ISSN 0181-0626
BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION TRIMESTRIELLE
SECTION A
zoologie
biologie et écologie
animales
4' SERIE T. 2 1980 N° 1
Mars 1980
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeurs : P rs E.-R. Brygoo et M. Vachon.
Comité de rédaction : MM. et M mes M.-L. Bauchot, E.-R. Brygoo, J. Dorst,
P. Dupérier, C. Dupuis, J. Fabriès, J.-C. Fischer, N. Halle, J.-L. Hamel,
S. Jovet, R. Laffitte, Y. Laissus, C. Lévi, D. Molho, C. Monniot,
M. Vachon.
Fondé en 1895, le Bulletin du Muséum d'Histoire naturelle est devenu à partir de 1907 :
Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle. Des travaux originaux relatifs aux diverses
disciplines scientifiques représentées au Muséum y sont publiés. Il s’agit essentiellement
d’études de Systématique portant sur les collections conservées dans ses laboratoires, mais
la revue est également ouverte, depuis 1970 surtout, à des articles portant sur d’autres
aspects de la Science : biologie, écologie, etc.
La 1™ série (années 1895 à 1928) comprend un tome par an (t. 1 à 34), divisé chacun en
six fascicules regroupant divers articles.
La 2 e série (années 1929 à 1970) a la même présentation : un tome (t. 1 à 42), six fasci¬
cules par an.
La 3 e série (années 1971 à 1978) est également bimestrielle. Le Bulletin est alors divisé
en cinq Sections et les articles paraissent par fascicules séparés (sauf pour l’année 1978
où ils ont été regroupés par fascicules bimestriels). Durant ces années chaque fascicule est
numéroté à la suite (n 08 1 à 522), ainsi qu’à l’intérieur de chaque Section, soit : Zoologie,
n os 1 à 356 ; Sciences de la Terre, n os 1 à 70 ; Botanique, n 08 1 à 35 ; Écologie générale,
n 08 1 à 42 ; Sciences physico-chimiques, n 08 1 à 19.
La 4 e série débute avec l’année 1979. Le Bulletin est divisé en trois Sections : A : Zoolo¬
gie, biologie et écologie animales — B : Botanique, biologie et écologie végétales, phyto¬
chimie — C : Sciences de la Terre, paléontologie, géologie, minéralogie. La revue est tri¬
mestrielle ; les articles sont regroupés en quatre numéros par an pour chacune des Sections ;
un tome annuel réunit les trois Sections.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’Histoire naturelle,
38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris, tel. 331-71-24 ; 331-95-60.
— pour les abonnements et achats au numéro, au Service de vente des Publications
du Muséum, 38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris, tél. 331-71-24 ; 331-95-60.
C.C.P. Paris 9062-62.
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue Cuvier,
75005 Paris, tél. 587-19-17.
Abonnements pour l’année 1980
Abonnement général : 640 F.
Section A : Zoologie, biologie et écologie animales : 490 F.
Section B : Botanique, biologie et écologie végétales, phytochimie : 100 F.
Section C : Sciences de la Terre, paléontologie, géologie, minéralogie : 130 F.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
4 e série, 2, 1980, section A (Zoologie, Biologie et Ecologie animales), n° 1
SOMMAIRE
F. G a ill. — Influence de la nutrition sur l’activité de la glande pylorique de Dendrodoa
grossularia (Ascidies, Tuniciers).
C. Monniot et F. Monniot. — Sur quelques Ascidies récoltées sous le pack en baie de
McMurdo, Antarctique.
G. C h e R b o n n i e r . •—- Description d’une espèce d’Holothurie apode, Prolankyra
suroitae nov. sp., et de l’Echinide irrégulier Echinocyamus elegans Mazzeti
récoltés dans le sud de la mer Rouge.
M. Ro ux. — Les articulations du pédoncule des Hyocrinidae (Echinodermes, Cri-
noïdes pédonculés) : intérêt systématique et conséquences.
P. Bouchet et J. Lützen. — Deux Gastéropodes parasites d’une Holothurie Élasi-
pode.
M.-C. Durette-Desset et I. Beveridge. — Sur la position systématique du genre
Woodwardostrongylus Wahid, 1964 (Nematoda, Strongyloidea).
C. A. Sutton, A. G. Chab AUD y M. C. Durette-Desset. — Contribucion al cono-
cimiento de la fauna parasitolôgica argentina. VI. Sobre un nuevo Lauroiinae
(Nematoda, Ascaridida).....
J.-P. Hugot. --Trois nouveaux Syphacia (Syphatineria) (Nematoda, Oxvurinae),
parasites d’Eeureuils africains.
J.-P. Hugot. — Morphologie et position systématique de Ilauschlineria citelli (Tiner
et Rausch, 1950) n. gen., n. cb., et R. eutamii (Tiner, 1948) n. cl>. (Nematoda,
Oxyurinae), parasites de Rongeurs Sciurinae.
D. Desbruyères. — Sphaerodoridae (Annélides Polychètes) profonds du Nord-Est
Atlantique.
J. Renacd-Mornant, — Description de trois espèces nouvelles du genre Tanarctus
Renaud-Debyser, 1959, et création de la sous-famille des Tanarctinae, subfam.
nov. (Tardigrada, Heterotardigrada).
— 2 —
M. Vachon. — Essai d’une classification sous-générique des Scorpions du genre
Scorpiops Peters, 1861 (Arachnida, Scorpionida, Vaejovidae). 113
J. H etjiîtatjlt. — Quelques remarques sur les espèces françaises du genre Rhacoche-
lifer Beier (Arachnides, Pseudoscorpions, Cheliferidae). 161
J. Heurtault. -Complément à la description de Minnisa ver mis Simon, 1881,espèce-
type du genre (Arachnides, Pseudoscorpions, Olpiidaé). 175
11. Bourdon. — Les espèces du genre Ropyrclla J. Bonnier (Crustacea, Isopoda, Bopy-
ridae). 185
11. Bourdon. — Aporobopyrus dollfusi n. sp. (Crustacea, Epicaridea, Bopyridae)
parasite de Porcellanes de la mer Ho uge. 237
J.-M. Thibaud. — Révision des genres Typhlogastrura Bonet, 1930, et Bonelogastrura
Thibaud, 1974 (Insectes, Collemboles). 245
J. 1). Lynch. - - A new species of Barycholos from Estado Goiâs, Brasil (Amphibia,
Anura, Leptodactylidae) with remarks on related genera. 289
J. D. Lynch and .1. Lescure, — A collection of eleutherodactyline frogs from
Northeastern Amazonian Peru with the descriptions of two new species (Amphi¬
bia, Salientia, Leptodactylidae). 303
J. M. Cei. - L’identité des syntypes de Proctotretus fitzingerii Duméril et Bihron, 1837. 317
B. Roux-Estève. — Une nouvelle espèce de Typhlopidae (Serpentes) du Centre-
Est de Madagascar : Typhlops domerguei . 321
C. Capapé et M. Desoutter. — Nouvelles descriptions de Torpedo ( Tetronarce ) nobi-
liana Bonaparte, 1885, et de Torpédo (Tetronarce ) mackayana Metzelaar, 1919
(Pisces, Torpedinidae). 325
.1. Daget. — Classifications phénétiques et cladistiques en Taxinomie numérique. . 343
A. Dubois. — Un nom de remplacement pour un genre de Ranidés de Madagascar
(Amphibiens, Anoures). 349
Bull. Mus. nain. Hist, natParis , 4 e sér., 2, 1980,
section A, n° 1 : 3-13.
Influence de la nutrition sur l’activité
de la glande pylorique de Dendrodoa grossularia
(Ascidies, Tuniciers)
par Françoise Gaill *
Résumé. - L’influence de la nutrition sur les activités de la glande pylorique est étudiée chez
Dendrodoa grossularia, in vivo et sur tissus fixés. L’inanition entraîne une modification du milieu
intracellulaire des cellules pyloriques : l’autolyse observée normalement disparaît au cours du jeûne
et réapparaît après réalimentation. L’activité de la glande est sous la dépendance de la nutrition :
le cycle d’activité de la glande disparaît au cours de l’inanition et se trouve restauré après réali¬
mentation des animaux.
Abstract. The influence of nutritional states on the activities of the pyloric gland is studied
in Dendrodoa grossularia, in vivo and in fixed tissues. Fasting causes a modification of the intra¬
cellular environment of the pyloric cells : the autolysis that is normally observed disappears during
the period of fasting and reappears after the animal is fed again. The activity of the gland is
dependant on the nutritional state ; the cyclic activity of the gland disappears during the course
of fasting and is restored after the animals are refed.
Certains Invertébrés marins ont des annexes digestives dont le rôle demeure inconnu.
C’est le cas des Tuniciers avec la glande pylorique dont les fonctions restent encore contro¬
versées. Cet organe forme, autour de l’intestin, un manchon constitué de tubules aveugles
à une extrémité ; les tubules convergent vers un canal qui débouche dans la zone pylorique
de l’estomac.
La disposition anatomique de l’organe a amené de nombreux auteurs à lui accorder
une fonction digestive (Giard, 1872 ; Chandelon, 1875 ; Isert, 1903). D’autres, s’appuyant
sur des données histologiques ou expérimentales, lui ont attribué un rôle excréteur (Lacaze-
Duthiers et Delage, 1889 ; Colton, 1910 ; Azéma, 1937). Les hypothèses les plus récentes
ont tenté de concilier les deux positions, soit en lui accordant un double rôle (Fouque,
1953), soit en voyant dans la glande pylorique l’homologue du foie des Vertébrés (Ermak,
1977), soit enfin en lui attribuant un rôle dans la régulation du milieu intérieur (Gaill,
1977).
Les données sur lesquelles s’appuie l’hypothèse d’un rôle digestif sont peu nombreuses
et l’un des moyens d’appréhender une fonction digestive est d’observer la glande pylorique
après inanition. Nous nous sommes proposée d’étudier les conséquences de l’inanition
* Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie. Muséum national d'Histoire naturelle,
55 rue de Buffon, 75005 Paris.
— 4 —
sur les aspects cellulaires de l’organe, in vivo, ou sur tissus fixés ; les observations dont nous
disposions étant soit morphologiques (Fouque, 1953), soit limitées à la disparition de glyco¬
gène après le jeûne (Ermak, 1977). Ayant constaté des modifications d’activité de la glande
pylorique, nous avons voulu observer si une reprise de l’alimentation rétablissait une activité
normale. L’interprétation des résultats reposant sur la correspondance entre les aspects
cellulaires et les stades d’activité, nous avons étudié les variations cellulaires au cours de la
fixation et les modifications éventuelles de ces variations au cours du jeûne.
L’ensemble de ces expériences nous a amenée à dégager deux points essentiels, l’inter¬
dépendance de l’activité glandulaire et de la nutrition et les variations du milieu cellulaire
de la glande pylorique au cours de son activité.
Matériel et méthodes
Les expériences ont été réalisées à Roscofî sur Dendrodoa grossularia. Les animaux
fraîchement récoltés ont été placés dans de l’eau de mer oxygénée et filtrée sur millipore
(0,45 pm de diamètre) pendant une semaine. Les individus étaient de taille analogue et
adultes. L’eau de mer était renouvelée tous les jours. Des animaux étaient fixés après
1, 2, 3, 5 et 8 jours de jeûne. Au-delà d’une semaine, le lot d’animaux restant était remis
en eau courante. Le renouvellement de l’eau de mer courante était suffisant pour assurer
la nutrition des animaux : la reprise de l’alimentation était visualisée par l’apparition de
pelotes fécales dans le tube digestif des individus. Des fixations ont eu lieu sur ce lot 1, 2,
5 et 8 jours après la réalimentation.
Différentes fixations ont été effectuées (formol salé, glutaraldéhyde 6 % tamponné
par du cacodylate 0,4 M) dont certaines spécifiques à la conservation de glycogène (Gendre,
Carnoy). Une partie des tubes digestifs fixés a été incluse à la paraffine et coupée à 7 pm
pour mettre en évidence le glycogène par la coloration PAS dimédon. Un contrôle a été
fait à l’amylase salivaire. Une autre partie a été enrobée au Durcupan ACM, coupée à 1 pm,
et colorée au bleu de toluidine.
L’effet des fixateurs a été comparé aux observations in vivo. Les pièces disséquées
étaient soit observées directement dans le fixateur, soit dans l’eau de mer. L’eau de mer
était absorbée par un morceau de buvard placé à une extrémité de la lamelle et progressi¬
vement remplacée par le fixateur déposé à l’autre extrémité de celle-ci. Les mêmes observa¬
tions ont été faites sur des animaux injectés par le fixateur.
Résultats
Rappels morphologiques
La glande pylorique de Dendrodoa grossularia est constituée d’une partie tubulaire
distale et d’une partie ampullaire proximale. La portion tubulaire s’étend tout le long du
tube digestif. Les tubules possèdent le long de leur parcours, comme à leur extrémité, des
dilatations ampullaires. La région proximale de la glande est disposée autour de l’intestin
moyen. Elle est formée d’ampoules jointives. Les portions ampullaires et tubulaires se réunis-
— 5
sent dans la région moyenne de l’intestin en formant des branches collectrices convergeant
dans l’estomac par le canal pylorique (Gaill, 1977).
Les parois des ampoules et des tubules sont constituées de cellules polyédriques entou¬
rant une lumière centrale. Cette lumière est continue dans toute la glande (Gaill, 1977).
1. Observations in vivo
a. — Aspects de la glande pylorique d’animaux nourris
La paroi des ampoules est constituée de cellules de forme variable, aplatie ou renflée.
Les cellules situées à l’extrémité distale de l’ampoule font saillie dans la lumière. Elles
portent un bouquet de flagelles qui par leurs battements font circuler un liquide vers les
portions collectrices.
Dans certains cas, la forme ovoïde des cellules peut être attribuée à la présence d’une
vacuole volumineuse. Les cellules aplaties sont nombreuses dans les parties renflées des
ampoules et des dilatations tubulaires. Il est parfois difficile de distinguer l’épaisseur même
des cellules : la glande présente certaines régions qui paraissent dépourvues de cellules.
Ces portions représentent toujours une surface réduite.
Alors que le pourcentage de cellules renflées ou aplaties est variable d’une ampoule
à l’autre, les cellules tubulaires sont, dans l’ensemble, cubiques. Elles portent des cils, plus
courts que les flagelles des ampoules, qui font circuler un liquide allant des portions distales
vers les portions collectrices de la glande.
Cet aspect initial varie dans le temps ; il se produit rapidement après le début du mon¬
tage dans l’eau de mer une autolyse des cellules pyloriques. Cette autolyse est localisée à
la glande pylorique et ne survient dans les tissus avoisinants qu’après une très longue
période.
L’autolyse débute par un gonflement cellulaire ; des granules intracellulaires sont
animées d’un mouvement désordonné, le cytoplasme s’empâte, la cellule éclate et le contenu
cellulaire se déverse dans la lumière de la glande. Cet éclatement, localisé initialement à
une cellule, se propage parfois de proche en proche, et cinq à six cellules éclatent successi¬
vement. L’emplacement cellulaire initial reste vide. Les cellules situées de part et d’autre
de cette zone ne sont pas modifiées. La lumière de la glande est encombrée de débris cellu¬
laires. Ces phénomènes sont très fréquents dans les ampoules et les dilatations tubulaires.
Ils sont plus rares dans les tubules.
b. — Aspects de la glande pylorique d'animaux en inanition
Les deux premiers jours de jeûne, les processus d’éclatements successifs sont compa¬
rables à ce que l’on observe chez les animaux normalement nourris. Après trois jours, la
forme des cellules pyloriques se modifie et les processus autolytiques disparaissent pro¬
gressivement. Quelle crue soit la période d’observation, il existe des portions glandulaires
apparemment dépourvues de cellules, la disparition des cellules étant toujours antérieure
à nos observations.
L’épaisseur de l’épithélium pylorique diminue entre 3 et 5 jours de jeûne pour se
stabiliser ensuite. Cette réduction est plus nette dans les ampoules qui sont normalement
— 6 —
pourvues de cellules renliées. Les cellules tubulaires conservent après une semaine d’expé¬
rience une hauteur supérieure à celle des cellules ampullaires.
Les gonflements et les éclatements cellulaires disparaissent à partir du cinquième jour.
L’autolyse des cellules pyloriques n’apparaît qu’après une longue période d’observation :
elle se manifeste alors dans l’ensemble des tissus.
Les autres modifications observées concernent le battement flagellaire qui est ralenti
après 3 jours d’expérience.
c. — Aspect de la glande pylorique d’animaux réalimentés
Après une semaine d’inanition, la glande pylorique d’animaux remis en eau courante,
conserve le premier jour l’aspect qui vient d’être décrit.
Dès le second jour, les gonflements cellulaires réapparaissent et quelques cellules
éclatent. Les processus autolytiques s’accentuent par la suite. Au cinquième jour, ils se
déroulent comme chez les animaux nourris normalement. Après une semaine de réalimen¬
tation, les cellules pyloriques n’ont pas retrouvé entièrement leur hauteur initiale. Dès
que les gonflements cellulaires réapparaissent, les battements flagellaires sont à nouveau
visibles et l'on peut percevoir la circulation d’un liquide à travers la lumière de la glande.
En conclusion, l'inanition entraîne un aplatissement progressif des parois de la glande
pylorique. Les gonflements et les éclatements cellulaires observés normalement disparaissent.
L’organe prend un aspect quiescent, uniforme et inactif.
La nutrition restaure rapidement l’activité de la glande.
2. Action de divers fixateurs sur les aspects cellulaires
a. — Chez des animaux alimentés normalement
Les processus autolytiques qui se déroulent dans la glande pylorique sont analogues,
que le milieu de montage soit l’eau de mer ou le glutaraldéhyde. Dans les deux cas, les
éclatements cellulaires ont lieu dans les mêmes portions glandulaires et concernent des
surfaces comparables. Ces caractéristiques sont conservées lorsque le fixateur est directe¬
ment injecté dans l’animal.
Les seules différences portent sur la rapidité avec laquelle les processus se déroulent.
Plus le fixateur arrive rapidement au contact des cellules et plus l’autolyse est rapide.
Ces processus sont par contre modifiés avec le formol salé, quelles que soient les moda¬
lités d’introduction du fixateur, la fixation est immédiate : le cytoplasme coagule et il se
produit une rétraction cellulaire. Les parois de l’organe paraissent alors plus minces que
dans l’eau de mer. Des plages vides sont observées dans certaines parties de la glande comme
avec la fixation au glutaraldéhyde alors que les parties dégénérées sont plus réduites.
b. — Chez les animaux mis en inanition et réalimentés
La pénétration du glutaraldéhyde n’entraîne pas de modifications notables par rapport
aux aspects décrits in vivo : les éclatements cellulaires disparaissent progressivement au
cours du jeûne pour réapparaître après une réalimentation.
1. — Les ampoules pyloriques autour (le l’intestin (1 cm équivaut à 50 pm) : A, chez les animaux
nourris normalement ; B, après trois jours d’inanition ; C, après une semaine d’inanition ; D, après
une semaine de réalimentation.
a : ampoule pytorique ; c : branches collectrices ; i : intestin ; 1 : lacune sanguine.
— 8 —
Quelles que soient les conditions de nutrition des animaux, le formol provoque une rétrac¬
tion cellulaire et c’est chez les animaux en inanition que l’aspect de la glande se rapproche
le plus de celle qui est observée in vivo.
En conclusion, le glutaraldéhvde est le meilleur fixateur : son influence modifie peu les
aspects cellulaires du tissu vivant.
3. Observations histologiques de la glande pyloriqus
Rappelons brièvement les principaux aspects sous lesquels se présentent normalement
les cellules pyloricrues de Dendrodoa erossularia ; quatre stades ont déià été décrits (Gaill,
1977) (fig. 1, A et fig. 2, A).
Le stade 1 se caractérise par une forme cubique, un noyau rond à chromatine marquée,
une bordure en brosse et de faibles quantités de glycogène. Le stade 2 se caractérise par une
modification nucléaire, le contenu du noyau devenant homogène. La bordure en brosse
disparaît au stade 3, le noyau se contracte et le cytoplasme devient très basophile. Enfin
on assiste au stade 4 au déversement du contenu cellulaire dans la lumière de la glande.
Nous attribuons les plages vides à des portions glandulaires déjà dégénérées. Les quantités
de glycogène intracellulaire augmentent du stade 1 au stade 4 (fig. 3).
a. — Aspects cellulaires de la glande pylorique au cours d’une semaine de jeûne (fig. 3)
Le cycle d’activité normal subsiste les deux derniers jours d’inanition. Le nombre
de stades cellulaires décroît au fur et à mesure que croît la période d’inanition. Les stades 2
et 3 disparaissent après le 3 e jour d’expérience et deux aspects demeurent. Le premier
(0) (fig. 3) est analogue au stade 1, le second (5) (fig. 3) est équivalent à la fin du stade 4.
Le stade 0 diffère du stade 1 par la forme prismatique des cellules et l’absence de glycogène.
La bordure en brosse est peu visible. Le noyau a un faible diamètre et la chromatine *
est peu marquée. Le second stade, 5, correspond à des places vides (fig. 3).
Au cinquième comme au huitième jour d’expérience, la glande a partout un aspect
uniforme : les places vides sont rares et l’ensemble des cellules sont au stade 0 (fig. 1, C).
La hauteur des cellules passe dans les ampoules de 15 à 10 p.m le 3 e jour pour rester à
5 p.m après cinq jours d’expérience. L’emplacement des cellules ne se repère que grâce à la pré¬
sence des noyaux qui paraissent contractés. Le glycogène diminue après 3 jours et au bout
d’une semaine de jeûne, des ampoules en sont pratiquement dépourvues. La substance
colloïdale hétérogène (fig. 1, A), initialement observée dans la lumière glandulaire (Gaill,
1977), devient homogène par la suite (fig. 1, B), pour diminuer en densité après une semaine
d’expérience (fig. 1, C).
Les conséquences de l’inanition sont moins manifestes dans les tubules (fig. 2, B)
où les stades 3 et 4 sont normalement peu nombreux. On distingue cependant les mêmes
stades 0 à 5 que dans les ampoules. L’épaisseur de l’épithélium ampullaire reste à 10 p.m
après une semaine de jeûne (fig. 2, B).
Les autres modifications constatées ont déjà été mentionnées par Fouque (1953) :
il s’agit de modifications morphologiques affectant la distance séparant les ampoules pylo-
riques de l’intestin moyen. Cette distance augmente après une semaine de jeûne alors que
les deux structures sont normalement en contact.
2. — Les tubules pyloriques autour de l’intestin (1 cm équivaut à 25 p.m) : A, chez les animaux nourris
normalement ; il, après trois jours d’inanition ; G, après 3 jours de réalimentation ; D, après 5 jours
de réalimentation.
d : dilatation terminale ; i : intestin ; t : tubule pylorique ; la flèche indique les zones dépourvues
de cellules.
— 10 —
Fig. 3. Schéma de l’évolution des aspects cellulaires de la glande pylorique
chez des animaux nourris normalement, mis en inanition, puis réaiimentés.
Les éléments sanguins visibles initialement dans la lumière tubulaire ou entrant par
diapédèse entre les cellules pyloriques sont encore nombreux au 3 e jour d’expérience. Ces
images disparaissent par la suite.
En conclusion, le cycle d’activité de la glande pylorique disparaît chez les animaux
en inanition : toutes les cellules prennent un aspect semblable (fîg. 3).
— 11 —
li. — Aspects cellulaires de la glande pylorique d’animaux réalimentés (fig. 3)
L’activité de la glande reprend progressivement à partir du second jour de réaliinen-
tation : elle se manifeste d’abord par une plus forte densité des éléments colloïdaux présents
dans la lumière (fig. 2, C), puis par la réapparition des quatre stades cellulaires à partir
du cinquième jour (fig. 2, D). Après une semaine, malgré la réapparition du cycle normal
d’activité, l’épithélium pylorique n’a pas recouvré entièrement sa hauteur initiale (fig. 1, D).
Nous n’avons pas observé de variations importantes des quantités de glycogène : après
8 jours d’alimentation, les taux de glycogène de la glande pylorique restent très faibles.
En dehors de ces modifications, les parties où les cellules sont dégénérées, sont réparties
de la même façon que chez des animaux nourris normalement. La distance qui séparait
les ampoules de l’épithélium intestinal, diminue progressivement et au 5 e jour d’expérience
elles sont à nouveau au contact du tube digestif.
Les canaux collecteurs comme les branches pyloriques ne présentent pas de modifi¬
cations particulières ni au cours du jeûne, ni même après une réalimentation.
En conclusion, la nutrition restaure l'activité de la glande pylorique d’animaux ayant
jeûné.
Discussion
1. Relations entre la nutrition et l’activité de la glande pylorique
Nos expériences montrent que l’activité de la glande pylorique dépend de l’état de
nutrition des animaux : l’inanition inhibe cette activité alors que l’alimentation la stimule.
Cette activité n’est pas restaurée dès le premier jour de réalimentation, ce qui signifie
que ce n’est pas directement l’alimentation qui est l’agent stimulateur, mais plus probable¬
ment l’absorption intestinale : en effet, il faut 24 heures pour que le cordon alimentaire
progresse de l’œsophage vers l’intestin (Yonge, 1925) et c’est après cette période que réappa¬
raissent les premiers signes d’activité glandulaire. De même, l’activité diminue à la fin
du second jour d’inanition, et l’on sait qu’il faut plus de 24 heures pour que l’ensemble
des fèces soit éliminé par l’animal (Fialla-Medioni, 1974).
Soulignons que l’inhibition de l’activité glandulaire lors de l’inanition concerne les
parties dilatées de la glande, qu’elles soient distales ou proximales, au contact de l’intestin
comme autour des lacunes sanguines. Ceci montre que si l’absorption stimule l’activité
de la glande, cette stimulation a lieu indépendamment de la proximité du tube digestif
et souligne l’unité fonctionnelle de l’organe.
2. La dégénérescence de la glande pylorique
Les observations histologiques faites sur la glande pylorique d’animaux nourris norma¬
lement nous ont amenée à conclure que la dégénérescence observée était due à une sénescence
naturelle (Gaill, 1977) et non à une sécrétion holocrine comme le pensait Azéma (1937).
A la lumière des expériences ci-dessus, nous pensons maintenant qu’une sénescence naturelle
existe bien, mais qu’il s’y ajoute une autolyse due à l’intervention sur l’animal. La sénescence
naturelle correspond aux plages vides observées indépendamment des conditions d’expé¬
riences.
— 12 —
L’autolyse n’est pas due aux fixateurs puisqu’on l’observe également in vivo. Elle
n’est pas due non plus à la dissection puisqu’elle n’a pas lieu sur des animaux en inanition.
La coïncidence entre les zones pyloriques autolysées et les parties dégénérées nous
conduit à penser que la fragilité dilférente des cellules ne serait que l’expression de leur
stade d’activité respectif. Selon leur activité, les cellules pyloriques auraient une perméabi¬
lité plus ou moins grande aux substances dissoutes. Tout déséquilibre des conditions osmo¬
tiques ou ioniques, comme un contact avec l’eau de mer, perturberait le fonctionnement
cellulaire conduisant à l'éclatement des cellules.
L’action de ce déséquilibre sur les cellules serait plus ou moins importante suivant leur
stade d’activité, ce qui expliquerait des réactions différentes des cellules pyloriques.
Cette hypothèse est confirmée par le fait que l’inhibition de l’activité glandulaire
s’accompagne de la disparition de ces phénomènes : dans les conditions d’inanition, le con¬
tact de l’eau de mer avec les cellules pyloriques n’entraîne aucune perturbation. Le milieu
de la glande est probablement en équilibre avec le milieu intérieur de l’animal. Les désé¬
quilibres réapparaissent dès que l’activité glandulaire se manifeste, c’est-à dire chez des
animaux réalimentés.
3. Le rôle de la glande pylorique
Nous avons vu qu’il était difficile de parler de foie chez les Invertébrés étant donné la
diversité des rôles que cet organe remplit chez les Vertébrés (Gaill, sous presse). Ermak
(1977) chez une espèce de la même famille, Styela clava, a observé la disparition du glycogène
dans la glande pylorique. La disparition du glycogène au cours du jeûne est plus rapide
que sa restauration. Il est possible que les animaux en élevage soient sous-alimentés par
rapport aux conditions dans lesquelles ils vivent naturellement. Si l’utilisation du glycogène
au cours du jeûne est compatible avec une fonction hépatique comme la fonction glycogé¬
nique, il faut cependant noter que la disparition de glycogène chez des animaux placés en
inanition s’observe dans tous les organes y compris ceux qui n’ont pas une fonction hépa¬
tique.
Conclusions
Nos résultats expérimentaux nous permettent de dire que la stimulation de l’activité
glandulaire a lieu par l’intermédiaire de la nourriture absorbée. L’activité des cellules
pyloriques s’accompagne d’un changement du milieu intracellulaire qui diffère alors du
milieu intérieur de l’animal. Les sécrétions de la glande pylorique sont conduites par les
battements cilaires vers l’estomac. Il est possible que la glande pylorique recevant des
informations sur la composition de la nourriture ait une action rétroactive sur l’absorption
intestinale : elle modifierait par ses sécrétions, les conditions dans lesquelles se déroule la
digestion.
— 13 —
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Manuscrit déposé le 1 er juin 1979.
Hull. Mus. nain. Hist, nat., Paris , 4 e sér., 2, 1980,
section A, n° 1 : 15-25.
Sur quelques Ascidies récoltées sous le pack
en baie de McMurdo, Antarctique
par Claude Monniot et Françoise Monniot
Résumé. - Six espèces dont une nouvelle pour la Science et deux pour l’Antarctique ont été
trouvées dans une zone considérée comme ohgotrophique sous le pack glaciaire permanent. Les
Ascidies jouent un role important dans cette population, après les Polychètes et les Crustacés,
souvent avant les Mollusques. Les Ascidies de cette zone ont des rapports avec la faune profonde
des zones situées plus au nord.
Abstract. — Une new species for Science and two new species for the Antarctic were collected
with three others in an area considered as oligotrophie under the permanent ice pack. The Asci-
dians play an important part in this benthic fauna after Polychaetes and Crustaceans, often before
Molluscs. The Ascidians from this area have affinities with the deep fauna of northern areas.
Au cours de l’été austral 1975-1976, Paul K. Dayton et John S. Oliver ont prélevé
la faune benthique par carottage sous la glace dans la baie de McMurdo en mer de Ross
entre 77°2()'—78°02'S et 163°30'—166° E par des profondeurs de 20 à 40 m (Dayton et
Oliver, 1977). Cette zone située le long du continent antarctique est entièrement recou¬
verte par les glaces au cours de l’hiver austral. Dans certains cas, par exemple à Garwood,
la mer n’avait pas été libre depuis au moins 1970. Les autres zones sont recouvertes en
permanence par le pack qui peut parfois être fragmenté en fin d’été austral mais en aucun
cas le bloom phytoplanctonique ne se produit, et la visibilité dans ces eaux en janvier
est de l’ordre de 60 à 100 m.
Les Ascidies ne représentent qu’une faible part de la faune qui est largement dominée
par les Polychètes et les Crustacés. Mais il faut remarquer que dans un tel environnement
sédimentaire dans d’autres zones que les régions antarctiques ou subantarctiques, les Ascidies
sont absentes ou liées à des conditions précises de granulométrie qui ne sont pas réunies
ici.
Dans certains cas, à Ferrar glacier et New Harbor, les Ascidies forment une part non
négligeable de la faune. A Ferrar glacier et Marble Point les Ascidies prennent, pour l’impor¬
tance numérique des populations, la troisième place après les Polychètes et les Crustacés
mais avant les Mollusques. Dans toutes les autres stations elles occupent la quatrième
place. Ceci confirme la place relativement très importante occupée par les Ascidies sur les
fonds meubles antarctiques. Belyaev et Uschakov, 1957, estimaient, dans le secteur est-
* Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, Muséum national d’Histoire naturelle,
55, rue de Buf/on, 75005 Paris.
— 16 —
indien de l’Antarctique entre 200 et 400 m, que les Ascidies forment plus de 10 % de la
biomasse totale.
La surface prélevée est de l’ordre d’un quart de mètre carré et ne permet évidemment
pas de faire l’inventaire de la faune des Ascidies de la baie de McMurdo. 11 faut remarquer
que sur les six espèces présentes seules trois étaient connues du littoral antarctique. Ceci
tient surtout au fait que les Ascidies antarctiques n’ont jamais été récoltées autrement qu’au
chalut et triées à l’œil nu sur le pont du navire. Dans ces conditions toutes les petites espèces
ou les espèces couvertes de sédiment échappent au tri. Cette petite collection montre qu’il
existe, en plus d’une faune variée et abondante d’Ascidies de grande taille, une faune
d’Ascidies de taille réduite, beaucoup plus discrètes, capables de vivre la quasi-totalité
de l’année sous le pack.
Nous redécrirons aussi une espèce mal connue trouvée par les mêmes auteurs à Kai-
koura sur la côte sud-est de la Nouvelle-Zélande.
Syrsoicum polygyna n. sp.
(Fig. 1 et 2 A)
Déposés dans la collection : lames n os Al 711-716 ; flacons n os Al — SYN-29.
Les colonies (fig. 2 A) se présentent sous une forme grossièrement cylindrique avec
dans leur moitié basale des sortes de racines irrégulières. La partie supérieure de la colonie
qui contient les thorax a une tunique nue. La partie inférieure est densément incrustée
de sable ; les colonies peuvent être coalescentes. La hauteur totale de la colonie peut atteindre
25 mm ; le diamètre des cylindres est de 4 mm environ. Les colonies sont formées d’un seul
système, la cavité cloacale commune s’ouvre dans une dépression au centre de la partie
supérieure de la colonie.
La tunique est très résistante, totalement incrustée de sable sauf dans la partie thora¬
cique des zoïdes. Les zoïdes sont très allongés (jusqu’à 22 mm). Leur longueur est due surtout
à l’allongement du post-abdomen.
Le thorax est contracté dans toutes les colonies. Le siphon buccal a 6 lobes, le siphon
cloacal est un peu étiré en tube, son bord libre est découpé en 6 languettes, dont 3 dorsales
longues et 3 ventrales plus courtes (fig. 1 C). Le siphon cloacal se situe au niveau du premier
rang de stigmates, mais nettement au-dessous du siphon buccal qui est long. Le manteau
porte une musculature de fibrilles fines sur le thorax qui se prolongent sur tout le corps,
jusqu’à l’extrémité cardiaque du post-abdomen.
Les tentacules coronaux au nombre de 24 environ sont de deux ordres et disposés en
un seul rang. Le tubercule vibratile forme un bouton saillant. Le bourrelet péricoronal
s’incurve dorsalement en un V marqué.
La Franchie compte 12 à 14 rangs de stigmates nombreux, environ 18 à gauche et
24 à droite. Les languettes du raphé sont décalées à gauche.
L’abdomen semble avoir une longueur équivalente à celle du thorax. L’œsophage
débute par une constriction nette (fig. 1 D), il est ensuite idodiamétrique. L’estomac
arrondi a une paroi lisse et la forme caractéristique du genre Synoicum. Le post-estomac
est élargi en anneau. L’intestin moyen est renflé en son centre. L’intestin postérieur débute
— 17 —
Fig. 1. — Synoicum polygyna n. sp. :
A et D, deux zoïdes ; B, détail du post-abdomen ; C, différentes formes du siphon cloacal.
à la fin de la boucle intestinale par un élargissement brusque sans que l’on puisse déceler
de cæca (fig. 1 A, D). L’anus débouche assez bas dans la cavité cloacale, au niveau du
10 e rang de stigmates. La boucle intestinale est sans torsion. Le post-abdomen est très long,
et envahi par les gonades sur toute sa longueur jusqu’au cœur qui est très gros. Les lobules
testiculaires sont répartis de façon très irrégulière depuis la base de la boucle digestive
1. 2
— 18
jusqu’au cœur. 11 n'y a pas un, mais plusieurs ovaires en activité. Il est même possible que
le tissu germinal femelle forme un cordon continu tout le long du post-abdomen. Sur les
colonies observées on distingue selon les zoïdes 3 ou 4 zones d’ovocytes en croissance (fig. I B).
De nombreux embryons étaient incubés dans la cavité cloacale mais tous étaient
immatures.
Fig. 2. —• A, Synoicum polygyria n. sp., 23 mm ; B, Dicarpa tricostata (Millar, 1960), 13 mm ; C, Pareugy-
rioides arnbackae (Millar, I960), 14 mm ; D, Eugyra brewinae Millar, 1960, 9 mm.
Discussion
Cette nouvelle espèce se caractérise surtout par le rétrécissement marqué au début
de l’œsophage et la présence de plusieurs zones germinales femelles réparties le long du post-
— 19 —
abdomen. Elle ressemble à S. rcimulosum Kott, 1969, présent dans une autre partie de
l’Antarctique : côte de Knox. l.e type de cette espèce a été revu, il est immature. On ne
distingue pas de différenciations du tube digestif. Les zoïdes sont plus petits. Le siphon
cloacal n’a que 3 languettes. Les deux espèces sont assez proches l’une de l’autre si elles
sont différentes. Il nous a paru souhaitable de créer une nouvelle espèce ici en raison de la
forme très particulière des ovaires au cas où ce caractère ne se vérifierait pas chez des
5. ramulosum adultes prélevés dans la région du type.
Bicarpa tricostata (Millar, 1960)
(Lig. 2 B et 3)
Cnemidocarpa tricostata Millar, 1960 : 106, fig. 40.
Déposés dans la collection : lame n° Sl-1116 : flacon n° S1-DIC-12.
Cette espèce n’était connue que par un seul exemplaire récolté en Géorgie du Sud
à 110 m de profondeur. Le type de l’espèce a une taille (11,2 mm) très supérieure à celle
de nos 17 exemplaires dont la taille varie de 3 à 8,5 mm.
— 20 —
Nos exemplaires l>ien que sexuellement mûrs sont juvéniles et dans la branchie, sous
les trois sinus longitudinaux, on observe des figures de multiplication de stigmates. Les
sinus parastigmatiques sont plus développés que ne le figure Millar. Nous en observons
trois par rangée de stigmates.
Il y a une gonade de chaque côté et non une seule à droite comme dans l’holotype,
avec la même structure : les acinis testiculaires sont disposés sur la face postérieure de
l’ovaire. Nous n’avons observé qu’un seul spermiducte s’ouvrant au milieu de l’ovaire
(fig, 3 B). Il existe un oviducte court peu visible, à l’extrémité de l’ovaire la plus éloignée
du siphon cloacal.
Il existe quelques endocarpes plus postérieurs que les gonades. Nous n'avons pas
observé autant de tentacules cloacaux que Millar.
Depuis quelques années un nombre de plus en plus important d’espèces de Styelidae
a été décrit, ne possédant que trois ou quatre sinus dans la branchie à la place de plis et
une gonade de chaque côté. Elles ont été classées en trois genres : Styela pour S. insinuosa
Sluiter, 1912 ; Cnetnidocarpa pour C. tricostata Millar, 1960 1 et C. cornicula Monniot G.,
1978 ; Dicarpa Millar, 1955, pour les espèces abyssales du groupe.
Tant que nous ne connaissions chez Dicarpa que de très petites espèces on pouvait
considérer (pie la réduction des plis branchiaux à un sinus était la conséquence de la réduc¬
tion générale de taille des espèces. Maintenant nous disposons d’espèces de taille voisine
du centimètre aussi bien en profondeur (Dicarpa mysogyna, Dicarpa antarclica ) qu’en zone
littorale (Cnetnidocarpa cornicula, C. tricostata). Le regroupement de toutes ces espèces
en un seul genre est donc justifié d’autant plus que toutes les espèces possèdent des gonades
du type « Cnemidocarpa ».
Styela glans I lerdman, 1881
Déposée dans la collection : lame n° Sl-1115.
Cette espèce n’était pas connue de l’Antarctique littoral. L’exemplaire de cette collec¬
tion correspond bien aux exemplaires rapportés à cette espèce et qui vivent à la limite de la
plateforme péri-insulaire des îles Kerguelen ^Monniot C., 1978). Le type de l’espèce a été
récolté au large de Rio de la Plata 37°17'S—53°52'S—1 097 m. L’espèce a été retrouvée
très près de la station-type (Monniot F. et C. Monniot, 1976).
Pareugyrioides arnbackae (Millar, 1960)
(Fig. 2 C)
Eugyra arnbackae Millar, 1960 ; 144, T. fig. 66, pl. 4 ; fig. 3, pl. 6, fig. 6-7.
Déposés dans la collection : lames n 03 S3-498-501 ; flacons n 03 S3 PAR-A-13.
1. Millar, 1960, a décrit C. tricostata sur un exemplaire, unique, dépourvu de gonade gauche. Kott,
1969, place cette espèce dans le genre Styelopsis. Nous ne pouvons admettre ce point de vue. Le genre Slyelop-
sis fut créé au début du siècle pour isoler Dendrodoa grossularia qui possède une gonade rectiligne des autres
Dendrodoa dont la gonade est ramifiée. La gonade des Dendrodoa est également caractérisée par l’absence
de papilles mâles. Les spermiductes se réunissent dans une sorte de méat à la surface de l'ovaire. Dicarpa
ricostata possède des papilles mâles bien différenciées.
— 21
Cette espèce circumantarctique a dans cette collection un aspect original. En toutes
régions elle se présente sous la forme d'une petite sphère nue de 0,5 à 1,5 cm de diamètre,
portée par un pédoncule filiforme dont la longueur est au moins de 5 à 10 fois celle du corps.
Dans cette collection (fig. 2 C) coexistent des exemplaires à pédoncule court un peu
vêtus de sable avec des spécimens pratiquement sessiles complètement recouverts de sédi¬
ment.
Aucune différence anatomique n’a été mise en évidence entre ces différents spécimens
et les exemplaires provenant d’autres régions de l’Antarctique.
Eugyra brewinae Millar, 1960
(Fig. 2 D et 4)
Eugyra brewinae Millar, I960 : 143, fig. 65.
Déposés dans la collection : lames n os S3-502-505 ; flacon n° S3 - BOS - 4.
15 spécimens de cette espèce ont été trouvés au nord-est de file du Sud de Nouvelle-
Zélande à Kaikoura (42°29'S—173°41'E) sur un fond de sable fin balayé par les vagues
par 30 m.
Les individus dont la taille maximale est de 9x7 mm vivent libres sur le sédiment.
Ils sont arrondis. Les deux siphons saillants sont situés aux deux extrémités d’une courte
crête dorsale. Le corps est entièrement couvert de sable noir. Il existe une touffe de rhizoïdes
ventraux eux aussi gainés de sable. Le manteau est fin mais possède une musculature
importante de fibres circulaires et transverses qui forment un quadrillage net sur tout le
corps, excepté sur le tube digestif et sur une aire équivalente sur le côté droit du corps.
Sur la lace externe du manteau on trouve en plus des petites papilles dermatotunicales
réparties régulièrement, 5 champs de chaque côté de papilles plus trapues qui font fortement
saillie à l’extérieur.
Les tentacules, une quinzaine de deux ou trois ordres, sont disposés sur un anneau
musculaire. Les plus grands tentacules portent des ramifications de deux ordres assez nom¬
breuses. Entre les grands tentacules on en observe des petits en simple digitation. Le sillon
péricoronal est formé de deux lames élevées. Il ne forme pas d’indentation au niveau du
tubercule vibratile. Celui-ci est en forme de bouton saillant à ouverture circulaire dirigé
vers la gauche. Le raphé est formé d’une lame unique lisse à bord lisse dont la hauteur croît
régulièrement du tubercule vibratile à l’entrée de l’œsophage.
La branchie présente 6 sinus longitudinaux de chaque côté recoupant 5 sinus transverses.
Entre deux sinus transverses on trouve à la fois une rangée transversale de 8 infundibula
bispiralés centrés sous le sinus longitudinal et une autre rangée d’au moins 14 infundibula
centrés par paires entre deux sinus. D’un sinus transverse à l’autre la disposition des rangées
d’infundibula est inversée, c’est-à-dire que se succèdent dans la branchie un groupe de deux
rangées de 8 infundibula et un groupe de deux rangées de 14 infundibula. Quel que soit
le type d’infundibulum, les stigmates qui le composent peuvent être divisés. Les extrémités
des stigmates les plus éloignées de l’apex des infundibula sont groupées par 8. La disposi¬
tion des stigmates dans ces groupes est fixe (fig. 4 B).
Fig. 4. — Eugyra brewinae Millar, 1960 :
A, exemplaire ouvert, branchie enlevée : B, schéma de la disposition des gonades
Le tube digestif (fig. 4 A) débute par un estomac volumineux à paroi mince paraissant
ridé longitudinalement, l’intestin se termine par un anus lisse. La gonade (fig. 4 C) occupe
toute la boucle intestinale primaire. Elle est formée d’un ovaire arqué qui croise l’intestin
et débouche par une papille molle. Les testicules sont disposés autour de l’ovaire sur la
— 23 —
paroi de l’intestin en deux niasses inégales : l’une antérieure, l’autre contournant l’ovaire.
Les acinis testiculaires émettent des canaux fins qui se réunissent pour former deux ou trois
papilles qui s’ouvrent à la surface de l’ovaire. Les papilles sont plus ou moins réunies entre
elles par un spermiducte. La structure de la gonade rappelle celle de certains Molguloides
antarctiques et abyssaux.
Le rein est petit et collé contre l’estomac.
Rkm a non k s
Nous avons pu réexaminer le type de cette espèce conservée au British Museum. Nos
exemplaires sont de plus grande taille que les échantillons observés par Millar mais les
particularités des gonades et de la branchie sont identiques dans les deux populations.
Cette disposition particulière des stigmates est connue chez deux autres espèces suban¬
tarctiques. Elle a été signalée pour la première fois par Miciiaelsen, 1900 (pl. 3, fig. 15)
chez Paramolgula gultula, toute petite espèce de 5 mm trouvée par 45°06'S et 60°W par
56 fathoms. Cette espèce dont les gonades femelles étaient à un stade juvénile a été consi¬
dérée d’abord comme une Eugyra (Miciiaelsen, 1915) puis comme un synonyme possible
de Eugyra kerguelenensis par Van Name, 1945. Miciiaelsen, 1915, compare longuement
la branchie et la gonade de cette espèce avec son Eugyra woermani = Gamasler dakarensis.
Bostrichobranchus septum Monniot C., 1978, de Kerguelen, présente aussi la même structure
branchiale mais celle-ci n’avait pas été analysée. E. brewinae et B. septum se distinguent
très facilement par le nombre et la structure des gonades. Par contre B. septum et P. gultula
sont peut-être plus proches mais il sera nécessaire de retrouver P. gultula.
Ces trois espèces ont probablement un ancêtre commun puis les espèces se sont séparées
les unes des autres sur les trois grands plateaux continentaux subantarctiques.
D’après Dayton et Oliver, 1974, l’environnement de la face ouest de la baie de
McMurdo présente un certain nombre de caractères équivalents aux conditions de mer
profonde. En particulier une densité animale relativement faible, accompagnée d’une
diversité importante et une très grande constance et prédicabilité des conditions écolo¬
giques.
Sous la glace permanente, le nombre d’animaux par m 2 diminue du nord vers le sud
et la densité devient comparable à ce qui a été mesuré dans l’Atlantique Nord sur la « Gay
Head-Bermuda transect ». La densité à l’ouest de la baie de McMurdo est de l’ordre de
3 à 50 fois plus faible qu’à l’est de la baie, là où la banquise est tous les ans dispersée et où
le bloom phytoplanctonique a lieu.
11 est intéressant de remarquer que sur les six espèces d’Ascidies présentes dans cette
zone une seule, Caenagnesia bocki, est une espèce vraiment littorale, mais elle appartient
à une famille dont la diversification est maximale dans l’abyssal et l’Antarctique. Pareu-
gyrioides arnbackae n’était pas connue à moins de 40 m et le maximum de captures de
cette espèce se situe entre 200 et 500 m, elle est connue jusqu’à 1 120 m. Styela glans est
une espèce connue de la pente du plateau continental d’Amérique du Sud, de la marge des
plateformes péri-insulaires de Kerguelen et de l’arc Scotia. Dicarpa tricoslata n’était connu
que de la plateforme de Géorgie du Sud et appartient à un genre dont la quasi-totalité
des représentants sont bathyaux ou abyssaux. Enfin, Synoicum polygyna présente la réduc-
— 24 —
tion des colonies à un seul système qui est la règle générale chez les « composées abyssales »
alors que les Polyclinidae antarctiques sont généralement massives.
Les Ascidies de cette collection ont un certain nombre de caractéristiques d’Ascidies
de mer profonde. Nous ne pouvons que le constater sans pouvoir affirmer que ces analogies
correspondent à une remontée d’espèces ou bien à une influence de milieu, en particulier
une température très basse.
Tableau I. — Répartition et importance des Ascidies dans les popidations.
Espèces
Garwood
30-40 m
Cape
chocolate
35 m
Ferrar
glacier
35 m
New
Harbor
20-45 ni
Marble
Point
35 m
Holozoinae ind.
1
Sycozoa sp.
2
Synoicum polygyna
14
8
Caenagnesia bocki
i
5
3
12
3
Dicarpa tricostata
11
2
2
Styela glans
1
Pareugyroides arnbackae
1
9
Débris
5
5
Total
i
17
28
25
14
Surface prélevée / m 2
0,054
0,054
0,09
0,036
Densité rapportée au m 2
19
519
278
389
Densité globale / m 2
(Dayton et Oliver, 1977)
2 184
6 027
10 036
45 294
% des Tuniciers
0,86
8,6
2,7
0,86
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récoltés dans le sud de la mer Rouge
par Gustave Chebbonnier *
Abstract. Description of the Apodous Holothurian Protankyra suroitae nov. sp. and the
irregular Echinid Echinocyamus elegans Mazzetti, Echinoderms from Red Sea.
Une campagne Sumerouad, organisée en nier Rouge et dans le golfe d’Aden par le
Centre Océanologique de Bretagne à bord du N/O « Le Suroît », s’est déroulée du 20 janvier
au 2 février 1977. Elle avait pour objectif la collecte de données géophysiques et géologiques
sur deux zones de jonctions entre la dépression AFAR et les zones de rifts immergés de
l’ouest du golfe d’Aden et du sud de la mer Rouge. Au cours des dragages effectués entre
les îles llanish et Zubaïr, quelques spécimens de la faune bathyale furent remontés, notam¬
ment une Holothurie apode nouvelle pour la Science : Protankyra suroitae, et un Oursin
irrégulier peu connu : Echinocyamus elegans Mazzetti.
Protankyra suroitae nov. sp.
(Fig. 1, A-.J)
Origine : sud de la mer Rouge, 14°44,4' N — 42°26,8' E, 700-350 m, J. C. Ruegg et
B. Stchler, coll., 30-1-1977, 1 ex. (holotype).
L’unique spécimen, de petite taille, ne mesure que 20 mm de long sur 8 mm de large.
Le tégument, uniformément grisâtre, translucide, laisse apparaître les ancres qui, faisant
saillie à travers la peau, font que l’animal attache fortement aux doigts. Bouche et anus
terminaux.
Douze tentacules avec deux paires de digitations et deux à quatre vésicules sensorielles
(fig. 1, E). Couronne calcaire à radiales perforées (fig. 1, I). Pas de couronne cartilagineuse.
Un court canal hydrophore, libre, tortillonné, terminé par un petit madréporite peu calcifié.
Quatre vésicules de Poli, deux grandes et deux atteignant à peine la moitié de la longueur
* Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, 55, rue de Bufjon, 75005 Paris.
— 28 —
Fig. 1. — Protankyra suroitae n. sp. A : grande plaque anchorale ; B, D : ancres des petites plaques ancho-
rales ; C : granules miliaires du tégument et du tronc des tentacules ; E : tentacule ; F : urne ciliée ;
G : petite plaque anchorale ; H : bâtonnets des digitations des tentacules ; I : couronne calcaire.
E, 1 = échelle 1 ; A, B, D, F, G = échelle 2 ; C, H = échelle 3.
— 29 —
des précédentes. Gonades formées de huit longs tubes fins, contenant quelques ovules.
Gros œsophage musculeux. Intestin formant une large bouche vers le milieu du corps.
Muscles longitudinaux larges et plats, blanc nacré. Urnes ciliées très rares, disposées à la
hase des mésentères (fig. 1, F), non reliées par un stolon.
Spicules
Les ancres et les plaques anchorales sont d’une seule sorte, mais de taille différente.
Les plus grandes plaques mesurent 400 p.m de long, les ancres correspondantes 500 |xm,
les plus petites 210 pm de long, leur ancre 250 pm. Les grandes plaques sont presque circu¬
laires, à hase légèrement rétrécie, percées de 50 à 80 trous inégaux, denticulés ; elles sont
pourvues d’un pont important, souvent très tourmenté (fig. 1, A.) ; leur ancre, à bras denti¬
culés, ont la hase de la manivelle finement épineuse (fig. 1, J). Les petites plaques, circu¬
laires, moins perforées, ont un pont plus simple (fig. 1, G) ; leur ancre, à bras armés de 6 à
7 dents, ont la base de la manivelle moins épineuse que celle des grandes ancres (fig. 1, B, D).
Les granules miliaires se trouvent aussi bien dans les bandes radiaires que dans le
reste du tégument ; ce sont de très nombreux corps oblongs ou en forme de C plus ou moins
prononcé (fig. 1, C). Des granules miliaires identiques se retrouvent dans le tronc des tenta¬
cules, alors (pie ce sont de petits bâtonnets qui occupent les digitations ffig. 1, H).
Remarques
Rovve et Pawson (1967) créent le nouveau genre Rynkatorpa pour une nouvelle espèce
de Nouvelle-Zélande, R. hickmani Rowe et Pawson, et six espèces rangées primitivement
parmi les Protanhyra. Le genre Rynkatorpa se différencie essentiellement de Protankyra
par la forme des plaques anchorales plus ou moins allongées, à contour irrégulier, et ayant
le plus souvent des perforations centrales bien plus grandes que les autres.
Parmi la trentaine d’espèces de Protankyra, une seule, P. pseudodigitata (Semper),
espèce littorale, est connue de mer Rouge. Elle se différencie nettement de suroitae par ses
plaques anchorales épineuses, la forme des ancres et celle des plaques étoilées ou cruci¬
formes du tégument. Deux autres espèces littorales de l’océan Indien présentent quelques
affinités avec notre nouvelle espèce : P. verrilli (Théel), à plaques anchorales peu perforées
et à bord déchiqueté ; P. insolens (Théel), dont les plaques anchorales ont un large sommet
arrondi, raccordé à une base étroite par des côtés convergents denticulés, et à ancres très
nettement différentes. Parmi les espèces bathyales, aucune ne présente d’affinités avec
suroitae.
Echinocyamus elegar.s Mazzetti
Echinocyamus elegans Mazzetti, 1894 : 216 ; Mortensen, 1948 : 184, text-fig. 111, pi. XLVI, fig. 29-
31 (synonymie complète).
Origine : sud de la mer Rouge, 14 0 44,4 , N — 42 0 26,8 , E, 700-350 m, J. C. Ruegg et
B. Sichler, cnil., 30-1-1977, 1 ex.
L’unique spécimen, entièrement dénudé, de forme nettement pentagonale, mesure
7 mm de long, 4 mm de large et 2,88 mm d’épaisseur au centre. La face dorsale est très
— 30 —
légèrement convexe, à pôle apical conique. Les pétales, bien formés, atteignent presque
1’ ambitus ; chacun d’entre eux est formé de deux doubles rangées de gros pores bien visibles,
parallèles d’un bout à l’autre, séparées par une large zone interporifère.
Le péristome est central, pentagonal régulier, à bord finement festonné ; la droite
joignant l’un des sommets au côté opposé mesure 0,95 mm. Ce péristome est logé dans
une faible dépression, le reste de la surface ventrale étant plane.
Le périprocte, subrectangulaire transverse à angles arrondis, a une hauteur de 0,66 mm,
une base de 0,81 mm, et est donc nettement plus petit que le péristome. Il est situé plus
près du bord que du péristome.
Notre spécimen, nettement pentagonal, est un peu différent de celui, presque ovale,
représenté par Mortensen (1948Ô, pl. 46, lig. 29-31) ; mais il est identique par tous les
autres caractères.
Remarques
Mortensen (1948è) pense que E. elegans , aux porcs de grande taille, est différent
de l’autre espèce de mer Rouge décrite par Mazzetti, E. crispas, aux pores très petits.
Ce problème ne pourra être résolu que par l’examen d’un spécimen non dénudé de E. elegans.
Celui-ci vit, entre 110 et plus de 350 m, en mer Rouge, dans le golfe d’Oman, peut-être aussi
sur les côtes de Natal.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Holothuride
Cu er r onn 1 er, G., 1955. — Les Holothuries de la mer Rouge. Résultats scientifiques des campagnes
de la « Calypso » (1951-1952). I. Campagne en mer Rouge. Annls Inst, océanogr. Monaco,
30 (5) : 129-183, pl. 22-49.
Heding, S. G., 1928. — Synaptidae. Papers from Dr. Th. Mortensen’s Pacific Expédition 1914-
1916. XLVI. Vidensk. Meddr dansk naturh. Foren., 85 : 105-323, text-fig. 1-69, pl. 11-111.
Rowe, F. W. E., et I). L. Pawson, 1967. — A new genus in the Ilolothurian family Synaptidae,
with a new species from Tasmanie. Pap. Proc. R. Soc. Tasm., 101 : 31-35, fig. 1-15.
Théei., H., 1886. — Holothurioidae. Part 2. Rep. scient. Results coy. Challenger (Zool.), 39 : 1-290,
16 pl.
Échinide
Clark, H. L., 1923. — The Echinoderm Fauna of S. Africa. Ann. S. Afr. Mus., 13 (7) : 221-435,
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Mazzetti, G., 1894. — Gli Echinidi del Mar Rosso. Memorie R. Accad. Sri. Modena. 2 (10) : 211-228.
Mortensen, Th., 1940. — Echinoderms from the Iranian Gulf. Asteroidea, Ophiuroidea and
Echinoidea. Dan. scient. Invest. Iran., Part 2 : 55-110, 24 fig., 2 pl.
— 1948cr. — Report on the Echinoidea of the Murray Expedition. II. (Irregular Efhinoidea).
Scient. Rep. John Murray Exped., 9 : 1-15. 1 pl.
— 1948&. — A Monograph of the Echinoidea, IV, 2. Clypeastroida : 1-471, 258 text-fig., 72 pl.
Manuscrit déposé le 6 mars 1979.
Bull. Mus. nain. Hist, natParis , 4 e spi\, 2, 1980,
section A, n° 1 : 31-57.
Les articulations du pédoncule des Hyocrinidae
(Echinodermes, Crinoïdes pédoncules) :
intérêt systématique et conséquences
par Michel Houx *
Résumé. Les articulations du pédoncule des différentes espèces connues de la famille des
Hyocrinidae (Echinodermes, Crinoïdes pédoncules) ont été observées au microscope électronique
à balayage. Leurs caractères permettent de confirmer l’appartenance de cette famille à l'ordre
des Cyrtocrinida dont la plupart des représentants sont fossiles. Les bases d’une révision systéma¬
tique sont proposées, lélles amènent à redistribuer les différents genres entre les deux sous-familles :
Calamocrininae (■ Calamocrinus , Plilocrinus et Anachalypsirrinus ) et I lyocriiiinae ( Hyocrinus -
Gephyrocrinus inclus et Thalassocrinus), La biogéographie des espèces incite à souligner le rôle
de l’isolement géographique au cours de l’évolution des deux sous-familles et à avancer l’hypothèse
d’une migration vers le Pacifique oriental, à partir de l’extrémité occidentale de la Mésogée à la
faveur de communications entre les deux océans (probablement au Crétacé Supérieur).
Abstract. - The morphology of the stalk-joints into the family Hyocrinidae (Echinodermata,
Stalked Crinoidea) is observed with a scanning electronic microscope. Its characteristics permit
to confirm this family belongs to the order Cyrtocrinida. A systematic review suggests two
separate subfamilies with the following distribution of the genera : Calamocrininae ( Calamocrinus ,
Ptilocrinus and Anachalypsirrinus) and Hyocrininae (Hyocrinus — included Gephyrocrinus -
and Thalassocrinus V A strong biogeographical isolation of the genera belonging to each subfamily
appears with its consequences about spéciation. It suggests the hypothesis of a migration from
the western part of the Mesogea to the eastern part of the Pacific ocean, probably during the
Upper Cretaceous.
Introduction
Depuis la récolte du premier spécimen de Hyocrinidae par le « Challenger » (\\ yvii.i.e-
Thomson, 1876; Carpenter, 1884), et au fur et à mesure de la découverte de nouvelles
espèces, des hypothèses très diverses furent émises concernant les affinités de ces Crinoïdes
pédoncules. Les discussions ont été fondées sur les caractères morphologiques externes
du squelette et particulièrement sur l’organisation de la coupe dorsale et de la couronne
de bras. Seul, A. Agassiz (1892) fournit une description détaillée des articulations du
pédoncule.
* Laboratoire, de Paléontologie, Université de Paris-Sud, Bât. 504, 91405 Orsay-Cedex, et Laboratoire
associé au CNBS, n° 11.
Adresse actuelle : Centre océanologique de Bretagne (CNEXO), Département d'Etudes océanographiques,
B.P. 337, 29273 Brest Cédex.
— 32 —
II manquait donc une importante source d’information, compte tenu de l’intérêt
systématique des caractères des facettes articulaires des columnales révélé récemment
chez les autres groupes de Crinoïdes pédonculés actuels.
J’ai donc examiné au microscope électronique à balayage des fragments de pédoncule
appartenant à chaque genre de Hyocrinidae, exception faite de Calamocrinus pour lequel
les informations sont tirées du mémoire de A. Agassiz.
Je tiens à remercier vivement tous ceux qui m’ont permis de réunir le matériel nécessaire à
cette étude : Miss A. M. Clark (British Museum, Natural History), G. Chehbonnier (Muséum
national d’ Histoire naturelle, Paris), D. L. Pawson (Smithsonian Institution, Washington),
G. Testa (Musée océanographique, Monaco). Les clichés pris au microscope électronique à balayage
ont été réalisés grâce à la collaboration de M mes Guillaumin et André (Laboratoire d’Evolution
des Etres organisés, Paris) et Raguideau (Laboratoire de Paléontologie, Orsay). Miss A. M. Clark
m’a fait part d’intéressantes remarques qui m’ont été particulièrement utiles lors de la mise au
point du manuscrit ; je lui en suis particulièrement reconnaissant.
I. Description des articulations du pédoncule
Remarques générales
La description morphologique et microstructurale qui suit utilise la terminologie
des mises au point récentes (Moore, Jefford et Miller, 1968 ; Roux, 1974).
Le pédoncule des Hyocrinidae est homéomorphe. L’aspect externe des columnales
varie peu, sauf dans la partie la plus proximale où une tendance hétéromorphe apparaît
souvent. Totalement dépourvu de cirre, le pédoncule est fixé au substratum par un disque
encroûtant distal.
Deux principaux types d’articulation ont été rencontrés : les symplexies et les syzygies.
Les symplexies possèdent un crénularium multiradié. Celui-ci comporte plusieurs
unités crénulaires, composées chacune de 1 à 3 créneaux auxquels correspond un nombre
semblable de fossettes. Généralement, deux unités crénulaires sont séparées par une plage
couverte d’un réseau synostosal. Entre le crénularium et le lumen se développe, le plus
souvent, une aréola constituée par un réseau régulier limitant des microgaleries paraxiales
(réseau a). La plupart des symplexies se localise dans la moitié proximale du pédoncule.
Les syzygies caractérisent les articulations distales. Leur relief est faible. Les crénula-
tions sont souvent irrégulières et peu différenciées du point de vue microstructural. Elles
s’ordonnent, toutefois, selon un dispositif général multiradié. Au centre de la facette,
l’organisation symplexiale juvénile est décelable : il s’agit donc de syzygies secondaires
correspondant à une certaine ankylosé des articulations.
Dans tous les cas examinés, il apparaît clairement que les columnales et particulière¬
ment les facettes articulaires subissent d’importantes modifications au cours de leur onto¬
génèse. La diversité morphologique des articulations sur un meme pédoncule homéomorphe
mérite d’être soulignée.
Ces modifications sont en rapport avec une plus ou moins grande souplesse des arti¬
culations. La souplesse maximale est réalisable dans la moitié proximale du pédoncule.
Elle s’accompagne souvent de l’apparition d’un des deux caractères suivants :
— 33 —
■— soit de puissantes fibres collagènes se regroupent autour du canal axial et emprun¬
tent de grosses mailles qui se distinguent du reste du réseau a de l’aréola. Ce dernier peut,
apparemment, ne plus être fonctionnel car il se recouvre souvent d’un réseau synostosal
(pi. III, 5 et 6).
— soit un périlumen constitué de réseau synostosal (pi. II, 3) se différencie, légère¬
ment en relief, pour jouer le rôle d’un pivot axial. Les fibres collagènes paraxiales sont alors
localisées entre le crénularium et le périlumen, et semblent parfois former des faisceaux
plus ou moins isolés les uns des autres.
Le second caractère facilite le plus l’amplitude des mouvements, même lorsque l’arti¬
culation joue plus ou moins en compression. Le premier caractère ne favorise la souplesse
que lorsque l’articulation est en extension ; en compression, celle-ci se bloque et assure
la rigidité du pédoncule. Les articulations distales (notamment les svzygies) ne sont plus
fonctionnelles.
Macurda et Meyer (1976), se référant à une photographie publiée par Heezen et
Hollister (1971), pensent que Ptilocrinus est un animal rhéophile comme la plupart des
crinoïdes pédonculés. C’est probablement aussi le cas des autres Hyocrinidae. J’ai pu exami¬
ner les originaux 1 de deux clichés réalisés par l’expédition Famous sur la ride médio-
atlantique au sud-ouest des Açores (Arcyana, 1978). On y observe une grande espèce de
Hyocrinidae (très probablement A. nefertiti) fixée sur le substratum rocheux par le disque
encroûtant qui termine le pédoncule, et élevant sa couronne au-dessus du fond grâce à la
portance développée à la faveur d’un courant. Les bras et les pinnules sont largement étalés
pour filtrer les particules nutritives. Ce mode de sustentation amène les articulations du
pédoncule à jouer en extension. Les possibilités de souplesse sont ainsi accentuées, notam¬
ment dans la partie proximale du pédoncule. Toutefois, je pense que l’important développe¬
ment du réseau synostosal sur les facettes de la plupart des symplexies indique qu’elles
jouent probablement souvent en compression (en dehors des plus proximales d’entre elles).
En effet, ce type de réseau ne s’étend que dans les zones où les facettes des deux colum-
nales adjacentes sont en contact. Les courants dans lesquels vivent la plupart des Hyocri¬
nidae seraient donc de vitesse assez faihle pour ne pas exercer une tension importante sur
le pédoncule.
Le pédoncule des Hyocrinidae est le seul cas parmi les crinoïdes actuels où j’ai observé
une relative importance du réseau synostosal dans des symplexies fonctionnelles. Habituelle¬
ment, ce type de stéréome caractérise plutôt les articulations ankylosées (Roux, 1974).
1. Gephyrocrinus grimaldii Koehler et Bather, 1902 (pi. I, 1-6)
M atériel : Campagne 1973 de la « Thalassa » dans le golfe de Gascogne, station Z. 452 (cf.
Roux, 1977), collection du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, Zoologie, section Echi-
nodermes.
Un pédoncule a été entièrement dissocié, ce qui a permis l’examen de l’évolution des
facettes articulaires du côté proximal (columnales les plus jeunes) au côté distal (columnales
1. Je remercie M. Sibuet (C.O.B., CNEXO) qui m’a aimablement communiqué ces documents.
1 , 3
— 31 —
les plus âgées). Les columnales présentent toujours des facettes et un lumen de forme cir¬
culaire.
Dans la portion proximale du pédoncule, le diamètre du lumen représente environ 1/4
du diamètre de la facette. Le crénularium peu développé se situe à la périphérie. Les unités
crénulaires (au nombre de 6 ou 7) ne sont pas encore bien différenciées ; leur emplacement
est marqué par un réseau synostosal. Le réseau de l'aréola occupe l’essentiel de la surface
articulaire.
Vers la partie médiane du pédoncule, les facettes articulaires prennent un aspect typique.
Le nombre des unités crénulaires se fixe à 6, chacune comprenant deux créneaux bien déve¬
loppés. Les plages de réseau synostosal intercrénulaire sont en relief sur une moitié de la
facette, et en creux sur l’autre. Elles ne se distinguent que faiblement du reste du stéréome
de la facette.
Les articulations distales se caractérisent par un lumen dont le diamètre est le dixième
du diamètre de la facette, et par le développement d’un crénularium svzygial, grossièrement
multiradié, parfois assez peu ordonné. Les facettes tendent à devenir planes. Elles sont
couvertes d’un réseau syzygial à mailles relativement petites.
2. Hyocrinus bethellianus Wyville-Thomson, 1876 (pl. H, l et 2)
Matériel : Holotype conservé au British Museum. Ce spécimen est malheureusement presque
entièrement disloqué. Deux columnales distales et deux columnales semblant appartenir à la partie
médiane du pédoncule ont été examinées.
Les syzygies distales sont très proches de celles de G. grimaldii. Elles s’en distinguent
toutefois par une plus grande irrégularité du dispositif multiradié. Les symplexies médianes
présentent 6 ou 7 unités crénulaires comportant chacune un seul créneau faiblement déve¬
loppé. Comme chez G. grimaldii, les mailles du réseau a de l’aréola ont une taille semblable
à celle des mailles du reste de la facette. Toutefois, ici, elles peuvent être légèrement plus
larges sur le pourtour du lumen. Ce dernier garde une forme pentagonale.
3. Thalassoerinus ponlifer A. IL Clark, 1911 (pl. H, 3-6)
Matériel : Holotype conservé à IT .S. National Museum. Le pédoncule étant dissocié en
plusieurs fragments, j’ai pu prélever des columnales à plusieurs niveaux à l’exception du niveau
le plus proximal.
La columnale la plus proximale examinée est située à environ 15 mm de la base de la
coupe dorsale. Sa section est hexagonale. Son lumen est pentagonal et de diamètre corres¬
pondant environ à 1/5 du diamètre de l’ossicule. Les facettes articulaires présentent six unités
crénulaires bien développées possédant chacune deux ou trois créneaux. Un périlumen,
en relief par rapport à l’aréola, se différencie nettement grâce au développement d’un réseau
synostosal. L’aréola est subdivisée en six lobes.
Sur les articulations de plus en plus distales, les unités crénulaires (toujours au nombre
de 6) deviennent plus irrégulières tandis que les plages de réseau synostosal intercrénulaire
se développent, et que le périlumen s’estompe. La section des columnales est maintenant
circulaire.
— 35
Distalement, la symplexie se transforme en syzygie dont le crénularium multiradié
garde une disposition bien régulière. L’aspect général de la facette reste, toutefois, très
proche de celui des facettes distales des deux espèces précédentes. Le diamètre du lumen
ne représente plus que 1/10 du diamètre de l’ossicule.
4. Anachalypsicrinus nefertiti A. M. Clark, 1973 (pi. III, 1-4)
Matériel : Série type conservée au British Museum. Les colurnnales des parties distales de
deux paratypes ont été prélevées et examinées.
Seules, les articulations les plus distales observées sont des syzvgies, mais au centre
apparaît encore nettement l’organisation symplexiale juvénile. Les autres articulations sont
des symplexies et montrent des facettes avec un crénularium régulièrement multiradié
dans lequel les unités erénulaires ne sont pas nettement individualisées. On les distingue¬
rait probablement mieux sur des articulations plus proximales. Leur nombre semble toujours
supérieur à 6 (souvent 9 ou 11). Au centre, l'aréola est soulignée par un réseau à mailles
nettement plus larges. Le lumen est subcirculaire, pentagonal ou même parfois étoilé.
Son diamètre n’est pas inférieur à 1/7 du diamètre de la facette. Dans un cas, une symmor-
phie marquée d’une partie de l’articulation a été notée.
5. Ptilocrinus antarcticus Bather, 1908 (pi. IV, 1-6)
Matériel : Paratvpe conservé au British Museum. Seules des colurnnales médianes el distal ;s
ont été prélevées et examinées.
Les facettes des articulations médianes montrent un lumen dont le diamètre atteint
presque 1/3 de celui de l’ossicule. Le crénularium comporte une douzaine d’unités crénu-
laires possédant chacune I ou 2 créneaux. Les plages de réseau synostosal intercrénulaire
sont bien développées dans le tiers externe. Le pourtour du lumen est souligné par un réseau
synostosal à mailles plus larges. Sur une moitié de la facette, l’aréola est marquée par des
dépressions intercrénulaires situées à mi-distance du lumen et du bord externe. Chacune
d’elles doit correspondre au passage d’un faisceau de fibres collagènes paraxiales.
Les articulations distales présentent des facettes régulièrement multiradiées sans unités
erénulaires individualisées. Le diamètre du lumen représente le 1/4 du diamètre de l’ossicule.
L’aréola centrale se distingue par son réseau à mailles plus larges. La symplexie ne semble
pas ici se transformer en une syzygie typique. Le seul signe d’ankylose de l’articulation
est le développement d’un réseau syzygial méandriforme à l’emplacement de l’aréola des
facettes les plus distales.
6. Ptilocrinus pinnatus A. H. Clark, 1907 (pi. V, 1-6)
Matériel : Paratype conservé au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris. Seule la
moitié proximale du pédoncule est présente ; les colurnnales examinées fies plus distales du spéci¬
men) ont donc une position médiane.
Les facettes articulaires possèdent 8 unités erénulaires avec chacune un créneau bien
développé sur la moitié externe du rayon. Le réseau synostosal des plages intercrénulaires
— 36 —
occupe l’essentiel de la surface. Au centre, le réseau de l’aréola se distingue par la plus grande
largeur de ses mailles. Le diamètre du lumen mesure environ 1/6 du diamètre de l’ossicule
7. Ptilocrinus brucei Yaney, 1939 (pi. III, 5 et 6)
Matériel : Paratype conservé au British Museum. Le pédoncule n’est pas complet, il manque
la portion la plus distale. La columnale prélevée et examinée se situe probablement au-delà de la
partie médiane vers le côté distal.
Le lumen est relativement large (presque 1/3 du diamètre de l’ossicule). Il est entouré
par un réseau a à grosses mailles dont la lumière est triangulaire ou quadrangulaire. Il
existe 9 unités crénulaires (avec chacune un créneau nettement moins allongé que chez
P. pinnatus), séparées par des plages nettes de réseau synostosal. La bordure externe de la
facette montre un début d’évolution syzygiale. Il semblerait donc que les articulations les
plus distales puissent être des syzygies typiques.
De toute évidence, les symplexies de P. brucei sont beaucoup plus proches de celles
de P. pinnatus que de celles de P. antarcticus.
8. Calamocrinus diomedae Agassiz, 1890
Description d’après le mémoire de A. Agassiz (1892), dont le détail des croquis met
en évidence les caractères microstructuraux des columnales.
Dès les premières columnales, se développent 14 à 16 unités crénulaires présentant
chacune un créneau. L’aréola se distingue nettement par un réseau à mailles larges. Le
lumen, pentagonal chez les toutes premières columnales, semble devenir rapidement circu¬
laire. Son diamètre n’excède pas 1/8 du diamètre de l’ossicule.
Dans la partie médiane du pédoncule, la symplexie présente un crénularium multi-
radié au sein duquel il n’est plus possible de distinguer nettement les unités crénulaires.
Tableau I. — Caractères des articulations du pédoncule.
ARTICULATIONS MEDIANES (symplexies)
ARTICULATIONS DISTALES
ESPÈCES
Lumen
Périlumen
Mailles de
1'aréola (2)
Unités crénulaires
Lumer
Symétrie
Nombre par
facette
Nombre créneaux
par unité
Taille (1)
Forme
Nature
multiradiée
Taille(l)
Forme
G. grimaldil
1/4 D
Rond
Absent
Même taille
6
2
1/10 0
Rond
Syzygie
Assez irrégulière
H. bethel! ianus
1/5 D
Pentagonal
Absent
Même taille
6 (7)
1
1/8 D
Rond
.
T.pontifer
1/5 D
Pentagonal
Présent
Même taille
6
2 - 3
1/10 D
Rond
Syzygie
Très régulière
A.nefertiti
? Pentagonal
?
Plus larges
9 - 11
3 ?
1/7 D
Pentagonal
étoilé
Symplexie
Syzygie
Régulière
P.antarcticus
1/3 D
Rond
Absent
Même taille
ou
plus larqes
11 - 12
1 - 2
1/4 D
Rond
Symplexie
Régulière
P.pinnatus
1/6 D
Rond
Absent
Plus larges
8
1
?
7
7
7
P.brucei
1/3 D
Rond
Absent
Plus larges
9
1
7
?
Syzygie ?
7
C.diomedae
1/8 D
Rend
Absent ?
Plus larges
14 - 16
1
1/15 D
Rond
Syzygie
Assez régulière
(1) : en fraction du diamètre de l’ossicule (D) ; (2) : taille relative par rapport aux mailles du stéréome
du reste de la facette.
— 37 —
Il est possible qu’un périlumen s’individualise parfois, mais les figures d’AcASSiz ne sont
pas assez claires pour l’affirmer.
Distalement, les faibles crénulations syzygiales tendent à envahir l’ensemble de la
facette. Les dernières articulations sont des syzygies typiques dont les crénulations fines
et serrées ont une disposition multiradiée assez régulière.
II. Conséquences systématiques
Gislen (1939) a donné une excellente revue critique des opinions divergentes qui se
sont exprimées sur les affinités des Hyocrinidae. Il conclut en soulignant leurs caractères
communs avec les Eugeniacrinidae, les Holopodidae et les Plicatocrinidae, trois familles
de l’ordre des Cyrtocrinida.
Récemment, Rasmussen (1978) a placé les Hyocrinidae dans un sous-ordre nouveau
(Hyocrinina) au sein de l’ordre des Millericrinida. En fait, les caractères du pédoncule
de ces crinoïdes renforcent, à mon sens, la validité des conclusions de Gislen (1939).
Comme chez les Hyocrinidae, les facettes articulaires des Cyrtocrinida fossiles ne
s’ordonnent jamais selon une symétrie pentaradiée contrairement aux autres ordres de
crinoïdes pédonculés post-triasiques. La présence d’unités crénulaires comparables à celles
décrites plus haut n’est connue après le Trias que chez les Cyrtocrinida. De Loiuol (1884)
a figuré des columnales de formes jurassiques aux facettes très semblables à celles des
Hyocrinidae : par exemple au Lias celles de Cyclocrinus amalthei (pl. 122, fig. 1 à 23) ou
de Cyclocrinus hausmanni (pl. 123, fig. 1 à 10) et, au Jurassique supérieur, celles attribuées
à Eugeniacrinus quenstedti (pl. 16, fig. 1 à 15).
De plus, les facettes syzygiales de plusieurs espèces de Cyclocrinus sont très proches
des syzygies distales de Hyocrinus ou de Gephyrocrinus. J’ai examiné en lames minces
la microstructure des columnales de Cyclocrinus amalthei provenant du Lias de May-sur-
Orne et appartenant à la collection du Laboratoire de Géologie de l’Université de Caen L
Plusieurs caractères décrits ici chez les Hyocrinidae s’y retrouvent : mailles du réseau
aréolaire plus grosses sur le pourtour du canal axial et réseau synostosal intercrénulaire
notamment. De nombreuses espèces fossiles ne sont connues que par leurs columnales et
sont regroupées par convention sous le nom générique de Cyclocrinus. C’est peut-être parmi
ces formes que se situent les ancêtres jurassiques des Hyocrinidae actuels. L’excellente
révision des Cyrtocrinida présentée par Arendt (1974) laisse malheureusement peu de place
à l’étude des articles du pédoncule. Celle-ci sera indispensable au progrès de nos connais¬
sances sur l’origine des Hyocrinidae. Toutefois, il me paraît difficile d’en faire les descendants
directs d’une des familles jurassiques. Les Plicatocrinidae semblent s’éteindre à la fin du
Jurassique et les Eugeniacrinidae ne survivent pas à la crise importante qui touche les
Cyrtocrinida au milieu du Crétacé. Ces derniers ont, d’ailleurs, une morphologie externe
très différente de celle des Hyocrinidae.
L’appartenance de la famille des Hyocrinidae à l’ordre des Cyrtocrinida me paraît
maintenant démontrée même si ses relations phylétiques avec les familles uniquement
fossiles restent assez obscures.
1. Je remercie M. Rioult qui m'a aimablement prêté ce matériel pour étude.
— 38
A. M. Clark (1973) a propose de distinguer deux sous-familles de llvocrinidae : celle
des Calamocrininae ne comprendrait que le genre Calamocrinus ; celle des llyocrininae
regrouperait tous les autres genres. Les principaux caractères du calice et de la couronne
pris en compte pour isoler le genre Calamocrinus sont, d’une part, l’existence de cinq basales
bien distinctes et, d'autre part, la division des bras.
Le degré de soudure des basales entre elles est un caractère qui me paraît d’un usage
délicat en systématique, comme je l’ai souligné à propos des Bathvcrinidae (Houx, 1977).
Les cinq sutures distinctes ( Calamocrinus ) ou leur disparition complète ( Plilocrinus , Gephy-
rocrinus) ne me semblent pas avoir une différence significative au-dessus du niveau géné¬
rique. En revanche, la persistance de seulement trois sutures (Anachalypsicrinus, Hyocrinus,
Thalassocrinus) mérite plus d’attention. Le phénomène est en effet bien connu chez les
crinoïdes paléozoïques. Mais les précisions fournies par A. M. Clark (1973) indiquent
clairement que l’emplacement relatif des trois sutures restantes varie d’un spécimen à
l'autre. 11 ne s’agit donc pas d’un dispositif constant. Tout se passe comme si les basales
s’unissaient deux à deux de manière variable. Il peut donc s’agir d un stade évolutif inter¬
médiaire entre la séparation originelle des basales et leur soudure complète.
Tableau II. — Organisation des bras chez les Hyocrinidae.
ESPECES
ARTICULATIONS DES BRAS
PREMIERE PINNULE
G. grimai di i
1 + 2 3 4 5 + 6. (A)
IBr 4
H.bethellianus
1 + 2 3 + 4 5 + 6.ou
B
1+234+56+7+8....
IBr 5 ou 6
T. pontifer
1 + 2 3 4 + 5 6 + 7.
IBr 5
C. diomedae
1 + 2 3 4 5 + 6 . (R)
IBr 4
1 + 2 3 4 5 + 6 .
IBr 4
P. brucei
1 + 2 3 4 5 + 6 .
IBr 4
P.antarctieus
1 + 2 3 4 5 + 6 . (A)
IBr 4
A. refertiti
1 + 2 3 4 + 5 6.
I Br5
(A) : cas de ramification brachiale signalés; (B) : pinnules peu différentes de ramifications brachiales ;
(R) : bras généralement ramifiés.
L’organisation des bras (tabl. II) et la distribution des articulations non musculaires
est un caractère généralement important pour la définition d’un genre de crinoïde. En
revanche, il n’est pas constant au sein d’une famille ou d’une sous-famille. La position
de la première pinnule est liée à l’emplacement des articulations non musculaires, puisque
dans un couple de brachiales unies par synostose c’est toujours la pièce épisynostosale
qui porte une pinnule. Les différences, de ce point de vue, entre les deux spécimens connus
— 39 —
de II. belhcllianus (voir plus has) en sont une excellente démonstration. La variation de
situation de la première pinnule doit donc porter sur plusieurs brachiales pour devenir
significative.
Pour tous ces caractères de morphologie externe, nous ne disposons le plus souvent
que de trop peu de spécimens pour avoir une idée de l’ampleur de la variabilité intraspéci-
fique. Toutefois, quelques cas indiquent qu’elle est plus ou moins importante selon les
espèces. Le spécimen de II . bethellianus décrit par Doderlein (1912) dilTère du type du
« Challenger » sur plusieurs bras par la distribution des articulations non musculaires et le
Fig. 1. — Gephyrocrinus grimaldii, spécimens recueillis par la « Thalassa » dans le golfe de Gascogne.
A, spécimen le plus robuste, possédant un cas de division brachiale (x 3) ; B, jeune spécimen dont
les pinnules sont souvent peu différentes de divisions brachiales ( x 3) ; C, spécimen adulte, normale¬
ment développé ( 3). On notera la variabilité sensible de l’évasement de la coupe dorsale.
— 40 —
niveau d’insertion de la première pinnule (1 + 2 3 4 + 5 ... au lieu de 1 + 23 + 45 + 6 ...).
Par ailleurs, au sein de la douzaine de spécimens de G. grimaldii que j’ai examinés (collec¬
tions recueillies par la « Princesse Alice » et par la « Thalassa »), l’organisation de la partie
proximale des bras est un caractère constant. Seul un jeune spécimen présente un bras en
cours de régénération à partir de IBrl dont toutes les articulations sont encore musculaires.
Le spécimen le plus gros recueilli par la « Thalassa » (fig. 1) montre un cas de ramification
au niveau de IBr3 selon le mode :
1 + 2 3 ax
(1 + 23 + 4...
(12 + 3 ....
Ce dispositif semble issu de:l + 2345 + 6 ...., avec transformation en bras de la pinnule 3.
Il ne semble pas s’agir d’un accident de régénération. La possibilité de ramification des
bras n’est donc pas un phénomène propre à C. diomedae. Une tendance dans ce sens a été
notée par John (1937) chez Ptilocrinus. L’importance de ce fait a été soulignée par Gislen
(1939). On remarquera aussi que la pinnulation, qui est bien développée et régulière chez
Ptilocrinus ou Anachalypsicrinus, est apparemment plus fruste chez Hyocrinus et Gephy-
rocrinus. Dans la moitié distale des bras de G. grimaldii, les pinnules ne se différencient
pas de ramifications brachiales. Les pinnules de H. bethellianus sont peu différentes des
bras. Les photographies de Doderlein (1912, pi. II) montrent que l’apparent allongement
des segments pinnulaires pourrait résulter de la soudure de trois articles préexistants, homo¬
logues des trois brachiales unies par synostoses qui constituent les segments brachiaux
au-delà de IBr6.
L’utilisation des caractères de la couronne et du calice est donc insuffisante pour clarifier
la classification des genres de Llyocrinidae. Toutefois, rien qu’une comparaison sommaire
des espèces avait suggéré des affinités marquées, d’une part, entre Hyocrinus, Gephyrocrinus
et Thalassocrinus (Koehler et Bather, 1902 ; Clark, 1911), d’autre part, entre Cala-
mocrinus, Ptilocrinus (Gislen, 1939) et, à mon avis, Anachalypsicrinus. L’aspect général
de ce dernier genre me paraît très proche de celui des Ptilocrinus.
Les articulations du pédoncule (tabl. I) confirment les fortes affinités entre Hyocrinus,
Gephyrocrinus et Thalassocrinus. La symétrie radiaire d’ordre 6 (plus souvent 7) est un
caractère assez constant. Thalassocrinus se différencie assez nettement des deux autres
genres par l’aspect de ses unités crénulaires et la présence d’un périlumen au niveau des
symplexies proximales. Les symplexies et les syzygies de Hyocrinus et Gephyrocrinus ont
des caractères si proches que je propose de ne reconnaître qu’un seul genre ( Hyocrinus )
et de reléguer Gephyrocrinus au rang de sous-genre. De même, Anachalypsicrinus, Calamo-
crinus et Ptilocrinus possèdent des articulations du pédoncule qui se distinguent très bien
de celles des genres précédents, notamment par leurs symplexies multiradiées dont l’ordre
de la symétrie est toujours supérieur à 7. La morphologie des facettes articulaires est assez
différente d’une espèce à une autre au sein du genre Ptilocrinus.
Je laisse toutefois Anachalypsicrinus dans une position systématique incertaine.
A. M. Clark (1973) a fort justement souligné les caractères communs entre ce genre et
Thalassocrinus sur lesquels je reviendrai plus bas. Il s’agit d’un problème de hiérarchisa¬
tion des caractères. Si, à la suite de A. M. Clark, la prédominance est donnée aux carac¬
tères de la couronne et du cercle de basales, Anachalypsicrinus est à placer parmi les IJyocri-
ninae. Si, comme je le pense, les caractères des articulations du pédoncule sont prioritaires
— 41
en vue de la distinction des deux sous-familles, Anachalypsicrinus se situe au sein des
Calamocrininae. L’attribution d’un genre aux caractéristiques intermédiaires à l’une ou
l’autre des deux sous-familles reste inévitablement arbitraire.
En conséquence des remarques qui précèdent, je propose de redistribuer les genres de
Hyocrinidae dans les deux sous-familles de la manière suivante :
— sous-famille Calamocrininae : Calamocrinus, Ptilocrinus et probablement Anacha¬
lypsicrinus ;
— sous-famille Hyocrininae : Hyocrinus (comprenant deux sous-genres : Hyocrinus
et Gephyrocrinus ) et Thalassocrinus.
Il sera nécessaire de redéfinir précisément les sous-familles en reprenant l'étude détaillée
de la couronne de bras et du tegmen, ce qui exige de nouvelles récoltes. Je me contenterai
ici d’une approche par le biais d’une clé de détermination des espèces de Hyocrinidae
qui tente de suivre la hiérarchisation systématique et de prendre en compte à la fois les
caractères de la couronne, du calice et du pédoncule :
1 — Diamètre du pédoncule toujours supérieur à 2 mm. Symplexies du pédoncule avec un
nombre d’unités crénulaires supérieur à 7, et dont les mailles du stéréome de l’aréola sont plus larges
que celles du reste de la facette. Tegmen bien développé, généralement au-delà de IBr 3.
Calamocrininae A. M. Clark, 1973.
1 — 1 — Symplexies du pédoncule comportant 14 à 16 unités crénulaires composées chacune
d’un créneau. Coupe dorsale dont les cinq sutures entre les basales sont visibles. Articulations de la
base des bras : 1 —|— 2 3 4 5 —|— 6... Bras divisés : IBr 10 ax. ou IBr 11 ax.. Première pinnule à IBr 4...
Calamocrinus À. Agassiz, 1890.
Monospécifique : C diomedae A. Agassiz, 1890.
1 — 2 — Symplexies du pédoncule comportant entre 8 et 12 unités crénulaires. Division
des bras exceptionnelle. Pinnulation régulière et bien développée.
1 — 2 — 1 — Symplexies du pédoncule à lumen pentagonal ou étoilé et avec 9 à 11 unités
crénulaires composées chacune d’environ trois créneaux. Seules 3 sutures entre les basales. Arti¬
culations de la base des bras : 1 -f- 2 3 4 -f- 5 6. Première pinnule à IBr 5.
Anachalypsicrinus A. M. Clark, 1973.
Monospécifique : A. nefertiti A. M. Clark, 1973.
1 — 2 — 2 — Symplexies du pédoncule à lumen circulaire, avec un créneau (rarement
deux) par unité crénulaire. Basales entièrement fusionnées. Articulations de la base des bras :
14-2345 + 6 7. Première pinnule à IBr 4. Ptilocrinus A. H. Clark, 1907.
Espèce-type du genre : P. pinnatus.
— Symplexies du pédoncule avec 8 unités crénulaires bien développées et un lumen relati¬
vement étroit. Coupe dorsale nettement plus large que haute. . P. pinnatus A. H. Clark, 1907.
— Symplexies du pédoncule avec 9 unités crénulaires et un lumen relativement large. Coupe
dorsale nettement plus haute que large. P. brucei Vaney, 1939.
— Symplexies du pédoncule avec 11 à 12 unités crénulaires et un lumen relativement large,
aréola réduite à des dépressions circulaires intercrénulaires. Coupe dorsale souvent plus large que
haute. P. antarcticus Bather, 1908.
2 — Diamètre du pédoncule inférieur ou égal à 2 mm. Nombre d’unités crénulaires fixé à 6
(rarement 7) sur les symplexies des columnales où les mailles du stéréome de l’aréola ont sensible¬
ment la même taille que celle des mailles du reste de la facette. Tegmen ne dépassant pas IBr 3,
avec parfois une forte surélévation des gouttières nourricières par rapport aux zones interradiaires
Hyocrininae A. M. Clark, 1973.
2 — 1 — Symplexies du pédoncule avec des unités crénulaires bien développées composées
chacune de 2 à 3 créneaux et à lumen pentagonal. Syzygies distales du pédoncule présentant un
— 42
crénularium régulièrement multiradié. Articulations de la base des bras : 1 —|— 2 3 4 —|— ô t! —7
8 + 9. Première pinnule à IBr 5. Pinnules bien différenciées des bras.
Thalassocrinus A. H. Clark, 1911 _
Monospécilique : T. pontifer A. 11. Clark, 1911.
2 — 2 — Symplexies du pédoncule avec des unités crénulaires composées chacune de moins
de 3 créneaux. Syzygies distales à crénulations rudiaires irrégulières. Pinnules souvent peu diffé¬
rentes de ramifications brachiales. Hyocrinus Wyville-Thomson, 1876.
A : Symplexies du pédoncule au lumen souvent pentagonal et aux unités crénulaires composées
chacune d’un seul créneau relativement peu développé. Largeur des IBr 1 inférieure au 1/3 de la
largeur des radiales. Articulations de la base des bras : 1 -|- 2 3 + 4 5 + 6.... (première pinnule
à IBr 6) ou i +* 2 3 4 + 5 6 + 7 + 8 (première pinnule à IBr 5) .
II. ( Hyocrinus) bethellianus Wyville-Thomson, 1876.
B : Symplexies du pédoncule avec un lumen généralement circulaire et des unités crénulaires
composées chacune de 2 créneaux bien développés. Largeur des IBrl supérieure à la moitié de celle
des radiales. Articulations de la base des bras : 1 + 2 3 4 5 + 6. Première pinnule à IBr 4.
II. '( Gephyrocrmus) grimaldii (Koehler et Bather, 1902).
III. Biogéographie et évolution
Malgré le nombre réduit de spécimens recueillis, la répartition géographique des Hyocri-
mdae est susceptible d’amener d’intéressantes remarques.
Les données précises concernant les diverses récoltes sont dispersées dans de nombreuses
publications. 11 m’a donc semblé utile de les regrouper en signalant les principales sources
d’informations (tabl. III ; fig. 2).
On remarque d’emblée que les Hyocrinidae ont une large répartition mondiale, route-
fois, ils n’ont jamais été signalés dans l’Atlantique occidental, dans le Pacifique central
et dans le domaine arctique. Les Hyoerininae se rencontrent, d’une part, dans l’Atlantique
oriental et central jusqu’au sud-ouest de l’océan Indien (genre Hyocrinus ) et, d’autre part,
dans le Pacifique occidental intertropical (genre Thalassocrinus). Cette distribution suggère,
comme dans le cas des Pentacrines (Roux, sous presse) un isolement géographique de deux
stocks issus de la faune mésogéenne lors de la fermeture de la Tétbys alpine et de l’ouverture
de l’Atlantique depuis le Crétacé. Les Calamocrininae sont cantonnés sur la bordure orien¬
tale du Pacifique, à l’exception d ’Anachalypsicrinus qui n’est connu que de la zone médiane
de l’Atlantique nord. Ils sont inconnus dans l’Atlantique sud, dans l’océan Indien et dans
le Pacifique occidental intertropical. Cette répartition de part et d’autre des Amériques
est une particularité qui mérite d’être approfondie. La colonisation de la bordure orientale
du Pacifique, poussée au sud jusqu’à l’arc de la Scotia et vers la Nouvelle-Zélande, par des
formes venues de l’Atlantique est l’hypothèse la plus vraisemblable. Le phénomène a dû
se produire à la faveur de communications qui ont pu exister au Crétacé supérieur entre
le Pacifique et l’Atlantique occidental intertropical avant la fermeture de l’isthme de Panama
(Aubouin, 1977). Les documents paléontologiques viennent à l’appui de cette origine atlan¬
tique. Le premier Hyocrinidae reconnu avec certitude provient du Crétacé terminal de la
côte occidentale du Groenland. La columnale décrite par Rasmussen (1972) appartient
incontestablement à un Calamocrininae et la morphologie de la facette articulaire est très
voisine de celle des columnales de la partie médiane du pédoncule de P. antarcticus. D’autres
Tableau III.
— 43
Liste des stations où des spécimens de llyocrinidae ont été récoltés ou signalés.
Localisation
Profondeur
Nombre de
spécimens
Sources et remarques
Gephyrocrinus
27° 41' N - 17° 53' W
1786 m
1
KOEHLER (1909), type.
grimaldii
32° 32' N - 17° 02' W
48° 4T N - 10° 53' W
1968 m
1420 à
2
KOEHLER (1909).
à 4R° 39' N - 10° 55' W
1470 m
9
ROUX (1977) .
1° 47' N - 24° 26' W
3330 m
1
fragment de pédoncule attribué d'abord à
Hyocrinus (CARPENTER, 1884) puis à
G. grimaldii (A.H. CLARK,1915).
Hyocrinus
46° 16' S - 48° 27' E
2926 m
1
CARPENTER (1884), type .
bethellianus
63' 16' S - 57° 51 ' E
4636 m
1
DODERLEIN (1912).
Thalassocrinus
1 ° 55' S - 127° 42' E
2272 m
1
A.H. CLARK (1915), type.
pontifer
5° 51' N - 145° 13' E
4190 m
1
fragment de pédoncule attribué d'abord à
Hyocrinus (CARPENTER, 1884) puis à
T. pontifer fA.H. CLARK. 19151 .
Calamocrinus
0° 29' S - 89° 54' W
705 m
3
A.H. CLARK (1915), série type .
dioir-edae
6° 35' N - 81° 44’ W
1410 m
1
A.H. CLARK (1915).
Ptilocrinus
pinna tus
52° 39' N - 132° 38' W
2860 m
24
A.H. CLARK (1907), série type .
Ptilocrinus
64° 48' S - 44° 26' W
4470 m
1
VANEY (1939), type.
brucei
62° 10' S - 41° 20' W
3200 m
1
VANEY (1939).
Ptilocrinus
70° 23' S - 82° 47’ W
480 m
4
JOHN (1937), série type.
antarcticus
70° 14' S - 89° 14' W
460 à
500 m
1
JOHN (1937), GISLEN (1939).
Ptilocrinus sp.
56° 40' S - 158° 45’ E
1280 m
1
mac KNiarr (1973)
64° 45' S - 82° 32* W
4506 m
1
MACURDA et MEYER (1976)
-nachalypsicrinus
53° 11' \ - 20° 05' W
2380 à
nefertiti
ï 53° IT N - 20° 03’ W
2432 m
4
A.M. CLARK (1973), série type.
36° 50' N - 33° 18’ W
2562 m
ARCYANA (1978).
Les sources bibliographiques indiquées ont été limitées à celles où la localisation et la détermination
ont été éventuellement précisées par rapport à la première description des espèces.
columnales fossiles attribuables aux Calamocrininae ont été signalées dans le Paléogène
pyrénéen de la bordure atlantique (Roux et Plaziat, 1978).
Les Hyocrinidae vivent tous dans des biotopes relativement profonds (tabl. III).
Seul, P. antarcticus remonte au niveau de l’étage épibathyal. Chez les Crinoïdes pédoneulés,
la vie à de grandes profondeurs (notamment celles supérieures à — 3 000 m) s’accompagne
généralement d’une nette diminution de taille. Ceci ne s’applique guère aux Calamocrininae
dont des espèces de taille relativement grande vivent souvent au-delà de — 2 000 m et
même dépassent — 4 000 m comme P. brucei. Ces espèces ont été récoltées sur des fonds
océaniques correspondant à des reliefs volcaniques (dorsales, etc.) où des activités hydro-
thermales sont susceptibles de favoriser la croissance. On remarquera aussi que les espèces
2. — Biogéographie des Hyocrinidae : 1, //. bcthellianus ; 2, G. grimaldii ; 3, T. pontijer ; 4, A. nejer-
titi ; 5, (\ diomedae ; G, P. pinnatus ; 7, P. antarcticus ; 8, P. brucci ; 9, Pliiocrinus sp. ; 10, gisements
fossiles.
Tableau IV. — Appréciation du degré relatif d’évolution des espèces de Hyocrinidae.
l.;: *ces
articulation
du
pédoncule
soudure I divi
des 1_de s_
b a s a 1 e r I ( 1 j
i on
>ra s
(2)
différenciation
des pinnules
position de
la première
pinnule
bilan
hypoth'. .e
(i)
lobai_
hypothèse
(2)
H, -tbfeT 1 *:?nus
A
B
A
A
C/4
C/3
G. rrimald.'i
A
C
B
3
A
C
2/2
2/2
T. rentier
A
B
A
C
C
B
1/2
2/1
A. nefertiti
_ : _
B
A
r
C
B
2/1
3/0
C. diomedae
c
A
C
A
c
c
4/1
3/2
P. pinnatus
B
C
4 \
C
C
C
3/1
4/0
P. brucei
B
c
A
....
c
C
3/1
4/0
P. antarcticus
C
c
B
B
C
C
4/0
4/3
De A à C : sens de l’évolution d’un caractère. Dans chacune des hypothèses concernant l’interprétation
des ramifications brachiales, le bilan global est exprimé par le rapport du nombre de caractères jugés évolués
(C) sur le nombre de caractères jugés archaïques (A). (Explications dans le texte.)
— 45
aux biotopes les moins profonds (entre — 450 m et — 1 500 m) sont celles qui présentent
des cas de division des bras (C. diornedae, P. anlarclicus , et les G. grimaldii récoltés par la
« Thalassa »).
Même si la démarche reste dans le domaine des hypothèses, il est intéressant de tenter
une approche des relations phylogénétiques existant entre les taxons de Hyocrinidae et
donc d’apprécier le degré d’évolution des caractères. Le tableau IV reprend les principaux
caractères en indiquant leur degré d’évolution supposé. On constate clairement que, chez
une même espèce, des caractères évolués peuvent souvent côtoyer des caractères plus archaï¬
ques. L’appréciation des degrés d’évolution relatifs des différentes espèces est donc délicate.
Toutefois des éléments de réflexion se dégagent.
Les critères d’évolution adoptés dans une première hypothèse sont ceux qui sont les
plus fréquemment reconnus chez les crinoïdes pédonculés Articulata (Roux, 1978) :
— l’élévation de l’ordre de la symétrie multiradiée des facettes articulaires des colum-
nales,
— le développement de la ramification des bras,
— l’apparition d’une pinnulation régulière et bien développée,
— le déplacement de l’insertion de la première pinnule (considérée comme une rami¬
fication potentielle) vers la base des bras.
Dans cette hypothèse, H. bethellianus apparaît comme la forme la moins évoluée, tandis
que P. antarcticus et C. diornedae seraient les formes les plus évoluées, et dans l’ensemble,
les Hyocrininae posséderaient des caractères plus archaïques que les Calamocrininae.
Dans une seconde hypothèse, j’ai envisagé une polarité évolutive inverse pour la division
des bras bien que le passage de liras ramifiés à des bras non divisés soit contraire aux ten¬
dances ontogénétiques connues chez les Crinoïdes (il faut alors envisager une évolution
par un processus néoténique). Dans ce cas, H. bethellianus resterait l’espèce aux caractères
Fig. 3. — Relations phylogénétiques entre les espèces actuelles de Hyocrinidae : A, hypothèse 1, du
tableau IV ; B, hypothèse 2, du tableau IV.
a : Pacifique occidental ; b : Atlantique ; c : Pacifique oriental ; g : isolement géographique par rapport
à la province atlantique. La flèche indique le degré relatif d’évolution des espèces indiquée dans le
tableau IV. A, A. nefertiti ; C, C. diornedae ; G, G. grimaldii ; H, H. bethellianus ; Pa, P. antarcticus ; Pb,
P. brucei ; Pp, P. pinnatus ; T, T. ponlijer.
— 46 —
les plus archaïques et les trois espèces de Plilocrinus seraient les formes les plus évoluées.
Parmi les Calamocrininae. C. diomedae deviendrait alors l’espèce la moins évoluée.
Dans les deux hypothèses A. nefertiti et T. pontifer possèdent 4 caractères sur 5 au
même stade d’évolution, le caractère qui fait apparaître l’espèce .4. nefertiti comme la plus
évoluée correspond aux articulations du pédoncule. Cette ressemblance peut provenir
soit d’une évolution parallèle ou convergente de la couronne, soit d’une parenté étroite,
sans que l’on puisse se prononcer dans l’état actuel des connaissances. Le schéma phylogé¬
nétique (fig. 3 A) déduit de la première hypothèse me paraît le plus cohérent. 11 implique
une parenté entre T. pontifer et A. nefertiti, mais la séparation des Hyocrinidae en deux
sous-familles peut paraître arbitraire. Celui déduit de la seconde hypothèse, (fig. 3 B) met
en évidence deux lignées bien distinctes, justifiant la distinction des deux sous-familles.
Il implique une simple convergence morphologique entre T. pontifer et .4. nefertiti.
Il est très probable aussi que le développement de certains caractères (ramification
des bras, pinnulation régulière par exemple) ait essentiellement une signification adapta¬
tive qui amène à nuancer l’une et l’autre des hypothèses envisagées.
La reconstitution historique suivante de l’évolution des Hyocrinidae paraît possible.
La faune mésogéenne comportait les ancêtres des Hyocrininae. La fermeture de la Téthys
a isolé deux stocks, l’un côté pacifique, l’autre côté atlantique. Le stock pacifique est
aujourd’hui réduit à une espèce Thalassocrinus pontifer localisée en Indonésie. Les Cala¬
mocrininae s’individualisent à partir du stock atlantique lors de l’ouverture de l’Atlantique
nord, leurs premiers représentants colonisent la dorsale médio-atlantique ( Anachalypsicrinus)
et passent côté pacifique à la faveur de rides équatoriales situées entre les Caraïbes et l’Amé¬
rique du Sud. Puis la communication entre l’Atlantique et le Pacifique oriental se ferme,
isolant Anachalypsicrinus du stock pacifique. Au sein de ce dernier, le genre Plilocrinus
migre vers le nord (P. pinnatus ) et vers le sud (P. antarcticus et P. hrucei ) tandis que Cala-
mocrinus s’individualise entre les Galapagos et l’Amérique centrale. Les Hyocrininae atlan¬
tiques sont restés sur la bordure occidentale, H. (Gephyrocrinus) grimaldii s’individualisant
du golfe de Gascogne à l’Equateur et H. (Hyocrinus) hethellianus migrant vers le sud
jusque dans la partie sud-occidentale de l’océan Indien.
La distinction entre Hyocrininae et Calamocrininae peut se justifier ainsi d’un point
de vue phylogénétique et biogéographique. La position d’ Anachalypsicrinus reste néanmoins
incertaine, compte tenu de sa position intermédiaire au plan phylogénétique et au plan
biogéographique. Il manque, pour appuyer une telle reconstitution, une meilleure connais¬
sance de l’ontogénèse des différentes espèces actuelles ainsi que des documents paléonto-
logiques pour étayer les hypothèses. Or les pièces fossiles qui ont le plus de chance d’être
recueillies sont des columnales, d’où l’importance des caractères des articulations du pédon¬
cule qu’il convient de traduire dans la hiérarchisation des caractères.
Une des conséquences importantes de l’hypothèse avancée ici aboutit à une nouvelle
interprétation de Calamocrinus diomedae qui, malgré quelques caractères archaïques, m’appa¬
raît comme une forme relativement évoluée par rapport aux autres Hyocrinidae. Le déve¬
loppement de ramifications brachiales peut avoir essentiellement une signification écolo¬
gique.
— 47 —
IV. Conclusion
Les caractères des articulations du pédoncule des Hyocrinidae ont permis de clarifier
l’origine de ce groupe et sa classification. Les fortes allinités avec les Cyrtocrinida fossiles
se trouvent confirmées, mais il paraît encore dillicile de préciser de quelle famille jurassique
les Hyocrinidae descendent. Deux sous-familles ont été distinguées : Calamocrininae avec
les genres Calamocrinus, Ptilocrinus et probablement Anachalypsicrinus, et Hyocrininae
avec les genres Hyocrinus et Thalassocrinus.
La biogéographie des espèces montre qu’au cours de leur histoire, les Hyocrinidae
ont subi un important isolement géographique par suite de la fermeture de la Mésogée
(séparation Atlantique-Pacifique) et d’une migration probable (au Crétacé supérieur ?)
vers le Pacifique oriental avant la fermeture définitive de l’isthme de Panama.
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Manuscrit déposé le 28 mai 1979.
PLANCHE I
Gephyrocrinus grimaldii Koehler et Bather, 1902.
1. — Symplexie de la partie proximale du pédoncule, X 100.
2. —- Naissance d’une unité crénulaire sur une des articulations proximales, X 250.
3. — Symplexie de la partie médiane du pédoncule, X 65.
4. — Même facette, X 120.
5. — Syzygie de la partie distale du pédoncule, X 43.
6. — Même facette, X 100.
PLANCHE I
50 —
PLANCH K II
Hyocrinus bethellianus Wyville Thomson, 1876.
1. — Symplexie de la partie médiane du pédoncule, X 75.
2. — Syzygie de la partie distale du pédoncule, X 40.
Thalassocrinus pontifer A. H. Clark, 1915.
Vues légèrement obliques.
3. — Symplexie de la partie proximale du pédoncule, X 35.
4. — Symplexie de la partie médiane du pédoncule, X 45.
5. — Symplexie évoluant en syzygie, près de la partie distale du pédoncule, X 40.
6. — Syzygie de la partie distale du pédoncule, X 35.
PLANCHE 11
— 52 —
PLANCHE III
Anachalypsicrinus nejertiti A. M. Clark, 1973.
1. — Symplexie d’une columnale de la partie médiane du pédoncule, X 15.
2. — Même facette, X 35.
3. — Syzygie d’une columnale de la partie distale du pédoncule, centre de la facette montrant un stade
juvénile symplexial, X 30.
4. — Même facette, crénularium syzygial, X 30.
Ptilocrinus brucei Vaney, 1939.
5. — Symplexie d’une columnale de la partie médiane du pédoncule, X 40.
6. — Facette adjacente à la précédente, différents aspects du stéréome, du canal axial (à droite) à la bordure
externe (à gauche), X 95.
— 54
PLANCHE IV
Ptilocrinus antarcticus Bather, 1908.
1. — Symplexie de la partie médiane du pédoncule, X 27.
2. — Même facette, X 70.
3. — Même facette, détail d’une dépression correspondant au passage d’un faisceau de libres collagènes,
X 140.
4. — Même facette, réseau à larges mailles en bordure du lumen, X 500.
5. — Symplexie d’une partie plus distale du pédoncule, X 25.
6. — Même facette, développement d’un réseau syzvgial au niveau du crénularium, X 100.
rgS
— 56 —
PLANCHE V
Ptilocrinus pinnatus A. H. Clark, 1907.
Symplexie d’une columnale de la partie médiane du pédoncule.
1. — Vue de deux unités crénulaires et de l’espace intercrénulaire, X 85.
2. — Même facette, canal axial et périlumen, X 85.
3. — Comme fig. 1, mais sur la facette adjacente, X 85.
4. — Même facette, réseau synostosal intercrénulaire, X 300.
5. — Même facette, unité crénulaire, X 170.
6. — Même facette que fig. 1, unité crénulaire, X 170.
PLANCHE V
Bull. Mus. nain. Hist, nal., Paris, 4 e sér., 2, 1980,
section A, n° 1 : 59-75.
Deux Gastéropodes parasites d’une Holothurie Élasipode
par Philippe Bouchet et J0rgen Lützen *
Résumé. La morphologie fonctionnelle de Pisolamia brychius (Watson), ectoparasite de
l’Holothurie Elasipode Oneirophanta mutabilis Théel, est décrite. Les jeunes individus sont mâles,
puis deviennent hermaphrodites simultanés. Megadenus oneirophantae n. sp. est un endoparasite
intestinal à sexes séparés. Ces deux espèces abyssales se nourrissent du sang de leur hôte et repré¬
sentent deux lignées adaptatives des Eulimidae au parasitisme des Holothuries.
Abstract. The functional morphology of Pisolamia brychius (Watson), an ectoparasite
on the Elasipod Holothurian Oneirophanta mutabilis Théel, is described. Young individuals
are male ; with age they develop into simultaneous hermaphrodites. Megadenus oneirophantae
n. sp. is a gonochoristic intestinal parasite. The two abyssal species feed on the host’s blood and
each represents an individual evolutionary lme within the family Eulimidae.
Pisolamia brychius (Watson, 1883)
Pendant la deuxième moitié du xix e siècle, et encore au début de ce siècle, la plupart
des Prosobranches parasites d’Echinodermes étaient rapportés au genre Stilifer Broderip,
cà partir du moment où ils possédaient une coquille. Les récentes études anatomiques ont
montré ipie ce genre devait être restreint aux parasites internes d’Astérides (Ivanov, L952)
et que beaucoup d’autres espèces attribuées à ce genre devaient être en fait rapportées aux
genres Megadenus Rosén, Paramegadenus Humphreys et Lützen, Echineulima Lützen
et Nielsen, Parastilifer Ivanov et Pelseneeria Koehler et Vaney. Nous avons pu reconnaître
chez Stilifer brychius Watson des caractères originaux pour lesquels nous avons créé le genre
Pisolamia (Bouchet et Lützen, 1976).
Depuis, nous avons examiné la totalité du matériel appartenant au genre Pisolamia :
son étude fait l’objet du présent travail.
A — Systématique, Distribution
Watson (1883 : 130 ; 1886 : 524-5, pl. 37, fîg. 9) décrit Stilifer brychius à partir d’un
individu en alcool, récolté par l’expédition du « Challenger » dans l’Atlantique Sud (station
* P. Bouchet, Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, Muséum national d’Histoire
naturelle, 55 rue de Buffon, 75005 Paris.
J. Lützen, Institut d’Anatomie Comparée, Université de Copenhague, 15 Universitetsparken,
2100 Copenhague.
— 60 —
325 : 36°44' S —46°16' W) par 4 860 mètres. Il ne signale pas que son « Stilifer » était parasite
d’un Échinoderme, ni a fortiori le nom de l’hôte.
Cependant, Théel (1882, pl. 22, fig. 3) dans son étude des Holothuries du « Challenger »
figure sans commentaire une Oneirophanta mutabilis Théel (Holothurie Élasipode) parasitée
par deux Prosobranches. L’expédition du « Challenger » a récolté des O. mutabilis à huit
stations de l’Atlantique Sud, de l’océan Indien et du Pacifique ; sept individus ont été
récoltés à cette même station 325 et il est très vraisemblable que c’est sur l’un d’eux que se
trouvait Stilifer brychius Watson.
Au cours des expéditions du « Travailleur » et du « Talisman », un Stilifer fut récolté
dans le golfe de Gascogne à la station 139 (46°06' N—09 3 10' W ; 4 789 m). Locard (1897 :
416, pl. 19, fig. 4-6) figure et décrit cette coquille sous le nom de Stylifer abyssorum. Il
indique que le Gastéropode vivait fixé à la face inférieure d’une Holothurie, sans plus de
précisions. Il s’agit très certainement du Stilifer sp. indiqué par Fischer (1885 : 781) comme
parasite A’ Oneirophanta. D’ailleurs, si l’on s’en réfère à Perrier (1902), la seule espèce
d’Holothurie pêchée à la station 139 est l’Élasipode Oneirophanta mutabilis, et parmi les
collections du Muséum une note manuscrite indique que l’une des O. mutabilis de la station
139 était parasitée par Stilifer abyssorum Locard.
Fig. 1. — Face ventrale de deux Oneirophanta parasitées (individus A, B et Gi.
— 61 —
La comparaison des types de Stilifer brychius et Stylifer abyssorum, conservés au British
Museum (Natural History), Londres, et au Muséum de Paris nous a permis de constater
leur synonymie.
Le programme océanographique BIOGAS dans le golfe de Gascogne a permis de récolter
à bord du N.O. « Jean Charcot » plusieurs individus d’Oneirophania mutabilis parasités par
des Gastéropodes Prosobranches qu’il nous a été facile d’identifier à « Stilifer » brychius
Watson. La fixation à bord du matériel vivant nous a permis d’en faire une étude ana¬
tomique dont il a résulté la création du genre Pisolamia Bouchet et Lützen, 1976.
La synonymie du Gastéropode parasite Pisolamia brychius peut donc se résumer :
Pisolamia brychius (Watson, 1883).
Stilifer brychius Watson, 1883 : 130 ; Watson, 1886 : 524-525 ; Clarke, 1962 : 19.
Stilifer brychina : Tryon, 1886 : 293.
Stylifer abyssorum (Fischer, MS) ; Locard, 1897 : 416 ; Clarke, 1962 : 19.
Stilifer sp. Fischer, 1885 : 781.
Pisolamia brychius : Bouchet et Lützen, 1976 : 1016.
Cent onze Oneirophanta mutabilis récoltées dans l’Atlantique Nord-Est ont été examinées.
Dix-sept animaux parasités par Pisolamia brychius se répartissent comme suit :
N 03 de prélèvement
Date de
récolte
Animaux
parasités
Animaux
non
parasités
« Jean-Charcot » : B1ÜGAS
st. 2 : 47°3(V N, 9°10' W’
BIOGAS 5 CV 40
15-VI-74
1
6
2 900-3 050 m
st. 3 : 47°35' N, 9°35' W
BIOGAS 6 CP 14
23-X-74
0
10
4 100-4 200 m
si. 4 : 46°30' N, 10°25' W
BIOGAS 6 CP 15
25-X-74
0
1
4700-4 800 m
CP 16
25-X-74
3
7
CP 17
25-X-74
3
5
hors-zone : 47 0 26 , N, W
BIOGAS 3 CV 29
28-VIII-73
0
1
4 160 m
« Jean-Charcot » : INCAL
st. 2 : 48°12' N, 15°12' W
INCAL WS 03
l-VIII-76
0
5
4 823-4 829 m
— WS 04
2-V111-76
0
6
— CP 10
31-VII-76
3
31
— CP 11
1-V111-76
2
17
st. 4 : 46°01' N, 10°15' W
INCAL CP 12
4-VIII-76
0
2
4 796-4 804 m
— CP 13
5-VII1-76
3
3
— WS 05
5-V111-76
1
0
« Chain » : Campagne 106
st. 328 : 50°05' N, 15°45' W 1 ?
4 430 m
— 62 —
Vingt-six Gastéropodes parasitent les Holothuries. Il est commode, pour la suite du
travail, de distinguer ceux qui ont servi à l’étude anatomique en leur affectant une lettre :
A et B (CP 16) : 2 grands individus (coquilles intactes 9x7 mm eriv.) attachés très près l’un
de l’autre, fixés à l’alcool (MNHN) (fig. 1 et 21.
C et 1) (CP 16) : 1 individu, dont la coquille manque totalement, devait mesurer 4-5 mm ;
un deuxième individu très jeune ; fixés au formol, étudiés en sections sériées (ZMC).
E et F (CP 16) : 1 individu avec une coquille intacte (6x7 mm) ; l’autre a perdu sa coquille
et les premiers tours de spire mais son mufle et son proboscis sont aussi gros que ceux du premier.
Fixé au formol, F a été coupé en sections sériées (MNHN).
G (CP 17) : 1 individu complet, fixé au formol (MNHN) (fig. 1).
H (CP 17) : 1 individu complet, fixé au formol, étudié en sections sériées (ZMC).
I et J (CP 17) : 1 individu de taille moyenne (5 X 4,5 mm) dont, la coquille est brisée et un
jeune attaché tout près ; fixés au formol ; I a été étudié en sections sériées (MNHN).
K (CV 40) : 1 individu dont la coquille bien conservée (4 X 4,5 mm) a été utilisée pour
l’étude de la protoconque (MNHN) (fig. 8).
L et M (CP 10) : 2 individus, de diamètre 6,5 et 2 mm, fixés au Bonin, étudiés en sections
sériées (ZMC).
N et O (CP 11) : 1 gros individu de diamètre 7,0 mm et 1 jeune (hauteur 3,3 mm, diamètre
1,9 mm) situé sous lui, fixés au formol, étudiés en sections sériées (ZMC).
Q (CP 10) : 1 individu solitaire mesurant 4,8 X 3,3 mm, fixé au formol, étudié en sections
sériées (ZMC).
Fig. 2. -
Deux Pisolamia (individus A et B) en place ; l’échelle représente 5 mm.
— 63 —
Quelques-unes des Holothuries (A, B, C, D, 11, I, J) ont été disséquées avec soin pour
étudier les relations anatomiques entre l’hôte et le parasite.
Par ailleurs, les auteurs suivants ont étudié des O. mutabilis sans mentionner l’exis¬
tence d’un Gastéropode parasite : Ludwig, 1894 (Pacifique oriental) ; Clark, 1913 (1 indi¬
vidu ; Basse-Californie); Grieg, 1921 (10 ind. ; golfe de Gascogne); IIf.rouard, 1923
(4 ind. ; Atlantique N.-E.) ; Ekman, 1927 et Agathe, 1967 (1 et 36 ind. ; Antarctique) ;
Hansen, 1975 (24 ind. : large de l’Afrique du Sud, canal de Mozambique et fosse des Kerma-
dec). Pavvson (in litt.) indique que l’examen des collections de la Smithsonian Institution
n’a révélé aucun parasite sur les nombreuses Oneirophanta pêchées dans le Pacifique, au
large de la Basse-Californie, du Mexique et du Pérou, ou dans l’Antarctique.
Bien que l’hôte, Oneirophanta mutabilis, ait une distribution abyssale cosmopolite
il semblerait donc que son parasite, Pisolamia brychius, soit limité aux populations atlan¬
tiques (carte).
Il est intéressant de noter que deux espèces de Copépodes commensaux sur le tégument
A’Oneirophanta mutabilis ont été décrites (Humes, 1974).
Carte : Répartition de l'Holothurie Oneirophanta mutabilis : animaux parasités (•) et non parasités (o).
B — Morphologie générale
Le nombre de parasites par Holothurie varie entre un et cinq. Ils sont tous situés à la
face ventrale, que ce soit dans l’interradius droit ou gauche, généralement dans une zone
située entre le troisième et le quatrième cinquième du corps de l’hôte. Un seul Pisolamia
se trouvait sur la ligne médiane ventrale.
La coquille
La coquille, blanche, globuleuse, a déjà été décrite de façon très complète par Watson
et Locard. Les plus grandes ont six tours de spire, dont le dernier occupe presque les quatre
64 —
Fig. 3. — Dissection d’une Oneirophanta, montrant les relations hôte-parasite : 1, coquille du Pisolam a
2, disque du mufle du Gastéropode ; 3, intestin de l’Holothurie ; 4, podia de l’Holothurie ; 5, probosc
du parasite ; 6, tégument de l’hôte ; 7, vaisseau du système hémal de T Holothurie.
cinquièmes de la hauteur. La plus grande coquille est celle décrite par Watson (12,7 X
9,9 mm). La sculpture consiste en stries spirales incisées, très discrètes la plupart du temps
mais particulièrement fortes sur l’individu du « Chain >'. Chez les individus jeunes, la coquille
est moins globuleuse et la hauteur excède largement le diamètre : N, hauteur 3,3 mm,
diamètre 1,9 mm ; H, 4,2 X 3,0 mm ; Q, 4,8 X 3,3 mm. La coquille est très mince et laisse
voir par transparence l'animal, dont les tours supérieurs sont orangés. La protoconque est
formée d’un tour et demi, lisse, mesurant 550 p.m dans leur plus grande dimension, indiquant
de toute évidence un développement direct ou, à la limite, lécithotrophe (fig. 8). Il n’y a
pas d’opercule.
Fig. 6
Fig. 4. — Coupe longitudinale du mufle montrant le mode d’attache sur le tégument de l’Holothurie :
1, coelome de l’hôte ; 2, collier nerveux périœsophagien ; 3, lacune sanguine périœsophagienne ; 4,
manteau; 5, disque du mufle; fi, œsophage; 7, paroi ventrale (trivium) de l’Holothurie; 8, pied;
9, tentacule ; 10, trompe.
Fi g. 5. — Zone d’attache du mufle au tégument de ÏOneirophanta. A et B : tissu conjonctif et lobes epi¬
théliaux du Pisolamia ; C et D : tissu connectif lâche et compact de l’Holothurie.
Fig. 6. — Coupe de Pisolamia perpendiculaire à l’axe columellaire, au niveau de l’appareil génital : 1, cavité
palléale ; 2, communication entre la glande de l’albumine et le réceptacle séminal ; 3, canal hermaphro¬
dite ; 4, glande coquillière ; 5, glande de l’albumine ; 6, glande digestive ; 7, muscle columellaire ; 8,
partie ovarienne de l’ovotestis ; 9, partie testiculaire de l’ovotestis ; 10, réceptacle séminal ; 11, rein.
1, 5
— 66 —
Relations anatomiques
Nous avons vu (Bouchet & Lützen, 1976 : 1014) que Pisolamia n’est attaché à l’Holo¬
thurie que par son mufle (fig. 4). Au niveau du tégument de l’hôte, l’épithélium du mufle
forme 6 ou 7 plis très réguliers reposant sur une assise de tissu conjonctif (fig. 5) ; mais
le tégument contigu de l’Echinoderme est aussi modifié : son allure est moins compacte
et consiste en un réseau plus ou moins lâche de fibres de tissu conjonctif. Le long des plis
du mufle, ces fibres sont orientées perpendiculairement à la surface des cellules épidermiques
du Mollusque. L’apparence générale de cette zone de contact laisse supposer une liaison
permanente et il ne semble pas qu’une fois fixé le parasite puisse à nouveau quitter l’hôte.
Après avoir traversé le tégument de l’Elasipode, le mufle forme un énorme disque,
fisse, qui n’est pas attaché à l’hôte. Du côté antérieur, concave, du disque, qui fait face à
la cavité générale de YOneirophanta, sort un long proboscis grêle, finement annelé. Il con¬
tourne une anse intestinale puis montre un étranglement qui précède son entrée dans le
système hémal (fig. 3).
Dans deux des Gastéropodes (H et I), le proboscis est assez court et n’est pas attaché
aux organes de Lliôte. Sur A et B, au contraire, ils sont introduits tout près l’un de l’autre
dans le système hémal dorsal de l’anse intestinale ascendante. Les proboscis de E et F
s’introduisent également dans le système hémal de l’anse ascendante en deux points séparés
par 10 mm environ. Le proboscis de C mesure 18 mm et suit la partie ventrale de l’anse
ascendante, peut-être à cause de sa longueur beaucoup plus faible. Il montre, à 7 mm de
son extrémité, le même étranglement caractéristique.
Nous donnons de ces observations, qui s’appuient aussi sur celles des coupes sériées,
l’interprétation suivante : lorsque l’animal se nourrit, le proboscis est introduit jusqu’à
la constriction dans un sinus du système hémal. Il est possible qu’il soit ensuite rétracté
hors de cette lacune, comme c’est le cas des individus H et I, mais il est plus vraisemblable
qu’il s’agisse d’un artefact dû au traumatisme de la capture et de la remontée dans le chalut.
C’est à l’endroit de l’étranglement, et à aucun autre, que le proboscis est attaché au
sinus sanguin : l’épithélium du proboscis, qui est par ailleurs finement papilleux sur toute
sa longueur, est fisse à cet endroit et étroitement appliqué contre l’endothélium du sinus.
La partie étranglée remonte un peu à l’intérieur de la partie dilatée, qui forme une sorte
de calotte autour de la perforation du sinus (fig. 7). Il est très clair, sur les individus E et F,
que c’est de la lacune principale dorsale (ou externe) qu’il s’agit et il semble que cela soit
aussi le cas pour A et B. Sur les autres animaux que nous avons examinés, les parois des
sinus se sont plus ou moins rompues et il est difficile d’affirmer quoi que ce soit.
Il est peut-être bon de rappeler que les capillaires absorbants se trouvent sur la première
anse descendante de l’intestin et sur l’anse ascendante (Cuénot, 1948). L’endroit où est
introduit le proboscis du parasite est donc sans doute le plus riche du point de vue alimen¬
taire.
C — Anatomie
A part les yeux, totalement absents, les organes sensoriels sont bien développés :
les tentacules céphaliques sont de taille normale ; la cavité branchiale abrite un osphradium
à la base d’une branchie monopectinée ; il y a des statocystes. Il est possible de distinguer
— 67
dans la masse nerveuse péri-œsophagienne une paire de ganglions cérébraux, pleuraux,
pédieux et un ganglion sous-œsophagien. On reconnaît aussi le ganglion viscéral, le ganglion
supra-œsophagien et les deux ganglions buccaux mais nous n’avons pas trouvé le ganglion
de l’osphradium.
Le pied très déformé par la fixation est relativement petit quoique loin d’etre atrophié ;
les glandes pédieuses antérieure et postérieure s’ouvrent tout près l’une de l’autre.
Tube digestif
Le tube digestif s’ouvre à l’extrémité du proboscis par un pharynx allongé, auque
font suite un très long œsophage, l’estomac et la glande digestive. Il n’y a ni rectum ni anus
Fig. 7. — Coupe longitudinale du proboscis au niveau de l’entrée dans le vaisseau sanguin de l’Échinoderme :
1, épithélium ordinaire du proboscis ; 2, épithélium glandulaire du proboscis ; 3, muscle rétracteur
buccal ; 4, œsophage ; 5, paroi du vaisseau sanguin de l'hôte ; 6, paroi du vaisseau hémal, appliqué
sur la face externe de l’épithélium du proboscis ; 7, pharynx ; 8, sinus sanguin du parasite ; 9, tissu
conjonctif.
— 68 —
Le pharynx s’étend dans toute la partie antérieure du proboscis, en avant de la cons¬
triction. Les ganglions buccaux sont dans l’épaisseur de la paroi pharyngienne, tout près
de son ouverture : les connectifs cérébraux-buccaux font donc toute la longueur du proboscis,
soit plusieurs centimètres ! Lorsqu’on approche de l’étranglement, la paroi du pharynx
s’amincit par perte d’une couche de cellules vacuolisées. Cette zone marque la limite entre
le pharynx et l’œsophage, dont la structure est beaucoup plus simple : un épithélium cubique
entouré d’une fine assise de conjonctif musculaire. Cet œsophage « flotte » librement à l’inté¬
rieur du sinus sanguin qui remplit tout le proboscis. Sur l’un des animaux étudiés, nous
avons pu voir que ce sinus communique avec un réseau de lacunes sanguines situées dans
le disque du mufle.
Les deux paires de muscles rétracteurs buccaux commencent juste en arrière du collier
péri-œsophagien. La première paire s’attache sur la paroi du sinus au niveau du disque
du mufle ; l'autre au niveau de la constriction marquant le passage du pharynx à l’œso-
phage.
L’épithélium stomacal est formé de hautes cellules contenant de nombreuses vacuoles
et inclusions. L’estomac communique par de nombreuses ouvertures avec la glande diges¬
tive. Dans l’œsophage et l’estomac des animaux (y compris I, dont le proboscis — nous
l’avons vu — n’était pas introduit dans le système hémal), nous avons observé une grande
quantité d’éléments figurés du sang de l’Holothurie, qui forme donc à coup sûr l’alimenta¬
tion du Pisolamia. Ce qui est moins certain, c’est comment le parasite aspire cette nourri¬
ture : car nous n’avons pas pu mettre en évidence la musculature pharyngienne qui joue
d’habitude le rôle de pompe chez les Gastéropodes parasites. Il faut cependant se rappeler
que notre matériel n’était pas fixé pour une étude cytologique fine.
Bien que les relations morphologiques hôte-parasite laissent supposer une liaison
permanente proboscis-système hémal, la persistance d’une paire antérieure de rétracteurs
buccaux suggère que la partie pharyngienne du proboscis puisse être plus ou moins rétractée.
Par ailleurs, l’interprétation la plus vraisemblable que l’on puisse donner du réseau de sinus
du disque du mufle est celle de réservoir pour la lacune sanguine du proboscis. L’utilité
d’un tel réservoir ne se comprend que si le proboscis est occasionnellement rétracté. Chez
Robillardia (Gooding et Lützen, 1973 : 9) et Echineulima (Lützen et Nielsen, 1975 :
190-1), ce sont les lacunes céphaliques qui jouent ce rôle de réservoir.
Reproduction
Nous avons examiné sur sections sériées les appareils génitaux de neuf exemplaires
(C, E, il, I, L-O, Q) de taille comprise entre 1,7 et 7 mm.
Les deux plus petits exemplaires (L, N : diamètre 1,7 et 2,0 mm) sont en phase mâle.
La gonade est formée d’un grand nombre d’acini mâles qui se déversent directement ou
indirectement dans un espace central ; de là part le spermiducte, large et rempli de sperme
dans sa première partie, ensuite étroit et sinueux, qui conduit à la partie postérieure
de la cavité palléale et se poursuit sous forme d’une gouttière palléale séminale ouverte
jusqu’à l’extrémité du pénis. Une glande de la prostate est présente à l’ouverture du spermi¬
ducte. Le pénis est situé loin derrière le tentacule céphalique droit.
Chez deux exemplaires légèrement plus grands (H et Q : diamètre 3,0 et 3,3 mm), la
périphérie des acini s’est transformée en épithélium ovarien, dans lequel les plus grands
ovocytes mesurent 25 à 35 pm de diamètre ; la partie centrale des acini, comptant pour 65 à
— 69
70 % du volume total de la gonade, est toujours mâle. Chez C (diamètre 4-5 mm) les plus
grands ovocytes ont un diamètre de 50 (im. Chez I (diamètre 4,5 mm), les ovocytes de
60 X 110 |im, font saillie depuis l’épithélium périphérique dans la lumière des acini, mais il y
a en plus quelques ovocytes beaucoup plus gros, chargés de réserves vitellines. Les parties
mâle et femelle de la gonade occupent à peu près le même volume.
Fig. 8. — Protoconque de Pisolamia au microscope électronique à balayage (X 160).
Quand on passe aux individus de diamètre supérieur ou égal à 6 mm (E, M et O),
l’épithélium périphérique des acini est considérablement développé avec des ovocytes
apparemment mûrs, d’un diamètre de 325 p.m environ. La partie centrale de la gonade et
quelques-uns des acini produisent encore des spermatocytes. Le spermiducte s’est transformé
en spermoviducte, dont la partie distale est ciliée. Il s’élargit en une courte bourse copula-
trice, qui communique à une de ses extrémités avec un réceptacle séminal en forme de sac,
contenant ou non de l’allosperme régulièrement disposé ; à l’autre extrémité, la bourse
copulatrice communique avec une énorme glande capsulaire, dont les parois profondément
plissées sont visibles par transparence à travers la coquille ; cette glande capsulaire com¬
munique sur toute sa longueur, par une fente, avec la cavité palléale.
Ainsi, Pisolamia brychius est d’abord mâle et se transforme graduellement en herma¬
phrodite simultané. Avec la croissance, la partie mâle de la gonade décroît proportionnelle¬
ment en volume pour ne plus occuper que 5 % chez un individu de diamètre 7 mm (O).
Il est peu probable que la gonade toute entière se transforme finalement en ovaire : cela
excluerait la possibilité de fécondation croisée entre couple de partenaires de taille égale
lorsque ceux-ci sont au maximum de leur production ovarienne. Il convient également
— 70 —
de noter que le pénis est toujours présent, quoique proportionnellement plus grand chez
les individus de petite taille.
Le diamètre des ovules mûrs, atteignant 325 p.m, confirme les résultats tirés de l’obser¬
vation de la protoconque concernant le développement direct ou lécithotrophe de l’espèce
(fig. 8). Par comparaison, les espèces suivantes ont un développement larvaire planctonique
(Tuorson, 1946 ; Gooding & Lützen, 1973) et un diamètre des ovules mûrs de : Pelseneeria
stylifera, 75 pm ; Echineulima mittrei, 85 pin ; Stilifer linckiae, 110 pm ; Robillardia cernica,
120 pm.
Les animaux sont apparemment capables de pondre des œufs à partir d'un diamètre
de la coquille de 5-6 mm. Cependant, aucune capsule ovigère n’a été trouvée sur ou auprès
de la dizaine d individus non solitaires ayant atteint cette taille. Trois animaux mûrs
(E, M et O) examinés en sections sériées n’ont révélé d’œufs segmentés ni dans la glande
capsulaire ni ailleurs dans le corps. Des juvéniles se trouvaient à côté de trois gros exem¬
plaires mais ne pouvaient être leur descendance puisque deux d’entre eux étaient encore
immatures et le troisième, quoique mûr, était sans partenaire. Il est donc vraisemblable
que les capsules ovigères, fabriquées sans aucun doute dans la glande capsulaire, tombent
sur le fond. Quatre juvéniles qui venaient de se fixer très récemment auprès d’un individu
plus gros, se trouvent exactement au même stade de développement : ils viennent proba¬
blement de la même capsule ovigère, ce qui indiquerait des possibilités de dispersion très
limitées et une vie larvaire planctonique extrêmement courte ou nulle.
Il semble par ailleurs que la glande capsulaire, la glande de l’albumine et le réceptacle
séminal se forment par transformation de la gouttière séminale lorsque les animaux ont
atteint un diamètre compris entre 2 et 3 mm.
D — Discussion, Conclusion
La simplicité de l'appareil génital de Pisolamia montre une affinité avec les Eulimidae
et les « Stiliferidae », si ce n’est cpie la gonade est hermaphrodite. Mais le pseudopallium,
si caractéristique des « Stiliferidae » et des « Entoconchidae », manque totalement.
Le mode d’attache du mufle sur le tégument de l’Holothurie n’a été observé chez aucun
autre genre. Nous avons déjà fait remarquer (Bouchet & Lützen, 1976 : 1015) que d’autres
« Entoconchidae » se nourrissent de sang d’Holothuries. Parmi eux, une espèce à position
systématique incertaine, Gasterosiphon deimatis (Koehler et Vaney, 1903), parasite de
l'Élasipode Deima blakei Théel, a le plus de points communs avec Pisolamia.
Gasterosiphon (fig. 9) est un parasite interne, sans coquille, qui est en communication
avec le milieu extérieur par un siphon pseudopalléal. Dans les deux seuls individus connus,
ce siphon s’ouvre sur la face ventrale du Deima , pas très loin de la région eloacale. La niasse
viscérale est encore spiralée mais il n’y a ni yeux, ni tentacules, ni rein, ni cœur ; la cavité
palléale a disparu et il n’y a donc pas de branchie. De la base du pseudopallium part le
long proboscis finement papilleux qui va s’introduire dans le sinus principal du système
hémal intestinal ; au point d’insertion, il s’épaissit considérablement mais nous n’avons pas
de description fine de l’association hôte-parasite à cet endroit. L’œsophage court dans tout
le proboscis au milieu du sinus sanguin ; il n’y a ni intestin ni anus.
— 71 —
Fro. 9. — Vue générale de Gasterosiphon deimatis Koehler & Vaney : 1, masse spiralée d’ovules ; 2, renfle¬
ment formé par la masse viscérale du parasite entourée du pseudopallium ; 3, siphon ; 4, trompe (d’après
Koehler et Vaney, 1903).
Cette description tendrait à voir dans Pisolamia un ancêtre éloigné de Gasterosiphon.
Au cours de l’évolution il serait devenu parasite interne en développant un pseudopallium
à partir de son mufle, tout en restant en rapport avec la face ventrale de l’Elasipode.
De toute façon, il serait hautement souhaitable de pouvoir examiner d’autres Gaste¬
rosiphon. Un point dans la description de Koehler et Vaney n’est particulièrement pas
clair : l’appareil génital y est décrit comme hermaphrodite mais nous suivrons Scuwan-
witsch (1917 : 139) lorsqu’il met en doute cette affirmation ; la description du prétendu
testicule fait davantage penser à un réceptacle séminal et en conséquence l’individu examiné
— 72 —
devait être une femelle. Ce résultat est évidemment en contradiction avec notre hypothèse
d’un lien de parenté entre Gasterosiphon et Pisolamia, mais correspond davantage à ce
que l’on sait des « Entoconchidae » qui sont tous gonochoriques, sans exception.
Dans l’état actuel de nos connaissances, il semble que les familles Stiliferidae et Ento¬
conchidae ont été trop strictement définies. Avec la découverte de nouveaux maillons
évolutifs, elles n’apparaissent que comme des Eulimidae à pseudopallium et/ou coquille
réduite ou nulle, dont elles constituent des termes avancés dans l’évolution vers le parasi¬
tisme. Le cas de Pisolamia montre que ce pseudopallium peut apparaître à des niveaux
adaptatifs différents selon les lignées évolutives et il semble raisonnable de considérer notre
parasite comme un Eulimidae spécialisé n’ayant pas encore acquis tous les caractères du
niveau évolutif « Stiliferidae ».
Megadenus oneirophantae n. sp.
Sur une cinquantaine d ’ Oneirophanta mutabilis disséquées, deux présentaient sur
l’intestin des boursouflures qui, une fois ouvertes, se sont révélées contenir des Gastéropodes
parasites. L’un des hôtes (INCAL CP 12) n’avait qu’une seule boursouflure, contenant
trois Gastéropodes. Sur la branche ascendante de l’intestin du deuxième (INCAL WS 03)
se trouvaient deux renflements, juste devant un gros vaisseau hémal, contenant trois et
six parasites. On voit assez distinctement le Gastéropode et son proboscis à travers la paroi
intestinale semi-transparente. En aucun cas les parasites ne semblaient obstruer la lumière
du tube digestif.
Localité-type : N.O. « Jean-Charcot » stn. INCAL CP 12, 46°00' N, 10°18' W, 1 796 m.
Matériel-type : holotype Ç et allotype <J au MNHN.
Description
Si l’on met de côté les 6 exemplaires juvéniles, deux types d’animaux peuvent être
distingués : l’un grand, assez massif et orange, l’autre plus petit, plus élancé et blanchâtre.
Les deux types se rencontrent dans chacun des trois renflements, aussi est-il tentant de les
considérer respectivement comme femelle et mâle. Le matériel ayant été fixé à l’alcool, cette
supposition n’a pu être vérifiée histologiquement. Si néanmoins elle est correcte, ce dont
nous sommes convaincus, un renflement (CP 12) contient une grande Ç et deux juvéniles,
dont l’un est peut-être un jeune <§ ; un autre renflement contient une petite $, un et un
juv. ; le troisième contient une $ de taille moyenne, deux et 3 juv. Les différences de
forme de la coquille dans les deux sexes rendent improbable l’existence d’un hermaphrodisme
protandre chez cette espèce.
La plus grande $ (holotype) (fig. 10) mesure 9,3 mm de haut et 7,5 mm de diamètre ;
la coquille a 1,5 tours embryonnaires et 6 tours postlarvaires dont le diamètre croît très
rapidement. Le plus grand $ (allotype) (fig. 11) mesure 3,0 mm de haut, 1,6 mm de diamètre
et 3 tours postlarvaires. La coquille est transparente, fine et fragile et montre de faibles
stries de croissance. La suture est assez profonde.
Megadenus oneirophantae , holotype $. A : vue dorsale, légèrement plus agrandie que la vue
ventrale ; B : vue ventrale. (L’échelle de 2 mm se rapporte à la fig. 10 B.)
Megadenus oneirophantae, allotype (J. A, vue dorsale ; B, vue ventrale,
— 74 —
Les deux sexes ont de volumineux organes qui ne peuvent pas être rétractés dans la
cavité palléale, mais le mode de fixation en rend l’analyse délicate. Une partie pourrait
représenter le pied. Il est plus que probable que la partie charnue en forme de cupule qui
entoure la base de la coquille est le pseudopallium ; il ne recouvre pas la coquille mais s’est
peut-être rétracté à la fixation. De sa partie inférieure sort un fin proboscis. II est relative¬
ment court, sinueux et tout son cours est compris dans l’épaisseur de la paroi intestinale.
Dans l’un des spécimens il semble qu’il se termine dans le vaisseau hémal principal qui
accompagne l’intestin.
Nous n’avons pas vu de capsules ovigères. Dans deux des autres espèces connues de
Megadenus, celles-ci sont déposées sur la coquille du $. La protoconque mesure environ
500 p.m de long pour un diamètre de 420 p.m, et indique, comme chez Pisolamia, que les
œufs sont très gros et le développement direct ou lécitotrophe.
Remarques
Megadenus comprend quatre autres espèces, parasites d’Holothuries : holothuricola
Rosén, 1910 ; voeltzkowi Schepman et Nierstrasz, 1913 ; cantharelloides Humphreys et
Lützen, 1972 ; et une espèce encore non nommée (Jones et James, 1970). Elles vivent
dans l’intestin ou le système aquifère des Aspidochirotes et M. oneirophantae est la première
espèce signalée sur une Elasipode. Chez les trois espèces déjà connues, mâles et femelles
sont de taille comparable, alors qu’ici le mâle est beaucoup plus petit que la femelle.
Megadenus oneirophantae présente des caractères plus avancés et d’autres moins spécia¬
lisés que Pisolamia dans l’évolution vers le parasitisme. Ils représentent sans doute deux
rameaux évolutifs différents d’Eulimidae parasites d’Holothuries.
Remerciements
Nous remercions M. Laurier (CNEXO), chef de mission, de nous avoir confié l’étude de ces
parasites, M me M. Sibuet (CNEXO) et M. Pawson (USNM) pour l’examen des Oneirophanta
de leurs collections, et M Ue K. Way (BMNH) pour son aide au British Museum. Les figures 10 et 11
ont été réalisées par M me C. Beauchamp.
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section A, n° 1 : 77-80.
Sur la position systématique du genre
Woodwardostrongylus Wahid, 1964
(Nematoda, Strongyloidea)
par Marie-Claude Durette-Desset et Ian Beveridge *
Résumé. — Le genre W oodwardostrongylus Wahid, 1964, placé par Mawson, 1976, dans les
Amidostomatidae, est transféré dans les Strongyloidea à cause des caractères suivants : présence
d’un pharynx annelé, bourse caudale typique de certains Strongyloidea, ovéjecteur tendant à la
monodelphie par fusion du début des 2 branches génitales (Strongyloidea) et non par disparition
d’une des branches génitales (Trichostrongyloidea), bouche très originale mais pouvant s’inter¬
préter par la fusion et la sclérification de la coronule présente chez les Strongyloidea.
Abstract. The genus Woodwardostrongylus Wahid, 1964, which was placed by Mawson,
1976, in the Amidostomatidae, is transferred to the Strongyloidea because of the following features :
presence of a transversely striated pharynx ; a bursa typical of certain Strongyloidea ; a tendency
towards monodelphism due to fusion of the distal portions of the 2 branches of the female genital
tract (Strongyloidea) ; and unique mouth structure which may be interpreted as the fusion and
sclerification of leaf crown elements present in the Strongyloidea.
L’un d’entre nous (I. B.) a récolté le 11 mai 1977 3 mâles et 9 femelles (MNHN 821 CA)
de l’espèce Woodwardostrongylus obendorfi Mawson, 1976, dans l’œsophage d’un Macropus
rufogriseus (Marsupial-Macropodidae), originaire de Penola (South Australia).
Ceci nous permet d’apporter quelques compléments morphologiques à l’excellente
description de Mawson et de tenter de préciser la position systématique du genre Wood¬
wardostrongylus.
Redescription
Tête
La bouche est très petite, ovalaire, allongée dorso-ventralement. Elle est entourée
par une plaque chitinoïde, armée d’une quinzaine de pointes, figurée en 1 B.
La tète porte 2 amphides, 6 papilles labiales internes réduites à un point, 6 papilles
labiales externes dont les 4 latéro-médianes sont transformées en une petite dent chitinoïde,
et 4 papilles céphaliques (fig. 1, B).
* M. C. Durette-Df.sset, Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNRS, Muséum national d'Histoire
naturelle, 43 rue Cuvier, 75231 Paris Cedex 05, France.
I. Beveridge, Department of Veterinary Science, James Cook University of North Queensland, Towns¬
ville, QLD 4811, Australia.
— 79 —
En profondeur (fig. i, A), en plus de la plaque labiale dorso-ventrale, il y a 4 paires
de lames opaques qui évoquent un peu les formations sur lesquelles s’insèrent les muscles
buccaux dans un groupe très différent : celui des Cucullanidés.
Cet appareil conduit à supposer qu’au cours de l’évolution une coronule primitive
s’est, scindée en 2 mâchoires, qui ont ultérieurement fusionné en une plaque chitinoïde
apicale non articulée.
Il existe un pharynx, avec une légère annelure de la paroi interne, séparé de l’œsophage
par un anneau chitinoïde allongé dorso-ventralement (fig. C, D).
Synlophe : Absent.
Mâle : Chez un mâle long de 13,8 mm, les principales mensurations sont les suivantes :
anneau nerveux, pore excréteur et deirides situés respectivement à 325 \j. m, 450 p,m et 450 pin
de l’apex. Œsophage : 850 pm. Spicules : 1 350 pm, ailés sur presque toute leur longueur,
à extrémité arrondie (fig. 1, H). Bourse caudale, figurée en 1, ,1, dillieile à étaler car elle
se présente comme une cloche totalement refermée sur elle-même. Contrairement à la descrip¬
tion originale, chaque rameau de la côte dorsale de nos spécimens est divisé en 3 et non
2 branches (fig. 1, J). Cône génital figuré en 1, 1 portant la papille impaire arrondie et les
2 papilles 7, allongées. Gubernaculum en forme de cœur (fig. 1, G).
Femelle : Chez une femelle longue de 16,8 mm, les principales mensurations sont les
suivantes : anneau nerveux, pore excréteur et deirides situés respectivement à 350 pm,
500 pm et 500 pm de l'apex. Œsophage long de 550 pm. Queue : 150 pm. Vulve à 300 pm
de l’extrémité caudale. Vagina aéra : 90 pm. Vestibule impair long de 650 pm. Les sphincters
sont pratiquement fusionnés en un seul organe long de 150 pm (fig. 1, E). Trompe ventrale :
310 [Am. Trompe dorsale : 250 pm. Dans chacune des branches utérines, les œufs, au nombre
d’environ 25, sont hauts de 140 |'.m sur 80 pm et disposés sur une seule file (fig. 1, F).
Discussion
Le genre W oodwardostrongylus a été créé par Wahid en 1964 pour l’espèce Pharyn-
gostrongylus woodwardi Wood, 1931. En 1971, Mawson n’ayant pas eu connaissance du
travail de Wahid crée le genre Cristaceps pour la même espèce et le place dans les Amido-
stomatidae du fait de sa ressemblance avec Filarinema : « The long slender body, the situa¬
tion of the cephalic papillae, as well as the location in which the species is found, are sugges¬
tive of Filarinema spp. ». En 1976, Mawson effectue la synonymie de Cristaceps avec
\V oodwardostrongylus et décrit une seconde espèce W. obendorfi.
Bien que les arguments de Mawson en faveur du rapprochement de Filarinema spp.
et de Woodwardostrongylus paraissent excellents, nous sommes cependant persuadés que
le genre appartient aux Strongyloidea. En effet :
1. Les Trichostrongyloïdes n’ont jamais de pharynx. Le pharynx de W oodwardostron¬
gylus, par sa forme et surtout par sa structure, rappelle celui de certains Strongyloidea,
comme Rugopharynx Mônnig, 1926, par exemple.
2. La bourse caudale est celle que l’on rencontre chez la plupart des Strongyloïdes
de Marsupiaux, alors qu’un tel type est inconnu chez les Trichostrongyloidea.
— 80
3. L’ovéjecteur a des sphincters très courts, ce qui évoque plus un Trichostrongyloïde
qu’un Strongyloïde. Cependant, l'anatomie générale est typique d’un Strongyloidea et
non d’un Trichostrongyloidea. Chez ces derniers, il existe toujours un sphincter et une
branche génitale à chacun des pôles du vestibule. Lorsque l’animal devient monodelphe,
il y a atrophie de la branche génitale postérieure et l’on ne trouve jamais les deux sphincters
rassemblés au pôle antérieur. La seule exception est celle du genre Batrachostrongylus
Yuen, 1963, qui, comme l’indique bien l’auteur, est intermédiaire entre Strongyloidea et
Trichostrongyloidea.
4. La bouche est si particulière qu’elle ne rappelle aucun Strongyloidea ou Tricho¬
strongyloidea connus. La façon la plus simple d’interpréter ces structures est cependant
d’admettre la fusion et la sclérifîcation d’une coronule d’environ 15 (IV. obendorfi) à 30
(espèce-type) feuillets.
En conclusion, nous classons le genre Woodwardostrongylus dans les Strongyloidea
à proximité de Rugopharynx. Il s’agit d’une forme très spécialisée. Sachant que les Tricho-
strongyloïdes dérivent des Strongyloïdes (cf. Chabaud, 1959), on comprend que Mawson
lui ait trouvé beaucoup d’alfinités avec les Trichostrongyloïdes.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Manuscrit déposé le 28 février 1979.
Bull. A lus. nain. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 2, 1980,
section A, n° 1 : 81-85.
Contribucion al conocimiento
de la fauna parasitolôgica argentina.
Y i. Sobre un nuevo Lauroünae (Nematoda. Ascaridida)
por C. A. Sutton, A. G. Chabaud y M. C. Durette-Desset *
Résumé. - Description de Nematomystes rodentiphilus n. gen. n. sp., parasite d ’Oxymycterus
misionalis Sandborn, 1931 (Rongeur Cricétidé), en Argentine. Le nouveau genre, caractérisé à la
fois par l’existence de trois plaques prolongeant les lèvres et par une ventouse cloacale bien déve¬
loppée, appartient aux Lauroiinae (Aspidoderidae).
Abstract. — Description of Nematomystes rodentiphilus n. gen. n. sp. parasite of the Argentine
rodent Oxymycterus misionalis Sandborn, 1931 (Cricetidae). The new genus, characterized by
the three plates prolonging the lips and by a well developed cloacal sucker, belongs to Lauroiinae
(Aspidoderidae).
En este trabajo se describe un Nematodo parasito del roedor Oxymycterus misionalis
Sandborn, 1931, preveniente de la provincia de Misiones (Argentina) y que constituye un
nuevo género para la subfamilia Lauroiinae Skrjabin & Schikhobalova, 1951, para el cual
proponenios el nombre de Nematomystes rodentiphilus n. gen., n. sp.
Nematomystes n. gen.
Aspidoderidae — Lauroiinae : cada labio se prolonga por detrâs en una plaça ancha
donde cada borde sostiene una lamina rectangular prolongada hacia afuera y hacia atras
en una membrana transparente. Alas latérales présentes. Ventosas precloacales bien desar-
rolladas. Esplculas iguales.
Parâsito de Roedores neotropicales.
Especie tipo : Nematomystes rodentiphilus.
Nematomystes rodentiphilus n. sp.
(Lamina 1)
Material estudiado : 5 y 13 $ (Lote tipo 180 D).
Huésped : Oxymycterus misionalis Sandborn, 1931.
* A. C. Sutton : Facultad de Ciencias Naturales y Museo de La Plata, Carrera del Invesligador Cienti-
fico del Consejo Nacional de Investi gaciones Cienüftcas y Técnicas (CONICET), Argentina.
A. G. Chabaud y M. C. Durette-Desset : Laboratoire de Zoologie (Vers), associé au CNRS, Muséum
national d’Hisloire naturelle, 43, rue Cuvier, 75231 Paris Cedex 05, France.
1, 6
Lamina 1. — Nemaloinystes rodentiphilus n. gen. n. sp. A-F, extremo anterior : A, vista frontal, iabios
B, vista frontal total ; C, vista frontal ventral ; D, vista frontal dorsal ; E, vista frontal general obser
vando lobulos labiales ; F, vista ventral ; G, vâlvula esofagica ; H, hembra : region vulvar ; I, hembra
extremo caudal ; J, macho, extremo posterior, vista lateral ; K, macho, extremo posterior, vista ventral
L, gubernâculo.
A, C, D, E : éeh. 50 um ; B, éch. 100 p.m ; G, H, I : cell. 200 jxm ; F, J, K, L : éch. 150 pan.
— 83 —
Procedencia : Arroyo Zaiman — Departamento Capital — Provincia de Misiones, Argentina.
Col. Massoia — De Simone.
Localizaciqn : Ciego.
Los espécimenes tipo se hallan en la coleccmn de Helmintologia del Museo de la Plata (Argen¬
tina) y los paratipos en el Muséum national d’ Histoire naturelle de Paris.
Descripciôn
Blancos, pequenos. Extremo caudal decreciendo progresivamente, mucho mas delgado
el macho. Caheza formada por 3 gruesos labios prolongados hacia atrâs en plaças complejas.
El labio dorsal es mayor que los dos lateroventrales. 4 papilas cefalicas, 2 papilas labiales
externo-laterales y 2 ânfîdos posteriores a estos bltimos junto a su borde posterior.
Borde anterior de los labios fnertemente lobada con su parte axial protubérante subdi-
vidida en 2 o 3 lobulos.
Cada una de las plaças c[ue prolongan hacia atrâs los labios es de forma muy compleja :
una plaça central de borde posterior redondeado lleva en cada uno de sus bordes una pequena
lamina rectangular insertada por un lado en el borde bucal y en el otro en la mitad del borde
lateral de la lamina central.
Cada una de estas 6 pequenas laminas se prolonga hacia atrâs y por el costado por un
anexo membranoso y transparente en donde el extremo posterior se halla bruscamente
truncado.
Los labios, las plaças labiales y los anexos de las plaças labiales forman un conjunto
separado del cuerpo por un surco cervical (A-E).
Esofago claviforma de 0,570 — - 0,864 mm de largo en el macho y 0,480 — 0,710 mm
en la hembra, por 0,072 — 0,080 mm de anebo en el macho y en la hembra, terminando
en un bulbo esofâgico alargado un poco mâs anebo que el resto, con conspicua vâlvula
trirradiada (F, (1). No se ha observado poro excretor ni anillo nervioso.
Hembra : anfidelfa, vulva poco salientc situada en el tercio anterior a 2,016 —
2,890 mm del extremo anterior (H). Vagina y ovejector sin ninguna sena particular.
Ano a 0,240 - 0,4300 mm del extremo posterior. Largo total : 1,728 — 5,700 mm, anebo
maxirno : 0,108 — - 0,314 mm. fluevos grandes, sub-elipticos, de extremos sub-iguales,
câscara gruesa y lisa, miden 0,040 — 0,050 X 0,060 — 0,080 mm de did metro menor y
mayor respectivamente, no hallàndose enbrionados dentro del litero.
Macho : mas pequeno que la hembra. Largo total : 3,520 — 4,032 mm, por 0,126 —
0,270 mm de ancho maximo. Extremo caudal atenuandose gradualmente como en la hem¬
bra, pero a diferencia de esta, présenta un pequeno apéndice caudal de 0,072 — 0,100 mm
de largo y cuyo extremo distal es redondeado. En la superficie medio-ventral posée una
ventosa génital amplia, bien desarollada y esférica de borde grueso quitinoso cuyas dimen-
siones son 0,072 X 0,050 mm, situada a 0,030 X 0,050 mm de la abertura cloacal, y 13 pares
de papilas marginales sésiles cuya distribuciün es : 2 pares por delante de la ventosa, 1 par
por detrés de la misma, 1 por delante y otro por detrâs de la abertura cloacal, y 8 pares
mas distribuidos regularmente hasta la base del apéndice caudal a cuyos lados se ubica el
ultimo par. (J, K) Espiculas grandes y pares, iguales, muy quitinizadas, de 0,480 à 0,630 mm
— 84 —
de largo, ligeramente curvas y de extremos redondeados. Gubernâculo grande y curvo,
subtriangular en vista frontal, y al igual que las espiculas muy quitinizado, de 0,108 à
0,130 mm de largo, con el extremo distal aguzado (K, L).
Discusiôn
Nuestra especie se ubica faeilmente en la sub-familia Lauroiinae Skrjabin & Schikho-
balova, 1951, que comprende 2 géneros : Lauroia Proença, 1938 (= Proencaia Gomes &
Pereira, 1970) y Paraspidodera Travassos, 1914, paràsitos de Xenartros y Roedores sud-
americanos.
Por la presencia de las 3 plaças en que se prolongan los labios hacia atrâs nuestra especie
se asemeja al género Lauroia, pero el aparato genital masculino junto con una ventosa cloacal
bien desarrollada la aproxima al género Paraspidodera.
Pero por otro lado la existencia de pequenas laminas bordeadas de membranas que
ornementan los bordes de las 3 plaças principales es un carâcter original que ofrece ciertas
semejanzas con algunos Heterakinae (genero Pseudoaspidodera por ejemplo).
En conclusion se hace necesario crear un nuevo género : Nematomystes n. gen. con
Nematomystes rcdentiphilus como especie tipo.
BIBLIOGRAFIA
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Manuscrit déposé le 22 mai 1979.
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 2, 1980,
section A, n° 1 : 87-97.
Trois nouveaux Syphacia ( Syphatineria ) (Nematoda, Oxvurinae),
parasites d’ Ecureuils africains
par Jean-Pierre IIugot *
Résumé. — Trois nouveaux Oxyurinae appartenant au genre Syphacia Seurat, 1916, et au
sous-genre Syphatineria Chabaud et Biocca, 1955, sont décrits. S. inlerjecta n. sp. chez Funisciurus
sp. est caractérisé par une vésicule céphalique et des ailes latérales réduites, des pièces copulatrices
courtes, un plateau céphalique circulaire. S. ivindensis n. sp. chez Aethosciurus poensis se distingue
de l’espèce précédente par une vésicule céphalique et des ailes latérales plus développées, des pièces
copulatrices de taille plus importante, un plateau céphalique de contour ovalaire. S. feeri. n. sp.
chez Protoxerus stangeri est très proche de S. ivindensis. 11 s’en distingue toutefois par le plus grand
développement des expansions cuticulaires céphaliques, latérales et caudales, un spiculé plus court
et caractéristique, des œufs plus grands, des lèvres moins développées. Ces trois espèces ont en
commun de posséder des lèvres bien développées qui tendent à recouvrir le plateau céphalique.
Cette particularité morphologique n’était connue jusqu’ici que dans le sous-genre plus évolué
Syphacia. On observe d’autre part que les Syphacia (Syphacia -j- Syphatineria ) de Sciuridés afri-
i nins forment un groupe très homogène et qu’ils ont probablement un ancêtre commun.
Abstract. — Three new species of Oxyurinae, belonging to genus Syphacia Seurat, 1916, and to
sub-genus Syphatineria Chabaud et Biocca, 1955, are described, all from the caeca of African squirrels
collected in Gabon. The three new species have we 1 ! developed lips and a lateral disposition of
the cephalic papillae. These morphological characteristics of the head were only known from the
sub-genus Syphacia and allow to separate the three new species from the other Syphatineria.
S. mterjecta n. sp. is a parasite of Funisciurus sp. and has reduced cephalic vesicle and lateral
wings, short spicule and gubernaculum and the front part of the head circular. 5. ivindensis
n. sp. is a parasite of Aethosciurus poensis and is differentiated from the previous species by the
well developed cephalic vesicle and lateral wings, the longer spicule and gubernaculum, and the
oval shape of the front part of the head. S. feeri n. sp. is a parasite of Protoxerus stangeri. It is
very closely related to S. ivindensis but can be differentiated from this species by the more devel¬
oped cephalic, lateral and caudal cuticular projections, a shorter spicule, larger eggs and less devel¬
oped lips. The species of the genus Syphacia (Syphacia + Syphatineria ) parasitising squirrels
are compared. The conclusion is that the African species form an homogeneous group and are
likely to have derived from a common ancestor.
Trois nouvelles espèces d’Oxyures appartenant au sous-genre Syphacia (Syphatineria)
ont été découvertes dans les cæca d’Eeureuils provenant de la région de Makokou (Gabon).
Les exemplaires-types sont déposés au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris.
* Laboratoire dis Fers, associé au CNRS, Muséuii national d’Histoire naturelle, 43 rue Cuvier,
75231 Paris Cedex 05.
— 88 —
Syphacia (Sypbatineria) interjecta n. sp.
Matériel-type : une centaine de c? et Ç dans le cæcum d’un Funisciurus sp. en provenance
de Makokou (Gabon) (MNHN : 12 KH).
Description
Dans les deux sexes : plateau céphalique de contour circulaire ; masque facial divisé
en trois grosses lèvres aux commissures épaissies. Les lèvres recouvrent l’ouverture buccale
Fig. 1. — Syphacia (Syphatineria) interjecta n. sp. (J. A, vue latérale; B, tête, a, vue apicale; b, coupe
optique au niveau des dents œsophagiennes ; C, tête, coupe optique passant par les amphides, vue
ventrale ; D, bourse caudale, vue latérale ; E, id., vue ventrale ; F, pore excréteur, vue ventrale ; G,
aile latérale au milieu du corps ; H, gubernaculum, crochet accessoire et spicule, vue latérale.
A : éch. 100 p.m ; B, C, D, E, F, G, H : éch. 50 pm.
— 89 —
et une partie du plateau céphalique (fig. IB, 2B). Vésicule céphalique peu développée, ailes
latérales réduites à l’état de crêtes. Dents œsophagiennes bien développées. Cycle interne
des papilles labiales visible. Papilles céphaliques très rapprochées des amphides. Terminaisons
sensorielles légèrement pédonculées.
Mâle : Longueur : 1,595 mm ; largeur maximale : 150 p.m. Vésicule céphalique longue
de 100 p.m. Anneau nerveux et pore excréteur situés respectivement à 115 p.m et 350 (i.m
de l’apex. Longueur œsophage : 280 jj.m, dont un bulbe de 70 p.m de diamètre. Longueur
de l’intestin : 1 140 [Am (fig. 1, A). Ecart des pores amphidiaux : 27 fj.m (fig. 1, B). Deux
bosses cuticulaires ornent la lace ventrale du corps, situées respectivement à 690 pm et
1 335 pm de l’apex ; elles mesurent 95 fj.rri et 85 jj.m de long. Les ailes latérales commencent
au niveau de la jonction œsophago-intestinale, pour se terminer au niveau de la partie
antérieure de la deuxième protubérance ventrale. Bouche testiculaire à 700 pan de l’apex.
Disposition des papilles et de la bourse caudale : voir fig. ID, 1E. Le spicule mesure 70 fj.ni X
7 (J.m. Longueur totale du gubernaculum : 42 pm X 7 pm. Crochet accessoire long de 6 pm
et haut de 17 pm, sans ornementation. Les deux prolongements ventraux du crochet acces¬
soire se réunissent postérieurement : en coupe optique, l’ensemble présente l’aspect d’un
anneau irrégulier étiré longitudinalement (fig. 1, E). Queue longue de 238 pm, dont un
appendice effilé de 180 pm.
Femelle : Longueur : 3,310 mm ; largeur maximale : 285 pm. Vésicule céphalique longue
de 120 pm. Crêtes latérales commençant à mi-chemin du bulbe et du pore excréteur, et se
terminant 340 pin en avant de l’anus. Anneau nerveux, pore excréteur, deirides droite et
gauche et vulve situés respectivement à 122 pm, 420 pm, 142 pm, 152 pm et 570 pm de
l’apex. Œsophage long de 330 pm, dont un bulbe de 84 pm de diamètre. Œufs non embryonnés
dellOpm X 30 pm (fig. 2, I, J). La surface de la coque est constellée de petits pores
(fig. 2, H). La vulve fait légèrement saillie sur la face ventrale. La queue est longue de
750 pm (fig. 2, A). Ecart des pores amphidiaux : 37 pm (fig. 2, B).
D ISCUSSION
Les Oxyures du genre Syphacia Seurat, 1916, dont le mâle ne présente que deux mame¬
lons cuticulaires ventraux sont regroupés dans le sous-genre Syphatineria Chabaud et Biocca,
1955, en opposition au sous-genre Syphacia, qui en montre trois. Le genre Syphacia est,
d’autre part, divisé en dix groupes par Quentin (1971) selon le degré d’évolution des struc¬
tures céphaliques.
Les caractères de nos spécimens en font des Syphatineria du groupe III, ce qui permet
immédiatement de les distinguer des autres espèces du sous-genre, dont les extrémités cépha¬
liques sont décrites, et qui appartiennent toutes, soit au groupe I, soit au groupe IL
Cinq autres espèces ont été décrites, sans que leur morphologie faciale soit connue :
S. sciuri Mirza et Singh, 1934, chez Sciurus palmarum au Pakistan est trop succinctement
décrit pour que nous puissions le comparer à nos spécimens ; S. pearsi Baylis, 1928, chez
Heliosciurus isabellinus au Nigéria, dont nos spécimens se distinguent par les dimensions
de leurs pièces copulatrices ; S. paraxeri Sandground, 1933, chez Paraxerus palliatus en
Rhodésie dont nos spécimens se distinguent par les mensurations de la queue et des œufs ;
enfin, S. tjanschani Ablasov, 1962, et S. toschevi Petrov et Bayanov, 1962, tous deux para-
2. — Syphacia (Syphatineria) interject a n. sp. $. A, vue latérale ; B. tête, a, vue apicale ; b, coupe
optique au niveau des dents œsophagiennes ; C, tête, coupe optique passant par les amphides, vue
ventrale ; D, extrémité antérieure, vue ventrale ; E, aile latérale au milieu du corps ; F, détail de la
région antérieure montrant la deiride et l’anneau nerveux, vue ventrale ; G, ovéjecleur, vue latérale ;
H, I, J, œufs.
A : éch. 400 pm ; D : éch. 200 pm ; G : éch. 100 p.m ; B, C, E, F, II, I, J : écb. 50 urn.
— 91 —
sites de Sciurus vulgaris L. en Kirghizie, et dont la disposition des papilles céphaliques
n’est pas connue, présentent, comme nos spécimens, trois lèvres bien développées, recou¬
vrant le plateau céphalique. Nos animaux s’en distinguent toutefois aisément par la taille
plus réduite de leurs pièces copidatrices, l’absence d’ailes cervicales et l’absence d’indenta¬
tions sur le crochet accessoire du gubernaculum.
Nous pensons donc cpie nos animaux appartiennent à une espèce nouvelle, que nous
nommons Syphacia ( Syphatineria) interjecta n. sp. en raison de la coexistence chez elle de
caractères primitifs et plus évolués. En effet les parasites que nous venons de décrire appar¬
tiennent au sous-genre le plus archaïque par ses caractères morphologiques ; par contre
la structure céphalique de type III et l’extrémité caudale relativement longue ne se rencon¬
trent habituellement que dans le sous-genre Syphacia.
Syphacia (Syphatineria) ivindensis n. sp.
Matériel-type : 13 (J et 7 Ç récoltés dans le cæcum d’un Aelhosciurus poensls (A. Smith)
provenant de la région de Makokou (Gabon) (MNHN 13 KH).
Description
Dans les deux sexes, masque facial divisé en trois grosses lèvres aux commissures
renforcées débordant largement un plateau céphalique de contour ovalaire. La lèvre dorsale
est moins importante que les deux lèvres latéro-ventrales. Papilles céphaliques légèrement
pédonculées, rapprochées des amphides. Le cycle interne des papilles labiales est visible.
Les dents œsophagiennes sont bien développées. La vésicule céphalique et les ailes latérales
le sont également ; à l’endroit de leurs jonctions, on observe deux petites deirides symé¬
triques (fig. 3, B, F).
Mule : Longueur : 1,97 mm ; largeur maximale : 125 g.ni. Vésicule céphalique longue de
130 pm, large de 70 pin. Anneau nerveux, deirides et pore excréteur situés respectivement
à 110 p.m, 130 pm et 440 pm de l’apex. Œsophage long de 282 pm, dont un bulbe de 70 pm X
65 pm. Longueur de l’intestin : 1,48 p.m. Deux bosses cuticulaires ornent la face ventrale
du corps, situées respectivement à 945 pm et 1 335 p.m de l'apex ; elles mesurent 78 pm
et 105 p.m de long. Les ailes latérales commencent immédiatement en arrière des deirides
et se terminent un peu après la deuxième bosse cuticulaire (fig. 3, A). Leur largeur atteint
20 p.m au milieu du corps. Boucle testiculaire à 1,34 pm de l’apex. Disposition des papilles
et de la bourse caudale figurée en 3, I, J. Spicule : 148 pm X 11 pm de large. Gubernaculum :
70 pm de long X 11 pm de large dont un crochet accessoire long de 12 pm et haut de 18 pm,
sans ornementation. Les deux prolongements ventraux se réunissent postérieurement,
comme il est décrit au paragraphe précédent (fig. 3, J). Queue longue de 200 p.m, dont une
pointe caudale de 135 p.m. Ecart des pores amphidiaux : 30 pm.
Femelle : Longueur : 4,550 mm : largeur maximale : 285 p.m. Vésicule céphalique longue
de 145 pm X 90 pm de large. Ailes latérales commençant immédiatement en arrière des
deirides, se terminant 400 p.m en avant de l’anus. Leur largeur atteint 35 p.m au milieu du
corps (fig. 3, G). Anneau nerveux, deirides, pore excréteur et vulve situés respectivement
à 170 pin, 145 pm, 495 pm et 720 pm de l’apex (fig. 3, F). Œsophage long de 375 p.m, dont
3. — Syphacia (Syphatineria) windensis n. sp. <J et $. A, çj, vue latérale ; B, <$, extrémité antérieure,
vue ventrale ; C, $, tête, vue apicale ; D, Ç, id., coupe optique au niveau des dents œsophagiennes ;
E, $, tête, vue ventrale, coupe optique ; F, $, extrémité antérieure, vue ventrale ; G, $, aile latérale
au milieu du corps ; H, œuf ; I, $, bourse caudale, vue latérale ; J, id., vue ventrale ; K, gubernaculum,
crochet accessoire et spicule, vue latérale.
A, B, F : éch. 200 pm ; C, D, E, G, H, K : éch. 50 pm ; I, J : éch. 100 pm.
— 93 —
un bulbe de 90 pim de diamètre. Œufs non embryonnés longs de 83 pim X 25 pim. L’opercule
est de grande taille et la paroi externe est constellée de petits pores irrégulièrement disposés
en rangées longitudinales. Queue longue de 970 pim. Ecart des pores amphidiaux : 37 pim
(fig. 3, C).
Discussion
La morphologie faciale de nos spécimens permet également de les ranger parmi les
Syphatineria du groupe III.
Ils se distinguent facilement de S. inlerjecta n. sp. par les mensurations des pièces
copulatrices, la présence de dilatations cuticulaires céphalique et latérales plus importantes,
la forme ovalaire du plateau céphalique, le développement du masque facial.
En outre, les mensurations de leurs pièces copulatrices permettent de les distinguer
de S. paraxeri, S. tjanschani et S. toschevi. Leurs mensurations sont très proches de celles
de S. pearsi, mais ils s’en distinguent par un œsophage relativement plus court et des œufs
nettement plus petits.
Nous considérons donc qu’ils appartiennent à une espèce nouvelle que nous nommons
Syphacia ( Syphatineria ) t vindensis n. sp., de Ogoue-Ivindo (chef-lieu de province : Makokou).
Syphacia (Syphatineria) feeri n. sp.
Matériel-type : Plusieurs centaines de spécimens collectés dans le cæcum d’un Protoxerus
stangeri Waterhouse, tué en octobre 1977 sur la rive gauche de l’Ivindo, par François Feer (MNHN
19 KH).
Description
Dans les deux sexes : plateau céphalique de contour ovalaire. Masque facial divisé
en trois lèvres aux commissures épaissies, ne recouvrant pas totalement le plateau (fig. 4B,
5A).
Papilles céphaliques volumineuses, rapprochées des amphides. Cercle interne des
papilles labiales visible. Glandes céphaliques bien visibles. Vésicule céphalique et ailes
latérales bien développées. Deirides en dépression à la surface cuticulaire situées à la nais¬
sance de l’aile latérale (fig. 4E, 5G, H).
Mâle : Longueur : 1 900 pm ; largeur maximale : 160 pm. Vésicule céphalique : longueur
185 jim, largeur maximale 105 pm. Anneau nerveux, pore excréteur et deirides situés respec¬
tivement à 110 pm, 420 pm et 165 pm de l’apex. Œsophage long de 310 pm dont un bulbe
de 60 pm de diamètre (fig. 4A). Écart des pores amphidiaux : 23 pm (fig. 4B). Deux bosses
cuticulaires ornent la face ventrale, situées respectivement à 1 050 et 1 325 pm de l’apex ;
elles mesurent 100 pm et 85 pm. Les ailes latérales commencent au niveau de la partie
postérieure de la vésicule céphalique et se terminent au bord postérieur de la deuxième
bosse cuticulaire. Leur largeur atteint 20 pm (fig. 4F). Intestin long de 1 400 pm, boucle
testiculaire située à 1 240 pm de l’apex. Bourse caudale figurée en 4H, I. La cuticule est très
développée au niveau de la bourse caudale et les phasmides s’ouvrent au fond de dépres-
mtfooz
4. — Syphacia (Syphatineria) feeri n. sp. q. A, extrémité antérieure, vue latérale ; B, tête, vue apicale ;
C, id., coupe optique au niveau des dents oesophagiennes : I), id., coupe optique, vue ventrale ; E, détail
de la cuticule au niveau de la deiride gauche ; F, extrémité postérieure, vue latérale ; G, gubernaculum,
crochet accessoire et spicule, vue latérale; II, bourse caudale, vue ventrale; I, bourse caudale, vue
latérale.
A, F : éch. 200 ixm ; B, C, I). E, G, H : éch. 50 p.m : I : éch. 100 fxm.
— 95 —
sions cuticulaires en forme d’entonnoir (fig. 4H). Spicule long de 110 pirn sur 5 pim. Sa pointe
présente un resserrement qui lui donne l’aspect d’une hampe (fig. 4G). Gubernaculum :
70 urn X 10 p.m dont un crochet accessoire long de 11 p.m et haut de 19 pim, sans ornemen¬
tation et présentant la même forme générale en anneau, décrite dans les deux espèces précé¬
dentes. Queue longue de 235 p.m dont une pointe caudale de 165 p.m (fig. 41).
Femelle : Longueur : 4 290 pim ; largeur maximale 260 p,m. Vésicule céphalique : lon¬
gueur 200 pim, largeur 130 p.m. Ailes latérales commençant en arrière de la vésicule cépha¬
lique, se terminant au niveau de l’anus, atteignant 30 p.m de large au milieu du corps.
Anneau nerveux, pore excréteur et deirides situés respectivement à 135 p.m, 510 p.m et 165 pim
de l’apex. Vulve légèrement proéminente située à 750 p.m de l’apex (fig. 5F). Distance des
pores amphidiaux : 30,5 p.m (fig. 5A). Œsophage long de 440 pim dont un bulbe de 90 pun
de diamètre. Queue : 880 p.m. Œufs non embrvonnés de 110 p.m X 40 p.m.
Fig. 5. — Syphacia (Syphalineria) jeeri n. sp. Ç. A, tête, vue apicale ; 15, id., coupe optique au niveau des
dents œsophagiennes : C, coupe optique, vue ventrale ; D, extrémité antérieure, vue latérale ; E, extré¬
mité antérieure, vue ventrale ; F, vulve et ovéjecteur, vue latérale ; G, deiride gauche, vue ventrale ;
II, deiride gauche, vue latérale ; I, œuf.
A, 15, C, G, H : éch. 50 pm ; I), E : éch. 400 pun ; F, 1 : éch. 100 pim.
— 96
Discussion
Les caractères de nos spécimens en font encore des Syphatineria du groupe III.
Leur morphologie et leurs mensurations les rendent très proches de S. ivindensis décrit
au paragraphe précédent ; ils se distinguent donc facilement des autres Syphatineria connus.
Ils se distinguent également de S. ivindensis par les mensurations des œufs, la longueur
et la forme du spicule, les lèvres moins développées, la vésicule céphalique et la bourse
caudale plus développées.
Nous considérons donc qu’ils appartiennent à une nouvelle espèce et nous la nommons
Syphacia ( Syphatineria ) feeri n. sp. en remerciement à M. François Feer qui nous a procuré
le matériel.
Conclusion
Les Oxyures de Sciurinae appartenant au groupe Syphacia (Syphacia -f- Syphatineria )
sont connus soit en Afrique, soit en Indo-Malaisie. En effet nous pensons pouvoir démontrer
que les deux espèces néarctiques décrites par Tiner et Rausch ne font pas partie du genre
(Hugot, sous presse).
Les espèces du groupe africain présentent les particularités suivantes : leur spicule
et leur gubernaculum mesurent respectivement soit 70-85 jj.m et 40-45 p.m, soit 110-150 fi.m
et 70 u.m ; leurs œufs mesurent soit 80-85 pm X 25-30 qm, soit 100-110 p.m X 30-40 p.m ;
toutes les espèces dont la morphologie faciale est connue, soit 6 sur 8, présentent des renfor¬
cements cuticulaires labiaux particulièrement marqués au niveau des commissures.
En outre sept des espèces africaines sont des Syphatineria, et parmi eux se trouve
S. pallarayi (Seurat, 1916). Ce parasite d ' Atlantoxerus getulus au Maroc est la seule espèce
paléarctique du groupe africain, et sa morphologie faciale est la moins évoluée de celle des
espèces décrites dans le genre puisqu’elle constitue à elle seule le groupe I de Quentin.
Les Syphacia africains forment donc un ensemble à la fois homogène et présentant
des caractères archaïques (cf. Quentin, 1971). 11 paraît vraisemblable qu’ils se soient
diversifiés à partir d’un ancêtre commun. Les trois espèces du Gabon, décrites ci-dessus,
constituent un petit ensemble particulier car ce sont tous trois des Syphatineria (deux
bosses cuticulaires ventrales) qui ont une structure céphalique du groupe III de Quentin
et non du type I ou II comme le sont les autres espèces connues dans le sous-genre. La
répartition géographique semble donc avoir une importance prédominante puisque les
hôtes sont des Sciuridae appartenant à des sous-familles diverses.
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Manuscrit déposé le 21 juin 1979.
1, 7
Bull. Mus. nain., Hist, nat., Paris, 4 e sér., 2, 1980.
section A, n° 1 : 99-107.
Morphologie et position systématique
de Rauschtincria citelli (Tiner et Rausch, 1950) n. gen., n. cb.,
et R. eutamii (Tiner, 1948) n. cb.
(Nematoda, Oxyurinae), parasites de Rongeurs Sciurinae
par Jean-Pierre Htjgot *
Résumé. — Deux Oxyurinae de Sciurinae néarctiques sont redécrits : Syphacia ( Syphatineria )
citelli Tiner et Rausch, 1950, et Syphacia ( Syphatineria) eutamii Tiner, 1948. Leur position systé¬
matique est réexaminée et ils sont placés dans un genre nouveau : Rauschtineria n. gen. Le genre
représente parmi les Oxyures d’Ecureuils une tendance évolutive particulière.
Abstract. — Two Oxyurids from nearctie Sciurinae are redescribed : Syphacia ( Syphatineria )
citelli Tiner et Rausch, 1950, and Syphacia ( Syphatineria ) eutcunii Tiner, 1948. A sexual dimor¬
phism is observed in the cephalic structures. Consequently the two species are removed from the
genus Syphacia and they are classified in a new genus : Rauschtineria n. gen. Because of their
peculiar sexual dimorphism, these Oxyurids appear to have evolved as a special line.
Deux espèces d’Oxyurinae avaient été décrites chez des Sciurinae terrestres néarc-
tiques : Syphacia ( Syphatineria) citelli Tiner et Rausch, 1950, découvert chez Citellus armatus
(Kennicott) au Wyoming et Syphacia ( Syphatineria) eutamii Tiner, 1948, découvert chez
Eutamias minimus (Bachm.) au Minnesota. Ogden (1971) a précisé la morphologie de ces
espèces à l’aide du « Stéreoscan ». La morphologie primitive de ces espèces et les tendances
évolutives qu'on observe au niveau de leurs structures céphaliques les éloignent du genre
Syphacia Seurat, 1915. Elles sont donc réexaminées et leur position systématique est à
nouveau discutée.
Les spécimens sont déposés dans les collections du Muséum national d’Histoire naturelle
de Paris.
Nous remercions vivement le Dr Masek qui a capturé les Rongeurs et le Dr Rausch
qui nous a aimablement fait parvenir les parasites.
* Laboratoire des Vers, associé au CNRS, Muséum national d’Histoire naturelle, 43 rue Cuvier,
75231 Paris Cedex 05.
— 100 —
Redescription des espèces
Rauschtineria citelli (Tiner et Rausch, 1950) n. cb.
= Syphacia ( Syphatineria ) citelli Tiner et Rausch, 1950.
Hôte : Citellus beecheyi (Richardson) £ capturé le 19.IV.72 à 10 miles à l’est de Brookings
(Oregon).
Matériel étudié : environ 300 spécimens et Ç, MNHN 24 MA.
Dans les deux sexes les ailes latérales sont réduites à un épaississement de la partie
basale de la cuticule (fig. 1, B, C).
Mâle
Bouche ayant la forme générale d’un triangle à base dorsale, entourée de trois lèvres
égales, découvrant largement trois fortes dents œsophagiennes. Chacune des dents est
prolongée par un denticule médian (fig. 2, E, F, G). Terminaisons nerveuses céphaliques
regroupées latéralement. Au niveau du pore excréteur naît une ornementation cuticulaire
qui occupe toute la face ventrale et disparaît en avant du cloaque (fig. 1, D, E). Au niveau
des mamelons ventraux la striation cuticulaire persiste, l’ornementation disparaît (fig. i, F).
Bourse caudale figurée en 1, D. La première paire de papilles caudales est portée par des
plaques cuticulaires au niveau desquelles la striation disparaît. La deuxième paire est
entourée d’anneaux d’apparence chitinoïde. La tête du spicule est constituée par un massif
oblong fortement chitinisé. Trois prolongements parallèles, deux latéro-ventraux et un
dorsal y naissent, formant le manche du spicule et fusionnant à l’extrémité pour donner
la pointe. Cette dernière, peu chitinisée, est guidée par un gubernaculum complexe constitué
d'un corpus et d’un capitulum, partiellement soudés (fig. 1, H, I). Le corpus porte deux pro¬
longements latéraux symétriques.
Les mensurations d’un spécimen long de 3,75 mm sont les suivantes : largeur 310 pm ;
écart des pores amphidiaux 40 pm ; vésicule céphalique longue de 260 pm ; anneau nerveux
et pore excréteur situés respectivement à 150 pm et 1 100 pm de l’apex ; œsophage long
de 490 pm dont un bulbe de 130 pm de diamètre ; mamelons cuticulaires situés à 1 900 pm
et 2 580 pm de l’apex, longs respectivement de 150 pm et 180 pm ; spicule long de 108 pm ;
gubernaculum long de 28 pm ; queue longue de 200 pm, dont une pointe de 150 pm.
Femelle
Bouche béante en forme de triangle à base ventrale, découvrant trois très fortes dents
œsophagiennes. Trois interlahia s’insinuent entre les dents : elles sont développées et forment
de véritables dents labiales, recouvertes chacune par une pseudo-lèvre en forme de languette
(fig. 2 A, B, C, D). Les terminaisons nerveuses céphaliques sont regroupées latéralement.
Œufs non embryonnés, non operculés (fig. 1, K).
Les mensurations d’un spécimen long de 6,3 mm sont les suivantes : largeur au niveau
de la vulve : 540 pm ; écart des pores amphidiaux : 62 pm ; vésicule céphalique longue de
iôiïïïüM/w3
ÉsSsS
Mi^pi
SVffijüiiiüai
flIlS
1. — Rauschtineria citelli n. gen., n. cb. ( = Syphacia citelli). : A, vue latérale gauche ; 13, coupe trans¬
versale au niveau du 1 er mamelon ; C, id., détail ; D, bourse caudale, vue ventrale ; E, pore excréteur,
vue ventrale ; F, cuticule, région ventrale ; G, id., région latérale ; H, spicule et gubernaculum en place,
vue latérale ; I, id., autre mâle ; J, id., coupe optique. — $ : K, œuf.
(A : éch. 200 urn ; B, C, F : éch. 150 iim ; 1), E : éch. 100 iim ; G à K : éch. 50 uni.)
0
Fig. 2. — Rauschtineria citelli n. gen., n. cb. $ : A, tête, vue apicale ; B, C, I), id., série de coupes optiques
de plus en plus dorsales, en vue ventrale. — (J : E, tête, vue apicale ; F, coupe optique au niveau des
dents œsophagiennes ; G, id., vue ventrale passant par les amphides.
(A, E, F, G : éch. 50 pm ; B, C, D : éch. 100 pm.)
380 [Am ; anneau nerveux, pore excréteur et vulve situés respectivement à 120 [um, 1 350 uni,
2 400 ji.ni de l’apex ; œsophage long de 600 (i,m dont un bulbe de 160 [Am de diamètre ; queue
longue de 1 820 [uni ; œuf 89-98 jim X 30-38 pi.
3. — Rauschtineria eutamii n. cb. (= Syphacia eutamii). A, (J, vue latérale droite ; B, extrémité
antérieure, vue ventrale ; C, deiride droite ; D, cuticule, vue latérale : E, <$, coupe transversale
au niveau du 1 er mamelon ; F, Ç, aile latérale, coupe transversale ; G, <J, id. ; H, çj, bourse caudale,
vue ventrale ; I, id ., vue latérale ; J, (J, spicule et gubernaculum en place, vue latérale ; K, id., coupe
optique ; L, Ç, extrémité antérieure, vue ventrale ; M, $, œuf.
(A, L : éch. 200 [xm ; B, E : éch. 150 fxm ; H, I : éch. 100 txm ; C, D, F, G, J, K, M : éch. : 50 [Am.)
104 —
Rauschtineria eutamii (Tiner, 1948) n. cb.
= Syphacia ( Syphatineria ) eutamii Tiner, 1948.
Hôte : Eutamias amoenus (J. A. Allen) capturé le 9.IX.75 (Starkey Exp. Forest, Union Co.,
Oregon).
Matériel étudié : 9 çj, 14 Ç, 6 L 4 Ç, MNHN 611 CA.
Cette espèce présente les mêmes caractéristiques morphologiques que la précédente,
dont elle se distingue toutefois par les caractères suivants :
Dans les deux sexes : existence de deirides réduites (fig. 3, C), d'ailes latérales soutenues
par des renforcements chitineux intracuticulaires (fig. 3, F, G), présence d’une ornementa¬
tion cuticulaire sur tout le corps à l’exception des parties caudales (fig. 3, D, E, H).
Chez le mâle : ouverture buccale entièrement recouverte par trois lèvres confluentes ;
papilles céphaliques sensiblement équidistantes les unes des autres (fig. 4, I, J, K) ; pointe
caudale relativement plus courte (fig. 3, A, I).
Chez la femelle : ouverture buccale béante en forme de trèfle (fig. 4, A) ; dents reliées
au pourtour buccal par une étroite crête (fig. 4, B) ; papilles céphaliques sensiblement
équidistantes les unes des autres ; vulve très antérieure, proche du pore excréteur (fig. 3, Q).
Les principales mensurations sont les suivantes : Pour un mâle long de 2,58 mm :
largeur 160 p.m ; écart des pores amphidiaux 35 fxm ; vésicule céphalique longue de 190 uni ;
anneau nerveux et pore excréteur situés respectivement à 105 p.m et 580 [xm de l’apex ;
œsophage long de 320 fxm, dont un bulbe de 80 [im de diamètre ; ailes latérales larges de
10 p.m au milieu du corps ; mamelons situés à 1 200 p.m et 1 670 p.m de l’apex, longs respec¬
tivement de 125 uni et 130 pm ; spicule long de 104 pm, gubernaculum de 22 pm ; queue :
100 pm, dont une pointe de 60 p.m. Pour une femelle longue de 7,65 mm : largeur 450 pm ;
écart des pores amphidiaux : 50 pm ; vésicule céphalique longue de 120 pm ; anneau nerveux,
pore excréteur et vulve situés respectivement à 185 pm, 780 pm et 1 070 pm de l’apex ;
œsophage long de 480 pm, dont un bulbe de 115 pm ; aile latérale large de 20 pm au milieu
du corps ; queue longue de 1 150 pm ; œufs 90 X 40 pm.
La figure 4, L représente la lète en vue apicale d’une larve L 4 femelle. On remarque :
la disposition eri « carré » des papilles céphaliques déjà observée chez les adultes ; les trois
lèvres recouvrant incomplètement trois dents pourvues d’un denticule médian.
Discussion
Ces Oxyures d’Ecureuils par leurs dimensions, par l’existence de deux mamelons
chez les mâles et par la morphologie faciale des femelles correspondent parfaitement à la
description de S. citelli pour la première espèce et de S. eutamii pour la deuxième.
Trois éléments éloignent ces espèces du genre Syphacia : le dimorphisme sexuel accentué
des structures céphaliques, le gubernaculum complexe mais ne possédant pas de crochet
accessoire du « type Syphacia », les œufs non operculés. De plus Quentin (1971) a montré
que, chez les Syphacia de Sciurinae, l’évolution de la face se manifeste par une tendance
4. — Rauschtineria eutamii n. cb.
optiques de plus en plus profondes
ventrale — $ : I, tête, vue apicale ;
, ouverture buccale, vue apicale ; B, C, 1), id., série de coupes
11, tête, série de coupes optiques de plus en plus dorsales, vue
coupe optique ; K, id. vue ventrale. — L 4 Ç : L, tête ,vue apicale.
— 106 —
générale au développement des lèvres, qui finissent par recouvrir le plateau céphalique,
et à la latéralisation des papilles qui chez les espèces primitives sont sensiblement équidis¬
tantes (disposition « en carré ») et se rapprochent des amphides chez les espèces plus évoluées.
Or les mâles des deux espèces américaines montrent des lèvres qu’on n’ohserve pas chez les
femelles et l’on sait que chez les Nématodes parasites de Vertébrés, lorsqu’il existe un dimor¬
phisme sexuel, les structures femelles y sont toujours les plus évoluées. La tendance évolu¬
tive conduit donc ici à la réduction des lèvres, à l’inverse de ce qui est observé chez les
Syphacia 1 ; la première espèce doit être considérée comme la plus évoluée puisque le mâle
y possède les lèvres les moins développées. Dans cette espèce également on voit apparaître
chez la femelle des structures ayant pour origine le cheilostome ( sensu Inglis, 1967) et
qui tendent à remplacer les lèvres, mais selon une disposition triradiée inverse.
Ces animaux sont donc très dilîérents des Syphacia. La présence des mamelons cuticu-
laires ventraux, la latéralisation des papilles céphaliques observée dans la première espèce, la
réduction à trois des paires de papilles caudales ne suffisent pas à les maintenir dans ce genre,
puisque ces caractères sont communs à plusieurs lignées d’Oxyurinae (voir Quentin, 1973).
Parmi les Oxyures d’Ecureuils, on trouve dans le genre Sypharista Quentin, 1971,
un dimorphisme sexuel de même nature, mais les papilles céphaliques y sont toujours
disposées en « carré », le gubernaculum est de type Syphacia et les œufs sont operculés.
Nos spécimens n’appartiennent donc pas non plus à ce genre. Ils présentent par contre
certains caractères du genre Lemuricola Chabaud et Petter, 1959, dont un sous-genre
Rodentoxyuris Quentin, 1971, est inféodé aux Écureuils du genre Sciurm : anneaux chiti-
noïdes autour des papilles caudales, tête du spicule formée de lobes cuticulaires arrondis,
œufs non operculés. Mais dans ce genre, les structures céphaliques sont toujours de type
beaucoup plus archaïque ; il n’existe ni mamelons cuticulaires, ni gubernaculum chez le
mâle, enfin le nombre de paires de papilles caudales est toujours supérieur à trois. Il est
donc impossible d’y placer nos animaux et nous pensons qu’il convient de créer pour eux
un genre nouveau pour lequel nous proposons le nom de Rauschtineria n. gen. en le dédiant
aux Drs Rausch et Tinf.r.
Définition : Oxyurinae présentant un dimorphisme sexuel au niveau des structures cépha¬
liques, quatre papilles céphaliques, des dents œsophagiennes fortes ; chez le mâle : deux mamelons
cuticulaires ventraux, trois paires de papilles caudales, anneaux cuticulaires autour de la première
paire post-cloacale, gubernaculum comprenant un corpus et un capitulum partiellement soudés,
pointe caudale présente ; chez la femelle : œufs non embryonnés, non operculés. Parasites de Sciu¬
ridés.
Espèce-type : Rauschtineria citelli (Tiner et Rausch, 1950) n. cb., parasite de Sciuridés néarc-
tiques du genre Citellus.
Autre espèce : R. eutamii (Tiner, 1948) n. cb., parasite de Sciuridés néarctiques du genre
Eutamias.
La disparition des formations labiales et leur remplacement par des structures ayant
pour origine le cheilostome, observés dans ce genre, en font un rameau évolutif particulier,
parmi les Oxyures d’Écureuils. Les affinités qu’il possède avec les Lemuricola , en particulier
la présence des anneaux chitinoïdes rendent très probable une origine commune aux deux
genres.
1. La présence de lèvres réduites chez la larve L 4 femelle en est une preuve supplémentaire puisque
on sait également que les stades larvaires récapitulent la phylogenèse.
— 107 —
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Chabaud, A. G., et A. J. Petter, 1959. — Les Nématodes parasites de Lémuriens Malgaches.
IL Un nouvel Oxyure : Lemuricola contagiosus. Mém. Inst, scient. Madagascar, sér. A,
13 : 127-132.
Inglis, W. G., 1967. — The relationships of the Nematode superfamily Seuratoidea. J. Helminth.,
41 (2/3) : 115-136.
Ogden, C. G., 1971. — Observations on the systematics of Nematodes belonging to the genus
Syphacia Seurat, 1915. Bull. Br. Mus. nat. Hist., Zoology, 20 (8) : 255-280.
Quentin, J. C., 1971. — Morphologie comparée des structures céphaliques et génitales des Oxyures
du genre Syphacia. Annls Parasit. hum. comp., 46 (1) : 15-59.
— 1971. - Description d’un nouvel Oxyurinae : Sypharista kamegaii n. gen. n. sp., parasite
d’un Écureuil volant du Japon. Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 2 e sér., 42 (5) : 989-995.
Quentin, J. C., el M. Krishnasamy, 1975. - Oxyures de Rongeurs. Première partie. Spéciation
des Oxyures parasites de Rongeurs Petauristinés en Malaisie. Mém. Mus. natn. Hist, nat.,
Paris, sér. A, Zool., 94 : 1-50.
Quentin, J. C., et F. Tenora, 1974. — Morphologie et position systématique de Lemuricola ( Roden -
toxyuris ) sciuri (Cameron, 1932) nov. comb., nov. subgen., et Syphacia {S y phatineria)
funamhuh Johnson, 1967, Oxyures (Nematoda) parasites de Rongeurs Sciuridés. Bull.
Mus. natn. Hist, nul.., Paris, 3 e sér., n° 256, Zool. 178 : 1525-1536.
Seurat, L. G., 1915. — Sur deux nouveaux Oxyures du Maroc. Bull. Soc. Hist. nat. Afr. N., 7
(2) : 24-31.
Tiner, J. D., 1948. — Syphacia eutamii n. sp. from the least chipmunk Eutamias minimus with
a key to the genus (Nematoda, Oxyuridae). J. Parasit., 34 (2) : 87-92.
Tiner, J. D., et R. Rausch, 1950. — Two new Syphacia (Nematoda, Oxyuridae) and observations
of the Inner Circle Circumoral papillae in North American species of the genus. Nat.
Hist. Miscelleana, 57 : 1-6.
Manuscrit déposé le 7 septembre 1979.
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 2, 1980,
section A, n° 1 : 109-128.
Sphaerodoridae (Annélides Polvchètes) profonds
du Nord-Est Atlantique 1
par Daniel Desbhuyères *
Résumé. - L’étude des collections d’Annélides Folychètes de la famille des Sphaerodoridae
récoltées au cours des missions du CNEXO en Atlantique Est (étages bathyaux et abyssaux)
montre l’importance de cette famille en mer profonde et singulièrement dans l’étage bathyal.
Les individus rencontrés se répartissent en huit espèces dont sept sont nouvelles pour la Science,
la huitième étant décrite de l’Antarctique. Aucune espèce n’est commune avec celles décrites de
l’étage profond de l'Atlantique Ouest, montrant ainsi le fort degré d’endémisme des espèces appar¬
tenant à cette famille.
Abstract. — The study of members of the family Sphaerodoridae (Polychaeta) collected
by CNEXO cruises in deep water in the Eastern Atlantic demonstrates the importance of the
family in the bathyal zone. The specimens collected belong to eight species of which seven are new ;
one is previously known from Antarctica. None of these species are known from deep water in
the Western Atlantic, demonstrating the importance of endemism in this family.
Le programme d’étude des communautés benthiques abyssales a débuté au Centre
Océanologique de Bretagne en 1969 par trois missions (Noratlante et Polymède 1 et 2)
à caractère exploratoire et biogéographique. A partir de 1972, une nouvelle direction a été
prise, axée sur l’étude saisonnière d’une même série de stations au cours de plusieurs cycles
annuels. Cette série de campagnes (BIOGAS I à BIOGAS VI et POLYGAS 2 ) s’est déroulée
dans le golfe de Gascogne. Deux zones ont été principalement prospectées : une radiale
nord comprenant quatre stations dont les profondeurs sont respectivement 2 100 m, 3 000 m,
4 200 m et 4 700 m et une zone sud comprenant deux stations à 2 000 et 4 500 m de profon¬
deur. La radiale Nord-Gascogne débute au bas de la marge continentale armoricaine à
l’ouest du banc de la Chapelle. Les deux stations du Sud-Gascogne sont situées au nord du
banc Le Danois et se trouvent approximativement dans Taxe du « Gouff » du cap Breton.
A cet ensemble de prélèvements, ont été adjoints ceux provenant des campagnes du N.O.
« Thalassa » organisées sur le banc Le Danois par la Station biologique de Roscofï. A la suite
du programme BIOGAS, la campagne franco-suédoise 2 et 3 NORBI s’est consacrée à l’étude
* Centre Océanologique de Bretagne, B.P. 337, 29273 Brest-Cedex.
1. Contribution n° 651 du Département Scientifique du Centre Océanologique de Bretagne.
2. Noratlante, N.O. « Jean Charcot » du 3.VIII.1969 au 2.XI.1969. Polymède 1, N. O. « Jean Charcot »
du 10.V.1970 au 3.VII.1970. Polymède 2, N.O. « Jean Charcot » de III.1972 au 26.V.1972.
BIOGAS 1, N.O. « La Perle » du 3.VIII.1972 au 11.VIII.1978 ; POLYGAS, N.O. « Jean Charcot » du
19.X.1972 au 4.XI.1972 ; BIOGAS II, N.O. « Jean Charcot » du 18.IV.1973 au 21.IV.1973 ; BIOGAS III,
X.O. « Jean Charcot » du 2.VIII.1973 au 2.IX.1973 ; BIOGAS IV, N.O. « Jean Charcot » du 16.11.1974 au
— no —
des quatre bassins de la mer de Norvège (bassins de Norvège, des Lofoten, du Spitzberg
et du Groenland). Enfin, la campagne franco-britannique INCAL s’est plus particulière¬
ment intéressée aux « fosses » de Rockall et de Porcupine.
La famille des Sphaerodoridae est particulièrement bien représentée sous les hautes
latitudes et dans les grands fonds. Dans son important et récent travail de révision, Fau-
chald (1974) signale quarante-six espèces valides réparties en neuf genres dont quatre
sont monotypiques. Parmi ces espèces, vingt-six proviennent des étages bathyal ou abyssal,
treize de régions polaires ou sub-polaires. Dans nos prélèvements (voir annexe) les Sphaero¬
doridae sont particulièrement abondants sur la pente continentale et sur le glacis. Par contre,
les échantillons provenant des stations profondes sont beaucoup plus rares. Le présent
travail ajoute aux quarante-six espèces signalées par Fauchald sept espèces nouvelles et
une signalisation en Atlantique profond d’une espèce antarctique.
Clavodorum fauchaldi n. sp.
(PI. I, A à E)
Localité-type : Campagne BIOGAS VI, golfe de Gascogne, Station VI, banc Le Danois
(DS 87) (44°05,2' N et 4°19,4' W — Z = 1913 m).
L’holotype a été déposé dans les collections du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris,
sous le numéro AS 13.
Description
Le type est un exemplaire complet de 2,72 mm de long et de 0,04 mm de large. II
comporte 24 segments sétigères. Blanchâtre, il ne présente ni coloration marquée, ni taches
oculaires.
La partie antérieure (fig. A et C) est légèrement rétractée dans l’échantillon-type.
L’antenne médiane est simple et de même taille que les antennes latérales. Les antennes
latérales supérieures présentent un axe principal long qui porte à sa base quatre rameaux
accessoires. Les antennes latérales inférieures ne portent que trois rameaux accessoires à
leur base, mais sont de même taille. Deux cirres tentaculaires simples et courts sont présents.
Des papilles digitiformes sont disposées en une bande transversale sur le péristomium.
Le dos porte des macrotubercules pédonculés et sans papille terminale. Les pédoncules
sont de même hauteur que les macrotubercules. Ces derniers sont disposés en cinq rangées
sur les trois premiers segments sétigères, en six rangées du quatrième au vingt-deuxième,
puis encore en cinq rangées sur les deux derniers segments. Des papilles courtes et peu nom¬
breuses existent entre les pédoncules. Elles sont de forme hémisphérique.
Il existe ventralement deux rangées de microtubercules (fig. D) formées chacune
alternativement d’un petit et d’un gros microtubercule disposés en légers quinconces.
28.11.1974 ; BIOGAS V, N.O. « Cryos » du 10.VI.1974 au 21.VI.1974 ; BIOGAS VI, N.O. « Jean Charcot.»
du 16.X.1974 au 1.XI.1974 ; NORBI, N.O. « Jean Charcot » du 18.VII.1975 au 12.VIII.1975 ; INCAL,
N.O. « Jean Charcot » du 12.VII.1976 au 12.VIII.1976.
3. Les campagnes Polymède 1 et 2 sont uniquement citées pour mémoire ici, aucun des prélèvements
ne contenant d’Annélide Polychète appartenant à la famille des Sphaerodoridae.
— Ill —
PLANCHE I
Clavodorum jauchaldi n. sp. : A, partie antérieure en vue dorsale ; B, parapode postérieur au huitième séti-
gère ; C, partie antérieure en vue latérale droite ; D, partie postérieure en vue ventrale ; E, parapode
antérieur au huitième sétigère.
— 112 —
Les parapodes (fig. B et E) des cinq premiers segments sétigères ne possèdent ni lobe pré-
sétal, ni lobe postsétal. Le cirre ventral du premier segment sétigère est long et dirigé
vers l’avant de l’animal. Il mesure trois à quatre fois la longueur du lobe acieulaire (fig. E).
Sa taille décroît légèrement d’avant en arrière du corps. Une grosse papille claviforme est
présente ventralement au cirre ventral à partir du deuxième sétigère. A partir du huitième
sétigère, un lobe postsétal est présent. Sa taille augmente d’avant en arrière pour atteindre
une taille égale à celle du cirre ventral dans les derniers segments. Au premier segment,
l'acicule est long et fortement vrillé. Les soies sont toutes des soies composées. La faux,
ainsi cpie l’extrémité interne de la hampe, observées au microscope électronique à balayage,
sont finement denticulées.
Justification
Clavodorum fauchaldi diffère de toutes les autres espèces de ce genre de par la structure
du parapode. L’absence de lobe postsétal dans les premiers sétigères en fait un cas unique
dans ce genre.
Ephesiella ramosae 1 n. sp.
(PI. Il, A et B)
Localité-type : Plateau de Meriadzek (47°, 29,2' N et 8°30,7' W — Z = 2 156 m). Deux
individus dont le type.
L’holotype a été déposéjdans les collections du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris,
sous le numéro AS 14.
Description
Le type est un exemplaire complet qui comporte soixante et onze segments sétigères
et qui mesure 10 mm de long sur 0,5 mm dans sa plus grande largeur. Conservé dans l’étha¬
nol 80°, il ne présente ni coloration, ni tache oculaire.
Le prostomium porte deux paires d’antennes latérales égales et digitiformes. Pas d’antenne
médiane, mais il existe dorsalement un cirre péristomial impair court entouré par une paire
de cirres de même forme. Deux paires de cirres péristomiaux sont disposées latéralement.
Leur taille est comprise entre celle des cirres papilliformes et celle des antennes latérales.
Tous les parapodes, sauf le premier, sont semblables. Ils sont simples, ne comportant
ni lobe présétal, ni lobe postsétal, mais un cirre ventral plus long que le lobe acieulaire.
L’extrémité distale du lobe acieulaire porte trois ou quatre papilles courtes, alors que la
partie proximale en porte trois ou quatre plus longues. Les soies sont composées ; leur
serpe examinée au microscope optique possède un bord lisse ; elles sont courtes. L’acicule
est simple. Le premier parapode possède un lobe acieulaire très court. Il ne présente que
trois papilles et un cirre ventral. Il porte une grosse soie en crochet. L’acicule est présent.
La face dorsale porte deux rangées de macrotubercules hémi-cylindriques sessiles qui
possèdent une papille terminale capitée. Médiodorsalement à chaque macrotubercule, se
trouve un microtubercule papilliforme à collier basal. Chaque macrotubercule est encadré
1. L’espèce est respectueusement dédiée à J. Kamos.
— 113 —
PLANCHE II
Ephesiella ramosae n. sp. : A, extrémité antérieure en vue latérale droite ; B, extrémité antérieure en vue
dorsale.
par quatre papilles cirriforrnes. Les faces dorsale et ventrale sont parsemées de papilles
courtes et hémisphériques ou cirriforrnes. Il n’existe ni macrotubercules, ni microtubercules
sur la face ventrale. Un cirre ventral impair constitue la seule ornementation anale.
1 , 8
— 114 —
PLANCHE III
Ephesiella ramosae n. sp. (Observation au microscope électronique à balayage après déshydratation au
point critique.) : A, prostomium vu de face (le prostomium est ici légèrement invaginé) ; B et D, vue
latérale de la partie médiane ; G, microtubercule papilliforme à collier basal.
Hi: marque : Ephesiella ramosae n. sp. est abondante dans les prélèvement effectués
dans le golfe de Gascogne dans la partie supérieure de la plaine abyssale.
— 115 —
Justification
Ephesiella ramosae n. sp. diffère de toutes les espèces A’Ephesiella par la structure
et la papillation des parapodes et par l’absence d’une antenne impaire.
Quatre autres espèces d’ Ephesiella possèdent un cirre ventral dont la longueur excède
celle du lobe acieulaire.
Ephesiella ahyssorum (Hansen, 1878) : Chez cette espèce, il existe au maximum deux
papilles distales sur le parapode. Comme le remarque Fauciiald (1974), la description
de Hansen est très brève et ne signale pas l’existence d’un crochet au premier parapode.
De plus, selon Hansen, il existe plusieurs papilles sur le macrotubercule.
Ephesiella mixta Hartman et Fauchald, 1971, possède un parapode qui ne présente
qu’une seule grosse papille sur la face antérieure du parapode ainsi qu’une grande papille
dressée sur la marge dorsale.
Ephesiella macrocirris Hartman et Fauchald, 1971 : Chaque parapode a un lobe acicu-
laire conique et présente à son extrémité un « bouquet » de 5 à 8 papilles minces.
Ephesiella brevicapitis (Moore, 1909) : Chez cette dernière espèce, le lobe acieulaire
présente des papilles dressées à la marge dorsale du parapode.
Sphaerodoropsis chardyi 1 n. sp.
(PI. IV, A à E)
Localité-type : Golfe de Gascogne (44°11,3' N et 4°15,4' W — Z = 2 430 m).
Le prélèvement a été effectué à l’aide d’une drague épibentbique. Un exemplaire.
L’holotype a été déposé dans les collections du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris,
sous le numéro AS 15.
Description
Le type est un exemplaire complet de 2,3 mm de long et de 0,48 mm de large dans sa
plus grande largeur. Le corps comporte quatorze segments sétigères. Conservé dans l’alcool,
il ne présente pas de coloration générale, cependant une aire pigmentaire impaire et rouge
est située au niveau du premier segment sétigère.
Le prostomium, qui est légèrement contracté, porte cinq antennes simples digitiformes
très courtes (2 paires d’antennes latérales et une antenne médiane). Entre les deux paires
d’antennes latérales, il existe six grosses papilles hémisphériques réparties en deux groupes
symétriques. Sur le péristomium latéralement deux grosses papilles représentent les cirres
tentaculaires. A la marge externe, près des antennes latérales inférieures, on remarque
deux invaginations en doigt de gant.
Les macrotubercules dorsaux sont sessiles, hémisphériques et sans papille terminale.
Leur disposition est complexe. A partir du deuxième sétigère et au niveau de chaque para¬
pode, il existe une rangée transversale de six macrotubercules. Entre ces rangées régulières
se trouvent disposées des rangées transversales qui comprennent des macro- et des micro-
tubercules de même forme dont le nombre total est de quatre à cinq. Le premier parapode
ne porte que quatre macrotubercules. Ventralement, il n’existe pas de macrotubercules,
1. Cette espèce est amicalement dédiée à P. Ciiahdy.
— 116 —
PLANCHE IV
Sphaerodoropsis chardyi n. sp. : A et B, partie antérieure en vue dorsale ; 0, parapode droit en vue antérieure ;
D, prostomium en vue ventrale ; E, vue latérale gauche de la partie antérieure.
mais des papilles hémi-cylindriques réparties selon deux lignes brisées, disposées en quin¬
conce : trois papilles étant présentes sur chaque côté au niveau du parapode, trois autres
dans la zone inter-segmentaire. Les parapodes sont simples et courts, le lobe aciculaire est
hémisphérique et ne comporte ni lobe préaciculaire, ni lobe postaciculaire distinct. Le cirre
ventral est bien marqué. Sa longueur est légèrement supérieure à celle du lobe aciculaire.
L’acicule a une extrémité vrillée. Il n’existe pas de papille hémisphérique sur les parapodes.
Ces derniers portent cinq à six grosses soies composées à hampe courte et à serpe large dont
le bord tranchant, observé au microscope optique, paraît lisse.
— 117 —
Justification
Quatre espèces de Sphaerodoropsis possèdent entre six et dix rangées de tubercules
d’un seul type et portent des antennes sur le prostomium : S. octopapillata (Hartman-
Schrôder, 1965), S. balticum (Reimers, 1933), S. sphaerulifer (Moore, 1909), S. benguellarum
(Day, 1963). Ces quatre espèces diffèrent nettement de S. chardyi n. sp. de par la structure
du parapode. En effet, elles possèdent toutes, soit des lobes présétaux, soit des lobes post-
sétaux.
Sphaerodoropsis laureci 1 n. sp.
(PL V, A-C)
Localité-type : Golfe de Gascogne, Terrasse de Meriadzek (47°36,1' N et 8°40,5' W — Z =
2 325 m).
Le prélèvement a été réalisé au cours de la campagne POLYGAS depuis le N.O. « Jean Charcot »,
à l’aide d’une drague épibenthique. Un exemplaire.
L’holotype a été déposé dans les collections du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris,
sous le numéro AS 16.
Description
Le type est un exemplaire complet de 22 segments sétigères. Il mesure 4,05 mm de
long pour 0,35 mm de large dans sa plus grande largeur. Aucune coloration, ni tache pigmen¬
taire remarquable.
La partie antérieure des appendices prostomiaux est arrondie ; le prostomium porte
trois paires d’antennes latérales et une antenne médiane. Les deux antennes latérales
moyenne et inférieure sont subégales, les antennes supérieures moins longues. L’antenne
médiane est courte et en forme de fourche. Une paire de cirres latéraux est présente ; ils
sont légèrement plus courts que les antennes latérales moyenne et inférieure. La région
antérieure est couverte de papilles hémisphériques éparses. Par transparence, on remarque
un gésier musculeux qui atteint le 6 e segment sétigère.
Les macrotubercules dorsaux sont disposés segmentairement selon quatre rangées
longitudinales, sauf au premier sétigère où seuls les deux macrotubercules externes sont
présents. La forme des macrotubercules est remarquable : aplatis dorso-ventralement, ils
présentent une légère invagination dorsale ainsi qu’une éminence arrondie dorso-postérieure.
La face ventrale ne présente pas de macrotubercules, mais des papilles éparses. Les papilles
dorsales sont arrangées segmentairement en quatre rangées transversales par segment ;
les deux rangées disposées de part et d’autre du macrotubercule sont complètes ; les deux
autres rangées, disposées au niveau des macrotubercules, sont interrompues.
Les parapodes sont tous semblables ; le lobe aciculaire est tronconique, le lobe présétal
est de même taille que le cirre ventral. Pas de lobe postsétal. Deux papilles hémisphériques
sont présentes à la marge proximo-dorsale du lobe préaciculaire. On remarque deux rangées
longitudinales comportant 2 à 3 papilles sur chaque face du parapode. A la marge ventrale,
1. Cette espèce est cordialement dédiée à A. Laurel.
— 118 —
Sphaerodoropsis laureci n. sp. : A, prostomium en vue dorsale ; B, parapode droit en vue antérieure ; C,
détail d’un maerotubercule.
il existe une rangée de trois papilles. Les soies sont composées ; leur hampe est courte, lisse
et large, dilatée distalement. La serpe, observée au microscope optique, présente un bord
tranchant lisse.
— 119 —
Justification
La forme exceptionnelle des macrotubercules isole nettement l’espèce nouvelle à l’inté¬
rieur du genre Sphaerodoropsis. Deux autres caractères sont remarquables : l’antenne médiane
en forme de fourche et la disposition en rangées transversales des papilles hémisphériques
dorsales.
Sphaerodoropsis longipapillata n. sp.
(PI. VI, A-C)
Localité-type : Golfe de Gascogne (47°31' N et 9°35' W — Z = 4 150 m).
Campagne BIOGAS V à bord du N.O. « Cryos >'. Un exemplaire. Prélèvement effectué à la drague
épibenthique.
Autre localité : Nord-Ouest Atlantique, au nord-est du grand banc de Terre-Neuve.
55°52,5' N et 49°53,4' W — Z = 3 465 m. Campagne Noratlante à bord du N.O. « Jean Charcot ».
Un exemplaire. Prélèvement effectué à la drague épibenthique.
L’holotype a été déposé dans les collections du Muséum national d’Histoire naturelle de l’aris,
sous le numéro AS 17.
Description
Le type est un exemplaire complet de 25 sétigères ; il mesure 4,5 mm de long pour
0,47 mm dans sa plus grande largeur. La face dorsale porte quatre séries parallèles de macro¬
tubercules sessiles sans papille terminale. Seul le premier segment sétigère fait exception
ne portant que deux macrotubercules. Les laces dorsale et ventrale sont couvertes de
petites papilles hémisphériques. Il n’existe pas de macrotubercules ventraux. Par transpa¬
rence, on observe un gésier musculeux qui s’étend jusqu’au 7 e segment sétigère.
Le prostomium (pi. VI, A et B) porte trois paires d’antennes latérales dont les moyennes
sont les plus longues. Les antennes latérales inférieures et supérieures sont de même taille.
Elles sont simples, digitiformes et portent à leur base de nombreuses papilles courtes. L’an¬
tenne médiane possède un collet bien marqué, elle est de même taille que les antennes
latérales supérieures. Postérieurement, au niveau du péristomium, on remarque une paire
de cirres tentaculaires bien développés. Deux invaginations « en doigt de gant » sont placées
entre l’antenne latérale médiane et le cirre latéral.
La longueur du lobe aciculaire des parapodes (pi. VI, C) croît d’avant en arrière, attei¬
gnant sa longueur maximale au niveau du 8 e segment sétigère, puis décroît lentement vers
P extrémité postérieure. Entre le 7 e et le 9 e segment sétigère, la longueur du lobe acicu¬
laire est de trois fois supérieure à sa largeur. Le lobe présétal est bien développé, le lobe
postsétal est absent. A la marge supérieure du parapode et sur le bord distal, on remarque
une grande papille grêle. Deux ou trois papilles plus petites sont situées en position plus
proximale à la marge supérieure du parapode. Six à sept papilles sont éparses sur les deux
faces du parapode.
Toutes les soies sont composées. Les serpes, observées au microscope photonique, ont
le bord tranchant lisse. L’aeicule est vrillé, son extrémité postérieure est tournée vers l’arrière
du corps.
— 120 —
PLANCHE VI
Sphaerodoropsis longipapillata n. sp. : A, prostomium en vue latérale droite ; B, prostomium en vue dorsale;
C, parapode droit de la région médiane en vue antérieure.
Justification
Trois espèces de Sphaerodoropsis réunissent les caractéristiques suivantes : quatre
rangées de macrotubercules ; pas de macrotubercules ventraux ; trois paires d’antennes
latérales ; des papilles ventrales et dorsales. Ce sont : S. furca Fauchald, 1974. S. elegans
Hartman et Fauchald, 1971, et S. parva (Ehlers, 1913).
S. furca diffère des trois autres espèces par son antenne latérale supérieure bifurquée.
S. elegans diffère de notre espèce par la structure du parapode, puisqu’il ne comporte
pas de lobe présétal, mais à l’inverse possède un lobe postsétal absent dans notre espèce.
S. parva diffère aussi de S. longipapillata par son parapode court et par son antenne laté¬
rale inférieure plus longue que les deux autres antennes latérales.
— 121 —
Sphaerodoropsis martinae 1 n. sp.
(PI. VII, A-C)
Localité-type : Campagne BIOGAS VI, golfe de Gascogne. Station VI, banc Le Danois
(44<>05,2' N et 4°19,4' W — Z = 1 913 m).
Le prélèvement a été effectué à la drague épibenthique depuis le N.O. « Jean Charcot » le
1 er novembre 1974. Trois exemplaires dont le type.
L’holotype a été déposé dans les collections du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris,
sous le numéro AS 18.
Description
Le type est un exemplaire complet de 15 segments sétigères ; il mesure 2,94 mm
de long pour 0,47 mm de large dans sa plus grande largeur. Le corps est assez comprimé
dorso-ventralement. Le type ne présente ni coloration, ni tache oculaire. Cependant, de
nombreux paratypes présentent au niveau des macrotubercules dorsaux une couleur orangée.
La partie antérieure est hémisphérique et porte trois paires d’antennes latérales et une
antenne médiane. Les antennes latérales moyennes et inférieures sont de même taille,
alors que les antennes latérales supérieures sont très courtes et papilliformes. L’antenne
médiane est légèrement plus courte que les deux paires inférieures d’antennes latérales.
La région prostomiale est couverte de papilles courtes et obtuses. Deux cirres tentaculaires
latéraux courts sont présents en arrière du prostomium. Il existe deux invaginations entre
les antennes latérales moyennes et les cirres tentaculaires. Les macrotubercules dorsaux
sont en forme de calotte sphérique sans papille terminale. Ils sont disposés segmentairement
selon quatre rangées parallèles. La face ventrale ne présente ni macrotubercule ni micro¬
tubercule, mais uniquement quelques papilles éparses et discrètes. De même, la papillation
dorsale est réduite et difficile à déceler (elle est cependant bien visible lorsque l’on sort l’ani¬
mal du liquide conservateur). Le contenu du macrotubercule reste opaque lorsque l’animal
est éclairci.
Les parapodes sont simples et sans papillation. Ils sont courts, subhémisphériques.
L’acicule a une forme de vrille, le parapode porte 10 à 15 soies composées à hampe longue
à lame courte qui présente un tranchant lisse en microscopie optique. Le cirre ventral
ne dépasse pas l’extrémité du lobe acieulaire. Le lobe présétal est court, le lobe postsétal
est absent.
Le pygidium est entouré dorsalement de trois papilles hémisphériques, latéralement
on trouve une paire de macrotubercules piriformes, ventralement une paire de papilles
et un cirre ventral impair et médian.
Justification
Cette espèce est proche de Sphaerodoropsis laevis Fauchald, 1974. Elle possède en
commun avec elle les caractères suivants : quatre rangées de macrotubercules dorsaux ;
pas de macrotubercules ventraux ; des papilles rares, excepté sur le prostomium ; un para¬
pode sans papille.
1. Cette espèce est amicalement dédiée à V. Martin, auteur des dessins de cette publication.
— 122 —
Cependant, il en diffère fortement par l’absence de lobe postsétal et la présence de
lobe présétal. Les deux rangées les plus dorsales de macrotubercules sont aussi très carac¬
téristiques chez S. laevis : ils ont une base très épaisse ressemblant ainsi à un épaississement
dorsal mal individualisé.
PLANCHE VII
Sphaerodoropsis martinae n. sp. : A, partie prostomiale en vue latérale gauche ; B, prostomium en vue
dorsale ; C, parapode gauche en vue antérieure.
Sphaerodoropsis parva (Elders, 1913)
(PI. VIII, A-D)
Nouvelle localité : Plateau de Meriadzek (glacis) (47°30,8' N et 9°07,6' W — Z = 2 906 m).
Deux individus.
Description
L’exemplaire plus particulièrement étudié est complet, mesure 2,75 mm de long pour
525 microns de large et compte 18 segments. Conservé dans l’alcool, il est uniformément
blanchâtre et ne présente pas de tache oculaire pigmentée.
— 124 —
Les macrotubercules dorsaux sont hémisphériques et sans filament terminal ; ils sont
disposés segmentairement suivant quatre rangées longitudinales ; seul le premier segment
ne présente que les deux macrotubercules externes. Le corps, dorsalement et ventralement,
est couvert de petites papilles hémisphériques. La face ventrale ne porte pas de macro-
tubercules.
Le prostomium porte trois paires d’antennes latérales dont les deux inférieures sont
subégales et plus longues que les antennes latérales supérieures. Ces dernières sont de même
taille que l’antenne médiane. Les deux cirres tentaculaires sont de taille intermédiaire.
Tous ces appendices sont simples et digitiformes. Une invagination paire en doigt de gant
est présente entre le cirre tentaculaire et l’antenne latérale médiane.
Les parapodes sont courts (la longueur du lobe aciculaire est égale ou inférieure à sa
largeur). Le lobe préaciculaire est de même taille que le cirre ventral. Il n’existe pas de lobe
postaciculaire. Une grosse papille hémisphérique est présente au bord proximal supérieur
du lobe préaciculaire. Chaque face du parapode porte de trois à cinq papilles hémisphériques.
Les soies sont toutes composées à hampe courte et à lame lisse (en observation au microscope
optique).
Remarques sur i.a riogéographie
L’espèce décrite par Ehlers (1913) a, jusqu’à ce jour, été signalée dans les eaux antarc¬
tiques et subantarctiques. La plupart des exemplaires recueillis aujourd’hui proviennent
des collections de 1’ « Eltanin » (Fauchald, 1974). Les caractères qui pourraient différencier
nos exemplaires sont très faibles (rapport de taille entre les antennes, longueur des parapodes).
Ils peuvent aisément être attribués à l’état de contraction des échantillons et ne me paraissent
pas suffire à la création d’un nouveau taxon, même de rang subspécifique. Cependant,
il faut souligner que les exemples de cosmopolitisme sont rares dans cette famille et que
l’attribution de nos exemplaires à cette espèce devra être révisée si des collections plus
importantes peuvent permettre l’étude des variations intraspécifiques.
Sphaerodoropsis sibuetae 1 n. sp.
(PI. IX, A-E ; pi. X, A-D)
Localité-type : Marge est du banc Le Danois, golfe de Gascogne (44°05,2' N et 4°19'4 W —
Z = 1 913 m).
L’holotype a été déposé au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, sous le numéro
AS 19 ; des paratypes ont été mis en collection à la Smithsonian Institution de Washington.
Description
Le type est un exemplaire complet présentant 19 segments sétigères ; il mesure
2,82 mm de long sur 0,55 mm dans sa plus grande largeur, au niveau du sixième segment
sétigère. La plupart des très nombreux spécimens étudiés ne présente ni coloration, ni
taches oculaires. Cependant, les individus provenant d’une station située sur la Terrasse
1. L’espèce est amicalement dédiée à Myriam Sibuet.
— 125 —
de Meriadzek possèdent occasionnellement une ou deux paires de taches oculaires. De plus,
certains individus provenant du nord de la fosse de Rockall sont de couleur légèrement
rosée.
La région antérieure est globuleuse ; elle porte une antenne médiane courte et trois
paires d’antennes latérales dont les deux inférieures sont subégales et ne dépassent jamais
en longueur la moitié des deux premières. Sur les plus grands individus, l’antenne supérieure
peut porter à sa base une papille qui lui donne un aspect digité. Latéralement, il existe
deux cirres tentaculaires de même longueur que les antennes latérales inférieures et médianes,
mais légèrement plus grêles. Deux invaginations en doigt de gant et qui se terminent en
poches dilatées sont présentes entre les antennes latérales médianes et les cirres tentacu¬
laires. Des papilles courtes sont éparses sur toute la région antérieure.
Les macrotubercules sont uniquement présents sur la face dorsale. Ils sont hémisphé¬
riques sessiles et sans papille terminale. Ils sont disposés segmentairement le long du corps
Sphaerodoropsis sibuetae n. sp. : A, prostomium en vue dorsale ; B, partie antérieure en vue latérale gauche ;
C, soie composée à serpe denticulée ; D, parapode droit en vue postérieure ; E, extrémité anale en vue
ventrale.
— 126 —
selon quatre rangées longitudinales qui donnent à l’animal un aspect caréné. Seul le premier
segment ne porte que deux macrotubercules, les deux médians étant absents. Des papilles
courtes sont dispersées sur l’animal (ventralement comme dorsalement).
Les parapodes sont tous de même forme bien que le cirre ventral augmente de taille
d’avant en arrière jusqu’au niveau des trois quarts postérieurs de l’animal où il dépasse
la longueur du lobe aciculaire ; puis la taille du cirre ventral décroît postérieurement. La
longueur des parapodes est supérieure à deux fois la largeur.
Le lobe préaciculaire est de taille moyenne, mais reste bien individualisé sur toute
la longueur du corps. Il n’y a pas de lobe postaciculaire. Chaque face du lobe aciculaire
porte 10 à 15 papilles disposées en rangées longitudinales plus ou moins régulières. L’acicule
est droit.
Les soies de l’holotype sont toutes semblables. Ce sont des soies composées à hampe
courte et à long article terminal en serpe peu marquée. L’observation au microscope optique
(X 2150) ne laisse voir qu’un bord tranchant lisse, alors que l’observation au microscope
électronique à balayage (X 9700) révèle l’existence d’une fine denticulation du tranchant.
Dans certains paratypes, les hampes des soies composées sont très longues à partir du
cinquième ou du sixième sétigère. Le pygidium est entouré de 3 macrotubercules (1 médio-
dorsal et deux latéraux) et ventralement de quatre papilles courtes et d’un cirre digit i-
forme simple médian.
Justification
Dans la révision effectuée par Fauchald (1974), trois espèces de Sphaerodoropsis
possèdent à la fois quatre rangées de macrotubercules dorsaux, trois paires d’antennes,
pas de macrotubercules ventraux et des papilles réparties sur toute la surface du corps,
dorsalement et ventralement : S. elegans Hartman et Fauchald, 1971 ; S. furca Fauchald,
1974 ; S. parva (Elders, 1913).
S. elegans Hartman et Fauchald, 1971, ne possède pas de lobe préaciculaire mais un
lobe postaciculaire. Dans cette espèce, il n’existe qu’une seule papille à la marge supérieure
du parapode dont la longueur est supérieure à trois fois la largeur.
S. furca, Fauchald, 1974, a un parapode caractéristique : il possède une papille tronquée
à la marge supéro-externe ainsi qu’une seule papille ronde près de la marge supérieure.
En outre, l’antenne latérale supérieure est fourchue à la base.
S. parva (Ehlers, 1913) est caractérisé par une partie antérieure couverte de papilles
dont la longueur croît antérieurement et un nombre très réduit de papilles (2-3) sur chaque
face du parapode.
S. sibuetae n. sp. diffère de ces trois espèces par la structure du parapode, en particulier
par l’absence de papille isolée à la marge supérieure du parapode et par un plus grand nombre
de papilles globuleuses sur chaque face du parapode. La structure de l’antenne supérieure
latérale des plus grands individus la rapproche de S. furca.
— 127 —
PLANCHE X
Sphaerodoropsis sibuetae n. sp. : A, habitus en vue dorso-postérieure ; B, région prostomiale en vue dorsale ;
G, région moyenne en vue latérale ; D, macrotubercule.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Grab Samples and Dredgings. Bull. Br. Mus. nat. Hist., Zool., 10 (7) : 381-445.
Ehlers, E., 1913. — Die Polychaeten-Sammlungen der Deutschen Südpolar-Expedition 1901-
1903. Dt. Siidpol.-Exped., 13 (4) : 398-598.
Fauchald, K., 1974. — Sphaerodoridae (Polychaeta, errantia) from world-wide areas. J. nat.
Hist., 8 : 257-289.
Hansen, G. A., 1878. — Annelider fra den norske Nordhavs-expedition 1, 1876. Nytt Mag. Naturvid.,
24 (1) : 1-17.
Hartman, ()., et K. Fauchald, 1971. - Deep-water benthic polychaetous annelids off New England
to Bermuda and other North Atlantic areas. Allan Hancock Monogr. mar. Biol., 6 : 1-327,
Hartman-Schrôder, G., 1965. — Die Polychaeten des Sublitorals. Zur Kenntnis des Sublitorals
der chilenischen Küste unter besonderer Beriicksichtigung der Polychaeten und Ostracoden
(Mit Bemerkungen über den Einfluss sauerstoffarmer Stromungen auf die Besiedlung von
marinen Sedimenten). Mitt. hamb. zool. Mus. Inst., 62 (Suppl.) : 59-305.
Moore, J. P., 1909. — The polychaetous annelids dredged by U.S.S. Albatross off the coast of
Southern California in 1904. 1. Syllidae, Sphaerodoridae, Hesionidae and Phyllodocidae.
Proc. Acad. nat. Sci. Philad., 61 : 321-351.
Manuscrit déposé le 7 juin 1979.
Bull. Mus. nain. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 2 , 1980,
section A, n° 1 : 129-141.
Description de trois espèces nouvelles
du genre Tanarctus Renaud-Deb yser, 1959,
et création de la sous-famille des Tanaretinae, subfam. nov.
(Tardigrada, Heterotardigrada)
par Jeanne Rf.naud-Mornant *
Résumé. — Description de Tanarctus gracilis, T. heterodactylus et T. dendriticus n. sp.,
I ialechiniscidae, récoltés par le « R. V. Eastward » dans les zones bathyale et abyssale de l’Atlan¬
tique nord-occidental. Discussion de la position phylogénétique de la nouvelle sous-famille des
Tanaretinae subfam. nov.
Abstract. — Tanarctus gracilis , T. heterodactylus and T. dendriticus sp. nov. Halechiniscidae,
are described. They were collected from the « R. V. Eastward » from bathyal and abyssal depths
off North Carolina I SA. The phylogenetica! position of the new subfamily Tanaretinae subfam.
nov. is discussed.
Les espèces du genre Tanarctus Renaud-Debyser, 1959, décrites ici proviennent de la
campagne du « R. V. Eastward » effectuée en 1974 au large de la Caroline du Nord. Les
résultats quantitatifs obtenus sur la méiofaune ont été publiés par Coull et al. (1977).
Ces auteurs donnent également tous les renseignements écologiques concernant les stations.
Les Tanarctus furent trouvés en petit nombre. Presque tous furent récoltés aux stations
les moins profondes (— 400 m) puisqu’un seul exemplaire provient de la vase abyssale
à — 4 000 m.
Famille Halechiniscidae Thulin, 1928
Di AGNOSE : Arthrotardigrades, sans plaques ; appendices céphaliques complets, adultes avec
pattes terminées par quatre doigts, chacun portant une griffe.
Cette famille, possédant un nombre assez élevé de genres, est peu homogène et probable¬
ment polyphylétique.
* Laboratoire des Vers, associé au CNRS, Muséum national d'Histoire naturelle, 43 rue Cuvier,
75231 Paris Cedex 05.
1 , 9
— 130 —
Genre TANARCTUS Renaud-Debyser, 1959
Diagnose : Garniture complète d’appendices céphaliques. Clava égale ou supérieure à la
longueur du corps. Appendice de la patte IV modifié en longue soie simple, ramifiée ou en alae.
Grilles simples avec calcar externe, mais dénuées d’éperon.
Après les émendations de Lindgren (1971) et Renaud-Mornant (1975) et les obser¬
vations de McKirdy et al. (1976), il semble bien établi qu’un cirre médian impair situé
en arrière des autres cirres médians pairs soit toujours présent dans ce genre.
Tanarctus gracilis n. sp.
(Fig. 1, A, B, C)
Diagnose : Tanarctus avec clavas et appendices P IV simples et dépassant largement la lon¬
gueur du corps. Clavas secondaires absentes.
Holotype : Un mâle adulte, déposé au MNHN, Paris, sous le n° AH 557. Coll. B. C. Coult.,
R. P. Higgins, campagne « Eastward » 1974.
Paratype : Une femelle adulte, AH 558.
Localité : St. 24303-7F ; 34°07,3' N et 75°57' W. 400 m de profondeur à 6 cm dans un sable
fin avec 17 % de pélites.
Description de l’holotype
Le corps ovale a une allure étoilée due à la disposition des pattes, longueur (de la base
de la membrane entre les cirres médians internes et la base des P IV) : 80 pm, largeur (entre
les insertions P II et P III) : 40 pm.
La tète trapézoïdale possède des bords latéraux incurvés postérieurement vers la bouche
soulignant ainsi la séparation entre la partie céphalique et le reste du corps, largeur entre
les claviphores : 40 pm.
La partie antérieure de la tète est formée par une membrane cuticulaire parcheminée
reliant la base des deux cirres médians internes. Ceux-ci, régulièrement effilés vers la partie
distale et portés par un socle élargi, mesurent 19 pm. En arrière et dorsalement se trouve
le cirre médian impair qui mesure 11 pm.
Ventralement se trouvent les cirres médians externes, portés sur des socles avec cons¬
triction (5 pm); ils mesurent 12 pm. Les cirres A, issus de la même base que la clava, sont
dorsaux et de taille semblable aux cirres médians externes.
Les clavas, situées sur des lobes céphaliques latéraux peu développés, sont ventrales
et possèdent un organite (1 pm) réfringent à leur base. Leur partie proximale est renflée ;
elles s’effilent distalement (long. 110 pm).
La bouche ventrale forme une fente transversale de 15 pm à la base de la partie cépha¬
lique. Latéralement, des taches légèrement colorées s’observent de part et d’autre de la
région buccale.
— 131 —
Fig. 1. — Tanarctus gracilis n. sp.
A, hulotype, mâle à maturité génitale, vue ventrale ; B, patte rétractée ; G, vue d’une griffe d’un doigt médian.
Dorsalement la cuticule est très finement ponctuée à raison de 23 « X bâtonnets »/10 pm
mais uniforme, alors que ventralement, le corps est grossièrement subdivisé par des plis
à la hauteur de l’insertion des pattes. La partie postérieure du corps porte les cirres E (28 p.m)
insérés sur des forts mamelons latéraux. Plus bas, sur les P IV se trouvent les grandes
soies caudales (220 p.m) ; elles présentent une légère encoche proximale à X 20 p.m de distance
de l’insertion, puis s’elfilent régulièrement jusqu’à leur extrémité.
— 132 —
Les pattes télescopiques (fig. 1, B) comportent : une large coxa, à la limite distale de
laquelle sont insérées les soies coxo-fémorales, et un fémur au sein duquel sont situés les
muscles rétracteurs et les fibres cuticulaires rejoignant le tibia rétractable. Celui-ci de forme
lancéolée, et très étroit, est relié au tarse par une pièce cuticulaire allongée et dorsale.
Sur le tarse de forme triangulaire s’insèrent ventralement les doigts externes (8-9 p.m)
portés par un socle semi-circulaire. Un renflement dorsal maintient les doigts médians qui
mesurent 15 p.m. Les doigts, allongés, sans renflement cuticulaire visible sont munis de
griffes simples en forme de croissant avec calcar externe dirigé vers la base des doigts.
Les soies coxo-fémorales insérées dorsalement mesurent 10, 20 et 25 u. m sur PI, PII et
P 11 1 ; épaissies à leur base, elles s’effilent régulièrement distalement.
Morphologie interne : A la bouche fait suite un tube buccal de 17 [irn, des stylets
de 20 (J. rn avec supports (2 pm). Bulbe sphérique de 10 pm de diamètre, apophyses bulbaires
non vues. L’estomac à diverticules peu accentués se termine par un anus formé de quatre
replis en X. Le testicule dorsal, de forme grossièrement triangulaire, possède deux canaux
déférents contournant l’intestin pour aboutir au gonopore ventral, orifice arrondi et sur¬
monté d’un repli de la cuticule situé à 6 p.m antérieurement à l’anus ; faisceaux de sperma¬
tozoïdes visibles dans le testicule.
Chez la femelle, dont la taille et les principaux caractères morphologiques sont sembla¬
bles à ceux de l’holotype, l’ovaire occupe le tiers postérieur du corps dorsalement, avec
un oviducte ventral dans lequel un œuf est engagé ; gonopore en rosette.
Discussion
Tanarctus gracilis se rapproche de T. tauricus Renaud-Debvser, 1959, et de T. ramazzottii
Renaud-Mornant, 1975, par la taille des appendices céphaliques et les soies des P IV, mais
en diffère par l’absence de clavas secondaires situées en position ventrale de part et d’autre
de la bouche chez ces espèces. En effet, en vertu de l’émendation de la diagnose de T. tauricus
effectuée par Lindgren (1971), puis par Renaud-Mornant (1975), on considère que chez
T. tauricus des clavas secondaires sont représentées dans le dessin original, ainsi que les
clavas primaires de grande taille, alors que seuls les cirres A ne le sont pas. L’interprétation
originale de Tanarctus suivait ainsi celle effectuée par Schulz (1935) sur Actinarctus où
les clavas primaires, d’une taille inattendue, furent confondues avec les cirres A. Chez
T. tauricus des clavas secondaires sont semblables à celles trouvées chez les deux exem¬
plaires de T. ramazzottii. Or celles-ci n’existent pas dans nos spécimens. De plus, la soie
de P IV est simple et ne peut être rapprochée de celle de T. arborspinosus Lindgren, 1971 ;
elle possède cependant une encoche proximale qui se rapproche par sa localisation et sa taille
de l’épine observée chez une espèce de Tanarctus de Floride par McKirdy (comm. pers.).
Les griffes sont simples et diffèrent de celles de T. velatus McKirdy et al., 1976, qui
possèdent une épine accessoire, supplémentaire, sur les doigts médians.
— 133 —
Tanarctus dendriticus n. sp.
(Fig. 2, A, B, C)
Diagnose : Tanarctus avec appendices des P IV dépassant la longueur du corps et portant
des épines secondaires et tertiaires de grande taille. Clavas secondaires absentes.
Holotype : Une femelle adulte déposée au MNHN, Paris, sous le n° AH 552. Coll. B. C. Coull
et R. P. Higgins, campagne « Eastward », 1974.
Localité : St. 24313-9c ; 33°37' N et 74°37,1' W. 4 000 m de profondeur, à 3 cm dans la vase
très fine à 97,4 % de pélites.
Autres spécimens : Deux femelles à maturité génitale, enregistrées au MNHN, Paris, sous
les n os AH 452 et AH 555. Coll. B. C. Coull et R. P. Higgins, campagne « Eastward », 1974.
Localité : St. 24301 et 24303, 6 F ; 34°07,3' N et 75°57,7' W. 400 ni de profondeur, à quelques
centimètres dans le sable, fin avec 17 % de pélites.
Description de l’iiolotype
Le corps ovoïde mesure 78 pm de la base de la membrane basale des cirres médians à
l’insertion des P IV. La largeur est de 38 [un à la hauteur de l’insertion des P III. Les coxas
des PI, PII et P III sont contiguës, donnant à l’animal une forme étoilée. La cuticule
possède des « bâtonnets » latéraux de plus d’1 pm de haut à raison de 20/10 pm. La tête
de forme trapézoïdale, aux bords incurvés, est nettement délimitée du tronc (larg. : 33 pm).
Les cirres céphaliques sont portés sur des socles de 4 à 5 p.m de haut; assez larges à leur base,
ils s’eflilent régulièrement jusqu’à la pointe distale. Les mesures sont les suivantes : cirre
médian impair : 9 pm, cirres médians internes à base reliée par une membrane transparente :
20 pm, cirres médians externes ventraux à socle renflé : 12 pm. Les lobes céphaliques laté¬
raux sont peu développés et peu proéminents, mais ils présentent un repli latéral formant
excroissance ; ces lobes portent uniquement le cirre A et un organite opaque. Les cirres A
sont très fins et mesurent 10 pm. Les clavas sont absentes.
Quelques granules jaunâtres sont présents autour du cerveau et vers la bouche. Cette
dernière, située ventralement à la base de la partie céphalique est constituée par une fente
transversale de 9 pm.
La partie postérieure du corps légèrement rétrécie présente des cirres E à base élargie
(19 pm).
Dorsalement, au-dessus de l’insertion des P IV sur un socle de 4 pm à partir d’un organite
réfringent, s’insèrent les soies caudales. D’un diamètre supérieur aux autres appendices,
ces soies mesurent 105 pm de longueur totale ; simples et renflées dans leur partie proximale
(40 pm), elles se divisent en quatre ramifications secondaires, les proximales subdivisées
en branches tertiaires de forte taille.
Les pattes sont construites selon le schéma général propre aux Tanarctus : large coxa
formant repli autour du fémur dans la gaine duquel le tibia en forme de lancette se rétracte
entraînant un tarse conique sur lequel sont implantés dorsalement les doigts médians
(10 pm) sur une pièce commune, et ventralement les doigts externes (7-8 pm) sur des épaissis¬
sements latéraux. Les griffes (4 pm), en forme de croissant, portent un calcar externe terminé
en pointe effilée. Les pattes I, II et III ont des soies insérées à la limite entre le repli coxal
et le fémur; elles mesurent respectivement 11, 16 et 19 pm.
— 134 —
Fig. 2. — Tanarctus dendriticus n. sp.
A, holotype, femelle adulte à maturité génitale, vue dorsale ; B, tarse et doigts ; G, soie caudale droite d’un
spécimen de 400 m de profondeur.
Morphologie interne : Le tube buccal et les stylets mesurent 10 et 12 pin ; les supports
de stylets sont présents (2 pin) au-dessus du bulbe de 10 pm de diamètre.
Diverticules stomacaux faiblement développés, et cavité générale presque entièrement
occupée par la masse ovariale. Gonopore en rosette situé ventralement à une distance de
10 p„m antérieurement à l’anus en forme d.
— 135
Autres spécimens : Deux femelles AH 452 et AH 555 à maturité génitale mesurent
respectivement 67 et 75 p.m de longueur et 30 et 40 p.m de largeur. Les appendices sont
semblables à ceux de l’holotype. Les clavas sont absentes mais les lobes céphaliques laté¬
raux portent le repli externe présent également chez l'holotype. Lies soies caudales ne
possèdent dans le spécimen AH 555 que trois branches secondaires au bord externe.
L’ovaire à maturité occupe la moitié postérieure du corps. Gonopore en rosette.
Discussion
T. dendriticus n. sp. se distingue de toutes les autres espèces de Tanarctus par les soies
des P IV arborescentes à très fortes épines ; seul T. arborspinosus Lindgren, 1971, possède
des soies avec des ramifications de grande taille. Mais chez cette dernière espèce les ramifi¬
cations tertiaires sont de simples barbules, alors que chez T. dendriticus les épines tertiaires
sont d’un diamètre et d’une longueur égaux aux épines secondaires.
En revanche, il est tout à fait surprenant de constater que les clavas, organes pairs,
sont totalement absentes des trois spécimens récoltés. Une particulière fragilité des clavas
est possible chez ces animaux qui malheureusement n’ont pas été observés vivants, et on
pourrait envisager alors qu’elles étaient caduques et se sont autotomisées lors de la remontée
des engins de capture ou au cours de la fixation effectuée globalement sur le sédiment.
Mais à l’exception du petit organite basal aucune trace d’implantation de clavas n’a pu
être mise en évidence sur les lobes céphaliques latéraux. En dehors du fait que l’absence
ou la présence de clavas ne puisse être statuée pour l’instant, l’espèce se distingue de toutes
les autres par la forme et la minceur de ses cirres A, ainsi que par la forme arborescente
des soies caudales.
Il est intéressant de noter que T. dendriticus fut trouvée dans la plaine abyssale à
— 4 000 m en un seul exemplaire, mais que deux exemplaires se trouvaient dans l’étage
bathyal à — 400 m, montrant ainsi la possibilité qu’a cette espèce de coloniser des biotopes
à différentes profondeurs.
Tanarctus heterodactylus n. sp.
(Fig. 3, A, B, C, D)
Diagnose : Tanarctus avec épicuticule soutenue par des piliers dorsaux de plus d’un p.m de
haut. Doigts externes réduits à des moignons sans griffe.
Holotype : Un mâle adulte, déposé au MNHN, Paris, sous le n° AF 842. Coll. B. C. Coull
et W. E. Sterrer, campagne « Eastward », 1974.
Localité : St. 24302. 4A. 34 o 07,3 , N et 75 0 57,7' W. Profondeur 400 m. A la surface d’un sable
fin avec 17 % de pélites.
Paratype : Une femelle adulte, déposée au MNHN, Paris, sous le n° AH 452. Coll. B. C. Coull
et B. P. Higgins, campagne « Eastward », 1974.
Localité : St. 24301. Identique à la précédente.
Autre spécimen : Un mâle adulte déposé au MNHN sous le n° AH 414. Coll. J. Renaud-
Mornant.
Localité : 23°03' S et 43°17,3' W. Plateau continental au large de Rio de Janeiro. Profondeur
22 m, sable grossier.
— 136 —
Description de l’holotype
Le corps d’une longueur de 135 [xm entre le bord de la membrane des cirres médians,
à la base des P IV, et d’une largeur de 60 fxm entre les insertions des P II et P III, est de
forme ovale et élancée.
La cuticule est très fortement ponctuée sur la face dorsale : l’épicuticule est portée
par des « piliers » mesurant de 1 à 2 fxm dans la partie dorso-médiane et de 4 à 5 fxm latéra¬
lement et postérieurement, ils se réduisent considérablement en hauteur au niveau des
coxas des pattes.
La tête trapézoïdale (larg. : 46 |xm) est nettement séparée du reste du corps par une
constriction latérale au-dessus des coxas des P I. Les cirres céphaliques portés par des socles
épais sont les suivants : cirre médian impair, en arrière du bord rostral (9 jxm) ; cirres médians
pairs (25 fxm) réunis à leur base (4 (xm) par une membrane translucide ; cirres médians
externes (23 fxm) sur socle à constriction (6 |xm). Lobes céphaliques latéraux peu développés,
portant dorsalement les cirres A (15 fxm) et les clavas (155 jxm) renflées à leur base.
La bouche en fente transversale est située ventralement légèrement au-dessus de la
jonction de la tête et du tronc.
Fig. 3. — Tanarctus heterod ictylus n. sp.
A, holotype, mâle à maturité génitale, vue dorsale, P II et P III droites non représentées ; B, femelle à
maturité génitale, vue dorsale ; C, patte rétractée montrant les doigts externes réduits à l’état de
moignons ; D, griffe d’un doigt médian.
— 137 —
Le corps ne présente pas de constrictions visibles dorsales ou ventrales. Postérieure¬
ment les cirres E portés par des socles peu développés mesurent 25 p.m. Les soies des P IV,
légèrement renflées à leurs bases, portent sur leur socle un organite réfringent (1 pm), et
dans leur partie proximale un petit éperon ; elles mesurent 150 p.m.
Les pattes télescopiques sont disposées en étoile ; le repli coxal au niveau de la nais¬
sance du fémur porte une soie élargie à sa base et elfilée distalement. Ces soies mesurent
respectivement 18, 22 et 24 pm sur les P I, P II et P III. Les fémurs de forme trapézoïdale
font suite aux coxas et précèdent les tibias qui sont beaucoup plus étroits et se terminent
en une pointe portant un tarse triangulaire (fig. 3, C et D). Sur le tarse se trouve une paire;
de doigts médians de 10 pm, rectilignes ; ils portent à leur base un repli cuticulaire, longitu¬
dinalement un épaississement cuticulaire, et distalement une griffe en forme de croissant
(3 à 4 pm) avec un calcar externe effilé et prolongé par un fin ligament en position médiane
à l’intérieur du doigt. De part et d’autre des doigts médians sont situées des excroissances
cuticulaires en forme de moignons de 4 à 5 p.m, ne portant pas de griffes.
Les tailles des doigts et des moignons sont semblables pour toutes les pattes.
Morphologie interne ; L’appareil buccal comporte un tube de 22 pm qui s’évase
dans le bulbe sphérique (diamètre 17 pm) et se prolonge par deux apophyses latérales
coudées et une apophyse médiane simple. Les stylets (20 p.m) sont formés de deux parties :
la partie proche de la bouche est plus fine que la partie bulbaire, cette dernière est munie
de deux apophyses rondes appliquées sur le bulbe et soutenues par des supports courts
de 8 pm. L’intestin forme un amas jaunâtre à contours indistincts. La masse testiculaire
occupe tout le dernier tiers dorsal du corps ; au-dessus de l’insertion des P IV les canaux
déférents rejoignent le pore génital ventral ; un orifice rond surmonté d’un repli de la cuti¬
cule et situé 4 p.m au-dessus de l’anus, lui-même constitué par une fente ondulée en forme d’Y.
Paratype : Une femelle de 78 pm de long, en provenance de la même station (24301).
Cuticule semblable avec piliers de 1 à 3 p,m, s’accroissant du centre vers les bords latéraux
(4 pm). Cirres céphaliques proportionnellement plus longs que chez le mâle (cm = 10,
cmi — 22, cme = 13, C.A = 15) mais clava plus petite (68 p.m) ; cirre E = 22 pm et soie
de la P IV 80 pm, cette dernière possédant un éperon à 16 p.m de distance de 1 insertion.
Les soies des pattes mesurent 18, 17 et 18 pm respectivement sur P I, P II et P III. Les
doigts médians porteurs de griffes mesurent 12 à 16 pm, alors que les moignons ne dépassent
pas 5 p.m. Masse génitale avec plusieurs ovules dorsaux, gonopore ventral en rosette.
Autre spécimen (AH 414, provenance Brésil) : Un mâle à maturité génitale de 105 p.m
de longueur et 52 pm de largeur. Cuticule à piliers de 1 à 3 pm. Clavas : 80 pm, soie des
P IV : 78 pm. Moignons digitaux légèrement plus grands que chez les spécimens d’Atlantique
Nord : 6 pm.
Discussion
La présence d’une couche épicuticulaire soutenue par des piliers importants rappelant
ceux d ’Actinarctus Schulz, 1935, distingue Tanarctus heterodaclylus n. sp. des autres espèces
récoltées dans cette région ; mais le trait le plus frappant demeure l’absence de doigts
— 138 —
externes développés qui donnent à l’animal une allure larvaire. En effet, McKirdy ( cormn.
pers.) a observé des larves de Tanarctus sp. en Floride ne possédant que des doigts médians,
selon la règle quasi générale chez les Arthrotardigrades à quatre doigts (McGinty et
Higgins, 1968 ; Renaud-Mornant et Anselme-Moizan, 1969).
Etant donné que les mâles et les femelles étudiés ici étaient à maturité génitale (testi¬
cules, ovaires et gonopores développés), les pattes bidigitées, autrefois considérées comme
caractéristiques des stades larvaires de genres à quatre doigts, doivent être admises comme
critère spécifique hautement original et à grande signification évolutive chez Tanarctus
heterodactylus n. sp.
Son originalité réside dans la persistance d’un caractère larvaire important, qui pour¬
rait être aussi considéré comme un caractère régressif, chez des individus adultes. C’est le
seul exemple connu de réduction du nombre des doigts, parmi les familles d’Arthrotardi-
grada digitées. Seid Archechiniscus marci Schulz, 1953, dont la place parmi les Archechi-
niscidae Binda, 1978, est justifiée, montre l’ébauche d’une réduction des doigts externes,
mais ceux-ci n’en demeurent pas moins porteurs de griffes. En revanche, chez les Arthro-
tardigrada et les Eehiniscoidea non digités, on observe assez souvent un nombre anarchique
de grilles sur les pattes : ainsi chez les Stygarctidae (McKirdy et al., 1976), chez les Oreellidae
et les Echiniscoidae marins (Pollock, 1975).
Il s’agit chez ces espèces soit de réduction à toutes les pattes du nombre de griffes :
de quatre à trois chez Pseudostygarctus triungulatus McKirdy et al., 1976, soit de la réduc¬
tion du nombre de griffes à la P IV, passant de quatre à trois chez Anisonyches diakidius
Pollock, 1975, et de quatre à deux chez M egasty garctides orbiculatus McKirdy et al., 1976.
Le phénomène d’origine néoténique — arrêt de la croissance des doigts externes avec
perte des griffes — intéressant toutes les pattes, apparaît comme très original chez Tanarctus.
Il présente un niveau évolutif divergent de celui concernant la seule réduction de taille
des doigts qui restent ongulés chez Archechiniscus marci. Ce dernier annonce le stade
évolutif supérieur des griffes implantées sans doigts chez les Stygarctidae Schulz, 1951, et
les Coronarctidae Renaud-Mornant, 1974.
DISCUSSION ET CRÉATION DE LA SOUS-FAMILLE DES TANARCTINAE
Dans les sous-ordres des Arthrotardigrada qui sont tous marins à l’exception du genre
limicole Echinursellus Iharos, 1968, la famille des Halechiniscidae Thulin, 1928, apparaît
comme très hétérogène. Plusieurs genres tels que Pleocola Cantacuzène, 1951, Actinarctus
Schulz, 1935, ou Tanarctus Renaud-Debyser, 1959, sont restés longtemps monospécifiques,
cela étant dû à la rareté du matériel analysable. Des récoltes récentes de nouveaux Acti¬
narctus (Renaud-Mornant, 1970 et 1979) et de nouveaux Tanarctus (Lindgren, 1971 ;
Renaud-Mornant, 1975 ; McKirdy et al., 1976, et le présent travail) montrent que ces
deux genres ont de nombreux caractères communs et font partie de la même lignée évolu¬
tive à l’intérieur de la famille des Halechiniscidae.
Lors de sa description originale (Schulz, 1935, emend. Grell, 1937), le caractère
générique le plus frappant d ’Actinarctus était sans nul doute le grand développement de
— 139 —
« bâtonnets rayonnants » qui supportaient la couche cutieulaire externe ; en revanche, chez
Tanarctus, il s’agissait de la très grande taille des « soies caudales » situées au-dessus des P IV.
Les travaux récents cités plus haut montrent d’une part qu 'Actinarctus lyrophorus
Renaud-Mornant, 1979, peut être muni d’appendices caudaux de grande taille comparables
à ceux de T. arborspinosus Lindgren, 1971 ; et d’autre part que des Tanarctus étudiés ici
peuvent posséder une cuticule à « bâtonnets » de taille importante. Il en est de même pour
T. ramazzottii Renaud-Mornant, 1975, dont l’examen approfondi m’a montré que la cuti¬
cule possède des « piliers » de plus d’1,5 pm de hauteur sur l’holotype dont la maturité
génitale (sperme et gonopore présents) est confirmée. Dans les deux genres en question
la taille des bâtonnets peut être beaucoup plus élevée (3 à 4 pm chez Tanarctus et même
gigantesque chez Actinarctus, 35 pm) que chez Halechiniscus (0,3 pm d’après Gheven,
1975) et chez Batillipes, où ils ont été mis en évidence dans la couche interne de l’épicu-
ticule (« pillar-layer ») respectivement par Greven, 1975, et par Schuster et al., 1975, puis
Kristensen, 1976, en utilisant la microscopie électronique.
Enfin l’ohservation fine de la morphologie des pattes chez Tanarctus (fig. 1, B et C ;
fig. 2, B et C ; fig. 3, C et D) et chez A. doryphorus ocellatus Renaud-Mornant, 1970, et
A. lyrophorus Renaud-Mornant, 1979, montre que la structure des fémurs, des tibias et
des régions tarsiennes est semblable ainsi que celle des griffes. Chez les deux genres également
une épine accessoire peut exister sur les griffes médianes (McKirdy étal., 1976 ; Renaud-
Mornant, 1979).
Il est donc proposé ici de rapprocher les deux genres dans la sous-famille des Tanarctinae
subfam. nov. dont les caractères sont définis comme suit :
Famille Halechiniscidae
Tanarctinae subfam. nov.
Diagnose : Halechiniscidae avec pattes possédant un tibia lancéolé suivi d’une région tarsienne
conique dont les sommets opposés forment un poignet étroit. Griffes simples avec calcar externe,
épine accessoire parfois présente sur griffes médianes. Papille de la P IV modifiée en longue épine
caudale, simple ou ramifiée. Epicuticule interne soutenue par des piliers de taille élevée et croissant
du centre vers la périphérie du corps.
Genre-type : Tanarctus Renaud-Debyser 1959, emend. Lindgren, 1971, et Renaud-Mornant,
1975.
Le genre Actinarctus Schulz, 1935, est inclus dans la sous-famille des Tanarctinae.
Tous les autres taxa de valeur générique faisant partie de la famille des Halechiniscidae
ne possédant pas l’ensemble de ces caractères sont groupés dans la sous-famille des Hale-
chiniscinae subfam. nov.
Les caractères morphologiques du genre Echinursellus Iharos, 1968, sont insuffisam¬
ment connus, surtout au niveau des pattes pour que l’on puisse le rattacher aux Tanarctinae
dont il semble posséder pourtant la couche à piliers élevés de l’épicuticule interne.
Quant à la position phylogénique de cette sous-famille à l’intérieur des Halechiniscidae
elle reste douteuse tant qu’un matériel plus abondant ne pourra être réuni à des fins compa¬
ratives.
140
Clé des espèces du genre Tanarctus
1 Gavas secondaires présentes.
2 Gavas secondaires absentes .
3 Gavas primaires plus petites que la longueur du corps. .
4 Gavas primaires plus longues que toute la longueur du
corps.
5 Soies P IV simples, ou avec petit éperon proximal.
6 Soies P IV ramifiées.
7 Pattes à 4 doigts subégaux.
8 Pattes à 2 doigts et 2 moignons.
9 Ramifications en forme d’épines.
10 Ramifications en forme de palettes en alae.
11 Ramification à épines secondaires barbulées .
12 Ramification à fortes épines secondaires et tertiaires . . .
3, 4
5
ramazzottii Renaud-Mornant, 1975
tauricus Renaud-Debyser, 1959
7,8
9
gracilis n. sp.
heterodactylus n. sp.
11, 12
velatus McKirdy et al., 1976
arborspiriosus Lindgren, 1971
dendriticus n. sp.
Remerciements
Je remercie vivement mes collègues R. C. Coull, R. P. Higgins et W. Sterrer, d’avoir bien
voulu mettre à ma disposition le matériel qu’ils avaient trié lors de la campagne « Eastward ».
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Manuscrit déposé le 17 octobre 1979.
Bull. Mus. nain. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 2, 1980,
section A, n° 1 : 143-160.
Essai d’une classification sous-générique
des Scorpions du genre Scorpiops Peters, 1861
(Arachnida, Scorpionida, Vaejovidae)
par Max Vachon *
Résumé. — Les caractères fournis par la trichobothriotaxie permettent de distinguer dans
le genre Scorpiops Peters, 1861, 4 sous-genres : Scorpiops sg. nominatif, Alloscorpiops n. sg.. Neo-
scorpiops n. sg. et Euscorpiops n. sg., dont on précise la diagnose, la composition et dont on propose
une clé de détermination. La répartition géographique des espèces est mentionnée et une nouvelle
espèce : Scorpiops (E.) hndbergi, habitant l’Afghanistan, est créée.
Abstract. — On the basis of characteres given by the triehobothriotaxy, 4 sub-genera could
be determined in the genus Scorpiops Peters, 1861 : Scorpiops nominatival sg., Alloscorpiops sg. nov.,
Neoscorpiops sg. nov. and Euscorpiops sg. nov. Their diagnosis and composition are specified
and a key for determination is given, together with the geographical distribution of their species.
Ayant reçu de nombreuses collections de Scorpiops d’origines diverses : Afghanistan
(1957-1963), K. I.imdberg ; Pakistan (1958), A. M. Wild, (1960) E. Piffl et J. Anderson ;
Thaïlande (1973), B. Degerbiol ; Bhutan (1976), Mission du Muséum d’Histoire naturelle
de Bâle ; Népal, Sikkim, Cachemire (1976), J. Martens, et ayant eu à notre disposition des
matériaux provenant des musées de Londres, de Hambourg, de Genève et de Paris, nous
avons commencé la révision de ce genre dont aucune étude d’ensemble n’avait été entre¬
prise depuis le travail de Kraepelin en 1913.
Le genre Scorpiops comprend actuellement une vingtaine d’espèces ou de sous-espèces
habitant la chaîne annamitique, le Haut-Laos, la Birmanie, la chaîne himalayenne, le
plateau du Deccan et, d’après nos observations personnelles, également la Thaïlande, le
Pakistan et l’Afghanistan.
La révision des espèces de Scorpiops s’avère longue et difficile. C’est la raison pour
laquelle nous jugeons utile, dès à présent, de publier l’essentiel de nos résultats c’est-à-dire
un regroupement des diverses espèces en 4 sous-genres distincts.
Les illustrations sont de Maurice Gaillard.
* Laboratoire de Zoologie (Arthropodes), Muséum national d’Histoire naturelle, 61, rue de Bufjon
75005 Paris.
— 144 —
Remarques sur les caractères utilisés
DANS LA DISTINCTION DES SOUS-GENRES
De nombreux caractères sont actuellement employés pour séparer les espèces de Scor-
piops : présence ou absence de dents terminant postérieurement les carènes dorsales des
anneaux de la queue, présence ou absence de processus dentiformes situés à la base de la
face interne de l’avant-bras des pédipalpes, ornementation du tégument, présence ou absence
de lobes aux doigts des pinces, etc. Or, ces caractères varient selon l’âge des individus
examinés et même selon leur sexe. Par contre, certains caractères, et en particulier le nombre
des trichobothries, doivent retenir particulièrement l’attention.
Dès 1973, nous avons mis en évidence la propriété essentielle de la trichobothriotaxie :
son invariance onto génétique, aucune modification n’intervenant au cours du développement
postembryonnaire ni dans le nombre ni dans la position des trichobothries. De plus, la
trichobothriotaxie est identique dans les deux sexes. Le résultat pratique, très important,
est que les caractères trichobothriotaxiques, à quelque niveau que ce soit, peuvent être
retrouvés aussi bien chez les mâles que chez les femelles et aussi bien chez les adultes que
chez les spécimens immatures. Aussi avons-nous, en 1973, établi une nomenclature per¬
mettant de nommer, de situer chaque trichobothrie, nomenclature convenant à l’ordre
entier des Scorpions.
Lorsque les trichobothries sont disposées en séries linéaires, par exemple, celles de la
face ventrale de la main (fig. 4, 12, 20, 28 et 35) ou de la face ventrale de l’avant-bras (fig. 9,
16, 24, 31 et 39), le comptage des trichobothries est facile. 11 n’en est pas de même de celles
de la face externe de l’avant-bras dont la répartition semble désordonnée. Ce désordre appa¬
rent et les difficultés qui en résultent lorsqu’il s’agit de les compter expliquent, dans une
certaine mesure, la méconnaissance, par nos prédécesseurs, des trichobothries de cette
face. Cependant, nos recherches nous ont convaincu de l’importance de leur rôle en taxonomie.
Ces difficultés de comptage et de dénomination nous ont incité à regrouper les trichobothries
de la face externe de l’avant-bras en 5 territoires ayant chacun leur propre sigle et dans les¬
quels les trichobothries sont numérotées (fig. 8).
L’étude comparée de ces 5 territoires, existant d’ailleurs chez tous les Scorpions, s’est
révélée très importante. Chez les Scorpiops, tout au moins, les caractères que l’on peut
découvrir permettent facilement de distinguer 4 sous-genres à l’intérieur du genre. Rappe¬
lons, à ce sujet, que la trichobothriotaxie de la face ventrale de la main avait permis à Rirula,
en 1917, de reconnaître 3 sous-genres dans le genre Euscorpius (fam. des Chactidae) et que
l’étude des trichobothries des espèces de ce genre nous ont prouvé en 1962, en 1975 ainsi
qu’à Valle, en 1975, l’importance taxonomique des territoires de la face externe de l’avant-
bras. Cela nous a donc incité à utiliser, chez les Scorpiops, la trichobothriotaxie dans la
distinction des sous-genres, sans pour cela lui dénier toute valeur dans la reconnaissance
des espèces.
Mais, bien que le nombre des trichobothries soit ontogénétiquement invariant chez
un individu, il importe de dire que l’on constate parfois à l’intérieur d’une même popu¬
lation spécifique, voire entre spécimens frères et sœurs, des variations de 1 à 2 unités de ce
nombre. De plus, chez quelques spécimens, une (rarement deux) trichobothrie peut manquer
à droite ou à gauche. Afin de découvrir la véritable valeur taxonomique d’une trichobo-
— 145 —
thriotaxie, il est donc nécessaire d’examiner le plus grand nombre de spécimens appartenant
à une même population spécifique et d’étudier à la fois les deux appendices d’une même
paire afin de ne pas négliger les cas d’asymétrie.
Dans le but de comparer l’importance taxonomique du nombre des trichobothries des
faces ventrale et externe des avant-bras des pédipalpes, nous avons étudié leur variabilité
dans six échantillons de Scorpiops d’importances diverses et consigné, dans le tableau I,
les moyennes obtenues, les variances, les écarts-types et les rapports desdites variances
pour chacune de ces deux faces.
Les échantillons utilisés sont les suivants :
Échantillon Ej : Scorpiops hardwickei (Gervais), 13 spécimens (26 avant-bras) prove¬
nant du Népal, vallée du Gustung Khola, au sud d’Emaka ; le Népal est le pays d’origine
des types (non retrouvés) de Gervais.
Face ventrale (fig. 9) : variations allant de 6 à 8 du nombre-type 1 17 ; 5 cas d’asymétrie
sur 13.
Face externe (fig. 8) : variations allant de 16 à 17 du nombre-type 17 ; un seul cas
d’asymétrie sur 13.
Echantillon E 2 : Scorpiops hardwickei (Gervais), 49 spécimens (98 avant-bras) prove¬
nant de 3 stations voisines au Bhutan, Phuntsholing (42), Khala (6), Samchi (1).
Face ventrale (fig. 9) : variations allant de 6 à 8 du nombre-type 7 ; 6 cas d’asymétrie
sur 49.
Face externe (fig. 8) : variations allant de 16 à 17 du nombre-type 17 ; 2 cas d’asymétrie
sur 49.
Échantillon E 3 : Scorpiops hardwickei (Gervais) s. sp. ? : 11 spécimens (22 avant-
bras) provenant du Cachemire, vallée du Liddar, Pahalgain.
Face ventrale : aucune variation du nombre-type 6.
Face externe (fig. 8) : aucune variation du nombre-type 17.
Échantillon E 4 : Scorpiops hardwickei (Gervais) : 10 spécimens provenant du Cachemire,
monts Pir Panjal, Tangmarg.
Face ventrale (fig. 9) : variations allant de 6 à 7 du nombre-type 7 ; un seul cas d’asy¬
métrie.
Face externe (fig. 8) : aucune variation du nombre-type 17.
Échantillon E s : Scorpiops montanus Karsch : 22 spécimens (44 avant-bras) provenant
de l’Himalaya de l’ouest, Dehra Dun.
Face ventrale (fig. 16) : variations allant de 13 à 16 du nombre-type 15 ; 8 cas d’asymétrie
sur 22.
1. Le nombre-type est celui dont la fréquence est la plus élevée.
1, 10
— 146
Face externe (fig. 8) : variations allant de 16 à 17 du nombre-type 17 ; un seul cas
d’asymétrie sur 22.
Échantillon E 6 : Scorpiops lindbergi n. sp. : 7 spécimens (14 avant-bras) provenant
d’Afghanistan, Kouh-Djaouz, ouest de Kaboul.
Face ventrale (fig. 39) : variations allant de 11 à 13 du nombre-type 12 ; 5 cas d’asymétrie
sur 7.
Face externe (fig. 38) : variations allant de 18 à 19 telles qu’aucun nombre-type ne peut
être fixé ; 2 cas d’asymétrie sur 7.
Tableau I. — Données statistiques sur la variabilité du nombre des trichobotbries
des faces ventrale (fv) et externe (fe) des avant-bras des pédipalpes.
,
Variabilités
Moyennes
Variances
Écarts-types
Rapports
X . X
min. max.
X(n)
a 2
a
DES VARIANCES
Ei !
fv
6-8
6,96 (26)
0,40
0,63
10,8
fe
16-17
16,04 (26)
0,037
0,173
S
e 2 j
fv
6-8
7,05 (98)
0,0684
0,268
3,49
fe
16-17
16,97 (98)
0,0196
0,139
S
E 3 j
fv
nulle
6 (22)
0
0
fe
nulle
17 (22)
0
0
fv
6-7
6,95 (20)
0,0475
0,228
OO
fe
nulle
17 (20)
0
0
s
F '
f
fv
13-16
14,5 (44)
0,312
0,56
15,6
fe
16-17
16,98 (44)
0,02
0,141
S
p (
fv
11-13
11,93 (14)
0,3265
0,57
1,33
E 3 )
fe
18-19
18,57 (14)
0,245
0,495
NS
Ce tableau montre que les rapports des variances (seul test valable pour comparer
les variabilités) sont hautement significatifs (S) à plus de 99 % de sécurité pour les échan¬
tillons E 1( E„ E 4 , et E 5 . La trichobothriotaxie de la face ventrale est effectivement plus
variable que celle de la face externe. Par contre, le rapport n’est pas significatif (NS) pour
l’échantillon E 6 : Scorpiops lindbergi ; pour cette espèce, on ne peut établir un nombre-type
d’après l’échantillon actuel, insuffisant.
Conclusions pratiques
1. Le nombre-type de trichobothries variant plus face ventrale que face externe des
avant-bras, les cas d’asymétrie étant plus nombreux face ventrale que face externe, il
— 147 —
convient de donner priorité à la trichobothriotaxie de la face externe de l’avant-bras (jusqu’alors
non étudiée par nos prédécesseurs) sur la trichobothriotaxie de la face ventrale, seule face
examinée jusqu’à présent par les spécialistes de Scorpiops. Il est donc normal de proposer
son emploi dans la distinction des sous-genres.
2. La comparaison des figures 8, 15, 23, 31 et 38, donnant les diagrammes trichobo-
thriotaxiques de la face externe de l’avant-bras montre que 3 territoires, quelles que soient
les espèces envisagées, ont toujours un nombre constant de trichobothries : 5 pour le terri¬
toire eb , 2 pour le territoire esb et 2 pour le territoire em. Les seules variations numériques
que l’on découvre intéressent les territoires est et et. Les territoires eb, esb, em fournissent
des caractères ayant une valeur générique alors que les territoires est et et permettent de
séparer des taxons de niveau inférieur soit sous-générique soit spécifique. Nous en tenons
compte dans notre révision du genre Scorpiops.
Les observations et les remarques que nous venons de faire conduisent à des résultats
concernant : la diagnose du genre Scorpiops, la clé de détermination des 4 sous-genres à y
reconnaître, et la diagnose et composition de chacun de ces 4 sous-genres.
Diagnose amendée du genre Scorpiops Peters, 1861
Espèce-ta pe : Scorpiops hardwickei (Gervais, 1844) = Scorpio Hardwickii Gervais, 1844.
Prosoma à bord antérieur plus ou moins profondément éehancré en son milieu (fig. 1 et 33);
yeux médians situés au milieu ou dans la moitié antérieure du prosoma ; 3 yeux latéraux de chaque
côté.
Chélicères : face ventrale du doigt mobile munie de 4 à 6 petites dents ; face dorsale de ce doigt
avec une petite dent basale, une grosse médiane et 2 petites distales.
Pédipalpes : chez les adultes, denticules internes du doigt mobile de la pince disposés en 2 séries
longitudinales plus ou moins nettes, bordées de quelques granules externes et internes ne per¬
mettant pas cependant de distinguer des séries transversales précises ; main, en général, épaisse
et large, toujours ornée de carènes bien nettes (fig. 1, 3, 10, 18, 26, 33 et 34) ; avant-bras possédant
à la base de sa face interne une paire de denticules dentiformes plus ou moins développés et souvent
de tailles différentes (fig. 6, 14, 22, 30, 37).
Peignes : pièces médianes plus ou moins distinctes ; fulcres externes absents ou indistincts ;
nombre de dents inférieur à 12 avec une différence d’ordre sexuel très faible (1 ou 2 dents de plus
chez les mâles).
Pattes ambulatoires : tarses à bords distaux droits (non lobés), et à face ventrale (fig. 40) munie
d’une rangée médiane de spicules ; griffes portées par un talon (= apotèle) bien formé et pointu.
Trichobothriotaxie : bras (= fémur) avec 3 trichobothries (fig. 6 et 22) ; avant-bras (= tibia)
toujours avec une triehobothrie interne i et 2 dorsales d x et d 2 (fig. 6, 14, 22, 30, 37) mais avec un
nombre variable sur les autres faces : de 17 à 26 sur la face externe (fig. 8, 15, 23, 31, 38) et de
6 à 19 sur la face ventrale (fig. 9, 16, 24, 32, 39) ; doigt fixe des pinces avec un nombre constant
de trichobothries : 10 (4 externes, 4 dorsales et 2 internes) ; main ayant toujours 2 dorsales et 10
externes (fig. 2, 3, 10, 11) mais un nombre variable de ventrales : soit 4 (fig. 4, 12, 28, 35), soit 10,
11, 12 (fig. 20).
Répartition : Annam, Haut-Laos, Thaïlande, Birmanie, Deccan, chaîne himalayenne,
Pakistan et Afghanistan.
— 148 —
Fig. 1. — Scorpiops (Scorpiops) hardwickei (Gervais),
$ VA 580 de Phuntsholing, Bhutan, long, du corps : 5,2 mm.
— 149 —
Fig. 2-9. — Scorpiops ( Scorpiops) hardwickei (Gervais). Ç VA 580. Trichobothriotaxie de la pince droite
vue par scs faces dorsale (2), externe (3), ventrale (4), interne (5). 6, Bras et avant-bras vus dorsale-
mont. 7, Base de la face interne du bras. 8, Face externe de l’avant-bras. 9, Face ventrale. (Les abrévia¬
tions désignent les trichobothries.)
— 150 —
Clé de détermination des sous-genres
1. Pince des pédipalpes portant 10 à 12 trichobothries sur la face ventrale de la main (fig. 20)
Birmanie du sud, Tenasserim. Alloscorpiops sg. nov.
— pince portant seulement 4 trichobothries sur la face ventrale de la main (fig. 4, 12, 28, 35) 2
2. Face externe de l’avant-bras portant de 22 à 26 trichobothries : 5 eb, 2 esb, 2 em, 7 à 10 est,
5 à 7 et (fig. 15) ; région ouest du Deccan . Neoscorpiops sg. nov.
>— face externe de l’avant-bras portant de 17 à 20 trichobothries (fig. 8, 31 et 38). 3
3. Face externe de l’avant-bras ne portant que 17 trichobothries : 5 eb, 2 esb, 2 em, 4 est, 4 et (fig. 8) ;
Pakistan, chaîne himalayenne, Thaïlande, Laos. Scorpiops sg. nominatif
— face externe de l’avant-bras portant 18, 19 ou 20 trichobothries : 5 eb, 2 esb, 2 em, 4-6 est, 5-6 et ;
Afghanistan, Pakistan, Sikkim, Bhutan, Assam, Thaïlande. Euscorpiops sg. nov.
Sous-genre nominatif Scorpiops Peters, 1861
Diagnose : Avec les caractères du genre mais seulement 4 trichobothries face ventrale de
la main (fig. 4) ; 17 trichobothries seulement face externe de l’avant-bras (fig. 8) : 5 eb, 2 esb, 2 em,
4 est, 4 et ; trichobothrie Eb s de la main (fig. 3) basale de Dt ou, au plus, à son niveau ; trichobothries
dorsales dt, dsl, dsb, db échelonnées le long du doigt fixe, db se trouvant au niveau de eb (fig. 3);
pince des pédipalpes (fig. 2 et 3) relativement épaisse, doigts plus courts ou à peine plus longs que
la main ; de 6 à 18 trichobothries face ventrale de l’avant-bras ; aiguillon de la vésicule sans constric¬
tion à sa base.
Espèce-type du sous-genre : hardwickei Gervais, 1844.
A. — Espèces ayant 6 ou 7 trichobothries, rarement 8, face ventrale de l’avant-bras
(fig. 9)
1. Scorpiops (S.) hardwickei Gervais, 1844 = Scorpio Hardwickii Gervais, 1844. Type
provenant du Népal, station non précisée. Pocock, 1900, et Kraepelin, 1913, admettent
qu’elle habite le Cachemire et l’Himalaya de l’ouest.
2. Scorpiops (S.) hardwickei affinis Kraepelin, 1898. Cette forme, considérée à sa créa¬
tion comme espèce, a été ramenée au rang de sous-espèce par Kraepelin en 1913. Type
à station imprécise : Himalaya ; autres spécimens étudiés par Kraepelin en 1913 : Shardi,
Cachemire.
3. Scorpiops (S.) hardwickei insculptus Pocock, 1900. Considérée comme espèce par
Pocock, cette forme a été ramenée au rang de sous-espèce par Kraepelin en 1913. Les types
proviennent de deux stations voisines en Himalaya de l’ouest : Délira Dun et Jaunsar.
4. Scorpiops (S.) leptochirus Pocock, 1893 ; la femelle-type est sans localité précise
de capture, mais, en 1894, Pocock rapporte à cette espèce une femelle du nord-est du Bengale
et un mâle de l’Assam.
5. Scorpiops (S.) petersi petersi Pocock, 1893. Deux femelles-types, nommées petersii
(famille des Juridae), proviennent de Simla, ouest de l’Himalaya ; autres stations de la
même région : Délira Dun, Jaunsar, Mussoree et Roorkee.
6. Scorpiops (S.) petersi von-wicki Birula, 1913. La femelle-type, adulte, vient des
monts Aborem en Assam.
7. Scorpiops (S.) crassimanus Pocock, 1899. La localité de la femelle-type est imprécise :
Inde vraisemblablement. Kraepelin, 1913, donne quelques stations de captures se trouvant
dans l’ouest de l’Himalaya : Kumaon, Nainital, Bhim Hills.
— 151 —
8. Scorpiops (S.) tibetanus Hirst, 1911. Le mâle-type provient du Tibet, Chaksam
Ferry, Tsangpo Valley.
9. Scorpiops (S.) austerus Hirst, 1911. Les types mâle et femelle viennent de l’Himalaya,
district de Kulu.
10. Scorpiops (S.) rohtangensis Mani, 1959. Le mâle-type a été capturé, face nord
des monts Pir Panjal, Rohtang Pass.
B. — Espèce ayant 9-10 trichobothries, rarement 8, face ventrale de l’avant-bras
11. Scorpiops (S.) oligotrichus Fage, 1933. Cette espèce, décrite d’après des spécimens
immatures provenant de la chaîne annamitique : Djiring et Bana, était considérée par son
créateur comme une sous-espèce Scorpiops montanus Karsch, 1879. Face la plaça au rang
d’espèce en 1944, après avoir étudié des spécimens adultes provenant d’autres stations
éloignées de l’Annam et situées dans le Haut-Laos : Pak Sang, Pak Lay et Luang Prabang.
C. — Espèce ayant de 13 à 18 trichobothries face ventrale de l’avant-bras
12. Scorpiops (S.) montâmes Karsch, 1879. Le type, vraisemblablement femelle, n’a
pas de station précise de capture : Himalaya. On considère cependant qu’elle est commune
dans l’Himalaya de l’ouest.
Sous-genre nov. : Alloscorpiops
Diagnose : Avec les caractères du genre mais avec 11 ou 10 trichobothries face ventrale de
la main (fig. 20) ; 23 ou 24 trichobothries face externe de l’avant-bras (fig. 23) : 5 eb, 2 esb, 2 em,
8-9 est, 6 et ; face ventrale de l’avant-bras portant de 15 à 19 trichobothries (fig. 24) ; trichobothrie
Eb 3 de la main (fig. 19) très nettement distale de Dt ; trichobothries dorsales du doigt fixe (fig. 19) :
dt, dst, dsb, db réfugiées dans la moitié distale de ce doigt, db étant environ au milieu et éloignée
de eb ; pince des pédipalpes (fig. 19 et 20) relativement étroite ; aiguillon de la vésicule avec une
constriction à sa base (fig. 25).
Espèce-typf. du sous-genrf. : anthracinus Simon, 1887.
1. Scorpiops (A.) anthracinus Simon, 1887 : Birmanie ; femelle-type de Tavoy, Tenasse-
rim.
2. Scorpiops (/L) lindstroemi Thorell, 1889 : femelle-type de Plapoo, monts Mooleyit,
Tenasserim (Scorpiops lugubris Thorell, 1889, de la même station, est un spécimen immature
de l’espèce lindstroemi).
Sous-genre nov. : Neoscorpiops
Diagnose : Avec les caractères du genre mais seulement 4 trichobothries face ventrale de la
main (fig. 12) ; 22 à 26 trichobothries face externe de l’avant-bras (fig. 15) : 5 eb, 2 esb, 2 em, 7-10 est,
5-7 et ; trichobothrie Eb 3 de la main (fig. 11) très basse, au niveau de Esb donc très éloignée de Dt ;
trichobothries dorsales du doigt fixe (fig. 10 et 11) échelonnées le long de ce doigt, db étant à la
base mais légèrement distale de eb ; pince relativement mince (fig. 10 et 11) ; aiguillon de la vésicule
sans constriction à sa base.
Espèce-type du sous-genre : satarensis Pocock, 1900.
Fig. 18-25. — Scorpiops ( Alloscorpiops ) anthracinus Simon.
(J VA 1285 de Tavoy, Birmanie. 18-24, Trichobothriotaxie (voir légende fig. 2-9). 25, Vésicule à aiguillon
mobile.
— 155 —
1. Scorpiops (N.) tenuicauda Pocock, 1894 : types mâle et femelle provenant du Deccan
mais sans précision de station ; autres stations : Mathéran, Deccan.
2. Scorpiops (N.) satarensis Pocock, 1900 : types mâle et femelle à station précise :
Mahableshwar, district de Satara, chaîne occidentale du Deccan.
3. Scorpiops (N.) deccanensis Tikader et Bastawde, 1977 : type mâle de Sinhgard,
16 km de Poona, Maharashtra, Deccan ; autre station, paratype : Karla Caves, nord de
Poona.
Sous-genre nov. : Euscorpiops
Diagnose : Avec les caractères du genre mais seulement 4 trichobothries face ventrale de la
main (fig. 28) ; de 18 à 20 trichobothries face externe de l’avant-bras (fîg. 31 et 39) : 5 eb, 2 esb,
2 em, 4-6 est, 5-6 et ; trichobothrie Eb 3 de la main pouvant être soit distale de Dt (fig. 27), soit basale
(fig. 34) ; trichobothries dorsales du doigt fixe échelonnées le long de ce doigt (fig. 26 et 34), db
étant à la base de ce doigt et au niveau de eb ; de 8 à 13 trichobothries face ventrale de l’avant-
bras (figs. 32 et 39) ; aiguillon avec une constriction à sa base plus ou moins nette.
Espèce-type du sous-genre : asthenurus Pocock, 1900.
1. Scorpiops [E.) asthenurus Pocock, 1900 : type mâle de Kalimpong près de Darjiling,
Inde nord, sud du Sikkim ; autres stations : Sikkim, Assam, Bhutan.
2. Scorpiops (E.) longimanus longimanus Pocock, 1893 : femelle-type de Silhet, Assam :
autres stations d’Assam : Duhri, Sadiya ; nord Cachar Hills et Naga Hills.
3. Scorpiops ( E .) longimanus benghami Pocock, 1893 (considéré comme espèce par
Pocock lors de sa création mais ramené au rang de sous-espèce par Kraepelin en 1913) :
mâle adulte du Tenasserim central ; autres stations : Pegu Hills, Basse Birmanie et Karena
Hills, Haute Birmanie.
4. Scorpiops (£.) lindbergi n. sp. : type mâle de Kouh Djaouz, nord Afghanistan.
Scorpiops (E.) lindbergi n. sp.
(Fig. 33 à 40)
Matériel examiné : 5 Ç, 2 d d’âges divers, provenant de Kouh Djaouz, près de Tang-Saidan,
à environ 20 km à l’ouest de Kaboul (Afghanistan), altitude 1 800 m, sous des pierres dans un ravin,
auprès d’un torrent, sol humide ; Kurt Lindberg colh, à qui cette nouvelle espèce est dédiée avec
reconnaissance, 31.V.1960, Muséum de Paris, n° RS 3426, holotype $ : RS 3426-1.
Description du mâle holotype
Teinte générale brun clair, les derniers anneaux de queue et la vésicule ainsi que les
pattes ambulatoires jaune paille ; pédipalpes légèrement plus foncées que le corps, les doigts
un peu assombris ainsi que les carènes de la main.
Prosome avec une profonde échancrure médiane (fig. 33) ; yeux médians situés dans
la moitié antérieure du prosome ; 3 yeux latéraux dont 2 gros et 1 postérieur plus petit
légèrement en retrait ; tégument légèrement chagrinés latéralement, sans carènes appré¬
ciables.
— 156 —
Fig. 33. — Scnrpiops (Euscorpiops) lindbergi n. sp.
o RS 3426-1 de Kouh-Djaouz, Afghanistan, long, du corps : 4,7 cm.
Opisthosome : sternum et sternites lisses ; sternite 7 avec 4 carènes, les médianes
moins nettes que les latérales ; tergites chagrinés avec une carène axiale peu apparente ;
tergite 7 avec 4 carènes granulées.
Métasome plus court que le reste du corps ; anneaux à peine plus longs que larges sauf
le dernier environ 3 fois plus long que large ; vésicule (fig. 33) aussi longue qu’épaisse,
à face dorsale légèrement déprimée et possédant ventralement 4 paires de longues soies ;
aiguillon court sans rétrécissement à sa base et avec une paire de longues soies ; téguments
des anneaux presque lisses ou très finement chagrinés entre les carènes et dans leur gouttière
dorsale peu profonde ; carènes intermédiaires absentes ou à peine visibles dans tous les
anneaux sauf le premier qui possède, alors, 10 carènes distinctes ; carènes dorsales de tous
157 —
Fig. 34-40. — Scorpiops (Euscorpiops) lindbergi n. sp.
(J RS 3426-1. 34-39, Trichobothriotaxie (voir légende fig. 2-9). 40, Face ventrale du tarse de la patte ambu¬
latoire droite 4.
les anneaux terminées par un processus dentiforme peu développé sauf dans les anneaux 3
et 4 (fig. 33).
Pédipalpes : bras (= fémur) à face dorsale plane et chagrinée avec un tubercule pointu
à sa base, face interne ; avant-bras (= tibia) avec, à sa base face interne, une paire de tuber¬
cules pointus, relativement développés, le dorsal légèrement plus court que le ventral
158 —
(fig. 37) ; carènes bien nettes faites de granules aplatis mais bien distincts les uns des autres ;
carène externe de l’avant-bras (fig. 38) faite de tubercules espacés ; main parsemée de
granules de tailles diverses disposés en réseaux sauf dans la région médiane qui est finement
et régulièrement chagrinée ; carènes de la main (fig. 34) ; trichobothrie Eb s logée dans un
petit territoire entouré de granules dispersés ; trichobothries Et 2 , Et 3 , Et A et Et 5 à la base
du doigt fixe, séparée chacune par une courte carène ; main épaisse, ventralement de même
longueur que le doigt fixe mais plus longue que large ; doigt mobile pourvu d’un lobe bien
net correspondant à une encoche dans le doigt fixe (fig. 34) ; granules de la marge interne
des doigts nettement disposés en 2 séries.
Trichobothriotaxie (fig. 34 à 39) : avec les caractères notés pour le sous-genre, p. 155,
mais avec les précisions suivantes : trichobothrie Eb 3 de la main (fig. 34) située entre Dt
et Db ; trichobothries distales de la main Et 5 , Et 4 , Et 3 et Et 2 alignées ; trichobothries ven¬
trales de la main (fig. 35) : V 3 à égale distance de V 2 et de V' 4 ; 18 ou 19 trichobothries face
externe de l’avant-bras (fig. 38) : toujours 5 est avec est 3 basale de est A mais avec un nombre
variable de et soit 4, soit 5 (fig. 38 où le diagramme est dessiné en pointillé long).
Pattes ambulatoires : hanches lisses ainsi que le sternum ; tarses ventralement avec
une série de 6 ou 7 spicules (fig. 40).
Peignes muni de 9 dents et de 5 à 6 pièces médianes distinctes ; fulcres externes porteurs
d’une seule soie.
Dimensions (en mm) : long. tôt. : 47 ; prosome : 7 ; opisthosome : 22 ; métasome : 18 ; 1 er an. :
3-2, 5 ; 2 e an. : 3-2 ; 3 e an. : 3, 5-2 ; 4 e an. : 3,5-2,5 ; 5 e an. : 6-1,8 ; vésicule + aiguillon : 7 (5 -f- 2) ;
pédipalpes, bras : 7-3 ; avant-bras : 6,5-2,8 ; pince : 14,5 ; main : 7,2-6,5 ; doigts : 7,3 ; peignes : 3,5.
Description de la femelle pakatype (RS 3426-4)
Teinte générale du corps semblable à celle du mâle, les doigts cependant plus foncés ;
les autres caractères concernant l’ornementation des téguments, la structure des carènes,
la trichobothriotaxie sont identiques à ceux du mâle. 11 n’y a pas de caractères de différen¬
ciation sexuelle très apparents si ce n’est dans la forme des doigts des pinces des pédipalpes
qui sont droits c’est-à-dire non pourvus de lobe ou d’encoche ; les peignes ont 7 dents.
Dimensions (en mm) : long. tôt. : 43 ; prosome : 7 ; opisthosome : 19 ; métasome : 17 ; 1 er an. :
2,5-2,5, 2 e an. : 3-2, 3 e an. : 3,5-1, 8, 4 e an. : 4-1,5, 5 e an. : 6-1,4, vés. -j- aig. : 6 (4 + 2) ; pédi-
palpe, pince : 13,5, main : 7, doigts : 6,5 ; peigne : 3.
Remarques
L’étude des spécimens immatures montre que certains caractères varient avec l’âge.
Chez les mâles jeunes, les doigts des pinces sont droits et ne portent donc aucun lobe, aucune
encoche ; sur leur tranchant il n’y a qu’une seule série de granules au lieu de deux ; les yeux
médians sont nettement plus antérieurs que chez les adultes ; les téguments sont lisses et,
sur la main, on ne trouve aucun réseau de petites granulations ; les processus dentiformes,
face interne des avant-bras, existent mais sont à peine développés. Le taxonomiste doit
donc être prudent dans sa recherche des caractères spécifiques s’il ne connaît pas l’âge
exact des spécimens qu’il étudie. Par contre, la trichobothriotaxie, le nombre des dents
des peignes fournissent de bons renseignements puisqu’ils sont ontogénétiquement invariants,
ne présentant que de faibles variations d’ordre individuel. C’est, la raison pour laquelle nous
— 159 —
attachons beaucoup d’importance, dans le genre Scorpiops tout au moins, aux caractères
tirés du nombre et de la position des trichobothries.
Position systématique
Scorpiops (E.) lindbergi, espèce afghane, habite une région fort éloignée de celles des
deux autres espèces de ce sous-genre : asthenurus et longimanus connues dans l’est de l’Hima¬
laya et la Birmanie. Les caractères suivants permettent de la séparer facilement de ces
deux espèces :
1. Coloration peu foncée du corps et des appendices alors qu’elle est presque noire
chez asthenurus et longimanus.
2. Position de la trichobothrie Eb 3 face externe de la main, basale de Dt (fig. 34) alors
que ladite trichobothrie est très nettement distale de Dt chez asthenurus et longimanus
(fig. 27).
3. Le territoire est de la face externe de l’avant-bras possède 5 trichobothries chez
lindbergi (fig. 38) alors qu’il n’en présente que 4 chez asthenurus et longimanus.
TRAVAUX CITÉS
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Rossii : 1-154 (traduit en anglais, à partir du texte original en russe, par Israël Program
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Manuscrit déposé le 7 janvier 1980.
Bull. Mus. nain. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 2, 1980,
section A, n° 1 : 161-173.
Quelques remarques sur les espèces françaises
du genre Rhacochelijer Beier
(Arachnides, Pseudoscorpions, Cheliferidae)
par Jacqueline Heurtault *
Résumé. — La morphologie génitale (forme de la spermathèque, du statumen convolutum,
le nombre de soies internes de la chambre génitale), les caractères sexuels secondaires (forme de la
griffe des tarses de la première paire de pattes ambulatoires, tergites antérieurs et bord postérieur
du céphalothorax) différencient les espèces R. maculatus, R. disjunctus, R. peculiaris. L’étude de
deux populations de R. maculatus et R. disjunctus a montré que les deux espèces sont bien diffé¬
renciées par la forme de leur fémur. Par contre, pour ces deux espèces, les rapports L/l du tarse
de la patte antérieure des mâles et L du sac coxal / L de la hanche ne sont pas significatifs.
Abstract. — In Rhacochelifer sp. the genital morphology (spermatheca, statumen convolutum,
number of internal setae on the genital area) can be used at the specific level. According to the
study of two populations belonging to R. disjunctus and R. maculatus the validity of the ratio
L/l of the femur as a specific character is proved and the use of the ratio L/l of the tarsus of the
first leg (J) and of the coxal sacs (J) is questioned.
En 1932a, b, Max Beier définit ainsi le genre Rhacochelifer :
« Céphalothorax aussi long que large, ou légèrement plus large que long, granulé, à fourches
transversales peu marquées. Yeux présents. Tergites divisés, granulés, ceux du mâle dépourvus
de carènes latérales. Soies du corps et des pattes-mâchoires dentées. Flagelle à 3 soies. Pattes-
mâchoires assez puissantes. Le fémur s’épaissit brutalement à partir du pédoncule. Trichobothrie
it près de ist et située comme celle-ci à la base du doigt. Doigts non béants. Tarse antérieur du mâle
« élargi ». Griffes simples sauf celles de la patte antérieure du mâle qui sont toujours modifiées.
Soies subterminales dentées. »
D’autres caractères de différenciation supra-générique sont cités dans les clefs : sac
coxal des mâles avec atrium. Statumen convolutum de l’appareil mâle arrondi. Plaque
criblée médiane de la région génitale femelle impaire (caractères tribaux).
Le type du genre choisi par M. Beier est R. disjunctus Koch.
Le genre Rhacochelifer Beier groupe actuellement une trentaine d’espèces dont certaines
-—• y compris le type du genre — sont insuffisamment décrites. Certains types ont disparu
(par exemple : Rhacochelifer tingitanus du Maroc). L’insuffisance des descriptions originales
(ne donnant pas l’ensemble des caractères distinctifs) a amené Beier à transférer Rhaco-
* Laboratoire de Zoologie (Arthropodes), Muséum national d’Histoire naturelle. 61 rue de Bufjon,
75005 Paris.
1, 11
— 162 —
chelifer coiffaiti dans le genre Pseudorhacochelifer Beier, 1975. De même, Mahnert (1977)
a créé le nouveau genre Beierochelifer à partir de B. anatolicus (absence de sacs coxaux).
L’examen de nombreux spécimens français appartenant au genre Rhacochelifer nous
a conduite à une impasse. Les déterminations étaient impossibles en raison :
— de l’insuffisance des caractères de différenciation spécifique classiquement utilisés
dans la systématique des espèces européennes (présence ou absence de tubercules sur le
fémur et le tibia des pattes-mâchoires ; forme du tarse de la première paire de pattes ambu¬
latoires chez le mâle ; rapports morphométriques des différents articles de la patte-mâchoire
et du tarse des pattes ambulatoires 1 chez le mâle) ;
— de la coexistence supposée des espèces.
Les descriptions originales de L. Koch (1873) signalaient : R. disjunctus dans les
Pyrénées (Mt. Luberon, bei Vaucluse), coll. Simon, et à Villafranca coll. Metschnikoff ;
R. maculatus en Corse, coll. Simon, MNHN n° 2370 ; R. peculiaris dans les Basses-Alpes
(Digne, Sainte-Tulle).
E. Simon donne d’autres listes de stations (1879) : R. disjunctus : Drôme (Roman),
Basses-Alpes (Luberon), Vaucluse, Lombardie ; R. peculiaris : Alpes maritimes (Gorbi),
Haute-Garonne (Toulouse), Bouches-du-Bhône (Saintes-Maries-de-la-Mer), Provence (massif
de la Sainte-Baume), Hérault (Agde), Aude (Carcassonne), Suisse méridionale et Algérie ;
R. maculatus : Provence (Sainte-Baume), Var (Hyères, Saint-Mandrier), Alpes maritimes
(Cannes), Hérault (Montpellier), Corse, Lombardie, Algérie.
M. Beier (1963a) ajoute encore des stations nouvelles aux descriptions des trois espèces
européennes : pour R. disjunctus : la Méditerranée occidentale (Italie, sud de la France,
Espagne) ; pour R. peculiaris : la Méditerranée orientale (de la France à la Suisse, la Ligurie,
la Sardaigne, la Sicile, la Turquie) ; pour R. maculatus : le pourtour de la Méditerranée.
Les rapports mo
DANS LA TAXINOMIE ACTUELL
(faune européenne d<
/ i. maculatus
L/l Pince 3,0
L/l Main 2,0
L/l Tarse 2,6
L/l Fémur 3,2
L/l Tibia 2,3
RPUOMÉTRIQUES
DES ESPÈCES FRANÇAISES
M. Beier, 1963)
H. disjunctus
H. peculii
3,0-3,2
3,2
2,0-2,1
2,0-2,1
2,7
2,3
2,9-3,3
2,9-3,1
2,3-2,6
2,3-2,4
La lecture de ces rapports montre qu’ils sont inutilisables dans la différenciation des
espèces. L’observation des deux mâles types de R. peculiaris éliminait cette difficulté.
Les mâles (fig. 9) possèdent des carènes latérales sur les bords postérieurs latéraux du cépha¬
lothorax et sur les premiers tergites.
— 163 —
En ce qui concerne les R. maculatus et les R. disjunctus, nous avons voulu vérifier,
sur un matériel d’étude le plus précis possible, la valeur de quelques rapports morphomé¬
triques.
Matériel étudié. — R. disjunctus : Le mont Lubéron (localité-type) se trouve dans le sud-est
de la France (Vaucluse) et non dans les Pyrénées. Dans la collection E. Simon du Muséum national
d’Histoire naturelle, l’étiquette manuscrite de Simon correspondant aux R. disjunctus décrits
par L. Koch et portant le n° 2373 indique seulement : « Gallia méridionale ». Nous avons choisi
(craignant un mélange de spécimens de stations différentes) — pour être sûre de la provenance des
spécimens — une population collectée par L. Bigot dans le Vaucluse sur des salicornes et compor¬
tant 25 mâles. — R. maculatus : La collection du MNHN n° 2370 (Corse) comportant de nombreux
spécimens, nous avons choisi un échantillon de 27 mâles.
Technique des mesures. — Elles ont été faites sur des préparations de Pseudoscorpions montés
à la gomme au chloral de Marc André, à la loupe binoculaire avec oculaire micrométrique étalonné
et suivant les indications données par J. C. Chamberlin (1931).
Précision des mesures. — Les longueurs sont évaluées à une demi-division près de l’oculaire
micrométrique. Chaque division de cet oculaire correspond à 8,4 p.
Étude du fémur
1. Choix de la régression de y en x
Plus une longueur est grande, plus la précision se trouve améliorée ; c’est pourquoi,
parmi les organes classiquement utilisés : pince, main, fémur, tibia, nous avons choisi le
fémur qui a en outre l’avantage d’être le mieux mesurable par son orientation facile.
(Il est inutile de convertir les mesures en microns pour effectuer les différents calculs
intermédiaires. Il suffit de le faire pour chaque résultat final.)
En désignant par x la longueur et par y la largeur du fémur, toutes les mesures sont
condensées dans le tableau 1 pour R. disjunctus, dans le tableau II pour R. maculatus.
R. disjunctus
Tableau I Tableau I bis
/ yl
x l'
8
8,5
9
X 1
yxi
31
1
1
31
8
32
2
2
32
8
33
1
2
3
33
8,33
34
2
5
3
10
34
8,55
35
i
2
3
35
8,83
36
5
5
36
9
37
i
1
37
9
n =
25
6 8 11
— 164 —
R. maculatus
Ta
BLEAU
II
Tableau
II bis
/y 2
x 2 '
9
9,5
10
10,5
11
X 2
yx2
31
2
2
31
9
32
ï
2
3
32
9,66
33
2
5
7
33
9,86
34
1
4
1
6
34
10
35
1
4
1
1
7
35
10,14
36
l
1
2
36
10,75
3
4
15
3
2
n —
27
Remarques
1) Dans les deux tableaux de corrélation, les longueurs (x) s’étalent entre 31 et 37,
alors que les largeurs s’étalent entre 8 et 9 dans le tableau I, 9 et 11 dans le tableau 11.
2) La précision d’une mesure m étant = Am/m, il est facile de voir que la précision
sur la longueur est 3, 4 à 4 fois plus grande que celle sur la largeur.
Compte tenu de ces deux remarques, seule l’étude de la régression de y en x donnera
l’information la plus sûre.
2. Étude des lignes de régression chez les espèces R. disjunctus et R. maculatus
La ligne de régression de y en x étant la courbe définie par y = y x où y x désigne la
moyenne des y correspondant à chaque x (tableaux I bis, Il bis), nous avons tracé à la main,
pour chaque échantillon, la ligne correspondante.
Nous constatons que les deux lignes sont presque linéaires sauf aux extrémités ; ainsi
sommes-nous amenée à chercher une corrélation de type linéaire :
S (x — X) (y — ÿ)
y = a -f- b (x-x) avec a = y et b
S (x—X)
Rappelons que pour n couples (x, y) d’observations, la variance de y est donnée pour
n-2 degré de liberté par :
Vy =
1
S(y-ÿ) 2
■ x ) (y — y)"
a — Régression pour R. disjunctus : y = a + b (x —x)
S ( yi ) = 215 “ S ( Xl ) = 856
y 1 = 8,6 soit y x = 72 p,
s (yi — ÿi ) 2 = 4
S (x.
s ( j
34,24 soit Xj = 288 p.
■ Xl ) 2 = 50,56
■ x i) (yi — yi) = 10 > 9
— 165 —
S (xj —Xj) (y x —yO nnto
b ' = -S (x, — s,) 2 - - °- 216
a x = yi = 8,6
1
V yi =
iij — 2
s (yi — yi)
2 8 2 (x x x) (y x - y x )'
S ( x i x,) 2 ,
V yi = 0,071744
s (yi)
donc V a
-> V ai = 0,002870
1
On montre que : Vi,, = 7 ^-, -
1 S(x x — Xj) 2
V bl = 0,001419
s bl = y/y bl -> S bl = 0,03767
V
yi
pour iij — 2 = 23 degrés de liberté.
Le test de signification de 1) 1 est donné par t( 23 )
probabilité.
t'i
Sb,
5,73, qui a une très petite
Le coefficient de régression bj est très significatif et l’on peut alors écrire : y x = aj + bj
(x —Xj), soit : yj ~ 1,22 -f- 0,216 x (en divisions) ; et si on convertit y 1; x en p, on obtient
(b x étant sans dimensions) : y x ~ 10 p + 0,216 x.
— 166
b — Régression pour R. maculatus
S (y 2 ) = 268,5 S (x 2 ) = 910
y 2 = 9,94 x 2 = 33,70
soit y 2 — 83 [x soit x 2 ~ 283 p.
S (y 2 — ÿ 2 ) 2 = 6,6667 S (x 2 — x 2 ) 2 = 49,63
S (x 2 — x 2 ) (y 2 — y 2 ) = 12,5556
V y2 ~ 0,13961
S (y s ) 1
a 2 = - donc V a2 = V y
n 2 2 n 2 J2
V a2 ~ 0,005171
V b2 = S (x2 y ; -y 2 Vy 2 V b2 ~ 0,002813
Sb 2 = VVb 2 - 0,0530
pour n 2 — 2 = 25 degrés de liberté.
b 2
Le test de signification de b 2 est donné par t( 25 ) = =- ~ 4,77 qui a une très petite
b b 2
— 167 —
probabilité ; le coefficient de régression b 2 est très significatif et l’on peut écrire : y 2 =
a 2 “I" fi 2 ( x — * 2 ) I : y 2 — 9,94 + 0,253 (x —-x 2 ) ; y 3 ~ 1,42 -j- 0,253 x (y 2 , x comptés
en divisions).
On convertit y 2 , x en p, ; on obtient : y 2 ~ 12 p -(- 0,253 x.
c ■— Comparaison des deux régressions
Nous allons d’abord tester la différence : d = b 2 — b x
d ~ 0,037
b 2 , b x sont indépendants puisqu’ils ont été calculés séparément, d’où : Vd = Vb 2 +
V bl = 0,004232.
Sa = \/ Va = 0,065054
bj, b 2 faisant intervenir respectivement n x — 2 =- 23, n 2 — 2 = 25 degrés de liberté ;
le test de signification de d = b 2 — b x est donné pour (nj — 2) -|- (n 2 — 2) = 48 degrés
de liberté.
d
t( 48 ) = — ~ 0,57, qui a une probabilité comprise entre 0,6 et 0,5 ; il ne semble pas que
8d
b 1; b 2 soient significativement différents.
Nous allons chercher une valeur commune b pour les deux régressions :
_ S ( Xl — Xj) (y x — ÿi) + S (x 2 — X 2 ) (y 2 — ÿ 2 )
S(x x —S(x, —x 2 )*“
b ~ 0,234
Il est inutile de tester la signification de b, son t est certainement grand.
Il semble donc que les deux droites de régression ne diffèrent que par leur position,
ce que nous allons tester :
-— pour H. disjonctas : y x = a x -f- b (x — X x ), soit y x = (a x — bx x ) bx
— pour H. maculatus : v 2 = a 2 -f~ fi (x —X 2 ), soit y 2 = (a 2 —■ fix 2 ) -)- bx
En clair, pour une longueur x donnée, les largeurs y 2 , y x théoriques sont telles que
leur différence : d = y 2 — y x = (a 2 — bx 2 ) — (a x — fiX x ) = (a 2 — a x ) — b (X 2 — X x )
d ~ 1,471
Comme d’une part a 2 , b sont orthogonaux, a x , b sont orthogonaux et que d’autre
part a 2 et a x sont indépendants puisque calculés séparément, la variance de d est égale à
\ d = V (a 2 — a x ) + (x 2 — X x ) 2 Vb ; Vd = Va 2 + N r a x -b (x 2 — X x ) 2 V b-
Nous avons calculé Va 2 , Va x ; il reste à calculer Vb-
s ( x i — x i) (yi — ÿi) + s ( x 2 — x 2> (y 2 — y 2 )
S ( x i — x,) 2 + S (x 2 ■— x 2 ) 2
Or l
Il est facile de montrer que : V|> =
d’où V b = 0,0010516
V d = 0,008347
168
S ( Xl — Xj) 2 V yi + S (x 2 —- x 2 ) 2 V
y 2
[S (x x — Xj) 2 + S (x 2 —- x 2 ) 2 ] 2
Sd = yVd = 0,09136
Le test de signification de d pour 48° de liberté est : t( 4g ) = 16,1 qui a une triple pro¬
babilité.
Les deux droites de régression diffèrent nettement par leur position.
Ainsi pour R. disjunctus : yj = 0,59 -f- 0,234 x ; pour R. maculatus : y 2 — 2,06 + 0,234 x
(yii y 2 ? x étant exprimés en divisions micrométriques), soit respectivement : yj ~ 5 p -f-
0,234 x ; y 2 ~ 17 p -f- 0,234 x (y 1( y 2 , x comptés en microns).
Nous avons représenté sur un même graphique les deux régressions linéaires.
L’observation du tableau précédent permet de conclure que, si deux individus quel¬
conques de R. disjunctus et R. maculatus ont un fémur de même longueur, ces fémurs diffèrent
par leur largeur, la différence étant de 12 p.
Les deux espèces sont bien différenciées par la forme de leur fémur.
Étude du rapport Longueur/largeur du tarse de la patte ambulatoire 1
DES MÂLES
Les mesures effectuées sur les mêmes populations type ou topotype de R. disjunctus
et R. maculatus se recouvrant, elles n’ont pas permis une étude mathématique. Autrement
dit, le tarse est un article petit et la précision des mesures à la loupe est insuffisante. L’utili¬
sation de ce rapport dans la différenciation spécifique serait abusive avec les moyens d’obser¬
vations courants.
— 169 —
Etude du rapport Longueur du sac coxal/Longueur de la hanche
Nous soupçonnions, d’après les dessins réalisés sur différentes espèces de Rhacochelifer,
la forme du sac coxal d’être un bon caractère de différenciation spécifique. Nous avons
donc effectué les mesures des longueurs des sacs coxaux et des hanches des deux popula¬
tions type et topotype de R. maculatus et R. disjunctus. Les mesures ont été effectuées cette
fois au microscope Nachet 300 et chaque division du micromètre oculaire correspondant
à 6,9 p. Là encore, les valeurs obtenues se recouvraient et il était inutile de faire une étude
mathématique. Le caractère : Longueur du sac/Longueur de la hanche n’est pas à retenir
pour la différenciation spécifique. Cependant la forme seule du sac coxal est peut-être un
caractère à conserver.
Autres données numériques classiquement utilisées
a — Comparaison de deux espèces différentes du sexe mâle
— population $ de R. disjunctus (25 individus) du Vaucluse :
3,28 < L/l pince < 3,91
2.63 < L/l tibia < 3,05
— population $ de R. maculatus (26 individus) de Corse :
2,68 < L/l pince < 3,46
2,16 < L/l tibia < 2,48
b — Comparaison des mêmes espèces du sexe femelle
— population $ de R. disjunctus (14 individus) du Vaucluse :
2,87 < L/l pince <; 3,57
3,41 < L/l fémur < 3,87
2,50 < L/l tibia < 2,95
— population de R. maculatus (20 individus) de Corse :
2,68 < L/l pince < 3,03
2,81 < L/l fémur < 3,30
2,07 < L/l tibia < 2,41
c — Comparaison d'une même espèce de deux localités differentes
— population de 13 de R. maculatus de l’Ardèche :
2,66 < L/l fémur < 3,22
2,00 < L/l tibia < 2,45
2.64 < L/l pince < 2,96
— 170 —
— population de 13 $ de R. maculatus de La Bouverie (Var) :
2,63 < L/l fémur < 3,05
2,08 < L/l tibia < 2,27
2,72 < L/l pince < 3,20
Autres caractères de différenciation spécifique appliqués aux espèces fran¬
çaises de Rhacochelifer
a — Statumen convolutum de l’armature génitale mâle : Les trois espèces sont parfai¬
tement différenciées entre elles (fig. 4, 5, 6) et avec d’autres espèces connues. Ce caractère
a été utilisé récemment avec succès par V. Mahnert pour différencier les espèces grecques
de Rhacochelifer.
b — Nombre de soies internes de la chambre génitale : 2 à 4 chez R. disjunctus ; 4 à 6
chez R. maculatus.
c — La plaque criblée médiane des femelles : La forme de la plaque criblée différencie
spécifiquement bien les trois espèces (fig. 1, 2, 3). Ce caractère est aussi utilisé par V. Mahnert
dans la systématique du genre (1977).
d — La forme des griffes des pattes antérieures des mâles : Une différence nette apparaît
entre les espèces maculatus et disjunctus dans la forme de la griffe modifiée du tarse de la
première des pattes antérieures du mâle. Les R. disjunctus ont la griffe externe munie sur
sa face interne de denticules (fig. 8). La griffe du tarse des pattes i du mâle de R. maculatus
en est dépourvue (fig. 7).
e — La forme des tergites des mâles : R. peculiaris mâle possède des tergites légèrement
modifiés latéralement en carènes latérales (fig. 9), ce qui le différencie des deux autres espèces
de Rhacochelifer. Cependant, la diagnose générique mentionnait « tergites des mâles non
modifiés ». Nous ne jugeons pas qu’il faille — au moins actuellement —- modifier la position
systématique de l’espèce peculiaris, dont l’étude sera complétée ultérieurement, les autres
genres de Dactylocheliferini possédant des caractères de différenciation plus évidents (griffe
subterminale des Mucrochelifer, pince béante des Lophochernes).
Conclusions
Si la taxinomie actuelle des Pseudoscorpions donne parfois une idée de la variation
individuelle, elle ne rend qu’exceptionnellement compte de la variation de groupe, c’est-
à-dire de la variation dans une population locale (P. D. Gabbutt). Les confusions actuelles
de la taxinomie tiennent au fait que les types de nombreuses espèces (surtout parmi les
plus anciennement décrites) ont disparu et que les auteurs ont redécrit les espèces à partir
de spécimens plus ou moins bien identifiés de stations souvent fort diverses et éloignées des
stations de récolte des types. Les études de systématique moderne ont montré la réalité
de la variation géographique ; deux des conclusions les plus importantes étant :
— 171 —
Fig. 1-3. — Plaque criblée médiane :
1, R. disjunctus (L.K., 1873) ; 2, R. maculatus (L.K., 1873) ; 3, R. peculiaris (L.K., 1873).
Fig. 4-6. — Statumen convolutum :
4, R. peculiaris ; 5, R. disjunctus ; 6, R. maculatus.
Fig. 7-8. — Griffes de la patte 1 du mâle : 7, R. maculatus ; 8, R. disjunctus.
Fig. 9. — Carènes latérales des premiers tergites de R. peculiaris.
1. toute population d’une espèce diffère génétiquement de toutes les autres et, si on
emploie des tests sulïisamment sensibles, elle se montre varier aussi par la biométrie et
par d’autres aspects ;
2. le degré de différenciation entre les diverses populations d’une espèce va de l’identité
presque complète jusqu’à permettre presque d’établir la distinction au niveau de l’espèce.
— 172 —
En ce qui concerne les Rhacochelifer, l’étude de quelques espèces, malheureusement
deux populations seulement, a montré l’importance de la variation individuelle.
Les résultats partiels obtenus concernent les rapports morphométriques : plus une
longueur est grande, plus la précision est améliorée. C’est pourquoi le fémur a été choisi
de préférence à la main, au tibia et à la pince ; il a en outre l’avantage d’être le mieux mesu¬
rable par son orientation facile. La précision sur la longueur du fémur est 3 à 4 fois plus
grande que celle sur la largeur et l’étalement des longueurs est supérieur à celui des lar¬
geurs ; donc l’information la plus sûre est donnée par l’étude du rapport 1/L et non par
celle du rapport L/l. Il semble cependant difficile d’aller à contre-courant d’un usage malheu¬
reusement passé dans les mœurs. Par contre, les rapports L/l du tarse de la première paire
de pattes ambulatoires et L du sac coxal / L de la hanche ne peuvent être utilisés pour diffé¬
rencier ces deux espèces. Les données numériques obtenues sur de petites populations
(13 à 25 individus) montrent des variations importantes sur certains rapports morphomé¬
triques (3 à 6/10), d’où il faut conclure à la nécessité d'utiliser un maximum de caractères
avant de décider de l’existence d’espèces différentes.
R. maculatus, R. disjunctus, R. peculiaris sont spécifiquement bien différenciées par :
— le statumen convolutum de l’armature génitale mâle ;
-— le nombre de soies internes de la chambre génitale ;
— la plaque criblée médiane des femelles.
Les griffes des pattes antérieures différencient les mâles de R. maculatus et R. disjunctus ;
la forme des tergites antérieurs et du bord postérieur du céphalothorax différencient les
mâles de R. peculiaris d’avec ceux de R. maculatus et R. disjunctus.
RÉFÉRENCES RIBLIOGRAPHIQUES
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section A, n° 1 : 175-184.
Complement à la description de Minniza vermis Simon, 1881,
espèce-type du genre (Arachnides, Pseudoscorpions, Olpiidae)
par Jacqueline Heurtault *
Résumé. — Minniza vermis (E. S., 1881) type du genre est redécrit, ainsi que M. rubida (E.S.,
1882) et M. deserticola (E.S., 1881). Les trois espèces se différencient par la forme de leur denture,
la chétotaxie du basitarse de la patte 4, la trichobothriotaxie de la pince et certains rapports morpho-
métriques.
Abstract. — Minniza vermis (E.S., 1881), type-species of the genus, is redescribed together
with M. rubida (E.S., 1882) and M. deserticola (E.S., 1881). The three species can be distinguished
from each other by the shape of their teeth, by the chaetotaxy of the basitarsus of their fourth
leg, by the trichobothriotaxy of their chela and by some morphometric ratios.
La quasi-absence d’iconographie de l’espèce-tvpe du genre Minniza, les difficultés
de détermination de certaines espèces (Minniza rubida, Olpium minnizoides) nous ont
amenée à revoir les spécimens-types de la collection du MNHN (n° 3330). E. Simon,
en 1881, décrit le nouveau genre Minniza d’après des Pseudoscorpions récoltés par
M. A. Letourneux en Égypte, près du lac Mareotis (Le Mex). La diagnose originale est
courte :
“ Gen. Olpium alïinis sed cephalothorace multo longiore quam latiore piano [antice haud
convexo, oculis a margine cephalothoraeis haud separatis, ahdomine longissimo, vermiformi,
omnino membranaceo. ”
Description
Céphalothorax (fig. 1 et 3) 1,7 fois plus long que large, avec 2 paires d’yeux nettement
séparées l’une de l’autre par au moins un demi-diamètre oculaire. Bande marginale posté¬
rieure non pigmentée. Un sillon transverse médian très accusé, plus sombre que le reste
du bouclier. Quatre soies antérieures, 6 oculaires, 4 en avant du sillon et 5 en arrière, 4 soies
au bord postérieur. La disposition des lyrifissures, plus ou moins symétriques par rapport
à l’axe du corps, est remarquable.
Tergites entiers avec une bande colorée médiane. Les deux premiers tergites de même
teinte que les autres. Deux soies sur le premier tergite et 4 sur les tergites suivants. Soies
des 3 tergites postérieurs plus longues (fîg. 3).
* Laboratoire de Zoologie (Arthropodes), Muséum national d'Ilistoire naturelle, 61 rue de Buffon,
75005 Paris.
— 176 -
Processus maxillaire avec 4 soies inégales, la plus longue étant la subdistale externe.
Sept soies aux hanches des pattes-mâchoires pourvues des mêmes lyrilissures que celles du
genre Olpium ; 4 et 6 soies aux hanches des pattes 1 et 2 ; 3 et 5 soies aux hanches des
pattes 3 ; 6 et 4 aux hanches des pattes 4. Hanches 1 et 2 plus larges que les hanches 3 et 4.
Situation inverse chez les Olpium.
Région génitale : 6 soies (3 + 3) groupées médialement sur l’opercule génital et
4 (2 —J— 2) au bord de l’ouverture génitale. Sacs génitaux latéraux très développés dans les
deux tiers distaux.
— 177 —
Fig. 2 à 5. — Mâle holotype de M. vermis : 2, hanches des pattes ; 3, céphalothorax ; 4, patte 1 ; 5, patte 4.
Région génitale Ç (fig. 11).
Sternites : 6 soies groupées médialement sur l’opercule génital au-dessus des 2 soies
bordantes. Deux soies sur le sternite 3, 4 soies sur les sternites 4 à 10.
Patte ambulatoire 1 : basifémur à peine plus long que le télofémur ; basitarse plus court
que le télotarse, muni d’un arolium entier, dépassant les griffes d’environ leur longueur
(«g- 4).
Patte ambulatoire 4 : 1 soie dorsale, 1 soie ventrale, 3 soies latérales internes
disposées en 2 séries (6 chez Olpium ) ; 2 soies latérales externes au basitarse dont 1 très
1, 12
— 178 —
proche du poil tactile. Soie subterminale simple et aiguë. Fémur 2,6 fois plus long que large,
tibia 2,7 fois plus long que large, télotarse plus long que le basitarse (fîg. 5).
Pattes-mâchoires : les soies sont longues et fines. Le trochanter a une faible protubé¬
rance (fig. 7). Deux soies plus longues sur le fémur, la proximale étant située comme celle
d’Olpium pallipes. Fémur 2,6 fois plus long que large. Tibia aussi long que le fémur et 2,2 fois
plus long que large. Pince sans pédoncule 2,8 fois plus longue que large, main avec pédon¬
cule 1,8 fois plus longue que large. Doigt aussi long que la main avec pédoncule. Nodus
ramosus des canaux venimeux court, situé distalement par rapport à et (fig. 6). Trichobo-
Fig. 6 à 10. —- M. vermis, $ holotype : 6, pince (b, sb , st, t : trichobothries basale, sub-basale, subterminale,
terminale ; ib, isb, ist, it : trichobothries internes basale, sub-basale, subterminale, terminale ; eb, esb,
est, et : trichobothries externes basale, sub-basale, subterminale terminale ; 7, trochanter, fémur,
tibia ; 8, denture de la pince ; 9, pince de la tritonymphe ; 10, trochanter, fémur, tibia de la trito-
nymphe.
— 179 —
thriotaxie : sb 2 fois plus éloignée de st que de b. esb à égale distance de eb et isb. it à peine
proximale par rapport à est.
Chez la tritonymphe paratype de l’espèce (fig. 9 et 10), les 2 soies tactiles plus longues
du fémur sont encore plus évidentes. De même, sb et isb ne sont pas encore apparues mais
it est proche de est et légèrement hasale.
Denture : 14 dents au doigt mobile de la pince et 19 au doigt fixe (fig. 8).
Chélicères (fig. 12) : 5 soies sur la main. Lobe suhapical petit, simple. Serrule interne
en forme de velum. Galea avec 2 branches distales et 1 subdistale (différence avec Olpium).
Flagellum à 3 soies.
Fie. 11 à 15. —- 11, région génitale de la femelle paratype de M. vermis : 12, chélicère de la Ç paratype
de M. vermis ; 13, basitarse et télotarse de M. rubida E. S. ; 14, basitarse et télotarse de M. vermis ;
15, basitarse et télotarse de M. deserlicola E. S.
— 180 —
Dimensions (en mm)
c? 1 type : Corps : 2,500 ; céphalothorax : 0,625-0,350 ; patte-mâchoire, fémur : 0,411-0,155 ;
tibia : 0,411-0,184; pince sans pédoncule : 0,655-0,226; pince avec pédoncule : 0,714-0,226; main
avec pédoncule : 0,375-0,226 ; doigt : 0,300 ; patte ambulatoire 1, préfémur : 0,151-0,075 ; télofémur :
0,125-0,084 ; tibia : 0,168-0,058 ; prétarse : 0,168 ; télotarse : 0,126 ; patte ambulatoire 4, fémur :
0,394-0,151 ; tibia : 0,243-0,088 ; prétarse : 0,084 ; télotarse : 0,128.
cj 2 : Corps : 2,200 ; céphalothorax : 0,625-0,300 ; patte-mâchoire, fémur : 0,425-0,162 ; tibia :
0,425 ; doigt : 0,387 ; pince avec pédoncule : 0,750 ; pince sans pédoncule : 0,437 ; main avec pédon¬
cule : 0,375 ; patte ambulatoire 1, préfémur : 0,450-0,225 ; télofémur : 0,425-0,250 ; tibia : 0,184-
0,067 ; prétarse : 0,058-0,042 ; télotarse : 0,100 ; patte ambulatoire 4, fémur : 0,450-0,210 ; tibia :
0,300-0,112 ; prétarse : 0,092 ; télotarse : 0,126.
Ç paratype : Corps : 3,300 ; céphalothorax : 0,675-0,375 ; patte-mâchoire, fémur : 0,475 ;
tibia : 0,475 ; doigt : 0,450 ; pince avec pédoncule : 0,800 ; pince sans pédoncule : 0,850 ; main avec
pédoncule : 0,425 ; patte ambulatoire 1, préfémur : 0,176-0,090 ; télofémur : 0,159-0,100 ; patte
ambulatoire 4, fémur : 0,500-0,225 ; tibia : 0,325-0,125 ; prétarse : 0,125-0,137.
Conclusions
Minniza vermis E. Simon, 1881, possède tous les caractères des Olpiidae tels que les
a décrits J. C. Chamberlin en 1930. Par comparaison avec Olpium pallipes, nous pouvons
ajouter d'autres caractères génériques à ceux donnés par E. Simon (1881), M. Beieb (1932),
.1. C. Chamberlin (1930, 1931) :
— Corps très long, vermiforme, à côtés plus ou moins parallèles (fig. 1).
— Céphalothorax 1,7 fois plus long que large avec un sillon médian plus sombre que le bouclier
et 2 paires d’veux nettement séparées l’une de l’autre.
— Les 2 premiers tergites de même teinte que les autres.
— Formule tergale : 2.4.4.4.4.
— Trichobothriotaxie : esb à égale distance de eb et isb ; it presque au niveau de est.
— Nodus ramosus distal par rapport à et.
— Deux poils plus longs que les autres sur la face dorsale du fémur.
— Quatre soies au processus maxillaire.
— Les hanches 3 et 4 plus petites que les hanches 2.
— Préfémur des pattes 1 1,1 fois plus long que le télofémur.
— Télotarse de la patte 4 plus long que le basitarse.
— Les 3 branches de la galea ne s’insèrent pas sur un même vertieille et sont également développées
chez le cj et la $.
— Morphologie de la région génitale.
— Chétotaxie des tarses de la patte 4.
Données complémentaires sur une population de 15 mâles et 15 femelles de M. vermis récoltés
dans la forêt d’Ademine à 30 km au sud d’Agadir, Maroc.
Trichobothriotaxie : les 60 pattes-mâchoires examinées montrent qu’en général it
et est sont au même niveau mais que, dans certains cas, it est basale de est ou distale de est.
— 181 —
Dimensions (en mm)
L main (1)
L doigt (2)
L fémur (3)
1 fémur (4)
Rapport 3/4
L tibia (5)
1 tibia (6)
Rapport 5/6
L pince sans pédoncule (7)
1 pince sans pédoncule (8)
Rapport 7/8
15 <?
0,294-0,378
0,302-0,411
0,336-0,411
0,122-0,151
2 , 6 - 2,9
0,327-0,420
0,134-0,193
2,3-2,5
0,571-0,697
0,168-0,210
2,8-3,2
15 Ç
0,252-0,378
0,243-0,386
0,277-0,428
0,101-0,151
2,6-2,9
0,294-0,428
0,117-0,168
2,3-2,5
0,470-0,739
0,168-0,235
2,8-3,3
Fig. 16 à 19. — M. rubida, type :
16, pince ; 17, trochanter, fémur, tibia ; 18, basifémur et télofémur de la patte 1 ; 19, chclicère.
— 182
Nécessité d'un topotype de référence pour M. deserticola Simon, 1885
En 1885, E. Simon décrit M. deserticola d’après une tritonymphe récoltée dans la région
de Gabès en Tunisie et inventoriée sous le numéro 7083 au MNHN. Ce spécimen nymphal
étant détérioré, nous proposons deux topotypes, l’un et l’autre de la région de Gabès :
1) base du Tebaga (entre el Hamma et Kebili), coll. Ch. Blanc, 1978 ; 2) Bou Hedma (entre
Sl'ax et Gabès), coll. Ch. Blanc, 1978.
Céphalothorax 1,9 à 2,0 fois plus long que large, pourvu de deux paires d’yeux et de
deux sillons nets.
Pattes-mâchoires : 45 dents au doigt fixe acérées jusqu’à la base du doigt, 20 dents
pointues au doigt mobile s’étendant jusqu’à t, suivies de 18 dents aplaties jusqu’à la base
du doigt (fig. 23). Cette forme de denture est intermédiaire entre celle de M. vertnis et celle
de M. rubida. Trichobothriotaxie : isb plus éloignée de esb que eb (fig. 20) ; it nettement
distale de est, comme chez M. rubida. Cette disposition est aussi intermédiaire entre celle
de M. vermis et celle de M. rubida.
Chétotaxie des tarses de la patte 4 : c’est encore un cas intermédiaire, en effet (fig. 15),
basitarse et télotarse à 2 soies dorsales et 2 soies ventrales ; basitarse à 5 soies internes ;
télotarse à 2 X 3 soies internes.
Dimensions ( en mm) du topotype de la base du Tebaga : Céphalothorax : 0,800-0,425 ; pince
sans pédoncule : 1,150-0,350 ; avec pédoncule : 1,200-0,350 ; doigt : 0,675 ; main : 0,575 ; fémur :
0,675-0,200 ; tibia : 0,625-0,237 ; patte 1, basitarse : 0,243-0,100, télotarse : 0,210-0,100 ; patte 4,
basitarse : 0,184-0,067 ; télotarse : 0,184-0,050.
Dimensions [en mm) du topotype de Bou Iledma : Corps : 3,700 ; céphalothorax : 0,900-0,450 ;
pince sans pédoncule : 1,300-0,362 ; pince avec pédoncule : 1,375-0,362 ; doigt : 0,775 ; main :
0,650-0,362 ; fémur : 0,800-0,225 ; tibia : 0,750-0,262 ; patte 1, basitarse : 0,260-0,109 ; télotarse :
0,226-0,117 ; patte 4, basitarse : 0,201-0,067 ; télotarse : 0,210-0,058.
Sur Vappartenance de M. rubida [E. S. 1882) au genre Minniza
En 1956, M. Beier suggérait la possibilité d’un sous-genre nouveau pour M. rubida,
M. persica, M. transvaalensis. Nous avons revu le type de M. rubida, inventorié au MNHN
sous le n° 5352. La patte-mâchoire (fig. 16) présente une trichobothriotaxie différente de
celle de M. vermis : isb est très éloignée de esb, presque au niveau de st ; it est nettement
distale de est ; les doigts sont armés de 36 dents au doigt fixe et 35 au doigt mobile. Ces
dents sont dirigées vers l’arrière et les dents du doigt mobile sont aussi distinctes basale-
ment que distalement. Fémur pourvu d’une soie basale « tactile » plus longue que les
autres (fig. 17).
Chélicères : lobe subapical divisé en deux (fig. 19).
Chétotaxie des tarses de la patte 4 tout à fait originale (fig. 13). L’étude d’une popula¬
tion de 30 individus de M. vermis nous a montré que la chétotaxie des tarses de la patte 4
était pratiquement constante (fig. 14). Les deux spécimens de M. rubida ont 2x2 soies
sur la face latérale interne du basitarse, 4x2 soies sur la face latérale interne du télotarse,
2 soies dorsales, 2 soies ventrales sur le basitarse et le télotarse (M. vertnis a seulement
I soie dorsale et 1 ventrale sur le basitarse et le télotarse).
Si nous n’avions pas observé les topotypes de M. deserticola, nous aurions été tentée
— 183 —
d’accepter le sous-genre demandé par M. Beier. Actuellement, la connaissance plus précise
des trois espèces : verrnis, deserticola, rubida nous permet de conclure simplement à des
espèces bien différenciées.
Fig. 20 à 24. — M. deserticola, topotype : 20, pince ; 21, trochanter, fémur, tibia de la patte-mâchoire ;
22, préfémur, télofémur de la patte 1 ; 23, extrémités de la pince ; 24, extrémité du doigt mobile de la
chélicère.
— 184 —
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« Esploratore » dal 16 nov. 1879 al 26 febr. 1880. IL Étude sur les Arachnides de T Yemen
méridional. Annali Mus. cio. Stor. nat. Giacomo Doria, 18 : 211.
— 1885. — Étude sur les Arachnides recueillis en Tunisie. In : Exploration scientifique de la
Tunisie, Imprimerie nationale, Paris : p. 50.
Vachon, M., 1954. — Contribution à l’étude du peuplement de la Mauritanie. Bull. Inst. fr. Afr.
noire, sér. A, 16 (4) : 1022-1026.
Manuscrit déposé le 20 novembre 1979.
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 2, 1980,
section A, n° 1 : 185-236.
Les espèces du genre Bopyrelia J. Bonnier
(Crustacea, Isopoda, Bopyridae)
par Roland Bourdon *
Résumé. — Cette note comprend une clé et des tableaux de détermination permettant d’iden¬
tifier les 28 Bopyrella actuellement connues, la diagnose de deux espèces et d’une sous-espèce
nouvelles, ainsi que la redescription de treize spécimens-types. D’autre part, le genre Bopyriscus
Richardson est mis en synonymie avec Bopyrella Bonnier.
Abstract. - This paper includes an identification key, with tables of comparative characters,
for the 28 Bopyrella presently known, diagnosis of two species and one sub-species new to science,
and redescription of type specimens of 13 species. The genus Bopyriscus is synonymised with
Bopyrella.
Le genre Bopyrella, créé par Bonnier (1900), est devenu l’un des principaux genres
de toute la famille des Bopyridae puisque, avec l’inclusion de Bopyriscus calmani Richardson,
1905, et de trois nouvelles formes, il compte maintenant 28 espèces. Quand un genre inclut
un tel nombre d’espèces, une clé de détermination devient évidemment nécessaire. Comme
il n’en existait aucune, l'identification des Bopyrella obligeait donc à confronter successi¬
vement, point par point, toutes les diagnoses établies. Ce procédé était non seulement
fastidieux mais inefficace, quand il n’induisait pas en erreur. En effet, la plupart des descrip¬
tions sont des plus succinctes, mentionnant rarement les structures morphologiques qui
ont une réelle signification spécifique. Aussi avons-nous été amené à revoir le plus de spéci-
mens-tvpes possibles afin de compléter les diagnoses et de rassembler les éléments d’une
clé des Bopyrella susceptibles de faciliter la détermination des exemplaires qui seront ulté¬
rieurement récoltés.
Si chacune des espèces présente quelques particularités permettant de la distinguer
de ses congénères, ces caractères sont fort disparates, d’où l’impossibilité de répartir les
différentes Bopyrella selon une classification cohérente. Néanmoins, il semblerait que l’évolu¬
tion de ces parasites aille dans le sens d’une fusion progressive des pléonites de la femelle.
Alors que, chez la plupart, la métamérisation reste encore distincte des deux côtés de l’abdo¬
men (plaques latérales ou simples ondulations), à un stade évolutif ultérieur, les segments
ne sont plus indiqués que sur le côté déformé, la régression devenant finalement totale
avec une coalescence complète des pléonites, qui ne sont plus discernables d’aucun côté.
Ces étapes paraissent pouvoir servir de base pour répartir les Bopyrella en trois groupes.
* Laboratoire de Carcinologie et d’Océanographie biologique de VÉcole Pratique des Hautes Études, 61,
de Bufjon, 75005 Paris, et Station biologique, 29211 Boscoff.
rue
— 186 —
Parmi les autres critères, on en relève de bien caractéristiques, mais ils sont rares :
par exemple, la présence de « lames pleurales rudimentaires », celle de crénulations cépha¬
liques, l’abdomen de type Synsynella chez le mâle ou la persistance des uropodes dans ce
sexe. Par contre, un des caractères qui paraît offrir le plus d’intérêt du point de vue taxono¬
mique est la forme du pléotelson de la femelle, lequel peut être entier ou échancré, arrondi
ou anguleux, etc. Par la diversité que présente cette partie du corps chez les Bopyrella,
il semble que l’on puisse en faire l’un des éléments majeurs de détermination. Viennent
ensuite les bosses dorso-latérales qui, selon les cas, sont distinctes ou ont tendance à dispa¬
raître et deviennent peu visibles, voire complètement absentes.
Ces quelques caractères ont été combinés en une clé dichotomique qui permet de distin¬
guer les actuelles Bopyrella ou, du moins, de regrouper les formes les plus voisines, dont
les différences, trop diverses, ne peuvent être indiquées que sous forme de tableaux compa¬
ratifs. Cependant nous ne saurions trop insister sur le fait que ce ne sont là que des critères
spécifiques présumés, car nous ne connaissons pratiquement rien sur la variation à l’intérieur
du genre et ce pour la raison très simple que la moitié des espèces n’ont encore été récoltées
qu’à un exemplaire, six d’entre elles n’étant même pas accompagnées du mâle.
Genre BOPYRELLA Bonnier
1900, Bopyrella Bonnier : 347-348.
1923, Bopyrella : Nif.rstrasz et Brender-à-Brandis : 95.
1923, Bopyrella : Chopra, 425, 467-469, 540-541.
1923, Synsynella Hay ; Chopra : 467-469, 540-541.
1927, Bopyrella : Chopra : 1.
1927, Synsynella : Chopra : 1-2.
1929, Bopyrella : Nierstrasz et Brendeh-À-Brandis : 3, 6.
1930, Bopyrella : Chopra : 132-134.
1930, Synsynella : Chopra : 132-133.
1956, Bopyrella : Bowman : 1.
1965, Bopyrella : Lemos de Castro : 283.
1970a, Bopyrella : Danforth : 58-59, 150.
Caractères génériques
Se distingue de tous les autres genres de Bopyridae en ce que la femelle a le céplialon
en grande partie fusionné avec le thorax, le marsupium ouvert, des pléopodes biramés et
pas d'uropodes.
Parasites des Crevettes, principalement des Alphéidés, quelquefois des Ilippolytidés.
Clé des espèces de Bopyrella
A — Segments abdominaux indiqués des deux côtés
1 — Pléotelson échancré
a — Bord latéro-ventral des pléonites du côté déformé
avec des excroissances visibles dorsalement.
bonnieri Nz. & Br. Br.
hodgarti Chopra
— 187 —
b — Bord latéro-ventral des pléonites sans excroissances
-j- — Pléotelson avec les bords latéro-postérieurs
tronqués droits
o — L’angle formé par ses bords largement
obtus (environ 130°)
§ — Mâle sans uropodes .
§ — Mâle avec uropodes .
o — L’angle formé par ses bords aigu (envi¬
ron 75°).
-f- — Pléotelson terminé par deux pointes ou deux
lobes arrondis
o — Bosses latéro-dorsales bien distinctes au
moins sur un côté
§ — Pléotelson profondément échancré . .
§ — Pléotelson légèrement échancré ....
o — Bosses latéro-dorsales absentes ou peu
visibles
§ — Abdomen du mâle avec les trois pre¬
miers segments séparés, les autres
fusionnés en un pléotelson trilobé . . .
§ — Abdomen du mâle avec tous les seg¬
ments fusionnés.
2 — Pléotelson entier
a — Bord antéro-céphalique crénelé.
b — Bord antéro-céphalique lisse
-)- —• Pléotelson formant un angle obtus (140 à
150°).
— Pléotelson arrondi ou quadrangulaire
o — Bosses latéro-dorsales absentes ou peu
visibles .
o — Bosses latéro-dorsales bien distinctes au
moins sur un côté.
B — Segments abdominaux seulement indiqués sur le côté
déformé.
C — Segments abdominaux non indiqués latéralement
barnardi Nz. & Br. Br.
barnardi n. ssp. australiensis
elongata Shiino
pacifica Shiino
megatelson Nz. & Br. Br.
lata Nz. & Br. Br.
alphei (Richardson)
intermedia Nz. & Br. Br.
distincta Nz. & Br. Br.
moi Shiino
indica Chopra
thomasi Nz. & Br. Br.
crenulata Shiino
choprai Nz. & Br. Br.
angulosa n. sp.
angusta Shiino
setoensis Shiino
tanyensis Bourdon
mortenseni Nz. & Br. Br.
richardsonae Nz. & Br. Br.
nierstraszi Chopra
calmani (Richardson)
harmopleon Bowman
macginitiei Shiino
malensis n. sp.
thomsoni Bonnier
- 188 —
Bopyrella bonnieri Nz. & Br. Br.
1923, Bopyrella bonnieri Nierstrasz et Brender-à-Brandis : 95-96, pi. IY, fig. 20 a-d.
1923, Bopyrella bonnieri : Chopra : 541.
1949, Bopyrella bonnieri : Shuno : 47.
1968, Bopyrella bonnieri : Bourdon : 407-408.
Hôte : Alpheus edwards i (Audouin) [= A. audouini (Coutière)].
Distribution : Timor.
Matériel examiné : Ç holotype + g allotype, sur Alpheus edwards i (Audouin), Siboga-
Expedition Sta. 282, Timor, Nusa Besi, 27-54 m (Zoologisches Museum, Amsterdam).
Description
Femelle (fig. 1, a)
Longueur 4,7 mm ; largeur 1,4 mm ; pléon 3,0 mm. Asymétrie 26°.
Céphalon presque entièrement soudé avec le premier segment thoracique, le bord
antérieur échancré sur le côté court où il forme un petit lobe latéral au-dessous de l’encoche.
Yeux absents. Maxillipèdes (fig. 1, b) pourvus d’un palpe garni de soies. Bord postérieur
(fig. 1, c) avec deux paires de lamelles lisses ; la partie médiane convexe.
Péréion ayant les segments II-VII nettement séparés. Bosses latérales bien distinctes
sur les quatre premiers somites. Plaques coxales aussi étroites des deux côtés sur les mêmes
péréiomères. Bord latéral des trois derniers péréionites entier. Marsupium ouvert. Premier
oostégite (fig. 1, d) avec le bord antéro-interne surélevé et formant un lobe secondaire ;
la crête interne porte deux digitations, et le lobe postéro-distal est important. Les deux
paires de plaques incubatrices suivantes égales, les deux dernières de longueur croissante ;
les cinquièmes ornées de la frange de soies habituelle, les précédentes étant à peine ciliées
sur leur bord postérieur. Tous les oostégites sont lisses. Péréiopodes sensiblement de même
taille, chacun avec une bosse au bord supérieur du basipodite. Sur le côté déformé, se trouve
une petite digitation près de la base de P5-P7.
Pléon de six segments fusionnés au milieu de la face dorsale ; le pléotelson large, ses
bords latéro-postérieurs s’incurvant jusqu’à une faible échancrure médiane. Plaques latérales
rudimentaires, les quatre premières aiguës sur le côté court, la cinquième sinueuse comme
son homologue ; sur le côté déformé, les plaques sont de conformation très inusuelle et pré¬
sentent un rebord dorsal arrondi sous lequel s’avance extérieurement une saillie charnue
tronquée (« lamelles pleurales secondaires » de Bonnier) ; aucune n’est ourlée ventralement.
Pléopodes au nombre de cinq paires biramées, de forme triangulaire à bout presque effilé ;
l’endopodite plus grand que l’exopodite dans les appendices antérieurs, mais les deux rames
tendent à devenir égales postérieurement. Uropodes absents.
Mâle (fig. 1, e)
Longueur 1,2 mm ; largeur 0,45 mm ; pléon 0,2 mm.
Céphalon soudé au thorax, quoique sa limite postérieure reste en partie décelable ;
— 190 —
son bord antérieur arrondi. Yeux présents (lors de la diagnose originale, non discernables
dans l’alcool). Antennules et antennes (fig. 1, f) respectivement composées de trois et deux
articles. Maxillipèdes non distingués.
Péréion s’élargissant vers sa partie médiane. Péréiopodes très squameux, de forme sem¬
blable ; la première paire nettement plus courte que les suivantes qui sont sensiblement
de même taille ; la longueur relative du propode reste la même dans toutes les pattes. Pas
de tubercules médio-ventraux.
Pléon (fig. 1, g) entièrement soudé, plus large que le dernier péréionite, son bord posté¬
rieur régulièrement arrondi. A la partie antéro-ventrale de l’abdomen émergent trois tuber¬
cules transversalement alignés et un plus petit en dessous. Pléopodes apparaissant après
éclaircissement du spécimen comme des zones ovalaires de plus en plus réduites vers l’arrière.
Uropodes absents.
Remarque : Bopyrella bonnieri n’est connue que par les spécimens-types. A noter
cependant qu’une Bopyrella sp. a été signalée en Afrique du Sud sur le même hôte, par
Barnard (1950), laquelle est peut-être référable à cette espèce.
Bopyrella hodgarti Chopra
1923, Bopyrella hodgarti Chopra : 416, 469, 473-475, fig, 10 et pi. XIV, fig. 7-12.
1949, Bopyrella hodgarti : Shiino : 47.
1955, Bopyrella hodgarti : Barnard : 79.
1968, Bopyrella hodgarti : Bourdon : 407-408.
1974, Bopyrella hodgarti : Kensley : 261.
Hôtes : Alpheus sp., A. lobidens de Haan [= A. crassimanus Heller],
Distribution : Inde, Mozambique, Afrique du Sud.
Remarques
Cette espèce a été rangée, avec quelque doute, dans Bopyrella, par Chopra (1923),
à cause de la fusion complète des pléonites chez le mâle. Il semble toutefois difficile d’établir
un genre à part sur cette seule base. Il n’est d’ailleurs pas impossible que B. hodgarti soit
conspécifique avec B. bonnieri Nz. & Br. Br., 1923. En tous cas, les deux femelles holotypes
montrent beaucoup de similitudes, en particulier par la possession de « lames pleurales
rudimentaires » semblables, structures très rares parmi les Bopyrinés puisqu’elles sont
présentes, mais sous un aspect dilférent, seulement chez B. thomsoni Bonnier, 1900.
Les quatre tubercules abdominaux de disposition inhabituelle observés chez le mâle
de B. bonnieri ne se trouvent pas mentionnés chez celui de B. hodgarti. Toutefois, la figure
de ce dernier paraît montrer de légers renflements au même endroit. Aussi peut-on se demander
si, après l’avoir préalablement éclairci (ainsi que nous avons l’habitude de le pratiquer pour
tous les mâles des Bopyres), ces tubercules ne deviendraient pas apparents. La même remar¬
que peut s’appliquer aux gonflements latéraux de l’abdomen, qui sont peut-être le bord
externe des pléopodes.
En attendant qu’un réexamen du mâle allotype de B. hodgarti nous renseigne sur ce
point, c’est finalement à des caractères bien moins typiques de la femelle que nous sommes
191 —
obligés d’avoir recours pour séparer l’espèce de Chopra de B. bonnieri : (1) céphalon déprimé
de chaque côté au lieu d’une profonde échancrure latérale seulement ; (2) bord antérieur
du premier oostégite droit et non avec la partie interne surélevée.
D’abord trouvée à Vizagapatam, baie du Bengale, sur un Alpheus lobidens Heller
(Chopra, 1923), l’espèce a été ensuite récoltée sur un Alpheus sp. d’Inhabane, Mozambique
(Barnard, 1955) et, tout récemment, sur quatre Alpheus sp. au large du Natal (Kensley,
1974).
Bopyrella barnardi Nz. & Br. Br.
1931, Bopyrella barnardi Nierstrasz et Brender-à-Brandis : 150-152, fig. 4-6.
1933, Bopyrella barnardi : Shiino : 282.
1949, Bopyrella barnardi : Shiino : 46-48.
1956, Bopyrella barnardi : Bowman : 3.
Hôte : Alpheus sp.
Distribution : golfe de Siam.
Matériel examiné : Ç holotype, sur Alpheus sp., près de Lem Ngob, Siam (Zoologiske Museum,
Copenhague).
Description
Femelle (fig. 2, a)
Longueur 4,9 mm ; largeur 3,1 mm ; pléon 0,5 mm. Asymétrie 33°.
Céphalon presque entièrement fusionné avec le premier segment thoracique, son bord
antérieur convexe, présentant une encoche latérale sur le côté court. Yeux présents (lors
de la diagnose originale, non discernables actuellement). Antennules paraissant constituées
de trois articles, les antennes d’un seul. Maxillipèdes (fig. 2, b) avec le palpe arrondi orné
de soies. Bord postérieur (fig. 2, c) pourvu de deux paires de lamelles lisses et lancéolées,
les externes plus développées que les internes, la partie médiane biconvexe.
Péréion avec les segments II-VII nettement séparés. Bosses latérales bien apparentes
sur les quatre premiers somites. Plaques coxales sur les mêmes, celles du côté court plus
minces que leurs homologues. Bord latéral des trois derniers thoracomères entier. Marsu¬
pium ouvert. Premier oostégite (fig. 2, d) avec un petit lohe antéro-interne ; la crête interne
porte quatre tubercules ; le lobe postéro-distal large et incurvé. Plaques incubatrices de
la deuxième paire cordiformes, les suivantes de plus en plus allongées ; la cinquième garnie
d’une frange. Péréiopodes du côté déformé un peu plus grands que les autres et munis
d’une bosse au bord supérieur du basipodite. Une petite digitation effilée près de l’inser¬
tion de P5-P7 de ce côté.
Pléon ayant les six segments fusionnés au milieu et sur le côté court ; le pléntelson
a les bords latéro-postérieurs droits, formant un angle ouvert terminé par une encoche
médiane bien définie. Plaques latérales rudimentaires, tronquées et séparées par des échan¬
crures profondes sur le côté déformé ; sur le côté court, les trois premières sont en pointe,
la quatrième arrondie et la dernière bilobée ; aucune n’est ourlée ventralement. Pléopodes
hiramés, les cinq paires de taille légèrement décroissante vers l’arrière, plus ou moins lan¬
céolées, leur bord plus charnu que le centre. Llropodes absents.
— 192
Fig. 2. — Bopyrella barnardi Nz. & Br. Br.
$ : a, face dorsale ( X 21) ; b, maxillipède ( X 40) ; c, bord postérieur du céphalon ( x 41) ; d, 1 er oostégitc ( X 29).
Remarque : Voir le tableau I pour les caractères spécifiques de la présente forme,
trouvée à deux exemplaires sur des Alpheus sp. du golfe de Siam (Nierstrasz et Brender-
à-Brandis, 1931).
Bopyrella barnardi Nz. & Br. Br. n. ssp. australiensis
Matériel examiné : Ç holotype + allotype, sur Alpheus sp., Australie, Queensland, Port
Curtis, Richards Point, 26.8.1946 ; J. Hynd coll. (Australian Museum, Sydney).
Description
Femelle (fig. 3, a)
Longueur 4,9 mm ; largeur 2,7 mm ; pléon 1,6 mm. Asymétrie 17°.
Céphalon en grande partie soudé avec le premier segment thoracique ; son bord anté¬
rieur convexe, montrant une forte échancrure latérale sur le côté court. Yeux présents.
Antennules paraissant composées de trois articles, les antennes d’un seul. Maxillipèdes
terminés par un palpe orné de soies. Bord postérieur pourvu de deux paires de lamelles
lisses comme la partie médiane.
Péréion avec les segments II-V1I séparés. Bosses latérales bien distinctes sur les quatre
premiers somites. Plaques coxales étroites sur les mêmes. Bord latéral des trois derniers
thoracomères entier. Marsupium ouvert. Premier oostégite (fig. 3, b) formant un petit
lobe antéro-interne ; la crête interne tuberculée ; la partie postérieure triangulaire. Les
autres plaques marsupiales de plus en plus allongées ; la cinquième paire avec frange.
Fig. 3. — Bopyrella barnardi Nz. & Br. Br. n. ssp. australiensis.
$ : a, face dorsale ( X 22) ; b, 1 er oostégite ( X 37). (J : c, face dorsale ( X 43) ; d, face ventrale du pléon ( X 87).
— 194 —
Péréiopodes munis d’une bosse au bord supérieur du basipodite. Une petite digitation
près de la base de P5-P7 du côté déformé.
Pléon de six segments entièrement soudés dorsalement, à l'exception du pléotelson
dont les limites internes sont légèrement discernables ; ce dernier avec une encoche médiane,
ses bords latéro-postérieurs tronqués. Plaques latérales rudimentaires, la plupart pointues ;
aucune ne présentant d’ourlet ventral. Pléopodes biramés, diminuant sensiblement de
taille vers l’arrière. Uropodes absents.
Mâle (fig. 3, c)
Longueur 1,3 mm ; largeur 0,5 mm ; pléon 0,3 mm.
Céphalon plus ou moins fusionné au thorax. Yeux présents. Antennules séparées de
trois articles ; antennes Inarticulées. Maxillipèdes non distingués.
Péréion à bords latéraux assez anguleux. Péréiopodes avec le dactyle nettement plus
développé dans P1-P2 que dans les autres pattes où il diminue de longueur vers l’arrière.
Pas de tubercules médio-ventraux.
Pléon (fig. 3, d) de six segments entièrement soudés sur la face dorsale, mais tous bien
indiqués latéralement. Pléopodes représentés par des zones ovalaires. Sans uropodes.
Remarque : La forme différente du premier oostégite et des plaques latérales, ainsi
que la taille relative des pléopodes de la femelle (voir aussi tableau I), amènent à consi¬
dérer le présent parasite comme une sous-espèce nouvelle de Bopyrella barnardi Nz. &
Br. Br., 1931.
Bopyrella elongata Shiino
1949, Bopyrella elongata Shiino : 45-50, fig. 1 a-c.
Hôtes : Alpheus sp., A. biincisus (de Haan).
Distribution : Japon ; Australie loc. nov.
Matériel examiné : 1 Ç + sur Alpheus sp., Queensland, Elliott Head, 3.6.1946 ; J. Hynu
coll. (Australian Museum, Sydney).
Description
Femelle (fig. 4, a)
Longueur 7,1 mm ; largeur 4,1 mm ; pléon 2,2 mm. Asymétrie 30°.
Céphalon presque entièrement soudé avec le premier segment thoracique ; son fiord
antérieur un peu irrégulier, avec légère indication de lame frontale. Yeux présents. Anten¬
nules accolées de trois articles ; antennes de deux, le premier très volumineux. Maxillipèdes
terminés par un palpe orné de longues soies. Bord postérieur (fig. 4, b) pourvu de deux
paires de lamelles lisses, l’externe ovalaire et plus développée que l’interne qui est incurvée ;
la partie médiane biconvexe.
Péréion avec les segments II-VII séparés. Bosses latérales bien distinctes sur les quatre
premiers somites. Plaques coxales étroites sur les mêmes. Bord latéral des trois derniers
thoracomères entier. Marsupium ouvert. Premier oostégite (fig. 4, c) ayant la partie anté-
— 195 —
rieure droite et la postérieure terminée par un grand lobe dirigé vers l’arrière ; la crête
interne tuberculée. Les autres plaques marsupiales de plus en plus allongées ; la cinquième
paire avec frange. Péréiopodes tous munis d’une bosse au bord supérieur du basipodite,
laquelle est plus forte sur les pattes du côté déformé. Une digitation près de la base de P5-
P7 de ce côté.
Pléon de six segments ; leur délimitation dorsale plus ou moins visible ; le pléotelson
Fig. 4. — Bopyrella elongata Shiino.
9 : a, face dorsale ( X 15) ; b, bord postérieur du céphalon ( x 30) ; c, 1 er oostégite ( X 23). çj : d, face dorsale
(X 35) ; e, antennule et antenne (x 205) ; f-g, péréiopodes 1 et 7 (X 127).
- 196 —
échancré, ses bords latéro-postérieurs droits. Plaques latérales 1-3 du côté court pointues,
les autres tronquées ; aucune n’est ourlée ventralement. Pléopodes biramés, de taille forte¬
ment décroissante vers l’arrière ; l’endopodite triangulaire et plus développé que I’exopo-
dite qui est ovale dans la première paire, les deux rames devenant égales et semblables
dans les derniers appendices. Uropodes absents.
Mâle (fig. 4, d)
Longueur 2,0 mm ; largeur 0,7 mm ; pléon 0,4 mm.
Céphalon soudé au thorax. Yeux présents. Antennules (fig. 4, e) séparées de trois
articles ; antennes biarticulées. Maxillipèdes non distingués.
Péréion à bords latéraux anguleux. Péréiopodes (fig. 4, f-g) avec le dactyle beaucoup
plus développé dans PI et même P2 que dans les autres pattes où il diminue légèrement
de longueur postérieurement. Pas de tubercules médio-ventraux.
Pléon avec les six segments entièrement fusionnés dorsalement, mais tous bien déli¬
mités latéralement. Pléopodes représentés par des zones ovalaires de plus en plus réduites
vers l’arrière. Sans uropodes.
Remarques : Ainsi que l’a souligné Shiino (1949) en créant l’espèce, Bopyrella elongata
est très proche, à la fois, de B. barnardi Nz. & Br. Br., 1931, et de B. pacifica Shiino, 1933,
et l’auteur n’indique pour les distinguer que des caractères se rapportant seulement au mâle.
Concernant la dernière forme, la présence d’uropodes (unique pour le genre) paraît suffisante
pour établir sa spécificité. Par contre, la coalescence des pléonites et les encoches latérales
plus profondes, sur lesquelles Shiino fait reposer son espèce, paraissent de valeur diagnos¬
tique beaucoup moindre, sinon douteuse. Néanmoins, la redescription ici donnée de B. elon¬
gata et barnardi fait ressortir entre les femelles (tabl. I) plusieurs différences qui peuvent
justifier la séparation des deux formes. Cette Bopyrella n’avait pas été revue depuis sa cap¬
ture sur un Alpheus (= Crangon ) biincisus (de Haan) à Séto.
Bopyrella pacifica Shiino
1933, Bopyrella pacifica Shiino : 280-283, fig. 12 a-k.
1949, Bopyrella pacifica : Shiino : 46, 48-50.
1956, Bopyrella pacifica : Bowman : 1.
1958, Bopyrella pacifica : Shiino : 61.
Hôtes : Synalpheus sp. et Betaeus sp.
Distribution : Japon.
Remarques : Deux couples ont été récoltés, le premier sur un Synalpheus sp. de Séto,
le second sur un Betaeus sp. de Tanabe Bay (Shiino, 1933, 1958). Bopyrella pacifica est la
seule espèce du genre dont le mâle ait conservé des uropodes, d’ailleurs réduits à de simples
tubercules. Pour la femelle, les plaques latérales antérieures ourlées ventralement permettent
de la distinguer des deux formes les plus voisines : B. barnardi Nz. & Br. Br., 1931, et B. elon¬
gata Shiino, 1949.
Tableau I. — Caractères distinctifs entre Bopyrella barnardi Nz. & Br. Br., sa n. ssp. australiensis et B. elongata Shiino.
Caractères
B. barnardi barnardi
B. barnardi
australiensis n. ssp.
B. elongata
Céphalon
avec encoche latérale
sans encoche
^er
lobe
J antéro-interne
présent
absent.
oostégite |
) lobe
postéro-distal
arrondi et recourbé
en pointe émoussée,
dirigé en biais
arrondi,
dirigé vers l’arrière
$
droites côté déformé,
droites côté déformé,
Plaques latérales
pointues ou arrondies
presque toutes pointues
pointues ou arrondies
côté court
côté court
Tubercule sur le pléotelson
absent
présent
absent
Pléopodes diminuant
vers l’arrière de
moins de 1/2
près des 2/3
près des 3/4
( Segments
1-3 distincts dorsalement
tous fusionnés
s
Pléon <
f Rapport 1/L
1,18
1,23
1,40-1,46
— 198 —
Bopyrella megatelson Nz. & Br. Br.
1929, Bopyrella megatelson Nierstrasz et Brender-à-Brandis : 31-32, fig. 38.
1930, Bopyrella megatelson : Chopra : 134.
Hôte : Alpheus parvirostris Dana.
Distribution : golfe de Siam.
Matériel examiné : Ç holotype, sur Alpheus parvirostris Dana, Koh Chang, Siam (Zoolo-
giske Muséum, Copenhague).
Description
Femelle (fig. 5, a)
Longueur 3,2 mm ; largeur 1,6 mm ; pléon 1,1 mm. Asymétrie 32°.
Céphalon presque entièrement fusionné avec le premier segment thoracique, le bord
antérieur convexe, profondément échancré sur le côté court. Yeux absents. Antennules
Fig. 5. — Bopyrella megatelson Nz. & Br. Br.
Ç : a, face dorsale ( X 33) ; b, maxillipède ( X 45) ; c, bord postérieur du céphalon ( X 80) ; d, 1 er oostégite ( X 80).
— 199 —
paraissant constituées de trois articles, les antennes de deux. Maxillipèdes (fig. 5, b) terminés
par un palpe garni de soies, certaines très longues. Bord postérieur (fig. 5, c) ayant les
lamelles externes peu développées et lisses, les internes seulement représentées par une
légère éminence ; la partie médiane droite.
Péréion avec les segments III-VII nettement séparés, le deuxième moins distinct au
milieu. Bosses latérales peu visibles sur les quatre premiers somites. Plaques coxales sur
les mêmes ; celles du côté déformé de plus en plus importantes vers barrière, les autres très
minces. Bord latéral des trois derniers thoracomères entier. Marsupium ouvert. Premier
oostégite (fig. 5, d) ayant le bord antérieur presque droit, le lobe postéro-distal allongé,
étroit et incurvé ; la crête interne lisse. Les plaques incubatrices suivantes de plus en plus
longues ; la cinquième paire garnie d’une frange. Péréiopodes du côté déformé munis d’une
forte bosse au bord supérieur du basipodite. Une petite digitation près de la base de P5-
P7 de ce côté.
Pléon avec les six segments fusionnés au milieu et sur le côté déformé de la face dorsale ;
le pléotelson très important (un tiers de l’abdomen), sa délimitation antérieure assez nette ;
ses bords latéro-postérieurs légèrement sinueux convergent vers une profonde encoche
médiane en formant un angle de 67°. Plaques latérales rudimentaires, arrondies sur le côté
déformé, en pointes plus ou moins acuminées sur le côté court ; aucune ne présente d’ourlet
ventral. Pléopodes : cinq paires biramées, de taille décroissante postérieurement ; l’endopo-
dite plus grand et plus aigu que l’exopodite, surtout dans la dernière paire où la rame externe
est minuscule et complètement cachée sous la rame interne. Uropodes absents.
Remarque : Parmi les Bopyrella à pléotelson échancré, la grandeur et la forme de ce
dernier suffisent pour identifier B. megatelson Nz. & Br. Br., 1929, dont on ne connaît que
la femelle holotype.
Bopyrella lata Nz. & Br. Br.
1929, Bopyrella lata Nierstrasz et Brender-à-Brandis : 34-35, fig. 43.
1930, Bopyrella lata : Chopra : 137.
1965, Bopyrella lata : Lf.mos de Castro : 284-286, fig. 6-13.
1970a, Bopyrella lata : Danforth : 9, 43, 60, 151, fig. 6 d.
1974, Bopyrella lata : Markham : 193-194, 316, 321-323.
Hôtes : Alpheus sp., A. normanni Kingsley et Alphéidé indéterminé ; ? Upogebia aflinis
(s ay ).
Distribution : Floride, Antilles, Brésil.
Matériel examiné : $ holotype, sur Alphéidé, entre Saba et St. Thomas, îles Vierges, 15 Fd
(Zoologiske Museum, Copenhague).
Description
Femelle (fig. 6, a)
Longueur 3,3 mm ; largeur 2,55 mm ; pléon 1,1 mm. Asymétrie 24°.
Céphalon en partie fusionné avec le premier segment thoracique, ses bords latéraux
restant toutefois encore décelables ; le bord antérieur rectiligne, à l’exception de l’angle
— 200
gauche légèrement proéminent. Yeux indistincts. Antennules paraissant composées de trois
articles, les antennes de deux. Maxillipèdes terminés par un palpe orné de soies. Bord posté¬
rieur ayant les deux paires de lamelles lisses et lancéolées, l’externe légèrement plus longue
que l’interne ; la partie médiane presque droite.
Péréion avec les segments II-VII nettement séparés. Bosses latérales bien distinctes
sur les quatre premiers somites. Plaques coxales sur les mêmes, celles du côté court beau¬
coup plus étroites que leurs homologues. Bord latéral des trois derniers thoracomères entier.
Marsupium ouvert. Première paire d’oostégites (fig. 6, b-c) avec les deux appendices diffé¬
rents, celui du côté court étant pourvu d’un lobe postérieur plus important et moins prononcé
que l’autre ; la crête interne tuberculée. Les plaques incubatrices suivantes de plus en plus
longues ; la cinquième avec frange. Péréiopodes du côté déformé un peu plus grands et
munis d’une forte bosse au bord supérieur du basipodite. Une petite digitation près de la
base de P5-P7 de ce côté.
— 201 —
Pléon avec les six segments fusionnés au milieu ; pléotelson très bifurqué, ses bords
latéro-postérieurs ayant l’aspect de plaques latérales. Ces dernières courtes, arrondies,
séparées l’une de l’autre par des encoches profondes ; les deux premières du côté déformé
ourlées ventralement. Pléopodes au nombre de cinq paires biramées, ceux du côté court
moins développés ; l’endopodite plus grand que l’expodite, mais la différence de taille
s’atténue dans les paires postérieures. Uropodes absents.
Remarques : Bopyrella lata Nz. & Br. Br., 1929, se distingue des autres espèces du
genre au pléotelson échancré, en ce que celui-ci est nettement bifide et les bosses latérales
bien distinctes. Etablie d’après la femelle holotype recueillie sur un Alphéidé indéterminé
des Antilles, cette forme a été ensuite signalée d’abord au Brésil, par Lemos de Castro
(1965), sur un Alpheus sp. de la baie de Guanabara, et sur une Upogebia affinis (Say) de
l’île Saint-Sébastien ; puis par Markham (1974), sur quatre Alpheus normanni Kingsley,
à Card Sound, en Floride. La récolte de l’espèce sur une Gébie, hôte systématiquement
fort éloigné des Natantia, et qui paraît au dernier auteur « highly unlikely », demanderait,
en effet, confirmation, bien qu'un cas analogue ait été signalé pour un Céponien, groupe
normalement inféodé aux Crabes, obtenu sur un Scyllarus.
Bopyrella alphei (Richardson)
1871, Bopyrus sp. Muller : 68.
1890, Bopyrus (?) alphei Giard et Bonnier : 369 ( nomen nudum).
1893, Bopyrus (?) alphei : Stebbing : 416.
1900, Gyge sp. Wilson : 353.
1900, Bopyrella (?) alphei : Bonnier : 169, 221, 352, 381.
1900, Bopyrus alphei Richardson : 158-159, fig. 3-4.
1901, Bopyrus alphei : Richardson : 578.
1904a, Probopyrus alphei : Richardson : 67-68, fig. 44-45.
1904, Bopyrella (?) alphei : Giard : 592.
1904è, Probopyrus alphei : Richardson : 856-857.
1905, Probopyrus alphei : Richardson : 559-560, fig. 612-613.
1918, Probopyrus alphei : Hay & Shore : 386.
1923, Bopyrella alphei : Chopra : 467, 506, 508.
1947a, Probopyrus alphei : Pearse : 326.
19476, Probopyrus alphei : Pearse : 454.
1952, Capitetragonia asperotibialis Pearse : 234-235, fig. 122-130.
1965, Bopyrella alphei : Lemos de Castro : 287, fig. 14-23.
1968, Probopyrus alphei : Menzies et Glynn : 13.
1970, Probopyrus alphei : Rouse : 135.
1970a, Probopyrus alphei : Danforth : 11, 48, 92, 152, fig. 27 e-f.
1972, Branchial bopyrid : Chace : 62, 73.
1972, Bopyrella alphei : Coelho et Koening : 256.
1974, Probopyrus alphei : Markham : 208-212, 316, 320-321.
Hôtes : Alpheus sp., A. armillatus H. Milne-Edwards, A. heterochaelis Say et A. normanni
Kingsley.
Distribution : Caroline du Nord et Floride, Antilles, Brésil.
Matériel examiné : Ç holotype -)- allotype, sur Alpheus heterochaelis Say, Branner Agassiz
Expedition, Brésil, Rio Parahyba de Norte, 21.6.1899 ; A. W. Greely coll. (U.S. N. Museum,
Washington).
— 202 —
Description
Femelle (fig. 7, a)
Longueur 5,4 mm ; largeur 4,2 mm ; plcon 2,1 mm. Asymétrie 33°.
Céphalon postérieurement fusionné avec le premier segment thoracique, ses limites
latérales indiquées par deux dépressions assez étendues ; bord antérieur profondément
déprimé au milieu et formant une petite digitation sur le côté court. Maxillipèdes terminés
par un petit palpe arrondi garni de soies. Bord postérieur (fig. 7, b) pourvu de deux paires
de lamelles lisses, l’externe plus importante que l’interne ; la partie médiane droite, égale¬
ment sans tubercules.
Péréion avec les segments II-VII nettement séparés. Bosses latérales bien apparentes
sur les quatre premiers somites. Plaques coxales sur les mêmes, celles du côté court très
minces, leurs homologues plus larges. Bord latéral des trois derniers thoracomères entier.
Marsupium ouvert. Premier oostégite (fig. 7, c) ayant la partie antérieure un peu échancrée
au milieu ; la crête interne tuberculée ; le lobe postérieur bien développé et dirigé vers
Fig. 7. — Bopyrella alphei (Richardson).
: a, face dorsale ( X 18) ; b, bord postérieur du céphalon ( x 30) ; c, 1 er oostégite ( X 25). : d, antennule
et antenne (X 245) ; c, face ventrale du pléon (X 68).
— 203 —
l’arrière. La deuxième paire de plaques incubatrices élargie, les suivantes de plus en plus
longues ; la cinquième avec frange. Péréiopodes du côté déformé munis d’une bosse au bord
supérieur du basipodite. Une petite digitation près de la base de P4-P7 de ce côté.
Pléon avec les six segments encore décelables sur toute leur longueur ; le dernier légè¬
rement échancré, ses bords latéro-postérieurs plus ou moins arrondis. Plaques latérales
courtes, tronquées, la plupart bien séparées l’une de l'autre par des encoches très profondes ;
aucune n’est ourlée ventralement. Pléopodes biramés, de taille décroissante vers l’arrière ;
l’endopodite un peu plus développé que l’exopodite, sauf dans la cinquième paire où les
deux rames sont égales. Uropodes absents.
Mâle
Longueur environ 1,7 mm.
Céphalon entièrement soudé au thorax (distinct dans la figure de Richardson). Yeux
absents. Antennules et antennes (fig. 7, d) triarticulées. Maxillipèdes non distingués.
Péréion s’élargissant un peu dans sa partie médiane. Péréiopodes PI avec le propode
plus court que dans les paires suivantes où il augmente légèrement de longueur jusqu’à P3
pour diminuer ensuite ; le dactyle plus long dans P1-P4. Pas de tubercules médio-ventraux.
Pléon (fig. 7, e) soudé, mais les six segments indiqués latéralement par des ondulations ;
le premier somite plus large que le septième thoracomère, le dernier très squameux. Pléopodes
représentés par des zones ovalaires de plus en plus réduites postérieurement, et qui n’appa¬
raissent qu’après éclaircissement du spécimen. Sans uropodes.
Remarques
Selon toute vraisemblance, c’est uniquement parce que son hôte est un Alpheus que
Bonnier (1900) a classé dans son genre Bopyrella le Bopyrus sp. signalé au Brésil par Müller
(1871), lequel avait reçu auparavant le nom de Bopyrus (?) alphei Giard et Bonnier, 1890.
La même année, Richardson (1900) décrivait sous la même appellation un parasite
d ’Alpheus heterochcielis Say, également récolté au Brésil, qu’elle suppose être l’espèce vue
par Müller. Mais, peu après, revenant sur sa détermination générique, et sans toutefois
en indiquer les raisons, Richardson (1904a) le classe dans Probopyrus. Ayant à répondre
à des critiques formulées par Giard (1904) portant, entre autres, sur l’inclusion à'alphei
dans ce dernier genre, Richardson (1904Ù) justifie alors son transfert en expliquant que sa
figure de la femelle était erronée ([uant à l’abdomen, celui-ci étant, en réalité, segmenté
(comme dans Probopyrus) et non fusionné (comme dans Bopyrella), ce dont elle n’a pu se
rendre compte qu’après avoir examiné de nouveaux spécimens. A vrai dire, la rectification
aurait plutôt démontré que le critère était sans valeur puisque, chez certains individus,
la segmentation pléale ne pouvait être distinguée. Mais, en l’occurrence, les pléonites sont
en grande partie décelables sur l'holotype. Ils le restent également sur le spécimen repré¬
senté par Lemos de Castro (1965), lequel remet néanmoins alphei dans Bopyrella.
En définitive, la séparation des deux genres ne peut reposer sur un caractère aussi
inconstant. La tête de la femelle paraît un élément de détermination bien préférable, étant
distincte chez tous les Probopyrus, soudée au premier péréionite chez toutes les Bopyrella.
Mais, pour alphei, on se trouve maintenant dans l’incertitude étant donné que Markham
(1974), qui a vu une quinzaine d’exemplaires, indique que le céphalon est nettement séparé
— 204 —
du thorax, alors que Lemos de Castro (1965) le dit fusionné dans sa diagnose générique
et qu’il apparaît effectivement tel dans sa figure ; la tête nous a paru également soudée
dans l’holotype, examiné aussi par Markham.
A cause du céphalon de la femelle pour lui distinct, des pléomères séparés par des
encoches latérales et de l’abdomen fusionné chez le mâle, Markham (1974) en vient à par¬
tager l’opinion de Chopra (1923) qualphei n’appartient ni à Probopyrus ni à Bopyrella,
mais représente un nouveau genre. En attendant que confirmation soit donnée en ce qui
concerne la tête, nous conserverons provisoirement l’espèce dans ce dernier genre, mais en
marquant le doute qui demeure toujours quant à son statut générique.
Paraissant s’étendre depuis la Caroline du Nord jusqu’au Brésil, c’est l’espèce dont
on a récolté le plus de spécimens (au moins une quinzaine).
Bopyrella intermedia Nz. & Br. Br.
1923, Bopyrella intermedia Nierstrasz et Brender-à-Brandis : 96, pi. VI, fig. 21 a-f.
1936, Bopyrella intermedia : Shiino : 159.
1939, Bopyrella intermedia : Shiino : 93.
1S74, Bopyrella intermedia : Markham : 220.
Hôte : Alpheus euchirus Dana.
Distribution : Indonésie.
Matériel examiné : Ç holotype, sur Alpheus euchirus Dana, Siboga-Expedition Sta. 273,
Pulu Jedan, E. île Aru, 13 m (Zoologiske Museum, Copenhague).
Description
Femelle (fig. 8, a)
Longueur 5,4 mm ; largeur 3,2 mm ; pléon 1,4 mm. Asymétrie 44°.
Céphalon presque entièrement soudé au premier segment thoracique, son bord antérieur
fortement échancré à droite et à gauche. Yeux absents. Maxillipèdes (fig. 8, b) terminés
par un palpe garni de soies. Bord postérieur (fig. 8, c) pourvu d’une paire de lamelles externes
lisses, l’interne très rudimentaire ; la partie médiane droite.
Péréion avec les segments II-VII nettement séparés. Bosses latérales sur les quatre
premiers somites. Plaques coxales étroites sur les mêmes, celles du côté déformé plus larges
que leurs homologues. Bord latéral des trois derniers thoracomères entier. Marsupium ouvert.
Premier oostégite (fig. 8, d) avec la partie antérieure déprimée au milieu ; la crête interne
lisse ; le lobe postérieur assez court, mais bien délimité par une profonde échancrure. Plaques
incubatrices 2-3 cordiformes, les suivantes allongées et de taille croissante ; elles sont lisses
et ciliées sur leur bord postérieur, la cinquième paire portant la frange de soies habituelle.
Péréiopodes augmentant légèrement de longueur vers l’arrière, munis d’une bosse au bord
supérieur du basipodite. Une petite digitation près de la base de P5-P7 du côté déformé.
Pléon ayant le premier segment décelable sur toute sa longueur, les cinq autres fusionnés
dorsalement jusqu’à une certaine distance du bord externe. Plaques latérales courtes, con¬
tiguës et arrondies ; les quatre premières du côté déformé ourlées ventralement. Pléopodes
biramés ; les deux rames ovalaires, l’endopodite étant plus développé que l’exopodite dans
les cinq paires. Uropodes absents.
— 205 —
Fig. 8. — Bopyrella intermedia Nz. & Br. Br.
Ç : a, face dorsale ( X 18) ; b, maxillipède ( X 40) ; c, bord postérieur du céphalon ( X 40) ; d, 1 er oostégilc ( X 33)*
Remarque : Voir le tableau II pour les critères de l’espèce, non retrouvée depuis la
récolte de la femelle holotype à l’île Aru.
Bopyrella distincta Nz. & Br. Br.
1923, Bopyrella distincta Nierstrasz et Brender-à-Brandis : 97, pi. VI, fig. 22 a-d.
1927, Bopyrella distincta : Chopra : 3-4, fig. 1-2.
1936, Bopyrella distincta : Shiino : 159.
1939, Bopyrella distincta : Shiino : 93.
1949, Bopyrella distincta : Shiino : 49.
Hôtes : Synalpheus ambonicae (Zehntner) et Alphéidé indéterminé.
Distribution : Inde, Bornéo.
Matériel examiné : $ holotype, sur Synalpheus ambonicae (Zehntner), Siboga-Expedition
Sta. 89, Bornéo, Pulu Kaniungau, 11 m (Zoologisches Museum, Amsterdam).
— 206 —
Description
Femelle (fig. 9, a)
Longueur 6,8 mm ; largeur 4,4 mm ; pléon 2,3 mm. Asymétrie 28°.
Céphalon presque entièrement soudé avec le premier segment thoracique, son bord
antérieur légèrement convexe. Yeux absents. Maxillipèdes (fig. 9, b) terminés par un palpe
arrondi entouré de nombreuses soies ; l’angle antéro-externe formant un petit lobe pourvu
de trois soies. Bord postérieur (fig. 9, c) possédant deux paires de lamelles lisses et lancéolées,
l’externe plus importante que l’interne ; la partie médiane faiblement échancrée au milieu.
Fig. 9. — Bopyrella distincla Nz. & Br. Br.
$ : a, face dorsale ( X 15) ; b, maxillipède ( X 24) ; c, bord postérieur du céphalon ( X 31) ; d, 1 er oostégite ( X 25) ;
c, bord latéro-ventral des pléonites (X 31).
Tableau II. — Caractères distinctils entre Bopyrella alphei (Richardson), distincla Nz. & Br. Br. et intermedia Nz. & Br. Br.
Caractères
B. alphei
B. dislincta
B. intermedia
1 encoches frontales
1
absentes
une de chaque côté
Céphalon ' encastié dans le thorax
presque entièrement
seulement aux 2/3
1 lamelles
postéro-ventrales
les 2 paires bien développées
internes rudimentaires
$
Lohe postérieur 1 er oostégite
allongé
court
la plupart tronquées
toutes arrondies
Plaques latérales
séparées par des
encoches profondes
contiguës
aucune ourlée
1-4 côté déformé ourlées ventralement
plus large que
plus étroit que
le 7 e péréionite
le 7 e péréionite
3
Pléon
inconnu
presque en demi-cercle
triangulaire
— 208 —
Péréion avec les segments II-VII nettement séparés. Bosses latérales sur les quatre
premiers somites, celles du côté déformé bien apparentes, leurs homologues très difficiles
à distinguer. Plaques coxales sur les mêmes péréionites, sauf sur le côté droit du premier.
Bord latéral des trois derniers thoracomères entier. Marsupium ouvert. Premier oostégite
(fig. 9, d) avec la partie antérieure légèrement déprimée au milieu et le lobe postérieur peu
avancé ; la crête interne lisse. Les plaques incubatrices 2-3 sont courtes et égales, la quatrième
paire est plus longue et la dernière s’allonge encore pour se chevaucher ; cinquièmes oosté-
gites avec frange, les antérieurs à peine ciliés sur leur bord postérieur. Péréiopodes augmen¬
tant peu de taille vers l’arrière, ceux du côté déformé munis d’une bosse au bord supérieur
du basipodite. Une petite digitation près de la base de P5-P7 de ce côté.
Pléon avec les six segments fusionnés dans leur partie médiane ; le pléotelson étroit,
ses bords latéro-postérieurs bien arrondis, séparés par une très petite encoche médiane.
Plaques latérales très courtes, convexes et contiguës, les quatre premières du côté déformé
ventralement ourlées (fig. 9, e). Pléopodes biramés, les cinq paires ovalaires, diminuant
sensiblement de longueur vers l’arrière ; l’endopodite plus développé que l’exopodite.
Uropodes absents.
Remarques : Bopyrella distincta Nz. & Br. Br., 1923, paraît très proche de la B. inter¬
media créée en même temps par ces auteurs et, à un moindre degré, de B. alphei (Richardson,
1900). Le tableau II indique les points de divergence sur lesquels il semble que l’on puisse
se baser pour séparer les trois espèces.
Etablie d’après la seule femelle holotype, recueillie à Bornéo, Bopyrella distincta a
été retrouvée dans le golfe de Manaar, par Chopra (1927) qui en a récolté un couple.
Bopyrella inoi Shiino
1949, Bopyrella inoi Shiino : 45, 47-50, fig. 2 a-d.
1956, Bopyrella inoi : Bowman : 3.
Hôte : Synalpheus sp.
Distribution : Japon.
Remarques : Comme l’a démontré Shiino (1949), la principale caractéristique de
Bopyrella inoi réside dans la constitution de l’abdomen du mâle qui est, en fait, du type
Synsynella (les trois premiers segments séparés, les autres fusionnés en un pléotelson trilobé).
Le parasite n’a pas été signalé depuis la récolte des spécimens-types à Kominato.
Bopyrella indica Chopra
1923, Bopyrella deformans (Hay) ssp. indica Chopra : 416, 420, 469-473, 475, 541, fig. 9 et pi. XIV,
fig. 1-6.
1927, Bopyrella deformans ssp. indica : Chopra : 2-3.
1929, Synsynella deformans var. indica ; Nierstrasz et Brender-a-Brandis : 4, 38, fig. 48.
1930, Bopyrella deformans ssp. indica : Chopra : 133.
1933, Synsynella deformans var. indica : Monod : 227-232, fig. 50-51.
209 —
1949, Synsynella deformans var. indica : Shiino : 49.
1979, Bopyrella indica : Bourdon : 501-503, fig. 21 a-h.
Hôtes : Synalpheus sp., S. gravieri Coutière, 5. hululensis Coutière (probablement), S. nilen-
densis Coutière et Alphéidé indéterminé.
Distribution : mer Rouge, Inde, Chine, Indonésie, Madagascar ; Nouvelle-Calédonie, Australie
loc. nov.
Matériel examiné : 1 Ç + 6 1 , sur Synalpheus sp., Hong-Kong, décembre 1893 ; 1 Ç + d»
sur hôte du même genre, Danische Expedition Kei-Archipel 1922 Sta. 61, 50 m (Zoologiske Museum,
Copenhague) ; 1 Ç (parasitée par un Cahirops) + d> sur A. gravieri Coutière, Nouvelle-Calédonie,
Nouméa, Fosse-aux-Canards, 22 m (Muséum national d’Histoire naturelle, Paris) : 1 Ç + d> sur
Synalpheus sp., Australie, Queensland, Deep Hole, Tyroon Rds, Sandy Strait, 6.6.1946 : J. Hynd
coll. (Australian Museum, Sydney) ; 1 Ç -f- £ sur S. gravieri (MNHN. Ep. 116).
Variation
Outre la fusion médio-dorsale de tous les péréionites ou de la plupart, chacune des
femelles examinées (fig. 10, a-c) présente au moins une différence avec la description de
Bopyrella indica Chopra, 1923. Ainsi le céphalon forme toujours une ou deux petites digi¬
tations frontales ; les bosses latérales peuvent rester décelables sur le côté déformé (cas
du spécimen australien), les plaques coxales être distinctes seulement sur ce dernier (exem¬
plaire de Nouméa) ou le lobe postéro-distal du premier oostégite se montrer bien défini
(spécimens de Keï ; Hong-Kong, Tuléar et Nouméa). Mais la partie du corps où la variation
se montre sinon la plus importante, du moins la plus fréquente, semble être le bord postérieur
du pléotelson dont les deux pointes sont tantôt acuminées, tantôt émoussées, voire franche¬
ment arrondies (individu d’Australie) ou encore, ce qui paraît toutefois une simple anomalie,
réduite à une seule, soit médiane (Tuléar), soit latérale (Nouméa).
Fig. 10. — Bopyrella indica Chopra.
Spécimens de Nouméa : a, femelle ( x 17) ; b, pléon du mâle ( X 40). Spécimens australiens : c, femelle ( X 17) ;
d, pléon du mâle (X 46).
1, 14
— 210 —
Quant aux mâles (fig. 10, b et d), on remarquera que l’abdomen triangulaire posté¬
rieurement digitiforme de l’allotype se retrouve exactement semblable chez cinq individus
sur six, celui de Nouvelle-Calédonie ayant, au contraire, un pléon de contour plus ovalaire,
tous les segments indiqués latéralement et cinq paires de pléopodes (le dernier du côté
droit toutefois absent). Mais, à l’exception de ce spécimen qui suscite évidemment des
réserves, les différences constatées entre les femelles paraissent nettement insuffisantes
pour scinder Bopyrella dislincta en plusieurs sous-espèces ou variétés.
Remarques : Le statut de ce Bopyre est resté longtemps incertain. Chopra (1923,
1930) le considérant comme une Bopyrella, tandis que Nierstrasz et Bhender-à-Brandis
(1929), suivis par Monod (1933), le classaient dans Synsynella, la métamérisation thoracique
de l’holotype de S. deformans Hay, 1917, constituant le point de divergence sur lequel
s’opposaient ces auteurs. Après avoir vu nombre d’individus référés aux deux genres, la
question nous semble maintenant réglée. Ces derniers sont valides, mais reposent sur un
tout autre critère : en l’occurrence, la structure des pléopodes de la femelle, uniramés chez
Synsynella et biramés chez Bopyrella. La présente forme ayant ces appendices doubles,
elle ne saurait donc représenter une sous-espèce de Synsynella : c’est une Bopyrella devant
désormais s’appeler B. distincta Chopra.
Celle-ci avait d’abord été trouvée à quatre exemplaires à Karachi, Madras et Ceylan
(Chopra, 1923), puis un couple fut ensuite respectivement signalé à Hong-Kong, aux îles
Keï (Nierstrasz et Brender-à-Brandis, 1929), Suez (Monod, 1933) et récemment à
Madagascar (Bourdon, 1979).
Bopyrella thomasi Nz. & Br. Br.
1929, Bopyrella thomasi Nierstrasz et Brender-à-Brandis : 32-33, fig. 39-40.
1970a, Bopyrella thomasi : Danfortii : 9, 43, 61, 151, fig. 8, e-d.
1974, Bopyrella thomasi : Markham : 193, 195, 316, 323.
Hôte : Tozeuma earolinense Kingsley.
Distribution : Antilles.
Matériel examiné : Ç holotype, sur Tozeuma earolinense Kingsley, îles Vierges, St. Thomas
(Zoologiske Museum, Copenhague).
Description
Femelle (fig. H, a)
Longueur 3,1 mm ; largeur 1,5 mm ; pléon 1,0 mm. Asymétrie 34°.
Céphalon presque entièrement fusionné avec le premier segment thoracique, son bord
antérieur bombé, latéralement acuminé des deux côtés qui sont séparés du thorax par une
profonde encoche. Yeux présents (lors de la diagnose originale). Antennules paraissant consti¬
tuées de trois articles, les antennes de deux. Maxillipèdes (fig. il, b) ayant le palpe garni
de trois grandes soies. Bord postérieur apparemment anormal, une seule lamelle étant
présente.
Péréion avec les segments II, V et VI plus ou moins fusionnés médio-dorsalement,
les autres bien distincts sur toute leur longueur. A l’exception du côté déformé des péréio-
— 211 —
Fig. 11. — Bopyrella Ihomasi Nz. & Br. Br.
Ç : a, face dorsale (X 34) ; b, maxillipède (x 78) ; c-d, l re paire d’oostégites (x 54).
nites II-IY qui présente une plaque coxale, le bord latéral des segments est entier. Marsu¬
pium ouvert. Première paire d’oostégites (fig. 11, c) avec les deux appendices inégaux et
de forme différente ; la partie antérieure tronquée et beaucoup plus courte que la posté¬
rieure qui ne montre pas de lobe distal défini ; la crête interne lisse. Plaques incubatrices
2-3 cordiformes, les suivantes de plus en plus longues ; la cinquième paire dépourvue de
frange. Péréiopodes munis d’une bosse au bord supérieur du basipodite. Pas de digitation
ni de tubercule près de la base des pattes.
Pléon avec les six segments fusionnés au milieu ; le pléotelson très petit, postérieure¬
ment échancré, les deux pointes distales plus émoussées que dans la figure originale. Plaques
latérales rudimentaires, arrondies ou droites ; les deux premières du côté déformé ourlées
ventralement. Pléopodes biramés, les cinq paires de taille décroissante vers l’arrière ;
l’endopodite un peu plus long et plus pointu que l’exopodite. Uropodes absents.
Remarques : Seulement connue par les spécimens-types, Bopyrella thomasi Nierstrasz
et Brender-à-Brandis, 1929, se présente comme une espèce bien à part dans le genre, et des
plus faciles à reconnaître grâce aux caractéristiques de la femelle : (1) tête latéralement
— 212 —
dégagée du thorax ; (2) bord latéral entier sur le côté court des péréionites I-1V ; (3) premiers
oostégites inégaux ; (4) absence de digitations à la base de P5-P7. D’autre part, le mâle
se distingue également par la longueur du pléon qui n’est pas sans analogie avec celui de
certaines Bopyrina.
Bopyrella crenulata Shiino
1939, Bopyrella crenulata Shiino : 91-93, fig. 9-10.
1949, Bopyrella crenulata : Shiino : 49-50.
Hôtes : Alpheus japonicus Ortmann et A. frontalis A. Milne-Edwards.
Distribution : Japon ; Comores loc. nov.
Matériel examiné : 1 $, sur Alpheus frontalis A. Milne-Edwards, île Mayotte (MNHN, Ep.
117) (Hôte : A. Crosnier coll. ; L. B. Holthuis det.).
Description
Femelle (fig. 12, a)
Longueur 7,1 mm ; largeur 4,4 mm ; pléon 2,5 mm. Asymétrie 43°.
Céphalon presque entièrement fusionné avec le premier segment thoracique, son bord
antérieur finement crénelé. Yeux absents. Antennules et antennes paraissant biarticulées.
Maxillipèdes (fig. 12, b) ayant le palpe allongé et garni de soies. Bord postérieur (fig. 12, c)
pourvu de deux paires de lamelles lisses et lancéolées, l’externe plus grande que l’interne ;
la partie médiane légèrement biconvexe.
Péréion avec les trois premiers segments fusionnés médio-dorsalement, les suivants
nettement séparés. Bosses latérales sur les quatre somites antérieurs, mieux distinctes sur
le côté déformé. Plaques coxales sur les mêmes, celles du côté court très minces. Bord latéral
des trois derniers thoracomères entier. Marsupium ouvert. Premier oostégite (fig. 12, d)
montrant un petit lobe arrondi sur le bord antéro-interne ; crête ornée de trois tubercules ;
le lobe postérieur long et étroit, dirigé vers l’arrière. Les deuxièmes plaques marsupiales plus
larges que les suivantes ; la dernière paire frangée de soies. Péréiopodes du côté déformé
munis d’une bosse au bord supérieur du basipodite. Un tubercule présent près de la base
de P5-P7 de ce côté.
Pléon avec les six segments fusionnés au milieu ; le pléotelson sans encoche au bord
postérieur qui est légèrement anguleux. Plaques latérales rudimentaires, arrondies et conti¬
guës, les quatre premières ventralement ourlées sur le côté déformé. Pléopodes biramés,
ovalaires, de taille décroissante vers l’arrière ; l’endopodite beaucoup plus développé que
l’exopodite dans les cinq paires, les deux premiers appendices se rejoignant sur la ligne
médiane, les autres laissant le milieu de l’abdomen découvert. Uropodes absents.
Remarques : A part l’absence des yeux, la femelle correspond entièrement à la diagnose
originale de Bopyrella crenulata Shiino, 1939, d’ailleurs bien caractéristique par ses crénu-
lations céphaliques.
Sept couples de cette espèce avaient été précédemment récoltés par cet auteur dans la
baie de Tamioka, îles Kvûsyù.
— 213 —
Fig. 12. — Bopyrella crenulata Shiino.
$ : a, face dorsale ( X 15) ; b, maxillipède ( X 28) ; c, bord postérieur du céphalon ( X 30) ; d, 1 er oostégite ( X 37).
Bopyrella choprai Nz. & Br. Br.
1929, Bopyrella choprae Nierstrasz et Brender-à-Brandis : 29-30, fig. 32-33.
1930, Bopyrella choprae : Chopra : 134, 138.
1933, Bopyrella choprae : Shiino : 282-283.
Hôtes : Alpheus oentrosus H. Milne-Edwards et Lysmata vittata (Stimpson) ou Synalpheus sp.
Distribution : Inde et Chine.
Matériel examiné : Ç holotype, sur Alpheus ventrosus H. Milne-Edwards, Nicobar (Zoolo-
giske Museum, Copenhague).
— 214 —
Description
Femelle (fig. 13, a)
Longueur (à partir du deuxième thoracomère) 8,4 mm ; largeur 6,3 mm ; pléon 3,0 mm.
Asymétrie 54°.
Céphalon presque entièrement fusionné avec le premier segment thoracique, son bord
antérieur légèrement convexe. Yeux absents. Antennules et antennes paraissant respecti¬
vement comprendre trois et deux articles. Maxillipèdes (fig. 13, b) terminés par un palpe
triangulaire garni de soies. Bord postérieur (fig. 13, c) pourvu de deux paires de lamelles
lisses et incurvées, l’externe plus grande que l’interne ; la partie médiane droite.
Fig. 13. — Bopyrella choprai Nz. & Br. Br.
$ : a, face dorsale (X 12,5) ; b, maxillipède ( X 23) ; c, bord postérieur du céphalon (X 20) ; d, 1 er oostégite (x 20).
— 215 —
Péréion avec les segments II-V et VII ayant leur délimitation médio-dorsale peu
distincte. Bosses latérales peu visibles sur les quatre premiers somites. Plaques coxales
sur les mêmes, aussi étroites des deux côtés. Bord latéral des trois derniers thoracomères
entier. Marsupium ouvert. Premier oostégite (lig. 13, d) ayant le bord antérieur droit, la
crête interne tuberculée et le lobe postérieur important, dirigé vers l’arrière ; celui-ci arrondi
dans l’appendice droit, plus aigu dans l’autre. Les plaques incubatrices 2-3 du côté déformé
plus courtes que leurs homologues, la quatrième paire plus allongée, la cinquième avec
frange. Péréiopodes du côté déformé munis d’une bosse au bord supérieur du basipodite,
augmentant de longueur postérieurement et plus réduits que les pattes du côté court qui
restent de taille à peu près égale. Près de la base de P5-P7 (côté long), la digitation ordinaire
est remplacée par un simple tubercule.
Pléon avec les six segments fusionnés dans leur partie médiane jusqu’à une certaine
distance des bords latéraux ; pléotelson non échancré, son bord postérieur formant un angle
largement ouvert. Plaques latérales rudimentaires, contiguës ; les quatre premières du côté
court arrondies et renflées sur leur bord antérieur mais ne montrant pas d’ourlet ventral
proprement dit, les autres plaques droites. Pléopodes au nombre de cinq paires biramées J ,
de taille décroissante, les antérieures ovalaires ; l’endopodite plus développé que l’exopodite.
Uropodes absents.
Remarque : Une seconde femelle sans mâle, en provenance du détroit de Formose,
était signalée en même temps que les spécimens-types par Nierstrasz et Brender-à-
Brandis (1929).
Bopyrella angulosa n. sp.
Matériel examiné : Ç holotype + allotype, sur Alpheus sp., Djibouti, collection Coutière
(MNHN Ep. 118).
Description
Femelle (lig. 14, a)
Longueur 8,9 mm ; largeur 4,9 mm ; pléon 2,5 mm. Asymétrie 25°.
Céphalon presque entièrement fusionné avec le premier segment thoracique, droit
en avant, ses bords latéraux faiblement inclinés. Yeux absents. Antennules et antennes
comprenant respectivement trois et deux articles. Maxillipèdes (fig. 14, b) terminés par un
palpe garni de soies. Bord postérieur (fig. 14, c) pourvu de deux paires de lamelles lisses,
l’externe plus développée que l’interne ; la partie médiane faiblement concave au centre.
Péréion avec les segments II-VII nettement séparés. Bosses latérales sur les quatre
somites antérieurs, celles du côté court bien distinctes, les autres beaucoup moins. Plaques
coxales sur les mêmes, toutes très étroites. Bord latéral des trois derniers thoracomères
entier. Marsupium ouvert. Premier oostégite (fig. 14, d) avec le bord antérieur légèrement
déprimé au milieu ; la crête interne tuberculée ; le lobe postérieur étroit et allongé, dirigé
vers l’arrière. Les plaques incubatrices 2-3 cordiformes, les deux suivantes de plus on plus
1. L’endopodite du cinquième pléopode droit manque, mais il a été visiblement arraché.
216 —
longues, la cinquième paire avec frange. Péréiopodes (fig. 14, e) augmentant légèrement
de taille vers l’arrière, tous munis d’une bosse au bord supérieur du basipodite. Un petit
tubercule près de la base de P5-P6 du côté déformé.
Pléon avec les six segments fusionnés dans leur partie médiane ; le pléotelson impor¬
tant, sans encoche distale, ses bords latéro-postérieurs formant un angle ouvert, et présen¬
tant un très petit tubercule sur sa partie antérieure. Plaques latérales séparées par des
Fig. 14. — Bopyrella angulosa n. sp. $ : a, face dorsale (x 11,5) ; b, palpe du maxillipède (X 60) ; c, bord
postérieur du céphalon (x 25) ; d, 1 er oostégite ( X 20) ; e, péréiopode ( X 72). : f, face dorsale ( X 33) ;
g, antennule et antenne (x 265) ; h, péréiopodes 1-3 (x 67) ; i, face ventrale du pléon (X 54).
217 —
échancrures, tronquées, leur bord externe concave, sauf dans la première paire qui est
pointue ; aucune ne forme d’ourlet ventral. Pléopodes biramés, les cinq paires diminuant
progressivement de longueur postérieurement ; l’endopodite plus développé dans le premier
appendice, les deux rames à peu près semblables dans les autres. Uropodes absents.
Mâle (fig. 14, f)
Longueur 1,9 mm ; largeur 0,75 mm ; pléon 0,4 mm.
Céphalon soudé au thorax, très légèrement concave en avant. Yeux présents. Anten-
nules et antennes (fig. 14, g) respectivement composées de trois et deux articles. Maxilli-
pèdes non distingués.
Péréion à bords presque parallèles. Péréiopodes (fig. 14, h) équipés d’un long dactyle
aigu dans P1-P2, ce dernier plus court dans les pattes suivantes. Pas de tubercules médio-
ventraux.
Pléon (fig. 14, i) avec les six segments entièrement fusionnés dorsalement, mais indi¬
qués latéralement par des ondulations. Pléopodes au nombre de cinq paires, ovalaires,
de plus en plus réduits vers l’arrière. Sans uropodes.
Remarque : Se classant auprès de la forme précédente par le sixième pléonite entier,
à bords latéro-postérieurs droits, ce Bopyre s’en distingue, ainsi que de toutes les autres
Bopyrella, par ses plaques latérales très anguleuses, caractère qui semble justifier l’établisse¬
ment d’une nouvelle espèce.
Bopyrella angusta Shiino
1936, Bopyrella angusta Shiino : 157-159, fig. 1 a-c.
1939, Bopyrella angusta : Shiino : 93.
1949, Bopyrella angusta : Shiino : 49-50.
Hôte : Alpheus sp.
Distribution : Japon.
Remarque : Voir tableau III pour les caractères distinctifs de cette Bopyrella dont
un couple a été trouvé à Tanabe Bay par Shiino (1936).
Bopyrella setoensis Shiino
1939, Bopyrella setoensis Shiino : 11-13, fig. 1 a-b.
1949, Bopyrella setoensis : Shiino : 49-50.
Hôte : Àlphéidé indéterminé.
Distribution : Japon.
Remarque : Cette forme n’a pas été revue depuis la description de la femelle holo-
type récoltée à Séto. Voir ses critères à l’espèce suivante.
— 218
Bopyrella tanyensis Bourdon
1979, Bopyrella tanyensis Bourdon : 503-505, fig. 22, a-i.
Hôte : Alpheus prox. neomeris (de Man).
Distribution : Madagascar.
Remarque : Récemment découverte à deux exemplaires, près de Tany-Kely, cette
espèce présente beaucoup d’analogies avec les Bopyrella angusta et setoensis de Shiino
(1936, 1939). Elle s’en écarte toutefois sur les points indiqués au tableau III.
Bopyrella mortenseni Nz. & Br. Br.
1929, Bopyrella mortenseni Nierstrasz et Brender-à-Brandis : 30-31, lig. 34-37.
1930, Bopyrella mortenseni : Chopra : 137-138.
1933, Bopyrella mortenseni : Shiino : 282.
1933, Bopyrella mortenseni : Monod : 235.
? 1959, Bopyrella mortensni (sic) : Qasi : 60-61, fig. 7-8.
1970a, Bopyrella mortenseni : Danforth : 9, 43, 60-61, 151, fig. 7 c-d.
1970, Probopyrus sp. : Van Arman et Smith : 133-135, fig. 1-2.
1970, Bopyrella mortenseni : Chace : 60.
1974, Bopyrella mortenseni : Markham : 193-195, 316, 322.
Hôtes : Lysmata wurdemanni (Gibbes) et L. rathbunae Chace.
Distribution : Floride, Antilles, Venezuela ; ? Pakistan.
Matériel examiné : Ç holotype -f- <? allotype, sur Hippolysmata wurdemanni (Gibbes),
St. Thomas, îles Vierges, 14 Fd (Zoologiske Museum, Copenhague).
Description
Femelle (fig. 15, a)
Longueur 7,9 mm ; largeur 4,9 mm ; pléon 2,7 mm. Asymétrie 40°.
Céphalon en grande partie fusionné avec le premier segment thoracique, ses bords
latéraux restant toutefois visibles sur une assez grande étendue ; le bord antérieur réguliè¬
rement convexe. Yeux absents. Antennules paraissant composées de trois articles, les
antennes de deux. Maxillipèdes (fig. 15, b) ayant le palpe bordé de soies serrées ; deux soies
également à l’angle antéro-externe. Bord postérieur (fig. 15, c) pourvu de deux paires de
lamelles lisses et lancéolées, l’externe nettement plus développée que l’interne ; la partie
médiane biconvexe.
Péréion avec les segments II1-V peu distincts au milieu. Bosses latérales bien appa¬
rentes sur les quatre premiers somites. Plaques coxales étroites sur les mêmes, celles du côté
déformé à peine plus larges que leurs homologues. Bord latéral des trois derniers thoracomères
entier. Marsupium ouvert. Premier oostégite (fig. 15, d) avec le bord antérieur déprimé
au milieu ; la crête interne présentant quelques tubercules ; la partie postérieure plus
développée que l’antérieure, son lobe distal incurvé. Les plaques incubatrices 2-3 cordiformes,
Tableau III. — Caractères distincts entre les de Bopijrella angusta Shiino, setoensis Shiino et tanyensis Bourdon.
Caractères
Céphalon encastré dans le thorax
Péréionites
Plaques coxales
Rapport largeur 6 e pléonite/1. pléon
Pléopodes
B. angusta
B. setoensis
B. tanyensis
seulement aux 2/3
presque entièrement
séparés
fusionnés
plus larges
côté déformé
absentes
subégales
0,32
0,35
0,17
5 paires
4 paires
Fig. 15. — Bopyrella mortenseni Nz. & Br. Br. $ : a, face dorsale (x 13) ; b, maxillipède (X 25) ; c, bord
postérieur du céphalon (x 26) ; d, 1 er oostégite (x 26). cj : e, face dorsale (x 30) ; f, antennule et
antenne (X 222) ; g-h, péréiopodes PI et P7 (X 51).
— 221 —
les suivantes de plus en plus allongées ; la cinquième paire seule garnie de soies sur son bord
postérieur. Péréiopodes du côté court sensiblement égaux, munis d’une forte bosse au bord
supérieur du basipodite ; sur le côté déformé, P6-P7 sont un peu plus réduits que les pattes
précédentes et seul PI porte une bosse. Un tubercule près de la base de P5-P7 de ce côté.
Pléon avec les six segments fusionnés médio-dorsalement et près du bord externe ;
le pléotelson relativement large, non échancré, ses bords latéro-postérieurs convexes.
Plaques latérales courtes, celles du côté déformé tronquées (droites ou arrondies) et séparées
par des encoches profondes, les deux premières ourlées ventralement ; sur le côté court,
la première est en pointe, les deux suivantes arrondies et les dernières plus grandes et tron¬
quées. Pléopodes biramés, les cinq paires de taille décroissante vers l’arrière ; les deux rames
à peu près égales. Uropodes absents.
Mâle (fig. 15, e)
Longueur 2,3 mm ; largeur 0,9 mm ; pléon 0,45 mm.
Céphalon soudé au thorax, son bord antérieur légèrement aplati au milieu. Yeux présents
(lors de la diagnose originale). Antennules et antennes (fig. 15, f) comprenant respective¬
ment trois et deux articles. Maxillipèdes non distingués.
Péréion s’élargissant légèrement vers sa partie médiane. Péréiopodes (fig. 15, g-h)
augmentant de taille jusqu’à P5, diminuant ensuite ; tous munis d’un dactyle fort et acéré.
Pas de tubercules médio-ventraux.
Pléon avec la délimitation dorsale des six segments restant décelable. Pléopodes bien
visibles, au nombre de cinq paires ovales. Sans uropodes.
Remarques : Décrite d’après un couple capturé sur une Hippolysmata wurdernanrii
(Gibbes) à St. Thomas, îles Vierges, par Nierstrasz et Brender-à-Brandis (1929), l’espèce
paraît particulièrement abondante sur cet hôte en baie de Biscayne où Van Arman et
Smith (1970) indiquent un taux d’infestation de 50 %. 1 Un spécimen 2 a également été
recueilli par Chace (1970) sur son H. ralhbunae dans la baie de Turiamo, Aragua, au Vene¬
zuela. Il est d’ailleurs possible que sa répartition géographique soit beaucoup plus vaste ;
du moins a-t-elle été signalée, à deux exemplaires, au Pakistan, par Qasi (1959), mais le
fait demande confirmation. Voir tableau IV pour ses différences avec les deux Bopyrella
les plus voisines.
Bopyrella richardsonae Nz. & Br. Br.
1929, Bopyrella richardsonae Nierstrasz et Brender-à-Brandis : 33-34, fig. 41-42.
1933, Bopyrella richardsonae : Shiino : 282.
1970a, Bopyrella richardsonae : Danforth : 9, 43, 61, 151, fig. 8, a-b.
1974, Probopyrus alphei : Markham : 210, 212, 316, 321.
Hôte : Alpheus formosus Gibbes.
Distribution : Antilles.
Matériel examiné : Ç holotype -f- $ allotype, sur Alpheus formosus Gibbes, îles Vierges
(Zoologiske Museum, Copenhague).
1. En la désignant simplement comme Probopyrus sp. ; l’identification est de Markham (1974).
2. Déterminé par Th. E. Bowman.
— 222 —
Description
Femelle (fig. 16, a)
Longueur 4,4 mm ; largeur 2,7 mm ; pléon 1,3 mm. Asymétrie 40°.
Céphalon presque entièrement fusionné avec le premier segment thoracique, son bord
antérieur convexe, légèrement déprimé sur le côté court et s’avançant en une petite pointe
arrondie sur le côté déformé. Yeux présents (lors de la diagnose originale). Antennules parais¬
sant constituées de trois articles, les antennes d’un seul. Maxillipèdes (fig. 16, b) ayant le
palpe garni de soies. Bord postérieur (fig. 16, c) pourvu de deux paires de lamelles lisses et
lancéolées, les externes plus grandes que les internes ; la partie médiane fortement convexe.
Péréion avec les segments II-VII nettement séparés. Bosses latérales bien distinctes
sur les quatre premiers somites. Plaques coxales sur les mêmes, plus développées sur le
côté déformé. Bord latéral des trois derniers thoracomères entier. Marsupium ouvert.
Premier oostégite (fig. 16, d) avec le bord antérieur déprimé au milieu, la crête interne
faiblement tuberculée et le lobe postérieur large et très court. Les plaques incubatrices
2-3 cordiformes, les suivantes de plus en plus longues ; la cinquième paire avec frange.
Péréiopodes du côté déformé munis d’une forte bosse au bord supérieur du basipodite. Lin
tubercule ou une digitation près de la base de P6-P7 de ce côté.
Pléon avec les six segments fusionnés au milieu ; le pléotelson important, sans encoche
médiane, son bord postérieur régulièrement convexe. Plaques latérales rudimentaires,
contiguës et arrondies des deux côtés ; aucune ne formant d’ourlet ventral. Pléopodes :
cinq paires biramées, de taille décroissante vers l’arrière, l’endopodite légèrement plus long
que l’exopodite et distalement plus acuminé. Uropodes absents.
Mâle (fig. 16, e)
Longueur 1,2 mm ; largeur 0,4 mm ; pléon 0,3 mm.
Céphalon soudé au thorax, arrondi antérieurement. Yeux présents (lors de la diagnose
originale). Antennules et antennes (fig. 16, f) comprenant respectivement trois et deux articles.
Maxillipèdes non distingués.
Péréion s’élargissant vers sa partie médiane. Péréiopodes (fig. 16, g) avec le propode
de taille décroissante vers l’arrière ; tous terminés par un dactyle bien développé. Un tuber¬
cule médio-ventral seulement sur le premier thoracomère.
Pléon (fig. 16, h) en grande partie fusionné, les segments légèrement indiqués sur la
face dorsale et à peine sur les bords latéraux. Un tubercule médio-ventral sur les deux pre¬
miers pléonites. Pléopodes apparaissant après éclaircissement comme des zones ovalaires
de plus en plus réduites postérieurement. Sans uropodes.
Remarque : Bopyrella richardsonae Nz. & Br. Br., 1929, dont on ne connaît que les
spécimens-types provenant des îles Vierges, ressemble beaucoup à B. alphei (Richardson,
1900), et Markham (1974) pense d’ailleurs qu’il s’agit de la même espèce. Ceci est possible
mais demanderait à être vérifié, des différences apparaissant entre les deux formes
(tableau IV).
Tableau IV. — Caractères distinctifs de Bopyrella alphei (Richardson), richardsonae Nz. & Br. B., mortenseni Nz. & Br. B. et
nierstraszi Chopra.
Caractères
B. alphei
B. richardsonae
B. mortenseni : B. nierstraszi
I
Encoches frontales
absentes
une de chaque côté
Plaques coxales
plus développées côté déformé
subégales
Lobe postérieur
1 er oostégite
Q
bien développé
très court
bien développé
+
séparées par des
encoches profondes
contiguës
séparées par des encoches profondes
Plaques latérales
côté déformé
non ourlées 1-2 ourlées ventralement
Pléotelson <
bord
^ postérieur
échancré
entier et arrondi
1
carré
f largeur/
1. pléon
0,19-0,25
0,45
0,36
0,18
Tubercules médio-
ventraux
-A
absents
sur le péréionite 1
et les pléonites 1-2
absents
<?
Pléon/7 e thoracomère
Pléopodes
nettement plus large
décelables après éclaircissement
un peu plus étroit
bien apparents
— 225
Bopyrella nierstraszi Chopra
1930, Bopyrella nierstraszi Chopra : 134-138, fig. 3 et pi. V, fig. 1-6.
1933, Bopyrella nierstraszi : Monod : 235.
1959, Bopyrella nierstraszi : Qasi : 60-61.
1974, Bopyrella nierstraszi : Markham : 195.
Hôte : Lysrnata vitlata (Stimpson).
Distribution : îles Andaman.
Remarque : Connue par les spécimens-types récoltés à Port Blair, l’espèce n’est pas
admise par Qasi (1959) qui la considère comme étant Bopyrella mortenseni Nz. & Br. Br.,
1929. Que les deux formes présentent beaucoup de similitudes, c’est ce que souligne le
tableau IV ; toutefois ce dernier fait également apparaître plusieurs différences, qui ne per¬
mettent pas de les considérer pour l’instant comme synonymes.
Bopyrella calmani (Richardson)
1905, Bopyriscus calmani Richardson : 562-563, fig. 617-619.
1949, Bopyriscus calmani : Shiino : 49.
1970a, Bopyriscus calmani : Danforth : 10, 44, 65-66, 150, fig. 13 d-e.
Hôte : Alpheus sp.
Distribution : Californie.
Matériel examiné : Ç holotype -f- allotype, sur Alpheus sp., « Albatross » Sta. 4421, entre
Santa Barbara et San Nicolas, 291 fms, 12-4-1904 (U.S.N. Museum, Washington).
Description
Femelle (fig. 17, a)
Longueur 4,2 mm ; largeur 2,4 mm ; pléon 1,1 mm. Asymétrie 65°.
Céphalon en grande partie fusionné avec le premier segment thoracique, bien que sa
délimitation reste plus ou moins décelable ; son bord antérieur bombé, formant une digi¬
tation arrondie sur le côté court. Yeux présents (lors de la diagnose originale). Antennules
triarticulées, soudées sur un même rebord transversal ; antennes apparemment de deux
articles. Maxillipèdes (fig. 17, b) terminés par un palpe bien développé garni de soies. Bord
postérieur pourvu de deux paires de lamelles lisses comme la partie médiane.
Péréion avec tous les segments fusionnés médio-dorsalement. Bosses latérales très
peu distinctes sur les quatre premiers somites. Plaques coxales sur les mêmes. Bord latéral
des trois derniers thoracomères entier. Marsupium ouvert. Premier oostégite ayant la partie
postérieure bien définie et dirigée vers l’arrière ; la crête interne sans tubercules. Les oosté-
gites 2-5 du côté déformé plus grands que leurs homologues ; la dernière paire frangée de
soies. Péréiopodes du côté déformé munis d’une bosse au bord supérieur du basipodite.
Un tubercule ou une digitation près de la base de P5-P7 de ce côté.
1, 15
— 226 —
Pléon de six segments, la délimitation dorsale du premier discernable sur toute sa
longueur, celle des somites suivants seulement indiquée sur le côté déformé ; pléotelson
légèrement biconvexe. Plaques latérales rudimentaires sur ce côté, convexes et contiguës,
non ourlées ventralement, totalement absentes sur l’autre. Pléopodes biramés, lisses,
laissant le milieu de l’abdomen découvert; l’endopodite nettement plus développé que
l’exopodite dans la première paire, devenant de plus en plus court vers l’arrière et, dans la
cinquième, la rame externe est plus grande que l’interne. Pas d’uropodes.
Fig. 17. —Bopyrella calmani (Richardson).
$ : a, face dorsale (x 25) ; b, maxillipède (X 55). (J : c, péréiopode 1 (x 230).
Mâle
Longueur 1,2 mm ; largeur 0,5 mm ; pléon 0,3 mm.
Céphalon plus ou moins soudé au thorax, son bord antérieur faiblement échancré.
Yeux présents. Antennules séparées de trois articles ; l’antenne gauche Inarticulée, la droite
paraissant terminée par une sorte de prolongement conique représentant peut-être un
troisième article. Maxillipèdes non distingués.
Péréion à bords presque parallèles. Péréiopodes (fig. 17, c) subégaux, terminés par un
dactyle relativement court dans toutes les paires. Pas de tubercules médio-ventraux.
— 227 —
Pléon comprenant trois segments libres et un pléotelson postérieurement assez squa¬
meux. Pléopodes au nombre de trois paires de forme ovale apparaissant après éclaircisse¬
ment. Sans uropodes.
Remarques : La principale remarque que suscite l’examen des spécimens-types de
Bopyriscus calmant Richardson, 1905, les seuls récoltés jusqu’à présent, est que ni la sépa¬
ration céphalon-thorax ni celle des péréionites ou des pléonites de la femelle ne se montrent
évidentes. Concernant la fusion de ces derniers, la présente rectification revêt une certaine
importance, puisque le genre repose précisément sur leur prétendue métamérisation. En
fait, il s’agit d’une Bopyrella se distinguant de toutes les précédentes par une coalescence
plus prononcée des segments abdominaux.
Bopyrella harmopleon Bowman
1956, Bopyrella harmopleon Bowman : 1-4, fig. 1 a-h.
? 1965, Bopyrella harmopleon : Lemos de Castro : 283-284, lig. i-5.
1970a, Bopyrella harmopleon : Danforth : 9, 43, 59, 151, fîg. 6 a-c.
1974, Bopyrella harmopleon : Markham : 193, 315, 321-322.
Hôtes : Synalpheus sp., S. minus Say, S. fritzmuelleri (Coutière) et. S. hemphilli Coutière.
Distribution : Venezuela, Brésil.
Remarques : Très proche de Bopyrella calmani (Richardson, 1905) par la régression
de la segmentation abdominale chez la femelle, B. harmopleon Bowman, 1956, ne s’en diffé¬
rencie guère, d’après la diagnose et les figures, que par la forme plus élargie du corps et les
péréionites 11-VII distinctement séparés. Trois couples ont été trouvés à Los Roques et
Gran Roques, au Venezuela, sur les hôtes spécifiquement identifiés (Bowman, 1956). Un
quatrième a également été signalé, sur un Synalpheus sp. de file de Sâo Sebastiao, au
Brésil, par Lemos de Castro (1965), mais les pléonites paraissent bilatéralement indiqués,
et on peut se demander s’il s’agit bien de cette espèce.
Bopyrella macginitiei Shiino
1964, Bopyrella macginitiei Shiino : 22-24, fig. 2 a-c.
1970a, Bopyrella macginitiei : Danforth : 9, 43, 60, 151, fig. 7 a-b.
Hôte : Alpheus (= Crangon) equidaclylus (Lockington).
Distribution : Californie.
Remarque : A part l’absence des plaques coxales, rien d’autre ne peut être relevé
dans la description originale qui permette de distinguer Bopyrella macginitiei Shiino, 1964,
de B. harmopleon Bowman, 1956. Mais on ne connaît pas encore le mâle de cette forme,
dont deux femelles seulement ont été récoltées aux îles Santa-Cruz, en Californie.
— 228 —
Bopyrella malensis n. sp.
Matériel examiné : Ç holotype -|- g allotype, sur Synalpheus biungulatus exilipes Coutière
(J. Forest det.), Maldives (MNHN Ep. 119).
Description
Femelle (fig. 18, a)
Longueur 3,9 mm ; largeur 2,8 mm ; pléon 1,2 mm. Asymétrie 26°.
Céphalon presque entièrement fusionné avec le premier segment thoracique, son bord
antérieur s’avançant en une sorte de digitation importante sur le côté court. Yeux absents.
Antennules paraissant composées de trois articles, les antennes de deux. Maxillipèdes
(fig. 18, b) ayant le palpe garni de soies. Bord postérieur (fig. 18, c) pourvu de deux paires
de lamelles lisses, l’externe plus développée que l’interne ; la partie médiane légèrement
biconvexe.
Fig. 18. —Bopyrella malensis n. sp. $ : a, face dorsale (x 26) ; b, maxillipède (x 75) ; c, bord postérieur
du céphalon ( X 42) ; d, 1 er oostégite ( X 32) ; e, péréiopode ( X 75). (J : f, face dorsale ( >: 57) ; g, anten-
nule et. antenne (X 261).
229
Péréion avec les segments 1II-V très peu distincts médio-dorsalement. Bosses laté¬
rales seulement décelables sur le côté déformé des péréionites II- III. Plaques coxales très
minces sur les quatre premiers somites. Bord latéral des trois derniers thoracomères entier.
Marsupium ouvert. Premier oostégite (fig. 18, d) avec la partie postérieure triangulaire,
sans lobe distal défini ; la crête interne lisse. Les autres plaques marsupiales de plus en
plus longues ; les cinquièmes munies d’une frange de soies. Péréiopodes (fig. 18, e) augmen¬
tant légèrement de longueur vers l’arrière, ceux du côté déformé portant une bosse au bord
supérieur du basipodite. Un tubercule ou une digitation près de la base de P4-P7 de ce côté.
Pléon avec les segments fusionnés au milieu et sur le côté court ; le pléotelson montrant
une légère encoche postérieure. Plaques latérales courtes, seulement présentes sur le côté
déformé où les trois premières sont arrondies et contiguës, la quatrième échancrée et la
dernière confondue avec le sixième pléonite ; aucune ne forme d’ourlet ventral. Pléopodes
biramés, au nombre de quatre paires seulement, ovalaires et de taille décroissante posté¬
rieurement ; les deux rames sensiblement égales, sauf dans les derniers appendices où
l’endopodite est un peu plus petit que l’exopodite. Uropodes absents.
Mâle (fig. 18, f)
Longueur 1,0 mm ; largeur 0,4 mm ; pléon 0,25 mm.
Céphalon arrondi en avant, la séparation avec le premier péréionite n’apparaissant
qu’après éclaircissement du spécimen. Yeux absents. Antennules et antennes (fig. 18, g)
comprenant respectivement trois et deux articles. Maxillipèdes non distingués.
Péréion diminuant légèrement de largeur à partir du deuxième segment. Péréiopodes
avec le propode subégal, tous terminés par un dactyle aigu. Pas de tubercules médio-
ventraux.
Pléon plus large que le dernier thoracomère, composé de trois segments nettement
séparés et de deux soudés dorsalement, mais indiqués sur les côtés. Pléopodes ovalaires
sur les trois premiers pléonites. Sans uropodes.
Remarques : Ce parasite appartient au groupe des Bopyrella à pléonites unilatérale¬
ment indiqués, c’est-à-dire B. calmani (Richardson, 1905), harmopleon Bowman, 1956,
et macginitiei Shiino, 1964. Il s’en distingue en ce que la femelle ne possède que quatre
paires de pléopodes. Tant que nous ne saurons pas si le nombre de ces appendices est suscep¬
tible de variation dans une espèce donnée, le Bopyre de Synalpheus biungulatus exilipes
Coutière ne peut qu’être considéré comme une forme distincte.
Bopyrella thomsoni Bonnier
1900, Bopyrella thomsoni Bonnier : 79, 171, 221, 347-351, pi. XXXIII, fig. 1-14.
1923, Bopyrella thomsoni : Nierstrasz et Brender-à-Brandis : 97.
1923, Bopyrella thomsoni : Chopra : 416, 418, 421, 467-470, 475, 535.
1927, Bopyrella thomsoni : Chopra : 1-2.
1970Ù, Bopyrella thomsoni : Danforth : 462.
1970Z», Bopyrella thomsoni ssp. muiensis Danforth : 462-464, fig. 1 a-d.
1974, Bopyrella thomsoni : Markham : 193.
Tableau V. — Caractères distinctifs entre les Bopyrella à pléonites indiqués unilatéralement.
Caractères
L/l corps
Péréionites
Plaques coxales
Partie postérieure
1 er oostégite
Plaques latérales
ourlées ventralement
Pléopodes
calmant harmopleon
macginitiei \ malensis n. sp.
1,70
soudés
1,18-1,54
présentes
avec le lobe bien défini
1,47 ! 1,38
|
distincts 1II-V soudés
I
absentes | présentes
triangulaire, sans lobe défini
une
aucune
5 paires
deux
4 paires
— 231 —
Hôtes : Alpheus proche mais distinct d ’ A. edwardsi (Audouin) [= .4. audouini (Coutière)],
A. strenuus Dana et Alphéidés indéterminés.
Distribution : Polynésie, Micronésie, Inde.
Matériel examiné : Ç holotype -j- $ allotype de Bopyrella thomsoni muiensis Danforth,
sur Alpheus strenuus Dana, Henry (Mai) Island, 12.8.1966 ; J. W. Kntdsem coll. (Allan Hancock
Foundation, Los Angeles).
Description
Les additifs suivants peuvent être apportés à la diagnose originale :
Femelle
Céphalon présentant une encoche latéro-frontale sur le côté eourl ; le bord postérieur
(fig. 19, a) pourvu de deux paires de lamelles lisses, la partie médiane faiblement éehancrée.
Maxillipèdes terminés par un palpe entouré de soies. Bosses latérales étroites à peine discer¬
nables et plaques coxales bien distinctes que sur le côté déformé des péréionites I-IV.
Fig. 19. — Bopyrella thomsoni Bonnier. : a, bord postérieur du céphalon ( x 20) ; b, 1 er oostégite ( X 16,5).
(J : c, antennule et antenne ( X 192) ; d, péréiopode 1 (x 117) ; e, face ventrale du pléon ( X 45).
Premier oostégite (fig. 19, b) ayant le lobe postérieur assez court dirigé vers l’arrière et la
crête interne tuberculée. La deuxième paire de plaques incubatrices cordiforme, les suivantes
plus allongées ; la cinquième garnie d’une frange. Tous les péréiopodes munis d’une bosse
au bord supérieur du basipodite. Un petit tubercule près de la base de P5-P7 du côté déformé.
— 232 —
Mâle
Antennules (fig. 19, c) séparées de trois articles, les antennes de deux. Maxillipèdes
non distingués. Péréiopodes (fig. 19, d) avec le propode et le dactyle augmentant légèrement
de longueur jusqu’à P4 pour diminuer ensuite. Les tubercules médio-ventraux indiqués
dans la diagnose pratiquement indiscernables même à fort grossissement, sauf sur le pre¬
mier péréionite où il semblerait d’ailleurs y en avoir deux petits situés l’un au-dessous de
l’autre. Le bord latéro-externe des pléopodes (fig. 19, e) apparaissant après éclaircissement
du spécimen. Uropodes absents.
Remarques
Espèce-type du genre, Bopyrella thomsoni Bonnier, 1900, est la plus régressée de toutes
les espèces puisque la fusion abdominale de la femelle s’avère totale, aucun pléonite ne
pouvant plus être décelé, même latéralement. Par cette caractéristique, sa détermination
ne pose donc aucun problème.
Après le premier couple obtenu sur un Alpheus strenuus Dana de File Tonga (Bonnier,
1900), un second a été signalé à Port Blair (Andaman) sur un Alpheus proche mais distinct
de A. edwardsi (Audouin), puis deux femelles et un mâle, sur des Alphéidés indéterminés
du golfe de Manaar (Chopra, 1923, 1927). Un cinquième exemplaire, également récolté
sur un A. strenuus de l’île Henry (Mui) fut ultérieurement examiné par Danforth (1970)
qui le décrivit comme représentant une sous-espèce de la forme typique, Bopyrella thomsoni
muiensis, à laquelle Fauteur rattache les spécimens de Chopra (1923).
Après avoir examiné les types de cette sous-espèce, celle-ci nous paraît des plus dou¬
teuses. Certes, et c’est probablement la principale différence pour laquelle elle a été créée,
la taille du couple se montre beaucoup plus grande que chez les exemplaires de Bonnier
(11,0 mm pour la femelle et 2,5 pour le mâle au lieu de, respectivement, 2,5 et 0,7 mm) ;
mais Danforth (1970) ne mentionne pas que la femelle vue par Chopra (1927) atteint
une longueur encore plus considérable (14,5 mm) et que néanmoins Fauteur, qui a eu l’avan¬
tage de pouvoir comparer ses spécimens à ceux de Bonnier, les considère identiques.
D’autre part, argument non négligeable, l’hôte ( Alpheus strenuus) est le même dans les
deux cas, ce dont il n’est fait également nulle mention.
Après avoir scrupuleusement recherché quels critères distinctifs pourraient exister
entre la forme typique de Bopyrella thomsoni et sa sous-espèce muiensis, seuls les suivants
ont pu être notés : (1) la partie médiane du rebord postéro-céphalique moins avancée que
dans la figure originale de l’espèce ; (2) le lobe postéro-distal du premier oostégite arrondi
et dirigé vers l’arrière ; (3) les pléopodes 1-2 du mâle très peu visibles et disposés plus laté¬
ralement. Ces différences paraissent insignifiantes. En tous cas, tant que la preuve n’aura
pas été apportée qu’elles sont constantes et par conséquent ont valeur taxonomique, nous
continuerons à partager l’avis de Chopra, selon lequel, malgré l’écart de taille considérable
que peuvent présenter les deux sexes, les individus jusqu’ici récoltés sont référables à la
forme typique de B. thomsoni.
— 233 —
Bopyrella sp. Monod, 1933
i933, Bopyrella sp. Monod : 234-236, 238, fig. 52-58.
1979, Bopyrella sp. : Bourdon : 505.
Hôtes : Alphéidés indéterminés.
Distribution : mer Rouge.
Remarques : Trois spécimens ont été trouvés dans le golfe de Suez, deux d’entre eux
ayant été figurés par Monod (1933) qui les pense conspécifiques. Bien que les femelles
aient en commun de posséder seulement quatre paires de pléopodes, leur métamérisation
pléale les classe dans deux groupes distincts : l’exemplaire a paraissant très proche de
Bopyrella malensis n. sp. et l’exemplaire b de B. tanyensis Bourdon.
Bopyrella (?) palaemonis (Risso) nomen dubium
1816, Bopyrus palaemonis (pro parte) Risso : 148-149.
1900, Bopyrella (?) palaemonis : Bonnier : 168, 351-352, 381.
Hôtes : « Alphées ».
Distribution : Nice (Méditerranée).
Remarque : Ce parasite de Risso (1816) peut être considéré comme un nomen dubium,
car il n’existe aucune chance de le retrouver par suite de l’indication trop vague de l’hôte,
le terme d’ « Alphées » recouvrant, à l’époque, des Natantia très divers.
Bopyrella (?) nitescens (Giard & Bonnier) nomen nudum
1882, Bopyrina virbii (in parte) Walz : 3-4.
1890, Bopyrina nitescens Giard et Bonnier : 383.
1900, Bopyrella (?) nitescens : Bonnier : 221, 352, 381.
1968, Bopyrella (?) nitescens : Bourdon : 408.
Hôte : Athanas nitescens (Leach).
Distribution : Trieste (Adriatique).
Remarques : Walz (1882) dit avoir quelquefois recueilli des Bopyrina virbii [= B. ocel-
lata Czerniawsky] sur les Athanas nitescens (Leach) de Trieste. Cette espèce étant normale¬
ment inféodée aux Hippolyte, Giard et Bonnier (1890) donnèrent un nom différent au
parasite des Athanas : Bopyrina nitescens. Par la suite, Bonnier (1900) le classa provisoire¬
ment dans son genre Bopyrella. Cette forme, restée nomen nudum, est d’ailleurs peut-être
tout simplement l’un des stades encore branchiaux d’Anisarthus pelseneeri Giard, alors
confondus avec Bopyrina ocellata.
— 234 —
Remerciements
Jl nous est agréable d’exprimer tous nos remerciements aux personnes qui nous ont permis
de faire cette révision en nous communiquant soit des types, soit de nouveaux spécimens :
MM. Th. E. Bowman (U.S.N. Museum, Washington), R. C. Brusca (Allan Hancock Foundation,
Los Angeles), A. Crosnier (ORSTOM), J. Forest et Th. Monod (Muséum national d’Histoire
naturelle, Paris), J. K. Lowry (Australian Museum, Sydney), S. Pinkster (Zoologisch Museum,
Amsterdam) et T. Wolff (Zoologiske Museum, Copenhague).
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Manuscrit déposé le 4 juillet 1979.
Bull. Mus. nain. Hist, natParis, 4 e sér., 2, 1980,
section A, n° 1 : 237-244.
Aporobopyrus doïlfusi n. sp. (Crustacea, Epicaridea, Bopyridae)
parasite de Porcellanes de la mer Rouge
par Roland Bourdon *
Abstract. — Description of Aporobopyrus doïlfusi n. sp., bopyrid isopod parasite on Decapoda
Porcellanidae from the Red sea, and list of Epicaridea known in this area.
Les Bopyridae ci-dessous décrits proviennent d’un lot de Porcellanes récoltées pa
le regretté R. Ph. Dollfus lors de sa mission en Egypte. Bien qu’infestant deux hôtes difïé
rents, ils appartiennent néanmoins à la même espèce. Certains d’entre eux ont d’ailleurs
déjà été étudiés par M. le Pr Th. Monod (1933). Nous donnerons cependant la diagnose
de ce parasite parce que celui-ci est en nombre suffisant pour préciser sa variation morpho¬
logique et, surtout, parce qu’il nous paraît représenter une forme nouvelle.
Nous remercions vivement Miss Janet Haig (Allan Hancock Foundation, Los Angeles) qui
a déterminé les hôtes, ainsi que M. le Pr G. Hartmann (Zoôlogisch Museum, Hamburg) et le
Dr L. B. Holthuis (Rijksmuseum van Natuurlijke Historié, Leiden) pour nous avoir communiqué
deux autres Epicarides antérieurement signalés en mer Rouge, mais non identifiés.
Aporobopyrus doïlfusi n. sp.
Matériel examiné : 16 ÇÇ -(- 11 et une larve cryptoniscienne, sur Aliaporcellana suluensis
(Dana), golfe de Suez, Sta. : V, VI, X, XI et XXVII ; 2 $$ + çjçj, sur A. quadrïlobata Miers 1 ,
même provenance, Sta. : XXII et XXXII (Coll. R. Ph. Dollfus, MNHN Ep. 148-166).
Description
Femelle (fi g. 1, a)
Longueur 2,3 mm ; largeur 1,8 mm ; pléon 0,4 mm. Asymétrie 11°.
Céphalon aplati, non fissuré sur la face dorsale. Lame frontale étroite, très peu distincte
du bord antérieur de la tête. Yeux non visibles. Antennules et antennes (fig. 2, a) compre¬
nant respectivement trois et quatre articles. Maxillipèdes (fig. 2, b) sans palpe, le bord
* Laboratoire de Carcinologie de l’École pratique des hautes Etudes, 75005 Paris , et Station biologique,
29211 Roscoff.
1. Un des hôtes est d’identification plus difficile : « It is either A. quadrilobata or an undefined species
very closely related to it. A. quadrilobata is known to be a variable species, but the extent of its variations
is not yet determined. » (J. Haig, in litt., 22.IX. 1971).
— 238 —
antéro-interne à angle droit. Bord postérieur (fig. 2, c) pourvu de deux paires de lamelles
très petites, l’externe plus longue que l'interne ; la partie médiane également lisse.
Péréion avec tous les segments séparés. Bosses dorso-latérales peu accusées sur les
quatre premiers. Plaques coxales sur chacun des thoracomères ; celles des somites I-IV
b
Fig. 1. — Aporobopyrus dollfusi n. sp. : a, femelle X 40 ; b, mâle 46.
rudimentaires, les troisième et quatrième du côté déformé un peu plus larges que leurs
homologues ; sur les trois derniers péréionites, elles occupent toute la longueur du bord
latéral. Marsupium fermé. Premier oostégite (fig. 2, d) ayant la partie supérieure deux fois
plus importante que l’inférieure ; la crête interne sans tubercules, et le lobe postéro-latéral
très petit. Les autres plaques incubatrices ciliées sur leur bord postérieur, les cinquièmes
avec une frange de soies. Tous les oostégites, y compris la première paire, sont recouverts
de granules peu saillants. Péréiopodes de taille croissante vers l’arrière, chacun muni d’une
bosse au bord supérieur du basipodite.
Pléon (fig. 2, e) de six segments nettement plus minces que ceux du thorax. Plaques
latérales courtes et arrondies sur les cinq premiers. Pléopodes (fig. 2, f-j) : cinq paires bira-
2. — Aporobopyrus doll/usi n. sp. Femelle : a, antennule et antenne X 116 ; b, maxillipède X 52 ;
c, bord postéro-ventral du céphalon X 60 ; d, face ventrale du 1 er oostégite X 52 ; e, face ventrale
du pléon X 28 ; f-k, pléopodes 1-5 et uropodes X 82. Mâle : 1, antennule et antenne X 205 ; m, péréio-
pode 1 X 160. Larve cryptoniscienne : n, pygidium X 235. Variation de la femelle : o, moitié gauche
du corps X 33 ; p, 1 er oostégite X 60 ; q, uropodes X 61. Variation du mâle : r, antenne X 261.
240 —
niées, largement visibles en vue dorsale et laissant découverte la face ventrale du pléon ;
l’endopodite plus développé que l’exopodite. Uropodes (fig. 2, k) uniramés, de mêmes dimen¬
sions que le dernier pléopode.
Mâle (fig. 1, b)
Longueur 1,2 mm ; largeur 0,5 mm ; pléon 0,3 mm.
Céphalon relativement large, arrondi en avant et distinct du thorax en arrière. Yeux
non figurés. Antennules et antennes (fig. 2, 1) respectivement composées de trois et cinq
articles. Maxillipèdes petits et effilés.
Péréion augmentant légèrement de largeur vers sa partie médiane. Péréiopodes (fig. 2, m)
plus réduits dans les deux premières paires que dans les suivantes, lesquelles sont subégales.
Pas de tubercules médio-ventraux.
Pléon de six segments. Pléopodes ovalaires et bien ressortis. Uropodes absents, mais
deux bouquets de poils latéro-externes au pléotelson.
Cryptoniscien
Une larve de ce stade accompagnait une femelle ovigère sans mâle. Ses principales
caractéristiques sont les suivantes :
Longueur 0,85 mm. Céphalon à bord antérieur convexe. Dactyle des péréiopodes
simple, moitié aussi long que le propode. Epines médio-ventrales présentes au pléon. Pléo¬
podes avec l’exopodite équipé de six soies plumeuses, l’externe plus courte ; l’endopodite
en possède cinq, sauf la dernière paire qui n’a que trois soies comme d’habitude. Uropodes
ayant l’exopodite terminé par une pointe, trois épines égales et une longue soie ; deux épines
inégales et une grande soie distales à l’endopodite. Pygidium (fig. 2, n) cordiforme et entier.
Vakiation
Les différences avec les spécimens-types imputables à la variation intra-spécifique
sont relativement peu importantes.
F emelle
Taille : 1,7 à 3,2 mm ; avec un rapport L/l du corps de 1,24 à 1,64, sans relation appa¬
rente avec les dimensions du parasite.
Yeux : persistance éventuelle des taches oculaires.
Maxillipèdes : l’angle antéro-interne parfois arrondi, mais le palpe manque invaria¬
blement.
Plaques coxales 5-7 (fig. 2, o) : plus grandes que normalement et débordant de la partie
antérieure du thorax dans une femelle.
Bord postéro-latéral des trois derniers péréionites : le même exemplaire ainsi que trois
autres ont ce dernier indiqué par une fissure, laquelle peut n’exister que sur un côté seule¬
ment des somites V-VI et même sur le septième. Malgré son étendue restreinte, cette fissure
est généralement retenue comme un critère spécifique ; d’où l’utilité de signaler sa présence
occasionnelle dans une forme qui s’en montre ordinairement dépourvue.
— 241 —
Premier oostégite (fig. 2, p) : la partie postérieure plus longue que l'antérieure chez
l’une des plus petites femelles ; second exemple, après Pseudione confusa (Norman), d’une
semblable variabilité de ce caractère taxonomique bien coté.
Bosse du basipodite des péréiopodes : quelquefois à peine ébauchée sur P5-P7 du côté
court, quand elle n’est pas complètement absente.
Uropodes (fig. 2, g) : l’un presque entièrement divisé en deux par une incision profonde
dans un spécimen. Il ne semble pas toutefois s’agir d’un dédoublement proprement dit
de cet appendice, mais plutôt d’une malformation consécutive à une blessure accidentelle,
car les deux rames du cinquième pléopode de ce côté semblent anormalement minuscules.
Mâle
Taille : 0,9 à 1,6 mm ; le rapport L $/L étant de 1,30 à 2,41.
Antennes : typiquement de cinq articles, mais pouvant être de quatre et même se
réduire à trois, voire à deux seulement dans un cas où la régénération est probable (ce mâle
ayant aussi une P4 sans dactyle avec le propode en moignon). Cette dernière est manifeste
dans un autre individu (fig. 2, r), dont le dernier segment antennaire affecte une curieuse
forme ampullaire.
Uropodes : représentés par une zone arrondie de chaque côté du pléotelson observés
à deux reprises (ce qui s’avère exceptionnel parmi les Pseudioninae apparentés).
Renseignements biologiques
Le parasite, qui paraît plutôt commun, infeste les deux sexes de l’hôte, même les
femelles ovigères, et se loge indifféremment dans la cavité branchiale droite ou gauche.
Aucun cas de féminisation des pléopodes n’a été remarqué chez les mâles. La ponte comprend
de 186 à 1 242 œufs, mais la fécondité peut varier du simple au double pour des femelles
de même taille.
Remarques systématiques
Ce matériel comprend trois des spécimens vus par Monod (1933), que cet auteur a
rapporté à YAporobopyrus aduliticun Nobili, 1906. Si la conspécificité des exemplaires
précédemment examinés avec ceux qui nous ont été remis par le Dr R. Ph. Dollfus ne
semble faire aucun doute, leur identification avec le Ropyre de Nobili ne peut être retenue,
car tous les individus s’écartent de la diagnose sur nombre de points (tabl. I).
Outre la présence de pléopodes chez le mâle (déjà notée par Monod), la forme du premier
oostégite de la femelle ne concorde pas, puisqu’au lieu de se rétrécir en une longue pointe
linguiforme, le lobe postéro-latéral se montre, au contraire, toujours très réduit. De même,
les maxillipèdes sont dissemblables dans les deux sexes. Mais la différence principale réside
dans la structure rudimentaire des plaques coxales 1-4 de la femelle qui sont nettement
plus étroites que les bosses dorso-latérales adjacentes. Dans l’holotype d’A. aduliticus,
ces appendices sont figurés et décrits beaucoup plus développés que leurs homologues sur
le côté déformé du thorax.
1, 16
— 242 —
Tableau I. — Caractères distinctifs entre Aporobopyrus aduliticus Nobili et A. dollfusi n. sp.
Caractères
.4. aduliticus Nobili
A. dollfusi n. sp.
1
Maxillipèdes
avec palpe court, terminé par
de longues soies touffues
sans palpe ni soies
$ ]
Plaques coxales
nettement plus développées
sur le côté déformé
rudimentaires des deux côtés
du thorax
f
Lobe postérieur
du 1 er oostégite
très long, mince et incurvé
très court
Maxillipèdes
absents
présents
* '
3 !
Périopode 1
plus grand que les autres pattes
plus petit que P3-P7
Pléopodes
absents
bien visibles
Cette particularité n’étant alors connue chez aucun autre Pseudioninae, on pouvait
évidemment penser qu’il s’agissait soit d’une erreur ou d’une exagération du dessinateur.
Mais, par la suite, une nouvelle espèce d 'Aporobopyrus lut découverte qui présente égale¬
ment ce caractère très inhabituel, A. parvus Shiino, 1939. Rien n’autorisant à supposer
inexacte la description de Nobili sur ce point, ni sur les autres, on peut considérer que
Y Aporobopyrus des Aliaporcellana constitue une espèce distincte d’M. aduliticus, parasite
de Petrolisthes rufescens (lleller) dans la même région, lequel, par ses plaques coxales inéga¬
lement développées chez la femelle, occupe une place à part dans le genre, aux côtés de
A. parvus.
Il convient de souligner, par ailleurs, que le pygidium inerme du cryptoniscien repré¬
sente un critère taxonomique des plus importants. Et, pour nous, il suffit à confirmer la
validité d’Aporobopyrus qui a été présumé appartenir au genre Pseudione Kossmann
(Markham, 1975) ; en effet, chez les quatre espèces de ce dernier dont on connaît la
morphologie de cette larve, le pléotelson est denté.
Depuis le mémoire de Monod (1933) indiquant les lipicarides connus à cette époque en mer Rouge,
leur liste s’est enrichie d’un certain nombre de parasites de Décapodes, dont plusieurs n’ont pas encore
été identifiés. Les espèces actuellement recensées sont les suivantes :
1 — Danalia (= Zeuxo) longicollis (Kossmann, 1880) sur Chlorodiusexaratus H. Milne-Edwards
2 — Epipenaeon ingens Nobili, 1906, sur Penaeus semisulcatus de Haan. Retrouvé sur cet
hôte et Penaeus aff. japonicus (Bate) par Monod (1933) ; noté comme étant fréquent sur Penaeus
monodon monodon Fabricius par Burkenroad (1959).
3 — Epipenaeon nobilii Nierstrasz & Brender-à-Brandis, 1929, sur Penaeus semisulcatus
de Haan, qui n’est d’ailleurs tout au plus qu’une simple variété du précédent Orbioniné.
4 — Aporobopyrus aduliticus Nobili, 1906, sur Petrolisthes rufescens (Heller).
5 — Aporobopyrus dollfusi n. sp. sur Aliaporcellana suluensis (Dana) et A. quadrilobata
(Miers).
- 243 —
6 — Aporobopyroides upogebiae Nobili, 1906, sur Upogebia savignyi Strahl.
7 — Asymmetrione shiinoi R. et M. Codreanu & Pike, 1965, sur Diogenes senex (Heller).
8 — Pleurocrypla yatsui (Pearse, 1930) sur Petrolisthes boscii (Audouin). Cet hôte, d’ailleurs
nouveau, nous a été signalé par le Dr J. IIaig. Deux spécimens, aimablement transmis par le
Pr G. Hartmann portaient effectivement un parasite. Ils avaient été recueillis à Suez, le 13. VI 1.1914,
par le Dr Ebannroarth. C’est la première récolte de l’espèce en dehors du Japon.
9 — Grapsicepon messoris (Kossmann, 1880) sur Metopograpsus messor Forsskâl.
10 Céponien sur Trapezia cymodoce ilerbst. La présence d’un « Papyrus » et d’un Bopy-
ridae a été notée successivement par de Man (1881) et par Nobii.i (1901). Le Dr L. B. Holthuis
a bien voulu nous communiquer le spécimen indiqué par le premier auteur, lequel avait été collecté
par M. J. A. Kruyt, à Djellah. Malheureusement, le parasite se trouvait en très mauvais état
(abdomen de la femelle enlevé, mâle absent). La possession de bosses médio-dorsales exclut toute¬
fois qu’il s’agisse de Trapezia amicorum Bonnier ou de Dactylocepon richardsonae Stebbing. A en
juger par l’aspect de la lame frontale, il semble se rapprocher de Grapsicepon micronesianum Shiino,
la troisième espèce de Céponien connue sur ce Xanthidae. Mais cette analogie morphologique et son
inféodation au même hôte ne sauraient suffire pour l’identifier à l’espèce de Shiino. La spécificité
parasitaire n’étant pas très stricte dans le genre, il est possible que ce soit le Grapsicepon messoris
(Kossmann) que Nobili (1906) a recueilli sur Metograpsus messor Fôrsskâl dans la région. La descrip¬
tion de cette dernière forme ne comportant aucun élément taxonomique permettant de la recon¬
naître, l’identité du présent parasite ne pourra donc être établie qu’après l’examen de nouveaux
individus provenant des deux Crabes.
11 — Dactylocepon holthuisi Bourdon, 1967, sur Scyllarus lewinshoni Holthuis.
12 — Bopyrella sp. Monod, 1933, sur Alphéidé.
13 — Bopyrinella (?) striclicaudata Monod, 1933, sur Alphéidé.
14 — Bopyrella indica Chopra, 1923, sur Alphéidé. Etablie sous le nom de Synsynella defor¬
mans ssp. indica, cette espèce ne peut appartenir à ce dernier genre puisque les plépodes de la femelle
sont biramés ; selon toute vraisemblance, il s’agit d’une Bopyrella.
15 — Bopyrina (?) pleurocephala Monod, 1933, sur Macroure indéterminé.
16 Bopyridae sur Periclimcnes grandis (Stimpson), noté par Holthuis (1958).
17 — Athelges aegyptius R. et M. Codreanu & Pike, 1965, sur Diogenes senex (Heller).
18 — Hypohyperphrixus latimellaris Nierstrasz & Brender-à-Brandis, 1932, sur Synalpheus
triungulatus (Paulson), signalé par Monod (1933).
19 — Ilemiarlhus sp. Monod, 1933, sur Alphéidé.
20 — Phryxidae sur Periclimenes grandis (Stimpson), signalé par Holthuis (1958).
21 — Phryxidae sur Harpiliopsis depressus (Stimpson), noté par le même auteur.
22 — Diogenion vermifactus R. et M. Codreanu & Pike, 1960, sur Diogenes senex (Heller).
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Manuscrit déposé le 12 novembre 1979.
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris , 4 e sér., 2 , 1980,
section A, n° 1 : 245-287.
Révision des genres Typhlogastrura Bonet, 1930.
et Bonetogastrura Thibaud, 1974 (Inseetes, CoUemboles)
par Jean-Marc Thibaud *
Résumé. — Révision des genres Typhlogastrura et Bonetogastrura, avec un historique de ce
groupe, une étude biogéographique, morphologique et chétotaxique des espèces le composant,
et une comparaison avec les Hypogastrura s.l. appartenant à la même lignée phylétique. Clés de
détermination.
Abstract. — Revision of the genus Typhlogastrura and Bonetogastrura, with historical, biogeo-
graphical, morphological and chaetotaxical studies of this species, and also a comparison with
the Hypogastrura s.l. belonging to the same phylum. Key to the species of the genus Typhlo¬
gastrura and Bonetogastrura.
Dans le cadre de la révision des espèces possédant moins de 8 J- 8 cornéules de la famille
des Hypogastruridae, et appartenant aux lignées phylétiques de Ceratophysella denticulata
et de C. armata, ou de — C. tuberculata, nous étudions ici les genres Typhlogastrura et
Bonetogastrura, après avoir déjà revu le genre Schaefferia (Thibaud, 1972).
I. Histohique
Typhlogastrura 1 a été créé, comme sous-genre d’ Hypogastrura, par Bonet en 1930,
pour les espèces de la lignée phylétique de Hypogastrura caaicola, présentant le maximum
d’adaptation à la vie cavernicole : espèces à pigment rare ou nul, sans cornéules, avec en
plus les caractéristiques suivantes : organe postantennaire formé par 7 tubercules disposés
en cercle, non confluents à la base, non pédiculés ; article antennaire IV avec 10 sensilles
environ [la sous-espèce H. (T.) mendizabali sensibilis en présentant 16] et vésicule apicale ;
empodium avec une lamelle basale et un filament atteignant la moitié de la griffe ; furca
relativement bien développée, mais n’arrivant cependant pas au tube ventral, avec des
dentes droites portant 8 soies et des muerons de type armata modifié ; très longues épines
anales. Le générotype en est Hypogastrura ( Typhlogastrura ) mendizabali, trouvée dans
deux grottes de la Sierra de Aralar (Espagne).
Dans le même travail, Bonet place Achorutes subterraneus Cari, 1906 (trouvée dans
deux grottes de Lombardie, en Italie), redécrite sous le nom de Hypogastrura subterranea
* Laboratoire d'Écologie générale, Muséum national d’Histoire naturelle, 4 av. du Petit-Château,
91800 Brunoy.
1. Pour les « Hypogastrura » de grottes.
— 246 —
par IIandsciiin en 1926 (trouvée dans trois grottes de Suisse), dans le nouveau sous-genre
sous le nom de H. ( Typhlogastrura ) subterranea (Cari, 1906) avec pour diagnose : pigment
rare ; 1 —j— 1 cornéules ; 11 à 13 sensilles sur l’article antennaire IV ; organe postantennaire
à 6 ou 7 tubercules ; filament empodial égal ou dépassant les 3/4 de la griffe ; dens avec
8 soies ; mucron 2,5 fois plus court que la dens ; grande épine anale.
Stach, en 1949, élève ce sous-genre en genre.
Delamare Deboutteville, en 1951, décrit Typhlogastrura balazuci trouvée en France
dans une grotte de l’Ardèche (proche de T. subterranea mais avec un organe postantennaire
de 4, rarement 5, tubercules périphériques, mucron plus trapu et épines anales égales à la
griffe de P III).
La même année, Christiansen décrit Schaefferia variabilis de l’Alaska (avec 2 —j— 2 cor¬
néules ; dens à 7 soies ; mucron bien développé). Cette espèce n’étant pas un Schaefferia ,
nous verrons s’il y a lieu de la classer dans les Typhlogastrura.
Gisin, en 1953, décrit Schaefferia ( Typhlogastrura) atlantea d’une grotte du Maroc
(avec : vésicule apicale de l’article antennaire IV trilobée ; 7 à 9 sensilles sur ce même article ;
organe postantennaire avec 8 à 9 tubercules périphériques irréguliers ; sans cornéules ;
filament empodial atteignant la moitié de la griffe).
Le même auteur, en 1962, place Achorutes cavicolus Borner, 1901, dans le sous-genre
Typhlogastrura. Strebel, en 1965, conteste cela et place cette espèce dans les Hypogastrura
s.l. Nous en discuterons.
Gisin, en 1964, décrit Schaefferia ( Typhlogastrura ) spelicola d’une grotte d’Autriche
(proche, d’après cet auteur, de S. cavicola dont elle se distingue par la modification spini-
forme de certains macrochètes de la tête et par le développement de bosses tégumentaires
sur les tergites ; avec parfois 4 à 5 petites cornéules, mais le plus souvent moins ; dens avec
7 soies). C’est bien un Typhlogastrura.
Nous avons décrit (Thibaud, 1967) Typhlogastrura breuili d'une grotte d’Espagne
(avec 9 sensilles au 4 e article antennaire ; 3 -)- 3 ou 2 -)- 2 cornéules ; dens avec 7 soies).
La même année, Loksa et Bogojevic décrivent Schaefferia topali d’une grotte yougos¬
lave qui, avec 3 —|— 3 à 6 —(— 6 cornéules et dens à 7 soies, est à classer parmi les Typhlogas¬
trura.
En 1974, Stomp et Thibaud décrivent T. delhezi d’une mine d’Algérie. En 1974, nous
subdivisons le g. Typhlogastrura en deux, en créant le g. Bonetogastrura 1 pour les Typhlo¬
gastrura de la lignée B (Thibaud, 1975).
En 1975, nous décrivions trois espèces nouvelles : B. soulensis, du Pays basque français,
T. alabamensis et T. christianseni de l’Etat d’ Alabama aux USA.
II. ÉTUDE DES ESPÈCES
Nous étudierons les espèces selon l’ordre chronologique de leur description. Pour les
mesures extrêmes et moyennes nous n’avons pas séparé les mâles des femelles ; ces dernières
1. Genre ainsi nommé en l’honneur du Pr. F. Bonet, qui travailla longtemps sur les Hypogastruridae
cavernicoles.
— 247 —
sont en général légèrement plus grandes que les mâles. Nous considérons que l’animal
est adulte, c’est-à-dire mature, après la 5 e mue, donc à partir du 6 e stade. Les points de
repère sont indiqués sur les figures.
1. Typhlogastrura mendizabali (Bonet, 1930)
Cette espèce, générotype du genre, a été trouvée dans trois grottes de la Sierra de
Aralar, dans la province de Guipûzcoa, Pays basque espagnol. Elle fut bien décrite par
Bonet (1930), qui créa aussi une sous-espèce, H. ( Typhlogastrura ) mendizabali sensibilis,
différant de la forme typique par la présence de 16 sensilles sur l’article antennaire IV
(deux exemplaires d’une grotte située elle aussi dans la Sierra de Aralar).
L’examen de deux paratypes, aimablement prêtés par notre collègue D. Selga, et
d’une très abondante récolte (48 étudiées) que nous avons faite en juillet 1973 1 dans la
grotte d’Elur Zulo (Pays basque espagnol), nous permet de préciser la variabilité des carac¬
tères morphologiques de cette espèce.
La longueur (antennes et épines anales non comprises) des adultes (85 % de femelles)
varie de 2 000 à 3 100 p.m, avec une moyenne de 2 500 |im (L. tête : de 350 à 550 pin,
moyenne : 440 p.m ; L. tborax -j- abdomen : de 1 600 à 2 550, moyenne : 2 100 pm). La
couleur est blanchâtre, il n’y a pas trace de granulations pigmentaires résiduelles comme
chez B. balazuci.
L’article antennaire IV porte de 8 à 16 sensilles, en général 11 (8 et 9 : 4 % chacun ;
10 : 20 % ; 11 : 32 % ; 12 : 24 % ; 13 : 11 % ; 14 : 4 % ; 16 : 1 %), dont 2 toujours sub¬
apicales externes encadrant la petite sensille globuleuse logée dans une fossette tégumentaire.
Vue la variabilité dans le nombre de sensilles, la sous-espèce sensibilis ne semble pas valable.
L’organe apical exsertile allongé est simple ; son pied, parfois lobé, est logé dans un alvéole
à l’intérieur du segment antennaire IV, sa tête dépassant seule à l’extérieur. Signalons la
présence de gros grains tégumentaires, depuis la base de cet organe apical jusqu’aux pre¬
mières soies ventrales. Proéminence cylindrique apicale, avec longue soie, classique des
Ilypogastruridae. Classique aussi de cette famille, l’organe antennaire 111.
L’organe postantennaire est, relativement, assez petit ; sa plus grande longueur varie
de 33 à 46 pm (moyenne : 38 p.m). 11 présente souvent 7 tubercules (40 %), généralement
ovoïdes, parfois plus allongés, souvent 8 (35 %), parfois 9 ou 6 (9 % chacun) et plus rare¬
ment 10 (4 %) et rarement 4,5 ou 11 (1 % chacun). Ces tubercules périphériques sont sou¬
vent de même taille (fig. I A et phot. 1 et 2) ; 22 % des organes postantennaires présentent
un tubercule situé perpendiculairement aux autres (fig. 1 B et phot. 3). Il y a 67 % de cas
d’asymétrie (surtout 8 -f- 7 : 29 % du total).
Il n’y a, le plus souvent (95 % des cas), pas de cornéules sur les aires oculaires ; cepen¬
dant 5 % d’entre elles présentent une cornéule résiduelle assez plate (0 : 7 pn ; 0 grain
tégumentaire : 1 à 2 p.m).
Il n’y a pas de taches pigmentaires oculaires.
1. Nous tenons à remercier ici MM. Antonio Vega de Seoane, Rafael Zubiria Mügica, Antxôn fi au dues,
Javier Barrenechea et Lucas Méndikute, membres de la Société de Sciences naturelles Aranzadi de
San Sebastian, qui ont grandement facilité notre mission.
248 —
La longueur du tibiotarse III chez l’adulte varie de 130 à 180 qm (moyenne : 150 |im).
11 porte en général 18 soies (10 % avec 19) ; il n’y a pas d’ergot capité (fig. 1 C). Les griffes
présentent une dent interne, située en général vers la moitié de leur bord interne, mais
aussi plus rarement vers son tiers basal ou vers son tiers apical. Elles portent aussi 2 dents
latérales sub-basales et 2 dents latérales subapicales (fig. 1 D). Ces griffes sont fines et très
allongées, toujours plus longues que les tibiotarses. La griffe III mesure (côté dorsal) de
145 à 200 qm (moyenne : 165 qm). Elle est 0,9 fois plus petite que la dens. L’empodium pré¬
sente une lamelle basale ; son filament apical atteint environ la moitié du côté ventral de
la griffe (0,42).
Le rétinacle possède assez souvent 5 dents par bras (52 %) ; souvent seulement 4
(46 %) et rarement 6 (2 %). Il y a des cas d’asymétrie sur le nombre de dents portées par
chacun des deux bras du rétinacle (4 -f- 5 : 60 %).
La dens, relativement bien développée (de 160 à 220 q.m ; moyenne : 185 qm), porte
en général 8 soies (85 % ; fig. 1 E), parfois 7 ou 9 (7,5 % chacun). II y a des asymétries sur
le nombre de soies portées par les deux dentes droite et gauche (8 —|— 7 et 8 —|— 9 : 5 des
cas chacun). Le mucron est bien développé ; il mesure de 60 à 100 qui (moyenne : 82 qm).
La dens est donc 2,3 fois en moyenne plus longue que le mucron. Ce dernier, droit, à l’apex
arrondi, porte 2 lamelles interne et externe allant de la base à l’apex (fig. 1 F). D’après
Boinet, sa forme est très variable et présente, chez quelques exemplaires, des rudiments
de lamelles échancrées vers la moitié.
Les 2 épines anales sont bien développées ; elles mesurent de 80 à 150 qm (moyenne :
110 qm). Elles sont donc, en général, 0,65 fois plus courtes que les griffes III. Elles sont
finement barbelées (phot. 4). Ces épines sont portées par 2 papilles anales bien développées
(1/3 à un 1/4 de la longueur des épines), non confluentes à leur base (fig. IG). Signalons la
présence d’un exemplaire sans épine anale.
La chétotaxie dorsale (fig. III) est constituée par trois sortes de soies : des microchètes,
des macrochètes longues, épaisses et crénelées, et des soies « sensorielles » lisses, fines et
allongées.
La chétotaxie de la tête est caractéristique de la famille des Hypogastruridae ; mais
ici, les soies sd 4 manquent (5 % des individus seulement avec une sdj) et de plus l’on n’a
qu’une, parfois deux, soies oculaires : ainsi, la macrochète OC 2 est toujours présente ; chez
15 % des individus, s’y ajoute une autre macrochète, plus petite (OC 3 ) à gauche ou à droite.
Rarement (5 % des cas) une V 1( ou une V 2 , une Sd 4 , ou une d 1; ou une p 2 manquent.
Le prothorax, classique, porte une rangée de 3 X 3 soies (2 microchètes : m 4 et m 3 ;
une macrochète : m 4 ), ceci chez 55 % des exemplaires ; 4 -f 3 avec une m 2 en plus chez
4 % ; 3 + 2 sans une m 4 chez 5 % ; 3 + 2 sans une m 3 chez 16 % ; 2 + 3 sans une m 4
chez 4 % ; 2 -j- 2 sans m 4 chez 4 % ; 2 -f 2 sans m 3 chez 4 % et 1 + 2, sans m 4 et sans
une m 3 , chez 8 %. Enfin, chez 8 % des individus on remarque une soie surnuméraire m' x
placée près de m 4 gauche (: 3 -f 4).
Les chétotaxies dorsales du méso- et du métathorax sont semblables mais, sur le méta-
thorax les deux soies a 3 sont petites et égales aux a 4 . Il y a classiquement 3 rangées de,
respectivement, 4 -f 4, 2 -(- 2 ou 3 3, et 5 -j- 5 soies, se prolongeant latéralement, pour
les deux premières, par deux ou trois soies paratergales : a 5 et a 6 , m 5 (chez 20 % des cas
sur le mésothorax et 40 % sur le méta- ; une seule m 5 , droite ou gauche, chez 25 % sur le
méso- et chez 15 % sur le méta-), m 6 macrochète et m 7 « soie sensorielle ». Pour la rangée
— 249 —
moyenne, chez 5 % des cas onal-f2ou3-|-2 soies : absence d’une m 4 . Chez 5 % sur le
mésothorax on a 3 -f 3 soies avec présence des 2 m 3 et 5 % avec 3 2 ; par contre, chez
60 % sur le métathorax on a 3 -f 3 soies avec les 2 m 3 et chez 10 % : 3 + 2. Présence de
macrochètes en a 3 (sur le mésothorax), a 5 , m 4 , m 6 , p 2 et p 6 . La macrochète p 2 a migré vers
l’avant et se trouve près de la rangée moyenne. Cette migration est risque de confusion
lorsqu’on appelle cette soie m 2 ! 1
Les 4 soies « sensorielles » sont en m 7 et p 4 . Parfois une a 3 manque, parfois aussi c’est
une m 3 ou une m 5 .
La chétotaxie des trois premiers tergites abdominaux est identique. Ils présentent
chacun seulement deux rangs de soies. L’antérieur, avec 3 —(— 3 soies dans 80 % des cas
(a 3 et a 5 manquantes), est prolongé latéralement sur le paratergite par une soie (a 6 ). Parfois
une a 5 est présente à droite ou à gauche (5 % et 5 %), parfois des deux côtés (10 %). Le
rang moyen est absent ; seule la soie paratergale m 7 est souvent présente (80 %). Le rang
postérieur porte en général 4 + 4 soies (60 % des individus), dont une macrochète en p 2
et une « soie sensorielle » en p 5 (absence de p 3 ) ; il est prolongé, lui aussi, par une microchète
(p 6 ) et une macrochète (p 7 ) paratergales. Chez 30 % on note la présence d’une p 3 à gauche
ou à droite (4 + 5) chez 5 %, les deux p 3 sont présentes (5 —5) ; enfin, chez 5 % il n’y
a qu’une des deux p 2 (4 + 3). Rarement une des deux p 2 est une microchète (5 %) ; rarement
aussi une des deux p 4 manque (5 %). Nous avons trouvé un individu avec une chétotaxie
« aberrante » sur les abdomens 1, 2 et 3 : en 1 manquaient les soies en a 4 et a 2 , en 2 les soies
a 4 et p 4 et en 3 les soies a 4 , a 2 , a 4 , p 4 , ainsi que les soies p 4 , p 5 et p 6 gauche.
Le tergite abdominal 4 porte trois rangs de soies. L’antérieur avec 3 -fi 3 (a 2 et a 4
absentes) ; la première soie (a 4 ) est légèrement décalée latéralement et a 5 est une macro¬
chète, ainsi que a 6 sur le paratergite. Le rang moyen porte 2 + 2 soies (m 2 , m 3 , m 4 manquantes)
Le rang postérieur porte 4 + 4 soies (p 3 absentes), avec en p 2 et p 4 des macrochètes et en
p 5 une soie « sensorielle » ; ce rang est prolongé paratergalement par la macrochète p 6 .
Cette espèce rentre donc dans la lignée A (p 4 microchète et p 2 macrochète) avec le genre
Schaefferia et Ceratophysella denticulata (Bourgeois et Cassagnau, 1972), avec aussi les
espèces suivantes : atlantea, breuill, topali, alabamensis et christianseni. Ces cinq espèces,
plus mendizabali (générotype), forment le g. Typhlogaslrura s.s. Notons que la macrochète
p 2 manque à droite dans 10 % des cas. De plus, le même individu déjà signalé pour une
chétotaxie « aberrante » en 1, 2 et 3 en présente une aussi aberrante pour l’abdomen 4 avec
l’absence de la rangée antérieure (sauf a 5 gauche qui est présente), l’absence des ni 4 , l’absence
des p 4 , des p 4 , de la p 5 droite ; de plus, la soie « sensorielle » p 5 gauche est tout près de la
macrochète p 2 . Le tergite abdominal 5 a classiquement deux rangées de soies. L’antérieure
avec 2 + 2 (a 2 et a 4 absentes) est prolongée par deux soies paratergales (a 5 et a 6 ou a 7 ).
Le rang postérieur, avec le plus souvent (75 % des cas) 3 + 3 soies (p 4 absentes), dont la
soie « sensorielle » est en p 4 et dont p 2 est une macrochète, est prolongé par 3 soies parater¬
gales (p 5 , une macrochète p 6 , et p 7 ). Chez 15 % des individus une p 3 manque, chez 10 %
les 2 p 3 manquent. Chez 5 % p 5 est une macrochète ; chez 10 % p 5 manque à gauche ;
chez 5 % p 2 est une microchète. Toujours chez le même individu à chétotaxie abdominale
1. Nous avons fait cette confusion dans notre travail sur la révision du genre Schaefferia (cf. Thibaud,
1972) : pour toutes les espèces de ce genre, sur le méso- et le métathorax, il y a donc aussi 3 rangées de soies :
4 —4, 3 —|— 3 et 5 —(- 5, avec les 4 soies « sensorielles » en m 7 et p 4 , au lieu de p 3 , puisque la macrochète
appelée m 2 est en réalité p 2 ayant migré vers l’avant (Bourgeois et Cassagnau, 1972).
— 250 —
Fig. 1. — A-H : Typhlogastrura mendizabali : A, organe postantennaire droit ; B, id., (vue de profil) ; C,
tibiotarse III ; D, prétarse et griffe III ; E, dens et mucron (vue latérale) ; F, deux muerons (vues laté¬
rales) ; G, épine et papille anales ; H, chétotaxie dorsale gauche de la tête, des pro- et mésothorax et
des abdomens 3, 4, 5 et 6.
1-0 : Bonetogastrura subterranea : I, article antennaire IV et organe antennaire III ; J, aires oculaires
droite et gauche (avec 3 -j- 4 cornéules) ; K, aires oculaires droite et gauche (avec 3 -f- 2 cornéules) ;
L, tibiotarse, prétarse et griffe III ; M, mucron (face antérieure) ; N, chétotaxie dorsale droite du méso-
thorax ; O, chétotaxie dorsale droite des abdomens 3 et. 4.
— 251 —
« aberrante », nous voyons une rangée antérieure réduite à la partie gauche, l'absence de p 2
gauche, des p 3 et des p 5 et p 6 .
La chétotaxie dorsale du tergite 6 est classique avec 2 rangs de 3 -R 3 soies : a 1; a 3
(macroehète) et a 4 pour le premier, et p 2 (longue soie), p 3 et p 4 pour le second, les 2 longues
épines anales étant en position p 4 .
2. Bonetogastrura subterranea (Cari, 1906)
Cette espèce a été trouvée dans deux grottes de la région de Varèse en Italie du Nord,
et dans trois grottes du Tessin méridional, près de Chiasso en Suisse, cavités toutes les
cinq situées dans un périmètre d’environ 20 km. Elle fut décrite par Carl (1906) sous le
nom de Achorutes subterraneus, puis, d’une façon plus approfondie, par Handschin (1926)
sous le nom de Hypogastrura subterranea. Bonet (1930) la plaça dans le sous-genre Typhlo-
gastrura : H. ( Typhlogastrura ) subterranea. Stach (1949) en fit un genre : Typhlogastrura
subterranea. Enfin, Gisin en alïina la diagnose (1960).
L’examen de 25 paratypes, aimablement prêtés par le regretté (1. Gisin et par
R. Bernasconi, nous permet d’en préciser la diagnose, la chétotaxie et la variabilité.
La longueur des adultes (62 % de femelles) varie de 1 850 à 2 800 pm, avec une moyenne
de 2 300 pin (L. tête : de 350 à 500 pm, moyenne : 420 p.m ; L. thorax -f- abdomen de 1 500
à 2 300 pm, moyenne : 1 900 pm). D’après Handschin, les animaux sont blancs, avec cepen¬
dant quelques traces résiduelles de pigment bleu ciel.
L’article antennaire IV porte de 11 à 17 sensilles et non seulement il à 13 comme
l’écrivit Handschin. Il en présente souvent 15 ou 14 (respectivement 32 et 28 % ; fig. 1 I),
parfois 13 ou 12 (respectivement 13 et 12 %), plus rarement 16 ou 11 (7 et 6 %) et, enfin,
rarement 17 (2 %). Il y a souvent des asymétries (75 %) entre le nombre de sensilles sur
l’article antennaire IV droit et sur le gauche, de 1 ou, plus rarement, 2 sensilles en plus ou en
moins. L’organe apical exsertile est gros et simple. Proéminence cylindrique apicale avec
une soie, classique de la famille, tout comme l’article antennaire III.
L’organe postantennaire est, relativement, assez petit ; sa plus grande longueur varie
de 32 à 42 pm (moyenne : 37 pm). Il présente souvent 6 tubercules périphériques de même
forme que ceux de T. mendizabali (60 %), mais parfois aussi 5 (24 %), plus rarement 7
(12 %) et très rarement 8 ou 4 (2 % chacun). Sa forme rappelle celle des Schaefferia avec
2 tubercules antérieurs allongés, souvent transversalement et de 3 à 5 tubercules postérieurs
plus petits (fig. I J et K). Il y a 67 % d’asymétrie (surtout 6 -R 7 et 5 -f- 6).
Carl (1906) indiquait que cette espèce n’avait pas d’ommatidies, ni de tacbes oculaires.
Handschin (1926) rapporta que par une observation plus précise on trouvait derrière
l’organe postantennaire une tache isolée non pigmentée, assimilable à une ommatidie.
Gisin (1960) indiqua la présence de 0 à 3 petites lentilles rudimentaires. En effet, la varia¬
bilité est grande (fig. 1 J et K) : nous trouvons 3 cornéules chez 52 % des aires oculaires
examinées, 2 chez 36 %, 1 chez 6 %, 0 chez 4 %, et 4 chez 2 %. Il y a 45 % d’asymétrie
(3 -f— 4, 2 —)— 1, 1 —0 chez 5 % chacun et surtout 3 —|— 2 chez 30 %). Leur diamètre est très
réduit : il varie de 3 à 7 pm (moyenne : 4,8 pm). Rappelons que pour une espèce à 8 —|— 8 cor¬
néules, telle Hypogastrura purpurescens, de longueur légèrement inférieure (1 800 à 2 000 pm),
le diamètre des cornéules varie de 15 à 18 pm.
— 252 —
Quand il subsiste 4 cornéules sur une aire oculaire, on peut les assimiler aux cornéules
A, B (ou C), E et F-G (fig. 1 J gauche) ; quand il en reste 3 on peut les assimiler aux cor¬
néules A, B et F-G (fig. 1 J droite), plus rarement à B, F et G (fig. 1 K droite) ; quand il en
reste 2 on peut les assimiler aux cornéules A-D et F-G, parfois B et F-G (fig. 1 K gauche).
La longueur du tibiotarse III chez l’adulte varie de 128 à 180 pm (moyenne : 160 pm).
Il porte 18 soies ; il n’y a pas d’ergot capité. Les griffes présentent une dent interne, située
en général vers la moitié de leur bord interne, mais parfois aussi vers les 3/5 apicaux. Elles
portent aussi 4 dents latérales : 2 sub-basales et 2 subapicales (fig. 1 L). Les griffes sont
allongées, mais mesurent cependant toujours moins que les tibiotarses ; la longueur de la
griffe III varie de 110 à 164 pm (moyenne : 140 pm). Elles sont moins fines et moins élancées
que celles de T. mendizabali. La griffe III est, en moyenne, 0,8 fois plus petite que la dens.
L’empodium présente une assez grosse lamelle basale ; son filament apical est très long :
il atteint, ou parfois même dépasse très légèrement, le bout de la griffe (fig. 1 L).
Le rétinacle possède le plus souvent quatre dents par bras (93 %), plus rarement cinq
(7 %). Il y a 14 % d'asymétrie (4 5).
La dens, mesurant de 130 à 180 |im de long (moyenne : 160 pm), porte toujours 8 soies.
Le mucron, bien développé, est droit et à apex arrondi ; il mesure de 60 à 85 pm (moyenne :
72 pm). La dens est donc en moyenne 2,2 fois plus longue que le mucron. Ce dernier porte
2 étroites lamelles, interne et externe, allant de la base à l’apex (fig. 1 M).
Les 2 épines anales, longues et fines, mesurent de 130 à 170 pm (moyenne : 155 pm).
Elles sont donc, en général, 1,1 fois plus longues que les griffes III. Elles sont portées par
2 papilles anales, non confluentes à leur base, qui mesurent un peu moins d’un quart de la
longueur des épines.
La chétotaxie dorsale (fig. 1 N et O) est formée, comme chez l’espèce précédente,
de trois sortes de soies : micro- et macrochètes barbelées et soies « sensorielles » lisses et
eililées.
La chétotaxie de la tête est classique des Hypogastruridae, mais ici, p r est le plus sou¬
vent deux fois plus grande et plus large que la microchète p 2 . De plus, chez 4 % des cas
une v 1 est plus grosse que v 2 ; chez 8 % des cas vy et v 2 sont toutes deux des microchètes
à droite ; chez 50 % il n’y a pas de \y et les deux v 2 sont alors des microchètes ; chez 16 %
cela n’est visible que sur le côté gauche ; enfin, chez 4 % des cas il n’y a pas de v 2 ni à droite,
ni à gauche, et chez 2 % pas de v 2 à droite seulement. Il se présente aussi une grande varia¬
bilité pour les soies oculaires (fig. 1 J et K). En effet, la soie Ocj manque des deux côtés
chez 17 % des cas ; elle manque seulement à gauche chez 22 % des cas ; quand les Ocj
existent, ce sont des macrochètes chez 61 % des cas ; il n’y a qu’une macrochète à droite
chez 16 % et qu’une microchète à droite chez 6 %. La soie Oc 2 , toujours présente, est une
macrochète, à droite et à gauche, chez 23 % des cas, une macrochète à gauche et une micro¬
chète à droite chez 16 % et une microchète, à droite et à gauche, chez 61 %. La soie Oc 3 ,
absente des deux côtés chez 50 % des cas ; absente seulement à droite chez 28 % des cas,
est présente, sous la forme d’une microchète, des deux côtés chez 22 % et seulement à gauche
chez 28 %.
Prothorax, classique, avec une rangée de 3 -f- 3 soies, mais ici ny est le plus souvent
deux fois plus longue et plus large que la microchète m 3 .
Les chétotaxies dorsales du méso- et du métathorax sont semblables, mais, sur le méta-
thorax la soie a 2 est généralement plus petite que celle du mésothorax (fig. 1 N). Il y a
— 253 —
classiquement 3 rangées avec respectivement 4 + 4, 3 + 3 (ou 2 —|— 2) et 5 —|— 5 soies, se
prolongeant latéralement pour les premières par deux soies paratergales (a 5 et a 6 ; m 6 et
m 7 ). Présence de macrochètes en a 2 (sur le mésothorax), a 5 , m 5 , m 6 , p 2 et p 5 . Soies « senso¬
rielles » en m 7 et p 4 . Les soies m 2 et m 3 manquent. Il y a 60 % des individus qui n’ont pas
de m 4 sur le métathorax (rangée moyenne avec alors 2 —)— 2 soies seulement) et 5 % avec
une a 2 manquante à droite. La chétotaxie du thorax II et III de cette espèce est donc
classique et semblable à celle de l’espèce précédente. Nous pouvons cependant remarquer
qu’ici la macrochète p 2 est beaucoup moins située en avant que chez T. mendizabali, elle
est, en effet, presque à l’alignement de la rangée postérieure ; sa migration étant à peine
ébauchée (groupe B). De plus ici, a 2 sur le mésothorax, est une macrochète, au lieu de a 3
chez T. mendizabali, et sur le mésothorax, microchètes en a 2 et non en a 3 .
Les chétotaxies des trois premiers tergites abdominaux sont identiques. Iis présentent
chacun seulement deux rangs de soies (fig. 1 O). L’antérieur complet avec toujours 5 5
soies, est prolongé sur le paratergite par une macrochète (a 6 ). Le rang moyen est absent ;
seule la soie paratergale m 7 est le plus souvent présente (80 %). Le rang postérieur est
parfois (10 %) complet (5 -)- 5), avec des macrochètes en p 2 et en p 4 , une soie « sensorielle »
en p 5 ; mais chez 80 % des cas les deux microchètes p 3 manquent et chez 10 % une des
deux est absente. L T ne macrochète paratergale (p 6 ) prolonge cette dernière rangée.
Le tergite abdominal 4 porte trois rangées de soies (fig. 1 O) ; l’antérieure avec 3 -)- 3
soies (a 4 microchètes, a 2 ou a 3 et a 5 macrochètes), prolongées par une macrochète parater¬
gale (a 6 ) ; la rangée moyenne avec aussi 3 —3 soies (m 4 , m 4 et m 5 microchètes), prolongées
par une microchète paratergale (m 6 ) ; la rangée postérieure est parfois complète avec 5 + 5
soies (25 % des cas), avec des macrochètes en p 4 et p 4 , des microchètes en p 2 et p 3 et des
soies « sensorielles » en p 5 ; mais chez 62,5 % des cas les deux microchètes p 3 manquent
et chez 12,5 % une des deux est absente. Une macrochète paratergale (p 6 ) prolonge cette
rangée postérieure. Cette espèce rentre donc bien dans la lignée B (p 4 macrochètes et p 2
microchètes) avec les espèces du nouveau genre Bonetogastrura et Ceratophysella armata,
C. tuberculata, C. tergilobata (cf. Bourgeois et Cassagnau, 1972). Les autres espèces de
ce nouveau genre (Tiiibaud, 1974) sont : balazuci (générotvpe), pariabilis, spelicola, soulensis,
cavicola et delhezi.
Le tergite abdominal 5 a deux rangs de soies. L’antérieur, avec 2 + 2 macrochètes
(a 2 et a 4 absentes), est prolongé par deux soies paratergales (a 6 et a 6 ou a 7 ). Le rang posté¬
rieur, avec 3 + 3 (p 4 absentes) soies dont une macrochète en p 2 et une soie « sensorielle »
en p 4 , est prolongé par 3 soies paratergales (p 5 , une macrochète p 6 , et p 7 ). Chez 5 % des
individus une p 3 ou une p 5 manque.
Chétotaxie dorsale du tergite 6 classique, semblable à celle de T. mendizabali.
3. Bonetogastrura balazuci (Delamare Deboutteville, 1951)
Cette espèce a été trouvée dans une seule grotte de l’Ardèche (France). Elle fut bien
décrite par Delamare (1951) ; nous avons complété cette description et donné celle du
développement postembryonnaire (Tiiibaud, 1969 et 1970). Nous en avons fait le généro-
type du nouveau genre Bonetogastrura (cf. Thibaud, 1975).
— 251 —
L’étude de près de 300 individus, jeunes et adultes, nous permet d’en préciser la varia¬
bilité.
La longueur des adultes (60 % de femelles) varie de 1 810 à 2 950 p.m, avec une moyenne
de 2 380 p.m (L. tête : de 310 à 450 p.m, moyenne : 380 p,m ; L. thorax + abdomen : de
1 500 à 2 500 [Am, moyenne : 2 000 p.m), ce qui fait une taille proche de celle de B. sub-
terranea. L’animal est blanc crème, avec quelques petites taches de grains de pigment
violet brun assez pâle, disséminés dans l’hypoderme L Les aires oculaires sont un peu plus
pigmentées (fig. 2 A).
L’article antennaire IV porte, chez l'adulte, en général 7 sensilles (80 %), parfois 6
(10 %) et plus rarement 8 ou 9 (5 % chacun).
Au premier stade, seule la petite sensille (L. : 4 à 7 [Am ; 0 : 0,5 à 1 [Am), logée dans une
fossette tégumentaire, est présente (phot. 5). Au deuxième stade, viennent l’encadrer
deux sensilles suhapico-externes (L : 15 à 20 p.m ; 0 : 1,5 à 2 p.m), et trois autres sensilles
apparaissent en position dorso-médiane. Au troisième stade, s’ajoute à ces sensilles, chez
40 % des individus, une seule sensille dorso-médiane. L’organe apical exsertile est allongé
et trilobé de la hase à son apex (fig. 2 B). Organe sensoriel III classique.
La plus grande longueur du, relativement, petit organe postantennaire varie de 28 à
34 p.m (moyenne : 31 p.m). Il présente le plus souvent 4 tubercules périphériques arrondis
ou ovoïdes, de forme rebondie, comme chez les 2 espèces antérieures (65,5 %), parfois 5
(32,5 %), et rarement 6 ou 3 (chacun 1 %), 11 existe 41 % de cas d’asymétrie (4 -(- 3 et
6 —(— 5 ; surtout 5 -j- 4 : 36 %). Les deux tubercules antérieurs sont le plus souvent allongés
transversalement (fig. 2 C).
Ici aussi la variabilité dans le nombre de cornéules par aire oculaire est grande (fig. 2 A
et C) : il y a le plus souvent 1 cornéule résiduelle (49 % des aires oculaires), parfois 0 (28,5 %),
plus rarement 2 (19 %) et rarement 3 (3,5 %) ; ce qui fait par individu (et ceci pour 250
jeunes et adultes) : 6 cornéules par individu chez 1 %, 5 chez 3 %, 4 chez 3,5 %, 3 ou 2 ou 1
chez 27 % chacun, et 0 chez 11,5 %. Il y a 64 % de cas d'asymétrie (3 2, 3 —(— 1, 3 —0,
2 -j- 0 et surtout 2+1 avec près de 26 % et 0 + l avec près de 28 %). Le diamètre des
cornéules résiduelles est réduit : il varie de 3 à 9 [Am (moyenne : 5,8 [Am), filles sont souvent
aplaties, parfois plus bombées. Leur surface est lisse ; la bordure de grains primaires monte
cependant parfois à leur surface (phot. 6 et 7). Quand il subsiste 3 cornéules, sur une aire
oculaire, on peut les assimiler aux cornéules A - B - D à l’avant, F - G à l’arrière et F au
milieu (fig. 2 C droite) ; quand il en subsiste 2, on peut assimiler la cornéule antérieure à
A - B - D - E et la postérieure à F - G (fig. 2 C centre) ; enfin, quand il en reste une, elle
est assimilable, dans la moitié des cas à A - B - D et dans l’autre moitié à F - G (fig. 2 C
gauche). Signalons parfois la présence de renflements cuticulaires de grains primaires sur
les aires oculaires (phot. 6 et 8).
La longueur du tibiotarse III varie chez l’adulte de 128 à 160 (Am (moyenne : 145 [Atn).
Il porte le plus souvent 18 soies, plus rarement 19, sans ergot capité. Les griffes (fig. 2 D)
présentent, ici encore, une dent interne, située en général vers les 3/5 e apicaux de leur bord
interne et cjuatre dents latérales : deux sub-basales et deux subapicales. Les griffes sont
allongées ; elles sont cependant légèrement moins fines que celles des deux espèces précé¬
dentes. La longueur de la griffe III varie de 100 à 140 [Am (moyenne : 124 pm). Elle est, en
1. Nous avons extrait de cette espèce une ommine violette en faible quantité et une ommochrome
labile en quantité appréciable (Bouthier et Thibaud, 1974).
— 255 —
moyenne, 0,9 fois plus petite que la dens. L’empodium présente une assez grosse lamelle
basale et un long filament apical, ne dépassant cependant pas l’apex de la griffe, son extré¬
mité arrive en effet au niveau des 4/5 e du côté ventral de la griffe.
Le rétinacle possède le plus souvent 4 dents par bras (94,5 %), plus rarement 5 (4,25 %),
et très rarement 3 ou 2 (respectivement I et 0,25 %). Il y a 9 % d’asymétrie (surtout
5 + 4).
La dens, proportionnellement légèrement plus petite que chez les deux espèces pré¬
cédentes, mesure de 120 à 150 p.m (moyenne : 138 p.m) ; elle porte le plus souvent 8 soies
(89 %), parfois 7 (11 %). Il y a 16 % d’asymétrie (8 + 7). Le mucron, droit et à l’apex
arrondi, est assez bien développé, quoique proportionnellement lui aussi plus réduit que
chez les deux espèces précédentes ; il mesure 48 à 68 p. m (moyenne : 58 pm). La dens est
en moyenne 2,4 fois plus longue que le mucron. Celui-ci possède deux lamelles n’atteignant
pas toujours l’apex (fig. 2 E). La crête postérieure du corps mucronal présente 2 petites dents
vers son milieu.
Les 2 épines anales sont moins longues que chez les deux espèces précédentes : leur
longueur varie de 80 à 100 (im (moyenne : 87 pm). Elles sont donc, en général, 0,7 fois
moins longues que les griffes III. Elles sont portées par 2 papilles anales, non confluentes
à leur base et mesurant un peu moins de 1/3 de la longueur des épines.
La chétotaxie dorsale est formée de micro- et de macrochètes barbelées et de soies
« sensorielles » lisses (voir phot, in Massoud et Tiiibaud, 1973).
La chétotaxie de la tête est classique des Hypogastruridae. Mais ici chez 53 % des
individus les Sd 4 sont absentes, et chez 20 % il n'y en a qu’une. De plus, chez 8 % p 5 est
absente et chez 1 % il n’y a pas de v 4 à droite. Enfin, chez 80 % des cas les soies p 4 sont
des « petites » macrochètes (comme chez B. subterranea ), deux fois plus longues et plus larges
que p 2 , les c 3 sont alors aussi plus longues et plus larges. Pour les soies oculaires nous trou¬
vons la variabilité suivante : il y a 3 soies oculaires chez 20 % des cas, avec une macrochète
en Oc 2 (1 % avec une macrochète en Oc 4 ) ; chez les 80 % restant il n’y a que 2 soies oculaires
de position variable : la macrochète étant en Oc 2 et la microchète en Oc 3 chez 50 %, la
macrochète en Oc 4 et la microchète en Oc 2 chez 20 % et nous avons 2 microchètes chez 30 %.
Prothorax classique comme chez B. subterranea (assez rarement une in, ou une m 3
manque : 10 % des cas chacun). Rappelons (Tuibauu, 1969) qu’au premier stade, donc
juste après l’éclosion, le prothorax porte seulement 1 + 1 soies (m 4 ), au deuxième il en porte
2 + 2 (nij et m 4 ) et à partir du troisième 3 + 3 (apparition de m 3 ).
Les chétotaxies dorsales du méso- et du métathorax sont semblables et se présentent
comme chez B. subterranea (la migration de p 2 vers l’avant est à peine ébauchée : groupe B).
Les chétotaxies des trois premiers tergites abdominaux sont identiques. Us présentent
chacun seulement deux rangées de soies : l’antérieure avec 3 + 3 soies (a 3 et a 5 manquantes),
prolongées par a 6 ; la postérieure complète avec 5 + 5 soies (macrochètes en p 2 et p 4 , soie
« sensorielle » en p 5 ), prolongées par une macrochète en p 6 . Dans 5 % des cas une p 3 manque,
parfois aussi une p' 3 s’intercale entre p 3 et p 4 . La longueur de chaque soie augmente légè¬
rement quand on passe du 1 er au 3 e segment abdominal. La seule soie de la rangée médiane
est une soie latérale m 7 .
Le tergite abdominal 4 porte trois rangées de soies. L’antérieure avec 4 + 4 soies
(a 3 manquantes) ; la moyenne avec 3 + 3 soies (m 2 et m 3 manquantes), mais chez 40 %
des cas une m 4 ou une m 5 sont manquantes ; enfin, la rangée postérieure, complète, avec
— 256 —
5 -f- 5 soies : des macrochètes en p 4 et p 4 , des microchètes en p 2 et p 3 (cette espèce se range
donc bien dans la lignée B), des soies « sensorielles » en p 5 , prolongées par une macrochète p 6 ;
chez 10 % des cas une p 3 est absente.
Les chétotaxies dorsales des tergites abdominaux 5 et 6 sont classiques de ce groupe,
donc comparables à celles des deux espèces précédentes.
La chétotaxie de la face ventrale de l’abdomen 5 est réduite, chez les trois premiers
stades, à une rangée de2-)-2à5-|-5 soies. Au 3 e stade, une petite fissure apparaît parfois
à l’emplacement de la fente génitale. Au 4 e stade, chez la future femelle le mamelon génital
porte de 2 à 6 soies et de 0 à 2 très petites soies ; chez le futur mâle, le mamelon porte 4 à
8 soies et de 2 à 6 petites soies le long de la fente. Au 5 e stade, le mamelon femelle porte
de 10 à 16 soies et 2 petites soies ; le mamelon mâle en porte de 6 à 16 et 7 à 13 petites soies.
A partir du 6 e stade et au-delà, le mamelon femelle porte de 18 à 22 soies et 2 petites et le
mamelon mâle de 20 à 30 soies et de 10 à 16 petites environ.
Rappelons aussi que la chétotaxie des deux premiers stades est semblable, sauf pour
le prothorax, et inachevée ; elle se complète au troisième stade et est définitive à partir
du 4 e ou 5 e stade, sauf pour le mamelon génital (Thibaud, 1970).
Les chétotaxies de B. balazuci et de B. subterranea sont donc très proches (lignée B),
celle de B. balazuci étant cependant plus complète.
4. Bonetogastrura variabilis (Christiansen, 1951)
Cette espèce a été trouvée dans le nord de l’Alaska (sol à Umiat, Colville River et
P.A. Barrow), au Wisconsin (dans des Sphaignes et dans de la litière ; ces précisions nous
ont été communiquées par K. A. Christiansen), tous deux Etats des USA. Elle fut décrite
par Christiansen (1951), qui la plaça alors dans le genre Schaefferia (proche de Schaefferia
emucronata group).
L’examen d’une douzaine de paratypes, aimablement donnés par notre collègue
K. A. Christiansen, nous permet de préciser la variabilité des caractères morphologiques
de cette espèce.
La longueur (antennes et épines anales non comprises) des adultes (62 % de femelles)
varie de 1 000 à 1 600 pm, avec une moyenne de 1 200 pm, longueur moitié moins grande,
environ, que celles des trois espèces précédentes (L. tète : de 200 à 300 pin, moyenne :
230 pm ; L. thorax -j- abdomen : de 800 à 1 300 pm, moyenne : 970 pm). D’après Chris¬
tiansen, couleur blanc jaunâtre, avec un peu de pigment sur les aires oculaires, et deux
taches foncées sur les cornéules.
L’article antennaire IV porte toujours 7 sensilles (2 subapicales externes et 5 dorso-
médianes) et l’organe apical exsertile globuleux unilobé. Organe sensoriel III classique.
D’après Christiansen, les 2 petits sensilles courbes n’ont pas toujours la même forme.
Organe postantennaire relativement moyen (fig. 2 F) ; sa plus grande longueur varie
de 22 à 30 pm (moyenne : 26,5 pm). Il présente le plus souvent 4 tubercules périphériques
arrondis (72 %), parfois 3 seulement (28 %). 11 y a 56 % d’asymétrie (4 3). Cette varia¬
bilité donne le nom de l’espèce. Les deux tubercules antérieurs sont souvent allongés trans¬
versalement, mais parfois égaux aux deux autres.
Fig. 2. — A-E : Bonetogastrura balazuci : A, aire oculaire droite avec pigmentation résiduelle (O cornéule) ;
B, organe apical exsertile trilobé (d’après photo au M.E.B.) ; G, trois aires oculaires droites (avec 1,
2 et 3 cornéules) ; D, prétaxe et grille III (d’après photos au M.E.B.) ; E, deux muerons (vues laté¬
rales).
F-I : Bonetogastrura variabilis : F, aire oculaire gauche (avec 2 cornéules) ; G, prétarse et griffe III ;
H, mucron (vue latérale) ; I, épine et papille anales.
J-K : Typhlogastrura allantea : J, trois organes postantennaires, K, deux muerons (faces posté¬
rieure et latérale).
L-N : Bonetogastrura cavicola : L, aire oculaire droite (avec 9 cornéules !) ; M, aires oculaires droite
et gauche (avec 7 —J— 7 cornéules) ; N, dens et mucron (vue latérale).
O-T : Bonetogastrura spelicola : O, aire oculaire droite (avec 6 cornéules dont la D réduite) ; P, aire
oculaire gauche (avec 7 cornéules dont les D et F réduites) ; Q, deux muerons (faces latérale et posté¬
rieure) ; R, soies céphaliques (OC 2 transformée en « épine » et microchète OC 3 ), « épine » d 2 et macrochète
d 4 ; soies thoraciques (microchètes p t et p 3 , macrochète p 2 ) et « soie sensorielle » p 4 (S.S.) ; S, chéto-
taxie dorsale droite de la tête, du pro- et du mésothorax (avec zone de gros grains) ; T, chétotaxie
dorsale droite des segments abdominaux 3, 4 et 5 (avec zone de gros grains).
1, 17
— 258 —
Les cornéules (fig. 2 F) sont le plus souvent au nombre de 2 par aire oculaire (5 %
des cas avec seulement 1). Leur diamètre varie de 11 à 15 [lin (moyenne : 13 p.m) et n’est
donc pas réduit, comme c’était le cas chez les deux espèces précédentes. On peut assimiler
ces cornéules subsistantes aux cornéules A - B et F - G.
La longueur du tibiotarse III varie, chez l’adulte, de 56 à 73 pm (moyenne : 65 pm).
Il porte 18 soies, sans ergot capité. Les griffes (fig. 2 G) présentent une dent interne, située
en général à la moitié de leur bord interne et deux dents latérales sub-basales. Elles sont
légèrement moins fines que celles des trois espèces précédentes. La longueur de la griffe III
varie de 50 à 66 pm (moyenne : 58 pm). Elle est, en moyenne, 0,8 fois plus petite que la dens.
L’empodium présente une grosse lamelle basale et un assez court filament apical ne dépassant
pas la moitié du herd interne de la griffe (fig. 2 G).
Le rétinacle possède le plus souvent 4 dents par bras (79 %), rarement 5 (14 %) et
2 (7 %). Il y a 14 % d’asymétrie (4 -fi 2).
La dens mesure de 66 à 80pm (moyenne : 72 pm) ; elle porte toujours 7 soies. Le mucron
est droit et bien développé : il mesure de 25 à 33 pm (moyenne : 29 pm). Dens et mucron
sont proportionnellement un peu moins développés que ceux des deux premières espèces.
La dens est, en moyenne, 2,5 lois plus longue que le mucron. Celui-ci est droit et effilé :
assez fin à l’apex, plus épais à la base (fig. 2 H). La mince lamelle externe est plus haute
(pie l'interne sur la moitié basale. D’après Christiansen, la forme de ces lamelles est variable.
Elles vont de la base du mucron au 3/4 apical.
Les 2 épines anales (fig. 2 I), comme chez T. balazuci, sont proportionnellement moins
longues que celles de T. mendizabali et T. subterranea : elles mesurent de 35 à 52 pm
(moyenne : 42 p,m). Elles sont donc, en général, 0,7 fois moins longues que les griffes III.
Elles sont portées par 2 papilles anales non confluentes à leur base et mesurant un peu moins
d’un tiers de la longueur des épines.
La chétotaxie dorsale est formée de micro- et de maerochètes barbelées et de soies
« sensorielles » lisses. Christiansen (1951) la donnait pour très variable. L’examen de la
chétotaxie d’une douzaine d’individus nous permet d’apporter les précisions suivantes.
La chétotaxie de la tête est classique des Hypogastruridae. Chez 72 % des cas, le
nombre de soies oculaires est complet avec 3 soies ; chez 28 % il n’y en a que deux : une Oc 4 ,
Oc 2 ou Oc 3 étant absente ; p 4 > p 2 .
Prothorax, classique, avec une rangée de 3 -(- 3 soies (m 4 , m 3 et m 4 ) ; dans 10 % des
cas chacun une m 1 ou une m 3 manque. Ici m 4 est presque égale à m 3 .
Les chétotaxies dorsales du méso- et du métathorax sont semblables, mais, sur le
métathorax, a 2 est une microchète égale à a 4 . Il y a, là encore, classiquement 3 rangées
de soies : avec 4 —|— 4, 2 —|— 2 ou parfois 3 + 3 soies (10 %) ou 3 + 2 (10 %) selon l’absence
ou la présence de m 3 - 4 et 5 -f- 5 soies ; ici encore la migration de p 2 est à peine ébauchée
(groupe B).
Les chétotaxies des trois premiers tergites abdominaux sont identiques. Ils présentent
chacun seulement deux rangées de soies : l’antérieure avec 3 + 3 soies (a 3 et a 4 ou a 5 man¬
quantes), prolongées par a 6 et parfois par a 7 ; la postérieure complète avec 5 + 5 soies
(maerochètes en p 2 et p 4 , une soie « sensorielle » en p 5 ), prolongées par une macrochète p 6 .
Chez 10 % des cas une p 3 manque (5 + 4), chez 5 % une p 4 manque et chez 5 % une a 4 .
La soie m 7 est la seule subsistante de la rangée moyenne.
Le tergite abdominal 4 porte trois rangées de soies : 4 + 4 (a 2 manquantes) ; 2 + 2 soies
— 259 —
(m 2 , m 3 et m 4 ou m 5 manquantes), mais chez 10 % des cas rn 4 et m 4 ou m g sont absentes
aussi ; et 4 —)— 4 soies, avec deux macrochètes en p 4 (donc groupe B) et p 4 , une soie « senso¬
rielle » en p 5 (p 3 absentes), prolongées par une microchète p 6 ; chez 20 % une p 5 manque
(4 3), chez 10 % une p 4 (4 + 3) et chez 10 % une p 4 et une p 2 (4 + 2).
Les chétotaxies dorsales des tergites abdominaux 5 et 6 sont classiques du genre.
La chétotaxie de B. variabilis est donc très proche de celle de B. balazuci et de B. subler-
ranea, si ce n’est l’absence de m 5 et de p 3 sur l’abdomen 4.
5. Typhlogastrura atlantea (Gisin, 1952)
Cette espèce a été trouvée dans deux grottes du Moyen-Atlas au Maroc : Kef-el-Bouk
(aven de 16 m au sud de Bah bou Idir), à 20 km au sud-ouest de Taza et la grotte de « Ikfou
oua an » (ou grotte Chara), elle aussi au sud-ouest de Taza. Cette espèce fut décrite par
Gisin (1952) d’après deux immatures et un jeune adulte 1 . En mai 1974, avec le concours
du Dr P. Strinati, que nous remercions ici, nous sommes descendus dans l’aven-type et
y avons trouvé deux jeunes que nous avons gardés en élevage jusqu’à leur état adulte.
De plus, le Dr H. J. Gough nous adressa un adulte et un immature trouvés dans la grotte
Chara par une expédition spéléologique anglaise en 1972 (coll. Mr C. W. Pugst.ey). Qu’ils
soient, eux aussi, remerciés pour leur active collaboration. Avec ces nouveaux exemplaires
nous pouvons compléter la description de Gisin.
La longueur (antennes et épines anales non comprises) des adultes (50 % de femelles)
varie de 1 200 à 2 700 (im, avec une moyenne de 1 700 p.m (L. tête : de 250 à 400 pm,
moyenne : 310 ; L. thorax et abdomen : de 1 000 à 2 300 p.m, moyenne : 1 400 pm). La cou¬
leur est blanchâtre, sans trace de granulations pigmentaires résiduelles.
T/article antennaire IV porte de 8 à 14 sensilles, dont 2 toujours subapicales externes
encadrant le petit sensille globuleux. Il y a souvent une asymétrie de 1 à 2 sensilles. L’organe
apical exsertile est trilobé, avec le lobe interne plus long et plus pointu que les deux autres.
Organe antennaire III classique.
Organe postantennaire relativement moyen ; sa plus grande longueur varie de 35 à
42 uni (moyenne : 39p.m). Il présente de 5 à 10 tubercules périphériques, souvent 8 ; ceux-ci
présentent des digitations secondaires (fig. 2 J). Il n’y a pas de cornéules sur les aires ocu¬
laires, ni de taches pigmentaires oculaires.
La longueur du tibiotarse III, chez l’adulte, varie de 80 à 120 p.m (moyenne : 102 pm).
Il porte 18 soies. Les griffes présentent une dent interne située, en général, vers la moitié
de leur bord interne. Elles portent aussi 2 dents latérales sub-basales et 2 dents latérales
subapicales. Les griffes, fines, sont légèrement plus courtes que les tibiotarses. La griffe lit
mesure (côté dorsal) de 60 à 120 pm (moyenne : 92 pm). Elle est 0,9 fois plus petite que la
dens. L’empodium présente une petite lamelle basale ; son filament atteint environ les 3/5 e
du côté ventral de la griffe (0,6).
Le rétinacle porte le plus souvent 4 dents par bras (70 %), parfois 5 (30 %). 11 y a
20 % de cas d’asymétrie (4 -j- 5). Tube ventral avec 4 + 4 soies.
1. Nous remercions ici notre collègue B. Hauser de nous avoir donné la possibilité d’examiner les
types lors d’une visite au Muséum de Genève.
— 260 —
La dens, assez bien développée (de 80 à 120 pm ; moyenne : 103 pm), porte en général
8 soies (70 %), parfois seulement 7 (30 %). 11 y a des asymétries (8 + 7 : 20 %). Le mucron,
assez bien développé, mesure de 28 à 42 p.m (moyenne : 36 |im). La dens est donc 2,9 fois,
en moyenne, plus longue que le mucron. Ce dernier est droit, à apex arrondi et à corps
mucronal renflé (fig. 2 K). Il porte 2 lamelles petites et droites ; la lamelle externe va en
diminuant jusqu’au deuxième tiers du mucron où elle disparaît ; elle est cachée vers la base
par le corps mucronal renflé.
Les 2 épines anales sont bien développées : elles mesurent de 60 à 80 ij.m (moyenne :
70 p„m). Elles sont donc, en général, 0,8 fois plus courtes que les griffes ILL Elles sont portées
par 2 papilles anales bien développées (un tiers à un quart de la longueur des épines), non
confluentes à leur base.
La chétotaxie dorsale est constituée par trois sortes de soies : des microchètes, des
macrochètes longues, épaisses, crénelées, et des soies « sensorielles » lisses, fines et allongées.
Chétotaxie de la tête classique du genre. Notons que Oc 2 est présente, seule, sur 70 % des
aires oculaires, avec 0c 3 sur 15 % et que 15 % n’ont aucune soie.
Chétotaxie du thorax très proche de celle de T. mendizabali. Notons cependant l'absence
chez T. atlantea de a 4 ou a 5 , des macrochètes m 4 chez 80 % des individus, que sur le méta-
thorax les a 3 sont parfois absentes (60 %), ainsi que une a 2 (20 % des cas) ou une p 3 (20 %
des cas), que sur le mésothorax m 3 ou m 5 sont présentes chez 20 % des individus.
Les chétotaxies des trois premiers segments abdominaux sont elles aussi identiques
à celle de T. mendizabali ; il en est de même pour les segments 4, 5 et 6. Notons parfois
cependant la présence chez T. atlantea de a 3 sur le segment 4 (50 % des cas) et l’absence
de m 5 (80 % des cas).
Cette espèce rentre dans la lignée A (sur abd. 4 : p 4 microchète et p 2 macrochète),
comme T. mendizabali dont la chétotaxie est pratiquement semblable.
6. Bonetogastrura cavicola (Borner, 1901)
Cette espèce a été trouvée dans de nombreuses grottes d’Europe : en Allemagne, en
Roumanie, en Bulgarie, en Suisse, en Yougoslavie, en Autriche, en Italie, en Pologne,
en Tchécoslovaquie, en Afghanistan, en Russie. Dans des galeries de mines en Allemagne
(Siebengebirges), en France (Haute-Saône). Elle a été trouvée, plus rarement, dans le sol :
en Yougoslavie par Rémy (citadelle en ruine de Sjenica à 1 000 m d’altitude ; 1 ex.) et dans
les Alpes autrichiennes (de 1900 à 2 500 m par Kseneman, 1938, et Franz, 1950 et 1954).
Elle fut décrite, d’une grotte de Westphalie (Allemagne), par Borner (1901) sous le
nom d ’Achorutes cavicolus, proche de Ceratophysella armata, de qui elle différait par l’absence
de « sac éversible » entre le 3 e et le 4 e article antennairc, par un mucron un peu plus court
avec un lobe plus bas sur la lamelle latérale externe, par des soies corporelles et des épines
anales plus longues et par une pigmentation plus claire et répartie en taches. Borner la
considérait comme une armata adaptée à la vie cavernicole. En 1922, Ionesco la trouvait
dans une grotte des Carpathes méridionales en Roumanie. Ses exemplaires différaient
cependant de ceux de Borner par la forme de leur mucron : « la lamelle externe a le bord
presque ovale, et elle ne se prolonge pas par une dent aplatie, comme c’est le cas habituel
chez VH. armata » ; de plus, les papilles anales ne se touchaient pas à leur base, les soies
— 261 —
corporelles étaient environ deux fois plus longues que les segments, le corps et les yeux
étaient dépigmentés et leur longueur totale était seulement de 0,94 mm. Sur la base de ces
différences Bonet, en 1930, crée pour les exemplaires roumains une nouvelle espèce :
H. jonescoi que Gisin, en 1960, placera dans les species dubiae.
Denis, en 1935, étudia d’une façon approfondie 35 exemplaires parmi 70 trouvés par
Rémy dans la grotte de Tubica pecina (Serbie) en Yougoslavie. C’est la première étude
« de la variation à l’intérieur du linnéon cavicola ». Il trouve quatre exemplaires sur 70
presque noirs ; les autres plus clairs avec le pigment résiduel réparti en taches. Toujours
8 + 8 cornéules et 3 soies oculaires. Organe postantennaire avec toujours 4 tubercules.
Chez les adultes, de 5 à 9 sensilles sur l’article antennaire IV. Rétinacle avec 4 dents, rare¬
ment 5 (5,9 %). Dens avec 7 soies, parfois seulement 6 (15,3 %).
En 1949, Stach donne une diagnose complète basée sur des exemplaires de grottes
de Hongrie, Autriche et Allemagne, avec : 6 sensilles à l’article antennaire IV, organe
postantennaire avec 4 tubercules périphériques, toujours 8 + 8 cornéules, dens avec 7 soies
(anormalement 8), dont la basale-externe aussi longue que la dens, rétinacle avec 3 dents.
Pour Stacii c’est une espèce troglobie, non encore trouvée hors des grottes, et qui y vit
depuis relativement peu de temps et est donc peu modifiée.
Strebel, en 1959, signale une variabilité du nombre de cornéules dans une population
d’une mine des « Siebengebirges » (Allemagne) : le plus souvent 5 + 5 cornéules, parfois
4 + 4 , 5 + 4, 6 + 5, 6 + 6 et 7 + 6.
Gisi.n, en 1960, place cavicola dans le sous-genre Ceratophysella, avec pour caractéris¬
tiques principales : une macrochète proximale à la dens deux fois plus large et deux fois
plus longue que les soies dentales médianes, un rétinacle avec 3 + 3 dents et peu de pig¬
ment.
Stacii, en 1960, signale la présence de cavicola dans une grotte d’Afghanistan. Les
20 exemplaires présentent un rétinacle avec 4 dents sur chaque rame.
Gisin, en 1962, réétudie les types de Borner et découvre qu’en réalité les rétinacles
portent hien 4 + 4 dents et non 3 + 3 comme le décrivent Borner et Stacii. Gisin signale
aussi une légère variabilité dans le nombre de cornéules, dans des populations de deux
grottes des Alpes autrichiennes (Wilhelminenhôle près de Lunz, et Katerloch près de Weiz) :
la plupart ont 8 + 8 cornéules, mais 10 % en ont seulement 8 + 7 ou 7 + 6, rarement
7 + 7. Il considère cavicola comme une forme « intermédiaire ». A cause de sa dépigmenta¬
tion, commune à presque tous les Shaefferia ( Typhlogastrura inclus), de son écologie (forme
troglobie), Gisin pense que c’est dans le genre Schaefferia (s.g. Typhlogastrura) que le cavi¬
cola a sa place naturelle. Pour cela, il modifie la définition du genre, en ce sens qu’il peut
se trouver 8 + 8 yeux, mais seulement chez une espèce dépigmentée, cavernicole, le « cavi¬
cola ».
Strebel, en 1963 et 1965, étudie la variabilité des cornéules chez des populations de
11. cavicola de plusieurs galeries de la mine de l’Ofenkaule (Siebengebirges). Le nombre
de cornéules varie en effet de 8 + 8 à 3 + 2, avec le plus souvent : 5 + 5 (37 %), 4 + 4
(17,5 %), 5 + 4 (11 %), 6 + 5 (8 %), 6 + 6 (6,5 %). Avec 30,7 % de cas d’asymétrie. Ce
qui fait par aire oculaire : 8 chez 2,9 %, 7 chez 5,5 %, 6 chez 12 %, 5 chez 49,3 %, 4 chez
25,5 %, 3 chez 4,4 %, 2 chez 0,4 %. Il y a aussi une variabilité dans le diamètre et la posi¬
tion des cornéules résiduelles.
Nous avons étudié la variabilité de cavicola grâce à l’obligeance de nos collègues,
— 262 —
M lle C. Dottorini, MM. H. Gisin, K. Hauser et H. Plachter, qui nous ont légué diffé¬
rentes populations d’une vingtaine d’individus chacune. Qu’ils en soient ici remerciés à
nouveau. Ces populations proviennent des grottes de Monte Cucco (Italie), de Wilheminen
(Autriche) et de Buchner (Krottenhof, Allemagne).
La longueur des adultes (60 % de femelles) varie de 1 100 à 2 400 pm, avec une moyenne
de 1 500 pm (L. tète : de 200 à 400 pm, moyenne : 260 pm ; L. thorax + abdomen : de 900
à 2 000 pm, moyenne : I 250 pm). Signalons que les exemplaires de la population de la grotte
de Monte Cucco sont les plus grands (L. moyenne : 1 750 pm). Ceci est bien sûr valable
aussi pour les autres mesures des divers organes. Les animaux sont jaune clair avec de
nombreuses taches de pigment résiduel brun-violet clair. Les deux aires oculaires sont
pigmentées en noir ; elles sont un peu plus claires vers l’arrière. La pigmentation est proche
de celle de T. topali. Rappelons que Denis (1935) trouva 4 individus sur 70 presque noirs
(Yougoslavie).
L’article antennaire IY porte de 6 à 9 sensilles : 6 chez 30 %, 7 chez 63 %, 8 chez 5,5 %
et 9 chez 1,5 %. Les auteurs précédents ne signalaient que 6 sensilles. Il y a assez souvent
(30 %) des asymétries d’une sensille entre les articles antennaires IV droit et gauche.
L’organe apical exsertile est trilobé chez 19 % des cas, bilobé chez 24 % et unilohé chez
57 %, dont 16 % avec un « téton » à l’apex. Proéminence cylindrique apicale avec une soie
classique de la famille, tout comme l’article antennaire III.
C’est la plus grande longueur de l’organe postantennaire qui est la plus variable selon
les populations : de 26 à 38 (moyenne : 32) pour celles de Wilheminenhôhle et de Buchner-
liôhle, et de 38 à 60 (moyenne : 47 pm) pour celle de Monte Cucco. L’organe postantennaire
(fîg. 2 L et M) présente la plupart du temps 4 tubercules périphériques (95 %), parfois 5
(5 %), de forme régulière, les deux antérieurs plus grands que les deux ou trois postérieurs.
Il y a 10 % d’asymétrie (5 -(- 4). Signalons que trois exemplaires de la grotte de Monte
Cucco présentaient un organe postantennaire de même forme que chez Ceratophysella hystrix
(Handschin, 1924), les deux tubercules postérieurs entourant plus ou moins le tubercule
« accessoire » (fig. 2 L).
La population de la grotte d’Italie présente toujours 8 + 8 cornéules. Signalons cepen¬
dant un individu avec 9 cornéules à droite, la cornéule G étant dédoublée (fig. 2 L). Les
deux populations des deux grottes d’Autriche et d’Allemagne présentent 8 + 8 cornéules
dans 70 % des cas, 8+7 dans 22,5 % et 7 + 7 dans 7,5 % (fig. 2 M). Ce qui fait 8 cornéules
par aire oculaire chez 81,25 % et 7 chez 18,75 %. Par « fusion » de C et 11 dans 67 % des cas
(fig. 2 M) et de F et G dans 33 % des cas. Chez 2 % des cornéules (C, D, (fig. 2 M droite),
F, G et H) le diamètre est réduit de moitié environ (6 pm). Le diamètre des cornéules varie
de 8 à 14 pm (moyenne : 12 pm). Rappelons enfin la grande variabilité dans les populations
des différentes galeries de l’Ofenkaule (Siebengebirges en Allemagne) étudiées par Gisin
et Strerel (de 8 + 8 à 3 + 2). Chez cette espèce, cette large variabilité n’est connue que
pour ce cas.
La longueur du tibiotarse III est comprise entre 61 et 120 pm (moyenne : 82 pm).
Il porte 18 soies, rarement 17 (1 %). Il n’y a pas d’ergot capité. Les grilles présentent une
dent interne, située en général vers la moitié de leur bord interne. Elles portent aussi 4 dents
latérales : 2 sub-hasales et 2 subapicales. Les griffes sont allongées, mais mesurent cependant
toujours moins que les tibiotarses (L. : de 52 à 110 pm ; moyenne : 75 pm). Elles sont un
peu moins fines et élancées que celles des autres espèces de ces deux genres ; elles sont proches
— 263 —
de celles de T. topali. La griffe III est, en moyenne, 1,1 fois plus grande que la dens. L’empo-
dium présente une assez grosse lamelle basale ; son filament apical atteint en général la
moitié du bord ventral de la griffe.
Le rétinacle porte le plus souvent 4 dents par bras (94 %), et rarement 5 ou 3 (2 %
chacun). Il y a 7,5 % de cas d’asymétrie (5 —4 et 4 —3).
La dens (fig. 2 N), de longueur comprise entre 52 et 104 (an (moyenne : 73 p.m), porte
le plus souvent 7 soies (95 %), parfois 6 (5 %). Il y a 10 % d’asymétrie (7 + 6). Signalons
que Stach (1949) indique que parfois « anormalement » la dens porte 8 soies. Rappelons que
la macrochète proximale de la dens est, d’après Gisin (1960), deux fois plus large et deux fois
plus longue que les soies médianes. Dans nos mesures nous trouvons pour le rapport macro¬
chète basale/microchète basale de 1,8 à 2,9 (moyenne : 2,3). D’après Stach (1949), la macro¬
chète basale est presque aussi longue que la dens. Dans nos mesures nous trouvons que la
longueur de la macrochète basale est de 0,7 à 0,9 fois (moyenne : 0,8) celle de la dens. Le
mucron (fig. 2 N) bien développé, droit, à l’apex arrondi est de type armcita ; sa longueur
est comprise entre 20 et 48 p.m (moyenne : 33 (im). La dens est donc, en moyenne, 2,2 fois
plus longue que le mucron. Signalons que Denis (1935) donnait ce rapport pour très varialde
(allant de 1,85 à 3,65 ; en moyenne : 2,6) ; Stach le donnait de 2,2 à 2,6.
Les 2 épines anales sont assez longues et fines. Leur longueur est comprise entre 60
et 120 (im (moyenne : 84 p.m). Elles sont donc, en général, 1,1 fois plus longues que les
griffes III (côté dorsal). Elles sont portées par deux papilles anales non confluentes à leur
base et mesurant un peu plus du tiers de la longueur des épines.
La chétotaxie dorsale est formée de trois sortes de soies : micro- et macrochètes barbelées
et soies « sensorielles » lisses et effilées.
La chétotaxie de la tête est classique des Hypogastruridae. Rarement (5 % chacun)
une sd 4 , une d 2 , une p 4 manquent. La plupart du temps, les 3 soies oculaires sont présentes.
Dans 2 % des cas une Oc 4 manque, dans 5 % des cas c’est une Oc 3 qui manque.
Le prothorax est classique avec 3 + 3 soies chez 80 % des individus, 3 + 2 chez 10 %
(une m 4 ou une m 3 manquant), 2 + 2 chez 8 % (les 2 m 4 absentes ou une m 4 et une m 3 )
et 3 + 1 chez 2 % (sans m 3 , ni m 4 ). Classiques aussi sont les chétotaxies des méso- et méta-
thorax : elles sont très proches de celles de B. balazuci. Rarement (2 % des cas chacun)
une a 2 , ou une p 2 , ou une p 3 , ou une p 4 manquent. Signalons, chez 5 % des cas, la présence
d’une soie m 2 à droite ou à gauche. La rangée moyenne est plus complète que chez B. bala¬
zuci par la présence de m 4 et in 5 et d’une soie m' 4 située entre et en arrière des précédentes.
Les chétotaxies des trois premiers tergites abdominaux sont identiques avec chacun
2 rangs de 5 + 5 soies. Notons que dans 10 % des cas une a 3 manque, dans 10 % les deux a 3
manquent. Notons aussi qu’une p 4 , ou une p 2 , ou une p 3 sont absentes chez 5 % des indi¬
vidus.
Tergite abdominal 4 avec 3 rangs de soies. L’antérieur avec 4+4 (a 3 ou a 4 man¬
quantes) ; la moyenne avec 3 + 3 (m 2 et m 3 manquantes) ; la rangée postérieure le plus
souvent complète (60 %) avec 5 + 5 soies (macrochètes en p 4 , donc groupe B, et p g , soie
« sensorielle » en p 5 ), parfois (20 %) une p 3 manque (5 + 4), parfois (20 %) les deux p 3
manquent (4 + 4). Notons aussi que chez 5 % des individus, une p 4 manque et chez 3 %
une p 2 .
Chétotaxies des tergites abdominaux 5 et 6 classiques.
264 —
La chétotaxie dorsale de B. cavicola est donc très proche, quoique un peu plus complète,
de celle de B. balazuci. Elle est très proche aussi de celle de C. armata (cf. Massoud et
Tiiibaud, 1973). Elle fait partie du groupe B.
7. Bonetogastrura spelicola (Gisin, 1964)
Cette espèce a été trouvée dans la grotte de Wendellucke, près de Kleinzell en Basse
Autriche, en une centaine d’exemplaires. Elle a été décrite par Gisin (1964), dans le sous-
genre Typhlogastrura.
L’examen d’une cinquantaine de paratypes, aimablement prêtés par Gisin, nous permet
de préciser la variabilité des caractères morphologiques de cette espèce.
La longueur des adultes (57 % de femelles) varie de 1 200 à 2 400 pm, avec une moyenne
de 1 900 p.m (L. tête : de 240 à 360 pm, moy. : 310 pm ; L. thorax + abdomen : de 960
à 2 040 pm, moy. : 1 590 pm). D’après Gisin, corps blanc sans pigment, avec les aires ocu¬
laires montrant parfois une trace de pigment bleu.
Cette espèce se caractérise par la présence d’aires téguinentaires à gros grains cutanés
sur les tergites thoraciques II et III et abdominaux 1 à 5 (fig. 2 S et T).
L’article antennaire IV porte toujours 7 sensilles (avec classiquement : 2 subapicales
externes, 2 dorsales, 2 dorso-internes et 1 dorsale, au-dessus de la sensille de garde latérale
interne de l’organe antennaire III). L’organe apical exsertile présente souvent un début
de subdivision. Organe antennaire III classique.
Organe postantennaire relativement moyen ; sa plus grande longueur varie de 37 à
51 pm (moyenne : 43 pm). Il présente toujours 4 tubercules (fig. 2 O et P) ; les 2 antérieurs
plus allongés et dans le prolongement l’un de l’autre, les 2 postérieurs plus petits et perpen¬
diculaires aux précédents.
D’après Gisin, on trouve parfois 4 à 5 corneilles plus ou moins petites, mais générale¬
ment, il en reste moins. En fait, la variabilité est très forte, puisque dans cette population
le nombre de cornéules par aire oculaire varie de 1 à 7 ! Certaines cornéules résiduelles,
les postérieures en général, ont un diamètre plus réduit et sont moins bombées que les cor¬
néules antérieures ; elles sont de ce fait moins visibles (phot. 9 et fig. 2 O et P). De plus,
elles sont parfois cachées par la présence d’un grain tégumentaire placé en leur centre.
En tenant compte de toutes les cornéules, réduites ou non, nous trouvons 7 cornéules chez
26 % des aires oculaires, 6 chez 38 %, 5 chez 20 %, 4 chez 10 %, 3 chez 4 % et 2 ou 1 chez
1 % chacune. Les asymétries sont nombreuses (chez 56 % des individus). Par individu
nous avons trouvé : 7 —f— 7 cornéules chez 16 % ; 6 -f- 7 chez 18 % (fig. 2 O et P) ; 6 -j- 6
chez 18 % ; 6 + 5 chez 12 % ; 6 -|- 4 chez 8 % ; 5 + 5 chez 10 % ; 5 + 4 chez 8 %, 4 + 3
chez 4% et 6 + 3, 1+7, 3 + 2 chez 2 % chacun. A titre indicatif, voici les pourcentages
du nombre de cornéules non réduites : 7 chez 19 % ; 6 chez 32 % ; 5 chez 23 % ; 4 chez
8 % ; 3 chez 11 % ; 2 chez 6 % et 1 chez 1 %. Pour les cornéules bien visibles, bombées,
en général les antérieures, le diamètre n’est que légèrement réduit : il varie de 9 à 12 pm
(moyenne : 10 pm). Pour les cornéules moins visibles, moins bombées, le diamètre est réduit
de moitié environ : il varie ainsi de 4 à 6 pm (moyenne : 5 p.m).
Les cornéules qui subsistent le plus souvent sont les cornéules A, B et C : elles sont
présentes sur 80 à 90 % des aires oculaires (dans 1 à 5 % des cas elles sont alors réduites).
— 265 —
Les corneilles D, E et F ou G sont présentes sur 70 % des aires oculaires (dans 15 à 20 %
des cas elles sont alors réduites) ; enfin, la cornéide H est présente sur 50 % des aires ocu¬
laires.
La longueur du tibiotarse III chez l’adulte varie de 84 à 120 (un (moyenne : 106p.m).
Il porte 18 soies ; il n’y a pas d’ergot capité. Les griffes présentent une dent interne, située
en général vers la moitié de leur bord interne et 4 dents latérales : 2 sub-basales et 2 sub¬
apicales (L. : 5 pan environ). Notons aussi la présence d’une « couronne » de très petites
dents (L. : 2 p.m environ) sub-basales (phot. 10). Les griffes sont fines et allongées ; elles
sont égales ou légèrement plus longues que le tibiotarse, comme chez T. mendizabali. La
griffe III mesure (côté dorsal) de 86 à 124 p,m (moyenne : 108 p.m). Elle est 1,15 fois plus
longue que la dens. Notons qu’assez souvent l’apex de la griffe est échancré. L’empodium
présente une lamelle basale assez étroite ; son filament apical atteint environ la moitié
du côté ventral de la grille (0,4), donc la dent interne.
Le rétinacle possède le plus souvent 4 dents par bras (88 %), parfois 5 (12 %). Il y a
20 % d’asymétrie (5 -f- 4) sur le nombre de dents portées par chacun des 2 bras du réti¬
nacle.
La dens est proportionnellement un peu moins longue que chez les espèces précédentes ;
elle mesure de 70 à 116 p.m (moyenne : 93,5 p.m). Elle porte toujours 7 soies. Le mucron
est proportionnellement légèrement plus court que chez les deux premières espèces : il
mesure de 35 à 60 pm (moyenne : 49 pm). La dens est donc en moyenne 1,9 fois plus longue
que le mucron. Ce dernier, droit à l'apex arrondi, porte toujours 2 lamelles de sa base à son
apex. 11 présente en outre, vers son milieu, un éperon sur sa face postérieure (fig. 2 Q).
Les 2 épines anales, longues et fines, souvent recourbées, mesurent de 86 à 145 pm
(moyenne : 121 pm). Elles sont donc, en général, comme chez B. subterranea, 1,1 fois plus
longues que les griffes III. Elles sont portées par 2 papilles anales non confluentes à leur
base et mesurant entre les 2/5 e et le 1/3 de la longueur des épines.
La chétotaxie dorsale (fig. 2 S et T) est formée de micro- et de macrochètes barbelées
et de soies « sensorielles » lisses et effilées. De plus, certaines macrochètes de la tête sont
transformées en « épines » plus larges et toujours barbelées (fig. 2 R).
La chétotaxie de la tête est classique des Hypogastruridae. Chez cette espèce, les macro¬
chètes d 2 et Oc 2 (fig. 2 R et S) sont épaissies et raccourcies par rapport aux macrochètes ;
elles sont transformées en « épines » légèrement barbelées. La seule variation notable se
situe sur Faire oculaire : les 2 microehètes Oc 4 sont absentes chez 20 % des individus et
manquent unilatéralement, à droite ou à gauche, chez 18 % des cas. La microchète Oc 3
et l’épine Oc 2 manquent unilatéralement chez 3 % des individus. Chez 2 % des exemplaires
une maerochète manquait d’un côté, et chez 2 % aussi une microchète était en p 3 . Chez
3 % une pj manquait.
Prothorax (fig. 2 S), classique, avec une rangée de 3 3 soies avec une maerochète
en m 4 . Signalons qu’un exemplaire n’avait ni m 3 , ni m 4 à droite et pas de m 4 à gauche.
Les chétotaxies dorsales du méso- et du métathorax sont semblables (fig. 2 S), avec
classiquement trois rangées de, respectivement, 4 —(— 4, 3 —3 et 5 —|— 5 soies. Présence de
macrochètes en a 2 (seulement sur le mésothorax), m 5 , m 6 , p 2 et p 5 . Soies « sensorielles »
en m 7 et p 4 . Les soies m 2 , m 3 (ou m 4 ) manquent. Les soies paratergales sont a g et a 6 , m 6 et
m 7 . La maerochète p 2 est bien alignée dans la rangée postérieure (groupe B). Un individu
présentait sur son métathorax, en p 3 , à droite et à gauche, une soie plus forte, égale à la
— 266 —
moitié de p 2 . Signalons aussi la présence d’une soie surnuméraire m' 4 ou m 5 au-dessous des
soies m 4 ou m 5 . Notons la présence sur le méso- et le métathorax de 2 zones paires à gros
grains tégumentaires, situées entre les soies nij, m 4 , et p 2 , p 4 .
Les chétotaxies des trois premiers tergites abdominaux sont identiques. Ils présentent
chacun deux rangs de soies (fig. 2 T) : comme chez B. subterranea. Un individu n’avait
ni a 4 , ni a 2 à gauche et pas de a 2 à droite. Signalons la présence sur ces tergites abdominaux 1,
2 et 3 de trois zones paires à gros grains situées entre les soies a 2 et p 2 , entre a 3 , a 4 , a 5 et p 3 ,
p 4 , p 5 et entre a 6 et p 6 (fig. 2 T).
Le tergite abdominal 4 porte trois rangées de soies (fig. 2 T). L’antérieure avec -4 —4
microchètes (a 2 absente) est prolongée par la microchète a 6 . La rangée moyenne avec 3 + 3
ou 2 + 2 microchètes (m 2 , m 3 absentes, parfois aussi m 4 ) est prolongée par la microchète
m 6 . La rangée postérieure est complète avec 5 + 5 soies (macrochètes en p 4 et p 4 ; soies
« sensorielles » en p 5 ). Cette espèce est donc bien de la lignée B. Nous avons trouvé un exem¬
plaire dont la macrochète p 4 était transformée à gauche en microchète ; de plus, cet exem¬
plaire n’avait pas m 4 à gauche. Nous avons aussi trouvé 2 individus sans p 3 à droite. Notons
la présence de 3 zones à gros grains sur ce tergite : une zone médiane entre les soies a 4 ,
a 4 , m 4 , p 4 , p 4 et m 4 ; 2 zones paires entre les soies a 3 , a 6 , m 6 , p 5 et p 2 (fig. 2 T).
Le tergite abdominal 5 est classique (fig. 2T):2 + 2et3 + 3 soies (avec macrochètes
en p 2 et soies « sensorielles » en p 4 ; p 4 absente). Chez 15 % des individus les deux p 3 man¬
quaient, chez 12 % une seule p 3 manquait. Sur un exemplaire il n’y avait pas de macrochète
p 2 à droite ; chez un autre, p 2 était à gauche une microchète. Notons que le tergite 5 est
couvert de gros grains dans la zone portant les soies (fig. 2 T).
Le tergite abdominal 6 est classique. La chétotaxie de cette espèce est donc proche de
celle de B. subterranea et de B. cavicola.
Cette espèce est proche de B. cavicola ; elle en diffère par ses macrochètes spiniformes
sur la tête, par ses aires à gros grains cutanés et par le nombre et la taille des cornéules.
8. Typhlogastrura breuili Thibaud, 1967
Cette espèce a été trouvée par II. Breuil à qui nous l’avons dédiée. Elle avait été
récoltée, en deux exemplaires (1 (J et 1 Ç), en 1918, dans la « Cueva del Penon grande »,
située à 900 m d’altitude, au pied du Penon grande (Grazalema, Province de Cadiz, Espagne).
Nous avons décrit cette espèce en 1967. Lors d’une mission en Espagne du Sud, en 1972,
j’ai pu en retrouver, dans la même station (sur des flaques d’eau), une dizaine d’exemplaires
(dont 8 adultes), ce qui me permet aujourd’hui d’en préciser la variabilité.
La longueur des adultes (50 % de femelles) varie de 1 250 à 2 300 pm, avec une moyenne
de 1 760 p.m (L. tète : de 250 à 400 pm, moyenne : 310 pm ; L. thorax + abdomen : de
1 000 à 1 900 pm, moyenne : 1 450 pm). Ces mensurations sont proches de celles de T. speli-
cola. L’animal est blanchâtre, avec quelques granulations pigmentaires résiduelles sur la
face dorsale, légèrement plus concentrées sur les aires oculaires.
L’article antennaire IV porte 9 sensilles, dont 2 toujours subapicales externes encadrant
la petite sensille logée dans une fossette tégumentaire, 5 dorso-médianes et 2 dorsales
internes. La vésicule apicale exsertile est trilobée avec 2 lobes arrondis et 1 lobe plus allongé ;
elle présente un tégument finement granulé (fig. 3 A). Proéminence cylindrique apicale,
— 267
avec longue soie, classique de la famille. Classique aussi des llypogastruridae, l’organe
antennaire III.
Organe postantennaire, relativement, moyen : sa plus grande longueur varie de 28 à
42 pm (moyenne : 35 pm). Il présente souvent 6 tubercules périphériques (54,3 %), de forme
allongée et arrondie, avec souvent des diverticules secondaires renflés (fîg. 3 B et C), parfois
seulement 5 (33,2 %) et plus rarement 7 (12,5 %). Il y a 75 % de cas d’asymétrie (surtout
6 + 5 : 50 % du total, 5 -j- 7 : 16,7 %, et 6 + 7 : 8,3 %).
Il y a 2 (58 %) ou 3 (42 %) cornéules par aire oculaire ; avec 33 % d’asymétrie (3 + 2).
Ces 2 ou 3 cornéules résiduelles ont la particularité d’être le plus souvent situées à la limite
de l’aire oculaire (fîg. 3 C et phot. 11) ; on peut les assimiler aux cornéules A, E et F - G.
Elles sont parfois assez plates (phot. 12) parfois plus bombées. Leur diamètre n’est que
légèrement réduit puisqu’il varie de 10 à 13 p.m (moyenne : 11,2 pm).
La longueur du tibiotarse 111 varie chez l’adulte de 90 à 140 p.m (moyenne : 119 [Ain).
11 porte en général 18 soies ; rarement 16 ou 17. Il n’y a pas d'ergot capité. Les griffes pré¬
sentent une dent interne, située en général vers la moitié de leur bord interne, parfois légè¬
rement plus vers l’apex. Elles possèdent aussi 2 petites dents latérales sub-basales et 2 petites
dents latérales subapicales, plus difficilement visibles. Ces griffes sont fines et très allongées.
Ainsi, la griffe III mesure (côté dorsal) de 88 à 130 pm (moyenne : 107 pm). Elle est 0,9 fois
plus petite que la dens. L’empodium présente une petite lamelle basale ovale, avec une
ornementation cbitinisée externe ; son large filament apical est assez long ; il atteint envi¬
ron les 3/5 e du côté ventral de la griffe (0,7).
Le rétinacle possède le plus souvent 4 dents par bras (96 %) ; rarement 5 (4 %). Il y
a 8 % de cas d’asymétrie (4 + 5).
La dens (fig. 3 D), relativement bien développée (de 98 à 150 pm ; moyenne : 118 [im),
porte toujours 7 soies. Le mucron est relativement plus réduit ; il mesure de 30 à 56 pm
(moyenne : 44 [tm). La dens est donc 2,8 fois, en moyenne, plus longue que le mucron.
Ce dernier, bien séparé de la dens, est droit et a l’apex arrondi (fig. 3 D et E), il porte
2 lamelles, l’une interne assez large, l’autre externe plus étroite. La première va du quart
antérieur du mucron à son apex, la seconde court tout au long du mucron. Le corps mucronal
présente une crête postérieure renflée (fig. 3 E).
Les 2 épines anales sont bien développées ; elles mesurent de 65 à 105 pm (moyenne :
87 pm). Elles sont donc, en général, 0,8 fois plus courtes que les griffes III. Elles sont portées
par 2 papilles anales bien développées (un tiers à un quart de la longueur des épines), non
confluentes à leur base.
La ebétotaxie dorsale est formée ici encore de trois sortes de soies : des micro- et des
inacrochètes crénelées et des soies « sensorielles » lisses, fines et allongées.
La chétotaxie de la tête est caractéristique de la famille des Hypogastruridae. A noter
cependant l’absence de la soie Oc x sur Faire oculaire.
Le prothorax est lui aussi classique avec une rangée de 3 + 3 soies. Signalons qu’un
exemplaire avait une soie supplémentaire à gauche : la soie m 2 (: 3 + 4), et qu’un autre
n’avait pas de m 3 à droite (: 2 + 3). Notons aussi que la soie m x est plus longue et plus
épaisse que la soie m 3 .
Les chétotaxies dorsales du méso- et du métathorax sont semblables et classiques.
Il y a 3 rangées avec, respectivement, 3 + 3 ou 4 + 4, 2 + 2 et 5 + 5 soies se prolongeant
latéralement, pour les deux premières, par 2 soies paratergales : a 5 et a 6 , m 6 (macrochète)
— 268 —
et m 7 (soie « sensorielle »). Présence de macrochètes en m 4 , p 2 (qui a migré vers l’avant,
donc groupe A, ce qui en 1967 nous l'avait fait confondre avec une m 2 et nous avait fait
considérer que la soie « sensorielle » était en p 3 ), p 3 et p 5 ; soie « sensorielle » en p 4 . Les soies a 3
sont toujours absentes sur le métathorax (: 3 —3) ; sur le mésothorax, elles sont présentes
toutes les deux chez 10 % des individus (: 4 -f- 4), une seule est présente chez 80 % (: 3 + 4).
Les chétotaxies des trois premiers tergites abdominaux sont semblables, avec chacune
seulement 2 rangées de soies : l’antérieure avec 4 + 4 soies en général (a 3 manquantes) ;
signalons que, cependant, une des deux a 3 est présente chez 10 % des individus. La rangée
postérieure présente elle 5 + 5 soies avec des macrochètes en p 2 et p 4 et 2 soies « senso¬
rielles » en p 5 (les soies p 3 étant absentes) ; précisons que chez 10 % des cas, une des deux p 3
Fig. 3. — A-E : Typhlogastrura breuili : A, apex de l’article antennaire IV ; B, trois organes postantennaires ;
C, aire oculaire droite (avec 2 cornéules) ; D, dens et mucron (face postérieure) ; E, mucron (vue laté¬
rale) .
F-G : Typhlogastrura topali : F, aires oculaires droite et gauche (avec 4 + 3 cornéules) ; G, deux
muerons (faces postérieure et latérale).
H-.I : Bonetogastrura delhezi : H, aires oculaires droite et gauche (avec 2 + 2 cornéules résiduelles) ;
I, deux muerons (faces latérale et antérieure) ; J, languette abdominale impaire sur le tergite abdo¬
minal 5.
K-L : Bonetogastrura soulensis : K, aire oculaire droite (avec 3 cornéules résiduelles) ; L, dens et
mucron (face postérieure).
M-N : Typhlogastrura alabamensis : M, aires oculaires droite et gauche (avec 5 + 5 cornéules) ;
N, deux muerons (faces postérieure et latérale).
O-Q : Typhlogastrura christianseni : O, deux organes apicaux exsertiles de l’article antennaire IV ;
P, aire oculaire gauche (avec 4 cornéules) ; Q, mucron, dens et mucron (vues latérales).
— 269 —
est cependant présente. La rangée moyenne est absente, seule subsiste généralement la
soie paratergale m 7 .
Le tergite abdominal 4 porte 3 rangs de soies. L’antérieur avec 4 -f- 4 (a 2 absentes ;
a 4 et a 5 macrochètes) ; chez 10 % des exemplaires une a 3 manquait (: 3 + 4). Signalons
que les 2 soies a 4 sont légèrement écartées latéralement (longueur a 4 -a 4 > m 4 -mq). Le
rang moyen n’a que 2 —2 soies (m 2 , m 3 , m 4 , absentes) prolongé par m 6 . Dans 30 % des cas
notons la présence d’une m 4 (: 2 —3). Quant au rang postérieur, il présente 4 -)- 4 soies
(p 3 absentes ; p 2 et p 4 macrochètes ; p 5 soies « sensorielles »), prolongées par p 6 macrochètes.
Chez 10 % on trouve une seule p 2 (: 4 -)- 3) ; chez 10 % on constate la présence des 2 p 3
(: 5 —(— 5) ; chez 30 % la présence d’une seule p 3 (: 5 -j- 4). Cette espèce rentre donc bien dans
le groupe A (p 4 microchètes ; p 2 macrochètes). Notons que chez un individu la soies p 2
gauche était une microchète.
Les tergites abdominaux 5 et 6 sont classiques de ce genre avec chacun 2 rangées de
soies comme chez T. mendizabali ; toute la chétotaxie de T. breuili est d’ailleurs proche de
celle de cette espèce.
0. Typhlogastrura topali (Loksa et Bogojevic, 1967)
Cette espèce a été trouvée en 1964 par G. Topal dans deux grottes de la région de
Dubrovnik (Croatie) en Yougoslavie. Elle fut décrite par Loksa et Bogojevic (1967)
dans le genre Schaefferia. Lors d’une mission Muséum en Yougoslavie, en juin 1975, nous
avons récolté un très grand nombre d’individus de cette espèce dans le guano de l’une des
deux grottes, celle de Vilina Kucina (ou Vilina pecina ou Vilin Stan), dans la commune
de Komoloc. L’étude de 100 exemplaires adultes nous permet de préciser la variabilité
des caractères morphologiques et chétotaxiques de cette espèce.
La longueur (antennes et épines anales non comprises) des adultes (61 % de femelles)
est assez petite : elle varie de 1 000 à 1 500 pm, avec une moyenne de 1 200 |im (L. tête :
de 180 à 280 pm, moyenne : 220 pm ; L. thorax -f- abdomen : de 800 à 1 220 pin, moyenne :
950 pm). Loksa et Bogojevic indiquent une longueur de 1,2 à 2 mm. L’animal est jaunâtre,
avec d’assez nombreuses taches de pigment brun-noir. Les aires oculaires sont souvent
très foncées. Elles portent, une seule grosse tache ou, chez les animaux les plus clairs, deux
taches, une foncée à l’avant et une plus claire à l’arrière.
L’article antennaire IV porte de 5 à 9 sensilles, en général 7 (5 : 5 % ; 6 : 10 % ; 7 :
A0 % ; 8 : 25 % et 9 : 20 %), dont 2 toujours subapicales externes encadrant la petite
sensille globuleuse. L’organe apical exsertile arrondi est simple. Organe antennaire [Il
classique de la famille.
Organe postantennaire, relativement, moyen : sa plus grande longueur varie de 18 à
28 pm (moyenne : 25 pm). Il présente le plus souvent 4 tubercules périphériques (91 %
des cas : fig. 3 F), plus rarement 5 (6 %) ou seulement 3 (3 %). Il y a 12 % de cas d’asymétrie
(6 % : 5 -f- 4 et 6 % : 4 -f- 3). Les tubercules sont classiques, ovoïdes, unilobés, assez rare¬
ment découpés. Généralement les deux tubercules antérieurs sont plus longs que les deux
postérieurs.
Il y a de 2 à 5 cornéules par aire oculaire, en général 4 (2 cornéules seulement chez
5,5 % des aires oculaires, dont 0,5 % avec une cornéule de taille réduite ; 3 cornéules chez
270
25 %, dont 1,5 % avec une cornéule réduite ; 4 chez 68 %, dont 7 % avec une cornéule
réduite ; 5 chez 1,5 %). Il y a 33 % de cas d’asymétrie, d’une cornéule en plus ou en moins,
entre les aires oculaires droite et gauche, dont 19 % avec 4 + 3 (fig. 3 F). Loksa et Bogojevic
indiquent de 3 à 6 yeux, avec une majorité de 4 + 4. Le diamètre des cornéules est un peu
réduit ; il varie de 7 à 12 p.m (moyenne : 9 pm). Remarquons que les 9 % de cornéules réduites
ont un diamètre de 4 à 5 p.m (moyenne : 4,9 p.m).
Les cornéules subsistantes sont dans 86 % des cas la B, dans 78,5 % la F-G, dans
64 % la A-D, dans 57 % la C-H, dans 21,5 % la A, dans 7 % la C ou (et) la D, dans 3,5 %
la C-D ou (et) la A-B. Les cornéules à diamètre réduit de moitié sont le plus souvent C,
F-G ou D.
La longueur du tibiotarse III, chez l’adulte, varie de 55 à 72 p.m (moyenne : 63 uni).
Il porte généralement 18 soies ; il n’y a pas d’ergot capité. Les griffes présentent classique¬
ment une dent interne, située vers la moitié de leur bord interne. Elles portent aussi 2 dents
latérales sub-basales et 2 dents latérales suhapicales. Ces griffes sont moyennement fines
et allongées, plus courtes que les tibiotarses. La griffe III mesure de 46 à 70 p.m (moyenne :
58). Elle est 1,3 fois plus grande, en général, que la dens. L’empodium présente une lamelle
basale ; son filament dépasse légèrement la moitié du côté ventral de la griffe (0,6).
Le rétinacle possède le plus souvent 4 dents par bras (90 %), parfois 3 (7,5 %) et plus
rarement 5 (2,5 %). Il y a 10 % de cas d’asymétrie, dont 7,5 % avec 4 + 3. Loksa et
Bogojevic signalent avoir trouvé un bras de rétinacle (sur 58) avec 6 dents.
La dens, assez courte (de 32 à 54 p.m ; moyenne : 44 p.m), porte en général 5 (39 %)
ou 6 soies (36,5 %), parfois seulement 4 (16,5 %), plus rarement 7 (7 %) et très rarement 3
(1 %). Il y a 52 % de cas d’asymétrie sur le nombre de soies portées par les dens (surtout,
6 + 5:18%;5 + 4:13%;7 + 6et6 + 4:7% chacun). Le mucron est lui aussi assez
petit ; il mesure 13 à 22 p.m (moyenne : 17 pim). La dens est donc 2,6 fois en moyenne plus
longue que le mucron. Celui-ci, droit, à l’apex arrondi, porte 2 lamelles interne et externe.
Un appendice en forme de dent arrondie, parfois en crochet, est présent sur la face posté¬
rieure du corps mucronal (fig. 3 G).
Les 2 épines anales sont bien développées ; elles mesurent de 44 à 60 (im (moyenne :
51 p.m). Elles sont donc, en général, 0,9 fois plus courtes que les griffes III. Elles sont portées
par 2 papilles anales bien développées (un tiers à un quart de la longueur des épines), non
confluentes à leur base. Signalons la présence d’un individu avec une seule épine anale
et d’un autre avec une épine supplémentaire, impaire et médiane, entre les deux normales.
La chétotaxie dorsale est classiquement formée de microchètes, de macrochètes et
de soies « sensorielles ». Celle de la tête est classique de la famille des Hypogastruridae,
proche de celle de T. mendizabali. Il y a quelques variabilités dans les soies oculaires :
ainsi, 54 % des exemplaires observés portaient 3 soies de chaque côté (fig. 3 F), chez 18 %
une Ocj manquait, chez 12 % les deux Oc 1; chez 10 % une Oc 3 manquait, chez 2 % une
Oc 2 , chez 2 % les 2 Oc 3 manquaient. Ce qui fait que 29 % des aires oculaires ne portent
que 2 soies seulement. Signalons qu’un individu portait les 3 soies oculaires à gauche et
aucune à droite, et qu’un autre avait, à droite, une microchète en Oc 2 , pas d’Oc 3 et en plus
une macrochète, alors qu’à gauche l’Oc 2 était déplacée. Ajoutons encore que nous n’avons
jamais vu la microchète supplémentaire placée sur les figures 1, 3, 4, 5, 6, 8 et 9 de Loksa
et Bogojevic, au-dessus du macrochète Oc 2 . Chez 10 % des individus une d 4 manque,
chez 10 % aussi manque une d 2 . Chez 10 % manque une Sd 4 . Chez 3 % manque une V 4 .
— 271 —
Chez 2 % manque une C 4 , chez 10 % manque une C 2 et chez 2 % manque une C 3 . Enfin,
chez 3 % manque une p 2 .
Le prothorax porte une rangée de 3 -(- 3 soies (68 % des cas). Dans 10 % des cas chacun,
manque une m 3 , ou les 2 m 3 , ou une îrij. Enfin, dans 2 % des cas, une microchète m x supplé¬
mentaire est présente (3 + 4).
Les chétotaxies dorsales du méso- et du métathorax sont semblables mais, sur le méta-
thorax les deux soies a 3 sont petites et égales aux a-,:. Il y a classiquement 3 rangées de,
respectivement, 4 + 4, 3 + 3 et 5 + 5 soies. Sur le mésothorax : chez 3 % des cas les deux a 3
manquent, chez 5 % une a 4 manque ; chez 3 % une nq manque ; chez 3 % des cas les
deux p 4 manquent, chez 3 % une seule. Sur le métathorax : chez 3 % une irq manque ;
chez 3 % une pj manque ; chez 3 % une p 3 et chez 3 % une p 4 . Soies « sensorielles » en m 7
et p 4 . Cette chétotaxie est proche de celle de T. mencLizabali ; ici cependant la soie p 3 est
une macrochète. De plus, m 4 et m 6 sont parfois des micro- ou parfois des macrochètes.
Les macrochètes p 2 ont migré vers l’avant ; T. topali se rattache donc au groupe A, celui
de C. denticulata, des Schaefferia et des Typlilogastrura s.s.
Les chétotaxies des trois premiers tergites abdominaux sont identiques. Us présentent
chacun 2 rangées de soies souvent complètes (cf. fig. 2, Loksa et Bogojevic). L’antérieure
avec 5 + 5 soies, prolongée parfois (10 %) par a g et toujours par a 7 . Les 2 soies a 3 manquent
dans 3 % des cas, une seule dans 5 %. La soie paratergale m 7 est souvent présente (90 %
des cas). Le rang postérieur porte 5 + 5 soies (avec en p, et p 4 des macrochètes, en p 5
une soie « sensorielle ») ; il est prolongé par une macrochète paratergale p 6 et par p 7 . Une
des deux p 4 manque dans 3 % des cas ; une p 2 manque chez 2 % ; une p 3 chez 4 %, les
deux p 3 chez 2 % et p 4 et p 5 chez 2 % des individus chacun.
Le tergite abdominal 4 porte 3 rangs de soies. L’antérieur avec 4 + 4 (a 2 absentes ;
a 3 et a 5 macrochètes) ; 3 % des cas sans les deux a 4 , 2 % sans les deux a 4 . Les a 4 sont
décalées latéralement. Le rang moyen porte 3 + 3 soies (m 2 et m 3 manquants), prolongées
par des soies paratergales m 6 et m 7 . Une m 4 manque dans 5 % des cas, les deux dans 2 %
des cas. Rang postérieur classique avec 5 + 5 soies. Il se confirme donc que T. topali rentre
bien dans la lignée A (p 4 microchètes, p 2 macrochètes). Notons que les soies p 3 , p 5 et parfois
p 6 sont, pour leurs tailles, entre des macro- et des microchètes. Chez 2 % des individus
les deux p 3 manquent, chez 5 % une seule manque ; chez 2 % manque une p 4 .
Le tergite abdominal 5 porte classiquement 2 rangées de soies complètes. L’antérieure
avec 3 + 3 soies (a 3 ou a 4 absentes), prolongées par 2 soies paratergales (a 5 et a 6 ). Chez
3 % des cas une a 2 manquante. Le rang postérieur avec 3 + 3 soies (p 2 macrochète ; p 4
soie « sensorielle »), prolongées par les paratergales p 5 et p 6 . Chétotaxie du tergite 6 classique.
La chétotaxie dorsale de T. topali est donc proche de celle de T. mendizabali, mais
elle est plus complète. T. topali est une « petite » espèce. Elle se rapproche par certains
caractères (cornéules, organe postantennaire, mucron...) de B. spelicola, mais en diffère
par la chétotaxie. Elle est proche aussi de T. alabamensis et de T. christianseni.
10. Bonetogastrura delhezi (Stomp et Thibaud, 1974)
Cette espèce a été trouvée par F. Delhez dans une ancienne mine de plomb au sud
de la cuvette de Boussouil (Douar Aougdal, commune de Michelet-Djurdjura, grande
— 272 —
Kabylie) en Algérie. Nous l’avons décrite avec N. Stomp, en 1974, d’après les trois exem¬
plaires connus (2 et 1 immature).
La longueur des adultes varie de 1 800 à 2 250 pm. L’animal est blanc crème, sans
aucune trace de granulations pigmentaires résiduelles.
L’article antennaire IV porte de 8 à 15 sensilles (8 et 9, 11 et 14, 11 et 15), dont 2 tou¬
jours subapicales externes encadrant la petite sensille globuleuse logée dans une fossette
tégumentaire. Organe apical exsertile trilobé. Organe sensoriel III classique de la famille.
L’organe postantennaire est, relativement, grand (de 50 à 68 pm). Il présente le plus
souvent 7 tubercules périphériques (80 %), parfois seulement 6, de forme élancée, parfois
pliés sur eux-mêmes (fig. 3 H).
Il y a 2 (80 %) ou 3 cornéules par aire oculaire, d’un diamètre très réduit, variant de
3 à 5 pm. On peut assimiler les cornéules subsistantes à l’avant à la cornéule A, à l’arrière
à F-G (fig. 3 H).
La longueur du tibiotarse varie de 110 à 160 pm. Il porte 18 soies, sans ergot capité.
Les griffes présentent une dent interne située presque au milieu de leur bord interne et
quatre petites dents latérales, 2 sub-basales et 2 subapicales. Ces griffes sont moyennement
fines et allongées ; la longueur de la griffe III varie de 75 à 110 pm. Elle est en moyenne
0,7 fois plus petite que la dens. L’empodium présente une assez grosse lamelle basale et
un long filament apical ne dépassant cependant pas l’apex de la griffe (0,8).
Le rétinacle possède 4 dents par bras. Tube ventral avec 4 + 4 soies.
La dens, relativement assez longue (de 115 à 140 pm), porte 8 soies. Le mucron est
lui aussi assez bien développé (de 43 à 60 pm) ; il est droit et possède deux lamelles et un
renflement dorsal à sa base (fig. 3 I). La dens est, en moyenne, 2,5 fois plus longue que le
mucron.
Les deux épines anales sont bien développées (de 65 à 90 pm) ; elles sont pointues
et sont 0,8 fois moins longues que les griffes III. Elles sont portées par deux papilles anales
non confluentes à leur base et mesurant un peu moins d’un quart de la longueur des épines.
La chétotaxie dorsale est proche de celle de Bonetogastrura balazuci (lignée B : groupe
armata, tuberculata). Notons l’absence des soies Oc 4 (fig. 3 H) ; 3 rangées de 5 -|- 5, 3 -f- 3
(m 2 et m 5 manquantes, et présence de nT 3 en dessous de m 3 ), 5 + 5 soies (macrochètes
en p 2 et p 5 et soies « sensorielles » en p 4 , et en m 7 ) sur les thorax II et III ; 2 rangées de 3 + 3
(a 3 et a 5 manquantes), 5 + 5 soies (macrochètes en p 2 , p 4 (et p 6 ) ; soies « sensorielles »
en p 5 ) sur l’abdomen 1, 2 et 3 ; 3 rangées de 3 + 3 (a 2 et a 4 ou a 5 manquantes), 3 + 3
(m 2 et m 3 manquantes), 4 + 4 soies (p 3 manquantes ; macrochètes en p 4 et p 4 ; soies
« sensorielles » en p 5 ) sur l’abdomen 4. Toutes ces rangées étant, classiquement, prolongées
par 1 ou 2 soies latérales.
De plus, cette espèce se caractérise par la présence d’une languette abdominale impaire
(fig. 3 J) située sur le tergite abdominal 5 entre les macrochètes p 2 (L : 32 à 40 pm). Son
épicuticule est finement granulée. Une telle languette a déjà été signalée chez l’espèce
méditerranéenne Ceratophysella tergilobata (Cassagnau, 1954) et chez l’espèce sud-coréenne
C. liguladorsi (Lee, 1974). Rappelons aussi la présence d’une excroissance médiane impaire,
mais sous la forme d’une protubérance à gros grains, sur le tergite abdominal 5 de C. tuber¬
culata Cassagnau, 1959, C. tolteca Yosii, 1962, C. azteca Yosii, 1962, C. stercoraria (Stach.
1963), C. caucasica Martynova, 1964, et C. subtergilobata (da Gama, 1966).
Bonetogastrura delhezi diffère des autres espèces du genre par la forme élancée des
— 273 —
6 ou 7 tubercules de l’organe postantennaire, par la présence de 2 ou 3 cornéules d’un diamètre
très réduit, par la forme de son mucron et surtout par la présence d’une languette médiane
impaire sur le tergite abdominal 5. La présence de cette languette rattache phylogénéti¬
quement B. delhezi à Ceratophysella tergilobata espèce méditerranéenne proche de C. armata
ou de C. tuberculala, d’où dérivent les autres espèces du genre Bonetogastrura (lignée B).
11. Bonetogastrura soulensis Thibaud, 1975
Cette espèce a été trouvée par M. Bouillon dans une grotte de la Province basque
de la Soule, la grotte de la Source chaude à Camou (commune de Camou-Cihigue, Pyrénées-
Atlantiques), en France. Nous l’avons décrite, en 1975, d’après l’unique exemplaire (un
mâle adulte).
Sa longueur est de 3 100 p.m. L’animal est blanchâtre, avec cependant quelques traces
de pigment résiduel sous forme de grains bleus épars.
Articles antennaires IV avec 7 et 8 sensilles. Organe apical exsertile massif, très légè¬
rement subdivisé au sommet.
L’organe postantennaire est relativement petit (40 p.m) et présente 5 tubercules péri¬
phériques (fig. 3 K).
Il y a 3 cornéules par aire oculaire. Ces cornéules ont un diamètre (5 à 7 |iin) réduit
de 2 à 3 fois par rapport aux espèces à cornéules normales, ltlles sont de plus toutes situées
à l’avant : on peut les assimiler aux cornéules A, B et D (fig. 3 K).
La longueur des tibiotarses III est de 170 à 180 p,m. Ils portent 18 soies, sans ergot
capité. Les griffes présentent une dent interne médiane, 4 dents latérales : 2 sub-basales
et 2 subapicales. Ces griffes sont moyennement fines et allongées ; la longueur des griffes 11 1
est de 140 à 150 p.m. Elles sont 0,9 fois plus petites que la dens. L’empodium présente une
lamelle basale ; son filament apical atteint les 4/5 e de la longueur du bord ventral de la
griffe.
Le rétinacle porte 4 —|— 5 dents. Tube ventral avec 4 -|— 4 soies.
La dens (fig. 3 L), relativement moyennement développée (160 à 170 p.m), porte 8 soies.
Le mucron est lui aussi, relativement, moyen (70 p.m) ; il est droit, avec 2 lamelles allant
de la base à l’apex (fig. 3 L). La dens est 2,4 fois plus longue que le mucron.
Les 2 épines anales sont relativement bien développées (140 p,m). Elles sont 0,97 fois
plus courtes que la griffe 1 1f et sont portées par 2 papilles anales bien développées, non
confluentes à leur base.
La chétotaxie dorsale est très proche de celles de B. subterranea (Cari, 1906) et de
B. balazuci (Delamare, 1951). Elle fait partie du groupe B. Notons l’absence de Ocj (fig. 3 K) ;
3 rangées de 4 4, 3 -)- 3 et 5 + 5 soies pour le thorax 1 1 et 11 1 (p 4 et m 7 soies « sensorielles ») ;
2 rangées de 5 -\- 4 ou 4 -|- 3 et 5 -f- 5 ou 5 -|- 4 soies pour l’abdomen 1, 2, et 3 (soies « sen¬
sorielles » en p 5 ) ; 3 rangées de 4 —|— 4, 3 1 et 4 -L 4 soies pour l’abdomen 4 (sans p 3 donc,
p 5 soies « sensorielles » et pj macrochète, p 2 microchète).
B. soulensis diffère de B. subterranea par le nombre de sensilles à l’article antennaire IV,
par le nombre et la position des cornéules subsistantes et par son empodium moins allongé.
Elle diffère de B. balazuci par le nombre et la position des cornéules et par la forme du
mucron.
1, 18
— 274 —
12. Typhlogastrura alabamensis Thibaud, 1975
Cette espèce a été trouvée, par S. Peck, dans deux grottes de l’État de l’Alabama
aux USA (« Swain cave », Jackson Co et « Bryant Cave », Blount Co). Nous l’avons décrite,
en 1975, d'après six adultes (4 (J et 2 $) trouvés dans l’estomac d’une Salamandre (.Eurycea
lucifuga).
La longueur des adultes (antennes et épines anales non comprises) varie de L 200 à
2 000 [un (moyenne : 1 500 pm). Leur couleur est blanchâtre, avec quelques taches bleutées
de grains pigmentaires résiduels sur le dos ; les aires oculaires sont plus foncées.
L’article antennaire IV porte 7 (50 %), 8 (40 %) ou 9 (10 %) sensilles. Organe apical
exsertile souvent bilobé, parfois trilobé. Organe antennaire III classique.
Organe postantennaire, relativement, moyen : sa plus grande longueur varie de 26 à
32 pm (moyenne : 29 pm). Il présente le plus souvent 4, parfois 5 (30 %) tubercules péri¬
phériques simples ou digitées, avec parfois des renflements secondaires (fig. 3 M) comme chez
T. breuili Thibaud, 1967. Il y a 40 % de cas d’asymétrie (5 + 4).
Il y a 4 (10 %), 5 (50 %) ou 6 (40 %) cornéules par aire oculaire. Il y a 50 % d’asymétrie
(6 -f- 5 et 5 —(— 4). Leur diamètre est non réduit (12 à 15 pm ; en moyenne : 14 pm). Les
cornéules résiduelles peuvent être assimilées, toujours aux cornéules A et B, F et G ou F-G,
et, parfois aux cornéules C, D, ou E (fig. 3 M).
La longueur du tibiotarse III, chez l’adulte, varie de 68 à 84 pm (moyenne : 76 pm).
Il porte 18 soies ; il n’y a pas d’ergot capité. Les griffes présentent classiquement une dent
interne médiane et 4 dents latérales : 2 sub-basales et 2 subapicales. Ces griffes sont moyen¬
nement fines et allongées, légèrement plus courtes que les tibiotarses. La griffe 111 mesure
de 66 à 82 pm (moyenne : 74 pm). Elle est 1,1 fois plus grande que la dens. L’empodium
présente une lamelle basale ; son filament atteint la dent médiane interne.
Le rétinacle possède le plus souvent 4 dents par bras (90 %), parfois 3 seulement
(10 %). Il y a 20 % d’asymétrie (4 + 3).
La dens, relativement courte (de 63 à 73 pm ; moyenne : 68 pm), porte le plus souvent
7 soies (90 %), parfois seulement 6 (10 %). Il y a 20 % d'asymétrie (7 -)- 6). Le mucron,
lui aussi relativement court, mesure de 27 à 34 pm (moyenne : 30 pm). La dens est donc
2,3 fois plus longue que le mucron. Celui-ci est du type Ceratophysella : son bord est droit,
son apex crochu (fig. 3 N). Il porte 2 lamelles : l’une allant du premier quart à l’apex ; l’autre,
plus large, de la base au troisième quart apical. Le corps mucronal présente un renflement
sur sa face postérieure.
Les 2 épines anales, classiquement allongées, mesurent de 72 à 86 pm (moyenne :
80 pm). Elles sont donc 1,1 fois plus longues que le côté dorsal de la griffe III. Ces 2 épines
sont portées par 2 papilles anales bien développées (environ 1/3 de la longueur des épines),
non confluentes à leur base.
La chétotaxie dorsale de cette espèce est du groupe A. Notons que sur la tête une
soie Oc 3 manque parfois et que sur le prothorax on trouve quelquefois une m\ supplé¬
mentaire. Notons aussi l’absence de p 3 sur l’abdomen 4 et la présence de restes de la rangée
moyenne (m 2 , m 3 et m 4 ) sur les trois premiers tergites abdominaux.
T. alabamensis diffère de T. mendizabali, atlantea et breuili par le nombre et la position
— 275 —
des cornéules résiduelles et par l’organe postantennaire et de T. topali par la forme de
l’organe postantennaire. De plus, la dens et le mucron sont légèrement réduits et la forme
du mucron est particulière.
13. Typhlogastrura christianseni Thibaud, 1975
Cette espèce a été trouvée dans une grotte de l’État de l’Alabama aux USA (« Cave
Spring cave », Morgan Co). Nous l’avons décrite, en 1975, d’après deux adultes (1 (J et 1 Ç).
Leur longueur (antennes et épines anales non comprises) varie de 1 000 à 1 400 pm.
Leur couleur est blanchâtre, avec quelques taches bleutées de grains pigmentaires résiduels
sur le dos ; les aires oculaires sont plus foncées.
L’article antennaire IV porte 7 sensilles. Organe apical exsertile bi- ou trilobé, avec
l’apex arrondi ou pointu (fig. 3 O). Organe antennaire III classique.
Organe postantennaire, relativement, assez grand : sa plus grande longueur varie de
28 à 32 (i.m (moyenne : 30 pm). Il présente 4 tubercules périphériques simples (fig. 3 P).
11 y a 4 cornéules par aire oculaire. Leur diamètre est non réduit (13 pm). Elles peuvent
être assimilées aux cornéules A-B, C-D-H, E, F-G (fig. 3 P).
La longueur du tibiotarse III, chez l’adulte, varie de 64 à 72 pm (moyenne : 68 pm).
11 porte plus souvent 18 soies, mais parfois aussi 19. Les griffes présentent classiquement
une dent interne médiane située aux 3/5 e du côté ventral et 4 dents latérales : 2 sub-basales
et 2 subapicales. Ces griffes sont, relativement, assez allongées. La griffe III mesure de
60 à 70 pm (moyenne : 65 pm). Elle est 0,85 fois moins grande que la dens. L’empodium
présente une lamelle basale ; son filament atteint la dent médiane interne aux 3/5 e du côté
ventral de la griffe.
Le rétinacle possède 4 + 4 ou 3 3 dents. Tube ventral avec 4 —(— 4 soies.
Les dens, relativement bien développées (de 62 à 87 ; moyenne : 75 pm), portent 7 soies
chacune. Le mucron, lui aussi relativement bien développé, mesure de 30 à 35 pm (moyenne :
32 pm). La dens est donc 2,3 fois plus longue que le mucron. Celui-ci droit, à apex arrondi,
porte 2 lamelles (fig. 3 Q).
Les 2 épines anales sont, relativement, bien développées (de 50 à 60 pm ; moyenne :
55 pm). Elles sont donc 0,85 fois moins longues que la griffe III (côté dorsal) et sont portées
par 2 papilles anales bien développées (1/4 de la longueur des épines), non confluentes à
leur base.
La chétotaxie dorsale de cette espèce est du groupe A. Notons que, sur les aires ocu¬
laires, Oc x et (ou) Oc 3 manquent parfois et que, sur l’abdomen 4, p 3 manque elle aussi
parfois.
Cette espèce diffère de T. alabamensis par l’organe postantennaire, par le nombre de
cornéules subsistantes et par la longueur de l’empodium, ainsi que par la forme du mucron.
Elle diffère des autres espèces du genre par le nombre de sensilles à l’article antennaire IV,
par le nombre et la forme des tubercules de l’organe postantennaire (sauf pour T. topali),
par le nombre des cornéules résiduelles (sauf peut-être encore T. topali), et par la forme du
mucron.
— 276 —
III. CONSIDÉRATIONS SUR LES GENRES
TYPHLOGASTRURA ET BONETOGASTRURA
De l’étude précédente de leurs espèces nous pouvons tirer des généralités sur les genres
Typhlogastrura et Bonetogastrura : l’une d’ordre biogéographique, l’autre d’ordre morpho¬
logique et la troisième d’ordre chétotaxique.
A. — Eiogéographie
Du point de vue de la répartition géographique, toutes ces espèces sont holarctiques :
six vivent dans la région euro-sibérienne, quatre dans la région méditerranéenne, trois
dans la région est-américaine ; l'une de ces dernières vit aussi dans la région arctique (dans
le nord de l’Alaska : B. variabilis).
Elles vivent, pour la plupart, exclusivement dans des grottes de basse et moyenne
altitude. Nous pouvons les considérer comme troglobies. Seule, B. variabilis (sol en Alaska ;
sphaignes et litière au Wisconsin) peut être considérée comme hémiédaphique. L’espèce
B. cavicola (nombreuses grottes d’Europe et dans le sol en montagne) est une hémiédaphique-
troglophile. Elles subissent toutes, en général, un climat relativement frais (proche de
10°C) et humide (humidité relative de l’air le plus souvent à saturation).
B. — Morphologie
1. Aspect général
Les Typhlogastrura et les Bonetogastrura ont l’aspect classique des Hypogastruridae :
trapus et ramassés, fusiformes. Antennes courtes à 4 articles. Les 9 segments postcéphaliques
sont toujours bien visibles.
Leur longueur (adultes) varie de 1 000 à 3 100 jJ.m (moyenne 1 900 p.m). Ils sont donc
en général plus grands que les espèces du genre Schaefferia. La plus grande espèce est
B. soulensis. Les plus petites sont : T. topali, T. christianseni et B. variabilis ; ces deux
dernières sont est-américaines et, la dernière également du nord de l’Alaska. Rappelons que,
déjà dans le genre Schaefferia , l’espèce est-américaine S. cheoha était la plus petite (Thibaud,
1972).
Leur corps est revêtu d’une pilosité de type II (avec microchètes, macrochètes et
soies « sensorielles » : fig. 2 R). Leur tégument est finement granulé (grains primaires et
secondaires ou tubercules). Pièces buccales broyeuses avec mandibule à pars apicalis dentée
et à pars molaris en forme de râpe.
Leur couleur est jaune pâle avec, chez certaines espèces, des granulations pigmentaires
résiduelles dans l’hypoderme. T. mendizabali, T. atlantea et B. delhezi n’ont plus du tout
de pigment. B. balazuci, B. cavicola et T. topali sont les plus pigmentées, les autres espèces
l’étant seulement très légèrement. Les granulations résiduelles sont éparses sur le dos, parfois
concentrées en petites taches plus ou moins nombreuses et foncées selon l’espèce. Les deux
aires oculaires sont toujours plus pigmentées que le reste du corps. Il semble y avoir une
— 277 —
corrélation entre la dépigmentation et la régression oculaire : ainsi, les deux espèces anoph-
thalmes (T. mendizabali et T. atlanteà) sont totalement dépigmentées.
Le sex-ratio varie de 45 à 85 % de femelles selon les espèces. Il est en moyenne de
63 % de femelles.
2. Antennes (iig. 1 I, 2 B, 3 A et O)
Elles sont classiques des Hypogastruridae : courtes (ne dépassant pas la longueur de la
tête), à 4 articles non subdivisés.
Le nombre de sensilles sur l’article antennaire IV varie de 5 à 17 (avec toujours 2 sub¬
apicales externes encadrant la petite sensille logée dans une fossette tégumentaire et les
autres, en général, médio-dorsales) ; ces nombres extrêmes sont rarement atteints : 5 pour
5 % des T. topali, 17 pour 2 % des B. subterranea, 16 pour 1 % des T. mendizabali et pour
7 % des B. subterranea. Le nombre le plus courant de sensilles est de 7, comme chez le genre
Schaefferia. Ce sont B. subterranea (14 en moyenne : fig. 1 I), B. delhezi et T. mendizabali
(11 chacun en moyenne) qui ont le plus de sensilles par article antennaire IV, puis T. atlantea
(10) et T. breuili (9). Les huit autres espèces en possèdent en moyenne 7 par article anten¬
naire IV. Il y a parfois des asymétries de 1 sensille entre l’article antennaire IV droit
et le gauche : chez 75 % des B. subterranea, chez 30 % des B. balazuci et des B. cavicola,
chez 54 % des T. topali.
L’organe apical exsertile, au pied logé dans un alvéole à l’intérieur du segment anten¬
naire IV, et au sommet de la tête dépassant seul à l’extérieur, est le plus souvent trilobé
(lîg. 2 B et 3 A). Chez B. cavicola il présente les trois formes (19 % trilobés, 24 % bilohés
et 57 % unilobés). Chez B. spelicola il est souvent subdivisé en deux, ainsi que chez B. sou-
lensis. Il est, par contre, unilohé chez T. topali et T. mendizabali. Chez les deux espèces
nord-américaines, T. alabamensis et T. christianseni, il est bi- ou trilobé, et pointu chez
la dernière citée (fig. 3 0).
Organe antennaire III classique : 2 courtes sensilles, situées dans une logette tégumen¬
taire, encadrées par deux sensilles « de garde » plus longues et plus fines (fig. 1 I).
3. Organe postantennaire (fig. 1 A, B, J, K ; 2 A, C, F, J, L, M, O, P ; 3 B, C, F, H, K,
M et P)
Il présente de 3 à 11 tubercules périphériques ; ces nombres extrêmes sont rarement
atteints : 3 pour 1 % des B. balazuci et pour 3 % des T. topali, mais par contre 28 % des
B. variabilis ; 11 pour 1 % des T. mendizabali ; 10 pour 5 % de cette même espèce ; 9 pour
9 % toujours de cette même espèce et pour 8 % des T. atlantea. Le plus souvent le nombre
des tubercules est compris entre 4 et 8. Il est en général de 4 chez sept espèces. Il y a chez
sept espèces de forts pourcentages d’asymétries (en général de i 1) entre le nombre de tuber¬
cules des 2 organes postantennaires droit et gauche : 40 à 70 % des individus en présentent
chez T. mendizabali, B. subterranea (fig. 1 K), B. balazuci, B. variabilis, T. atlantea, T. breuili
(fig. 3 B) et T. alabamensis (de 0 à 10 % chez les autres espèces). Ces tubercules sont géné¬
ralement simples. Ils présentent des digitations secondaires chez T. atlantea, T. breuili
(fig. 3 B) et T. alabamensis (fig. 3 M).
Tableau I.
Genres
Bonetogastrura
et
Typhlogastrura
(troglobies)
ûq
e
o
a
«0
a;
a;
CO
<*>
s
«
-a
"3
e
a-
3
o
oc
aq
3
cq
«
-a
«
3
Europe
Répartition
(G. et
Autriche
U.S.A
Yougoslavie U.S.A
(G., grotte)
sol en
montagne)
(G.)
(G.)
(G.)
(G.)
8
90 2,9
% du nombre (
7
10 5,5
26
6
12
38
40
?
de cornéules par
5
49,3
20
50
1,5
aire oculaire
1 4
25,5
10
10
68
100
1 3
4,4
4
25
2
0,4
1
5,5
1
1 1
(Stre-
1
o
bel :
Autr.)
% asymétries
10 30,7
56
50
33
0
Long. moy. (en mm)
1,5
1,9
1,5
1,2
1,2
0 moyen d’une
AV : 10
14
9
13
cornéule (en |im)
12
AR : 5
Italie
France
Pyr.
(G.)
Espagne
Sud
(G.)
Nord ;
Suisse
Sud
(G.)
Algérie
(mine)
U.S.A
(sol)
France
Ardèche
(G.)
Espagne
Pvr.
(G.)
Maroc
(G.)
2
100
42
52
20
3,5
58
36
80
95
19
6
5
49
5
4
28,5
95
100
0
33
45
?
2,5
64
2,5
0
3,1
1,8
2,3
2
1,2
2,4
2,5
1,7
6
11
4,8
4
13
5,8
0
0
(7)
'. atlantea
— 279 —
Le rapport de la longueur totale sur la plus grande longueur de l’organe postantennaire,
chez l’adulte, varie de 33 à 76 (en moyenne : 52). Ce sont B. delhezi et T. christianseni qui
ont, proportionnellement, les organes postantennaires les plus grands et B. soulensis et
B. balazuci les plus petits. La plus grande longueur de cet organe mesure en général de 2 à
5 fois le diamètre des cornéules subsistantes sauf chez B. soulensis (6,5 : fig. 3 K), B. subterra-
nea (7,7 : fig. 1 J et K) et surtout chez B. delhezi (15) où les cornéules ont un diamètre très
réduit (fig. 3 11).
4. Appareil oculaire (fig. 1 J, K ; 2 A, C, F, L, M, O, P ; 3 C, F, H, K, M et P)
Le nombre de cornéules, par aire oculaire, présente une assez grande variabilité inter¬
et intraspécifique : il varie en effet de 0 à 8 (cf. tabl. 1).
Le genre Bonetogastrura a donc moins de 8 -)- 8 cornéules, sauf pour une espèce dépig¬
mentée et cavernicole, B. cavicola. Le genre Typhlogastrura a moins de 7 -)- 7 cornéules.
Seules deux espèces sont anophthalmes : T. mendizabali et T. atlantea. Nous voyons sur le
tableau la variabilité de i 1 cornéule, parfois 2 (et même jusqu’à 4 chez B. spelicola ) dans
une même espèce. A cause de cela, comme chez les Schaefferia, il est dangereux de déterminer
les espèces de ces deux genres à la vue d’un seul individu. 11 existe aussi une asymétrie de
d: I cornéule (plus rarement d: 2) entre Faire oculaire gauche et la droite chez 33 à 64 %
des individus chez six espèces : B. spelicola (fig. 2 O et P), T. alabarnensis, T. topali (fig. 3 F),
T. breuili, B. subterranea (fig. 1 J et K) et B. balazuci.
Comme chez les Schaefferia, les premières cornéules à disparaître sont les H. Il y a
ensuite « fusion » des C et D ou C et H, des F et G, puis des A et B ; enfin disparition des E
et des C-D.
Le diamètre des cornéules subsistantes varie de 4 à 14 p.m. Proportionnellement à la
taille des espèces, il y a donc ici une diminution du diamètre par rapport à celui d’une espèce
à 8 8 cornéules (par ex. : Hypogastrura purpurescens : L. entre 1 800 et 2 000 p,m ; 0 cor¬
néules : de 15 à 18 p.m), sauf pour B. cavicola, T. alabarnensis, T. topali, T. christianseni
et B. variabilis qui ont des cornéules à diamètre non réduit ou peu réduit. Ces cinq espèces,
sauf B. variabilis, sont d’ailleurs celles qui possèdent encore le plus de cornéules. Il y a donc
une corrélation entre le diamètre des cornéules subsistantes et le nombre de celles-ci.
Rappelons que B. spelicola possèdent deux types de cornéules : à l’avant, cornéules
à diamètre non réduit, à l’arrière, cornéules à diamètre réduit de moitié ou plates (fig. 2 P).
Les 2 ou 3 cornéules résiduelles de T. breuili, légèrement réduites, sont elles aussi plates
(fig. 3 C). Chez T. topali (fig. 3 F) et chez B. cavicola (fig. 2 M), à côté de cornéules un peu
réduites, existent très rarement (2 % des cas environ) des cornéules à diamètre réduit
(0 3 à 6 p.m).
5. Les pattes (fig. 1 C, D, L ; 2 D et G)
Dans ces deux genres les pattes présentent la même morphologie. Le tibiotarse porte
le plus souvent 18 soies, sans ergot capité (fig. 1 C et L). Chez quelques espèces, et rarement
(10 % des individus), il y a 19 soies, et, plus rarement encore (1 %), seulement 17. Les
libiotarses sont, proportionnellement à la longueur du corps, plus longs chez ces deux genres
([lie chez les Schaefferia et les Ceratophysella. Le rapport longueur corps / longueur tibio-
— 280 —
tarse III varie de 14 à 19 selon les espèces (18,5 à 21,5 pour les Schaefferia ; 20,5 pour Cera-
tophysella denticulata). Ce sont B. subterranea, T. breuili et B. delhezi qui ont les tibiotarses
proportionnellement les plus longs.
Les griffes sont aussi, proportionnellement à la longueur du corps, plus longues chez
ces deux genres que chez les Schaefferia et les Cer at ophysella. Le rapport longueur corps /
longueur griffe III varie de 15 à 21 selon les espèces (20 à 25,5 pour les Schaefferia ; 22,5
pour C. denticulata). Ce sont T. mendizabali (fig. I D), T. subterranea (fig. 1 L) et T. breuili
qui ont les griffes proportionnellement les plus longues. Les griffes sont aussi plus fines que
chez les Schaefferia.
Les griffes présentent toutes une dent interne située à la moitié de leur hord interne
(au 3/5 e chez B. balazuci). Elles portent aussi toutes 4 dents latérales : 2 sub-basales et
2 subapicales (fig. 1 D et L ; 2 D et G).
La longueur des griffes III est en général proche de celle de la dens : g/dens = 0,7
pour B. delhezi, 0,9 pour huit espèces et de 1,1 à 1,3 pour quatre espèces (B. cavicola, B. speli-
cola, T. alabamensis et T. topali).
Les empodiums présentent toujours une lamelle basale. Leurs filaments apicaux attei¬
gnent chez neuf espèces la moitié du côté ventral de la griffe ; par contre, chez B. subterranea
(fig. 1 L), le filament est aussi long que le bord ventral de la griffe, chez B. balazuci il atteint
les 4/5 e , chez T. atlantea et T. breuili les 3/5 e .
6. Le rétinacle
Le rétinacle porte la plupart du temps 4 dents par bras. Il y a cependant une variabilité
individuelle en général de i 1 dent (parfois 2) chez 10 % ; cette variabilité monte à 54 %
des individus chez T. mendizabali (avec 5 et rarement 6 dents), 30 % chez T. atlantea
(5 dents), 21 % chez B. variabilis (5 et plus rarement 2). Il se présente d’assez nombreux
cas d’asymétrie sur le nombre de dents portées par chacun des deux bras du rétinacle (chez
8 à 20 % des rétinacles en général selon les espèces ; chez 62 % chez T. mendizabali dont
60 % avec 5 + 4 dents). Rappelons que dans le genre Schaefferia il y a 3 dents par bras au
rétinacle (6 % avec 4 ; 1 % avec 2).
7. La dens (fig. 1 E ; 2 N ; 3 D, L et Q)
La dens est toujours relativement bien développée. Le rapport longueur totale / lon¬
gueur dens est de 13,5 à 21 selon les espèces. Celles avec dentes relativement les plus longues
i étant : T. mendizabali (13,5 : fig. 1 E) et B. subterranea (14) ; celles avec les plus courtes
étant : B. cavicola (fig. 2 N) et B. spelicola (20,5), T. alabamensis (21) et surtout T. topali
dont le rapport est de 27,5. Rappelons que pour le genre Schaefferia le rapport était de 40 à
47, dens donc réduite de moitié environ par rapport aux Ceratophysella (21 pour C. denticu¬
lata). Seules S. duodecimocellata (24), S. sexoculata (28) et sans doute S. cheocha ont une
dens moins réduite dans ce genre Schaefferia.
Pour six espèces la dens porte 8 soies, avec une variation individuelle de + 1 soie chez
10 à 30 % des individus de T. mendizabali, B. balazuci et T. atlantea. Pour six autres espèces
la dens porte seulement 7 soies, avec une variation de moins 1 soie chez 5 à 10 % des indi¬
vidus de B. cavicola et T. alabamensis. Enfin, T. topali, espèce avec relativement la plus
— 281 —
petite dens, porte sur celle-ci de 3 à 7 soies, en général 5 (39 %), 6 (36,5 %) ou 4 (16,5 %).
Il se présente aussi des cas d’asymétrie sur le nombre de soies portées par les dentes droite
et gauche, chez 10 à 20 % des individus selon les espèces et jusqu’à 52 % chez T. topcili.
Rappelons que les Schaefferia portent 3 ou 5 soies sur la dens (sauf l’unique individu femelle
connu de S. duodecimocellata avec 5 + 6 soies). Dans ces deux genres presque toutes les espèces
ont un rapport moyen, macrochète proximale de la dens/microchète basale de la dens,
compris entre 1,9 et 2,5 selon les espèces, sauf B. balazuci avec 3 et T. breuili avec 1,2 (pour
Ceratophysella arniata nous avons : 1,4 et pour C. denticulata : 1,4 à 2,5, en moyenne 2).
La dens est généralement plus longue que sa macrochète proximale : rapport de 1,25 à 1,8,
sauf pour T. topali avec de 0,8 à 1 (moy : 0,95).
8. Le mucron (fig. 1 E, F, M ; 2 E, H, K, N, Q ; 3 D, E, G, I, L, N et Q)
Le mucron est lui aussi relativement bien développé. Le rapport longueur totale/
longueur du mucron est de 30 à 49 selon les espèces. Celles avec muerons relativement les
plus longs sont encore T. mendizabali (30,5 : fig. 1 E et F) et B. subterranea (fig. 1 M) ; celles
avec les plus courts étant : T. atlantea (47 : fig. 2 K), B. cavicola (45 : fig. 2 N), T. alaba-
mensis (48,5 : fig. 3 N) et surtout T. topali dont le rapport est de 71 (fig. 3 G). Rappelons
que dans le genre Schaefferia , chez cinq espèces le mucron a disparu, chez trois autres il
est réduit à une papille et enfin chez quatre espèces il est un peu plus développé, quoique
encore très réduit, sauf chez S. duodecimocellata. Chez certains Ceratophy sella le rapport va
de 36 à 46, donc comparable à ceux des Typhlogastrura et des Bonetogastrura en général.
La dens est en général 2,3 fois plus longue que le mucron (rapport allant de 1,9 pour
B. spelicola, à 2,6 pour T. topali). Seules T. atlantea (2,9) et T. breuili (2,8 : fig. 3 D) ont
un rapport plus fort.
La forme du mucron est légèrement variable selon les espèces. Il est toujours droit
avec généralement 2 lamelles, parfois avec un éperon (B. spelicola : fig. 2 Q, T. topali :
fig. 3 G, T. alabamensis : fig. 3 N).
9. Épines anales (fig. 1 G et 2 I)
Les épines anales sont toujours bien développées ; elles sont longues et fines. Le rapport
de la longueur totale sur la largeur est de 14,5 à 29 selon les espèces. Celles avec des épines
anales relativement les plus longues étant : B. subterranea (14,8) et B. spelicola (15,5) ;
celles avec les plus courtes étant : B. balazuci (27) et B. variabilis (28,7). Rappelons que le
rapport était compris entre 18 et 22 chez les Schaefferia (15 pour S. duodecimocellata ) et
de 24,5 pour Ceratophy sella denticulata.
Le rapport longueur épines anales/longueur griffe III (côté dorsal) varie selon les espèces
de 0,7 à 1,1. Seules chez B. subterranea, B. cavicola, B. spelicola et T. alabamensis les épines
anales sont légèrement plus longues que les griffes. Chez les Schaefferia, les épines anales
sont égales ou légèrement plus longues que les griffes.
Les épines anales sont toujours portées par deux papilles anales bien développées (un
tiers à un quart de la longueur des épines), non confluentes à leur base.
— 282 —
C. —- Chétotaxie
(Fig. 1 H, N, O ; 2 R, S et T)
Toutes ces espèces portent trois types de soies : pilosité de type 11 avec des microcliètes
et des macrochètes barbelées, les dernières surtout, et des soies « sensorielles » longues, lisses
et effilées (fig. 2 R).
La chétotaxie de la tête est classique de la famille des Hypogastruridae (fig. 1 II).
Il y a cependant des variations, surtout dans le nombre des soies oculaires qui sont souvent
réduites à 2, parfois à 1. Rappelons la présence de macrochètes spiniformes en Oc 2 et d 2
chez B. spelicola (fig. 2 R).
Le tergite prothoracique (fig. 1 H et 2 S) présente généralement une chétotaxie classique
avec une rangée de 3 T" 3 soies (mj, m 3 et m 4 ).
Les tergites méso- et métathoraciques (fig. 1 II, N et 2 S) ont une chétotaxie semblable
avec 3 rangées de 4 + 4, 3 -J- 3 ou parfois 2 —|— 2, et 5 —)— 5 soies, se prolongeant latérale¬
ment, pour les deux premières, par 2 ou 3 soies paratergales. Les soies « sensorielles » sont
toujours en m 7 et en P 4 . Dans le groupe B (espèces du g. Bonetogastrurà) , la soie p 2 est tou¬
jours dans l’alignement de la rangée postérieure (fig. 1 N et 2 S), alors que cette même soie
a migré vers l’avant (fig. 1 H), et se trouve donc presque en position de m 2 , dans le groupe A
(espèces du g. Typhlogastrura).
Les chétotaxies des trois premiers tergites abdominaux sont semblables (fig. 1 H,
O et 2 T). Il y a 2 rangées de soies : l’antérieure de 3 + 3 ou 5 -j- 5, la postérieure de 4 + 4
ou 5 + 5 soies. Les soies « sensorielles » sont toujours en p 5 . Rappelons que les Schaefferici
portent en général 3 rangées de soies, avec une rangée moyenne portant en général 3 + 3
ou 2 + 2 soies, réduite à 1 + 1 chez S. duodecimocellata, et ayant disparu chez S. quadrio-
culata et S. pouadensis.
La chétotaxie du tergite abdominal 4 présente toujours 3 rangées de soies (fig. 1 H,
O et 2 T). La première avec 3 + 3 ou 4 + 4 selon les espèces (avec a 4 décalées latéralement) ;
la deuxième avec, selon les espèces, de 2 + 2 à 3 + 3, plus rarement l + 1 et la troisième
avec 5 + 5 ou 4 + 4 (p 3 manquantes alors). Soies « sensorielles » toujours en p 5 . Dans le
groupe B ( Bonetogastrura ) les p 4 sont des macrochètes (fig. 1 O et 2 T) et les p 2 des micro-
chètes. Dans le groupe A ( Typhlogastrura ) les p 4 sont des microchètes et les p 2 des macro¬
chètes (fig. 1 H).
La chétotaxie du tergite abdominal 5 (fig. 1 II et 2 T) est identicjue chez toutes les
espèces avec 2 rangées de soies : l’antérieure avec 2 + 2 et la postérieure avec 3 + 3, avec
soies « sensorielles » en p 4 . La chétotaxie du 6 e tergite (fig. 1 H) est classique avec 2 rangées
de 3 + 3 soies, les épines anales, soies transformées, étant en position p 4 .
CONCLUSIONS
Les treize espèces étudiées, composant les deux genres Typhlogastrura et Bonetogas-
trura, se divisent en deux groupes chétotaxiques : A pour le premier genre et B pour le
— 283 —
second. Elles ont toutes, par ailleurs, morphologiquement et écologiquement, le type
« typhlogastrurien » avec : réduction du nombre des cornéules, allanl souvent jusqu’à
l’anophthalmie ; dépigmentation ; griffes fines et allongées ; furca relativement bien déve¬
loppée avec deux dentes droites portant chacune le plus souvent 7 ou 8 soies et un mucron
de type armata plus ou moins modifié ; rétinacle généralement avec 4 dents par bras ; longues
épines anales. De plus, toutes ces espèces n’ont été trouvées que dans quelques rares grottes
(sauf variabilis, sol USA).
Phylogénétiquement les Bonetogastrura (générotype : B. balazuci (Delamare, 1951))
descendent d’ancêtres du groupe B proches de Ceratophysella armata ou de C. tuberculata
(pour B. delhezi, de C. tuberculata, présence d’une languette médiane impaire sur le tergite
abdominal 5). Les Typhlogastrura (générotype : T. mendizabali (Bonet, 1930)) descendent
d’ancêtres du groupe A proches de C. denticulata, comme d’ailleurs les espèces du genre
Schaefferia. Ce dernier genre, euédaphique-troglophile, est bien engagé dans une évolution
régressive au point de vue oculaire, de la furca et de la pigmentation.
Dans ces lignées de Collemboles Hvpogastruridae en pleine évolution régressive au
niveau ocidaire et pigmentaire nous devons, pour définir les genres et les espèces, combiner
plusieurs caractères morphologiques ; c’est un procédé un peu arbitraire mais, à l’heure
actuelle, le seul valable.
La « colonisation » du milieu souterrain a dû se faire assez récemment (post-glaciaire).
Ce sont tous, en effet, des troglobies récents en pleine évolution et dont beaucoup présentent
des instabilités notoires pour certains caractères morphologiques, en particulier l’appareil
oculaire.
Clé des espèces des genres Typhlogastrura et Bonetogastrura
1 — Sur thorax II et 11 1 : p 2 en position normale et sur abdomen 4 : p t macrochète (p 2 microchète)
De7 + 7à0 + 0 cornéules (une espèce avec le plus souvent 8 + 8 : cavicola) .
g. Bonetogastrura Thibaud, 1974 —> 2
— Sur thorax II et III : p 2 en position de m 2 et sur abdomen 4 : p 2 macrochète (pj microchète)
De 6 -f- 6 à 0 + 0 cornéules.g. Typhlogastrura Bonet, 1930 —> 8
2 — 8 -f- 8 cornéules (parfois 8 + 7 : 10 % ou 7 + 7 : 5 %) à 0 non réduit ; chez certaines popu¬
lations (galeries de mines en Siebengebirges) : 8 — 8 à 3 —(— 2 (le plus souvent 5 + 5 : 37 %).
Organe postantennaire avec 4 (95 %) ou 5 tubercules périphériques. Dens avec 7 (95 %)
ou 6 soies; L. : 1 500 |L ; traces de pigment. B. cavicola (Borner, 1901)
(Europe : nb. grottes ; rares dans le sol en montagne)
— 7 + 7 cornéules ou moins. 3
3 — Sur tête : Oc 2 et d 2 macrochètes spiniformes. Aires tégumentaires à gros grains cutanés.
Le plus souvent 7 + 7 à 4 + 4 cornéules (94 %, très rarement 4 + 3à3 + 2 (6 %) ; cornéules
avant à 0 peu réduit, cornéules arrière à 0 réduit de moitié (ou plates). Organes postanten¬
naire avec 4 tubercules. Dens assez petite avec toujours 7 soies. Longues épines anales (L.t.)
L. ép. an. : 15,5). L. : 1 900 pm. Quelques traces de pigment.
B. spelicola (Gisin, 1964)
(Basse Autriche : 1 grotte)
— Sur tête pas de macrochètes spiniformes. Pas d’aires tégumentaires à gros grains. Moins
de 4 + 4 cornéules. 4
— 284 —
4 — En général de 7 à 5 cornéules par tète (rarement de 4 à 1 : chez 24 % des B. subterranea). 5
— En général moins de 5 cornéules par tête (rarement avec 5 : chez 20 % des B. delhezi ou
avec 6 ou 5 : chez 4 % des B. balazuci) . 6
5 — Article antennaire IV avec 7 à 8 sensilles. Organe postantennaire avec 5 tubercules. Tête
avec 6 cornéules, à 0 réduit (et toutes situées à l’avant). Filament empodial atteignant
les 4/5 e de la griffe (bord ventral). Dens avec 8 soies. L. : 3 100 pm. Quelques traces de
pigment. B. soulensis Thibaud, 1975
(France, Pays basque : 1 grotte)
— Article antennaire IV avec 11 à 17 sensilles (85 % avec de 12 à 15). Organe postantennaire
avec 4 à 8 tubercules (84 % avec 5 ou 6). Tête avec de 7 à 1 cornéules (72 % avec 6 ou 5)
à 0 réduit. Filament empodial atteignant l’apex de la griffe. Dens relativement longue
(L. t./L. d. : 14), avec 8 soies. Très longue épine anale (L. t./L. ép. an. : 14,8). L. : 2 300 pm.
Quelques traces de pigment. B. subterranea (Cari, 1906)
(Italie du Nord et Suisse du Sud : 5 grottes)
6 — Présence d’une languette médiane impaire sur abdomen 5 ; Organe postantennaire avec 7
(80 %) ou 6 tubercules. Tête avec 4 (80 %) ou 5 cornéules d’un 0 très réduit. L. : 2 000 pm
Sans pigment résiduel. B. delhezi (Stomp et Thibaud, 1974)
(Algérie : 1 mine).
— Sans languette médiane impaire sur abdomen 5. 7
7 — Cornéules à 0 non réduit (11 à 15 pm). Tête avec 4 cornéules, rarement (2,5 %) 3. Organe
postantennaire avec 4 (72 %) ou 3 tubercules. Filament empodial arrivant à la moitié de
la griffe (bord V). Dens avec 7 soies. L. : 1 200 pm.
B. variabilis (Christiansen, 1951)
(USA, Alaska : sol ; Wisconsin : litière).
— Cornéules à 0 réduit (3 à 9 pm). Tête avec de 6 à 0 cornéules (6,5 ou 4 chez 8 % ; 3 chez
26 % ; 2 chez 28 %, 1 chez 28 % et 0 chez 10 %). Organe postantennaire avec 6 à 3 tuber¬
cules (5 chez 32,5 % ; 4 chez 65,5 %). Filament empodial atteignant les 4/5 e de la griffe.
Dens avec 8 (89 %) ou 7 soies. L. = 2 380 pm. Traces de pigment.
B. balazuci (Delamare, 1951)
(France, Ardèche : 1 grotte)
8 — De 6 T* 6 à 4 + 4 cornéules à 0 non réduit (16 % avec 4 + 4). Organe postantennaire avec
4 (70 %) ou 5 tubercules simples ou digités (parfois avec des renflements secondaires).
Filament empodial arrivant à la moitié de la griffe (bord ventral). Dens avec 7 (90 %)
ou 6 soies. L. : 1 500 pm. Quelques traces de pigment . . T. alabamensis Thibaud, 1975
(USA, Alabama : 2 grottes)
— De 5 + 5 à 0 + 0 cornéules. 9
9 — De 5 + 5 à 2 -f- 2 cornéules à 0 en général peu réduit (9 cornéules par tête chez 3 % ; 8 chez
55 % ; 7 chez 23 % ; 6 chez 10 % et 5 ou 4 chez 9 %). Organe postantennaire avec 4 (91 %)
5 (6 %) ou 3 (3 %) tubercules. Dens relativement petite (L.t./L.d. : 27,5) avec de 7 à 3 soies
(7 chez 7 % ; 6 ou 5 chez 75,5 %; 4 chez 16,5 % et 3 chez 1 %). L. : 1 200 pm. Trace de
pigment plus ou moins foncé. T. topali (Loksa et Bogojevic, 1967)
(Yougoslavie, près Dubrovnik : 2 grottes)
— De 4 + 4 à 0 + 0 cornéules
10
— 285 —
10 — 4 -f- 4 cornéules à 0 non réduit. Ürgane postantennaire avec 4 tubercules. Dens avec 7 soies
L. : 1 150 p.m. Quelques traces de pigment. T. christianseni Thibaud, 1975
(USA, Alabama : 1 grotte).
— Moins de 4 -|- 4 cornéules. 11
11 — De 3 + 3 à 2 -|- 2 cornéules à 0 peu réduit, plates et situées à l’avant. Organe postantennaire
avec 6 (54,3 %), 7 (12,5 %) ou 5 (33,2 %) tubercules irréguliers. Filament empodial arrivant
aux 3/5 e de la griffe (bord ventral). Dens avec 7 soies. L. = 1 760 |im. Quelques traces de
pigment. T. breuili Thibaud, 1967
(Espagne Sud : 1 grotte)
— 0 + 0 cornéules. 12
12 — Vésicule apicale de l’article antennaire IV globuleuse. Organe postantennaire avec 11 à
4 tubercules ovales et réguliers (8 ou 7 chez 75 %) ; (2,5 % des individus avec 1 + 0 cornéule
d’un 0 réduit). Filament empodial atteignant la moitié de la griffe (bord ventral). Dens
relativement longue (L.t./L.d. : 13,5) avec 8 (85 %), ou 7 ou 9 soies (7,5 % chacun). L. :
2 500 p.m. Sans pigment résiduel. T. mendizabali (Bonet, 1930)
(Espagne, Pays basque : 4 grottes)
— Vésicule apicale de l’article antennaire IV trilobé. Organe postantennaire avec 9 à 5 tuber¬
cules irréguliers (8 chez 54 % ; 7 ou 6 chez 30 %). Filament empodial atteignant les 3/5 e
de la griffe. Dens avec 8 (70 %) ou 7 soies. L. : 1 700 p.m. Sans pigment résiduel.
T. allantea Gisin, 1952
(Maroc, vers Taza : 2 grottes)
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Bonetogastrura balazuci
5. — Petite sensille située entre les deux sensilles subapicales de l’article antennaire IV ( X 5250).
6. — Aire oculaire (droite) avec une cornéule résiduelle et un très gros grain ( x 1100).
7. —■ Une cornéule résiduelle (antérieure) (x 6500).
8. —- Un très gros grain tégumentaire sur faire oculaire ( X 11 000).
Bonetogastrura spelicola
9. —- Aire oculaire gauche avec 5 cornéules dont une, à droite, à 0 réduit, avec un grain secondaire en son
centre (X 15(10).
10. — Griffe avec une couronne sub-basale de petites dents ( 3400).
Typhlogastrura breuili
11. — Aire oculaire (droite) avec 3 cornéules résiduelles (A, E et F-G) ( X 715).
12. — Une cornéule résiduelle (E) (X 3640).
T y p h logastrura me ndizabali
1 (x 1430), 2 (x 1365), 3 (X 1560). — Organes postannaires.
4. — Epine anale avec un petit crochet et des « barbules » (X 715).
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 2, 1980,
section A, n° 1 : 289-302.
A new species of Barycholos from Estado Goiâs, Brasil
(Amphibia, Anura, Leptodactylidae)
with remarks on related genera
by John D. Lynch *
Abstract. — Barycholos savagei is named on the basis of specimens from the upper Rio Ara-
guaia drainage in western Goiâs, Brasil, more than 3 200 km ESE of the distribution of its only
congener, B. pulcher. In spite of the external similarities among Adenomera, Barycholos, the
fuscus group of Leptodactylus, Lithodytes, and Vanzolinius, Barycholos seems most closely related
to frogs of the discoidalis group of Eleutherodactylus. Phyzelaphryne miriamae Ileyer (type-
locality, Igarapé Puruzinho at Rio Madeira, Estado Amazonas, Brasil) is a synonym of Eleuthe¬
rodactylus nigrovittatus (Andersson).
Résumé. — Barycholos savagei est décrit d’après des spécimens qui ont été récoltés dans le
bassin supérieur du Rio Araguaia (partie ouest de l’Etat de Goiâs au Brésil) à plus de 3 200 km est
sud-est de l’aire de distribution de son seul congénère, B. pulcher. En dépit des similitudes externes
entre Adenomera, Barycholos, les Leptodactylus du groupe fuscus, Lithodytes et Vanzolinius, Bary¬
cholos semble plus étroitement relié aux Eleutherodactylus du groupe discoidalis. Phyzelaphryne
miriamae Heyer (localité-type : Igarapé Puruzinho dans le bassin du Rio Madeira, État de l’Ama¬
zonie au Brésil) est un synonyme d'Eleutherodactylus nigrovittatus (Andersson).
During a visit to the U.S. National Museum of Natural History (Washington, D. C.),
I found three specimens of a leptodactylid frog from western Goiâs, Brasil. The specimens
were incorrectly identified in that collection as Eleutherodactylus conspicillatus (Günther).
As nearly as I can discern, the misidentification was made by the late Doris M. Cochran
but was never reported in the literature. The frogs were part of an exchange from the
Muséum national d’Histoire naturelle (Paris). The larger series of specimens in Paris is
better preserved than are the USNM specimens and was misidentified as E. binotatus (Spix).
Presumably, Cochran realized that the frogs were not E. binotatus (about whom she publi¬
shed an account, Cochran, 1955) but inexplicably she assigned them to E. conspicillatus.
The frogs are not Eleutherodactylus because they lack the discs on the ventral surfaces
of the digit tips characteristic of Eleutherodactylus, Sminthillus, Syrrhophus, and Tomodactylus
(Lynch, 1971, 1975a, 19756). The pectoral girdle has a calcified, style-like sternum and the
omosternum is calcified posterior to the manubrium (fig. 1). Calcified, style-like sterna
purportedly characterize frogs of the subfamily Leptodactylinae (Lynch, 1971). The
Goiâs frogs resemble Adenomera, Barycholos, and Lithodytes in several features but the
sternal architecture is unique to Barycholos.
* School of Life Sciences, The University o/ Nebraska, Lincoln, Nebraska 68588 USA.
1, 19
— 290 —
The Goiàs frogs are very similar to Barycholos pulcher (redescribed by Heyeb, 1969)
but differ in some trivial features. The geographic hiatus (3250-3350 km) elegantly focuses
on our ignorance concerning Amazonian frogs. The Goiâs population is here named.
Barycholos savagei sp. nov.
Holotype : MNHNP 1946-328, an adult female taken between the Rio Tapirapé and Conceicao,
Estado Goiâs, Brasil, in 1931 by Dr. J. Vellard.
Paratypes : USNM 130184 (topotype) ; MNHNP 1946-327 (and 327 a-k), USNM 130182-83,
collected at Bananal and Rio Vermelho, Estado Goiâs, Brasil, by Dr. J. Vellard.
Diagnosis : A small leptodactylid frog (four males 20.3-22.2 mm SVL, two adult females
30.4-31.2 mm SVL) resembling the species of Adenomera, Barycholos, Lithodytes, Vanzolinius,
and fuscus group of Leptodactylus in having broad, arched vomerine odontophores, in lacking
nuptial asperities (or swollen thumbs) in males, and in lacking melanophores on the large eggs.
Barycholos pulcher and B. savagei differ from Adenomera, the fuscus group of Leptodactylus, Litho¬
dytes, and Vanzolinius in having calcified, style-like sterna which bifurcate posteriorly and support
separate xiphisternal elements (fig. 1). Barycholos savagei differs from B. pulcher in having a
tarsal fold instead of a tarsal tubercle, in having a sharp canthus rostralis (indistinct, rounded in
B. pulcher), and in lacking vocal slits and a vocal sac (sometimes absent in B. pulcher).
Fig. 1. — Ventral view of pectoral girdle of Barycholos savagei sp. nov. (MNHNP 1946-327A).
Cartilage is stippled. The mesosternum (not stippled) is calcified. Scale equals 2 mm.
Description
Head as wide as body or slightly narrower than body (gravid females) ; head wider
than long ; snout subacuminate in dorsal view, rounded in lateral profile ; nostrils directed
dorsolaterally, not protuberant ; canthus rostralis sharp, straight ; loreal region flat, sloping
— 291 —
abruptly to lips ; lips not flared ; interorbital space flat, broad ; no cranial crests ; upper
eyelid lacking pungent tubercles or folds ; supratympanic fold evident, ending above inser¬
tion of arm ; postrictal tubercles subconical (fused to form a short ridge in some examples) ;
tympanum prominent, annulus distinctly elevated ; tympanum separated from eye by
distance equal 1/3 to 1/2 tympanum length ; tympanum slightly higher than long.
Choanae relatively small, round, not concealed by palatal shelf of maxillary arch
when roof of mouth is viewed from directly above ; vomerine odontophores prominent,
broad, 2 1/2 times as wide as long, lying posterior to choanae, each about size of a choana,
separated on midline by distance about 2 to 2 1/2 times width of a choana ; the odontophore
is angled very slightly posteriad and bears a row of 8-10 teeth ; tongue longer than wide,
its posterior border not notched, its posterior 1/4 not adherent to floor of mouth ; makes
lack vocal slits and vocal sac.
Fig. 2. — Palates of (A) Eleutherodactylus nigrovittatus (MNHNP 1978-2839) and (B) Barycholos savagei
(MNHNP 1946-327A). Scale is 2 mm.
Skin of dorsum and upper surfaces of limbs finely shagreened ; a narrow transverse
ridge of warts on back just posterior to scapulae (not reaching dorsolateral folds) ; low
dorsolateral folds extending from eye posteriorly but disappearing at about level of sacrum ;
a second fold, also originating at the posterior edge of the upper eyelid, diverges ventrally
below the dorsolateral fold (toward the groin), it too, is incomplete ; vent not extended in
sheath ; skin below and posterolateral to vent (and extending onto undersides of thighs)
hearing large areolations ; all other ventral surfaces smooth ; discoidal folds distinct.
Forearm bearing ulnar tubercles, tubercles not prominent ; palmar tubercle longer
than wide but not indented distally (nor divided), 1 1/2 times size of oval thenar tubercle ;
supernumerary palmar tubercles pungent, 6 to 8 in number, nearly as large as proximal
subarticular tubercles ; basal subarticular tubercles large, elevated, more or less round ;
distal subarticular tubercles only 1/2 so large as basal ones ; fingers bear hints of lateral
keels ; fingers lacking discs and pads ; first finger much longer than second ; thumb of male
neither swollen or hearing nuptial asperities.
No folds or tubercles on knee or heel ; outer edge of tarsus lacking tubercles ; inner edge
of tarsus bearing sickle-shaped fold (and tubercle) about 2/5 from distal end ; inner meta-
— 292 —
tarsal tubercle oval (length 1 1/2 times width), elevated, 3 times size of round, subconical
outer metatarsal tubercle ; several supernumerary plantar tubercles present, not prominent,
all much smaller than conical subarticular tubercles ; subarticular tubercle on first toe
narrowly separated from inner metatarsal tubercle ; toe tips less swollen than finger tips,
lacking pads and discs ; toes bearing feeble lateral fringes (most evident towards bases of
toes) ; heels of flexed hind legs broadly overlapping.
Brown above with indefinite brown transverse mark just posterior to scapulae (brown
bar rests on a transverse ridge of warts). In several smaller individuals this brown bar is
the top of an hourglass-shaped mark. Canthal streak and supratympanic stripe dark
brown. Indefinite suprainguinal bar (brown). Labial bars faint. Flanks brown with
cream vermiculaticn extending up from venter. Pale area in groin continuous with pale
venter. Some brown flecking on throat, otherwise, all ventral surfaces cream. Limbs
indistinctly barred, if bars are evident they are transverse and as wide as or slightly wider
than the pale interspaces. Posterior surfaces of thighs brown with a few cream flecks ;
anal triangle slightly darker. In some individuals the ground color is gray-brown ; in these
frogs a brown interorbital triangle is evident and a brown area on the shoulder tapers ven-
trally onto the flanks.
Measurements of holotype (in mm) : SVL 30.4 ; shank 17.2 ; head width 10.2 ; head length
9.8 ; upper eyelid with 2.5 ; IOD 2.9 ; tympanum length 2.1 ; eye length 4.0 ; eye-nostril distance
2.6. The holotype is a gravid female with strongly convoluted oviducts.
Etymology : A patronym, for Jay M. Savage, who has significantly contributed to lepto-
dactylid systematics.
Distribution : Known only from the type specimens, collected in western Goiâs state in Brasil.
Variation : Aside from the points raised in the description, B. savagei (as thus far known)
is not variable. Minor differences in proportions are summarized in table 1.
The relationships of Barycholos
The only leptodactylid frogs having sterna resembling those of the two species of
Barycholos are some species of Physalaemus (see plate 2 in Barrio, 1965 and figure 2 in
Parker, 1927) and some Pleuroderna (Parker, 1927 : 477). The sternal styles of Physalaemus
and Pleuroderna are distinctly osseous in contrast to the sternal styles of Barycholos
which are calcified. Barycholos is further distinguished from these genera in that the vome¬
rine odontophores are massive, partially arched structures lying posteriad to the choanae
(fig. 2), whereas in Physalaemus and Pleuroderna, vomerine odontophores are lacking or,
if present, are small and support a clump of teeth.
Lynch (1971, 1973) considered Barycholos most closely allied to Adenomera whereas
Heyer (1969, 1975) considered it most closely allied to Eleutherodactylus . Heyer
(1974a) attempted to insert Barycholos into the several clusters within the Lepto-
dactylinae but with little success and concluded (informally) that Barycholos was not
closely related within that assembly (which includes Adenomera). Heyer’s (1974a, 19746,
1975) analyses have a cladistic méthodologie base and are thus subject to ready reinter¬
pretation.
Dr. Heyer and I differ in our approaches to the common data base in two critical
points. I insist that if a character-state is to be recognized (or used) it must be discrete
Table 1 . — Size and proportions of Barycholos savagei and Eleutherodactylus nigrovittatus.
First line gives range ; second gives mean dr 2 standard errors (sample size).
SVL (in mm)
Tibia/SVL
head width/SVL
upper eyelid/IOD
tympanum/eye
E-N/eye
Barycholos savagei
males
20.3-22.2
21.6(5)
55.6-60.4
57.7(5)
33.3-36.0
34.8(5)
81.8-100.0
94.7(5)
50.0-58.6
54.5(5)
71.4-79.3
73.8(5)
females
30.4-31.2
30.8(2)
56.6
(1)
32.9
(1)
86.2
(1)
52.5-56.2
54.4(2)
65.0-78.2
71.6(2)
juv. females
22.2-26.0
24.5 ± 0.7(9)
59.6-63.5
60.8 ± 1.1(7)
33.1-37.2
35.3 ± 1.0(7)
85.2-109.1
94.7 ± 7.3(7)
48.4-60.0
55.6 dr 2.3(9)
70.6-83.9
79.2 dr 2.9(9)
Eleutherodactylus nigrovittatus
males
16.1-18.8
17.7 ± 0.5(12)
43.6-50.6
46.9 ± 1.0(12)
37.1-41.4
39.6 ± 0.8(10)
61.9-80.0
69.9 ± 5.0(7)
38.1-50.0
44.8 ± 3.1(8)
82.6-100.0
92.2 ± 4.6(8)
females
20.1-22.0
21.1 dr 0.6(7)
43.6-47.1
45.4 ± 1.0 (7)
39.2-41.8
40.4 ± 0,6(7)
65.2-82.6
73.2 dr 5.9(6)
42.6-57.1
47.2 ± 4.6(6)
81.5-104.8
94.8 dr 7.5(6)
294 —
from all other character-states. Heyer (1974a, 19746) partitioned the variation in the
relationship of the posterior extent of the sphenethmoid relative to the optic foramen into
three character-states even though at least some of the variation is continuous. Secondly,
I insist that OTUs exhibit a single character state. Many of the traits employed by Heyer
(1974a, 19746, 1975) suffer because although variation is discontinuous, more than one
state occurs in an OTU (fig. 3). Heyer’s solution to this problem (of which he was aware)
was frequently to create a state of variable states of the following form :
condition “ 1 ” condition “ 2 ” condition “ 3 ”
state i state i or j state j
Discrete
states
O
I'm. 3. — Schematic of coding system employed by Heyer (19746) for several characteristics.
The only defensible approaches are (1) to discard the characteristic, or (2) to partition
the OTU. To do neither creates an illusion.
IIey'er (1974a) analyzed 50 characteristics, recognized 2 to 5 states per character,
and assigned polarities within each characteristic. The data were collected for 29 species
of frogs. In a subsequent analysis, Heyer (19746) used 17 characteristics (including two
not previously used) to analyze the relationships among Adenomera, Leptodactylus, Litho-
dytes, and Vanzolinius (a generic clustering noted by Heyer, 1974a).
Heyer (1974a) generated two phylogenetic diagrams for leptodactyline frogs using
92 derived character-states. The diagrams clustered Physalaemus, Pleurodema, and
Pseudopaludicola as one unit and Adenomera, Leptodactylus, Lithodytes, and Vanzolinius
as a second. In one case, Barycholos clustered with Adenomera but in the other it was
loosely associated with Edalorhina. In Heyer’s analyses, Edalorhina, Hydrolaetare,
Limnomedusa, and Paratelmatobius did not associate with either unit.
Heyer also evaluated the character states so as to seriate states from best to worst.
Eleven states were identified as ‘ best ’, 19 others as ‘ useful ’, 22 as ‘ neutral ’, and 35 as
‘ of negative value ’ (accounting for 87 states [88 if # 90, a single species occurrence, is
added to the list of ‘ neutral ’ states]).
295 —
Heyer’s choice (fig. 7) between his ‘ old phylogeny ’ (where Barycholos clusters with
Adenomera ) and his ‘ new phylogeny ’ (where Barycholos is tenuously associated with
Edalorhina and thus not part of the leptodactyline subgroup) was made because “ The
new phylogeny has nine fewer character state convergences than the old phylogeny and
the relationships among Lithodytes, the marmoratus group, and the remaining Leptodactylus
are tightened up. ” and “ This is consistent with all three groups being recognized as part
of the same genus from time to time ” (Heyer, 1974a : 29).
The major difficulties with this seemingly reasonable decision are : (1) where do the
9 fewer convergences occur — in best, useful, neutral, or negative character states ? ;
(2) what is the meaning of ‘ tightened up ” ? ; and (3) how germane is the observation
that previous workers from time to time associated a collection of species in a single genus ?
I compared the phylogenetic diagrams and observed the following : the new phylogeny
required two fewer convergences for each of five states (28, 30, 60, 79, 89) and one fewer
for each of seven others (14, 31, 38, 53, 54, 62, 91). This is an improvement of saving
17 convergences. It also requires an extra convergence for each of ten character states
(7, 19, 23, 24, 25, 40, 43, 49, 83, and 84). The net savings (table 2) is seven fewer conver¬
gences (I was unable to discover the other two reported by Heyer). The additions are
skewed toward the ‘ best ’ extreme and the reductions are skewed toward the negative
extreme. Each therefore indicates that the ‘ new phylogeny ’ is contrary to the efforts
to obtain the best phylogeny. Somewhat corroborative support for this conclusion is
gathered from one of Heyer’s (1974a : 38) predictions based on the new phylogeny [“ Accord¬
ing to the diagram (fig. 7) a foam nest is not required for Lithodytes, Barycholos, Edalorhina,
Hydrolaetare, or Paratelrnatobius... ”]. However, Edalorhina uses a foam nest in essentially
the same fashion as does Physalaemus (James P. Bogart, William E. Duellman, personal
communications). Therefore, although the new phylogeny requires fewer convergences,
it reduces convergences among the worst character states and adds convergences among
the better character states. Such an improvement is an illusion.
Heyer’s second and third reasons for preference of the new over the old phylogeny
are clearly related. The “ tightening up ” of relationships is accomplished by emphasizing
Table 2. — Distribution of convergences among quality categories comparing
Heyer’s (1974a) ‘ old phylogeny ’ with his 1 new phylogeny ’ (and the positioning of Barycholos).
Adding or reducing convergences is relative to the new phylogeny.
Quality category
Add convergences
Redu
CE CONVERGENCES
Best
23, 83
Useful
7, 19, 24, 25, 84
30, 54,
89 *
Neutral
43
28, 79
Negative
40, 49
14, 31,
38, 53, 60, 62, 91
States in italics are those reducing convergences by two each.
— 296 —
those traits which unite what Heyer later concludes are the genera Adenomera, Leptodac¬
tylus, Lithodytes, and Vanzolinius back into the genus Leptodactylus sensu lato. Heyer
evidently does not consider it germane that Boulenger (1898) described Barycholos pulcher
as a Leptodactylus where it remained until Heyer (1969) removed it. Cochran’s (1938,
1955) inclusion of Paratelmatobius gaigeae in Leptodactylus does not prompt serious consi¬
deration that the phylogenetic diagram be engineered in such a way to show Paratelma¬
tobius and Leptodactylus as a terminal bifurcation. These examples are admittedly spurious
hut emphasize my point that the errors (if errors they he) of previous systeinatists are
completely immaterial to the support of a given phylogenetic diagram.
If one requires both unique OTUs and unique states, one solution is to discard Heyer’s
(19746) characteristics of Vocal sacs, Male Thumbs, Body glands, Toe disks, Toe webs,
Egg pigment, Geniohyoideus lateralis muscle, Sternohyoideus origin, Gracilis minor muscle.
Frontoparietal fontanelle, Vomer articulation, Sphenethmoid-optic foramen, Anterior
extent of sphenethmoid, and Acrocentric chromosomes, resulting in the ‘ loss ’ of 14 of 17
characteristics. Another solution is to openly examine the genera (if they are accepted
a priori, many characteristics useful at one level of analysis must be discarded). [For
example, if Adenomera andreae and A. marmorata are separated from A. bokermanni,
A. hylaedactylus, and A. martinezi, the former group has toe pads and the latter exhibits
the primitive state (i.e., no pads)].
The three remaining characteristics (Sternohyoideus muscle insertion, Terminal
phalanges, and Diploid chromosomes) do not impress me as adequate to generate a robust
phylogenetic diagram. Heyer’s (1974a) coding of variation in the form of the terminal
phalanges is not consistent with my observations on Adenomera hylaedactyla, and the
direction is contraindicated by Noble’s (1917) study of ontogenetic changes in the degree
of bifurcation in Leptodactylus (and Adenomera as well). In view of the variability in diploid
chromosome number for Adenomera thus far reported from only some of the species (Heyer,
19746) and the absence of data for either species of Barycholos, I am not willing to consider
this trait significant. The sternohyoideus insertion trait was reported to exhibit three
states (Heyer, 1974a). Heyer (1974a) recorded a derived condition in Barycholos pulcher ,
3 Adenomera ( andreae , bokermanni, and martinezi), Lithodytes lineatus, Hydrolaetare schmidti,
and Paratelmatobius lutzi, and a more derived state in the other 2 Adenomera (hylaedactyla
and marmorata) and in 3 of 5 species of Physalaemus. Although inspection of Heyer’s
(1974a : 10, fig. 1) illustrations allows easy sorting of the five species of Adenomera into
two groups, one’s conviction that these are different character states from some conditions
coded as primitive is eroded by the same illustration.
The data set employed by Heyer (1974a, 19746) is seriously flawed by aprioristic
interference and by the ensuing injudicious coding of variability in characteristics. Erro¬
neous coding of information may have contributed to the problem (e.g., Lithodytes lineatus
has dorsolateral stripes but not dorsolateral folds, it has narrow lateral fringes on the toes
rather than lacking lateral fringes, it has digital pads [not discs as previously reported
by Lynch, 1971, 1973, and so coded by Heyer, 1974a, 19746] but no dorsal scutes, and
males lack vocal slits and a vocal sac [Heyer’s “ no external vocal sac ” apparently means
“ internal vocal sac present ” but is not so described ; it seems unlikely that he meant
“ no external vocal sac ” to include both “ internal sac present ” and “ no vocal sac ”].
Resolution of the relationships of the leptodactyline genera requires (1) that the genus
297
Fig. 4. —- Leptodactylid pectoral girdles in ventral view. (A) Limnomedusa macroglossa (MCZ 22977-84,
untagged specimen), (B) Adenomera marmorata (KU 166464), (C) lAthodytes lineatus (MCZ 97008),
(D) Vanzolinius discodactylus (KU 126241).
Leptodactylus ( sensu Heyer, 1974&), and possibly Adenomera as well, lie treated as several
OTUs and (2) character states be defined more precisely.
The only derived state evident in Heyee’s (1974a) analysis uniting all of the taxa
here indued in the 1 leptodactyline genera ’ is state 83 (Ilium with a well-developed dorsal
crest). That state appears in a variety of leptodactylids (Lynch, 1971) including Eleu-
therodactylus nigrovittatus , a species Heyer (1975) considered allied to Barycholos pulcher.
Adenomera, Leptodactylus, Lithodytes, and Vanzolinius are probably very closely related
to one another. The similarities in their pectoral girdles (fig. 4, B-D) impresses this opi¬
nion on me. The long, thin osseous sternum with a spade-like xiphisternum is unique
in the family and because it occurs in so few otherwise similar frogs is probably derived.
The uniqueness of the derivation is not on secure grounds because a similar architecture
is seen in Pseudopaludicola. The pectoral girdle of Barycholos (fig. 1) is also probably a
— 298
Fig. 5. — Ventral views of pectoral girdles of (A) Eleutherodactylus mantipus (LACM 47133), and E. nigro-
vittatus, (B) northeastern Peru (MNHNP 1978-2839), (C) base of Andes in Ecuador (MCZ 90312), and
(D) Andean slope (PTSNM JAP 3852). Cartilage is stippled. Scale is 2 mm.
derived state but is quite unlike that seen in the leptodactylines sensu stricto ( Adenornera ,
Leptodactylus, Lithodytes, and Vanzolinius) . Heyer’s (1975) view that Barycholos is allied
to E. nigrovittatus appears consonant with all evidence now available.
Barycholos pulcher, B. savagei, and E. nigrovittatus are similar in habitus (size, shape,
and proportions) and all three are terrestrial frogs without distinctive markings. The
two Barycholos have calcified mesosterna and paired xiphisterna (fig. 1), broad interchoanal
region of the palate (fig. 2), and no suggestion of discs on the toe pads (contrary to Lynch’s.
1974, remarks). Eleutherodactylus nigrovittatus has a cartilaginous, posteriorly bifurcated
sternum (fig. 5), narrow interchoanal region of the palate (fig. 2), and distinctive toe pads
hearing elongate discs on the ventral surfaces of the pads but lacks any evidence of pads
or discs on the fingers (fig. 6).
— 299 —
Fig. G. — Palmar view of Eleulherodaclylus ni grovHiatus (MNHNP 1978-2839). Scale is 1 mm. Open arrows
point to basal subarticular tubercles ; closed arrows point to distal tubercles.
The status of Phyzelaphryne miriamae
IIeyek (1977) named Phyzelaphryne miriamae on the basis of four specimens from
Igarapé Puruzinho at the Rio Madeira, Estado Amazonas, Brasil. He referred four Colom¬
bian frogs (Yapima, Departamento Vaupés, Colombia) to P. miriamae. The proposal of
the genus and species are apparently the product of two errors (1) a possibly a priori belief
in a “ leaf litter adaptive complex ” and (2) doing taxonomy exclusively by quantitative
methods.
Frogs, like any other group of organisms, exhibit an uncounted matrix of characte¬
ristics, only some of which are readily reduced to precise character-state sets. Most taxo¬
nomists are familiar with the group of organisms with which they work and are storehouses
of trivia concerning part or all of the specimens they have ever examined. Access to that
storehouse is personal and over a lifetime a biologist endeavors to reveal as much of that
storehouse as possible ; in the interim he or she is able to provide seemingly ‘ instant identi¬
fications ’. Quantitative methods are certainly of considerable value in taxonomy but
are somewhat like keys. Simply because a specimen will ‘ key-out ’ in a couplet does not
insure that the organism has been properly identified.
301 —
As I read Heyee’s (1977) description and inspected the illustration, I realized that I
had seen the frog before. Aside from certain features (examined below), Phyzelaphryne
miriamae seemed identical to frogs I called Eleutherodactylus nigrovitlatus. Lynch (1980)
and Lynch and Duellman (1980) reported that lowland populations of E. nigroviltatus
consisted of much smaller frogs than did the populations found on the Amazonian slopes
(> 1 000 m) in Ecuador. Heyee (1977) distinguished Phyzelaphryne miriamae from
Eleutheradactylus (including E. nigroviltatus) because he thought the distal subarticular
tubercle of finger IV lost. In E. nigrovitlatus, the proximal subarticular tubercles are
proportionately large and are more distinct than the distal tubercles of fingers III and IV
(fig. 6). The distal tubercles are only slightly more pungent (when viewed from the side)
than are the supernumerary palmar tubercles (4-5 in number). IIeyer reported discs
on the fingers but his term disc = pad as used here. I do not find circumferential grooves
(and thus discs) on the fingers ; in this regard, E. nigroviltatus resembles E. sulcatus. I con¬
sider the first finger longer than the second (contrary to Heyer’s statement that they are
about equal in length).
The Amazonian slope populations of E. nigrovittalus differ from Amazonian Basin
populations in size, in having more distinct distal subarticular tubercles on fingers III
and IV, and in the size and shape of the sterna (fig. 5B, D). However, specimens from
the base of the Andes (vicinity of Puyo, Ecuador), are intermediate in sternal morphology
(fig. 5C). The slope and Basin populations are inseparable on the basis of color pattern,
coloration, absence of vocal slits, sac, and nuptial pads in males, and in the presence of a
fleshy keel about the snout in males (fig. 7). The ridge probably functions in the building
of a burrow. Males bave long folds on the floor of the mouth but do not have vocal slits.
The males referred to P. miriamae by IIeyer are not available for study but are probably
not conspecifie with Phyzelaphryne miriamae which is here referred to the synonymy of
Eleutherodactylus nigrovittalus.
Acknowledgments
Specimens were loaned by William Duellman, Museum of Natural History, University of
Kansas (KU), John Wright, Natural History Museum of Los Angeles County (LACM), Ernest
Williams, Museum of Comparative Zoology, Harvard University (MCZ), Alain Dubois and Jean
Lescure, Muséum national d’Histoire naturelle, Paris (MNHNP), and Ronald Heyer, National
Museum of Natural History (USNM).
LITERATURE CITED
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Manuscrit déposé le 1 er juin 1979.
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 2, 1980,
section A, n° 1 : 303-316.
A collection of eleutherodactyline frogs
from Northeastern Amazonian Peru
with the descriptions of two new species
(Amphibia, Salientia, Leptodactylidae)
by John D. Lynch and Jean 1 escure*
Abstract. — Twelve species of eleutherodactyline frogs are reported from Colonia, Depto.
Loreto, Peru, including Eleutherodactylus aaptus sp. nov. and E. lythrodes sp. nov. Additional
records are provided for the other ten species. Both of the new species are members of the unistri-
gatus group.
Résumé. — Douze espèces d’Eleutherodactylini sont signalées de Colonia (Département
de Loreto, Pérou) dont Eleutherodactylus aaptus sp. nov. et E. lythrodes sp. nov.
Les deux nouvelles espèces appartiennent au groupe unistrigatus. Des localités nouvelles
supplémentaires sont données pour les dix autres espèces d’ Eleutherodactylus.
Introduction
The eleutherodactyline frog fauna of the Amazon Basin is markedly depauperate in
comparison with the Amazonian hylid frog fauna or with the rich eleutherodactyline faunas
more closely associated with the Andes. Lynch (1979) reported only 28 species of Eleuthe¬
rodactylus for the entire Amazon Basin with the most diverse local faunas being from those
areas at the immediate base of the Andes in Ecuador (estimates of 20 to 21 sympatric
species). Most collections of eleutherodactyline frogs from the Amazon Basin proper have
been made by persons interested in collections of things other than frogs ; between January
and May 1978, a party from the Muséum national d’Histoire naturelle collected at Colonia
and Yuvineto, Departamento Loreto, Peru. These collections in conjunction with those
by Borys Malkin (at the American Museum of Natural History, New York) and by Robert
Bleiweiss (Museum of Comparative Zoology, Cambridge) document the rapid decline in
species richness as one proceeds east from Andean Ecuador into Amazonia but also reveal
some endemism along the western edge of the Basin.
The junior author and his colleagues collected eleven species of Eleutherodactylus as
well as Ischnocnema quixensis at Colonia, a village at the mouth of the Rio Zumun which
* John D. Lynch : School of Life Sciences, The University of Nebraska, Lincoln, Nebraska 68588, USA.
J. Lescure : Laboratoire de Zoologie (Iteptiles et Amphibiens), Muséum national d ’ Histoire naturelle,
57, rue Cuvier, 75005 Paris.
— 304
is a tributary of the Rio Yahuasyacu. The Rio Yahuasyacu is a tributary of the Rio
Ampiyacu. The site lies at approximately 3° S, 72° 30' W. Collections were also made at
Yuvineto (approximately 1° 02' S, 74° 13 ' W), along the Rio Putumayo. Both localities
are in northern Depto. Loreto, Peru. We also report some material collected in Depto.
Amazonas, Colombia. That material was collected from localities along the Rio Amaca-
Yacu by Robert Bleiweiss (Harvard University).
Materials and methods
Specimens reported here include material from the American Museum of Natural History
(AMNH), Museum of Comparative Zoology (MCZ), and Muséum national d’Histoire naturelle
(MNHN). For methods of measurement, see Lynch and Duellman (1979). The following
abbreviations are employed : SVL, snout-vent length ; HW, head width ; IOD, interorbital distance ;
E-N, eye to nostril distance.
Accounts of species
Eleutherodactylus aaptus sp. nov.
Holotape : MNHN 1978. 2816, an adult male, taken at Colonia, Departamento Loreto,
Peru, June 1978 by Lescure.
Paratypes : MCZ 93635, 96771, 96773-74, Puerto Narino ; MCZ 96772, Rio Amaca-yacu ;
MCZ 95796, Rios Amaca-Yacu and Caiwima, 40 km NNE Puerto Narino ; MCZ (uncatalogued,
field number 90068), headwaters of Rio Caiwima, ca. 70 km NNE Puerto Narino ; all Depto.
Amazonas, Colombia, collected between July 1977 and January 1978 by Robert Bleiweiss.
MNHN 1978.2815, Colonia, June 1978 by J. Lescure.
Diagnosis : (1) skin of dorsum finely shagreened, that of venter areolate ; no dorso-lateral
folds ; (2) tympanum prominent, round, its length 1/3-1/2 eye length ; (3) snout long, subacuminate
in dorsal view, rounded in profile ; canthus distinct in males, lips flared in females ; (4) upper
eyelid lacking tubercles, narrower than IOD ; no cranial crests ; (5) vomerine odontophores pro¬
minent, oblique ; (6) males with vocal sac and slits, non-spinous nuptial pad ; (7) first finger shorter
than second ; pads on fingers II- IV large ; (8) fingers bear lateral fringes ; (9) ulnar tubercles in
males ; (10) small tubercles on heel ; tubercle on inner edge of tarsus in males ; (11) two metatarsal
tubercles, inner elongate, much larger than round outer ; supernumerary plantar tubercles in rows ;
(12) toes bear lateral fringes, no webbing, toe pads smaller than those of fingers, (13) gray-brown
above with no pattern, venter cream with sparse reticulation or spotting ; posterior surfaces of
thighs dark brown or black ; (14) adults moderate-sized, one male 22.9 mm, four females 29.9-34.8 mm
SVL.
Eleutherodactylus aaptus differs from most species of the unistrigatus group in that
the head is longer than wide and the snout is markedly longer than the eye. Other species
with long snouts ( E. prolatus, E. trachyhlepharis, and E. çariabilis) are markedly smaller
frogs (females less than 25.0 mm SVL). The most distinctive feature of E. aaptus is the
flaring of the lips in females (fig. 1). This attribute is characteristic of many frogs of the
ruhicundus assembly but seen in both sexes (Lynch and Miyata, 1980) and is there associated
with narrow IOD and often low cranial crests.
— 305 —
Description
Head narrower than body, about as long as wide ; HW 35.4-40.5 (X = 37.8, N = 8)
per cent SVL ; snout subacuminate in dorsal view, round in lateral profile ; snout long,
E-N 103.2-131.6 (X = 118.0, N = 8) per cent eye length ; nostrils slightly protuberant,
directed dorsolaterally ; canthus rostralis moderately distinct, straight or sinuous ; loreal
region concave, sloping to lips and lips flared in females ; in males lips not flared ; interor¬
bital space flat (no cranial crests) ; upper eyelid lacking tubercles, its width 73.7-108.7
(X = 86.3, N = 7) per cent IOD ; eyes small ; tympanum round, its length 34.7-48.6 (X =
44.4, N = 8) per cent eye length, upper edge concealed by supratympanic fold (fold reaching
to above arm), separated from eye by its diameter ; postrictal tubercles small, no other
tubercles on head ; choanae large, longer than wide, not concealed by palatal shelf of maxil¬
lary arch ; vomerine odontophores pungent, median to choanae, lying just posterior to
choanae ; odontophores strongly slanted (in some individuals teeth in a longitudinal row),
longer than wide, separated on midline by a distance about equal to odontophore length ;
tongue longer than wide, its posterior border notched, posterior 2/5 not adherent to floor
of mouth ; males with vocal slits, subgular vocal sac.
Skin of dorsum very finely shagreened, becoming areolate on flanks, that of throat
smooth, of venter areolate, of undersides of thighs coarsely areolate ; no dorsolateral or
discoidal folds ; no anal sheath ; one small antebrachial is the only ulnar tubercle in females
but males have 3 small ulnar tubercles ; palmar tubercle bifid, lobes equal in size ; thenar
tubercle oval, smaller than palmar tubercle ; several pungent supernumerary palmar
tubercles ; subarticular tubercles round, proximal tubercles subconical, more distal ones not
conical ; fingers bearing lateral fringes ; fringe evident one-half way down outside of palm ;
fingers bearing discs, discs broader than long, on large pads ; pad of thumb smallest, those
of fingers 11-IV about size of tympanum ; all pads round apically ; first finger shorter than
second ; males have white, non-spinous nuptial pad on thumb.
Several small, non-conical tubercles on heel ; no tubercles on outer edge of tarsus ;
in females, one small indefinite tubercle (or short fold) on inner edge of tarsus just proximal
to inner metatarsal tubercle ; in males a distinct conical tubercle about mid-way along
inner edge of tarsus and lesser tubercles proximal and distal ; inner metatarsal tubercle
3 times as long as wide and 6 times size of round outer metatarsal tubercle ; as few as 3 super¬
numerary plantar tubercles (at bases of toes 11-IV), up to 4 rows of tubercles ; subarticular
tubercles longer than wide, conical ; fringes evident on lateral margins of toes ; toes bearing
broad discs on expanded pads, toe pads smaller than those of fingers ; heels of flexed hind
legs overlap ; shank 49.7-58.2 (X = 54.4, N = 8) per cent SVL.
Dorsal surfaces of body and shanks gray-brown ; tops of thighs gray ; posterior sur¬
faces of thighs and undersides of shanks black ; groin black ; color on adjacent anterior
surfaces of thighs and on flanks grading into gray-brown ; vague network of reticulations
on flanks ; dark brown canthal-supratympanic stripe ; two brown labial bars ; ventral
surfaces white to cream, some gray reticulation on chest and belly.
Measurements of holotype (in mm) : SVL 22.9 ; shank 12.5 ; HW 8.2 ; head length 9.0 ;
upper eyelid width ca. 2.2; IOD 2.9; tympanum length 1.5; eye length 3.1 ; E-N 3.2.
Etymology : Greek, aaptos, unapproachable ; in allusion to the delay in its discovery.
1, 20
— 306 —
Fig. 1. — Eleutherodactylus aaptus sp. nov. A, palate, female, MCZ 96774 ; B, top of head, female, MCZ
96772 ; C, side of head, female, MCZ 96772 ; D, top of head of male holotype, MNHN 1978.2816;
E, palm of MNHN 1978-2816. (Seale for A-C, beneath B ; all scales equal 2 mm.)
Remarks : Sexual dimorphism is pronounced (fig. 1). Males have ulnar and tarsal
tubercles (absent in females), sharp canthi (obtuse in females), and do not exhibit flaring
of the lips (flared in females). The head shape of females alone would have led us to propose
that E. aaptus is a small Amazonian ally of E. latidiscus (and its allies).
Only three males arc avalable : MNHN 1978.2815-16 and MCZ 96773 that is a juvenile
(no vocal slits, no nuptial pad) 21.2 mm SVL. Our data are meager, but E. aaptus appears
to exhibit the normal sexual dimorphism in size seen in most Eleutherodactylus.
Eleutherodactylus acuminatus Shreve
Eleutherodactidus acuminatus Shreve, 1935 : 217 ; Crump, 1974 : 24 If ; Duellman, 1978 : 86-87 :
Lynch, 1980« : 3.
Material examined : Colombia, Depto. Amazonas : Rio Caiwima (MCZ 96792) ; 50 km NW
Puerto Narino (MCZ 93776). Peru, Depto. Loreto : Colonia (MNHN 1979.47-49) ; Yuvineto
(1979-7900).
— 307 —
These records partially bridge the geographic hiatus evident previously (Lynch,
1980a) for this food-specialist (Duellman, 1978).
Eleutherodactylus altamazonicus Barbour and Dunn
Eleutherodactylus altamazonicus : Lynch, 1974 : 14.
Material examined : Peru, Depto. Loreto : Colonia (MNHN 1979.52) ; Yuvineto (Walter
IIodl 6308).
Eleutherodactylus carvalhoi Lutz
Eleutherodactylus carvalhoi Lutz in Lutz and Kloss, 1952 : 642 ; Duellman and Toft, 1979 : 61 ;
Lynch, 1980a : 4.
Material examined : Colombia, Depto. Amazonas : Puerto Nariiio (MCZ 93634, 94521,
96793-97) ; Rios Amaca- Yacu and Caiwima, ea. 40 km NNE Puerto Nariiio (MCZ 95797). Ecuador,
Pastaza River, Canelos to Maranon (MCZ 19627). Peru Depto. Loreto : Colonia (MNHN 1978.
2832-33, 1979. 56-69) ; Iparia (MCZ 75049-50) ; Mishana, Rio Nanay (MCZ 89081) ; Yuvineto
(MNHN 1979.70-71).
MNHN 1978. 2833 is a gravid female 18.4 mm SVL with essentially smooth skin on
the dorsum, concealed tympana, a pale spot in the groin, 2-3 pale spots on the anterior
surfaces of the thighs, and a brown venter with small white spots. In spite of the unusual
pattern, the smooth skin on the dorsum, and its small size we refer it to E. carvalhoi.
The distributional records reported here tend to support Lynch’s (1980a) view that
E. carvalhoi occurs essentially east of the distributions of its relatives, E. croceoinguinis
and E. martiae. The specimens from Colonia were obtained in both primary forest and in
secondary forest (ca. 40 yr. old). The pale spot in the groin is either yellow or orange in
life. Lynch (1980a) noted that Duellman and Toft’s (1979) specimens from Depto.
lluanuco in south-central Peru were smaller than his samples from western Brasil and adja¬
cent Peru. Specimens from the localities reported here are intermediate in size : tivo males
13.3-13.4 mm SVL, 16 females 17.7-21.1 mm SVL (x = 19.4 ^ 0.5 [2 standard errors]).
Proportions for females are as follows (expressed in percents) : Tibia/SVL 47.4-55.1 (X =
51.6), HW/SVL 33.8-39.8 (x = 36.2), eyelid/IOD 80.0-135.1 (x = 105.0), E-N/eye length
82.7-108.5 (x = 95.5). Males lack vocal sac and slits and also lack nuptial pads.
Eleutherodactylus conspicillatus (Giinther)
Hylodes conspicillatus Giinther, 1859 : 92.
Eleutherodactylus conspicillatus : Lynch, 1975a : 3-9 ; 1980a : 4.
Material examined : Colombia, Depto. Amazonas : 8-10 km inland from tierra firme, across
from Isla de Santa Sophia (MCZ 85811-12) ; Puerto Nariiio (MCZ 93641, 93638-39, 96798, 96802) ;
50 km NW Puerto Nariiio (MCZ 96799-801) ; Rio Amaca-Yacu (MCZ 96803-04) ; Rios Amaca-
Yacu and Caiwima, ca. 40 km NNE Puerto Nariiio (MCZ 95803) ; headwaters of Rio Caiwima
(MCZ 96805-06). Peru, Depto. Loreto : Colonia (MNHN 1979.1-16, 7892-95) ; Iparia (MCZ 75041-
46, 75048) ; Moropan (MCZ 91254) ; Yuvineto (MNHN 1979.17-28).
— 308 —
Lynch (1975a) combined E. conspicillatus (Giinther) and E. peruvianas (Melin) but
following study of collections by Harvey Basslek and Borys Malkin advocated species
recognition for each (Lynch, 1980a). The two frogs are very similar and differ only in color
patterns. Lynch (1980a) considered the distributions essentially parapatric and reported
E. peruvianas from Igarapé Belém, Estado Amazonas, Brasil, as well as from Estiron (Rio
Ampiyacu) and the headwaters of the Rio Loretoyacu, Depto. Loreto, Peru.
The frogs from Colombia and those from Colonia represent E. conspicillatus rather
than E. peruvianus as might have been expected. The frogs have minute white spots
(red in life) on the posterior surfaces of the thighs and have mottling of gray and cream
(or uniform gray) on the underside of the shank. Some examples have labial liars evident
on the dark lace and most have moderate brown stippling on the throat. They are thus
intermediate in coloration between E. conspicillatus and E. peruvianus. The intermediacy
of these specimens is discordant and thus we do not advocate treating E. conspicillatus
and E. peruvianus as synonyms although we consider them only tenuously separable.
Eleutherodactylus lythrodes sp. nov.
Holotype : MNHN 1978.2825, an adult male taken at Colonia, Departamento Loreto, Peru
on 31 May 1978 by J. Lescure.
Paratypes : MNHN 1978.2819-24, 2826-28, 2830-31, collected at the type-locality on 27-31
May 1978 by J. Lescure and on January by P. Razon.
Diagnosis : (1) skin or dorsum roughened, no dorsolateral folds, that of venter areolate ;
anal opening extended in sheath ; (2) tympanum prominent, its length 1/3-2/5 eye length ; (3)
snout subacuminate in dorsal view, round in lateral profile ; canthus rostralis sharp ; (4) interor¬
bital space broader than upper eyelid ; no cranial crests ; no tubercles on eyelid ; (5) vomerine
odontophores small, pungent, median and slightly posterior to choanae ; (6) males with vocal
slits ; thumb bearing white non-spinous nuptial pad ; (7) first finger shorter than second ; al]
■digits bearing broad discs on expanded pads, pads of fingers III-IV largest ; pads round apically >
(8) fingers with narrow lateral keels ; (9) small antebrachial tubercle present ; (10) no tubercles
on heel or outer edge of tarsus ; inner tarsal ridge present ; (11) two metatarsal tubercles, inner
oval, 8 times size of round outer; small supernumerary plantar tubercles at bases of toes 11-IV ;
(12) toes bearing lateral keels ; toe pads bearing broad discs, slightly smaller than those of fingers ;
(13) black above with brown limb bars ; anterior and posterior surfaces of thighs, groin, much of
venter, and ventral surfaces of hind limb cream (or black with cream spots) ; anterior venter and
throat black, latter with transverse cream bar; pale areas red in life; (14) adults small, males
16.4-18.2 (x = 17.3, N = 6) mm, females 23.6-25.8 (x 25.0, N = 4) mm SVL.
Eleutherodactylus lythrodes is most similar to E. variabilis Lynch from which it differs
in having larger digital pads, a tarsal ridge (instead of a tubercle), subacuminate (rather
than acuminate) snout, and in coloration ( E. variabilis has a spotted or reticulated venter
with a pale area edged with black across the groin and lower venter which is yellow in life).
Occasional examples of E. altamazonicus Barbour and Dunn are similar to the darkest
E. lythrodes in color pattern but are readily distinguished in having the tympana concealed,
more tuberculate skin, larger digital pads, and in being larger frogs.
— 309
Description
Head as broad as or broader than body, longer than wide ; HW 34.1-36.4 (x = 34.8,
N = 10) per cent SVL ; snout subacuminate to nearly acuminate in dorsal view, round
in lateral profile ; nostrils protuberant, directed dorsolaterally ; snout moderately long,
E-N in males 78.6-91.7 (x = 85.0, N = 6) per cent eye length, in females 98.5-107.9 (x =
103.2, N = 4) per cent ; canthus rostralis sharp, straight ; loreal region weakly concave,
sloping abruptly to lips ; lips not flared ; upper eyelid lacking tubercles, its width in males
64.3-85.0 (x = 75.2, N = 6) per cent IOD, in females 72.4-92.3 (x = 85.0, N = 4) per cent ;
no cranial crests ; tympana small, distinct, round, tympanum length 32.1-41.7 (X = 36.9,
N = 10) per cent eye length ; tympanum separated from eye by distance almost equal
to its diameter ; postrictal tubercles very small ; choanae large, subtriangular in outline, not
concealed by palatal shelf of maxillary arch when roof of mouth is viewed from directly
above ; vomerine odontophores median to choanae ; anterior border of odontophore lying
at about same level as posterior margin of choanae ; odontophores small, elevated, hearing
a transverse row of 3-4 teeth, separated on midline by distance equal to 1 1/2-2 odontophore
widths ; tongue large, twice as long as wide, its posterior border not notched, posterior
1/6 not adherent to floor of mouth ; males with vocal slits posterolateral to tongue ; vocal
sac is internal ; lining of mouth blotched with melanophores.
Skin of dorsum roughened (an admixture of shagreening and fine corrugation), becom¬
ing smooth on lower flanks ; skin of throat and undersides of limbs smooth, of venter finely
Fig. 2. — Patterns on venter of Eleutherodactylus lythrodes sp. nov.
A, MNHN 1978-2825, 16.8 mm SVL ; B, MNIiN 1978-2826, 17.8 mm SVL.
— 310 —
areolate ; skin of dorsal surfaces of limbs like that of dorsum only more smooth ; no dorso¬
lateral or paravertebral folds (thin sagittal ridge evident on head) ; discoidal folds distinct,
well anteriad to groin ; anal opening enclosed in short sheath ; small antebrachial tubercle
present, no other ulnar tubercles ; palmar tubercle bifid, larger than oval thenar tubercle;
several low, fiat, large supernumerary palmar tubercles ; suharticular tubercles round,
pungent ; fingers bear lateral keels ; discs broader than long, on expanded pads ; pads
of III and IV largest (nearly as large as tympanum) ; pads rounded apically ; first finger
shorter than second ; male with swollen thumbs and white, non-spinous nuptial pads.
Heel and outer edge of tarsus lacking tubercles ; inner edge of tarsus bearing an elon¬
gate tubercle (a low, unattached tarsal ridge) ; inner metatarsal tubercle 2 1/2 times as
long as wide, outer minute (1/8 size of inner), round ; supernumerary plantar tubercles at
bases of toes II-1V ; suharticular tubercles round or slightly longer than wide, pungent ;
toes bearing lateral keels, expanded pads (slightly smaller than those of fingers), broad
discs ; heels of flexed hind legs overlap ; heel of adpressed hind leg reaches anterior edge of
eye ; shank of males 48.9-54.8 (x = 52.1, N = 6) per cent SVL, of females 47.5-51.8 (X =
49.5, N = 3) per cent.
Black above without markings ; pale lines on face (below eye and on snout suggesting
presence of labial bars ; forelimb with pale bands on upper arm, faint banding on lower
arm ; hind legs with black transverse bands, slightly broader than (or equal to) brown
interspaces ; anterior and posterior surfaces of thighs, groin, ventral surface of shank, ante¬
rior edge of tarsus, lower venter, and underside of thighs cream with occasional black spots
(the pale areas are occasionally much more restricted, c.f. fig. 2À) ; black speckling on
posterior surfaces of thigh ; rest of venter and throat black except for moderately pigmented
areas on breast, pale band across throat and pale spots on throat below eyes (fig. 2).
In life, E. lythrodes is black or brownish black with white to slate spots on the face and
w'hite markings on the throat. The pale areas on the venter and hind limbs are vermillion
red.
Measurements of holotype (in mm) : SVL 16.8, shank 9.2 ; HW 5.9 ; head length 6.4 ;
upper eyelid width 1.7 ; IOD 2.0 ; tympanum length 0,9 ; eye length 2.8 ; E-N 2.2. The holotype
is one of the most darkly pigmented specimens available (fig. 2A).
Etymology : Greek, meaning gory, in reference to the blood red pigment on the venter and
hind limbs.
Eleulherodactylus lythrodes wfill key out as E. oariabilis in Lynch’s (1980a) key to the
identification of Amazonian species of the unistrigatus group.
Eleutherodactylus malkirai Lynch
Eleulherodactylus malkini Lynch, 1980a : 9.
Material examined : Colombia, Depto. Amazonas : Puerto Narino (MCZ 93640, 96808,
96810-23, 96826-27) ; 50 km NW Puerto Narino (MCZ 96809, 96824-25) ; Rios Amaca-Yacu and
Caiwima (MCZ 95801-02) ; Rio Caiwima, ca. 70 km NNE Puerto Narino (MCZ 96524-28, 96828-31).
Peru, Depto. Loreto : Colonia (MNHN 1978.2791-2814, 2817-2818, 1979-45-46, 7897) ; Yuvineto
(Walter Hôdl 6210, 6249).
— 311 —
Lynch (1980a) reported specimens from western Brasil, south eastern Colombia, eastern
Ecuador, and eastern Peru. Our records do not increase the known distribution of E. mal-
kini but Lynch’s (1980a) material consisted entirely of specimens lacking notes on colors
in life and microhabitat data. At Colonia, E. malkini was found in primary forests near
small streams. The microhabitat was very moist (even at the end of the rainy season)
and the forest floor was heavily littered with wet dead leaves.
In life, E. malkini is brown to dark reddish brown above, the flanks and groin are
brown with white flecks, the throat white, the venter yellowish, and the undersides of
the legs greenish-yellow. The canthal-supratympanic stripe is black and the labial bars
are dark brown. The posterior surfaces of the thighs are black with slate white, clear
brown, or greenish brown flecks. The iris is gold with a horizontal copper streak.
In the original description, Lynch (1980a) recorded vocal slits as present. Vocal
slits are present in only three of the 22 adult males now available.
Eleutherodactylus nigrovittatus Andersson
Eleutherodactylus nigrovittatus Andersson, 1945 : 33 ; Lynch, 1980a : 11 ; 19806 : 299. Lynch and
Duellman, 1980 [in press).
Phyzelaphryne miriamae Heyer, 1977 : 152-54.
Material examined. — Colombia, Depto. Amazonas : Puerto Narino (MCZ 96832-36, 96841-
46) ; ca. 50 km NW Puerto Narino (MCZ 96837-40) ; Rio Caiwima, ca. 70 km NNE Puerto Narino
(MCZ 96847-48). Peru, Depto. Loreto : Colonia (MNHN 1978. 2837-46) ; Iparia (MCZ 75031).
This species is more widely distributed than indicated by Lynch (1980a). With the
recognition that Heyer’s (1977) Phyzelaphryne miriamae is conspecific (Lynch, 19806),
E. nigrovittatus’ distribution area extends well into the Amazon Basin. Specimens from
Colonia were found in wet primary forest in leaf litter by day. In life, the throat is brown
with white speckles. A prominent black spot occurs above the groin. The dorsum is
brown with a pattern consisting of an occipital W and a sacral chevron. Dark brown
dorsolateral stripes reach to the suprainguinal spots ; the anal triangle is black. Adult
males have a fleshy keel along the lips anterior to the eyes (Lynch, 19806).
Eleutherodactylus ockendeni (Boulenger)
Jlylodes ockendeni Boulenger, 1912 : 187.
Eleutherodactylus ockendeni : Lynch, 1974a : 16-20, 1980a : 12.
Material examined : Colombia, Depto. Amazonas : Puerto Narino (MCZ 93636-37, 94519-20,
95798, 96849-53) ; ca 50 km NW Puerto Narino (MCZ 94517-18) ; Rios Amaca-Yacu and Caiwima
(MCZ 95504) ; Rio Caiwima, ca 70 km NNE Puerto Narino (MCZ 96854). Peru, Depto. Loreto :
Colonia (MNI-IN 1978.2834, 2836, 1979.50-51, 53) ; Yuvineto (MNHN 1979.54-55).
Eleutherodactylus ockendeni is distributed south of the Rio Putumayo (as far cast
as the Leticia region in Colombia) to extreme southern Peru (Lynch, 1974a, 1980a).
— 312 —
Eleutherodactylus sulcatus (Cope)
Hylodes sulcatus Cope, 1874 : 126.
Eleutherodactylus sulcatus : Lynch, 19756 : 33-35.
Material examined : Colombia, Depto. Amazonas : Puerto Narino (MCZ 93642, 96856).
Peru, Depto. Loreto : Colonia (MNHN 1979.38-44) ; Yuvineto (Walter Hôdl 6169).
Eleutherodactylus sulcatus was found during the day in leaf litter in wet primary forest
associated with Adenornera andreae, Bufo typhonius, Eleutherodactylus conspicillatus,
E. lythrodes, E. malkini, and E. nigrovittatus.
Eleutherodactylus variabilis Lynch
Eleutherodactylus variabilis Lynch, 1968 : 129.
Material examined : Peru, Depto. Loreto : Colonia (MNHN 1978.2835) ; Yuvineto (Walter
Hôdl 6184, 6246, MNHN 1978.2851-52).
Lynch (1979) reported E. variabilis from Puerto Narino. Our material helps fill
the geographic gap evident from previous records. Males of this species have a white,
non-spinous nuptial pad.
Ischnocnema quixensis (Jimenez de la Espada)
Oreobates quixensis Jimenez de la Espada, 1872 : 87.
Ischnocnema quixensis : Lynch and Schwartz, 1972 : 109 ; Lynch, 19746 : 87.
Material examined : Brasil, Estado Amazonas : Igarapé Belém (AMNH, uncatalogued)
Colombia, Depto. Putumayo : Santa Rosa de Sucumbios, 400 m (AMNH, uncatalogued). Peril,
Depto. Amazonas : Rio Santiago (AMNH 42445, 42743, 42745, 42778, 42974, 43480, 43485). Depto.
Huânuco : Monte Alegre, Rio Pachitea (AMNH 43023, 43031, 43035). Depto. Loreto : Andoaz,
Rio Pastaza (AMNH 52857-58) ; Barranca, Rio Maranon (AMNH 42653) ; Cashiboya (AMNH
42120, 42302-03, 43086, 43208, 43450) ; Colonia (MNIIN 1979.29-33) ; Colonia Antigua (MNHN
1979.34-37) ; Iquitos (AMNH 55172-73) ; Perü-Brasil frontier, Rios Tapiche-Utoquinia (AMNH
43223) ; Pungo, Rio Tapechi (AMNH 42926) ; headwaters Rio Loretoyacu (AMNH, uncatalogued) ;
Rio Pisqui, lower camp (AMNH 43535, 43540, 43544, 43547, 43558) ; upper Rio Sepahu, Urubamba
(AMNH 43309) ; middle Rio Utoquinia (AMNH 42650) ; Roaboya (AMNH 43529) ; Santa Rosa
(AMNH 20142) ; Yuvineto (Walter Hôdl 6189). Depto. San Martin : Pachisa (AMNH 42330, 43401).
Lynch (19746) provided many records for I. quixensis hut we have found many more
out of Ecuador establishing a distribution area over most of eastern Ecuador and Peru
(fig. 3).
Fig. 3. — Distribution of Ischocnema quixensis in the upper Amazon Basin.
ig. 4. — Localities for six collections between the Rio Putumayo and Rio Amazonas-Rio Napo.
— 314
Discussion
Within a corridor between the Rio Putumayo and Rio Solimôes-Amazonas-Napo
(between approximately 69° W and 74° W) six primary collection sites are available (fig. 4)
and a total of 15 species of eleutherodactyline frogs have been obtained from the six sites.
In addition to these, three other species (E. lacrimosus , E. marmoratus, and E. venlrimar-
moratus) probably occur in the corridor (Lynch, 1980a). Of the 15 species, only E. rnalkini
and E. sulcatus were found at each of the six sites (table I).
The presence of 11 species of Eleutherodactylus at Colonia (locality 2, fig. 4) and the
anticipation of at least two others (E. lacrimosus and E. ventrimarmoratus) being found
Table I. — Species representations at six sites in the upper Amazon Basin.
>
E. aaptus
X
X
E. acuminatus
X
X
X
E. altamazonicus
X
X
X
X
X
E. carualhoi
X
X
X
X
X
E. conspicillatus
X
X
X
E. lanthaniles
X
X
E. lythrodes
X
E. malkini
X
X
X
X
X
X
E. nigrovittat.us
X
X
X
X
E. ockendeni
X
X
X
X
E. peruvianus
X
X
X
E. sulcatus
X
X
X
X
X
X
E. variabilis
X
X
X
E. vilarsi
X
I. quixensis
X
X
X
X
Total
9
12
5
10
10
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- 315 —
there in the future requires only minor modification of Lynch’s (1980a) recorded impove¬
rishment of the Amazon Basin. Four of the species at Colonia (E. aaplus, E. carvalhoi,
E. lythrodes, and E. malkini) are Amazonian species compensating for the eastward decline
of species found only at the eastern base of the Andes.
Aknowledgements
The senior author thanks particularly Charles W. Myers and Richard G. Zweifel (AMNH)
and Ernest E. Williams (MCZ) for provision of working space and access to specimens in their
laboratories.
The j unior author thanks Ins colleagues who organized the expedition to Colonia and Yuvineto,
Departamento Loreto, Peru, or collected frogs there : Jiirg Gasché, Mireille Guyot, Jacques
Desplats, Jean-Pierre Gasc, Walter Hôdl, Patrik Razon and Michel Rodrigues-Treffaut.
The expedition was granted by the Centre national de la Recherche scientifique (RCP 316) and the
Fonds national suisse de la Recherche scientifique (Requête n° 1.484-077.S.).
LITERATURE CITED
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Manuscrit déposé le 19 juin 1979.
Bull. Mus. nain. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 2, 1980,
section A, n° 1 : 317-320.
L’identité des syntypes de Proctoiretus fitzingerii
Duméril et Bibron, 1837
par José M. Cei *
Résumé. — Les syntypes de Proctoiretus fitzingerii Duméril et Bibron rassemblent quatre
formes taxinomiquement distinctes. Le spécimen n° 2504 (var. C de la description originale) doit
être considéré comme lectotype de la forme nominale ayant pour paralectotype le n° 6862 A.
Les spécimens n os 6059-6059 A (var. A) récoltés par d’Orbigny près de Carmen de Patagones,
dans la partie septentrionale de la Patagonie argentine, se rapportent à L. fitzingerii melanops
Burmeister. Le spécimen n° 6862 (var. B) se rapporte à L. kingi (Bell) tandis que le spécimen
n° 6860 (var. A) représente une autre espèce, dont l’identité taxinomique sera mieux considérée
dans une note ultérieure. Les spécimens des variétés B et C, donnés par Bell à Duméril, n’ont
pas été récoltés par d’Orbigny, mais par Ch. Darwin dans les alentours de Port Désiré, Patagonie.
Abstract. — The syntypes of P. fitzingerii D. et B. are made up of four distinct taxonomic
units. Specimens 2504 and 6862 A sent to Duméril by Bell are the lectotype and paralectotype
of the nominate form. Specimens n os 6059-6059 A belong to L. /'. melanops Burmeister having
been collected by d’Orbigny near Carmen of Patagones, Northern Patagonia, Argentina. The
specimen n° 6862 is a Liolaemus kingii (Bell) and the specimen n° 6860 shall he furtherly reported
as a representative specimen of another Duméril and Bibro.n’s species of Liolaemus.
Le genre Liolaemus est très répandu, avec environ cent vingt espèces très variées,
dans les régions andines et sous-andines de l’Amérique du Sud. Une de ses lignées est repré¬
sentée par des formes à tendance psammophile, et très variables, qu’on a rapportées jusqu’ici
à une seule espèce, Liolaemus fitzingerii Duméril et Bibron, dont les syntypes sont déposés
au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris. Trois races géographiques ont été recon¬
nues chez cette espèce (Cei, 1975) : la forme nominale propre aux territoires patagoniens
austraux d’Argentine, une forme au nord du fleuve Chubut qu’on a identifiée avec Liolaemus
melanops Burmeister, 1888, et une troisième forme, patagonienne aussi, L. f. canqueli Cei,
1975, qui est localisée dans le plateau basaltique de Canquel, au sud du même fleuve. D’après
des recherches morphologiques et immunologiques on a démontré que la forme melanops
représentait le phénotype d’une autre espèce, plus répandue encore et connue comme
Liolaemus goetschi Müller et Hellmich (Cei et Scolaro, 1977a; Scolaro et Cei, 1977 ; Cei
et Scolaro, 1977 b). Par conséquent, en vertu du principe de priorité, L. goetschi doit être
incorporé dans la synonymie de L. fitzingerii melanops. Tout récemment d’autres races
géographiques ont été découvertes près de la côte, au sud du fleuve Chubut, et dans les
* Institute Biologia Animal, Universidad Nacional de Cuyo, Mendoza, Argentine. Adresse actuelle :
Rancho Somuncura, Rua Fausto de Figueiredo, Birre — 2750 — Cascais, Portugal.
— 318 —
territoires occidentaux, au nord du grand fleuve Colorado (Cei et Scolaro, sous presse).
Une carte de la distribution des différentes sous-espèces de L. fitzingerii est donnée dans
cette publication.
Un examen critique des « syntypes » de Proctolretus fitzingerii Duméril et Bibron s’avérait
de plus en plus nécessaire, et c’est grâce à l’obligeance du Muséum national d’Histoire
naturelle de Paris que j’ai pu réunir une information analytique remarquable qui va per¬
mettre la définition réelle de l’identité des différents spécimens qui ont été utilisés pour
la description originale de Proctolretus fitzingerii.
D’après le Catalogue des types de Lézards de Guibé (1954), les syntypes de Procto-
tretus fitzingerii sont représentés par six exemplaires, qui correspondent aux variétés A,
B et C, décrites par Duméril et Bibron dans le tome IV de l’Erpétologie Générale (1837).
Les exemplaires 6859-6859A appartiennent à la variété A (p. 287 de l’ouvrage cité). Ils
ont été donnés le 18 mars 1834 au laboratoire de Zoologie (Reptiles et Poissons) par M. Alcide
d’Orbigny. Quoique la localité indiquée par Duméril et Bibron soit « Chili », il est tout
à fait sûr que ces exemplaires ont été pris par le grand naturaliste en 1829, dans la région
sablonneuse près de l’embouchure du fleuve Rio Negro, au nord de la Patagonie argentine,
pendant son séjour à Carmen de Patagones qui a été bien décrit dans son « Voyage dans
l’Amérique Méridionale » (1847). Pendant ses excursions zoologiques d’Orbigny ne s’éloigna
pas beaucoup des alentours de Carmen de Patagones, ou de la petite ville de Viedma, de
l’autre côté du Rio Negro. Il ne pouvait pas aller sans danger à plus d’une centaine de
kilomètres au nord et au sud du fleuve (Bahia San Bias ; La Ensenada de Rosas), car les
Indiens Araucans se trouvaient en état de guerre continue avec les établissements des
colonies argentines. Après son séjour dans cette région, d’Orbigny partit pour le « Chili »
par un vaisseau russe, s’arrêta un mois et demi seulement, dans la région de Valparaiso
et débarqua définitivement près d’Arica, qui dans ce temps-là était péruvienne. En partant
d’Arica, il se dirigea vers le plateau de Bolivie, où commença la plus longue et la plus impor¬
tante partie de ses études sud-américaines.
Pendant le mois de janvier 1978 j’ai fouillé dans les biotopes sablonneux visités par
d’Orbigny, près de l’embouchure du Rio Negro : j’y ai trouvé des lézards qui correspon¬
dent exactement aux exemplaires 6859-6859A des syntypes de Duméril et Bibron, et
même au type de Liolaemus goetschi Müller et Hellmich, 1938, examiné au Muséum de
Munich (Z.S.B.S. 4/1938). Bien que la localité-type de Liolaemus goetschi soit située dans
la région aride près de Général Roca (Rio Negro) à 450 km au nord-ouest de Viedma, il
n’y a aucune barrière géographique entre les populations de cette localité de l’intérieur
et celles de l’embouchure du fleuve. On doit donc placer dans la synonymie de L. fitzingerii
melanops proposée ci-dessus les populations caractéristiques de L. goetschi provenant de
sa localité-type. Quant aux syntypes de P. fitzingerii, on peut aussi conclure que les exem¬
plaires n° 6859-6859A (var. A) du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris corres¬
pondent à présent au taxon Liolaemus fitzingerii melanops Burmeister ( sensu Cei, 1973,
1975).
La variété B est représentée par deux spécimens (n os 6862-6862A) qui avaient été
remis au M uséum de Paris par Bell, et dont la localité « Chili » est évidemment erronée.
Bell étudia les collections patagoniennes faites par Ch. Darwin pendant le voyage de
la corvette « The Beagle ». Comme Bell (1843) lui-même l’avait soupçonné le spécimen
6862 de la variété B n’appartient pas à fitzingerii. C’est un exemplaire mâle adulte de Liolae-
— 319 —
mus kingii (Bell), probablement capturé aussi par Ch. Darwin près de Port Désiré, Santa
Cruz, sur les côtes de la Patagonie australe. Toutefois le spécimen 6862A de la variété B
et la variété C (n° 2504) se rapportent vraiment à des exemplaires mâles adultes de Liolaemus
fitzingerii présentant toutes les caractéristiques des populations méridionales patago-
niennes, bien différentes des populations du nord du fleuve Chubut. On avait considéré
auparavant ces populations méridionales comme des représentantes de la forme nominale,
agissant ainsi comme premier réviseur du trinôme L. fitzingerii fitzingerii D. et B., 1837
(Cei, 1973, 1975). Selon les règles du Code international de nomenclature, et pour fixer
définitivement le statut spécifique de ce taxon, nous choisissons comme lectotype de Proc-
totretus fitzingerii Duméril et Bibron l’exemplaire n° 2504 du Muséum de Paris, le spécimen
n° 6862A devenant évidemment son paralectotype. Il est fort probable qu’il s’agit dans ces
deux cas d’exemplaires obtenus par Ch. Darwin au cours de ses explorations le long du fleuve
Deseado (Port Désiré).
Le dernier spécimen inclus dans la série-type, le n° 6860 (var. A), n’appartient pas,
au point de vue systématique, aux Liolaemus patagoniens du groupe fitzingerii ou kingii ,
et même aux groupes wiegmanni, darwini, gracilis, multimaculatus , qui se rencontrent
dans la région de Viedma parcourue par d’Orbigny. Il se rapporte à une espèce bien diffé¬
rente récoltée tout de même par d’Orbigny dans les régions occidentales du continent
austral. Son identité taxinomique sera discutée dans une publication ultérieure.
Remerciements
Je remercie vivement mon collègue J. Lescure du Muséum national d’Histoire naturelle
de Paris pour ses conseils très appréciés pendant mes études sur les syntypes. Mes remerciements
les plus sincères pour leur aide à MM. Thireau et Ortiz, à M me Brygoo pour le tirage des excel¬
lentes reproductions photographiques des spécimens et à M. le Pr E. D. Brygoo, Directeur du
Laboratoire Reptiles et Amphibiens du Muséum national d’Histoire naturelle, pour son hospitalité
dans son laboratoire.
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Burmeister, H., 1888. — Suplemento al grupo de los lagartos (Algunas noticias sobre la fauna
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36C (92) : 219-223.
Manuscrit déposé le 4 septembre 1978.
Bull. Mus. nain. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 2, 1980
section A, n° 1 : 321-323.
Une nouvelle espèce de Typhlopidae (Serpentes)
du Centre-Est de Madagascar : Typhlops domerguei
par Rolande Roux-Estève *
Résumé. — Description d’une nouvelle espèce de Typhlopidae, apparentée au groupe braminus ;
récoltée dans la région est de Madagascar, près de Fianarantsoa.
Abstract. — Description of the new species of Typhlopidae related to the braminus group ;
collected in eastern Madagascar, near Fianarantsoa.
Les Typhlopidae de Madagascar sont bien mal connus à l’heure actuelle.
Une collection rassemblée depuis des années par M. Ch. A. Domergue, Professeur
au Centre Universitaire de Tuléar, permettra peut-être de mieux définir les espèces déjà
décrites et de préciser leur distribution sur la grande île.
Les Typhlopidae, de par leur mode de vie fouisseur, sont très difficiles à récolter.
Ceux de Madagascar sont particulièrement rares dans les différents Musées.
La nouvelle espèce décrite ci-dessous a été récoltée à Ranomafana, village situé à
50 km à l’est de Fianarantsoa sur la route de Fianarantsoa à Mananjary.
Typhlops domerguei nov. sp.
Diagnose : Cette espèce est apparentée au « groupe braminus » (voir Roux-Estève, 1974)
par son museau arrondi, sa rostrale étroite, des labiales de hauteur importante. Elle en diffère
par des sutures nasales incomplètes qui n’atteignent pas la rostrale, un nombre d’écailles transver¬
sales de 22 (au lieu de 18-20), 170 vertèbres (nombre de vertèbres le plus faible de l’ensemble des
Typhlops afro-malgaches).
Description
Holotype n° MHNP 1977-1650 ; localité-type : Ranomafana (47°26' E-21°18' S) Madagascar.
Récolteur : Brunhes, ORSTOM, février 1967.
Ecaülure de la tête (fig. 1) : Dorsalement, la rostrale est étroite, à bords bien parallèles,
arrondie vers l’arrière. Ventralement, elle est très étroite. Les nasales, étroites elles aussi
* Laboratoire des Reptiles et Amphibiens, 25 rue Cuvier 75005 Paris.
I, 21
— 322 —
en vue dorsale et qui dépassent la rostrale vers l’arrière, sont très larges ventralement.
Les sutures nasales restent ventrales, dépassent les narines, mais n’atteignent pas la rostrale.
A leur partie inférieure, elles arrivent sur les labiales 2. Les parties inférieures N x des nasales
(proches de la rostrale) ont leur base beaucoup plus importante que celle des N 2 touchant
les préoculaires. La frontale est hexagonale, légèrement plus petite que les susoculaires
qui sont obliques. Elle est suivie par une écaille sensiblement de même taille qui sépare
les deux pariétales de grande taille, situées transversalement. Les préoculaires sont de forme
triangulaire, l’avant arrondi s’enfonce dans les nasales. Les oculaires sont moins larges
0 Imm
i_i
Fig. 1. — Typhlops domerguei nov. sp. Tète : a, vue dorsale ; b, vue ventrale ; c, vue latérale.
R : rostrale ; F : frontale ; PO : préoculaire ; SO : susoculaire ; N (N,, N 2 ) : nasale ; L 1; L 2 , L 3 , I. 4 :
labiales.
que les préoculaires et à peu près de même hauteur. Elles recouvrent les yeux. Les labiales I
sont petites en contact avec les nasales et la rostrale. Les labiales 2, plus grandes et plus
hautes, sont en contact avec les N x , N 2 et passent légèrement sur les préoculaires. Les
labiales 3, plus grandes et plus hautes que les labiales 2, sont en contact avec les préoculaires
et passent sur les oculaires. Les labiales 4, très grandes, bordent les oculaires.
— 323 —
Écaillure du corps : Le nombre des écailles transversales au niveau de l’écaille longi¬
tudinale 100 est de 22. Le nombre des écailles longitudinales, à partir de la frontale, est
de 262.
Nombre de vertèbres : Le nombre de vertèbres, 170, est le plus faible que j’ai pu observer
chez les Typhlopidae, qu’ils soient africains ou malgaches. Ce qui donne un rapport Ecailles
longitudinales/Vertèbres de 1,54.
Mensurations de Vholotype : Ce spécimen mesure 150 mm, pour une longueur de crâne
de 4,85 mm et une largeur de corps de 4,45 mm. 11 est donc beaucoup plus épais que des
Typhlops braminus de même taille.
Coloration : La teinte générale est brun clair. Toutes les écailles de la partie supérieure
de la tête sont bordées de blanc. La partie antérieure des écailles dorsales et ventrales est
blanche. La partie inférieure du museau, la région anale, le dessous de la partie caudale
et la pointe terminale sont blancs.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Roux-Estèvf., R., 1974. — Révision systématique des Typhlopidae d’Afrique, Reptilia, Serpentes.
Mém. Mus. natn. Hist, nat., Paris, n. sér. A, Zool., 87 : 1-313, 185 fig.
— 1975. — Recherches sur la morphologie, la biogéographie et la phylogénie des Typhlopidae
d’Afrique. Bull. Inst. fond. Afr. noire, sér. A, 36 : 428-508, 45 fig.
Manuscrit déposé le 11 mai 1979.
Bull. Mus. nain. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 2, 1980,
section A, n° 1 : 325-342.
Nouvelles descriptions
de Torpedo ( Tetronarce ) nobiliana Bonaparte, 1835,
et de Torpedo ( Tetronarce ) mackayana Metzelaar, 1919
(Pisces, Torpedinidae)
par Christian Capapé et Martine Desoutteh *
Résumé. — Torpedo ( Tetronarce ) mackayana Metzelaar, 1919, est un Torpedinidae de petite
taille qui fréquente les côtes de l’Afrique occidentale, du Sénégal à l’Angola, à faible profondeur.
Cette espèce ne doit pas être confondue avec T. (T.) nobiliana Bonaparte, 1835 ; elle s’en distingue
par la coloration et des caractères méristiques et morphologiques : neurocrâne, ceinture pelvienne
et ptérygopodes.
Abstract. — Torpedo ( Tetronarce) mackayana Metzelaar, 1919, is a small sized Torpedinidae
which occurs off western african coasts from Senegal to Angola in shallow coastal waters. This
species must not be confounded with T. (T.) nobiliana Bonaparte, 1835 ; she is distinguished by
coloration and meristic and morphological characters : neurocrania, pelvic girdle, claspers.
Introduction
Les Torpedinidae appartenant au sous-genre Tetronarce Gill, 1862, semblent n’être
représentés le long des côtes ouest-africaines que par deux espèces : Torpedo ( Tetronarce )
nobiliana Bonaparte, 1835, et Torpedo ( Tetronarce ) mackayana Metzelaar, 1919. Ces deux
espèces ont souvent été confondues. Si Bigelow et Schroeder (1953) d’une part, Blache,
Cadenat et Staucii (1970) d’autre part, semblent considérer T. (T.) mackayana comme dis¬
tincte de T. (T.) nobiliana, il apparaît, comme l’ont souligné Quiîro et coll. (1976), que les
illustrations publiées sous le nom de T. noèiZianaparCADENAT(1950) et parPoLL(1951) corres¬
pondent à la figure qui accompagne la description de T. mackayana par Metzelaar (1919).
D’après les auteurs, T. (T.) mackayana se distingue de T. (T.) nobiliana par la présence,
sur les parties postérieures des pectorales, de deux rangées de petites papilles partiellement
spinuleuses ; mais ce caractère, qui apparaît de façon plus ou moins marquée selon les indi¬
vidus, ne nous semble pas suffisant. Aussi nous a-t-il paru intéressant de donner une nou¬
velle description de ces deux espèces à partir de nombreux spécimens de tailles diverses
et des deux sexes, afin de mettre en évidence d’autres caractères distinctifs et de confirmer
la validité de T. ( T .) mackayana.
* C. Capapé : Institut Pasteur, Tunis, Tunisie, et Laboratoire d’Ichtyologie et de Parasitologie générale,
USTL, 34060 Montpellier, France.
M. Desoutteh : Laboratoire d’Ichtyologie générale et appliquée, Muséum national d’Histoire naturelle,
43 rue Cuvier, 75231 Paris Cedex 05.
— 326 —
Abréviations : ANSP, Academy National Science, Philadelphie ; ISNB, Institut royal des
Sciences naturelles de Belgique ; MNHN, Muséum national d’Histoire naturelle, Paris ; ZMA,
Zoologische Museum, Amsterdam.
Torpedo (Tetronarce) nobiliana Bonaparte, 1835
Matériel examiné
ANSP 426-439 : syntypes de Torpedo nobiliana Bonaparte, 1835, 14 ex. (12 mâles et 2 femelles).
Italie. — ANSP 461-469 : syntypes de Torpedo nobiliana Bonaparte, 1835, 9 ex. (6 mâles et 3 femelles).
Italie.
MNHN 1309 : holotype de Torpedo nigra Guichenot, 1850, 1 ex. mâle juvénile. Alger. —
MNHN 1896 : 2 ex. femelles adultes. Marseille. — MNHN 1969-204 : 1 ex. mâle adulte, 5°05' N-
0°18' E. — MNHN 1969-235 : 1 ex. femelle juvénile, 3°44' N-8°10' E.
72 spécimens (26 mâles et 14 femelles juvéniles, 14 mâles et 18 femelles adultes) capturés
le long des côtes tunisiennes.
Morphologie (fig. 1)
Le disque, de forme sub-circulaire, est légèrement plus large que long. La longueur
totale comprend 1,35 fois à 1,88 fois sa largeur et 1,60 fois à 2,20 fois sa longueur. Sa lon¬
gueur est comprise 1,04 fois à 1,40 fois dans sa largeur. Le bord antérieur du disque, nette¬
ment arrondi, présente deux petites encoches au niveau des yeux. La largeur de la bouche
comprend 1,03 fois à 1,92 fois la distance interévent et 1,43 fois à 3 fois l’espace intero¬
culaire. La distance séparant les premières fentes branchiales est supérieure à celle qui sépare
les cinquièmes fentes. La distance séparant les premières fentes branchiales comprend
1,61 fois à 2,67 fois la largeur de la bouche et est comprise 1,53 fois à 2,23 fois dans la distance
qui sépare la cinquième fente branchiale du bord antérieur du cloaque. La distance séparant
les cinquièmes fentes branchiales comprend 1,25 fois à 2,17 fois la largeur de la bouche et
est comprise 1,78 fois à 2,59 fois dans la distance qui sépare la cinquième fente branchiale
du bord antérieur du cloaque.
Les pelviennes, quadrangulaires, ont le bord postérieur arrondi. La queue, courte et
charnue, est parcourue par trois crêtes longitudinales : une dorsale et deux latérales. Elle
se termine par une caudale bien développée en forme de large palette. Les deux dorsales,
à base large, sont très allongées postérieurement, la première étant plus développée que la
seconde. La base de la deuxième dorsale est comprise 1,31 fois à 2,00 fois dans celle de la
première dorsale. L’espace interdorsal contient 0,64 fois à 2,00 fois le diamètre longitudinal
de l’œil.
Les yeux, petits, sont légèrement exorbités ; le diamètre longitudinal de l’œil est com¬
pris 0,70 fois à 1,53 fois dans l’espace interoculaire.
Coloration : La face ventrale présente un fond de couleur brune à brun violacé très
marquée. Cette coloration s’atténue chez les individus conservés dans l'alcool et devient
marron à ocre clair. La face ventrale est de couleur uniforme : beige à blanc rosé. La péri¬
phérie du disque est parcourue par un liséré gris.
327
Fig. 1.
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— Torpedo (Tetronarce) nobiliana Bonaparte, 1835. Morphologie générale.
Anatomie du squelette
L’étude du squelette du neurocrâne, de la ceinture pelvienne et des ptérygopodes a
été faite à partir de radiographies et de dissections d’individus mâles et femelles de tailles
diverses.
Neurocrâne (fig. 2 A) : Comme chez tous les Torpedinidae, le cartilage rostral se divise
au niveau de son tiers antérieur en deux branches latérales symétriques par rapport à l’axe
médian du neurocrâne. Le bord antérieur est légèrement convexe et les bords latéraux sont
pratiquement rectilignes. Le neurocrâne est fortement comprimé dans sa partie moyenne
et se renfle légèrement dans la partie postérieure. Les processus postorbitaires et ptéro-
— 328 —
Fig. 2. — Torpedo (Tetronarce) nobiliana. A : Neurocràne (car. ros., cartilage rostral ; ouv. nas., ouverture
nasale ; pr. postor., processus postorbitaire ; dép. par., dépression pariétale ; pr. pté., processus ptéro¬
tique ; fen. occi., fente occipitale). — B : Ceinture pelvienne (proc, p. pel., processus prépelvien ; bar.
is. pu., barre ischiopubienne ; tu. is. pu., tubercule ischiopubien ; tu. il., tubercule iliaque.)
tiques sont marqués ; la dépression pariétale est peu marquée ; les fentes occipitales sont
de forme ovale, à pointe dirigée en avant vers l’axe médian.
Ceinture pelvienne (fig. 2 B) : Longue et étroite ; la barre ischiopubienne est une arche
très fortement concave vers l’avant ; elle se rétrécit sans former d’échancrure dans sa partie
moyenne. Les parties iliaques sont épaisses. Les processus prépelviens sont courts et larges,
leur extrémité distale est pointue. Les tubercules iliaques ont l’aspect de courts crochets
1cm 1 cm
Fig. 3. — Ptérygopode droit de Torpedo (Tetronarce) nobiliana. A : Vue de trois quarts. H : Vue dorsale
interne, (ap, apopyle ; hp, hypopyle ; ps, pseudosiphon ; ps vt, pseudosiphon ventral ; rh, rhipidion.)
— 329 —
dirigés vers le plan médian ; les tubercules ischiopubiens arrondis sont à peine visibles ;
les foramens iliaques sont arrondis et sont de taille voisine.
Ptérygopodes : Relativement courts et épais, ils se terminent en spatule (fig. 3 A).
Mesurés depuis leur insertion au niveau de la ceinture pelvienne, ils représentent 33 % de
la longueur totale. A l’extérieur, sur la face dorsale, on distingue l’apopyle situé au niveau
de l’aisselle de la pelvienne et l’hypopyle près de l’extrémité distale. Le pseudosiphon ventral
et le pseudosiphon dorsal forment deux larges cavités de forme ovale s’ouvrant par deux
fentes longues et incurvées. Le rhipidion se présente comme un repli de section circulaire
qui parcourt la portion terminale du ptérygopode (fig. 3 B).
La dissection et l’examen radiographique du ptérygopode droit nous ont permis de
reconnaître, outre le cartilage (3 et le cartilage axial, deux cartilages marginaux : ventral
et dorsal, et cinq cartilages terminaux : le ventral terminal, le dorsal terminal 1, le dorsal
terminal 2, le dorsal terminal 3 et l’accessoire terminal (fig. 4).
Le cartilage axial, plat, long et large, présente un bord proximal rectiligne ; il se recourbe
au niveau de son extrémité postérieure arrondie. Le ventral marginal est en forme de « lame
de poignard ». Le dorsal marginal, en forme de « fer de flèche », possède sur sa face dorsale
un tubercule antérieur plus ou moins arrondi. L’accessoire terminal est accolé à l’extrémité
latérale externe du ventral marginal dont il épouse la forme générale. Le dorsal terminal 1
a une forme hexagonale et possède sur sa face ventrale une apophyse arrondie au niveau
de son bord latéral antérieur. Le ventral terminal est trapézoïdal ; sa face ventrale, peu
I-1
1 cm
Fig. 4. — Cartilages in situ du ptérygopode droit de Torpedo (Telronarce) nobiliana. ((3, cartilage |3 ; atr,
accessoire terminal ; ax, axial ; dmg, dorsal marginal ; dtr 1, dorsal terminal 1 ; dtr 2, dorsal terminal 2 ;
dtr 3, dorsal terminal 3 ; vmg, ventral marginal ; vtr, ventral terminal.)
— 330 —
1 cm
Fig. 5. — Détail des cartilages du ptérygopode droit de Torpedo (Tetronarce) nobiliana. 1, axial ; 2, ventral
marginal ; 3, dorsal marginal ; 4, accessoire terminal ; 5, dorsal terminal 1 (a, face ventrale avec apo¬
physe (flèche) ; b, face dorsale) ; 6, ventral terminal (a, face dorsale avec gouttière (flèche) ; b, face
ventrale) ; 7, dorsal terminal 2 (a, face dorsale ; b, face ventrale) ; 8, dorsal terminal 3 (a, face dorsale ;
b, face ventrale).
331 —
bombée, présente néanmoins quelques aspérités ; sa face dorsale possède un fort repli latéral
s’interrompant pour réaliser une gouttière étroite mais bien marquée. Le dorsal terminal 2,
lancéolé, présente une face dorsale et une face ventrale ayant une conformation identique
à celle du précédent. Le dorsal terminal 3 est plus large à la base et un peu plus court que
le dorsal terminal 2 mais ne s’en différencie guère dans l’ensemble (fig. 5).
Morphologie des dents
Les dents sont disposées en rangées parallèles ; les dents des rangées successives sont
en quinconce. Chaque dent présente une cuspide droite, courte et très pointue qui repose
sur une plaque basale quadrangulaire plus large que haute. Cette plaque est comprimée
dans le sens antéro-postérieur et forme une échancrure marquée au niveau du socle. La
morphologie des dents est pratiquement la même, aussi bien au niveau de la mâchoire
supérieure que de la mâchoire inférieure. Les dents médianes sont plus développées que les
dents latérales. Notons que chez ces dernières la cuspide est très légèrement incurvée vers
l’extérieur (fig. 6).
Fig. 6. — Dent médiane de Torpedo (Tetronarce) nobiliana. A : Mâchoire supérieure. B : Mâchoire inférieure.
Le nombre de dents semble augmenter progressivement avec la taille, ce qui explique
les chiffres souvent différents donnés par les auteurs : 36/34 (Garman, 1913), 38/38 chez
les jeunes et 48/46 à 66/61 chez les adidtes (Bigelow et Schroeder, 1953), 66/66 (Torto-
nese, 1956), 38-66/38-61 (Bini, 1967). Nous avons fait des observations identiques pour les
spécimens des côtes tunisiennes mais le phénomène est encore plus marqué après la maturité
sexuelle comme l’indiquent la figure 7 et le tableau I qui montrent la relation existant entre
la taille et le nombre de rangées de dents de la mâchoire supérieure. Il existe une relation
identique entre la longueur et le nombre de rangées de dents de la mâchoire inférieure.
Si l’on considère pour chaque mâchoire les nombres extrêmes, la formule dentaire est pour
les mâles : 25-53/21-52 et pour les femelles : 21-66/20-61.
— 332 —
Tableau 1. — Relation entre le nombre de rangées de dents à la mâchoire supérieure
et la taille (L cm) chez les mâles et femelles juvéniles et adultes de Torpédo (Tetronarce) nobiliana.
Cas étudiés
n
r
DRY/X
cJ juvéniles
26
0,601
Dents mâchoire supérieure = 0,425 L —
12,257
(J adultes
14
0,972
Dents mâchoire supérieure = 1,337 L —
40,447
$ juvéniles
14
0,945
Dents mâchoire supérieure = 0,348 L —
14,239
Ç adultes
18
0,980
Dents mâchoire supérieure = 0,726 L —
14,759
Vertèbkes
ET RAYONS
PECTORAUX
Quignard
et Capapé
(1971) ont
compté 35-36 vertèbres troncales respectivement
chez une femelle et un mâle de petite taille capturés dans les eaux septentrionales de la
T unisie.
Nos observations faites sur les vertèbres et les rayons pectoraux sont résumées dans
le tableau II. Le nombre de vertèbres troncales est 32-36 et le nombre total de vertèbres
est de 98-103. Le nombre des rayons pectoraux est 68-72.
Tableau II. — Nombre de vertèbres et de rayons pectoraux de Torpedo (Tetronarce) nobiliana.
Caractères étudiés
Extrêmes
Mode
Moyenne
Variance
Ecart-type
Vertèbres troncales
32-36
34
33,83
3,11
1,76
Vertèbres totales
98-103
100
100,17
2,08
1,44
Rayons pectoraux
68-72
70
69,77
0,950
0,974
Biologie
Dans une note préliminaire, l’un de nous (Capapé, 1974) avait résumé les rares obser¬
vations biologiques faites sur ce Sélacien, en précisant que « la gestation dure approxima¬
tivement 12 mois et la fécondité est relativement importante ». L’examen de 72 individus
supplémentaires nous permet de donner certaines informations sur la taille de maturité
sexuelle de l’espèce. La figure 7 montre que les mâles sont adultes bien avant les femelles :
à partir de 555 mm de longueur pour les premiers et de 900 mm pour les secondes. Il en résulte
un dimorphisme sexuel de taille important ; le plus grand mâle que nous avons observé
mesurait 740 mm et la plus grande femelle 1 110 mm. Ce caractère sexuel s’apparente à celui
que Mf.i.linger (1971) et Capapé (1975) avaient respectivement décrit chez Torpedo
( Torpedo ) marmorala du golfe de Gascogne et des côtes tunisiennes.
N.rang.dents mâch.sup.
70
□ J uv.
0 9 Adul.
60
50
40
30
20
A
A A
□A
▲ A
AA
O
EJ
E3 □
L [cm]
-1-1_i_i_i_i_i_i_
35 45 55 65 75 85 95 105
Fig. 7. —- Relation entre le nombre de rangées de dents à la mâchoire supérieure et la taille (L cm) chez
les mâles et les femelles juvéniles et adultes de Torpedo (Tetronarce) nobiliana.
Le régime alimentaire de T. (T.) nobiliana de Tunisie est surtout composé de poissons,
Téléostéens en majorité et, à un degré moindre, Sélaciens ; mais nous avons également
relevé la présence de Crustacés, Natantia et Reptantia. Nos observations sont très voisines
de celles de Bigelow et Schroeder (1953) et Wheeler (1969).
11 est intéressant de préciser que les captures de T. (T.) nobiliana ne se limitent pas
exclusivement aux côtes septentrionales tunisiennes, quelques exemplaires ayant été ramenés
du golfe de Gabès.
Torpedo (Tetronarce) mackayana Metzelaar, 1919
Matériel examiné
ZMA 100.443 : holotype de Torpedo mackayana Metzelaar, 1919, 1 ex. femelle adulte. Au large
des côtes du Sénégal.
ISNB 8514 : 1 ex. mâle et 1 ex. femelle, 28 milles WNW de Banana (Zaïre) (5°56' S-12° E)
par 50 m à 60 m de fond. — ISNB 8515 : 1 ex. femelle et 1 ex. mâle adultes. 8 milles W rivière
Cuanza (Angola) (9°20' S-13°04' E) par 20 m à 22 m de fond. — ISNB 8516 : 2 ex. mâles (un juvé-
— 334 —
nile et un adulte) et 1 ex. femelle. Gabon (0°53' S-8°40' E) par 33 m à 35 m de fond. — ISNB 8517 :
1 ex. femelle. 8 milles W Landana (Angola) (5°10' S-12° E) par 30 m à 35 m de fond. — ISNB 8533 :
3 ex. mâles (1 juvénile et 2 adultes). Zaïre (12° E-5°56' S) par 30 m de fond. — ISNB 8534 : 1 mâle
adulte. 25 milles WNW de Banana (Zaïre) (5°57' S-12° E) par 35 m de fond.
MNHN A. 7869 : 1 ex. femelle adulte. Corée (Sénégal). — MNIIN A. 7870 : 1 ex. mâle adulte.
Corée (Sénégal). — MNIIN 1967-740 : 1 ex. femelle juvénile. Pointe-Noire (Côte d’Ivoire) (04°45' S-
11°48' E) par 15 m de fond. — MNHN 1969-291 : 1 ex. femelle. Hann (Sénégal). — MNHN 1969-
292 : 1 ex. mâle adulte. Corée (Sénégal). — MNHN 1969-294 : 1 ex. mâle adulte. Sénégal.
Fig. 8. — Torpédo (Tetronarce) mackaynna Metzelaar, 1919. Morphologie générale (holotype ZMA 100.443)
— 335 —
Morphologie (fig. 8)
Le disque, arrondi, est à peine plus large que long. La longueur totale comprend 1,63 fois
à 2,18 fois la largeur et 1,80 fois à 2,31 fois la longueur du disque. Sa longueur est comprise
1,01 fois à 1,20 fois dans sa largeur. Le fiord antérieur du disque possède deux encoches
bien marquées au niveau des yeux. La longueur de la bouche comprend 1,45 fois à 2,10 fois
la distance interévent et 1,05 fois à 2,00 fois l’espace interoculaire. La distance séparant
les premières fentes branchiales comprend 1,77 fois à 2,66 fois la largeur de la bouche et
est comprise 1,61 fois à 2,00 fois dans la distance qui sépare la cinquième fente branchiale
du bord du cloaque. La distance séparant les cinquièmes fentes branchiales comprend
1,70 fois à 2,26 fois la distance qui sépare la cinquième fente branchiale du bord antérieur
du cloaque. Les pelviennes ont l’angle postérieur assez aigu.
La queue, relativement courte et charnue, est parcourue par trois crêtes longitudinales :
une dorsale et deux latérales. Elle se termine par une large caudale triangulaire. Les deux
dorsales sont à base large et sont très allongées vers l’arrière, la première étant plus déve¬
loppée que la seconde. L’espace interdorsal contient 1,63 fois à 3,00 fois le diamètre longi¬
tudinal de l’oeil. La base de la deuxième dorsale est comprise 1,09 fois à 1,35 fois dans celle
de la première dorsale.
Les yeux, petits et globuleux, ont un diamètre longitudinal compris 2,40 fois à 3,80 fois
dans l’espace interoculaire.
Coloration : Chez l’holotype, la face dorsale du disque est de couleur ocre avec de
nombreuses taches blanches arrondies ou de forme irrégulière plus ou moins festonnées
et dont le diamètre augmente au fur et à mesure que l’on s’éloigne du bord antérieur. La
coloration du dos des autres spécimens est variable : brun ou gris violacé, parfois marron
foncé, avec des taches de forme et de couleur diverses mais le plus souvent arrondies. La
face ventrale de tous les spécimens est de couleur gris blanc ou blanc rosé, gris sombre
à la périphérie.
Sur certains spécimens, nous avons pu observer des papilles spinuleuses : de petits
renflements blanchâtres ressemblant à des « verrues dermiques » disposés sur deux rangées
à la périphérie du disque et des pelviennes (fig. 9). Leur étude microscopique révèle que ce
sont des nodules cartilagineux entourés de tissu conjonctif.
Fie. 9. — Détail des « verrues dermiques » de Torpedo (Tetronarce) mackayana.
— 336 —
Anatomie du squelette
Neurocrâne (fig. 10 A) : Le bord antérieur de chaque cartilage rostral est légèrement
convexe, les bords latéraux sont faiblement concaves. Les ouvertures nasales présentent
une faible constriction annulaire. Le neurocrâne est fortement comprimé dans son tiers
antérieur. Les processus postorbitaires et ptérotiques sont à peine marqués ; la dépression
pariétale est marquée. Les fentes occipitales sont réniformes et dirigées vers Taxe médian.
I-1 B
1 cm
Fig. 10. —- Torpedo (Tetronarce) mackayana. A : Neurocrâne (car. ros., cartilage rostral ; ouv. nas., ouverture
nasale ; pr. postor., processus postorbitaire ; dép. par., dépression pariétale ; pr. pte., processus ptéro¬
tique ; fen. occi., fente occipitale). — B : Ceinture pelvienne, (proc. p. pelv., processus prépelvien ; bar.
is. pub., barre ischiopubienne ; tu. is. pu., tubercule ischiopubien ; tu. il., tubercule iliaque).
B
1 cm
Fig. 11. — Ptérygopode droit de Torpedo (Tetronarce) mackayana. A. : Vue de trois quarts. B : Vue dorsale
interne, (ap, apopyle ; hp, hypopyle ; ps, pseudosiphon ; ps vt, pseudosiphon ventral ; rh, rhipidion.)
— 337 —
Ceinture pelvienne (fig. 10 B) : Longue et étroite ; la barre ischiopubienne est une
arche légèrement concave vers l’avant ; elle se rétrécit dans sa partie moyenne et forme une
échancrure peu marquée. Les parties iliaques sont étroites. Les processus prépelviens sont
relativement courts et arrondis à leur extrémité distale. Les tubercules iliaques ont l’aspect
de crochets dirigés vers le plan médian ; les tubercules ischiopubiens, arrondis, sont à peine
marqués ; les foramens iliaques sont de forme ovale, le plus médial étant le plus ouvert.
Ptérygopodes : Peu développés ; ils représentent 28 à 30 % de la longueur totale et
se terminent en pointe eitilée (fig. 11 A). L’apopvle et l’hypopyle ont une disposition analogue
à celle décrite chez T. (T.) nobiliana. Les deux pseudosiphons forment deux cavités s’ouvrant,
par deux fentes longues et rectilignes. La morphologie du rhipidion est pratiquement iden¬
tique à celle de l’espèce précédente (fig. 11 B).
I-1
1 cm
Fig. 12. — Cartilage in situ du ptérygopode droit de Torpedo (Tetronarce) mackayana. ((3, cartilage (3;
atr, accessoire terminal ; ax, axial ; dmg, dorsal marginal ; dtr 1, dorsal terminal 1 ; dtr 2, dorsal ter¬
minal 2 ; dtr 3, dorsal terminal 3 ; vmg, ventral marginal ; vtr, ventral terminal.)
Nous retrouvons chez T. (T.) mackayana le même nombre de cartilages que chez
T. (T.) nobiliana. La forme générale de ces cartilages diffère peu dans l’ensemble chez les
deux espèces mais ils apparaissent plus étroits et plus eifilés chez T. (T.) mackayana. Chez
cette dernière, le ventral terminal est presque losangique, le dorsal terminal 2 plutôt lan¬
céolé (fig. 13).
1, 22
338 —
1 cm
Fig. 13. — Détail des cartilages du ptérygopode droit de Torpedo (Telronarce) mackayana. 1, axial; 2, ventral
marginal ; 3, dorsal marginal ; 4, accessoire terminal ; 5, dorsal terminal 1 (a, face ventrale avec apo¬
physe (flèche) ; b, face dorsale) ; 6, ventral terminal (a, face dorsale avec gouttière (flèche) ; b, face
ventrale) ; 7, dorsal terminal 2 (a, face dorsale ; h, face ventrale) ; 8, dorsal terminal 3 (a, face dorsale ;
b, face ventrale).
— 339 —
Fig. 14. — Dent médiane de Torpedo (Tetronarce) mackayana. A : Mâchoire supérieure. B : Mâchoire infé¬
rieure.
N.rang.dents
* mâch.sup.
° mâch. inf_
35
30
*
*
*
O
O
*
* *
0*00
*
O
O
25
O
*
* O
O
i-1-1-1-1—► L(cm)
20 25 30 35 40
Fig. 15. — Relation existant entre le nombre de rangées de dents à la mâchoire supérieure et à la mâchoire
inférieure et la taille chez Torpedo (Tetronarce) mackayana.
— 340 —
Morphologie des dents
La morphologie et la disposition générale des dents diffèrent peu de celles de T. (T.) nobi-
liana. Il faut noter que la cuspide est plus longue et robuste et la plaque basale moins haute
que chez T. (T.) nobiliana (fig. 14).
Le nombre des rangées de dents des mâchoires supérieure et inférieure augmente
avec la taille de l’animal (fig. 15) ; pour les individus étudiés, nous avons les relations sui¬
vantes : dents mâchoire supérieure = 0,660 L —- 13,328, r = 0,950 ; dents mâchoire infé¬
rieure = 0,616 L — 12,633, r = 0,943.
La formule dentaire de l’espèce peut s’écrire : 28-39/26-38.
Vertèbres et rayons pectoraux
Le tableau 111 résume les observations faites. Le nombre de vertèbres troncales est de
34 et le nombre total de vertèbres de 95-102. Le nombre de rayons pectoraux est de 58-62.
Tableau III. — Nombre de vertèbres et de rayons pectoraux de Torpedo (Tetronaree) mackayana.
Caractères étudiés
Extrêmes
Mode
Moyenne
Variance
Ecart-type
Vertèbres troncales
32-34
33
32,80
0,36
0,60
Vertèbres totales
99-102
100
100,00
0,80
0,89
Rayons pectoraux
58-62
60
60,00
2,4
1,55
Biologie
D’après les individus examinés, il semblerait que la taille de première maturité sexuelle
se situe entre 320 mm et 330 mm de longueur totale pour les mâles, entre 350 mm et 360 mm
chez les femelles. Le dimorphisme sexuel de taille est peu marqué chez T. (T.) mackayana
qui semble être une Torpille de petite dimension.
Nous avons trouvé chez une femelle adulte dix ovocytes (quatre à droite, six à gauche)
ronds et jaunes mesurant de 23 mm à 26 mm de diamètre et probablement prêts à être
pondus. La fécondité de ce Sélacien apparaît peu élevée.
Le régime alimentaire de l’espèce semble être essentiellement piscivore.
La répartition géographique de ce Torpedinidae semble se limiter à l’Afrique occiden¬
tale, des côtes du Sénégal à l’Angola, mais nous avons trop peu d'éléments pour en définir
les limites avec précision. D’après Poll (1951), T. (T.) mackayana vit près du littoral à
faible profondeur : 30 m à 50 m.
Conclusion
Les descriptions de T. (T.) nobiliana et de T. (T.) mackayana montrent que ces deux
Torpedinidae ne peuvent être confondus. Si l’aspect général du disque est semblable —comme
— 341 —
celui de toutes les espèces du genre Torpedo —-, et les proportions du corps très comparables,
en revanche leur coloration est différente. Mais ce sont les caractères squelettiques qui
permettent le mieux de distinguer ces deux espèces, en particulier le neurocrâne et la cein¬
ture pelvienne. En effet, le neurocrâne de T. (T.) nobiliana a des processus postorbitaires
et ptérotiques qui sont mieux marqués que ceux de T. (T.) mackayana. La forme générale
de la ceinture pelvienne est très différente : elle est très fortement concave vers l’avant
chez T. (T.) nobiliana tandis qu’elle est moins arquée chez T. (T.) mackayana. Il faut aussi
noter un caractère numérique distinctif : les nombres des rayons pectoraux ne se recouvrent
pas puisque nous avons compté 68-72 rayons chez T. (T.) nobiliana et 58-62 chez T. (T.) mac¬
kayana.
Enfin, il existe un dimorphisme sexuel de taille, important chez T. (T.) nobiliana
alors qu’il n’est pas sensible chez T. (T.) mackayana. Nous noterons aussi que la fécondité
de T. (T.) nobiliana est plus élevée que celle de T. (T.) mackayana.
Rappelons les observations de Quéro et coll. (1976) qui notent la présence de deux
formes de Torpedo nobiliana dans le golfe de Gascogne : « nous avons observé des exemplaires
de taille sensiblement équivalente, les uns brunâtres et pourvus d’encoches, les autres violacés
et sans encoches ». Ces caractères ne semblent pas correspondre à ce que nous avons observé
chez T. (7’.) nobiliana et T. (T.) mackayana, espèces que des particularités anatomiques
et méristiques permettent de distinguer sans ambiguïté.
Remerciements
Nous tenons à exprimer toute notre reconnaissance au Dr H. Nijssen du Zoologische Museum
d’Amsterdam et au Dr J.-P. Gosse de l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique pour le
matériel qu’ils ont bien voulu nous adresser. Nous tenons à remercier Joëlle Defaÿ qui a fait les
dessins de morphologie générale ainsi que Catherine Costaz-Ozouf pour son aide technique. Nous
remercions vivement M me M. L. Bauchot qui a accepté de lire et de critiquer notre manuscrit.
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Manuscrit déposé le 1 er mars 1979.
Bull. Mus. natn. Hist, rial., Paris, 4 e sér., 2, 1980
section A, n° 1 : 343-348.
Classifications phonétiques et cladistiques en Taxinomie numérique
par Jacques Daget *
Résumé. — L’auteur rappelle les principes de la Taxinomie numérique. Celle-ci peut conduire
à des classifications phénétiques et cladistiques très voisines. Deux exemples sont donnés concernant
les Poissons Citharinidés et Thonnidés. Cependant, dans la pratique, la méthode n’est pas appli¬
cable à tous les cas.
Abstract. — The author recalls the principles of Numerical Taxonomy. This can conduce
to phenetic and cladistic classifications closely related. Two examples are given related to Citha-
rinid fishes and Tunas. Nevertheless, in usual practice, the method cannot be applied to every
case.
Les classifications phénétiques sont fondées sur l’estimation du degré de similitude
entre les organismes, en utilisant tous les caractères disponibles du phénotype et en leur
attribuant une valeur égale. La Taxinomie numérique apparaît comme la base méthodo¬
logique des classifications phénétiques qui sont susceptibles d’améliorations et de change¬
ments au fur et à mesure que les connaissances progressent et que de nouveaux caractères
deviennent disponibles.
Au contraire, les classifications cladistiques sont en principe beaucoup plus stables
puisque fondées sur la phylogenèse, succession historiquement unique d’événements déter¬
minés. Si la phylogénie était connue, la classification cladistique qui en découle serait définitive
et devrait être acceptée comme telle par tout un chacun. Malheureusement cette phylogénie
est souvent reconstituée de façon douteuse ; dans certains cas elle est encore totalement
inconnue et peut-être le restera-t-elle toujours pour plusieurs groupes. Devrait-on alors
renoncer à toute classification ? Non, bien sûr, car une classification étendue à tous les
êtres vivants est une nécessité aussi bien pratique que scientifique. Les classifications
phénétiques garderont donc toujours leur intérêt d’autant plus, comme l’avaient déjà
montré Camin et Sokal (1965), qu'il est possible, moyennant certaines conventions, d’en
déduire des hypothèses phylogénétiques elles aussi susceptibles d’améliorations au fur et
à mesure que la Science progresse.
La Taxinomie numérique se propose d’estimer le degré de similitude ou de proximité
systématique, souvent appelée distance taxinomique, entre unités taxinomiques opéra¬
tionnelles (UTO). Les UTO sont des individus ou des groupes d’individus, c’est-à-dire
des échantillons, pris dans une population panmictique et représentatifs d’un pool génétique
donné. Pour éviter toute pétition de principe, on ne fait au départ aucune hypothèse sur
* Laboratoire d.’Ichtyologie générale et appliquée, Muséum national d'Histoire naturelle, 43 rue Cuvier,
75231 Paris Cedex 05.
— 344 —
le rang systématique des UTO. En aucun cas, en effet, les méthodes de la Taxinomie numé¬
rique ne permettent de conclure qu’il y a ou non isolement génétique entre deux UTO
et, par conséquent, que l’on a affaire à des individus ou groupes d’individus appartenant
à des espèces biologiquement distinctes. Toutefois, en l’absence de preuves formelles de
l’existence d’espèces jumelles ou espèces biologiques phénotypiquement semblables, les systé-
maticiens admettent qu’au-delà de certaines distances taxinomiques qu’ils sont à même
d’apprécier, il s’agit de sous-espèces, d’espèces, de sous-genres ou de genres distincts.
La Taxinomie numérique prend en compte tous les caractères disponibles de quelque
nature qu’ils soient, morphologiques, anatomiques, éthologiques, caryologiques, biochi¬
miques, etc. En fait elle utilise toute l'information disponible sur les UTO. Dans bien des
cas cette information est plus riche sur la morphologie externe que sur les gènes, mais
la méthodologie resterait la même si Fou avait accès aux gènes eux-mêmes et non à leurs mani¬
festations phénotypiques. Le nombre total de caractères, fixé au moins à 60 par certains
théoriciens, a en définitive peu d’importance car des résultats tout à fait valables ont été
obtenus avec des nombres largement inférieurs. Tout dépend du groupe étudié et du nombre
des UTO. Mieux vaut un nombre restreint de caractères relativement indépendants les
uns des autres qu’un grand nombre de caractères redondants étroitement corrélés entre
eux.
La Taxinomie numérique, dans un but d’objectivité et de reproductibilité des résultats,
n’opère aucune sélection ni pondération à priori sur les caractères. Cependant, le choix
des métriques, des codages, des distances taxinomiques ainsi que des algorithmes de regrou¬
pement ou de partition, favorise certaines catégories de caractères par rapport à certaines
autres. En outre, tous les caractères n’apportent pas la même contribution aux axes d’inertie.
En général les techniques utilisées désignent les plus discriminants, c’est-à-dire ceux qui
ont le plus de poids dans l’estimation des distances taxinomiques.
Les similitudes portant sur un ensemble de caractères quelconques peuvent toujours,
à l’aide d’algorithmes judicieusement choisis, être représentées par un dendrogramme
et la Taxinomie numérique utilise souvent ce mode graphique de présentation des résultats.
Lorsque, de plus, on connaît le sens d’évolution des caractères, il est possible de construire
le cladogramme correspondant (Camin et Sokal, 1965) et de comparer les deux schémas.
Si le nombre de caractères est suffisant pour éliminer les convergences et que tous les taxons
du groupe ont été pris en considération , on doit s'attendre à ce que les deux schémas soient
sinon identiques, du moins très proches l’un de l'autre. En effet, sauf cas très exceptionnels,
les degrés de parenté phylogénétique se traduisent par des degrés de similitude ou des
distances taxinomiques comparables. C’est ce qui résulte des deux exemples suivants con¬
cernant le premier les Citharinidae et le second les Thunnidae.
1 er exemple : Citharinidae (Daget, 1966)
Il s’agit d’une famille de Poissons d’eau douce africains comprenant 8 espèces et 2 ou
3 genres suivant les auteurs. La famille étant très homogène et n’ayant pu être étudiée
sous les aspects caryologique ou biochimique, il n’a été trouvé que 12 caractères réellement
distinctifs. Les uns étaient qualitatifs (coloration, forme des écailles, position de la ventrale),
les autres anatomiques (nombre de vertèbres, longueur relative de l’intestin, nombre de
cæca pyloriques) ou morphologiques (élévation relative du corps, nombre de rayons aux
— 345 —
ansorgii (Citharidium)
distichodoides (Citharinops)
macrolepis
congicus
gibbosus
latu3
citharus
oburneensis
(Citharinus)
Fig. 1. — Phénogramme (A) et cladogramme (B) relatifs aux Citharinidae
(d’après Daget, 1966)
nageoires dorsale, anale et ventrale, longueur relative de l’adipeuse, taille des écailles).
Le nombre de caractères est faible. Il aurait pu être augmenté par exemple en utilisant
au lieu de la taille des écailles leur nombre en ligne latérale, entre la ligne latérale et la nageoire
ventrale, autour du pédoncule caudal, en avant de la dorsale, etc. Cependant, comme tous
ces nombres auraient été étroitement corrélés entre eux, l’information disponible serait
restée la même. Les 12 caractères se présentaient sous 2 à 5 états et lorsqu’il y avait plus
de deux états, ceux-ci ont été rangés en série logique puis codés. Les calculs ont été simplifiés
au maximum et les résultats présentés sous la forme d’un dendrogramme (fig. 1 A).
A la suite de Boulenger, les systématiciens ont pris l’habitude d’isoler l’UTO-1
rapporté au genre Citharidium des UTO-2 à 8 rapportés au genre Citharinus. Cette façon
de voir n’est pas en accord avec le phénogramme sur lequel on voit que l’UTO-2 est plus
proche de l’UTO-1 que des UTO-3 à 8. Par conséquent, il semble préférable de distinguer
trois genres: Citharidium pour l’UTO-1, Citharinops pour l’UTO-2 et Citharinus pour les
UTO-3 à 8. Dans ce dernier genre, on voit qu’il existe deux groupes d’espèces auxquels on
pourrait attribuer valeur de sous-genres. L’un (UTO-3-5-8) comprend les espèces du bassin
congolais, l’autre (UTO-4-6-7) les espèces des fleuves de savanes soudano-sahéliennes, de
Côte d’ivoire et de l’Est africain.
Pour chacun des 12 caractères, il a été possible de déterminer l’état le plus primitif
ou plésiomorphe et le plus évolué ou apomorphe, les états intermédiaires, quand il en existe,
étant classés dans l’ordre d’apomorphie croissante. Pour cela, on a fait implicitement réfé¬
rence au groupe-frère le plus proche de la famille des Citharinidae, c’est-à-dire la famille
— 346 —
des Distichodontidae. Ces deux familles sont parfois réunies en une seule et il est incontestable
que les Citharinidae sont très spécialisés par rapport aux Distichodontidae, tout au moins
par rapport aux plus primitifs d’entre eux. On appelle « pas évolutif » le passage d’un état
à un autre et l’on a admis le principe de l’irréversibilité de l’évolution, c’est-à-dire que le
passage s’est toujours fait d’un état plésiomorphe vers un état plus apomorphe et jamais
en sens inverse. Cette hypothèse est nécessaire pour pouvoir construire un cladogramme.
On a de plus appliqué le principe de parcimonie qui conduit à ne retenir, parmi les clado-
grammes possibles, que le plus simple, c’est-à-dire celui qui fait intervenir le nombre minimal
de pas évolutifs. Sur le cladogramme ainsi obtenu (fig. 1 B), chaque trait vertical représente
un pas évolutif et le chiffre qui l’accompagne indique le caractère en cause.
On constate que le cladogramme correspond de très près au phénogramme et confirme
la validité des trois genres Citharidium, Cilharinops et Cilharinus, ainsi que l’isolement des
espèces congolaises. On notera également que les espèces non congolaises sont les plus
synapomorphes (nombre de pas évolutifs plus élevé).
2 e exemple : Thunnidae (Le Gall, Laurec et Ciiaiidy, 1975)
Les Thons sont des Poissons marins appartenant au groupe des Scombriformes qui
renferme la plupart des grands pélagiques. On en connaît 7 espèces réparties en 2 ou 4 genres
suivant les auteurs. Douze caractères à valeur évolutive ont été retenus. Les uns sont viscé¬
raux (position de l’origine de l’artère cutanée, nombre de diverticules artériolaires de cette
artère, présence ou absence de veine post-cardinale, forme des lobes du foie, degré de. déve¬
loppement de la vessie natatoire), les autres vertébraux (vertèbre portant le premier arc
hémal, vertèbre portant la première apophyse dirigée ventralement, taille du foramen
ventro-latéral, nombre de précaudales) ou crâniens (forme du parasphénoïde, de l’ethmoïde,
position de l’alisphénoïde).
Encore une fois le nombre de caractères est faible, mais les auteurs ont préféré éliminer
ceux qui n’ont pas de valeur évolutive et pour lesquels ils ne pouvaient avec certitude
déterminer l’état le plus plésiomorphe et l’état le plus apomorphe. Des techniques beaucoup
plus élaborées que dans l’exemple précédent ont été utilisées pour la construction du phéno¬
gramme (fig. 2 A) et du cladogramme (fig. 2 B), mais les principes sont essentiellement les
mêmes dans les deux cas.
Sur le dendrogramme, on note la similitude entre les UTO-1, 2 et 3 qui forment un
groupe homogène ( Neothunnus) auquel se rattache d’assez loin l’UTO-4 ( Parathunnus ).
Un autre groupe homogène est formé par les UTO-6 et 7 ( Thunnus ) auxquels se rattache
d’assez loin l’UTO-5 ( Germo). On peut donc reconnaître quatre genres ou n’en distinguer que
deux : Thunnus (UTO-5 à 7) et Parathunnus (UTO-1 à 4). Les deux solutions sont en accord
avec la classification phénétique. Le cladogramme diffère légèrement en ce qu’il isole l’UTO-5
des UTO-6 et 7 et en fait le groupe-frère des UTO-1 à 4. Il est donc préférable de distinguer
quatre genres, les Neothunnus étant les plus synapomorphes et les Thunnus les plus symplé-
siomorphes des Thons.
Ces deux exemples appellent quelques remarques générales. Nos connaissances sur les
mécanismes de l’évolution et de la spéciation sont encore imparfaites. Le principe de l’irré¬
versibilité du passage d’un état à un autre pour n’importe quel caractère et le principe de
parcimonie, sans lesquels la construction des cladogrammes serait impossible, sont plus
— 347
A
B
albacares \
tonggol
atlanticus,
obesus
aialunga
maccoyi \
thynnus J
( Neothunnus)
( Parathunnus)
( Germo)
(Thunnus)
2
3
1
4
5
6
7
Fic. 2. — Phénogramme (A) ct cladogramme (B) relatifs aux Thunnidae
(d’après Le Gall, Laurec et Chahdy, 1966)
des hypothèses simplificatrices que des lois naturelles définitivement prouvées. En outre,
les cladogrammes comme les phénogrammes sont le reflet de nos connaissances actuelles ; la
prise en considération de nouveaux caractères, auxquels les progrès de la biologie nous
donneront accès un jour, pourra les modifier plus ou moins. Pour ces diverses raisons, aussi
bien dans le cas des Citharinidae que dans celui des Thunnidae, les cladogrammes ont été
présentés comme les schémas cohérents les plus simples pour représenter les parentés entre
espèces d’après les caractères à signification évolutive actuellement connus, en vue de
justifier des coupures génériques ou subgénériques rationnelles, mais sans prétendre recons¬
tituer « la phylogénie » du groupe telle qu’elle s’est réellement produite au cours des temps.
La Taxinomie numérique conduit à des résultats particulièrement intéressants lors-
qu ’elle est appliquée à des groupes restreints et relativement homogènes tels qu’espèces,
genres ou familles à condition que celles-ci ne soient pas trop vastes. Théoriquement, elle
pourrait aussi bien s’appliquer à des taxons d’ordre supérieur, les UTO devenant par exemple
des familles ou des groupes de familles. Cependant, des essais en ce sens ont été rarement
tentés, soit que les résultats escomptés ne justifient pas les efforts nécessaires pour réunir
l’information de base indispensable, soit que des difficultés pratiques difficiles à surmonter
se présentent dans la définition des caractères distinctifs lorsque les UTO deviennent hété¬
rogènes. La Taxinomie numérique nécessitant l’examen d’un grand nombre de caractères
sur des échantillons d’effectifs élevés, son utilisation n’est pleinement justifiée que dans les
cas favorables.
En fait, la démarche suivie actuellement par la majorité des systématiciens paraît
être la suivante : réunir le plus d’information possible sur les taxons, classer ceux-ci avec
ou sans l’aide de la Taxinomie numérique, en déduire une ou plusieurs hypothèses phylo-
génétiques et affiner celles-ci au fur et à mesure que les connaissances progressent. A partir
du moment où une hypothèse phylogénétique se dégage qui puisse être acceptée comme haute¬
ment vraisemblable, il est facile d’en déduire une classification qui rende compte, d’aussi
près que possible, de la phylogénie tout en restant suffisamment simple et pratique pour
rendre les services que l’on attend de toute classification.
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Manuscrit déposé le 25 mai 1979.
Bull. Mus. nain. Hist, natParis , 4 e sér., 2, 1980,
section A, n° 1 : 349-351.
Un nom de remplacement pour un genre de Ranidés
de Madagascar (Amphibiens, Anoures)
par Alain Dubois *
Abstract. — The generic name Trachymantis Methuen, 1920 (Amphibia, Anura, Ranidae,
Mantellinae) is preoccupied by Trachymantis Giglio-Tos, 1917 (Insecta, Mantidae). A replace¬
ment name is proposed for the Malagasy frogs genus.
Dans un travail portant sur une collection d’Amphibiens de Madagascar, Methuen
et Hewitt (1913 : 55) créent le genre Microphryne et l’espèce M. malagasia pour un
spécimen unique de grenouille provenant de Folohy. Ils suggèrent de plus (1913 : 56)
que l’exemplaire, récolté à Nosy-Bé, auparavant décrit par Boettgeh (1880 : 282) sous
le nom Hemimantis horrida pourrait être congénérique et même conspécifîque avec la
nouvelle forme. Le nom de genre Microphryne ne pouvait en fait être conservé pour
ces animaux, étant un homonyme plus récent de Microphryne Peters, 1874 (Amphi-
biens, Anoures, Bufonidés).
Peu de temps après, Methuen (1920 : 352) 1 crée le genre Trachymantis pour les
espèces M. malagasia et H. horrida, tout en indiquant (1920 : 353) l’existence de diffé¬
rences entre celles-ci. Le nom Trachymantis est présenté comme « gen. nov. » et non pas
comme « nom. nov. » ; il n’est pas proposé expressément comme nom de remplacement
de Microphryne Methuen et Hewitt, 1913, quoique l’auteur mentionne (1920 : 352) que
ce dernier nom est « preoccupied » (sans plus d’explication). Aucune des deux espèces
incluses n’est désignée comme espèce-type du nouveau genre. Pour éviter tout risque
de confusion, nous désignons ici l’espèce Microphryne malagasia Methuen et Hewitt,
1913, comme espèce-type de Trachymantis Methuen, 1920.
Quinze ans plus tard, Angel (1935 : 205) décrit sous le nom de Trachymantis mala¬
gasia ventrimaculatus deux exemplaires provenant d’Isaka-Ivondro, ait. 700 m, région
de Fort-Dauphin, et figure l’un des deux. Ces deux syntypes existent toujours dans les
collections du Muséum de Paris, sous les numéros MNHN 1935.172-173. Nous désignons
ici comme lectotype de cette forme le plus grand des deux spécimens, MNHN 1935.173,
qui est celui figuré par Angel (1935 : 205, fig. 1-2) et plus tard par Guibé (1978 : pl. 48,
fig. 192) et dont Angel (1935 : 206) donne dix mensurations.
* Laboratoire des Reptiles et Amphibiens, Muséum national d’Histoire naturelle, 25 rue Cuvier, 75005
Paris, France.
1. Dans certains travaux (par exemple Guibé, 1978 : 78 ; Blommehs-Schlüsser, 1979 : 3), le travail
de Methuen est daté de 1919. Il figure en effet dans la partie III- IV des Proceedings of the zoological Society
of London pour l’année 1919, mais ce fascicule est paru en réalité le 25 février 1920 (Duncan, 1937 : 77).
— 350 —
Le genre Trachymantis est ensuite mentionné en passant et sans examen de spéci¬
mens dans plusieurs travaux sur la phylogénie et la systématique des Ranoidea (Lau¬
rent, 1943a, 1946 ; Liem, 1970). Laurent (1946) l’inclut, avec les genres malgaches
Mantella Boulenger, 1882, Mantidactylus Boulenger, 1895, Gepkyromantis Methuen,
1920, et le genre asiatique Pseudophilautus Laurent, 1943è, dans sa nouvelle sous-famille
Mantellinae des Ranidae.
Dans son travail d’ensemble sur les Amphibiens de Madagascar, Guibé (1978 : 78)
reconnaît le genre Trachymantis, tout en le considérant très proche de Gephyromantis.
Il y admet l’existence de trois espèces distinctes, T. malagasia, T. ventrimaculata et
T. horrida.
Récemment enfin, Blommers-Schlôsser (1979) a consacré un excellent travail
aux Mantellinés malgaches. Elle y reconnaît trois genres distincts, M antidactylus (dont
elle considère que Gephyromantis est synonyme), Mantella et Trachymantis , tout en pré¬
cisant (1979 : 65) qu’elle n’a jamais récolté d’exemplaires de ce dernier genre.
Les trois espèces, extrêmement voisines, reconnues par Guibé (1978) dans le genre
Trachymantis sont encore très mal connues, puisque quelques spécimens seulement en
figurent dans les collections. Il est donc impossible pour l’instant d’étudier les modalités
de la variation intrapopulationnellc et intraspécifique dans ce groupe, mais il est bien
possible qu’une telle étude, quand elle sera réalisable, amène à réduire le nombre d’es¬
pèces reconnues dans le genre. Toutefois ce dernier, caractérisé notamment par ses tégu¬
ments très verruqueux et par une ceinture scapulaire différente de celle de Al antidactylus
(et de Gephyromantis) (Guibé, 1978 : 11, 78), semble mériter d’être conservé, et aucun
auteur n’a jusqu’à présent proposé de le mettre en synonymie.
Or nous avons récemment découvert que le nom Trachymantis Methuen, 1920, ne
peut être conservé pour ce genre, ce nom étant un homonyme plus récent de Trachyman¬
tis Giglio-Tos, 1917 (Insectes, Orthoptéroïdes, Mantidés). Ce dernier genre est actuelle¬
ment toujours en vigueur pour une espèce australienne (et non pas africaine comme le
disait par erreur la description originale) de Mantidés, au sujet de laquelle John Bal-
derson (in litt., janvier 1980) écrit : « The single species, T. obesa Giglio-Tos, is quite
distinctive and there seems no possibility that it will ever be synonymised. » Dans ces
conditions, il est nécessaire de proposer une nouveau nom de remplacement pour le
groupe de grenouilles malgaches :
Laurentomantis nom. nov.
(Nomen substitutum pro Microphryne Methuen et Hewitt, 1913)
Espèce-type : Microphryne malagasia Methuen et Hewitt, 1913 : 55.
Espèces incluses : Laurentomantis horrida (Boettger, 1880 : 282) ; L. malagasia
(Methuen et Hewitt, 1913 : 55) ; L. ventrimaculata (Angel, 1935 : 205).
Synonymes :
Microphryne Methuen et Hewitt, 1913 : 55 (nec Microphryne Peters, 1874 : 616). — Espèce-type
par monotypie : Microphryne malagasia Methuen et Hewitt, 1913 : 55.
— 351 —
Trachymantis Methuen, 1920 : 352 (nec Trachymantis Giglio-Tos, 1917 : 46). — Espèce-type par
présente désignation : Microphryne malagasia Methuen et Hewitt, 1913 : 55.
Etymologie : Ce genre est très amicalement dédié à Raymond F. Laurent, qui
a apporté une contribution considérable à l’étude de la phylogénie et de la classifica¬
tion des Amphibiens en général, et des Ranoïdes africains et malgaches en particulier.
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Manuscrit déposé le 19 février 1980.
IMPRIMERIE
Achevé d'imprimer le 31 juillet 1980
NATIONALE
9 r >64 004 5
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Collection à périodicité irrégulière. Parait depuis 1935.
A partir de 1950, les Mémoires se subdivisent en quatre séries spécialisées. (Format in-4°.)
A — Zoologie
Dernières parutions
T. 107 — Bevebidge (Ian). — A taxonomie revision of the genera Cittotaenia Riehm, 1881, Ctenotaenia
Railliet, 1893, Mosgovoyia Spasskii, 1951, and Pseudocittolaenia Tenora, 1976 (Cestoda : Anoplocepha-
lidae). 1978, 64 p., 102 fig.
T. 108 — Peignoux-Deville (Jacqueline). — Rôle du corps ultimobranchial (C.U.B.) dans la régulation
du métabolisme calcique chez les Poissons Téléostéens. 1978, 71 p., 17 tabl., 11 pl. h.-t.
T. 109 — Auteurs multiples (Loïc Matile, éd.). — Faune cntomologique de l’archipel des Comores.
1978, 388 p., fig., pl.
T. 110 — Pelletier (Jean). — Révision des espèces du genre Marcina F. Walker (Lépidoptères, Noc-
tuidae, Ophiderinae). 1978, 143 p., 158 fig., 6 pl. h.-t.
T. 111 — Heim (Jean-Louis). — Les squelettes de la sépulture familiale de Buffon à Montbard (Côte d’Or).
Étude anthropologique et génétique. 1979, 79 p., 22 tabl., 19 fig., 8 pl. h.-t.
T. 112 — Guinot (Danièle). — Données nouvelles sur la morphologie, la phylogenèse et la taxonomie
des Crustacés Décapodes Brachyoures. 1979, 354 p., 70 fig., 27 pl. h.-t.
T. 113 — Bayssade-Dufour (Christiane). — L’appareil sensoriel des Cercaires et la systématique des
Trématodes digénétiques. 1979, 81 p., 42 fig.
A paraître
T. 114 — Boucher (Guy). — Facteurs d’équilibre d’un peuplement de Nématodes des sables sublitto¬
raux.
T. 115 — Atlas des Cercaires.
T. 116 — Betsch (Jean-Marie). — Éléments pour une monographie des Collemboles Symphypléones
(Hexapodes, Aptérygotes).
T. 117 — Illg (Paul L.) & Dudley (Patricia L.). — The family Ascidicolidae and its subfamilies (Cope-
poda, Cyclopoida), with descriptions of new species.
T. 118 — Tillier (Simon). — Gastéropodes terrestres et lluviatiles de Guyane française.
B — Botanique
T. 26 — Diptérocarpacées. Taxonomie — Phylogénie —
1977.) 1979, 162 p., fig. pl.
Écologie. (Entretiens du Muséum, Paris 14-17 juin
C — Sciences de la Terre
Dernières parutions
T. 41 — Gaudant (Mireille). — Recherches sur l’anatomie et la systématique des Cténothrissiformes
et des Pattersonichthyiformes (Poissons Téléostéens) du Cénomanien du Liban. 1978, 124 p., 57 fig.,
10 pl. h.-t.
T. 42 — Lange-Badré (Brigitte). — Les Créodontes (Mammalia) d'Europe occidentale de l'Éocène
supérieur à l’Oligocène supérieur. 1979, 249 p., 32 fig., 48 gr., 30 pl. h.-t.
T. 43 — Recherches océanographiques dans l’océan Indien. (Entretiens du Muséum, Paris 20-22 juin
1977.) 1979, 253 p., fig. pl.
A paraître
T. 44 — Gayet (Mireille). — Contribution à l’étude anatomique et systématique des Poissons Céno¬
maniens du Liban anciennement placés dans les Acanthoptérygiens.
D — Sciences physico-chimiques
T. 4 — Mercier (Christiane). — Synthèse de produits naturels dérivés du noyau diméthyl-2 2,chro-
mène. '969, 70 p.
Ouvrages disponibles au Service de Vente des Publications du Muséum,
38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris