CRYPTOGAMIE
LABORATOIRE DE CRYPTOGAMIE
MUSEUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
12, RUE BUFFON, 75005 PARIS
PUBLICATION TRIMESTRIELLE Juin 1991
SOMMAIRE
D. SILUÉ et J.L. NOTTEGHEM - Compatibilité et fertilité de sou-
ches de Magnaporthe grisea, agent de la pyriculariose du riz 87
J. BOIDIN et б. GILLES - Basidiomycètes aphyllophorales de l'île
de la Réunion. XVI. Les genres Hyphoderma, p a iu Ss
Chrysoderma nov. gen. et Crustoderma 97
A.A. SY, L. ALBERTINI, M. MOLETTI et Cl. HAMANT -
Mécanismes potentiels régissant le contróle biologique des agents
phytopathogénes 133
A. ALTÉS and G. MORENO - Tulostoma striatum ss
Basidiomycotina) new for Europe . 149
V. MURUGANANDAM, S. VENKATACHALAM and RS.
SURYANARAYANAN - Potassium enhances PUEDE
stimulated appressorium formation in Colletotrichum capsici... ei ` 195
Analyses bibliographiques .... 160
CONTENTS
D. SILUÉ et J.L. NOTTEGHEM - Compatibility and fertility of
some strains of Magnaporthe grisea, the causal agent of rice blast
(In French) 87
J. BOIDIN et G. GILLES - Aphyllophorales Basidiomycetes from
Reunion island (In French) „1 197
A.A. SY, L. ALBERTINI, M. MOLETTI et Cl. HAMANT -
Potential mechanisms involved in the biocontrol of
phytopathogenic agents (In French) 133
A. ALTES and G. MORENO - Tulostoma striatum (Gasteromycetes
Basidiomycotina) new for Europe `x. 149
V. MURUGANANDAM, S. VENKATACHALAM and R.S.
SURYANARAYANAN - Potassium enhances thigmotropically
stimulated appressorium formation in Colletotrichum capsi 155
Bibliography 160
Source : MNHN. Paris
CRYPTOGAMIE
MYCOLOGIE
TOME 12 Fascicule 2 1991
Ancienne Revue de Mycologie. Dirigée par Roger HEIM
(a
DIRECTEUR SCIENTIFIQUE : Madame J. NICOT
SECRÉTAIRE DE RÉDACTION : Mme M.-C. BOISSELIER. ÉDITEUR : A.D.A.C.
Publié avec le concours du Muséum National d'Histoire Naturelle
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE est indexé par : Biological Abstracts, Current Contents,
Publications bibliographiques du CDST (Pascal).
Copyright © 1991. CRYPTOGAMIE, Mycologie
Bibliothéque Centrale Muséum
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3 3001 00226869 Source - MNHN. Paris
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Cryptogamie, Mycol. 1991, 12 (2): 87-95 87
COMPATIBILITÉ ET FERTILITÉ DE SOUCHES DE
MAGNAPORTHE GRISEA, AGENT DE LA PYRICULARIOSE
DU RIZ
D. SILUÉ, J.L. NOTTEGHEM
Laboratoire de Phytopathologie IRAT/DCV, B.P.
5035, 34032 Montpellier cedex 1, France.
RESUME - Trois croisements fertiles et compatibles entre des souches de
Magnaporthe grisea pathogènes pour le riz, ont été identifiés. Des croisements frèr
soeurs et des croisements en retour ont été conduits. Nous avons évalué la fertilité
des souches selon trois paramètres: l'aptitude des descendants à se croiser entre eux,
l'évaluation du nombre de périthèces produits et le taux de germination des
ascospores. Ces caractères sont indépendants. La production de périthèces et la
germination des ascospores ont pu être améliorées. Nous avons également mis en
évidence que I’isogénisation était néfaste a la germination des ascospores.
ABSTRACT - Three compatible and fertile crosses between rice pathogenic strains
of Magnaporthe grisea have been identified. Back-crosses and full-sib crosses were re-
alized. Fertility of the strains was measured following three parameters: ability of
progenies to intermate, perithecia production and germination ratio of ascospores.
These three characters are independant. Perithecia production and germination of
ascospores have been performed. We have also shown that isogenisation affected as-
cospores germination.
MOTS CLÉS : Magnaporthe grisea, pyriculariose du riz, fertilité, compatibilité.
INTRODUCTION
Magnaporthe grisea (Hebert) Barr (Barr, 1977), stade parfait de
Pyricularia oryzae Cav. et de P. grisea (Cooke) Sacc., est un champignon pa-
rasite d'un grand nombre de Poacées (Asuyama, 1965). Deux espéces ont
longtemps été distinguées en fonction de la spécificité parasitaire: P. oryzae
l'un des principaux pathogènes du riz et P. grisea pathogène des autres
Poacées.
Depuis que de nombreux travaux (Hebert, 1975; Yaegashi & Udagawa,
1978a,b; Yaegashi & Asaga, 1981; Kolmer & Ellingboe, 1988; Silué, 1986,
1990) ont fait apparaître que P. oryzae et P. grisea étaient intercroisables,
l'idée de l'existence d'une seule espéce avec des formes spécialisées (Kolmer
& Ellingboe, 1988) s'est renforcée. De plus, différents auteurs ont identifié
des souches de P. oryzae attaquant d'autres Poacées (Kato, 1981; Singh &
Source : MNHN, Paris
88 D. SILUÉ et J.L. NOTTEGHEM
Singh, 1988). De ce fait, une seule espéce, M. grisea (anamorphe P. grisea)
est maintenant reconnue chez ce parasite (Rossman et al., 1990).
Depuis la découverte du stade parfait par Hebert (1971), la génétique
de ce champignon a connu des progrés importants. Sa résistance aux
fongicides a été étudiée (Taga et al., 1978, 1979, 1982). Il en est de méme
pour la spécificité d'hótes qui peut étre gérée par quelques gènes (Yaegashi,
1978; Yaegashi & Asaga, 1981; Valent & Chumley, 1987). Nous avons
également identifié un mutant incapable de former des appressoria, caractère
sous le contrôle d'un seul gène. L'hérédité de la pathogénie vis-à-vis du riz
est cependant moins bien connue du fait de l'incompatilibité et du faible ni-
veau de fertilité des souches. De plus, la plupart des souches pathogénes du
riz se comportent comme des souches måles (Itoi et al., 1980, 1983; Valent
et al, 1986; Kolmer & Ellingboe, 1988) et très peu de souches pathogènes
pour le riz et femelles fertiles ont été identifiées à ce jour.
Nous avons cependant identifié des croisements fertiles et compatibles
entre des souches de M. grisea pathogènes du riz. Ces croisements ont été
utilisés pour analyser l'avirulence vis-à-vis du riz (Silué, 1986, 1990). L'exis-
tence d'une relation de type géne-pour-géne entre M. grisea et Oryza sativa a
pu être prouvée (Silué, 1990). Des cas qui pourraient étre des exceptions à
cette régle ont également été notés.
Pendant ces travaux, il a souvent été difficile de réussir certains croi-
sements fréres-soeurs de méme que certains croisements en retour.
réussite de tels travaux reste conditionnée par l'amélioration de la fertilité.
Aussi, nous sommes-nous proposés d'analyser l'incompatibilité et la fertilité
des souches. Cette publication rassemble les résultats obtenus.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Les souches de M. grisea utilisées
Pour déterminer les signes sexuels, 4 souches-testrices et femelles fertiles
sont utilisées (KA 3, KA 7, KA 9 et Guy 11). KA 3 et KA 7 sont de signe
Mat.1.1, KA 9 et Guy 11 sont de signe Mat.1.2. Les signes sexuels sont res-
pectivement dénommés Mat.1.1 et Mat.1.2 d'aprés les recommandations de
Yoder et al. (1986). Les caractéristiques de ces souches et de celles de CD
128, ML 25 et JA 4 ont été préalablement décrites (Silué, 1990). Guy 11 est
femelle fertile tandis que CD 128, ML 25 et JA 4 sont máles. Ces 3 souches
ont été sélectionnées dans une collection de 110, pathogénes du riz et de si-
gne Mat.1.1. Trente d'entre elles ont formé des périthèces avec Guy 11. Guy
11 x CD 128, Guy 11 x ML 25 et Guy 11 x JA 4 sont les 3 croisements pro-
duisant des ascospores ayant les plus forts taux de germination.
Réalisation des croisements de M. grisea
Les confrontations sont réalisées sur un milieu à base de farine de riz
(Notteghem, 1981). La formation de périthèces ne peut avoir lieu que si l’on
confronte 2 souches fertiles de signes de compatibilité sexuelle opposés. Pour
déterminer ce signe, les 4 souches-testrices sont utilisées. Dans une première
Source : MNHN, Paris
MAGNAPORTHE GRISEA 89
boite de Pétri, on place 4 implants, un par souche, sur deux diamétres per-
pendiculaires et à lcm du centre. Sur l'un des diamétres, 2 des souches-
testrices de méme signe de compatibilité sexuelle sont ensemencées. Sur l'au-
tre diamètre, on place 2 implants des souches à tester. La confrontation des
souches à tester avec les souches-testrices de l'autre signe de compatibilité
sexuelle est réalisée dans une seconde boite de Pétri. Les boites de pétri
sont ensuite scellées avec un film adhésif (Tesa 5280 BDF) et placées sous
une lumière artificielle (tubes fluorescents) à 28°C. Après environ 4 jours,
les boîtes de pétri sont placées à 20°C dans une salle éclairée de la même
façon que précédemment avec une photopériode de 12h. Lorsque les sou-
ches sont fertiles et compatibles, on observe 15 jours environ après la
réalisation de la confrontation, la formation de périthèces contenant des
asques et des ascospores viables.
Isolements monoascospores
Quelques périthèces sont prélevés sous une loupe binoculaire (x 64) à
l'aide d'un microscalpel et déposés sur l’eau gélosée (4,5% d'agar). Ils sont
ensuite débarrassés du mycélium et des conidies dont ils sont recouverts.
Avec la pointe du microscalpel, les périthèces sont ouverts et les asques sont
étalés au moyen d’une fine tige de verre terminée par un renflement
sphérique. Trente à soixante minutes après étalement, la lyse de la paroi des
asques permet de disperser les ascospores. Après 5 à 6 h à 28°C, les
ascospores viables ont germé; elles sont alors prélevées et mises en culture
sur milieu farine de riz. On donne aux ascospores un numéro en trois par-
ties. Le premier chiffre est le numéro du croisement, le deuxième le numéro
de l'asque et le dernier celui de l'ascospore. Lorsque le taux de germination
des ascospores est trés bas (de l'ordre de 576) il n'est pas possible d'isoler
des tétrades. Nous avons alors isolé l'ensemble des ascospores sans tenir
compte de leur asque d'origine. Le second chiffre du numéro qui leur est
affecté est alors 0.
Stratégies de croisement
Pour l'amélioration de la fertilité, deux stratégies d'étude étaient possi-
bles, bien que toutes deux limitées par la fertilité des descendants. La
premiére stratégie est basée sur l'hypothése que les génes de fertilité sont
apportés par Guy 11 et que le second parent moins fertile a des gènes
défavorables. Dans ce cas, les croisements en retour par Guy 11 devraient
améliorer la fertilité. La seconde hypothèse est que les deux souches paren-
tales apportent l'une et l'autre des gènes de fertilité complémentaires. Selon
cette hypothèse, quelques croisements entre descendants devraient être plus
fertiles que le croisement initial. Pour tester ces deux hypothèses, des croi-
sements en retour par chacun des deux parents ainsi que des croisements
frères-soeurs ont été conduits et leurs descendances évaluées pour la fertilité.
Au cours de la réalisation du programme de croisement, il a été tenu
compte simultanément de la fertilité des combinaisons et de l'avirulence des
souches parentales, l'analyse de l'avirulence étant l’un des thèmes principaux
du laboratoire.
Source : MNHN, Paris
90 D. SILUÉ et J.L. NOTTEGHEM
RÉSULTATS
Croisements réalisés
Nous avons isolé 38 ascospores du croisement Guy 11 x ML 25, 23 du
croisement Guy 11 x CD 128 et 58 du croisement Guy 11 x JA 4. Il a été
possible d'obtenir des combinaisons fertiles et compatibles lorsque les des-
cendants F1 issus des croisements respectifs étaient croisés avec Guy 11 ou
avec JA 4. Par contre, tous les croisements en retour par les souches paren-
tales CD 128 et ML 25 étaient stériles. Il a également été possible de réaliser
un nombre variable de croisements fréres-soeurs à partir des descendances
F! obtenues (Tab. 1). Ces travaux ont permis de mettre en évidence une
* . + | + [total|rertiles:
Mat.1.1|Mat.1.2|ind|tfe«| sae (а)
a [Suy 12 x co 128 10 12 а |54,5| 120 | 16 (13%)
9/0/4 X Guy 11 28 23 1 [82,4] 100 | 19 (19%)
а [9чу 11 хол а 27 эі |а [65,0] 225 | 65 (29%)
E
6/0/13 Х ЈА 4 22 24 о [47,в| 528 7 (1,3%)
Guy 11 X ML 25 20 1s 9 |6в,4| зво | 51 (14%)
1/0/2 X Guy 11 18 22 о |69,2) 396 | 128 (231)
| s 4 ° 16 | 14 (874)
| з 4 ° 12 7 (584)
aeos 4 ° 26 | 10 (62%)
2/0/3 X Guy 11| 4*| 4 3 о [72# | 12| 12 (200%)
s| a 3 o 12 6 (50%)
ej «4 4 ° 16 | в (50%)
rj a 4 ° 16 | 12 (75%)
“|. 4 ° 16 2 (аза)
27 22 ° 116 | 76 (65%)
4 : désignation de la famille de croisement
* = nombre total de souches monoascospores de signe Mat.1.1, Mat. 12.
ind. = signe sexuel indéterminé.
1* à 8* = numéros des tétrades isolées.
** - pourcentage de descendants femelles fertiles.
# = pourcentage de descendants femelles fertiles pour l'ensemble des tétrades.
= nombre total de croisements réalisés
nombre de confrontations ayant donné lieu à la formation de périthèces.
Tableau 1: Pourcentage de confrontations compatibles entre descendants Mat.1.1 et
Mat.1.2.
Table 1: Percentage of compatible matings between Mat.1.1 and Mat.1.2 progenies.
Source : MNHN, Paris
MAGNAPORTHE GRISEA 91
ГЕН NL 25
nen
19/1 1/0/37
n°2
2/0/3
n°4 isolement de
tétrades
41314 m
nn isolement de
T tétrades
11/2/3
ғ“ Т
14/1/4
nn
21/0/8
n°27 I fertilité
très faible
1724 127/973]
Croisements réalisés pour la mesure de la fertilité des souches de M. grisea.
Crosses realized for fertility assessment of M. grisea strains.
Figure
Figure
disparité dans la fertilité des souches parentales (Tab. 1). Nous nous som-
mes donc proposés d'analyser plus en détail ce caractère. Ainsi, les croi-
sements de la figure 1 et du tableau 1 ont été conduits et les ascospores de
signe de compatibilité sexuelle Mat.1.1 confrontées à celles de signe Mat.1.2.
Nous avons ensuite évalué la production de périthéces et la germination des
ascospores.
Aptitude des souches à la reproduction sexuelle
Si le signe de compatibilité sexuelle contrôlé par un seul gène est facile
à étudier, les autres caractères, dont le caractère femelle, liés à la fertilité
sont plus complexes. L'aptitude d'une souche à porter des périthèces (souche
femelle) formés lors de la confrontation avec une autre souche de signe de
compatibilité sexuelle opposé, est facile à évaluer. Son expression est par-
tiellement spécifique de la souche de signe opposé qui lui est confrontée et
dans nos croisements, elle n'apparaît pas être sous contrôle génétique sim-
ple.
La réussite des croisements entre souches pathogènes pour le riz est
limitée par le fait que la quasi totalité de ces souches se comportent comme
des souches máles (Itoi et al., 1980, 1983; Valent et al., 1986; Kolmer &
Ellingboe, 1988). Par contre dans les descendances des trois croisements que
nous avons réalisés avec la souche Guy 11, la proportion de souches femel-
Source : MNHN, Paris
92 D. SILUÉ et J.L. NOTTEGHEM
les fertiles est relativement importante; elle est toujours supérieure à 45%
(Tab. 1).
Lorsque l'on confronte entre eux les descendants des divers croi-
sements, on peut faire l'observation suivante: les taux de confrontations
compatibles dans le cas des croisements 9/0/4 x Guy 11 et Guy 11 x CD 128
sont respectivement de 19% et 13% (Tab. 1). Ces taux ne sont pas significa-
tivement différents. A l'inverse, les croisements Guy 11 x JA 4 et Guy 11 x
ML 25 montrent des différences imputables aux parents récurrents. En effet,
quand les ascospores du croisement Guy 11 x JA 4 sont croisées entre elles,
on observe que 29% des confrontations sont fertiles. Le croisement en re-
tour 6/0/13 x JA 4 ne fait apparaître en revanche que 1,3% de confron-
tations compatibles. Le même phénomène est observé en sens inverse avec le
croisement Guy 11 х МІ. 25. Dans ce dernier cas, une augmentation du
nombre des confrontations fertiles est observée avec les ascospores du croi-
sement 1/0/2 x Guy ll. L'aptitude des souches CD 128, ML 25 et JA 4 à
former des périthéces est donc différente (Tab. 1). De ces résultats, il ressort
également l'influence plus ou moins grande du parent récurrent. Guy 11
améliore de facon sensible l'aptitude des descendants à former des
périthèces. En effet, quand cette souche est croisée avec le descendant 1/0/2,
le nombre de confrontations compatibles est multiplié par deux (33%). L'in-
fluence positive de Guy 11 est encore confirmée avec le croisement n° 4
(2/0/3 x Guy 11). Dans ce croisement il a été possible d'isoler des tétrades.
De plus, quand les ascospores de chacune des tétrades sont croisées entre el-
les, le pourcentage de confrontations possibles est supérieur ou égal à 50%
soit au moins trois fois la valeur obtenue avec le croisement initial (Tab. 1).
La souche parentale JA 4 semble plutót nuire à ce caractére (1,3% contre
29% dans le croisement initial).
Ces résultats nous ont conduit à évaluer l'apport maximal de Guy 11
pour la fertilité. Ainsi, nous avons réalisé des croisements frères-soeurs suivis
de croisements en retour par Guy 11. Ensuite nous avons réalisé des croi-
sements en retour successifs par la souche Guy 11. Le nombre de confron-
tations compatibles entre descendants a été évalué de même que la quantité
de périthèces produits et le taux de germination des ascospores.
Production de périthèces et germination des ascospores
Au quatrième croisement en retour par la souche parentale Guy 11
(Fig. 1), nous avons augmenté la production de périthèces par un facteur 4
par rapport au croisement initial. Les gènes défavorables semblent avoir été
contre-sélectionnés. Les descendants de ce croisement sont tous interfertiles
et plus de 10 périthéces/cm? sont observés sur la zone de confrontation. Des
résultats comparables sont observés avec les descendants du croisement n° 34
(Fig. 1). Cette augmentation de la production de périthèces n’est cependant
pas accompagnée d'une augmentation du taux de germination des
ascospores estimé par la possibilité d'isoler des tétrades. Seuls les croi-
sements n° 4 et n° 11 ont un niveau de fertilité permettant l'isolement de
tétrades. 10% des ascospores des croisements n° 2 et n° 14 germent alors
que chez le croisement initial Guy 11 x ML 25, ce taux est de 5%. A partir
du croisement n° 21, peu d'ascospores viables sont formées et leur pourcen-
Source : MNHN, Paris
MAGNAPORTHE GRISEA 93
tage de germination commence à diminuer. L'isogénisation semble donc di-
minuer la viabilité des ascospores.
DISCUSSION ET CONCLUSIONS
Des deux hypothéses testées pour l'amélioration de la fertilité, l'une
semble plus probable que l’autre. Les premiers croisements en retour par la
souche Guy 11 augmentent légèrement la germination des ascospores mais
celle-ci baisse au fur et à mesure de l'isogénisation. Celle-ci augmente cepen-
dant le nombre de croisements compatibles entre descendants. Ces résultats.
sont comparables à ceux obtenus par Notteghem (non publiés) qui a croisé
Guy 11 avec GA | (une souche pathogéne du mais). Après 7 croisements en
retour par la souche Guy 11, peu d'ascospores viables sont formées. Cette
diminution progressive de la germination des ascospores pourrait étre
attribuée au fait que les souches obtenues dans les derniéres étapes de croi-
sements sont génétiquement trés proches du parent récurrent. Cependant,
les croisements fréres-soeurs suivis de croisements en retour par Guy 11 aug-
mentent de facon sensible la germination des ascospores puisque cette
stratégie permet l'isolement de tétrades.
La fertilité des souches de M. grisea apparait comme un caractére com-
plexe. Bien que les travaux réalisés ne permettent pas de tirer des conclu-
sions définitives, ils confortent l'hypothése de l'existence chez chacun des pa-
rents, de génes complémentaires pour la fertilité.
Nelson (1959a,b) montre que chez Cochliobolus heterostrophus Drechsler
(Drechslera maydis (Nisikado et Miyake) Subram et Jain), la compatibilité, la
production de périthéces et la viabilité des ascospores sont des caractéres
sous contróles génétiques indépendants. Ne sommes-nous pas dans une si-
tuation identique chez M. grisea? Bien que les résultats obtenus ne permet-
tent pas de répondre avec certitude, ils confortent cette hypothése. En effet,
à partir du croisement n° 27 (Fig. 1), la production de périthèces est sensi-
blement améliorée mais le taux de germination des ascospores а
considérablement chuté.
Les souches de M. grisea pathogènes du riz sont en général peu fertiles.
Les croisements rapportés dans la littérature entre de telles souches riz res-
tent limités à un petit nombre de combinaisons et impliquent souvent Guy
11 (Leung et al., 1988; Ellingboe et al., 1990). Guy 11 semble donc être une
souche exceptionnelle. L'hypothése la plus probable pour expliquer la rareté
des croisements fertiles est que la plupart des souches pathogénes pour le riz
ont accumulé plusieurs génes défavorables à la reproduction sexuelle.
D'ailleurs, le stade parfait de ce champignon n'a jamais été observé dans la
nature et n'est vraisemblablement que trés peu utile pour sa survie.
L'existence d'un petit nombre de croisements possibles entre souches
pathogénes pour le riz, encourage à poursuivre la recherche d'autres souches
fertiles et différentes de celles dont nous disposons pour certaines
caractéristiques de la pathogénie. Ces souches permettront de développer la
génétique de la pathogénie.
Source : MNHN, Paris
94 D. SILUÉ et J.L. NOTTEGHEM
Remerciements: Ces travaux ont été financés par la communauté Economique
Européenne (Projet Agriculture Tropicale) et le Centre international de la Recherche
Agronomique pour le Développement Agricole (C.I.R.A.D.).
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MAGNAPORTHE GRISEA 95
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BASIDIOMYCETES APHYLLOPHORALES DE L'ILE
DE LA RÉUNION. XVI
Les genres HYPHODERMA, HYPHODERMOPSIS,
CHRYSODERMA nov. gen. et CRUSTODERMA
par Jacques BOIDIN* et Gérard GILLES**
* 17 rue Duguesclin, 69006 Lyon, France.
** Peillic 109, 40400 Tartas, France.
RÉSUMÉ - Description de 21 espèces dont 10 nouvelles: 8 Hyphoderma, un
Crustoderma et le Chrysoderma alboluteum gen. et sp. nov.
ABSTRACT - 21 species are described, among them 10 are new: Hyphoderma acuto-
cystis, capitulatum, cylindrocystidiatum, gigasporum, incrustatissimum, magnargillace-
um, scaevolae and subsphaerosporum, Chrysoderma nov. gen. alboluteum and Crusto-
derma borbonicum.
MOTS CLÉS : Aphyllophorales, Hyphoderma, Hyphodermopsis, Chrysoderma,
Crustoderma, lle de la Réunion, mycoflore.
Un troisiéme séjour d'étude des Aphyllophorales de cette ¡le de l'Océan
Indien s'est déroulé du 10 mars au 18 avril 1990. Les variations climatiques
dues à l'exposition aux alizés et à l'altitude sont très marquées et rapides;
aussi nous semble-t-il indispensable de bien préciser les dates et les lieux de
récoltes. Les lieux visités sont en partie ceux qui l'avaient été en 1985 ou en
1987. Il seront dénommés de la même manière schématique (voir Introduc-
tion (1986) et compléments aux genres traités antérieurement, lère partie
(1988)), nous ajouterons alors *-90".
A- Région ouest: St Gilles I-90, 12 mars 1990; Maïdo I-90, 14 mars; il
faut ajouter: Maïdo Ibis-90, route du Maïdo, altitude 1500m., le 13 mars;
Tévelave-90: entre 1000 et 1100m., coin pique-nique et départ de la route
forestière, les 15 et 17 mars 1990.
B- Plaine des Palmistes et forêt de Bébour: Palmiste II-90, le 21 mars;
Palmistes IV-90 les 18 et 21 mars; Bébour 1-90, les 18, 21 et 22 mars; Bébour
11-90, le 23 mars; Bébour IV-90 et VII-90, le 19 mars; Nez-de-Boeuf-90,
Textor-90 et Col de Bellevue-90, le 20 mars; auxquels il faut ajouter:
Palmistes V: à Petite Plaine, altitude 1150m., les 24 et 25 mars; Palmistes VI:
Source : MNHN, Paris
98 J. BOIDIN et G. GILLES
en montant au Col de Bellevue, sentier de la Carriére, vers 1400m., le 25
mars 1990.
C- Cirque de Cilaos: Cilaos VI-90, le 31 mars; Cilaos VIII-90, le 27
mars; Cilaos IX-90, les 27 et 30 mars; Cilaos XI-90 et XII-90, le 28 mars;
Cilaos XIV-90, le 29 mars.
п,
D- Au pied du Massif de la Fournaise: le Baril 1-90, 1 et 5 avril; Baril
8 et 12 avril; Вай Ш, 4 et 12 avril; Cap Méchant, 3 avril; Anse des
Cascades-90, 6 avril; Vierge au parasol-90, 6 avril; Takamaka-90, 7 avril; il
faut ajouter: Baril IV-90, vers 450m d'altitude dans la forét de Mare-Longe,
4 avril; Puits Arabe, entre la nationale et la mer; les 2, 3 et 7 avril; Le
Tremblet: descente vers la mer au Sud du village, le 6 avril 1990.
E- Région Sud-Ouest: Pont Babet: sous le village de La Passerelle, alti-
tude 150 à 250m. le 9 avril; Langevin, rive droite du Bassin Tamarin, alt.
50-60m, le 14 avril.
F- Au dessus du Tampon: Notre-Dame de la Paix 1-90, 26 mars et 10
avril; N.-D. de la Paix 11-90, 26 mars; N.-D. de la Paix III-90, le 10 avril.
Clé des espèces Réunionnaises
des genres Hyphoderma, Hyphodermopsis, Chrysoderma et Crustoderma
Pas de cystides; basidiome jaune doré à olivátre, à marge villeuse blan-
che, rigescent, corné et fendillé sur sec; spores cylindriques
12-16,5x4-5,5um binucléées, jaune orangé en masse; longues basides
72-110x7-104m ..... -..99- Chrysoderma alboluteum n. sp.
Des leptocystides ou (et) des lamprocystides .. 2
Des cystides longuement incrustées .. 3
Cystides non incrustées, ou ne portant aS ae légers dépóts de cristaux
sur le sommet. -..8
Spores subovoides 5,2-7,2x4,2-5,7um à paroi ferme et cyanophile; gran-
des septocystides … 98- Hyphodermopsis polonensis
Spores non cyanophiles ry
Métuloïdes fusiformes à paroi épaisse; hyphes serrées peu distinctes .....5
Cystides incrustées cylindriques obtuses .
Spores cylindriques, 7-9,5-(11)x3,5-Sum ..
Spores plus larges, 10-13x5,8-7um ...
4- mare M
82- Hyphoderma ayresii
Grandes septocystides émergentes à sommet souvent capité et nu;
spores cylindriques 7-10x3-4,5um .. ..91- Hyphoderma nudicephalum
Cystides plus courtes, lourdement incrustées, non septées ou a une seule
cloison ... ve ЖА kA E
Des amas de résine ambre rosé portés par de courtes leptocystides lar-
gement claviformes; cystides incrustées, 40-70х8-14шт, émergentes et
souvent un peu élargies à la base ..
bns + .85- Hyphoderma cylindrocystidiatum n. sp.
Source : MNHN, Paris
HYPHODERMA ET GENRES VOISINS A LA RÉUNION 99
T- Pas d'amas de résine; des leptocystides élargies à la base,
50-100x10-16,5um et des cystides lourdement incrustées mais peu
différenciées, ne montrant aprés enlévement des cristaux qu'une RE
hyphale avec souvent une cloison transversale ...
..88- Hyphoderma incrustatissimum m.sp-
8- Trés oue cystides cylindriques | 70-250-(320)x5-11(15)um à paroi
épaisse sauf dans leur partie supérieure; spores ellipsoides à sub-
cylindriques, 5,5-8x2,5-3um .. ..100- Crustoderma borbonicum n.sp.
8- Cystides plus courtes et à paroi mince ou submince; spores plus larges
et surtout plus longues
9- De grandes leptocystides élargies à leur base. (si masses cristallines
portées par des cystides hyphales voir H. incrustatissimum) . 10
9- Leptocystides différentes ............ 43
10- Leptocystides trés émergentes portant souvent без excrétions résinoides
brunes . 3;
10- Pas de sécrétions résinoides colorées; des stéphanocystes en coquetier;
les leptocystides élargies 4 la base sont non ou peu émergentes ...........12
П- Spores 6-7,8x3,75-4,5um 81- Hyphoderma argillaceum
I- Spores 8,5-10x5,2-6um 9- Hyphoderma magnargillaceum n.sp.
12- Basidiome odontioide aux hyphes axiales à paroi épaisse; leptocystides
souvent mucronées au sommet. ..92- Hyphoderma odontiaeforme
12- Basidiome lisse; des cystides émergentes cylindriques ou faiblement en
bouton воан quelques légers dépóts au sommet.
1:93- Hyphoderma ultrasp- praetermissum
13- Тере ме à sommet plus ou moins moniliforme, 40-115x5-10um;
spores oblongues, 8-10x4-5um … ..90- Hyphoderma alf. moniliforme
13- Leptocystides cylindriques ou à sommet plus ou moins capité 414
14- Spores larges de plus de 64m 415
14- Spores ne dépassant pas 11x6um ph
15 - Spores subglobuleuses, 8,5-10,2x7,5-8,5um; ер уде ТИЕ
à claviformes 25-45x7,5-10,Sum .96- Hyphoderma subsphaerosporum n.sp.
15- Spores plus allongées 16
16- Spores en aubergine, 17,5-23x6,3-8um; dépóts résinoides; basidiome lis-
se, sur Scaevola taccada en bord de mer. 95- Hyphoderma scaevolae n.sp.
16- Spores oblongues de face, 11-15-(17)x6,5-8um; basidiome à tendance
odontioide … .87- Hyphoderma gigasporum n.sp.
17- Leptocystides MA ou trés faiblement capitées
17- Leptocystides nettement capitées
18 - Spores étroites, 8-11x2,8-3,8um, cylindriques à suballantoides ...
86- Hyphoderma aff. definitur
18- Spores plus larges, non ou à peine déprimées ... 21
19- Basidiome grandinioide aux éléments piquetés de petits cristaux; spores
8-11x 4,5-5,2um .... ...97- Hyphoderma sp. LY 14312
Source : MNHN, Paris
100 J. BOIDIN et G. GILLES
19- Basidiome lisse avec points bruns; leptocystides souvent faiblement
capitées, x7,5- Oum; spores 9-11x4-4,7um ... БР 1
84- Hyphoderma aff. clavigerum
20- Des leptocystides subulées; des grains résinoides colorés; spores cylindri-
ques à suballantoides, 7-10x3,2-4um .... 80- Hyphoderma acutocystis n.sp.
20- Pas de cystides subulées; dépóts résinoides hyalins; spores
suballantoides de 8,5-12x3,5-4,5um ...... 83- Hyphoderma capitulatum n.sp.
A- Le genre HYPHODERMA Wallr. emend. Donk, Fungus 27: 13, 1957.
Ce genre comprend, а се jour, prés de 80 espéces, la plupart originaires
des régions tempérées de l'hémisphére Nord. Ses limites sont imprécises et
divers genres ont été proposés pour des espéces préalablement incluses chez
lui: par exemple Crustoderma Parm., Conohypha Jülich, Hyphodermopsis
Jülich... Les caractères essentiels sont la taille relativement grande des
basides et des spores qui de plus sont riches en graisses, la plupart des
espèces sont bouclées et montrent des leptocystides au contenu homogène et
sans réaction dans les sulfo-aldéhydes. Les espèces cultivées à ce jour se sont
toutes montrées bipolaires (ou ont dérivé vers l'homothallie vraie) ce qui
permet, entre autres, de les distinguer des Hyphodontia tous tétrapolaires; el-
les provoquent une pourriture blanche contrairement aux Crustoderma.
Dix-huit espèces vont être décrites ci-après dont 8 sont proposées com-
me nouvelles, et 4 autres, à retrouver pour approfondir leur étude, sont
rapprochées d'espèces connues en Europe, mais ne peuvent y être identifiées.
80- Hyphoderma acutocystis nov. sp., Fig. 45 A.
Jacens, adhaerens, gilvum, sub lente brunneis granulis obtectum. Hyphae
Jibulatae. Leptocystidia altera capitata, 35-50 x 5-7um, altera acuminata, 22-45
x 2,5-6um. Basidia claviformia basi angustata, 16-32 x 6-7, 5um, 4
sterigmatibus. Sporae cylindricae vel suballantoideae, 7-9,8 x 3,3-4um, leves,
haud amyloideae. In ligno valde carioso. Holotypus LY 12981.
Etalé, adhérent, beige (10 YR 6,5/3) avec marge similaire ou un peu
plus pále. Sous la loupe, il montre de trés nombreux grains bruns.
En herbier, trés adhérent, fragile, beige pále (7,5 YR 8/2 8/3) à marge
étroite plus pale.
Les coupes sont obscurcies par de nombreuses masses brunes de
20-30um de diamètre. Après traitement potassique, on peut distinguer des
hyphes trés fragiles, à paroi mince, vite collapsées, x 1,5-3,5um, bouclées, des
leptocystides de 2 types: les unes à sommet légèrement renflé en bouton,
25-50 x 5-7um avec téte de 6,5-8,5um, d'autres à sommet acuminé, 22-45 x
2,5-6um, au contenu homogéne, nées au méme niveau que les basides
(cystidioles). Les cystides capitées gardent souvent aprés traitement par
KOH des traces de dépóts et sont sans doute les (seuls?) éléments excréteurs.
Basides claviformes à base étroite, 16-32 x 6-7,5um, au contenu gras, et à 4
stérigmates. Spores cylindriques à suballantoides, 7-9,8 x 3,2-4um ( x =
Source : MNHN, Paris
HYPHODERMA ET GENRES VOISINS A LA RÉUNION 101
Figure 45: A- Hyphoderma acutocystis, holotype LY 12981; B- Hyphoderma ayresii:
cystides et spores de 12441, baside de 11593; C- Comparaison des spores
d'Hyphoderma magnargillaceum LY 11567 (1), et argillaceum 12663 (2).
Source : MNHN, Paris
102. J. BOIDIN et G. GILLES
8,27+0,69 x 3,63+0,20 pour le type), à paroi lisse, non amyloide, au contenu
guttulé huileux.
Récoltes: LY 12872, sur Agauria salicifolia (2), Baril 111-87; 12891,
holotype, sur gros Dombeya reclinata, N.D. de la Paix 111-87; 12892, id., leg.
Y. Chamard; 14469, Baril 11-90.
Ces diverses récoltes ont été faites sur des bois très dégradés et pourris
rouges. Diverses espèces ont de petites leptocystides à sommet rétréci: H.
arizonicum Linds. & Gilberts. 1977, budingtonii Linds. & Gilberts. 1977,
cinnamomeum Jülich 1978, ainsi que Peniophora compta Jacks. 1948, mais el-
les ont toutes des spores ellipsoides et n'ont pas de cystides subcapitées; en
outre P. compta posséde des acanthocystes. H. calcitrapa Maleng. 1982 mon-
tre, à la fois, de (trop) petites cystidioles fusiformes, des globules de résine et
des spores allantoides de taille semblable à celles de notre espéce, mais il n'a
pas, lui non plus, de cystides capitées et posséde des acanthocystes. Enfin H.
isugae (Burt) Erikss. & Strid in Eriksson & Ryvarden (1975) a comme H.
acutocystis des cystides de 2 types et forme des grains résinoides bruns, mais
ses spores sont ellipsoides et ses leptocystides fusiformes sont beaucoup plus
grandes et moins aiguës.
81- Hyphoderma argillaceum (Bres.) Donk, Fungus 7: 14, 1957; Fig. 45 C2;
Eriksson et al, Corti. N. Europe 3: 457, fig. 200-201, 1975. Corticium
argillaceum Bres. Fungi Trid. 2: 63, 1898.
Dix-huit récoltes de la stirpe argillaceum ont été faites à la Réunion; el-
les se divisent en deux sous-ensembles par la taille des spores (Fig. 45C).
Pour le premier sous-ensemble, celui aux spores plus petites, nous avons
noté une taille de 6-8 x 3,7-4,5-(5)um, et les mesures statistiques suivantes:
LY x R
12666 6,48--0,44 х 4,05--0,20 1,60
12663 6,54+0,48 x 4,16+0,20 1,57
11197 6,55+0,36 x 3,93+0,21 1,66
11251 6,63+0,31 x 4,03+0,20 1,65
12907 7,20+0,57 х 4,10+0,28 1,76
d’où ressort une taille moyenne de 6,68 x 4.05 ит.
Les spores du deuxième sous-ensemble sont nettement plus grandes:
7,8-11 x 5-6,5um (voir les mesures statistiques plus loin); et leur taille
moyenne est de 9,41 x 5,58um; c'est-à-dire qu'elles sont 1,41 fois plus gran-
de. Comment appeler ces deux sous-ensembles? Deux espéces holarctiques
ont des leptocystides émergentes et des spores courtes de méme type que nos
récoltes; ce sont H. involutum (Jacks. & Deard.) Hjorst. & Ryv., et H.
argillaceum. Le premier a des spores non déprimées, plus petites, 4,5-6 x
3-4um selon Hjortstam & Ryvarden (1979); des leptocystides plus
subcylindriques (base moins élargie et sommet moins étroit); nous ne le re-
tiendrons pas. Reste А. argillaceum; les spores mesurent 8-10 x 4-5um
(Slysh, 1960), 6-9 x 4-Sum (Eriksson & Ryvarden, 1975), 7,5-8,5 x 4-4,5um
(Rattan, 1977) ou encore (7,5)-8-9-(9,5) x 4,5-5,5um (Wu, 1990), toutes mesu-
Tes recouvertes par celles de Bourdot & Galzin (1928): 6-10 x 4-6um. Pour
Source : MNHN. Paris
HYPHODERMA ET GENRES VOISINS A LA RÉUNION 103
tenter une meilleure comparaison, nous avons mesuré dans les mémes condi-
tions (30 spores sur sporée dans KOH-Phloxine) les spores de 7 récoltes
françaises: 6-9,5 x 3,75-5,5um, moyenne 7,74 x 4,5lum. Ces mesures se pla-
cent entre celles des sous-ensembles réunionnais, mais sont plus proches de
celles du sous-ensemble a petites spores. Divers auteurs ont signalé que lors
de récoltes d'une méme espéce, à la fois en zone tempérée et en zone inter-
tropicale, les spores des récoltes des pays chauds sont de taille un peu
inférieure; aussi tant que des essais d'intercompatibilité n'auront pu être
tentés entre récoltes européennes et récoltes réunionnaises à petites spores,
nous nommerons ce dernier H. argillaceum. 11 ne sera pas décrit ісі. Раг
contre nous distinguerons l'ensemble à grandes spores sous le nom d' H.
magnargillaceum (voir sa description plus loin). Notons encore que WV H.
argillaceum européen montre des cystidioles en bouton, retrouvées sur les
récoltes réunionnaises à petites spores, mais non observées chez H.
magnargillaceum.
Récoltes: LY 11197, Сйаов VIII; 11251, sur Cryptomeria japonica,
Cilaos X; 12661, 12663, 12666, sur Cryptomeria, Cilaos X-87; 12817, sur bois
au sol, Takamaka-87; 12907, sur arbuste mort debout, Baril 1-87; 14143, sur
Cyathea sp., Bébour 1-90.
82- Hyphoderma ayresii (Berk. in Cooke) nov. comb., Fig. 45B. Peniophora
Ayresii Berk. in Cooke, Grevillea 8: 22, pl. 122, fig. 1, 1880; Massee, J. Linn.
Soc. Bot. 25: 151, 1889; non Rick, /heringia 4: 106, 1959.
= Hyphoderma macrosporum H.S.Wu, Acta Bot. Fenn. 142: 69, fig. 44, 1990.
Basidiome étalé, membraneux ferme, charnu, subcéracé sur le frais,
blanchâtre (10 YR 8/1 à 8/2,5), crème pâle (2,5 Y 8/2 8/4 9/4), plus grisâtre
par endroits (10 YR 7/1), lisse, pruineux, densément hérissé sous la loupe;
marge nette, en général très brièvement fibrilleuse ou poudreuse.
En herbier, très adhérent, mat, crème påle (2,5 Y 8/2 à 9/4) à alutacé
pâle (10 YR 8/3 à 9/4).
En coupe, épais de 70-150-320-(450)um, parfois à 2 ou plusieurs strates
séparées par un mince contexte trés dense. Sur quelques hyphes horizontales
serrées, x 2,5-4um, bouclées, pouvant former un mince contexte de 10-20um,
hyalin, se dresse le sous-hyménium trés dense aux hyphes agglutinées diffici-
les á dissocier mélées á de fortes lamprocystides á sommet conique lour-
dement incrusté, incluses ou émergentes de 30-50-(80)um, á paroi trés épaisse
(x 2-3-5,5um), rouge dans le Bleu de Crésyl hors des incrustations; elles me-
surent (35)-50-130 x (10)-12-23um. Basides claviformes faiblement étranglées,
riches en huile, 35-50 x 8-11-(13)um, bouclées, a 4 stérigmates де 7-11 х
2-3um. Entre les basides on voit quelques éléments paraphysoides simples ou
parfois bi- ou méme trifides, x 1,5-2um, qui peuvent aussi monter le long
des cystides émergentes. Spores oblongues de face, non ou à peine
déprimées de profil, (8,5)-10-13-(15) x 5,8-7-(8)um, à apicule peu saillant; la
paroi est lisse, non amyloide ni cyanophile mais assez rouge dans le Bleu de
Crésyl; leur contenu est gras. X = 11,18 + 0,72 x 6,39 + 0,35 pour le type,
К = 1,75.
Source : MNHN, Paris
104 J. BOIDIN et G. GILLES
Récoltes: Réunion: LY 11584, sur Solanum auriculatum, Palmistes 11;
11593, id.; 12441, Palmistes IV-87; 12594, Palmistes II-87, 12745, Cilaos
XII-87; 12840, Baril I-87; 14348 et 14349, sur Croton sp., Puits Arabe-90;
14366, sur Manihot, Cap Méchant-90; 14460, Baril 1-90.
Cette espéce a été récoltée en Afrique équatoriale: République Cen-
trafricaine: LY 5269, route de Mongoumba prés du lac Mambé, 29 avril
1965; 5301, sur Ficus exasperata au sol, la Maboké, 3 mai 1965; 5312, sur
Hevea, Boukoko, 4 mai 1965; 5455, la Maboké, 17 mai 1965; 5510, sur kossa
(en langue lissongo) ne touchant pas le sol, Bopenda, 20 mai 1965; 5560, sur
branche épineuse (g’nélé, en lissongo), la Maboké, 25 mai 1965; 6087, la
Maboké, 3 octobre 1967; Gabon: 7921, sur branche suspendue, île aux
singes, Makokou, 22 mai 1976; 8002, route militaire en forét de la Mondah,
prés Libreville, 30 mai 1976; 8014, la Mondah, ler juin 1976.
La densité des hyphes, la difficulté de détecter rapidement des boucles
peut donner l'impression que l'on a affaire 4 un Phlebiopsis. La constance
des boucles, confirmée par l'observation de cultures polyspermes 12441 et
12594, méme sur les hyphes du mycélium submergé, élimine ce genre ainsi
que le genre Phlebia dont les représentants caractéristiques ont un mycélium
astatocénocytique à boucles variables, et des éléments de taille bien
inférieure. Si les Hyphoderma ont souvent des hyphes assez distinctes, ce
n'est pas le cas des espèces à métuloides comme H. puberum duquel notre
espéce se rapproche par ses cystides, mais les spores différent nettement. Les
cultures ne nous ont pas montré les stéphanocystes particuliers de type
puberum; elles sont à boucles constantes, gaiacol+, et remplissent les boites
de Pétri en 3 ou 4 semaines.
Nous avons recherché cette espéce, à large répartition au moins en
Afrique, dans la littérature. Une espéce a retenu notre attention, le
Peniophora ayresii Berk. ap. Cooke récoltée à l'ile Maurice (Mauritius) toute
proche. La description qu'en donne Massee (1889) pourrait convenir, s'il ne
disait les cystides larges de 40-S0um, c'est-à-dire plus du double des nôtres.
L'observation du type (in K) faite aimablement par notre collègue D.A.
Reid, que nous remercions, montre que cette largeur est erronnée; les
cystides mesurent 72-105 x (10)-17-20um dans le Melzer. H.S. Wu vient de
décrire (1990) de Taiwan cette espéce a large répartition sous le nom
d'Hyphoderma macrosporum, adjectif qui souligne un des caractéres notoires
de cette espèce. Nous avons étudié le spécimen Wu 880417-20, between
Taipei and Ilan, alt. 350m; 17 avril 1988.
83- Hyphoderma capitulatum nov. sp., Fig. 46 A.
Jacens, membranaceum, sublaeve, cremeo-griseum. Hyphae marginales
rectae, fibulatae, incrustatae et saepe in papilla 6-8um incolorem resinam ferenti
terminatae. Leptocystidia subcylindrica paulo capitata cum deposito hyalino;
25-50 x 4-7um et papilla 6-llum. Sporae suballantoideae 8,2-10,5 x
3,5-4,5-(5)um; stephanocystae specie Hyphodermatis praetermissi. Holotypus
LY 11526.
Etalé, étendu, membranuleux, sublisse, blanc à crème grisâtre (2,5 Y
8/2 à 7,5/2); marge similaire ou un peu aranéeuse.
Source : MNHN, Paris
HYPHODERMA ET GENRES VOISINS A LA RÉUNION 105
— 10 pm
s ИО л,
Spores
Figure 46: A- Hyphoderma capitulatum: basides, cystides et stéphanocyste de LY
11526, holotype; s, spores de 12421; m, éléments incrustés et capités de la mar-
ge. B- Hyphoderma aff. clavigerum LY 12859.
En herbier, jaunâtre pâle, un peu poruleux sous la loupe.
Source : MNHN, Paris
106 J. BOIDIN et G. GILLES
Coupe haute de 70-100-230um. A la marge, hyphes étroites, x 2-3um,
rigides, bouclées, à paroi ferme et porteuse de nombreux cristaux; leurs
extrémités sont souvent renflées en petit bouton de 6-8um de diamètre, por-
teur de dépôts résinoides incolores. Ailleurs les hyphes sont à paroi mince,
assez peu distinctes car souvent collapsées, x 2,5-3,5um. Leptocystides peu
abondantes, incluses ou émergeant de 10-20um, subcylindriques et le plus
souvent un peu capitées et porteuses de dépôts résinoïdes hyalins; elles me-
surent 25-50 x 4-7um avec sommet large de (6)-8-llum. Basides trés
claviformes, (15)-20-30 x 6-7,5um, à 4 stérigmates. Spores cylindriques
déprimées suballantoides, 8,2-10,5 x 3,5-4,5-(5)um, lisses, non amyloides,
uninucléées. (X = 9,16 + 0,58 x 4,16 + 0,32, R = 2,20 pour LY 11543; 9,43
+ 0,44 x 3,77 + 0,20, R = 2,50 pour 11213; 9,81 + 0,84 x 3,81 + 0,24, R =
pour 12421).
Les récoltes 11213 et 11526 ont montré des stéphanocystes en coquetier.
Récoltes: LY 11213, Cilaos XII; 11526, holotype, et 11543, Col de
Bellevue; 12421, sur Hortensia, Col de Bellevue-87; 14162, sur Lantana
camara, Bébour VII-90.
Cette espèce diffère d'H. praetermissum dont il a les stéphanocystes, par
l'absence de leptocystides fusiformes, des spores plus allantoides et des
hyphes marginales incrustées à terminaisons capitées. Il faut le comparer à
H. assimile (Jacks. & Deard. 1951) Donk dont il différe par ses éléments,
basides, cystides et spores, nettement plus courts. Elle s'éloigne de H.
clavigerum par ses leptocystides plus nettement capitées et aux dépots
hyalins, ses spores plus allantoides, ses stéphanocystes.
84- Hyphoderma aff. clavigerum (Bres.) Donk, Fungus 27: 15, 1957, sans
description; Eriksson & Ryvarden, Cortic. N. Europe 3: 463, fig. 203, 1975.
Kneiffia clavigera Bres. Ann. Mycol. |: 103, 1903. Peniophora clavigera (Bres.)
Bourd. & Galz., Hym. France, 280, fig. 78, 1928.
Etalé, membraneux subcéracé, peu adhérent, blanchátre sale (10. YR.
8/1, 8/1,5); marge pruineuse.
En herbier, mince, adhérent, beige (10 YR 7,5/3), constellé sous une
forte loupe de petits grains bruns.
En coupe, il atteint 150um et montre à tous niveaux des amas bruns de
15-20-(25)um de diamétre, et à mi-hauteur, des dépôts de petits cristaux en-
robant les hyphes. Sur quelques hyphes basales horizontales, x 3-4um, dis-
tinctes, bouclées, se dressent des hyphes semblables, de plus en plus
ramifiées pour donner un sous-hyménium fait d'hyphes sinueuses, x
2,5-3,2um, portant des basidioles claviformes au contenu gras. Leptocystides
incluses ou peu émergentes, subcylindriques ou plus souvent un peu capitées,
30-60 x 7,5-10um au sommet porteur d'amas de spores mêlées à des dépôts
réfringents; certaines leptocystides ont une paroi un peu ferme, sont vides, et
montrent une cloison de retrait; les plus jeunes sont à paroi mince et conte-
nu homogéne. Basides claviformes, 23-30 x 6,5-7,5um à 4 stérigmates, entre
lesquelles passent et émergent des hyphes gréles et simples. Spores cylindri-
ques droites ou faiblement déprimées, multiguttulées, (8)-9-11-(12) x
Source : MNHN, Paris
HYPHODERMA ET GENRES VOISINS A LA RÉUNION 107
(3,5)-4-4,7um, lisses, non amyloides ( x = 9,85 + 0,81 x 4,22 + 0,23, R =
2,33), (Fig. 46 B).
Récolte: LY 12859, sur bois mort au sol, Baril 111-87.
Si, dans l'eau, on aperçoit à tous niveaux des dépôts bruns, dans les
milieux basiques ces masses se dispersent et les cystides apparaissent bientôt
nues; il est alors difficile de reconnaître les éléments inclus qui étaient por-
teurs de dépóts; peut-étre sont-ils collapsés.
Cette récolte est apparentée à H. clavigerum, mais ne peut y étre
identifiée à cause de ses cystides plus petites et plus étroites, ses spores plus
élancées... d'où l'appellation employée.
85- Hyphoderma cylindrocystidiatum nov. sp., Fig. 47 A.
Jacens; tenue; e roseolo griseum; sub lente granulis roseis punctulatum et
subtiliter setulosum. Leptocystidia maxime claviformia; resina obtecte et cystidia
valde incrustata; 40-70 x 8-Idum; subcylindrica basi dilatata; pariete subtenui.
Sporae cylindricae; 7-9 x 3,8-4,5um. Holotypus LY 11280.
Etalé, trés mince, gris rosátre (7,5 YR 6/2, light drab), gris (10 YR 6/2),
parfois gris violacé (10 R. 5,5/1), poruleux et hérissé sous la loupe, à marge
similaire. A x 100, on voit des grains roses.
En herbier, aspect poudreux, blanc grisátre, couvert de trés nombreuses
soies hyalines courtes sous forte loupe; les grains roses sont difficiles à dis-
cerner.
Coupes minces, 35-50jm cystides exclues. Les rares hyphes basales ho-
rizontales donnent, de suite, des rameaux dressés, x 3-5um, bouclés, distincts
mais à paroi mince, entre lesquels on voit des boules de résine larges de
15-20-(30)um et de nombreuses cystides incrustées bic » émergentes. Les mas-
ses de résine sont portées par des éléments largement claviformes, 20 x
9-1Oum, à paroi un peu épaissie; la couverture de résine forme une masse
homogène, lisse, subsphérique rappelant de larges halocystides. Les cystides
jeunes sont subcylindriques, obtuses, larges de 6-7um; elles ont un contenu
homogène et sont sablées de fins cristaux; elles passent à des cystides
40-70-(80) x 8-l4um, lourde incrustation comprise; leur paroi reste mince;
l'incrustation recouvre la plus grande partie de la cystide qui n'est nue qu'à
la base qui peut être un peu plus large. Basides trapues, 11-15-20 x 6-8um à
4 stérigmates. Spores oblongues de face, cylindriques de profil à face
adaxiale plane chez les plus courtes, un peu déprimées sur les plus longues,
(6,5)-7-9-(10,2) x 3,8-4,5um, lisses, non amyloides, uninucléées ( X = 7,68 +
0,70 x 4,14 + 0,17 pour 14268; 9,28 + 0,61 x 4,47 + 0,22 pour le type
11280).
Récoltes: LY 11280, holotype, sur Pinus pinaster, Cilaos XIII; 14268 et
14269, sur bois servant de marche au sentier, Cilaos VIII-90.
Cette espéce est à rapprocher de H. guttuliferum (Karst.) Donk et de H.
microcystidium Wu (1990) à cause de ses métuloides obtus, mais en différe
par ses spores plus trapues, ses éléments secréteurs, ses cystides plus lon-
guement incrustées; LY 11280 a montré en culture des stéphanocystes rappe-
Source : MNHN, Paris
108 J. BOIDIN et G. GILLES
YO pac AAA
Spores
Figure 47: A- Hyphoderma cylindrocystidiatum LY 14268, paratype. B- Hyphoderma
aff. definitum: leptocystides et basides de LY 12722; spores, a- de 12593; b- de
11267.
Source : MNHN, Paris
HYPHODERMA ET GENRES VOISINS A LA RÉUNION 109
lant ceux du type H. puberum. Elle différe de H. multicystidiatum Ryv. 1978,
du Zaire, par ses spores plus grandes, ses cystides longuement incrustées, ses
basides courtes, ses éléments secréteurs. La couleur rose des dépóts
résinoides peut évoquer l' №. rubropunctatum Warcup & Talbot (1965); tou-
tefois, l'absence de cordons marginaux, la briéveté des basides, les cystides
incrustées ne sont pas des caractéres de cette espéce australienne. On peut
aussi la comparer, parmi les espèces secrétrices holarctiques à H. pallidum
(Bres.) Donk, qui a des leptocystides fusiformes nues, des spores plus
étroites...
86- Hyphoderma aff. definitum (Jacks.) Donk, Fungus 27: 15, 1957, sans
description; Eriksson & Ryvarden, Cortic. N. Europe 3: 469, fig. 206, 1975.
Corticium definitum Jacks. Canad. J. Res. C26: 149, fig. 4, 1948.
Etalé, très mince, pulvérulent puis membranuleux blanc grisâtre, lisse
ou finement granuleux. A x 100, on remarque des points brillants ou des
soies brillantes peu émergentes.
En herbier, blanc grisâtre, poruleux sous la loupe, brièvement sétuleux.
Coupe très mince, avec quelques hyphes basales, x 2,5-Sum, bouclées, a
paroi épaissie (jusqu'à 1,2um dans KOH 3%), passant a des hyphes
redressées, x 2,5-3,5um, à paroi mince, vite collapsées; les boucles germent
souvent en rameau. Leptocystides cylindriques nues peu émergentes de
5-10-(25)um, 20-35-65 x 4-8um. Basides un peu étranglées, 15-22 x 4,5-6um, à
4 stérigmates. Spores cylindriques, droites de face, un peu déprimées de pro-
fil, 7,5-10,5-(11) x 2,7-3,7um, à paroi lisse, mince et non amyloïde, au conte-
nu gras ( X va de 8,46 à 9,78 x 3 à 3,50, R va de 2,76 à 3,16), (Fig. 47 B).
Récoltes: LY 11267, Cilaos X; 12256, sur Solanum auriculatum, Maido
11-87; 12393, sur Rubus alcaefolius, Palmistes 11-87; 12722, Cilaos VIII-87.
Ces récoltes appartiennent à la stirpe à leptocystides cylindriques assez
courtes dans laquelle se placent d'assez nombreuses espèces pas toujours fa-
iles à distinguer: a) à spores larges de 5-7um: al- R inférieur à 2: H.
obtusum Erikss. et lapponicum (Litsch.); a2- R égale 2: H. obtusiforme Brikss.
& Strid. b) à spores plus étroites (moins de 5,5um): bl- R compris entre 2
et 3: H. amoenum (Burt), piliseta (Burt) et subdefinitum Erikss. & Strid.; b2-
R supérieur ou égal à 3: H. assimile (Jacks. & Deard.), definitum (Jacks.) et
galactinum Manjon & al. L'étroitesse relative des spores mene à H.
definitum, mais ici les spores sont plus courtes, plus déprimées de profil, les
basides sont aussi plus courtes, les hyphes basales à paroi épaissie, toutes
données qui rendent l'assimilation à H. definitum peu satisfaisante. Aussi
l'appelons-nous aff. definitum.
87- Hyphoderma gigasporum nov. sp., Fig. 48 A.
Jacens, paulo odontioides, sordide album vel isabellinum sub lente
setulosum. Hyphae fibulatae interdum dilatatae. Leptocystidia subcylindrica vel
parum dilatata in summo, 40-75 x. 7-13um, sparsa vel in fasciculis disposita.
Sporae oblongae, 11-15 x 6,5-8um. Holotypus LY 12465.
Source : MNHN, Paris
110 J. BOIDIN et G. GILLES
Figure 48: A- Hyphoderma gigasporum LY 12465, holotype; a- spores du type; b-
spores de 11733; c- cellule élargie du mycélium secondaire. B- Hyphoderma aff.
moniliforme LY 11368; h- hyphes basales avec amas de résine (LY 11385).
Source : MNHN, Paris
HYPHODERMA ET GENRES VOISINS A LA RÉUNION 111
Etalé, mat, bosselé à très finement et irrégulièrement odontioïde, blanc
écru (10 YR 7,5/2) а isabelle terne (7,5 YR 6,5/4) au centre, a marge
amincie plus claire; sous la loupe, l'hyménium apparait discontinu, puis
continu avec sétules incolores ou parfois brunies dans les parties âgées.
En herbier, trés adhérent, alutacé pale à beige chamois (10 YR 8/3,5 à
7,5/4).
Coupe haute de 70-100um, formée des la base d'hyphes verticales
irréguliéres, x 2,5-Sum, à paroi mince, bouclées; des articles peuvent se ren-
fler en tonnelet et atteindre llum de largeur. Leptocystides subcylindriques
obtuses ou faiblement élargies au sommet, 40-75 x 7-13um, à paroi trés min-
ce, les unes incluses, d’autres groupées en faisceux émergents jusqu'à 50um;
elles forment les petits aiguillons visibles sous la loupe. Basidioles ovoides
riches en graisse, élargies à la base puis au sommet qui s'allonge, passant à
des basides trapues un peu étranglées, brusquement rétrécies à la base, 22-40
x 8,5-10-I2um, mais pouvant atteindre 13 ou l4um dans leur moitié
inférieure; elles portent 4 stérigmates et sont riches en graisses. Entre les
basidioles, on peut voir des articles x 4-5um, au contenu homogène. Spores
oblongues de face, à face adaxiale aplatie ou très peu concave, parfois un
peu plus larges dans leur moitié supérieure, au contenu gras se regroupant
en une grosse masse huileuse, uninucléées, lisses, non amyloides, 11-15-(17) x
6,5-8-(9)um ( X = 12,47 à 13,37 x 7,26 à 7,57, R = 1,70 à 1,84).
Récoltes: 11663, Palmistes I; 11733, sur Psidium cattleianum, Palmistes
Il; 12423, Col de Bellevue-87; 12465, holotype, Bébour VI-87.
La culture polysperme ne nous a pas montré de stéphanocystes. Les
Hyphoderma leptocystidiés à grandes spores sont Н. obtusiforme Erikss. &
Strid ap. Erikss. € Ryv. 1975 et H. subclavigerum Larss. $ Hjortst. in
Hjortstam & Larsson (1978). Ce dernier a des spores nettement plus étroites,
cylindriques, parfois cambrées, et des cystides plus longues; H. obtusiforme a
des leptocystides de taille similaire mais ses spores sont plus étroites et deux
fois plus longues que larges.
88- Hyphoderma incrustatissimum nov. sp., Fig. 49 A.
Jacens, subceraceum; albidum vel cinerascens, laeve vel parum gibberosum,
sub lente fulgentibus punctis punctulatum. Hyphae fibulatae, basilares pariete
firmo. Leptocystidia basi dilatata, 50-100 x 10-16,5um et cystidia maxime
incrustata, inclusa, x 7-14-(20)um cum crystallis, pariete. subtenui. Sporae
subcylindricae, 6-9 x 3,5-Sum. Holotypus LY 12843.
Etalé, subcéracé tendre, mince puis plus épais, blanc a blanc grisatre
(2,5 Y 7/0,5 à 7/2) à gris jaunâtre (5 Y 8/3), lisse ou finement bosselé, à
marge atténuée. A x 100, il apparait subporuleux et piqueté de points
brillants.
En herbier, adhérent, blanc jaunâtre, fendillé lorsqu'il est épais.
Coupe haute de (80)-130-200-500um. Sur quelques hyphes couchées, x
2,5-5шт, 4 paroi épaissie (x 0,8 ит), bouclées, se dressent des hyphes
emmélées, x 2,5-4um, distinctes, parfois porteuses de cristaux détersiles, vite
Source : MNHN, Paris
112 J. BOIDIN et G. GILLES
Figure 49: A- Hyphoderma incrustatissimum: spores du type, LY 12843; hyménium
de 11364, avec, à gauche, 2 cystides mûres et à droite une jeune cystide (LY
11740). B- Hyphoderma subsphaerosporum LY 12587, type.
Source : MNHN, Paris
HYPHODERMA ET GENRES VOISINS A LA RÉUNION 113
mélées à de nombreuses et grosses leptocystides (20)-50-70-100 x 10-16,5um
vers leur base puis progressivement rétrécies, obtuses, non ou peu
émergentes. Quelques rares stéphanocystes type praetermissum, c'est-à-dire
en coquetier; la cellule supérieure a un diamètre de 7,5-1lum. N'apparais-
sant pas dés la base et toujours incluses, des cystides peu différenciées mais
trés lourdement incrustées, que l'on pourrait prendre pour des amas allongés
de cristaux larges de 7-14-(20)um; après enlèvement des cristaux раг HCI, el-
les apparaissent comme des hyphes x 4,5-5,5um à paroi un peu épaissie, avec
parfois une cloison sur leur parcours, toutefois les plus superficielles ont en-
core une paroi mince et portent une incrustation plus légère d'abord de gra-
nules détersiles, puis une gainule large de 7-10um. Basides claviformes, 25-30
x 5-6,5um entre lesquelles s'immiscent quelques hyphes étroites, sinueuses,
parfois fourchues. Spores oblongues, de face, cylindriques de profil avec
face adaxiale non ou trés peu déprimée, 6-9-(10) x 3,5-5um, uninucléées, à
paroi lisse non amyloide.
= 7,08 + 0,63 x 3,96 3- 0,20 pour LY 12766; R — 1,79
8,49 + 0,49 x 4,65 + 0,30 pour LY 11740; R=1,83
7,50 + 0,41 x 4,06 + 0,26 pour LY 11369; R= 1,85
7,42 + 0,43 x 3,64 + 0,33 pour LY 12843; R=2,04
ВЕ]
Récoltes: LY 11101, sur souche morte, Jardin botanique de St Denis;
11364 et 11369, Etang-Salé; 11740, Jardin botanique de St. Denis; 12284, sur
légumineuse, Etang-Salé-87; 12766, 12839 et 12843, holotype, Baril 11-87;
12930, sur un tronc, Baril 1-87.
Toutes ces récoltes ont été faites á basse altitude. Cette espéce, par ses
leptocystides en carotte inversée, ses spores et ses stéphanocystes en
coquetier fait partie de la stirpe praetermissum. Son caractére distinctif est
la présence de cystides incluses peu différenciées mais trés lourdement
incrustées; il ne posséde pas non plus les leptocystides superficielles à som-
met faiblement élargi et porteur de quelques cristaux de ce dernier. H.
multicystidiatum Ryv. 1978, récolté au Zaire, montre des cystides faiblement
incrustées sur leur sommet et ne posséde pas de leptocystides incluses "en
carotte”. H. microcystidium Wu (1990) qui a aussi des lamprocystides lour-
dement incrustées, a des leptocystides subcylindriques et surtout des spores
plus grandes: 10-12,5 x 4-4,8um, plus déprimées. La culture 12284 a montré
des stéphanocystes en coquetier type "praetermissum".
89- Hyphoderma magnargillaceum nov. sp., Fig. 45 C1 et 50.
Differt ab. Hyphoderma argillaceo sporis majoribus et latioribus, 8,5-10 x
5,2-6um. Holotypus: 12466.
Etalé, mince, lisse, blanchátre (10 YR 8/1 7,5/1) ou grisátre (N 7/0);
marge similaire. Sous la loupe, poruleux avec sétules émergentes.
En herbier, isabelle pale (7,5 YR 7,5/4); sous la loupe, les soies sont
teintées de brunâtre pâle.
En coupe, trés mince, 50 à 70um sans les cystides émergentes. Fait
d'hyphes bouclées, x 3-Sum, à paroi mince; on voit parfois des files d'articles
renflés en tonnelet. Leptocystides élargies vers la base, puis subcylindriques,
Source : MNHN, Paris
114 J. BOIDIN et G. GILLES
Spores
5900.
AE.
С
— 10 п
Figure 50: Hyphoderma magnargillaceum 11738 et spores du 11567.
obtuses, (35)-95-140 x 11-I5um, a paroi mince, au contenu homogène; elles
peuvent porter des dépóts externes brunátre pále et émerger d'une centaine
de um. Basidioles courtes et larges puis basides souvent bien étranglées à
Source : MNHN, Paris
HYPHODERMA ET GENRES VOISINS A LA RÉUNION 115
mi-hauteur, 18-27 x 6,5-7um au sommet, 8-lOum au tiers inférieur, à 4
stérigmates; elles sont riches en gouttes huileuses. Spores oblongues de face,
à face adaxiale faiblement convexe, plane ou, au contraire légérement
déprimée, à apicule assez large, souvent un peu plus épaisses dans leur
moitié apiculaire, (7,2)-8,5-10-(11) x (4,5)-5.2-6-(6,5)ит, lisses, поп
amyloides, au contenu gras et uninucléé.
LX: x R
12632 8,23+0,50 x 5,023-0,31 1,64
12555 9,01+0,44 x 5,70+0,30 1,58
12466 9,31+0,44 x 5,67+0,18 1,64
11567 9,42+0.47 х 5,74+0,35 1,64
11738 10,07+0,53 x 5,75+0,25 1,75
Récoltes: LY 11567, sur Stoebe passerinoides, Palmistes II; 11738, sur
Psidium cattleianum, Palmistes II; 12466, holotype, Bébour VI-87; 12555 et
12592, Palmistes 11-87; 12632, Cilaos XIII; 14204, sur Cryptomeria japonica,
Bébour 1-90; 14275, sur Solanum auriculatum, Cilaos XII-90.
Cette espéce différe essentiellement d' H. argillaceum par ses spores de
méme forme, mais plus grandes. La culture 12535 a des boucles constantes
et montre des éléments capités couverts de résine brune.
90- Hyphoderma aff. moniliforme (Talbot) Manjon, Moreno & Hjortstam,
Mycologia 33: 261, 1988, Fig. 48B, Corticium moniliforme Talbot, Bothalia 7:
144, fig. 11, 1958.
Etalé, adhérent, mince, lisse, discontinu poruleux à submembraneux,
blanc jaunâtre (10 YR 8/1 à 8/2) ou blanc grisâtre (2,5 Y 8/1), à marge simi-
laire ou plus mince, fragmentée. Même aspect en herbier.
En coupe, épais de 60-80-(200)um avec leptocystides le plus souvent in-
cluses mais émergeant parfois jusqu'à 554m. Il est formé d'hyphes à paroi
mince, x 2,5-4um, láchement emmélées, vite redressées, bouclées. Les boucles
germent souvent en rameau. Très nombreuses gloéocystides ou leptocystides
au contenu homogéne dans la phloxine, subcylindriques, obtuses, assez sou-
vent moniliformes prés du sommet, rarement élargies dans la moitié
inférieure, 40-115 х 5-10ит ou jusqu'à I2,5um si la base est élargie. Ces
cystides sont nues, mais on voit parfois des amas résinoides dans le contexte;
une légére gainule cristalline peut couvrir les hyphes sous-hyméniales et
méme les basidioles. Basides un peu étranglées, 16-27 х 4,5-бит à 4
stérigmates longs de 5-6um. Spores oblongues de face, cylindriques, non ou
à peine déprimées de profil, (7)-8-10-(11,5) x 4-5-(5,S)um. ( X — 7,95x0,71 x
4,06+0,22 pour 12292, R— 1,96; x — 8,42+0,83 x 4,54+0,33 pour 11385;
К = 1,85; х = 9,14-1,00 х 4,66+0,32 роиг 11363; К = 1,96).
Récoltes: LY 11363 et 11368, sur bois au sol, Etang salé; 11385, sur
Lantana camara, Maido I; 12292, sur légumineuse, Etang salé-87.
Source : MNHN. Paris
116 J. BOIDIN et G. GILLES
Trois des quatre récoltes ont été faites en zone mégatherme semi-
xérophile de basse altitude, et la quatriéme un peu plus haut dans le secteur
Est, région déjà touchée par la sécheresse lors de notre séjour de 1990.
Plusieurs Hyphoderma possédent des leptocystides moniliformes: H.
litschaueri (Burt.) Erikss. & Strid en zone tempérée holarctique, H.
inusitatum (Jacks. & Deard.) Ginns, sur Populus en Colombie britannique,
H. pilosum (Burt) Gilb. & Burds, sur coniféres aux Etats-Unis, H.
moniliforme (Talbot) en Afrique du Sud et A. malengonii (Manjon &
Moreno) Manj. et al. sur Abies pinsapo en Espagne. Ce dernier a des spores
nettement plus grandes et plus élancées, alors que H. pilosum et inusitatum
ont, au contraire, des spores plus petites. Notre Hyphoderma rappelle davan-
tage H. litschaueri mais en diffère, cependant, par ses spores plus larges,
moins élancées; la récolte francaise LY 13112, sur Quercus sp., Landes, a, sur
sporée, des spores de 7-9 x 3,3-4um (X = 8,24+0,51 x 3,59+0,18; R=2 30).
Reste H. moniliforme qui a, selon Talbot (1958) des spores semblables: 7,4-10
x 3-4,Sum. Toutefois nous ne pouvons identifier nos récoltes réunionnaises
sans restriction à cette espèce Sud-Africaine qui est dite membraneuse
céracée, épaisse de 450-550um, à hyménium chamois ou biscuit très fendillé
sur sec, à cystides trés moniliformes aux constrictions très marquées, tous
caractères non remarqués sur nos spécimens; nos récoltes seraient-elles trop
jeunes?
La culture polysperme 11280 a montré quelques stéphanocystes rappe-
lant ceux d' H. puberum; on peut regretter de ne pas connaitre, aujourd'hui,
la présence éventuelle de stéphanocystes chez les autres espèces à
leptocystides moniliformes.
91- Hyphoderma nudicephalum Gilberts. & Blackw. Mycotaxon 33: 78, fig. 3,
1988, Fig. 51.
Etalé, trés mince, longtemps discontinu-poruleux, montrant trés tot une
tendance à faire des granules puis de minuscules aiguillons terminés par 1
ou 3 soies; il est blanc, à marge aranéeuse sublisse sur une plus ou moins
grande étendue.
Epais de 100-200um, il montre, à la base, des hyphes très distinctes, lâ-
chement emmélées, x 3,2-5um, à paroi nettement épaissie (jusqu'à lum),
réguliérement bouclées. Quand on s'approche du sous-hyménium, les hyphes
sont plus étroites, x 3-3,5um, et ont des parois minces. Septocystides
bouclées, x 8-10-(11)um, à paroi épaissie jusqu'à 2um sauf vers le sommet
qui est souvent élargi à nettement capité, x 12-16-(21)um et nu, alors que de
nombreux cristaux détersiles sont fixés sur les parois épaissies; elles sont lon-
gues jusqu'à 210um et peuvent émerger de 150um. Les jeunes cystides sont
des leptocystides cylindriques ou élargies et parfois subcapitées au sommet,
avec contenu homogène; sans cloisons au départ, celles-ci apparaissent tan-
dis que la cystide s'allonge et émerge. On voit aussi de petites cystides plus
gréles, x 4-5um, qui dans leur partie émergente sont couvertes d'un trés léger
dépót de cristaux. Basides utriformes ou claviformes avec étranglement au
tiers ou au quart supérieur, de longueur variable, (18)-23-30-(42) x 5,2-6,5um
au sommet qui porte exceptionnellement 2, le plus souvent 4 stérigmates.
Source : MNHN, Paris
HYPHODERMA ET GENRES VOISINS A LA RÉUNION 117
— 10 um
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Spores
Figure 51: Hyphoderma nudicephalum LY 11734, et, à droite, une cystide trés capitée
de 11720.
Spores cylindriques faiblement déprimées, (7)-8-10-(11,5) x 3-4,5um au conte-
nu gras, à paroi lisse, non amyloide; x va de 8,14 à 10,58 x 3,44 à 3,90um.
Récoltes: LY 11296, sur Philippia sp., sous Cilaos XIII; 11439, sur
Solanum auriculatum, Maido I; 11570, sur Stoebe passerinoides, Palmistes II;
11726, sur Philippia sp., Palmistes II; 11697, sur Senecio ambavilla, Bébour V;
Source : MNHN, Paris
118 J. BOIDIN et G. GILLES
11704, 11720 et 11721, sur Hypericum sp., Bébour IV; 11707 et 11718, sur
pétioles d'Histiopteris incisa (Filicinae), Bébour IV; 11734 et 11737, sur
Psidium cattleianum, Palmistes Il; 11811, Maido II, octobre 1985, leg. Y.
Chamard; 12316, sur grosse branche au sol, St. Gilles 11-87; 12464, sur bran-
che surélevée, Bébour VI-87; 12671, Cilaos XI-87; 14163, sur Sophora
denudata, Nez-de-Boeuf-90.
Cette espèce ne diffère du A. setigerum (Fr.) Donk que par ses cystides
au sommet capité. H. setigerum en Europe est selon nous (Boidin &
Lanquetin 1984, p. 228) un agrégat, c'est-à-dire un ensemble d'espèces
jumelles. Ont été rencontrées des lignées hétérothalles bipolaires et d’autres
homothalles. Une étude approfondie reste à faire pour savoir si ces espèces
jumelles sont reconnaissables morphologiquement; il existe, en effet, des H.
setigerum lisses, d'autres odontioïdes, certains à hyphes basales à paroi min-
ce, d'autres à paroi sensiblement épaissie (0,8-lum dans KOH-Phloxine). H.
nudicephalum est du type subodontioide à hyphes inférieures à paroi épaissie;
décrit d'Amérique (Louisiane, Texas) cet Hyphoderma aurait donc une large
répartition !
92- Hyphoderma odontiaeforme Boid. & Berthet ap. Berthet & Boid., Cah.
Maboké 4: 43, fig. 7, 1966. Odontia mucronata Furukawa, Bull. Gov. Exp. St.
Tokyo 261: 42, fig, 34-35, 1974. Hyphoderma mucronatum (Furuk.) Wu, Acta
Bot. Fenn. 142: 75, fig. 47-48, 1990.
Etalé, étendu, adhérent, poruleux prés de la marge puis continu, blanc
puis crème (5 Y 8/4), chamois clair (2,5 Y 8,5/6), couvert de granules
irréguliers, puis odontioïde à aiguillons hérissés ou composites; marge pro-
gressivement amincie.
En herbier, méme aspect, chamois clair (2,5 Y 8,5/6 à 8/6 au centre)
avec marge plus pále, trés généralement adhérent mais parfois à marge
décollée, enroulée. Il est fragile à la coupe.
Coupe haute de 200-350um entre les granules hauts de 400 x
150-200um, coniques ou cylindriques, parfois fourchus et tout encombrés
d'amas de cristaux. Sur une couche d'hyphes horizontales serrées, collapsées,
à paroi souvent épaissie, haute de 50um environ, les hyphes se redressent et
s'y mêlent des gloéocystides renflées à la base, x 8-154m puis rétrécies, enfin
subcylindriques obtuses, immerses ou émergeant faiblement de 10-15p~m; el-
les sont longues de 35-90um et ont un contenu dense et portent
généralement un petit mucron réfringent long de 2um environ au sommet.
Entre elles les hyphes sont peu distinctes, à paroi mince à nettement
épaissie, trés ramifiées, bouclées. Axe des aiguillons formé d'un faisceau
d'hyphes hyalines à paroi trés épaisse, x 4-6 jim, à lumen de l'ordre du um
dans KOH-Phloxine. Basides trapues, cylindriques courtes ou un peu
étranglées, 14-18-(24) x 6,5-8um, la largeur maximale peut se situer un peu
sous leur sommet; leur contenu est guttulé, réfringent; elles portent 4
stérigmates. Spores cylindriques faiblement déprimées, 7,8-9 x 3,8-4,5um,
grasses, uninucléées, lisses, non amyloïdes. ( X = 8,29+0,43 x 4,13+0,18
pour 11668; 8,35+0,59 x 4,16+0,26 pour 14357; R — 2,01), (Fig. 52 A).
Source : MNHN, Paris
HYPHODERMA ET GENRES VOISINS A LA RÉUNION 119
Figure 52: A- Hyphoderma odontiaeforme LY 11668; cystide de droite et
stéphanocyste de 1651. B- Hyphoderma puberum LY 11243: spores, coupe de
lhyménium avec une jeune cystide émergente, lampro- et leptocystides
immerses; a droite, une cystide débarrassée des cristaux (LY 12899).
Source : MNHN, Paris
120 J. BOIDIN et G. GILLES
Certaines récoltes montrent des stéphanocystes en coquetier du type
praetermissum, stéphanocystes trés faciles à observer dans les cultures.
Récoltes: 11651 et 11668, sur bois mort, St Philippe; 12439, Palmistes
1V-87; 12451, Palmistes 111-87; 12775 et 12842, Baril 11-87; 12867, Baril
111-87; 12838 её 12938, Baril 1-87; 12947, Anse des Cascades-87; 14357, Puits
Arabe-90; 14409, Baril 1V-90; 14425 sur Schinus terebinthifolius et 14426,
Takamaka-90.
Le type est originaire du Cameroun. Hjortstam & Ryvarden (1980)
suggérent une synonymie possible avec l'Odontia rudis Bres. 1920 du Brésil,
c'est-à-dire Hyphoderma rude (Bres.) Hjortst. & Ryv. Les basides plus courtes
et les spores plus étroites et un peu déprimées des récoltes africaines et
réunionnaises, ainsi que l'éloignement géographique nous incitent à la pru-
dence, mais ces 2 espèces sont pour le moins étroitement apparentées. Par
contre, l'Odontia mucronata Furuk., bien décrit par Wu (1990) qui le place, à
juste titre, dans le genre Hyphoderma a les mémes spores, les mémes basides
courtes, les mémes leptocystides mucronées qu'H. odontiaeforme. Toutefois
les mucrons n'avaient pas été signalés dans la diagnose originale de ce der-
nier. Recherchés sur le type camerounais, ils sont beaucoup moins évidents
que sur le matériel réunionnais récent, mais un petit nombre de mucrons à
pu. cependant, étre observé. Existeraient-ils aussi sur les leptocystides
d'Odontia rudis?
93- Hyphoderma wltrasp. praetermissum (Karst.) Erikss. & Strid. ap. Erikss.
& Ryv., Cortic. N. Europe 3: 505, fig. 229-234, 1975. Corticium praetermissum
Karst., Bidragg Kännedom Finlands Natur Folk 48: 423, 1889.
Nous ne redécrirons pas cette espèce commune en Europe et qui est
caractérisée par ses grandes gloéocystides incluses à base élargie, puis pro-
gressivement atténuées, au contenu réfringent, ses leptocystides émergentes
au sommet un peu élargi et porteur de légers dépôts cristallins ou résinoides,
ses spores faiblement déprimées, (7,2)-8-9,5-(11) x 3,8-5,2um, au contenu
gras, et ses stéphanocystes bicellulaires en coquetier. Il s'agit, en fait, d'une
espèce collective. Nous avons montré (Boidin, 1950) qu'un lot de récoltes
françaises, essentiellement de Haute-Savoie, se répartissaient en 3 groupes
interincompatibles; on parlerait aujourd'hui de 3 espèces biologiques.
Qu'adviendra-t-il le jour oü une collaboration internationale permettra de
croiser des récoltes des différentes zones climatiques du globe?
Voici quelques mesures de spores sur sporées (n= 30):
LY x R
12539 7,59+0,48 x 4,22+0,29 1,80
11566 8,46+0,46 x 4,13+0,23 2,05
11403 8,59+0,48 x 4,50+0,27 1,91
11496 8,63+40,90 x 4,42+0,27 1,95
12524 8,7640,86 x 4,50+0,28 1,95
12610 8,8440,70 x 4,60+0,28 1,92
11449 9,33+0,65 х 4,90+0,34 1,90
Source : MNHN, Paris
HYPHODERMA ET GENRES VOISINS A LA RÉUNION 121
Récoltes: 11248, Cilaos X; 11403, sur Nastus borbonicus, Maido Il;
11449, sur Ulex europaeus (?), Maido III; 11496, sur. Psidium cattleianum (?),
Bébour Il; 11566, sur bois au sol, Palmistes 11; 12452, Palmistes III-87;
12524, Textor-87; 12539, sur Stoebe passerinoides, Textor-87; 12610, Cilaos
XII-87; 14192, Bébour 1-90; 14287, Cilaos X1-90,
94- Hyphoderma puberum (Fr.) Wallr. Fl. Crypt. Germ. 576, 1833; Eriksson
& Ryvarden, Cortic. N. Europe 3: 513, fig. 235-238, 1975, Fig. 52 B.
Nous ne redécrirons pas cette espéce bien connue en Europe. Rappe-
lons qu'elle montre à la fois des gloéocystides à paroi mince, pouvant tra-
verser tout le basidiome et souvent plus larges vers la base, et surtout des
métuloides immerses ou émergents, longuement coniques, à paroi épaisse et
trés fortement incrustée; en surface, ils peuvent étre immatures donc à paroi
encore mince et seulement sablée de petits cristaux. Les spores, uninucléées,
subcylindriques, faiblement déprimées mesurent 7-9,5-(11) x 3,5-5um. X va
de 7,92+0,46 x 4,29+0,30 pour LY 11231 a 8,89+0,76 x 4,21+0,27 pour
11243; R=1,85 a 2,11. Toutefois 12321 a des spores un peu plus élancées:
9,2740,73 x 3,91+0,22, R=2,37.
Récoltes: LY 11231, Cilaos XII; 11243, sur Fuchsia boliviana, Cilaos XI;
11286, 11303 et 11312, sur Pines pinaster, Cilaos XII; 12306, 12308 et 12311,
sur Pithecellobium dulce, La Saline-les-Bains-87; 12321, sur tronc tombé, et
12324, sur gros bois mort, St Gilles 11-87; 12679, Cilaos XI-87; 12899, sur
branche au sol, N.D. de la Paix 11-87; 14058 et 14060, St. Gilles 1-90.
La seule différence avec les récoltes européennes est la richesse en
gloéocystides, et l'aspect un peu subodontioide des spécimens développés.
Toutefois les récoltes 11243, 11286, 12308 et 14060 nous ont montré, en
cultures polyspermes, les stéphanocystes du type H. puberum. Enfin, les
monospermes du 14060 ont dicaryotisé ceux de 10225, récolte francaise faite
sur Salix sp. à St. Bernard (Ain).
95- Hyphoderma scaevolae nov. sp. Fig. 53 A.
Jacens; adhaerens; roseo-album; sub lente granulis brunneis et setulis
hyalinam guttam ferentibus. Hyphae fibulatae. Leptocystidia subcylindrica,
35-60-(80) x 5-6um summo capitato 6-9um, emergentia; in herbario brunnea
deposita ferentia. Basidia 50-85 x 9-12um. Sporae melongeniformes, 17,5-23 x
6,3-Sum. In Scaevola taccada, in litore. Holotypus LY 12804.
Etalé, adhérent, trés mince, orbiculaire puis largement confluent, blan-
chatre lavé de beige rosátre (7,5 YR 7/2 à 5 YR 8/2) avec étroite bordure
plus blanche et marge brusque ou étroitement fibrilleuse. A x100, on voit
des éléments émergents terminés par une goutte hyaline, et des granules
bruns inclus ou superficiels.
En herbier, aride, crayeux, blanc sale; à x 100, surface irrégulière,
grumeleuse, avec petits grains bruns.
Coupe haute de 50-80um avec nombreux dépôts, les uns de petits cris-
taux hyalins, d'autres résinoides bruns. Hyphes basales subparalléles puis
emmélées, peu distinctes, étroites, x 2-2,5-(3)um, à paroi mince ou submince,
Source : MNHN, Paris
122 J. BOIDIN et G. GILLES
Figure 53: A- Hyphoderma scaevolae, holotype LY 12804; B- Hyphoderma sp. 14312:
spores, basides et sommet d’un granule avec leptocystides en faisceau.
Source : MNHN, Paris
HYPHODERMA ET GENRES VOISINS A LA RÉUNION 123
bouclées. Hyphes sous-hyméniales irrégulières. Leptocystides subcylindriques
à sommet capité, 35-60-(80) x 5-6um, à paroi mince; le bouton terminale a
de 6 à 9um de diamétre; elles peuvent émerger de 30um et sont souvent cou-
vertes de dépóts résinoides bruns. Basidioles souvent subfusiformes obtuses,
au contenu guttulé gras, passant à des basides subcylindriques irrégulières,
parfois étranglées au tiers inférieur, 50-85 x 9-l2um, bouclées, à 4
stérigmates. Entre les basidioles, on peut voir des hyphes grêles parfois
ramifiées. Grandes spores en aubergine avec apicule oblique sur les vues de
profil, 17,5-23 x 6,3-8-(9)um (х = 20,09+1,17 х 6,87+0,35 pour LY 12804),
au contenu gras, à paroi lisse, non amyloïde; elles commencent à germer très
tôt, durant les premières heures de la mise en sporulation.
Récoltes: LY 12804 holotype, 12919, 12921, 12924, Cap Méchant-87;
12931, 12932 et 12936, Baril 1-87; 14246, Puits Arabe-90; 14365, Cap
Méchant-90; 14394, 14395, 14396 et 14397, Baril 1-90; 14452, Vincendo-90.
Toutes ces récoltes ont été faites en bord de mer sur branches mortes en pla-
ce de Scaevola taccada (Goodenoviée).
Récolté sec, il est facile à remouiller et sporule rapidement. Par son
aridité, ses hyphes peu distinctes, il peut sembler un membre marginal du
genre Hyphoderma; toutefois les spores et basides riches en graisses comme
chez tous les représentants du genre, les dépóts résinoides bruns connus chez
plusieurs d'entre eux, nous incitent à le placer dans ce genre. Comme H.
capitatum Erikss. & Strid et H. orphanellum (Bourd. & Galz.) Donk, il mon-
tre un seul type de leptocystides à sommet capité. Il diffère de ces deux
espèces par la taille et la forme de ses spores; en outre, H. capitatum est
dépourvu de boucles, et H. orphanellum posséde de petits éléments incrustés.
La culture polysperme du 12804 posséde des boucles constantes, des
hyphes engainées de cristaux et forme des éléments capités enrobés de résine
brune.
96- Hyphoderma subsphaerosporum nov. sp., Fig. 49 B.
Jacens; tenuissimum; albidum. Hyphae fibulatae. Leptocystidia cylindrica
vel claviformia, 25-50 x 7,5-10,Sum. Basidia brevia, 22-32 x 9-10,5um. Sporae
subglobosae, 8,5-10,3 x 7,5-8,5um pariete laevi haud cyanophilo. Holotypus LY
12587.
En herbier, étalé, très mince, blanchâtre, finement poruleux sous la lou-
pe, à marge similaire.
En coupe, haut de 50-60um avec quelques hyphes basales laches, x
3-4um, à paroi mince, bouclées, passant à des hyphes sous-hyméniales plus
serrées, x 3,5-7um, peu régulières, aux articles souvent courts. Leptocystides
non ou peu émergentes de 10-15um, cylindriques ou claviformes, rarement
légèrement capitées, surtout reconnaissables à leur contenu très homogène,
25-50 x 7,5-10,5um. Basidioles ovoïdes riches en gouttes graisseuses passant
à des basides trapues, 22-32 x 9-10,5um, le plus souvent faiblement
étranglées, portées par des articles beaucoup plus étroits qu'elles; elles ont 4
stérigmates. Spores subglobuleuses, (8)-8,5-10,3 x 7,5-8,5-(9,5)um ( x =
Source ` MNHN Paris
124 J. BOIDIN et G. GILLES
9,24+0,50 x 7,98+0,43, R 1,16) а paroi lisse non amyloide ni cyanophile,
au contenu gras.
Récolte: LY 12587, holotypz, Bébour VII-87.
Cette espèce aux leptocystides courtes est bien reconnaissable à ses
spores subisodiamétriques. l'espéce la plus proche est H. orphanellum
(Bourd. & Galz) Donk, qui différe nettement par ses Spores moins
subsphériques, ses leptocystides très nettement capitées, ses hyphes termi-
nales incrustées (voir Eriksson & Ryvarden 1975, p. 499, fig. 225-226). C'est
pourquoi nous nous permettrons de décrire cette nouvelle espéce sur une
seule récolte.
97- Hyphoderma sp. 14312, Fig. 53 B.
Etalé à marge poudreuse, puis poruleux, enfin grandinioide, trés mince,
blanc.
Coupe trés mince entre les granules, 40-50um, et tout encombrée de pe-
tits cristaux cachant les hyphes. Hyphes x 2,5-4um, à paroi trés mince,
bouclées, vite redressées. Leptocystides le plus souvent cylindriques étroites,
33-60 x 4-Gum, à paroi mince, parfois très légèrement élargies au sommet;
dispersées dans ’hyménium, elles sont groupées en touffe au sommet des ai-
guillons: en outre de rares leptocystides nettement claviformes, x 10-13um.
Basidioles d'abord ovoides, toutes couvertes de petits cristaux, portées par
des articles courts 7-9 x 3,5-4um. Basides courtes, un peu étranglées, à base
souvent brusquement rétrécie, 13-20-(24) x 6,5-7,54m a 4 stérigmates. Spores
oblongues de face, non ou a peine déprimées de profil, parfois un peu plus
larges dans la moitié supérieure, 8-11 x 4,5-5,24m, riches en graisses, à paroi
mince non amyloide ( X = 9,46+0,70 x 4,79+0,21, R 1,97).
Récolte: LY 14312, sur branche au sol, Cilaos IX-90.
Par leur rapport longueur sur épaisseur, et leur forme, les spores de
14312 se rapprochent de celles de H. obtusiforme Erikss. & Strid, mais elles
sont ici sensiblement plus petites; pour H. obtusiforme, Eriksson & Ryvarden
(1975) notent 10-14 x 5-7um. Ce sont les tailles mesurées sur plusieurs
récoltes frangaises faites sur pins dans la Loire atlantique, les Landes et le
Var pour lesquelles R varie de 1,89 à 2,02.
On sait qu'en régions chaudes, les spores sont souvent de taille
inférieure à celles mesurées sur des récoltes de régions plus froides. Cepen-
dant les basides plus trapues et grêlées de cristaux, le basidiome grandinioide
ne nous autorisent pas à identifier notre récolte à l'espéce européenne.
B- Le genre HYPHODERMOPSIS Jülich,
Int. J. Mycol. Lichenol. 1: 28, 1982.
98- Hyphodermopsis polonensis (Bres.) Jülich, loc. cit., Fig. 54 P. Kneiffia
polonensis Bres. Ann. Mycol. 1: 103, 1903. Peniophora polonensis (Bres.)
Hoehn. & Litsch. Ann, Mycol. 4: 292, 1906. Hyphoderma polonense (Bres.)
Donk, Fungus 27: 15, 1957. Hypochnicium polonense (Bres.) Strid,
Source - MNHN. Paris
HYPHODERMA ET GENRES VOISINS A LA RÉUNION 125
Figure 54: P- Spores d'Hyphodermopsis polonensis 14208. — C- Chrysoderma
alboluteum LY 11373 et s, spores de 11356.
Wahlenbergia 1: 68, 1975; Erikss. & al., Cortic. N. Europe 4: 717, fig. 352 a
354, 1976.
Source : MNHN, Paris
126 J. BOIDIN et G. GILLES
En petites touffes séparées, puis confluent, membranuleux, détachable,
blanc de craie, sétuleux sous la loupe.
En herbier, adhérent, blanc sale, poruleux sous la loupe et subaranéeux
dans les parties plus minces et à la marge.
Hyphes distinctes, x 4-5,5um, bouclées, ramifiées à angle droit; les bou-
cles germent souvent en rameau. Les hyphes du sous-hyménium ont une pa-
roi mince, mais les hyphes profondes se ramifiant pour donner les
septocystides ont des parois épaisses d'environ lum dans le Bleu de Crésyl,
et sont cyanophiles. Grandes septocystides bouclées, 50-300 x 10-12-(14)um;
elles peuvent émerger jusqu'à 1404m, ont une paroi épaissie (0,6-1um),
cyanophile, longuement engainée d'une couche de cristaux. Basides
utriformes, 14-18 x 4-5-6um à 4 stérigmates. Spores subovoides, 5,2-7,2 x
4.2-5,Jum à paroi lisse, un peu ferme et cyanophile ainsi qu'un peu
métachromatique ( X — 6,353-0,49 x 4,943-0,40, R = 1,29).
Récolte: LY 14208, sur écorce d'une grosse branche au sol, Bébour
1-90.
La littérature européenne donne pour cette espéce des mesures
sporiques différentes de celles indiquées ici. Bourdot & Galzin (1928) notent:
7-9 x 5-6um; Eriksson et al. (1976, et fig. 352 à 354): 7-8-(12) х (3,5)-4-6-(7)
um, c'est-à-dire que les spores seraient à la fois plus grandes et plus
allongées (rapport longueur sur épaisseur vers 1,5).
Nous avons voulu vérifier cela sur les sporées de récoltes frangaises:
LY 10045, sur feuillu, Anse (Rhône), 2 nov. 1982; 12090, sur Salix
atrocinerea, forêt d'Oloron (Pyrén. atl.), 5 oct. 1986; 13040, sur feuillu très
dégradé, St. Avit (Landes), 8 sept. 1987. Nous avons vu des spores de 5-6,5
x 3,8-4,8um; pour 12090, x = 5,86+0,40 x 4,20+0,14, R= 1,40. Les spores de
notre unique récolte réunionnaise sont certes encore plus trapues, plus pro-
che de l'isodiamétrie, mais cela nous semble insuffisant pour proposer une
espèce distincte.
C- Le genre CHRYSODERMA nov. gen.
Jacens, membranaceum subceraceum, exsiccescens corneum et rimosum.
Hymenium aureum іп subiculo albo ad marginem extenso. Monomiticum.
Hyphae basilares pariete palo incrassato, fibulatae. Cystidia desunt. Basidia
longissime claviformia. Sporae magnae, pariete levi, haud amyloideo, in massa
aurantiaco-flavae. Typus Chrysoderma alboluteum n. sp.
Etalé, membraneux céracé, corné en séchant; hyménium jaune sur
subiculum blanc débordant à la marge. Hyphes basales à paroi épaissie,
bouclées. Pas de cystides. Basides trés longuement claviformes. Spores gran-
des (plus de 10um) à paroi lisse, non amyloide, jaune-orangé en masse. Type
Chrysoderma alboluteum n. sp.
Source : MNHN, Paris
HYPHODERMA ET GENRES VOISINS A LA RÉUNION 127
99- Chrysoderma alboluteum nov. sp., Fig. 54 C.
Membranaceum subceraceum, aureum. vel olivaceo-luteum, margine alba;
firmum, corneum et rimosum in sicco. Hyphae fibulatae. Cystidia nulla. Basidia
longa, 72-110 x 7-10um. Sporae cylindricae suballantoideae, 12-16,5 x 4-5.5um,
binucleatae, in massa aurantiaco-luteae. Holotypus LY 14412.
Etalé, membraneux subcéracé, assez solide, jaune doré (10 YR 8/6 a
7/6) à olivatre imbu (5 Y 5,5/3 6/3 ou 6/4); marge cotonneuse blanche avec
bord extréme villeux.
En herbier, rigescent, corné, souvent fendillé et parfois à bords
enroulés, jaune franc (2,5 Y 8/8) à chamois vif (10 YR 7/8) ou cannelle vif
(7,5 YR 6/8) laissant voir à la marge et dans les crevasses le subiculum blanc
рае.
En coupe, 150-360um avec contexte blanc spongieux et hyménium un
peu rigescent. A la base, les hyphes larges de 2-5jm ont une paroi ferme à
épaissie dans KOH-Phloxine, sont hyalines, réguliéres et bouclées; les ra-
meaux naissent souvent sur les boucles. Les hyphes d'abord plus ou moins
horizontales prés du substrat ont ensuite une disposition confuse. Dans les
parties minces, on passe à un hyménium dense formé de longues basidioles
claviformes, et de basides (60)-72-110 x 7-10um à 3 ou 4 stérigmates longs de
бит environ; ces dernières émergent faiblement de 5-12um et ont un conte-
nu riche: leur paroi peut être sensiblement épaissie dans leur moitié
inférieure. Dans les parties ou les spécimens épais, des hyphes dressées assez
distinctes on passe à des hyphes peu distinctes, à paroi mince, mélées à des
basides flétries et des amas huileux; de gros cristaux de 15-20um de diamètre
peuvent s’accumuler à mi-hauteur. Spores cylindriques un peu déprimées,
12-16,5 x 4-5,5-(6)um à paroi lisse, non amyloide ( X 13,96+0,80 х
4,60+0,28, R=3,01 pour 11373; 14,57+1,16 x 5,13+0,41, R=2,84 pour
11356; x = 12,83+0,81 x 4,41+0,35, R=2,91 pour 14416). Les spores en
masse sont nettement colorées de jaune orangé (10 YR 8/6); elles sont
binucléées. Sous le microscope leur paroi apparait jaune pale.
Récoltes: LY 11356, sur souche coupée, en partie vivante de Casuarina
equisetifolia, en bordure de mer, St. Gilles I; 11373 et 11379, St. Gilles I;
12322, St. Gilles 11-87; 14412, holotype, Anse des Cascades-90; 14416, Vierge
au Parasol-90; 14477, Baril 11-90.
Les spores jaune orangé vif en masse, l'absence de cystides sont des
caractéres que nous n'avons pas reconnus dans la littérature consacrée aux
Homobasidiés corticioïdes, c'est pourquoi nous avons dû créer un nouveau
genre; son nom veut souligner la vive couleur de la surface hyméniale.
La description de Corticium armeniacum Sacc. que donne Talbot (1951
p.16 pl. 8) peut laisser supposer une certaine ressemblance; toutefois la taille
des stérigmates, la forme plus ellipsoïde des spores et surtout ce qui est dit
des boucles: “when present, are quite numerous and frequently in whorls,
sometimes absent” ne correspond pas a ce que nous avons observé sur notre
espéce.
Source : MNHN, Paris
128 J. BOIDIN et G. GILLES
La culture polysperme de 11356 est à boucles constantes et ne montre
pas de différenciations remarquables.
Il est toujours difficile de proposer un genre nouveau pour une seule
espéce, nouvelle elle aussi. Si le genre Chrysoderma a des basides et des
spores grandes et riches en gouttes huileuses comme les Hyphoderma, il
diffère par sa texture, sa rigescence, ses basides très allongées, ses hyphes
régulières en culture, et surtout la vive coloration de ses sporées. Si l'on re-
trouve chez Flavophlebia (Parm.) Larss. & Hjortst. (Hjortstam & Larsson,
1977) quelques caractères communs avec Chrysoderma — alboluteum:
basidiome jaunátre à ocracé, céracé subgélatineux puis fendillé en séchant,
aucun auteur ne signale de sporées colorées. En outre, Flavophlebia se distin-
gue par la présence de leptocystides, des spores courtes, des basides 3 ou
méme 4 fois plus bréves...
D- Le genre CRUSTODERMA Parm., Consp. System. Cortic. 87, 1968.
100- Crustoderma borbonicum nov. sp., Fig. 55.
Jacens, membranaceum subceraceum, alutaceo-cremea, margine pallidiore;
sub lente setulosum. Hyphae infernae pariete incrassato, fibulatae. Cystidia
longa et cylindrica, 70-320 x 5-ПІ-(15)рт. 5рогае ellipsoideae vel
subeylindricae, 5,5-8 x 2,5-31m, binucleatae. Mycelium gaiacol non reagens.
Holotypus LY 12503.
Etalé, membranuleux, assez adhérent, un peu subcéracé, créme alutacé
pale (10 YR 8/1 à 8/4), avec marge atténuée blanchátre, parfois aranéeuse.
Sous la loupe, velouté sétuleux; à x100, les cystides émergentes portent une
grosse goutte résineuse hyaline.
En herbier, écru à beige chamois (10 YR 8/3,5 à 7/4 ou méme 7/5).
Coupes hautes de 100 à 200um. Les hyphes basales posées sur le
substratum puis rapidement redressées, láches, sont larges de 3,5-5um et à
paroi nettement épaisse (souvent lum parfois 2um dans la Phloxine),
bouclées. Les hyphes restent à paroi épaisse jusqu'au pied des basides.
Cystides trés longues, cylindriques ou un peu plus larges dans le tiers
supérieur ou dans la partie émergente qui est à paroi de plus en plus mince,
alors qu'elle est trés nettement épaissie dans les deux tiers inférieurs; elles
mesurent 70-130-250-(320) x 5-11-(15)um, peuvent émerger de 60-100um, et
apparaissent nues dans KOH; leur contenu est homogène; elles montrent
parfois un sommet vide avec | ou plusieurs cloisons de retrait. Basides
subcylindriques, 22-25 x 4,5-5,5um, bouclées, à 4 stérigmates, à paroi un peu
épaissie à leur base. Spores ellipsoides droites à subcylindriques trés peu
déprimées, 5,5-8 x 2,5-3um, à paroi lisse non amyloïde, au contenu binucléé
non gras (X = 6,46+0,69 x 2,74+0,16, R= 2,36, pour le type).
Récoltes: LY 12503, holotype, sur grosse branche au sol, Palmistes
1-87; 12559, sur Acacia sp., Palmistes 11-87.
Créé pour une seule espéce, le Corticium dryinum Berk. & Curt., ce gen-
re s'est ensuite enrichi par créations d'espéces et par transferts d'espéces
Source: MNHN, Paris
HYPHODERMA ET GENRES VOISINS A LA RÉUNION 129
Figure 55: Crustoderma borbonicum, holotype LY 12503: le sommet dela cystide de
gauche est à raccorder avec sa base à l'extrême droite (signes x); h, hyphes du
contexte.
Source : MNHN, Paris
130 J. BOIDIN et G. GILLES
placées dans le genre Peniophora sensu lato, Hyphoderma où même Phlebia
(voir Nakasone, 1985). Parmasto soulignait comme caractères principaux, les
hyphes à paroi épaissie, bouclées, les cystides cylindriques à paroi épaissie
dans leur partie inférieure, non incrustées... Nakasone & Gilbertson (1982)
insistent sur la pourriture rouge ou cubique que les représentants de ce genre
provoquent, caractère qui va de pair avec l'absence de laccase, mais Eriksson
& Ryvarden (1975) ajoutent la cyanophilie des parois sporiques. Pas plus
que Nakasone et Gilbertson, nous n'avons noté cette derniére particularité.
Notre espéce différe de C. dryinum qui a, comme lui, des spores binucléées
de taille assez semblable, par sa couleur plus pâle, ses hyphes hyalines dis-
tinctes non agglutinées, ses cystides plus grandes et surtout plus larges.
L'image que donne G.H. Cunningham (1963 fig. 18 p. 61) de son Corticium
patricium rappelle notre espèce; aussi avons-nous étudié deux spécimens néo-
zélandais de ce dernier (PDD 12950 et 37800). Les basides et les spores sont
deux fois plus grandes, très grasses; les cystides sont à paroi beaucoup plus
mince (au plus 0,5um); les hyphes sont piquetées de cristaux. Cette espèce à
été placée dans le genre Crustoderma par Nakasone (1984, 1985), mais
identifiée à Hyphoderma assimile (Jacks. & Dears.) Donk, par Stalpers (1985).
Des autres espèces de Crustoderma, c'est de Cr. nakasoneae Gilb. & Blackw.
(1988) qu'il est le plus proche par la taille des spores, mais ce dernier a des
cystides nettement plus courtes à sommet souvent élargi, des hyphes sous-
hyméniales à paroi mince..., et croît sur conifères en Louisiane.
La culture polysperme de 12503 remplit la boîte de Pétri en 4 semaines,
a des boucles constantes, montre des hyphes à paroi épaisse, des bulbilles,
des hyphes engainées de cristaux, et forme des chlamydospores 13-25 x
8-I7um; elle est dépourvue de laccase (gaïacol négative).
Remerciements: ils s'adressent à J.C. Léger qui nous a fait profiter, une fois en-
core, de sa connaissance de la langue latine.
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MECANISMES POTENTIELS REGISSANT LE CONTROLE
BIOLOGIQUE DES AGENTS PHYTOPATHOGENES
SY A.A.(1), ALBERTINI L. (1), MOLETTI M. (2) et HAMANT C1.(3)
(1) Laboratoire de Cytologie et de Pathologie
végétales, ENSAT, 145 avenue de Muret, 31076
Toulouse Cedex, France
(2) Centro di Ricerche sul Riso, P. zza Martiri della
Liberta 31, Casella Postale 99, 27036 Mortara (PV),
Italia
(3) Bellevue, 56360 Le Palais, France
RÉSUMÉ - Conjointement à nos travaux sur les mécanismes régissant le contróle
biologique de Pyricularia oryzae Cav., nous avons dressé un bilan de l'état des re-
cherches concernant les mécanismes impliqués dans le contróle biologique des agents
phytopathogènes. En dépit de la densité des informations recueillies, force nous a été
cependant de constater l'imprécision, voire l'ambiguïté d'une terminologie abondante
mais d'exploitation souvent difficile, en raison notamment de démarches
expérimentales et/ou spéculatives sectorielles et par trop "délimitées". A l'issue de
cette prospection bibliographique exhaustive et fort de notre expérience spécifique
nous proposons un schéma de synthése qui nous parait mieux intégrer (en terme
d'interactions) l'ensemble des composantes de l'espace pathologique en vue d'une
meilleure appréhension des "mécanismes impliqués dans le contrôle biologique des
agent phytopathogénes”. Cette redéfinition des “concepts usuels” (antagonismes par
hypovirulence, antagonisme par prédation, antagonisme de type biochimique, anta-
gonisme par compétition, autres mécanismes) posséde le double avantage de
matérialiser le phénomène d'i antagonisme et d'en restituer le mécanisme prééminent
(ou exclusif) par lequel il s'exprime.
ABSTRACT - In parallel to our own investigations on the mechanisms involved in
the biological control of Pyricularia oryzae Cav., a worldwide survey of the investi-
gations relative to the mechanisms characterized in the biological control of phytopa-
thogenic agents was carried out. In spite of the abundance of the data collected,
their utilization proved to be difficult as a result of the varied and unprecise termi-
nology. The literature survey and our own specific experience were used for putting
forward an overall scheme which tries to integrate the whole of the components of
the pathological space and thus allows a better approach of the mechanisms involved
in the biological control of phytopathogens.
MOTS CLÉS : Lutte biologique, Antagonisme, Mécanismes en lutte biologique, Es-
pace pathologique.
Source : MNHN, Paris
134 SY et al.
INTRODUCTION
A l'importance considérable des acquis des recherches sur les
mécanismes impliqués dans le contrôle biologique des agents
phytopathogènes, force nous est d'opposer l'imprécision et parfois
lambiguité d'une terminologie abondante sous-tendue par une démarche
expérimentale et/ou spéculative sectorielle et par trop “délimitée”.
La redéfinition globale de la terminologie consacrée constitue la sub-
stance de la présente publication. C'est dans ce cadre de précision des
"concepts usuels" que devra s'intégrer notre prochaine publication sur "Les
mécanismes régissant le contróle biologique de Pyricularia oryzae Cav.".
Dans la suite de la présente publication, la primauté sera accordée à la
description des mécanismes impliqués en lutte biologique contre les agents
phytopathogènes; cependant, nous ne manquerons pas de fournir en annexe
(annexe 1) quelques illustrations de type épidémiologique afin de
matérialiser l'importance des facteurs de l’environnement.
Les mécanismes décrits par la plupart des auteurs (y compris nous-
même) se réfèrent à des recherches in vitro (ex: Sy, 1987); en conséquence, les
spéculations scientifiques générées par de telles investigations ne permettent
pas -en dépit de leur intrêt notoire- de préjuger de façon absolue des
mécanismes intimes effectivement impliqués au cours des interactions
exprimées entre les composantes de l'espace pathologique dans leur diversité:
l'épithéte de "potentiels^ (attribuée aux mécanimes) exprime d'une part que
de telles observations (afférentes aux recherches im vitro) devront étre
interprétées avec circonspection et d'autre part qu'un approfondissement des
recherches (in vitro et in vivo) demeure plus que jamais d'actualité.
La figure | se voudrait une représentation intégrée des notions d' espace
pathologique (cible centrale) et des mécanismes potentiels en lutte biologique
{cible périphérique) que nous nous proposons de décrire brièvement, étant
entendu que toute appréhension unidimentionnelle ou sectorielle relève à ce
propos du simple artifice pédagogique.
Etroitement conditionnées par les paramètres biotiques et cosmiques de
l’environnement, les interactions hote x parasite x antagoniste devront être
resituées dans le temps afin de leur conférer leur caractère dynamique; d'où
la notion d' espace pathologique qui restitue relativement bien l'aspect
cinétique de ces interactions. Dans notre esprit, le terme antagoniste signifie
l'aptitude d'un agent (physicochimique ou biologique) à contrarier (par-
tiellement ou de facon absolue) l'expression d’un agent phytopathogène en
l'occurence. Ainsi, le phénonème d’antagonisme se définirait par son essence
générale qui ne permet, en aucune manière, de préjuger du ou des
mécanisme (s) générant l'efficience observée. L'aptitude d’un agent biologi-
que а extérioriser un pouvoir antagoniste vis-à-vis d'un agent
phytopathogène se réfère dans ces conditions à une terminologie appropriée
qui, en tout état de cause, se voudrait exempte de toute éventuelle
interprétation latérale: nous parlerons alors d’ antagonisme par
hypovirulence, 4’ antagonisme par prédation (Mécanisme micro-
morphologiques, Nématodes mycophages), 4’ antagonismes de type
Source : MNHN, Paris
BIOCONTROLE DES AGENTS PHYTOPATHOGENES 135
4
NTAGONISME
E TYPE
BIocHIMIQUE
Fig. 1. - Représentation plane de l'espace pathologique et des diverses modalités du
phénomène d'antagonisme vis-à-vis des agents phytopathog.
Fig. 1. - Mechanisms involved in host x parasite x antagonist intei
(*) Elicitation de la résistance de l'hóte. (*) Elicitation of the host resistance.
ØO Sauvegarde de l'intégrité de phytoncides. ()Safe keeping of the phyconcids
integrity.
biochimique (Toxines, Enzymes), d' antagonismes par compétition (Nutriments,
Espace), à moins que les procédures du phénoméne ne résultent de la conju-
gaison (interférences) de partie ou totalité des éventualités précitées avec, le
cas échéant, prééminence d'une ou plusieurs d'entre elles.
Cette terminologie posséde le double avantage de matérialiser le
phénoméne d'antagonisme et d'en restituer le mécanisme prééminent (ou ex-
clusif) par lequel il s'exprime.
ANTAGONISME PAR HYPOVIRULENCE
Le terme d' hypovirulence caractérisant une souche “parasite” peu ou
prou virulente, celui de prémunition désigne l'acquisition -chez un hóte sensi-
ble- d'une résistance induite consécutive à un traitement préalable par une
souche hypovirulente: ainsi, le trempage des boutures de patate douce dans
une suspension conidienne d'une souche hypoagressive de Fusarium
oxysporum se traduit par la protection de ces boutures contre les attaques
consécutives à un repiquage dans un sol naturellement infesté par la souche
pathogène; la protection résultant de cette procédure est aussi satisfaisante
Source : MNHN, Paris
136 SY et al.
que celle garantie par un traitement au bénomyl (Ogawa & Komada, 1984).
Le contróle biologique des agents phytopathogénes par le biais de la
prémunition a été examiné pour de nombreux types d'interactions Hóte x
Parasite: melon x F. oxysporum f. sp. melonis (Mas et al., 1981/cités par
Alabouvette & Davet, 1985); Blé x Gaeumannomyces graminis (Lemaire et al.,
1982); Melon x Rhizoctonia solani (Lemaire et al., 1984/cités par Alabouyette
& Davet, 1985); Chátaignier x Souche challenger de Endothia parasitica
(Kuhlman et al., 1984); Citrus x Souche challenger de VANT, agent de la
Tristeza (Doz et al., 1983); Tomate x Souche challenger du VMC (Dos et
al., 1983), etc...
En dépit de son caractére séduisant, cette piste originale d'investigation
ne fera l'objet d'aucun développement expérimental pour ce qui concerne la
lutte biologique contre la pyriculariose du riz, eu égard notamment à la
variabilité exceptionnelle inhérente à l'agent pathogène incriminé et aux ris-
ques de réversion non négligeables de souches prémunisantes éventuelles.
ANTAGONISME PAR PRÉDATION
- Exposé du problème
- Dans ce type d'interactions, le contact physique intime (reconnaissan-
ce mutuelle des parois par implication de lectines ?) entre les organes des
protagonistes en présence se révéle comme étant la condition sine qua non
du contrôle biologique de l'agent phytopathogene par l'agent antagoniste,
méme si, en derniére analyse, la matérialité de cette relation intime se tra-
duit par des messages de nature biochimique (actions enzymatique et /ou anti-
biotique).
- Par delà les précédentes redéfinitions des concepts usuels
(Hyperparasitisme, Mycoparasitisme, Parasitisme interfongique, Parasitisme
direct, etc...), force nous est d'admettre l'importance considérable des acquis
de la recherche concernant ce type d'interactions. Parmi les travaux ayant
contribué de façon décisive à cerner les mécanismes micromorphologiques
sous l'angle de leur spécificité et de leur diversité, nous pourrions notam-
ment signaler ceux de Adams (1920), Karling (1942), Vincent (1953), Butler
(1957), Berry & Barnett 1957, Barnett & Lilly (1962), Barnett (1958, 1964),
Shigo (1960), Slifkin (1961), Kenneth & Isaac (1963), Whaley & Barnett
(1963), Boosalis (1964), Brunk & Barnett (1966), Armentrout & Wilson
(1969), Linneman (1968), England (1969), Gain & Barnett (1970), Manocha
& Lee (1971), Barnett & Binder (1973), Deacon (1976), Manocha & Graham
(1982), Henis et al. (1983), Chet & Elad (1983), Lutchmeah & Cooke (1984),
etc...
Sous leur apparence uniforme, les mécanismes de type
micromorphologique se caratérisent par une grande diversité dont un aperçu
nous est fourni par la figure 2: au groupe des antagonistes de type biotrophe
(connaissance en réalité très limitée des exigences inhérentes à de tels
microorganismes) capables de tirer les nutriments requis à partir de cellules
vivantes de leur hôte (l'agent phytopathogéne) tout au moins au cours des
Source : MNHN, Paris
BIOCONTROLE DES AGENTS PHYTOPATHOGENES 137
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Fig. 2. - Antagonisme par prédation: représentation plane des modalités du
phénoméne.
Fig. 2. - Antagonism by predation: diverse processes of the phenomenon.
phases initiales de ces interactions, s'oppose celui des antagonistes dits
Nécrotrophes qui établissent un contact avec l'hóte, excrétent des substances
létales destructrices vis-à-vis de celui-ci pour ensuite utiliser les métabolites
libérés.
Selon que le contact établi (relativement aux antagonistes de type
biotrophe) avec l'agent phytopathogéne procède de la relation superficielle,
de la différenciation de suçoirs caractéristiques (haustoria) ou du
développement interne, l'antagoniste sera dit de contact, à haustorium ou
interne.
- Antagoniste de type biotrophe
- Antagonisme de type biotrophe de contact
Tel qu'il est visualisé par les antagonistes de contact, ce mode de
parasitisme se caractérise par la différenciation, par l'antagoniste, de bran-
ches spécialisées longues de quelques micrométres; ces “microdigitations”
pouvant envelopper partiellement ou totalement les hyphes de l'hóte ou ve-
nir en contact coaxial (apex à apex) par rapport à de courtes ramifications
de l'hóte (Fig. 3) à l'image de Calcarisporium parasiticum sur Sphaeropsis
Source : MNHN, Paris
138 SY et al.
malorum (Barnett & Lilly, 1958), Gonatobotrys simplex sur Alternaria sp.
(Whaley & Barnett, 1963), Gonatobotryum fuscum sur Graphium sp. (Shigo,
1960), ou de Stephanoma phaeospora sur Tritirachium sp. (Barnett & Binder,
1973). П semble généralement admis que la cellule de contact (cellule tam-
pon) agisse de facon à augmenter la perméabilité de la membrane de l'hóte
méme si, en derniére analyse, l'essentiel des métabolites de ce dernier ne
sont libérés qu'au terme de l'autolyse. Il nous faut cependant signaler que
de nombreux champignons (9 espéces d'Ascomycétes et plusieurs Imparfaits)
excrétent dans le milieu des principes stimulant la croissance de Stephanoma
phaeospora (Rakvidhyasastra £ Butler, 1973).
Le mode de parasitisme propre á cette catégorie d'agents antagonistes
-en l'absence de toute lésion ou de production toxique perceptibles- tiendrait
essentiellement à une compétition de type trophique dont la conséquence
premiére est la réduction de croissance de l'hóte: la croissance pondérale de
Physalospora obtusa est plus élevée que celle observée pour ce pathogéne
interagissant avec l'agent antagoniste Calcarisporium parasiticum (Barnett &
Lilly, 1958).
- Antagoniste de type biotrophe à haustorium
Le mode de parasitisme concerné sera matérialisé -å titre d'exemple- à
limage du mécanisme inhérent à l'expression de Piptocephalis virginiana:
placées à proximité d'un hôte sensible (Choanephora cucurbitarum,
Thamnidium elegans ou Mycotypha microspora), les spores de P. virginiana
émettent un tube germinatif (tropisme positif par rapport à l'hôte) qui s'al-
longe pour venir au contact de l'hóte. On assiste alors à l'apparition d'un
appresorium qui émet un diverticule d'infection lequel, aprés pénétration de
l'hóte, conduit à la différenciation d'haustoria ramifiés; un délai de 24 heures
serait nécessaire entre l'initiation de la germination et la différenciation de
lappresorium sous réserve que les deux protagonistes aient été en étroite
proximité (Berry & Barnett, 1957).
La faculté de différencier un Aaustorium serait selon Berry & Barnett
(1957) et Sy (1987) un caractére constant chez toutes les espéces décrites de
Piptocephalis.
L'ultrastructure de l'haustorium décrit chez P. virginiana est par-
faitement similaire à celle des haustoria décrits chez les agents
phytopathogènes (à haustorium) affectant les végétaux supérieurs: Berry &
Barnett (1957), Armentrout & Wilson (1969), Manocha & Lee (1971). La fi-
gure 3 contient quelques autres références relatives à ce groupe d'antagonis-
tes biotrophes à haustorium.
- Antagonistes biotrophes internes
Ce type d'antagonistes s'exprime par une infection suivie du
développement de l'agent antagoniste à l'intérieur des organes de l'hôte
parasité (Fig. 3).
Les stades initiaux ne se traduisent par aucune lésion ou altération per-
ceptible quoique le processus entraine a terme une désintégration
irrémédiable de l'hóte.
Source : MNHN, Paris
BIOCONTROLE DES AGENTS PHYTOPATHOGENES 139
ANTAGONISTES DE TYPE BIOTROPHE ANTAGONISTES
A A Е AT PI DE TYPE
CONTACT 1 HAUSTORTUM i INTERNE NECROTROPHE
H
VRISPORIUM PARASITICUM|
SPHAEROPSIS MALORUM.
1958)
RNETT & LILLY,
INATOBOTRIS SIMPLEX
R ALTERNARIA SP.
HALEY & BARNETT,
\NATOBOTRIUM FUSCUM
R GRAPHIUM SP.
знтсо, 1960)
P
TEPHANOMA PHAKOSPOKA
UR TRITIKACHIUM SP.
AARNETT & BINDER,
AUTRES EXEMPLES
CARISPORIUM PARASITICUM|
DOTHIORELLA QUERCINA
(ARNETT, 1958)
CONATORRHODIRLLA HIGHLET
Uk NECTRIA COCCINEA VAR.
MACINATA (GAIN & BARNETT,
1570)
RUT ZOCTONIA SOLANI (R-1)
Vk PYTHIUM DEBARYANUM
(BUTLER, 1957)
1963)
1973)
P
o
H
TROPISME DES TUBES
GERMINATIFS DE
P. VIRGINIANA
vis-à-vis de l'hôte
(BARNETT, 1964
GAINE PROTECTION DE
FUSCUM EN VUE DE
OPPER PENETRATION
PAR GRAPHIUM SP.
(BERRY А BARNETT,
195
MAUSTOR. P. VIRGINIANA
DANS HYPHES CHOANFPHORA
CURCUBITARUM
(BERRY & BARNETT, 1957)
HAUSTORIUM DE DISPIRA
IMPLEX DANS HYPHES DE
НАЕВОМТИМ BOSTRYCHODES
(BRUNK & BARNETT, 1966)
AUTRES EXEMPLES.
PIPTOCEPHALIS VIRGINIANA
[SUR THAMNIDIUM ELEGANS
(BERRY & BARNETT, 1957)
PIPTOCEPHALIS VIRGINIANA
SUR MYCOTHYPHA MICROSPORA|
(ARMENTROUT & WILSON,
1969)
PIPTOCEPHALIS VIRGINIANA
SUR RHIZOPUS NIGRICANS
(ENGLAND, 1969)
le SYNCEPHALASTRUM SP.
К
SPORANGIOPHORES MUCOR
RECURVUS DISTENDUS
DEVELOPPEMENT INTERNE
DE R. SOLANI
(BUTLER, 1957)
EVELOPPEMENT DE
R. SOLANI A
[L INTERIEUR DE CONIDIE
D PYTHIUM SPLENDENS
(BUTLER, 1957)
|v.m. PORTION D'UNE FIBRE
Dt COTON (GOSSYPIUM)
|ENVAMIE PAR Ж. SOLANI
KaurLER, 1957)
AUTRES EXEMPLES = `
[RHOZELLA CLADOCHYTRII
[SUR NORAKOWSKIELLA
[PROFUSUM (KARLING,
1942)
OLPIDIOPSIS INCRASATA
SUR SAPROLEGNIA SP.
(SLIFKIN, 1961)
[кн1 гостомтА SOLANI
J
GL IOCLADIUM ROSEUM SUR
|CONIDIES C. FIMBRIATA
[conidies contact avec
lantago. tuées (pointil-
165) 2 поп pénétration
|préalable (BARNETT, 1964
GLIOCLADIUM KOSEUM SUR
TRICHOTHECIUM ROSEUM
Conidies en contact
avec antago. sont
es avant invasion
(BARNETT, 1964)
p
ise de e
RTT
a
rv cd
ык.
(BARNETT & LILLY, 1962)
AUTRES EXEMPURS `
DARLUCA FILUM
SUR PERIDERMIUM PECHIT
(ADAMS, 1920)
CEPHALOSPORIUM SPP.
SUR DRFCHSLERA TERES
(KENNETH & ISAAC, 1964)
AMPELOMYCES QUISQUALIS
(CICINNOBOLUS CESATIT)
SUR E. CICHORACKARUM
BUTLER, 1957)
| ima,
1968)
1
Fig. 3. - Antagonisme par prédation: aspects micromorphologiques du phénoméne.
Fig. 3. - Micromorphological data for predation antagonism.
Source : MNHN, Paris
140 SY et al.
- Antagonistes de type nécrotrophe
Les exemples décrits dans la littérature permettent d'envisager plusieurs
aspects du contróle généré par des antagonistes de type nécrotrophe (Barnett
& Binder, 1973): à trés court terme, on assiste à une action de type
biotrophe (contact prolongé avec ou sans pénétration) précédant une période
de vie saprophytique. Trés rapidement, on observe la disparition de la mem-
brane nucléaire et la mort de la cellule hóte.
Indiscutable, le róle du phénomeéne d'antibiose demeure cependant dif-
ficile à évaluer. Un approfondissement des recherches s‘avére plus que ja-
mais nécessaire avant que nous puissons parvenir à caractériser de façon
précise les modes d'action concernés si tant est que ces antagonistes se
différencient de ceux biotrophes. A toutes fins utiles, nous avons répertorié
quelques exemples dans la figure 3.
APPROCHE BIOCHIMIQUE DU PHÉNOMÈNE D'ANTAGONISME
La grave épidémie de rouille (Uromyces phaseoli) ayant affecté en 1981
les cultivars de haricot (Phaseolus vulgaris) dans l'état de Michigan s'est tra-
duite par des pertes de rendement évaluées à 78% (Backer et al., 1983). La
variabilité inhérente au parasite incriminé explique en partie l'importance re-
lative de cette maladie en dépit de l'existence de nombreuses sources de
résistance et de la disponibilité de plusieurs matiéres actives. Le screening
effectué à partir de 5 microorganismes (Bacillus subtilis, B. cereus subsp.
mycoides, B. thuringiensis, Erwinia ananas pw. Uredovora, Pseudomonas
syringae) a permis aux auteurs précités de matérialiser une activité anti-
rouille particulièrement intéressante: plus de 95% d'inhibition du
développement de la maladie lorsque la souche APPL-l de B. subtilis est
appliquée (pulvérisation foliaire) en traitement préventif (2 à 120 heures
préalablement à l'inoculation artificielle de l'agent pathogéne) sous serre.
L'efficacité exceptionnelle ainsi mise en évidence serait en réalité inhérente à
un composé présent dans les filtrats de culture dont on sait qu'il est
thermostable, non dialysable, de poids moléculaire voisin de 5-10 kdaltons et
renfermant environ 5% de carbohydrates et 95% de protéines. Excepté pour
Pseudomonas syringae, tous les autres germes testés procurent un taux d'inhi-
bition supérieur 4 80% consécutivement à une confrontation asynchrone
préventive avec l'agent pathogéne.
Si nous avons choisi de décrire précisément cet exemple parmi tant
d'autres (Fravel & Spurr, 1977: contróle d'Alternaria alternata sur feuille de.
tabac avec Bacillus cereus subsp. mycoides; Morgan, 1963: lutte contre la
rouille du blé et de l'avoine (Puccinia recondita, P. graminis f. sp. tritici et P.
coronata) par pulvérisation de B. pumilus; Spencer, 1980: lutte contre
Uromyces dianthi sur oeillet par application de Verticillium lecanii, etc...),
c'est essentiellement en raison du caractère aérien et de la gravité des atta-
ques de la maladie, de la variabilité de l'agent pathogène et de la nature des
biofongicides concernés.
En dépit de ce que le mode d'action n'ait pas été entiérement élucidé
ou demeure relativement méconnu dans de nombreux cas, l'ensemble des
Source : MNHN, Paris
141
BIOCONTROLE DES AGENTS PHYTOPATHOGENES
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Source : MNHN, Paris
142 SY et al.
exemples sus-mentionnés ou récapitulés dans le tableau n° | pourrait se
définir par la médiation de facteurs biochimiques quand bien méme cette
efficacité demeure indissociable des déterminants externes.
ANTAGONISME PAR COMPÉTITION
Les chercheurs spécialistes de la lutte biologique évoquent volontiers
l'antibiose, la prédation (au sens défini par nous-méme) ou l'hypovirulence
dans leur tentative d'approche des mécanismes impliqués en lutte biologi-
que; par contre, peu de références récentes sont disponibles en matiére de
compétition notamment trophique: cette réalité traduit d'une part l'ampleur
du théme "Lutte biologique", d'autre part la difficulté de circonscription de
cette dimension d'un point de vue qualitatif et quantitatif.
On peut postuler -sous réserve d'une meilleure compétitivité du germe
antagoniste- que la compétition trophique devra étre envisagée toutes les fois
que le substrat de confrontation se révélera relativement déficient pour un
métabolite indispensable pour la biologie des microorganismes en présence;
demeurerait à cerner l'importance (soulignée par Alabouvette et al., 1983;
Alabouvette & Davet, 1985) de cette compétition relativement aux autres
mécanisme potentiels.
En tout état de cause, le terme de compétition est par nous usité dans
son acception la plus large: compétition pour les macroéléments, les
microéléments, l'oxygéne, l'espace, etc...
Ce propos "très pointu” n'a fait l'objet d'aucun développement au stade
actuel de nos recherches si ce n'est l'occupation "stratégique” de l'espace
précocement observée avec certains antagonistes au cours de confrontations
sur milieu gélosé avec Pyricularia oryzae: T. pseudokoningü, T.
harzianum/N68, T. koningii/N70, Trichoderma sp./IKP6, T. harzianum/N72, T.
harzianum/CPO-80, etc..., encore que cette vitesse de croissance soit for-
tement tributaire des conditions abiotiques du milieu. En conséquence, nous
nous bornerons à signaler quelques exemples de contróle biologique dont
l'une des essences se trouve précisément étre la compétition trophique:
- L'antagonisme exprimé par Pseudomonas fluorescens vis-à-vis de
Fusarium oxysporum serait sous-tendu par une compétition pour le fer: im-
mobilisation dans les sidérophores de la bactérie du fer indispensable au
développement du pathogéne (Scher & Backer, 1982/cités par Alabouvette &
Davet, 1985).
- Le contróle biologique de Pyrhium ultimum par P. oligandrum
(Deacon évoquant Henri, 1976) reposerait sur la compétition trophique
associée à une action parasitaire directe.
- La compétition trophique serait également à la base de l'efficaci
Armillaria obscura vis-à-vis de A. mellea (Guillaumin, 1983).
Source : MNHN, Paris
BIOCONTROLE DES AGENTS PHYTOPATHOGENES 143
AUTRES MÉCANISMES
Deux exemples serviront à illustrer cette rubrique:
- Elicitation de la résistance de l'hóte par la médiation de
phytoalexines à l'image de l'induction de la résistance du piment (Capsicum
annuum) aux attaques de Phytophthora capsici par le filtrat de culture de
Trichoderma sp. (Molot, cité par Davet, 1983).
- Sauvegarde de l'intégrité de phytoncides générateurs de la résistance
de l'hóte à l'image de l'antagonisme de Trichoderma harzianum vis-à-vis de
Fomes connatus (agent de la pourriture d' Acer rubrum) (Smith et al, 1981): le
développement naturel de Phialophora melinii 4 la surface des blessures se
traduit par la dégradation des substrats phénoliques inhibiteurs de F.
connatus; appliqué précocement, T. harzianum parvient à monopoliser la ni-
che habituellement colonisée par P. melinii, d'où la sauvegarde des composés
phénoliques dont l'activité à l'encontre de F. connatus explique la protection
de l'érable.
CONCLUSION
L'antagonisme exercé à l'encontre des agents phytopathogéenes s'expri-
me en réalité selon un faisceau de processus quand bien méme il nous faut
admettre la prééminence (durable ou transitoire) possible d'un mécanisme
sur d'autres à une étape donnée (facteur temps) des interactions régnant au
sein de la triade Hôte x Parasite x Antagoniste.
Ainsi, le contrôle biologique de Rhizoctonia solani par Trichoderma
harzianum met en jeu (Chet & Elad, 1983) des mécanismes préalables de re-
connaissance (lectines localisées au niveau des parois de Rhizoctonia solani),
des mécanismes de type biochimique (production de chitinase et de 1-3
glucanase responsables de Ialtération de l'intégrité des parois de l'agent
pathogène).
La nature des mécanismes mis en jeu, leur hiérarchisation en terme de
prééminence et l'efficacité attendue à terme de ces interactions sont for-
tement dépendantes de la plante hóte (degré de résistance vis-à-vis des
stimuli inductibles par le germe antagoniste), du parasite (virulence et
agressivité, degré de sensibilité vis-à-vis de l'antagoniste), de I’ Antagoniste
(adaptabilité, mécanismes diversifiés d'action) et aussi des conditions de l'en-
vironnement (facteurs biotiques et cosmiques).
Dans une prochaine publication, nous nous proposons d'appréhender
les mécanismes impliqués dans le contrôle biologique de Pyricularia oryzae
Cav., responsable de graves épidémies sur la première céréale mondiale en
terme de consommation humaine directe: le riz .
REMERCIEMENTS
Les auteurs tiennent à exprimer tous leurs remerciements à Madame Y. Lim et
à Mademoiselle F. Madoussou pour le soin particulier consenti dans la saisie et la
mise en forme de la présente publication.
Source : MNHN, Paris
144 SY et al.
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Annexe 1. - Quelques aspects étiologiques et épidémiologiques du phénomène d'anta-
gonisme.
Annex 1. - Some etiological and epidemiological aspects of the antagonism
phenomenon.
Source : MNHN, Paris
147
BIOCONTROLE DES AGENTS PHYTOPATHOGENES
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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Cryptogamie, Mycol. 1991, 12 (2): 149-153 149
TULOSTOMA STRIATUM (GASTEROMYCETES,
BASIDIOMYCOTINA) NEW FOR EUROPE
A. ALTÉS and G. MORENO
Department of Biology (Botany).
University of Alcala de Henares, Madrid, Spain.
ABSTRACT - Tulostoma striatum G.H. Cunningham is described for the first time
for the Iberian Peninsula and Europe. Microphotographs of the more important
characters and data about its worldwide distribution are added.
RESUME - Nous décrivons Tulostoma striatum G.H. Cunningham, comme nouvelle
éce pour la mycoflore de l'Espagne et de l'Europe. Les microphotographies des
ristiques les plus importantes et une étude chorologique sont présentées.
KEY WORDS: Taxonomy, chorology, Tulostoma striatum, Gasteromycetes.
INTRODUCTION
As we noted in Moreno et al. (1990), the genus Tulostoma Pers.:Pers.
grows mainly in desertic, semidesertic or xeric soils. The Iberian Peninsula is
a very interesting area for the study of this genus, because of its geographic
placement, a bridge between two continents.
At the present time, 17 species have been catalogued for our country
(Calonge & Wright, 1989), to which must be added T. cyclophorum C. Lloyd
(Moreno et al., loc. cit.) and T. striatum G.H. Cunningham, here described.
MATERIAL AND METHOD
The material studied have been deposited at the Herbarium of the De-
partment of Plant Biology (Botany), Univeristy of Alcalá de Henares
(H.AH).
Some of the microphotographs have been made under a Zeiss
DSM-950 S.E.M. The samples were treated in a Polaron E-5000 sputter
coater during 120 seconds at 1.4 kV and 18 mA in an atmosphere of Argon
to obtain a golden coat of 500 Å. The spores have been mounted dusting
them over aluminium stubs and diluting them in a drop of a mixture of
ethylic alcohol and ammonium hydroxid 1:1, posteriorly dried in the air.
Source : MNHN, Paris
TULOSTOMA STRIATUM NEW FOR EUROPE 151
We have also used a Labophot microscope with incorporated automat-
ic photograph system. In this case, the samples were observed in ammonium
hydroxyd 5% and in lactophenol blue.
DESCRIPTION
Tulostoma striatum G.H. Cunningham, Proc. Linn. Soc. N.S.W. 50: 255 (1925),
Figs 1-20.
Material. examined: SPAIN: Madrid, Carabanchel Alto, in urban area,
on the border of a sancy path (acid soil) near a nitrificate prairie, gregari-
ous, mixed with T. fimbriatum Fr., 8-X1-89, leg. A. Martinez, HAH 11991.
Spore-sac globose to subglobose-depressed, 0.9-1.6cm in diameter. Ex-
operidium clearly membranous persisting at the base and in herbarium, dark
coloured on the outside because of the remains of soil, and pale cream on
the inner side. Endoperidium whitish cream to pinkish ochraceous, typically
pubescent or velvety under Jens; surface of the endoperidium constituted by
hyphae of 6-7um in diameter, similar to those of the capillitium, somewhat
branched, with thick walls and generally with very wide ѕерќае (9-14ит).
Stoma fibrillose to fimbriate. Stem whitish to cream, cylindrical, with a
slightly bulbous base, 0.7-1.4 x 0.2-0.4cm, striated when dried and in herbar-
ium. Spores globose to subglobose, 5-7um in diameter, yellowish, with char-
acteristic bands which are visible under optical microscope. Under S.E.M.,
the spores are identical to those of Wright (1987), with very distinct ribs,
sometimes arranged as meridians or more irregularly, even anastomosing,
small warts can be also observed between the ribs which are imperceptible
under optical microscope, as were described by Wright. Capillitium subhya-
line, filamentous, branched, septate, sinuous, 6-124um diameter, with thick
walls and large lumen, sometimes lacunar.
This species is distinguished by its membranous exoperidium, pubes-
cent endoperidium under lens, fibrillose-fimbriate stoma and spores with a
typically striated ornamentation. According to Wright (1987: 197) its pres-
ence is known in America (Argentina, Brazil, Ecuador, Mexico, Paraguay,
Puerto Rico, Uruguay, U.S.A.), Africa (South Africa), Asia (Israel -Wright,
loc. cit: 53, Japan), Australasia (Australia, New Zealand). This seems to be
the first record in Europe.
Its macroscopic characters resemble T. cyclophorum Lloyd but this
shows mycoslereids on the endoperidium under optical microscope; further-
more, the spores are smaller and have a characteristic reticulate ornamenta-
tion.
Fig. 1-9. - Tulostoma striatum G.H. Cunningham. 1-2: fruit bodies. 3-7: capillitium.
8-9: spores.
Source : MNHN, Paris
152 A. ALTÉS and G. MORENO
Fig. 10-20. - Tulostoma striatum G.H. Cunningham. Spores.
Source : MNHN, Paris
TULOSTOMA STRIATUM NEW FOR EUROPE 153
ACKNOWLEDGEMENTS
We wish to express our gratefulness to the municipal government of Alcala de
Henares (Madrid) for the concession to one of us (A. Altés) of a fellowship to study
the order Tulostomatales in Spain. To the Ministerio de Educación y Ciencia,
Subdirección General de Cooperación Internacional, for the concession of à Research
Project included in the Program of Cooperation with Iberoamerica. To Dr. F.
Esteve-Raventós for revising the English text.
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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Cryptogamie, Mycol. 1991, 12 (2): 155-159 155
POTASSIUM ENHANCES THIGMOTROPICALLY
STIMULATED APPRESSORIUM FORMATION IN
COLLETOTRICHUM CAPSICI
V. MURUGANANDAM, S. VENKATACHALAM
and R.S. SURYANARAYANAN
Department of Botany, Ramakrishna Mission
Vivekananda College, Madras 600 004, India.
ABSTRACT - Thigmotropically induced appressoria of the anthracnose fungus Col-
letotrichum capsici was enhanced by K+ in the medium. Influx of K + appears to
be essential for germ tube differentiation of this fungus.
RÉSUMÉ - Amplification par le potassium de l'induction thigmotropique des
appressoria de Colletotrichum capsici. Le potassium semble essentiel à la
différenciation du tube germinatif de ce champignon.
KEY WORDS : Colletotrichum capsici, appressorium, thigmotropic stimulus, anth-
racnose fungus.
INTRODUCTION
The conidium of anthracnose fungi, upon germination, differentiates to
produce a specialized infection structure called the appressorium. The
appressorium attaches the pathogen to the host surface and also assists in
penetrating the epidermal tissue of the host. Although some physical and
chemical factors are known to influence appressorium formation in anthrac-
nose fungi (Staples & Macko, 1980; Wolkow et al., 1983; Muruganandam et
al., 1987), the actual mechanism of induction of this structure is little under-
stood (Staples & Hoch, 1987). We report here the effect of some ions on
appressorium formation in Colletotrichum capsici.
MATERIALS AND METHODS
A single conidium isolate of Colletotrichum capsici (Syd.) Butler & Bis-
by which causes fruit rot of chilli was used. The fungus was grown on a disk
of cellophane overlying Czapek-Dox agar medium (pH 6.5) as this condition
induced maximum conidiation (Suryanarayanan et al., 1982). The conidia
were collected in sterile distilled water and this suspension was filtered
through sterile cotton to get a mycelium-free suspension. The concentration
Source : MNHN, Paris
156 V. MURUGANANDAM et al,
of the conidia in the suspension was adjusted to 1.1 x I05/ml. About 0.Iml
of this suspension was spread on water agar containing 0, 0.03, 0.06, 0.12,
0.25, 0.50 or 1.0 M of KCI, KH;PO;, KNO;, NaCl, CaCl;, MgCl; or BaCl;
and incubated at 30 + 1°C for 18h. The pH of the medium was adjusted to
6.5 before autoclaving. The conidia were observed under the high power
field (x 450) of a compound microscope and the germinated conidia were
scored for calculating the percentage of appressorium formation. Nine dif-
ferent areas in each of the 3 petri dishes for each treatment were observed
for calculating the results. The conidial suspension was also spread on a
sterile disk of cellophane overlying water agar with different concentrations
of these salts. Clear, transparent and uncoated cellophane was used.
RESULTS AND DISCUSSION
Appressoria were not produced by conidia germinated on medium
which contained 2% agar irrespective of the nature and concentration of salt
despite many attempts to do so. This result is compatible with the findings
of Miehle & Lukezic (1972), Mercer et al. (1975) and Staples et al. (1976).
They showed that the conidia of different species of Colletotrichum fail to
produce appressoria on soft surfaces such as agar but readily produce them
when the germ tubes contact hard surfaces. In addition, Pavgi & Dickson
(1961) and Parbery (1981) have reported that cellophane favours formation
of more appressoria than agar for many fungi. While these studies revealed
that a thigmotropic stimulus is the primary determinant in the germ tube
differentiation, we now report that the presence of salts in the cellophane-
overlying medium also influenced the formation of appressoria іп C. capsici
(Tab. 1, 2). An interesting observation is that potassium salts at 0.06M in-
duced maximum number of appressoria (Tab. 1). The above effect of potas-
sium salts could be attributed to the nature of the ions rather than osmotic
às salts other than potassium, at the same concentration, reduced the num-
ber of appressoria or even inhibited germination of conidia at higher con-
centration (Tab. 2). In addition, it is the K+ but not anion of potassium
Table 1 - Effect of different concentration of KCl, KH3POq and KNO; on appresso-
rium formation in C. capsici.
Tableau 1 - Effet de différentes concentrations de KCl, KH3PO4 et KNOs sur la for-
mation des appressoria chez C. capsici.
% of conidia forming appressoria on cellophane
Concentration ка KH3PO4 KNO;
of salt (M)
0.00 17.122.0 18.518 21718
0.03 18.118 47.842.6 40.9+2.0
0.06 46.3+1.6 85.143.6 62.044.0
0.12 35.7+2.6 30.7+2.4 34.6+1.6
0.25 11.7+2.6 28.141.6 29.7+1.0
0.50 10.0+1.4 17.8+2.6 40412
1.00 nil nil nil
Source : MNHN, Paris.
APPRESSORIUM FORMATION IN COLLETOTRICHUM 157
salts that was responsible for the induction. This is evident from the fact
that potassium salts with different anions (Cl, PO4, NO3) induced appresso-
ria to the same extent. Further more, appressorium formation increased with
increasing concentration of K+ up to 0.06M (Tab. 1).
Uptake of cation by a fungal cell is known to be affected by the pres-
ence of other cations or H+ outside the cell (Armstrong & Rothstein, 1969;
Jennings, 1979). In the present study, it was observed that when K+ was
supplied along with Na+, there was considerable decerase in the number of
appressoria formed; the number of appressoria decreased with increasing
concentration of Na+ (Tab. 3). In addition, the effect of K+ was influ-
enced by the pH of the medium on which the conidia germinated (Tab. 4).
These results clearly indicate that an influx of K+ is essential for germ tube
differentiation in C. capsici. However, the ion effect was observed only
when a contact stimulus (cellophane) was also provided. Thus, the results
enable us to speculate the importance of ions of host exudate and the nature
of host surface in the penetration process of anthracnose fungi. It is perti-
Table 2 - Effect of different concentrations of NaCl, CaCl, MgCl and BaCl оп
appressorium formation in C. capsici.
Tableau 2 - Effet de différentes concentrations de NaCl, CaCla, MgCl» et BaCl; sur
la formation des appressoria chez C. capsici.
% of conidia forming appressoria on cellophane
Concentration — NaCl CaCl, MgCl; Васі
of salt (M)
0.00 18.7424 185418 18.542.6
0.03 8.8412 8.3+1.6 nil
0.06 2.8+1.2 12.1+2.2 nil
0.12 73424 3.01.0 nil
0.25 nil 32412 nil
0.50 nil 2.61.0 nil
1.00 - = -
Table 3 - Combined effect of KCI and NaC! on appressorium formation in C. capsi-
ci.
Tableau 3 - Effet combiné du KCl et du NaCl sur la formation des appressoria chez
C. capsici.
Medium composition | Medium composition | % of conidia forming
appressoria on
Ed ТЫС cellophane
0.00 0.00 20.0+0.4
0.06 0.00 44.10.9
0.00 0.06 9.61.2
0.06 0.06 17.6+0.5
0.06 0.12 13.9+0.8
Source : MNHN Paris
158 V. MURUGANANDAM et al.
Table 4 - Effete of pH on induction by KCI (0.06 M) of appressorium formation in
C. capsici.
Tableau 4 - Effet du pH sur l'induction par le KCl 0.06 M des appressoria chez C.
capsici.
pH % of conidia forming
appressoria on cellophane
3.0
4.0
5.0
6.0
7.0
8.0
9.0
10.0
nent to mention here that Kaminskyj & Day (1984) have reported K +-
induced appressorium formation in rust fungi which are obligate parasites.
However, appressorium formation in anthracnose fungi as stimulated by
K + has not been reported previously.
ACKNOWLEDGEMENT
We are grateful to Dr. R.C. Staples, Boyce Thompson Institute, Cornell Uni-
versity, Ithaca, New York, for critically reading the manuscript and for his valuable
suggestions.
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US $ 85.25.
L'Introduction est consacrée à un trés bref aperçu sur l'habitat des champi-
gnons, les habitudes des consommateurs selon les différentes régions du globe et les
effets des espéces toxiques. Suivent un résumé de la valeur alimentaire des princi-
paux comestibles, de l'intérét (selon l'Auteur) des cultures mycéliennes en fermen-
teur, et une énumération des espèces cultivées ou susceptibles de l'être.
La partie "dictionnaire" proprement dite de l'ouvrage comprend la citation de
628 espèces de champignons avec leurs noms vernaculaires en Bulgare, Chinoi
pagnol (et Mexicain), Japonais, Norvégien, Pakistanais, Philippin, Polonais,
Roumain, Russe, Suédois et Tchèque (quand ceux-ci sont connus dans les pays
considérés), accompagnée de courtes appréciations et discussions sur leur valeur
culinaire, sur les précautions à prendre pour leur consommation et sur les usages
particuliers de certaines d'entre elles.
Le titre du livre faisant référence à "champignons comestibles", on retiendra
que ce qualificatif est à prendre au sens large de "comestible parce que non toxique",
de sorte que, assez souvent, le nom vernaculaire n'est que la transposition du nom la-
tin. D'autre part, on peut regretter que l'Auteur n'ait fait aucune mention des noms
vernaculaires des espèces toxiques, simplement énumérées, sous leur nom latin, dans
l'introduction. Les noms vernaculaires des champignons européens, qui occupent une
bonne place dans l'ouvrage, figurant déjà dans d'autres ouvrages classiques de
mycologie, ce sont probablement les noms asiatiques, dont on a peu connaissance,
qui sont susceptibles de présenter le plus d'intérêt, ils ne concernent malheu-
reusement qu'un nombre limité d'espéces.
L'ouvrage se termine par une série d'index regroupant les noms selon leurs
pays d'origine et par une bibliographie assez fournie.
R. Cailleux
MOSER M. & JÜLICH W., unter Mitarbeit von FURRER-ZIOGAS C.,
1990 et 1991 - Farbatlas der Basidiomyceten. Colour Atlas of
Basidiomycetes, 8 et 9. Stuttgart, Gustav Fischer Verlag, respectivement
34p., 80 pl. phot. col. et 38 p., 80 pl. phot. col. DM 98. ISBN
3-437-30646-4 et 3-437-30652-9.
Avec la publication de ses huitiéme et neuviéme parties se trouve continué l'im-
portant ouvrage iconographique entrepris depuis 1985 par M. Moser et W. Jülich.
Ces nouvelles livraisons comprennent ensemble 160 planches dont chacune porte une
ou deux photographies en couleurs, pour beaucoup prises dans la nature méme. Si
quelques illustrations manquent d'un peu de netteté ou apparaissent trop violettes, la.
plupart sont, par contre, d'excellente qualité. Y figurent certaines espéces parmi les
genres d’Hétérobasidiomycétes tels que Auricularia, Tremella, Exidia, Calocera,
Exobasidium, — Tremiscu: d'autres appartiennent au vaste groupe des
Aphyllophorales, en particulier dans les genres Aleurodiscus, Cantharellus, Gomphus,
Source : MNHN, Paris
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 161
Clavaria et aff., Mucronella (où les épines sont en réalité pendantes!), Ramaria,
Hydnellum, Phellinus, Phaeolus, Ganoderma, Albatrellus, ctc... Des planches sont
également consacrées à de nombreux Cortinaires, des Lépiotes, des Agaricus,
Volvariella, Lactarius et à plusieurs espèces chez les Gastéromycètes.
Seize diagnoses de genres sont proposées, suivant le modéle adopté pour toutes
les fiches descriptives, en allemand et traduites plus briévement en anglais, francais
et italien, On remarquera que le texte francais souffre de quelques coquilles et fautes
d'orthographe aisément répara ainsi, en attendant de prochains arrétés
simplificateurs, “floconneux", dérivé de flocon, possède toujours un seul c et deux n
tandis qu'amibe s'écrit encore avec un i. .
Des index, établis par ordre alphabétique des noms de genres et, dans ceux-ci,
des noms d'espéces, donnent véritablement la mesure de la diversité et du nombre
des champignons déjà représentés dans ce trés utile Atlas.
J. Perreau
ELLIS M.B. & ELLIS J.P., 1990 - Fungi without gills (Hymenomycetes and
Gasteromycetes). An Identification Handbook. London, Chapman and
Hall, xi + 329p., 49 pl. (dessins au trait). £ 30. ISBN 0-412-36970-2.
Cet ouvrage est destiné à permettre l'identification de presque mille
Basidiomycétes parmi ceux dont l'hyménophore n'est pas lamellé ou ne constitue pas
pas, en tout cas, de feuillets fragiles. Une classification succincte donne d'abord un
apergu des groupes oü l'on trouve de tels champignons: Hyménomycétes avi
Hétérobasidiomycétes, Bolétales, Aphyllophorales s.l. surtout, mais quelques
Agaricales cependant, Gastéromycétes. Puis une longue clé, principalement basée sur
les caractéres des hyphes, des cystides, des basides et des spores, conduit aux
délimitations génériques.
La majeure partie du livre est occupée par la description - en ordre
alphabétique, toutes familles confondues + des genres et des espèces. La
détermination des spécimens, facilitée par des tableaux d'analyse dichotomique, peut
être vérifiée en se reportant à des figures au trait, assez schématiques toutefois. Un
glossaire, un index des plantes hôtes et un index général complètent ce manuel de
présentation fort claire et pourvu d'un nombre très raisonnable de coquilles ou de
petites inexactitudes (ainsi, Batsch, Burt et Strid, par exemple, ne sont pas abrégés,
mais Hjortstam doit devenir Hjortst.). Il s'agit là d'un bon outil de travail qui inci-
tera beaucoup, parmi ceux qui s'intéressent aux champignons autres que les
Agaricales, à se laisser tenter par les observations au microscope.
J. Perreau
NAKASONE Karen K., 1990 - Cultural studies and Identification of wood-
inhabiting Corticiaceae and selected Hymenomycetes from North
America. Stuttgart, Gebrüder Borntraeger — Verlagsbuchhanlung,
Mycologia Mémoir N*15, 412 p. DM 150. ISBN 3-443-76005-8.
Cet important travail a pour but de décrire, et par suite, de permettre l'identifi-
cation des Hyménomycetes lignicoles non pores ni lamellés en culture. Les mycéliums
de 277 espéces sont décrits méthodiquement, et les résultats sont ensuite résumés se-
lon un Code inspiré de NOBLES mais complété par l'auteur. Les cultures de 85
espèces n'avaient pas été publiées auparavant. Si le titre porte "from North
America", il faut signaler aux lecteurs européens que 60% des espéces décrites exis-
tent sur notre petit continent. Quinze polarités nous sont dévoilées avec une curieuse
dominante des cas de bipolarité (11 sur 15); ceci s'explique par le fait que la moitié
des espèces ‘polarisées” sont des Phlebia et des Hyphoderma.
Source : MNHN, Paris
162 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Si ce livre fait, avant tout, le point sur les connaissances mycéliennes, il
contient cependant des renseignements précieux sur la distribution géographique, les
substrats, et les types de pourriture des 277 espéces. Dans certains cas, la connais-
sance de l'appareil végétatif, le mycélium, permet de mieux cerner les affinités; aussi
le nomenclaturiste doit savoir que onze combinaisons nouvelles sont proposées. Си-
rieusement, toutefois, dans ce travail trés soigné les accords grammaticaux ne sont
pas toujours respectés: on lit, p. ex. Corticium appalachiensis, ou encore Phlebia
tremellosus. On peut aussi s'étonner que les sulfo-aldéhydes n'aient pas été
systématiquement utilisées; l'auteur note, par exemple, pour Amylostereum chailletii:
"The glococystidia... are inconspicuous and easily overlooked”. Ces réactifs les au-
raient clairement dévoilées.
Si cette mise au point est d'un intérét essentiel pour tous ceux qui, pour quel-
que raison que ce soit, s'intéressent aux cultures, et tout particulièrement pour ceux
qui doivent essayer de reconnaitre des espèces auxquelles ils n'ont accès que par le
mycélium, elle apporte aux systématiciens un résumé de nos connaissances actuelles
sur l'appareil végétatif des Corticiés s.l. Quel botaniste étudiant d'autres groupes
végétaux, se contenterait de l'observation du seul appareil reproducteur?
J. Boidin
TRÜGER R. und HUBSH P., 1990 - Einheimusche Grosspilze.
Bestimmungstafeln für Pilzfreunde. Jena, VEB Gustav Fischer Verlag,
247p. DM 34. ISBN 3-437-20443-2.
Les auteurs proposent à l'amateur de champignons un manuel original pour
déterminer les champignons supérieurs. Il s'agit d'une clé dichotomique illustrée,
répartie en 109 tableaux, qui permet, à l'aide de caractères simples, d'arriver à nom-
mer 700 espèces. Pour chaque espèce, les renvois à des ouvrages de référence, per-
mettront au lecteur de trouver les compléments nécessaires à une meilleure connais-
sance des champignons. Index des noms latins et des noms allemands.
PLOETZ R.C., 1990 - Fusarium wilt of Banana. St Paul, Minnesota, APS
Press, 140 p. $ 30. ISBN 0-89054- 112-4.
La première conférence internationale sur la maladie de la banane induite par
le Fusarium, organisée à Miami en Floride (août 1989), a permis de faire le point sur
cette maladie . La dernière monographie sur ce sujet datait de Stover en 1962. Les
communications de cette conférence sont regroupées selon deux grands axes: d'une
part le Fusarium (taxonomie, biologic moléculaire, contrôle biologique...) et d'autre
part l'hôte (ses réactions vis-à-vis du champignon, sélection, clonage...). Deux com-
munications sur l'histoire et l'importance de la maladie, ainsi que les résumés des
trois tables rondes, complètent l'ouvrage.
LARPENT J.P. et LARPENT-GOURGAUD M., 1990 - Mémento techni-
que de Microbiologie. Technique et Documentation. Paris, Lavoisier,
2éme ed., 417p. 320F. ISBN 2-85206-679-3.
Au sommaire de cet ouvrage bien documenté et exposé de façon très claire, on
trouve: Les techniques microbiologiques (destruction, culture, conservation des
microorganismes); Identification; Description de la cellule procaryote, des
microorganismes eucaryotes (champignons filamenteux, levurès, algues, protozoaires),
des microorganismes procaryotes; Croissance et métabolisme; Microorganismes utiles
(épuration et dépollution, aliments fermentés, biomasse, métabolites primaires et se-
condaires, enzymes, biolixivation, biotransformations) et enfin, des "données diver-
ses” où sont regroupées les adresses de collections de microorganismes, de fournis-
seurs de matériel, milieux de culture, etc...
Source : MNHN, Paris.
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 163
Une bibliographie assez riche (350 réf.) compléte ce livre qui constitue une bon-
ne source d'informations pour les chercheurs et techniciens des laboratoires de
contróle ou de production et pour les enseignants des universités ou du secondaire.
Précisons, pour les mycologues que sont nos lecteurs, que sur l'ensemble de
l'ouvrage, une cinquantaine de pages environ intéressent les champignons
filamenteux et les levures.
M.F. Roquebert
BRESINSKY A. & BESL H., 1990 - A colour atlas of poisonous fungi. A
handbook for pharmacists, doctors, and biologists. London, Wolfe
Publishing Limited, 295 p., 142 schémas et photographies. £ 60.00.
ISBN 0-723-41576-5.
Sans entrer dans des détails trop pointus intéressant seuls les spécialistes, cet
"atlas" comportant de nombreuses ct riches illustrations s'est efforcé de faire une
mise au point sur la toxicité des champignons supérieurs.
Une introduction judicieuse - 15 pages - écarte toute équivoque concernant le
sujet traité et le délimite de façon précise; ainsi certains points tels que les
mycotoxicoses, les allergies aux spores de champignons, l'accumulation de métaux
lourds, etc., sont redéfinis et écartés. Elle fournit aussi quelques généralités sur les
mesures à prendre dans l'éventualité d'un intoxication par des champignons
supérieurs.
La partie principale - 172 pages - décrit un à un les principaux syndromes d'in-
toxication fongique (phalloidien, orellanien, gyromitrien, muscarinien, panthérinien,
coprinien, etc.). En premier lieu, les traits caractéristiques de chaque type d'empoi-
sonnement sont exposés: les symptómes sont décrits, les substances responsables
citées et toujours représentées selon les normes chimiques actuellement usitées. Une
interprétation biochimique et pharmacologique de l'intoxication - quand elle a été
publiée dans la littérature scientifique - est mentionnée avec les traitements de l'in-
toxication communément utilisés. Pour chaque syndrome, les espèces responsables
sont décrites individuellement; les textes sont toujours illustrés de photographies du
carpophore, et, quand celles des spores l'ont défaut, un schéma y supplée. Il faut si-
gnaler que les auteurs ont rassemblé dans une section collective "syndrome gastro-
intestinal” un certain nombre d'espéces toxiques qui, plutót que de constituer un
groupe homogène, ont en commun le fait que leurs mécanismes d'action toxique sont
encore mal connus.
Une troisième partie - 53 pages - est consacrée à des données strictement
mycologiques (ramassage des champignons en vue de la constitution d'un herbier,
description macroscopique et microscopique, colorations spécifiques, etc.), elle met
aussi l'accent sur l'identification des espèces dans les résidus alimentaires en cas
d'empoisonnement. Ce chapitre se termine par deux clés de détermination; la
premiére, plus générale, situe les différents genres taxonomiques sans nécessairement
une implication toxique; elle renvoie à et est complétée par une seconde clé de
détermination qui elle permet l'identification des espèces toxiques à l'intérieur de
chaque genre.
Les glossaires des termes mycologiques, puis toxicologiques et chimiques sont
joints. Une bibliographie exhaustive bien documentée - interrompue en 1988 - et un
index pluridisciplinaire terminent cet ouvrage.
Signalons aussi que l'intérêt du texte, par exemple du point de vue "ethno-
mycologique”, éloigne de temps à autre l'ouvrage d'un simple catalogue de champi
gnons toxiques. Ce livre constitue certes là traduction en anglais de l'ouvrage initial
“Giftpilze - Ein Hanbuch fiir Apoteker, Artze und Biologen”, mais avec des chan-
gements toutefois; entre autres détails, nombre d'auteurs d'espéces ont été révises, la
Source : MNHN, Paris
164 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
plaquette des centres antipoisons modifiée et le texte augmenté en fonction des nou-
veaux éléments parus dans la littérature. Peut être aurait-il été souhaitable, dans la
mesure oü ce document de travail est destiné à des médecins, à des pharmaciens et à
des biologistes, que les mécanismes d'action soient plus développés au regard des
connaissances actuelles en pharmacologie. Néanmoins et sans aucun doute, en dehors
des articles de revue concernant un type d'intoxication donné et parus dans des re-
vues spécialisées, ce document constitue à l'heure actuelle un des ouvrages de mise à
jour les plus complets des connaissances concernant les activités toxico-
pharmacologiques des champignons supérieurs
Didier Michelot
Commision paritaire n° 58611
Dépôt légal no 15621 - Imprimerie de Montligeon
Sortie des presses le 20 juin 1991
Imprimé en France
Éditeur : A.D.A.C. (Association des Amis des Cryptogames)
Président : R. Baudoin; Secrétaire : D. Lamy
Trésorier : J. Dupont; Directeur de la publication : H. Causse
Source : MNHN. Paris
CRYPTOGAMIE — MYCOLOGIE
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partient pas au Comité de lecture.
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rédigés en Anglais, Allemand et Espagnol sont acceptés.
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CRYPTOGAMIE-MYCOLOGIE sont toujours disponibles.
MÉMOIRES HORS SÉRIE
№ 2 (1942). Les matières colorantes des champignons, par 1.
Pastac. 88 pages :15 F.
№ 3 (1943). Les constituants de la membrane chez les champi-
gnons, par R. Ulrich. 44 pages: 15 F. -
No 6 (1958). Esssi biotaxonomique sur les Hydnés résupinés et les
Corticiés, par J. Boidin, 390 pages, pl. et fig. : 120 F.
N° 7 (1959). Les champignons et. nous (Chroniques) (II), par G.
Becker. 94 pages: 25F. | A
No 8 (1966). Catalogue de la Mycothèque de la Chaire de Speg
mie du Muséum National d'Histoire Naturelle. (I) Micromy -
cétes. Macromycétes (premiére partie), 68 pages : 25 F.
NO 9 (1967). Table des Matiéres (1936-1965). 85 pages : 20 F. —
(1966-1975) 30 pages : 10 F.
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Tome 1. Les Lactario-Russulés, par Roger Heim (1938) (épuise).
Tome Il. Les Rhodophylles, par Henri Romagnesi (1941): 164 pages,
46 fig. : 90 F.
Tome III. Les Mycénes, par Georges Métrod (1949). 144 pages,
88 g. : 90 F. * Á
Tome IV. Les Discomycétes de Madagascar , par Marcelle Le Gal
(1953). 465 pages, 172 fig. + 150 P.
Tome V. Les Urédinées, par Gilbert Bouriquet et J.P. Bassino
(1965). 180 pages, 97 fig., 4 pl. hors-texte ` 90 F.
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