BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
llllllllllllllllllllllilllllllllll
PUBLICATION BIMESTRIELLE
S
cien
ce
de la terre
33
N° 195 SEPTEMBRE-OCTOBRE 1973
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : P r M. Vaciion.
Comité directeur : P rs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr. M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr. N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la 1 re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12
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Botanique : France, 60 F ; Étranger, 66 F.
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International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 195, septembre-octobre 1973, Sciences de la Terre 33
Les Archéocyatlies Irréguliers d’Ajax Mine
(Cambrien inférieur, Australie du Sud)
par Françoise Debrenve *
Résumé. — Révision de l’ensemble des types antérieurement décrits appartenant à la classe
des Iircgulares, Proposition d’une classification unifiée pour l’ensemble du phylurn, par définition
de types morphologiques de l’intervallum, et reconnaissance des caractères de porosité des murailles.
Abstract. — A révision of ail the types previously collccted in the district of Ajax Mine.
New prineiples of classification, using the sanie crileria as in Regulures : morphological types of
the intervallum, définition of the different kinds of porosity for the walls.
Les fossiles dont il sera question dans ee travail ont été récoltés à Ajax Mine (lleltana,
Australie du Sud) par T.-G. Taylor, et VV. Fl., H. et ,1. Bkufoiio, et sont actuellement
disséminés à travers le monde, à Londres (Rritish Muséum, Nat. (list.), Princeton Dépar¬
tement de Géologie de T Université), Adélaïde (South Australian Muséum cl. Département
de Géologie de l’Université), Grâce à l’extrême obligeance de tous les responsables de ces
collections, que je remercie ici vivement, j’ai pu les consulter toutes, faire la révision des
types, préparer et étudier les blocs calcaires qui les contenaient ; ceux-ci m’ont fourni un
abondant matériel et permis dans certains cas d'établir des statistiques spécifiques.
Seuls seront traités les Archéocyatlies Irréguliers, c’est-à-dire les formes dont les stades
jeunes se présentent avec un espace interne rempli d'éléments squelettiques sans orienta¬
tion radiale nette, une muraille interne et une cavité centrale tard différenciées, par opposi¬
tion aux Archéocyatlies Réguliers, issus de calices à muraille interne précoce, reliée à la
muraille externe par des barres puis des cloisons radiales régulières et poreuses.
Cependant quelques formes dont le stade adulte est régulier et dont, l’apex n est pas
connu ont une position ambiguë.
Principe de systématique
Jusqu’à ces dernières années, les principes de la classification des Archéocyatlies
Irréguliers différaient de ceux des Archéocyatlies Réguliers, qui ont fait l’objet de nombreuses
études et dont on connaît bien maintenant l’ontogenèse et l’évolution. Moins variés, d’inter¬
prétation plus difficile à cause de leur polymorphisme et de la moins grande stabilité des
Institut île Paléontologie, Muséum national (l'Histoire naturelle, S, rue de Buffon , 75005 Paris.
195, 1
Tableau I.
Ordre
Intervallum
Superfamille
M uraille externe
Famille
Muraille interne
Genre
Variation de la porosité et
structures additionnelles
Barres bifurquées
CHOUBE BT IC YAT111 DA
Imperforée
1 pore par intersept
0
Chouberticyathus
Plaquettes dans deux ou trois
Pores irréguliers
Plaquettes verticales et tissu
vésieuleux.
Archaeopharetra
ticale, radiale, tarigentielle)
1 pore
Baguettes et plaquettes.
Dictyocyathus ?
ARCHAEOPHARETRIDA
Simple
1 pore
Baguettes associées en tubes
divergents.
Auliscocyathus
Imperforée
1 pore-canal
Pseudo-cloisons, synaptioules,
pseudo-planchers construits
sur les synaptioules.
Dictyocoscinus
Pseudo-cloisons radiales droi¬
tes ou ondulées à pores irré¬
guliers généralement plus
importants que le squelette.
Elles peuvent être reliées
par des syuapticules, du tis¬
su vésieuleux, des pseudo-
Simple
Simple
1 pore
1 canal oblique
Pseudo-cloisons bifurquées.
Pseudo-cloisons régulièrement
poreuses avec syuapticules
entre chaque pore.
Pseudo-cloisons dont les on¬
dulations sont liées à la
présence de syuapticules.
Spirillicyathus
Graphoscyphia
Pycnoidocyathus
METALDETIDA
Double
1 pore subdivisé
Double
Pseudo-cloisons à larges pores
irréguliers, syuapticules, tis¬
su vésieuleux.
Pseudo-cloisons à larges pores
irréguliers, tissu vésieuleux,
pas de syuapticules.
Metafungia
Metaldetes
Pseudo-cloisons régulièrement
perforées et syuapticules sans Praefungia
tissu vésieuleux.
Tableau I (suite)
Ordre
Intervallum
Superfamille
Muraille externe
Famille
Muraille interne
Genre
Variation de la porosité et
struclures additionnelles
Canaux
Canaux communicants
Pseudo-cloisons, synapticule s.
Copleicyathus
Canaux et cribles
Irrégulier
Pseudo-cloisons à larges porcs
irréguliers.
Maiandrocyathus
Pseudo-cloisons peu ou irrégu¬
lièrement perforées moins
importantes que le squelette,
synapticules, tissu vésicu-
leux et pseudo-planchers.
Double
«
1 pore simple
1 canal en S
Pseudo-cloisons, tissu vésicu-
leux et synapticules.
Pseudo-cloisons et synapticules
régulières.
Pseudo-cloisons, synapticules
et pseudo-planchers synap-
tieulaires.
Archaeofungia
Sigmofungia
Palmer icyathellus
PARANACYAT 111 DA
Canaux et cribles
1 canal oblique
Cloisons planes, cloisons i rtcom-
plètes.
Beltanacyathus
Pseudo-cloisons avec pores plus
importants que le squelette,
planchers indépendants.
Simple
1 canal oblique
Pseudo-cloisons ondulées, sy-
naplieules, planchers peu
courbés et peu nombreux.
Fl i nders icosein us
MET ACOSCIN1 DA
Canaux (peut-
être avec crible ?)
Irréguliers
Pseudo-cloisons ré t i culaires,
planchers rares à linteaux
méandrif ormes.
Metacoscinus
Pseudo-cloisons à petits pores,
planchers arqués nombreux
liés aux murailles.
PARACOSCINIDA
Double
Simple
1 pore rectangulaire
subdivisé ? possibi¬
lité de crible
1 pore rectangulaire
Planchers en fentes subdivi¬
sées.
Planchers à pores ronds irré¬
guliers.
Pycnoidocoscinus
Paracoscinus
188
FRANÇOISE DEBRENNE
structures à l’intérieur d’un individu, les Irréguliers n’ont pas donné lieu à des études sys¬
tématiques d’envergure ; les principes de leur classification varient d'un auteur à l’autre
et ne sont pas toujours homogènes au cours d'un ouvrage.
J’ai proposé (Dêbrenîse, 1970 : 23-27, tabl.) d’adopter, pour classer les Irréguliers,
la même hiérarchie de caractères que pour les Héguliers. Cette hypothèse de travail m’a
été suggérée par l'observation des lamies australiennes, où les calices adultes d’irréguliers
ont un aspect tout à lait semblable à celui des Héguliers, si bien qu'un certain nombre
d’entre eux a été alternativement placé dans l’un ou l’autre groupe, Les études de détail,
qui seront exposées à l'occasion des descriptions îles genres et des espèces, montrent d’autre
part, que la porosité des dillérents éléments du squelette est beaucoup plus variée que ne
le laissaient supposer les précédents travaux ; rien, par conséquent, ne s’oppose à utiliser
une méthode unique pour établir les catégories taxinomiques de l'ensemble du phylum.
C’est, cette méthode que j'ai suivie pour celte monographie (tabl. b. lille présente
des lacunes el. des imperfections, car elle ne s’appuie pour l’instant que sut un matériel
limité dans le temps et par le nombre. 11 n’est, donc pas possible d’en étudier l’évolution
ni la morphogenèse. C’est pourquoi le tableau proposé ne peut être que provisoire : quelques
genres, notamment parmi les Paranacyathida dont l’ontogenèse n’est pas connue, seront
peut-être à replacer dans les Héguliers, eu dépit de traits communs avec des Irréguliers
certains.
D’autre part, il est probable que les catégories sont surestimées. Dans l'état actuel de
nos connaissances, il nous parait préférable de les maintenir ainsi, plutôt que d’effectuer
des rassemblements arbitraires qui ne sont pas basés sur des résultats indiscutables de
recherches ont.o- et phylogénétiques.
L’unité des Archéocyathes ne peut être mise en doute. Outre une microstructure
identique, de nombreux faits attestent que Réguliers et Irréguliers forment un groupe
homogène : dans certains cas, il n’est pas possible d’attribuer les formes à l’une ou l’autre
classe ; par l'acquisition de structures radiales, les Irréguliers se présentent comme des
« Réguliers », tandis que le développement de formations exo- et cndothécalcs produisent
chez les Réguliers des structures dissociées et du tissu vésieuleux, comparables à ceux
observés chez les Irréguliers.
Mais l’allotropisme que l’on constate est fondamental. C’est ce fait qui, lorsqu’auront
été étudiés l’ordre d’apparition et l’évolution morphogénétique de chaque élément constitu¬
tif du squelette et leurs rapports réciproques, déterminera si les hiérarchies des caractères
sont les mêmes pour les deux classes.
Caractères morphologiques
Forme
Les Irréguliers d’Ajax Mine atteignent les plus grandes tailles connues ; certains spé¬
cimens ont 250 mm de hauteur et, environ 100 mm de diamètre. Ces formes énormes étaient
encore élargies par d'épais bourrelets annulaires qui, peut-être, étaient un moyen d'éviter
renfoncement dans un substrat vaseux (G Gii.l, communication personnelle' 1 . Les autres
fossiles, sans rejoindre la taille des précédents, sont cependant relativement grands, en
moyenne, par comparaison avec l'ensemble des Archéocyathes connus. Les ondulations
LES ARCHÉOCYATHES IRRÉGULIERS d’AJAX MINE
139
externes sont souvent marquées, mais d’une façon moins prononcée que dans les formes
géantes.
On connaît quelques calices étalés, à faillie intervallum, mais ils sont moins fréquents
que chez les Réguliers du même gisement.
Muraille externe
a —- Quelques spécimens ont une muraille imper forée, épaisse, marquée par de
faibles ridules annulaires. De petit diamètre, ils ont des structures intervallaires d’indivi¬
dus adultes ( Chouberticyathus , ? Dictyocyathus , Archaeopharetra). Leur existence pose un
problème physiologique : si l'on admet que la majorité des Archéouyathes filtraient les
courants nutritionnels par leur muraille externe, ce ne pouvait pas être le cas pour ces
petits animaux, ni pour la majorité des jeunes Irréguliers, Il faut leur supposer un mode
de vie ou du moins un mode de nutrition dill’érent.
b — Muraille externe simple, indépendante de l'intervallum, ou simple ouverture
de celui-ci vers l’extérieur ; c’est nue enveloppe caractéristique de nombreux Irréguliers
hors d'Australie, et (pli n’est observée ici (pie dans quelques genres ( Pyenoidocyathus , Flin-
dersiconcinus, Paranai i/tillms, ? Ptiracoai iituÿ).
c — Muraille externe double : sur nue carcasse primaire, souvent formée par les élé¬
ments extérieurs du réseau intervallaire sous-jacent, se développent dos pinecssus squelet¬
tiques, issus des linteaux. Ils tendent à recouvrir l’orifice initial par croissance centripète
et anastomoses plus ou moins complètes, formant ainsi des cribles à lentes, des tamis à
petits pores ou même une seconde enveloppe complète. L'est la muraille la plus commune
parmi les Irréguliers récoltés à Ajax Mine. < hi peut rapprocher ce fait de la présence fré¬
quente des doubles murailles de type Brborynlhux dont la construction se fait également
par modification des linteaux de la carcasse chez les Réguliers. Le double filtrage des cou¬
rants supposés inhalants est donc caractéristique d’une forte proportion de la population
de ce gisement.
d — Muraille externe à porcs allongés cri canaux : simples ( Copleicyathus) ou liifur-
qués (Metacosciinift).
e — Canaux recouverts par des processus secondaires construits à partir du bord
externe des canaux, suivant le même mode que pour les doubles murailles minces ( Maian -
drocyathus, Bdlanacyathus ).
Muraille interne
Bille peut, être simple, à un ou plusieurs pores par intersept, à canaux droits {Aulis-
cocycUhus), obliques ( Pyunoiduiyulltutt , Helta navyath m, Fl i ndcrsicosti nus), sigmoïdes (Sig-
mofungia , Pahneriii/alhcUiis ), bifurques ,( Melufungiu ), i n terenm m un iqua n ts ( Copleicyathus ).
Les murailles doubles, de même type que les murailles externes, sont présentes dans
les genres Metaldetes, Praefimgia, Pycnoidocoscinus ; elles sont toujours, dans les genres
australiens, associées èi des doubles murailles externes.
Structures de l'intervallum
Elles définissent les six catégories suivantes :
190
FRANÇOISE DEBRENNE
1. Type à barres radiales et obliques seules.
2. Type à baguettes et plaquettes qui tendent à s’orienter verticalement et radiale-
ment ; elles sont reliées ou non par des synapticules.
3. Type à cloisons radiales dont la surface poreuse est supérieure à celle occupée par
les linteaux : les cloisons paraissent dissociées ou interrompues en coupes transversales et
obliques ; les synapticules rapprochent les cloisons qui sont alors ondulées et godronnées ;
les directions radiales sont, dans ce. cas moins faciles à suivre. Entre des synapticules dis¬
posées selon un plan horizontal, peuvent se construire des cribles : l'ensemble forme un
pseudo-plancher ( IJictyoroxci nux).
A. Type à cloisons radiales peu perforées. Les perturbations dans la direction et
la continuité des cloisons sont alors minimes. Les genres tels que Paranacyathus, Archaeo-
fungia, Beltanacyalh «*, Sigmofangia, PahnericyalliMuft ont pu meme être classés quelque¬
fois dans les Réguliers. Peuvent être présents des synapticules et des pseudo-planchers.
5. I, intervallum comporte dans certains genres des structures tabulaires peu fré¬
quentes et irrégulièrement espacées. Ces planchers ne sont pas liés aux synapticules
mais paraissent dus à des arrêts de croissance et correspondre à des stades successifs de
fermeture du calice [Flindersicnsci.iuts),
fi. D'autres constructions tabulaires sont également connues ; fortement, arquées,
fréquentes et régulièrement espacées, elles paraissent plus ou moins liées aux murailles et
rappellent de 1res près le genre Régulier Calyptocosciniw. Cos planchers ont une signifi¬
cation probablement identique à celles des formations homologues des Coscinooyathida.
Exothèque-Endothèque
Comme chez les Réguliers, elles pertmlient la croissance, le développement des lames
radiales de l’intervallum et sont le plus souvent associées à un fort développement du
tissu vésiculeux. Leur signification n’est toujours pas connue.
Répartition géographique et stratigrapiiique
La comparaison entre les Irréguliers d’Australie et ceux des autres régions est déli¬
cate. En effet, comme nous l’avons déjà signalé, les études sur ee groupe assez ingrat sont
souvent négligées. Le manque de précision dans le détail fait que jusqu’à présent on pen¬
sait que ces formes ne pouvaient donner des résultats comparables à ceux obtenus avec
les Réguliers, Actuellement, seule peut être considérée comme certaine la présence du genre
Pycnoidocyathux dans le géosynclinal de Sibérie méridionale (étages de Sanaehtygkol et
de Solontaov). Le genre Puranttcyalhun est; bien teprésenté dans les étages Atdabanien et
Botonuen du sud de la Sibérie ; il est même connu dans des terrains plus anciens (sommet
du Tommollen) sur la plaie-forme sibérienne.
Des représentants des Syringocnema (formes à tubes alvéolaires de position incertaine
à l'intérieur des Archéoeyathes) sont décrits de Sibérie, Extrême-Orient, Antarctique et
Amérique du Nord. Ces deux genres ne seront pas étudiés ici : ils font actuellement l’objet
de recherches menées en collaboration avec I. T. Zhüravleva (Novosibirsk) et R. A. Gan-
gloff (Berkeley).
LES ARCHÉOCYATHES IRRÉGULIERS d’AJAX MINE
191
Des affinités assez nettes sont constatées avec les Irréguliers de l’Antarctique. On y
rencontre, outre Pycnoidocyathus et Syringocnema, des représentants de Metaldetes (plicatus).
La forme déterminée comme Claruscyathus est très probablement à rapporter au genre
Flindersicoscinus. J’ai reconnu dans le matériel non décrit de la collection Hill (British
Muséum, Nat. Ilist.) Graphoscyphia et Metacoscinus.
Au Maroc, seules les petites formes de Chouberticyathus sont communes.
Il faut cependant, avant de conclure à l’endémicité d’une faune antarctico-australienne,
attendre de nouvelles études sur les Irréguliers et la révision de nombreuses espèces insuffi¬
samment décrites et figurées.
192
FRANÇOISE DEBRENNE
CHOUBERTICYATHIDAE fam. nov.
CHOUBERTICYATHUS Debienne, 1964
Espèce-type : Chouberticyathus clatratus Debr., 1964 : 208, pl. 32, fig. 1-7.
Diagnose
Calices à muraille externe, compacte, striée horizontalement, muraille interne simple¬
ment poreuse. L'intervallum est formé d’un échafaudage de barres cylindriques horizontales
disposées dans des plans en majorité radiaux, reliées par dos barres obliques horizontales
ou verticales. Tissu vésiculeux parfois présent.
Chouberticyathus robustus (Bedford R. et W. R., 1936)
(Fig. 1)
1936 — Dictyocyathus robustus Bedford R. et W.R. : 13, pl. XII, fig. 58.
Hoi.o type : South Australian Muséum, P 941.
Autke matériel : Princeton University, coll. Bedford, n os 77-79 ; n° 86629-78.
Description
Petite espèce conique. La muraille externe est imperforée, ou présente de très rares
pores de taille minuscule. Elle esl. couverte de stries circulaires, Lu muraille interne est
simple. Des barres radiales de connexion sont nombreuses, cylindriques, horizontales et
disposées dans des plans radiaux ; elles ne forment pas des amorces de cloisons comine dans
Dakiéaèïjnlhus. Au sommet, quelques barres horizontales et verticales de liaison peuvent
apparaître.
Dimensions (en mm)
Diamètre, 6 ; hauteur, 14 ; intervallum, 2,20. Muraille externe : épaisseur, 0,60. Muraille
interne : diamètre des pores, 0,40 ; linteaux, 0,50 ; diamètre des barres, 0,25 à 0,60.
Relations et différences : Diffère de Dokidocyathus par la porosité de la muraille
externe et de Dictyocyathus par la présence de barres radiales complètes.
Chouberticyathus ? fragilis (Bedford R. et W. R.. 1936)
(Fig. 2)
1936 — Dictyocyathus fragilis Bedford R. et W. R. : 13, pl. XI, fig. 57.
1964 — Chouberticyathus fragilis Bedford R. et. W. R. ; Df.brenne : 208.
LIolotype : South Australian Muséum, P 945-59
LES ARCHÉOCYATHES IRRÉGULIERS d’aJAX MINE
193
Description
Petit fragment sur lequel on peut observer la muraille externe compacte à stries hori¬
zontales et des éléments intervallaires dont il est dillicile de dire si ce sont des barres radiales
et des piliers verticaux ou obliques ou des plaques squelettiques. C’est pourquoi l’attribution
à Chouberticyathus n’est faite que sous réserve.
Dimensions (en mm)
Diamètre, 4 ; intervalluiri, 1 ; hauteur, 5 ; épaisseur de la muraille externe, 0,10 ;
épaisseur des éléments intervallaires, 0,10. Pores de la muraille interne : diamètre, 0,20 ;
linteaux, 0,15.
Relations et différences : Les barres intervallaires sont irrégulièrement réparties.
Chouberticyathus ? simplex (Taylor, 1910)
1910 — Dictyocyathus simplex Taylor : 144, text.-fig. 34.
HoLOTYPE : Université d’Adélaïde, type n° 51 Ajax.
Description (d’après Taylor)
Forme conique, parfois courbe. Un spécimen incomplet de 15 mm de long pour un
diamètre de 4,50 mm est, connu, avec un coefficient intervallaire de 0,8/3 (c’est-à-dire,
dans la conception actuelle, 0,8/4,6). La muraille externe a une structure relativement solide,
comme on peut le voir figure 34. Quelques larges pores irrégulièrement répartis. Pas de
cloisons mais des barres horizontales qui joignent les deux murailles de section à peu près
circulaire. La plupart sont radiales, quelques-unes peuvent s’incurver. Il y en a environ
20 pour un diamètre de 4 mm. La muraille interne est une lame épaisse perforée de pores
plutôt larges et assez réguliers de sorte que la muraille rappelle la structure des cloisons.
Discussion
Bien que n’ayant pas directement observé le type, la description et surtout la figura¬
tion permettent de penser que. cette espèce appartient au genre Chouberticyathus.
A R C H A E O P1J A R E T RID A E Debrcnne, 1970
ARCHAEOPHARETRA Bedford R. et W. R., 1936
1936 — Archaeopharet.ro, Bedford R. et W. R. : 17.
Espece-type par rnonotypie : Archaeopharetra typica Bedford R. et W. R., 1936 :
17, pl. XVII, fig. 75.
Diagnose
Petits calices à muraille externe imperforée, striée par de fines costulations horizontales
annulaires. La muraille interne se forme à un diamètre de 2 mm, et la cavité centrale, bien
LES ARCHÉOCYATTTES IRRÉGULIERS d’aJAX MINE
195
qu’étroite, est alors libre. L’intervallum est rempli d’éléments squelettiques irréguliers en
barres ou plaquettes, plutôt disposées -verticalement et en position oblique, mais qui peuvent
également; ébaucher des partitions radiales incomplètes au voisinage des murailles. Le
tissu vésiculeux est présent en lames hoiizontales. A la base, les seuls éléments présents
sont la muraille externe, les membranes de tissus vésiculeux et quelques petits éléments
de squelette.
Relations et différences
Diffère
— de Bicyathus par sa muraille externe imperforée et le plus grand développement
des éléments squelettiques, mais présente la même répartition horizontale du tissu vési¬
culeux ;
— de Chouberlicyathus par l’irrégularité des éléments squelettiques qui ne forment
pas de barres radiales continues. C’est dans ce genre qu’il faut, classer les spécimens 86655-
355, n° 351 coll. Bedford, Princeton L’uiversity, S • / i82î) {British Muséum), P 969-132
(South Àustralian Muséum), répertoriés dans les collections comme Archaeopharetra sp.
et l’espèce Archaeopharetra aologdini Bedford R. et J,, 1939 ; 77, pl. XLVIII, fig. 200, dont
je n’ai pu observer l’bolotype mais dont la figuration est. caractéristique.
Remarques
D’après R. et J. Bedford, 1937, tous les « Metacyathinae » (Irréguliers à pseudo-cloi¬
sons radiales à l’état adulte) débuteraient par un stade Archaeopharetra à éléments squelet¬
tiques verticaux et tissu vésiculeux. Zuuravleva (1960) accepte le même point, de vue.
Le genre Archaeopharetra garde les caractères primitifs des apex des Mctaeyathida mais,
autant qu’on puisse en juger sur un matériel pauvre, a une existence indépendante et les
formes rencontrées sont adultes et non jeunes.
Archaeopharetra typica Bedford R. et W. R., 1936
(Fig. 3 a-c)
1936 — Archaeopharetra typica Bedford R. et W. R. : 17, pl. XVII, fig. 75.
1937 — Archaeopharetra typica Bedford R. et J. : 30-31, pl. XXIX, fig. 120 A-B.
1970 — Archaeopharetra typica, Bedford R. et W. B. ; Debuenne t 29.
1972 — Archaeopharetra typica Bedford H. et W. B. ; Mir.t : E 105.
Photographies : Alite Debrcnne. Collections ; Princeton l : lèverait y (P.U.) ; South Australian Muséum
(S.A.M.) ; Univèrsitv of Adélaïde. (U.A.) ; British Muséum Nat oral Historv (B.M.N.H.).
Pic. 1-6.
1. — Choufjrrtîçyalhas rnliuslus (Bedford R. et W. R.), coupe longitudinale. Holotype P 941 (S.A.M.),.
X 6.
2. — ? Choubertieyalhm fragilia (Bedford B. cl W. R.), section transversale. Holotype P 945-59, X 10.
3. — Archaeopharetra’ typica Bedford R. et W. R. : a. coupe transversale supérieure. Holotype P 969
(S.A.M.), X 10 ; b, confie longitudinale inférieure, X 10-
4. — « Otclyocyalhus « wnedonrelit Bedford B, el W. R., vue longitudinale. Holotype P 940 (S.A.M.), x 3.
5. — Vatyocyalhm irregularis Taylor : a, section transversale. Topotype P 989-27 B 33-27 (S.A.M.),
X 6 ; b. «f, irregularis Taylor, vue longitudinale, Coll. Diionnin il” 70 (P.II.), x 6.
6. — ? Dictyoe-yalhns ipuulruplec Bedford R, et W. T!., section transversale. Topotype P 970-153 (S.A.M.),
X 10.
196
FRANÇOISE DEBRENNE
IIolotvpe : South Australiau Muséum, P 969.
Autre matériel : South Australiau Muséum, P 969-133 ; Princeton University,
87227-347, 87228-348, 87229-349, 86658-350, 86635-355, 86657-248; coll. Bedford n 08 3 52-
357, 60-61 ; Brilish Muséum (Nat. Hist.), S. 4830.
Description
La muraille externe est compacte, striée horizontalement. La muraille interne est
formée par des piliers verticaux disposés en cercle concentrique à la muraille externe, reliés
par des points horizontaux qui délimitent ainsi les pores internes.
Dans l’intcrvnllum on observe des plaques (barres aplaties) qui s’anastomosent avec
des barres plus ou moins horizontales et des membranes horizontales de tissu vésiculeux.
Il n’y a pas de formation de lames radiales, mais on peut noter une certaine tendance des
éléments proches des murailles à prendre une disposition rayonnante.
Dimensions (en mm)
Hauteur, 14 ; diamètre, 3-4 ; cavité centrale, 0,5 ; diamètre des barres, 0,27 ; épaisseur
de la muraille externe, 0,25.
Relations et différences : Une espèce connue.
Incerta généra
« Dictyocyathus » macdonnelli Bedford R. et W. R., 1936
1936 — Dictyocyathus macdonnelli Bedford R. et W. R. : 14, pl. XII, fig. 61.
Holotype : South Australian Muséum, P 940.
Diagnose originale
« Le spécimen est conique avec un coefficient intervallaire de 3/11 (rapporté au coeffi¬
cient intervallaire <I>/C = 17/11). Des barres assez nombreuses traversent l’intervallum.
La conservation est trop mauvaise pour que l'on puisse voir les pores des murailles. »
Discussion
Cette impossibilité ne permet donc pas de déterminer la position systématique du
fossile décrit. D’autre part, la disposition des barres intervallaires pourrait être rapprochée
de celle de Pinacocyathus ou Aeanthinoeyathus, mais pas de Dictyocyathus. Elles ne sont
pas alignées en cloisons comme Dohidocyathus et n’ont pas de liaison comme Chouherti-
■cyathus.
DICTYOCYATHIDAE Taylor, 1910
DICTYOCYATHUS ? Bornemann, 1891
L’espèce-type du genre, tenerrimus, n’était représentée dans la collection initiale de
Bornemann que par un exemplaire, aujourd’hui perdu. Le peu de précision de la définition
LES ARCHÉOCYATHES IRRÉGULIERS d’aJAX MINE
197
et des figurations premières ii’ont pas permis jusqu’à présent de sélectionner un néotype
parmi les irréguliers récoltés dans le locus tvpieus. Toutes les formes paraissent devoir
être mises dans le genre Protopharetm Bornemann. La conception actuelle du genre Dictyo-
cyathus, basée sur l'usage courant, correspond à des fossiles dont I iutervailum est constitué
par un échafaudage de petites barres cylindriques associées entre elles et disposées dans
trois directions orthogonales, radiales, verticales et tangent,ielles. Les murailles sont simples.
Les espèces australiennes, dubitativement rapportées à Dictyocyalhus , ont une muraille
externe imperl'orée, striée horizontalement. Il est possible que ce caractère soit suffisant
pour distinguer un nouveau genre, mais l'ignorance un nous sommes de la nature réelle des
murailles de Dictyocyalhus et le petit nombre d’échantillons d’Ajax Mine ne nous permettent
pas actuellement de l’établir.
Dictyocyathus ? irregularis Taylor, 1910
(Fig. 5 a, b)
1910 — Dictyocyathus irregularis Taylor : 145, pi. XII, phot. 66.
1936 — Dictyocyalhus irregularis Taylor ; Bedford R. et W. R. : 13, pl. XI, fig. 56.
Holotype : Université d’Adélaïde, coll. Taylor, n° type 51 Ajax.
Autre matériel : South Austialîau Muséum, P 939-52,53,55,57, P 939 D 33-27.
Princeton Universi^y, cf. irregularis, coll. Bedford, n 08 70, 71.
Description
Petits calices coniques à muraille externe striée horizontalement sans pores visibles,
à cavité centrale très étroite mais à muraille interne bien constituée. Les barres de l’inter-
vallum sont horizontales, souvent radiales, reliées par des barres en position de synapti-
cules, horizontales ou verticales.
Discussion
Le type lui-même n’a pas etc révisé par l’auteur, mais le matériel qui provient de la
même localité peut être rattaché à P holotype sans grand risque d’erreur. L’attribution
A’ irregularis au genre Dictyocyalhus, par contre, est pins délicate : en ell'et le genre de Bor¬
nemann n’a pu encore être défini d’une façon satisfaisante, le matériel type ayant disparu.
On ne sait pas, par exemple, si la muraille externe petit se présenter à la base, sous la forme
compacte striée, comme dans le genre Chouherlicyathus. Nous avions admis cette possibi¬
lité pour les espèces marocaines. La constitution des murailles est en fait celle de Chouber-
ticyathus, mais dans le cas présent les barres intervallaires sont discontinues — et seraient
plutôt comparables à l’échafaudage à trois directions admis comme caractéristique de
Dictyocyathus.
Dimensions (en mm)
Diamètre, 4 ; intervallum, 1,5 ; espacement moyen des baguettes, 0,25 X 0,20 ; épais¬
seur de la muraille externe, 0,20 ; diamètre des baguettes, 0,15. Muraille externe : pores, 0,20 ;
squelette, 0,15.
198
FRANÇOISE DEBRENNE
Relations et différences
/rregularis Taylor ex. P 939 est assez proche de Dictyocyathus circulus Delir. par la
densité des éléments squelettiques. Celle de D. ef. irregularis Taylor (n os 70,71) est. par contre
comparable à celle de Dictyocyathus stipatus Debr. Cependant l’épaisseur des éléments
squelettiques n’est pas la même dans les espèces australiennes et marocaines.
Dictyocyathus ? quadruplex Bedford R. et W. R., 1936
(Fig, 6)
1936 — Dictyocyathus quadruplex Bedford R. et W. R. : 13, pl. XII, tig. 59-60.
IIolota pe : South Australian Muséum, P 943-63 ; P 944-64 est dit constituer l’apex
de P échantillon P 943 ; il n’y a pas de preuve formelle de ce fait.
Autre matériel : South Australian Muséum, P 970-153. Princeton University, coll.
Bedford u° 81 (les numéros 80-82-83 sont peut-être des Dictyocyathus sp. vrais).
Description
Muraille externe compacte, muraille interne simple. Intervalluin comportant appa¬
remment des barres cylindriques formant un échafaudage irrégulier.
Discussion
La petitesse et la rareté du matériel ne nous ont pas permis de connaître avec exacti¬
tude la structure de cet échafaudage. Si l’on se rapporte au seul spécimen préparé (P 970-
153) dont la coupe transversale est très proche de celle du type, la section verticale montre
une pseudo-cloison et non un assemblage de barres (fig. 6). Comme pour toutes ces petites
formes irrégulières (irregularis Taylor, fragilis Bedford, robustus Bedford, quadruplex Bedford),
il faudrait un matériel plus abondant et une étude particulière très poussée pour résoudre
le problème de leur attribution générique,
AULISCOCYATHUS 1 gen , nov.
{Fig. 7)
Espèce-type du genre : Spirocyalhus multifidus Bedford R. et W. R., 1936 : 14, pl. XIII,
fig. 65 A, B, C.
Diagnose
Calices coniques, légèrement ondulés extérieurement. La muraille externe est liée aux
structures intervallaires, la muraille interne est épaisse, mais non formée de tubes obliques.
L’intei'valbim est constitué par des barres squelettiques verticales et horizontales associées
en tubes radiaux subhorizontaux, de section quadratique.
Relations et différences
Le squelette intervallaire est voisin de celui de Dictyocyathus et de Praefungia ; il
1. De auliscos, petit tube.
LES ARCHÉOCYATIIES IRREGULIERS d’aJAX MINE
199
est formé de barres disposées selon trois plans orthogonaux mais qui, dans Auliscocyathus,
s’associent en tubes quadratiques et non en pseudo-cloisons ( Pvaefungia ) ou au hasard
(.DictyOcyathus). Les murailles ne sont pas de même type. La présence de tubes et leur cour¬
bure rappellent Syringocnema ■■, mais la section des loeuli (carrée et non hexagonale), la
porosité des loges (un porc par côté, de plus grande surface que le squelette interporeux
et non plusieurs petits pores de faible surface par l'uec) sont autant de caractères qui sépa¬
rent définitivement les deux genres. Ces tubes seraient par leur construction initiale, leur
forme et leur porosité, plus proches des loges délimitées pae les ondulations régulières des
pseudo-cloisons et par les synaptirulcs telles qu’nn les observe dans les larmes de Pycnoi-
docyathus précédemment groupées dans le genre FlindcMticÿ&thus. Nous verrons (p. 206)
que ces loges s'estompent rapidement et évoluent en pseudo-cloisons planes. Ce n’est pas
le cas dans Auliscocyathus, qui garde un squelette 1res lin, plus proche des barres que des
plaques squelettiques poreuses, et n'évolue pas en pseudo-cloisons planes. Les murailles,
contrairement a celles de Pycnoiducyathus, ne sont pas indépendantes.
Auliscocyathus multifidus Bedford R. et W. R., 1936
(Fig. 8 a, b)
1936 - Spirocyathus mullifidus Bedford R. et W. R. : 14, pi. XIII, fig. 65.
1937 Flindersi.rynthus multifidus Bedford II. et W. R. ; Beofouo R. et J. : 28.
Ho lot y p e : R 950-81. Para type : R 950-82, South Australian Muséum.
Autre matériel : Coll. Bedford, n° 246 (marqué sp. irregularis), n os 256,257, Prince¬
ton University.
Description
Calices coniques de forme extérieure le plus souvent irrégulière. L’ouverture vers
F extérieur de Lmtervallum est rétrécie par l’épaississement et la coalescence des bords
externes des tubes, qui construisent ainsi une muraille d’aspect méandriforme.
La muraille interne est empâtée et il est difficile d’observer ses relations avec les tubes
intervallaires. Il semble que les bords internes des tubes s’épaississent régulièrement et
forment une muraille à pores en quinconce ; quelques épines ou denticules apparaissent
parfois aux bords inférieurs des porcs.
Les loges intervallaires, de section carrée, se succèdent régulièrement et dessinent
une très légère courbure vers le bas du côté de la cavité centrale, tandis que leur partie
externe est presque horizontale.
Dimensions (en mm)
Hauteur, 30 ; diamètre, 13 ; mtervallurn, 3,6 ; largeur d’une loge, 0,20. Muraille externe :
épaisseur, 0,16. Muraille interne : pore, 0,27 ; linteau, 0,16 X 0,30 ; épaisseur, 0,16. Loge :
pore, 0,10 ; linteau. 0,15 : épaisseur, 0,15.
Relations et différences : Une seule espèce connue.
Fie;. 7-9.
7. Auliscocyalfiwt gen, nov„ reconstitution des tubes intervallaires.
8. — Auli scocyathuH mulUftdus (Bedford H. et VV. B.) : a, coupe longitudinale oblique. Holotype P 950-81
(S.A.JVL), x G; b» cou po transversale. Topntypc, coll, Bedford n° 257 (P.U.), X 6.
9. DicDjocoxcinu(t bvltuha Bedford R. et YV. R. : h, section transversale. Holotype P 946 (S.A.M.), X 10 ;
1>, le même, section longitudinale, X 10.
LES ARCHÉOCYATHES IRRÉGULIERS d’AJAX MINE
201
DICTYOCOSC1NIDAE Bedford R. et W. R., 1936
DICTYOCOSCINUS Bedford R. et W. R., 1936
Espèce-type du genre par monotypie : Dictyocoscinus beltana Bedford R. et W. R.,
1936 : 14, fig. 62.
Diagnose
Muraille externe iuiperforée. Muraille interne composée de tubes à section hexago¬
nale, aplatis horizontalement et dirigés vers le haut de la cavité centrale. L’intervallum
est traversé de pseudo-cloisons largement pei forées, reliées par des svnaptieules qui se
développent dans un même plan horizontal ; les ouvertures délimitées par les svnaptieules
et les cloisons sont parfois îeeouvertes par un tamis finement perforé. L’ensemble forme
une lame criblée continue qui joue le rôle d’un plancher.
Discussion
Une seule petite forme a été récoltée. Les cloisonnements de l’intervallum sont non
pas des barres comme le signalaient les premiers auteurs, mais des plaques radiales planes,
perforées régulièrement. Il est difficile de relier Dictyocoscinus et Flindttrsicosnnus. 11 est
possible que Dictyocoscinus soit une forme jeune de Flindcrsicoscinus dont la muraille
externe ne s’est pas encore différenciée. Mais la constitution particulière du plancher cons¬
truit sur les svnaptieules, l’absence d’autres svnaptieules au nœud des pores, éloignent
Dictyocoscinus de Flindersicoscinus et permettent de distinguer les deux genres.
Dictyocoscinus beltana Bedford R. et W. R., 1936
(Fig. 9 a, b)
1936 Dictyocoscinus beltana Bedford B. et W. R. : 14, pl. XII, fig. 62.
1970 — Dictyocoscinus beltana Bedford R. et W. R. ; Dkbrknne : 32-33.
1972 — Dictyocoscinus beltana Bedford R. et W. R. ; Htr.t, ; E 124, fig. 91-1.
Holotype : South Australian Muséum, P 946.
Description
Correspond à la diagnose. C’est une très petite forme en cône irrégulier, dont les struc¬
tures sont le plus souvent, masquées par une carapace siliceuse. C’est pourquoi il est diffi¬
cile de donner plus de précisions sur ce genre, et même sur l’espèce, les mesures effectuées
étant faussées par la mauvaise conservation de l’échantillon.
Dimensions (en mm)
Hauteur partielle, 5 ; diamètre, 8 à 10 ; intervallum, 2,20 : interseptum, 0,60. Muraille
externe împerforée : épaisseur, 0,20. Muraille interne : diamètre des pores, 0,45 X 0,30 ;
linteaux, 0,15 ; épaisseur : 0,50. Cloisons, 3 rangées de pores sur une cloison : diamètre,
195, 2
202
FRANÇOISE DEBRENNE
0,40 X 0,70 ; linteaux, 0,20 env. ; épaisseur, 0,20. Planchers : pore limité par les synapti-
cules, 0,60 ; pores du crible, 0,05 ; linteaux, 0,05 ; épaisseur, 0,10 au niveau des synapti-
cules, 0,05 au niveau du crible.
Relations et différences : Un seul fragment connu.
1NCERTAE FAMILIAE
Genre ? SPIRILLICYATHUS Bedford R. et J., 1937
Espèce-type par désignation originale : Sp. tennis Bedford R. et J., 1937 : 30, fig. 118.
Diagnose
Muraille externe microporeuse soutenue du côté de iintervallum par des arcs-boutants
issus des pseudo-cloisons. Muraille interne simple, à un ou deux pores par intersept. Les
pseudo-5ept.es sont bien définis, généralement de direction radiale, mais parfois bifurqués.
Les synaptieulos sont disposées régulièrement en coupe longitudinale.
Discussion
L'inter val) mii'i est constitué de cloisons et synaptieules, plutôt que d’un échafaudage
de barres de type Dictyocyntkus. dépendant, la rareté du matériel et la petitesse des formes,
notamment de l’holotype, ne permettent pas de définir le genre avec précision. Spirilli-
cyathux est pioche du nouveau genre Graphoscyphia par la constitution des deux murailles ;
mais les pseudo-cloisons de Spirillicyutluis sont mal définies, des bifurcations et arcs-bou¬
tants viennent les modifier. Les synaptieules ne sont pas régulièrement réparties aux nœuds
des pores des cloisons et peuvent même être rares ou absentes. Il pourrait, s’agir d’un stade
non adulte d’un Pycnoidoeyathtdae.
? Spirillicyathus tenais Redford R. et J., 1937
(Fig. 10 a, b)
1937 — Spirillicyathits tenais Bedford R. et J. : 30, pl. XXIX, fig. 118.
1939 — Spirillicyathus tennis Bedford R. et J. : 73.
1970 — ? Spirillicyathus tennis Bedford R. et J. ; Debhenne : 43.
1972 — ? Spirillicyathus tenuis Bedford R. et. .1. ; IIill : E 111, fig. 77-1.
IIolotype : Princeton University, 86752-179.
Autre matériel : cf. tenuis (Princeton University, 86756-180, 86754-181), est à rap¬
procher de Sp. pigmenlum (voir p. 203).
Description
La muraille externe est irrégulière, mais, malgré la zone spongieuse formée par l’assem¬
blage des cloisons et arcs-boutants, elle ne paraît pas devoir être interprétée comme une
seconde enveloppe. La muraille interne ne présente pas de tubes. Les pseudo-cloisons sont
légèrement ondulées, avec synaptieules. Elles sont nombreuses et rapprochées.
LES ARCHÉOCYATHES IRRÉGULIERS d’AJAX MINE
203
Dimension (en mm)
Diamètre, 6 ; intervallum, 2 ; interseptum, 0,15. Muraille externe, 3 pores par inter-
sept : diamètre, 0,15 env. ; linteaux, 0,05 env. Muraille interne, 1 pore par intersept : dia¬
mètre : 0,08 ; linteaux : 0,05.
Relations et différences : Des pseudo-cloisons sont nombreuses.
? Spirillicyathus pigmentum Bedford R. et J.
(Fig. 11)
IIolotype : Princeton Universitv, 86761-182.
Autre matériel : Princeton Uuiversity, 86754-181, 86758-183, 86748-184.
Description
Petits calices Coniques à cloisons bien définies. Pas de synapticules, mais arcs-boutants
et cloisons bifurquées formerit une zone spongieuse au niveau de la muraille externe. La
muraille interne est simple, bien définie, mais n’a pas de tuyaux.
Dimensions (en mm)
Hauteur, 6 ; diamètre, 6 ; intervallum, 2,5 ; interseptum, 0,30 ; coefficient pariétal,
Fig. 10-12.
10. — Spirillicyathlin lemds Bedford ft. et .1. : a, coupe transversal'. Iloin type 80752-179 (P.U.), X 6;
b, coupe longitudinale, X 0.
11. — Spirillieyathux pigmentum Bedford H. et .1., coupe transversale. Holulypc 86761 (P.U.), x 6.
12. — Graphoseyphta graphita (Bedford B et W. B.) : a, Topotype I 1 9'i7-68 (S.A.M.), détail d’uue pseudo-
cloison, X 10 ; b, détail de la muraille interne. Topotype coll. Bedford n° 87 (P.U.), X 10.
204 FRANÇOISE DEBRENNE
16/6 = 2,6. Muraille externe : épaisseur, 0,10. Muraille interne : diamètre des pores, 0,15 ;
épaisseur, 0,15. Cloisons : épaisseur, 0,10 ; pores, diamètre, 0,20 ; linteaux, 0,30.
Relations et différences : Les cloisons sont plus espacées que dans l’espèce précé¬
dente.
GRAPHOSCYPHIDAE fam. nov.
GRAPHOSCYPHIA gen. sp. nov.
Espèce-type du genre : Protopharetra graphica Bedford R. et W. R., 1934 : 4, pl. 4,
fig. 22.
Diagnose
Calices coniques hauts et. étroits, dont l’intcrvallum est affecte d’ondulations pério¬
diques, peu marquées mais auxquelles participent les deux murailles. Cet iritérvallum
comporte des pseudo-cloisons droites, relativement planes, perforées de larges pores régu¬
liers disposés en lignes incurvées vers le haut et l'extérieui de l’animal. Elles sont reliées par
de nombreuses synapticules horizontales qui se développent à chaque nœud interporeux.
La muraille externe est fine, indépendante et régulièrement perforée. La muraille
interne est simple et correspond en fait aux ouvertures délimitées par les pseudo-cloisons
voisines et les séries verticales de synapticules.
Pas de tissu vésiculeux.
Discussion
L'espèce-type, graphica , a été alternativement mise dans les genres Protopharetra
(Bedford R. et W. R., 1934). Dietyocyathus (Bedford R. et J., 1939), Melaldetes (Debrenne,
1964), Filial erxicyalh us (Debrenne, 1969) sur l’interprétation des structures intervallaires
dont la maille quadratique n’est: pas sans rappeler l’échafaudage décrit par Bohnemann
dans Diclyoci/alhus. Cependant, elle possède, dans le plan vertical, non des barres cylindriques
mais des éléments squelettiques aplatis, comparables aux plaquettes soudées ( Protopha¬
retra ou « Melaldetes t sardes). L’examen de l’bolotype (Deorenne, 1969) avait permis de
mettre en évidence de véritables pseudo-cloisons radiales, à lignes de pores incurvées comme
celles du genre Flindersicyathus. L’établissement cl’un nouveau genre aujourd'hui n’est
pas dû à une interprétation différente des structures intervallaires, que nous considérons
toujours comme du type Flindersiryathiis, mais à la construction particulière des murailles.
Jusqu’à présent en effet, les différents types muraux chez les Irréguliers n'avaient pas été
pris en considération. Une première tentative (Debrenne. 1970) a permis de suggérer que
l’importance des murailles dans ce groupe devait être aussi grande que dans les Réguliers.
C’est pourquoi maintenant il est nécessaire de séparer les graphica et espèces alliées de
Flindersicyathus (c’est-à-dire Pycnoidocyathus, voir p. 206) et de les grouper dans un nou¬
veau genre : Graphoscyphia (graphein : graver des signes, scyphia : coupe).
LES ARCHÉOCYATIIES IRRÉGULIERS D’AJAX MINE
205
Graphoscyphia graphica (Bedford R. et W. R., 1934)
(Fig. 12 a, b)
1934 — Prolopharetra graphica Bedford R. et W. R. : 4, pl. 4, fig. 22.
1939 — Diclyocyathui graphitas (Bedford R. et W. R.) ; Bedford R. et J. : 73.
1964 — Metaldetas graphica (Bedford R. et W. R.) ; Debhhnke : 260.
1969 — Flindcrsicyalltutt ( Flindcrsirijathaf )) graphicus (Bedford R, et W. R.); Debrenne : 346,
fig. 13 ; pl. 12, fig. 3-5.
Holotype : Brilish Muséum (Nat. Hist.), S 4170.
Paratypes : British Muséum (Nat. (List.), S 4171, S 4172, S 4173. South Australian
Muséum, P 954-101, P 947-67, P 947-68, P 948-80, P 954-101, P 960-113, P 979-146, P 982-
157, P 982-159, P. 1004 1>-185, P. 1371. Université d’Adélaïde, T 1550-44. Princeton Uni-
versitv, coll. Bedford, n us 85, 86, 87. — Cf. graphica : British Muséum (Nat. llist.), ? S
7629. South Australian Muséum, P 947-69, P 948-85, P 982-154, P 1369, P 947-70.
Description
Espèce conique, légèrement ondulée, avec un intervallum de largeur presque constante,
et une cavité centrale plutôt large. La muraille externe est fine et régulière. La muraille
interne simple, dont chaque ouverture est limitée par les cloisons et les synaptieules succes¬
sives avec un très léger épaississement autour du pore.
Les pseudo-cloisons sont peu ondulées au niveau des synaptieules. Les synaptieules,
quatre par pore, sont horizontales et perpendiculaires aux cloisons. On note un léger élar¬
gissement au contact des deux structures. Ce réseau quadratique est lâche et les coupes
obliques ont un aspect caractéristique de signes d’écriture gravée qui a donné le nom au
genre et à l’espèce.
Ce même réseau persiste jusqu’à la base du calice, sans tissu vésiculeux ni cavité cen¬
trale obturée.
Dimensions : Voir Debrenne, 1969 : 347.
Les variations constatées sur le matériel supplémentaire étudié ne modifient pas le
tableau donné alors.
Le diamètre varie de 7 à 16 mm pour une hauteur totale de 50 mm, l’intervallum a
1 à 2 mm de largeur, il eotrespond à un coefficient intervallaire de 0,16 à 0,20, pouvant
atteindre 0,7 pour les petites formes. Les pseudo-cloisons sont espacées plus ou moins
régulièrement, définissant des chambres inlerseplaies de 1/6 à 1/10.
La muraille externe comporte 2 à 3 pores par intersept (diamètre : 0,9 mm ; linteaux :
0,3-0,5 mm ! épaisseur : 0,10 mm). Le pore de la muraille interne correspond à l’ouverture
de l’intersept (diamètre : 0,15 à 0,25 mm ; linteaux : 0,10-0,15 mm : épaisseur : 0,10 mm).
Les pores des pseudo-cloisons sont de même, ordre (0,25 X 0,60 mm) ainsi que les ouvertures
limitées par les cloisons et synaptieules ; l’ensemble donne bien l’idée d’un réseau à mailles
parallélépipédiques.
206
FRANÇOISE DEBKENNE
Relations et différences
Les mesures effectuées sur l’ensemble du matériel montrent que la largeur de l’inter-
vallum reste d’une grande constance ; l’ensemble étudié appartient à une espèce ; la den¬
sité des éléments squelettiques de l’intervallum et la largeur de celui-ci sont de même ordre
dans tous les exemplaires étudiés.
FLINDERSICYATHIDAE Okulitch, 1950
PYCNOIDOCYATHUS Taylor, 1910
1910 — Pymoidacyuthus Taylor : 131.
1937 —■ FÏindersicyathus Bedford R. et J. : 28.
1939 — Flindersicyathus Bedford B. cl J. ; Simon : 30.
1955 Archmocynlhm Billings ; Okoi.itcu : E 14 (pars).
1955 Pyrnuidoryiilluin (< \itiiltrovyulhm) ( Arrhaeofungia) Taylor ; Okulitch : E 16.
1960 Anltneuryulltuss Billings ; Zhliiavleva : 296 (pars).
1965 FUndvrxif y alitas Bedford B. cl ,1.: Hu.i. : 123.
1965 Pycnoidotyalltus Taylor ; Hill : 128.
1969 Flindersltyullutx (Pyrnoidonyath.ux) Bedford B. et J. ; Debrenne : 350-351.
1970 Pycnaidooyalltus Taylor ; Dkhhknnl : 40-41.
1972 PycTioidoryallius Taylor; Hill : E 116.
Espèce-type par désignation subséquente de Bedford R. et J. (1939 : 78) : Pycnoi-
docyalhus synapliciilosus Taylor, 1910 : 132, pl. 12, fig. 69.
Diagnose
Calices présentant des bourrelets annulaires transversaux plus ou moins marqués.
La muraille externe est une simple lame poreuse à mailles irrégulières. La muraille interne
comporte un tube par interseptum généralement assez court, mais très redressé. Les pseudo¬
cloisons sont ondulées, de sorte que les crêtes et les creux sont en vis-à-vis ; les crêtes sont
généralement reliées par des synaptieules. Les pores et la répartition des synapticules
autour de ces pores sont variables et constituent des critères spécifiques.
Discussion
C'est D. Hill (1965 : 128) qui a, la première, suggéré de mettre en synonymie Flin-
dersicyathua et Pycnoidocyalhus. En 1969. l’examen des quelques exemplaires rapportés
à l’un et l’autre genre, conservés actuellement au British Muséum, m’avait montré que
cette hypothèse était très probablement valable ; mais il m’a fallu attendre d’avoir pu
examiner le matéiiel type des deux genres en question avant de considérer Flindersicya-
thux comme synonyme récent de Pycnoidncyathux (1970 : 41). Les différences observées
entre les deux formes portent essentiellement sur : 1) la porosité des cloisons et la réparti¬
tion des synaptieules ; 2) l'amplitude des bourrelets annulaires transversaux.
Dans l’ensemble des collections d’Ajax Mine on peut trouver tous les intermédiaires
entre les formes coniques à peine ondulées, et les formes à bourrelets bien marqués. La
distinction en deux sous-genres, telle qu’elle avait été proposée précédemment (Debrenne,
1969 : 345-346), n’est pas maintenue.
lu:. 13-14.
13. — l’j/rniiiilimj/iHhns ftyiiniitii'ulosus Taylor : n, détail de l'intervallum vers la iniirallle externe. llolo-
type T 1587 B ll'.A.j, >: 10 , b, détail de la muraille interne. Hulotype T 1587 B i l .A.), X 10 : c, coupe
longitudinale. Topotype I’ 953-07 (S.A.M.), X 3 ; d, détail d'une cloison ondulée, Topntvpe B 053-97
(S.A.M.), X îo.
14. — Pynioidocyalltuv dooijùtnH (Bedford H. et .1,) ; a, détail d une cloison et des lulies de la muraille
interne llnlolype 86070-247 (IM 1 .),, X 10 ; b, détail de la double porosité de la muraille externe. Holo-
type 86670-247 (P.U.), X 10.
208
FRANÇOISE DEBRENNE
Les variations de porosité, des cloisons sont peut-être plus importantes, mais actuelle¬
ment nous n’avons pas d’échantillons assez complets pour étudier les variations au cours
de la croissance ; jusqu’à maintenant Pycnoidocyalhm s’appliquait à des formes de grande
taille, Fl in tiers icyath us ne groupait que des espèces de plus faible diamètre. La densité des
synaptieules nous paraît être un critère d'ordre spécifique et non générique.
Relations et différences
Pycnoidocyathus avait été mis en synonymie par Okulitcii avec le genre Cambrocya-
thm (1955), Les murailles en sont très différentes ; d’autre part, il n’y a pas de synapti-
cules mais du tissu vésieuleux abondant qui traverse les loculi. Les cloisons sont droites,
planes et peu perforées.
Okuutcii avait, également proposé de distinguer deux sous-genres : Pycnoidocyathus
(Pycnoidocyathus) de forme extérieure ondulée et Pycnoidocyathus (Archaeofungia) lisse.
Lu muraille externe à'Archaeofungia a une double porosité (p. 236).
Quant au genre Fl i. rider s icyath us, il avait été. considéré comme synonyme récent
d’yl rchaeocyathus Billings à la fois par Okulitcii (1955) et Zuuravleva (1960). J’ai pu
montrer les différences essentielles quant à la construction de l’intervallum et des murailles
(Debrenne, 1969 : 346).
Pycnoidocyathus synapticulosus Taylor, 1910
(Fig. 13 a-d)
1910 -- Pycnoidocyathus synapticulosus Taylor : 182, pl. 12, fig. 68-69.
1910 — Pycnoidocyathus ptychophragma Taylor : 132-134, pl. XII, fig. 70-71 ; text.-fig. 32.
1936 — Pycnoidocyathus synapticulosus Taylor ;. Bedford R. et W. R. : 15, pl. 15, fig. 69.
1969 — Flindersicyalhus ( Pycnoidocyathus) synapticulosus (Taylor) ; Debrf.nne : 351-352, pl. 15,
fig. 1.
1972 — Pycnoidocyathus synapticulosus Taylor ; IIit.l : E 116, fig. 84-1-c.
Holotype : Université d’Adélaïde, T 1587 G (fig. 69) ; T 1587 AB (partie supérieure
de la ligure 68 identifiée comme Pycnoidocyathus , sans mention d’espèce, dans le travail
de Taylor).
Autre matériel : Université d’Adélaïde, T 1588 AB (ex ptychophragma) ; South Aus-
traliari Muséum, P 952-83,84, P 952-85, P 953, P 957, P 959. British Muséum (Nat. Hist.),
S 208, S 4825. Princeton llniversity, 86654-260. Coll. Bedford, n os 258, 259.
Formes apicales : South Australian Muséum : P 952-86, -87, -89.
Description
C,alices de grande taille avec des annulations transversales bien marquées, largement
proéminentes et se succédant à intervalles rapprochés. La cavité centrale, large par rapport
à rintervallum, reste cylindrique et n’est pas affectée par les expansions externes. La muraille
externe, souvent mal conservée, est une lame simple à pores eu filet irréguliers. La muraille
interne a un long canal redresse par intersept. Les cloisons sont poreuses, la surface des pores
étant généralement inférieure à celle du squelette. Les lignes de croissance sont peu incur¬
vées, sauf au niveau des bourrelets dans lesquels on observe aussi parfois une augmentation
LES AHCHÉOCYATHES IRRÉGULIERS D’AJAX MINE
209
de la surface poreuse et donc une allure plus irrégulière des cloisons en coupe transversale.
Les synapticules ne sont pas très nombreuses, elles sont larges, souvent aplaties : à leur
niveau on note une légère ondulation des cloisons ; ces modifications sont plus frequentes
dans la zone externe de l’intervallum. Vers la muraille externe quelques pivots et synap¬
ticules supplémentaires renforcent le squelette.
Discussion
La distinction établie par Taylor entre synapliculosus et ptychophragma sur les pores
plus larges des cloisons et l’aplatissement des synapticules ne résiste pas à un examen détaillé,
car ces variations sont mineures, entrent dans les limites de l’espèce et peuvent être obser¬
vées à l’intérieur d’un seul individu.
Dimensions (en mm)
Hauteur partielle, 75 ; complète, 250 (d’après Taylor) ; diamètre jusqu’à 100 (80 sans
les bourrelets) ; intervallum : 9,5 à 30 ; interseptum : 0,80. Muraille externe : diamètre des
pores, 0,15-0,20 ; linteaux, 0,15-0,30 ; épaisseur, 0,20. Muraille interne : diamètre des tubes,
0,30-0,50; paroi des tubes, 0,10-0,30; longueur des tubes, 1,30-1,60. Cloisons : diamètre
des pores, 0,15-0,45 ; linteaux, 0,50-0,80 ; épaisseur, 0,10-0,15.
Relations et différences : Les espèces major et maximipora, très voisines, peuvent
probablement être mises en synonymie avec synapliculosus.
P. synapticubsm diffère des autres espèces de Pycnoidocyathus par la taille, la densité
assez faible des cloisons, qui restent peu ondulées, et la répartition des synapticules.
Pycnoidocyathus decipiens (Bedford R. et J,, 1937)
(Fig. 14 a, b)
1937 — Flindersicyathus decipiens Bedford R. et. J. : 28, pl. XXVII, fig. 109 a, b.
1939 — Flindersicyathus decipiens Bedford R. et J. : 78.
1965 — Flindersicyathus decipiens Bedford R. et J. ; Hill : 123, pl. X, fig. 3 ; fig. 23, 2-3.
1970 — Flindersicyathus decipiens Bedford R. et J. ; Debhenne : 35.
1 Iolotvpk : Princeton Universitv, 86670-247.
Paratype : Princeton University, 86668-250 (base), cf. decipiens 86691-264.
Description
Calices coniques à ondulations transversales peu profondes. La muraille externe est
fine à petits pores ; la muraille interne est régulière, elle comporte un tube très redressé
par intersept.. Les pseudo-cloisons sont radiales, leurs pores sont alignés selon une ligne
oblique très redressée vers le haut de la muraille interne à la muraille externe, s’incurvant
légèrement au voisinage do la muraille externe. Ces cloisons présentent des ondulations.
Chacune de ces Ondulations est. marquée par une crête angulaire ; elle est reliée à la crête
opposée de la pseudo-cloison voisine par une synupticule. Les lignes de crêtes et de creux
s’incurvent à partir de la muraille interne en suivant les lignes de pores. Les synapticules
relient les crêtes opposées et se développent à chaque nœud interporeux.
210
FRANÇOISE DEBRENNE
Dimensions (en mm)
Hauteur partielle, 20; diamètre, 15; intervallum, 4 à 6; interseptum, 0,35-0,40.
Muraille externe : diamètre des pores, 0,10 ; linteaux, 0,06 ; épaisseur, 0,10. Muraille interne :
diamètre de l’ouverture, 0,30 ; linteaux, 0,15 ; longueur du tube, 1,40. Cloisons : diamètre
des pores, 0,20 à 0,30 ; épaisseur, 0,20.
Relations et différences : L’échantillon 86691-264 répertorié par R. et, J. Bed¬
ford comme P. cicinixepla est très proche de decipiem par l'habitus et par la constitution
des cloisons, alors qu’il s’éloigne de vicirdsepta par l’absence de bourrelets annulaires. Il
atteint un diamètre de 25 mm. Ses cloisons sont plus minces et légèrement plus denses que
celles de decipiens.
Pycnoidocyathus simplex Taylor, 1910
(Fig. 15)
1910 — Pycnoidocyathus simple,:]: Taylor : 134, pi. 11, fig. 7 c.
1934 — Spirocyathus speciosus Bedford R. et W. R. : 5, pl. 25.
1930 — Pycnoidocyathus simplex Taylor ; Bedford R. et W. R. : 15, pl. 15, fig. 70.
1969 Pycnoidocyathus simplex Taylor ; Debrf.nne : 352, pl. 15, lig. 2.
1969 — Flindersicycthus speciosus (Bedford R. et W. R,) ; Rf.brenne : 350, pl. 14, fig. 1-3.
Hoi.otype : Université d’Adélaïde, T 1559.
Autre matériel : South Australian Muséum, P 954 ; British Muséum (Nat. Hist.),
S 4824, S 4175 (, speciosus ).
Description
Calices à bourrelets annulaires externes assez marqués. Les cloisons sont radiales, ne
présentent pas d’ondulations et ne sont pas reliées par des synapticules. Dans les bourre¬
lets, les rangées de pores des cloisons s’incurvent et le diamètre des pores s’allonge.
Discussion
R. et W. R. Bedford (1936 : 16) considèrent comme très probable la mise en syno¬
nymie de speciosus et de simplex ; speciosus serait un calice de petite taille, ou même une
partie apicale de P. simplex.
La comparaison des spécimens types est en faveur d’un tel rapprochement. Dans ce
cas, nous pouvons dire que, vers la base de simplex, persistent quelques liaisons synapticu-
laires, et cpic les tubes de la muraille interne se présentent d’abord comme des formations
en croissant sous chaque pore avant de s’allonger et se redresser.
Dimensions (en mm) (Holotype)
Hauteur partielle, 35 ; diamètre, 30 à 50 (au niveau d’un bourrelet) ; intervallum, 5,50 ;
interseptum, 1,30 ; coefïieient pariétal, 12,3. Muraille externe : diamètre des pores, 0,30-
0,40; linteaux, 0,20-0,30; épaisseur, 0,15. Muraille interne : ouverture du tube, 1,30;
épaisseur du tube, 0,20-0,30 ; longueur du tube, jusqu’il 7 ; Cloisons : diamètre des pores,
0,50 à 1, s’allongeant jusqu’à 3 mm dans les bulbes ; épaisseur des cloisons, 0,25.
Fig. 15-18.
Pyr.no É docyathus timphtx Taylor. r,ou|>c longitudinale. Ho In type T 1559 B (U.A.j, x 3.
Pycnoidocyathus parvulus Bedford B. et W. R. Coupo longitudinale. IIolotype 1‘ 959 (S.A.M.),
10 .
Pi/cnuitlocyalhus vicinisvpta Bedford R. et \V. R. : a, coupe longitudinale. Topo type, ooll. Bedford
9H3 (P.U ), > 3 ; li, coupe transversale. Holotype P.995-105 (S.A.M.), X 3.
i' Pycnuidùeyathm irregidnrix Taylor. Coupo longitudinale. Holotype I J 948-76 (S.A.M.), X 3.
«■ose*
212
FRANÇOISE DEBRENNE
Relations et différences : Diffère des espèces voisines par l’absence de synapticules
et d’ondulations des cloisons.
Pycnoidocyathus rete (Taylor, 1910)
1910 — Protopharetra rete Taylor : 149, pi. 1, lig. r-s-t., pl. XIII, fig. 72-73.
? 1931 — Protopharetra rete Taylor; Vologdin : 115, pl. XX, fig. 3 a.
1936 — Spirocyathm rete (Taylor) ; Bedford R. et J. ; 15, pl. fig. 68 (pars).
Holotype : Université d’Adélaïde, collection Taylor, 104 (Ajax).
Paratype : Université d’Adélaïde, T 1550 r, s, t.
Autre matériel : South Australien Muséum, P 949-91, P 951-94, P 951-95.
Description et mesures
Cône allongé ou en tube ; un spécimen incomplet a 40 mm de long et. 30 mm de dia¬
mètre, coefficient intervallaire : 3, ce qui correspond à une cavité centrale très étroite. La
muraille interne a un grand pore par intersept, en tuyau oblique (diamètre, 0,60 mm ;
paroi, 0,20 mm ; longueur, jusqu'à 3 mm). La muraille externe semble peu perforée (épais¬
seur, 0,27 mm) ; le tissu intervallaire est irrégulier et il est difficile sur les figurations données
par les anciens auteurs d’y suivre les cloisons.
Discussion
Le type n’a pas été examiné directement mais j’ai pu effectuer des préparations sur
les paratypes T 1550 r, s, t, et constater que, malgré l’irrégularité apparente des coupes
transversales, les pseudo-cloisons sont parfaitement visibles en coupe longitudinale. Les
caractéristiques des murailles (simple muraille externe, tubes très relevés â la muraille
interne) ne permettent pas de douter de T attribution générique de rete.
Relations et différences : Cette espece est caractérisée par une cavité centrale
étroite et des liaisons cloisons-synapticules nombieuses prenant souvent un aspect irré¬
gulier. Certains spécimens (F 949-90, P 949-92, Bedford, fig. 98 A) ne semblent pas faire
partie de l’espèce à cause de la trop grande importance de leur cavité centrale.
Pycnoidocyathus parvulus Bedford R. et W. R., 1936
(Fig. 16)
1936 — Pycnoidocyathus parvulus Bedford R. et W. R. : 15, pl. XVI, fig. 73.
Holotype : South Australian Muséum, P 959.
Description et dimensions
Un seul fragment d'une petite forme a été récolté : il semble être la miniaturisation d’un
Pycnoidocyathus et?, malgré sa petite taille, tous les caractères du genre sont présents,
même la succession de bourrelets annulaires réguliers. Sa hauteur connue est de 10,60 mm,
LES ARCHÉOCYATHES IRRÉGULIERS d’aJAX MINE
213
le diamètre supérieur de 9 mm, le diamètre inférieur de 5 mm. Les bourrelets annulaires
font augmenter le rayon du calice de 1,60 mm. Us se succèdent tous les 1,60 mm et se déve¬
loppent sur une hauteur de 1 mm.
Dans rintervallurn, les pseudo-cloisons sont ondulées suivant la ligne de croissance
des porcs et chaque crête est reliée à la crête qui lui fait vis-à-vis par une Synapticulc. Les
pores ont un diamètre de 0,16 mm ; l’intervalle entre deux cloisons est de 0,27 mm ; le même
intervalle sépare les synnpi iciilcs d’un même locidus.
La muraille externe est. assez mal conservée. Quelques petits pores irréguliers ont été
aperçus, La muraille interne a des tubes assez réguliers, en rangées verticales et horizontales
légèrement ondulées. L’ouverture des tuyaux est de 0,25 mm, l’épaisseur des parois de
0,10 mm. Ils sont courts mais assez redressés.
Relations et différences : La petite taille et la densité des structures intervallaires
le différencient des autres espèces,
Pycnoidocyathus vicinisepta Bedford R. et W. R., 1936
(Fig. 17 a, b)
1936 — Pycnoidocyathus vicinisepta Bedford R. et W. R. : 15, pl. XVI, fig. 72.
1969 — Pycnoidocyathus vicinisepta Bedford B. et W. R. ; De bri n.ne : 353-354, pl. 15, fig. 4.
Syntyfes : South Australian Muséum, P 955-104, P 956-105 (base probable du même
échantillon).
Autre matériel : South Australian Muséum, P 956-105 (autre échantillon) ; Prince¬
ton l niversity, 86696-263 : Brilisli Muséum (Nat. llîst.), S 4825.
Description
Calices de grande taille, à cavité centrale large et bourrelets annulaires bien marqués
et fréquents. Les pseudo-cloisons sont nombreuses, rapprochées, peu ondulées. Les liaisons
synapticulaires sont régulièrement disposées aux angles des pores, suivant les lignes de
croissance ; l’ensemble des structures intervallaires a une apparence de densité et de régula¬
rité. La muraille externe est simplement poreuse. Les tubes de la muraille interne sont
étroits mais longs et. redressés.
Dimensions (en mm)
Hauteur partielle, 69 ; diamètre, environ 32 ; intervallum, 6 : profondeur d’un
bourrelet, 7,40; distance entre deux bourrelets, 5,50; inlerSeptUiii, 0,35; distance entre
les synapticnlcs, 0,45-0,35. Muraille externe, bouchée partiellement, petits pores non mesu¬
rables. Muraille interne : ouverture des tubes, 0,30 ; épaisseur d’un tube, 0,15 ; longueur
d’un tube, 0,80. Cloisons : diamètre des pores, 0,20 à 0,30 ; épaisseur, 0,15.
Relations et différences : La largeur importante de la cavité centrale, les bourre¬
lets bien marqués et la densité des éléments intervallaires ne se retrouvent pas dans les autres
espèces. La plus proche est P. (hciftiens, qui en diffère essentiellement par l’absence de
bourrelet? marqués, une cavité centrale plus étroite et des cloisons plus massives.
214
FRANÇOISE DEBRENNE
Pycnoidocyathus ? irregularis Taylor, 19WJ
(Fig. 18)
1910 — Pymoidocyalltus irregularis Taylor : 148, pl. XVI, fi g. 93-94.
1936 — Spiroeyallnis irregularis Taylor ; Redfoho K. et W. B. : 14, pl. XIII, fig. 64 A B C (non D).
1937 — Flindersicyathus irregularis (Taylor) ; Bedford H. et J. : 28.
1937 — Spirocyatlius atlunlicus (Bilüngs) ; Ti.sc; : 308-369, pl. 13, fig. 14.
1961 — Archaeocyùthus irregularis (Taylor) ; Deiibl.nnk : 702, pl. 20, fig. 5.
1969 — Flindersicyathus (FL) irregularis (Taylor) ; Debrenne : 348, pl, 4, fig. 4.
Holotype ; 30 Ajax (non révisé).
Autre matériel : South Australian Muséum, P 948-71 à 74, -76, -79 ; British Muséum,
cf. S 4763. Princeton University, coll. Bedford, n os 71-76 (marqués Dictyocyathus irre¬
gularis) .
Description
Fossiles coniques sans bourrelets extérieurs. La muraille externe est une lame irrégu¬
lière simple (et non du type Metaldetes comme le suggère Tay-lor, 1910 : 148). La muraille
interne a de courts tuyaux, peu redressés. L’intervallum est rempli de pseudo-cloisons
ondulées, très poreuses, reliées par des synapticules disposées autour de chaque pore. L’en¬
semble donne un aspect très irrégulier en coupe oblique et même transversale où les pseudo¬
cloisons radiales semblent se dissocier en un léseau de mailles sans régularité.
Dimensions (en mm)
Diamètre, 20 ; intervallum, 3,50 à 4,50 ; interseptum, 0,30-0,50. Muraille externe :
diamètre des pores, 0,05 à 0,10; linteaux, 0,05 à 0,10; épaisseur, 0,10. Muraille interne :
ouverture, 0,30 ; paroi, 0,10 à 0,25 ; longueur du tube, 0,30 à 0,50. Cloisons : pores de l’ordre
de 0,30 ; épaisseur, 0,15.
Relations et différences ; Je n’ai pas revu le type personnellement. Cependant,
d’après les figurations et la description de Taylor, les spécimens cités ici paraissent faire
partie du même ensemble que irregularis.
Il est cependant dillicile de préciser, tant sur les figures du type que sur les exemplaires
examinés, si irregularis doit être inclus dans le genre Pycnoidocyathus, non à cause de la
structure intervallaire où il est dillicile de reconnaître les pseudo-cloisons, mais plutôt à
cause des tubes courts et moins relevés de la muraille interne. Celle-ci n’est pas, malgré
un plus faible développement des tuyaux, assez simple pour justifier la place de irregularis
dans le nouveau genre Graphoscyphia, sauf, peut-être, pour les échantillons n os 71-76 (coll.
Bedford, Princeton University).
Pycnoidocyathus ? circliporus Bedford
(Fig. 19 a-d)
1937 — Flindersicyathus circliporus Bedford R. et J. : 28, pl. XXVII, fig. 110 A-110 B.
LES ARCHÉOCYATHES IRRÉGULIERS d’AJAX MINE
215
Holotype : Princeton University, 86667-251.
Description
Fragment de forme irrégulière, sans rj 11 o l'on puisse discerner d’ondulations périodiques
marquées. La muraille externe possède des pores ronds, de taille à peu près constante, dis¬
posés régulièrement et non en réseau. La muraille interne a un tube par intersept, court
et allongé horizontalement. Les ouvertures des pores sont ovales, irrégulières, en rangées
verticales paraissant déformées latéralement. Les cloisons sont droites, sans ondulations,
largement poreuses, reliées par des synaptieules peu nombreuses.
Fig. 19. — Pycnoidocyathus circliporus Bedford : a, coupe transversale. Holotype. X 3 ; b, détail de la
muraille externe, X 6 ; c, détail de la muraille interne, X 6 ; d, détail d’une cloison, X 6.
Dimensions (en mm)
Diamètre, 28 ; intervallum, 8 : interseptum, 1. Muraille externe : diamètre des pores,
0,15 ; linteaux, 0,10 ; épaisseur, 0,15. Muraille interne : ouverture des tubes, 0,60 X 0,30
à 0,3U X 0,30; paroi des tubes, 0,15 ; longueur des tubes : inconnue. Cloisons : diamètre
des pores, 0,83 ; linteaux, 0,20 ; épaisseur, 0,15.
Relations et uieféhences : La porosité régulière de la muraille externe, celle des
cloisons, l’orientation et la forme des tubes de la muraille, interne sont de types assez éloi¬
gnés de ceux qui caractérisent le genre. Mais le fragment étudié ne permet pas des recherches
de détail suffisamment précises pour que l'on puisse établir avec certitude la place systé¬
matique. Il se pourrait même qu’il faille considérer circliporus comme appartenant aux
Regulares.
216
FRANÇOISE DEBRENNE
METAFUNGI1DAE fam. nov.
METAFUNGIA Bedford R. et W. R.
1934 — Metafungia
1964 — Metafungia
1965 — Metafungia
1969 — Metafungia
1970 — Metafungia
1972 — Metafungia
Bedford R. et W. R.
Bedford R. et W. R. :
Bedford R. et W. R.
Bedford R. et W. B.
Bedford R. et W. R.
Bedford R. et VV. R.
: 4, fig. 23 a-e.
Debrewne : 219.
Hua : 119.
Debrenne : 361-362.
Debrenne : 36.
; Hua : E 111.
Espèce-type : Metafungia retieulala Bedford R. et W. R. par monotypie.
Diagnose
Calices dont la cavité centrale se libère assez tardivement d’éléments squelettiques
limitant des alvéoles polygonales. La muraille externe a une double porosité ; la muraille
interne est composée de canaux recouverts d’une seconde lame à gros pores. L'intervallum
est traversé de pseudo-cloisons droites dont les perforations sont disposées en lignes courbées
vers l’extérieur et le haut. Nombreuses synaplicules. Tissu vésiculeux présent à la base
au contact d’excroissances tersiiformes. Diffère de Archaeofungia par sa muraille interne,
la porosité des cloisons et ses nombreuses synaptieules.
Metafungia reticulata Bedford, R. et W. R., 1934
(Fig. 20)
1934 — Metafungia reticulata Bedford B. et W. R. : 4, fig. 23 a-e.
1969 — Metafungia reticulata Bedford H. et VV. R. ; Debhenne : 362-363, pl. 18, lig. 1-3.
1970 — Metafungia reticulata Bedford R. et W. R. ; Debrenne : 36.
1972 — Metafungia reticulata Bedford 1t. et VV'. R. ; Hile : E 111, fig. 81-2.
Holotype : S 4183-84 (2 morceaux du même échantillon), British Muséum (Nat.
Hist.). P 960-109 à 114, South Australian Muséum, autres parties de l’holotype.
Description
Calices coniques de grande taille ; la base est entourée d’une exothèque à excroissances
tersiiformes ; une endothèque à fins cléments alvéolaires et tissu vésiculeux remplît la cavité
centrale. L’intervallum comporte des pseudo-cloisons radiales droites, perforées de pores
alignés sur des files verticales et des files légèrement obliques vers le haut et l’extérieur du
calice. Leur taille varie suivant leur position ; petits vers la muraille interne, plus larges
vers l’externe, où, en coupe transversale, les cloisons peuvent paraître moins régulières,
interrompues. La surface des pores est supérieure à celle des linteaux, leur forme légèrement
quadratique (6g. 20 a), Au noeud des linteaux, des liaisons synapliculaires apparaissent
presque constamment. Le tissu vésiculeux n’est développé que dans la région de l’exo-
eiulothèque. La muraille externe a deux lames poreuses ; lu carcasse à gros pores irréguliers,
LES ARCHÉOCYATHES IRRÉGULIERS d’aJAX MINE
217
correspondant approximativement au resserrement des ouvertures du réseau intervallaire
dans le plan vertical, est recouverte extérieurement par une muraille microporeuse assez
régulièrement perforée.
La partie la plus interne des cloisons ne porte pas de porosité sur une largeur de 0,70 mm.
Ces plaques sont reliées horizontalement par d’autres plaquettes, l’ensemble forme un
court tuyau à ouverture carrée. Du côté de la cavité centrale se développe une lame à deux
pores pour un canal en réseau hexagonal plus ou moins régulier.
Dimensions (en mm)
Hauteur partielle, 35 ; diamètre, 21 ; intervallum, 5 ; coefficient intervallaire, 0,23 ;
chambres interseptales, 1/5 ; distance radiale des «ynaptieules, 0,61 : distance verticale, 0,61.
Muraille externe, pores de hase ; diamètre, 0,70 ; linteaux, 0,25 ; épaisseur, 0,20 ; micro¬
pores : diamètre, 0,07 ; linteaux, 0,05. Muraille interne, tuyaux : diamètre, 0,70 X 0,70 ;
paroi, 0,25 ; longueur, 0,70 ; pores internes : diamètre, 0,20 ; linteaux, 0,13, Cloisons :
diamètre des pores vers la muraille interne : 0,25, externe : 0,50 ; linteaux verticaux, 0,30 ;
horizontaux, 0,15 ; épaisseur ; 0,15.
Relations et différences : La construction intervallaire de reticulata est assez voi¬
sine de celle de graphicus (synapticules aux nœuds des pores des cloisons). Mais les liaisons
sont moins constantes, et les cloisons plus massives. Les deux espèces appartiennent d’ail¬
leurs à deux genres qui diffèrent entre eux par la porosité de leurs murailles.
METACYATI1IDAE Bedford R. et W. R., 1934
METALDETES Taylor, 1910
1910 — Metaldetes Taylor : 151, pl. 15, fig. 86-88 ; text-fig. 11, 37, 38.
1934 — Metacyathus R. et W. R. Bedford : 5.
1957 — Bedfardcyuthus Vologdin : 182 et 205.
1970 Metaldetes Taylor; Debrknne : 36.
1972 — Metaldetes Taylor; Hili, : E 111.
Espèce-type par monotypie : Metaldetes cylindricus Taylor, 1910 : 15, pl. 15, fig. 86.
Diagnose
Calices solitaires, parfois coloniaux. A partir d’une base entièrement comblée par des
barres, des plaques, des ébauches de taenias et du tissu vésiculeux, la cavité centrale et
la muraille interne s’individualisent assez tardivement, tandis que les structures inter¬
vallaires s’ordonnent en pseudo-cloisons radiales droites ou parfois bifurquées à gros pores
arrondis et irréguliers, reliées par des lames horizontales de tissu vésiculeux* La muraille
externe est constituée d une première enveloppe massive à gros pores dont les linteaux
granuleux (k en tridents », disait Tavloh), contribuent à la formation de la seconde enve¬
loppe. La muraille interne est également double. Des formations exothéeales sont souvent
présentes, surtout à la base de» individus, liées au développement du tissu vésiculeux.
195 , 3
Fie. 20-21.
•— Melajungia relieuletta Bedford. H. «<t W- 'R. : a, cmipo longitudinale. Probablement seconde partie
de I ho]otype P960 (S.A.M.), X 3 ; b, détail de la cloison, X 10.
— Melaldetes cylinilricus Taylor : a, section transversale supérieure. Ilolotype Tel592 (U.A.), X 6;
b, section transversale inférieure avec cavité centrale non différenciée, X 6 ; c, cloison. Ilolotvpe T 1598
(U.A.), X 10.
LES ARCHÉOCYATIIES IRRÉGULIERS d’AJAX MINE
219
Discussion
La mise en synonymie de Metacyathus Bedford et Bedfordcyalhws Vologdin avec Metal-
detes est donc confirmée par l’examen de l’espèce-type. Metacyathus a déjà été mis en syno¬
nymie avec Metaldetes par Okulitcii (1955, lî 16), /.iiuravleva (i960 : 280) et Debrenne
(1964 : 220), mais maintenu indépendant par Vologdin (1957 : 43) et Hill (1965 : 118).
Il a été créé pour classer des espèces dont les taeniae, disposés en pseudo-cloisons dans les
2/3 de l’intervallum, sc dissociaient dans la zone externe, comme dans le type « laylori »
Bedford, 1934; l'examen de l'holotypo de « laylori » nous montre (Debrenne, 1964 : 360-
361) que lu structure intervallaire n’est perturbée qu’au niveau des formations exothé-
cales, mais que. à d’autres niveaux, les cloisons restent bien définies d’une muraille à l’autre ;
la porosité de la muraille externe est également soumise à la présence ou 1 absence d’exo-
thèque, la muraille interne comporte un pore à la base, deux au sommet: avec probabilité
d’une deuxième muraille,
Bedfordcyathus a été créé sur figuration, par Vologdin, pour classer dans un genre
indépendant les formes présentant un développement, considérable de tissu vésiculeux.
L’hololype « irregularis », conservé au British Muséum (Nat. IJist.), a été révisé également
(Debbennk, 1969 ; 359-360). Il montre, qu’il n’y a pas de différences notables dans la cons¬
truction de T inter val Juin (mise à part l'abondance de vésicules) ni dans celle des murailles.
La signification du tissu vésiculeux, lié à la présence de formes exothéenles, n'est pas actuel¬
lement assez clairement établie pour que les différences dans son développement et sa répar¬
tition soient suffisantes comme critère d’établissement du genre, voire de l’espèce.
Le genre Metaldetos ainsi conquis peut se définir alors ainsi ; Calices croissant à partir
d’une base sans cavité centrale définie où les éléments du squelette n'ont pas encore acquis
une orientation radiale nette,, où les liaisons tangentieH.es sont nombreuses, Tardivement,
la cavité centrale se libère ; la muraille interne, d’abord lice à Tintervallum (un pore corres¬
pondant à l’ouverture des espaces intertaeniaux), acquiert une individualité (deux pores
ou plus par intersept) ; elle peut être protégée intérieurement par une lame mieroporeuse
ou une membrane vésiculaire. A ce niveau les éléments intervallaires forment des pseudo¬
cloisons généralement planes, radiales, compactes, avec des pores soit de diamètre constant,
soit allongés en liauteur, disposés par diamètre croissant de la muraille interne à la muraille
externe, sur des lignes obliques vers l’extérieur et vers le liant, Les pores les plus grands
étant vers l'extérieur, c’est dans cette région que les modifications dans l’orientation et les
influences externes se font le plus sentir. Les cloisons reprennent alors parfois l’aspect
de taeniae courbes. Quelques liaisons syoapticolaires persistent mais elles disparaissent
généralement dans les calices adultes, tandis que le tissu vésiculeux reste abondant.
La muraille externe a une lame de base à porcs polygonaux irréguliers, recouverts
par une deuxième lame mieroporeuse qui peut disparaître lorsque le fossile est entouré
de structures exot.hécales. Celte lame est formée à partir de bosselures qui peuvent s’anas¬
tomoser et obturer le pore principal. Les fossiles atteignent de grandes tailles.
Relations et différences : Voh'acyathus Debrenne a une partie initiale nettement
différente de la partie adulte. I.es murailles restent liées à l’ouverture du réseau interval¬
laire. On ne connaît pas de double porosité et les cloisons comportent plus d’ouvertures
que de tissu squelettique. Ce genre est encore très proche de Prolophdfetro Bornemann.
Camhrocyathus Okulilcb ressemble de près aux Metaldetes pourvus de tissu vésiculeux
220
FRANÇOISE DEBRENNE
abondant, mais le stade adulte est atteint plus rapidement. La cavité centrale ne se libère
pas rapidement, mais est remplie de barres fines et de tissu vésiculeux qui persiste sous
forme de pellis jusqu’au sommet. Ces structures se retrouvent également en exothèque.
Des pseudo-cloîsons bien définies, présentant généralement une structure en feuillets, sont
perforées de pores eu lignes presque horizontales. Peu de Synapticules et de cloisons bifur-
quées, mais des v ésicules nombreuses, que les auteurs precedents avaient interprétées comme
de véritables synapticules, vésicules qui ont pu être observées sur le matériel-type prêté
par le (leological Survey et sur les lu polypes envoyés par le Yale Peabodv Muséum.
Les cloisons de type Cumbrotyaütus sont l'aboutissement du processus de cloisonnement
radial qui a débuté à partir de Protùpharetra. en passant par Volvacyalhun et. les espèces
sardes, proteus et dissutus, à cloisons encore mal soudées, qui avaient été attribuées à Metal¬
detes (Debbenxe, 1964 : 220-222), jusqu’aux Metaldetes à cloisons complètes et, enfin,
aux cloisons régulières de Cambrocyathus.
Metaldetes eylindricus Taylor, 1910
{Fig. 21 a-c)
1910 — Metaldetes eylindricus Taylor : 151, pl. XV, lig. 86, 87, 88 ; text-lig. 37, 38.
non 1969 — Metaldetes cf. eylindricus Taylor; Dkbhennk : 20, pl. IV, fig. 5-6.
1972 — Metaldetes eylindricus Taylor; J Iili. : LUI, fig. 78-1.
Holotype : Université d’Adélaïde, T 1592 A.
Pakatype : Université d’Adélaïde, T 1592 13-E.
Ma TÉRIEL : Université d’Adélaïde, T 1592 B-E ; South Australian Muséum, P 938-
137-138 (cf. eylindricus).
U ESclUl’TION
Fossiles coniques, entourés d’une zone métaldetimorphe, liés les uns aux autres, pro¬
bablement par bourgeonnements. La muraille externe a des pores en petits canaux hori¬
zontaux ou obliques, la muraille interne est également constituée de petits canaux à parois
minces. Les secondes enveloppes microporcuses sont surtout visibles au contact de l’exo¬
thèque (deux micro pores pour I pore), La cavité centrale est pleine et la muraille interne
n’est pras encore différenciée pour un diamètre de 7 mm. Les pseudo-cloisons sont légèrement
ondulées, à larges pores, bien définies dans les parties supérieures des calices. Tissu vési¬
culeux abondant.
Dimensions (en mm)
A
Holotype
B
c
D
Hauteur
X
X
32
X
Diamètre
17
15
14,6
12
I ntervallum
4,3
4,3
4,3
4
1 nterseptum
0,64
0,37
0,50
Coefficient piariétal
2,6
3,8
x
Chambres interseptales
1/7
1/10
1/8
LES ARCHÉOCYATHES IRRÉGULIERS d’aJAX MINE
221
ABC D
Holotype
Muraille externe :
4 pores
X
diamètre
0,05
érodée
0,13
érodée
linteaux
0,05
»
0,16
»
épaisseur
0,16
»
0,21
»
Muraille interne :
2-3 pores
2-3 pores
X
2 pores
diamètre
0,06
0,10
0,10
0,05
linteaux
0,06
0.08
0.10
0,04
épaisseur
0,10
0,21
0,21
0,21
Cloisons (partie supérieure) :
diamètre
0,27
0,32
0,32
0,20 x 0.45
linteaux
0,20
0.21
0,27
0,27
épaisseur
0,10
0,16
X
X
Relations et différences : M. cylindricus diffère de M. dissepimentalis par la poro¬
sité plus fine des murailles et la forme des chambres interseptales.
Metaldetes dissepimentalis (Taylor, 1910)
(Fig. 22 a, b)
1910 - An haeavyalhns dissepimentalis Taylor : 128, pi, 10, fig, 53.
1934 Metaldetes eonir.n» R. et W. K. Bedford : 5, pl, 5, lig, 20-28-31.
1934 — Metaryathus irrttguktris II, et. W, K, Bedford ; li, pl, 5, fig. 29.
1934 Metacyathus la y tari 11. et W. 11. Bedford : 5, pl. 5, lig. 10.
1936 Metaldetes eonicus R. et W. R. Bedford : 18, pl. 18, lig. 77.
1936 Metaldetes tai/luri R. et W. R. Bedford : 18, pl. 18. lig. 80.
1957 Iledfijrileyaihits irrrgtdaris (R. el W. R. Bedford) ; Voutunm : 43.
1964 Metaeyiti’hHx-Jtedfurdcyuthus irregultms (II. et W. R. Bedford) ; Dkori.nne : 220, 231.
1964 — Metueyuthus laylari R. el W. R. Bedford ; Deuiienni-; : 220.
1965 Hedfordeyulltus irreguluris (R. et W. R. Bedford) ; liai. : 118, lig. 22-29.
1965 Metaryathus laylari R. et W. R. Bedford) : 11 1 r.i. : 118, pl. 9, lig. 2 a-d.
1969 Metaldetes dissepimentalis (Taylor) ; Periienne : 338-359, pl. 16, lig. 1-3.
1969 ■ Metaldetes irregnlaris (R. et W. R. Bedftkrd) ; Dkuhennu : 359-360, pl. 16, (ig. 4.
1969 — Metaldetes laylari (R. et W. R. Bedford) ; Debrenne : 360-361, pl. 13. fig. 1-3.
Holotype : Université d'Adélaïde, T 1550 m-zB.
Matériel étudié : British Muséum (Nat. Hîst.) : « conicus », S 4176, S 4178, S 4179-
S 4182: (cf.) « irregnlaris », S 4189; « laylori », S 4185, S 4186, S 4187, même spécimen.
South Australian Muséum : « irregularis », P 972-150, P 971-148-149 (cf.), P 970-151 à 153,
autres fragments de Tholotype de « taylori », S 4185 et suivants conservés au British Muséum.
Description
Grands calices coniques. Dans les premiers stades [coll. British Muséum (Nat- Hist.)],
la cavité centrale n’est pas individualisée et T animal est entièrement composé de tacniae
non orientés, reliés par de nombreux dissépimeiits en vésicules horizontales. Plus tard, elle
se libère, les dissépirnentS se raréfient et les tacniae s'orientent en plaques radiales régulières.
L’aspect général rappelle celui de Canibroeyathns prnftmdus Billings.
La muraille externe est double : une muraille de hase poreuse recouverte extérieure-
222
FRANÇOISE DF H RENNE
Fig. 22. — Metaldetes dissepimentaUs (Taylor) : a, coupe transversale. Holotype T 1550 m-z8 (L r.À.), X 3 ;
b, topotype P 971 (S.A.M.), coupe transversale, X 3.
ment par une lame micropor6U.se plus (inc. La muraille interne est également double : la
muraille de base ayant de grandes ouvertures irrégulières, plus importantes en surface
que les linteaux ; vers la cavité centrale, elle est couverte d’une membrane microporeuse
semblable à celle de la muraille externe. Dans les cas les plus favorables, on peut observer
la formation de ces secondes murailles à partir de modifications en pivots des linteaux
de la carcasse (fig. 22 a). Les cloisons sont massives, généralement planes et radiales. Leurs
pores sont assez réguliers, en taille comme en répartition. Les formations exothécales
influencent la porosité de la muraille externe et même parfois la partie externe de Finter-
valluiii, donnant, aux pseudo-cloisons un aspect de taeniae (« Mel.anjalh.us taylori »).
Le développement du tissu vésieuloux paraît également lié aux exothèques ; dans la
forme « Bedfordcyathus irrègularis », il se compose de petites vésicules imbriquées, allongées
horizontalement, traversant les loeuli, mais ne pénétrant pas dans la cavité centrale.
Dimensions (voir tableau II)
Discussion
Dans une première étape (Debrenne, 1969 : 355-356) les genres Melacyathus et Bed¬
fordcyathus ont été réunis à Metaldetes. Actuellement, l’étude d’exemplaiies complémentaires
permet de voir que la seule différence entre les « espèces » dissepinientalis, irrègularis, conicus
et taylori réside en la plus ou moins grande, abondance du tissu vésîculeux. Les coefficients
LES ARCHÉOCYATHES IRRÉGULIERS d’AJAX MINE
223
ne sont pas constants à cause des formes irrégulières, et varient même à l’intérieur d’un
individu.
Cependant, nous n’avons pas assez de matériel pour que des études statistiques soient
valables et permettent de séparer des groupes spécifiques. C’est pourquoi il nous a paru
préférable de réunir en une seule espèce les formes décrites.
Metaldetes dispersa sp. nov,
(Fig. 23 a-c)
Holotype : P 975-142, South Australian Muséum.
Autre matériel : P 974-139, P 976-141 ; cf. dispersa : P 978-136, P 973-143, South
Australian Muséum.
Description
Calices à murailles doubles. Cloisons radiales à pores irréguliers. Pas de tissu vésiculeux.
*ttl
% % % *
- v W
” f - 1
• ( W
_ÇJ
, - ^ J . I
224
FRANÇOISE DEBRENNE
Tableau II.
M. dissepimentalis
H
D
ch.
Muraille externe
mm
mm
mm
int.
int.
MI/ME
n
d
mm
1
mm
d/l
ép.
mm
Holotype
T 1550 m
X
22
6
1/8
0,27
2
1-3
0,30
0,20
1,50
0,50
Holotype « conicus »
S 4176
60
24
6
1/8
0,25
0,6
1-3
0,17
0,30
0,60
0,20
Paratype
P 972-150
55
22
6
1/9
0,27
0,50
0,40
S 4179-81
15
21
6
1/10
0,28
2,20
2
0,20
0,15
1,30
X
Holotype « taylori »
S 4185 à 4187
P 970-151 à 153
40
35
10
1/10
0,28
X
masquée
0,60
Holotype « irregularis »
S 4189
92
35
10
1/7,4
0,28
2,80
2
0,27
0.20
0,40
1,40
S 4178
13
4
1/8
0,13
2
1-3
0,30
0,20
1,50
0,20
P 971-148-149
Paratype
44
X
7
1/8
X
0,20
0,60
0,40
0,30
S 4182 cf.
40
45
7,5
1/5,5
0,17
1,8
1-3
0,25
0,15
1,6
à à
0,40 0,20
LES ARCHEOCYATHES IRRÉGULIERS d’AJAX MINE
225
Tableau II ( suite ).
Muraille interne
Cloisons
Tissu vésiculeux
Exothèque
n
d
mm
1
mm
d/l
ép.
mm
d
mm
i
mm
d/l
ép.
mm
1-2
0,30
à
0,40
0,10
3
0,20
0,25
à
0,40
0,50
0,60
0,20
moyen
bourgeon
2
0,60
0,16
0,40
X
0,40
0,15
moyen
bourgeon
1
0,38
1
0,38
0,64
abondant
bourgeon
1-3
0,30
0,10
3
X
0,13
moyen
2
0,33
0,20
X
très abondant
très développée
2
0,35
à
0,65
0,13
4
X
0,30
à
0,50
0,30
très abondant
bien développé
2
0,50
0,16
3
X
moyen
bourgeon
0,60
0,50
0,40
abondant
bourgeon
1-2
0,30
0,10
3
X
0,40
0,40
à
0,20
abondant
bourgeon
226
FRANÇOISE DEBRENNE
Les murailles sont de type habituel (carcasse et seconde muraille construites par les
linteaux). Les cloisons sont parfaitement planes et radiales, sans synapticules ni tissu
vésiculeux (du moins dans les échantillons observés qui sont tous des fragments de grand
diamètre ; les structures pouvaient peu t’être ne se développer que dans les stades jeunes).
Les cloisons sont massives, percées de pores irrégulièrement répartis, parfois coalescents
dans les blés verticales. De grandes surfaces sans pores s’observent, notamment vers la
muraille externe.
Dimensions (en mm)
Diamètre inconnu, supérieur à 60 ; intervallum, 13 ; chambres interseptales, 1/7 à 1/12.
Muraille externe : 2-4 pores à la carcasse ; diamètre, 0,25 ; linteaux, 0,15 ; épaisseur, 0,25.
Muraille interne : 1-2 pores ; diamètre, 0,30 ; linteaux, 0,25 ; épaisseur, 0,25. Cloisons :
pores de 0,2-0.5 à 1-2,5 ; linteaux de 0,30 à 0,60 et plus ; épaisseur, 0,30.
Relations et différences : Se distingue des autres espèces par ses cloisons plus mas¬
sives et iriégulièrement perforées, et par l’absence de synapticules.
? Metaldetes ramulosus Bedford R. et J., 1937
(Fig. 24 a-c)
1937 — Metacyathus ramulosus Bedford H. et J. : 31, pl. XXX, fig. 124 A-B.
Holotype : Princeton University, 87 212-335.
Description
Lin seul fragment du fossile est connu. Il appartient apparemment à un calice de grande
taille, comportant des cloisons planes à pores assez régulièrement répartis, reliées par
du tissu vésiculeux et entourées de murailles doubles. Il est difficile d’orienter l’animal
et la détermination des murailles externe et interne se fait par analogie avec les formes
voisines.
Discussion
La « muraille externe » apparaît comme un réseau à grosses mailles portant des bosse¬
lures et aspérités qui forment un second écran, Cette structure est celle décrite dans tous
les Mctacyathidae : c’est pourquoi cette muraille est interprétée comme la muraille externe.
Sur Je réseau polygonal de la « carcasse interne » sont construits des cribles à mailles
fermées, Malheureusement ils n’ont pu être observés qu'à travers les mailles de la carcasse
et leurs relations exactes avec celte dernière n’ont pu être mises en évidence (fig. 24a).
Si ee n’était la structure en réseau irrégulier de la carcasse, on pourrait rapprocher
ces cribles de ceux des doubles murailles des Regulares ( Erbocyalhus, par exemple) et dans
ce cas l’analogie se ferait avec les murailles externes. Cependant, les caractères de la seconde
muraille de ramulosus et des cloisons rendent beaucoup plus plausible la première hypo¬
thèse.
LES ARCIIÉOCYATHES IRRÉGULIERS d’AJAX MINE
227
Fig. 2 r i. — ? Metaldetes ramulosus (Bedford) : a, muraille « interne ». Holotype 87212 (P. U.), X 10 ;
b, cloison, X 10 ; e, coupe transversale, X 6.
Dimensions (en mm)
Diamètre probablement de l’ordre de 90 ; intervallum, 8,5 ; interseptum, 1 ; chambres
interseptalos, 1/8,5. Muraille « externe », 3 pores. Muraille « interne », 2-3 pores -j- crible :
diamètre, 0,25-0,30 ; linteaux, 0,15 ; crible, pores, 0,10. Cloisons : pores, 0,20 ; linteaux,
0,20-0,50 ; épaisseur, 0,20.
Relations et différences : Un seul fragment connu.
PRAEFUNGIA gen. nov. 1
Espèce-type : Metaldetes superbus Bedford.
Diagnose
Calices à murailles doubles, pseudo-cloisons radiales, perforées, parfois bifurquées,
parfois reliées entre elles par des synapticules.
Relations et différences : Comme Metaldetes, Praefungia a des murailles doubles,
1. Derwatio nominis : Prae = près de.
228
FRANÇOISE DEBRENNE
des pseudo-cloisons relativement régulières, La différence essentielle réside dans l'absence
de tissu vésiculeux et la présence de. synapticules. La signification actuelle du tissu vésieu-
leux n’est pas bien définie : sî cette structure n'apparaît qu’en réponse à une a ttaque externe
ou au développement de symbiont.es (? exothèque), dans ce cas Praefungia devrait être
considéré comme synonyme de Metaldetes. Actuellement nous le distinguerons cependant,
tant que la question de la valeur systématique générique du tissu vésiculeux n’est pas
résolue.
11 diffère de Metafungia par la répartition irrégulière des synapticules et la structure
de la muraille interne.
Proche d ’Archaeofungia par les synapticules et la muraille externe, il s’en éloigne par
sa muraille interne à double porosité.
Sefcidertici/athus Krasnopeeva est un genre très proche, mais la double structure de
la muraille interne n’est pas connue.
Praefungia superbus (Bedford R. et W. R., 1936)
(Fig. 25 a-c)
1936 — Metaldetes superbus Bedford R. et W. R. : 18, pl. 18, fig. 78.
IIolotypé : P 980. South Australian Muséum.
Matériel étudié : 86665-330, coll. Bedford n° 329 A, Princeton University; P 977-
140, South Australian Muséum.
Description
Les calices peuvent atteindre île grandes tailles ; ce sont, avec Metaldetes dissepimen-
talis et Pycnoidocyalhus sijnapticulosus , les plus grands exemplaires récoltés à Ajax Mine.
Leur forme extérieure est irrégulière, avec des ondulations transversales qui, cependant,
n’atteignent pas l’ampleur des bourrelets annulaires de Pycnoidocyalkus. La carcasse
de la muraille externe a des mailles assez larges, irrégulières, recouvertes par une seconde
muraille formée par la modification des linteaux qui se hérissent de courtes épines. Les
cloisons sont perforées régulièrement de pores arrondis, légèrement étirés parfois dans le
sens de la hauteur et disposés en réseau. Les synapticules et la bifurcation des cloisons sont
situées —•lorsqu'elles existent —• à la partie externe de l’intervallum, La muraille interne
est de môme, type que la muraille externe.
Dimensions (voir tabl. III : superbus P 980-1 ; 330-2 ; 977-140-3 ; 329 A-4 ; P 978-136-5).
Relations et différences : Diffère de spiralis par la répartition des synapticules.
Praefungia spiralis (Bedford R. et W. R., 1.936)
(Fig. 26 a, h)
1936 — Metaldetes spiralis Bedford R. et W. R. : 18, pl. 18, fig. 79.
Holotype : P 979-145,-146,-147, South Australian Muséum.
x w
229
Fig. 25, — Prae/ungia superbus (Bedford B. et, YV. B.) : a, vue externe. Topotype 86G65-330 (P.U.), X 1 .
b, coupe transversale. Holotype P 980 (S.A.M.) r X 1 ; c, cloison. Topotype P 977-140 (S.A.M.), X 6;
230
P. superbus H D int.
P 980
Holotype
50
16
330
140
90
15
140
(fragment)
> 50
329 A
18
5
P 978-136
33,4
27
6
DEBRENNE
Tableau III.
Muraille externe
ch.int. Co.int.
mm mm mm
1/16 à 1
1-2
0,30
à
0,60
0,20
1/15 à 1
1-2
0,50
0,20
1/15
1/5 à 1
0,27
3
1/6 à 1
0,22
2
0,32
0,21
LES ARCHEOCYATHES IRREGULIERS D AJAX MINE
Tableau III ( suite ).
Muraille interne
mm mm
Cloisons
d 1 ép.
mm mm mm
Tissu vésiculeux
Sy napticules
0,50 0,50 0,20
rares et bifurquées
1-2 0,40 0,20 0,40 0,40 0,30
absentes
rare à absent
0,50
rare
232
FRANÇOISE DEBRENNE
Autre matériel : cf. spiralis, 86690-331, Princeton University.
Description
Calices coniques à doubles murailles ; cloisons poreuses légèrement ondulées, reliées
par des synapticules. La cavité centrale se définit assez tardivement (après 10 mm de dia¬
mètre) .
Fig. 26. — Praefungia spiralis Liedford R. et W. R. : a, coupe transversale. Holotype P 979 (S.A.M.), x 6 ;
b, muraille externe, x 10.
Dimensions (en mm)
Hauteur partielle, 30 ; diamètre, 16,5 ; intervallum, 5 ; chambres interseptales, 1/7,6 ;
coefficient intervallaire, 0,3. Muraille externe : 1-2 pores à la carcasse ; diamètre, 0,35 j
linteaux, 0,15 ; épaisseur, 0,20. Muraille interne : 1-2 pores à la carcasse : diamètre, 0,27 ;
linteaux, 0,15 ; épaisseur, 0,25. Cloisons : diamètre, 0,30 ; linteaux, 0,20 ; épaisseur, 0,15.
Relations et différences : Diffère de superbus par la taille et par les traits structuraux
de ses cloisons, moins droites et reliées plus fréquemment entre elles par des synapticules.
COPLEICYÂTIIIDAE Bedford R. et J., 1937
COPLEICYATHUS Bedford R. et J., 1937
Espèce-type par désignation originelle : Copleicyathus confertus Bedford, R. et J.,
1937 : 29, fig. 116 A-D.
LES ARCHÉOCYATHES IRRÉGULIERS d’ajAX MINE
233
Diagnose
Muraille externe épaisse, perforée de tubes ; muraille interne complexe, composée de
canaux intercommunicants dont les linteaux du côté de la cavité centrale se soudent en
arêtes verticales. Intervallum à cloisons irrégulièrement perforées, le plus souvent radiales
et complètes, parfois incomplètes et obliques. Les synaptic.ules sont surtout développées
vers la muraille interne, ou sont présentes comme barres obliques soutenant la muraille
externe.
Discussion
Lfii seul fragment est connu et sa fossilisation n’est pas favorable aux préparations
poussées. Il n’est pas possible de savoir si la muraille externe épaisse se présente extérieure¬
ment comme une lame vermiculée comparable à celle de Maiandroc.yal.hus. Les pseudo¬
cloisons sont réticulées, rappelant, avec des pores cependant moins larges, celles de Mela-
coscinus et Maiandrocyulhm. Mais la structure de la muraille interne est très différente
de celles connues dans les autres genres, Les tubes sont alignes verticalement et perforés
selon les plans verticaux et horizontaux : cette zone ressemble à un second intervallum
à pseudo-cloisons et synaptieules, mais d’une densité plus grande que celle de l’intervallum
proprement dit. Du côté de la cavité centrale on distingue nettement les linteaux verti¬
caux soudes sur une certaine hauteur et qui forment relief.
Copleicyathus confertus Bedford R. et J., 1937
(Fig. 27)
1937 — Copleicyathus confertus Bedford R. ot J. ; 29, pl. XXVIII, fig. 116 A-D.
1965 — Copleicyathus confertus Bedford R. et J. ; Hill : 128, pl. X, fig. 4 a-c ; fig. 23 8 a-b.
1970 — Copleicyathus confortas Bedford R. et J. ; Debrenne : 31.
1972 — Copleicyathus confertus Bedford R. et J. ; Hill : E 117, fig. 84-2.
Holotype : 86741-283, Princeton University,
Description
Fragment d’un calice à cavité centrale relativement étroite. Les murailles sont épaisses
et leur construction d’interprétation difficile, compte tenu de la fossilisation défavorable
et de la connaissance d’un seul échantillon.
La muraille interne, par exemple, a été décrite comme composée de « dose-set felted
fibres » — ou comme un second intervallum de structure comparable au premier, mais
plus dense. Actuellement, je propose d’assimiler cet échafaudage irrégulier à des tubes
perforés verticalement et latéralement par des communications nombreuses et largement
ouvertes. Seule la découverte d’autres spécimens permettrait de mettre un terme à ces
hésitations. T.es cloisons sont réticulaires et reliées par des synaptieules peu nombreuses
et irrégulièrement réparties, présentes Surtout au voisinage des murailles.
Dimensions (en mm)
Hauteur partielle, 17 ; diamètre, 15 ; intervallum, 3 (sans la largeur de la muraille
interne) ; cavité centrale, 5. Muraille externe (mesures approximatives) : diamètre, 0,50
195 , 4
(’ig, 27-29,
27. — Copleicyathun conjertuà Bedford R. et J. Cloison. Holntype 867'il-283, X 10.
28. — Maiandrocyalhus insigne j Bedford R. et \V. R.) : a, coupe longitudinale. Holntype 1’ 986-168 (S.A.M.),
X 3 ; b, muraille externe, vue extérieure, X 20 ; c, muraille externe, coupe longitudinale, X 10.
29. — Archaeofungia ajax Taylor. Coupe longitudinale reconstituée. Holntype T 1566, X 3.
LES ARCHÉOCYATHES IRRÉGULIERS D’AJAX MINE
235
à 0,10; linteaux, 0,15; épaisseur, 0,25. Muraille interne : 2-3 canaux par intersept ; dia¬
mètre, 0,25; linteaux, 0,15; épaisseur, 1,15. Cloisons : environ 8 rangées de pores; dia¬
mètre, 0,20-0,15 ; linteaux, 0,15 ; épaisseur, 0,15.
MAIANDROCYATHIDAE fam. nov.
MAIANDROCYATHUS 1 gen. nov.
Espèce-type : Metacoscirius insigne Bedford R. et W. R., 1936 : 18, pl. XX, fig. 84 A-E.
Diagnose
Calices de grande taille ; la muraille externe a des canaux bifurqués, dont les bords
externes se modifient en développant des processus squelettiques en boudins, qui se soudent
les uns aux autres en un réseau méandriforme. La muraille interne a des ouvertures formant
un filet à mailles irrégulières dont le squelette porte des tubercules et poîntements vers
la cavité centrale. Les cloisons sont de type réticulaire.
Relations et différences : Seule la structure des cloisons rappelle le genre Meta-
coscinus. Pas de plancher visible. La muraille externe a une construction très spécialisée,
non décrite ailleurs jusqu’à maintenant.
Maiandrocyathus insigne (Bedford R. et W. R., 1936)
(Fig. 28 a-c)
1936 — Metcicoscinus insigne Bedford R. et W. R. : 18, pl. XX, fig. 84 A-E.
IIolotype : South Australian Muséum, P 986-167,-168.
Description
Grande forme cylindrique à bourrelets annulaires épais, régulièrement espacés. A l’exté¬
rieur de l’animal, se développent par places des formations exothéealcs intimement liées
aux canaux et au squelette de la muraille externe. Il n'y a pas de tissu vésiculeux, ni dans
l’exothèque ni dans le calice. Les formations complémentaires de la muraille externe
masquent la poiositc originelle, tandis que celles de la muraille interne, moins développées,
n’obturent pas secondairement les porcs ; il n’est pas certain, dans cc cas, qu’une seconde
muraille se développe à partir de ces tubercules, comme c’est le cas dans la plupart des autres
Irréguliers. Les cloisons sont planes, radiales, très largement perforées, avec un squelette
fin et peu développé. Pas de synapticules, parfois les cloisons bifurquent veis l’extérieur.
Elles ne sont pas ondulées et ne subissent pas de modifications de structures ni d’orientation
dans les bourrelets.
Dimensions (en mm)
Hauteur du fragment, 50 : diamètre, 30 à 40 ; intervallum, 5 à 11 ; chambres intersep¬
tales, 1/5 à 1/11. Muraille externe : 2 à 3 canaux vers l’intervallum sc dichotomisant vers
1. De maiaruiros : méandre, sinuosité, rappelant !a structure de la muraille externe.
236
FRANÇOISE DEBRENNE
l’extérieur ; diamètre du canal principal, 0,25 ; paroi du canal, 0,25 à 0,40 ; diamètre des
canaux secondaires, 0,10 ; épaisseur de la muraille, I. Muraille interne : 3 pores par inter-
sept ; diamètre des pores, 0,25 ; linteaux, 0,07 ; épaisseur, 0,15. Cloisons : diamètre des
porcs, 0,30 à 0,50 ; linteaux, 0,15 ; épaisseur, 0,15.
Relations et différences : Une seule espèce connue.
ARCHAEOFUNGIIDAE Vologdin, 1962
ARCHAEOFUNGIA Taylor, 1910
1910 —- Archaeofungia Taylor : 131, pl. 12, fig. 67, 1cxt.-ûg. 25.
1937 — Archaeofungia Taylor ; Bf.dfoho R. et .1. : 29.
1955 —- Pycnoidoryathus (Archaeofungia) Taylor ; Okulitcr : E 16.
1970 — I rchaeofnngin Taylor; Deunknnk : 29.
1972 — Archaeofungia Taylor; llitt. : E 113-E 114.
non 1955 — Archaeofungia Taylor; Krasnopeeva : 81.
ncoi 1955 — Archaeofungia Taylor ; '/.it i:n a vi.f.va : 31.
non 1960 — Archaeofungia Taylor ; Debuenne : 22.
non i960 — Archaeofungia Taylor ; Zhvravlf.va : 150.
non 1964 — Archaeofungia Taylor ; Debrenne : 146-147.
non 1965 — Archaeofungia Taylor ; Hill : 64, iig. 14-7 a b.
Diagnose
L’holotype T 1566, spécimen unique, relativement mal fossilisé par une silicification
secondaire incomplète permet cependant de donner les précisions suivantes : petits calices
cylindriques présentant des ondulations peu marquées. La hase est entourée d’excrois¬
sances tersioïdes en bourgeons plutôt qu’en flammèches. Au même niveau, et jusqu’à un
diamètre de 10 mm. la cavité centrale est remplie par des tubes obliques s’appuyant sur
la muraille interne, devenant, presque verticaux au centre et communiquant entre eux.
A la partie supérieure, cette cavité centrale se libère et la muraille interne se limite à un
canal horizontal par intersept, alternant d’une rangée verticale à l'autre. La muraille externe,
masquée à la base, est composée d’une première muraille à petits pores irréguliers recouverts
de mieropores. Il n’est pas possible de distinguer sur T échantillon s'il s’agit d’une seconde
enveloppe libre ou liée. Les cloisons sont radiales, peu perforées et reliées par des
synapticules irrégulièrement réparties.
Discussion
L’examen de l’holotype lève l’imprécision qui avait fait considérer Archaeofungia
comme nomen dubium par l’auteur (Debrenne, 1964 : 146-147). Il doit être considéré
comme un genre de la classe des Irregularia, proche de Melafungia et Signiofungia. R. et
J. Bedford (1937 : 29), en T absence de précisions sur le type d’ Archaeofungia, avouent
ne pas savoir si l’un ou l’autre des genres cités ci-dessus ne peut être synonyme récent
d’Archaeofungia. Okulitcr (1955 : E 16), pour sa part, désigne Melafungia comme syno¬
nyme et fait d’Archaeofungia un sous-genre de Pycnoidocyathus. En fait, Archaeofungia
diffère : 1) de Melafungia par sa muraille interne — un pore en canal horizontal et non une
LES ARCHÉOCYATHES IRRÉGULIERS d’aJAX MINE
237
double porosité — et par la construction des cloisons dont les pores occupent une surface
inférieure à celle du squelette (Debrenne, 1969 : 361-362) ; 2) de Sigmofungia par l’absence
de canaux coudes (mais possède une porosité comparable des cloisons) ; 3) de Pycnoido-
cyathus par la muraille interne, l’absence de cloisons taenioïdes et de bourrelets annulaires
réguliers.
Archaeofungia est donc désormais un genre Irrégulier. Les Areliéocyatlies Réguliers,
qui possèdent des cloisons reliées par des synaptieules doivent être classés dans le genre
Sibirecyathus Vologdin, qui, après la révision du matériel type ne peut plus être considéré
comme synonyme récent d'Archaeofungia Taylor et redevient un genre indépendant.
Archaeofungia ajax Tavlor, 1910
(Fig. 29)
1910 — Archaeofungia ajax Taylor : 131, pl. 12, fig. 67, text-fig. 25.
1970 — Archaeofungia ajax Taylor: Debrenne : 29.
1972 — Archaeofungia ajax Taylor; Hill : E 113, fig. 82-1.
Holotype : T 1566, Université d’Adélaïde.
Description : Voir diagnose du genre.
Dimensions (en mm)
Hauteur partielle, 43 ; diamètre, 15 ; intervallum, 4,6 ; chambres intcrscptales, 1/15
coefficient pariétal (d’après Taylor), 3,3 ; muraille externe, I pore -f- 3 micropores ; dia¬
mètre, 0,2 (micropores : 0,05) ; muraille interne, 1 pore ; diamètre, 0,25 ; linteaux, 0,15 ;
épaisseur, 0,25 ; cloisons, petits pores, 0,08, irrégulièrement répartis ; synaptieules distance
verticale, 0,4 à 0,7.
Relations et dieférences : Une seule espèce connue.
SIGMOFUNGIIDAE Bedford R. et W. R., 1936
SIGMOFUNGIA Bedford R. et W. R., 1936
1936 — Sigmofungia Bedford R. et W. R. : 16, fig. 82.
1965 — Sigmofungia Bedford B. et W. R.; IIill : 89, pl. VI, fig. 1-2, text-fig. 18-4 a-d.
1970 — Sigmofungia Bedford R. et W. R. ; Debrenne : 42.
1972 — Sigmofungia Bedford R. et W. R. ; IIill : E 114-E 116.
Espèce-type : Sigmofungia flindersi Bedford R. et W. R., 1936.
Diagnose
Archéocyathes dont la muraille externe a une double structure de type habituel. A la
muraille interne, des tuyaux courbés en S se forment, un par intersept, alternant d’un
loculus à l’autre.
Les cloisons sont planes, radiales, percées de petits pores et reliées entre elles par de
nombreuses synaptieules.
238
FRANÇOISE DEBRENNE
A la base, la cavité centrale est remplie île tissu squelettique et vésiculeux, qui peut
persister en endothèque assez longtemps, pendant les stades adultes.
Relations et différences : Très proche du genre Archaeofungia, tant par les liaisons
synapticnlaires que par la constitution de la muraille externe (bien qu'il soit dillicile de
préciser si Archaeofungia a une seconde enveloppe liée continue ou non'), Sigmofungia s’en
éloigne par la modification en tuyaux coudés des canaux de la muraille interne. Avec Rel-
tanacyathm et Palniericyathellus, c’est un des genres dont l'appartenance à l'un ou l’autre
des deux groupes d’Archéocyathcs est, difficile à établir car les stades jeunes ne sont pas
connus.
Archaeocyathus sigmoideus Krasnopeeva, 1960, appartient peut-être au genre. Les
indications sur la structure de la muraille externe sont insuffisantes pour l’affirmer actuelle¬
ment.
Sigmofungia fLindersi Bedford R., et W. R,, 1936
(Fig. 30 a-c)
1936 — Sigmofungia flindersi Bedford Tl, et W. R. : 16, pl. 19, fig. 82 A-F.
1965 — Sigmofungia flindersi Bedford R, et W. R. ; Hill, pl. 6, fig. 1-2, text-fig. 18-4 ad.
1970 — Sigmofungia flindersi Bedford R. et W. R. (pars) ; Df.brenne : 42-43.
1972 — Sigmofungia (lindersi Bedford R. et W. R. ; TIill : E 114, fig. 82-2.
Holotype : P 963-115, -116, South Australien Muséum.
Autre matériel : P 964-117, -118, -119, South Australien Muséum; coll. Bedford
n° 278, Princeton University.
Description
Calices cylindriques. La muraille externe est formée d’une carcasse trabéculaire dont
les linteaux modifiés forment la seconde enveloppe poreuse. La forme des tuyaux de la
muraille interne est assez particulière : d’abord légèrement obliques vers le haut, les tubes
ont une paroi élargie à la jonction avee la partie non poreuse des cloisons. Vers la cavité
centrale, la direction du tube change, avec un coude assez marqué. La forme globale est
un S assez allongé (fig, 30 c). Les cloisons sont planes, radiales, avec des pores régulière¬
ment répartis ; ils occupent une moins grande surface que le squelette, et sont générale¬
ment disposés en files légèrement divergentes. Les synapticules sont observées environ
tous les deux pores, Les nouvelles cloisons apparaissent à partir de la muraille externe
et sont reliées aux anciennes à leur extrémité par des synapticules. Les cloisons ne sont plus
perforées vers la muraille interne.
Dans Phototype, la cavité centrale reste pleine, jusqu'à un diamètre de 19 mm, d’élé¬
ments squelettiques et de tissu vésiculeux qui pénètre également, l’intervallum et disparaît
dès que la cavité centrale se libère.
A la hase, Jes éléments squelettiques s’appuient sur les linteaux de la muraille interne
et construisent des tubes verticaux communiquant entre eux et se résolvant, à des niveaux
supérieurs, en échafaudage de type Di.ctyocyalhus (fig. 30 a). La formation de tubes verti¬
caux est également colin ne dans le genre Archaeofungia (p. 236),
Fig. 30-31.
30. — Sigmofungia / îindersi Bedford H. et VY H. : a, coupe longitudinale. Ilolotype P 963-11.5 (S.A.M.),
X 3 ; b, coupe transversale oblique, X 3 ; c, détail des cloisons et tuyaux de la muraille interne. Topo¬
type P 964-118 (S.A.M.), x 10.
31. — ? Sigmolungia jragilis Bedford R. et J. Coupe transversale. Holotype 86717-281 (P.U.), X 6.
240
FRANÇOISE DEBRENNE
Dimensions (en mm)
Hauteur connue, 46 ; diamètre, 20,4-23 ; iutorvalluin, 7 ; interseptum, 0,50 ; chambres
interseptales, 1/14; coefficient intervallaire, 0,35. Muraille externe : micropores, 0,05;
linteaux, 0,05 ; épaisseur, 0,25. Muraille interne : diamètre du tuyau, 0,27 ; paroi, 0,10 ;
longueur du tuyau, 1,35, Cloisons : diamètre des pores, 0,02; linteaux, 0,40; épaisseur,
0,15, Synapticulcs : diamètre, 0,25.
Relations et différences : Diffère de S. fragilis par la répartition des cloisons,
la largeur de l’interseptum, la cavité centrale relativement étroite et partiellement com¬
blée.
? Sigmofungia fragilis Bedford R. et J., 1937
(Fig. 31)
1937 — Sigmofungia fragilis Bedford R. et J. : 29, pl. 18, fig. 114 A-B.
Holotvpe : 86747-281, Piinceton University.
Description
L'intervalhim est étroit par rapport au diamètre et est rempli de cloisons nombreuses
et rapprochées, très légèrement ondulées au niveau des synapticulcs. Les pores occupent
une moins grande surface que le squelette ; ils sont disposés régulièrement en quinconce.
Les synapticulcs se développent, entre chaque pore.
La muraille externe n'est pas conservée, c’est pourquoi l’espèce est placée dubitative¬
ment dans le genre Sigmofungia . Les tuyaux de la muraille interne sont en S, disposés un
par interseptum. Ils sont courts et peu courbés.
Dimensions (en mm)
Diamètre, 15 (la partie externe étant érodée, les mesures ne peuvent être qu’approxi
matives) ; intervalluin : 3 environ ; coefficient intervallaire, 0,25 ; interseptum, 0,20. Muraille
externe érodée. Muraille interne : ouverture des pores, 0,12 ; parois, 0,10 ; longueur, 0,50.
Cloisons : pores, 0,10 ; linteaux, 0,20 ; épaisseur, 0,50.
Relations et différences : Les cloisons rapprochées et la faible courbure des tuyaux
éloignent fragilis de flindersi.
PALMERICYATHELLUS Debrenne, 1970
1937 — Sigmofungia (pars) Bedford R. et J. : 29.
1970 — Palmericyalheïlus Debrenne : 37-38.
1972 — Palmericyalheïlus Debrenne ; IIili. : E 126.
Espèce-type du genre : Sigmofungia tabularis Bedford R. et J., 1937 : 29, fig. 115.
Diagnose
Archéocyathe avec pseudo-cloisons, synapticules et structures horizontales (pseudo-
planchers).
LES ARCHÉOCYATHES IRRÉGULIERS d’a.TAX MINE
241
La muraille externe a un réseau irrégulier de pores, recouvert d’aspérités formant
une seconde enveloppe. La muraille interne est composée de tubes sigmoïdes, un par inter-
sept, en rangées alternées. Les pores des cloisons et les synapticules sont en lignes légère¬
ment inclinées de la muraille interne à la muraille externe. Les pseudo-planchers, fréquents
mais d espacement irrégulier, sont formés par des cribles qui se développent entre les cloi¬
sons et des synapticules disposées dans un même plan horizontal et non en quinconce entre
les pores des cloisons.
Discussion
La valeur systématique de telles structures horizontales n’est pas établie : ces pseudo-
planchers sont liés au système syiiaptieulaîre avec lequel ils forment des cribles tout à fait
comparables à ceux construits sur les pores des carcasses externes de genres Réguliers
(Anaptyctocyathus, par exemple), Lu attendant que de nouvelles découvertes nous per¬
mettent de mieux interpréter les pseudo-planchers, nous ne leur attribuons pas encore,
comme aux planchers de type classique, ou pectinés, une signification d’un rang plus élevé
que celui du genre.
Palmericyathellus tabularis Bedford, R. et J., 1937
(Fig. 32 a, b)
1937 — Sigmofungia tabularis Bedford H. et J. : 29, pl. XXV 111, fig. 115.
1970 — Palmericyathellus tabularis (Bedford B. et .1.) ; Df.brenne : 37-38.
1972 — Palmericyathellus tabularis (Bedford B. et .J.) ; ITk.i. : E 126.
Holotype : Princeton LTniversity, 86746-279.
Paratype : Princeton University, 86744-280.
Description
Calices eylindro-eoniquex, pouvant présenter de larges ondulations en bourrelets hori¬
zontaux tandis que la cavité centrale reste étroite et lisse. La muraille externe est double,
malheureusement tuai conservée. Les canaux de la muraille interne, un par intersept, sont
des tubes coudés en S, h ouverture hexagonale plus large que haute.
Les cloisons sont nombreuses, rapprochées. Malgré la présence de synapticules, elles
restenI. planes et. radiales. Cependant, dans la partie externe et surtout dans les bourrelets,
on note un léger godio image, beaucoup moins accentué que dans les intervallums de type
Flindersicyalltus (fig. 32 b). Les pores sont réguliers et suivent; des lignes de croissance
obliques, légèrement courbées, dirigées vers l'extérieur et le haut à partir de la muraille
interne.
Les pseudo-planchers sont fréquents, espacés irrégulièrement. Comme il a été indiqué
dans la diagnose dit genre, ils sont constitués par des synapticules qui se placent dans un
même plan horizontal et des cribles indépendants, construits sur chaque « pore « du réseau
formé par deux cloisons et les synapticules groupées deux à deux (fig. 32 a). Les stades
initiaux ne sont pas connus.
242
FRANÇOISE DEBRENNE
Fig. 32. — Palmëricytilhellus tabulons Bedford R. et .J., 1937 : a, coupe transversale, avec détail d’un
pseudo-plancher. Holotypc R0770-279 (P,U.), X 10; b, coupe longitudinale, détail d’une cloison.
Topotype 80744-280 (P.U.), X 10.
Dimensions (en mm)
Holotype
Paratvpe
Hauteur (partielle)
30
65
Diamètre
16
30
Inter valluin
5,7
5 à 8
Interseptum
0,75
0,60
Intertabulum
2
0,3 à 8
Muraille externe :
pores
2 — 3 (bouchée)
bouchée
Muraille interne :
pore
1
1
ouverture du pore
1 X 0,4
0,5 X 0,2
épaisseur du tube
0,05
0,10
Cloisons :
diamètre des pores
0,14
0,5 — 0,15
épaisseur
0,10
0,15
Relations et différences : Les deux échantillons connus montrent quelques diffé¬
rences dans les mensurations des éléments squelettiques. Le matériel est trop restreint pour
décider s’il s’agit de deux groupes spécifiques distincts.
LES ARCHÉOCYATHES IRRÉGULIERS d’aJAX MINE
243
BELTANACYATHIDAE Debrenne, 1970
BELTANACYATHUS Bedford R. et J., 1936
Espèce-type du genre : Archaeocyathus wirrialpensis Taylor, 1910 : 124-125, text-
fig. 30, pl. VIII, fig. 43-44.
Remarque sur le choix de l'espèce-type
R, et J. Bedfohd (1936 : 23) fondent leur genre Beîtanacyathus sur l'espèce nouvelle
ioniens (lectotype 86716-271, Princeton llniversity) et considèrent wirrialpensis Taylor
comme une espèce de ce nouveau genre, différente de ioniens par l’absence de carènes ver¬
ticales externes et par la plus grande finesse du squelette de la muraille interne.
L'examen direct des échantillons-types de wirrialpensis et de ionicus m’a permis de
constater que les indentations externes n'étaient pas un caractère constant pour un même
individu et pouvaient n’apparaître que vers le sommet des calices. Quant à la différence
d’épaisseur des éléments squelettiques, clic est duc à la fossilisation particulière en deux
feuillets des échantillons examinés par R. et J. Bedford^ cette fossilisation, qui a été
également observée dans d’autres espèces—notamment luhavaMum Taylor et qui a déjà
conduit les auteurs à des interprétations erronées, modifie considérablement l’épaisseur
des lames squelettiques et ne peut être prise seule comme critère de distinction des espèces.
En conséquence, il faut donc considérer ionicus comme synonyme récent de wirrialpensis,
et, en accord avec l’article n° 67c du code international de nomenclature zoologique, dési¬
gner Archaeocyathus wirrialpensis comme espèce-type du genre Beîtanacyathus Bedford.
Diagnose
Calices de grande taille ; la muraille externe est composée d'une épaisse lame basale
réticulée supportant une seconde lame poreuse construite par les linteaux. La muraille
interne est formée de très longs canaux obliques, dirigés vers le haut delà cavité, centrale,
un par intersept, en rangées verticales et horizontales. Les cloisons sont droites, radiales,
percées de pores réguliers, mais éloignés les uns des autres. Des plaques verticales, accolées
à la muraille externe, peuvent apparaître au milieu de l’intersept. La forme extérieure est
conique, souvent modifiée vers le sommet par le développement de crêtés verticales plus
ou moins développées, assez indépendantes de la position des cloisons.
La base peut être entourée de lames exothéoales. Autant que l’on sache, les cloisons
radiales sont présentes dans les stades jeunes mais le stade initial n’est pas observé.
Discussion
La position de Beîtanacyathus dans la classification est difficile à établir : les stades
initiaux (Alplincyalhus ou Dictyocyathus ) ne sont pas connus, et très tôt se développent
des cloisons radiales parfaitement planes et régulièrement perforées.
R. et J. Bedford, en 1936, puis en 1939, se basant sur la constitution de la muraille
interne très proche de celle de Blinde rs iirynt h us et de Pycnnidocyath us, citent avec quelques
réserves Beîtanacyathus dans la composition des Spiroeyathidae Taylor, donc des Irregu-
244
FRANÇOISE DEBRENNE
lares. Dans le traité américain de Moore (Porifera, 1955 : E 12), Okulitch considère que
Beltanacyalhus est un synonyme récent d ’Ethmophyllum : nous ne retiendrons de cette
identification, manifestement erronée et basée sur une comparaison très superficielle des
« tubes » de la muraille interne, que la position de Behanacyathus dans les Regu lares. Volog-
din, dans les « Bases de la Paléontologie » (1962 : 122) rétablit l'autonomie de BeUanacya-
thus, mais continue à le classer dans les Ethmopliyllidue. Tout autre est la position de
Zm uvvleva (1960 : 19) qui, prenant en considération la double porosité de la muraille
externe, introduit (avec doute) Behanacyathus dans les Erbocyathidae.
Diîhhp.nne (1961) et lliu. (1965) suivent le même principe que Zuuravleva. Cepen¬
dant, l’étude des genres Irregu lares d’Australie m’a amenée à réviser cette position et à
revenir à une place systématique proche de celle que R, et J. Bedford avaient assignée
à Behatuieyalhus parmi les lrregulares. Cependant, il ne peut être classé près de Blinder-
sicyalhus-Pycno î doc y alhus en raison de sa double muraille, externe, comparable à celle des
Metaeyatbidae, dont il diffère par ailleurs considérablement par la construction de la muraille
interne. 11 apparaît une fois encore que certains lrregulares ont des cloisons radiales régu¬
lières et présentent une convergence remarquable avec des calices de Hegulares. On ne peut
se lier à l'apparence des stades adultes, mais on doit se reporter aux stades initiaux, ou,
à défaut, k l’observation des types des murailles pour préciser la position systématique
d’un genre.
Behanacyathus wirrialpensis (Taylor, 1910)
(Fig. 33 a-f)
1910 — Archaeocyalhus wirrialpensis Taylor : 124-125, text-fig. 30, pl. VIII, fig. 43-44.
193H — Behanacyathus ioniens Bedford R. et J. : 23-24, pl. XXI 11, fig. 95; pl. XXI Y, fig. 96.
1939 — BeUanacytUhus ioniens Bedford R. et J. : 79.
1965 Beltanaeyathus ioniens Bedford R. et J. ; TIri,i, : 89, pl. VI, fig. 3 a-e ; text-fig. 18-3 a-d.
1970 Beltanaeyathus ioniens Redford R. et J. ; Dkhrknne ; 30.
1972 — Beltanaeyathus ioniens Redlord R. et J. ; Hlt.t. : E 114, fig. 83.
Holotype : Université d’Adélaïde, T 1581 D
Matériel complémentaire : Princeton University, 86716-271, 86709-272, 86721-273
(trois fragments du même individu), 86717-274, 86718-275, 86720-276. South Australian
Muséum. P 962.
Description
Calices coniques de section supérieure dentée. Les saillies des loculi sont importantes
mais de forme et de disposition irrégulières, sans liaison visible avec les structures de l’inter-
valluiri. Les partitions verticales radiales sont de deux types : des cloisons complètes, planes,
perforées régulièrement par des pores éloignés, allant de la muraille externe h la muraille
interne, et des plaques verticales continues, accolées à la muraille, externe, partageant les
loculi les plus larges en deux ; elles ne dépassent pas le quart externe de l’intervallum et
sont imperforées, excepté une rangée de pores contre la paroi externe (fig. 33 c).
La muraille externe comprend deux lames : — une carcasse composée de tuyaux en
entonnoir ou fi parois de largeur irrégulière, dont les ouvertures forment un réseau à mailles
Fie. 33. — Beltarmajathm wirrialpemis (Taylor, 1910) : a, fragment de coupe transversale montrant
l'irrégularité des cannelures externes. Topotype 8671K-275 (P.U.), X 2 ; l>, coupe longitudinale. Holo-
typo I 1581 (Li. A..). ■ ti ; c, coupe longitudinale le long d'une ébauché do cloison; au second plan
à gauche cloison complète vue de biais. Topotype 86721-273 (l'.l.!.) ; d, vue externe de la muraille
externe ; construction du Ultra secondaire par les canaux. Topotype 86716-271 (P. LT.), x 10 ; e, varia¬
tion des bords internes des canaux de la muraille interne. Topotype 86721-273 (P.U,), X 10 ; I', base
entourée dexothôque. Topotype 86718-275 (P.l ), x 3.
246
FRANÇOISE DEBRENNE
assez régulières — un second crible, formé par les modifications des linteaux, suivant le
type habituel. Les tuyaux de la muraille interne sont d’une longueur exceptionnelle. Ils
se raccordent avec l’intervallum par un angle aigu tel que les tubes sont très relevés. Ils
sont disposés en rangées verticales, une par intersept, non alternées. Le bord supérieur peut
être denticulé (lig. 33 e) mais la plupart du temps les tuyaux sont érodés et cette structure
n’apparaît pas.
Autour de petites formes, que l’on peut rapporter à wirrialpensis par les caractéris¬
tiques des cloisons et des murailles, on note un grand développement de structures exothé-
cales « metaldetirnorplies ». Ces structures, en couches concentriques, peuvent s’étaler et
entourer des calices d’un genre différent (fig. 33 f). Il y a épaississement du squelette dans
de telles formes, et quelques lames de tissu vcsiculeux.
Des calices de taille inférieure à 10 mm n’ont pas été observés jusqu’à maintenant.
Les stades initiaux ne sont pas connus. Seule une coupe longitudinale permet de penser
que les cloisons persistent jusqu’à la base.
Dimensions (en mm)
Hauteur : jusqu’à 150.
wirrialpensis
ionicus
Diamètre
55
80
Intervallum
8-10
8-15
Interseptum
2
2 à 3
Coeilicient pariétal
1,3
X
Muraille externe :
canaux : nombre
4-5
4-5
diamètre
0,5
0,33
linteaux
0,2
0,33
épaisseur
0,6
0,1
Muraille interne :
canaux
1
1
ouverture du canal
1,6
1
épaisseur du canal
0,16
0.2 - 0,3
largeur de la muraille
2
2-3
Cloisons :
8 pores
8—10 pores
diamètre
0,5
0,8
linteaux
1,6
1,6
épaisseur
0,1
0,3
Relations et différences : Elles ont été exposées dans la discussion du genre
(p. 243).
FLINDERSICOSCINIDAE fam. nov.
FLINDERSICOSCINUS Debrenne, 1970
Espèce-type par désignation originelle : Flindersicyathus tabulatus Redford R. et J.,
1937 : 29, fig. III.
LES ARCHÉOCYATHES IRRÉGULIERS d’aJAX MINE
247
Diagnose
Calices à muraille externe simple à petits pores, muraille interne à un pore-tube par
intersept. Les pseudo-cloisons de l’intervallum sont reliées par des synapticules nombreuses.
Les pores occupent une plus grande surface que le squelette. Des planchers poreux convexes
apparaissent à intervalles irréguliers. Des bourgeonnements peuvent amorcer la formation
d’une colonie.
Flindersicoscînus tabulatus (Bedford R. et J., 1937)
(Fig. 34 a-c)
1937 — Flindersicyathus tabulatus Bedford R. et .1. : 29, pl. XXVII, fig. 111 A-C; pl. XXVIII,
fig. 111 D-F.
1970 — Flindersicoscînus tabulatus (Bedford R. et J.) : Debkenne : 34.
1972 — Flindersicoscinus tabulatus (Bedford R. et J.) ; 1 lu i. : E 126.
IIolotype : Princeton University, 86666-252 A-B-C.
Paratype : Princeton University, 87230-253, 87208-254.
Autre matériel : South Australian Muséum, P 938-37. Université d’Adélaïde, T 15505-
Y5. Princeton University, coll. Bedford n° 74.
Description
Fossiles coniques à bourrelets transversaux plus ou moins marqués, souvent en rapport
avec les planchers. La cavité centrale peut être libre ou envahie par un tissu vésiculeux
et des éléments squelettiques liés à la muraille interne.
Les pseudo-cloisons sont légèrement ondulées; l'échafaudage qu’elles forment avec
les synapticules est assez régulier, mais peut se dissocier vers la muraille externe. Celle-ci
est une enveloppe simple à porcs plus ou moins réguliers. La muraille interne est formée
de tubes à ouverture circulaire ; le matériel, rare et mal conservé, ne permet pas de donner
plus de précisions sur la forme des tuyaux, qui paraissent assez comparables à ceux de
Pycnoidoci/athus.
Les planchers sont très empâtés sur l’holotype et difficiles à interpréter. Sur l’exem¬
plaire 87230-253, entre les parois, on peut observer trois pores en coupe longitudinale
seulement. Sur la petite forme 87208-254, le plancher constitue la fermeture du calice
(fig. 34 c). Dans ce cas, les pores sont arrondis, parfois coalescents et séparés par des lin¬
teaux épais.
Dimensions (en mm)
Hauteur partielle, 45 ; diamètre, environ 15; intervallum, 4; interseptum, 0,30.
Muraille externe : 3 pores ; diamètre, 0,15 ; linteaux, 0,10 ; épaisseur, 0,10. Muraille interne :
diamètre, 0,50 ; linteaux, 0,20 ; épaisseur, 0,50. Cloisons : diamètre, 0,65 ; linteaux, 0,40 ;
épaisseur, 0,12. Planchers : épaisseur, 0,20.
Relations et différences : Une seule espèce connue.
Fin. -Ft-3Ti.
— h'Utfdvrxinuwinwi Inbulaln # (Hi'd H. ni. J., 1037) : a, coup» longiludiuale. Ilulotype 86666-252
A-B-C (l’.l .), >. , li, coupe iransvi rsali Holutype 86666-252 A-B-C (TM 1 .), X 3 ; c, fermeture d’un
jeune r.aliciP. Tnpntypu 87208-254 (P.L.).
Metacnxi'inus rnlïsepta (Taylor, 19i.ll) : a, muraille externe, vue extérieure. Tupotype P 982-60 (S.A.M.),
X 10 ; ii, vue d'une coupe longitudinale, aspect de la muraille interne vers la cavité centrale. Topo-
type P 981-161 (8.A.M.), X 10 ; e, détail d’une cloison. Topotype P 982-154 (S.A.M.), X 10 ; d, détail
d’un plancher. Topotype P 982-160 (S.A.M.j, X 10.
LES ARCHÉOCYATHES IRRÉGULIERS d’aJAX MINE
249
METACOSCINIDAE Bedford R. et W. R., 1936
METACOSCINUS Bedford R. et W. R., 1934
1934 — Metacoscinus Bedford R. et W. R. : 6, pl. V, iig. 27.
1965 — Metacoscinus Bedford R. et W. R. ; I lu i. : 133, pl. 12, fig. 1 ; text-fig. 5 a-d.
1969 — Metacoscinus Bedford R. et W. R. ; Dbbrenne : 363-364, pl. 17, fig. 1-4.
1970 — Metacoscinus Bedford R. et W. R. ; Debrenne : 35-36.
1972 — Metacoscinus Bedford R. et W. R. ; Hi l r : E 124.
Espèce-type du genre par désignation subséquente (Debrenne, 1970) : Archaeo-
cyathus retesepta Taylor, 1910 : 21, pl. VII, fig. 39-40.
Diagnose
Calices coniques légèrement, ondulés extérieurement, E’intervallum est rempli de pseudo-
cloisons réticulaires, à larges pores allongés verticalement, séparés par un squelette mince.
Des structures tabulaires horizontales, irrégulièrement espacées, sont perforées de petits
pores circulaires séparés par des b’nteaux épais de largeur variable avec des processus sque¬
lettiques développés en surface ; la muraille externe est épaisse, les pores ont une ouverture
circulaire du coté de l’iiitcrvallum, irrégulière, en filet vers l'extérieur. Les linteaux ont
parfois des bosselures secondaires ; la muraille interne est plus mince, à larges pores ronds
ou polygonaux, séparés par des linteaux minces, rarement ornés de tubercules secondaires.
La base est souvent entourée de bourgeons ; les plaques radiales s’y dissocient et sont
reliées par du tissu vésiculeux. La cavité centrale se libère pour un diamètre de 6 mm envi¬
ron.
Discussion
Les individus adultes présentent une structure à cloisons radiales planes ; mais leur
type de porosité et leur association avec des planchers à structure méandriforme montrent
qu’il ne s’agit que de convergences avec les Regulares.
Les murailles sont de type réticulaire, comme les murailles de base de Melaldelida,
mais les tubercules secondaires, rares, ne se soudent pas en une deuxième enveloppe protec¬
trice.
Relations et différences : Metacoscinus diffère des autres formes irrégulières à
« planchers » par les caractères suivants :
— ParacoscinuS a des planchers arqués, sans tubercules, et régulièrement répartis. La
porosité des murailles est différente.
— Gabriel sacyath us a des cloisons non planes, des planchers simplement poreux et
un tissu vésiculeux extrêmement abondant.
— Claniscynlhus a des structures intervallaires à squelette épais.
Metacoscinus retesepta (Taylor, 1910)
(Fig. 35 a-d)
1910 — Archaeocyathus retesepta Taylor : 121, pl. VII, fig. 39-40.
1934 — Metacoscinus reteseptatus Bedford R. et W. R. : 8, pl. V, fig. 27.
195, 5
250
FRANÇOISE DEBRENNE
1936 — Metacoscinus reteseptatus Bedford R. et W. R. ; Bedford R. et J. : 18, pl. XIX, fig. 83.
1965 — Metacoscinus reteseptatus Bedford R. et W. R. ; Hitt : 133, pl. 12, fig. 1, text-fig. 5 a-d.
1969 —- Metacoscinus reteseptatus Bedford R. et W. R. ; Debrenne : 303-364, pl. 17, fig. 1-4.
1970 — Metacoscinus reteaepta (Taylor) ; Debrenne : 35-36.
1972 — Metacoscinus reteaepta (Taylor) ; Hitt. : E 124, fig. 92-1.
Holotype : T 1550 f-g, Université d’Adélaïde.
Paratype : T 1550 z-14, Université d’Adélaïde.
Matériel complémentaire : Princeton University, 86664-336, 86663-341,-342, et
coll. Bedford n° 337, 338, 339, 340, 343. South Australian Muséum, P 948-74, P 954-101,
P 982-102, P 982-161, P 982-160, P 982-159, P 982-158, P 982-157, P 982-156, P 982-155,
P 982 154, P 983-163, P 984-164, P 985-166. British Muséum (Nat. llist.), S 4191, S 4192-93,
S 4195, S 4762.
Description
Fossiles coniques avec bourrelets annulaires peu marqués. La muraille externe est
constituée de pores-tubes, deux ii trois par intersept, le plus souvent, en entonnoir. Vers
l’iiilervallum leur ouverture est circulaire ; elle peut le demeurer ou devenir plus irrégulière
vers l'extérieur. Sur quelques exemplaires on note la présence de tubercules amorçant la
formation d’une seconde enveloppe ; par coalescence des bords externes, on peut aussi dans
quelques cas observer un aspect plus méandriforme (fig, 35 a).
La muraille interne est mince, formée de pores simples arrondis, parfois réunis en un
réseau plus lâche (fig. 35b). Les éléments du squelette sont plus fins que dans le cas de la
muraille externe. Les pseudo-cloisons sont, nombreuses, régulières, radiales, très perforées.
La forme des pores est le plus souvent en ellipse allongée dans le sens de la hauteur, quelque¬
fois légèrement polygonale (fig. 35e). Les allongements sont bien marqués au niveau des
bourrelets dans lesquels leur axe prend une direction oblique vers l’extérieur et le haut de
l’animal Peu de tissu vésiculeux, sauf vers la base où les pseudo-cloisons sont moins bien
définies et où la cavité centrale renferme des membranes et des éléments squelettiques.
Les planchers sont peu fréquents et apparaissent à des intervalles irréguliers. Ce sont
dos lames épaisses, perforées de trous ronds, disposés en deux rangées alternées par inter¬
sept. Mais la régularité des perforations est troublée par la réunion, suivant des lignes
sinueuses, des tubercules portés par les linteaux et par la coalescence des pores voisins :
d’ou l’aspect vermiciilé des planchers (fig. 35 d).
Dimensions (en mm)
Hauteur connue : jusqu’à 60 ; diamètre, 16, pouvant atteindre 30 ; intervallum : 2
à 4,5; chambres iuterseptales, 1/8 à 1/10, plus rarement 1/5-1/6 ; oûellicient pariétal de
3 à 6. Muraille externe : 2 à 3 pores par intersept ; diamètre, 0,15 X 0,20 ; linteaux, 0,10
à 0,15 ; épaisseur, 0,20 (exceptionnellement 0,30). Muraille interne : 2 à 3 pores par inser-
sept ; diamètre, 0,10 X 0,15 ; linteaux, 0,10 ; épaisseur, 0,10. Cloisons ; 5 à 8 pores ; dia¬
mètre, 0,25 X 0,60 ; linteaux, 0,15 ; épaisseur, 0,10. Planchers : 2 pores par intersept ;
diamètre, 0,10 X 0,20 ; linteaux, 0,05 à 0,10; épaisseur, 0,15.
Relations et différences : Il est difficile de reconnaître plusieurs espèces dans l’en¬
semble du matériel rapporté à M. reteseptatus. Comme dans tous les Irréguliers, les coelli-
Puravo&ciriWi-, reconstitution.
252
FRANÇOISE DEBRENNE
cients intervallaires et poreux sont variables dans chaque individu et ne peuvent servir
de base à la distinction des espèces avec la même certitude. Si l’on considère le rapport
des côtés des chambres interseptales, qui, dans le cas de releseplatus, sont assez régulières,
comparé au diamètre, on obtient un graphique montrant que la majorité des exemplaires
sont dispersés autour d’une ligne moyenne. Quelques spécimens s’en écartent plus nette¬
ment, comme P 982-154 dont la muraille externe annonce celle de Maiandrocyathus, et P
985-166 où l’on n’a pas observé de planchers.
PARACOSCINIDAE Debrenne, 1970
PARACOSCINUS Bedford R. et W. R., 1936
(Fig. 36)
Espèce-type par désignation originale : Paracoscinus mirabile Bedford R. et W. R.,
1936 : 18, fig. 85-86.
Diagnose
Calices coniques dont la partie inférieure, entourée de bourgeonnements et d’une muraille
externe imperforée, puis irrégulière, comprend des cloisons radiales et des liaisons tangen-
tielles, ainsi qu’une cavité centrale comblée par îles structures alvéolaires. Les calices adultes
ont une muraille externe à porcs irréguliers, peut-être masqués par une seconde enveloppe.
La muraille interne présente des carènes verticales nettes au niveau des cloisons, moins
prononcées pour les subdivisions des pores rectangulaires principaux. Des cloisons ont de
petits pores éloignés, alignés verticalement et horizontalement. Les planchers nombreux
et rapprochés, ont des perforations assez régulièrement disposées.
Discussion
Cette forme est très proche du genre Pycnoidocoscinus, qui sera décrit plus loin.
Paracoscinus étant défini par son espèce-type, de petite taille, dont la muraille externe
reste longtemps imperforée et la cavité centrale non différenciée, Pycnoidocoscinus par des
individus adultes dont on ne connaît pas la base, il serait donc possible de penser que les
différences constatées sont des variations d’un individu d'un même genre. Ces différences
portent sur les épaississements des bords distaux des cloisons, la partition différente de la
muraille interne (avec la présence difficilement observable de cribles chez Pyc.noidoco-
cintis), enfin et surtout sur la porosité des planchers.
Etant actuellement dans l’impossibilité de faire une étude détaillée de ces caractères
et de leur évolution dans un même individu, à cause de la rareté du matériel, nous ne pou¬
vons réunir en un seul ces deux genres apparemment très voisins.
Paracoscinus mirabile Redford R. et W. R., 1936
(Fig. 37 a-d)
1936 — Paracoscinus mirabile Bedford R. et W. R. : 18, pl. XX, fig. 85-86.
1970 — Paracoscinus mirabile Bedford R. et W. R. ; Debrenne : 38.
1972 — Paracoscinus mirabile Bedford R. et. W. R. ; Un i. : 124, fig. 92-2 a-b.
. ' 3 ^- - "v
Fig. 37. — Partteascimis mirabüe Bedford R. et W. R-, 1936 : a, vue générale, holotype P 988-169,-170,-171
(S.A.M.), X 3 ; b, détail de la muraille interne. Holotype, X 10 ; e, coupe transversale. Topotype
86680-241 A, X 6 ; d, coupé longitudinale. Topotype 86680-241 A, X 3.
254
FRANÇOISE DEBRENNE
Holotype : P 988-169,-170,-171, trois fragments du même spécimen, South Austra-
lian Muséum.
Paratype : P 989, South Australian Muséum.
Autre matériel : 86680-251, Princeton University. ? T. 1559 A-B, Université d’Adélaïde.
Description et dimensions
Espèce conique à cloisons et planchers rapprochés. Pour un diamètre de 1,35 mm,
la cavité centrale n’est pas définie, l’espace interne est comblé par des plaques radiales
bifurquces vers l’extérieur et dissociées vers le centre. I.a muraille externe esL imperforéo.
Pour 6 mm de diamètre, la cavité centrale (1,8 mm) est délimitée par la muraille interne
qui comporte un ou deux porcs rectangulaires (diamètre : 0,20 mm è 0,25 mm, linteaux :
0,05 mm), mais reste occupée par des tubes de section polygonale à arrondie, d’ouverture
moyenne de 0,3 min. Ces tubes se relient aux linteaux de la muraille interne. Dans l'inter-
vallum, les cloisons radiales sont parfois réunies par des synaptieules obliques vers la partie
externe, et par quelques lames de tissu vésiculeux. On compte 13 cloisons, espacées de
0,6 mm à la muraille interne et d’1 mm à la muraille externe. L ne trace de plancher perforé
est visible à ce niveau.
La cavité centrale se libère entre 6 mm et 12 mm de diamètre. La hauteur totale con¬
nue de cet individu atteint 21,3 mm, pour un diamètre de 14 mm ; l'ouverture de la cavité
centrale est alors de 4 mm. Les cloisons sont distantes de 0,32 mm à la muraille interne et
de 0,54 mm à la muraille externe. Elles ont de petits pores de 0,05 mm de diamètre, séparés
par des linteaux d’environ 0,16 mm ; leur épaisseur est de 0,08 mm.
Les planchers se succèdent à des intervalles variant de 0,6 mm à 1,4 mm. mais sont
le plus souvent distants de 0,8 mm. 1 ne vingtaine sont dénombrés sur une hauteur de
21 mm à partir de 6 mm de diamètre ; ils sont peut-être présents plus tôt, mais ils n’ont
pu être mis en évidence. Quatre porcs alignés suivant des lignes parallèles aux parois sont
présents dans la largeur d'un interseptum (diamètre : 0,05 mm, linteaux : 0,16 mm). La
muraille externe est mal conservée, elle se présente comme une lame irrégulière, à petits
pores dont il est difficile de dire s’ils représentent une muraille simple ou s’ils sont la seconde
enveloppe microporeuse. Les pores de la muraille interne suivent 1*écartement des cloisons ;
il y a généralement un pore rectangulaire par iulersept, qui peut être divisé en deux par
un linteau vertical. Des carènes suivent les bords des pores le long des cloisons.
Relations et différences : Le spécimen 86680-251 A, rapporté à l’espèce, est de
grande taille : diamètre de 25 mm ; cavité centrale de 12 mm, pour une hauteur connue
de 40 mm. Les cloisons et les planchers forment des loeuli carrés de 0,6 mm de côté. La
muraille interne est carénée verticalement ; elle a un pore rectangulaire, subdivisé ou non
par intersept. La porosité des différents éléments du squelette correspond bien à celle de
l’holotype. Par contre, le spécimen T 1559 A est proehe, par sa forme à bourrelets externes,
les épaississements distaux des cloisons et la répartition de ses planchers, des espèces du
genre P ijcnoid oùosc i nu s étudié plus loin : mais sa muraille interne et surtout la porosité
non réticulaire de ses planchers sont comparables à celles décrites dans le genre Paracos-
cinus. Cette forme, en particulier, fait bien apparaître la possibilité d’une future réunion
des deux genres.
Fig. 38. — Pycnoidocoscinus , reconstitution.
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FRANÇOISE DEBRENNE
PYCNOIDOCOSCINIDAE Debrenne, 1970
PYCNOIDOCOSCINUS Bedford R. et W. R., 1936
(Fig. 38)
Espèce-type par désignation originelle : Pycnoidocoscinus pycnoideum Bedford R.
et W. R., 1936 : 19, fig. 87.
Diagnose
Calices cylmdro-eoniques à larges bourrelets annulaires horizontaux, cloisons micro¬
poreuses et planchers arqués régulièrement répartis. Les murailles sont doubles : le réseau
de la carcasse étant dans les deux cas lié nettement aux cloisons et planchers dont la trace
est très visible dans le dessin de la porosité. Les secondes enveloppes sont souvent impar¬
faitement conservées, celle de la muraille externe est indépendante, celle de la muraille
interne du type crible.
Relations et différences : Voir la discussion du genre Paracoscinus.
Fig. 39. — Pycnoidocoscinus pycnoideum Bedford R. et W. R., 1936 : a, coupe transversale avec détail d’un
plancher réticulaire. Paratype P 991 (S.A.M.), X 10 ; b, détail de la muraille externe. Paratype P 991
(S.A.M.), x 10 ; c, détail de la muraille interne avec crible. Paratype P 991 (S.A.M.), X 20.
LES ARCÎlÉOCYATHES IRRÉGULIERS d’aJAX MINE
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Pycnoidocoscinus pycnoideum Bedford R. et \V. R., 1936
(Fig. 39 a-c)
1936 — Pycnoidocoscinus pycnoideum Bedford R. et W. B. : 19, pl. XX, fig. 87.
1965 — Pycnoidocoscinus pycnoideum Bedford R. et W. R. ; Hui : 134, pl. XII, fig. 2 a-c, fig. 24
7 a-e.
1969 — Pycnoidocoscinus pycnoideum Bedford R. et W. R. ; Debrenne : 367-368, pl. 18, fig. 4-8.
1970 — Pycnoidocoscinus pycnoideum Bedford R. et W. R. ; Debrenne : 40.
IIolotype : Svntypes, P 990-175,-176,-177, probablement fragments d’un même spé¬
cimen, South Australian Muséum.
P a rat y pe : P 991, South Australian Muséum.
Autre matériel : Princeton University, coll. Bedford, n os 242,-243,-244. British
Muséum (Nat. Ilist.), S 4832.
Description
La muraille externe est composée d'un réseau dont les mailles principales sont rectan¬
gulaires, épaissies sur leurs bords, liées aux cloisons, aux planchers et h des barres inter¬
médiaires parallèles aux planchers. Ces mailles sont divisées par des linteaux obliques
délimitant des pores irréguliers. Vers l’extérieur, la seconde muraille microporeuse paraît
indépendante des linteaux. Les mailles de base de la muraille interne sont également rectan¬
gulaires et construite* de la même façon par les bords épaissis des cloisons et planchers.
Ces divisions secondaires sont moins irrégulières et sont uniquement constituées par une
barre médiane parallèle aux cloisons. A un endroit bien conservé, on a pu observer un crible,
mais généralement cetle structure, a été érodée.
Les cloisons sont radiales, planes, percées de petits pores régulièrement répartis; elles
s’épaississent à leur bord externe et interne.
Les planchers sont arqués et se développent à des intervalles constants. Us sont formés
de pores allongés, proches du type « relcroscinns », avec souvent une petite perforation
médiane ronde entre les deux rangées de pores ovales. Cependant, des partitions obliques
peuvent encore subdiviser les porcs principaux et l’ensemble est moins régulier que les
planchers de fieteeoseinus. Les stades initiaux ne sont pas connus. Les types de murailles
réticulaires à double porosité, sans être du type connu chez les Met.aeyathidae, en sont
cependant plus proches que de tout autre muraille connue chez les Regulares.
Dimensions (en mm)
Hauteur partielle, 70 ; diamètre, 45 ; intervallum, 5 à 7 ; interseptum, 0,80 à I ; inter-
tabulum, 1,80 à 2,16. Muraille externe : 1-2-3 pores polygonaux ; pore de base : diamètre,
0,16 ; linteaux, 0,10; micropores : diamètre, 0,08 ; linteaux, 0,05 ; épaisseur, 0,15. Muraille
interne, 1 pore divisé cri 2 ; porcs de base : diamètre, 0,37 à 0,21 ; linteaux, 0,1.0 ; épaisseur,
0,20. Cloisons ; 30 pores ; diamètre, 0,08 ; linteaux inférieurs ou égaux à 0,16 ; épaisseur,
258 FRANÇOISE DEBRENNE
0,10 dans la partie médiane, 0,30 vers les murailles. Planchers : 2 pores par intersept 4-
petit pore intermédiaire ; ouverture, 0,15 X 0,25 ; linteaux, 0,05-0,10 ; épaisseur, 0,10.
Relations et différences : Une seule espèce connue ; les variations spécifiques
portent sur l’importance des épaississements des cloisons.
RÉFÉRENCES BIRLIOGRAPHIQUES
Pour les références antérieures à 1969 se rapporter à :
Debrf.nne, F., 1969. — Lower Cambrian Archaeocyatha from Ajax Mine, Beltana, South Austra-
lia. Bull. Br. Mus. nat. Ilist., sér. geol., 17 (7), 81 p., 18 pl., 15 fig.
Nouvelles références :
Debrenne, F., 1970. — A révision of Australiau généra of Archaeocyatha. Trans. R. Soc. S. Aust.,
94 , 28 p., 2 p).
Handfield, R. C., 1971. — Archaeocyatha from the Mackenzie and Cassiar Mountains North¬
western Canada. Bull. geol. Sure. Can., 201 , 119 p., 16 pl.
Hill, D., 1972. — Archaeocyatha. In : Treatise on Invertebrate Paleontology. C. Teichert éd.,
part E, I, 158 p., 107 fig. Geol. Soc. America Univ. Kansas (New-York, Lawrence, Kansas).
Zhuravleva, 1. T. (ed.), 1969. — Biostratigraphiya i paleontologiya nizhnego kembriya Sibiri
i Dal’nego Vostoka. Izdat. Nauka, Moskva, 228 p., 60 pl.
— 1970. — Porifora, Sphinetozoa, Archaeocyathi, and their connections. In : Biology of the
Porifera. Symp. zool. Soc. London., n° 25 : 41-59.
Manuscrit déposé le 19 décembre 1972.
Bull. Mus. nain. Ilist. nat., Paris, 3 e sér., n° 195, sept-.oet. 1973,
Sciences de la Terre 33 : 185-258.
i---
Achevé d’imprimer le 30 avril 1974.
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Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hubeau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbercen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
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