BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
sciences de la terre
69
N* 516 JUILLET-AOUT 1978
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs J. Dorst, C. Lévi, E. R. Brygoo et R. Laffitte.
Conseillers scientiGques : Dr M.-L. Bauchot et Dr N. Hallé.
Rédacteur : M me P. Dupérier.
Le Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895*1928), constituant la l re série, et les tomes 1 à 42 (1929-1970),
constituant, la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
De 1971 à 1977, le Bulletin 3® série est divisé en cinq sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Écologie générale — Sciences physico-chimiques) et les articles
paraissent par fascicules séparés. A partir de 1978 les articles sont regroupés en fascicules
bimestriels, par section.
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BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 516, juillet-août 1978, Sciences de la Terre 69
SOMMAIRE
J.-M. Dutuit. -— Description de quelques fragments osseux provenant de la région
de Folakara (Trias supérieur malgache). 79
Ph. Brébion. — Révision de la biostratigraphie du Quaternaire marin marocain. 91
E. Heintz, L. Ginsburg et J.-L. Hartenberger. ■— Mammifères fossiles en Afgha¬
nistan : état des connaissances et résultats d’une prospection. 101
516, 1
Bull. Mus. natn. Hist. nat., Paris , 3 e sér., n° 516, juillet-août 1978
Sciences de la Terre 69 : 79-89.
Description de quelques fragments osseux
provenant de la région de Folakara
(Trias supérieur malgache)
par .Jean-Michel Dutuit *
Résumé. — L’étude d’une petite collection de fragments osseux provenant de l’ouest de
Madagascar (Karroo malgache) permet d’y identifier principalement : des Stcgocéphales méto-
posauridés fragments d'intcrelavicules, de toit crânien, de palais); des Phytosaures (fragments
de mftebnîrcs).
Ces fossiles rendent plus évidentes les ressemblances existant entre Madagascar et les autres
terri toi res gnn H wa n ie n s.
Abstract. The study of a small collection of boue fragments Corning from the West of Mada¬
gascar (Madagusvorian Karroo) allows to identify ehiefly : Metoposaurid Stegoeephalians (inter-
clavicle, dermal skull and palate fragments) ; Phvtosaurs (jaw fragments).
These fossils point to the Madagascarian ressemblances with other Gondwanian territories.
1. IllSTOKIpUr:. G ÉXÉH ALITÉS
En 1963, C. Git-rii présentait une note à l’Académie des Sciences concernant une faune
malgache de Reptiles provenant de la région d’Ampany, à l’ouest de Folakara. 11 y décri¬
vait des restes qu’il attribuait à un Phytosaure proche de Mystriosiirhus.
En 1970, F. WesTPHAL décrivit quelques plaques dermiques de Phytosaures de prove¬
nance i ml é ter n i i n ée.
D’après les localisations qu’il donne il semble que les restes étudiés par C. Guth
venaient d un niveau plus proche du contact Trias-Jurassique (géographiquement au moins)
que les fossiles dont il sera question ici. C’est, pourquoi il convient d’être particulièrement
circonspect quaril aux confusions possibles entre Phytosaures et Crocodiles, surtout lors¬
qu’il s’agit d’écailles dermiques. Il me paraît cependant très probable que le matériel décrit
par C. Gnu, et surtout les dents qu’il figure planche II, proviennent de Phytosaures.
Les fossiles que je signale ici auraient été trouvés ii une vingtaine de kilomètres au
nord-nord-ouest de Folakara, dans le karroo malgache. Encore faut-il préciser les circons¬
tances de découverte des fossiles pour que l’on se rendu compte des difficultés qu’il y a
à affirmer leur provenance exacte.
Cet ensemble de pièces fossiles disparates a été recueilli il y a plus de quarante ans par
Institut de Paléontologie, Muséum national d'Histoire naturelle. S, rue de Buffon, 75005 Paris.
516 , 2
— 80 —
MM. Marie et Hoffman en éboulis et en plusieurs localités. La plupart des pièces avaient
perdu leur étiquette lorsque le tiroir est arrivé entre mes mains. De toute façon on ne peut
pas se lier à de rares étiquettes demeurant dans des boites non fermées après quarante ans
de tribulations du matériel ! Cependant, la localisation précise sur carte des lieux de récolte
que M. Hoffman a eu la grande amabilité de trie transmettre tend à attribuer au Karroo
malgache une bonne partie de ccs pièces. Mais certains de ces indices osseux rappellent,
trop les Crocodiles (plaques ou dents) pour qu'on n'évoque pas à leur propos une prove¬
nance éventuelle d'un niveau plus éleA T é que le Trias supérieur.
Quoi qu'il en soit, l’existence des deux lots de pièces provenant d’uue région voisine
(celles décrites par C. Gtmt et celles présentées ici) semble indiquer que des gisements
importants, de niveau probablement Trias supérieur, se situent dans la région de Fola-
kara. Quant à la note de Westioiai., elle laisse sous-entendre que la région fossilifère pour¬
rait bien être d’extension plus grande vers le sud.
L’examen de la gangue et de l’os (la coloration en particulier) indique des niveaux
de prélèvement, ou du moins des faciès de situation, parfois assez différents (voir plus
loin).
Deux grands groupes s’individualisent sans difficulté dans cette collection : celui des
Stégocéphales et celui des Phytosaures.
2. Matériel
Cet ensemble de fragments osseux comprend :
— Plusieurs dizaines de dents reptiliennes ou labyrinthodontes. Il faut sans doute
souligner au préalable que parmi les Thécodontes existent relativement peu de groupes
reptiliens dont la morphologie dentaire soit suffisamment caractéristique pour en permettre
l'identification. Mais les Phytosaures et en particulier les formes hétérodontes ont souvent
des dents identifiables. Tel est le cas de certaines des dents de celle petite collection qui
sont de type voisin ou identique à celles figurées par C. Gi ru (1963, pl H), c’est-à-dire
que ce sont des dents assez postérieures de Phytosaures hétérodontes. Notons que celles
des deux rangées inférieures de la planche 11 de Gutu ne proviennent sûrement pas d’un
Phytosaurc proche de Myslriosuchus , ce genre n'étant pratiquement pas hétérodonte. H
faudrait plutôt voir si du côté de 4 ngistorhinus ou de Phylosaurus (cf. Ghegory, 1962,
définition de ccs genres) des affinités ne pourraient pas être décelées.
D’une façon générale je ne pense pas que chez les Phytosaures on puisse aller jusqu’au
niveau générique par le seul moyen des dents, sauf peut-être en ce qui concerne les dents
postérieures du type Phylomurus ( Brachysuchus) niegalodon.
Un grand nombre de dents plus petites pourraient avoir appartenu à divers Thécodontes
sans que l’on puisse préciser lesquels, Parmi ces petites dents il y a probablement beaucoup
de dents coniques de Phytosaures.
Au moins deux grosses dents incomplètes de structure labyrinthodonte pourraient
témoigner à elles seules de l’existence de Stégocéphales géants dans la faune.
— 21 corps vertébraux de type Metoposaurus , plus ou moins roulés. Leur hauteur
varie de 2 à 4,5 cm c’est-à-dire qu’il s’agit d’individus déjà grands.
— 81
— 5 corps vertébraux incomplets de Reptiles ne justifiant pas à mon avis une tenta¬
tive d’identification.
— 1 condyle occipital, la partie postérieure de la plaque basale de l’exoccipital et la
racine des processus verticaux du même os, ce fragment étant probablement d'affinité
stégocéphalienne.
— 1 fragment d’arrière-crâne (partie postérieure du post-pariétal et processus supra-
occipital) d’un Stégocéphale assez grand : son ornementation ressemble à celle de Meto-
posaurus mais il semblerait que la fenêtre post-temporale soit plus grande que dans ce
dernier genre, de même la morphologie du rebord post.éro-dorsal de l’os est-elle assez diffé¬
rente.
— 2 fragments de mandibules assez petites de Stégocéphales que j’insérerai en dehors
des Métoposauridés.
— I fragment de maxillaire d’un grand Stégocéphale que je placerais volontiers au
voisinage des grands Capitosauridés ou des Métoposauridés.
— I fragment d’interclavicule de Stégocéphale c’est-à-dire l’angle postéro-externe
droit el In partie aliénante de la plage d’insertion de In clavicule homolatérale (pi. T, II).
Tous les fossiles précédents sont de couleur gris-brun assez clair.
— 50 à 60 fragments de Stégocéphales, identifiés comme tels à cause de leur structure
osseuse, de la régularité de leur ornementation, ou de l'existence de sillons sensoriels.
— Des fragments de rognons do silex pris pour des ns on recueillis probablement par
prudence à cause de leurs formes évocatrices.
Parmi une autre série de fragments osseux, de teinte lie-de-vin, couleur plus classi¬
quement triasique, on peut distinguer :
— Des restes de grands Stégocéphales. Les caractères suivants m’amènent à en faire
de grands Métoposauridés : la similitude de leur morphologie, avec des fragments osseux
de même découpage pris sur un grand Métoposauridé ; la grande épaisseur des os et la
structure osseuse en trois couches; le type d’ornementation.
— Des restes de Phytosaures. J'ai déjà cité l'existence de quelques dents caractéris¬
tiques dans la collection. Deux autres pièces osseuses sont remarquables : il s’agit de deux
fragments de mâchoires de Phytosaures.
3. Description des pièces principales
3. 1 Stégocéphales
3.1.1. Pièce MAD. 1 : Ce fragment implique l’angle postérieur de l’interclavicule
(pl. I, A et lig. 1). On notera l’épaisseur considérable de l’os (plus de 2,5 cm à proximité
du centre île radiation). Par ses dimensions et son épaisseur cette pièce est comparable
à celle d’un Stégocéphale tel que Meloposaurus azerouali Duluit, 1976. L’ornementation
est faite surtout de rainures radiantes. Les contours et l’ornementation de l'interclavicule
présentent une assez grande variabilité chez les grand Stégocéphales terminaux, en parti¬
culier chez les Métoposauridés (Du toit, 1976, pl. LI D, LI1 C, LUI C par exemple) des¬
quels se rapproche cette pièce.
82 —
Fig. 1. — Insertion de la pièce MAD. 1.
3.1.2. Pièce MAD. 2 : Ce fragment se situe à priori en arrière de l’orbite droit d’un
grand Métoposaure. On y reconnaît en effet (pl. I, C) : le départ de la partie otique du sil¬
lon jugal ; la partie postérieure du sillon jugal ; en avant et du côté interne, sur quelques
millimètres, le bord postérieur de l’orbite ; à sa face inférieure deux rangées dentaires, celle
du maxillaire et celle de 1 ectoptérygoïde. La présence de ces deux rangées confirme en
principe que nous sommes bien en arrière de l’orbite. Toutefois la partie otique du sillon
jugal est beaucoup plus proche de l’orbite que chez Metoposaurus. L’épaisseur de l’os est
de 1 cm.
3.1.3. Pièce MAD. 3 : Ce pourrait être la partie antérieure d’un frontal droit, l’extré¬
mité postérieure du nasal, quelques centimètres carrés du préfrontal droit et du frontal
Fig. 2. — Insertion de la pièce MAD. 4.
— 83 —
gaucho (pl. I, B). Cette interprétation est donnée avec davantage de réserves qu’en ce qui
concerne les deux pièces précédentes. On remarquera encore l’épaisseur de l’os : 1 cm.
3.1.4. Pièce MAD. 4 : Il y avait quatre fragments roulés de palais dans cette collec¬
tion, fragments recueillis apparemment de façon isolée. Une recherche attentive a permis
de retrouver des points de contact en nombre sullisanl pour prouver qu'il s’agit bien d’une
seule et même pièce (fig. 2 et pl, I, I), Une lois reconstitué, cet ensemble- comprend d’avant
eu arrière : la branche palatine du ptérvgoïde ; une partie du corps du ptcrygofde avec
l’entrée du sinus antérieur (DuTtuT, 1976, lig. 18, 19, 20) ; un fragment du processus «tique
de l’épiptérygoïde ; la partie interne (mésiale) du complexe ascendant du ptérygoïde et
de sa branche carrée ; la partie antérieure de i’exoccipital et de la loge du basioccipital
(cf. Durcir, 1976, lig. 8, 9, 10) ; un fragment latéral du parasphénoïde. Le tunnel île la
carotide a été détruit par une cassure (pl. 1, f, Car.).
Il me paraît probable que les divers fragments de Stégocéphales qu viennent d’être
décrits ont appartenu, sinon au même animal, du moins à la même espèce, cette forme
étant un grand iVlétoposaUridé de type classique.
La pièce MAI). 4 témoigne de l'existence d’une forme dont le crâne mesurait environ
70 cm soit la longueur des grands individus du groupe. En ce qui concerne le palais pos¬
térieur, qui est probablement la pièce la plus significative dont il ail été question, aucune
différence morphologique sensible avec les autres Met oposau ridés, par exemple avec Meto-
posaurus ouazzoni du Trias marocain, ne peut être luise cil évidence, de m'en réfère à cette
espèce parce que j’ai eu l’occasion de l'étudier en détail, mais elle est. elle-même très voisine
des Mètoposauridés nord-américains, indiens on européens.
Pour des raisons pratiques mais sans en donner de diagnose j’appellerai celte forme
Metoposaurus hoffmani, en l’honneur de son découvreur M. Hoffman.
3.2. Phytosaures
3.2.1. Pièce MAD. 5
Il s’agit d’un fragment de la partie symphysaire d’une mandibule, ou d’un rostre,
sans qu’il soit possible de préciser.
Morphologie métrique
C’était probablement un animal de dimensions considérables. Largeur mandibulaire
totale : 6,8 cm à l’avant, 7,3 cm à l’arrière (4 alvéoles plus loin) ; hauteur mandibulaire
totale : 3,9 cm à l avant, 4 cm à barrière (6 alvéoles plus loin). Les alvéoles mesurent envi¬
ron 0,75 cm dans le sens de la longueur du rostre et 1,2 cm dans le sens t ransversal.
Quels enseignements peut-on tirer de ces mesures ? On constate une divergence assez
rapide des bords niandibolaires (ou roslraox). C’est doue probablement un animal à quo¬
tient longueur du crâne/longueur rostrale élevé (rostre relativement court). L’angle que
font les axes des alvéoles dentaires hétérolatérau.x. est d’environ 80° (lig. 3). Il y avait donc
une divergence importante des deux rangées alvéolaires l'une par rapport à l’autre. De
51b, 3
— 84 —
Fig. 3. — Reconstitution d'une coupe de la pièce MAI). 5.
a.a., axe alvéolaire; c.m., canal médian; p.al., plan alvéolaire.
80° au niveau des racines, la divergence était probablement corrigée en partie par une
courbure à concavité interne des dents. Les deux plans alvéolaires font entre eux un angle
d’environ 30°.
Anatomie
Sans préjuger de sa nature rostrale ou mandibulaire, en supposant par commodité
cette pièce orientée les ouvertures alvéolaires en haut, cm peut décrire :
— Une face inférieure. C'est un segment de cylindre. On note l’existence, 0,5 à 1 cm
sous le plan alvéolaire, de deux alignements d’orifices «pie l'on retrouve habituellement
chez les autres l’hytosaurcs.
Une face supérieure. On peul \ distinguer trois parties : une gouttière sagittale
bien marquée (pl. 1, J) ; latéralement les deux plans alvéolaires séparés chacun de la gout¬
tière sagittale par deux crêtes mousses longitudinales. Le « plan alvéolaire » est lui-même
légèrement ensellé.
Des faces de cassures. On a déjà vu la forte inclinaison des axes alvéolaires. Il faul
également souligner l’existence d’un canal médian situe au niveau de J’extrémilé inférieure
des alvéoles. Le paquet vaseulo-nerveux de la mâchoire y circulait probablement. On note
une diminution du diamètre de ce canal de la face de cassure postérieure (9 mm) à la face
de cassure antérieure (6 mm).
3.2.2. Pièce MAI). 3
On peut dire presque avec certitude qu’il s’agit d’un fragment de rostre. Nous allons
voir qu’il présente un certain nombre de particularités.
Le problème essentiel de l’étude de cette pièce est celui de son orientation. La présence
de vestiges d’une lame sagittale interne sur la face de cassure postérieure et sur la face de
— 85 —
Fig. 4. — Reconstitution d’une coupe de la pièce MAD. 6.
a.a., axe alvéolaire ; l.s., laine sagittale.
cassure interne (pi. I, K) permet de confirmer que la gouttière incomplète de la face ven¬
trale est bien une gouttière à axe sagittal. Le doute pouvait exister quant à la situation
de cette gouttière car l'axe des alvéoles dentaires est à ce compte très couché (35° seule¬
ment avec l’horizontale), les deux axes hétérolatéraux faisant entre eux un angle de 110°
(fig. 4). L’angle de l’axe alvéolaire avec l’horizontale était d’environ 50° pour MAD. 5.
Cette différence permet de penser que MAI). 5 est un fragment de mandibule.
Morphologie métrique
A l’avant du fragment la largeur du rostre devait être de 10 cm. En arrière (6 alvéoles
plus loin), sa largeur devait être de 13 cm. Là encore se dégage l’impression qu’il s'agissait
d’un Phytosaure au crâne relativement peu longirostre, le rostre s’élargissant rapidement
vers barrière. La hauteur du rostre était do 3,7 cm à la partie antérieure de l'échantillon,
de 4,1 cm à la partie postérieure. On compte 4 alvéoles complets encadrés par deux alvéoles
incomplets. Leur section transversale devait être sensiblement circulaire.
Anatomie
Nous avons vu que l’on pouvait déceler l'existence d’une cloison sagittale et que ce
repère permettait la reconstitution de la section de la mâchoire. Il me parait par contre
impossible de préciser à quel niveau du rostre se situe ce fragment. Sa largeur à barrière
donne seulement à penser qu'il est assez postérieur.
La reconstitution que l'on peut donner du rostre à ce niveau montre de chaque côté une
surface dorsale plane, sans courbure, de même inclinaison que l’axe des alvéoles dentaires
(25° avec l’horizontale), ces deux surfaces osseuses se recoupant selon une ligne de faîte
au niveau du plan sagittal (fig. 4).
Ventralement existait une large gouttière sagittale comprise entre deux bourrelets
puis deux dépressions latérales encore plus à l’extérieur.
Même si l’on admet une forte courbure de redressement des dents dans leur partie
extra-alvéolaire il semble néanmoins très probable qu’elles étaient fortement divergentes
vers l’extérieur (fig. 4 et 5) comme l’étaient sans doute les dents mandibulaires.
— 86 —
gs.
Fig. 5. — Reconstitution de la face ventrale de la pièce MAD. 6 montrant la forte divergence des rangées
dentaires, g.s., gouttière sagittale.
Dans Ja partie postérieure du rostre les dents s’appuyaient par leur face supéro-externe
sur la face interne du toit osseux alors qu'il n’y avait déjà plus de paroi alvéolaire à l’avant,
à l’arrière et aussi du côté inféro-inlcrno de la dent (fig. 5 et pl. 1, K).
Il paraît prolialile que les deux fragments MAD. 5 et MAD. 6 appartenaient au même
animal ou du moins à la même espèce et en ce cas à des animaux de taille très voisine. Le
fragment MAD. 5, rostre on mandibule, était probablement un peu plus antérieur que
MAD. 6.
La disposition en nasse îles dents roslrales et mandibulairng témoignent que la fonc¬
tion de la dentition ne pouvait être que la préhension et la rétention des proies.
Autant que permettent d’en juger les alvéoles observables sur MAD. 5 et MAD. 6
il y avait homodnntie. C’est d’ailleurs chose contradictoire avec l’opinion couramment
admise selon laquelle l’homodontie va de pair avec un rostre tout du long d’égale largeur
(Ci-KKUOHY, 1962 : 667). Mais il n’est pas impossible que l’hétérodontie se soit manifestée
encore plus postérieurement s’il s’agit d’une forme peu hétérodonte.
3.2.3. Systématique
Est-il possible à partir de ces maigres données d’envisager une insertion systématique
pour ce genre malgache ? Les seuls critères à notre disposition sont les suivants :
— l’homodontie probable de la dentition ;
— la grande dimension du crâne que laissent supposer ces fragments ;
87 —
— la divergence des rangées dentaires hétérolatérales sur les deux fragments ; cette
divergence devait être encore plus accentuée que chez Mystriosuchus ;
— éventuellement la section en toit à deux pans du rostre.
L’homodontie ferait placer ce genre dans le groupe Paleorhinus, Francosuchwt, Mys-
triosuchus. C’est contradictoire avec le fait que les formes les plus grandes et aussi celles
dont les structures maiidibulaires soûl les plus robustes se situent aux alentours des genres
Pkytosaurus et éventuellerrienl de HuUodnn.
On peut relever aussi le fait que le rostre est parcouru sagittalement par une crête
dorsale chez Phylosaurus, Dans la forme malgache ici étudiée il ne s'agit pas à proprement
parler d’une crête mais d’une ligne de faite. Tlien ne laisse supposer qu’elle ail pu être le
siège d’exostoses comme chez les formes rattachées en particulier au genre Phylosaurus.
La disposition en nasse des dents se rapproche de celle observée chez Mystri.osur.hus
mais la forme malgache a des proportions que l’on ne rencontre pas chez ce dernier genre
dont le rostre est fin et allongé. Il est ici impossible de juger avec certitude de l’allongement
du rostre et de la mandibule. Son élargissement, sensible de l’avant à l anière de ces courts
fragments, laisserait supposer qu'il s’agissait de Phytosaures peu longirostres sans que
l’on puisse toutefois l’afiirmer,
La section du rostre, telle que le fragment MAD. tj permet de la reconstituer, paraît
différente de celle de Myslriosuehus planirostris.
11 me paraît, hasardeux de conclure en ne disposant que de ces éléments car nous pour¬
rions très bien avoir affaire à une forme justifiant la création d’un nouveau genre. Mais
l’inflation a été telle dans la systématique des Phytosaures qu’il est préférable d’être cir¬
conspect ,
Rappelons d’autre part que la présence dans cet le collection de dents quant à elles
de type franchement plus proche des genres Ruliodon ou Phylosaurus pose le problème
suivant :
Ou bien il existe deux genres assez différents, I un à dentition bomodonte que nous
connaîtrions d’après les pièces MAD. 5 et MAD. 6: l’autre à dentition hétérodonte dont
les seuls témoins seraient les dents isolées dont il a déjà été question.
— Ou bien ce materiel n’appartient qu’à un seul genre hétérodonte dont Fhétérodon-
tisme ne se manifesterait qu’assez loin en arrière des mâchoires.
Je ne pense ni utile ni souhaitable de donner un nom à ces fragments néanmoins non
dénués d’intérêt.
4. Conclusion
Deux éléments sont certains : Au Trias supérieur existaient à Madagascar de grands
Mét.oposauridés semblables à ceux existant ailleurs sur le globe (USA, Maroc, Europe,
Inde). On retrouve là une notion de communauté d’origine, celle du continent, gondwanien.
Y existait également un grand Phytosaure piscivore, h n motion te ou peu hétérodonte.
On trouve enfin dans ces sédiments des traces d’autres genres, Stégocéphales et Phyto¬
saures, genres que l’on ne peut pas encore caractériser valablement, à mon avis du moins.
— 88
RÉFÉRENCES RIRLIOGRAPHIQUES
Dutxjit, J.-M., 1976. — Introduction à l’étude, paléontologique du Trias continental marocain.
Description des premiers Slcgocéphalcs recueillis dans le couloir d’Argana (Atlas occidental).
Mém. Mus. natn. Hist. nul.. Série C, 36 : 253 p., 104 fi g., 4 cartes, 2 tabl,, 70 pl.
Ghkgory, J. T., 1962. - The généra of Phvtosaurs. Am. J. Sri., 260 : 652-690, 5 lig., 1 tab.
Gltth, C., 1963. — Au sujet de restes de Reptiles de Madagascar. C. r. hebd. Sécmc. Acad. Sri.,
256 : 2661-2663, 2 pl.
Westphai., F., 1970. — Phytosaurier-Hautplatten aus der Trias von Madagaskar- ein Beitrag
zur Gondwana-Palaogeographie. Neues Jb. Geol. Palüont. Mh., 10 : 632-638, 1 lig.
Manuscrit déposé le S juin 1977.
PLANCHE I
La grandeur réelle de ces pièces est multipliée ici par environ 2/3.
A. — Pièce MAD. 1, fragment d’interclavicule d’un grand Métoposauridé. Couleur rouge.
B. Pièce MAI). 3, fragment de toit crânien d’un Métoposauridé (voir texte). Couleur rouge.
C. - Pièce MAD. 2, fragment de toit crânien d’un grand Métoposauridé (voir texte). Couleur rouge.
D. K, K, G, — Fragments de mâchoires à dents labvrinthodontes. Couleur grise. Numérotation respective :
MAD. 7, 8, 9, 10.
H. — Pièce MAD. 11, fragment d’interclavicule de Stégocéphale. Couleur grise.
I. — Pièce MAD. 4, fragment de palais d'un grand Métoposauridé. Couleur rouge.
J. — Pièce MAD. 5, fragment de mâchoire de Phylosaure. Couleur rouge.
K. - Pièce MAD. (i, fragment de rostre de l'hytosaure. Couleur rouge.
Asc., complexe ascendant; Car., trajet de la carotide interne; Eo,, exoccipital; Epi. (I.b. cl. ot.),
fragments de la lamelle basale et du processus otiipic de l'épiptérygoïde ; Fr.» frontal ; l.s., lamelle sagittale ;
Na., nasal ; Prf», préfrontal ; Psph», parasphènoïde ; Pt. (b.c.j, branche carrée du ptérygoïde ; Pt. (b.p.),
branche palatine du ptérygoïde ; s.ju,, sillon jugal ; s.ju. (al), partie otique du sillon jugal ; sin.a., entrée
du « sinus » antérieur du ptérygoïde; sut.Pt.eo., suture ptéryguïde-exoccipital.
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Bull. Mus. nain, llist. nat., Paris, 3 e sér., n° 516, juillet-août 1978
Sciences de la Terre 69 : 91-99
Révision de la biostratigraphie du Quaternaire marin marocain
par Philippe Brébioin *
Résumé. — La stratigraphie du Quaternaire marin marocain est simplifiée. Le Moghrébien
supérieur et le Messaoudien sont réunis en nu seul étage. IJ en est de même des couches .1 et de
1' Anfatie.n (l. l -t] 1 qui eunslilueut un même niveau régressif. Des dépôts froids post-moghréhiens
sont signalés pour la première lois, L'âge des couches froides de Rabat est discuté.
Abstract. The stral.igraphy nf Muroccyn marine Quntrmary Js simplilied. Ijpner Mughre-
hian is United tu Messaoudiau in u single furmalion, as well as lhe .1 loyers and Anfatian G^-G,
constiluling lhe sanie régressive horizon. For lhe lirst lime, posl Moghrehiau enld deposils are
reported. The âge ni Rabat eold beds is discusscd.
Si les progrès dans les recherches sur la stratigraphie du Quaternaire marin au Maroc
atlantique ont été très rapides, il n'en est pas de même pour la malacologie dont la connais¬
sance est restée longtemps stationnaire. En J! 118, G. Lecointre et l’h. Datttzenberg
distinguaient un Quaternaire ancien à faune dite à tort eh ilnpéru vienne et un Quaternaire
récent insiiHisamitienl dill'érencié de la période actuelle. Mais depuis cette date on ne peut
guère citer de ehangemenl impnrlanl en dehors de la déeouverle par (i. Lecuint.hr en
1949 de ennehes régressives à faillie froide. Une révision systématique, menée en collabo¬
ration avec des géographes et un géologue, .4. Weisrock, P. Oliva et L. Ohi i.ieb, m’a
amené à publier en 1975 une nouvelle synthèse qui a du être modifiée en 1976. De nou¬
velles récoltes et de nouvelles observations rendent nécessaires la reprise complète de la
biostratigraphic du Quaternaire marocain.
Le Moghrébien supérieur Messaoudien
Le Moghrébien a été créé en 1953 par G. C-houbert et R. Ambroggi sans désigna¬
tion de localité-type. Il est séparé en deux parties par une légère discordance. Le niveau
supérieur est de beaucoup le plus important. L'étage a été d’abord placé dans le Pliocène,
mais G. Choubeht, au 5 e Congrès de l’INQUA en 1957, a proposé le Quaternaire. Cette
opinion ne fut pas adoptée par les autres auteurs en raison du caractère- pliocène de la
faune que nul ne contestait. Le Messaoudien a été fondé à Casablanca par P, Bibkrson
en 1958.
Jusqu’à une date récente, ces deux étages ont toujours été distingués stratigraphi-
quement et. paléoutologiqucment. A partir de 1973, j’ai montre que le Moghrébien supé¬
rieur, pour lequel j’avais créé le nom d’inframessaoudien, se rattachait par sa faune au
Quaternaire le plus ancien, tandis que le niveau inférieur de l'étage était de type pliocène.
* Institut de Paléontologie, Muséum national d’Histoire naturelle, S, rue de Buffon, 76005 Paris .
51 b, 4
92 —
En fait, le Moghrébien supérieur el le Mcssaoudien sont synonymes. Lorsque sur le
terrain on avait cru reconnaître la présence des deux formations il y avait, suivant les cas,
le Moghrébien inférieur et supérieur, le Moghrébien supérieur et le Maarifien, le Moghré¬
bien supérieur seul avec des variations de faciès. Peut-être conviendrait-il de mettre éga¬
lement en synonymie le Fou ara tien fondé par G, Lkcoixtiik en 1985 an Fouarat près de
Kenitra. Malheureusement, si Ja plupart des localités ainsi datées appartiennent bien à
l'ensemble précédent, les eouehes-lypes sont peut-être pliocènes.
Le Moghrébien supérieur est l'étage le plus important île tout le Quaternaire maro¬
cain. Il s’étend de façon continue jusqu'au-delà de Villaeisnerns. fl s'observe sur une grande
épaisseur (15 m à Rabat ; oued Akmdi) et peut pénétrer profondément à l’intérieur du pays
(bassin de Tarfaya). 11 sc présente généralement sous un faciès très dur et relativement
peu fossilifère. Ou connaît deux gisements très eoqwilliers qui avaient précédemment été
rattachés à d’antres formations : l'un à Casablanca où P. Ribeusox a créé le Mcssaoudien,
l’anlrc à Tan tan-plage dans la province de Tarfaya, daté du Maarifien par G. Lecointhe
en 1983 pots du Mcssaoudien par moi-même en 1973.
La faune est assez archaïque. On compte une dizaine d espèces aujourd'hui disparues
qui constituent près de 15 % de l’ensemble, c’est-à-dire à peu près la même proportion
que dans le Calahrien de la Méditerranée. Ce sont surtout : Nurella ( Acanl.hi.na ) ptessisi
(Lec.’l qui atteint à ce niveau ses dimensions maximales, Lalinui (A 'eolalirns) sp. que l’on
croyait éteint depuis la fin du Miocène et Turrilélla snbangulaln (Br,), Ajoutons ; Patel-la
ambroggii Lee., TurriléUa e ermicularis (Br.), Trivia ( Sulcolrivia ) avellana (Sow.j, Ficus sp.,
et à titre exceptionnel : Finis piioiinguhUus (Sacco), iXaroria (Sveltia) varicosa •:Br.), Tere-
bra sp.
Le climat était plus chaud qu’aujourd’hui. On rencontre en elle! de nombreuses coquilles
de mer tropicale. C'est le cas vraisemblablement des formes néogènes éteintes, 1] faut
citer aussi des espèces aujourd’hui cantonnées à plus basse latitude. A Casablanca nous
avons ( ahjpliamt ( Trorhita ) Irochiformis (Gm.l, très abondante, ainsi que Monodonta (Osi-
linus) sagiuifera (Lmk,) s. str., Neritasenegulensis (Gin.), Hexaplex ( ftnxsielbi) Iprntm (A. Ad.),
Dursanum miran (Ad.) Brug., Claaalula ruhrifasnata Reeve. Dans la région de Tarfaya
il faut ajouter llinia ( TrUonella ) argmlca fMarr.), ('Invalida. (Parroua) [lamniulala Knud.
En revanche, M. sugillifenv ( Link.)et IK miran (Ad.) Brug. y sont encore représentés de nos
jours.
Parmi les autres espèces intéressantes citons : Sphaeronassn iniUaliilis (L.), Neverita
josephiiua (Risso) et H ali ali s liihrrcidata L. On remarque déjà quelques-unes des formes
qui caractériseront le Quaternaire supérieur. Ce sont : Thaïs ( Slranumila) hiiernastoma (L.)
et, seulement dans le Sud, Semicassîs sa.lmron (Brug.) et JSartma (Salaiiu) phjraloria (Gnu).
Cette dernière, à l’inverse des deux précédentes, est assez commune. Les espèces les plus
significatives, non seulement pour le Moghrébien supérieur mais pour tout le Quaternaire
inférieur, sont, N. (-le.) ptessisi (Lee.) et C. (TV.) irochiformis (Gttt.).
Le Moghrébien régressif
Ce niveau n’avait pas encore été reconnu. Au Cap Cantin il semble que l’on puisse y
rattacher les couches à Littorines décrites par M. Gigout en 1951. Celles-ci, autant que
— 93 —
l’on puisse en juger en raison de l’accès difficile de la coupe, reposeraient sur le Mogliréfiien
supérieur et non le Maarifien qui paraît, faire défaut. On récolte entre autres deux coquilles
« froides », Lülorina obtusala (L.) et X u relia tapi Uns L.). La faune est malheureusement
très pauvre, l'ius au sud. à Timezguida (luttas, G. Lecointre a signalé en 1952 des couches
à Littorinn litlorea (L.) au-dessus de la luntachelle moghrébicnne. Le gisement n'a pas été
retrouvé mais la Littorine froide a été correctement déterminée. Lie plus, l’altitude du
dépôt (160 m) exclut une datation plus récente.
Le Maarifien
Il a été défini par I’. Miuekso.n à Casablanca en 1958 dans les carrières du Maarif.
Elles n ont fourni qu’une faune extrêmement réduite. Heureusement, G. Lecointre a
décrit en 1926 au nord du Maarif un riche gisement : le puits de la maison Dur el 1 ladj
Abderrabmane ben Qirane qui nous permet de bien saisir les caractères de l'étage. Le
Maarifien avait été longtemps confondu paléontolngiquerneut avec le Me.ssaoudien sous le
nom de « Quaternaire ancien », mais il y a de grandes différences.
La température s’est abaissée, entraînant la disparition de la plupart des coquilles
de mer chaude qui se sont éteintes ou ont quitté la région, à l’exception de Calyplraea
(TrochiUi) Irunliiformis (Gin.) et, avec réserve, MotuidonUi- [(fsilinm) sayiUifera (Lmk.J* LJne
partie des espèces tropicales encore présentes aujourd'hui an Maroc font même défaut à
cette époque. Cependant., dans le sud du pays nous pouvons citer quelques exemplaires
de Dorsanum niirnn ! Ad.) B ru g.. Srmiciissis saburon lirug.), CUu'atulu rubrifmeuUa Reeve,
Y élu.s nuit unis (Rned.). Les Acanthines ont diminue de taille et sont moins nombreuses.
Xecerila jase phi nia (Il issu; s’est repliée en Méditerranée llaliotis lubnrculnln L. disparaît
pour ne pas réapparaître qti à l’Onljien. l)n rencontre îi litre exceptionnel, comme a l’étage
précédent , quelques formes propres au •< Quaternaire récent » : Thaïs •: Slraiiunulu) lumnas-
Inma (L.) et, dans le sud seulement, Sein i ni suis snbiirun (Brug.i. Les espèces les plus carac¬
téristiques, toutes déjà présentes au Moglnébien supérieur, sont : Nwetla [Aranlhina )
plessisi 1 Lee.;, l'ahjplrnm {T rot hiln) trnrhifnnnis (Gin.), ainsi que Sphaeronassa mnlahitis ( L.)
et peut-être Mnnodonta \<hilinus) snyUlifr.ru f Ltnk.j s.str. si les échantillons récoltés îi Casa¬
blanca proviennent bien du Maarifien.
L’étage est répandu depuis Rabat jusqu’à Agadir avec de nombreuses localités très
fossilifères, ( est à tort qu'il a été signalé à Sidi bon Maleli ; l urfaya). Comme nous 1 avons
vu, il s’agit de Mogbrébien supérieur. Citons : Salé (la briquet.teric), Casablanca, l’Oued
Ksob, luisouauc, la région entre le Cap Rfiir et Agadir riche en gisements.
Le Maarifien régressif
G. Lecoj.n i-be en 1949 reconnaît le caractère froid de la couche J définie en 1941 à
Casablanca par R. Neuville et A. Ruhlmann. 11 lui donne en 1952 le nom de Quater¬
naire ancien II. A ce niveau il faut joindre les horizons G 0 el G t (P. Ribeiison, 1955) déta¬
chés de l’Anfalien. La situation géologique est la même car ces différentes couches reposent
sur un dépôt continental post-maarifîen à une altitude voisine et ils renferment, tous des
coquilles froides. Les différences observées ne tiennent qu’à la bathymétrie des gisements :
— 94
J — origine variée des coquilles ;
G 0 — origine infrnlil torale supérieure dominante ;
Gj — origine médiolittorale dominante.
11 y a eu lors de la régression amirienne un faible retour de la mer avec une dénivella¬
tion de 30 m par rapport au maximum transgressif du Maarilien.
La faune, dans son ensemble, rappelle l’étage précédent, mais il y a eu un léger refroi¬
dissement. ( uhjptram ( Trorhiln Irochifiirmin (Gin.) est devenu rare : on ne le connaît que
dans les couches J de Casablanca. Lu revanche, les Aeanlliines sont toujours aussi répan¬
dues et leurs dimensions n’ont pas diminué. Le l'ail essentiel est l’apparition, en abondance,
mais seulement dans la zone médiolittorale, de coquilles ouest-européennes : Littorina
(Algnroda) littorm (L.), L. (Littorina «&) riuli& Mal.), /,. ublmala (L.), .Xucettn lapillus (L.).
Même ainsi élargi l'étage demeure peu répandu au Marne, mais il n’est pas localisé
à la localité-type Casablanca. On le rencontre sans doute à llabal, certainement à Imsouane
(Point de Vue) : type G 0 à Nuwlla (Aranlliina) plcssisi Lee. et enfin au « point K » à 5 km
au nord du Cap Uliir où G. Lkcointhe a signale des couches à L. (vt.) lillorea (L.), c’est-à-dire
de type G x . lélles n’ont pas été retrouvées mais la détermination des coquilles est exacte.
De plus, le Maarilien transgressif a été découvert récemment au même lieu, à une cote
plus élevée.
L’Anfatien
L’Aillai ien, défini par P. Bibetison en 1958 à Casablanca dans la cimelte de la carrière
de Sidi Abderrahmane, comprend trois horizons, G 0 , G x et G 2 qui est le plus caractéristique.
Fin fail les deux niveaux inférieurs doivent être exclus de l’étage et réunis aux couches J,
comme il a été dit au paragraphe précédent. On a souvent considéré le Harounien plus
récent comme un simple aous-étage de I’Anfatien. Une telle opinion ne se justifie ni an
point de vue strat igraphique ni paléontologique.
L’Anl'atien présente une faune intermédiaire entre le « Quaternaire ancien » et le
« Quaternaire récent » hien qu'il ail été placé autrefois dans ce dernier. Notons que la tempé¬
rature est plus élevée que dans les deux niveaux transgressifs qui le limitent, chronologi¬
quement le Maarilien et le Harounien. Il y a évidemment un important réchauffement
par rapport aux faunes « froides » posl-maarifiennes qui le précèdent.
On retrouve encore, avec, une certaine abondance, plusieurs formes du Quaternaire
inférieur : Nundla ( Acanlhinci ) plessisi (Lee.) un peu plus petite qu’à l’étage précédent,
Calyptraea (T rach.il a) trochifon/nx (fini.), Sphacranussa mutabiUs (L.), niais Mnnodonta
( Ofiilinus ) mgillifera Lmk. s.sir. ne vil plus que dans le Sud comme de nos jours.
Deux espèces, jusqu'ici cantonnées dans le secteur méridional et peu répandues, remon¬
tent jusqu’à Casablanca : Semicasxis saburon (Brug.) et Narona ( Salatia ) pixcaloria (Gm.).
Nous retrouvons le genre Vêtus que l’on n’avait pas récolté à cette latitude depuis le Moghré-
bien supérieur.
Les éléments propres au Quaternaire récent, tous de caractère chaud, sont tout d’abord
Thaïs ( Slramonila ) haemastona (L.) devenu l’espèce dominante, ainsi que Patella safiana
Lmk. qui, malgré de nombreuses citations, paraît rare et peu caractérisée en dehors d’Im-
souane. Ajoutons deux autres formes d’un moindre intérêt : Bursa (Bufonariella) scrobi-
culata (L.) et Cymatium (Monaplex) costatum (Born).
— 95 —
L’Anfaticn est moins répandu qu’on ne le pensait précédemment. Diverses citations
anciennes se rapportent en réalité au Harounien, au Maarifien ou an Moghrébien supé¬
rieur. En dehors des couches-types de Casablanca riches en coquilles, il faut citer Rabat,
Imsouane (points I , g de G. Lecointhk), Nzalft Tiguert au sud-est du Cap Rhir et dans la
région d’ifni, Jelleh et Foiim Àssaka.
L’Anfatien régressif
J’ai créé eu 1975 L’Anfalien G 8 pour un niveau à Littorines reposant à Rabat (Kebi-
bat) au-dessus de I ’Anfatien G 2 (et non G 0 comme le pensait G. I.kcointmk). Mon opinion
était basée sur l'iulerprélation aetuelle du site assez complexe de Rabat. Cependant, en
1941 R, Nk-i'Vim k et A. RuiilmAnn plaçaient les couches froides G et I au-dessous des
couches chaudes E à Thaïs (Slruinanilu) hue mania mu (L.). Ci. Lecoixtuk qui n’a pas retrouvé
ce niveau K, pense qu’il est ouljien et que le véritable Anfalicn, inconnu des auteurs précé¬
dents, se trouve au-dessous des couches G et I. Toutefois la démonstration ne me paraît
pas évidente. Outre l'incertitude des observations sur le terrain concernant la position
relative de ces couches, il faut remarquer que la faune E, d'après la liste dressée par les
auteurs, est nettement différente de celle que l’on récolte dans l'Ouljien incontesté qui est
bien représenté à Rabat ; elle pourrait fort bien être anl'alienno. Dans une lettre manus¬
crite, le professeur Charles E. Stearns de la Tufts Dnivcrsity à Med Tord m'écrit ; The
lumachelie with Littnrinu al. Milsud Guidtce belongs to tbe « grès inférieur » of Khebitat,
diseordoririably below tbe « lumachelie anfalienne s. Si l’un admet ce point de vue, les sites
de Casablanca et de Rabat sont rigoureusement comparables. L’hypothèse paraît donc à priori
plus vraisemblable, d’autant plus que le Maarilien régressif est connu dans le reste du Maroc
à l’encontre de l’Anfatien régressif dont il n'existe pas d'autre exemple,
L’étude de la faune est assez décevante. G. LeCuinthiï n'a fait que de maigres récoltes
où, à côté de coquilles froides, on voit en grande abondance une espèce sans intérêt mais
rare partout ailleurs : lliniu ( Aint/clina) corniculum (01.)'. T, important matériel étudié
par R, Neuville et A. Ruiii.mann a disparu et je ne sais quelle valeur donner aux listes
publiées. 11 y a deux faunes successives : la plus ancienne rappelle quelque peu celle des
couches J pour lesquelles les mêmes auteurs ont dressé une longue liste ; la plus récente,
beaucoup plus riche, est voisine de la précédente mais ne contient presque plus d’éléments
froids : quelques exemplaires de LiUorina obiusata (L.). Elle est à peu près dénuée de carac¬
tère.
Le Harounien
Cet. étage a été défini en 1958 par P. Biberson près du champ de Tir de Kef Haroun,
dans la région de Casablanca. M. Gigout a utilisé en 1960 dans le secteur de Rabat le terme
d’épisode de Kebitat. Enfin, G. Choubert a créé en 1961 le Rabatien pour le même niveau.
Je rappelle la tendance des auteurs à rapprocher T An fat ion et le Harounien.
La faune, de même qu’au Maarifien, est assez banale. IGle indique une diminution
de température par rapport à l’étage précédent. Les éléments hérités du « Quaternaire
ancien » se réduisent à de rares exemplaires de .Xucella ( Arantluna) plessisi (Lee.), de dimen-
— 96 —
sions plus réduites qu'à l’Anfatien. L'espèce dominante est généralement Thaïs ( Stramo -
nita) hacmastoma, (L.). Dans le secteur septentrional, les autres formes propres au « Qua¬
ternaire récent » sont peu nombreuses : quelques spécimens de Patella safiana Lmk. et
Nurona (Solatiu) plscatona (Gm).
Au sud du Cap finir, la situation est différente. P. safiana Lmk. prend de l'impor¬
tance. On rencontre, quoique rarement, Senti cassis saburon (Brug.). Notons encore la pré¬
sence d’une proportion notable de coquilles de nier chaude : Y élus cucumis Roed et d’antres
moins communes : Canthants viverratus {Kien.) qui fait sa première apparition, Clapàtula
ru h ri fascial a Recve, etc.
Le llarounion est mieux représenté qu'on ne le supposait. Citons Rabat, Casablanca,
El Jedida, plusieurs gisements échelonnés du Cap Rhir à Agadir et, pour une part, confondus
autrefois avec l’Anfatien.
L’Ouljien
L’étage a été créé par M. Gigout en 1949, sans précision de localité-type. La tempé¬
rature est plus chaude qu’au Harounien. Ou récolte avec un maximum d’abondance les
espèces caractéristiques du « Quaternaire récent fl : Thais ;Slramonila ) imeniasloina (L.),
Patella safiana Lmk,. Semicassis saburon (Brug.), JYarona ( Solulia) piscalorta (Gni.) et,
plus raren. ( i/mu'.ium {.Monopie r) coslalum (Boni) ainsi que, mais seulement dans le Sud,
Bit rsa [Bnfonariellu) scrohiculala (L.) et lanlliarus oiverratus (Kien.). Plusieurs espèces,
sans intérêt slruligraphiquc particulier, sont fort abondantes alors qu’elles demeurent
rares dans le reste du Quaternaire marocain : (i/iaaliu/a [Caheslana) doliarium (L.) cl cula-
cetint (l.-), Arralariti gihhnsn.la (L.; (sauf dans le sud), Mcmlia atesal (Ad.) Resh. sauf
dans le Nord). Cancellarta ( Biveliella) cancellai a (L.). Le genre Vêtus est commun partout.
Claoalitla rubrifascialct Recve remonte jusqu’à Casablanca. Enfin notons une timide réappa¬
rition du genre fl al lotis.
La faune u’csl pas identique à celle que l’on récolte de nos jours. Aurélia ! cnntkina)
plcssisi (L.!. aujourd'hui éteinte, est encore présente. De plus, on remarque un nombre
important d’espèces vivant actuellement dans d’autres mers. A litre d’exemples : ('. vicer-
ratus (Kien,) et Cl. ruhrifaseiala Recve sont des formes tropicales, A. gibbosula L.) est
cantonnée eu Méditerranée et Lillorinn ohtusala (L.), tout à lait exceptionnelle, vit en
Europe oeeidenlale. La plupart de ces formes sont à vrai dire assez rares en dehors du genre
Arcularia. Ce n’est qu'à l’Holoeènc (Meilahien) que la faune actuelle est définitivement
constituée,
L’Oufjien est extrêmement répandu tout le long du rivage marocain jusqu’au Cap
Bojador. C'est l'étage le mieux représenté après le Moghrébien supérieur et le plus riche
en fossiles de toute la série quaternaire.
Conclusion
La nouvelle synthèse hiostraligraphiqiie ici exposée présente sur la précédente l’avan¬
tage de la simplicité. J’ai en effet réuni d’une part le Moghrébien supérieur et le Messaou-
— 97 —
dien, d'autre part le Quaternaire ancien II (couches J) avec les horizons inférieur et moyen
de PAnfatien. 11 ne subsiste plus que cinq transgressions pléistocènes correspondant aux
cinq faunes différentes que j’ai finalement retenues à la place des deux faunes distinguées
autrefois par Ph. Dautzkxbkkg et G. Lecointre, 11 n'est pas possible de pousser plus loin
l’effort de simplification. Les depots des périodes froides sont encore peu nombreux. La
réunion des couches J, G 0 et G 1 permet d'avoir un niveau maarifien régressif bien établi
qui n'est pas localisé uniquement à Casablanca. Les autres étages froids sont mal connus.
Des gisements marins post-moghrébiens sont signalés pour la première lois, mais demeurent
malgré tout sujet à caution. L'Anfatlcn régressif (niveau G :i que j’ai créé en 1975 pourrait
bien n’èlre qu'un exemple supplémentaire du Maarifien régressif.
CARACTÈRES CLIMATIQUES ET M A I. A COLOG 11.) U ES
DES DIFFÉRENTS ÉTAGES 1H QUATERNAIRE .MAROCAIN
I. Quaternaire inférieur — A ucella ( Acimlhina) plessisi (Lee.) éteinte, Calyptraea (Trochita)
trochiforrnis (Gm.j aujourd’hui tropicale, Sphaeronassa mutabilis (L.)
A. Moghrébien supérieur Méssaoudien
Climat plus chaud qti’aujourd’hui, nombreuses formes tropicales
II) espèces éteintes
Neyerllu josephinia (Risso), de nos jours en Méditerranée
B. Maarifien
— Climat plus froid qu’aujourd’lmi
— Une seule forme éteinte, N. (Ac.) plessisi (Lee.) dont la taille diminue
— Disparition de diverses coquilles tropicales et de N. josephinia (Risso)
C. Maarifien régressif J, G 0 , G,
- Nouveau refroidissement restreint à la zone médiolittorale. Venue d’espèces tempérées
froides, Nwella lapiUus (L.), Littorines.
II. Quaternaire moi en, niveau de transition
Anfatien ( G 2
— Température voisine de l’actuelle
— Espèces du Quaternaire inférieur : N. (Ac.) plessisi (Lee.), C. ( Tr.) trochiforrnis (Gm.),
Sph. mutabilis L 1
Espèces du Quaternaire supérieur : Thaïs \ Stramunita\ hurmastoma ; L.) rare dans les niveaux
précédents et devenu l’espèce dominante, Patelin sajiana Lmk. encore peu répandue
Remontée jusqu’à Casablanca de Semicassis sa baron (Brug.) et Xarona (Solatia ) pisca-
toria Gm.; jusqu'alors cantonnées dans le Sud-marocain.
— 98 —
III. Quaternaire stipÉniKrR — Th. f Sir.) haemastom.fi (L.), P. safiana Lmk., N. (S.) piscatoria
(Gm.), Cantharus viverratus (Kien) rare et cantonné dans le Sud, survivance de rares exem¬
plaires de N. (Ac.) plessisi (Lee.) de taille réduite
A. Harounien
— Refroidissement, faune assez banale
— Rareté de N. (S.) piscatoria (Gm.)
— P. safiana Lmk. abondante seulement dans le Sud
R. Ouljien
Réchauffement, faune voisine dp l’actuelle
— Semicnssis sabunm (Brug.), Cymatinm [Cahestana) doliarium (L.) et cutaceum (L.) Arcu-
laria gibbosula (L.) de nos jours méditerranéenne, Cancellaria { Biaetiella ) cancellata (L.), Mesalia
mesal (Ad.) Desh. dans le Sud seulement
— Encore une dizaine d’espèces étrangères à la faune actuelle
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— 1963. — Ibid., 3 suppl., Rabat, (174) : 75 p., 2 pl., 7 fig.
— 1965. — Le Quaternaire marin de l’Afrique du Nord-Ouest. Quaternaria, Rome, 7 : 9-28,
2 fig., 4 tabl.
Neuville, R., et A. Ruhlmann, 1941. — La place du Paléolithique ancien dans le Quaternaire
marocain. Publ. IHEM, Coll. Hesperis, Casablanca, n° 8, 156 p., 8 pl., 49 lig.
Neuville, R., et A. Ruhlmann, 1942. — L’âge de l’homme fossile de Rabat. Bull. Soc. Anthrnp .
Paris, 3 (9) : 74-88, 1 fig.
Manuscrit déposé le 7 novembre 1977.
Bull. Mus. nain. Hist. nat., Paris , 3 e sér., n° 516, juillet-août 1978
Sciences de la Terre 69 : 101-119.
Mammifères fossiles en Afghanistan :
état des connaissances et résultats d’une prospection
par Emile Heintz, Léonard Ginsbubg et J.-L. Habtenberger *
Résumé. Jusqu’en 1970* les connaissances sur les Mammifères fossiles d'Afghanistan se
limitaient à deux faunulcs, celle de Baniiun qui comporte une demi-douzaine de spécimens corres¬
pondant à quatre formes, celle de Lagman- Jalalubad qui comprend quatre spécimens représentant
trois formes. Au cours d’une prospection effectuée en 10711, seize points fossilifères ont été décou¬
verts et plus d’une centaine de spécimens recueillis. Les fossiles fournissent une première image
de la faune mio pliocène d'Afghanistan où 22 formes matnnialieunes sont à présent inventoriées,
fin revanche, aucun reste mumimdien n’esl eneore connu dans le Paléogène et dans le Pléistoeène.
Les fossiles trouvés dans le bassin d’Aynak suggèrent un âge Miocène supérieur (Tnrolien) A Plio¬
cène inférieur, flans le liassiu de Klmrkalml. les Fossiles de Serullah 0 indiquent un Age Tnrolien
(Miocène supérieur) alors que ceux de L>;t wrankliel suggèrent le Pliocène inférieur. Les rares fossiles
très fragmentaires trouvés dans le bassin de Sarobi suggèrent un âge Pliocène.
Abstract. — Tiff 107b, our knowledge ol lins l’ossil Mammals of Afghanistan was restneted
to tvvo liltle farinas : l.he Bamiari fauna represented b y bail a dozen of spécimens bejongiug to
four taxa and l.he f.agman-Jalalalmd fauna represented by four spécimens ftelmigiug tu three
taxa, niiringt.be prospect ion eonducted in I07ti we discovered sixleen iipw loealities ami rnllected
more tlmn une bundred of spei imetis. Thèse fossils, belonging to22 different Mammals, givc a lirst
picture of the Vlio-Plioeene faunas of Afghanistan but no Alammal was y et fnnud in tbe Paleogene
nor in (lie Pleistoeene. The speeimens colleeled in the Ayniik llasin suggesl an Lpper Miocene
(Turolian) to Lower Pliocène âge. In the Khurkabul Basin, tbe fossils from Serullah 9 indieate
a Turofîan âge (L pper Miocene’ vvhereas those from Dawrankhel suggest Lower Pliocène. The
scarce and fragmentary speeimens from the Sarobi Basin suggest a Pliocène âge.
HISTORIQUE DES CONNAISSANCES
SUR LES MAMMIFÈRES FOSSILES KN AFGHANISTAN
En Afghanistan, les sédiments tertiaires et quaternaires occupent de vastes surfaces
tant au Nord qu’à l’Ouest région de Hcrat] et au Sud (Sistan et Regcstan) ainsi que dans
les bassins irilrarnmilagneiix du Centre el de l’Est, fine synthèse bibliographique du Ter¬
tiaire afghan (Kakvuii, I!K>7a) renseigne de façon snbslaiil ielle sur le sujet et fournil l'essen¬
tiel de la bibliographie antérieure à 19li7. Depuis cette date, les publications concernant
soit essentiellement, soit accessoirement le Tertiaire et le Quaternaire se sont multipliées.
Du point de vue du paléontologue vertébriste, il paraît surprenant que les ruasses consi¬
dérables de sédiments continentaux tertiaires et quaternaires d'Afghanistan n’aient jamais
* K. Heixtz et L. Ltssuinu; : LA 12 du CNRS, Institut de Paléontologie, Muséum national d'Histoire
naturelle. H, rue de Bttffon, 751106 Paris,
J.-L. Haktknbrrger : RR A 201, Laboratoire de Paléontologie, Université des Sciences et Techniques
du Languedoc, 31060 Montpellier.
— 102 —
livré (le rielie faune rie Mammifères contrairement aux pays adjacents : Pakistan, URSS
et Iran. Ainsi, Griksbach (1881, 1881, 1885, 1886a, 18866, 1887), au cours de ses randon¬
nées géologiques à travers l’Afghanistan, n’a observé qu'une seule fois quelques ossements
de Mammifères en mauvais état de conservation près de Ali Chah Rares;, au sud de Herat
(1885 : 60; voir aussi Babtiioux, 1083 ; 015). Au cours de scs campagnes de terrain en
Afghanistan, Mennkskikk n’a rencontré qu'une seule fois ; 1068 : 50) << quelques ossements
indéterminables au nord du Village de tla/ak », sur la piste du Latabaml, à l'esl do Kabul.
Aucun des nombreux géologues ayant occasionnel le ment examiné des sédiments conti¬
nentaux tertiaires et quaternaires ne fait état de restes de Mammifères fossiles (Lappa-
rknt, A. 1. ntt, 1062; Kaevek, 10676 : 222, 1067e, 1067d ; Gkebe et IIomilivs, 1968;
Paui.siîn, 1971 ; ülümei.. 1971 : 153, etc.). Meme des recherches de terrain portant exclu¬
sivement sur le Néogène et le lhiaternaire font état de l'absence de Mammifères fossiles
(Rang, H. I)., 1071 : 180-181),
Ce n'est qu’après plusieurs campagnes de terrain et un mois de recherches spécifiques
que Lang, J., et Lavocat, IL : 1068) ont trouvé, pour la première fois en Afghanistan, dans
le bassib de Baminn des restes de Mammifères déterminables. Ce matériel, peu abondant
et fragmentaire, a permis à ces auteurs d'identifier quatre formes de Mammifères :
un Lagnmorphe, « Léporidé probablement voisin d Altlepua annectens » ;
deux Rongeurs, « Jtinsomys mirzntli nov. sp. » et « K nuisant j(s damiani nov. sp. » ;
un Àrtiodaclvie, Bovidé, non déterminable génériquement.
A ces Mammifères s’ajoutent des restes d’Oiseaux, de Reptiles et d’Amphibiens. Les
auteurs estiment a que le niveau équivalent le plus probable du site fossilifère du Bassin
de Bamian est le Nagri (Sarmatien) ».
La seconde et dernière faunule actuellement connue d’Afghanistan est, sinon plus,
du moins aussi précaire (pie la précédente. Elle a été trouvée par Raufi au cours de recher¬
ches effectuées dans les bassins de Lagman et Jalalabad. Elle comporte quatre spécimens
déterminables qui ont permis à Racki et Sickenberg (1973) d’identifier trois formes de
Mammifères dont voici la liste :
Rongeur : « (?) Rhizomijides spec. », un fragment de mandibule avec des dents très
usées.
Artiodactyles : « Paracamelus spec. », une phalange l et un fragment distal de radius
endommagé.
« Bovidé gen. indet. », fragment de maxillaire avec M 2 et M 3 endommagées.
Les auteurs indiquent que Paracamelm provient d’un niveau stratigraphique plus
élevé que les deux autres formes. Si l'on ne tient pas compte de cette différence siraligra-
phique, les couches de Sahidan des bassins de Lagman et Jalalabad correspondent au
Talent des Siwaliks, soit au Pliocène, Si l’on accorde une certaine importance à cette diffé¬
rence s Ira li graphique, alors la partie supérieure des couches de Sahidan avec Paracamelm
correspondrait au Tatrot. et plus récent, la partie inférieure avec. Rhizomyides et Bovidé
indet, au IJImk-Pathan et plus ancien.
Ce bilan assez décevanl deux fauouïes néogènes seulement sont connues— pouvait
à la fois stimuler (peu de choses sont connues, il reste donc beaucoup à découvrir) et
décourager (l’expérience des prédécesseurs souligne la rareté des Mammifères fossiles et
la difficulté de les découvrir) toute tentative de recherche de Mammifères fossiles en
Afghanistan. C’est dans cet esprit que nous avons entrepris une prospection en 1976.
— 103
RÉSULTATS D’UNE PROSPECTION
La rareté des informations relatives à des Mammifères fossiles en Afghanistan nous
a incités à consigner ci-après des observations de caractère souvent préliminaire et d’un
intérêt parfois limité, mais qui peuvent être utiles à des prospections et recherches ulté¬
rieures.
I. Bassin d’Avnak
Le bassin d’Aynak (d’après Mbnnessier, 1968 : 58) se situe à environ 30 km à vol
d’oiseau au sud-est de Kabul. On y accède par la route de Logar puis la piste qui mène
vers les mines des villages d’Aynak et de Darband. La prospection de ce bassin a été gran¬
dement facilitée par l’existence d’une carte géologique au 50 000 e (Mbnnessier, 1974).
Huit points fossilifères numérotés de 1 à 8 ont été découverts dans ce bassin (voir fîg. 1).
Point fossilifère Aynak 1
Il se situe à environ 2 km à l’est du village d Aynak, au pied d’une hutte sise è 150 m
à gauche de la piste qui mène à Darband, cl vis-à-vis d’une vieille bergerie (construction
basse à droite de la piste). Quelques fragments de bassin gisaient au pied d’un banc gréseux
qui selon toute vraisemblance en est leur lieu d'origine. Une tentative pour déceler un
niveau fossilifère s’est Soldée par un résultat négatif, ni les bancs gréseux et sahlo-gréseux,
ni ceux plus argilo-sableux apparemment plus favorables n’ont livré de restes. Les frag¬
ments de bassin (AFG 001 à 006) sont indéterminables et ne fournissent aucune indication
d’âge.
Point fossilifère Aynak 2
Il se situe à environ 200 m à l’est d’Aynak 1. Plusieurs fragments de carapace de Tor¬
tue gisaient au pied d’un banc de grès. Au point de vue stratigraphique, Aynak 2 se situe
un peu en dessous d’Aynak 1. Aucun niveau fossilifère n’a été détecté. Les quelques restes
de Tortue ne sont pas déterminables.
Point fossilifère Aynak 3
Ce point se situe à quelque 300 m au nord-ouest du petit col que franchit la piste
d’Aynak à Darband, sur la gauche de la piste, au fond d’un ravinot. La succession litho¬
logique est la suivante avec, de haut en bas : un cailloutis quaternaire d’environ 6 m d’épais¬
seur dans lequel la piste est. creusée au col même : 3 m d'argile jaune ; 2 m de sable gré¬
seux gris ; 8 m d’argile sableux jaune ; 1 à 2 m de grès sableux ; enfin plusieurs mètres
— 104 -
G9°E5‘ 69° 30‘
Fig. 1. — Carte schématique des point, fossilifères des bassins d’Aynak et de Kliurkabul, établie d’après
les cartes au 50 000 e de Ghazgay (Mennessier, 1974) et de llagranii i Mexnkssieh, 197(1).
d’une argile sableuse bien lilée, bleu grise, faisant ioealcmenl banquette et dans laquelle
des restes d’un Bovidé ont été trouvés à 2,50 m sous le banc de grès sableux précédent.
11 s’agit d'une partie d une patte postérieure dont les éléments anatomiques (tibia
distal jusqu’aux phalanges terminales comprises) étaient en connexion (ÂFG 007). Les
dimensions sont les suivantes :
Tibia : l)AP articulaire distal = 18,0 mm ; DT articulaire distal = 23,8 mm.
Astragale : longueur = 30,0 mm; largeur proximale = 17,H mm.
Métatarse : DAP d’une poulie distale = 14,ti mm ; DT d’une poulie distale = 10,6 mm.
Phalange 1 : longueur — 37+ mm (un peu inférieure à la longueur réelle) ; DAP proximal =
13,2 mm; DAP distal = 10,5 mm ; DT proximal = 11,5 mm; DT distal = 11,3 rom.
— 105 —
Phalange II : longueur = 23,3 mm : UAP articulaire proximal = 10,2 mm ; DT articulaire
proximal = 11,2 mm : DAP articulaire distal = 10,7 mm; DT articulaire distal = 10,0 mm.
Phalange III : DT articulaire = 10,0 mm.
La longueur de ces os indique un animal d’une taille un peu plus élevée (1/5 à 1/6)
que celle de certaine* Gazelles classiques telles Gazella deperdita et G. horbonica. Par contre,
les proportions de chaque os et celles des os entre eux, de même que la morphologie, dis¬
tinguent ce petit Bovidé des Gazelles. Les restes actuellement disponibles ne permettent
pas de le rattacher à un groupe précis ; nous le désignerons par liovidae I
Point fossilifère Aynak 4
Il se situe presque sur la ligne de crête, à environ 2 675 in d’altitude et à quelque
500 m du nord du petit col. Plusieurs fragments d’os indéterminables gisaient au pied
d’une couche argilo-sableuse qui stratigraphiquement se situe plus haut dans la série sédi-
mentaire que Aynak 3, Aucun niveau fossilifère n’a pu être décelé.
Point fossilifère Gurgemaydan 5
Il se situe à environ 400 m à l’ouest du premier petit col qui sépare le bassin d’Aynak
du diverticule de Gurgemaydan, à nue altitude voisine de 2 700 m. Quelques restes osseux
furent trouvés en surface à flanc de colline ; ils semblent provenir d’une argile rouge jau¬
nâtre (6 m) située à environ 30 m sous les cailloutis qui couronnent la hutte. Plusieurs
saignées pratiquées à liane de colline clans le but de déceler un niveau fossilifère se sont
soldées par un résultat négatif. Ce point fossilifère étant éloigné de 4,5 km à vol d’oiseau
des points 3 et 4 et les aHlvuremenls étant très médiocres dans cet intervalle, il n’est pas
possible de préciser les rapports stratigraphiques de ces divers points fossilifères.
Les restes trouvés sont :
— quelques esquilles indéterminables. A PG 008;
—- un fragment de cheville osseuse fortement roulée, AFG 009 ;
— un fragment de radius proximal, fortement roulé, AFG 010;
— une phalange I, faiblement roulée, AFG 011.
Les dimensions de l’extrémité articulaire proximale du radius sont : DAP = 20,5 mm ;
DT = 36,0 mm. Celles de la phalange 1 sont : longueur = 54,0 mm ; DAP proximal =
20,0 mm; DT proximal - 17,5 mm; DAP distal = 13,5 mm; DT distal = 15,0 mm.
Ces deux derniers spécimens appartiennent à un Bovidé de taille moyenne (Bovidae II),
différent et plus grand que celui d’Aynak 3. La Lailie, les proportions et la morphologie
rapprochent ces deux spécimens du groupe Miotragoceru.i.
Point fossilifère Gurgemaydan 6
Il se situe au deuxième petit col (altitude d’environ 2 800 m) par lequel on accède à
la petite dépression de Gurgemaydan, à environ 1,5 km de ce village, et à 50 rn au nord
106 -
de la pisle. Dans un banc gréseux gris clair dur gisait une omoplate quasi complète de
Mastodonte et à proximité sc trouvait en surface un fragment d’omoplate d ’llipparion
(AFG 012). Aucune concentration fossilifère n'a été décelée dans le banc de grès. Le»
conditions d’atlleuremcnt ne permettent pas de raccorder stratigraphiquement ce point,
avec celui de Gurgemaydan 5.
Point fossilifère Gurgemaydan 7
11 est situé à 50 rn au nord-ouest du précédent dans un niveau stratigraphiquement
plus élevé. Ce niveau sablo-argileux bleu foncé a livré en surface les restes osseux sui¬
vants :
— des esquilles indéterminables dont certaines sont roulées (AFG 013) ;
—- trois fragments de dents jugales, dont un lactéal. d' HipparioA (AFG 014 à 016) ;
un fragment distal île phalange 1 d’un Bovidé de mêmes taille et morphologie que
celui de Gurgemaydan 5 (Bovidae II). DAP distal = 13,5 mm; DT distal = 15,0 mm
(AFG 017) ;
un fragment de molaire supérieure (AFG 018) d'un Bovidé de taille moyenne que
l’on peut rapporter aussi au Bovidae 11 ;
une vertèbre cervicale et un fragment d’atlas pouvant se rapporter au même Bovi¬
dae Il (AFG 019 et. 020) ;
— un fragment distal de. tibia d’un Bovidé de grande taille clairement distinct du
précédent et que nous désignerons par Bovidae III. DAP distal = 45,0 mm ; DP distal =
51,0 mm (AFG 021).
Une petite tranchée pratiquée à l’endroit même des trouvailles n’a livré aucun fossile.
Point fossilifère Gurgemaydan 8
Il se situe à 400 m au nord-nord-est du point Gurgemaydan 6 et 7, à une altitude
d’environ 2 750 m et probablement plus haut dans la série stratigraphique que les points 6
et 7, pourtant plus élevés topographiquement. Une argile sableuse grise, surmontée de 15 m
de sables argileux jaunâtres, eux-mêmes ooilîés d’un caillou lis a livré les fossiles suivants :
— un fragment distal de calcanéum (AFG 023) d’un Bovidé de taille moyenne, récolté
eu surface. On peut le rapporter au Bovidae II;
une D 4 gauche d’un Suidé (AFG 024) ;
— une partie du squelette d’un grand Girafïidé (AFG 022) ;
Ces pièces une fois récoltées, ce point fossilifère, apparemment très prometteur, fut
fouillé pendant deux jours sans succès.
Remarques sur la D 4 de Suidé
Cette dent a été trouvée in situ dans le niveau à graviers (10-15 cm) situé à la base
de l’argile sableuse grise qui contenait le Girallidé. Proche par sa taille (13,7 X 11,8 mm)
— 107 —
et sa morphologie de Sus scrufa actuel, elle est proportionnellement plus large et à relief
plus simple (crêtes et pointes accessoires plus réduites, tubercules principaux plus minces,
pilier interne médian absent, talon postérieur plus réduit). La comparaison directe avec
les Sus des Siwaliks est impossible. Sa taille et ses proportions sont assez proches de quelques
espèces néogènes des Indes : Sus ndolescens et Sus contes du Dhok Pathan, Sus peregrtnus
du Ta trot, Sus falconeri et Sus hysudricus du Pinjor. En l'absence de données plus précises
sur la position stratigraphique de Gurgemaydan et sur les tendances évolutives des Suidés
évoqués ci-dessus, on ne peut dire à quelle espèce ou groupe on pourrait le rattacher.
Remarques sur le grand Giraffidé
La plupart des os furent trouvés en connexion anatomique dans l’argile sableuse grise.
Les autres restes furent trouvés en éboulis à l’aplomb du point fossilifère ; ils appartiennent
indubitablement au même individu qui se trouve ainsi représenté par les pièces suivantes
(numérotées AFG t >22 — là 13) :
— un fragment d’ossicône de 50 cm de long (in situ) ;
—- divers fragments d’ossicônes (en éboulis) ;
— un humérus droit complet en connexion avec l’extrémité proximale du radius et
du cubitus in sil u) ;
— la moitié distale d'un métacarpe droit en connexion avec toutes les phalanges I,
II, III ainsi que tous les glands et petits sésamoïdes (in situ) :
— un calcanéum incomplet et un os malléolaire gauches (en éboulis) ;
— un fragment d’astragale droit (en éboulis) ;
— un cubonaviciibiire droit en connexion avec le grand cunéiforme, le petit cunéi¬
forme, le métatarse, les phalanges I. Il, 111 ainsi que tous les grands et petits sésamoïdes
(iu situ) ;
— une phalange II, une phalange 111, un petit sésamoïde et divers fragments (en
éboulis) ;
Par la morphologie autant que par la taille et les proportions, les pièces de Gurge-
rnaydan diffèrent clairement des Giratlinae (Giraffa, etc.), des Palaeotraginae (Pahteotragus,
Samolherium, etc.) ainsi que des Giraffoidea primitifs ( Palaeomeryx , etc.) et se rapportent
aux Sivatheriuue.
Au sein de cette sous-famille, le groupe Siuatherium-Libytherium, caractérisé par un
métacarpe court et trapu (à l’image des Bovinae), se distingue nettement de l’ensemble
Bramalherium - 1 ishuulheriuni — Ilydaspitlieriu/n. C’est «le ce dernier groupement que le
Giraffidé de Gurgemaydan se rapproche le plus. Il lui diffère cependant pur la morphologie,
le plus grand allongement et la massivité moindre de ses métapodes. Ile plus, l’osstcône
de Gurgemaydan ne peut être assimilé à aucun de ceux de Bramalherium, seul des trois
genres des Siwaliks chez qui on les connaît de manière satisfaisante. Enfin, les Sivalhé-
riinés européens 11 elladolherium et Birgei’bohltnia sont plus proches, par les caractère» de
leur squelette appendiculaire, du groupe des Siwaliks. Le Girallidé de Gurgemaydan repré¬
sente donc une forme spécifiquement et, peut-être même, génériquement nouvelle.
I) après les auteurs classiques, le groupe Bramalherium \ ; ishniithçri tint - Hyduspi-
iherium des Siwaliks n’existe que dans le Dhok Pathan, équivalent du Turolien. Dans l'état
— 108 —
actuel des connaissances, le Girallidé do Gurgemaydan semble indiquer le même âge.
Remarquons toutefois que les caractères plus progressifs de sesmétapodes pourraient suggérer
un âge un peu plus récent, soit Turolien supérieur voire Pliocène inférieur.
II. Bassin de Khubkabcl
Le bassin de Khurkabul (d’après Mennessier, 1968 : 58) se situe immédiatement
au nord-est du bassin d’Aynak dont il est plus ou moins bien séparé par des crêtes et poin-
tements métamorphiques. Les sédiments sont en moyenne moins abondants et moins
bien exposés que dans le bassin d'Aynak mais, par contre, ollYonl localement des affleure¬
ments plus favorables ii la prospection paléontologique. Les sédiments sont en moyenne
moins sablo-gréseux et plus diversifiés (calcaires en plaquettes, marnes à lignit.es, marnes
à Plannrbes, etc. ! que dans le bassin d'Aynak. La prospect imi de ce bassin a été facilitée
par l'existence d'une carte géologique au 5U 000 e (Mejnnessieii, 1974). Sept points fossi¬
lifères numérotés de 9 à 15 ont été découverts dans ce bassin (voir carte, fig. 1).
Point fossilifère Serullah 9
11 se situe à environ 700 m à l'est du village de Serullah dans une série continentale
formée de couches argilo-sableuses alternativement rouges et grises. Des dents isolées et
surtout des fragments de dents et d'esquilles d’os de grands mammifères oui été trouvés
dans un sable argileux gris remplissant des chenaux qui ravinent une argile sableuse rou¬
geâtre épaisse de 3 ni. Quelques kilos de ce sable argileux gris ont livré, après lavage-tami¬
sage et traitement au bromofomie, une microfaune d’une richesse inattendue. Du fait de
leur position dans des chenaux et leur état très fragmentaire, il est clair que ces fossiles
sont remaniés. Leur couche d origine est sans doute le sable argileux gris qui, dix mètres
plus loin, se superpose à l'argile sableuse rougeâtre. Les fossiles recueillis sont, les suivants :
— fragment de carapace de Tortue (AFG 039) ;
— Jlipparion sp. de taille moyenne : 1 jugale inférieure complète (AFG 025), quatre
fragments de jugules supérieures (AFG 026 à 029) et de nombreux fragments de dents.
— Bovidé de taille moyenne : Bovidae IJ :
— 1 M s gauche à l'état de germe (AFG 030 ). L = 21,2 mm ; lj = 22,3 mm ;
1 2 = 20,0 mm ; H — 22,0 mm ;
] \F gauche usée d un tiers (AFG 031). L — 19,8 mm : I, — 21,0 mm ; 1. 2 =
20,3 mm. Cette dent appartient probablement au même individu que In précédente;
— dents supérieures incomplètes ; germe de ?M 3 gauche (AFG 032); muraille
externe de M* gauche (AFG 034) ; muraille externe de P 2 droite (AFG 035) et plu¬
sieurs autres fragments :
— dents inférieures ; \I 2 - 3 droites endommagées (AFG 0361 ; germe de \f 3 droite,
endommagée (AFG 037 ) : germe de M 2 droite presque complète ; Mj ou 2 incomplète
(AFG 033) ;
— nombreux autres fragments de dents.
Par leur morphologie et leur taille ces dents se rapprochent des Miolragocerus, genre
— 109
auquel nous les rapportons. Par leur taille, elles se placent entre Miolragocerus punjabicus
du Dhok Pathan des Siwaliks et M. amaltheus du gisement turolien du mont Lubéron.
Actuellement on admet que le Dhok Pathan est approximativement équivalent au Turo¬
lien ; Miotragocerus de Serullali indiquerait donc un âge Turolien.
— Insectivores : un fragment d’incisive de Soricidé.
— Rongeurs : Parapodemm cl', lugdunensis (3 M 1 , 1 M 2 , 1 M 3 , 2 M 1; 1 M 2 ) ; ef. Mus
(1 M 1 ) ; Muridé indet. (1 M 3 ) ; neuf Fragments de molaires indéterminées de Mu ridés : dix-
huit fragments d’incisives.
La présence de Parapodemus dans ce gisement est d’un grand intérêt. Le genre est
très courant dans les faunes d’Europe occidentale où il a été bien étudié. II est remarquable
de noter la ressemblance de ce Parapodemm d’Afghanistan avec les espèces décrites dans
le Turolien de France et d’Espagne. Le dessin dentaire en est rigoureusement le même
si bien qu’à priori et sans autre élément faunique, on peut estimer que le gisement d’Afgha¬
nistan est d’âge Turolien.
La présence d'un petit Muridé du groupe Mus n’est pas surprenante. Un sait que ce
groupe n’apparaîtra que beaucoup plus tard dans les faunes européennes mais il est évident
aussi que ce groupe est d'origine asiatique. L’ancienneté du dessin dentaire de type Mus
est donc confirmé par cette découverte.
Point fossilifère Serullah 10
11 se situe â environ I km au sud-est. du village de Serullah à une altitude plus élevée
que le point de Serullah 9. Le flanc sud-ouest d’une colline, bien visible dans le relief, offre
un bel affleurement où l’on observe, comme à Serullah 9, des couches argilo-sableuses (2 à 3 m)
alternativement rouges et grises surmontées de quelques mètres de calcaires lacustres, blancs,
plus ou moins en plaquettes. Le niveau fossilifère se situe approximativement h 10 m au-
dessus du fond du thalweg à la base de la première couche d’argile sableuse grise. Lue
tentative pour raccorder stratigraphiquement les niveaux Serullah 10 et 9 a montré que
le pendage, des couches en direction nord-ouest fait que Serullah 10, topographiquement
plus élevé, est stratigraphiquement un peu plus bas que Serullah 9. Le niveau Serullah 10
a livré des indices de fossiles sur une cinquantaine de mètres avec un seul point de concen¬
tration où gisaient de très nombreux fragments de molaires de Mastodonte (AFG 040)
et quelques restes île Tortue.
Point fossilifère Ghazgay 11
Il se situe à environ 1 km au nord-est du village de Ghazgay. Ses relations stratigra-
phiques avec Serullah 9 ne peuvent être observées sur le terrain. Un niveau marno-calcaire
contenant des débris d’os a livré en surface les restes suivants d’un Bovidé de taille moyenne
(Bovidae II) :
— un fragment de calcanéum gauche (AFG 042) ;
un fragment distal de tibia droit (AFG 043); DAP distal = 31,0 mm; DT dis¬
tal = 37,0 mm ;
— 110
— un grand cunéiforme gauche (A PG 011). DA P = 23,0 mm; DI = 13,5 mm;
— une mandibule gauche incomplète (AFG 041) dont les dents sont à la fois très usées
et détériorées. Longueur P 2 -M 3 au niveau des racines — 07,0 mm ; Longueur P 2 -P 4 au niveau
des racines = 37,6 mm ; Longueur Mj-M 3 au niveau des racines = 59,5 mm ; Longueur M 3
au niveau des racines = 26,8 mm ; Longueur M 2 au niveau des racines = 20,0 mm ; Lon¬
gueur Mj au niveau des racines - 16,2 mm.
Comme les restes de Bovidé de Serullah 9, ceux de Ghazgay 11 peuvent être rapportés
à 1/ iotragocerus.
Point fossilifère Ghazgay 12
Il se situe à 1 km au nord du point fossilifère II, à un niveau stratigraphiquement
un peu plus élevé. Deux restes d’un Bovidé de taille moyenne : un fragment de molaire
supérieure (AFG 015) et un astragale (AFG 016) ont été trouvés en surface. Les mensura¬
tions de l’astragale sont : L = 48,5 mm ; DT distal = 26,5 mm.
Par leurs dimensions ces deux restes s’accordent avec le Bovidae 11. Notons que
l’astragale est étroit comparativement à sa longueur, proportions qui semblent inhabituelles
chez 1 I iotragocerus.
Point fossilifère Ghazgay 13
Il se situe à 300 m au nord-ouest du point Ghazgay 12 et à peu près au même niveau
straligraphique. A mi-hauteur du talus qui monte vers le plateau (surface structurale
formée par une brèche d’âge probablement quaternaire') gisaient en surface un fragment
d’omoplate (AFG 047) indéterminable et une moitié proximale incomplète d’un troisième
métatarsien de, Ghinocérotidé. Ce métatarsien est un peu plus petit que celui de Brachypo-
ihenutn péri tueuse TIeissig, 1972, pl. 25, lig. 6, 7 et 10) mais présente une morphologie
bien différente.
Point fossilifère Dawrankhel 14
Il se situe à environ 2 km à l’est-sud-est du village de Dawrankhel, à 50 m au sud
de l'ancienne piste Kalnil-Jalalahad. Dans une boude concave (par rapport à la piste)
d’un ruisseau temporaire est exposée une coupe assez fraîche qui, par sa lithologie (calcaire,
m»rno-calcaires en plaquettes, marnes, lignite»), se rapproche beaucoup de la coupe de
Dawrankhel publiée par Mexxessier (1958 ; 58, lig. 17 c). Les marno-calcaires jaune
beige (environ 20 cm) surmontant les marnes lignilcuses qui forment la hase de la coupe,
contiennent de très petits restes de Vertébrés. Le lavage-tamisage et l’attaque acide de
5*1 kg de ce sédiment a livré la l'annule suivante : Poissons : Cyprinidés, rayons antérieurs
de nageoires (très abondants) ; dents pharyngiennes (très abondantes). — Mammifères :
Rfidentia, ef. Golnnda , 2 M 1 . 2 M 2 ; ef. Mus. 1 M 1 , I M 2 ; Muridé indet., 1 M 3 .
— 111 —
C’esl en sc fondant sur la détermination du premier Rongeur nommé que nous con¬
cluons à un âge Pliocène inférieur pour ce gisement. En effet, les dents rapportées à cf.
Golundu sont celles d’un assez gros Muridé. Les tubercules sont fortement inclinés vers
l’arrière y compris le 1 Y , et il y a une forte tendance à l’alignement de I T -t 2 -t 3 et t. 4 -l 5 -t 6 .
Cette forme est incontestablement à placer dans le groupe Golunda, Muridé actuel d’Asie.
Or, récemment. Jauger et Sabatier ont découvert dans un gisement du lift éthiopien
d’Afrique de. ! Est (lladdar, Éthiopie) une forme attribuable au groupe Golunda. Le gise¬
ment qui a livré celte forme est daté par les méthodes radiomélriques de -3 M.A Comme
la forme d’Afghanistan est notoirement plus primitive que la forme africaine nous con¬
cluons qu’elle est nettement plus ancienne et envisageons un âge Pliocène inférieur pour
le point Dawrankhel 14. 11 va de soi ([uc cette détermination d'âge devra être étayée par
un matériel plus abondant, d autant plus qn elle diffère considérablement de celle — Miocène
inférieur que « paraissent indiquer » les « grands Plunorhit sp. gr. de corna » qui existent
à la base de la coupe relevée par Menai-. s. suîii (1958 ! 59), Quoiqu'il en suit, la présence d’une
forme du groupe Golunda c st un fait intéressant pourT Afghanistan, car elle laisse entrevoir
des possibilités de corrélations avec l'Afrique.
La deuxième forme, cf. Mas, de plus petite taille, reste indéterminée. Son dessin
évoque incontestablement ce grand groupe de Muridcs. On notera cependant la présence
aussi bien à la M' qu’à la M 2 d'un cingulum postérieur, formation qui a totalement disparu
chez les M lut actuels.
Enfin un troisième Muridé est représenté par une M 3 , matériel insuflisant pour une
détermination. Peut-être est-ce là d’ailleurs la M 3 du Golunda précédemment cité.
Ce gisement est très prometteur : d’emblée nous avons là une faune de Muridés assez
variée (7 dents jugules, 2 à 3 espèces). On notera aussi la grande abondance des restes de
Cyprinidés.
Point fossilifère Dawrankhel 15
Il se situe à environ 800 m au nord-est de Dawrankhel 14, dans le talus sud de l’ancienne
piste Kabul-Jalalabad. A cet endroit affleurent environ 3 m de marnes grises riches en
Gastéropodes écrasés. Les relations stratigraphiques entre les points 14 et 15 ne sont pas
évidentes, le point 15 pourrait pire un peu plus bas stratigraphiquemenl bien qu’il soit
topographiquement plus élevé, lu prélèvement de 150 kg de sédiment a été effectué sur
toute I’cpaisseur de la couche. Le lavage-tamisage et l’attaque acide du résidu ont livré
les fossiles suivants :
Poissons : Restes de Cyprinidés, rayons antérieurs de nageoires et 1 vertèbre ; Poisson
indéterminé.
Reptiles : 1 portion de plaque de Squamate.
Mammifères : 3 phalanges indéterminées. — Rongeurs : 1 incisive supérieure, 2 M,
Muridae indet., 2 fragments de molaire de Muridé.
Insectivores : 3 molaires inférieures de Sorieidae correspondant probablement, à deux
formes.
Les deux seules dents étudiables de Muridé ne fournissent que peu d’informations.
Cependant , si l’on compare ces deux dents à celles de Dawrankhel 14, voisin tant géogra-
112 —
phiquement que slratigraphîquement, il est possible de les rapprocher de la forme que
nous avons dénommée cf. Golunda 1 . Les points fossilifères Dawrankhel 14 et 15 devraient
permettre de réunir une microfaune suffisamment riche pour pouvoir servir de point de
référence dans les datations par les Micromammifères.
III. Bassin de Sahobi
Une prospection d’une demi-journée a été consacrée aux afïleurements qui jalonnent
l'ancienne piste du Lataband, à proximité de Sarohi. Les sédiments surtout constitués
de sables et grès avec peu de niveaux argile-sableux ne sont, à priori, pas favorables à la
présence de niveaux riches en mammifères, Toutefois, à 9 km de l'embranchement de la
route asphaltée Kabul-Jalalahad, un niveau sablo-gréseux coiffant le sommet d’une petite
butte située à 400 m de la piste nous a livré plusieurs fossiles :
— un fragment de 105 mm d'une diaphyse de radius d’un Ruminant (AFG 050).
Les dimensions (DAP milieu = 11,5; DT milieu - 21,5 mm indiquent un radius relati¬
vement long et grêle, correspondant à un animal de taille moyenne aux membres assez
élancés :
— un fragment indéterminable d’un ossement de Mammifère de grande taille (AFG
051) ;
— un fragment de diaphyse d'un tibia de Mammifère de grande taille (AFG 052) ;
— une mandibule gauche (AFG 053) brisée au niveau de la branche montante et
de la région incisive ; les dents sont brisées au niveau des racines, seule la M 2 , très usée,
est partiellement conservée. Comme ce spécimen est le seul qui puisse fournir quelques
indications sur l’âge du remplissage du bassin de Sarohi. nous avons tenté, malgré son
état fragmentaire -—ce qui implique certaines réserves — d’en extraire le maximum d’in¬
formations.
Mensurations de la mandibule (AFG 053)
Longueur P 2 -M 3 au niveau des racines = 122 mm ; Longueur P 2 -P 4 au niveau des racines
42 min ; Longueur au niveau des racines = 82 mm ; Longueur de M 2 = 23,5 mm ; lar¬
geur
de
M 2 = 14,5 mm ;
p 2 -p 4 x îoo
~ Mj M a
= 51,2; Hauteur de la branche horizontale au milieu de
M s — 45 mm; Épaisseur de la branche horizontale au milieu de M, = 24 mm; Hauteur de la
branche horizontale au milieu de M 2 — 45 mm ; Epaisseur de la branche horizontale au milieu
de M 2 = 22.5 mm; Distance entre P. 2 et le foramen mentonnicr — 62 mm.
Description
Le corps mandibulaire présente plusieurs caractères remarquables. La distance entre
le foramen mentonnier et la P 2 est. relativement grande (62 mm) ; elle égale la moitié de
la longueur de la rangée dentaire. Le corps mandibulaire est peu épais ; sa hauteur, peu
I. Nous remercions MM. Jaeger et Michaux île leurs précieux conseils pour la détermination des
Muridés.
113 —
élevée, reste sensiblement constante de la P a à la M a . La lace externe présente à hauteur
du bord alvéolaire fie la M 3 et en arrière de celle-ci un méplat bien visible. Cette disposi¬
tion est liée à l’implantation curviligne des dents jugules. La rangée dentaire est remar¬
quable par la brièveté de la série prémolaire qui ne représente que 51 % de la longueur
molaire. La M a est remarquablement longue, en partie à cause clu prolongement vers l'arrière
du 3 e lobe. Mesurée au niveau des racines elle atteint 3!) mm, soit 17,5 °/ n de la longueur
de la série, molaire. La M», très usée, partiellement conservée, présente un émail chagriné ;
tous ses conides sont soudés: la scissure interlobaire est profonde et corrélativement la
zone de soudure entre lobes antérieur et postérieur est étroite. Le tubercule interlobaire,
bien développé, ne forme pas un îlot séparé : il est soudé au lobe postérieur et communique
avec ce dernier.
Discussion
Les caractères de la M 2 et la relative brièveté de la série prémolaire permettent de
rapporter cette mandibule à un représentant de la famille des Bovidés. Au sein de cette
famille, c’est la sous-famille des Heduneinés qui semble le mieux correspondre à la descrip¬
tion donnée plus liant.
De nombreux Heduneinés II espèces, 8 genres) ont été décrits par Pilgrim (1939)
d’après les matériaux des Siwaliks. Malheureusement les fossiles dont disposait cet auteur
étaient très incomplets de sorte que ses descriptions se limitent aux crânes et aux chevilles.
Peu d’informations sont données sur les dents supérieures et une seule sur les mandibules.
Cette dernière concerne une forme génériquement indéterminée, provisoirement rapportée
à « ? llydaspicohua cf. aurilwt i> dont la longueur Mj-M, serait égale à 55 mm Pilgrim.
1939 : I 19-121 et ligures afférentes). La mandibule AFG 053 de Surobi (L M,-M., = 82 mm)
est trop grande pour appartenir à cette forme.
Si l’on veut étendre la comparaison à tous les Heduneinés décrits par Pilgrim, il faut
extrapoler la longueur des segments dentaires supérieurs à partir de. la mandibule. Cette
extrapolation a été faiLe* à l’aide d'éléments de comparaison et de référence qui ne peuvent
être exposés ici. Hile fournil les données suivantes : Longueur P 2 -M 3 - 116 mm ; Longueur
P 2 -P 4 _ / t \ ou), ; Longueur M'-M 3 = 75 mm.
La comparaison de ces données avec celles de Pilgrim (1939, laid. p. 128 et 129 et
remarques p. 121) montre que toutes les formes des Siwaliks décrites par cet auteur sont
plus petites que celle de Sarobi. qui représente peut-être une espèce nouvelle et peut-être
même un genre nouveau. Des documents paléonlologiqucs plus complets sont, évidemment
nécessaires pour ‘Confirmer le bien-fondé de cette interprétation.
Toujours d'après Pilgrim (1939, tahl. p. 6 et texte p. 93 à 129), la quasi-totalité des
spécimens rapportés aux Heduneinés provient du Tatrot et du Pînjor soit du Pliocène et
du début du PJéistocène. Trois spécimens seulement, correspondant à trois formes, ont été
récoltés dans des niveaux plus anciens, Dhok Pal bail ou Nagri. Quand on sait le doute
qui pèse sur la provenance précise des fossiles jadis récoltés dans les Siwaliks par les autoch¬
tones, on ne peut qu'agréer l’opinion qui se dégage des recherches actuellement, en cours
dans les Siwaliks et selon laquelle les Héduncinés n’existent pas dans le Nagri et ne sont
— 114 —
que peu fréquents dans le Dhok Pallia». L'unique Réduncinc de ce niveau, Cobus prorec-
ticornis est, d’ailleurs nettement plus petit que la forme de Sarobi '.
Finalement, la mandibule de Sarobi, rapportée avec Certaines réserves à un Rédun-
ciné, indique, selon nous, un âge Pliocène ou peut-être- Pléistocène ancien.
IV. Piste du Lataband
Les sédiments tertiaires qui se situent de part et d’autre de la piste du Lataband
(ancienne route de lva hui à Sarobi) ont. été étudiés par Mennessikr (1968) qui signale
(p. 59' « quelques ossements indéterminables au nord du village de liazak ». Lue courte
prospection dans les sédiments qui jalonnent cette piste à l'ouest du col du Lataband n’a
livré aucun reste de mammifères fossiles. Plusieurs prélèvements de sédiments ont été
effectués dont un, en particulier, dans les marnes à gastéropodes qui alllcurcni au nord
du village de Tchirani dans la falaise qui forme la rive est du torrent. Pour le moment
aucun des prélèvements n’a livré de fossiles.
V. Bassins de Lagman et Jalatabad
La prospection de ces bassins fut effectuée, en partie, sous la direction du Dr. Abuu-
jalil qui, ayant assisté Raufi dans ses recherches, avait une excellente connaissance du
terrain. Les affleurements de la rive gauche de la Kabul, dilficiles d’accès (traversée de la
rivière Kabul sur un radeau) et qui ont livré quelques restes de Mammifères, so sont avérés
1res décevants. La nature essentiellement sablo-gréseuse des couches dites de Sahidan
n’est pas favorable à la présence de niveaux riches en Mammifères, contrairement à la
supposition de Sickenbehg (in Raufi et Sickenberg, 1973 : 81).
Signalons d’abord qu’aux environs et à l’est du village de Zirani, les conditions d’affleu¬
rement sont médiocres et peu propices à une prospection. Il en va de même plus au nord,
aux alentours des villages Tirgari et Ghunday et du tombeau « Mehterlam Salie b ». Aux
alentours du point fossilifère 6 (près du village de Sahidan ; voir carte in Raufi cl Sicken-
bebg, 1973) on trouve dé-ci de-là soit en surface, soit in situ, quelques esquilles isolées qui
ne conduisent malheureusement jamais à une concentration fossilifère. La situation est iden¬
tique aux alentours des points fossilifères 1, 2 et 3 de Raufi et Sickenberg. Toutefois,
à proximité du point fossilifère 3, un radius complet (AFG 049) quoiqu’un peu roulé a été
récolté in situ dans un banc de grès très dur.
Mensurations du radius (AFG 049)
Longueur — 204 mm ; DAP proximal articulaire = 21,5 mm ; DAP proximal max. = 23,0 mm ;
DT proximal articulaire = 37,5 mm; DAP milieu = 14,2 mm; DT milieu = 24,5 mm; DAP
distal articulaire = 19,0 mm ; DAP distal max. = 24,5 mm ; DT distal articulaire = 32,0 mm ;
DT distal max. = 37,0+ mm.
I. Communication orale de II. Thomas que nous remercions.
115 —
Description et comparaison du radius
C’est, un os allongé et lin, présentant une courbure régulière de la dîaphyse, à convexité
antérieure. Ses caractéristiques le rattachent sans conteste aux 1 tyraeoïdes :
— proportions générales, allongement et, vue du l'ace, élargissement régulier vers
l’extrémité distale, avec resserrement maximal à la base de l’extrémité proximale ;
— extrémité proximale prolongée en bec vers l’extérieur ;
— extrémité proximale présentant une apophyse à l’angle postéro-interne ;
— surface articulaire proximale formée de deux cupules simples, peu profondes,
l’interne plus large dans le sens antéro-postérieur, l’extérieure plus allongée dans le sens
transversal :
— surface d’attache avec le cubitus étroite et parcourant toute la longueur de la
diaphyse :
— extrémité distale présentant une apophyse très en relief pour l’articulation sca-
phoïdienne au-dessus de la surface d’articulation avec le semi-lunaire ;
— la face postérieure de celte apophyse est bien démarquée du reste de l’épiphyse
distale par une dénivellation très caractéristique.
Ce radius, de taille plus de quatre fois supérieure à celles de Procavia actuel, ne peut
être rapproché que des formes fossiles de grande I aille, Ptinkyrar du Miocène supérieur
d’Afrique, d'Europe et du Pliocène do France, Parapliohynw du Miocène d'Afrique du
Nord et Pustsehixotherium du Mio-Plio-Quaternaïro de Chine, On ne connaît du squelette
de ces trois formes qu’une extrémité proximale de fémur de Pmtsvhizolherium clittrdini
du Villafraoeliien de Chou Kou Tien (Tkimiakii, 11)38 : 24, lig. 15) et quelques restes iné¬
dits du PampUokymx mirahiliu de Béni Mellnl, à savoir principalement une extrémité
proximale de fémur, une de radius et une de cubitus. La forme de l’apophyse externe de
l’extrémité proximale du radius de Béni Melin! n'est pas connue sur la pièce afghane en
bec mais esl clianireinée et dépasse du côté externe le niveau de la surface articulaire
qu’elle supporte, comme chez les liquidés. De plus l'apophyse postéro-interne est moins
marquée et la partie visible de la face antérieure de l’os plus plane. La pièce de Jalalabad
n’est donc pas un Pampliohyrcu:.
La répartition géographique de Pliohyrax et Paslschîzolfterlum nous incline à penser
qu’il s’agit plutôt de ce dernier genre, bien qu'il n’y ait aucune preuve formelle.
Poslschizollierium. est représenté par trois espèces : P. licenli du Miocène supérieur
(Pontien des anciens auteurs), P, intermedium du Pliocène et P, ehardini du Villafrancliien.
La taille de la forme la plus ancienne est la plus petite, celle de l’espèce la plus récente, la
plus grande. Si Ton admet que le fragment de fémur et celui de radius de Boni Mellal ont
appartenu à des sujets de même taille, ce qui est sans doute un peu inexact car le fémur
est moins épiphyse que le radius, ou peut tenter une comparaison avec les Pnslsrhizolhe-
rium. En effet, l'extrémité proximale du radins de Béni Mellal a pour mesures : DA P —
15.2 mm et DT = 25,3 mm. La taille du radius de Jalalabad est donc de 1,5 fois celle, du
radius de Béni Mellal. Par contre, les dimensions du fragment de fémur de Béni Mellal
n’atteignent pas tout à fait la moitié de celles de Postschizalherium ehardini de Chou Kou
Tien. On peut donc conclure, sur ces chiffres, que Poslsehizolherium ehardini, était d’un
— 116
tiers plus grands que l’Hyracoïde de Jalalabad. L’écart est trop grand pour admettre qu’il
s’agisse de la même espece. Il doit donc s’agir soit de P. intermedium , soit de P. licenti.
Poslschizotherium de Jalalabad ne contredit pas l’âge Pliocène avancé par R au fi et
Sickenberg pour le bassin de Lagman-Jalalabad.
VI. Région de Qu ALAT ET MoKUR
Une sommaire prospection facilitée par la présence de notre collègue J.-P. Carbon-
nel nous a permis d’examiner divers affleurements de cette vaste région. Les résultats
sont décevants : aucun point fossilifère n’a été trouvé. Une seule trouvaille de surface a
été faite : une troisième molaire inférieure d’un Bovidé de taille moyenne dont la prove¬
nance exacte ne peut être précisée.
VIL Coi. d'Altimur et région de Mangokhel
Une journée a été consacrée à la prospection des sédiments qui affleurent au col
d’Altimur et à ceux plus importants mais de nature évaporitique qui se situent à l’est
du village de Mangokhel. Aucun indice de fossiles n’a été trouvé.
VIII. Bassin be Bamian et de Yakawlang
Les premiers restes déterminables de Mammifères fossiles d’Afghanistan ayant été
trouvés à proximité de Bamian (Lang, J., et Lavocat, R.. 1968), ce bassin ainsi que celui
de Yakawlang qui lui fait suite vers l’Ouest, semblaient particulièrement prometteurs.
Une prospection sommaire nous a rapidement convaincu de la rareté des fossiles et de la
difficulté de découvrir des niveaux intéressants par leur richesse, ce qui confirme l’expé¬
rience vécue par les auteurs cités plus haut. Toutefois, à proximité de Bamian, dans la
« colline des murmures », c’est-à-dire dans la même colline où se situe la découverte de Lang
et Lavocat, nous avons observé un ossement de grande taille in situ dans la paroi. La
« colline des murmures » étant un site archéologique protégé et gardé, il n'a pas été pos¬
sible de procéder à l’extraction de ]’ossement ni de poursuivre plus avant les investigations.
CONCLUSIONS
L’expérience d’une première campagne de prospection nous conduit à mieux comprendre
le point de vue, écrit ou oral, des nombreux géologues de diverses nationalités, selon lequel
les sédiments continentaux tertiaires d’Afghanistan ne contiennent pas ou seulement très
peu de Mammifères fossiles. Nous confirmons partiellement ce point de vue en précisant
d’une part que les restes fragmentaires et isolés de Mammifères sont moins fréquents qu’on
Tableau I. — Bassins et sites à
z
-<
<
«
B
K
«
<
ffi
Poissons — Cyprinidés
Amphibiens — Urodèles
Reptiles — Chéloniens
— Squamates
— Crocodiliens
Oiseaux
Mammifères indet.
Proboscidiens — Mastodontes
Hyracoïdes
Postrwh isotherium
Rhinocérotides
Equidés — liipparion
Suidés — Sus
Bovidés indet.
indet.
Bovjdae I petite taille
Bovin ai: II Miotra goverus
Bovidae III grande taille
Rf.duncinae
Giraffidés — Sivathebinaf.
Camélidés — Paracamelus
Lagomorphes — Lepohidae
Rongeurs
Rhizomys mirzadi
Kanisamys damiani
? Iifiizomyides
Muridés indet.
ci. Golunda
ci. Mus
Parapodemus cf. lugdunensis
Insectivores indet.
Soricjdae
+
+
+
X X
X
+
+
X
+
+
+
+
+
+ connu avant 1976 ; X connu en 1976.
Bassin de Lagman-Jalalabad
néogènes d’Afghanistan,
Bassin d’Aynak Bassin de Khurkabul
X
X X
X X
X
X
X
X
X
117
— 118 —
ne le supposerait au vu «à la fois de l’importance des sédiments et de la qualité de leurs
aillcuremonts, et en soulignant d'autre part la rareté des niveaux à forte concentration
ossifère. Ceci étant, une prospection méthodique nous a cependant livré des fossiles qui
permettent de dresser pour l'Afghanistan un premier inventaire de points fossilifères (voir
(ig. 1) avec les Mammifères qu’ils contiennent et de proposer des âges pour plusieurs bas¬
sins sédimentaires.
K» dehors de restes d’ossements indéterminables signalés antérieurement à 1968, on
connaissait le point fossilifère de Bamian et les trouvailles isolées du bassin de Lagman-
Jalalabad. En 1976, seize points fossilifères ont été trouvés : 8 dans le bassin d’Aynak,
7 dans le bassin de Kburkabul, I dans le bassin de Sarobi (voir laid, I) ; le nombre de
formes marnmnliemies identifiées avant 1976 était de 7 (pour 10 spécimens environ), à pré¬
sent il s’élève à 22 (pour plus d'une centaine de spécimens) ; il fournit une première image
de la faune mio-pliocène d’Afghanistan (voir tabl. 1). En revanche, aucun reste mamma-
lien n'est actuellement connu dans le Quaternaire et dans le Paléogène. H appelons qu’une
part importante des sédiments paléogènes est d’origine marine et que ceux d’origine conti¬
nentale sont mal connus.
En ce qui concerne l’âge des fossiles et corrélativement celui des bassins, les remarques
suivantes peuvent être faites. Dans le bassin d’Aynak ce sont surtout les fossiles trouvés
à Gurgemaydan 7 et ,8 qui semblent indiquer un âge Miocène supérieur (Turolien) sans
toutefois exclure un âge un peu plus récent, soit Pliocène inférieur. Dans le bassin de
Kburkabul, ce sont surtout les fossiles de Scrullah 9 qui indiquant un âge Turolien (Mio¬
cène supérieur) alors que ceux de Dawrankhel 14 et 15, gisements situés plus au Nord,
seraient, d'un âge Pliocène inférieur. Précédemment, ces deux derniers niveaux avaient
été datés du Miocène inférieur à l’aide des Gastéropodes Planorbis,
Un première indication d’âge est donnée pour le bassin de Sarobi, soit Pliocène. Cette
datation repose sur un matériel très précaire.
I/unique fossile, Postschizolheriutn, trouvé dans le bassin de Lagman-Jalalabad, ne
contredit pas l’âge avancé par Raufi et Sickenbehi;, à savoir Pliocène.
l/âge « Sarmalien (Nagri) » avancé par Lavoc.at et Lang pour le bassin de Bamian
a été contesté par Sickenberg qui estime que Bamian et Jalalabad sont de même âge,
soit Pliocène.
Remerciements
Nous remercions le Ministère des Mines et de l’Industrie d’Afghanistan, en la personne de
M. Gui.RitAMAft, ingénieur au Service Géologique, qui participa à nos tournées de terrain et nous
fut d’un précieux secours, Notre mission de prospection a bénéficié du Support logistique de la
Mission Permanente du C.NUS en Afghanistan. Ou doit souligner sans aucun risque d’exagération,
que toute mission géologique isolée, en dehors du cadre de celle structure, serait vouée, sinon à
l’échec, du moins à une efficacité très faible.
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Manuscrit déposé le 20 décembre 1977.
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« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nal., Paris, 2 e aér., 42 (2) : 301-304.
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