LABORATOIRE DE CRYPTOGAMIE
MUSEUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
12, RUE BUFFON, 75005 PARIS
A
ul
PUBLICATION TRIMESTRIELLE Mars 1990
SOMMAIRE
Cl. BIZEAU, Cl. MOREAU, Ph. MICHEL et D. PONCHANT
Microflore fongique de la carposphére de pommes 4 cidre ... el
K.M. ABDEL-GAWAD - Keratinophilic fungi associated with horse
hoofs in Egypt ... "S
F. ESTEVES-RAVENTOS y M. HEYKOOP - Notas micologicas, I.
Hebeloma vaccinum Pon y Hebeloma vaccinum var.
cremeopallidum var. nov. ..... :
J. ORCIVAL et F. LAHBIL - Organisation infrastructurale du
mycélium et des protoplastes de Nectria haematococca (Berk. et
Ber.) Wr. aprés traitement par la cytohélicase …
A. PARGUEY-LEDUC, M.C. JANEX-FAVRE, C. MONTANT -
L'appareil sporophytique et les asques du Tuber melanosporum Vitt.
(Truffe noire du Périgord, Discomycétes) ....
Analyses bibliographiques ........
Instructions aux auteurs
CONTENTS
Cl. BIZEAU, Cl. MOREAU, Ph. MICHEL et D. PONCHANT -
Fungal microflora of the carposphere of cider apples. (In French) 1
K.M. ABDEL-GAWAD - Keratinophilic fungi associated with horse
hoofs in Egypt …
F. ESTEVE-RAVENTOS y M. HEYKOOP - Mycological notes, I.
Hebeloma vaccinum Romagn. and Hebeloma vaccinum var.
cremeopallidum var. nov. (In Spanish) ... m
J. ORCIVAL et F. LAHBIL - Infrastructural organisation of
mycelium and protoplasts from Nectria haematococca (Berk. and
Ber.) Wr. after cytohelicase treatment. (In French) mil
A. PARGUEY-LEDUC, M.C. JANEX-FAVRE, C. MONTANT -
Sporophytic apparatus and asci in Tuber melanosporum Vitt. (black
Perigord truffle, Discomycetes). (In French)
Bibliography ...
Instructions to the authors ....
Source : MNHN. Paris
CRYPTOGAMIE
MYCOLOGIE
TOME 11 Fascicule 1 1990
Ancienne Revue de Mycologie. Dirigée par Roger HEIM
AWA
[ac DU
T DIRECTEUR SCIENTIFIQUE : Madame J. NICOT
SECRÉTAIRE DE RÉDACTION : Mme M.-C. BOISSELIER. ÉDITEUR : A.D.A.C.
Publié avec le concours du Muséum National d'Histoire Naturelle
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE est indexé par : Biological Abstracts, Current Contents,
Publications bibliographiques du CDST (Pascal).
O Copyright 1990. Cryptogamie Mycologie
Bibliothéque Centrale Muséum
|
I
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2261
3
l
Ill
MNHN, Paris.
Source : MNHN, Paris
Cryptogamie, Mycol. 1990, 11 (1): 1-12 1
MICROFLORE FONGIQUE DE LA CARPOSPHERE
DE POMMES Á CIDRE
par Claude BIZEAU, Claude MOREAU,
Philippe MICHEL et Dominique PONCHANT
Laboratoire de Microbiologie Appliquée,
Faculté des Sciences et Techniques,
29287 Brest Cedex, France
RÉSUMÉ - L'inventaire des champignons filamenteux et des levures présents à la
surface de pommes à cidre des variétés "Douce Coetligne" et "Loccart vert" a €
dressé à partir de 3 vergers de Bretagne réguliérement suivis 2.
L'analyse mycologique réalisée sur 8 sites par fruit permet d'établir l'abondance rela-
tive des diverses espèces. 47 champignons filamenteux et 36 levures furent isolés.
Trois espèces apparaissent dominantes: Aureobasidium pullulans, Epicoccum
purpurascens et Cryptococcus laurentii, les autres se regroupent en endémiques
(Alternaria, Cladosporium), erratiques (Mucor, Penicillium) ou rares. Les variations
liées aux cultivars de pommes ou aux conditions externes sont de faible importance.
La flore levurienne de la carposphère susceptible d'intervenir dans la préparation du
cidre, parce qu'insuffisamment représentée, ne semble pas permettre une maîtrise na-
turelle de la fermentation.
ABSTRACT - The list of filamentous fungi and yeasts found at the surface of cider
apples var. “Douce Coetligne” and “Loccart vert” has been drawn up to 3 orchards
from Brittany for two consecutive years. The mycological analyse made on $ points
per fruit has allowed to define the relative abundance of each species. 47 filamentous
fungi and 36 yeasts has been isolated. Three species are dominant: Aureobasidium
pullulans, Epicoccum purpurascens and Cryptococcus laurentii; the others may be la-
belled as endemic (Alternaria, Cladosporium), erratic (Mucor, Penicillium) or un-
common. The variations due to cultivars of apples or to external conditions are of
minor importance. The yeast flora of the carposphere able to act in the cider making
is not sufficiently present to allow a natural control of the fermentive process.
MOTS CLÉS : carposphére, champignons filamenteux, levures, pommes à cidre.
INTRODUCTION
La mycoflore des pommes à couteau a déjà été inventoriée, qu'il s'agis-
Se soit d'un développement superficiel de champignons filamenteux (Moreau
Source : MNHN. Paris
M
C. BIZEAU et al.
C. & Moreau M., 1960), soit d'accidents de conservation survenus malgré les
soins apportés tant au verger qu'à la cueillette, pendant le conditionnement
ou l'entreposage (Moreau & al., 1965, 1966).
Peu de travaux, par contre, concernent les pommes destinées aux indus-
tries de transformation, à l'exception de ceux orientés vers la recherche de
levures utiles à la fabrication du cidre (Beech & Davehport, 1970) ou, plus
récemment, consacrés aux champignons filamenteux susceptibles d'élaborer
des mycotoxines dangereuses dans l'alimentation (Moreau & al., 1981).
La présente étude vise essentiellement à répertorier l'ensemble de la
microflore fongique de la carposphére et envisager son róle dans la
préparation et la qualité du cidre; elle a porté à la fois sur les champignons
filamenteux et sur les levures des pommes de trois vergers de Bretagne.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Échantillonnage au verger
Les pommes étudiées proviennent de deux vergers du val de Rance
(l'un conduit en basse tige, l'autre en haute tige) et d'un verger du bassin de
Rennes (conduit en basse tige). Il s'agit de plantations en mélange de deux
variétés bretonnes traditionnelles:
- Douce Coetligne, pomme dite “a cidre”, pauvre en acidité, riche en
tannins,
- Loccart vert, dite ”
jus”, riche en acidité, pauvre en tannins.
Dans tous les cas, le sol est couvert de gazon.
Des lots de fruits sont cueillis) tous les 10 jours du 15 septembre au
15 novembre deux années consécutives (1987-1988).
Échantillonnage au laboratoire
Dès leur arrivée au laboratoire, les fruits sont stockés à 4°C dans leur
emballage d'origine.
Trois pommes de chaque échantillon sont retenues 15 jours après la
date de cueillette indiquée.
L'isolement des champignons filamenteux et des levures est réalisé à
partir des zones épidermiques selon le protocole suivant: huit sites de
prélèvements de fragments (d'environ 0,06cm2 chacun) sont définis sur une
() Les échantillons de pommes ont été aimablement fournis par M. J.F. Drilleau,
Directeur de la Station de Recherches cidricoles, INRA, Le Rheu. Qu'il recoive ici
nos remerciements.
Source : MNHN, Paris.
MICROFLORE DE LA CARPOSPHERE DE POMMES A CIDRE p
Figure 1 - Emplacement des prélévements de fragments d'épiderme sur chaque pom-
me en vue de l'isolement des champignons.
Figure 1 - Localization of takings of epidermal samples on each apple for the iso-
lation of fungi.
pomme selon une spirale partant de la cuvette pédonculaire et aboutissant á
l'oeil (Fig. 1).
Pour rechercher les champignons filamen:eux, chaque fragment est
déposé en boite de Pétri sur un milieu gélosé de malt 2% complémenté en
extrait de levures. Après l'incubation à 25"C, l'examen des boites est réalisé
à plusieurs reprises tant pour purifier que pour identifier les espèces.
Pour l'isolement des levures, chaque fragment (prélevé tout à côté du
fragment utilisé pour les champignons filamenteux) est lavé à cinq reprises
avec de l'eau physiologique stérile (2ml) en agitant à l'appareil Vortex. La
suspension obtenue est étalée sur le milieu d'isolement (extrait de levures
0,5%, glucose 1%, gélose 1,5%, pénicilline 100 U/ml, streptomycine 100
U/ml), à raison de 0,Iml par boite de Pétri. Aprés incubation à 25°C, les
colonies développées sont dénombrées, examinées au microscope et isolées
pour détermination ultérieure. Nous avons contrólé que les lavages
supplémentaires avec ou sans détergent n'amenaient aucune amélioration du
procédé.
On remarquera la similitude de ce dispositif avec ceux utilisés par les
écologistes étudiant la végétation de divers écosystèmes (Gounot, 1969); il
Source : MNHN, Paris
4 C. BIZEAU et al.
peut étre considéré comme un prélevement en ligne et traité statistiquement
comme tel.
RÉSULTATS
Inventaire des espéces isolées
Nous avons obtenu prés de 1.500 isolats représentant 47 espèces
différentes de champignons filamenteux et 36 espèces de levures. La liste de
ces champignons figure aux Tableaux 1 et 2.
Tableau 1 - Inventaire des champignons filamenteux isolés de la carposphère des
pommes à cidre. La nomenclature suivie est celle de la "List of cultures” 31e
édit. du C.B.S. (1987).
Table | - List of filamentous fungi isolated from the carposphere of cider apples. The
nomenclature used is that of the “List of cultures” 31st edit., C.B.S. (1987).
Acremonium sp. Penicillium canescens Sopp
Alternaria alternata (Fr.) Keissler Penicillium corylophilum Dierckx
Alternaria tenuissima (Kunge) Wiltshire Penicillium expansum Link
Alternaria sp. Penicillium funiculosum Thom
Arthrinium phaeospermum (Corda) Penicillium janthinellum Biourge
M.B. Ellis Penicillium olsonii Bain. et Sartory
Ascochyta piricola Sacc. Penicillium oxalicum Currie et Thom
Aspergillus flavus Link Penicillium paxilli Bain.
Botrytis cinerea Pers. Penicillium purpurescens (Sopp)
Chaetophoma sp. Raper et Thom
Cladosporium cladosporioides (Fres.) Penicillium thomii Maire
de Vries Penicillium sp. (série fellutana)
Cladosporium herbarwn (Pers.) Link Penicillium sp. (séric glabra)
Cladosporium macrocarpum Preuss Penicillium sp. (série miniolutea)
Cladosporium sphaerospermum Penzig — — Penicillium sp. (série oxalica)
Diaporthe perniciosa El. et Em. Marchal Phoma glomerata (Corda) Wollenw.
(anam.: Asposphaeria pomi Sacc. et et Hochapfel
Schulz.) Phoma sp.
Epicoccum purpurascens Ehrenb. Sphaeronaema sp.
Fusarium avenaceum (Corda) Sa Rhizopus stolonifer (Ehrenb.) Vuill.
Fusarium culmorum (W.G. Smith) Sace. — Sporormia minima Auersw.
Fusarium graminearum Schwabe Trichoderma harzianum Rifai
Fusarium oxysporum Schlecht. Trichothecium roseum (Pers.) Link
Fusarium verticillioides (Sacc.) Nirenberg | Ulocladium consortiale (Thüm) Simmons
Mucor hiemalis Wehmer Verticillium dahliae Kleb.
Mucor racemosus Fres. Mycélium stérile
Nigrospora oryzae (Berk. et Br.) Petch
Source : MNHN. Paris
MICROFLORE DE LA CARPOSPHERE DE POMMES A CIDRE 5
Tableau 2 - Inventaire des levures isolées de la carposphère de pommes à cidre. La
nomenclature suivie est celle de Barnett & al. (1983).
Table 2 - List of yeasts isolated from the carposphere of cider apples. The nomen-
clature used is that of Barnett & al. (1983).
Levures “rouges”
ptococeus hungaricus (Zsolt) Phaff et Fell
Cryptococcus podzolicus (Bableva et Reshetova) Golubev
Metschnikowia pulcherrima Pitt et Miller
Rhodosporidium infirmo-miniatum Fell et al.
Rhodotorula acheniorum (Buhagiar et Barnett) Rodr. Miranda
Rhodotorula glutinis (Frs.) Harrison
Rhodotorula minuta (Saito) Harrison
Rhodotorula pallida Lodder
Rhodotorula pilimanae Hedrick et Burke
Sporidiobolus salmonicolor Fell et Statzell Tallman
Sporobolomyces puniceus (Komagata et Nakase) Ahearn et Yarrow
Sporobolomyces roseus Kluyver et van Niel
Levures “blanches”
Arthroascus javanensis (Klócker) v. Arx
Candida baccarum (Buhagiar) Meyer et Yarrow
Candida cariosilignicola Lee er Komagata
Candida fragariarum (Barnett et Buhagiar) Meyer et Yarrow
Cryptococcus albidus (Saito) Skinner
Cryptococcus flavus (Saito) Phaff et Fell
Cryptococcus humicola (Daszewska) Golubev
Cryptococcus laurentii (Kuff.) Skinner
Cryptococcus terreus di Menna
Debaryomyces hansenii (Zopf) Lodder et Kreger van Rij
Filobasidiella neoformans Kwon-Chung
Hanseniaspora uvarum (Niehaus) Shehata et al.
Hansenula anomala (Hansen) H. et P. Sydow
Hansenula subpelliculosa Bedford
Pichia guillermondii Wickerham
Pichia halophila Shifrine et Phaff
Pichia membranaefaciens Hansen
Pichia salictaria Phaff et al.
Trichosporon beigelii (Küchenmeister et Rabenh.) Vuillemin
Trichosporon pullulans (Lindner) Diddens et Lodder
Williopsis saturnus (Kloecker) Zender
Levures "noires
Aureobasidium pullulans (de Bary) Arnaud
espèce non identifiée I
espèce non identifiée 11
Dans cette liste, les champignons polymorphes communément désignés
sous le vocable levures noires” ont été répertoriés avec les levures, étant le
plus souvent isolés en même temps qu'elles. L'espèce Aureobasidium pullulans
y est la plus fréquente et la plus abondante; deux autres espèces
(mentionnées I et II) n’ont pu être identifiées: elle étaient peu fréquentes,
Source : MNHN. Paris
6 C. BIZEAU et al.
Champignons filamenteux
20 40 60 80 9,
Levures
Source : MNHN, Paris
MICROFLORE DE LA CARPOSPHERE DE POMMES A CIDRE A
caractérisées par la production d'un exopigment noir diffusant dans le mi-
lieu gélosé et leur maintien en culture n'a pu étre obtenu.
Signalons en outre que deux levures, peu fréquentes, n'ont pu étre
rattachées aux espéces décrites dans l'ouvrage de Barnett & al. (1983): leur
auxanogramme est celui de Cryptococcus albidus mais l'une forme des
arthrospores, l'autre des cellules trés allongées.
Abondance relative des diverses espéces
La figure 2 permet une analyse rationnelle de l'abondance relative des
diverses espèces. Le graphique du haut se rapporte aux champignons
filamenteux, celui du bas aux levures. A chaque espéce mise en évidence cor-
respond un emplacement défini:
- en abscisses, par le pourcentage de pommes à partir desquelles
l'espèce est isolée,
- en ordonnées, par le pourcentage moyen de sites par pomme dans les-
quels l'espèce est isolée.
On peut distinguer quatre groupes de champignons.
1) Les espèces “dominantes”, présentes sur la plupart des fruits et dans
la plupart des prélèvements de chaque pomme: Aureobasidium pullulans,
Epicoccum purpurascens et Cryptococcus laurentii.
Figure 2 - Abondance relative des principales espéces fongiques mises en évidenc
Abscisses = pourcentage de pommes à partir desquelles l'espèce a été isolée.
Ordonnées = pourcentage moyen de sites par pomme dans lesquels l'espèce a
été isolée.
En haut: champignons filamenteux (A = Alternaria alternata, B = Botrytis
cinerea, C = Cladosporium cladosporioides, E = Epicoccum purpurascens, F
= Fusarium (toutes espèces confondues), M = Mucor hiemalis, P =
Penicillium (toutes espèces confondues), Q = P. funiculosum, R = P.
expansum). En bas: levures (A = Aureobasidium pullulans, B = Candida
baccarum, C = C. cariosilignicola, D = Cryptococcus albidus, E = C.
laurentii, F = C. podzolicus, G = Debaryomyces hansenii, H = Hanseniaspora
uvarum, I levure noire 1, J = Pichia halophila, K Metschnikowia
pulcherrima, L = Rhodotorula glutinis, M = R. minuta, N = Sporobolomyces
puniceus, O = S. roseus, P = Sporodiobolus salmonicolor, Q = Williopsis
Saturnus).
Figure 2 - Relative abundance of the main fungal species. X axis — percentage of
apples from which the species has been isolated. Y axis — mean percentage of
localization on apples from which the species has been isolated.
Upper diagram: filamentous fungi, lower diagram: yeasts.
Source : MNHN, Paris.
8 C. BIZEAU et al.
2) Des espéces qu'on peut qualifier d’’endémiques”, isolées d’un grand
nombre de fruits, mais sur peu de sites par pomme; tel est le cas de
Alternaria alternata, Cladosporium cladosporioides.
3) Des espéces “erratiques” présentes en forte densité sur quelques
échantillons; ce sont par exemple des espéces à thalles filamenteux étendus,
comme Mucor hiemalis, Penicillium expansum ou des espéces n'apparaissant
que ponctuellement dans un verger.
4) Des espèces “rares”; elles ne se développent que sporadiquement sur
un petit nombre de pommes. C'est le cas des espéces mentionnées dans la
partie gauche et basse des graphiques, mais encore de toutes celles qui n'ont
pas été figurées.
Influence de la variété de pommes et du verger
Les différences entre les populations fongiques isolées des deu
cultivars de pommiers étudiés ne sont guére significatives. Tout au plu
avons-nous constaté que “Douce Coetligne^ héberge un peu plus :
Cladosporium cladosporioides que "Loccart vert; c'est d'ailleurs une varie!
de moins bonne conservation et sensible aux pourritures lenticellaires.
L'influence des pratiques culturales (conduites en basse tige ou en ha
te tige) apparait négligeable pour les espéces dominantes; elle ne se maniles
te que pour quelques espéces erratiques Ou rares.
Dynamique des populations fongiques en fonction de l'année et de la date d
récolte
La comparaison des résultats acquis en 1988 avec ceux de l'annc
précédente ne fait pas apparaitre de différences importantes (Figs 3). On
peut noter:
1) pour les champignons filamenteux :
- une légére augmentation de l' Epicoccum purpurascens, du Clad
sporium cladosporioides et des Penicillium,
- une constance dans les populations d' Alternaria (avec cependant un
peu plus d’ 4. tenuissima en 1987), de Botrytis cinerea et des Mucor,
- une diminution nette des Fusarium,
- là disparition complete en 1988 de I’ Acremonium sp. et du Rhizopus
stolonifer; ces espèces, assez fréquentes en septembre 1987, l'étaient beaucoup
moins plus tard;
2) pour les levures :
^o E i $
- une légère augmentation de la plupart des levures rouges mais, pa
contre, une forte diminution du Metschnikowia pulcherrima,
Source : MNHN. Paris
MICROFLORE DE LA CARPOSPHERE DE POMMES A CIDRE 9
1987
1988 |
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Figure 3 - Comparaison: de l'abondance relative des principales espèces isolées en
1987 et en 1988.
Figure 3 - Comparison of the relative abundance of the main species isolated in 1987
and 1988.
- un faible accroissement des Cryptococcus albidus et C. laurentii,
- une très légere diminution de I’ Hanseniaspora uvarum,
- une constance de I’ Aureobasidium pullulans.
Les récoltes de pommes soumises à notre examen se sont échelonnées
du 15 septembre au 15 novembre.
La population totale de champignons filamenteux, reflétée par le nom-
bre d'isolats obtenus du début à la fin de la campagne de récolte, est à peu
prés constante quel que soit le verger concerné (environ 130 isolats pour 100
sites étudiés). Cependant, un examen attentif permet d'observer une tendan-
ce à l'augmentation pour les Fusarium du groupe roseum et les Penicillium
tandis que les Mucor sont en diminution.
En ce qui concerne les levures, malgré certaines fluctuations d'un
échantillon à l'autre, on peut confirmer les observations de Last & Price
(1969) relatives à la phyllosphére: la fin de l'été et l'automne sont des
Source : MNHN. Paris
10 C. BIZEAU et al.
époques oü la population totale diminue; on dénombre 7.000 + 2.000 cellu-
les de levures par cm2 d’épiderme en septembre et seulement 1.500 + 100, en
novembre.
Tandis que l'année 1987 était marquée par une diminution relative (en
proportion par rapport aux autres espéces), de septembre à novembre, de l^
Aureobasidium pullulans et du. Metschnikowia pulcherrima (Bizeau & al., 1989)
en 1988 on note surtout une augmentation relative des levures rouges et des
Cryptococcus.
DISCUSSION ET CONCLUSION
La carposphére des pommes à cidre étudiées comporte de nombreuses
espéces fongiques. Trois d'entre elles sont largement dominantes:
Aureobasidium pullulans, Epicoccum purpurascens et Cryptococcus laurentii.
Les autres espèces, beaucoup moins représentées, appartiennent essen-
tiellement aux genres Alternaria, Cladosporium, Fusarium et Penicillium d'une
part, aux Cryptococcus et genres voisins ainsi qu'au groupe des levures “rou-
ges” Rhodotorula et Sporidiobolus d’autre part.
Il s'agit de champignons dont les organes de dispersion sont déposés à
la surface des fruits au gré des vents ou des eaux de ruissellement et, pour la
plupart, ils sont communs au niveau de la phyllosphére (Davenport, 1976;
Fokkema & van den Heuvel, 1986).
Les variations observées au cours de deux campagnes fruitiéres d'un
verger à l'autre ou en fonction des conditions culturales présentent une fai-
ble amplitude. Les deux variétés de fruits. possédent des structures superfi-
cielles très proches comparées à celles des feuilles de végétaux variés, Les
conditions climatiques (notamment l'humidité et la pollution
atmosphérique) accusées de jouer un rôle important dans la phyllosphère
(Dowding, 1986) n'ont pas ici marqué de différences significatives. Il en est
de même des traitements pesticides éventuels dont le rôle mériterait des ob-
servations plus précises.
Parmi les champignons filamenteux détectés dans la carposphère, figu-
rent des agents actifs d'altération des fruits (Penicillium expansum, Botrytis
cinerea, Fusarium variés, Mucorales): ils y végétent et leur mycélium est prét
á envahir les pommes á la moindre blessure ou meurtrissure, voire dés que
S'amorcera la sénescence (Moreau & al, 1981). Plusieurs espéces sont
Téputées aptes à élaborer des mycotoxines (patuline du P. expansum,
trichothécènes et autres métabolites des Fusarium) et présentent un risque de
pollution des jus de fruits; ce risque peut d’ailleurs être modulé par la fer-
mentation.
Parmi les levures mises en évidence, il est étonnant de ne rencontrer
que trés peu d'espéces utiles aux industries de transformation des pommes.
Source : MNHN, Paris
MICROFLORE DE LA CARPOSPHERE DE POMMES A CIDRE 11
Par exemple, aucune souche de Saccharomyces n'est présente. Hansenula
anomala, Pichia guilliermondii et Pichia membranaefaciens ne sont que très
peu représentées. Debaryomyces hansenii et Williopsis saturnus qui peuvent
exister dans le jus de pomme (Michel & al., 1988) sont un peu plus
fréquentes mais appartiennent encore au groupe des levures rares. Seul, le
Metschnikowia pulcherrima, quelque peu représenté ici, est apte à faire fer-
menter le glucose; il se maintient quelque temps dans le jus de pomme en
fermentation. Signalons que nous avons isolé I Hanseniaspora uvarum de la
carposphère des pommes examinées; or c'est une espèce voisine, l H.
valbyensis, qui intervient dans la préparation du cidre (Michel & al., 1988).
On peut ainsi affirmer que la mycoflore de fermentation nécessaire à la
préparation. du cidre n'est vraiment pas naturellement présente sur
l'épiderme des pommes, contrairement à ce qui se passe dans le cas du raisin
(Belin & Henry, 1972). Pour assurer une bonne régularité dans la qualité du
cidre, pour obtenir d'agréables caractères organoleptiques liés à une asso-
ciation de composés volatils élaborés par plusieurs espèces de levures, on
peut sans doute tenter de favoriser le développement des espèces déjà
spontanėment présentes sur les fruits. Cela paraît hasardeux étant donné la
faible quantité d'espèces initiatrices de fermentations intéressantes recensées.
Il semble plus judicieux d'ensemencer le moút de pommes par des levures
présélectionnées au laboratoire: ainsi sera mieux maîtrisée la fermentation.
La mycoflore de la carposphère des pommes à cidre n'est cependant
pas sans intérêt. Par exemple, l Aureobasidium pullulans, assez abondant
dans nos isolements, permet de valoriser les déchets de zestes d'orange en
produisant de la polygalacturonase (Petruccioli & al., 1989); ce même cham-
pignon élabore aussi de la glucoamylase (Frederici & al., 1989). On pourrait
tenter d'utiliser de telles enzymes dans des processus de dégradation de
polymères ou d'oxydation dont le rôle est primordial dans l'extraction et la
clarification des jus de pomme. Ainsi, même si la microflore fongique
spontanée de la carposphère des pommes à cidre semble incapable, à elle
seule, d'assurer la préparation rationnelle d'une boisson fermentée, elle pour-
rait apporter divers éléments utiles et faciliter certaines étapes de cette fabri-
cation.
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KERATINOPHILIC FUNGI ASSOCIATED
WITH HORSE HOOFS IN EGYPT
Khyria M. ABDEL-GAWAD
Botany Department, Faculty of Science,
Assiut University, Assiut, Egypt.
ABSTRACT - The frequency of occurrence of keratinophilic fungi in 26 samples of
hoofs (26 horses) collected from different localities at Assiut governorate were deter-
mined by using the soil plate technique. Twenty species which belong to 14 genera
were collected: Trichophyton equinum was the most prevalent, Chrysosporium tropi-
cum was isolated in moderate frequency, but in low frequencies keratinophilic and
several species of non-keratinophilic fungi were isolated, At 45°C, on YPSs medium,
16 species belonging to 15 genera of thermophilic and thermotolerant fungi were iso-
lated from 60 hoof samples: Aspergillus was the genus most commonly recovered
Among the true thermophilic fungal species, Talaromyces thermophilus, Malbranchea
sulfurea and Thermomyces laguninosus occurred in low incidence. Several species of
thermophilic and thermotolerant fungi were of rare occurrence.
RESUME - 20 espéces (14 genres) de champignons Kératinophiles ont été isolées sur
26 sabots de cheval provenant de différentes localités (Governorat d'Assiut)
Trichophyton equinum est l'espèce la plus fréquente, suivie par Chrysosporiwn
tropicum. A 45°C, sur milieu YPSs, 16 espèces (15 genres) de champignons
thermophiles et thermotolérants ont été isolées à partir de 60 échantillons de sabots
de cheval: Aspergillus est le genre le plus fréquent. Parmi les espèces thermophiles
vraies, Talaromyces thermophilus, Malbranchea sulfurea et Thermomyces lanuginosus
ont une faible fréquence.
KEY WORDS : keratinophilic fungi, thermophilic fungi, thermotolerant fungi,
horse hoofs.
INTRODUCTION
The occurrence of dermatophytes and other keratinophilic fungi from
animal hoofs has not been examined extensively although they are known to
occur from the hair or skin of mammals (Ajello, 1959; Otcenasek & Dvorak,
1962; Rees, 1967; Scott & al., 1980; Aho, 1983; Marsella & al., 1985; Kuttin
& al., 1986) and in Egypt (Bagy & Abdel-Hafez, 1985; Bagy, 1986). Others
Source : MNHN. Paris
14 K.M. ABDEL-GAWAD
studies have been performed on ringworm and horses infected by dermato-
phytes (de Vroey & al., 1983; Aho & Soveri, 1984; Aho & Skutnabb, 1984;
Connole & Pascoe, 1984; Weiss & al., 1984; Elmula & Idris, 1985; Vrazal &
al., 1985). Hence the aim of this investigation is to study the incidence of
these fungi on horse hoofs.
MATERIALS AND METHODS
Twenty-six hoof samples from 26 horses were collected from different
localities at Assiut governorate. These samples were placed in clean plastic
bags and transferred immediately to the laboratory. The hoof samples were
dissected into small pieces and 5 pieces from each sample were placed in 5
sterilized Petri dishes with double sterilized soil (autoclaving at 121%C for 30
min.) moistened with sterile distilled water, remoistened whenever necessary,
and incubated at 26"C for up to 8 weeks. The moulds which appeared on
the baits were transferred to the surface of Sabouraud's dextrose agar medi-
um (Moss & McQuown, 1969) supplemented with 40 ug/ml streptomycin, 20
units of Penicillin/ml (SSA) and 0.05% cycloheximide (Actidione). The
plates were incubated at 28°C for 2 weeks and the growing fungi were exam-
ined, isolated and identified.
To examine thermophilic fungi, 60 hoof samples were used with the
same method of soil plate technique, but plates were incubated at 45°C and
medium YPSs was used for isolation (g/l: water tap 1/4, distilled 3/4; yeast
extract, 4.0; K3 HPO4, 1.0; MgSO4.7 H;O, 0.5; soluble starch, 12.0; agar,
20.0. Rose bengal (66 ppm) was added as a bacteriostatic agent (Smith &
Dawson, 1944). Eight plates were used for each sample and the plates were
examined after 7 days of incubation at 45°C. The developing fungi were
identified and counted
RESULTS AND DISCUSSION
Twenty species belonging to 14 genera were collected from horse hoofs
(Tab. 1). Trichophyton equinum was the most common species on the horse
hoofs (57.7% of the samples). Trichophyton equinum was previously reported
as a cause of tinea corporis in man and a cause of ringworm in animals,
particularly in horses. Colony appeared to be white and fluffy but later vel-
vety with central folding and cream to tan in colour. Reverse is yellow to
reddish brown. Macroaleuriospores are rare and they are slightly clavate,
smooth and thin-walled, 3-4 celled. — Microaleuriospores are abundant,
slightly clavate to elongate, or nearly spherical, single-celled and either ses-
sile or borne on short, delicate conidiophores. Chlamydospores are abun-
dant in old cultures. It was also isolated from horses with ringworm by Vra-
zal & al. (1985) and studied on dermatophytoses in horses by Garcia & al.
(1981), Aho & Soveri (1984) and Zakopal (1985).
Source : MNHN. Paris
KERATINOPHILIC FUNGI IN EGYPT 15
Table 1: Numbers of cases of isolation (NCI out of 26 samples) and percentage
counts (%) of various genera and species recovered from horse hoofs on
Sabouraud’s medium at 25°C.
Tableau 1: Genres et espéces de champignons isolés à partir de 26 échantillons de sa-
bots de cheval, sur milieu Sabouraud à 25°C.
Genera and species NCL| % | OR.
Trichophyton equinum (Matruchot & Dassonville) Goedelst | 15 | 577 | H
Chrysosporium tropicum Carmichael u |423| M
C. keratinophilum (Frey) Carmichael 4 | 154] 7
C. georgii (Varsavsky & Ajello) Van Oorshot T SLT E
C. merdarium (Link ex Grev.) Carmichael 1 3.9 R
C. pannicola (Corda) Van Oorschot et Stalpers TEE ER
Myceliophthora vellerea (Sacc. & Speg.) ell ge || aS
Geotrichum candidum Link ex Leman lar
Aspergillus flavus Link ex Fries er dise | os
A. terreus Thom By ya lit ak
4. sydowi (Bainier et Sartory) Thom et Church Teen | eR
Acremonium sp. TEE EIS SR E
Fusarium solani (Mart.) Sacc. 208 Pi RE
Trichothecium roseum Link 2, 7.7 R
Alternaria alternata (Fr.) Keissler 1 | 39 cR
Cladosporium herbarum (Pers.) Link ex Fr. SA ER
Mucor sp. 1 |39 | Rk
Penicillium chrysogenum Thom wales oa ees
Paecilomyces lilacinus (Thom) Samson TUNI ES
Scopulariopsis brevicaulis (Saccardo) Bainier 1 | 39-7 *R
Yeast-like SES ETT INED
moderate
rare occur-
O.R, = occurrence remarks: H =
occurrence, between 6-12; L
rence, between 1-2.
high occurrence, between 13-2
5 as
low occurrence, between
wo
R
Chrysosporium tropicum was the second most frequent fungal species
(42.3% of the samples). It was also isolated by Bagy & Abdel-Hafez (1985)
from camel and goat hairs and from dog, donkey and cow hairs (Bagy,
1986). It was also isolated from mammals by Rees (1967), Moraes & al.
(1967) and Gugnani & al. (1975).
A. flavus was the third dominant species (19.2% of the samples). It
was also isolated by Bagy & Abdel-Hafez (1985) and Bagy (1986). Chrysospo-
rium. keratinophilum and Acremonium sp. were the fourth common species
(15.4% of the samples). C. keratinophilum was the most common species on
the hairs of goat and camel (Bagy & Abdel-Hafez, 1985) and was also found
on dog, donkey and cow hairs (Bagy, 1986). It was isolated frum mammals
by Otcenasek & Dvorak (1962), Hoffman & al. (1970) and Gugnani & al.
(1975). Acremonium sp. was also isolated by Filipello Marchisio (1986) from
children's sandpits.
Source : MNHN. Paris
16 K.M. ABDEL-GAWAD
Among the group of Chrysosporium-like fungi the species isolated from
the horse hoofs are the same mostly recovered from soils by Guarro & al.
(1981) and Marsella & Mercantini (1986) and from Egyptian soils baited
with different keratinaceous materials. Abdel-Fattah & al. (1982) showed
that C. indicum, C. tropicum and C. keratinophilum were common in Egyp-
tian soil baited with human hait, animal hair or pigeon feathers. Also, Ma-
ghazy (1983) isolated C. tropicum, C. keratinophilum, C. indicum, C. pannicola
and C. queenslandicum from Egyptian soils baited with human hair, cow and
buffalo hair and sheep wool. Also they were isolated from feathers of birds
by Otcenasek & al. (1967), Sur & Ghosh (1979), and in Egypt, Bagy (1982)
isolated Chrysosporium species from chicken's and wild sparrow's feathers
and their nests.
Myceliophthora vellerea ( Chrysosporium asperatum) isolated from horse
hoofs, was commonly recovered in soil by Caretta & al. (1977). Geotrichum
candidum was also isolated by Zaror (1979) which cause human nails in-
fection. Yeasts, also isolated by Rippon (1982), and diverse filamentous fun-
gi are referred collectively as onchomycosis.
Most of the other fungi recovered from the horse hoofs are common
soil fungi in Egypt, frequently isolated by Moubasher and his collaborators
on Czapek’s agar.
These keratinophilic fungi which concentrated in the superficial layers
of soil may become hoofs saprophytic or infections. The dispersal of these
fungi in the air and incidence on animal skin or hair may cause infection;
for example Trichophyton equinum which cause ringworm of horses was iso-
lated by several authors; it was also isolated from the horse hoofs in this in-
vestigation,
At 45°C, 16 species belonging to 15 genera of thermophilic and ther-
motolerant fungi were isolated from the hoof samples (Tab. 2).
Aspergillus was the genus most commonly recovered (83% of total
samples). Of the three Aspergillus species, A. fumigatus was of high incidence
(72%) while A. nidulans was of low incidence (20% of the samples).
Among the true thermophilic fungal species, Talaromyces thermophilus,
Malbranchea sulfurea and Thermomyces lanuginosus occurred in low incidence
(21, 20 and 11% of total samples respectively).
Hyphae of Malbranchea sulfurea were colorless at first, later yellow,
1.5-4.5um in diameter, the branches arising at right angles to the supporting
hyphae, at first nonseptate, later becoming regularly septate and forming
blocklike cells from the apex toward the base with thick-walled spores sepa-
rated by thin-walled, sterile cells which soon die and collapse; spores pale
yellow or colorless subeylindrical, often slightly curved as irregular, 3-7 x
3-4.5um.
Source : MNHN. Paris
KERATINOPHILIC FUNGI IN EGYPT 17
Table 2: Incidence (out of 60 samples) and % incidence of thermophilic and thermo-
tolerant fungi recovered from horse hoofs on YPSs Agar medium at 45*C.
Tableau 2: Champignons thermophiles et thermotolérants isolés à partir de sabots de
cheval sur milieu agar-YPSs, 4 45°C.
Genera and species Incidence | % | O.R.
Aspergillus 50 83 | A
A. fumigatus Fres. 43 72 | H
A. nidulans (Eidam) Wint. 12 20 | L
A. terreus Thom 4 7 R
Talaromyces thermophilus Stolk 13 21 L
Malbranchea sulfurea (Miche) Sigler & Carm. 12 E
Thermomyces lanuginosus Tsi Kitnsky 7 n L
Chaetomium thermophilus La Touche 6 10 | R
Mucor sp. 5 8 R
Acremonium alabamensis Morgan-Jones 3 S R
Myriococcum albomyces Cooney & Emerson 3 5 R
Paecilomyces inflatus (Burnside) Carmichael 2 3 R
Corynascus sepedonium Emmons 1 2 R
Humicola stellata Bunce 1 2 R
Rhizomucor pusillus Lindpt (Schipper) 1 2 R
Rhizopus stolonifer (Ehrenb. ex Fries) Lind. 1 2 R
Thermoascus thermophilus (Sopp) Von Arx 1 2 R
Torula thermophila Cooney & Emerson 1 2 R
Occurrence remarks: H high occurrence, between 30-60; M = moderate occur-
rence, between | L — low occurrence, between 7-14; R = rare occur-
rence, between 1-
Hyphae of Myriococcum albomyces were colorless, branched, decumbent
to erect, forming a loose mucedinous subiculum in culture; prostrate hyphae
constricted at the septa, forming branched, chainlike series of cells that
break apart easily, ascocarps superficial, 100-250um diameter, globose,
darkbrown, nonostiolate, wall glabrous, asci pyriform produced in one or
more tufts from a group of central cells.
Paecilomyces inflatus has colonies floccose-funiculose, yellow and cen-
ter faintly pink; reverse white becoming buff or faintly yellow. Conidio-
phores are usually lacking and phialides borne irregularly on aerial hyphae;
phialides have a septum near the base and are usually inflated in the basal
portion appearing flask-like in the upper portion to narrow apical tube, co-
nidia sometimes develop irregularly, becoming lopsided or squared, distinct-
ly lemon-shaped with slightly truncate base and apex with rounded point.
Hyphae of Torula thermophila were colorless, septate, 2-Sum broad;
spores dark brown, smooth walled, translucent, generally globose, to oval,
basipetally produced in chains on hyphal branches or developed intercalari-
ly, colonies white at first, turning jet black. The rest of thermophilic and
thermotolerant fungi were rare.
Source : MNHN, Paris
18 K.M. ABDEL-GAWAD
Most probably, the hoofs are infested with propagules of these fungi
(spores or mycelial fragments) from the soil, the different types of feedstuffs
distributed to the horses, the air or the air-dust mycoflora. These suggestions
are based on the fact that all of the fungi recovered from the horse hoofs
were previously recovered from Egyptian soils (Moubasher & al., 1981 a-b;
Moharram, 1984), wheat and broad-straw, composts (Moubasher & al.,
1982) and other sources.
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NOTAS MICOLOGICAS, I.
HEBELOMA VACCINUM ROMAGN.
Y HEBELOMA VACCINUM
VAR. CREMEOPALLIDUM VAR. NOV.
F. ESTEVE-RAVENTOS y M. HEYKOOP
Dpto de Biología Vegetal (Botánica),
Univ. de Alcalá de Henares, Madrid, Spain.
RESUMEN - Dedicamos un profundo estudio taxonómico, ecológico y bibliográfico
sobre una rara especie del orden Agaricales: Hebeloma vaccinum Romagn. Obser-
vaciones realizadas con material procedente de Holanda y de 2 localidades madrile-
ñas, han revelado suficientes diferencias toxonómicas para la creación del nuevo
taxon: H. vaccinum var. cremeopallidum. Se añaden microfotografias realizadas al
microscopio electrónico de barrido.
RÉSUMÉ - Étude taxonomique, écologique et bibliographique détaillée d'une espèce
rare de l'ordre des Agaricales: Hebeloma vaccinum Romagn. Les observations
réalisées sur du matériel provenant des Pays-Bas et de 2 localités de la province de
Madrid ont montré des différences taxonomiques suffisantes pour la création du
nouveau taxon: H. vaccinum var. cremeopallidum.
ABSTRACT - In this paper we make a taxonomic, ecological and bibliographical
study on Hebeloma vaccinum Romagn. Collections examined from The Netherlands,
as well as from 2 localities from the province of Madrid (Spain) have revealed that
there is enough evidence to create the new variety Hebeloma vaccinum var. cremeo-
pallidum.
MOTS CLÉS : Taxonomie, Hebeloma, Cortinariaceae, Basidiomycotina.
INTRODUCCION
El género Hebeloma Roze forma parte de la familia Cortinariaceae
dentro del amplio grupo de los hongos Agaricales y está bien definido
taxonómicamente por el color de su esporada, que varía desde los tonos
marrón-tabaco a marrón-arcilloso, y por los caracteres esporales (morfología
y oOrnementación) y ecológicos (formadores en su mayor parte de
Source : MNHN. Paris
22 F. ESTEVE-RAVENTOS y M. HEYKOOP
Source : MNHN. Paris
NOTAS SOBRE HEBELOMA VACCINUM ROMAGN. 23
ectomicorrizas). Los limites del género con los próximos Hebelomina Maire
y Alnicola Kiúhner y sus caracteres morfológicos y ecológicos han quedado
bien definidos por Singer (1986).
Es un dato curioso constatar cómo de un género casi cosmopolita en
las áreas templadas del globo, aún desconozcamos monografías a un nivel
superior al meramente local o bien continental, siendo el único trabajo de
esta índole realizado en nuestro continente el de Bruchet (1970), pero en el
que desgraciadamente sólo se recogen parte de los táxones europeos. Util es
también la reciente aportación de Smith & al. (1983) sobre las especies
provistas de velo (Sección Indusiata (Fr.) Jacq.) pero que abarca ünicamente
aquellos táxones encontrados en la parte occidental de Norteamérica.
De entre la treintena de especies que existen aproximadamente en el
continente europea, una de ellas, Hebeloma vaccinum, llama poderosamente
la atención por sus caracteres esporales ünicos y es el objeto de este estudio.
MATERIAL Y METODOS
3
El material estudiado procede de una localidad holandesa y de 2
diferentes localidades de la provincia de Madrid. Este material, para el que
se utilizaron como medios de observación microscópica el agua, solución
amoniacal al 10% y solución de Rojo Congo amoniacal, ha sido depositado
en el Herbario de Micología del Departamento de Biología Vegetal
(Botánica) de la Universidad de Alcalá de Henares (H.AH), y se encuentra
disponible para cualquier consulta o revisión.
Las medidas esporales han sido realizadas sin considerar el perisporio o
caliptra. Las ilustraciones han sido realizadas a la escala indicada, y las
fotografías al S.E.M. en un microscopio ISI modelo SX25.
Hebeloma vaccinum Romagn., Bull. Soc. Mycol. France $1: 335-336 (1965),
Fig. 1, 2 y 8.
La cita de Moreno (1980) de Riaza (Segovia), en humus de Populus, ha
sido estudiada por nosotros y corresponde a otro taxon cuya identidad es
difícil de precisar, ya que carece de los suficientes datos de campo, tanto
Fig. 1-2 - Hebeloma vaccinum Romagn. (H.AH 10.806): esporas al S.E.M. Fig. 3-7 -
Hebeloma vaccinum var. cremeopallidum Esteve-Raventós € Heykoop (H.AH
9392); esporas al S.E.M.
Fig. 1-2 - Hebeloma vaccinum Romagn. (H.AH 10.806): spores under S.E.M. Fig.
3-7 - Hebeloma vaccinum var. cremeopallidum Esteve-Raventós & Heykoop
(H.AH 9392): spores under S.E.M.
Source : MNHN. Paris
24 F. ESTEVE-RAVENTOS y M. HEYKOOP
macroscópicos como organolépticos, como para poder ser identificado con
precisión. Se trata de un carpóforo de tamaño medio-grande cuya coloración
y esporas no se corresponden con Hebeloma vaccinum Romagn.,
principalmente por su perisporio adpreso.
El material procedente de Holanda concuerda perfectamente con la
descripción original de Romagnesi (1965). Los caracteres más relevantes de
esta especie y del material estudiado radican en la tipica ornamentación
esporal, con un perisporio envainante que se despega con facilidad de un
episporio bien ornamentado y que rodea a toda la espora con excepción de
la apicula, que queda libre. Se trata, según su autor, de una especie de
tamaño medio-pequeño con un sombrero de color marrón-rojizo vivo, sobre
todo en el centro, (que recuerda al de Hebeloma truncatum (Schaeff.: Fr.)
Kummer), con una superficie viscosa de apariencia aceitosa, un estipe
cilindrico y blanco que se macula de amarillo-parduzco en la base con la
manipulación, pruinoso en el ápice y sin restos de cortina. Las láminas
poseen unas tonalidades marrón-ocráceas con un reflejo rojizo y exudan
pequeñas gotas transparentes. Aparte de los caracteres de la ornamentación
esporal ya mencionados, los cistidios marginales se muestran variables, desde
cilindricos hasta progresivamente claviformes e incluso sublageniformes, y la
epicutis pileica, que se encuentra gelificada, no posee ningún carácter
especial de entre los que presenta el género, con una hipocutis formada por
elementos anchos y cortos de tipo pseudoparenquimatoso que aparece como
carácter común en casi todas las especies de Hebeloma.
Las medidas esporales indicadas por Romagnesi (loc. cit.) son de 11-13
x 6-7,7um (Q = L/l = 1,83-1,69). Las del material estudiado son de
11-12,5(-13) x 6,5-7,5um (Q = L/l = 1,70-1,66) y poseen la morfología
típica, anchamente amigdaliforme, illustrada en Romagnesi (1965: 334), en
donde se aprecia un vientre amplio y redondeado en vista tanto frontal
como lateral.
Material estudiado: Holanda, Bijimermeer, Amsterdam Zuid-Oost, en
zonas húmedas entre Poaceae y humus de Populus nigra L., 28-V111-87, M.
Heykoop, H.AH 10806.
Hebeloma vaccinum Romagn. var. cremeopallidum Esteve-Raventós &
Heykoop var. nov., Fig. 3-7 y 9-11.
A varietate typica differt sporis maioribus ((12,5-)13-16(-17) x
(5,5-)6-7(-7.8) um) et pileo albo pallido. Holotypus Pto. de Canencia,
Madrid, entre hierba bajo Salix atrocinera Brot., 10-XI-85, leg. F. Esteve-
Raventós, H.AH 9392.
Sombrero de 1,5-3cm de diámetro, desde convexo hasta aplanado en la
madurez, de color uniforme crema-blanquecino hasta crema-ocráceo, sin
tonos rojizos, con el margen regular y obtuso, luego recto al envejecer, de
apariencia subhigrófana y con la superficie viscosa y brillante, como lacada
Source : MNHN, Paris
NOTAS SOBRE HEBELOMA VACCINUM ROMAGN. 25
. €
. e,”
y
24m 10 Oum 11
Fig. 8 - Hebeloma vaccinum Romagn. (H.AH 10.806): esporas. Fig. 9-11 - Hebeloma
vaccinum var. cremeopallidum Esteve-Raventós & Heykoop (H.AH 9392); 9:
basidiocarpo. 10: esporas. 11: queilocistidios.
Hebeloma vaccinum Romagn. (H.AH 10.806): spores. Fig. 9-11 - Hebeloma
vaccinum Var. cremeopallidum Esteve-Raventós & Heykoop (H.AH 9392); 9:
carpophore. 10: spores. 11: cheilocystidia.
o barnizada. Pie de -3,5 x 0,3-0,5cm, cilíndrico, de color blanco pero
tomando tonos parduzcos en la base al ser manipulado o al envejecer, con
el ápice pruinoso y sin restos de velo visibles tanto en los carpóforos jóvenes
como adultos. Láminas medianamente apretadas, de hasta Ímm de anchura,
emarginadas, no ventrudas, de color café con leche con un patente reflejo
rojizo, exudando pequeñas gotas hialinas en la arista, que es ligeramente
floconosa. Carne blanca, olor a patata con un matiz dulzaino al corte, y
sabor amarescente. Esporada marrón
Source : MNHN, Paris
26 F. ESTEVE-RAVENTOS y M. HEYKOOP
Esporas largamente amigdaliformes en su mayor parte, (12,5-)13-16(-17)
x (5,5-)6-7(7,8)um, Q (—L/l) > 2, con un perisporio que se despega con
facilidad de un episporio con ornamentación patente formando verrugas
densas, a veces unidas, y con papila apical lisa. Basidios desde claviformes
hasta cilíndricos, tetraspóricos, de 35-40 x 9-10,2um. Cheilocistidios
cilindricos, ensanchándose paulatinamente hacia el ápice, de 40-66 x
7-11,2(-13,6)um. Caulocistidios cilindricos con ápice obtuso, a veces
ligeramente claviformes, de 30-55 x 8-I5um. Epicutis formada por hifas fi
formes, cilindricas a levemente ensanchadas hacia el ápice, de 4-64m de
diámetro con pigmento intracelular amarillo, pasando progresivamente a
una subcutis pseudoparenquimatosa formada por hifas anchas y cortas de
hasta 304m de diámetro. Trama laminal formada por artículos alargados,
dispuestos regularmente de forma más o menos paralela y de hasta 104m de
anchura. Subhimenio formado por articulos muy cortos y ramificados de
hasta Sum de diámetro.
Material estudiado : Madrid, Puerto de Canencia, entre hierba bajo
Salix atrocinera Brot, 10-XI-85, F. Esteve-Raventós, H.AH 9391.
Inmediaciones del Embalse de Navalmedio, Cercedilla, en el margen de un
riachuelo bajo Salix atrocinera Brot., 27-X-85, J.M. Barrasa & F. Esteve-
Raventós, H.AH 9392
DISCUSSION
Romagnesi (1965) describió Hebeloma vaccinum como una especie que
recuerda en su coloración a H. truncatum, es decir, de un fuerte color
marrón-rojizo en el pileo y, según los tamaños esporales por él indicados, el
coeficiente longitud/anchura de las esporas no supera el valor de 2. La
morfología esporal por él illustrada nos presenta unas esporas anchamente
amigdaliformes con un vientre ancho en su cara adaxial. Con posterioridad,
Bruchet (1970: 84) hace una descripción similar a la de Romagnesi,
indicando un tamaño esporal de (12)13-14(-16) x (6,5-)7-8(-8,5)um, y, según
se desprende de sus ilustraciones, con una morfología amigdaliforme-
limoniforme prácticamente igual a la de Romagnesi; la coloración del
sombrero es señalada "brune rousse foncée". Clémengon (1976) hace
observaciones similares indicando unas esporas de 9,4-11(-13) x 5,7-6,8um, es
decir pequeñas y más bien anchas. Bohus (1978) lo cita para Hungría bajo
Populus, pero sin hacer ninguna descripción sobre este material. Vesterholt
(1986) hace referencia y describe una recolecta de Dinamarca encontrada
bajo Populus tremula y otros caducifolios; ésta última se caracteriza por su
sombrero rojizo-marrón y porte robusto. El tamaño indicado para las
esporas es de 12-14 x 6,7-7,5um con un contorno amigdaliforme y ancho.
Por ültimo, Hebeloma brunneifolium, especie descrita por Hesler (1977) de
Norteamérica, nos parece próxima a H. vaccinum por sus esporas, y de la
que se diferencia, según su autor, básicamente por la apreciable longitud de
Source : MNHN. Paris
NOTAS SOBRE HEBELOMA VACCINUM ROMAGN. 27
longitud
um
174
5 6 7 8 9 pm anchura
* Hebeloma vaccinum H.AH 10.806
* Hebeloma vaccinum var. cremeopallidum H.AH 9391
* Hebeloma vaccinum var. cremeopallidum H.AH 9392
Fig. 12 - Gráfica comparativa entre los tamaños esporales (en um) que presentan
Hebeloma vaccinum H.AH 10.806 y H. vaccinum var. cremeopallidum H.AH
9391 y H.AH 9392.
12 - Graphic showing the differences between the spore sizes (in am) of
Hebeloma vaccinum (H.AH 10.806) and H. vaccinum var. cremeopallidum
(H.AH 9391 and H.AH 9392).
Source : MNHN. Paris
28 F. ESTEVE-RAVENTOS y M. HEYKOOP
los caulocistidios (-200um). La única referencia europea sobre este taxon
corresponde a Arnolds (1984) en Holanda.
Estos son los únicos datos que, hasta la fecha, hemos podido recopilar
sobre esta bella y característica especie del género Hebeloma. La creación de
Hebeloma vaccinum var. cremeopallidum se debe fundamentalmente a la
constancia en el carácter cromático encontrado en dos recolectas de
abundantes carpóforos recogidos en localidades muy alejadas entre sí y en
idénticas ecologías. Nunca antes se habia recogido H. vaccinum presentando
un color crema-blanquecino en todos los estudios de crecimiento. Por otra
parte, hemos comprobado un carácter en la forma esporal que reviste cierto
valor taxonómico y que, según la bibliografia consultada, parece tener la
suficiente importancia para apoyar el rango varietal propuesto. Las esporas
de H. vaccinum var. cremeopallidum se han mostrado, en su mayor parte,
como largamente amigdaliformes, y tras la medición de más de 40 esporas y
ser comparadas con el material tipico holandés (Fig. 12), hemos encontrado
que el coeficiente longitud/anchura es superior (a veces muy superior) a 2 en
el taxon madrileño. El coeficiente encontrado en la var. vaccinum, tanto en
las mediciones indicadas en la bibliografía como en las realizadas por
nosotros con el material de Holanda, parece ser constantemente inferior a 2.
Respecto a sus caracteres ecológicos, ha quedado demostrada la
relación micorrizógena del taxon con los géneros Salix y Populus según los
estudios de Hackskaylo & Bruchet (1972) y su presencia constante en
ecologías higrófilas (Bruchet, loc. cit. y Delzenne-van Haluwyn, 1971
"marécages, fossés”). Los tamaños de los carpóforos parecen ser variables
segün se desprende de la bibliografia consultada.
Futuras recolectas intermedias en cuanto a la coloración pileica,
tamaño y morfología esporal podrian hacer suponer que nuestro taxon
nuevo se tratara de un ejemplo extremo de la variabilidad de la especie (fo
ma), pero hasta el momento, no hemos podido constatar en la bibliografía
existente ningün comentario que pudiera reafirmar esta posibilidad, más aün
tras el estudio del material holandés.
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ISATION INFRASTRUCTURALE DU MYCELIUM
ET DES PROTOPLASTES
DE NECTRIA HAEMATOCOCCA (BERK. ET BER.) WR.
APRES TRAITEMENT PAR LA CYTOHELICASE
J. ORCIVAL et F. LAHBIL
Laboratoire de Cryptogamie, Université Paris-Sud,
91405 Orsay, France.
RÉSUM Les hyphes de Nectria haematococca traités par la cytohélicase en vue
de l'obtention de protoplastes présentent, aprés 3h de traitement, des remaniements
importants au niveau du noyau et des organites cytoplasmiq: Les protoplastes ob-
tenus montrent au cours de leur évolution des empilements de cules
membranaires formées à partir de la membrane nucléaire; ces empilements sont assi-
milables aux lamelles annelées décrites dans divers matériels tels que les oocytes et
certains tissus glandulaires animaux et dans le pollen de quelques plantes. Le róle de
ces structures est discuté.
ABSTRACT - Nectria haematococca hyphae, treated by cytohelicase for protoplast
obtention, show, after 3h of treatment, important cell modification in the nucleus
and in cytoplasmic organelles. The protoplasts show during their evolution, mem-
brane vesicles stacks which may be assimilated to annulate lamellae described in var-
ious organisms. The function of these structures is discussed.
MOTS CLÉS : Ascomycétes, infrastructure, lamelles annelées, noyau, protoplastes.
Les protoplastes de champignons filamenteux sont des outils de plus en
plus utilisés pour l'étude de nombreux problémes: formation de la paroi,
régénération génétique, transformation. Dans notre laboratoire, nous nous
en servons pour l'étude du déterminisme de la différenciation chez Nectria
haematococca (Daboussi, 1985). Des études préalables sur les divers facteurs
influant sur le rendement optimal (Lahbil, 1984) nous ont amenés à effec-
tuer une étude ultrastructurale du mycélium, soumis à l'action de la
cytohélicase et des protoplastes à divers stades de leur évolution. Il existe ac-
tuellement plusieurs travaux sur l'infrastructure des protoplastes de champi-
gnons filamenteux (Gibson & Peberdy, 1972; Isaac & al., 1979; Tanaka &
Source : MNHN. Paris
32 J. ORCIVAL et F. LAHBIL
al., 1981), mais peu d'observations concernent la structure des hyphes traités
par les enzymes pectolytiques dans le milieu d'incubation. Manocha (1968) a
présenté quelques images de conidies de Neurospora crassa traitées de 3 à 4
heures par une solution d'enzyme d'escargot, dans lesquelles on peut obser-
ver des modifications de structure du noyau. Nos observations recoupent
celles des auteurs précités, et nous permettent d'apporter des précisions sur
l'origine et le róle d'infrastructures cytoplasmiques lamellaires.
MATERIEL ET METHODES
Organisme: Nectria haematococca (Berk. et Ber.) Wr., souche sauvage
Sl, est fourni par le Centraal bureau Voor Schimmerlculture de Baarn
(Netherlands).
Culture et obtention de protoplastes: Ces méthodes ont été décrites dans
un précédent travail (Lahbil, 1984); nous les rappelons brièvement: du
mycélium provenant d’une culture âgée de 20h est préincubé dans une solu-
tion de mercaptoéthanol (0,1%) dans KCI 0,6M pH 5,8. Après 4 rinçages
dans la solution de KCI 0,6M, le mycélium est resuspendu dans cette même
solution contenant la préparation enzymatique (cytohélicase lyophilisee IBF
2 mg/ml, 5 ml de milieu d'incubation pour 0,1g de mycélium). L'incubation
dure de | a 4 heures.
Techniques de microscopie électronique: Le matériel, traité ou non par la
cytohélicase, est fixé pendant 3h dans une solution de glutaraldéhyde à 4%
en tampon phosphate 0,1M pH 6,9 additionné de KCI 0,6M. Après 2
rinçages dans le même tampon, le matériel est ensuite post-fixé pendant 18 h
dans une solution de tétroxyde d'osmium a 2% et est ensuite pré-inclus dans
la fibrine suivant la méthode de Charret & Faure-Fremiet (1967), déshydraté
et inclus dans l'Epon. Les coupes fines sont contrastées par l'acétate
d'uranyle 4 2% pendant 30 mn et par le citrate de Plomb pendant 10 mn.
Pour la détection de polyholosides liés en CI-C4, nous avons utilisé le
test Patag d'après Thiery (1967).
RESULTATS
Ultrastructure des hyphes non traités par l'enzyme
Les hyphes ágés de 24h présentent en coupe transversale des
caractéristiques suivantes:
- la paroi est d'épaisseur réguliére de l'ordre de 90 nm, elle apparait
claire aprés coloration uranyle-plomb (Fig. 1, 2); le test Patag révéle une
structure fibrillaire traduisant la présence de fj 1-4 glucanes, essentiellement
Source : MNHN. Paris
NECTRIA HAEMATOCOCCA 33
de la chitine (Fig. 3); les polyholosides liés en C1-C3 ne sont pas révélés par.
ce test,
- le cytoplasme a une structure comparable à celle que l'on rencontre
généralement chez les ascomycétes; trés dense, il contient la plupart des
organites habituels: noyau d'aspect homogène, ribosomes, mitochondries
(Fig. 2, 3); les amas de glycogène sont abondants (Fig. 1); les vacuoles sont
inexistantes. A partir de 24h, les hyphes se remplissent de grosses inclusions
lipidiques, qui sont les marqueurs de cellules distales; les organites cellulaires
se raréfient, et on peut observer quelques rares vacuoles.
Ultrastructure des hyphes au cours de la digestion enzymatique
On n'observe pas de différence significative entre la structure des
hyphes traités durant Ih dans la solution d'enzymes et celle des hyphes non
traités. Bien que des protoplastes soient libérés à partir de 30 mn
d'incubation (Lahbil, 1984), le nombre d'hyphes sur lequel l'hydrolyse
enzymatique produit un effet visible doit être très faible dans les culots fixés.
Par contre, l'observation des culots d'hyphes traités pendant 3h montre:
- des sections d'hyphes dont la paroi n'a pas été (ou peu) attaquée par
les enzymes; les structures sont identiques à celles des témoins,
- des structures membranaires diverses, essentiellement des vésicules
émises par le plasmalemme au cours de l'extrusion du protoplaste, ou
formées secondairement (“subprotoplaste”),
- des sections de protoplastes totalement démunis de parois,
- des sections d'hyphes dont la paroi est plus ou moins digérée (Fig. 4,
5, 6, 7, 8). L’aspect de la paroi de ces hyphes est variable; il peut étre iden-
tique à celui des hyphes témoins (Fig. 4, flèche) ou moins bien délimité (Fig.
5, 6), pouvant à la limite se présenter comme un résidu fibrillaire diffus
(Fig. 8, flèche). Le test Patag révèle une couche externe fortement positive,
contenant des granules de 37 nm de diamètre environ, d'épaisseur irrégulière
et parfois interrompue par des pores (Fig. 7, flèches). La cytohélicase
hydrolysant les glucanes liés en 1-3, cette couche est essentiellement
constituée de chitine.
Le cytoplasme montre des différences importantes par rapport à celui
des hyphes témoins; il apparaît plus clair, sans doute à cause d'une forte
hydratation et contient des vacuoles caractéristiques (Fig. 4, 7, 8). Le
glycogéne a totalement disparu et ne peut être révélé par le test Patag. Quel-
ques inclusions lipidiques peuvent être observées. Les mitochondries sont
parfois dilatées (Fig. 8).
Le noyau présente les modifications les plus remarquables: on peut ob-
server parfois un réarrangement du matériel intranucléaire, qui est plus
condensé en périphérie qu'au centre, où il peut apparaitre sous forme d'un
Source : MNHN. Paris
34 J. ORCIVAL et F. LAHBIL
réseau fibrillaire láche; ceci se traduit par une différence d'aspect ténue (Fig.
5, flèches) ou marquée (Fig. 6): on observe également des dilatations
localisées ou généralisées de l'enveloppe nucléaire (Fig. 6, 8, têtes de flèches).
Ultrastructure des protoplastes obtenus
Les protoplastes nucléés ont, soit un cytoplasme dont l'organisation est
compatible avec une viabilité, soit un cytoplasme fibreux, dépourvu de
ribosomes et par conséquent non viable.
La première catégorie est représentée dans les figures 9, 10. Le
plasmalemme est plus ou moins ondulé; on peut parfois observer quelques
extrusions (Fig. 10, fléche). Les ribosomes sont abondants.
Les mitochondries sont assez nombreuses, avec des crétes paralléles et
une matrix dense (Fig. 9), ou bien avec des crétes dilatées et une matrix clai-
re (Fig. 10). On observe des inclusions lipidiques denses, et plus rarement de
petits amas de glycogene clairs (Fig. 9) dont la nature a pu étre vérifiée par
le test Patag. Les vacuoles sont généralement présentes et leur taille est va-
riable; elles contiennent parfois des précipités denses constitués de
polyphosphates (donnant une coloration métachromatique avec le bleu de
toluidine); certaines sections sont dépourvues de vacuoles, le protoplaste
n'en contenant pas, ou le plan de coupe ne passant pas à leur niveau.
Nous avons parfois observé des structures assimilables aux appareils de
Golgi (Fig. 11), tels qu'ils ont été décrits dans le mycélium de divers cham-
pignons filamenteux (Dargent & al., 1982; Newhouse & al., 1983).
Une des caractéristiques les plus remarquables des protoplastes est la
présence dans le cytoplasme de cisternes de reticulum lisse; ces cisternes peu-
vent être aplaties (Fig. 9), dilatées, ou alternativement aplaties et dilatées
(Fig. 13, 14, 15); souvent, on peut en observer des empilements importants,
jusqu'à une dizaine (Fig. 13); elles peuvent se situer au sein du cytoplasme
ou en position périphérique, à proximité du plasmalemme (Fig. 9, flèches,
Fig. 11). Ces structures se forment à partir de l'enveloppe nucléaire: celle-ci
se dilate localement (Fig. 15, 16, 17), forme des extrusions qui s'isolent dans
le cytoplasme sous forme de vésicules qui s'aplatissent latéralement et
fusionnent entre elles (Fig. 15, 16).
L'organisation interne du noyau ne présente aucune caractéristique
particuliere (Fig. 9, 10, 17). Nous n'avons pas retrouvé les ségrégations de
matériels vues dans les hyphes en voie de digestion dans la cytohélicase, et
décrites dans des protoplastes d'Aspergillus niger libérés au bout d'lh
(Gibson & Peberdy, 1972). Nous avons parfois observé 2 profils de noyau
par coupe provenant de protoplastes plurinucléés.
Le test Patag appliqué aux coupes de protoplastes ne permet pas de
détecter l'accumulation de polyholosides liés en CI-C4 à l'intérieur des
cisternes; le contraste modéré des membranes est comparable à celui des au-
Source : MNHN. Paris
NECTRIA HAEMATOCOCCA 35
tres organites; seules quelques petites vésicules contiennent un précipité den-
se (Fig. 12, fléche).
DISCUSSION
Le passage de cellules hyphales à l'état de protoplastes entraine des
perturbations physiologiques partiellement visualisées par des modifications
d'infrastructure. Certaines de ces modifications sont précoces et apparais-
sent alors que la paroi n'est pas encore totalement désorganisée: il s'agit de
l'apparition des vacuoles, du gonflement des mitochondries et de l'enveloppe
nucléaire, résultant de l'entrée d'un flux d'eau dans la cellule; la modifica-
tion de l'organisation nucléaire interne signalée par Manocha (1968) dans
des conidies de Neurospora en cours de digestion, Gibson & Peberdy (1972)
dans des protoplastes d’ Aspergillus formés précocement et nous-mêmes dans
des hyphes de Nectria en cours de digestion, ne trouve pas une explication
immédiate; s'il ne s'agit pas d'un artefact, on peut y voir une réorganisation
“d'urgence” du fonctionnement nucléaire face à des conditions extérieures
drastiques, avec modification des priorités au niveau de la transcription; cet-
te hypothèse s'appuie en partie sur le fait que les ribosomes sont abondants
dans le cytoplasme des protoplastes, mais nécessiterait une étude plus appro-
fondie à l'aide d'études cytochimiques des acides nucléiques.
La présence de reticulum est générale dans les protoplastes de champi-
gnons filamenteux; Gibson & Peberdy (1972) observent du reticulum granu-
leux dans des protoplastes d' Aspergillus; des images de cisternes empilées
ont été publiées par Manocha (1968) dans des protoplastes de Neurospora,
par Isaac & al. (1979) dans des protoplastes d’ Aspergillus, et par Tanaka &
al. (1981) dans des protoplastes de Pyricularia oryzae; ces derniers auteurs as-
similent ces structures des appareils de Golgi intervenant dans la
régénération de la paroi; cette interprétation ne peut être retenue: les appa-
reils de Golgi identifiés chez les Septomycétes ont une morphologie trés
différente; des études ont été faites à ce sujet par Dargent & al. (1982) chez
Hypomyces chlorinus et par Newhouse & al. (1983) chez Endothia parasitica;
dans les protoplastes de Nectria, nous avons observé quelques structures
pouvant étre assimilées aux organites décrits par ces auteurs, et trés
différentes des empilements lamellaires.
Nous avons vu que, chez Nectria haematococca, les empilements de
cisternes dans les protoplastes proviennent d'un bourgeonnement de l'envi
loppe nucléaire; ce type de structure est comparable aux lamelles annelées
décrites dans diverses cellules animales reproductrices ou néoplasiques, et
dans des grains de pollen (voir les revues de Wischnitzer (1970) et de Kessel
(1983)). Les fonctions attribuées à ces structures sont variées: transport de
matériel nucléaire dans le cytoplasme, genése de reticulum, fixation de
polysomes; il n'y a encore aucune évidence pour qu'une ou plusieurs de ces
Source : MNHN, Paris
36 J. ORCIVAL et F. LAHBIL
fonctions puissent étre attribuées á ces structures dans les protoplastes de
Nectria.
Des bourgeonnements de l'enveloppe nucléaire ont été décrits chez di-
vers Ascomycétes, en particulier par Carrol (1967), Wells (1972) et Beckett
(1981); les vésicules issues de ces bourgeonnements participent à la for-
mation de la membrane délimitant l'ascospore. Dans les protoplastes de
Nectria, des cisternes issues de la membrane nucléaire bordent le
plasmalemme et peuvent avoir un róle voisin des bourgeonnements
nucléaires des noyaux de l'asque qui participent à la formation du
plasmalemme de l'ascospore.
L'organisation de protoplastes naturels, tels que les zoospores de
Pythium (Groves & Bracker, 1978) et de Phytophthora (Bartnicki-Garcia &
Hemmes, 1976), nous apporte des informations utiles: dans le cytoplasme de
ces cellules, on observe divers types de vésicules périphériques; les unes
contiennent des glycoprotéines participant à l'adhésion de la spore, d'autres
interviennent dans l'expulsion de l'eau; leur membrane se fusionne avec le
plasmalemme et le renouvelle (Pinto da Silva & Nogueira, 1977); des
cisternes aplaties bordent la face interne du plasmalemme, sans qu'il y ait
évidence d'une fusion éventuelle avec ce dernier; ce type de cellule, provisoi-
rement dépourvu de parois, met en place des structures adaptées à un pas-
sage aquatique. Les protoplastes "artificiels", obtenus par digestion des pa-
rois des hyphes, réorganisent leur cytoplasme en développant des systémes
membranaires comparables, bien que moins spécialisés; d'autre part,
l'hétérogénéité des hyphes (répartition des organites, nature et quantité des
réserves nutritives, composition du plasmalemme) explique en partie la
variabilité des structures observées dans les protoplastes de Nectria et le fait
qu'une partie seulement d'entre eux peut régénérer. Cette réorganisation
cytoplasmique, caractérisée par une synthèse importante de membranes, mo-
bilise les réserves préexistantes dans les hyphes, glycogène et lipides, et s'ac-
compagne d'une activité mitochondriale importante.
En conclusion, nous proposons un schéma interprétatif de la transfor-
mation de la cellule hyphale en protoplaste chez Nectria haematococca (Fig.
18).
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Source : MNHN. Paris
38 J. ORCIVAL et F. LAHBIL
EXPLICATION DES FIGURES
Echelle: 0,5um.
Figure 1: Coupes d'hyphes d'une culture de 24h. Les sections les plus jeunes
sont riches en glycogène. Les sections plus âgées (à droite) contiennent des inclusions
lipidiques (en noir). g =glycogéne, 1 — inclusion lipidique.
Figure 2: Section transversale d'hyphe. Le noyau (N) a une structure
homogène, la paroi est peu contrastée.
Figure 3: Coupe d'hyphe témoin traité par le test Patag; le glycogène est
contrasté en noir, la structure fibrillaire de la paroi est mise en évidence. (N — noyau,
m= mitochondrie).
Figure 4: Vue d'ensemble d'hyphes traités par la cytohélicase pendant 3h. Le
elycogéne a disparu; on observe des vacuoles (V). L'aspect des parois est variable. La
fléche indique une paroi comparable à celle de la Fig. 2.
Figure 5: Coupe d'hyphe traité par la cytohélicase: la paroi apparaît légèrement
digérée (tête de flèche): on observe une légère ségrégation du matériel nucléaire
(flèches).
Figure 6: Même traitement: la digestion de la paroi cst plus avancée; l'envelop-
pe nucléaire est dilatée, et on observe une ségrégation spectaculaire entre un matériel
nucléaire fibreux central et un matériel granulaire périphérique.
Figure 7: Test Patag; il ne reste de la paroi qu'une couche granulaire fortement
positive et percée par endroits (fléches).
Figure 8: Coupe traitée par la cytohélicase; l'enveloppe nucléaire est dilatée par
endroits; le cytoplasme contient des vacuoles (V) ( m —mitochondries).
Figure 9: Vue générale d'un protoplaste de Nectria haematococca; on observe
un noyau (N), une vacuole remplie de matériel dense (V), des mitochondries à matrix
dense et crétes développées (m), des cisternes de reticulum dont certaines bordent le
plasmalemme (fléches).
Figure 10: Autre type de protoplastes; les mitochondries ont une matrix claire
et des crêtes peu développées (flèche); le plasmalemme est sinueux avec quelques
extrusions (flèche).
Figure 11: Empilement de cisternes de reticulum lisse; l'organite indiqué par
des flèches est peut-être un appareil de Golgi.
Figure 12: Cisternes dilatées contre la face interne du plasmalemme; la coupe a
été traitée par la méthode Patag; seule une vésicule présente une légère réaction posi-
tive (fléche).
Figure 13: Empilements de cisternes dans le cytoplasme; ce type de structure
est assimilable aux lamelles annelées.
Figure 14: Autre aspect des empilements; les cisternes sont périodiquement
s et aplaties à droite, agglomérat de débris membranaires.
dila:
Figure 15: Formation des cisternes; la membrane nucléaire externe présente
une série de dilations (fléches) dont l'aspect est comparable aux cisternes dilatées du.
cytoplasme.
Figure 16: Détail de 2 bourgeonnements de la membrane nucléaire externe.
Source : MNHN. Paris
NECTRIA HAEMATOCOCCA 39
Figure 17: L'enveloppe nucléaire montre des régions aplaties, d'autres dilatées
(flèches), précédent la formation d'une nouvelle travée de cisternes. (nu — nucléole:
v — vacuole).
Figure 18: Représentation schématique de la transformation d'un hyphe en
protoplaste chez Nectria haematococca: L'hyphe (1) perd sa paroi (2) et le
protoplaste se réorganise (3,4).
EXPLANTATION OF THE PLATES
Scales: 0, Sum.
Figure 1: Hyphae section from a 24h culture. Youngest hyphae are rich in
glycogen. Older hyphae (on the right) countain lipid inclusions (in black)
£ —glycogen, L —lipid inclusions.
Figure 2: Hyphae transversal section. Nucleus (N) has an homogeneous struc-
ture, wail is not very contrasted.
Figure 3: Hyphae section after Patag test; glycogen is black, fibrillar structure
of the wall appears. (N=nucleus, m=mitochondria).
Figure 4: Global view of 3h cytohelicase treated hyphae. Glycogen has
desappeared. Some vacuoles are observed (V). Walls appearance varies. Arrow
shows a wall comparable with the on of Fig.2.
Figure 5: Cytohelicase treated hyphae: Wall is slightly digested (arrow head); a
slight segregation in nuclear material may be observed (arrows).
Figure 6: Same treatment. Wall digestion is more advanced. Nuclear cover is
dilated, and dramatic segregation is seen between a fibrous central nuclear material
and a granular peripheric material.
Figure 7: Patag test: a strongly positive granular layer, with holes (arrows) is
the rest of the wall.
Figure 8: Cytohelicase treatment: nuclear cover is dilated in places; the
cytoplasm countains vacuoles (V). (m — mitochondrion).
Figure 9: General view of a protoplast of Nectria haematococca: it is observed
a nucleus (N), a vacuole with dense material (V), mitochondria with dense matrix
and developed cristae (m), reticulum cisternae of which some are along the
plasmalemme (arrows).
Figure 10: Other type of protoplast; mitochondria have clear matrix and little
cristae (arrow); plasmalemme is sinuous with some extrusions (arrow).
Figure 11: Stacks of smooth reticulum vesicules; structure pointed out by arrow
is perhaps a Golgi apparatus.
Figure 12: Dilated vesicles along plasmalemme inner face; the section is treated
by Patag method; a single vesicle (arrow) shows a slight positive reaction.
Figure 13: Cisternae stacks in the cytoplasm; this structure may be assimilated
to annulate lamellae.
Figure 14: Other appearance of stacks; the cisternae are periodically dilated
and flattened; on the right, agglomerate of membrane fragments.
Source : MNHN. Paris
40 J. ORCIVAL ct F. LAHBIL
Figure 15: Cisternae formation; outer nuclear membrane shows serial dila-
tations (arrows) whose appearance is comparable to dilated cisternae in the
cytoplasm.
Figure 16: Detail of two blebs of outer nuclear membrane.
igure 17: Nuclear cover shows flattened zones, other are dilated, before the
formation of a new row of cisternae.
Figure 18: Schematic representation of hyphae into protoplast transformation
in Nectria haematococca: The hyphae (1) loss his wall (2) and the protoplast is
reorganized (3, 4).
Source : MNHN. Paris
NECTRIA HAEMATOCOCCA 41
Source - MNHN. Paris
42 J. ORCIVAL et F. LAHBIL
Source : MNHN. Paris
NECTRIA HAEMATOCOCCA 43
Source : MNHN. Paris
J. ORCIVAL et F. LAHBIL
44
Source : MNHN, Paris
NECTRIA HAEMATOCOCCA 45
Source : MNHN, Paris
46 J. ORCIVAL et F. LAHBIL
Figure 18
Source : MNHN. Paris
Cryptogamie, Mycol., 1990, 11 (1): 47-68. 47
L'APPAREIL SPOROPHYTIQUE ET LES ASQUES
DU TUBER MELANOSPORUM VITT.
(Truffe noire du Périgord, Discomycètes)
A. PARGUEY-LEDUC*, M.C. JANEX-FAVRE*, C. MONTANT**
* Laboratoire de Cryptogamie, Université Pierre et
Marie Curie, 7, Quai Saint-Bernard
- 75252 Paris Cedex 05 - France
** Laboratoire de Cryptogamie, Université Paul
Sabatier, 118, Route de Narbonne
- 31602 Toulouse Cedex - France
UMÉ - L'appareil sporophytique du Tuber melanosporum comprend succes-
sivement une phase prosporophytique (vésicule plurinucléée) et une phase
ascosporophytique (hyphes dicaryotiques terminées par des dangeardies ascogen
Les asques présentent des particularités remarquables : forme globuleuse, polarité
dans la répartition des constituants, relative simplicité de la paroi, délimitation indi-
viduelle des ascospores, réduction de leur nombre et présence d'un sac postsporal.
Ces caractéres, également trouvés chez d'autres espéces du genre Tuber et dans le
genre voisin Terfezia, justifient, au moins pour ces deux genres hypogés très proches,
la distinction d’un ordre des Tubérales au sein des Discomycètes.
ABSTRACT - In Tuber melanosporum sporophytic apparatus comprises two succes-
sive stages: 1. prosporophytic multinucleate vesicles and 2. ascosporophytic dicaryot-
ic hyphae with ascogenous croziers at the tip. Asci show strong peculiarities : globu-
lar shape, polarity in the components distribution, non-complexity of ascus wall,
process of individual ascospore delimitation, occurrence of a postsporal membrane
surrounding the ascospores which are less than eight in number. Tuber melanospo-
rum shares those features with other species in the genus Tuber as with Terfezia spe-
cies, which justifies, for both hypogeous genera at least, the distinction of order
Tuberales within Discomycetes.
MOTS CLÉS : appareil sporophytique, asque, ultrastructure, Tubérales, Tuber.
Dans le cadre de l'étude approfondie de l'ascocarpe de Tuber
melanosporum Vitt. que nous avons entreprise (Montant et al., 1983; Kulifaj,
1984; Parguey-Leduc et al, 1984, 1985, 1987a et b, 1988, 1989) nous
décrivons dans cet article nos observations en microscopie photonique et
Source
MNHN, Pari:
is
48 A. PARGUEY-LEDUC et al.
électronique sur l'appareil sporophytique et les asques qui en dérivent; par
contre, nous ne reprendrons pas l'étude de l'ascosporogénése et de
l'évolution des ascospores que nous avons déjà rapportée antérieurement.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Les échantillons étudiés, récoltés à divers stades pour que l'évolution
ontogénique puisse étre suivie, proviennent de France (Visan et Valréas -
Vaucluse -; Les Eyzies - Dordogne -).
Pour les études en microscopie photonique, des préparations par
écrasement ont été effectuées dans l'eau ou divers colorants : le rouge neu-
tre, le bleu BZL, le bleu coton, l'encre stylographique, le lugol et le vert
Visba. Des colorations sur coupes (aprés fixation par le liquide de
Westbrook et inclusion dans la paraffine) ont en outre été réalisées à l'aide
de l'hématoxyline ferrique.
Pour les études en microscopie électronique par transmission, des frag-
ments des ascocarpes ont été traités par les méthodes classiques : double
fixation par le glutaraldéhyde á 6% et le tétroxyde d'osmium á 2%, avec
tampon de Sórensen, inclusion dans la résine de Spurr. Les coupes,
effectuées à l'aide d'un ultramicrotome Reichert OMU 3, ont été contrastées
par l'acétate d'uranyle et le citrate de plomb (18 minutes) ou traitées par la
technique de Thiéry (1967), et observées à l'aide d'un microscope Philips
30.15 sous une tension d'accélération de 80 KV. Des coupes semi-fines,
colorées par la pyronine, ont été observées au microscope photonique.
I - APPAREIL SPOROPHYTIQUE ET FORMATION DES ASQUES
Les éléments sporophytiques se distinguent aisément, en microscopie
photonique, sur les coupes colorées par l'hématoxyline du fait de leur gran-
de affinité pour ce colorant, et ce aux divers stades du développement de
l'ascocarpe (Parguey-Leduc et al., 1984, 1985, 1987b).
Au stade apothécioïde (Parguey-Leduc et al., 1985 et Fig. 1), l'appareil
sporophytique se présente sous forme de filaments disposés en cupule
Ultérieurement, alors que l'ascocarpe est devenu globuleux (Parguey-Leduc
et al., 1984 et Fig. 2), ces filaments sont disposés dans la glébe au sein de
veines fertiles, enserrées dans les circonvolutions de veines stériles aérifères.
Localisés en premier lieu dans la partie axiale des veines fertiles (vf, l, Fig.
3), ils se développent ensuite en direction centrifuge (2) et atteignent ainsi la
base de la palissade de paraphyses qui borde les veines stériles (vs). Plus
tard, ils progressent vers la périphérie de l’ascocarpe jusqu'à la base des
écailles (e) du péridium (3, puis 4), dans lesquelles ils peuvent même excep-
tionnellement pénétrer (Parguey-Leduc et al., 1987b).
Source : MNHN. Paris
SPOROPHYTE ET ASQUES DU TUBER MELANOSPORUM 49
— <- yf —s-
1 à 3 : structure de lascocarpe (microscopie photonique). Fig. | : jeune
ascocarpe au stade apothécioide; Fig. 2: jeune ascocarpe devenu globuleux; Fig.
3: détail de la périphérie d'un ascocarpe montrant la progression de l'appareil
sporophytique, puis des asques, de la partie axiale d'une veine fertile ve:
base d'une écaille du péridium (de 1 à 4). e: écaille; wf veine fertile; vs
stérile. Echelle: Fig. 1, 12,5um; Fig. 2, 5004m; Fig. 3, 1004m.
Fig. | to 3: ascocarp structure (light microscope). Fig. | : young ascocarp,
apothecioid stage; Fig. 2 : young globular ascocarp; Fig. 3: detail of the
peripheral part of an ascocarp showing sporophytic apparatus and asci e
from the axial part of a fertile vein to the base of a vua scale. e: scale; vf:
fertile veil sterile vein. Scale: Fig. 1, 12,5um; Fig. 2, 500um; Fig. 3, 100um.
Source : MNHN, Paris
50 A. PARGUEY-LEDUC et al.
Fig. 4 et 5 : appareil sporophytique (microscopie photonique). Fig.4: portion d'une
veine fertile comportant, autre les éléments stériles (sr), des éléments fertiles:
vés
à
cule prosporophytique (psp), hyphes ascogènes (ha) et asques (as). Fig. 5, A
étail d'hyphes ascogènes. Echelle : 10um.
Fig. 4 and 5 : sporophytic apparatus (light microscope). Fig. 4: part of a fertile vein
comprising sterile (sr) and fertile elements: — prosporophytic vesicle (psp).
ascogenous hyphae (ha) and asci (as). Fig. 5, A to D: detail of ascogenous
hyphae. Scale: 104m,
Enfin, au stade adulte apparaissent les premiers asques; l'ascocarpe at-
teint alors un poids de quelques milligrammes. Ils deviennent ensuite
sporogénes et de plus en plus abondants, ce qui entraine un important
développement des veines fertiles, tandis que les veines stériles sont écrasées
et s'amenuisent.
Source : MNHN, Paris
SPOROPHYTE ET ASQUES DU TUBER MELANOSPORUM 51
Fig. 6 et 7 : appareil prosporophytique (microscopie électronique). Fig. 6 (technique
de Thiéry): vésicule prosporophytique environnée de filaments stériles; Fig. 7, a
et b: détail des septums. Echelle: Fig. 6, 24m; Fig. 7, 0,54m.
Fig. 6 and 7 : prosporophytic apparatus (electron microscope). Fig. 6 (Thiéry's tech-
nique): prosporophytic vesicle surrounded by sterile filaments; Fig. 7, à and b:
detail of septa. Scale: Fig. 6, 2um; Fig. 7, 0,3um.
1 - Appareil sporophytique
Les veines fertiles sont composées d'éléments stériles (st, Fig. 4) étroits,
à cellules en principe uninucléées, et d'éléments fertiles correspondant aux
Stades successifs de l'évolution de l'appareil sporophytique, telle que l'a
décrite Chadefaud (1944, 1952, 1953a et b, 1960) Selon cet auteur,
rappelons-le, l'ascogone, en principe aprés fécondation, évolue en un appa-
Source : MNHN. Paris
32 A. PARGUEY-LEDUC et al.
Fig. 8 et 9 : appareil prosporophytique (microscopie électronique). Fig. 8, a et b:
vésicules plurinucléées; Fig. 9, a et b: bourgeonnement des hyphes ascogénes.
Echelle: 24m.
Fig. 8 and 9 : prosporophytic apparatus (electron microscope). Fig. 8, a and b:
multinucleate vesicles: Fig. 9, a and b: budding of ascogenous hyphae. Scale:
2um.
Source : MNHN. Paris
SPOROPHYTE ET ASQUES DU TUBER MELANOSPORUM 53
reil sporophytique, formé d'abord d'un prosporophyte puis d'un
ascosporophyte bourgeonné par celui-ci.
Chez le T, melanosporum, Vascogone n'a pas été identifié du fait que les
tout premiers stades de formation de l'ascocarpe n'ont pu étre repérés sur le
terrain, en raison de leur petitesse. Rappelons toutefois que Chaze (1950) a
obtenu en culture des vésicules qu'il considére comme des oogones du T.
melanosporum et que Marchisio (1964) a décrit, chez le Tuber maculatum, des
oogones et des anthéridies, différenciés à l'extrémité d'"hyphes ascogénes';
d'aprés ce dernier auteur, les oogones, apres fécondation, se transforment di-
rectement en asques; ce processus est en désaccord avec les vues de
Chadefaud et nos propres observations. Celles-ci débutent au stade du
prosporophyte ( psp, Fig. 4), composé de volumineuses vésicules
boursouflées irrégulièrement, vacuolisées et plurinucléées. En microscopie
électronique (Fig. 6, 8 a et b), elles apparaissent tantót sub-cylindriques, tan-
tót bosselées ou méme pourvues de protubérances marquées. Leurs cloisons
transversales présentent un pore médian, qui peut étre simple (Fig. 7a) ou
obturé par une formation opaque aux électrons, en forme de sablier (Fig.
7b).
Le bourgeonnement de l'ascosporophyte à partir de vésicules
prosporophytiques a été observé en microscopie électronique (Fig. 9 a et b);
il en résulte des éléments de diamètre moindre et à contenu plus dense aux
électrons, avec deux volumineux noyaux associés que l’on peut probablement
considérer comme un dicaryon (Fig. 9a). Ceux-ci évoluent ensuite en hyphes
ascogènes, bien visibles en microscopie photonique du fait de leur forte
colorabilité (ha, Fig. 4); plusieurs fois ramifiées elles sont composées de cel-
lules généralement binucléées (Fig. 5).
Les filaments de l'appareil sporophytique avaient déjà été observés par
Greis (1938) chez le Tuber aestivum et le T. brumale, mais nous n'avons pas
retrouvé les crochets accompagnant la formation de chacune des cloisons
transversales que décrit cet auteur; il s'agirait peut-être, en réalité, comme
chez le T. melanosporum, de jeunes ramifications latérales (Fig. SA). Par
contre, nous avons retrouvé le crochet terminal figuré par Greis (Fig. 5B): il
est à l'origine d'une cellule proascale (Fig. 5C) et termine une hyphe
ascogène à cellules binucléées (Fig. SD).
2 - Formation des asques
Dans le crochet qui termine une hyphe ascogène, deux cloisons trans-
versales se forment, l'une à la base et l'autre prés du sommet, délimitant, se-
lon le processus décrit par Dangeard (1894), une cellule proascale binucléée
et un bec latéral (Fig. 5C, 10). Ce dernier se soude ensuite au pied; leur cloi-
son mitoyenne disparaissant, il s'ensuit la formation d'une cellule sous-
ascale dans laquelle sont associés le noyau de la cellule-pied et celui du bec
(Fig. 11). Corrélativement, la cellule proascale, terminant une hyphe
Source : MNHN, Paris
54
A. PARGUEY-LEDUC et al.
Source : MNHN, Paris
SPOROPHYTE ET ASQUES DU TUBER MELANOSPORUM 55
ascogene à cellules binucléées (Fig. 5D, 12), s'allonge; son contenu est plus
dense aux électrons (Fig. 13) que celui de la cellule sous-ascale, abondam-
ment vacuolisé. Après fusion de ses deux noyaux en un volumineux noyau
unique, disposé au centre de la cellule (Fig. 14), elle devient un asque, de
forme encore allongée; dans tout son volume sont disséminées de petites
vacuoles autour desquelles se répartissent des grains de glycogène fortement
réactifs au test de Thiéry.
11 - EVOLUTION ET STRUCTURE DES ASQUES
(microscopie photonique)
Elles ont été suivies sur préparations par écrasement et sur coupes. Le
jeune asque représenté par la figure ISA est encore rattaché à l'hyphe
ascogene; à sa base est bien visible le bec latéral, vestige du crochet
dangeardien (Chadefaud, 1944).
Au stade suivant, l'asque est devenu plus gros et sub-globuleux
(Fig.15B). Les vacuoles sont particulierement bien individualisées, réparties
dans tout le volume ascal, autour du noyau central. Par la suite, l'asque
continue à grossir; sa paroi s'épaissit et ses constituants tendent à se répartir
en zones distinctes (Fig. 15C); une telle zonation est caractéristique du gen-
re Tuber (Parguey-Leduc & Janex-Favre, 1977, 1981) et méme d'autres
Tubérales (Janex-Favre et al, 1988). La partie inférieure de l'asque, corres-
pondant à plus des 2/3 de son volume, est remarquablement riche en
glycogéne; au-dessus se localisent la majorité des vacuoles, souvent pourvues
chacune d'un précipité pyroninophile visible sur les coupes semi-fines puis,
tout à fait au sommet, un cytoplasme finement granuleux entourant le
noyau. Par la suite, ce dernier se divise et les noyaux-fils deviennent les
noyaux sporaux : les jeunes ascospores sont ainsi différenciées au sommet de
l'asque (Fig. 15D).
Ultérieurement, le groupe d'ascospores en voie de maturation se locali-
se au centre de l'asque (Fig. I3E); il est alors contenu à l'intérieur du sac
postsporal antérieurement décrit chez diverses Truffes (Chadefaud, 1976;
Parguey-Leduc & Janex-Favre, 1977, 1981); d'épaisseur irréguliére, ce sac est
nettement souligné par les divers colorants utilisés. A l'extérieur du sac, le
Fig. 10-12 : formation des asques (microscopie électronique). Fig. 10: crochet
dangeardien; Fig. 11: cellule proascale et sa base dangeardienne; Fig. 12: cel-
ule proascale à l'extrémité d'une hyphe ascogene. Echelle: lum.
Fig. 10-12: ascus formation (electron microscope). Fig. 10: crozier; Fig, |l: proascal
cell with basal crozier; Fig. 12: proascal cell at the tip of an ascogenous hypha.
Scale: Ium.
Source : MNHN, Paris
56 A. PARGUEY-LEDUC et al.
Fig. 13 et 14 : transformation de la cellule proascale en asque (microscopie
électronique, technique de Thiéry). Fig. 13: cellule proascale binucléée; Fig. 14:
jeune asque uninucléé; les bases dangeardiennes sont bien visibles. Echelle:
lum.
Fig. 13 and 14 : evolution from a proascal cell into an ascus (electron microscope,
Thiérys technique). Fig. 13: binucleate proascal cell; Fig. 14: young uni-
nucleate ascus. Note the basal croziers. Scale: lum.
Source : MNHN, Paris
SPOROPHYTE ET ASQUES DU TUBER MELANOSPORUM 57
Fig. 15, A-H: évolution et structure des asques (microscopie photonique). G (mon-
tage dans l'eau) est une figure inédite de M. Chadefaud. Colorations: bleu Co-
ton (D), hématoxyline (E, H), lugol (A), pyronine (B, C, F). Echelle: 104m.
Fig. 15, A-H : evolution and structure of asci (light microscope). G (water mounting)
is an unpublished drawing of M. Chadefaud. Stains used are Coton blue (D),
haematoxylin (E, H), lugol (A), pyronine (B, C, F). Scale: 104m.
Source : MNHN, Paris
58 A. PARGUEY-LEDUC et al.
Fig. 16 et 17 : jeunes asques uninucléés, globuleux; noter l'évolution dans la
répartition des vacuoles (microscopie électronique). Echelle: lum.
Fig. 16 and 17 : young uninucleate globular asci; note changing of vacuole
localization (electron microscope). Scale: lum.
contenu ascal est fortement vacuolisé. Au stade figuré chaque ascospore
contient plusieurs globules lipidiques et sa paroi comporte une périspore,
d'épaisseur irrégulière; les périspores des différentes ascospores sont
indépendantes et toujours clairement distinctes du sac postsporal.
A un stade un peu plus avancé de son évolution, la paroi ascosporale
porte des mamelons fortement colorables (Fig. 15F) qui représentent le
début de son ornementation. Sur les coupes semi-fines la pyronine colore
fortement des granules de taille variable disposés sur le trajet du sac
postsporal.
L'asque adulte, de forme sub-globuleuse (90-140 x 80-120um) et porté
par un pied souvent assez long, pourvu d'une anse dangeardienne (Fig.
15G), contient un nombre variable d'ascospores (de 1 à 6, le plus souvent 4),
autour desquelles le sac postsporal n'est plus distinct. De forme elliptique
(30-40 x 22-30um), les ascospores présentent une paroi brune hérissée
Source : MNHN. Paris
SPOROPHYTE ET ASQUES DU TUBER MELANOSPORUM 59
Fig. 18 : asque uninucléé avec zonation horizontale précédant l'ascosporogénése
(microscopie électronique). Echelle: lum.
Fig. 18 - uninucleate ascus, typical polarity preceding ascosporogenesis (electron mi-
croscope). Scale: lim.
Source : MNHN, Paris
60 A. PARGUEY-LEDUC et al.
d'épines serrées, souvent légérement courbes; les bases coniques jointives des
épines sont bien visibles en coupe (Fig. 15H). Sur cette méme figure, on no-
tera que l'ascospore, ici unique dans l'asque, a des dimensions supérieures à
la moyenne (40 x 25um pour le seul corps sporal) et que le sac postsporal,
vraisemblablement en voie de lyse, est fragmenté en segments disjoints.
HI - ULTRASTRUCTURE DES ASQUES
Les stades d'évolution des asques suivis en microscopie photonique
sont également identifiables sur les micrographies électroniques. Ainsi,
lasque uninucléé, primitivement allongé (Fig. 14) devient globuleux (Fig.
16) son contenu (noyau central, vacuoles éparses, cytoplasme riche en
glycogène) contraste avec celui de la cellule sous-ascale, fortement vacuolisé.
L'établissement de la zonation caractéristique du stade précédant
lascosporogenése se manifeste d'abord par le regroupement des vacuoles
dans la partie sus-jacente au noyau (Fig. 17). Un peu plus tard, la stratifica-
tion préalablement décrite est établie (Fig. 18): masse basale de elycogéne,
puis, au-dessus, couche à vacuoles dominantes et région sommitale à
cytoplasme riche en organites (mitochondries notamment) autour du noyau,
toujours unique.
Dans la couche où dominent les vacuoles est observable une évolution
caractéristique qui se produit à l'approche de la division nucléaire et de
l’ascosporogénèse qui s'ensuit. Entre les vacuoles, à contenu initialement
clair, se différencient progressivement des petites masses ovoïdes à
subsphériques, d'abord moyennement opaques aux électrons, puis très denses
(Fig. 19a). La plupart d'entre elles sont progressivement incluses dans les
vacuoles selon un processus qui peut étre suivi sur la figure 19b. Les masses
denses s'appliquent sur le tonoplaste des vacuoles en prenant la forme de
calottes, puis elles le traversent et reprennent leur forme globuleuse primitive
à l'intérieur des vacuoles, dont le tonoplaste est alors reconstitué.
Corrélativement à l'évolution du contenu ascal se produit, au stade de
l'asque uninucléé, une complication de la paroi ascale qui, préalablement
simple, devient double (Fig. 20a) : couche externe (— exoascus) mince et
sombre, fortement réactive au test de Thiéry et couche interne (—
endoascus) beaucoup plus épaisse et de densité moyenne. Les deux couches
de la paroi ascale présentent une texture granuleuse tandis que la substance
interascale apparait sous forme de fibrilles, à orientation désordonnée.
Ultérieurement, la paroi ascale se complique encore, une couche basale
située contre le plasmalemme s'individualisant à l'intérieur de l'endoascus
(Fig. 20b).
La polarité de l'asque se maintient au stade de la division du noyau
unique (Fig. 21) puis lors de l'ascosporogénése (cf. Parguey-leduc & Janex-
Favre, 1981). La figure 22 montre un sommet d'asque oü sont présents
Source : MNHN, Paris
SPOROPHYTE ET ASQUES DU TUBER MELANOSPORUM 61
conjointement de jeunes ascospores et des noyaux : inutilis lors de
l'ascosporogénése, ceux-ci sont probablement en voie de dégénérescence, ce
qui explique le nombre limité d'ascospores à l'intérieur de l'asque.
Le stade oü les ascospores en voie de maturation sont groupées au cen-
tre de l'asque, à l'intérieur du sac postsporal, est aisément identifiable en
microscopie électronique (Fig. 23). Le contraste entre les deux régions
délimitées par le sac est particulierement évident : à ce stade, à l'extérieur,
entre la paroi ascale et le sac postsporal (fléche), l'épiplasme contient essen-
tiellement du glycogéne tandis qu'à l'intérieur, autour des ascospores, sont
visibles les vacuoles å masse globuleuse dense. Le sac postsporal lui-méme
(fléche) est souligné, sur sa face externe, par de petites masses globuleuses
opaques aux électrons et réactives au test de Thiéry, qui fait apparaitre un
liseré limitant plus fortement noirci (Fig. 24). Ainsi que nous l'avons
indiqué en rapportant nos observations en microscopie photonique,
l'ectospore (ec) limitant la périspore (pe) de chaque ascospore est par-
faitement distincte du sac postsporal (flèche, Fig. 25) et ne peut en
conséquence être impliquée dans la formation de celui
CONCLUSION
L'étude approfondie des ascocarpes du T. melanosporum nous permet
d'apporter ici diverses précisions sur l'appareil sporophytique, dont l'obser-
vation est délicate et la cytologie souvent encore mal connue. Ainsi, nous
avons pu confirmer la subdivision du sporophyte en deux phases, reconnues
chez les Ascomycétes par Chadefaud depuis 1944: première phase
prosporophytique formée de vésicules plurinucléées et deuxième phase
ascosporophytique composée d'hyphes à cellules dicaryotiques bourgeonnées
par les vésicules; celles-ci produisent à leur extrémité, au moyen de
dangeardies ascogènes, des cellules proascales, également dicaryotiques. Ces
derniéres se transforment en asques par fusion de leurs deux noyaux.
Les asques du T. melanosporum ont une organisation tout à fait confor-
me à celle des espèces de Tuber décrites antérieurement (Parguey-Leduc &
Janex-Favre, 1977, 1981). Ses caractères les plus originaux sont:
- la forme globuleuse du corps de l'asque: celle-ci est acquise dés le sta-
de uninucléé : la forme allongée de la cellule proascale n'est en effet
conservée que peu de temps après la fusion des deux noyaux;
- la polarité dans la répartition des constituants internes: elle s'établit
au stade uninucléé et se modifie au cours de l'évolution de l'asque. Au mo-
ment où le noyau de fusion est sur le point de se diviser, préalablement à
l'ascosporogénése, elle est horizontale, la zone sporogène se localisant au
sommet de l'asque. Cette premiére zonation disparait lorsque les jeunes
ascospores ont achevé la différenciation de leur paroi primaire et commen-
cent à acquérir leur paroi secondaire. Elles tendent alors à se regrouper au
Source : MNHN, Paris
62 A. PARGUEY-LEDUC et al.
centre de l'asque, à l'intérieur d'un sac postsporal, ce qui détermine une
nouvelle zonation, concentrique;
- le mécanisme de l'ascosporogénése: rappelons ses caracteres originaux,
décrits récemment chez le 7. melanosporum (Parguey-Leduc et al., 1987a,
1988) et analogues à ceux déjà rapportés chez le Tuber aestivum (Janex-Favre
& Parguey-Leduc, 1976; Parguey-Leduc & Janex-Favre, 1977). Chez ces deux
espèces les ascospores sont délimitées individuellement au sommet de
Vasque, a partir de diverticules lomasomiens, et non a partir d'une vésicule
ascale, comme c'est le cas chez les autres Eu-Ascomycétes; ce mode de
différenciation rappelle le type d'ascosporogénése rencontré chez les Hémi-
Ascomycètes où les ascospores sont également formées indépendamment les
unes des autres, mais suivant des modalités différentes, mettant en jeu le dis-
que astérien:
- la structure de la paroi ascale: les deux couches qui la composent
classiquement n'ont pas la complexité de celles des autres Discomycétes,
Fig. 19 et 20 : détails d'asques immatures (microscopie électronique). Fig. 19, a et b:
formation et incorporation dans les vacuoles de masses denses aux électrons;
Fig. 20, a et b (technique de Thiéry): évolution de la paroi ascale. Echelle:
0,25m.
Fig. 19 and 20 : close up of nonmature asci (electron microscope). Fig. 19, a and b:
electron opaque bodies incorporating in clear vacuoles; Fig. 20, a and b
(Thiéry's technique); evolution of ascal wall. Scale: 0,25um.
Fig. 21 et 22 : sommets d'asques au moment de l'ascosporogénése (microscopie
a A d d Be g
électronique, technique de Thiéry). Fig, 21: asque plurinucléé; Fig. 22: jeunes
ascospores et noyaux probablement abortifs. Echelle: lum.
Fig. 21 and 22 : apical portion of ascus during ascosporogenesis (electron microsco-
pe, Thiéry's technique). Fig. 21: multinucleate ascus; Fig. 22: young ascospores
and likely abortive nuclei. Scale: lum.
Fig. 23-25 : sac postsporal et zonation concentrique dans un asque sub-adulte
(microscopie électronique). Fig. 23: vue d'ensemble; Fig. 24 (technique de
Thiéry): détail du sac postsporal et de ses masses globuleuses; Fig. 25: détail du
sac postsporal et de la paroi ascosporale. ec: ectospore; pa: paroi ascale; pe:
périspore; les fléches indiquent le sac postsporal. Echelle: lum.
Fig. 23-25 : postsporal membrane and concentric zonation in sub-adult ascus
(electron microscope). Fig. 23: general view; Fig. 24 (Thiéry's technique): close-
up of postsporal membrane with globular bodies; Fig. 25: close-up of
postsporal membrane and ascospore wall. ec: ectospore; pa: ascus wall; pe:
perispore; arrows point to the postsporal membrane. Scale: lum.
Source : MNHN. Paris
63
M
SPOROPHYTE ET ASQUES DU TUBER MELANOSPORU
Source : MNHN. Paris
64
A. PARGUEY-LEDUC et al
Source
MNHN, Paris.
SPOROPHYTE ET ASQUES DU TUBER MELANOSPORUM 65
Source : MNHN, Paris
66 A. PARGUEY-LEDUC et al.
lichénisés ou non (Bellemére, 1975, 1977; Bellemére & Hafellner, 1982, 1983;
Bellemere et al., 1986a et b).
- la paroi ascosporale, complexe et ornementée (Parguey-Leduc et al.,
19872).
Certaines de ces particularités des asques des Tuber ont également été
trouvées chez divers Terfezia (Janex-Favre & Parguey-Leduc, 1985; Janex-
Favre et al., 1988), ce qui confirme l'originalité de ces deux genres hypogés
au sein des Discomycètes. Celle-ci ne se limite d'ailleurs pas aux caractères
ascaux mais porte également sur l'organisation de l'ascocarpe, avec notam-
ment l'absence d'un hyménium typique. Ceci incite à conserver, au moins
pour ces deux genres trés proches, l'ordre des Tubérales comme ordre dis-
tinct au sein des Discomycétes.
REMERCIEMENTS
Nous remercions B. DARCHEN (Station biologique des Eyzies), R. GLEIZE
(Valréas) et M. KULIFAJ (Université Paul Sabatier de Toulouse) qui nous ont ai-
mablement procuré les échantillons, ainsi que M. AVNAIM, J. BIDOUX, C.
FOURNIGAULT et N. JAMPSIN pour leur collaboration technique compétente et
amicale.
Avec le concours financier du Conseil Régional de Midi-Pyrénées (décision n°
86/005325/Déc.) auquel nous exprimons nos remerciements.
BIBLIOGRAPHIE
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ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
HARRINGTON T.C and COBB F.W., Jr, 1988 - Leptographium Root
Diseases on Conifers. St Paul, Minnesota, APS Press, 149p. (Sympo-
sium series).
La série des ouvrages rapportant le contenu des symposiums organisés
par la Société Américaine de Phytopathologie à l'échelle du continent nord-
américain vient de s'enrichir d'un mémoire sur les maladies racinaires des
coniféres, induites par des Leptographium. Les ouvrages de cette série se dis-
tinguent par un format réduit et un mode de reproduction directe de textes
dactylographiés. Le symposium sur ces maladies racinaires particulières s'est
tenu en 1985, suite à une recommandation faite en 1978 par le Comité de
Pathologie Forestière de la Société. A noter que les travaux imprimés en
1988 intègrent les observations publiées entre ces deux dates.
C'est à partir des années soixante que les champignons du genre
Leptographium, les entités génériques voisines et leurs téléomorphes, ont fait
l'objet d’un intérêt croissant de la part des phytopathologues forestiers, et
cela pour trois raisons principales. Ces dernières résultent, d'une part, de la
découverte de l'importance du rôle de pathogène majeur de ces champignons
à l'encontre de certaines espèces d'arbres forestiers en Amérique du Nord, et
des interactions écologiques particulières révélées par ces mêmes champi-
gnons avec divers insectes vecteurs. D'autre part, les téléomorphes et
anamorphes du groupe fongique Verticicladiella sensu lato présentent des
liens taxonomiques complexes qui ont entravé la recherche de solutions à
ces affections racinaires; cette situation se refléte dans la variabilité des
concepts génériques prévalants pour cet ensemble de champignons et qui
confirme la nécessité de poursuivre des travaux à caractère fondamental.
Les différents aspects des maladies racinaires des conifères sont cou-
verts dans ce petit ouvrage instructif qui aboutira à focaliser l'attention sur
les intriguants problèmes biologiques et théoriques posés par ces affections
complexes et les organismes associés à eux. Les six chapitres qui le compo-
sent traitent de la distribution des espèces de Leptographium, des hôtes et des
insectes vecteurs. On trouve aussi une synthèse de la biologie du L. wageneri
sur deux variétés de Pin et également de la biologie et évolution de la mala-
die racinaire tache noire du Sapin Douglas. Le quatrième chapitre traite des
espèces de Leptographium associées aux affections racinaires des conifères en
Colombie Britannique. Il est suivi par une étude du rôle pathogène deL.
procerum sur les Pins et une analyse des perspectives internationales des
Leptographium pathogénes des racines des coniféres. La bibliographie de
Source - MNHN, Paris
70 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
l'ensemble des travaux représente 240 titres, et est sans contexte exhaustive
pour les sujets abordés.
J. Mouchacca
PEARSON R.C. and GOHEEN A.C., 1988 - Compendium of Grape
diseases. St Paul, Minnesota, APS Press, 93p., 30 fig. trait, 188 fig. cou-
leur.
Ce compendium des Maladies de la Vigne est l'un des derniers nés
d'une série de manuels, parus sous l'égide de la Société Américaine de
Phytopathologie et consacrés aux maladies de certaines cultures agricoles ou
horticoles. Les mémoires précédents ont établit un style informatif
préemptoire, souvent de portée internationale, que l'on retrouve également
dans cet ouvrage. D'ailleurs, l'examen de l'importante liste des personnes
ayant participé, à des degrés divers, à la réalisation de ce Compendium,
confirme que ce manuel est la synthése des compétences de spécialistes origi-
naires de toutes les régions du monde oü se pratique la culture de cette
plante y compris la Chine et l'Australie.
L'ouvrage comporte une introduction traitant de la biologie de la vi-
gne, accompagnée de quelques notes préliminaires sur les pathogènes connus
et des informations, de nature historique, sur les liens existant entre ces der-
niers et cette plante particulière. La première section représente la majeure
partie de l'ouvrage; elle développe les maladies induites par des facteurs
biotiques: affections des divers organes de la vigne résultant de l'activité des
champignons, des bactéries et organismes affines, des virus et des nématodes.
La seconde concerne les dégâts provoqués par certains acariens et insectes.
Vient ensuite le chapitre des maladies ayant pour origine des facteurs
abiotiques, celui de l'impact des pratiques culturales sur les maladies de la
vigne et, enfin, une analyse des techniques de sélection des variétés et des
régles législatives définissant les caractéristiques respectives des cépages et
leur mode de propagation. Le Compendium se termine par un appendix
donnant les termes descriptifs anglais des maladies de la vigne en plusieurs
langues: francais, allemand, italien et espagnol, suivi d'un glossaire et d'un
index.
Dans les diverses sections, chaque maladie ou affection est décrite avec
précision par ses symptómes, avec indication de l'agent causal, des modalités
du cycle de l'affection, de son épidémiologie et des moyens de contróle de la
maladie; sont également fournies quelques références bibliographiques ma-
jeures. Des figures au trait des organismes responsables illustrent la plupart
des cas et ce type d'information se trouve largement conforté par un ensem-
ble de 188 figures en couleur regroupées en 28 pages au centre de l'ouvrage.
L'iconographie en couleur est, dans l'ensemble, d'excellente qualité.
Les caractéristiques de ce Compendium perpétuent la tradition de hau-
le qualité de présentation et de niveau scientifique révélée par les numéros
Source : MNHN. Paris
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 71
précédents de cette série. Sans aucun doute, cet ouvrage sera largement et
pour longtemps consulté par tous les producteurs de raisins, les viticulteurs
et les industriels gravitant autour de la culture de la vigne et des produits
dérivés des raisins.
J. Mouchacca
CLARK C.A. and MOYER J.W., 1988 - Compendium of sweet potato
diseases. St Paul, Minnesota, APS Press, 74p.
Ce compendium de 74 pages, avec 74 photos en couleur et 53 fig., est
le résultat d'une grande coopération scientifique signalée dans la préface.
Aprés l'introduction résumant l'importance de la culture et des maladies de
cette plante, la lére partie de cet ouvrage est consacrée aux maladies infec-
tieuses bactériennes, puis fongiques: du sol (Sclerotinia, Rhizoctonia...),
foliaires (Alternaria, Cercospora, Phyllosticta, Septoria, Coleosporium, Spha-
celoma, Albugo..), des tubercules ( Ceratocystis, Sclerotium, Rhizoctonia,
Macrophomina, Streptomyces, Plenodomus (Phomopsis), Fusarium (diverses
espéces), Pythium, Phymatotrichum, Monilochaetes, Helicobasidium, Rhizopus,
Botryodiplodia, Diplodia, Diaporthe. Trichoderma, Penicillium, Botrytis...) Sui-
vent les maladies dues aux nematodes (Meloidogyne, Rotylenchulus,
Pratylenchus, Ditylenchus, Belonolaimus, Paratrichodorus...), et les viroses
(SPFMV, SPLV, SPMMV, SPYDV, SPCV...).
Parmi les désordres non infectieux (2ème partie), nous signalons les
mutations somatiques et leurs effets, les dégâts de l'environnement: eau,
température, soleil (trop ou trop peu), les dégâts des herbicides, les
déficiences et toxicité de nutrition (décrites par élément).
Toutes ces données sont exposées nettement, avec photo ou figure clai-
re, avec symptômes et cycle du pathogène, évolution de la maladie, de
l'épidémie et son contrôle. Elles sont complétées par une bibliographie sur
chaque maladie. Un glossaire et un index terminent ce compendium d'une
trés grande valeur pour les enseignants et pour les usagers de cette culture
Ch, Zambettakis +
WYLLIE T.D. and SCOTT D.H., 1988 - Soybean diseases of the North
Central Region. St Paul, Minnesota, APS Press, 149p.
C'est la contribution de plusieurs auteurs trés spécialisés dans les disci-
plines traitées qui donne la valeur de cet ouvrage pour les détails et les
nouveautés scientifiques: Barnes explique justement dans le ler chapitre
l'intérêt d'une telle composition interdisciplinaire des articles.
Abney & Polper analysent les derniéres données sur les maladies des se-
mences, Ferriss étudie leur épidémiologie, Henning les traitements. McGee
évalue les méthodes de contrôle, plus spécialement pour Phomopsis, tandis
Source : MNHN. Paris
72 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
que Hill analyse les recherches sur la détection des pathogènes, et que Sauer
conclue sur la valeur et la qualité des grains.
Les maladies de la plante sont commentées en général par Kennedy et
par Dunleavy. Plus spécialement, Smith & Backman étudient Diaporthe
phaseolorum (Phomopsis sojae), Grau: Sclerotinia sclerotiorum ( Whetzelinia),
Scott: le syndrome SDS, lié probablement au Pseudomonas, Schmitthenner:
Phytophthora megasperma f. sp. glycinea. Deux articles concernent les
Nematodes: Edwards et Niblack, pour Heterodera glycines. Un intérêt
spécial est donné à lanthracnose: Colletotrichum truncatum (Glomerella
cingulata) par Sinclair, et le complexe Diaporthe] Phomopsis par lè même au-
teur. La résistance est étudiće par Tachibana pour Phialospora gregata, par
Wyllie pour Macrophomina phaseolina tandis que Lockwood synthétise les
travaux permettant d'obtenir une résistance, au moins partielle, et de stopper
les épidémies.
Ces différents articles ne font pas un ensemble cohérent, mais donnent
les idées et les résultats personnels des chercheurs cités. A noter, une
intéressante bibliographie, riche de 572 références concernant les auteurs
américains, mais on peut regretter l'absence des recherches récentes
européennes.
Ch. Zambettakis +
PEDERBY J.F., 1987 - Penicillium and Acremonium. ^ Biotechnology
handbooks 1. NY & London, Plenum Press, 297 p.
Le but de la collection est de fournir l'information nécessaire pour sui-
vre l'évolution des connaissances des microorganismes utilisés dans les
biotechnologies et leur exploitation dans l'industrie d'aujourd'hui.
Ce manuel se propose de traiter deux genres de champignons:
Penicillium et Acremonium afin que l'utilisateur puisse à la fois identifier le
matériel sur lequel il travaille et trouver un guide pratique pour sa maitrise
et son exploitation. Ces deux genres, taxonomiquement assez éloignés, sont
regroupés dans l'ouvrage sur le critére de leur aptitude commune à produire
des métabolites proches et économiquement importants, les molécules beta-
lactame penicilline et cephalosporine. Le premier chapitre traite de la
taxonomie des Penicillium et Acremonium. 1 souligne l'intérét de procéder à
des identifications correctes et à l'étude rigoureuse du matériel biologique.
Les autres chapitres portent sur les aspects physiologiques, biochimiques et
génétiques des procédés où interviennent les genres en question.
Concernant les apports du chapitre 1, on peut douter que sous une for-
me à la fois si résumée et chargée de détails inutiles, un microbiologiste in-
dustriel ou universitaire puisse parvenir à une identification correcte. On ne
voit pas en particulier, de recommandations concernant la variabilité des
espéces, ni l'influence des milieux de culture pourtant si importants pour
Source : MNHN, Paris
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 73
une identification précise. Les facteurs morphogénétiques analysés et discutés
sont intéressants. Par contre les données écologiques sont sommaires puisque
limitées à la pathogénie et aux exigences trophiques de quelques espéces. Le
chapitre 3 traite de la génétique des Penicillium, en particulier P.
chrysogenum, d'une façon très résumée: mutations, recombinaisons
somatiques et RNA recombinant. On trouve d'intéressants commentaires sur
l'obtention de recombinants interspécifiques entre P. baarnense et P.
chrysogenum, obtenus par fusion de protoplastes, capables de synthétiser de
la penicilline. A propos de la génétique des Acremonium, les auteurs signa-
lent les difficultés de la manipulation de ce champignon dont les études re-
montent à une dizaine d'années. Ils analysent de façon détaillée comment on
peut isoler des mutants, le cycle parasexuel et la génétique de la production
de la cephalosporine C. Les chapitres 6 et 7 sont ceux qui correspondent le
mieux aux buts fixés par les éditeurs. Il y est traité de la biochimie et de
l'enzymologie associées aux voies de biosynthése de la penicilline et de la
cephalosporine. Les mécanismes d'action de la penicilline N synthétique et
l'ouverture enzymatique du cycle sont exposés. Les auteurs proposent aussi
quelques voies possibles pour la production artificielle des deux antibio-
tiques avec des chaines latérales autres que l'acide x aminoadipique. Dans le
chapitre 6 on trouve la liste des métabolites secondaires produits par les
Penicillium; les possibilités de biosynthése des Talaromyces et Eupenicillium
sont également abordées. Les auteurs établissent avec raison une relation trés
claire entre divers aspects de la biologie des Penicillium, les affinités
interspécifiques et les relations phylogénétiques à partir des origines
biosynthétiques des métabolites secondaires. Le chapitre 7 traite de l'aptitu-
de des Penicillium à produire des enzymes extracellulaires. L'utilisation de
ces activités et des enzymes immobilisés est suggérée en méme temps que le
développement de l'ingénierie génétique pour une nouvelle exploitation
économique de ces microorganismes.
Méme si les chapitres sont un peu disparates et donnent des exposés
forcément trés résumés des différents aspects des questions traitées, l'ouvrage
peut servir de base pour des chercheurs engagés dans la recherche sur ces an-
tibiotiques fameux.
L. Bettucci
BON M., 1988 - Pareys Buch der Pilze. Über 1500 Pilze Europas davon
1230 in Farbe. Hamburg und Berlin, Verlag Paul Parey, 362p., ill. col
(Übersetzt und bearbeitet von Till R. Lohmeyer).
Publié d’abord en anglais, puis presque simultanément en français et en
allemand, cet ouvrage est vite devenu indispensable à tous ceux qui, dans
toute la partie occidentale de l'Europe, souhaitent nommer leurs récoltes de
champignons. En effet, quels atouts ce nouveau guide mycologique ne
possède-t-il pas? Un format ‘de poche” très pratique, une présentation assez
aérée pour un contenu fort dense puisqu'on y trouve les descriptions de plus
Source : MNHN, Paris
74 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
de 1500 espéces et variétés, une illustration en couleurs abondante (prés de
150 planches), remarquable de fidélité et de fraicheur; par ailleurs, des
conseils judicieux, de multiples renseignements, évidemment des clés de
détermination ainsi que l'indication des noms scientifiques et de leurs
éventuels synonymes. Voilà de quoi étudier les champignons dans de trés
bonnes conditions !
Présentant en introduction les données essentielles à la compréhension
des textes, le livre offre également l'obligatoire chapitre sur les empoison-
nements fongiques, inséré de facon plutót inattendue entre l'explication sur
la formation des “boucles” et le glossaire des termes techniques. Ce dernier,
suivi de tableaux montrant les principales caractéristiques des basidiocarpes,
vient compléter l'exposé des notions qu'il est nécessaire de connaitre pour
une observation macro- et microscopique précise des champignons. En ou-
tre, un modele de fiche de récolte et de description donnera à chacun la
possibilité d'organiser valablement son herbier.
Des clés générales conduisent à la reconnaissance des différents groupes
tandis que d'autres, plus détaillées, permettent de distinguer les taxons de
rang inférieur à la famille. A la suite du rappel de leurs caractères fonda-
mentaux communs, les espéces, mentionnées sous le nom allemand ainsi que
sous la combinaison latine avec ses auteurs, font l'objet d'une analyse
lapidaire mais véritablement diagnostique, comportant souvent des remar-
ques inédites dues à la grande expérience mycologique de l'Auteur. Chaque
description est accompagnée du profil sporal et d'une représentation en cou-
leurs. Cette illustration a été réalisée spécialement pour l'ouvrage, avec toute
l'attention scientifique que demande une telle entreprise. C'est d'ailleurs là
l'occasion de constater la supériorité, dans ce style de livre, du dessin et de
Vaquarelle sur la photographie, en particulier lorsque cette derniére n'est pas
excellente ou ne révèle pas l'aspect en quelque sorte "idéal" des carpophores
d'une espéce.
On retrouvera, dans l'index qui compléte le Guide, les noms de toutes
les espéces examinées ou citées : communes ou plus rares, celles-ci se
répartissent chez les Bolets, Russules, Lactaires, Entolomes, etc., jusqu'aux
Lépiotes, Amanites, Gastéromycètes et Aphyllophorales, parmi les
Ascomycétes et méme les Myxomycétes. Les noms d'auteurs des appella-
tions latines sont indiqués en tenant compte des régles et recommandations
du Code International de Nomenclature Botanique. Toutefois, les
dénominations traditionnellement utilisées ont été signalées et cette
synonymie ne manque pas d'être appréciée. Bien sûr, il y a déjà eu - et il y
aura encore - des changements dans ce domaine : les éditions ultérieures in-
troduiront les modifications appropriées. D'un autre côté, on notera le soin
extrême qui a présidé à la correction des textes, faisant disparaître les co-
quilles relevées dans les versions anglaise et française où, en particulier, les
abréviations des noms d'auteurs sont parfois fantaisistes.
Source : MNHN, Paris
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 75
En bref, cet ouvrage renouvelle avec bonheur et sérieux la série des li-
vres consacrés aux champignons. Peut-être d'un accès un peu difficile pour
les débutants, il sera par contre le parfait vade-mecum de ceux qui ont déjà
quelque connaissance du monde fongique et souhaitent augmenter leur sa-
voir.
J. Perreau
DORFELT H., 1989 - Lexikon der Mykologie. Stuttgart, Gustav Fisher
Verlag, 432p., Spl. n. bl., 40pl. coul.
"Lexikon der Mykologie^ est un dictionnaire dans lequel le mycologue
averti ou méme amateur peut trouver non seulement les termes employés en
morphologie ou en systématique des champignons, mais encore ceux utilises
en phytopathologie, microbiologie, génétique, cytologie, écologie, physiolo-
gie et biochimie des champignons. Pour chaque terme expliqué et illustré
par des exemples et/ou des dessins, le domaine d'utilisation est mentionné.
Une bibliographie sélective des travaux les plus récents dans les différents
domaines de la mycologie compléte ce lexique.
MICHAEL E., HENNIG B. & KREISEL H., 1988 - Handbuch für
Pilzfreunde 6- ^ Grosspilze Europas. Bestimmungsschlüssel.
Gesamtregister der Band 1-5. Stuttgart, Gustav Fischer Verlag, 310p.
Ce sixième volume du manuel de mycologie édité par E. Michael, B.
Hennig et H. Kreisel est le dernier de l'ouvrage. Il contient donc la table des
matiéres des 5 premiers volumes. Les auteurs y ont ajouté des données
complémentaires: bréve histoire de la mycologie, clé des genres de champi-
gnons d'Europe, glossaire, liste des noms de genres reconnus et de leurs s.
nonymes avec le type et des renvois bibliographiques pour chacun, classifica-
tion des champignons et index des auteurs de taxons avec leurs abréviations.
Ce sixième volume vient donc très utilement compléter les 5 premiers.
SAMSON R.A, EVANS H.C. and LATGE J.P. 1988 - Atlas of
entomopathogenic Fungi. Berlin, Springer Verlag, I87p., 109pl., 16 fig.
Dans le domaine de la littérature scientifique, un “Atlas” est un ouvra-
ge constitue d'illustrations avec légendes. L'ouvrage de Samson et al. est cer-
tes, un très bel atlas de champignons entomopathogènes; il comporte aussi
plusieurs chapitres, de moindre extension, mais fort intéressants sur la biolo-
gie de ces champignons et leur utilisation.
Aprés l'historique de la connaissance du groupe, le chapitre 2 traite de
la taxonomie des principaux genres (51) avec bréve description de chacun
d'eux et références bibliographiques afférentes. A cette partie descriptive
succède une clef de détermination générique par groupe (Entomophtorales,
Ascomycota, Deuteromycota).
Source : MNHN. Paris
76 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Le chapitre 3 (107 pages) constitue le corps de l'ouvrage: l'Atlas. 109
taxa y sont illustrés à raison de 4 photos par taxon. Ces photos, en noir et
blanc, prises au microscope optique, sont de bonne qualité mais de valeurs
inégales quant à l'aide à la détermination des champignons par un non
spécialiste. On connait bien la difficulté de faire des photographies d'orga-
nismes dont les filaments sont généralement groupés en textures compactes,
mais on regrette que quelques dessins au trait ne viennent pas expliciter les
photographies. Groupées en tête de l'ouvrage, une trentaine de photos en
couleur des champignons sur leurs hôtes sont beaucoup plus spectaculaires.
La pathologie des champignons vis-à-vis des insectes est abordée au
chapitre 4. Malgré l'état moins avancé des connaissances dans ce domaine
que dans celui des parasites des vertébrés, les données actuelles sur la
fixation des spores sur la cuticule, leur germination et leur pénétration à
l'intérieur de l'hôte sont exposées en même temps que les problèmes concer-
nant les réactions immunitaires, la résistance des hôtes, l'agressivité des sou-
ches, etc. L'écologie et la biologie des champignons entomopathogenes sont
étudiées (chapitre 5). tour à tour dans les écosystémes primaires (inexploités)
et les écosystèmes agricoles. Il s'agit de fort intéressantes considérations
générales (bibliographiques et personnelles) et d'observations au champ plus
que de données expérimentales. Après un exposé assez technique de la
biotechnologie de production des mycopathogènes (principalement des
spores), l'ouvrage se termine par un chapitre sur le contróle biologique. Les
auteurs y prennent le soin de préciser les définitions de termes couramment
employés. Ils distinguent ainsi le "contróle naturel^ oü les interactions
insecte-champignon se produisent sans intervention volontaire des hommes,
du "contróle biologique" faisant intervenir la manipulation des organismes.
La situation passée et actuelle, les résultats et les propositions pour l'avenir
y sont successivement évoqués.
Les informations concernant les champignons entomopathogènes
étaient jusqu'ici dispersées dans des revues spécialisées difficilement consul-
tables par des chercheurs de specialités différentes quoique dans le même
domaine, taxonomistes et biotechnologistes par exemple. Cet ouvrage a le
mérite de réunir des données provenant d'horizons trés disparates; il consti-
tue un bilan qui intéressera non seulement les agriculteurs, les
biotechnologistes, les entomologistes mais aussi les scientifiques de terrain
ou de laboratoire pour lesquels il constituera un guide d'identification. Ou-
tre des considérations personnelles, originales, des spécialistes qui ont
participe à la rédaction de cet "Atlas", on apprécie la richesse de la biblio-
graphie (460 références) sur tous les aspects abordés.
M.F. Roquebert
Source : MNHN, Paris
TA,
INSTRUCTIONS AUX AUTEURS
D'une facon générale, la revue peut publier tous les travaux apportant une in-
Tormation fondamentale nouvelle, au plan de la systématique ou de la Biologie des
Champignons. Le Comité de Lecture pourra susciter la rédaction d'articles de
synthése sur un sujet donné, ainsi que des mises au point bibliographiques
périodiques.
Les manuscrits proposés à CRYPTOGAMIE, Mycologie, doivent être fournis
en double exemplaire, dactylographiés à double interligne, sans rature ni surcharge.
Outre la langue française, la revue accepte les articles rédigés en langue anglaise, al-
lemande, espagnole. Chaque manuscrit devra comporter:
- le titre de l'article, dans la langue du manuscrit, et sa traduction en anglais;
- le titre courant (haut-de-page) de 50 signes au maximum;
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- deux résumés, l'un dans la langue du manuscrit, l'autre en francais ou en anglais,
d'environ 180 mots ou 15 lignes, faisant ressortir les résultats essentiels exposés dans
l'article;
- des mots-clés qui seront sélectionnés par le Comité de Lecture;
- des légendes explicites des figures, planches et tableaux dans la langue du manus-
crit et en anglais (ou français);
- une liste bibliographique par ordre alphabétique des auteurs et chronologique par
auteurs sans tenir compte des auteurs secondaires. Les titres des périodiques devront
étre abrégés suivant le B-P-H (Botanico-Periodicum-Huntianum, Pittsburg: Hunt
Botanical Library, 1968), les ouvrages cités selon F.A. Stafleu £ R.S. Cowan, 1976-
.. Taxonomic literature. Ed. 2 Utrecht/Antwerpen: Bohn, Scheltema & Holkema
(Regnum vegetabile 94, 98, 105, 110...). Les références suivront les modèles suivants:
PATOUILLARD N., 1881 - Sur l'appareil conidial de Pleurotus ostreatus.
Bull. Soc. Bot. France 27: 125.
HEIM R., 1957 - Les champignons d'Europe. Paris, Boubée et Cie, 2: 571 p.
MANDELS G.P., 1965 - Kinetics of fungal growth. /n : G:C. AINSWORTH
& A.S. SUSSMAN, The fungi. N.Y. & London, Academic Press, I: 599-612.
TEXTE. - La présentation du texte devra faire apparaitre clairement ses subdi-
visions et leur hiérarchie, ainsi que le début des paragraphes (- insérer une ligne
blanche avant les titres et sous-titres; - faire un alinéa de plus de 3 caractères au
début de chaque paragraphe: - supprimer toute ligne blanche entre deux paragraphes
et aprés les titres et sous-titres). Les renvois à la liste bibliographique se feront par le
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BIBL.DU
MUSEUM
PARIS
Commission paritaire n» 58611
Dépôt légal n° 14986 - Imprimerie de Montligeon
Sortie des presses le 20 mars 1990
y Imprimé en France
Éditeur : A.D.A.C. (Association des Amis des Cryptogames)
Président : A. Couté; Secrétaire : D. Lamy
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Source : MNHN, Paris.
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partient pas au Comité de lecture.
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J. pl RE 120F. «te E
pages, pl er
UN 9-7 1199). ES rampisson mous us (Chroniques
Becker. 94 pages: 25F —
Ne 8 (1966). Catalogue de la
E OMEN
E
P qase
ARENAS pages: 10
1
ADR Incl MENE rore
publiée sous la direction de M, Roger HEIM ra
recon Aj n Eaton, pc Bier Fein (£15) fud
ET M, Meteor T odas UM 164p:
- Tome Ill. i n par Georges Méteod 11949) 144 pages.
Tome IV. X Discom: Madagascar Marcelle Le Gal,
; tet ee a
.Les Urédinées, Gilbert Bowriquer SE
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