(SSN 0181-0642
BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION TRIMESTRIELLE
SECTION G
sciences de la terre
paléontologie
géologie
minéralogie
4« SERIE T. 5 1983 N» 4
Octobre-Décembre 1983
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Professeur E. R, Bhygoo
Section C : SCIENCES DE LA TERRE
Directeur ; Pr L. Leclaire, Laboratoire de Géologie.
Rédaction : P. Dupérieh,
Comité scientifique : J. Aubouin (Paris), R. G. C. Bathurst (Liverpool),
W. H. Berger (La JoUa), Y. Coppens (Paris), B. Cox (Londres), D. S. Cro-
NAN (Londres), J. Fabriès (Paris), de Lumley (Paris), W. R. Riedel
(La Jolla).
Comité de Lecture : J. P. Caulet, J. C. Fischer, L. Ginsburg, L. Leclaire,
E. A. Perseil.
Les Membres du Comité scientifique sont membres de droit du Comité
de Lecture qui désigne les rapporteurs dont un au moins est extérieur au Muséum.
Fondé en 1895, le Bulletin du Muséum d’Histoire naturelle est devenu à partir de 1907:
Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle. Des travaux originaux relatifs aux diverses
disciplines scientifiques représentées au Muséum y sont publiés. Il s’agit essentiellement
d’études de Systématique portant sur les collections conservées dans ses laboratoires, mais
la revue est également ouverte, depuis 1970 surtout, à des articles portant sur d’autres
aspects de la Science : biologie, écologie, etc.
La 7*'® série (années 1895 à 1928) comprend un tome par an (t. 1 à 34), divisé chacun en
six fascicules regroupant divers articles.
La 2® série (années 1929 à 1970) a la même présentation : un tome (t. 1 à 42), six fasci¬
cules par an.
La 3® série (années 1971 à 1978) est également bimestrielle. Le Bulletin estalors divisé,
en cinq Sections et les articles paraissent par fascicules séparés (sauf pour l’année 1978
où ils ont été regroupés par fascicules bimestriels). Durant ces années chaque fascicule est
numéroté à la suite (n°® 1 à 522), ainsi qu’à l’intérieur de chaque Section, soit : Zoologie
n®® 1 à 356 ; Sciences de la Terre, n°® 1 à 70 ; Botanique, n®® 1 à 35 ; Écologie générale,
n®® 1 à 42 ; Sciences physico-chimiques, n®® 1 à 19.
La 4® série débute avec l’année 1979. Le Bulletin est divisé en trois Sections : A : Zoolo¬
gie, biologie et écologie animales ; B : Botanique, biologie et écologie végétales, phyto¬
chimie (fusionnée à partir de 1981 avec la revue Adansonia) ; C : Sciences de la Terre, paléon¬
tologie, géologie, minéralogie. La revue est trimestrielle ; les articles sont regroupés en
quatre numéros par an pour chacune des Sections ; un tome annuel réunit les trois Sec¬
tions.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’Histoire naturelle,
38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris, tél. 331-71-24 ; 331-95-60.
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Muséum, 38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris, tél. 331-71-24 ; 331-95-60.
C.C.P. Paris 9062-62.
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Paris, tél. 587-19-17.
Abonnements pour l’année 1983 (Prix h.t.)
Abonnement général : 1080 F.
Section A : Zoologie, biologie et écologie animales : 670 F.
Section B : Botanique, Adansonia : 3Ô0 F.
Section C : Sciences de la Terre, paléontologie, géologie, minéralogie : 195 F.
Numéro d’inscription à la Commission paritaire des publications et agences de presse : 1405 AD
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
4® série, 5, 1983, section C (Sciences de la Terre, Paléontologie, Géologie, Minéralogie), n° 4
SOMMAIRE — CONTENTS
J. SuDRE, D. E. UussELL, P. Louis et D. E. Savage. — Les Artiodactyles de l’Éocène
inférieur d’Europe. (Deuxième partie). 339
The Early Eocene Artiodaclyls of Western Europe. (Second part)
C. Paheyn, P. Brébion, E. Bege, R.-P. Carriol, A. Lauriat-H.age, Y. Le Cal¬
vez et J. Roman. — Le gisement pliocène de Cricqueville-en-Bessin (Calva¬
dos). Étude géologique et paléontologique. 367
The Pliocène fossiliferous locality of Cricquevüle-en-Bessin (Calvados, France) :
geology and paleontology.
4, 22
Bull. Mus. nain. Hist. nat., Paris, 4® sér., 5, 1983,
section C, n® 4 : 339-365.
Les Artiodactyles
de PEocènc inférieur d’Europe
(Deuxième partie) ^
par J. SuDRE, D. E. [Russell, P. Louis et D. E. Savage
D. — Genre BUNOPHORUS Sinclair, 1914
Espèce-type : Hiinophom.s etsugicus (Copc, 1882), inclut d’après Guthiue (1971) l’espèce
B. sinclairi Guthrie, 19fid.
Autres espèces : Bunophoruji nuicropternus (Copc, 1882), Atnèriquc du Nord ; Bunnphorus
gazini Guthrie, 1971, Amérique du Nord; Bunophorus cappellai ii. sp., Europe.
Bunophorus cappettai n. sp.
(Fig. 15)
Dérivation du nom : En hommage à H. Cappetta qui a participé aux fouilles faites dans
certains gisements de l’Eocène inférieur, en particulier Gondé-en-Brie.
Diagnose : Animal plus grand que l^rutndicllohiine uweni Lemoine. ,\lülaire supérieure à con¬
tour arrondi, assez dilatée antéro-posténeurement du côté lingual ; bords do la couronne peu con¬
vexes. sur laquelle le protorône non incliné vers les tubercules externes est en position avancée ;
métacône jilns jniissant que le paracône ; coriules bien détachés du protooône ; inétacoiiulc volu¬
mineux situé en retrait ; cingiilum antéi-icur relativement faible ; cingulum postérieur épaissi
dans la [lartie postéro-interne de la déni ; cingulum externe absent sur la muraille du paracône.
.Molaires inférieures, aux tubercules bas, bulbeux et arrondis ; trignnidc aussi étendu ifui; le lalo-
nide et à peine plus élevé que ce dernier ; inétacoiiide iinjiortant accolé ou non à un paraconide ;
protoconide volumineux et vertical ; lalonide largement ouvert lingiialerncnt. Ilypoconidc arrondi
et massif, vertical, situé en retrait ; eiiloeonide plus faible, postérieur ; crête oblique très externe
et peu exprimée : hypoennulide réduit situé à peu jirès dans l'axe médian de la dent el proche
de l’entoconidc. Mj de taille variable.
Type de i.’espèce : Molaire supérieure gauche (M^, MU 6183 ; coll. Mus. natn. Hist. nat.
Paris) (lig. 15 b).
Localité-type ; Mutigny.
Autres localités : Avenay, Pourcy.
Matériel attrirué t Mutigny r 2 molaires supérieures ; DP* ; Mj ; P 4 . Avenay : 1 M 3 ; 5
prémolaires inférieures ; 3 prémolaires supérieures. Pourcy : 2 Mg.
1. La première partie de ce travail a été publiée dans le Bulletin du Muséum national d'Histoire natu¬
relle, Paris, 4* série, 5, 1983, section C, 11 “ 3 : 281-333.
- 340 -
Dimc.nsions (en mm) : Mutigny : M. sup. g. (type), MU (i183, (i X 7,3 ; M. sup. g.. MU 228-L,
5/i X 0,2 ; DP* dr., MU 227-L, 5,5 X 5,7 ; Mj dr., MU 5501, 0 X 4 ; Mg g.. MU 5570, 5,8 X 4 ;
? P 4 , MU 5577. Avenay : M 3 . AV 4606, 7,9 X 4,9 ; PM sup.* AV 151. 5,8 x 2,3 ; PM sup., AV
7909, 5,2 X 2,6 ; PM inf., AV 5740, 5 X 2,0 : PM inf., AV 1021, 5,2 X 3 ; PM inf., AV 5913, 5,2 ? x
2,5 ; P.M inf., AV 5005, 5 x 3. Pourcy : Alg, PA’ 64-L, 0,8 X 4,4 ; M 3 , PA' 73-L, 6,1 x 3,8.
Description du matériel
l.es molaires MU 6183 (fig. 15L) et MU 228-Jj, à peu près triangulaires, sont dépourvues
d’hypocône.
Sur la molaire MU 6183, le protocône est situé en avant et le métacône est plus volu¬
mineux que le paracône, ces deux tubercules étant redressés et proches du bord de la dent.
Les eonules sont bien détachés du protocône, surtout le métaconule très puissant et déporté
vers l’arrière. Les crêtes préparaconule et postinctaconule relient respectivement un faible,
repli parastylaire dans l’angle antéro-exteriie et le cingulum postérieur. La crête post-
paraconule, à peine ébauoliée, est dirigée vers la base du flanc lingual du paracône ; la
crête prémétaconule, mieux exprimée mais d’étendue réduite, est dirigée vers le fond de
la vallée séparant le paracône el le métacône. Les cingulums sont forts, surtout le cingu¬
lum postérieur épaissi dans la région postero-interne de la dent ; le cingulum externe est
faillie sur le flanc du jiaracône et absent sur le liane du métacône.
Sur la molaire MU 228-L, le raétacoiuilc est moins isolé à l'arrière de la dent.
La dent MU 227-L (lig. 15a), dont les dimensions sont inférieures à celles des dents
précédentes, est interprétée comme une DP*. Elle est de forme trapézoïdale ; le jiaracône
et le métacône franchement carénés sont d’égale importance. Les cingidums antérieur et
postérieur, forts et réguliers, débordent largement sur le flanc lingual du protocône sans
se rejoiiiflre toutefois. Le cingulum externe est faible et seulement atténué sur le (lanc
do métacône.
La molaire inférieure MU 5561 (lig. 15c), qui est |)robablenient une M,, se caractérise
par scs tubercules bunodontes, par l’absence de crêtes sur le trigonide et la faible étendue
du talonide. Le métaconide est arrondi, ^■olumineux et légèrement comprimé transversa¬
lement. Le protoconide, à peine moins puissant, est également arrondi ; la vallée séparant
les deux tubercules, rectiligne, se limite à l'avant sur un léger cingulum. Sur le talonide,
l’hjqxiconidc puissant et arrondi sur sa face externe, est légèrement avancé ; la crête oblique,
courte et Irès externe, vient s’ap|myer sur la face jiostérieure du protoconide. La post-
cristidc rejoint un bypocoiiulide jiroche de l’entoconidc.. Ici détérioré, cct hypoconulide
correspond à un soulèvement du cingulum postérieur <lé\'cloppé vers le côté labial et très
oblique vers le bas. L’entoconide, arrondi, vertical et très distal, porte vers l’avant une
entocristide courte à peine marquée. Ainsi, la cuvette du talonide se trouve-t-elle largement
ouverte liiigualemenl.
La M 3 MU 5570 (lig. 15e), qui est attribuée au même animal, est assez singulière.
Relativement à la M^ MU 5561, sa taille est réduite, son talonide (y compris l’hypocomi-
lide) étant à peine plus étendu que le trigonide. La forme des tubercules du trigonide est
à peu près identique à ce qui a été observé sur Mj, mais ici le paraconide accolé au méta-
conidc forment ensemble un tubercule volumineux très étiré antéro-postérieurement ;
d’abord aussi large que le trigonide, le talonide, très peu étendu, se rétrécit très rapidement
vers l’arrière ; comme sur les dents précédentes, l’entoconide est situé très en retrait.
— 341
Fig. 15. — a-g : Burwphorus cappcllai ii. sp. a, DP'* droite ; MU 227-L ; b, M* (ou M*)gauclie, .Mil 6183 (type
de l'espèce) ; c, M^ droite, MU 5561 ; d, P, droite, ML 5577 ; e, M 3 gauche, MU 5570 (coll. MNHN
Paris ; Mutigny) ; f, .Mj droite, AV 4666 (coll. MNHN Paris ; Avenay) ; g, Mg gauche, PY 64-L (coll.
P. Louis ; Poiircy). — h ; BuMhiiiie dnuhreei Sudre, M* (ou M®) droite, Bchs 516 (type de l’espèce ;
fig. in SuüRE, 1978, pl.,1, lig. 2; Nll.M Bâle; Bouxwiller).
En ce qui concerne les prémolaires, une mention particulière doit être faite pour la
dent MU 5577. Connue d’après un dessin (ftg. i5d), cette dent n’a pas été retrouvée dans
les collections de Mutigny. Cette P 4 , dont les dimensions (appréciées d’après l'échelle)
s’accordetit avec celles des molaires, est courte, massive et de contour ovoïde. Légèrement
dilatée à l’arrière, elle porte deux tubercules centrau.x à peu près indépendants. Le pro-
toconide est antérieur et le métaconide décalé vers l’arrière. Ce tubercule porte une crête
joignant un bypoconide issu du cingulum ot situé à peu près médialemeiit sur le bord posté¬
rieur. A l’exception do la partie correspondant au flanc e.xterne du métaconide, cette dont
est bordée par un cingulum ; épaissi antérieurement, celui-ci porte même un très petit
denticide au pied de la paroi antérieure abrupte du protoconide. Deux autres prémolaires
du gisement sont susceptibles d’appartenir au même animal; ces pièces sont cependant
signalées pour mémoire, ce type d’échantillon constituant lorsqu’il n’est pas observé en
place un document trop aléatoire pour une détermination ou une attribution précises. La
même remarque vaut d’ailleurs pour plusieurs prémolaires du gisement d’Avenay, suscep-
— 342 —
libles d’être associées à la Mg AV 4666 décrite ci-après. 11 s’agit de sept ou huit prémolaires
(supérieures et inférieures) de taille forte, de forme globuleuse, se singularisant par leur
morphologie extrêmement simple. Pas plus que pour les spécimens de Muligny, l’homo¬
généité de leurs caractères ne permet de préciser leur situation dans la rangée, mais
leur forme s’accorde assez bien avec ce que l'on connaît chez le genre Wasatchia, voisin
de Btmaphorun.
La Mg AV 4666 (lig. 15f) se réduit à une couronne dentaire montrant un trigonide un
peu plus large et sensiblement plus élevé que le talonide. Les tubercules sont bas et le méta-
eonide est très dilaté anl.éro-poslérieurement. Ce tuberctde porte sur son flanc externe
un léger sillon correspondant à l’existcncc d’un paraeonide mais celui-ci n’cst pas différencié.
Le protoconide, plus bas que le inétaconide, est ici relié par une crête courbe à l’avant
de ce tubercule et porte sur son flanc labial un Irès léger cinguluni. Le talonide est beau¬
coup plus étendu ici que sur la Mg MU 5570 de Muligny, mais également déprimé. La crête
oblique est toujours très courte et externe. L’hypoeonide est aussi important que le pro¬
toconide et la j)ostcrislide rejoiiil un hypoconulide volumineux, arrondi. motiocus])idé,
situé dans l’a.xe de la dent.
Deux Mg du gisement de Pourcy sont rattachées à cette même forme. Sur PY 64-L
(fig. 15g) le caractère bunodonte des tubercules et leurs proportions relatives, la faible
élévation du trigonide, l’absence de prololophide, la forme du talonide et de l’entoconide
évoquent en effet les caractères des molaires inférieures du Mutigny. La Mg PY 64-L, dont
l’état de fraîcheur remarquable permet une bonne observatioiq montre toutefois certaines
particularités : existence d’un cinguluni antérieur, d’un faible jiaraconide bien détaché
du métaconide et d’une entocrislide supportant plusieurs renflements ; des renflements
se trouvent également sur la postcrislide ; en outre, un bourrelet existe dans l'échancrure,
latérale située entre hypoconide et hypoconulide ; cet hypoconulide monocuspide est très
saillant à l’arrière.
La Mg PY 73-L se prête mal, vu son état d’usure, à l’observation ; sa taille est com¬
patible avec celle de la molaire PY 64-L, mais son cingulum antérieur est très ] 5 eu exprimé
et son bourrelet labial interloliaire très fort.
Discussion
De type dichobunoïde primitif, les molaires ML 6183 et MU 228-L diffèrent de celles
du Protodiebohune oweni, plus récent, par leur forme jilus quadrangulaire, des tubercules
moins écrasés et une taille plus forte. Elles jirésentent par contre d’incontestables [loints
communs avec celles des genres nord-américains Wasatchia Sinclair et Bunophorus Sin¬
clair <lu Wasateb. Ces deux genres apjiarenlés ((Ia/.in, 1955) se dilfércncient en principe
d’après leurs P 4 et leurs Mg ((îutmiuh, 1967). L’opinion de Van Valen (1971), selon laquelle
ces deux genres sont synonymes, sera discutée plus loin.
La M® (ou M*) MU 6183 ressemble par plusieurs caractères à la M* AC 11194 de Lysile
(Wind Hiver l'orrnation) déLerminée par K elle v cl Woon ( 1954, fig. 15C), puis par (iutuiue
(1967 : 49, fig. 331)), comme étant la M' de l’espèce Bunophorus macropternus : taille forte,
forme générale et disposition des tubercules, présence de crêtes postparaconule et i)ré-
rnélaconule, puissance des cingulums. La molaire de .Muligny se différencie [)ar un contour
lingual plus arrondi, par la position un peu plus avancée du protocône, par la puissance
- 343 -
et la position en retrait du rnétaconule et par une disproportion plus accusée entre le para-
cône et le rnétacône d'une part, et entre les cinguluins antérieur et postérieur d'autre part.
En outre, ce cingulum est fortement renflé dans la partie postéro-interne. Cette molaire
de Mutigny est pratiquement identique à la M' du maxillaire YPM 28662 provenant des
niveaux de Lysite (Loc. 192, Willwood Fm.) déterminé Bunophoriis sp. (moulage Univ.
of Miclàigati n*’ 66977) ; à peine peut-on noter un paracôtie et un mélaeône moins rappro¬
chés, et un rnétaconule plus fort sur la molaire MF 6183. Par ses caractères cette dent se
raïqiroche également des molaires du maxillaire type (ANNH 15673, Snsci.cm, 1914,
lig. 2) de \] asalchia dorsyaenu du Gray Bull (= Dunophorus dorsyuptut in Vas Vai.ijn,
1971), e.spèce pouvant être synonyme avec 11'. grangeri (voir McKknn.v, 1969).
Les molaires inférieures du Dichobonidé de Mutigny' diffèrent de celles de Priitodi-
chohune nweni par l’asjiect bulbeux et la faible élévation des tubercules, la forme redressée
du protoconide et de rhypoconide, l’absence de paraconidc et la faible étendue relative
du talonide.
De même, peuvent être notées certaines différences entre la dent MU 5561 et les molaires
de res(iêce liunopliorus sindidri créée par GcrtmiE (1966 : 49, fig. 34), mais que cet auteur
considère maintenant comme probablement synonyme de Biiiujjdiorus elsagiciis (GuTitniE,
1971). Sur les molaires de l'esjiècc américaine existent un paraconidc, un cingulnin arcté-
rieur bien développé, un hyqioeojiide puissant et iin entoconide. plus fort et plus avancé.
Ces difîérenee.s n'ont certainement fias grande signilication dans la tuesure où les earac-
tères iiieiitionnés sont sujets à d'iiiqiortaiites variations chez Bimophorus (en particulier
B. gazini, Guturie, 1971, fig. 22 b).
Les spécimens de Mntignv'se rap()rücbent donc manifestement <bi groufie BunopJiorus-
W'amU'fiiu, les molaires supérieures évoipiant plutôt celles du genre Bunophorua. Ainsi
jiistifions-noiis l'atlribulion généricfue de ranimai de Mulignv. .\ propos des molaires supé¬
rieures, la position avancée du protocône, la puissance du rnétacône, celle du métaeonide,
la disfiroporlion des cinguluins confèrent à ranimai de Mutigny un cachet particidier tra¬
duisant un stade sensiblement plus progressif que celui du Bunopltorus eU'agicus du Gray
Bull ; dans le même ordre d'idée, il coin ieut de mentionner le caractère év'olué de la P 4 ,
ici inolariséc.
La préspiiee dans le Sparnacien supérieur d’Europe du genre nord-américain Buno-
phorus n'a rien de surprenant. On sait, en effet, qu’au Sfiariiacieii se sont produits de nom¬
breux échanges de faunes entre les deux eontineiits à la faveur d'une cominunicalion inter¬
continentale nord-atlantiqoe (Szalay et McKen.xa, 1971 ; West et D.vwson, 1978).
Ou fient se demander ifiiel est le centre d'origine et d’où firovieut Bimophorus Si
fiour Dincode.vis — plus tardivement représenté en Amérique du Nord tpi’en Europe —
a récemment été proposée une origine paléarctique, il n'est pour l’instant (las possible d'éten¬
dre cette hyfiothèsc à Bimophorus, celui-ci apparaissant dans des niveaux [irobahleinent
assez firoches cliroiiologiqiiemeiit sur les deux domaines géographiques. Le Sparnacien
inférieur d’Europe (Dormaal, Rians et Poiircy') coiTChpondant à une fiartie (plutôt supé¬
rieure) du Clark Eork (Rose, iîl 8 l), les uiveau.x de Mutigny’ et Avenay (à Bimophorus
cappeUai) du .Sparnacien moy'cn ou supérieur ne sont certainement pas trè.s éloignés dans
le temps des gisements du début du Wasateb. Dans le cas (possible) où Pourcy serait équi¬
valent du Clarkforkien supérieur, Bimophorus serait — tout comme Diacodexis — apparu
plus tôt en Europe ; à ce propos, peut être souligné le cachet primitif des molaires infé-
— 344 —
rieures MU 55G1 et PY 64-L. Ces corrélations demanderaient toutefois à être précisées
par une meilleure connaissance des faunes européennes de cette époque ; ainsi pourrait
être- éventuellement rediscutée l’origine du genre Bunophorus.
L’absence, de forme apparentée à Bunophorus dans les gisements cuisiens tendrait à
accréditer la thè.se selon lacpielle l’espece de Mutigny constitue l’unique témoin du groupe
nordaméricain \\'amtchia-Bunophorus dans le Sparnacien d’Europe et que ce témoin est resté
isolé. 11 est intéressant cependant de se pencher sur le cas de Buxoburu’ défini d'après l'espèce
B. dauhreci de Bouxwiller, mais qui est aussi représenté nu Geiseltal par une forme plus
primitive que cette espèce (Sloiie, Ul78 ; 24). Lors de la description du genre, l'état des
connaissances sur l’évolution des Artiodactyles d’Europe avait conduit à interpréter
Bu.Tohitne comme un descendant de Brotodichobune. Nous n'avions toutefois aucun argu¬
ment certain jiour faire ce rapprochement, les molaires de B. dauhreei étant beaucouj)
plus éloignées morphologiquement de celles de P. otveri.i que ne le sont par exemple celles
du genre Auuidasia.
S'il n'y a pas plus d'arguments pour envisager un rapprocheinenl entre les molaires
supérieures de Buxohune et la molaire MU 6183 de Bunophorus cappettai, on peut cepen¬
dant comparer avec «quelque prolil les molaires de resjièce de Bouxwiller à certains sjié-
cimeus de Bunophorus etsagicus récoltés dans la Willwood Formation (Univ. of Michigan
n° V 64364; loe. 431; niveaux du Gray Bull).
Os molaires montrent en effet plusieurs points communs ; la molaire Behs 516 de
Bouxwiller présente, comme celle de ce Bunophorus, un paracone et un métacône carénés
et surtout un cingulum éjiais sur tout le pourtour de l.i couronne, montrant de nombreux
plissotemotits de l’émail. De tels caractères sont inconnus chez les autres Uichobunidés
européens. La plus grande élévation des tubercules (moindre bunodontie), la position
plus en retrait du métaconule et la plus grande importance de ce tubercule, ainsi que l’exis¬
tence d’un repli de la postparacrète et di- la prémétacrèle vers le cingulutn citez B, daubreei
peuvent — à moins d'admettre un j)hénomène de partait jiarallélisinc hétérochrone —
être interprétés comme des caractères acquis secondairement à partir d'un ancêtre voisin
de ce Bunophorus etsagicus. Aucun rapprochement n’est possible toutefni.s entre les molaires
inférieures de ces animaux ; celles de B. elsngieus portent des tulic.rcidcs l>as et arrondis
et un entoconide très isolé à l'arrière ; chez Buxohune, les tubereulos externes sont déjà
relativement crescentoïdes et renloeonide bien développé e.sl situé face à l'hypoconide.
Des différences de même ordre existent d'ailleurs entre les molaires de Buxohune dauhreei
et celles de Bunophorus rappeUai ; compte tenu des obser\-alions faites chez les autres
Dichobunidés, ces carnelères ont très prohal)lement été acquis assez rapidement.
Ainsi, si Buxohune peut éln? rapproché de Bunophorus, la question est de déterminer
(pi'clle est la forme susceptible de s’inscrire dans l’aseendance du genre lutélien. S’agit-il
du Bunophorus cappettai de Mutigtiy, ou bien d’une forme j)roclie de Bunophorus etsagivu.s
venue d’.Aniériquc du Nord postéricurcnienl au Sparnacien ? La [iremière solution ne peut,
jionr l’instant, être jjrise en compte étant donné d’uue part les dissemldanees entre les
molaires de B, cappeltni et celles de Biuobune, et d'autre part l’absenoe dans les niveaux
cuisiens de jalon intermédiaire entre les deux formes. Il faudrait dès lors envisager, j)onr
expliquer la deuxième hypothèse, l’immigration de certains rameaux nord-américains
postérieurement au Sparnacien, donc plus lard que l’époque où l'on considère que se
produit roplimurn d'échanges entre l’Europe et l’Amérique du Nord.
— 345 —
E. — Les Dichobunidae nord-américains et ? asiatiques
1. Les Dichobunidés nord-américains
L’analyse de la littérature concernant les Dicholiunidés primitifs de l’Éocèiie infé¬
rieur et moyen d’Amérique du Nord rend parfaitement compte des dillicultés inliérentes
à la compréhension de certains genres ou espèces et à l'établissement de leur degré de. parenté.
La sous-famille des Diacodexinae fut créée par Gazin (1955 : 10) |iour regrouper les
genres Diacodaris el Wasalrhîd représentés dans les niveaux du Gray lliill et de Lysite,
ainsi que le genre Bunophoras de Lysite et Lost Caliin. Dans une étude eonsaerée
principalement à la description du tarse de ces Artiodactyles, Giitiirie '1908 ! 301) a envi¬
sagé que WasaU'hia n'était pas génériquement différent de iJiacodexls. Ce genre [VaxiUchia,
forme de grande taillcj dont les molaires poi'teut des tubercules bulbeux, se rattache en
effet morphologiquement aux petits Diacadexis (D. nielsiacus, par e.xetnpie) par Finter-
médiaire du Uiacodems rohuslua Sinclair connu dans le Gray Bull.
D’autre part, les rcssendjlauce.s morphologiques entre Wasatchiu et Bunophorus ont
amené Van Valen (1071) à considérer que ces noms s'appliquaient îi une meme unité
générique. Cos formes diffèrent pourtant, selon Gutiirie (1967 : 47), d’après leurs P4 et
leurs M 3 .
Les trois genres précédents, pris globalement, montrent en ellet un tel continuum
dans leur inorjihologic qu’il n’est pas aisé de fixer entre eux des coupures systématiques.
Il faut insister ici sur le fait qu’une situation analogue s’appliipie aux Dichobunidae du
Cuisien d’Europe avec, comme nous l’avons vu, une variation continue de la morphologie
des molaires depuis Diacodexia ^azini jusipi’à Aumelaxiu par l’intermédiaire de Prolodi-
chobune, Ainsi, à partir de cel exemple, il ajiparaît tout à fait justihé de distinguer les
genres nord-américains Dinendexis, Wasalchia et Bunophoriis (associés dans les niveaux
de Lysite et Lost Cahin).
Les genres de Dichobunidés du Wasatch étaient généralement considérés comme
totalement indépiendnnts des Dichobunidés de l’Eocène inférieur d’Europe, restreints,
il y a quelques années encore, au seul genre Proladichobune. Gazin (1955 : 11) considéra
que l’homnlogue nord-américain de Prolodichobime était le genre flexacodus ap[)aru à
La Barge ; ce genre, auquel étaient alors rapportées les espèces II. pdndrs et II. uintensi.v
de la Knight Formation, s’étend selon l’auteur durant le I.ysitean et le Lostenbinian. Selon
Van Vale.n (1971). ce genre Hexacodus ne comprendrait probablement qu'une seule espèce
{II. pelodes) et serait synonyme de Prolodichobime. Ces deu.x genres ont, il est vrai, des
molaires aux caractères voisins, si l'on considère surtout la forme du trigonide et du talo-
nide, F importance du protoconide et de l’iiypoconide, l'inclinaison de ces tubercules vers
leurs vis-à-vis respectifs et l’étendue de la crête oblique. Outre une taille plus petite, le
caractère plus aigu des tubercules, la faiblesse de l'entocoiiide et sa (losition en retrait,
ainsi que le développement vers Farricre du niétaconide confèrent à Hexacodus une phy¬
sionomie particulière, indiquant «ju’il s’agit d’un genre différent de Prolodichohtine.
En ce qui concerne l’origine de Prolodichobime, nous ne saurions souscrire à l'opinion
de Van Valen (op. cil.), selon laipielle ce genre dériverait d’une forme proche du Diaco-
dexis robustus du Gray Bull (cf. ante).
— 346 —
\^AN Valem (1971) a considéré que Protodichobune (incluant Hexacodus) était approxi-
niativemenl l’ancêtre, à la fois des Homacodontinae nord-arnéricains, et des Dichobuninae
européens. L’auteur soulignait à ce propos la dilliculté qu’il y avait à fixer pour ce genre
une assignation à l'une ou l’autre de ces sous-fainilles. Si, comme le suppose Vax Valen,
ces Homacodontinae dérivent bien d'une souche diacodexide par riuterruédiaire d’une
forme de tyiie flexacodus, on ne peut envisager que Protodichobune soit leur ancêtre en
raison de l’cxtrènie Imnodontic des tubercules sur les molaires de ce genre.
Ko ce qui concerne les Dichobuninae européens, et plus spécialcmeni le genre Dicho-
bntie, le relier direclemenl à Protodichobune relevait d’une large part d'incertitude. La
découverte faite récemment à Mcsscl et au Geiseltal du nouveau genre Messelobunodon
montre clairement (jue Dichobune est d’origine autochtone.
Hexacodus est un genre particulièrement intéressant, parce qu'à notre avis il est aussi
sii.secptilde de rtqirésenter le modèle ancesiral du genre enrojiéen ( uisitheriuin, apparu
au Sparnacicn supérieur ou an Cuisien basal (Avenay), que l'on peut rattacher à la famille
des Dacr\lheriidae ; il est impossible de savoir si u est une forme venue d’.Américiue du
Nord qui e.st à l'origine de ce Dacrytheriidae ancestral, ou bien si un homologue d'Har.a-
codits s'élait difîénuieié en Europe à partir de Üiacodexi.s antérieurement au Sjiarnacien
supérieur.
L’appréciation ou le classement de certains genres nord-américains plus lécents et bien
dilférents des Dichobuninae euiO|iéens |>résentenl certaines dillicultés : il s’agit des genres
iMicrosns Leidy, Aniiacodon Marsh, Sarcoleniur Cope et Auxonlodon Gazin. Microsus,
considéré comme un llomacodonl inae, a évolué durant le Bridger paralléleinenl à lloma-
codun. Hesté [dus jirimitif qu'lloniucodon, ce genre Microsus est certainement issu d’une
forme voisine d'Hexacodus et, a constitué la souche d'un certain nombre d'Artiodactyles
du l’inta (Bunonieryx entre autres; Gazi.n, 1955),
A jiropos d'Antiacodon Marsh cl Sareoietnur, nous ne discuterons juis ici la question
de savoir s’ils sont ou non synonymes (Gazi.n, 1958; Gutiiiue, 1971). Il n'est d’ailleurs
pas fuit mention de Sareoietnur dans la liste des mammifères du Bridger publiée récem¬
ment par G.vzix (1976). Aniiacodon est apparu dans les niveaii.x du Lost Cahiri avec l’espèce
A. ofinoaleni (Gvtukii;, 1971 ; 87). D’après les pièces lyfies, A ntiarodon pygmaeus (AMNII
5097) du Bridger inférieur et Aniiacodon furcatus (= Sarcoleniur furcatus AMNIl 5908]
du Bi'idger B sont indiscutoldemeni deux formes apparentées, et, n’était le fait que ces
espèces |irovicnnent de niveaux chronologiquement très proches, il semblerait logique
de considérer qu'existent entre elles des relations ilc libation directe di' type ancèlre-dcs-
cendant ; l’isolement vers l’arnèrc de l’hyjioconulide et l’accentuation des crêtes pouvaient
être le résultat de tendances dévelo]>pées dans une lignée jiarticulière de Dichobunidae.
Ces modifications peuvent être expliquées, d’ailleurs, grâce a l'étude de l'occlusion
dentaire. L’isolement de l’hypoconulide à l’arrière de la dent est lié au râle croissant du
métaconulc de la molaire supérieure dans la mastication, ce tubercule devenant bien déve-
lofipé. De la même façon, l'importance du paraconide et du métaconide sur le trigonide
des molaires inférieures est très certainemeni liée à l’acquisition d’un puissant (uiraconule
sur la molaire supérieure. A l’occlusion, ce tubercule s'insère en elîet dans l’encoche déter¬
minée par la crête oblique (très bien matérialisée chez Aniiacodon (Sarcoleniur) furcatus)
et le protolO|dude. Gutiibie, pour ijui Sarcoleniur (S. furcatus) est un genre valide, consi¬
dère que celui-ci inclut Hexacodus. Sarcoleniur furcatus et Hexacodus pelades se rappro-
- 347 -
chent en elTel par la structure du talonidc des molaires intérieures, avec un entoconide
modéréincnt développé et une liaison transverse entre l’hypoeonidc et l’enloconide, cette
liaison étant beaucoup moins accusée chez la forme plus ancienne Jlexacodus. I,'acuité
prononcée des tubercules, la présence d’un très fort paraconide, l’existence d'un hypo-
conulide [iroéminent et isolé, ainsi cpie celle d'une crête oblicpie très étendue, sur les molaires
de S. funalus peuvent difrieilernenl s’explicpier dans le cas de relations étroites entre les
deux genres, la liaison bypoconide-entoeonide ayant pu être actpiise indé|iendamment
dans des lignées distinctes. Si Surrolpriiur est un genre valide, il semide donc, devoir être
appliqué seulement à S. fiirrnlus. Dans ce cas, il n’est pas possible d’entrevoir de pi-ocbes
relations entre ce genre et Prolodichnhiinf, comme l'avait sup|iosé (jimiHiE (op. cil.}.
Antiiuodon (et Sarcolemur ?) présentent sullisamment d’individualités pour être
attribués à une unité subfamiliale particulière, en roccurrence la sous-famille de Antia-
codontinae créée par (jazin lorsque fut défini le genre Ausontadon ((iAztN, 1958 : 2) ; si
ces animau.v, aux molaires inférieures [lourvues d'un très fort paraconide et d’un entoco¬
nide réduit et très pustérieui’ piygwueu.v), dérivent d’un Diacode.tix ou jveiit-être aussi
d’une forme annonçant déjà les I Ifirnacodontinae (voisine de Microsii.i), ils restent fran¬
chement éloigné.s des antres genres nord-américains de Dichobunidae.
De la même fayon, c'est-à-dire jiar radiation tardive à partir d’une souche diaco-
dexidc, s'explique l'origine des I.epLoelioerinés (Gaztn, 1955), considérés par V’.vx V^ai.en
(1971) et Kowahos (I97fi) coniTuc une sous-famille des Dicholuinidae, propre à l’Oligo¬
cène nord-américain. Ce statut est contesté par Black (1978 : 233), cet auteur considérant
ce taxon comme une unité familiale indépendante des Dichobunidae.
2. Les Dichobunidae (?) asiatiques
Les ilonnées concernant les Dichobunidae asiaticpies sont éparses cl sujettes à con-
trov'erse. l'.lles n’apportent pas, pour rinstant, d’élément déterminant [lermettant il’élendre
à l’Asie le domaine d'expansion de ces Artiodactyles primitifs.
GAiioirNiA (1973) a rapporté à la sous-famille Diacodexinae l’espèce Aksylria oliyo/itu.f
établie d'a[irès une molaire supérieure trouvée dans la série d'Obaïla (Kocène inférieur
ou moyen ; dépression de Zaiasan, Kazakbstan). 8i la inorpbologie de ce spécimen est bien
conforme à celle d'un Dichobunide primitif, elle est différente de eelb^ de lJiacode,rls, ou
même de celle des autres membres de la sous-famille. Klle évoipicrait plutôt celle d’un
animal, au statut incertain, irouve dans l’Kocènc supérieur du Midi de la France (Dicho-
bunitlae indet ; Si'uhk, 1978 : 15, pl. t. 1, fig. 2 : pl. phot. 1, fig. 5). Il nous paraît en con-
sécpience prématuré de lirer des conclusions précises de cet unique document (voir Gin-
GEKicn el ai., Ifl7ti : 123).
Lantianiifs défini par Ciiow à partir d'un maxillaire [lortanl la série de l’Eocène
supérieur de Chine, a d'abord été attribué aux Adapidae (Ciiovv, 19(il ; Si.vioxs, 1972 ;
Gingehicu, 1975). D'ajirès Gixgkkicii (1970), il s’agit plus probablement d'un Artiodac-
tyle Dichobunidae. Si ce fossile évoque par la forme de ses molaires et de scs prémolaires,
ainsi (pie par la position du canal infraorbilairc, le genre Diavode.vl.t, il s'individualise par
des traits nettement plus modernes de la dentition ; |iaracône et métacône fortement caré¬
nés, paraconule très atténué, présence d'un liypocône (rudimentaire), début de molari-
sation de P**; la présence d’un cingulum lingual autour du prot.ocône (lourrait résulter
— 348 —
d'iiQL* réminiscence d’un carartcrc anccslral ; celle structure est alisente chez Diacodexis
mais elle est présente chez le genre apparenté Bunophonis. Considérer Lanünnim comme
un membre de la sous-famille Diaeodexinae supjioserait d'ailleurs la présence d'une « nappe »
diacoilexide. dans rÉocène inlérieur asiatique. Mieux vaut, loulefois attendre de nouvelles
iid'ormalions sur les rnattimifères éoeènes de ce continent avant de préciser la position
s\-sléniatique exacte de ce fossile cl ses relations éventuelles avec les Diacodexinés d’Europe
et d'Amérique du Nord.
Le /Hcltohune décrit par Zoainsky à partir d'un fragment de mandibule avec P4-
M 4 , lie rEocène de Cliine, est très probablement une forme ajiparentée au groujie des Anthra-
col lieriidae (Gimukhicii el al., lf)79).
Certains des Artiodactyles de LÉocène moyen du sous-continent indien ont été par¬
fois attribués aux Dichobunidés. Malgré les descriptions approfondies et tes nombreuses
études les concernant, il est toutefois dillicile d’avoir une opinion jirécise sur leur position
systémali([Ue. C’est le cas jionr Kiiiimunella, piour Khirtharia (— Hunodmius), pour Ilaqueina,
pour BiUiellu, pour Iridoliyus, pour Lunimidhanin, pour Cliorlakkla (voir à ce sujet Dehm
et Of.ttimîex-Siuei.berg, 1958; Sahni et Khare, 1971, 1973 ; Convins et Convins, 1977,
1979 ; Gixgkiîicit el al., 1979 ; Wes c, 1980).
Ces genres très différents des Dichobunidés classiques ont été récemment regroupés
dans une nouvelle unité systématique, la famille des Raoellidae (Saiini et al., 1981) ; l’indi¬
vidualité de cetli; famille, propre au soiis-contiuenl indien, suggérerait l’existence d’une
souche particulière (peut-être de type diacodexide) à ce sous-continent.
11. Famille DACRYTIIERIIDAE Depéret, 1917
En Artiodactyle dilîérenl des Dichobunidés avait été identifié dans le gisement lan¬
guedocien du Mas do Crimel dont l’age, apprécié d’après l’étude des Rongeurs (Harten-
HKRi.'EK, 1971), est voisin (sinon iden(ique) de celui de la formation des Sables à L'nios et
Térédines ; cet animal avait alors été déterminé comme étant du genre lîhapalherium [Rha-
palheriitrn indel., in DAiniiMit'Mi.En et al., 1909, 1970). La même forme a été signalée à
Sézanne-Droyes sous le nom de ? Tapindm (Loris, 1970 : 56). Dion que n’ayant jamais
été décrit ni figuré, cet .VrtKidactyle, dont seules les molaires supérieures avaient été iden¬
tifiées, a été interju'été comme une forme ap[>artenant au stock originel des Dacrytherii-
dés (St DRE, 1975 103) jusqu’alors reconmis seulement dans l’étage Lutétien (Catodon-
tlicriiini a aepentonienm li’ArgeiUon ; SrEntm, 1910 ; 926, lig, 164).
L’étude du matériel !•ecuei]li au siècle dernier dans la furmalion des Sables à Lliiios
et Térédines apporte quelques informations au sujet de ce Dacrytheriidé primitif. On peut
en efîel ra[qiorter à celui-ci les molaires supérieures quadrnngulaires à raétaconule postéro-
interne attribuées avec réserves par Tkiluakij au genre Prolodicltobnne (Tëiluaud, 1916-
1921 ; pl. III, lig. 7, el p. 76, lig. D), ainsi que la mandibule ayant ]iermis h Levioine de
définir l’espèce Protodichobune lyddekeri (cf. discussion dans le paragraphe concernant
Protodiehohune).
C’est très certainement cette même forme qui a été signalée par Stehlix (1940 : 296)
dans la formation des Sables à Unios et Térédines sous le nom de Catodonlheriam sp.
— 349 —
Pour cet animal, dilFérenl à la fois de Protodichobiine ei des Dacrytheriidès lutéliens,
sera créé le nouveau genre CuisUheriiitn, Je iioui d’espèce hjddekeri de\anl, être conservé.
Cuisiihenum h/ddekeri esl identifié à Grauves, Monthelon, Mancy, Cuis, ainsi i|u'à Saint-
Agnan. Iæ genre est aussi représenté dans des niveaux plus anciens ; nous lui rajiportons
en effet une molaire inférieure du gisement d’Âvenay (Cuisitheriurn sp.).
RE.MAnQUE d’oRDIIE SYSTÉMATIQUE
Les genrc.s Dacrijtherium f)wen, Catodonlherium Depéret, Leptotheridium Stehlin et
Tapirulus Gervai.s étaient anciennement regroupés avec Anophlhcriitiri, Diphbune Uüti-
meyer et Hpbdronifiiius lliirzeler dans la famille des Anoplotlierlidae Bonaparte, Cette
association ré.siiltuit de l’apparente homogénéité des caractères dentaires de ces formes.
Depéiîet : 114) avait toutefois dissocié des .'Vnoplotheriidés au sens strict [Ano-
plolheriiuu. Uiplnhurie, Ephelcoiiu'ruist) les genres éncènes Catodontberiiini., Dac.ryt.hc.rium,
Leptothendiutn et Tapirulus pour les regrouper dans la famille des Dacryl licriidae. Pour
ViKEi (19(11) ces deux unités sont conservées, mais interprétées comme de simples sous-
familles au sein des Anoplotheriidae.
Il nous a paru nécessaire (Suube, 1978 : 100) de restituer à ce groupe des Dacrythe-
riidés un rang familial. L’origine très ancienne de ces animaux, confirmée, d'ailleurs par
la présence de Cuisilheriurn dans les niveaux anciens de l’Eocène inférieur, est en effet
distincte de celle des Anoplotheriidés apparus beaucoup plus tard, à la fin de l’Eocène.
A. — Genre CUISITHERIUM nov.
Dérivation du nom: Du nom de Cuis, célèbre localité de la formation des Sables à Unios
et Térédines.
Diagnose : Animal un peu plus grand que le lièvre. Molaire supérieure de (orme quadran-
gulaire porlHiil eiriq tiibereules. Parueéne et mélaeône encore arrondis mais modérément carénés
antéro-postérieurenienl et pas eusiiilés extérieurement. Le prolocôue oeeiipe une position avancée
et le paraeonule lui est eonligu. Lr prololophe très court s’abaisse brutalement vers le eingulum
antérieur. Le métaeonule faiblement crcsceutoïde occupe une position interne, Parastyle et méso¬
style sont absents. I.es ciiiguluins de fniissaneo modérée peuvent ceinturer la emironne ou s’atté¬
nuer sur le flanc lingual du protonnne. Molaires iulérieureB sur lesquelles le trigoiiide est à peine
plus élevé et moins étendu que Je talonide. Paraconide parfois ]irésent, mais |dus généralement
absent. Métaeonide anamdi, redressé, de puissance moyenne. Le protoeonide, légèrement moins
développé, purte deux crêtes en V reliant les lianes du métaeonide (ou le paraconide). De même,
l’bypoeonide, pincé, porte deux crêtes en V face à l’enfocoiiide. Celui-ci, conique et arrondi, occupe
donc une position avancée, mais sa puissance peut être variable. Citigiiliini afilêrieiir présent;
eingulum lingual sur le tlaiie du métaeonide présent ou absent. Cingiiliim posiérieur iiiudêrément
relevé (hypoconuUde). Mj plus graude que M,. Mg assez grande portant un hypoconulide, mono-
cuspidé, puissant et relié à la posterislide.
Espèce-type : Cuisitheriurn lyddekeri (Leinuine, 1891).
Autre forme distinguée : Cuisilherium sp. (Avenay),
□ - Mas de Gimel
♦ - Grcuves
O - Aonon
“H. Coll- Ageiennes
45 50
55 60 65 l
♦ .Grauves
O -S* Agnon
A .Mancy
0 -Monthelon
+ .Coll. Ageiennes
I_-M/3
T -Type
M. inf.
♦t) m
%
♦ O/# B
Fig. 16. — Diagrammes des dispersions établis d’après les dimensions (longueur, largeur, en mm) des^
molaires de Cuisitherium lyddekeri (Lemoine) ; les traits relient des valeurs correspondant à des dents
- 351 -
1. Cuisitherium lyddekeri (Lemoine, 1891)
(Fig. 17 et 18)
1891. — Protodichobune lyddekeri Lemoine, p. 287, 11g. 133.
1891. — Proloadapis ; Lf.moine, j>. 281, pl. XI, fig. 75.
1906. — Protodiflwburie lyddekeri Lemoine; Stehlin, p. 668.
1916-21. — Prolodi<lu)hune oweni Lemoine, pars; TF.iLHAno, p. 75.
1916-21. — ? Protoadapin curvicunpidenx Lemoine ; Tf.ilhard, pl. III, lig. 8.
1940. — Catodontherium sp. ; Stehijn, p. 296.
1969. — Rhngiilheriurn indel. ; IIautenuekcek et al.
1970. ? Tapirulus -, Loi is, ji. .56.
1978. — Dacrytiieriidae indet. ; Sodre, p. 103.
Type oe l.'BseÊi’E : Fragment de mandibule avec Mj-Mg ; sur la Mg le troisième lobe (hypo-
conulide) est absent : AL 52.36 (MNHX l'aris) ; Lemoine, 1891, fig. 133.
Diag.nose : Celle du genre.
Localité-ty'I'E : Formation des Sables à Unios et Térédines (environs d’Epernay).
Autres localités : Cuis, Monthelon, Grauves, Mancy, Sainl-Agnan près de Condé-en-Brie
(région de la Champagne), .Mas de Cimel (sud de la France).
Matériel attruiué ; Cidlections agéiennen : mandihnle avec .Mj-Mg, type (AL 5236); man¬
dibule uveiî .Mg-Mg (.\l 5235) : .VI* ('rEuiiARO, pl. III, fig. 8 ) ; M* {Teii.h.vrd, pi, 76, fig. Di. —• Nou¬
veau muter ici : Cuis ■: 2 molaires supérieures droites (Cuis 13-L ; Cuis 1 - DE). Mas de Gimel' 3 ruolai-
res supérieures MGL (Coll. FSTL Montpellier). Saint-Agnan ; 1 molaire supérieure (STA ôfiO-L) ;
3 molaires inférieures (SI'.A 561-L, 576-L, .577-L). Mancy : 1 Mg (MA 43-L). Grauves : 2 DP^ (GR
142-L, GH 139-L); 1 molaires supiérieures (GR 119-L, GR 28-L, GR 7494, GR 7495) : 1 Mj (GR
10230); 1 Mg (GR 160-L) ; ? 2 molaires inférieures (GR 136-L, GU 7498). Monthelon •, mandibule
avec Ml, Mj (MT 9-L).
Dimensions (inm) : Type .Al .5236, L Mi-Mg : 17,8 (fig.) ; L .Mi-Mo : 11 ; L Alg-.Mg : 12,4 ; Mg,
5 X 3.7 ; Mg, .5,9 X 4,5 ; Mg, ? 7 X 4. Al 5235, L M.-Mg : 12.6 ; .Mg, 6 X 4,2 ; Mg, 7 X 4,5. — Molai¬
res supérieures figurées par Teiliiaiiu (pl. III, fig. 8 et p. 76, fig. D) : M® : 5,6 X 6,5 ; ,M* ; 5 X
6,4. — Nuweau matériel ; Cuis : Cuis 13 -Jj, .M. siip., 4,8 X 5,5 ; Cuis 1-DE, M. sup., 5,3 x 6,1. Mas
de Gimel ; .MGT. 3, M*, 5,0 x 5,5 ; MGL 28, M*, 4,8 X 4,3 ; MGL 84, M. sup,, 5,3 x 5,9. Saint-
Agnan ; S'I’A 5ii0-L, .M. sup., 4,0 X 5,0 ; STA 577-L, M. inf„ 5,0 X 3,8 ; ST .A 561-1,, M. inf,, 5,3 X
3,8 ; STA 576-1., M. inf.. .5,0 x 3,5. Mancy : MA 43-1., Mg. 7,2 X 4,9. Grauves . GR 142-1., DP^
4,1 X 4.0 ; GR 139-L. DP', 4,0 X 4,4 ; GH 119-L, M. sup,, 5,4 x 6,6 ; GR 28-L, M eassée ; GR
7494, M. sup., 4,9 x 6,4 ; GR 7495. M. sup., .5,2 x 6,5 ; G R 10230, Mj, 4,6 x 3,1 ; GR 160-L Mg.
7,0 x 3,9: i' GR 136-L, M. inf,, 5,5 X 3,8; ? GR 7498, M. inf., 6,9 X 4,1. Monthelon ; MT 9-L,
ATj, .5,4 X 3,5 ; Mg, 5,8 X 4.
Description
Denture supérieure (fig. 17 a-d)
Les molaires supérieures de ces différents gisements, de forme à peu pires quadran-
gulaire, montrent une grande liomogénéité de caractères : elles sont à pieine plus longues
que larges et portent cinq tulicrcules. I..es piaracônes et métacôncs coniques, v'erticaiix et
à peu près d’égale importance, sont modérément carénés antéro-jiostêrieiirement. La post-
piaracrête. et la pirémétacrête forment sur quelques-uns des écliantilluns étudiés un faible
— 352 —
repli mésostylaire (GR 28-L, GR 7494, Cuis 1-DR). Le protoeône occupe une posilion avan¬
cée et le paraconule lui est souvent contigu (GR 28-L, GR 405). Sur d'autres spécimens,
le paracomde est plus détaché du protoeône (GR 7494 — Cuis 13-L). 11 arrive qu’il soit
inexistant ; c’est le cas sur Tunique molaire supérieure connue du gisement de Sainl-Agnan,
mais le spécimen présente une surface d'émail altérée.
Le métaconide est toujours très bien détaché ilans la partie postéro-interne de la dent,
mais sa position ne dépasse jamais du côté lingual Talignement du protoeône.
L’importance des cingulums est variable ; le cingulum peut ceinturer pratitjuement
toute la couronne (spécimens du Mas de Gimel), ou s’interrompre sur le flanc lingual du
protocône ; généralement il est épaissi dans la partie postéro-interne de la dent. 11 peut
être aussi discontinu et surtout bien prononcé à Tavant et à Tarrière de la dent (STA 560-
L). Le cingulum externe peut être continu et rectiligne ou au contraire formé de deux
segments distincts en liaison avec le repli formé par la postparacrête et la j)réméta-
crête.
Le protolophc s’abaisse très rapidement vers le cingulum antérieur ou l’angle parasty-
laire, mais le firotocône ne porte aucun bras dirigé vers la vallée i.ransverse médiane, elle-
même rectiligne et largement excavée du côté lingual. Le métaconule est faiblement cres-
centoïde, la crête postérieure s’abaissant très rapidement vers Tarrière de la dent.
Les DP* (GR 142-L, GR 139-T..), de forme trapézoïdale, sont plus larges du côté externe.
Paracône et métacône redressés et proches du bord labial sont bien carénés. Le protocône,
arrondi, occupe une position avancée et le paraconule est bien disjoint de ce tubercule.
Ces dents possèdent en outre un parastyle très saillant dans l’angle antéro-externe et, à
Tarrière, un cingulum épaissi dans la région postéro-interne de la couronne.
Fie. 17. —• Cuisitherium u. g. lyddekeri (Lemoine) ; a, gauche, MGL 3 ; b, AP gauche, MGL 28 (Mas de
Gimel ; coll. USTL, Montpellier) ; c, droite, Cuis 1-DE (coll. Dégremont) ; d, M* droite, C 13-L (coll.
P. Louis ; Cuis) ; e, Mj gauche, Saint-Agnan 576-L (coll. P. Louis ; Saint-Agnan).
- 353 -
Molaires inférieures (fîg. 17 c, 18 a-e)
Comme l’avait souligné Lemoine (1891, op. cit.), les molaires de la mandibule type
Al 5236 (lig. 18 a) dilTèrent de celles de Prolodickohune oweni par la physionomie générale
des tubercules et leur disposition. Sur les molaires du spécimen Al 5236, le trigoriide est
aussi étendu et guère plus élevé que le talonide ; métaconide et eutoconide sont redressés
alors que le prolocnjiide et l’hypoconide sont inclinés, leurs sommets tendant à se rap¬
procher de leurs vis-à-vis res|)ectil's. Le [laraconide est ahseni essentiellement (pas complè¬
tement) et, depuis le métaconide, un paralophide rejoint par l’avant le protoconide. Ce
métaconide est également à l’origine d'un proLolopliide (pratiquement symétrique avec
le paraloidiide)
Le talonide est fort différent de celui des molaires de Prolodichobune ; l’entoconide,
conique, arrondi occupe ici une position avancée. De ce fait, il se trouve enserré entre les
bras en croissant issus do l’hypoconidii : la crête olilique à l’avant, la posteristide à l'arrière.
Cette morphologie plus progressive que celle observée chez PruLudivhobune annonce celle
des Dacrytheiiidés lutéliens. La jiostcristide rejoint un soulèvement du cingulum posté¬
rieur (hypoconulide) comme c’est aussi le cas chez Prolodichobune.. Le cingulum puissant
et plissoté à l’avant se pioursuit sur le flanc du protoconide, mais il est moins pionoucé
<lans cette jiartie de la dent que ne le laisse ap|)nraitre la figure de Lemoine (1891, (ig. 133).
D’après la mandibule .M 5235 puitanl Mg-Mg. on constate que Mg est plus étroite mais
sensiblement plus allongée que M,. Son troisième lobe, assez peu saillant, porto un hypo¬
conulide conique et .arrondi. Du côlé laliial, cet hypoconulide est bordé latéralement par
un cingulum atteignant la dépression séjiarant. le protoconide de l’hypoconide. A noter
également l'étendue du cingulum jiostérieur vers le côté lingual (derrière l’entoconide)
nettement plus importante que sur le type de P. oweni.
Excepté le spécimen Gll 10230, les molaires du gisement île Grau\c.s diffèrent sensi¬
blement lies spécimens précédents. Sur la molaire GR 136-L, le protoconide et l'hypoco-
nide sont moins globuleux, ce tubercule étant bien incliné vers l’avant; l’entoconide est
relativement réduit et le cingiduni latéral pcti prononcé. Les Mg Gll 7498 et GR 160-L
se singularisent par raspicct plus buuodonte des tubercules, en ]iarticulier du |irol(iconide,
et la présence il'un paraconidc"; accolé au métaconide sur GR 16()-L, ce paraconide est
nettement détaché à l'avant sur GR 7498. Des variations peuvent aussi être constatées
dans rim])ortance do l’cntoconidc. Ce tubereide, réduit, sur la molaire GH 160-L. est arrondi
et puissant sur la molaire GH 7498.
La mandibule GH 109 portant Mj^-Mg (récoltée à Graines jiar .1. Micu.vnx) est attri¬
buée au même animal. Bien que l'usure très prononcée de ces dents ne permette pas de
connaître aAec précision les détails morpliologiipies. ce .spécimen nous montre une M.g plus
grande que et une Mg sur laquelle existe une ébauche de liaison entre l’hypoconide et
l’entoconide. L’hypoconululc, très saillani à l’arrière fjilus développé que sur la Mg de
Mancy M.\ 43-L), est relié au bras postérieur de l’hypoconide.
Les molaires de Saint-Agnan (ST.4 577-L, STA 570-L (fig. 17 e), STA 561-L) diffèrent
également des molaires de la mandibule type Al 5236 par leur largeur relativement faible,
l’absence de cingulum antérieur et la présence d’un paraconide ; ces différences pourraient
s’expliquer ici étant donné l’âge un peu plus ancien de Saint-Agnan (cf. ante).
La Mg de Mancy M.4 43-L, sensiblement plus large à l’avant qu’à l'arrière, montre
4, 23
- 354 -
une assez nette disproportion entre le trigonide et le talonide ; sur le flanc antérieur du
métaconide, se trouve un paraconide réduit. Sur le talonide, l’hypocoriidc arrondi est assez
peu incliné vers l’entoconide, lui-même peu développé et postérieur. La présence d’un
(lenticule accessoire entre ces tubercules reflète probablement une tendance à l’appa¬
rition d’une crête de liaison. L’hypoconulide, monocuspide et réduit, est le point de départ
de deux arêtes latérales s’atténuant de part et d’autre de la dent.
Fig. 18. —■ Cuisitheriiirn ii. g. lyddekeri (Lemoine) ; a, mandibule gauche avec Mj-Mj ; Al 5236 (type de
l’espèce ; in Licmoi.'se, 1891, pl. III, Og. 133 ; coll. MNHN Paris ; probablement Sables à Unios et Téré-
dines) ; b, mandibule gauche avec M 1 -M 2 ; MT 9-L (coll. P. Loins ; Monthelon) ; c, mandibule gauche
avec Mj-Mj ; GR 109 (coll. USTL ; .Montpellier; Grauv'es).
L’absence de véritable ])opulation ne permet pas d’expliquer la signification de ces
dilîérences, sauf dans le cas de Saint-Agnan, gisement probablement plus ancien que les
niveaux des Sables à Unios et Térédines.
Discussio.x
Par leur contour général à peu près quadrangulaire, la forme des lophes et de la muraille
des tubercules externes, les molaires supérieures de Cuisitherium se rapprochent de celles
du Dacrytheriidé Tapiruliis. Calodontherium argentonicum, autre Dacrytheriidé de la base
— 355 -
du Lulélien, a des molaires bien différeiiles (Sieiilin, 1910 ; 926, lig. 164) par la cotili-
guralion du bord externe (qui n’est pas parallèle au bord interne) et par les caractères du
paracùne ; un niésostyle, résullant du repli (excavé) que forme la jonction de la postj)ara-
crète et la jirémétacrètc, existe d’ailleurs entre ces deux tubercules.
Ces molaires diffèrent |iourlant des molaires du plus ancien Td/iiruliis identifié dans
les gisements de Cirabels et de Bniixvviller (Tnpiriilus <'F. inajori, Scdue, 1978 : 102, pl. texi.e
11, fig. 1, |d. phot. G, lig. 4, 7) par leurs dimensions supérieures, des contours sensi¬
blement plus arrondis, un bord externe pratiquement rectiligne, un paraeéne et un méla-
cône lias et peu carénés, un protolopbe peu coiujirimé, et l’absence d’arète. en arrière du
métacomde. Le parae.ône et le métacùne plus spécialement, eoniques et régulièrement
arrondis, ne montrent pas de costulalions sur leurs faces externes (contrairement ,4 Cato-
donlheriiiin ou Leptothendluni).
De même, pourrait être établi un (larallèle entre les molaires inférieures de cet ani¬
mal et la M.^ du Tnpiruliis ninjori d'Kgerkingcn (S’ieulin, 1910, jd. 19, lig. 30). La mor¬
phologie du spécimen M'f 9-L de .Monthelon pourrait aisément être interprétée ooinnie
représentative d'un stade ancien du même genre. Comme celle d'l'igerkingen, elle porte
un jiaraconide, mais le mélaconidc et rentoconiilc surtout sont encore obliipies et arron¬
dis. Chez T. niajon, cet entoconide, redressé et caréné antero-postérieurement, tend à
s’étendre vers l’bypoconulide ; cette tendance .se reirouvei'a d'ailleurs, nettement ampli¬
fiée, chez de.s Tajiiruliin plus modernes par l'ajiparilion d'un véritable lophe Iraiisvi'rse.
Les molaires de Tapirulm se caractérisent en outre par un relief en saillie sur le bord posté¬
rieur, correspondant è l'important soulèvement du cinguluni.
l.es caractères des molaires de CuLsillierium lyddt'ken s’accorderaient assez bien avec
ce que l'on est en droit d'attendre de l'ancêtre de la lignée de Tapiriilu.'t. Toutefois, sur
les molaires supérieures de l'espèce précédente le mél.aconnle et le métacone ne sont pas
aussi conllncnts rpic l’a indiipié Steiilin chez T. tnajori. IVa|irès cet auteur, l’évolu¬
tion dans la lignée du TiipiruUin se traduit — entre autres caractéristiques — par un redres¬
sement progressif du nu'Taconule, celui-ci s’éloignant alors du métacône (Stehli.n, 1910 :
1078, fig. 219). Ainsi pour ce caractère, ranimai de rÉocène inférieur paraît être morpbo-
logiquement plus avancé que ne l’est 7'. innjori au l.iitétien où ù la base de l’Auversicn,
cette esfièce étant par ailleurs de dimension inférieure. Ces derniers arguments justifient
à nos yeux la distinction à un niveau génériipie de la forme de l’Eocène inférieur. Mlle
appartient à notre avis au stock ancestral des Dacrytheriidae mais ne peut prétendre être
dans l’ascendance directe du genre Tapirulus.
2. Cuisitherium sp. d’Avenay
(Fig. 19)
Au genre Cuisitherium est attribuée une Mg du gisement d’Avenay (AV 15585). Par
sa taille [supérieure à celle d’une M, de Diaendexis), le faible contraste entre le trigonide
et le talonidc, la disposition des tubercules, l’absence de paraconide et la présence d’un
eingulum antérieur, cette dent s’accorderait assez Itien av'ec la Mj du C, lyddeheri (.\L
5236 type) plus récent ; en particulier, l’entoconide occupe une position avancée (diffé¬
rente de celle observée chez Diarodexis) et se trouve centré entre les branches de l’byjio-
— 356 —
coriide. Certains détails dilTérencient le spécimen d’Avenay : le paralophide est particuliè¬
rement prononcé : l’entoconide moins volumineux mais plus élevé et plus aigu s’accorderait
avec une condition plus primitive. L’existence d’une légère arête entre ces deux tuber¬
cules suggérerait même l’amorce d’une liaison. Il existe un cingulum antérieur, mais, par
contre, pas de cingulum latéral.
Les relations de l’hypoconulide avec les autres tubercules rappelleraient par contre
le genre Diacodexis. Puissant et rnonocuspidé, cet bypoconulide est relié au bras postérieur
de riiypoconide. Depuis le sommet de ce tubercule se détachent deux arêtes latérales s’atté¬
nuant très rapidement sur les bords de la dent.
Fig. 19. — Cuisitherium n. g. sp. ; Mj gauche, AV 15585 (coll. MNHN Paris (ex. coll. Meniel) ; Avenay)
Il serait évidemment souhaitable que de nouvelles trouvailles plus caractéristiques
(molaires supérieures en particulier) à Avenay ou dans des gisements de même âge corro¬
borent la différenciation précoce du genre Cuisitherium.
Dimensions (mm) : AV 15585 ; 7,2 X 4,1.
B. — Origine du genre Cuisitherium
Dans la partie basale de TEocène inférieur aucun élément de la faune européenne
autochtone ne répond au schéma que l’on est en droit d’attendre de l’ancêtre de Cuisi¬
therium.
On peut cependant se demander si cet ancêtre n’est pas à rechercher auprès d’une
forme proche morphologiquement du genre Hexacodus apparu au Lysite et auquel Gazin
a rapporté les espèces 77, pelades et 77, uintensis de la Knight Formation (Gazin, 1952).
L’opinion de Van Valen (1971), selon laquelle ces appellations intéresseraient une seule
et même espèce, demanderait a être confirmée par une révision de la totalité du matériel
de la Knight Formation. Comme nous l’avons par ailleurs signalé, il ne peut être question
d’assimiler Ffexarodus au genre européen Protadichobune (cf. ante).
Les molaires de la mandibule type do 77. uintensis (Pu 16175) ont été comparées à
celles de Cuisitherium, Entre ces deux formes existent certaines similitudes, en particu¬
lier dans la forme et l’importance relative des tubercules principaux, et la présence d’un
cingulum latéral au niveau du protoconide. Le faible développement de l’entoconide et
sa position en retrait ainsi que la présence d’un paraconide bien développé confèrent tou¬
tefois à Hexacodus uintensis un cachet manifestement plus primitif que celui des molaires
de Cuisitherium.
— 357 —
Les dilîêrences entre les deux genres intéressent également le cingulum postérieur.
Etendu de part et d'autre de rhypoconulide sur la molaire de Cuisitheriurn, il est seule¬
ment déveloj)pé du côté labial de ce tubercule chez Hea:acodus.
11 est intéressant de se pencher aussi sur les pièces de La Barge décrites par G.czin
sous le nom de cf. Hexncodiis pelndax (Gazin, 1962, pl. 7, lig. 2, pi. 14, fig. 1) et sur les man¬
dibules correspondantes plus aisément comparables au type de respcce. Les molaires supé¬
rieures de ce cf. Ilexaeodu^ pelades pourraient théoriquement répondre au schéma ances¬
tral de Cuisiilierium. Ctdle de la planche 7, lig. 2, montre clairement que ces dents
dérivent des molaires de type Diacodexis. Celles de la planche 14, fig. l, plus ipiadrangu-
laires, se rapprocheraient davantage de celles de Cuisilherium par la position plus en
retrait du métaconule.
C’est l'acquisition d’un hypocône sur les molaires supérieures de type cf. H. pelades
qui a conduit aux molaires à'IIomacndon. Il est aussi facile d’imaginer que le non-déve¬
loppement de ce tubercule ail. jm conduire à la molaire de fhiisitherit^rn. On remarquera
à ce propos que les molaires de. ces deux genres présentent, si l’on excepte le cas de l’hypo-
cône, de nombreuses similitudes : même contour d’ensemble (celles d’Hornucodon sont
extérieurement plus anguleuses), forme du paracùne et du rnctacône, existence d’un repli
entre la j)ostparaerêle et la prémétacrète indépendant du cingulum externe, e.xistence
d’un cingulum continu sur tout le pourtour de la molaire. Sur la molaire de (.'uisilheruim,
le cingulum postéro-interne ceinture le métaconule, mais il est dépourvu de renflement.
Ainsi, suivant celte hypothèse, le rapide développement du métaconule et son déplace¬
ment vers l’arrière auraient entraîné l’acquisition d’une molaire à cachet précocement
« moderne » (comparativement à celles des autres Artiodactyles de cette époque). Corré¬
lativement, sur les molaires inférieures, rentoconide se serait développé, puis déplacé
vers l’ax'ant pour se situer face à l’hypoconide, enserré entre les crêtes supportées jiar ce
tubercule, c’est-à-dire la crête oblique à l’avaut et la postcristiile à l’arrière. Cette hyjio-
thèse méritait d’être avancée dans la mesure où aucune explication cohérente n’a jamais
encore été formulée à propos de l’origine de ces Dacrytheriidae européens.
La présence en Europe de ( iiisillierium au sommet du Sparnaeien (Avenay) implique
toutefois, suivant notre interprétation, soit la différenciation firécoce d'IIexacodus (anté¬
rieurement au Lysile) et une migration du genre vers l'Europe, soit, ce qui serait logique,
la différenciation d’une forme européenne homologue antérieurement au Sparnaeien supé¬
rieur. Aucun élément ne permet pour l’instant de choisir l’une ou l’autre des situations
envisagées.
CONCLUSION
Cette étude témoigne de la remarquable diversité des Artiodactyles de l’Éocène infé¬
rieur d'Europe puisipi’au.x deux genres de Dichobunidés déjà connus, Diarodexis et Pro-
todichohune, viennent maintenant s’ajouter deux formes de la même famille, Hunopho-
rus et Aiwielasia, ainsi que le nouveau genre ('uisitheriiini qui est un Dacrytheriidae.
Diacodexis, qui est le plus ancien des Artiodactyles, peut être considéré comme le
- 358 -
genre souche de tous les autres Dichohunidae. Il est connu en Europe dès le Sjjarnacien
inférieur et représenté alors par des formes de jietite taille [D. l’azini. de llians, Diacodexis
ef. gazini de Sil\eiriidia, IHacudexis s|). de Dormaal), plus archaïques tpic les premiers
Diacodexis nord-américains apparus au déhut du Wasalch. Ceci est tout à fait en accord
a\ ec les corrélai ions réecmnient établies pour cette période entre l’Amérique du Nord
et rKurope, selon lesquelles la hase du Wasatch est plus récente que le Sparnacien infé¬
rieur d’Europe (voir à ce sujet ; GiNUEiticn, 1976 ; Gingekicii et Rose, 1977 ; Rose, 1980 ;
Godin<»t, 1981 ; l-iosi;, 1981). Ainsi, suivant l'opinion formulée par Godinot, ce genre
Diacodexis serait plutôt d’origine européenne.
Fig. 20. — Schéma interprétatif de l’évolution des Artiodactyles de l’Éocène ancien d’Europe.
Diacodexis, tpii est identifié dans la pluparl des gisements français de rEocène infé¬
rieur, évolue ju'ohahicment suivant plusieurs lignées, la plus clairement matérialisée étant
constituée par les stades Diacodexis sp. (Dormaal), Diacodexis oarleti (Condê-en-Bric, Muti-
gny, Avenay) et Diacodexis cf. vorleli (Saiut-Agnan, Sézanne-Broyes, Cuis, Mancy et Grau-
ves). Diacodexis est également présent dans les gisements sparnaciens du sud de l’Angle¬
terre {Diacodexis indet. d’Abhey Wood, Diacodexis indet. de Kyson) et reconnu pour
la première fois dans plusieurs localités espagnoles ; le. partieidarisme de certains échan¬
tillons ou la pauvreté du matériel ne permettent pas pour l’instant de préciser les rela¬
tions existant entre les formes rencontrées dans ces gisements et les espèces définies.
— 359 —
Ces Üiucodexls européens de pelile laille ont évolué en totale indépendance des Dia-
codcxis nord-américains ; celte évolution s’est traduite par nn très léger aecroissenient
de taille entre le S[»arnacien et le Cuisicii moyen ou supérieur et des modifications mineures
des caractères des molaires. Si le dernier témoin du genre Diacudexin dans les gisements
français a élé. reconnu à la partie terminale de Tfiocène inférieur, il semblerait que le genre
se soit maintejui en iispagne jus<ju’uu Lutetien (Corsa III).
11 est clair que ces Dlurudrxix autoclilones sont à l'origine du genre monospécifique
Protodiidiohune (P. oor/ii Lemoine) apparu nn peu atant le niveau de Saint-Agnan. La
transition des caractères des molaires supérieures entre les types Dincodexis et Prolodi-
ebobune observée dans la juipidation de (Irauves est si parfaite que l’étroite parenté de
ces genres ne fait aucun doute. Cette intei'prétation rend cadmtue l’hypothèse de Van
Valen (19711 selon laquelle Prolodicholiuiie dériverait de l’espèce nord-américaine iJia-
rodexis robusius Sinclair du (Iray lîull ou d'une IVirmc apparentée. Lu nuire, Pmlndicho-
bune ne peut à notre avis inclure le genre Hexacodus comme l’avait envisagé cet auteur.
.Juste avant le dépôt des Sables à Liiios et Térédiues se dilTérencie, à partir de Prolodi-
ebobune, le genre Aumelaxia (.4. ineinrii de Mancy, Cuis et Mt.-Rernnn), mais alors i[ue
le jvreniier n’a pas dépassé le sommet de l’Locèrie inférieur, le second s est poursuivi pisqii’au
Lulétieii terminal (.4. ÿahineaudi d’Aumelas ; SionE, 198(1). Ces radiations, de Prolodi-
ebobune h partir de J)iacadexix, et d'AiimplciJiw. à [larlir de J'roladirhobiinp, tendraient à
donner une vision ponctuelle tles ehangcmenls évolutifs. D'après les ilonnées palcontolo-
gi((nes, la dilïérenciation de ces genres, qui paraît s’ètre réalisée très rapidement, contraste
avec la stabilité évolutive oljservée dans les lignées de l)iacode.ns. Les structures nouvelles
développées sont [irobublemenl liées à des processus adaplaiifs en relation avec les modi¬
fications lin milieu. (7cs modifications jvciivent être corrélées avec les ehangements clima¬
tiques survenus au sommet de l’Eocène inférieur f Iîossei.i., 197.5 : .39, fig. 2).
Protodb'bühiinp. n’esi certainement pas l’aiicèlre du genre fnitétien iJirbttbimp comme
cela avait été envisagé, niais beaucou|i plus proliablement des Ccboelioeridae si l’on en
juge d'après la pliysiumuiiie très pariicidière des mohiire.s supérieures du Cehochoernx [(der-
vaeboerus] japy;prl de Bouxvviller. Sans doute faut-il voir aussi dans Prolodirbohune un
ancêtre possible pour le genre Anibrncohuiuidon (Haplnlniiiodonlidae) tlélini an Geiseltal
(.4. weigplii'j dont les molaires jiortent des tnbcrcnics extrêmement Inmoilontes, et chez
lequel les l ’‘*/4 sont molariformes.
Diebobune pe.ni être raltaidié à Diaendexix par l'intermédiaire de Mexse.lohnnodon,
genre récemment défini à Messel (.1/, sidmpferi : I''hcn/.f.n, 198(1), et qui est représenté
aussi au Geiseltal (A/, cecitieiixis ', I'iîvnzen et Kiu'mbiegel, 19.80). Deux autres genres
lutéliens de très petite taille, Mypprdichobune et Mouillacitberium. paraissent avmir des
liens de parenté assez étroits avec Diarodexix, mais les eliaînons intermédiaires suscep¬
tibles d’cxjdiquer leurs dilTcreiiciations restent encore inconnus. L’origine du genre rnono-
spéciliifue Menixeodon apparu (?) à Bouxvviller est pour rinslanl obscure : s’il semble bien
<pie celle origine soit proche de celle de /hcbnbiine, les dimensions importantes de M. ciiro-
paeurn impliquent nn processus extrêmement rapide do différenciation.
Biinoplnirus (|ui, à ce jour, était seulement eonmi ilaii.s les niveaux du Wasatch est
identifié pour la première fois dans quchpies gisements du Spariiaeien moyen et sujiériisur
d’Europe (B. cappcUui, de Poiircy, Mutigny, (Vv'cnay) : il témoigne de.s échanges impor¬
tants (pii se sont produits à cette période entre les deux territoires et peut dès lors s’ajou-
— 360 —
ter au cortège des genres communs à ces deux domaines ; il n’est pas impossible d’ailleurs
que — comme Diacodexis — ce genre soit plus précocement représenté en Europe qu’en
Améri<pie du Nord. Au genre Bunophoriis pourrait être apparenté le genre Buxobiine du
Lutétien de Bouxwiller.
Cette analyse de l'évolution des Dichnbujiidés primitifs conduit à proposer quebpies
modilications à la systématique en vigueur; ainsi, toutes les formes européennes apjia-
rcnlées directement à Diacodexis ou Buiiophorus, Proludichobune, AiimeUisia et Buxobune
sont ici incluses dans la sous-famille Uiacude.xinae. Messelubunodun, intermédiaire entre
Diacodexis et Dic/iobune, est arbitrairement rattaché à la sous-famille Dichobuninac. 11
y a lieu d’insister sur la grande longévité de cette sotis-faniille représentée jusque dans
l'Oligocène assez élevé ; Dichohune, seul Dichobuninac éocène franchissani la Grande
Coupure, se jmursuivra tardivement et donnera les genres Metriotherium et Spnaphodus
(SuDRE, 1978 ; 35; Bruxet et Siiobe, 1980).
I.es seuls Artiodactyles connus dans le Wasatch et le Bridger nord-américains sont
des Diebobimidés. f.a présence en Europe, dès cette époque (au Cuisien supérieur), d'un
re|iréseiitant de la famille des Dacr^-thenidae témoigne semble-t-il d’une diversification
]j1us rapide du groupe sur ce continent. A cette famille, bien représentée au Lutétien, est
rapporté en clîet le nouveau genre Cuisitherium créé pour l’espèce hjddeken (= Proto-
dichobune hjddehcri Lemoine, 1891) reconnue dans un certain nombre de gisements de la
région d’Epernay (Cuis, Monllielon, Grauves, Mancy, Saint- .\gnan) ainsi qu'au Mas de Gimel
(jirès de Montpellier). La dilïérenciation très précoce de cette unité systématii[ue, soup¬
çonnée an niveau d’Avenay, demanderait è être confirmée par de nouvelles informations.
Cette étude confirme en outre rendémisme des groupes d’.Vrtiodactyles européens ;
la plupart des formes peuvent être rattachées à une souche autoclitone. De façon tout à
fait logiipie s’explique en elTct, comme nous l’avons vu, l'origine de plusieurs unités systé¬
matiques de rang élevé apparues au Lutétien (Haplobunodontidae, Cebochoeridae) ou plus
précocement encore (Dacrytheriidae).
R emerciements
Nous voudrions remercier pour l’aide ou les informations fournies au cours de cette élude :
le Dr. J. Fmanze.'i, du Senckenberg Institut de Francfort, le Fr. J. IlënzEf.Kn et le Dr. B. Rngks-
sEii, du Musée de Bâle, le Br. M. Cucsafont-Paiuo et les Itr. J. Santafk et L. Casanoa^as, de
l'Institut de l’aléontologie de Sabadell, le Dr. J. Huoker. du Brilisb .Muséum, le l’r. Ph. Ginge-
Rtcn, de l’Université de Michigan, et le Pr. H. M. West, du .Milwaukee l'ublic Muséum. La réa¬
lisation des ligures est due à M™® .V. Facrk-Rover et à M. J. Gahcia ; l'illuslralion a également
bénéficié de l’aide de M. ,1. Mahtin, photographe. Nous remercions également M. E. Dégremont
(animateur de la Société Laonnaise de Paléontologie) et M. A. Coi.i.if.r pour le prêt d’échantil¬
lons.
Celle étude a été réalisée dans le cadre du L..\. 327 « Institut des Sciences de l’Evolution ».
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Le gisement plioeène
de Cricqueville-en-Bessin (Calvados) ^
Étude géologique et paléontologique
par C. Pareyn, P. Buébion, É. Buge, H.-P. Carriol, A. Laeriat-Rage, A'. Le Calvez
et J. Romain
Résumé. — Le gisement normand de Cricqueville-en-Bessin, constitué de sables calcareux
fossilifères, sc présente sous le même faciès que relui de Gourbesville, connu de longue date, et
appartient au même ensemble stratigraphique (l^liocène). La faune, peu transportée, est d’ori¬
gine marine et comprend îles Fnraminifères, des Bryozoaires, des Bivalves, des Gastéropodes,
des Éellinidcs et îles Cirripèdes, provenant pour la plupart de riufra-lilloral et d’un substrat meu¬
ble, et ayant vécu sous un eliinat tempéré.
Abstract. — Cricquex ille-en-Bessin is a locality in JNortnandy situated in ealeareous sands.
Its faciès is tlic saine as that of Gourbesville, a locality in tlie .same région and known l’or a long
time. riiese IWo loealities belong to tlic Bliocene. The. fauna, of marine origin, bas undergone
little transportation and it ineludes Foraininirera, Bryozoa, Biv'alvia, Gasteropoda, Lchinida
and Carripedia. .Mosl of tliese fossils corne from an infra-littoral level ; tbey lived on a loose substra¬
tum and tbey indicate thaï llie eliniate vvas teniperatc,
C. Paiifvn, IJtilt des Sciences de la Terre et de l'Aiiiênuüi'nieril rénional, Déparleinenl de (iéoluf^ie, 14032
Caen cede;c.
P. Hrébion, P. UcGE, A. Lauriat-Kage et J. Roman, Imlitul de Paléontologie, 8, rue Bufjon, 75005 Paris,
et LA 12 du CA'BS.
R. -P. (iARiuoL et Y. Le Calvez, Institut de Paléontologie, 8, rue Bufjon, 75005 Paris.
SOMMAIRE
Étude géologique (C. Pareyn). 368
Foraminifères (Y. Lf. C.\LAmz). 375
Bryozoaires (E. Buge) . 379
Bivalves (.A. Lauri.vi-Bage). 383
1. La dénomination de ce gisement a posé un problème délicat. Usuellement, on désigne le gisement
par le nom du licu-dil le plus proche de la commune. Dans le cas présent, il n'y a aucun lieu-dit relevant
de la commune de CiicquevilJc-cn-Bcssin sur le IcrriLoirc de laquelle le gisement a été découvert. Cepen¬
dant, di'u-v lieux-dits existent à proximité : Savigny qui relève de la commune de La Cainbe et Hameau
Copin qui relève de la commune de Grandcamp-Maisy- Le gisement est situé prés du point de jonction
de CCS trois communes. Par coiiire, il esl tort éloigné du bouig Je Ciicqueville (lig. 1).
Nous proposons do le baptiser : gisement de Cricqucville-en-Rcssin, près de Savigny, commune de La
Cambe. Coordonnées Lamhiirt ; x = 356,5 ; y = 1 189,975 ; z J- 22 KP'I).
— 368 -
Gastéropodes (P. Brébion) . 385
Échinides (J. Roman). 390
Cirripèdes (R,-P, Carrioi,)., ... 398
Conclusions. .. 399
Références hildiographiques. 400
ÉTUDE GÉOLOGIQUE
par Claude Pareyn
Le gisement fossilifère de Cricqucvillc-en-Bessin (Calvados) offre l’intérêt d’être le
gisement situé le plus à Test des gisements actuellement connus parmi ceux qui sont rap¬
portés au Redonien récent ou Redonien froid (d’après la nomenclature adoptée par Cl. Cave-
LiER dans la Synthèse géologique du Bassin de Paris, 1980), Hneore plus à l’est, c’est-à-
dire en Haute-Normandie, existent d’autres gisements redoniens (Fccamp, V’almont, La
Londe) ; mais ils apparliennenl au Redonien ancien (ou Redonien chaud).
Par contre, le gisement de Cricque\ ille-en-Bessiti s'intégre à la hrochette de gisements
fossilifères ahondaninient cités dans la lill.éralure depuis le. .xix*^ siècle, le plus célèbre
étant le gisement de Gourhesville, qui a été ex)doité par les pionniers de la paléontologie
et a alimenté les collections des musées. Gourhesville, localité proche de Sainte-Mère-
Église, fait partie du bassin de Saint-Sauveur-le-V'icomte, distinct du bassin de Carentan.
Le eloisonnemerit actuel est certainement le faii d'un e.xhaussemcnt idtérieur des plateaux
du Lias, car les faciès sont trop semhlaltlcs, de Saint-Sauveur-le-Vicomte à Sainteny, pour
qu’il n’y ait pas eu un domaine marin unique au moment du dépôt.
Position du gisement da.ns le cadre général
La carte (fig. 2) représente Taire géographique dans laquelle ont été reconnus — dans
l’état actuel des connaissances — des lémoins isolés de la formation dite de Saint-Georges-
de-Bohon dont les faciès à ossements phos])halés de Gourhesville, iTOrglandes, de Bré-
vands, de Saint-Clément et de Criciiueville-cn-Bessin sont un faciès singulier. En com¬
mun, l'ensemble des gîtes fossilifères inscrits dans le périmètre de la carte possède la même
faune de Poraminifères et surtout, et en abondance, la térébral.ule de grande taille, à fora¬
men largenaent ouvert, désignée dans la littérature sous les noms de Terebralula grandis
et Terehratula perfornla.
Le faciès .singulier représenté en allleurements ou suballleurements à Gourbesville,
Brévands, Saint-Clément et Cricqueville-en-Bessin est défini par la présence de galets,
nodules et ossetnents phosphatés, qui sont des éléments remaniés |irov^enant d’accumu¬
lations ossifères d’âge plus ancien (Ludion vraisemblablement). Le nom de « cailloutis
ossifère » a été introduit dans la littérature : il est ambigu et ne devrait pas être utilisé
plus avant.
Cricqueville-en-Bessin : position du gisement et des forages cités.
— 370 -
Fig. 2. — Extension actuelJement reconnue des gisements appartenant à la même formation que Cricque-
ville-en-Bessin.
Gisements analogues au gisement de Cricqueville-en-Bessin
Gourbes ville
La couche à ossements phospliatés Fui idenliriée au cours de Tannée 1879 par G. Vas¬
seur à la faveur de l’élargissement du chemin reliant Gourbesville et Fresville à 400 m
au nord-est de l’église de Gourhesvillc. Ou connaissait de longue date cette curieuse couche
à ossements mais les auteurs antérieurs (Bonissent, 1870 ; Vieill.ard et Dollfus,
1875) la considéraient comme un dépôt de fond de vallée cpiaternaire ialluvions anciennes
ou K graviers de fond »). G. Vasseur observa très clairement que les cailloutis à ossements
il’HalUheriuni étaient surmontés par des sables argileux à Nassa prismatica.
En 1882, la Société Dior frères, de. Granville, engagea des iirosftections en vue de leur
exploitation pour la fabrication d’engrais tant sur le j)lateau d’Orglandes <ju’à Gourbes¬
ville. En 1890, l’extraction intensive débuta et les premiers restes de vertébrés furent envoyés
à Paris où Albert de î,apparent et .41bert Gaudrv les étudièrent. D’emblée, le remanie¬
ment à partir d’accumulations plus anciennes fut établi, surtout avec l’identification par
Albert Gaudry d’une dent de Palaeotherium rnagnurn.
Pourtant, en 1891, A. Bigot et L. Lecornu persistaient dans l’attribution à des allu-
Aions anciennes de fond de vallées, plutôt qu’à une stratification de couches marines.
1. C’est en 1825 que .Jules Desnoyers üt connaître l’intérêt des ossements de lamentins qui lui avaient
été envoyés par de Gerville, premier inventeur de cette formation. La publication de Jules Desnoyers,
dont les vues étaient extraordinairement justes pour l’époque, parut dans les Mémoires de la Société d’His-
toire Naturelle do Paris (t. II, p. 233).
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L’éjiaisseur de la couche à ossements était mince, de l’ordre d’un mètre mais restreinte
souvent à vingt centimètres. 11 ne reste aucune trace de cette exploitation historique, qui
se situait à 1 400 ni à l’ouest de l’église de Gourhesville et au sud de la I). 126.
Orglandes
Ce fut un gisement analogue, apparemment beaucoup moins important. II n’y a plus
trace des lieux d’extraction.
Brévands
En hordure de la D. 444, à 600 m è rniiesi, de régli.se de Brévands, il y eut exploita¬
tion artisanale puis industrielle avec usine de broyage. Dès 1893, Albert de Lapparext,
appelé coiïirne expert comme il l’avait été pour Gourbesville, signala en quelques lignes
l’existence d’un nouveau gisement. En 1935, la Société Dioa l’exploitait, la couche olTrant
alors une épaisseur eoiiiprise entre 1,10 et 1.30 m.
La carte géologique Saint-Lô 1/80 000® situait l’extension présumée de la couche
dans le secteur de l'exploitation. .Mais on reconnut ensuite que l’extension allait jusqu’au
carrefour de la L). 444 et de la D. 89 (Château de Vermont). La troisième édition de la carte
a affecté le témoin du sigle Cénomanien, ce qui introduit une grave confusion 7 >our les
lecteurs non initiés.
.\près la seconde guerre mondiale, la Société Dtoii a i)oursuivi l’exploitation. Les visites
nombreuses i.]ui y furent faites permettent d’apporter les précisions sui\antes : l'exploi¬
tation se faisait par Lranchées, le criblage de la fraction phosphatée était réalisé sur place
et les rebuts étaient aussitôt remis en tranchées. Aussi, les visiteurs du site y trouveront
un terrain entièrement bouleversé, dans lequel on peut grapiller quelques restes de nodules
phosphatés. Rien n’est en place.
Saint-Clément, commune d’Osmanville
Ce gisement n’est connu que par les souvenirs du xix® siècle. A. Bigot a situé le gîte
sur sa carte Saint-Lô (2® éd.) à 200 m au sud-est de l’église. La 3® édition de la carte Saint-
Lô a éliminé le témoin figuré par A. Bigot dans l’édition précédente.
Extension des faciès subco.ntemporains plus p.vuvbes e.x osse.ments piios-
PH-VTÉS
11 s'agit du « erag » ou falun ferrugineux de Saint-Gcnrges-de-Bohon. Le lieu de réfé¬
rence est une ancienne falunière exploitée au xix® siècle, près de l’actuelle église de Saint-
Georges-de-Bohon, reconstruite en un autre emplacement après sa destruction en 1944.
(Coordonnées Lambert : x = 337,575 ; y = 1 178,675 ; z — -fi 10 EPD.)
C’est le seul endroit oîi existe encore un allleurement aceessihie an prix de travaux
de fouilles pour atteindre les matériaux sous la couverture de terre accumulée jiar le
bétail.
La canqiagne de sondages, entrejirise pour explorer la nature et la répartition des
formations néogènes et quaternaires enfouies sous la couverture périglaciaire et les limons
- 372 —
entre Carenlan et Périers, a permis de reconnaître l’extension des faluns des Bohons et
de découvrir des faciès apparentés justpi’alors inconnus.
La figure 2 montre l’extension actuellement reconnue des différents faciès, d’après
les points forés, avec la cote NGF du toit de la formation néogène. Une publication ulté¬
rieure précisera les caractéristi(jues des différents faciès apparentés à la formation-type
de Saint-Georges-de-Bohon, qui n’alïleure qu’en un point à la cote + 10 alors que tous
les autres gisements sont abaissés sous le zéro des cartes, à l’exception de l’îlot de Sainteny
caché sous les sables de Saint-Vigor.
Cas du sillox de Saint-S.vuveur-le-Vicom fk
Les faluns à grandes térébratules et à faune du Redonien récent n’étaient jusqu’à
présent connus que dans le bassin de Carenlan. Ils viennent d’être découverts en forage
en plusieurs points de la vallée de la Douve, au sud de l’Abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte,
à une distance moyenne de 500 m de celle-ci. La distance par rapport à Orglandes, point
le plus proche (mais où la formation est représentée par le faciès à ossements phosphatés),
est de 10 km.
L’intérêt de cette récente découverte réside dans les faits suivants ; l'extension du
Redonien récent est notablement accrue ; il s’avère que l’on peut trouver à peu de distance
le faciès à ossements et nodules phosphatés et le faciès à débris coqiiUliers concassés et agglu¬
tinés (faciès de Saint-Georges-de-Bohon).
Le gisement de Cbicqueville-en-Bessin (parcelles cadastrées section A, n®® 262,
263, 271 et 274)
Disons d’emblée qu’il n’y a pas d'allleurement, la pâture dans laquelle des excava¬
tions temporaires avaient été ouvertes ayant retrouvé son aspect antérieur. Plusieurs exca¬
vations avaient été creusées en 1980 pour un projet de constructions qui a avorté. 11 inté¬
ressait les deux lianes d’un petit vallon orienté NE-SE. Les flancs de ce vallon sont dissy¬
métriques : en rive gauche, où plusieurs fouilles avaient recoupé la formation fossilifère,
les pentes sont adoucies ; en rive droite, plus escarpée, les excavations étaient entrées
dans des sables lins et azoïques dont la position altimétrique en fait un niveau supérieur
à celui des sables et cailloutis fossilifères.
Le faciès du gisement est un mélange de sables argileux avec nombreux galets emprun¬
tés à des quartzites paléozoïques, mais renfermant aussi des nodules phosphatés. Des osse¬
ments roulés (rares) ont été li'ouvés. L’attention avait été attirée par l’abondance des petites
coquilles, tandis que les lavages du sédiment ont livré des Foraminifères d’une extrême
fraîcheur.
L’épaisseur de la formation est faible et restreinte à quelques mètres. Dans les par¬
celles qui ont été sondées par les excavations, le substrat a été mis à jour en plusieurs points.
Il s’agit de la formation dite des « marnes de Port-en-Bessin », argiles gris-noir qui sont
directement surmontées par le Néogène fossilifère.
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Contexte local
Un forage d’exploration ayant eu pour objectif la reconnaissance d’une éventuelle
nappe aquifère exploitable (indice national : 95.5.28) avait été creusé un an auparavant
en 1979, en un point situé à 100 ni de distance en direction du nord-est (cf. carte, fig. 1,
forage 2).
Il a révélé les deux Faits importants suivants :
1 — la formation fossilifère a été recoupée sur une hauteur de trois mètres entre
les profondeurs de 3,00 et 6,00 m ;
2 — la formation fossilifère repose directement sur les calcaires bajociens, qui furent
traversés sur une bauteur de quinze mètres (soit la totalité de la formation des calcaires
à spongiaires bajociens).
On constate donc qu’à 100 m de distance la couche fossilifère néogène repose d’un
côté sur les marnes de Port-en-Bessin, de l’autre, côté sur le. toit des calcaires bajociens
qui sont le substrat des marnes de Port-en-Bessin. L’existence d’une dislocation antérieure
au dépôt des sables et cailloutis phosjibatés néogènes est jilausible.
Eventualité de découvertes eutures analogues
Le fait que ce gisement ait été mis à jour par quelques coups de pelle mécanique laisse
augurer la perspective de découvertes similaires dans îles conditions analogues, ceci entre
Saint-Clément, commune d’Üsmanville, et le gisement de Cricqueville-en-Bessin.
Néanmoins, cette jirobabilité reste faible, .si l'on considère les données apportées par
les deux autres forages creusés dans le cadre do la même opération de prospection aqui¬
fère. Ces forages n’ont pas recoupé la couche fossilifère néogène : le forage 1 est entré direc¬
tement dans les calcaires bajociens, dès la profondeur de 1 m ; le forage 3 a recoupé une
terrasse marine entre les profondeurs de 1,20 m et de 3,40 m (épaisseur 2,30 m) |)uis est
entré également dans les calcaires bajociens, traverses sur une hauteur de 12,50 m.
Cette terrasse marine est la terrasse de Deux-Jumeaux, qui est une formation posté¬
rieure aux sables de Saint-Vigor.
Son épaisseur oscille entre trois et dix mètres. Klle est constituée de galets emballés
dans un matériau sablograveleux qui a donné lieu à des exploitations de saldières, à Deux-
Jumeaux notamment. Elle rejiose parfois sur l’argile à silex.
Le dépôt de la terrasse de Deux-Jumeaux a été précédé d’une phase d’éro.sion qui
a balayé toutes les couches néogènes dont l’extension antérieure sur le substrat jurassique
est certaine, au moins en ce qui concerne les sables et cailloutis redoniens et les sables de
Saint-Vigor d’âge plus récent.
Ceci ressort de la géométrie des rapports entre les dilïérenls corps sableux révélée par
les sondages du bassin de Carentan et du bassin de Saint-Sauveur-le-Vicomte — Valogncs. Ces
sondages (une trentaine à l'heure actuelle) furent réalisés dans le cadre de l’opération d’explo¬
ration des formations marines néogènes et quaternaires masquées sous les dépôts de soh’flu-
xion et les limons de ces deux bassins. Ils ont livré des coupes précises dans lesquelles la
combinaison des formations n’est jamais la même, ce qui dénote les rapports étroits entre la
— 374 —
sédimentation et l’érosion. Des failles néogènes et quaternaires ont été mises en évidence,
qui séparent des compartiments disposés en « lanières ». Les gisements de Brévands et de
Saint-Clément s’alignent suivant une faille qui intercepte le Lias. Le gisement de Cricque-
ville-en-Bessin est décalé vers le nord par rapport à l’alignement précédent.
Si des prospections devaient être engagées dans le but de retrouver d’autres témoins
de ce Redonien récent, c’est entre Savigny et Cardonville que je conseillerais d’orienter
les recherches.
Extension vers l’est au-del.\ de Savigny
Je pense que le gisement de Savigny marque à peu près la limite vers l’est de l’exten¬
sion de la formation fossilifère néogène : limite d’érosion et non pas limite d’extension
paléogéographique.
La cause de cette disparition doit être recherchée dans la terminaison en biseau vers
l’est de la terrasse marine de Deux-Jumeaux. En elïet, la base de cette surface marine est
une surface oblique qui se relève vers l’est. Dans le cadre du lever de la carte géologi(pie
Grandcainp au 1/25 000^, j’ai jalonné les contours de cette surface (pii passe de la cote
25 à l’ouest (Cricqueville-en-Bessin) à la cote -f- 40 à l’est (Longueville). Cette disposi¬
tion structurale ne peut être expliquée par une sédimentation sur une surface sous-marine
inclinée d'est en ouest. Elle est la conséquence d'un exhaussement postérieur au dépôt
de la terrasse marine de Deux-Jumeaux, exhaussement récent qui correspond au soulè¬
vement du bombement des Machettes des géologues normands.
Le bomhement des Hachettes est un voiissoir dont la culminaison jiasse à Port-en-
Bessin. Son axe est méridien (vraisemblahlemcnt orienté WSW-ENE). Ce bombement est
un trait géologique important de la structure du Bessin.
Il n’a pas pris naissance en une seule fois. Un rejeu antérieur à la transgression des
sables de Saint-Vigor a enlevé une grande partie des dépôts à ossements du Redonien
récenl. 11 faut rappeler que la base des sables de Saint-Vigor renferme, à Esquay-sur-Seulles
près de Bayeux, des ossements phosphatés d'IIalitlierium sous forme de pièces dispersées
dans les sables. Ces ossements ont connu au moins deux remaniements. Un rejeu postérieur
a précédé la transgression des sables et cailloutis de Deux-Jumeaux, entraînant une nouvelle
ablation et la disparition des lambeaux redoniens ([ui avaient échappé à l’érosion anté¬
rieure.
Le rejeu postérieur au dépôt de la terrasse de Deux-Jumeaux a rajeuni les reliefs
traversés par le réseau hydrographique de l’Aure supérieure et de la Drome. L’origine
des pertes de l'.Vure aux Fosses Soucy d’une part, l’instabilité des falaises d’autre part
(glissements historiques et actuels des falaises de Commes et de Longues (jui engendrent
des chaos impressionnants dont le dernier en date remonte au 5 août 1981) sont les effets
discrets ou spectaculaires de cette néotectonii^ue dont les preuves se multiplient à la faveur
des découvertes effectuées dans le domaine du Néogène et du Quaternaire du Col du Coten¬
tin et du Bessin.
- 375 —
FORAMINIFÈRES
par Yolande Le Calvez
Les matériaux provenant de Cricqueville-en-Bessin se sont révélés riches en Forami-
nileres. Cette microfaune de caractère littoral, qui ne renferme que des espèces benthiques
à l’exclusion de tout indi^'idu planctonique, comprend 58 espèces réparties entre 27 genres
et 13 familles. Toutes ces espèces sont loin île présenter la même fréquence et seuls les
Faujasina, les Diiccellu, les Mon.si/diensina méritent le ((ualilicatif d'abondant. On ren¬
contre. encore chez les l’olymorphines, les Fissurina, les Oolina et les Ln^ena un nombre
appréciable d'individus, toutes les antres es(ièces demeurant rares ou très rares.
Cette association de Foramimfères ne contient aucune forme arcnac.ee. Les familles
Miliolidae, Buliminidac, Uvigerinidae et Nonionidae sont réiluites chacune à tinc seide
espèce re[irésenlée par deux ou trois individus, voire un seul, les Bolivinitidae, Cihicididae,
Anomalinidae ne sont guère mieux jjartagés, avec seulement chacune deux espèces cl un
très petit nombre d’imlividus. Il s’agit très pridiablement d’une thariatocœnose en place :
les coquilles sont en bon état et, à l’exception de quelques Frorulii-iiUiria (pii vivent actuel¬
lement à de plus grandes profondeurs, elles proviennent toutes d’un milieu littoral. Cet
ensemble microfaunique témoigne d’influences nordiques indéniables et les conditions
de dépôt sont celles d’un milieu tempéré froid de faible profondeur.
Tableau I. — Foraminifères redoniens de Normandie.
(C = Cricqueville-en-Bessin ; B = Bosq d’.Vubigny ; F = Fécamp)
Textulariidae
Textularia sp.
Fischeiunidae
CycÀogyra invohens (Reuss) B
Miliolidae
Pyrgo elongata d’ürbigny B
Pi/rgo sp. B
Quinqueloculinu a.ipera d’Orhigny B
Q. cliarensis (Heron-.MIen & Ear-
land) B
Q. dunkerqtilana ( Héron- .\llen &
Earland) B
Q. seminida (Linné) C B
Sigmoilina schhtmbergeri (Silvestri)
S. tenais (Czjzek)
Triloculina wüliamsoni Terquem B
Triloculina sp.
Nodosahhdae
F Dentalina (’ommunis d’Orbigny
DenUdina sji.
Fnmdindaria ndi>ena Cusliman
F. cf- rurknsla Karrer
Lagena c'im’itln Williamson
L. crenala Barker tSi .Jones
L. flexa Ciishman & Gray
L. gravdlinia (Seguenza)
L. cf. hitf/iidn Reuss
L. hiet’1.1 (MotUagn)
L. ait. mariai' Karrer
L. pliacf.nica Cusbman & tlray
L. semislrintn Williamson
L. slrinta d’Grbigny
L. sulcata (Walker A Jacob)
F Lentindina rolulata [ Lainarck) 'P
F LeiUiculina sp.
Marginulinn gUibra d'Orbigny
F Nodusaria longicosta d’Orbigny
C B
C
C B
C
C
C B
C
C B
C B
C
B
C
376 —
N. pyrula d’Orbigny B
TV. radiculata (Linné) B
POLYMORPHINIDAE
Glnhulitia gibba var. fissicostata
Cushman iV Ozawa C
G, gihba var, punctata d’Orbigny C
G, inani]’tali$ Reuss C
G. ffituvdiHa (Borneniann) C
G. .ttriata l'igger
G. sul'Vtii d’Ürbigny
Gultulina iiunlrinca d’Orbigny
G. buUoidns Renss
G. cotnniuni» d'Orbigny C
G. itrfigidoris d’Orbigny
G, birlea (Walkp.r & Jacob) C
G. htctea var, earlandi Cushman &
Rpiiz
G. problf.mn d'Orbigny C
Polymorphina i‘hinloUemixQ,mhmAn C B
P. fùisurata Margcrcl B
Pwudopulymorphinn coxtnta Allix
P. c[. donnu' Galloway & Wissler
P, jonefii Cushman & Ozawa C
P. nubcyllndrivii Hantken
P. i'ariahi (Jones, Parker & Brady) C
Signiiimfirphina semitecta (Reuss) C B
S. semilecla var. terquemiana (For-
nasini)
5, var. iriloeularls (Bagg)
S, wiUiamsoni (Terquem) C B
Glandumnidae b
Fissurina annectens (Burrows & Hol¬
land) B
F, biuncue (Héron-Allen & Earland) B
F. diapbunu (Buchner)
F. fasciülu (Egger) B
F. forfiridala (Heron-Allen & Ear¬
land)
F. foruiiiinulu (Matthes) C
F. formumi (Schwager) var. robusta
Margerel C B
F. laet'iguta Reuss B
F, lagerioides (Williamson) C B
F. luvidu (Williamson) B
F. murginitla (Montagu) B
F. iiuirgituUd var. inaeqiiilateralis
(Wright) B
F. milleiti Margerel B
F. orhignyiiria (Seguenza) B
F. xari ulus (Fornasini) B
F. siU’estri (Buchner) C
Glandulina sp. C
F
F
F
F
F
F
F
F
F
F
F
F
F
F
F
F
F
F
F
F
F
F
F
F
Oolina acuticnnla Reuss C F
O. globosn (Montagu) C
O. hexagnna Williamson C F
O, lineata (Williamson) C B F
O. cf. rnelo d'Orbigny B
O. squamosa (Montagu) C
Bolivtnittdae
Bolidina beyrichi Reuss
B. pseudopUcata Heron-Allen
land
B. cf. punctata d’Orbigny
B. strluLida Cushman
B. spathidala Williamson
B. aariabilis (Williamson)
Bolùdna sp.
Buliminidae
Buliniina elongata d’Ürbigny
B. gibba Fornasini
UviGF.niNIDAE
Angulogenerina angulosa (William¬
son) B F
Trifarina bradyi Cushman C F
& Ear-
C
C
B
B F
F
B
B
B
C B
Discorbidae
Buccella frigida (Cushman) B
B. frigida var. granulosa Di Napoli C F
Cancris nuricuhm (Fichtel & Moll) F
Discorhitura cushmani Margerel C B F
D. granuloumbilicatii (Van Voor-
thuysen) B
D. sculpturata Margerel F
lleronallfinia lingulaln (Burrows &
Holland) B
Neocorbina cf. raarti Margerel F
N. milletti Wright. F
N. orbicularis Terquem B
Bnsalina granulosa Margerel C B
B. nitida Williamson C B F
B. globularis d’Orbigny F
Glabr *TEI,r,inAE
Glahratella baccaki (Heron-Allen &
Earland)
Glabratella sp.
SiPHONINIDAE
Siphnnina cf. chauveli Margerel
B
F
F
- 377 -
SpinlLLlNIDAE
Patellina corrugata (Héron-Allen &
Earland) B
RoTAt.IIDAE
Ammonia becatrii (Linné) C
Monspeliensina pseadotepldus (Van
Voorthuysen) C B F
Monspdiensina sp. B
Rotalia putictatn-granosa Seguenza C F
/?. serrntu Ten Dam & Reinhold C
Elphidudae
Cribrononion nccidentaiis Margerel B
C. perplexum Margerel F
Elphidium cf. adaenum (Cushman) B
E. fichtellianum (d’Orbigny) C B
E. flexuosuni d’Drbigny C F
E. hughesi Cushman & Grant F
E. laminatuni Terquem F
E. lidoeme. Cusliman B
E. macelJuni (Fichtel & Moll) C B F
E. cf. ortenbiirgeme Egger B
E. pseudolesftoni Ten Dam & Rein¬
hold C B
E. suhumhiUcüUtm centronondepres-
sum (Beutlcr) B
E. terme Margerel C
Faujasina carinain d’Orbigny C B
F. coniprexsu Margerel (= sp. A.
Margerel) C B
F. suèrotu «(/« Ten Dam & Reinhold C B
Eponididae
Eponides répandus (Fichtel & Moll) F
Eponides sp. F
ClBlClDlDAE
Cibicides adeenus (d’Orbigny) C F
C. lahatulm (Walker & .Jacob) C B F
C, cf. pseudoungeriunus (Cushman) F
C. refulgens (Monlagu) F
Pt.anorbulinidae
Planorbulina mediterranensis (d’Or-
bigny) F
CAUCASINinAE
Fiirsenknina schreibersiana (Czjzek) B
Cassidui.inidae
Cassidulina laevigata d’Orbigny B
Cassidulina sp. A B
Cassidulinoides bradyi (Norman) B
NnMtO.MOAE
Astronvuion ilalicum Cushman &
Edwards F
.4. stellaUim Cushman & Edwards B
Noninn pauperatum (Balkwill &
Wright) B
N. ponipilimdes (Fichtel & Moll) F
N. svuphum (Fichtel & Moll) B
Nonitm sp. A C B F
Noninn sp. B B
At.abamimdae
Alahamina tuherculata (Balkwill &
Wright) F
(iyroidina urnbonata Silvestri F
Anom alinidae
Hanzawaia nitidula Bandy C F
Heterolepa frequens Margerel C F
Comparaison de Cbicqueville-en-Bessin et du Bosq d’Aubigny
De fortes afiiiiités rapprochent le gîte fossilifère de Crici)Ufville et le Bosq d’.Aubigny
étudié par J.-P. Margerel qui y cite 79 espèces. .58 ont été trouvées à Cricqucville et 26
sont coininunes aux deux gisements, fiarnii lesquelles se|)t ont une valeur stratigraphique
paraissant bien ét.ablie : DiscorbiUira ciishmani, Faujajiina carinata, F. nnmpressn, F. subro-
tunda, Monspeliensina pseudotepidus, lintnlia serrnla. Quant h Buccella frigida, également
abondant, il semblerait que ce soit la variété granulata qui soit surtout développée à Cric-
queville mais les caractères distinctifs de ces deux catégories de Foraininifères sont très
ténus et certainement liés au faciès.
Les dilîérences entre ces deux associations sont assez mineures et ne jouent que sur
— 378 —
l’absence ou la |)rcsciice de certaines espèces toujours très peu abondantes et la fréquence
relative de quebpjes autres. Si l’on considère les colonnes 1 et 2 du tableau I, on constate
par exemple que Ic.s Miliolidae sont très rares à Cricquevillc et beaucoup niieiix refirésentés
au Bos(| d’Aubigny mais que, par contre, la fréquence des Polyinorphînes est plus élevée
à Cricq ne ville.
Cbey, les Fissurina, quatre espèces seulement se reneonlrenl à Cricqueville mais on
y trouve davantage iVOolina. Enfin, si les Clabratella. les Ratellina et les Cassidulina sont
absents de Crieque\ ille, aucun Aininonia, ffunzuwuia ou ffetprob'/ju n’a été recueilli au
Bos(i d’Aubigny. Ces dilïérences sont très certainement liées au faciès. Les dépôts du Plio¬
cène supérieur dans l’ouest de la France sont toujours ponctuels e( littoraux, ce qui entraîne
des variations locales dans les conditions écologif(ues se traduisant, au niveau des popu¬
lations, à la fois par le choix des espèces cl le nombre des individus. I.a bathymétrie, tout
en restant très faible, peut présenter quelque apjtrofondissement dans certains gisements ;
c’est ainsi ipie le gîte de. Cricqueville paraît moins profond rpie celui du Bosq, fait corro¬
boré |>ar la iiréscnce en ce dernier point de Pi/rgo et de Cassidulina, Foraminiferes vivant
actuellement îi partir d’une cinquantaine de mètres de profondeur et bien au-delà.
Du point de vue de la datation, les deux gisements de Cricqueville et du Bosq d’Aubi¬
gny sont parfaitement corrélablcs et se placent au sommet du Pliocène BU|)érieur, dans le
Hedonien 111.
CoMP.VBAISON DE C RI C(,)U E VILL E-EN-BesSIN ET DE FÉC,\.MI'
On jieut aisément rapjirocher le gisement de Cricqueville de celui du Bosq d'Aubigny
mais il en va tout autrement en ce qui concerne celui de Fécamp. En effet, si la microfaune
de Fécamji Dabi. I, colonne ,3) est encore d’âge redonien, ses airinités ne sont plus nordiques
niais méditerranéennes et le milieu, très peu iirofond (noue infra-littorale), est celui d’une
mer tempérée chaude. Ces condition.s écologiques ressortent de la présenee d'Elphidium
loDiinnUiin^ Plnnorhulina iiitfdilrrrnnensl.s et Jtotallo pitncUilo-^ranom (toujours bien repré¬
senté ilans les gisements du Pliocène d’Italie et d'.4frique du Nor<l), et de l’absence des
Ftitijtislnu. encore h ce jour inconnus dans les gisements méditerrîinéens de même âge.
La taille des indix idus comjiosant la microfaune de Fécamp, l’épaisseur et l’ornementation
de leur coquille attestent que ces Foraminiferes ont vécu dans une mer riche en CaCOg
et de température relatiVement chaude.
CoNCI.USIONS
L’étude des Foraminifères de Cricqueville a permis de préciser la position stratigra-
phi(|ue de ce gisement, Comme le Bosc] d'Aubigny dont il se rapproche jiar ses alïlnités
nordiques, on peut considérer qu’il s’agit de Pliocène supérieur (Redonien 111). Au point
de vue paléoécologique, la microfaune de Cricqueville est celle d’un milieu tempéré froid,
littoral, très probablement un peu moins profond que le Bosq d’Aubigny.
Par contre à Fécam|), la microfaune, soumise à de fortes influences méditerranéennes,
provient d’un milieu littoral tempéré chaud et son dépôt, bien que toujours pliocène, est
certainement antérieur à celui de Cricqueville et du Bosq d'Aubigny.
- 379 -
BRYOZOAIRES
par Émile Buge
l.es Bryozoaires du gisement de Cricqueville ont tous été découverts dans du sable
tamisé. Aucun zoarium n’existe sur substrat dur (galets ou coquilles) (type zoarial mem-
braniporiforme A). Tous les fragments recueillis appartiennent à six types zoariaux : mem-
braniporiformes B, vinculariifonnes, cellariiformes, adéoniformes, rétéporiformes et cellé-
poriformes.
La faune se répartit en douze espèces appartenant à neuf genres :
Idtnidronea allantica ((Forbes) .lohnston, 1847)
Cinq fragments de zoariums assez érodés ; aucun ne présente de gonozoïde.
Hornera frondicidala Larnouroux, 1821
Nombreux fragments zoariaux (37) de petite taille, avec branches de diamètre variable.
C’est l’une des espèces les plus abondantes dans le gisement.
Memhranipora n. sp.
Représentée par trois fragments dont l’un porte une quarantaine de zoécies. C’est
une espèce encroûtant un supfiort organique ayant disparu à la fossilisation (membrani-
poriforme B de LAGAAtj et G.vitieh).
Elle est caractérisée jiar des zoécies profondes, de grande taille fLz = (),.5C)-0,81 mm
(moyenne 0,60-0,70 mm) ; Iz = 0,50-0,63 mm], à cadre très finement crénelé assez com¬
parable à celui de Mfiitihranipora diadema (Rcuss, 1848) du Badénien du Bassin de V’ienne.
Cellaria sinuom (Ilassai, 1840)
Cette Cellaire est la plus abondante dans beaucoup de gisements redoniens ipi'elle
caractérise. Nous en avons découvert six fragments à Cricqueville. Les dimensions micro-
métriques (longueur zoéciale) sont systématiquement inférieures à celles des spécimens
du Pliocène nordique et des spécimens actuels :
Redouien (lourbesvillc : Lz = 0,41-0,48 mm Iz = 0,21-0,28 mm
Redonien Cricqueville : Lz = 0,41-0,46 mm lz = 0,23-0,20 mm
Sealdisien Pays-Bas : Lz = 0,50-0,55 mm lz = 0,25 mm
Actuel Tanger (Maroc) : Lz = 0,45-0,56 mm lz = 0,23-0,26 mm
Les caractères zoéciaux et aviciilariens étant identiques (on observe même parfois
chez les spécimens redoniens la gémelliparité des aviculaires), nous pensons qu’il peut
s’agir d’une sous-espèce à la fois slratigraphique (Pliocène) et géograjihique : sous-espèce
de la Manche et du golfe de Gascogne, tandis que la forme tyjiique aurait vécu, h la même
époque, dans la mer du Nord.
— 380 —
Cellariu cf. crassa Wood, 1844
Trois fragments de segments de cette forme dont les caractères zoéciaux et des avi-
culaires sont bien conformes à ceux des spécimens du Crag anglais et du Scaldisien des
Pays-Bas, mais le diamètre des segments (0,8 à 0,9 mm) est très inférieur à ceux relevés
sur les zoariums du Pliocène nordique. De ce fait, le nombre de files zoéciales est de 15 à
18 au lieu de 20 à 30 dans la forme typique.
Celluria nov. sp.
Une trentaine de fragments de segments de cette espèce ont été découverts dans le
gisement de Cricqueville.
Elle est caractérisée par son cryptocyste très déprimé dans sa partie firoximale, la
présence de rides cryptocystales parallèles le long de l’orifice, deux paires de petits denti-
cules aperturaux (une paire proximale et une paire distale), des zoécies a\'iculariennes
ovoïdes, de même taille que les autozoécies, à orifice en forme d'amande.
Par les caractères <le son cryptocyste et de ses aviculaires, cette espèce se rapproche
de C. uniceUa Thoelén du Deurnien de Belgique et de C. neglecia Lagaaij du Crag anglais
et du Scaldisien des Pays-Bas. Mais elle difi'ère de la première par la forme de l'orifice de
l’aviculaire et des dimensions micrométriques inférieures (Lz = 0,40-0,44 mm en moyenne)
et de la seconde par égalerucut la tornie de l’orifice de l’aviculaire el la présence des deux
paires «le «lenticules aperturaux.
Nous avons récemment découvert cette espèce dans le Redonien de La Limouzinière
(Loire-Atlantique) (récoltes J.-M. Via un).
MelicerUa charlesworthi Milne-Edwards, 1836
Vingt-quatre fragments de zoariums. Espèce caractéristique des gisements redoniens
de Vendée et du Cotentin où elle est présente et parfois très abondante dans presque tous
les prélèvements.
Celleporaria iSinuporaria) ronipresxa (Canu «k Bassler, 1928)
Cette espèce actuelle des côtes du Maroc (région d’Agadir) avait été découverte dans
le Scaldisien des Pays-Bas par R. Lagaaij qui l’avait placée dans son nouveau genre Har-
nierella. S. Potjvet on a fait le type de son sous-genre Sinuporaria.
Sa présence «lans le Redonien du Cotentin confirme son apjiarition dans le domaine
nordi«]uc au Pliocène et permet de supposer une migration vers le sud lors du refroidisse¬
ment de l’Atlantique nonl-oriental au Pléistocène.
Celleporaria sp.
Trois fragments zoariaux de cette espèce massive, assez mal conservés. Nous n’avons
pu les rapprocher d’aucune espèce décrite du genre. Elle est notamment caractérisée par
de jietits aviculaires portés par une colonne calcaire et de grandes dimensions apertu-
rales.
— 381 —
Metramhdotos nioniliferuin (Milne-Edwards, 1836)
Sept, petits fragments de cette espèce caractéristique du Pliocène, très souvent associée
à Melicerita charlesworthi dans les gisements redoniens.
Sertclla beaniana ( King, 1846)
Quatre petits fragments zoariaux.
Schizostomella sp.
Une dizaine de fragments très petits. La face frontale est très calcifiée, mais l’inté¬
rieur des zoécies montre Lien les caractères du genre et notamment le petit sinus apertural.
Les dimensions niicrométri<|ues (Lz = 0,37-0,40 mm) sont inférieures à celles de iS. socialis
(Biiski du Pliocène nonlique et de SchizostomeUa sp. décrite autrefois par rauteur dans le
Redonien du golfe do la Loire.
Caractères ije i.a faune
Stratigraphie
Nous avons reporté sur le tafileau 11 la répartition stratigraphique et la distribution
dans divers gisements redoniens (les plus riches) des douze espèces que nous avons décou-
^■ertes.
L'âge Pliocène (Redonien) de la faune y apparaît clairement : seules trois espèces (les
mêmes d’ailleurs) sont connues dans le Miocène moyen du golfe de la Loire et dans le Deur-
nien de Belgique. Par contre, on en connaît sept dans le Pliocène du domaine nordique
(Gedgravien de tirande-Bretagne et Scaldisien des Pays-Bas) et cinq vivent encore actuelle¬
ment.
La comparaison avec les gisements redoniens ayant fourni les faunes de Bryozoaires
les plus variées montre qu’ils peuvent se regrouper en deux ensembles :
— les gisements où Melicerita charlesworthi est inconnue (Saint-Clément-de-la-Place,
Landreau (Pigeon-Blanc), Fécamp) ;
— ceux où cette espèce est présente, souvent en abondance (Apigne, Palluau, Gour-
bes ville).
Le giscnieni de Cricqueville aj)particut à cette dernièi'e catégorie ; cinq espèces (sur
huit déleri7iinées S|)é(:ifiquemetit) sont communes avec .\jiigné, sept avec Falluau et (juatre
avec Gourbesville, le gisement le plus proche. Ce dernier, épuisé depuis longte.iiqts, n’avait
d’ailleurs fourni que ces quatre espèces conservées dans la collection Canu.
Par contre, les allinités sont l)eaucoup moins fortes avec les gisements de la première
catégorie (sans M. charlesworthi) : deux espèces communes avec Saint-Clément-de-la-Place
et Fécamp, trois espèces communes avec Landreau (Pigeon-Blanc).
382 -
Tableau II. — Répartition stratigraphique et dans les principaux gisements redoniens
des Bryozoaires de Cricqueville-en-Bessin.
Paléoécologie
Bien que le nombre d’espèces significatives (déterminées spécifiquement) soit failde,
les aflinités de Cricqueville avec les gisements de Vendée (Palluau) permettent de suppo¬
ser des conditions de milieu assez semblables r température des eaux voisine de celle qui
règne actuellement sur les côtes septentrionales du Maroc (les cinq espèces actuelles sont
connues dans cette région et l’une d’entre elles y est confinée), profondeur de dépôt de l’ordre
de 40 à 00 mètres.
— 383 —
BIVALVES
par Agnès Lauüiat-Rage
I^’examen des Bivalves de Cricqueville-en-Bessin permet d’attribuer sans dilïiculté
un âge redonien (Pliocène) à ce gisement. Les espèces sont peu nombreuses (une dizaine)
et toutes ne sont pas déterminées spécili([uement (tald. Ifl).
Liste ijes espèces : Glycyrneris sp., Clilamys [Aequipecten) cf. radians (Nyst), Ostrea
(Ostrea) edulis L., Aslarte (Astarte) omalii onialii Jonk., Digilaria dii’itaria (L.) forma lan-
ceolata, Acanthocurdia sp., Spisida (Spisida) solida iwalis (Sow.), Spisula (Spisida) sub-
truncaia triangula (Ben.), Pitar [Pitar) rudis (Poli).
Les familles les plus intéressantes sont les Astartidae d’abord (deux espèces), puis les
Mactridae (également deux espèces) ; elles donnent d’emblée une signification stratigra-
phique et biogeographique à la faune.
Tableau 111.
BIVALVES REDONIENS'DE CRICQUEVILLE
Répartition
Stratigraphique
Répartition
biogêographique
Gourbesville
Le Bosq d'Aubigny
Fécamp
atyoymeriB ep.
Chlamye (Aequipeaten) rediana (Nyst)
Ostrea (Ostrea) edulis L.
Astarte (Astarte) omalii ômalii Jonk.
Digitaria digitaria (L.) forma lanaeolata
Aoanthooardia sp.
Spisula (Spisula) solida owaZ-isfSow.)
Spisula (Spisula) subtrimaata triangula Ren.
Pitar (Pitar) rudis (Poli)
M P Q
M P Q A
P Q
R
P Q
M P
M P Q A
m a t n
ma n
n
r
a n
m a t n
m a t n
■fl
M “ Miocène, P • Pliocène, Q - Quaternaire,
\ » Actuel
R « Redonien.
m : Méditerranée, a : Atlantique, t : Touraine, n ; mer du Nord, r : redonien.
- : domaine d’origine
— 384 —
La seule présence d'Astarte omalii Joiik. dans un gisement de l’iiiiest de la France
permet de dater ce gisement du Redonien. Quand l’espèce a la taille des sj)éciniens du
Pliocène nordique (Gedgravicn, Scaldisien), il s'agit de la sous-espèce biogéographique
A. omalii omalii Jonk., connue dans les gisements du Cotentin (golfe de la Manche) et
s’opposant à une autre sous-espèce hiogéograjihique, plus méridionale et de taille plus
petite, M. omalii scalari.i Desh., propre au golfe ligéricn (LAi Rivr, 1974, lig.). Dans le domaine
nordique, la plupart des morphotypos d’,4. omalii omalii Joid<. se caractérisent par une
assez forte convexité (forme régulièrement convexe des coquilles de Belgique et le plus
souvent bipartite des coquilles d'AngleteiTc), tandis que les variants h faible convexité
sont plus rares ; en revanche, dans le golfe de la Manche, on récolte (iresque exclusivement
des morpliotypes à faible convexité et crochet effacé (pl. Il, 15). On ne note aucune dill’é-
rencc entre les spécimens d’.4. omalii omalii Jonk. provenant de Cricqueville et de Gour-
besville, le faciès des deux gisements est le même (sables caleareux fossilifères) : les valves
sont soit subtriangulaires, soit allongées postérieurement. Au Bosq d’Aubigny, la plupart
des valves se caractérisent par un allongement postérieur plus marqué que précédemment,
sans doute en relation avec le milieu (gisement argileux). 1,’absence d’.f. omalii omalii
Jonk. dans les gisements pléistocènes du Cotentin est un bon argument straligraphique
pour séparer le Pliocène du Pléistocène dans celte région, les gisements de ces deux étages
(découvertes récentes de Cl. Pauey.n) étant souvent proches géograjdiiqucment. .4prcs
le Pliocène, A omalii omalii se retire définitivement de la Manche et se cantonne alors
à l'Fast Anglia (pas de communication directe avec le Cotentin ; Pas-de-Calais fermé)
pendant une grande partie du Pléistocène ijusqu’à l’Icénien). Dans le Pléistocène de la
Manche, .4. omalii omalii Jonk. est rcmpdacéc par .4. sulcata nulralu Da Costa qui succède
à A. nalcala redonentsis Lanriat-Rage du Redonien. Les ,\starlidae, qui ont été si nombreuses
sur la façade atlantique française au Néogène, sont, nu Pléistocène, pour le jilus grand
nombre, groupées dans le domaine nordique, et à l’Holocène, surtout connues des régions
boréales et arctiques. Toutefois, de nos jours, deu.x Astarle prédominent dans tout l’Ouest-
européen, .1. sulcatn xiilcata Da Costa, surtout abondante dans le domaine atlanto-nor-
dique et plus rare en Méditerranée, et A. fusm fusca (Poli), principalement méditerra¬
néenne, mais atteignant aussi exceptionnellement le ilomaine nordique.
.l'ai indiqué (19,SI : 81) qu’à GuUrbesville Digilaria digitaria (L.) se caractérise par
une ornementalion particulière, lancéolée. A CricquevUle, une popidation abondante de
cette espèce présente la même ornementation (pl. Il, 14) . au contraire, tous les spécimens
de n. digilaria (L.) du golfe ligérien montrent une ornementation digitée. Cet as()ect de
l’endémisme du golfe do la Manche au Redonien est un argument en faveur de la contem¬
poranéité de ces deu.x gisements normands.
Cornrne à Gourhesville, Cricqueville renferme une grande madré, Spisula solida ooa-
lis (Sow.), répandue dans le Gedgravicn. Cette sous-espèce est relayée (»ar la forme moderne
Spisula solida solida (f..) surtout connue au Pléistocène et à l’Aetuel. Il semble que le stade
moderne soit réalisé au Bostf d'.Vuhigny, ce qui peut constituer un argument pour placer
ce gisement rotlonien un peu au-dessus du groupe Gourbesville-Cricqueville, tout à fait
à la limite supérieure du Pliocène.
Une petite mactre, Spisula suhtriincata (Da Costa) est représentée au Redonien par
la sous-espèce Spisula suhlruncata Irinngula (Rcn.) déjà connue au Miocène. On la ren¬
contre dans la plupart des gisements redoniens aussi bien dans le golfe ligérien que dans
— 385 -
le golfe de la Manche (Criequeville, Gourhesville, le Bosq d’Aiihigny). Le stade moderne
Spisula subtruncMta suhtruncata (Da Costa), réalisé au Pliocène dans le domaine méditer¬
ranéen, apparaît plus tardivement (au Pléistocène) dans le domaine atlanto-nordique.
Cette faune très disparate se compose de coquilles soit grandes, soit petites et fra¬
giles, ainsi <|ue de fragments d’espèces de grande taille qui sont les restes d’une thanato-
cœnose faililenient transportée. Bien que ces Bivalves ne proviennent pas exactement
du même hiotojie, ils appartiennenl tons à l’étage infralittoral. Comme l'iiidiquenl les espèces
les plus significatives, étudiées prcccdcmment. cette faune est d’âge pliocène et, malgré
sa pauvreté, tout à fait comparalde à celle de Gonrliesvillc, gisement redonien voisin et
présentant le même faciès. Selon la chronologie établie par les paléotempératures isoto¬
piques (Laiiriat-Bage et V’ergnaud-Grazzini, 1977), on peut situer Criequeville dans
le groupe des gisements récents du Redonien, au même titre que ceux de Vendée et d’Olé-
ron.
GASTÉROPODES
par Philippe Brébion
La faune de Gastéropodes est composée de coquilles de jietites dimensions et relativ'e-
ment peu nombreuses : vingt-deux ont pu être déterminées spécifiquement, parfois avec
réserve, auxquelles il faut ajouter un reliquat d’une dizaine de formes. Si l’on tient compte,
en outre, du fait (jue la plupart de ces espèces, qu’elles soient éteintes on encore vivantes,
jirésentent une assez large répartition dans le temps et dans l'espace, on comprendra que
le matériel récolté n’est ni très représentatif ni très significatif (tabl. IV).
Il existe à (iroximité une faune de référence très bien connue, celle du Redonien supé¬
rieur de Gourbesville dans le Cotentin, de prime abord c.xtrèmemenl voisine. 11 paraît
tentant de déterminer les coquilles médiocrement conservées [lar comparaison avec les
formes analogues de cette localité. Malheureusement, un examen approfondi montre que
le gisemeni de Criequeville est nettement plus récent et les déternrinations en question
sont contestables. On connaît sans doute de riches faunes plus tardives que Gourbesville,
mais ces dernières se rencontrent dans la mer du Nord, c’est-à-dire dans une autre pro¬
vince biogéographique du fait de la fermeture du Pas-de-Calais. On ne peut, bien sûr,
exclure la survivance exceptionnelle de formes archaïques dans la Manche jusqu’à une
date avancée du Pliocène, mais il est diflicile de se prononcer dans le cas d'espèces se modi¬
fiant lentement au cours du Cénozoïque et chez lesquelles les coupures systématiques
sont malaisées à établir.
Palëoécologie
Les éléments dominants sont les Nasses (essentiellement Hinia verrucosa), les Natices
{Euspira helicina et Nalica pseudoepiglottina), Bittium reticulaturn, puis Calyptraea chi-
nensix, Emarginula reticulata, Tru’ia cf. dimidiatoaffinis, Turrilella suhangulnla ; enfin,
4 , 25
386 —
Tabi.f.au IV.
GASTEROPODES DU PLIOCENE DE CRICQUEVILLE
Répartition
s tratigraphique
Répartition
biogéographique
Survivance dans les
mers actuelles
Faluns de Touraine
Redonien inférieur
Redonien moyen
Redonien supérieur
Emarginula retioulata Sow.
-
_
-
_
Diodora apertura (Mtg.)
-
T.R.
-
-
-
CallioBtama sp.
Peringia dollfuai Cossm.
-
AVuania (Tarametlia) zetlandica (Mtg.)
-
-
-
-
Turritella inaraasata Sow.
-
-
-
-
Tuï'ritelt-a siibangulata (Br.)
S
-
-
-
-
Bittium retiaulatum of.miooaenioim Peyr.
M?
S
-
-
-
-
Bittiim retioulatim oourtillerûmim (Mill.)
-
-
-
Bittium ap.
7
Seita trilineata (Phil.)
-
-
-
-
-
Triphora pezveraa (L.)
-
-
-
-
-
CalyptToea ahinenaia (L.)
- ■
-
-
-
Capulua hungavicua cî.neglectua (Micht.)
M?
-
-
-
Euepira helicina (Br.)
-
-
-
-
Satica paeudoepigtottina Sism.
S
-
-
Tpivia ctidimidiatoaffinia Sacco
M?
-
-
-
-
Tnpphonopeia muriaatua (Mtg.)
P
N
-
-
Aapella (Favartia) sp.
M?
S
7
-
-
Binia (Usital petiaoaa (Sow.)
P
N
r
-
Hinia (Tntonella) vemtaoaa (Br.)
-
-
-
-
Binia (Amyalina) labioaa (Sow.)
P
N
Raphitoma hiatpix (Jan)
P
-
7
-
Hangelia attermata (Mtg.)
-
-
Ringiaula (Ringiaulina) auriculata (Mén.)
_
S
M = Miocène ; P -- Pliocène ; S = domaine méditerranéen ; N = domaine nordique ; T.R. — très
rare ; r = rare.
Redonien moyen
- 387 —
beaucoup moins fréquents, les Muricidés et Turridés (outre les deux espèces signalées,
deux autres non déterminées), etc.
Dans l'ensemble, la faune indique un milieu meuble plutôt sableux que vaseux. Cer¬
taines formes vivent fixées sur des corps immergés, coquilles ou cailloux : E. reticulata,
C. chinensis, Tr. drrniHiatoaffinii. Elivers Trocbidés, malheureusement indéterminés, pour¬
raient appartenir à la faune rocheuse, mois sans certitude car quelques représentants du
groupe se rencontrent également sur les herbiers. Notons que TrU'ia, <léjà signalé, est éga¬
lement répandu sur les substrats rocheu.v.
La majorité des espèces appartiennent à la zone infraliltorale mais certaines sont
sans doute plus profondes ; c'est le cas de C. hungnrlviis, C. chini<rms, peut-être T. suban-
gidata aujourd’hui éteinte, mais le genre est fréquent dans la zone circalittorale. Je signale,
à titre documentaire, un Hydrobriidé, Pcringia dollfusi, dont il n’existe il vrai dire qu’un
seul exemplaire. Le genre Peringia vit volontiers en eau saumâtre de type estuarien à la
limite des zones médio et iiifralittorales.
Au point de vue de la température, nii peut parler d’un climat tempéré plutôt chaud,
sans jdus de précision, Seul Famrlia, peu répandu, est particulier aux mers tropicales.
Parmi les espèces relativement chaudes, signalons Suilti IrilmtxUa qui abandonne le bassin
nordique au Newbournieii, jY. pseudoepigloHina aujourd’hui disparue mais dont le genre
est par lui-même significatif, fiingicula aurirulala, l'ne. seule coquille, AU>nnia zcllandica,
indique des eaux |>his froides. Sans doute esi.-elle réjiandiie actuellement il la fois Hans les
provinces celto-boréale et lusitanienne, mais elle est beaucoup plus rare dans cette der¬
nière. Remarquons que la plupart des espèces ayant une signification climatique sont peu
communes, à l’exception de N, pxeudriepigloUina.
Pour ce qui est de l’origine géographique dos espèces, on observe, de nombreux élé¬
ments méridionaux : fi. retwalatuni qui ne pénètre dans la mer du Nord qu’au Newliour-
nien, T. subangulata, Tr. dirnidiaUiafjhm si la détermination est exacte, N. psetidoepiglot-
tina, Aspello {FavarUa) sp., Ji. auriculata. Je ne mentionne pas S. Irilineata qui se main¬
tient dans le bassin septentrional jusqu’au .Newbournien. Les éléments nordiques sont
Trophonopsis niurlcatus, Hini.a labiosa et //. relicnsa. La proportion relative de ces deux
catégories d’éléments rappelle celle que l’on observe 5 Courbes ville.
Notons la rareté des formes endémiques qui sont abondantes dans le Redonien, bien
que décroissant avec le temps. On en compte encore 30 % dans le Cotentin. Ici on ne peut
citer que P. dollfusi, très rare et dont la signification n’est pas indiscutable car il apparlient
à une famille vivani en milieu saumâtre, l’n tel milieu est peu fréquent dans les dépôts
néogènes. Biuium sp, est incertain ; il existe des coquilles voisines dans le bassin du Nord
et le golfe ligéricn.
Stratigraphie
On observe un mélange assez curieux d’aspects archaïques et d’aspects modernes plus
imjiortants que les précédents.
Ainsi B. relie nia liirii cf. tniocaenicuni, répandu dans les faluns de Touraine, est ici la
sous-espèce dominante par rapjiorl à la sous-espèce redonienne B. r. courtillerianuin qui
dans cet étage est. largement prépondérante. La proportion observée à Cricqueville n’est
connue que dans de rares localités d’âge un peu plus ancien que les autres : Fécamp dans
- 388
la Maiiclie, Beugnon t?l Beaulieu dans la régiou ligérioniie. Toutefois, la proportion habi¬
tuelle se retrouve dans des gisements arehanjiies connue Beneauleau et, dans une mesure
moindre, les Pierres Blanches. La hiostratigraphie des sous-espèces de fi. reticulatuni est
remise en question j)ar la découverte récente dans le Cotentin de dépôts pliocènes supé¬
rieurs et pléistocènes inférieurs en cours d'étude. On y récolte en effet une forme dominante
dilïicile à séparer de H. r. miocaenir:iiiii. Peut-être faudrait-il faire intervenir des facteurs
écologi()ucs pour expliquer les variations de cette espèce très polymorphe. La survivance
des coquilles [irovenant des Faluns de Touraine est très importante. Ces dernières repré¬
sentent environ la moitié de la faune ; on ne retrouve ce chilîre que dans le Redonien infé¬
rieur.
InversemenI, le pourcentage des espèces encore vivantes, à peu près les deux cin¬
quièmes, est exceptionnellement élevé ])our le Redonien. Dans le Cotentin où il est le plus
grand, il n'atteint qu’un quart,
Dans le même ordre de faits, les éléments miocènes : B. reliculalurn cf. miocaenicum,
Tr. cf. diniiclialuaf}ini.s, C. hungaricu.'i negle.clus et Aspella inciin vel li.ne.ata sont à égalité
avec les éléments pliocènes : Tr. niuricatus, fl. lahiosa, H. relivom et JiuphitonHi hi.Hrix.
Dans le Redonien les espèces pliocènes sont toujours moins abondantes. Dans le Cotentin
où clics sont les plus nomlireuses elles ne représentent que 75 % des espèces miocènes,
et sans doute moins si l'on tient comfite dans le calcul des fortnes miocènes citées jiar Doll-
Firs, que je n’ai pas retrouvées. Le earactère miocène de certaines espèces citées est con¬
testable. .l’ai déjà parlé de B. r, miocaenicum. On pourrait discuter de la détermination
de Tr. dimidiaioafjinis et C. h. neglectus, basée sur des échantillons médiocres rapprochés
peut-être arbitrairement de coquilles voisines provenant de Gourbesville.
Ajoutons encore en faveur il'iin âge récent les caractères climatiques et biogéogra-
phif(ues indiqués plus haut.
I.a plupart des données précédentes concordent pour attrihner à Lricqiicville une
datation post-redonienne, mais les projiortiotis calculées le sont toujours à partir d’un petit
nombre d’éléments, ce qui diminue leur portée. I.es alTinilés considérables avec les faluns
de. Touraine sont à raj)peler, mais on peut remarquer que les formes communes sont géné¬
ralement sans sigiiilicalioii particulière et ne témoignent pas en faveur d’un âge ancien.
11 paraît utile d'elfectuer une comparaison avec les diverses faunes redoniennes dans l’ordre
chronologique.
Ajiparaissent, à partir du Redonien inférieur (Anjou, Rennes) ; D. aperlum (un exem¬
plaire à titre exceptionnel dans le Serravalien de la Beurelière en .^njou), B. reticulatum,
A. zetlandica, peut-être A. li.n.eata (triais s’il s’agit de /L incisa, c’est une forme des faluns
de Touraine).
Apparaissent dans le Redonien moyen (Vendée, Nantais) ; A. pseudoepigloUina, B.
hixlrir (citons un ccliantillon aberrant et de statut systéniati(|ue incertain en Anjou).
.V|qiaraissent dans le Reilonieu supérieur (Cotentin) : P. doUfu.si, Bittium sp. (quel¬
ques cotpiillcs voisines en Anjou), Tr. muricalu.s (Tcs(icce ancestrale se trouve sans doute
dans le Reilonieu de Rennes), //. relleoxa (de rares exemplaires en Vendée et Nantais),
B. niiriculala,
C’est donc bien avec le Cotentin que les relations sont les ])lus nettes. Remarquons
cependant l’absence dans ce secteur de B. histrix et .17. nUenuala remplacée par une forme
voisine qui n’est peut-être iju’une variété (AI. payraudeaui Desh.). Mais ces deux Pleuro-
- 389 -
tomes présetilioit une \aste répartition stratigraphique et liiogéograpliique et leur absence
locale ne correspond (pi'à une insnllisance des récoltes elîectuées,
l'nc seule forme jiaraît plus récente que le Redonien : c’est 77. labiosa apparue dès la
base du Pliocèrte anglais et belge. 11 y a un ra|q)ort évident entre Cricqueville et les gise¬
ments du Cotentin, particnlièremenl Gmirbesville, Mais autant «pic l’on puisse en juger,
du fait de rinsullisance des données, Cricq\ievi|le paraît jtlus récent, j)lus nordique et plus
froid. Cette conclusion n'c.st jias fondée sur ra|)paritiou de formes nouvelles qui sont peu
importantes comme nous venons de le voir, mais sur la raréfaction de certaines catégories
de coquilles très répandues à (iourbesville. Le faciès voisin des deux faunes facilite la com¬
paraison ; les groupes' dominants sont à pou près les mêmes. Remarquons toutefois la rareté
des Rissoidae è Crieque\’ille et la disparition de (JerilJniirii bronni Partsch, une des formes
prépondérantes du Redonien supérieur. 11 s'agit d'une espece de grandes dimensions que
l’on a peu de cbance de découvrir dans notre gisement qui n’a fourni que de petites espèce-s.
Les dépôts pliocènes supérieurs du Cotentin récemment découverts, et dont l’étude
n’est pas achevée, ont fourni une assez, importante faune mais extrêmement fragmentée.
.\u premier c.vamcn, il y a également une grande ressemblance avec Gourliesville proche
géograpbifpiement. Presque toutes les espèces sont communes. Mais on rcmar(|ue, mieux
qu’à Cricqueville car le matériel récolté est plus riche, un caractère nettement plus récent.
Les espèces de type archaïque, méridional et endémique sont mal refirésenlées. Un nombre
important de formes n’ont pu être déterminées et il est évident que plus iPune est étrap-
gère à la faune redonienne. Enfin et surtout, deux espèces du Crag font leur apparition :
H. lahiom et surtoiil Teciniuiticn affinis (Gm.) qui n'est pas fréquente mais est très caracté¬
ristique du Pliocène III nordique (niveau de Little Dakiey — Mevvbournicn). Pour ce qui
est de B. ralicidatum, il iiréscnte les mêmes caractères tpi’à Cricqueville. l.hi peut se deman¬
der si ce gisement appartient au même ensendde. Il n'en est certainement pas éloigné,
mais on n’y a pas découvert de marqueur aussi fiable ipie T. affinis. On ne peut exclure
un âge plus ancien mais post-redonicn, comme le Waltonien.
CoNCLUSIO.N : L.V Ma.NCHE et L.V eaoVINCE NORDIQUE
On observe une grande indépendance paléonlologique des dépôts de la Mnnclie |iar
rapport à ceux de la mer du Nord. Les corrélations ne sont pas aisées. Il y a deux prov'inces
bien distinctes. Dans le liassin sejitentrional un refroidissement continu et assez rapide
permet d’établir des coupures bien nettes, avec disparition progressive des formes méri¬
dionales et arrivée massive et constante de migrants v'emis du Nord. Dans la Manche,
l’évmlutioii climatique est plus lente. Si l'on remarque de nombreuses extinctions, an moins
locales, les ajijiorts extérieur.s sont réduits. Ils se manifestent dès le Redonien. ,\près cet
étage ils se renouvellent mais ilemeiirenl assez rares. Sans doute la jiauvreté relative des
faunes pliocènes, les petilcs dimeasions de la jihqiart des es|icccs récoltées ne. permettent
pas de se faire une idée exacte de l'importance de l’iniluenec nordique qui n’est certaine¬
ment pas considérable Diilrc II. labio.m et, 7’. affinis, je ne puis citer que Biicriniim uncla-
lum L. dans le Havre de Blainville-sur-Mer et Turbonilla kendaUi Harrn. à St Erth. Le
Pli ocène de la Manclie, dans la mesure où il est connu, ajipartient encore au grand ensemble
atlanto-méditerranéen mais nous montre, du fait de sa situation géographique, une cer¬
taine influence septentrionale.
- 390 -
ÉCHINIDKS
par Jean Roman
Les Echinides sont rej)résentés uniquement par des fragments isolés, minuscules,
au nombre de plus de deux cents, dont une cinquantaine appartient aux Réguliers, le reste
anx Spatangoïdes. Les Réguliers comprennent à l’évidence plusieurs formes différentes,
mais leur détermination est très dilîicile. En elfet, des spécimens entiers, provenant de
gisements contenqiorains situés dans la même région, manquent. Deux espèces de Régu¬
liers seulement ont donc été déterminées. Pour les Irréguliers, il ne semble [)as que l’on ait
affaire à plusieurs es|ièces, mais chaque fragment recèle en général beaucoup moins d’infor¬
mation que chez les llcgnliers.
Très peu d’Échinides ont été signalés justpi’à présent dans le Pliocène du Cotentin
(Manche), auquel se rattache le gisement de Cricqueville-en-Ressin (Calvados), d’abord
désigné sous le nom de La Cainbe (Roman, Pahevn cV Viaud, 1982 ; Roman, 1983). Dans
le bassin de Saint-Sauveur-le-Vicomte, G. Dollfcs (1880 : 514 et 519) a cité à Gourbes-
A’ille, « dans le Conglotnérat à Térébratules des Bohons (...] ou plutôt dans un jietit lambeau
du même âge » ; Echinocj/atnUii pusiltim (Müller), des fragments de Psainmechinus et A'Echi-
nucardium et des ossicules A'Aslropeclen (Astérides). Il faut y ajouter Tcninotrerna higoti
Lambert A Tbiéry (DicopteUa) (1911 : 233) « dans les sables dits Redoniens »>. Dans le bassin
de Sainleny, plus méridional et moins éloigné de Cricquevillc, E. Vieillard A G. Doll-
Fi:s (1875) ont mentionné, à Sainl-Georges-de-Bohoii, dans le conglomérat à Térébratules,
Psammechinus woodwardi Desor, et à Marchesieux, dans les marnes à Nassa du Bosq d’Aubi-
gny, des « baguettes A’Echinocyamus ». Dans la collection Lambert, des fragments isolés
accoin|)agnent l’holotype de T. bigoli. Parmi ceux-ci j’ai reconnu une plaque génitale
de Cidaridé. Arbacinn pureyni, espèce nouvelle (Roman, 1983), provient d’un sondage à
8aint-André-de-Bohon.
Coptechinus bardini Cotteau
(PI. II, 4)
1883. Coptechinus Bardini Cotteau : Cottf.au, p. 28-29, pl. 4, fig. 1-5.
1934. Paradoxechinus Bardini Cott. {Coptechinus) : Cottreau, p. 541, pl. 26, fig. 1.
1966. Paradoxechinus bardini (Cotteau) ; Fell A Pawson, p. 424, fig. 317-1 c, d.
1983. Coptechinus bardini Cotteau : Ro.man, p. 27-30, pl. 3, lig. 1-20.
.Matériel : un seul fragment, de 4 mm dans sa plus grande dimension.
Ce fragment correspond vraisemblablement à un sjiécimen de petite taille (])as plus
de 10 mm de diamètre), car la courbure du test le donne à penser, le bord du jiéristome
étant conser\é, mais non la région adapicale. Il comprend une jiartie d’un ambulacre (AM ;
5 plaipies) et une jiarlie de l’inlerambulacre adjacent ( IA ; 5 jilaques). Scissures péristomiennes
- 391 -
insensil)les. Zones pnrifèrcs ])scuclotrigcininécs, plaques anibulacraires (AM) trisociécs,
chaque paire de pores entourée d’un bourrelet inanjué. Ün tubercule primaire, lisse, et
imperforé, occupe la plus grande partie de chaque plaqtie AM. 11 est entouré, du côté ada-
pical, par un cercle incomplet de (piel<pies gratiides, dont l’un est parfois |)lus dévudoppé.
Tubercules interambulacraires (lA) placés très près des zones porifèrcs, à peu près de la
même taille que ceux des AM. Des granules forment, là aussi, un cercle incomplet autour
de chacun d’entre eux, dans la partie ada|iical<‘. A travers la région médiane l.'\, des cor¬
dons doubles relient entre eux les granules qui entourent chaque tubercule, formant ainsi
de larges zigzags.
Attiiibution seÉciFiyuE
C. bardini reste mal connu. L’holotype, du Savignéen de Saint-Georges-Chatelaison
(Maine-et-Loire), doit sans doute être considéré comme perdu. En effet, je ne l’ai pas retrouvé
dans la collection C<»TTEAn et, d’ailleurs, il ne figure pas dans le catalogue manuscrit de
celle-ci. J. Cotthkau (IÜ3'i) a figuré sans le décrire un spécimen de Saint-Saturnin, Le
Haguineau (Maine-et-Loire), qui paraît un peu dilFérent de l’holutype. Le fragment de
Cricqueville ressemble, assez à riiolotyfie, d’après la description et les figures de G. Got-
TEAu (1S83) : il a approximativement la même taille, vraisemblablement à peu jirès le même
nombre de tubercules AM et IA, comme lui des paires de pores entourées d'un bourrelet,
une ornemenlation comparable dans .ses grands traits (notamment des cordons douilles
reliant entre eux, en zigzag, les tubercules liV). Il en did'ère toutefois par la présence de
granules non allongés autour des tubercules primaires .VM et par la structure des cordons
reliant les tubercules L\ entre eux ; ce sont des bandelettes continues et non des alignements
de granules allongés. Cependant, sur un topotype de la collection CoutEO.N, ces caractères
n’apparaissent pas a\'ec autant île netteté que sur les figures de G, Cotte.m.', Celles-ci
sont donc sans doute un jieu trop sebématiqncs.
C. bardini est l’espèce-type fie (\>piechinus. Ce genre a été réuni ensuite à Parudoxe-
chinus ([.,A.\iHEiiT A TniÉm , 19M : 23(1) et ce rattachement a été admis par ’l’b. Mohten-
SEN (Ifi'idfi) et par 11. R. Fei.i. A D. L. Pawhon (Iflfifi). Pour G. M. Pnii.ie (Ulfiî) : 2fi3),
c’est un genre distinct, en raison du caractère endémique de Paradnxechinus et de la pré¬
sence, chez CO dernier, d’un dimorphisme sexuel. Or, d semble qu’un tel dimorphisme existe
aussi chez Capterhinus. Toutefois, il subsiste des dilférences entre celui-ci et Paradoxe-
chinm : le premier a des tubercules primaires lisses et n'a pas de tubercules secondaires
distincts, le dernier a des tubercules primaires crénelés et a de vrais tubercules secondaires
(selon G. M. Philip). Pour ces raisons il a paru préférable de maintenir Coplechinus.
Dimohpiiisme sexuel
J’ai admis (Roman, 1983) la présence chez C. bardini d’un dimorphisme sexuel ana¬
logue à celui de Paradoxechinus. Le fragment de Cricqueville n’apporte aucune donnée
de plus à ce sujet.
- 392 -
Arbacina sp.
(PL II, 9)
Matéhiei. : un petit segment de moins de 5 mm dans sa plus grande dimension.
Ce fragment comprend quatre plaques .«VM et trois plaques l qui leur corresjmndent.
II appartient à la partie de la couronne au-dessous de l’ambitus. Zones ])orifères nettement
pseudotrigérninées. Un gros tubercule lisse et irnpcrforc occupe presque toute la hauteur
de chaque ])la((ue AM ; il est cependant surmonté de deux minuscules granules accolés.
Deux granules superposés, mais un ])cu décalés Pun [)ar rapport à l’autre, occupent le
reste de la jdaque. Sur cha<iue plaque IA, un tubercule phis gros que le tubercule AM occupe
le centre. Il est entouré d'un cercle de granules presque complet : du côté adapical, deux
granules plus développés se trouvent dans la [lartie adradiale et de même dans la partie
admédiane ; du côté adorai ils sont beaucoup plus petits. Au-dessus du tubercule IA, il
y a deux gramdes minuscules, semblables à ceux qui surmontent le tubercule AM. Quelques
granules garnissent la partie admédiane de la [dacpie. D’autres, minuscules, cosliformes,
se rencontrent vers la suture médiane ou, sur la plac|ue AM, vers la suture perradiale.
Attrihution spécifique
Ce fragment est attribué au genre Arbacina iiour les raisons suivantes : il rappelle
par la disposition des pores et rornementation dos plaques le spécimen attribué à Echinas
sphaeroideus (Cotleau) jiar .1. W. Ghegorv (1891 : 41, pl. 1, fig. 5, 6). Or, cette esj)èce a
été considérée comme un Arbacina par Th. Mohtensex (1943a : 3(18) et par H. Kngel
(1949). Cependant, l’interprétation d’A. sphaernidca par ce dernier auteur semble diffé¬
rente de celle de J. VV. Gregohy et plus jiroche de la descrijition d’origine. Le fragment
de Cricqueville ne peut dont être assimilé à A. sphucroidea : en elfet, ses tubercules ne sont
pas crénelés, ses zones porifères ne sont pas v presipie droites », il ne [irésente pas de fossettes
autour des tubercules primaires, il a vraisernblablerneiit beaucoup plus de plaques AM
que d’IA, contrairement à sphaeroidea, où ces nombres sont prestpie égaux. En revanche,
rattribiition à Arbacina semble pouvoir être maintenue en raison de rornementation des
plaques : il y a deux granules minuscules au-dessus de chaque tubercule jirimaire.
« Psammechinus » bouryi Cotteau
(Fig. 3 ; pl. II, 1-3 ; 6-8)
1883. Psammechinus Bouryi Cotteau : C.otteau, p. 24-25, pl. 3, fig. 9-13.
1891. Echinus henslovi Forbes, 1852 : Gregory, p. 40-41, pl. 1, fig. 2-4.
1892. Echinus henslovi Forbes, 1852 : Ghegobv, p. 35, pl. 2, fig. 2-4.
1934. Psammechinus Bouryi Colt. : Cottueau, p. 542, pl. 26, fig. 2-4ê.
1982. Type Arbacina (?) henslovi (Forbes, 1852) : Homan, Pareyn A Viaud, p. 551.
Matériei. ; 4 fragments de test (n”® 1-4), d’environ 5 mm dans leur plus grande dimension,
comprenant chacun quelques plaques.
- 393 -
Trois des fragments examinés, comprenant à la fois des plaques AM et IA, appar¬
tiennent v'isihlement à la région voisine de l’appareil apical. L’Eehinide entier pourrait
avoir atteint environ 25 mm de diamètre (comparaison avec un P. bouryi figuré par .J. Cot-
TBEAU, 1934). Ces fragments frappeiil. immédiatement jiar leur aspect insolite : le long
de la suture médiane IA, il y a une dépression marquée et l’ornementation y est très réduite
ou absente ; de plus le fragment n° 1, qui comprend un .4M entier, s’infléchit du côté proxi¬
mal et alTecte une forme ondulée, comme s’il existait une dépression circulaire autour
de l’appareil apical.
Les caractères observables sur le fragment n® 1 sont les suivants. AM constitué de
plaques trisociées. Zouo porifère pseudotrigéminée. Dans la partie distale, un tubercule
proliablcment inqierforé, non crénelé, placé contre la zone porifère, occupe presque toute
la hauteur de la plaque. Dans la [lartie perrailiale de. celle-ci, il y a deux granules rappro¬
chés, presque l'un au-dessus de l’autre, l'inférieur plus proche de la suture perradialc. Dans
la partie pro.ximale de l’AM, le tubei'Cule |)riniaire rapetisse et tend è se confondre avec les
granules. Trois [ilaipies IA sont eu contact avec l’AM. Lu plus distale montre une orne¬
mentation très dense (comme ilans l'AM) : cm distingue, contre la suture adorale, un tuber¬
cule primaii'e, un peu |)lus développé tpie les granules qui garnissent entièrcnicnl le reste
de la plaque ; ceux-ci, un peu plus gros <pie les granules .4M, forment, avec le tubercule
primaire, trois rangées transversales de trois on quatre, étroilenieni rapproehées. Sur la
plaque plus proximale, le tidierculc jtrimaire ne |>eut pas être distingué des granules et ceux-
ci deviennent [dus jietils vers la sulurt' adapicale. Lnfin, la dernière placpie porte seule¬
ment, vers son milieu, un groupe de tpiatre ou cinq petits granules, le reste de la surface
étant nu.
Les fragments ti®® 2 et 3 cotuportent essentiellement des jdaques IA. Ils montrent
des caractères amdogues. Les plaques <listales sont ornées de granules et d’un tubercule
primaire très serrés, formant des rangées transverses plus ou moins nettes. Sur les placpies
proximales, rornementation se limite à quelques granules vers le milieu. Les parties adra-
diales et admédiancs sont donc nues et il y a, le long de la suture médiane, une dépression
très marquée.
Atthibution spécifique
.1. CoTTKEAU (1934, pi. 2(i, lig. 4-4/y) a figuré, sous le nom de P. bouryi, un spécimen
provenant du Savignéen de Pouaucé (Maine-et-Loire), auquel nos fragments peuvent être
comparés. J’ai |m l’examiner moi-même. Les principaux caractères semblent coïncider :
notamment les dimensions, rasfiect général très granuleu.x, les tubercules lA devenant
beaucoup ]dus petits au voisinage de l’appareil apical, les granides L\ disposés sur |ilusieurs
rangées transverses. De plus, comme l’a noté .1. Cottre.vu, « une légère dépression circu¬
laire existe tout autour de l'appareil ajiical '>. Il semble donc légitime d’attribuer nos frag¬
ments à P. bouryi, tel ipi'il a été compris |iar J. CorrnEAr.
P. bouryi reste assez mal connu. Il a été créé jiar G. Cotteau d’après un nu sans doute
deux spécimens de Noellet (Maine-et-Loire), )niis((ue cet auteur avait noté pour la hauteur
12 à 13 mm et pour la localité « Rare » (et non « très rare «, comme il l’aurait fait pour un
spécimen unitpie). De plus, il avait précisé • « esjièce [...] déprimée en dessus », alors que la
figure montre un profil bombé à la face ajiicale (à moins que le dessinateur ait interverti
4 , 26
— 394 —
les deux faces, puisque G. Cotteau av^ait noté aussi : « espèce [...] plane et même un peu
bombée en dessous » !). J’ai recherché l’espèce sans succès dans la collection Cotteau.
Elle est pourtant mentionnée dans le Catalogue manuscrit de cette dernière (« type de
Noellet ») et J. Cottkeau l’y avait retrouvée, puisqu’il a donné des photographies de ce
qui était, selon lui, « l’échantillon-type «. Toutefois, il semble y avoir incom|)atibilité entre
celui-ci et le sjjécimen figuré par G. Cotteau : ils n’ont pas les mêmes pi-oporlions, celui
de J. CoTTBEAu étant moins haut et ayant la face apicale déprimée. Ceci est en accord
avec la mention par cet auteur d’une dépression circulaire autour de l’appareil apical.
De plus, sur la ligure 12 de la jdanche 3 de G. Cotteau, les pores paraissent trigémiiiés
(échelons de trois paires de pores sur une seule plaque) et non pseudotrigéminés (éche¬
lons chevauchant deu.x plaques), comme cela se rencontre le ()lus souvent (sur les spécimens
de Pouancé et de Chazé-Henry figurés par J. Cottreau, ils sont nettement jiseudotri-
géminés). Quoi qu’il en soit, le spécimen liguré par J. Cottreau doit être considéré vrai¬
semblablement comme un paralype.
P. iouryi n’est probalilement jias un Psammechinus au sens de Th. Mobtensen (I943fi :
123-127). 11 serait peut-être à placer parmi les Arbacina, comme Echinus henslovi.
Rapports avec Arbacina (?) herisloci
Les fragments étudiés ont été considérés récemment (Roman, Pareyn & Viaud,
1982) comme du d type Arbacina (?) hensloci ». En elTel, ils présentent des ra|qiorts avec
cette esjièce, qui n’a jamais été comparée à P, bouriji. Erhinns hcnxloci Forbes n’appartient
évidemment pas au genre Echinus:. Tli, Mohte.'nsf.n (1943<t ; 368) Ta ra[)pot'té à Arbacina
ou à Genocidarisi. J, W. Greoory (1891) en a liguré un topotyqie, de Waltoii on Naze (Essex),
du Eower Red Crag, qu'il a considéré comme rcjirésentant la forme femelle de l’espèce.
J’ai j)u examiner celui-ci à loisir (coll. Rritish Muséum, Natural I lislory, Department
of Palaeontology, n” E. 3107). Ee P. hnuryi de Pouancé (Cottreai', 19.34, pl, 26, fig. 4-4è)
lui ressemble beaucoup, malgré quelques différences. 11 est de taille 1,5 fois j>lus grande,
le contour de l'appareil apical est jdiis petit, les .\M sont un pou moins larges par rapport
aux IA et les tubercules AM sont nettement plus nombreux que les IA, mais l'aspect de
la face supérieure, <|ui présente une légère dépression autour de l’appareil apical, et l’orne-
mentation sont analogues (lig. 3). Il n’est cependant pas possible d’assimiler P. bouryi à
Arbacina (?) henulovi sans avoir examiné le type du jiremier. De plus il n’est fias sûr que la
forme A'henslovi considérée comme femelle ajqiarlienne réellement à cette espece. J’ai
pu examiner l’holotypc d'hensloai (coll. British Muséum, 0 ° 40182), qui serait la forme
■pjg_ 3 _(( Psammechinus » bouryi Cotteau, Wallon (Essex), Lower Red Crag ; topotype à'Arbacina (?)
henslovi (Forbes), « forme femelle » de J, W. Gbegoky, 1891 ; plaque IA et plaque AM de la région
de l’ambitus. (Échelle graphique : 1 mm.)
- 395 -
mâle pour J. W. Gregohy, et je partage son opinion au sujet de la forme femelle, qu’il
n’a rattaeliée à Jienslovi qu’après considérable hésitation (Gkegouv, 1891 : 40). Kn consé¬
quence, je propose de réunir celle-ci à houryi, en laissant l’holotype à part.
Dimorphisme sexuel
L’aspect très jiarticulier des fragments étudiés suggère la forme femelle d’une espèce
pourvue d’un dimorphisme sexuel et la présence d’un marsupium. .Je n’ai malheureusement
pas pu trouver dans le même matériel de fragments qui puissent représenter la forme mâle.
Les caractères en faveur d’une telle interjtrétation sont : l'aspect ondulé dans la partie
la plus voisine de l’apjiureil apical, la dépression maripiée des IA et leur ornementation
réduite dans la même région. Ceci est oomj»arahle à ce que montre la forme femelle présu¬
mée de Parado.verhinus slellatus Philip & Foster (1971 : 677, pl. 126, (ig. 2, et pl. 129, lig. 22).
Chez cette espèce, il y a une dépression adafiicale ]>eu profonde, dans laquelle les cinq IA
sont plus enfonces que les AM et où les plaques lA, dépourvues de tubercules jtriniaires,
sont couvertes de petits granules. Chez la femelle A'Ilypsiechinus coronatus Mrtsn, espèce
marsupiale actuelle, les pla(|ucs lAres adapicales ont une ornementation semblable (Mor-
TRNSEN, 1943a t 295, lig. 161).
Chez Arhacinu (i*) ltenslu\'i, J. VV. Gregorv avait noté en 1891 ip. 40) une série de cinq
cavités au sommet des cinq interradius, reliées par une dépression annidaire entourant
l’appareil apical, Il ne m'a pas été possilde de refaire la même observation ) le topotype
a-t-il subi quehpie dommage depuis cette éjioque ? .J’ai observé cependant que, au voi¬
sinage de l'aiqiarcil apical, les IA sont nettement déprimés dan.s leur partie médiane. Dans
la même région, les tubercules .\.\T et 1.4 deviennent extrêmement jietits ; dans les .\M
les granules dis|iaraissent et dans les LA ils deviennent moins nombreux et sont absents
dans la partie médiane. Il est tentant de voir là l’indice d’un dimor()bisme sexuel et la pré¬
sence de poches marsupiales, coninie l'admettait .J. W. Gregorv. Th. .Mortexsen {1943n :
368) n’était pas en désacconi avec cette interprétation. Kn revanche. G, M. Pnii.ie &
II. J. Fus I ER (1971 ; 667) n’ont vu là que « some obscure ada[iical interambulacral déprés¬
sions M. L’aspect général du test, vu de [irolil, irait dans le même sens : la face apicale appa¬
raît très aplatie, la face orale étant au contraire légèrement bombée. Ceci est l’inverse
de ce qui a lieu babituellement chez les Kchinides, mais c’est ce que montrent les individus
femelles de Teinnnlrewa hlpoù (Lamb. A Th.) de Loire-Atlantique (Roman, 1983). L’hypo¬
thèse d’un marsutiium peut donc être soutenue avec vraisemblance, dan.s le cas d'/ien.v/oci
et dans celui de « PsaninwcUinun » houryi. Kn efïel, la pi'ésence d’Kehinides marsupiaux
dans le Pliocène de l’ouest de la France, et notamment dans le Redonien du Cotentin (Saint-
.André-dc-Bohon, Manche), est maintenant un fait certain (Rovian, 1983). On sait aussi
que le phénomène d’incubation peut affecter simultanément des Échinides de jilusieiirs
groupes systématiques. Cela a été montré av'CC éclat dans l'Oligocène supérieur d’.Australie
(Piiii.ii* A Foster, 1971).
396 -
Echinus (?) sp.
(PI. II, 10)
Matériel : un petit segment d’à peine 6 mm dans sa plus grande dimension et quelques
autres fragments.
Le segment comprend cinq plaques AM et trois plaques IA. Les caractères les plus
marquants sont les suivants. Dans les .4M, les zones porifères sont très nettement pseudo-
Irigéminées, les plaques majeures très liasses et ornées de trois tubercules lisses, non per¬
forés, en série horizontale, dont le plus gros est contre la zone porifère ; la disposition de
CCS tubercules, qui occupent presque toute la surface disponible, est très régulière ; Ils
forment trois colonne.s verticales, dans chaque ilemi-.4M. Dans les LV, les plaques sont aussi
assez basses et très ornées : le tubercule (iriniaire, un peu plus gros ipie les autres, adorai,
est légèrement décalé vers la suture médiane ; il forme avec les tubercules sec<mdaires
deux rangées horizontales un peu obliques, Padoi'ale conqirenant ciiHj ou six tubercules,
l’adapicale, incomplète vers la suture médiane, seulement quatre. L’attribution à Echinus
.se fonde en partie sur le fait tjue ce genre est assez répandu dans le Pliocène du nord-ouest
de l'Europe. Elle est proposée sous toute réserve, car ce fragment n’a pu être rapproché
jirécisément d’aucune des espèces signalées là et ses caractères ne sont pas tous avec cer¬
titude ceux d’un Echinus.
Échinidé (?) de genre indéterminé
(PI. II, 5)
Matériel : une dizaine de fragments, dont le plus grand, figuré ici, mesure environ 7 mm
dans sa plus grande dimension.
La plupart des fragments appartiennent au bord du péristome. Cette partie du test
est plus résistante en raison de la présence, à la face interne, de la ceinture pérignathique.
Scissures branchiales à peine marquées. Zones porifères pseudotrigéminées. Un gros tuber¬
cule primaire lisse, non perforé, occiqie presque tout le reste de la plaque AM ; en s’éloi¬
gnant du péristome, il s’y ajoute un petit tubercule perradial, du ciité adapical. 1,’orne-
mentation des IA, très serrée, comprend deux colonnes de tubercules primaires très gros
et, de chaque côté, une colonne adradiale de tubercules nettement plus petits ; de. [dus,
deux colonnes de granules garnissent la zone médiane ; ils se transforment en tubercules
secondaires en se rapprochant de l'arabilus ; il semble même qu’il s’ajoute, encore plus haut,
une colonne supplémentaire de tubercules secondaires. Lui trait marquant paraît être la
présence, au-dessus de cha<[ue tubercule primaire IA, de deux petits granules, de chaque
côté. Ceci rappelle un [lOU « Psammechinus » dewalquci Cottenu, du Diestien de Belgique,
mais l’assimilation à cette espèce semble impossible. J’attribue donc, avec doute, les frag¬
ments étudiés à un genre indéterminé de la famille des Échinidés.
— 397 —
Brissopsis (?) sp.
Matériel ; environ 50 fragments représentant le plus souvent des plaques isolées, dont quel¬
ques-uns d’assez grandes dimensions, par exemple 10x8 mm.
La plupart des fragments correspondent, vraisernblaldeinent, à une seule espèce. Deux
d’entre eux apjiartiennent à la région des pétales. D’autres présentent le tracé des fascioles.
D’après la structure des pores AM, il pourrait s’agir du genre Brissopsis : en elîet, chacun
des pores est entouré d’un rebord saillant, comme dans les isopores allongés de B. Itjrifera
(Forbes), figurés par A. B. Smitii (1080 : 5.5, fig, 4 A, et pL 1, lig. ; toutefois ici, dans une
paire, les pores ne sont (las tout à fait aussi symétriques entre eux que chez B. lyrifrra.
Il semble i(u’il existe un fasciole péripétale : une plaque I .V montre un coude dans le tracé
du fasciole ; elle pourrait correspondre à une plaque de l'IA latéral droit (série b) de B.
lyrifera (Lovên, 1874, pd. 37, lig. 213). Parmi les genres de Spatangoïdes existant au Mio¬
cène moyen, au Pliocène et à l’époque actuelle, dans le nord-ouest de l’Europe, Brissopsis
semble être celui qui convient le mieu.x. Il a été signalé dans le Miocène moyen (Roman,
1976), mais encore jamais dans le Pliocène nordique.
Remarques svn les Écuinioes
Parmi les espèces déterminées, « Psammechinus » bouryi et Coptechinus bardlni n’avaient
été trouvés jusqu’alors que dans le Miocène moyen (Savignéen) de l’Anjou. Toutefois,
par suite de la réunion de VKcJiinus henslooi de .1. W. (iheoohy à P. bouryi, ce dernier
existerait aussi dans le Pliocène moyen anglais (Red Crag. Wallon). Le fragment attribué
à Arhtuina sp. ra|q>cllc aussi une forme du Pliocène moyen anglais (Red Crag, Wallon) :
.4. (?) sphaeroidea (Iregory [non Cotteau ?). Le genre Brissopsis, largement répandu au
.Miocène et à l'époque actuelle, rie semble (las avoir été signalé dans le Pliocène nordique.
Dette petite faune ne présente pas de ressemblance iiarticulière avec celles du Cotentin.
En particulier, Temnolmnn bigod (f.ambert cV Tbiéry), de Gourbest ille, retrouvé dans le
Redonien de Luire- \tlanlique (Ro.man, 1977, in BnEnioN et al. ; Roma.n, 1983) n’y ligure
pas. Il n’est donc pas piossible de trancher entre le Miocène et le Pliocène.
P. bouryi et P. bnrdini semblent pouvoir être considérés comme des espèces luarsu-
piales. Seraient-elles alors des indices d’un refroidissement du climat ? En elïet, h l'époque
actuelle, rincuhalion est particulièrement fréquente chez les oursins des régions arctique
et surtout anlarelique. Ceci est dillicile à admellre, puisque ces deux formes existaient
déjà au Miocène moyen, de climat suhlrojiicul. L’ensemble de la faune dénote un fond
meuble, constllué de vase, peut-être plus ou moins sableuse, nécessaire à l'enfouissement
de Brissopsis (?) sp. et acceptable par des Réguliers de la famille des Eehinidés, voisins
d’Echinas.
Remerciements. — Je dois remercier particulièrement tous ceux qui m’ont donné le plus
large accès aux collections dont ils ont la charge : à Londres (British Muséum, Natural llistory,
Department uF Palaeontologj^), R. P. S. Jeefehies et D. N. Lewis m’ont très généreusement
envoyé les types d’Echinus herutloid ; à Lyon (Université Claude Bernard, Département des Sciences
398 -
de la Terre), A. PniErn et M. Philippe ojiI fait pour moi des roelierches dans la colleetion Cot-
TEAu et m’en ont facilité de toutes les façons la consultation ; à Paris (Université P. et M. Curie,
Service de la Colleetion de Paléontologie), ü. Pajaud m’a ouvert liLérale,menl la colleetion Lam¬
bert ; à Angers (Musée d’Angers), le Dr M. Gbuet et J.-M. Viavd m’ont communiqué les spéci¬
mens de Copterhiniis burdini et de it Pmmtnecliinus » buuriji figurés par J, Cottheal' (coll. Coui-
fon).
CIRRIPÈDES
par René-Pierre Cauriol
Le matériel en provenance du Redonien de Cricqueville-en-Ressin se compose de quatre
fragments de Cirripèdes operculés sessiles du sous-ordre des Balanomorpha. Comme il
s’agit de fragments de chapiteaux et de surcroît en bien mauvais état, l’attribution spé¬
cifique n'a pu être réalisée. Suivant la classification de Newman et Ross (1976), un des
fragments appartient à la superfamille des Balanoidea et les trois autres au genre Mega-
balaiius.
Balanoidea sp.
Ce spécimen n’a plus que quatre pièces capitulaires : le rostre, les plaques laté¬
rales et caréno-latérale droites, la carène. Ces quatre pièces articulées entre elles sont
extrêmement usées. Comme elles enserrent étroitement un bloc de sédiment induré, leur
face interne n’est pas observable. La base et les vah es operculaires sont absentes. Dans de
telles conditions, seule l’appartenance à la superfamille des Balanoidea peut être pré¬
cisée.
Megabalanus sp.
Les trois fragments sont vraisemblablement de la même espèce. On distingue : un
rostre presque entier ; la partie supérieure d’une carène (gaine + paroi) ; un fragment
du bord basal d’une jjlaque capitulaire non identifiable.
Ces pièces capitulaires sont canaliculécs. Les canaux longitudinaux à section large
et rectangulaire sont, alignés sur un rang unique situé entre lames interne et externe. Cbaffue
septe primaire est terminé [lar une dent engrenante, indice, avant lu dislocation du test,
de la présence d'une base calcaire canaliculcc. La inorjdiologie des septes primaires annonce
l’obserAation, sur coupes minces transversales, de ligures inteiiaminaires arborescentes.
Les rayons du rostre pos.sèdent des petits canaux indiquant l'appartenance au genre Mega-
halunus. En l’absence de vaR'es operculaires, l’espèce ne peut être précisée. Il peut s’agir
de Megabalanus tintinnabulurn, de M. tulipiformis ou de M. dollfusi qui, après étude
mornboloeiqne de la muraille, peuvent facilement être confondus (De Alessandbi, 1906 ;
Davadie, 1963).
- 399 -
Mpgahulimun lulifnfornils a])parait au Miocène. A l’Hclvétien il est rare en Italie et
j)réseiit dans le.s l'aluns de Touraine (Mirebeaii, Poullev'oy). D.waoie (19(13) le cite dans
ITIelvétiet) supérieur de Visau (Vaucluse). Au IMioeène, il est très abondant en Italie et en
Sicile mais a disparu du reste de l’Europe et en parliculier de i'Tance. Au Quaternaire,
s’il abonde toujours en Italie, on le rencontre également en Afrique du Nord. De nos jours,
sa réjiarlition bingéograpbique est la suivante : Méditerranée occidentale, côtes fran(;aises
et espagnoles du sud du golfe de Gascogne, Portugal, Afrique de l’Ouest juscpi’à Cabinda,
îles Madères, Canaries et du Cap-Vert.
Alegabalanuis duUfu.si fut trouvé par Du Ai.essaindiii (19(J(i) dans le Miocène moyen
de Picauville (Manche) et de Caillaud (Vendée), aittsi (pie dans des gisements redoniens
attribués à cette cpoipic au Miocène supérieur et aujourd'liui classés dans le Pliocène (Pigeon-
Blanc en Lüire-.Xtlantiipn^ el Saiul-Georges-de-Bobon dans la Mancbc). Pour ma part,
je l’ai reconnu dans rilelM’iien (en Vendée à l'tjgerie en Challansi et dans du Hedonien
(en Anjoii à Bengmm, en Vendée b Pallnan et Sablières en ('ballans, dans la région nan¬
taise de La Roclie'aux-Clints en Marchccoul, b La Guillonnière en Le I.oronx-Bottereaiix
et b la Dixmerie en Saint-.lidien-de-Lioncelles).
Mvgahcihinus lintinnalmliini est signalé pour la première fois dans le Barlonien de
Hongrie. Il est coium dans l'.Arpiilanicii de Gironde (Léognan, Dax, Saueats) et de l’Hérault
(La Gaillarde). Au Miocène, il est rare en Italie mais très fréipient en France : en Touraine
(dans les faluns), en Bretagne (Le Qiiioii), dans les Boucbe.s-dn-Rbôrie (Carry et Saiisset).
An Pliocène, il n'est |)lus cité en l'ratu'e ; par contre, sa présence est indi(.juéc en Italie,
en Grèce ainsi que dans le Corallinc Crag du SulTolk (.Angleterre). l’cpiapie actuelle c’est
nue espèce cosmopolite de mers lenqiéi'ées ou chaudes (Médilerranée, toute la côte ouest
de l’Afrique, du détroit de (obraltar an cap de Bonne Espérance, mer d’tfman, baie du
Bengale, Thaïlande, Eormose, Japon, Nouvelle-Zélande, Brésil, Pérou).
D’ajirès ces données, il est clair ([ue MegalHdantis tuHpiformin ii’est pas rcspèce de
Cricque\'ille puisqu’il a déserté la façade al.laiitiipie au Pliocène puur se cantonner dans
le domaine inédilerranéeii.
D’antre ])arl, la présence de AIegahalanus dnllftisi à Saint-Georges-dc-Bohun en même
temps qu’à Pallnan n’est pas contradictoire et eoniirme un fait déjà connu. L’alluau est
méridional mais siirtuiil li’ès exposé aux iiilluetiees océaniques, ce qui exjilique sa faune
b caractère, nnrdiipie proche de celle de Haint-Georges-de-Bohoii (LaChi 1981).
Comme Saint-Georges-de-Bolion — où Al. doUfasi. a été trouvé — est géographiquenient
proche de Crioque\ille, il est possible d’envisager (]ue celte esjtèce peuplait également
Cricqucville. Mais Gourbesville, aux alllriilés inanfiiées avec le Coralline Crag du 8ulTolk
qui contient des Aie.guhalanu^ lintinnahulum, est aussi trè.s proclie de Cricqucville. Ainsi
l’argument paléogéographiipie ne permet pas de préciser à laquelle de ces deux dernières
espèces appartiennent les fragments de Alegahalanus de Cricquevillc.
CONCLUSIONS générales
Le gisement de Cricquevillc-cn-Bessin renferme une petite faune marine bien diver¬
sifiée comprenant des Foraminifères benthiipjes (58 espèces), des Bryozoaires appartenant
- 400 —
à six types zoariaux(12 espèces), des Bivalves (10 espèces), des Gastéro[)odes (25 espèces),
des Echinides (6 genres et 2 espèces déterminées) et des Cîrripèdes (un genre et une forme
supra-générique).
La macrofaune est constituée d’éléments {)our la plujiart de petite taille (débris de
Bryozoaires et d’Écbinides, articles dissociés de Balanes), les plus grands spécimens se rap¬
portant à des Huîtres. Si l'on relève des dilïéreiices dans les biotopes (queltfues Gastéro¬
podes fixés ou formes d'herl)iers et même de milieu saumâtre), l'ensemble de la faune pro¬
vient il’un substrat meuble ^milieu sableux, parfois vaseux convenant aux Spatangiies)
et traduit une bathymétrie relativement faible couvrant l’infra-littoral (les Bryozoaires
se situant entre 40 et 00 ml. Les Foraminifères sont en place et les autres groupes repré¬
sentent des éléments de thanatocœnoses également en place ou transportées sur de courtes
distances.
En ce qui concerne l’âge du gisement, l’accord n’a jiu se faire entre tous les auteurs.
Toutefois, le point de vue de la géologie concorde avec les résultats apportés par trois groupes
zoologiques (l’oraminifères, Bryozoaires et Bivalves) pour adopter un âge redoiiien (type
Hedonien récent du Cotentin, (diase froide, du Pliocène). Les Gastéropodes traduisent
un Age plus récent que le Hedonien. L’absence de conclusions concernant les Echinides
(toujours rari's au Redonien) et les Cirripèdes est due a rinsiillisance du matériel. D'ajirès
les Foraminifères, les Bryozoaires et les Bivalves, les alTinités nordiques dominent (compa¬
raison ayec le Scaldisien et le Gedgravien). La faune de Gastéropodes demeure atlanto-
méditerranéenne. De cela découle un climat jilus froid que celui qui régnait pendant le
Redonien en Anjou ou en Haute-Norniandie (Redonien ancien, paléogéographie de golfe,
à caractère chaud). Pour les Foraminifère.s et les Bivalves on conclura à un climat tempéré
froid, fiour les Gastéropodes à un climat de type franco-ibérique et pour les Bryozoaires
on peut donner à titre de comparaison la température actuelle des eaux sur les côtes au
nord du Maroc. 11 reste délicat d’imputer à un climat précis les formes marsupiales des
Echinides, car si celles-ci sont fréquemment rencontrées dans les régions polaires, elles
le sont parfois aussi dans les régions subtropicales.
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PLANCHE I
Foraminifères du gisement de Cricqueville-en-Bessin.
1 — Faujasina carinata (x 7.5).
2. — Faujasina auhrotunda (X 110).
3. — Faujasina compressa (X 75).
4. — lintaiia serrala (X 150).
5-6. — Mnnspeliensina pseudotepidus (x 90) : 5, face supérieure; 6, face inférieure.
PLANCHE 1
— 404 -
PLANCHE II
1-3. — « Psammechiniis » bouryi Cotteau, fragments voisins de l'appareil apical, dont la morphologie
suggère l’existence d’un marsupium (x 7) : 1, spécimen n° 1 ; 2, spécimen n** 2 ; 3, spécimen n“ 3.
4. — Coptechinus bardini Cotteau, fragment montrant le bord du péristome (x 7).
5. — Echinidé (?) de genre indéterminé, fragment montrant le bord du péristome (X 4).
6-8. — « Psammechinus » bouryi Cotteau, Wallon on Naze (Essex, Angleterre), Lower Red Crag, coll.
Brit. Mus. (Nat. Ilist.), Dept of Palaeontology, n” E3107 ; topotype d'Arbacina (?) henslooi (Forbes),
« forme femelle » (CnEGORY, 1891, pl. 1, fig. 2-4) (x 3) : 6, face apicale ; 7, face orale ; 8, profil.
9. — Arbacina sp., fragment de la moitié adorale de la couronne (x 4). N.B. : par erreur le côté adorai
est vers le haut.
10. — Echinus (?) sp., fragment de la couronne (X 4).
11. — Trophonopsis muricatus (-Mtg.) (x 3).
12. — Bittium sp. (x 3).
13. — Pitar [Pilar] radis (Poli) (x 1).
14. — Digitaria digitaria (L.) (x 3).
15. — Astarte {Astarle) omalii omalii Jonk. (x 1).
(Clichés D. Serretle.)
Le Comité de rédaction du Bulletin du Muséum remercie les spécialistes qui ont bien ooulu prêter
leur concours pour le choix et l’examen critique des manuscrits reçus pour publication dans la section C
au cours de l'année 1983 :
F. Atkoi'S, Département des Sciences de la Terre, Université Claude-Bernard, Lyon I, 27-h3, Bd
du Onze-Novembre, 69622 Villeurbanne eedex.
J.-C. Fischer, Institut de Paléontologie, MNIIN, 8, rue Buffon, 75005 Paris.
L. Ginsbuhg, Institut de Paléontologie, MNIIN, 8, rue Bufîon, 75005 Paris.
D. GoiMET, Institut de Paléontologie, MNHN, 8, rue Bulïon, 75005 Paris.
E. Heinïz, Laboratoire associé CNRS, Paléoanatomie et Paléobiogéographie, MNHN, 8, rue
Bulïon, 75005 Paris.
R. lloFESTETTER, Laboratoire associé CNRS, Paléoanatomie et Paléobiogéographie, MNHN,
8, rue Bulïon, 75005 Paris.
Ph. J.\NVIER, Laboratoire de Paléontologie des Vertébrés et de Paléontologie humaine. Univer¬
sité Paris VI, 4, place Jussieu, 75230 Paris eedex 5.
L. Leclaire, Laboratoire de Géologie, MNHN, 43, rue Bulïon, 75005 Paris.
P. Mei.n, Département des Sciences de la Terre, Université Claude-Bernard, Lyon I, 27-43, Bd du
Onze-Novembre, 69622 Villeurbanne eedex.
H. Thomas, Laboratoire associé CNRS, Centre de Recherches anthropologiques, et Institut de
Paléontologie, MNHN, 8, rue Buffon, 75005 Paris.
Achevé d’imprimer le 29 février 1984.
Le Bulletin du 3® trimestre de l'année 1983 a été diffusé le 26 janvier 1984.
IMPRIMERIE NATIONALE
3 564 004 5
I
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d'Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris. Ils seront accompagnés : de la traduction du titre
en anglais, d’un résumé en français et en anglais, de l’adresse du Laboratoire dans lequel le travail
a été effectué (en note infrapaginale sur la première page).
Le texte doit être dactylographié à double interligne, avec une marge suffisante, recto seule¬
ment. Pas de mots en majuscules, pas de soulignages (à l’exception des noms de genres et d’espèces
soulignés d’un trait). Il convient de numéroter les tableaux et de leur donner un titre ; les tableaux
importants et complexes devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme des figures.
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alphabétique des noms d’auteurs, chaque référence étant indiquée ainsi ; auteur, initiales du (ou
des) prénom, date, litre d’article ou d’ouvrage (en entier), revue abrégée selon la World list of
Scientific Periodicals, tome (souligné), numéro (entre parenthèses), deux points, pagination et
llustrations.
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nettes possible et tirées sur papier brillant. Tenir compte de la justification du Bulletin : 14,5 cm X
19 cm. L’auteur devra indiquer l’emplacement des figures dans la marge de son manuscrit. Les
légendes seront regroupées à la fin du texte sur un feuillet séparé.
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éventuellement commander des tirés à part supplémentaires qui leur seront facturés directement
par l’Imprimeur,
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Collection à périodicité irrégulière. Parait depuis 1935. A partir de 1950, les Mémoires se subdivisent
en quatre séries spécialisées : A, Zoologie ; B, Botanique ; C, Sciences de la Terre ; D, Sciences physico-chi¬
mique. (Format in-4°.)
Dernières parutions dans la série C
T. 41 — Gaudant (Mireille). — Recherches sur Tanatomie et la systématique des Cténothrissiformes
et des Pattersonichthyiformes (Poissons Téléostéens) du Cénomanien du Liban. 1978, 124 p., 57 fig.,
10 pl. h.-t.
T. 42 — Lange-Badré (Brigitte). — Les Créodontes (Mammalia) d’Europe occidentale de l’Éocène supé¬
rieur à l’Oligocène supérieur, 1979, 249 p., 32 fig., 48 gr., 30 pl. h.-t.
T. 43. — Recherches océanographiques dans l’océan Indien. (Entretiens du Muséum, Paris, 20-22 juin
1977.) 1979, 253 p., fig. pl.
T. 44 — Gayet (Mireille). — Contribution à l’étude anatomique et systématique des Poissons Céno¬
maniens du Liban anciennement placés dans les Acanthoptérygiens. 1980, 151 p., fig., 29 pl.
T. 45 — Lauriat-Rage (Agnès). — Les Bivalves du Redonien (Pliocène atlantique de France). Signi¬
fication stratigraphique et paléobiogéographique. 1981, 175 p., fig. 16 pl.
T. 46 — Frôhlich (François). — Les silicates dans l’environnement pélagique de l’océan Indien au
Cénozoîque. 1981, 208 p., fig., pl.
T. 47 — Loreau (Jean-Paul). — Sédiments aragonitique et leur genèse. 1982, 314 p., fig., pl.
T. 48 — Lauriat-Rage (Agnès). — Les Astartidae (Bivalvia) du Redonien (Pliocène atlantique de France).
Systématique, biostratigraphie, biogéographie. 1982, 118 p., fig., 16 pl.
T. 49 — Colloque sur le Turonien. (Entretiens du Muséum, Paris, 26-27 octobre 1981.) 1982, 240 p.
61 fig., 8 tabl., 4 pl.
T. 50 — Rouchy (Jean-Marie). — La genèse des évaporites messiniennes de Méditerranée. 1982, 267 p.
72 fig., 18 pl.
Ouvrages disponibles au Service de Vente des Publications du Muséum,
38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris