ISSN 0101-0626
BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION TRIMESTRIELLE
SECTION A
zoologie
biologie et écologie
animales
4 e SERIE T. 3 1981 N° 4
Octobre-Décembre 1981
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Professeur E. R. Bhvgoo
Section A : ZOOLOGIE
Directeurs : Pr E. R. Brygoo et M. Vachqn.
Rédaction : P. Dupérier.
Comité scientifique : R. C. Anderson (Guelph), M. L. Bauchot (Paris), J.
Carayon (Paris), A. Chabaud (Paris), A. M. Clark (London), Y. Coineau
(Paris), B. Collette (Washington), J. Daget (Paris), C. Delamare Debout-
teville (Paris), J. Dorst (Paris), C. Dupuis (Paris), N. Hallé (Paris),
C. Heip (Gent), R. Killick-Kendrick (Ascot), Y. Laissus (Paris), R. Lau¬
rent (Tucuman), C. Lévi (Paris), H. W. Levi (Cambridge, USA), C. Mon-
niot (Paris), G. Pasteur (Montpellier), R. Paulian (Ste Foy-la-Grande),
P. Pesson (Paris), J. Vacelet (Marseille), A. Waren (Gôteborg), P. White-
head (London).
Un Comité de lecture examine tous les manuscrits reçus et nomme des
rapporteurs.
Fondé en 1895, le Bulletin du Muséum d’Histoire naturelle est devenu à partir de 1907 :
Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle. Des travaux originaux relatifs aux diverses
disciplines scientifiques représentées au Muséum y sont publiés. Il s’agit essentiellement
d’études de Systématique portant sur les collections conservées dans ses laboratoires, mais
la revue est également ouverte, depuis 1970 surtout, à des articles portant sur d’autres
aspects de la Science : biologie, écologie, etc.
La l Te série (années 1895 à 1928) comprend un tome par an (t. 1 à 34), divisé chacun en
six fascicules regroupant divers articles.
La 2 e série (années 1929 à 1970) a la même présentation : un tome (t. 1 à 42), six
fascicules par an.
La 3 e série (années 1971 à 1978) est également bimestrielle. Le Bulletin est alors divisé
en cinq Sections et les articles paraissent par fascicules séparés (sauf pour l’année 1978
où ils ont été regroupés par fascicules bimestriels). Durant ces années chaque fascicule est
numéroté à la suite (n os 1 à 522), ainsi qu’à l’intérieur de chaque Section, soit : Zoologie,
n os 1 à 356 ; Sciences de la Terre, n 08 1 à 70 ; Botanique, n 08 1 à 35 ; Écologie générale,
n°a 1 à 42 ; Sciences physico-chimiques, n 08 1 à 19.
La 4 0 série débute avec l’année 1979. Le Bulletin est divisé en trois Sections : A : Zoolo¬
gie, biologie et écologie animales ; B : Botanique, biologie et écologie végétales, phyto¬
chimie (fusionnée à partir de 1981 avec la revue Adansonia ) ; C : Sciences de la Terre, paléon¬
tologie, géologie, minéralogie. La revue est trimestrielle ; les articles sont regroupés en
quatre numéros par an pour chacune des Sections ; un tome annuel réunit les trois Sec¬
tions.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’Histoire naturelle
38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris, tél. 331-71-24 ; 331-95-60.
— pour les abonnements et achats au numéro, au Service de vente des Publications du
Muséum, 38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris, tél. 331-71-24 ; 331-95-60.
C.C.P. Paris 9062-62.
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue Cuvier,
75005 Paris, tél. 587-19-17.
Abonnements pour l’année 1981
Abonnement général : 900 F.
Section A : Zoologie, biologie et écologie animales : 560 F.
Section B : Botanique, Adansonia : 280 F.
Section C : Sciences de la Terre, paléontologie, géologie, minéralogie : 180 F.
Numéro d’inscription à la Commission paritaire des publications et agences de presse : 1403 AD
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
4 e série, 3, 1981, section A (Zoologie, Biologie et Écologie animales), n° 4
SOMMAIRE — CONTENTS
M. Grasshoff. — Die Gorgonaria, Pennatularia und Antipatharia des Tiefwassers
der Biskaya (Cnidaria, Anthozoa). Ergebnisse der franzôsischen Expeditionen
Biogas, Polygas, Geomanche, Incal, Noratlante und Fahrten der « Thalassa ».
11. Taxonomischer Teil. 941
The deep-water Gorgonaria, Pennatularia and Antipatharia of the Gulf of Biscay (Cni¬
daria, Anthozoa). Results of the French expeditions Biogas, Polygas, Geomanche, Incal,
Noratlante and of the cruises of R. V. “ Thalassa II. Taxonomic studies.
H. Zi browius. — Identification des prétendus Bryozoaires (« Hornera ») de Smitt
et de Calvet à des Hydrocoralliaires Stvlasterina. 979
Identification of so-called Bryozoans (“ Hornera ”) of Sinitt and Calvet with Stylasterine
Hydrocorals.
W. O. Cernohorsky. — On a collection of buccinacean and mitracean Gastropods
(Mollusca, Neogastropoda) from the Mozambique Channel and New Caledo¬
nia . 985
Sur une collection de Gastéropodes Buccinacea et Mitracea (Mollusca, Neo gastropoda)
du canal de Mozambique et de Nouvelle-Calédonie.
J. Renaud-Mornant et N. Gourbault. — Premières prospections méiofaunistiques
en Guadeloupe. I. Les biotopes et leurs peuplements. 1011
First meiofaunistic prospections in Guadeloupe. I. The biotopes and their popula¬
tions.
N. Gourbault et G. Boucher. — Nématodes abyssaux (Campagne Walda du N/O
« Jean Charcot ». III. Une sous-famille et six espèces nouvelles de Sphaerolai-
midae. 1035
Abyssal Nematodes (Cruise Walda of N/O « Jean Charcot »). III. A subfamily and six
new species of Sphaerolaimidae.
4, 1
- 938
M.-C. Durette-Desset et I. Beveridge. — Deux genres aberrants de Nématodes
Trichostrongyloïdes parasites de Marsupiaux australiens : Asymmetracantha
Mawson, 1960, et Nasistrongylus n. gen. 1053
Two aberrant trichostrongyle nematode genera parasitic in Australian marsupials :
Asymmetracantha Mawson, 1960, and Nasistrongylus n. gen.
O. Bain et G. Wertheim. — Helminthes d’Oiseaux et de Mammifères d’Israël.
IX. Compléments morphologiques sur quelques Capillaria (Nematoda, Trichi-
nelloidea).. 1061
Helminths from birds and mammals of Israel. IX. Additional morphology for a few
Capillaria (Nematoda, Trichinelloidea).
M. M. Afonso Roque. — Chabaudus alaini n. sp. (Nematoda, Seuratoidea), para¬
site d’un Anoure de la région de Timor. 1077
Chabaudus alaini n. sp. ( Nematoda, Seuratoidea), parasite of an Anoura from East Timor.
M. M. de Mendonça. — Mathevotaenia cruzsilvai n. sp. (Cestoda, Anoplocephalidae),
parasite de Macaca iras F. Cuvier, 1818. 1081
Mathevotaenia cruzsilvai n. sp. (Cestoda, Anoplocephalidae), parasite nf Macaca irus
F. Cuvier, 1818.
D. Guinot et B. Richer de Forges. — Nouvelles récoltes des genres Cyrtomaia Miers
et Pleistacantha Miers (Crustacea, Decapoda, Brachyura). 1087
New records of the genera Cyrtomaia Miers and Pleistacantha Miers ( Crustacea, Deca¬
poda, Brachyura).
f R. Serène. — Trois nouvelles espèces de Brachyoures (Crustacea, Decapoda)
provenant de la baie de Nhatrang (Vietnam). 1127
Three new species of Brachyura ( Crustacea, Decapoda) from the Nhatrang Bay (Vietnam).
f R. Serene. — Macrophthalmus (Maerophthalrnus) kempi sp. nov. (Crustacea,
Decapoda, Brachyura). 1139
Macrophthalmus (Macrophthalmus) kempi sp. nov. (Crustacea, Decapoda, Brachyura).
R. Bourdon. — Remarques sur le genre Synsynella Hay, avec description de S. inte¬
gra n. sp. (Crustacea, Epicaridea, Bopyridae). 1143
On the genus Synsynella Hay, with a description of a new species, S. integra (Crustacea,
Epicaridea, Bopyridae).
W. R. Lourenço. — Désignation d’un néotype pour Opisthacanthus lecomtei (Lucas,
1858) (Scorpiones, Scorpionidae). 1163
A neotype designated for Opisthacanthus lecomtei (Lucas, 1858) (Scorpiones, Scorpio¬
nidae).
— 939 —
E. R. Brygoo et R. Roux-Estève. — Un genre de Lézards Scincinés d’Afrique :
Melanoseps . 1169
Melanoseps, a genus of Scincidae african Lizards.
E. R. Brygoo. — Systématique des Lézards Scincidés de la région malgache. IX. Nou¬
velles unités taxinomiques pour les Scelotes s.l. 1193
Taxonomie studies on the Lizards Scincidae from Malagasy. IX. New taxa for Sce¬
lotes s.l.
C. Capapé et M. Desoutter. — Nouvelle description de Torpedo ( Torpedo ) torpedo
(Linnaeus, 1758) (Pisces, Torpedinidae). 1205
Redescription of Torpedo (Torpedo) torpedo (Linnaeus , 1758) (Pisces, Torpedinidae).
P. S. Economidis and H. K. Daoulas. — The Scorpionfishes (Pisces, Scorpaenidae)
of the North Aegean Sea. 1219
Les Rascasses (Pisces, Scorpaenidae) du nord de la mer Egée.
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 3, 1981,
section A, n° 4 : 941-978.
Die Gorgonaria, Pennatularia und Antipatharia
des Tiefwassers der Biskaya (Cnidaria, Anthozoa)
Ergebnisse der franzôsischen Expeditionen Biogas, Polygas, Geomanche,
Incal, Noratlante und Fahrten der « Thalassa »
II. Taxonomischer Teil 1
von Manfred Grasshoff *
VORBEMERKUNG
Im vorliegenden taxonomischen Teil der Arbeit werden die von den franzôsischen
Expeditionen gefundenen Arten soweit abgebildet und kurz beschrieben, da!3 ihr Wieder-
erkennen ermôglicht wird. Weitergehende taxonomische Diskussionen sind nicht oder nur
in Ausnahmefâllen gegeben, sie sollen Arbeiten mit taxonomischem Schwerpunkt über-
lassen bleiben. Auch auf eine Abbildung der Sklerite wurde deswegen verzichtet.
Die friiher in der Biskaya gefundenen Arten der bathyalen Tiefen werden nicht noch-
mals beschrieben, es ist hier beschreibende Literatur sowie der Hinweis auf den Fund
in der Biskaya gegeben. Diese Arten sind allé in die Verbreitungskarten und Tabellen des
allgemeinen Teiles mit aufgenommen.
Aus technischen Griinden sind die Verbreitungskarten, in denen allé bisherigen Funde
beriicksichtigt sind, sowie das Schriftenverzeichnis, im Allgemeinen Teil der Arbeit bereits
publiziert.
* Natur-Museum und F orschungsinstitut Senckenberg Frankfurt am Main.
1. Für den ersten Teil, siehe Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 3, 1981, section A, n° 3 : 731-
766 .
942 —
A. DIE ARTEN DER NEUEREN EXPEDITION EN
I. GORGON ARIA
Unterordnung SCLERAXONIA
Familie Anthothelidae
ANTHOTHELA Verrill, 1879
Anthothela Verrill, 1879 : 199 ; Kükenthal, 1924 : 14 [Lit. !].
Typus-Art : Briareum grandiflorum Sars, 1856, einzige Art der Gattung.
Anthothela grandiflora (Sars, 1856)
Briareum grandiflorum Sars in Sars & Koren & Danielssen, 1856 : 63, T. 10 F. 10-12.
Anthothela grandiflora : Madsen, 1944 : 32, Abb. 32, [Lit. !] ; Tixier-Durivault & d’Hondt
1975 : 1393 [Lit. !].
Kennzeichen : Von einer membranôsen Basis steigen mehrere Staminé aaf, die ver-
zweigt sein kônnen. Die Polypen treten als dicke Erhebungen hervor (Abb. 4). Sklerite
des Markstranges verzweitg, Sklerite der àuBeren Schieht bewarzte Spindeln.
Verbreitung (Karte 1 1 ) : Amerika NE-Kiiste, Norwegen, Irland, Biskaya, Madeira,
Kap Verden, Azoren. Imtiefen Litoral und ini Bathyal von ca. 150-1 700 m. Haufiggefunden!
Fundort und Material : BIOGAS II CV 21, Stn. HZ, 994 m, viele kleine Bruchstiicke.
Familie Paragorgiidae
PARAGORGIA Milne-Edwards & Haime, 1857
Paragorgia Milne-Edwards & Haime, 1857 : 190 ; Kükenthal, 1924 : 28 [Lit. !] ; Grasshoff,
1980 : 427.
Typus-Art : Alcyonium arboreum Linnaeus, 1758.
Kennzeichen : Der zentrale Strang (Medulla) der Kolonien wird von Lângskanalen
durchzogen. Die Polypen sind dimorpb : groBe, vollstàndige Polypen und kleine, unvoll-
stàndige « Siphonozooide » als Wasserpumpen.
1. Die Karten sind in Teil I der Arbeit publiziert Bull. Mus., 3 , A, (3) : 745-761.
Paragorgia johnsoni Gray, 1862
Paragorgia johnsoni Gray, 1862 : 125 ; Grasshoff, 1980 : 427.
Paragorgia boschmai Bayer, 1964 : 527, Abb. 1-3.
Kennzeichen : Kolonie mit schlanken Zweigen in einer Ebene ausgebreitet (Abb. 3).
Die Art war seit ihrer Beschreibung im Schrifttum übersehen worden. Anhand des
Typus und weiteren Materials erfolgte jetzt eine Neubeschreibung (Grasshoff, 1980).
Verbreitung (Karte 1) : Florida ca. 530 m, Madeira, Biskaya.
Fundort und Material : GEOMANCHE CH 60 DR 13, 47°46,0' N 12°19,6' W, 4 152 m,
1 Basis und mehrere Zweigstücke.
Familie Coralliidae
CORALLIUM Cuvier, 1798
Corallium Cuvier, 1798 : 673 ; Bayer, 1964 : 465 [Lit. !].
Typus-Art : Madrepora rubra Linnaeus, 1758.
Kennzeichen : Die Achse der Kolonien besteht aus massivem Ivalk.
Corallium niobe Bayer, 1964
Corallium niobe Bayer, 1964 : 473, Abb. 4-7.
Kennzeichen : GroBe reich verzweigte Kolonien (Abb. 1-2). WeiB. Sklerite enthal-
ten 6-, 7- und 8-strahlige Warzenspindeln, keine Doppelkeulen ; Tentakel mit spindeligen
Skleriten.
Von der von Florida beschriebenen Art liegen mehrere Funde aus dem Ostatlantik
vor, die bislier noch unpubliziert waren, und die der Vollstândigkeit wegen hier mit genannt
werden (s. Karte 1).
Verbreitung (Karte 1) : Florida, Marokko, Portugal, Biskaya, im Bathyal von ea. 650-
1 550 m.
Fundorte und Material : « Thalassa » W 392, 44°06,9' N 4°49,3' W, 1 130-600 m, mehrere
groBe Bruchstiicke von einer oder mehreren Kolonien. — « Travailleur » 8.V 11.1882, Stn. 4,43°59,5' N
5°53' W, 1 534 m, mehrere kleine Bruchstiicke.
— 944 —
Unterordnung HOLAXONIA
Familie Acanthogorgiidae
ACANTHOGORGIA Gray, 1857
Acanthogorgia Gray, 1857 : 128 ; Kükenthal, 1924 : 239 [Lit. !] ; Stiasny, 1947 : 31.
Typus-Art : Acanthogorgia hirsuta Gray, 1857,.
Kennzeichen : Die Polypen sind nicht retraktil, in ihrer Wandung stehen acht Reihen
von ein chevron angeordneten Spindeln, die Sklerite unter den Tentakeln tragen meist
lange, vorragende Stacheln (« Kronstacheln »).
Acanthogorgia armata Yerrill, 1878
Acanthogorgia armata, N'errill, 1878 : 376 ; Verrill, 1882 : 364 ; Yerrill, 1883 : 31, T. 3 F. 1-2 ;
Yerrill, 1884 : 220 ; Kükenthal, 1924 : 249 ; Thomson, 1927 : 37, T. 1 F. 12 ; Deichmann,
1936 : 147, T. 16 F. 1-4 ; Madsen, 1944 : 33, Abb. 23-26 ; Stiasny, 1947 : 33 (partim !) ;
Tixier-Durivault & d’Hondt, 1975 : 1395.
Acanthogorgia verrilli Studer, 1891 : 555 ; Studer, 1901 : 44, T. 7 F. 4-6 ; Kükenthal, 1924 :
245 ; Tixier-Durivault & d’Hondt, 1975 : 1395.
Acanthogorgia ridleyi Roule, 1896 : 306 ; Hickson, 1907 : 9.
Acanthogorgia muricata Studer, 1901 : 45 ; Stiasny, 1947 : 43 ; ? Stephens, 1909 : 15.
Acanthogorgia granulatci Grasshoff, 1973 : 2, Abb. 5-7, 11.
Kennzeichen : Die Kolonien sind huschig verzweigt (Abb. 5) (nur junge Kolonien
in einer Ebene). Die Polypen sind schlank und bis 8 mm lang (Abb. 6). Im Coenenchym
liegen gekrümmte Spindeln, die iiber 1 mm lang sein kônnen, und mehr oder weniger viele
verzweigte Sklerite (Abb. 6).
Yerbrf.itung (Karte 2) : NE-Amerika, Island, Biskaya, Portugal, Madeira, GroBe
Meteor-Bank, Azoren. Im Bathyal von ca. 400-2 100 m Tiefe.
Die Uberpriifung eines reichhaltigen Materials aus dem Ostatlantik und von Original-
material Verrills von NE-Amerika zeigte, daB unter mebreren Namen geführte Fonde
aus dem Ostatlantik zu dieser Art zu rechnen sind.
Fundpunktf, und Material : BIOGAS I : CM 01, Stn. HZ, 1010 m, 2 Kolonien. L)S 04,
Stn. HZ, 1 050 m, 1 Kolonie. DS 05, Stn. HZ, 2 250 m, 1 Kolonie. —-BIOGAS II CV 21, Stn. HZ,
994 m, 18 Kolonien, viele Bruchstiicke. - BIOGAS III CV 22, Stn. HZ, 1 331 m, 1 Kolonie. —
« Thalassa » 1973, wenige Bruchstiicke : Z 408, 47°43,6' N 8°09,1' W — 47°43,0' N 8°09,1' W,
1 125-1 140 m. Z 409, 47043 ,1' N 8°04,0' W — 47°42,9' N, 1 035-1 080 m. Z 413, 48°03,1' N
8°29,4' W, 1 250 m. Z 417, 48°12,0' N 9«09,5' W, 865 m.
— 945 —
Familie Paramuriceidae
PARAMURICEA Kôlliker, 1865
Paramuricea Kôlliker, 1865 : 136 ; Grasshoff, 1977 : 14 [Lit. !].
Typus-Art : Gorgonia placom.us Linnaeus, 1758.
Kennzeichen : Polypen-Wandung mit Stachelplatten, Coenenchym mit einfachen
oder verzweigten Skleriten, die keine nach auBen stehenden Fortsàtze haben.
Paramuricea biscaya Grasshoff, 1977
Paramuricea biscaya Grasshoff, 1977 : 18 Abb. 9-12.
Kennzeichen : Die ca. 20 cm groB werdenden Kolonien (Abb. 7) mehr oder weniger
deutlich monopodial verzweigt. Die Polypen treten stark hervor (Abb. 8). Sklerite : die
Stachelplatten an den Polypen sind lang und schlank, im Coenenchym liegen flache gelappte
Platten.
Die Art wurde anhand des Biogas-Materials im Rahmen der Revision der atlantischen
Paramuriceidae beschrieben.
Fundorte (Karte 2) und Material : BIOGAS III C\ 32, Stn. 6, 1 895 m, 1 Kolonie. —
BIOGAS V CP 07, Stn. 6, 2 170 m, 14 Kolonien. — GEOMANCHE CH 60 DR 13 : 47°46,0' N
12°19,6' W, 4 152 m, mehrere Bruchstiicke.
PLACOGORGIA Wright & Studer, 1887
Placogorgia Wright & Studer in Studer, 1887 : 56 ; Grasshoff, 1977 : 26 [Lit. !].
Typus-Art : Placogorgia atlantica Wright & Studer, 1889.
Kennzeichen : Polvpen-Wandung basal und median mit Stachelplatten mit kurzem
Stachel, apical stehen Stachelplatten mit langem Stachel. Coenenchym mit Skleriten, die
einen nach auBen gerichteten Fortsatz tragen.
Placogorgia graciosa (Tixier-Durivault & d’Hondt, 1975)
Paramuricea. atlantica : Stephens, 1909 : 15.
Paramuricea graciosa Tixier-Durivault & d’Hondt, 1975 : 1397, Abb. 24-25.
Placogorgia graciosa : Grasshoff, 1977 : 33, Abb. 22-26.
Kennzeichen : Die bis ca. 30 cm groBen Kolonien haben dicke Zweige, die|Polypen
steben dicht und sind, wie auch das Coenenchym, mit krâftigen groBen Stachelskleriten
bewehrt (Abh. 9-10).
— 946 —
Verbreitung (Karte 2) : Kontinentalabhang Irland-Bretagne, ca. 800-1 300 m.
Fundorte und Material : BIOGAS II CV 21, Stn. HZ, 994 m, 1 Kolonie. —BIOGAS III
CV 22, Stn. HZ, 1 331 m, 1 Kolonie.
SWIFTIA Duchassaing & Michelotti, 1864
Swiftia Duchassaing & Michelotti, 1864 : 13 ; Bayer, 1956 : 206 [Lit. !] ; Grasshoff, 1977 : 61.
Typus-Art : Gorgonia exserla Ellis & Solander, 1786.
Kennzeichen : Polypenwand ohne oder mit nur sehr kleinen Stachelplatten, Coenen-
chym innen mit langen Spindeln, auBen mit sehr kleinen Skleriten.
Swiftia pallida Madsen, 1970
Swiftia rosea pallida Madsen, 1970 : 1, T. 1-2.
Swiftia pallida : Grasshoff, 1977 : 65, Abb. 65-68 [Lit. !].
Kennzeichen : An den grazilen Kolonien stehen die Polypen biserial und sind deut-
lieh voneinander getrennt (Abb. 11-12).
Verbreitung (Karte 2) : Ostatlantik, Mittelmeer, in ca. 200-2 400 m Tiefe.
Fundort und Material : BIOGAS V CP 07, Stn. 6, 2 170 m, 1 Kolonie.
Familie Primnoidae
NARELLA Gray, 1870
Narella Gray, 1870 : 49 ; Deichmann, 1936 : 168.
Stachyodes Wright & Studer in Studer, 1887 : 49 ; Versluys, 1906 : 86 ; Kükenthal, 1924 :
308 [Lit. !].
Typus-Art : Primnoa regularis Duchassaing & Michelotti, 1860.
Kennzeichen : Die Polypenwand trâgt drei Paar groBer Schuppen.
Narella versluysi (Hickson, 1909)
Calypterinus allmani : Roule, 1896 : 303.
Stachyodes spec., Versluys, 1906 : 93.
Stachyodes versluysi Hickson in Stephens, 1909 : 10 ; Kükenthal, 1919 : 456 ; Kükenthal, 1924 :
309 ; Thomson, 1927 : 30, T. 2 F. 19, T. 5 F. 12-13 ; Stiasny, 1941 : 80.
Narella elegans Tixier-Durivault & Lafargue, 1968 : 622, Abb. 3-4.
— 947 —
Kennzeichen : Die Kolonie ist unverzweigt oder nur wenig verzweigt. Die überstehen-
den Rànder an den Polypenschuppen sind breit gerundet, die Operculumschuppen sind
groB, eine der abaxialen Schuppen ist bei den meisten Polypen aufïallend groB und iiber-
deckt in abaxialer Ansicht nahezu das ganze Operculum (Abb. 13-14).
Im vorliegenden Material findet sich nur ein kleines Aststück mit wenigen erhaltenen
Polypen. Es ist insofern von Interesse, als es die Ubergangsform zwischen den Kolonien
mit groBen Polypen und denen mit kleinen Polypen darstellt. Die Lange der Polypen iiber
die Oberseite gemessen betràgt hier 3,5-3,8 mm, beim Typus von versluysi 3,5 mm, beim
Typus von elegans 2,5-3,0 mm und bei dem Exemplar allmani sensu Roule 4,0-4,2 mm.
Wegen der geringen PolypengrôBe war die Art elegans abgegrenzt worden, dariiberhinaus
wegen der geringeren Anzahl von Polypen pro Wirtel ; auch dieses Merkmal scheint in der
Variationsbreite von versluysi zu liegen. Der Bau der Polypen ist bei alien genannten Exem-
plaren gleich.
Verbreitung (Karte 3) : Bathyal vor lrland und Frankreich, Portugal, Azoren, in
ca. 550-1 400 m, mit 3 100 m ist der neue Fund der bisher tiefste Nachweis für die Art.
Fundort und Material : NORATLANTE 132 DO 12 CH 04 : 47°41,7' N 8°30,6' W, 3 100 m,
1 Bruchstiick.
Narella regularis (Duchassaing & Michelotti, 1860)
Primnoa regularis Duchassaing & Michelotti, 1860 : 17, T. 1 F. 12-13.
Narella regularis : Tixier-Durivault & d’IIondt, 1975 : 1412 [Lit. !].
Kennzeichen : Kolonien mehrfach dichotomisch verzweigt (Abb. 17). Basale Schuppen
der Polypen zu einem Ring geschlossen, die Bander der Schuppen stehen weit iiber und
sind gerade (Abb. 15-16). Der Vergleich von west- und ostatlantischem Material zeigte,
daB es sich bei diesen Funden um eine einzige Art handelt und zur Trennung in zwei Arten
kein AnlaB besteht, wie man friiher glaubte.
Verbreitung (Karte 3) : Antillen, Azoren, Madeira, Kanaren, im Bathyal von ca. 700-
1 000 m Tiefe.
Fundort und Material : « Thalassa » U 807, 44°11,0' N 8°40,2' W, 500-450 m, wenige
Bruchstiicke. — 1 Photo, BIOGAS III, 47°40,3' N 8°18,1' W, 1 246 m : 1 Kolonie wahrscheinlich
von N. regularis , zusammen mit dem Crinoiden Diplocrinus wyvillelhomsoni.
THOUARELLA Gray, 1870
Thouarella Gray, 1870 : 45 ; Kükenthal, 1919 : 405 [Lit. !].
Typus-Art : Primnoa antarctica. Valenciennes, 1846.
Kennzeichen : Die typischen Thouarella -Arten (wie auch die atlantischen) sind buschig
verzweigt, an einem oder mehreren Hauptâsten stehen kurze diïnne Seitenàste (Flaschen-
biirsten-Form). Die Polypen sind mit vielen kleinen Schuppen gepanzert.
- 948 —
Thouarella cf. hilgendorfi (Studer, 1879)
Plumarella hilgendorfi Studer, 1879 : 648, T. 2 F. 15.
Thouarella hilgendorfi : Versluys, 1906 : 24, Abb. 17-25, T. 1 F. 4, T. 2 F. 7 ; Kükenthal, 1924 :
293 [Lit. !] ; Thomson, 1924 : 33, T. 1 F. 23, T. 4 F. 4-5 ; Tixier-Durivault & d’Hondt,
1975 : 1411.
Kennzeichen : Die Polypen stehen an den Seitenzweigen in Paaren oder in Wirtheln
von 3-4. Die apicalen Polypen-Schuppen sind in spitze Fortsatze verlàngert (Abb. 18-19).
Es bestehen erhebliche Bedenken, das im Atlantik gefundene Material mit der indopazi-
fischen Art hilgendorfi zu identifizieren. Der Aufbau der Polypen ist bei den atlantischen
und den indopazifischen Stricken zwar gleich, es sind iedoch drei Unterschiede festzustel-
len : Die Kurzzweige stehen bei den indopazifischen Exemplaren rundum, bei den atlan¬
tischen bleibt eine Seite der Aste von Kurzzweigen frei ; die Polypen sind bei den indo¬
pazifischen Exemplaren viel kleiner als bei den atlantischen ; die Polypenschuppen der
apicalen drei bis vier Reihen sind Dei den atlantischen Exemplaren meist in eine kurze
Spitze ausgezogen, bei den indopazifischen aber rund.
Es steht zum gegemvàrtigen Zeitpunkt dahin, ob man aufgrund der genannten Unter¬
schiede eine eigene atlantische Art abtrennen kann, die Variabilitat der Thouarella- Arten
ist dazu nicht gut genug bekannt. Fiir den vorliegenden Zusammenhang einer geogra-
phischen Betracbtung rnuB iedenfalls festgestellt werden, daB die atlantische Form eine
andere ist als die indopazifische, weshalb diese Form hier als « ostatlantisch » behandelt
wird. Die von Deichmann (1936 : 164) fiir den Westatlantik genannten Arten sind von
dieser Form klar unterschieden.
Verbreitung : T. hilgendorfi sensu Studer : Japan, Molukken, 170-2 200 m ; Th. hil¬
gendorfi atlantische Form : nordlicher Ostatlantik, 69-1 494 m (Karte 3).
Fundorte und Material : « Thalassa » : Z 430, 48°37,0' N 9°52,2' W, 1 080 m, viele sehr
kleine Bruchstücke. Z 431, 48°38,2' N 9°47,3' W, 800 m, wenige sehr kleine Bruchstücke. Z 434,
48°40,7' N 9°54,1' W, 720 m, wenige sehr kleine Bruchstücke.
CANDIDELLA Bayer, 1954
Stenella Gray, 1870 : 48 [non Stenella Gray, 1866 ; Cetacea] ; Versluys, 1906 : 38 ; Kükenthal,
1924 : 303 [Lit. !].
Candidella Bayer, 1954 : 296.
Typus-Art : Primnoa imhricata Johnson, 1862.
Candidella imbricata (Johnson, 1862)
Primnoa imhricata Johnson, 1862 : 245.
Stenella johnsoni : Roule, 1896 : 304.
Stenella imhricata : Tixier-Durivault & d’Hondt, 1975 : 1412 [Lit. !].
— 949 —
Kennzeichen : Die Polypen sind sehr starr, gerade und von wenigen groBen Schuppen
gepanzert ; sie stehen in Wirteln senkrecht von der Achse ab. (Abb. 20-21). (Einzige Art
der Gattung ini Atlantik, haulig gefunden).
Bei vielen Kolonien, so aueh bei drei der vorliegenden, werden von Polypen in Reihen
groBe Fortsàtze an den basalen Schuppen gebildet, sodaB eine tunnellartige Rôhre entsteht ;
diese Bildung wird durch Polvchaeten der Familie llesionidae verursacht, die auf diesen
Gorgonarienkolonien leben.
Verbheitung (Karte 4) : Ostatlantik und Westatlantik, in ea. 900-1800 m Tiefe.
Fundobt und Material : BIOGAS III : CV 22, Stn. HZ, 1331 m, 4 Bruchstiicke.
Familie Curysogougiidae
CHRYSOGORGIA Duchassaing & Michelotti, 1860
Chrysogorgia Duchassaing & Michelotti, 1860 : 13; Kükenthal, 1924 : 388 [Lit. !].
Typus-Art : Chrysogorgia desbonni. Duchassaing & Michelotti, 1860.
Kennzeichen : Von der metallglânzenden Hauptachse gehen Kurzzweige nach den
Seiten ab, Polypen meist in loekerer und unregelmaBiger Anordnung mit kleinen Spindeln
oder Schuppen.
Chrysogorgia agassi zi (Verrill, 1883)
Dasygorgia agassizii Verrill, 1883 : 22, T. 3, F. 4-4b ; Roule, 1896 : 304.
Chrysogorgia agassizii : Versluys, 1902 : 60 ; Kükenthal, 1919 : 530, Abb. 233 ; Kükenthal,
' 1924 : 403 ; Madsen, 1944 : 49, Abb. 42-47 ; Deichmann, 1936 : 233, T. 23, F. 34-40, T. 34,
F. 1-2.
Chrysogorgia agassizi : Tixier-Durivault & d’Hondt, 1975 : 1409.
Kennzeichen : Der lange aufrechte Ilauptstainm ist zick-zack-artig gekriimmt, die
Seitenâste sind 3-4 mal verzweigt, lang und diinn. In Polvpen und Coenenchym liegen feine
langliche Sklerite (Abb. 22-24).
Verbreitung (Karte 4) : Nordatlantik, Island, NE-Amerika, Biskava, in ca. 600-
2 700 m.
Fundorte und Material : POLYGAS : DS 19, Stn. 2, 2 138 m, 1 Exemplar. —BIOGAS II :
US 31, Stn. 2, 2 813 m, kleine Bruchstiicke. — BIOGAS IV : CV 38, Stn. 2, 2 695 m, 3 Exemplare.
— BIOGAS V : CV 40, Stn. 2. 2 860 m, ca. 13 Exemplare ohne Basis und mehrere Bruchstiicke.
— BIOGAS VI : CP 12, Stn. 2, 1 Kol.
— 950 —
Chrysogorgia quadruplex Thomson, 1927
Chrysogorgia quadruplex Thomson, 1927 : 23, T. 5, F. 17.
Chrysogorgia pentasticha : Thomson, 1927 : 22.
Chrysogorgia fewkesi var. multiflora Deichmann, 1936 : 231, T. 22, F. 6, T. 23, F. 51-52.
Kennzeichen : Verzweigung am Hauptstamm rundum, weiter nach apical unregel-
màBig, sodaB nicht die für andere Arten typische Flaschenbiirsten-Form entsteht. Polypen
mit langen sehr schmalen Schuppen, von denen die grôBten der Polypenwand entsprechend
gekriimmt sind (Abb. 25-27).
Die von Deichmann beschriebene Variante multiflora stimmt genau mit quadruplex
überein ; die Art fewkesi Verrill, 1883, scheint mir nicht mit ihr gleichzusetzen zu sein,
wie die Überprüfung des Typusexemplares zeigte.
Verbheitung (Karte 4) : Antillen, Azoren, Madeira, Biskaya, in ca. 500-2 000 m
Tiefe.
Fundohte und Material : BIOGAS II : C\ 21, Stn. HZ, 994 m, 2 groBe Bruchstiicke.
— BIOGAS III : CV 22, Stn. HZ, 1 331 m, 1 kleines Bruchstück. DS 40, Stn. 2, 2 226 m, 3 Bruch¬
stiicke. — « Thalassa » : Z 409, 47°43,1' N 8°04,0' W, 1 035-1 080 m, 1 kleines Bruchstück. Z 420,
48<>19,8' N 9o37,8' W, 507 m, 1 kleines Bruchstück.
Familie Isiiiiiiae
KERATOISIS Wright, 1869
Keratoisis Wright, 1869 : 23.
Ceratoisis : Kükenthal, 1924 : 423 [Lit. !].
Typus-Art : Keratoisis grayi Wright, 1869.
Kennzeichen : Die Kolonien sind unverzweigt oder die Verzweigungen gelien von
den Internodien ans.
Keratoisis grayi Wright, 1869
Ceratoisis grayi Wright, 1869 : 24.
Keratoisis ornata Verrill, 1878 : 212 ; Tixier-Durivault & d’Hondt, 1975 : 1414 [Lit. !].
Kennzeichen : Die bis über 1 m groBen Kolonien sind locker in einer Ebene verzweigt,
die Polypen sind bis zu 10 mm lang (bei eingezogenem Anthocodium) (Abb. 28).
Die Art grayi wurde von Madeira beschrieben. Vergleichsmaterial von Madeira lâBt
keinen Zweifel darüber, daB mehrfach im Ostatlantik sowie im Nord-und Westatlantik
gefundenes Material zu dieser Art geliort. Sehr wahrscheinlich ist auch Ceratoisis palmae
— 951 —
Wright & Studer, 1889, mit der Art gleichzusetzen, der Typus von palmue ist jedocli ver-
schollen.
Verbreitung (Karte 5) : Nordatlantik in ca. 400-2 000 m Tiefe.
Ftjndobtk usd Material : BIÜGAS I : DS 14, Stn. HZ, 1 560 m, 1 sehr kleines Bruchstück.
LEPIDISIS Verrill, 1883
Lepidisis Verrill, 1883 : 18 ; Kükenthal, 1924 : 416 iLit. !].
Typus-Art : Lepidisis caryophyllia Verrill, 1883.
Kennzeichen : Die Verzweigungen gehen von den Nodicn aus und liegen etwa in
einer Ebene. Die Sklerite der Polypen sind lange Nadeln.
Lepidisis longiflora Verrill, 1883
Lepidisis longiflora Verrill, 1883 : 19, T. 4, F. 4-4a ; Kükenthal, 1919 : 571, Abb. 245-247, T. 44,
F. 74 ; Kükenthal, 1924 : 417, Abb. 199 ; Deichmann, 1936 : 242.
Acanella spiculosa : Thomson, 1927 : 28, T. 5, F. 4, 8, 23.
Kennzeichen : Die Polypen sind zylindrisch oder in der Mitte leicht verengt, und
2-3 mal so lang wie breit (Abb. 29).
Verbreitung (Karte 5) : Antillen, Madeira, in ca. 850-2 000 m.
Fundort und Material : GEOMANCHE : CH 60, DR 13 ; 47°46,0' N 12°19,6' W, 4 152 m,
mehrere Bruchstüeke.
ACANELLA Gray, 1870
Aranella Gray, 1870 : 16; Kükf.nthal, 1924 : 418.
Typus-Art : Mopsea arbusculuni Johnson, 1862.
Kennzeichen : Die Ivolonien sind von den Nodien aus buschig verzweigt.
Acanella arbuscula (Johnson, 1862)
Mopsea arbusculuni Johnson, 1862 : 245, T. 31, F. 1, la.
Acanella normani Verrill, 1878 : 376 ; Verrill, 1922 : 44, Abb. 11, T. 16, F. 2-4, T. 17, F. 3-3a ;
Thomson, 1927 : 27, T. 1, F. 21, T. 5, F. 2.
Is is (Mopsea) elongala : Marion, 1906 : 145.
Acanella arbuscula : Kükenthal, 1919 : 578, Abb. 248-249, T. 44, F. 75 [Lit. !] ; Kükenthal,
— 952 —
1924 : 421, Abb. 200 ; Deichmann, 1936 ; 243 ; Madsen, 1944 : 56, Abb. 53 ; Broch, 1955 :
30 ; Tixier-Durivault & d’Hondt, 1975 : 1413 ; Carpine & Grasshoff, 1975 : 109.
Acanella eburnea : Thomson, 1927 : 26, T. 1, F. 5 (non F. 15 !), T. 3, F. 24, T. 5, F. 3 (partim !) ;
Patriti, 1970 : 109, Abb. 155 B ; Tixier-Durivault & d’Hondt, 1975 : 1414.
Isidella arbuscula : Jungf.rsen, 1917 : 23 ; Kramp, 1932 : 10.
Isidella elongata : Maurin, 1968 : 17, 32, Abb. 12, 18.
Kennzeichen : Die nach alien Seiten verzweigten Kolonien werden ca. 30 cm hoch.
Polypen 2-5 mm lang, dicht mit dünnen langen Skleriten besetzt ; im apicalen Polypenteil
meist 8 groBe Sklerite, die iiber den retrahierten Teil des Polypen hinausragen (Abb. 30-
33).
Die haufig gefundene und weit verbreitete Art wurde einige Male mit der westat-
lantischen Art eburnea Pourtalès, 1868, gleichgesetzt, von der sie jedoch eindeutig unter-
schieden ist, wie der Vergleich mit westatlantischem Material zeigte. Von der mediterranen
Isidella elongata (Esper, 1788) ist A. arbuscula aufgrund ihrer buschigen Verzweigung
leicht zu unterscheiden. Im Atlantik scheint, I. elongata nur an einer Stelle siidlich von
Gibraltar nahe Cap Spartel vorzukommen ; aile anderen Zitate von I. elongata ans deni
Atlantik beziehen sich auf A. arbuscula.
Variabilitat : Die groBen Sklerite stehen bei den meisten Polypen, wie erwahnt,
nur im apicalen Bereich. Bei manchen Polypen fehlen sie ganz, bei anderen dagegen stehen
sie auch im mittleren bis basalen Bereich. Die Polypen mit groBen Skleriten erscheinen
schlanker als diejenigen mit nur kleinen Skleriten. Die Extremformen zeigen einen so
unterschiedlichen Habitus, daB man sie besonders bei gehauftem Auftreten an den Kolo¬
nien, fiir versehiedene Arten halten kann. Es sind jedoch intermédiare Forinen zu finden
und die Extremformen stehen meist an ein und derselben Kolonie.
Das vorliegende Material ist sehr reichhaltig. Die groBen Kolonien sind allé mehr oder
minder stark zerbrochen, einige Fange enthalten nur kleine Zweigstiicke. Mehrere Funde
aus mehr als 3 000 m Tiefe von den Biogas-Expeditionen und ein Fund aus 4 550 m von
den « Thalassa » — Fahrten zeigen, daB die Art aus dem Bathyal als ihrer gewohnlichen Ver-
breitungsstufe bis tief ins Abyssal vordringt ; Massenfunde liegen von hier jedoch nieht
vor.
Verbreitung (Karte 5) : NE-Amerika, Grônland, Island, Eismeer, Nordlicher Ostat-
lantik von den Faroer bis zum mauretanischen Gebiet, Kap Verden ; nieht vor Norwegen,
nicht im Mittelmeer ! Uberwiegend im Bathyal von 300-2 000 m Tiefe, vereinzelt bis
4 800 m.
Fundpunkte und Material : BIOGAS 1 : CW 03, Stn. HZ, 1 100 m, wenige Bruchstiicke.
CV 05, Stn. HZ, 2 350 m, viele Bruchstiicke. CW 06, Stn. HZ, 2 200 m, viele Bruchstiicke. CV 07,
Stn. HZ, 2 190 m, viele Bruchstiicke. CY 08, Stn. 1, 2 180 m, viele Bruchstiicke. DS 05, Stn. HZ,
2 250 m, wenige Bruchstiicke. — BIOGAS II : CV 21, Stn. HZ, 994 m, wenige Bruchstiicke. —
BIOGAS III : CV 23, Stn. 1, 2 034 m, viele Bruchstiicke. CV 24, Stn. 1, 2 025 m, viele Bruch¬
stiicke. CV 25, Stn. 1, 1 985 m, viele Bruchstiicke. DS 35, Stn. 1, 2 226 m, viele Bruchstiicke.
DS 38, Stn. 1, 2 138 m, wenige Bruchstiicke. — BIOGAS IV : CP 01, Stn. 1, 2 245 m, viele Bruch¬
stiicke. CP 02, Stn. 1, 2 177 m, viele Bruchstiicke. DS 61, Stn. 1, 2 250 m wenige, Bruchstiicke.
DS 62, 2 175 m, viele Bruchstiicke. DS 63, Stn. 1, 2 126 m, wenige Bruchstiicke. DS 64, Stn.
2 156 m, wenige Bruchstiicke. — BIOGAS V : CV 39, Stn. 1, 2 350 m, viele Bruchstiicke. DS 65,
— 953 —
Stn. 1, 2 360 m, wenige Bruchstücke. DS 66, Stn. 2, 3 480 m, wenige Bruchstücke. DS 68, Stn. 4,
4 550 m, wenige Bruchstücke. — BIOGAS VI : CP 08, Stn. 1, 2 177 m, viele Bruchstücke. CP 09,
Stn. 1, 2 171 m, viele Bruchstücke. CP 10, Stn. 2, 2 878 in, wenige Bruchstücke. DS 71, Stn. 1,
2 194 m, wenige Bruchstücke. DS 75, Stn. 2, 3 250 m, wenige Bruchstücke. — BIOGAS VII :
CP 26, Stn. 1, 2 115 m, viele Bruchstücke. CP 27, Stn. HZ, 1 920 m, wenige Bruchstücke. —
POLYGAS : CV 10, Stn. 1, 2 108 m, viele Bruchstücke. CV 11. Stn. HZ, 2 141 m, viele Bruch¬
stücke. CV 16, Stn. 6, 1 909 m, wenige Bruchstücke. — GEOMANCHE : CH 60, DH 11, 4 200 m,
wenige Bruchstücke. — « Thalassa », wenige Bruchstücke : W 371, 43°41,1' N 03°49,8' W, 1 050-
320 m. Z 407, 47°43,6' N 08°07,5' W. 1 085-1 115 m. Z 410, 47°50,7' N 08°09,3' W. 1 180 m. Z 420,
48°19,8' N 09°37,8' W, 507 m. Z 425, 48°27,9' N 09°44,0' W, 700 m. Z 428, 48°27,2' N 10°49,7' W,
850 m. Z 429, 48°28,0' N 09°50,0' W, 1 300 m. Z 435, 48°39,7' N 09°53,2' W, 1 050 m. Z 436,
48°39,8' N 09°56,4' W, 1 210 m. Z 437, 48°35,0' N 10°23,7' W, 610 m. Z 438, 48°33,7' N 10°25,0' W,
1 400 m. Z 442, 48«54,8' N 11°02,0' W, 975 m. Z 445, 48°52,2' N 11°07,0' W, 1 200 m. Z 449,
48°41,3' N 10°33,8' W, 730 m. Z 450, 48°40,0' N 10o36,1 ' W, I 170 in. Z 454, 48°37,1' N 10°53,4' W,
1 700-1 810 m. Z 458, 48°41,6' N 09°52,9' W, 350 m.
II. P E N N A T U L ARIA
Farnilie Kopiiobelemnidae
KOPHOBELEMNON Absj ôrnsen, 1856
Kophobelemnon Asbjôrnsen in Sars & Koren & Danielssen, 1856 : 81 ; Kükenthal, 1915 : 29
[Lit. !] ; Hickson, 1916 : 71.
TA •pus- Art : Pennatula stellifera O. F. Müller, 1776, Norwegen.
Kennzeichen : Die langgestreckten Kolonien sind nach oben keulenfôrmig verdickt ;
die Polypen sind groB, kelchlos und sitzen in seitlichen Lângsreihen. Sklerite : dreiflüge-
lige Nadeln oder bedornte Stâbe.
Kophobelemnon macrospinosum Thomson, 1927
Kophobelemnon macrospinosum Thomson, 1927 : 60, T. 5, F. 27.
Kophobelemnon biflorum Pasternak, 1960 : 229, Abb. 1-3.
Kennzeichen : Die relativ kurze dicke Kolonie trâgt nur zwei Polypen. Sklerite der
Tentakel über 1 mm lang (Abb. 34).
Angesichts der sehr charakteristischen Merkmale kann an der Identitàt der von Pas¬
ternak aus dem Pazific beschriebenen Art mit macrospinosum kein Zweifel bestehen.
Verbreitung (Karte 9) : Biskaya, Nord-Pazifik bei Kamtschatka, im Abyssal von
ca. 2 900-4 400 m.
Fundorte (Karte 9) und Material : BIDGAS VI : CP 10, Stn. 2, 2 878 m, 1 Exemplar.
CP 11, Stn. 2, 3 056 m, 1 Exemplar.
4, 2
— 954 —
Familie Anthoptilidae
ANTHOPTILUM Kolliker, 1880
Anthoptilum Kolliker, 1880 : 13 ; Kükenthal & Broch, 1911 : 232 ; Hickson, 1916 : 138.
Ty pus- Art : Virgularia grandiflora Verrill, 1879.
Kennzeichen : GroBe schlanke Kolonien mit groBen Polypen, die keine Kelche hahen.
Sklerite fehlen.
Anthoptilum grandiflorum (Verrill, 1879)
Virgularia grandiflora Verrill, 1879 : 239.
Anthoptilum thomsoni Kolliker, 1880 : 13, T. 4, F. 16-18.
Benthoptilum serturn Verrill, 1883 : 510, T. 2, F. 4 ; Stephens, 1909 : 19, T. 1.
Anthoptilum grandiflorum : Jungersen, 1904 : 62 ; Kükenthal & Broch, 1911 : 233 (partim !) ;
Kükenthal, 1915 : 32 (partim !) ; Hickson, 1916 : 138 ; Jungersen, 1919 : 1193 ; Deich¬
mann, 1936 : 276 ; Tixier-Durivault, 1954 : 629.
Anthoptilum sertuni : Kükenthal & Broch, 1911 : 240 ; Kükenthal, 1915 : 33 ; Hickson, 1916 :
142 ; Deichmann, 1936 : 278.
Pennalulide indet : Marion, 1906 : 147, T. 17, F. 27.
Kennzeichen : Die Polypen stehen in mehreren schrâgen Reihen und sind innerhalb
der Reihen basal verwachsen (Abb. 35).
Die Abgrenzung der Art war lange Gegenstand der Diskussion, nachdem sie von Kü¬
kenthal & Broch selir weit gefaBt worden war. Die Art ist jedoch eindeutig von A. mur¬
rayi zu trennen, wie bereits Hickson (1916) und Jungersen (1919) darlegten. Die nomi-
nelle Art serturn Verrill wird hier in die Synonymie von grandiflorum eingereiht, demi die
sehr geringen Unterscliiede, die zur Abgrenzung dienen sollen, liegen ofTenbar in der Varia-
tionsbreite von grandiflorum. Mithin sind im Atlantik zwei Arten der Gattung zu linden :
grandiflorum und murrayi.
Verbreitung (Karte 6) : Atlantik, in ca. 300-2 700 m Tiefe ; die aus dem Indopazi-
lik mit der Art identifizierten Exemplare gehoren offenbar zu anderen Arten.
Fundorte und Material : BIOGAS VI : CP 08, Stn. 1, 2 177 ni, 1 groBes Exemplar. CP 09,
Stn. 1, 2 171 m, 1 kleines Exemplar.
Anthoptilum murrayi Kolliker, 1880
Anthoptilum murrayi Kolliker, 1880 : 14, T. 5, F. 19-21 ; Roule, 1896 : 307 ; Jungersen, 1904 :
63 ; Hickson, 1916 : 138 ; Jungersen, 1919 : 1193 ; Deichmann, 1936 : 277 ; Tixier-Duri¬
vault & d’Hondt, 1975 : 1415.
Anthoptilum grandiflorum : Kükenthal & Broch, 1911 : 233 (partim !) ; Kükenthal, 1915 :
32 (partim !).
— 955 —
Kennzeichen : Die Polypen stehen bei murrayi, im Gegensatz zu grandiflorum, einzeln
und frei, sie sind basal nicht verwachsen (Abb. 36).
Verbreitung (Karte 6) : Nordatlantik, in ca. 1 000-2 500 m Tiefe.
Fundorte und Material : BIOGAS 111 : CV 23, Stn. 1, 2 034 m, 3 Exemplare. — BIOGAS IV :
CP 01, Stn. 1, 2 245 m, 1 Exemplar. CP 02, Stn. 1, 2 108 m, 1 Exemplar. -- POLYGAS : CV 10,
Stn. 1, 2 108 m, 1 Exemplar.
Familie Protoptilidae
PROTOPTILUM Kôlliker, 1872
Protoptilum Kôlliker, 1872 : 192 ; Kükenthal, 1915 : 37 ; Hickson, 1916 : 97.
Typus-Art : Protoptilum carpenteri Kôlliker, 1872.
Kennzeichen : Sebr schlanke Kolonien. Polypen mit Kelchen, in Langsreihen und
scbrâg aufsteigenden Reihen angeordnet. Sklerite : dreifliigelige Nadeln.
Protoptilum carpenteri Kôlliker, 1872
Protoptilum carpenterii Kôlliker, 1872 : 194, T. 24, F. 223-224.
Protoptilum carpenteri : Jungersen, 1904 : 49, T. 1, F. 2-3 ; Tixier-Durivault & d’Hondt,
1975 : 1417 [Lit. !].
Kennzeichen : Die Polypenkelche sind an ihrem oberen Rand nicht in deutliche
spitze Zacken verlangert (Abb. 37).
Verbreitung (Karte 7) : Nordatlantik bis Azoren, in ca. 650-4 270 m.
Fundorte und Material : BIOGAS IV : CV 38, Stn. 2, 2 695 m, 1 Exemplar. — POLYGAS :
DS 17, Stn. 1, 2 103 m, 1 Exemplar.
DISTICHOPTILUM Verrill, 1882
Distichoptilum Verrill, 1882 : 362; Kükenthal, 1915 : 39; Hickson, 1916 : 101.
Typus-Art und einzige Art : Distichoptilum gracile Verrill, 1882.
Distichoptilum gracile Verrill, 1882
Distichoptilum gracile Verrill, 1882 : 362; Jungersen, 1904 : 59, T. 1, F. 13-15; Kükenthal
1915 : 39, Abb. 50 [Lit. !] ; Hickson, 1916 : 102, Abb. 26-27, T. 1, F. 6-7.
— 956 —
Kennzeichen : Die sehr langen, sehr dixnnen Kolonien tragen zwei Reihen von Polypen.
Die Polypen sind alternierend angeordnet und auf langen Strecken gleich groB, sodaB die
Kolonie eine auffâllige Zick-zack-Form hat. Dieser Effekt wird durch die Fàrbung ver-
starkt : die Kelche sind rot, ailes übrige ist weiB. GroBe : bis ca. 50 cm lang, dabei 2 mm
breit (Abb. 38-39).
Verbreitung (Karte 8) : Nordatlantik, Indopazifik, Ostpazifik, in ca. 700-2 700 m.
Fundort and Material : BIOGAS IV : CP 01, Stn. 1, 2 245 m, 1 Exemplar.
Familie Scleroptilidae
SCLEROPTILUM Kôlliker, 1880
Scleroptilum Kôlliker, 1880 : 30 ; Kükenthal, 1915 : 43.
Typus-Art : Scleroptilum grandiflorum Kôlliker, 1880 ; einzige Art.
Scleroptilum grandiflorum Kôlliker, 1880
Scleroptilum grandiflorum Kôlliker, 1880 : 30, T. 7, F. 29.
Scleroptilum durissimum Kôlliker, 1880 : 31.
Scleroptilum gracile Verrill, 1883 : 362 (Notiz) ; Verrill, 1883 : 8, T. 1, F. 1, la-lb ; Verrill,
1884 : 219 ; Verrill, 1885 : 510, T. 3, F. 6 ; Kükf.nthal, 1915 : 44.
Scleroptilum grandiflorum : Kükenthal & Broch, 1911 : 268, Abb. 92-96, T. 20, F. 48 ; Küken¬
thal, 1915 : 43, Abb. 52 ; Deichmann, 1936 : 266 ; Pasternak, 1968 : 32.
Kennzeichen : An den kleinen schlanken Kolonien stehen die Polypen, die relativ
dick sind, in undeutlichen Wirteln. Polypen dicht mit dreiflügeligen Spindeln bewehrt
(Abb. 40).
Verbreitung (Karte 8) : Atlantik und Indopazifik, in ca. 820-4 300 m.
Fundorte und Material : BIOGAS V : DS 66, Stn. 2, 3 480 m, 3 Exemplare. C\ 41, Stn. 2,
3 800 m, 2 Exemplare. — BIOGAS VI : CP 11, Stn. 2, 3 056 m, 1 Exemplar. — BIOGAS VII :
CP 28, 1 Exemplar. — POLYGAS : DS 19, Stn. 2, 2 865 m, 1 Exemplar.
Familie Umbellulidae
UMBELLULA Cuvier, 1798
Ombellula Cuvier, 1798 : 675 [err. pro Umbellula ].
JJmbellula ; Kükenthal, 1915 : 47 [Lit. !] ; Broch, 1958 : 215 [monogr. Revision],
Typus-Art : Isis encrinus Linnaeus, 1758.
— 957 —
Im Material der Biogas und Polygas-Expeditionen sind allé im Atlantik vorkom-
menden Arten vertreten, auBer der hocharktischen Art U. encrinus. Die Arten sind leicht
zu unterscheiden, nachdem durch die Revision von Broch (1958) Klarheit über die Abgren-
zungen geschaffen wurde und der groBte Teil der beschriebenen Arten in die Synonymie
weniger Arten gestellt. werden konnte. Nach 1958 wurde noch eine weitere Art, monoce¬
phalus Pasternak, 1964, beschrieben.
CbERSICHT UBEIi DIE ATLANTISCHEN AbTEN
1. Mit Skleriten
a. Nur ein einziger Polyp. monocephalus
b. Mehrere Polypen, Achse rund. durissima
c. Mehrere Polypen, Achse vierkantig. thomsoni
2. Ohne Sklerite
a. Stiel dick, Polypen gedrungen. encrinus
b. Stiel diinn, Polypen schlank. lindahli
(troz der nur auf GrôBenrelationen beruhenden Artabgrenzung halt Broch, wenn auch mit
groBen Vorbehalten, an einer Trennung der beiden Arten fest. Moglicherweise sind die lindhali-
Exemplare eine auBerhalb des arkitschen Gebietes verbreitete Form von encrinus).
Umbellula monocephalus Pasternak, 1964
Umbellula monocephalus Pasternak, 1964 : 193, Abb. 2-4.
Umbellula thieli GrasshofT, 1972 : 1, Abb. 1-8.
Umbellula durissima : Broch, 1957 : 360, T. 1, F. 5 ; Broch, 1958 : 252 (partim !).
Kennzeichen : Nur ein einziger, sehr groBer Polyp vorhanden, der stark mit Skleriten
gepanzert ist (Abb. 41).
Die Art wurde in neuerer Zeit mehrfach gefunden. An der Identitat der in den Syno-
nymen zitierten Funde kann bei den charakteristischen Merkmalen der Art kein Zweifelsein.
Das Exemplar von Biogas IV CP 17 ist mit ca. 25 cm Polypenlànge das groBte bisher
gefundene und damit der groBte bisher bekannte Oktokorallen-Polyp iiberhaupt ; der
Stiel fehlt. Beim zweiten Exemplar ist der Poly]) nur wenig kleiner ; der Stiel ist weitge-
hend erhalten, seine Lange betrâgt ca. 52 cm, offenbar ist nur ein kleiner Teil seines basalen
Endes abgebrocben.
Veebreitung (Karte 9) : Zentraler Indik, Atlantik, in ca. 3 500-4 800 m Tiefe.
Fundorte und Materiai. : BIOGAS VI : CP 15, Stn. 4, 4 715 m, 1 fast vollstandiges Exem¬
plar. CP 17, Stn. 4, 4 706 m, 1 Polyp ohne Stiel.
Umbellula durissima Kôlliker, 1880
Umbellula durissima Kolliker, 1880 : 32, T. 16, F. 8 ; Pasternak, 1964 : 191 ; Pasternak, 1968 :
32 ; Grasshoff, 1972 : 3, Abb. 1-3 [Lit. !].
— 958 -
Kennzeichen : Mehrere Polypen. Achse rund. Yiele, darunter auffallend groBe, Skle-
rite (Abb. 42).
Die drei vorliegenden Exemplare sind die ersten im Atlantik gefundenen. Sie stimmen
in allen wesentlichen Merkmalen mit den indopazifischen Exemplaren überein ; die Sipho-
nozooide sind besonders deutlich als kleine Hôckerchen hervorgehoben.
Verbreitung (Karte 10) : Indopazifik in ca. 580-4 400 m Tiefe.
Fundorte und Material : BIOGAS III : CV 23, Stn. 1, 2 034 m, 1 Exemplar von ca. 25 cm
Lange. — BIOGAS V : CP 04, Stn. 3, 4 200 m, 1 Exemplar ca. 34 cm, 1 Exemplar ca. 39 cm lang.
Umbellula thomsoni Kolliker, 1874
Umbellula thomsonii Kolliker, 1874 : 13 ; Broch, 1958 : 253 [Lit. !] ; Pasternak, 1961 : 221.
Umbellula thomsoni : Pasternak, 1964 : 192, Abb. 1 ; Pasternak, 1968 : 32 ; Pasternak, 1970
(1972) : 254, Abb. 2 ; Grasshoff, 1972 : 2.
Umbellula guentheri : Tixier-Durivault & d’Hondt, 1975 : 1417.
Kennzeichen : Mehrere Polypen. Achse vierkantig. Sklerite vorhanden.
Verbreitung (Karte 11) : Indopazifik, Atlantik, in ca. 1 300-5 900 m Tiefe.
Fundort und Material : BIOGAS V : CV 41, Stn. 2, 3 800 m, 1 Exemplar.
Umbellula lindahli Kolliker, 1874
Umbellula lindahli Kolliker, 1874 : 11 ; Thomson, 1927 : 61 ; Broch, 1958 : 262 [Lit. !] ; Paster¬
nak, 1961 : 224.
Umbellula magniflora : Pasternak, 1961 : 222 ; Pasternak, 1968 : 32 ; Pasternak, 1970 (1972) :
256.
Kennzeichen : Mehrere Polypen. Achse vierkantig. Keine Sklerite. Kolonien schlank,
Stiel sehr diinn (Abb. 43).
Broch (1958) stellte viele nominelle Arten in die Synonymie von lindahli, u.a. magni¬
flora, die als Artname von Pasternak noth weiter benutzt wurde. Die Abgrenzungen
gegen die Art U. encrinus (Linnaeus, 1758) ist nicht gesichert : encrinus- Exemplare sind
viel grôBer, dicker und in der Achse robuster als die von lindahli. Trotz dieser nur graduel-
len LInterschiede soil sich doch ein deutlicher Sprung in den beiden Variationsspektren
zeigen, weshalb Broch (1958 : 270) ebenso wie friiher schon Jungersen (1904) und auch
Pasternak die beiden Arten getrennt halt.
Die Identifikation der vorliegenden Exemplare mit lindahli steht insofern auBer Zwei-
fel, als aile auBerst grazil sind.
Verbreitung (Karte 11) : Atlantik, Indopazifik, Antarktik, ca. 250-6 100 m.
— 959
Fundorte und Material : BIOGAS III : CV 23, Stn. 1, 2 034 m, 1 Exemplar. CY 30, Stn. 4,
4 518 m, 1 Exemplar. — BIOGAS IV : CV 34, Stn. 5, 4 406 m, 1 Exemplar. CV 38, Stn. 2, 2 695 m,
2 Exemplare. — BIOGAS V : CP 05, Stn. 5, 3 850 m, 1 Exemplar. — BIOGAS VI : CP 09, Stn. 1,
2 171 m, 1 Exemplar. CP 10, Stn. 2, 2 878 m, 2 Exemplare. CP 13, Stn. 2, 4 134 m, 8 Exemplare.
CP 16, Stn. 4, 4 825 m, 2 Exemplare. CP 17, Stn. 4, 4 706 m, 2 Exemplare. CP 19, Stn. 5, 4 434 m,
1 Exemplar. — POLYGAS : DS 15, Stn. 1, 2 246 m, 1 sehr kleines Exemplar. DS 17, Stn. 1, 2 103 m,
2 sher kleine Exemplare. DS 21, Stn. 3, 4 190 m, 1 Exemplar. — INCAL : Stn. 2.4, CP 12, 46°00,5' N
10°18,3'W, 4 796 m, 1 Kolonie. Stn. 2.3, ca. 47°30' N 9°34' W, ca. 4 200 m, 8 Funde.
Familie Pennatuliuae
PENNATULA I Annaeus, 1758
Pennatula Linnaeus, 1758 : 818 ; Kükenthal, 1915 : 81 [Lit. !].
Typus-Aht : Pennatula phosphorea Linnaeus, 1758.
Kennzeichen : Die Polypen sitzen auf seitlichen Blâttern (federformiges Aussehen),
die Sklerite sind dreifliigelige Nadeln.
Pennatula grandis Ehrenberg, 1834
Pennatula grandis Ehrenberg, 1834 : 66 ; Kükenthal, 1915 : 82 [Lit. !1 ; Deichmann, 1936 :
283 [Lit. !] ; Tixier-Durivault & d’Hondt, 1975 : 1419.
? Pennatula bellissima : Stephens, 1909 : 17.
Kennzeichen : Die Kolonie ist schlank, im oberen Drittel leicht nach ventral einge-
bogen, am oberen Teil des Stieles steht eine spindelfôrmige Auftreibung. Die Polypen
stehen locker, die Kolonie hat dadurch ein sparriges Aussehen. Die Zooide lassen Teile
der dorsalen Kielseite frei und gehen in Reihen auf die Polypentrâger liber.
Die beiden vorliegenden Exemplare stellen im Ostatlantik den bisher südlichsten
Fund der Art dar.
Verbreitung (Karte 7) : Nôrdlieher Nordatlantik, in ca. 90-2 200 m.
Fundort und Material : BIOGAS VI : CP 23, Stn. 6, 1 980 m, 2 Exemplare.
III. ANTIPATHARIA 1
STICHOPATHES Brook, 1889
Slichopathes Brook, 1889 : 88 ; Opresco, 1979 : 51.
Cirnpathes subgen. Stichopathes, van Pesch, 1914 : 105.
1. Wegen der unsicheren taxonomischen Situation sind hier keine Familien angegeben ; für einen
Teil der Gattungen der Antipatharia sind noch keine Typus-Arten festgelegt.
— 960 —
Kennzeichen : Kolonie unverzweigt, Polypen in einer einzigen Reihe stehend.
Die Abgrenzung der Arten ist gerade bei den atlantischen Arten in vielen Punkten
unklar. Opresco (1979) diskutiert, ob die Arten der Gattung moglicherweise als unver-
zweigte Arten an andere Gattungen angeschlossen werden müssen. In diesem Fall miiBte
die Gattung Stichopathes (wie auch Cirrhipathes Blainville, 1834) aufgelost werden.
Stiehopathes cf. gracilis (Gray, 1857)
Antipathes (Cirrhipathes) gracilis Gray, 1857 : 291.
Stichopathes gracilis : Brook, 1889 : 90, T. 12, F. 17-19 ; Roule, 1890 : 313 ; Schultze, 1902 :
93, T. 13, F. 2, 4, T. 14, F. 15 ; Hickson, 1907 : 10 ; van Pesch, 1914 : 105, 1, Abb. 107-112
[Lit. !] ; Gravier, 1921 : 1 1, T. 1, F. 2, T. 2, F. 15.
Kennzeichen : Unverzweigte Kolonien mit mehr oder weniger engen Spiralwindun-
gen (Abb. 44).
Das Typusexemplar von Madeira sowie weitere Exemplare aus dem Atlantik und
dem Indopazifik, die von Brook und van Pesch zu der Art gerechnet wurden, sind grofie
Kolonien von mehr als 1 m Hôhe, die im oberen Teil in weiten Windungen spiralig sind.
Von Schultze und Gravier wurden erstmals Exemplare ans dem Ostatlantik mit engen
regelmàBigen Spiralwindungen mit der Art gracilis identifiziert, wobei beide Autoren ihre
Vorbehalte ausdriickten. Das vorliegende Exemplar von der Biogas-Expedition hat die
gleiche Wuchsform wie die Exemplare Graviers, ist jedoch mit ca. 12 cm Hôhe wesentlich
kleiner. Diese Stiicke werden damit als eine stark spiralige Wuchsform der Art gracilis
aufgefaBt.
Verbreitung (Karte 12) : Indopazifik, Atlantik, in ca. 70-3 000 m Tiefe.
Fundort und Material : BIOGAS II : CV 21, Stn. HZ, 994 m, 1 vollstàndige Kolonie.
Stichopathes abyssicola Roule, 1905
Stichopathes abyssicola Roule, 1905 : 64, T. 1, F. 4, T. 6, F. 1-la ; van Pesch, 1914 : 112.
Kennzeichen : Kolonien sehr diinn, bei ca. 25 cm Lange nur 0,6-0,8 mm dick (Abb. 45).
Polvpen weit auseinander. Dôrnchen triangular, glatt, nach apical gerichtet.
Die Determination der einzig vorliegenden Kolonie erscheint nach Wuchsform, Dôrn¬
chen und Anordnung der Polypen als sicher. Es ist der erste Fund seit Beschreibung der
Art.
Verbreitung : Azoren, Madeira, Marokko, in 1 500-2 165 m Tiefe.
Fundort und Material : BIOGAS V : CP 07, Stn. 6, 2 170 ni, 1 vollstàndige Kolonie von
23 cm Lange.
— 961 —
BATHYPATHES Brook, 1889
Bathypathes Brook, 1889 : 151 ; Pasternak, 1977 : 157 ; Opresco, 1979 : 51.
Schizopathes Brook, 1889 : 148 ; Opresco, 1979 : 51.
Bathypathes (Eubathypathes) van Pesch, 1914 : 29.
Bathypathes (Schizopathes) : van Pesch, 1914 : 27.
Kennzeichen : Kolotiie mit zwei Reilien langer, unverzweigter Seitenàste.
Die Basis (1er als Schizopathes bezeichneten Kolonien ist leicht gekrümmt und steckt
ini Sediment, die als Bathypathes bezeichneten Kolonien siedeln dagegen auf fester Unter-
lage. Die einzige Schizopathes- Art, S. crassa (syn. S. affinis) unterscheidet sich in nichts
anderem von Bathypathes patula. Deswegen betraehtete Pasternak (1977) die beiden
Arten als Wuchsformen einer einzigen Art, die je nach Substratangebot auftreten, und
synonymisiert die beiden Taxa, eine Ansicht, (1er wir uns hier anschlieBen.
Bathypathes patula Brook, 1889
Schizopathes crassa Brook, 1889 : 147, T. 8 ; Roule, 1896 : 313 ; Hickson, 1907 : 11.
Schizopathes affinis Brook, 1889 : 148, T. 9, F. 1-6 ; van Pesch, 1914 : 27.
Bathypathes patula Brook, 1889 : 151, T. 5, F. 1-4 ; Roule, 1905 : 76 ; Gravier, 1921 : 16, T. 1,
F. 9, T. 2, F. 20 ; Pasternak, 1959 : 40 ; Pasternak, 1961 : 228 ; Pasternak, 1964 : 201 ;
Pasternak, 1968 : 33 ; Pasternak, 1977 : 157, Abb. 1, 4 ; Opresco, 1979 : 127, Abb. 18-19
[Lit. !].
Bathypathes alternata Brook, 1889 : 152, T. 9, F. 7-10.
Bathypathes erotema Schultze, 1902 : 98, T. 13, F. 3.
Bathypathes (Eubathypathes) patula : van Pesch, 1914 : 29, Abb. 4-9.
Kennzeichen : Die Kolonie hat nur zwei Beihen langer Seitenàste, Kurzzweige am
Hauptstamm fehlen (Abb. 46).
Es liegen acht Exemplare vor. Das kleinste ist 7 cm bocb und hat drei Paar Seitenzweige,
das grôBte ist ea. 20 cm boch (obérés Ende fehlt) und die Seitenzweige in 12 Paaren errei-
chen bis zu 22,5 cm Lange. Die Dôrnchen stehen bei dem kleinsten Exemplar so locker, wie
es Brook in T. 5 F. 4 abbildet ; bei den anderen Exemplaren stehen die Dôrnchen dichter.
Verbreitung (nach Pasternak, 1977) : In allen Ozeanen « circumoceanisch, in eutro-
phischen Bereichen », im zentralen Teilen der Ozenae nicht gefunden. Tiefe : Bathyal,
Abyssal und Hadal (8 600 m), ein Fund an der Antarktis unteres Litoral (100 m).
Fundorte und Material : BIOGAS II : CV 20, Stn. 1, 2 282 m, 1 Kolonie. — POLYGAS :
CV 10, Stn. 1, 1 980 m, 1 Kolonie. — BIOGAS IV : CP 02, Stn. 1, 2 177 m, 2 Kolonien. — BIÜ-
GAS V : CP 07, Stn. 6, 2 170 m, 2 Kolonien. — BIOGAS VI : CP 23, Stn. 6, 1 980 m, 1 Kolonie.
Bathypathes lyra Brook, 1889
Bathypathes lyra Brook, 1889 : 154, T. 6, F. 4-6 ; Gravier, 1921 : 19, T. 1, F. 10-13, T. 2, F. 21 ;
Pasternak, 1964 : 201, Abb. 5 ; Pasternak, 1968 : 33 ; Pasternak, 1977 : 159, Abb. 5.
— 962 —
Kennzeichen : Die Kolonie hat zwei Reihen langer Seitenaste und zwei Reihen
von kurzen nach einer Seite gerichteten Asten (Abb. 47).
Von der weitverbreiteten Art liegt eine Kolonie von ca. 10 cm Lange vor. Oberhalb
der Basis ist der Hauptstamm an der Stelle gebrochen, wo er eine scharfe Biegung macht.
Offenbar liegen die Kolonien horizontal auf oder knapp liber dem Boden, indem sie einige
Millimeter oberhalb der Basis in einer scharfen Biegung nach horizontal wachsen (Pas¬
ternak, 1964).
Verbheitung (Karte 13) : Allé Ozeane, im Abyssal bei ca. 3 500-5 900 m Tiefe. Nach
Pasternak (1977) vor allem auch in oligotrophen Bereichen.
Fundort und Material : BIOGAS V : CP 05, Stn. 4, 3 850 m, 1 Kolonie.
PARANTIPATHES Brook, 1889
Parantipathes Brook, 1889 : 141 ; van Pesch, 1914 : 96.
Kennzeichen : Die Polypen sind auf den Zweigen stark in die Lange gezogen, die
Tentakel erscheinen dadurch paarweise angeordnet.
Parantipathes cf. larix (Esper, 1792)
Antipathes larix Esper, 1792 : 137, T. 4.
Parantipathes larix : Brook, 1889 : 142, T. 12, F. 20, T. 13, F. 2, T. 15, F. 1 ; ? van Pesch, 1914 :
102 ; Roule, 1896 : 313 ; Hickson, 1907 : 10.
Kennzeichen : Hauptstamm gerade aufrecht, mit sechs Reihen gerader, unver-
zweigter Pinnulae, die im rechten Winkel vom Hauptstamm abgehen. Kolonien iiber 1 m
lioch, Stamm nicht oder nur wenig verzweigt.
Die angegebenen Kennzeichen sind typisch fiir die im Mittelmeer haufig gefundenen
Exemplare der Art. Die im Ostatlantik gefundenen Stiicke unterscheiden sich durch gerin-
gere GrôBe (bis ca. 30 cm hoch) und durch die Anordnung der Pinnulae-Reihen : bei der
Mittelmeer-Form stehen sie nahezu symmetrisch um den Hauptstamm, bei der Ostat-
lantik-Form lassen sie eine Seite fast frei und stehen auf der anderen Seite enger (Abb. 48-
49).
Verbreitung : Im Ostatlantik im Bathyal von ca. 350-1 200 m Tiefe mehrfach gefun-
den und beobachtet (« Meteor »-Fahrten, noch unpubliziert). — Biskaya 1 220 m (Roule,
1896), 750 m (Hickson, 1907).
Fundort und Material : BIOGAS II : CV 21, Stn. HZ, 994 m, 1 Kolonie.
— 963 —
Antipatharia, species incerta
Antipathes spec.
Eine Einordnung (1er beiden vorliegenden Exemplar ist nur nâherungsweise moglich,
da die Polypen nicht erhalten sind ; eine Identifizierung mit einer beschriebenen Art ist
nicht gelungen. Trotz der âuBerst bemerkenswerten und anscheinend von keiner anderen
Art bekannten Verzweigung der beiden Exemplare soli von der Beschreibung als neuer
Art abgesehen werden. Sie batte nur im Rahmen einer Revision der Arten-Gruppe einen
Sinn, zu der die Stücke ofîenbar zuzuordnen sind : Antipathes -Arten mit verzweigten
Pinnulae.
Der Hauptstamm und die wenigen krâftigen Seitenzweige tragen vier Reihen von
Pinnulae : Zwei nebeneinanderliegende Reihen aus einfachen, die zwei anderen aus ver¬
zweigten Pinnulae. Die Verzweigung dieser Pinnulae ist symmetrisch : von ihrer Hau-
ptachse gehen zwei oder drei Paare Seitensprossen ab, deren basale so lang sind wie die
Pinnulae selbst (Abb. 50-51). Die Dôrnchen sind triangular, glatt und stelien weit ausein-
ander.
Fundort und Material : BIOGAS I : CM 01 : 47°55,8' N 7°40' W, 280 m, 2 unvollstandige
Kolonien.
B. FRÜHER IN DER BISKAY A GEFUNDENE ARTEN 1
GORGONARIA
Acanthogorgia hirsuta Gray, 1857
Acanthogorgia hirsuta : Grasshoff, 1973 : 2, Abb. 1-4, 10 [Lit. !].
Acanthogorgia truncata : Studer, 1901 : 46, T. 6, F. 5-6.
Acanthogorgia horrida : Studer, 1901 : 46, T. 7, F. 1-3.
Verbreitung : Ostatlantik, Mittelmeer, in ca. 100-1 300 m Tiefe.
Fundorte : Vor Galizien, Campagnes Monaco, Stn. 57, 43°44,5' N 8°32,5' W, 240 m ; Stn. 60,
43°57' N 9°27' W, 300 m.
1. In den Zita ten sind nur Hinweise auf die Biskaya-l’unde und ein Hinweis auf eine gute Beschrei¬
bung der Art angegeben.
— 964 —
Muriceides sceptrum (Studer, 1890)
Muricea paucituberculata Marion, 1906 : 145, T. 15, F. 23.
Trachymuricea foresti Tixier-Durivault & d’Hondt, 1975 : 1401, Abb. 26-27.
Muriceides sceptrum : Grasshoff, 1977 : 49, Abb. 42-47 [Lit. !].
Verbrextung : Ostatlantik von Mauretanien bis Irland in ca. 450-2 100 m Tiefe.
Fundorte : « Travailleur » 1881, Stn. 41, 44°02' N 7°07' W, 1 094 m (Marion, 1906). — Exped.
Biaçores Stn. 260, 47°46' N 8°04' W, 940-820 m (Tixier-D. & d’Hondt, 1975).
Callogorgia verticillata (Pallas, 1766)
Calligorgia verticillata : Roule, 1896 : 303.
Callogorgia verticillata : Carpine & Grasshoff, 1975 : 102, Abb. 56-58 [Lit. !].
Verbreitung : Ostatlantik and Mittelxneer, in ca. 130-900 m Tiefe.
Fundort : « Caudan » Stn. 25, 46°40' N 5°55' W, 400-500 m (Roule, 1896).
Calyptrophora spec.
Calyptrophora, Kükenthal, 1924 : 317 ; Deichmann, 1936 : 171.
Es liegen mehrere Exemplare einer unverzweigten Art dieser Gattung vor, die mit
keiner bisher aus dieser Gattung beschriebenen übereinzustimmen scheint und die nur
von diesem einen Fund bekannt ist.
Fundort : « Talisman > Stn. 141, 45°59' N 4°09' W, 1 480 m.
Keratoisis macrospiculata Kükenthal, 1919
Ceratoisis macrospiculata Kükenthal, 1919 : 600, Abb. 275-277, T. 46, F. 82, T. 47, F. 83-84.
Verbreitung : Kap Verden, 1 694 rn (nur Originalstücke bekannt).
Fundort : « Talisman » Stn. 141, 45°59' N 4°09' W, 1 480 m.
Keratoisis flexibilis (Pourtalès, 1869)
? Ceratoisis flexibilis : Roule, 1896 : 305.
Ceratoisis flexibilis : Kükenthal, 1919 : 590, Abb. 260-262 [Lit. !].
Ob der von Roule zitierte Fund aus der Biskaya zu der Art gehôrt, bleibt offen.
— 965 —
Verbreitung : Florida, 596 m (nur Originalstiicke bekannt).
Fundort : « Talisman » Stn. 141, 45°59' N 4°09' W, 1 480 m.
Chelidonisis aurantiaca Studer, 1890
Chelidonisis aurantiaca Studer, 1890 : 39, T. 4, F. 6-9, T. 11, F. 1-2 ; Tixier-Durlvaui.t &
d’Hondt, 1975 : 1415.
Verbreitung : Azoren, SW-Irland, in ca. 850-1 300 m Tiefe.
Fundort : Exped. Biayores Stn. 254, 47°44' N 8°05' W, 1 050 m (Tixier-D. A d’Hondt
1975).
Gorgonaria, species incertae
Isidella elongata (Esper, 1788) wird von Roule (1896 : 306) und von Hickson (1907 :
8) angegeben. Diese Art ist nach allem bisherigen Wissen rein mediterran (Carpine &
Ghasshoff, 1975), und kommt allenfalls noch in einem kleinen Gebiet siidlich von Cap
Spartel vor. Bei dem von Hickson genannten Exemplar kônnte es sich um Keratoisis
flexibilis handeln. Ganzlich unklar bleibt, was Roule vor sich hatte, da er von « fragments
volumineux » spricht.
PENNATULARIA
Funiculina quadrangularis (Pallas, 1766)
Trichoptilum spec. : Roule, 1896 : 307.
Funiculina quadrangularis : Thomson, 1927 : 58; Tixier-Durivault & d’Hondt, 1975 : 1416;
Kükenthal & Broch, 1911 : 243, T. 15, F. 12 [Lit. !].
Verbreitung : Kosmopolitisch, unteres Litoral bis Abyssal; hâufig gefunden.
Fundorte : « Caudan » Stn. 29, 47°13' N 5°56' W, 180 m (Roule, 1896). Camp. .Monaco 1903
Stn. 1497, 208 m, 43°31' N 2°05,1' W. Exped. Biaçores, Stn. 257, 47°57' N 7°51,3' W, 335-355 m
(Tixier-D. & d’Hondt, 1975).
Pennatula phosphorea Linnaeus, 1758
Pennatula phosphorea : Roule, 1896 : 307 ; Studer, 1901 : 36 ; Kükenthal, 1915 : 87 [Lit. !] ;
Thomson, 1927 : 57 ; Tixier-Durivault & d’Hondt, 1975 : 1419.
Verbreitung : Kosmopolitisch, Litoral bis obérés Batbyal.
— 966 -
Fundorte : « Caudan » Stn. 29, 47°13' N 5°56' W (Roule, 1896). Camp. Monaco, 1886, Stn. 53,
135 m, 43°44,8' N 8°12' W (Studer, 1901) ; Camp Monaco ,1903, Stn. 1525, 98 m, 47°35' N 4°08' W
(Thomson, 1927). Exped. Biaçores, Stn. 254, 47°43,8' N 8°05' W, 1 059 rn ; Stn. 255, 47°47' N
7°56,5' W, 900-960 m (Tixier-D. & d’Hondt, 1975).
Pennatula aculeata Koren & Danielssen, 1859
Pennatula aculeata : Roule, 1896 : 306; Kükenthal, 1915 : 90 [Lit. !] ; Thomson, 1927 : 57 ;
Tixif.r-Durivault & d’Hondt, 1975 : 1418.
Verbheitung : Nordatlantik ; unteres Litoral bis Bathyal.
Fundorte : « Caudan » Stn. 2, 46°28' N 7°0' W, 1 710 m (Roule, 1896). Camp. Monaco 1886,
Stn. 65, 165 m, 43°32,3' N 6°12,3' W. Exped. Biaçores, Stn. 257, 47°57' N 7°51, 3' W, 335-355 m
(Tixier-D. & d’Hondt, 1975).
ANT I PATH ARIA
Antipathes dichotoma Pallas, 1766
Antipathes dichotoma : Roule, 1896 : 312 ; van Pesch, 1903 : 52, Abb. 29-61 [Lit. !].
Antipathes scoparia : Roule, 1896 : 312.
A. scoparia Lamarck, 1816, ist ein Synonym von dichotoma, vermutlich ist das von
Roule unter diesem Namen zitierte Stiick zu der Art zu zâhlen.
Verbreitung : Kosmopolitisch ; im Litoral bis ins Abyssal ; haufig gefunden.
Fundorte : « Caudan » Stn. 4, 45°57' N 6°21' W, 1 410 m ; Stn. 24, 46°40' N 6°58' W, 400-
500 m.
Antipatharia, species incertae
Antipathes subpinnata Ellis & Solander, 1786, und Tylopathes crispa Brook, 1889,
werden von Roule (1896) als Funde der « Caudan » Expedition genannt. Angesichts des
unsicheren taxonomischen Status der beiden Arten bleiden diese Angaben unklar.
Abb. 1-2. — Corallium niobe Bayer ; 1 : Zweig mit Polypen ; 2 : basaler Toil und mehrere Zweige des
Exemplares « Thalassa » W 392. Abb. 3. — Paragorgia johnsoni Gray, Zweigstück « Geomanche ».
Abb. 4. — Anthothela grandi flora (Sars), Polyp, BG IJ CV 21. (Allé Mal3e in mm.)
— 968 —
Abb. 5-6. — Acanthogorgia arrnata Verrill ; 5 : Kolonie 6 : Polypcn ; BG II CV 21. Abb. 7-8. — Paramu-
ricea biscaya Grasshofï ; 7 : Kolonie ; 8 : Polypen ; Holotypus, BG Y CP 07.
— 969 —
Abb. 9-10. — Placogorgia graciosa Tixier-D. & d’Hondt ; 9 : Kolonie, 10 : Polypen ; BG III CV 22.
Abb. 11-12. — Swiftia pallida Madsen ; 11 : Kolonien ; 12 : Polvpen ; BG V CP 07.
1 , 3
— 970 —
Abb. 13-14. —- Narella versluysi (Hickson), Polyp ; 13 : Aul'sicht auf das Operculum ; 14 : Polyp von der
Seite. Abb. 15-16. — Narella regularis (Duchassaing & Michelotti), Polyp ; 15 : Operculum ; 16 :
Seite.
— 971 —
Abb. 17. — Narella regularis Duchassaing & Michelotti, Zweig, « Thalassa » 1' 807. Abb. 18-19. — Thoua-
rella cf. hilgendorfi (Sluder) ; 18 : Polyp ; 19 : Zweig ; « Thalassa » Z 431. Abb. 20-21. — Candidella
imbricata (Johnson) ; 20 : Zweig ; 21 : Polypen ; BG III CV 22.
— 972
Abb. 22-24. — Chrysogorgia agassizi (Verrill) ; 22 : Zweig ; 23 : Polyp ; 24 : Kolonie ; BG V CV 40.
Abb. 25-27. — Chrysogorgia quadruplex Thomson ; 25 : Kolonie ; 26 : Zweig ; 27 : Polyp ; BG II CV 21.
Abb. 28. —Keratoisis grayi Wright, Polypen ; BG I DS 14. Abb. 29. —Lepidisis longiflora Verrill, Polypen ;
Geomanche DR 13.
— 974
Abb. 30-33. — Aczjielli arbusculi (Johnson) ; 30 : Polypen ; 31-32 : Kolonien ; BG VI CP 09 ; 33 : Toil
einer Basis, BG I CW 06.
Abb. 34. — Kophobelemnon macrospinosum Thomson ; BG VI CP 10, CP 11. Abb. 35. — Anthoptilum
grandiflorum (Verrill) ; BG VI CP 08. Abb. 36. — Anthoptilum murrayi Kôlliker ; BG III CV 23.
— 976 —
Abb. 37. — Protoptilum carpenteri Kolliker ; BG IV CV 38. Abb. 38-39. — Distichoptilum gracile Verrill ;
Incal CP 04. Abb. 40. — Scleroptilum grandiflorum Kolliker ; BG V CV 4.
977 -
Abb. 41. — Umbellula monocephalus Pasternak ; BG VI CP 15. Abb. 42. — Umbellula durissima Kolliker ;
BG III CV 23, BG V CP 04. Abb. 43. — Umbellula lindahli Kolliker, ausgewachsenes Exemplar ; BG VI
CP 17 ; junges Exemplar ; BG VI CP 16.
Abb. 44-51. — Die Antipatharia. 44 :
45 : Stichopathes abyssicola Roule ;
Parantipathes cf. larix (Esper) ; 48
Antipathes spec. ; 50 : Kolonie ; 51
Stichopathes cf. gracilis (Gray), engspiralige Form ; BG II CV 21.
BG V CP 07. 47 : Bathypathes lyra Brook ; BG V CP 07. 48-49 :
: Kolonie ; 49 : Anordnung der Pinnulae ; BG II CV 21. 50-51 :
: Anordnung der verzweigten und unverzweigten Pinnulae ; BG 1
Bull. Mus. natn. Hist, natParis , 4 e sér., 3, 1981,
section A, n° 4 : 979-983.
Identification des prétendus Bryozoaires (« Hornera »)
de Smitt et de Calvet
à des Hydrocoralliaires Stylasterina
par Helmut Zibrowius
Résumé. — Quatre espèces de Stylasterina de l’Atlantique occidental et oriental avaient été
décrites, indépendamment, comme des Bryozoaires du genre llornera. La synonymie « transphylé-
tique » est établie et les références principales pour les quatre espèces sont réunies.
Abstract. - - Identification of the so-called Bryozoans (“ llornera ”) of Smitt and of Calvet with
Stylaterine Hydrocorals. — Four species of Stylasterines from the western and eastern Atlantic had
been described, independently, as Bryozoans of the genus llornera. The “ transphyletic ” syno¬
nymy is pointed out and the main references for the four species are assembled.
H. Zikrowius : Station Marine d’Endoume, rue de la Batterie-des-Lions , 13007 Marseille , France.
Il existe une analogie morphologique entre certains Bryozoaires et Hydrocoralliaires
Stylasterina. Elle a trompé même des spécialistes qui ont pris des Hydrocoralliaires pour
des Bryozoaires du genre Hornera (Smitt, 1872 ; Calvet, 1903, 1906, 1911). Si, par la suite,
la vraie nature de ces faux llornera a été révélée dans la littérature bryozoologique (Cal¬
vet, 1931 ; Bohg, 1944 ; Cook, 1968), leur identité précise est restée inconnue. Boschma,
auteur de nombreux travaux sur les Stylasterina (Vervooht A Zibrowius, 1981) a tota¬
lement ignoré ces confusions.
Les faux Hornera dans la littérature bryozoologique
Les prétendus Bryozoaires en question sont les suivants : Hornera galeala Smitt, 1872,
de Floride ; Hornera verrucosa Calvet, 1903, des Açores ; Hornera eburnca Calvet, 1903,
des Açores (à nouveau mentionné par Calvet, 1906, des Açores et de l’Afrique occiden¬
tale, secteur du cap Blanc) ; Hornera gravieri Calvet, 1911, des Açores. A propos de H. ver¬
rucosa et de H. eburnea, il convient de rappeler que Jullien, mort avant d’avoir pu étu¬
dier la totalité de la collection en question, est l’auteur uniquement de la première partie
de la publication de 1903, et cjue Calvet est seul responsable (à partir de la page 121)
de la deuxième partie, c’est-à-dire de celle qui comprend les descriptions de ces faux Bryo¬
zoaires.
Dans sa dernière publication (posthume) qui contient des remarques sur quatre espèces
— 980 —
de Bryozoaires authentiques attribuées au genre Hornera, Calvet (1931 : 45-46) ajoute des
remarques sur des « Hydrocoralliaires hornéroïdes ». Il demande « humblement » qu’on l’ex-
cuse de 1’ « inattention inqualifiable » ayant conduit à considérer Hornera verrucosa, H. ebur-
nea et IL gravieri comme des Bryozoaires. « 11 n’est pas douteux que ces différentes formes
doivent être rattachées aux Stylasteridae parmi les Hydrocorallidés. Les grands orifices, que
nous avions considérés comme étant des ouvertures ovicelliennes, représentent les gastéro-
zoïdes, tandis que les petits orifices représentent les dactylozoïdes et non les orifices des
zoécies ». Calvet ajoute que Hornera galeala Smitt semble être aussi un Hydrocoralliaire.
Pour expliquer la rectification tardive apportée par Calvet, on peut supposer qu’il
a été averti de la confusion par un naturaliste mieux au courant des Hydrocoralliaires.
Peut-être C. Gravier, auteur de travaux sur divers groupes d’invertébrés provenant des
campagnes du Prince Albert I de Monaco, s’est-il intéressé à l'espèce qui lui avait été dédiée.
C’est justement de Hornera gravieri qu’aucun échantillon n’a pu être retrouvé, ni au Musée
océanographique de Monaco, ni au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris ; le maté¬
riel en question semble avoir été mis à l’écart pour une vérification, et égaré sinon perdu
par la suite.
Borg (1944 : 203) rappelle ces confusions lorsqu’il établit le genre Calvetia (et la famille
Calvetiidae) pour des Bryozoaires authentiques apparentés aux Hornera et ressemblant,
eux aussi, à des Stylasterina. Borg a même vérifié que Hornera galeata Smitt est bien un
Hydrocoralliaire. Enfin, en évoquant la systématique confuse des Hornera atlantiques,
Cook (1968 : 238) renvoie aux observations de Borg.
La synonymie « transphylétique »
Les quatre espèces de prétendus Bryozoaires de Smitt et de Calvet peuvent être
identifiées à quatre espèces de Stylasterina décrites, indépendamment, par d’autres auteurs :
Hornera galeata Smitt, 1872 = Errina (Lepidopora) coehleala Pourtalès, 1867.
Hornera verrucosa Calvet, 1903 = Errina (Errina) dabneyi (Pourtalès, 1871).
Hornera eburnea Calvet, 1903 = Errina (Lepidopora) hicksoni Boschma, 1963.
Hornera gravieri Calvet, 1911 = Pliobothrus symmetricus Pourtalès, 1868.
Dans un seul cas, la synonymie « transphylétique » ainsi établie conduit à rejeter le
nom spécifique donné à titre d’Hydrocoralliaire en faveur du nom donné à titre de Bryo-
zoaire : eburnea Calvet, 1903, a priorité sur hicksoni Boschma, 1983.
Données sommaires sur les espèces
Nous ne mentionnons ici pour les quatre espèces que les références essentielles corres¬
pondant aux premières descriptions et aux descriptions détaillées ultérieures (par Boschma)
ou révisions s’il en existe. Pour chaque espèce on trouve une synonymie plus complète dans
Boschma (1957), et un index des travaux ultérieurs de Boschma dans Vervoort & Ziero-
wius (1981). Les longitudes sont toujours données par rapport à Greenwich (à l’origine,
Calvet les avait données par rapport à Paris).
— 981 —
Errina (Lepidopora) cochleata Pourtalès, 1867
Errina cochleata Pourtalès, 1867 : 116 ; Pourtalès, 1868 : 137.
Lepidopora cochleata : Pourtalès, 1871 : 40, pi. 3, fig. 17-19 ; Pourtalès, 1878 : 211.
11 ornera galeata Smitt, 1872 : 10, pi. 4, fig. 23-25.
Types : Errina cochleata : Cuba, La Havane, 270 fathoms = 493 m. Nombre de spé¬
cimens non précisé. 2 colonies (= syntypes) au Museum of Comparative Zoology, Cam¬
bridge (Mass.). — Hornera galeata : Floride, 183 fathoms = 334 m. 2 spécimens mention¬
nés par Smitt. 2 colonies (= syntypes) au Naturhistoriska Riksmuseet, Stockholm (224,
264).
Répartition : Espèce connue uniquement de Cuba et de Floride. Pourtalès la signale
d’abord (1867) de Cuba (= localité-type), ensuite (1868) de Floride (Sombrero Lighthouse,
183 fathoms = 334 m) ; en 1871, il ne mentionne plus que la première station. Smitt
(1872) la connaît d’une station non précisée en Floride (183 fathoms = 344 m), probable¬
ment de celle qui est mentionnée par Pourtalès en 1868. Pourtalès (1878) y ajoute
deux nouvelles récoltes à Cuba (La Havane, 154 fathoms = 282 m, 292 fathoms = 534 m).
Remarques : L’une des étiquettes anciennes trouvées avec les types de Errina coch¬
leata mentionne déjà Hornera galeata comme synonyme ; il semble que ce soit Pourtalès
qui s’en soit aperçu, mais il n’en a pas fait état dans sa publication de 1878. Pourtalès
(1867, 1871) et Smitt (1872) ont caractérisé l’espèce de façon sommaire mais reconnais¬
sable. Les ampoules plus ou moins hérissées d’excroissances (« echinulate ampullae =
ocrcia ... verrucose ») et la lèvre vaguement en forme de cuillère (nom spécifique cochleata)
devant les gastéropores sont typiques et distinctives parmi les Stylasterina de l’Atlantique
occidental.
Errina (Errina) dabneyi (Pourtalès, 1871)
Lepidopora dabneyi Pourtalès, 1871 : 41, pl. 7, fig. 10-11.
Errina dabneyi : Boschma, 19636 : 398, pl. 1, fig. 1-8, text-fig. 1-4.
Hornera verrucosa Calvet, 1903 : 161, pl. 18, fig. 6a-c.
Types : Lepidopora dabneyi. : Açores, Faial (don de Dabney). Nombre de spécimens
non précisé. Plusieurs colonies et fragments (= syntypes) au Museum of Comparative
Zoology, Cambridge (Mass.). 2 branches (= fragments de syntypes) au British Museum
(Nat. Hist.) (1891.2.4.29). —- Hornera verrucosa : Açores, est de Pico, Prince de Monaco
stat. 247 ; 30.8.1888, 38°24' N-28°01'25" W, 318 m. Nombre de spécimens non précisé.
8 petits fragments (= syntypes, tous de la même colonie ? apparemment pas la colonie
11g. 6a) au Musée océanographique de Monaco.
Répartition : Espèce connue uniquement des Açores.
— 982
Errina (Lepidopora eburnea (Calvet, 1903)
Hornera eburnea Calvet, 1903 : 162, pi. 18, fig. 5a-c ; Calvet, 1906 : 479.
Errina (Lepidopora) hicksoni Boschma, 1963a : 339, pi. 1, fig. 1-3, text-fig. la-c ; Boschma,
1967 : 335.
Types : Errina ( Lepidopora ) hicksoni. : Précisions sur la localité et le matériel par
Vervoort & Zibroavius (1981 : 27). Açores, sud de Faial, Talisman drag. 123 ; 13.8.1883,
38°23' N-28°49'45" W, 560 m. Holotype au British Museum (Nat. Hist.) (1964.9.17.11),
un paratype au Manchester Museum. Echantillons topotypiques au British Museum (Nat.
Hist.) ( 1977.8.2.1) et au Muséum national d’ Histoire naturelle, Paris. — Hornerci eburnea :
Açores, sud-est de Pico, Prince de Monaco stat. 229; 16.8.1888, 38°22'N-28°14'24" W,
736 m. « Un hel échantillon » spécialement mentionné par Calvet, nombre de spécimens
non précisé. 2 colonies incomplètes et 1 branche (= syntypes, ne correspondant pas à
l’échantillon fig. 5a) au Musée océanographique de Monaco.
Répartition : Espèce connue des Açores et de l’Afrique occidentale. Après avoir
décrit Hornera eburnea des Açores (Prince de Monaco), Calvet (1906) mentionne des récoltes
effectuées par le « Talisman » en Afrique occidentale et aux Açores (matériel au Muséum
national d’Histoire naturelle, Paris) : drag. 96 — 15.7.1883, 19°19' N/19°16' N-18°01'45" W [
17°59'45" W, 2 320-2 330 m, secteur du cap Blanc ; drag. 128 — 16.8.1883, 38°07' N-
27°H'45" W, 983 m, sud de Terceira.
Pliobothrus symmetricus Pourtalès, 1868
Pliobothrus symmetricus Pourtalès, 1868 : 141 ; Pourtalès, 1871 : 57, pl. 4, fig. 7-8 ; Po urtalès,
1878 : 211 ; Boschma, 1967 : 333, pl. 1, fig. 5-6.
Hornera gravieri Calvet, 1911 : 7, fig. 5.
Types : Pliobothrus symmetricus : Floride, 100-200 fathoms = 183-366 m. Nombre
de spécimens non précisé (« not rare »). Échantillons pouvant faire partie du matériel men¬
tionné en 1868 ( = syntypes) au Museum of Comparative Zoology, Cambridge (Mass.). —
Hornera gravieri : Localité-type et types non désignés par Calvet. 11 stations aux Açores,
523-1 600 m (Prince de Monaco stat. 568, 584, 597, 616, 618, 683, 712, 719, 838, 866, 869).
« Plusieurs belles colonies et de nombreux fragments ». Aucun échantillon retrouvé ni au
Musée océanographique de Monaco ni au Muséum national d’Histoire naturelle, Paris.
Répartition : Espèce à large répartition dans l’Atlantique (Floride, Antilles, sud-est
de l’Islande, Féroé, Norvège, ouest de l’Irlande, mer Celtique, Açores, banc Hyères).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Borg, F., 1944. — The Stenolaematous Bryozoa. Further zool. Results Swed. Antarct. Exped.,
Stockholm, 3 (5) : 1-276, pl. 1-16.
Boschma, H., 1957. - List of the described species of the order Stylasterina. Zool. Verh., Leiden,
33 : 1-72.
— 1963o. — On the Stylasterine genus Errina, with the description of a new species. Proc.
K. ned. Akad. Wet., Amsterdam, ser. C, 66 (4) : 331-344, pl. 1.
— 19636. — The Stylasterine coral Errina dahneyi. Proc. K. ned. Akad. Wet., Amsterdam,
ser. C. 66 (5) : 397-405, pl. 1.
— 1967. — Comments upon Hickson’s notes on Stylasterina in the collection of the Paris
Museum. Proc. K. ned. Akad. Wet., Amsterdam, ser. C, 70 (3) : 324-337, pl. 1-2.
Calvet, L., 1903. — In Juli.ien, .1., & L. Calvet (1903), p. 121-188.
— 1906. — Bryozoaires. Expéditions scientifiques du « Travailleur » et du « Talisman » pen¬
dant les années 1880, 1881, 1882, 1883. Paris, Masson éd. p. 335-495, pl. 26-30.
— 1911. Diagnoses de quelques espèces nouvelles de Bryozoaires Cyclostomes provenant
des campagnes scientifiques accomplies par S. A. S. le Prince de Monaco, à bord de la « Prin¬
cesse-Alice » (1889-1910). Bull. Inst, océanogr., Monaco, 215 : 1-9.
— 1931. — Bryozoaires provenant des campagnes scientifiques du Prince Albert I er de Monaco.
Résuit. Camp, scient. Prince Albert 1 , 83 : 1-152, pl. 1-2.
Cook, P. L., 1968. — Bryozoa (Polvzoa) from the coasts of tropical West Africa. Atlantide Rep.,
10 : 115-262, pl. 8-11.
Juli.ien, J., et L. Calvf.t, 1903. — Bryozoaires provenant des campagnes de 1’ « Hirondelle »
(1886-1888). Résuit. Camp, scient. Prince Albert I, 23 : 1-188, pl. 1-18.
Pourtalès, L. F. de, 1867. — Contributions to the fauna of the Gulf Stream at great depths. Bull.
Mus. comp. Zook, 1 (6) : 103-120.
— 1868. — Contributions to the fauna of the Gulf Stream at great depths (2d series). Bull.
Mus. comp., Zook, 1 (7) : 121-142.
— 1871. — Deep-sea corals. 111. Cat. Mus. comp. Zool., 4 : 1-93, pl. 1-8.
— 1878. — Reports on the results of dredging, under the supervision of Alexander Agassiz, in
the Gulf of Mexico, by the United States coast survey steamer « Blake ». Corals. Bull. Mus.
comp., Zool., 5 (9) : 197-212, pl. 1.
Smitt, F. A., 1872. — Floridan Bryozoa collected by Count k. F. de Pourtalès. Part 1. K. soenska
Vetensk.-Akad. Hand!., Stockholm, 10 (11) : 1-20, pl. 1-5.
Vervoort, W., & H. Zibrowius, 1981. — Annotations on H. Boschma’s work on Hydrocorals
(Milleporina, Axoporina, Stylasterina), with additions to his list of the described species
of Stylasterina. Zool. Verh., Leiden, 181 : 1-40.
Bull. Mus. nain. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 3, 1981,
section A, n» 4 : 985-1009.
On a collection of buccinacean and mitracean Gastropods
(Mollusca, Neogas tropoda)
from the Mozambique Channel and New Caledonia
by W. 0. Cernohorsky
Abstract. — The present paper deals with a collection of 59 species of buccinacean and mitra¬
cean gastropods belonging to 4 families from moderately shallow to deep water around the Mozam¬
bique Channel area, north of Madagascar. A total of 27 % of the species recovered are new geogra¬
phical range extensions. The New Caledonian material consists of 21 species belonging to 5 fami¬
lies, and was dredged, with one exception, in moderately deep water. A total of 38 % of the New
Caledonian species represent new geographical records, and one of these is a new species : Voluto-
mitra (Waimatea) vaubam n. sp. The new name Vexillum (Costellaria) duplex is proposed for
the homonymous Mitra simplicissima Schepman, 1911, and its var. glabra Schepman, 1911.
Résumé. — L’auteur étudie une collection de 59 espèces appartenant à 4 familles de Gasté¬
ropodes Buccinacea et Mitracea dragués dans le nord du canal du Mozambique, à des profondeurs
diverses. L’étude montre une extension de l’aire de répartition connue pour 27 % des espèces.
Le matériel néo-calédonien comprend 21 espèces appartenant à 5 familles et a été dragué, à une
exception près, en eau relativement peu profonde. L’aire de répartition connue se trouve étendue
pour 38 % des espèces, dont une est nouvelle : Volutomitra (Waimatea) vaubani n. sp. Le nom
nouveau Vexillum (Costellaria) duplex est proposé en remplacement du nom Mitra simplicissima
Schepman, 1911, et de sa variété glabra Schepman, 1911, tous deux préoccupés.
W. O. Cernohorsky, Auckland Institute and Museum, Private Bag, Auckland, 1, New Zealand.
Introduction
Dr. P. Bouchet, Department of Malacology, Muséum national d’Histoire naturelle,
Paris, kindly gave me the opportunity to examine and report upon material belonging
to 4 families of neogastropod molluscs collected in the Mozambique Channel and oil southern
New Caledonia. The material available for examination has been sorted by the Centre
de Tri d’Océanographie biologique.
The first part of this paper deals with 59 species belonging to the families Nassariidae,
Mitridae, Costellariidae and Volutomitridae, obtained during dredging operations in the
Mozambique Channel. This material was collected by the “ Mission Benthedi ” during an
expedition to the Comoro and Glorieuses Islands, just west of the northern tip of Mada¬
gascar and at its northern fringe of the Mozambique Channel, during the 15th March and
15th April, 1977, under the leadership of Dr. B. A. Thomassin, Lîniversité d’Aix-Marseille.
Molluscan sampling consisted of diving and hand-collecting in waters as shallow as 5 m
4, 4
986 —
and dredging to a depth of 1 150 m. Station 122-DS, which is S.E. of the Glorieuses Islands,
615 m-625 m, contained dead examples of typically shallow water species which normally
live in the intertidal zone and are not found living in depth exceeding 100 m.
The second part of the paper deals with the 21 species of the families Buccinidae, Nassa-
riidae, Mitridae, Costellariidae and Volutomitridae recovered through dredging In deep
water (with the exception of a single station at 80 m depth) off the southeastern part of
New Caledonia by “ N.O. Vauban ” of ORSTOM during 1978 and 1979. Some of the
deep water species of Nassaria recovered show a relationship with the Norfolk Ridge and
Kermadec Trench fauna where the species also occur.
List of gastropod molluscs from the Mozambique Channel
Family Nassariidae
1. Nassarius concinnus (Powys, 1835) : St. 32-S, N. Pamanzi Isle, Mayotte Id., 12°45' S &
45°18' E, 15 m-20 m (1 sp.).
2. N. cf. crematus (Hinds, 1844) : St. 33-DR, E. Longogori Passage, Mayotte Id., 12°54' S &
45°16' E, 275 m-400 m (1 sp.),
3. N, delicatus (A. Adams, 1852) : St. 18-S, S. Ilot Gombé Roumé, Mayotte Id., 12°45' S &
45°16' E, 15 m (1 sp.) ; St. 106-R, Zelee Bank, 12°25' S & 46°16' E, 18 m-24 m (1 sp.).
4. N. dilutus (E. A. Smith, 1899) : see text.
5. N. granifer (Kiener, 1834) : St. 15-S, W. Geyzer Bank, 12°22' S & 46°24' E, 20 m (5 sp.) ;
St. 24-S, S.E. M’Zamboro Pass, 12°37' S & 45°10' E, 16 m-18 m (4 sp.) ; St. 32-S, N. Pamanzi
Isle, Mayotte Id., 12°45' S & 45°18' E, 15 m-20 m (3 sp.) ; St. 36-S, N. entrance to Longogori
Pass, Mayotte Id., 12°52' S & 45°16' E, 30 m (1 sp.) ; St. 39-S, S. entrance to Longogori Pass,
Mayotte Id., 12°52' S & 45°17' E, 7 m (4 sp.) ; St. 46-S, S. Barrier reef, Mayotte Id., 13°04' S
& 45°09' E, 33 m (1 sp.) ; St. 66-S, M’Sanga Tsohole reef, Mayotte Id., 12°42' S & 44°59' E,
5 m (2 sp.) ; St. 79-S, L’lris Bank, Mayotte Id., 12°33' S & 44°56' E, 25 m (2 sp.) ; St. 100-S,
W. Grande Glorieuses Ids., 11°32' S & 47°17' E, 10 m (2 sp.) ; St. 101-DS, N.W. Ile du Lys,
Glorieuses Ids., 11°26' S & 47°20' E, 26 m (1 sp.) ; St. 116-S, S. part of lagoon. Geyser Bank,
13 m (1 sp.) ; St. 117-S, same as St. 116-S but 3 m-8 m (5 sp.) ; St. 124-R + S, S.E. Glorieuses
Ids., 11°32' S & 47°23' E, 24 m (8 sp.).
6. .V. himeroessus (Melvill A Standen, 1903) : St. 10-DS, W. of Glorieuses Ids., 11°29' S &
47°17' E, 440 m (4 sp.) ; St. 37-DR, E. Bandelé reef, Mayotte Id., 12°54'S & 45°16' E, 520 m-
830 m (2 sp.) ; St. 38-DR, E. Bandelé reef, Mayotte Id., 12°55' S & 45°16' E, 200 m-500 m
(2 sp.) ; St. 94-DS, S.W. Grande Glorieuses Ids., 11°32' S & 47°16' E, 480 m-550 m (1 sp.).
7. N. multipunctatus (Schepman, 1911) : see text.
8. N. quadrasi (Hidalgo, 1904) : St. 9-S, N.N.W. of Grande Glorieuses Ids., 11°31' S & 47°18' E,
10 m-15 m (2 sp.) ; St. 51-S, Faro Bouéni, Mayotte Id., 12°55' S & 44°58' E (1 sp.).
8. N. splendidulus (Dunker, 1846) : St. 100-S, W. Grande Glorieuses Ids., 11°32' S & 47°17' E,
10 m (1 sp.) ; St. 101-R, N.E. Ile du Lys, Glorieuses Ids., 11°26' S & 47°20' E, 28 m (1 sp.) ;
St. 111-S, S. Zelee Bank, 12°26' S & 46°16' E, 24 m (1 sp.).
Family Mitridar
1. Mitra mitra (Linnaeus, 1758) : St. 24-R, S.E. M’Zamboro Pass, Mavotte Id., 12°37' S &
45°10' E, 16 m-18 m (1 sp.).
2. M. triplicata von Martens, 1904 : St. 10-DS, W. of Glorieuses Ids., 11°29' S & 47°17' E,
440 m (1 sp.) ; St. 61-F, W. of la Grande Passe de l’Ouest, Mayotte Id., 475 m-510 m (1 sp.).
— 987
3. M. coronata Lamarck, 1811 : St. 124-S, S.E. Glorieuses Ids., 11°32' S & 47°23' E, 24 rn (1 sp.).
4. M. cucumerina Lamarck, 1811 : St. 32-R -)- S, N. of Pamanzi Ilet, Mayotte Id., 12°45' S &
45°18' E, 15 m-20 m (1 sp.).
5. M. rosacea Reeve, 1845 : see text.
6. M. rubritincta Reeve, 1844 : see text.
7. M. suturata Reeve, 1845 : see text.
8. M. tabanula Lamarck, 1811 : St. 106-R, S. fringe of Zelee Bank, 12°25' S & 46°16' E, 18 m-
24 m (1 sp.).
9. M. luctuosa A. Adams, 1853 : St. 24-R -f- S, S.E. pass of M’Zamboro, Mayotte, Id., 12°37' S
& 45°10' E, 16 m-18 m (1 sp.) ; St. 79 -R+ S, L’lris Bank, Mayotte Id., 12°35 'S & 44°55' E,
25 m (2 sp.).
10. Ziba pretiosa (Reeve, 1844) : St. 6-DR, W. of Glorieuses Ids., 11°29' S & 47°12' E, 460 m-
500 m (1 sp.,). The species has to be removed from the genus Neocancilla Cernohorsky, and
re-assigned to Ziba II. & A. Adams, on the basis of its radula.
11. Z. rehderi (Webb, 1958) : see text.
12. Subcancilla annulata (Reeve, 1844) : St. 23-S, Yatou (let., Mayotte Id., 12°46' S & 45°16' E,
6 m (1 sp.).
13. Domiporta carnicolor (Reeve, 1844) : St. 32-SA, N. Pamanzi lie, Mayotte Id., 12°45' S &
45018' E, 15 m-20 m (1 sp.) ; St. 101-RS, N.W. Ile du Lys, 11°26' S & 47°20' E, 26 m-28 m
(1 sp.).
14. D. granatina (Lamarck, 1811) : St. 24-S, S.E. pass of M’Zamboro, Mayotte Id., 12°37' S &
45°10' E, 16 m-18 m (1 sp.) ; St. 32-R + S, N. of Pamanzi lie, Mayotte Id., 12°45' S & 45°18' E,
15 m-20 m (1 sp.).
15. Neocancilla circula (Kiener, 1838) : St. 18-S, S. Gombé Doumé Ile, Mayotte Id., 12°45' S &
45°16' E, 15 m (5 sp.) ; St. 23-S, Vatou He, Mayotte Id., 12°46' S & 45°16' E, 6 m (1 sp.).
16. N. papilio (Link, 1807) : St. 100-S, W. Grande Glorieuses Ids., 11°32' S & 47°17' E, 10 m
(1 sp.).
17. Scabricola (Swainsonia) bicolor (Swainson, 1824) : St. 32-SY, N. Pamanzi He, Mayotte Id.,
12°45' S & 45°18' E, 15 m-20 m (1 sp.) ; St. 66-S, M’Sanga Tsohole reef, Mayotte Id., 12°42' S
& 44°59' E, 5 m (1 sp.).
18. S. (S.) fissurata (Lamarck, 1811) : St. 124-S, S.E. Glorieuses Ids., 11°32' S & 47°23' E, 24 m
(1 sp.).
Family Costellariidaf.
1. Vexillum citrinum (Gmclin, 1791) Tpreviously known under its junior synonym V. regina
Sowerby, 1828] : St. 20-S, N. Dzaoudzi, Mayotte Id., 12°46' S & 45°15' E, 20 m (1 sp.) ; St. 32-
R + S, N. of Pamanzi He, Mayotte Id., 12°45' S & 45°18' E, 15 m-20 m (1 sp.).
2. V. (Costellaria) biparlitum (E. A. Smith, 1884) : see text.
3. V. (C.) cadaverosum (Reeve, 1844) : St. 32-S, N. Pamanzi He, Mayotte Id., 12°45' S & 45°18' E,
15 m-20 m (1 sp.) ; St. 51-S, Faro Bouéni, Mayotte Id., 12°55' S & 44°58' E, 15 m (1 sp.).
4. V. (C.) collinsoni (A. Adams, 1864) : St. 10-DS, W. of Glorieuses Ids., 11°29'S & 47°J7'E,
440 m (4 sp.) ; St. 122-DS, S.E. Glorieuses Ids., 11°32' S & 47°23' E, 615 m-625 m (1 sp.).
5. V. (C.) corbicula (Sowerby, 1870) : St. 23-S, Yatou lie, Mayotte Ids., 12°46' S & 45°16'E,
6 m (1 sp.).
6. V. (C.) coronatum (Helbling, 1779) : St. 100-S, W. Grande Glorieuses Ids., 11°32' S & 47°17' E,
10 m (1 sp.).
7. V. (C.) crocatum ("Lamarck, 1811) : St. 36-S, entrance to N. pass of Longogori, Mayotte
Id., 12<>52' S & 45°16' E, 30 m (1 sp.).
— 988 —
8. V. (C.) deshayesii (Reeve, 1844) : St. 18-S, S. Gombé Doumé lie, Mayotte Id., 12°45'S &
45°16' E, 15 m (2 sp.) ; St. 23-S, Vatou He, Mayotte Id., 12°46' S & 45°16' E, 6 m (3 sp.).
9. V. (C.) diutenerum (Hervier, 1897) : St. 93- DS, S.W. Grande Glorieuses Ids, 11°32' S & 47°16' E,
480 m-550 m (1 sp.) ; St. 110-R, S. Zelee Rank, 12°26' S & 46°16' E, 24 m (1 sp.) ; St. 124-S,
S.E. Glorieuses Ids., 11°32' S & 47°23' E, 24 m (5 sp.).
10. V. (C.) duplex nom. nov. : see text.
11. V. (C.) exasperatum (Gmelin, 1791) : St. 18-S, S. Gombé Doumé Ile, Mayotte Id., 12°45'S
& 45°16' E, 15 m (2 sp.) ; St. 23-S, Vatou lie, Mayotte Id., 12°46' S & 45°16' E, 6 m (3 sp.) ;
St. 32-R + S, N. of Pamanzi He, Mayotte Id., 12°45' S & 45°18' E, 15 m-20 m (6 sp.) ; St. 36-S,
entrance of N. pass of Longogori, Mayotte Id., 12°52' S & 45°16' E, 30 m (1 sp.) ; St. 51-S,
Faro Bouéni, Mayotte Id., 12°55' S & 44°58' E, 15 m (2 sp.) ; St. 66-S, M’Sanga Tsohole reef,
Mayotte Id., 12°42' S & 44°59' E, 5 m (1 sp.) ; St. 101-DS, N.W. of Ile du Lys, Glorieuses
Ids., 11°26' S & 47°20' E, 26 m (2 sp.) ; St. 117-S, S. side of lagoon, Geyser Bank, 3 m-8 m
(1 sp.).
12. V. (C.) fdistriatum (Sowerbv, 1874) : St. 93-DS, S.W. Grande Glorieuses Ids., 11°32' S &
47°16' E, 480-550 m (1 sp.).
13. V. (C.) leucozonias (Deshayes in Laborde & Linant, 1834) : St. 79-R -f- S, L’lris Bank, Mayotte
Id., 12°35' S & 44°55' E, 25 m (1 sp.) ; St. 124-S, S.E. Glorieuses Ids., il°32' S & 47°23' E,
24 m (1. sp.).
14. V. (C.) lucidum (Reeve, 1845) : St. 18-S, S. Gombé Doumé He, Mayotte Id., 12°45' S & 45°16' E,
15 m (3 sp.) ; St. 23-S, Vatou He, Mayotte Id., 12°46' S & 45°16' E, 6 m (1 sp.).
15. V. (C.) micra (Pilsbry, 1921) : see text.
16. V. (C.) modestum (Reeve, 1845) : St. 32-R -)- S, N. of Pamanzi He, Mayotte Id., 12°45'S &
45°18' E, 15 m-20 m (1 sp.) ; St. 50-S, Bouéni reef, Mayotte Id., 12°55' S & 44°59' E, 32 m
(1 sp.) ; St. 111-S, S. Zelee Bank, 12o26'S & 46°16'E, 24 m (1 sp.) ; St. 122-DS, S.E. Glo¬
rieuses Ids., 11°32' S & 47°23' E, 615 m-625 m (1 sp.).
17. V. (C.J pacificum (Reeve, 1845) : St. 23-S, Vatou He, Mayotte Id., 12°46' S & 45°16 'E, 6 m
(1 sp.) ; St. 24-S, S.E. pass of M’Zamboro, Mayotte Id., 12°37' S & 45°10' E, 16 m-18 m (1 sp.) ;
St. 32-R + S, N. of Pamanzi He, Mayotte Id., 12°45' S & 45°18' E, 15 m-20 m (3 sp.) ; St. 79-
R + S, L’lris Bank, Mayotte Id., 12°35' S & 44°55' E, 25 m (2 sp.) ; St. 117-S, S. side of lagoon,
Geyser Bank, 3 m-8 m (3 sp.).
18. V. (C.) radix (Sowerbv, 1874) : St. 10-DS, W. Glorieuses Ids., 11°29' S & 47°17'E, 440 m
(1 sp.).
19. V. (C.) rubellum (Adams & Reeve, 1850) : see text.
20. V. (C.) sculptile (Reeve, 1845) : St. 33-DR, E. Longogori Pass, Mayotte Id., 12°54'S &
45°16' E, 275 m-400 m (1 sp.) ; St. 49-F, W. Bouéni Pass, Mayotte Id., 12°55' S & 44°57' E,
300 m-450 m (6 sp.).
21. V. (C.) turriger (Reeve, 1845) : St. 51-S, Faro Bouéni, Mayotte Id., 12°55' S & 44°58'E,
15 m (5 sp.).
22. I 7 . (C.) unifascialis (Lamarck, 1811) : St. 5-DR, W. bank of Leven, 12°32'S & 47°40' E,
35 m-150 in (2 sp.).
23. V. (Pusia) catenatum (Broderip, 1836) : see text.
24. V. (P.) roseotinctum (Hervier, 1897) : see text.
25. V. (P.) infaustum (Reeve, 1845) : St. 124-S, S.E. Glorieuses Ids., 11°32' S & 47°23' E, 24 m
(1 sp.).
26. V. (P.) microzonias (Lamarck, 1811) : St. 5-DR, W. Bank of Leven, 12°32' S & 47°40' E,
35 m- 150 m (1 sp.).
27. V. (P.) goubini (Hervier, 1897) [forma plurinotata Hervier, 1897) : see text.
28. V. (P.) rubrum (Broderip, 1836) : St. 1-R, Bank of Leven, 12°34' S & 47°40' E, 42 m (1 sp.) ;
St. 5-DR, W. Bank of Leven, 12°32' S & 47°18' E, 35 m-150 m (1 sp.) ; St. 8-DR, W. of Glo-
— 989 —
rieuses Ids., 11°29' S & 47<>18' E, 250 m (1 sp.) ; St. 14-R, W. Geyser Bank, 12°22' S & 46°24' E,
5 ra-20 m (4 sp.) ; St. 24-S, S.E. pass of M’Zamboro, Mayotte Id., 12°37' S & 45°10' E, 16 m-
18 m (3 sp.) ; St. 32-R + S, N. of Pamanzi Ile, Mayotte Id., 12°45' S & 45°18' E, 15 m-20 m
(1 sp.) ; St. 124-S, S.E. Glorieuses Ids., 11°32' S & 47°23' E, 24 m (3 sp.).
29. V. (P.) salisburyi Cernohorsky, 1976 : see text.
30. V. (P.) speciosum (Reeve, 1845) : see text.
31. V. (P.) tusum (Reeve, 1845) : St. 5-DR, W. Bank of Leven, 12°32' S & 47°40' E, 35 m- 150 m
(1 sp.) ; St. 8-DR, W. of Glorieuses Ids., 11°29' S & 47°18' E, 250 ni (1 sp.).
Family Yolutomitridae
1. Microvoluta joloensis Cernohorsky, 1970 : see text.
SYSTEMATIC PART
(Only new geographical records are included)
Family Nassariidae
Genus NASSARIUS Duméril, 1806
Nassarius dilutus (E. A. Smith, 1899)
(PI. I, 1)
Nassa (Hebra) diluta E. A. Smith, 1899 : 243; Schepman, 1911 : 323.
Nassa diluta : Annandale & Stewart, 1901 : pi. 11, figs. 3, 3a.
Profundinassa pupa Okutani, 1968 : 34, pi. 3, fig. 8 (shell), texfig. 4 (operculum and radula).
Material examined : St. 3-DS, W. Bank of Leven, 12°35' S & 47°38' E, 1 100 m-1 150 m
(2 sp.).
Distribution : From the south Indian coast to Indonesia, the Arafura Sea and Japan,
988 m-1 788 m ; now Mozambique Channel.
Remarks : A very similar species belonging to the bathyal subgenus Profundinassa
Thiele, i.e. Nassarius townsendi (Dali, 1890) is found in the Galapagos Islands.
Nassarius multipunctatus (Schepman, 1911)
(PI. I, 2)
Nassa (Zeuxis) multipunctata Schepman, 1911 : 321, pi. 20, figs. 4a, b.
Material examined : St. 5-DR, W. Bank of Leven, 12°32' S & 47°40' E, 35 m-150 in (1 sp.).
— 990 —
Distribution : From Indonesia to the Philippines and the Solomon Islands, 150 m-
200 m ; now Mozambique Channel.
Remarks : The specimen from St. 5-DR is immature. Mature individuals have a
more thickened outer lip with lirate denticles within. Early whorls are axially rihbed
but last 2-3 whorls are smooth except for faint spiral striae.
Family Mitridae
Genus MITRA Lamarck, 1798
Subgenus Nebularia Swainson, 1840
Mitra (Nebularia) rubritincta Reeve, 1844
Mitra rubritincta Reeve, 1844 : pi. 19, fig. 147.
Mitra (Nebularia) rubritincta : Cernohorsky, 1976 : 399, col. pi. 256, figs. 11, 12 ; pi. 336, figs. 2-4
(synonymy).
Material examined : St. 32-R -(- S, N. of Pamanzi Ilet, Mayotte Id., 12°45' S & 45°18' E,
15 m-20 m (1 sp.) ; St. 36-S, entrance to N. pass of Longogori, Mayotte Id., 12°52' S & 45°16' E,
30 m (1 sp.).
Distribution : From Mauritius to the Hawaiian Islands and French Polynesia ; now
Mozambique Channel.
Mitra (Nebularia) rosacea Reeve, 1845
(PI. I, 3)
Mitra rosacea Reeve, 1845 : pi. 38, fig. 321.
Mitra (Nebularia) rosacea : Cernohorsky, 1976 : 422, pi. 256, figs. 29-32; pi. 367 (synonymy).
Material examined : St. 101-DS, N.W. of Lys Ilet, Glorieuses Ids., 11°26' S & 47°20' E,
26 m (2 sp.).
Distribution : From Thailand to West Australia, Papua New Guinea and Japan ;
now Mozambique Channel.
Kitra (Nebularia) suturata Reeve, 1845
Mitra suturata Reeve, 1845 : pi. 34, fig. 282.
Mitra (Nebularia) suturata : Cernohorsky, 1976 : 416, col. pi. 256, fig. 28; pi. 359, figs. 1-4
(synonymy).
Material examined : St. J0-DS, W. of Glorieuses Ids., 11°29' S & 47°17' E, 440 m (1 sp.).
— 991 —
Distribution : From Indonesia to the Philippines and China ; now Mozambique
Channel.
Genus ZIBA II. & A. Adams, 1853
Ziba rehderi (Webb, 1958)
(PI. I, 4)
Mitra rehderi Webb, 1958 : 30, textfig. 2 ; Kosuge, 1979 : 27, pi. 6, fig. 26.
Ziba cf. rehderi : Cernohorsky, 1978 : 60, figs. 11, 12 (figd. holotype).
Material examined : St. 8-DR, W. of Glorieuses Ids., 11°29' S & 47°18' E, 250 m (1 sp.) ;
St. 120-DS, S.E. of Glorieuses Ids., 11°30' S & 47°25' E, 335 m-390 m (1 sp.).
Distribution : From the Philippines to Japan, Midway Island and the Kermadec
Islands ; now Mozambique Channel.
Remarks : Originally described from Japan, the species has been recently recorded
from the Kermadec Islands (Cernohorsky, 1978), Midway Island (Kosuge, 1979) and a
specimen from Panlao, Bohol, Philippines {leg. V. Dan) has also been examined. The
Glorieuses Islands record is a major range extension into the Indian Ocean.
Family Costei.lariidaf.
Genus VEXILLUM Boding, 1798
Subgenus Costellaria Swainson, 1840
Vexillum (Costellaria) bipartitum (E. A. Smith, 1884)
(PI. I, 5)
Mitra pusilla A. Adams, 1853 : 141 (non King & Broderip, 1832 ; nec Bivona, 1832).
Turricula (Callithea) bipartita E. A. Smith, 1884 : 499, pi. 44, fig. 0.
Materal examined : St. 18-S, S. Gombé Doumé Ilet, Mayotte Id., 12°45' S & 45°16' E.
15 m (1 sp.) ; St. 23-S, Yatou Ilet, Mayotte Id., 12°46' S & 45°16' E, 6 m (1 sp.) ; St. 93-DS, S.W
Grande Glorieuses Ids., 11°32' S & 47°16' E, 480 m-550 m (1 sp.).
Distribution : Previously known only from the Mascarene Islands and Indonesia ;
now Mozambique Channel.
Remarks : The species is rarely seen in collections and apart from the type locality
of Mascarene Islands 1 have seen only specimens from the Moluccas, Indonesia.
- 992 —
Vexillum (Costellaria) duplex nom. nov.
(PI. I, 6-7)
Mitra simplicissima Sehepman, 1911 : 270, pi. 18, figs. 11 a, b (non Cooper, 1894).
Mitra simplicissima var. glabra Sehepman, 1911 : 270, pi. 18, fig. 11c (non Swainson, 1821 ; nec
Pease, 1868).
Material examined : St. 10-DS, W. of Glorieuses Ids., 11°28' S & 47°18' E, 440 m (1 sp.).
Type locality : Channel between Makjan and Halmahera, Indonesia, 472 m, fine dark
muddy sand (M. simplicissima) ; Ceram Sea, 835 m, blue mud (M. glabra) ; now recorded from
the Mozambique Channel.
Type material : The holotype of M. simplicissima Sehepman (= V. (C.) duplex
nom. nov.) is in the Zoological Museum, University of Amsterdam, dimensions length
21.6 mm, width 6.3 mm, height of aperture 10.8 mm. The shell has 7 % -f- whorls, pro¬
toconch is missing, 17 thin axial ribs on the penultimate and 10 low, irregular thin ribs
on the body whorl, whorls with a flat subsutural cord which produces low nodules on ribs
and gives the appearance of a duplicated sutural girdle, lower half of the body whorl with
15 slightly granulose cords, columella with 3 folds ; dirty creamy-white in colour.
The holotype of M. simplicissima var. glabra Sehepman, is in the same Institution,
length 16.4 mm, width 5.5 mm, height of aperture 8.1 mm. It is a younger specimen
with less numerous axial ribs, i.e. 12 on the penultimate and 5 on the body whorl and the
spiral sculpture is also smoother.
Remarks : Both epithets of Mitra simplicissima Sehepman, 1911, and M. simplicis¬
sima var. glabra are primary homonyms of M. simplicissima Cooper, 1894, and M. glabra
Swainson, 1821, and Vexillum ( Costellaria ) duplex is here proposed as a substitute name
since no junior synonyms are available.
The species is uncommon in dredgings. It will reach a length of 35.0 mm, and some
specimens are pale yellowish or fawn in colour.
Vexillum (Costellaria) micra Pilsbry, 1921
(PI. II, 9)
Vexillum micra Pilsbry, 1921 : 317 ; J. Cate, 1962 : 147, pi. 34, fig. 6 (figd. holotype).
Mitra elima “ Dali MS ”, J. Cate, 1963 : 34, pi. 6, fig. 23 (spec, juv.) [nomen nudum).
Vexillum (Costellaria) micra : Salisbury, 1976 : 9, text-figs. ; Cernohorsky, 1979 : 110, pi. 37,
fig. 2 ; Kay, 1979 : 321, fig. 107 D.
Material examined : St. 14-R, W. of Gevser Bank, 12°22' S & 46°24' E, 5 m-20 ni (1 sp.) ;
St. 101-RS, N.W. of Ile du Lys, Glorieuses Ids.,“ll°26' S & 47°20' E, 26 m-28 m (1 sp.) ; St. 106-R,
S. Border of Zelee Bank, 12°26' S & 46°16' E, 18 m-24 m (2 sp.h
Distribution : From the Marianas to the Hawaiian Islands ; now Mozambique Chan¬
nel.
993 —
Remarks : The species is not endemic to the Hawaiian Islands as previously thought.
Salisbury (1976) reported the species from Guam, Marianas Islands and I have also
examined specimens from Orote Pt., Apra Harbour, Guam Id., in 27 m [leg. Saltzgaver).
The specimen illustrated here from YY. Geyser Bank, Mozambique Channel, is very similar
to the Hawaiian individual illustrated by Salisbury [op. cit., fig. on right).
Vexillum (Costellaria) rubellum (Adams & Reeve, 1850)
(PL I, 8)
Mitra rubella Adams & Reeve, 1850 : 27, pi. 10, fig. 30.
Material examined : St. 120-DS, S.E. of Glorieuses Ids., 11°30' S A 47°25' E, 335 m-390 m
(1 sp.).
Distribution : From Indonesia to the Philippines ; now Mozambique Channel.
Remarks : An extremely rare species of which less than half a dozen specimens are
known. The illustrated individual has a portion of the outer lip missing.
Subgenus Pusiu Swainson, 1840
Vexillum (Pusia) catenatum (Broderip, 1836)
Tiara catenata Broderip, 1836 : 195.
Vexillum (Pusia) catenatum : Cernohorsky, 1979 : 116, pi. 40, fig. 4 : Kay, 1979 : 325, fig. 110A.
Material examined : St. 124-S, S.E. of Glorieuses Ids.. 11°32'S & 47°23' E, 24 m (1 sp.).
Distribution : From the Marianas Islands to New Caledonia, Hawaii and the Tuamotu
Archipelago ; now Mozambique Channel.
Vexillum (Pusia) cf. roseotinetum (Hervier, 1897)
(PI. 11, 11)
Mitra (Pusia) roseolincla Hervier, 1897 : 66; Hervier, 1898 : 247, pi. 10, figs. 9, 9a.
Material examined : St. 14-R, W. Geyser Bank, 12°22' S A 46°24'E, 5 m-20 m (1 sp.).
Distribution : From the Philippines to the Tuamotu Archipelago ; now Mozambique
Channel.
Remarks : The illustrated specimen is in poor condition and some slight doubts may
remain as to its identity. However, I have examined a specimen of V. [P.) roseotinetum
from Tuléar, Madagascar, per courtesy of Dr. B. Thomassin, Université d’Aix-Marseille,
which confirms the species occurrence in that area.
— 994 —
Vexillum (Pusia) goubini (Hervier, 1897)
(PI. II, 12)
Mitra (Pusia) goubini Hervier, 1897 : 67 ; Hervier, 1899 : 209, pi. 10, fig. 3.
Mitra (Pusia) goubini var. plurinotata Hervier, 1897 : 67 ; Hervier, 1899 : 210, pi. 10, fig. 3a.
Material examined : St. 8-DR, W. of Glorieuses Ids., 11°29' S & 47°18' E, 250 m (1 sp.).
Distribution : Papua New Guinea to the Loyalty Islands ; now Mozambique Chan¬
nel.
Remarks : The specimen from the Glorieuses Islands is the form described by Her¬
vier (1897) as forma plurinotata. It differs from typical goubini in its less drawn out
shape, more convex whorls and rows of small brown spots.
Vexillum (Pusia) salisburyi Cernohorsky, 1976
(PI. II, 10)
Vexillum (Pusia) salisburyi Cernohorsky, 1976 : 114, figs. 6-9, 11.
Material examined : St. 14-R, W. Geyser Bank, 12°22' S & 46°24' E, 5 m-20 m (2 sp.).
Distribution : From the Philippines to the Ryukyu Islands and Hawaii ; now Mozam¬
bique Channel.
Vexillum (Pusia) speciosum (Reeve, 1844)
(PI. II, 13)
Mitra speciosa Reeve, 1844, pi. 19, sp. 148.
Vexillum (Pusia) speciosum : Cernohorsky, 1972 : 177, pi. 52, fig. 9 ; Kay, 1979 : 653.
Material examined : St. 32-R + S, N. of Pamanzi Ilet, Mayotte Id., 12°45' S & 45°18' E,
15 m- 20 m (1 sp.).
Distribution : From Mauritius to the Hawaiian Islands and the Tuamotu Archi¬
pelago ; now Mozambique Channel.
Remarks : The single specimen from St. 32-R -}- S is immature.
— 995 —
Family Volutomitridae
Genus MICROVOLUTA Angas, 1877
Microvoluta joloensis Cernohorsky, 1970
(PI. Il, 14-15)
Microvoluta joloensis Cernohorsky, 1970 : 103, figs. 8-10, 12.
Material examined : St. 5-DR, W. Bank of Leven, 12°32' S & 47°40' E, 35 ni-150 m (1 sp.) ;
St. 8-DR, W. of Glorieuses Ids., 11°29' S & 47°18' E, 250 m (2 sp.) ; St. 10-DS, W. of Glorieuses
Ids., 11°29' S & 47°17' E, 440 m (6 sp.) ; St. 104-DR, N. of Isle du Lys, Glorieuses Ids., 11°26' S
& 47°22' E, 330 m-550 m (2 sp.) ; St. 120-DS, S.E. Glorieuses Ids., 11°30' S & 47°25' E, 335 m-
390 m (4 sp.) ; St. 122-DS & St. 122-DS bis, S.E. Glorieuses Ids., 11°32' S & 47°23' E, 615 m-
625 m (5 sp.).
Distribution : Philippines Islands, 468 m-930 m ; now Mozambique Channel.
Remarks : The species is common at most stations and this is the first record outside
the Philippines Islands.
Conclusions
Out of the 59 species recorded from localities north of Madagascar, 2 species of Nassa-
riidae, 4 species of Mitridae, 9 species of Costellariidae and 1 species of Volutomitridae are
new geographical records for the area.
List of gastropod molluscs from off New Caledonia
Family Buccinidae
(The first 5 species of Buccinidae listed are treated in the systematic part)
1. Nassaria acuminata (Reeve, 1844).
2. N. solida Kuroda & Habe in Ilabe, 1961.
3. N. spinigera (Hayashi & Habe, 1965).
4. Phos textilis A. Adams, 1851.
5. Cantharus sp.
6. Engina menkeana (Dunker, I860) : St. 10, 22°17' S & 167°05' E, 80 m (1 sp.).
Family Nassauiidae
1. Nassarius comptas (A. Adams, 1852) : St. 10, 22°17' S & 167°05' E, 80 m (1 sp.),
2. N. gaudiosus (Hinds, 1844) : St. 10, 22°17' S & 167°05' E, 80 m (1 sp.).
3. N. glans (Linnaeus, 1758) : St. 10, 22°17' S & 167°05' E, 80 m (1 sp.).
— 996 —
4. N. himeroessus (Melvill & Standen, 1903) : St. 16, 22°46' S & 167°12' E, 390-m 400 m (1 sp.).
5. N. siquijorensis (A. Adams, 1852) : No St. No., South Point of “ Great reef ”, 400 m (1 sp.).
6. N. vitiensis (Rousseau, 1854) : St. 2, 22°17' S & 167°14' E, 425 m-430 m (1 sp.) ; St. 10, 22°17' S
& 167°05' E, 80 m (1 sp.).
Family Mitridae
1. Mitra pels Cernohorsky, 1970 : St. 3, 22°17' S & 167°12' E, 390 m (1 sp.) ; St. 4, 22°17' S &
167°13' E, 400 m (1 sp.),
2. M. cf. rosacea Reeve, 1845 : St. 9, 22°20' S & 167°10' E, 175 m-200 m (1 sp.).
3. Subcancilla abyssicola (Schepman, 1911) : see text.
4. Domiporta of. carnicolor (Reeve, 1844) : St. 10, 22°17' S & 167°05' E, 80 m (3 sp.).
5. Neocancilla cf. arenaceci (Dunker, 1852) : St. 2, 22°17' S & 167°14' E, 425 m-430 m (1 sp.) [due
to the bad state of preservation of the single specimen, this new geographical record is only
tentative].
Family Costellariidae
1. Vex ilium (Costellaria) obeliscus (Reeve, 1844) : St. 9, 22°20' S & 167°10' E, 175 m-200 m (1 sp.).
2. V. (C.) radix (Sowerby, 1874) : St. 9, 22°20' S & 167°10' E, 175 m-200 m (1 sp.).
3. V. (C.) sculptile (Reeve, 1845) : St. 3, 22°17' S & 167°12' E, 390 m (1 sp.) ; St. 9, 22°20' S &
167°10' E, 175 m-200 m (1 sp.) ; St. 10, 22°17' S & 167°05' E, 80 m (4 sp.).
Family \ olutomi tridae
1. Volulomitra (Waimatea) vaubani n. sp. : see text.
SYSTEMATIC PART
(Only new geographical records are included)
Family Buccinidae
Genus NASSARIA Link, 1807
For a detailed treatment as to chronological priority of Nassaria Link, and specific
synonymy see Cernohorsky (in press).
Nassaria (Nassaria) acuminata (Reeve, 1844)
(PI. Ill, 16)
Triton acuminatus Reeve, 1844 : pi. 14, figs. 54a, b.
Nassaria acuminata : Sowerby, 1859 : 85, pi. 220, fig. 10.
— 997 —
Material examined : St. 2, 22°17' S & 167°14' E, 425 m-430 m (1 sp.) ; St. 8, 22°19' S
& 167°10' E, 220 m-230 m (1 sp.) ; St. 10, 22°17' S & 167°05' E, 80 m (8 sp.).
Distribution : From the Persian Gulf to Japan and the Solomon Islands, 9 m-330 m ;
now New Caledonia.
Subgenus Microfusus Dali, 1916
Nassaria (Microfusus) solida Kuroda & Habe in Habe, 1961
(PI. Ill, 17-18)
Nassaria solida Kuroda & Habe in Ilabe, 1961 : 62, App. p. 22, pi. 31, fig. 16.
Material examined : St. 19, 22°45' S & 167°14' E, 395 m-405 m (1 sp.).
Distribution : From Japan to N.E. Australia, Norfolk and the Kermadec Islands,
to 677 m ; now New Caledonia.
Nassaria (Microfusus) spinigera (Hayashi & Habe, 1965)
(PI. Ill, 19)
Hindsia spinigera Hayashi & Habe, 1965 : 12, 14, pi. 1, fig. 5.
Material examined : St. 2, 22°17' S & 167°14' E, 425 m-430 m (4 sp.) ; St. 3, 22°17' S &
167°12' E 390 m (3 sp.) ; St. 4, 22°17' S & 167°13' E, 400 m (3 sp.) ; St. 15, 22°49' S A 167°12' E,
390 rn-395 m (7 sp.) ; St. 16, 22°46' S & 167°12' E, 390 m-400 m (5 sp.) ; St. 23, 22°50' S & 167°16' E,
480 m- 505m, (1 sp.) ; St. 24, 22°48' S & 167°09' E, 355 m-360 m (1 sp.) ; St. 33, 22°33' S & 166°25' E,
290 m-350 m (1 sp.).
Distribution : From Indonesia to Japan and the Kermadec Islands, 200 m-915 in ;
now New Caledonia.
Remarks : The species proved to be moderately frequent in dredge hauls at the Ker¬
madec Islands, and in New Caledonia it also occurs at most stations.
Genus PHOS Montfort, 1810
Subgenus Strongylocera Moerch, 1852
Phos (Strongylocera) textilis A. Adams, 1851
(PI. Ill, 20)
Phos textilis A. Adams, 1851 : 154 ; Sowerby, 1859 : 93, pi. 222, figs. 48, 49.
Phos (Strongylocera) textilis : Cernohorsky, 1976 : 126, fig. 42.
— 998 —
Material examined : St. 10, 22°17' S & 167°05' E, 80 m (2 sp.).
Distribution : From the Philippines to Papua New Guinea ; now New Caledonia.
Genus CANTHARUS Boding, 1798
Subgenus Pollia Gray in Sowerby, 1834
Cantharus (Pollia) sp.
(PI. Ill, 21)
Material examined : St. 15, 22°49' S & 167°12' E, 390 m-395 m (1 sp.).
Remarks : The solitary specimen recovered had the animal and operculum preserved
within the shell. The specimen measures 18.2 mm in length, is cream in colour and the
spiral cords are lined and spotted with orange-brown. It is probably a new species but
a description should await the collection of more material. The species is closest to Can¬
tharus (Pollia) fuscopictus (Sowerby, 1905), but this species differs prominently in sculp¬
ture.
Family Mitridae
Genus CANCILLA Swainson, 1840
Cancilla abyssicola (Schepman, 1911)
(PI. Ill, 22)
Mitra (Seabricula) abyssicola Schepman, 1911 : 272, pi. 19, fig. 1.
Mitra (Seabricula) osapiensis Koperberg, 1931 : 75, pi. 2, fig. 23.
Material examined : St. 3, 22°17' S & 167°12' E, 390 m (1 sp.) ; St. 40, 22°30' S & 166°24' E,
250 m-350 m (1 sp.).
Distribution : From Madagascar to Japan, Papua New Guinea and N.E. Australia ;
now New Caledonia.
Remarks : The illustrated specimen is not fully mature.
— 999 —
Family Volutomitridae
Genus VOLUTOMITRA H. & A. Adams, 1853
Subgenus Waimatea Finlay, 1927
Volutomitra (Waimatea) vaubani n. sp.
(PI. IV, 23-28)
Description
Shell up to 13.2 mm in length, elongate-ovate, width 44 %-46 % of length, teleo-
conch of 4 3 / 4 -5 convex whorls which are constricted anteriorly to the sutures by a shallow
and narrow trough, protoconch of 1 %-i 3 / 4 globose and smooth embryonic whorls. Spire
whorls with straight and slender axial ribs which are slightly or distinctly granulose upon
the summits ; penultimate whorl with 25-31 axial ribs, axials becoming obsolete on the
body whorl. Spiral sculpture consists of feeble spiral threads on the spire whorls, c. 2-
7 per whorl, body whorl with 25-35 low, flattish and narrow spiral cords, 3-4 cords more
distinct at bidv whorl suture hut becoming obsolete centrally and again more distinct
towards the base. Aperture longer than the spire, 61 %-67 % of length, moderately
open and smooth within, outer lip slightly thickened and simple ; columella not calloused
and with 3-4 wide-spaced folds, first posterior fold smaller than the second subsequent
fold, siphonal canal straight, siphonal notch absent. Fawn in colour, occasionally with
2 very faint yellowish-brown bands on the body whorl.
Juvenile shells 5.7 mm in length have a teleoconch of 3 V 4 whorls and a protoconch
of 1 globose whorls. Whorls are more subangulate on the presutural ramp and the
ribs finely granulose on the summits.
Operculum small, 2.1 mm in length in a shell 11.0 mm in length, slender and elongate,
corneous, thin, yellowish-brown in colour and with an indistinct basal nucleus. The radula
could not be recovered but it was observed that the animal was a male with a simple and
moderately large mitracean-type penis behind the right tentacle, tentacles short and
stubby, eyes darkly pigmented and moderately large for tentacle size.
Type locality : Station 15, off southern New Caledonia, Latitude 22°49' S A Longitude
167°12' E, 390 m-395 m (leg. “ N.O. Vauban ” — 10-IV-1978).
Holotype : In MNHN, length 13.2 mm, width 6.1 mm, height of aperture 8.8 mm.
Paratypes : (5 in MNHN, 1 in Auckland Institute and Museum). From St. 15 : 10.0 + mm
X 5.1 mm X 5.7 mm (broken specimen). From St. 16, 22°46' S & 167°12' E, 390 m-400 m :
12.8 mm X 5.7 mm X 7.8 mm ; 12.5 mm X 5.8 mm X 8.3 mm ; 11.6 mm X 5.3 mm X 7.3 mm
{immature specimen) ; 7.4 mm X 3.5 mm X 5,0 mm (juvenile specimen) ; 5.7 mm X 2.7 mm
X 3.5 mm (juvenile specimen).
— 1000 —
Discussion
This is the first species of Waimatea recorded outside the Austral-Neozelanic region.
V. (HT) vaubani is similar in appearance to the Austral-Neozelanic shallow water species
V. (HT) obscurci (Hutton, 1873) but differs appreciably in colouring, sculpture, animal
and operculum. Volutomitra and Waimatea are rather similar in opercular and radular
characteristics and the difference in shell-form would suggest a subgeneric rather than
generic classification of Waimatea.
Conclusions
From the 21 species of 5 families recorded by the “ N.O. Vauban ” dredgings in New
Caledonian waters, 5 species of Buccinidae and 2 of Mitridae are new geographical records
for the region, and the solitary representative of the family Volutomitridae is a new species.
Acknowledgements
I am grateful to Dr. P. Bouchet, Muséum national d’Histoire naturelle, Paris, for the oppor¬
tunity to examine and report upon the treated families of Mollusca from the Mozambique Channel
area and southern New Caledonia. I also would like to thank Dr. B. A. Thomassin, Station
marine d’Endoume et Centre d’Océanographie, Université d’Aix-Marseilles, for making similar
material available to me from reefs around Tuléar, Madagascar. I am indebted to Dr. H. E. Coo-
mans, Zoological Museum, University of Amsterdam, for the loan of Schepman’s type specimens.
REFERENCES
Adams, A., 1851. — A monograph of Phos, a genus of gasteropodous Mollusca. Proc. zool. Soc.
Land., Pt. 18 : 152-155.
— 1853. — Description of fifty-two new species of the genus Mitra, from the Cumingian
collection. Proc. zool. Soc. Lond., Pt. 19 : 132-141.
Adams, A., and L. Reeve, 1850. — The zoology of the voyage of H.M.S. “ Samarang Mollusca.
London, Reeve & Benham, Pt. 2 : 25-44, pis. 10-17.
Annandale, N., and. F. H. Stewart, 1897-1909. — Illustrations of the zoology of the Royal
Indian marine survey ship “ Investigator ”. Mollusca. Calcutta, Suptd. Govt. Print. India,
pis. 1-23.
Barnard, K. IT., 1959. — Contributions to the knowledge of South African marine Mollusca,
Part II. Gastropoda : Rhachiglossa. Ann. S. Afr. Mus., 45 : 1-237.
Broderie, W. J., 1836. — Characters of new genera and species of Mollusca and Conchifera col¬
lected by Mr. Cuming. Proc. zool. Soc. Lond., Pt. 3 : 192-197.
Cate, J., 1962. — Revision of some Hawaiian mitrid species. Veliger, 4 (3) : 140-149, pis. 33-35.
— 1963. — Revision of Dali’s Hawaiian mitrids with descriptions of three new species. Veliger,
6 (1) : 23-43, pis. 5-8.
Cernohorsky, W. 0., 1970. — New Mitridae and Volutomitridae. Nautilus, 83 (3) : 95-104.
— 1972. — Marine shells of the Pacific. Sydney, Pacific, Publ. Ptv. Ltd., 2 : 1-411, pis. 1-68.
— 1001 —
— 1976a. — The Mitridae of the world. Part I. The subfamily Mitrinae. Indo-Pacif. Mollusca,
3 (17) : 273-528, pis. 248-466.
— 19766. — The taxonomy of some Indo-Pacific Mollusca. Part 4. With descriptions of new
taxa and remarks on Nassarius coppingeri (Smith). Rec. Auckland Inst. Mus., 13 : 111-
129.
— 1978. — New records of Neogastropod Mollusca from the Kermadee Islands. Rec. Auckland
Inst. Mus., 15 : 55-65.
— 1979. — Tropical Pacific marine shells. Sydney, Pacific Publ. Pty. Ltd., 352 p., 68 pis.
— 1981. — The family Buccinidae in the Indo-Pacific. Part I. The genera Nassaria, Trajana
and Neoteron. Monog. in Mollusca (in press).
IIabe, T., 1961. — Coloured illustrations of the shells of Japan. Osaka, Hoikusha Publ. Co., 2 :
1-182, pis. 1-66.
Hayashi, S., and T. Habe, 1965. — Descriptions of four new gastropodous species from Enshu-
nada, Honshu. Venus, Kyoto, 24 (1) : 10-15, pi. 1.
Hervier, J., 1897-1899. — Descriptions d’espèces nouvelles de Mollusques provenant de l’Archi¬
pel de la Nouvelle-Calédonie. J. Conch., Paris, 45 (1) : 47-69 (1897) ; 45 (4) : 225-248,
pis. 9-10 (1898) ; 46 (3) : 209-213, pl. 10 (1899).
Kay, E. A., 1979, —• Hawaiian marine shells. Reef and shore fauna of Hawaii. Section 4 : Mol¬
lusca. Spec. Pubis. Bernice Pauahi Bishop Mus., 64 (4) : 1-653.
Kensley, B., 1973. — Sea-Shells of southern Africa — Gastropods. Cape Town, Maskew Miller
Ltd., 225 p., pis.
Kosuge, S., 1979. — Report on the Mollusca on guyots from the Central Pacific collected by 2nd
and 3rd cruises of R/Y Kaiyomaru in 1972 to 73 with descriptions of twelve new species.
Bull. Inst. Malac. Tokyo, 1 (2) : 24-36, pis. 5-6.
Koperberg, E. .1., 1931. — Ze Nerderlandsche Timor-Expeditie 1916. Jungtertiâre und Quar-
tare M ollusken von Timor. Jaarb. Mijnw. Ned.-Indie : 1-65, pis. 1-3.
Okutani, T., 1968. — Bathyal and abyssal Mollusca trawled from Sagami Bay and the south
of Boso Peninsula by R/V Sovo Maru, 1965-1967. Bull. Tokai reg. Pish. Res. Lab., Tokyo,
no. 56 : 7-54, pis. 1-3.
Pilsbry, H. A., 1921.—Marine Mollusks of Hawaii VIII-XIII. Proc. Acad. nat. Sci. Phi-lad., 12 :
296-328, pl. 12.
Reeve, L. A., 1844. — Conchologia Iconica. Monograph of the genus Triton. London, L. Reeve,
2 : pis. 1-20, Index.
— 1844-1845. — Conchologia Iconica. Monograph of the genus Mitra. London, L. Reeve,
2 : pis. 1-39.
Salisbury, R., 1976. — Vexillum micra range extension. Hawaii. Shell News, 24 il) : 9.
Schepman, M., 1911. — The Prosobranchia of the Siboga Expedition. Part IV. Rhachiglossa.
Leiden, Siboga-Expeditie, 49d : 247-363, pis. 18-24.
Smith, E. A., 1884. — Report on the zoological collections made in the Indo-Pacific Ocean during
the voyage of H.M.S. « Alert » 1881-2. London, Trustees, p. 1-684, pl. 1-54.
— 1899. — On Mollusca from the Bay of Bengal and the Arabian Sea. Ann. Mag. nat. Hist.,
Lond., ser. 7. 4 : 237-251.
Sowerby, G. B., 1859. — Thesaurus Conchyliorum. Monographs of the genera Ancillaria, Eburna,
Pseudoliva, Cyllene, Terebellum, Erato, Nassaria and Phos. London, Sowerbv, 3 (19) : 57-
94, pis. 211-222.
Webb, J. H., 1958. — A new Mitra from Japan. Venus, Kyoto, 20 (1) : 30-31.
4. 5
— 1002 —
PLATE I
(All from Mozambique Channel)
1. Nassarius dilutus (E. A. Smith). St. 3-DS, 1 100 m-1 150 m ; 10.9 mm.
2. N. multipunctatus (Schepman). St. 5-DR, 35 m-150 m ; 8.6 mm (spec. juv.).
3. Mitra rosacea Reeve. St. 101-DS, 26 m ; 19.4 mm.
4. Ziba rehderi (Webb). St. 8-DR, 250 m ; 22.6 mm (spec. juv.).
5. Vexillurn (Costellaria) bipartitum (E. A. Smith). St. 93-DS, 480 m-550 m; 6.1 mm.
6-7. V. (C.) duplex nom. nov. : 6, holotype ; 21.6 mm (holotype of Mitra sirnplicissima Schepman) ; 7, para-
type ; 16.4 mm (holotype of M. sirnplicissima var. glabra Schepman).
8. V. (C.) rubellum (Adams & Reeve). St. 120-DS, 335 m-390 m; 17.3 mm (outer lip broken).
PLATE 1
— 1004 —
PLATE II
(All from Mozambique Channel)
9. Vexillum (Costellaria) micra (Pilsbry). St. 14-R, 5 m-20 m ; 6.6 mm.
10. V. (Pusia) salisburyi Cernohorsky. St. 14-R, 5 m-20 m ; 7.0 mm.
11. V. (P-) cf. roseotinctum (Hervier). St. 14-R, 5 m-20 m; 6.0 + mm.
12. V. (P-) goubini (Hervier). St. 8-DR, 250 m; 4.5 mm.
13. V. (P.) speciosum (Reeve). St. 32-R -f- S, 15 m-20 m ; 15.0 mm (spec. juv.).
14-15. Microvoluta joloensis Cernohorsky : 14, St. 10-DS, 440 m ; 10.0 mm ; 15, St. 122-DS, 615 m-625 m
9.2 mm.
PLATE II
— 1006 —
PLATE III
(All from New Caledonia)
16. Nassaria acuminata (Reeve). St. 8, 220 m-230 m ; 23.0 mm.
17-18. N. solida Kuroda & Habe in Habe. St. 19, 395 m-405 m ; 37.5 mm.
19. N. spinigera (Hayashi & Habe). St. 2, 425 m-430 m ; 13.7 mm.
20. Phos textilis A. Adams. St. 10, 80 m ; 16.8 mm.
21. Cantharus (Pollia) sp. St. 15, 390 m-395 m; 18.2 mm.
22. Cancilla abyssicola (Schepman). St. 40, 250 m-350 m ; 24.8 mm (spec. juv.
PLATE III
— 1008 —
PLATE IV
(From New Caledonia)
23-28. Volutomitra (Waimatea) vaubani n. sp. : 23-24, holotype, St. 15, 390 m-395 m ; 13.2 mm ; 25-26, para-
type, St. 16, 390 m-400 m ; 12.8 mm ; 27, juvenile paratype, St. 16, 390 m-400 m ; 7.4 mm ; 28, oper¬
culum ; 2.1 mm.
— 1009 —
PLATE I V
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 3, 1981,
section A, n° 4 : 1011-1034.
Premières prospections méiofaunistiques en Guadeloupe
I. Les biotopes et leurs peuplements
par Jeanne Renaud-Mornant et Nicole Goürbadlt
Résumé. — En préalable à l’étude détaillée de la méiofaune littorale de Guadeloupe, dans
le cadre de la mission Muséum-Antilles, est donnée la description des biotopes des 33 stations
où 73 prélèvements ont été effectués. Les techniques de récolte et de tri sont exposées en fonction
de la géomorphologie des faciès ; les caractéristiques granulométriques sont analysées pour chaque
sédiment. Quatre types d’habitats essentiels ont été définis : sables corallien, volcanique, ou mixte
et vase mangrovienne.
Abstract. Prior to the detailed study of Guadeloupe littoral meiofauna collected during
two collecting-trips sponsored by “ Mission Muséum-Antilles ” we are describing 33 intertidal
and subtidal localities where the 73 samples have been taken. Sampling schemes and sorting
methods have been adapted to the biotopes geomorphology and granulometry. Grain-size ana¬
lyses and CQ3Ca contents were obtained for every sediment sample. Four sediment categories :
coralline, volcanic, or mixed sands, and mangrove muds, are shown to occur in Guadeloupe with
different meiofaunal components.
J. Renaud-Mornant et N. Gourbault, Laboratoire des Vers, associé au CNftS, Muséum national d’His-
toire naturelle, 61, rue de Buffon, Paris 75231 Cedex 05.
La petite macrofaune sédimentaire marine ou hypogée dulçaquicole des petites Antilles
commence à être connue grâce aux travaux des équipes étudiant les récoltes d’une part
de Wagf.naar Hummei.inck (1940a et b, 1953, 1977) et d’autre part des expéditions de
Roumanie (cf. Botosaneanu, 1970) et d’Amsterdam 1973-1978 (cf. Stock, 1977, 1979). En
revanche, la méiofaune épipsammique ou endopsammique marine demeure pratiquement
inconnue. Dans le cadre de la mission Muséum-Antilles, il nous a été possible de prospec¬
ter par deux fois (avril 1979, février 1981) la région guadeloupéenne pour laquelle on ne
possédait aucune donnée sédimentaire ou faunistique ayant trait à la méiofaune. Les
premiers résultats concernent la découverte de taxons nouveaux de Tardigrades (Renaud-
Mornant, 1981a et b) et de Nématodes (Gourbault, sous presse). Nos prospections com¬
prennent différents estrans de Grande et Basse-Terre, les chenaux de mangroves ainsi que
l’infralittoral des « Culs-de-Sac Marins » et des îlots côtiers.
Dans cette première note, nous définirons essentiellement les stations de Grande et
Basse-Terre ; leur localisation est reportée sur la carte de la figure 1 ; leurs coordonnées
géographiques sont consignées sur le tableau I. Les quelques prélèvements faits en bor¬
dure de mangrove et sur les îlots côtiers sont indiqués sur le tableau 111 et la localisation
de ces stations sur la figure 4.
— 1012 —
Fig. 1. — Localisation des stations prospectées en Guadeloupe : à Grande-Terre, Basse-Terre et à la Marie-
Galante (ces dernières feront l’objet d’analyses ultérieures).
Puisque aucune étude des biotopes littoraux n’avait été effectuée sur les côtes guade¬
loupéennes en rapport avec la méiofaune, nous avons sélectionné nos stations en fonction
des caractères géomorphologiques du massif insulaire auquel elles se trouvent liées. Etant
donné la diversité des faciès rencontrés, notre échantillonnage a été effectué par divers
procédés.
— 1013 —
Tableau I.
N° Stations Coordonnées
Localités N° Prélèvements Dates
Intertidal et subtidal, Grande-Terre
1
16°25,5' N — 61°31,7' W
Anse du Souffleur
51 à 53
17.IV.1979
2
16°29,2' N — 61°30,3' W
Anse Laborde
54-55-57
17.IV.1979
3
16029,6' N — 6lo26,2' W
Porte d’Enfer
56
17.IV.1979
4
16o20,2' N — 61020' W
Le Moule
24 à 27
9.IV.1979
5
16ol6,9' N — 61ol5,4' W
Anse à la Baie
47
14.IV.1979
6
16015,7' N — 61ol2,7' W
Anse de la Gourde
45-46
14. IV. 1979
7
16ol5' N — 61ol0,4' W
Anse des Châteaux
44
14.IV.1979
8
16ol4,4' N — 6lo20,5' W
Plage de Bois Jolan
42-43
13.IV.1979
16014,4' N — 61°20,5' W
Plage de Bois Jolan
19 à 22
10.11.1981
9
16012,5' N — 61029,4' W
Plage de Gosier
39 à 41
13.IV.1979
16ol2,5' N — 61°29,4' W
Plage de Gosier
17-18
9.11.1981
Intertidal
et subtidal, Basse-Terre
10
16ol0,4' N — 61°34,9' W
Plage de \dard
48
15. IV. 1979
11
16007,5' N — 6lo34,3' W
Anse de Sable
49-50
15.IV.1979
12
16o05,6' N — 61o33,4' W
Plage de Roseau
31-32
10.IV.1979
16o05,6' N — 61o33,4' W
Plage de Roseau
58 à 64
19. IV. 1979
13
16°00,4' N — 61°35,7' W
Anse du Bananier
30
10.IV.1979
14
15°57,8' N — 61°40' W
La Grande Anse
16-17
5.IV.1979
15
15o57,3' N — 61°42,3' W
Anse Dupuv
28-29
10. IV. 1979
15057,3' N — 61o42,3' W
Anse Dupuy
31
13.11.1981
16
15°59' N — 61°42,7' W
Anse Turlet
32
13.11.1981
17
16o03' N — 61045,4' W
Plage de Rocrov
14
4. IV. 1979
18
I 60 IO' N — 61o46,3' W
Anse à Galets
13
4. IV.1979
19
16ol0,5' N — 61o46,7' W
Plage de Malendure
23
11.11.1981
20
16°12,8' N — 61°46,8' W
Anse Caraïbe
12
4. IV. 1979
21
16ol6,9' N — 61o47,9' W
Plage de Leroux
18 à 20
6. IV.1979
22
16ol8,5' N — 61047,4' W
La Grande Anse, Deshaies
21-22
6. IV. 1979
16ol8,7' N — 61o47,4' W
La Grande Anse, Deshaies
24
11.11.1981
23
16021,4' N — 61°45' W
Plage de Clugny
23
7.IV.1979
I. MÉTHODOLOGIE
1. Récoltes faunistiques
a — Filtrages selon la méthode Karaman-Chappuis : sondages KC pratiqués à diffé¬
rents niveaux des estrans, soit au niveau de HMME, soit en haut de la zone de déferlement.
Ces sondages, en concentrant la méiofaune de la zone de mélange des eaux d’imbibition et
— 1014 —
littorales, donnent une bonne idée de la richesse et de la diversité faunistiques. Cette méthode
nous a paru convenir tout particulièrement pour des premières prospections à fins compa¬
ratives.
b — Lavages de sable par lévigation au niveau de BMME, zone de déferlement et
microfalaises ainsi que dans les lagons infralittoraux. Le sable est récolté avec un réci¬
pient de volume connu, ce qui permet la comparaison des densités faunistiques, par exemple
le long d'une radiale.
c — Pompages par la méthode Bou-Rouch, BR dans les zones de ressac, les herbiers t
et les bancs de sable sublittoraux où la méthode de sondage KC n’est pas applicable. Ce
système permet de récolter un volume mesurable d’eau interstitielle directement filtrée
(30 1 en moyenne).
d — Lavages de petites algues fixées Halimeda incrassata (Ellis) ou flottantes (Sar¬
gasses) abritant la méiofaune épipsammique et la petite macrofaune associée.
Le matériel, concentré sur tamis de 40 pm, est fixé au formol neutre 4 % eau de mer.
La séparation faune-sédiment est effectuée pour les sables par la méthode de décantation
(Uhlig, Thiel et Gray, 1973) et pour les sables vaseux par la technique mise au point
par l’équipe de Gand (Heip, Smol et IIautekiet, 1974).
Le tri de la faune est pratiqué sur cuve Dollfus. A ce jour, 24 529 méiobenthontes
ont été dénombrés. Nématodes, Gastrotriches et Tardigrades sont étudiés par nous-mêmes ;
les autres groupes : Microturbellariés, Kinorhynques, Priapuliens, Annélides (Polychètes,
Archiannélides, Oligochètes), Micro-isopodes, Amphipodes et Insectes sont confiés aux
spécialistes.
2. Prélèvements sédimentologiques
Parallèlement aux récoltes faunistiques, des échantillons de sédiments sont ramenés
au laboratoire pour analyses granulométrique et calcimétrique. La première porte en
général sur un échantillon de 100 g (dessalé et passé à l’étuve à 110°C) tamisé pendant
20 minutes sur une série Prolabo de type A.F.NOR débutant à 40 p.m. La calcimétrie
est réalisée au calcimètre Bernard sur des échantillons dessalés de 0,25 à 5 g.
Remarques : La température de l’eau a été prise pour tous les sondages effectués. Elle était,
sauf exceptions qui seront signalées, de 26°C, très régulièrement. La grande majorité des prélève¬
ments de Guadeloupe ont été effectués en avril 1979 ; leur numération apparaît seule dans le
texte. Pour ceux de février 1981, le numéro est suivi de l’année.
IL POSITION DE LA GUADELOUPE DANS L’ARC ANTILLAIS,
SON INTÉRÊT BIOGÉOGRAPHIQUE
La Guadeloupe est située dans la partie médiane de l’arc insulaire antillais par envi¬
ron 61° de longitude Ouest et 16° de latitude Nord. Elle est constituée de deux îles jumelles
— 1015 —
principales, l’une calcaire Grande-Terre à l’est, l’autre volcanique lîasse-Terre à l’ouest,
et d’un certain nombre de dépendances : îles de la Désirade, de la Marie-Galante et petit
archipel des Saintes. L’ensemble constitue une région particulièrement intéressante pour
l’étude de la faune endogée. En effet, les biotopes sédimentaires littoraux doivent leur
origine à la désagrégation des formations préalablement édifiées, soit par l'activité volca¬
nique, soit par celle des algues calcaires et des madréporaires construisant les récifs coral¬
liens anciens ou actuels (Weyl, 1966). En raison du contact de deux îles d’origine tota¬
lement différente, on rencontre en Guadeloupe une large variété de sédiments littoraux
allant du sable noir et fin constitué en quasi-totalité de minéraux volcaniques, jusqu’aux
sables blancs et grossiers entièrement organogènes, en passant par des sédiments mixtes
à diverses proportions d’éléments siliceux et carbonatés. La colonisation par la méiofaune
de biotopes aussi variés est donc très instructive à découvrir, tant du point de vue systé¬
matique qu’écologique.
Sur le plan de la biogéographie l’origine des éléments faunistiques qui peuplent la
Guadeloupe apparaît très complexe. Elle implique l’étude des affinités et des rapports
avec les faunes des continents et des îles avoisinants ; et l’explication de ces rapports
doit se faire à la lumière de la paléogéographie du domaine néotropical lui-même.
Le passé géologique de la région centre-américaine est très complexe. Les résultats
de récents travaux de géophysique, s’accordant avec la théorie de la tectonique de plaques,
ont été résumés et interprétés par Rosen (1976) sous l’angle de la zoogéographie historique
de la région Caraïbe, pour laquelle cet auteur propose un « modèle de vicariance ». Ce
« modèle de fragmentation » des faunes anciennes semble à l’heure actuelle offrir la meil¬
leure interprétation de l’origine, puis de la dispersion des taxons antillais (Stock, 1977).
Au Mésozoïque, le socle proto-antillais aurait formé un archipel occupant la position actuelle
de l’isthme centre-américain. La dérive occidentale des continents nord et sud-américains
et un jeu de failles et de fractures océaniques auraient permis à cet archipel de demeurer
isolé en arrière, lors du déplacement vers l’ouest des deux plaques continentales tout en
provoquant l’intrusion d’une partie du socle Pacifique dans le domaine Atlantique. Au
cours du Cénozoïque, un archipel volcanique s’édifiait à l’ouest, entre les plaques améri¬
caines, donnant plus tard l’isthme actuel centre-américain et isolant l’Atlantique tropical
de l’océan Pacifique. Cette théorie implique donc les fragmentations en des temps très
anciens d’une faune pangéenne, dispersée à partir du noyau centre-américain. Ces hypo¬
thèses avaient été suggérées dès 1953 par Ekman, puis avancées par Croizat, Nelson
et Rosen (1974) pour tenter d’expliquer les nombreux cas de vicariance observés entre
les faunes tropicales Atlantique et Pacifique, et particulièrement les Galapagos.
Les éléments faunistiques antillais auraient donc une origine très ancienne. Par suite
d’une géographie changeante, et de la fragmentation des biotopes, leurs descendants se
sont différenciés dans des aires localisées, et ont produit une diversité taxonomique à
distribution plus ou moins vaste (modèle de dispersion). De plus, ces faunes ont été per¬
turbées au Tertiaire (modèle de régression) par l’activité volcanique et par les transgres¬
sions et régressions marines liées à l’évolution de la Téthys, obligeant les taxons à de lentes
adaptations à des nouveaux biotopes (Ball, 1975 ; Stock, 1977).
— 1016 —
III. GRANDE-TERRE
L’île de Grande-Terre a une forme grossièrement triangulaire avec l'apex au nord,
et la plus grande base exposée au sud. Elle est séparée de Easse-Terre à l’ouest par un
court canal mangrovien. Comparée à cette dernière où culmine le volcan de la Soufrière,
elle présente un relief relativement plat ; ses collines ou « mornes » atteignent tout au plus
136 m. E’île est constituée par un socle de sédiments coralliens plus ou moins épais, d’ori¬
gine Miocène-Pliocène ; certaines terrasses exondées sont encore plus récentes, Pliocène-
Quaternaire (Reynal, 1961). Le littoral est formé de falaises plus ou moins continues,
principalement sur les côtes est et sud, baignées par l’Atlantique. La partie ouest, en
revanche, plus basse, est bordée par une mer de mode calme qui a permis l’établissement
de mangroves.
Il résulte des conditions géomorphologiques de l’île que les plages sont établies, pour
la plupart, à la base des falaises ou dans les échancrures ménagées entre les terrasses plus
ou moins démantelées formant des baies. Les estrans ainsi délimités sont étroits ; f exiguïté
de la zone intertidale est probablement liée à un marnage de faible amplitude (40 cm en
mortes eaux, 60 cm en vives eaux). Cependant, les marées météorologiques sont souvent
fort importantes et lors d’ouragans, de considérables volumes de sable peuvent être soit
remontés en haut de plage, soit évacués sur les dalles de terrasses de BM h De pente géné¬
ralement forte, l’estran présente tout au plus dix à vingt mètres de largeur entre HM et
BM. Les sédiments proviennent de la désagrégation du socle récifal ancien ou de l’érosion
par les vagues de récifs actuels établis de façon discontinue sur les côtes ouest et sud de
l’île. Il s’agit donc toujours de sables coralliens et eoquilliers.
Station 1
L’Anse du Souffleur, plage de Port-Louis, est une station de mode calme, exposée sur
la mer des Antilles. L’estran, à zone intertidale exiguë et à forte pente, se termine en BM
par une microfalaise de 40 à 50 cm de haut, constituée par un sédiment détritique à gra¬
nules amassés par le jeu des vagues de faible énergie : sable corallien (95,2 % C03Ca)
moyen (md 340 pm) bien classé (tabl. II ; fig. 2, 1) d’épaisseur supérieure à un mètre. En
dépit de son faible bydrodynamisme, mais du fait de sa pente forte et de son sable peu
tassé, homométrique et à petite proportion d’éléments fins, cette plage, bien irriguée,
présente un sédiment peu réduit en profondeur.
La nappe d’eau d’imbibitiori n’a pas pu être atteinte par les sondages KC effectués
en HM moy, aussi les prélèvements consistent-ils en échantillons de sable moyen prove¬
nant de — 55 cm en ITM (n° 53) et de sédiments plus grossiers de surface en BM (n os 51 et 52).
1. De ce fait, il est bien entendu que la description des stations qui va suivre et les données morpho¬
logiques concernant les plages, ne sont valables qu’au temps t où les prélèvements ont été effectués. Les
énormes quantités de sable mobilisées par les vagues puis transportées par les courants peuvent changer
complètement la configuration des estrans après les cyclones.
— 1017 —
Tableau il
N°
Stations
N°
Prélèvements
Md
Q1
Q2
So
C03Ca %
î
53
340
285
400
1,4
95,2
2
55 (a)
325
296
365
1,2
92
57 (b)
565
290
1 320
4,5
96,4
4
24
176
105
295
2,8
92,8
5
47
661
565
860
1,5
96
6
45
532
420
615
1,4
92
7
44
532
460
604
1,3
94,4
8
21, 1981
290
188
357
1,9
94,4
9
40
225
132
332
2,5
94,8
10
48
263
142
361
2,5
2,1
11
49
192
84
1 000
11,9
15,2
12
31
110
92
135
1,4
39,6
13
30
125
100
143
1,4
7,2
14
16
172
138
230
1,6
9,1
17
156
125
218
1.7
6,4
15
28
2 500
520
4 000
7,7
3,5
16
32, 1981
500
383
2 200
5,7
0,8
21
18
160
105
260
2,4
37,2
20
156
122
223
1,8
57,8
22
24, 1981
235
153
302
1,9
84,4
21
290
225
345
1,5
92
Md : diamètre moyen ; Q1 : premier quartile ; Q2 : deuxième quartile ; So : coefficient de classement :
Q2/Q1 ; C03Ca % : pourcentage de carbonate de calcium.
La densité faunistique est faible aux deux niveaux (295 et 267 ind.) avec inversion
des dominances des Nématodes, 92 % en 53, et Copépodes, 88 % en 52, et diversité élevée
dans les sédiments de surface.
Station 2
L’Anse Laborde, orientée au nord, présente de grandes similitudes avec la station
précédente dont elle est éloignée de 7,5 km. On retrouve un estran étroit, à pente forte,
de mode relativement calme et à sédiment intertidal de caractéristiques granulométriques
très semblables (tabl. II ; fig. 2, 2a et 2b). Mais leur géomorphologie diffère : l’Anse Laborde
est établie au sein d’une côte rocheuse (calcaires blancs récifaux Miocène) et un lagon de
plusieurs dizaines de mètres, à larges plaques sableuses et blocs rocheux coralliens, relie
la plage à un récif externe où déferlent les vagues. Cette topographie permet l'établisse¬
ment d’une cuvette où s’accumulent des éléments détritiques grossiers. Le déferlement
de la houle provoque une désagrégation des formations construites et induit un courant
transversal dans le lagon qui, combiné au courant de marées, forme de larges ripplemarks,
curieusement constitués de sédiments grossiers et hétéromorphiques (96,4 % C03Ca) qui
4, 6
— 1018 —
s’étendent jusqu’en BM (tabl. II ; fig. 2b). Les données granulométriques reflètent l’hydro-
dynamisme élevé et la diversité du stock sédimentaire : grains de 80 à 4 000 pm dont
aucune classe de taille n’excède 10 % du poids total (fig. 2, 2b). Dans la zone intertidale
elle-même (fig. 2, 2a) de BM à HM, on note une forte pente d’accumulation de sable moyen
(md 325 pm) corallien (92 % C03Ca) très bien classé, dépourvu d’éléments fins ou très
grossiers : grains de 200 à 800 pm avec un pic important à 400 pm. Ces caractéristiques
autorisent l’installation d’un système microporal important, puisqu’il n’y a pas d’éléments
fins pour colmater les interstices. La pente favorise vraisemblablement le drainage de
l’estran malgré la faible énergie des vagues.
Un sondage KC (n° 55) en HM a atteint la nappe d’eau d’imbibition à — 90 cm :
eau limpide en l’absence d’éléments fins. Des prélèvements ont été effectués dans le sédi¬
ment de BM (n° 54) et dans les ripplemarks du lagon, sous un mètre d’eau (n° 57).
Les Copépodes dominent partout (61, 95 et 96 %). La diversité est la plus forte en 55
bien que la densité soit nettement supérieure en 54 (632 et 1 661 ind. respectivement) ;
215 ind. en 57.
Station 3
Cette station de la Porte d’Enfer a été établie au fond d’un ria profondément échancré
dans les falaises de la côte nord, exposée vers l’Atlantique. Un estran large, à très faible
pente occupe le fond de ce ria. Sable corallien mêlé de graviers, à drainage presque nul,
ne recevant que des vagues de faible énergie, réduit dès les premiers centimètres.
Un sondage KC à — 25 cm (n° 56) a permis de rassembler une eau très chargée en
éléments fins et débris algaux.
Faible densité faunistique : 174 ind., dominance des Copépodes, 61 %, et Collemboles,
22 %.
Station 4
La plage, à l’est du Moule, est exposée au nord sur la côte Atlantique. Cet estran étroit
et long s’est édifié au pied de la terrasse corallienne qui domine une cocoteraie, quelque
200 m en retrait. L’amoncellement de sédiments (sable corallien et ciment argileux) s’est
effectué sur une dalle qui affleure en BM, il se continue dans le domaine subtidal, sous
forme d’un récif frangeant recouvert de quelques mètres d’eau au-delà duquel une forma¬
tion madréporique récifale brise la boule. Le fond du lagon, de mode calme, est occupé
par des couches peu épaisses de sable, souvent grossier, alternant avec des dalles recou¬
vertes d’algues et de nombreux Echinides. Zone intertidale à sédiment relativement tassé,
corallien fin (md 176 pm et 93 % C03Ca) très hétérométrique : aucune classe de taille de
grains ne représente plus de 17 % du total (tabl. II ; fig. 2, 4). Les éléments les plus nom¬
breux se situent dans la classe des 100, 160 et 250 pm de diamètre. La présence d’éléments
fins susceptibles de colmater les interstices, liée à un mauvais classement (So 2,8), pour¬
rait entraîner un manque d'oxygénation du sédiment par insuffisance de drainage.
Un sondage KC en HM moy (n° 25, — 30 cm) a révélé la présence d’un sable de plus
en plus grossier en profondeur, notamment au niveau de la nappe d’eau d’imbibition
(n° 24, — 60 cm). Ce sable grossier à larges mailles interstitielles y assurerait une certaine
1020 —
perméabilité. L’aspect blanc laiteux de l’eau d’imbibition confirme la présence d’éléments
argileux dans ces dépôts. Un second sondage KC en BM dans du sable tassé atteignait
la nappe à — 30 cm (n° 26). Lhi lavage de sable a été fait au niveau de l’affleurement de
la dalle (n° 27).
Faibles densités faunistiques, comparables aux deux niveaux de HM (201 et 244 ind.) ;
inversion des dominances de Copépodes, 74 % en 25 et Nématodes, 56 % en 24 où la diver¬
sité est plus grande. En BM 749 individus dont 75 % de Copépodes, et dans le lagon en 27
densité encore plus forte (988 ind.) avec 77 % de Copépodes et 22 % de Nématodes,
Station 5
L’Anse à la Baie correspond à une très petite plage de mode calme, à faible pente,
établie au fond d’une crique formée par la fragmentation de la terrasse quaternaire coral¬
lienne exondée de la partie est de cette côte exposée à l’Atlantique. Sédiment grossier
(md 661 („’.m), bien classé (So 1,5), formé de débris coralliens et de coquilles brisées élevant
le pourcentage de CÜ3Ca à 96 (tabl. II ; fîg. 2, 5), éléments fins absents.
Un sondage KC en I IM (n° 47) a atteint la nappe d’eau d’imbibition à — 45 cm : eau
salie par des débris végétaux.
Faune riche, 949 ind., d’Arthropodes et essentiellement de Copépodes, 98 %.
Station 6
L’Anse de la Gourde, à 4 km plus au sud-est montre un estran, édifié sur une dalle,
formé de sable moins grossier (md 532) (pie celui de la station 5, également bien classé
(So 1,4) et presque totalement organogène (tabl. II). L’absence de fraction fine (fig. 2, 6),
la taille relativement élevée des espaces interstitiels, et la pente de la plage doivent assurer
un drainage suffisant pour que le sédiment soit bien oxygéné en profondeur.
Un sondage KC de — 35 cm, a été effectué (n° 45) ainsi qu’un lavage de sable à la
limite de la zone de déferlement (n° 46).
Faune très abondante (1 377 ind.), diversifiée en HM, 75 % de Copépodes et 16 %
de Polychètes.
Station 7
L’Anse des Châteaux, à l’extrémité est de la Grande-Terre, est une large étendue
sableuse entre des falaises coralliennes quaternaires déchiquetées. Des blocs rocheux, de
part et d'autre de la plage et dans la zone subtidale, brisent la force de la houle ; néan¬
moins l’estran est caractérisé par sa haute énergie. L’épaisseur du sédiment est de plusieurs
mètres en haut de plage mais une dalle émerge en BM. Sable corallien (94,4 % C03Ca)
à caractéristiques granulométriques analogues à celles de la station 6 mais meilleur classe¬
ment (So 1,3) (tabl. Il ; fig. 2, 7).
Un sondage KC a pu être fait à — 40 cm, juste au-dessus de la dalle (n° 44).
Faune très semblable à celle de la station précédente : 1 593 ind., mais diversité et
dominance de Copépodes (88 %) supérieures.
— 1021 -
Station 8
La plage de Bois Jolan, sur la côte sud, est une étroite bande de sable bordée par une
vaste cocoteraie et par un récif frangeant proche de la côte. Une microfalaise de 40 cm
où le sable est retenu par les racines des Cocotiers limite le niveau des HMVE. L’estran
réduit à deux ou trois mètres, s’immerge en pente douce; il est de mode calme, car les
vagues se brisent en bordure du récif frangeant, large de plusieurs centaines de mètres.
Les courants sont faibles et la température de l’eau atteint par endroits 33°C. Lagon peu
profond (un à deux m d’eau) à dalles rocheuses recouvertes d’algues, délimitant des cuvettes
sableuses et parfois des herbiers. Sédiment sans cohésion, constamment remanié par la
macrofaune endogée cpii crée des monticules en surface. Seuls les premiers centimètres du
sable sont oxydés : la masse sous-jacente est grise et réduite. Il en est de même pour les
sédiments retenus entre les pieds de Thalassia testudineum Kônig. Sable corallien (94,4 %
C03Ca) moyen (md 290 p,m) pas très bien classé (tabl. II ; fig. 2, 8) ; aucune classe de
taille n’occupe plus de 15 % du poids total du sédiment. Les éléments fins (md 125 p.m)
sont assez nombreux pour colmater la fraction plus grossière (15 % de grains de diamètre
> 400 p.m). Faible étalement de la courbe car les éléments grossiers et très grossiers sont
en petit nombre ou absents. Nous avons effectué deux lavages de sable dans le lagon
à 10 m (n° 42) et 20 m (n° 43) du bord externe du frangeant ; deux pompages BR, l’un
dans du sable réduit (n° 19, 1981) l’autre dans le sable fin d’un herbier à 10 m du bord
(n° 22, 1981) ; un sondage KG à — 30 cm en LIM : la nappe étant chargée d’éléments
très fins et de débris algaux (n° 21, 1981) et un pompage BR au même niveau (n° 20,
1981).
Faillies densités faunistiques (respectivement de 42 à 21 : 410, 271, 103, 299 et 282 ind.) ;
dominance générale des Nématodes : 78, 93, 84, 80 %, sauf en 43 où leur nombre égale
celui des Copépodes (45 et 46 %).
Station 9
Sur la côte sud, cette plage est située dans la ville de Gosier. Les falaises du socle
corallien hautes de 20 à 40 m, sont plus ou moins échancrées et érodées, permettant l’accès
à l’estran.
Cette station a été établie à l’ouest de 1’îlet du Gosier ; une langue de sable de cet îlet
bas, à 600 m au large, s’étire vers l’ouest et une barre madréporique récifale le protège
au sud et à l’est. Cette configuration permet à la plage de Gosier de bénéficier d’un mode
calme puisque la présence d’une digue à l’ouest de l’estran limite encore l’effet du
vent et brise les courants. Un lagon s’est donc constitué ; les dalles coralliennes affleurenl
et favorisent l’établissement d’algues et d’herbiers. La zone intertidale, de pente peu accen¬
tuée, mesure une dizaine de mètres ; sable corallien (95 % C03Ca), fin (md 225 ftm), mal
classé (So 2,5), aucune classe de taille ne représente plus de 13 % des grains (tabl. II ;
fig. 2, 9). Malgré le caractère hétérométrique du sédiment et le pourcentage d’éléments
fins (15 % du poids < 80-100 p.m), le drainage, sans doute assuré en raison de la pente
de la plage, paraît suffisant pour que s’effectue une bonne oxygénation du biotope.
Un sondage KC, au-dessous de la laisse de HM, montrait une eau limpide par —- 55 cm
— 1022 —
(n° 40) ; un second sondage, plus lias, atteignait — 35 cm (n° 41). Un prélèvement a été
fait entre ces deux sondages, à — 40 cm, par pompage BR (n° 18, 1981), ainsi qu’un lavage
de sable dans la zone de déferlement (n° 39) et un pompage dans la zone de ressac, à proxi¬
mité de l’herbier (n° 17, 1981).
La faune, riche en haut de plage (1 314 ind.), l’est moins dans les autres points pros¬
pectés (199 en 41, 366 en 18 et 242 ind. en 17) ; elle est pauvre dans la zone de déferlement
(81 ind.). Les Nématodes dominent faiblement en 41 et 18 (54 et 61 %), les Copépodes
en 39 et 17 (47 et 73 %) ; les Tardigrades représentent 53 % de la faune en 40.
IV. BASSE-TERRE
Son grand axe orienté nord-sud, oblonguc et massive, Basse-Terre présente un relief
montagneux ; seul le pédoncule mangrovien qui la rattache à Grande-Terre est bas et maré¬
cageux. Témoin d’anciens cratères érodés et de culots volcaniques, la partie septentrio¬
nale est occupée par une pénéplaine d’environ 700 m d’altitude. Entre le massif des Ma¬
melles, au nord, et les monts Caraïbes, au sud, le grand volcan actif de la Soufrière culmine
vers 1 467 m. Pour la plupart des plages, la sédimentation volcanique donne donc du
sable ou des galets noirs. Il existe cependant au nord-ouest, versant Caraïbe, quelques
anses de sable coquillier composé de débris de tests d’animaux variés accumulés par les
courants, qui comprend toujours une légère proportion de particules de roches volcaniques
et de minéraux divers, quartz, pyroxène et minerais. Des formations calcaires miocènes
aflleurent au sud-est à Grande Anse (st. 14) (Reynal, 1966).
Station 10
La plage de Viard, anse de sable noir, est située au sud de la mangrove. La zone inter-
tidale est étroite, à faible pente, et de mode calme, ce qui favorise l’amoncellement de
phanérogames marines en 1 1M ; ces dernières proviennent d’un herbier établi quelques
mètres au-delà de BM. Sable d’origine volcanique presque dans sa totalité, à 2,1 % de
C03Ca (coquilles brisées, en provenance du Petit Cul-de-Sac Marin), moyen (dm 263 pm)
à grains arrondis, relativement mal classé (So 2,5) et hétérométrique (tabl. II) ; seule, la
classe de taille supérieure à 400 pm comprend plus de 15 % du poids des grains (fig. 3, 10).
Un sondage KC a atteint la nappe d’eau d’imbibition à — 35 cm en HM (n° 48) et a
permis de constater que la masse de sable est homogène et tassée. Cette eau était trouble
et chargée en débris organiques végétaux (proximité de mangrove).
Les 682 spécimens récoltés se répartissent en huit groupes faiblement dominés par les
Nématodes, 46 %. 7 % d’Oligochètes indiquent la présence de matière organique.
Station 11
L’Anse de Sable, à 6 km au sud de la précédente station, présente une configuration
très semblable à celle-ci ; abritée au nord par une avancée de la mangrove, elle est de mode
— 1023 —
calme et de pente faible, mais dépourvue d’amas de végétaux marins. Sable noir et moyen
plus fin qu’en st. 10 (tabl. II), très hétérogène, à fractions fines constituées par des miné¬
raux lourds, disposées en plusieurs couches d’environ un centimètre, alternant avec du
sable moyen. A — 30 cm, couche de sable très grossier constitué de coquilles brisées et de
graviers dont on constate la présence sur la courbe et le diagramme de fréquence (fig. 3,
11) où ils occupent des classes de tailles comprises entre 1 000 et 4 000 p,m. Deux stocks
sédimentaires nets : pics à 100 et à 1 250-1 600 qm. L’étalement de la courbe traduit la
grande hétérométrie et le mauvais classement (So 11,5).
Un sondage KC (— 40 cm) a permis de constater que le sable est tassé et colmaté
(n° 49), les éléments du stock le plus fin ayant la possibilité de s’insinuer dans les inter¬
stices de la fraction grossière. Les coquilles brisées constituent un apport de 15,2 % de C03Ca
dans ce sable volcanique. Un lavage de sable (n° 50) a été effectué dans la zone de BM.
Faune pauvre, 42 ind., dominée par 64 % de Nématodes.
Station 12
La partie haute de la plage de Roseau est occupée par une cocoteraie établie au pied
de brèches andésitiques. Les Cocotiers ont pris racine dans un sol sableux noir, descendant
en pente douce vers la mer. La plage est fragmentée transversalement en estrans de quelques
dizaines de mètres de longueur par des digues artificielles s’avançant dans la zone subti-
dale. Celle-ci, très plate, forme un lagon d’un à deux mètres de profondeur et de 80 m
de large, limité au-delà par une barre récifale où se brisent les vagues. Cette zone particu¬
lièrement calme permet l’établissement d’herbiers entrecoupés de dalles rocheuses, elles-
mêmes occupées par des algues, et le dépôt de vastes étendues sableuses. Fstran étroit
(6 m de large), sable fin (nid 110 qm), tassé, gris, mêlé de débris de coquilles (40 % C03Ca)
de faible taille n’altérant pas le bon classement (So 1,4) et l’homométrie du sédiment ;
grande majorité des grains comprise entre 100 et 160 |J.m (fig. 3, 12).
Un sondage KC à — 50 cm, a révélé en HM une eau claire et un sédiment non stra¬
tifié (n° 31). L'espace lagunaire a été échantillonné par huit prélèvements de 1,5 à 2 litres
de sable le long d’une radiale de 80 m allant de BM à la barre récifale (n° 32 et n os 58 à 64).
La densité faunistique augmente du haut (478 ind.) au bas de la plage (1 034 en 32)
et se stabilise remarquablement (246 à 302 ind.) le long des sept stations de la radiale effec¬
tuée. Inversion des dominances sur la plage entre les Nématodes 66 % en IIM et les Copé-
podes 61 % en BM. En revanche, les Nématodes dominent régulièrement le long de la
radiale, 55 à 85 %.
Station 13
L’Anse du Bananier est constituée des alluvions apportées par la rivière du même
nom qui traverse en amont des coulées et des brèches andésitiques. La plage, à haute éner¬
gie, est partagée par l’embouchure de cette rivière. Sable noir et brillant, composé essen¬
tiellement de grains de minerais, surtout magnétite et ilménite (Reynai., 1966), tassé
(fig. 3, 12), fin (md 125 p.m), à coefficient de classement (So 1,4) très semblable à celui
de la st. 12, mais pourcentage de C03Ca (7 %) beaucoup plus faible (tabl. 11).
— 1025 —
Un sondage KC, — 45 cm, a été effectué à 2 m en arrière de la rnierofalaise (n° 30).
La température de la nappe d’eau atteignait 27°C.
Les 78 individus récoltés sont fortement dominés par les Copépodes : 83 %.
Station 14
La Grande Anse, exposée au sud, sur le versant atlantique méridional de Basse-Terre,
est bordée par des amoncellements de lapilis et ponces basaltiques des monts Caraïbes (Rey-
nal, 1966). L’estran, contrairement à ceux des autres Anses de la Guadeloupe, occupe
ici une vaste superficie ; au-delà de la zone intertidale, une large bande de sable s’étend
sur la partie haute de la plage limitée par une zone herbeuse et échancrée par le lit d’une
rivière temporaire. Estran de 50 m de large, de pente faible et à haute énergie, sable noir,
d’origine volcanique, faible proportion de coquilles brisées (6,35 % C03Ca) en haut de
plage et légèrement supérieure (9,6 %) à BM moy, sédiment fin (md 172 p.m) assez homo¬
gène, avec deux pics pour les classes de taille de 160 à 250 p,m (fîg. 3, 14), moins bien classé
(So 1,6) que celui des stations précédentes.
La haute énergie de la plage et le faible tassement du sable constaté au niveau de
mi-marée (n° 16) et HM moy (n° 17) par les sondages KC, permettent de supposer une
lionne irrigation du milieu sédimentaire.
Faune plus riche en 16 (1 343 ind.) qu’en 17 (424 ind.), à dominance de Tardigrades,
70 et 76 %.
Station 15
L'Anse Dupuy, à l’extrême sud de file, exposée à l’ouest sur la mer des Antilles, occupe
une très étroite échancrure pratiquée entre les falaises, résultant de l’érosion marine des
coulées labradoritiques des volcans miocènes des monts Caraïbes (Reynal, 1966). La
plage, enserrée entre ces terrasses à pic et bordée par des habitations, mesure quelques
dizaines de mètres sur huit à dix mètres de pente. L’estran se compose dans le haut de
très gros blocs et de galets noirs, puis de galets plus petits, enfin de graviers et granules
accumulés en une petite levée détritique en HM moy, à partir de laquelle la pente est plus
forte. Faible proportion de C03Ca (3,5 %), sédiment sans cohésion, peu tassé, très hété-
rométrique (tabl. II), md 2 500 p.m et peu d’éléments fins (entre 125 et 250 [.un) : l’éta¬
lement de la courbe (fig. 3, 15) traduit le mauvais classement (So 7,7).
La faible proportion de grains lins et l'importance des granules laissent présager une
très grande porosité et une très rapide circulation de l’eau à proximité de la zone de défer¬
lement où un lavage de sable a été fait (n° 29). Ces caractéristiques granulométriques expli¬
queraient le désamorçage régulier de la pompe du système BR utilisée à ce niveau (n° 31,
1981). Un sondage KC (n° 28) en arrière de la levée détritique a révélé une nappe d’eau
claire à — 40 cm à faune riche (1 397 ind.) et très diversifiée, à dominance de Copépodes,
91 %•
Station 16
L’Anse Turlet a été échantillonnée dans sa partie nord où elle se trouve limitée par
la levée détritique bordant le port de la ville de Basse-Terre. Située entre la route et une
— 1026 —
rivière temporaire, l’estran de mode calme, de forte pente entre HM moy et BM, est formé
en grande partie de sédiments alluviaux en provenance de l’érosion du socle des monts
Caraïbes (lapilis et ponces dacitiques). Sédiment noir, fin à moyen, très hétérométrique
(tab!. II ; fig, 3, 16), mêlé de graviers dans la partie basse de la zone de déferlement où
a été pratiqué un pompage BR (n° 32, 1981) ; curieusement, seul un très faible volume
d’eau a pu être recueilli dont la faune n’a pas encore été triée.
Station 17
La plage de Rocroy, à 9 km plus au nord sur la côte Caraïbe, de moyenne énergie,
présente une pente douce et un sable noir, provenant de la désagrégation de brèches andé-
sitiques, mélangé à des coquilles finement broyées ; sédiment d’aspect semblable à celui
de la plage de Roseau, située à proximité des mêmes formations volcaniques, mais sur la
côte atlantique.
Un sondage KC (n° 14) à — 40 cm en HM, a révélé que le sable est très tassé ; cepen¬
dant, l’eau interstitielle est propre, sans éléments notables en suspension.
249 individus se répartissent en dix groupes dominés à 83 % par les Copépodes.
Station 18
L’Anse à Galets est une plage de faillie énergie, abritée des vents d’ouest par les îlets
à Goyaves, petit archipel situé à 1,3 km au large. Sédiment noir de désagrégation des
lapilis et ponces dacitiques du versant nord-est du massif des Mamelles. Sable fin, tassé,
et faible hydrodynamisme contribuent au colmatage de l’estran.
Un sondage KC (n° 13) à — 30 cm, en HM moy, a révélé que l’eau d’imbibition était
chargée de nombreux éléments organiques en suspension. Tri de la faune en cours.
Station 19
La plage de Malendure, exposée au sud, est également protégée des vents d’ouest
par l’îlet à Goyaves ; le sable est noir, volcanique, composé d’alluvions arrachées aux brèches
andésitiques constituant les collines auxquelles elle s’adosse. Le mode est calme, et une
microfalaise formée de sable grossier mêlé de coquilles brisées est édifiée à la base de la
zone de déferlement des vagues de faible énergie.
Un pompage BR (n° 23, 1981) a été effectué à ce niveau, fri en cours.
Station 20
L’Anse Caraïbe, limitée par l’embouchure de la rivière Grande-Plaine, est bordée
au sud par les calcaires meuliérisés du Miocène, au nord par les coulées andésitiques de
Pointe Noire. Sable noir, moyen et peu tassé, à faible proportion de C03Ca, accumulé
à l’embouchure de la rivière.
Un sondage KC (n° 12) a montré une eau d’imbibition à — 30 cm en HM moy, très
chargée en débris organiques dont la présence est due aux apports alluviaux de la rivière,
à proximité de laquelle a été fait le sondage ; ceux-ci provoquent le colmatage des inter-
— 1027
stices. En effet, la pente faible de la plage et du cours d’eau ainsi que le mode calme de
cette partie de la côte ne permettent vraisemblablement pas un drainage du sédiment
suffisant pour évacuer ces particules. Tri faunistique en cours.
Station 21
L’Anse Ferry (plage de Leroux), encadrée par des pointes rocheuses formées de brèches
andésitiques, est adossée à l’ouest à des coulées labradoritiques. Son estran n’est cependant
pas constitué en totalité de sable volcanique ; il renferme une forte proportion de C03Ca,
stock sédimentaire composé de coquilles et tests d’invertébrés marins divers. Ces dépôts
coquilliers peuvent varier de 37 à 58 % du haut au bas de la plage (tabl. fl). En certains
points, le triage dù à l’hydrodynamisme assez fort fait apparaître dans les 30 premiers
centimètres de la couche sableuse des strates de couleur alternée, noir verdâtre (volca¬
nique) et jaunâtre (organogène). En HM moy, sable fin (ind 160 |xm), mal classé (So 2,4),
avec faibles pies pour les classes de tailles 100, 160 et 200 p.m. Les éléments les plus fins
sont noirs (andésitiques), les plus grossiers, 260 à 500 [xm, sont des débris coquilliers jaunâtres
(tabl. II, prélèv. 18 ; fig. 3, 21). En bas de la zone de déferlement (prélèv. 20) la taille des
grains augmente, la quantité d’éléments coquilliers est plus élevée (58 %).
Deux sondages KC ont été effectués, l’un en IIM moy où la nappe d’eau d’imbibi-
tion affleurait à — 70 cm (n° 18), l’autre en haut de la zone de déferlement dans laquelle
du sable a été également lavé (n os 20 et 19). En haut de la plage, le prélèvement, extrême¬
ment pauvre, ne recelait que 17 Méiobenthontes.
Station 22
La Grande Anse, exposée au nord-ouest s’ouvre largement sur la mer des Antilles et
présente un estran de 2 km de long limité par deux pointes rocheuses volcaniques anté-
miocènes. De mode battu et de pente forte, il s’adosse à une grande terrasse fluviatile
plantée de Cocotiers et Coccolobas. La partie des HMVE consiste en l’aplomb d’une micro-
falaise haute de 50 à 60 cm, prenant appui sur les racines des arbres. La zone intertidale
de 12 à 15 m est constituée d’un sédiment jaune, faiblement tassé, avec de grandes étendues
de sable très peu compacté et bulleux en BM moy et des coquilles roulées, brisées tout à
fait en bas de la zone de déferlement. A la loupe binoculaire, les grains apparaissent arron¬
dis, abrasés, polis et constitués en majorité de coquilles de Mollusques fragmentées, de
spicules et de tests de Fora mi nifères* Pourcentage de C03Ca très élevé : 84,4 en HM et
92 en BM (tabl. II). Les analyses granulométriques ont été effectuées sur deux échantil¬
lons provenant l’un du niveau des sables bulleux, à 50 m au sud du collecteur, n° 21, et
l’autre de la partie nord du lieu dit « Karacoli » sous la microfalaise de HMVE, n° 22. Sables
moyens md 235 p,m à IIM et 290 y ni à BM (fig. 3, 22) relativement bien classés (So 1,9
et 1,5 respectivement). Cette plage, par sa pente forte et sa haute énergie, bénéficie d’un
taux d’irrigation élevé et d’une bonne oxygénation des sédiments.
En raison de la configuration de F estran, seuls des lavages de sable (n os 21 et 22) et
des pompages (il 0 24, 1981) ont pu être pratiqués.
599 spécimens ont été obtenus en 21, dont 54 % de Nématodes et 44 % de Copé-
podes.
- 1028 —
Station 23
L’Anse du Vieux Fort, plage de Clugny, est l’une des plus septentrionales de l’île.
Protégée des vents d’est par la pointe Allègre (conglomérats soulevés récents et rochers
volcaniques antémiocènes), elle s’appuie à l’ouest sur les coulées labradoritiques pliocènes.
Plage de mode semi-battu, constituée de sable coquillier très semblable à celui de la sta¬
tion précédente, et à très forte proportion de coquilles brisées dans la zone de déferlement ;
pente plus faible.
Un tamisage (n° 23) a montré une eau d’imbibition claire sans éléments en suspension
visibles, laissant supposer que l’irrigation du sédiment sans être aussi forte que celle de
la Grande Anse est cependant active.
Faune de faible densité (206 ind.) à dominance de Copépodes : 62 %.
V. STATIONS DE MANGROVE
Soulevée vers l’est, la dalle de Grande-Terre est plus submergée à l’ouest où elle montre
une côte basse, abritée, à zones de mode calme, à sédimentation lente, situées dans les
Culs-de-Sac Marins formés par la jonction des îles principales où se sont établies de vastes
mangroves. Dans les chenaux s’accumulent des éléments sédimentaires, associés et piégés
par d’importants débris végétaux ; les fines particules sont entraînées par le lessivage
d’argiles d’altération et de produits de décomposition organique en milieu réducteur (Rey-
xal, 1961).
Six stations ont été établies, pour la plupart dans des vases grises à brun noir cons¬
tituant le sous-sol des mangroves.
Station 24
La lagune de Belle Plaine, bordure marine de la mangrove exclusivement composée
de Rhizophora mangle L., est recouverte par endroits d’un herbier à Thalassia plus ou moins
proche des racines de Palétuviers dont le peuplement sessile a été étudié par Toffart
(1980). Salinité relativement constante d’environ 35 °/ 00 . Visibilité de l’eau de quelques
mètres, oxygène dissout 21 %.
Un prélèvement de 200 cc (n° 6) a été effectué dans la vase, sur la rive entre les racines
(0,7 % C03Ca).
Les Nématodes représentent 90 % d’une faune de densité moyenne (367 ind.).
Station 25
A l’embouchure du canal artificiel de la Belle Plaine large de 13 m, la hauteur de
l’eau atteint 2 m. Salinité proche de celle de l’eau de mer en profondeur et de 20-25 °/ 00 en
« 1 !
— 1030 —
surface. La vase fine renferme de nombreux débris végétaux ; la visibilité de l’eau est très
faible.
Sur un banc de vase (4,3 % C03Ca), un prélèvement (n° 8) a été fait sous 60 cm d’eau.
Dominance presque totale des Nématodes : 99 % des 347 individus.
Station 26
La station du cours moyen du canal de la Belle Plaine, encore zone à II. mangle , dilfère
peu de la précédente ; basses teneurs en oxygène (6 % en surface et 3 % sur le fond),
faible salinité en surface.
Le prélèvement n° 7 consiste en 200 cc de vase du bord du canal (6,2 % C03Ca).
Résnltats faunistiques identiques à ceux de la station précédente.
Station 27
A l’intérieur de la pointe Lambis exposée au nord, débouche une petite rivière dont
le débit active l’hydrodynamisme du site et explique la présence d’alluvions au pied des
racines de Palétuviers d’où provient le prélèvement n° 9. Tri faunistique en cours.
Station 28
Comme celui de la Belle Plaine, le canal Perrin draine l’eau douce de Grande-Terre
vers la mer. Le mélange eau douce-eau de mer ne s’établit pas selon un gradient continu ;
la nappe profonde conserve une salinité identique à celle de l’eau de mer, celle de surface
présente une salinité croissante le long de son cours ; elle est de 19°/ 00 à l’embouchure du
canal.
Un prélèvement (n° 10) a été fait à ce niveau dans la vase immergée sous 20 cm d’eau
(0,6 % C03Ca).
Faune diversifiée où les Rotifères représentent 45 % et les Nématodes 23 % des 426 spé¬
cimens récoltés.
Station 29
Un prélèvement (n° 11) provient de la vase (1 % C03Ca) immergée de la berge, au
niveau du cours moyen du canal Perrin.
Les Nématodes dominent à 67 % une faune assez riche (507 ind.) et diversifiée.
VI. STATIONS DU GRAND-CUL-DE-SAC MARIN
Le Grand Cul-de-Sac Marin est un bras de mer s’étendant au nord de la jonction des
deux îles jumelles de la Guadeloupe. Il est formé de hauts fonds de 5 à 10 m et limité au
nord par une barre corallienne ; la salinité y est de 33 à 35 °/ 00 . Le socle est constitué en
— 1031 —
grande partie par des conglomérats à débris de coraux et ciments argileux qui sont des
dépôts récents (Reynal, 1961). Dans sa partie septentrionale, est situé l’îlet à Fajou,
formé de débris de coraux (Acropora sp.) et d’organismes variés (Lamellibranches, Échi-
nides) fortement cimentés par des argiles brunes très abondantes (Reynal, 1961).
Délaissant la partie sud-est de Filet occupée par la mangrove et les vases à Palétu¬
viers, nous avons établi trois stations dans les dépôts coralliens formant les parties nord
et ouest de File et la majeure partie du Grand Cul-de-Sac.
Station 1
La plage de la Tour, exposée au nord, de mode calme, protégée par la barre récifale,
est très étroite et basse ; sable grossier, très coquillier en surface.
Deux sondages KC (n° 2) ont été pratiqués, ainsi qu’un prélèvement de sable par
plongée sous 2 m d’eau (n° 1) à quelques mètres de Festran.
La faune pauvre du sondage (238 ind.) a une dominance de 65,5 % de Copépodes.
En 1 celle-ci n'est plus que de 51 %, les Nématodes représentant 35 % des 483 spécimens
diversifiés en treize groupes.
Station 2
Exposée à l’ouest, une petite plage de sable blanc se découpe entre les Palétuviers
de la pointe sud de Filet. Estran exigu, à pente légère, sable corallien (91,6 % CÜ3Ca),
grossier mélangé à du sable fin tassé (md 320 p.m ; So 2,7 ; fig. 2, 2').
L’eau de la nappe d’imbibition atteinte à deux reprises par des sondages KC à — 35 cm
était colorée par les débris des racines de Palétuviers (n° 4). Lin pompage BR a été réalisé
au même niveau de HM (n° 28, 1981). Un autre pompage était fait plus à l’ouest au pied
des Palétuviers (n° 29, 1981) d’où provient également un lavage de sable (n° 3). Tri en cours.
Un prélèvement a été obtenu en plongée dans des ripplemarks à 15 m de la plage (n° 5 ;
88,8 % C03Ca).
Les Nématodes représentent 81 % des 418 spécimens récoltés répartis en onze
groupes.
Station 3
Limitée par un rebord herbeux (Graminées) une étroite bande de sable, exposée au
sud, est bordée dans sa partie basse par un herbier immergé sous quelques centimètres
d’eau.
Deux pompages ont été effectués, l’un directement dans l’herbier (n° 25, 1981) où le
sédiment était réduit, l’autre sur une langue de sable au milieu de cet herbier (n° 26, 1981).
Du sédiment plus grossier a été prélevé (n° 27, 1981) d’une cuvette entre deux plaques
d’herbiers. Tris faunistiques en cours.
— 1032
Tableau III.
No
Stations
Coordonnées
Localités
N° Prélè¬
vements
Dates
Mangrove
24
16°17,9' N -
61o32,5' W
Lagune Belle Plaine
6
3.IV.1979
25
16°17,7' N —
61°32,3' W
Canal Belle Plaine
(embou-
chure)
8
3. IV. 1979
26
16°17,7'N —
61o31,5' W
Canal Belle Plaine
(cours
moyen)
7
3. IV.1979
27
16018,3' N -
6lo32,5' W
Pointe Lambis
9
3. IV. 1979
28
16°18,9' N —
61°31,9' W
Canal Perrin (embouchure)
10
3.1 \ .1979
29
16ol8,9' N —
61031,9' W
Canal Perrin (cours
moyen)
11
3.1 V.1979
Ilet à Fajou
1
16021,4' N —
61o35,2' W
Plage de la Tour
2
3. IV.1979
16021,4' N —
61°35,2' W
Fond — 2 m
1
3. IV.1979
2
16°20,7' N -
61°35,5' W
Pointe sud-ouest
3 à 5
3. IV.1979
16o20,7' N -
61o35,5' W
Plage nord
28-29
12.11.1981
3
16o20,7' N -
6lo35,3' W
Bive sud
25 à 27
12.11.1981
Ilet à Cochons
1
16013,1' N -
61o32,l' W
Plage nord
30
12.11.1981
VIL STATION DU PETIT CUL-DE-SAC MARIN
S’étendant au sud de la jonction des deux îles, le Petit Cul-de-Sac Marin est l’homo¬
logue du Grand Cul-de-Sac. De même profondeur (5 à 10 m), il est occupé par plusieurs
îles dont un récif soulevé du quaternaire : l’îlet à Cochons, bordé par une barre madrépo-
rique au sud-ouest et prolongé par une seconde à l’est. La station prospectée, exposée au
nord-est face, à l’îlet à Monroux, est une plage de mode calme, à large estran dont le sédi¬
ment corallien sans cohésion est retenu par un épi. Zone intertidale à pente assez forte,
au bas de laquelle s’accumulent des éléments coquilliers grossiers, sable corallien (89,2 %
C03Ca) moyen (md 375 p,m) et grossier, bien classé, So 1,7 (fig. 2, 1').
Un pompage BR (n° 30, 1981) a été pratiqué en haut de la zone de déferlement où
la porosité favorable du sable a permis d’obtenir 60 1 d’eau interstitielle, presque sans
sédiments. Tris faunistiques en cours.
— 1033 —
Remerciements
Nous tenons ici à remercier pour leur appui les chercheurs de la mission Muséum-Antilles,
tout particulièrement C. Delamare Deboutteville, A. Coûté, J. Jérémie, J.-P. Mauriès,
J.-J. Menier, A. Raynal-Roques, et J.-M. Thibaud, ainsi que A. Menier pour sa large parti¬
cipation aux récoltes. Nos remerciements vont également, pour leur aide efficace, à MM. B. Sal-
yat, J.-L. Toffart et J. -P. Pointier de l’ÉPHÉ-Muséum (Malacologie) et A. Guyard de l’Uni-
versité de Pointe-à-Pitre. M.-N. Hélléouet a assuré la réalisation de la plupart des techniques
effectuées au laboratoire.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Ball, I. R., 1975. — Nature and formulation of biogeographical Hypotheses. Syst. Zool., 24 (4) :
407-430.
Botoçâneanu, L., 1970. — L’expédition biospéologique à Cuba (mars-juin 1969) organisée par les
Académies des Sciences de Cuba et de Roumanie : présentation sommaire des stations
explorées pour le prélèvement d’échantillons de faune aquatique souterraine. Trav. Inst.
Spéol. « Emile Racovitza », 9 : 81-95.
Croizat, L., G. Nelson et H. E. Rosen, 1974. — Centers of origin and related concepts. Si/st.
Zool., 23 : 265-287.
Ekman, S., 1953. — Zoogeography of the sea. Sidgwick Jackson, Londres, 417 p,
Gourbault, N., sous presse. — Nématodes marins de Guadeloupe. I. Xyalidae nouveaux des
genres Rhynchonema Cobb et Prorhynchonema nov. gen. Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris T
4 e sér., 4, A, (1).
Heip, C., C. Smol et W. Hautekiet, 1974. — A rapid method of extracting meiobenthic nema-
tods and copepods from mud and detritus. Mar. Biol., 28 : 79-81.
Renaud-Mornant, J., 1981a. — Stygarctus gourbaultae n. sp. un nouveau Tardigrade (Arthro-
tardigrada) marin de la Guadeloupe. Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 3, A, (1) :
175-189.
1981fe. — Raiarctus colurus n. g., n. sp. et R. aureolatus n. sp., Tardigrades (Arthrotardi-
grada) marins nouveaux de sédiments calcaires. Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér.,
3, A, (2) : 515-522.
Reynal, A. de St Michel de, 1961. — Carte géologique détaillée de la France. Dépt. de la Gua¬
deloupe. Feuilles de Grande Terre et notice explicative. Imprimerie Nationale, Paris, 24 p.
-(- carte.
— 1966. — Carte géologique détaillée de la France. Dépt. de la Guadeloupe. Notice expli¬
cative des feuilles de Basse Terre et des Saintes. Paris, 60 p. -f- carte.
Rosen, D. E., 1976. — A vicariance model of Caribbean biogeography. Syst. Zool., 24 : 431-464.
Stock, J. H., 1977. — The taxonomy and zoogeography of the hadziid Amphipoda, with emphasis
on the west indian taxa. Stud. Fauna Curaçao., 55 : 1-128.
—- 1979. — New data on taxonomv and zoogeography of ingolfiellid Crustacea. Bijdr. Dierk..
49 ill : 81-96.
Toffart, J.-L., 1980. — Composition, distribution et dynamique des peuplements sessiles des
racines de Palétuviers et leur importance dans l’écosystème littoral en Guadeloupe (Antilles
françaises). Thèse Doct. 3 e cycle Écologie. Univ. P. et M. Curie, Paris, 125 p., 11 tabl.
Uhi.ig, G., H. Thiel et J. S. Gray, 1973. — The quantitative separation of meiofauna. A compa¬
rison of methods. Helgolander iviss. Meeresunters., 25 : 173-195.
4, 7
— 1034 —
Wagenaar Hummelinck, P., 1940a. — Studies on the fauna of Curaçao, Aruba, Bonaire and
the Venezuelan Islands 1. General information. 3. Zoogeographical remarks. Stud. Fauna
Curaçao, 1 : 1-57 et 109-130.
-— 19406. — Descriptions of the localities. Stud. Fauna Curaçao, 2 : 1-42.
— 1953. — Description of new localities. Stud. Fauna Curaçao, 4 : 1-108.
—- 1977. — Marine localities. Stud. Fauna Curaçao, 51 : 1-68.
Wf.yl, R., 1966. — Géologie der Antillen. Gebrüder Borntrager. Berlin, 410 p.
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 3, 1981,
section A, n° 4 : 1035-1052.
Nématodes abyssaux (Campagne Walda du N/O « Jean Cliarcot »)
III. Une sous-famille et six espèces nouvelles de Sphaerolaimidae
par Nicole Gourbault et Guy Boucher
Résumé. — Nématodes des vases abyssales de l’Atlantique sud-oriental (dorsale de Walvis,
profondeurs 2 063-4 308 m). La description de six nouvelles espèces de Sphaerolaimidae a permis
d’envisager le regroupement des taxons de cette famille, essentiellement en fonction de la struc¬
ture de la capsule buccale dont les différents types sont analysés. Création d’une sous-famille
nouvelle Metasphaerolaiminae, représentée par le genre Metasphaerolaimus n. gen. et par trois
espèces : M. cancellatus n. sp., M. hamatus n. sp. et M. inghsi n. sp. Le genre Sphaerolaimus compte
deux espèces : S. lutarinus n. sp. et S. ferulaceus n. sp. La dernière espèce, S. seticaudatus n. sp.
se rattache aux Subsphaerolaimus.
Abstract. — Nematodes from the deep-sea muds of the South East Atlantic (Walvis Bidge,
2 063-4 308 m depth). The description of six new species of Sphaerolaimidae leads to classify
the species of this family according to the structure type of the buccal cavity. A new subfamily,
Metasphaerolaiminae, is established for the genus Metasphaerolaimus n. gen. which includes three
species : M. cancellatus n. sp., M. hamatus n. sp. and M. inglisi n. sp. Three other new species :
Sphaerolaimus lutarius, S. ferulaceus and Subsphaerolaimus seticaudatus are also established.
N. Gourbault : Laboratoire des Vers, associé au CNRS, Muséum national d'Histoire naturelle, 61, rue de
Bujfon, 75231 Paris Cedex 05.
G. Boucher : Centre d'Etudes d’Océanographie et de Biologie marine du CNRS, 29211 Roscoff.
Les premières études taxinomiques consacrées à la Nématofaune des zones abyssales
situées au large du Sud-Ouest africain ont porté respectivement sur la famille des Cyatho-
laimidae et des Comesomatidae (Gourbault, 1980, 1981). Bien que moins abondante dans
ces vases profondes (2 944 à 4 180 m) situées de part et d’autre de la dorsale de Walvis,
la famille des Sphaerolaimidae y compte néanmoins six nouvelles espèces décrites ci-après.
Les spécimens étudiés proviennent de prélèvements effectués soit dans le bassin de
l’Angola, soit dans celui du Cap, par carottages de type Reineck ou au moyen de dragues
Sanders, aux stations suivantes :
— Bassin de l’Angola : station 15 (KR 11), 3 615 m, 18°26'S — 10°27,8'E, 29.VI.1971 ;
station 16 (DS 12), 4 308 m, 17°32,8' S — 9°28,7' E, 30.VI.1971 ; station 19 (KR 16), 2 063 m,
12°03' S — 12°20,5' E, 24.VII.1971.
— Bassin du Cap : station 5 (DS 04), 4 180 m, 21°59,1' S — 9°01,5' E, 9.VI.1971 ; station 6
(DS 05), 2 992 m, 21°45' S — 11°07,8' E, et (KR 05) 2 944 m, 21°43,7' S — 11°06' E, 11.VI.1971 ;
station 11 (KR 08), 3 694 m, 22°01' S — 10°17' E, 22.VI.1971.
Le matériel est déposé au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris.
— 1036 —
I. Considérations générales
SUR LA FAMILLE DES Sph AEROLAIMIDAE FilipjeV, 1918
A — Sous-famille Sphaeholaiminae Filipjev, 1918
Lorenzen (1978a et b) a récemment redéfini cette famille sur les bases de nouvelles
données se rapportant aux soies céphaliques, à la structure de la cavité buccale ainsi qu’au
développement post-embryonnaire.
L’importance de la structure de la cavité buccale nous est apparue également primor¬
diale. Cela nous a permis d’envisager les affinités entre espèces et de regrouper celles-ci
en cinq principaux types morphologiques (fig. 1) suivant que les cinq parties de la capsule
buccale sont plus ou moins développées.
La structure la plus fréquente est celle observée dans le genre-type Sphaerolaimus
Bastian, 1865. Elle est caractérisée par la division de la capsule buccale en cinq parties
plus ou moins égales (fig. 1, 1). La zone antérieure, ou cheilostome, regroupe le vestibule
globulaire délimité par la face interne des lèvres et la corbeille des baguettes cheilorhab-
diales au niveau de laquelle s’insèrent les soies céphaliques. La zone postérieure ou œso-
phagostome, dont les parois sont nettement renforcées et partiellement chagrinées, com¬
prend une première partie hexagonale, suivie d’une seconde aussi vaste et cylindrique,
et se termine par un télostome conique. Les huit groupes de soies subcéphaliques caracté¬
ristiques de la famille sont implantés à la limite cheilostome-œsophagostome ou sur la
partie antérieure de l’oesophagostome.
Dans le genre Subsphaerolaimus Lorenzen, 1978, le cheilostome est relativement peu
développé. 11 porte huit groupes de soies subcéphaliques chez l’adulte uniquement. Les
parties cuticularisées de l’œsophagostome sont aussi réduites à un simple anneau qui n’est
pas entouré par le tissu œsophagien et auquel fait suite le télostome bien visible (fig. 1, II).
Cette structure n’est pas sans rappeler celle de Steineria, comme le souligne Lorenzen
( op. cit.) et permet d’interpréter la morphologie de la cavité buccale des Sphaerolaimus
par le grand développement des parties antérieures de l’œsophagostome.
Avec le genre Doliolaimus Lorenzen, 1966, on retrouve la structure typique de la cavité
buccale de Sphaerolaiminae (fig. 1, III). Toutefois, les huit groupes caractéristiques de
soies subcéphaliques sont limités à huit soies isolées. Les soies céphaliques sont au nombre
de six et les soies cervicales sont peu nombreuses. La section de la cavité buccale est nette¬
ment circulaire et la lumière œsophagienne épaissie.
Ces trois genres constituent la sous-famille des Sphaerolaiminae caractérisée essentiel¬
lement par la forme en anneau continu, sans subdivision de la cavité buccale dans le sens
longitudinal.
B — Sous-famille Parasphaerolaiminae Lorenzen, 1978
En revanche, dans cette sous-famille, établie pour le genre Parasphaerolaimus Ditlev-
sen, 1918 (fig. 1, IV), les parois de l’œsophagostome sont constituées de six pièces antérieures
— 1037 —
et de trois postérieures, disposées en cercles successifs. En effet, dans ce genre, au contact
de la corbeille cheilorhabdiale et de la partie antérieure de rœsophagostome, se développent
six plaques cuticulaires transversales qui ne donnent plus une section vraiment circulaire.
La partie postérieure de l’œsophagostome comporte trois fortes plaques dentelées en forme
de meules ; le télostome bien développé est en forme de V prononcé présentant six (3 x 2)
plaques longitudinales (fig. 1, IV). Les soies subcéphaliques s’insèrent à l’extrémité anté¬
rieure de la corbeille.
v
Fig. 1. — Schémas des cavités buccales des cinq genres de la famille des Sphaerolaimidae : Sous-famille
des Sphaerolaiminae. I, Sphaerolaimm : a, région labiale et vestibule ; b, cheilostome ; c, œsophago-
stome antérieur; d, œsophagostome postérieur; e, télostome. II, Subsphaerolaimus. III, Doliolaimus.
Sous-famille des Parasphaerolaiminae. IV, Parasphaerolaimus. Sous-famille des Metasphaerolaiminae.
V, Metasphaerolaimus.
— 1038 —
C — Sous-famille Metasphaerolaiminae n. subfam.
Le dernier type de structure (iig. 1, V) est présenté par trois des espèces abyssales
nouvelles que nous allons décrire. La complexité de la paroi de la cavité buccale, composée
de six mâchoires à partie antérieure en forme de lyre et pièce basale en anneau complet,
nous amène à créer une nouvelle sous-famille caractérisée par ce type très particulier de
capsule céphalique de Metasphaerolaimus n. gen.
Dans l’état actuel de nos connaissances, ces cinq genres, regroupés en trois sous-familles,
composent la famille des Spbaerolaimidae et permettent de classer l’ensemble des espèces
signalées. Pour le genre Sphaerolairnus, une clé de détermination a été établie par Freu-
denhammer (1975). Malheureusement, celle-ci est fondée sur la séparation des espèces en
deux groupes : à six ou à dix soies céphaliques. Ces soies, dans la plupart des cas, sont
très petites et leur individualisation n’est souvent possible qu’en vue apicale, ainsi que
nous avons pu le constater lors de la description des espèces. De plus, de nombreuses espèces
où les dix soies ont été reconnues par les descripteurs se trouvent répertoriées dans ce tra¬
vail dans le groupe à six soies. Aussi nous a-t-il semblé difficile de conserver ce caractère
comme critère valable de différenciation et avons-nous préféré regrouper les espèces essen¬
tiellement en fonction de la structure de la cavité buccale, celle de l’appareil copulateur
étant également prise en considération.
11 nous semble plus pratique de définir trois tendances associatives dans le genre
Sphaerolairnus.
Le premier groupe d’espèces correspond à l’espèce-type du genre, S. hirsutus Bas-
tian, 1865 : œsophagostome chagriné ; différenciation sexuelle de l’amphide située au niveau
de la cavité buccale ; spicule plus ou moins long et grêle ; petit gubernaculum. Six espèces
se rapprochent de ce type : S. cuneatus Paramov, 1929 ; S. glaphyrus Vitiello, 1971 ; S. macro-
circulus Filipjev, 1918 ; S. macrocirculoides Wieser, 1954, S. ostreae Filipjev, 1918 ; S. peni-
cillus Gerlach, 1956.
Le deuxième groupe d’espèces présente les caractères suivants : œsophagostome cha¬
griné à protostome nettement développé ; dimorphisme sexuel pas toujours sensible pour
l’amphide située au niveau de la cavité buccale ; nette importance du gubernaculum qui
peut être parallèle au spicule sur la moitié de sa longueur comme c’est le cas pour S. haï¬
tiens Schneider, 1906, S. hirticollis Cobb, 1898, S. makrolasius Schulz, 1932, S. papillatus
Kreis, 1929, et S. profondus Vitiello, 1971, ainsi que pour S. lutarius n. sp. Le gubernacu¬
lum peut encore prendre la forme d’un crochet par développement de l’apophyse dorsale
comme chez S. maeoticus Filipjev, 1922, S. megamphis Wieser, 1956, S. pacifiais Allgen,
1947, ou S. pernanus Freudenhammer, 1975.
Le troisième groupe rassemble les espèces affines de S. gracilis de Man, 1876, à œso¬
phagostome chagriné ou non, amphide avec présence de dimorphisme sexuel, plus basse
que la cavité buccale (ou à sa limite postérieure) et gubernaculum plus ou moins bien déve¬
loppé : S. paragracilis Vitiello, 1971, S. uncinatus Freudenhammer, 1970. Cette dernière
espèce possède un nombre très réduit de soies subcéphaliques très courtes, comme c’est
le cas pour S. ibericus Freudenhammer, 1975, connu par une seule femelle. Cette réduc¬
tion du nombre de soies n’est cependant pas aussi prononcée que dans le genre Dolioiai-
mus. S. crenellatus Warwick, 1973, se rapproche encore de S. gracilis mais montre, en avant
— 1039 —
du télostome, une bordure denticulée circulaire qui la différencie de toutes les espèces
recensées précédemment et qui s’observe dans l’espèce abyssale S. ferulaceus n. sp. 5. abes-
kunus et S. caspius Tchesunov, 1980, doivent encore pouvoir se rapporter à ce troisième
type d’organisation.
En revanche, ces formations cuticulaires rappellent celles signalées par Inglis (1961)
pour S. anterides, espèce qu’il compare aux espèces du genre Parasphaerolaimus. L’espèce-
type de ce genre, P. paradoxus Ditlevsen, 1918, a été redécrite en détail par Lorenzen
(1978a) qui lui attribue S. dispar Filipjev, 1918, et P. polaris Filipjev, 1946. S. lodosus
Gerlach, 1956, ne montre pas les meules caractéristiques des précédentes mais l’anneau
de |ilaques cuticulaires est nettement différencié.
11. Diagnoses iies nouvelles espèces abyssales
Sphaerolaiminae Filipjev, 1918
Sphaerolaimus lutarius 1
(Fig- 2)
n. sp.
Matériel : 3 mâles, 3 femelles, 1 juvénile. Holotype AN 255 (DS 12) ; cotypes AN 256 à 258.
Localités : Bassin de l’Angola : st. 15 (KR 11) 2 femelles, 1 juvénile : st. 16 (DS 12) 3 mâles,
1 femelle.
Mesures (en pm) des 3 mâles, 3 femelles et du juvénile. Longueur totale : 2 366 ; 2 050 ; 2 458 ;
2 208 ; 2 550 ; 2 675 ; 1 708. Longueur de l’œsophage : 600 ; 558 ; 600 ; 640 ; 680 ; 725 ; 441. Dia¬
mètre céphalique (longueur des soies, en pourcentage) : 26 (12) ; 26 (10) ; 30 (9) ; 30 (9) ; 30 (9) ; 30
(13) ; 19 (15). Longueur des soies subcéphaliques : 5-15 ; 5-14 ; 5-15 ; 4,5-13 ; 5-15 ; 8-17 ; 6-10. Dis¬
tance amphide-extrémité antérieure : 34 ; 33 ; 37 ; 38 ; 40 ; 38 ; 46. Diamètre amphide (proportion
diamètre corporel correspondant) : 9-7,5 (16) ; 9-8 (17) ; 10-8,5 (17) ; 9-7,5 (15) ; 11-9 (20) ; 12-10
(21) ; 8 (17). Cavité buccale, longueur cheilostome : 16 ; 17,5 ; 17 ; 15 ; 18 ; 17 ; 10 ; protostome :
30 ; 25 ; 27,5 ; 31 ; 32 ; 34 ; 24 ; télostome : 10 ; 12 ; 12 ; 15 ; 14 ; 11 ; 7. Diamètre corporel maxi¬
mum : 100 ; 83 ; 115 ; 116 ; 105 ; 100 ; 67. Longueur de la queue (diamètre au niveau de l’anus) :
250 (73) ; 225 (70) ; 265 (78) ; 225 (60) ; 320 (80) ; 325 (76) ; 191 (48). Longueur des spicules (corde) :
74 (69) ; 73 (67) ; 74 (67,5). Longueur du gubernaculum : 58 ; 48 ; 40. Distance vulve-extrémité
antérieure : 1 200 ; 1 790 ; 1 890.
Coefficients de De Man : a = 23.6 ; 24.6 ; 21.3 ; 19 ; 24.2 ; 26.7 ; 25.4. b = 3.9 ; 3.6 ; 4 ; 3.4 ;
3.7 ; 3.6 ; 3.8. c = 9.4 ; 9.1 ; 9.2 ; 9.8 ; 7.9 ; 8.2 ; 8.9. V = — ; — ; — ; 67.92 ; 70.19 ; 70.65.
Description
Holotype mâle
Cuticule très faiblement striée, sans différenciation latérale. Partie antérieure tron-
conique (fig. 2, A), bouche à six lèvres portant à leur base six courtes papilles labiales.
Juste en arrière, une couronne de six, plus quatre, soies céphaliques de 3 p.m de longueur.
A l’extrémité antérieure de l’œsophagostome chagriné, les soies subcéphaliques sont dispo-
1. En raison de l’habitat : qui vit dans la vase.
— 1041 —
sees en huit groupes de quatre soies : une grande (14-15 p.m), une moyenne (10 p.m) et deux
plus petites (4-7 [Am). Dix groupes de soies cervicales sont constitués de huit groupes de deux
à trois soies, dans l’alignement des subcéphaliques sublatérales, et deux latéraux au niveau
du bord supérieur de l’amphide. Entre les couronnes de subcéphaliques et de cervicales
s’observent de petites soies sans disposition particulière. En arrière de l’amphide huit
files de soies somatiques paires s’étendent jusqu’à l’anneau nerveux; puis il n’y a plus
qu’une seule soie par file sur toute la longueur de l’œsophage. Sur le reste du corps les soies
somatiques sont peu visibles. La cavité buccale (fig. 2, A) longue de 56 p,m montre les cinq
parties caractéristiques définies précédemment : vestibule globulaire (14 %) ; cheilostorne
(14 %) constitué de 36 baguettes cheilorbabdiales insérées sur un cadre hexagonal ; œso-
phagostome à zone antérieure bien développée (34,5 %) de section cylindrique, à paroi
chagrinée, s’étendant de la couronne de soies subcéphaliques aux soies cervicales latérales ;
zone moyenne (19,5 %) sur laquelle ouvre l’amphide, à paroi épaissie à section hexago¬
nale ; zone basale tronconique (17,5 %), court télostome de section triangulaire. Au débou¬
ché de l’œsophage s’observe une glande dorsale granuleuse ; pas de trace de dent. Amphide
ovale de 9 X 7 pm. Œsophage cylindrique (600 pm) à paroi interne épaisse sans élargisse¬
ment basal musculeux ; intestin très opaque jaune d’or.
Queue cylindroconique (250 pm), cylindrique sur le quart postérieur ; 3 soies termi¬
nales de 9-10 pm. De fines soies somatiques sont bien visibles sur toute la longueur de la
queue (fig. 2, C). Spicule pair et massif à paroi renforcée, faiblement arqué (long. 74 p.m,
soit 1 diamètre anal, corde 69 pm) à capitulum assez peu différencié. Parallèle au spicule
sur les trois quarts de sa longueur, le gubernaculum, également pair, montre une pointe
distale nette, un manchon globuleux réfringent médian et une partie proximale arrondie,
redressée dorsalement (fig. 2, D, E). Les deux testicules sont plus ou moins cachés par
l’intestin.
Femelles : Absence de dimorphisme sexuel au niveau de l’amphide ; longueurs du
corps et de la queue légèrement supérieures à celles du mâle. Un seul ovaire antérieur.
Vulve peu développée.
Discussion
Sphaerolaimus lutarlus n. sp. se rattache au deuxième groupe que nous venons de
définir chez les Sphaerolaimidae, et plus particulièrement aux espèces à gubernaculum
massif, parallèle au spicule sur la moitié de sa longueur, telle S. balticus dont il montre
une structure céphalique très voisine (organe des sens étudié par Malakhov & Ovchin¬
nikov, 1980). En revanche, chez cette espèce, le spicule est totalement différent, grêle
et pourvu d’une aile dorsale, le gubernaculum ne possède pas de mamelon médian qui
pourrait exister chez S. profondus, espèce de petite taille à dimorphisme sexuel net et
spicule court simplement arqué. S. lutarius se différencie des autres espèces du groupe
par son spicule court mais trapu et la morphologie très particulière du gubernaculum,
plus globuleux et incurvé en ébauche d’apophyse dorsale, toutefois non développée en
crochet.
— 1042 —
Sphaerolaimus ferulaceus 1 n. sp.
(Fig. 3)
Matériel : 1 femelle. AN 259 (DS 05).
Localités : Bassin du Cap.
— 441 1 166 1 525
Mesures : Femelle-— — 1 708 p.m.
18 58 66 45
Coefficients de De Man : a = 25.8 ; b = 3.9 ; c = 9.3 ; V = 68.26.
Fig. 3. —■ Sphaerolaimus ferulaceus n. sp. : A, extrémité antérieure ; B, queue.
Description
Cuticule striée, sans différenciation latérale. Partie antérieure tronconique, bouche à
six lèvres nettes et six papilles labiales peu visibles à leur base. Couronne de six soies cépha¬
liques (6 pm) (+ quatre ?) immédiatement suivie par celle des subcéphaliques disposées
en huit groupes de trois soies d’inégale longueur (4 à 13 pm). Soies cervicales insérées en
1. Forme de la queue rappelant une férule.
— 1043 —
arrière de la partie chagrinée de l’œsophagostome : huit groupes de quatre à cinq soies
(deux petites, 8 p.m ; une moyenne, 11 pim ; deux longues 18 pim) dans l’alignement des
subcéphaliques et deux groupes de deux longues soies (17 pim) au-dessus des amphides.
Huit files de soies somatiques simples (15-16 pim) tout le long du corps ; seules les files
latérales montrent des soies paires sur la moitié antérieure de l’œsophage.
Cavité buccale (40 pim de long) à structure caractéristique des Sphaerolaimus : vestibule
net (15 %), cheilostome (15 %) à baguettes cheilorhabdiales, œsophagostome subdivisé
en une partie antérieure (30 %) à paroi chagrinée, moyenne plus réduite (22 %) à base
faiblement crénelée et court télostome (18 %) sur lequel ouvre l’amphide circulaire de 7 pim
de diamètre (17 % du diamètre corporel au même niveau et à 34 pim de l’extrémité apicale).
Œsophage cylindrique dépourvu de bulbe, court cardia. Queue cylindroconique, tubu¬
laire sur le dernier tiers de sa longueur ; plumet de neuf soies terminales de 13-14 pim
(fig. 3, B).
Ovaire antérieur impair, vulve bien développée et court vagin.
Discussion
L’œsophagostome à base crénelée est à rapprocher de celui de S. crenellatus dont les
denticulations s’insèrent toutefois à un niveau différent. Le nombre de soies cervicales
est réduit à trois dans cette dernière espèce ; la morphologie et la sétation de la queue dépour¬
vue de plumet les différencient également.
Subsphaerolaimus seticaudatus n. sp.
(Fig. 4)
Matériel : 1 femelle (AN 273).
Localité : St. 11 (KR 08).
— 383 1 000 1 300
Mesures : Femelle-- I 491 pim.
20 41 50 39
Coefficient de De Man : a = 29.8 ; h = 3.8 ; c = 7.8 ; V = 67.06.
Description
Cuticule à striations non visibles. Tête arrondie en coupole (fig. 4, A), lèvres basses,
papilles labiales non visibles. Couronne de dix soies céphaliques (6 papilliformes, 4 de 4 pim)
insérées au niveau de l’apex des cheilorhabdia, suivie d’une seconde couronne de soies
subcéphaliques en huit groupes de trois ou quatre soies (8-10 pim). Dans le même aligne¬
ment s’observent huit groupes de trois soies cervicales insérés au niveau du télostome.
Chez cet unique spécimen, une nette dissymétrie apparaît entre les deux côtés. Les deux
paires de soies visibles du dessus de l’amphide gauche sont réduites à une seule sur le
côté droit. Ces amphides circulaires de 9 pim de diamètre, soit 23 % du diamètre corporel,
— 1044 —
sont situées à 46 [im en arrière de l’extrémité antérieure. Cavité buccale à vestibule aplati
(10 %) et haut cheilostome (32 %) à baguettes cheilorhabdiales bien développées ; œsopha-
gostome à paroi très fortement cuticularisée, réduite à un simple anneau (20 %) dont seule
la partie supérieure de 19 fi.m de largeur est chagrinée (8 %), et vaste télostome en enton¬
noir (38 %) à paroi également cuticularisée entourée par les tissus œsophagiens.
Fig. 4. —• Subsphaerolaimus seticaudatus n. sp. Extrémité antérieure femelle en vue latérale : A, vue
gauche ; B, vue droite ; C, vue latérale de la queue.
— 1045 —
Long œsophage cylindrique, cardia à peine différencié. Queue (191 p.m) conique puis
cylindrique sur les 44 % de sa longueur à soies somatiques nombreuses ; trois soies termi¬
nales et six subterminales (fig. 4, C). Ovaire impair antérieur. Vulve étroite.
Discussion
Du type Subsphaerolaimus littoralis Lorenzen, 1978, la nouvelle espèce possède la
structure céphalique caractéristique du genre mais ici l’œsophagostome est en partie cha¬
griné et le cheilostome particulièrement développé, les soies cervicales et somatiques sont
plus nombreuses et plus longues. Elle se différencie des deux autres espèces du genre par
la présence de soies en bordure des amphides. S. lamasus (Gerlach, 1956) présente une
taille plus faible et elle est plus trapue et S. gerlachi (Wieser, 1959) se caractérise par des
soies subcéphaliques quatre fois plus longues et une queue plus conique et courte.
Metasphaerolaiminaf, n. subfam.
Diagnose : Sphaerolaimidae à cavité buccale possédant six mâchoires 1 semblables, en forme
de lyre dans leur partie distale, articulée grâce à des pièces intermédiaires de la base de l’œsopha¬
gostome sur une pièce circulaire fortement cuticuiarisée, solide.
Genre-type : Metasphaerolaimus n. gen.
METASPHAEROLAIMUS n. gen.
Diagnose : Cuticule finement striée. Amphides circulaires, plus grandes chez les mâles et
situées en arrière de la cavité buccale. Six papilles labiales très réduites. Six courtes et quatre
plus longues soies céphaliques ; huit groupes de plusieurs soies subcéphaliques. Peu de soies cer¬
vicales. Cavité buccale à section circulaire dont les parois de l’œsophagostome sont constituées
de six formations cuticulaires délimitant des « fenêtres ». Chacune de ces pièces en forme de lyre
comporte deux branches antérieures formant mâchoire et deux insertions postérieures qui bordent
six ouvertures non cuticularisées et qui reposent sur un anneau plein fortement cuticularisé. Paroi
interne de l’œsophage normalement épaissie et cuticuiarisée. Ovaire antérieur allongé unique ;
testicule impair (?).
Espèce-type : Metasphaerolaimus cancellatus n. sp.
Metasphaerolaimus cancellatus n. sp. 2
(Fig. 5)
Matériel : 2 mâles, 9 femelles, 1 jeune femelle. Holotype, AN 260 (DS 12) ; cotypes AN 261
à 267.
1. Il est à noter que l’aspect de ces mâchoires n’est pas sans rappeler celui de Mesacanthion (Ditlev-
sen comparait aux Halichoanolaimus son Parasphaerolaimus paradoxus) . Le type de structure de Sphaero¬
laimidae n’est pas non plus sans rappeler curieusement celle de certains Cyathostominae, Strongyloidea,
parasites de Vertébrés.
2. En raison de la structure de l’œsophagostome cloisonné : fait en forme de jalousie.
— 1047 —
Localités : Bassin de l’Angola : st. 16 (DS 12) 3 femelles, 1 mâle ; st. 19 (KR 16) 1 mâle ;
Bassin du Cap : st. 5 (DS 04) 4 femelles ; st. 6 (DS 05) 2 femelles.
Mesures (en p.m) des 9 femelles (moyenne et écart-type) et 2 mâles. Longueur totale : 1 039
i 125 ; 1 050 ; 730. Longueur œsophage : 215 J; 13 ; 255 ; 193. Diamètre céphalique : 15 i 1 ;
14 ; 10. Distance amphide-extrémité antérieure 43,4 ± 7,5 ; 30 ; 25. Diamètre amphide (pourcen¬
tage diamètre corporel correspondant) : 5,4 i 1,3 (22 ^ 3,8) ; 12,5 (58) ; 10,5 (50). Longueur
totale de la cavité buccale : 20,9 i 2,3 ; 18 ; 17,5. Longueur cheilostome : 7,2 ^ 0,6 ; 7 ; 6,5.
Longueur œsophagostome (sauf télostome) : 7,2 ^ 1,7 ; 6 ; 5,5. Diamètre corporel maximum :
34,5 i 4,1 ; 30 ; 28. Longueur de la queue (diamètre au niveau anus) : 105,5 5,4 (29 ^ 1,6) ;
125 (25) ; 78 (21). Longueur spicule (corde) 29 (27) ; 30 (28). Distance vulve extrémité antérieure •
634.4 ± 69,8.
Coefficients de De Man : a = 30.1 ± 2.4 ; 35 ; 26. b = 4.8 0.4 ; 4.1 ; 3.8. c = 9.7 £09-
8.4 ; 9.3. V = 61.16 ± 1.
Description
Holotype femelle
Cuticule finement striée transversalement ; corps fusiforme. Papilles labiales non
visibles, même en vue frontale. Six courtes soies (1 p,m) et quatre un peu plus longues
(2.5 p.m). En arrière de cette couronne de dix soies (fig. 5, A) se situe la couronne des soies
subcéphaliques en huit groupes de quatre soies (deux longues, 10 p.m ; une moyenne, 8 p.m ;
une plus courte, 3 p,m). Deux soies inégales un peu au-dessus de l’amphide (à 8 p,m, juste
au-dessus de l’amphide chez la femelle, plus hautes chez le mâle). Quelques soies somatiques
en huit files dans la région antérieure, mais à partir de la base de l’œsophage le corps est
glabre.
Structure de la cavité buccale caractérisant le genre : vestibule (20 %) suivi du
cheilostome (22 %) constitué de 24 baguettes insérées sur un cadre hexagonal (fig. 5, B).
Œsophagostome à paroi non chagrinée mais différenciée en six formations cuticulaires
cannelées intérieurement, en forme de double lyre, délimitant entre elles six larges ouver¬
tures. Les extrémités apicales arrondies des branches de la double lyre (fig. 5, C) doivent
pouvoir s’écarter pour permettre l’ouverture de la corbeille buccale ; elles sont plus ou
moins rapprochées selon les spécimens observés. La partie postérieure de l’œsophagostome
est constituée par un anneau étroit, caractéristique des Sphaerolaiminae, sur lequel appa¬
raissent des dents.
Amphide circulaire de 5 p.m de diamètre, soit 20 % du diamètre du corps à ce niveau,
située à 35 p.m de l’extrémité antérieure de l’animal. Œsophage cylindrique légèrement
plus large dans sa partie postérieure à paroi interne épaisse et cuticularisée ; petit cardia
globuleux. Présence de capsules buccales de congénères dans l’intestin.
Queue cylindroconique (115 p.m), cylindrique sur son dernier cinquième, terminée par
trois soies de 8 p.m de longueur (fig. 5, D).
Ovaire impair antérieur ; petite vulve étroite, peu développée.
Mâle : Dimorphisme sexuel portant sur la taille (10 p,m, 50 % du diamètre corporel)
et la position (25 p,m de l’apex) de l’amphide (fig. 5, E). Spicule pair (30 jxm, soit 14 dia¬
mètre anal) faiblement arqué, montrant une constriction au niveau du quart postérieur
(fig. 5, F). Gubernaculum en simple lame dorsale (30 % du spicule).
— 1048 —
Discussion
Espèce-type du genre Metasphaerolaimus, M. cancellatus est caractérisée par le décou¬
page en mâchoires, en forme de lyres très nettes, de la paroi de l’œsophagostome.
Ces formations cuticulaires délimitant des ouvertures « fenestrae » ont déjà été signa¬
lées par Wieser (1956) pour S. campbelli Allgen, 1927 (que nous rapportons de ce fait à
ce genre), à très longues soies, surtout subcéphaliques (2 fois le diamètre de la tète à ce
niveau) et cervicales (3/4 du diamètre corporel). S. hadalis Freudenhammer, 1975, possède
également cette structure céphalique mais l’œsophagostome montre de plus une struc¬
ture chagrinée absente dans l’espèce-type : le spicule est dépourvu de constriction. Quant
à S. crassicauda Freudenhammer, 1975, très petite espèce décrite à partir de femelles uni¬
quement, en raison de la forme atypique de la queue, elle est très proche des précédentes
formes et n’a pas non plus de paroi chagrinée céphalique. En plus des espèces précédentes
deux autres espèces doivent aussi être rapportées au genre Metasphaerolaimus, il s’agit
des espèces nouvelles M. hamatus et M. inglisi.
Metasphaerolaimus hamatus n. sp. 1
(Fig. 6)
Matériel : 2 femelles, 1 juvénile. Holotype, AN 268, paratypes AN 269 à 270.
Localités : Bassin du Cap. St. 6 (KR 05).
Mesures (en pm) des spécimens. Longueur totale : 895 ; 885 ; 828. Longueur œsophage : 200 ;
190 ; 208. Diamètre céphalique : 17 ; 15 ; 14. Distance amphide-extrémité antérieure : 45 ; 42 ;
45. Diamètre amphide (pourcentage diamètre corporel correspondant) : 5 (20) ; 5 (20,8) ; 3,5 (15,9).
Cavité buccale, longueur totale : 27 ; 23 ; 22 ; cheilostome : 8 ; 7 ; 7 ; œsophagostome (télostome
excepté) : 9 ; 8,5 ; 9. Diamètre corporel maximum : 35 ; 30 ; 32. Longueur queue (diamètre niveau
anus) : 85 ; 90 ; 89. Distance vulve-extrémité antérieure : 525 ; 515.
Coefficients de De Man : a = 25.5 ; 28.5 ; 25.4. b = 4.4 ; 4.5 ; 3.9. c = 10.5 ; 9.5 ; 9.5 ; V =
58.65 ; 60.23 ; —.
Description
Holotype femelle : Cuticule à striation transversale peu marquée. Six papilles labiales-
très réduites. Dix soies céphaliques : six courtes (1 (xm) et quatre plus longues (5 p.m),
et huit groupes de trois subcéphaliques (10-12 p.m) insérées à la jonction des deux premières
parties de l’œsophagostome (fig. 5, A). Soies somatiques (10 pm) peu nombreuses, disposées
en files régulières jusqu’au niveau de l’anus. Cavité buccale en cinq parties : vestibule
globuleux (17 %) et cheilostome (23 %) à 5 X 6 baguettes cheilorhabdiales, œsophagos¬
tome (24 % + 18 %) à paroi non chagrinée, à six épaississements cuticulaires séparant
de longues ouvertures bien délimitées (fig. 6, A) atteignant la partie proximale du télos-
1. En raison de la morphologie de la queue « garnie d’un hameçon ».
— 1049 —
tome en forme d’anneau net, fortement cuticularisé. Dans ce dernier, assez court (16 %)
et conique, débouche l’œsophage à paroi interne épaissie et cuticularisée, et s’observent
deux petites dents latérales. Amphide circulaire de 5 p,m de diamètre, soit 20 % du dia¬
mètre corporel correspondant, située à 45 p.m de l’extrémité apicale. Œsophage cylindrique
dépourvu de bulbe.
Queue conique portant, en plus de quelques soies somatiques peu nombreuses, des
expansions cuticulaires très caractéristiques, redressées vers l’avant en forme de piquants
(fig. 6, B). Trois de ces piquants (13 q,m) sont insérés sur l’extrémité de la queue. Ovaire
impair antérieur, vulve étroite, très court vagin.
Discussion
Metasphaerolaimus hamatus diffère des autres espèces du genre par la morphologie
très particulière de la queue. Cette dernière rappelle celle d’un autre Sphaerolaimus abyssal,
S. uncinatus Freudenhammer, 1970, chez lequel toutefois ces piquants manquent à l’extré-
4, 8
— 1050 —
mité caudale et qui, du fait de la réduction des soies céphaliques et de la structure de la
cavité buccale, ne peut être rapporté à ce genre.
Metasphaerolaimus inglisi 1 n. sp.
( Fi g- 7 )
Matériel : 2 femelles, 1 juvénile. Holotype AN 271 et paratype AN 272.
Localités : Bassin du Cap. St. 6 (KR 05) 1 femelle et bassin de l’Angola St. 19 (KR 16)
1 femelle, 1 juvénile.
Fig. 7. — Metasphaerolaimus inglisi n. sp. : A, extrémité antérieure femelle ; B, queue.
Mesures (en |im) des 3 spécimens. Longueur totale : 1 350 ; 1 100, 655. Longueur œsophage :
330 ; 275 ; 175. Diamètre céphalique : 15 ; 13 ; 9. Distance amphide-extrémité antérieure : 33 ;
1. Avec nos très sincères remerciements au Pr. William Grant Inglis pour l’intérêt qu’il a bien voulu
porter à ce travail et pour ses judicieux conseils.
— 1051 —
33 ; 30. Diamètre amphide (pourcentage diamètre corporel correspondant) : 5,5 (16,5) ; 6 (20) ;
5 (14). Cavité buccale, longueur totale : 26 ; 26 ; 18. Cheilostome : 11,5 ; 11 ; 6. Œsophagostome
(sauf télostome) : 12 ; 12,5 ; 9. Diamètre corporel maximum : 60 ; 45 ; 28. Longueur queue (dia¬
mètre au niveau anus) : 147 (43) ; 119 (33) ; 82 (20). Distance vulve-extrémité antérieure : 1 000 ;
775.
Coefficients de De Man : a = 22.5 ; 24.4 ; 23.3. b = 4 ; 4 ; 3.7. c = 9.1 ; 9.2 ; 8. V = 74.07 ;
70.45 ; —.
Description
llolotype femelle : Cuticule à fines striations transversales. Six très courtes papilles
labiales à la base des lèvres ; dix soies céphaliques à peu près de même longueur (3,4 |im)
à la limite cheilostome-œsophagostome. Huit groupes de quatre à cinq subcéphaliques
(20 |im), 3 longues (12 p.m), une moyenne (10 p.m) et une plus petite (8 p.m). Trois soies
accolées juste au-dessus de l’amphide. Présence de soies somatiques essentiellement sur les
parties antérieure et postérieure du corps.
Cavité buccale (26 X 19 p.m) en cinq parties classiques (fig. 7, A) : vestibule (21 %) ;
cheilostome (23 %) à 24 baguettes cheilorhabdiales, œsophagostome à zone antérieure à paroi
fortement cuticularisée, constituée de six mâchoires puissantes en forme de X, délimitant
six fenêtres très nettes et montrant un aspect chagriné inhabituel pour le genre (29 %) ;
la zone postérieure est cylindrique (15 %) et repose sur un solide anneau basal ; le télos¬
tome est court et conique (12 %). Amphides circulaires.
Œsophage cylindrique et dépourvu de bulbe. Queue rétrécie sur son quart postérieur
atteignant 3,4 fois la longueur du diamètre anal (fig. 7, B). Ovaire droit impair antérieur,
vulve étroite, vagin allongé.
Discussion : M. inglisi se différencie des autres espèces du genre par ses mâchoires
plus massives et l’aspect chagriné de la paroi de la capsule.
Remerciements
Les spécimens étudiés proviennent des collections de Jeanne Renaud-Mornant qui a effec¬
tué le tri d’une partie de la méiofaune qu’elle a récoltée lors de la campagne océanographique
Walda, effectuée sous l’égide du CNEXO.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Pour toutes références antérieures à 1973, consulter : Gerlach, S. A., & F. Riehann, The Bremer-
haven checklist of aquatic nematodes. A catalogue of Nematoda Adenophorea excluding the Dorylai-
mida. Verôjf Inst. Meeresforsch. Bremerh., Suppl. 4 (1973-1974) : 1-404 ; 405-736.
Freudenhammer, L, 1975. — Neue Sphaerolaimiden (Nematoda, Monhysterida) aus der Tiefsee.
« Meteor » Forsch. Ergebnisse, Reihe D, 21 : 11-18.
Gouhbault, N., 1980. — Nématodes abyssaux (Campagne Walda du N/O Charcot). I. Espèces
nouvelles de Cyatholaimidae. Cah. Biol, mar., 21 (1) : 61-71.
— 1052 —
— 1980 (1981). — Nématodes abyssaux (Campagne Walda du N/O Charcot). II. Espèces et
genre nouveaux de Comesomatidae. Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 2, section A,
(3) : 737-749.
Lorenzen, S., 1978a. — Postembryonal entwicklung von Steineria und Sphaerolaimidenarten
(Nematoden) und ihre Konsequensen für die Systematik. Zool. Anz., Jena, 200 : 53-78.
— 19786. — The system of the Monhysteroidea (Nematodes). A new approach. Zool. Jb.,
(Syst.), 105 : 515-536.
Malakhov, V. V., & A. V., Ovchinnikov, 1980. — A study of sense organs in free-living marine
Nematodes. 1. Sphaerolaimus balticus (Monhysterida, Sphaerolaimidae). Zool. Zh., 59 : 805-
809.
Tchesunov, A. V., 1980. — New data on free-living nematodes of the superfamily Monhyste¬
roidea of the Caspian sea. Zool. Zh., 59 : 973-985.
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 3, 1981,
section A, n° 4 : 1053-1059.
Deux genres aberrants de Nematodes Tricliostrong yloïdes
parasites de Marsupiaux australiens :
Asymmetracantha Maw son, 1960, et Nasistrongylus n. gen.
par Marie-Claude Durette-Desset et Ian Beveridge
Résumé. - - Redescription d’ Asymmetracantha tasmaniensis Mawson, I960, parasite de Pera-
melidae en Australie et en Tasmanie. L’espèce, caractérisée par un appareil de fixation cervical,
peut être cependant rattachée aux Mackerrastrongylinae, dont elle présente les principaux carac¬
tères. Nicollina antechini Beveridge et Barker, 1975, parasite des cavités nasales d ’Antechinus
stuartii, est placé dans un nouveau genre, Nasistrongylus, qui possède un certain nombre de carac¬
tères originaux : réduction des six lèvres, absence d’épine caudale sur la queue de la femelle, spi¬
cules divisés en 5 branches, synlophe avec symétrie radiale, localisation nasale. Le genre peut
cependant être rapproché des Herpetostrongylinae, par les caractères céphaliques, la disposi¬
tion des côtes bursales, l’allongement des spicules et l’asymétrie de l’ovéjecteur.
Abstract. — Two aberrant trichostrongyle nematode genera parasitic in Australian marsupials :
Asymmetracantha Mawson, 1960, and Nasistrongylus n. gen. — Redescription of Asymmetra¬
cantha tasmaniensis Mawson, 1960, parasitic in Peramelidae from Australia including Tasmania.
The species, although it has a characteristic cervical fixation apparatus, is assigned to Macker¬
rastrongylinae because it has the principal characters of this subfamily (absence of lips ; presence
of a cephalic vesicle ; small buccal ring, dorsal tooth ; synlophe poorly developed ; arrangement
of dorsal rays ; spicules divided into 3 processes ; female didelphic with vagina vera into middle
of vestibule, presence of a caudal spine). Nicollina antechini Beveridge & Barker, 1975, parasitic
in the nasal passages of Antechinus stuartii, is placed in a new genus, Nasistrongylus which has
a certain number of unique characters : reduction of the six lips, absence of a spine on the female
tail, spicules divided into 5 processes, synlophe with radial symmetry, nasal localization. However,
the genus can be classified in the Herpetostrongylinae by the cephalic characters, arrangement
of the bursal rays (rays 2 and 3 large, separated from reduced lateral trident, 5-6 grouped) elongate
spicules and asymmetric ovejectors.
M.-C. Durette-Desset : Laboratoire de Zoologie (Vers), associé au CNRS, Muséum national d’Histoire
naturelle, 61, rue de Bufjon, F 73231 Paris Cedex 05.
I. Beveridge : Institute of Medical and Veterinary Science, Box 14, Bundle Street PO, Adelaide, South
Australia 5000.
En Australie, la faune des Nématodes parasites de Vertébrés est assez riche en formes
aberrantes.
L’un des deux Trichostrongyloïdes étudiés ci-dessous se distingue par l’acquisition
d’un appareil d’accrochage à la muqueuse de l’hôte, ce qui est original pour ce groupe,
l’autre par une localisation nasale chez l’hôte, et non intestinale comme il est de règle.
L’analyse morphologique montre cependant la conservation d’éléments assez carac-
— 1054 —
téristiques, qui permettent de classer le premier genre dans la lignée « Mackerrastrongylus »,
et le second dans la lignée « Woolleya ».
1. Asymmetracantha tasmaniensis Mawson, 1960
Matériel de redescription : 7 $ et 4 Ç, paratypes HC 3334 (coll. P.M. Mawson), parasites
de l’intestin grêle d’un Isoodon obesulus (Shaw, 1797), à Durnolan, en Tasmanie ; 1 1 $?, MNHN
101 IID, parasites de l’estomac de deux Perameles nasuta, 9 <$, 9 Ç, MNHN 105 HD, parasites
de l’intestin d’un P. nasuta, originaires de Nadgee state Forest, Eden, N.S.W., capturés le 13.11.
1978 et le 28.VII.1978 par D. Spratt et P. Haycock.
L’espèce a également été décrite du Queensland chez P. nasuta par Mawson, 1960.
Compléments morphologiques
Les Nématodes peuvent être complètement déroulés ou enroulés sur la ligne ventrale,
soit dans la partie antérieure du corps, soit tout le long du corps. Deirides fines et allongées,
nettement postérieures au pore excréteur.
Fig. 1. — Asymmetracantha tasmaniensis Mawson, 1960, chez Perameles nasuta $, tète. A, vue apicale
superficielle ; B, vue apicale montrant le crochet ventral ; G, vue apicale profonde ; D, vue latérale
gauche.
Tête : Bouche triangulaire, sans lèvres. Papilles labiales internes absentes. Papilles
labiales externes, céphaliques et amphides disposées sur six reliefs formant un cercle peri¬
buccal (fig. 1, A) ; anneau buccal bien marqué, articulé avec une lame triangulaire formant
un puissant crochet ventral (fig. 1, B). Anneau buccal soutenu par cinq formations chiti-
noïdes : deux latéro-ventrales, deux latérales et une dorsale articulées avec les parties
convexes de l’anneau buccal (fig. 1, C). Lobe œsophagien dorsal plus grand que les ven¬
traux, armé sur sa face interne d’une petite dent chitinoïde (fig. 1, C). Vésicule céphalique
présente, mais faiblement développée (fig. 1, D).
Synlophe : Dans les deux sexes, présence de deux ailes cervicales qui naissent ven-
tralement derrière la vésicule céphalique et se terminent latéralement un peu en avant
de l’anneau nerveux (fig. 2, A, B) ; avant la disparition des crêtes cervicales, naissent deux
crêtes près du champ dorsal, qui deviennent latéro-dorsales (fig. 2, A, B) ; enfin, au niveau
du pore excréteur, naissent deux crêtes latéro-ventrales (fig. 2, C) ; chez la femelle, celles-ci
Fig. 2. — Asymmetracantha tasmaniensis chez Isoodon obesulus $ et Perameles nasuta J. A à C, <J, nais¬
sance des crêtes cervicales et des autres crêtes, vues ventrale, dorsale, latérale droite ; D, <$, coupe
transversale au niveau des crêtes cervicales ; E, $, coupe transversale au milieu du corps ; F, tête,
vue apicale montrant le crochet ventral ; G, $, région de l’ovéjecteur, vue latérale gauche ; H, queue,
vue latérale gauche ; I, Ç, vulve et ailes vulvaires ; J-K, bourse caudale, vue ventrale gauche ;
M, (J, spicule gauche, vue interne ; N, çj, pointes d’un spicule ; O, gubernaculum, vue latérale droite.
A à D, K, M, P : paratypes. A à G, éch. : 100 pm ; D à F, L à O, éch. : 30 pm ; G, éch. : 75 pm ;
H, J, K, éch. : 50 pm ; I, éch. : 20 pm.
— 1056 —
disparaissent au niveau de la vulve, les latéro-dorsales un peu plus postérieurement. Chez
le mâle, les crêtes disparaissent sur le quart postérieur du corps. La pointe des crêtes cer¬
vicales est orientée vers le ventre (fig. 2, D), celle des autres crêtes vers le dos (fig. 2, E).
Mâle (voir fig. 2, M, paratypes, et fig. 2, J, N, O, L, chez Perameles nasuta) : Côtes 2
et 3 séparées de la côte 4 courte, elle-même séparée des 5-6. Les spicules sont divisés en
trois branches, la branche externo-latérale est fortement recourbée vers la face interne du
spicule. Les rameaux internes sont plus petits et se terminent par une pointe aiguë. Pré¬
sence de fines sculptures sur la membrane alaire réunissant les différentes pointes. Guber-
naculum de forme rectangulaire. Cône génital avec très longue papille zéro et papilles sept
pédonculées.
Femelle (étudiée chez Perameles nasuta 101 HD) : Chez un spécimen long de 3,4 mm,
sur 60 fxm de large dans la partie antérieure du corps et 100 fxm dans la partie postérieure,
la vésicule céphalique est haute de 40 fxm (ventre), 45 p.m (dos) sur 35 fxm de large. Anneau
nerveux, pore excréteur et deirides situés respectivement à 150 p,m, 220 p,m et 280 p,m
de l’apex. Œsophage long de 375 fxm.
Didelphie. Vulve s’ouvrant à 700 (xm de la pointe caudale. Vagina vera : 30 (xm, débou¬
chant presque au milieu du vestibule, long de 80 [im. Sphincters : 30 txm chacun, trompes :
45 [xm chacune. Branche utérine antérieure, longue de 600 (xm, contenant six œufs ; branche
postérieure, longue de 400 fxm, contenant quatre œufs. Les œufs sont hauts de 55 fxm sur
30 fxm de large et non embryonnés (fig. 2, C).
Queue longue de 90 ;xm, enflée à son extrémité, avec une pointe caudale de 20 p,m
(fig- 2, H).
Discussion : Le genre Asymmetracantha Mawson, 1960, présente les caractères essen¬
tiels du genre Mackerrastrongylus Mawson, 1960 : caractères céphaliques (absence de lèvres,
présence d’une vésicule céphalique, d’un petit anneau buccal et d’une dent dorsale) ; syn-
lophe peu développé ; disposition semblable des côtes bursales ; spicules divisés en trois
branches ; femelle didelphe avec vagina vera débouchant au milieu du vestibule ; présence
d’une pointe caudale. Il en diffère par l’absence de côtes extra-dorsales et surtout par un
appareil d’accrochage original à la muqueuse de l’hôte : l’action est renforcée par l’accro¬
chage des deux ailes cervicales dont la pointe est orientée ventralement.
Définition : Genre Asymmetracantha Mawson, 1960. Trichostrongyloidea. Tète : absence de
lèvres. Présence d’une vésicule céphalique, d’un anneau buccal et d’une petite dent dorsale. L’anneau
buccal soutenu par cinq pièces chitinoïdes se prolonge en surface par un grand éperon ventral.
Synlophe : deux crêtes cervicales latérales orientées vers le ventre. Quatre crêtes latéro-ventrales
orientées vers le dos. Mâle : bourse caudale avec côtes 4 courtes séparées des 2-3 d’une part, 5-6
d’autre part. Spicules divisés en trois branches. Femelle didelphe avec branches de l’ovéjecteur de
longueur équivalente. Œufs peu nombreux. Présence d’une pointe caudale.
Parasite de Perameloidea d’Australie (Tasmanie incluse).
Espèce-type unique : .4. tasmaniensis Mawson, 1960.
2. Nasistrongylus antechini (Beveridge el Barker, 1975) n. ch.
Syn. : Nicollina antechini Beveridge et Barker, 1975.
Matériel de redescription : 2 (J, 2 $ MNHN 789 CA, parasites des cavités nasales d’.ln-
techinus stuartii Macleay, 1841, originaires de Powelltown, \ ietoria, 22.\.1974 (coll. 1. Beveridge).
— 1057 —
Compléments morphologiques
Tête (fig. 3, A, B, C) : Présence de six lèvres très réduites, d’un anneau buccal haut
de 15 fxm, de forme hexagonale, d’une vésicule céphalique et d’une dent dorsale. Six papilles
labiales externes, quatre papilles céphaliques et deux amphides.
Synlophe : Dans les deux sexes, présence de crêtes longitudinales qui débutent en
arrière de la vésicule céphalique et se poursuivent jusqu’à environ 230 fxm en avant de la
bourse caudale chez le mâle et jusqu’à l’anus chez la femelle.
En coupe transversale au milieu du corps, on compte vingt crêtes cuticulaires dispo¬
sées en quatre groupes de cinq crêtes chacune, la cuticule en face des champs médians
et latéraux étant inerme. Les crêtes sont espacées irrégulièrement, mais de telle façon que
l’espacement entre deux crêtes est identique à celui des deux crêtes diamétralement opposées,
ce qui aboutit à une symétrie tout à fait originale, la moitié du corps étant identique à
l’autre moitié après une rotation de 180° autour de l’axe central .11 existe entre la cuticule
et l’hypoderme une couche intermédiaire qui s’épaissit en face de chaque crête (fig. 3, L).
La cuticule est très fortement striée transversalement.
Mâle
Chez un mâle long de 6,5 mm et large de 90 fxm dans sa partie moyenne, la vésicule
céphalique est haute de 90 fxm sur 50 |im de large. Anneau nerveux et pore excréteur
situés respectivement à 190 [xm et 430 fxm de l’apex. Glandes excrétrices bien développées
mais courtes (1,100 mm environ). Deirides non vues. Œsophage long de 375 fxm.
Bourse caudale avec cuticule ornementée, côtes 2 et 3 grandes, séparées du trident
latéral plus réduit. Sur les deux spécimens mâles examiné, les deux branches de la côte
dorsale se divisaient en trois rameaux (fig. 3, D) (4 rameaux sur le matériel-type). Spicules
subégaux, ailés, longs de 660 fxm. A la dissection, il est possible de les séparer totalement
et de mettre en évidence cinq pointes (fig. 3, I, K). Gubernaculum haut de 95 |xm sur 10 jxm
de large dans sa partie moyenne. Il est entouré par une membrane en continuation directe
avec la gaine du spicule (fig. 3, I, J).
Femelle
Chez une femelle longue de 10 mm et large de 100 jim dans sa partie moyenne, la
vésicule céphalique est haute de 95 jxm sur 65 jxm de large. Anneau nerveux, pore excré¬
teur et deirides situés à 240 jxm, 400 [xm et 410 [xm de l'apex. Œsophage long de 430 fxm.
La vulve s’ouvre à 1,850 mm de la pointe caudale. Vagina vera particulièrement long
(220 fxm) et dilaté (fig. 3, E). Branche antérieure de l’ovéjecteur : vestibule 130 [xm ; sphinc¬
ter 49 [xm ; trompe 190 [xm ; utérus 2,200 mm. Branche postérieure de l’ovéjecteur : vesti¬
bule 75 jxm ; sphincter 45 (Xm ; trompe 170 fxm ; utérus 1,480 mm. Les œufs, nombreux
dans les deux branches utérines, sont hauts de 50 fxm sur 30 fxm. Queue longue de 100 [xm,
sans pointe caudale (fig. 3, F), mais s’amincissant progressivement, ce qui, à un faible
grossissement, peut être interprété comme une pointe caudale.
— 1059 —
Discussion
Comme pour la plupart des espèces adaptées à une localisation aberrante, le statut
de ce Nématode pose quelques diüicultés. Dans le cas de ce parasite cependant, les alïinités
paraissent s’établir clairement avec la lignée « Woolley a » : les structures chitinoïdes buccales,
l’ovéjecteur asymétrique, les spicules allongés et surtout la disposition des côtes bursales
(2 et 3 grandes, séparées du trident latéral relativement réduit, 5 et 6 groupées) constituent
des éléments bien caractéristiques. Les éléments aberrants sont cependant nombreux :
les six lèvres sont réduites, la pointe caudale de la femelle est dépourvue d’épine termi¬
nale, la pointe des spicules est divisée en cinq branches, le synlophe enfin a une structure
très particulière. Il semble, à première vue, avoir une symétrie bilatérale normale et évoque
celui d’un Molineide primitif, mais il subsiste en réalité une asymétrie dans l’écartement
des crêtes telle que la disposition des crêtes de la face dorsale est inversée par rapport à
celle de la face ventrale. Tout se passe comme si un synlophe à axe d’orientation oblique,
comme celui des Woolleya, tendait à retrouver une symétrie bilatérale.
En conclusion, nous interprétons ce Nématode comme un Woolleya modifié par une
adaptation à la localisation nasale, mais les caractères aberrants sont trop importants
pour qu’il puisse être classé dans ce genre. Nous proposons donc le nouveau genre Nasi-
strongylus et la nouvelle combinaison Nasistrongylus antechini.
Définition du genre N asistrongylus : Trichostrongyloidea. Tête : Six lèvres très réduites.
Présence d’un anneau buccal, d’une dent extra-œsophagienne et d’une vésicule céphalique. Syn¬
lophe : Crêtes cuticulaires orientées perpendiculairement à la paroi du corps, espacées irrégulière¬
ment, mais avec une disposition symétrique par rapport à l’axe radial central. Mâle : Bourse caudale
avec côtes 2 et 3 grandes, séparées du trident latéral plus réduit. Spicules divisés en cinq branches.
Femelle : Didelphe, avec branches du vestibule de longueur inégale, l’antérieure étant la plus
longue. Absence d’épine caudale.
Parasite d’Antechinus stuartii en Australie.
Espèce-type par monotypie : N asistrongylus antechini (Beveridge et Barker, 1975) n. cb.
(= Nicollina antechini Beveridge et Barker, 1975).
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Beveridge, I., & I. K. Barker, 1975. — Nicollina antechini sp. n. (Nematoda, Amidostomatidae)
from the nasal cavity of the Dasyurid Marsupial, Antechinus stuartii Macleay, 1841, and
associated pathology. J. Parasit ., 61 (3) : 489-493.
M awson, P. M., 1960. — Nematodes belonging to the Trichostrongylidae, Subuluridae, Rhab-
diasidae, and Trichuridae from bandicoots. Aust. J. Zool., 8 (2) : 261-284.
Ç : E, ovéjecteur, vue latérale gauche ; F, extrémité caudale, vue latérale gauche ; G, détail de la
couche intermédiaire entre l’hypoderme et la cuticule, vue latérale droite ; H, détail du pore excréteur
et de la deiride gauche. (J : I, pointe du spicule et du gubernaculum, vue latérale droite ; J, guberna-
culum, vue dorsale ; K, pointe du spicule, vue latérale droite ; L, coupe transversale au milieu du
corps.
A à C, F, I, K, éch. : 30 p.m ; D, H, J, L, éch. : 50 p.m ; E, G, éch. : 100 [im.
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Baris, 4 e sér., 3, 1981,
section A, n° 4 : 1061-1075.
Helminthes d’Oiseaux et de Mammifères d’Israël.
IX. Compléments morphologiques sur quelques Capillaria
(Nematoda, Trichinelloidea)
par Odile Bain et Guta Wertheim
Résumé. — Deux Capillaria d’Oiseaux, C. spinulosa et C. vanelli, et deux Capillaria de Muri-
dés, C. annulosa et C. bacillata, sont récoltés. Les caractères morphologiques qui paraissent utiles
pour la systématique de ce genre très complexe sont analysés (nombre et position des bandes
bacdlaires ; stichosome ; connexions entre l’intestin, le canal éjaculateur et le cloaque etc.).
Abstract. — Two Capillaria from birds, C. spinulosa and C. vanelli, and two from rodents,
C. annulosa and C. bacillata, were collected. The morphological characters which appear of
importance for the taxonomy of this very complex genus (number and position of bacillary bands ;
stichosome ; relation of the intestine to the ejaculatory duct and cloaca etc.) are discussed.
O. Bain, Laboratoire de Zoologie des Vers, associé au CNRS, Muséum national d'Histoire naturelle, 61, rue
de Buffon, 75231 Paris Cédex 05.
G. Wertheim, The Hebrew University-Hadassah Medical School. POB 1172, Jerusalem, Israël.
Quatre espèces de Capillaria ont été récoltées en Israël chez des Oiseaux (Vanneau,
Fuligule) et des Muridés. Il s’agit d’espèces banales ; cependant, le genre Capillaria étant
très complexe, il paraît utile de préciser certains points de morphologie (bandes bacillaires,
connexions du canal éjaculateur et de l’intestin avec le cloaque, structure de l’ovéjecteur,
etc.) qui semblent avoir une importance du point de vue systématique.
Symboles utilisés dans les figures : A, aile latérale ; B, bande bacillaire ; C, cirre ; Ca, point
d’attache antérieur du cirre ; Cp, point d’attache postérieur du cirre ; E, canal éjaculateur ; I, intes¬
tin ; Q, cloaque ; R, muscle rétracteur du spicule ; S, vésicule séminale ; Sp, spicule.
1. Capillaria spinulosa (v. Linstow, 1890)
Cæcum d’Aythya fuligula (Linné, 1758).
Lot 1225 : 1 (J, 2 jeunes Ç et 2 grands fragments postérieurs de Ç mûres ; Ein Harod, le 24.XII.
1960.
Madsen (1945), au Danemark, a fait une étude discriminative des diverses espèces
de Capillaria qui parasitent la région postérieure du tube digestif des Canards sauvages.
Il reconnaît cinq espèces : C. anatis (Schrank, 1790), C. anseris Madsen, 1945, C. mergi
Madsen, 1945, C. nyrocinarum Madsen, 1945, et C. spinulosa (v. Linstow, 1890).
— 1063 —
Fig. 2. — C. spinulosa, A à D : A, mode de jonction du canal éjaculateur, de l’intestin et du cloaque,
vue latérale droite ; A', suite du morceau précédent avec pénétration du spicule dans le cloaque ;
B, détail de la jonction canal éjaculateur-cloaque ; C, région distale du cloaque, du spicule et du cirre,
vue latérale ; D, extrémité postérieure, vue ventrale. E, Ç : région vulvaire et ovéjecteur, vue latérale.
(A, A', éch. 100 \im ; B, C, D, E, éch. 50 p.m.)
Fig. 1. — C. spinulosa, Ç ; A, région antérieure ; B, région vulvaire, vue ventrale ; C, idem, vue latérale
gauche ; D, stichocytes ; E, disposition des œufs dans l’utérus ; F, œuf et son ormentation ; G et H,
région postérieure en vues ventrale et latérale ; I et J, bandes bacillaires dans la région moyenne du
corps, vues ventrale et latérale droite. (A, D, E, éch. 100 p.m ; B, C, G, H, I, J, F, éch. 50 p.m.)
— 1064
Notre matériel s’identifie à cette dernière espèce par un ensemble de caractères : spi¬
cule inférieur à 1 mm de long, de section transversale triangulaire et aux trois faces bien
cuticularisées, à extrémité distale arrondie, bourse caudale présente chez le mâle, cirre
à petites épines, vulve sans appendices, œuf cylindrique à coque épaisse et aux goulots
très étroits (fig. 1 et 2).
Dimensions
long de 9,4 mm, large au maximum de 45 [xm : anneau nerveux à 75 [xm de l’apex ; œso¬
phage total long de 4 200 fxm ; 1 er stichocyte à 260 |im de l’apex ; 37 stichocytes longs en moyenne
de 100 [im ; canal éjaculateur long de 570 (xm ; fin de l’intestin dans le canal éjaculateur à 110 (xm
de l’apex du cloaque ; cloaque long de 1 020 jxm ; spicule long de 750 |xm et large de 22 jxm ; entrée
du spicule dans le cloaque à 240 |xm de l’apex du cloaque ; ailes de la bourse caudale longues de
15 [im et larges de 15 [im.
Jeune femelle longue de 13,7 mm et large au maximum de 48 [xm ; anneau nerveux à 75 jxm
de l’apex ; œsophage total long de 4 800 (xm ; 1 er stichocyte à 300 jxm de l’apex ; 37 stichocytes
longs en moyenne de 150-160 jxm ; vulve à 4 815 |xm de l’apex ; ovéjecteur long de 270 jxm (vagin
long de 200 |xm).
Œufs d’une femelle mûre longs de 55 [xm et larges de 27 |xm.
Compléments morphologiques
Bandes bacillaires : trois bandes le long du corps, une ventrale large et deux latérales
plus étroites, toutes à pores très petits.
Stichosome : 37 stichocytes situés à gauche ou à droite du canal œsophagien ; sticho¬
cytes les plus longs dans la région moyenne du stichosome ; ces stichocytes ont environ
neuf sillons transversaux ; structure interne de tous les stichocytes homogène.
Vulve et ovéjecteur : vulve en fente transversale, située près de la jonction œsophage-
intestin ; pas d’ornementation vulvaire ; vagin rectiligne à paroi cuticulaire épaisse, ridée
longitudinalement ; vagina utérina à cellules épithéliales gonflées.
Œufs : en coupe optique longitudinale, les bords de l’œuf sont presque parallèles ;
la paroi interne de la coque est épaisse, ornée à l’extérieur de mailles angulaires irrégulières ;
les deux goulots sont très étroits avec un diamètre égal ou inférieur au l/5 e du diamètre
transversal de l’œuf ; l’épicuticule est à peine surélevée au deux pôles.
Région distale de l’appareil génital et du tube digestif du mâle : vésicule séminale
tubulaire terminée par un sphincter long de 40 [xm ; canal éjaculateur long d’un demi-milli¬
mètre.
Intestin peu développé débouchant dans le canal éjaculateur, en avant du cloaque.
Portion préspiculaire du cloaque à paroi peu épaisse, à cuticule non visible et aux
cellules épithéliales renflées ; portion postspiculaire du cloaque encore plus mince.
Cirre visible dans le quart postérieur du cloaque, non plissé, orné sur sa face interne
de petits crochets émoussés et très courts ; quand le cirre est dévaginé, les crochets sont
disposés de façon récurrente.
Spicule puissant avec sillons transversaux espacés de 3 à 7 [Xin ; torsion du spicule
au début du tiers postérieur.
Extrémité caudale mâle : deux ailes caudales latérales à apex tronqué et plus longues
que la queue. Deux papilles pédonculées de part et d’autre de la lèvre antérieure du
cloaque.
— 1065 —
2. Capillaria vanelli (Hud., 1819)
Paroi du gésier de Vanellus venallus (Linné, 1758).
Trois lots provenant de différents lieux de capture ; n° 1127 : 1 1 région antérieure de
1 Ç à extrémité postérieure cassée, Nirim le 24.X.1960 ; n° 657 : 1 Ç, Nés Ziyyona, le 16.1.1959 ;
n° 606 : 4 $, Ein Ilarod (Sahne), le 4.XI 1.1958.
Chabaud (1952) a analysé les espèces de Capillaria parasites de Charadriiformes et
redécrit C. vanelli (Rud, 1819). Nos spécimens s’identifient à cette espèce par les dimen¬
sions, les bandes bacillaires latérales asymétriques, le cirre à deux sortes d’ornementation
(verrues et épines) et la vulve en fente longitudinale (fig. 3 et 4).
Dimensions
(J 1227 : corps long de 10,8 mm et large au maximum de 66 |im ; anneau nerveux à 50 |im
de l’apex ; oesophage total long de 3 600 [xm ; 1 er stiehocyte à 400 (im de l’apex ; stichocytes longs
de 85 à 100 jxm ; canal éjaculateur long de 1 050 ixm ; cloaque long de 1 045 (im ; spicule long de
320 (xm et large de 7 (xm ; entrée du spicule dans le cloaque à 750 (im de l’apex du cloaque.
$ 1227 : fragment long de 22,4 mm et large au maximum de 120 (xm ; anneau nerveux à 75 [xm
de l’apex ; œsophage total long de 4 400 fxm ; 1 er stiehocyte à 490 (xm de l’apex ; stichocytes longs
de 95-100 [im ; vulve à 4 630 |xm de l’apex ; ovéjeeteur long de 775 fxm ; œufs longs de 65-70 [xm
et larges de 30-33 (xm.
$ 657 : corps long de 27 mm ; œsophage long de 4 200 [xm ; vulve à 4 400 [xm de l’apex.
Compléments morphologiques
Bandes bacillaires : la bande latérale la plus large est indifféremment la droite ou la
gauche, selon les spécimens (voir aussi Chabaud, 1952).
Stichosome : les 40 stichocytes sont indifféremment situés à gauche ou à droite du
canal œsophagien. Stichocytes à neuf sillons transversaux en moyenne ; apex des sticho¬
cytes vacuolaire ; structure interne semblable d’un stiehocyte à l’autre.
Vulve et ovéjeeteur : région vulvaire marquée par un repli cuticulaire plus ou moins
circulaire ; au centre, ou sur le bord de la surface ainsi délimitée, se trouve la fente longitu¬
dinale de la vulve.
Vagin rectiligne et long, à cuticule interne formant des rides longitudinales. Début
de l’utérus tapissé par des cellules épithéliales gonflées, formant sphincter.
Œufs : très nombreux, alignés sur deux à quatre files ; forme symétrique ou légère¬
ment asymétrique ; paroi de l’œuf comprenant deux couches principales : une épaisse couche
interne, interrompue aux deux pôles, creusée sur la face externe de petites alvéoles ; en vue
superficielle, elles apparaissent anguleuses et laissent entre elles des travées assez épaisses ;
en vue plus profonde, les contours perdent leur netteté et les alvéoles paraissent arrondies et
plus grandes, les travées étant au contraire plus minces ; autour de la coque épaisse, l’épi-
cuticule très mince est saillante aux deux pôles.
Région distale de l’appareil génital du mâle : vésicule séminale bien différenciée, séparée
du canal éjaculateur par un sphincter long de 65 [xm. Canal éjaculateur long de 1 mm
environ.
Intestin et canal éjaculateur débouchant ensemble dans le cloaque.
4, 9
A
Fig. 3. — C. vanelli, A à K, ? : A, région antérieure, vue médiane ; B, début du stichosome, vue médiane
(à gauche, bande bacillaire très développée) ; C, disposition des œufs dans l’utérus ; D, stichocytes
vue médiane ; E et F, bandes bacillaires gauche et droite dans la région vulvaire ; G, vulve (fente
verticale), vue ventrale ; H et I, 2 œufs (ornementation représentée en H au centre de l’œuf) ; J, région
postérieure, vue latérale ; K, idem, vue médiane. L à N, $ : L, région antérieure, vue latérale ; M, région
postérieure, vue latérale ; N, idem, vue ventrale. (A, B, D, E, F, G, J, K, L, éch. 100 p.m ; H, I M
K, éch. 50 [im ; C, éch. 75 (tm.)
p IG . 4 . — C. vanelli, A à D, <$ : A, région distale de la vésicule séminale et début du canal éjaculateur ;
B, canal éjaculateur, intestin débouchant dans le cloaque ; C et C', le spicule, son entrée dans le cloaque
et les replis du cirre (une longue boucle remonte dans la poche spiculaire) ; D, région postérieure du
cloaque, vue latérale. E, $ : région vulvaire et ovéjecteur, vue latérale. (A, B, C, C', D, éch. 50 |xm ;
E, éch. 100 [xm.)
— 1068 —
Cloaque long de 1 mm environ. Entrée du spiculé à la fin du 3 e quart antérieur du
cloaque. Région préspiculaire du cloaque à paroi musculaire épaisse, région postspiculaire
à musculature plus mince. Revêtement cuticulaire du cloaque, ou cirre, lisse dans la région
préspiculaire et formant un tube étroit, à peine plissé par endroits ; au niveau de l’entrée
du spicule dans le cloaque, le cirre forme quatre grands plis horizontaux, puis monte dans la
poche spiculaire, redescend et s’évase brusquement en revenant dans le cloaque ; portion post¬
spiculaire du cirre ornée de verrucosités puis d’épines serrées, jusqu’à l’ouverture cloacale.
Spicule à cuticule très transparente.
3. Capillaria annulosa (Dujardin, 1845)
Intestin grêle A’Apodemus sylvaticus (Linné, 1758).
Trois lots : n° R 1283, plusieurs spécimens des deux sexes, Har Meron, mai 1975 ; n° R 1307 :
1 (J, 2 régions antérieures de Ç et 1 Ç juvénille sans queue, Har Meron, juin 1975; n° 1245 : plu¬
sieurs spécimens £ et Ç, Mos’ada (Golan Heights), janvier 1975.
Roman (1951), en France, a analysé les Capillaria du tube digestif des Muridés. Nos
spécimens s’identifient à C. annulosa par les dimensions, la vulve sans appendice, l’œuf
ovoïde aux bouchons saillants, le spicule simple et bien cuticularisé, les longues ailes cau¬
dales du mâle striées transversalement, la bourse caudale développée, le cirre très long,
sans épines (fig. 5 à 7).
Dimensions
du lot R 1283 : corps long de 16,8 mm et large au maximum de 60 qm ; œsophage total
long de 8 150 qm ; 1 er stichocyte à 620 |xm de l’apex ; stichocytes longs de 200-210 [xm ; canal
éjaculateur long de 3 150 qm ; fin de l’intestin 200 qm en avant du cloaque ; cloaque long de
1 720 qm ; spicule long de 1 140 qm et large de 8 qm ; entrée du spicule dans le cloaque à 270 qm
du début du cloaque ; ailes caudales longues de 3 600 qm et larges de 17 qm ; ailes de la bourse
caudale longues de 20 qm et hautes de 12 qm.
Ç du lot 1245 : corps long de 27 mm et large au maximum de 70 qm ; anneau nerveux à 75 qm
de l’apex ; œsophage total long de 7 500 qm ; 1 er stichocyte à 520 qm de l’apex ; stichocytes
longs de 150-210 qm ; vulve à 7 700 qm de l’apex ; vagin long de 300 qm ; œuf long de 53-56 qm
et large de 29-30 qm.
Compléments morphologiques
Bandes bacillaires : il existe, comme l’observait Eberth (1863), deux bandes bacillaires
latérales de même largeur le long du corps, mais les pores sont petits et les bandes peuvent
passer inaperçues (Dujardin, 1845 ; Roman, 1951).
Stichosome : 37 stichocytes situés selon les spécimens à gauche ou à droite du canal
œsophagien ; 1 er stichocyte à bords rectilignes, les autres stichocytes avec une dizaine de
sillons transversaux profonds donnant un aspect annelé au stichosome ; structure interne
semblable d’un stichocyte à l’autre.
Vulve et ovéjecteur : vulve sans appendices saillants mais à cuticule périvulvaire
mince ou épaissie selon les spécimens (fig. 6 B). Vagin rectiligne tapissé de cuticule ; deux
formations particulières plus ou moins marquées selon les spécimens jouent probablement
— 1069 —
un rôle de sphincter : ce sont un anneau cuticulaire spiralé, situé juste après la vulve, et
une languette ventrale récurrente constituée par un repli de la paroi du vagin. Le passage
du vagin à l’utérus se lait insensiblement.
Œufs : œufs disposés sur une file à partir de la vulve puis sur deux files ; œufs ova¬
laires de forme symétrique ; paroi interne de la coque de l’œuf épaisse, sombre, ornée en
surface par des mailles angulaires irrégulières, épicuticule formant deux bouchons saillants.
Fig. 5. — C. annulosa ; A et A' : région postérieure du canal éjaculateur avec arrivée de l’intestin et
portion du cloaque jusqu’à l’entrée du spicule ; B et B' : $, jonction œsophage-intestin et région vul¬
vaire, vue latérale droite (éch. 50 p.m).
— 1070 —
Fig. 6 . —- C. annulosa ; A, région antérieure Ç, vue latérale ; B, bande bacillaire latérale gauche au niveau
de la vulve ; C, 1 bande bacillaire latérale à mi-corps chez le $ ; D, stichocyte, ? ; E, région posté¬
rieure vue latérale ; F, œuf et son ornementation (représentée au centre de l’œuf) ; G, $, vésicule
séminale et début du canal éjaculateur ; H, détail de la vésicule séminale et de l’intestin ; I et J, ç?t
extrémité caudale, vues ventrale et latérale. (A, D, G, éch. 100 pm ; le reste éch. 50 pin.
— 1071 —
mi /A?/
f/fi
m
VA'-
m
legion distale de 1 appareil génital et du tube dia-estif d„ »i
longue et étroite terminée par un sphincter allomré 12fil (f l d T- = V6S1CU,e sémi 'iale
ron de 3 mm. Intestin très mince débouchant 1 * i ’ CanaI e jaculateur long envi-
du cloaque. débouchant dans le canal éjaculateur nettement en avant
— 1072 —
Cloaque à paroi musculaire mince et à cuticule très fine et rectiligne jusqu’à l’entrée
du spicule. Après l’entrée du spicule, paroi du cloaque encore plus mince mais cuticule
un peu plus épaisse formant le cirre, extrêmement long. Chez le spécimen représenté
figure 7 A à D, le cirre, d’avant en arrière, est d’abord très plissé (aspect strié transversa¬
lement), puis les replis sont moins serrés (aspect ondulé), enfin le cirre devient rectilligne
et montre une ornementation faite de rugosités linéaires disposées en spirale ; juste en
avant du cloaque, le cirre fait un ultime et large pli. Chez le spécimen représenté figure 7 C,
le cirre est sorti ; l’ornementation spiralée et un petit canal cutieulaire, aux bords irrégu¬
liers, sont bien visibles ; le canal est rempli par places de petites granulations (déjections
ou restes de sécrétions séminales ?).
Spicule long, droit, de forme simple et bien cuticularisé ; sa région proximale est
arquée et son extrémité distale forme une petite pointe mousse peu cuticularisée.
Extrémité caudale obtuse parfois courbée ventralement ; une petite paire de papilles
en avant du cloaque ; une papille pédonculée sur chaque aile bursale.
4. Capillaria bacillata (Eberth, 1863)
Muqueuse stomacale d ’Apodemus mystiacinus (Dandorf & Alston, 1877) et Acomys cahiri-
nus (Desmarest, 1819).
2 lots : n° R 24 : 1 çj et une moitié postérieure de (A. mystacinus), Mas’ada (Golan Heights),
25A III. 1968 ; n° 2023 : 1 (J ( A. cahirinus), Ein Hemed près de Jérusalem, 12.11.1970.
Ce matériel s’indentifie à C. bacillata, redécrit par Roman (1951), par les dimensions,
le spicule très mince, l’absence d’ailes latérales, les ailes caudales très réduites et le cirre
à deux sortes d’épines (fig. 8 et 9).
Dimensions
^ R 24 ( Apodemus ) : corps long de 33,9 mm et large au maximum de 90 (im ; œsophage total
long de 10 100 jxm ; 1 er stichocyte à 470 ;xm de l’apex ; stichocytes longs de 190-210 pm ; canal
éjaculateur long de 600 pm ; cloaque long de 2 500 pm ; spicule long de 520 pm (cassé) ; entrée
du spicule dans le cloaque à 1 900 pm de l’apex du cloaque.
(J 2023 ( Acomys) : corps long de 25,55 mm et large au maximum de 75 pm ; anneau nerveux
à 85 pm de l’apex ; œsophage total long de 11 350 pm ; 1 er stichocyte à 400 pm de l’apex ; sticho¬
cytes longs de 200 à 300 pm ; cloaque long de 2 400 pm ; spicule long de 630 (xm ; entrée du spicule
dans le cloaque à 1 750 [xm de l’apex du cloaque.
Compléments morphologiques
Bandes bacillaires : il existe deux bandes bacillaires, elles sont latérales et non médianes
comme l’indiquaient Eberth (1863) et Roman (1951) ; une bande est plus large que l’autre.
Stichosome : 37 stichocytes, tous de même structure interne, sillons des stichocytes
peu marqués.
Région distale de l’appareil génital et du tube digestif du mâle : vésicule séminale
à épithélium épais et musculature mince ; sphincter long de 90 pm.
Intestin assez épais débouchant dans le cloaque au même niveau que le canal éjacu¬
lateur.
Fig. 8. — C. bacillata, $ ; A, région antérieure, vue latérale ; B, stichocytes, vue médiane ; C, jonction
œsophage-intestin, vue latérale; F, région postérieure, vue latérale; G, extrémité postérieure avec
cirre légèrement dévaginé, vue latérale ; H, idem, vue médiane. (A, B, C, éch. 100 um ■ D R fi. H
éch. 50 pm ; F, éch. 200 pm.)
_ r bacillata ■ A, vésicule séminale et début du canal éjaculateur ; B, début du cloaque ; C, entree
• i Hans le’cloaaue et plis du cirre ; D, extrémité postérieure en coupe optique longitudinale
Œta paroicScX^e externe du cure e’st nettement en continuité avec la cuticule de l’onfice
itérale (la paroi cuticulaire externe au cure csi
loacal). (A, B, C, éch. 100 (im ; D, éch. 50 p.m.)
— 1075
Cloaque avec une portion préspiculaire à musculature assez épaisse et à épithélium
formé de cellules losangiques, particulièrement saillantes aux deux extrémités de cette
portion ; une portion postspiculaire à musculature deux fois moins épaisse et cuticule
visible formant le cirre ; celui-ci, sur les exemplaires examinés, fait quelques larges plis
dans la région proximale puis est rectiligne. 11 est orné dans sa moitié distale de petites
verrucosités (de 470 à 320 pin de l’extrémité caudale) puis par des épines aciculaires allon¬
gées (les 320 derniers pm).
Extrémité du spicule obtuse.
Extrémité caudale mâle : cuticule épaissie ; large orifice cloacal bordé par deux expan¬
sions latéro-ventrales faibles portant chacune deux petites papilles juxtaposées.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Chabaud, A. G., 1952. — Sur un Capillaria du Vanneau. Annls Parasit. hum. comp., 27 : 400-
406.
Dujardin, F., 1845. — Histoire naturelle des helminthes ou vers intestinaux. Paris, Roret, xvi
+ 654 p.
Eberth, C. J., 1863. — Untersuchungen über Nematoden. Leipzig, 77 p.
M adsen, IL, 1945. — The species of Capillaria (Nematoda, Trichinelloidea) parasitic in the diges¬
tive tract of Danish gallinaceous and anatine game birds, with a revised list of species of
Capillaria in birds. Danish Rea. Game Biol., 1 : 1-112.
Roman, E., 1951. — Étude écologique et morphologique sur les Acanthocéphales et les Néma¬
todes parasites des Rats de la région lyonnaise. Mém. Mus. natn. Hist, nat., Paris, nlle sér.,
sér. A., Zool., 2 (2) : 1-268.
Bull. Mus. natn. Hist, nut., Paris, 4 e sér., 3, 1981,
section A, n° 4 : 1077-1080.
Chabaudus alaini n. sp. (Nematoda, Seuratoidea),
parasite d’un Anoure de la région de Timor 1
par Maria Manuela Afonso Roque
Résumé. — L’auteur décrit Chabaudus alaini n. sp., parasite de l’intestin d’un Anoure de
Timor-Leste. L’espèce se distingue principalement des autres espèces déjà décrites dans le genre
Chabaudus Inglis et Ogden, 1965, par le nombre et la disposition des papilles caudales du mâle
ainsi que par la structure des spicules.
Abstract. — The author describes Chabaudus alaini n. sp., parasite of a frog from East Timor.
The species is distinguished from the other species described before concerning the genus Chabau¬
dus Inglis et Ogden, 1965, by the different number and place of the papillae on the male tail and
by the morphology of the spicules.
M. M. Afonso Roque, Centro de Zoologia de la Junta de Investigates Cientificas do Ultramar, Lisbonne.
Deux Nématodes, un mâle et une femelle, appartenant à la superfamille des Seura¬
toidea, ont été recueillis dans l’intestin d’un Anoure de la région de Dili (Timor-Leste).
La récolte a été faite par le Pr. J. A. Cruz e Silva, au cours d’une mission du Centro
de Zoologia de la Junta de Investigaçôes Cientificas do Ultramar, effectuée en 1973, à Timor-
Leste, à l’époque une province portugaise d’Outre-mer.
L’observation de ces spécimens ne nous a pas permis de les rapporter à une espèce
déjà connue.
Chabaudus alaini n. sp.
Morphologie
Corps long et étroit, strié longitudinalement, régulièrement cylindrique et légèrement
atténué aux extrémités. Cuticule line, avec une vésicule céphalique bien distincte, s’éten¬
dant jusqu’au niveau de l’anneau nerveux.
Extrémité antérieure pourvue de trois lèvres bilobées, possédant un cercle externe
de quatre papilles proéminentes et deux amphides. Plus intérieurement, et disposées sur
les bords de la bouche, s’observent six petites papilles pédonculées (fig. 1 A).
1. Travail réalisé au Centro de Zoologia de la Junta de Investigaçôes Cientificas do Ultramar et au
Laboratoire de Zoologie (Vers) du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris (Bourse des services cul¬
turels du ministère des Affaires étrangères de France —- Accord de Coopération culturelle, scientifique et
technique entre le Portugal et la France).
— 1079 —
Bouche hexagonale s’ouvrant dans un cheilostome peu profond, orné à la base par
trois dents pharyngiennes membraneuses, avec la dent dorsale plus développée.
Œsophage claviforme, avec un pharynx bien différencié, musculaire sur toute sa lon¬
gueur mais présentant de nombreuses granulations de sécrétion à partir de la zone de
l’anneau nerveux, et trois noyaux à sa partie postérieure (fig. 1 B).
On observe une paire de glandes latérales uninuclées de part et d’autre de l’œsophage.
Pore excréteur situé au niveau de la limite postérieure de l’œsophage et deirides placées
en arrière.
Mâle : Corps long de 15,06 mm avec un diamètre de 200 p.m. Limite postérieure de
l’œsophage à près de 600 p,m de l’extrémité antérieure. Anneau nerveux, pore excréteur
et deirides situés, respectivement, à 270 p,m, 650 p.m, et 720 p.m de l’extrémité antérieure.
La région postérieure est courbée ventralement, dépourvue d’ailes caudales et possède
une ventouse ventrale allongée, située à près de 500 p.m de l’extrémité postérieure et une
série de muscles obliques étendus entre la ventouse et la zone du cloaque. Onze paires de
papilles sessiles situées ventralement, avec la disposition suivante : six paires précloacales
alignées, dont une paire se situe avant la ventouse, et cinq paires postcloacales ; trois paires
alignées avec les précloacales et deux paires disposées plus latéralement. Sur la ligne médiane
ventrale, s’observent deux papilles impaires, une précloacale et une postcloacale (fig. I C)
Les phasmides débouchent entre les deux dernières paires de papilles postcloacales. Deux
spicules identiques, longs de 245 p,m, larges et ailés. Gubernaculum en forme de selle,
long de 105 p,m (fig. 1 D). Cloaque à 170 p.m environ de l’extrémité postérieure.
Femelle : Corps long de 22,55 mm avec un diamètre de 200 p,m. Limite postérieure
de l’œsophage à près de 570 p,m de l’extrémité antérieure. Anneau nerveux, pore excréteur
et deirides situés respectivement à 260 p,m, 600 p.m et 750 p.m de l’extrémité antérieure.
Queue en pointe courte, s’amincissant à partir des phasmides qui débouchent à 250 p,m
de l’extrémité postérieure (fig. 1 E). La vulve, située à 13,2 mm de l’extrémité antérieure,
s’ouvre en fente dans un vagin simple, musculaire, dirigé antérieurement et qui se divise
presque immédiatement en deux utérus opposés (fig. 1 F). Œufs non embryonnés, sphé¬
riques, avec une coque constituée par des couches concentriques (fig. 1 G).
Discussion
L’étude de nos spécimens nous a permis de conclure que nous sommes en présence
d’une espèce nouvelle du genre Chabaudus inglis et Ogden, 1965, superfamille des Seura-
toidea, famille des Quimperiidae, sous-famille des Quimperiinae, d’après la classification
de Chabaud, 1978.
La présence des trois dents pharyngiennes a été décrite (Bain et Philippon, 1969)
chez des espèces du genre Gendria Baylis, 1930, tandis que des glandes œsophagiennes
ont été signalées chez le genre Buckleynema Ali et Singh, 1954. Cependant, nous avons
placé notre espèce dans le genre Chabaudus, car elle présente les principales caractéris¬
tiques de la diagnose de ce genre, d’après Chabaud, 1978 : ouverture buccale triangulaire,
avec trois lèvres bilobées. donnant une apparence hexagonale en vue apicale.
Jusqu’à présent, trois espèces étaient connues dans le genre Chabaudus : C. chabaudi
Inglis et Ogden, 1965, parasite d’un Poisson de la Sierra Leone, et deux espèces d’abord
— 1080 —
placées dans le genre Auchmeromma Pnylaert, 1970, que Chabaud (1978) a mis en syno¬
nymie avec le genre Chabaudus.
Nos spécimens diffèrent de C. williamsi (Puylaert, 1970) et C. thysi (Puylaert, 1970],
essentiellement par le nombre et la disposition des papilles caudales du mâle ainsi que
par la structure des spicules.
Us se distinguent de C. chabaudi par les caractères suivants : à l’extrémité cépha¬
lique on observe seulement 4 papilles dans le cercle externe, tandis que C. chabaudi en
possède 10 ; les deirides sont plus postérieures ; ils possèdent 6 paires de papilles précloa-
cales alors que C. chabaudi n’en a que 5, ainsi que 2 papilles impaires, absentes chez C. cha¬
baudi ; les spicules présentent une structure différente, et le gubernaculum est plus grand.
Pour cette nouvelle espèce nous proposons le nom de Chabaudus alaini, en hommage
au Pr. Alain Chabaud avec l’expression de notre gratitude.
Les spécimens-types se trouvent dans la collection helminthologique du Centro de
Zoologia de la Junta de Investigates Cientificas do Ultramar (Lisbonne-Portugal).
Remerciements
Nous voulons témoigner nos remerciements au Dr. Michael Baker, helminthologiste canadien,
pour les aimables conseils qu’d nous a donnés au cours de nos observations effectuées au Labora¬
toire de Zoologie (Vers) du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Ali, S. M., et Ph. D. Singh, 1954. — On a new nematode, Buckleynema buckleyi gen. et sp. nov.
(Quimperiidae) from a Siluroid fish in Hyderabad-Deccan. J. Helminth., 28 il/2) : 17-24.
Bain, O., et B. Philippon, 1969. — Recherches sur des larves de Nématodes Ascaridida trouvées
chez Sirnulium damnosum. Annls Parasit. hum. cornp., 44 (2) : 147-156.
Chabaud, A. G., 1978. — Keys to genera of the superfamilies Cosmocercoidea, Seuratoidea, Hete-
rakoidea, and Subuluroidea. CIH Keys to the Nematode parasites of Vertebrates. N° 6.
Edit. Anderson, Chabaud et Wilmott, Commonwealth Agricultural Bureaux, Farnham
Royal, Bucks, England, 71 p.
Inglis, W. G. et C. Ogden, 1965. — Chabaudus chabaudi gen. et sp. nov. from a freshwater
fish in Sierra Leone (Nematoda : Seuratoidea). Revue Zool. Rot. afr., 71 : 171-176.
Puylaert, F. A., 1970. — Description d ’Auchrneronema thysi gen. n., sp. n., parasite d’Auche-
noglanis punctatus Blgr. (Pisces) et A Auchrneronema williamsi sp. n., parasite de Pelro-
pecletes nalator Blgr. (Amphibia). (Subulascarididae — Nematoda — \ ernes). Revue Zool.
Rot. afr., 81 : 82-94.
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér.. 3, 1981,
section A, n° 4 : 1081-1085.
Mathevotaenia cruzsilvai , n. sp. (Cestoda, Anoplocephalidae),
parasite de Macaca irus F. Cuvier, 1818
par Maria Manuela de Mendonça
Résumé. — L’auteur décrit, dans la famille des Anoplocephalidae et la sous-famille des Lins-
towiinae (Cestodes) une nouvelle espèce de Mathevotaenia, M. cruzsilvai, parasite de l’intestin
d’un singe de Timor, Macaca irus F. Cuvier, 1818, maintenu en captivité au Jardin Zoologique
et d’Acclimatation de Lisbonne. L’espèce la plus voisine est M. megastoma (Diesing, 1850) ; la
nouvelle espèce en diffère, en dehors de l’hôte, par l’existence d’une vésicule séminale externe, la
grandeur et la position de la poche du cirre, le nombre des testicules et les dimensions des œufs.
Abstract. — Mathevotaenia cruzsilvai n. sp. (Cestoda, Anoplocephalidae) from the intestine
of a monkey Macaca irus F. Cuvier, 1818, of Timor, in captivity in the Zoological and Acclimatiza¬
tion Garden of Lisbon, differs essentially from Mathevotaenia megastoma (l)iesing, 1850), the most
similar species, in having an external seminal vesicle, in the size and the position of the cirrus
pouch, in the number of the testicules and in the dimensions of the eggs.
M. M. de Mendonça, Centro de 7.oologia de la Junta de Investigates Cientificas do Ultramar, Lisbonne.
L’espèce qui fait l’objet de notre étude a été récoltée dans l’intestin d’un singe de
Timor, Macaca irus, maintenu en captivité au Jardin Zoologique et d’Acclimatation de
Lisbonne.
Nous n’avons qu’un seul spécimen qui a été fixé dans l’acool à 70°, chaud, coloré au
carmin-alcool chlorhydrique et à l’hémalun-éosine, monté au baume en préparations
permanentes et étudié sur coupes histologiques.
D’après nos observations sur sa structure anatomique nous nous permettons de le
rapporter à une espèce nouvelle.
Mathevotaenia cruzsilvai n. sp.
Description
Scolex globuleux, légèrement aplati dorsoventralement, de 615 p,m de diamètre, pourvu
de quatre ventouses arrondies, diamétralement opposées, de 205 à 240 p,m de diamètre
sur 90 à 100 p.m de profondeur. Les ventouses présentent une couche musculaire périphé¬
rique relativement bien développée. 11 n’y a pas de rostre (fig. 1 A).
Cou bien distinct du scolex, avec une largeur de 430 p,m environ. Il s’étend jusqu’à
4, 10
— 1082 —
une distance de 1,5 mm en arrière du scolex, où les premiers anneaux nettement segmentés
commencent à apparaître.
Chaîne complète des proglottis avec 583 anneaux mesurant 590 mm. Après le cou,
les proglottis s’élargissent très lentement jusqu’à atteindre un maximum de 5 mm de
largeur au niveau des anneaux les plus mûrs. Tous les anneaux de forme trapézoïdale sont
plus larges que longs, sauf les derniers qui deviennent presque aussi hauts que larges.
Pores génitaux irrégulièrement alternés avec des séries de six au maximum d’un même
côté, le pore s’ouvrant dans la moitié antérieure du bord latéral.
Cuticule dépourvue de papilles et mesurant 10 pm d’épaisseur.
Musculature constituée par deux couches parallèles de faisceaux musculaires longi¬
tudinaux relativement serrés, renfermant chacun de cinq à huit fibres épaisses. Intérieu¬
rement à ces deux couches se situe une assise de fibres transversales qui partage le paren¬
chyme en deux zones distinctes, le parenchyme cortical et le parenchyme médullaire où
existent de rares fibres fines et dispersées (fîg. 1 C).
Appareil génital simple ; les organes génitaux apparaissent très tôt, les deux sexes
se développant en même temps. Conduits génitaux dorsaux par rapport aux canaux excré¬
teurs longitudinaux.
Appareil génital mâle
Testicules ronds, parfois ovalaires, de 35 à 60 pm environ, au nombre de 140 à 150,
situés dans les champs postérieur et latéraux de l’ovaire et des conduits génitaux, plus
nombreux du côté antiporal. Ils s’étendent dans le parenchyme médullaire jusqu’aux
canaux excréteurs longitudinaux sans jamais les dépasser (fîg. 1 B).
Canal déférent antérieur à l’ovaire, très sinueux, presque en spirale, formant une vési¬
cule séminale externe sphérique de 70 pm de diamètre, située à égale distance de la nais¬
sance du canal déférent et de la poche du cirre (fîg. 1 B et D).
Poche du cirre piriforme de 160 pm sur 110 pm, s’ouvrant dans l’atrium génital (70 pm
de profondeur et 200 pm de largeur) et située antérieurement à l’ovaire ; sa moitié ne dépasse
jamais le canal longitudinal ventral.
Cirre long de 95 pm et large de 40 pm, cylindrique, portant dans sa lumière des cils
très minces et nombreux, saillants en dehors comme un vrai plumet (fig. 1 E).
Appareil génital femelle
Ovaire de 780 pm de largeur sur 300 p.m de hauteur, situé au milieu de l’anneau et
composé de 18 à 22 lobules qui émergent d’un point commun en formant une sorte d’éven¬
tail. Les lobules antiporaux sont plus nombreux que les poraux et l’ensemble occupe presque
1/5 de la largeur de l’anneau. Postérieurement à l’ovaire, on trouve la glande vitellogène
foncée et sphérique mesurant 150 pm de diamètre. Entre l’ovaire et la glande vitellogène,
on observe la glande de Mehlis et Tootype (fig. 1 B).
Utérus constitué par un mince cordon de cellules, seulement visible dans quelques
anneaux mûrs. 11 est situé dorsalement et postérieurement à l’ovaire et à tous les conduits
génitaux, passant juste au milieu de la glande vitellogène et dépassant le canal longitudinal
dorsal mais jamais le ventral (fig. 1 B). Après l’entrée des premiers œufs, la paroi de l’uté¬
rus est détruite ; aucun tissu n’entoure donc l’ensemble des œufs, ce qui conduit à leur
dispersion dans le parenchyme médullaire et, plus tard, dans le cortical (fig. 1 H).
1. — Malhevotaenia cruzsilvai n. sp. A, scolex ; B, anneau mûr ; C, coupe histologique montrant
la disposition des faisceaux musculaires longitudinaux et les canaux excréteurs longitudinaux dorsal
et ventral ; D, vésicule séminale externe, vagin et poche du cirre ; E, cirre avec des cils vibratilcs ;
F, capsule avec un œuf ; G, coupe histologique au niveau de la poche du cirre et du vagin ; H, coupe
histologique au niveau d’un proglottis gravide ; on distingue le vagin et les capsules d’œufs.
— 1084 —
Œuf de 60 à 70 p.m de diamètre présentant deux enveloppes concentriques, la plus
externe pouvant se déformer. Embryon hexacanthe de 50 à 55 pm de diamètre, ses cro¬
chets faisant 30 à 35 pm de longueur. Chaque œuf contenu dans une capsule mesurant
de 90 à 100 pm (fig. 1 F).
Vagin très long divisé en deux parties : la première est étroite et mesure 375 pm de
longueur ; elle nait antérieurement à la glande vitellogène, se situe en avant des testicules
et en arrière du canal déférent en se terminant au tiers environ de sa longueur totale ; la
seconde forme une sorte de constriction de près de 140 p.m, et s’élargit ensuite jusqu’à la
poche du cirre sur une longueur de 750 pm, ayant 250 pm environ de diamètre maximal.
Ce vagin s’ouvre dans l’atrium génital postérieurement au cirre (fig. 1 G). Il est entouré
de petites cellules glandulaires. Nous pensons, comme d’autres auteurs, que le vagin pos¬
sède une fonction double car, étant donné son grand développement, il peut se substituer
au réceptacle séminal (fig. 1 B).
Discussion
En 1946, le genre Mathevotaenia fut établi par Akumyan pour une espèce de Cestode
de la famille des Taeniidae, parasite de rongeurs, Catenotaenia symmetrica Baylis, 1927.
En même temps, Akumyan proposait de diviser la famille des Taeniidae en deux sous-
familles : les Taeniinae Perrier, 1897, où tous les Taeniidae sensu stricto étaient inclus, y
compris le genre Catenotaenia Janicki, 1904, et les Mathevotaeniinae Akumyan, 1946, pour
les autres membres de la famille, avec pour type le genre Mathevotaenia. Cependant, Spasskii
(1951) a mis en synonymie la sous-famille des Mathevotaeniinae avec celle des Linstowii-
nae déjà proposée en 1907 par Ftjhrmann, considérant cependant Mathevotaenia comme
un genre valable.
L’étude morphologique du cestode décrit ci-dessus permet de conclure que nous sommes
en présence d’un représentant de la famille des Anoplocephalidae Cholodkovsky, 1902,
de la sous-famille des Linstowiinae Fuhrmann, 1907, et du genre Mathevotaenia Akumyan,
1946, en suivant la classification de Yamaguti, 1959.
Des Anoplocephalidae, il possède le scolex inerme à grandes ventouses ; les anneaux
beaucoup plus larges que longs ; l’appareil génital unique, les pores génitaux irrégulière¬
ment alternes ; la glande vitellogène postovarique ; l’utérus jeune en tube transversal se
résolvant plus tard en capsules.
Bien que Spasskii place le genre Mathevotaenia dans la famille des Linstowiidae, il
indique pour les Anoplocephalidae un utérus de structure rudimentaire, représenté par un
cordon cellulaire dense, semblable à la structure de l’ovaire et qui correspond à ce que
nous avons trouvé dans notre espèce.
Des Linstowiinae, il présente l’utérus éphémère, l’existence d’un seul œuf par capsule,
et l’absence de vésicule séminale externe (bien que Spasskii mentionne aussi ce caractère
pour définir l’autre sous-famille des Linstowiidae, les Inermicapsiferinae Lopez-Neyra
1943).
Du genre Mathevotaenia, il possède les pores génitaux alternes, les testicules latéraux
et postérieurs à l’ovaire et le vagin formé d’une partie épaissie (portion atriale) et d’une
partie plus rétrécie (canal vaginal), et enfin l’absence de réceptacle séminal différencié.
— 1085 —
De toutes les espèces que nous connaissons du genre Mathevotaenia, la plus voisine
de la nôtre est Mathevotaenia megastoma (Diesing, 1850), parasite de singes américains.
Le cestode décrit parasite un singe de Timor (Indonésie) d’une espèce différente de
celles citées pour M. megastoma ; il présente une poche du cirre plus longue ne dépassant
pas les canaux excréteurs longitudinaux ; un nombre de testicules plus petit ; des œufs
de diamètre plus grand ; enfin, il possède une vésicule séminale externe distincte.
Nous pensons donc être en présence d’une espèce nouvelle et nous proposons pour
celle-ci le nom de Mathevotaenia cruzsilvai en hommage à notre Maître, le Professeur Cruz
e Silva qui nous a initiée à l’Helminthologie.
Le spécimen-type se trouve dans la collection d’Helminthologie du Centro de Zoologia
de la Junta de Investigaçiôes Cientificas do Ultramar.
Remerciements
Nous voulons témoigner nos remerciements à notre collaboratrice M lle Alzira Garrido Bap-
tista, Technicienne auxiliaire principale, à qui nous devons les colorations et les coupes histolo¬
giques du matériel de notre étude.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Akumyan, K. S., 1946. — Revision of the systematics of the genus Catenotaenia Janicki, 1904.
Helminthological collection dedicated to the Academician K. I. Skrjabin. Izd. Akad. Nauk
SSSB : 37-41.
Baf.r, J. G., 1927. — Monographie des cestodes de la famille des Anoplocephalidae. Bull. biol.
Fr. Belg., Paris, suppl. 10 : 1-241.
Spasskii, A. A., 1951. — Essentials of Cestodology. Vol. I. Anoploeephalate tapeworms of domestic
and wild animals. Academy of Sciences of the U.S.S.R., Moscow. Translated in English
by the Israel Program for Scientific Translations, 1961, 783 p.
Yamaguti, S., 1959. — Systema Helminthum. Vol. II. The Cestodes of Vertebrates. Interscience
Publishers, Inc., New York, 860 p.
Bull. Mus. nain. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 3, 1981,
section A, n° 4 : 1087-1125.
Nouvelles récoltes des genres Cyrtomaia Miers
et Pleistacantha Miers
(Crustacea, Decapoda, Braehyura)
par Danièle Guinot et Bertrand Richer de Forges
Résumé. — Les Crabes étudiés ici proviennent de récoltes effectuées par l’ORSTOM entre
220 et 1 000 m, essentiellement en Nouvelle-Calédonie et à Madagascar. Le genre Cyrtomaia Miers
est représenté par cinq espèces, dont quatre au moins sont nouvelles : C. ericina sp. nov., C. ihlei
sp. nov., C. gaillardi sp. nov. et C. granulosa sp. nov. Le genre Pleistacantha Miers est représenté
par trois espèces, dont une nouvelle, P. exophthalmus sp. nov. L’étude de ces Pleistacantha amène
les auteurs à redécrire P. moseleyi (Miers) et P. terrihilis Rathbun, à rétablir P. pungens (Wood-
Mason) et à réhabiliter deux espèces décrites par Ihle et Ihle-Landenberg en 1931 et depuis
tombées dans l’oubli, P. erecta et P. cervicornis.
Abstract. — Deep water crab species studied here have been reported from collections made
by ORSTOM in New Caledonia and Madagascar. The genus Cyrtomaia Miers includes five species ;
four are new for Science : C. ericina sp. nov., C. ihlei sp. nov., C. gaillardi sp. nov., and C. granu¬
losa sp. nov. The genus Pleistacantha Miers includes three species ; one is new for Science, P. exoph¬
thalmus sp. nov. P. moseleyi (Miers) and P. terribilis Rathbun are described again ; P. pungens
(Wood-Mason) is restored ; two species described by Ihle and Ihle-Landenberg in 1931 are
re-established, P. erecta and P. cervicornis.
D. Guinot, Muséum national d'Histoire naturelle, Laboratoire de Zoologie (Arthropodes), 61, rue de Buffon,
75005 Paris.
B. Richer de Forges, O/pce de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer (ORSTOM), 24, rue Bayard,
75008 Paris, et Muséum national d’Histoire naturelle, Laboratoire de Zoologie (Arthropodes).
Cet article fait partie d’un ensemble de travaux sur les Crabes bathyaux de F Indo-
Pacifique (Guinot et Richer de Forges, 1981a ; 19816). Il concerne deux genres de Maji-
dae : Cyrtomaia Miers, 1886, et Pleistacantha Miers, 1879.
La majorité des récoltes ont été effectuées par l’ORSTOM à Madagascar par chalu¬
tage (récoltes A. Crosnier) et en Nouvelle-Calédonie au casier et à la drague (récoltes
A. Intès) (voir les cartes 1 et 2, Guinot et Richer de Forges, 19816). Les échantillons
proviennent généralement de profondeur allant de 200 à 1 000 m (cf. tabl. I).
L’identification de ces espèces, rares ou inconnues, a nécessité l’examen d’un maté¬
riel abondant qui nous a été aimablement prêté par diverses institutions. Le genre Cyrto¬
maia, qui comportait 17 espèces et qui s’enrichit ici de quatre espèces nouvelles, deux mal¬
gaches et deux pacifiques, a dû être entièrement révisé. Cette révision nous a amené à
examiner les types de 15 espèces et fait l’objet d’une publication à part, actuellement sous
presse (Guinot et Richer de Forges, Annls Inst, océanogr., Paris).
1088 —
Tableau I. — Liste des espèces récoltées.
Lieu des récoltes
Profondeur
DES RÉCOLTES
Cyrtomaia ericina sp. nov.
Nouvelle-Calédonie
220-390 m
Cyrtomaia aff. platypes Yokoya
Nouvelle-Calédonie
390-500 m
Cyrtomaia ihlei sp. nov.
îles Samoa occidentales
700 m
Nouvelles-Hébrides
900 m
Tahiti
480 m
Cyrtomaia gaillardi sp. nov.
côte nord-ouest de Madagascar
395-1 125 m
Cyrtomaia granulosa sp. nov.
côte nord-ouest de Madagascar
403-428 m
? Pleistacantha pungens (Wood-Mason)
Madagascar
348-410 m
Pleistacantha japonica (Yokoya)
Nouvelle-Calédonie
500 m
Pleistacantha exophthalmus sp. nov.
Nouvelle-Calédonie
390-419 m
Pour le genre Pleistacantha, nous avons fait des recherches sur la plupart des espèces
qui le composent. Nous avons pu consulter un certain nombre de types d’espèces jamais
figurées ou mal connues et nous les étudions dans le présent travail, en en donnant une
nouvelle description et de nombreuses illustrations. Dans le genre Pleistacantha Miers,
nous avons pu revoir les types des espèces créées par Ihle et Ihle-Landenberg (1931)
d’après le matériel récolté par le « Siboga » et pratiquement tombées dans l’oubli. Nous
réhabilitons Pleistacantha cervicornis Ihle et Ihle-Landenberg, 1931, ainsi que Pleistacantha
erecta Ihle et Ihle-Landenberg, 1931, à l’origine décrite comme sous-espèces de P. sancti-
johannis Miers, 1879. Ayant examiné le type de P. moseleyi (Miers, 1886), déposé au British
Museum, nous en reprécisons les caractéristiques et le figurons. Une meilleure connaissance
de P. moseleyi nous permet d’établir la validité de P. pungens (Wood-Mason, 1891), espèce
actuellement confondue avec P. moseleyi, et d’y rapporter (quoique avec un léger doute)
plusieurs échantillons malgaches.
Remerciements
Nous exprimons notre plus vive gratitude aux diverses personnes qui ont récolté les Crabes
étudiés dans ce travail : M. Alain Crosnier, océanographe biologiste de l’ORSTOM, pour ses
récoltes à bord du « Vauban » sur les côtes de Madagascar ; M. André Intès qui a pêché au casier
le matériel de Nouvelle-Calédonie, des Samoa et des Nouvelles-Hébrides ; M. Alain Michel qui
a permis à l’un de nous (B. Richer de Forges) d’effectuer des récoltes au casier à bord du « Tai-
nuï » avec l’aide de « l’équipe de pêche » du Centre Océanologique du Pacifique. Nos remerciements
s’adressent également aux personnes qui nous ont envoyé en prêt les types de plusieurs espèces :
le D r J. H. Stock, qui nous a fait parvenir plusieurs types de Ihle et Ihle-Landenberg conser¬
vés au Zoôlogisch Museum d’Amsterdam (ZMA) ; le D r R. W. Ingle, qui nous a communiqué
en prêt deux types conservés au British Museum (BM), Cyrtomaia suhmi Miers et Pleistacantha
moseleyi (Miers) ; ainsi que le D r R. B. Manning, grâce auquel nous avons pu examiner le type
de Pleistacantha terrihilis Rathbun, déposé à l’USNM de Washington. Les illustrations de ce tra¬
vail sont l’œuvre de M. M. Gaillard pour les dessins et de M. J. Rebière pour les photographies :
nous les remercions chaleureusement. L’aide technique de M me Michèle Bertoncini nous a été
— 1089 —
précieuse. Nous remercions vivement M me Josette Semblât qui a réuni toute la documentation
nécessaire à ce travail.
Cyrtomaia ericina 1 sp. nov.
(Fig. 1 A-B, 5 A, B, B1 ; pi. II, 3, 3a, 3b)
Matériel examiné : Holotype, çj 18 X 22 mm, côte sud de la Nouvelle-Calédonie, radiale
canal de la Havannah, drague, 220-390 m, Intès coll., 23 mai 1978 (MP-B7240).
Description
Espèce de taille relativement peu élevée. Carapace courte, élargie et renflée au niveau
des aires branchiales. Face dorsale (pi. II, 3a, 3b) garnie d’épines très aiguës, nombreuses
et développées, parmi lesquelles les épines protogastriques sont les plus longues. Sur Faire
protogastrique renflée, en plus de l’épine principale, plusieurs autres épines, notamment
une assez forte en avant de l’épine principale et une autre plus petite du côté externe
(pi. II, 3a, 3b). Deux épines gastriques impaires médianes. Aire cardiaque surélevée et
surmontée de deux épines dirigées vers l’arrière. Une spinule intestinale très visible, juste
sur le bord postérieur de la carapace. Aire branchiale ornée d’une épine antérieure pointue
et de quelques tubercules ; des rangées de tubercules sur les bords de celle-ci. Aire hépa¬
tique armée de trois épines de taille similaire et à base élargie (l’une d’elle étant l’épine
orbitaire externe), ainsi que d’une quatrième plus réduite.
Une épine stipraoculaire fine mais acuminée, dirigée obliquement (fig. 1 A). Sur le
bord supraorbitaire, un petit tubercule à extrémité tronquée (fig. 1 B). Epines pseudo-
rostrales courtes (fig. 1 A) ; rostre sensiblement plus long, à base triangulaire.
Face dorsale avec les régions assez bien marquées, portant en plus des épines et des
spinules un certain nombre de granules et tubercules pointus. Pédoncule oculaire long et
grêle, doté d’une seule corne. Article basal antennaire (fig. 1 B) armé de deux épines : une
subdistale triangulaire et forte, une subproximale réduite. Articles 4 et 5 cylindriques,
avec notamment une spinule distale sur l’article 4.
Plastron sternal orné de nombreuses longues épines.
Chélipèdes (cj) à main allongée, s’élargissant distalement. Pattes ambulatoires (pi. II, 3)
longues et grêles. P2 et p3 armées de rangées de spinules sur le mérus, le carpe et le pro-
pode ; propode et dactyle munis de longues soies raides, jaunâtres. P4 et p5 (fig. 5 A)
avec quelques spinules proximales sur le mérus, avec le carpe inerme (quelques tubercules
sur le carpe de p4), avec le propode inerme et frangé, ainsi que le dactyle, de longues soies
plumeuses.
Pli S ■ «g- 5 B, Bl.
Démarques
L’espèce la plus proche de Cyrtomaia ericina sp. nov. est C. murrayi Miers, 1886 (p. 15,
pl. 3, fig. 1, la-lc), espèce type du genre Cyrtomaia Miers, 1886. C. murrayi a été décrite
pour deux spécimens originaires des îles Kei.
1. Du latin ericinus, a, « de hérisson ».
— 1091 —
Cyrtomaia ericina sp. nov. possède plusieurs des caractéristiques de C. murrayi Miers,
1886, à savoir : la forme élargie de la carapace, la face dorsale assez abondamment spinu-
leuse (pi. II, 3b), la présence d’une épine préoculaire (fig. 1 À) et celle d’une épine intes¬
tinale postérieure, l’existence de deux épines gastriques médianes impaires, l’épine proto¬
gastrique implantée sur une proéminence garnie de spinules (pi. II, 3a), les épines pseudo-
rostrales courtes, les p4 et p5 à propode frangé de soies plumeuses (pi. II, 3). Les diffé¬
rences entre C. ericina sp. nov. et C. murrayi concernent principalement : le bord supra-
orbitaire orné d’une spinule aiguë chez C. murrayi , d’un tubercule mousse chez C. ericina
sp. nov. (fig. 1 B) ; le carpe de p4 et de p5 spinuleux chez C. murrayi (cf. Miers, 1886,
pl. 3, fig. 1), pratiquement inerme chez C. ericina sp. nov. (pi. II, 3).
Une comparaison détaillée de Cyrtomaia murrayi Miers et de C. ericina sp. nov. figure
dans la révision du genre Cyrtomaia qui est en cours (Guinot et Richer de Forges, sous
presse).
Distribution géographique r Nouvelle-Calédonie.
Cyrtomaia alf. platypes Yokoya, 1933
(PL I, 2, 2a, 2b, 2c)
Cyrtomaia platypes Yokoya, 1933 : 145, fig. 52 : Japon.
Matériel examiné : 4 12 X 13 mm, 11 X 12 mm, 10 X 10 mm, 8x9 mm, 2 Ç 15 X
14 mm, 10 X 11 mm (Ç ovigère), Nouvelle-Calédonie, île des Pins, 22°50' S - 167°16' E, drague,
500 m, Intès coll., 12 avril 1978 (MP-B7287). — 1 10 X 10 mm, Nouvelle-Calédonie, 22°49' S -
167°12' E, drague, 390-395 m, Intès coll., 10 avril 1978 (MP-B7288).
Remarques
Une petite forme néo-calédonienne appartenant au genre Cyrtomaia est à rapprocher
du groupe d’espèces à antennes foliacées comprenant C. lamellata Rathbun, 1906 (p. 879,
fig. 36), C. hispida (Borradaile, 1916 : 104, fig. 13) et C. platypes Yokoya, 1933 ( loc. cil.).
Bien que C. platypes ait été mise en synonymie avec C. hispida par certains auteurs, nous
pensons qu’il s’agit d’une espèce valide. Une étude détaillée des espèces à antennes foliacées
figure dans une révision en cours du genre Cyrtomaia (Guinot et Richer de Forges, sous
presse).
Cyrtomaia ihlei 1 sp. nov.
(Fig. 2 A-D, 5 D-E ; pl. II, 2, 2a)
Matériel examiné : Holotype, $ 34 X 38 mm, îles Samoa occidentales, Apolima Strait
12 miles au sud d’Apolima, casier, 700 m, Intès coll., 17 novembre 1977 (MP-B7206). — Paratype
1. En hommage à J. E. W. Iule, auteur de plusieurs monographies sur les Crabes récoltés par le
« Siboga » et d’un article (en collaboration avec M. E. Ihle-Landenberg) où sont décrites plusieurs Cyrto¬
maia presque tombées dans l’oubli et que nous réhabilitons dans une révision en cours consacrée au genre
Cyrtomaia (Guinot et Richer de Forges, sous presse).
— 1092 —
2 32 X 35 mm, Nouvelles-Hébrides, Torres, Lob, casier, 900 m, Intès coll., 14 octobre 1977 (MP-
B7207). — Ç 36 X 39 mm, Tahiti, casier, 480 m, Richer de Forges coll., récoltes à bord du
« Tainuï », octobre 1978 (MP-B7208).
Description
l’aille moyenne. Epines dorsales à peu près toutes de même longueur et moyennement
développées : une paire d’épines protogastriques, une épine gastrique impaire, une paire
d’épines cardiaques, toutes ces épines étant subégales (pi. II, 2a) ; en outre, une épine
branchiale assez aiguë, un peu plus développée que les autres (tout au moins chez le para-
type et chez le spécimen de Tahiti) ; une petite épine intestinale présente. Épine post-
oculaire pointue. Épine orbitaire intercalaire courte, triangulaire, couverte de granules
(fig. 2 A).
Face dorsale sillonnée, avec les différentes aires relativement bien délimitées. Tout le
test couvert de granules de taille irrégulière, très abondants, devenant spinuleux par endroits :
notamment, en avant de l’épine protogastrique impaire, une zone surélevée granuleuse
où se distinguent 2-3 tubercules ; entre l’épine protogastrique et l’épine orbitaire inter¬
calaire, une ligne de gros granules, dont certains sont spiniformes. Région frontale courte,
avec deux épines pseudorostrales réduites, plus courtes que le rostre ; rostre triangulaire.
Pédoncule oculaire plutôt grêle et assez long (dépassant la dent orbitaire intercalaire)
et doté d’une seule corne. Article basal antennaire (fig. 2 B, C, D) armé de quatre épines
acérées et de petites spinules ; articles 4 et 5 élargis, lobés, rugueux, avec des denticula-
tions ; fouets antennaires longs.
Chélipèdes (pi. II, 2) spinuleux et granuleux, avec une main élargie distalement chez
le mâle. P4 et p5 granuleux, surtout sur le bord supérieur du mérus.
Remarques
Cyrtomaia ihlei présente des affinités avec l’espèce hawaiienne C. smithi Rathbun,
1893 (p. 228 ; 1906 : 877, fig. 34, 35, pi. 6), surtout avec la forme jeune de cette espèce,
en raison : de la présence d’épines subégales sur la face dorsale (néanmoins relativement
plus longues chez C. ihlei) ; de la forme du front, avec des épines pseudorostrales très
courtes et un rostre triangulaire ; et, aussi, en raison de l’article basal antennaire, armé
de trois épines. Mais C. ihlei diffère de C. smithi par : la granulation, beaucoup plus forte
sur la carapace (chez la forme âgée de C. smithi, la granulation est très fine) ; les pédon¬
cules oculaires, plus grêles et un peu plus allongés ; l’épine orbitaire intercalaire, courte
et triangulaire (en même temps que granuleuse) chez C. ihlei, longue et acérée chez C. smithi.
En ce qui concerne l’ornementation de la carapace, l’épine branchiale, spiniforme chez
les jeunes C. smithi et présente sous forme d’un simple tubercule chez les grandes C. smithi,
est relativement la plus longue de toutes les épines dorsales chez C. ihlei.
Cyrtomaia ihlei ressemble à C. granulosa sp. nov. (cf. infra, fig. 4 A-D, pi. II, 1, la,
1b) par la forme générale du corps, par la forte granulation (plus irrégulière chez C. ihlei
où la carapace apparaît comme verruqueuse), par le front composé d’épines pseudorostrales
très courtes et d’un rostre triangulaire, ainsi que par la granulation des articles sur p4
et p5. Mais C. ihlei diffère de C. granulosa : par les épines de la face dorsale beaucoup plus
2. — Cyrlomaia ihlei sp. nov. A-B, paratvpe, $ 32 X 35 mm, Nouvelle-Hébrides, Torrès, 900 m,
I.ntès coll. (MP-B7207) : région fronto-orbitaire (X 6), vue dorsale (A) et vue ventrale (B). C-D,
holotype, $ 34 X 38 mm, îles Samoa occidentales, 700 m, Intès coll. (MP-B7206) : détail de l’antenne
sous deux angles différents [G (X 12) ; D (X 7,5)]. (Pilosité non représentée.)
— 1094 —
développées (chez C. granulosa, il y a notamment deux épines protogastriques réduites) ;
par la présence d’une épine orbitaire intercalaire, laquelle est absente chez C. granulosa ;
par l’article basal antennaire, armé de quatre dents chez C. ililei et de trois seulement
chez C. granulosa, ; par les chélipèdes moins forts et moins abondamment granuleux chez
C. ihlei.
Cyrtomaia ihlei présente quelques ressemblances avec C. tenuipedunculata Ihle et Ihle-
Landenberg, 1931 (p. 152) 1 2 : par l’apparence générale ; par l’ornementation épineuse de
la face dorsale (les épines principales sont similaires, les épines protogastriques étant toute¬
fois plus longues que les autres chez C. tenuipedunculata) ; par la granulation abondante
de la face dorsale. Les différences entre C. ihlei et C. tenuipedunculata portent sur : la face
dorsale garnie d’épines accessoires chez C. tenuipedunculata, à savoir trois épines pjroto-
gastriques impaires supplémentaires et une ligne d’épines entre l’épine protogastrique et
l’épine orbitaire intercalaire ; la forme de l’épine orbitaire intercalaire, très longue et acérée
chez C. tenuipedunculata, courte et triangulaire chez C. ihlei.
Distribution géographique : Nouvelles-Hébrides, Samoa, Tahiti.
Cyrtomaia gaillardi 2 sp. nov.
(Fig. 3 A-C, 5 C ; pi. I, 1, la-le)
? Cyrtomaia Suhmi typica ; Doflein, 1904 : 54, pl. 19, fig. 1, 2 : Nias (et Sumatra, Grande Nicobar,
Sombrero-Kanal).
nec Cyrtomaia suhmii Miers, 1886 : 16, pl. 3, fig. 2, 2 a-c : « îles Tulur » (sans doute îles Taïaut),
entre les Philippines et la mer des Moluques.
Matériel examiné : Ilolotype, $ 75 X 84 mm, 6 paratypes ^ 88 X 97 mm, 58 X 63 mm,
40 X 41 mm, 26 X 29 mm, 17 X 18 mm, 16 X 16 mm, 1 paratype $ 34 X 39 mm, 1 paratype $
ovigère 61 X 64 mm, côte NW de Madagascar, 12°27' S - 48°07,8' E, chalutage 22, 680-700 m,
vases sableuses calcaires, Crosnier coll., 19 janvier 1972 (MP-B7241). — 1 $ 55 X 59 mm, 1 Ç
ovigère 56 X 61 mm, côte NW de Madagascar, 12°44,8' S - 48°10,6' E, chalutage 5, 563-570 m,
vases sableuses calcaires, Crosnier coll., 5 mars 1971 (MP-B7242). — 1 Ç 52 X 56 mm, côte
NW de Madagascar, 12°34' S - 48°15' E, chalutage 31, 395 m, sables calco-quartzeux, Crosnier
coll., 13 septembre 1972 (MP-B7243). — 1 $ 16,5 X 16 mm, côte NW de Madagascar, 13°50' S -
47°37' E, chalutage 139, 850-1 125 m, vases calcaires, Crosnier coll., 27 février 1975 (MP-
B7244). — 1 spéc. endommagé, côte NW de Madagascar, 12°27' S - 48°08,5' E, chalutage 34, 695-
705 m, Crosnier coll., 13 septembre 1972 (MP-B7245).
Description
Espèce pouvant atteindre une très grande taille (holotype de 75 X 84 mm).
Épines protogastriques (pl. I, la, lb, ld, le) de loin les plus longues de toutes celles
de la face dorsale, développées en cornes, arquées, inclinées vers l’avant, et couvertes de
1. Cyrtomaia Smithii subsp. tenuipedunculata Ihle et Ihle-Landenberg, 1931, que nous sortons de
l’oubli en l’élevant au rang d’espèce, est fort proche de C. horrida Rathbun, 1916 (cf. Guinot et Richer
de Forges, sous presse).
2. Espèce dédiée à M. Maurice Gaillard, dessinateur au Laboratoire de Zoologie (Arthropodes) du
Muséum national d’Histoire naturelle.
3. — Cyrtomaia gaillardi sp. nov. A-B, holotype, cj 75 X 84 mm, côte nord-ouest de Madagascar.
680-700 m, Crosnier coll. (MP-B7241) : région fronto-orbitaire (X 3), vue dorsale (A) et vue ven¬
trale (B). C, 9 ovigère 56 X 61 mm, côte nord-ouest de Madagascar, 563-570 m, Crosnier coll. (MP-
B7242) : détail de l’antenne (X 6). (Pilosité non représentée.)
— 1096 —
granules sur toute leur longueur ; épine gastrique impaire aiguë ; un minuscule tubercule
impair en avant de celle-ci ; épines cardiaques surélevées ; épine branchiale antérieure
acérée, assez longue, dirigée obliquement ; postérieurement, une épine parfois émoussée
et, plus bas encore, un tubercule ; une épine épibranchiale présente, parfois très aiguë,
parfois émoussée (surtout sur les plus grands spécimens : pi. I, la, lb) ; sur le bord latéro-
postérieur de l’aire branchiale, une ligne de gros tubercules spiniformes (4-5) ; aire intes¬
tinale légèrement renflée, avec quelques granules (parfois 1-2 plus gros) ; épines pseudo-
rostrales assez longues, peu divergentes (caractère avec quelques variations).
Rostre pointu ; auvent supraoculaire élargi, avec un tubercule saillant au niveau du
pédoncule oculaire (équivalant à l’épine préoculaire) ; épine orbitaire intercalaire (fîg. 3 A,
B) toujours présente, plus ou moins spiniforme, parfois émoussée, parfois différente à gauche
et à droite chez le même individu ; épine postoculaire bien développée et dirigée vers l’avant.
Face dorsale (pi. I, la, ld, le) à reliefs assez marqués ; notamment, sillon branchio-
cardiaque profond ; test orné de fins granules, avec quelques granules plus gros çà et là ;
granulation garnissant également la surface des épines ; pilosité consistant en un petit
nombre de soies en hameçon sur les régions mésogastrique, hépatique et frontale, présente
chez les juvéniles (pi. I, ld, le), presque disparue chez les grands spécimens ; entre l’épine
postoculaire et l’épine protogastrique correspondante, une ride épaisse et formant un angle.
Pédoncule oculaire court et trapu, doté d’une seule corne distale ; article basal anten-
naire (fîg. 3 B, C) armé de quatre épines : une distale, deux le long du bord externe et une
subdistale médiane ; articles 4 et 5 munis de petits tubercules, devenant obsolètes sur Je
cinquième article chez les grands spécimens ; fouets antennaires courts.
Chélipèdes démesurés, tout au moins chez les grands individus (pi. I, 1, le) où la main
est très longue et fortement élargie dans sa partie distale ; mérus granuleux sur toute sa
surface ; doigts incurvés ; p2 à mérus très long, un peu plus court que le mérus de pl chez
les très grands individus ; p4 et p5 à mérus et bord supérieur du carpe finement granuleux.
PU S ■ voir fig. 5 C.
Remarques
Nous décrivons sous le nom de Cyrtomaia gaillardi une très grosse espèce de Cyrto¬
maia représentée par plusieurs échantillons capturés dans les eaux malgaches entre 400
et 1 100 m de profondeur.
Deux espèces sont proches de Cyrtomaia gaillardi sp. nov., à savoir C. suhmi Miers,
1886 (p. 16, pl. 3, fig. 2), espèce indonésienne, et C. curviceros Bouvier, 1915 (p. 9-15, pl. 1),
originaire du Japon.
Cyrtomaia gaillardi sp. nov. ressemble à C. suhmi Miers par les grandes épines proto¬
gastriques, les épines pseudorostrales allongées, et par la présence d’une épine épibran¬
chiale et de deux tubercules branchiaux postérieurs en arrière de l’épine branchiale anté¬
rieure. Mais C. gaillardi se distingue de C. suhmi par la présence d’une épine intercalaire
aiguë, même chez les spécimens les plus grands, et par les articles 4 et 5 de l’antenne tuber-
culés au heu de lisses chez C. suhmi.
Cyrtomaia gaillardi et C. curviceros ont en commun : une très grande taille ; le grand
développement des épines protogastriques ; les épines pseudorostrales allongées ; le sillon
branchiocardiaque de la face dorsale profond ; les pédoncules oculaires courts et trapus ;
— 1097 —
les chélipèdes devenant démesurés, avec paume élargie distalement, chez les très grands
individus.
Les différences entre C. gaillardi et C. curviceros concernent principalement : la gra¬
nulation de la face dorsale, fine mais très abondante chez C. gaillardi (même chez les plus
grands individus), très atténuée chez C. curviceros (à vérifier toutefois sur un matériel
de plus petite taille que l’holotype) ; la granulation du mérus de pl, très forte chez C. gail¬
lardi, ce même article étant sublisse chez C. curviceros (à vérifier également) ; les épines
protogastriques, plus courtes chez C. gaillardi que chez C. curviceros ; les épines pseudo-
rostrales, peu divergentes chez C. gaillardi, en forme de Y chez C. curviceros ; la dent orbi¬
taire intercalaire, spinuleuse et bien développée (exceptionnellement émoussée) chez C. gail¬
lardi, absente chez C. curviceros ; l’article basal antennaire, armé de quatre épines égales
chez C. gaillardi, de cinq épines chez C. curviceros.
Une autre espèce proche de Cyrtomaia gaillardi est C. maccullochi Rathbun, 1918
(p. 4, fig. 1, 2, pl. 1, 2), originaire d’Australie. Ces deux espèces ont en commun : le grand
développement en cornes des épines protogastriques ; les épines pseudorostrales allongées
et peu divergentes ; la fine granulation de la face dorsale ; l’article basal antennaire armé
de quatre épines ; le chélipède démesuré chez le grand mâle, avec mérus long et paume
élargie distalement. Les différences portent : sur la taille beaucoup plus élevée chez C. gail¬
lardi (C. maccullochi étant toutefois une espèce qui peut atteindre des dimensions impor¬
tantes) ; sur l’épine orbitaire intercalaire, formant une épine acérée chez C. gaillardi, absente
chez C. maccullochi ; sur l’épine épibranchiale, présente chez C. gaillardi, presque obsolète
chez C. maccullochi ; sur la présence d’un granule préoculaire chez C. gaillardi, celui-ci
étant absent chez C. maccullochi.
La comparaison entre C. gaillardi et C. horrida Rathbun, 1916 (p. 532 ; cf. Griffin,
1976 : 188, fig. 3 : photographie de l’holotype) nous montre deux espèces similaires par
leurs épines protogastriques allongées, par leurs épines pseudorostrales développées et peu
divergentes, et par la présence d’une épine orbitaire intercalaire (néanmoins plus longue
chez C. horrida). C. horrida est une espèce de plus petite taille ; à carapace encore plus
abondamment granuleuse et même spinuleuse que chez C. gaillardi ; à pilosité courte et
serrée (soies présentes localement chez C. gaillardi et seulement chez les jeunes) ; à article
basal antennaire armé de trois épines seulement (quatre chez C. gaillardi) ; à fouets anten-
naires plus longs que chez C. gaillardi ; à p4 et p5 spinuleux, alors qu’ils sont seulement
finement granuleux chez C. gaillardi.
On ne peut avoir aucune certitude sur l’identité de la Cyrtomaia Suhrni typica, ori¬
ginaire de Nias, figurée par Doflein (1904 : 54, pl. 19, fig. 1, 2). Cette Cyrtomaia de Doflein
offre un faciès analogue à celui de notre C. gaillardi, notamment les épines de la face dor¬
sale, mais elle ne semble pas présenter l'épine orbitaire intercalaire caractéristique de C. gail¬
lardi.
La Cyrtomaia suhrni de Giuffin et Brown, 1976 (p. 252, fig. 6), originaire d’Austra¬
lie, ne nous semble pas être C. suhrni à cause de la présence d’une épine orbitaire interca¬
laire et s’apparente par ce caractère ainsi que par sa grande taille à notre C. gaillardi sp.
nov. Il conviendrait de revoir ce matériel australien.
Distribution géographique : Madagascar.
4, il
— 1098 —
Cyrtomaia granulosa sp. nov.
(Fig. 4 A-D ; pi. II, 1, la, lb)
Matériel examiné : Holotype, Ç ovigère 50 X 56 mm, côte nord-ouest de Madagascar,
12°52' S - 48°10,3' E, chalutage 1, 420-428 m, sables quartzo-calcaires, Crosnier coll., 4 mars
1971 (MP-B7209). — Paratype, Ç ovigère 50 X 56 mm, côte nord-ouest de Madagascar, 12°52,3' S -
48°10,4' E, chalutage 3, 415-403 m, sables quartzo-calcaires, Crosnier coll., 4 mars 1971 (MP-
B7210).
Description
Esjièce de grande taille (femelle ovigère de 56 mm de large), fortement granuleuse
sur le céphalothorax ainsi que sur les pattes, et dénuée des grandes épines qui, d’ordi¬
naire, ornent la face dorsale des Cyrtomaia. Epines protogastriques (pi. II, la, lb) seules
présentes mais demeurant très courtes. En plus : une spinule branchiale antérieure avec,
en arrière, un tubercule branchial postérieur ; une spinule gastrique impaire ; une paire
de tubercules cardiaques surélevés. En avant de la spinule gastrique impaire, un tubercule,
recouvert de granules. Epine postoculaire bien développée, mais pas de trace d’épine
orbitaire intercalaire (fig. 4 A).
Face dorsale (pi. II, la, lb) couverte de granules de taille irrégulière et très serrés,
les plus gros étant localisés sur les aires branchiales. Une ride granuleuse reliant le bord
supraorbitaire à chaque épine protogastrique ; de même, une autre ride, courbe, réunis¬
sant l’épine postoculaire à l’épine protogastrique correspondante.
Région frontale très courte ; épines pseudorostrales réduites, beaucoup plus courtes
que le rostre ; rostre pointu. Pédoncule oculaire relativement court et trapu, doté d’une
corne unique, très saillante. Article basal antennaire (fig. 4 B, C, D) armé de trois épines :
deux antérieures groupées et une postérieure isolée ; articles 4 et 5 un peu élargis et spinu-
leux ; fouets plutôt longs.
Chélipèdes (pi. II, 1) longs et forts (spécimens connus seulement de sexe femelle),
spinuleux et couverts de gros granules très denses ; de même, p2 et p4 avec tous leurs
articles finement granuleux.
Remarques
La seule espèce qui puisse être comparée à C. granulosa est C. smithi Rathbun, 1893
(]i. 228 ; 1906 : 877, fig. 34, 35, pl. 6), espèce hawaiienne très proche par la taille, par la
réduction des épines de la face dorsale, par les pédoncules oculaires courts et trapus, par la
forme générale du front.
Mais C. granulosa diffère de C. smithi par l’absence d’épine orbitaire intercalaire, par
la très forte granulation présente sur tout le corps, par l’existence d’une crête en avant
de l’épine protogastrique, par l’ornementation de l’article basal antennaire (trois épines
chez C. granulosa, quatre chez C. smithi), par les p4 et p5 granuleuses (lisses à l’œil nu chez
C. smithi).
Fig. 4. — Cyrtomaia granulosa sp. nov., holotype, $ ovigère 50 X 56 mm, côte nord-ouest de Madagascar
420-428 m, Crosnier coll. (MP-B7209) : région fronto-orbitaire (X 5), vue dorsale (A) et vue ven¬
trale (B). C-D, détail de l’antenne (X 7). (Pilosité non représentée.)
5. — A, B, Bl, Cyrtomaia ericina sp. nov., holotype, $ 18 X 22 mm, côte sud de la Nouvelle-Calédonie,
220-390 m, Intès coll. (MP-B7240) : A, cinquième patte ambulatoire (X 3) ; B, pli <J en entier (X 20) ;
Bl, apex (x 33). — C, Cyrtomaia gaillardi sp. nov., holotype, $ 75 X 84 mm, côte nord-ouest de
Madagascar, 680-700 m, Crosnier coll. (MP-B7241) : pli apex (X 33). — D-E, Cyrtomaia ihlei
sp. nov., holotype, 34 X 38 mm, îles Samoa occidentales, 700 m, Intès coll. (MP-B7206) : D, pli
(X 12) ; Dl, apex (X 30) ; E, pl2 sous deux angles différents (X 12,5) ; El, apex du pl2, sous deux
angles différents (x 30).
— 1101 —
Pour les différences par rapport à C. ihlei sp. nov., cf. supra, fîg. 2 A-D, 5 D-E, pi. II,
2, 2a.
Distribution géographique : Madagascar.
Genre PLEISTACANTHA Miers, 1879
Pleistacantha Miers, 1879 : 24 (espèce type : P. sanctijohannis) ; Ortmann, 1893 : 39 ; Doflein,
1904 : 76 ; Balss, 1924 : 21 ; Ihi.e et Ihle-Landenberg, 1931 : 160 ; Sakai, 1938 : 206 (clef),
232 ; 1976 : 155 (clef), 171 ; Barnard, 1950 : 34 ; Takeda et Miyake, 1969 : 492 ; Serène
et Lohavanijaya, 1973 : 42.
Echinoplax Miers, 1886 : 31 (espèce type : P. moseleyï) ; Alcock, 1895 : 178.
Parapleisticantha Yokoya, 1933 : 140 (espèce type : P. japonica).
Le genre Pleistacantha, qui appartient à la famille des Inachidae, a été décrit en 1879
(p. 24) par Miers pour une petite espèce japonaise, P. sanctijohannis. Deux genres, au
moins, sont synonymes de Pleistacantha : Echinoplax Miers, 1886, et Parapleistican ha
Yokoya, 1933.
Sont communément attribuées au genre Pleistacantha cinq espèces, à savoir : P. sanc¬
tijohannis Miers, 1879, originaire du Japon, P. moseleyi (Miers, 1886), originaire des Phi¬
lippines, P. oryx Ortmann, 1893, originaire du Japon, P. terrihilis Rathbun, 1932, origi¬
naire du Japon, P. japonica (Yokoya, 1933), originaire du Japon.
Echinoplax rubida Alcock, 1895 (p. 179 ; Illustr. « Investig. », pl. 17, fîg. 2, 2a), ori¬
ginaire de la mer Andaman, est mise en synonymie avec P. oryx, notamment par Griffin
(1974 : 28) et par Sakai (cf. 1976 : 172), mais est laissée séparée par Serène et Lohava¬
nijaya (1973 : 42, 43 : clef). Nous inclinons à penser que P. rubida (Alcock) est une espèce
valide, distincte de P. oryx.
Pleistacantha simplex Rathbun, 1932 (p. 30), originaire du Japon et dont Pleisti-
canthoides nipponensis Yokoya, 1933 (p. 139, fîg. 49), également du Japon, serait syno¬
nyme (cf. Sakai, 1976 : 172 : clef, 174 ; toutefois, Serène et Lohavanijaya, 1973 : 43,
les distinguent), devrait être étudiée avec soin.
U Echinoplax pungens Wood-Mason in Wood-Mason et Alcock, 1891 (p. 259), de
la mer Andaman, est généralement considérée comme un synonyme de P. moseleyi (Miers,
1886) (cf. Griffin, 1974 : 27). Dans le présent travail, nous rapportons, quoique avec un
léger doute, divers échantillons malgaches à P. pungens que nous distinguons de P. mose¬
leyi, dont nous avons examiné l’holotype. P. pungens est une espèce qui peut atteindre
une grande taille (cf. infra, fîg. 6 A, D, 8 A, Al, A2 ; pl. III, 2, 2a).
Les Pleistacantha décrites par Ihle et Ihle-Landenberg, 1931 (p. 160-163) mais
non illustrées sont pratiquement tombées dans l’oubli. Pleistacantha erecta, décrite (ibid.,
p. 160) comme une sous-espèce de P. sanctijohannis, est ici réhabilitée et élevée au rang
d’espèce (cf. infra, pl. IV, 4, 4a, 4b).
Pleistacantha cervicornis Ihle et Ihle-Landenberg (1931 : 161), des îles Kei, est une
espèce oubliée. Grâce à l’examen de deux syntypes, nous réhabilitons cette très belle espèce,
aux épines pseudorostrales en « bois de cerf ». L’espèce P. terrihilis, décrite du Japon l’année
— 1102 —
suivante par Rathbun (1932 : 30), en est si proche qu’il est difficile de déceler des diffé¬
rences, tout au moins avec le seul matériel type. Pour l’instant, nous conservons sa vali¬
dité à P. terribilis : cf. infra, fîg. 7 C, 8 C, Cl ; pi. IV, 2, 2a.
Une nouvelle espèce de Pleistacantha est décrite ici, de Nouvelle-Calédonie : P.exoph-
thalmus sp. nov., caractérisée par son rostre non bifurqué (comme chez P. cervicornis et
P. terribilis), par ses épines pseudorostrales très ramifiées et par ses yeux proéminents
(cf. infra, fig. 7 D, 8 D, DI ; pi. IV, 3, 3a, 3b).
En bref, nous étudions ci-après, d’une part, les espèces de Pleistacantha récoltées en
eau profonde par l’ORSTOM, à savoir : ? P. pungens (Wood-Mason, 1891), P. japonica
(Yokoya, 1933) et P. exophthalmus sp. nov. ; d’autre part, diverses Pleistacantha mal connues
dont nous avons pu examiner le type, à savoir P. moseleyi (Miers), P. cervicornis Ihle et
Ihle-Landenberg, 1931, P. erecta Ihle et Ihle-Landenberg, 1931, et P. terribilis Rathbun,
1932. Préalablement, nous donnons une nouvelle description de ces quatre dernières espèces.
Pleistacantha moseleyi (Miers, 1886)
(Fig. 6 C, D; pi. III, 3)
Echinoplax moseleyi Miers, 1886 : 32, pl. 4, fig. 2, 2a-2c : Philippines.
Pleistacantha moseleyi ; Sakai, 1963 : 16-17 ; 1965 : 69-70, fig. 10c (distinction entre P. oryx et
P. moseleyi) ; Serène et Lohavanijaya, 1973 : 42 (clef).
? Pleistacantha Moseleyi ; Doflein, 1904 : 76-78, pro parte : seulement les stades I et II repré¬
sentés par des juvéniles figurés pl. 24, fig. 5, 6.
nec Pleistacantha moseleyi ; Balss, 1924 : 21 ; Yokoya, 1933 : 138 ; Sakai, 1938 : 234, fig. 20 a,
b, pl. 34, fig. 2, 3 = P. oryx Ortmann, 1893, fide Sakai, 1963 ; 1965 ; 1976.
? nec Echinoplax pungens Wood-Mason, 1891, et auct. = Pleistacantha pungens (Wood-Mason),
cf. sous ce nom infra.
Matériel examiné : Holotype, Ç 15 X 12 mm (nombreuses pattes détachées), Philippines,
9°26' N - 123°45' E, Exp. « Challenger », sta. 210, 686 m (BM 1884 : 31).
Remarques
C’est sous le nom d’Echinoplax moseleyi que Miers a décrit en 1886 ( loc. cit.) l’espèce
type du genre Echinoplax, alors qu’en 1879 (p. 24) il avait déjà créé le genre Pleistacantha,
avec P. sanclijohannis Miers, 1879, pour espèce type. Ces deux genres furent mis en syno¬
nymie par Doflein en 1904 (p. 76).
Nous avons sous les yeux l’holotype de P. moseleyi (Miers), une femelle de 15 X 12 mm,
originaire des Philippines et conservé au British Museum. Il n’est pas inutile de repré¬
ciser les principales caractéristiques de cette espèce en fait très mal connue, la plupart
des références qui s’y rapportent correspondant en réalité à d’autres espèces.
Carapace (pl. III, 3) couverte de spinules acuminées, dont quelques-unes un peu plus longues
et d’autres au contraire très courtes ; des soies raides assez nombreuses présentes jusque sur les
épines elles-mêmes. Face dorsale faiblement aréolée. Épines pseudorostrales (fig. 6C, 6D) longues
et écartées, divergentes en V à partir de leur base, garnies de soies éparses raides ; des spinules
accessoires peu nombreuses, partant seulement dans deux directions et implantées sur les deux
— 1103
F ig . 6. — A-B, p Pleistacantha pungens (Wood-Mason), $ 52 X 43 mm, Madagascar, 348-360 m, Cros-
nier coll. (MP-B7272) : A, épines pseudorostrales (X 2,5) ; B, région fronto-orbitaire, vue ventrale
( X 2,5). — C-D, Pleistacantha moseleyi (Miers), holotype, Ç 15 X 12 mm, Philippines, Exp. « Chal¬
lenger », sta. 210, 686 m (BM 1884 : 31) : C, épines pseudorostrales (X 6,5) ; D, région fronto-orbitaire,
vue ventrale (X 6,5). (Pilosité non représentée.)
— 1104 —
tiers proximaux : sur le bord externe, à la base, des spinules transversales (principalement, deux
longues et une courte à droite ; deux longues à gauche), ainsi qu’à la face inférieure (deux à
droite et trois à gauche). Rostre bifurqué, formé de deux épines séparées l’une de l’autre près de
leur base. Pédoncules oculaires ornés de quelques spinules et de soies raides, atteignant presque,
quand ils sont abaissés, l’épine infraorbitaire externe, donc plutôt longs. Article basal anten-
naire (lig. 6 D) armé de trois longues spinules. Entre l’épine située tout près de l’article urinaire
et l’épine infraorbitaire (une longue épine et deux spinules accessoires), zone presque inerme, à
l’exception d’une très petite spinule et de quelques granules. Angle antéro-externe du cadre buccal
formant une large sadlie régulièrement denticulée. Chélipède (bolotype : $ de 12 mm de large,
pi. III, 3) spinuleux et sétifère, avec une main cylindrique. Péréiopodes spinuleux et sétifères.
Cette description qui ne concerne qu’un seul individu, la femelle de petite taille consti¬
tuant Fholotype, devra être confirmée avec des individus de plus grande taille et avec
des spécimens mâles.
Considérons maintenant les références à Pleistacanlha mùseleyi figurant dans la litté¬
rature.
Les mentions japonaises de Pleistacanlha rnoseleyi de Balss (1924 : 21), de Yokoya
(1933 : 138), de Sakai (1938 : 234, fig. 20a, b, pl. 34, fig. 2, 3) concernent en réalité P. oryx
Ortmann, 1893, ainsi que l’a signalé Sakai (1963 : 16-17 ; 1965 : 69-70 ; 1976 : 172-173).
Grâce à l’examen du type de P. rnoseleyi, Sakai a distingué deux formes différentes de
septum interantennulaire : soit se séparant en deux épines écartées chez P. rnoseleyi, soit
bifide seulement à l’apex chez P. oryx (cf. Sakai, 1965, fig. 10 b : P. oryx ; ibid., fig. 10 c :
P. rnoseleyi). Cette opinion est partagée par les auteurs récents (Serène et Lohavanijaya,
1973 : 43 : sous ? P. oryx).
En 1974 (p. 27-28), Griffin, qui signale P. rnoseleyi dans la mer Andaman et à l’est
de Durban, relève soigneusement les nombreuses différences qui séparent P. rnoseleyi de
P. oryx, notamment en ce qui concerne la forme du rostre. Mais en 1976 (p. 208), ce même
auteur rapporte à P. rnoseleyi plusieurs échantillons philippins, dont certains possèdent
une « interantennular spine single beyond the distal half » et d’autres où elle est « bifid
for at least the distal two-thirds ». Il faudrait donc s’assurer des variations éventuelles dans
l’échancrure du rostre à l’intérieur de P. rnoseleyi.
Pleistacanlha rnoseleyi comporte dans sa synonymie Echinoplax pungens Wood-Mason
(1891 : 259 ; cf. Ai.cock et Anderson, 1896, Illustr. « Investig. », pl. 17, fig. 1 ; 1899, pl. 39),
de la mer Andaman, depuis que Doflein (1904 : 76-78) a réuni ces deux espèces sous le
nom, prioritaire, de P. rnoseleyi. Griffin (1974 : 27-28) adopte cette synonymie. Sakai
( 1976 : 173-174), qui attribue à P. oryx plusieurs P. pungens déposés à l’USNM de Wa¬
shington, distingue P. pungens de P. oryx par l’ornementation régulière de la face dorsale.
Dans le présent travail, nous rétablissons P. pungens en lui rapportant (avec doute) plu¬
sieurs échantillons malgaches (cf. ? P. pungens, infra, fig. 6 A, B, 8 A, Al, A2 ; pl. III,
2, 2a).
Les références d’auteurs tels que Stebbing (1923 : 2) ou Barnard (1950 : 34, fig. 6, e),
qui confondent également P. rnoseleyi Miers et P. pungens sur la foi de matériel sud-afri¬
cain, sont des points d’interrogation par suite du manque d’informations et de figures
suffisantes : l’attribution spécifique de ces Crabes dont Barnard (ibid.) écrit « interantennular
spine bifid » (mais on ne sait pas si c’est à l’apex ou à la base) ne se fera qu’ultérieurement.
Grindley (1961 : 127), qui rapporte à P. rnoseleyi deux spécimens de la côte du Natal,
— 1105 —
observe un dimorphisme très net en ce qui concerne les épines pseudorostrales : chez la
femelle, celles-ci sont incurvées tandis que, chez le mâle, elles sont rectilignes et diver¬
gentes. L’holotype femelle (fig. 6 C, D) possède des épines pseudorostrales très écartées
et divergentes. Dans quelle mesure les épines pseudorostrales ont-elles une forme et une
orientation variables ? C’est une autre incertitude au sujet de P. moseleyi.
Nous nous interrogeons sur l’identité de la Pleistacantha dont Berry et Hartnoll
(1970 : 214-215, pl. 1) ont décrit l’accouplement. Ces deux auteurs attribuent à P. mose¬
leyi (Miers) de magnifiques exemplaires sud-est-africains recueillis entre 330 et 430 m et
conservés en aquarium au Centre océanographique de Durban. Un mâle de 108 mm de
long et une femelle de 81 mm de long ont copulé après trois mois de captivité : tous deux
avaient une carapace dure et la femelle portait des œufs depuis quelques jours. La très
grande taille de ces Pleistacantha nous fait douter qu’il s’agisse de P. moseleyi (dont l’holo-
type femelle mesure 15 X 12 mm) et rappelle davantage P. pungens (Wood-Mason) qui
atteint une taille beaucoup plus élevée. Les épines pseudorostrales, que l’on distingue
munies de spinules, semble-t-il, sur toute leur longueur, suggèrent également plus P. pun¬
gens (fig. 6 A, B) que P. moseleyi (fig. 6 D). Il est évident que cela n’est qu’une hypothèse.
Revenons à la question de la P. moseleyi de Doflein, 1904 (p. 76, pl. 24, fig. 5, 6,
pl. 25, pl. 26), représentée par plusieurs échantillons provenant de zones assez éloignées
dans l’océan Indien : selon la taille des spécimens, quatre stades (I-IV) sont reconnus
par Doflein, pour lequel P. moseleyi est la forme jeune de P. pungens. A l’examen des
illustrations de Doflein, nous nous demandons si, au contraire, les deux espèces ne sont
pas mélangées sous l’appellation de P. moseleyi : les juvéniles du stade I et du stade II,
est-africains ( loc. cil. : 77, pl. 24, fig. 5 et 6), pourraient être de vrais P. moseleyi (Miers),
espèce probablement de petite taille ; en revanche, les plus grands individus, de la Grande
Nicobar, constituant le stade IV (ibid. : 78, pl. 25, fig. 3, pl. 26), correspondraient peut-
être à P. pungens (Wood-Mason). 11 conviendrait de revoir tout le matériel de Doflein
pour vérifier notre hypothèse (voir aussi sous P. pungens).
Tout bien considéré, Pleistacantha moseleyi n’est connue avec certitude que par son
spécimen type des Philippines (Miers, 1886) et avec doute par les exemplaires juvéniles
de Doflein (1904). Aucune autre capture ne se rapporte probablement à P. moseleyi
(Miers), puisque les mentions sud-africaines ne permettent aucune hypothèse valable pour
le moment.
Pleistacantha erecta Ihle et Ihle-Landenberg, 1931
(Pl. IV, 4, 4a, 4b)
Pleistacantha Sancti-johannis subsp. erecta Ihle et Ihle-Landenberg, 1931 : 160 : entre Timor et
Rotti (ZMA).
Remarques
En 1931 (loc. cit.), Ihle et Ihle-Landenberg ont créé une sous-espèce de l’espèce
japonaise Pleistacantha sanctijohannis Miers, 1879 (p. 24, pl. 1, fig. 1, la-ld) pour deux
spécimens mâles indonésiens : cette sous-espèce a été nommée erecta certainement par
— 1106 —
allusion à ses épines pseudorostrales fortement redressées (« das Pseudorostrum [...] nach
vorn und in einem Winkel von ungefàhr 60° dorsalwarts gerichtet ist » : p. 161). Nous avons
sous les yeux le matériel du « Siboga » (sta. 302, 10°27,9' S-123°28,7' E, 216 m, « sand and
coral sand, trawl », 2 février 1900) conservé au Musée zoologique d’Amsterdam et qui a
servi à la description d 'erecta, matériel type malheureusement en très mauvais état : n’est
bien conservée qu’une carapace de 16 X 13,5 mm, aux épines peut-être émoussées ; il
reste des fragments de la partie rostrale d’un deuxième spécimen et aussi de nombreux
appendices détachés et incomplets.
Cependant, ces fragments suffisent pour confirmer que les épines pseudorostrales
sont effectivement redressées en formant un angle de 90° environ par rapport à leur ligne
d’implantation sur la carapace (pi. IV, 4a) ; nous observons cette même curieuse disposi¬
tion sur le fragment du deuxième spécimen type. Si l’on compare l’inclinaison du pseudo-
rostre de P. erecta à celle de P. sanctijohannis (cf. Miers, 1879, p. 1, fig. lb), elle est en
effet bien moindre chez cette dernière espèce, où le pseudorostre forme un angle de presque
120° par rapport à sa ligne d’implantation sur la carapace. Chez P. erecta, les deux épines
pseudorostrales sont étroitement accolées sur les deux tiers de leur longueur, sans laisser
d’espace entre elles, donnant l’aspect d’un rostre unique, bifurqué distalement, ce qui
constitue peut-être une différence par rapport à P. sanctijohannis.
L’ornementation de la face dorsale de P. erecta (pi. IV, 4, 4a) consiste en un certain
nombre de grandes épines pointant parmi d’abondantes épines plus petites : il s’agit — no-
tons-le — d’une observation sur un seul spécimen, la carapace du type qui est probable¬
ment détériorée. Chez P. sanctijohannis, il semble qu’il y ait une moins grande dispropor¬
tion entre les grandes et les petites épines de la face dorsale. La pince du mâle (matériel
type) de P. erecta (pi. IV, 4b) est grêle et cylindrique, alors que Miers ( loc. cit.) figure pour
P. sanctijohannis un chélipède à paume élargie et à doigts courbes ; mais cette différence
est peut-être liée à la maturité sexuelle différente chez les individus types de l’une et l’autre
espèce ( erecta , (J type : 16 X 13,5 mm ; sanctijohannis type : 19 X 14 mm).
La particularité du pseudorostre qui a incité Ihle et Ihle-Landenberg (1931) à créer
une sous-espèce erecta de l’espèce Pleistacantha sanctijohannis n’a pas été, à notre connais¬
sance, signalée dans la littérature. Parisi (1916 : 283-284) a bien observé chez des P. sanc¬
tijohannis des variations du pseudorostre mais celles-ci concernent sa longueur et l’écar¬
tement plus ou moins accentué des deux épines qui le composent, ainsi que leur divergence
plus ou moins distale. Balss (1924 : 22, fig. 1), selon lequel Parisi a en partie confondu
P. sanctijohannis avec P. moseleyi (Miers, 1886) et qui a examiné du matériel japonais
de P. sanctijohannis, précise que chez cette dernière espèce les deux moitiés du pseudo-
rostre sont fusionnées et parallèles sur leur plus grande longueur. Sakai (1938 : 233, pl. 23,
fig. 1 ; 1965 : 70, pl. 30, fig. 3 ; 1976 : 172, pl. 53, fig. 2) figure des P. sanctijohannis con¬
formes, semble-t-il, à la description type (bien qu’il signale en 1938, p. 233, que les épines
rostrales « project upwards at an angle of about 45° »). Serène et Lohavanijaya (1973 :
44, fig. 67-72, pl. VII, B) signalent des P. sanctijohannis à épines pseudorostrales contiguës,
seulement bifurquées distalement.
Il serait donc utile de revoir tout le matériel rapporté à P. sanctijohannis Miers avant
de décider si Yerecta Ihle et Ihle-Landenberg, 1931, mérite d’être réhabilitée définitive¬
ment.
Alors que Pleistacantha sanctijohannis serait endémique du Japon, où elle habite
— 1107 —
des fonds de 30 à 220 m (cf. Sakai, 1976 : 172), P. erecta. n’est connue que par sa localité
d’origine en Indonésie, entre les îles Timor et Rotti, à une profondeur de 216 m.
Pleistacantha cervicornis Ihle et Ihle-Landenberg, 1931
(Fig. 7 B, 8 B, B1 ; pi. IV, 1, la)
Pleistacantha cervicornis Ihle et Ihle-Landenberg, 1931 : 161 : îles Kei ; Rathbun, 1932 : 30 (cit.
à propos de P. terribilis).
Remarques
Cette espèce, créée d’après trois spécimens (deux femelles ovigères, un mâle de petite
taille) récoltés par le « Siboga » aux îles Kei (« westlich von den Kei-Inseln »), n’a jamais
été retrouvée depuis sa description et elle est même tombée dans l’oubli. On n’en connaît
aucune illustration. Seule, Rathbun (1932 : 30) l’a mentionnée pour la comparer à une
nouvelle Pleistacantha qu’elle décrivait du Japon, P. terribilis. Serène et Lohavanijaya
(1973 : 42-43) n’incluent pas P. cervicornis dans leur clef des Pleistacantha indo-pacifiques.
P. cervicornis ne figure pas non plus dans la clef des espèces japonaises du genre donné
par Sakai en 1976 (p. 171), ce qui est tout à fait normal puisque P. cervicornis est une
forme indonésienne.
Nous avons sous les yeux deux des spécimens types ayant servi à la description de
P. cervicornis : une femelle ovigère de 20 X 14,5 mm (longueur de la carapace sans le rostre,
lequel mesure 10 mm) (sta. 251, « Siboga », « westlich von den Kei-Inseln », 5°28,4' S-
132°0,2' E, 204 m) et un mâle mesurant 10,5 mm de long sans le rostre (sta. 254, « Siboga »,
« westlich von den Kei-Inseln », 5°40' S-132°26' E, 310 m). Le troisième spécimen type,
que nous n’avons pas examiné (sta. 253, « Siboga », « westlich von den Kei-Inseln », 5°48,2' S-
132°13' E, 304 m), est une femelle ovigère de 21,7 X 14,5 mm (longueur de la carapace
sans le rostre, lequel mesure 10,5 mm). Nous publions ici deux photographies de la femelle
ovigère de la station 251 (pi. IV, 1, la), ainsi qu’un dessin de la région frontale chez le
même spécimen type où l’on a reconstitué les épines pseudorostrales en utilisant le deu-
deuxième exemplaire type (le mâle, plus petit, de la sta. 254) à notre disposition.
Pleistacantha cervicornis est remarquable par : son rostre (septum interantennulaire)
simple, légèrement recourbé vers l’avant ; ses épines pseudorostrales (fig. 7 R) extrêmement
longues, en forme de « bois de cerf » (d’où le nom donné à l’espèce), avec de très longues
épines partant comme des rameaux dans toutes les directions ; la spinulation de la cara¬
pace, qui consiste en épines extrêmement allongées, très aiguës sur la totalité de la cara¬
pace (pi. IV, 1, la) ; notamment, les aires hépatique et sous-hépatique armées d’épines
très développées ; les aires de la face dorsale faiblement marquées ; l’auvent supraoculaire
garni de longues épines acérées ; les pédoncules oculaires assez grêles, spinuleux ; les yeux
ovoïdes, moyennement développés ; l’article basal antennaire armé de deux fortes épines
distales (fig. 7 B) ; le mérus de mxp3 saillant à l’angle antéro-externe ; le plastron sternal
spinuleux ; l’abdomen mâle ainsi que l’abdomen femelle dans son entier (qui se caracté¬
rise par une large partie discoïde correspondant aux segments 6 et 7 complètement fusion¬
nés) parsemés de tubercules et d’épines terminées par une soie ; les chélipèdes grêles et
Fig. 7. — A, Pleistacantha japonica (Yokoya), Ç ovigère 15 X 10 mm, Nouvelle-Calédonie, île des Pins,
500 m, I?itès coll. (MP-B7275) : épines pseudorostrales (X 9). — B, Pleistacantha cervicornis Ilile et
IhleLandenberg, syntype, $ ovigère 20 X 14,5 mm, « westlich von den Kei-Inseln », « Siboga », sta. 251,
204 m (ZMA) : région fronto-orbitaire, vue ventrale (X 5), avec le rostre reconstitué à l'aide de l’autre
syntype, <J de 10,5 mm de long, même localité, « Siboga », sta. 254, 310 m (ZMA). — C, Pleistacantha
terribilis Rathbun, holotype, 14 X 10 mm, Japon, « Eastern Sea, Goto Islands », « Albatross », sta. 4903
(USNM 48263) : région fronto-orbitaire, vue ventrale ( X 6,5). — D, Pleistacantha exophthalmus sp. nov.,
paratype, $ ovigère 26 X 19 mm, Nouvelle-Calédonie, île des Pins, drague, 405-409 m, Intès coll.
(MP-B7276) : région fronto-orbitaire, vue ventrale (X 4,5). (Pilosité non représentée.)
— 1109 —
fortement spinuleux, avec une main cylindrique, aux doigts minces (pi. IV, 1, la : Ç ovi-
gère de 14,5 mm de large) ; tous les péréiopodes garnis d’une ornementation abondante,
consistant en épines aiguës et en longues soies raides.
Nous publions deux dessins du premier pléopode sexuel (fig. 8 B, Bl) du mâle de 10,5 mm
de long : il porte l’expansion subdistale caractéristique du genre Pleistacantha.
Pleistacantha cervicornis (fig. 7 B, 8 B, Bl ; pi. IV, 1, la) se place dans les clefs aux
côtés de P. terribilis Ratbbun, 1932, ces deux espèces se distinguant de toutes les autres
espèces connues du genre par un rostre (= épine interantennulaire) simple, au lieu d’être
bifurqué. Elle apparaît comme une espèce valide, très proche de P. terribilis Rathbun,
1932 (p. 30), décrite l’année suivante et également sans illustration lors de sa création.
P. cervicornis aurait priorité sur P. terribilis s’il y avait synonymie. La distinction entre
les deux espèces est extrêmement difficile et, finalement, nous les laissons séparées. Pour
les différences par rapport à P. terribilis, dont nous avons examiné Fholotype du Japon
(fig. 7 C, 8 C, Cl ; pi. IV, 2, 2a), cf. infra.
Dans les clefs d’identification, P. terribilis se trouvait isolée en raison de son rostre
simple, qui la différenciait des autres Pleistacantha, à rostre bifurqué. Nous montrons ici
que l’espèce la plus proche, P. cervicornis Ihle et Ihle-Landenberg, 1931, présente la même
particularité, ainsi qu’une troisième espèce que nous décrivons dans le présent travail
sous le nom de P. exophlhalmus sp. nov. (cf. infra, fig. 7 D, 8 D, DI ; pi. IV, 3a, 3b, 3c).
Dans les clefs, ces trois espèces devront dorénavant être distinguées des autres Pleista¬
cantha en raison de leur rostre simple.
Pleistacantha terribilis Rathbun, 1932
(Fig. 7 C, 8 C, Cl ; pi. IV, 2, 2a)
Pleistacantha terribilis Rathbun, 1932 : 30 : Japon ; Sakai, 1938 : 233 (clef), 237 (cit.) ; 1940 : 55 ;
Serène et Lohavanijaya, 1973 : 43 (clef) ; Sakai, 1976 : 172 (clef), 175, pl. 54, fig. 2 : Japon.
Matériel examiné : Holotype, (J 14 X 10 mm (plus la longueur du rostre : 4,5 mm), Japon,
Eastern Sea, « 10 to 20 miles S.W. of Goto Islands, 139 fath., gray sand, broken shells », « Alba¬
tross », sta. 4903, 9 août 1906 (USNM 48263). — 17,5 X 16 mm, Japon, « off Honshu Id., 158-
183 fath., « Albatross », sta. 3749 », 19 mai 1900, M. J. Rathbun det. (ex USNM 49100, MP-B7205).
Remarques
Pleistacantha terribilis Rathbun ( loc. cit.) a été décrite pour un spécimen mâle de
14 X 10 mm, originaire du Japon (à 10-20 miles au sud-ouest des îles Goto) et récolté à
250 m de profondeur par F « Albatross », mais n’a pas été figurée lors de sa création. Nous
avons sous les yeux l’holotype, ainsi qu’un autre échantillon mâle également capturé par
F « Albatross » au Japon et déterminé P. terribilis par Rathbun.
L’espèce n’a été retrouvée qu’une seule fois, par Sakai (1976 : 175, pl. 54, fig. 2) qui
signale plusieurs échantillons japonais et donne la première illustration de P. terribilis ;
à la même occasion, Sakai rapporte à P. terribilis la Pleistacantha japonica de Takeda
et Miyake (1969 : 494, fig. 9 c, d) nec Parapleisticantha japonica Yokoya, 1933, originaire
de la mer de Chine orientale, sans reconnaître, semble-t-il, que la photographie publiée
— 1110 —
par ces deux auteurs (ibid., pi. 18, fig. A) représente l’un des syntypes de P. japonica
(Yokoya), des îles Goto. Voir sous P. japonica (Yokoya), infra, fig. 7 A, pi. III, 4, 4a.
Pleistacantha terribilis a été lors de sa description, en 1932, comparée par Rathbun
(p. 30) à P. cervicornis Ihle et Ihle-Landenberg, 1931 (p. 161), espèce plus ancienne seu¬
lement d’un an et également non figurée. Aucun auteur ultérieur n’a donc pu confronter
des représentations de l’une et l’autre espèce ; en fait, P. cervicornis est pratiquement
tombée dans l’oubli.
Nous avons sous les yeux deux spécimens japonais déterminés Pleistacantha terribilis,
dont l’holotype (pi. IV, 2, 2a), et deux des trois spécimens ayant servi à l’établissement
de P. cervicornis, à savoir deux syntypes originaires des îles Kei (voir sous P. cervicornis,
supra, fig. 7 B, 8 B, B1 ; pi. IV, 1, la). Il est très difficile de relever des différences sur un
matériel aussi variable que les Pleistacantha et où il existe souvent une asymétrie de l’orne¬
mentation ; en outre, les spinules sont parfois cassées et les épines pseudorostrales, très
importantes pour la distinction spécifique, sont endommagées, incomplètes.
C’est sous toutes réserves que nous indiquons comme différences : les épines pseudo¬
rostrales plus longues chez P. cervicornis (fig. 7 B) que chez P. terribilis (fig. 7 C) (Rath¬
bun, loc. cit., avait noté cette différence) ; le rostre impair plus long, plus incliné vers le
bas et légèrement courbe chez P. cervicornis (Rathbun, loc. cit., a indiqué pour P. terribilis
« interantennular spine straight ») ; la région dilatée des yeux (quand on l’examine ventra-
lement) arrondie chez P. terribilis, nettement ovoïde chez P. cervicornis. Nous avons relevé
d’autres caractères différentiels mais ils ne nous semblent pas constants ; il faudrait les
contrôler sur un ensemble d’individus. En bref, pour l’instant, nous laissons séparées P. cer¬
vicornis Ihle et Ihle-Landenberg, 1931, et P. terribilis Rathbun, 1932, la seconde étant
susceptible de devenir non valide et synonyme de la première.
Ces deux espèces sont remarquables par la spinulation de la face dorsale consistant
en spinules grêles et allongées, mêlées à des spinules plus courtes ; par l’absence de pilosité ;
par les épines pseudorostrales longues, garnies de spinules accessoires sur toutes les faces,
d’où un aspect ramifié en « corne de cerf » ; par le rostre impair ; par les yeux à cornée dilatée ;
par les pattes très spinuleuses ; par le pli (J muni d’une expansion subdistale (P. cervi¬
cornis : fig. 8 B, B1 ; P. terribilis : fig. 8 C, Cl).
Pleistacantha cervicornis (pi. IV, 1, la) n’est connue que par sa description originale,
à savoir par trois échantillons des îles Kei. P. terribilis, originaire du Japon, a été retrouvée
par Sakai (1976 : 175, pl. 54, fig. 2), qui signale notamment quinze mâles et treize femelles
recueillis dans Tosa Bay : l’illustration en couleur donne une bonne image de P. terribilis,
dont deux photographies de l’holotype sont publiées dans le présent travail (pl. IV, 2, 2a).
? Pleistacantha pungens (Wood-Mason, 1891)
(Fig. 6 A, B, 8 A, Al, A2 ; pl. III, 2, 2a)
Echinoplax pungens Wood-Mason in Wood-Mason et Alcock, 1891 : 259 : mer Andaman ; Alcock,
1894 : 400 ; 1895 : 179 : mer Andaman ; Alcock et Anderson, 1896, Illustr. « Investig. »,
pl. 17, fig. 1 ; 1899, pl. 39 : mer Andaman. Cf. Sakai, 1976 : 173, 174.
? nec Pleistacantha moseleyi Miers, 1886 : 32, pl. 4, fig. 2, et auct. Cf. sous P. moseleyi, supra, fig. 6 C,
D ; pl. III, 3.
— 1111
Matériel examiné : i $ 52 X 43 mm, Madagascar, chalutage 10, 12°43' S - 48°15' E, 348-
360 m, Crosnier coll., 14 avril 1971 (MP-B7272). — 1 $ 62 X 47 mm, Madagascar, 12°39,8' S -
48°15,2' E, chalutage 11, 375-385 m, Crosnier coll., 14 avril 1971 (MP-B7273). — 1 <$ 83 X
57 mm (longueur avec le rostre ; rostre seul : 15 mm) (couvert de Cirripèdes), Madagascar, 12°40' S -
48°14' E, chalutage 121, 410 m, Crosnier coll., 11 octobre 1974 (MP-B7274).
Remarques
Sous le nom d ’Echinoplax pungens a été décrite une espèce d’assez grande taille, pro¬
venant de la mer Andaman, représentée par plusieurs spécimens et bien figurée dans les
Illustr. « Investig. » (pl. 17, fig. 1, pl. 39). Nous publions dans le présent travail (pi. Ill, 1)
une reproduction de la planche 39, un grand mâle à pinces développées.
Echinoplax pungens a été mise en synonymie avec P. moseleyi (Miers, 1886 : 32,
pl. 4, fig. 2, 2a, 2b, 2c) par Doflein (1904 : 76, pl. 24, fig. 5, 6, pl. 25, pl. 26), qui signale
sous le nom de moseleyi = pungens des Pleistacantha de la côte est-africaine (Dar-es-Salam),
des îles Nicobar et de Pile Nias. Ayant des individus de tailles très différentes, Doflein
distingue quatre « stades », en fonction des variations morphologiques liées à l’âge et regarde
en fait P. moseleyi (Miers) comme le stade juvénile de P. pungens (Wood-Mason).
Cette synonymie a été adoptée par tous les carcinologistes, y compris par Griffin
(1974 : 27). Sakai (1976 : 173, 174) a examiné des Pleistacantha de l’USNM à Washington
identifiées P. pungens et les attribue à P. oryx Ortmann ; mais ce même auteur (ibid.,
p. 174) indique qu’un spécimen déterminé « Echinoplax pungens » de la mer Andaman
(donc topotypique) et envoyé par 1’ Indian Museum se rapproche de P. oryx par le rostre
bifurqué à l’apex (en cela P. oryx et P. pungens diffèrent de P. moseleyi, dont le rostre est
bifurqué près de la base) mais s’en distingue par la taille uniforme des spinules de la cara¬
pace (alors que chez P. oryx des épines beaucoup plus longues que les autres se détachent
sur la face dorsale).
Nous préférons provisoirement séparer P. pungens (pl. Ill, 1) de la P. moseleyi typique
(pl. III, 3). Ces deux espèces diffèrent par : la taille probablement bien plus élevée chez
P. pungens ; la lobulation de la face dorsale un peu plus marquée, semble-t-il, chez P. pun¬
gens ; les épines pseudorostrales (fig. 6 A, B) garnies de spinules accessoires sur presque
toute leur longueur chez P. pungens (partie distale inerme chez P. moseleyi ) ; ces spinules
accessoires implantées sur la face supérieure, sur le bord externe ainsi que sur la face infé¬
rieure, donc beaucoup plus nombreuses chez P. pungens (en petit nombre et pointant
seulement dans deux directions chez P. moseleyi : fig. 6 C, D) ; les pédoncules oculaires
inermes et plus courts chez P. pungens que chez P. moseleyi où ils atteignent la dent infra-
orbitaire.
D’après Sakai (1976 : 174), qui a examiné un spécimen « named Echinoplax pungens,
sent by the Indian Museum and obtained from the Andaman Sea », le rostre est comme
chez P. oryx, c’est-à-dire bifide à l’apex, caractère qui le différencie de P. moseleyi, au
rostre bifurqué en deux branches (fig. 6 D).
Cette précision quant au rostre du spécimen topotypique de P. pungens de 1’ Indian
Museum nous pose un problème pour l’identification de trois grandes Pleistacantha mal¬
gaches. En effet, les trois échantillons de Madagascar cités plus haut (pl. III, 2, 2a) res¬
semblent beaucoup à P. pungens notamment par : la grande taille, la forme de la carapace,
l’ornementation assez régulière de la face dorsale, la longueur et l’écartement des épines
— 1112 —
pseudorostrales. Toutefois, chez la P. pungens typique, le nombre des spinules accessoires
sur les épines pseudorostrales est plus réduit, semble-t-il, et surtout leur taille est moins
élevée que chez nos P Pleistacaritha pungens malgaches (fig. 6, A B). Et, surtout chez ces
dernières, le rostre (ou septum interantennulaire) est bifurqué dès sa base et relevé vers
le haut.
Chez nos P P. pungens malgaches, les pédoncules oculaires sont relativement courts
et ne portent que des soies raides, sans aucune spinule ; l'article basal antennaire est armé
de quatre spinules acérées ; entre l’épine située près de l’article urinaire et la dent infra-
orbitaire, laquelle est épaisse et garnie de nombreuses spinules accessoires, il y a un groupe
de 4-5 longues spinules aiguës ; la saillie à l’angle antéro-externe du cadre buccal est irré¬
gulièrement serrulée, autant de différences par rapport à la P. moseleyi typique dont il
a été question ci-dessus.
C’est donc avec doute que nous rattachons ce matériel malgache à P. pungens, notam¬
ment en raison de l’incertitude concernant le rostre des P. pungens de Wood-Mason.
Reste la question des Pleistacantha de grande taille, notamment des îles Nicobar,
que Doflein (1904 : 76-78, pl. 25, fig. 3, pl. 26) rapporte à P. moseleyi. Ces grands individus
ne nous paraissent pas être les stades adultes de P. moseleyi : sont-ils des P. pungens typiques,
sont-ils nos ? P. pungens malgaches, ou encore une autre espèce ? Seul, l’examen de la série de
Doflein permettra de résoudre ce problème. Il conviendrait également de décrire et figurer
les jeunes de P. pungens, tout comme des adultes de grande taille identifiables à P. moseleyi.
Les Pleistacantha moseleyi sud-africaines de Stebbing (1923 : 2) ou Barnard (1950 :
34, fig. 6, e), auteurs qui confondent P. pungens avec P. moseleyi, devraient être réexaminées.
Au sujet de l’éventualité selon laquelle les « Pleistacantha moseleyi (Miers) », de la côte sud-
est africaine, dont Berry et Hartnoll (1970 : 214-215, pl. 1) ont décrit l’accouplement
en captivité, seraient peut-être des P. pungens, voir sous P. moseleyi (supra).
La réhabilitation de P. pungens est faite ici sous toutes réserves, un examen des types de
cette espèce n’ayant pu avoir lieu.
Pleistacantha japonica (Yokoya, 1933)
(Fig. 7 A ; pl. III, 4, 4a)
Parapleisticantha. japonica Yokoya, 1933 : 140, fig. 50 A-B : Japon.
Pleistacantha (Parapleisticantha) japonica; Sakai, 1938 : 238 (cit.) ; 1940 : 55 (cit.).
Pleistacantha japonica ; Takeda et Miyake, 1969 : 494-497, pl. 18, fig. A (photographie du syn-
type) : mer de Chine méridionale ; Sakai, 1976 : 172 (clef), 174 (cit.).
Matériel examiné : 1 Ç ovigère 15 X 10 mm, Nouvelle-Calédonie, île des Pins, 22°50' S -
167°16' E, drague, 500 m, Intès col]., 12 avril 1978 (MP-B7275).
Remarques
C’est en 1933 (p. 140) que Yokoya a décrit un genre nouveau, Parapleisticantha,
pour une petite espèce japonaise représentée par plusieurs échantillons récoltés entre 150
et 219 m de profondeur, P. japonica. Considéré comme un sous-genre de Pleistacantha
par Sakai (1938 : 238), Parapleisticantha a ensuite été mis en synonymie avec Pleistacan¬
tha Miers, de sorte que ce dernier s’enrichit d’une nouvelle espèce japonaise, Pleistacantha
— 1113 —
japonica (Yokoya). On n’aurait qu’une connaissance imparfaite de cette espèce (les deux
figures publiées par Yokoya, loc. cit., étant trop schématiques) si Takeda et Miyake
(1969 : 494-497, pl. 18, fi g. A) n’avaient pas fait paraître une photographie de l’un des
syntypes de P. japonica, une femelle de 16 X 13,2 mm « from the south-east of the Goto
Islands ». Les caractéristiques de P. japonica peuvent donc être précisées.
Carapace piriforme et faiblement aréolée. Face dorsale couverte de spinules pointues et de
soies nombreuses (souvent implantées sur les spinules) ; quelques spinules plus allongées et se
détachant des autres, notamment une gastrique impaire antérieure, une gastrique impaire posté¬
rieure, une protogastrique de chaque côté, une paire cardiaque, plusieurs branchiales. Des spi¬
nules allongées également tout le long du bord supraorbitaire (en particulier à l’angle exorbitaire,
une forte épine bifurquée). Épines pseudorostrales (fig. 7 A) assez courtes, en forme de Y ouvert,
représentées inermes sur les figures de Yokoya (1933, fig. 50 A, B) ; en fait, avec, à la base et du
côté externe, une forte épine dirigée latéralement et, en plus, une spinule externe dans la partie
distale (cf. Takeda et Miyake, 1969, pl. 18, fig. A : syntype) ; peut-être d’autres spinules acces¬
soires ? Rostre (projection antérieure du septum antennulaire) bifide à l’apex. Une forte épine
sur le bord antérieur de chaque fossette antennulaire. Chélipèdes et pattes ambulatoires spinuleux
et sétifères. Main étroite et cylindrique chez la femelle, très forte et glabre chez le mâle.
Takeda et Miyake (loc. cit.), qui ont examiné deux syntypes de Pleistacantha japo¬
nica déposés à Kyushu University, rapportent à cette espèce deux échantillons de la mer
de Chine orientale, malgré la constatation de quelques différences, notamment en ce qui
concerne les spinules accessoires des épines pseudorostrales et, plus généralement, la spinu-
lation dans la région antérieure. C’est sans doute pourquoi Sakai (1976 : 174, 175) attribue
la P. japonica de Takeda et Miyake, 1969, nec Yokoya, 1933, à P. terribilis Rathbun ;
mais les raisons de Sakai ne nous apparaissent pas clairement, d’autant plus qu’il ne semble
pas reconnaître le syntype figuré par Takeda et Miyake et qu’il se fonde beaucoup sur
la description et les figures originales de Yokoya, fort insuffisantes. En tout cas, s'il se
révèle que les Pleistacantha de la mer de Chine, dont le premier pléopode sexuel mâle est
figuré par Takeda et Miyake (1969, fig. 9 c, d), n’appartiennent pas à P. japonica, la
photographie publiée par ces mêmes auteurs (ibid., pl. 18, fig. A) continue à concerner
P. japonica, un syntype en l’occurrence. P. terribilis Rathbun (1932 : 30) est une espèce
beaucoup plus spinuleuse et, en revanche, non sétifère, au rostre simple, non bifurqué
(cf. sous P. terribilis, supra, fig. 7 C, 8 C, Cl ; pl. IV, 2, 2a).
C’est dans cette confusion que nous identifions à P. japonica (Yokoya) la petite
femelle ovigère récoltée en Nouvelle-Calédonie à l’île des Pins, à 500 m de profondeur.
La face dorsale (pl. Ill, 4, 4a) est couverte de spinules assez courtes et de quelques spinules
plus proéminentes sur certaines aires. Les épines pseudorostrales, sétifères, en V écarté,
sont cassées à l’extrémité mais semblent un peu plus longues que sur la photographie du
syntype ; à la base, une spinule accessoire développée et transversale sur le bord externe,
une autre plus petite et plus haute sur l’épine pseudorostrale gauche. La pilosité consiste
en soies raides ou recourbées, très abondantes sur les bords et l’avant de la face dorsale
ainsi que sur les pattes. Le rostre se projette fortement et bifurque en deux branches
vers l’apex. Les pédoncules oculaires sont plutôt grêles, avec la région cornéenne cylin¬
drique, peu dilatée.
En résumé, cette Pleistacantha néo-calédonienne se caractérise par sa face dorsale
spinuleuse et abondamment sétifère, avec des spinules beaucoup moins allongées que chez
4, 12
— 1114 —
P. lerribilis (pi. LV, 2, 2a), mais avec quelques spinales saillantes sur les aires principales ;
par les épines pseudorostrales relativement courtes et ornées de spinales accessoires en
nombre réduit ; par le rostre qui, au lieu d’être simple, est bifide.
Pleistacantha exophthalmus 1 sp. nov.
(Fig. 7 D, 8 D, DI ; pi. IV, 3, 3a, 3b)
Matériel examiné : Holotype, $ 18,4 X 12,5 mm, 1 paratype £ 19,3 X 14 mm, 1 para-
type Ç 19 X 14 mm, 10 paratypes Ç ovigères 20 X 19 mm, 20 X 15 mm (3 spéc.), 19 X 14 mm,
18 X 13 mm (2 spéc.), 17 X 13 mm. 16 X 12 mm (2 spéc.) (longueur sans le rostre), Nouvelle-
Calédonie, île des Pins, 22°46' S - 167°14' E, drague, 405-409 m, Intès coll., 11 avril 1978 (MP-
B7276). — 1 Ç 18 X 13 mm, Nouvelle-Calédonie, île des Pins, 22°47' S - 167°13' E, drague, 415-
419 m, Intès coll., 11 avril 1978 (MP-B7277). — 1 $ 17,7 X 12,6 mm, Nouvelle-Calédonie, 22°49' S -
167°12' E, drague, 390-395 m, Intès coll., 10 avril 1978 (MP-B7278). — 1 Ç 17 X 12 mm (endom¬
magée 1 , Nouvelle-Calédonie, 23° S - 167°17' E, 380 m, drague, A. Michel coll., 6 avril 1971 (MP-
B7280!.
Description
Espèce de taille moyenne (paratype femelle de 26 mm de long sans le rostre). Cara¬
pace (pi. IV, 3) nettement élargie au niveau des aires branchiales. Face dorsale peu dis¬
tinctement aréolée ; sillon branchiocardiaque bien marqué. Test (pi. IV, 3a) recouvert de
façon homogène et assez dense par des spinules acuminées, assez allongées, subégales, entre
lesquelles se trouvent de petits tubercules ; absence totale de soies, même sur le rostre.
Région frontale peu rétrécie au niveau des yeux. Épines pseudorostrales écartées et diver¬
gentes, épaisses, assez courtes et portant des ramifications développées sur toutes leurs
faces, d’où un aspect branchu caractéristique (fig. 7 D). Rostre impair très long (sensible¬
ment de même taille (pie les épines pseudorostrales), pointu, peu incliné. Pédoncules ocu¬
laires (pi. IV, 3b) courts et trapus ; partie terminale très dilatée, cette dilatation surtout
visible en vue ventrale (fig. 7 D) ; région cornéenne particulière du fait de son orientation :
à l’état de repos, yeux rabattus le long de la carapace, la cornée prenant ventralement
un aspect ovoïde dans le sens transversal. Article basal antennulaire orné de deux spi-
nules. Article basal antennaire armé de deux spinules distales ; article 4 armé d’une spi-
nule médiane et d’une spinule distale ; article 5 armé d’une petite spinule médiane.
Mxp3 et plastron sternal couverts de tubercules de taille irrégulière. Abdomen mâle
avec les segments 6 et 7 complètement fusionnés. Femelle ovigère (pi. IV, 31») avec une
large cavité incubatrice contenant tous les œufs, recouverte par un abdomen discoïde
(segments 6 et 7 fusionnés). Pli <$ : voir fig. 8 D, Dl. Chélipèdes (pi. IV, 3) spinu-
leux et sétifères, avec la main relativement peu renflée chez le mâle ; doigts très allongés.
Pattes ambulatoires spinuleuses et sétifères.
Remarques
Pleistacantha exophthalmus sp. nov. se place dans les clefs actuelles aux côtés de l’unique
espèce connue dont le rostre soit impair, à savoir P. terribilis Rathbun, 1932 (cf. supra,
1. Du grec, signifiant « yeux proéminents ».
8. — Premier pleopodc sexuel male dans le genre Pleistacantha Alters. A, Al, A2, ? P. pungens (Wood-
Mason), c? 83 X 57 mm, Madagascar, 410 m, Crosnier coll. (MP-B7274) : A, pli <J (X 10) ; Al, A2,
apex sous deux angles dilîérents (X 22). — B, Bl, P. cervicornis Ihle et Ihle-Landenberg, (J de 10,5 mm
de long (sans le rostre), « westlich von den Kei-Inseln », « Siboga », sta. 254, 310 m (ZMA) : B, pH
(X 38) ; Bl, apex (X 96). — C, Cl, P. terribilis Rathbun, holotype, (J 14 X 10 mm, .Japon, « Eastern
Sea, Goto Islands », « Albatross », sta. 4903 (USNM 48263) : C, pli (X 32) ; Cl, apex (x 40). — D,
Dl, P. exophthalmus sp. nov., holotype, <J 18,4 X 12,5 mm, Nouvelle-Calédonie, île des Pins, 405-409 m,
Intès coll. (MP-B7276) : D, pli (X 42) ; Dl, apex (x 104).
— 1116 —
fig. 7 C, 8 C, Cl ; pi. Ill, 3). En fait, nous avons montré que P. cervicornis Ihle et lhle-
Landenberg, 1931 (cf. supra, fig. 7 B, 8 B, B1 ; pi. IV, 1, la) possédait également un rostre
non bifurqué. C’est à ces deux espèces, très proches, que nous allons comparer P. exoph-
th al in us.
Ces trois espèces sont de taille similaire et possède des épines pseudorostrales portant
des spinales accessoires dans toutes les directions. Chez P. exophlhalmus, les épines pseudo¬
rostrales sont plus écartées et nettement plus courtes ; la région frontale est moins rétrécie.
Ea carapace est plus élargie au niveau des aires branchiales chez P. exophlhalmus. La face
dorsale est couverte de spinules beaucoup plus courtes, moins effilées et de taille uniforme
chez P. exophlhalmus. Les pédoncules oculaires sont plus courts et trapus chez P. exoph-
thalmus ; en plus, chez cette espèce, la région cornéenne est beaucoup plus dilatée, ce qui
est très net, surtout en vue ventrale. Chez la femelle ovigère, à abdomen discoïde, les seg¬
ments 6 et 7 sont lisses chez P. exophlhalmus (pi. IV, 3h), spinuleux chez P. cervicornis.
Le genre Pleistacantha se trouve maintenant représenté par une nouvelle espèce dans
le Pacifique : P. exophlhalmus est néo-calédonienne, tandis que P. cervicornis n’est connue
que des îles Kei et P. lerribilis habite les eaux japonaises.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
At.cock, A., 1894. — Natural History Notes from Indian Marine Survey Steamer « Investigator ».
Ser. II. N° 1. On the result, of deep-sea dredging during the season of 1890-1891. Ann.
Mag. nat. Hist., (6) 13 : 225-245, 321-334, 400-411.
— 1895. — Materials for a Carcinological Fauna of India. N° 1. The Brachyura Oxyrhyncha.
.7. Asiat. Soc. Beng., 64 (2) : 157-291, pi. 3-5.
At.cock, A., et A. R. S. Anderson, 1896. — Crustacea. Part IV. Illustrations of the Zoology of
the Royal Indian Marine Surveying Steamer Investigator, pi. 16-27.
Alcock, A., et A. R. S. Anderson, 1899. — Crustacea. Part VII. Illustrations of the Zoology
of the Royal Indian Marine Surveying Steamer Investigator, pi. 36-45.
Balss, H., 1924^ —. Ostasiatische Decapoden. V. Die Oxyrhynchen und Sehlussteil (Geographische
Obersicht der Decapoden Japans). Arch. Naturgesch., 90 A (5) : 20-84, fig. 1-2, 1 pi.
Barnard, K. IL, 1926. — Report on a Collection of Crustacea from Portuguese East Africa.
Trans. H. Soc. S. Afr., 13 : 119-129, pi. 10, 11.
— 1950. — Descriptive Catalogue of South African Decapod Crustacea (Crabs and Shrimps).
,lnn. 5. Afr. Mus., 38 : 1-837, fig. 1-154.
Bennett, E. W., 1964. The Marine Fauna of New Zealand : Crustacea Brachyura. Bull. N. Z.
Pep. scient, ind. Res., 153 (22) : 1-120, fig. 1-141.
Berry, P. F., et R. G. Hartnoll, 1970. — Mating in captivity of the spider crab Pleistacantha
rnoseleyi (Miers) (Decapoda, Majidae). Crustaceana, 19 (2) : 214-215, pi. 1.
Borradaile, L. A., 1916. — Crustacea. Part I. Decapoda. In : British Antarctic (« Terra Nova »)
Expedition, 1910. Natural History Report. Zoology, 3 (2) : 75-110, fig. 1-16.
Bouvier, E.-L., 1915. — Etude sur un Cyrtomaia Suhmi du Musée de Marseille. Annls Mus. Hist,
nat. Marseille, 15 : 9-15, pi. 1.
Doflein, F., 1904. — Brachyura. In : Wiss. Ergebn. Deutschen Tiefsee Exped. « Valdivia »,
1898-1899, 6. Jena, xiv-314 p., 68 fig. Atlas, 58 pi.
— 1117 —
Griffin, D. J. G., 1974. — Spider Crabs (Crustacea : Brachvura : Majidae) from the International
Indian Expedition, 1963-1964. Smithson. Contr. Zool., (182) : i-iv, 1-35, fig. 1-8, tabl. 1-6.
— 1976. — Spider crabs of the family Majidae (Crustacea : Brachyura) from the Philippine
Islands. ,/. nat. Hist., 10 : 179-222, fig. 1-11, tabl. 1-2.
Griffin, 1). J. G., et D. E. Brown, 1976. — Deepwater Decapod Crustacea from Eastern Aus¬
tralia : Brachyuran Crabs. Rec. Aust. Mus., 30 : 248-271, fig. 1-10.
Grindley, J. R., 1961. — On some crabs trawled olf the Natal Coast. Durban Mus. Novit., 6
(10) : 127-134, fig. 1-4.
Guinot, D., et B. Richer de Forges, 1981a. — Crabes de profondeur, nouveaux ou rares, de
l’Indo-Pacifique (Crustacea, Decapoda, Brachyura). (Première partie.) Bull. Mus. nain.
Ilist. nat., Paris, (4) 2, 1980 (1981), sect. A (4) : 1113-1153, fig. 1-3, pl. I-VII. Id. (Deuxième
partie.) Ibid., 3, 1981, sect. A (1) : 227-260, (ig. 4-12.
Guinot, D., et B. Richer de Forges, 19814. — Homolidae, rares ou nouveaux, de f Indo-Paci¬
fique (Crustacea, Decapoda, Brachyura). Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, (4) 3, sect. A (2) :
523-581, lig. 1-7, pl. I-VIII, 2 cartes, 2 tabl.
Guinot, D., et B. Richer de Forges. — Révision du genre indo-pacifique Cyrtomaia Miers, 1886 :
campagnes océanographiques du « Challenger », de 1’ « Albatross », du « Siboga » et du « Vau-
ban » (Crustacea, Decapoda, Brachyura). Annls Inst, océanogr., Paris, sous presse.
Iiii.e, J. E. W., et M. E. Ihle-Landenberg, 1931. — Über einige Tiefsee-Brachyuren der Siboga-
Expedition aus der Gruppe der Oxyrhyncha. Zool. Anz., 93 (5-6) : 147-163.
McArdle, A. F., 1900-1901. — Natural History Notes from the R.I.M.S.S. « Investigator ». Ser. Ill,
n° 4. Some results of the dredging season, 1899-1900. Ann. Mag. nat. Hist., (7) 6 : 471-
478. Id. Ser. Ill, n° 5. An account of the trawling operations during the surveying season
of 1900-1901. Ibid., (7) 8 : 517-526.
Miers, E. .1., 1879. — On a Collection of Crustacea made by Capt. H. C. St. John, R. N., in
the Corean and Japanese Seas, Part I. Podophthalmia. With and Appendix by Capt.
H. C. St. John. Proc. zool. Soc. Lond. : 18-61, pl. 1-3.
— 1886. — Report on the Brachyura collected by H.M.S. « Challenger » during the years
1873-76. In : Report Scient. Res. Voyage H.M.S. « Challenger », Zoology, Part 49, vol. 17.
London, Edinburgh and Dublin, l -f- 362 p., 29 pl.
Ortmann, A., 1893. — Die Decapoden-Krebse des Strassburger Museums. VII. Theil. Abtheilung :
Brachyura (Brachyura genuina Boas). II. LTnterabtheilung : Cancroidea, 2. Section : Can-
crinea, 1. Gruppe : Cyclometopa. Zool. Jb., 7 : 411-495, pl. 17.
Parisi, B., 1916. — I. Decapodi giapponesi del Museo di Milano. III. Oxyrhyncha. Atti. Soc. ital.
Sci. nat., 54 (2-4) : 281-296, fig. 1-4, pl. 7.
Rathbun, M. J., 1893. — Descriptions of new genera and species of Crabs from the West Coast
of North America and the Sandwich Islands. In : Scientific Results of Explorations by
the LT. S. Fish Commission Steamer « Albatross ». N° XXIV. Proc. U. S. natn. Mus., 16
(933) : 223-260.
— 1906. — The Brachvura and Macrura of the Hawaian Islands. Bull. U. S. Fish Comtnn,
23, 1903 (1906), (3) : 827-930, i-vm, fig. 1-79, pl. 3-24.
— 1916. — New species of crabs of the families Inachidae and Parthenopidae. In : Scientific
results of the Philippine cruise of the Fisheries Steamer « Albatross », 1907-1910. — N° 34.
Proc. U. S. natn. Mus., 50 (2135) : 527-559.
— 1918. — Report on the Spider Crabs obtained by the F. I. S. « Endeavour » on the Coasts
of Queensland, New South Wales, Victoria, South Australia and Tasmania. In : Biological
Results of the Fishing Experiments carried on by the F. I. S. « Endeavour » 1909-14, vol. 5,
part 1. Sydney : 1-29, fig. 1-3, pl. 1-15.
— 1932. - Preliminary descriptions of new species of Japanese crabs. Proc. biol. Soc. Wash.,
45 : 29-38.
— 1118 —
Sakai, T., 1938. — Studies on the Crabs of Japan, III. Brachygnatha, Oxvrhvncha. Tokyo, Yokcn-
do : 193-364, fig. 1-55, pi. 20-41.
-— 1940. — Bio-Geographic Review on the Distribution of Crabs in Japanese Waters. Rec.
oceanogr. Wks Japan, 11 (1) : 27-63, fig. 1-3.
— 1963. — Notes from the Careinological Fauna of Japan. I. Researches Crustacea, Tokyo,
(1) : 12-17, fig. 1, 1 frontisp. (En japonais et en anglais.)
— 1965. — The Crabs of Sagami Bay collected by His Majesty the Emperor of Japan. Tokyo,
Maruzen Co, p. i-xvi, 1-206, fig. 1-27 (en anglais), p. 1-92 (en japonais), p. 1-32, pi. 1-100,
1 carte.
— 1976. — Crabs of Japan and the Adjacent Seas. [Volume en anglais, p. i-xxix -j- 1-773,
fig. 1-379. Volume en japonais, p. 1-461. Volume de planches, pi. 1-251]. Tokvo, Kodansha
Ldt.
Serene, R., et P. Lohavanijaya, 1973. — The Braehyura (Crustacea : Decapoda) collected by
the Naga Expedition, including a review of the Homolidae. In : Scientific Results of Marine
Investigations of the South China Sea and the Gulf of Thailand 1959-1961. Naga Report,
4 (4) : 1-186, fig. 1-186, pi. 1-21, 1 carte.
Stebbing, T. R. R., 1923. — Crustacea of Natal. Fish. Mar. hiol. Sura., Rep. n° 3 for the Year
1922 (1924) : 1-15, pi. 10-16.
T AKF.DA, M., et Y. Kuhata, 1976. — Crabs of the Ogasawara Islands. III. Some Species Collected
bv Coral Fishing Boats. Bull. natn. Sci. Mus., Tokyo, ser. A (Zook), 2 (1) : 19-32, fig. 1-3,
pi. 1-2.
Takeda, M., et S. Miyake, 1969. — Crabs from the East China Sea. III. Brachygnatha Oxyrhyn-
cha. ,/. Fac. Agric., Kyushu Unie., 15 (4) : 469-521, fig. 1-12, pi. 17, 18.
Wood-Mason, J., et A. Alcock, 1891. — Note on the Results of the last Season’s Deep-sea Dred¬
ging. Natural History Notes from H. M. Indian Marine Survey Steamer « Investigator ».
N° 21. Ann. Mag. nat. Hist., (6) 7 : 258-272, fig. 5.
Yokoya, Y., 1933. — On the Distribution of Decapod Crustaceans inhabiting the Continental
Shelf around Japan, chiefly based upon the Materials collected bv S. S. Sôyô-Maru, during
the Year 1923-1930. J. Coll. Agric. Tokyo, 12 (1) : 1-226, fig. 1-71, tabl. 1-4.
PLANCHE I
1, la, lb, lc, Id, le. — Cyrtomaia gaillardi sp. nov., à trois âges différents : 1, la, lb, le, holotype, (J 75 X
84 mm, côte nord-ouest de Madagascar, chalutage 22, 680-700 m, Crosnier coll. (MP-B7241) : 1,
animal en entier; la, gros plan du céphalothorax; lb (au-dessous), profd ; lc, propode du chélipède.
— ld, paratype, $ 34 X 39 mm, même localité que précédemment (MP-B7241) : gros plan du cépha¬
lothorax. — le, paratype, (J 17 X 18 mm, même localité que précédemment (MP-B7241) : gros plan
du céphalothorax.
2, 2a, 2b, 2c. — Cyrtomaia aff. platypes Yokoya, 1933, mâle et femelle : 2, 2a, 2b, (J 10 X 10 mm, Nou¬
velle-Calédonie, drague, 390-395 m, Intès coll. (MP-B7288) : 2, animal en entier ; 2a, gros plan du
céphalothorax ; 2b, profil. — 2c, Ç 15 X 14 mm, Nouvelle-Calédonie, île des Pins, drague, 500 m,
Intès coll. (MP-B7287) : partie antérieure du céphalothorax.
PLANCHE I
— 1120 —
PLANCHE II
1, la, lb. — Gyrlomaia granulosa sp. nov., holotype, Ç ovigère 50 X 56 mm, côte norcl-ouest de Madagas¬
car, chalutage 1, Crosnier coll. (MP-B7209) : 1, animal en entier; la, gros plan du céphalothorax;
lb, profil de la carapace.
■2, 2a. — Gyrlomaia ililei sp. nov., holotype, (J 34 x 38 mm, îles Samoa occidentales, Apolima Strait, casier,
700 m, Intès coll. (MP-B7206) : 2, animal en entier ; 2a, gros plan du céphalothorax.
3, 3a, 3b. — Cyrtomaia ericina sp. nov., holotype, 18 X 22 mm, côte sud de la Nouvelle-Calédonie, radiale
canal de La Havannah, drague, 220-390 m, Intès coll. (MP-B7240) : 3, animal en entier ; 3a, gros
plan du céphalothorax ; 3b, profil de la carapace.
— 1122 —
PLANCHE III
1. — Pleistacantha pungens (Wood-Mason, 1891), Ç, syntype d’Echinomaia pungens, mer Andaman.
D’après Alcock et Anderson, 1896, Illustr. « Investig. », pl. 17, fig. 1.
2, 2a. — ? Pleistacantha pungens (Wood-Mason, 1891), 83 X 57 mm, Madagascar, chalutage 121, 410 m,
Crosnier coll. (MP-B7274) : 2, animal en entier ; 2a, gros plan du céphalothorax.
3. — Pleistacantha moseleyi (Miers, 1886), holotype d 'Echinoplax moseleyi Miers, ? 15 X 12 mm, Philip¬
pines, Exp. « Challenger », sta. 210, 686 m (BM 1884 : 31).
4, 4a. — Pleistacantha japonica (Yokoya, 1933), $ ovigère 15 X 10 mm, Nouvelle-Calédonie, île des Pins,
500 m, Intès coll. (MP-B7275) : 4, animal en entier ; 4a, gros plan du céphalothorax.
PLANCHE III
— 1124 —
PLANCHE IV
1, la. — Pleistacantha cervicornis Ilile et Ihle-Landenberg, 1931, syntypc, ? ovigère 20 x 14,5 mm, « west-
lichen von Kei-Inseln », « Siboga » Exp., sta. 251, 204 m (ZMA) : 1, animal en entier ; la, gros plan
du céphalothorax.
2, 2a. — Pleistacantha terribilis Rathbun, 1932, holotype, (J 14 X 10 mm, Japon, à 10-20 miles au sud-
ouest des îles Goto, Exp. « Albatross », sta. 4903, 250 m, 19 août 1906 (USNM 48263) : 2, animal en
entier ; 2a, gros plan du céphalothorax.
3, 3a, 3b. — Pleistacantha exophthalmus sp. nov. : 3, holotype, $ 18,4 X 12,5 mm, Nouvelle-Calédonie,
île des Pins, 405-409 m, Intès coll. (MP-B7276) : animal en entier ; 3a, 3b, paratype, ? ovigère 26 X
19 mm, même localité que précédemment (MP-B7226) : 3a, gros plan du céphalothorax ; 3b, vue ven¬
trale.
4, 4a, 4b. — Pleistacantha erecta Ihle et Ihle-Landenberg, 1931, syntype (J de « Pleistacantha Sancli-johannis
erecta Ihle et Ihle-Landenberg », carapace 16 X 13,5 mm, entre Timor et Botti, « Siboga » Exp.,
sta. 302, 216 m, 2 févier 1900 (ZMA) : 4, carapace ; 4a, profd ; 4b, main du chélipède mâle.
PLANCHE IV
Bull. Mus. natn . Hist, nat., Paris, 4 e sér., 3, 1981
section A, n° 4 : 1127-1138.
Trois nouvelles espèces de Brachyoures
(Crustacea, Decapoda)
]>rovenant de la baie de Nhatrang (Vietnam)
par f Raoul Serène
Abstract. - The author records eight unknown or little known species of Brachyura from the
Nhatrang Bay, Vietnam. Among these species the three following new species : Dorippe miersi,
Pseudogelasimus loii et Parasesarma luomi spp. nov. are described.
Résumé. — L’auteur signale huit espèces de Brachyoures nouvelles ou peu connues prove¬
nant de la haie de Nhatrang, Vietnam. Les trois espèces nouvelles décrites ici sont : Dorippe
miersi, Pseudogelasimus loii et Parasesarma luomi spp. nov.
Laboratoire de Caretnologie et d’Océanographie biologique, Ecole Pratique des Hautes Etudes, 61, rue de
BuHon, 75005 Paris.
Lors d’une brève visite à l’Institut océanographique de Nhatrang, en mars 1972,
M. Nguyen Van Luom, membre du personnel de cet Institut, m’avait remis pour étude,
avec l’accord de son Directeur, une petite collection de huit espèces de Brachyoures qu’il
avait récoltées dans la baie de Nhatrang. A son avis, plusieurs d'entre elles pouvaient
être nouvelles. L’étude de cette collection a effectivement montré que quatre espèces étaient
nouvelles et (pie les autres, encore jamais signalées dans la région, étaient très peu connues.
Ce sont : Dorippe miersi sp. nov., Pseudogelasimus loii sp. nov., Parasesarma luomi sp. nov.,
Ilyoplax forinosensis Rathbun, 1921, Ilyoplax integer Tesch, 1918, Trichia dromiaefortnis
(de Haan, 1839), Trichia sakaii (Balss, 1938), Banareia serenei Guinot, 1976.
La présente note est consacrée à la description de trois espèces nouvelles. Les spéci¬
mens des trois dernières espèces ont été étudiés par Guinot (1976). La dernière, B. serenei,
était la quatrième espèce nouvelle récoltée et distinguée par M. Nguyen Van Luom, c’est
dire sa grande expérience de la faune brachyourienne de la baie de Nhatrang, où depuis
vingt-cinq ans il est le précieux collaborateur de tout carcinologiste venant travailler à
l’Institut océanographique de Nhatrang.
Les holotypes et les paratypes des espèces décrites ici sont déposés au Muséum national
d’Histoire naturelle, Paris, à l’Institut océanographique de Nhatrang, ou au National Museum,
à Singapour.
— 1128 —
DORIPPE Weber, 1795
Dorippe ( Dorippe) : Serene et Romimohtarto, 1969 : 6.
Espèce-type : Dorippe frascone (Herbst, 1785).
Observations
La description de Dorippe miersi sp. now faite plus loin confirme la valeur des carac¬
tères définis par Serène et Romimohtarto (1969) pour séparer les deux sous-genres
Dorippe et Dorippoid.es et suggère de les élever au niveau générique.
Dorippe Weber, 1795, s. str., est caractérisé par : carapace avec nombreux tubercules
dorsaux et dent épibranchiale ; bords antéro-latéraux granulaires ; angle infra-sous-orbi-
taire en très forte dent à bords dentelés ; antennes allongées ; premier pléopode mâle avec
la partie distale s’amincissant régulièrement vers l’apex chitineux.
Dorippoides Serène et Romimohtarto, 1969, est caractérisé par : carapace lisse sans
tubercules dorsaux ni dent épibranchiale ; angle infra-sous-orbitaire en faible avancée à
bord lisse ; antennes plus courtes ; premier pléopode mâle avec apex rubanné.
Serène et Romimohtarto (1969) indiquaient avec réserve que les deux espèces atlan¬
tiques : lanata (Linné, 1767) et armata Miers, 1881, possédant une carapace avec dent
épibranchiale, appartenaient probablement au genre Dorippe Weber. L’examen que j’ai
fait de spécimens de ces deux espèces des collections du Muséum à Paris me conduit à
rectifier cette suggestion. Je pense qu’il conviendra d’établir, pour ces deux espèces, un
nouveau genre et Dorippe Weber, 1795, s. str., ne contiendrait plus ([lie les deux espèces :
frascone (Herbst, 1785) et miersi sp. now L
Dorippe miersi sp. nov.
(Fig. 1-3 ; pi. I, 1-2 ; II, 1-4)
Dorippe callida : White, 1847 : 54 (nec eallida Fabricius).
Dorippe dorsipes var. : Miers, 1884 : 258.
Matériel. — MNHN B7279, holotype, mâle de 19 X 20 mm. Paratype, M.N'HN B7280,
femelle de 23 X 25 mm. — ION. 48.927, paratype, femelle de 24 X 26 mm. Loc. : baie de Nha-
trang, Vietnam ; dans les poches de chaluts de pêcheurs sur fond de 15-20 m, sable eoquillier vaseux.
Nguyen Van Luom coll.
Diagnose. — D. miersi se sépare de frascone par une carapace et des pattes moins tomenteuses,
une ornementation différente des tubercules de la face dorsale de la carapace et des segments
abdominaux, et des péréiopodes 2 et 3 plus longs et plus étroits.
Observations
Miers (1884 : 258), examinant les séries de spécimens de Dorippe dorsipes dans les
collections du British Museum, signale que deux spécimens de Zebu (Cébu), Philippines,
1. Dans un ouvrage récent [West African Brachyuran Crabs (Crustacea : Decapoda). Smithsonian
Contributions to Zoology, n° 306, 1981 : 1-379, 84 fig.], R. B. Manning et L. B. Holthuis ont établi un genre
nouveau pour chacune des deux espèces atlantiques, qu’ils désignent sous les noms de Medodorippe lanata
(L.) et de Phyllodorippe armata (Miers). (J. Forest.)
- 1129
|m inrraient être distincts ou seulement une variété de D. dorsipes. Ces deux spécimens de
la collection Cuming avaient été rapportés par White, note-t-il, à D. callida Fabrieius,
et diffèrent de dorsipes (= frascone) par des pattes ambulatoires plus minces et l’absence
de tubercules sur la carapace dont toutefois la surface est irrégulière et soulevée aux endroits
où d’ordinaire les tubercules existent.
Les deux spécimens ici décrits sous le nom de rniersi présentent, par rapport à fras¬
cone, les mêmes différences que celles qui ont été signalées par Miers (1884) sur les spéci¬
mens de Cébu du British Museum. Ces différences sont clairement marquées sur mes photo¬
graphies de la planche I, mais sont précisées dans la clé suivante :
— Carapace fortement tomenteuse. Tubercules nodulaires disposés symétriquement : un gas¬
trique, deux protogastriques, trois branchiaux, deux épicardiaques, deux cardiaques, un intes¬
tinal. Dent épibranchiale nettement plus grande que les granules des bords antéro-latéraux.
Segments abdominaux 2, 3, 4 du mâle avec rangée transverse de 3 tubercules ; les médians
grands et nodulaires ; les latéraux coniques sur segment 2, triangulaires aigus sur segment 3,
en petite épine sur segment 4. Segments abdominaux 3, 4, 5 de la femelle avec rangée trans¬
verse de dents, la médiane des segments 3 et 4 nodulaire. Pattes ambulatoires 1 et 2 avec
mérus et carpes tomenteux ; propodes et dactyles nus ; longueur du mérus de p2 quatre fois
sa largeur et environ la longueur médiane de la carapace. frascone ( Herbst, 1785)
Carapace faiblement tomenteuse. Tubercules disposés comme sur frascone mais formés d’un
groupe de petits granules au lieu d’un nodule. Dent épibranchiale pas beaucoup plus grande
que les granules des bords antéro-latéraux. Segments abdominaux 2, 3, 4 du mâle avec carène
transverse granulaire divisée en 3 faibles lobes mais sans tubercule médian marqué. Segments
abdominaux 2, 3, 4, 5 de la femelle avec carène transverse granulaire présentant une saillie
médiane. Pattes ambulatoires 1, 2 avec mérus et carpes avec seulement quelques rares soies ;
propodes et dactyles nus ; longueur du mérus de p2 six fois sa largeur et nettement plus grande
que la longueur médiane de la carapace. rniersi sp. nov.
Sur de grandes séries de spécimens de frascone de différentes tailles, les caractères
liés au dimorphisme sexuel varient sensiblement avec la taille. C'est, en particulier, le cas
pour les granulations, épines et nodules des segments abdominaux et pour la forme de la
paume et des doigts des chélipèdes. Les deux spécimens photographiés (pi. I, 3, 4), respec¬
tivement de 30 X 32 mm et de 36 X 40 mm, possèdent la même ornementation des seg¬
ments abdominaux, mais sur le plus grand seul, la paume et les doigts du grand chélipède
présentent la forme adulte. Sur de plus petits spécimens mâles, les épines latérales du seg¬
ment abdominal 4 ne sont qu’à peine marquées. 11 est probable que des variations ana¬
logues se rencontrent chez rniersi. Cependant, la séparation des deux espèces ne prête à
aucune équivoque et il est possible que des spécimens de rniersi soient reconnus dans le
matériel de frascone existant dans les musées.
Serène et Romimohtarto (1969) ont indiqué la taille minimum de 32 X 34 mm
pour que la forme adulte du chélipède apparaisse chez frascone ; le seul mâle connu de
rniersi n’a que 19 X 20 mm et son chélipède n’est pas encore différencié. 11 est possible
toutefois que rniersi soit une espèce de taille sensiblement plus petite que frascone et sur
laquelle la forme adulte des chélipèdes apparaîtrait à une taille moindre, de 28 X 30 mm
par exemple. Bar rapport à frascone, rniersi me paraît être dans une situation analogue à
celle de Neodorippe taiwanensis par rapport à Neodorippe japomca (voir Serène et Romi¬
mohtarto, 1969).
Les deux espèces frascone et rniersi présentent, à la partie dorsale de l’articulation
4 , 13
— 1130 —
Fig. 1-3. — Pléopode 1 de Dorippe rniersi , holotype, MNHN B7279, mâle de 19 X 20 mm.
Fig. 4-6. — Pseudo gelasimus loii , holotype, ION. 48.911, mâle de 7 X 9 mm : 4, troisième maxillipède ;
5, cinq derniers segments de l’abdomen ; 6, pléopode 1.
avec la carapace des coxae de la seconde patte ambulatoire, une structure particulière.
11 y a, bien visible en vue dorsale, entre les articulations des pattes 4 et 5, un épaississe¬
ment de la partie dorsale de la membrane articulaire du péréiopode 3 qui forme contre la
carapace une grande coupelle blanchâtre. Cette structure, qui existe sur les mâles et les
femelles, est plus développée sur rniersi que sur frascone.
Son épais bord hémicirculaire est ouvert du côté de la coxa mais clos du côté du bord
de la carapace. Ce bord est dur (fortement calcifié) mais la partie centrale de la coupelle
— 1131 —
conserve une souplesse comparable à celle de la membrane d’articulation, nettement plus
faible cependant. Les courtes soies espacées existant en rangées sur la membrane articu¬
laire se retrouvent sur les parois de la coupelle. Une étude de cette excroissance dorsale
de la membrane articulaire permettrait-elle de suggérer sa fonction ? Une telle structure
n’a, à ma connaissance, jamais encore été signalée et n’existe que sur les deux espèces de
Dorippe : frascone et miersi. Je me suis assuré qu’elle n’existe ni sur Dorippe facchino, ni
sur Neodorippe histrio, N. astuta, N. japonica, ni sur Paradorippe granulata, P. polita,
P. australiensis, ni sur les deux espèces atlantiques Dorippe lanata et arinata.
Henderson (1893) remarque qu’il n’a jamais rencontré de spécimen de frascone pro¬
tégé par une coquille ; je n’ai moi-même jamais observé que des spécimens sans aucun
corps étranger fixé au dos de la carapace. Seul Borradaile (1903) signale un spécimen
de dorsipes (— frascone) portant une éponge.
Il est remarquable qu’on ne sache rien ou presque du camouflage de Dorippe frascone
et de D. miersi, alors que la plupart des espèces des autres genres de Dorippinae, et d’une
manière comparable à la plupart des Dromiacea, fixent un corps étranger sur le dos de
leur carapace en utilisant les dactyles en crochet des deux dernières paires de pattes. C’est
ainsi que facchino porte généralement une actinie, astuta une feuille d’arbre, polita une
coquille. La découverte du camouflage de Dorippe frascone et D. miersi aiderait peut-être
à trouver le rôle de la membrane articulaire décrite plus haut et située dorsalement à la
jonction avec la carapace des coxae de la seconde patte ambulatoire.
PSEUDOGELASIMUS Tweedie, 1937
Pseudogelasimus Tweedie, 1937 : 153.
Espèce-type : Pseudogelasimus plectodactylus Tweedie, 1937.
Localité-type : Muar, Malaysia.
Spécimen-type : British Museum.
Observations
Tweedie (1937) souligne la parenté du genre avec Ilyoplax, dont il diffère principa¬
lement par les pédoncules oculaires plus larges et les chélipèdes des mâles très inégaux.
Ces chélipèdes sont analogues à ceux d’Uca : l’un est faible comme ceux des femelles,
l’autre beaucoup plus grand avec la pince très développée. Sur Tespèce-type de Pseudoge¬
lasimus, les pédoncules oculaires sont plus longs et le front plus étroit que sur Ilyoplax.
Ce caractère est moins marqué sur la nouvelle espèce décrite dans la présente note.
Tweedie (1937) indique que le genre possède les caractères suivants des Scopime-
rinae : antennes, antennules, second et troisième maxillipèdes, segment cinq de l’abdomen
du mâle resserré et tympan sur les mérus des pattes ambulatoires. Sur la nouvelle espèce,
les tympans des mérus des pattes ambulatoires n’existent, pas. Par ailleurs, l’exopodite du
troisième maxillipède est remarquablement développé et diffère de celui des autres genres
de Scopimerinae : Tweedie (1937) ne semble pas avoir examiné celui de plectodactylus.
— 1132 —
Le genre habite les bancs de sable à l’embouchure des rivières et ne renferme que
deux espèces : plectodactylus Tweedie, 1937, et ldi sp. nov.
Pseudogelasimus loii sp. nov.
(Fig. 4-6 ; pi. III, 1-2)
Matériel. — Holotype, ION, 48.911, mâle de 7 X 9 mm. — Paratypes, MNHN B7281,
1 mâle de 6 X 7 mm, 2 femelles de 6 X 7 mm. Loc. : station 2.613, embouchure de la rivière de
Cu Lau, Nhatrang, Vietnam. Nguyen Van Luom coll. (7.IX.1971).
Observations
La nouvelle espèce se sépare de Pseudogelasimus plectodactylus par : 1) la carapace
plus étroite, plus quadrangulaire ; 2) la dent antéro-latérale mieux marquée et les bords
latéraux continus et droits ; 3) le front plus large et les pédoncules oculaires plus courts ;
4) la paume et les doigts du grand chélipède avec une forme et une ornementation granu¬
laire différentes ; 5) la forme des segments de l'abdomen mâle ; en particulier le segment
cinq est moins resserré ; 6) la forme du pléopode mâle 1.
La comparaison de mes figures avec celles de Tweedie (1937, fig. 3) permet d’estimer
ces six différences. La largeur de la carapace est égale à 1,16 fois sa longueur chez loii
au lieu de 1,41 chez plectodactylus. La largeur du front chez loii est légèrement supérieure
aux 2/3 de la longueur des pédoncules oculaires, alors qu’elle est de moins de 1/3 chez
plectodactylus.
La comparaison de matériel appartenant aux deux espèces permettra sans doute de
définir d’autres différences. Tweedie (1937) décrit les mérus des pattes ambulatoires de
plectodactylus comme « considerably expanded ». Ce n’est pas le cas sur loii dont le mérus
du péréiopode 4 est 2 fois et demie plus long que large. En se référant aux mesures de Tweedie
(1937), la condition n’est pas très différente sur plectodactylus où le mérus du péréiopode
4 a une longueur de 4,0 pour une largeur de 1,6 ; ce qui donne un mérus 2,4 fois plus long
que large. Il y a sur loii une ligne accessoire de granules à une certaine distance, parallèle¬
ment à l’intérieur du bord suborbitaire, que Tweedie (1937) ne signale pas sur plecto¬
dactylus.
Les bords latéraux de la carapace, ornés jusqu’au bord postérieur d’une ligne continue
de fins granules, sont légèrement divergents (subparallèles), alors qu'ils sont discontinus
et convergent en arrière sur plectodactylus. Il y a sur loii, dans la région postéro-latérale
de la carapace, près de l’articulation de la dernière paire de pattes, une seule ligne granu¬
laire oblique qui semble correspondre à la ligne sigmoïde courbée signalée par Tweedie
(1937) sur plectodactylus.
L’exopodite du troisième maxillipède diffère de celui d’Ilyoplax aussi bien que de
ceux des autres genres de Scopimerinae. Il est remarquablement long et, en position natu¬
relle, replié en trois sous l’endopodite, sa hampe présentant une flexion vers son milieu.
— 1133 —
PARASESARMA De Man, 1895
Parasesarma luomi sp. nov.
(PI. Ill, 3-4; IV, 1-2)
Matériel. — Holotype, MNHN B7282, mâle de 11,2 X 13 mm. — Paratypes : National
Museum Singapore, 1967.11.18.2-4, 2 mâles de 12 X 14 mm et 11 X 12,5 mm, 1 femelle de 10 X
12 mm ; MNHN B7283, 6 mâles et 2 femelles ; Institut océanographique de Nhatrang, 4 mâles
et 2 femelles. Tous ces spécimens provenant de l’estuaire nord du Rouri, près de Nhatrang, Vietnam,
sur banc de sable entre les herbes au niveau des plus hautes marées. R. Serene coll. (12.IV.1967).
— Autres paratypes : ION 47.895, 1 mâle et 2 femelles. Nguyen Van Luom coll. (8. XII.1970).
Observations
L’espèce, très proche de Parasesarma batavianum (de Man, 1890), s’en sépare par :
1) le nombre moins élevé de tubercules sur le dactyle du chélipèdc mâle ; il est de 18-19 sur
luomi au lieu de 21-22 sur batavianum ; 2) la disposition de ces tubercules ; sur batavianum
ils sont comparativement plus serrés dans la moitié proximale, plus allongés et plus espacés
sur la moitié distale ; la différence est moins marquée sur luomi, où ils sont plus régulière¬
ment espacés ; 3) la crête granulaire de la face interne de la paume moins marquée ; 4) les
mérus des pattes ambulatoires plus larges ; sur le péréiopode 4, le mérus est à peine deux
fois plus long que large au lieu d’être presque deux fois et demie plus long que large sur
batavianum ; les différences sont les mêmes sur le mérus de p5.
Dans le genre Parasesarma, luomi appartient au groupe d’espèces qui possèdent à la
fois les propodes des pattes ambulatoires minces et allongés (nettement trois fois plus
longs que larges) et une dent subdistale au bord supérieur du mérus du chélipède. Ce groupe
comprend, outre batavianum et luomi, les espèces melissum de Man, 1887, jamelense Rath-
bun, 1914, lenzi de Man, 1895, et obliquifrons Rathbun, 1924. Ces quatre dernières espèces
sont bien séparées de luomi et de batavianum par un nombre plus petit (moins de 15) de
tubercules sur le dactyle du chélipède mâle.
Par son habitat et le nombre identique des tubercules du dactyle du chélipède mâle,
luomi pourrait être confondue avec Parasesarma asperum Heller, 1865 ; mais ce dernier
appartient au groupe des espèces à propode des pattes ambulatoires court (nettement
moins de 3 fois plus long que large) ; il diffère aussi de luomi par une carapace à surface
dorsale rugueuse, les tubercules du dactyle du chélipède mâle de forme différente, la pré¬
sence de brosses de soies sur le bord antérieur des carpes et propodes des péréiopodes 2-4.
Les spécimens de luomi ont été comparés avec du matériel de Parasesarma batavia¬
num du Musée de Singapour et, en particulier, NMS. 1972.1.29.1, mâle de 11,5 X 13,2 mm,
récolté par l’auteur à Djakarta, qui est la localité-type.
— 1134 —
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Guinot, D., 1976. — Constitution de quelques groupes naturels chez les Crustacés Décapodes
Brachyoures. I. La superfamille des Bellioidea Dana et trois sous-familles de Xanthidae
(Polydectinae Dana, Trichiinac de Haan, Actaeinae Aleock). Mém. Mus. nain. Hist, nai.,
Paris, sér. A, 97 : 1-308, fig. 1-47, pl. 1-19.
Henderson, J. R., 1898. — A Contribution to Indian Carcinology. Trans. Linn. Soc. Land.
2 e sér., 5 : 325-458, pl. 36-40.
Man, J. G., de, 1890. — Carcinological studies in Leyden Museum. N° 4. Notes Leyden Mus.,
12 : 49-126, pl. 3-6.
M iers, E. J., 1884. — Crustacea. In : Report of the zoological collections made in the Indo-Pacific
Ocean during the voyage of H.M.S. « Alert » 1881-1882. Part I. The collections from Mela¬
nesia. Part II. The collections from the Western Indian Ocean. London : 178-322, 513-
575, pl. 18-32, 46-51.
Serène, R., et K. Romimohtarto, 1969. — Observations on the species of Dorippe from the
Indo-Malayan region. Mar. Res. Indonesia, 9 : 1-35. fig. 1-29, pl. 1-6.
Tweedie, M. W. F., 1937. — On the Crabs of the Family Ocypodidae in the Collections of the
Raffles Museum. Bull. Raffles Mus., 13 : 140-170, fig. 1-9.
White, A., 1847. — List of the specimens of Crustacea in the collection of the British Museum.
viii- 143 p.
ADDENDUM
Depuis la rédaction de la présente note, j’ai eu connaissance de la description de Parasesarrna
pcdauensis Takeda, 1971. Cette espèce décrite pour un seul spécimen de 7,5 X 9,4 mm est très
voisine de luomi dont elle diffère, entre autres, par des caractères tels que grandeur des yeux et
largeur du front, qui pourraient n’être que des caractères de jeunes. De futures observations et.
comparaisons de matériel pourraient donc établir que luomi n’est que la forme adulte de palauensis.
Dans ce cas le nom de Takf.da aurait la priorité.
PLANCHE I
Dorippe miersi, holotype, MNHN B7279, mâle de 19 X 20 mm : 1, vue dorsale ; 2, vue ventrale.
Dorippe frascone , ION. 48.942, mâle de 30 X 32 mm : 3, vue dorsale ; NMS. 1965.10.1130, mâle de 36 X 40 mm : 4, vue ventrale
montrant la forme adulte des chélipèdes.
PLANCHE II
Dorippe rniersi, para type, ION. 48.926, femelle de 24 X 26 mm : 1, vue dorsale ; 2, vue ventrale.
Dorippe rniersi, holotype (J : 3, abdomen et sternum ; 4, abdomen en vue dorsale et structure de l’articulation coxale du péréiopode
3 ; le péréiopode 5 manque.
PLANCHE [II
Pseudo gelasimus loii, holotype, ION. 48.911, mâle de 7 X 9 mm : 1, vue dorsale ; 2, paume et doigts du grand chélipède en vue latérale.
Parasesarma luomi, holotype, MNHN B7282, mâle de 11,2 X 13 mm : 3, vue dorsale ; 4, paume et doigts du chélipède en vue latérale.
1137
PLANCHE IV
Paraseaarma luomi, holotype, MNHN B7282, mâle de 11,2 X 13 mm : 1, paume et dactyle du chélipède en vue dorsale ; 2,
péréiopodes 4 et 5 en vue latérale.
Parasesarma balavianwn, NMS. 1972.1.19.1, mâle de 11, 5 X 13,2 mm : 3, paume et dactyle du chélipède en vue dorsale ; 4, péréio-
podes 4 et 5 en vue latérale.
Bull. Mus. nain. Hisl. nat., Paris , 4 e sér., 3, 1981,
section A, n° 4 : 1139-1142.
Macrophthalmus ( Mucrophlhalmus) kempi sp. nov.
(Crustacea, Decapoda, Brachyura)
par f Raoul Serène
Résumé. — L’auteur décrit comme espèce nouvelle, Macrophthalmus kempi, des spécimens
de mer Rouge précédemment mentionnés sous le nom de M. verreauxi H. Milne Edwards, 1848.
Cette dernière espèce est mise en synonymie avec M. telescopicus (Owen, 1839).
Abstract. — Specimens of Macrophthalmus from Red Sea previously recorded as M. verreauxi
H. Milne Edwards, 1848, are here described as a new species, M. kempi. M. verreauxi is syno-
nymised with M. telescopicus (Owen, 1839).
Laboratoire de Carcinologie et d’ Océanographie biologique , Ecole Pratique des Hautes Etudes, 61, rue de
Bujjon, 75005 Paris.
Dans une note précédente (Serène, 1973) a été évoquée la confusion fréquente entre
les trois espèces : Macrophthalmus telescopicus (Owen, 1839), Macrophthalmus verreauxi
H. Milne Edwards, 1848, et Macrophthalmus milloti Crosnier, 1965.
A l’examen que je viens d’en faire au Muséum à Paris, j’ai constaté l’identité du type
de M. verreauxi avec M. telescopicus. Les spécimens du Musée de Singapour décrits et
figurés sous le nom de verreauxi dans ma note de 1973 appartiennent à une autre espèce
que je décris ici comme Macrophtahlmus kempi sp. nov. Son nom rappelle que Kemp (1919),
le premier, a montré que deux espèces différentes existaient dans la série de spécimens
qu’il rapportait à telescopicus. De ces deux espèces, l’une a par la suite été décrite comme
milloti Crosnier, 1965, la seconde est désignée ici comme kempi sp. nov. Les deux espèces
diffèrent de telescopicus (Owen, 1839) dont verreauxi est synonyme.
Examen du type de Macrophthalmus verreauxi
Le type est un mâle de 19,5 X 30 mm, longtemps conservé à sec, et maintenant dans
l'alcool. L’étiquette originale manuscrite est probablement de la main d’H. ou À. Milne
Edwards. Elle indique : « Macrophthalmus verreauxi H. Milne Edwards et Lucas ; J. Ver-
reaux, Nouvelle Hollande ». Dans la littérature, l’espèce apparaît dans II. Milne Edwards
(1848 : 358) ; H. Milne Edwards et Lucas (1847) ne la citent pas. Le spécimen ayant
été récolté en Australie au cours du Voyage en Amérique méridionale dont rend compte
ce dernier ouvrage, ce pourrait être la raison du libellé de l’étiquette.
La carapace est en bon état, mais les pattes autres que le chélipède gauche en sont
— 1140 —
détachées. Ces pattes, de même que les pédoncules oculaires et un des premiers pléopodes,
sont conservés dans des tubes séparés, enfermés dans le même bocal.
La longueur totale des pédoncules oculaires est sensiblement égale à deux fois celle
du bord supraorbitaire. En position naturelle, ils devraient dépasser l’angle orbitaire externe
d’une longueur beaucoup plus grande que la moitié de la longueur du bord supraorbitaire.
Ce caractère, qui est celui de telescopicus, apparaît bien sur la figure de II. Milne Edwards
(1852, pi. 14, fîg. 25) et concorde avec la description : « Podophthalmites dépassant l’angle
orbitaire externe d’environ la moitié de leur longueur. »
De même les chélipèdes du type concordent bien avec leur description (« longueur
médiocre ») et leur figure. Dans mon travail précédent (Serène, 1973), j’ai par erreur
interprété ces chélipèdes de taille médiocre comme étant ceux d’une femelle. Les chélipèdes
du type sont ceux d’un mâle de telescopicus qui n’a pas atteint la taille adulte. Les deux
chélipèdes sont légèrement dissemblables ; le gauche est plus petit avec une paume moins
haute. Sur les deux chélipèdes, le dactyle ne présente sur son bord coupant aucune trace
de dent proximale différenciée.
L’angle orbitaire externe a été figuré par Crosnier (1935, fig. 226) et concorde avec
celui du topotype de telescopicus figuré par Serène (1973, pl. 3 A). Tous les caractères du
type confirment l’identité avec telescopicus.
Macrophthalmus (Macrophthalmus) kempi sp. nov.
M(icrophlhalmus verreauxi : ? de Man, 1880 : 184. — ? Alcock, 1900 : 237. —• ? Borradaile,
1903 : 433. — Nobili, 1906 : 317. — Rathbun, 1910 : 332, fig. 6. — ? Laurie, 1915 : 472,
fig. 5. — Serène, 1973 : 107, text-fig. 2a, d ; pl. 3, fig. C, D.
Macrophthalmus telescopicus : Tesch, 1915 : 161, pl. 5. — Tesch, 1918 : 58. — Kemp, 1919 : 387
(part), pl. 24, fig. 10 (non pl. 10, fig. 11 = M. milloti). — Crosnier, 1965 : 126 (part), fig. 227
non fig. 225, 226, 229 = M. telescopicus (Owen, 1839)].
Nec Macrophthalmus verreauxi II. Milne Edwards, 1848 : 358. — 1852 : 155, pl. 4, fig. 25. — Hess,
1865 : 142, 171. — Haswell, 1882 : 89 [= M. telescopicus (Owen, 1839)].
Matériel : Holotype, mâle de 10,6 X 18,1 mm (MNHN B7284). — Paratypes : 1 mâle de
9 X 16 mm, 3 autres mâles légèrement plus petits, 1 femelle de 8,3 X 14 mm et 6 juvéniles (MNHN
B7285). Étiquette « Macrophthalmus Verreauxi H. Milne Edwards. Mer Rouge, Perim et Obock.
D r Jousseaume coll., 1897, Nobili det., 1901. — Crosnier (1965) det. M. telescopicus ».
Observations
L’holotype de kempi est le plus grand des spécimens de la mer Rouge identifiés ver¬
reauxi par Nobili (1906) ; le spécimen avait déjà été choisi par Crosnier qui l’a décrit
et figuré (Crosnier, 1965) sous le nom de telescopicus. L’espèce kempi est celle décrite et
figurée par Serène (1973) sous le nom de verreauxi pour des spécimens du Musée de Sin¬
gapour. Dans la clef de séparation des espèces donnée par Serène (1973 : 114) le nom de
kempi doit remplacer verreauxi.
A l’exception du spécimen-type, auquel seulement se réfèrent Hess (1865) et Haswell
(1882) pour inclure l’espèce dans la faune d’Australie, il est probable que tous les spéci¬
mens identifiés verreauxi par les auteurs appartiennent à kempi ou milloti, de même qu’appar-
— 1141 —
tiennent à l’une ou l’autre de ces deux espèces de nombreux spécimens rapportés à teles-
copicus par les auteurs.
Les trois espèces ont une large distribution dans la région indo-pacifique ; on les rencontre
en Australie (Serène, 1973) et en Tanzanie (Hartnoll, 1975). Si Crosnier (1975) pense
que kempi n’a pas encore été récolté à Madagascar, mais seulement milloti et telescopicus,
son absence est peu probable ; telescopicus serait surtout sublittoral, milloti et kempi habitent
généralement la zone intertidale.
J’indique ci-dessous les rectifications d’identité des figures les plus significatives des
auteurs.
— Sous le nom de telescopicus :
Tesch (1915, pl. 5, fig. 2)
Kemp (1919, fig. 10)
K e m p (1919, fig. 11)
Crosnier (1965, fig. 227)
Barnes (1967, fig. 1, a-d)
Barnes (1967, pl. 1, fig. a)
= ? kempi
= kempi
= milloti
= kempi
= ? kempi
= ? milloti
— Sous le nom de verreauxi :
II. Milne Edwards (1852, pl. 4, fig. 24, 25)
Rathbun (1910, fig. 6)
Sf.rène (1973, fig. 2 a, d ; pl. 3, fig. C, D)
= telescopicus
= ? milloti
= kempi
Dans cette dernière référence, je corrige une erreur de lettre dans le texte de la figure 2 ;
il faut lire « 2a, d » et non « 2a, b ». Les figures a et d représentent le même pléopode du
même spécimen à des grossissements différents. Les figures 2b, c, e représentent les pléo-
podes de deux spécimens différents de telescopicus : fig. 2b, celui d’un grand spécimen,
fig. 2c, e, celui d’un spécimen plus petit mais à deux grossissements différents.
REFERENCES
Barnes, R. S. K., 1967. - The Macrophthahninae of Australasia ; with a review of the evolution
and morphological diversity of the type genus Macrophthalmus (Crustacea, Brachyura).
Trans, zool. Soc. Lond., 31 : 199-262, fig. 1-16, pl. 1-4.
— 1973. — A redescription of Macrophthalmus latipes Borradaile, 1903 : an Ocypodid Crab
with portunid-like paddles (Decapoda, Brachyura). Crustaceana, 25 (3) : 292-295, fig. 1.
— 1976. — Contributions towards a revision of Macrophthalmus (Crustacea : Brachyura),
VIII. A re-examination of the M. telescopicus (Owen) complex ; the status of M. laevis
A. Milne Edwards ; and the affinities of M. holthuisi Serène. Zool. Meded., Leiden, 50 (10) :
133-151, fig. 1-7.
— 1977. — Concluding contributions towards a revision of, and a key to, the genus Macroph¬
thalmus (Crustacea : Brachyura). J. Zool. Lond., 182 : 267-280, fig. 1-3.
Crosnier, A., 1965. — Crustacés Décapodes Grapsidae et Ocypodidae. Faune Madagascar,
ORSTOM, CNRS, 18 : 1-153, fig. 1-260, pl. 1-11.
Hartnoll, R. G., 1975. — The Grapsidae and Ocypodidae (Decapoda : Brachyura) of Tanzania.
[Appendix : A key to the females of Uca in East Africa]. J. Zool., Lond., 177 : 305-328,
fig. 1-8, tabl. 1-3.
— 1142 —
Kemp, S. W., 1919. — Notes on Crustacea Decapoda in the Indian Museum. XIII. The Indian
species of Macrophthalmus. Rec. Indian Mus., 16 : 383-394.
Milne Edwards, H., 1848. — Note sur un Crustacé nouveau du genre Macrophthalme. Annl.s
Sci. nat., (Zool.), 3 e sér., 9 : 358.
— 1852. — Observations sur les affinités zoologiques et la classification naturelle des Crustacés.
Annls Sci. nat., (Zool.), 3 e sér., 18 : 109-166 [73-196], pl. 3-11.
Nobili, G., 1906. — Faune carcinologique de la Mer Rouge. Décapodes et Stomatopodes. Annls
Sci. nat., (Zool.), 9 e sér., 4 : 1-347, fig. 1-12, pl. 1-11.
Serène, R., 1973. — Notes on indo-west Pacific species of Macrophthalmus (Crustacea, Brachyura).
Zool. Meded., Leiden, 46 (8) : 99-116, fig. 1-2, pl. 1-4.
Bull. Mus. nain. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 3, 1981,
section A, n° 4 : 1143-1162.
Remarques sur le genre Synsynella Ha y,
avec description de S. integra n. sp,
(Crustacea, Epicaridea, Bopyridae)
par Roland Bourdon
Résumé. —- La validité du genre Synsynella est confirmée. Une nouvelle diagnose et une
clé de détermination sont proposées pour les trois espèces qu’il comprend : S. deformans Hay,
1917, S. choprai (Pearse, 1932) et S. integra sp. nov. ; leur morphologie respective ainsi que leur
variabilité sont décrites.
Abstract. — The validity of the genus Synsynella is confirmed. A new diagnosis and an identi¬
fication key are given for the three species : S. deformans Hay, 1917, S. choprai (Pearse, 1932)
and S. integra sp. nov. ; their morphological features and variations are described.
R. Bourdon, Laboratoire de Carcinologie et d' Océanographie biologique de l’École Pratique des Hautes Études,
75005 Paris, et Station biologique, 29211 Roscojj.
Dans un article récent, Kruczynski et le regretté Menzies (1977), après avoir com¬
paré les spécimens étiquetés comme étant les types de Synsynella deformans Hay, 1917,
et de Bopyro choprai Pearse, 1932, ont argué de leur ressemblance pour identifier ces deux
espèces. Ayant eu l’occasion d’étudier, indépendamment et avant ces auteurs, le statut
taxonomique de ces Bopyridae, cette mise en synonymie nous a plutôt étonné, car l’exa¬
men du matériel respectif de Hay et de Pearse nous avait amené à la conclusion qu’il
s’agissait d’espèces bien distinctes. L’argumentation développée par les deux éminents
carcinologistes américains pour démontrer la conspécificité de S. deformans et de B. cho¬
prai ne présentant aucun élément susceptible de nous convaincre, nous exposerons donc
notre point de vue en publiant la note que nous avions préparée, et sous sa forme primi¬
tive, qui nous paraît mieux éclaircir ce problème de systématique particulièrement com¬
plexe.
Le genre Synsynella a été créé par Hay (1917) pour une nouvelle espèce de Bopyri-
dac, S. deformans, récoltée à une vingtaine d’exemplaires, sur des Synalpheas longicar-
pus (Herrick) de la Caroline du Nord. Il fut fondé sur une caractéristique que l’auteur
croyait propre à son genre : la fusion, dans les deux sexes, du céphalon avec le premier
segment thoracique. Manifestement, Hay ignorait que le genre Bopyrella, ne comprenant
alors que B. thomsoni Bonnier, 1900, provenant de l’Océanie, présentait la même parti¬
cularité.
1144 —
C’est d’ailleurs ce que fait remarquer Chopra (1923) qui, ayant eu l’opportunité de
voir simultanément les spécimens-types de B. thomsoni, un second exemplaire recueilli
aux îles Andaman, une nouvelle espèce indienne de Bopyrella et plusieurs parasites consi¬
dérés, par lui, comme représentant une simple sous-espèce de Synsynella deformans (la
S. d. indica n. ssp.), compare minutieusement les deux genres. Il ne constate aucune diffé¬
rence, si ce n’est sur un point : alors que chez le Bopyre de Hay, seuls les pléopodes des
deux premières paires de la femelle sont biramés, ils le sont tous dans ses spécimens. Mais
Chopra n’accorde à ce caractère qu’une valeur tout au plus subspécifique, et les deux
autres formes qu’il a examinées s’avérant correspondre, notamment par la segmentation
thoracique complète et bien distincte chez la femelle, rien ne lui paraît justifier de conser¬
ver le genre Synsynella, qu’il met donc en synonymie avec Bopyrella.
Cette prise de position d’ordre systématique est formellement récusée par Nierstrasz
& Brender-à-Brandis (1929) car, après avoir, de leur côté, étudié sept nouvelles espèces
de Bopyrella, un exemplaire de la forme typique du parasite de Hay et un autre apparte¬
nant à sa sous-espèce établie par Chopra (ces deux derniers venant des Antilles), ils consi¬
dèrent le genre parfaitement valide. Pour eux, celui-ci se caractérise par la fusion médiane
des segments thoraciques, lesquels sont nettement séparés dans Bopyrella ; les deux épi-
caridologistes hollandais présument que, si Hay et Chopra affirment le contraire, c'est
tout simplement parce qu’ils ont dû confondre la limite postérieure des péréionites avec
les lignes chitineuses transversales internes qui, elles, sont bien visibles.
A la suite du rejet de ses conclusions, Chopra (1930) procède à un réexamen scrupu¬
leux de sa sous-espèce indica, lequel corrobore dans chaque détail la description qu’il en
a précédemment donnée. Aussi, compte tenu de cette confirmation, et se référant à la
diagnose originale et aux photographies de S. deformans, Chopra maintient-il que les
thoracomères sont séparés sur toute leur longueur. En conséquence, son opinion ne saurait
être modifiée : pour lui, Synsynella est bien synonyme de Bopyrella.
La sous-espèce indica a été ultérieurement signalée en mer Rouge par Monod (1933)
et à Karachi par Qasi (1959) ; mais leurs spécimens respectifs différant quant à la méta¬
mérisation thoracique, le premier auteur la place dans Synsynella tandis que le second,
qui ne reconnaît pas ce genre, la range dans Bopyrella. Plus récemment, mais sans avoir
toutefois disposé de matériel, Shiino (1965) et Markham (1974) admettent néanmoins la
validité de ces deux taxons.
Les parties en désaccord n’ayant pas examiné l’objet du litige, en l’occurrence les
spécimens de Hay, cette controverse se montrait peu concluante, et nous ne savions tou¬
jours pas, en définitive, si le degré de segmentation thoracique de la femelle, partielle
(= Synsynella) ou totale (= Bopyrella), constituait ou non le critère distinctif entre les
deux genres. D’autant plus que sont considérées comme Bopyrella des espèces telles B. cho-
prai Nz. et Br. Br., 1929, et la Bopyrella sp. « A » de Monod (1933) dont tous les péréio¬
nites sont soudés dans leur partie médiane, ce qui est également le cas pour les B. morten-
seni Nz. & Br. Br., 1929, pakistanaises trouvées par Qasi (1959).
En 1970, ayant à déterminer des Bopyres d’Alphéidés dont la séparation des thora¬
comères était difficile à voir, nous nous trouvions donc fort embarrassé pour les classer,
quand nous avons été intrigué par un caractère très apparent sur les photographies accom¬
pagnant la diagnose de Synsynella deformans, mais qui ne paraît pas avoir jusqu’ici retenu
l’attention : il s’agit du marsupium de la femelle. Alors que chez toutes les Bopyrella
— 1145 —
figurées en vue ventrale, et comme il est d’ailleurs de règle dans la sous-famille des Bopyri-
nae, les oostégites 2-5 sont étroits et laissent le péréion entièrement découvert, chez Syn-
synella, au contraire, les quatrième et cinquième paires de plaques incubatrices recouvrent
la moitié postérieure du thorax. Une particularité aussi singulière pouvait sembler suffi¬
sante pour légitimer ce genre. Néanmoins, l’examen des spécimens de Hay restait indis¬
pensable, ne fût-ce que pour s’assurer qu’ils ne présentaient pas d’autres différences mor¬
phologiques. Ce que nous avons pu faire, grâce à l’obligeance du Dr. Thomas E. Bowman
(U.S.N. Museum, Washington).
A notre grande surprise, nous constations alors que les Bopyres désignés sous le nom
de Synsynella deformans (dont certains, encore en place dans la cavité branchiale de l’hôte,
n’avaient évidemment pas été examinés) comprenaient, en réalité, trois formes distinctes :
— la première à marsupium complètement ouvert, sans plaques latérales sur le côté court
de l’abdomen et pléotelson bifide (spécimen étiqueté comme étant l’holotype) ;
— la seconde à marsupium semblable, mais avec plaques latérales des deux côtés et pléo¬
telson arrondi (18 individus) ;
— la troisième à marsupium à demi fermé, plaques latérales également présentes bilatéra¬
lement, mais à pléotelson échancré (3 exemplaires).
Au problème de la validité de Synsynella venaient donc s’en ajouter deux autres, tout
à fait inattendus : reconnaître laquelle de ces trois formes devait être considérée comme
la véritable S. deformans et identifier les deux parasites confondus sous cette appellation.
C’est ce que nous tentons d’élucider ici.
1 — Spécificité de chacune des 'mois formes
Bien que récoltées au même endroit et sur le même hôte 1 , on ne peut retenir l’hypo¬
thèse qu’elles appartiennent à une même espèce dans laquelle, à la fois, les lames pleurales,
le pléotelson et les oostégites seraient très variables.
En effet : a) on ne connaît aucun Bopyre dont les plaques latérales et le sixième pléo-
nite présentent des fluctuations morphologiques aussi extrêmes ; b) le développement
insolite des deux dernières paires de lamelles incubatrices chez certains individus constitue
un cas unique pour toute la famille des Bopyridae, cette structure n’étant d’ailleurs pas
en corrélation avec un stade de croissance différent puisque les femelles ovigères possèdent
l’un ou l’autre type de marsupium ; c) surtout, il n’y a pas d’individus intermédiaires.
Aussi peut-on considérer que, de toute évidence, les trois formes sont spécifiquement
distinctes.
2 — Détermination de la vraie « Synsynella deformans » Hay
L’espèce à pléotelson entier et arrondi est immédiatement à écarter car ce caractère
ne correspond absolument pas à la diagnose de S. deformans, laquelle indique les six seg-
1. Ce qui reste toutefois à vérifier, car la systématique des Alphéidés ouest-atlantiques a subi depuis
de sensibles remaniements.
4, 14
— 1146 —
ments de l’abdomen avec « the outer end of all turn backward and from to back are increa-
singly acute ». Par conséquent, chez S. deformans, le dernier pléomère a bien deux pointes,
comme le montrent d’ailleurs très nettement les photographies. Aussi paraît-il surprenant
qu’en dépit de cette description précise, Hay puisse inclure de tels spécimens dans son
espèce !
Pour les deux autres Bopyres à pléotelson échancré, ils se distinguent, nous l’avons
dit, par le marsupium ainsi que par les plaques latérales. La conformation particulière
des oostégites postérieurs chez certaines femelles n’a certainement pas échappé à Hay 1 ,
mais vraisemblablement n’a-t-il pas attaché plus d’importance à ce caractère que ne l’ont
fait Nierstrasz & Brender-à-Brandis (1929) pour un exemplaire identique 2 . Par contre,
on s’expliquerait mal pourquoi Hay aurait choisi pour holotype la seule femelle dépourvue
de plaques latérales sur un côté du pléon, ce qui ne concorde ni avec le passage de la diagnose
cité plus haut ni avec les photographies, et ne se trouve pas non plus mentionné comme
variation, alors que l’auteur note soigneusement les différences comparativement minimes
qu’il a observées dans les pléopodes.
En conséquence, des trois espèces que comporte le matériel de Hay, la véritable S. defor¬
mans ne peut être que celle caractérisée par la présence simultanée de plaques latérales
des deux côtés de l’abdomen, un pléotelson bifurqué et les oostégites 4 et 5 développés
de façon inaccoutumée : c’est-à-dire la seule qui soit entièrement conforme à la diagnose
et ait été figurée.
3 — Problème de la validité du genre « Synsynella » Hay
L’espèce-type étant reconnue, nous pouvons maintenant aborder la question de la
validité du genre. Tout d’abord, il s’agit de vérifier si le caractère générique qui lui est
attribué existe réellement dans le parasite de LIay ; ensuite, de rechercher si, éventuelle¬
ment, il n’y en aurait pas d’autres et, en particulier, si la structure des oostégites peut être
considérée comme tel.
a — Fusion médiane des péréionites
C’est le seul critère avancé par Nierstrasz & Brender-à-Brandis (1929) pour séparer
Synsynella du genre Bopyrella. Nous avons rappelé dans l’historique la controverse survenue
à son propos entre certains auteurs, qui photos ou figures à l’appui des deux côtés, sou¬
tiennent, les uns la fusion des thoracomères, les autres leur séparation, aucun n’ayant
toutefois examiné le matériel de Hay.
Malgré l’état de conservation plutôt médiocre des trois femelles paratypes de 5. defor¬
mans, leurs segments thoraciques III- VII correspondent à la diagnose : ils sont nettement
séparés sur toute la longueur, le second étant même presque entièrement distinct. Contrai¬
rement à la supposition de Nierstrasz & Brender-à-Brandis, Hay ne s’était donc pas
1. Une de ces dernières avait tous ses oostégites détachés, ce qui implique que ces appendices ont
déjà attiré l’attention.
2. L’inclusion dans le genre Bopyrus Latreille (à cavité marsupiale ouverte) de leur B. stebbingi Nz.
& Br. Br. (à cavité marsupiale fermée) laisse d’ailleurs supposer que ces auteurs ne concédaient à la forme de
la poche incubatrice qu’un intérêt taxonomique limité.
— 1147 —
trompé. Mais ces deux auteurs avaient raison en ce qui concerne leur exemplaire, que nous
avons vu et qui nous paraît une incontestable S. deformans, car la segmentation se trouve
effectivement oblitérée dans la partie médiane de tous les péréionites. Ils ont simplement
eu tort de croire qu’il devait en être de même chez les spécimens de Hay. Surtout, ils n’ont
pas envisagé que ce caractère pouvait être susceptible de variation. Or, celle-ci se trouve
confirmée par du matériel récolté ultérieurement à Haïti : trois femelles sur les quatre
qu’il comprend présentent une soudure partielle de la plupart des thoracomères. Cependant,
il faut souligner que la segmentation thoracique des Bopvrinae de ce groupe est souvent
bien difficile à distinguer nettement sur toute son étendue, ce qu’avait déjà fait remar¬
quer Monod (1933). Pour un même spécimen, la limite médiane des péréionites peut appa¬
raître de façon différente suivant les conditions de l’examen (avant ou après coloration,
angle d’éclairage, etc.) et, fréquemment, elle se devine plus qu’on ne la voit réellement.
Outre que sa mise en évidence s’avère aléatoire, la valeur générique de ce critère nous
semble donc des plus contestables puisqu’il varie entre individus de même espèce, non
seulement chez 5. deformans, mais aussi, comme nous avons pu le constater, dans des
genres voisins et, tout particulièrement, chez Bopyrella (Bourdon, 1980).
Premier point acquis : le seul caractère présumé générique de Synsynella n’est pas
valable.
b — Marsupium
Sa cavité incubatrice à demi fermée par suite de l’élargissement des oostégites 4 et 5
est la caractéristique qui nous avait le plus frappé dans les photographies de S. deformans,
car cette curieuse conformation ne différencie pas seulement cette espèce de celles qui
ont été confondues sous ce nom dans le matériel de Hay mais, comme nous l’avons déjà
souligné, constitue la seule exception connue parmi tous les Bopyridae. Restait à savoir
si elle représente un caractère générique.
C’est ce que nous avions d’abord supposé, étant enclin à regarder la régression des
plaques marsupiales comme l’une des principales manifestations morphologiques évolu¬
tives montrées par ces parasites, supposition qui semblait d’ailleurs étayée par le fait que,
en règle générale, les formes les plus primitives possèdent un marsupium fermé tandis
que les plus évoluées l’ont ouvert, leurs oostégites devenant de dimensions si réduites que
seule la paroi du branchiostégite de l’hôte retient les œufs pondus par la femelle.
Cependant, la récolte récente de deux nouveaux Minicopenaeon (sous-famille des
Orbioninae) apportait la preuve que des Bopyridae indubitablement congénériques, et
même très proches, peuvent néanmoins posséder un type de marsupium différent (Bour¬
don, 1979, 1981). Aussi, le degré de développement des oostégites ne semble pas avoir
l’importance primordiale qui lui a été conférée 1 et, en ce qui concerne la structure inha¬
bituelle des deux dernières paires chez S. deformans, on ne peut guère lui accorder qu’une
valeur spécifique.
1. C’est même l’un des principaux caractères sur lequel repose la classification en sous-familles de
ces parasites (Shiino, 1965 ; Codreanu, 1967). Mais, outre l’exemple cité, nous pouvons ajouter que le
genre Bonnieria Nz. & Br. Br. (pour nous, synonyme de Paragigantione Barnard), loin de se classer parmi
les Bopyrinae par suite de son marsupium ouvert, appartient aux Pseudioninae et se rattache même direc¬
tement au groupe le plus primitif ayant pour type Pleurocryptella Bonnier.
— 1148 —
c — Pléopodes
En confrontant les données relatives à 5. deformans fournies par les auteurs, une diver¬
gence attire tout de suite l’attention : la conformation et le nombre des pléopodes de la
femelle. A leur sujet, Nierstrasz & Brender-à-Brandis (1929) sont catégoriques puis¬
qu’ils précisent que Synsynella possède : « 5 Paar 2-âstig Pleopode ». Hay (1917) dit quatre
paires et se montre plus nuancé. Il les définit d’abord comme « rudimentary but with indi¬
cations of being biramous », puis comme des « bilobed plates », avant de décrire ainsi leur
condition usuelle : « the first pair obscurely biramous, the next pair rather deeply notched,
and the last two pairs much smaller and subquadrate ». Ce que Chopra (1923) interprète
comme suit : « Only first two pairs of pleopoda biramous ».
Effectivement, les pléopodes antérieurs paraissent biramés sur la figure 16 de Hay
(1917) ; Nierstrasz & Brender-à-Brandis (1929) ont cru qu’ils l’étaient dans leur exem¬
plaire, ainsi d’ailleurs que nous-même, tout d’abord, en voyant les paratypes de S. defor¬
mans. Toutefois, un examen plus attentif permet de constater qu’il n’en est rien. En réalité,
ces appendices sont constitués d'une seule rame, mais profondément échancrée ou pré¬
sentant un repli longitudinal, de sorte qu’ils simulent parfaitement des pléopodes biramés.
Ce caractère, très bien remarqué par Hay, est malaisé à décrire, aussi renvoyons-nous à
la figure 6 c, qui fera mieux comprendre leur structure.
Malgré l’apparence des premières paires, les pléopodes sont donc tous uniramés chez
S. deformans . De ce fait, ce Bopyre diffère, par une caractéristique bien tranchée, des nom¬
breuses espèces de Bopyrella chez lesquelles ils sont toujours, sans ambiguïté possible, dis¬
tinctement biramés. La seconde constatation est donc qu’il ne peut être placé dans ce genre
comme l’a fait Chopra (1923, 1930). D’autre part, la forme indica de cet auteur ayant
ces appendices doubles, il ne s’agit évidemment pas d’une sous-espèce du parasite de Hay.
Le nombre même des pléopodes est généralement considéré comme critère générique, et
Bopyrinella Nz. & Br. Br., 1925, repose uniquement sur ce dernier. Peut-être constitue-t-il,
dans certains cas, un bon caractère. Pourtant, sa variation observée chez une forme très
voisine, Bopyrina ocellata (Czerniawsky), l’une des rares de la sous-famille à avoir été
examinée à de nombreux exemplaires, ne semble pas de nature à confirmer la valeur taxo¬
nomique qui lui est unanimement assignée. D’où nos réticences pour le retenir comme
base diagnostique de ce niveau.
d — Pléon du mâle
Tous les individus mâles du matériel de Hay possèdent un abdomen semblable, c’est-
à-dire un peu plus large que le septième péréionite, avec les trois premiers segments séparés
et les postérieurs fusionnés en un court pléotelson trilobé.
Cette conformation n’est cependant pas particulière à ces parasites, puisqu’elle existe
également chez d’autres Bopyridae 1 et, notamment, quelques Bopyrella comme B. malen-
1. Le mâle du genre Prosy nsynella, seulement connu par P. hayi Nz. & Br. Br., 1929, trouvé à un seul
couple sur un Synalpheus sp. des Antilles, a la même sorte d’abdomen. Toutefois, comme la femelle est dite
avoir cinq paires de pléopodes biramés, on peut supposer que c’est une Bopyrella. Néanmoins, ces auteurs
indiquant à tort que ces appendices sont doubles et au nombre de cinq paires chez leur spécimen de S. defor¬
mans, cette assertion est sujette à caution. L’holotype ayant été perdu, son identité restera donc probable¬
ment incertaine.
1149 —
sis Bourdon, 1980, et B. tanyensis Bourdon, 1979, dont les femelles sont pourvues de quatre
paires de pléopodes (au lieu des cinq que possède la quasi-totalité des représentants de ce
taxon). Les appendices pléaux de ces dernières étant indiscutablement biramés, nous les
avons incluses dans ce genre, car rien ne permet actuellement de supposer qu’ils puissent
être indifféremment simples ou doubles dans une espèce donnée.
En conséquence, si l’on compare S. deformans aux autres Bopyrinae dont la femelle
a des pléopodes uniramés, la forme du pléon du mâle permet de la distinguer aisément
des deux seuls genres antérieurs : Bopyrus Latreille, 1802, et Bopyrina Kossmann, 1881,
et même de ceux qui ont été ultérieurement créés, à la seule exception de Bopyro Pearse,
1932, dont le statut sera ci-après discuté.
La troisième conclusion est donc que l’abdomen typique du mâle qui présente une
différence morphologique notable, bien définie et constante, nous paraît constituer le cri¬
tère jusqu’ici recherché qui caractérise le genre Synsynella Hay, 1917.
Le genre Bopyro ne comprend que F espèce-type, B. choprai Pearse, 1932, recueillie
en grandes quantités en Caroline du Nord et en Floride, à la fois sur Synalpheus brooksi
Coutière, S. longicarpus (Herrick) et S. minus (Hay). A priori, ce genre ayant été établi
après S. deformans, il n’y avait pas lieu de s’en préoccuper dans cette étude, d’autant
plus que, d’après sa diagnose, il s’en écartait très nettement par le céphalon distinct du
thorax chez la femelle (ce qui constitue, du moins jusqu’à présent, un excellent critère
pour séparer les Bopyrinae).
La description quelque peu rudimentaire de Bopyro et le fait qu’il puisse occasionnelle¬
ment infester le même hôte que S. deformans incitaient néanmoins à examiner ce parasite.
Le Dr. Th. E. Bowman a bien voulu également nous communiquer le matériel de Pearse ;
ce qui a immédiatement permis de constater que la description et les figures de Bopyro
choprai étaient en partie erronées, notamment pour la femelle dont la tête se montre,
en réalité, soudée avec le premier péréionite, tandis que ses pléopodes ont l’aspect carac¬
téristique mentionné précédemment chez les exemplaires de Hay b D’autre part, la res¬
semblance du pléon du mâle se voyait confirmée. La question se trouvait ainsi tout de
suite réglée : Bopyro choprai est tout simplement une Synsynella.
4 — Identification des deux autres espèces du matériel de Hay
Le genre Synsynella maintenant défini, les deux espèces confondues avec S. deformans
peuvent dès lors être facilement identifiées : étant donné la conformation de l’abdomen
du mâle, toutes deux sont évidemment des Synsynella.
a — Pour le spécimen étiqueté comme l’holotype de S. deformans, après avoir vu
le matériel de Pearse, il n’y a, pour nous, aucun doute qu’il s’agit d’une S. choprai, puis¬
qu’il correspond tout à fait au type et aux « cotypes » de cette espèce, tandis qu’au contraire
il se distingue nettement de la diagnose et des photographies de S. deformans, ainsi que
des trois femelles paratypes de Hay par le marsupium complètement ouvert et l’absence
de plaques latérales sur le côté court du pléon.
1. A l’exception de l’un d’entre eux qui nous paraît être référable à une nouvelle espèce de Bopyrella
dont la diagnose sera donnée ultérieurement.
— 1150 —
Nous ignorons totalement l’origine de cette erreur de désignation. Les manipulations
successives auxquelles sont soumis les exemplaires de collections dans les musées expliquent
que cette sorte de confusion puisse quelquefois se produire ; pour notre part, nous avons
déjà eu l’occasion d’en constater de semblables, à plusieurs reprises, pour des Epicarides
qui nous avaient été transmis.
b — Quant aux femelles à pléotelson arrondi (au lieu d’être bifurqué comme chez
S. deformans et S. choprai), elles ne correspondent à aucune espèce établie. Aussi les décri¬
rons-nous plus loin sous le nom de S. integra n. sp.
Nous avions achevé l'étude de ces parasites lorsque parut la note de Kruczynski &
Menzies (1977), lesquels, après examen des mêmes spécimens « types » parvenaient à une
conclusion complètement dilTérente de la nôtre quant au statut taxonomique de Bopyro
choprai Pearse. La discussion ci-dessus explique ce désaccord. Mais nous tenons cepen¬
dant à souligner que ces auteurs ont démontré, par l’argument péremptoire de la morpho¬
logie hiramée des pléopodes de la femelle, que Synsynella diffère bien de Bopyrella et ont
exclu S. deformans indica Chopra de ce genre, puisque ce Bopyre a ces appendices doubles.
En outre, ils ont donné d’intéressantes observations sur la variabilité de S. choprai ; nous
ajouterons que Kruczynski & Menzies n’auraient sans doute pas considéré cette der¬
nière espèce comme un synonyme de S. deformans s’ils avaient pu voir tout le matériel de
H A Y.
Diagnose du genre Synsynella Hay
Femelle. — Céphalon fusionné postérieurement avec le thorax, sans lame frontale mais avec
une petite digitation latérale sur le côté court. Généralement deux paires de lamelles postéro-
ventrales présentes. Maxillipèdes munis d’un palpe sétacé. Péréionites I-1 1 plus ou moins soudés,
certains des suivants ou même tous pouvant d’ailleurs l’être également. Plaques coxales rudimen¬
taires sur les quatre premiers somites. Marsupium complètement ouvert ou à demi fermé posté¬
rieurement. Pas d’oostégites vestigiaux à la base des péréiopodes 6-7. Pléon de six segments indis¬
tincts au milieu et souvent sur la majeure partie du côté court du corps. Plaques latérales de taille
modérée, parfois réduites à de simples ondulations ou pouvant même manquer sur le côté non
déformé. Pléopodes uniramés au nombre de quatre paires (exceptionnellement trois). Pas d’uropodes.
Mâle. — Céphalon soudé au thorax. Antennules et antennes respectivement de trois et deux
articles. Pas de maxillipèdes. Péréiopodes subégaux. Sans tubercules médioventraux. Pléon typi¬
quement de cinq segments (1-3 ordinairement séparés, 4-5 fusionnés en un court pléotelson trilobé).
Pléopodes non visibles sans traitement approprié. Uropodes absents.
Clé des trois espèces du genre « Synsynella »
Aucune différence spécifique n’ayant encore été décelée entre les mâles respectifs, seule la morpholo¬
gie des femelles permet leur identification :
A — Marsupium à demi fermé, les oostégites 4-5 sensiblement aussi larges que longs. Plaques
latérales anguleuses développées des deux côtés de l’abdomen. Pléotelson bifurqué.
S. deformans Hay
B — Marsupium complètement ouvert, les oostégites 4-5 presque trois fois plus longs que larges,
a — Plaques latérales arrondies seulement sur le côté déformé de l’abdomen, la segmenta¬
tion du côté court ordinairement représentée par de simples ondulations. Pléotelson
échancré. S. choprai (Pearse)
b — Plaques latérales anguleuses bien développées des deux côtés de l’abdomen. Pléotelson
entier . S. integra n. sp.
Synsynella deformans Hay
Synsynella deformans Hay, 1917 : 570-572, 574 ; pi. 99, figs. 13-18.
Synsynella deformans : Nierstrasz & Brender-à-Brandis, 1929 : 37.
Matériel : 3 $$ paratypes (dont celle ci-dessous décrite), sur Synalpheus longicarpus (Herrick),
Onlow Bay, environ 30 milles de Beauforth Inlet, North Carolina, 10 brasses (USNM, Washing¬
ton. N° 48372) ; 1 $ -p hôte inconnu, West-Indies (Zoôlogisk Museum, Copenhague) ; 4 ÇÇ -j-
çjçj, sur Synalpheus sp., Haïti, Liégane et Mer Frappée, mai-juin 1961 (H. Cornet coll.).
Description
Femelle (fig. 1-2, a)
Longueur 5,9 mm ; largeur 4,9 mm ; pléon 2,2 mm. Asymétrie 25°.
Céphalon en grande partie fusionné avec le premier segment thoracique, sans lame
frontale définie, son bord antérieur presque droit et formant une petite digitation sur le
côté court. Yeux présents. Antennules et antennes paraissant Inarticulées. Maxillipèdes
avec palpe arrondi entouré de soies. Bord postérieur pourvu de deux paires de lamelles
lisses, les externes lancéolées, nettement plus grandes que les internes ; la partie médiane
légèrement sinueuse, également sans tubercules.
Fig. 1. — Ç2, face dorsale : a, Synsynella deformans Hay X 13 ; b, S. integra n. sp. x 21.
— 1153 —
Péréion ayant les segments III- VII bien séparés, la limite médio-dorsale entre les
deux premiers moins nette. Bosses latérales allongées et peu proéminentes sur les quatre
somites antérieurs. Plaques coxales rudimentaires sur les mêmes, celles du côté court très
étroites. Bord latéral des trois derniers thoracomères entier. Marsupium (fig. 3) à demi
recouvert par les plaques marsupiales 4 et 5. Premier oostégite avec la partie postérieure
plus grande que l'antérieure, son lobe distal bien développé ; la crête interne lisse. Les
plaques incubatrices suivantes augmentant progressivement d’importance, les deux der¬
nières paires relativement très développées et aussi larges que longues ; celles de la qua¬
trième ne se rejoignent cependant pas, et la cinquième porte une frange de soies nom¬
breuses et serrées. Péréiopodes montrant une bosse au bord supérieur du basipodite, laquelle
n’est bien apparente que sur les pattes du côté déformé. Près de la base de P5-P7 de ce
côté se trouve une sorte de petite digitation.
Pléon de six segments fusionnés dans la région médio-dorsale, à l’exception du premier
dont la délimitation reste plus ou moins visible sur toute son étendue. Plaques latérales
sur les somites 1-5, de forme d’abord arrondie, puis de plus en plus aiguës postérieurement ;
les trois premières du côté déformé ont leur bord antérieur ventralement ourlé. Le sixième
segment présente deux pointes acuminées comme les lames pleurales précédentes. Pléo-
podes : quatre paires uniramées, les antérieurs d’aspect bilobé, les suivants légèrement
échancrés ; leur taille décroît vers l’arrière et ils sont largement séparés, laissant ainsi la
majeure partie de l’abdomen découverte. Uropodes absents.
Mâle
Aucun n’avant été trouvé sur les femelles paratypes, ce sexe est donc décrit d’après
un exemplaire de Haïti.
Longueur 1,4 mm ; largeur 0,6 mm ; pléon 0,4 mm.
Céphalon soudé au thorax, son bord antérieur faiblement échancré. Yeux présents.
Antennules séparées de trois articles, antennes Inarticulées. Maxillipèdes non distingués.
Péréion s’élargissant un peu dans sa partie médiane. Péréiopodes avec le propode
légèrement plus court sur PI et P7 que dans les autres pattes où il reste subégal ; le
dactyle moins développé dans les deux dernières paires. Pas de tubercules médio-ven-
traux.
Pléon comprenant trois segments libres et deux fusionnés dorsalement, mais bien
indiqués latéralement. Pléopodes sur les trois premiers somites, apparaissant comme des
zones ovoïdes après éclaircissement. Uropodes absents.
Variations
Femelle
Taille : 3,1 à 5,9 mm, avec un rapport L/l entre 1,23 et 1,45.
Asymétrie : 22 à 30°.
Yeux : leur pigmentation disparaît après un long séjour dans l’alcool.
Digitation frontale réduite chez une des femelles de Haïti, bien formée dans toutes
les autres.
Segmentation médio-thoracique : toujours indistincte sur le bord postérieur du pre-
— 1154 —
mier péréionitc et souvent aussi sur un ou plusieurs des somites suivants, voire sur tous
les sept.
Pléon à peu près aussi large que long (0,91 à 1,17) et faisant entre 0,35 et 0,41 de
la longueur totale du corps.
Fig. 4. — Synsynella deformans Hay : variation du pléon chez les $$ X 21.
Segmentation pléale (fig. 4) de bien apparente à complètement indistincte sur toute
la moitié du côté court. Un des exemplaires antillais présentait une malformation de la
partie postérieure de l’abdomen.
M die
Taille : 1,1 à 1,5 mm, avec un rapport L $-L de 2,3 à 2,8.
Pléon : sa longueur, comparativement à celle du corps, est de 0,25 à 0,30. La sépara¬
tion du troisième segment avec le pléotelson peu visible chez deux individus, est complè¬
tement indiscernable chez un autre.
Synsynella choprai (Pearse)
Bopyro choprae Pearse, 1932 : 1-3, figs. 1-14 ; 1950 : 41, fig. 2.
Synsynella deformans Hay, Kruczynski & Menzies, 1977 : 551-557, fig. 1-2.
Matériel : 1 $ + c?» spécimens-types de Bopyro choprai, sur Synalpheus brooksi Coutière,
Tortugas, Floride (USNM. N° 64488) ; 1 Ç, étiquetée comme holotype de Synsynella deformans
— 1155 —
(USNM. N° 48371) ; 25 Ç$ + 14 $3, désignés « cotypes » de Bopyro alphei (sic !), Tortugas, Flo¬
ride (USNM. N° 64489) ; 1 $ + $ (exemplaires ci-après décrits), Liégane, mai 1961 ; 1 ^
Trou-Forban, juillet 1962 ; 2 Mer Frappée, mai 1964 ; 6 + 5 Cayes Pélican ; loca¬
lités de Haïti et hôtes appartenant au genre Synalpheus, tous R. Cornet col 1. (MNHN Ep. 321-
330).
Description
Femelle (fig. 5, a)
Longueur 3,1 mm ; largeur 2,5 mm ; pléon 1,1 mm. Asymétrie 32°.
Céphalon dépourvu de lame frontale, mais présentant une digitation bien développée
sur le côté court ; presque entièrement fusionné avec le premier segment thoracique, son
bord antérieur légèrement convexe. Yeux présents. Ant.ennules paraissant composées de
trois articles, les antennes de deux. Maxillipèdes (fig. 5, b) ayant le palpe arrondi garni
de soies. Bord postérieur muni de deux paires de lamelles courtes et lisses, l’interne plus
petit que l’externe ; la partie médiane droite.
Fig. 5. — Synsynella choprai (Pearse). Ç : a, face dorsale x 24 ; b, maxillipède X 37 ; c, 1 er oostégitc
X 37. (J : d, face dorsale X 41 ; e, antennule et antenne X 184 ; f, péréiopode 1 X 36.
— 1156 —
Péréion avec les segments III-VII séparés. Bosses dorso-latérales pratiquement indis¬
tinctes. Plaques coxales rudimentaires sur les quatre premiers somites. Bord latéral des
trois derniers thoracomères entier. Marsupium complètement ouvert. Premier oostégite
(fig. 5 c) ayant le lobe postérieur assez important ; la crête interne sans tubercules. Les
plaques incubatrices suivantes de plus en plus longues ; la cinquième paire frangée de soies.
Péréiopodes du côté déformé possédant une bosse au bord supérieur du basipodite. Une
petite digitation présente, de ce côté, près de la base de P5-P7.
Pléon avec les six segments plus ou moins bien délimités sur la face dorsale ; le pléo-
telson divisé en deux pointes relativement aiguës. Plaques latérales antérieures du côté
déformé arrondies, devenant triangulaires vers barrière ; les trois premières ourlées ventra-
lement. Sur le côté opposé de l’abdomen, à part la cinquième lame pleurale, les précédentes
sont nettement moins développées que leurs homologues. Pléopodes uniramés, les quatre
paires diminuant postérieurement de taille et loin d’atteindre la ligne médiane. Pas d’uro¬
podes.
Mâle (fig. 5, d)
Longueur 1,1 mm ; largeur 0,5 mm ; pléon 0,3 mm.
Céphalon soudé au thorax, mais distingué de ce dernier par deux encoches latérales,
son bord antérieur légèrement échancré. Yeux présents. Antennules et antennes (fig. 5, e)
comprenant respectivement trois et deux articles. Maxillipèdes paraissant manquer.
Péréion diminuant un peu de largeur à partir du deuxième segment. Péréiopodes 1
(fig. 5 f) et 7 avec le propode plus court que dans les autres pattes où sa longueur reste
sensiblement la même ; la taille du dactyle varie peu. Pas de tubercules médio-ventraux.
Pléon de cinq segments, les trois premiers séparés, les derniers fusionnés, à la fois
dorsalement et ventralement. Pléopodes représentés par des zones ovoïdes apparaissant
après éclaircissement.
Variations
Femelle
Taille : les « cotypes » ainsi que les spécimens de Haïti sont nettement plus petits
que l’holotype (1,8 à 3,7 mm au lieu de 6,2 mm) ; leur rapport L/l s’étend de 1,16 à 1,47
sans relation apparente avec la longueur du parasite.
Asymétrie : 21 à 43°.
Digitation frontale toujours présente et atteignant même des proportions presque
exagérées chez un exemplaire antillais.
Taches oculaires souvent réduites à un simple cercle de pigment.
Bord postéro-ventral du céphalon : dans le matériel de Haïti, seule une femelle possède
des lamelles internes bien développées comme celles du spécimen décrit ; elles sont res¬
treintes à une légère éminence dans trois individus et manquent même complètement dans
cinq autres. Cette variation portant sur le nombre des lamelles céphaliques, bien que des
plus rares parmi les Bopyridae, ne peut évidemment que diminuer le crédit taxonomique
dont bénéficiait jusqu’ici ce caractère.
Segmentation thoracique : contrairement à la diagnose et aux figures de S. choprai,
1157 —
aucun des « cotypes » ni des parasites antillais n’a le céphalon séparé du premier péréio-
nite ; parfois les thoracomères I-1 1 sont également soudés dans leur partie médiane.
Bosses dorso-latérales jamais bien apparentes, quoique la première paire puisse être
vaguement indiquée par un léger renflement.
Premier oostégite avec le lobe postérieur quelquefois un peu plus allongé que dans
le spécimen de référence. Chez les plus petites femelles, il est plus court ou même à peine
formé. A souligner, parce que plutôt exceptionnel, qu’un individidu de Haïti avait ces deux
appendices inégalement développés.
Pléon : 0,32 à 0,35 de la longueur du corps. La délimitation des segments est toujours
dillicile à distinguer quoiqu’elle devienne quelquefois apparente après que les femelles ont
été soumises à un éclaircissement suffisamment prolongé.
Plaques latérales : concernant ces dernières, une différence relativement constante
oppose les parasites de Pearse à ceux de Haïti. Alors que chez les premiers, les lames pleu¬
rales ne sont bien développées que sur le côté déformé du pléon, le côté court se montre
le plus souvent presque rectiligne ; tandis que dans les exemplaires antillais, les ondula¬
tions y sont bien prononcées. A noter aussi que la cinquième paire de plaques latérales
manque chez un « cotype » et qu’il ne reste que les deux premières du côté déformé dans
un autre. Il est d’ailleurs très rare que ces plaques soient en pointes aiguës dans le matériel
de Pearse (voir également les figures de Kruczynski & Menzies pour la variation de
l’abdomen).
Pléopodes : tous n’ont que quatre paires, sauf la femelle ne possédant que deux lames
pleurales où il n’y en a que trois. Les pléopodes antérieurs sont plus ou moins repliés, pré¬
sentant ainsi l’apparence de ces appendices chez S. deformans ; parfois, les derniers sont
tuberculif ormes.
Pléotelson généralement bifurqué, mais il manque toutefois ou paraît mal constitué
dans cinq individus de Floride ; parmi le matériel de Haïti, les deux pointes peuvent être
plus aiguës, espacées, croisées l’une sur l'autre ou en retrait par rapport aux cinquièmes
plaques latérales.
Mâle
Taille : 0,8 à 1,3 mm, avec un rapport L/l entre 2,32 et 2,82 ; la différence de la lon¬
gueur relative des deux sexes semble augmenter avec leur croissance (L Ç/L $ = 2,31 à
3,07).
Céphalon toujours soudé au thorax, la séparation avec ce dernier n’ayant été (diffi¬
cilement) décelée qu’à deux reprises sur des individus presque entièrement vidés.
Pléon : 0,25 à 0,30 de la longueur du corps. Comprenant généralement cinq segments
(3 libres -j- 2 soudés), mais la démarcation entre le troisième et le pléotelson est parfois
peu nette. Dans un mâle, l’abdomen se compose de quatre segments (2 libres -j- 2 soudés),
dans un autre, de trois (2 libres -j- 1 soudé), l’avant-dernier étant à peine indiqué sur le
côté gauche. Un pléon de deux somites seulement a été figuré par Pearse (1932).
Pléopodes souvent difficilement distinguables, même après éclaircissement. Leur
nombre est de trois paires, sauf chez l’individu ne possédant que deux segments libres en
plus du pléotelson, lequel n’en a que deux paires.
— 1158
Synsynella integra n. sp.
? Bopyro choprai : Pearse, 1950, fig. 1.
Matériel : 18 -f- 15 $(§, sur Synalpheus longicarpus (Herrick), Onslow Bay, environ
20 milles de Beauforth Inlet, North Carolina, 10 brasses ; avec les 3 ÇÇ paratypes de Synsynella
deformans Hay (USNM, N° 48372).
Description
Femelle holotype (fig. 1-2, 1>)
Longueur 3,8 mm ; largeur 3,0 mm ; pléon 1,3 mm. Asymétrie 34°.
Céphalon presque entièrement fusionné avec le premier segment thoracique ; son
bord antérieur régulier, à peine arqué, et présentant une petite digitation latérale sur le
côté non déformé. Lame frontale indifférenciée. Yeux absents. Antennules et antennes
paraissant Inarticulées. Maxillipèdes (fig. 6, a) avec palpe sétacé, court et arrondi. Bord
postérieur (fig. 6, b) muni de deux paires de lamelles lisses, l’externe plus grande que
l’interne ; la partie médiane droite.
Fin. 0, — Synsynella integra n. sp. Ç : a, maxillipède X 53 ; b, bord postéro-vent.ral du céphalon X 50 ;
c, pléopodes 1-4 droits X 73. : d, face ventrale X 52 ; e, antennule et antenne X 236 ; f, péréiopode 2
X 52.
Péréion avec les segments bien définis, à l’exception du premier dont la limite est
indistincte médio-dorsalement. Bosses latérales peu proéminentes sur les quatre somites
antérieurs. Plaques coxales sur les mêmes, celles du côté déformé mieux développées.
— 1159 —
Bord latéral des péréionites V-VII entier. Marsupium (fîg. 3) complètement ouvert. Pre¬
mier oostégite avec la partie postérieure la plus importante, son lobe distal large, mais
peu accusé ; la crête interne lisse. Les paires suivantes étroites : 2-3 de taille égale, 4-5 nette¬
ment plus longues ; la cinquième garnie d’une frange d’une quarantaine de soies, tandis
que les précédentes ne sont que partiellement ciliées. Péréiopodes avec une bosse au bord
supérieur du basipodite, bien nette que sur les pattes du côté déformé. Près de la base
de P5-P7 de ce côté se trouve une sorte de petite digitation.
Pléon de six segments soudés au milieu. Plaques latérales réduites, surtout sur le
côté court où elles sont plus arrondies ; les trois premières du côté déformé ventralement
ourlées. Pléotelson entier, postérieurement convexe. Pléopodes (fig. 6, c) au nombre de
quatre paires, de taille décroissante; d’apparence biramée dans les appendices 1-3, ils sont,
en réalité, constitués d’une seule rame divisée par un repli ou une fissure ; la quatrième
étant nettement uniramée. Uropodes absents.
Mâle allotype (fig. 6, d)
Longueur 1,4 mm ; largeur 0,9 mm ; pléon 0,3 mm.
Céphalon fusionné avec le premier segment thoracique, légèrement échancré en avant.
Yeux absents. Antennules et antennes (fig. 6, e) respectivement composées de trois et
deux articles. Maxillipèdes non distingués.
Péréion avec les segments I et VII plus étroits que les autres. Péréiopodes (fig. 6, f)
à peu près semblables pour la taille et la longueur du dactyle. Pas de tubercules médio-
ventraux.
Pléon de cinq segments, les trois premiers nettement séparés, les derniers soudés
ensemble, mais bien délimité latéralement. Ni pléopodes ni uropodes.
Variations
Femelle
'Faille : 2,7 à 4,9 mm, avec un rapport L/l de 1,19 à 1,47.
Asymétrie : 11 à 39°.
Péréion : dans certains cas, la délimitation des péréionites antérieurs se montre peu
distincte au milieu.
Pléon (fig. 7) : la métamérisation dans la partie médiane des pléonites apparaît après
éclaircissement. Dans deux cas, le nombre de segments est de cinq seulement ; dans un
troisième, six segments sont visibles sur le côté court et cinq sur l’autre.
Plaques latérales droites, arrondies ou quelquefois en pointes.
Pléopodes : une femelle n’en possède que trois paires, observation digne d’être sou¬
lignée.
Pléotelson occasionnellement très développé et son bord postérieur droit ou légère¬
ment échancré.
Mâle
Taille : 0,9 à 1,9 mm ; le rapport L9/L <3 entre 2,45 et 3.91, sans rapport apparent
avec la grandeur de la femelle.
— 1160 —
Fig. 7. —• Synsynella integra n. sp. : variation du pléon chez les
Fig. 8. — Synsynella integra n. sp. : variation du pléon chez les çjrj X 80.
Céphalon : la séparation avec le thorax devient visible si l’on éclaircit sullisamment
les spécimens. Aucune variabilité n’a été constatée pour les deux paires d’antennes qui
sont toujours tri- et bi-articulées.
Pléon (fig. 8) : sa forme est très constante, toujours un peu plus large que le septième
péréionite, avec les deux derniers pléonites réduits et soudés (le bord postérieur du pléo-
— 1161
telson étant squameux). Chez le plus petit exemplaire, six segments sont indiqués sur
un côté ; dans un autre, l’abdomen paraît manifestement anormal.
Pléopodes : trois paires n’apparaissant qu’après traitement à chaud à l’acide lac¬
tique.
Remarque : Il est tout à fait possible que le Bopyro choprae trouvé sur un Synalpheus
longicarpus (Herrick) ou S. minus (Hay) à Black Rocks, Caroline du Nord, par Pearse
(1950, fig. 1), et dont la femelle a le pléotelson arrondi, soit en réalité une S. integra n. sp.
Remerciements
Nos plus sincères remerciements s’adressent, tout particulièrement, au Dr. Th. E. Bowman
(U.S.N. Museum, Washington) qui nous a communiqué la plupart des spécimens sur lesquels
repose cette révision, au Dr. T. Wolff (Zoôlogisch Museum, Copenhague) qui nous a transmis
le mâle allotype de Prosynsynella hayi, ainsi qu’à M. le Pr. A. Veillet (Faculté des Sciences,
Nancy) qui nous a aimablement donné les Bopyres de ce genre provenant d’Haïti. D'autre part,
nous sommes également très reconnaissant à M. le Pr. J. Forest (Muséum national d’Histoire
naturelle, Paris) qui nous a aidé à la rédaction de cet article.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Bonnier, J., 1900. — Contributions à l’étude des Épicarides : les Bopyridae. Trav. Stn. zool. Wime-
reux, 8 : 1-476.
Bourdon, R., 1979. — Épicarides de Madagascar. II. Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér.,
1, section A, (2) : 471-506.
— 1980. — Les espèces du genre Bopyrella J. Bonnier (Crustacea, Isopoda, Bopyridae). Bull.
Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 2 , section A, (1) : 185-236.
— 1981. — Crustacés Isopodes. I. Bopyridae parasites des Pénéides. In : Rés. Camp. MUSOR-
STOM. I. Philippines (18-28 mars 1976), vol. 1, 10. Mém. ORSTOM , 91 : 237-260.
Chopra, B., 1923. — Bopyrid Isopods parasitic on Indian Decapoda Macrura. Rec. Indian Mus.,
Calcutta, 25 : 411-550.
— 1930. — Further Notes on bopyrid Isopods parasitic on Indian Decapoda Macrura. Rec.
Indian Mus., Calcutta, 32 : 113-147.
Codreanu, R., 1967. — Clasifîcarea evolutiva a Bopirienilor, Isopode parazite ale Crustaceelor
Decapoda si importanta lor Biologica generale. Studii Cerc. Biol., ser. Zoologica, 19 (3) :
203-211.
Hay, W. P., 1917. — A new genus and three new species of parasitic Isopods Crustaceans. Proc.
U. S. natn. Mus., Washington, 51 : 569-574.
Kossmann, R., 1881. — Studien iiber Bopyridien : I. Gigantione moebii und allgemeines iiber
die Mundwerzeuge der Bopyriden ; IL Bopyrina virbii, Beitrage zur Kenntniss der Ana¬
tomie und Metamorphose der Bopyriden. Z. wiss. Zool., 35 : 652-680.
Kruczynski, W. L., & R. J. Menzies, 1977. — Taxonomic status of Synsynella Hay and Bopyro
Pearse (Isopoda : Bopyridae). Proc. biol. Soc. Wash., 89 (48) : 551-558.
Latreille, P. A., 1802. — Histoire naturelle générale et particulière des Crustacés et des Insectes.
Paris, vol. VII : 1-401.
Markham, J. C., 1974. —- A systematic study of parasitic bopyrid Isopods in the West Indian
faunal region. Thèse Ph. D., University of Miami (ronéoté) : 1-344.
4, 15
1162 —
Monod, Th., 1933. — Mission Robert Pli. Dollfus en Égypte. Tanaidacea et Isopoda. Métn. Inst.
Egypte, 21 : 161-264.
Nierstrasz, H. F., & G. A. Brender-à-Brandis, 1925. — Bijdrage tôt de Kennis der Fauna
van Curaçao. Epicaridea. Bijdr. Dierk, Amsterdam, 24 : 1-8.
— 1929. — Papers from Dr. Th. Mortensen’s Pacific Expedition 1914-16. 48. Epicaridea I.
Meddr. Dansk. Naturh. Foren., 87 : 1-44.
Pearse, A. S., 1932. — New bopyrid Isopods Crustaceans from Dry Tortugas, Florida. Proc.
U. S. natn. Mus., Washington, 81 (1) : 1-6.
1950. — Bopyrid Isopods from the coast of North Carolina. J. Elisha Mitchell scient. Soc.,
Chapell Hill, 66 : 41-43.
Qasi, M. H., 1959. - Some bopyrid Isopods of West Pakistan. Scientist, Karachi, 3 : 55-62.
Shiino, S. M., 1965. — Phylogeny of the genera within family Bopyridae. Bull. Mus. natn. Hist,
nat., Paris, 2 e sér., 37 (3) : 462-465.
Bull. Mus. nain. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 3, 1981,
section A, n° 4 : 1163-1168.
Désignation d’un néotype pour Opisthacanthus lecomtei (Lucas, 1858)
(Scorpiones, Scorpionidae)
par Wilson R. Lourenço
Abstract. — The species Opisthacanthus lecomtei was described by Lucas (1858) as Scorpio
( Ischnurus ) lecomtei, from the occidental coast of Africa. The type-specimen, previously depo¬
sited in the Muséum national d’Histoire naturelle (Paris) is lost, therefore a male-neotype is pro¬
posed at present. The original type-locality lacks all precision but according to the today known
distribution of 0. lecomtei, it certainly corresponds to the present areas of Gabon and Cameroon.
Our choise of a new type-locality goes to Yaoundé (Réserve d’Ototomo) in Cameroon.
VV. R. Lourexço, Laboratoire de Zoologie (Arthropodes), Muséum national d’Histoire naturelle, 61, rue de
Bujfon, 75005 Paris, et Laboratoire de Zoologie, École Normale Supérieure.
L’espèce Opisthacanthus lecomtei a été décrite par Lucas (1858) de la côte occidentale
d’Afrique, comme Scorpio ( Ischnurus ) lecomlei. Aucune indication n’est donnée sur le
nombre d’exemplaires étudiés, mais vraisemblablement cette description très courte n’est
établie qu’après examen d’un seul spécimen dont le sexe n’est pas indiqué. Lucas men¬
tionne que le type se trouve dans la collection du Muséum de Paris ; malgré nos recherches
nous ne l’avons pas retrouvé ; il doit donc être considéré comme perdu.
La désignation d’un néotype s’impose puisque, actuellement, nous procédons à la
révision des espèces (YOpisthacanthus. La localité type citée par Lucas, côte occidentale
d’Afrique, est assez imprécise, mais il est possible d’admettre que cette région type
comprend les territoires actuels du Cameroun et du Gabon, qui représentent d’ailleurs
l’aire de distribution actuellement connue pour cette espèce.
Nous avons choisi comme néotype un spécimen mâle (inventorié RS 4627 dans les
collections du Muséum national d’Histoire naturelle, Paris) provenant de la nouvelle loca¬
lité type : Yaoundé (réserve d’Ototomo) au Cameroun. Notre raisonnement respecte les
règles requises par le Code international de nomenclature zoologique (article 75) en ce
qui concerne la désignation d’un néotype.
Compléments à la description d’ Opisthacanthus lecomtei (Lucas, 1858)
Scorpio ( Ischnurus ) lecomtei Lucas, 1858, Arch, ent., 2 : 428.
Opisthacanthus duodecimdentatus : Karscii, 1886, Berl. ent. Z., 30 (1) : 79.
Opisthocentrus lecomtei : Pocock 1893, Ann. Mag. nat. Hist., ser., 6, 12 : 318.
Opisthacanthus lecomtei : Kraepelin, 1894, Jb. hamb. wiss. Anst., 11 : 122.
— 1164
Opisthacanthus lecomtei : Kraepelin, 1899, Das Tierreich, 8 : 149.
Opislhacanlhus lecomtei : Pocock, 1899, Proc. zool. Soc. Land. : 837.
Opisthacanthus lecomtei : Simon, 1903, Mems Soc. esp. Hist, nat., 1 (3) : 123.
Opisthacanthus lecomtei : Werner, 1916, Jh. nassau. Ver. Naturk., 69 : 91.
Opisthacanthus lecomtei : Roewer, 1943, Senckenbergiana, 26 (4) : 234.
Opisthacanthus lecomtei : Lamorai. et Reynders, 1975, Ann. Natal Mus., 22 (2) : 547.
Néotype mâle (fig. 1), MNHN-RS-4627. Yaoundé, réserve forestière d’Ototomo, Cameroun
(sous tronc pourri). 21.VI. 1967, J. L. Amiet leg., M. Vachon dét., 1968.
Coloration : La couleur de base est châtain rougeâtre, avec quelques tons de jaunâtre.
Prosoma : plaque prosomienne de couleur châtain rougeâtre foncé, avec des zones plus
claires sur les bords latéro-postérieurs. Tubercule oculaire à peine plus foncé. Mesosoma :
tergites de même couleur que la plaque prosomienne, avec des zones plus claires, peu mar¬
quées, sur la partie postérieure de chaque tergite. Metasoma avec les anneaux de couleur
châtain rougeâtre très foncé. Vésicule jaune rougeâtre, avec des taches longitudinales rou¬
geâtre foncé ; aiguillon à hase jaune rougeâtre et à extrémité rougeâtre foncé. Sternites
châtain jaunâtre. Peignes et opercule génital ocre jaune ; sternum, hanches et processus
maxillaires châtain rougeâtre clair. Pattes châtain rougeâtre. Pédipalpes châtain rou¬
geâtre foncé. Chélicères châtain foncé, avec une trame noirâtre ; les doigts sont noirâtres
avec les dents rougeâtres.
Morphologie : Front de la plaque prosomienne fortement échancré. Tubercule oculaire
situé un peu vers bavant de la plaque prosomienne ; yeux médians séparés par un peu
moins d’un diamètre oculaire. Trois yeux latéraux. Sillon interoculaire plus ou moins pro¬
fond, s’allongeant jusqu’à l’arrière des yeux médians où il se divise en deux et entoure
une fossette triangulaire. Toute la plaque prosomienne est couverte d’une granulation
moyenne. Les sillons, la fossette triangulaire et les surfaces en arrière des yeux latéraux
sont dépourvus de granulations (lig. 2). Mesosoma : tergites avec une granulation bien
plus fine et éparse que celle de la plaque prosomienne ; carène axiale présente et marquée
sur tous les tergites. Metasoma à anneaux arrondis ; toutes les carènes sont peu marquées
et incomplètes ; V e anneau à face ventrale pourvue de quelques granules en forme d’épines,
plutôt faibles. Telson très allongé ; vésicule volumineuse et aiguillon proportionnellement
très court ; face dorsale pourvue d’une légère dépression dans la partie antérieure ; toutes
les faces sont dépourvues de carènes, lisses (fig. 3). Tous les sternites lisses, avec deux sil¬
lons longitudinaux complets, sauf sur le VII e ; stigmates linéaires. Peignes avec 13-13 dents,
avant une forme à peu près arrondie. Opercule génital fait de deux plaques ; sternum pen¬
tagonal aussi large que haut (fig. 4). Pédipalpes : Fémur à 5 carènes pourvues de très gros
granules ; tégument intercaréna] bien granulé sur les faces dorsale et interne, moyenne¬
ment sur les faces ventrale et externe. Tibia à 5 carènes apparentes ; tégument des faces
dorsale et externe un peu granulé, les autres faces lisses ; présence sur la face interne d’un
éperon de taille moyenne, dans la région basale. Pince grande et aplatie, ayant 5 carènes
apparentes. Face dorsale pourvue de quelques granulations moyennes ; face externe bien
granulée ; faces ventrales et interne lisses et brillantes. Sur les faces internes des trois
segments et également sur la carène interne dorsale de la pince, présence de quelques
grosses granulations spiniformes, assez aiguës. Doigts finements granulés ; granulations du
tranchant des doigts disposées distalement en deux lignes longitudinales, qui se fusionnent
— 1166 —
au milieu du doigt (fig. 5). Lobe basilaire du doigt mobile bien développé ; ouverture
petite entre les doigts. Pattes, dernier article (télotarse) avec deux rangées d’épines ven¬
trales ; les deux dernières paires de pattes avec deux épines internes et une externe ; dans
la région distale de chaque rangée, présence de deux soies alignées. Chélieères : doigt
fixe et mobile avec la dentition normale des Scorpionidae (Vachon, 1963) ; doigt mobile
avec une dent subdistale et une basale. Le corps, les pattes, les pédipalpes et la vésicule
sont couverts de soies de couleur jaunâtre. Trichobothriotaxie : les figures 6 à 13 pré¬
cisent le nombre et la disposition des trichobothries des pédipalpes.
Fig. 2-5. — Néotype mâle : 2, plaque prosomienne ; 3, anneaux caudaux III à V et telson ; 4, région ven¬
trale (peignes, opercule génital, sternum et hanches) ; 5, tianchant du doigt mobile (droit).
Mensurations (en mm) de Vexemplaire décrit : longueur totale 68,0 ; prosoma, longueur 8,9,
largeur antérieure 6,6, largeur postérieure 9,5 ; Mesosoma, longueur totale 23,5 ; metasoma, lon¬
gueur totale 35,6; anneau caudal I, longueur 3,9, largeur 3,6; anneau caudal II, longueur 4,2,
largeur 3,2 ; anneau caudal Ill, longueur 4,9, largeur 3,0 ; anneau caudal IV, longueur 5,4, largeur
2,6 ; anneau caudal V, longueur 7,7, largeur 2,6, hauteur 2,6 ; telson, longueur 9,5 ; vésicule, lon¬
gueur 7,0, largeur 3,1, hauteur 3,2 ; aiguillon, longueur 2,5 ; pédipalpe, longueur totale 38,3 ;
fémur, longueur 9,4, largeur 3,9 ; tibia, longueur 10,0, largeur 4,1 ; pince, longueur 18,9, largeur
6,9, hauteur 4,0 ; doigt mobile, longueur 8,6.
— 1168 —
Remerciements
Je remercie bien vivement le Pr M. Vachon de m'avoir autorisé à publier le dessin d’ensemble
(fig. 1) destiné à paraître dans l’un de ses travaux en cours de rédaction, et M. A. M. Gaillard
pour la réalisation des figures.
TRAVAUX CITÉS
Karsch, F., 1886. —• Skorpionologische Beitrâge. Berl. ent. Z., 30 (1) : 75-79.
Kraepelin, K., 1894. — Revision der Scorpione. II. Scorpionidae und Bothriuridae. Jb. hamh.
tviss. Anst., 11 : 1-248.
— 1899. — Scorpiones und Pedipalpi. In : Das Tierreich. Friedlander Verb, Berlin, 8 : 1-265.
Lamoral, B. H., and S. C. Reynders, 1975. — A catalogue of the scorpions described from the
ethiopian faunal region up to december 1973. Ann. Natal Mus., 22 (2) : 489-576.
Lucas, H., 1858. — Arachnides. In : Thomson, Histoire naturelle des Insectes et des Arachnides.
Arch, ent., 2 : 428-430.
Pocok, R. I., 1893. — Notes on the classification of scorpions, followed by some observations
upon synonymy, with descriptions of new genera and species. Ann. Mag. nat. Hist., ser., 6,
12 : 303-330.
— 1899. — On the scorpions, pedipalps, and spiders from tropical west Africa represented
in the collection of the Bristih Museum. Proc. zool. Soc. Lond. : 833-885.
Roewer, C. F., 1943. — Über eine neuerworbene Sammlung von Skorpionen des Natur-Museums
Senckenberg. Senckenhergiana, 26 (4) : 205-244.
Simon, E., 1903. — Arachnides de la Guinée espagnole. Mems Soc. esp. Hist, nat., 1 (3) : 65-124.
Vachon, M., 1963. — De l’utilité, en systématique, d’une nomenclature des dents des chélicères
chez les Scorpions. Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 2 e sér., 35 (2) : 161-166.
Werner, F., 1916. — Über einige Skorpione und Gliederspinnen des naturhistorischen Museums
in Wiesbaden. Jb. nassau. Ver. Naturk., 69 : 79-97.
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 3, 1981,
section A, n° 4 : 1169-1191.
Un genre de Lézards Scincinés d’Afrique : Melanoseps
par Edouard R. Brygoo et Rolande Roux-Estève
Résumé. — L’étude de la quasi-totalité des Melanoseps actuellement disponibles souligne
l’intérêt de ces lézards apodes dont les représentants s’observent en diverses régions d’Afrique tro¬
picale. Si, en Afrique orientale, les sous-espèces Melanoseps ater matengoensis et M. a. misukuensis
semblent très proches de la sous-espèce nominale, en revanche, il apparaît nécessaire d’élever
au rang d’espèce M. a. rondoensis. Une nouvelle espèce, M. looeridgei, est décrite ; son aire de
répartition comprend une grande partie de la Tanzanie. Cette espèce avait été confondue avec
M. rondoensis qui voit son territoire limité au plateau Rondo. Un lectotype est désigné pour M. ater
matengoensis. Une sous-espèce nouvelle, M. occidentalis zairensis, regroupe les spécimens du Zaïre
central ; le nombre de leurs vertèbres présacrées et leur écaillure céphalique les séparent de la sous-
espèce nominale qui s’observe au Cameroun occidental et dans les pays voisins. M. schebeni et
M. ater longicauda, non disponibles, n’ont pu être examinés.
Abstract. — The study of almost the whole of Melanoseps presently available outlines the
interest of these limbless lizards, the representatives of which have been found in various regions
of tropical Africa. Wereas, in Eastern Africa, the subspecies M. ater matengoensis and M. a. misu¬
kuensis seem to be very close to the nominate subspecies, it appears to be necessary to upgrade
M. a. rondoensis to the species level. A new species, M. looeridgei, is described ; its distribution
area comprises a large part of Tanzania. This species had been mistaken for M. rondoensis the
area of which is limited to the Rondo Plateau. A lectotype is designed for M. a. matengoensis.
A new subspecies, M. occidentalis zairensis groups the specimens from Central Zaire. These are
distinguished from the nominate subspecies from Western Cameroun and neighbouring countries
by their presacral vertebra number and their cephalic scales. M. schebeni and M. ater longicauda
have not been available and therefore could not be examined.
E. R. Brygoo et R. Roux-Estève, Laboratoire de Zoologie, Reptiles et Amphibiens, Muséum national
d'Histoire naturelle, 25, rue Cuvier, 75005 Paris, France.
L’étude d’une importante série de Melanoseps Roulenger, 1887, conduit, après examen
de la quasi-totalité des spécimens disponibles dans les Musées, à la révision du genre et à
des modifications taxinomiques.
Matériel examiné et spécimens signalés dans la littérature mais non examinés
1 — Melanoseps ater ater (Günther, 1873) : 9 spécimens examinés : Holotype : BM 1 1946.
8.3.7 (ex 64.10.7.6.), Zambezi riv. — Autres : UM 25369, Ruo Gorge, Mulanje Mtn, Malawi, 7. XII.
1. BM : British Museum (Natural History) ; UM : Umtali Museum ; NMW : Natur-historisches Museum
Wien ; NMZ : National Museum of Zambie ; MCZ : Museum of comparative Zoology, Harvard ; AMNH :
American Museum national History ; MSNG : Museo storia naturale Genova ; MHNP : Muséum national
d’Histoire naturelle, Paris ; ZMH : Zoologisches Museum, Hamburg ; ZMB : Zoologisches Museum, Berlin ;
RGMC : Musée royal de l’Afrique centrale, Tervuren ; MRB : Musée royal d’Histoire naturelle de Belgique,
Bruxelles ; MHNG : Muséum d’Histoire naturelle, Genève.
— 1170 —
1970, topotype possible fi.de D. G. Broadley in litt. 25.III.1981 ; NMW 19217, Dar es Salani,
H. F. Mayer, 14.III.1899, dét. Broadley, 1960; MRB 15333, Musosa, dist. Tanganyika, Zaïre,
H. J. Bredo, VI.1943 ; 18476, Rukwa, Tanganyika terr. H. J. Bredo, 1951, G. F. de Witte
dét. ; AMNH 39158 et 50668, Rungwe, 5000 ft, Tanganyika terr. ; MCZ 50943, Vipya Plateau,
Nyassaland, Loveridge, 17.IX.1948 ; 50944, Misuku Mont., Nyassaland, Loveridge, 5.X.1948,
Loveridge dét...
2 —- Melanoseps ater longicauda Tornier, 1900 : Non examinés : 2 syntypes non localisés.
3 — Melanoseps ater rondoensis Loveridge, 1942 : 21 spécimens examinés : Holotype : MCZ
47780, Nchingidi, 2700 ft, Rondo Plateau, nr Lindi, Tanganyika terr. ; paratypes : MCZ 47781-
87, 47789-90, 47792-95, 47797-800 ; BM 1966.32 (= MCZ 47791) ; Arthur Loveridge coll., 11-21.
V.1939, Museum expedition. — Autres : BM 1960.1.7.26, Rondo, Lindi, C. J. P. Ionides, 4.III.
1959 ; 1961.760, Newala, C. J. P. Ionides ; NMZ 3516, Rondo Plateau, Lindi, Tanzania, 16. III.
1958.
4 — Melanoseps ater aff. rondoensis : 34 spécimens examinés : MCZ 18356, Mkata river sta¬
tion, Tanganyika, À. Loveridge, 24.VIII.1921 ; 31075, Mpwapwa, Ugogo, Tanganyika, A. Love¬
ridge, 22.XI.1929, Museum expedition 1929-30 ; 24235, Vituri, Uluguru Mtns, Loveridge, 27.
X.1926 ; 52487-95, Liwale, 7.XI.1951 ; 52484, Songea, 11.1952; 52485-6, Tunduru, 14.1.1950-
4.11.1952 ; BM 1960.1.7.18-25, Liwale; 1960.1.7.27, Rondo, Lindi, 4.III.1959; 1961.744-49, Liwale,
V.1959 ; toutes récoltes de C. J. P. Ionides ; BM 1980.3, Tantanda Mission, Sumbawanga, Mbala
road, Tanzania, David Mayer ; NMZ 3203, Sumbawanga, Ufipa Plateau, Tanzania, 16. III. 1958 ;
UM 5063, Mbala, Zambia, 15.IX.1961 ; 5065, Ndundu, Mbala, Zambia, 11.1.1963 ; trois récoltes
de Vezey-Fitzgerald ; NMZ 3517, Liwale, Tanzania, 16.XII.1958.
5 — Melanoseps ater matengoensis Loveridge, 1942 : 14 spécimens examinés : Syntypes :
MCZ 44119 et NMW 10633.1-13 ; Ugano, Matengo Highlands, W. Songea, H. Zerny-Zimmer
coll. 1935-36 ; Loveridge (1942 : 361) ne signale au M usée de Vienne que 11 « cotypes » alors qu’il
y en a 13.
6 — Melanoseps ater uzungwensis Loveridge, 1942 : 2 spécimens examinés : Holotype : MCZ
31076; paratype : MCZ 31077 : Kigogo, Uzungwe Mtns, Tanganyika terr., A. Loveridge, 23.1.
1930, Museum expedition, 1929-30.
7 — Melanoseps ater misukuensis Loveridge, 1953 : 25 spécimens examinés : Holotype : MCZ
50945 ; paratypes : MCZ 50947-49, 50951-54, 50956-61 ; UM 5123 (ex MCZ 50963) ; AMNH
70610-11 (ex MCZ 50965-6) ; BM 1950.1.3.67-68 (ex MCZ 50967-8) ; Matepa forest edge Misuku
Mtns, 6000 ft, Nyassaland, Malawi, A. Loveridge, 23.IX-15.X.1948, Museum expedition 1948-
49 (Loveridge, 1953, signale comme autres paratypes cinq spécimens dont il ne donne pas les
numéros). — Autres : UM 24423-4, 24430 ; AMNH 114404-5 (ex UM 24429 et 31) : Mugesse forest,
Misuku Hills, Malawi, 18.XI.1970.
8 — Melanoseps occidentalis (W. Peters, 1898) : 38 spécimens examinés : BM 98.9.14.2.,
Cameroun, Lt Bornmüli.er ; 1907.5.22.5-6, Ja river district, Cameroun, G. L. Bates ; 1908.5.
303-4, Bitye, Ja riv. dis., G. L. Bates ; 1968.68, Isongo, W. Cameroun, T. S. Jones ; 1972.1244-8,
Afam, near Port Harcourt, G. T. Dunger ; 1972.1249, Umukoroshie, near Port Harcourt, G. T. Dun-
ger ; 1971.282-90, Tinta, Mamfe div., Cameroun, I. T. Sanderson ; MSNG 28880, Musola, Fer¬
nando Po, Leonardo Fea, II 1.1902, 2 spécimens ; AMNH 7678, Bitye, Cameroun ; MHNP 1900.5,
Cameroun, Werner ; 1973.1570, Makokou, Gabon, Knoepffler ; MCZ 13716, Metet, Cameroun,
George Schwab ; 51828, near Port Harcourt, Nigeria, J. D. Romer, 19.X.1951 ; NMW 10634,
Cameroun, Werner, 18.1.1918 ; 10635, Bitye, Cameroun, Steindachner, 1912, 2 spécimens ;
10636, Victoria, Cameroun, Steindachner, 1904, 2 sp. ; 10637, Sangmelima, S. Cameroun, Stein¬
dachner, 31.X.1914 1 ; ZMH Ro 1574 (ex 3215), Cameroun, Dr H. Winkler, 6.XII. 1905 ; Ro
1575 (ex 4147), Douala, Cameroun, C. Manger, 4.X.1912 ; Ro 1576 (ex 4151), région de Yaoundé,
route de Kribi, Schubert, dir. station recherches de Nowajes (Yaoundé), 8.VII.1913. — Non exa¬
minés : Holotype, ZMB 9122, Cameroun, S. Buchholtz, non retrouvé, fide G. Peters, in litt.
27. 1 11.1981 ; SMF 52557, Ngam, Cameroun, 17.11.1955, signalé in Perret et Mertens, 1957 ;
1. Sous ce numéro, trois spécimens dont deux Lygosominés sp.
1171 —
autres localités de récoltes : Victoria, Cameroun, Alfred Bôrnmuller, in Werner, 1898, et prof.
Chun, 20.X.1898, in Tornier, 1901 ; Johann Albrecht hôhe, Cameroun, S. Conradt, in Tor-
nier, 1902 ; Dibongo, Edea, Cameroun, Roiide, 1908, in Müller, 1916.
9 — Melanoseps alï. occidenlalis du Zaïre : 31 spécimens examinés : RGMC 9740, Bambesa,
Leroy, 1934; 8570, Flandria (Équateur), R. P. Hulstaert, 23. III. 1932; Kapanga (Katanga),
Overlaet, 1933; 2197, lac Musolo (Kinda dist. lit Lomani), Charliers, 18.VI11.1914 ; 4305,
Panga S/Aruwimi, Dr Schouteden, IX.1925 ; 2244, Poko (Uele, Nyoko), Floridon ; 5616, R. P. ÏIul-
staert, Boende (Équateur), 1928 ; 6228, Leverville (Kwango), M™ e Tinant, 1929 ; 7511, Niundzu,
Girard, 1931 ; 10456A, Walikale (Kivu), Bdutakoff, 1936 ; 20011, Lula (Kasaï), mission M. Poll
et P. P. Lootens, 6.YII 1.1956 ; tous spécimens déterminés comme Scelotes occiclentalis par de Witte
et Laurent en 1942, sauf le 20011 déterminé Scelotes aler ater par R. Laurent en 1957 ; BM 1925.
1553, 3 km S. de Kindu (E. Zaïre), M. I). Gallaghoe, Zave riv. expédition ; MIING 2072.67 à
85, Dekese, Nord Kasaï, S. Battoni, 1959. — Non examiné : ANG. 6167, Dundo, Lundo, Angola,
A. de Barros Machado, 25.1.1962, in Laurent, 1964.
10 — Scelotes poensis Bocage, 1895 : Syntypes : Bissé, au pied du Pic Santa Isabel, Fernando
Po, Francisco Newton, 2 spécimens détruits dans l’incendie du Musée Bocage de Lisbonne en 1977.
11 — Scelotes schebeni Sternfeld, 1910 : Holotype : ZMB 28898, Windhuk, S.W. africain.
Techow, non retrouvé, [ide G. Peters, in htt. 27.III. 1981.
Le genre MELANOSEPS
Le genre Melanoseps a été créé par Boulenger (1887 : 422) pour l’espèce Herpeto¬
saura atra Günther, 1873, espèce-type par monotvpie. Ce genre était l’un des vingt-cinq
reconnus par l’auteur dans la famille des Scineidés. Dans ce même travail, Herpetosaura
W. Peters, 1854, était placé dans la synonymie de Scelotes Fitzinger, 1826. Herpetosaura,
avec pour espèce-type H. inornata (A. Smith, 1849), était établi pour remplacer Litho-
philus A. Smith, 1849, préoccupé par Lilhophilus Frôlich, 1799.
Pendant quarante ans, la validité du genre ne sera pas discutée. En 1900, Tornier décrit
longicauda, une variété nouvelle de Melanoseps ater et, l’année suivante, il inclut dans le
genre une seconde espèce, M. occidentals (W. Peters, 1893), décrite comme Herpetosaura.
Le genre est ensuite utilisé par Tornier (1902 : 616), Boulenger (1906 : 208), Müller
(1910 : 591), Sternfeld (19116 : 396, 408), Schmidt (1919 : 569), Loveridge (1920 : 150 ;
1923g : 852 et 857 ; 19236 : 963-4). Werner crée en 1913 l’espèce Melanoseps acontias,
pour un lézard apode des régions côtières sableuses de Dar es Salam. Loveridge (1923g :
862) transfère cette espèce dans le genre Scolecoseps qu’il avait lui-même créé en 1920
pour l’espèce nouvelle S. boulengeri. Cette attribution n’a pas été remise en question depuis.
FIewitt, en 1929, hésite sur la valeur du genre Melanoseps dont il reconnaît ne pas
avoir examiné de spécimen. Après l’avoir inclus, semble-t-il, avec Herpetosaura, dans le
genre Scelotes (p. 4, dans une clef), il sépare (p. 7) Melanoseps de Scelotes en raison de l’ab¬
sence, chez les premiers, de paupière supérieure, tout en ajoutant, en note, que Mela¬
noseps « is obviously closely related to Scelotes arenicola ».
De Witte et Laurent (1943 : 566) mettent en synonymie Melanoseps avec Scelotes,
tandis qu’ils réhabilitent Herpetosaura, sur des arguments, à vrai dire, d’inégale valeur.
Mais ils placent les espèces ater et occiclentalis dans le genre Scelotes. C’est sous ce nom de
— 1172 —
genre que De Witte (1953 : 133), puis Laurent (1954 : 296) les citeront. Cependant,
Loveridge (1942 : 359-362, 1953 : 220-223, 1957 : 221-222) continue d’utiliser le genre
Melanoseps, tout en écrivant (1957 : note p. 221) : « Witte & Laurent (...) may well be right
in merging Melanoseps with Scelotes but the decision merits careful revisionary study of
the entire complex. These limbless skinks are associated with primary forest, either mon¬
tane or gallery. » A la suite de cette observation, dont il admet le bien-fondé, Laurent
(1964 : 81-82) restaure le genre Melanoseps que Mertens (1955 : 10) n’avait d’ailleurs pas
abandonné. Greer, le dernier sans doute à avoir abordé ce sujet (1970a : 163, 165 ; 19706 :
12), sépare Melanoseps de Scelotes sur des données de morphologie crânienne : « no Scelotes
has the medially expanded and posteriorly emarginated palatal rami of the pterigoids seen
in Melanoseps . Melanoseps appears to be a derivative of a Scelotes-like ancestor that
has evolved primarily in the evergreen montane and lowland forests of central Africa. »
Tous les auteurs qui, depuis 1923, traitent du genre Melanoseps ne lui attribuent
que deux espèces, ater et occidentalis, la première comprenant il est vrai, depuis 1953,
six sous-espèces. Une étude de la littérature montre qu’au moins deux autres taxons doivent
être pris en considération et inclus dans ce genre même si leur validité est incertaine :
Scelotes poensis Bocage, 1895, et Scelotes schebeni Sternfeld, 1910. Avant de présenter nos
observations, il est bon d’examiner leur cas et de donner un sommaire des sous-espèces
de AI. ater, créées par Loveridge, sous-espèces qui seront au centre des discussions des
formes de l’Est africain.
Melanoseps poensis (B. du Bocage, 1895)
J. V. Barboza nu Bocage, en deux publications successives (18956 : 12 et 1895c : 16),
annonce puis décrit une nouvelle espèce dont il avait signalé l’existence quelques mois plus
tôt (1895a : 272) sur deux syntypes récoltés à Bissé, au pied du pic Santa Isabel, sur l’île
de « Fernâo do Pô » par Francisco Newton. Ces lézards apodes et cylindriques, à œil petit
et paupière inférieure écailleuse, sans ouverture auriculaire, mesurent 121 mm dont 43
pour la queue ; l’écaillure céphalique comprend trois susoculaires et cinq supraciliaires.
Dans cette description, Bocage omet de situer la position de la narine. Il rapproche la nou¬
velle espèce de Lithophilus bicolor A. Smith, 1849, espèce non retrouvée mais qui, pour
Fitzsimons (1943 : 196), serait très proche de Scelotes arenicola (W. Peters, 1854). Boulen-
ger signale la nouvelle espèce dans le Zoological Record de 1895 et Bocage la cite à nou¬
veau dans sa faune de « Fernâo do Pô » (1903 : 42) ; puis, pendant quarante ans, elle ne
sera plus mentionnée. Boulenger, cependant, dans une étude des Reptiles récoltés en
Afrique de l’Ouest par Leonardo Fea (1906 : 206), signale, sans aucun commentaire :
« Melanoseps occidentalis, Peters. Fernando Po : Musola, 500-700 m ».
De Witte et Laurent (1943 : 31) ne tiennent pas compte de cette identification
par Boulenger et ne donnent pour répartition de F espèce (qu’ils traitent comme Scelotes)
que le Cameroun et le Congo belge. Ils mentionnent toutefois Scelotes poensis (p. 29 et 31)
qu’ils séparent des autres Scelotes par ses cinq écailles surciliaires. La mise en synonymie
de Scelotes poensis avec Melanoseps occidentalis apparaît, sauf erreur, pour la première
fois en 1964, dans le travail de Mertens, sans aucune discussion ni justification, que ce
soit à propos de la liste des espèces dont Fernando Po est la localité-type (p. 212) ou, plus
loin, dans l’énumération détaillée des reptiles de File. Il ne semble pas, en particulier, que
— 1173 —
l’auteur ait procédé à l’indispensable comparaison des types que la disparition de ceux
de S. poensis dans l’incendie du Musée Bocage de Lisbonne en 1977 rend aujourd’hui impos¬
sible. Le matériel récolté par Fea, en mars 1902, se trouve dans la collection du Musée de
Gênes, sous le n° MSNG 28880, et les deux spécimens concernés correspondent bien, comme
l’avait vu Boulenger, à des Melanoseps occidentalis. Il est hautement improbable que
deux espèces aussi proches que semblent l’être poensis et occidentalis voisinent sur Fer¬
nando Po. La seule différence relevée concerne le nombre des supraciliaires, cinq pour le
premier, quatre pour le second, ce qui ne peut être retenu comme décisif, les deux obser¬
vateurs pouvant avoir des conceptions divergentes sur la nomenclature de l’écaillure.
Dans l’état actuel des données, et tant que de nouvelles récoltes, en particulier en prove¬
nance de la localité-type de S. poensis, n’auront pas permis de trancher, nous devons admettre
que, si la synonymie des deux espèces est fort probable, elle n’est pas encore établie de
manière irréfutable.
Melanoseps schebeni (Sternfeld, 1910)
Sternfeld (1910 : 372) décrit, sur un exemplaire récolté par Techow à Windhuk
(Sud-Ouest africain), un nouveau Scelotes, S. schebeni. Ce Scincidé apode, de 120 mm de
longueur totale, dont 50 pour la queue, dédié au Dr Leonhard Scheben, était caractérisé
par l’existence de deux grandes supraoculaires et de cinq supraciliaires. Dès l’année sui¬
vante, Boulengeb, dans le Zoological Record (1911 : 27), signale la nouvelle espèce. Au
cours de cette même année, Sternfeld (1911a : 42), après avoir signalé la présence de
S. schebeni, à côté de deux autres Scelotes dans la colonie allemande du Sud-Ouest africain,
écrit, dans une autre publication (1911 b : 408-9) : « Es handelt sich in der Tat nicht um
eine Scelotes-, sondera um eine Melanoseps- Art, und zwar um Melanoseps occidentalis, die
von Peters als Herpetosaura beschrieben, von Boulenger zu Scelotes gestellt und schliessich
von Tornier ( Zool. Anz. XXIV, p. 61) als zu Melanoseps gehôrig erkannt wurde. Uberhaus
merkwürdig ist, dass diese Echse, die Bisher nur ans Kamerun und Fernando Po bekannt
war, jetzt plôtzlich in Deutsch-Südwestafrika auftaucht, einem Gebiete, dessen Eidech-
senfauna sonst mit der Guineaküste kaum irgendwelche Ubereinstimmung zeigt. »
Sur cette donnée, Lawrence (1929 : 26) mentionne Melanoseps occidentalis parmi les
lézards du Sud-Ouest africain. Ce n’est pas le cas de Fitzsimons (1943) qui, bien que
traitant des Lézards d’Afrique du Sud, Afrique du Sud-Ouest comprise, ne mentionne
ni Scelotes schebeni ni Melanoseps occidentalis. En revanche, de Witte et Laurent (1943 :
29 et 31) retiennent Scelotes schebeni mais sans rappeler que Sternfeld lui-même l’avait
identifié au Melanoseps occidentalis. Mertens (1955 : 490) retient la mise en synonymie :
« Melanoseps occidentalis (Peters'!, Sternfeld’s Scelotes schebeni. » et conclut à la présence
invraisemblable de l’espèce du Cameroun dans le Sud-Ouest africain : « Da dieser Vertreter
der Scinciden im tropischen Westafrika (Kamerun, Fernando Po) verbreitet ist, halte ich
sein Vorkommen in Südwestafrika für vôllig unwarscheinlich. » Mertens aurait dû aller
jusqu’au bout de son raisonnement et, admettant la présence d’un Scincidé apode, proche
de Melanoseps, dans cette région, revalider l’espèce schebeni. Il n’en fit rien et dans la clef
qu’il donne (p. 73-74) des Scincidés de la région, il néglige l’espèce de Sternfeld. Greer
{19706 : 12) suit l’opinion de Mertens en ce qui concerne la répartition géographique de
M. occidentalis.
— 1174 —
L’holotype de Scelotes schebeni, déposé au Musée de Berlin, figurant au catalogue
sous le n° 28898, n’a malheureusement pas été retrouvé (G. Peters, in litt. 27.11.1981).
Tant que l’examen de l’holotype n’aura pas été pratiqué, ou que d’autres récoltes, en
provenance de la localité-type, n’auront pas permis d’approfondir cette question, il semble
préférable d’admettre l’existence d’une troisième espèce de Melanoseps, distincte d’ater et
d’ occidentales. Indépendamment des arguments d’ordre biogéographique présentés par
M ertens, il faut retenir les éléments morphologiques de la description originale qui per¬
mettent de séparer l’espèce schebeni. Si le nombre des supraciliaires (5 au lieu de 4) ne paraît
pas probant, il faut certainement attacher beaucoup plus d’importance à celui des supra-
oculaires, deux au lieu de trois, les divergences d’interprétation à ce niveau ne pouvant
guère exister.
Les sous-espèces de Melanoseps ater créées par Loveridge
La position de Loveridge sur la subdivision en sous-espèces de Melanoseps citer
a beaucoup évolué avec le temps. Après avoir accepté (1923 : 983) l’existence de la sous-
espèce longicauda, puis mis en doute sa validité (Barbour et Loveridge, 1928 : 169),
Loveridge, en 1933, rapporte toutes ses récoltes à la seule espèce Al. ater. Puis, après de
nouvelles et importantes récoltes, en grande partie personnelles, il crée, en 1942 puis en
1953, quatre sous-espèces de M. ater (cf. tabl. I). Il sépare alors ces différentes formes
par le nombre de rangs d’écailles autour du corps, par la taille, par le rapport entre la lon¬
gueur de la tête 4 corps et la longueur de la queue et par la coloration de l’abdomen. Ces
éléments sont de valeur très inégale ; de plus, Loveridge n’a pas toujours tenu compte
des renseignements existants. Alors que la description originale de Günther donne M. ater
comme étant de couleur noire, ce que Boulenger (1887 : 422) confirme : « Blackish brown
above and below... », pour Loveridge (1942 : 360), la coloration de la sous-espèce nominale
serait « color below from chin to anus whitish with blackish-brown lines resulting from the
fusion of a blackish-brown spot on the centre of each scale. » L'erreur est d’autant plus
regrettable que pour caractériser la coloration d’une de ses nouvelles sous-espèces, ron-
cloensis, il emploie les termes suivants : « Otherwise similar to the typical form though
coloration probably paler. » Ultérieurement, Loveridge, sans relever l’erreur précédente,
reconnaît (1953 : 221, 222) que la forme type est : « Above and below, uniformly black. »
Autre erreur, la sous-espèce uzugwensis est, selon la clef (1942 : 359), donnée parmi celles
dont les spécimens mesurent, du menton à l’anus, de 160 à 210 mm, or l’holotype ne mesure
que 108 mm !
OBSERVATIONS
Le diagnostic du genre
Il est relativement facile de déterminer l’appartenance d’un spécimen au genre Alela -
noseps sur des caractères de morphologie externe.
ater créées par Loveridge (1942 et 1953).
Rapport Coloration Répartition
T -f- C/Q abdomen géographique
2.6- 4,6 “ similar to the typical Sud-est de la
form though coloration pro- Tanzanie
bably paler ”
2.6- 4,1 “ pure white... only occa- Sud-ouest de la
sional scales with a dusky Tanzanie
brown spot... ”
3,8 “ pinkish white with brown Sud de la
lines ” Tanzanie
“ salmon pink ” Nord du Nyassa-
land
2,5-4
1175
— 1176 —
Il s’agit de Scincinés apodes présentant une forte réduction de l’œil avec absence de paupière
supérieure et persistance d’une paupière inférieure écailleuse. L’écaillure céphalique comprend,
d’avant en arrière, une rostrale, deux supranasales, une frontonasale et une frontale sans préfon-
tale ni frontopariétales, une grande interpariétale latéralement en contact avec les susoculaires,
des pariétales plus ou moins étroites, latérales. Il y a trois susoculaires ; la narine est située entre
la rostrale et la première labiale supérieure.
En créant le genre, Boulengeh (1887, pi. XXXVII, fig. 1, 1 a et I b) a donné une
bonne représentation d’un M. ater entier et des schémas de l’écaillure céphalique ; ces
derniers ont été reproduits par de Witte et Laurent (1943, fig. 49 et 50).
Les espèces placées dans le groupe «ter, dont le domaine est l’Afrique orientale, se
séparent assez facilement de M. occidentals par le caractère utilisé dans la clef de de Witte
et Laurent (1943 : 29) : la narine est située au milieu de la suture entre la rostrale et la
première labiale supérieure chez ater, dans la partie supérieure de la suture chez occidentalis,
la rostrale est aussi plus grande chez ater que chez occidentalis (fig. 1, A et B).
Fig. 1. — A, narine type Melanoseps ater ; B, narine type M. occidentalis ; C, écailles pariétales divisées ;
D, écailles pariétales entières ; E, écailles pariétales entières et séparées.
1. Melanoseps ater ater
Nous avons disposé, en plus de l’holotype, de huit spécimens dont deux déterminés par
Loveridge, deux par de Witte et deux par Broadley. Pour tous la couleur est unifor¬
mément sombre, parfois nettement noire. L’holotype est une femelle qui contient cinq
œufs embryonnés. Les pariétales sont divisées (fig. 1 C), caractère commun à tous les
représentants du genre en Afrique orientale. Les tableaux II et III présentent les prin¬
cipales données mesurables. Deux éléments sont à retenir : la grande taille de ces animaux,.
— 1177
puisque la tète et le corps mesurent en moyenne plus de 150 mm, et la grande variation
du nombre des vertèbres présacrées (VPS), de 69 à 76. Ce caractère remarquable, que nous
allons d’ailleurs retrouver chez les différents taxons du genre, pourrait indiquer que nous
sommes en présence d’espèces en cours d’évolution dont les caractères ostéologiques ne
sont pas encore fixés.
La localité-type d ’Herpetosaura atra , première espèce décrite, est « Zambezi riv. »
Selon Donald G. Broadley (in lift., 25.111.1981), cette localisation est douteuse. Pour lui,
le spécimen a probablement été récolté par Kirk à l’occasion de l’expédition du Zambèze,
et pourrait alors provenir des Shire Highlands du Malawi. Une autre origine de récolte
paraît douteuse, Dar es Salam pour celle de H. F. Mayer (14. III. 1899), déterminée comme
M. ater par Broadley en 1966. On peut admettre qu’il ne s’agit pas du lieu de récolte
mais de celui de l’acquisition.
2. Melanoseps ater matengoensis
Cette sous-espèce a été créée par Loveridge en 1942 après examen de douze des
quatorze spécimens récoltés par H. Zerny. Le résultat des observations est noté dans les
tableaux II et III. A en juger par la ciel d’identification que donne Loveridge, ainsi que
par la description originale (1942 : 360-361), la différence principale avec la sous-espèce
nominale réside dans la coloration : « strikingly different from that of the typical form. »,
mais comme Loveridge justement se trompait sur la coloration de M. ater... En fait,
nous n’avons pas observé de différence nette permettant de séparer cette sous-espèce de
la forme nominale.
3. Melanoseps ater uzungwensis
En 1942, Loveridge a créé cette sous-espèce pour y placer deux spécimens (MCZ
31076-7) récoltés le 23.1.1930 et considérés jusque-là par lui comme des M. ater s.s. (1933 :
325). Il faut noter que la description originale donne des numéros de collection (51076-7)
et une date de récolte (22.XI. 1919) erronés, ou du moins différents de ceux indiqués en 1933
et surtout portés sur les étiquettes. Les deux seuls spécimens connus sont des femelles,
l’holotype mesure 108 + 28 mm, le paratype 210 mm pour la tête et le corps, la queue
étant tronquée. Le nombre des écailles autour du corps est de 26 pour le premier, 28 pour
le second, ce qui inverse les nombres donnés par Loveridge. L’holotype a 76 VPS et 168
écailles entre menton et anus tandis que pour le paratype on obtient 77 et 165.
4. Melanoseps ater misukuensis
Selon Loveridge, la série-type comprend un holotype (MCZ 50945), vingt-quatre para-
types (MCZ 50946-69) « and five uncatalogued duplicated. » Nous avons examiné l’holo-
type et dix-neuf des vingt-quatre paratypes numérotés, en provenance des mêmes monts
Misuku (à l’ouest de l’extrémité nord du lac Nyassa), et cinq spécimens qui, au lieu de
provenir de la forêt Matipa, localité-type, ont été récoltés dans la forêt Mugesse. L’ensemble
est relativement homogène, les tableaux II et III donnent les principaux caractères quan-
4, 16
— 1178 —
titatifs. La coloration la plus fréquente est très sombre, presque noire sur le dos, blanche
ou jaunâtre au niveau de l’abdomen.
5. Melanoseps ater rondoensis s.l.
En provenance de différents Musées, nous avons examiné cinquante-cinq individus
identifiés comme M. a. rondoensis. De taille nettement plus réduite que les autres M. ater
que nous venons de passer en revue, ces spécimens, conservés en alcool depuis des temps
parfois fort longs, ont des colorations assez variables : certains, les plus foncés, ont une
teinte uniformément sombre, presque noire ; d’autres, à dominante brun rouge sur le dos
avec des lignes de points sombres marquant les écailles, ont un abdomen jaunâtre, à lignes
plus ou moins complètes. 11 est apparu rapidement que ce groupe n’était pas homogène
et qu’il était nécessaire de le subdiviser.
a — Melanoseps ater rondoensis s.s.
Ce groupe comprend les dix-huit syntypes de Loveridge et trois spécimens provenant
de récoltes plus récentes (BM 1960.1.7.26 et 1961.760, NMZ 3516). Ainsi constitué l’en¬
semble est homogène ; la taille maximale observée, pour la tète et le corps, est de 95 mm,
la taille moyenne des onze (N/2) plus grands sujets étant de 88 mm. Il y a 20, quelquefois 18,
rangs d’écailles autour du corps, de 114 à 118 écailles entre le menton et la fente cloacale,
de 57 à 62 VPS. Les pariétales, subdivisées, sont en contact derrière l’interpariétale. Dans
ce groupe domine nettement la coloration brun-rouge, avec une teinte plus pâle au niveau
de l’abdomen et des lignes de points longitudinales. La répartition de cette forme est actuel¬
lement limitée au plateau Rondo avec trois localités : Nchingidi, Lindi et Newala.
b — Melanoseps sp.
Trente-quatre spécimens se séparent des Al. a. rondoensis s.s. Leur taille est légère¬
ment supérieure, sans toutefois atteindre celle des représentants du groupe ater-misukuen-
sis-matengoensis-uzungwensis ; la taille maximale observée, pour la tête et le corps, est
de 134 mm, la taille moyenne des dix-sept (N/2) plus grands étant de 111 mm. Si le nombre
des écailles autour du corps est le même que pour AI. a. rondoensis s.s., le nombre d’écailles
entre la mentonnière et la fente cloacale est nettement supérieur, variant de 135 à 150,
tandis que celui des VPS va de 64 à 73. Pour ce caractère, ce groupe se situe entre les « grands »
M. ater (69 à 77) et les M. a. rondoensis s.s. (57 à 62). La coloration est fréquemment uni¬
forme : certains spécimens entièrement noirs, d’autres gris-vert ; la teinte brune est l’excep¬
tion et la présence de lignes ponctuées sur un abdomen plus pâle beaucoup moins fréquente.
Pour tous les spécimens les pariétales sont divisées, en contact chez trente et un, elles sont
séparées chez trois (fig. 1, E).
6. Melanoseps occidentalis
L’examen des soixante-neuf spécimens de Melanoseps qui, à première vue, et sur le
seul examen de la position de la narine, pouvaient être rapportés à l’espèce M. occiden¬
talis nous a rapidement montré la nécessité de les répartir en plusieurs groupes.
— 1179 —
a — Melanoseps occidentalis s.s.
Trente-neuf spécimens, de diverses origines, correspondent à la définition de l’espèce.
L’holotype n’ayant pas été retrouvé, il est important de signaler que nous avons toutefois
disposé de deux des spécimens récoltés par Werner, en 1898, au Cameroun. Une descrip¬
tion détaillée de l’espèce a été récemment donnée par G. D. Romer (1972 : 103) ; la photo¬
graphie qui l’accompagne est, semble-t-il, la première représentation d’un M. occidenta¬
les s.s. Les principales données chiffrées sont présentées dans les tableaux II et 111.
Certaines méritent discussion. Le nombre des rangs d’écailles autour du corps, comptés
chez trente-six individus, est de 20 chez vingt et un spécimens, 21 chez cjuatre, 22 chez dix
et 24 chez un spécimen seulement. Le nombre des écailles entre le menton et la fente cloa-
cale varie de 116 à 130, mais la moitié des individus a un nombre d’écailles compris entre
124 et 128, trois seulement en possèdent 130. Sur les radiographies utilisables, la numéra¬
tion des VP S donne un éventail de répartition très étalé, puisqu’il va de 59 à 66, mais
avec une fréquence maximale de 61 à 63 VPS, ces trois classes comprenant vingt-huit indi¬
vidus sur trente-huit. D’intéressantes variations s’observent au niveau des écailles parié¬
tales (cf. fig. 1). Les pariétales sont divisées chez trente-quatre spécimens, c’est-à-dire
qu’au lieu d’une seule écaille allongée bordant latéralement la grande interpariétale il y
en a deux de chaque côté ; dans un cas particulier (MSNG 28880, de Fernando Po) il y en
a même trois. Habituellement, les pariétales se rejoignent derrière i'interpariétale, mais
parfois une écaille intermédiaire empêche leur contact (fig. 1, E).
Les récoltes examinées, ou signalées, délimitent une aire de répartition homogène
qui va du sud du Nigeria (Umukoroshie et Afam, près de Port Harcourt) jusqu’au Gabon
(Makokou). Deux stations de récoltes sont signalées de Fernando Po : Musola et Bissé,
localité-type de Scelotes poensis (cf. p. 1171). La grande majorité des récoltes provient du
Cameroun, localité-type de l’espèce, avec les localités suivantes : Victoria, Isongo (Ouest
Cameroun), Mt Johann Albrecht, riv. Ja, Bitye, Ngam, Douala, Yaoundé (région), Metet.,
Sangmelima, Dibongo (Edea), Tinta (Mamfe div.).
Pratiquement rien n’est connu de la biologie de cette espèce, comme d’ailleurs des
autres représentants du genre. Dunger (1972 : 103) signale que l’un de ses spécimens pro¬
venait d’un tronc de palmier à huile, en état avancé de décomposition, avec présence de
nombreux termites. La radiographie du spécimen BM 1968.68, d’Isongo, Ouest Cameroun,
met en évidence, au niveau du tube digestif, un test de mollusque (2,5 mm de long sur
0,7 de diamètre) que S. Tillier ( comm. pers.) considère comme un Suhulinidae sp.
h — Melanoseps « occidentalis » du Zaïre.
L’examen de dix-neuf spécimens récoltés en 1959 par S. Battoni, à Dekese (Kasaï
Nord, 3°28' S, 21°24' E) et dont la mise à notre disposition par le Musée de Genève est à
l’origine de la présente révision, nous a montré rapidement que, s’ils appartenaient sans
conteste au genre Melanoseps et étaient proches de M. occidentalis, il s’avérait difficile de
les inclure dans cette espèce.
Le lot homogène est constitué par quatorze adultes ou subadultes et cinq juvéniles.
La coloration est proche de celle observée chez certains M. occidentalis s.s. : sur un fond
clair, des lignes de points brun sombre, un par écaille, forment des lignes longitudinales
nettes, plus marquées sur le dos que sur le ventre ; la région gulaire est souvent sans tache,
— 1180 —
la région oculaire, orbite et plaques susoculaires, souvent noirâtre ; des taches sombres
s’observent parfois sur les labiales supérieures et la rostrale. Cette coloration seule ne per¬
met pas de séparer ces spécimens des AI. occidentalis , il faut y ajouter les éléments suivants :
Nombre de pariétales : Sur un total de dix-neuf spécimens, seize ont les deux pariétales entières
(fig. 1, D), tandis que pour les trois autres, la pariétale, entière d’un côté, est remplacée par deux
écailles de l’autre. Cet aspect des pariétales entières, exceptionnel chez M. occidentalis s.s. (4 fois
sur 38), est celui que figurèrent de Witte et Laurent (1943 : 32, fig. 47) pour illustrer le dessus
de la tète de Scelotes occidentalis. Les auteurs n’indiquant pas l’origine du spécimen ayant servi
de modèle, il est fort probable qu’ils ont utilisé un spécimen en provenance du Congo (Zaïre).
Nombre d’écailles entre le menton et la fente cloacale : Ce nombre varie de 130 à 140 avec douze
spécimens sur dix-neuf pour les classes 134 à 137. Ces chiffres sont nettement supérieurs à ceux
relevés chez M. occidentalis s.s.
Nombre de vertèbres présacrées : Le nombre des VPS varie de 66 à 69 pour les seize spécimens
dont les radiographies sont lisibles, avec la répartition suivante : huit à 66, cinq à 67, deux à 68
et un à 69.
Taille : Le plus grand spécimen du lot mesure 77 mm pour la tète et le corps ; la moyenne,
établie sur les dimensions des dix plus grands est de 73. La taille est donc nettement plus réduite
que pour la forme nominale.
Ce lot d’individus, en provenance d’une localité bien déterminée du Zaïre central, se
séparant des Al. occidentalis du Cameroun occidental et des régions voisines, il était indis¬
pensable de comparer ces données avec celles que pouvaient fournir les récoltes isolées
effectuées en différentes localités du Zaïre. Nous avons disposé de treize spécimens. Sept
d’entre eux ont des caractères qui les rapprochent nettement de ceux de Dekese, ce sont
les n«s BM 1925.1553, de Kindu (Est Zaïre) ; RGMC 20.001 de Lula (Kasaï) ; RGMC 8570
de Flandria (Équateur) ; RGMC 7511 et 10456 A de Walikale (Kivu), RGMC 5616 de Boende
(Équateur) et RGMC 6228 de Leverville. Ces spécimens ont tous des pariétales entières
et, pour les cinq dont la radiographie était utilisable, un nombre de VPS compris entre
66 et 69. Les tailles sont comparables à celle des spécimens de Dekese ; en revanche, les
numérations d’écailles donnent des variations légèrement plus importantes (cf. tabl. 111).
Cinq spécimens n’ont pu être intégrés dans l’un ou l’autre des deux groupes précédents,
soit du fait de leur origine géographique, soit en raison de leurs caractéristiques morpho¬
logiques, ce sont :
— RGMC 2197 de Kinda (lac Musolo, Ht Lomani), tête -f- corps 88 mm, queue 25 mm ;
écailles : 18 rangs autour du corps et 120 entre menton et fente cloacale ; 64 VPS ; pariétale divisée ;
— RGMC 9677 de Kapanga (Katanga), 54 + 15 mm ; 20 rangs et 139 éc. ; 61 VPS ; parié¬
tale entière ;
— RGMC 9740 de Bombesa (non localisé), 73 + 44 mm ; 20 r. et 120 éc. ; 62 VPS ; pariétale
divisée ;
— RGMC 2244 de Poko (Nyoko), 75 -f- 35 mm ; 22 r. et 124 éc. ; 63 VPS ; pariétale divisée ;
— RGMC 4305 de Panga s/Arumini, 92 + 3 mm ; 20 r. et 120 éc. ; 61 VPS ; pariétale divisée.
Alors que les sept spécimens rattachés à la forme de Dekese proviennent tous du Zaïre
central, les cinq non inclus sont de la périphérie de cette zone, soit du Sud, soit du Nord-
Est.
— 1181 —
Tableau II. — Principales données sur les espèces et sous-espèces du genre Melanoseps.
Taille max. Taille moy. (mm) Nbre d'écailles 1
observée (mm) des N/2 autour entre menton
T + C Q plus grands du corps et anus
M.
ater ater, holotype
1
154
42
—
22
174
73
autres
8
158
46
150,8
(20)22(24)
146-154
69-76
M.
a. matengoensis, syntypes
14
165
51
146
(22)24
146-159
(71)72(75)
M.
a. misukuensis, syntypes
20
174
58
152,8
(21)22(24)
152-164
(71)74(76)
autres
5
182
57
157
22-24
147-160
70-76
M.
a. uzungwensis, syntypes
2
202
28
—
26-28
165-168
76-77
M.
a. longicauda, syntypes
2
71
41
—
19
118-120
?
M.
rondoensis, syntypes
18
95
31
88
(18)20
117-128
(57)60(62)
autres
3
85
30
84
18(20)
114-127
57-61
M.
loveridgei n. sp.
34
134
42
111
18(22)
135-150
(64)67(73)
M.
occidentalis occidentalis
38
95
49
81
20(24)
116-130
(59)62(66)
M.
o. zairensis, syntypes
19
77
25
73
(20)22
130-140
66(69)
autres
7
73
39
68
(19)20(24)
126-150
66(69)
1. Un chiffre précédé ou suivi d’une autre entre parenthèses indique un « mode » et les extrêmes ; deux
chiffres séparés par un tiret indiquent les extrêmes.
2. Chiffres d’après la description originale.
Tableau III. — Répartition des Melanoseps en fonction du nombre de leurs vertèbres présacrées.
N
57
60
65
70
75
77
VPS
VPS
VPS
VPS
VPS
VPS
M. ater ater,
holotype
1
1
autres
8
I
1
2
1
1
1
1
M. a. matengoensis,
syntypes
14
3
6
2
2
1
M. a. misukuensis,
syntypes
20
2
2
4
6
4
2
autres
5
1
1
1
2
M. a. uzungwensis
M. rondoensis,
2
1 1
syntypes
18
1 3
4
6
3
1
autres
5
1
1
3
M. loveridgei
M. occidentalis
33
1
1 4
9
5
5
5 2
1
occidentalis
38
1
2
9
10
9 5
1 1
M. o. zairensis,
série-type
16
8
5
2
i
autres
5
2
1
2
— 1182 —
CONCLUSIONS
Melanoseps ater longicauda Tornier, 1900
Tornier a créé cette sous-espèce pour deux spécimens : l’un récolté le 15.V. 1893 par
Oscar Neumann à « Karagwe am Pangani », ce que Barbour et Loveridge (1928 : 169)
corrigèrent en Kerogwe, sur la rivière Pangani, au pied des monts Usambara, récolte déjà
signalée par Tornier (1897 : 46) sous le nom de Melanoseps ater ; l’autre récolté par
J. G. Schillings dans le pays Masaï. Le plus grand spécimen ne mesure que 71 mm pour
la tête et le corps, avec une queue de 41 mm ; 19 rangs d’écailles autour du corps ; 120 écailles
entre le menton et l’anus pour l’un, 118 pour l'autre. Alors que pour le plus petit spéci¬
men, Tornier écrivait « kann als atra bezeichnet werden », pour l’autre il précisait « âhnelt
in der Farbung aufïâllig unseren Anguis fragilis, seine Bauch und Bückenschuppen sind
schwarz mit weissen Rânden... » Ce sont les deux seuls spécimens connus de cette forme,
le deuxième taxon du groupe ater à avoir été décrit. Nous considérons, en effet, que le
Melanoseps (MCZ 24235) récolté par Loveridge le 27.X.1926 à Vituri, monts Uluguru,
et sur lequel il a beaucoup hésité avant de lui attribuer un nom comme il l’écrit en 1957
(]). 221) : « Whether the skink from Uluguru Mountains should be included (in longicauda)
is uncertain. », ne peut être rattaché à cette sous-espèce du seul fait du nombre élevé (145)
de ses écailles abdominales. 11 appartient à la nouvelle espèce que nous décrivons plus
loin.
La sous-espèce longicauda, acceptée par Loveridge (1923a : 862 et 1923 b : 963), dis¬
cutée par Barbour et Loveridge (1928 : 169), replacée dans la synonymie de la forme
nominale en 1933, réhabilitée en 1942 par Loveridge, admise par de Witte et Laurent
(1943 : 29, 32), doit être, selon nous, maintenue. En l’absence de récoltes récentes en pro¬
venance de la région concernée et du fait que nous n’avons pas été en mesure d’examiner
le matériel-type, nous estimons, en effet, que cette unité taxinomique doit être laissée
en attente, sous son statut actuel. Elle possède une aire géographique spécifique, le nord
de la Tanzanie, et est bien définie par le nombre de ses écailles, par sa taille et, peut-être,
par sa coloration.
Melanoseps ater matengoensis et M. a. uzungwensis
Ces deux sous-espèces ne sont, pour le moment, connues que par les séries-types.
Si uzungwensis semble pouvoir se séparer de la sous-espèce nominale quantitativement,
taille plus grande, plus grand nombre d’écailles aussi bien autour du corps que sous l’abdo-
ment, et par le nombre plus grand de VPS, matengoensis en revanche a des nombres compris
dans les variations de ceux observés chez ater ater.
En raison de la localisation particulière des récoltes de ces deux sous-espèces, qui
se situent à l’est du domaine de la sous-espèce nominale, il semble logique, pour le moment,
de leur conserver leur statut. Ceci pourrait être remis en question pour matengoensis dans
le cas où l’aire de dispersion de la sous-espèce nominale se révélerait plus étendue que ne
— 1183 —
la donnent les récoltes dont nous disposons. Loveridge n’ayant désigné pour matengoensis
que des cotypes, nous choisissons ici comme lectotype le spécimen NMW 10.633.5, le plus
grand des spécimens connus, mesurant 182 mm dont 17 de queue partiellement régénérée.
Les spécimens MCZ 44119, NMW 10633. 1 à 4 et 7 à 13 deviennent des paralectotypes.
Melanoseps ater misukuensis
Loveridge a fondé cette sous-espèce sur des caractères peu convaincants. Il la sépare
de la sous-espèce nominale essentiellement sur une variation de couleur : « with the typical
form it agrees in lepidosis hut differs by lacking the uniform black belly colouring » (1953 :
221 ).
C’est également par des différences minimes, portant sur le nombre de rangs d’écailles
autour du corps et sur la coloration abdominale que Loveridge (ibid.) sépare misukuensis
de matengoensis, sous-espèce qu’il a décrite, en 1942, des monts Matengo, sur l’autre rive
du lac Nyassa. Si l’on retient que Loveridge a lui-même signalé (1953 : 222) avoir obtenu
un M. ater ater typique en provenance des monts Misuku, on ne peut qu’être d’accord avec
Broadley lorsqu'il écrit : « I am doubtful whether his pink-bellied race M. a. misukuen¬
sis should be recognised » (in litt., 25.III.1981).
Pour cette sous-espèce, comme pour M. a. matengoensis, bien que rien actuellement
ne permette de les séparer valablement de la sous-espèce nominale, nous préférons nous
en tenir au statu quo, en attendant que des études complémentaires tranchent ce point
de taxinomie.
Melanoseps rondoensis n. comb.
Les lézards placés par Loveridge dans la sous-espèce ater rondoensis nous semblent
trop différents des autres représentants du groupe, aussi bien par leur taille réduite que
par leur nombre nettement moindre de VPS, pour être maintenus avec le statut de sous-
espèce. Nous proposons donc d’élever le taxon au rang d’espèce.
Melanoseps loveridgei n. sp.
Il semble nécessaire de créer une nouvelle espèce pour accueillir les spécimens qui
jusqu’ici avaient été confondus avec des rondoensis mais qui s’en écartent par les carac¬
tères que nous avons signalés p. 1178.
Cette nouvelle espèce est dédiée à Arthur Loveridge dont les récoltes et publications sont
pour beaucoup dans notre connaissance de la complexité du genre Melanoseps en Afrique orientale.
Nous choisissons pour holotype le spécimen BM 1961.744, le plus grand d’une série de six
spécimens récoltés à Liwale par C. J. P. Ionides en mai 1959. Deviennent des paratypes les n os
BM 1960.1.7.18-25 et BM 1961.745.749, NMZ 3517 et MCZ 52487-495 provenant tous de la loca¬
lité-type. Autres spécimens : MCZ 24235, 18356, 31075, 52484, 52485-6 ; BM 1960.1.7.27, 1980.3 ;
NMZ 3203, 3517 ; UM 5063, 5063, 5065.
L’holotype est, sur le dos et la tête, de couleur grise, légèrement ponctuée de sombre ;
l’abdomen est plus clair avec des lignes de points sombres. Par son écaillure céphalique et
— 1184 —
l’implantation de la narine, il appartient au groupe ater. Ses pariétales, divisées, sont en
contact en arrière de la grande interpariétale. Il mesure 145 mm dont 30 pour une queue
probablement régénérée ; le diamètre du corps, cylindrique, est de 5,2 mm ; il y a 5,5 mm
entre l’extrémité de la rostrale et le bord postérieur de la suture entre les pariétales ; 18 rangs
d’écailles autour du corps, 141 écailles entre la mentonnière et la fente cloacale, 71 VPS.
Fig. 2. — Melanoseps loveridgei nov. sp. ; holotype, BM 1961.744.
Le plus grand paratype (MCZ 52488) mesure 136 mm dont 17 pour une queue régé¬
nérée ; un des plus grands spécimens rattachés à la nouvelle espèce (MCZ 52484), une femelle
gravide, mesurait 166 mm dont 41 pour la queue avant qu’il ne soit amputé de la tète
pour la préparation du crâne. Les principales variations observées sont indiquées dans les
tableaux II et III. Dans toute la série-type, les deux interpariétales sont en contact ;
trois spécimens (BM 1980 3, NMZ 3203, MCZ 18356) sont provisoirement rangés dans cette
nouvelle espèce ; ils possèdent une petite écaille qui sépare les pariétales.
Distribution : Outre la localité-type, Liwale (9°47' S, 38°00' E), les localités suivantes
délimitent l’aire de répartition, c’est-à-dire une vaste zone à l’est et au sud du lac Tan¬
ganyika et à l’est du lac Nyassa : Abercorn (Mbala, Ndundu), 2 sp. ; Sunbawanga
(Tatanda, Ufipa plateau), 2 sp. ; Vituri, 1 sp. ; Tunduru, 2 sp. ; Songea, 1 sp. ; Mpwapwa,
1 sp. ; Mkata, 1 sp. et lundi, 1 sp.
Remarques
1. En 1955, Loveridge identifiait comme rondoensis les MCZ 52487-95 de Liwale,
MCZ 52484 de Songea et MCZ 52485-6 de Tunduru L Mais deux ans plus tard il ne tenait
1. La publication porte deux indications erronées : 15 spécimens de Liwale alors qu’il n’y en a que 9
et 4 de Tunduru alors qu’il n’y en a que 2.
— 1185 —
pas compte de cette identification, puisque dans sa révision des Reptiles de l’Est africain
(1957 : 221) il ne donne plus pour domaine de la sous-espèce rondoensis que « Rondo Pla¬
teau, Tanganyika Territory ».
2. La création de cette espèce résoud le problème posé par le MCZ 24235, récolté
par Loveridge en 1926 à Vituri, monts Uluguru. Barbour et Loveridge (1928 : 169)
avaient d’abord attribué ce spécimen à la sous-espèce longicauda, tout en soulignant que
le nombre des écailles (144) était nettement supérieur à celui des types de la sous-espèce
(118-120). En 1933, Loveridge, revenant sur cette opinion, place la récolte de Vituri
parmi les ater s.s., en supprimant par la même occasion la sous-espèce longicauda.
En 1942, changeant à nouveau, Loveridge réhabilite longicauda et crée trois nou¬
velles sous-espèces mais sans indiquer la position du spécimen de Vituri. 11 n’en parle
pas plus en 1953 à l’occasion de la création de la sous-espèce misukuensis, mais en
1957 (p. 221) Loveridge écrit sous longicauda : « (whether the skink from Uluguru Moun¬
tains should be included is uncertain) ». Le spécimen est enregistré comme M. ater citer.
3. Cette nouvelle espèce comprend aussi des spécimens dont la position taxinomique
était mal définie : MCZ 18356, Mkata river, « ater longicauda » in Loveridge, 1923 ; ater
in Loveridge, 1933 : 34 ; « provisionally rondoensis » in Loveridge, 1942. — MCZ 31075,
Mpwapwa, « provisionally rondoensis » in Loveridge, 1942.
4. La récolte de Lindi (BM 1960.1.7.27) par C. J. P. Ionides, le 4.III.1959, est par¬
ticulièrement intéressante. S’agit-il d’une erreur d’étiquetage ou d’une sympatrie vraie
avec M. rondoensis s.s. ? Ce même récolteur a rapporté, de la même localité, un M. ron¬
doensis qui aurait été récolté en même temps (BM 1960.1.7.26).
5. Il est possible que certains spécimens placés dans la nouvelle espèce n’y soient
qu’à titre provisoire. Il faut remarquer, en effet, que les deux spécimens en provenance
de Sumbawanga (BM 1980.3 et NMZ 3203) sont entièrement noirs et ont tous deux des
pariétales séparées. Le spécimen BM 1980.3, actuellement le plus grand du groupe avec
76 mm dont 42 pour la queue, se singularise également en étant le seul à avoir 22 rangs
d’écailles autour du corps.
Espèces et sous-espèces de Melanoseps de l’Afrique orientale
En l’état actuel des récoltes disponibles, la répartition taxinomique et biogéogra¬
phique des Melanoseps de l’Afrique orientale s’établit comme suit.
Melanoseps ater ater a une aire géographique orientée Nord/Sud, de part et d’autre
de l’extrémité sud du lac Tanganyika et à l’ouest et au sud du lac Nyassa. A la sous-espèce
nominale se rattachent deux formes très proches, l’une dont l’aire de répartition est incluse
dans la précédente, M. a. misukuensis, d’un massif forestier du nord-ouest du lac Nyassa
et l’autre dont l’aire est contiguë, AI. a. matengoensis, des monts Matengo, en bordure est
du lac Nyassa.
Melanoseps citer uzungwensis, connue par les deux seuls spécimens-types, a, elle, une
aire de répartition séparée des précédentes et située dans un massif au centre de la Tan¬
zanie.
Ces formes ont en commun une grande taille, plus de 140 mm pour la tête et le corps.
— 1186 —
Faute d’informations suffisantes, nous conservons le statut de sous-espèce à M. ater
longicauda (taille maximale 71 mm) dont les deux seuls spécimens connus proviennent du
nord de la Tanzanie.
Enfin, les deux espèces qui étaient jusqu’à présent confondues sous le nom de M. ater
rondoensis ont, elles, des aires géographiques très différentes. Melanoseps rondoensis s.s.
(taille maximale 95 mm) est limitée au Plateau Rondo tandis que M. looeridgei n. sp.
— 1187 —
étendrait son aire de répartition sur presque toute la Tanzanie continentale, débordant
à l’ouest sur le Malawi. Des récoltes complémentaires paraissent nécessaires avant de
conclure à l’homogénéité du taxon ou à la nécessité de le fragmenter.
Melanoseps occidentalis zairensis n. subsp.
Nous connaissons encore très mal les représentants du genre Melanoseps, ces lézards
de taille petite ou moyenne que leur mode de vie met à l’abri des récolteurs. L’existence,
dans la partie centrale du Zaïre, d’un groupe de Melanoseps apparenté à M. occidentalis,
mais s’en séparant nettement par un ensemble de caractères, amène à proposer la création
d’une nouvelle unité taxinomique, Melanoseps occidentalis zairensis nov. subsp., tout en
considérant que le statut de ce taxon sera sans doute ultérieurement modifié. Le nom
rappelle l’origine géographique de la nouvelle sous-espèce. Le spécimen MHNG 2072 67
est choisi pour holotype, c’est le plus grand de la série, à queue probablement non régé¬
nérée. Il mesure 102 mm (dont 25 pour la queue), a un diamètre de 4,2 mm, 22 rangs d’écailles
autour du corps, 137 écailles abdominales et 67 VPS. La localité-type est Dekese. 11 y a
dix-huit paratypes avec les numéros suivants : MHNG 2072.68 à 80 et MHNP 1981. 471
à 475 (ex. MIING 81 à 85).
Caete 2. — Répartition des Melanoseps d’Afrique occidentale et centrale.
Nous rattachons à cette sous-espèce les sept spécimens étudiés p. 1180. A l’heure
actuelle il semble que cette sous-espèce zairensis présente un stade d’évolution plusîspé-
cialisé que la sous-espèce nominale tant par ses écailles pariétales fusionnées que par l’aug¬
mentation du nombre des vertèbres présacrées.
1188 —
Fig. 3. — Melanoseps occidentalis zairensis nov. subsp. ; holotype, MHNG 2072.67.
Composition du genre Melanoseps Boulenger, 1887
Espèce-type : Herpetosaura atra Giinther, 1873.
Espèces Répartition géographique
Melanoseps ater (Giinther, 1873)
M. a. ater
M. a. matengoensis Loveridge, 1943 1
M. a. misukuensis Loveridge, 1953 1
M. a. uzugwensis Loveridge, 1943
M. a. longicauda Tornier, 1900 2
M. rondoensis n. comb.
(= M. a. rondoensis Loveridge, 1943)
M. loveridgei n. sp.
(= M. a. rondoensis L., 1943, p.p.)
M. occidentalis (W. Peters, 1898)
(= Herpetosaura occidentalis P., 1898)
M. o. occidentalis
(syn. ? Scelotes poensis Bocage, 1895)
Al. o. zairensis n. subsp.
M. schebeni (Sternfeld, 1910)
(= Scelotes schebeni S., 1910).
Nyassaland ; ouest de la Tanzanie ; est du Malawi
Monts Matengo, Tanzanie
Monts Misuku, Nyassaland
Monts Uzungwa, Tanzanie
Nord de la Tanzanie
Plateau Rondo, Tanzanie
Tanzanie et est du Malawi
Sud du Nigeria, Cameroun occidental, Fernando Po,
Gabon
Zaïre central
Windhuk, Sud-Ouest africain
Note : Melanoseps acontias Werner, 1914, a été transférée par Loveridge (1923 : 862) dans le genre
Scolecoseps Loveridge, 1920.
1. Sous-espèce très proche de M. ater ater.
2. Le rattachement à l’espèce M. ater devra être discuté lorsque de nouvelles récoltes auront été
obtenues.
— 1189 —
Clef des espèces du genre Melanoseps fondée sur la morphologie externe
a — Écailles susoculaires au nombre de
— deux. M. schebeni d’Afrique du Sud-Ouest
— trois. b
b — Position de la narine sur la suture entre la rostrale et la première labiale supérieure
— au milieu : espèces d’Afrique orientale, groupe ater . c
— à la partie supérieure : espèces d’Afrique de l’Ouest et du Centre, groupe occideritalis. g
c — Nombre de rangs d’écailles autour du corps
— 26 à 28. M. ater uzungwensis
— 18 à 24. d
d — Taille (tête + corps)
— supérieur à 140 mm.... M. ater avec les sous-espèces ater, niatengoensis, misukuensis,
— inférieure à 140 mm. e
e — Nombre d’écailles entre le menton et la fente cloacale
— supérieur à 130.
— compris entre 115 et 130.
f — Nord de la Tanzanie.
— Plateau Rondo.
g — Nombre d’écailles entre le menton et la fente cloacale
— inférieur à 130.
— supérieur à 130.
M. looeridgei n. sp.
. f
M. ater longicauda
M. rondoensis n. comb.
.... M. occidentalis occidentalis
M. occidentalis zairensis n. subsp.
Remerciements
Nous remercions tout particulièrement \ olker Mahnert, Conservateur de la section Verté¬
brés du Musée d’Histoire naturelle de Genève, qui nous a envoyé la collection des Melanoseps
du Ivasaï, collection qui, par les problèmes qu’elle nous a posés, est à la base de ce travail, et
D. G. Broadley, National Museum, Bulawayo, dont les remarques pertinentes et le matériel
prêté nous ont aidé à mieux comprendre les formes de l’Est africain. Nous remercions également
les conservateurs et responsables de collections qui ont accepté de mettre à notre disposition le
matériel indispensable à cette étude : A. F. Stimson, British Museum (Natural History) ; F. Tiede¬
mann, Naturhistorisches Museum, Wien ; J. P. Gosse, Institut royal des Sciences naturelles de
Belgique ; Pere Alberch et J. P. Rosado, Museum of Comparative Zoology, Harvard ; Hans
Wilhelm Koepcke, Zoologisches Museum, Hamburg ; R. W. Zweifeld, American Museum of
Natural History ; Lilia Capocaccia, Museum storia Naturale, Genova ; Günther Peters, Zoolo¬
gisches Museum, Berlin ; D. Thvs Van den Audenaerde, Musée royal de l’Afrique centrale, Ter-
vuren ; W. D. Haacke, Transvaal Museum.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Barbour, Thomas, et Arthur Loveridge, 1928. — A comparative study of the herpetological
faunae of the Uluguru and Usambara mountains, Tanganyika territory with descriptions
of new species. Mem. Mus. comp. Zool. Haro., 50.(2) : 89-265, 3 pi.
Bocage, J. V. Bauboza du, 1895a. — Sur un batracien nouveau de Fernào do Pô. Jorn. Sci. math,
phys. nat., Lisboa, 3 : 270-272.
— 1190 —
— 18956. — Subsidios para a fauna da il ha de Fernâo do Po. Jorn. Sci. math. phys. nat., 2 e sér.,
13 : extrait de 15 p.
— 1895c. — Reptiles et Batraciens nouveaux ou peu connus de Fernâo do Po. Jorn. Sci. math,
phys. nat., 2 e sér., 13 : 16-20.
— 1903. - - Contribution à la faune des quatre îles du Golfe de Guinée. Jorn. Sci. math. phys.
nat., 2 e sér., 7 (15) : 25-59.
Botjlf.nger, George Albert, 1887. — Catalogue of the Lizards in the British Museum (Natural
History). Second edit., vol. III.
— 1896. — IV. Reptilia and Amphibia. Zool. Bee., 32, relating chiefly to the year 1895.
— 1906. — Report on the Reptiles collected by the late L. Fea in West Africa. Annali Mus.
cio. Stor. nat. Genova, 3 e sér., 2 (42) : 196-216.
— 1912. — XVf. Reptilia and Batrachia. Zool.. Bee., 1911, 48.
Hunger, G. T., 1972. — The Lizards and Snakes of Nigeria. Niger. Fid, 37 (3) : 99-120.
Fitzsimons, Vivian F., 1943. — The Lizards of South Africa. Trans. Mus. Mem., n° 1.
Greer, Allen E., 1970a. — A subfamilial classification of Scincid Lizards. Bull. Mus. comp. Zool.
Ilarv., 139 (3) : 151-183.
— 19706. — The Svstematics and Evolution of the Subsaharan Africa, Seychelles, and Mau¬
ritius Scincine Scinid Lizards. Bull. Mus. comp. Zool. Ilarv., 140 (1) : 1-24.
Hewitt, John, 1929. — On some Seincidae from South Africa, Madagascar and Ceylon. .Inn.
Transv. Mus., 13 : 1-8, pi. I, II et III.
Laurent, Raymond F., 1954. — Aperçu de la biogéographie des batraciens et des reptiles de
la région des Grands Lacs. Bull. Soc. zool. Fr., 79 : 290-310.
— 1964. — Reptiles et Amphibiens de l’Angola. 3 e eontr. Publçôes cult. Co Diam. Angola,
Museo do Dundo, Lisboa, n° 67 : 165 p.
Lawrence, R. F., 1929. — The reptiles of South West Africa. Jl S. W. Africa scient. Soc., 1926-27,
2 : 13-27.
Loveridge, Arthur, 1920. — Notes on East African Lizards collected 1915-1919, with description
of a new genus and species of Skink and new subspecies of Gecko. Proc. zool. Soc. Land. :
131-167.
— 1923a. — A list of the lizards of British Territories in East Africa (Uganda, Kenya colony,
Tanganyika Territory and Zanzibar) with keys for the diagnosis of the species. Proc. zool.
zool. Soc. Lond. : 841-863.
— 19236. — Notes on East African Lizards collected 1920-1923, with the description of two
new races of Agama lionotus Blgr. Proc. zool. Soc. Lond. : 935-969.
— 1933. — Reports on the scientific results of an expedition to the sousthwestern Highlands
of Tanganyika territory. VII. Herpetology. Bull. Mus. comp. Zool. Ilarv., 74 (7) : 197-416,
3 pi. ; I. Introduction and Zoogeography. Ibid., 75 (1) : 1-43.
— 1942. — Scientific results of a fourth expedition to forested areas in east and central Africa.
Bull. Mus. comp. Zool. Ilarv., 91 (4) : 237-373, 6 pi.
— 1953. — Zoological Results of a fifth expedition to East africa. III. Reptiles from Nyassa-
land and Tete. Bull. Mus. comp. Zool. Ilarv., 110 (3) : 143-322, 5 pi.
— 1955. — On a second collection of Reptiles and Amphibians taken in Tanganyika territory
by G. J. P. Ionides, Esq. J. E. Africa nat. Hist. Soc., 22 (5) : 168-198.
— 1956. — On a third collection of reptiles taken in Tanganyika by C. J. P. Ionides, Esq.
Tanganyika Notes Bee., n° 43 : 1-19.
— 1957. — Check list of the Reptiles and Amphibians of East Africa (Uganda ; Kenya ;
Tanganyika ; Zanzibar). Bull. Mus. comp. Zool. Ilarv., 117 (2) : 153-362 -j- xxxvi.
M ertf.ns, Robert, 1955. — Die Amphibien und Reptilien Südwestafrikas. Aus den Ergebnissen
einer im jahre 1952 ausgeführten Reise. Abh. senckenb. naturforsch. Ges., 490 : 1-172.
1191 —
— 1964. — Die Reptilien von Fernando Po. Bonn. zool. Beitr. : 211-238.
Müller, Lorenz, 1910. — Beitrage zur Herpetologie Kameruns. Abh. K. bayer. Akad. Wiss.,
II Kl. 24 (3) : 545-626.
Perret, Jean Luc, et Robert Mertens, 1957. — Etude d’une collection herpétologique faite au
Cameroun de 1952 à 1955. Bull. Inst. fr. Afr. noire, 19, sér. À, (1) : 548-601.
Romer, J. D., 1953. — Reptiles and Amphibians collected in the Port Harcourt area of Nigeria.
Copeia, (2) : 121-123.
Schmidt, Karl Patterson, 1919. — Contributions to the Herpetology of the Belgian Congo based
on the collection of the American Congo Expedition, 1909-1915. Bull. Am. Mus. nat. Hist.,
39 (2) ; 385-624.
Sternfeld, Richard, 1910. — Ein neue Echse aus Deutsch Siidwestafrika. Sber. Ges. naturf.
Freunde Berl., (8) : 372.
— 1911a. — Zur Herpetologie Südwestafrikas. Mitt. zool. Mus. Berl., 5 (3) : 393-411.
— 19116. — Die Reptilien (ausser den Schlangen) und Amphibien von Deutsch-Siidwestafrika.
Fauna dt. Kolon., 4 (2) : 65 p.
Tornier, Gustav, 1897. — Reptilien und Amphibien (Kriechthiere) in Deutseh-Ost Afrikas. XIII,
164 p. Berlin.
— 1900. — Neue Liste der Crocodile, Schildkroten und Eidechsen Deutsch Ost-Afrikas. Zool.
Jahrbüch, 13 (6) : 579-618.
1901. — Die Reptilien und Amphibien der deutsche Tiefsseexpedition 1898/99. Zool. Anz.,
24 (635) : 61-66.
1902. — Die Crocodile, Schildkroten und Eidechsen in Kamerun. Zool. Jahrb., Syst. XV
(6) : 663-677.
Werner, Franz, 1898. — Ueber Herpetosaura occidentalis Ptrs. Verb. k. k. zool.-hot. Ges. Wien,
48 : 529-530.
Witte, Gaston François de, 1953. — Exploration du Parc national de PUpemba. Fasc. 6 ; Rep¬
tiles. Inst. Parcs nat. Congo Beige : 322 p., XLI pi.
Witte, Gaston François de, et Raymond Laurent, 1943. — Contribution à la systématique des
formes dégradées de la famille des Scincidae apparentées au genre Scelotes Fitzinger. Mém.
Mus. r. Hist. nat. Belg., 2 e sér. (26) : 44 p.
Bull. Mus. natn. Hist, not ., Paris, 4 e sér., 3, 1981,
section A, n° 4 : 1193-1204.
Systématique des Lézards Scincidés de la région malgache
IX. Nouvelles unités taxinomiques pour les Scelotes s. 1.
par Edouard R. Brygoo
Résumé. —- L’évolution de ce groupe de Scincinés est étudiée en fonction notamment de la
variation du nombre des vertèbres présacrées (VPS). Deux nouvelles unités taxinomiques sont
proposées : Androngo n. g., espèce-type Pygomeles trivittatus Boulenger, 1896, pour les Scelotes s.l.
ayant plus de 48 VPS, et Madascincus n. subg. d ’ Amphiglossus, espèce-type Gongylomorphus
melanopleura Günther, 1877, pour ceux qui en ont 29-30. Une hypothèse sur la phylogénie et
l’origine de la répartition géographique actuelle du groupe est proposée.
Abstract. — A revision of the genus complex Scelotes s.l., mostly with reference to the number
of presacral vertebrae (VPS), leads to recognise new taxa : Androngo n. g., type species Pygomeles
trivittatus Boulenger, 1896, with more than 48 VPS, and Madascincus n. subg. within Amphiglos¬
sus, type species Gongylomorphus melanopleura Günther, 1877, for species with between 28 and
31 VPS. A hypothesis for the phylogenv and geographical distribution of the five genera of
tetrapod Scincinae in the southwest Indian Ocean islands is proposed.
E. R. Brygoo, Laboratoire de Zoologie, Ueptiles et Amphibiens, Muséum national d’Histoire naturelle,
25, rue Cuvier, 75005 Paris, France.
Une trentaine d’espèces de Lézards Scincinés vivent sur les îles de l’océan Indien
sud-occidental. Les genres des Séchelles et des Mascareignes ont fait l’objet d’études récentes.
Par contre, pour Madagascar, les Comores et les Glorieuses, l’appartenance générique de
la plupart des espèces tétrapodes est encore indéterminée. 11 est devenu nécessaire, au
stade de la révision auquel nous sommes parvenu, de proposer de nouveaux taxons pour
les accueillir.
1. Les Scincinés des Séchelles et des Mascareignes
Les travaux de .1. et J. M. Vinson (1970) et de J. M. Vinson (1973) d’une part, ceux
de Greer (1970a) d’autre part, ont défini la systématique et la nomenclature des repré¬
sentants de la sous-famille pour ces deux groupes d’îles. Nous avons ainsi aux Séchelles :
— Pamelaescincus Greer, 1970, avec pour espèce-type et unique Scelotes gardineri
Boulenger, 1909 ;
— Janetaescincus Greer, 1970, avec pour espèce-type Scelotes braueri Boettger, 1896,
et pour seconde espèce Amphiglossus veseyfitzgeraldi Parker, 1947 ;
4, 17
— 1194 —
et aux Mascareignes :
— Gongylomorphus Fitzinger, 1843, avec pour espèce-type et unique Scincus bojerii
Desjardins, 1831, subdivisée en 3 sous-espèces : G. b. bojerii de Maurice (Ile de France)
et de certains îlots côtiers ; G. b. borbonica J. et J. M. Vinson, 1970, de la Réunion (île
Bourbon), sous-espèce probablement éteinte depuis la fin du siècle dernier ; G. b. fon-
tenayi J. M. Vinson, 1973, de la forêt Macabé, île Maurice.
2. Les Scelotes s.l. de Madagascar, des Comores et des Glorieuses
Les Scincinés de Madagascar se répartissent en deux grands groupes naturels : les
formes apodes, ou à membres postérieurs vestigiaux, d’une part, avec les genres Crypto-
scincus Mocquard, 1906, Paracontias Mocquard, 1894, Pseudoacontias Bocage, 1889, Pygo-
rneles Grandidier, 1867, et Voeltzkowia Boettger, 1893, qui ne s’observent qu’à Madagascar,
et d’autre part les formes tétrapodes avec des représentants aux Comores et aux Glorieuses.
Les espèces qui constituent ce groupe étaient encore, lors de la dernière révision des Rep¬
tiles de Madagascar (Blanc, 1971), considérées comme appartenant toutes au genre Sce¬
lotes Fitzinger, 1843, bien représenté en Afrique du Sud. Cependant, dès 1929, Hewitt
avait proposé la réhabilitation du genre Amphiglossus Duméril et Bibron, 1839, pour y
inclure au moins une partie des Scelotes malgaches, position adoptée par de Witte et Lau¬
rent (1943). Après avoir nettement établi, sur des caractères ostéologiques, que les espèces
de Madagascar, jusque-là placées dans les genres Scelotes et Sepsina Bocage, 1866, ne pou¬
vaient y être maintenues, Greer (19706) ne se prononçait cependant pas sur leur appar¬
tenance générique. Récemment, nous avons (Brygoo, 19806, cl) repris et redéfini le genre
Amphiglossus y plaçant, à côté de l’espèce-type A. astrolabi Duméril et Bibron, 1839,
les espèces A. reticulatus (Kaudern, 1922) et A. waterloti (Angel, 1930), mais ceci sans pré¬
juger de la place des autres espèces du groupe.
Ces lézards Scincinés sont tous tétrapodes, bien que l’importance relative des membres
varie beaucoup d’une espèce à l’autre. L’œil et l’oreille ne sont pas modifiés d’une manière
significative. A une rostrale n’engainant pas le bout du museau, succèdent deux supra-
nasales au contact sur la ligne médiane ; il n’y a ni préfrontale ni frontopariétales. L’inter¬
pariétale, petite, sans contact avec les susoculaires, manque même complètement chez
S. mouroudavae (Grandidier, 1872). Cette espèce présente ainsi l’aboutissement final du
processus de réduction. Le caractère primitif, interpariétale au contact avec les susocu¬
laires, ne s’observe plus, selon Greer (19706), que chez deux genres africains Proscelotes
de Witte et Laurent, 1943, et Scelotes. Les susoculaires sont au nombre de 4, sauf chez
S. intermedius Boettger, 1913, où l’on en compte 5. La postnasale ne manque que chez
S. andranooahensis Angel, 1933. Tandis que, pour presque toutes les espèces, la susocu-
laire correspond à la quatrième labiale supérieure, chez S. macrolepis Boulenger, 1888,
et S. ankodabensis Angel, 1930, il s’agit de la troisième. Malgré un ensemble de caractères
communs, les lézards de ce groupe sont très hétérogènes, aussi bien par leur forme géné¬
rale que, lorsqu’il est connu, leur comportement. Tandis qu’ Amphiglossus astrolabi peut
atteindre 528 mm, dont 302 pour la queue (MHNP 8389), Scelotes s.l. macrolepis Boulen¬
ger, 1888, ne mesure que 74 mm avec une queue de 40 mm. A côté de lézards d’habitus
extérieur très proche de celui des Lygosominés, ce groupe comprend des espèces de forme
— 1195 —
scincoïde et d’autres de forme chalcidoïde. Dans l’état actuel des connaissances, la biologie
de ces espèces ne peut être d’un grand secours pour le taxinomiste. Les observations de
Millot (1951) ont bien établi les mœurs aquatiques d’ Amphiglossus astrolabi ; G. Pas¬
teur (1959) a fourni quelques données sur la biologie de Scelotes s.l. melanurus et Ch. P.
et F. Blanc (1967a, b) sur la biologie et l’écologie de S. s.l. igneocaudalus. Mais on ne pos¬
sède, pour le moment, sur la plupart des espèces, que de rares données éparses, inutili¬
sables pour une synthèse ainsi que pour toute étude comparative.
3. Nombre de vertèbres présacrées (VPS) et taxinomie des Lézards
Pour Romek (1956 : 229) le nombre de VPS des reptiles primitifs se situerait entre 23
et 26. On admet que le nombre fondamental est de 24 chez les lézards actuels, la région
sacrée étant originellement formée par les vertèbres n os 25 et 26 (Hoffstetter et Gasc,
1969). Les variations peuvent être très importantes, de 26 à 107 pour le groupe formé
par les Scincidés et les Feylinidés. De nombreux auteurs ont associé l’augmentation du
nombre des VPS et la réduction des membres chez les Sauriens, les travaux les plus impor¬
tants en ce domaine étant ceux de Sewerthoff (1931) et de Stokely (1947). 11 existerait
pour ces auteurs une relation entre état de réduction des membres et augmentation du
nombre des VPS, la corrélation n’étant toutefois pas étroite, du moins si l’on considère
l’ensemble des sauriens ou même de grands groupes comme les familles. Ce que Stokely
(1947 : 746) exprime ainsi : « ... each genus appears to have a characteristic index level which
rises in correlation with the increase in number of presacral vertebrae. On the whole, it seems
that species with about the same number of presacral vertebrae are at a parallel stage with
regard to degenerative changes. There are notable exceptions and there is evidence that the
grass-dwelling types have a different evolutionary course from their burrowing relatives ».
A l’intérieur d’une espèce, le degré de variation du nombre des VPS serait d’autant
plus faible que le nombre moyen est plus proche de 24, le nombre fondamental. Mais, à
vrai dire, cet aspect de la question n’a été que rarement abordé, les auteurs s’en étant
souvent tenu, pour leurs études comparatives, à une donnée par espèce. Exception impor¬
tante, le travail de Heyer (1972) qui, étudiant des Scincidés apodes du Sud-Est asiatique,
donne les résultats de l’examen d’intéressantes séries. Mais cet auteur n’a pas exploité,
du point de vue taxinomique, un caractère dont il contribuait à établir la valeur. L’étude
du nombre des VPS fournit, à notre avis, un élément important, non seulement pour carac¬
tériser une espèce mais aussi pour aider à définir ses relations phylogénétiques.
4. Les vertèbres présacrées des Scincinés des îles de locéan Indien sud-occidental
Abordant l’étude de la systématique des Scincinés de la région malgache (Brygoo,
1980a) nous signalions notre intention d’accorder une particulière attention aux varia¬
tions du nombre des VPS. Ce caractère nous a déjà permis (Brygoo, 1980c) de répartir
en trois sous-genres les espèces du genre Paracontias Mocquard, 1894, qui appartient à
un autre groupe de Scincinés malgaches. Dans le cadre de la révision en cours nous avons
déjà publié (cf. tabl. I) un certain nombre de numérations de VPS.
— 1196 —
Tableau
I. — Nombre des vertèbres présacrées chez des Scincinés de Madagascar.
Nbhe de
Nbhe de
Genre Amphiglossus
SUJETS
VPS
A. astrolabi Duméril et Bibron, 1839
25
37-38
A. reticulatus (Kaudern, 1922)
1
37
A. waterloti (Angel, 1930)
4
37
Autres Scelotes s. 1.
S. frontoparietalis (Boulenger, 1884)
13
32-33
S. splendidus (Grandidier, 1872)
21
35-36
S. ardouini Mocquard, 1897
8
44-45
S. polleni (Grandidier, 1889)
S. stumpffi (Boettger, 1882)
6
38-40
10
39-42
S. trivittatus (Boulenger, 1896)
14
53-57
S. crenni Mocquard, 1906
1
55
Genre Paracontias
P. rothschildi Mocquard, 1905
1
46
P. milloti Angel, 1949
1
47
P. hildebrandti (Peters, 1880)
17
50-54
P. holomelas (Günther, 1877)
9
57-58
P. brochii Mocquard, 1894
3
63-64
Genre Pygomeles
P. bracohnieri Grandidier, 1887
17
57-63
P. petteri Pasteur et Paulian, 1962
2
62
Pour les quatre espèces des trois genres représentés aux Séchelles et aux Mascareignes,
Pamelaescincus, Janetaescincus et Gongylomorphus, le nombre des VPS est de 26, soit le
même que pour les espèces du genre Mabuya, de la sous-famille voisine des Lygosominés,
Lien représenté dans la région et dont la très grande majorité des individus a 26 VPS,
quelques spécimens en ayant 25.
Les résultats obtenus par radiographie de la quasi-totalité des Scelotes s.l. de Mada¬
gascar, des Comores et des Glorieuses actuellement disponibles dans les Musées et Insti¬
tutions scientifiques, soit au total 327 spécimens, ont été regroupés sans tenir compte de
leur appartenance spécifique. L’analyse des données, objectivées sur le graphique (fig. 1),
montre à la fois une très vaste dispersion du nombre des VPS, qui va de 29 chez Scelotes s.l.
melanopleura à 57 chez certains S. s.l. trivittatus, et la relative constance du nombre des
VPS relevés chez les divers spécimens d’une espèce donnée. Ces constatations nous con¬
fortent dans l’idée de l’intérêt taxinomique du caractère.
L’étude de la répartition met en évidence trois faits :
— 1197
Fig. 1. — Répartition des Scelotes s.i. de Madagascar en fonction du nombre de leurs vertèbres présacrées
(VPS).
1 — Aucun lézard na moins de 29 VPS : Cela confirme le caractère particulier du
groupe puisque les autres représentants de la sous-famille, aux Séchelles et aux Masca¬
reignes, n’en ont que 26. Le caractère « primitif » n’est plus observé à Madagascar, aux
Comores et aux Glorieuses, tandis qu’il s’est maintenu sur les îles les plus périphériques
de cette région. Tout se passe comme si l’apparition d’espèces mieux adaptées avait éli¬
miné de Madagascar les représentants primitifs de la sous-famille. Pour expliquer le peu¬
plement des îles les plus proches de Madagascar par des Scincinés ayant un nombre élevé
de VPS (42 à 45 VPS pour Scelotes s.l. johannae (Günther, 1880) des Comores et 44 VPS
— 1198 —
pour Sceloles s.l. valhallae Boulenger, 1909, des Glorieuses), plutôt que de Taire appel à
une hypothétique évolution sur place, il semble plus rationnel d’envisager le peuplement
de ces îles, à partir de Madagascar, à une période où le processus évolutif était déjà très
engagé. Ces envahisseurs ont pu soit éliminer des représentants du type primitif à 26 VPS
soit occuper des terres non encore colonisées par les Scincinés.
2 — Aucun lézard n'a 46, 47 ou 48 VPS : Cette rupture nette dans la courbe des répar¬
titions sépare sans ambiguïté deux groupes de Scincinés selon qu’ils ont plus de 48 VPS
ou moins de 46 VPS.
3 — Le groupe des lézards ayant de 29 à 45 VPS se subdivise en deux sous-unités d'iné¬
gale importance : l’une centrée autour de 30 VPS, l’autre autour de l’ensemble 36-42 VPS.
La répartition en trois groupes des individus, et des espèces, au lieu d’une dispersion
régulière, traduit vraisemblablement l’existence d’optima d’adaptation fonctionnelle. Au
type coureur, avec un petit nombre de VPS, s’oppose un type rampant qui en a plus de 48,
tandis que la plupart des espèces ont un type de locomotion intermédiaire. Des études
comparatives avec des données recueillies dans d’autres régions seront seules capables
d’établir si ces observations ont une signification générale tandis que des études d’ana¬
tomie fonctionnelle en préciseraient les mécanismes. Le travail de Renous et Gasc (1979)
est, en ce domaine, intéressant bien que ses résultats soient difficilement utilisables, les
auteurs ayant fait abstraction des travaux récents sur la taxinomie du groupe et traité
le genre Scelotes dans son sens le plus large.
Conclusions
L’existence parmi les Scelotes s.l. de Madagascar, des Comores et des Glorieuses de
trois groupes d’espèces basés sur l’observation d’un caractère ostéologique indiscutable,
et qui marque les étapes d’un processus évolutif, nous amène à leur donner un statut taxi¬
nomique. L’absence de noms utilisables nous oblige à créer des noms nouveaux.
Le genre Amphiglossus accueillant les espèces de l’ensemble ayant moins de 46 VPS,
nous proposons la création d’un genre nouveau pour les Scincinés endémiques de Mada¬
gascar, d’aspect chalcidoïde, ayant plus de 47 VPS :
Androngo n.g., espèce-type : P y gomeles trivittatus Boulenger, 1896 ; ce mot malgache
désigne un lézard non déterminé ; il sera considéré comme masculin.
Le groupe des « Amphiglossus » n’est manifestement pas homogène. Les différences
sont trop importantes entre les grandes formes de mœurs aquatiques comme les Amphi¬
glossus s.s., les espèces d’aspect scincoïde comme Scelotes s.l. stumpffi et polleni et celles
plus sveltes, ayant conservé l’aspect et le comportement des Lygosominés. La courbe de
répartition des spécimens en fonction du nombre des VPS traduit bien l’un des aspects
de cette hétérogénéité mais ne permet pas, à elle seule, de créer des coupures d’ordre géné¬
rique. A titre provisoire, nous proposons pour ces espèces la répartition suivante : d’une
part deux sous-genres pour accueillir celles dont les affinités sont, dès à présent, évidentes,
ou qu’un caractère simple permet de séparer des autres, et, d’autre part, un groupe d’Amphi¬
glossus s.l. d’où seront progressivement retirées les espèces au fur et à mesure du progrès
des connaissances, pour soit les intégrer dans les unités existantes, soit les réunir en unités
nouvelles. Les deux sous-genres nets sont :
— 1199 —
— le sous-genre nominal Amphiglossus qui comprend les trois espèces de grande
taille (plus de 200 mm pour la tête et le corps) ayant 37-38 YPS et dont les mœurs aqua¬
tiques sont soit établies soit probables ;
— le sous-genre Madascincus nov., espèce-type : Gongylus melanopleura Günther,
1877 ; l’adjonction du préfixe Mada est destinée à rappeler l’origine géographique des
espèces concernées. Ce sous-genre regroupera des Scincinés endémiques de Madagascar,
de petite taille (moins de 80 mm pour la tête et le corps), n’ayant qu’un nombre relative¬
ment faible de VPS (29-30), de mœurs et de morphologie proches de celles des Lygosominés.
Le tableau II présente la nouvelle répartition provisoire en genres et sous-genres des
Scincinés de Madagascar, des Comores et des Glorieuses, en tenant compte du fait que
13 espèces sont encore à étudier, d’où d’éventuelles synonymies à discuter. Le tableau III
récapitule les principales caractéristiques des taxons d’ordre générique pour les Scincinés
des îles de l’océan sud-occidental.
Tableau II. — Répartition générique provisoire des Scincinés tétrapodes de Madagascar, des
Comores et des Glorieuses.
Amphiglossus Duméril et Bibron, 1839
Espèce-type : A. astrolabi Duméril et Bibron, 1839
Amphiglossus (Amphiglossus)
A. astrolabi D. et B., 1839 A. waterloti (Angel, 1930)
A. reticulatus (Kaudern, 1922)
Amphiglossus (Madascincus) n. subg.
Espèce-type : Gongylomorphus melanopleura Günther, 1877
Amphiglossus s. I.
A. ardouini (Mocquard, 1897) A. splendidus (Grandidier, 1872)
A. frontoparietalis (Boulenger, 1889) A. stumpfji (Boettger, 1892)
(= Scelotes praeornatus Angel, 1938)
A. johannae (Günther, 1880) .4. tsaratananensis (Brygoo, 1981)
A. polleni, (Grandidier, 1869) A. valhallae (Boulenger, 1909)
Androngo n. g.
Espèce-tape : Pygomeles trioittatus Boulenger, 1896 (= Scelotes trilineatus Angel, 1949)
Autres espèces :
A. alluaudi (Brygoo, 1981)
A. crenni (Mocquard, 1906)
A. elongatus (Angel, 1933)
— 1200 -
Espèces de Scelotes s.l. en attente
S. andranovahensis Angel, 1933
S. ankodabensis Angel, 1930
5. decaryi Angel, 1930
S. gastrostictus (O’Shaughnessy, 1879)
S. igneocaudatus (Grandidier, 1867)
S. intermedius Boettger, 1913
S. macrocercus (Günther, 1882)
S. macrolepis Boulenger, 1888
S. melanurus (Günther, 1877)
S. mouroundavae (Grandidier, 1872)
S. ornaticeps (Boulenger, 1896)
S. poecilopus Barbour et Loveridge, 1928
S. vulsini (Barbour, 1918)
Remarque. — L’ensemble que constituent les cinq genres de Scincinés tétrapodes
des îles de l’océan Indien sud-occidental possède des caractères primitifs qui ont amené
Greer (1970 b) à les rapprocher des deux genres les plus primitifs de la sous-famille qui,
eux, sont africains : Proscelotes et Sepsina. Nous avons vu que Gongylomorphus, Pamelaes-
cincus et Janetaescincus se séparent nettement des trois autres en n’ayant que 26 VPS.
Prenant en considération d’autres caractères, Greer (19706 : 21) écrivait : « The single
Mauritius genus (Gongylomorphus) and the two Seychelles genera (Pamelaescincus and
Janetaescincus) appear to be each other closest relative. » et plus loin : « The easiest explanation
for the distribution might be that the three genera are simply relicts from a group of scincines
that were once much more widely distributed over Africa and/or Madagascar. » Nous souscri¬
vons à cette hypothèse et admettons, en outre, avec l’auteur, que Gongylomorphus peut
être considéré comme le plus proche de la forme primitive du fait de la persistance chez
lui seul d’une paire d’écailles frontopariétales. Par contre, nous ne suivons pas Greer
lorsqu’il envisage le peuplement de Maurice à partir des Séchelles : « Under these circum¬
stances large tropical rivers may have existed in the Seychelles and would perhaps have greatly
increased the probability of dispersal from the Seychelles to Mauritius. »
La carte (fig. 2) propose l’une des hypothèses qui permettent d’expliquer le peuple¬
ment en Scincinés des îles de l’océan Indien sud-occidental en fonction de l’état des con¬
naissances sur les espèces actuelles. Arnold (1976), Taylor et coll. (1979) ont, en effet,
signalé la découverte dans le Pléistocène d’Aldabra de nombreux os d’un Scelotes sp. « similar
to those of S. johannae Günther and S. valhallae Boulenger from Glorioso. » Ce n’est que
lorsque toutes les îles auront été fouillées avec le même soin qu’il sera possible de se faire
une idée de la dispersion maximale des lézards Scincinés dans la région.
Remerciements
Georges Pasteur et Alain Dubois ont accepté de relire d’un œil critique ce travail. Je les
remercie de leurs remarques et suggestions qui m’ont été fort utiles.
Tableau III. -— Caractéristiques des genres et sous-genres de Scincinés tétrapodes des îles de l’océan Indien sud-occidental.
Gongylo-
morphus
Pamelae-
scincus
Janetae-
scincus
Amphiglossus
(Madascincus)
Amphilossus
(Amphiglossus)
Amphiglossus
s.l.
Androngo
Espèce-type
bojeru
gardineri
braueri
melanopleura
astrolabi
trivittatus
Nombre d’espèces
1 1
1
2
1 2
3
8 2
4
Palais (fide Greer,
19706)
évolué
évolué
évolué
?
simple
simple
?
VPS
26
26
26
29-30
37-38
35-45
49-59
Frontopariétale
+
—
—
—
—
—
—
Rangs d’écailles
autour du corps
38
30-34
22-24
22-24
34-42
28-34
22-28
Taille maximale (en
mm), tête + corps
— de 80
— de 80
— de 80
- de 80
+ de 200
— de 150
- de 150
Nombre de doigts
5
5
4
5
5
5
2-5
Répartition géogra¬
phique
Mascareignes
Séchelles
Séchelles
Madagascar
Madagascar
Madagascar
Comores
Glorieuses
Madagascar
1. Trois sous-espèces ; 2. Chiffres provisoires.
1201
SECHELLES
Pameiaescincus
Janet aesc incus
Fig.
2. —- Répartition des genres et sous-genres de Scincinés des îles de l’océan Indien sud-occidental.
Hypothèses sur l’origine de ce peuplement fondées sur le nombre des vertèbres présacrées (VPS).
— 1203 —
RÉFÉRENCES R[RLIUGRÀPHJQUES
Arnold, Edwin Nicholas, 1976. — Fossil reptiles from Aldabra Atoll, Indian Ocean. Bull. Br.
Mus. nat. Hist., (Zool.), 29 (2) : 85-116.
Blanc, Charles P., 1971. — Les Reptiles de Madagascar et des Iles voisines. Annls Umv. Mada¬
gascar, 8 : 95-1 78.
Blanc, Charles F’., et Françoise Blanc, 1967a. — Observations écologiques sur les Sauriens du
Mont Bity. Annls Fac. Sci. U nia. Madagascar, 5 : 57-66.
Blanc, Charles P., et Françoise Blanc, 19676. — Observations biologiques (Adultes, Œufs, Jeunes)
sur quelques sauriens du Mont Bity. Ibid., 5 : 67-74.
Brygoo, Édouard R., 1980a. — Systématique des Lézards Scincidés de la région malgache. 1.
Scelotes trivittalus (Boulenger, 1896) nov. comb, synonyme de Scelotes trilineatus Angel,
1949. Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 1 (1979), A, (4) : 1115-1120.
— 19806. - II. Amphiglossus astrolabi Duméril et Bibron ; Gongylus polleni Grandidier,
1869 ; Gongylus stumpfji Boettger, 1882, et Scelotes waterloti Angel, 1930. Ibid., 2, A, (2) :
525-539.
— 1980c. — III. Les « Acontias » de Madagascar : Pseudoacontias Barboza du Bocage, 1889 ;
Paracontias Mocquard, 1894 ; Pseudacontias Hewitt, 1889, et Malacontias Greer, 1970.
Ibid., 2, A, (3) : 905-915.
— 1980d. — IV. Amphiglossus reticulatus (Kaudern, 1922) nov. comb., troisième espèce du
genre ; ses rapports avec Amphiglossus waterloti (Angel, 1920). Ibid., 2, A, (3) : 916-918.
Greek, Allen E., 1970a. — A subfamilial classification of Scincid Lizards. Bull. Mus. comp. Zool.
Haro., 139 (3) : 151-183.
— 19706. — The systematics and evolution of the subsaharan Africa, Seychelles and Mauri¬
tius Scincine Scincid Lizards. Ibid., 140 (1) : 1-24.
Hewitt, John, 1929. — On some Scincidae from South Africa, Madagascar and Ceylon. Ann.
Transv. Mus., 13 : 1-8.
Hf.yer, W. Ronald, 1972. - A new limbless Skink (Reptilia : Scincidae) from Thailand with
comments on the generic status of the limbless skinks of Southeast Asia. Fieldiana, Zool.,
58 (10) : 109-129.
Hoffstetter, Robert, et Jean-Pierre Gasc, 1969. — Vertebrae and Ribs. In Gans et coll., Bio¬
logy of Reptilia, Morphology A. I : 201-310 ; Acad. Press.
Mi llot, Jacques, 1951. — Un lézard d’eau à Madagascar (Scelotes astrolabi Dum. et Bibr.). Natu¬
raliste malgache, 3 (1) : 87-90.
Pasteur, Georges, 1959. — Premières observations sur les sauriens rapportés du Tsiafajavona
par le professeur Millot. Mém. Inst, scient. Madagascar, A, 12 : 149-172.
Renous, Sabine, et Jean-Pierre Gasc, 1979. — Étude des modalités de réduction des membres
chez un Squamate serpentiforme : Scelotes , Scincidé afro-malgache. Annls Sci. nat., Zool.,
13» sér., 1 : 99-132.
Romer, Alfred Sherwood, 1956. — Osteology of the Reptiles. Univ. Chicago Press.
Sewertzoff, A. N., 1931. — Studien iiber die Reduktion der Organe der Wirbeltiere. Zool. Jb.,
Anat., 53 : 611-711.
Stokely, Paul Scott, 1947. — Limblessness and correlated changes in the girgles of a comparative
morphological series of lizards. Ann. Midi. Nat., 38 : 725-754.
Taylor, J. D., C. J. R. Braithwaite, J. F. Peake, et E. N. Arnold, 1979. — Terrestrial faunas
and habitats of Aldabra during the late Pleistocene. Phil. Trans. R. Soc., London, B, 286 :
47-66.
— 1204 —
Vinson, Jean, et Jean-Michel Vinson, 1970. — The saurian fauna of the Mascarene islands. Bull.
Maurit. Inst. (1969), 6 (4) : 203-320.
Vinson, Jean-Michel, 1973. — A new skink of the genus Gongylomorphus from Macabé forest
(Mauritius). Rev. agric. suer, ile Maurice , 52 : 39-40.
Witte, Gaston F. de, et Raymond Laurent, 1943. — Contribution à la systématique des Scin-
cidae apparentés au genre Scelotes Fitzinger. Mém. Mus. r. Hist. nat. Belg., 2 e sér., 26 :
44 p.
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 3, 1981,
section A, n° 4 : 1205-1217.
Nouvelle description de Torpedo ( Torpedo) torpedo (Linnaeus, 1758)
(Pisces, Torpedinidae)
par Christian Capapé et Martine Desoutter
Résumé. — Les auteurs présentent une nouvelle description de Torpedo ( Torpedo ) torpedo
(Linnaeus, 1758) fondée sur des caractères morphologiques et méristiques et sur l’anatomie du
neurocrâne, de la ceinture pelvienne et des ptérygopodes.
Abstract. — The authors present a new description of Torpedo ( Torpedo ) torpedo (Linnaeus,
1758) based on morphological and meristic characters, the anatomy of neurocranium, pelvic girdle
and claspers.
C. Capapé, Institut Pasteur, Tunis, Tunisie, et Laboratoire d’ Icthyologie et de Parasitologie générale, U STL,
Montpellier, France.
M. Desoutter, Laboratoire d’Ichtyologie générale et appliquée, Muséum national d'Histoire naturelle, 43, rue
Cuvier, 75231 Paris cedex 05.
Introduction
Trois espèces de Torpedinidae sont présentes le long des côtes tunisiennes, dans le
le reste du bassin méditerranéen et sur les côtes de l’Atlantique, du golfe de Gascogne
au Maroc : Torpedo ( Torpedo ) torpedo (Linnaeus, 1758), Torpedo ( Torpedo ) marrnorata
Risso, 1810, et Torpedo ( Tetronarce ) nobiliana Bonaparte, 1835 (Tortonese, 1956 et 1963 ;
Krefft et Stehmann, 1973 ; Bauchot et Pras, 1980). Parmi ces espèces, T. (T.) torpedo
est la plus communément pêchée, particulièrement dans le golfe de Tunis (Quignard et
Capapé, 1971). Ces captures abondantes et régulières ont permis de réaliser des études
portant essentiellement sur la biologie de la Torpille ocellée (Quignard, 1973 ; Quignard,
et Capapé, 1974). La partie descriptive n’ayant été que très sommairement envisagée,
il nous a paru utile de donner une nouvelle description de Torpedo ( Torpedo ) torpedo (Lin¬
naeus, 1758). Cette étude est fondée sur des caractères morphologiques, biométriques et
méristiques, sur la coloration et également sur l’anatomie du neurocrâne, de la ceinture
pelvienne et des ptérygopodes.
Matériel et méthodes
Le matériel étudié provient de captures effectuées dans le golfe de Tunis pendant
l’année 1978. Les observations concernant la morphologie générale et la coloration ont
été faites sur 1 085 individus parmi lesquels 366 (180 femelles et 186 mâles) ont été mesurés.
1206 —
Les caractères méristiques ont été observés sur un nombre plus restreint d’exemplaires
cpie nous préciserons au fur et à mesure.
Description de l’espèce
1. Morphologie générale.
Le disque présente une forme subcirculaire avec le bord antérieur sensiblement recti¬
ligne. Il est un peu plus large que long, sa longueur étant comprise 1,10 à 1,30 fois dans
sa largeur. La longueur du disque est comprise 1,70 à 1,90 fois et la largeur 1,50 à 1,65 fois
dans la longueur totale. La largeur de la bouche est comprise 1,12 à 1,30 fois dans l’espace
internasal, elle est sensiblement égale à l’espace interoculaire. Les distances entre les fentes
branchiales sont sensiblement égales entre elles, seule la distance séparant les cinquièmes
fentes branchiales est très légèrement plus faible ; cette dernière distance est comprise 1,80
à 2 fois dans la distance qui sépare la cinquième fente branchiale du bord antérieur du
cloaque et contient 3 à 3,16 fois la largeur de la bouche. Les pelviennes, subquadrangu-
laires, se terminent en pointe.
La queue, bien développée et charnue, est parcourue longitudinalement par une crête
cutanée. Elle se termine par une caudale large et ovale. Les deux dorsales, de forme sub¬
triangulaire, sont à base relativement étroite, la première est plus développée que la seconde.
Les yeux sont petits, globuleux, fortement exorbités. Leur diamètre longitudinal est
compris près de deux fois dans l’espace interoculaire. Les évents circulaires sont bordés
de tentacules courts orientés vers le centre du spiracle. Ces tentacules se raccourcissent
au cours de la croissance pour prendre l’aspect d’un bourrelet et se réduire à un renflement
papilliforme chez les grands spécimens (fig. 1). Le nombre de tentacules est constant quels
que soient la taille et le sexe des individus ; on compte 9 (8-10) tentacules.
i cm
Fig. 1. — Évent. A, jeune individu ; B, individu âgé.
— 1207 —
Nous avons étudié les relations qui existent entre le diamètre longitudinal de l’œil
(Do) et la longueur totale (L), l’espace entre les nageoires dorsales (D1-D2) et la longueur
totale (L), et la relation entre la distance séparant le cloaque du lobe inférieur de la caudale
(cl-lic) et la largeur du disque (1). Ces relations sont exprimées en coordonnées brutes et
coordonnées logarithmiques dans le tableau I et figurées en valeur brute (fig. 2, A, B, C).
Il apparaît que le diamètre longitudinal de l’œil croît moins rapidement que le corps ;
il n’en est pas de même de la distance entre les deux dorsales : l’allométrie est fortement
majorante. La distance cl-lic, sensiblement égale à la longueur de la queue, grandit de
façon isométrique en fonction de la largeur du disque ; le corps de l’animal semble se déve¬
lopper de façon harmonieuse.
B C
Fig. 2. — A, relation entre le diamètre longitudinal de l’œil (Do) et la longueur totale (L) ; B, relation
entre l’espace entre les deux nageoires (D1-D2) et la longueur totale (L) ; C, relation entre la distance
du cloaque au lobe inférieur de la caudale (cl-lic) et la largeur du disque (1).
— 1208 —
T. (T.) torpédo est un Torpedinidae de petite taille ; la taille maximale est de 60 cm
environ (Risso, 1810). Quignard et Capapé (1974) notent que le plus grand exemplaire
de T. (T.) torpédo capturé le long des côtes tunisiennes est une femelle de 41 cm ; le plus
grand mâle mesure 39 cm. Pour les individus capturés dans le golfe de Tunis, les femelles
de grande taille sont plus abondantes que les mâles. Le tableau II montre que les pour¬
centages de femelles pour les classes de tailles de 30 cm-35 cm, 35 crn-40 cm, 40 cm-45 cm
sont significativement plus importants que ceux calculés pour les mâles.
Tableau I. — Relation d’allométrie entre le diamètre de l’œil et la longueur totale (L), la dis¬
tance entre les nageoires dorsales (inter DI et D2) et la longueur totale (L), la distance entre
le cloaque et l’extrémité de la caudale (cl-lic) et la largeur du disque (1).
Coordonnées brutes (mm) Coordonnées logarithmiques n r 1 L
œil = 0,0350 L-0,158 log œil = 0,946 log L-1,337 38 0,987 15-35 cm
inter D1-D2 = 0,0905 L-6,439 log inter D1-D2 = 1,447 log L-2,273 38 0,992 15-35 cm
cl-lic = 0,465 1-1,466 log cl-lic = 1,029 log 1-0,406 38 0,982 15-35 cm
1. r n’a été calculé que pour les coordonnées logarithmiques.
Tableau II. — Répartition et pourcentage des femelles et des mâles par classes de tailles de 5 cm.
Classe
DE TAILLES
10-15
15-20
20-25
25-30
Para¬
mètres
Nbre
% par % total
sexe indiv.
Nbre
% P ar
sexe
% total
indiv.
Nbre
% P ar
sexe
% total
indiv.
Nbre
% par % toi al
sexe indiv.
Femelles
44
9,52 4,06
72
15,60
6,63
80
17,31
7,37
88
19,05
8,11
Mâles
60
9,63 5,53
124
19,90
11,42
160
25,68
14,74
149
23,91
13,73
30-35
35-40
40-45
Nbre
% par
sexe
% total
indiv.
Nbre
% par % total
sexe indiv.
Nbre°/° par
sexe
% total
indiv.
114
24,67
10,51
58
12,55 5,34
6 1,30
0,55
94
15,09
8,66
36
7,79 3,32
0 0
0
2. Coloration
La face dorsale présente un fond de couleur uniforme variant du brun à l’ocre rosé,
parsemé de taches lenticulaires blanches dont le nombre augmente au fur et à mesure
que l’on s’approche de la queue. Néanmoins, l’ornementation fondamentale est caracté-
— 1210 —
risée par les ocelles de couleur bleue, caractère de différenciation majeur de cette espèce.
Ils sont le plus souvent au nombre de cinq, arrondis ou ovales. Leur diamètre atteint 1,6 cm
au maximum ; leur taille n’augmente pas après que l’animal a atteint la maturité sexuelle.
Chez les spécimens possédant cinq ocelles, on observe trois ocelles antérieurs et deux posté¬
rieurs. Mais ce nombre n'est pas fixe chez T. (T.) torpedo, comme l’ont montré Quignard
et Capapé (1974). Nous avons observé des individus ayant de zéro à sept ocelles et même
huit pour un individu. Ces anomalies sont plus fréquentes chez les mâles : 19,27 %, que
chez les femelles : 9,79 % (tabl. III). Nous avons recensé davantage d’individus ayant
moins de cinq ocelles que d’individus en ayant plus de cinq.
Tableau III.
1758).
- Anomalies du nombre d’ocelles chez Torpedo ( Torpedo ) torpedo (Linnaeus,
Nombre d’ocelles
0
1
2
3
4
5
6
7
8
Total
Nbre de mâles
12
14
8
28
19
373
4
3
1
462
% de mâles
2,59
3,03
1,73
6,06
4,11
80,73
0,86
0,65
0,21
100
Nbre de femelles
6
7
7
20
17
562
2
2
0
623
% de femelles
Nbre de mâles et de
0,96
1,12
1,12
3,21
2,73
90,21
0,32
0,32
0
100
femelles
% de mâles et de
18
21
15
48
36
985
6
5
1
1 085
femelles
1,65
1,93
1,38
4,42
3,32
86,17
0,55
0,46
0,09
100
La face ventrale est de couleur blanchâtre à blanc rosé ; chez les jeunes individus,
la périphérie du disque est plus sombre.
3. Anatomie du squelette
L’étude du squelette du neurocrâne et de la ceinture pelvienne a été faite à partir
de radiographies.
Neurocrâne (fig. 3 A)
Le neurocrâne de T. [T.) torpedo a fait l’objet d'une étude par Hamdy et Hassan
(1973). Le cartilage rostral se divise au niveau de son tiers antérieur en deux branches
latérales symétriques par rapport à l’axe médian du neurocrâne ; leur bord antérieur est
fortement incurvé et terminé distalement par une pointe très prononcée. Chaque branche
latérale possède une ouverture nasale ovale. Le neurocrâne, comprimé dans sa partie
moyenne, a ses bords rectilignes, fl s’évase dans le tiers postérieur et trois bourrelets s’indi¬
vidualisent, correspondant aux processus postorbitaires, aux crêtes supra-optiques et aux
processus ptérotiques. La dépression pariétale, semicirculaire, est bien marquée entre les
condyles occipitaux proéminents et arrondis, au-dessus desquels se trouvent les fentes
occipitales réniformes, mais qui se rétrécissent vers l’avant.
1211
in, 3. — A, neurocrâne. 1, ouverture nasale ; 2, processus postorbitaires ; 3, crêtes supraoptiques ; 4, pro¬
cessus ptérotiques ; 5, fentes occipitales ; 6, condyles occipitaux ; 7, dépression pariétale. — B, cein¬
ture pelvienne. 1, processus prépelviens ; 2, foramens iliaques ; 3, tubercules iliaques ; 4, partie laté¬
rale iliaque ; 5, barre pelvienne transverse avec échancrure médiane ; 6, tubercules ischio-pubiens.
Ceinture pelvienne (fig. 3 B)
La ceinture pelvienne est relativement longue et étroite au niveau de l’échancrure
médiane ; elle s’élargit au niveau des parties iliaques percées de trois foramens arrondis,
peu ouverts et de diamètre égal. La barre ischio-pubienne présente une arche fortement
concave vers l’avant et les processus prépelviens sont relativement longs. Les tubercules
iliaques sont recourbés en crochets et les tubercules ischio-pubiens représentés par une
courte pointe.
Ptérygopodes
Les ptérygopodes sont relativement courts ; ils représentent entre 28 et 30 % de la
longueur totale, mesurés depuis leur insertion au niveau de la ceinture pelvienne. Ils ont
une section circulaire ; ils se renflent dans leur tiers postérieur. Sur la face ventrale des
mâles adultes, on note la présence de sacs siphonaux de forme ovale.
La morphologie externe des ptérygopodes révèle la présence d’un long apopyle étroit
qui se continue par la gouttière spermatique et l’hypopyle qui est une fente en forme de
croissant, largement ouverte. Le pseudorhipidion, plus interne, est comprimé entre le
pseudosiphon ventral et la gouttière spermatique (fig. 4).
La dissection des ptérygopodes nous a permis de mettre en évidence huit cartilages
juxtaposés : un axial, deux marginaux et cinq terminaux (fig. 5 et 6). Le cartilage axial
(ax.), allongé, a une section rectangulaire dans sa moitié antérieure et aplatie dans la
moitié postérieure ; la face dorsale est creusée longitudinalement. Le dorsal marginal (dmg)
est une courte baguette sensiblement rectiligne. Le ventral marginal (vmg) est pointu à
son extrémité antérieure, allongé et légèrement comprimé sur ses deux faces. Le dorsal
terminal 1 (dtr 1) a la forme d’une navette étirée antérieurement ; sa face dorsale est creuse
avec un rebord bien marqué sur tout le pourtour du cartilage ; sur la face dorsale, on observe
une carène médiane longitudinale. Le dorsal terminal 2 (dtr 2), plat, a la forme d’un losange
allongé ; le dorsal terminal 3 (dtr 3), la forme d’un « fer de lance » ; la face ventrale est creuse,
4, 18*
1212
F i(j. 4. — Ptérygopodes, morphologie externe. A, face ventrale ; B, face dorsale. 1, nageoire pelvienne ;
2, sac siphonal ; 3, apopyle ; 4, pseudosiphon dorsal ; 5, hypopvle ; 6, pseudosiphon ventral ; 7, pscudo-
rhipidion ; 8, gouttière spermatique.
Fig. 5. — Ptérygopode, pièces squelettiques in situ. 1, axial ; 2, dorsal marginal ; 3, ventral marginal ;
4, dorsal terminal 1 ; 5, dorsal terminal 2 ; 6, dorsal terminal 3 ; 7, ventral terminal.
plus particulièrement au niveau de la face externe moyenne ; au niveau du quart posté¬
rieur, on observe un tubercule qui se recourbe vers l’intérieur ; à l’opposé de ce dernier
se trouve une échancrure sur la face ventrale. Le ventral terminal (vtr), quadrangulaire,
présente une pointe bien marquée dans son angle antéromédial ; la face dorsale est creuse,
ses deux rebords latéraux sont peu visibles.
— 1213 —
d mg
v mg
0,5 cm
Fig. 6. — Ptérygopode, détail des pièces squelettiques, ax, axial, face dorsale ; dmg, dorsal marginal,
face dorsale ; vmg, ventral marginal, face ventrale ; dtr 1, dorsal terminal : 1, face ventrale, 2, face
dorsale ; dtr 2, dorsal terminal 2, face dorsale ; dtr 3, dorsal terminal 3:1, face ventrale, 2, face dor¬
sale ; vtr, ventral terminal : 1, face ventrale 2, face dorsale.
4. Vertèbres et rayons pectoraux
Quignard et Capapé (1971) ont donné la forme vertébrale de T. (T.) torpedo : 33 ver¬
tèbres de la région occipitale jusqu’à la fermeture des arcs hémaux, 39 vertèbres pour
les mâles, 40 vertèbres pour les femelles, de la région occipitale jusqu’au niveau de la pre¬
mière nageoire dorsale. Nous avons compté 92-97 vertèbres au total.
— 1214 —
Le nombre de rayons pectoraux est de 74-78. Le tableau IV résume nos observa¬
tions.
Tableau IV. — Nombre de vertèbres troncales, nombre total de vertèbres et nombre de rayons
pectoraux chez Torpedo (Torpedo) torpedo (Linnaeus, 1758).
CabACTÈRES
Extrêmes
Mode
Moyenne
Variance
Écart-type
Vert, troncales
31-35
33
33,04
0,770
0,887
Vertèbres
92-97
94
94,44
1,287
1,621
Ray. pectoraux
74-78
76
75,69
1,006
1,014
5. Morphologie des dents
Les dents sont disposées en rangées parallèles ; les dents de deux rangées successives
sont en quinconce. La cuspide des dents des rangées médiales est courte et étroite ; elle
est plus courte et légèrement incurvée pour les dents des rangées latérales. La cuspide
de section circulaire repose sur une large plaque basale, faiblement échancrée dans sa partie
médiane. Les plaques basales des dents de la mâchoire inférieure sont moins développées
(«g- 7).
Fig. 7. — Dents médianes chez uri individu adulte de 31 cm de longueur totale. A, mâchoire supérieure ;
B, mâchoire inférieure.
Garman (1913) donne comme formule dentaire 28/26 pour les jeunes et 34/32 pour
les adultes. Fowler (1936), Tortonese (1956) et Bini (1967) donnent 18-33/15-28. Nous
avons constaté que le nombre de rangées de dents augmente avec la taille des individus
(fig. 8). Nous avons les relations suivantes pour 48 individus :
— 1215
Nombre de dents, mâchoire supérieure : 0,792 L -f- 6,420
r = 0,960
Nombre de dents, mâchoire inférieure : 0,705 L 6,662
r = 0,957
La formule dentaire des spécimens des côtes tunisiennes peut s’écrire : 16-34/16-32.
N bre
dents mâch.
sup.
Lt (cm)
- H - ' ' I
• • • •
Nbre dents mâch. inf.
Fig. 8. — Relation entre le nombre de dents à la mâchoire supérieure (A) et à la mâchoire inférieure (B)
et la longueur totale (L).
Discussion et conclusion
Cette description de T. (T.) torpédo permet de la comparer avec T. (T.) marmorata
et T. (T.) bauchotae Cadenat, Capapé et Desoutter, 1978, qui ne semble connue que sur
les côtes du Sénégal et dans le golfe de Guinée ; nous les comparerons également avec les
espèces du sous-genre Tetronarce. Les ressemblances sont peu nombreuses et semblent se
limiter à la forme générale du disque et du neurocrâne.
— 1216 —
Malgré les caractères qui les différencient (Cadenat, Capapé et Desoutter, 1978),
T. (T.) marmorata et T. (T.) bauchotae semblent plus proches entre elles qu’elles ne le sont
de T. (T.) torpedo. D’après nos observations, les principales affinités concernent la colo¬
ration du disque, la longueur totale du disque par rapport à la longueur de la queue, les
tentacules spiraculaires, le nombre total de vertèbres.
Néanmoins, l’examen de la ceinture pelvienne, en ce qui concerne la forme et la posi¬
tion des processus prépelviens, des tubercules iliaques, montre quelques allinités entre
T. (T.) torpedo et T. (T.) marmorata.
L’étude de l’ensemble de ces caractères nous a permis d’établir une clé des espèces
du sous-genre Torpedo que l’on a étudiées le long des côtes atlantique ouest et méditerra¬
néenne. Nous ferons abstraction des caractères de coloration.
1 A. Longueur de la queue comprise au maximum deux fois dans la longueur totale. Extrémité
postérieure des pelviennes n’atteignant pas l’origine de la deuxième dorsale. Tentacules spira¬
culaires en forme de bourrelets. Moins de 100 vertèbres. Torpedo ( Torpedo ) torpedo
1 B. Longueur de la queue comprise plus de deux fois dans la longueur totale. Extrémité posté¬
rieure des pelviennes atteignant ou dépassant l’origine de la deuxième dorsale. Tentacules spira¬
culaires longs en forme de franges ou de digitations. Plus de 100 vertèbres. 2
2 A. Branches du cartilage rostral formant entre elles un angle inférieur ou égal à 90°. Processus
prépelviens courts et arrondis. Diamètre de l’œil compris 1,5 fois dans l’espace interoculaire.
13 lamelles pseudobranchiales ou plus. Torpedo ( Torpedo ) marmorata
2 B. Branches du cartilage rostral formant un angle supérieur à 120°. Diamètre de l’œil égal à
l’espace interoculaire et à la distance interdorsale. 28 vertèbres troncales. 12 lamelles pseudo¬
branchiales. 70 rayons pectoraux. Torpedo ( Torpedo ) bauchotae
On observe chez T. (T.) torpedo une régression des tentacules spiraculaires. Une étude
des espèces de Torpedo appartenant au sous-genre Tetronarce (Capapé et Desoutter,
1980) nous permet de constater que l’anatomie de la ceinture pelvienne et du neurocrâne
de T. (T.) torpedo s’apparente à celle du sous-genre Tetronarce.
Remerciements
Nous tenons à exprimer toute notre reconnaissance et nos remerciements les plus sincères
à M me M. L. Bauchot et à M. le Pr J. Daget qui ont accepté de relire et de corriger notre manus¬
crit.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Bauchot, M. L., et A. Pras, 1980. — Guide des Poissons marins d’Europe. Éd. Delachaux et
Niestlé, Lausanne-Paris. 427 p., 40 pl., 24 pl. coul.
Bim, G., 1967. — Atlante dei pesci delle coste italiane. I. Leptocardi, Ciclostomi, Selaci. Mondo
Sommerso, Milano. 206 p., 66 fig. -|- 64 col. fig.
Cadenat, J., C. Capapé, et M. Desoutter, 1978. — Description d’un Torpedinidae nouveau des
côtes occidentales d’Afrique : Torpedo ( Torpedo ) bauchotae (Torpediniformes, Pisces). Cybium ,
3 e sér., 4 : 29-42, 9 fig., 1 tabl.
— 1217 —
Capapé, C., et M. D esoutter, 1980. — Nouvelles descriptions de Torpedo (Tetronarce) nobiliana
Bonaparte, 1835, et de Torpedo (Tetronarce) mackayana Metzelaar, 1919 (Pisces, Torpe-
dinidae). Bull. Mus. natri. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 2, A, (1) : 325-342, 15 fig., 3 tabl.
Fowler, H. W., 1936. — The marine fishes of west Africa, based on the collection of the American
museum Congo expedition, 1909-1915. Part I and II. Bull. Am. Mus. nat. Hist., 70 : 1-
1493, 567 fig.
Fraser-Brünner, A., 1949. — Note on the electric rays of the genus Torpedo. Ann. Mag. nat.
Hist., 12 (2) : 943-947, 1 fig.
Carman, S., 1913. — The Plagiostoma (Sharks, Skates and Rays). Mem. Mus. comp. Zool. Haro.,
36 : i-xiii 4- 528 p., 75 pi.
Hamdy, A. R., et S. H. Hassan, 1973. — On the neurocranium of Torpedo ocellata. Bull. Fac. Sci.
U.A.R., 46 : 127-136, 5 fig.
Hamdy, A. R., et S. H. Hassan, 1973. — On the viscerocranium of Torpedo ocellata. Bull. Fac.
Sci. U.A.R., 46 : 137-147, 7 fig.
Krefft, G., et M. Stehmann, 1973. — Torpedinidae. In Hureau, J. C., et T. Monod, Catalogue
des Poissons de l’Atlantique du Nord-Est et de la Méditerranée. UNESCO : 55-57.
Quignard, J. P., 1973. — Recherches sur la biologie d’un Sélacien du golfe de Tunis, Torpedo
torpedo Linné, 1758 (croissance relative, croissance absolue, coefficient de condition). Annls
Inst. Michel Pacha, 6 : 72-110, 17 fig., 6 tabl.
Quignard, J. P., et C. Capapé, 1971. — Liste commentée des Sélaciens de Tunisie. Bull. Inst,
oc.éanogr. Pêche, Salammbô, 2 (2) : 131-142, 4 tabl.
Quignard, J. P., et C. Capapé, 1971. — Étude du nombre de vertèbres chez trente et une espèces
de Sélaciens des côtes de Tunisie. Bull. Inst, occanogr. Pêche, Salammbô, 3 (1-4) : 99-129,
5 fig., 12 tabl.
Risso, A., 1810. — Ichthyologic de Nice ou Histoire Naturelle des Poissons du département des
Alpes Maritimes. Paris. 385 p., 11 pl.
Tortonese, E., 1956. — Leptocardia, Ciclostomata, Selachii. Fauna Ital., 2 : 334 p., 163 fig.
— 1963. — Elenco riveduto dei Leptocardi, Ciclostomi, Pesei cartilaginei e ossei del mare
Mediterraneo. Annali Mus. civ. Star. nat. Giacomo Doria, 74 : 156-185.
Bull. Mus. natrx. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 3, 1981,
section A, n° 4 : 1219-1224.
The Scorpionfishes (Pisces, Scorpaenidae)
of the North Aegean Sea
by P. S. Economidis and H. K. Daoulas
Abstract. — In the N. Aegean Sea the following species Scorpaenidae are found : Ilelicolenus
dactylopterus (Delar., 1809), Scorpaena porcus L., 1758, Scorpaena scrofa L., 1758, Scorpaena notata
Raf., 1810, and Scorpaena elongata Cadenat, 1943. In the S. Aegean Sea (Rhodos) the species
Scorpaena maderensis Val., 1833, is recorded for the first time. The species Scorpaena elongata
Cadenat, 1943, is noted for the first time not only in the Aegean Sea, but also in the East Medi¬
terranean Sea. In Scorpaena notata Raf., the number, position and size of the pores at the sym¬
physis of the lower jaw, the number of spines of the preorbital bone, the size of the supraocular
tentacle and the number of pectoral rays showed a considerable variation. In particular, posses¬
sion of only one pore at the symphysis of the lower jaw is not by itself a distinguishing charac¬
teristic.
Résumé. — Dans le nord de la mer Égée ont été trouvées les espèces suivantes de la famille
des Scorpaenidae : Ilelicolenus dactylopterus (Delar., 1809), Scorpaena porcus L., 1758, Scorpaena
scrofa L., 1758, Scorpaena notata Raf., 1810, Scorpaena elongata Cadenat, 1943, cette dernière
pour la première fois en mer Égée du Nord, ce qui est sa première mention pour toute la Méditer¬
ranée orientale. Scorpaena maderensis Val., 1833, a été également trouvée pour la première fois
en mer Ég ée du Sud (Rhodes). Chez Scorpaena notata Raf., des caractères comme le nombre, les
variations de la position et de la grandeur des pores à la symphyse mandibulaire, le nombre d’épines
à l’os préorbitaire, la grandeur du tentacule supraoculaire et le nombre de rayons des nageoires
pectorales, présentent une très grande variabilité. En particulier, les exemplaires de Scorpaena
notata Raf., et Scorpaena elongata Cad., avec un pore unique à la symphyse mandibulaire, ne
semblent pas être rares, ce qui retire toute valeur spécifique à ce seul caractère.
P. S. ëconomiois, University of Thessaloniki, Laboratory of Zoology, Thessaloniki, Greece.
H. K. Daoulas, Institute of oceanographical and fisheries Investigations, Agios Kosmas, Athens, Greece.
The Scorpionfishes of the North Aegean Sea are little known. Our only knowledge
comes from Face (1918) who mentioned Scorpaena porcus from the coasts of Limnos
island, Konsuloff & Drensky (1943) who reported S. porcus, S. scrofa and S. notata
from the coasts of Alexandroupolis and Kavala, and finally from Economidis & Bau-
chot (1976) who besides having mentioned the aforesaid species, also recorded Helico-
lenus dactylopterus from the Thermaikos gulf as well as a Scorpaena sp. from the coasts
of Thasos island.
A research program on the biology of Scorpionfishes carried out by the Hellenic
Institute of oceanographical and fisheries investigations (IOKAE), faced a taxonomic
problem which needed an early solution. S. notata was found to present very difficult
morphological problems. This contribution gives the first results from research on the
taxonomy of Scorpionfishes in the North Aegean Sea.
— 1220 —
Materials and Methods
The specimens examined came from the collections of the Zoological Laboratory of the Thes¬
saloniki University and the IOKAE. In this contribution as far as Scorpaena notata is concerned
we are referring only to some observations on the pores at the symphysis of the lower jaw, the
morphology of the spines of the preorbital bone, the size of the supraocular tentacle, and the
number of pectoral rays. The material is now stored at the Laboratory of Zoology of the Thes¬
saloniki University.
Results
The Scorpionfishes which were found in the North Aegean Sea with their distribution
in the other Greek seas are given in table I, about which the following observations can
he made :
1. Scorpaena elongata Cadenat, 1943, reported only from the western Mediterranean
and the eastern Atlantic (Blanc & Hureau, 1973 ; Tohtonese, 1975) was found for the
first time in the North Aegean Sea, where it was caught on soft bottoms up to a depth
of 200 m. S. elongata has not yet been found in the South Aegean and the Ionian Sea,
where it may also live. In the collections of the Laboratory of Zoology of the Thessa¬
loniki University are 4 specimens (TL : 135-308 mm, LZUT 1 : n os GB -1434, C-308, E-35
and C-311, the lost having one pore at the symphysis) caught in the Thermaikos gulf and
the Sea of Thrace. Another fish having an exceptional total length of 470 mm, was caught
on the 25.V.1979 near to the Athos peninsula (fig. 1).
Fig. 1. — Individual Scorpeana elongata, TL 470 mm, fishing in 25-V-1979 north of Athos peninsula.
1. Laboratory of Zoology, University of Thessaloniki.
— 1221 —
2. Scorpaena maderensis Valenc., 1833, which has not yet been found in the North Aegean
Sea is already known in the Ionian Sea (Tortonese, 1975) and the Sea of Cyprus (Frôi-
land, 1972), and was recently found near to Rhodos island in the South Aegean Sea (3 spec.
106-117 mm ; LZUT ; GB-1437).
3. Scorpaena notatci Rafinesque, 1810, presents a significant polymorphism revealed
by the study of several specimens from the Aegean Sea. The anterior mandibular pores
at the symphysis of lower jaw show a variation both in their size and their distance from
each other. These conclusions result from the examination of 100 specimens. This
variation in size can be observed even in the same individual. From table II we conclude
that in 77 % of the specimens the distance between the pores ranges from 1-3 diameters.
Besides, two specimens of our collection (n 03 LZUT : GB-1443, TL : 100 mm and LZUT :
C-319, TL : 122 mm) and one of the Museum of Paris (MNHN n° 1975-680, TL : 110 mm)
had only one pore. Also one specimen (n° LZUT : GB-1444, TL : 100 mm) had no pores
at all, one specimen (LZUT : C-319, TL : 122 mm) had the pores in contact and in another
specimen (LZUT : GB-664, TL : 104 mm) the surface was perforated by five small pores
(fig. 2). The examination of 80 specimens indicates a significant polymorphism in the
number of the spines of the preorbital bone ; 77,5 % of the specimens have 3 spines in each
bone while the other 22,5 % were found to have a type different from the above mentioned,
that is 2 —f- 2, 2 —(— 3, 3 —f- 2, 4 —|— 3, 3 —4, 3 —|— 5 and 4 —)— 4. The most frequent type
was the last one (4 -j- 4) occuring in 6,2 % of all specimens. The supraocular tentacle,
measured in 100 specimens, is usually less than the 1/5 of the vertical orbit diameter (56 %).
In the rest of the specimens (44 %), especially in the younger ones of less than 90 mm LT,
the supraocular tentacles are more than 1/5 of the vertical orbit diameter. An important
percentage (20 %) of the total of specimens have a supraocular tentacle 1/2 of the vertical
orbit diameter or more. The pectoral rays, which were measured in 39 specimens, were
found to be 18 in 32 specimens (82,05 %) and 17 in the 7 other specimens (17,95 %). This
ratio of specimens having 18 or 17 pectoral rays is different from Eschmeyer’s (1969)
data (from 20 specimens, one had 17, 19 had 18).
Consequently, it is clear that the specimen MN1IN n° 1975-680, referred to as Scor¬
paena sp. (Economidis & Bauchot, 1976) is in fact Scorpaena notata with only one pore
at the symphysis of lower jaw.
Discussion and Conclusions
The finding in the Aegean Sea of the species S. clongata for the first time indicates
a wider distribution of this Atlantic species in the area of Mediterranean Sea. So, ome
more Atlantic species is added to the fish fauna of the Aegean Sea.
As far as S. notata is concerned, a relatively important polymorphism is present.
This is shown by the variation of several morphological characters — thought to be rela¬
tively stable — from the described type. The number of pores at the symphysis of the
lower jaw, the variation of their size and their distance from each other indicates that
this special character should be considered with prudence. Besides S. notata, there are
also individuals of S. elongata with only one pore. Consequently, this feature alone cannot
be considered as a specific character if it is not combined with other features, and espe-
2. — Number and position of pores at the symphysis of lower jaw in individuals Scorpaeana nolata
Raf. from Aegean Sea : A, individual (LZUT : C-319, TL 115 mm) with small pores, not in contact
but distant from each other ; B, individual (LZUT : C-319, TL 112 mm) with pores in contact ; C, indi¬
vidual (LZUT : C-319, TL 122 mm) with a single pore ; D, individual (LZUT : GB-1444, TL 100 mm)
without pores at symphysis of lower jaw (1, right pore of the anterior pair ; 2, small opening scarcely
visible in the position of the right pore ; 3, simple cavity of the skin).
— 1223
cially so when the sample examined is small (for example only one specimen). For S. notata
(as shown also in the table 11), it is clear that the transition from the type with two distant
pores at the symphysis to the type with only one pore is through types having pores either
close together or in contact. This transition may imply that the species with one pore
at the symphysis (S. annobonae, S. azorica, S. loppei and S. angolensis) were evolved
from S. notata.
Although our data on the previous mentioned characters of S. notata are in general
agreement with the descriptions given by other authors (Cadenat, 1943 ; Boutière,
1958 ; Svetovidov, 1964 ; Eschmeyer, 1969 ; Tortonese, 1970 & 1975), the variations
referred to underline the need to consider a possibly wider range of the limite of the charac¬
ters studied.
Table I. — The Scorpionfishes of Greek waters.
Species
N. Aegean
S. Aegean
Ionian
Scorpaena porcus L., 1758
+
+
+
Scorpaena scrofa L., 1758
+
+
+
Scorpanea elongata Cad., 1943
+
P
?
Scorpaena notata Rafin., 1810
4 -
+
+
Scorpaena loppei Cad., 1943
?
p
+
Scorpaena maderensis Val., 1833
?
+
+
Ilelicolenus daclylopterus (Del., 1809)
+
+
+
Taule II. — Relative distance between pores at symphysis of lower jaw in 100 specimens of
Scorpaena notata from different localities of the Aegean Sea.
Pore distance
Fish number
Observations
longer than 4 diam.
1
The relative distance depended of :
3-4 »
2-3 »
5
29
a) the size of pores
1-2 »
48
b) the space of pores
shorter than 1 »
13
no distance
1
only one. pore
2 *
no pore at all
1
* One more in the Museum of Paris.
REFERENCES
Blanc, M., and J.-C. Hureau, 1973. — Scorpaenidae. CLOFNAM : 579-583.
Boutière, H., 1958. — Les Scorpaenidés des eaux marocaines. Trav. Inst, scient, chérif. sér.
Zool., n° 15 : 83 p.
— 1224 —
Cadenat, J., 1943. — Les Scorpaenidés de l’Atlantique et de la Méditerranée. Le genre, Scor-
paena. Revue Trav. Of J. scient, tech. Pêch. marit., 13 : 525-563.
Economidis, P. S., et M. L. Bauchot, 1976. — Sur une collection de poissons des mers helléniques
(mers Égée et Ionienne) déposée au Muséum national d’Histoire naturelle. Bull. Mus.
nat., Hist, nat., Paris, 3 e sér., n° 392, juillet-août 1976, Zoologie 274 : 871-903.
Eschmeyer, W. N., 1969. — A systematic review of the Scorpionfishes of the Atlantic ocean
(Pisces, Scorpanidae). Occ. Pap. Calif. Acad. Sci., n° 79 : 130 p.
Face, L., 1918. — Shore fishes. Rep. Dan. oceanogr. Exped. Mediterr., 2, A, 3 : 154 p.
Frôiland, O., 1972. — Fishes of the family Scorpaenidae from Cyprus, including three new records.
Bull. Sea Fish. Res. Stn. Israël, 59 : 5-16.
Konsuloff, S., und P. Drensky, 1943. — Die Fischfauna der Aegâis. Annu. Univ. Sofia, Sci.
nat., 39 (3) : 293-308 (in bulg.).
Svetovidov, A. N., 1964. — The fishes of the Black Sea. Moskva, 551 p. (in rus.).
Tortonese, E., 1970. — On the species of Scorpaena living in the Black Sea (Pisces Scorpaenidae).
Natura, 61 (2) : 231-234.
— 1975. — Osteichthyes. Parte Seconda, Fauna Ital., 11, ed. Calderini, Bologna, 636 p.
Le Connie de Rédaction du Bulletin du Muséum remercie les spécialistes qui ont bien voulu prêter
leur concours pour le choix et F examen critique des manuscrits reçus pour publication dans la section A
au cours de Vannée 1981 :
R. Anderson, Zoology, University of Guelph, Guelph, Ontario, Canada NIG 2W1.
M. R. Baker, Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNRS, MNHN, 61, rue de Buffon, 75005
Paris.
M. L. Bauchot, Laboratoire d’ichtyologie générale et appliquée, MNHN, 43, rue Cuvier, 75005
Paris.
J. M. Betsch, Laboratoire d’Ecologie générale, MNHN, 4 av. du Petit-Château, 91800 Brunoy.
P. Bouchet, Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, MNHN, 55, rue de
Buffon, 75005 Paris.
L. D. Brongersma, Rijksmuseum van Natuurlijke Historié, Postbus 9517, 2300 RA Leiden, Pays-
Bas.
E. R. Rrygoo, Laboratoire de Zoologie (Reptiles et Amphibiens), MNHN, 25, rue Cuvier, 75005
Paris.
E. Bu ge, Institut de Paléontologie, MNHN, 8, rue de Buffon, 75005 Paris.
J. Carayon, Laboratoire d’Entomologie générale et appliquée, MNHN, 45, rue de Buffon, 75005
Paris.
A. Chabaud, Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNRS, MNHN, 61, rue de Buffon, 75005
Paris.
A. M. Clark, British Museum (Natural History), Londres.
B. Condé, Laboratoire de Zoologie approfondie, 30, rue Sainte-Catherine, 54000 Nancy.
A. Crosnier, Laboratoire de Carcinologie et d’Océanographie biologique, ÉPHÉ, 61, rue de Buffon,
75005 Paris.
J. Daget, Laboratoire d’ichtyologie générale et appliquée, MNHN, 43, rue Cuvier, 75005 Paris.
S. Deblock, Université de Lille, UER de Pharmacie, Zoologie, Physiologie et Parasitologie,
rue Laguesse, 59045 Lille cedex.
C. Dupuis, Laboratoire d’Entomologie générale et appliquée, MNHN, 45, rue de Buffon, 75005
Paris.
.1. Forest, Laboratoire de Zoologie (Arthropodes), MNHN, 61, rue de Buffon, 75005 Paris.
J. P. Gasc, Laboratoire d’Anatomie comparée, MNHN, 55, rue de Buffon, 75005 Paris.
A. Guille, Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, MNHN, 55, rue de
Buffon, 75005 Paris.
P. J. Hayward, Department of Zoology, University College of Swansea, Wales, Grande-Bretagne.
L. B. Holthuis, Rijksmuseum van Natuurlijke Historié, Postbus 9517, 2300 RA Leiden, Pays-
Bas.
D. Hope, Smithsonian Institution, Department of Invertebrate, Washington DC, USA.
Y. Laissus, Bibliothèque centrale, MNHN, 38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris.
M. Ledoyer, Station marine d’Endoume, rue de la Batterie-des-Lions, 13007 Marseille.
C. Lévi, Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, MNHN, 57, rue Cuvier,
75005 Paris.
C. Monniot, Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, MNHN, 55, rue de
Buffon, 75005 Paris.
Noirot, Université de Dijon, Laboratoire de Zoologie, Bd Gabriel, 21000 Dijon.
— 1226 —
G. Pasteur, Montpellier.
J. Renaud-Mornant, Laboratoire de Zoologie (Vers) associé au CNRS, MNHN, 61, rue de Bufïon,
75005 Paris.
Ritter, Station de Recherches sur les Nématodes, INRA, 123 Bd Francis Meilland, B. P. 78,
06602 Antibes cedex.
J. Roman, Institut de Paléontologie, MNHN, 8, rue de BuITon, 75005 Paris.
M. Sibuet, Centre Océanologique de Bretagne, B. P. 337, 29273 Brest cedex.
J. H. Stock, Institut de Zoologie taxonomique, Université d’Amsterdam, Pays-Bas.
J. M. Thibaud, Laboratoire d’Écologie générale, MNHN, 4, av. du Petit-Château, 91800 Brunoy.
M. Vachon, Laboratoire de Zoologie (Arthropodes), MNHN, 61, rue de BuITon, 75005 Paris.
P. Viette, Laboratoire d’Entomologie générale et appliquée, MNHN, 45, rue de Bufïon, 75005
Paris.
A. Warén, Zoologiska Institutionen, Box 250 59, S — 400 31 Gôteborg, Suède.
Achevé il' imprimer le 15 juin 1982.
Le 3 e trimestre de l’année 1981 a été difjusé le 2 mars 1982.
IMPRIMERIE NATIONALE
1 564 004 5
Recommandations aux auteurs
Les articles doivent être adressés directement au Secrétariat du Bulletin du Muséum national
d’Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris. Ils seront accompagnés : de la traduction du titre
en anglais, d’un résumé en français et en anglais, de l’adresse du Laboratoire dans lequel le travail
a été effectué (en note infrapaginale sur la première page).
Le texte doit être dactylographié à double interligne, avec une marge suffisante, recto seule¬
ment. Pas de mots en majuscules, pas de soulignages (à l’exception des noms de genres et d’espèces
soulignés d’un trait). Il convient de numéroter les tableaux et de leur donner un titre ; les tableaux
importants et complexes devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme des figures.
La liste des références bibliographiques, à la fin de l’article, devra être présentée par ordre
alphabétique des noms d’auteurs, chaque référence étant indiquée ainsi : auteur, initiales du (ou
des) prénom, date, titre d’article ou d’ouvrage en entier, revue abrégée selon le World list of Scien-
tific Periodicals, tome (souligné), numéro (entre parenthèses), deux points, pagination et illustra¬
tions.
Les dessins et cartes doivent être réalisés à l’encre de chine. Les photographies seront le plus
nettes possible et tirées sur papier brillant. Tenir compte de la justification du Bulletin : 14,5 cm X
19 cm. L’auteur devra indiquer l’emplacement des figures dans la marge de son manuscrit. Les
légendes seront regroupées à la fin du texte sur un feuillet séparé.
Tirés à part : 50 tirés à part seront fournis gratuitement par article. Les auteurs peuvent
éventuellement commander des tirés à part supplémentaires qui leur seront facturés directement
par l’Imprimeur.
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Collection à périodicité irrégulière. Paraît depuis 1935. A partir de 1950, les Mémoires se subdivisent
en quatre séries spécialisées : A, Zoologie ; B, Botanique ; C, Sciences de la Terre ; D, Sciences physico-chi¬
miques. (Format in-4°.)
Dernières parutions dans la série A
T. 107 — Bevebidge (Ian). — A taxonomie revision of the genera Cittotaenia Riehm, 1881, Ctenotaenia
Railliet, 1893, Mosgovoyia Spasskii, 1951, and Pseudocittotaenia Tenora, 1976 (Cestoda : Anoplocepha-
lidae). 1978, 64 p., 102 fig.
T. 108 — Peignoux-Deville (Jacqueline). — Rôle du corps ultimobranchial (C.U.B.) dans la régulation
du métabolisme calcique chez les Poissons Téléostéens. 1978, 71 p., 17 tabl., 11 pl. h.-t.
T. 109 — Auteurs multiples (Loïc Matile, éd.). — Faune entomologique de l’archipel des Comores.
1978, 388 p., fig., pl.
T. 110. — Pelletier (Jean). — Révision des espèces du genre Marcina F. Walker (Lépidoptères, Noc-
tuidae, Ophiderinae). 1978, 143 p., 158 fig., 6 pl. h.-t.
T. 111 — Heim (Jean-Louis). — Les squelettes de la sépulture familiale de Button à Montbard (Côte d’Or).
Étude anthropologique et génétique. 1979, 79 p., 22 tabl., 19 fig., 8 pl. h.-t.
T. 112 — Guinot (Danièle). —- Données nouvelles sur la morphologie, la phylogenèse et la taxonomie
des Crustacés Décapodes Brachyoures. 1979, 354 p., 70 fig., 27 pl. h.-t.
T. 113 — Bayssade-Dufour (Christiane). — L’appareil sensoriel des Cercaires et la systématique des
Trématodes digénétique3. 1979, 81 p., 42 fig.
T. 114 — Boucher (Guy). — Facteurs d’équilibre d’un peuplement de Nématodes des sables sublitto¬
raux. 1980, 83 p., 18 fig., 21 tabl.
T. 115 — Auteurs multiples (Claude Combe, coordinateur). — Atlas mondial des Cercaires. 1980, 236 p.,
fig-
T. 116 — Betsch (Jean-Marie). — Éléments pour une monographie des Collemboles Symphypléones
(Hexapodes, Aptérygotes). 1980, 229 p., 65 fig.
T. 117 — Illg (Paul L.) & Dudley (Patricia L.). — The family Ascidicolidae and its subfamilies (Cope-
poda, Cyclopoida), with descriptions of new species. 1980, 193 p., 62 fig.
T. 118 — Tillier (Simon). — Gastéropodes terrestres et fluviatiles de Guyane française. 1980, 190 p.,
fig., 6 pl.
A paraître
T. 119 — Golvan (Yves), Combes (Claude), Euzeby (Jacques) et Salvat (Bernard). — Enquête d’épi¬
démiologie écologique sur la scliistosomose à Schistosoma mansoni en Guadeloupe (Antilles françaises).
Ouvrages disponibles au Service de Vente des Publications du Muséum,
38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris