CRYPTOGAMIE
LABORATOIRE DE CRYPTOGAMIE
MUSEUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
12, RUE BUFFON, 75005 PARIS
PUBLICATION TRIMESTRIELLE Septembre 1989 `
SOMMAIRE
R. COURTECUISSE - Éléments pour un inventaire mycologique des en-
virons du Saut Pararé (Arataye) et de l'Inselberg des Nouragues
(Guyane française). I. Introduction. Il. Hygrophoraceae ....
M.N. BLANCO, K. HJORTSTAM, J.L. MANJON y G. MORENO -
Estudios micológicos en el Parque Natural de Monfragüe
(Extremadura, España) III. Aphyllophorales ... i
P. PAPON, L. SIMON et C. CAYE-VAUGIEN - Aureobasidium
pullulans: bilan morphologique, métabolique et énergétique
A. REGRAGUI, H. LAHLOU et H. ZAID - La prémunition de la to-
mate contre la ver! jose causée par Verticillium albo-atrum, forme à
microsclérotes. Conséquences physiologiques du phénomène ^
M.L. BOUILLANT, P. GROUT, J. BERNILLON, J. FAVRE-
BONVIN, N. SALIN et N. ARPIN - Biosynthèse de la mélanine chez
Sordaria macrospora
A... ABDEL-HAFEZ, M.B. MAZE! and A.A. GALAL -
Keratinophilic and cycloheximide resistant fungi in soils of Sinai
Governorate, Egypt ....
181
217
227
243
265
CONTENTS
R. COURTECUISSE - Elements to a mycological inventory of the "Saut
Pararé^ (Arataye) and “Inselberg des Nouragues” surroundings
(French Guyana). I. Introduction. II. Hygrophoraceae (In French). … 181
M.N. BLANCO, K. HJORTSTAM, J.L. MANJON y G. MORENO -
Mycological studies from Monfragüe Natural Park (Extremadura,
Spain) III. Aphyllophorales (In Spanish) - Е
P. PAPON, L. SIMON et C. CAYE-VAUGIEN - Aureobasidium
pullulans: morphologic, metabolic and energetic assessment (In French) 227
A. REGRAGUI, H. LAHLOU et H. ZAID - Cross protection in
tomato against Verticillium albo-atrum, microsclerotical form.
217
Physiological consequences of the phenomenon (In French). .... 243
M.L. BOUILLANT, P. GROUT, J. BERNILLON, J. FAVRE-
BONVIN, N. SALIN et N. ARPIN - Biosynthesis of melanin in
Sordaria macrospora (In French). . 257
АЛЛ. ABDEL-HAFEZ, M.B. MAZEN and AA. GALAL -
Keratinophilic and cycloheximide resistant fungi in soils of Sinai
Governorate, Egypt ... 265
Source : MNHN, Paris
CRYPTOGAMIE
MYCOLOGIE
TOME 10 Fascicule 3 1989
Ancienne Revue de Mycologie. Dirigée par Roger HEIM
DIRECTEUR SCIENTIFIQUE : Madame J. NICOT
SECRÉTAIRE DE RÉDACTION : Mme M.C. BOISSELIER. ÉDITEUR : A.D.A.C
Publié avec le concours du Muséum National d'Histoire Naturelle
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE est indexé par : Biological Abstracts, Current Contents,
Publications bibliographiques du CDST (Pascal)
© Copyright 1989. Cryptogamie Mycologie
Bibliotheque Centrale Muséum
ADA UI l
3 3001 0023688$c0- MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
Cryptogamie, Mycol. 1989, 10 (3): 181-216 181
ELEMENTS POUR UN INVENTAIRE MYCOLOGIQU
DES ENVIRONS DU SAUT PARARE (ARATAYE)
ET DE L'INSELBERG DES NOURAGUES
(GUYANE FRANCAISE).
I. INTRODUCTION. II. HYGROPHORACEAE
Régis COURTECUISSE
Laboratoire de Botanique et de Mycologie, Fac. de Pharmacie
rue du Prof. Laguesse, F-59045 Lille Cedex.
RÉSUMÉ - Après une présentation générale du secteur étudié dans le cadre d'une mission
organisée par le Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris en Guyane francaise, l'au-
teur décrit et figure les récoltes d' Hygrophoraceae qu'il y a effectuées. Quatre espèces sont
présentées comme nouvelles; Hysrocybe lilacinella, H. guyanensis, H. nouraguensis et Н.
chellocystidiata, Trois nouvelles combinaisons sont introduites: Hygrocybe purpureofolia
(Bigelow) n.c., H. troyana (Murrill) n.c. et H. mephitica (Peck. п.с.
ABSTRACT - After a general outline of the area studied during a mission organized by the
Muséum d'Histoire Naturelle of Paris in French Guiana, the author describes and Jus.
Tes the collections of Hygrophoraceae he made there. Four species are proposed as new:
Hysrocybe lilacinella, H. guyanensis, H. nouraguensis and H. cheilocystidiata. Three new
combinations are introduced: Hygrocybe purpureofolia (Bigelow) n.c., H. troyana (Murrill)
ne. and М. mephitica (Peck) n.c.
MOTS CLÉS : Guyane Française, mycoflore, Hygrophoraceae, Hygroaster, Hygrocybe.
I. INTRODUCTION
A l'occasion d'une mission organisée par le Muséum National d'Histoire Na-
turelle en Guyane francaise, nous avons. séjourné 4 semaines (du 13 février au 13
mars 1988) au coeur de la forêt guyanaise et y avons fait d'abondantes récoltes
fongiques. Nous nous proposons, aprés une présentation de la région visitée et
quelques généralités sur les récoltes effectuées, de décrire notre matériel, par
groupe taxonomique, mais sans ordre systématique, au fur et à mesure de
l'avancement du dépouillement et de la détermination des échantillons.
Source : MNHN, Paris
182 R. COURTECUISSE
La Guyane Française et la forêt guyanaise
Le massif des Guyanes constitue une vaste entité phytogéographique et natu-
relle, couvrant environ un million de km?. Cette entité regroupe non seulement
les trois Guyanes (Guyana, ex Guyane britannique, Surinam, ancienne Guyane
hollandaise et Guyane française), mais aussi une partie des territoires
vénézuëliens et brésiliens qui leur sont limitrophes (Carte 1). Les limites en sont
l'Orénoque à l'Ouest, l'Amazone et ses derniers affluents de la rive gauche au
Sud et l'Atlantique au Nord et a l'Est.
Bien que certains auteurs englobent ce massif dans l'hylaea amazonienne, plu-
sieurs particularités séparent le massif guyanais du bassin de l'Amazone. La fo-
rét amazonienne se situe dans une vaste depression horizontale alors que le mas-
sif guyanais repose sur un ancien bouclier primaire, le bouclier guyanais. Dans le
bassin de l'Ámazone, tous les cours d'eau convergent vers un fleuve géant, alors
que dans le massif des Guyanes (au moins dans les trois Guyanes adminis-
tratives), ils s’écoulent parallélement vers l'Atlantique. La flore de la province
guyanaise est particulière, trés riche et à endémisme relativement élevé. Cela est
du à l’histoire de la region, au cours des temps géologiques. En effet, une mer
épicontinentale précambrienne a séparé le bouclier guyanais du bouclier centro-
brésilien, conférant alors au premier un caractére d'insularité (ce qui représente
un facteur important d'endémisation bien que la grande ancienneté de ces
événements permette d'en modérer limportance); d'autre part, ce bouclier
guyanais a constitué un refuge forestier lors des épisodes secs du Pléistocène et
du post-Pléistocéne.
Actuellement le massif des Guyanes est couvert à 90% par la forêt dense.
C'est une forêt tropicale humide, sempervirente de type amazonien, haute (40 à
50m, avec des émergents), multstrate, à frondaison constituant un recouvrement
continu, à sous-bois peu fourni, sans tapis graminéen. Seulement 1 a 10% de la
OCEAN
ATLANTIQUE
COLOMBIE
EOVATEUR
BRESIL
Carte 1: situation du massif des Guyanes (ombré) et de la Guyane Francaise (fléche).
Source : MNHN, Paris
INVENTAIRE MYCOLOGIQUE EN GUYANE FRANCAISE. I. Il.
183
lumiére solaire parviennent au niveau du sol. Les lianes ligneuses hautes et les
épiphytes en constituent encore des éléments caractéristiques (Schnell, 1987).
La Guyane francaise, quant à elle, s'étend sur 91000km2. Elle est couverte à
98% par la forét dense. Ses limites naturelles sont l'Atlantique au Nord, le fleuve
Maroni à l'Ouest, le fleuve Oyapock à l'Est, et la ligne de partage des eaux au
Sud, cette dernière coïncidant avec la frontière brésilienne. Elle se situe entre 2 et
6° de latitude Nord et entre 52 et 55° de longitude Ouest. On estime qu'elle est
AYENNE
(Е 54°
[53°
(52°
Carte 2 (d'après Oldemann, 1974: 76): situation de la région visitée (flèche): * Inselberg des
Nouragues; * Saut Pararé sur l'Arataye.
Source : MNHN. Paris
184 R. COURTECUISSE
riche d'environ 8000 espèces de plantes vasculaires dont au moins S00 espéces
de grands arbres (De Granville, 1986). Cette diversité floristique fournit une
grande variété de substrats pour les champignons. Le climat actuel est de type
équatorial, humide et chaud, avec des précipitations moyennes variant de 2000 à
4000 mm an, des températures moyennes proches de 27-28°C, et des saisons peu
marquées, la saison sèche n'excédant pas 2 mois (Sept.-Oct.).
Le secteur de l'Arataye: Vinselberg des Nouragues et le Saut
Pararé
Le caractére physiographique principal du département repose sur la succes-
sion régulière de collines séparées par d'innombrables criques et cours d'eau
d'importance diverse, dont la monotonie est parfois interrompue par l'émergence
d'inselbergs (promontoires granitiques isolés). On rencontre fréquemment ce type
de formation dans le Sud et le Sud-Est du département et linselberg des
Nouragues (carte 2) se trouve relativement isolé au sein de la forêt dense. Il se
place dans un secteur auquel De Granville (1986) atribue une pluviométrie trés
Pieve: de 3500 à 8000 mm/an. Le Saut Pararé, situé sur la riviére Arataye, af-
fluent de l'Approuague, appartient au méme district.
Notre séjour en forét s'est déroulé en 2 étapes, la premiére de 9 jours, au
camp des Nouragues, la seconde de 21 jours au camp du saut Pararé. Ces 2 ba-
ses, installées sur le terrain el entretenues par le Muséum National d'Histoire
Naturelle, se situent approximativement à 100 km au Sud - Sud-Ouest de
Cayenne (carte 2), et sont distantes l'une de l’autre d'environ 6km. Si la forêt est
quasiment identique à proximité de ces 2 camps, la pluviométrie parait plus im-
portante aux pied de l'inselberg des Nouragues qu'au niveau du Saut Pararé, et
surtout plus régulière. En effet, pendant notre séjour, la ‘petite saison sèche” ou
“petit été de Mars”, ressentie sous la forme de 5 jours sans pluie le long de
VArataye (du 27.2 au 3.3), fut inexistante aux Nouragues.
Généralités sur les récoltes fongiques effectuées
687 échantillons ont été récoltés durant notre séjour en forêt guyanaise; nous
les avons décrits et desséchés sur place, les investigations microscopiques el les
déterminations précises étant actuellement en cours. Quelques informations suc-
cinctes peuvent d'ores et déjà étre données à propos de ces récoltes et de la flore
mycologique du secteur visité.
Les groupes taxonomiques dominants sont, parmi les Ascomycétes, les
Pyrénomycétes, spécialement les Xplariaceae, et parmi les Basidiomycetes les
Tricholomataceae, en particulier les genres Marasmius, Marasmiellus, Collybia et
Hydropus, et les Agaricaceae, surtout représentées par des membres des
Leucocoprineae et des Lepioteae. Parmi les autres groupes, notons une certaine
abondance d'Aphyllophorales ( Ganodermataceae, Polyporaceae et affines, et
Corticiaceae s.l.). Par contre, il faut souligner la rareté, voire l'absence (au moins
en ce qui concerne les champignons rencontrés lors de notre bref séjour) de
groupes tels que les Amanitaceae (4 échantillons), Cortinariaceae (4),
Russulaceae (5), Boletaceae (0), ces familles renfermant bon nombre de taxons
mycorrhiziques, effectifs ou potentiels. Ce phénomène est intéressant sur le plan
Source - MNHN. Paris
INVENTAIRE MYCOLOGIQUE EN GUYANE FRANÇAISE. I. Il. 185
de la biologie des champignons de cette zone forestière, les saprophytes domi-
nant trés largement le spectre biologique. De plus, nous n'avons vu que trés peu
de parasites. Il faut toutefois remarquer que cette estimation est faite d'après les
notes de terrain que nous avons réunies, la détermination précise des échantillons
étant seulement amorcée et environ 8% de nos récoltes n'étant, pour le moment,
attribuées à aucun groupe taxonomique précis.
Une autre caractéristique est la tendance trés nette des espéces charnues (la
majorité des Agaricales s.l. en particulier), à produire des carpophores solitaires.
Bien que cela soit moins affirme pour les espéces foliicoles ou ramulicoles, on est
parfois géné pour la description des échantillons récoltés et pour l'estimation de
la variabilité intraspécifique.
D'autre part, le probléme de la détermination des supports phanérogamiques
s'est révélé très délicat. La plupart des branches mortes ou des feuilles tombées
deviennent pratiquement anonymes dans cette région, où les espèces
phanérogamiques sont encore seulement partiellement connues, et où leurs
caractères spécifiques se trouvent souvent au-dessus de 30m de hauteur. Le
mélange complexe des essences n'autorise jamais une extrapolation entre
l'identité des arbres proches d'une récolte et celle des débris divers sur lesquels
elle est effectuée. Enfin, la putréfaction, assez rapide pour bon nombre de bois, et
l'activité très intense des termites ajoutent à la dégradation du matériel ligneux et
à la difficulté d'identification des supports des récoltes. Malgré la présence d'un
botaniste très expérimenté dans le domaine tropical (Dr. J.F. Villiers, M.N.H.N.,
Paris), on peut estimer que le substrat n'a été déterminé que pour seulement
20% de nos échantillons (au moins au niveau générique pour les supports
phanérogamiques, ce pourcentage incluant les individus venant sur la terre nue).
Sur le plan écophysiologique, on peut émettre une autre remarque à la suite
de ce séjour guyanais; les 3 jours “secs”, sans la moindre pluie, vécus au camp
de l'Arataye, ont été assez sévèrement ressentis à l'échelle fongique. En effet, un
certain nombre des espèces d'Agaricales s.l, d'Hétérobasidiomycètes et de
Discomycétes operculés, avaient complètement disparu au bout de 4 jours. Par
contre, le surlendemain du retour de la pluie, la situation était redevenue quasi-
ment normale. Pour confirmer l'influence, apparemment trés rapide, des pluies
sur les poussées fongiques, il serait intéressant de séjourner en forêt pendant une
période chevauchant la saison sèche (Sept.-Oct.) et la saison humide. De nou-
velles observations seraient également souhaitables pour confirmer l'impression
selon laquelle cette période relativement séche a été plus riche en
Hygrophoraceae, “lépiotes s.l.” et Pluteaceae.
II. HYGROPHORACEAE
Généralités
Seuls 2 membres de cette famille étaient connus en Guyane francaise. Heim.
(1967) a cité des récoltes de Hygrocybe firma (Berk. et Br.) Singer et de
“Hygrophorus (Hygrocybe) maroniensis” Heim, effectuées près du Maroni, au
Nord-Ouest du département. La seconde de ces espèces est de position
Source : MNHN, Paris
136 R. COURTECUISSE
taxonomique douteuse. Si nous n'avons pas retrouvé ces 2 laxons, nous avons
recueilli 16 échantillons appartenant à cette famille.
IL est remarquable de constater que 13 d'entre eux appartiennent à la section
pantropicale Firmae Heinemann du genre Hygrocybe, caractérisée par un
dimorphisme des basides et des spores. Cette section semble donc largement
représentée en Guyane française ( H. firma, cité par Heim en est le type). Les 3
autres récoltes se répartissent entre le genre Hygroaster (1 espèce) et d'autres sec-
tions du genre Hygrocybe (2 espèces).
Sept de ces récoltes appartiennent à des espèces connues: Hygroaster
nodulisporus (Dennis) Singer (1 échantillon), Hygrocybe hypohaemacta (Corner)
Pegler (1), Hygroepbe occidentalis (Dennis) Pegler (1), Hygrocybe siparia (Berk.)
Singer (3), Hygrocybe subflavida (Murrill) Pegler (1). Quatre autres récoltes sem-
blent proches de F. occidentalis, mais de légères differences, insuffisantes pour
les individualiser, nous empêchent de les attribuer avec certitude à ce taxon. Un
échantillon, appartenant vraisemblablement à une espèce non décrite, était mal-
heureusement incomplétement mür et, pour cette raison, ne peut étre présente
comme nouveau. Par contre nous introduisons 4 espéces nouvelles, 3 d'entre el-
les appartenant à la section Firmae: elles sont nettement caractérisées et ne cor-
respondent à aucun taxon connu: Hygrocybe cheilocystidiata Court. n.sp., H.
guyanensis Court. n.sp., H. lilacinella Court. n. sp., H. nouraguensis Court. n. sp.
La proportion élevée d'espèces nouvelles proposées dans cette famille (25*0)
est confirmée et même amplifiée par celle rencontrée dans certains autres grou-
pes taxonomiques (dépouillement en cours). Elle s'explique par le fait que la
Guyane française n'a pas été explorée à grande échelle, sur le plan des
Agaricales, depuis plus d'un siécle (rappelons que l'ouvrage "Cryptogamia
Guyanensis? de C. Montagne, date de 1854). De plus, le secteur de l'Arataye,
dans lequel nous nous trouvions, était rigoureusement vierge sur le plan des re-
cherches mycologiques publiées. Enfin, on peut penser que l'endémisme
phanérogamique du massif des Guyanes peut se retrouver au niveau du régne
fongique, l'existence de nombreux taxons non décrits étant hautement prévisible
dans cette zone.
Clé de détermination des espèces récoltées
la- Spores grossièrement épineuses à verruqueuses. Pileus brun à noirâtre … À
à d . 1. Hygroaster nodulisporus (Dennis) Singer
1b- Spores absolument lisses. Basidiocarpes de couleurs vives .. m
2a- (Ib) Basides et spores d'un seul type bien que parfois assez variables dans une méme
prëparation .............. 3
2b- Basides et spores dimorphes (de deux types). Hygrocybe sect. Firmae
3a- (2a) Lames citrin påle. Sp. 7-12 x 4,5-6,5um. ne S A
К К ЕГУ . 2 Hygrocybe subflavida (Murrill) Pegler
(10) x
3. Hygrocybe lilacinella Courtec.
5
3b- Lames à éclat bleu lilacin intense sur l'arête, mais à faces grises. Sp. 7-9,5
2-Sum .... Xi
4a- (2b) Pileus et stipe visqueux ..
4b- Pileus et stipe secs ou plus ou moins lubrifiés
Sa- (4a) Pileus rouge vif. Stipe rouge sous les lames, jaune en bas. Lames blanches
Ixocutis trés développé au niveau du chapeau et du stipe...
Source : MNHN, Paris
INVENTAIRE MYCOLOGIQUE EN GUYANE FRANÇAISE. L IL. 187
4, Hygrocybe hypohaemacta (Corner) Pegler
She Еш еш, {шше уа [айе огалре Өде jaune, qais rouse. vif jusieusousstes laren
Lames jaune d'oeuf. Pigment membranaire finement incrustant..
5. Hygrocybe guyanensis Courtec.
6a- (Ab) Lames blanches ou crème pale, Parfois faiblement colorées au fond des sinus.
Cuticule très sèche. 7
6b- Lames franchement colorées, au moins jaune à jaune-orangé. Cuticule de type va-
riable E к
Тас (6a) Lames arquées décurrentes. Cuticule finement squamuleuse, Stipe rouge ou
rangé au sommet. Macrospores x 7-9-(10)jm. Trichoderme à hyphes plus ou moins
couchées .. 11. Hygrocybe nouraguensis Courtec.
7b- Tames hautes, échancrées. Cuticule fortement veloutée à strigo-tomenteuse. Stipe
jaune pâle à orangé pâle, Macrospores x 6-7.5um. Trichoderme à hyphes dressées .
. 13. Hygrocybe siparia (Berk.) Singer
Ba- (6b) Arete fertile où cellules stériles peu evidentes . .9
8b- Aréte stérile ou présence de bouquets évidents de poils marginaux articulés . 13
9a- (8a)Stipe creux à cortex mince. Pileus parfois perforé ... 10
9b- Stipe seulement fistuleux ou presque plein ....... 12
10a - (9a) Pileus jusqu’a Sem de diamêtre, perforé, rouge-orangé.........
^ 6. Hygrocybe occidentalis (Dennis) Pegler
" 11
(9)um. Sous-hyménium subcelluleux.
10b - Pileus non perforé, souvent plus petit
lla- (10b) Macrospores étroites, 11-15-(16) x 6-
Stipe jaune-citrin pale. Lames orange saumoné
? 6 10. Hygrocybe taxon 4
11b - Macrospores trapues, 10-12 x 6,5-9um. Sous-hyménium filamenteux. Stipe fusoide
orangé et jaune, Lames à arête vermilon, jaune-orangé dans le fond …
2 ? 7. Hygrocybe taxon 1
ПЛ Букш ашса р Ми C ete lee man te ma
Chair blanchâtre au centre du chapeau . Ne .. 8. Hygrocybe taxon 2
12b - Pileus rouge-orangé, Marginelle jaune vif non excedente, Lames jaune-orangé à aréte
jaune pale. Chair rouge-orangé vif au centre du chapeau.
4 79. Hygrocybe taxon 3
13a- (8b) Lames decurrentes. Macrospores 14-17 x 7-8um. Poils marginaux articulés
20-25 x 4-8 um. Aréte des lames jaune. sc jaune pale en bas.
p ‘ 14. Hygrocybe taxon 5
13b- Lames profondément échancrées. Macrospores 12-15 x 6,5-8,5um. Poils marginaux
articulés, 30-70 x 5-15um. Couleur rouge-orangé vif presque uniforme .
. 12. Hygrocybe chellocystidiata Courtec.
Description des espèces
1. Hygroaster nodulisporus (Dennis) Singer, Sydowia 9: 370, 1955.
= Hygrophorus nodulisporus Dennis, Kew Bull. 8: 259, 1953.
= Omphalina nodulispora (Dennis) Kühner, Bull. Soc. Linn. Lyon 49: 418,
1980.
Description macroscopique (Fig. 1): Pileus 28mm de diamètre, à centre
profondément creusé en entonnoir, à dépression prolongée par une cavité
caulinaire, 4 marge bossue. Couleur brun foncé à stries radiales noires. Marge
Source - MNHN Paris
188 R. COURTECUISSE
irrégulière, largement et obtusément dentelée. Cuticule plutôt mate, vaguement
ruguleuse sous la loupe.
Lames très espacées hautes, relativement épaisses, avec lamelles et lamellules
beaucoup plus basses, de forme très légèrement arquée à pentue, adnées, à aréte
entière, épaisse et concolore. Couleur blanchátre.
Süpe 23 x 4-6mm, fragile, creux à caverneux, cylindracé bosselé, légérement
atténué vers le bas, gris assez foncé, plus pale en bas, glabre et poli.
Chair bistre, lacuneuse, fragile et mince. Odeur nulle.
- Description microscopique: Spores (Fig. 2) 6-8 x 5-7 um (sans les ornemen-
tations), grossiérement globuleuses ou courtement elliptiques, garnies de grosses
épines ou verrues obtuses, parfois bifides, jusqu'à 2um de haut (diamètre global
jusqu'à 11m); non amyloides.
Basides (Fig. 3) 4-sporiques, de grande taille, 45-60 x 2-l4um sans les
stérigmates qui peuvent atteindre 134m; cylindroclavées, à contenu plus ou
moins nuageux à vacuolise. Basidioles nombreuses.
— 4
Fig. 1-4: Hygroaster nodulisporus (Dennis) Singer. 1: basidiocarpe, coupe et configuration
de I'hymenophore; 2: spores; 3: basides, basidioles et sous-hyménium; 4: suprapellis.
Source : MNHN. Paris
INVENTAIRE MYCOLOGIQUE EN GUYANE FRANCAISE. I. II. 189
Cystides nulles.
Sous-hyménium (Fig. 3) en piéces de puzzle assez grossiéres et larges. Trame
plutót réguliére, subparalléle, légérement divergente vers l'hyménium, à hyphes x
2-11 um. Laticiféres non observés.
Pileipellis = cutis (Fig. 4) à éléments parallèles, assez courts, x 3-20um, parfois
vaguement redressés en surface. Gélification assez faible. Pigment sans doute
membranaire lisse (?; nous n'avons pas retrouvé la pigmentation épimembranaire
indiquée par Horak, 1968).
Boucles nulles.
- Récoltes: environs du Camp des Nouragues; sur humus dans la forét dense;
le 15.2.88; Leg.: RC et J.F. Villiers, Det.: RC, n^ RC/GF88.043 (PC).
- Discussion: cette espèce semble assez variable macroscopiquement, quant à
la taille et à la coloration des basidiocarpes. Nos exemplaires, plutôt foncés, sem-
blent plus proches de la description originale, de Trinidad (Dennis, 1953), que de
celle de Pegler (1983), effectuée d'après des spécimens antillais (Guadeloupe et
Martinique). Les caractères microscopiques, quant à eux, sont très conformes.
Connu seulement des 3 régions sus-citées, Hygroaster nodulisporus est nouveau
pour la Guyane Frangaise.
"
Hygrocybe subflavida (Murrill) Pegler, Kew Bull. Add. Ser. 9: 58, 1983.
= Hydrocybe subflavida Murrill, Mycologia 3: 197, 1911.
= Hygrophorus subflavidus (Murill) Murrill, Mycologia 4: 332, 1912.
- Description macroscopique (Fig. 5): Pileus 36mm de diamétre, étalé avec
un mamclon central, sans doute conique dans la jeunesse, de couleur jaune
d'oeuf avec des zones plus orangées et le centre blanchátre. Marge lobée
festonnée, un peu retroussée, à peine denticulée, plus ou moins fissile. Cuticule
subglabre, à fibrilles apprimées. Disque plus ou moins tomento-fibrilleux, a
fibrilles apprimées blanches.
Lames assez peu espacées, avec lamelles et lamellules de toutes tailles, hautes,
trucs, profondément échancrées sublibres. Arête entière, concolore. Couleur
citrin pâle.
Stipe 32 x S-6mm, un peu fistuleux fibreux, cylindracé à trés vaguement
fusiforme, jaune-citrin au sommet pálissant à jaune d'oeuf påle puis blanchâtre
vers la base. Surface fibrilleuse.
Chair jaune-orangé sous la cuticule, grisátre au centre du chapeau, blanchátre à
peine jaunátre dans le stipe (seulement au sommet). Odeur nulle. Saveur non
testée.
- Description microscopique: Spores (Fig. 6) 7-12 x 4,5-6,Sum, largement el-
liptiques à cylindracées subphaséolées, trés polymorphes et de taille assez va-
ble dans une méme préparation.
ides (Fig. 7) 30-50 x 2-11um, 4-sporiques, clavées mais assez variables, cer-
nes étant plus nettement stipitées ou capitées que d'autres.
Cystides nulles. Aréte fertile.
Sous-hyménium finement emmélé. Trame réguliére à hyphes x 3-12um, en fu-
Seau ventru en profondeur, parfois subémergentes au niveau de l'hyménium (Fig.
8). Laticiféres non observés.
Source - MNHN. Paris
190 R. COURTECUISSE
Cuticule (Fig. 9): suprapellis en cutis à hyphes trés gréles, réguliéres, x 3-104m.
Mediopellis à hyphes plus épaisses, banales. Pigment membranaire léger, trés fi-
nement incrustant.
Boucles abondantes dans toutes les parties du basidiocarpe.
- Récoltes: environs du Saut Pararé (Arataye); sur terre nue en forêt dense
humide; le 2.3.1988; Leg. et Det. RC, n? RC/GF88.437 (PC).
- Discussion: par sa trame réguliére et son chapeau conique, cette espèce en-
ans la section Hygrocybe du sous-genre Hygrocybe. Elle est de détermination
et notre exemplaire correspond de manière satisfaisante aux descriptions
récentes. Dans le domaine néotropical, elle est connue d'Antigua, de la
Jamaique, de la Martinique et de Trinidad (Pegler, 1983: 60). Elle est nouvelle
pour la Guyane française. Hesler & Smith (1963: 119) en signalent une récolte
e
Fig. 5-9: Hygrocybe subflavida (Murrill) Pegler. 5: basidiocarpe et coupe; 6: spores; 7
basides; 8: hyphes tramaires émergentes; 9: suprapellis.
Source : MNHN, Paris
INVENTAIRE MYCOLOGIQUE EN GUYANE FRANÇAISE. I. IL. 191
du Michigan aux USA. Celle-ci demanderait sans doute confirmation, étant
donné l'éloignement des autres échantillons connus.
3. Hygrocybe lilacinella Courtec. nov. sp.
Species incertae sedis, probabiliter inscribenda in subgenus Pseudohygrocybe
sectio Coccineae.
Pileus 12mm latus, conico-convexus, in umbone aurantiacus, in disco sordide.
ochraceo-luteus et margine luteolo. Cuticula glabra, radialiter crispula.
Lamellae tenues, cum lamellis in sinu valde anastomosantibus, griseae sed acie
fulgenter lilacino-caerulea, sinuatae subdecurrentes, omnes in unum stipitis halo
aequaliter adnexae. Stipes 15 x 1,5-2mm, cylindro-fusiformis, ad apicem
sordidulo-aurantiacus, infra luteus vel ad basim albescens, fistulosus, leviter in
longitudinem rugulosus. Stipitis caro fere subalba.
Sporae 7-9,5-(10) x 3-Sum, cylindro-ellipticae, potius elongatae. Basidia
45-60 x 2-l0um, cylindro-clavata, 4-sporica. Cystidia nulla. Lamellarum acies
fertilis. Sub-hymenium spissum. Trama subregularis, leviter prope hymenium
divergens, gelificata in mediostrato. Cuticula subtrichodermica, hyphis х 2-10ит
cum aliquot cellulis inflatis. Stipiticutis hyphis spissis vel difformibus. Fibulae
adsunt, saepe sat crassae.
Typus: circa Nouragues montes (in Guyana Gallica) lectus, in terra nuda sub
fruticibus in silva densa. 20.02.1988. Leg.: RC, n RC/GF88.168 (PC).
- Description macroscopique (Fig. 10): Pileus 12mm de diamétre, conico-
convexe, orangé au niveau du mamelon, ocre-jaune sale autour, plus jaunátre à
la marge qui est fine, un peu récurvée, entiére á plus ou moins denticulée, un peu
striée par transparence. Cuticule glabre, un peu brillante, ridulée radialement.
Lames basses à très basses, épaisses, avec lamelles fortement anastomosées
crispées dans le fond, grises s sur les faces, mais à éclat bleu-lilas intense sur l'aré-
te, sinuées, subdécurrentes à adnées, arrivant toutes au même niveau sur un cer-
ne du stipe, a aréte irréguliérement érodée.
Stipe 15 x 1,5-2mm, fistuleux, cylindro-fusiforme, orange terne en haut, jaune en
bas, trés pale à blanchâtre à l'extrême base, nu, un peu ridulé en long.
Chair concolore en surface, mais presque blanchátre dans le stipe. Odeur nulle et
saveur non testée.
- Description microscopique: Spores (Fig. 11) 7-9,5-(10) x 3-5um cylindro-
elliptiques, de silhouette assez variable, mais en règle générale, allongée.
Basides (Fig. 12) 45-60 x 2-10um, cylindro-clavées assez allongées, 4-sporiques,
à contenu vacuolisé. Basidioles nombreuses, cylindro-clavées.
Cystides nulles. Aréte fertile.
Sous-hyménium (Fig. 12) épais à éléments cylindro-tortueux, plus ou moins
ramifiés et bouclés. Trame plus ou moins réguliére, un peu divergente vers
Vhymenium, gélifiée congophobe en profondeur. Laticiféres non observés.
Cuticule (Fig. 13) subtrichodermique avec une tendance vers le cutis banal par
endroits à hyphes x 2-10um et avec quelques éléments renflés, non gélifiée ou à
peine. Pigment trés discret, mais légérement incrustant ponctué sur quelques
hyphes.
Source : MNHN, Paris
192 R. COURTECUISSE
Fig. 10-14: Hygrocybe lilacinella Courtec. 10: basidiocarpe, coupe et configuration de
l'hÿménophore; 11: spores: 12: basides et sous-hyménium; 13: suprapellis; 14: revé-
tement du stipe.
Revêtement du stipe irrégulier, formé d'hyphes plus ou moins épaissies à diffor-
mes (Fig. 14) avec parfois des boucles énormes.
Boucles constantes et généralement assez volumineuses.
- Récolte: environs du Camp des Nouragues; sur terre presque nue, au pied
d'un arbuste dans la forêt dense (1 seul exemplaire); le 20.2.88; Leg. et Det: RC,
n? RC/GF88.168 (PC).
- Discussion: cette espéce semble occuper une place à part dans le genre
Hygrocybe. Par son aspect macroscopique, elle évoque la section Hygrocybe,
mais sa trame à hyphes non trés allongées ni fusiformes et légérement diver-
gentes vers l'hyménium, de méme que sa cuticule sub-trichodermique, l'en
éloignent très nettement. Sa place serait plutôt au sein du sous-genre
Pseudohygrocybe Bon dans lequel on peut penser aux sections Puniceae Fayod
ou Coccineae Fayod. Notre taxon semblerait plutôt proche des Coccineae par
ses lames décurrentes, sa cuticule non gélifiée, sans que cette solution nous satis-
fasse entièrement. D'après Pegler (1983: 61), les Puniceae sont absents de la
mycoflore des Petites Antilles, ce qui, sur le plan mycogéographique, pourrait
apporter un argument supplémentaire en faveur des Coccineae.
Source : MNHN, Paris
INVENTAIRE MYCOLOGIQUE EN GUYANE FRANÇAISE. L. IL. 193
La couleur des lames est un autre caractère remarquable de ce champignon.
Les Hygrocybe à lamelles de teinte plus ou moins violacée sont très peu nom
breux: on trouve dans la littérature Hygrocybe purpureofolia (Bigelow) Courtec.
nov. comb. (Basionyme = Hygrophorus purpureofolius Bigelow in Bigelow &
Barr, Rhodora 62: 190, 1960), Hygrocybe troyana (Murrill) Court. nov. comb.
(Basionyme = Hydrocybe troyana Murrill, Mycologia 4: 332, 1911), Hygrocybe
mephitica (Peck) Courtec. nov. comb. (Basionyme = Hygrophorus mephiticus
Peck, Bull. Torrey Bot. Club 33: 213, 1906) et Hygrocybe lilaceolamellata
(Stevenson) Horak. H. purpureofolia semble appartenir à la section: Coccinea
par ses hyphes cuticulaires fines peu gélifiées (Hesler & Smith, 1963: 143). Il se
distingue de notre taxon par sa couleur plus brun rougeátre dans la jeunesse, sa
stature souvent plus robuste, ses lames hautes, ses spores plus longues et a sil-
houette moins étroite. Il a été décrit du Massachussets aux USA. HH. tropana, de
la Jamaïque et de Trinidad, est classé par Hesler & Smith (1963: 180) dans les
Coccinei, cette coupure étant considérée au rang de “serie” et regroupant des
espéces trés diverses (Hygrotrama, Hygrocybe sect. Firmae et sect. Coccineae).
C'est probablement dans cette dernière section qu'il doit également être placé. Il
se distingue de H. lilacinella par ses couleurs plus ferrugineuses, ses lames hau-
tes, par la rareté des boucles, voire leur absence au niveau des lames et par ses
spores ellipsoides subétranglées. C'est sans doute l'espéce la plus proche de notre
taxon guyanais. H. mephitica est originaire du Massachussets, sphagnicole,
odorant et présente des lames gris-violacé á gris-pourpre, larges. Ses spores sont
beaucoup plus grandes que celles mesurées sur nos échantillons. Enfin, H.
lilaceolamellata, de Nouvelle-Zélande est une espèce moyenne au stipe trapu
que son auteur (Stevenson, 1962: 378) a rangé dans le groupe de H. tristis (sect.
Tristes Bat). Sa stature, sa cuticule devenant cotonneuse, ses lames lilacines à
teintes jaunes et ses spores plus grandes l'écartent de notre description de H.
lilacinella.
Aucun de ces hygrophores ne correspond de maniére satisfaisante á notre
espèce, et nous la proposons donc comme nouvelle.
4. Hygrocybe hypohaemacta (Corner) Pegler in Pegler & Fiard Kew Bull. 32:
299, 1978.
= Hygrophorus hypohaemactus Corner, Trans. Brit. Mycol. Soc. 20: 180,
1936.
- Description macroscopique (Fig. 15): Pileus 10-20mm de diamètre,
hémisphérique à irrégulièrement convexe, rouge vif avec une pastille plus sombre
au disque, ct a marginelle jaune, parfois décoloré en orange par places. Marge
Striée, irrégulière, denticulée à festonnée. Cuticule nettement visqueuse.
Lames épaisses, assez serrées avec lamellules, ventrues, ascendantes, sublibres,
blanches. Aréte irréguliére concolore.
Stipe visqueux, 20-30 x 2-3mm, à peine fistuleux, cylindracé à comprimé en long.
Couleur rouge vif juste sous les lames, mais pâlissant vite en orange rougeátre
puis jaune, puis hyalin jaunatre a la base.
Chair mince dans le chapeau, concolore aux surfaces. Odeur nulle et saveur non
testée.
; Description microscopique: Spores (Fig. 16) dimorphes. Macrospores 7-12
X 5-7um, courtement elliptiques, parfois presque subglobuleuses, à contenu
Source : MNHN, Paris
194
R. COURTECUISSE
ner) Pegler. 15: basidiocarpes et coupe; 16:
Fig. 15-20: Hygrocybe hypohaemacta (Cor
macro- et microbasides, dont une isolée; 18:
macro- et microspores 17: hyménium avec
poils marginaux; 19: suprapellis; 20: revêtement du stipe.
Source : MNHN, Paris
FAIRE MYCOLOGIQUE EN GUYANE FRANÇAISE. L. IL. 195
guttulé vacuoli Microspores 4,5-6,5 x 3,5-4um plus ou moins courtement el-
liptiques, de silhouette plus étirée que les macrospores.
Basides (Fig. 17) 4-sporiques, dimorphes. Macrobasides 30-45 x 6-13um, tra-
pues, cylindro-clavées. Microbasides 18-22 x 2-4um, légèrement clavees.
Pleurocystides nulles. Cheilocystides peu différenciées, mais présence de cellules
stériles clavées à difformes tortueuses (Fig. 18), jusqu'à 30 x 7um.
Sous-hyménium (Fig. 17) filamenteux à hyphes fines x l-3um. Trame
subrégulière à hyphes x 5-25-(30)um.
Laticiféres nombreux dans la trame des lames, jusqu'à x 15-(25)um.
Cuticule (Fig. 19): suprapellis = ixocutis à hyphes fines x 2-5um, engluées dans
un mucus abondant. Mediopellis filamenteux à hyphes plus épaisses. Pigment
non observé.
Caulocutis (Fig. 20) en ixocutis filamenteux, à hyphes tortueuses ramifiées
noduleuses, moins gélifié que le pileipellis.
Boucles abondantes dans toutes les parties du carpophore.
- Récolte: environs du Saut Pararé (Arataye); humus et feuilles mortes dans la
forét dense, prés d'une clairiére artificielle; le 3.03.88; Leg. et Det. RC, n°
RC GF88.465 (PC).
- Discussion: premier des Hygrocybe de la section Firmae que nous décrirons,
ce champignon est bien connu dans la zone néotropicale grace aux travaux de
Pegler & Fiard (1978: 299), Pegler (1983: 66), Dennis (1970: 17) et il a été ma-
gnifiquement illustré par ces auteurs. L'espèce est nouvelle pour la Guyane
française et a été signalée au Vénézuela et en Martinique. Elle se trouve
également a Puerto Rico (D.J. Lodge, in litt.) et en Asie tropicale (Singapour).
Hongo (1980: 150) a décrit du Japon une var. boninensis (Hongo) Hongo (1982:
91), qui diffère essentiellement du type, d'après son auteur, par ses lamelles
colorées, rougeâtres à orangées et ses spores légèrement plus grandes. Pourtant,
au vu des schémas des microspores, en partie franchement globuleuses et surtout
de la cuticule, apparemment subtrichodermique à subpalissadique, il est possible
que le taxon japonais soit distinct de H. hypohaemacta.
5. Hygrocybe guyanensis Courtec. nov. sp.
Species sectionis Firmae, cuticula viscosa, parva statura, colore luteo sed ad
stipitis apicem vivide rubro, pigmentoque leviter incrustanti conspicua.
Pileus 6mm latus, mediocriter convexus, hygr phanus, luteus, in centro pallide
luteus, striis peridiscalisque corona luteo-aurantiis. Margo pilei tenuis, striatus.
Cuticula glutinosa vel viscosa, Lamellae spissae, ventricosae vel sinuatae, ad
marginem pilei acutae, emarginatae-adnatae, vitellinae. Stipes 14 x Imm, glaber,
viscosus, cylindraceus, ad basim pallide luteus, sursum luteo-aurantiaco-rubeolus
et sub lamellis abrupto miniatus ( M. subminutula instar). Caro tenuis, in medio
pileo luteo, alibi superficiebus concolor.
Sporae dimorphae: macrosporae 12-14 x 7-8um, ellipticae; microsporae 5,5-7
x 4-Sum, ellipticae, subphaseoliformes vel sublacrimiformes. Basidia 4-sporica,
dimorpha: macrobasidia 38-45 x 5-l4um, late clavata; microbasidia 25-35 x
4-8um, cylindro-clavata. Cystidia nulla, sec interdum adsunt pili marginales 15-20
x 2-4um, cylindracei, sparsi. Subhymenium intricatum + gelificatum. Trama
subregularis, subgelificata, hyphis x 2-15um. Laticiferi in stipite praesentes. Caro
Source : MNHN, Paris
196
R. COURTECUISSE
21: basidiocarpe et coupe; 22: macro- et
Fig. 21-26: Hygrocybe guyanensis Courtec.
basides isolées; 24: microbaside
microspores; 23: aspect de l'hymenium avec deux macro!
et poils marginaux; 25: suprapellis; 26: revêtement du stipe.
sagitti- vel fusi-
vivide lutea s.l. Hymenium in Congo ammoniac ali acicularia,
eximiae
formia crystalla generans. — Epicutis gelificata, hyphis prostratis,
Source : MNHN, Paris
INVENTAIRE MYCOLOGIQUE EN GUYANE FRANCAISE. L. II. 197
magnitudinis, usque ad 100 x 2-lOum (ut H. conica). Pigmentum parietale
subtilissime zebrino-incrustans, passimque laeve.. Caulocutis hyphis superficialibus
x 2-7um, gelificatis. Fibulae numerosae adsunt.
Typus: circa "Saut Pararé' (Arataye; in Guyana Gallica) lectus, in terra
nuda, sub quadam radice in silva densa. 1.03.1988. Leg. RC, n° RC/GF88.399
(PC).
- Description macroscopique (Fig. 21): Pileus 6mm de diamétre, bassement
convexe, hygrophane, jaune á centre jaune pále avec des stries et une couronne
péridiscale jaune-orangé. Marge fine, entière striée. Cuticule collante à
visqueuse, glabre avec quelques touches radiales plus páles par hygrophanéité.
Lames épaisses, assez espacées avec des lamelles irrégulières, légèrement
ventrues à sinuées, aiguës en avant, échancrées-adnées, jaune d'oeuf, à arète
entière, concolore.
Stipe 14 x Imm, glabre, visqueux, cylindracé, jaune pâle en bas, jaune à orangé
rougeätre vers le sommet et brusquement rouge vermillon sous les lames ("effet
subminutula’), nu,
Chair fine, jaune au centre du chapeau, concolore aux surfaces ailleurs. Odeur
nulle et saveur non testée.
- Description microscopique: Spores (Fig. 22) dimorphes: macrospores 12-14
x 7-8um, elliptiques, à contenu nuageux guttulé; microspores 5,5-7 x 4-Sum, el-
liptiques subphaséol sublarmiformes.
Basides 4-sporiques (Fig. 23) dimorphes:
gement clavées, trapues à contenu vacuolisé; microbasides 25-
cylindro-clavees.
Pleurocystides nulles. Cheilocystides nulles, mais présence au niveau de l'aréte de
petits poils cylindracés 15-20 x 2-4um épars (Fig. 24).
Sous-hyménium (Fig. 23) emmélé, plus ou moins gélifié. Trame subréguliére,
subgélifice, á hyphes x 2-15-(25)um.
Laticiféres nuls dans les lames ou trés rares, présents dans le stipe.
Chair jaune vif sous le microscope dans les zones épaisses des préparations.
Hyménium developpant dans le congo ammoniacal des cristaux aciculaires,
sagittés ou fusiformes.
Cuticule (Fig. 25): suprapellis gélifié a hyphes couchées de grande taille, jusqu'à
100 x 2-10um, (évoquant le type cuticulaire du groupe H. conica), Mediopellis à
hyphes plus courtes et plus épaisses, jusqu'à x 25um. Pigment membranaire trés
finement incrustant zébrant et membranaire lisse par endroits.
aulocutis (Fig. 26) á hyphes de surface x 2-7um, plus ou moins dressées, peu
gclifiées. Pigment membranaire inerustant zébrant très fin mais évident sur les
hyphes sous-jacentes jusqu'à la base des poils. Chair caulinaire à hyphes
parallèles, jaune vif sous le microscope.
Boucles abondantes dans toutes les parties du carpophore.
macrobasides 38-45 x 5-1dum lar-
5 x 48um,
- Récoltes: environ du Saut Pararé (Arataye); terre nue sous une racine dans
la forét dense; le 1.03.88; Leg: RC, n°RC/GF88.399 (PC).
= Discussion: cette espèce, que nous pensions assez affine 4 H. subminutula
(Murrill) Pegler, en raison du remarquable caractère “de terrain” commun (stipe
rouge vif au sommet, contrastant avec la pâleur relative des lames), s'est révélée
appartenir à la section Firmae. Si l'on admet que A. hypohaemacta var.
Source : MNHN, Paris
198 R. COURTECUISSE
boninensis (Hongo) Hongo n'est pas spécifiquement distinet du type de cette
espèce, il n'y a qu'un Hygrocybe de la section Firmae ayant les revêtements
visqueux ou franchement glutineux, comme c’est le cas pour notre récolte.
Aucun autre taxon ne peut être assimilé à cette espèce dont les caractères re-
marquables sont: petite taille, couleur entièrement jaune, sauf au sommet du
stipe, cuticule en ixocutis á hyphes de “type conica”, à pigment membranaire in-
crustant léger, chair jaune vif sous le microscope, presence de cristaux se
développant dans l'ammoniaque.
6. Hygrocybe occidentalis (Dennis) Pegler in Pegler & Fiard, Kew Bull. 32: 310,
1978.
= Hygrophorus firmus var. occidentalis Dennis, Kew Bull. 8: 267, 1953.
- Description macroscopique (Fig. 27): Pileus 50mm de diamètre, convexe,
perforé au centre, rouge-orangé avec le disque plus jaune-orangé. Marge
denticulée, fine, fissile. Cuticule ridulée radialement, striée plus ou moins
cannelée et un peu flammée de rouge-orangé.
Lames épaisses espacées, avec lamelles et lamellules irréguliéres, ventrues, hau-
tes, émarginées assez profondément, saumon foncé (couleur évoquant celle des
lames de H. conicoides (Orton) Orton et Walling) avec l'aréte jaune-orangé,
érodéc-denticulée.
Stipe 90 x 8-12mm, entièrement creux, la cavité ouverte à la surface du chapeau,
cylindracé, plus ou moins coudé en bas et pincé-comprimé vers le tiers inférieur.
Base un peu cabossée. Couleur jaune assez foncé en haut, pàle à blanchátre en
bas. Surface mate, aspect un peu vitreux.
air orange dans le chapeau, jaune dans le stipe, plus pale en bas. Odeur nulle
et saveur non testée.
- Description microscopique: Spores (Fig. 28) dimorphes: macrospores
10-12,5 x 79um cylindro-elliptiques, parfois plus larges en avant, à contenu
vacuolisé ou marbré; microspores 5,5-7,8 x 3,5-5um courtement elliptico-
amygdaliformes trapues, parfois sublarmiformes, d'abord optiquement vides puis
un peu vacuolisées.
Basides 4-sporiques (Fig. 29) dimorphes. Macrobasides 40-55 x 3-10um, trapues,
clavées à contenu marbré réfringent; microbasides 30-35 x 2-8um, élancées, opti-
quement vides.
Pleurocystides nulles. Cheilocystides nulles, mais présence de poils cylindracés ou
clavés épars (Fig. 30), 25-40 x 3-Bum, bouclés.
Sous-hyménium (Fig. 29) formé de cellules allongées ramifiées. Trame parallèle à
plus où moins régulière, à hyphes jusqu'à x 25um Laticifères présents dans la
trame, jusqu'à x 5-Sum, plus abondants dans la cuticule.
Cuticule (Fig. 31): suprapellis en cutis banal, peu differencié a hyphes x 2-12um.
Subcutis à hyphes plus épaisses, jusqu'à x 25m. Pigment intracellulaire.
Boucles parfois subansiformes (Fig. 29), abondantes dans les lames, plus rares
dans la cuticule.
- Récolte: environs du camp des Nouragues; sur humus dans la forét dense; le
15.02.88; Leg. et Det: RC, n° RC/GF88.045 (PC).
- Discussion: cette récolte correspond de manière très satisfaisante au concept
d' H. occidentalis détaillé par Pegler & Fiard (1978: 310) puis par Pegler (1983:
Source : MNHN. Paris
INVENTAIRE MYCOLOGIQUE EN GUYANE FRANCAISE. I. II. 199
Z \ СООО
T= 808
Л
|)
Fig. 27-31: Hygrocybe occidentalis (Dennis) Pegler. 27: basidiocarpe et coupe; 28: macro- et
microspores; 29: macro- et microbasides; 30: poils marginaux; 31: suprapellis.
76). Le chapeau perforé, les lames vivement colorées et la chair un peu vitreuse
aqueuse sont très caractéristiques. Ce taxon, signalé de Trinidad, Dominica, de
la Martinique et de la Guadeloupe, et présent à Puerto Rico (D.J. Lodge, in litt.)
est nouveau pour la mycoflore de Guyane française.
Source : MNHN, Paris
200 R. COURTECUISSE
Si la description ci-dessus est conforme à la "tradition" de /7. occidentalis,
nous avons également effectué 4 récoltes qui s'en approchent par certains
caractères, mais s'en éloignent par d'autres, sans toutefois en être suffisamment
distinctes, à notre avis, pour justifier leur séparation sur le plan taxonomique.
Nous donnons donc les descriptions de ces 4 numéros, sans leur attribuer de
nom pour le moment, en espérant que leur statut pourra être précisé dans l'ave-
nir.
7. Hygrocybe taxon 1 (ad H. occidentalis)
- Description macroscopique (Fig. 32): Pileus 32mm de diamètre, bassement
déprime au centre avec la marge bossue, flammé de vermillon, d'orange et de
jaune. Marge fine, entiére mais fissile. Cuticule fibrilleuse.
Lames très espacées avec lamelles, ventrues, subdécurrentes, rouge sang à
vermillon vers l’arête et jaune orangé dans le fond, à arête denticulée plus jauná-
tre.
Stipe 35 x 3-7mm, creux mais non perforé au sommet, un peu fusoide, pincé
sous les lames, orange jaunatre en haut puis jaune, puis pale a blanchatre ou gri-
satre a la base, nu.
Chair concolore aux surfaces, blanchatre dans le stipe.
Odeur nulle et saveur non testée.
- Description microscopique: Spores (Fig. 33) dimorphes: macrospores 10-12
x 6,5-9um, elliptiques à face ventrale souvent plus plane; microspores peu mûres
(cf. discussion plus bas), environ 7 x Sum, courtement elliptiques à
subglobuleuses.
Basides 4-sporiques (Fig. 34) dimorphes: macrobasides 50-60 x 2-12um, lar-
gement clavées à subcapitées, à grosses vacuoles dés la jeunesse; microbasides
50) x 2-4-(8)um, peu müres.
Pleurocystides nulles. Cheilocystides nulles, mais présence de quelques poils
cylindraces (Fig. 33) jusqu'à 40 x 4um, cylindro-tortueux épars.
Sous-hyménium (Fig. 34) emmelé à cellules tortueuses, quelques-unes renflées
irréguliérement. Trame un peu gélifiée et jaune sous le microscope, plus ou
moins régulière à hyphes fusiformes trés longues jusqu'à 150 x 25m. Laticifères
présents.
Cuticule (Fig. 36): suprapellis en cutis peu diflérencié à hyphes longues, atténuées
vers les extrémités. Mediopellis à hyphes jusque x 254m. Pigment non observé.
Boucles abondantes, surtout dans la trame et l'hyménium, plus rares dans la
cuticule, fréquemment subansiformes (Fig. 34).
- Récolte: environ du Saut Pararé (Arataye); au bord du saut Parare, dans
Vhumus, en forét dense; le 24.02.88; Leg.:RC, n^ RC/GF88.230 (PC).
- Discussion: cette récolte se rapproche de 7. occidentalis en ce sens que c'est
la seule espéce compatible dans les cles des Firmae disponibles (Pegler & Fiard,
1978; Pegler, 1983). Pourtant, elle semble en différer légérement par divers
caractéres: stipe non perforé, lames nettement discolores, bordées de rouge, tra-
me gélifiée et sous-hyménium remarquable.
De plus, ce champignon nous donne une première occasion de remarquer
que la maturation des spores, chez les Hygrocybe de la section Firmae semble
diachronique, entre les micro- et les macrospores, ces dernières atteignant leur
Source : MNHN, Paris
INVENTAIRE MYCOLOGIQUE EN GUYANE FRANCAISE. I. II. 201
Fig. 32-36: Hygrocybe taxon 1. 32: basidiocarpe et coupe; 33: macro et microspores; 34:
macrobasides, microbaside et aspect du sous-hyménium (SH) et de la trame (T) avec un
laticifére (L); 35: poils marginaux; 36: suprapellis.
maturité avant les microspores. Nous aurons de nouveau l'opportunité, plus loin,
de souligner ce phénomène. Pourtant, Dennis (1961: 68) signale (pour H.
Source : MNHN, Paris
202 R. COURTECUISSE
hypohaemacta) que, dans une sporée, la proportion de micro- et de macrospores
est identique.
8. Hygrocybe taxon 2 (ad H. occidentalis)
- Description macroscopique (Fig. 37): Pileus 18mm de diamètre, bassement
convexe à marge plus ou moins rabattue, orange terne à stries jaune-orange, et
centre jaunátre; marge fine, excédente, rabattue verticalement, plus ou moins
dentéc-appendiculée, striolée; cuticule fibrillo-soyeuse radialement.
Lames épaisses et espacées, ventrues, trés largement échancrées, adnées avec une
dent de décurrence, saumon-rougeátre foncé (vers H. conicoides), à aréte jauná-
tre épaisse un peu ondulée.
Stipe 43 x 2,5-3mm, fistuleux, mais non creux, cylindracé, jaune d'oeuf en haut,
puis plus pâle, et enfin citrin verdátre à la base, à peine pruineux en haut et
glabre, poli ailleurs.
Chair blanchatre au centre du chapeau et du stipe, concolore aux surfaces
ailleurs.
Odeur nulle et saveur non testée.
= Description microscopique: Spores (Fig. 38) dimorphes: macrospores
12-14,5 x (6)-7-8um, cylindro-elliptiques, parfois subphaséolées ou subétranglées,
parfois plus large en avant, 4 contenu plus ou moins vacuolisé; microspores 5-7
x 4-Sum d'abord subglobuleuses puis elliptiques, optiquement vides puis parfois
avec une vacuole.
Basides 4-sporiques (Fig. 39) dimorphes: macrobasides 40-50 x 3-12um, trapues,
largement clavées avec de grosses vacuoles; microbasides 25-35 x 2-Sum,
cylindro-clavées.
Pleurocystides nulles. Cheilocystides nulles et poils marginaux non observés; aré-
te moins différenciée que chez les deux numéros précédents.
Sous-hyménium (Fig. 39) plutót emmélé, à articles assez courts. Trame
subréguliére, à hyphes jusque x 204m, jaune sous le microscope, assez dense et
congophobe. Laticiferes présents.
Présence, au niveau de lhyménium, d'une matiére amorphe en guttules
réfringentes qui empatent les basides et génent l'observation.
Cuticule (Fig. 40): suprapellis filamenteux peu différencié, à hyphes x 3-8um.
Mediopellis 4 hyphes plus trapues, jusque x 504m.
Boucles présentes, plus abondantes dans l'hyménium, normales (pas de tendance
ansiforme).
- Récolte: environs du Saut Pararé (Arataye); parcelle Muséum n^$ dans un
humus mêlé à du bois en décomposition; le 27.02.88; Leg: RC, n°
RC/GF88.349 (PC).
- Discussion: les clés des Firmae nous mènent à nouveau à proximité de H.
occidentalis, mais l'échantillon décrit ci-dessus semble tout a fait aberrant par
rapport au type, par de nombreux caractères macroscopiques (stature gracile,
stipe non creux mais à peine fistuleux, couleur påle, marge excédente). Il diffère
également du précédent par la nature de son sous-hyménium, ses macrospores
plus grandes, son aréte fertile, la présence d'une matière hyméniale amorphe.
De nouvelles récoltes seront nécessaires pour préciser son originalité.
Source : MNHN. Paris
INVENTAIRE MYCOLOGIQUE EN GUYANE FRANGAISE. I. II. 203
NP s
60D
сае
Fig. 37-40: Hygrocybe taxon 2. 37: basidiocarpe et coupe; 38: macro- et microspores; 39:
Macro-, microbasides et sous-hymenium; 40: suprapellis.
9. Hygrocybe taxon 3 (ad H. occidentalis)
- Description macroscopique (Fig. 41): Pileus 22mm de diamètre, presque
plat à vague dépression discale et marge bossue, rouge-orangé à fibrilles innées
plus jaunes; marge irrégulière, marginelle jaune vif; cuticule un peu collante,
fibrilleuse radialement.
Lames assez fines, moyennement espacées avec lamelles et lamellules irrégulières,
ventrues, largement échancrées avec une dent de décurrence, jaune pale vers la
marge et jaune-orangé dans le fond; arête un peu irrégulière.
Source : MNHN, Paris
204 R. COURTECUISSE
Fig. 41-44: Hygrocybe taxon 3. 41: basidiocarpe et coupe; 42: macro- et microspores; 43:
hyménium et sous-hyménium avec deux macrobasides isolées; 44: suprapellis.
Stipe 30 х 2-3,5mm, un peu collant, avec une cavité triangulaire au sommet
(pointe en bas), cylindracé, atténué à la base, nu.
Chair concolore aux surfaces, Odeur nulle et saveur non testée.
- Description microscopique: Spores dimorphes (Fig. 42); macrospores 13-14
x 7-8um, cylindroelliptiques a contenu vacuolisé ou nuageux; microspores 5-6,5
x 4-4,5um elliptiques sublarmiformes ou plus ou moins cylindro-elliptiques, opti-
quement vides.
Basides 4-sporiques dimorphes (Fig. 43); macrobasides 40-55 x 3-15um, clavées
avec parfois une constriction médiane, avec de larges vacuoles ou a contenu
marbré nuageux; microbasides 28-35 x 3-8um, cylindro-clavées.
Pleurocystides nulles. Cheilocystides nulles et poils marginaux non observés.
Aréte homomorphe.
Source : MNHN, Paris
INVENTAIRE MYCOLOGIQUE EN GUYANE FRANÇAISE. L II 205
Sous-hyménium (Fig. 43) filamenteux emmélé. Trame subréguliére à hyphes x
3-20um, gélifiée en profondeur. Laticifères abondants dans la trame, la cuticule
et la chair.
Cuticule (Fig. 44): suprapellis en cutis peu différencié, à hyphes couchées x
3-13um. Mediopellis à hyphes x 10-25um. Pigment vacuolaire dominant, peut-
être accompagné d'un léger pigment membranaire lisse.
Boucles abondantes dans toutes les parties du carpophore.
- Récolte: environs du Saut Pararé (Arataye), terre nue dans la forêt dense; le
1.03.88; Leg.: RC, n° RC/GF88.408 (PC).
- Discussion: appartenant toujours au même groupe, cette récolte se distingue
de H. occidentalis type par sa petite taille, son stipe plein, ses lames assez fines et
serrées, et des 2 rècoltes précédentes par un ensemble de caractères macro- et
microscopiques (revêtement un peu collant, pigment vacuolaire plus abondant,
sous-hyménium, etc...) Comme elles, elle ne semble pas suffisamment
individualisée pour justifier une création d'espèce et devra être retrouvée pour
autoriser une conclusion définitive.
10. Hygrocybe taxon 4 (ad H. occidentalis)
Description macroscopique (Fig. 45): Pileus 34mm de diamètre, en
soucoupe sans mamelon, troue au centre, jaune-orangé a centre jaune, strié
d'orangé rougeátre; marge dentée fissile; cuticule un peu fibrilleuse radialement.
Lames espactes, épaisses avec lamelles et lamellules irréguliéres, ventrues, lar-
gement émarginées sublibres mais avec une dent de décurrence contre le stipe,
orange saumoné peu foncé (orange vu de face). Aréte un peu irrégulière, plus
claire. jaunâtre.
Stipe élancé, 70 x 3-4,5mm. creux, cylindracé, atténué à subradicant en bas, jau-
ne pâle uniforme à léger reflet citrin, glabre.
Chair jaune citrin, plus orangée dans le chapeau et un peu grise à l'extrême base
(détersion?). Odeur nulle et saveur non testée.
Description microscopique: Spores (Fig. 46) dimorphes: macrospores
11-13-(16) x 6-8-(9)um, cylindro-étranglées à subpyriformes, généralement
élargies en avant, A vacuoles ou a contenu pailleté nuageux; microspores
(5,5)-6-9 x 4-Sum, elliptiques a cylindro-elliptiques sublarmiformes, genéralement
assez trapues, optiquement vides ou avec 1 ou 2 petites vacuoles. Les
microspores sont moins mûres que les macrospores.
Basides (Fig. 47) 4-sporiques dimorphes: macrobasides 40-55 x 4-13um, lar-
gement clavées, vite collapsees; microbasides 30-40 x 3-9um cylindro-clavées à
Stérigmates allongés, jusqu'à 10um, jeunes ou immatures (à la différence des
macrobasides, agées).
Pleurocystides nulles. Cheilocystides nulles et poils marginaux non observés.
Sous-hyménium (Fig. 47) subcelluleux a éléments en pièces de puzzle, plus
emmélé en profondeur. Trame subréguliere à hyphes x 3-l8um. Laticiféres
présents mais rares dans la trame, et peu courants dans la cuticule.
Cuticule (Fig. 48): suprapellis en cutis peu différencie, à hyphes x 3-15um.
Mediopellis a hyphes jusque x 25um. Pigment faible, intracellulaire dominant.
Boucles abondantes dans toutes les parties du carpophore, sans tendance a étre
ansiformes.
Source : MNHN, Paris
206 R. COURTECUISSE
Wy
48
Fig. 45-48: Hygrocybe taxon 4. 45: basidiocarpe et coupe; 46: macro- et microspores; 47: 2
macrobasides et microbasides avec sous-hyménium; 48: suprapellis.
- Récolte: environs du Saut Pararé (Arataye); sur terre nue en forét dense; le
8.03.88; Leg.: RC, n° RC/GF88.438 (PC).
- Discussion: si cette récolte se rapproche de H. occidentalis par son stipe
creux subperforé, ses lames colorées, son stipe fragile à chair aqueuse, il s'en
éloigne, de même que des autres récoltes décrites précédemment, par la couleur
jaune pale, presque citrine de son stipe qui a tendance à grisonner vers la base,
Source : MNHN, Paris
INV
NTAIRE MYCOLOGIQUE EN GUYANE FRANÇAISE. I. II. 207
la morphologie de ses spores, principalement les macrospores, très grandes et de
silhouette “spéciale”, et par son sous-hyménium subcelluleux. Comme pour les
précédentes, une seule récolte ne suffit pas à isoler ce champignon dans un taxon
nouveau.
Remarquons, à nouveau, l'évidence de la maturation diachronique des
macro- et des microspores. Ici, les macrobasides sont déjà collapsées ou âgées,
alors que les microbasides sont encore jeunes et partiellement immatures.
11. Hygrocybe nouraguensis Courtec. nov. sp.
Species sectionis Firmae, inter H. trinitensem ( Dennis) Pegler et H. sipariam
( Berk.) Singer media.
Pileus 8mm latus, convexus, apice applanato, vivide ruber, hygrophanus, in
disco ad aurantio-luteum decolorans. Margo pilei minute denticulatus, striolatus.
Cuticula sicca, subtiliter et conferte squamulosa. Lamellae spissae, distantes,
arquatae, valde decurrentes, albae cum in simu pallide aurantiaco repercussu.
Stipes 27 x 1,5-2mm, cylindraceus, paulum flexuosum, tumulosus, vivide ruber,
deorsum subaurantiacus, sursum brevissime villosus, siccus. Caro in pileo vivide
rubra, hygrophana, siccitate pallide rubra, in stipite aurantiaca, ad basim albida.
Sporae dimorphae: macrosporae 12-13-(14) x 7-9-( 10) um. breviter ellipticae,
raro substrangulatae; microsporae 6-7,5 x 4-Sum, minus compactae, apiculo
prominenti. Basidia 4-sporica, dimorpha: macrobasidia 55-75 x 4-I5um, late
clavata; microbasidia 30-43-(33) x 2-Sum, cylindro-clavata. Cystidia nulla.
Subhymenium intricatum ex hyphis tortuosis. Trama subregularis. Suprapellis
subtrichodermica hyphis articulatis x 7-18um. Pigmentum probabiliter parietale,
laeve. Fibulae praesentes.
Typus: circa Nouragues montes (in Guyana Gallica) lectus, in fruticibus
Clusiae cum numerosis Bromeliaceis, in humo et fortasse ligneis frustulis insititius.
15.02.1988. Leg.: RC, n° RC/GF88.048 (PC).
- Description macroscopique (Fig. 49): Pileus 8mm de diamètre, convexe à
sommet aplati et marge un peu contractée, rouge vif, mais décolorant en jaune
orange par le sec (hygrophanéité) au disque; marge finement et obtusement
denticulée, striolée; cuticule finement et densement squamuleuse, sèche.
Lames épaisses et espacées avec quelques lamelles très courtes, arquées for-
tement décurrentes, blanches avec un très léger reflet orangé påle dans le fond;
arête entière,
Stipe 27 x 1,5-2mm, cylindracé, plus ou moins flexueux et assez irrégulier
(comprimé cabossé), rouge vif à faible nuance orangée au sommet, orangé en
bas, trés courtement villeux au sommet, mat, sec, un peu chagriné ailleurs.
Chair rouge vif dans le chapeau mais hygrophane, devenant rouge pale par le
sec, plus ou moins orangée dans le stipe, blanchätre en bas. Odeur nulle et sa-
veur non testée.
- Description microscopique: Spores (Fig. 50) dimorphes: macrospores
12-13-(14) x 7-9-(10)um courtement elliptiques, rarement subétranglées;
microspores 6-7,5 x 4-Sum, moins trapues en moyenne, elliptiques, à apicule
saillant.
Source : MNHN. Paris
208 R. COURTECUISSE
08800
0
9000
Fig. 49-52: Hygrocybe nouraguensis Courtec. 49: basidiocarpe et coupe; 50: macro et
microspores; 51: macro et microbasides avec un fragment de sous-hymenium; 52:
suprapellis.
Basides (Fi
gement cla
cylindrocla
Pleurocystides nulles. Cheilocystides nulles et poils marginaux absents.
Sous-hyménium (Fig. 51) à éléments courts, tortueux, bouclés. Trame régulière à
subrégulière. Laticifères non observés.
Cuticule (Fig. 52): suprapellis subtrichodermique à hyphes articulées en boudins
x 7-18um. Pigment vraisemblablement membranaire lisse.
Boucles abondantes dans toutes les parties du carpophore, amples, mais non
ansiformes.
51) 4-sporiques, dimorphes: macrobasides 55-7
s, avec de grandes vacuoles; microbasides 30-
x 4-15um, lar-
5) x 2-8um,
Source : MNHN, Paris
INVENTAIRE MYCOLOGIQUE EN GUYANE FRANGAISE. I. II. 209
- Récolte: environs de l'inselberg des Nouragues; savane-roche avec de nom-
breuses Bromeliaceae dans un fourré de Clusia, dans l'humus et trés proche, s
non greffé sur des débris ligneux; le 15.02.88; Leg.: RC, n° RC/GF88.048 (PC).
- Discussion: cette espéce est trés intéressante car elle semble intermédiaire en-
tre H. trinitensis (Dennis) Pegler et H. siparia (Berk.) Singer. Elle se rapproche
de la premiere par sa petite taille, sa teinte piléique rouge vermillon vif, ses lames
décurrentes. Par ces caracteres, elle évoque fortement la planche I, 11 de Dennis
(1970). Elle s'éloigne pourtant de cette espéce par ses lames trés blanches,
contrastant avec la couleur générale du basidiocarpe, mais aussi par ses
macrospores beaucoup plus trapues (Q vers 1,5 au lieu de 1,74 selon Pegler,
1983: 73), ses basides plus grandes, et surtout sa cuticule subtrichodermique a
éléments épais, un peu couchés ( H. trinitensis possède un culis indifférencié).
D'après Pegler (1983: 75), H. batistae Singer est également proche de H.
trinitensis et possède des basidiocarpes un peu plus grands (jusqu'à 20mm) et des
lames blanches. Les différences sporales et cuticulaires n'étant pas soulignées,
nous en déduisons que l'espèce de Singer ne se distingue pas de celle de Dennis
de ces points de vue et que notre taxon ne peut donc pas lui être attribué. Quant
à H. siparia, s'il possède bien un trichoderme très évident, ses spores ne sont pas
tout à fait aussi trapues, ses lames, en principe colorées, pas aussi décurrentes et
sa couleur est plus "spéciale", cramoisie ou framboise, non vermillon. Les exem-
plaires typiques de //. siparia que nous décrivons plus loin ne pouvaient pas être
confondus, sur le terrain, avec la présente récolte que nous proposons donc com-
me nouvelle.
12. Hygrocybe cheilocystidiata Courtec. nov. sp.
Species sectionis Firmae, coloribus persaturatis, lamellarum acie crassissima,
numerosis marginalibus pili atque tramae cuticulaque hypharum crassitudine faci-
Te distincta.
Pileus 14mm latus, convexus, scarletino-ruber, siccitate vivide aurantiaco-
us, radialiter fibrillosus. Margine paulum denticulato, haud striato. Cuticula
a. aliquantum fibrillosa. Lamellae spissae, distantes, horizontales vel sinuatae,
valde emarginatae, vivide aurantiaco-rubrae. Acies percrassa, erosa. Stipes 31 x
I-Smm, fistulosus, cylindraceus, supra vivide ruber, infra aurantiacus, ad basim
luteolus, glaber vel paulum fibro-caperatus. Caro tenuis, concolor.
Sporae dimorphae: macrosporae 12-15 x 6,5-8,5um, cylindro-ellipticae;
microsporae 6,5-8,5 х 4-5,Sum, breviter ellipticae. Basidia 4-sporica, dimorpha
macrobasidia 40-60 x S-I3um, late clavata; microbasidia (interdum 2-sporica)
3-32 x 4-8(9)um cylindro-clavata. — Pleurocystidia nulla. Marginis pili
25
copiosissimi, 30-70 x 5-I5um, clavata, interdum ramosa-articulata, complexa.
Subhymenium + subcellulare. Trama subregularis, in mediostrato cum hyphis
admodum inflatis, usque ad 45-(60)um. Suprapellis hyphae valde inflatae 60-200
x 30-60-(70)um. Mediopellis hyphae giganteae. Caulicutis cum nonnullis pi
marginales pilo revocantibus. Fibulae numerosae.
Typus: circa "Saut Pararé" ( Arataye, in Guyana Gallica) lectus, in terra nuda
silvae densae. 9.03.1988. Leg.: RC, n° RC GF88.593 (PC).
~ Description macroscopique (Fig. 53): Pileus de 14mm de diamétre, convexe,
assez plat au sommet, rouge écarlate à fibrilles radiales rose-orangé vif par la
Source -MNHN Paris
210 R. COURTECUISSE
Fig. 53-57: Hygrocybe cheilocystidiata Courtec. 53: basidiocarpe et coupe; 54: macro- et
microspores; 55: macro-et microbasides; 56: poils marginaux; 57: éléments du
suprapellis.
dessiccation; marge un peu dentée, peu striée, à peine plus orangée; cuticule
sèche, un peu fibrilleuse.
Lames épaisses, espacées avec lamelles irrégulières, horizontales à sinuées,
profondément échancrées, rouge-orangé vif saturé, presque concolores au cha-
peau vers la marge; arête remarquablement épaisse et un peu érodée.
Source : MNHN, Paris
INVENTAIRE MYCOLOGIQUE EN GUYANE FRANCAISE. I. 11. 211
Stipe 31 x l,5mm, fistuleux, cylindracé, rouge vif en haut, plus orangé vers le
bas, jaunátre à la base, glabre ou un peu fibro-ridé.
Chair mince dans le chapeau, concolore aux surfaces. Odeur nulle et saveur non
lestee,
- Description microscopique: Spores (Fig. 54) dimorphes: macrospores 12-15
indro-elliptiques avec des vacuoles souvent grandes; microspores
x Sum, courtement elliptiques, optiquement vides.
des (Fig. 55) 4-sporiques dimorphes: macrobasides 40-60 x 5-lSum, lar-
gement clavées parfois avec une constriction médiane, a contenu souvent
précipité marbré pailleté; microbasides (parfois bisporiques) 25-32 x 4-8-(9)um,
eylindro-clavées, optiquement vides.
Pleurocystides nulles. Aréte couverte de poils marginaux remarquablement abon-
dants (Fig. 56), la rendant stérile ou presque, 30-70 x 5-15um, clavés, parfois
articulés, souvent en bouquets complexes, ramifiés.
Sous-hyménium subcelluleux à éléments en pièces de puzzle et filamenteux
emméle. Trame subparallèle à hyphes remarquablement renflées dans la
médiostrate, jusque x 45-(60)um. Laticiféres non observés.
Cuticule (Fig. 57): suprapellis remarquable: formé d’hyphes fortement enflées,
60-200 x 30-60-(70)um; médiopellis à hyphes énormes.
Caulocutis garni de quelques gros poils évoquant les poils marginaux. Trame
parallèle.
Boucles abondantes dans toutes les parties du carpophore.
- Récolte: environs du Saut Pararé (Arataye), sur terre nue dans la forêt den-
se; le 9.03.88; Leg.: RC, n° RC. GF88.593 (PC).
- Discussion: cette récolte possède plusieurs caractères remarquables qui l'in-
dividualisent incontestablement au sein de la section Firmae: sur le plan
macroscopique, les couleurs trés saturées, particuliérement pour l'hyménophore,
attirent deja l'attention, de même que l'aréte des lames, très épaisse. Au plan mi-
croscopique, ce sont les innombrables poils marginaux (exprimés
macroscopiquement par l'épaisseur de l'arète) qui frappent l'observateur; ce
caractère, faiblement développe chez 77. occidentalis, est ici exacerbé à l'extréme
et domine les particularités de ce champignon. Les structures de la trame et de
la cuticule sont également très originales par la dimension des hyphes constitu-
lives, trés largement enflées. Cet ensemble de caractéres nous autorise à présenter
cette récolte comme espéce nouvelle.
13. Hygrocybe siparia (Berk.) Singer, Atas Inst. Micol. 2: 17, 1965.
= Ilygrophorus siparius Berkeley ap. Hooker, Hookers J. Bot. Kew Gard.
Mise. 8: 134, 1856.
- Description macroscopique (Fig. 58): Pileus 4-12mm de diamètre,
réguliérement bombé convexe, d'un splendide rouge-framboise cramoisi à rose-
carminé vif, pälissant à rose-abricot avec l'âge et la sécheresse, à marginelle par-
fois plus orangée; marge à peine denticulée presque entière, obscurément et cour-
lement striée, un peu fissile a l'âge; cuticule très mate, veloutée, tomenteuse
sous la loupe (tapis brosse ras).
Source -MNHN Paris
212 R. COURTECUISSE
Fig. 58-61: Hygrocybe siparia (Berk.) Singer. 58: basidiocarpe et section; 59: macro- et
microspores; 60: macro- el microbasides avec le sous-hyménium; 61: suprapellis.
Lames assez peu épaisses, peu serrées avec lamelles irréguliéres, trés hautes,
sinuées, profondément émarginées avec une dent de décurrence, blanches, par-
fois à reflet carminé pâle ou jaunâtre: arête irrégulière vaguement érodée.
Stipe 25 x 2mm, un peu fistuleux ou aérifére au centre, cylindracé flexueux, jau-
ne pále à reflet carné ou vaguement orangé en haut, parfois entiérement rougeà-
tre, glabre.
Source : MNHN, Paris.
INVENTAIRE MYCOLOGIQUE EN GUYANE FRANÇAISE. I. IL. 213
Chair jaune rosátre trés pâle dans le chapeau, jaune pâle dans le stipe. Odeur
nulle ou légérement désagréable (eau croupie?) faible, et saveur non testée.
- Description microscopique: Spores (Fig. 59) dimorphes: macrospores
10,5-13,3 x 6-7,8um cylindro-elliptiques à elliptiques, parfois subamygdaliformes
à apicule volumineux, à contenu vacuolisé ou guttulé; microspores 5,5-7,5 x
3,5-Sum, elliptiques à elliptico-larmiformes avec parfois quelques vacuoles.
Basides (Fig. 60) 4-sporiques dimorphes: macrobasides 45-70 x 5-12ит, Іоп-
guement clavées, avec de grandes vacuoles ou à contenu pailleté marbré;
microbasides 33-45 x 2-7um, cylindro-clavees.
Pleurocystides nulles. Cheilocystides nulles. Arête fertile homomorphe.
Sous-hymenium (Fig. 60) emmélé à cellules allongées. Trame subrégulière à
hyphes x 3-8um. Laticiféres non observés,
Cuticule (Fig. 61): trichoderme sec trés bien développé, á éléments 20-75-(90) x
6,5-20um, bouclés. Pigment intracellulaire diffus, peut-être accompagné d'un pig-
ment membranaire lisse discret.
- Recoltes: environs du Saut Pararé (Arataye); sur terre nue dans la forêt den-
se; le 1.03.88; Leg. et Det: RC, n^ RC GF88.398 (PC); environs du Saut Pararé
(Arataye); sur terre nue dans la forêt dense; le 8.03.88; Leg. et Det: RC, n°
RC/GF88.545 (PC); id. n"RC GF88.545bis (PC).
Discussion: ces échantillons sont conformes au concept de H. siparia
développé par Pegler & Fiard (1978: 307). Les quelques différences notées entre
nos 3 récoltes ne nous semblent guère importantes, et ne justifient pas de distinc-
tions spécifiques ou infra-spécifiques. Les lames de nos spécimens sont en général
plus páles que ce qui est signalé dans la littérature, les microspores sont parfois
plus petites 6,5 x 3,4-4um sur le n° 398), les macrobasides plus grandes et le
diamétre des éléments cuticulaires supérieur. Signalons encore que notre n° 545
avait le stipe plus rouge et le chapeau plus rose que le n° 398 (le plus proche des
descriptions de la littérature) et que le n° 545bis avait la marginelle plus orangée.
On peut se demander si notre //. nouraguensis ne correspondrait pas
également 4 cette variation intraspécifique. Nous ne le pensons pas en raison de
son aspect macroscopique trés particulier (couleur, insertion des lames, aspect de
la cuticule sous la loupe, simplement irréguliérement subsquamuleuse chez
nouraguensis alors qu'elle est trés fortement veloutée hérissée chez siparia) et des
différences microscopiques détaillées plus haut.
Connu seulement du Brésil, A. siparia est nouveau pour la Guyane
França
14. Hygrocybe taxon 5.
. Nous terminons cette note consacrée aux Hygrophoraceae recueillies en
Guyane française, par la description d'une récolte indéterminée et
problématique.
- Description macroscopique (Fig. 62): Pileus 8mm de diamètre, légèrement
déprimé au centre et à marge bossue, vermillon; marge presque entiere,
légérement excedente; cuticule sèche fibrilleuse sur 1/2 rayon et finement
Squamuleuse au disque.
Source. MNHN. Paris
214 R. COURTECUISSE
Š
62 A 63
Y 65
Fig. 62-65: Hygrocybe taxon 5. 62; basidiocarpe el coupe; 63: spores; 64: baside múre avec
quelques basidioles et sous-hyménium; 65: poils marginaux.
64
Lames espacées, épaisses, avec quelques courtes lamellules, ventrues en avant
puis sinuées vers le stipe, nettement décurrentes, rouge minium orangé, avec
l'aréte jaune et légèrement ondulée.
Stipe 42 x 2mm, vaguement fistuleux (moëlle fibreuse), cylindracé arqué, rouge
vif au sommet et progressivement éclairci vers le bas en orange, jaune puis blanc
à l'extréme base, nu.
Chair mince, concolore aux surfaces mais plus pale dans la moélle caulinaire.
Odeur nulle et saveur non testée.
- Description microscopique: Spores (Fig. 63) 14-17 x 7-8um, cylindracées à
subphaséolées ou subétranglées, à contenu guttulé à nuageux.
Basides (Fig. 64) 4-sporiques, 45-55 x 5-1$um, largement clavées avec de nom-
breuses vacuoles. Présence évidente de nombreuses microbasides immatures,
cylindro-clavées jusqu'à 35 x 7um.
Pleurocystides nulles. Aréte stérile, couverte de poils marginaux cylindro-clavés
articulés a éléments courts et bouclés, 20-25 x 4-8um (Fig. 65). Sous-hyménium
Source : MNHN, Paris
INVENTAIRE MYCOLOGIQUE EN GUYANE FRANCAISE. I. II 215
emmélé, bouclé, confus. Trame gélifiée subréguliére, à éléments larges, jusqu'à x
20-(30)um. Laticiféres non observés.
Cuticule: suprapellis a éléments en boudins articulés, jusquà x 30um
(subtrichodermique).
Boucles abondantes dans toutes les parties.
- Récolte: environs de l'inselberg des Nouragues; sur humus dans la forét den-
se; le 15.02.88; Leg.: RC, n° RC/GF88.054 (PC).
- Discussion: cette récolte énigmatique nous semble appartenir à la section
Firmae, bien que nous n'ayons pas pu trouver de microspores. Elle apporterait
une nouvelle preuve de la maturation diachronique des macro- et des
microspores dans cette section. Du fait de cette maturité partielle, il n'est pas
possible de décrire complètement ce taxon, donc de le présenter comme nou-
veau.
Pourtant, si l'on admet cette appartenance aux Firmae, on ne peut trouver au-
cun binóme convenable pour cette récolte. Ses grandes macrospores la placent
dans le groupe de H. firma ou sa petite taille, son stipe à peine fistuleux, ses la-
mes minium, décurrentes, et ses aretes stériles garnies de nombreux poils margi-
naux lui conférent, entre autres, une place trés originale. Si l'on cherche, malgré
cela, dans les espèces à macrospores inférieures à 154m, on est conduit au grou-
pe de H. trinitensis et H. siparia. Le premier est exclu par sa cuticule
indifferenciée, lisse sous la loupe, et le second, que nous venons de décrire en
detail, n'a rien à voir avec cette récolte. La présence de poils marginaux abon-
dants pourrait également faire chercher une parenté du cote de H.
cheilocystidiata Courtec., mais cette espéce n'a pas les lames décurrentes et
possède une cuticule et une trame à éléments fortement renflés, caractére non
retrouvé ici. Aucune des espéces décrites par Heinemann (1963) d'Afrique, ni
par Pegler (1986) de Sri Lanka n'offre une meilleure correspondance de
caracteres.
Il faut malheureusement laisser cette intéressante récolte sans nom, en
espérant qu'elle sera retrouvée dans un état de maturité complète, afin de
Préciser son statut.
REMERCIEMENTS
Nous tenons à remercier très vivement les personnes qui nous ont aidé, d'une manière
Où d'une autre dans la préparation de cette note: D.N. Pegler (Kew) a bien voulu en ap-
prouver les grandes lignes et proposer quelques modifications. D.J. Lodge (Puerto Rico)
nous a fourni d'intéressantes informations sur les espéces récoltées par elle à Puerto Rico.
P. Escallon (Thonon-les-Bains) s'est chargé de la correction de nos diagnoses latines, M
Bon (St, Valery-sur-Somme) et A.W. Brand (Stratford-upon-Avon) nous ont procuré quel-
Ques travaux qui nous manquaient pour mener à bien ce travail.
Source - MNHN. Paris
216 R. COURTECUISSE
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Source : MNHN, Paris
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ESTUDIOS MICOLÓGICOS EN EL PARQUE
NATURAL DE MONFRAGUE (EXTREMADURA, ESPAÑA)
TIL. APHYLLOPHORALES:
M.N. BLANCO*, K. HIORTSTAM**, J.L. MANJÓN* y G. MORENO*
* Departamento de Biología Vegetal (Botánica).
Universidad de Alcalá de Henares. Madrid.
** Department of Systematic Botany. University of Góteborg.
Carl Skottsbergs Gata 22. $-413 19 Góteborg. Sweden.
RESUMEN - Se aportan los primeros resultados en el estudio de los hongos
Aphyllophorales del Parque Natural de Monfragúe, importante enclave de vegetación me-
diterránea muy bien conservada. Resaltamos las siguientes cinco especies que, de acuerdo
con la bibliografía consultada, son nuevas citas para el catálogo micológico español:
Antrodia malicola (Berk. & Curt.) Donk, Phanerochaete avellanea (Bres.) J. Eriksson &
Hjortstam, Ph. jose-ferreirae (Reid) Reid, Tomentella punicea (Alb. & Schw.: Fr.) Schröter
in Cohn y Vuilleminia cystidiata Parm.
RESUME - On donne ici les premiers résultats de l'étude des champignons du Pare Naturel
de Monfragüe, une importante enclave de végétation méditerranéenne très bien conservée.
Cinq espèces sont nouvelles pour l'Espagne: Antrodia malicola (Berk. & Curt.) Donk,
Phanerochaete avellanea (Bres.) J. Eriksson & Hjortstam, Ph. jose-ferreirae (Reid) Reid,
Tomentella punicea (Alb. & Schw.: Fr.) Schróter in Cohn et Vuilleminia cystidiata Parm.
ABSTRACT - A preliminary mycological study on the Aphyllophorales from Monfragüe, a.
very important Natural Park for its Mediterranean vegetation, is given. We emphasize the
following species: Antrodia malicola (Berk. & Curt.) Donk, Phanerochaere avellanea (Bres.)
J. Eriksson & Hjortstam, PA. jose-ferreirae (Reid) Reid, Tomentella punicea (Alb. & Schw.:
Fr.) Schröeter in Cohn and Vuilleminia cystidiata Parm., which, according to the bibliogra-
phy available are new records for Spain.
MOTS CLES : Aphyllophorales, Parc Naturel de Monfragüe, Espagne, taxonomie,
chorologie.
1. Trabajo presentado en el VII Simposio Nacional de Botánica Criptogámica. Madrid.
(23-269. 1987).
Source : MNHN, Paris
218 BLANCO et al.
La zona de estudio se localiza en la provincia de Cáceres, consta de una su-
perficie de 17.852 hectáreas y destaca por su interés zoológico-botánico como asi
fue puesto de manifiesto por Moreno & Esteves-Raventós (1988).
MATERIAL Y MÉTODOS
El material objecto de estudio se recogió principalmente entre 1985 y 1986, y
se encuentra depositado en cl Departamento de Biologia Vegetal (Botánica) de
la Universidad de Alcalá de Henares. Se indica protólogo completo de las
nuevas especies para España. Las fotografías se tomaron en un microscopio
Nikon, Optiphot con sistema automático de fotografía y contraste diferencial
"Nomarski".
LOCALIDADES ESTUDIADAS
Las localidades visitadas se enumeran para facilitar su localización, asimismo
se consignan las coordenadas U.T.M., la vegetación arbórea dominante y su
asociación fitosociológica, de acuerdo con Belmonte (1986), para establecer
futuros estudios micológicos comparativos.
loc. 1: Cortijo de las Corchuelas del Notario, 29 SQE 5312
Encinar: Pyro bourgaeanae-Quercetum rotundifoliae
loc, 2: Finca las Cansinas, 30 TSK 4814
Alcornocal: Sanguisorbo agrimonioidis-Quercetum suberis
Aliseda: Scrophulario scorodoniae-Alnetum glutinosae
loc. 3: La Fresnera, 30 STK 4716
Alcornocal: Sanguisorbo agrimonioidis-Quercetum suberis
loc. 4 : Majada del Serrano, 29 SQE 5515
Eucaliptal de repoblación
loc. 5 : Proximidades a la Ermita Virgen de las Mercedes, 29 SQE 4716
Jara Genisto hirsutae-Cistetum ladaniferi
loc. 6 : Puente arroyo del Barbaon, 29 SQE 4818
Aliseda: Scrophulario scorodoniae-Alnetum glutinosae
loc. 7 : Puerto de la Casareja, 29 SQE 5216
Eucaliptal de repoblación
loc. 8 : Umbria Castillo de Monfragüe, 29 SQE 5313
Madroñal: Phyllyreo angustijoliae-Arbutetum unedi
loc. 9; Villareal de San Carlos (Arroyo de Malvecino), 29 SQE 5315
Eucaliptal de repoblación
CATÁLOGO DE ESPECIES
Antrodia malicola (Berk. & M.A. Curt.) Donk, Persoonia 4: 340 (1966)
En lefio de Quercus ilex ssp. rotundifolia, de un eucaliptal, loc. 7, 23.11.86, n° 9532.
Cuerpo fructifero resupinado, de color crema a marron. Himenoforo tubular
con poros de 1-3 por mm. Sistema de hifas dimitico. Hifas generativas de 2-4um
de diámetro, hialinas y fibuladas. Hifas esqueléticas de pared gruesa, de 3-Sum
Source - MNHN. Paris
APHYLLOPHORALES EN EL PARQUE DE MONFRAGUE 219
Figs. 1-11 - t: Antrodia malicola (Berk. & Curt.) Donk, esporas (n* 9532). 2-4:
Phanerochaete avellanea (Bres.) J. Eriksson & Hjórtstam, hifas del subiculo y esporas
(n° 9813). 5-7: Ph. jose-ferreirae (Reid) Reid, himenio у espora (n° 9810). 8-11:
Gee punicea (Alb. & Schw.: Fr.) Schroet. in Cohn., hifas del subiculo y esporas
Source : MNHN. Paris
220 BLANCO et al.
de diámetro. Esporas cilindrico-elipsoidales, de 9-13 x 4-Sum, de pared lisa,
hialinas, lisas y no amiloides, (Fig. 1).
Observaciones. Especie microscópicamente próxima a Antrodia heteromorpha
y A. albida, pero estas últimas tienen basidiocarpos con coloraciones más claras.
Raro taxon presente en América del norte (Lindsey & Gilbertson, 1978) y
recogido en ocasiones del centro y sur de Europa (Ryvarden, com. pers.). Es
una nueva cita para Espana.
Botryohypochnus isabellinus (Fr.) J. Eriksson
En madera de Quercus ilex ssp. rotundifolia, loc. 2, 25.X.86, n°9865.
Laeticorticium macrosporum (Bres.) J. Eriksson & Куу.
En madera de Eucalyptus camaldulensis, loc. 9, 15.X1.86, n° 9870.
Observaciones. En España es una especie frecuente y ampliamente citada en
la bibliografia. Conocida con anterioridad de la provincia de Cáceres (Telleria,
1980).
Meruliopsis hirtella (Burt) Ginns
En madera de Eucalyptus camaldulensis, loc. 4, 25.X.86, n° 9829. En Cistus ladanifer,
loc. 8, 24.X.86, n° 9830.
Paullicorticium niveo-cremeum (Hohn. & Litsch.) Oberw. ex Jülich
En Alnus glutinosa, loc. 2, 22.XI.85, n° 9397. En Alnus glutinosa, loc. 6, 15.X1.86, n°
9900.
Perenniporia medulla-pannis (Fr.) Donk
En Cistus ladanifer, loc. 2, 21.X1.85, n° 9415.
Phanerochaete avellanea (Bres. in H. Bourdot & Galzin) J. Eriksson &
Hjortstam in J. Eriksson & al., Cortic. N. Europe 6: 1072 (1981)
En restos de Eucalyptus camaldulensis, loc. 4, 25.X.86, n* 9813. En corteza y leno de
Quercus suber, loc, 2, 16.V1.86, n* 9641
Cuerpo fructífero resupinado, membranoso a crustáceo, muy adherido al
sustrato, de color blanquecino-cremoso a marrón claro, liso pero
resquebrajándose en grietas transversales con la desecación. Subiculo y
subhimenio blanquecino a ligeramente pálido.
Sistema de hifas monomítico. Subículo muy estrecho, formado por hifas muy
entretejidas, raramente paralelas al sustrato, de hasta 6,5um de diámetro, sin
fibulas y de paredes finas (Fig. 2). Basidios claviformes, de 30-35 X 5-6um,
tetraspóricos y no fibulados. Esporas elipsoidales, de 5,5-7 x 3-3,5um, hialinas,
lisas y no amiloides (Fig. 3-4).
Observaciones. Especie no citada en España peninsular y quizás confundida
con táxones próximos como Phanerochaete tuberculata y Ph. galactites. Pero la
ausencia de rizomorfos en el margen del basidiocarpo, el estrecho subiculo de
hifas muy entretejidas totalmente desprovistas de fibulas y las esporas de menor
anchura definen a Ph. avellanea.
Phanerochaete jose-ferreirae (Reid) Reid, Acta Bot. Croat. 34: 135 (1975)
Source : MNHN, Paris
APHYLLOPHORALES EN EL PARQUE DE MONFRAGUE 221
En leño de Quercus ilex ssp. rotundifolia, loc. 8, 24.X.1986, n° 9810, 9845. Ibidem,
25.X.1986, n” 9844. En tronco de Arbutus unedo, loc. 8, 14.X1.1986, n* 9893, 9894 y 9895.
Cuerpo fructífero, orbicular-confluente, membranoso, liso, al secar de color
crema a crema-anaranjado. Subiculo blanquecino de coloracion más clara que
el himenio. Margen poco diferenciado.
Sistema de hifas monomítico. Hifas del subiculo de paredes gruesas,
entretejidas, de 3-4(S)um de diámetro, con abundantes ramificaciones y sin
fibulas. Cistidios ausentes. Basidios claviformes de 30-35 x 5-6,5um (Fig. 5-6).
Esporas alantoides, lisas, hialinas y no amiloides, miden de (6)7-9 x 2,5-3um
(Fig. 7).
Observaciones. Esta especie descrita de la Serra da Arrabida (Portugal) por
Reid (1965) no aparece citada en España peninsular. Su hallazgo en el Parque
Natural de Monfragüe (Cáceres) es lógico por su proximidad a Portugal y
quizás se presente como un taxón muy abundante en las biomasas
mediterráneas. Coincide a nivel de subiculo con las dimensiones señaladas por
Eriksson & al. (1981), pero difiere morfologicamente de estos ultimos autores
asemejandose a la estructura apuntada por Burdsall (1985) como textura
“intricata” propuesta por Hawksworth & al. (1983).
Phanerochaete magnoliae (Berk. & M.A. Curt.) Burdsall, Mycologia Mem. 10: 95
(1985)
= Ph. raduloides J. Eriksson & Ryv.
En restos de Quercus suber, loc. 2, 2
23.X.1986, n 9832, 9643, 9842, 9843 y 9847.
n° 9834.
1985, 9818, Ibidem, 16.V.86, 17.V.1986,
n leño de Quercus suber, loc. 3, 18.V.1986,
Observaciones. Citada recientemente para España peninsular de Avila (Pou
& Tellería, 1985) y de Vizcaya (Salcedo & Telleria, 1986).
Phanerochaete martelliana (Bres.) J. Eriksson & Ryv.
En restos leñosos de Quercus suber, loc. 2, 22.11.1986, n” 9562 y 9821. En rama muerta
de Alnus glutinosa, loc. 2, 22.X1.1985, n* 9509. Sobre Funalia extenuata, loc. 2, 22.11.1986,
n* 9530. En restos leñosos de Quercus suber, loc. 8, 17.V.1986, n* 9563 y 9595. En ramas
muertas de Quercus suber, loc. 5, 25.X.1986, n" 9822. Sobre troncos de Cisrus ladanifer,
loc.3, 23.X.1986, n* 9839, 9841 y 9846.
Observaciones. Algunos de nuestras recolecciones difieren de las medidas
basidiales que alcanzan hasta 70 x Sum, en contraste con las indicadas por
Burdsall (1985) de 35-45 x 6-7um.
Es una especie muy frecuente y caracteristica de estas biomasas
mediterráneas, citada anteriormente de Guadalajara por Manjón & Moreno
(1982), de Avila por Pou & Telleria (1985) y de Asturias, Cantabria y Leon por
Dueñas (1986).
Phanerochaete ravenelii (Cooke) Burdsall
7 Metulodontia roumeguerii (Bres.) Parm.
7 Phlebiopsis roumeguerii (Bres.) Jülich & Stalpers
En restos leñosos de Cistus ladanifer, loc. 8, 17.V.1986, n° 9812. En ramas muertas de
Quercus ilex ssp. rotundifolia, loc. 8, 24.X.1986, n° 9831.
Phanerochaete sanguinea (Fr.) Pouzar
Source : MNHN. Paris
22 BLANCO et al.
En restos lefiosos de Quercus suber, loc. 2, 22.11.1986, n° 9510.
Observaciones. Especie ampliamente repartida por la mitad norte de la
peninsula (Dueñas, 1986).
Phanerochaete sordida (Karst.) J. Eriksson $ Куу.
Sobre ramas muertas de Quercus suber, loc. 2, 22.11.1986, n° 9819.
Observaciones. Especie de amplia distribución por nuestra geografía.
Phlebiella vaga (Fr.) Karst.
En ramas muertas de Quercus ilex ssp. rotundifolia, loc. 8, 17.V.1986, n° 9577. En
ramas muertas de Cistus ladanifer, loc. 8, 14.X1.1986, n° 9920. En restos leñosos de
Quercus suber, loc.8, 24.X.1986, n° 9815.
Polyporus meridionalis (David) Jahn
En ramas muertas de Cistus ladanifer, loc. 2, 21.X1.1985, n° 9418.
Sistotrema diademiferum (H. Bourdot & Galzin) Donk
En ramas muertas de Cistus ladanifer, de un eucaliptal, loc. 4, 25.X.1986, n°9866.
Subulicystidium longisporum (Pat.) Parm.
En restos leñosos de Quercus suber, loc. 3, 22.11.1986, n° 9438. En restos leñosos de
Quercus ilex ssp. rotundifolia, 26.X.86, loc. 1, n° 9826. En ramas muertas de Cistus
ladanifer, loc. 2, 24.X.86, n° 9879.
Tomentella ferruginea (Pers.: Fr.) Pat.
En restos leñosos de Quercus faginea, loc. 8, 24.X.1986, n* 9877
Las descripciónes macro y microscópica coinciden con Larsen (1974).
Sistema de hifas dimitico, con hifas esqueléticas estrechas de 2-2,5um de
diámetro, localizadas en los abundantes cordones miceliales, ausencia de
cistidios y esporas esférico-lobuladas de 7-8um de diámetro, espinosas y de color
marrón pálido.
Observaciones. Una especie próxima y también dimitica es Tomentellina
fibrosa (Berk. € Curt.) Larsen, pero difiere principalmente por presentar ésta
cistidios de dobles paredes.
Citada en España principalmente de Cataluña (Maublanc, 1936; Heim & al.,
1934; Malengon & Bertault, 1971) y de Vizcaya (Hjortstam & al., 1981).
Tomentella punicea (Alb. & Schw.: Fr.) Schróter in Cohn, Krypt.-Fl. Schlesien 3:
420 (1889)
En restos leñosos calcinados de Quercus suber, junto con Tomentella bryophila (Pers.)
Larsen, loc. 2, 22.X1.1985, n° 9433
Cuerpo fructifero resupinado y fácilmente separable del sustrato, de color
marrón-ferruginoso y de superficie granulosa. Subiculo concoloro y con
abundantes cordones miceliales.
Sistema de hifas monomitico. Hifas del subiculo fibuladas de hasta 4um de
diámetro y de color amarillo-marrón, (Fig. 8-9). Hifas del subhimenio de
paredes finas y concoloras con las del subículo. Hifas de los cordones miceliales
de 1,5-3um y fibuladas. Basidios tetrasporicos, claviformes, de 30-40(45) x
Source : MNHN. Paris
APHYLLOPHORALES EN EL PARQUE DE MONFRAGUE 223
Figs. 12-17 - Vuilleminia cystidiata Parm., cistidios, basidios y esporas (n* 9997).
Source : MNHN. Paris
224 BLANCO et al.
6-Tum, con esterigmas de hasta Sum de longitud. Esporas esférico-lobuladas, de
6-8um de diámetro, espinosas y amarillentas (Fig. 10).
Observaciones. Especie lignicola, ubiquista y cosmopolita según se desprende
de los estudios de Larsen (1974) y Jülich & Stalpers (1980).
No citada en España.
Tubulicium vermiferum (H. Bourdot) Oberw. ex Júlich
En leño de Arbutus unedo, loc. 8, 14.ХІ.1986, п" 9893, 9934.
Citado de Vizcaya como Tubulicrinis vermifer (H. Bourdot) Christ. por
Telleria & Navarro (1980), pero quizás mejor ubicada en el género Tubulicium
por sus esporas vermiformes y base cistidial muy ramificada, en contraposición
con las esporas de morfología variable (no vermiformes) y la base de los cistidios
bifurcados del género Tubulicrinis.
Tubulicrinis calothrix (Pat.) Donk
En Quercus ilex ssp. rotundifolia, loc. 8, 24.X.1986, n°9820, 9851 y 9852.
Vuilleminia cystidiata Parm., Eesti NSV Tead. Akad. Toimet., Biol. Seer. 14: 232
(1965)
En rama muerta de Arburus unedo, loc. 8, 17.V.1986, n* 9631. Ibidem, 13.111.1987, n*
9997.
Basidiocarpo anual, resupinado, efuso, de consistencia cérea o algo
gclatinosa, desarrollándose en leño y por debajo de la corteza. Superficie
himenial lisa de color blanco-crema. Margen delimitado y blanquecino.
Sistema de hifas monomítico, formado por hifas muy entrecruzadas de
1,5-3um de diámetro y abundantes incrustaciones. Cistidios fusiformes, de
65-83(100) x 6-Sum, emergentes del himenio, (Fig. 12-15). Dendrófisis
nodulosas, de I-2um de diámetro, poco ramificadas y con abundantes
incrustaciones. Basidios claviformes, sinuosos, де 65-75 х 2-2,5ит у соп 4
esterigmas — corniformes, de 7-9 х 2-2,5ит PE) Esporas
cilindrico-alantoides, de 12-16 x 3,5-4,5um y no amiloides, (Fig. 17).
Observaciones. Difiere fundamentalmente de Vuilleminia comedens Nees: Fr.
y de Y. megalospora Bres. por la ausencia de cistidios en estas últimas.
Estas citas junto con las de I. Salcedo (Alava) son las primeras para España
(Tellería, com. pers.).
AGRADECIMIENTOS
Nuestra más sincera gratitud a los Drs L. Ryvarden y MJ. Larsen por las
determinaciones de Antrodia malicola y Tomentella punicea respectivamente. A la Dr. M.T.
Tellería, por ratificar las nuevas citas para España. Finalmente, agradecemos a la Dirección
General del Medio Ambiente (Junta de Extremadura) su apoyo económico para la
realización de este trabajo.
Source : MNHN. Paris
APHYLLOPHORALES EN EL PARQUE DE MONFRAGUE 225
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Source - MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris
Cryptogamie, Mycol., 1989, 10 (3): 227-242 227
AUREOBASIDIUM PULLULANS:
BILAN MORPHOLOGIQUE, METABOLIQUE
ET ENERGETIQUE
P. PAPON*, L. SIMON* et C. CAYE-VAUGIEN**
* Laboratoire de Biologie et Cytophysiologie végétales, Fac. des Sciences,
2, rue de la Houssiniére, Université de Nantes, F-44072 Nantes Cedex 03
** Laboratoire de Biochimie, Faculte des Sciences,
2, rue de la Houssiniére, Universite de Nantes, F-44072 Nantes Cedex 03.
RÉSUMÉ - Cinq milieux de culture de composition variée (avec ou sans phosphore et azo-
te organique) ont êté étudiés; ils induisent des voies morphogénétiques différentes chez
Aureobasidium pullulans (L.C.P. 87.43). Les phénomènes énergétiques (mesurés par les te-
neurs intracellulaires en ATP et polyphosphates), les valeurs du pH (corrélées à la consom-
mation de l'azote organique ou inorganique) et la consommation du glucose sont des fac-
teurs qui influencent la morphogenèse vers l'état unicellulaire ou hyphal. Les formes de
résistance (chlamydospores et cellules renflées), induites par une acidification rapide du mi-
lieu de culture et par une absorption plus lente du glucose extracellulaire, sont consom-
matrices d'ATP et de polyphosphates pendant les premiers jours de la croissance et de la
consommation de l'azote ammoniacal. Les formes hyphales, induites par une source d'azote
organique et par une alcalinisation du milieu de culture, sont fortement consommatrices
dATP et de polyphosphates pendant les 24 premiéres heures de la croissance exponentielle,
puis productrices d'ATP pendant les jours suivants.
ABSTRACT - Five various composition culture media (with or without phosphorus and
Organic nitrogen) are described inducing different morphogenetic development in
Aureobasidium pullulans (L.C.P. 87.43). Energetic phenomenons (as measured by intracellu-
lar ATP and polyphosphate contents), pH values correlated to organic or inorganic nitro-
gen uptake, and glucose consumption are factors that influence either cellular or filamen-
tous development. Resting cellular forms (chlamydospores and swollen cells), induced by a
rapid acidification of the culture medium and by an extracellular glucose excess, are ATP
and polyphosphate energy consumers for the first days culture during growth and ammoni-
um nitrogen consumption. Hyphal forms, induced by organic nitrogen source and basidifi-
cation of the culture medium, are high energy consumers for the 24h culture of the expo-
nential growth but energy producers (ATP) the next days.
MOTS CLÉS : Aureobasidium pullulans, polymorphisme, morphogenése, cellules
levuriformes, hyphes, cellules renflées, chlamydospores, métabolisme fongique, ATP,
polyphosphates.
Source : MNHN. Paris
228 P.PAPON et al.
INTRODUCTION
Dans les différents substrats végétaux (Taylor & Shanor, 1945; Kockova-
Kratochvilova & Petrova, 1959; Jensen, 1960; Kendrick & Borges, 1962; Pugh &
Buckley, 1971; Froidevaux, 1975; Jungova & Minarik, 1986) ou animaux
(Winne & Gott, 1956; Hermanides-Nijhof, 1977; Salkin & al., 1986), superficiels
ou profonds (Caretta, 1961; Luginbuehl & al., 1979; Luginbuehl & Muller, 1980;
Verces & al., 1982), où a été isolé le micromycète Aureobasidium pullulans (de
Bary) Arnaud les formes de colonisation n'ont pas été rigoureusement observées,
bien qu'il soit connu que cet agent puisse développer, en rapport avec le milieu
où il croit, divers types morphogénétiques (blastospores, cellules renflées,
chlamydospores, mycélium vrai, pseudomycélium) (Luteraan, 1954а, b;
Bartnicki-Garcia, 1973; Kockova-Kratochvilova & al., 1980; Park, 1982). Les
recherches effectuées par divers chercheurs sur des milieux stériles, conditionnés,
ont montré que les facteurs nutritionnels (sucres, azote organique ou minéral) de-
vaient controler le développement de la morphogenése de ce microorganisme
(Luteraan, 1954b; Gadd & Cooper, 1984; Cooper & Gadd, 1984; Cooper & al.,
1985). En 1977, Sevilla & al. ont mis en parallèle l'apparition de formes
déterminées, en culture, et la nature de la source carbonée et aminee; ils ont
suggéré, en particulier, que la présence d’amidon comme seule source de carbo-
ne, et de la cystéine, méthionine ou phénylalanine comme seule source d'azote
sont concomitantes de la production d'un mycélium en culture liquide agitée.
Park (1982) a obtenu la production régulière de mycélium, mais en proportion
différente, dans 16 milieux solides comportant 16 amino-acides différents comme
sources d'azote organique. Ces recherches reprises par Cooper & Gadd (1984)
ont montré que la transition forme lévurienne forme hyphale est globalement en
rapport avec la nature organique de la source azotée consommée par le
microorganisme. D'autres auteurs (Bermejo & al., 1981a) ont encore étudie l'in-
fluence de la source azotée sur la transition cellule lévurienne chlamydospore,
mais de nombreuses incertitudes demeurent concernant l'origine et l'évolution
des différentes formes en culture. Coexistent-elles lors de l'épuisement des
différents facteurs nutritionnels du milieu?
Notre étude élargit le domaine d'investigations des auteurs précédents: elle
prend en compte l'apparition, le devenir et les proportions respectives des
différentes populations morphologiques d'une culture, en fonction du temps, du
pli et de la composition du milieu. Cinq types de milieux ont été étudiés différant
respectivement par les quantités des sources phosphorée et azotée ou par la natu-
re de la source azotee; parallélement au suivi métabolique de ces cultures, nous
avons procédé à leur étude énergétique: évolution des polyphosphates et de
VATP intracellulaires. Ces recherches nous ont permis d'établir le bilan global du
comportement de ce microorganisme.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
La morphogenése, la croissance et le développement de A. pullulans ont été
suivis durant une douzaine de jours sur des cultures d'une souche (L.C.P. 87.43;
ex Cyppa) isolée dans le vignoble nantais (Poulard, 1979; Simon & Poulard,
1979); les cultures, antérieurement entretenues sur milieu solide de Sabouraud,
ont été effectuées, a 27°C, dans des fioles d’erlenmeyer de 500ml contenant
Source : MNHN. Paris
AUREOBASIDIUM PULLULANS 229
150ml du milieu nutritif autoclavé, ajusté á pH 6,8, en aérobiose (agitation de 90
va-et-vient par mn), elles ont toujours été précédées d'une préculture de 8h en
milieu liquide dépourvu de phosphates (milieu XV-OP) dont un aliquot était
prélevé de manière à obtenir une population sporale finale de 5.10% cellules. ml!
dans les cultures définitives; ces caractéristiques préparaient les conditions
d'activité biologique maximale des cellules mises en expérience et permettaient
aussi, selon Liss & Langen (1960), d'accroitre rapidement le taux des
polyphosphates intracellulaires par dérepression de la polyphosphate-kinase.
Cinq types de milieux de culture ont été étudiés; ils contenaient tous du
glucose (166,6mM) et des sels minéraux : MgCl, 6H,0 (2,5mM), CaCl,
(0,265mM), FeSO,. 7H,0 (0,013mM). Les autres constituants étaient en
quantités variables (Tabl. I). Le milieu XV-Y contenait, en plus, 1% d'extrait de
levure (Difco).
Tableau 1: teneurs en phosphates et sulfate des différents milieux
Table I: phosphate and sulfate concentration in the various media.
| Constituants
Milieux | K HPO; KH PO, (NH¿)2504
XV-OP - - 7.6mM
XV-P 73mM 7,6mM
XV-P, 20,0mM 7,6mM
XV-P5 20,0mM 39,4mM
XV-P; 20,0mM 78,7mM
XV-Y 20,0mM 7,6mM
Tableau II: teneurs en polyphosphates cellulaires acido-soluble et acido-insoluble (exprimées
en mg de P.g:! de matière sèche).
Table Il: acido-soluble and acido-insoluble cellular polyphosphate amount (expressed as
mg.P.g"! dry matter).
MILIEUX
Age des
échantillons XV-OP XV-P XV-PI xv-Y
24 H + 1,409 3,052 1,159
48 H 1,324 0,190 2,092 0,218
6) 0,623 0,232 1,152 0,097
Mesure de la croissance et de l'ai
té métabolique
Le dénombrement des 4 types de population (conidies, cellules renflées,
chlamydospores, mycélium) a été réalisé au compte-cellule de Malassez.
La consommation du glucose extracellulaire a été déterminée par la méthode
enzymatique de Bergmeyer & al. (1974). La disparition de l'azote ammoniacal
extracellulaire a été suivie par dosage colorimétrique (réactif de Nessler) des sur-
nagcants obtenus aprés centrifugation à 2000 tours pendant 10mn. Aprés
Source : MNHN, Paris
230
pH
Ainsi EET
P.PAPON et al.
% Population
Jours
Figure |
Jours
E
B
2
AS
zi
ELA
“| SES
.
conidies
g renflées
chlamydospores
7 Population
Figure 2
e——+ croissance
#——* glucose
“+ NE,
Source : MNHN. Paris
AUREOBASIDIUM PULLULANS 231
incubation de 12, 24h et 6 jours les cellules ont été centrifugées et récoltées pour
l'extraction des polyphosphates réalisée selon la méthode de Mudd & al. (1958);
le dosage a été effectué par la méthode microcolorimétrique de Fiske &
Subbarow (1925) modifiée par Taussky & Shorr (1953); les poids de matiéres
sèches ont êté déterminés à partir de 10ml de culture.
Les teneur en ATP cellulaire ont été suivies au cours de la croissance des po-
pulations des milieux XV-OP, XV-P, XV-P, et XV-Y par la technique de
bioluminescence utilisant les propriétés de l'enzyme, luciférase, et de son substrat,
la luciférine; les mesures ont été effectuées au biocounter 2010 de chez Lumac
aprés 60 secondes d'action du DMSO et dilution dans un tampon Tris-acétate
20mM ajusté à pH 7,6.
Les cultures ont été régulièrement suivies pendant 12 ou 14 jours sauf pour
les recherches d'ATP suspendues au bout de 6 ou 8 jours.
RÉSULTATS
lls seront exposés en commençant par le milieu nutritif le plus défavorable à
la croissance, puis en suivant les conditions permettant d'accéder au meilleur
développement et croissance du microorganisme.
Milieu XV-OP
Dans ce milieu, la population est essentiellement de nature unicellulaire; la
croissance est faible, atteignant seulement 3.105 cellules. ml! après une phase
exponentielle peu importante, d'une durée de 24h au cours de laquelle le pH
extracellulaire chute de 1,2 unités; il atteindra 4,8 unités au bout d'une huitaine
de jours de culture (Fig. 1A). Le pourcentage des cellules renflées par rapport à
l'ensemble de la population se maintient constamment autour de 5% tandis que
celui des chlamydospores augmente très rapidement dans le milieu: de 35% de la
population au 2éme jour de culture (lorsque le pH est de 5,5), il atteint 60% au
6éme jour, puis 80% au 1 lème jour de culture (Fig. 1A). En rapport avec la fai-
ble croissance de la population cellulaire, l'assimilation du glucose est
négligeable: 5,6% seulement du glucose disponible ont été absorbés en 14 jours
de culture (Fig. 1B). Bien que peu importante, la période de plus forte assimi-
ns d l'azote ammoniacal correspond à la phase de croissance exponentielle
ig. 1B).
aS V—--
Fig. 1 - Milieu XV-OP. Fig. 2 - Milieu XV-P. (A) Histogrammes des différentes formes
exprimées en culture et évolution du pH extracellulaire. (B) Cinétique de croissance et
évolution des teneurs en glucose et en azote.
Fig. 1 - XV-OP medium. Fig. 2 - XV-P medium. (A) Histograms of the various forms in
culture and extracellular pH evolution. (B) Population growth and evolution of glucose
and nitrogen concentrations.
Source : MNHN, Paris
232 P.PAPON et al.
Jours Jours
A es Us tot
aa и RT
A AA a e
10
7
: 107
= :
= pa G
~ Je =
4 во Š LV 204
E
4 60
+40 à 104
$ bos
420
et T
=~
Figure 3
Jours
EI E ES
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А
з
8
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so
Bas 60
“0
20
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Figure 4
contes -e——e croissance
Ed y renflées *#—* glucose
GQ cutamydospores eI Ni
Source : MNHN. Paris!
AUREOBASIDIUM PULLULANS 233
Le contenu intracellulaire en polyphosphates diminue fortement du 2éme au
6ème jour de culture pour atteindre 0,6mg de phosphore par gramme de matière
séche. (Tabl. II). La teneur en ATP intracellulaire (Fig. 7) chute trés légérement
aprés ensemencement, puis oscille autour d'une valeur moyenne de 3,31.10%
nmoles par cellule.
Milieu XV-P
À la fin de la phase exponentielle de croissance, d’une durée de 3 jours, la
population atteint 2.107 cellules.mli. La croissance demeure ensuite stationnaire
jusqu'au 12ème jour de culture à partir duquel s'amorce l'autolyse cellulaire.
Pendant les 7 premiers jours de culture, le pH chute régulièrement jusqu'à 2,5
(Fig. 2A). Les premières observations de cellules renflées et de chlamydospores
(2% de la population) peuvent être effectuées dans des cultures de 48h (Fig. 2A)
quand le pH extracellulaire atteint 4,8; parallèlement à la chute régulière du pH,
s'accroissent les pourcentages des cellules renflées et des chlamydospores dans le
milieu (15% au bout de 6 jours; 33% au bout de 11 jours).
Le taux de glucose extracellulaire reste constant pendant 48h puis décroit
réguliérement (Fig. 2B) pendant 13 jours (87,3% du glucose in Vazote
ammoniacal est tres rapidement absorbé pendant la phase exponentielle de crois-
sance (60% de l'azote disponible a disparu au bout de 72h), puis l'absorption est
ralentie, pour être totalement achevée au bout de 13 jours de culture (Fig. 2B).
Le contenu en polyphosphates intracellulaires décroit jusqu’a 0,2mg de
phosphore.g:! de matière sèche (Tabl. 11). Les teneurs en ATP intracellulaire
(Fig. 7) décroissent pendant les 3 premiers jours de culture correspondant à la
période de plus forte assimilation de l'azote et d'acidification du milieu, puis aug-
mentent et se maintiennent autour d'une valeur moyenne de 1.107 nmole par cel-
lule. Une bonne corrélation (г = - 0,81) s'établit entre les variations du pH (y) et
le prélèvement du glucose (x) pendant les 14 jours de culture, selon l'équation de
la droite de régression : y=-0,82x + 5,12.
Milieu XV-P1
La croissance de la population est importante et atteint 5.107 cellules.ml! de
culture en fin de phase exponentielle d'une durée de 48h. On observe 5% de cel-
lules renflées au 2ème jour de culture, mais ce pourcentage s'accroit notablement
le 6ème jour (30%) quand le pH atteint sa valeur minimale 5,7; la proportion
des chlamydospores demeure toujours inférieure à celle des cellules renflées,
mais on note une légère régression de ces populations durant la période
Fig. 3 - Milieu XV-P;. Fig, 4 - Milieu XV-P2. (A) Histogrammes des différentes formes
exprimées en culture et évolution du pH extracellulaire. (B) Cinétique de croissance et
évolution des teneurs en glucose et en azote.
Fig. 3 - XV-P, medium, Fig. 4 - XV-P medium. (A) Histograms of the various forms in
culture and extracellular pH evolution. (B) Population growth and evolution of glucose
and nitrogen concentrations.
Source - MNHN. Paris
235 P.PAPON et al
ee Jours
conidies LAchiamydospores
Ele ronriées ESF pathologtques
ee gars
+ Е + s t 4 6 8 10 12
"ташна E ale
sha š mpm F
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40
ia
conidies Figure 6
.—o croissance
ËJ g renfiées М im ch
+
| so) NL
Source : MNHN. Paris
AUREOBASIDIUM PULLULANS 235
d'alcalinisation du milieu tandis que le pourcentage de conidies augmente (Fig.
3A).
La consommation du glucose extracellulaire est importante pendant les 6 pre-
miers jours de culture (97,3% du glucose initial), pendant cette période le pH (y)
est étroitement corrélé a cette consommation (y = -0,29x + 6,8; coefficient: r =
- 0,99). Aprés un temps de latence de 12h, l'azote ammoniacal est consommé de
façon très rapide (75% au cours des 3 premiers jours) puis lente, les conditions
devenant limitantes en (NH,),SO, (Fig. 3B). Le contenu en polyphosphates
décroit de 3,052 á 1,152mg de phosphore.g! de matiere séche. Les teneurs en
ATP cellulaire (Fig. 7) diminuent trés rapidement pendant la phase de croissance
exponentielle, puis plus lentement pendant les 4 jours suivants.
Milieu XV-P2
La croissance de la population est importante, mais la période de croissance
exponentielle s'établit plus lentement que dans les milieux précédents (72h); la
population atteint 3.107 cellules. ml. La présence de quelques cellules
hypertrophiées, pathologiques, traduit une certaine toxicité du milieu. On observe
une forte proportion (30%) de cellules renflées dès le 2ème jour de culture,
quand le pH est de 6,8 unités; le pourcentage des cellules conidiennes est moins
élevé que dans les milieux XV-P et XV-P,. La proportion des chlamydospores
est également plus faible que dans les milieux précédents; elles apparaissent
quand la valeur du pH est voisine de 5 (Fig. 4A).
Huit jours seulement sont nécessaires pour l'épuisement du glucose du milieu
(Fig. 4B). A la fin de la phase exponentielle de croissance, il reste encore dans le
milieu les 3/Séme de la source d'azote ammoniacal (14 jours sont nécessaires à
son épuisement).
Milieu XV-P3
La population importante atteint 105 cellules. ml de milieu (Fig. 5B) au bout
de 72h mais, le 2ème jour de culture, elle est déjà en partie composée de cellules
hypertrophiées, pathologiques (22%), la population conidienne est faible (18%)
et celle des cellules renflées atteint 60%; cette inversion du rapport des formes
cellulaires, comparativement à celui des milieux XV-P et XV-P,, confirme le
caractère toxique du milieu enrichi en (NH4); SO4 Cependant après 72h de
culture (Fig. 5B) on observe une augmentation de la population conidienne qui
alteint 84% au bout de 11 jours de culture (Fig. SA), attestant ainsi de la
Fig. 5 - Milieu XV-P;. Fig. 6 - Milieu XV-Y. (A) Histogrammes des différentes formes
exprimées en culture et évolution du pH extracellulaire. (B) Cinétique de croissance et
evolution des teneurs en glucose et en azote.
Fig. 5 - XV-P, medium. Fig. 6 - XV-Y medium. (A) Histograms of the various forms in
culture and extracellular pH evolution. (B) Population growth and evolution of glucose
and nitrogen concentrations.
Source : MNHN, Paris
236 P.PAPON et al.
105
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Jours
Fig. 7 - Évolution des teneurs en ATP intracellulaire au cours de la croissance.
Fig. 7 - Evolution of intracellular ATP amounts during growth.
détoxification du milieu par le microorganisme. La population atteint 4.10 cellu-
les. mI! au bout de 12 jours. Le pourcentage de chlamydospores est faible au
bout de 6 jours de culture et diminue encore au bout de 12 jours malgré un pH
qui s'est régulièrement acidifi
é. La consommation du glucose extracellulaire n'est
pas totale (Fig. 5B) au bout
de 12 jours et la teneur en azote ammoniacal reste
toujours très élevée dans le milieu où semble se produire
des vagues de libération
de l'ion ammonium par le microorganisme.
Source : MNHN. Paris
AUREOBASIDIUM PULLULANS 237
Milieu XV-Yeast
La croissance, trés importante, atteint 2.10% cellules. mi, aprés une phase
exponenticlle plus rapide que dans les autres milicux de culture; la population est
constituée de conidies et d'hyphes (18%) (Fig. 6A), la biomasse mycélienne
montre un accroissement jusqu'à 72h puis une régression (Tabl. III). Au 5éme
jour 15% de cellules renflées sont apparues et atteignent 38% au llème jour
mais les hyphes persistent pendant toute la durée de la culture; aucune
chlamydospore n'a été observée. Dans ce milieu où la quantité totale d'azote
(minérale et organique) est égale à celle du milieu XV-P,, certaines formes sont
identiques (conidies et cellules renflées) mais en proportions inégales (Fig. 6A),
d'autres sont différentes (milieux XV-P,: chlamydospores: milieu XV-Y: hyphes).
Contrairement aux autres milieux, la chute du pH extracellulaire (pendant 48h)
est suivie d'une alcalinisation progressive du milieu (Fig. 6A) au cours de la pha-
se stationnaire de croissance.
Tableau IIl; teneur en éléments mycéliens (technique de la matière sèche). Milieu XV-Y.
Table Ill: hyphae amount (dry matter method). XV-Y medium
Poids sec Poids sec des Pourcentage
Temps total (g) éléments mycéliens (g) mycélien (%)
24 H 0,0110 0,0006 545
48 H 0,0234 0,0015 641
72H 0,0550 0,0070 12,72
6) 0,0950 0,0055 5,78
ng 0,0801 0,0015 1,87
Les consommations de glucose et d'azote minéral sont très rapides pendant
les 2 premiers jours dénotant les conditions favorables de la culture (Fig. 6B):
90,6% du glucose est prélevé en 48h par l'ensemble de la population; le PH (y)
du milieu est corrélé à la consommation du glucose et à celle de NH,", selon les
équations des droites de régression : y= -0,24x (gle) + 6,49 (r=-0,83) el y=
-10,14x (NHy*) + 6,70 (r=-0,86).
Au delà de 48h, pendant la phase stationnaire, les teneurs en azote
ammoniacal varient peu en rapport avec la consommation préferentielle de l'azo-
te organique de l'extrait lévurien, dont le turn-over libérerait selon les schémas
classiques, des ions NH,* dans le milieu.
L'ATP cellulaire (Fig. 7) diminue brusquement pendant la période de crois-
sance exponentielle, puis s’accroit notablement les 3 jours suivants pour diminuer
ensuite jusqu'au 6éme jour de culture.
DISCUSSION
. Les résultats que nous avons obtenu seront discutés dans 2 paragraphes dis-
üncts concernant l'un les conditions favorisant la formation des cellules de
résistance (cellules renflées et chlamydospores), l'autre les conditions de la for-
mation des hyphes; ces 2 formes dérivant de la conidie, élément de base, qui peut
se développer en l'une ou l'autre par morphogenèse différentielle.
Source - MNHN. Paris
238 P.PAPON et al.
Conditions de la formation des cellules renflées et des
chlamydospores
Les résultats obtenus dans les différents milieux, à l'exclusion du milieu XV-Y
contenant en plus de l'azote aminé, montrent que les pourcentages des éléments
de résistance sont directement liés à la chute du pH extracellulaire comme l'a
montré Park (1984); le pH doit se maintenir ensuite à une valeur acide, qui peut
d'ailleurs être variable suivant les milieux (4,8: milieu XV-OP; 2,5: milieu XV-P)
pour permettre l'accroissement du taux de chlamydospores. Si une alcalinisation
se produit (milieu XV-P,), le taux des chlamydospores régresse. Ce ne sont pas
les valeurs les plus acides qui fournissent les meilleurs pourcentages de
chlamydospores (milieu XV-P). Or, comme le montrent les résultats obtenus
dans les milieux XV-OP, XV-P, XV-P, l'acidité du milieu est directement liée à
la consommation de la source d'azote inorganique mise à la disposition du
microorganisme. Ces données sont connues dans le domaine nutritionnel, aussi
bien chez les Thallophytes que chez les Cormophytes (How, 1940; Cochrane,
1958): le pH d'un milieu dépend de la forme azotée dont l'organisme se nourrit,
il augmente par production d'ammoniaque si la nutrition s'effectue à partir de
composés azolés organiques et diminue par absorption de NH;*; la levure
Saccharomyces cerevisiae obéit aux mémes lois (Peña & al., 1987).
Le milieu XV-OP, bien que non favorable au développement du
microorganisme, montre que la période de croissance active qui lui permet d'at-
teindre une population de 3.105 cellules.ml! correspond rigoureusement à la
période de 48h durant laquelle s'effectue une légère consommation d’ATP et de
la source ammoniacale: dans ce milieu où la forme chlamydosporale prédomine
dés le 6ème jour de culture, la teneur en glucose extracellulaire varie peu (5,6%
du glucose total est épuisé au bout de 14 jours de culture) mais il est intéressant
de remarquer que si cette valeur est rapportée à la population qui a colonisé le
milieu, la quantité de glucose prélevé par cellule, au bout de 14 jours, est, en
réalité, plus élevée que dans les autres milieux (XV-OP: 1,3.105 mg; XV-P:
9,9.10% mg; XV-Y: 1,2.105 mg). Ce processus pourrait mettre en jeu, еп
stationnaire, une phosphorylation du glucose par les polyphosphates plutót que
par l'ATP dont les teneurs varient peu pendant cette phase, alors que le taux des
polyphosphates ne cesse de décroitre. Ceci est important car l'élément P est ab-
sent de ce milieu défavorable a la croissance et la cellule doit assurer sa propre
survie; elle est consommatrice d'ATP et de polyphosphates pendant la période de
dégradation de l'azote ammoniacal qu'elle utilise en partie pour la biosynthèse
de son matériel cellulaire (L: agunas, 1976) puis les quantités d'ATP ne varient
plus pendant la période stationnaire où apparaissent les chlamydospores. Selon
Brown & al. (1973), ce sont essentiellement les parois cellulaires de la
chlamydospore qui s'enrichissent en glucose, comparativement à celles des
conidies et des cellules renflées; les recherches effectuées en microscopie après
test de Thiery montrent que les teneurs en glycogéne intracytoplasmique et en
polysaccharides pariétaux périphériques sont très importantes relativement à cel-
les des conidies et des hyphes (Simon, résultats non publiés).
Outre Vacidification du milieu régulée par la consommation de l'azote
ammoniacal, le transport transmembranaire du glucose en période stationnaire
pourrait influencer le pH et donc l'apparition des cellules renflées et
chlamydosporales (milieu XV-P et XV-P,); en effet, une bonne corrélation existe
Source : MNHN, Paris
AUREOBASIDIUM PULLULANS 239
entre pH et consommation du glucose dans ces milieux. Le milieu XV-P, se
révèle intéressant à cet égard: une inversion des pentes de la courbe du pH s'ef-
fectue au bout de 6 jours lorsque le glucose est épuisé et se traduit
immédiatement par une légère diminution des taux des formes de résistance.
Dans un milieu de composition minérale comparable au milieu XV-P;, Bermejo
& al. (1981a, b) ont observé que des quantités croissantes de glucose, supérieures
à 3%, stimulent la transition conidie-chlamydospore et que la morphogenèse
chlamydosporale est régulée par le pH.
Les résultats obtenus en milieu XV-P, (enrichi en azote ammoniacal) permet-
tent de préciser le róle du métabolisme de l'azote inorganique dans la
morphogenése chlamydosporale. Dans ce milieu, l'azote ammoniacal est peu
consommé et la production de chlamydospores reste trés faible, diminuant enco-
re au 6ème jour de culture; une forte proportion de cellules hypertrophiées, pa-
thologiques, accompagne la population conidienne au 2ème jour de culture
quand la consommation du glucose est encore faible, mais cette population dis-
parait ensuite, remplacée par une population importante de cellules renflées. La
lyse de la biomasse pathologique s'effectue entre le 3éme et le 6ème jour où on
ne l'observe plus; cette biomasse libère son contenu cellulaire protéique qui, mis
à la disposition des conidies, permet une reprise active de leur croissance et de
leur métabolisme, tandis que régresse le pourcentage de cellules renflées jusqu'au
lléme jour de culture. Ces résultats permettent de penser que la cellule renflée
représente bien chez Aureobasidium pullulans un état de "souffrance" transitoire,
qui pourrait conduire suivant les conditions du milieu soit à un retour vers l'état
conidie soit à une évolution plus ou moins rapide vers l'état chlamydospore.
Conditions de la formation des hyphes
En 1984, Cooper & Gadd ont montré que l'addition d'extrait de levure à la
concentration de 1% dans le milieu synthétique liquide basal permet l'apparition
de la forme mycélienne en culture; cependant ces auteurs n'ont pas identifié la
(ou les) molécule(s) responsable(s), dans ce produit complexe, de l'induction de
filaments; ils n'ont pas observé les conséquences métabolique et morpho-
génétique de l'utilisation de cette source d'azote organique. Les résultats que
nous avons obtenus permettent d'apporter des précisions dans ce domaine et de
souligner l'étroite corrélation qui existe entre la consommation de l'azote organi-
que ou inorganique, les facteurs glucose, phosphate, ATP et pH.
Dans les différents milieux étudiés, la meilleure croissance du microorganisme
est obtenue en milieu XV-Y ou la source d'azote est mixte (minérale et organi-
que) dans ce milieu, la population constituée essentiellement de conidies et
d'hyphes, atteint 2.108 unités.ml! plus rapidement que dans les autres milieux et
notamment dans les milieux XV-P, et XV-P, où la quantité d'azote (inorganique
Uniquement) est respectivement identique ou le double. Une chute importante du
laux d'azote ammoniacal s'effectue de facon concomitante pendant la durée de
la phase exponentielle de croissance (période de biosynthéses et de multipli-
cation) mais un changement métabolique se produit ensuite: le microorganisme,
ayant consomme le glucose extracellulaire et une forte proportion de l'azote
"organique du milieu, dont le taux ne varie plus ou peu, accroit sa biomasse
mycélienne et devient producteur d'énergie (augmentation des teneurs en ATP
Source : MNHN, Paris
240 P.PAPON et al.
cellulaire). Ces résultats doivent étre corrélés à l'abondance des mitochondries
dans l'extrémité apicale des hyphes (Simon, 1984). De plus l'alcalinisation pro-
gressive du milieu nous permet de penser que le microorganisme utilise l'autre
source azotée mise à sa disposition (azote organique de l'extrait de levure)
libérant de l'ammoniaque qui permet l'augmentation progessive du pH. Ces
résultats peuvent étre corrélés à l'induction d'activites proteasiques et au trans-
port transmembranaire des acides aminés par l'intermédiaire d'une GAP
(general amino-acid permease) dont la synthése est réprimée quand la levure se
développe dans un milieu contenant NH,* comme cela a été démontré chez
Saccharomyces cerevisiae par Grenson & al. (1970).
La consommation du glucose extracellulaire est également plus rapide dans ce
milieu favorable à une croissance active et doit etre mise en parallele avec la
chute de la teneur en polyphosphates totaux intracellulaires qui atteint la valeur
la plus faible de tous les milieux étudiés (0,1 mg.P g r-! de matière sèche); en ou-
tre nous avons vu qu'une bonne corrélation existe entre la chute du pH et la
consommation du glucose pendant les premiéres heures de culture; Van
Steveninck & al. (1986) ont proposé un modèle de transport du glucose par 2
mécanismes différents chez Kluyveromyces marxianus, l'un associé au
métabolisme des polyphosphates de la membrane, l'autre au symport
sucre/proton associé à une conversion ATP/ADP.
En conclusion, ces recherches montrent que des phénoménes métaboliques et
énergétiques régulent les aspects du polymorphisme chez A. pullulans. L'utili-
sation et (ou) le transport des acides aminés seraient en jeu dans la production
de la forme mycélium, de façon concomitante å l'établissement de phénomènes
énergétiques: consommation des polyphosphates, consommation et production
d'ATP. L'utilisation et (ou) le transport de la source carbonée seraient plutôt en
jeu dans le développement de la forme cellulaire, conidienne, renflée, ou
chlamydosporale. La chute du pH extracellulaire, liée à la consommation de la
source d'azote inorganique est prépondérante pour le développement des formes
sistance. Des recherches devraient être entreprises, concernant les transports
transmembranaires de ces métabolites chez A. pullulans, dont on connait la
pathogénicité (Salkin & al., 1986); un tel type d'investigation a été suggéré par
Prasad (1987) chez Candida albicans, organisme dimorphe et pathogéne.
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LA PRÉMUNITION DE LA TOMATE CONTRE
LA VERTICILLIOSE CAUSÉE PAR VERTICILLIUM
ALBO-ATRUM, FORME A MICROSCLÉROTES.
CONSÉQUENCES PHYSIOLOGIQUES DU PHÉNOMENE
A. REGRAGUI, H. LAHLOU et H. ZAID
Laboratoire de Botanique, Faculté des Sciences de Rabat,
Universite Mohamed V. Maroc
RESUME - La préinoculation des plants de tomate var. Marmande, avec des mutants non
pathopénes du Verticillium albo-atrum (obtenus au laboratoire soit après vieillissement d'une
culture de lisolat p3, soit aprés plusieurs passages successifs sur une plante non hôte), a
rmis de les protéger contre l'agressivité de l'isolat p3. Toutefois, les agents prémunisants
sont efficaces que s'ils sont appliqués 2 jours avant linoculation par la souche
pathogène. Pour une bonne prémunition, la densité de l'inoculum doux doit être égale ou
Supérieure à 106 spores/ml. La protection semble être associée à un retard dans la coloni-
sation de l'ensemble de la tige par l'agent pathogène. Les effets de la souche pathogène de
V. albo-atrum sur la nutrition minérale et azotée des plantes infectées (altération dans l'ac-
cumulation des ions K^ et Na-, réduction de lactivité nitrate réductase) sont moins
marqués chez les plantes prémunies. La préinoculation semble déclencher chez les plantes
hôtes un système de défense(s) dont les conséquences sur le plan nutritionnel sont discutées.
TRACT - The preinoculation of tomato plants var. Marmande with avirulent mutants
of V. albo-atrum (obtained in laboratory either after the aging of the p3 isolate culture or
after several successive trials on a non host plant) has allowed to protect them against the
P3 aggression, However, the premunity factors are only efficient if applied 2 days before
the challenger inoculation. For a good premunity, the mild inoculum density to be used
must be equal or superior to 105 spores/ml. The protection seems to be associated with a
delay in the spread of the total stem by the challenger. The effects of the pathogen strain of
the V. albo-atrum on the mineral and nitrogenized nutrition of the infected plants (alter-
ation in ions K* and Na* accumulation, reduction of nitrate reductase activity) have less
impact on premunited plants. Preinoculation seems to activate in host plants a defense sys-
tem for which the consequences on the nutrition domain have been discussed.
MOTS CLÉS : prémunition, Verticillium, composition minérale, activité nitrate réductase.
Source - MNHN, Paris
244 A. REGRAGUI et al.
INTRODUCTION
De nombreuses recherches ont permis de montrer que les plantes peuvent étre
prémunies contre les parasites phytopathogénes (David, 1968; Kuc & al., 1975;
Mas & Molot, 1977...). L'hóte sensible à l'agent pathogéne est préinoculé avec
un organisme peu ou pas pathogéne, qui induit la résistance de l'hóte contre une
infection ultérieure. La prémunition des plantes contre l'agressivité du
Verticillium a donné des résultats positifs: retard dans l'apparition des symptó-
mes de la maladie et réduction du nombre de plantes malades. Ainsi Schnathorst
& Mathre (1966) ont pu protéger les plants de coton contre le V. a/bo-atrum par
des conidies de souches avirulentes du même champignon. La préinoculation
avec des conidies du V. nigrescens a protege les plantes de menthe contre le V.
dahliae (Mellouk & Horner, 1975). Matta & Garibaldi (1977) ont utilisé d'autres
champignons pour protéger la tomate contre le V. dahliae. De son côté, Marois
(1982) à pu protéger l'aubergine contre le même parasite par des isolats de
Talaromyces flavus.
Lahlou (1983) a montré que dans la descendance par microconidies de cultu-
res agées de V. albo-atrum, forme à microsclérotes, il apparait parfois des lignées
peu pathogènes vis-à-vis de la tomate Marmande, Elles pénètrent dans la plante
et provoquent des symptômes peu prononcés. Selon le même auteur, ces lignées
pourraient être utilisées pour tenter de prémunir les tomates contre l'attaque par
des lignées plus pathogènes.
En fonction de ces données, nous avons tenté d'une part, d'optimiser les
conditions de la prémunition de la tomate contre l'agressivité de la souche maro-
caine de V. albo-atrum et d'autre part, d'effectuer une première analyse des
conséquences du phénomene sur la nutrition minérale et azotée des plantes
inoculées, partant des observations faites par Guerrier & al. (1985), sur les per-
turbations nutritionnelles engendrées par la présence du Verticillium chez les
plantes hôtes.
MATERIEL ET METHODES
Le parasite
Différents isolats appartenant a l'espèce V. albo-atrum, forme a
microsclérotes, ont été utilisés:
solat p3 obtenu en 1978 à partir d'une tige de tomate atteinte de
verticilliose au Maroc dans la région de Casablanca, produit des microsclérotes
en grande quantité et se montre très agressif vis s de la tomate Marmande.
- des mutants peu ou pas pathogènes, issus de l'isolat p3 et obtenus soit aprés
vieillissement d'une culture p3 pour le clone pl, soit après plusieurs passages suc-
cessifs sur une plante non hôte (piment) pour les clones a3 et a4 devenus peu
pathogènes vis-à-vis de la plante hóte d'origine (Douira & Lahlou, 1989).
Isolats et mutants sont entretenus en culture sur milieu P.D.A. Les cultures
sont conduites en boites de Petri, à l’obscurité et une température de 25 + 1°C.
Source - MNHN, Paris
PRÉMUNITION CONTRE LA VERTICILLIOSE 245
,
MES
š
H
а 20
E
3
3
a
Š 10
š Lean
z
oe aie
Sram Z EZ b semaines apres
Le 4 I
шие inoculation
Y
Fig. 1 - Influence de la durée de préinoculation sur l'évolution des indices de
rabougrissement (IR) des plantes de tomate préinoculées avec la souche non pathogène
de V. albo-atrum pl avant linoculation avec la souche pathogène p3. Durée de
préinoculation: 0, 30mn, 2, 3, 5 et 7 jours. pl: inoculation avec la souche non
pathogéne pl, p3: inoculation avec la souche pathogène p3.
Fig. 1 - Evolution of dwarfing index (IR) of tomato plants which had been pre-inoculated
With a non pathogen strain of V. albo-atrum pl in relation to the time between
pretreatment and challenge inoculation. Preinoculation duration: 0, 30mn, 2, 3, 5 and 7
days. pl: inoculation with a non pathogen strain pl, p3: inoculation with a pathogen
strain p3.
L'hóte, préinoculation et inoculation, culture
Les plants de tomate ( Lycopersicum esculentum Mill) variété Marmande,
sensible au P. albo-atrum, ágés de 3 semaines et arrivés au stade premier bou-
quet de vraies feuilles sont préinoculés avec une suspension de microconidies (10*
spores/ml) récoltées par lavage de thalles âgés de 4 jours. Les racines des plants
Sont trempées pendant 15mn dans l'inoculum préparé à partir de l'une des sou-
Source : MNHN, Paris
246 A. REGRAGUI et al.
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* B 20
Te pi p3 durée de
Om 30mn 2} а 5j 7j préinoculatior
Fig. 2 - Influence de la durée de préinocul
ation sur la floraison des plantes de tomate
prétraitées par la souche non pathogène de V. albo-atrum pl avant l'infection par la sou
Che pathogene p3. Te: témoins, pl: inoculation avec la souche non pathogène pl, З:
inoculation avec la souche p3.
Fig. 2 - Effect of the time between preinoculation with a non pathogen strain of Y.
albo-atrum pl and challenge inoculation p3 on flowering (% of tomato plants which had
been flowered 11 weeks after inoculation).
7 days. Te: control, pl: inoculation with a
a pathogen strain p3.
Preinoculation duration: 0, 30mn, 2, 3, 5 and
non pathogen strain pl, p3: inoculation with
ches non pathogènes. Les racines des plants témoins sont trempées dans de l'eau
stérile. Après traitement par l'agent prémunisant, les plantes sont repiquées en
pots de sable et reçoivent 3ml du même
plantes sont délicatement déterrées de
inoculum. Après un temps variable, les
leur pot, puis inoculées de la méme
manière que précédemment avec une suspension de microconidies (10%
sues de I5
spores ml)
olat p3. Des plantes préinoculées témoins sont trempées
dans l'eau stérile. Des plantes témoins prétraitées par l'eau stérile seulement sont
trempées dans inoculum de l'agent
pathogène. Toutes les plantes sont
repiquées dans leur pot et reçoivent 3m de l'inoculum agressif. Les tests sont
réalisés sur des lots de 21 plantes.
Le substrat de culture est constitué de
sable traité à l'HCI, lavé plusieurs fois à
l'eau distillée et stérilise par la chaleur sèche (24h à 180°C) avant d'être imprégné
d'une solution nutritive (Lahlou, 1983).
Les cultures sont effectuées dans une
chambre à une température de 25 + 1°C, une humidité relative de 60% et une
luminosité de 23 000lux sous une photopériode de 12h. Toutes les plantes sont
arrosées tous les 2 jours avec la solution nutritive.
Réisolement du champignon
Des coupes minces de tiges sont déposées dans l'alcool 95° pendant 2 minu-
tes, rincées plusieurs fois à l'eau stérile, séchées rapidement sur un papier absor-
bant stérile, puis déposées à la surface
de boites de Pétri contenant un milieu
Source : MNHN, Paris
PRÉMUNITION CONTRE LA VERTICILLIOSE 247
30:
20.
10 XT
6 semaines aprés inoculation
Indice de Rabougrissement en Z
Indice d'altération foliaire
ab ab eau préinoculation
eau p3 p3 inoculation 2 jours
après
Fig. 3 - Effet de la préinoculation des plantes de tomate avec la souche non pathogène de V.
albo-atrum a4 (ou eau) sur la croissance (IR) O et les altérations foliaires & des plantes
inoculées 2 jours aprés avec la souche pathogéne p3 (ou eau). Deux résultats sont signi-
ficatifs au seuil 5% s'ils ne sont pas alfectés de la méme lettre, non significatifs dans le
cas contraire.
Fig. 3 - Effect of preinoculation with a non pathogen strain of V. albo-atrum a4 (or water)
on growth (IR) CJ and foliar alteration fà of tomato plants which had been inoculated 2
days after with a challenger (or water). Letters that are common over the same type of
bar are not significantly different, p — 0.05.
P.D.A. additionné d'antibiotiques. En cas de succés, on peut voir au bout d'une
semaine un thalle se développer à proximité des fragments de tige.
Analyse minérale
- Teneur des plantes en K* et NA *: les plantes des différents traitements sont
arrosées avec la solution nutritive compléte. 27 jours après l'inoculation par
Visolat p3, des prélévements sont effectués (4 répétitions par traitement) en vue
d'établir la composition minérale brute en K* et Na* des organes (racines et ti-
ges).
- Absorption de K* et Na* par les racines: la préparation des racines en vue
de mesurer l'absorption d'ions en 24h a été faite selon la méthode décrite par
Guerrier & al. (1985). Les parties aériennes et les racines des plantes sont
séchées à l'étuve à 60°C pendant 24 heures. Après broyage au mortier, la poudre
Source : MNHN, Paris
248 A. REGRAGUI et al.
végétale est pesée et placée dans des creusets de quartz puis mise à calciner à
400°C pendant une nuit. Aprés refroidissement, les cendres sont récupérées dans
Scc d'un mélange d'acide nitrique 1096 et d'acide chlorhydrique 1096 et portées
à ébullition. Les cendres reprises sont transvasées dans une fiole jaugée qu'on
ajuste avec de l'eau bidistillée à Süml. Le dosage est effectué par absorption ato-
mique aprés passage au spectrophotométre Perkin Elmer. Les teneurs en Na* et
К + sont exprimées en gramme pour 100g de matière sèche.
Mesure de l'activité nitrate réductase "in situ"
a
30
s " š
2 so H А
š 8
220 b g
a я
3 ' ч
d a sx
s 10 en ^
$ и E
9 =
g E
z á
Э) 4 6 concentration de
E n 19 10 10% 1'inoculum
eens prémunisant
а (spores/m1)
Fig. 4 - Influence de la concentration de l'inoculum prémunisant sur les indices de
rabougrissement C] et d'altération foliaire EJ calculés 6 semaines aprés l'inoculation avec
la souche pathogéne p3 (105 spores/ml) des plantes de tomate différemment prétraitées 2
jours auparavant. Deux résultats sont significatifs au seuil de 5% s'ils ne sont pas
affectés de la même lettre, non significatifs dans le cas contraire.
Fig. 4 - Effect of protector inoculum density on dwarfing index C] and foliar alteration [8
(6 weeks after inoculation) of tomato plants which had been pretreated 2 days before
Challenge inoculation (109 spores/ml). Letters are common over the same type of bar
are not significantly different, p = 0.05.
Source : MNHN, Paris.
PRÉMUNITION CONTRE LA VERTICILLIOSE 249
27 jours aprés l'inoculation par l'isolat p3, les plantes sont déterrées et pesées
aprés excision de leurs racines. Elles sont ensuite incubées dans des vénojects de
140ml en anoxie et à l'obscurité (Robin & al., 1983) en présence de KNO,
100mM (Gojon & al, 1984) Aprés un temps d'incubation d'Ih, le nitrite
accumulé est extrait par l'eau bouillante. Des réactifs de diazotation NNEDD
(0,28/1) et de sulfanilamide (10g/1 d'HCI) sont additionnés. On laisse la coloration
violette se développer pendant au moins 30mn, puis on mesure la densité optique
au spectrophotometre a 540nm.
Notations des résultats
- Croissance des plantes: la réduction de la taille de l'épicotyle des plantes
inoculées par rapport au témoin est estimée par l'indice de rabougrissement IR.
calculé de la manière suivante:
IR = (xy x x) x 100,
où x, = accroissement de l'axe aérien du plant inoculé, x, = accroissement
moyen des témoins.
Indice d'altération foliaire: il exprime l'intensité des altérations foliaires. Une
note Ni est attribuée à chaque feuille: 0 feuille saine, 1 — feuille flétrie sans
chlorose, 2 = plages légérement chlorotiques sur un ou plusieurs folioles, 3 =
plages chlorotiques sur toute la surface d'un ou plusieurs folioles ou plages
chlorotiques à centre nécrosé, 4 — nécrose totale ou feuille morte. Un indice est
établi pour chaque plante:
IAF Ni/4N,
où N: nombre total de vraies feuilles.
Floraison : le nombre de plantes montrant des boutons floraux sur la
première inflorescence est noté pour chaque lot de 21 plantes. Il est exprimé en
%
RESULTATS
Protection des plantes de tomate par prémunition
Influence de la durée de préinoculation: nous avons fait varier la durée de la
période séparant la préinoculation par l'agent avirulent pl et l'inoculation par
l'isolat p3. Ces durées sont de 0, 30mn, 2, 3, 5 et 7 jours. La croissance des plan-
les a été suivie durant 6 semaines.
Si l'inoculation par l'isolat p3 suit immédiatement la préinoculation ou si elle
a lieu 7 jours après, aucune protection n'est notée (Fig. 1). Pour des durées de
préinoculation de 30mn, 3 et 5 jours, l'effet de la protection partielle observée au
Cours des 4 premières semaines d'observation, diminue progressivement. À la
6ème semaine, les indices de rabougrissement sont aussi prononcés que celui des
plantes malades de contrôle. Par contre si l'inoculation par l'isolat p3 a lieu 2
jours après la préinoculation, la protection observée est positive et durable à en
juger par les faibles valeurs des indices de rabougrissement et le pourcentage des
plantes ayant fleuri en fin d'expérience (Fig. 2).
Source : MNHN. Paris
250 A. REGRAGUI et al.
réisolement de pl reisolement de p3
plantes plantes plantes plantes
inoculées inoculées par |inoculées inoculées par
Tp | par pl pl et Zjours |par p3 pl et 2jours |Ti
seul après par p3 |eeul _ après par p3
base* apex | base apex | base apex base apex
y]. - + =
23 + - + -
Ss | edem 5 + - P moet + - 13
el + s + - a zs + -= 2j
63 + + + + + + + - 43
8j + + + + + + PR 63
105| + + + + + + 5555 8j
izj| + * * * + + EE: 103
Tabl. | - Réisolement des 2 souches de Verticillium pl et p3 dans la base el l'apex des tiges
de tomates inoculées. * Niveau du réisolement, + Réisolement positif, - Réisolement
négatif, Tp: temps (en jours) aprés préinoculation par la souche pl, Ti: temps (en jours)
aprés inoculation par la souche p3.
Table 1 - Re-isolation of 2 strains of Verticillium pl and p3 from the base and apex stems
of tomato infected plants. * Level of re-isolation, + Positive re-isolation, - Negative re-
isolation, Tp: time (days) after preinoculation with pl strain, Ti: time (days) after inocu-
lation with p3 strain.
Ainsi, le temps optimal de préinoculation est de 2 jours dans les conditions de
nos expériences. Ce délai a été retenu pour tester. l'effet prémunisant des autres
souches hypovirulentes. Avec la souche ad, des résultats positifs ont été obtenus
(Fig. 3). Les plantes prémunies ont une croissance semblable à celle des plantes
saines. Parfois, nous avons constaté l'apparition tardive de quelques chloroses
sur les feuilles de la base et une légère baisse de la croissance des axes aériens,
cependant, les indices de rabougrissement et d'altération foliaire restent plus fai-
bles que ceux des plantes malades.
- Influence de la concentration de l'inoculum prémunisant: dans une autre
expérience, nous avons fait varier la concentration en conidies de la souche
avirulente pl. C'est ainsi que le prétraitement des plantes par des densités
d'inoculum inférieures à 105 spores/ml n'entraine aucune protection. Les symptó-
mes de la maladie sont aussi sévéres que ceux des plantes malades de contróle
(Fig. 4). Pour un inoculum ajusté à 10* spores/ml mais dont les spores ont été
tuées à la chaleur, les plantes semblent être protégées pendant les 4 premières se-
maines d'observation, cependant, cette protection s'est révélée transitoire
Source : MNHN, Paris
PRÉMUNITION CONTRE LA VERTICILLIOSE 251
a
кл Naz
lax
a 9
| 0,4
s4
| 8
0,3
0,3
7
0,2
0,2
K
pt pr p3 Te pi pr p3
Esa
Fig. 5 - Teneur en K* et Na* (27 jours après l'inoculation) des racines (a) et tiges (b) des
plantes de tomate cultivées sur solution nutritive complète et différemment traitées. Te:
témoin, pl: inoculation avec la souche non pathogène pl de Verticillium, рг
préinoculation avec la souche pl, 2 jours avant l'inoculation par la souche pathogène
P3, p3: inoculation avec la souche pathogène p3. Pour un élément donné, les moyennes
non accompagnées de la méme lettre different au seuil statistique 5%.
Fig. 3 - Na* and K* contents (27 days after inoculation) in roots (a) and stems (b) of
tomato plants grown on a complete nutritive medium and differently treated. Te:
control, pl: inoculation with a non pathogen strain pl of Verticillium, pr: preinoculation
with pl strain, 2 days before challenge inoculation, p3: challenge inoculation. For each
element, means are significantly different (5%) when they are not accompanied by the
same letter.
puisqu'à la 6ème semaine, les plantes ont manifesté un rabougrissement de
même importance que celui des plantes malades de contrôle. Il en est de même
pour les symptómes foliaires notés à la méme période.
ll apparait donc qu'un nombre suffisant de microconidies vivantes de l'agent
prémunisant est nécessaire pour induire la résistance des plantes. Ce taux est ap-
proximativement le même que celui de l'agent pathogène.
- Progression du parasite dans les plantes infectées: nous nous sommes
demandés si la protection conférée à la plante par l'organisme non pathogène
pouvait être l'effet d'une compétition avec l'agent pathogène pour l'occupation
Physique du milieu représenté par la plante. Pour cela des réisolements réguliers
dans le temps, des 2 souches de Verticillium pl et p3 ont été effectués au niveau
de l'hypocotyle et du dernier entre noeud des plantes, et ceci pendant 12 jours
après préinoculation.
. Les résultats (Tab. I) montrent que l'isolat p3 (facilement identifiable puisqu'il
forme des microselérotes après 5 jours de mise en culture) pénètre dans les raci
hes, se localise dans I’hypocotyle, puis migre rapidement dans la tige; il a été
réisolé de la base et de l'apex des plantes 24h après inoculation.
Source - MNHN. Paris
252 A. REGRAGUI et al.
KZ x
O wo den
4
0,7
DES
0,6
3 0,5
Te pt pr p3
Fig. 6 - Absorption (en 24 h) des ions K* et Na* par les racines excisées des plantes de tomate
cultivées sur milieu CaSO, et différemment traitées. Te : témoin, pl : inoculation avec la
souche non pathogène pl de Verticillium, pr : préinoculation avec la souche pl, 2 jours avant
l'inoculation par la souche pathogène pl, p3 : inoculation avec la souche pathogène p3. Pour
un élément donnée, les moyennes non accompagnées de la même lettre différent au seuil
statistique 5 %.
Fig. 6 - Daily absorbed amounts of K and Na elements by roots excised from tomato plants
grown on a CaSO, medium and differently inoculated. Te : control, pl : inoculation with
à non pathogen strain pl of Verticillium, pr : preinoculation with pl strain 2 days before
challenge inoculation, p3 : challenge inoculation. For each element, means are significantly
different (5 %) when they are not accompagnied by the same letter.
La souche non pathogéne pl pénétre également aussi rapidement que la sou-
che p3 et se maintient dans la racine et la base de l'hypocotyle pendant un cer-
tain temps. Elle n'a été réisolée du dernier entre noeud des plantes qu'à partir du
6ème jour après préinoculation.
Dans les plantes prémunies, l'agent non pathogène se trouvant dans la racine
n'empêche pas la pénétration de l'agent pathogène. Ce dernier a été réisolé de la
base de l'hypocotyle 24h aprés inoculation, cependant il y reste localisé et n'en-
vahit la totalité de la tige que 8 jours plus tard.
ll apparait donc que les 2 souches de Verticillium, pathogène et non
pathogène, ne colonisent pas l'ensemble de la plante hôte avec la même vitesse.
La présence du parasite non pathogène dans la plante 2 jours avant l'arrivée de
l'agent pathogène ne s'oppose pas à l'entrée de l'antagoniste mais semble "retar-
der” sa progression dans la plante.
Influence de la prémunition sur l'accumulation des ions monovalents chez les
plantes infectées
PRÉMUNITION CONTRE LA VERTICILLIOSE 253
лапе
с $
° 8
900
700.
500
300
Activité Nitrate Réductase en nM NO
eau pi pt eau préinoculation
1 1 1 li à i 4
eau eau p3 p3 inoculation 2 jours après
- Activité nitrate réductase mesurée 27 jours aprés l'inoculation chez des plantes de
tomate préinoculées avec la souche non pathogéne pl de Verticillium (ou eau) 2 jours
avant Vinoculation ayec la souche pathogéne p3 (ou eau). Deux résultats sont significa-
tifs au seuil 5% s'ils ne sont pas affectés de la même lettre, non significatifs dans le cas
contraire.
ig. 7 - Nitrate reductase activity (27 days after inoculation) in tomato plants preinoculated
with a non pathogen strain of Verücillium 2 days before a challenge inoculation (or
water). Two results are significant (confidence interval 5%) if they are not affected by
any common letter, not significant if they are.
La croissance des plantes protégées par prémunition étant presque semblable
à celle des plantes saines, leur nutrition minérale serait-elle affectée par la
présence de la souche pathogène de Verticillium?
Sur un premier lot de plantes saines, prémunies et malades, nous avons
mesuré les teneurs en K* et Na* des racines et des tiges. Aussi bien dans les ti
ges que dans les racines, l'inoculation par l'isolat p3 entraine une baisse dans
l'accumulation би К“, baisse accompagnée par une élévation des teneurs en
Na~ (Fig. Sa-b)). Ces résultats confirment ceux de Guerrier & al. (1985). Chez
les plantes prémunies, ces teneurs sont significativement différentes de celles des
plantes malades de contrôle. Elles sont statistiquement indistinguibles des teneurs
relevées chez les témoins sains ou les témoins inoculés par la souche
Prémunisante.
Sur un autre lot de plantes arrosées d'une solution de CaSO,, nous avons
mesuré l'absorption des ions K* et Na* en 24h par les racines excisées.
Source : MNHN, Paris
254 A. REGRAGUI et al.
Les résultats (Fig. 6) montrent que l'absorption du K* est plus faible chez
toutes les plantes inoculées, que ce soit avec une souche pathogène ou non
pathogène. A cette baisse correspond une augmentation de l'absorption de Na+.
Toutefois, l’altération observée dans l'absorption de ces deux ions par les racines
est moins marquée chez les plantes prémunies.
Influence de la prémunition sur le métabolisme azoté des plantes infectées
L'étude du métabolisme azoté des plantes de tomate a été faite par le biais de
l'étude de l'activité de la nitrate réductase (ANR). Cette dernière est
représentative du niveau de synthèse des acides aminés et protéines du fait que la
nitrate réductase est l’enzyme limitante du processus de réduction des nitrates
(Beevers & Hageman, 1969).
Des expériences préliminaires sur l'influence du Verticillium sur le
métabolisme azoté des plantes de tomate infectées par diverses souches de
Verticillium ont montré que, dans la capacité de réduire le nitrate, de nettes
différences apparaissent entre les plantes inoculées par la souche non pathogène
pl (ANR similaire à celle des témoins) et celles inoculées par la souche
pathogène p3 (ANR significativement plus faibles que celles des témoins)
(résultats non publiés). Devant cette situation, nous nous sommes demandés si
les facultés assimilatrices de l'azote des plantes prémunies seraient épargnées de
l'action inhibitrice de l'agent pathogene à l'intérieur des plantes.
Nous avons mesuré l'ANR sur le méme lot de plantes ayant servi à l'analyse
minérale des différents organes. Des prélèvements ont été faits 27 jours aprés
inoculation. Les résultats consignés sur la Fig. 7 montrent qu'à ce stade la dimi-
nution de l'activité assimilatrice de l'azote est assez nette chez les plantes
inoculées par l'isolat p3 et manifestant déjà le jour de la manipulation un
rabougrissement de 32%. Par contre, les plantes prémunies, de croissance à peu
près normale, présentent des ANR semblables à celles des plantes saines.
DISCUSSION ET CONCLUSIONS
Ces résultats démontrent qu'il est possible dans les conditions de nos
expériences de prémunir les plantes de tomate var. Marmande contre la
verticilliose causée par V. albo-atrum, en les préinoculant avec des souches non
pathogénes du méme champignon.
Le succès du phénomène se manifeste durant les 2 premiers mois après la
mise en culture, observation faite aussi par Matta & Garibaldi (1977) et, malgré
l'apparition tardive de quelques symptômes de la maladie, les plantes prémunies
fleurissent en même temps que les plantes saines.
. La protection observée dépend du temps de préinoculation: un délai est
nécessaire entre la préinoculation et l'inoculation. Dans le cas de la prémunition
contre les verticillioses, ce délai dépend du couple hôte - Verticillium. Il est de 7
jours pour la prémunition du coton (Schnathorst & Mathre, 1966), 5 à 9 jours
pour la protection de la menthe (Mellouk & Horner, 1975). Dans les conditions
de nos expériences ce délai est de 2 jours. Ce résultat est à rapprocher de celui
de Wymore & Baker (1982). Ces auteurs ont constaté la nécessité du même délai
Source - MNHN Paris
PREMUNITION CONTRE LA VERT ICILLIOSE 255
pour controler la fusariose de la tomate. La préinoculation par l'agent non
pathogène semble “activer” les mécanismes de défense de la plante (phytoaléxine
t autres produits antifongiques...). Leur efficacité semble exiger un délai entre
“ur mise en route et l'arrivée de l'agent pathogène. Ces mécanismes peuvent être
ollicités par des facteurs abiotiques tel le stress dû à la chaleur: l'immersion des
icines de tomate dans l’eau chaude à 50°C pendant 60 à 90 secondes 2 jours
vant Vinoculation par le Fusarium oxysporum, a permis de retarder les symptô-
ves de la fusariose (Anchisi & al., 1985).
Une bonne prémunition est liée à une concentration suffisante en
icroconidies de l'agent inducteur. Une corrélation positive semble exister entre
densité en microconidies et l'activation des mécanismes de défense de la plan-
Ceci est à rapprocher de l'hypothése de Mas & Molot (1977); une densité
uil des spores de l'agent non pathogéne est essentielle pour induire les
ecanismes de résistance des plantes de melon contre le F. oxysporum.
La recherche du champignon dans la tige à différents niveaux des plantes
émunies a permis de montrer que la protection n'est pas due à une
»mpétition physique entre les 2 souches de Verticillium, mais qu'elle semble due
! partie au ralentissement constaté dans la colonisation de la totalité de la lige
s plantes prémunies par la souche pathogène. Néanmoins, le champignon
"hogéne demeure présent dans les différentes parties des plantes prémunies
isqu'il a été réisolé en fin d'expérience.
Les effets du Verticillium sur la nutrition minérale et azotée des plantes de to-
ite infectées par la souche pathogène p3 s'expriment d'une part, par une baisse
ins l'accumulation du K+ dans les parties aériennes et les racines et d'une
usse dans l'accumulation du Ма”, et d'autre part, par une inhibition de
ctivité de la nitrate réductase. Les mécanismes “déclenchés” par la prémunition
mblent protéger les plantes de tomate de ces actions néfastes. Ils pourraient,
ire autres, agir au niveau de:
- la perméabilité membranaire vis-à-vis du K* et Na“, en la préservant de
ction des toxines ou enzymes libérées par la souche pathogène, et assurer à la
ante un transport normal de son flux xylémique.
- Venzyme de l'assimilation de l'azote, éventuellement en empêchant sa
sactivation par l'agent pathogène et/ou en lui assurant la fourniture du pouvoir
ducteur, sachant que la nitrate réductase de la majorité des plantes supérieures
lise spécifiquement le NADH comme cofacteur (Beevers & Hageman, 1969;
hrader & al., 1968).
La résistance totale ou partielle acquise par prémunition dépendrait de la ba-
псе métabolique délicate qui existerait entre le parasite produisant des
élabolites toxiques et l'hôte meltant en oeuvre ses facteurs de résistance.
REMERCIEMENTS : les auteurs remercient M. le Professeur Chevaugeon pour ses
nombreux avis et conseils dans la préparation et la réalisation du texte
Source : MNHN, Paris
256 A. REGRAGUI et al.
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Source : MNHN, Paris
Cryptogamie, Mycol., 1989, 10 (3): 257-264 257
BIOSYNTHESE DE LA MELANINE
CHEZ SORDARIA MACROSPORA
M.L, BOUILLANT, P. GROUT, J. BERNILLON, J. FAVRE-BONVIN,
N. SALIN et N. ARPIN
Laboratoire de Mycochimie (UA CNRS 1127) LC.B.M.C.,
Université Claude Bernard Lyon I, 69622 Villeurbanne Cedex
RÉSUMÉ - La voie de biosynthése de la mélanine chez Sordaria macrospora a été établie
заг l'identification des métabolites précurseurs excrétés d'une part dans le milieu de culture
ju champignon traité par un inhibiteur de mélanogenèse, le tricyclazole, et d'autre part
ans celui de souches mutantes altérées dans leur pigmentation. Ces métabolites, de nature
»entacétylique, caractérisent une voie de mélanogenèse découverte chez d'autres
\scomycètes et qui s'effectue par polymérisation du dihydroxy-1,8 naphtalène (DHN).
ABSTRACT - Melanin biosynthetical pathway in Sordaria macrospora has been established
‘sing precursor metabolites identification. These substances were isolated both from the
ulture medium of the fungus treated with a melanogenesis inhibitor, such as tricyclazole,
ind from that of mutant strains altered in their pigmentation. These metabolites are pen-
aketides and characterise a melanogenetic pathways found in some other Ascomycetes and
chieved by 1,8-dihydroxy naphthalene (DHN) polymerization.
MOTS CLÉS : Sordaria macrospora, Ascomycétes, biosynthése, mélanine, dihydroxy-1,8
Xaphtaléne.
INTRODUCTION
Les recherches récentes entreprises sur les voies de mélanogenése fongique
Sexpliquent par le rôle que peut jouer la mélanine dans la pathogénicité des
espèces: elle sert de protection, vis-à-vis d'agents du milieu (biotiques ou
abiotiques), pour les organes de conservation (sclérotes, chlamydospores), mais,
Surtout, sa présence parait importante pour la pénétration de la plante par cer-
lains parasites. Ainsi, chez des pathogènes comme Ppricularia oryzae ou
Colletotrichum lagenarium, ce sont des appressoriums, structures auxquelles la
mélanine confère la rigidité, qui serviront à envahir l'hôte.
En empéchant la mélanogenése, on diminue donc considérablement la
capacité d'envahissement de l'hôte par le parasite. Ainsi, des inhibiteurs chimi
ques de mélanogenése appelés antipénétrants, tel que le tricyclazole, sont utilisés
Source : MNHN, Paris
258 M.L. BOUILLANT et al.
pour lutter contre la pyriculariose. On comprend donc bien, dés lors, l'intérêt
porté ces derniéres années aux processus de mélanogenése.
Divers travaux, récapitulés dans la mise au point exhaustive de Bell &
Wheeler (1986), ont permis de montrer qu'il existait, chez les champignons, plu-
sieurs voies de biosynthèse des mélanines, originales et spécifique
* voie du y “glutaminyl-1 dihydroxy-3,4 benzene (GDHB),
* voie du catéchol,
* voie des polyacétates via le dihydroxy-1,8 naphtaléne (DHN).
La voie de biosynthése animale (polycondensation oxydative de la dihydroxy
phénylalanine-DOPA-) n'a pas été démontrée, jusqu'ici, chez les champignons.
La voie qui nous intéresse ici, celle du DHN, semble être particulière aux
Ascomycètes. Elle fut mise en évidence chez Verticillium dahliae par Bell & al.
(1976a, b) et Stipanovic & Bell (1977) en utilisant des mutants déficients en
mélanine. Les principaux précurseurs de la voie ont été déterminés: scytalone,
trihydroxy-1,3,8 naphtaléne, vermélone, dihydroxy-1,8 naphtalène, de même
qu'un certain nombre de produits de dérivation également présents dans le mi-
lieu de culture (Fig. 1). Toutes ces molécules sont issues d'une première conden-
sation polyacétylique (5 molécules d'acétate) et, à la suite de plusieurs réductions.
tations, conduisent au DIIN, monomére présumé de la mélanine. Les
mutations altérant la mélanisation concernent en général deux activité
enzymatiques spécifiques de la voie, à savoir les déshydratases ou les réductases.
Le tricyclazole est un inhibiteur spécifique de cette Voie. Ses sites d'action sont
localisés, selon Tokousbalides & Sisler (1979) et Woloshuk & al. (1980), au ni-
veau des activités reductases. C'est d'ailleurs une étude d'activité de cette
molécule sur plusieurs espèces (Wheeler, 1983) qui a permis de soupçonner
l'existence de la voie du DHN chez de nombreux Ascomycétes el
Deutéromycètes. Cependant, le nombre d'espèces chez lesquelles la voie a été
bien étudiée demeure restreint.
A la suite de l'observation (Leblon, comm. pers.) de la décoloration du
mycelium de Sordaria macrospora par le tricyclazole, nous avons entrepris
l'étude de la mélanogenèse de ce champignon, dont nous avons précédemment
étudié les conditions de fructification (Roure & Bouillant, 1986). Cet Ascomycete
présente une reproduction sexuée de type homothallique, au cours de laquelle la
mélanisation rythme les différenciations successives - mélanisation des hyphes qui
donnent naissance à des périthéces blancs devenant noirs, à l'intérieur desquels
se forment des ascospores noires - Pour cette recherche, nous disposions, en ou-
tre, de plusieurs souches mutantes, altérées dans leur pigmentation, isolées, et
bien caractérisées génétiquement, par Zickler & al. (1984).
D'après les résultats que nous avons déjà obtenus en recherchant les
métabolites excrêtés par cette espèce (Bouillant & al., 1988), il semble que la voie
des polyacétates soit très active chez Sordaria macrospora. En effet, plusieurs
molécules nouvelles (Fig. 2), formées par condensation polyacétylique (6
molécules d'acétate), ont eté identifiées; parmi celles-ci, le sordarial et son pro-
duit de réduction le sordariol. Des substances analogues existent chez Pyricularia
oryzae; l'une d'elles, le pyriculol, (Iwasaki & al., 1969, 1973) phytotoxique, est
considérée comme en partie responsable de la pyriculariose.
Source : MNHN, Paris
BIOSYNTHESE DE LA MÉLANINE CHEZ S. MACROSPORA 259
Ces analogies biochimiques font de Sordaria macrospora, bien que non
phytopathogène, un modèle biologique tout à fait propice pour étudier non seu-
lement les précurseurs des mélanines, mais également la production de
polyacétates éventuellement phytotoxiques.
Par le présent travail, nous avons confirmé la voie de biosynthèse de la
mélanine chez S. macrospora en étudiant les métabolites libérés dans le milieu de
culture:
- par la souche sauvage traitée avec du tricyclazole,
- par différents mutants altérés dans leur pigmentation, comparativement à
ceux produits par la souche sauvage non traitée.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Les Souches
La souche sauvage et les 3 souches mutantes de Sordaria macrospora
(Auersw.) nous ont été données par G. Leblon (Laboratoire des Interactions
Moléculaires Génomiques, Université Paris-Sud, Orsay). N° de souche (mu-
lation): 2716(B15), 1901(B12), 2144(J14).
Milieu et Conditions de Culture
Le milieu utilisé est préparé à partir des solutions mêres suivantes: LKH,PO,
50g 1, ILK;HPO, 60g 1, III. MgSO, 50g 1, IV. Oligoéléments pour 100ml H,0:
Ac. citrique. 111,0 3g; ZnSO,. 7 H,O 5g; (NH; Fe(SO4, lg; CuSO, 025g;
MnSO; 0.05g; H;BO; 0,05g; NH,MoO,. 2H,O 0,05g; CHCl, Iml, V. Biotine
50mg 1 EtOH 50%, VI. Thiamine.HCI 100mg 1 H,0. Pour 11 de milieu on
melange: I, 10ml; I, 10ml; II, 10ml; IV, 0,1ml; V, 0,5ml; VI, 0,5ml; glucose
10g; extrait de levure 32; H3O q.s.p. 1000ml. Les milieux solides sont préparés en
ijoutant 152 d'agar. Pour l'étude des métabolites, les cultures sont réalisées en
milieu liquide: soit en erlens de 250ml contenant 50m! de milieu pour la produc-
tion et l'isolement des composés excrétės, ainsi que pour le test préliminaire d'in-
hibition par différentes concentrations de tricyclazole, soit en erlens de 25ml
contenant 10ml de milieu pour les études cinétiques. L'incubation a lieu à
l'obscurité, à 20-24°C.
Supplémentation par le tricyclazole
Le tricyclazole (méthyl-S’ triazolo-1,2,4 [3,4-b] benzothiazole) est ajouté au
milieu de culture, en solution acétonique (maximum 20ul par erlen de 25ml,
pour limiter la toxicité du solvant), a partir de solutions méres calculées pour ob-
tenir les concentrations finales de 0,1, 0,5, 1, 5 et 10ppm. Les concentrations
Supérieures nécessitent l'addition d'une plus grande quantité de solvant dont lef-
fet sur la croissance mycélienne n'est pas négligeable.
Source : MNHN, Paris
260 M.L. BOUILLANT et al.
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ACETATE
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1,3,6,8 TIN SCYTALONE 1,3,8 TIN VEEL ONE 1,8 он
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FLAVIOLINE Ó
MELANINE
Fig. | - Voie de biosynthése de la DHN mélanine et voies dérivées: site d'inhibition du
tricyclazole (-—-); mutants de S. macrospora (.....).
Fig. | - Pathway of DHN melanin biosynthesis and branched pathways: site of inhibition
by tricyclazole (----); mutants of S. macrospora (.....).
Extraction et Isolement des métabolites
Les milieux de culture, aprés incubation, sont séparés du mycélium par fil-
tration et extraits par l’acétate d'éthyle (2 x 1 vol), ou le n-butanol (1 x 1 vol).
Après évaporation des solvants, les résidus secs sont repris par un volume mini-
mal de méthanol. Pour l'isolement des métabolites, les extraits bruts sont
fractionnés, d'abord sur colonnes de polyamide acétylé (MN DC, Ac) éluées suc-
cessivement par: hexane, hexane-acétate d'éthyle l:l, acétate d'éthyle et enfin
acetate d’éthyle-méthanol 8:2, ou sur CCM avec centrifugation (Chromatotron)
sur gel de silice (60 PF ;, Merck), dans hexane-acetate d’éthyle-methanol 6:4:1,
ensuite par CLHP préparative (colonne en phase réverse Cj; Merck, 74, Ø 25, L
250mm) ou semi-préparative (id. © 0,8mm), en conditions isocratiques. Solvant:
acetonitrile - HO de 25 à 50%, suivant la polarité des produits. Les études
cinétiques sont réalisées à partir de cultures du 2ème au lléme jour. Le
mycélium est pesé, après lyophilisation, et le milieu extrait comme
précédemment. Les extraits, en solution méthanolique, sont directement analysés
en CLHP: colonne phase reverse Altex, Cis, 54, 0 4, L 250mm, gradient de sol-
AI H,0 + 2% d'acide acétique; B/ acétonitrile-H,O-acide acétique
:2; 8% de B dans А а 45% de B dans A, en 35mn, Iml/mn (Greenblatt &
Wheeler, 1986). Double détection UV á 254 et 295 nm.
Source : MNHN. Paris
BIOSYNTHÉSE DE LA MÉLANINE CHEZ S. MACROSPORA 261
Les composés isolés
Les échantillons témoins: tétrahydroxy-1,3,6,8 naphtalène, trihydroxy-1,3,8
naphtaléne, vermélone, hydroxy-2 juglone ont été synthétisés par M. Gaudry
(Laboratoire de Chimie Biologique, Université Paris VI), les autres substances
ont été isolées et caractérisées dans notre laboratoire à partir de S. macrospora:
scytalone, par extraction du milieu de culture (5 jours) du mutant 1901,
dihydroxy-4,8 tétralone(DHT), par extraction du milicu de culture (5 jours) du
mutant 2144.
RÉSULTATS
Etude des métabolites excrétés par la souche sauvage traitée par le tricyclazole
Le fait de traiter S. macrospora avec le tricyclazole entraine une légère
décoloration du mycélium, mais surtout une coloration orangée du milieu de
culture due à l'accumulation de métabolites excrétés. L'extraction, par l'acétate
d'éthyle, de ce milieu de culture à divers temps d'incubation, nous a permis
d'identifier par CCM et CLHP comparatives avec des témoins synthétiques:
le trihydroxy- 1,3,8 naphtaléne (1,3,8-THN),
- l'hydroxy-2 juglone (2HJ),
la dihydroxy-4,8 tétralone-I (4,8-DHT),
la flavioline (présente uniquement dans l'extrait butanolique).
Ces composés ne sont pas excrétés par la souche sauvage non traitée, qui, par
contre, accumule les hexaacétates, sordariol, cyclosordariolone et heptacy-
closordariolone dont nous avons récemment démontré les structures (Bouillant &
al., 1988, 1989).
Les cinétiques d'apparition et d'accumulation de ces différents composés (hor-
mis la flavioline) après supplémentation du milieu de culture par différentes
concentrations de tricyclazole ont été étudiées. Aux concentrations utilisées (la
Plus efficace étant 5 ppm), l'accumulation des métabolites de la voie de
mélanogenèse commence à l'issue de la croissance exponentielle (au 3ème jour).
3,8-THN et 2-HJ ont des maximums de production plus précoces (aux 4ème et
¿me jours) que la 4,8-DHT (7éme et Séme jours); mais le taux d’accumulation
des deux premiers décroit rapidement. Par contre, le dernier demeure présent
jusqu'en fin de culture, méme lorsque le champignon est traité par des concen-
rations supérieures à 10 ppm, théoriquement inhibitrices de la formation de ce
composé (Tokousbalides & Sisler, 1978).
La comparaison, chez la souche traitée ou non traitée, de l'évolution du poids
de matière sèche montre que, de 0,5 à 10 ppm, le tricyclazole n'affecte pas la
croissance du champignon. Par contre, la formation des périthèces est retardée.
A des concentrations supérieures la croissance est réduite et le retard de
développement augmente.
par des souches mutantes altérées dans leur
Etude des métabolites excrót
Pigmentation
Source : MNHN. Paris
262 M.L. BOUILLANT et al.
CH20H
SORDARTAL CYCLOSOR^ARIOLONE
=
OH
e
o
OH
OH
SORDARTOL HEPTACYCLOSORDARIOLONE
Fig. 2 - Hexacëtates de S. macrospora.
Fig. 2 - Hexaketides of S. macrospora.
- Souche 2144: cette souche excrëte dans le milieu de culture de nombreux
métabolites qui conférent a ce dernier une forte coloration orangée. Le mycélium
se colore progressivement, pour devenir brun foncé en fin de culture. Dans l'ex-
trait par Vacétate d'éthyle du milieu de culture, nous avons identifié essen-
tiellement: le 1,3,8-THN; la 2-HJ et la 4,8-DHT. L’accumulation des 2 premiers
composés est très fugace et n'est vraiment visible qu'aux 4éme et Séme jour
d'incubation. Par contre, la 4,8-DHT, dont l'excrétion est décalée dans le temps
par rapport aux composés précédents demeure importante, méme en fin de
culture.
- Souche 1901: il s’agit d'une souche beaucoup plus claire que la précédente
(coloration rose). Elle excréte également de nombreux métabolites dans son mi-
lieu de culture (rose-orangé). Aprés purification et isolement, nous avons identifié
comme composé majoritaire, la scytalone, premier intermédiaire connu de la
voie du DHN. La flavioline est présente dans l'extrait butanolique. Aucun autre
dérivé connu de la voie de mélanogenèse n'a été mis en évidence dans cette sou-
che; par contre, les substances de la voie sordariol sont largement représentées et
parmi elles, le sordarial, aldéhyde correspondant au sordariol, abondant ici.
alors qu'il n'existe qu'à l'état de trace dans la souche sauvage.
Source : MNHN, Paris
BIOSYNTHESE DE LA MÉLANINE CHEZ S. MACROSPORA 263
- Souche 2716: cette souche développe un mycélium trés clair et un milieu de
culture également peu coloré. Aueun des précurseurs mélanogénétiques n’est
présent dans les extraits du milieu de culture. Seules les substances de type
sordariol (là encore, le sordarial) sont excrétées en abondance.
DISCUSSION
La démonstration de la présence, chez Sordaria macrospora, de métabolites
tels que la scytalone ou le 1,3,8-THIN, soit sous l’action du tricyclazole, soit dans
des souches mutantes non mélanisées, permet de conclure que la voie de
biogenese de la mélanine chez cette espèce est bien la voie du DHN. S.
macrospora se comporte ainsi comme d’autres Ascomycetes.
Parmi les 3 souches mutantes étudiées, la souche 2144 mime l'effet du
iricyelazole sur la souche sauvage: un blocage au niveau de la réduclase qui
transforme le 1,3,8-THN en vermélone. La présence de composé dérivés du
13,8-THN confirme ce résultat. Cependant, la coloration foncée prise par le
mycélium en fin de culture laisse présager la formation d'autres pigments de
mélanique par une ou des voies dérivées qui pourraient être présentes ou activées
lorsque la voie principale est bloquée. II n'est pas chimiquement impossible que
les produits dérivés puissent être eux-mêmes polymérisables en mélanines.
Par contre, les 2 autres souches étudiées ne semblent pas avoir la faculté de
synthétiser des pigments bruns, La souche 2716 est une souche albinos qui peut
être rapprochée du mutant alm-l de Verticillium dahliae, un blocage précoce
empêche la formation de tout précurseur mélanique connu. La souche 1901, qui
accumule la scytalone, semble étre l'équivalent du mutant brm-l de V. dahliae.
Cependant, ce dernier excréte également de la vermélone que nous avons vai.
nement recherchée dans les extraits issus de la souche 1901. Dans ces 2 souches
claires, l'accumulation de composés de type sordariol est remarquable, surtout
celle du sordarial qui semble prouver l'altération d'une fonction de réduction
(celle du groupement aldéhyde).
Les 3 mutants étudiés ont un développement normal, ce qui confirme que, si
la mélanogenése est liée à la fructification, clle ne lui est pas indispensable. Ce-
pendant, la survie de tels organismes serait-elle possible ailleurs qu'au laboratoire
(voir Arpin & Bouillant, 1988)? A la suite de ce travail, nous envisageons
d'étudier d'une part les interactions possibles entre les 2 métabolismes
polyacétyliques mis en évidence chez S. macrospora, et d'autre part leur
eventuelle corrélation au développement sporal. Les composés présents pour-
raient constituer de bons marqueurs pour une telle recherche.
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KERATINOPHILIC AND CYCLOHEXIMIDE
RESISTANT FUNGI IN SOILS
OF SINAI GOVERNORATE, EGYPT
A.LI. ABDEL-HAFEZ*, M.B. MAZEN** and A.A. GALAL*
* Botany Department, Faculty of Science, Sohag,
Assiut University, Egypt.
** Botany Department, Faculty of Science,
Assiut University, Egypt.
ABSTRACT - Using human hair fragments as baits at 28°C, 44 keratinophilic cyclohexi-
mide resistant species and 2 varieties belonging to 16 genera were collected from 100 soil
samples gathered from different places of Sinai Governorate (48 from cultivated area, 31
from desert and 21 from salt marshes). Numerous keratinophilic fungi were isolated name-
y: Chrysosporium keratinophilum, C. tropicum, C. indicum, C. state of Thielavia sepedoni-
um, C. aspératum, C. merdarium, C, anamorph of Arthroderma cuniculi, C. pannorum, C.
queenslandicum, C. georgii, C. luteum, C. state of Arthroderma tuberculatum, Microsporum
pseum, M. cookei, Trichophyton mentagrophytes, T. longifusus, T. terrestre, Myceliophtho-
a vellerea and Candida albicans. Also several other saprophytic and cycloheximide resistant
fungi were isolated.
RÉSUMÉ - 44 espèces de champignons kératinophiles résistant à l'actidione, et 2 variétés
(= 16 genres), ont été isolées dans 100 échantillons de sols récoltés en différents lieux du
Sinaï (48 sols cultivés, 31 sols désertiques, 21 sols de marais salant), en utilisant comme
pièges des cheveux humains. Parmi ces champignons: Chrysosporium keratinophilum, C.
tropicum, C. indicum, C. anam. de Thielavia sepedonium, C. asperatum, C. merdarium, C.
anam. d' Arthroderma cuniculi, C. pannorum, C. queenslandicum, C. georgii, C. luteum, C.
anam. d' Arthroderma tuberculatum, Microsporum gypseum, M. cookei, Trichophyton
mentagrophytes, T. longifusus, T. terrestre, Myceliophthora vellerea et Candida albicans. Plu-
sieurs autres champignons saprophytes rèsistant à l'actidione ont également êté isolés.
KEY WORDS : keratinophilic fungi, cycloheximide resistant fungi, soil borne fungi.
INTRODUCTION
Studies on keratinophilic fungi are considerable significance and have been re-
ported from soil of many countries all over the world (Ajello & Padhye, 1974;
Caretta & al., 1977; Crozier, 1980; Mc Aleer, 1980; Sur & Ghosh, 1980; Calvo
Source : MNHN, Paris
266 АЛІ. ABDEL-HAFEZ et al
& al., 1984) as well as from air in Italy (Della Franca & Caretta, 1984) and from
a small pool (Mangiarotti & Caretta, 1984).
In Egypt, several surveys of these fungi were achieved (Abdel-Fattah & al.,
1982; Abou-Gabal & Abd-Elrahiem, 1973; Bagy & Abdel-Hafez, 1985; Bagy,
1986; Moawad, 1969; Mostafa, 1977), but none of these studies were focused on
Sinai soils. The present investigation aims to be an intensive study on the compo-
sition and frequency of occurrence of keratinophilic fungi and cycloheximide re-
sistant fungi in soils of Sinai Governorate, Egypt.
The Sinai Peninsula covers an area of 61000km2. It is triangular in shape and
is separated geographically from Egypt by the Suez Canal and the Gulf of Suez.
It is continuous with the Asiatic continent for a distance over 200km long be-
tween Rafa on the Mediterranean Sea and the head of the Gulf of Aqaba. The
core of the Peninsula, situated near its southern end, consists of an intricate com-
plex of high and very rugged igneous and metamorphic mountains. The northern
two-thirds of the Peninsula is occupied by a great northward-draining limestone
plateau which rises from the Mediterranean coast, extends southward, and termi-
nates in a high escarpment on the northern flanks of the great igneous core. The
central portion of the plateau surface forms a fairly open country draining to the
Mediterranean by numerous effluents of Wadi El-Arish. The eastern and western
edges of this plateau dissected by numerous narrow and deep rocky valleys
draining to the Gulf of Aqaba and Suez. Beyond the northern parts of the penin-
sula and extending nearly to the Mediterranean coast, is a broad tract of sand
dunes some of which attain heights of over 100m above sea level (Said, 1962). In
salt marshes area the vegetation are mostly Anthrocnemon glaucum, Cressa creti-
ca, Halocnemon strobilaceum, Netraria retusa, Salicornia fruticosa and
Zygophyllum album. But, in desert locality the plant growth is a thin cover of Al-
hagi maurorum, Hyoscyamus muticus, Opuntia retusa, Lygos raetum, Phragmites
australis, Punica granatum, Tamarix nilotica and Zygophyllum coccineum.
MATERIALS AND METHODS
One hundred soil samples were collected from different localities of Sinai
Governorate representing cultivated area (48 samples), desert (31 samples) and
salt marshes (21 samples), according to the method described by Johnson & al.
(1959).
The soil samples were analysed chemically for the estimation of total soluble
salts, elements (Ca, Mg, K and Na) and organic matter. A pH-meter (WGPYE
model 290) was used for the determination of soil pH. The soil type was deter.
mined by the hydrometer method as described by Piper (1955) and most of sam-
ples are sandy.
Isolation of Keratinophilic Fungi:
The hair baiting technique was employed as recommended by Vanbreuse-
ghem (1952), and as employed by Abdel-Fattah & al. (1982): 100g of soil were
put in a sterile plate and a Sufficient quantity of sterile distilled water (about 20-
25% moisture content) was added and mixed thoroughly. Pieces of sterile human
Source : MNHN, Paris
KERATINOPHILIC FUNGI FROM SINAI SOILS 267
hair were sprinkled on the surface of the moistened soil. Five plates were used
for each sample; the plates were incubated at 28°C for 6-8 weeks, and the soil in
plates was remoistened whenever necessary. The moulds which appeared on the
baits were transferred to the surface of Sabouraud’s dextrose agar medium
(Moss & Mc Quown, 1969) which was supplemented with 20 units/ml of sodium
penicillin, 40ug/ml of dihydrostreptomycin and 0.05% cycloheximide (Actidione).
Before adding to the agar, the first 2 antibiotics were dissolved separately in ster-
ile distilled water while the third was dissolved in methanol. The plates were in-
cubated at 28°C for 3-4 weeks and the developing colonies were examined and
identified.
RESULTS AND DISCUSSION
The soil samples tested were generally poor in organic matter content
(0.08-2.14% of dry soil) and their contents in total soluble salts widely ranged be-
tween 0.1-18.1%, in Ca: 0.01-2.15mg, Mg: 0.01-0.63mg, К: 0.01-0.49mg, and
Na: 0.01-2.19mg g dry soil. Abdel-Fattah (1973) found that the total soluble salts
of Egyptian desert soils varies between 0.4-6.6%. The pH values of the soils test-
ed were all in alkaline side (7.1-8.7), and this is in agreement with the pH values
of cultivated soils collected from Delta area and Upper Egypt (Moubasher &
Abdel-Hafez, 1978). However, Egyptian desert soils previously examined (Ab-
del-Fattah, 1973) were around neutrality (6.5-7.4)
Fourty-four keratinophilic and cycloheximide resistant species in addition to 2
varieties which belong to 16 genera were collected from 100 soil samples baited
with human hair fragments at 28°C (Tabl. 1).
Chrysosporium was the most common genus, occurring in 69% of the sam-
ples. It was represented by 12 species of which C. keratinophilum was the most
common species and was represented in 32% of the soil samples. C.
keratinophilum emerged from 6% on children playgrounds sand samples (Boja-
novsky & al., 1979); from 13.2% of soil samples in W. Germnay (Meissner &
Qadripur, 1983); from 16.9% of soils of the Volcano Etna (Caretta £ al.,1977);
from 10% of the screened soil samples of swine habitats in U.S.A. (Ajello & al.,
1964) and from 14% of soils of Spain (Calvo & al., 1984). In Egypt, this species
constituted 0.4% only of the total isolates collected by Mostafa (1977). But Ab-
del-Fattah & al. (1982) recovered this species from Egyptian soils baited with hu-
man (10% of the soil samples tested) and animal (20%) hair.
C. tropicum was the second most frequent fungal species and was encountered
in 18% of the soil samples tested. It was dominant species in Italy soils (24.5%
of the samples) as recorded by Todaro (1978). It was also represented in 20.8
and 12.4% of the soil samples in Marrakesh and Casablanca (Jana & al., 1979).
In India, C. tropicum occurred in 18% of the soil samples tested (Sur & Ghosh,
1980); in Galapagos Islands in 5.3% (Ajello & Padhye, 1974); in Chilean Andes
in 3.9% (Piontelli & Caretta, 1974); in soil of Volcano Etna, 20.5% (Caretta &
al., 1977); and Spain in 24% (Calvo & al., 1984). In Egypt, C. tropicum was the
Most common fungal species recovered by baiting, comprising 36.6% of the total
fungal isolates (Mostafa, 1977). Moawad (1969) obtained this species only from
soil samples taken from El-Fayum Governorate. No other chrysosporia were iso-
Source : MNHN, Paris
268 A.LI. ABDEL-HAFEZ et al.
lated by him. Abdel-Fattah & al. (1982) isolated C. tropicum in 18.5 and 11.4%
of the soil samples collected from Assiut Governorate and baited with human
and animal hair, respectively.
Table 1: numbers of cases of isolation, percentage frequencies and occurrence remarks of
fungal genera and species recovered from soils baited with human hair and incubated at
Tableau 1:
genres et espéces de champignons isolés à partir de sols, en utilisant comme
piéges des cheveux humains. Incubation a 28°C.
Genera and species
°
>
NCI and
% Е
Chrysosporium
keratinophilum (Frey) Carmichael
tropicum Carmichael
indicum
state of Thielavia sepedonium Emmons
asperatum Carmichael
merdarium (Link ex Grev.) Carmichael
anamorph of Arthroderma cuniculi Dawson
pannorum (Link) Hughes
queenslandicum Apinis & Rees
georgii (Varsavsky & Ajello) Van Oorschot
luteum Constantin
state of Arthroderma tuberculatum Kuehn
Aspergillus
4 flavus Link
. rugulosus Thom & Raper
. nidulans (Eidam) Wint.
fumigatus Fresenius
nidulans var. dentatus Sandhu & Sandhu
tamarii Kita
nidulans var. latus Thom & Church
. terreus Thom
versicolor (Vuill.) Tirab
. sydowi (Bain. & Sart) Thom & Church
Chaetomium
C. globosum Kunze ex Fr.
C. olivaceum Cooke & Ellis
C. trigonosporum (Marchal) Chivers
Microsporum
M. gypseum (Bodin) Guiart & Grigorakis
M. cookei Ajello
Scopulariopsis brevicaulis (Sacc.) Bainier
Trichophyton
T. mentagrophytes (Robin) Blanchard
T. longifusus (Florian & Galgoczy) Ajello
T. terrestre Durie & Frey
Fusarium
F. solani (Mart.) Sacc.
F. acuminatum Ellis & Everhart
F. oxysporum Schlecht.
Acremonium
2ODAADADADANA
dadaanan
Е ае
SS A PA O
55
E E E ч
eco po
Source - MNHN Paris
KERATINOPHILIC FUNGI FROM SINAI SOILS 269
A. rutilum W. Gams
A. furcatum F. & V. Moreau ex W. Gams
Penicillium
P. nigricans (Bainier) Thom
P. funiculosum Thom
P. variabile Sopp
Sepedonium chrysospermum (Bull.) Link
Geotrichum candidum Link
Myceliophthora vellerea (Sacc. & Speg.) Van Oorschot
Candida albicans (Robin) Berkhout
Cunninghamella elegans Lender
Paecilomyces lilacinus (Thom) Samson
| Syncephalastrum racemosum (Cohn) Schroeter
it EW а to a
PIAR
NCI: number of cases of isolation (out of 100 soil samples). %F: percentage frequency
of occurrence (calculated per 100 samples). OR: occurrence remarks: H: high occur-
тепсе, isolated more than 49 cases (out of 100 soil samples), M: moderate occurrence,
from 25 to 49 cases, L: low occurrence, from 13 to 24 cases, R: rare occurrence, less
than 13 cases.
C. indicum was the third most frequent fungal species and was represented in
17% of the soil samples, whereas it was the most frequent species in cultivated
soils collected from Upper Egypt (Abdel-Fattah & al., 1982), but it was less fre-
juent in Egyptian soils tested by Mostafa (1977), as well as from wild sparrow
eather and nest (Khalil, 1982). In India, it emerged from 31.3% of the soil sam-
ples (Sur & Ghosh, 1980); in mountainous localities in the Chilean Andes, from
19.8% (Piontelli & Caretta, 1974); in Galapagos Islands from 2.6% (Ajello &
Padhye, 1974); and Spain, from 4% (Calvo & al., 1984) of the soil samples test-
Chrysosporium state of Thielavia sepedonium was emerged in 15% of the sam-
ples tested. Bagy & Abdel-Hafez (1985) isolated the previous species from 5 and
8% of the samples of camel and goat hairs, respectively. C. asperatum, C. mer-
darium, C. anamorph of Arthroderma cuniculi, C. pannorum, C. queenslandicum,
C. georgii, C. luteum and C. state of Arthroderma tuberculatum were recovered
in rare frequency.
Aspergillus was the second most frequent genus and was encountered in 37%
of the samples tested. From the genus 8 species and 2 varieties were collected of
which A. flavus, A. rugulosus, A. nidulans and A. fumigatus were the most com-
mon. The remaining Aspergillus species were scarcely recovered and these were
A. nidulans var. dentatus, A. tamari, A. nidulans var. latus, A. terreus, A.
versicolor and A. sydowi. Aspergillosis due to A. fumigatus and A. flavus has a
world-wide distribution (Frey & al., 1979). A. flavus, A. fumigatus and A.
nidulans were present in cases of onychomycosis in Colombia (Velez & Diaz,
1985); A. flavus, A. fumigatus, A. nidulans and A. sydowi from hair of large
mammals in Egypt (Bagy, 1986); and A. candidus, A. sydowi, A. terreus and A.
versicolor were isolated from nails by English & Atkinson (1974).
Chaetomium occupied the third place with regard to the number of cases of
isolation of fungal genera and it recovered from 21% of the samples examined.
Three species of Chaetomium were isolated and these were C. globosum (13%),
C. olivaceum (9%) and C. trigonosporum (2%). Guarro & al. (1981) isolated C.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN. Paris
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Dépôt légal no 14734 - Imprimerie de Montligeon
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