du rostre (à
l avant de la bouche) exposée tant h des blessures mécaniques quà l’infection microbienne
(ef. 0RVIO, 1968 ; Denison, 1973), Il s’agirait doue de véritables « cicatrices ». De tels rema¬
niements semblent d’ailleurs se situer préférentiellement sur le bord des différentes plaques
de la carapace (par exemple sur le bord do disque dorsal de H. dnnensis (spécimen GP IMG
ri 0 811-iOb) ou de Canada,pteraspis thymoslonuUa Pineley et Loefllçr i 1,976, fig. 47) (cf, aussi
Denison, 1973).
III. CROISSANCE DU ROSTRE DE RHINOPTERASPIS
ET DES AUTRES PTERASPIDJDAE
Le rostre de R. crouehi et de R. dunemi-s porte une ornementation caractéristique en
chevrons (cf. « Pteraspis » crouehi, Lan rester, 1868, pi. III ; « Relgicaspis » crouehi, White,
1956, fig. 1 ; 1973, fig. 24-25 et 31-33 ; Goi lEret Blieck, 1979, pl. 23, fig. 2 et 5-7 ; R. dunen-
sis, Fahlbusck, 1957, fig. 12-13 et Beil. 4 ; Blieck et J, min ke, sous presse ; « R. cornubica »,
T vui,o, 1961, fig. 3c) correspondant à un mode de croissance particulier. Ce caractère isole
Rhino fileras pis des autres Pleraspididae parmi lesquels on peut définir trois modes diffé¬
rents de croissance du rostre :
1 . Chez les Pteraspididae sans champ prcoral et sans plaque préorale ( Protupteraspis
la surface ventrale préorale do rostre est couvert.«* de rides de denline complètes et transver¬
sales, en continuité avec celles de la lamelle dorsale (fig. I. 3). Ces rides sont toutes parallèles
entre elles (sauf au voisinage des porcs externes des canaux sensoriels ; fig. 1-3). La plaque
roslrale devait donc se développer à partir d'un seul priiuordium (Stensio, 1964 : 206-207)
par apposition marginale et centripète de rides de dentine (Denison, 1973).
Cette plaque montre parfois des « stries de croissance » (« Randlange », Fahlbuscii,
1957 : 17-19 ; « growth fines », Denison, 1960 : 575 ; « growth stages », Wiiite, 1973 : 12 ;
cf. aussi Denison, 1973) correspondant <4 des accélérations de la croissance (Fahlhusch,
1957 ; Wiiite, 1973; DiNiii.Ex r et Loeffleb, 1976) plutôt qu’à des ralentissements voire
des arrêts de celle-ci.
2. Chez les Pteraspididae à champ préoral mais sans plaque préorale (Pteraspis, Podo-
laspis, Ccmadapteraspis , ..,), les rides de dentine de la lamelle dorsale du rostre sont égale¬
ment toutes parallèles entre elles et, sur le champ préoral (ch.pr, fig. 2), les petits tubercules
de dentine sont souvent alignés transversalement, dans le prolongement des rides de dentine
— 35 —
Fig. 8-9* — Reconstitution de la face dorsale du bouclier dorsal de llhinopteraspis : 8, Ithinopferaspis dunensis
(Roturier) d’après Gross (1933), Fahlbüsch (1957) et. les observations de l’auteur (plaques eornuales
hypothétiques), X 1/4 environ ; 9, Fthinopteraspis crnuchi (Lankester) d’après Whitf. (1935, 1956,
1973), X 1,2 environ.
des bords vênlro-latéraux de la lamelle dorsale (cf. Plesiopteraspis sp. et Pleraspis sp.,
Stensio, 1964, fîg. 50 A et 51 A.-B ; Podolaspis goujeti Blieck, 1976 ; Canadapteraspis Dineley
et Loelller, 1976, lîg. 44, 48, 50 et pl. 16, lig. 3, 5). Le rostre de ces Pteraspididae devait
donc également se développer à partir d’un seul primordium par apposition marginale
et centripète de rides de dentine. Sa croissance pouvait aussi accuser des accélérations
— 36 —
puisqu’on observe parfois des « stries de croissance » sur la lamelle dorsale et sur le champ
préoral (cf. par exemple P. roslrata in Whitk, 1935, fig. 43-44).
Cependant le champ préoral porte une ornementation différente de celle de la lamelle
dorsale du rostre. Ceci peut être dû au fait que, dans cette région de la surface ventrale
préorale {svp, Jîg. 2), l’os dermique se formait plus profondément dans le tégument. Ainsi,
sur le champ préoral (ch.pr), les éléments osseux primaires (« lepidomorîa », Stensiô, 1958,
1961, 1964 ; a odontodes », 0rvig, 1977), qui sur les autres parties du rostre fusionnent pour
former des rides de dentîue continues, restent ici séparés ou fusionnent incomplètement,
donnant des rides « en pointillé ».
3. Chez Rhinoplemspis, on a deux éléments individualisés, séparés par une suture :
le rostre et la plaque préorale, qui se développaient indépendamment l’un de l’autre peut-
être à partir de deux primordiums différents. D’autre part le rostre présente des zones de
croissance, les chevrons, telles que les rides de dentine ne sont pas parallèles entre elles
d'un chevron à l'autre ; la croissance du rostre se faisait vraisemblablement par épisodes
successifs, chaque épisode correspondant à un chevron. Les rides de dentine du chevron
le plus postérieur moulent vent râlement la plaque préorale et dorSaleme.nl les plaques
orbitaires et piriéale.
Les représentants du genre Rhinopleraspis sont les seuls, parmi tous les Pteraspididae,
ii posséder ce type de rostre qui semble donc être un caractère apomorphe du genre. L’état,
plésiumorphe du même caractère serait ainsi représenté par le dispositif de type Prolople-
raspis qui se retrouve chez d'autres Pteraspididae (certains Prolus pis) et chez d’autres
Llétérostracés, Par exemple, la lamelle ventrale de la région rosi raie des Cyathaspidi formes
est courte et couverte soit de rides de dentine parallèles au bord du bouclier (ef. Poraspis
polaris Kiaer et lleinlz, 1935, pl. 26, lig. 1) suit de petits tubercules alignés (ef. Allocryplaspis
liiticostata , Dkxison, 1964, fig. 92) ; chez Lepidaspis serrala également, le rebord ventral
de la région rostrale est de ce type {Dinki.ky et Loefflek, 1976. pl. 28, fig. 3). D’autre part,
il semble aisé de passer d’une plaque rostrale de type Protopleraspis (courte et issue d'un
seul prî mord i uni) à une plaque de type Rhinopleraspis (longue et issue de deux primordiums).
On pourrait ainsi reconnaître trois états successifs dans l’acquisition de la morphologie
des régions rostrale et préorale des Pteraspididae :
1. Lui stade ancien, « primitif », avec une plaque rostrale courte et large, à surface
ventrale préorale réduite, sans champ préoral ( Protopleraspis ). La croissance de cette plaque
se fait à partir d'un seul primordiunt. L’absence de champ préoral se retrouve dans la lignée
Allhaspis caractérisée quant à elle par la tendance générale à l’allongement, en particulier
de la plaque rostrale.
2. Un stade où la plaque rostrale est moyennement longue, à surface ventrale préorale
développée, avec un champ préoral. La croissance du rostre se fait aussi à partir d’un seul
primordium mais, au niveau du tégument préoral, l’os se forme plus profondément ( Pleraspis ,
Mi/lopleraspis, Podolaspis, Canadaptemspis, ...). Cette tendance à l'acquisition d’un champ
préoral se retrouve chez Prolas pis (sensu Denisox, 1970). Ainsi Protas pis (Protas pis) hrevis-
pina a une plaque rostrale assez longue avec une surface ventrale préorale bien développée,
surélevée, à ornementation réticulée [p.f. in Denison, 1970, fig. 9) alors que les autres espèces
de Protaspis ont une surface ventrale préorale réduite (de type Protopleraspis).
— 37 —
3. Un stade avec un rostre et une plaque préorale séparés. La plaque préorale a une
surface ventrale préorale bien développée avec un champ préoral. Cette région croit à partir
de deux primordiums [Rhinopteraspis).
Autrement dit, c'est le mode de croissance à un seul primordium qui constituerait
l’état plésiomorphe et celui à deux primordiums l’état le plus apomorphe (et non le contraire,
Stensio, 1964 : 207),
En outre, la polarité du rnorphoclinc décrit ei-dessus est corroborée par la séquence
des Pteraspididac dans de nombreuses séries sédimentaires du Dévonien inférieur où l’on
note l'apparition successive des genres Protopleraspis, Pleraspix (ou Podolaspi. s) et Rhinop-
leraspis (au Spitsberg, Blieck et Heintz, 1979; en Grande-Bretagne, Bali. et Dineley,
1961 ; en France et en Belgique, White, 1956 ; en Allemagne, W. Schmidt, 1959 ; etc.).
IV. POLYMORPHISME DES ROSTRES DE RHINOPTERASPIS
A la suite des récoltes faites dans les gisements de Grande-Bretagne, il semblait que
les échantillons de rostres de R. crouchi se réparlissaient en deux lots, l’un de spécimens
courts et larges, l’autre de rostres longs et étroits. Ceci avait été interprété comme un
dimorphisme sexuel ( White, 1961, 1973), une hypothèse déjà avancée pour certains Cya-
thaspidifortrics (Pattes, 1912; Kiaeii, 1932; Ki\er et Heintz, 1935).
En fait, l’analyse graphique de {'ensemble du matériel de R. crouchi (en particulier
des rostres, assez souvent bien conservés) montre que l'on a alTaire non pas à deux lots bien
séparés mais à toute une série de variants allant des plus petits aux plus grands fig. 10A).
Ceci avait déjà frappé certains auteurs qui avaient créé un certain nombre île « variétés »
morphologiques | Pleraspis crouchi forma h/pim, P. crouchi var. nmitocluoisis, P. crouchi
var. heighlinglonensis White, 1935 ; P. (Rctgicaspis) crouchi, Wiute, 1961 ; P. (B.) crouchi
var. situas White, 1973; P. (P.) crouchi var. eniinarichterau W. Schmidt, 1954).
A mon avis, ces variants correspondent à différents stades mitogéniques. Le problème
du dimorphisme sexuel reste en suspens car je ne pense pas qu'il soit possible à l'heure
actuelle de distinguer les mâles des femelles d’lîétérostraecs en l’absence de caractères
sexuels identifiables telles que les pièces génitales |comme chez les Ptyctodonles par exemple
(cf. M t les. 1967)]. Le fait que, dans cerl a ins gisements, les échnn I il Ions de R. crouchi semblent
se répartir en deux lots peut alors être imputé soit à un tri lors de l’enfouissement des
cadavres, soit aux conditions de fossilisation, soit aux conditions de récolte sur les gise¬
ments (ou à l’ensemble de ees trois facteurs).
L’écart minimum-maximum est également très important chez R. dunensis (fig. 10B
et Faiiliiuscii, 1957, Beil. 4) où les plus petits rostres ont une longueur voisine de 40 mm
alors que les plus grands dépassent 226 mm (soit presque 6 fois plus long !) 1 .
D’autre part les limites de variation des deux espèces se chevauchent légèrement
(fig. 10). Ainsi le spécimen BMN.II n° P 19141 (White, 1973, fig. 24-25) évoque R. dunensis
1. Un tel rostre appartenait d'ailleurs à un animal dont, la longueur hors-tout (bouclier -|- tronc -f-
caudale) pouvait dépasser un mètre !
10 20 30 AO 30 50 70
Fig. 10. — Diagrammes de répartition des rostres de Bhinopleraspis crouchi (A) et R. dunensis (B) en fonction
de leur largeur I laR) et de leur longueur (LoR).
1-14 d’après Wuite (1935, fig. 17-18 ; 1961, fig. 6-8 et 11 ; 1973, fig. 21-24 et 26-29) ; 15-18 d’après
les spécimens MNIIN n° I. I K 001,037, 005, et 006 (Lié.vin fosse 6, Schistes et Grès de Pernes ; Artois, France) ;
19 d’après le spécimen IRSN n° EFP 1325 (Vîtrival, Assise de Fooz; Ardenne, Belgique; cf. Lehiche,
1924, pl, III, fig, 1) ; 20 d'après le spécimen LAG n° 1 (Zweifall ; Hautes Fagnes, Allemagne) ; 21-23 d’après
Obrüchrv (1964, pl. II, (ig. 3-5) ; 24-34 d’après I' \ iii iicsch (1957, Beil. 4) ; 35 d’après les spécimens GPIMG
n° 811-11» et; 31» (Belzdorf-Kirchen, Gilherg Scliichten ; Sîegerland, Àllcmagn»').
— 39 —
par[sa fc taille et ses proportions ( laR/LoR = 0,28 ; 10, fig. 10) mais sa morphologie est typi¬
quement celle de R. crouchi (cf. spécimen MN11 N n° LIE 009, pl. I, 4). Les spécimens d’URSS
(21-23, lig. 10; Obruchev, 1964, pl. 11, lig. 3-5) entrent également dans les limites de
variation de II. crouchi.
Quant à R. sanciacrucensis, les deux spécimens connus montrent qu’il s'agit d’une
espèce de très grande I aille 1 lu II — 44 mm) dont les dimensions atteignent celles des plus
grands individus de R. dunensis [cf. en particulier Faiilr usait, 1957, Beil. 4, spécimen n° 101 ;
W. Schmidt, 1959, fig. S, spécimen GLNW u° SgÛROô
Lu Ici polymorphisme semble être la règle chez les Pteraspididac. On le retrouve en
effet, chez P ml as pis : Denison, 1973), Ail lias pis (V\ n 111 ., 1938 : A li.kn et al., 1968) et Plcrnspis
(White, 1935). Il convient néanmoins d’être prudent dans son interprétation car, si la plus
grande part des variation? observées parait être due ù l'ontogenèse, il est difficile \oire
impossible d’apprécier les variations entre adultes. Comme les I létérostracés semblent
bien être des animaux à croissance continue (cf. Iksises, 1973). seules les dimensions
maximales seraient significatives, de grands spécimens ne pouvant pas appartenir à de
petites espèces [cf. Write, 1956 : 6).
Remarque
Dans certains gisements, la taille moyenne des différentes espèces d’Hétérostracés
présentes est plus faible que celle des mêmes espèces dans des gisements géographiquement
éloignés. C'est le cas de deux localités des Schistes et Grès de Renies (Gédinnien supérieur)
de l’Artois : le puits 6 de Idevin a fourni un lot de rostres de R. crouchi. (Gm .in r et Blieck,
1979) dont la longueur est toujours inférieure à 30 mm 1 15-18, fig. lOA), valeur faible par
rapport aux gisements anglais ; le puits 8 de Liévin a livré le bouclier dorsal d'un individu
(MNIIN n° LIE 118/119) évoquant étonnamment Ptemspis rostrala, mais de taille plus
faible que celle des spécimens anglais (cf. White, 1935) b
J’exclus l'hypothèse selon laquelle ces gisements ne nous auraient fourni que des
individus jeunes dans la mesure où réeliantilbm de R. crouchi montre autant de variation
morphologique que les autres lots. Il reste alors è invoquer les conditions du milieu pour
tenter d’expliquer ce phénomène (White, 1961 : 257). Cependant l'échantillon à ma dispo¬
sition est faible et cette hypothèse demande à être testée. Mais il faut noter que le même
type de différences a été observé pour Althaspis leachi entre certains gisements anglais et
belges (cf. White, 1938; Allen et al., 1968; Blieck et .Jaiinkk, sous presse).
Y. RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE ET STRATIGRAPIIIQUE
DE RHINOPTERASPIS
I.a répartition verticale et horizontale des espèces R. crouchi et R. dunensis a été révisée
récemment (Golmet et Blieck, 1979 : Blieck et Jaiunke, sous presse) et leur valeur bio-
1. Ce spécimen est <l'ailleurs le premier du Dévonien inférieur de l’Artois qui puisse être attribué avec
quelque certitude à P. tOültala (cj. White, 1950 ; (loi: .jet et Buiegk, 1979).
— 40
stratigraphique confirmée pour le Dévonien inférieur du littoral européen du continent
nord-atlantique.
En Europe occidentale
Dans l’échelle-type de l'Old Red Sandstone de Grande-Bretagne, Je genre Rhinoplr-
r as pis définit deux zones fauniques : la zone « Crouchi » (Dittonien moyen .sensu Ball et
Dinelev, 1961) et la zone « Dune ns is » (Bréconien, Senni Beds ; cf. Wiiitk, 1935-1973 :
Ball et Dinelev, 1961). La zone « Crouchi » peut être corrélée avec l’Assise des Schistes
et Grès de Bernes de l'Artois où I on retrouve, au sein d'une faune comprenant quinze formes
différentes, le trio Rhi no pie ras pis c.rouchi-T uri.nia pagei- « Kujdanowinspis » [Goljkt et
Blieck, 1979). Kit Belgique, l'Assise des Schistes et Psammites de Fooz (Gédinnicn supérieur,
gisements de Vitrivâl et Ontbr«l-Neuville ; Lkkiciie, 1924: Wiiitk, 1956, 1973) renferme
R. crouchi cl cf. AUha.spis comme les Schistes et Grès de Bernes (Ouimet et Blieck, 1979).
En Allemagne, tes « Rote Sandiger Scliiefcr » des liantes Bagnes (Gédinnicn supérieur,
gisement de Zweifall ; W. Schmidt, 1954, 1959) ont également livré R. crouchi (spécimens
GLNW n° G 1, 3, 8, 13, 36, 39, 45-49, 54-59, 62, 65-66) et cf. Althaspis (spécimen GL.WV
n° G 70) ainsi que deux formes d'Ostéostracés (spécimens GLNW n° G 71 et 73-74) proches
— 41 —
de celles de Perncs el Liévin ; dans le Snuerland, les « Bunte Ebbe Schichten » d’Überfeld
(Gédinnien supérieur ; W. Schmidt, 1954 36 et pl. 5, fig. 5-6) ont peut-être les mêmes
caractères fauniques mais mériteraient une nouvelle prospection. D’autres gisements Gédin¬
nien supérieur de Belgique et d'Allemagne (W. Schmiut, 1956-1959) ont également livré
des fragments de ptéraspides qui demandent à être revus.
Autrement dit. R. crouchi est récolté dans un ensemble faunique caractéristique du
Gédinnien supérieur. Néanmoins, localement, R. crouchi peut avoir persisté jusque dans
le Siegétiien inférieur : ce serait le cas du gisement de Noneeveux (Belgique, Gocjet et
Blieck, 1979),
Eu Grande-Bretagne, la zone « Learhi » (Dittonien supérieur) suit la zone « Crouchi ».
Quant à la zone << Dunensis » (Bréconien, Whitü, 1956-1961), elle est représentée par un
gisement isolé n'ayant, livré que li. dunensis (Wwite, 1938; Allé* cl al., 1968). Néanmoins,
cette espèce se retrouve en Belgique, h Wiliéries (Lkiuchk, '1924, 1948) dans un niveau
stratigraphiquement supérieur à la zone « Leachi » (Blieck et Jahnkk, .tous presse). Cette
donnée permet donc de compléter la succession anglaise. R. ilunensis est également présent
immédiatement sous le poudingue de Burnot, à Pepinsler (Siegénieu supérieur ; Ubaghs
in White, 1956 ; Blieck et Jaunke, sous presse), En Allemagne, il y a un hiatus biostra-
tigraplvique entre la faune à R. crouchi et celle à R. dunensis : cette dernière comprend des
représentants d " fi uroproluspi.s et/ou Dre panas pis ainsi que des Acaiitbodieus, Artlirodires,
Crossopl.érygiens el Giganlostraeés (gisements de Betzdorl-Kiivhen, Overalh, Hüdesbeim
en particulier; cf. W. Schmidt, 1959; Gnoss, 1933, 1962; H. Schmidt, 1933; Blieck
et Jaunke, sous presse). R. dunensis s’étend en Allemagne du Siegénien à l’Emsien.
En Europe orientale
R. crouchi est connu en Podolie dans les séries du Dniestr (zone I de l’OId lied, Gédin¬
nien supérieur ; Obhuciiev, 1964, pl, II, lig. 3) et en Lit honnie dans les séries de Gargjdaï
(Formation de Stoniskiai, Gédinnien supérieur; Karataj ite-Talimaa, 1964, 1968; Karata-
jute-Talimaa et Naiihutas, 1973; Bkanuui.is el al., 1978). L’espèce, est également citée
dans l’horizon Iwanie de Podolie (sommet du Gédinnien inférieur et base du Gédinnien
supérieur ; Kahatajutk-Talimaa, comrn. pers., 1977). Eet horizon Iwanie (« couches de pas¬
sage ») renferme également Pleraspis concinna Brotzen 1933, 1936) qui serait à mon avis
synonyme de II. crouchi.
« Rhinopterospis- cornuhica » est cité dans les séries de Viechvil de Lithuanie, (équiva¬
lent des séries de Kemer de Lettonie, Siegénien-Emsien ; Buangulis el al., 1978).
D’après le» Vertébrés associés (Métérostracés, Thélodontes, Placodermes), la faune
à R. crouchi do ces régions est corrélée avec la partie supérieure de la zone « Crouchi » de
Grande-Bretagne ; celle h « R. cornuhica » avec la zone « Dunensis » (Karatajutb-Tali-
maa, 1976, 1978; Buangulis et al., 1978).
Enfin, R. sanctacrucensis nov. sp. provient du « Placoderm Sandstone » de Pologne,
daté de l’Emsien par les autres Vertébrés (Hétérostracés Psammostéiformes, Placodermes,
Ctenacanthus, Machaeracanthus ; Tarlo, 1957 : 227).
— 42 —
En Amérique du Nord
R. crouchi a été décrit au Canada dans la partie supérieure de la Formation Knoydart
de Nouvelle-Ecosse, près d’Ardness. Ces niveaux dévoniens, situés au-dessus des séries à
Protopteraspis whiiei, sont ainsi corrélés avec la zone « Crouchi » de Grande-Bretagne (Dine-
i. h v, 1967).
En Asie
Le genre Rhinopteraspis n’est connu que par deux rostres (Obhuciiev, 1964, pl. II,
fig. 4-5) dont les dimensions entrent dans les limites de variation de R. crouchi (flg. 10A).
L’un de ces rostres I ibid., (ig. 4) provient des séries de Kureïka île la région de Norilsk,
d’un horizon qui renferme aussi des Iléléroitracés Amphiaspidiformes et Porolepîs et qui
est corrélé avec le Siegcnien supérieur (M ejninkii et ni., 1971 : Ciikiikesova, 1973). Ce second
rostre (Onnucti kv. 1964, pl. II, fig. 5) a été. récolté dans le Siegéni ui supérieur du Taïmyr
(rivière Tareva).
Si ces deux spécimens appartiennent effectivement à J}. crouchi, celte espèce se rencon¬
trerait en Asie dans des couches plus jeunes qu'en Europe. Ou peut alors invoquer une
migration depuis l'Eni'amérique (continent nord-atlantique) vers l'Angara (Sibérie) entre
le Gédinnien supérieur et le Sicgénien supérieur. En outre, s’il est confirme que le Gédinnien
inférieur de Podolie renferme R. crouchi (rf. ci-dessus), c’est en Europe orientale qu’il
faudrait rechercher l’origine du genre Rhinopteraspis...
Conclusions
Le genre Rhinopteraspis Jaokel, 1919, tel que je le définis, comprend les espèces Palueu-
leuthix dune ns in Roeiner. 1855. Plerttspls crouchi Lankeslcr, 1868. et Rhinopteraspis sancla-
erueensis nov. sp., espèce nouvelle créée pour deux spécimens du Dévonien inférieur de
Pologne. Le genre est caractérisé, entre autres, par la présence d’une plaque préorale indé¬
pendante, située it la hase de la surface ventrale du rostre. L’ensemble <t rostre plaque
préorale « de Rhinopteraspis est l'homologue de la seule plaque rostrale des autres Pteras-
pididao. Celte région de la carapace croît vraisemblablement citez Rhinopteraspis h partir
de deux primordiums distincts. Ce type de croissance témoigne d’une apomorphie unique
au sein des Pteraspididae. Les espèces R. crouchi et R. dunensis présentent un polymorphisme
important. Le genre Rhinopteraspis est connu dans le Dévonien inférieur d Europe occi¬
dentale où il définit deux zones fauniques, la zone « Crouchi » (Dittonien moyen de Grande-
Bretagne ; Gédinnien supérieur de France-Belgique-Allemagne) et la zone « Dunensis »
(Bréconien de Grande-Bretagne : Siegénien-Emsien de Belgique-Allemagne). Il est égale¬
ment présent au Canada, en Europe orientale et en Asie.
Remerciements
Je tiens à adresser mes remerciements à tous ceux qui m’ont aidé lors de l’étude des différentes
collections, en particulier P. L. Forey et C. Patterson (BMNII), F. Robaszynski et I. Godfriaux
— 43 —
(FPM), E. Paproth (GLNW), H. Jahnkë (GPIMG), P. Bultynck (IRSN), M. Fieremans et
F. Gei kkns (LAC), J. M. Cordy et G. UBAcns (LPA), et 11 . Hemy (RFWU). Mes remerciements
vont également à A. Urbanek et: .1. K arczewska (PAN) pour l'envoi d’un moulage de l’holotype
de R. sanctacrucerisis ainsi qu’à L). Serhette et F. Pii.a un (MNHN) pour les photos et les dessins.
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Manuscrit déposé le 30 novembre 1979.
PLANCHE I
1-3 : Rhinopleraspis dunensis (Roeiner)
1. — Rostre, face ventrale, spécimen GPIMG n° 811-2 (Betzdorf-Kirchen, Gilberg Scliichten, Siegerland,
Allemagne), 1,3.
2. —- Extrémité antérieure d'un rostre, lace ventrale, spécimen GPIMG n° 811-6 (Betzdorf-Kirchen,
Gilberg Scliichten, Siegerland, Allemagne), 2,6.
3. — Disque ventral, face externe, holotype RFWU u° 170 (Daun, Eifel, Allemagne), x 0,6.
4-5 : Rhinopteraspiscrouchi (Lankester)
4. — Région préorale de la carapace, face ventrale, spécimen MNHN n° LIE 009 (Liévin, fosse 6, Schistes
et Grès de Pernes, Artois, France), x 2,6.
5. — Rostre, face ventrale, spécimen MNHN n° LIE 037 (Liévin, fosse 6, Schistes et Grès de Pernes,
Artois, France), X 2,6.
IMPRIMERIE
Achevé d'imprimer le 31 juillet 1980 .
NATIONALE
9 564 002 5
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Collection à périodicité irrégulière. Parait depuis 1935.
A partir de 1950, les Mémoires se subdivisent en quatre séries spécialisées. (Format in-4°.)
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lidae). 1978, 64 p., 102 fi g.
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du métabolisme calcique chez les Poissons Téléoatéeus. 1978, 71 p., 17 t.abl., 11 pl. h.-t.
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1978, 388 I-., Gg-, pL
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tuidue, Opliideriuuc). 1978, 143 p., 158 Kg.. 6 pl. h.-t.
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Étude anthropologique et génétique. 1979, 79 p., 22 tabl., 19 fig., 8 pl. h.-t.
T. 112 — Guinot (Danièle). — Donnée* nouvelle* tur la morphologie, la phylogenèse et la taxonomie
des Crustacés Décapodes Brachyuurea. 1979, 354 p., 70 fig., 27 pl. h.-t.
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Trématodes digénétiques. 1979, 81 p., 42 fig.
A paraître
T. 114 — Boucher (Guy). — Facteurs d’équilibre d’un peuplement de Nématodes des sables sublitto¬
raux.
T. 115 — Atlas des Cercaires.
T. 116 — Betsch (Jean-Marie). — Éléments pour une monographie des Collemboles Symphypléones
(Hexapodes. Aptérygotes).
T. 117 — Illg (Paul L.) & Dudley (Patricia L.), — The family Ascidicolidae and its subfamilies (Cope-
poda, Cyclopoida), witli descriptions of new specics.
T. 118 — Tillier (Simon). — Gastéropodes terrestres et fluvialilcs de Guyane française.
B — Botanique
T.
26 — Diptérocarpacées. Taxonomie — Phylogénie — Écologie. (Entretiens du Muséum, Paris 14-17 juin
1977.) 1979, 162 p., fig. pl.
C — Sciences de la Terre
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supérieur à l'OIigooéne supérieur. 1979, 249 p , 32 fig., 48 gr., 30 pl. h.-t.
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1977.) 1979, 253 p„ fig. pl.
A paraître
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maniens du Liban anciennement placés dans les Acanthoptérygiens.
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mène. 1969, 70 p.
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