BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
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PUBLICATION BIMESTRIELLE
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49
N° 344 NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1975
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BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vaciion.
Comité directeur : Prs Y. Le Grand, C. Lévi, J. Dorst.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupéhier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de l'a Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His-
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum
36, rue GeoGroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P., Paris 17591-12 —
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Cuvier, 75005 Paris.
Abonnements pour l’année 1975
Abonnement général : France, 440 F ; Étranger, 484 F.
Zoologie : France, 340 F ; Étranger, 374 F.
Sciences de la Terre : France, 90 F ; Étranger, 99 F.
Botanique : France, 70 F ; Étranger, 77 F.
Écologie générale : France, 60 F ; Étranger, 66 F.
Sciences physico-chimiques : France, 20 F ; Étranger, 22 F.
International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-1070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 344, novembre-décembre 1975, Sciences de la Terre 49
Étude complémentaire de Wenzia cotigolensis
(Arambourg, C., et Sehueegans, D., 1935),
Téléostécn Salmoniforme fossile du Wealdien du Gabon,
précédemment décrit dans le genre Leptolepis Agassiz, L., 1832
par Louis Taverne *
Résumé. — L’étude anatomique a montré que « Leptolepis » congolensis des formations
wealdietiues du Gabon q'était ni un Leptolepis ni un (lupnous mais représentait un nouveau genre
de Patlei'sonellidao, Wenzhl, proche parent de C astéroïdes yamangaensis des rouelles wealdiennes
du Zaïre.
Abstract. The anatomical sludy lias sliown thaï « Leptolepis » congolensis front the Weal-
den formations of Galinon was millier a Leptolepis nor a Clupacux but represented a new l’atter-
sonellid gémis, Wenzia, close lu Casie-roitles yarnangaemi* front the Wcalden bed? of Zaire,
Les travaux relatifs à Leptolepis Agassiz, L., 1832, et à Clupavus Arambourg, C., 1950,
ainsi qu’aux espèces crétaciques douteuses rapportées à ces deux genres, que j’ai entrepris
depuis peu (cl. L. Taverne, 1973a, h : 1975«, b ; sous presse, a, b), nt’ont conduit à revoir
« Leptolepis » cotigolensis Arumhourg, C., et Sehneegans, IL, 1935, des schistes bitumeux
wealdiens de Coccobeach au Galion. Il s'agit d'un poisson île très petite taille dont les plus
grands spécimens atteignent à peine 55 mm de longueur. Il n'est connu que par une douzaine
d’exemplaires en très mauvais état de conservation qui appartiennent tous aux collections
pa 1 éoieh t.yotrig iques du Muséum de Paris. C. Arambourg et I). Scuneegans (1935) ont
initialement décrit ce fossile dans le genre Leptolepis. Ultérieurement, C. Arambourg
(1950, 1954) et .l.-P, Lehman (I960) le rapportèrent au genre Clupavus. Cette nouvelle
attribution est mise en doute par C, Patterson (1970),
Le crâne représente de 27 à 30 % de la longueur standard. Le neurocrâne est allongé,
étroit à l’avant, assez haut à l’arrière. Le massif mésethmoïdien est court et massif, il n’est
pas possible de savoir si un supraethmoïde (ilermellimoïde, rosirai) existait indépendam¬
ment de l'hypoethmoïde ou non. Les nasaux sont courts, non jointifs, pratiquement réduits
au seul composant neurodermique • ils encadrent la partie antérieure des frontaux et por¬
tent l’extrémité du canal sensoriel supraorbitaire. Les frontaux sont vastes et le canal
supraorbitaire longe leur burd externe. Le canal ne paraît pas rejoindre, son homologue
circumorbito-postorbitaire mais, au contraire, s’ouvrir à la limite du frontal et du pariétal.
* Chargé ‘le Recherches du F.N.ILS. Musée Royal de l'Afrique Centrale , Département de Zoologie, Section
des Vertébrés, Sleenweg up Leuven, 1980 - Tervuren, Belgique.
344, 1
230
LOUIS TAVERNE
Fig. 1. — Wenzia congoletisis (Aramhmirg, C., cl Schnecgans, D., 1935).
Reconstitution générale d'après le cotype n° 2.
Les pariétaux sont joint-ifs (type médioparictal) et assez grands. Le parasphénoïde est mince,
allongé, édenté et dépourvu de processus basiplcrygoïdes. Les autres os du neurocrâue
jie soûl pas observables. Les os eircumorlutaires sont très mal préservés et leur nombre
exact ainsi (pie leur forme ne peuvent être précisés. Ou aperçoit, cependant, des traces
du canal sensoriel circumorbitaire et. de quelques diverticules qui s'en détachent. Ou remar¬
que un grand supraorliitaire et un anneau osseux sclérotique eu deux pièces. Le prémaxil¬
laire fait défaut. Le maxillaire affecte la forme Iéléostcenne archaïque classique, longue
et large dans la partie orale de Los et très amincie antérieurement, au niveau du pré maxil¬
laire. Il y a deux supra maxillaires, le premier assez étroit, le second plus large et garni à
l’avant, d'un long processus pointu. Le complexe maxillaire est moins vaste que chez Lepto-
lepis (sensu stricto). La mandibule montre une forme typiquement leptolépide, c’est-à-dire
très basse à son extrémité antérieure, puis remontant très vite pour former un fort, processus
eoronoïde situé très en avant sur la mâchoire. On ne distingue pas la séparation entre le
dentaire et l’angulaire ni l'éventuelle présence d'un articulaire, d’un coronomeekélien et
d’un rétroarticulaire. Les mâchoires semblent édentées. Le carré est triangulaire, renflé
à sa base en un ccmdÿle articulaire pour la mandibule et porte un processus quadrato-jugal
parallèle au corps de Los et le dépassant quelque peu vers l'arrière. Le symplectique s’insère
entre le carré et son processus quadrato-jugal. Les os ptérygoïdes paraissent édentés. L’extré¬
mité postérieure pointue et. recourbée ventrale ment de l’erl oplérygoïdc vient s’appliquer
au bord antérieur du carré. Le préoperculaire montre une haute branche verticale et une
branche horizontale bien développée quoique nu peu plus courte. Le canal sensoriel préoper-
eulaire est étroit et. montre quelques diverticules au niveau de la branche ventrale du préoper-
culaire. I/upereulaire est énorme et sa limite avec le sous-ope.reulaire très oblique. Le sous-
operculairc est étroit, très allongé et porte le classique processus antérodorsal pointu.
L intcropereulaire est presque entièrement caché par le préopereulâire. Les rayons bran-
chiostèges sont grêles et pou nombreux. Le parahyoïde (urohyal) est long et étroit, mince
à l’avant, plus large et déchiqueté à l'arrière,
I,a ceinture scapulaire se compose d’un post-temporal, d'un hyperclcithrum (supra-
cleithrum), d’un cleithrum, d’un hypercoracoïde (seapula), d'un hypocoracoïdc et d’une
nageoire pectorale comptant de douze à quatorze rayons et débutant par une courte épine
impaire. Le canal sensoriel supraorliitaire passe sur le post-temporal et sur l'hyperclei-
ÉTUDE COMPLÉMENTAIRE DE WENZIA CONGOLENSIS
231
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POP
c.pop.
IOP
SOP
CLT
Fig. 2. —- Wenzia congoleim# (Arambourg, L-. ri Schnoegans, 1)., 1935).
Reconstitution du crâne d’après l’ensemble des spécimens. L'échelle millimétrique se rapporte au cotype n° 2.
( l oir liste des abréviations p, 338-'Jli9).
SORB
METH
H C LT
/
/
E N P T —
CLT
MX-
ECPT
SCA
EPI
llirunt, avant de se prolonger par la ligne latérale. La présence éventuelle rl'un mésocora-
eoïde n'est pas décelable. L’hypocoraeoïde est très large, d’une largeur vraiment inhabi¬
tuelle citez les Tclcostéens. surtout dans sa région antérieure. La ceinture pelvienne est peu
développée. Les os pelviens sont courts. Les nageoires pelviennes comptent chacune de sept
à neuf rayons et débutent par une courte épine initiale impaire. L'origine des nageoires
pelviennes est toujours postérieure au début de la nageoire dorsale et se situe à un niveau
compris entre la seizième et la vingtième vertèbre.
On compte de trente-sept à trente-neuf vertèbres (centre ural II réduit non compris)
dont quinze à seize caudales. Les vertèbres abdominales portent des côtes ventrales allon¬
gées, sauf les dernières qui se raccourcissent, considérablement. Les premières neurépines
sont bifides. La présence de supraneuraux est incertaine. On remarque l'existence d’arètes
épineurales associées aux vertèbres abdominales. Par contre, les arêtes épipleurales font
défaut. Les corps vertébraux sont ornés de deux crêtes latérales.
La nageoire dorsale compte douze rayons dont les deux premiers ne sont pas segmentés
et est soutenue par dix ptcrygnpbores dont le premier se compose de trois branches* L’ori-
344 , 2
232
LOUIS TAVERNE
giue de la nageoire dorsale se situe entre la quatorzième et la seizième vertèbre et est toujours
un peu antérieure à celle des nageoires pelviennes. La nageoire anale compte neuf à dix
rayons dont le premier reste court et non segmenté. Le premier ptérygophore anal est
nettement plus allongé que les suivants et- se dispose très obliquement, dans le prolonge¬
ment de la première hérnépine. La nageoire anale occupe une position assez reculée et son
origine se situe entre la vingt-huitième et la trente et unième vertèbre, soit un peu plus
proche du début de la nageoire caudale que de celui des nageoires pelviennes.
Le complexe urophore est bien conservé dans les cotvpes 2 et 3. Sa conservation est
moins bonne dans le cotype 1 et très mauvaise dans tous les autres spécimens. Les vertèbres
préurale I et, urale 1 sont fusionnées. La vertèbre uraJc II existe encore mais sous la forme
d’un petit centre vertébral très réduit. La neurépine de la vertèbre préurale II est complète
chez les cotypes 1 et 3 et sur les quelques spécimens où cette région est visible, à l’exception
du cotype 2 où elle est très fortement réduite* L’are neural du composant préural 1 de la
vertèbre double est bien développé et se prolonge par une neurépine presque complète,
ce qui implique très probablement la fusion d’un épurai à cet arc neural *. On observe deux
paires d’uroneuraux. La première se soude complètement à la vertèbre préurale I-urale I
et la prolonge en un urostyle effilé. La deuxième paire d’uroneuraux est plus courte et s’étend
du centre ural If réduit à la base des lépidotriches caudaux. Les uroneuraux de la première
paire (urostyle) présentent une large expansion aliforme, le long de leur bord antérieur
et dans leur partie basaJe, expansion qui témoigne vraisemblablement de la soudure de.
l'are neural primitif du composant ural I de la vertèbre double aux uroneuraux proprement
dits. On remarque deux époraux étroits. L'élargissement de l’hémépine se marque dès
la vertèbre prémale 111 et se maintient jusqu'au parhvpural compris. Il y a six hypuraux.
Le parbypnral et les deux premiers hypuraux s'appliquent à la face ventrale tir- la vertèbre
préurale 1-urale I. Le premier hypural reste d'une largeur modérée. Le deuxième hypural
est nettement plus étroit et sa tête articulaire est beaucoup plus fine que celle du premier.
Le troisième hypural est plus large que le deuxième et s'appuie sur le centre ural II réduit.
Les quatrième, cinquième et sixième hypuraux restent également étroits et sont de taille
décroissante. La nageoire caudale est nettement bilobée. Klle compte dix-neuf grands
rayons segmentés dont dix-sept branchus. La suture des articles des lépidotriches les plus
grands est légèrement sinusoïdale et non dentelée. Dorsalemcnt et centralement, juste
en avant des premiers rayons caudaux, on trouve une petite plaque précaudale (fulcre
basilaire). La base des lépidotriches caudaux centraux est élargie et montre des bords irré¬
guliers profondément découpés.
Les écailles sont grandes, cycloïdes, minces, dépourvues de radii et couvertes de lins
cirruli à disposition concentrique. La densité circulienne monte jusqu’à 60 au mm dans
les champs antérieur et postérieur de l’écaille mais descend jusqu’à 25 au mm dans les
champs latéraux.
Le squelette caudal de « Leptolepis » congole-nsis est radicalement différent, de celui
de Leptolepis (sensu stricto) tel que nous l'ont fait connaître les travaux de O. Nybelin
(1061, 1063, 1971), C. Patterson (1967, 1968), S. Wenz (1967), T. Cavender (1970),
M. Waldman (1971) et L. Taverne (1975a ; sous presse a, b) et suffit à prouver que le fossile
1. La neurépine de la vertèbre préurale I des Téléustéens est toujours très réduite. On connaît, cepen¬
dant, des cas, la plupart des Ostéog^lossoniorplies et certains Lsocoldes, où la fusion d’un épurai à l’arc
neural donne à cette vertèbre une neurépine complète.
234
LOUIS TAVERNE
HY 2
H Y 1
UR 2
/
-HY 4
-HY 3
Fig. 4. — Wenzia congolensis (Aramhoirrg, C., et Sdmeegans, D., 1935).
Reconstitution du squelette caudal d'après le cotvpe n° 2.
(\'oir liste des abréviations j>. 238-239).
UST(U R 1)
PU III
HY 6
HY 5
P. PC.V.
"PH Y
\
\
LEP
NEUREP
NEUR
1mm pu i+ui
Élopomorphes (c-f. P. L. Forey, 1973 ; Ü. Nvmklin, 1071 ; L. Taverne, 1074) et les Ostéo-
glossoinorphes (cf. L. Taverne, 1067, sous presse c ; P. H. Greenwood, 1967) de la parenté
possible de ce poisson. La ressemblance du complexe urophore de « Leptalepis » congolensis
avec celui du CUtpatw* mqraecan.ua Arambourg, C., 1968, est déjà plus frappante mais des
différences importantes s’observent cependant. L’arc neural de la vertèbre préurale I ne
se prolonge pas par une neurépine et se soude partiellement à Lurostyle chez l’espèce nord-
africaine ; rbémépine de la vertèbre préurale III y demeure encore étroite: les plaques
précaudales ont disparu ; la base élargie des rayons caudaux centraux a des bords tout à
fait réguliers ; l’élargissement de la tôle articulaire du deuxième hypural (représentant
un centre ural I réduit) y est net et la fusion de ce deuxième hypural avec la vertèbre coin-
ÉTUDE COMPLÉMENTAIRE DE WENZIA CONGOLENSIS
235
Fig. 5. — Wenzia congolensis (Arambourg, (b, et Schneegans, D., 1935).
Fragments d'écailles Hu eotype n° 2.
plexe s’y observe même parfois (cf. 1.. Taverne, 1973a, sous presse b). « Leplolepis » congo-
lensis ne se rapporte donc pas non plus au genre (lupaous. De même, l’absence de fusion
entre le deuxième hypural et le centre tirai T, les bords déchiquetés 1 de la base élargie des
fépidotriches caudaux centraux et la tendance à la réduction de la neurépine de la vertèbre
préurale II sont autant de caractères qui éloignent l’espèce gabonaise des t.lupéomorphes
en général.
Si l’on cherche d’éventuels rapports entre « Leplolepis » eangolensis et les Protacan-
thoptérygiens, on est d’emblée frappé par l’étroite ressemblance qui unit., au niveau du
complexe urophorc, le fossile aux Argentinoïdes (pris dans le sens de P. 11. Greenwood
et D. E. Rosejv, 1971, c’est-à-dire incluant les Alepoccphaloïdes). Comme chez ces derniers,
l’espèce africaine ne présente, en effet, pas de stégnrie (au sens que C. Patterson, 1970,
donne à ce terme, c'est-à-dire la fusion des arcs neuraux des vertèbres, préurale 1 et urale I
et du premier uroneural), caractère caudal typique, des autres Protacanthoptérygiens.
Quant aux Argentinoïdes, nous y voyons une évolution qui va d’un type urophorc où
les vertèbres préurale I et urale I sont libres, portant chacune un arc neural, et où le pre¬
mier uroneural ne fusionne pas avec les centres vertébraux, à un type urophorc où les ver¬
tèbres préurale 1 et urale 1 sont soudées, où 1 are neural prcoral I est encore libre 2 et où
l’arc neural lirai I se soude au premier uroneural lui-même fusionné en un urostyle à la
vertèbre double (cf. C. Patterson, 1970 ; P. H. Greenwood Jet D. E. Rosen, 1971 ;
L. Taverne, 1975/» ; sous presse b ; observations personnelles). Tous les stades intermédiaires
1. La base élargie des lépidntriches caudaux centraux montre des bords absolument réguliers chez les
Clupéomurplies, alors ipi’ils sont, toujours 1res profondément déchiquetés chez les autres Téléustéens qui
possèdent mie telle base élargie des rayons caudaux centraux.
2. Quoique exceptionnelle, la stégurie (fusion îles ares neuraux préural I et ural I et du premier uro¬
neural) se réalise parfais chez certains spécimens d’Argenliuoïdes et. P. H. Giiiîenwood et D. L. Rosen,
1971 : 23, fig. Il A).
236
LOUIS TAVERNE
HY 3
HY 2
HY 1
PHY
' w 111 \ i
hem hemep |
P U I + U I
1 mm un
i-1
Fig. C. — Squelette caudal d’Argeritinsi sphyraena Linné, 0., 1758 (spécimen pêché entre le cap Frasca
et File II Catalane, à une profondeur de 120 à 180 m, le 6.III.1067 ; Inst. roy. Sci. Nat. Belg., Brux.,
n° rég. 16.443).
(\'oir liste des abréviations p. 238-239).
entre ces deux types caudaux sont connus. Le crâne de forme archaïque classique (mandi¬
bule et maxillaire allongés, deux supra maxillaires, etc.) montre que « Leplolepis » congo-
lensis est plus primitif que les Argentinoïdes actuels (Argentinoidea et Alepocephaloidea)
et le rapproche donc de la famille protoargentinoïde fossile des Patlersonellidae et tout
HY 6
UR 2
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H Y 4
UST (URI )
NU
NEU | REP N PU I \
NEUR 1 PUH \
ETUDE COMPLEMENTAIRE DE WENZIA CONGOLENSIS
237
particulièrement de ('astéroïdes yamangaensi* (Casier, K., 1961) des terrains wcaldiens de
Yamangi Moke (Zaïre) dont Je squelette caudal est; très voisin de celui du fossile gabonais
(ef. L. Taverne, 19751»), quoique encore un peu plus primitif puisque les composants
préural I et oral 1 de la vertèbre double sont encore aisément distinguables, que la neuré-
pine préurale 1 est nettement raccourcie, que le premier uroucutal n'est que partiellement
soudé b la vertèbre double et que le centre oral II y est moins réduit. Quelques différences
s’observent également entre les deux poissons au niveau du crâne. Celui de « Leptolepis »
congolensis est plus allongé que celui de Casieroidet yatnangaensts. La mandibule de ce
dernier est liante et courte mais dépourvue du processus eoronnïde qui caractérise celle
du fossile gabonais. Les rayons brauebiostèges hypertrophiés de l'espèce zaïroise n’ont
pas leurs homologues chez « Leptolepis » congolensis où ces os restent grêles. En dépit de
l’incontestable parenté de ces deux formes fossiles, les différences qui les séparent justifient
amplement la création d’un genre particulier pour l’espèce gabonaise. La position systé¬
matique de « Lepltdepis » congolensis sera donc dorénavant la suivante ;
Super-ordre P ROT AC ANT110PT ERY G II
Ordre SA LM O NIFO RM ES
Sous-ordre ARGENTINOIDEl
Super-famille Pattersonelloidea
Famille Patterson kl no ak
Genre WENZIA gen. nov.
Derivatio no mi ni s. — Le nom du genre est dédié au Dr Sylvie Wenz de l’Institut
de Paléontologie du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris.
Espèce-type. — Leptolepis congolensis Arambourg, G., et Sebneegaiis, I)., 19.35.
Diagnose. — Pal lcrsonellidae de petite taille, Crâne et mâchoires allongées, Deux
supramaxillaires, Fort processus corouuïdc. Supraorbitaire et. anneau osseux sclérotique
présents. Hypertrophie de l’opereutaire, Branche ventrale du p réopéré ul a ire bien développée.
Rayons branchiostèges grêles et peu nombreux. Hypertrophie de l'hypocoracoïde. Fusion
des vertèbres préurale I et urale I. Are neural et neurépine préurale I bien développés.
Existence d’un urostvle composé de l’arc neural I et de la première paire d’uroneuraux.
Écailles cycloïdes à. circuli concentriques et dépourvues de radîî.
Espèce Wenzia congolensis (Arambourg, C., et Schneegans, I),, 1935)
Synonymie. — Leptolepis congolensis nov. sp.. in C. Arambourg et D. Schneegans, 1935 : 149,
fig. 7 dans le texte, pl. I, fig. 3, pl. Il, fig. 3, pl. III, fig. 2, 3, 4, 6.
Matériel et localité. — Une douzaine d’exemplaires provenant des schistes bitu¬
mineux wealdiens de Coccobeach (Gabon).
Syntypes. —- Les trois exemplaires désignés par C. Arambourg et L). Schneegans
comme types n° 1, 2 et 3.
Diagnose. — Petit Pattersonellidae dont la longueur totale n’excédait pas 55 mm.
Longueur du crâne représentant de 27 à 30 % de la longueur standard. Neurocrâne allongé.
238
LOUIS TAVERNE
Crâne mcdiopariétal. Absence (?) de connexion entre les canaux sensoriels supraorbitaire
et postorbilaire. In supraorbitaire. Un anneau osseux sclérotique en deux pièces. Parasphé-
noïde long, étroit, édenté et dépourvu de processus basiptérygoïdes. Mâchoires édentées.
Maxillaire long et large, rétréci antérieurement en un processus suprapréniaxillaire. Deux
,suprantaxillaires. Processus coronoïde de la mandibule fort et situé très en avant. Ectopté-
rygoïde totalement antérieur au carré. Ptérygoïdes édentés. Processus quadrato-jugal du
carré parallèle au corps de l’os. Symplectique présent. Branches dorsale et ventrale du
préoperculaire bien développées. Hypertrophie de l’opereulaire. Sous-operculaire long,
étroit et garni d'un processus antcro-dorsal pointu. Bayons branehîostèges grêles et peu
nombreux. Hypertrophie de l’hypocoracoïde. Origine des nageoires pelviennes située entre
la seizième et la vingtième vertèbre. 12 rayons à la nageoire dorsale. Origine de la nageoire
dorsale toujours un peu antérieure à celle des nageoires pelviennes et située entre la qua¬
torzième el la seizième vertèbre. Premier plérygopliore dorsal composé. 9 à 10 rayons à
la nageoire anale. Origine de la nageoire anale située entre la vingt huitième et la trente
et unième vertèbre. Premier ptérvgophore anal allongé et. oblique. De 37 à 30 vertèbres
dont 15 ii Ri caudales, Vertèbres préürale I et aride I fusionnées. Vertèbre orale H réduite.
Xeurépitie complète, rarement réduite, à la vertèbre préürale 11. Neurépine de l'arc neural
préural 1 presque complète (épurai soudé). Vertèbre caudale double prolongée par un urostyle
(arc neural tirai 1 el première paire d’uroneiiraux soudés), Deuxième paire d'uroneuraux libre.
6 hvpuraux. 2 epuraux. Nageoire caudale bilobée et comptant 19 grands rayons segmentés
dont 17 hranehus. Petites plaques précaudales (fuleres basilaires) dorsale et ventrale.
Grandes écaillés cycloïdes, dépourvues de radii et couvertes de fins circuli à disposition
conecntri(|ue. Densité eireulierme de (10 au mm dans les champs antérieur el postérieur
de l'écaille et tombant à 25 au mm dans les champs latéraux.
Remerciements
Je liens à dire ma reconnaissance à M. le Pr Jean-Pierre Lehman, Directeur de l’Institut
de Paléontologie du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, aux Drs Sylvie Wenz et Jacques
Blot du même Institut qui m'ont permis l’étude du matériel sur lequel porte la présente note,
ainsi qu’à M me Nadine Van Noppen, dessinatrice au Musée royal de l’Afrique centrale, qui a réa¬
lisé, avec son habituel talent, la mise au net de mes dessins originaux.
Liste des abréviations des figures
AN : angulaire
CLT : eleilhrum
COR : hypoeoracoïde
ECPT : ectnptérygoïde
ENPT : cnloptérygoïde
F. P : épurai
EPI : épine initiale impaire
FR : frontal
ÎK’.LT : hvpereleithrum
HEM : arc hémal
HEMEP : hemépine
HY I, 2, 3, 4, 5 et 6 : hvpuraux
IOP : interoperculaire
LEP : lépidotriflies
METH : mésetlimoïde
MPT : métaptérygoïde
MX. : maxillaire
NA : nasal
NEUR : arc neural
NEUREP : neurépine
NPU I : acr neural préural I
NU I : arc neural ural I
OP : operculaire
PA : pariétal
ÉTUDE COMPLÉMENTAIRE DE WENZIA CONGOLENSIS
239
l’HY : parltypural
POP : préoperculaire
P. PC. I>. : plaque précaudale dorsale
P. PC. Y. : plaque précaudale ventrale
PS : paraspliénoïde
PT : postlemporal
PU I y I 1 : vertèbre double préurale I —
urale 1
PU II. III : tertébres préurales II, III
QU : carré
SCA : liypercoraeoïde
SCL : anneau osseux sclérotique
SMX : supramaxillaire
SOC : supraocctipial
SOP : sous-opercidaire
SORB : supraorbitaire
SA' : symplectique
U Ils vertèbre orale 11
UD : urodermal
UH A : para hyoïde
I ST : urostyle
U R 1. 2. 3 : uroneuraux
c. I. I. : canal sensoriel de la ligne latérale
e. pop. : canal sensoriel préopereulaire
c. sorb. : canal sensoriel supraorbitaire
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Achevé d’imprimer le 27 février 1976.
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