ISSN 0181-0642
BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION TRIMESTRIELLE
SECTION G
sciences de la terre
paléontologie
géologie
minéralogie
4* SERIE T. 3 1981 N» 4
Octobre-Décembre 1981
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Professeur E. R. Brygoo
Section C : SCIENCES DE LA TERRE
Directeur : Pr L. Leclaire, Laboratoire de Géologie.
Rédaction : P. Dupérier.
Comité scientifique : J. Aubouin (Paris), R. G. C. Bathurst (Liverpool),
W. H. Berger (La Jolla), Y. Coppens (Paris), B. Cox (Londres), D. S. Cro-
NAN (Londres), J. Fabhiès (Paris), de Lumley (Paris), W. R. Riedel
(La Jolla).
Comité de Lecture : J. P. Caulet, J. C. Fischer, L. Ginsburg, L. Leclaire,
E. A. Perseil.
Les Membres du Comité scientifique sont membres de droit du Comité
de Lecture qui désigne les rapporteurs dont un au moins est extérieur au Muséum.
Fondé en 1895, le Bulletin du Muséum d’Histoire naturelle est devenu à partir de 1907 :
Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle. Des travaux originaux relatifs aux diverses
disciplines scientifiques représentées au Muséum y sont publiés. Il s’agit essentiellement
d’études de Systématique portant sur les collections conservées dans ses laboratoires, mais
la revue est également ouverte, depuis 1970 surtout, à des articles portant sur d’autres
aspects de la Science : biologie, écologie, etc.
La J’’® série (années 1895 à 1928) comprend un tome par an (t. 1 à 34), divisé chacun en
six fascicules regroupant divers articles.
La 2® série (années 1929 à 1970) a la même présentation : un tome (t. 1 à 42), six fasci¬
cules par an.
La J® série (années 1971 à 1978) est également bimestrielle. Le Bulletin est alors divisé
en cinq Sections et les articles paraissent par fascicules séparés (sauf pour l’année 1978
où ils ont été regroupés par fascicules bimestriels). Durant ces années chaque fascicule est
numéroté à la suite (n°® 1 à 522), ainsi qu’à l’intérieur de chaque Section, soit : Zoologie,
n®® 1 à 356 ; Sciences de la Terre, n®* 1 à 70 ; Botanique, n®* 1 à 35 ; Écologie générale,
n®* 1 à 42 ; Sciences physico-chimiques, n®® 1 à 19.
La 4® série débute avec l’année 1979. Le Bulletin est divisé en trois Sections : A : Zoolo¬
gie, biologie et écologie animales ; B : Botanique, biologie et écologie végétales, phyto¬
chimie (fusionnée à partir de 1981 avec la revue Adansonia) ; C : Sciences de la Terre, paléon¬
tologie, géologie, minéralogie. La revue est trimestrielle ; les articles sont regroupés en
quatre numéros par an pour chacune des Sections ; un tome annuel réunit lei trois Sec¬
tions.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’Histoire naturelle,
38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris, tél. 331-71-24 ; 331-95-60.
— pour les abonnements et achats au numéro, au Service de vente des Publications du
Muséum, 38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris, tél. 331-71-24 ; 331-95-60.
C.C.P. Paris 9062-62.
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Paris, tél. 587-19-17.
Abonnements pour l’année 1981
Abonnement GÉNénAL : 900 F.
Section A : Zoologie, biologie et écologie animales : 560 F.
Section B : Botanique, Adansonia : 280 P.
Section C : Sciences de la Terre, paléontologie, géologie, minéralogie : 180 F.
Numéro d’inscription à la Commission paritaire des publicatiotis et agences de presse : 1405 AD
BULLETIN nu MUSÉUM NATIONAL iriIISTOIHE NATUHELLE
4*^ série, 3, 1981, section C (Sciences de la Terre, Paléontologie, (léologie. Minéralogie), n“ 4
SOMMAIRE — CONTENT
A. Abad, J.-C. Fischer et L. Via. — Première découverte d’un Sépioïde (Cejiha-
lopoda, 1 libraiiehiala) dans le Pliocène iliérique. 287
Eirsl ilisiwery of a Sepioid (('ephalopodii, i)ihraitcliiala) In llie lheria Pliocène.
A. Attaiî, .1. Fabre, Ph. Janvier et t J.-P. Lehman. — Les \ crtélirés de la forma¬
tion de 'riguentourine (Permo-Carhonifère, bassin d’illizi, .\lgérie). 301
The VerlehruteJ! from the Tiyiienluurine Ennnntlon (Pernio-Carhoniferoux, drainage haxin
uf lltizi, Algerin),
M. G avkt. — Considérai ions relatix'cs à la paléoécologie du gisement cénomanien
de Lateiras (Portugal). 311
Considérations relative lo llie palaeoerology of ihe Cenontanlan lorallly of Laoeiras
( Portugal J.
J. M. .VIazin. — Grippia lorigiroslri.s iman, 1920, un Ichthyoptcrygia primitif du
Trias inférieur du Spitsberg. 317
Grippia loiigirostris W’itnan, 1929, a priniitioe Ichthyoplerygian front the hnrer Trias
of the Spitsberg.
,1. Mlikovsky. — Kelationships of the Eocene bird “ Nttnienius ” gypsoruni Ger-
t ais . .......... 341
A/linitês de l'Oiseau éorène « Xinnenius » gypsoruni Gerçais.
L. Ginshorc, .1. lliiN et J.-P. Lociier. — Les Mliinocerolidae (Perissodactyla,
Mammalia) du Miocène inférieur des lleilleaux à Savigné-sur-Lathan (Indre-et-
Loire) . 345
The Hhinorerotids (Perissodactyla, Manunalla) front loa-er .Miocène of l^es HeiUeau.r al
Savigné-sur-Lnthan (Indre-et-Loire).
'i. 31
— 286 —
E. IIeintz et M. Dutîak. — Place et signification des dé])ôts villafranchiens de
Moiistiers-Ségriès et faune de Mammifères de Cornillet (Alpes de Haute-Pro¬
vence).
Position and signification of the oillafranchian deposits of Monstiers-Ségriès and niarn-
ninlian faitnu of Cornillet (Alpes de U aide-Provence ).
P. E. Biron et d.-M. Dutuit. — Figurations sédimentaires et traces d’activité au
sol dans le Trias de la formation d’Argana et de l’Ourika (Maroc).
Sedimentary patterns and animal lehenspuren froni the Trias of the Argana formation
and the Ourika (Maroc).
363
399
Bidl. Mus. ualn. Ili.st. nat., Paris, 4® sOr., 3, 1981,
secliiiri (>, ri" 4 ; 287-299.
Première déeouverte d’un Sépioïde (Ceplialopoda, Dibranchiata)
dans le Pliocène ibérique
par Antonio Aiiad, .)ean-(’,laii(lc I'isciikh et Lois \ i.a
Résumé. I.c gisement plioeéiie de « la l’la(;a de les llniixes », au nord-est de Moliiis de Kei
(province de Barcelone, l’jspagnei, est pré.senté p.ar un enseitd)l(‘ d’observations biostratigrnpbiques,
paléogéograpliiipies et paléoêeologiipies, pour la (dupart Inédites. I.e sépion Irouvé In situ est
décrit et attribué h Srpiti ruiiulu.sa Bellordi, 1872, espèce précédemment contiiie par un matériel
très fragment.nre provenant du IMioeène d’Italie du Xord.
Resumen. Priuivr Itallurza tle un St'pioldi'o (Cephnlupuilu, liihrtinrhlulu) en el Pliovuno
ibérien. - lil yaeimienlo (ilioeeiicj ilc <i la Plaça de les Bruixes », al N.E. de Molins de Hei IProvineia
de Bareeiona. l'ispanai, es preseniado pur un conjunto easi inéilitu de observaeiones bioestrati-
grâficas. paleogeogri'iliea» y paleoeenlogieas. La Conelia o bueso eneontrado in situ, i|Ui' se describe,
se atribuve a Sepiu rugnlusu BolJardi, 1782, espeeie lamoeida |)or un material mus Iragnientario
procedeiite did Pliüeeno du llalia i|e| .N<irte.
Abstract. First lUseiieern nf a Sepiuiil (l ephalopodu, Iithruneliiuluj in ihe Iherliin PItorene.
— The pliocène onlcrop nf '* ta Plaça de les Bruixes ”, N.K. of Molins de Bei 1 Province of Barce-
lona, Spairil is presenleil by an ensemble of bioslratigrapbieal, paleogeographieal atid paleoecolo-
gical observations, most of Iliern lieing new, The scfiion found in situ is deseribed and related
to Sepiu rugulo.sa. Bellardi, 1872. speeies previousK known by pttorly preserved material only,
from the Pliocène of .\orth ltal\.
A. Abao el L. Vi.c, Laboratoire du Musée géoloji;ifiue du (irand Séntinaire de Barcelone (Espagne).
J.-C. Ptse.HER, Institut de Paléontologie du .Muséum national d’Histoire naturelle, associé au (WB.S (L.\ 12),
Paris (France).
Introucction
Corps parfaitement insubmersibles, les sépions ne iteuvent se trouver sédinientés
qu’en cas d’écboiiage |)ar assèchement de lagune ou (>ar laisse de mer : ceci peut expliquer
leur extrême rareté à l’état fossile, alors même que rien ne |iernict de snj>]>oser tjue les
Sépioïdes aient été, au cours ilu Néogène en tout cas. sensiblement moins abondants que
dans la nalure actuelle. .Aussi, la découverte d’un sépion fossile constitue toujours une
source intéressante d'informations sur ce groupe dont l'histoire évolutive ne nous est que
très imparfaitement connue.
C’est à l’un de nous (.A. A.) que revient la découverte du premier sépion signalé dans
le Pliocène d’Kspagneet qui fait l'objet principal de la présente note. Du Pliocène, en
1. Le Mineèiie (l'Ksiiagne avail préeédeinmetit livré, ilaiis mi gisement il'.Xtidalmisie, un sépion qui
a été décrit par R.vmis et .MKi.èNur:/. (IDtifil sons le nom de Sépia (Pnrasepin) orhigni/ana l'enissnc, ssp.
hetica n. ssp.
— 288 —
elîet, ii'ôtait jusc|u*ici connu (jiriin petit nonilire <rcspèce.s européennes île Sépioïdes (huit
en tout), provenant exclusivement d’Italie du iNord. Le spceiinen du Pliocène d’Espagne
se rapporte typiquement à l’une d'entre elh-s, Sépia ruÿnlosa llellardi, 1872, étaldie d'après
un matériel très incomplet et dont nous allons pouvoir préciser les caractères.
Mais il cornient, au |)réalalde, d’a|q»orter un complément d’informations liiostrati-
graphi(|ues, ])aléngéographiques et paléoécologiques sur le gisement de « la Plaça de les
Hruixes », d’où provient notre spécimen et cpii n’avait encore fait l’olijct d’aucune étude
d’ensemide.
Srii’Aiiox Gé.oi; H APiiio f K ne uiskm is.nt ; Le giseiueul d'où jiro\ietil notre matériel
se trouve sur la commune de Molins de Ifei, localité sitnéi’ à 7 km à l’ouest de Barcelone.
11 s’agit d’une ancienne inarnière, autrefois activement c.x|)loitée et ipii s’ouvi'C (lig. 1) à
1 km à gauche sur la rtmte menant de .Molins de Hei ù Saut Barlomeu, au lieu-dit « Terrai
de la Plaça de les Bruixes » (coordonnées géographiques ; 'in“25'2(l'’ N — 2°2''i'' E).
MOLINS
^EREL
QUATERNAIRE
PLIOCENE
paléozoïque
Limite probable
des mers pliocènes
Quoternoire'
Paléozoiquel
Fiu. 1-3. — Le gisomeiil pliocène du <i Terrai de la Plaça de les Hruixes ». I, carie de silualioii |en partie
d’après les publicalions de .1. Ac.meha (1900) et de l'IGMfî (1930, 197.â)] ; 2, coupe géologique sinipli-
liée lie rallleureineiU ; 3, euliinne stratigraplùqiie établie d’après les données de l'ensemble de l’aftleu-
reinenl.
— 289 —
DESCRIPTION STHAT[GRAPHIQUE
!j(^s alllcurernents pliocènes sont représentés, dans la région de Molins de Rei, par une
succession de lanibeaux mis à découvert par rex[)loitation ou par l’érosion (lig. 1), et qui
reposent en discordance sur des matériaux paléozoï(|ues variés : schistes ordoviciens et
siluriens, calcaires dévoniens, lydites carhonll'ères.
Au lien-dil « Terrai de la Plaça de les Bruixes r, dont la stratigraphie n’avait été que
partiellement esquissée par .1. Ai.viiîtiA (1894, 1907), Acmkha et BoKti.L (1898), J. Civis
Elovkk A ( 1970) et M AHTiNKi.i. et Makoiuna (1980), les falaises vives de la inarnière montrent,
au-dessus du PaléozoiVpie, une série pliocène épaisse d'environ 50 m (lig. 2 à 5) on se suc¬
cèdent les niveaux suivants de has en haut :
1. — 3 m de brèches formées d’éléments paléozoïcpies (schistes et lydites carboni¬
fères, calcaires dévoniens) de dimensions très variées (2 à 200 cm), emballés dans un ciment
calcaire friable ; quelques blocs |)résentent des traces de forage im[)Utables à des Phola-
didae, et ce niveau contient des <lébris de Spoiidylidae spéciliquement indétermi¬
nables.
2. — 1 m de luarnes jaunâtres sableuses, très (lues, contenant quelques blocs schis¬
teux ; ces marnes renferment une faune alnuidante mais peu variée de Bivalves et de Gas-
tro])odes (voir liste p. '292 et 293) à test mal conservé sauf pour les Pcetinidae et les
Ostreidae, ainsi que des débris de végétaux divers parmi lesquels on peut identifier la pré¬
sence du genre Populux (restes foliaires) : c’est de ce niveau que provient également le
Sépioïde dont il va être (piestion. Ce niveau, qui n’alUeure qu’à l’extrémité sud-ouest du
gisement, n’avait encore été ni repéré, ni décrit ; et toutes les références faites, depuis
J. Ai.meha. à des « tiiveaux inférieurs » ou à des « marnes jaunâtres », doivent donc être
inter|irétées par rapport à des niveaux décrits dans des coupes 8tratigraphi(pies publiées
antérieurement à ce présent travail.
3. — 15 m d’argiles et de marnes Ideuàtres subleuse.s, contenant des nodules pyri-
teux intraforniationnels, et jirésentaut des intercalations charbonneuses discontinues de
(pielcpies inillimètres d’épaisseur. Ces marnes reid'ermenl une faune abondant*^ et parfai¬
tement conservée, composée ]irincipalement de Bivalves et de Gastro|iode8 (voir liste p. 292
et 293) ; à leur tiers supérieur s’intercale une brèche conglomératique d’environ 49 cm
d’épaisseur, à éléments arrondis ou anguleux qui sont emballés dans un sable friable dépourvu
de macrofossiles, et les cinq derniers mètres présentent deux surfaces ilurcie.s fortement
oxydées. Les niveaux 2 et 3 eorres|>ondeni aux « argiles gris bleuâtre » de J, Almeka (1907) ;
le niveau 3 correspond pour partie à l’unité « U^ » de Maktixeli. et MAaytii.NA (1980),
d’où proviendrait le matériel qu’ils ont étudié et sur le<piel ils ont relevé un fort pour-
1. Nous remcrcioas M»'® .'V. LACRiAT-flACK et M. Ph. Uréuio.x d'avoir bien voulu contrôler la taxo¬
nomie et la rêpartiliua stratigrapliique des espèces de Bivalves et de Gastropodes citées sur cette liste.
Nous l'cinercions égaleineni M»'» .1. Bhoaoki., M"' S, Vkai.x, Nt. J. M. Mouackja et M. O. Serrette
pour leur collaboration à l'e.xpn^ssioii grapbi(pie du présent travail.
— 290 —
Fig. 4-5. — Vin*s aclin.*lles de raineuremenl jdioiène du ti T<’irid di* la l'Inra de les liriiÎKes ». 4. parlie
haiile de la niariiière, montrant le ^miid ilêpu! supérieiu* de lirèelies, aelivenienl exploite (4b|, le.s
manies jaunâtres, à la !)ase du dépôt supêiienr de Inéolits (4a|, et les manies Ideiiatres. très fossilifères
(3) ; 5, coupe encore visible à rextrémité siid-ouest de radleiipemenl où les dépôts pliocènes, on pente
très accentuée, s'appuient sur le socle jialéozoûpie sous-jacent (im 3, les marnes bleuâtres, surmontées
par des déblais ; en 2, les marnes jaunâtres : en !, le nivM‘au bréchitpie de base).
— 291 —
centagH di' <'ni|iiillas de Gastro|>odfts présentant des traces de perforation (prédation)
Gn ce (|ui eoncerne la microfaune, ce niveau 3 renferme, d’après J. Civis Lloveka (1976),
une prédominance des {(cures henlliiipies Florilus, Bolivinia, (’ihicidex et LenUculina.
4. — 30 m de Orèches (frajiments anguleux de cpiartz et schistes paléozoïrpies de
dimension intérieure à 30 cnt) alternant avec des marnes saldeuses jannàires fossilifères
(voir liste p. 202 et 203). La plupart des fossiles sont ici dé|)ourvus de leur test , sauf en ce
qui concerne les Matlréjairaires, le ürucliiopode Me^erlia Iruncata, les Mi valves l’ectinidae
et Ostreidae, et les Balanes. b’.n ce qui concerne les Foraminifères lienthiques, J, Civis
Llovkiia (1076) signale « un changement hrusque de la faune dans les niveaux sableux
intercalés dans le dépôt congloméralique su()érieur oii, en plus d'une moindre div'ersité
spéciTnpie. on constate une nette prédominance du genre Elphidiurn ».
Cette série pliocène est surmontée, en légère discordance, par une couverture de brèches,
loess et caliches, classiquement attribués au Pléistoeène moyen.
On s’accordait, depuis le travail d’Ai..MKKA et Bopilc (1898) sur les malacofaunes
pliocènes de Catalogne, pour considérer comme plaisauciennes les marnes des niveaux
inférieurs de la région de Malins de Hei, tandis que les brèches des niveaux supérieurs
étaient attribuées à un équivalent latéral de l'Aslien. A St, Feliti de Llogrebat., localité
voisine de Molins de Hei, J. Magné (1078) a pu récemment distinguer, d'ajirès les associa¬
tions de F’oraminifère.s, un Pliocène inférieur correspondant à la série détritique de base,
et un Pliocène moyen correspondant è la série essentiellement argileuse. ét[nivalent des
« marnes bleues » de J. Civis Llovera (1976). L’analyse (tableau I) des faunes récoltées
jiar nous (A. A. et L. V.) dans le gisement de «- la Plaça de le.s Bruixes » vient conlirmer la
singularité de la faune fin niveau 4, attribuable au Pliocène récent, tandis que les niveaux
sous-jacents (dont le niveau 2 d’où provient le Sépioïde) pourraient représenter les horizons
moyens à inférieurs du Pliocène.
INDICATIONS PALÉOGÉOGRAPHIQUES ET PALÉOÉCOLOGIQUES
Le <1 Terrai de la Plaça de les Bruixes » se situe au hord de ce qui fut la « ria » pliocène
au fond de laquelle se sont déposés les sédiments de même âge qui allleurent, un peu plus
au nord, sous le village voisin de Papiol et qui ont permis à J. Almera et à Bofill
(1898, 1997) de décrire l’une des séries slraligraphiques les plus représentatives et les plus
détaillée.s de la région.
La transgression pliocène a commencé ici, dans notre gisement, avec le dépiit des
brèches du niveau 1, vraisemhlablement au jiied d’une falaise comme l’atteste la présence
de gros blocs et de. débris de Spondylidae (éjiilithes fixés, indicateurs de paléosubstrats
durs).
1. La liste des espèces de tlastrupudes publiée par ces auteurs est partiellement complémeiilaire à
colle qui est relative à nos propres récnltes dans le niveau 3 : ils citent entre antres « Axlriiea (Hiiliiiu) nigosa
(Linné)... Genu/u (Acamplog^iirilinj liUiirhi (hrucclii), ... Actufon lurnatiÜH |Linnè), Huxanin iilriciihiJi (Hroc-
clii) ». Quelques .autres espèces, purcrintre, ne se trmiveiit pas citées par eux, telles que (UiriiUiiiphila (Orania)
juHula (Broeclii] et Geiiiiimln lurfijera (Nysl).
— 292
Tvhleau. I. — Listf' des espèces (macroflore et macrofaune) récoltées dans le gisement pliocène
de « la Plaça de les Bruixes » (niveaux 1 à 4) et leur extension stratigraphique connue en lùirope
occidentale du Miocène à l’Actiiel.
LISTE DES ESPECES PLIOCENES
DE "LA PLAÇA DE LES BRUIXES"
O de 1 à 5 spécimens
® de 6 à 10 spécimens i
• plus de 10 spécimens ■ ^
niveaux
' • en O
• 9
g
ANGIOSPERMOPHYTES
Papulue sp.— -
restes indéterminables-
HADRÉPORAIRES
Madraais aimerai (de Angelis)—-
Plabellum aviaula (Michelotti) -
Eupsanrr\ia praelonga (Michelotti)-
BRACHIOPODES
Megei>lia trunaata (Linné)-
MOLLUSQUES SCAPHOPODES
Dentalium inaequale Bronn-
MOLLUSQUE BIVALVES
Yoldia nitida (Brocchi)^ -
Barbatia barbata (Linné)-
Anadara diluvii (Lamarcli)-
Oluoymeris bimaaulata (Poli)-
rinna pectinata brocqhii d'orbigny -
Atntissium arietaUùn (Bronn) --
Arnuseium (KovobkotHa) oblongum (Philippi)-
Chlamys (Lyrop&aten) seniensis (Lamarck)-
Chlamys (LyropeatenJ bolleneneis (Mayer)-
Chlamys (tbaraahlamye) latissima (Brocchi) -
Pecten (Oppenheimapeoten) benedictus Lamarck-
Spondylus sp.—-
Anomia ephCppim Linné-
Pyanodonte Gochlear navioularis (Brocchi)-
Oatrea perpiniana pon tannes-
Chôma (Peilapua) gi'yphoides Linné-
Maatra sp.-—-
Tellina sp.-—---
Venus (Ventroaoloidea) multilamelloaa (Lamarck)-
Venus sp. - —
Peleayora ialandiaoides (Lamarck)-
Timoclea ouata (Pennant)-
Corbula (Varioorbula) gibba gibba (olivi) -
Gaatroohaetia dubia (pennant)-
MOLLUSQUES GASTROPODES
Turritella trioarinata tricarinata Brocchi -
Turritella rhodaniaa Fontannes -
Turritella {Varia) subangulata Bxocchx -
Me lanopsis (Lyraaea) matheroni Mayer-
— 293 —
Tahi.eai I (suite). — Liste des espèces (macrollore et macrofauiie) récoltées dans le gisement
pliocène de « la Playa de les Bruixes » (niveaux 1 à 4) et leur extension stratigraphique connue
en Kurope occidentale du Miocène à rAcluel.
LISTE DES ESPECES PLIOCENES
DE''LA PLAÇA DE LES BRUIXES"
O de 1 à 5 spécimens •
© de 6 à 10 spécimens niveaux q
• plus de 10 spécimens| i |2 | 3 | 4 ^
P, J
2 =5 -1 2
Ë m û, K
MOLLUSQUES GASTROPODES (suite)
Pstalocoturlîun (Maorophinigma) intortus (Lamarck)-
Thericiim üulgatwn (Bruguière)-
B\:ala fFuscasaaijiJ tenuiaosta (Michaud)-
CaLypti?aeei ohinensis (Linné)-
Apoï^vhciia uitingeriana (Risso)-
Xatioa vilZepunatata Lamarck-
mat-ica sp.-
Suepirvi kelicina (Brocchi)-
Galealea echinopkora (Linné)-
Apgcbuccinw (Panetla) giganteum (Lamarck)-
lyunculapCopsis truncutue (Linné)-
Üaelricna jfazicuîata (Linné) --
CoPulliophiUi (Qponia) fusula (Brocchi)-
NatstsariuB a Latus (Gould)-
Naesopiue iUiLiaua (Mayer)-
Nar.isai‘iuis buttenensis (Tournouer)-
mCJUBeicxua .ïamietpiatus (Brocchi)-
t'ueua lot%tji.roster Brocchi-
FU3UB latrisllùsus Borson-
Mitrai'ia bitenuata (Fontannes)-
Bcfneltitûz eerrç.ta (Bronn)--
Turriouta. (Sio'cula) dinrid-iata (Brocchi)-
Turic-i-outa (Xnefastia) allioni (Bellardi)-
Genmula tvavifeva (Nyst)-
BïHzahytomcL obtusangula (Brocchi)-
Mar.gelûz fCytharella) aostata (Donovan)-
Cotïus sp.-
Sticioterebpuin pliocenicum (Fontannes)-
MOLLUSQUES CÉPHALOPODES
Sépia pugulosa Bellardi -
CRUSTACÉS CIRRIPÈDES
Balanua spongicola Bronn-
Balanus (M&galobalanusJ tulipiformis Ellis-
CRUSTACÉS DÉCAPODES
Gevyon Zatifrons van Straelen-
Eryphia sp.-
ÉCHINODERMES
Brissopsis pc^iolensis Lambert-
Radioles d'Echinides---
— 294 —
I^a scdinKMitatidU pélitiqiie (|ui s’est ensuite installée avec les marnes du niveau 2
s’est faite en milieu uuverl (aucun indice de confinement) et à proximité du rivage (pré¬
sence de débris \égétaux, aliondatice des (piartz et forte imprégnation d’hydrate ferrique),
piroliahlement sous une faillie profonileur d’eau, avec une majorité d’espèces fouisseuses
traduisanl la généralisation de paléosuhstrats fins meubles, et quelques espèces fixées
(Areidae, (Istreidae), révélalriees d'éléments rocheux ou de sulistrats euquilliers situés à
proximité (le mélange d'espèces provcnanl de biotopes ainsi dilférents suggère le dévelop¬
pement de courants locaux). Ces divers points d’interprétation se trouvent |)arfaitement
en accord ave<' les conclusions suecessiveinent apportées par J, Ai.mkka (1894), J. Civis
Llovkiia (I97fii et Mautinuli. et Maroi ina iI9H0|.
.\vee. le niveau 3 (argiles et marnes bleuâtres à nodules pyriteux), le milieu serait
devenu réducteur, è faunes benlliiques essenliellemenl fouisseuses ou (livotantes, on l’on
note la [lersistance de quelques formes traduisanl des inllnences plus ou moins tro|)icales
(rares Madréporaires et (jasiropotles des genres ('aridliophila, i\ilrnria, Gemmidn, Brachy-
tonift, ('oniin, Slrinlt^rchruni].-
I>a brèche conglomératbpie cpii s’intercale ilatis le niveau 3, ainsi que les minces lits
charbonneux qni s’y disséminent, pourraient être les indices d’épisodes torrentiels, prémices
de perturbations probablement res|ioiisables des brèclies qui envahissent progressivement
le niveau 4. Dans ce dernier niveau, les intercalations de marnes jaunâtres fossilifères, à
faunes mélangées, traduiraient des lluctuatioris surtuut inilJales di; ce nouveau régime.
Il est à noter que vers le sud de Molins de lîei, c'est-à-dire vers le large de l'ancienne mer
pliocène, les Ijrècbes disparaissent graduellement au (irofit îles marnes jaunâtres fossilifères.
Le sépion récolté in nilu dans le niveau 2, probablement poussé à la cAle sous l’ellel
des emirauts locaux (eouraots de marée )’), confirme le. caractère éminemment littoral de
cette fornialion Le fait qu'il soit conservé dans ses moindres détails (ni brisé, ni usé,
seulement clivé au dégagement) indique qu’il est contem|)orain du sédiment (non remanié)
et (pi’il s’est trouve rafiidement enfoui, très probablement à proximité ou sur le lieu même
de la mort de l’organisme.
I ) LSC R1 PT ION P A LLt )NTOLOGI(,)l I K
A l’exception du Sépioïde, le premier qui soit signalé dans le Pliocène d’Espagne, la
faune du (< Terrai de la Plaça de les Rriiixes » n’olîre aucune nouveauté jiarticulière, toutes
les espèces rericontrées étant bien connues, notamment dans la région et grâce aux tra¬
vaux d’Ai.MKiiA et HoFii.i. (1898), .1. .\i.meha (1907), L. Via (1948), J. Civis Lloveha
(1976), Mahtinkli. et .Mahouina (1980), ou dans d’autres secteurs du Pliocène méditerra-
néi'ii d’Espagne
1. Vuir les raisuiis <loiiiiécs au déliut de cet article. Kii oiilre, ou a tout lieu de penser que les Sépioïdes
fossiles ont été, en tout cas au Néogène et comme leurs représentants actuels, des organismes nectoniques
côtiers.
2. Vuir uolammeiil le travail de J. M.vuiineli. (1977) sur les Gastropodes pliocènes de Catalogne,
et les travaux de Rhfbion el al. (1971, 1977) sur les faunes pliocènes de la province d'.Micaiile.
— 295 —
Le sépion, par contre, mérite une attention particulière du fait de son l)ün état de
conservation et de la [lauvreté des informations que nous possédons sur les Sé|)ioïdes fos¬
siles.
Classe CEPJIALOPODA Cuvier, 1797
Sous-classe Dibranchiata üwen, 1836
Ordre DECAPC)D.\ Leach, 1818
Sous-ordre Sepioidea Naef, 1916
Famille Ski>i[ij.\k Kerferstein, 1866
Genre SEPIA Lamarck, 1801
Sepia iSepia] rugulosa Bellardi, 1872
(Fig. 6-10)
1872. Sepia rugulosa Bellardi : 15, pl. 2, lig. 1.
1878. Sepia rugulosa; Tibrki : 67.
1904. Sepia rugulosa ; Sacco : 3, 4.
? 1904. Sepia rugulosa var. miorehann Sacco ; 3, pl. 1. fig. 1.
1920. Sepia rugulosa; BOrow-TncMMiîii ; 247.
.VIa rKHiKi.. -- Sépioii fossilisé en carbonate de chaux fortement imprégné d’hydrate ferrique,
clivé dot'so-vonlraleiTienl et piirtiellcmeiit dégradé an dégagement. Béctdtes \. Abad (niveau 2).
Collections du .Musée géologitpie <lu (liarid Séminaii'c de Barcelone, n'* 32441 (a et bi.
DimicxSjUi.’ns. Longueur totale, 13(| nim ; longueur du bouclier, 128,5 rnm ; largeur du
bouclier, 51 mm ; largeur du pliragmocône, 48 mm.
Desckiption
Sépion de contour presque parfaitement elliptique, à profil dorsal peu élevé et très
j)eu arqué, autant qu’on peut en juger par la reconstitution réalisée en tenant comjjte
des faibles déformations du fossile (lig. 9). Rostre extrcineinent court (brisé sur le fossile,
il présente à son point do raccordement avec le bouclier une section de senlenieni 2 mm
de diaiiiètre, et l'aniorce de son profil laisse à penser qu'il ii'exccdait |ias 3 mm de long).
Bouclier dorsal à marge extrêmement mince et débordant à peine le phraginocôtie dans la
région antérieure, par contre plus épais et laigcment envelo|q'ianl dans la région postérieure.
Surface dorsale marquée par trois côtes longiludinales arrondies, faiblement divergentes,
dont les deux latérales s'estompent aux trois-quarts de leur longueur (la médiane attei¬
gnant seule le bord antérieur), et ornée île rides transversales se transformant eu granules
vers les bords latéraux. Siphon s’élevant sur erniron un quart de la longueur totale du
Sepia ru^iilosa Ufllardi, spécimen du Pliocène de « la Pla^a de les Hruixes
vue dui'sale, X 1,5.
sépioti. PhragDiocôno j)arti(:lleiiu;nt détruit dans la région centrale (décollé et jierdu an
clivage), niais dont l’arc île conrlnire (représenté fig. 9) et les traces restantes permettent
de supposer que la dernière lame calcaire devait s'étendre sur au moins 45 mm de long
(soit environ 35 % de la longueur totale). La surface antérieure du phragmocône montre
une striation d’accroissement qui correspond à l’impression dorsale des septes. Septes à
bord siphonal de contour régulièrement ogival, apparemment dépourvu d’inflexions. Four¬
chette relativement étroite, à rebord ventral peu dévclo[)pé.
— 297 —
Fig. 8.-10 — Schéma Oc rrcnnsiilution chi sépioii de »S. nt^'itïosa, d'après le spéciini’n du Pliocène de « la
Plaça de les Priiixes ». 8, vue ventrale ; 9, vue latérale ; 10, vue dorsale. X 2/3.
Ohsekvations
Ce spécimen s'écarte très nettement de S. i’eirucosa Bellardi, 1872, du Pliocène d’Italie
du Nord, par sa forme plus étroite et son ornementation dorsale l)eaucou|) plus fine. On
peut, par contre, rattriluior .sans hésitation à S. rugulosa, espèce fondée sur un matériel
très ineom|)let (HELi.Aaui. 1872) mais présentant une parfaite similitude de taille, des
])roporlions sensildeinent équivalentes et le même type d'ornementation dorsale. (as|)éri-
tés de la région posléro-médiane relativement fines, devenant granuleuses vers les fiords
latéraux et s'estompant du edté antérieur),
Sacco (IPiyi : 2) a attriliué à celte espèce, sous le nom de variété nnoceljana, une forme
du Miocène inférieur d'Italie du Nord, non sans avoir également souligné les allinités qu'elle
présente avec les esjièces miocènes S. niiiheloUt Oastaldi et S. lo\'imtui Parona. Il nous
manque les éléments de corrqiaraison nécessaires pour pouvoir entrer dans cette discussion,
mais nous devons eepmulant signaler ipi'il existe ntic parfaite siniilitiide de taille et de
contour entre notre sficciinen et l'unique figure, en t ne dorsale, donnée jiar S.xcco pour
la variété iiiiuvebuna. Cette constatation tendrait fi confirnier, suivant l’interprétation de
Sacco, l'altrifiutinn de cette forme miocène à S. riig!ilo!:a, en dépit de l’écart stratigra-
phitpie existant entre les deux. N. /oef.ïo/oi se distingue en tout cas par sa taille fieaucouj)
[dus grande, son ornementation dorsale moins accenltiée, son contour rétréci postérieure-
— 298
meni t>l son rostri- nianil'eslemeiit jihis long (caractères f|iii la ra|)proclieraient à la lois de
respèce miocène S. (•indohoiiensis Scliloenhacli et de res|)èce pliocène S. cra\'erii Gastaldi) ;
.S. iiiichelot/i est une espèce beaucoup plus étroite.
S. rugiilosu, ainsi tpii; les autres espèces «jui viennent d’ètre citées, présente typique¬
ment les caractères du genrt' Sepia s.str., tels <|u’ils ont été précisés par Naef (11)23) ;
l'étal encore très fragmentaire de nos connaissances concernant les limites de variabilité
de CCS espèces néogènes, aussi bien que les caractères de leur région postérieure et du siphon,
rendrait cepemlatd illusoire tout essai de comparaison phylogénétique a\ec leurs re|)ré-
sentatds actuels.
Kéi'ahi rrio.N sTnATiuKAeuiycE et uÉouaAiMiigCE
A rexception de la variété niiocehana, indiquée par Sacco (1904 : 4) comme provenant
de rAquitanien siqtérieur de Dintorni di Cena (Coni, Italie du Nord), toutes les prove¬
nances précédemment signalées pour S. rugiiUmt cnnt;ernent le Plaisancicn d’Italie pénin¬
sulaire d’indication « Mioc. sup. » donnée par IIeixardi dans sa description originelle a été
ullérieuremeul rectiliée par Tibeim). Hile a été reconnue, toujours en état île rareté, d’une
part datis le Piémont au mont Capriolo |irès de Bra, province de Coni (Bei.i.a nui. 1872)
et à Taino près d’Augern, province de Novarc (Sacco, 1904), d’autre part au mont du Vati¬
can è lîoine (TtHEiii fidr Po.n/i, 1878).
Hc spéciineii que nous venons de décrire, en meme temps ipi’il a permis de iiréciser
les caractères de cette espèce, étend donc considérablement son aire de répartition géogra¬
phique : S. riigulu,sa apparaît dès lors comme une espèce du domaine méditerranéen iiord-
uccidcntal au Pliocène, a\ec une forme ancestrale au Miocène jiour autant que se trouve
conlirrnéc l'ailinité que présente a\ ec elle la s ariété iniocelmna.
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Les Vertébrés de la formadou de Tiguentourme
(Permo-Carbonifère, bassin d'IIlizi, Algérie) ^
par Abdelniadjid Attak, Jean Fabre, Philij)pe Jaîsvier cl f Jean-Pierre Lehman
Résumé. — Des restes d’Aetiaoptérygiens, d’Élasmobranclios et d'Acanthodiens, conservés
dans des nodules ferrugineux, ont été découverts dans le sommet de la formation de Tiguentou-
rine inférieure, La présence d’épines d’Acanthodiens ressemblant à celles d'Acanthode.s suggère
un âge stéphano-autunien qui n’est pas incompatible avec le reste de la faune, notamment les
Actinoptérygiens,
Abstract. — Actitiopterygian, acanthndian and elasmobraucli rcmains, preserved in ferru-
ginous nodules, bave bcen diseovered in the upper part of the lower Tiguentourine formation
(lllizi basin, Algeria). The presence of acanthodian spines of Acanihodes type is suggestive of a
Stephano-Autuniaii age, which is not inconsistent with the other components of the fauna, nainely
the Aetinopterygians.
A. Attab ; SOJSATBAf'll-K.rphirnlinn, .llgrr.
J. F AH HE : Certfre gé’ilnjfique cl géophysique île CNfiS, USTL, .34060 Montpellier Cedex.
P. .Ia.nvieh : L.A. 12 du CNB.S, Laboratoire de Paléontologie des Vertébrés, Université Paris VI, 4, place
Jussieu, 75230 Paris Cede.i 05.
t .J.-P. Lehm an : L..\. 12 du CNBéi, Institut de Paléontologie, 8 , rue de Bujjon, 75005 Paris.
Le matériel décrit ici a été. récolté en 1965 (J. F.) et 1980 (A. A.) et appartient aux
collections de l’Institut de Paléontologie du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris
(sigle TIG). Les pièces sont toutes conservées en négatif dans des nodules ferrugineux et
ont été étudiées par moulage en élastomère.
Cadre géologique
Au Sahara central, sur les conrms algéro-lybiens, les « couches versicolores de Tiguen-
tourinc » couronnent la série paléozoïque (fig. 1, 2) et étaient considérées jusqu'alors comme
stéphciiio-permiennes.
La série de Tiguentourine, définie par A. F. de Lappaiient et M. Lellbhe (1948),
surmonte, dans le bassin d'lllizi (ex Polignac) et au Fezzan, des argiles et calcaires marins
(formation d’El Adeb Larache, fig, 2), Itien datés du Moscovien par leur microfaune (Freu-
1. La rédaction de la partie paléonlologiqiie de cette note avail été commencée par le Professeur
J.-P. Lehman mais a été interrompue, par son décès survenu en février 198t. L'achèvement de ce travail
m’a été confié par L. GtN.SBURG, sous-directeur à l'Institut de Paléontologie du Muséum (P. J.).
4, 32
— 302 —
LOIS, 1964 : Leghand-Blain, 1980). Les géologues pétroliers (en particulier de la CREPS),
puis l’iiii de nous (Fauke, 1967 ; F'.abhk ci al., 1976; Reii i uamij-Sarfati Fabre, 1972)
en ont [irécisé la straligraplde et la lithologie, mais sans mettre en doute un âge qu’en
rabsence de fossiles caractéristiques on situait au Stéphaiiien ou au Permien. Cette série
est, comme les formations sous-jacentes, affectée par des gauchissements et une flexure
(Fanticlinal d’F'.djeleh), et elle est recouverte en diseonlance angulaire par des grès (forma¬
tion de Zarzaïtine, fig. 1, 2) bien datés du Trias par leur faune de Vertébrés (de Lappa-
RENT et al., 1958; Lehman, 1957, 1971) et leur rnieroflore (Achab, 1970).
Gypse
Fie. 1. — Carte schématique de la réginn de Tiguentouriiie, d’après la carte au 1/500 000 d’Illizi, simpli¬
fiée. Les figurés correspondent aux différentes « séries » et formations : « séries » de Zarzaïtine (Trias)
et d’El Adeb Larache (Moscovien) et formations de Tiguentourine. Le sommet des triangles noirs
indique les endroits où a été établie la colonne stratigraphique de la figure 2.
On |)cut distinguer, dans la série de Tiguentourine, deux formations : les formations
de Tiguentourine inférieure et supérieure. La formation de Tiguentourine inférieure,
épaisse de 75 à 150 m selon les endroits considérés, est constituée d’argiles vertes, rouges
ou violettes à illite dominante et chlorile alternant avec de petits lits de sills, de grès très
fins et de carbonates parfois oolithiques. Les sulfates se présentent soit sous forme de
filonnets ou de lits de gypse secondaire, soit de nodules. Sa limite inférieure est prise à un
horizon à boulets algaires (Bertrand-Sarfati iV Fabre, 1972) et sa limite supérieure
— 303 —
au toit d’un gros liane (3-4 m) de gypse qui fait corniche dans le paysage. Cette formation
correspond à une sédimentation surtout terrigène, fine, à laquelle s’ajoutait par moments
soit une précipitation calcique par les algues, soit une proportion variable de dolomie et
de sulfate dans les périodes de confinement relatif. Le dévelojipement des stromatolites,
des gastéropodes nains, des Esthéries et des poissons coïncide avec une raréfaction des
apports argileux et l’arrivée des silts et sables fins. De nombreux niveaux d’argiles ou de
silts craqués témoignent de lirefs moments d’émersion et de dessication. Ces données sug¬
gèrent un paysage très plat, d’étangs ou de lagunes.
lOOmi
50
OL
Zarzaïtine (Trias)
Tiguentourine sup.
P
pe
ps
P
Tiguentourine inf.
se
s_
El Adeb Larache
(Moscovien)
Fig. 2. — Colonne gtratigraphique (le la fornialion de Tiguenlourine près de la piste d’In Amenas à Illizl.
p, restes de poissons ; e, Estlieria ; s, si romalolites.
Les grès rouges à stratification oblique et les argiles de la formation de Tiguentourine
supérieure témoignent d’un changement notable du régime sédimentaire : les sables éolisés
dominent, le cortège des minéraux lourds est beaucoup plus varié et les argiles sont sou-
— 304 —
vent kaoliniques. Cette formation, souvent bien reconnaissable de la précédente sur les
diagraphies (P. S. et résistivité), apparaît, en subsurface, transgressive à la fois sur la for¬
mation inférieure et le Moscovien sous-jacent.
Faune de Vertébrés
Les restes de Vertébrés proviennent tous du sommet de la formation de Tiguentou-
rine inférieure (p., fig. 2). Ils sont conservés dans des nodules ferrugineux très plats et,
par conséquent, très fragiles. Le. matériel est donc principalement fragmentaire ; toutefois,
certains nodules incomplets renferment des assemblages d’écailles ou d’os dermiques de
de la tête en connexion, qui attestent de la jirésence probable de sjjécimens d’Actinopté-
rygiens conqdets (pl. I, 6, 12). La |)ln[iart des pièces ont été préparées ])ar dissolution de
la matière osseuse dans un bain d’IICl à 10 %, puis moulage de l’ernfjreinte naturelle avec
de l’élastomère.
1. Acanthodiens
Seuls deux petits fragments d’épines d’Acanthodiens ont été reconnus (fig. 3 ; pl. 1,
3), mais ils témoignent de la présence certaine de ce groupe dans ce gisement. Les Acantho¬
diens s’éteignant à la fin du Permien inférieur, ces deux pièces permettent de fixer une
limite supérieure à l’âge de cette partie de la formation de Tiguentourine.
Fig. 3. — Acanthodii gen. et sp. indet., formation de Tiguentourine inférieure, Algérie. Fragments d’épines.
A, TIG 001 ; B, TIG 002, Bl, section au niveau indiqué sur B2.
— 305 —
Ces deux fragments d’épines ont une surface lisse, creusée seulement de deux profonds
sillons antéro-latéraux, et ressemblent beaucoup aux épines A'Acanlhodes, genre proba¬
blement rnonophylétique et représenté par de nombreuses espèces, principalement dans
le Carbonifère supérieur et le Permien inférieur.
2. Élasmobranches
Une grande épine à ornementation costulée et dont le bord postérieur est pourvu de
petits deuticules recourbés (pl. 1, 1) est attribuée à un Elasmobranche indéterminé. De
telles épines sont fréquentes du Carbonifère au Trias, mais elles sont, pour la plupart,
atypiques. Colle de ce glsemetit ressemble assez aux é|)ines des nageoires dorsales de Tris-
tychiuH (Moy-Thomas, 1936) ou de Onychoselache (Dick & Maisey, 1980) du Carbonifère
d’Ecosse.
Un petit nodule porte Je moule, externe d’une pièce endosquelettique dont la surface
granuleuse suggère la présence d'une couche de cartilage calcifié prismatique (pl. I, 2).
11 pourrait s’agir d’un fragment de cartilage de Meckel ou de palatocarré d’une petit Elas¬
mobranche indéterminé.
3. Actinoptérygiens
Les restes d’Actinoptérygiens sont de loin les plus abondants dans ce matériel. Mal¬
heureusement, peu d’entre eux permettent une détermination précise. Nous nous limi¬
terons donc à une brève description des pièces les plus signilicatives.
Fig. 4. — Actinopterygii gen. et sp. indet., formation de Tiguentourine, Algérie. Maxillaire droit, vue
médiale (TIG 005).
Maxillaire TIG 005 (lig. 4 ; pl. 1, 13) : Ce maxillaire, dont surtout la surface, interne
est conservée, présente une lame postérieure très allongée, et dont le bord postérieur est
légèrement concave. Les dents sont nombreuses, fines, verticales, rappelant celles de Gona-
todus punotatm (Gardiner, 1967) du Carbonifère inférieur d’Ecosse.
— 306
Maxillaire. Tl G 006 (pl. 1, 7) : De dinicnsious plus grandes t{ue le préeédent, ce maxil¬
laire incoii»|ilel présente de grosses dents médiales et de. petites dents latérales, irrégulières.
C’est là un caractère primitif que l’on connaît clic/, la plupart des Actinopterygiens paléo¬
zoïques. Su lame postérieure est lotigue et plus élevée à l’arrière qu’à ravanl. Par sa forme
générale, il rappelle celui de Birgeriu, du Trias inférieur, mais aussi celui de Pygopteru.i
(Aldinger, 1037) du Permien.
Maxillaire TI G 007 (pl. 1, 9) : Bien que mal conservé, ce maxillaire présente de petites
dents pointues, eoinnie TUr 005, mais un liord ventral plus flexueux. En cela, il rappelle
plutôt celui des Aeduelliformes comme Igornichlhi/s iTleyler, 1970). Un autre maxillaire
(TIG 008: pl. 1, 8) lui ressemble heaucoii]) par sa forme générale, mais les dents n’y sont
pas conservées.
Le reste du matériel comprend un fragment de maxillaire en connexion avec un frag¬
ment de dentaire (pl. 1, 6), un jiarasjihénoïde incomplet (TIG 009), un cleithrum presque
cornjdet (pl 1, 10), un fragment de dentaire (pl. I, 4) et de très nombreux lambeaux de
squamation iTIG 015-025; pl. I, 12), Ces derniers montrent, dans rensemble, des écailles
proportionnellement petites (]>ar rapqiort à l'étendue des lambeaux) et, donc, suggèrent
plutôt une squamation de type Pi/gopteriis ou Palueaniscusi. Sur certains spécimens, la par¬
tie postérieure des écailles est ornée de rides grossières, convergeant mts l’angle antéro-
dorsal.
Certaines écailles présentent un crochet antéro-dorsal (jd. 1, 5) et une ornementation
tout à fait identique à celle A'Acropholis du Permien (Aldi.xger, 1937).
Conclusions
Par la présence d’.Acantbodiens, cette faune de poissons ne |)eut être |»ostérieure à
l’Aulunien. Elle ne peut être antérieure au .Moscovien qui est représenté par la formation
de El Adeb Laracbe, sous-jacente et liien datée par une microfaune marine. Les restes
d’Elasmobranchcs et d’Actinoptérygiens ne sont pias incompatibles avec cette « fourchette »
chronologique, mais il est impossible, pour le moment, de jiréciser l’.âge slephauien ou
autnnien de cetic partie de la formation de Tiguenlouriue inférieure.
Toutefois, ces nouvelles données periueitent déjà de caler avec un peu plus de pré¬
cision les iléformations « hercyniennes » dans cette région du Sahara. La lle.xuration de la
couverture paléozoïque à l'aplomb de la taille d’Edjeleh. dans le prolongement septentrio¬
nal den fractures du Tiheniboka et les déformations ejuorogéniques mineures, apparaissent
donc contemporaines des phases ultimes de l’orogénèse varisque du nord-ouest du Magh¬
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— 308
PLANCHE I
1. — Elasmobranchii gen. et sp. indet., épine incomplète (TIG 003) X 1,6.
2. — Elasmobranchii gen et sp,. indet., fragment d’un élément de l’endosquelette, recouvert de carti¬
lage calcifié prismatique (? cartilage de Meckel) (TIG 004) X 1,6.
3. — Acanthodii gen. et sp. indet., épine incomplète (TIG 001) X 1,6.
4. — Actinopterygii gen. et sp. indet., dentaire droit incomplet (TIG 011) X 2,3.
5. — Actinopterygii gen. et sp. indet., écaille de type Acrolepis (TIG 012) X 10.
6. —• Actinopterygii gen. et sp. indet., fragments de dentaire et de maxillaire en connexion (TIG 013)
X 1,5.
7. — Actinopterygii gen. et sp. indet., maxillaire incomplet (TIG 006), vue latérale, X 2,3. h.p., pit-line
horizontale de la joue ; s.r.i.o. surface de recouvrement pour les infra-orbitaires.
8. — Actinopterygii gen. et sp. indet., maxillaire incomplet (TIG 008) X 2,3.
9. — Actinopterygii gen. et sp. indet., maxillaire incomplet (TIG 007) X 2,3.
10. — Actinopterygii gen. et sp. indet., cleithrum gauche (TIG 014) X 2,3.
11. — Actinopterygii gen. et sp. indet., écaille ventrale isolée (TIG 016) X 6.
12. — Actinopterygii gen. et sp. indet., squamation de la région caudale (TIG 015) X 1,2. d.L, lobe dor¬
sale ; v.L, lobe ventral.
13. — Actinopterygii gen. et sp. indet., maxillaire droit (TIG 005), vue médiale X 1,6.
Toutes ces pièces proviennent de la formation de Tiguentourine inférieure et appartiennent à la collection
de l'Institut de Paléontologie du Muséum national d'Histoire naturelle de Paris.
PLANCHE I
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris, 4® sér., 3, 1981,
section C, n® 4 ; 311-315.
Considérations relatives à la paléoécologie
du gisement cénomanien de Laveiras (Portugal)
par Mireille Gayet
Résumé. — l.a découverte dajis le Crétaré de Laveiras (l'ortugal) de Poissons ostariophysaires,
généralement reconnus comme étant d’eau douce, tendrait à prouver la nature dulçaquicole de ce
gisement. En fait, l’origine marine île ce dépôt est démontrée ici.
Abstract. — The discovery, in the Cretaceous of Laveiras (Portugal), of Ostariophysans,
generally known as freshwater fishes, would tend to prove the dulcacicol nature of this outcrop.
In fact, the marine origin of this deposit is demonstrated here.
M. Gayet : Institut de Paléontologie, LA 12 (jyRS, Muséum national d’Histoire naturelle, 8, rue de Bu/fon,
75005 Paris.
Le gisement cénomanien moyen de Laveiras, au nord de Lisbonne (Portugal), est cons¬
titué de lits calcaires blancs à silex, surmontés par des calcaires à Rudistes. Il s’intégre
dans la série transgressive. Crétacé su|)orieur, dont 1 âge cénomanien, pour les premiers
dépôts, a été confirmé par P. Y. Beutiiou (1973).
Étudiée par (J. ua Veioa Fkhheiua (If)fil), i'ichthyofaune de. LaAciras apparaissait,
sans contestaliuits, comme étant d’origine marine. Or, la rév'ision de cette faune (M. Gayet,
1980 e.l 1981) a montré, entre autres, que le genre nommé « Clupaous » était en réalité
un Ostariophysaire (le plus ancien connu). Justpi’à présent, il est admis que les Ostario¬
physaires sont apparus et ont évolué en eaii.x douces (\V. A. Gosline, 1911 ; G. S, Myers,
1958; I’. H. Greenwood, D. E. Rosen, S. IL Wkitzman A G. 6. Myers, 196G) ; certains
auteurs estiment même (|ue les eaux salées ont forme une barrière complète <1 leur dis¬
persion Kn 1981, 1). E. Rosen lin lilt .) estime que n the section in vvhich your speeimen
(« Clupavus ») \vas toiind is in frcsliwater, ont marine lacies ».
Or, si les plus anciens re[irésentants de ce super-ordre, les Characoides trouvés par
11. Capretta et al. (1972, 1978) dans le Paléocène du Maroc cl dans l’Êocène iid'érieur
français, provâcnnent incontestablement d'eau douce, ,1. Gaudant (1979, 1980) a mis en
évidence la jjrésence de Characidae dans roligocène sauniàl.re du sud de la France, Il
estime que certains Characidae devaient posséder une relative curyhalinitc, ce qui aurait
permis leur pénétration en Europe en traversant la Mésogée occidentale. Si le gisement
de Laveiras est eirectivement marin, la dispersion des Ostariophysaires vers l’Europe,
l’Afrique et l’Amérique du Sud s’explique aisément. Il est donc très important de connaître
la paléoécologie de ce milieu.
— 312 —
:l. Observations relatives à la macrofaune
L’ichthyofamie est relativement variée (O. da Veiga Ferreira, 1961) et comprend
des Sélaciens (4 genres), des Pycnodontes (4 genres) et des Téléostéens (3 genres dont «Clu-
pa\’iis » reconnu comme le plus ancien Itslai'iopliysalre). Tous soûl caractéristiques d’un
milieu marin. A côté île ces formes marines, on trouve le genre Lepixosttais connu pour
son app.arteiianee aux eaux douces et saumâtres. Il faut néanmoins remarquer que ce
genre n'est connu ici que par des écailles, des vertèbres, des dents et des fragments de ma.xil-
laire, e'e.st-à-dire qu'il a siiiii nu trans[»ort post-mortem. Au contraire, Pyenodux cl « Clii-
piH’Ufi )), qui représentent à eux deux 90 % de richthyofaune totale, sont conservées sous
forme de squelettes en connexion, c’est-à-dire n’ayant visiblement pas subi de transport
post-mortem. Ces deux genres représentent par conséquent assez bien au moins une partie
de la biocénose initiale.
Par ailleurs, la découverte d’un Gastéropode ty|)iquement marin dans le même niveau
que les « Clupaviis » exclut un milieu dulçaquicole.
2. Observations relatives à la microfaune
La microfaune, en quantité très réduite, est peu variée et marine. On y trouve
essentiellement des Foraminifères benthiques [Nezzazata simplex, Lithuolidae, Miliolidae)
caractérisant un milieu marin peu profond (absence de Biloculines) et des Foraminifères
pla net uniques [Hedhergella).
3. Observations relatives à la microflore
11 faut signaler rextrème abondance d’algues marines de la famille des Calcisphaeru-
lidue, dont la taille est — à l’image de toute la microfaune — particulièrement petite. En
effet, d’après P. Saint-Marc (1974) les dimensions des Calcisphères sont généralement
eani|irises entre 0,020 mm et 0,140 mm. Or, à l^avciras, les plus grosses ne semblent pas
excéder 0,025 mm tandis que la plupart d’entre clics avoisinent 0,015 mm. Au Liban, ces
Calcisphères sont connues dans des sédiments crayeux crétacés.
4. Observations relatives à la nannoflore
Jusqu’à présent, seul le Cénomanien supérieur marin du Portugal avait livré de la
nannoflore. Le gisement de Laveiras est donc le premier site cénomanien moyen où l’on
en décèle. Celle-ci est pauvre, comme cela s’observe dans toutes les couches à Poissons,
peu variée [ZygoUthes sp., Podorabdocées, Staurolithes) et particulièrement petite.
5. Observations relatives à la sédimentologie
La gangue est un calcaire à grains très fins, compact, argileux. Il n’y a aucune diffé¬
rence macroscopique entre les blocs à « Clupavm » et ceux à Pyenodus. Aucune sédimen¬
tation varvée n’est observable.
— 313 —
L’étude des lames minces a permis de montrer la présence d’une matrice très fine
microspathii|ue et d’un ciment dont la structure varie d’une microspathite à une spa-
thite. L’ensemble est dépourvu d’apports détritiques grossiers et traduit un dépôt de
faible énergie.
COMCLUSION
Toutes les observations fournies par les couches à Poissons sont concordantes quel que
soit le « niveau » considéré (« Clujia\‘ii,s n ou Pycnodu.s) et indit|UBnl un liassin marin peu
profond, relativement isolé (probablement par la présence de hauts fonds) mais encore
en relation avec la mer ouverte. Ceci est en accord avec les données de P. Y. llKnrHou
(1978) ; l'auteur indique en ellet que, dès le Cénomanien inférieur, la mer venue du sud-
ouest envahit progressivement la région de Lisbonne. Les conditions étaient favorables
à l’étahlissemetÉl de Uudisl.es sur les hauts fonds protégeant ainsi, vers l’est, un bassin
limité, peu profond, aux eaux temporairement peu oxygénées.
Enlin, la comparaison (M. G.vykt, 1981) du « Clupavus » portugais avec Clupavus
tnaroccanus (L. T.wkune, 1977) du Jbel TseU'at, dont l'origine marine est certaine, montre
des allinités étroites de ces Poissons entre eux (transformation, entre antres, des premiers
éléments vertcbrau.x). Par ailleurs, le « Clupm'un a porliigaisT bien que laissé dans la famille
des Clupavidne, jiréscnle «les relation» étroites avec les Charneidae (M. Gayet, 1981). Or,
ce sont justement toujours des Characidae, parmi les formes les plus anciennes, que l’on
retrouve dans des milieux saumâtres. De ce fait, l’origine marine, dans un milieu qui appa¬
raît légèrement conliné, ne semble en aucun cas anormale.
11 est possible d’e.xpliquer cette concentration relativement importante de Pois¬
sons fossiles par la même hypothèse que celle déjà évoquée par C. Pattekson (1967) pour
les gisements übanais, selon la(|uelle la mort des Poissons pourrait cire attribuée à des
« Heurs d’eau « ( = «waterbloom »), c'est-à-dire à une prolifération de phytoplancton. Ce
phénomène a été minutieusement décrit et analysé par M. Biiongersma-Sa.nders (1957).
A Laveiras rextrèrne aliondance des Calcispbères semble significative. Il est donc permis
de se demander si l’on ne tient pas avec les Calcispbères au Portugal (ou avec les Pitho-
nelles au Liban où elle» représentent 99 % de la inicrofaune) la cause principale de la for¬
mation de ces gisements fossilifères.
11 est donc cerf ai n que. le milieu représenté à Laveiras était un milieu marin mais quelque
peu confiné par suite des relations limitées avec la mer ouverte. L'arrivée d’eau douce
de façon brutale, (apportant quelques éléments épars de Poissons) a pu déclencher un phé¬
nomène de « waterbloom » provoquant la mort soudaine de Pichthyofaune dans des condi¬
tions extrêmement favorables à leur fossilisation.
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PLANCHE I
1. — Amoiodiscus (X 14 eilV.).
2. — Rotalüihie (X 14 env.l.
3. — Hedhergella (K 14 env.).
4. — Spiroplectamoiina I Calcisphères (X 14 eiiv.).
5. — .Yliliolidiie (X 14 env ).
6. — Gastéiopodc (X 1,5 env.).
7. — Podorafidacac (X !t .4(10 env.).
8. — Zygolilhes sp. (x 9 500 env.).
9. — Cocoolithes indéterminés (X 3 200 env.).
10. — « Clupavus » (X ‘2,5 env.).
11. —• Pycnodwi (x 2,5). env.
(Clichés : S. Laroche (Microscope électronique) et D. Serrelte.)
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Bull. Mus. nain, llisl. nal., Paris, 4® scr., 3, 1981,
section C, a” 4 : 317-340.
Grippia longirostris Wiman, 1929,
un Ichthyopterygia primitif du Trias inférieur du Spitsberg
jiar Jean-Michel Mazin
Résumé. 1/étudc de Grippiii lungiru.sirix Wiman, l!)2!t, est ici l•eflrisc et complétée à partir
d’un nouveau matériel provenant du Spathien du Spitsberg. Il s’agit d’une forme réunissant des
caractères primitifs comme les métapodes allongés et un foramen pinéal s’ouvrant sur les pariétaux.
La fosse temporale de cette espèce se rapproche du type euryapside, La queue droite des Ichthyop¬
terygia primitifs est admise comme précurseur cle la ipieue hypoeertpie des formes jiirassieo-cré-
tacées. Kiilin, Grippiu est l'ousidéré eoinmc le groupe-frère de tous les autres Ichthyopterygia,
ce qui amène à reconnaître l'hétéroflontie comme un caractère plésiomorphe pour le groupe.
Abstract. Grippiu longirusirix Wiman, 192fl. is reexamined on the basis of new material
from the Spathiari of Spitsbergeil. This species retains primitive fentures, such as elongated
metapods and pineal foramen betwcen pariétal», and ils timiporal fossa is vcry cbise to the euryap¬
side lype. The straight tail of primilive ichthyoplerygians is regarded as a precursor of bypo-
cercal tail of posl-Triassic ichthyosaurs. The phylogenetic position of Grippia is diseussed and
it is cnnsidered as lhe sister group of ail the olher Ichthyopterygia. (’.onsequently, lieterodonty
lias to be regarded as plesiomorphous for the group.
J. .\l. Ma/.in ; l,ahoralt>ire dr PnUuntolngie de.s Vrriét/rês el dr Paléuidolugie liuiuniiir, l'iili'rrsilé P.\J{IS VI,
4, place Ju.t.iieu, 75230 Paris Ceder 05.
Introuuction
l^'espèce Grippia lungiruslrix fut créée par Wi.m.v.n i-n 1!)2!) sur nue portion de crâne
et trois ns des mernhres conservés dans un nodule (pl. I A). Cette jiiècc lui fut rapportée
du Spitsberg en 1927 par une expédition alleinaiide <)ui iVa [iii en jiréciser l'exacte posi¬
tion straligraphicpie : « Isolé an |ned d’une paroi du Trias terminal marin, baie d’Agardh,
à l’Est du glacier Ivory, Gripp 1927 " (Wiman, 1929). Le ly|ic de sédiment de la gangue
permit toutefois îi C. Wiman et E.. Stensio de localiser l’horizon entre le « niveau à Pois¬
sons » et le II niveau inférieur à Heptiles » définis par Wiman (1910) c'est-à-diri? entre le
Sniithien el r.\nisien inférieur (Buchan A: al., 1905 ; Co.x. 1973)L
Se fondant sur la description de cette espèce, Wi.man créa le nouvel ordre des Grip-
pidia, qu'il réunit avec les .Vreoscidida et les Sqiiamata dans le super-ordre des Parajisida.
Ce s|iécimen constitue le type de l’espèce et est conservé à l'Institut Minéralogique el Géo¬
logique d’État de Hanihourg (RFA).
En second matériel, plus important, fut confié à Wiman à l’issue de deux e.xpéditions
norvégiennes au Spitsberg (1929-1930). Il consiste en quinze nodules provenant de .\gardh
Range et du mont Milne Edwards, Sassendalen, S|iitsl)erg (fig. 1). Cette fois-ci, le niveau
33
— 318 —
slraligra|iliit|iie piil être oaraelérisc et iianimé « niveavi h Grippia » [c’est-à-dire Spathien
(Bik;h.\n iV al., 1965 ; Cox, 1973)]. Ce matériel, l)ieii qu’incomplet, permit à Wimax
(1933) de faire une bonne descrijilion de l’e.si)èce, mais la position phylogénique reste floue
pour cet auteur.
Fie. 1. — Focalisation des gisements à Grippia longiroslrin, 1, Agardh Range .Sassendalen ; 2, mont Milne
Kdwanis, Sassendalen; 3, moni Ibsen. Dickson Land.
Kn 1930, alors que seule la deseri((tion du type avait été donnée, F. von IIuene sug¬
géra sans argumentation solide une synonymie entre les genres Grippia Wiman, 1929, et
Mixomurux llaur, 1887 (von IIuknk, 1930 : 264). Cette proposition fut reprise en 1972
(p, 680-681) par MeCowan qui, en se basant sur la ressendtlanee entre les dents de Grippia
longiro.tlns et celles de Mirosaurus nardemkioddi (llulke, 1873), reconnaît l’e.xistence de
deux Ichtbyopterygia « lalipinnates » triasiques au Spitsberg : Mixomunis lon^irostris
(Wiman, 1929), et Mixnsaurus riordeiuskiodii (Hulke, 1873).
l/expédition CNMS-Mnséiini de 196!* au Spiitsbcrg a récolté trois nouveaux spécimens
attribuables à Grippia longirostris. Ceux-ci sont dans un état de conservation compa¬
rable à ceux qui ont été étudiés par Wiman et ils permettent un réexamen de l’espèce.
Ces spécimens sont répertoriés sous les numéros SVT 201, SVT 202 et SV”!' 203 et sont
conservés à l’Institut de P,aléontologie du Muséum national d’IIistoire naturelle à Paris.
Localisation uéoghapiiioue et sraATiCKAPHiQUE
Grippia longiro.ilris n’est connu qu’au Spitsberg, île principale de l’archipel du Sval-
bard (74°-81o de latitude. Nord, 10O-.35® de longitude Est). Les siiécimens étudiés par Wiman
— 319 —
proviennent de la baie d’Agardh et du mont Milne Kdwards dans la Sassendalen. Les spé¬
cimens trouvés en 1969 provieniient du mont Milne Kdwards (Sassendalen) et du mont
Ibsen (Dickson-Land) (fig. 1).
Séquence
Wiman
.
Toarcien
Coneloraérats
JURASs
Lias
Formation de
Schistes et Grès
Rhetien
cü
C
to
U
(A
U
3
U
va>
Norien
O
H
Cl
n
De Geerdalen
continentaux
3
C/î
Carnien
(U
"U
V
ex
3
Formation de
Schistes argileux
Niveau supérieur
à Reptiles
c/:
Ladinien
U
(S
Tschermak
petits nodules
Ferreux
<
mm
Schistes carton
Schistes
bitumineux à
Daonella
!-
Moyer
Anisien
m
Formation de
Botnehia
Niveau inférieur
â Reptiles
Spathien
VI
<0
tr.
n
0)
*3
Formation de
Schistes et
Schistes argileux
Niveau à Grippia
U
Z
U
Smithien
Sticky Keep
^ Posidomya
Nodules calcaires
Niveau â Poissons
1
Dienerîen
01
CL
3
O
U
Formation de
Grès, schistes et
schistes argileux
1
Griesbachien
VardebuVta
à Myalina et
Pseudomonotis
Fig. 2. — Straügrapliie du Spitsberg d’après (1910, 1929|, IIlghan al. (19()5) et Cox iSc Smith
(1973).
Liste des ahhkvi.\tions
ang, angulaire ; tl, dentaire ; FT, fosse tein[uiralr ; f, frontal ; lini, fusseU.e d’insertion du
m. addtiftor nmndibuliw internii/i pseudotemporalis ; II, Ininiériis ; j. jugnl ; I, lacrymal ; m, maxil¬
laire ; N, narine externe; n, nasal; (.>rb, orbite; p. pariétal; pi, foramen pinéal ; pm, prêmaxil-
laire ; po, postorbilaire ; prf. prêfrontal ; pr.prf. processus préfrontal ; pr.ret.art, processus rétro-
articulaire ; pl. plérygoïde ; ptf, poslfrontal ; i|, carré; ijj. ipiadratiijugal ; sa, surangulaire;
sp, splénial ; sip sipiamosal : troeb., trocbunler; v.cerv., vertèbre cervicale.
— 320 —
DESCRIPTION ET SYSTÉMATIQUE
Classe des ICHTHYOPTERYGIA
GRIPPIA Winian, 1929
Grippia longirostris Wiman, 1929
Synonymik
1929 Grippiii liiiigiriislri.f Wiman, 1929 ■ 180, |ig. 2.
1930 Mirosnuriis l.nngirnstris (Wiman, 1929 1 ; von Hulnk, 1930 : 201.
1933 Grippia longirnfitrijt Wiman, 1929 : Wima.n, 1933.
1972 Mixosourus hinginislris (Wiman, 1929) ; McGovvan, 1972 : 4-5.
1970 — Mixosaunis l.nngiroslris (Wiman, 1929); Mc.Cowan, I97(i : ()80-081.
lloi.oTA'pK : lîxempliiire « ilrifip » constitué d'un crâne incomplet avec mandibules et trois
os podiaii.x, conservé à l’institiil Minéralogique et Géologique d'Ktat de Hambourg (RF.\).
Acthk MATéHiEi. : 15 nodules (n™ 2 à 10) contenant des spécimens incomplets, conservés à
runiversité d’Upsala (Suède). Trois spécimens incomplets (SYT 201, SVT 202, SVT 203) conservés
à l’Institut de Paléontologie du Muséum nutionul d'Ilistoire naturelle à Paris (I‘'ranee).
Stiiate-tvpe : Spathicn (Scythien supérieur, Trias inférieur).
Gisement-tape : Baie d’.Agardh, Sassendalen, Spitsberg.
.\litkes gisements : .Mont .Milne Edwards, Sassendalen, Spitsberg. .Mont Ibsen, Dickson
Land, Spitsberg.
Diagnose é.mendÉe
.Museau court (rapport Longueur museau/Longueur mandibule de 0,50 à 0,00), foramen
pinéal s’ouvrant entre les pariétaux, fossettes d’insertion sur le toit crânien pour le m. adduclor
mandihulae inlernus pseadotrmpondis.
Grippia longirostris étant certainement proche du niorphotype ancestral, ces caractères repré¬
sentent probablement l’étal plésiomorphe pour les Ichthyopterygia.
D'autres caractères, comme les métapodes allongés, les grands frontaux, grands maxillaires,
l’implantation dentaire, l’organisation de la fosse temporale..., sont retrouvés chez d’autres Icbthyop-
terygia primitifs du Trias.
Crâne
L’écrasement général des spécimens ainsi que le mauvais état de coiiservalioii rendent
dillicile, voire impossible dans certains cas, une étude os par os du crâne de Grippia longi¬
rostris. La description est donc donnée au niveau de régions et de structures crâniennes.
En vue dorsale, le crâne de Grippia longirostris présente deux larges fosses temporales
— 321 —
supérieures (fig. 3, 4 el 5). Elles sont bordées ]>ar : le pariétal, médialement ; le postfrontal,
latéralement et antéro-latéralemenl ; le postorbitaire, latéro-antérienrement ; le squamo-
sal, postérieurement et postéro-latéralemcnt ; le quadratojiigal, par un petit contact latéral
entre le poslfrontal et le squamosal.
\
\
\
\ pm»
Fig. 3. — Grippia tongirostris Wiman, Spathien, mont Milne Edwards, Sassendalen, Spitsberg. Crâne
(SVT 201), vue dorsale.
— 322 —
Par la présence d’un quadratojugal et. d’un postorliitaire, cette fosse temporale s’écarte
du ty|>e d’organisation rencontré chez les Ichthyopterygia jurassico-crétacés. La fosse
temporale de Grippia longiroslris est certainement d’uti type primitif pour les Ichthyop¬
terygia (cf. discussion plus bas).
Fig. 4. — Grippia longirostris Winrian, mont Milne Edwards, Sassendalen, Spitsberg". Portion postérieure
du crâne (SVT 21)2), vue dorsale.
Les orbites sont grandes, allongées, ovales (hg. 3 et 5A). Elles sont bordées par le
lacrymal, le préfrontal, le postfrontal, le postorbitaire et le jugal. La limite entre le post-
frontal et le poslorbitaire reste inconnue.
Le bord antéro-dorsal de l’orbite porte un assez important processus externe du pré-
frontal, à la limite préfrontal-Iacryinal (hg. 3 et .5), Ce processus fut simplement dessiné
par Wi.MAN (1933, fig. 1, pl. 1) sur le lacrymal, sans toutefois donner de précision dans le
texte, ni le faire intervenir dans sa reconstruction du crâne (1933, (ig. 4, pl. 1). Le crâne
de Grippia longiroslris reconstitué par Romer (.1968, fig. 86B, p.. 162) jirésente également
un petit processus ;i cheval sur la suture lacrymal-préfontal. Il s'agit en fait d’un réel
processus nettement observable sur les orbites droite et gauche du spécimen SVT 201
(lig. 3). Le rôle, d'une telle structure, également rencontrée chez un autre Ichthyopterygia,
Phalarodon fratisi Merriain, 1910, est peu évident. Notons que quelques formes aquatiques
comme les Crocodylia du genre Metriorhynchus Meyer, 19.30, les .Vlosasauridae, ou même
le Placodontia Placodus Agassiz, 1833, présentent également un processus préITontal [ilus
ou moins développé.
Les narines externes sont assez grandes, en position dorso-médiale, et reculées près
des orbites. Elles sont bordées par les prémaxillaires antérieurement, les nasaux postéro-
— 323 —
niédialemenl, et par les maxillaires [jostérieiirement. Les maxillaires émettent un processus
dorsal excluant les lacrymaux de la formation des narines. Une telle, lame dorsale des maxil¬
laires, absente chez les Ichtliyopterygia jurassico-crétacés, est rencontrée chez les espèces
du genre Mi-rnsauriin et quelques formes triasiques.
Fig. 5. —• Grippia longirostris Wiman, Spathicn, Spitsberg. Reconstitution du crâne à partir des spé¬
cimens SVT 201 et SVT 202. A, vue latérale ; B, vue dorsale.
Api’leby (1979) retient ce caractère comme typique des Mixosauridae au sein de la
sous-classe des « Ichthyosauria » {sensu Appleby, 1979 : 944), Cet auteur considère ce
caractère comme dérivé car : « Des tétrapodes primitifs {Hylonornus, Diadectes, Seyrnouria,
Captorhinus) fiossèdent un lacrymal qui prend part à l’orbite et à l’ouverture nasale, et
cette condition primitive est retenue chez Ichthyosaurus du .luràssique inférieur et ses
descendants ». Toutefois, il faut remarquer que cette « condition mixosaurienne » est éga¬
lement retrouvée chez d'autres formes primitives comme Procolophnn. Nyclipltrurelus, ou
Lanüiauosaurus. Au sein des Ichtliyopterygia. ce caractère n’est d’ailleurs pas rencontré
— 324
uniquement chez Mixosaurm, mais aussi chez Grippia (cf. plus haut) et chez Cymhospon-
dylus pelrinus Leidy, 1868, du Trias moyen du Nevada,
La partie antérieure du museau de Grippia longirostris reste inconnue. Malgré tout,
la reconstitution proposée par IIomer (1968rt, (ig. 8611, [). 162), et celle de ce travail (fig. 6)
s’accordent à attribuer à Grippia un museau relativement court représentant au moins
la rnoitiédelalongueur totale du crâne. L’indice de longueur du museau utilisé par McGowan
(1974 : 4-7) donnerait chez Grippia une valeur comprise entre 0,50 et 0,60. Cette brièveté
du museau est en partie due au faible allongement des prémaxillaires.
Fig. 6. — Grippia longiroslris VViinan, Spathien, Spitsberg. Reeorislilution générale du crâne. A, vue
latérale gauche ; B, vue dorsale.
Pariétaux et frontaux sont relativement importants par rapport à ceu.x qui sont ren¬
contrés chez les autres Ichthyopterygia. ,\ntérieurement, à la limite pariétaux-frontaux,
les pariétau.x portent une petite fossette, assez large et profonde, inclinée vers l’avant
(fig. 3 et 5B). Ces cupules symétriques sont antérieurement bordées par un bourrelet se
— 325 —
prolongeant par une crête longitudinale. Postérieureincnt, le l)ord en est fuyant et se jette
dans la fosse temporale. Wiman a déjà mentionné Te.xistcnce de fossettes symétriques à
la limite fronto-pariétale (193.3 : 8) et propose deux interprétations foiictionnolies. La pre¬
mière, t]u31 écarte prudemment, envisage la réception de glandes et semble [leu e.rédifde
car aucune structure similaire n’est connue chez d'autres formes, et on ne voit pas quelles
seraient les glandes en question. La seconde explication, plus vraisemldable, serait l'inser¬
tion d’un muscle adducteur de la mandibule. .\u vu des travaux de .McGovvan (1973)
qui propose une reconstitution détaillée de la musculature mandilmiairc des lehtliyo])te-
rygia, j’adopterai cette seconde hypothèse. Ces fossettes devaient recevoir tout ou partie
de l’insertion ihi muscle adducior iiiandihiilne inli’rnns pxeudolempnrnlis qui s'insère sur
cette région du pariétal d’iine part, et .sur l’apophyse coronoïde de la maiulihule de l’autre.
Ce puissant muscle trouverait dans cette fossette une insertion accrue.
Les frontaux, de grande taille, ont une position centrale et ne participent à aucune
ouverture crânienne l.e foramen jiinéal, situé à la limite fronto-pariétale chez tous les autres
Ichthyopleiygia, est ici situé entre les pariétaux, situation qui peut être considérée comme
primitive. Le préfrontal et le pnstfrontal ont une situation similaire de celle que l'on connaît
chez l’enseridile des lehlhyopterygia.
La joue, entièrement fermée, est limitée supérieurement (lar la fosse temporale, et
inférieurement par une échancrure. Le postorhitaire occupe à lui seul plus du tiers de sa
surface. Le quadratojugal forme une jilaque postéro-latérale, recouvrant largement le carré,
déjà fort et snhvnrtical.
11 y a très peu d'informations sur le palais de (rrippia longirosIrL'i. Le nodule n*^ 5 de
Wiman (1933, Hg. '1, p. 11, et lig. 6, |d. 1) porte une portion de palais très déforinéi;. Les
maxillaires envoient une lame médiale qui participe peut-être à l'élafioration des choanes,
ces dernièi-es .s’ouvrant légèrement en arrière des narines e.xternes. Il n’y a pas de dents
jialatines.
Comme pour le museau, la région anterieure de la mandibule de (rrippia tongiroulris
est inconnue. Cette mandibule est plus haute et moins étirée que chez les autres lchthyo|jte-
rygia. I^e dentaire est très important, s'étendant jusqu'au niveau antérieur de l'orbite.
Le surangulaire est haut et développe un important processus coronoïde. Le coronoïde
n’est pas décelable. Le splénial, fin et proportionnellement plus long que chez les autres
Ichthyopterygia, s'étend très loin en avant, sans doute jusipie dans la région symphysaire.
L’angulaire, très développé, forme le bord inférieur de la mandibule dans sa région po.«lé-
rieure, et s’étend postérieurement en un processus rétro-articulaire. Ce proce.ssus assurait
l’insertion du muscle deprexHOr ntniidihuUte. L’articulaire est bien développé et semble
assurer seul l’articulation avec le carré iehez les autres Ichthyopterygia le surangulaire
participe à cette articulation).
Deux types de dents, selon leur jiosilion, soni rencontrés chez (îrippia longirnsiris
(fig. 7 et Wi.MAN, 1933, lig. 1, pl. 1). Les dents antérieures sont élevées, pointues et droites.
Les dents poslérieures de la mandibule et celles qui sont portées par le maxillaire sont
basses, à couronnes arrondies, un collet étant visible, sur certaines d'entre elles. Sur le
maxillaire, les dents s’ordonnent en deux rangées parallèles, alors que leurs antagonistes
mandibulaires s’alignent en une seule rangée. Il n'y a pas de <lents palatines au sens strict.
Toutes ces dents portent une fine striation Aei'ticale de l’apex à la base de la couronne.
Lbi polissage praliipié sur le maxillaire SVT 291 met en évidence la plicature de la
— 326 —
racini' (llg. 7li). Celle-ci est très simple, formée de méandres, sans digitations ou invagi¬
nations secondaires. Comme le fait remarquer Schui.tze (1970 : 5), ceci ne correspond
pas à une véritalde structure laliyrinlliodonte, et la racine de type Ichthyopterygia ne
ressemble à aucun autre type de plicature, qu’il soit « reptilien », « amphibien », ou « rhi-
pidistien ». La forme et la simplicité de la plicature chez Grippia sont tout à fait compa¬
rables à celles que l'on rencontre chez Mixosaurus.
Fig. 7. — Grippia longiroslrin Wiinan, Spathieii, mont Milne Eilwanls, Sa88eMil.ilen, Spitsberg. Dents :
A, maxillaire Hrnit |SVT 20l|, vue ventrale ; B. maxillaire droit (SVT 201), polissage de la base des
dénis; C, mandibule gauche (.SVT 201), vue labiale de la région postérieure.
La racine est largement ouverte à sa base, délimitant ainsi une importante cavité pulpairc.
11 n’y a pas d’aKColisation de l'os ni même de sillon longitudinal comme chez les formes
jurassieo-erélacées. Lu racine est au contraire étroitement soudée à l’os, sur toute sa hau¬
teur. Ce type d’implantation dentaire n'est rencontré, chez les autres Ichthyopterygia,
que chez Phutarodon fraasi Merriam, 1910, Utatsumurus hataii Shikama, Kainéi, Murata,
1978, et une nouvelle espèce provenant du Trias inférieur du Spitsherg (Mazix, 1981).
Squelette post-crânien
De la ceinture scapulaire de Grippia longirostris ne sont connus que la scapula et
le coracoïde (Wiman, 1933, fig. 11, pl. 1 et fig. 1, pl. II). Ces deux éléments sont plats et
— 327 —
élargis en sjiatiile, la facette glcnoïde étant j)ortée au l)oiit d’un court processus. Le cora¬
coïde et surtout la scapula se rapprochent du ty[)e Mixo.saurus. Les autres éléments de la
ceinture scapulaire restent inconnus.
Le pulûs est très plat et préfiente une forte facette acétahulairc légèrement convexe
(fig. 8A). Le spécimen figuré par Wiman (1933, lig. 7 et 8, pl. Il) porte un pa.ssage du
muscle obturateur constitué par un foranien, alors i|ue sur le spécimen SV'I' 203 il est
représenté par une échancrure, l'ne telle dilTérenee peut s'expliquer soit par la variahilité
individuelle, ce qui a déjà été constaté chez d autres espèces d’Ichthyopterygia, soit par
une ossification incomplète du spécimen SVI' 203. Rtant donné la différence île taille entre
ces deux spécimens, la seconde solution peut être envisagée. SVT 203 pourrait être une
forme juvénile chez qui la fermeture du foramen obturateur n’est |)as achevée.
Fig. 8. — Grippia longirostris Winian, Spalliien, muni Ibsen, Uickson Land, Spitsberg. Ceinture pel¬
vienne (SVT 203) ; pubis gauebe, 1, vue ventrale, 2, vue dorsale ; It, ischion gauebe, 1, vue ventrale,
2, vue dorsale; (1, ilion ; D, reconstitution de la ceinture pelvienne.
L’ischion, très plat, en croissant, est très voisin de celui des Ichthyopterygia triasiques
en général (lig. 8B). La facette acétahulairc est élargie et légèrement convexe.
L’ilion, d'identilication et d’interprétation plus délicates, est un os plutôt fin à large
facette acétahulairc (fig. 8C), Comme chez tous les Ichthyo|itprygia, il est réduit, mais
pourrait toutefois conserver un contact avec le squelette axial.
— 328 —
La rt'ductioii do la ceinture peKieiine, earactéristique des formes ]>ost-triasiques,
n’est pas déeelalde chez Orippiu. Line reconstruction de cette ceinture est proposée figure 813.
Comme chez les Mixosaures, l'Iuimérus est caractérisé par une importante expansion
antérieure {Wiman, 1933, fig. 1, 3 et 4, (d. 11). L’épiphyse proximale est large et oblitjue
vers l'arrière. Le radius est peu dilTérencié (WiM.tx. 1933, fig. 2, pl. 11). L’épiphyse proxi¬
male est |date et élargie ; l’épiphyse distale, également élargie, porte une facette d'arti-
eulalion ohlicpie pour le radial. L’ulna, elle-même .allongée, présente une épiphyse distale
très élargie et convexe assurant les contacts avec l’intermédiaire, l’ulnaire et le pisiforme.
Du carpe no sont connus que cinq éléments qui sont certainement 1 intermédiaire, Tulnaire
et le pisiforme pour la rangée proximale, et les earpiens distaux 4 et 5 pour la rangée dis¬
tale. Les métacarpiens sont inconnus mais il est très prohahle qu’ils sont similaires des méta¬
tarsiens, h savoir allongés et non différenciés (ef. plus loin). Les phalanges, dont quelques
exemplaires sont connus, sont allongées, forteiueut échanerées, et |)cu spécialisées. La
phalange décrite par Wimax (1929 ; 188) a une forme (i en saliot » très particulière, et est.
comparée par cet auteur à une phalange terminale d’IIadrosaurien. Retrouvées, en moins
caractéristique, dans le matériel de 1933, ces phalanges peuvent, jusqu’à plus ample pré¬
cision, être considérées comme des phalanges terminales.
Fig. 9. — Grippia longiroslris Wiman, Spalhien, mont Ibsen, Dickson Land, Spitsberg. A-F, fémur
gauche (SVT 203) : A, vue latérale ; B, vue médiale ; C, vue antérieure ; D, vue postérieure ; E, vue
proximale ; F, vue distale ; G, tibia ou (ibula (SVT 203).
— 329 —
Une roconstitiition du membre antérieur de Grippia longiroslrlji est proposée figure 11 A.
l.e memlire postérieur apparaît très comparable, en taille et en structure, au membre
antérieur. Le fémur est massif et allongé (lig. 9.\-F). L'épipbyse proximale est importante
et légèrement convexe, sa surface d'articulation avec la ceinture pelvienne étant subtrian-
gulairc. Cette forme est due à la présence d’un fort trochanter sur la face médiale du fémur
où s’inséraient les muscles du groupe fémoral, notamment le muscle ilio femoralis. L’épi¬
physe distale, modérément élargie et convexe, s’étend postérieurement en un petit jiro-
cessus, augmentant d'autant la surface articulaire avec la fibula.
Le tibia, iiiconiplètoinent connu, est allongé et rappelle le radius dans son contour
général. La fibula, liieri que moins trapue, ressemble fortement à l’ulna, son épiphyse dis¬
tale devant assurer les contacts avec l'inlerrnédiaire, le libulaire et le pisiforme.
Cinq métatarsiens, dont un incomplet, ont pu être moulés sur le spécimen SV”!’ 203
(fig. lOA). Très dilTérents des niétapodes liabitnelleirient renconlré.s chez les Ichthyopte-
rygia (à l'exce(ition d’f7to(.««.v<(nrn.v), ils sont allongés. Leur forme générale est subeylin-
drique et courbée, la concavité étant postérieure. Ce type de niétapodes est très jiroba-
blemcnt jirimitif pour les Icbthyopterygia.
Fig. 10. — Grippia longirostris VViinan, Spathien, mont Ibsen, Dickson Land, Spitsberg. A, mclatar-
siens (SVT 203), gauches, vue médiale ; tJ, phalange (SVT 203), 1, vue latérale, 2, vue proximale ; C, tar¬
sien (SVT 203).
Une seule phalange des membres postérieurs est connue (fig. lOB), Elle est très sem¬
blable à celles des membres antérieurs, peu spécialisée, plate, avec une constriction médiane
bilatérale. Le nombre de phalanges chez Grippia/ongiVostri.v est inconnu, tant au membre
antérieur qu’au membre |)ostérieur. Toutefois, il y avait déjà polyphalangie, mais sans
doute n’était-clle pas aussi importante que chez les formes ultérieures, plus spécialisées
— 330 —
à cct égard. Chez Ctatsusaurm- hatnii on peut (.•oinpler de einq à huit [dialanges dans le
doigt le plus long du rnenihre antérieur. Chez Mixosaurus conuilianiuH (lia.ssani, 188(1) on
en compte huit à dix. Le nodule n° 13 de Wi.ma.n (1!)33) (]d. IB) contient les restes dislo-
(piés d’un tnenibre postérieur de Grippia Imigiroslrix permettant d évaluer le nondtre de
phalanges dans le doigt le ]dus long : de cinq à huit.
Une reconstitution du membre postérieur de Grippia longiroslris est proiiosée ligure
IIB.
Fig. 11. —■ Grififiia longiroslris Wiman, Spathien, Spitsberg. Reconstitution des membres. A, inenibre
antérieur gauclie, vue latérale ; B, membre postérieur gauebe, vue latérale ; C, reconstitution de Grip¬
pia longiroslris.
.4ucun spécimen conqilet de Grippia longiroslris n’est connu, aussi la colonne verté¬
brale ne peut être décrite dans sa totalité. Malgré tout, sur l’ensemble du matériel dispo¬
nible, il est possible de reconnaître des vertèbres de chaque région.
Les vcrtèltros cervicales sont mal connues. Sur le spécimen SVT 201, on peut voir,
dans de très mauvaises conditions, une série de vertèbres cer\icales (lig. 3). Itu matériel
de 1033 sont connues trois vertèbres que Wiman Interprète enmme les 3®, 'i® et 5® ver¬
tèbres cervicales (1933, flg. 8, tahl. I). Ces vertèbres sont aussi longues ipie hautes, alors
— 331 —
([lie chez les Ichthyosaiiria les plus dérivés elles sont caractérisées par leur fort raccour¬
cissement. L’atlas et l'a-X-is restent inconnus.
De la série pré-sacrale, seules deux vertèbres postérieures et un fragment de vertèbre
[)lus antérieure ont pu (;li'e moulés Sur le spécimen SVT 203 (fig. 12, A, B). De profil latéral
subquadrangulaire, les vertèbres (lostérieures sont larges transversalement. Le canal neural
est large et bordé par deux crêtes longitudinales convergeant antérieurement. Le frag¬
ment de vertèbre antérieure a un contour hexagonal irrégulier en vue antérieure. L’arc
neural tjui l'accompagne est tout à fait ichlhyoptérygien mais assez haut.
A
1
l'iG. 12. — Grippia longirostris Wiinaii, Spatliicii, inonl Ibsen, Dickson Land, Spitsberg. A, vertèbre de
la région postérieure du thorax (SVT 203), 1, vue dorsale, 2, vue ventrale, 3, vue latérale ; B, vertèbre
thoiaci(|ue (SVT 203), 1, vue antérieure, 2, arc neural correspondant en vue latérale droite ; C, extré¬
mité proximale de côte (SV^T 2031.
Également aussi hautes que longues, hts vertèbres sacrées pourraient conserver un
contact avec la ceinture [lelvienne par l’intermédiaire de courtes ctites sacrales bicéphales
(WiMAN, 1033, lig. 6, |d. II).
La forme des vertèbres caudales varie selon Ictir position daits la queue. Les [treinières
étant très similaires des vertèbres sacrées, elles subissent une compression latérale et une
diminution (!<• taille [trogressives jusqu'à l'extrémité de la queue. Les arcs neuraux sont
hauts et les arcs hémaux, en chevron, sont importants. La queue de Grippia, inconnue
dans son ensemble, devait être assez longue. Approximativement en son milieu, les neuré-
pincs, normalement inclinées vers l'arrière, s’élèvent, se verticaUsent, puis s’orientent
antérieurement. Il n’est pas possible de préciser si ce changement d’orientation des nenré-
pines s’accompagne d’une courbure de la queue vers le bas.
Les côtes de Grippia longiroslris sont également mal connues. Les côtes sacrales sont
courtes et bicéphales (Wiman, 1933, llg. 6, pl. If). Lhi fragment de côte, également bicé-
— 332
phale, peut être attribué à la région postérieure de l’alïdonien (fig. 12C). L’eiiseiuble des
eôtes thoraciques est trop mal conservé pour que Ton puisse en donner une description.
Des gastralia sont également présentes.
Indices
Grippia
longiroscris
'*Mixosaures'’
"Latipinnates”
du Lias
”Longipinnates"
du Lias
L.tDuseau
L.mandibule
ev.
0,50 à 0,60
0,68 à 0.69
(c)
■»
0,57 à 0,70
•s
0,59 à 0,69
L.seRment prémaxillâîre
L^mandibule
ev.
0,20
0.44 â 0,45
(c)
X
0,33 à 0.48
*
0,36 a 0,52
L.seemenc prénarinal
L.mandibule
ev.
0,30
0,55 (c)
*
0.40 à 0,56
*
0.49 à 0,61
dianècre orbite
L.crâne poscnarinal
0,49
0,28 à 0,735
**
0,365 à 0,636
diamètre crbite
l..mandibule
0,26
0,24 à 0,25
(c>
*
0,20 à 0,28
0,18 a 0,26
diam. inc. sclérotique
diamètre orbite
n.ev.
’
*
>0,35
*
0,35
!•.narine externe
diamècre orbite
0,39
0,20 à 0,21
(c)
*
0,35 À 0,44
0,31 a 0.66
L. membre antérieur
L. membre postérieur
ev.
I à 1 ,2
?
1,20 â 2,00
*
1.40 à 2,50
1. membre antérieur
L. membre antérieur
ev.
0,28 â 0,33
0,32 à 0,33
(c)
0,29 à 0,36
*
0.29 à 0.43
1. membre postérieur
L. membre postérieur
ev.
0,26 à 0,31
0,21 à 0,22
(c)
*
0,38 à 0,48
L. Fémur
!.. Humérus
n.ev.
0,531 à 0,643
**
0.60 à 0,889
1. distale Humérus
L. Humérus
0,58 à 0,69
**
0,562 à 0,928
**
0,416 à 1 ,134
1. distale Fémur
V.. Fémur
0,66
*«
0,625 à 0.833
0,498 â 0,784
Nombre de
dents maxillaires
>20
>13
*
10 â 18
>14
Nombre de doigts
primaires dans le
membre antérieur
5
5
♦
4 à plus de 5
*
3
Nombre total de
doigts du
membre antérieur
5
5 à 6
*
5
*
4 à S
Nombre d'éléments
dans le doigt le
plus long
6 a 10
10 à 14
(c)
10 à 25 *
*
>14
Fig. 13. — Hiomélne rte Orippia longirosiris coiuparêe au.\ duiini-es disponibles chez les Iclithyoptervfria.
* .\l<: Gowam I197-. I974n, 19746|. .Applebv (1979). L, longueur; 1, laigeur; ev., mesure évaluée;
n.cv., mesure mm évaluable; (c|, données concertiant Mi.coxaiirus cornaliariiis (Bassani, 188(5).
— 333 —
DISCUSSION
Fosse temporale et structure de la joue
Comme tous les Ichthyoplerygia, Grippia longirostris présente une fosse temporale
en position supérieure et une joue non fencstrce. Toutefois, l’organisation de ces deux
structures présente quelcpies parlieularilés chez cette espèce.
Trois os jiarticipcnt à l’élalioratlon de la fosse tem[)orale eliez les Ichthyopterygia :
le pariétal, le postfrontal et le squaniosal {ou le supratem(ioral, selon les auteurs). Ici, le
j)ostorliitain^ et le quadratojugal s’ajoutent à ces os, donnani, è la fosse temporale de
Grippia une configurai ion |)articidière. Notons dès à présent que ri<|i>nliljciilion précise
de l’os hordant postérieurement la fosse temporale des Ichthyopterygia ne m’apparait pas
résolue. Homeb (1968) et McCowan (1973) considèrent cet os comme un squamosal en
montrant que le su|iratenqioral est perdu chez les Ichthyopterygia. Les anciens auteurs,
au contraire, dans leurs descriptions et ligurations, font état de la j)résence d’un supra-
temporal. Le prohlème est loin d’être simple et il semide risque de gcncraUser h tous les
Ichthyopterygia l’une ou l’autre de ces conclusions, les deux configurations paraissant
exister dans ce groupe eidièreoient fossile, chez qui l’eiohryologie ne peul, hien évidem¬
ment, être d'aucune aide,
Etant, donné que la joue de Grippia longiroslrin ne présente qu’un grand quadrato¬
jugal, je considérerai provisoirement l’os hordant postérieurement la fosse temporale de
cette espèce eonime un squariojsal.
Dans cet état de fait, le squamosal hordant postérieurement la fosse temporale et
le postorhitaire y participant latéralement, il ii’y a ]ias d’ohstaclc à assimiler l'organisa¬
tion de la fosse temporale de Grippia lungiros/ris au type ouryapside. Ou ne peut toutefois
préciser si la fosse tetrqiorale de Grippia longiruxlrifi représente l’état plésiomorphe pour les
Ichthyopterygia ou bien s’il s’agit d’un caractère dérivé. Si cette fosse temporale est primi¬
tive, plus rien ne s’oj)posc à suivre Romuh (1968), Gi.'isnt nu {1968) et .VIcGowan (1973) et à
considérer les Ichl hyopterygia comme des Euryapsicla, Dans ce cas, rahsence de supratem-
poral est également primitive et l'os surnuméraire de la joue de certains Ichthy'opterygia est un
caractère dérivé. Si, au contraire, la fosse temporale de (Jrippiu longiroslrin est déjit dérivée
])ar rafqtort à l’organisation primitive pour les Ichthyopterygia, la fosse temporale primi¬
tive serait celle comprenant un siipratemporal en })osition |ioslérieure, et un sqiiamosid ne
participant pas à son élaboration, ce qui éloigne Cette coriligiirafion flu type euryapside.
Précisons, d’autre jiart, que cet os bordant postérieurement la fosse temporale des
Ichthyopterygia est remarquablement stalde dans sa nior[ihologic et sa situation. Même
s'il est acquis qu'au os (ici le squamosal) qui se substituerait à un autre os (ici le supra-
temporal), tant dans sa situation que sur le plan fonctionnel, aboutirait h une analogie
structurale, la remarquable stabilité morphologique de cet os, et ses relations constantes
avec les os avoisinants ne permettent pas d'envisager ipi’il puisse s’agir d’un su|)ratempo-
ral chez certaines formes et d’un squamosal chez d'autres. Si cet os est un supratemporal,
il faut envisager la perte du squamosal chez certaines es|ièc.es, et s'il s’agit d’un squamosal
il faut admettre l’apparition d’un os dcrmiipn! surnuméraire chez d’autres.
4 , 34
— 334 —
Structure de la queue et locomotion
La structure de la queue de Grippia longirostris soulève deux problèmes. L’un est
d’ordre anatomicpic, et l’autre qui lui est conséquent, d’ordre rnécani(|ue. Ces deux pro¬
blèmes sont bien éNidoiiiiuent guidés par des considérations d'ordic |diylogcnique.
Deux types de queue sont rencontrés chez les Ichthyojiterygia. Le premier, qui a
posé les proldèmes que l’on sait lors de sa découverte, est celui des lchlhyo[>terygia les plus
dérivés, ii savoir une ipjcue hypoccrejue dont le lobe inférieur est soutenu par le squelette
axial, le lobe supérieur étant charnu, 'l'ous les Ichthyoptorygia post-triasiqiies présentent
une forte inflexion de la colonne vertébrale à la base de la nageoire eaïulale. Los centra
caudaux diminuent rapidement de taille et se compressent latéralement. Les neurépines,
moyennement hautes dans la région post-sacrale, s'abaissent et se couelieiit siibhurizontale-
ment dans la région anlérieiire de la queue, pour acapiérir progressivement une forme en
rotule (ball-nnd-sooket), puis disparaître au niveau do la nageoire caudale (fig. i4Al). Los
arcs héinaux, en foritic de chev'roii, disparaissent rapidement au niveau île la queue.
l.e second type de queue est rencontré cliez les formes Iriasiqnes, notamment les
Mixosaures chez qui il a pu être observe. La queue est longue. Les neurépines, hautes
et orientées vers l'arrière, s'élèvent, se \erlicalisent, puis s'orientent vers l'avant dans la
région médiane de la queue flig. 14.\ 2). l.es centra caudaux se compressent fortement et
les arcs hémaux, en chevron, conservent une taille importante, du moins dans la région
antérieure de la queue. La |)réscnce d'une iotlexion de la queue est discutée. Homiîu (1968rt :
273-274), suivant les aneiens auteurs (Mkuhiam, 191)8; Wiman, 1910), admet l’existence
d’une telle courbure et considère cette morjtholngie comme préfigurant celle que l’on ren¬
contre chez les Ichtbyosanria jurassiques et crétacés. .Api'leby (1979 : !)36), sur le genre
Mixosauritx, montre que cette inflexion était inc.vistante et qu’elle ne peut être considérée
comme le précurseur de la courbure des Ichtliyosauria jurassico-crétacés : « ... pas plus
que la queue toinbanle possédée par la majorité <ies Reptiles, et n’était pas le précurseur
de la courbure ichthyosaurienne ». Il est un fait que cette inflexion ne peut être observée
avec certitude sur aucune forme Iriasique, et, les quelques spécimens sub-complets du
genre MixosaitritK, dont Appleby figure le tracé scliémalique de la colonne vertébrale
(1979, lig. 15, p. 936), ne mollirent pas plus la [irésence d'iiue liypocereie.
Les .Mixosaures, ainsi que la plupart des formes triasiques connues, devaient présenter
une queue longue et souple, sans hypocercie, avec une élévation cl iin changement d’orien¬
tation des neurépines dans la région médiane. Cette dernière structure, absente chez les
fornien post-triasiques, est observable chez les genres Grippia, Mixo-’niurux, Utal»nxaurus,
CiimboxpunJyhiti et, moins nettement, chez DdpkiruiAauru.s (sans toutefois présenter de
nette augmentation de taille pour les deux derniers genres).
l'ne autre structure anatomique, liée h cette élévation des neurépines, a été suggérée
par Mkuhiam (1908) et Wi.max (1910) pour Mixosaurus, Il s’agit d’un lobe charnu dorsal
situé dans la région de la qiicoo où les neurépines changent d’orientation et où la queue
marquerait un point d’inflexion (fig. 14C). Aucune observation directe de cette structure
n’a pu être elîectuce et, même si la présence d’un lobe charnu est envisageable, elle reste
hypothétique.
Des deux problèmes soulev^és plus haut il reste celui d’ordre mécanique. Les travaux
— 335 —
abordant la locomotion des Ichthyopterygia ne traitent que des formes post-triasiques,
à queue hypocerque, et s’accordent à donner à cette queue un rôle, propulseur. Dans ce
cas, les membres sont tenus écartés du corps et utilisés comme stabilisateurs. Les chan¬
gements de direction sont obtenus par variation de l’angle d’attaque des membres anté¬
rieurs liée à une asymélrisation dans l’utilisation de la queue (battements appuyés préfé¬
rentiellement d’un côté de l’axe de propulsion) (fig. 14B2).
Fig. 14. — Structure de la queue et locomotion cliex les Ichthyopterygia. A, région caudale en vue laté¬
rale gauche, 1, queue hypocerque, 2, queue droite de type Mixosaure ; B, mode de propulsion, 1, ondu¬
lation rencontrée chez les formes à queue droite, 2, battements rencontrés chez les formes à queue
hypocerque ; C, représentation de Mixosaurus norcieiiskioeldi donnée par Wiman (191(1, fig. 3, p. 131).
Chez les formes triasiques la longueur et la flexibilité latérale de la queue ne per¬
mettaient pas de battements et la propulsion était assurée par des mouvements ondula¬
toires eomparables à ceux que l’on observe aujourd’hui chez des formes comme l’iguane marin
— 336 —
{Amblyrkynchiis), les crocodiles, ou même les loutres {Luira, Enhydra) (lig. 14B1). Les
membres sont tenus plaqués contre le corps et ne sont pas utilisés dans la stabilisation
normale de l'animal, les changements de direction étant obtenus par battements coordon¬
nés des {[uatre membres.
Kn fait, le jiroblème. sous-jacent h la structure et au fonctionnement de la queue
des Icbthyopterygia e.st d’ordre phylogénique : le passage du type rectiligne triasique
au tyfie bypoccrqiie jurassico-crétacé est-il possible ? En d’autres termes, le type struc¬
tural rencontré chez les formes triasiques comme Grippia, Mixosnurux, Ulutfiusaurus...
peut-il être précurseur du tyjie classique posl-triasique ? Un argument peut être avancé
en cette faveur. Les crocodilicns Metriorhynehidés possèdent une courbure caudale, assez
postérieure, comparable à celle des Icbthyosauria jurassiso-crétacés. Mais ici les neuré-
fiincs ne sont pas réduites et présentent une inversion d’orientation comparable à celle
des lebtbyoptcrygia triasitpjes. On sait, depuis la découverte d'un spécimen do Geosaurus
prurilis (Meyer, 1831) et de l'empreinte de sa peau, que ces animaux étaient pourvus d’une
nageoire caudale hypocerque à lobe inférieur soutenu par le squelette axial et à lobe supé¬
rieur charnu. Les deux morphologies sont ici réunies démontrant qu’il n’y a pas incompa¬
tibilité entre une Inllexion de la queue et des neurépines restant élevées. Le passage à une
t|ueue de type hypocerque paraît donc tout à fait envisageable. La queue droite, sans
inflexion, rencontrée chez les formes triasiques peut être considérée comme l’état pri¬
mitif d’où dérive la queue hypocerque des formes post-triasiques.
Position phylogénique
Grippia longirosiris présente un ensemble de caractères qui sont considérés par Wiman
(1933) comme convergents avec ceux des Icbthyopterygia. C’est la raison pour laquelle
cet auteur créa le nouvel ordre des Grippidia qu’il « considère comme une branche parti¬
culière dans l'arbre généalogit|ue des Reptiles ». Toutefois, les traits communs du sque¬
lette post-crânien de Grippia et de Mixusaurux permettent à Wi.man de suggérer que « ces
deux genres pourraient avoir un point de départ commun ». En d'autres termes, Wiman
n’exclut, pas <|ue Grippia, puisse rejiréseiiter le groupe-frère des Mixosaurcs,
L’appartenance de Grippia longirosiris aux lchthyo|iterygia n’est toutefois plus
contestée par von Hoene (1930) et McGowan (1972 et 1976) qui font tomber le genre
Grippia en synonymie avec le genre Mixosaiirus. L'argumentation repose sur l’hétéro-
dontic présentée par ces deux genres, En fait, Grippia et Mixosaurus dilTcrcnt, nettement
au niveau d’autres caractères comme le mode d’implantation dentaire, la structure de la
fosse tem|iorale., la morphologie dos inétapodes, la position du foramen pinéal... L’hété-
rodontic jicut donc être considérée comme une synapomorphie, une symplésiomorphie ou
une convergence entr<^ ces deux genres,
Quant à sa |)Osition phylogénique, il apparaît que Grippia longirosiris est très proche
du mûrphoty]>e ancestral icht.hyoptérygien et peut donc provisoirement être considéré
comme le groupe-frère de l’ensemble des autres Ichthyoplerygia. L’ensemble des carac¬
tères de Grippia longirosiris s’accorde bien av^ec cette pjosition et des remarques s’imposent :
— Le foramen pinéal de Grippia, s’ouvrant sur les pariétaux est typiquement pri¬
mitif, et n’est retrouvé chez aucun autre ichthyoptérygien connu.
— 337 —
— L’organisation particulière de la fosse temporale de Grippia est également {)rimi-
tive pour les Ichtliyopterygia. Pour passer de la fosse temporale de type Grippia h celle
que l’on connaît chez les autres Ichtliyopterygia il sullit de supposer une extension pos¬
térieure du post-frontal et antérieure de la lame, latérale du scpiamosal (fig. 15).
Fig. 15. — Passage de la fosse temporale de i< type Grippia » (A) à celle du « type Ichtliyopterygia plus
évolué » (B).
Fig. 16. — Cladogramme simplifié des Iclithyopterygia. 1, métapodos allongés, foramen pinéal pariétal,
queue droite, hétérodontie ; 2, foramen pinéal fronto-pariétal ; 3, réduction des métapodes ; 4, iso-
dontie ; 5, métapodes « en jeton », queue liypocerqiie.
— L’hétérodontie, dans cette acceptation de la position phylogénique de Grippia,
devient primitive pour les Ichthyoplerygia, et apparaît donc comme une symplésiomorphie
commune à Grippia, aux Mixosaures, et à Phalarodon Merriam, 1910. Une hétérodontie
primitive chez les Iclithyopterygia peut paraître suprenante, mais notons que chez les
Mammifères marins, une isodontic secondaire dérive d’une hétérodontie primitive. Une
1. Une telle organisation de « type Grippia » est également rencontrée chez un nouvel Ichtliyopterygia
du Spathien du Spitsberg (Mazin, 1981).
— 338 —
syiiaponiorpliie entre Gri[>f>iu, les Mixosatires, et l^lirituroilon ne semble, (piant à elle, pas
possible, dans la mesure où ces diflércnts taxons ne peuvent former un groupe monophylé-
tique (il faudrait pour cela admettre que rensetnliie des caractères dérivés rencontrés chez
les Mixosaures soient apparus ])lusieurs fois).. 11 reste la possibilité que l'hetérodontie soit
un caractère dérivé, afqiaru au moins trois fois, fiar ^•u^^■ergcnue, au sein des Ichlhyopite-
rygia. Grippûi lonplroslri.s étant, pour l'instant, l'espèce la plus primitiv'c que l’on connaisse,
il n’est pas ])ossible de tester cette hypothèse, hhi somme, le foramen pinéal pariétal fait
de Gripfiia loiigin/xtrix le taxon ichthyoptérygieu le plus proche du morphotype ancestral,
et la Solution la plus éconoTnii|ue consiste à considérer l'iiétérodonlie comme un caractère
primitif de ce groupe.
Conclusion
Grippia longirostris est un petit ichthyoptérygien côtier ne dépassant pas un mètre
de long. Sa morphologie générale le rappoche des Mixosaures dont il devait avoir les mœurs
et le régime relativement durophage. Toutefois, à la différence des Mixosaures, Grippia
n’avait pas une extension géographique importante puisqu'on ne le trouve qu'au Sjiitsberg,
alors que les Mixosaures ont une extension mondiale, de la Téthys au golfe germanique,
en passant par toutes les côtes de l’hémisphère Nord. De même, son extension stratigra-
phique est limitée au Spathien (sommet du Trias inférieur) alors que les Mi.xosaures sont
connus dans tout le Trias moyen. Enfin, la morphologie des membres de Grippia n’exclut
pas d’éventuels retours à terre.
Planche I. —- Grippia longirostris Wiman, Spathien, Spitsberg. A, moulage du type, 1, vue latérale gauche,
2, vue dorsale ; B, nodule n° 13 (Wiman, 1933) portant un membre disloqué.
— 339
Remerciements
L’auteur remercie L. Ginsburg (Muséum national d’IIistoire naturelle à Paris) et Ph. Jan¬
vier (Université PARIS VI) pour leurs critiques et l’intérêt qu’ils ont porté à ce travail. Sa gra¬
titude va également à S. Rudebeck (Université d’Upsala).
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Section C, n® 4 ; 341-343.
Relationships of the Eocene bird “ Niimenius ” gypsorum Gervais
par Jifi Mlikovsky
Résumé. — La slnicliire du cerveau de Monli.rallus l iiov. gcn.) gypsorum, attribué par Ger-
v.\is à Xiiineiilus, indique des allîuités avec les Rallidae.
Abstract. — Braiii slruetiire of .Mnnlirullii.s l nov. gen.) gypsorum (Gervais) indicates clear
relationships wilh Hallidae.
.1. Mlikovskv : lôlJ (III Praha 5 — Stiiicluw, Zhnrooskû II), Czerhosloi-'akia.
In 1844, Gervais described an Eocene avian fossil as Numenius gypsorum, but the
systematic position of this bird remained uncertain. The original decision of Gervais
(1844, 1848-1852) was followcd hy the inost of récent, workers on avian paleontology (cf.
Brunet, lf)70), Gitly Brodkorii (1967) transferred “ Numenius ” gypsorum to another
scolopacid genus, Limosu, with the reinark “ Gcnerie position very doiibtful ”. Eor niost
authors, “ Nunienius ” gypsorum is a scolojiacid hird of uncertain generic position.
Sy.no NV SIS
Numenin.'i gyp.sorum Gervais, 1844 : 293.
Tantalus fossiUs Giebel, 1S47 : 28.
TanlaluUis fossili.s : Ri'.icnENn.vr.n, 1852, tab. 14 (nomen nudum).
Liinosa gypsnriiin : Bi!Oi>KORn, 1967 : 185.
Materi.vi. : llolotype : fémur and impressions of two skelelons, n° 7992 in Muséum national
d’Histoire naturelle., Paris. Ilypodigm : sternum, n® 7920 in tbe same Muséum. (Roth after Bru¬
net, 1970 : 25.)
Horizon ,vnd i.ocalii y : Upper Eocene deposits, gypse de .Montmartre ; Montmartre, Paris,
France.
Brain structure
Deciiaseau.x (1970) described and well figured the surface of the brain of “ Nume¬
nius ” gypsorum after a skull inifiression of this speeies. According to this picture the
brain of ” Numenius ” gypsorum belongs to the A-type of the telencephalon sensu Stin-
GELiN (1958) (i.e. brain with tlie dorsal front formation tendeney, “dorsale Frontbildung-
stendenz ”), and to its subtype (1) wilh shrinked base ( “gestauchte Basis ”).
My own investigations (MlikovskS', 1977) have shown that the Scolopacidae and
allied charadriiform faniilies have brains of the B-type sensu Stingecin (1958). Because A-
— 342 —
and B-type are not morphological types in the typological sense but tendencies of the
telencephalon évolution, it means that “ Numenius ” gypmrum cannot be a charadriiform bird.
Giebel (1847) and some other zoologists considered “ Nuinerius ” gypsorum as a
threskiornithid. Because the Thrcskiornithidae bave, like the Scolopacidae, brains of the
B-type (MlikovskŸ, 1977), it must be assumed that “ Numenius ” gypsorum is not a mem-
ber of the faniily Threskiornithidae.
Familiar relationships
Tlie tendcncy of brain évolution and general structure of the skull indicate that
" Numenius ” gypsorum is to be inost probably placed iii the Ballidae. In the followlng
fealures, " Numenius ’’ gypsorum dilïers froni the Scolopacidae and agréés with the Ralli-
dae : 1) type of brain evolul.ion ; 2) position of o[itic folies relatively to the telencephalon ;
3) eyes (judging froni the orbits) relatively sinall. A reexaniination of the type would
certainly briiig a fcw more fcaturcs supporting this view.
Genehic relationships
It is very diflicult to déterminé the generic relationships of “ Numenius ” gypsorum
within the Ballidae in spite of the excellent review of this family published recently by
Cracraft (1973), because rallid généra are niostly based on bones whicb are not known
in “ Numenius ” gypsorum. It secins, therefore, that “ Numenius ” gypsorum cannot be
(at least at the présent time) referred to any currently known rallid genus (judging from
the diagnoses given by Cracraft, 1973), which leads to create a new genus for “ Nume¬
nius ” gypsorum : Alonlirtülus gen, nov.
MONTIRALLUS gen. nov.
Type species : Numenius gypsorum Gervais, 1844.
Included species : type species only.
Distribution : Upper Eocene of Montmartre, France.
Diagnosis : saine as for the only incladed species ; see Gervais, 1844, Lambrecht, 1933,
Brunet, 1970.
Remarks : In the name Montirallus, Monti- indicates that the genus originates from Mont¬
martre, France.
Ecology
The relatively sniall eyes indicate that Montirallus gypsorum relied mostly on tactile
slimuli for hunting and that it livcd in some biotop with very little range of vision, such
as reed-beds or thickets.
— 343 —
As iiidicated by lhe long and slender, but apparently solid bill, whicli was about
10 cm long (cf. Gervais, 1848), it fed probably upon big insects, worms and other inver-
tebrates, and occasionally upon small vertebrate too. The food was probably collected
on the ground.
In ail these characteristics Montirallm gi/psorum agréés witli the typical ralhds such
as Rallus, to which it was probably very similar in general (morphological and ecological)
habits.
Acknowledgements
I am very grateful to Pr. J.-P. Leh.m.vn (Muséum national d’Histoire naturelle, Paris) for
providing me a copy of J. Brunet’s (1970) paper.
LITERATURE
Brodkohb, P., 1907. — Catalogue of fossil birds. Pt. 3 (Ralliformes, Ichthyornithiformes, Chara-
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Les Rliinocerotidae (Perissodactyla, Mammalia)
du Miocène inférieur des Beüleaux
à Savigné-sur-Lathan (Indre-et-Loire)
par Ijéoiiard Ginsburg, Jaccfiies Huin et Jean-Pierre LociiEit
Résumé. — Les sables continentaux d’âge Miocène inférieur (MN .3 de l’échelle biostratigra-
phique continentale européenne) contiennent Protaceratherium minutum (Cuvier) et Brachypo-
therium [Diacerulherium] uurelianensis (Nouel).
Abstract. — The Rhinocerotids of the continental sands of Les Beilleaux at Savigné-sur-
Lathan, in the I>oire valley, arc Protaceratherium minutum (Cuvier) and Brachypotherium {Diace-
ratherium) aureliancnsi.s (Xoiiel),
L. Ginsbuhc, Instilul du Paléuntolnyie du Muséum national d'Histoire naturelle, 8, rue Buijon, 75005 Paris.
J. Huin c 25, rue .Alfred de Vigny, 37000 Tours.
J.-P. Locher, 1, rue G. Planté, 37100 Tours.
Les sables continentaux dos Beilleaux, sur la commune de Savigné-sur-Lathan (Indre-
et-Loire) ont livré une faune de Vertébrés terrestres découverte par Coluieh et Hui.n (1979),
et exploitée par Collier, Uuin et Lociiuu. Les deux preriiicrs auteurs ont donné une pre¬
mière étude des micromammifères {op. cit.), Depuis les Carnivores ont fait l’objet d’un
second travail (Gimsdurg, Hl’IN et LocuEa, 1981). L’e.xaineri de ces Carnivores a permis
de placer avec précision le gisement dans l’éclicllo stratigrapbique : situé à l'intérieur de
la zone .VIN 3 de l'échelle hioslraligraphique du Néogène continental européen, le gisement
des BciUeaux est très légèrement plus ancien que celui de Wintershof-VVest qui, par sa
richesse et les études précises dont il a été l’objet, a été choisi comme gisement de référence
pour cette zone (Fahlbl’sch, 1976; Ginsbvbg, 1975).
Comme dans l’article sur les Carnivores, les pièces portant le sigle BEI appartiennent
à la collection J. Hgin, celles marquées Bbx h la collection Lochek.
Pour les mesures, l’obliquité dos bords de la muraille externe des dents jugales supé¬
rieures rend dilTicile l’iitilisation du la mesure de la longueur maximale de cette muraille.
Selon le degré d’u.sure, la longueur mesurée varie énormément. Aussi, nous avons jugé
préférable de prendre pour longueur de ces dents celle des racines externes au niveau du
collet. Les dents jugales inférieures seront mesurées de la même manière. Nous suivons
en cela Heissig (1969). Pour les largeurs, nous prendrons la plus grande dimension de la
couronne au niveau des racines antérieures pour les dents supérieures, et au niveau des
racines postérieures pour les dents inférieures.
— 346 —
I-RS I^hinoeérotidés sont haliituellcment considérés comme un grou[)e d’approche
dilhcile. La forte variahilité individuelle, plaquée sur une mor[)hologie dentaire très mono¬
tone, a longtemps entravé la mise en évidence des véritaldcs caractères distinctifs entre
les différents genres. Au cours des quinze dernières années, des recherches sur le terrain
ont permis de récolter des matériaux nomhrtnix, en même temps tpie des études nouvelles
étaient entreprises (IÎeissk;, 1969, 1972; or Bo.ms, 1973), dégagées des idées anciennes
d’OsBonx 1 1900) et de Ko.man (1911, 1924). Des caractères diagnostics ont pu être mis
en évidence pour de nombreux genres et les phylogénies actuellement sont jilus argumentées
que précédemment. L'étude des Hhiiiocérotidés est entrée dans une nouvelle jdiase.
ÉTUDE SYSTÉMATIQUE
Famille Rhinocekotidae Owen, 1845
Sous-famille .Vceratiiehiixae Dollo, 1885
Genre PROTACERATHERIUM Abel, 1910
Diagnose : .Veeratheriinae de petite taille. Ij relativeineiit courte. Présence sur les prémo¬
laires et surtout les molaires supérieures d’un crochet moins développé que chez Aceralherium.
Protaceratherium minutum (Cuvier, 1822)
Diagnose : Protaceratherium à cingulurn lingual épais et continu sur les prémolaires supérieures.
Fig. 1. —• Protaceratherium minutum. droites (BEI 301), face occlusalc (G.N.).
Matériel et mesures (en millimètres) : Maxillaire avec P^-M^ droites (BEI 301) ; P*, 18,8 X
29,9 ; M*, 20,0 X 28,9 ; M®, 23,7 X 30,7 ; M®, 20,5 X 28,6. — Maxillaire avec P® brisée-.VF droites
(BEI 181). — .Maxillaire avec M®-M® droites (Bbx 030) ; M®, 24,0 X 29,7 ; M». 23,3 X 28,0. ^ D
droite (Bbx 606). L (couronne), 30. — P® droite (Bbx 605), 19 X 23. — P® droite (BEI 199), 19 X 25.
— P* gauche (BEI 196), 25 X 31. — M® gauche (Bbx 639), 29 X 32. — .M® droite (Bbx 635), 27 X
32. — IP droite (BEI 214), 21 X 23. — .Mandibule avec I, Pi-.Mg droites, P 2 -.M 3 gauches (Bbx
— 347 —
Mesures de la série droite : Ij, 11,8 :>< fl.2 à la base du collet ; Pj, 7,0 X 5,9; Pj, 16,2 X
13,2; l\, 20,8 X 17,7; P,„ 22,0 X 17,6; Mi, 23.7 x 16,5 ; M^, 25,2 x 17,1; M 3 , 24,4 x 15,6.
— P 2 droite ( IlEl 251), 17 X 11. — P 2 gauche (BEI 175), 18 x 13. — Astragale droit (BEI 179) ;
DT, 43,4 ; II, 41,6 ; l)L, 27,5 ; DT niux. dist., 34,8. — Calcanéum droit (BEI 217) ; H, 75,8 ; DAP
bec, 31,8; DT siisteiitneulum tuli, 40,0.
Desckiption
Dentition supérieure
L’incisive su|jériourc est allongée et très basse, cotnttic toutes les incisives supérieures
de Rhinocérotidés. La racine est aussi très oldiquc. La taille de réchantillon conservé
(Bbx 606) indique un individu mâle, L'échantillon Bhx 605, suhearré et ne présetitant qu’un
faible relief sur la face externe, est très nettement, une P'-^. Sa face externe est lioinbée et
relevée en sens inverse h l’avant (parastylo)' et un peu à l’arrière. La dent est très niola-
risée, avec un proloinphe et un métalophe bien indépendants, rectilignes et parallèles.
11 existe aussi une petite crista et un petit crochet très nets. Le cingubitn lingual est fort
et continu.
P® : Présente sur le maxillaire de BEI 301 où elle est malbcureusenient ti'ès usée, cette
dent est plus large que longue. On distingue netlonient le prulolophe et le métalophe qui
sont bien séparés et |iarallèles. La dent isolée BEI 1911 sendjle plutôt une P® (pi'une P'* en
raison de son profil ncelusal encore un peu subcarré, bien que ce critèn- ne soit pas sans
exceptions. Sur la dent du maxillaire BEI 301) le parastyle est imiiortaiit et pointe véri¬
tablement en avant; les deux lophes internes, prololopbe et métalophe, sont inclinés vers
l’arrière par rapport à un plan parasagittal et sont reliés l’un à l’autre par un petit pont
bas qui fertue la vallée centrale du côté interne, comme sur certains échantillons de Selles-
sur-Cher et sur le type et échantillon unique connu de Prolacerailterium lapicum.. De même,
le crochet allongé en une mince muraille a rejoint la crista. Enfin, le cingulum lingual est
particulièrement accusé.
P® : La plus typique, est celle du maxillaire BEI 30L C’est une dent nettement plus
large que longue, ù face externe j»ou bombée, parastyle apparemment muins maripié que sur
l’échantillon BEI 196 (encore que l’état d’usure des deux jjièces soit dilîérctil et masque
l’importance relative du [larastyle de chacune). L'antécrochet est large et bombé à la base
comme celui des molaires tandis ipie le. cingulum labia), fort au niveau du protocône et
de la vallée médiane, s’elTace an pied du prolocôiie,
Les molaires supérieures sont ramassées sur elles-mêmes, aussi longues que larges
à leur base, si bien que M’ et M® jtrésentenl un profil occlusal parfaitement carré quand
elles ont atteint un grand flegié d'usure. La face externe est peu ondulée sauf à l’avant
où saillent deux côtes très nettes, correspondant au paracône et au parastyle. 11 existe
un fort antécrochet et un crochet mince. 11 .semble ne pas y avoir de cingulum interne,
sauf un reste poncliforme au milieu de l’ouvorturü de la vallée centrale.
Sur M®, l’antécrochet est plus faible, la vallée centrale jilus ouverte et il reste un petit
cingulum postérieur, Le cingulum interne, à part l’épaississement ponctiforme au niveau
de la vallée centrale, est alisent sur l’échantillon BEI 630 mais encore visible au pied du
protocône sur l’échantillon BEI 301.
— 348 —
Fig. 2-7. — Protaceratherium minutum. 2, droite (iibx 605) ; 3, P^-P* droites (BEI 181) ; 4, P^ gauche
(BEI 196) ; 5, M’® gauche (Bbx 639) ; 6, M^-M® droites (Bbx 630) ; 7, droite (BEI 214). Faces occlii-
sale (G.N.).
Dentition lactéale
Le spécimen BEI 214 est manifestement une D'‘. Petite, molariforme, mais fortement
allongée, à tubercules bas et vallée centrale largement ouverte, elle ne peut convenir à une
(lent définitive. Sa ressemblance morphologique avec une. NB en fait très nettement une D'*.
La muraille externe, est bien ondulée, avec une côte irniiortantc au niveau du paracône
et une, plus faible mais encore très nette, au niveau du rnclacônc. Le parastyle est impor¬
tant et projeté, vers l’avant. Il existe aussi un antécroebet bas et faible, une petite crista
et un petit crochet ; le protolophe et le métalo(die sont parallèles et très écartés l’un de
l’autre. Le cingulum antérieur déborde très largement sur la face interne du protocône ;
il n’y a pas d’autre trace de cingulum interne.
Os rnandibulaire
La belle mandibule trouvée par Locheb aux Beillcaux est fine et allongée. La branehe
rnandibulaire est basse et devient de moins en moins haute vers l’avant. Les trous men-
tonniers sont assez nombreux ; le principal se trouve sous le milieu de la deuxième [irémo-
laire ; deu.x autres, moins importants, sont placés un peu en avant du niveau de la pre¬
mière prémolaire ; un autre encore plus en avant vers le milieu de la barre ; quelques-uns
se trouvent plus en arrière, sous le niveau de la dernière prémolaire et de la première molaire.
Les deux hémimandilniles sont très rapprochées l’une de l’autre. L’os est brisé en avant
mais il semble qu’entre les deu.x 4 en forme de « défense », il reste un espace sullisant pour
— 349 —
des petites Ij. La symphyse s’étend en arrière jusqu’au niveau du contaet entre la deuxième
et la troisième prémolaire.
La barre, entre la grande ineisive et la première prémolaire, est relativement impor¬
tante. Son bord supérieur, bien caréné, est concave vers l’extérieur.
Fig. 8. —• Protaceralherium tninulum. Héinimandibule droite, face «xlcriie (X 1/2).
En arrière de la série dentaire jugale, la branche moulante s’élève presque vertica¬
lement et se recourbe même légèrement vers l’avant dans sa partie supérieure. L’extrémité
postéro-inférieure de la mandibule est bien arrondie ; le bord externe y est relevé vers
l’extérieur, et de petites crêtes fines sont alignées perpendiculairement, dénonçant la force
du muscle masseter qui s’y insère.
Dentilion inférieure
L’incisive conservée, I 2 . est allongée cl sa position sur la mandibule est très couchée
en avant. La couronne est de section snblriangulaire, avec un angle inlerne (ou mésial)
très aigu, un angle su|iéro-externo (ou distal) presque droit, tandis que le bord labial de
la dent forme ]dus un arrondi qu'un angle vérilabié. L’angle mésial correspond à un beau
tranchant qui s’allonge sur toute la longueur de la couronne. A l’angle distal correspond
une crête (pii présente un contour sinueux. (.)n noiera (pie la face linguale, est bombée
distalemeiit et légèremenl concave mésialeiuenl. La dont, dans l’ensemble, est beaucoup
plus courte que chez les Aceratheriuin. Comparée aux échantillons de Selles-sur-Cher, cette
dent, par sa taille réduile, semble bien avoir apfiarlenu à un sujet femelle. Elle a, en effet,
sensibleuieiit la taille des plus petites incisives inférieures du Prolacerallieriiini ininiUum
4, 35
— 350 —
de Selles-sur-Cher, mais est Ueaiicoup plus petite (pi’iin lot d’incisives du même gisement
rapportables à la même esj>ècc, mais de taille plus considérable, qui ont manifestement
apjiartenu à des mâles. Une incisive de Chitenay, figurée sous le nom de Ceratorhiniifi lagicus
race ligericus par Mayet (1.908 : 113, lig. 38), corresjiond à un mâle de Prolnceralheriutn
minulum.
Fig. 9-10. — Protaceralherium minulum. 9, ‘ti'Gite (BEI 215) ; 10, Pj gauche (BEI 175) ; a, face externe ;
b, face interne ; c, face occlusale. (G.N.)
Après le diaslème, la série des dents jugales est complète. La première prémolaire,
Pj, est petite, uniradicidéc, et plus longue que large. KUe |)résente une surface labiale légè¬
rement bombée au niveau du protoconido. Du côté lingual, le bombement est un peu [dus
en arrière, au niveau de l'amorce du mélaconide. Les deux cingulurns, externe et interne,
sont bien marqués.
Les autres dents jugales, de P» à Mg, sont biradiculées et formées d’un métalophide et
d'un liy|)olo|)hide. Le premier comprend trois branches, correspondant respectivement au
paraconide, au protoconidc et au métaconidc. L’autre, l'hy|)olo])hidc, npcom|>rend que deux
branches, correspondant à riiypocomde et à rentoconide. L'hyj)olo[)liide se raccorde au
niétalojdiide non pas à l'angle des deux dernières branches du métalophide, mais nette¬
ment plus lingualeinent, de telle sorte qu’il y a un décalage important sur la muraille
externe au niveau de ce raccord. Ce décalage apparaît comme un fort sillon. Ce sillon est
de ydus en plus accusé de Pg â Mg. A l’inverse, le cingulum externe et le cingulum interne,
très fort sur P.,>, sont, en gros, di? plus en plus atténués au fur et à mesure que l’on va vers
l’arrière, pour n’étre [dus {[ue très faible sur Mg.
Dans le détail, la P, est [dus mince à l'avani et [iroportionnellement plus allongée
que les dents qui la suivent. Le paraconide est de direction parasagittale. Sur la face labiale,
un sillon marque sa sé[iaration d'avec le protoconidc. Sur la face linguale, la fosse trigonide
est réduite à un simple sillon vertical. Le sillon postéro-externe, à la jonction du métalo¬
phide et de rhypolo[)hido, est [leu accusé et légèrement incliné vei'S l’arrière.
Sur Pg, le (taraeonide est [dus court et plus rabattu du côté lingual. Il devient [laral-
— 352 —
lèle à la brandie |iostcrieure du métalopliîdo. Un semblant de sillon externe demeure à
la limite postérieure du paraconide sur la face labiale. Le cingulum externe est plus dév'e-
loppé ((lie sur Pj, le cingulum interne, est au contraire (dus atténué.
P^ est plus étroite et un peu plus courte que P 3 . Le paraconide est encore plus effacé,
il n'y a (dus de sillon à son niveau sur la face labiale. La vallée antérieure, ou fosse trigo-
nide, est moins longue que sur P 3 , à l'inverse de la fosse taloriidii qui est (dus longue.
Les deux [iremières molaires sont dillicilcs à distinguer Tune de l’autre ; même mor-
plinlogie, même taille, mêmes (importions. Les cingulums sont seulement un peu plus
faibles sur M 2 , mais la variation individuelle est telle que ce caractère n'esi guère utili¬
sable pour déterminer une dent isolée.
La dernière molaire inférieure, M 3 , est un peu plus petite que M 2 ; la branche labiale
de son dernier lophide, corres(iondant à l’hyfioconide, est un peu plus courte que sur les
deux autres molaires.
SquelvUe posl-i'rûtuen
L’astragale est court, tra(iii et étroit. Son (irolil dorsal est (iroche d’un carré. La pou¬
lie articulaire tibiale est profonde et les surfaces tarsiennes relativement peu hautes. Il
est du même ty[ie que ceux de Selles-sur-Cher attribués à Protaceratkerium minulum, ainsi
qu'à celui du squelette de Budenheim (Roman, 1924, fig. 15 et (il. IV, (ig. 17) ((iii appar¬
tient à la même espèce.
Le calcanéum est moins caractéristique. Il montre cependant, comme sur les pièces de
Selles-sur-Cher et de Budenheim, un manubrium haut et court, un sustentaculurn tali épais et
une avancée distale [lointue, entre le bord externe et la facette d’articulation avec le cuboïde.
Fig. 12-13. — Protaceratkerium minutum. 12, astragale (BEI 217) ; 13, calcanéum (BEI 179). Faces dor¬
sales. (G.N.)
— 353 —
Différences de taille
Malgré certaines différences dans la taille de dents homologues, l’ensemble du matériel
des Beilleaux présente une grande homogénéité liimeiisionncllc. Même si l’on excepte le
cas des incisives des sujets femelles, cpii sont toujours de dimensions plus modestes, on
doit constater ipie le matériel de Pralarerulherium rninutum de Selles-sur-Cher (Mafet,
1908, llg. Il ; Roman, 1911, fig. 21 et jil. VIII, fig. 1-5) est plus grand que celui des Beil¬
leaux. Plus grands aussi ceux de Budenheim, des environs d’I’lin (ef. Roman, 1911 ; 71,
fig. 20), de l.augnac, de Pechhonnieu (Astre, 1925, fig. 1) ainsi (pie le matériel-type de
Saint-Laurent près Moissae (Cuviëii, 1822, fil. XV, lig. 1, 7, 8, 9). Tous ces gisements sont
d’âge aquitanieu, sauf peut-être celui de Pechhonnieu (jui pourrait peut-être être: encore
dans le Stamjncn tuais cela n’est pas parfaitement assuré. Ou pourrait alors penser à une
diminution de taille au cours du temps. Mais ce itoint de vue semble devoir être écarté
car les pièces les plus récentes de Prolaceratherium rninutum, qui proviennent d’Artenay,
sont presque de la taille de celles de Laugnac et de Selles-sur-Cher.
Rapports et différences
Si les pièces du jtefit Rhinoeérotirlé des Beilleaux sont plus petites que celles des Rhino-
cérotides de 1’ « Aquitanieu » rapportées classiipiement à « fih. » minutim, par contre, elles
ne s’en distinguent pas par leur morphologie. Les spcciineiis-types de respèce ligurés par
Cuvier (1822, pl. XV, fig. 8, 9, 10), religurés par Osuorn (1900, fig. 5) puis par .\hel
(1910, pl. Il, lig. 8) montrent sur la P'* le même allongement transversal, avec im proto-
cône plus important dans le sens de la largeur que rhyjiocône, un antécrochet légèrement
marqué, un fort crochet, un cingulum interne très fort, une muraille exlerue peu ondulée,
ornée en avant par la côte correspondanl au parac(“me et celle corrcsimndant an parastyle.
De même les deux molaires conservées de Saint-Laurent montrent une muraille externe
peu accidentée, un antécrochet largement étalé, un crochet plus fin et, sur M^, un reste
de cingulum inti'rne au jned de la partie antérieure de l’hypocône l't de la vallée centrale.
Ün peut observer les mêmes caractères de ressemblance sur le matériel de SeUes-sur-Cher,
celui de Budenheim, celui des environs d'LTm, de Pechhonnieu, de Laugnac, Il s’agit donc
bien de la même espèce.
Curieusement, toutes les pièces de l’A-quitanien furent rapiiortées par Roman (1911,
1924) à Ceralorhinux liijiicux, tandis qu’il pla(}ait les types de Cuvier dans le genre vlcera-
therium. L’espèce Aceralherium rninulum n'était représentée pour Roman, en 1911, que
dans deux gisements : à Saint-Laurent près Moissae et à Auzon (très (Mais (cf. Ro.man,
1911, lig. 9). 11 semble que des considérations d’ordre stratigraphique aient orienté Roman
vers ces déterminations. Kn effet, le gisement de Saint-Laurent était alors considéré comme
d’âge stampien, comme celui d’Auzon, tandis que ceux de Budenheim et Selles-sur-Cher
sont aquitaiiiens et celui de Lisbonne considéré comme burdigalien basal (Roman, 1907).
11 est vrai aussi que les types de Cuvier ne consistent qu’en trois dents, qui sont de plus
usées à l'extrême et donc diflicilement utilisables. Ce[iendanl, de Bonis (1973) a montré
d’une part que le gisement de Saint-Laurent était d'âge aquitanieu, et non stampien, et
— 354 —
d’aulre part que les formes de Saint-Laurent, de l.augnae, Selles-sur-Chnr, Budenlieim,
Pcchbonnieu appartiennent à la même es)>èce, Ce qui est étonnant à |)remière vue, c’est
qu’il les rapporte encore à Dicerorhinus {= CenUorhinu.s), tuais il précise que « la fdiation
entre les formes qui vécurent au début du Miocène et le Rbinocéros de Sumatra n’est pas
établie avec certitude n et, « en attendant une révision détaillée ", il préfère conserver le
nom du genre admis i>ar les anciens auteurs n sans avoir d’illusions sur la solidité des bens
qui unissent les Hbinocéros de l’insulinde à ceux de l'Agenais ». Aujonrd’bui, la rév'ision
de ces formes est plus avancée, et il apparaît comme certain que nos petits Hbinocéro-
tidés du Miocène inférieur n'ont rien de commun avec le Rbinocéros de Sumatra (Dicero¬
rhinus suiualrensis) et rejirésenteni une brancbe qui s’est éteinte assez, tôt en Euro[)e.
On doit donc reprendre le nom de genre de Protaceralherium donné par Abet. en 1910, ainsi
que l'a fait IIeissio cji 1972.
Ce qui est plus surprenant, c'est d’avoir vu les pièces du petit Rhinocérotidé de Lis¬
bonne, types du tagieus, attribuées à un Ceralorhinus, Roman, dans son premier travail
(1907), avait écrit : Uhinoceros [Ceraiorhinu-s ?) tagicu-s nov. sp. 11 indiquait clairement
les raisons de sa détermination en écrivant : « c'est principalement la forme triangulaire
de M*, avec crochet mince et allongé, la sinuosité de. la vallée médiane de. M^ et M® prestjue
fermée par la rencontre du crochet et de rantécroebet, tous caractères qui se retrouvent,
chez lih. iCerulurhinus) sunsuiiiensis » [op. rit., ji. 44). Cn fait, ce Hh. sunsanlcusis montre
bien une M* triangulaire, des vallées médianes de M^ et M* prest|ue fermées, mais, ces carac¬
tères se retrouvent, chez de nombreux genres de Rhinocérotidés, dont en particulier les
Aceralheriuni. D'autre, part, le. « Dh » lagicas s'écarte nettement du « Hh, n sansanien.sis
et du Rbinocéros de Sumatra par la présence d'un eingulum interne aux prémolaires supé¬
rieures et riinportance de l'antécrocbel. Sur le « Hhinoceros « sun,suriieiuiis, le caractère
le plus remarquable est, d'ailleurs, sur les prémolaires supérieures, l’absence totale de
eingulum interne et la fermeture non moins totale îles vallées médianes par accolement
du protolo(ihe et du métalophc. Le Hh. tagicus ne peut donc absolument pas être rattaché
ni b la forme de Sansan, ni à la forme actuelle de Sumatra qui présente justement ces mêmes
caractères.
Kn fait, comme l'avait vu Ro.man, le petit Hbinocéros de Lisbonne est du même groupe
que ceu.x de Selles-sur-Cher et Budenheim. 11 ne s’en distingue que par quelques carac¬
tères qui ont ])eut-être une valeur Spécifique : effacement du eingulum interne au pied du
protocône des deu.x dernières prémolaires supérieures, et duplicature de l'bypocône de R^.
Nos pièces des Beilleau.x sont aussi à écarter du genre Prosanlorhiniis. Ce genre, éga¬
lement de petite taille, se distingue facilement des Protacerntherinin par son squelette
apjicndiculairc : Prosuntorhinus est proche des lUaihijpotheriuiii, et sou astragale est très
étiré transversalement, tandi.s que celui de ProluceruIheriiim , comme celui de tous les .\ce-
rathères, est beaueouji moins large et od're. un profil distal suboarré.
Résumons, en ajoutant queb[Ues précisions, les conclusions de celte longue discussion :
Heissig i 1972) a redonné aux types de Luvikh leur ancienne et bonne appellation génériipie,
Protucei'ulheriuin, mais il a placé le tagicus dans le genre Hrachi/podella (— Pr.minlorhinu.s).
De Bonis (1973) a regroupé avec le minulus toutes les pièces de Selles, Budenheim et Pech-
bonnieu, mais sans discuter rappellatioii générique. Lniin, .4 mc.nes et lii.NsiujBG (sous
presse), dans leur révi.sion des faunes de Rhinocérotidés du Miocène de la basse v'allée du
Tage, ont revu le Hh. tagicus et l’ont placé dans le genre Prolaccratherium.
— 355 —
Sous-famille Teleoceratinae
Genre BRACHYPOTHERIUM Roger, 1904
Diagnose : Teleoceratinae primitif, à dents brachyodontes. Membre antérieur tétradactyle.
Nasaux plus longs que chez Teleoceras.
Sous-genre Diaceratherium Dietrich, 1931
(= lirarhydiccralheriurn Lavoeat, 1951)
Diagnose : Brachypolheriuin primitif présentant un fort sillon subvertical sur la face externe
des molaires inférieures, à la jonction du mélalophide et de l’hypolopliide.
Brachypotherium (Diaceratherium) aurelianensis (Noucl, 1866)
Diagnose : Diiiceralheriuin à métapode très court.
M.vtériee et mesures (en millimètres) : D gauche (BEI 195), L (couronne), 45,6. — droite
(BEI 116), 25 X 22. — P® droite (Bbx 631s 39 X 36. — P® gauche (Bhx 616), 25 X 35. - P®
gauche (Bhx 627', 34 X 48. — P® gauche (Bh.x 600), 36 X 50. — P'* gauche (Bhx 608), 38 X 55.
— Ml droite (BEI 164), 43 X 53. — Mi droite (BEI 417), 49 x 54. — M^ droite (BEI 133), 47 X
57. — M^ gauche (BEI 114), 50 X 63. .\1^ droite (Bbx 601), 45 X 54, — M'^ gauche iBhx641),
50 X 55. — D* gauche (Bhx 636), 31 X 32. - gauche (Bh.x 603i. 31 X 39, — ID droite (Bbx
643), 37 X 43. — droite (Bh.x 633), J, ^ 30. droite (Bhx 634), 26 X 20. — P 3 (!’) droite
(BEI 2.50), !.. 32, — Psvi’i droite (Bbx 620), 32 X 22. - P 4 droite (Bhx 628), 37 X 26. — P* droite
(BEI 249). .38 X 27. — P 4 gauche (Blix 614), ,39 X 27. — P* gauche (Bhx 618), 39 X 27. -- P 4
gauche (BEI 299). .39 X 29. — Mi(?) droite (BEI 177), (46) X 30. — Mx droite (BEI .389), 47 X
29. ^ .Ml (?) gauche (BEI 27.3), 47 X 30. — M.(?i gauche (Bbx 640). 47 X 30. - Mj)?) droite
(BEI .300), 52 ,X 30. — M^ droite (BEI 172), 51 X 29. — D 4 droite (BEI 248), 39 X 25.
Description
Dentition supérieure
J.a couronne de l’incisive supérieure est basse et allongée comme sur le spécimen de
Brachi/potheriuin nurelianensis d’Artenay cl le Brachypotherium aginense de Laugnac (cf.
Repei.in, 1917). l,a dent est bombée à la liase, surtout dans ses parties anléru-externes
et posléro-internes. Lne longue carène la parcourt d'arrière en avant jusqu’à la pointe
qui est liasse el en position très antérieure. Le spécimen BhR 195, par sa petite taille,
sernlile avoir appartenu à im sujet, femelle.
La première prémolaire, P^, est de prolil ocolusal bien triangulaire. La face labiale
est fortement bombée et le parastyle bien détaché à l'avant ; un petit sillon marejue cette
séparation sur la l’ace externe, comme chez Brachypotherium. aurelianensis et Br. lemanense.
Par contre, le parastyle est réduit chez Brachypotherium brachypus. Chez Aceratherium
platyodon, la face externe ne présente aucune trace de siUon.
— 357 —
P® est subcarrée. La muraille externe est peu ondulée mais présente, sur l’échantil-
lon Bbx 631, un angle net au niveau de la séparation entre paracônc et métacùne. I..e pro-
tolophe et le métaloj)he sont bien développés. Ils forment deux lobes parallèles, légèrement
incbnés par rapport à un axe transversal. L’antécrochet est large et il existe, du moins
le voit-on sur le spécimen le moins usé (Hb.x 631), un début de erisla, Le cirigulum interne
est bien développé, comme chez liracliypolhcriuni lenianensc et Br. aginense.
La P® est plus allongée transversalement que la dent précédente et la P'* plus encore
que la P^. Ce jioint mis à part, les deux dents olfrent les mêmes caraetérisli(jucs. Sur les
deux, l’eeloloplie est légèrement ondulé, et marqué seulement d'une petite carène au niveau
du paracônc. Le parastylc est bien développé. Le protolopbc est plus long que le rnéta-
lopbe. Sur ce dernier, l'hypoeône forme avec le métaconule un angle vif à la pointe duquel
se détache un crochet mince et allongé, bien visible sur les dents vierges. La vallée centrale
est relativement large, et le cinguliiin basal interne uet mais assez mince. Tous ces traits
anatomiques se retrouvent sur les dents correspondantes du beau crâne de .Neuville-aiix-
Bois figuré par M.vvi’.t (1908, jd, I, fig. 2). Ces caractéristiques sont les memes que chez
Brachyputherium letiimetiÿe hormis le eingulum interne qui est ici beaucoup plus mince.
Les deux prciuières molaires supérieures sont subcarrées. Leur face externe est relevée
en aile au niveau de la base cl de l’arrière du métacôue, le paracônc y forme une forte côte.
Le parastyle est bien dévcbqqié, quoique plus petit que le paracônc. Les deux lojdies
internes sont bien dévebqqiés, parallèles et sensiblement de même importance. Comme
sur les deux dernières prémolaires, l’hypoeône forme avec le métaconule un angle vif à
la pointe duquel se détache le crochet. Lue [«ctile erisla est visible sur les dents fraîches.
L’anlécrochet est fort et la vallée centrale très sinueuse. ,\ l'extrémité linguale du proto-
lophe, un étranglement net tend à isoler le protocône. Cet ctrauglemenl, est liieu visible
sur les dents usées. Sur les dents fraîches, il n'est repérable t|u'à la base du protolophe.
Enfin, il n’existe ni sur ni sur la moindre trace de eingulum labial.
La M® est simple. Sa vallée centrale est large et profonde. 11 e.xiste un crochet faible,
un antécrochel, un étranglement au niveau du ]irotocône, et, à farrière, un reste de ciii-
gulum.
Denlitian larlèale supérieure
La ü" est très caractéristiijue par sa morphologie. (.Quatre fortes côtes ornent la face
externe : une corresjiondant au parastyle, une au [laracône, une, la (ilus marquée, inter¬
médiaire entre les deux tubercules externes, enfin la dernière jiour le métacôue. Le proto¬
lophe est très eouelié ^■ers l'arrière taudis ([Ue le mctalophc suit un axe transversal. Il existe
une petite erisla, un petit crochet et. un l'este de eingulum interne, foutes ces carartéris-
tiques se retrouvent sur la du Brtuhypniherium aurelianr.me d’Artenay, ainsi que sur
le Brachypotlieriuiii aginense de Montaigu-le-Blin figuré jiar Viret (1929, |d. 27, fig. 1).
Chez Brachypolherium hrarliypm, la muraille externe est beaucotqi moins fortement cos-
telée.
La D® est une dent au profil occlusal plus carré que la Ü^, par suite de l'clargisscment
considérable de la partie linguale. Elle est, cependant, de proportion plus allongée que les
deux premières molaires. Sa muraille externe est marquée par les deux très forts reliefs
du parastyle et du paracônc, ainsi (jue par la présence d’une forte côte au nisu'au du méta-
— 358 —
cône. Entre ces deux derniers reliefs (paracône et métacône), la surface de l’ectolophe est
légèrement bombée. En arrière du métacône, l’eclolophe se relève en aile. Il existe aussi
un reste de cingulum labial au pied du métacône. Le protoloplie et le métalophe sont allongés,
bien séparés l’un de l’autre, et inclinés vers l’arrière. La vallée centrale est large. L’anté-
crochet est important, le crochet allongé vers l’avant. La crista est nette et tend à rejoindre
le crochet.
Fig. 21-25. —• Brachypotheriiim (Diaceratlieriurn) aurelianensis. 21, gauche (Ilb.x 636) ; 22, D® gauche
(lîh.Y 603) ; 23, D* ilroite ( 15bx 643) ; 24, (?) gauche (BEI 273) ; 25, M 3 droite (BEI 172). Faces
occlusales. (G.N.)
La D’* est un peu plus allongée, que la D®. L’ectolophe est moins sinueux : le parastyle
est aussi fort mais le paracône est un peu moins maripié et surtout la côte qui marquait,
sur D®, l’emidacement du métacône a entièrement disparu. Par contre, le léger hombe-
rnent déjà signalé sur D® entre le paracône et le métacône est visible ici, ainsi que le reste
de cingulum externe au pied du métacône. Les deux lophcs linguaux (protolophc et méta¬
lophe) sont comme sur D® dirigés vers l’arrière et bien séparés l’un de l'autre. L’antécro-
chet est large, le crochet mince, allongé et dirigé bien antéro-postérieurement, tandis que
la crista est à peine indiquée. La D* du llrachypothère de Chilleurs-aux-Bois et d’Artenay
a les mêmes caractéristiques cl les mêmes dimensions.
— 359 —
Dentition inférieure
L’incisive inférieure est longue, de section subtriangulaire, avec un angle très aigu
sur le bord mésial et un angle moins aigu au bord distal. La face occlusale (ici linguale)
est lisse et concave. La face labiale (ou inférieure, ou externe) montre un bel arrondi, comme
sur les pièces du Rmehypotherium aureliancn!)it d’.4rtenay. La taille est aussi la même.
Les dents jugales sont jdntùt courtes et trapues. Leur structure est simple : un méta-
lophide que suit un bypolopbide. Sur la face externe, un fort sillon vertical ou subverfical
marque la rencontre de la branche antérieure de l’hypolopbide sur la branche postérieure
du métalophide. Ce dernier est formé de deux branches bien orthogonales entre elles. Celles
de l’hypolophide forment entre elles un angle légèrement plus ouvert.
Dentition lactéale inférieure
Une dent jugale inférieure de lait a été récoltée. C’est la pièce BEI 248. Son allonge¬
ment, la minceur de son émail, l’importance du paraconidc et le léger sillon qui, au fond
de la fosse trigonide, marque la séparation du protoconide et du métaconide sont assez
caractéristiques. Les proportions, en particulier sa largeur, et la faible longueur de son
trigonide en font nettement une D^. Elle ne semble pas différer de celles du Braohypothe-
rium aurelianerms d'Artcnay.
Rapports et différences
Comme on vient de le voir, le grand Rhinocérotidé des Beilleaux ne se sépare pas de
celui d’Arlenay. Celui de Chillenrs-aiix-Bois, celui de Nciiville-aiix-Bois lui sont aussi iden¬
tiques. La seule différence un peu notable esl. la plus grande force de cingulum interne
sur la B* des Beilleaux, que l’on (Kiurraii prendre, jiour un caractère archaïque. Mais les
deux autres grandes prémolaires supérieures, P® et P^, nous ont montré un cingulum pas
plus développé sinon même plus mince qu’à Artenay el Neuville et l'on sait que meme
cet élément peut avoir un développement inconstant. Sur le beau matériel de Dntrhi/po-
therium a^inen.se de Laugnac étudié par Repelin (1917), on voit tpie ce cingulum est plus
ou moins bien développé sur la P’’, et peut même disparaître au pied tant du protocéne
que de l’hypocône. On ne peut donc conclure à un certain archaïsme chez notre Brachypo-
thère des Beilleaux, que nous ne. séparerons eu rien de ceux de celui de la partie inférieure
et moyenne des sables de l’t.lrléanais.
Un dernier point se pose, celui de la désigiialiou supraspécitique. Le Ith. aure/.ianen.sis
Nouel fut d’abord attribué au genre américain Teleoceras par Osborn (1900), que suivirent
Stehlin (1907) el Mavet (1908). Mais Roger ayant créé dès 1904 le terme hrachypothe-
rium pour le grand Teleocérat.iné. eoropéen, il fut suivi par la majorité dus auteurs i(ui
attribuèrent désormais l'espèce, de Nofei. à ce genre (Stehlin, 1925; Roman et Viret,
1934 ; etc.). Cependant, il apparut que le Brachypalheriuni aurelianensix <le l’Orléatiais
n’était peut-être [las l’ancêtre du liravhypotheriurn hrnr.hypiis ipii le remplace à partir du
niveau de Baigneaux. 11 semble bien que ce (loiiit de vue soit exact. Mais les deux espèces
sont encore si proclies que nous trouvons préférable de les inclure dans le même genre et
— 360 —
de distinguer seulement deux sous-genres. C’est ce ({u’a fait récemment Ginsburg (1980)
en prenant le nom de Brachydiceratherium créé comme sous-genre par Lavocxt en 1951
pour VAceralherium lemanense. Il s’est avéré defiuis, grâce aux découvertes de de Bonis
dans l’Agenais, que cette dernière espèce était un Teleoceratinae et était considérée
comme le prédécesseur et ascendant direci <lu Br. oiindutnfin.sl.'s. Le nom de Brarhydieera-
llirrium devrait donc s’appliipicr au grand Teleoceratidae de l'Orléanais. Mais Üietbich
avait auparavant décrit sous le nom de iJUueral.heriiiiii toiiicrdinyensis des restes d’un
grand Uhinocerotidae retirés d’une fente karstique d’âge aquitanien à Tomerdingen. Et
il s’avère que ces pièces doivent rentrer dans l'espèce lemunen.si\ ainsi ipie l’a correctement
indique de Bonis (1973 ; 121). On connaît en particulier à Tomerdingen les séries D^-D'*
et P’-M*, quelques molaires inférieures, ainsi qu'un nasal et deux métapodes. Tous les
caractères sont ceux des espèces uginense et aurcUanen.'ti.y. Les prémolaires et les deux pre¬
mières molaires supérieures ue se départagent en particulier pas de celles des Beilleaux
par leurs structures essentielles. Les prémolaires ont même un bourrelet cingulaire lingual
faiblement développé, et les dents lacléalos sont presque superposables à celles des Beil¬
leaux. Le nom supraspécifique doit bien être le même. Heissig (1973) va même plus loin :
il rétablit à Diaceratherium. son statut générique.
Conclusion
Cette courte élude a permis d’identifier avec |irécision les Bhinocérotidés des Beil¬
leaux. Deux formes seulement sont représentées : Prolaceralheriuni ininulum (Cuvier) et
Brachypolherium [Diacerallieriiiin) aurelianeme (Nouel).
11 est à noter que ce sont les seuls Périssodactyles connus dans le gisement. Aucun
reste altriluiable à un Anchifhère ou un Tapir n’a été retrouvé. A noter aussi la pauvreté
du gisement en espèces de Rhinocérotidés. De Bonis signale quatre esj)èce.s présentes de
Kliinocérolidés à Paiilhiac, et quatie à Laugnac. Ces deux gisements emplis de marnes
correspondent à des mares plus ou moins tenqioraires où des conditions de piégeage des
animaux ont duré assez longtemps. Il en est de même pour le gisement de Sansan, où l’on
connaît aussi quatre Bhinocérotidés et où les sédiments, argilo-marneux, évoquent un
bord de lac assez permanent. Par contre, dans les gisements Iluviatiles, les apports détri¬
tiques sont brusques et intermitlents ; les restes d’animau.x sont transportés aux piériodcs
de crues. La faune représentée ne corre.spond en général qu’à une fraction moins impor¬
tante de la faune vivant à cette époque. C’est seulement un coup de filet lancé sur les bords
des neuves. C'est le cas des dilîérents gisements des sables de l’Orléanais. Il semble qu’on
puisse étendre la généralisation au cas des Beilleaux.
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Place et signification des dépôts villafranchiens
de Moustiers-Ségriès
et faune de Mammifères de Cornillet (Alpes de Haute-Provence)
par Émile Heintz et Michel Dubar
Résumé. —• Plusieurs types de dépôts (lacustre, détritirpie, grossier, carboiiaté) existent au
toit du remplissage du luissin iiéügèiie de Hiez-Valeusole, dau.s la région de Sêgriès-.VIiuiaticrs. en
piénuuit de l’are suhalpin de (’.astellane. J.'évolution des phénomènes majeurs d'érosion et de sédi¬
mentation est montrée grâce aux coupes stratigraphiques relevées dans chaque secteur de sédi¬
mentation. l.e lac de Puimoisson est contemporain de la mise en place du premier cône détritique
de piémont de la plaine de Piastre. Plus à l'est, près des Heaumes, les résurgences karsti((ues ont
un rôle prèpoudéranl ; des traviu'lins et des tufs s'y forment presque exclusivement. La formation
du deuxième cône détriti(fue marque finalement l’extension des épandages caillouteux en glacis.
Dans cette stratigraphie plusieurs niveaux repères paléontologiqiies sont connus. Dans la série
lacustre existent, vers son milieu, de grands mammifères <le la zone MM 15 et, à sa |)artie supérieure,
des micromammirères de la zone MN 16a. A la base de la formation earbonatée se trouvent des
grands mammifères de la zone MN 17. Le matériel paléontologique étudié ici provient de ce dernier
niveau dans lequel se placent les sites de Cortiilict. Les dix esjièees de Mammifères, identiliées
jusqu’à présent, montrent que la faune villafraneliienne de Cornillet est identique à celle de Saint-
Vallier et t|ue son âge — Pléistocène inférieur ou Pliocène supérieur, suivant l’acception ancienne
ou nouvelle de la limite Pliu-Pléistocène — peut être estimé à 2,5 million.s d'années.
Abstract. — Several types id' formalions bave beeii id>scrvcd ut the filling top of tlie Neogene
basin near Ségriès-Moustiers, below the subalpine mountain range of Custellane : lacustrine, coarse,
detrital and earbonated. The evofution of the main sédimentation arid érosion phenomena appears
on the straligrapliic sections of eaeh area ; tlie lirst sériés of the coarse detrital which is represented
by the alluvûil cône ol Plaine de Claslre, is contemporaneoiis with the lacustrine régime of Pui-
nioisson, The rnost important development of caloareous tulls and truverlines in the earbonated
sequence is located in the district of Le.s Beaiiines. The second sériés of coarse detrital indicates
the extension of the. graveliy pieduioiit slopes (glacis), lu tlie lacustrine sédiments two paleon-
tological marke.r-heds are known. The oldest lies in the niiddle part and yields large rnammals
of zone MM 1.5 ; a yoiinger one is in the upper part and yields micromammals of zone MN iHa.
In the lower part of the travertine séries, large rnammals were eollected in several sites at Cornil¬
let. The ten mammalian taxa till now identified show thaï the villafranchian fauna of Cornillet
is identieal to that of Saint-Vallicr, and lhat ils âge — Upper Pliocène — rnight be estimated
to 2,5 M.Y,
M. Dubah ; LA 1S4 du CiVHS, CliA de. Sofdita-AnlipuU». OdSGS Valhonne.
E. IIeintz : LA 12 du CXRS, Institut de Paléontologie, 8, rue de Bulfon, 75005 Paris.
— 364 —
I. GÉNÉRALITÉS
Répartition des faciès terminaux
De la vallée de l’Asse à la vallée du Verdon (fig. 1), les couches lacustres de Puimois-
son constituent le meilleur niveau-repère des formations supérieures du bassin : les grands
mammifères le rattachent à la zone de Perpignan (zone MN 15) tandis ipie les rongeurs
appartiennent à la zone de Seynes (z. MN 16a) (Guérin, Mein, Truc, 1970).
Fig. 1. — Localisation géographique de la région étudiée.
A proximité des axes hydrographiques principaux (Asse et Verdon), les poudingues
fluviatiles prennent, à ce niveau stratigraphiquc, une grande importance. Du côté de la vallée
de l’Asse, les dépôts fluviatiles restent influencés cependant par des limons et des argiles
provenant de la région centrale du bassin.
A l’approche des reliefs calcaire.s, on assiste au grand développement des cailloutis
anguleux : ce sont des sédiments détritiques calcaires placés aux débouchés des ravins
principaux ; ils alternent très souvent avec des lits argileux ou limoneux.
Enfin, très localement, dans la région de Ségriès existe, à la partie supérieure des assises
laeustres, un puissant entablement de travertins et de tufs fossilifères.
Les gisements a grands mammifères de Ségriès
La stratigraphie la plus complète est donnée par le site de Cornillet 3 (fig. 2, B) : au-
dessus des couches lacustres stricto sensu (couches Lj à L 4 et S-L), on trouve un ensemble
caillouteux (c. à S 3 ) couronné par un horizon pédologique rubéfié (c. S 4 ), puis une couche
limoneuse assez indurée (Sj) qui a livré les restes osseux, puis un banc travertineux (Sg),
enfin, après une couche sableuse de transition (Sy), l'ensemble stratifié des « brèches de
Balène ».
La localisation des sites paléontologiques de la région de Ségriès est la suivante :
365 —
Sites
Réf. stratigr.
Ségriès G.M.T.
X
Cornillet 1
Ss
X
Cornillet 3
«5
X
Cornillet 4
X
Le Béservoir
X
Cornillet 2
^6
X
COORDO.NNÉKS LaMBEBT
i)09,38() ; y = 180,975 km ; z = 766 m
909,625; V = 181,350 km; z = 805 m
909,400; y = 181,000 km ; z = 780 m
909,540; V = 181,175 km ; z == 800 m
909,525 ; y = 180,825 km ; z = 775 m
909,525; y = 181,325 km; z = 803 m
l,a distinction de plusieurs sites traduit avant tout les conditions de récolte et non
des différences stratigraphiques réelles. Tous les sites sont identiques, ou très voisins, en
âge. Cette observation de terrain est d’ailleurs pleinement confirmée par l’étude des fos¬
siles.
II. ÉVOLUTION DES CONDITIONS DE DÉPÔT
SUR LE PIÉ.MONT SUBiVI.PIN DU SERRE DE MONTDENIER
DANS LA RÉGION DE MOUSTIERS-SÉGRIÈS
Fluctuations LACUSTnES et phases d'épa.nuâges caillouteux
Les couches lacustres de la région de Ségrics sont développées sur plus de quarante
mètres d’épaisseur. Dans le secteur des Beauiues, la partie supérieure, représentée par un
banc induré travertineu.x, a près de dix mètres d'épaisseur. La localisation stricte de ces
assises de |)récipitations carbonatées dans la région de Ségriès est-elle due aux effets de
l’érosion récente ou existe-t-il des causes anciennes à ces limites ?
1. Vers le nord-ouest
En direction du ravin de tlalène, la barre Iravcrtinciise soinrnitale (Sg de Cornillet)
disparaît sous les brèches supérieures (Sg). Plus à l’ouest encore, sur l’anlTe bord du ravin
de Balène, un peu au-dessus des ruines de Balène, vers la cote 790, a])paraisscnt des limons
rougeâtres à cailloux mal roulés (BS^, lig. 2, A) sur un banc de calcaire lacusire à oncolithes
(BL, fig. 2, A). Cette disposition montre que la série carbonatée n'existe pas ici. A-t-elle
été érodée ou bien sa formation n’a-t-elle pas eu heu ? La deuxième hypothèse parait la
plus vraisemblable, car la coupe de Cornillet révélait déjà, à peu de distance des puissants
bancs des Beaumes, une diminution de la puissance de la formation.
2. Vers le sud-est
Les grands affleurements travertineux développés dans le secteur des Beaumes ne
réapparaissent pas de l’autre côté de la dépression de Ségriès. Les couches lacustres qui
en constittient le tond semblent elles-mêmes perdre de riniportance. Sur l’autre bord, seules
les couches rutilantes dites « marnes rouges de Puimoisson » sont présentes. La straligra-
4, 36
— 366 —
phie de ces assises apparaît clairement dans les forts ravinements du bord nord-est de la
plaine de Clastre (fig. 2, D) :
— La base est constituée par une série (Cl^, fig. 2, D) où alternent, avec des contacts
de base souvent érosits, des cailloutis subarrondis, des limons, des paléosols rouges.
— Les coucbes suivantes (Clg, fig. 2, D) correspondent à des dépôts lacustres blanchâtres
(calcaires crayeux, marneux, noduleux). Le joint supérieur est souligné par un encroûte¬
ment de calcaire crayeux.
— La partie médiane (CI3, fig. 2, D) épaisse de 25 à 30 m constitue l'essentiel de l’accu¬
mulation et donne le faciès « marne rouge » à l’ensendjle de la coupe. C’est, comme pour
la base Cl^, une alternance de cailloutis, limons et paléosols. Les joints de stratification
témoignent de la violence des apports grossiers.
— Au-dessus apparaissent ù nouveau quelques passées lacustres (CI 4 , fig. 2, D), notam¬
ment un horizon sombre humique à coquilles d’eau douce et un banc à oncolithes.
— Enfin, sommitalement (2 à 3 m d’épaisseur) se trouvent des cailloutis en bancs
serrés et très indurés (CI 5 , fig. 2, D).
BALENE
CORNILLET
LES BEAUME5
C LA S TRE
1 1
LncuKl rt- de Piiirioisson j
ItiJs et Iravettin.s de Ségriè.<;
1
1 r.inioiitis de la premîbrK j
[Si
Oaillotitis tic la detixiême nappe sommitale
1 ri f-lPwents jurassiques dominants
1 nappe sommitale
j
H
Cailloutis de la deuxième nappe sonraitale
H éléments rrflacéf; dnninants
1
Pio. 2. — Corrélations stratigraphiques dans la région de Ségriès-Moustiers dans les principaux domaines
sédiinentaires.
— 367 —
Cette coupe |)ermet donc d’alliriiier que les coiiclies de « marnes rouges » sont contem¬
poraines du lac de Puimoisson. iS'ulle part la barre travertineuse n’apparaît dans ce sec¬
teur.
Il existe donc ici les traces de deux extensions lacustres limitées vers l’est par les
grandes accumulaLions de matériel détritique grossier de la plaine de Clastre : l’une contem¬
poraine ou légèrement antérieure à la première phase d’éjiandage caillouteux ; l’autre,
plus récente, légèrement antérieure à la deuxième phase d’épandage (tahl. IX).
Rôle du bassin-versant dans la jiorphogenèse du Piémont
Ce contact chaîne sidialpine -- bassin néogène est d’ordre tectoni([ue. La zone défor¬
mée (verticalisation des eoiiches) est étroite (quelques ilizaines de mètres) et il est probable
que la morphologie globale aiité-tectoniquc a été conservée. L’enracinement du réseau
hydrographique ancien est reconnaissable et les é|iancliemenls alluviaux de piémont sont
facilement rattaeliahles à des zones d’origine précise dans le substrat montagneux sub¬
alpin (fig. 3 et lig. 4).
1. Les cônes d’épandages de matériel détritique
Dans la région considérée, la zone des travertins et tufs est bordée par deux é]3andages
principaux de cailloutis : au nord celui des t)rècbes de Ralène, au sud celui de la plaine
de Clastre.
Fig. 3. — Sclicma naléugcogi'apliiquc du secteur .Ségriès-Moustiers lors de l’épisode des épandages cail-
loutciux suiniiiitau.x (deuxième phase) : 1, oône de Balènc ; 2, formations carbonatées du secteur Sogriès-
Les Beaiimes ; 3. cône do l.i Plaine de Clastre.
— 368 —
a. — L’énorme cône de Balène correspond à la zone de décharge du puissant ravin
du même nom à la sortie des gorges de Négaras. La zone drainée, le parcours direct depuis
les crêtes (Mouressc entre 1 100 et 1 400 m), explique la puissance du cône et son exten¬
sion vers l’aval jusqu’à la ferme de Valensolette, distante d’environ 5 km (fig. 3 et 4,1).
La pétrographie des galets indique des apports principaux à partir des assises jurassiques
dont les aflleurements ne descendent pas actuellement en dessous de 1 200 m d’altitude
dans ce secteur.
L’a va ni-versant, constitué de Crétacé inférieur marno-calcaire, ne semble avoir eu
qu’un rôle secondaire quant à l’origine du matériel. 11 a essentiellement servi de zone de
transit du matériel de l’amonl vers l’aval.
Fiü. 4. — Coupes morphologiques et géologie sommaire de la bordure subalpine montrant les principaux
phénomènes d’apport dans la région de Moustiers-Ségriès à la fin du Pliocène. Du nord-ouest au sud-
est : I, cône d’épandage caillouteux de Balène ; II, formation carbonatée de Ségriès-Les Beaumes ;
III, cône d’épandage caillouteux de la Plaine de Claslre.
Les fortes charges terrigènes du cône de Balène ont, semble-t-il, repoussé vers le sud-
est la limite de la zone des précipitations carbonatées de Ségriès. Celle-ci, non ^^sible, est
située sous la couverture de la plaine de Balène, à peu de distance du ravin de Cornillet.
b. — La plaine de Clastre constitue un vaste épandage de matériel détritique issu
des massifs de bordure par des voies anciennes qui devaient être sensiblement identiques
— 369 —
à celles des actuels ravins de la Mort et du ruisseau de Vincel qui franchissent la barre
de Moustiers dans des gorges étroites (fig. 4, 111). Le profil du réseau hydrographique
n’évoipie qu’une compétence érosive modérée encore qu’une évolution au cours du temps
ait pu se produire. 11 semble qu’une perte de puissance des apports se soit manifestée lors
des épisodes terminaux ; les poudingues de la série moyenne de la jdaine de Clastre (CI 3 ,
fig. 2 , D) traduisent des mises en place brutales dans des chenaux alors que la nappe de
cailloutis terminale (CI 5 ), à matériel plus dispersé, révèle une diminution de la force des
courants.
La zone drainée et évidée au cours du temps est l’axe du synclinal subalpin de Vénascle
constitué essenliellement de séries marno-calcaircs du Crétacé inférieur néocomicn. Le
matériel libéré et déposé sur le piémont a été alternativement des silts et des cailloutis.
La répartition pétrographique de ces derniers confirme les systèmes de mise en place de
matériel local calcaire, subal|iin : vers le bord nord-ouest du cône, les cailloutis présentent
un mélange d'éléments jurassiques et crétacés ; vers le sud-est, à partir du ravin de Bourras,
les plaquettes issues du Crétacé deviennent très abondantes.
2. La zone des précipitations carbonatées (fig. 3 et 4-11)
Dans le secteur de Ségriès, selon une coupe SE-NVV partant de la barre calcaire juras¬
sique de Poissonnière et passant par les Beaumes (fig. 2, C), le ravin de Cornillet, le ravin
de Balène, l’épaisseur des couches de travertins et de tufs diminue progressivement. C’est
en suivant cet axe que les eaux de résurgences karstiques s’écoulaient à partir des reliefs
de la bordure subalpine en direction du lac de Puiinoisson. La dis|tosition des formes reliques
du réseau hydrographique souterrain et des sources actuelles de grand débit (Mouresse et
Fouent de Magne) constitue les marques de la disposition ancienne.
111. PALÉONTOLOGIE
Les nouvelles fouilles effectuées depuis 1978 ont permis de récolter de nombreux spé¬
cimens qui apportent d’importants compléments d’information notamment sur les Rumi¬
nants, groupe fort mal représenté dans les récoltes antérieures (Dubab et al., 1978).
Famille des Bovidae
Genre GAZELLA
Gazella borbonica Depéret, 1884
Matériel ; Jusque-là Gazella borhonica ri’élait connue à Cornillet que par une seule M 3 . De
récentes campagnes de fouilles ont permis de récolter de nombreux spécimens. La liste du maté-
— 370 —
ricl s’ctalilit à présejil comtne suit : un niassaorc. d’iiii individu mâle coinpurLanl les deux chevilles
presque eoinplêtes, ressenl.iel des tronlaux, la région postérieure des nasaux et l’orbite gauche
complète ; un Cragmenl de L'heville mâle ; une cheville femelle incomplète mais munie de sa base ;
un fragment de cheville (enielle, Cornillet 3 ; un maxillaire gauche ptirtanl P®-M®, très usées, Cor-
nillel 3 ; un maxillaire gauche portant Cornillet 3 ; un maxillaire droit portant
peu usées ; une gauche, peu usée ; une droite, usée ; une P® gauche, usée ; une mandibule
droite portant Dj-Vlj, Cortiillet 3; une mandibule gauche portant Mj-iVU, Cornillet 3; trois M 3
droites dont une non usée de Cornillet 3; une P^ gauche; ein(| incisives; humérus ; 4 moitiés
distales, une droite et trois gauches ; radiu.s : 1 eomplel gauelie, 2 moitiés proximales droites, 2 moi¬
tiés distales droites ; cubitus ; 2 fragments ; earinens ; 1 sea|)lioïde, 1 pyramidal, 1 grand os ; méta¬
carpes : 1 gauche complet. 1 fragment proximal gauche, 3 fragmeuts distaux; fémur ; 1 tête arti-
ctdnire ; lilua ; 1 moitié proximale, 2 moitiés distales droilns ; astragales 1 . 2 gauches et 2 droits ;
calcanéum : 2 fragments ; péronéal : 1 ; eubonavicidaire : 1 fragment ; grand cunéiforme : 1 ;
métatarses : 1 coirifilel, 1 fragment proximal, 2 fragments distaux, 1 os discoïde ; phalanges I :
9 dont 6 antérieures et 4 postérieures ; phalanges II : 10 ; phalanges III : 9 ; grands sésamoides :
11 ; petits sé.saraoïdes : 2 .
Tous ces spécimens proviennent, sauf indication contraire, de Cornillet 4.
Description
Crâne et chevilles (pl. I, la et b)
l,c seul crâne dis|>oiiiblc est très fragineiitairc : sa région faciale est incoinjdète, les
parties cérébrale et occipitale manquent.
L’orbite, assez proéniinentc, est presque circulaire ; ses diamètres antéro-postérieur et
supéro-inl'érieur atteignent 41 niiii. La largeur bi-orbilaire atteint au moins 95 mm. En
avant de rorbil.o se situe iiiic fosse lacrymale assez jirofoiide. L’élat de conservation du
spécimen ne permet pas de se prononcer sur la présence on l ab.sence d un hiat us etiimoïdal.
].,e bord poslcrienr des nasaux se place approximativement en regard du bord antérieur
de l’orbite, l.a partie préservée des os nasan.x est longue de 37 mni mais i-.ela ne renseigne
pas sur leur longueur totale. Les trous sourciJliers sont grands, jirofonds et triangulaires.
Leur écartement est de 34 mm. ]..a suture inlerlrniilale est légèrement surélevée en forme
de bonrrtdel. Les fronlaux présentent une dépression en avant des trous soiircillier.s et un
bombement entre les deux elievilles. La fossette poslorbilaire est elairement visible pl. I,
Ib). Le crâne cércliral, immédiatement en arrière des orbites, est large de 35 mm.
La clieville s’insère au-dessus de l’orbite. Le bord jiostcricur de la base de la cheville
se place un peu en arrière du bord orbitaire postérieur. La cheville esl implantée oblique¬
ment {>ar rapport an plan sagittal : le grand axe de sa section recoujie ce dernier dans la
région antérieure du crâne.
En vue latérale, la cheville s’élève loin au-dessus du toit crânien et s’incurve légère¬
ment vers l’arrière ; ainsi son bord antérieur est faiblement convexe, son bord postérieur
faiblement concave. En vue frontale, les chevilles divergent régulièrement mais faible¬
ment sous un angle de 20“ à peine. Leur écartement à la base est de 44 mm ; rappelons
que cette mesure correspond à la di.stancc comprise entre les milieux du bord antérieur
de chaque cheville. L’écartement des chevilles à 7 cm au-dessus de leur base est de 61 mm
et de 87 mm dans la région apicale.
La section de la cheville est ovale (cf. pl. 1, Ib). Son degré de compression transverse
371
O
5>
• X ^
37-
1
»
36-
IS
• • •
35-
•
•
•
m
34-
•• t«
••
••
•
wl M
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• •
•
32-
• • 1 1 1 ••
•
•
31 -
+ 1 «.t i
+ • • •
30-
4 • 1 • •
t • • * •
*
•
28
•
2 7-
•
26-
24
23-
22-
20-
) O
19
>
O
)
18
O
O
GAZELLA
3orbonica Dep.
__ CL
e
LA PUEBLA DE VALVEROE
16
O (ÿoooo
5
O Chevilles femelles . N-48
O O oo
LA PUEBLA DE VALVERDE
15
O ooo
^ Cheville femelle
O O
LAS HIGUERUELAS
14
0 O O
X Cornillet
13
O
O
+ Perfier-Etouaires ; holotype
1
1 DT base en mm
' ' ■ 'T ' I- 1 -1 I-1 t-1' ■ I I i I ■ r ■ I *
12 13 14 15 )6 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27
IG. 5. — Gazella borbonica Depéret. Distribution des chevilles mâles et femelles en fonction des diamètres
antéro-postérieur (DAP) et transverse (DT) mesurés au niveau du bourrelet basilaire.
augmente de la base vers l'apex de sorte que les bords antérieur et postérieur deviennent
progressivement plus tranchants et les faces latérales plus plates.
L’ensemble de ces observations coïncide bien avec les caractères du crâne bolotype
de Gazella horhonica de Perrier-Étouaires (cf. Depï;i(ET, 1884, pl, VI11, fig. 1 et de Giuli
et lliuNi'/., 1974, pl. 111) ainsi qu’avec la description que Vibet (1954 : 122) donne pour
la gazelle de Saint-S’allier.
Kn ce qui concerne les dimensions des chevâlles, on oliserve que celles de. Cornillet
s’insèrent bien dans la variation de la population de G. horhonica de La Puebla de Val-
verde, même si elles se placent â l’extrémité supérieure de l’aire de variation (fig. 5 et
tabl. 1).
Tableau 1. — Dimensions et indices des chevilles mâles et femelles de Gazella horhonica de
La Puebla de Valverde (Teruel, Espagne) et de Cornillet. (Pour la technique de mensuration,
voir IIeixtz, 1971 : 210, fig. 1. Les mesures sont en mm.)
GAZELLA borbonica
LA PUEBLA
DE VALVERDE
CORNILLET
chevilles
N
Min. -
Max.
M
LONGUEUR
B
160 -
200
160
170
(chevilles à peu près complet^
77 -
140
-
-
cT
86
27,0 -
37,5
31,8
37,5
38,0
DAP à la base
48
13,0 -
19,5
16,2
16,5
-
o''
94
26,0
21,7
26,0
27,0
DT à la base
î
48
16,0
13,7
15,0
-
DAP à 7 cm de la base
o^
55
32,0
DAP à 5 cra de la base
29
mm
-
DT à 7 cm de la base
55
11,5 -
17,0
14,0
17,0
17,0
DT à 5 cm de la base
%
29
6,5 -
11,0
9,4
10,0
-
DT base X 100
85
60,86-
76,19
68,45
69,33
71,05
DAP base
?
48
76,47-
93,75
84,69
90,90
DT à 7 ou 5 cm X 100
0^55
50,0 -
64,0
55,79
54,83
53,12
DAP à 7 ou 5 cm
29
65,38-
88,0
76,39
76,92
Dans le matériel de Cornillet figurent deux fragments de chevilles de gazelles femelles.
Le premier, long de 50 mm, est pourvu de sa base, le second, long de 70 mm, en est dépourvu.
Ces chevilles, de taille bien moindre que celles des mâles, sont légèrement arquées. Leur
— 373 —
surface est parcourue par de fins sillons Inngil.udinaux. Leur section est ovale (cf. pl. 111,2).
Sur l’important matériel de La Puelila de Valverde, on observe que la forme et surtout la
section des chevilles remelles sont plus variables que celles des mâles. Les deux spécimens
de Cornillet coïncident bien avec G. horhonita de Saint-Vallier (cf. Viret, lOS'l : 12''i et
pl. 18) et s’insèrent bien dans la variation de la population de La Puebla de Valverde (fig. 5,
tabl. I).
Denis supérieures (pl. I)
Les molaires se caractérisent par leur forme assez ]msmatiqHe, l’absence de colon-
nette interlobaire et d’îlnl central, le contour anguleux des lobes internes. Leur muraille
externe est plate dans l’ensemble. Cependant, les trois styles (para, méso et méta) se pré¬
sentent sous forme de fines eâtes, et le |iilicr du paracône est apparent bien que jteu prononcé.
La face postérieure, de la M® présente une goiiltiêre verticale, bordée du côté externe par
le métastyle forlemenl étiré vers, l’arriére. Les prémolaires sont relativement petites. La P^
biradiculéc se caractérise par le très faible développement du protocône et du parastyle.
Les dimensions des dents supérieures (tabl. Il) coïncident avec celles de G. borhonica
de Saint-Vallier et de La Puebla de Valverde.
Denis inférieures (pl. 1 et III)
Les molaires inférieures se caractérisent par hoir section verticale presque prisma¬
tique ; leur largeur toujours faible n’augmente que peu du sommet vers la base de la cou¬
ronne. muraille interne en forme d’éventail, Mj est à peu près rectangu¬
laire. Le pli antérieur est peu dé\eloppé, les tubercules interlobaires font défaut. La muraille
interne est assez plate.
Sur P 4 , parastylide et paraconide sont soudés en un bloc ; le métaconide peu déve¬
loppé est soudé à l’entoconide.
Les dimensions cl. indices d’hypsodonlie des dents inférieures (tabl. II) coïncident
bien avec G, borbanica de Saint-Vallier et de La Puebla de Valverde.
Os des membres (pl. II)
Globalement, la morphologie des os des membres de la gazelle de Cornillet est très
semblable à celle des gazelles actuelles telle Gazella dorcas. Sur l’articulation distale de
l’humérus, la lèvre externe n'est pas tranchante mais arrondie.
Le radius présente, sur la face antérieure de sa région distale, une coulisse médiane
(tendon de l’èxlenseiir antérieur du métacarpe) de faible longueur. Cette coulisse est bordée
par deux crêtes parallèles, aiguës mais peu dévelopj)ée 8 .
Le métacarpe possède une face postérieure sensiblement plane.
La face postérieure du métatarse est légèrement convexe dans sa région proximale.
Elle est étroite, bien délimitée latéralement et faiblement creusée dans la région moyenne
de la dia]>hyse.
Concernant les raj)ports des longueurs des os des membres il faut noter que le radius
est moins long que le métacarpe, lui-même plus court que le métatarse. Les phalanges I
du membre antérieur sont plus longues que celles du membre postérieur (tabl. III).
374 —
Tableau II. — Dimensions et indices d’Iiypsodontie dos dents de Gazella horbonica de Cornillet.
— 375 —
Tableau III. — Gazella horbonica. .Mesures des os des membres (en millimètres).
Gazella horbonica
Longueur
DAP
DT
DAP
DT
Cornillet
prox.
prox.
dist.
dist.
-
-
-
■n
25,2
Huméru.s
H
26,0
25,9
-
-
-
25,0
145
14,0
24,5
21,7
-
13,2
23,4
-
Radius
-
14,4
24,8
-
-
-
-
21,0
-
-
-
20,4
14,7
Métacarpe
15,2
-
-
Métatarse
164
20,2
15,5
21,0
40,0
13,1
9,4
9,8
8,7
Phalange I antérieure
40,0
41,0
13,4
9,2
9,9
9,8
9,6
8,9
8,3
41,5
13,2
9,7
9,8
8,8
37,5
14,3
- .
8,9
8,8
Phalange I postérieure
36,5
35,0
13,6
13,6
10,1
10,6
8,9
9,0
8,6
9,2
35,0
13,9
10,5
9,0
9,2
Les dimen.sioiis dc.s spéciriiens de Cornillet concordent bien avec celles de G, bnrho-
nica de Saint-\'allier et de La Puebla de Valverde (voir tabl. IV).
Remaboues sr.'R l’âge : Dans le Néogène d’Europe occidentale, le genre Gazella est
représenté par plusieurs espèces successives dans le temps. Parmi ces dernières, la gazelle
de Cornillet s'identifie à G. horbonica, espèce assez fréquente dans les gisements |ilio-[)léis-
tocènes d’Espagne, de France, d’Italie et de Grande-Bretagne. D’après divers documents
inédits. Faire de répartition de cette es[iècc doit s’étendre beaucoup plus loin vei's l’est,
jusqu’en Géorgie au moins. En France, G. horbonica est connue à partir du Ruscinien (gise¬
ment de Serrât d’en Vacquer et CSU de Perpignan, voir Leinueks et .Michaux, i!-)69),
zone MN 15 jusqu’à la lin du ÂTlIalrancbien moyen, zone MN 17 (anciennement Pléistocène
inférieur considéré actuellement comme la fin du Pliocène), Dans cet intervalle do temps,
l’espèce se transforme, de sorte que plusieurs stades évolutifs peuvent être distingués. La
gazelle de Cornillet est à peu près au même stade évolutif que G. horbonica de Saint-Vallier
et peut donc être considérée — vu la proximité géographique des deux gisements — comme
— 376 —
à peu près synchrone de cette dernière. Cette datation, acquise précédemment à l’aide d’une
seule Mg, est confirmée j)ar l’ensemble du nouv'eau matériel trouvé ces dernières années.
T.\bleau IV. — Dimensions des astragales de Gaietla borbonica de diverses faunes villafran-
chiennes de France et d’Espagne. Ea longueur axiale (= longueur minimale = longueur
restreinte) est mesurée du plus creux de la trochlée proximale au plus creux de la trochlée
distale.
GAZELLA Borbonica
CORNILLET
SAINT-VALLIER
PUEBLA DE VALVERDE
Astragales
Longueur totale
N
3
2
13
Min - Max
27,0-27,4
26,5 - 27,0
24,0 - 27,5
M
27,23
26,75
25,92
Longueur axiale
N
4
-
11
Min - Max
20,8-21,5
-
19,5 - 21,6
M
21,22
-
20,29'.
D.T. proximal
N
4
1
14
Min - Max
16,4-17,4
15,0
14,5 - 17,5
M
16,70
-
15,92
DAP milieu
N
4
•1
18
Min - Max
14,9-15,3
15,0
13,5 - 16,0
M
15,05
“
14,50
D.T. distal
N
4
2
18.
Min - Max
16,0-16,8
15,5 - 16,0
15,0 - 16,5
M
16,50
15,75
15,58
DT dist. X 100
Long, axiale
4
-
11
Min - Max
76,2-78,8
-
75,0 - 81,0
M
77,73
-
77,42
Genre ? GAZELLOSPIRA
? G. torticornis (Aymard, 1855)
Matériel : Un fragment distal de métacarpe, Cornillet 3.
Dimensions : DAP distal = 24,5 mm ; DT distal = 34,5 mm. Elles dépassent un peu les
dimensions homologues de « Cervus » philisi de Saint-Vallier (voir tabl. V).
— 377 —
Tableau V. — Mensurations des os des membres des Cervidés de Cornillet et comparaison avec
ceux de Saint-Vallier.
Croizetoceros ramosus
CORNILLET
SAINT-VALLIER
Corn. 3
Corn. 3
N
Min-Max
M
METACARPE Longueur
207,0
3
198,0 - 199,5
198,50
DAP prox.
18,5
5
17,5 - 19,5
18,9
DT prox.
(26)
5
23,5 - 25,5
24,9
DAP dise.
18,0
6
17,0 - 19,0
18,0
DT dist.
26,0
6
25,5 - 27,0
26,2
TIBIA DAP dist.
24,0
22,5
17
22,5 - 24,5
23,8
DT dist.
30,0
(29)
16
27,5 - 32;5
29,7
"Cervus" philisi
Corn. 1
Corn. 1
HUMERUS DAP dist.
23,0
21,5 - 24,5
22,83
DT dist.
39,5
36,5 - 40,5
38,54
RADIUS Longueur
234,0
-
216,0 - 248,0
228,58
DAP prox.
22,5
23,0
18
20,5 - 24,5
22,11
DT prox.
40,0
39,0
18
34,0 - 41,0
37,50
DAP dist.
22,5
-
9
21,5 - 24,5
22,44
DT dist.
-
-
9
32,5 - 37,5
34,77
METACARPE Longueur
222,0
-
9
207,0 - 226,0
219,33
DAP prox.
21,5
22,5
13
21,5 - 25,0
23,07
DT prox.
30,5
30,5
14
28,5 - 35,0
30,85
DAP dist.
21,0
-
11
20,0 - 22,5
21,27
DT dist.
(32)
-
11
30,0 - 34,5
32,31
Eucladoceros senezensis
Corn. 3
Corn. 3
HUMERUS Longueur
(260,0)
1
286,0
-
DAP dist.
32,7
18
32,5 - 37,5
34,75
DT dist.
56,2
18
55,0 - 66,0
59,50
ASTRAGALE Longueur
66,0
33
59,5 - 68,5
64,37
DT dist.
39,0
35
35,5 - 43,0
40,42
CALCANEUM Longueur
127,0
18
122,5 - 142,5
134,19
DAP prox.
49,2
21
46,5 - 52,5
49,92
METATARSE DAP prox.
43,0
18
44,5 - 50,5
47,08
DT prox.
^1,7
19
40,5 - 47,0
43,63
— 378 —
Description
(pl. III, 3)
Celte moitié distale de métacarpe est longue de 112 mm et partiellement endommagée.
Un examen rapide de ce spécimen aurait pu conduire à le rapj)orter à « Cerviis n philisi.
Cependant, sa morphologie ne coïncide pas avec celle des Cervidés. Un effet, sa face posté¬
rieure est assez jilate et en tout cas beaucoup moins creuse que celle des Cervidés de taille
analogue tel « C. )> philisi. Sa face antérieure ne présente pas de sillon médian, contraire¬
ment aux Cervidés on il reste généralement bien apparent sur toute la longueur du
métacarpe. Son articulation distale possède des quilles-guides aiguës et proéminentes
sur la face antérieure. Tous ces caractères juslilienl une attribution à la famille des
Bovidés.
Parmi les Bovidés villafranchiens actuellement connus en Europe occidentale, c’est
Gazeüospira toriiœriii'i qui ressemble le plus au spécimen de Cornillet. Cependant, si la
concordance de taille est bonne, la morphologie, par contre, ne coïneide pas aussi bien
qu’on pourrait le souhaiter. En effet, les métacarpes de G. torticornis se caractérisent habi¬
tuellement par une dilatation bien visible de la diaphyse, juste au-dessus de l’articulai ion
distale. Sur le métacarpe de Cornillet, la diaphyse s’élargit ju’ogressivement vers l’extrémité
distale à peu près comme sur « Cervus » philisi. C’est donc avec un doute que nous rajipor-
tons ce spécimen de Cornillet à Gazellospira lorlicornis.
Remarques : G. lorlicornis est représentée dans la plupart des faunes villafranchietines
de France (Roccaneyra, Pardines, Saint-Yallier, Coupet, le gisement ty[»e, Chillac et Senèze),
mais généralement par un nondire restreint de spécimens fragmentaires, ce qui ne facilite
pas les comparaisons. L’espèce est plus abondamment représentée dans les faunes villa-
franchiennes d'Espagne. Son aire de répartition, bien que non formellement établie, déborde
largement l’Europe occidentale et s’étend au moins jusipi’en Uéorgie. En Europe occiden¬
tale, G. lorlicornis n’existe pas dans la zone .MN 15 : elle apparaît dans la zone MN Ki (et
non MN 17 comme souvent indiqué) ; en France, elle disparaît entre Senèze et Peyrolles, soit
après la fin de la zone 17, aux environs de la limite plio-pléistocène telle qu’on l’admet
actuellement.
Genre LEPTOBOS
Espèce indéterminée
Matériel : Aucun reste de Bovinae n’a encore été signalé de Cornillet. Les fouilles effectuées
récemment permettent de dresser la liste des spécimens suivants qui tous proviennent de Cor¬
nillet 1 : une mandibule droite, assez endommagée, portant M 3 -P 3 ; une molaire inférieure incom¬
plète ; un fragment de molaire ; une partie distale d’un humérus droit ; un fragment de calcanéum
droit.
— 379 —
Description
(PI. III, 5)
La rnandibulp munie de M 3 -P 3 possède, une branche horizontale épaisse (.30 mni au
milieu de M 3 ) relativement à sa hauteur ; ce fait s’observe d’une façon générale chez tous
les Leplobos. Les molaires sont très caractéristiques par leurs fûts prismatiques, la grande
hauteur de la couronne, le fort développement de la colonnette interlobaire plus ou moins
noyée dans le cément, etc.
Notons aussi, sur la face interne, la présence d’une colonnette accolée au bord posté¬
rieur du pilier du métaconidc ; elle est peu développée sur M^, très forte, sur M^, vesti¬
giale sur M 3 . La morphologie «les prémolaires est conforme à celle des Bovinés. 11 en va
de même des ossements qui se distinguent assez aisément de ceu.K du Cervidé Eudado-
ceros.
Les dimensions des dents et ossements concordent avec celles de Leptobos stenome-
topon de Saint-Vallier (cf. tabl. VI).
Di SCUSSION
Les Dovinae jilio-pléistocènes d’Europe restent mal connus ; aucune étude détaillée
couvrant l’ensemble des espèces n’a été publiée. Aussi, la détermination spécifique et même
générique d’un matériel ne va-t-elle pas sans poser de problèmes. Ainsi, la détermination
du genre Leplobos peut être faite assez facilement à l’aide d’un crâne mais pas à l’aide
d’une mandibule cl de quelques ossements, du moins dans l’état actuel des connaissances.
Plusieurs observations incitent, cependant, à rapporter le matériel de Cornillet à Leplobos.
En effet, l’âge villafranchien de la faune de Cornillet étant bien établi à l'aide des Cervidés
et de Gazella bnrhonir.a, la présence d’un Leptobos, genre commun dans les faunes de cet
âge, est très compatible avec le contexte faunique. Or, les spécimens de Cornillet sont très
semblables tant par leur morphologie que par leur taille à ce que l’on connaît des Leplobos
des faunes villafrani hiennes de France. La déterminai ion générique ainsi établie, à quelle
espèee peut-ori rapporter le Bovine de Cornillet ? Le choix se situe surtout entre trois solu¬
tions : Leptobos ehitns du Villafranchien intérieur des Elnuaircs et de Villaroya, L. steno-
metopon du Villafranchien moyen de Saint-Vallier, L. drusem du Villafranchien supérie-ur
de Senèze et d'autres giseiucnts. Les quelques restes de Cornillet no fournissent pas d’élé¬
ments qui permettraient de trancher en faveur de l’une ou de l’autre espèce. Il semble
que les dents inférietires de Cornillet soient plus évoluées que celles de L, elalus mais seule
une étude comparative exhaustive des diverses espèces peut démontrer le bien-fondé de
eette impression. Dans ces conditions, il est préférable de ne proposer pour le Boviné de
Cornillet que la fléterrnination générique Leptobos sp.
Remarques : L’aire de répartition des Leptobos n’a jamais fait l’objet d’une étude
détaillée et critique. Ce qui est certain, e’est que ce genre, surtout bien connu par les espèces
— 380 —
d’Europe occidentale, s’étend largement vers l’est jusqu'en Géorgie au moins. Il est pro¬
bable qu’il existe aussi dans les niveaux récents des Siwaliks de l’Inde. En Europe occi¬
dentale, les Leptohos (L. elaiiis) apparaissent dans la zone MN 16, existent dans la zone
MN 17 {L. sle.nometopon) et disparaissent bien après la (in de cette zone {L. etruscus).
Taiileau VI. — Mensurations des dents et ossements de Leplobos de Cornillet et comparaison
avec Leptohos stenometopon de Saint-Vallier. Les mesures entre parenthèses sont soit incom¬
plètes (cas des dents déjà usées), soit imprécises par suite du mauvais état des os.
LEPTOBOS
Longueur
11
12
Hauteur
Longueur
11
12
Hauteur
Longueur
11
12
Hauteur
Longueur
1
Hauteur
Longueur
1
Hauteur
40,0
17.5
17,3
(38.5)
30,0
17.3
18,2
(37,0)
23.4
15,0
16,0
(24,0)
20.7
12.6
(22.5)
19,0
11.8
(19,0)
HUMERUS
DAP
dist.
33,
.2
DT
dist.
(62,
,8)
RADIUS
Longueur
302,
.0
DAP
dist.
-
DT
dist.
-
DAP
dist.
(34,
,5)
DT
dist.
(70,
,0)
CALCANEUM
DAP
prox.
59,
,0
CORNILLET
Corn.1
SAINT-VALLIER
St.Val. 450
33,0 - 36,5
66.5 - 74,0
274,0 - 295,0
39.5 - 42,5
67.5 - 73,5
34,0
56,0 - 59,0
34,83
70.16
284,50
41,00
70,62
34,00
57.16
— 381
Famille des Ceiividae
Genre CROIZETOCEROS
C. ramosus (Croizet et Jobert, 1828)
MATÉniiii. : un métaearpe droit eoni[)lel, Coriiillel 3 ; deux moitiés distales de tibias gauches,
Cornillet 3. Précédemment (Duuah el al., 1978), deux molaires inférieures incomplètes de (iornil-
let 1 avaient été rapportées à cette, espèce. Les nouveaux matériaux plus complets recueillis depuis
1978 à Cornillet montî-ent que ces deux dents incomplètes doivent être rapportées à « Cervus »
philisi.
Desciuption
(PI. IV, 12 et 13)
Plusieurs caractères montrent clairement que le métacarpe appartient à un représen¬
tant de la famille des Cervidés. I^a face postérieure est en forme de gonilière fortement
creusée sur les (rois (juarts proxitnaux. Sur la face antérieure le sillon médian est visible
sur toute la longueur de la diapbyse. l^a face proximale répond aux (siraetères des Cervidés
(cf. IIeintz, 197(1, fig. 2H). Sur la face antérieure de l'artieidation distale, les quilles-guides
sont ol)tuses et peu proéminentes. Les dimensions dn métaearpe eoneordent bien avec
celles de C. ruiHO.su.i de Saint-Vallier (cf. laid. V).
Deux moitiés distales de tibia sont rapportées à raïuo.'ius surtout au vu de leurs
dimensions (cf. labl. V). Rap|iclons cpie la |iarlie distalc du tibia n'oifre pas de bons cri¬
tères jiour distinguer un Cervidé d’un Bovidé. Du peut seulement allirmer (pie la mor¬
phologie des deux liliias de Cornillet concorde avec celle des tibias de C. nnnosiis.
Re.maiu.iuh.s : l.a présence de (Iroiselarcrim raino.sus' à Cornillet est bien démontrée
par le métacarpe décrit plus haut et accessoirement |)ar les deux moitiés distales de tibia.
C. ramosus est un Cer\idé de petite taille assez commun dans les faunes villafranchiennes
et abondamment représenté dans les gisements de France. Sa réjiartition gécigraphii[ue
couvre l'Europe el s'étend probaldement plus loin vers l'est. Dans l’état actuel des connais¬
sances, cette espèce apparaît en l'ranco dans la zone M\ IG [C. ramosus ramosus des
Etouaires), existe dans la zone MX 17 {('. ruinostis médius de Saint-Vallicr) et persiste
encore dans la faune de Seiièze (C. rumnnus mlnor) mais n’existe pins dans les faunes villa-
franchietmes de Peyrulles et Rlassac-la-Girondic <|ui sont plus récentes (pie celles rie Seiièze.
Les trois spécimens de Cornillet ne siilliseiit pas pour étayer une délerniination snl»spéci-
cifique. On peut seulement dire cpi’ils s’accordent bien avec la sous-espè^o de Saint-Vallier,
soit C. ramosus médius.
4 , 37
— 382 —
Genre « CERVUS » s.l.
« C. » philisi Soliawli, liHl
Matériel : C.ftlc l'spèce n’a eiicon; jamais élé signaiÉc à ('.oniill<,‘l, Les nouvelles r(‘eoltes
permettent de dresser la liste des spécimens suivants qui, sauf itidieatiou contraire, proviennent
tous de Cornillet 1 : gauches, moyennemciil usées ; Mg gauche, [leii usée, (iornillet 3 ; Mg-
1*4 droites, (lornillet 3 ; Mj gauche, pas usée ; Mg gauche, inconqslèle ; Mg gauche, ittcomplète ;
1)4 gauche, incomplète; fragment de nudaire inférieure; humérus distal, droit; ? humérus
distal, gauche, incom|det ; radius droit ; radius gauche incomplel distalennmt ; métacarpe proxi¬
mal, droit ; six os carpiens.
Description
(PI. IV, ô à 11)
En dehors de leurs caractères cer\oïdes (indépendance relali\'e des quatre cônes, |)ré-
sence de pli protoconal, forme lra|iézoïdale de la section transversale de la couronne, etc.),
M® et M® se singularisent par leur cinguliiin surtout hien dévelop[>é dans l’espace inter-
Inliairc de la face interne. Leur eingidiirn n’atteint cependant pas le développement si
caractéristique de « Cen'us » pardinciifiis (cf. IIeintz, 1!)70, (d. XXV. Iig. 1. 5, fi et 7). Leur
morphologie autant que leurs dimensions s’accordent hien avec « » philini de Saint-
\’allier (cL tahl. \ II).
La série jugah* inférieure Mg-P,) i‘st surtout intéressante par la présence de la P 4 qui
])crmct do trancher aisément entre l’apparteiumce à C. rniimsits (Cervidé de petite taille)
ou à « ('. » philLsi (Cervidé de moyenne taille). La P 4 de Cornillet possède un niétaconide
rimllé, de section grossièrement carrée, indépendant de l'enseMihlc paraconide — para-
stylide ; la muraille inlcriie ri'ste doni' ouverte ; en d'anlrcj termes, la P 4 n'est [>as mola-
risée. Cette disposition est identique à celle de « C. n philisi alors que les P 4 de (\ mmosus
sont toujours molarisées.
Les dimensions de toutes les dents jugales inférieures, mcidionnées dans la liste du
matériel, concordent mieu.x avec celles d<^ « ( '. n philisi l’allioisis de Saint-Vallier (cf. tahl. V’I I)
qu’avec celles de « f. )> philisi philisi de Senèze qui sont statisticpiement plus grandes.
Un fragment distal d’humérus droit assez hien conservé est de type cervidé ; ses dimen¬
sions concordent avec celles de 0 C’. » philisi (cf. tahl. V). Dn second fragment distal d’humérus
droit est troji mal conservé ]iour fournir de lionnes mesures. Ses caractères semhlenl dilTérer
de ceux du précédent. Il n’est pas évident ipie ce spécimen ap|inrtienne à « f”. » philisi :
notre hul est seulcineut île le citer pour méitioire.
l u radius <|uasi-complet. muni d'une jiarlie du ciihilus, présente des caractères de
(iervidé : crête interne de la coulisse médiane longue et tranchante, forme de la partie
interne de l’articulation distale, etc. Les dimensions de ce radius ainsi (pie celles d'un autre
fragment proximal concordent avec celles de « é’. » philisi (cf. tahl. V).
I n métacarpe gauche, (piasi complet, présente des caractères cer\oïdes très clairs
— 383 —
(cf. ])lus liant ('. riiiiiosu.s). Sfs tliiiieiisioiis ainsi (|u(‘ celles d’iin antre fragment proximal
de niétacar|)e droit concordent avec celles de « (’. » philisi.
l^es six os car|iiens concordent tant par leur morphologie ipie par leur taille avec
« C. » philisi.
Rkm\hpim:s : « ('ervas » philisi fait partie irnne lignée tpii, en Ituropc occidcnlale,
a|i]jaraît dans la zone MN lli (i< Cetvus » panliitensis des Ktouaires), se prolonge dans la
zone MN 17 par « Cen'us ii philisi i>tilliefisis de Saint-Vallier et se ponrsnil au-delà par
« C. » philisi philisi de Seneze puis « Cen'iis » p(‘rolp,iisis de Peyrolles. Les spécimens recueil¬
lis à Cornillet s’accordent mieux a\ec « C. » philisi vaUiensis.
Tableai \ II. — Mensurations des dents de « Cen’iis >i philisi de (’.ornillet et coinjiaraison avec
celles de « Ceruus » philisi valliensis de Saint-\'allier.
"Cervus"
philisi
CORNILLET
SAINT-VALLIER
Corn. 1
Corn. 3
Corn. 3
N
Min-Max
M
Longueur
17.5
26
15,5 - 19,0
16,96
11
17.4
26
16,5 - 19,5
17,46
12
16.2
Longueur
18,2
31
16,0 - 19,5
17,27
1 1
17.5
31
16,5 - 20,5
18,03
1 2
16,3
-
-
”3
Longueur
(22)
23,6
21,6
45
19,0 - 24,0
22,11
1 1
11,5
10,6
44
9,5 - 12,0
10,89
1 2
10.9
10,5
10,3
-
-
-
H
(13)
(14,9)
-
12
15,5 - 17,5
16,62
M
Longueur
(16)
16,2
49
14,5 - 19,5
17,08
1 1
-
11,3
48
10,0 - 12,5
11,34
1 2
11,0
11,4
Ml
Longueur
17,3
-
43
13,0 - 17,5
14,97
1 1
9.5
10,0
1 2
11,2
11,9
40
9,0 - 11,0
10,32
H
14,6
-
1
14,0
10,32
Longueur
12,8
43
11,5 - 15,0
13,34
1
7.6
43
7,5 - 10,0
8,80
^4
largeur 2
8.4
1 3
9.5
20
8,5 - 9,5
9,00
Genre EUCLADOCEROS
Eucladoceros senezensis (Depéret, 191(1)
Matérif.i. : Précédeniinent cette espèce n’était connue à Cornillet (pie par trois restes den¬
taires et un astragale. Avec les nouvelles récoltes on peut dresser la liste des spéciniens suivants
— 384 —
I [unies les dents |)rovieiiiieiit de {Annillet 1, les nssenients di' ('ornillel 3| : ffaiielie eomplète,
11(111 iisiïe : M’ gailelie ine(iiii))lèle, imiyeiiiienieiil usee ; .M^ droite ineoiiiplète, nnil usée ; \ 1 ^ (droite
eomplète, à peine osée ; M* droite ineomplèle, inoyenneiiieni osée ; P'* droite iiieoinpiète, non
osée ; 1 ’^ droite iiieomplète. non usée — d’après le de}rré d’usure, ees sept restes dentaires peuvent
provenir d’un mènu' individu; ; M* frauelie, très usée ; gauelius, très usées ; humérus droit,
ineomplet [iroximalement ; astragale gauelie, (complet ; caleanéum gauche, incomplet ; métatarse
droit, ineomplet distalement.
De.SCRII'TION
(PI. III, 4 ; pl. IV, I à 4)
La niorpludogie des dents jiigales sujiérieiires est conforme à la description d'Eucla-
doccros senezemis donnet* par les auteurs antérieurs (Viiikt, 11154 : 120 et pl. 24 et 25 ; IIeixtz,
1970 : 198 et pl. XXX).
Sur les molaires de Cornillcl le cingidnm est inégalement développé, La colomiette
intcrloliaire, forte en moyenne, est souvent aplatie en forme de lame (|u’mie gouttière sub¬
divise en deux parties inégales, la partie posiérienre remjiorlanl sur rmitérieure. Un |)li
protoeonal ('.viste sur Imites l(‘s molaires sauf sur la très usée ; il en va de même de
l'éperon hypoeoiud. L’éperon protoeonal est peu développé,
La morphologie de.s deiita jugoles inférieures est eonforine à celle d’/t. «ciwzmsis tant
de Saiiil-Vallier (<rf. Vini’.r, 1954. pl. 24) i|iie de Senèze (ef. IIki.viz, 1970, pl. XXXI).
'l’oiites les molaires inférieures sont nmnîes d'une colonnette inlerlohaire très faillie. La Mg
n'a yias de eoJonnelle entre les '2* et 3*^ lohes.
I >n n'ohserve aneune trace de pli paUieotncri/.r. L’émail est chagriné. La P 4 possède
ml métaeonide vnlnmineiix mais la dent n’est pas molarisée. Paraeonidc cl jiaraatyle sont
sondés en hloc tant sur la P 4 , la P.j que la P^.
Les dimensions des dents supérieures et inférieures eoncordent liien avec celles d'Eu-
cladocero.s Hcnezensis (cf. lalil. Vlll). Mlles ne permettent pas de rajiporter ees dents de
Lornillet à la soiis-espèec E. , 1 . i’ireli de Saint-Vallier plutôt qu’à E. ,v. senczensi.i de
Sciièze,
li'lmrnérus, dont nue partie de la tète articulaire proximale est ilétériorée, présente
une art ieiilal ion de type cervidé.
Le calcanéum, détérioré sur sa face interne, présente une coulisse du yierforé conforme
k celle des Cervidés ; il en va de même de la facette d’artieiilatioii avec la face e.xterne-
dislale de l’astragale.
Le métatarse n'est conservé (|iie sur 200 mm de long, la partie distale manque. La forme
de la facette eiilio-navicnlarienne postérieure et surtout l’atisence de facet te diarthrodiale
dans le coin snpérn-interne de la face postérieure indiqneiil clairement l'appartenance à
mi Cervidé.
I^es dimensions et proportions des os des membres eoncordent avi-e celles d'Eucla-
doreros senezensvi (cf. tulil. \) ; elles ne |icrniettcnl pas d’aboutir à une détermination
siilispécifi<|iio,
Re.m\ ni,)LEs : Le genre Eucladoceron a une vaste répartition géographique qui s’étend
d'Mnrope à la Chine (Niliovan). Hn Kuroiie oecidenlale il ayiparaît dans la zone MN 17
— 385
[E. senezansis s’ireli de Sainl-ValHcr) et [icrsiste au-delà de eette zone à Senèzc [E. sene-
zensis .seriezensif:) et à Peyrolles {E. te(racerQs). Iæs spécimens de Cornillet coïncident av^ec
E. senezensis : ils sont insulïisants pour une détermination snbspécifique.
Tableau \ III. — Mensurations des dents A'Eiuiadoceros senezensis de Cornillet et comparai¬
son avec celles A'Eiicladoceros senezensis vireli. de Saint-Vallier.
Eucladoceros
CORNILLET
SAINT-VALLIER
Corn, 1
Corn. 1
Corn.1
Min-Max
M
Longueur
27,3
(26,8)
12
23,0 - 28,5
24,95
1 1
26,1
-
11
22,0 - 26,0
24,09
1 2
25,8
-
Hauteur
24,7
24,6
3
0
0
CM
1
0
19,50
Longue ur
28,1
15
22,0 - 28,5
25,00
1 1
25,6
15
23,0 - 27,0
24,93
1 2
25,3
Hauteur
24,5
6
18,5 - 22,5
20,41
Longueur
25,0
22,0
25,2
20
19,0 - 26,5
23,47
1 1
23,0
22,5
17
22,5 - 25,0
23,41
1 2
-
22,9
24,0
Hauteur
(19,3)
( 9,5)
(17,5)
7
19,5 - 21,0
20,50
Longueur
16,6
15
15,0 - 19,0
16,33
Hauteur
23,0
4
18,0 - 19,0
18,25
Longueur
17,8
8
18,0 - 20,5
18,93
Hauteur
21,2
1
19,0
-
Longueur
32,4
10
31,5 - 37,0
34,45
1 1
14,8
9
14,5 - 16,5
15,77
1 2
14,3
Longueur
24,0
12
24,0 - 27,0
25,70
1 1
15,5
12
14,5 - 17.0
16,08
1 2
15,1
Longueur
( 20 , 8 )
15
21,0 - 25,5
22,73
1 1
12,9
1 2
14,4
13
14,0 - 16,0
14,84
P 4
Longueur
19,6
8
19,0 - 21,5
20,00
1
12,3
8
12,0 - 14,0
12,93
P,
Longueur
17,7
7
18,5 - 20,0
19,21
1
_
7
10,5 - 12,5
11,57
P,
Longueur
14,4
7
14,0 - 16,5
14,92
1
7,3
7
8,0 - 10 , 0 -
8,92
— 386 —
IV. CONCLUSIONS
En réunissant les résultats obtenus précédeninicnt (DuisAn el al., 1978) à ceux (|ui
découlent de cette étude, on peut dresser pour Cornillet la liste faunique suivante ;
Canidae :
Ilyaenidae :
Rhinocerolidae
Equidae :
Bovidac :
Cervidae :
Nijctereutes rnegamasloides
Packycrocuta perrieri
Dicerorhinus ctruscua
Equiis shmnnis vireli (dét. J. Prat)
GuzbUa barliiinà'a
? Gazelhi-ipirii lurlirornis
Leptohos 8|).
Croizelocerox ramo,ms
« Cervtis » ph'disi
Eiicladoceros xenezensis
Tous ces taxons existent dans la faune villafranchienne à Saint-Vallicr, gisement
représentatif de la zone MN 17. Au moins trois de ces taxons (« C. » pliilisi, E. xenezenxi.s, et
E, slenonis vireli) iCexistent pas dans la zone MN 16 doni Perrier-Etmiaires fournit une
faunereprésenlativc. EnTin, deux des taxons, G. borbnnl.ca et E. .'iienonis vireti, ti'exi.stent plus
dans la zone MN 18 (Oi’ébin, 1980) dont Senèze fournit une faune représentative. Ces
constatations conduisent h placer la faune de Cornillet dans la zone MN 17 et à la consi¬
dérer eomnie syncliroiie de celle de Saint-Vallier. Celle faune viUafraiiehienne confère
donc 6 la base de. la série c.arbonalée de Cornillet un âge Pléistocène inférieur ou Pliocène
supérieur (suivant l’acception ancientie ou nouvelle de la limite Plio-Pléistocènc) que
Ton peut estimer à 2,8 millions d'années.
L’cnvironnemimt siratigi-aphitpie de ce niveau villafranchien est marqué par la suc¬
cession de. plusieurs ensembles lilhologiqnes : il correspond à une évoliilion rapide des
conditions de dépôts sur le jiiémont subalpin. La mise en place de puissantes couches de
cailloulis mal roulés, ilans une zone de sédimentation antérieurement calme, est le trait
essentiel de ces transformations. IPautre [tart, les graiiulomélrie el jjélrographieindiquent,
dans l'ensemble, des zoties d'origine plus lointaine sur les massifs fie bordure, La série
caillouteuse siqiéricure, organisée en vaste glacis étalé, est signilicativc de raccroissement
des |diénoinènes d’érosion flans l’arrière-pays et de sédimentation sur le (liémonl.
En Languedoc-Koussillon, des successions lithostratigrapbiqiies similaires e.xistcnt au
toit de (flusieurs bassins côtiers néffgèiu's :
— en Costière du Gard, la série caillouteuse complexe de Surville (S. I, S. Il et S. III)
surmonte un soubasseme.nl lagunaire dont la partie supérieure a livré une microfaune au
Mas Soulct (sous-zonc de Sète, zone MN 15 (liARniÉRE, 1973) ;
— dans la région de Montpellier, les glacis de la Mossfin et de Vendargiies sont sus-
jacents à des formalitnis lagimaires, rapportées par les rongeurs flans la soiis-zfme d’IIau-
timagne, zone MN 14 (Harriêre et Michaux, 1970 ; Mai.i.ksio, 1972) ;
Tableau IX. — Chronologie des formations plio-villafranchiennes de la région de Fuiinoisson'
Ségriès-Mousliers et essai de corrélations avec le Languedoc établies sur des critères biostrati'
grapliiques (grands mammifères et rongeurs).
— 388 —
— etitre les v^allées de l’Hérault cl de l’Orl), un grand glacis (Corneilhan), (|ui repose
sur des sables et graviers pliocènes, est fossilisé par des basaltes de V'alros (1,6 MA).
Dans ces séries, l’imprécision stratigraphique majeure réside dans la valeur de la
lacune de sédimentation existant entre le substrat d'âge global pliocène moyen et les cail-
loiitis eux-mèmes. ba formation de ees derniers semble, en Languedoc, s’étaler sur une
période coiTespondant k toute la zone MN 16 (tabl. IX).
lin Languedoc, l'établissement du système de glacis de piémont est nellement posté¬
rieur aux modillcalions climatiques qui ont conduit à l’élimination des 'l’axodiaeées dans
la jireTnière moitié du Pliocène (partie supérieur*' de la zone d’Ilantimagne ; Si’c, 1980).
Dans le bassin de Hiez-Valensole, les références palynologi<iues manquent. Pour le
moment, la faune de grands Mammifères de Cornillet ne comprend que dix taxons contre
vingt-six, au moins, à Baint-Vallier. Néanmoins, la plupart des MamiiiiFêles déjà identifiés
font partie du cortège fauuiqiie (iiyuus, Bovidés, et surtout Ler^ idés), qui par son abon¬
dance en nombre d’individus, caractérise les faunes villafrancbiennes de tyjte Sainl-Vallier.
Au développement d’une telle faune, qui dans le bassin de Riez-Valensole fait suite à une
faune jiliocène de caractère plus cbaud, correspond une évolution climatitpie, marquée
surtout par un refroidissement et un plus fort degré d’humidité.
OUVRAGES LONSULTÉS
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A ilia fra H chiens. .A'uhc. Arrlis Mus. Ilist. nul. Lpan, 11 ® 4 : 200 p.. 43 fig., 33 pl..
— 390 —
PLANCHE I
Gazella horhonica Depéret
1. —• Massacre d’un individu màlo : a, vue frontale ; b, vue latérale gauche. Cornillet 4. X 0,5.
2. — supérieures rlroiles. n’est représentée sur cette photo que par son lobe antérieur. Coriiil-
leL 4. X 0,8.
3. — D'*-AP supérieiues gauches : a, vue exlerne ; b, vue occluso-interne. n’est représentée que par
son lobe postérieur. Cornillet 3. X 0,8.
4. — Mandibule droite portant 1^3» lobe postérieur de D^, Mj et M 2 . Cornillet 3. X 0,8.
— 392 —
PLA.VCHF. Il
Gazella horixmica Depi-ret
1. — Vue antérieure d’une moitié distale d’humérus gauclie. X 0,8.
2. - l'acr iinlérit'ure d'un radius gaiiche. X 0,8.
3. .Mélacarpc paiitdii' ; a. farp oiilprit'urp : h, lace postérieure. X 0,8.
4. — Vue anlérii iire de lu réuiun diKiale d'un métacarpe. X 0,8.
. 1 . — Kace pxtriiie <riMie plialantte 1 antérieure, x 0,8.
0. — Métatarse {jauelie ; a, face anlerieüre ; h, face postérieure. X 0,8.
7. — l''ae.e antérieure d'un astragale g-auche. x 0.8.
8. l'ace e.vlerue d'une pliiilange I [luslétieiire. X tl,S.
Tous ces spécimens proviennent de Cornillet 4.
PLANCHE II
CO
394 —
PLANCHE III
. — Gazella borbonica üepéret. Mg inférieure gauche : a, face externe ; h, face intei iie. Cornillel 3. X 1,0-
. — Gazella borbonica Depéret. l’raginerit de cheville d'une femelle. Cnrnillel 3. X 0,8.
. — ? Gazcllosjiira tortiiornis (.Vvmard). l'ace antérieure d'un fragment distal de niétacai|ie. (àirnillcl 3
X 0,8.
4. — Eurladoceroti senezensis (Ilepéret|. Face exteinc d'un calcanéum gjiuclie. Cornillel 3. > 0,4.
5. — Leploboe sp. .Mandibule droite portant Pj-.Mg ; a, vue externe; b. vue interne. Cornillel 1. x 0,4.
PI.ANCIIE m
— 396 —
PLANCHE IV
Eucladoceros senezensis iDepéret)
1. — Vue iicclusnlc d’une série i's-Mg. Ces dents, toutes très usées saut P,, ont été trouvées au inêine
endroit niais non en connexion. Cornitlel 1. X 0,8.
2. — Vue oocluBo-interne d'une M® Bupérieure g’iuiche, non usée. Cornillcl 1. x 0,8.
8 . —' Vue occluBo-interiie tl’une supérieure droili), à peine usée. Cornillet 1. x 0.8.
4. — Face anlérieuro d'un aslrjigali' pHucdie. Cornillet 2. x 0,4.
« C'ervu.s » p/iitriu .Scliaub
5, — Vue antérieure d'un rpatrnlent distal d'iitiinérus ilroil. Cornillet 1. X 0,4.
ti. — Vue oocluso-interne d une .VH gauche. Cornillet I. X 0,8.
7. — Vue occluso-inlerrie d'une .Vl^ {raue.lie. C.ornillel 1. x 0.8. Les spécimens des ligures 0 et 7 apjiar-
tiennent très pridiableineni au même individu.
8 . — Vue oeolusule d'une série P 4 -MJ. Cornillet 3. X 0,8.
9. Vue externe d'une M 3 gauche, peu usée. Cornillet 3. X 0,8.
10. — Face antérieure, d’un radius drnit. Cnriiillol 1 X 0,4
11. — .Métacarpe gauche : a, face iinlérieilre ( b, face pnslérieure. (inrnillel I. X 0,4.
Vruizuloi'erm rnmusu« (Crnizet et .loberll
12. — Métacarpe droit : a, face antérieure ; b, [aee postérieure. Corinllel 3. X 0,4.
13. ■— Face antérieure d'un tibia gauche iiicoinpiel. Cornillet 3. X 0,4.
PLANCHE IV
4, 38
Bull. Mus. natn. Hisl. Jiat., Paris, 4® sér., 3, 1981,
section C, n° 4 ; 399-427.
Figurations sédiraentaires et traces d’activité au sol
dans le Trias de la formation d’Argana et de l’Ourika (Maroc)
jtar Pierre Eymard Miüon et Jean-Michel On t it
Résumé. — Les type.s principaux de traces d’activité animale au sol et (pitdtpies images sédi-
mentaires de surface, découvertes sur le Trias atlasique inarot^ain, sont recensés ici. Certains témoi¬
gnent d’une vie continentale. |)'autres posent le problème d’incursions marines, même brèves,
au cours du dépôt des couches rouges.
Abstract. — The main types of animal lebenspuren and a fcw sedinientarv patterns discovered
in the Morocean Atlasic Triassic are briefly dcseribed. Sonic indicate n continental lil'e. üthers
set the prnhlem nf short marine incursions during red bed déposition.
P. E. Hirox ; InxlUut Dulomieu, nie Muitnee Gi^noiut, 3ÿ03J Gieiiubte Cedex.
.I.-M. DcruiT ; Jrixlititl de l'nléottlologie, 3, nie de Htiflon, 75005 l^arix.
Préliminaikes
Des empreintes d’origine animale on énigmatique ont été découvertes depuis 1962
par J.-M. Di.'ii iT (1976) dans le couloir d’Argana. à proximité des gisements de Vertébrés ;
et plus récemmenl (1980-1981) par P. E. Bibon (1981) dans le cadre d'un travail de sédi¬
ment ologie.
Couloir J'Argttrta (carte n° 1) : Les empreintes décrites proviennent du niveau tj (Ti.ke-
Ro.NT, 1973). La situation géographique précise de ces dalles élioiilées, recueillies au cours
de prospections à visée ostéologique, n'a pas été nutée chaque fois. l.,e principal site, de
référence a la jiarticiilarité de s'ititégrer à une succession remarquable di- niveaux fossi¬
lifères : celles du gisement XI (Carte IGX Irni N’Tanoute, x = 161,8, y = '156,9).
Ourika : Trois gisements d’empreintes de pas fossiles ont été découverts dans le
« Permo-Trias i> de lu vallée de l'Ourilca : 1) à l’est d’Aghlialou fx 279,5, y = 81,6. z =
1 500 m) ; 2) au nord-est d’Anarnmer (x = 284,8. y — 78,5, z = 1 650 ni) ; 3) an nord-ouest
du pied du Yagour (x — 286, y — 86, z — 2 000 m). Ces trois gisements se situent au même
niveau stratigraphitjue, à la hase d'une é[>aisse barre de grès, les ic Grès de rt)ukaïmeden »
datés du Trias supérieur par des pollens (CoirsMiNE, IL, 1974 ; voir aussi Mattis, A F.,
1978). Ici encore, les empreintes ont été trouvées en éhoulis. Les niveaux porleure ont été
localisés ; en ce qui concerne le troisième gisement, les traces ont été vues en sous-face
de banc, à la jumelle, 20 m au-dessus des élioulis.
Dans les deux groupes d’allleurements il e.xiste, en plus des empreintes de Vertébrés :
des témoins de jdiénomènes non organiques; des traces attribuables à des Invertébrés.
— 400 —
Carie sommaire du liuul-Atlas occidental metlaiil en place les alllcurements permo-triasiques d’Argana
et de. rOurika.
l,e dccii[)ag(' iialiirfl de nomlircuscti dalles montre la superposition, à l’échelle milli-
inêlritiiie, de plusieurs niveaux à empreintes ou terriers. Les conditions favorables à l’enre-
gistrement de ces témoins d'activité organique ou naturelle n’étaient donc pas exception¬
nelles.
Sans ap|) 0 rter la richesse d'information des fossiles en.x-inètnes, ces modelages de
surface d’origines diverses permettent une approche complémentaire du terrain, l^es ensei¬
gnements paléoécniogiques et stratigraphiqnes n’en sont pas négligeables. Ihie com|iarai-
son avec des empreintes similaires d'antres territoires contemporains |ient s'avérer utile
un jour. C'est dans cet es[irit que nous figurerons ci-après des traces énigmatiques sans
grand intérêt immédiat.
La description sera ordonnée en trois parties : modelages de surfaces d’origine proba¬
blement non organiipie, traces attribuables à des Invertébrés, traces de Vertébrés.
1. MODLLAGES DK SLRFACKS D’ORKilNK PRÉSUMÉK
INORGANIQUE
On trouve ces modelages soit isolés, soit associés aux emjireintes (Vertébrés ou Inver¬
tébrés), aussi bien dans le couloir d’Argana ((ue dans l’Ourika.
L’énumération suivante est loin d’être exhaustive (voir pour complément Riron, P. E.,
1982) :
Fentes de dessicalinn : Elles figurent sur de nombreuses dalles.
401 —
liippie-marks : Elles sont fréquentes sur les dalles gréseuses, les autres types d’em¬
preintes se surimposant communément sur ces surfaces modelées par l’eau. Il en est ainsi
pour heaucoup d’empreintes de Vertébrés, dont l’habitat était proche de grandes étendues
d’eau.
Traces d'écoulemenls d'eau, flule rasts, croissants de, plage, etc. : Leur identification
n’est pas toujours sans incertitude. I..'une de ces traces, modelée ib'uis un sédiment fin du
Trias d'Argana, mime un réseau hydrographique en miniature (pl. I A), mais pourrait
être autre chose. L'ne autre empreinte, supposée être un négatif, et provenant de la forma¬
tion d’Argana, est figurée planche 1 B. Nous la rattachons aux traces d’écoulement d’eau,
faute d’autre hypothèse. Mais le manque d’organisation des éléments de cette figuration
sédimentaire, le décrochement brutal de sa surface par rapport à celte de la dalle support,
en laissent douter. Il pourrait s’agir aussi d'un positif, un bourrelet de boue consolidé,
sans que l’on puisse l'attribuer à un phénomène causal précis.
GniiUes de pluie : Une seule dalle, provenant du couloir d'Argana, est sans aucun doute
porteuse de traces de gouttes de pluie, sur fond de ripple-marks (pl. III B), Il’aulres dalles
portent de petites dépressions circidaircs, en relief positif ou négatif (fil. i J). L’examen
à la loupe montre qu’il s’agit en fait, non pas de cu|iules laissées par l’impact de gouttes
de pluie (en forme de verres de montre), mais de troncs de cyhudres érodés. En coupe,
on les voit se poursuivre sur 1 à ‘2 mm d’épaisseur. Il s’agit du remplissage d’extrémités
de terriers.
II. TRACES D’INVERTÉBRÉS
Les témoins les plus abondants sont des moulages de terriers de vers polychètes ou
des déblais de creusement de ces terriers. Des empreintes de Vertébrés s’y surimposent
fréquemment. On peut noter l’existence des formes suivantes.
Scoyenla (pl. 1 D, sc)
Plusieurs hypothèses ont été formulées quant à la nature de ces traces, connues en Europe
(FncHE, P., 1905 ; Potonié, IL, 1893 ; Zeilceb, R., 1894) et aux USA (White, D., 1929).
Pour Fliche, qui reprit des spécimens déjà décrits par Zeilleh, il s’agissait d’éponges ;
pour WiiiTE, plutôt de vers. Elles ont été répertoriées dans le traité de .Mootie, R. C. (1975).
W. Hantzschee y donne l’identification actuellement la plus vraisemblable : celle du mou¬
lage de terriers de vers polychètes.
I.inéaires ou courbes, s'entrecroisant souvent, la largeur de ces terriers varie entre 4
et 8 mm. Leurs parois présentent des sculptures rappelant un tressage de cordes. Ces ter¬
riers sont obser\és tant dans la formalion d'.Argana que dans le Trias de rOiirika, Il faut
leur rattacher des sections circulaires, éparses parmi les figurations horizontales (pl. II D).
On ne décèle en coupe aucun remplissage de terriers verticaux.
Pour W. Hantzschel (1975), les faciès à Scoyenia seraient continentaux (grès et
argiles « Red beds ».)
— 402 —
La (orme marocaine sera raltaeliée à l'cspèee Svotjenia "rariiix (VS hile, 1920) de l’Arizona.
Il exLste encore sur la dalle ligurée jdanche I D des vermiculations plus ou moins fusi¬
formes, courtes et j)eu épaisses (loc sur la pliotogra|)hie), sur la nature des(pielles il est dilli-
cile de se j)rononcer. La seule ressemlilanee que l’on puisse évoquer csl avec iMi'h'ia l*. P.
James. 1879, recensé par ILits izsciiiti. [in Mooiu:, 1975, \\ 79 et fig. 48 h du môme ouvrage).
Aulri! type d’Aiinéliil-t' : l iitypc voisin de Siuyenia est fréquent dans le 'l'rias d'Argana et
de rOurika, souvent associé à des empreintes de Vertélirés (pl. Il D). Ces moulages naturels
sont plus courts et fdus étroits qu(‘ Scoijenia, sans ornementation, (iroupés par houquets
plus ou moins radiés, ils rappellent Chondriles von Sternberg, tel qu'il est répertorié par
VV, Ha.ntzsciiei. (1975), et sont interprétés comme des déjections d’un animal limnivore.
Terriers en ( ' ; Ils sont fréquents dans la formation d’Argana et dans l’Onrika.
Arthropodes (?)
Une [daque gréseuse (pl. 1 K), recueillie à /.aouït, dans le couloir d’.Vrgana, porte
une succession de couples ou de tripilcts d’empreintes organisée sans svinétrie par rapport
à un axe. Elles évoipient celles qu’auraient |iu laisser des appendices d’invertébrés, tel
Beaconichnus (LIantzscliel, 1975, V\’ 44, la). Pour cet auteur, Beacoriiclinus serait une piste
de Trilobite ou d’F.uryptéride. Une telle attribution n’aurait guère de sens pour la piste
décrite ici puisque l'extinction de ces deux groupes eut lieu vraiseinblablemeul au tout
début du Trias, alors que tout le contexte faunistique place dans le Trias supérieur les
couches marocaines qui nous intéressent.
Ilans la partie 2 de la plaque, il existe une autre succession d’empreintes, moins évi¬
dente mais grnssièrenient parallèle îi la jiremière. Aucun argument nc permet de dire s’il s’agit
de deu.v [listes distinctes ou de deux séries d’enqircinles hétérolatéralcs d’un même animal.
La plaque est, en outre, parsemée de stries, le j)lus souvent courtes (moins d'un centi¬
mètre), que l’on peut interjiréter comme des traces de grilTes. Une .strie (notée X sur la
photographie), localisée dans la partie 2 de la plaque, est un peu jdus large que les autres,
circonscrite par un bourrelet étroit, et se termine sur la droite par une encoche plus pro¬
fonde qui donne l’impression d’être un trou d’enfoncement de grüTe. L’une des stries (notée y
sur la photograjihie) mesure 5 cm.
Lorsqu’elles sont nettes, les empreintes circulaires jirésentenl un bourrelet [)ériphéri((ue
d’enfonccinent, un bourrelet central de succion, deux traces d’cnlonccmeiits de griffes.
On remarque dans les deux tiers siqiérieurs de la plaque une trace de reptation (s),
recoupant les deux alignements d’empreintes dont elle paraît indépendante. On n’entre¬
voit jioiir elle aucune attribution [irécise.
La nature arlhropodienne des empreintes est l’hypothèse la plus vraisenddablo. Dans
le cadre de la jiarataxonomie ichnologique, nous les nommerons Arthrirhnus atlensis no\.
gen., nnv. sp.
Diagnose : Piste faite d’empreintes organisées eu triplets dont les axes font environ 45° avec
celui de la piste. Chaque empreinte est ovalaire, cernée par un bourrelet, montrant deux traces
d’enfoncements de grilles à sa périphérie. Chaque empreinte mesure environ 1 cm.
PiiovENANCE : Zaouït, coordonnées 159/45(3, feuille Imi N’Tanoute, fGN.
— 403 —
III. EMPREINTES ÉNIGMATIQUES
1. I..a pri'inière (|il. III A) évoque Vinfolozia (Savage, 1971), répertoriée dans II.vntz-
scHEL, 1975 (W 119). Cette identification ne résiste pas à l'examen de détail. Il s'agit,
en relief inversé, de deux alignements parallèles de petites dépressions, alignements dis¬
tants d’environ 1 cm. l.a piste présente deux conrlmres. Le nombre de dépressions est le
meme |ioijr les deux alignements. 11 paraît aléatoire de rechercher sur une photographie
de terrain Une périodicité dans la succession des traces.
2. La deuxième empreinte (pl. III G) évoque celle d’un Myriapode ou d'un animal
vermiforrne à nombreux appendices, mais elle n'a pas sa symétrique dans une autre empreinte
parallèle. Elle ost seulement bordée d'un sillon. Notons que l'on a attribué à certains Eury-
ptérides un type d’empreinte comparable, mais double (Riciitek, R., 1954).
3. L’empreinte figurée planche 1 C sera qualifiée de « limuloïde ». Ce n’est là tjue sou¬
ligner sa ressemblance avec la face ventrale des premiers segments des appendices ambu¬
latoires d'une Lirnule actuelle (pl. IC).
4. Pour l'empreinle figurée planche 1 F, on imagine des traces de griffes sur un fond
aquatique. Pour ce qui est figuré en I G on peut envisager également le marquage d’un
fond par un végétal ligneux sous l’effet des courants d’eau,
5. Enfin, une empreinte en étoile (pl. III F) sera rapportée à Aÿlflrirhnu.i (Randel,
1967) (ÏIantzsciiei., W., 1975) dont elle a les caractères métriques et morphologiques.
Asterichnuti n’est rapportée à aucun organisme de position systématique connu. J.-C. G.cll
[comm. orale) penserait plutôt à une empreinte de ver. Le fait est que l’image des couronnes
de tentacules de certains Polychètes sédentaires actuels tels que les Spirographes vient
à l’esprit.
IV. TRACES DE VERTÉDRÉS
Les empreintes de gros Vertébrés prédominent dans la collection provenant de la
formation d’.\rgana. N’y .sont représentés que quel((ues traces de petits Reptiles ou Amphi-
biens. .\u stade actuel de la recherche, la coHeclion de. l’Ourika est sensiblement différente
par sa coni|insition. Les petits Vertébrés y sont relativement abondants. Une prospection
plus attentive des surfaces ou dalles gréseuses est souhaitable dans le couloir d’Argana.
Dans les deux collections, aucune succession d’enqireintes n’est suffisanirnent longue
et bien conservée, pour que l'on puisse parler de piste étudiable. l')r, les empreintas isolées
ne livrent que des renseignements objectifs restreints. Il manque alors de nombreux para¬
mètres susceptibles de caractériser l'animal auteur de chaque empreinte ; dimorphisme
éventuel des empreintes antérieure et postérieure, métrique du couple, angles des axes
des empreintes et du roupie par rapport à celui de la ]>iste, etc. C’est avec ces données
— 404 —
qu’il est [lossiblc lie calculer la répartition de la niasse corporelle sur les trains avant et
arrière, la démarche de ranimai, etc.
Malgré ces réserves, nous n’hésiterons pas h donner des noms aux témoins ichnolo-
giques décrits, dans le cadre de la taxonomie ichnologique, avec rintention de faciliter
rutilisation ultérieure de ces témoins. Faute de critères objectifs, les synonymies sont
plus diüiciles à éviter mais de moindre conséquence qu’en ostéologie.
Empreintes triüactyles
1. Couloir d'Argana
L’observation de ces empreintes met en évidence un certain polymorphisme (pl. Il, A,
B, G, E, J, lîg. 1). Mais, étant donné la nature du matériel (modifications locales d’un sub¬
strat aux qualités physiques variables), il serait déraisonnable d’y distinguer des types
tranchés.
La longueur totale du pied varie entre 25 et 40 cm, sa largeur entre 15 et 25 cm. Les
angles interdigitaux varient entre 20° et 40®, L'axe de la sole plantaire est tantôt confondu
avec celui du doigt médian (AHG. 1011, pl. Il E), tantôt avec celui d’un doigt latéral
(.\RG. 1001 et 1019, pl. II A et J), variations peut-être dues uniquement aux conditions
de la marche.
Sur les empreintes les plus nettes (ARG. 1011, pl. II E), existent des traces de coussi¬
nets d'appui ; trois coussinets sous le doigt médian, deux sous les deux autres, un gros
coussinet au talon et des coussinets secondaires à la base des premières phalanges. Des
indices de grilles sont visibles sur plusieui’s de ces euqireintes.
Devant ARG. 1001 (fig. 1 131, s’observe une petite empreinte dont le dessin est compa¬
rable à celui de la grande. Il peut s’agir de l'empreinte du membre antérieur ou de celle
d’un individu plus petit.
Sur ARG. 1019 (pl, 11 .1), où l’apimi talonnier est bien marqué, il faut noter l’e.xistence
d'une trace de doigt vestigial. Le talon est plus étroit que sur l’empreinte 1011 (pl. II E) ;
par contre, la partie antérieure de l’empreinte est plus étalée. Lue plasticité plus grande
du terrain sur lequel se déplaçait l'auteur de ARG. 1010 pourrait expliquer les différences
constatées entre cette enqireinte et ARG 1011, à rexception peut-être de l'addition d’un
doigt vestigial sur 1010. Encore ipi'iin enfoncement plus grand de la patte pourrait en
rendre compte.
Ce.s types voisins seront regroupés sous le nom de Tridai'tijlus riuichouensis nov. gen.,
nov. sp., leur lieu-type étant la butte surjilomhant le gisement ostéologique XI, près du
Tizi N’Machou (x = 161,9, y = 456,0). Le niveau est la base du tj (nomenclature strati-
graphique de Tixeho.nt, 1073).
l n tel type d’enqn-einte pourrait correspondre au sipielette et à la statique d'un Pro-
sauro|iodc ou d’un 'riiéro]iode.
L'empreinte ARG. 1006 (pl, 11 D) doit être présentée un peu à part et aucun nom ne
lui sera attribué. Scs caractères sont les suivants : longueur, 18 cm ; contours ovalaires ;
doigts courts ; sole plantaire importante par rapport aux doigts. L’existence d’un qua¬
trième doigt est envisageable dans la mesure où la même dalle porte une deuxième empreinte
— 406 —
j)lus ])(“tile montrant le départ d’un quatrième doigt. On est tente d’attribuer à un même
animal ces deux empreintes, la |)lus petite ayant [)u être celle du membre antérieur.
2. Ourika
^ious avons regroupé plus loin les empreintes dont la dimensioji n’est que de l’ordre
du centimètre. Nous ferons (!xce(itinn pour un groupe de trois em])reintes dont il n’est
jias sûr qu’elles soient successives (lig. 2). L’empreinte intermédiaire seule est bien conser¬
vée. La troisième est déformée, la première est incomplète.
Lllcs mesurent un peu moins de 4 cm sur 3 cm. La sole plantaire a une importance
à peu près égale à celle des doigts. Ces derniers, bien distincts l’un de l’autre, font entre
eu.x des angles d’environ 30°. Ils sont grilîiis. L’enjambée ferait 7 cm s’il s’agissait d’une
piste.
.Nous n’attribuerons pas <lc nom à ce type d’(unpreitite ipii, par sa morjthologie et
sa dimension, rappelle Sutapliuxaurus kandelakü (Gabounia, 1951), que Hauboi.u attribue
à un Coelurosaurien.
L M P 11 F. I N T i: s T K T a A I) A CT Y L E S
L’intcr|)rctation de ces empreintes est dillicile, certaines pouvant se rattacher au.x
enqireintcs tridactyles, d'autres évoquant des empreintes pentadactyles dont l'un des
doigts n’aurait pas appuyé ou aurait été elîacé.
I. Couloir d'Argana
Type A (AHG. IOOj et .\I1G. 1(12(1, pl. 11 F et L et lig. 3 A)
.\RG. 1005 mesure 2(i cm de long. Un examen un jieu hâtif tendrait à rapprocher ces
deux traces de renqireinte AHG. 1019, et à ne voir dans le quatrième doigt qu’un vestige
appuyé au sol à l’occasion d’un repos de l’animal. Ce doigt s’insère plus proxirnalement
que les autres. Les cahpies indiquent en fait un apjiui ferme du doigt le plus petit et une
jirédominance du doigt I sur les doigts 11 et lll (au lieu du doigt médian). D'autres carac¬
tères les dillércncient du type tridaetyle ; le contour de l’eni|ireinte s'inscrit dans un losange ;
les doigts I et 11 sont séparés par un intervalle angulaire de .35 à 40'' alors que l’angle est
moins ouvert entre les autres doigts. L'axe du talon tend à passer entre les doigts II et lll.
Il est donc acceptalde d'isolcr ce type. Le genre .s’en rapprochiinl le plus est Ano-
iiioepus E. Hitchcock, 1848, du Trias supérieur de Newark et du Stormberg d’Afrique du
Sud (IIai’bold, il, 1971).
.Nom jirojiosé : Anninoepus inoghrehensix nov. s|j.
Type H (AHG. 1021, pl. II K, fig. 3 B)
Les dimensions do l’empreinte sont de 24 cm sur 19 cm. Ce type n’a rien de commun
avec les empreintes tridactyles ou tétradactyles douteuses décrites plus haut. Le qua¬
trième doigt est en arc vers l’extérieur. Le talon est large, sensiblement quadrangulaire.
Formule phalangienne : 2.3.3.3. Les axes digitaux ne convergent pas en un point commun.
— 407 —
Le seul eniplacemenl où l’on pourrail envisager rexistence iriin cinquième doigt est à
droite de rempreinte, là où existe maintenant un paquet de traces annélidiennes.
Nous n’avons trouvé aucun équivalent de ce type d’empreinte dans la littérature,
hormis une certaine communauté d’allure avec le genre Chirothcriiiiii (qui a, quant à lui,
5 doigts). L’abondance des terriers d’Annélides entmirant l’empreinte gêne l’analyse.
Fig. 3. — Kinpreiiiles létradactiles du couloir d'Argana. Types A et H : A, Anomoepus inoglirchensis ;
B, Qumlridigitus dubius.
Nom jirojiosé : Quadridigitus dubius nov. gen., nov. sp.
II est dillicile d’imaginer une attribution jialéozoologique précise pour cette pièce.
A cause de sa grande taille, les groupes envisageables sont les Pseudosuchiens d’une [lart,
les Thérapsides de l’autre. Pour ces derniers, il faudrait admettre que le cinquième doigt
n’a jias laissé de trace.
2. Ourika
Type .4
Une enqtrcintc découverte dans l’Ourika et d’assez grande dimension (16 à 18 cm,
cf. fig. 4) présente quelques ressemblances avec le type .\ tétradactyle d’Argana (ARG.
1005). Nous disposons d’une photographie pour l’étude de cette trace sommairement
conservée. Elle s’inscrit grossièrement dans un losange. La répartition des surfaces entre
doigts et talon, les angles interdigitaux, sont à peti près ce qui est aussi observé sur l’em¬
preinte ARG. 1005. Les doigts sont cependant plus empâtés, ce qui peut être dû aux condi¬
tions [ihysiques du substrat au moment de l'empreinte. Les doigts sont moins inégaux
et aucun d’eux ne s’insère plus proximaloment que les autres.
Type Ji
L’étude de cette empreinte est possible grâce à un calque de terrain et à des photogra¬
phies (fig. 5, pl. 111 E). Elle mesure 18 cm de long, pour seulement 4 à 7 cm de large selon
la transversale choisie.
l'iG. 4 .
h
— Empreinte
3 Cl
■ ■
— Empreinte tétradactyl
— 409 —
IjH iiioilif^ (le sa longueur est. cnnsliliuîe par la trace d(; l.rois dnigls parallèles et l’amorce
d’un (pmtrièmc. Sur le côté droit, une structure arrondie, et reliée è renipreinte par un
pont, pose le prol)lème d’un ciiu|ulème doigt. Cette structure est incertaine, .\ussi avons-
nous laissé cette empreinte dans les tétradactyles. Klle présente cependant une certaine
ressenddance avec reni[tre.inle pcnladactyle de la dalle 2 de l'Ourika (p. 41,3).
Sa moitié ((ostérieure esl constituée jiar un talon ovalaire séparé de la naissance des
doigts par un rétrécissement.
Les trois doigts présents sont de grandeur croissante et affectés d'une faible courbure.
Faute d’ètre sultisamment net, le ((uatrième doigt n’a été dessiné (]u’en pointillé.
La grande dimension de cette empreinte que Nopcs.'v aurait (|ualifié de « lacertoïde »
est une diiriculte dans le cadre d'une hypothèse attributive. On peut évoquer les Phyto-
saures présents dans la faune d'/Vrgana, sans qu’un tel rapprochement ait beaucoup de
valeur. Remarquons du reste qu’il n’y a pas de ressemblance entre cette empreinte maro¬
caine et celle ai)f)elée Apalopm Baird, 1957, attribuée au groupe des Phytosaures (ll.vu-
BOLD, II., 1971),
Nom proposé : Rectilinetopus ourikensis nov. gen., nov. sp., nom qui prétend souli¬
gner le caractère longiligne de cette empreinte et son origine géographique.
Ti/pe C {fig. 6, pl. 11 M)
Cette empreinte mesure 17 à 18 cm. Sa (orme en main munie de grilTes et dont le
doigt IV est plus court, plus fort, un peu latéroversc par rapport aux autres, rappelle un
peu Chirolhcriiiiii. Rappelons que Chirotherium compte cinq doigts. Le problème de ce
cinquième doigt demeure en ce qui concerne l'empreinte marocaine. La partie interne de
l’empreinte a un tracé mal délini, L(^ doigt I (ou II) est plus ou moins bien conservé et il
existe une aspérité de la roche sur la marge interne, aspérité qui pourrait masquer un
départ de cinquième doigt.
Nom proposé : Pseudochirolherium oukaimedensis nov. gen. nov. sp.
Fig. fi. — Empreinte tétradactyle provenant de l’Ourika. Type C. Pseudochirolherium oukaimedensis.
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Empreintes pentadactvles
1. Argana
Type A (ARG. 1018, ARG. 1012, fig. 7, pi. 11 11 et I)
Ea morphologie de ees empreintes est relativement constante ; elles sont généralement
on peu ]dus largos que longues, aux cinq doigts Lien marqués. Les angles interdigitaux
varient entre 10® et 30®. Dimensions de ARG. 1018 : 23 à 24 cm.
Fig. 7. — Empreinte pentadactylo provenant du couloir d’Argana. Type A. Pentichnus tarons.
Les doigts sont larges, leurs emjtreintcs empâtées ne montrent aucune séparation
phalangienne. 11 existe un gros coussinet jjlanlaire à la hase du doigt V. Ce coussinet est
ridule. Des oneoches de grilles sont apparentes. Hormis le coussinet de la liase du doigt V,
le talon est |)eu ap|uiyé.
L'hypothèse attrihutive la plus vraisemblable est qu’il pourrait s’agir d'em()reintes de
gros Thérapsides, con'espondant par exemple aux Dicynodontes connus dans la faune
d’.'Vrgana (Üutuit, J.-M., 1980).
Nous désignerons cette forme par le nom de Pentichnus lurpiis nov. gen., nov. sp.
Type B
Il est très différent du précédent (fig. 8, pi. 11 G), La dalle-type (.\RG. 1008) est un
négatif relativetnent mal conservé. On peut seulement y voir une empreinte proportion¬
nellement plus longue que large, dont l’apfiui maximal est assez décentré.
Deux ressemblances ai)])araisseiit si l’on se réfère à Mauhoi.o (1971, fig. Il et 17) :
l’une avec Palneosauropus Ilay, 1902, l’autre, avec Pseiidohriidypm. L’auteur cité fait, du
premier un Stégocéjdiale édopsidé ou éryopsidé, et du second un Cotylosaurien. On peut
aussi émettre l’hypothèse qu’il pourrait s’agir de grands Stégocéphales, du tyjie métopo-
sauridé, connus dans la faune triasique marocaine. Les caractères de l’empreinte et ceux
du squelette du pied des .Métoposauridés sont concib’ahles.
Nom proposé : Palneosauropus triasicus nov. s[),
411 —
l'iG. 8. — Empreinte pentadactyle provenant du couloir d’Argana. Type lî. Palaeosauropus triasiciis.
2. Ourika
Nous ilécrirotia ici ilciix dalles remarquables, en collection à la Faculté des Sciences
de Marrakech (Maroc), imrtant des empreintes pentadactylcs de grands V'ertébres et des
petites traces. Par cette association, |iar la nature des empreintes, elles évoqneni des dalles
connues ailleurs, c<dle du Trias de Fozières ou la grande pla(|ue d’Hilburghausen (Lessek-
ïissELiii, .J., 1955, tig, '17 cl pl. XXIV-I),
Dnih 1 (pl. IV B cl G)
ün note en relief négatif sur cette surface l’existence de plusieurs grosses empreintes
de 5 à 15 cm de longueur, de trois sillons qui sont |)eut-ètrc des traces de queue et d’une
nudtitude de petites em|ircintcs.
On y observe trois associations d'une grande el d’une petite empreinte (postérieure
et antérieure) du meme animal. Il est à priori tentant d'y voir des eonjdes (ensemble des
empreintes antérieure et postérieure en position de inarebe), F.n fait, les trois calques de
ces couples supposés ne sont pas sujierposablcs. Il faut donc conclure à une ju.xlaposition
fortuite d’empreintes poslérieui'c cl antérieure ou Ideu choisir etttre trois sortes de. couples.
Les deux empreintes postérieures les plus complètes enqriètent l’une sur l'autre. Leur
étude est néanmoins possible.
— Enqjrcintcs de pattes postérieures : On y retrouve les caractères du genre Chiro -
tlieriutii tel qu’il est défini dans Lessertisseuh, J. (1955 : 83), et Haubold, H. (1971 :
55). La forme de l’Ourika mesure environ 25 cm sur 10, présente cinq doigts et une partie
j>lantaire liien dessinée à la base du doigt V. Le doigt 111 est le plus long puis, de façon
décroissante, le II, le 1, le IV et le V. Les doigts I, II, 111, IV, sont grcnqiés, peu diver¬
gents (angles interdigitaux de 29“ environ). Le doigt Y est extéroversé à presque 89“ de
l’axe de reiiiprciiite, cet axe passant par le doigt lll ou entre les doigts 11 et III. Les cinq
doigts portent des grilles. Le relief cutané est visible, montrant un revêtement d’écailles
polygonales et circulaires, à surface granuleuse. La formule phalangienne n’est pas déter¬
minable.
— Fnqireintes de pattes antérieures : Les longueur el largeur sont d’environ 5 à 6 cm.
Le membre antérieur était davantage digitigrade (]ue plantigrade. Les quatre doigts obser-
— 412 —
vables sont davantage divergents que ceux du pied. La formule phalangienne n’est pas
déterminable. Griffes et relief cutané existent aussi.
— Traces de queues : Aucun des sillons observables n’étant inclus dans une piste, on
ne peut affirmer quoi que ce soit à leur égard. Quant aux toutes petites empreintes présentes
sur la dalle, il serait illusoire de vouloir les étudier à l’aide d’une simjile photographie.
Nom proposé pour ces grandes empreintes de Vertébrés : Chirolherium allensis nov. sp.
Provenance : nord-ouest du pied du plateau du Yagour (x = 286, y = 86).
Dalle 2 (fig. 9, pl. IV A)
La surface de cette dalle présente, en relief négatif, sept empreintes, dont six groupées
en couples, et un sillon ({ui est peut-être une trace de queue mais qui est dissocié, semble-t-il,
des couples d’empreintes. On ])eut affirmer l’existence de couples car les rapports de dis¬
tances, comme les relations angulaires entre empreintes antérieure et |)ostérieure sont sen¬
siblement constants.
Fig. 9. —• A. Empreinte pentadactyle provenant de l’Ourika (dalle 2). B. Hypothèse d’un début de
piste, inconciliable avec la morphologie de l’empreinte. Apatopus lineatus.
— 413 —
— Empreintes de jiattes postérieures : Elles comptent cinq doigts, le doigt V étant
le plus court, les quatre autres décroissant du IV au I. L’axe de l’empreinte |)asse entre les
doigts 111 et IV’. La formule phalangienne setrihle avoir été 3.3.4.4. (?).
— Empreintes de pattc.s antérieures ; Elle.s compteni cinq doigts, le doigt Y étant
surtout visible sur remprcinie 3 (pl. IV A), le doigt 1 sur l’empreinte 1. Les deux doigts
médians sont ])lus longs que les latérau.v. L’a.xe de rempreinte |)asse entre les doigts III
et IV'. La fortmile phalangienne n’est pas déterminable.
— Le couide : (In retrouve les caractères de Apalopus linealus (II.vuboi.u, 1971 : 59)
avec, cepeiulanl, des dimensions un peu inférieures. Les empreintes, antérieure cntiime
postérieure, sont également un peu plus étroites que chez Apalopus. Ces différences de
dimensions ou de [troportions n’onl j)robablement guère de signification.
On est tenté de voir une deiui-eujambéo dans les cou|»le.s l et 2 (tlg. 9). Mais une telle
reconstruction inverserait la latéralité des empreintes, plaçant à droite l'empreinte gauche,
et inverseincnt. 11 faut donc conclure à l'existence de couples mais non d’embryon de piste
sur cette dalle.
Cette forme sera classée dans l’espèce A. linealus (Trias supérieur du Newark, USA)
dont il est fait un Phytosaure dans fl.vunor.u (1971).
Petites empiiei^tes
Nous regroiqierons dans cette rubrique des empreintes dont l’ordre de grandeur est
le centimètre. Elles témoignent <le l’existence au Trias siqiérieur marocain d’une faune
de petits Vertébrés dont les ossements ne nous sont pas encore connus.
1. Argana (fig. lU, pl. I H et l)
Trois plaquettes provenant de couches gréseuses sus-jacentes au gisement XI (voir
plus haut) portent de petites empreintes mesurant de 1,5 à 2 cm. Il est impossible de
postuler la contemporanéité, et ii fortiori la proximité de ces enqireiiiles dans la roche
en place car les fragments de dalles ont été recueillis eu éhoulis. La nature du grès est
macroscopiquement identique, mais la couleur de la roche varie un peu. Les faces dépour¬
vues d’empreinte.s de ces plaques dilfèrent aussi entre elles : petites fentes de dessication
pour l’une, larges fentes et moulages de terriers de vers pour l’autre, surface marquée exclu¬
sivement par dos Annélides pour la troîsième.
Plaque A (lig. 3 pl. 1 1)
L’empreinte comprend trois doigts su b-parallèles, de dimensions décroissantes et
munis de courtes griffes. Une ébauche de sole plantaire est apparente. Latéralement à
deux de ces empreintes se voit ce qui |»eut être interprété comme deux traces de griffes.
On peut donc se demander s’il ne s’agit pas en fait d’empreintes de pattes pentadactyles
dont trois doigts seulement auraient été porhmrs dans les conditions de l’enregistrement.
L’allinité la plus évidente ipii apparaisse est avec Hynchosauroides .Maidwell, 191 L :
R. tumidus (cf. Havbold, 1971, fig. 28) et H. nmllhesi (cl. IIvubold, 1971, fig. .32).
39
— 414
Bien que le nom lilii/nchosauroideii nous paraisse trop proche de la nomenclature paléo¬
zoologique, nous le conserverons ici pour souligner raflinité de remprcinte.
Nom proposé : Hhynchosauroides s(). Provenance et niveau ; nord du couloir d’Argana.
X = 161,8, y = 456,9.
Plaque fi (lig. 10 B, pl. 1 11)
Deux empreintes y sont étudiahles. On y reconnaît quatre doigts et un talon en arc
de cercle. L’enqireinte la plus distincte montre des doigts courbes, l'autre des doigts presque
rectilignes.
Ce type est très \misin de celui figuré par P. Ellenberger (1971) sous le nom de
.\folapopentapodi.scn.s sahalor. Ce dernier genre est cependant de dimensions un peu supé¬
rieures (dans le rapport 3/2 environ). Ellenberger en fait un Protomammalien.
Nom proposé : Mulapopetilapodincwi sp.
Fig. 10. — Empreintes de petits Vertébrés provenant de la formation d’Argana. A, Hhynchosauroides sp. ;
B et G, Molapopentapodlscns sp.
Plaque C (lig. 10 C)
(Quatre doigts sont reeorinaissaliles. Ee plus petit est peu visible. Bien que les empreintes
des doigts soient ici plus appuyées, plus larges, et peut-être un peu plus espacées que dans
le cas de la plaque B, il nous paraît légitime de rattacher ce type d’empreinte au précédent,
le tracé général comme les proportions relatives des dilTérentes unités étant identiques
dans les deux.
2. Ourika
Les petites empreintes y sont plus nombreuses et plus variées ipie dans le couloir
d’Argana. Plusieurs types d’empreintes sont regroupés sur une meme dalle élmulée. 11
serait intéressant de trouver le banc de grès d'où provient le fragment de dalle, et de tenter
de dénuder cette dernière sur une certaine surface.
— 415 —
Type A (fi g. 11)
Il s’agil de deux eni|)r(!iiit.es digitigrades dont la longueur devait approclier 8 cm.
L’antérieure, la plus complète, est pentadactyle. Les doits sont allongés, les trois médians
étant nettement plus longs que les latéraux. La sole plantaire est aljsente sur les deux
empreintes. Etant donné leur mauvaise conservation, nous ne les nommerons pas.
Fig. 11. — Empreintes de petits Vertébrés provenant de l’Ourika. Type A.
Type B
Elle mesure un peu plus de 3,5 cm et sa forme est à peu près celle d’une main humaine
(pl. IV E). Dans le prolongernenl de deux des doigts la photographie montre ce qui jiour-
rait s’interpréter comme des traces de grilles. L’empreinte la [tins proche recensée par
Hauboi.d (1971) est Prochirollteriuni perndeunt Leonardi, 1951, du Permien du llaut-
Adige, en Italie du Nord (cf. Haubolu, 1971 : 93, fig, 58-10).
Nom jiroposé : Prochirulhenum Iriaeicuiii nov. s|>.
Type C (pl. IV F)
La dalle porteuse montre, sur fond de ripple-rnarks, de nombreuses emjireintes tétra-
ou pentadactyles dont la longueur est d’environ 3 cm. 11 s’agit d’animaux principalement
digitigrades. En sillon, trace de (picue probable, traverse la dalle. L’hyjiothèse la plus
acceptable est qu’il s’agit de petits Amphibiens. Nous ne leur attribuons jias de nom.
Type D
Cette petite empreinte, dont les dimensions approximatives sont 5 cm sur 3 cm, a aussi,
grossièrement, une forme de main humaine aux doigts griffus (fig. 12). On n’y distingue
aucun sillon interphalangieu. La sole jdantairc est brève. Aucun élément ne permet l’attri¬
bution de cette trace à un groupe précis. On peut sinqdement dire que la présence de griffes
oriente plutôt vers les Reptiles ou un groupe de petits Mammifères triasiques.
Nom proposé : Enigrnalopus atlensis nov. gen., nov. sp.
39 *
— 416 —
Tjjpe E
Conitiie toutes les eni|jreintes de l'Ourika dont la description a précédé, cette empreinte
(lig. 13, pl. III D) est en relief négatif. Mlle est proche d’iin sillon que l’on jjeut interpréter
comme une trace d’appendice caudal, sans que l’on soit sûr qu’il ait été tracé par le même
animal. Mlle com])orte cinq doigts dont seuls les doigts 111 et IV sont Lien nets et portent
des grilles. La sole plantaire est hien enfoncée, ovalaire. Les doigts III et IV sont longs,
légèrement courhes. Dans son ensemble, l’empreinte s’inscrit dans un losange d’environ
5 cm de long, .\ucun rapprochemenl ne nous |)araît évident avec un groupe connu. A cause
des griffes nous aurions tendance i'i en faire un Reptile.
Fig. 12 (à gauche). — Empreinte de petit Vertébré provenant de l’Ourika. Type D. Enigmatopus
atlensis.
Fig. 13 (d droite). — Empreinte de petit Vertébré provenant de l’Ourika. Type E.
Type F
Sa longueur est de 8 à 9 cm. C’est une empreinte pentadactyle pratiquement contiguë
à une structure annulaire inexpli(piée et (pl. III C) à un sillon que, là encore, nous inter¬
préterons comme une trace de ()ueue. D’autres petites empreintes mal conservées existent
à gauche du sillon.
L’animal était plantigrade. Trois des doigts sont hifurqués. Cette particularité la rap¬
proche de Hyloidiclinus Gilrnore, 1927. Toutefois, ce dernier genre est du Permien inférieur
et deux fois plus petit.
Hauboi.d (1971) place Ilyloidichnus au voisinage des Seymouriamor])hes, sans donner
ses raisons.
Nom proposé : Hyloidichnus triasicus nov. sp.
— 417 —
CONCLUSION
Cetto |ll■(•SL>Illation suecinclc' des prPiDiêrcs liguralions sédiriieiiLain's et traces (l’acti¬
vité animale reiienntrées dans les cnuclies triasi(|ues de l'Atlas (formation d'Argaiia et région
de rOnrika' tic [irésente pas un intérêt sysléniatiipie capital. Il n’était cependant pas
inutile de les avoir recensées, ne serait-ce <pie pour oITrir une base de comparaison ulté¬
rieure. Les enseignements jjaléüGcologi(pies et stratigrapliicpies que l’on [(cut en tirer sont
loin d’être négligeables.
Les points principau.v à retenir sont les suivants :
1. Avant de comparer la densité et la variété des empreintes dans les deux forma¬
tions étudiées, il Faudrait reprendre les recherebes sur le terrain de façon plus structurée
et systématique, .lusqu’à ce jour, les circonstances de j)rospeclion ont été différentes dans
les deux domaines.
2. Il existait au Maroc, au Trias supérieur, une faune de petits Vertébrés que les fouilles
paléontologiqucB n’ont pas encore mise en évidence, exception faite d’un jjetit Phyto-
saure [Pakorhinm magnoculus Dutuit, J.-M., 1977) connu par un crâne, et les Préorni-
thischiens du même gisement X\ I (Dotuiï, J.-M., 1972). Les empreintes révèlent la pré¬
sence de petits Amjdiibiens et de petits Reptiles, peut-ctre colle de [)etits Mammifères.
3. Les Annélides sont présents aussi bien dans la formation d’Argana (jue dans l’Ourika.
D’autres traces, dans le Trias d’Argana et celui de l’Ourika, suggèrent des alliintés arlhro-
podiennes.
Il est évident que ces propositions ne sont basées ipie sur des ressemblances morpho¬
logiques souvent éqnivo(]ucs (traces liniuloïdes jiar exenqjle) et n’autorisent aucune conclu¬
sion. Elles montrent néanmoins qu’on ne peut jias exclure la [lossibilité (pi’une faune marine
ait existé par périodes limitées an Trias marocain. Un est amené à envisager des incur¬
sions marines lors du dépât des couches rouges triasiques marocaines.
Les schémas qui avaient été proposés pour rendre compte de l’cxistencc d’une abon¬
dante faune de Vertébrés continentaux [grandes plaines marécageuses parcourues par des
fleuves au débit rythmé saisonnièrement, etc. (Dururr, J.-M., 1976 : 28 et suivantes)] sont
certainement insu disants.
Ces découvertes d'empreintes ou de figurations sédimentaires présentent enfin un inté¬
rêt stratigraphique. Il est particulièrement intéressant qu’aient été découverts en 1981
par P. E. Biron, dans l’Ourika, des restes de Phytosaures et de grands Stégucéjdiales,
certes fragmetilaires, d’autant que c'est dans ces memes niveaux qu’ont été découvertes
les traces de l’Oui'ika voisines, sur le plan de la systématii^ue, de celles du couloir d’Argana.
Cette conjonction ostéolugique, ichnologi(|uc et désormais lilhologique (Biron, P. E., sous
presse), permet une mise en parallèle du niveau concerné de l’Ourika avec le Ig de la forma¬
tion d’.Vrgana. On rappellera qu’avaient déjà été signalés des restes osseux dans les grès
de Zerekten, à l’est des hauts plateaux « penno-triasiques » du Haut-Atlas (Dutuit, J.-M.,
1976 : 19) et qu’avait été proposée la mise en parallèle de ces grès de Zerekten avec ceux
du tj.
— 418 —
On voit donc se dessiner peu à iteu (pieltpies eorndiilions entre les dilTérenls domaines
triasiqnes atlasi(|nes. en même temps que sont remises en (picstion des conceptions
jialéogéographiques et paléoéeologiques cpie l’on pouvait croire liieti argumentées. Ce sont
là choses stimulantes. Un autre enseignement est qu’il n'y a finalement pas d’objet de
reclierclte mineur. A condition <)(' savoir le caler dans une niveau d'ex|)lication donné, tout
témoignage l'os.sile peut présenter de l’intérêt j>our le géologue.
Une comparaisoti de.s traces décrites ci-dessus avec richnol’uune du 'l’rîas d’Afritpie
australe et de l'Kurope serait souhaitable, bille dépasse l’objet de eel article, surtout consa¬
cré à la comparaison de deux bassins allasiqnes. et siTa déNelopp'‘e ailleurs.
H É F É RENCES BI RL K )G R .\P II IQUES
Biron, P.-E. — Le Perrno-Trias de la région de l’Ourika (Haut-Atlas de Marrakech, Maroc),
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— 420
planchp: I
A. — Fig^iiralioii altribucc à un drainag’e de surface. X O.OG.
15. — Figuralion allribuée à un drainage de surface. X 0.06.
C. — Figuration énigmatique rapprochée du dessin de la face ventrale d’une Idniule. (La pièce de î Oirbam
mesure 2,4 cm île diamètre.)
C'. — Face ventrale de Limule actuelle, pour comparaison.
D. — Surface de dalle avec empreintes attribuées à des Annélidcs. X 0,2. Sc. : Scoyenia. Loc. : Lovkcia.
E. —' Plaque gréseuse (ARG. 1050) portant des empreintes attribuées à un Arthropode. X 0.2. f.es deux
flèches et les chiffres 1 et 2 définissent les deux parties de la dalle distinguées par les auteurs, x, strie
avec enfoncement de grilîe ; y, longue strie (griffure du sédiment ?) ; z, trace de reptation (?).
F. — Empreinte énigmatique (traînée de griffes sur un fond ?) (le marteau donne l’éclielle).
G. — Empreinte énigmatique (trace d’un animal ou d’un végétal sur un fond ?) (le capuclum de l’objec¬
tif photographique donne l’échelle).
H. I. — Petites empreintes de Vertébrés provenant du couloir d’Argana. X environ 0,2.
J. — Extrémités de terriers évoquant des empreintes de gouttes de pluie au premier examen. (Vouloir
(FArgana. X 0,2.
PLANCHE 1
— 422 —
PLANCHE II
A-E, J. — Empreintes tridactyles du couloir d’Argana, Tridactylus machouensis : A, ARG. 1001 ; B, ARG.
1002 ; C, ARG. 1010 ; D, ARG. 1006 ; E, ARG. 1011 ; J, ARG. 1019. x 0,08.
F, L, K. — Empreintes tétradactyles d’Argana. Type A, Anomoepiis moghrebensis : F, ARG. 1005, et
L, ARG. 1020. X 0,08. Type B, Quadridigitus dubius : K, ARG. 1021. X 0,1.
M. — Empreintes tétradactyles provenant de l’Ourika. Type C, Pseudochirotherium oiikaimedensis. X 0,1
environ.
G-I. — Empreintes pentadaclyles du couloir d'Argana. Type B. Pelaeosauropus triasiciis : G, .\RG. 1008.
X 0,06. Type A, Pentichnus largus ; H, .\RG. 1018 ; I, ARG. 1012. X 0,06.
— 424 —
PLANCHE III
A. — Empreinte énigmatique.
E. — Gouttes de pluie, en relief négatif, sur un fragment de dalle du couloir d’Argana.
(> et D. — Empreintes de petits Vertébrés provenant de l’Ourika (Type C) (la pièce de monnaie mesure
2,4 cm de diamètre).
E. — Empreinte tétra- ou pcntadactyle provenant de l’Ourika (Type B), Rectilinetopus ourikensis. X 0,3
environ.
F. — Asterichnus (le capuchon de l’objectif de l’appareil photographique donne l’échelle.)
G. — Empreinte attribuée à un animal multiappendiculé.
— 426 —
PLANCHE IV
Empreintes pentadactyles de l’Ourika.
A. — Dalle n° 2. Apatopus lineatus. (Le rectangle de papier posé sur la dalle mesure 5 cm de long.)
B et C. — Dalle n® 1, Chiroiherium atlensis. (Même échelle que A.)
D. — Détail de l’empreinte précédente montrant le moulage du revêtement cutané.
E. — Prochirotherium triasicum. (La pièce de monnaie mesure 2,4 cm de diamètre.)
F. — Type 0. (La pièce de monnaie mesure 2,4 cm de diamètre.)
PLANCHE IV
I
Le Comité de Rédaction du Hulletin du Muséum remercie les spécialistes qui ont bien voulu prêter
leur concours pour le choix et l’examen critique des manuscrits reçus pour publication dans la sec¬
tion C au cours de l’année 1981.
B. Battail, Institut de Paléontologie, MNHN, 8, rue de BufFon, 75005 Paris.
M. Bru.net, Université de Poitiers, Faculté des Sciences, Laboratoire de Paléontologie des Verté¬
brés, 40, av. du Becteur Pineau, 86002 Poitiers.
.1. P. CuiF, Laboratoire de Paléontologie, Bât. 504, Faculté des Sciences, 91405 Orsay.
A. Gentry, Paleontology, Britisb Muséum, Cromwell Boad, London SW 7 5 BD.
L. Ginsburo, Institut de Paléontologie, MNHN, 8, rue de Bulïon, 75005 Paris.
1). Goujet, Institut de Paléontologie, MNHN, 8, rue de Bulïon, 75005 Paris.
C. Guérin, Département des Sciences de la Terre, Université Claude-Bernard (Lyon 1), 27/43, Bd
du 11 Novembre, 69622 Villeurbanne cedex.
L. Leclaire, Laboratoire de Géologie, MNHN, 43, rue de Bulïon, 75005 Paris.
G. Petter, Institut de Paléontologie, MNHN, 8, rue de Bulïon, 75005 Pains.
H. Thomas, Institut de Paléontologie, MNHN, 8, rue de Buffon, 75005 Paris.
S. Wenz, Institut de Paléontologie, MNHN, 8, rue de Bulïon, 75005 Paris.
Achevé d'imprimer le 15 juin 1982.
l^e 3 ® trimestre de l'année 1981 a été diffusé le 2 mars 1982.
IMPRIiMERIE NATIONALE
1 564 004 5
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d'Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris. Ils seront accompagnés : de la traduction du titre
en anglais, d’un résumé en français et en anglais, de l’adresse du Laboratoire dans lequel le travail
a été effectué (en note infrapaginale sur la première page).
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légendes seront regroupées à la fin du texte sur un feuillet séparé.
Tirés à part : 50 tirés à part seront fournis gratuitement par article. Les auteurs peuvent
éventuellement commander des tirés à part supplémentaires qui leur seront facturés directement
par l’Imprimeur.
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Collection à périodicité irrégulière. Parait depuis 1935. A partir de 1950, les Mémoires se subdivisent
en quatre séries spécialisées ; A, Zoologie ; B, Botanique ; C, Sciences de la Terre ; D, Sciences physico-chi¬
mique. (Format in-4°.)
Dernières parutions darts la série C
T. 41 — Gaudant (Mireille). — Recherches sur l'anatomie et la systématique des Cténothrissiformes
et des Pattersonichthyiformes (Poissons Téléostéens) du Cénomanien du Liban. 1978, 124 p., 57 fig.,
10 pl. h.-t.
T. 42 — Lange-Badré (Brigitte). — Les Créodontes (Mammalia) d’Europe occidentale de l’Éocène supé¬
rieur à l’Oligocène supérieur. 1979, 249 p., 32 fig., 48 gr., 30 pl. h.-t.
T. 43. — Recherches océanographiques dans l’océan Indien. (Entretiens du Muséum, Paris, 20-22 juin
1977.) 1979, 253 p., fig. pl.
T. 44 — Gayet (Mireille). — Contribution à l’étude anatomique et systématique des Poissons Céno¬
maniens du Liban anciennement placés dans les Acantboptérygiens. 1980, 151 p., fig., 29 pl.
A paraître
T. 45 — Lauhiat-Rage (Agnès). — Les Bivalves du Redonien (Pliocène atlantique de France). Signi¬
fication stratigraphique et paléobiogéographique.
Ouvrages disponibles au Service de Vente des Publications du Muséum,
38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris