CRYPTOGAMIIE
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TOME 16 Fascicule 1 1995
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CRYPTOGAMIE
Mycologie
ANCIENNE REVUE DE MYCOLOGIE
Fondée par R. Heim en 1936
Directeur scientifique: Mme J. Nicot
Secrétaire de Rédaction: M. Bruno Dennetière
Editeur: A.D.A.C. - 12 rue Buffon F-75005 Paris
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Guesdes, F-31062 Toulouse Cedex) - Systématique: P. Joly (Laboratoire de Cryptogamie, Muséum
National d'Histoire Naturelle, 12 rue Buffon, F-75005 Paris) - Physiologie: G. Manachére
(Laboratoire de Mycologie, Université de Lyon I, 43 bd du 11 Novembre 1918, F-69622
Villeurbanne Cedex) - Cytologie: D. Zickler (Laboratoire de Génétique, Université Paris Sud, Centre
d'Orsay, Bat. 400, F-91405 Orsay) - Autres spécialités: M.F. Roqueber (Laboratoire de
Cryptogamie, Muséum National d' Histoire Naturelle, 12 rue Buffon, F-75005 Paris)
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Lecture, Bien qu'étant une revue de langue francaise, les articles rédigés en anglais, allemand, italien
et espagnol sont acceptés. Les disquettes de micro-ordinateurs (IBM, IBM compatible et MacIntosh)
sont vivement souhaitées. Les recommandations aux auteurs sont publiées dans le fascicule | de
chaque tome. Les auteurs recevront 25 tirés-à-part gratuits: les exemplaires supplémentaires seront à
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CRYPTOGAMIE comprend trois sections: Algologie, Bryologie-Lichénologie, Mycologie.
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Source : MNHN, Paris
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Société Francaise de Microbiologie
28, rue du Docteur Roux - 75724 Paris Cedex 15
AS 68.81.79
*
Section
de Mycologie
et
Réseau de Mycologie
COLLOQUE
DES 26 ET 27 JANVIER 1995
Espace République
Montpellier
*
Re o . sa
iii
Tous les articles de ce fascicule sont issus des communi-
cations présentées au colloque organisé conjointement par la
Société Frangaise de Microbiologie, section Mycologie, et
par le Réseau de Mycologie.
Ces articles sont publiés avec Ia caution scientifique des organisateurs du colloque.
Source : MNHN, Paris
Cryptogamie, Mycol. 1995, 16 (1): 1-26 1
MYCOLOGIE TRADITIONNELLE ET NOUVELLES
TECHNOLOGIES:
QUELLE TAXONOMIE POUR DEMAIN ?
Régis COURTECUISSE
Département de Botanique
ulté des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques.
B.P. 83 F. 59006 Lille Cedex
RÉSUMÉ - L'auteur dégage les tendances actuelles de la recherche mycologique, en taxonomie,
systématique et phylogénie. Les techniques "traditionnelles" semblent en nette régression par rapport
aux méthodes dérivées de la biologie moléculaire, dont l'apport est certes indéniable mais dont les
limites sont encore assez mal cernées. D'autre part, l'état actuel des connaissances taxonomiques du
règne fongique est encore trés rudimentaire et le contexte écologique est très inquiétant, De ce fait, il
est nécessaire d'accélérer les études descriptives sur le terrain avant que les espèces encore inconnues
ne soient définitivement perdues, spécialement en milieu tropical. L'argument purement scientifique
de connaissance de la biodiversité peut être complété par plusieurs exemples d'applications
{protection des espèces et des écosystèmes qui passe par une connaissance fonctionnelle, mais aussi
taxonomique; utilisation des champignons en tant qu'alliés dans différents domaines: bio-indication,
pharmacologie, lutte biologique, bio-technologies, etc.). La nécessité vitale d'une collaboration
équilibrée entre tendances "traditionnelles" et "modernes" de la mycologie est mise en évidence.
SUMMARY - The author considers the present trends in mycological research, especially dealing
with taxonomy, systematics and phylogeny. "Traditional" methods seem clearly regressing if compa-
red with molecular methodologies, which contribution is undeniable but which limits are still rather
poorly known. On the other hand, the present taxonomical knowledge of the fungal kingdom is very
weak and the ecological context very disquieting. Therefore, it is necessary to develop descriptive
studies in the field, before the unknown species become vanished, especially in The Tropics. The
purely scientifical argument concerning the basic knowledge of biodiversity can be strengthened
with some applied examples (conservation of species and ecosystems bound to a functional but also
taxonomical knowledge; uses of fungi as allies in different topics -bio-indication, pharmacology,
biological control, bio-technologies, etc.). The necessity for a balanced co-operation between
“traditional” and "modern" trends of mycology is strongly emphasized.
KEY-WORDS - Mycology, macromorphology, micromorphology, ultrastructure, chemotaxonomy,
biological species, molecular taxonomy, systematics, phylogeny.
Source : MNHN, Paris
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R. COURTECUISSE
INTRODUCTION
Cette réflexion sur les tendances actuelles de la recherche en biologie, principa-
lement dans les domaines taxonomique et systématique, ne prétend pas révéler de
problèmes inédits. Il s'agit surtout d'attirer à nouveau l'attention de la communauté
scientifique sur un danger qui la menace de plus en plus gravement (en effet, l'argu-
mentaire mycologique, dû à ma propre spécialité, pourrait être étendu à toutes les
disciplines de la botanique, de la zoologie et de la microbiologie au sens large). D'au-
tres avant moi ont tiré la même sonnette d'alarme. Il s'agit bien en effet de s'alarmer de
la disparition progressive de la taxonomie descriptive face à ce que j'appellerai le "raz-
de-marée moléculaire". Loin de moi, bien sûr, l'idée stupide de renier l'intérêt considé-
rable des résultats apportés par ces techniques. Il s'agira plutôt d'un plaidoyer en faveur
du maintien d'un équilibre judicieux entre les tendances traditionnelles et modernes de
la mycologie.
LES DIFFÉRENTES DISCIPLINES DE LA MYCOLOGIE.
APERÇU HISTORIQUE:
Les premiers mycologues étaient, vers la fin du 18ème et au début du 19ème
siècle, des naturalistes polyvalents, essentiellement descripteurs. L'état des connaissan-
ces et des techniques de l'époque leur donnait seulement accès aux caractères morpho-
logiques, visibles directement, ce qui les a conduit à ranger ensemble des champignons
totalement étrangers. Par exemple, les actuels Gasteromycetideae et les Myxomycètes,
étaient réunis sous le nom de Myxogastres, sur la base de la forme plus ou moins sphé-
rique de beaucoup de ces espèces. Le grand genre Boletus concernait toutes les espèces
présentant une surface fertile ouverte à l'extérieur par des pores (actuels bolets et poly-
pores, ces deux termes dans leur sens morphologique encore très large).
Le développement de la microscopie a permis la découverte des différents types
de cellules reproductrices et de distinguer plus ou moins clairement les grands groupes
actuels, par exemple, les Asco- des Basidiomycétes. En effet, certains types morpholo-
giques communs aux deux coupures -comme le type clavarioide rencontré chez certains
Xylaria, les Geoglossum (Asco) et les "clavaires" (Basidio)- procuraient des sources
d'erreur de classement.
La structure anatomique des différentes parties des sporophores a également
donné lieu à des éclaicissements décisifs. Le suisse Vincent Fayod, par exemple, a mis
en évidence l'intérét des structures des revétements chez les champignons agaricoides.
Certains taxons actuels sont en partie définis de cette facon, comme les Bolbitiaceae
(Cortinariales), à revêtement piléique hyméniforme.
Des systèmes de classification se basant sur l'observation microscopique dé-
taillée, en fonction des moyens de l'époque, furent proposés dès la fin du 19ème siècle,
par exemple, pour les Basidiomycotina, par Fayod (1889) et Patouillard (1887, 1900).
Certains points de ces classifications historiques sont d'ailleurs encore admis actuelle-
ment.
La curiosité des anciens mycologues, tout en continuant à susciter la description
de nouvelles espéces (domaine de la taxonomie), s'est ensuite rapidement orientée vers
Source : MNHN, Paris
MYCOLOGIE TRADITIONNELLE ET NOUVELLES TECHNOLOGIES 3
la compréhension du fonctionnement de l'organisme fongique (biologie). L'établisse-
ment d'un système de classification (systématique) et d'un schéma théorique de filiation
des différents groupes reconnus (phylogénie) bénéficièrent également de l'intégration
progressive des nouvelles données biologiques et d'une sophistication croissante des
techniques
Je limiterai donc ce propos à ces quelques domaines précis, laissant de côté
d'autres disciplines comme la mycologie médicale, la physiologie et l'éco-physiologie,
l'écologie et la synécologie (étude des communautés fongiques, biologie des popula-
tions, etc.), la phytopathologie, le domaine des mycorhizes, et bien d'autres.
MYCOLOGIE TAXONOMIQUE, SYSTÉMATIQUE ET PHYLOGÉNIQUE:
Introduction
Le stimulus qui m'a poussé à cette réflexion est une impression empirique,
ressentie au dernier congrès mondial de Vancouver (IMCS). Sans vouloir en faire une
analyse statistique précise, j'ai été fortement impressionné par le fait que les communi-
cations "moléculaires" ont largement dominé les différents séminaires et séances de
posters, phénomène particulièrement frappant pour quelqu'un qui avait également par-
ticipé au précédent congrés mondial, à Regensburg en 1990 (IMC4). Cet intervalle de 4
années a été suffisant pour que le rythme de production des "moléculaires" (si l'on veut
bien me permettre ce raccourci) s'emballe littéralement, évidence dont l'ampleur peut
étre sous-estimée si l'on se contente de feuilleter, au laboratoire, la littérature purement
mycologique. En effet, beaucoup de travaux de ce type sont publiés dans des périodi-
ques traitant de microbiologie, de génétique, de biologie moléculaire, de biochimie, etc.
(voir bibliographie).
En tant que mycologue "de terrain", je ne peux rester insensible à cet état de
fait: nous assistons, à mon sens, à un dérapage non contrólé des tendances de la recher-
che, privilégiant de nouvelles technologies, certes flamboyantes, mais au détriment
d'une tradition, dont les acquis se sont tranquillement accumulés depuis les origines de
la mycologie et surtout, dont les potentialités sont encore considérables.
Mycologie traditionnelle:
Taxonomie "classique"
Je regroupe ici toutes les études descriptives considérant les caractéres de ter-
rain (macroscopie, écologie, chorologie, etc.) et les caractères de laboratoire d'observa-
tion morphologique (microscopie optique et à balayage -SEM) ou nécessitant des ma-
nipulations relativement simples (cultures, etc.).
D'abord purement morphologiques, ces travaux ont abouti à une foule d'études
descriptives et à de grandes monographies classiques. Parmi les plus récentes, citons
Antonin & Noordeloos (1993), Brandrud er al. (1990, 1992, 1994), Hansen & Knudsen
(1992), Maas Geesteranus (1992), Noordeloos (1992), Pegler er al. (1993), Ryvarden &
Gilbertson (1993, 1994), Watling & Gregory (1993), etc.
Source : MNHN, Paris
4 R. COURTECUISSE
Des investigations de plus en plus fines ont permis d'intégrer de nouveaux ca-
ractéres à ces études taxonomiques. Néanmoins, la morphologie reste importante dans
les études récentes, méme pour certains champignons "inférieurs" ou Ascomycotina
(Benny, 1994; Hanlin, 1994; Pitt, 1994; Samson, 1994; Seifert & Okada, 1990; etc.).
L'étude détaillée, morphologique ou fonctionnelle, des cellules a également été
déterminante dans certains groupes (Buyck, 1990; Kost, 1990; Oberwinkler, 1982;
Póder, 1990; Triebel & Baral, 1993; VanBrummelen, 1994; etc.). Par exemple, Baral
(1992, 1993) réhabilite la microscopie "vitale" et démontre que l'observation minu-
tieuse du contenu des cellules vivantes peut jouer un róle taxonomique non négligeable.
Petrini & Petrini (1990) d'autre part, distinguent deux espèces très proches de Roselli-
nia par l'étude détaillée des tailles sporales.
L'étude des structures se montre également fructueuse, par exemple chez les
Basidiomycotina, avec les considérations sur le "mitisme" (monomitisme, dimitisme,
trimitisme), le sarcodimitisme (Redhead, 1987), la présence d'acrophysalides (Bas,
1990).
Les mécanismes ontogéniques ont également aidé les systématiciens (Reijnders,
1963, 1990; Reijnders & Stalpers, 1992).
L'intégration de toutes ces considérations raxonomiques aboutit à des travaux
d'ordre systématique, voire phylogénique (par exemple, Halling, 1994; Hiratsuka, 1990;
Krug, 1994; Laessoe, 1990; Letrouit er al., 1993; Moravec, 1990; Moss & Jones, 1993;
Pegler, 1994; Schumacher, 1990a; Senn-Irlet, 1990; etc.) ou inventorial, c'est à dire
visant à évaluer la biodiversité de certains secteurs géographiques ou de certains mi-
lieux (Courtecuisse, 1990, 1992; Franco-Molano, 1994; Heredia er al., 1994; Huhndorf,
1994; Iturriaga,1994; McKenzie & Hyde, 1994; Mueller, 1994; Ovrebo, 1994a, 1994b;
Ryvarden, 1994a; VanderGucht, 1990, 1994; Wu & Mueller, 1994; Zhuang & Korf,
1990: etc.).
Cette mycologie "classique" appelle quelques remarques générales:
a) Ce domaine est riche en travaux de mycologues amateurs. C'est un fait
historique: des noms illustres de la mycologie sont ceux de pharmaciens, médecins,
ecclésiastiques, etc. Cette tendance est toujours vivace et des revues d'excellent niveau,
parfois de diffusion internationale, sont animées par des mycologues non professionnels
(par exemple Documents Mycologiques, Rivista di Micologia, Zeitschrift für
Mykologie, etc.). Leur contenu reste largement descriptif et proche de l'esprit de la
mycologie "de terrain". De ce fait, les mycologues "de terrain", acteurs indispensables
des étapes fondamentales de la mycologie, ne percoivent pas toujours nettement
l'évolution actuelle de leur discipline.
b) Des concepts taxonomiques diamétralement opposés existent. La notion
d'espèce fait depuis toujours l'objet d'un débat passionné. Certains adoptent un concept
spécifique très large, synonymisant de nombreux binômes alors que d'autres préfèrent
une définition très étroite de l'espèce, créant de nouveaux taxons à un rythme parfois
inquiétant. Les "conflits" entre auteurs appartenant à des "écoles" opposées sont parfois
épiques et illustrent ce propos. Face à ces difficultés et à cette hétérogénéité, il est
permis de rêver à un compromis universel, enfin admis par tous.
c) Il est évident que les moyens d'investigations classiques connaissent des
limites. Certains groupes restent extrèmement difficiles avec ces seuls moyens. C'est le
Source : MNHN, Paris
MYCOLOGIE TRADITIONNELLE ET NOUVELLES TECHNOLOGIES 5
cas, entre autres, des Endogonaceae, où la classification est basée essentiellement sur
les caractères des spores, peu nombreux (Dalpé, 1994), de certains Coelomycetes (Van
der Aa et al., 1990), des Ganoderma (Ryvarden, 1994b), etc. D'autre part, on a pu
mettre en doute (Huhtinen, 1993) la pertinence des observations de certains
mycologues, ou au moins souligner l'hétérogénéité de niveau des publications, rendant
difficile l'exploitation des données de la littérature. La faiblesse des illustrations est
parfois également préjudiciable à l'interprétation de travaux par ailleurs très importants.
Sexualité. Espèces biologiques:
Les cultures, au delà de leur rôle taxonomique immédiat (aspect, vitesse de
croissance, réactions aux variations de conditions, etc.), ont permis d'étudier les polari-
tés, dites "sexuelles", des champignons. Depuis les pionniers (Bensaude, 1918 et Van-
dendries, 1923), de nombreux chercheurs ont développé ce thème et on a proposé une
définition "biologique" de l'espèce qui postule, grosso modo, que des récoltes
"incompatibles" ne peuvent être conspécifiques alors (ше des souches
"intercompatibles" appartiennent à une seule et même espèce.
En ce qui concerne les Basidiomycotina, ce concept d'espéce biologique a été
largement utilisé pour les Phragmobasidiomycétes et les Aphyllophoromycetideae
(Boidin, 1977, 1986, 1995; Boidin & Lanquetin, 1965, etc.) et certains Agaricomyceti-
deae comme les Coprinus (Lange, 1952, Kemp, 1975, etc.), les Armillaria (par exem-
ple, Korhonen, 1978, Volk et al, 1994) et plus récemment beaucoup d'autres genres
(Petersen, 1994a, 1994b, etc.).
Ces travaux et les connaissances qui en découlent, ont permis de résoudre cer-
tains problémes taxonomiques et systématiques. Par exemple, la comparaison de récol-
tes éloignées (allopatriques) attribuées à un méme taxon ont permis de confirmer ou
d'infirmer, selon ce principe, leur conspécificité.
Mais cette définition biologique, apparemment universelle, se heurte pourtant à
certains écueils, dont le principal est certainement le fait que les spores de peu d'espè-
ces acceptent de germer en culture. Les mycéliums nécessaires à la confrontation ne
sont pas toujours obtenus, limitant par là méme la portée pratique de ce postulat.
Chimitaxonomie:
Les chimiotaxonomistes postulent que l'évolution a pu conserver, au fil des
étapes phylogéniques, des "traceurs" chimiques de parenté. Partant de cette idée, on a
tenté de rapprocher certaines espèces apparemment très dissemblables sur la base de la
présence de molécules communes.
La nature chimique des molécules étudiées est très variée, de même que les
techniques employées, Les progrès chromatographiques ont permis, entre autres, d'affi-
ner ces études. Dans certains cas, l'association de méthodes taxonomiques diverses (par
exemple morphologiques) et chimiques peut faciliter la détermination d'espèces appar-
tenant à des groupes difficiles. Citons, parmi d'innombrables exemples potentiels,
quelques références: Andary er al. (1988, 1990, 1992) pour les polyols et amino-acides
des Boletales, Besl (1990) pour les métabolites secondaires du méme groupe; Edwards
(1994) pour des lactones, quinones et acides chez les Xylaria, Whalley & Edwards
(1994) pour les métabolites secondaires des Xylariaceae; Kreisel & Schubert (1994) et
Source : MNHN, Paris
6 R. COURTECUISSE
Kuraishi et al. (1985) pour les ubiquinones; Bérubé & Dessureault (1990), Gottlieb &
al (1994), Hughes & Petersen (1994), Morrison et al. (1985), pour les iso-enzymes, etc.
Bien que trés performante dans certains cas, cette discipline posséde également
des limites. J'en citerai deux exemples.
L'ordre des Boletales, caractérisé par la présence d'acides pulviniques ou inter-
médiaires métaboliques (tyrosine, atromentine, etc.), a fait l'objet d'élargissements à
différents taxons lamellés (Paxillaceae, Gomphidiaceae en particulier), gastéroides
(sécotioides comme les Rhizopogon, Chamonixia, etc.) ou encore corticioides (les
Coniophora, que l'on interpréte -Besl, 1990- comme étant proches de l'origine phylogé-
nétique de l'ordre). La parenté des espèces lamellées est compréhensible, également sur
la base d'autres caractères (structure, spores, etc.). Les formes sécotioïdes sont fré-
quemment affines à des taxons lamellés ou bolétoides (voir par exemple, Thiers, 1984).
Mais la parenté d'espèces corticioïdes doit être considérée avec prudence si elle n'est
avancée que sur un argumentaire chimique. On peut en effet trouver des cas manifestes
de convergence chimique. Qui songerait, par exemple, à ranger dans une même série
phylogénique Amanita phalloides, Lepiota helveola, Galerina marginata et Pholiotina
filaris, pourtant toutes pourvues d'amanitines ?
D'autre part, la chimie est importante dans le genre Cortinarius (s.l.), réputé à
juste titre très difficile. Les analyses pigmentaires ont amené certains chercheurs à
synonymiser certaines espèces, jusque là distinguées macroscopiquement (voir Hgiland,
1983). Est-il raisonnable de privilégier à ce point une technique chromatographique
alors que nos sens perçoivent une différence et semblent, en l'occurence, supérieurs à la
machine ?
Stades imparfaits
Le cycle de vie de certains champignons voit alterner différentes phases, mito-
tiques ou asexuées (anamorphes) et méiotiques ou sexualisées (téléomorphes). Une des
conséquence est que l'on tend à ne plus séparer aussi nettement, dans les classifications,
les champignons "imparfaits" des champignons "supérieurs" (Reynolds, 1993). Les
anamorphes sont d'autre part importants pour déterminer les affinités phylogéniques.
Ces études concernent essentiellement les Ascomycotina (par exemple Crous & Wing-
field, 1993 pour les genres Calonectria et Nectria, Lodha & Mathur, 1994 pour divers
phytopathogenes et Rogers, 1990 pour les Xylaria) et les Basidiomycotina inférieurs
(par exemple Bandoni, 1994 et Oberwinkler, 1987 en ce qui concerne les Hétérobasi-
diomycètes dimorphiques à stade levure). Elles peuvent, dans certains cas et souvent
associées à des techniques moléculaires, préciser l'attribution systématique d'espèces
problématiques (par exemple, Ando er al., 1994, qui transférent Mixia osmundae des
Asco- aux Basidiomycétes).
Mais les phases mitotiques se rencontrent essentiellement chez des champi-
gnons relativement "inférieurs" et sont trés rares chez les Homobasidiomycétes. Encore
assez répandues chez les Aphyllophoromycetideae, elles deviennent exceptionnelles
chez les Agaricomycetideae. De ce fait, la portée de l'étude des stades imparfaits, bien
que trés importante pour les groupes concernés, ne saurait étre générale.
Source : MNHN, Paris
MYCOLOGIE TRADITIONNELLE ET NOUVELLES TECHNOLOGIES 7
Ultrastructure
Le microscope électronique à transmission (TEM) permet de mettre en évidence
l'ultrastructure des cellules, des organites et l'arrangement macromoléculaire des struc-
tures. Depuis Girbardt (1958), pionnier en la matiére, on a beaucoup étudié la structure
des parois (hyphes, spores, etc., voir par exemple Bellemére & Melendez-Howell,
1993; Clémençon, 1970; Perreau, 1967; Verkley, 1993, etc.). On s'est ensuite tourné
vers les perforations inter-cellulaires, caractéristiques selon le groupe considéré. Ces
techniques ont permis, parfois en association avec d'autres, de rectifier des attributions
systématiques de taxons problématiques (Ando er al., 1994) et. de réviser certains points
de la classification ou des parentés phylogéniques. Certains travaux sont importants
dans ce domaine: Khan & Kimbrough (1982), Kimbrough (1990, 1993), Moore (1971,
1978, 1994), Moore & McAlear (1962), Oberwinkler (1990), Patton & Marchant
(1978), Thielke (1972), etc.
Des améliorations techniques laissent espérer ici de nouveaux développements
(Müller et al., 1994).
Mycologie moléculaire, informatique et hypothèses alternatives:
Biologie moléculaire:
La découverte des acides nucléiques remonte à 1868 (Mischler), celle de la
double hélice du DNA à 1953 (Watson & Crick). Dérivant de ces découvertes, la bio-
logie moléculaire, qui vise à expliquer tous les phénomènes biologiques à l'échelle des
molécules, a révolutionné la plupart des branches de la biologie. On assiste, depuis
quelques années, à un développement vertigineux des travaux de cet ordre dans les
domaines qui nous intéressent, taxonomie, systématique et phylogénie.
Ses principes et techniques sont actuellement bien connus (voir deLey et al.,
1970, White et al. 1990) et il existe des travaux de synthése sur leurs applications dans
le domaine de la mycologie (par exemple, Bruns er al., 1991; Metzenberg, 1991).
A l'aide de différentes techniques, il s'agit de déterminer la composition et les
séquences nucléotidique des DNA et RNA. Ces acides nucléiques peuvent étre d'origi-
nes diverses, essentiellement ribosomique (nombreux travaux), nucléaire (voir Bruns er
al., 1992) ou mitochondrial (voir Bruns et al., 1988; Bruns & Palmer, 1989; Hibbett,
1992:535; Taylor, 1986).
Divers fragments d'acides nucléiques sont employés: On a d'abord utilisé le 5S
rRNA (par exemple, Huysmans et al., 1983, qui montrent le caractère polyphylétique
du régne fongique; Walker & Doolittle, 1982 qui établissent la corrélation entre des
séquences similaires et la présence d'un "dolipore septum"; etc.). Ce RNA est actuelle-
ment abandonné pour les reconstructions phylogéniques (Hibbet, 1992:542). Les 18S et
25S rRNA l'ont ensuite remplacé (voir par exemple, Baharaeen & Vishniac, 1984 pour
le 258 et pour le 18S, Berbee & Taylor, 1992, 1993; Gargas, 1992; Saenz et al., 1994,
qui établissent que les Erysiphales ne sont ni des Pyrénomycétes, ni des Plectomycètes,
classes entre lesquelles on hésitait pour ranger ces champignons !). On utilise égale-
ment le 17S rRNA, pour étudier les relations entre les grands groupes d'organismes
vivants (des exemples de travaux concernant les micromycétes sont donnés par Hibbett,
1992:543 et Hendricks et al., 1991. Pour les Basidiomycétes supérieurs, voir Bruns er
Source : MNHN, Paris
8 R. COURTECUISSE
al., 1989; Bruns et al., 1990 pour les Boletales et Hibbett, 1991 pour le genre Lentinus)
et parfois le 16S rRNA ou le 5.8S rRNA. Le DNA fait également l'objet de séquen-
çage. Voir par exemple Hibbett & Vilgalys (1991) et Vilgalys & Hester (1990).
Les méthodes de choix pour déterminer ces séquences nucléotidiques sont ba-
sées sur l'utilisation des enzymes de restriction (surtout RFLP, restriction fragment
length polymorphism). Le DNA est digéré par ces enzymes et les profils électrophoré-
tiques des fragments sont utilisés pour étudier le degré de relation entre espèces étu-
diées. Les séquences sont également obtenues, en routine, par PCR (Polymerase Chain
Reaction, voir Innis et al., 1990). Un des nombreux intérêts de cette méthode est d'être
applicable aux spécimens d'herbier (Bruns er al, 1990), aux spores isolées (Lee &
Taylor, 1990) et méme aux espéces éteintes, voire aux fossiles (Golenberg er al,
1990)! On peut en trouver une description et l'analyse des applications de ces
techniques dans certains travaux (par exemple Bruns et al, 1991). Mais certains
problèmes d'interprétation des résultats existent (voir Hibbett 1992:539).
De nombreux exemples de RFLP portent sur des Micromycéte et les premieres
références traitent de Fungi Imperfecti ou de levures (Kozlowski & Stepien, 1982;
McArthur & Clark-Walker, 1983). De trés nombreuses publications concernent égale-
ment les macromycètes, par exemple les Sclerotinia (Kohn et al., 1988), Laccaria
(Gardes et al., 1990), Agaricus (Castle et al, 1987), Agrocybe (Rehner & Ammirati,
1987), divers (Rogers et al., 1989), etc.
Des développements plus récents introduisent l'étude de nouveaux fragments
nucléiques, plus informatifs sur le plan taxonomique (ITS: Internal Transcribed Spacer)
ou de nouvelles techniques (par exemple dérivée de la PCR comme le RAPD: Random
Amplified Polymorph DNA; voir par exemple Moens & Van Vaerenbergh, 1995).
Applications de la biologie moléculaire
a) En taxonomie:
Des techniques d'hybridation d'acides nucléiques (hybridation génomique) sont
utiles pour démontrer la parenté proche ou la conspécificité d'espèces (voir par exemple
Kurtzmann et al., 1979). Les aspects techniques sont détaillés par De Ley et al., 1970.
Elles ont été utilisées sur les champignons filamenteux et autres champignons
"inférieurs" (voir par exemple, Guého er al., 1985; Vilgalys, 1988) et sur les champi-
gnons supérieurs (par exemple, Horgen et al., 1984; Jahncke & Bahnweg, 1986).
Une aide très importante au diagnostic spécifique est également possible. Grâce
aux méthodes de PCR, on peut se servir des acides nucléiques comme moyen de dé-
termination, pour certains micromycètes, mais aussi pour les Basidiomycètes, en cul-
ture, sur des mycorhizes stériles, etc. Cette aide est particulièrement bien venue dans le
cas de groupes très difficiles, lorsque les autres caractères disponibles sont trop peu
nombreux, Citons quelques exemple pour les spores d'endomycorhizes (Cummings &
Wood, 1989), les ectomycorhizes (Gardes et al., 1991), le stade levure de Basidiomycè-
tes (Fell, 1994), les Armillaria (Anderson et al., 1987, 1989; Jahncke et al., 1987;
Smith & Anderson, 1989), les Phellinus (Dreisbach & Hansen, 1994; Hansen et al.,
1994), les Ganoderma (Hseu et al., 1994; Hseu & Wang, 1990), les Strophariaceae
(Jahncke, 1984). Dans cet esprit, certains chercheurs associent des méthodes
"classiques" et les techniques moléculaires pour affiner les résultats. Voir par exemple
Source : MNHN. Paris
MYCOLOGIE TRADITIONNELLE ET NOUVELLES TECHNOLOGIES 9
Crous (1994) -pour les Cylindrocladium-, Khashnobish & Shearer (1994) -pour
Leptosphaeria et Phaeosphaeria-, Liu et al. (1994) -pour Dermocybe.
b) En systématique et en phylogénie:
La comparaison des données séquentielles et de toutes les informations géno-
miques obtenues par les techniques évoquées ci-dessus permet d'établir les liens de
parenté entre espéces ou les enchainements phylogéniques.
Certains auteurs énoncent les implications théoriques de ces méthodes phylo-
géniques (Felsenstein, 1988; Mishler er al., 1988; Swofford & Olsen, 1990).
D'autres démontrent que certaines hypothèses phylogéniques admises sur la
base des données de la mycologie "traditionnelle" ne résistent pas à une analyse molé-
culaire. C'est le cas, par exemple, de Kwok er al. (1986), qui établissent la non-parenté
entre Laboulbéniales et algues rouges, hypothèse popularisée par Chadefaud et évoquée
plus récemment, par exemple, par Demoulin (1975, 1985). Blackwell (1994) rappelle
également les hypothèses phylogéniques, parfois plus que séculaires, récemment infir-
mées par les données moléculaires. D'autre part, la théorie de l'horloge moléculaire
permet de dater les principaux événements survenus au cours des temps géologiques
(voir par exemple, Berbee & Taylor, 1994).
A l'inverse, certains constatent l'identité des résultats phénotypiques et génoty-
piques, par exemple dans un groupe de Penicillium (Taylor & LoBuglio, 1994) ou
entérinent les suppositions de mycologues morphologistes, par exemple dans les Bole-
tales sécotioides et bolétoides: Baura et al., 1991 établissent la parenté phylogénique
entre Gastroboletus laricinus (sécotioide) et Suillus grevillei (bolétoide); Bruns et al.,
1989 font de méme pour le couple Rhizopogon (gastéroides)/Suillus (bolétoides). D'au-
tres exemples concernent par exemple le couple Lentinus/Polyporaceae (Hibbett &
Vilgalys, 1991).
Citons encore quelques exemples assez généraux: Berbee & Taylor (1993a),
Blackwell & Spatafora (1993), Blanz (1990b), Brygoo (1990), Eriksson (1994), Gargas
et al, (1994), Kohn (1990), Reynolds & Taylor (1993), Rogers et al. (1990), Swann &
Taylor (1994) et quelques cas plus précis pour les Hyphomycetes (Spatafora et al.,
1994), Trichoderma (Mills & Muthumeenakshi, 1994), Fusarium (O'Donell, 1994),
Penicillium (Choi et al., 1994; Peterson, 1994), Zygomycotina (O'Donell & Cigelnik,
1994), Entomophthorales (Nagahama et al., 1994), Glomales (Simon, 1994), dermato-
phytes (Leclerc et al., 1993), Erysiphales (Saenz et al., 1994a., 1994b), Morchella
(Buscot, 1994), Clavicipitales/Hypocreales (Spatafora & Blackwell, 1993), Meliolales
(Saca? & Taylor, 1994), Ophiostomatales (Spatafora & Blackwell, 1994; Viljoen et al.,
1994), Heterobasidiomycétes (Blanz, 1990a), Exobasidium (Blanz & Dôring, 1994),
Polyporaceae (Goncalves et al., 1990; Hibbett, 1994), Ganoderma (Moncalvo et al.,
1994a, 1994b), Cytidiella (Nakasone, 1994), Peniophora (Halienberg et al, 1994),
Boletales (Bruns & Szaro, 1990), Lentinus (Hibbett, 1990), Agaricales (Rehner et al.,
1990), Collybia dryophila (Bulat & Alekhina, 1994), Agaricus bisporus (Bunyard et al.,
1994), Coprinus (Hopple, 1990), etc.
Des travaux phylogéniques intègrent également les données de la mycologie
traditionnelles et les résultats moléculaires. Voir par exemple Lutzoni & Vilgalys
(1994), Tehler (1994).
Source : MNHN, Paris
10 R. COURTECUISSE
Informatique
Les possibilités de gestion simultanée d'un grand nombre d'informations et
l'apparente objectivité de l'ordinateur ont poussé les systématiciens à s'intéresser assez
tôt à cet outil prometteur. Les méthodes d'analyse informatique se sont rapidement
développées et l'étude de ce sujet nécessite de solides bases mathématiques. En effet,
des notions fondamentales entrent en jeu, de même que toutes les subtilités de la statis-
tique. D'abord utilisés à des fins taxonomiques (voir par exemple Jardine & Sibson,
1971; Sneath & Sokal, 1973), les ordinateurs ont ensuite participé à l'analyse de don-
nées très variées. De nouveaux concepts ont été appliqués à des fins systématiques et
phylogéniques et de très nombreux travaux font actuellement appel à la cladistique (une
revue consacrée à cette discipline a même été fondée en 1985: Cladistics), à la parsi-
monie, etc. Des logiciels récents sont destinés à des études purement phylogéniques
(Felsenstein, 1991; Swofford, 1992).
Il est indéniable que l'informatique permet de surmonter certaines limites ana-
lytiques de nos propres possibilités humaines. Mais un des problèmes résiduels est lié
au fait que c'est l'homme qui rentre ses données dans la machine, conférant un poids,
une valeur relative 4 chaque caractére envisagé. Tous les théoriciens s'accordent sur
cette difficulté, et les travaux consacrés à l'interprétation mathématique et statistique
des résultats obtenus pas ces méthodes sont nombreux (voir Hibbett, 1992, qui donne
de nombreuses références à ce sujet). Les principaux problèmes consistent à choisir les
caractères utilisés (morphologiques, chimiques, moléculaires, etc.) et à leur conférer un
poids relatif compatible avec un traitement statistique satisfaisant.
Quoiqu'il en soit, nombreux sont les mycologues utilisant l'analyse cladistique
pour réviser leurs positions systématiques ou phylogéniques. Certains préconisent
même cette analyse avant toute description de nouveaux taxons, au moins au rang
supraspécifique (Parmasto, 1994). Parmi les monographies récentes, beaucoup présen-
tent un chapitre "cladistique". Pour les travaux récents, surtout issus des derniers con-
grès mondiaux, citons Baroni (1990, 1994), Langer E. (1994), Langer G. (1994), Schu-
macher (1990b), Tehler (1993), Thrane (1994), Vilgalys (1986).
Limites de ces méthodes:
Comme les méthodes traditionnelles, les techniques moléculaires et informati-
ques appellent également des réserves. Elles sont encore récentes, surtout dans les
domaines de la taxonomie, de la systématique et de la phylogénie et leurs limites sont
encore incomplètement perçues.
Un des principaux écueils vient de la sensibilité croissante des méthodes utili-
sées. Les risques de contamination par du matériel nucléique étranger en sont accrus
(voir par exemple Hillis & Huelsenbeck, 1992). De plus, les résultats acquis par les
chercheurs ne sont pas facilement comparables avec ceux de leurs prédécesseurs, méme
récents, en raison des progrés extremement rapides des connaissances et des techniques
(Hibbett, 1992:534, 538).
D'autre part, les techniques moléculaires utilisent généralement du matériel
provenant de peu d'individus et traitent de peu d'espèces, tenant donc très peu compte
des facteurs de variab intra-spécifique (voir par exemple, Hillis, 1987), Or il existe
une certaine hétérogénéité intra-spécifique (mise en évidence par RFLP: voir par
Source : MNHN, Paris
MYCOLOGIE TRADITIONNELLE ET NOUVELLES TECHNOLOGIES П
exemple Cassidy er al., 1984; Gowan & Vilgalys, 1991; Loftus et al., 1988; Specht et
al., 1984; Wu et al., 1983) et il faut savoir que le niveau de variation peut étre différent
d'un taxon à l'autre (Hibbett, 1992). Par exemple, Taylor et al. (1990) montrent que le
niveau de variation entre espèces du genre Laccaria est comparable à celui que l'on
peut évaluer entre les genres de Sordariaceae.
La connaissance des séquences nucléotidiques ne semble donc pas constituer la
"pierre de Rosette" de la mycologie (Rotschild et al., 1986; voir aussi Donoghue &
Sanderson, 1991; Smith, 1989), comme on l'a peut-être trop vite cru.
Des phénoménes de convergence séquentielle peuvent également exister,
comme dans toute étude comparative (Brygoo, 1993). D'autres écueils potentiels, plus
techniques, sont encore exposés par Hibbett (1992:543, sqq.).
De plus, j'ai évoqué plus haut les dangers d'une analyse informatique basée sur
des données partielles, ou pire, partiales.
Quelques techniques alternatives:
Ce tour d'horizon des méthodes disponibles dans le domaine de la mycologie n'a
pas la prétention d'être exhaustif. Mais je ne le terminerai pas sans évoquer deux as-
pects de ces alternatives.
L'une concerne les concepts. L'imagination et la pertinence de certains scientifi-
ques tendent à renouveler les idées classiquement admises. Par exemple, le débat tradi-
tionnel sur le concept d'espèce s'enrichit périodiquement de nouvelles idées. Aux con-
cepts phénétique, biologique, écologique, phylogénique, global pré-éxistants, Frisvad
(1994) ajoute le concept "phylogénético-écologique".
L'autre concerne des techniques non encore évoquées ci-dessus. A titre
d'exemple, je citerai l'utilisation de la fluorescence en microscopie qui peut se révéler
trés prometteuse (voir par exemple Minter, 1990; Romero & Carmaran, 1990) et de
l'immunologie, dont les applications taxonomiques, systématiques et phylogéniques
sont également importantes (voir par exemple, Lung et al., 1985; Novak & Kohn, 1990;
Ping et al., 1994).
CONCLUSION
Le but de toutes ces études est de comprendre l'organisation des étres vivants,
en l'occurence ici du règne fongique. En résumant, il s'agit de décrire les espèces exis-
tantes (toutes, si possible), de les ranger dans une classification (aussi naturelle que
possible) et de retracer (aussi fidèlement que possible) l'histoire de l'évolution et des
enchaînements des groupes les uns avec les autres au cours des temps géologiques.
Si les différentes méthodes énumérées présentent toutes des limites ou des
inconvénients, toutes peuvent apporter des éléments de solution, replacer des pièces du
puzzle gigantesque que nous révons de reconstituer un jour.
Dans le domaine de la phylogénie, le séquençage semble être particulièrement
utile. Mais il est souhaitable d'aboutir à un consensus technique (Adams, 1972), visant
à établir des hypothèses indépendantes par des méthodes moléculaires et non-molécu-
laires puis établir une hypothèse unique, Mais il est alors difficile de trouver l'équilibre
Source : MNHN, Paris
12 R. COURTECUISSE
dans la pondération entre caractéres moléculaires et non-moléculaires, qui n'ont pas
forcément la méme signification phylogénique. La solution à ce débat mathématique
serait de comparer les études indépendantes (moléculaires et traditionnelles) et combi-
nées. On trouve pour le moment peu d'exemples de ce consensus "idéal" (voir Hibbett,
1991; Tehler, 1988).
Quoiqu'il en soit, la nécessité de comparer les résultats de plusieurs méthodes,
clamée par les biologistes moléculaires eux-mêmes, justifie la poursuite des travaux de
mycologie traditionnelle.
Mais il y a bien plus !
Le contexte écologique actuel est particulièrement dramatique, chacun le sait.
La déforestation fait rage dans les pays tropicaux et les pays "développés" voient fleurir
les listes rouges d'espèces menacées, signe de l'inquiétude grandissante et justifiée des
naturalistes. Certains évaluent à plusieurs dizaines le nombre d'espèces vivantes qui
s'éteignent chaque jour. Et comme le clame un slogan américain: "Extinction is for-
ever".
Qu'y perdons-nous en réalité ? J'y vois essentiellement trois points:
1- L'homme a la possibilité intellectuelle, sinon le devoir moral, d'inventorier
les espèces qui peuplent notre planète, Or, certaines évaluations postulent que moins de
5% des espèces de micro-organismes (les champignons étant inclus dans cette
catégorie) sont connues (Colwell & Hawksworth, 1991).
Face à cette double réalité (perte effrénée d'espèces et lacunes immenses dans
notre connaissance), il est clair que la priorité absolue est la suivante: le monde de la
biologie doit s'efforcer de récolter, récolter et encore récolter, décrire, décrire et en-
core décrire, photographier, dessiner, mettre en culture, mettre en herbier \a plus
grande quantité de matériel possible tant qu'il en est encore temps. Cette urgence, réelle
dans les pays tempérés, est extrèmement pressante dans les pays tropicaux où les con-
naissances sont moindres et où les dégradations de l'environnement sont encore plus
importantes.
Cela relève typiquement du domaine de la taxonomie traditionnelle. Cette pré-
occupation existe dans beaucoup de pays, mais elle est trop peu encouragée, trop peu
financée officiellement. Certes, des programmes spécifiques sont en cours dans plu-
sieurs pays (voir par exemple Courtecuisse, 1991 pour la France), mais beaucoup sont
encore dépourvus de véritable volonté de recherche dans ce domaine et ce type de
programme reste souvent peu "aidé".
Faute d'encourager et de réaliser de toute urgence ces travaux de taxonomie
descriptive, nous perdons, avec toutes ces pièces qui disparaissent, toute chance de
comprendre un jour le puzzle de l'évolution (fongique, mais aussi de tous les êtres
vivants). La biologie moléculaire s'engage donc dans une impasse si les programmes
concertés de la recherche scientifique ne donnent pas les moyens aux naturalistes de
poursuivre les inventaires, de compléter le puzzle, de renouveler le matériel qui sera
ensuite utile aux biologistes.
2- On parle beaucoup de protection de la nature, de gestion et de restauration
des milieux naturels. Mais peut-on protéger ce qu'on ne connait pas ? Certes les travaux
de mycologie fondamentale et appliquée apportent des données essentielles sur le fonc-
tionnement écologique des milieux naturels. Mais ce fonctionnement ne concerne que
Source : MNHN, Paris
MYCOLOGIE TRADITIONNELLE ET NOUVELLES TECHNOLOGIES 13
les espèces connues. Comment tenir compte de ce qu'on ignore ? Comment comprendre
dans toute sa complexité un systéme dont on ne connait qu'une petite partie ? Comment
protéger et éventuellement restaurer un milieu encore si mystérieux ?
3- Enfin, d'un point de vue plus anthropocentrique, les étres vivants qui nous
entourent sont une source inépuisable de ressources, d'énergie, de thérapeutiques.
Depuis la nuit des temps, les hommes emploient animaux, végétaux, champignons,
pour se nourrir, se chauffer, se soigner, sans parler des aspects technologiques. L'ethno-
botanique et l'ethnopharmacologie sont certes en plein renouveau. Il est temps, en effet,
de retrouver ces usages traditionnels avant que la connaissance ne s'en éteigne et que
les peuples qui les utilisent ne soient contaminés par notre civilisation et perdent
contact avec leurs propres racines. Mais les taxonomistes sont toujours moins
nombreux (dont toujours plus débordés !) et pour exploiter efficacement le matériel
récolté par les ethnologues, il faut des déterminateurs.
La découverte de nouveaux médicaments naturels frappe l'esprit d'un public
avide de santé et de confort. Mais les champignons peuvent également nous servir
d'auxiliaires dans de nombreux domaines, lutte biologique, bio-indication (voir De-
nayer, 1994) ou encore biotechnologies (voir par exemple Dowd, 1992; Lemke, 1994,
etc.; de nombreux exemples concernent l'industrie de la pâte à papier, les hémisynthè-
ses chimiques, les bio-transformations et bio-conversions de molécules, la détoxifica-
tion de l'environnement -par les hydrocarbures, les matières plastiques, etc.) et une
foule d'autres domaines. Laisser s'éteindre tant de richesse et de potentialités relève de
l'inconscience, voire du suicide à long terme.
La taxonomie traditionnelle et descritive peut donc fournir des pistes au adeptes
de recherches biologiques plus approfondies et moléculaires. Les biologistes moléculai-
res eux-même clament cette nécessité. Citons par exemple Hopple & Vilgalys
(1994):"The best hypothesis does have the added utility, however, in suggesting rela-
tionships which may be investigated with additional data or taxa in further studies." Le
probléme évoqué n'est pas lié aux chercheurs, mais aux grands axes des politiques de
la recherche, aux options choisies à l'échelon des ministères et des grandes institu-
tions. Les comportement des chercheurs suivent simplement et naturellement les modes
politiques pour des raisons de financements.
Or, le "moléculaire" ne peut pas remplacer le "traditionnel". Les résultats des
deux méthodes sont parfois identiques ou compatibles (voir Taylor & LoBuglio, 1993;
Hibbett, 1994; etc.). Dans d'autres cas, ils s'opposent ou se complètent; ils excitent alors
l'imagination des chercheurs et génèrent de nouvelles solutions aux problèmes posés.
Dans le domaine de la phylogénie qui est typique, nous disposons théorique-
ment de trois types d'outils: la paléontologie, les comparaisons anatomiques et morpho-
logiques (anatomie comparée des zoologistes) et les données moléculaires. La mycolo-
gie est très pauvre en fossiles. Si les études descriptives classiques devaient s'éteindre
un jour, l'avenir de la phylogénie serait entièrement livré aux spéculations moléculaires.
А quelles hypothèses alternatives les biologistes opposeront-ils leurs conclusions si les
Systématiciens morphologistes étaient rangés au placard au titre de fossiles vivants ? Le
temps n'est pas encore venu de tout miser sur le moléculaire.
Pourtant, il n'existe plus actuellement, en France au moins (la situation est
malheureusement comparable dans de nombreux pays), de structure d'enseignement de
Source : MNHN, Paris
14 R. COURTECUISSE
la taxonomie classique ni des méthodes de travail dans ce domaine. Or, un détermina-
teur ne se forme pas aussi rapidement qu'un biologiste ou qu'un informaticien. Cela met
en jeu trop d'expérience, trop de "vécu", trop d'impalpable, aspects peut-être subjectifs
donc criticables, mais tellement efficaces face à une récolte problématique !
Si la mycologie traditionnelle s'éteint, qui fournira aux biologistes moléculaires
de nouvelles espèces à étudier ? Qui déterminera le matériel dont on voudra séquencer
les nucléotides ? (voir Singer, 1994). Qui sera capable de gérer et de valoriser, sur le
plan taxonomique entre autres, les collections historiques ? A-t-on le droit d'hypothé-
quer ainsi le travail de tous nos grands prédécesseurs ?
Les amateurs, bien sür, peuvent jouer un róle, le niveau scientifique de certains
étant trés élevé, Mais les scientifiques ont besoin d'explorer la biodiversité à l'échelle
mondiale et, encore une fois, d'étudier de toute urgence les milieux tropicaux. Le be-
soin de taxonomistes professionnels reste une nécessité.
Que l'essor des nouvelles technologies joue le rôle de catalyseur et fasse pren-
dre conscience à tous les mycologues du très haut niveau scientifique où s'est hissée
leur science et les stimule serait très positif. Que cet essor contribue à phagocyter les
disciplines traditionnelles et à anéantir les immenses possibilités qu'elles offrent
encore serait dramatique pour nous tous.
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Source : MNHN, Paris
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QUEL STATUT POUR LES CHAMPIGNONS ?
Guy DURRIEU
Laboratoire botanique et forestier.
Université Paul Sabatier, Toulouse
RÉSUMÉ - L'inclusion des champignons dans le régne végétal tel quil a été défini par Linné a
souvent été plus où moins controversée jusqu'à aboutir à la proposition par Whittaker en 1969 d'un
règne des "fungi". Si les champignons sont incontestablement polyphylétiques, leur phylogénie a
donné lieu à des interprétations trés divergentes en méme temps quils étaient distribués entre
plusieurs règnes dont les limites sont devenues assez floues Actuellement, à partir d'un grand
nombre de données cytologiques, ultrastucturales, phytochimiques, moléculaires … il semble
possible de définir au moins trois grands phylums issus de lignées ancestrales bien distinctes de
protistes. On peut leur donner le rang de divisions (ou embranchements) comprenant les principales
sous-divisions ou classes suivantes:
Myxomycota: Myxomycetes, Plasmodiophoromycetes ?
Oomycota (ou Pseudomycota): Oomycètes, Hyphochytridiomycètes. Ils auraient une origine
commune avec des algues du "règne" des Chromista,
Eumycota: Chytridiomycotina, Zygomycotina, Ascomycotina et Basidiomycotina. Les "vrais"
champignons dériveraient d'une souche de protiste commune aux Choanoflagellés et aux animaux
Cependant l'étude d'un plus grand nombre d'organismes est encore nécessaire pour
confirmer ces points de vues d'autant que la position de certains groupes tels les Labyrinthulo-
mycètes ou les Plasmodiophoromycetes n'est pas bien établie. Pour des raisons de commodité, il a
été proposé de conserver le terme général de champignon (Union of fungi, Barr 1992) pour désigner
l'ensemble de ces organismes mais sans lui attacher une signification taxonomique particulière
ABSTRACT - What statute for fungi. Inclusion of the fungi in the plant kingdom as established by
Linnaeus has often be a matter of contest until Whittaker proposed a kingdom of fungi in 1969. If
fungi are undoubtly polyphyletic, their phylogeny has been interpreted in many different ways,
while they were distributed between several kingdoms, the limit of which are not always clearly
defined, To day, by combination of a lot of cytological, ultrastructural, phytochemical and molecular
data it looks possible to distinguish at least 3 main phyla issued from distinct protistean lineages.
They can be considered as divisions (or embranchments) including the following subdivisions or
classes,
Myxomycota: Myxomycetes, Plasmodiophoromycetes?
Oomycota (or Pseudomycota): Oomycetes, Hyphochytridiomycetes of a probably common origine
with the algae of the kingdom Chromista.
Eumycota: Chytridiomycotina, Zygomycotina, Ascomycotina and Basidiomycotina, the "true" fungi
may originate from the same protist root that Choanoflagellate and animals. Meanwhile,
comparative studies of a greater number of organisms is absolutely necessary to confirm more
accurately phylogenic position of the different phyla, still very unclear for some of them zs
Plasmodiophoromycetes or Labyrinthulomycetes, For a matter of convenience the term of
"champignon" corresponding to the proposed "union of fungi" (Barr 1992) should be conserved for
the whole of these organisms without a special taxonomic meaning
Source : MNHN, Paris
28 G. DURRIEU
Si la place des champignons dans le régne végétal n'a semblé faire de doute
pour la plupart des botanistes pendant fort longtemps, il faut cependant constater qu'il
s'est aussi écoulé un temps encore plus long avant qu'ils soient acceptés comme des
végétaux et des réticences se sont toujours exprimées quant à leur apparteneance à ce
monde.. En effet alors que Theophraste en 314 avant Jésus Christ explique déjà que les
"myces" à la différence des autres plantes "ne possédent pas une racine, une tige, des
branches, des rameaux, des feuilles, des fleurs et des fruits", Pline disait ne pouvoir se
prononcer sur le fait de savoir si les truffes (Tuber et Terfezia) ces "imperfections de la
terre", sont vivantes ou non". Et 17 siècles plus tard on n'était pas beaucoup plus avancé
puisque Bauhin (1623) considérait les champignons comme "rien de plus que l'humidité
superflue du sol, des arbres, du bois pourri ou d'autres substances en décomposition".
D'un règne à l'autre
Quoiqu'il en soit, dans le système à trois règnes de Linné, "Lapides crescunt,
Vegetabilia crescunt et vivunt, Animalia crescunt, vivunt et sentiunt" (Philosophia
botanica, 1751) les champignons sont placés parmi les végétaux et recensés dans le
Species plantarum (1753). Très vite, la différence des champignons attirait l'attention
de divers botanistes. Pour Necker dans son Traité sur la mycétologie (1783) il faudrait
exclure les champignons du système de Linné, étant de nature si différente des
animaux, des plantes et des minéraux, ils devraient être considérés comme des
organismes intermédiaires (mèsymaux) dans un règne à part "Regnum mesymale". De
même, A.L. de Jussieu écrivait dans le Genera Plantarum (1789) "Les champignons,
qui sont analogues en partie aux zoophytes animaux, débutent la série végétale, étant
comme intermédiaires entre les deux; ils ont quelques ressemblances avec certaines
algues, mais sont complètement différents des autres plantes dans leur structure,
floraison et habitat."
Et cependant, tout le long du 19ème siècle et jusqu'à la moitié du 20ème, les
traités de botanique continueront, sans hésitation, de parler des champignons aux côtés
des autres végétaux, souvent réunis avec les algues dans l'ensemble des thallophytes. Et
même lorsque, à la suite des nombreuses questions soulevées par la découverte du
véritable monde que sont les êtres unicellulaires, Haeckel (1866, 1894) propose une
subdivision du vivant en 4 règnes: Protophyta et Protozoa à côté des Metazoa et
Metaphyta, les champigons se trouvent toujours dans ces derniers, sauf les
Myxomycètes qui en sont détachés pour étre inclus dans les protistes.
Il faut attendre la fin des années 30 pour voir Copeland (1938) et Barkley
(1939) exclure les champignons du régne végétal et les placer parmi les protistes.
Copeland, sous le terme de Protoctista rassemblait les unicellulaires nucléés (les
protistes au sens strict) avec les organismes multicellulaires ou multinucléés dépourvus
de tissus somatiques différenciés, et donc à ce titre, les algues et les champignons
Langeron (1945) les classait lui aussi dans les protistes cependant que les ouvrages
classiques ne suivent toujours pas. Pour ne citer que deux exemples, sont dans ce cas le
Syllabus der Pflanzenfamilien d'Engler méme dans ses dernières éditions (Melchior et
Wedermann, 1954), ou le Traité de Botanique de Chadefaud et Emberger (1960).
C'est Whittaker (1969) qui franchira le pas en créant le "cinquième règne", celui
des Fungi s'ajoutant aux "Monera (les procaryotes), Protista, Plantae, Animalia". Posant
Source : MNHN, Paris
QUEL STATUT POUR LES CHAMPIGNONS ? 29
la question "Are the Fungi plants..."?, il trouvait de nombreuses raisons pour répondre
par la négative: différences dans l'origine, la structure cellulaire, les modes de nutrition,
les structures reproductives... Mais tous les champigons "classiques" n'étaient pas
compris dans ses Fungi, puisque les Plasmodiophoromycetes ег les
Hyphochytriomycètes étaient rangés dans le règne des Protista, cependant que les
Myxomycètes, déjà considérés à plusieurs reprises comme des protistes étaient
maintenus dans les Fungi. Ainsworth (1973) le suit partiellement en acceptant un règne
(ou sous-régne) des Fungi dans lequel il inclut tout ce qui est classiquement reconnu
comme champignon.
La boîte de Pandore était ouverte! ainsi dans les années 80 toute une série
d'auteurs ont pulvérisé ce malheureux règne végétal. En se basant sur diverses
conceptions phylogèniques ils l'ont partagé entre au moins 4 règnes différents . Ce sont
en particulier les champignons qui ont fait les frais de ces découpages (Cavalier-Smith,
1981, 1987; Tehler, 1988). En effet pendant les deux premiers tiers de ce siècle de
nombreuses discussions ont tourné autour de leur origine possible, monophylétique ou
polyphylétique, dérivant des algues, et dans ce cas desquelles, ou bien des protistes.
Pour ne citer que des mycologues français, Langeron (1945), Moreau (1954),
Chadefaud (1960) ont émis des opinions plutôt divergeantes. Si le premier les
considérait comme monophylétiques, dérivant d'une souche primitive de protistes
euglénoïdes, le dernier voyait deux grandes lignées, les Mycomycophytes, comprenant
ous les groupes dépourvus de cellules mobiles, dérivant des Rhodophycophytes,
parenté argumentée sur diverses similitudes avec les ascomycètes et les
Phycomycophytes, possédant à un moment ou à un autre de leur cycle des cellules
flagellées et provenant d'une souche commune aux Chryso et Pyrrophycées.
L'ascendance floridéenne sera également soutenue par Demoulin (1985) tandis qu'elle
était réfutée par Barr (1983) qui considere les analogies existantes comme le résultat
d'une évolution convergente. Gaumann (1963), pour sa part de 20 ans en avance, voyait
aussi deux origines différentes, mais l'une parmi les algues "Heterosiphonales"
(Xanthophycées) pour les Oomycétes, l'autre parmi les protistes Flagellés pour tous les
autre groupes.
Que sont devenus actuellement les champignons? Tous les auteurs récents ont
conservé un règne des Fungi, mais bien des champignons n'en sont plus les sujets. Les
idées sur le polyphylétisme de ces organismes se sont imposées, de sorte que de façons
à peu près concordantes ils se partagent actuellemnet entre deux ou trois règnes
différents:
Margulis & Schwarz (1982) classent tous les champignons à zoospores
(Mastigomycètes de Chadefaud) avec les algues et les protozoaires dans les Protoctista
et les autres champignons dans le règne des Fungi. Lipscomb (1985), elle aussi, dans
une analyse cladistique de caractères cytologiques, place Chytridio et Oomycétes
ensemble et bien à part des "higher fungi", pour lesquels toute ascendance floridéenne
est écartée.
Cavalier-Smith (1987) les distribue entre trois de ses règnes:
-Protozoa, au moins pour les Myxomycètes, ce qui était admis pour beaucoup
depuis longtemps.
-Chromista, pour les Oomycètes et les Hyphochytriomycètes au côtés de
certaines algues.
Source : MNHN, Paris
30 G. DURRIEU
-Fungi, ou Eumycota, pour les autres, c'est à dire Chytridiomycétes,
Zygomycétes, Ascomycetes et Basidiomycétes.
On aurait ainsi d'une part les "vrais" champignons et d'autre part des "faux
champignons" (Pseudomycotina).
Quels sont les bons caractères?
Sur quels arguments ces constructions phylétiques sont-elles basées? Ils sont
évidemment trés variés, aucun à lui seul ne semble complétement décisif, mais leur
ensemble donne un faisceau de preuves convaincant. Il faut constater, toutefois, qu'il
reste encore de nombreux points d'interrogation Pour certains petits groupes
relativement peu étudiés. Par exemple Tehler (1988) dans une analyse cladistique
portant sur 51 caractères, inclue les Hyphochytriomycètes dans ses Eumycota, il est
vrai comme groupe frère de tous les autres. Barr (1992) les en exclut pour les ranger au
côté des Oomycètes dans les Chromista. Cela montre la part de sujectivité qui peut
subsister en fonction du choix des caractères utilisés. Par exemple Tehler utilise comme
caractère de la paroi la présence ou l'absence de chitine tandis que si l'on met l'accent
sur la cellulose, on arrive à des conclusions différentes (Lewis 1991), Oomycètes et
Hyphochyiriomycètes étant les seuls à posséder ce polymère dans leur paroi.
Il faut remarquer que l'une des grandes division, reconnue par de nombreux
auteurs, entre les Phycomycètes ou Mastigomycètes à cellules nageuses, et les
Mycomycophytes ou Amastigomycètes qui en sont dépourvus, ne tient plus. La ligne de
partage entre deux règnes passe maintenant à l'intérieur des premiers, reconnaissant
ainsi une origine phylogènique distincte pour les Oomycètes, telle qu'elle était déjà
proposée par Gaumann (1963). Cette hypothèse peut s'étayer sur des caractères d'ordre
cytologiques, comme la présence d'un appareil de Golgi typique chez les seuls
Oomycètes (Dargent), l'existence d'un réseau de vacuoles tubulaires à mouvements
péristaltiques observé chez diverses espéces de basidio, asco et zygomycétes (Rees er
al, 1994). De méme des différences importantes apparaissent dans la structure de
l'appareil moteur des cellules mobiles en particulier de la zone de transition des
flagelles (Bar, 1992). Les Chytridiomycètes, le groupe le plus primitif des vrais
champignons, ne possédent qu'un seul flagelle qui paraît voisin, surtout chez les
Monoblepharidales, du flagelle unique des Choanoflagellés. D'aprés Barr on pourrait
imaginer une origine à partir d'un protiste ancétre commun de ces deux ensembles,
cependant d'après Mollicone & Longcore (1944) toute idée de convergence ne doit pas
être exclue. Les choses paraissent plus nettes pour les Oomycètes, leur structure
biflagellée hétérokonte présente de nombreuses similitudes avec celle des
Xanthophycées. De plus la reproduction oogame, telle qu'on la connait chez Vaucheria,
améne à la conclusion que les Oomycétes "sont plus proches des Xanthophycées que de
n'importe quel autre taxon de Chromistes", Cette relation était également soulignée par
Lee (1989). Une question qui reste en suspens est de savoir si les Oomycètes dérivent
d'une souche déjà algale par perte totale de l'appareil plastidial. II parait cependant plus
vraisemblable que la séparation se soit réalisée au niveau d'un groupe ancestral de
Protistes, avant l'acquisition des plastes par endosymbiose (Douglas et al., 1991; Penny
& O'Kelly, 1991). Des ressemblances de même type se retrouvent aussi chez les
Hyphochytriomycètes et les Labyrinthulomycètes, mais avec suffisamment de diversité
Source : MNHN, Paris
QUEL STATUT POUR LES CHAMPIGNONS ? 31
pour faire penser à une origine polyphylétique des trois groupes. Cela renforce encore
les doutes émis par les auteurs précédents sur la validité d'un régne des Chromista tel
qu'il est défini par Cavalier-Smith.
En dehors de la composition des parois, divers caractéres phytochimiques
indiquent également des différences profondes entre Oomycétes et champignons
authentiques tel le stockage des glucides sous forme de mycolaminarine au lieu de
glycogéne. C'est aussi le cas des acides gras et des stérols (Muller et al., 1994) dont les
profils révélent l'absence totale de certains composés dans l'un ou l'autre groupe. Les
voies de synthèses conduisant aux stérols des Oomycètes démontreraient une origine de
ces organismes à partir d'ancêtres non chlorophylliens (Berg & Paterson, 1986).
La biologie moléculaire, une solution?
La biologie moléculaire se révèle, en effet, être un outil intéressant pour aider à
résoudre ces questions. Par exemple Forster et al., (1990) par séquençage de petites
sous unités d'ARN ribosomique montrent que des espèces de Myxomycètes,
d'Oomycètes et d'autre part de Chytridiomycètes et Ascomycètes se trouvent sur trois
branches évolutives nettement distinctes. Les premiers au voisinage de protistes, les
seconds de Diatomées et Chrysophytes, illustrant ainsi les Chromista, les troisièmes
dans un ensemble réunissant des plantes chlorophylliennes et des animaux avec un
protiste amiboide (fig. 1).
Les résultats de Douglas er al. déjà cités, de Kwok er al. (1986) obtenus par
hybridation d'ADN et de Hendriks er al. (1991) par séquençage d'ARN ribosomique
infirment les idées, longtemps soutenues, concernant la filiation algues rouges
Ascomycètes. Les relations entre Chytridiomycètes et champignons supérieurs ont été
par ailleurs confirmées par comparaison des ADN ribosomiques (Bowmann et al.
1991), alors que la proximité entre Hyphochytriomycètes et Oomycètes est démontrée
(Klassen in Barr, 1992). Cependant, ces résultats sont encore très fragmentaires et
méritent d'être poursuivis sur un beaucoup plus grand nombre de taxons. En effet, les
positions relatives des "régnes" ne paraissent pas parfaitement définies. Suivant les
diverses reconstructions cladistiques obtenues à partir de données de la biologie
moléculaire (Fig. 1), les Eumycétes apparaissent soit comme groupe frére des animaux
(Forster et al., 1990), ou des animaux et choanoflagelés (Wainright er al., 1993) ou bien
des Acanthamoeba et des plantes (Douglas et al.) ou encore d'un ensemble animaux,
plantes et Acanthamoeba (Gunderson er al., 1987). On peut remarquer en revanche les
places plus stables occupées par les Oomycota et les Myxomycota. Cependant si pour
Wainright, Gunderson ou Douglas les chromophytes et oomycota représentaient deux
lignées distinctes, d'aprés Forster, les oomycota inclus dans les chromophyta n'en
représenteraient qu'une lignée ayant perdu ses plastes. Il faut noter que ces
cladogrammes sont basés sur l'étude d'au plus une trentaine d'espèces pour représenter
l'ensemble du monde vivant. Des travaux prenant en compte davantage de séquences
sur un plus grand nombre d'organismes sont nécessaires. C'est dans ce sens que va
lessai de Baldauf & Palmer (1993) portant sur le séquençage de 4 protéines et
concernant une soixantaine d'organismes. Il confirme une plus proche parenté entre
animaux et eumycota qu'entre ceux-ci et plantes vertes. Mais à la différence des autres
résultats les Myxomycota se retrouvent au voisinage immédiat de ces Eumycota. Cela
Source : MNHN, Paris
32 G. DURRIEU
METAZOA ETAZOA
L— CHOANCFLAGEL.. мова
EUMYCOTA CHLOROPHYTA
г ACANTHAMOEBA ————"EUMYCOTA
772222... CHLOROPHYTA ООМҮСОТА
[PARAMECIUM | OCHROMONAS
[ — OOMYCOTA ————2 PARAMECIUM
— OCHROMONAS L DICTYOSTEL.
AE Pen OsrEL EUGLENA
(WAINWRIGHT) (GUNDERSON)
[ — METAZOA [m ORO RENT
“-- ЕИМҮСОТА АСАМТНАМОЕВА
[ || p—^ACANTHAMOEBA L——- EUMYCOTA
L— CHLOROPHYTA БЕ [ — OOMYCOTA
ООМҮСОТА Cc SKELETONEMA
— ——SKELETONEMA OCHROMONAS
OCHROMONAS PARAMAECIUM
PARAMAECIUM RHODOPHYTES
DICTYOSTELIUM METAZOA
E DHYSARUM, DICTYOSTELIUM
EUGLENA EUGLENA
(FORSTER) soa.
Fig.l. - Divers exemples de constructions cladistiques obtenues à partir de données de la biologie
moléculaire.
montre aussi qu'il est nécessaire de combiner ces résultats avec ceux de la morphologie
ou de la cytologie pour obtenir des conclusions plus probantes. La figure 2 est un essai
de reconstruction phylogènique dans lequel il a été tenté de recombiner les
connaissances acquises dans les divers domaines pour indiquer les places les plus
vraisemblables pour les divers phylums de champigons.
Les conséquences
Si donc nos idées sur la phylogènie et la classification paraissent en voie
d'éclaircissement, ce n'est peut être pas le cas de l'idée exacte que l'on peut se faire d'un
champignon. C'est à dire que ressurgit à un niveau très élevé dans la hiérarchie
taxonomique l'ambiguité entre les deux buts de la systématique telle qu'elle était déjà si
bien exprimée par A.L. de Jussieu (Flore Française, 1778) "Le premier consiste à
fournir le moyen le plus sûr et le plus facile pour résoudre... ce probléme général: étant
donné une production du régne végétal, trouver le nom que les Botanistes lui ont
assigné," mais il faut aussi fournir "... à l'étude du régne végétal un aspect sous lequel
Source : MNHN, Paris
QUEL STATUT POUR LES CHAMPIGNONS ? 33
МЕТА?ОА МЕТА?ОА
EUMYCOTA Choanofl
Choanoflagellés EUMYCOTA
Acantham. П Acanthamoeba (Rhizopoda)
MYXOMYCOTA CHLOROPHYTA
‘Entamoeba ООМҮСОТА
CHLOROPHYTA CHROMOPHYTA
ff — — - RHODOPHYTA
Paramecium (Ciliata)
Plasmodium (Sporozoa)
MYXOMYCOTA
Euglena (Euglenophyta)
Fig. 2.- Essais de présentation des relations phylogèniques montrant les places supposées possibles
pour les grands groupes de champignons.
on puisse le considérer dans son ensemble, et qui nous présentât la suite des affinités
que l'on à observées dans les plantes..."
Autrement dit qu'est ce qu'un champignon? La question est loin d'être
innocente, si les mycologues ne devaient plus s'occuper que des organismes inclus
aujourd'hui dans le règne de ce nom, est ce que pour autant les algologues
s'intéresseraient aux Oomycètes ou aux Plasmodiophoromycètes? C'est loin d'être
certain, et ce n'est pas sans importance pratique. Prenons le cas de la phytopathologie,
de nombreuses maladies des plantes, les mildious comme ceux de la pomme de terre,
de la vigne ou du tabac, certaines fontes des semis, l'encre du chataïgnier.…., sont
provoquées par des Oomycétes, c'est à dire des champignons qui n'en sont plus, si ce ne
sont les mycologues, qui les étudiera désormais?
Source : MNHN, Paris
34 G. DURRIEU
Plusieurs solutions sont possibles pour éviter l'incompréhension qui risque de se
développer entre systématiciens et praticiens. Et tout d'abord est-il réellement utile de
dénaturer la notion classique de régne en en créant tant de nouveaux pour les
organismes pluricellulaires dont tous les grand phylums paraissent s'enraciner dans
différentes lignées de protistes. En effet, tout en cernant beaucoup mieux les relations
phylogéniques, les systémes proposés masquent une évidence, l'hétérogénéité du règne
des protistes. Certains, du point de vue relations ancestrales, sont respectivement plus
proches des plantes supérieures ou des animaux que les uns des autres! Remarquons
aussi que ces divisions en règnes sont également hétérogènes d'un point de vue
taxonomique, l'une est "horizontale", celle des protistes indubitablement
paraphylétiques, les autres "verticales", Ne vaudrait-il pas mieux alors, à ce niveau
d'analyse, abandonner la notion même de règne, qui dans son état actuel de
morcellement n'a plus grande signification, pour s'attacher à celle de phylum beaucoup
plus riche d'enseignements systématiques. D'autant que si les conclusions de Barnes
(1991) se confirmaient, il faudrait aussi distinguer deux règnes chez les animaux.
Si l'on tient à cet éclatement, une solution qui aurait le mérite d'une plus grande
clartée, serait de ne pas utiliser des noms du langage courant, animaux, plantes... à côté
de termes plus scientifiques pour désigner ces nouveaux règnes. Ainsi pourait-on
conserver, sans ambiguité, à ces termes traditionnels la même large signification qui
leur est attribuée de façon générale. Cela a déjà été plus ou moins suggéré par divers
auteurs (Barr, 1992; Christensen, 1990). En effet si Linné a créé ses divisions Animalia
et Plantae en utilisant des termes d'origine triviale, la communauté scientifique leur a
donné un sens taxonomique précis puisque il existe aujourd'hui un code de la
nomenclature spécifique pour chacun d'eux .
П en est à peu prés de méme avec les mots algues ou champignons (fungi en
anglo-latin). Ils recouvrent des concepts qui, même s'ils n'ont plus grande valeur
taxonomique, gardent une signification intéressante de plusieurs points de vue,
biologique, physionomique, écologique. Notons aussi que les mycologues, pour des
raisons de commodité, continuent d'utiliser des termes traditionnels comme
Gastéromycétes ou Aphyllophorales, tout en sachant parfaitement que, mis à part leur
valeur physionomique, ils n'ont aucune signification systématique précise.
Quoi de plus ahurissant pour des gens peu au fait des derniers avatars de la
taxonomie d'apprendre qu'un Bolet ou un Fucus ne sont plus des plantes ou qu'un
Peronospora n'est plus un champignon! Donc si l'on tient réellement à proposer un
nouvelle subdivision du monde vivant en règnes, il paraît indispensable de créer une
terminologie spéciale, indépendante des termes traditionnels. Puisque ils n'avaient pas,
au départ, de signification taxonomique précise, autant ne pas leur en attribuer
aujourd'hui qui heurterait profondément le bon sens. Il n'y a pas lieu d'appliquer les
règles de priorité à ce niveau.
Aussi les propositions de Christensen et de Barr suivies par Joly (1993) de
conserver, pour des raisons de commodité, certains ensembles polyphylétiques en les
regroupant sous le nom d'Union paraissent la solution à retenir, ainsi les champigons ou
"Union of fungi" comprendrait ainsi des organismes appartenant à au moins trois des
nouveaux régnes. On revient ainsi, à peu de choses prés, aux concepts de Whittaker.
Source : MNHN, Paris
QUEL STATUT POUR LES CHAMPIGNONS ? 35
Conclusion
Ainsi les spécialistes des Oomycétes pourront, sans mauvaise conscience,
toujours se considérer comme des mycologues, et la mycologie pourra-t-elle continuer
à trouver sa place dans l'enseignement de la botanique. De même les organisateurs des
Congrès Internationaux de botanique et de mycologie peuvent continuer comme jusqu'à
présent, sans se poser beaucoup de questions, d'inclure dans leurs programmes les
"pseudo-végétaux" que sont les champignons ou les "faux champignons" comme les
mildious.
Alors, si un jour on vous demande quelle est la définition d'un champignon, le
plus simple sera de répondre, comme l'a suggéré Hawksworth (1992), qu'il s'agit tout
simplement des organismes étudiés par les mycologues, il ne reste plus qu'à trouver une
définition du mycologue!.
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Source : MNHN, Paris
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ETUDE PHYLOGENETIQUE DES LEVURES
DU GENRE ZYGOSACCHAROMYCES
E. CHRZAVZEZ et R. AUFRERE
IGM, Bat 409, Université Paris sud, 91 405 Orsay cedex.
RÉSUMÉ - Une étude phylogénétique des levures du genre Zygosaccharomyces a été entreprise dans
Је cadre de la mise au point d'un test de détection de Z. bailii. L'étude phylogénétique repose sur la
comparaison de séquences partielles du 18S. Ainsi les séquences nucléotidiques des domaines v3, v4
et v9, régions variables du 18S, ont été déterminées par séquengage direct aprés PCR pour différentes
espéces: Z. bailii, Z. bisporus, Z. cidri, 2. fermentati, Z. florentinus, 2. mrakii. Les séquences de Z
rouxii et Z. mellis utilisées sont issues de la littérature. L'alignement de ces séquences entre elles puis
avec celles d'autres micro-organismes ont permis d'obtenir des arbres phylogénétiques en utilisant
les méthodes de parcimonie et de distance. Les arbres obtenus montrent que certaines espèces sont
très proches, comme: Z. bailii et Z. bisporus, Z. rouxii et Z. mellis, Z. cidri et Z. fermentati, Z. floren-
tinus et Z. mrakii. Z. microellipsoides et Torulaspora delbruckii partagent un ancêtre commun et
semblent n'avoir que trés peu divergé. Z cidri et Z. fermentati partagent un ancêtre commun avec
Saccharomyces cerevisiae.
ABSTRACT - The phylogenetic interrelationship of species of the genus Zygosaccharomyces was
examined by partial 18S rRNA sequencing. Sequences of seven species of this genus were obtained
after à PCR amplification of the three variable v3, v4 and v9 domains. Species of the genus are
clustered in two distinct groups. The first one comprises the Z rouxii, Z. mellis pair and the Z bailii,
Z. bisporus pair. The second one is devised in two subgroups that have recently diverged.
INTRODUCTION
Par son exceptionnelle tolérance aux conservateurs, aux acides faibles ainsi que
par ses caractères osmophiles, Zygosaccharomyces bailii est capable de contaminer de
nombreux produits alimentaires (Thomas & Ravenport, 1985). Cette levure, connue
comme contaminant majeur des vins (Rankine & Pilone, 1973), a aussi été isolée dans
les concentrés de fruits, les sirops, le ketchup, la margarine et les assaisonnements pour
salade ... (Sand, 1977); elle est par là même un problème d'importance pour les indus-
tries agro-alimentaires. Il est nécessaire pour le monde de l'industrie d'être capable de
contrôler un tel fléau. Ainsi l'association UNIR (Ultra Propre Nutrition Industrie Re-
cherche) a incorporé dans son programme "Usine ultra propre" la mise au point d'un
test de détection rapide de Z. bailii, avec pour système modèle la confiture de fraise. La
cible du test de détection est l'ADN génomique de la levure Z. bailii. Une région poly-
Source : MNHN, Paris
38 E. CHRZAVZEZ et R. AUFRERE
morphe du génome est amplifiée à l'aide d'un couple d'oligonucléotides amorce spécifi-
que. La région cible est l'ADN ribosomique. L'unité ribosomique est constituée de
régions très conservées codant les ARN 18S, 5.88 et. 28S ainsi que de régions espa-
ceurs transcrites (ITS1 et ITS2) et non transcrites (IGS) réputées trés polymorphes.
C'est à l'intérieur des ITS1 et ITS2 que sont choisis les oligonucléotides amorce. Pour
cela les séquences nucléotidiques de ces régions ont été déterminées, et leur polymor-
phisme étudié. La spécificité du couple d'amorce défini doit étre vérifiée en testant
différents micro-organismes plus ou moins proches du point de vue de leur parenté
phylogénétique. C'est en essayant de choisir les espéces proches de Z. bailii qu'émerge
la difficulté de la classification du genre Zygosaccharomyces en particulier et des levu-
res en général. Par conséquent il apparaissait nécessaire d'entreprendre une étude phy-
logénétique concernant le genre Zygosaccharomyces de manière à mieux le situer par
rapport aux autres micro-organismes.
MATÉRIELS ET MÉTHODES
Les souches de levure
Les souches utilisées ainsi que leurs origines sont répertoriées dans le tableau 1
Les levures sont cultivées sur milieu contenant 1,8% d'agar, 1% d'extrait de levure, 1%
de bactopeptone, 2% de glucose à 25°C.
Extraction rapide d'ADN génomique
Les cellules sont prélevées sur boîte, et mises en suspension en tampon Tris-
HCI 50 mM pH8,5, EDTA 20 mM, SDS 0,6%, puis sont soumises à ébullition pendant
15 mn, Le surnageant dilué 10 fois dans l'eau est utilisé pour la réaction d'amplifica-
tion,
Tableau L- Espèces du genre Zygossacharomyces utilisées dans cette étude.
Table I - Zygossacharomyces strains used in this study.
Espèce n° de la souche
7. bailii (Lidner) Guilliermond DBVPG 6287!
2. bisporus Naganishi DBVPG 63821
Z. cidri (Legakis) Yarrow DBVPG 6385!
Z. fermentati Naganishi DBVPG 6297!
Z. florentinus Castelli ex Kudriavzev DBVPG 61861
Z. microellipsoides (Osterwalder) Yarrow DBVPG 6188!
Z mrakii Capriotti DBVPG 6289 IMUCL 31151
T Souche type (type strain)
DBVPG: Dipartemento di Biologia Vegetale, Perugia, Italy.
MUCL: Mycothèque de l'université catholique de Louvain, Belgium.
Source : MNHN, Paris
PHLOGENIE DU GENRE ZYGOSACCHAROMYCES 39
Oligonucléotides amorces
Les amorces utilisées pour l'amplification ont été déterminées selon Hausner er
al, (1992) et sont décrites dans le tableau 2. Les combinaisons SSF-SSG et SSU-SST
permettent l'amplification des domaines v3-v4 et v9 respectivement. La séquence nu-
cléotidique des régions v3 et v4 est déterminée pour chaque brin avec les amorces SSF
et SSU dans un sens et SSgl et SSG dans l'autre sens. Les amorces SS5 et SST sont
utilisées pour déterminer la séquence nucléotidique des deux brins du domaine v9.
Réaction d'amplification
L'amplification est faite dans un volume final de 100ml contenant 20mM Tris-
HCl, pH 8,5, (NH,),SO, 16mM, MgCl, 2,5mM, 150mg de serum albumine bovine,
0,2mM de chaque dNTP et 100mM de chacun des oligonucléotides amorce. Deux unité
de Taq DNA polymerase (BioTaq, Bioprobe Systems, France) sont utilisées par réac-
tion. Trente cycles de réaction sont effectués dans le thermocycler BIO-med 60, avec
les paramètres suivants: 50s à 94°C pour la dénaturation, 50s d'hybridation à 51*C,
1 mn 30s d'élongation à 72°C puis une étape d'extension finale de 10 mn à 72°C.
Chaque réaction est recouverte d'huile minérale (BDH, UK). Chaque produit de
réaction est purifié sur les colonnes Wizard PCR preps (Promega, Madison, USA).
Analyse des séquences
Les séquences obtenues ainsi que d'autres accessibles dans les banques
(EMBL/GenBank), Torulaspora delbruckii (n° d'accès v01335), Candida kefyr
(M60303), Candida glabrata (X51831), Zygosaccharomyces rouxii (X58057) et Z.
mellis (publiée par James er al, 1994), sont alignées grace au programme Clustal
(Higgins & Sharp, 1989). L'alignement multiple obtenu est utilisé pour construire des
arbres phylogénétiques en utilisant les différents programmes inclus dans l'ensemble
PHYLIP (Felsenstein, 1993, version 3.5c). Des arbres, par la méthode de parcimonie et
par la méthode des distances sont obtenus grace aux programmes DNAPARS et
NEIGHBOR. La force des noeuds est calculée dans chaque cas par le programme
SEQBOOT.
Tableau 2 - Oligonucléotides amorces utilisés pour amplifier et/ ou séquencer les domaines variables
V3, v4 et v9 de la petit sous-unité ribosomique.
Table2 - Primers used to amplify and/or sequence regions within the SSrRNA gene
Amorce Position de l' oligonucleotide" Sequence (5' vers 3")
*SSE 396-394 GATTCCGGAGAGGGAGCC
*SSU 576-594 GTAATTCCAGCTCCAATAGC
SSgl 623-642 CCCAAAGTTCAACTACGAG
*SSG 894-914 CCAAGAATTTCACCTCTGAC
*SS5 1522-1542 GTGCTGGGGATAGAGCATTG
*SST 1744-1764. ACGGAACCTIGTTACGACT
* Décrit par Hausner et al 1992
| Numérotation faite par rapport à Saccharomyces cerevisiae,
| Saccharomyces cerevisiae numbering.
Source : MNHN, Paris
40 E. CHRZAVZEZ et R. AUFRERE
RÉSULTATS DISCUSSION
L'étude phylogénétique repose sur l'étude des séquences partielles codant l'ARN
18S ou petite sous-unité ribosomique. Il a été montré que l'emploi de séquences partiel-
les était suffisant pour ce genre d'étude (Mac Caroll, 1983; Lane, 1985). Le 18S est
réputé étre trés conservé dans le monde vivant et permet de comparer une palette assez
large de micro-organismes. De plus, les différentes régions du 18S connaissent des
vitesses d'évolution variables. Ainsi apparaissent des régions comme les domaines v3,
v4 et v9 qui évoluent un peu plus rapidement que les autres. Dans le cas présent il s'agit
d'étudier des micro-organismes relativement proches, il est donc préférable de
sélectionner des régions variables afin d'obtenir suffisamment de sites informatifs. Les
séquences nucléotidiques des régions v3, v4 et v9 ont été déterminées directement aprés
amplification en chaîne par polymérisation. Les séquences obtenues ont été alignées
(Figure 1) et comparées aux séquences d'autres micro-organismes comme Torulaspora
delbruckii, Candida glabrata, C. kefyr et Saccharomyces cerevisiae. Alors que cette
étude était terminée, nous avons eu connaissance de travaux similaires effectués par
James et al (1994). Les séquences obtenues par cette équipe ont été comparées à celles
obtenues dans notre laboratoire. Elles étaient toutes identiques mis à part celles de Z.
mrakii, pour laquelle nous avons à nouveau déterminé la séquence nucléotidique à
partir d'une nouvelle souche type provenant d'un autre collection. La séquence obtenue.
était la méme que celle obtenue la premiére fois.
L'alignement multiple des séquences a été analysé à l'aide des programmes
NEIGHBOR et DNAPARS. La force des noeuds a été calculée par bootstrap. Les résul-
tats obtenus par l'analyse en distance (plus proches voisins) et par la méthode de parci-
monie sont représentés sur les figures 2 et 3. Excepté dans le cas de C. glabrata, les
arbres obtenus par les méthodes de distance et de parcimonie générent des arbres phy-
logénétiques semblables. Deux groupes distincts émergent clairement. C. kefyr se bran-
che sur l'ancétre le plus éloigné. Dans le premier groupe deux paires de micro-organis-
mes trés proches (Z. rouxii et Z. mellis, Z. bailii et Z. bisporus) partagent un ancêtre
commun. Le second groupe peut être divisé en deux sous-groupes. Dans le premier
sous-groupe la paire Z. cidri, Z. fermentati qui partage un ancêtre commun avec 5.
cerevisiae; ce triplet a un ancêtre commun avec T. delbruckii et Z. microellipsoides qui
n'ont pas divergé de cet ancétre commun. Dans le second sous-groupe, la paire Z.
mrakii, Z. florentinus est branchée sur le méme noeud que C. glabrata dans le cas de
l'étude en parcimonie. Bien que deux groupes émergent, toutes ces espèces n'ont certai-
nement divergées que récemment. Ces résultats montrent que T. delbruckii et Z.
microellipsoides, bien que portant des noms de genre différents sont trés proches, et
souligne ainsi l'existence des problèmes inhérents à la classification des levures.
Une telle étude reste limitée par le nombre de séquences disponibles dans les
banques, mais elle évoluera avec l'apport d’autres séquences nucléotidiques. Cette
étude nous aura permis de montrer que le genre Zygosaccharomyces n'est pas mono-
phylétique mais que l’ensemble des espèces qui le constituent sont proches de Saccha-
romyces cerevisiae. Ainsi, l’étude de la spécificité de la sonde passe par le test de
levures proches de Saccharomyces cerevisiae, espèce bien définie phylogénétiquement.
Source : MNHN, Paris
PHLOGENIE DU GENRE ZYGOSACCHAROMYCES 41
REMERCIEMENTS:
Nous sommes reconnaissants à Mme Martini (DBVPG, Perugia, Italie) qui nous a fourni les
souches de Zygosaccharomyces, et à Mme Roquebert (Muséum National d'Histoire Naturelle de
Paris, France) pour la lecture critique du manuscrit
BIBLIOGRAPHIE
HIGGINS, SHARP, 1989 - Fast and sensitive multiple sequence alignments on a microcomputer.
Cabios. 5: 151-153.
JAMES S.A., COLLINS M.D. and ROBERTS I.N., 1994 - Genetic Interrelationship Among Species
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Inferred from the Gene Sequence: Evolutionary Implications. Biochemistry . 22: 5858-5868
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and spoilage activities. Food Microbiology. 2: 157-169.
Source : MNHN, Paris
42
E. CHRZAVZEZ et R. AUFRÈRE
À Domaine V3
S.cerev
Z.bailii
Z.bisporus
Z.cidri
Z.ferment
Z.florent
Z.micro
Z.mrakii
Z.rouxii
S.cerev
Z.bailii
Z.bisporus
Z.cidri
Z. ferment
Z. florent
Z.micro
Z.mrakii
Z.rouxii
S.cerev
Z.bailii
Z.bisporus
Z.cidri
Z. ferment
Z.florent
2.шісго
Z.mrakii
Z.rouxii
S.cerev
Z.bailii
Z.bisporus
Z.cidri
Z.ferment
Z.florent
Z.micro
Z.mrakii
Z.rouxii
Domaine V4
S.cerev
Z.bailii
Z.bisporus
Z.cidri
Z.ferment
Z.florent
Z.micro
Z.mrakii
Z.rouxii
S.cerev
Z.bailii
Z.bisporus
Z.cidri
Z.ferment
Z.florent
Z.micro
Zmrakii
Z.rouxii
S.cerev
Z.bailii
Z.bisporus
Z.cidri
Z.ferment
Z.florent
Z.micro
Z.nrakii
Z.rouxii
CCAAGGAAGG CAGCAGGCGC GCAAATTACC CAATCCTAAT TCAGGGAGGT
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2.Т ТТТААТТ-СС. .С.. EY
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G...CT.GGGT . сст-.
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-A. . .CG.TGTC Caco
А. i сст-
АА. $ Caco.
.G. .. CT. GGGT сст-
Source : MNHN Paris
PHLOGENIE DU GENRE ZYGOSACCHAROMYCES 43
cerev GAAAAAATTA
ipai M
‘bisporus ..
cidre
` ferment
florent .
micro Li
.mrakii — 2.
‘rouxii
GAGTGTTCAA AGCAGGC--G TATTGCTCGA ATATATTAGC
эз
m
T.
A.
Bos
A.
A.
A.
A.
533531
cerev ATGGAATAAT AGAATAGGAC GTTTGGTTCT
bailii . es SNAP COEM e
bisporus
cidri
ferment
florent
micro
mrakii
rouxii
NNNNONNNO NNNNNNNNO
0000000»
Domaine V9
.Cerev АТІССТАСТА АССССААСТС АТСАССТТСС СТТСАТТАСС ТСССТССССТ
AU ees, ТТ ее E:
араа ШІ PERTE
сійгі eae T
беша a o ES e a een
florent .....
micro
mrakii 2.
‘rouxii
ызмынымыш w
.cerev TTGTACACAC CGCCCGTCGC TAGTACCGAT
PRE MR ne mere
bisporus ........
диаг ee
ferment ...
.florent .
«micro
.mrakii
rouxii
ымымынымо
сеге CAG-GATCTG CTTAGAGAAG GGGGCAACTC CATCT-CAGA
bailii ERN NN dun ON
bisporus
cidri
ferment
florent
micro — .
-mrakii
.rouxii
NNNNAN ANN O
зозозаз
.cerev ^ TGGACAAAC TT
.bailii foy Ium
-bisporus
cidri
-ferment
-florent
micro
mrakii
rouxii
RE
ззазазз»
Figure 1 - Alignement des domaines v3, v4 et v9 du 18S. Les points indiquent que le nucléotide est
identique à celui de la souche de référence, Saccharomyces cerevisiae, les tirets indiquent qu'il n'y a
pas de base présente à cette position.
Figure 1 - Alignment of SSrRNA partial sequences. Dots indicate nucleotide identical to the re-
ference species (Saccharomyces cerevisiae), dashes show no base present at this position.
Source : MNHN, Paris
44 E. CHRZAVZEZ et R. AUFRERE.
Z. bailii
Z. bisporus
1 Z. rouxii
D
Z. mellis
45
€. kefyr
Г Z. cidri
9
үз Г Z. fermentati
D
S. cerevisiae
Z. microellipsoides
T. delbruckii
3
Z. florentinus
PENNE.
E Z. mrakii
C. glabrata
Figure 2- Arbre phylogénétique obtenu en parsimonie. Les chiffres encerclés indiquent la force des
noeuds définie par bootstrap. La longueur des branches calculée par le programme PAUP est indi-
quée en italique. C. glabrata et C. kefyr ont été choisis comme groupe externe.
Figure 2- Phylogenetic tree obtained with the parsimony method. Numerals within circle indicate
the node strength defined by bootstrap test. The branch lengths, calculated within the PAUP program,
are drawn to scale and indicated by numbers in italics. Tree were rooted by taking C. glabrata and D.
kefyr as outgroup.
Source : MNHN, Paris
PHLOGÉNIE DU GENRE ZYGOSACCHAROMYCES 45
C. kefyr
2.
rouxii
Z. mellis
Z. bailii
oZ: bisporus
0.13,
T. delbruckii
Z. fermentati
S. cerevisiae
Z. mrakii
Z. florentinus
C. glabrata
Figure 3 - Arbre phylogénitique obtenu par la méthode du NEIGHBOR-JOINING. Les chiffres
enceclés indiquent la force des noeuds définie par bootstrap. La longueur des branches, représentées
à l'échelle, est indiquée par les nombres en italiques. C. glabrata et C. kefyr ont été choisis comme
groupe extérieur.
Figure 3 - Tree obtained with NEIGHBOR-JOINING method. Numeral within circle represent the
node strength calculated by bootstrap. The branch lengths are drawn to scale and indicated by the
numbers in italics. Tree were rooted by taking C. glabrata and C. kefyr as outgroup
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
Cryptogamie, Mycol. 1995, 16 (1): 47-57 47
TOXIC TERPENOIDS FROM HIGHER FUNGI
AND THEIR POSSIBLE ROLE IN CHEMICAL
DEFENCE SYSTEMS
Olov STERNER
Division of Organic Chemistry 2, University of Lund, P.O.Box 124,
S-221 00 Lund (Sweden)
ABSTRACT - A considerable number of biologically active terpenoids, possessing for example
antibiotic, antifeedant and mutagenic activities, have been isolated from mushrooms. For most of
them the biological activity is caused by the presence of a reactive chemical functionality (e.g. a
O B-unsaturated ketone or lactone), and it has been proposed that many of them in fact are defensive
compounds. The cytotoxic sesquiterpenes responsible for the strong taste of the fruit bodies of
pungent Lactarius species are good examples. These sesquiterpenes are not present in the intact fruit
bodies, but are formed enzymatically from a biologically inactive and tasteless sesquiterpenoid
precursor as a response to injury. Different species, e.g. L. vellereus, L. piperatus and L necator,
form different combinations of pungent sesquiterpenes, and it is possible to distinguish between very
close species by comparing the sesquiterpenes formed as a response to injury.
RÉSUMÉ - Un nombre considérable de terpénoïdes biologiquement actifs, ayant par exemple des
activités antibiotiques, répulsives et mutagènes, ont été trouvés dans des champignons. Pour un
grand nombre d'entre eux, les activités biologiques sont liées à la présence de fonctions chimiques
réactives (p. ex. cétones et lactones o,B-insaturées), et il a été proposé qu'ils étaient en réalité des
composés de défense. Les sesquiterpènes cytotoxiques responsables du goût âcre de la chair
d'espèces de Lactarius piquantes en sont un exemple. Il est intéressant de noter que les sesquiter-
pénes ne sont pas présents originairement dans la chair du champignon, mais sont ultérieurement
formés de façon enzymatique à partir de précurseurs sesquiterpénoides biologiquement inactifs et
n'ayant aucun goût lorsque le champignon est attaqué. Différentes espèces comme L. vellereus, L.
piperatus et L. necator, forment différents ensembles de sesquiterpènes piquants en tant que réponse
à une attaque, et il est possible de distinguer des espèces très proches par leurs sesquiterpènes
formés
INTRODUCTION
The number of terpenoids isolated from Nature is large, more than 22,000
compounds have been reported in the literature (Connolly & Hill, 1991), and the
kingdom of Fungi have proven to be a rich source. Although only few of the classical
mushroom poisons belong to this class of natural products, many fungal terpenoids
possess potent biological activities and are toxic to man (Bresinsky & Besl, 1985; Anke
& Steglich, 1988). A few examples are shown in Figure 1.
Source : MNHN, Paris
48 O. STERNER
HCO
Figure 1
The crinipellins (e.g. crinipellin A [1]), are cytotoxic diterpenoids isolated from
cultures of Crinipellis stipitaria (Anke et al., 1985), while the striatins (e.g. striatin A
[2]) are produced by both cultures (Hecht et al., 1978) and fruit bodies (Rabe, 1989) of
Cyathus striatus as well as by other species. The LD., value for striatin A (2) is 60-110
mg/kg (i.p. administration to tumour-bearing mice) (Douros & Anke, 1994). The
acorane hemimycin (3) was isolated from cultures of Hemimycena cucullata and H.
candida, and possess potent cytotoxic activity (Bäuerle et al., 1986). The fruit bodies of
Hypholoma fasciculare have yielded a series of toxic triterpenoids, the fasciculols
(Suzuki et al., 1983), and from cultures of several Hypholoma species the cytotoxic
caryophyllane naematolon (4) was obtained (Backens et al., 1984). However, the
toxicity of the latter toward mammals appear to be limited, as the LD,, value is well
above 225 mg/kg (i.p. administration to tumour-bearing mice) (Douros & Anke, 1994).
Fruit bodies and cultures of Omphalotus olearius produce the toxic but also
antineoplastic illudane illudin S (5) (McMorris & Anchel, 1963). Several cytotoxic
triterpenes, the saponaceolides, have been isolated from Tricholoma species, e.g. T.
saponaceum (De Bernardi et al., 1988; 1991), and although their cytotoxic activity is
remarkable (for saponaceolide B (6) ID,, on the LoVo cell line is 0.16 g/ml, and LD,
on brine shrimps is 40 ng/ml) they possess no antimicrobial activity (De Bernardi et al.,
1991). Two further examples of toxic sesquiterpenes are the mutagenic (Anke &
Sterner, 1991) marasmic acid (7) and merulidial (8), originally isolated from
Marasmius conigenus (Kavanagh et al., 1949) and Merulius tremellosus (Giannetti et
Source : MNHN, Paris
TOXIC FUNGAL TERPENOIDS. 49
al., 1986), respectively. The LD,, value for marasmic acid (7) is 15-30 mg/kg (i.p.
administration to tumour-bearing mice) (Douros & Anke, 1994).
THE SESQUITERPENES OF THE RUSSULACEAE SPECIES
In general, nothing is known about any possible function of the terpenoids in
the fungi. However, in the fruit bodies of the pungent species belonging to the genus
Lactarius (family Russulaceae of the Basidomycotina subdivision) biologically active
terpenoids are formed as a response to physical injury, in what appears to be a chemical
defence system that protects the fruit bodies against parasites and infections (Camazine
et al., 1983; Sterner er al., 1985a). In this, pungent metabolites with antifeedant and
antimicrobial activity are formed when an inactive precursor is brought in contact with
enzymatic systems by the injury, not unlike a binary weapon system. The precursor is
present as an emulsion in the latex of the fruit bodies, this latex is characteristic for the
Lactarius species and can be observed if a fruit body is cut or broken. The colour and
taste of the latex, as well of the flesh, vary between different species, such characters
are important taxonomic markers for mycologists and the chemistry related to these
differences has been clarified for several species. Interestingly, there seems to be a
general pattern within the Lactarius genus, also in the non-pungent species, in that the
metabolites responsible for the characteristic differences in taste and colour are formed
enzymatically from fatty acid ester precursors as a response to injury to the fruit bodies.
Depending upon the precursor originally present in the fruit bodies, the Lactarius
species and the metabolites may be divided into three major groups:
1. The largest is made up by species belonging to the Albati and Lactarius
sections, for example L. vellereus, L. piperatus and L. scrobiculatus. They generally
have white latex containing large amounts of a biologically inactive fatty acid ester of a
marasmane sesquiterpene which rapidly (in seconds) is converted enzymatically to
bioactive marasmane, lactarane and seco-lactarane sesquiterpenes as a response to
injury (vide infra).
2. In the species belonging to the Dapetes section of Lactarius (e.g. L. deliciosus,
L. deterrimus, and L. sanguifluus) the latex is initially carrot-coloured or wine-coloured
but slowly turns green. This has been shown to be due to the presence of stearic acid
esters of guaiane sesquiterpenes in the intact fruit bodies which are converted mainly
by ester hydrolysis and oxidation to guaiane alcohols and aldehydes in the injured fruit
bodies (vide infra).
3, The latex and flesh of the fruit bodies of species belonging to the Plinthogali
section (e.g. L. fuliginosus and L. picinus) is originally white and sweet, but due to the
enzymatic hydrolysis of the stearic acid ester of a phenolic derivative to the free
phenol, which is a potent fungicid, and the enzymatic oxidation of this phenol to a
number of derivatives as a response to injury, the latex and flesh turn reddish and
bitterly acrid (De Bernardi et al. 1992).
Source : MNHN, Paris
50 O. STERNER
In addition, an isolactarane sesquiterpene has in some investigations been isolated
from extracts of L. rufus and L. vellereus (Daniewski et al., 1976; 1988), species that
mainly make marasmane and lactarane sesquiterpenes (vide infra). Also, from fruit
bodies of species belonging to other sections of Lactarius, sesquiterpenes with
caryophyllane (isolated from L. camphoratus [Daniewski et al, 1981]), drimane
(isolated from L. uvidus [De Bernardi et al., 1980; 1983]) and glutinopallal (isolated
from fruit bodies of L. glutinopallens [Fabre-Bonvin & Gluchoff-Fiasson, 1988])
skeletons have also been identified.
A CHEMICAL DEFENCE SYSTEM IN THE PUNGENT LACTARIUS SPECIES
In the fruit bodies of L. vellereus, the two sesquiterpenes isovelleral (10) and
velleral (11) are formed in seconds from the inactive precursor stearoylvelutinal (9) as
a response to injury. Isovelleral (10) and velleral (11) both contain an unsaturated
dialdehyde functionality and possess several striking biological activities that suggest
that at least part of their function in the injured fruit body should be to discourage
parasites and/or to avoid infections (Sterner ef al., 1985a; Anke & Sterner, 1991). Large
amounts of the two dialdehydes are formed, together the two compounds constitute 6 %
of a hexane extract made 10 seconds after injury by grinding a fruit body in a meat
grinder (Sterner er al., 1985a). The dialdehydes are subsequently reduced to isovellerol
(12) and vellerol (13), and the reduced derivatives have lost the pungency and most of
the biological activities of the unsaturated dialdehydes (Sterner et al., 1985b; 1987).
xd queen JuCHs
EG м. СНО
A.
& CHO. CHOH
| Nebr abe:
сно ‘CHOH
сно он or CI ow
г OHC сно
сно ні CHO
15 16 17 18
Figure 2
Source : MNHN, Paris
TOXIC FUNGAL TERPENOIDS 51
In injured fruit bodies of L. bertillonii, only velleral (11) is formed from the
precursor stearoylvelutinal (9), velleral (11) is then reduced to vellerol (13) which
subsequently is oxidised to vellerolactone (14) (Hansson et al., 1994), a metabolite not
observed in the closely related species L. vellereus. Piperdial (15) is formed in injured
fruit bodies of for example L. torminosus (Sterner et al. 1985b), while the epimer epi-
piperdial (16) was isolated from the fruit bodies of L. necator (Sterner, 1989).
Lactardial (17) [containing an unsaturated dialdehyde functionality in disguise and
possessing relative modest bioactivities (Anke & Sterner, 1991)] has been isolated from
several species (Sterner et al., 1985b), for example L. necator, and its status as a
natural product is somewhat questionable as it under certain circumstances may be
formed as an artefact by chemical transformation of stearoylvelutinal (9) (vide infra).
Chrysorrhedial (18) is formed in injured fruit bodies of L. scrobiculatus (Pang et al.,
1992; De Bernardi et al, 1993) and L. chrysorrheus (De Bernardi et al., 1993). The
unsaturated dialdehydes 15-18 are by the injured mushroom tissue reduced to the
corresponding monoaldehydes, which subsequently are oxidised to the lactones, as
velleral (11) is reduced to vellerol (13) which is oxidised to vellerolactone (14).
Besides the potent antimicrobial, cytotoxic and, in some cases, mutagenic
activities of the unsaturated dialdehydes isolated from Lactarius fruit bodies (Anke &
Sterner, 1991), features that are shared with unsaturated dialdehydes isolated from
other natural sources such as insects, molluscs and plants, an additional important
quality is their intense pungent taste which actually make them excellent as human
antifeedants. It has also been shown that mammals that normally feed on mushrooms
will avoid edible specimens that have been treated with isovelleral (10) (Camazine et
al. 1983). However, their pungency probably limits the hazard to consumers of wild
mushrooms, as it would be difficult to consume significant amounts of the dialdehydes.
1 wg of for example isovelleral (10) (adsorbed on a filter paper disc) distinctly
stimulates the taste-buds of the human tongue, and as 1 g of freshly injured L. vellereus
tissue may contain more than 1000 pg isovelleral (10) and velleral (11), only small
amounts of the raw mushrooms can in practice be consumed by a normal individual. No
toxicity tests with mammals have been performed, but the in vitro data suggest that the
unsaturated dialdehydes would be highly toxic to mammals. The lactones, which appear
to be the end-products in several species, also possess cytotoxic activity (De Bernardi et
al., 1993), some of them have been reported to possess antifeedant activity against
storage pests (Daniewski et al., 1992).
The precursor of all the sesquiterpenes isolated from fruit bodies of the pungent
Lactarius species is velutinal, present in the intact fruit body as a fatty acid ester [e.g
stearoylvelutinal (9)] (Favre-Bonvin et al., 1982; Sterner et a/., 1983) as an emulsion
(the latex) in specialised hyphae (Gluchoff-Fiasson & Kiihner, 1982). Injury apparently
brings the precursor in contact with enzymatic systems, and the conversions of
stearoylvelutinal (9) to isovelleral (10), velleral (11), piperdial (15) and epi-piperdial
(16) are depicted in Figure 3 (Hansson er al. 1991; 1993). Enzymatic B-elimination of
the epoxide function of stearoylvelutinal (9) formes a metabolite that spontaneously is
Source : MNHN, Paris
52 O. STERNER
transformed to isovelleral (10), while the lactaranes (with a seven-membered ring) are
believed to be formed via a slightly different mechanism.
Figure 3
In addition, quite a number of lactarane furans have been reported from the
pungent Lactarius species, although the majority of the furans are believed to be
artefacts formed by chemical transformations of the labile velutinal esters (Sterner et
al, 1985c). Traces of acid (present in for instance undistilled solvent or in
chromatography gels) will rapidly transform any velutinal derivative to a number of
dihydro-hydroxy-(acyloxy)-furans that easily eliminate water to form furans (see Figure
4). However, some furans are co-formed with the dialdehydes, and should be
considered as true natural products (Sterner er al., 1988). In addition, it has been
observed that the dialdehydes are very sensitive to autoxidation, whereby isovelleral for.
example is hydroxylated and forms a nor-lactarane via a nor-marasmane (Jonassohn et
al., 1995). Many of the Lactarius sesquiterpenes reported have been obtained from
extracts of the fruit bodies which have been prepared by soaking the mushrooms in
ethanol for several weeks. This was for instance the case for two nor-marasmanes
isolated in small amounts from L. vellereus (Daniewski et al., 1988), and it is possible
that autoxidation of the natural products during extraction and isolation is the origin of
some minor metabolites reported as natural products,
Source : MNHN, Paris
TOXIC FUNGAL TERPENOIDS 53
"СНО
7 + —
сно о
OH
Figure 4
CONVERSIONS OF SESQUITERPENOIDS IN THE SAFFRON MILK CAPS
(SECTION DAPETES)
Contrary to the pungent Lactarius fruit bodies which only are consumed in
exceptional cases, the saffron milk caps are considered to be among the most desirable
by consumers of wild mushrooms. They are characterised by strong and with time
changing colours of the latex as well as by an agreeable peppery taste, but also by their
lack of resistance to parasites compared to the pungent species. The colours of the latex
are caused by the presence and formation of azulene and hydroazulene sesquiterpenoids
with a guaiane skeleton, and the enzymatic conversions that take place as a response to
injury resembles those of the pungent species in that the intact fruit bodies contain fatty
acid (mainly stearic acid) esters of sesquiterpenes (esters 19, 20 and 21) which are
converted to sesquiterpenoic alcohols (compounds 22, 23 and 24), aldehydes
(compounds 25, 26 and 27) and a hydrocarbon (compound 28). The major differences
are that the amounts of sesquitepenoids in the saffron milk caps are much smaller, that
the enzymatic conversions are less rapid, and that the chemical functionalities present
in the guaiane sesquiterpenes make them considerably less biologically active. In intact
fruit bodies of L. deliciosus and L. deterrimus, only the orange ester 19 could be
detected (together with minor amounts of the corresponding linolic acid ester) (Vokac
et al, 1970; Bergendorff & Sterner, 1988). As a response to injury, 19 is slowly
(minutes) converted by ester hydrolysis and oxidations to the dihydroazulenes alcohol
22 and delicial (25), as well as the azulenes deterrol (24) and lactaroviolin (27)
Source : MNHN, Paris
54 O. STERNER
(Bergendorff & Sterner, 1988). The reduced azulene lactarazulene (28) was also
detected in extracts of injured specimens, and it is believed that all these sesquiterpenes
are formed enzymatically as they never could be observed as transformation products
during work-up and isolation. Several of the compounds have been isolated in previous
investigations of L. deliciosus and L. deterrimus, i.e. alcohol 22 (Vokac et al., 1970),
lactaroviolin (27) (Heilbronner & Schmid, 1953), and lactarazulene (28) (Sorm et al.,
1954). The green colour of the injured mushroom tissue emerges from a mixture of
orange-yellow (19, 22 and 25) and violet-blue (24 and 27) compounds. The fruit bodies
of L. sanguifluus originally contain a mixture of the orange 19 and the red 20,
predominantly the stearic acid esters, which gives the latex its deep red colour (Sterner
et al., 1989). Fruit bodies that had been injured (by grinding them in a meat grinder) for
30 minutes prior to extraction, yielded only sangol (23) (Sterner ert al., 1989), although
the aldehyde 26 previously has been isolated from L. sanguifluus (De Rosa & De
Stefano, 1987). The blue ester 21 has only been isolated from fruit bodies of L. indigo,
which also yielded lactaroviolin (27) (Harmon et al., 1980).
e «e «3
9 19 9 20 9 21
сосн СНз со(сн,) сн, CO(CHj)CHs
CH;OH CH;OH CH;OH
2 23 24
Q- Чч у «o
сно сно сно
25 26 27 28
Figure 5
Although the bacteriostatic activity of lactaroviolin (27) was reported already in
the 1940-ies (Willstaedt & Zetterberg, 1946), the guaiane sesquiterpenoids formed in
the saffron milk caps do not appear to affect humans otherwise than by colouring the
urine. However, in vitro assays performed with compounds 19, 22 and 25 (which all are
reasonable stable), showed that especially deterrol (22) possesses moderate cytotoxic
activity (10 g/ml inhibits the growth of ECA cells 50 %) and weak mutagenic activity
Source : MNHN, Paris
TOXIC FUNGAL TERPENOIDS 55
towards Ames tester strains TA98 and TA100 (2.4 revertants/mg/plate) in the presence
of rat liver extract (Anke er al., 1989).
CONCLUSIONS
The secondary metabolism of higher fungi has evolved during millions of years
in order to increase the competitiveness of fungi, and produces a large number of
biologically active and toxic compounds of which a substantial part is terpenoids.
Although the natural function of natural products in general is unknown, many have
never the less been suggested to play roles for example as pheromones, as feedants,
antifeedants or repellants, as regulators of the development of organisms as well as
social behaviours, and in chemical defence systems. All such functions demand of a
compound that it possesses biological activities, and the higher the activity is the more
efficiently would it normally be able to perform its duties. The likelihood for such
compounds to be toxic is therefore not negligible. In view of the fact that mushrooms
have a low nutritional value and should be regarded more as a spice than as food in
modern cuisine, one way to limit the risks to consumers is simply to avoid consuming
excessive amounts of wild mushrooms.
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Source : MNHN. Paris
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ECOTOXINOGENESE DU FUSARIUM MONILIFORME:
ENVELOPPE DES RISQUES DES FUMONISINES
Pierrette LE BARS et Joseph LE BARS
Laboratoire de Pharmacologie-Toxicologie - LN.R.A.
B.P.3 31931 Toulouse
RÉSUMÉ - Soixante souches de Е. moniliforme furent isolées de 73 échantillons de semence de maïs
récoltés à la main. Ces souches furent ensemencées sur du mais réhydraté (50 %) et stérilisé, et
incubées dans les conditions optimales de production de fumonisine B1 (FB1): 22°C pendant 28
jours . Le dosage hebdomadaire de la FB1 fut effectué par chromatographie planaire instrumentali-
sée. 95 % des souches produisirent plus de 50 mg FB1/g de mais; 50 %, produisant plus de 800 mg/g
peuvent être considérées comme effectivement dangereuses. Les durées de la demi-vie de la FB1
dans le mais sont nettement supérieures aux différents traitements thermiques (50 à 150°C). Compte-
tenu, d'une part de la fréquence élevée de F. moniliforme et de la toxinogénicité des souches, et,
d'autre part, de la thermostabilité de la FB1, la contamination du mais et de ses dérivés constitue un.
nsque réel, confirmé par quelques mycotoxicoses aiguës.
ABSTRACT - Sixty strains of F. moniliforme were isolated from 73 samples of corn seeds harvested
by hand. These strains were cultivated on hydrated (50 %) and sterilized corn, in optimal condition
for fumonisin B1 (FB1) production: 22°C, 28 days, Weekly analysis of FB was performed by
instrumentalized planar chromatography. 95 % of strains produced more than 50 mg FB1/g corn:
50% producing over 800 mg/g might be considered as actually toxigenic in agronomic situation.
Half-life times of FB1 in corn was definitely longer than different thermal treatments (50 to 150°C)
As a consequence , first, of the high frequency of F. moniliforme and toxigenesis of strains, and,
secondly, of FB1 stability, contamination of corn and its derivatives is a permanent threat, confirmed
hy occasional acute toxicosis.
MOTS CLÉS - Mycotoxine, Fusarium moniliforme, fumonisine B1, toxinogénése, mais
TRODUCTION
Des cas aigus de leucoencéphalomalacie équine (ELEM) furent associés à la
consommation de maïs moisi dès la moitié du 19ème siècle aux USA, puis, plus tard,
dans d'autres pays (Marasas et al., 1984). En 1971, cette mycotoxicose fut attribuée au
Fusarium moniliforme Sheldon (Wilson et Maronpot, 1971). Aprés de longues années
de recherches infructueuses, un nouveau groupe de mycotoxines fut isolé et caractérisé,
les fumonisines (Gelderblom er al., 1988; Benzuidenhout et al., 1988). Enfin, le rôle de
la fumonisine B1 (FB1) dans l'ELEM fut démontré (Marasas ег а/., 1988; Laurent ef al.,
1989), De plus, cette toxine provoque expérimentalement l'oedéme du poumon chez le
porc (Harrison et al., 1990). Enfin, la FB1 a été impliquée comme l'un des métabolites
Source : MNHN, Paris
60 P. LE BARS et J. LE BARS
du F. moniliforme responsable d'effets cancérigènes chez le rat (Gelderblom er al.,
1991).
En France, le premier cas d'ELEM fut diagnostiqué sur la base des lésions
pathognomoniques et l'examen mycologique (Magnol et al., 1983; Le Bars, 1985).
Après quelques intoxications épisodiques mortelles, au cours des deux dernières an-
nées, une dizaine de toxicoses fatales furent confirmées par le dosage de la FB1 (Le
Bars et al., 1993 et 1994; Dupuy et al., 1993a).
En conséquence, un programme de recherche sur la définition de l'enveloppe
des risques de contamination du maïs par la FB1 fut entrepris.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Conditions optimales de croissance et de toxinogénèse
Une des souches isolées de maïs ayant provoqué l'une des intoxications évo-
quées ci-dessus fut ensemencée au centre de boites de Pétri (90 mm) contenant le
milieu PDA; les températures d' incubation furent les suivantes: 5, 10, 15, 20, 25, 30,
35 et 40°C. La croissance fut estimée quotidiennement par le rayon du thalle. Cette
même souche fut cultivée, en erlenmeyer de 100 ml, sur des grains de maïs réhydratés
(20 g + 20 ml d'eau) et stérilisés. Au cours de l'incubation, pendant 10 semaines, aux
mêmes températures que ci-dessus, un dosage hebdomadaire de la FB1 fut effectué par
chromatographie planaire instrumentalisée, comme décrit précédemment (Dupuy et al.,
1993).
Origine des souches de F. moniliforme
Des échantillons de semence de maïs furent récoltés à la main en fin de ma-
turité et séchés à 35°C pour assurer leur conservation. A partir de 73 lots de différentes
variétés et régions, 50 grains furent désinfectés superficiellement et placés sur le milieu
PDA. Après incubation à 22°C, 60 souches de F. moniliforme furent isolées.
Distribution du pouvoir toxinogène
Chaque souche fut ensemencée sur du maïs, en trois répétitions comme ci-
dessus. Après incubation à 22°C pendant 28 jours, le dosage de la FB1 fut effectué. Le
méme protocole fut mis en oeuvre pour 25 souches "anciennes", isolées au cours des 10
années précédentes et repiquées à plusieurs reprises.
Thermostabilité de la FB1
L'un des paramétres déterminant les niveaux réels de contamination myco-
toxique est la stabilité de la toxine dans le substrat cible. Cette étude a été effectuée sur
une farine de maïs contaminée par le FB1, après culture d'une souche toxinogène de F.
moniliforme sur des grains de mais; 500 mg de farine homogénéisée ont été placés
dans des tubes de 20 ml et soumis à 50, 75, 100, 125 et 150°C, dans des bains d'eau ou
Source : MNHN, Paris
PRODUCTION ET STABILITE DE LA FUMONISINE 61
d'huile, pendant des durées de 5 à 135 minutes. Chaque traitement et chaque dosage ont
fait l'objet de trois répétitions.
RÉSULTATS
A partir des données concernant la croissance et la toxinogénèse, les vitesses.
maximales pour chaque température furent calculées (figure 1). La température mini-
male pour la croissance et la toxinogénése est supérieure à 5°C; les températures
maximales sont inférieures ou égales respectivement à 40 et 35°C. La température
optimale de toxinogénèse (environ 22°C) est légèrement inférieure à celle de la crois-
sance. En dehors de l'intervalle 15-27°C, la production de FB1 est fortement réduite.
Pour les souches fraîchement isolées, la FB1 fut détectée, au seuil fixé dans
cet essai (50 mg/g), dans 95 % d'entre elles; 32 % des souches "anciennes" se révélè-
rent négatives dans les mêmes conditions (figure 2). La distribution du potentiel toxi-
nogène dans les souches "fraîches" était la suivante: 5 % étaient faiblement toxinogènes
(50 - 200 mg/g), 32 % modérèment (200 - 800 mg/g), 39 % fortement (800 - 3200
mg/g) et 18 % trés fortement toxinogénes (> 3200 mg/g).
mm/Jour HgFB1/g/jour
7] —— em qm)
180
б
6 EE Тес
5 140
120
4
100
i 80
60
2
40
: 20
0 0
5 10 15 20 25 30 35 40
Température °C
Figure 1 - Vitesse maximale de croissance (mm/jour) et de production de fumonisine Bi (ug
FB1/g/jour) en fonction de la température d’ incubation
Figure 1 - Maximal rate for growth (mm/day) and for fumonisin B1 production (ug FB1/g/day)
according to incubation temperature.
Source : MNHN, Paris
62 P. LE BARS et J. LE BARS
Fréquence %
Ай 9% anciennes souches
s, nouvelles souches
35
30
25
20
50-200 »3200
hig FB1/g
Figure 2 - Distribution du potentiel de production de fumonisine Bi dans 60 souches de Fusarium
moniliforme «fraîchement» isolées et dans 25 souches «anciennes».
Figure 2 - Distribution of fumosin Bi production among 60 «recently» isolated and 25 «old» strains
of Fusarium moniliforme.
La stabilité de la FB1 dans le broyat de mais en fonction de la température et
de la durée est décrite dans la figure 3; la disparition de la FB1, pour chaque tempéra-
ture suit une cinétique de premier ordre: Ln C/Co = -kt, Co étant la concentration
initiale et C la concentration pour un traitement donné. Une telle représentation permet
de calculer la durée de demi-vie, qui fut de 10, 38, 175 min et 8 h à respectivement 150,
125, 100 et 75°C.
DISCUSSION - CONCLUSION
Le F. moniliforme est un contaminant interne fréquent des grains de mais. La
fréquence et la capacité de production de FB1 sont très élevées; en ce qui concerne les
souches fraîchement isolées, elles sont généralement supérieures à celles rapportées par
ailleurs (Nelson er al., 1991; Ross er al., 1992; Thiel er al., 1991). Par contre, les
souches conservées quelques années sont plus fréquemment peu toxinogènes. Ceci peut
résulter d'une perte progressive du pouvoir toxinogène au cours des repiquages succes-
sifs, phénomène fréquent en ce qui concerne les métabolites secondaires, en particulier
chez les Fusarium (Nelson, 1992). Quoiqu'il en soit, plus de 50 % des souches peu-
Source : MNHN, Paris
PRODUCTION ET STABILITE DE LA FUMONISINE 63
Ln C/Co
minutes
0 50 100 150 200
Figure 3 - Etude de la stabilité de la fumonisine B1 dans de la farine de mais contaminée en fonction
de la durée de différents traitements thermiques.
Figure 3 - Stability of fumosin B1 in contaminated powdered corn according to duration of different
thermal treatments.
vent étre considérées comme potentiellement dangereuses dans les conditions naturel-
les. La production effective de FB1 dépend en outre de facteurs de l'environnement,
principalement disponibilité en eau et en oxygéne (Le Bars et al., 1994).
Enfin, la FB1 peut être considérée comme une mycotoxine stable dans le
maïs, étant donné que la durée de demi-vie est nettement supérieure à la durée des
différents types de traitement thermique (Dupuy et al., 1993b).
En conséquence, parallèlement aux études toxicologiques, il convient d'appro-
fondir ces mécanismes de contamination afin d'en dégager une prévention raisonnée.
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PARTIAL CHARACTERIZATION OF AROMA PRODUCED
BY SUBMERGED CULTURE OF MOREL MUSHROOM
MYCELIUM,
M. BENSOUSSAN ’, E. TISSERAND', W. KABBAJI, S. ROUSSOS?
"Université de Bourgogne, ENS.BANA,
Département de Microbiologie-Biotechnologie,
F-21000 Dijon
"O.RS.T.O.M,, Laboratoire de Biotechnologie,
B.P. 5045, F-34032 Montpellier cedex
ABSTRACT - Among the edible mushrooms, the genus Morchella presents the advantage to
produce pleasant odorous substances by mycelial biomass as well as by fruiting bodies. Three morel
mushroom mycelium were grown in submerged culture in order to approach the optimal conditions
for biomass and aroma production. Succession of odorous substances, as fruity, woody-nusty and
flowery notes were expessed during incubation on malt extract broth. Sniffing evaluation allowed to
select Morchella crassipes for further cultivation on ammonium-glucose basal medium and
ammonium-glucose malt extract medium and aroma production. Samples of mycelial biomass and
fresh or rehydrated fruiting bodies were extracted by distillation-extraction with methylene chloride
as solvent. The extracts obtained were concentrated under nitrogen flux and analysed by gas
chromatography. In parallel, an excess load of 5 standard aromatic molecules supposed to be
contained in the mushroom extracts were added to the samples before analysis. Chromatographic
profiles analysis show that similarities between mycelium extracts are higher than between mycelium
and fruiting bodies extracts. They also reveal the losses of many molecules for the extracts of
rehydrated material , indicated by the absence of many peaks with low retention time. 1-octen,3-ol
amounts are shown to be higher in mycelium than in fruiting bodies.
RÉSUMÉ - Il existe aujourd'hui des champignons "nobles" pour lesquels la maitrise du
développement en vue de l'obtention de volumes importants de carpophores n'a pu étre efficacement
établie in vitro, Certains, cependant, présentent la particularité de posséder un mycélium aromatique,
mais rares sont les espèces dont l'odeur du mycélium rappelle celle du carpophore. La morille, en
particulier, présente cette caractéristique. Il est donc apparu intéressant d'en cultiver le mycélium afin
de caractériser l'arôme produit. Au cours d'une étape de sélection, les cultures sont réalisées sur un
milieu à l'extrait de malt. Croissance mycélienne et pH des milieux sont relevés sur 14 jours, en
parallèle avec l'intensité et la qualité des arômes évalués par flairage. Des fractions mycéliennes
retenues pour l'opération d'extraction et des échantillons de carpophore sont homogénéisés
mécaniquement, soumis aux ultrasons, puis traités par co-distillation au dichlorométhane sur un.
appareil de Lickens-Nickerson pendant 40 minutes. Les extraits sont ensuite concentrés 5 fois sous
courant d'azote et dosés en C.P.G. Ramenées à la même quantité de biomasse, les concentrations en
extraits aromatiques totaux dans les fractions mycéliennes et les carpophores sont équivalentes. On
note que le milieu de culture influence la composition de l'aróme extrait du mycélium. En utilisant la.
méthode des surcharges au moyen de quelques molécules standards, on montre cependant que le
mycélium est plus riche en octène-1, ol-3 que le carpophore.
Source : MNHN, Paris
66 M. BENSOUSSAN et al.
INTRODUCTION
Few edible mushrooms have been integrated in cultivation processes which
allow to produce important quantities of fruiting bodies. Nevertheless, many
mushrooms exhibit aromatic mycelia, but rare are those which have odorous qualities
identical to their corresponding fruiting bodies (Babcock, 1939). The morel mushroom
presents this particular feature (Gilbert, 1960), and the cultivation of its mycelium
appears susceptible to conduct to an appreciable aromatic food additive.
From the 50's, the researches have mainly been concerned with submerged
production of morel mycelium, a patent was deposited by Szuecs (1956). The product
was generally washed, dehydrated and crushed to give a powder used for incorporation
in food preparations, as soups.
In view to optimize the growth of the mycelium and to reduce the production
costs, various solutions have been described for the formulations of the culture media.
Several fermentation processes have been proposed utilizing synthetic substrates
(Willam er al., 1956), by-products of the food industry (Gilbert, 1960; Litchfield er al.,
1963; Litchfield, 1967) or residues of the paper industry (Le Duy er al., 1974).
Comparatively to the works devoted to improve the mycelium production, very
few studies have been focused to the separation of the aroma fraction from the
mycelium (Szuecs, 1950). In fact, volatile coumpounds extracted from fruiting bodies
were described by Pyysalo (1976) from seven species and by Audouin et al. (1989)
from four species, including a morel.
The influences of the culture conditions on the flavour qualities of the
mycelium were reported for fungi by Sanchez-Font er al, (1985) and reviewed for
basidiomycetes by Gross and Asther (1989) and Gallois et al. (1990). The general way
to optimize the aroma production in submerged fermentation has been reviewed by
Belin et al. (1992).
The production of an aromatic mycelium extract allowed to valorize various by-
products and have, independantly of the seasonal conditions, the advantage to utilize
the filamentous phase of a mushroom in place of the fruiting body which remains an
appreciable food.
MATERIAL AND METHODS
Organisms and maintenance
Three mycelia of Morchella were provided from the collection of Station
d'Agronomie et de Mycologie (I.N.R.A., Clermont-Ferrand, France). M. crassipes MCR
92.24 (CBS N° 289.63, Baarns), M. esculenta MES 91.9 (from danish forest) and M.
hortensis MH 88.7 (from Provence). The stains were stored at +4°C on potato dextrose
agar slants (Bio-Mérieux, Charbonniéres-les-Bains).
Fruiting bodies of Morchella sp. fresh or dehydrated were collected for
comparative studies.
Source : MNHN, Paris
AROMA OF MOREL MUSHROOM MYCELIUM 67
Media, culture conditions and sensory analysis.
Incubations for growth kinetics and sensory analysis were performed on 6 ml of.
malt extract broth in test tubes carried by a slow speed inclined rotative holder at 25°C
during 14 days. Each day, tubes were sampled in triplicate to minimize aberrant results.
pH of the medium and biomass increase (dry matter) were measured. Qualitative
identification of aroma production by sniffing was evaluated during the 14 days
cultures. Aroma intensity was recorded versus an increasing scale: I (low) to III (high).
Aroma production was performed in 500 ml flasks containing 200 ml of liquid
medium supplemented with chloramphenicol (50 ppm, Aldrich). The liquid cultures
were run on a basal (B) medium containing glucose (20 g/l, Aldrich, Strasbourg,
France), ammonium-monophosphate (2 g/l, Aldrich) and 100 ml/l of the Szuecs's
mineral solution and on a basal malt extract medium (BME) consisting of the same B
medium enriched by malt extract broth (10g/l; BioMérieux, France). Initial pH was
adjusted to 5.9 for all cultures. Szuecs's mineral solution include, in g/l: CaCO3: 63;
MgSOs4,7H20: 15,3; K2SOa: 11; Мп504,4Н:0: 0,42; Еег(5О4)з: 0,086 (Szuecs, 1956).
Incubation was run on a rotary shaker at 110 rev./min at 25°C during 14 days.
Preparation of the biomass extracts
Wet mycelia (25 g) and fresh or rehydrated fruiting bodies (12 g) were
separately transfered in equal volume of distilled water and crushed during 45 sec with
an Ultra-Turrax mixer (BioBlock, Strasbourg, France). Ultrasonication 20 sec, three
times at 250 watts, using a Vibra Cell Sonics and Material apparatus (Danbury, CT,
USA) 250 watts; BioBlock, France) was realized to burst the cell walls. The treatment
was controlled by microscopic examination.
Aroma extraction and analysis
The aroma compounds were extracted from the crushed biomass by distillation-
extraction in a Likens-Nickerson apparatus modified by Godefroot et al., (1981),
according to the work of Vidal et al., (1988) on Marasmus oreades. Samples (10 ml)
were distillated simultaneously with methylene chloride (20 ml) at 115 and 70°C,
respectively, for 40 min. The organic phase was 5-fold concentrated (Vidal er al., 1988;
Audouin er al., 1989) under nitrogen flux and quantified by gas chromatography. 0.1 ml
of internal standart, g-undecanoic acid lactone (g-C11; 0.002 mg/ml in methylene
chloride), was added to samples before extraction.
Chromatographic analysis were carried out on a Spirawax column (internal
diameter, 0.32 mm, and film thickness, 0.25 mm; Spiral, Dijon, France) using a
Packard chromatograph, model 627A (Chrompack, Middelburg, The Nederlands),
equipped with a flame ionization detector. The oven rise temperature was set from 40
to 230°C, with a rate of 2°C/min. Injector and detector temperatures were 200 and
300°C respectively. Nitrogen (4 ml/min) was used as gas vector.
To identify some molecules in the morel mushroom extract by overloading,
similar extraction and analysis of the samples were run after addition of 0.1 ml of a
standard solution in methylene chloride containing five aroma substances of known
concentrations: 1-octen,3-ol (mushroom aroma), 2-heptanone (blue cheese aroma), 2,5-
Source : MNHN, Paris
68 M. BENSOUSSAN et al
dimethylpyrazine (nusty-roasty aroma), linalool (flowery terpenic odor) and
acetophenone (almond aroma).
RESULTS AND DISCUSSION
Comparative study of the odorous notes of the entire cultures of the three
Morchella strains.
The sniffing of the three cultures during the 14 days has shown some
similarities in the aromatic profiles (Figure 1). Succession of dominant aromatic notes
indicate: fruity notes in the beginning of the cultures, woody and nusty notes and
finally, flowery notes. M. esculenta exhibited a particularity with an intercalation of a
strong mushroom odor between the 7th and 9th days, just before the production of
woody and nusty notes.
Aroma
intensity
ш
п I | |
1 | ]
M. crassipes
1
п
$
M. esculenta
ш
п a
1
M. hortensis
Hee) hE ы”;
Days
Fruity notes
Ш Woody and nusty notes
HC Flowery notes
HBC Mushroom notes
Figure 1.
Odorous profiles of submerged cultures of morel mushroom mycelium in malt extract broth.
Profils odorants des cultures mycéliennes de morille en bouillon à l'extrait de malt.
Source : MNHN, Paris
AROMA OF MOREL MUSHROOM MYCELIUM
69
Morchella crassipes produced the higher and more stable aromatic intensity of
all notes during the incubation on malt extract broth , so it was selected for aroma
production.
Nevertheless, it has to be stressed that, in the same period, M. crassipes
produced less biomass than the other strains; about 30% lower at the 5 last days of
cultivation (Figure 2). This can be related to the pH conditions of the medium. The pH
of the M. crassipes culture (Figure 3) remains in a more acidic zone (5,1 - 5,3), which
is one or two points lower than the pH conditions favourable to the mycelium
production as previuosly described (pH=6: Szuecs, 1956; Martin, 1981; pH=6,93:
Willam et al., 1956).
81 Я
7 | # +
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Days
Figure 2.
Growth kinetics of three morel mycelia species.
Cinétiques de croissance du mycélium de trois espéces de morille.
Р
.
А A =
Days
Figure 3
PH variation in submerged cultures of three morel mushroom mycelia.
Evolution du pH dans les cultures en milieu liquide de trois espèces de morille.
M. crassipes
M. esculena |
M. hortensis |
M. crassipes
M. esculenta
M. hortensis
Source : MNHN, Paris
70
M. BENSOUSSAN et al.
361
yet
10 20 30 40 50 60 70 80
Source : MNHN, Paris
AROMA OF MOREL MUSHROOM MYCELIUM 71
Aroma production by Morchella crassipes.
Litchfield et al. (1963) have pointed out the positive role of glucose and
ammonium-monophosphate on the growth of morel mushroom mycelium in submerged
conditions.
Complementary, in this study, in which a similar basal medium was used, it has
been observed that morel aroma was strong and perceptible during the first 12 days of
cultivation and was not increased by a supplementation of organic nutriment, as malt
extract, in the culture medium.
Chromatographic analysis performed on the mycelial extracts from the B
medium (Figure 4) and the BME medium (Figure 5) are presented and compared to the
results obtained from the fruiting bodies of fresh (Figure 6) or rehydrated (Figure 7)
material,
On the basis of the profiles appearing on the chromatograms, a clear separation
is visible between the mycelial extracts and the. fruiting bodies extracts, the latter
showing more important peaks with high retention time.
The presence of g-undecanoic acid lactone (g-C11) as an internal standart in the
samples allowed to calculate two parameters: the extraction yield (YE) and the
concentration of the total aroma (CT). The results confirmed that, even the extraction
yield is lower (YE= 0,44; Table 1), the culture on a basal medium containing
ammonium mono-phosphate and glucose is more favourable to the production of
Morchella aroma (CT=170 ppm) in submerged culture
Table 1 shows also the results of a five molecules overloading of pure
compounds in extracts taken from mycelium and fruiting bodies,
The l-octen,3-o| appears more concentrated in the extracts issued from the
mycelium (13-40 ppm) than in the extracts of the fruiting bodies (1-3 ppm).
Nevertheless, these amounts remain very low, Utilizing a gassed stirred tank reactor to
cultivate Morchella esculenta, Schindler and Seipenbush (1990) indicated that the
growth form of the mycelium in submerged culture is of a great importance upon the
formation of 1-octen,3-ol. For optimal formation of this molecule (70 ppm), small and
compact pellets are preferable to loose pellets. The amount of 1-octen,3-ol can be
greatly incresed if mycelium is submitted to shear stress and disruption (Schindler and
Seipenbush, 1990), in the presence of linoleic acid as flavour precursor (Grosh and
Wurzenberger, 1985; Bensoussan er al., 1988; Muguet et al., 1994).
The detection of small quantity of linalool (5 ppm) in mycelium cultivated on
malt extract broth could explain the fruity notes detected by sniffing (Collins and
Morgan, 1970).
Figure 4,
Chromatogram of extract of morel mycelium cultivated on ammonium-glucose basal medium.
Chromatogramme d'un extrait mycélien de morille cultivée sur milieu de base ammonium-glucose.
Figure 5
Chromatogram of extract of morel mycelium cultivated on malt extract basal medium
Chromatogramme d'un extrait mycélien de morille cultivée sur milieu de base à l'extrait de malt.
Source : MNHN, Paris
72 M. BENSOUSSAN et al.
|| | L LL Lu
10 20 30 40 50
yet
КЕШ
60 70 80 90
yen
10 20 30 40 50
70 80
84
Source : MNHN, Paris
AROMA OF MOREL MUSHROOM MYCELIUM 73
Table 1
Identification of some volatile compounds extracted from morel mushroom aroma.
Identification de quelques composés volatils extraits de l'aróme de morille.
SAMPLES
MYCELIUM FRUITING BODIES
Glucose- | Glucose-
ammonium | ammonium Fresh Rehydrated
malt extract
Extraction yield 0,44 0,65 0,56 0,57
Concentration of total aroma (pg/g); 153 69 70 170
Amount of identified molecules
in the total aroma (ug/g):
L-octene,3-ol 40 13 1 3
2-heptanone 0 0 0 0
2,5-dimethylpyrazine 0 0 traces 5
linalool 0 2 0 0
acetophenone 17 1 4 29
A comparative analysis of the chromatograms corresponding to the two fruiting
bodies (Figures 6 and 7) show that the extracts of fresh material are qualitatively and
quantitatively richer in volatile compounds than the dry material.
According to Maga (1981), the drying process promote the desorption of many
volatile compounds. In this study, the loss has an important effect on the molecules of
which retention times are lower than those of the g-undecanoic acid lactone; its peack is
placed in the central part of the chromatograms.
CONCLUSION
We have demonstrated that aroma produced by morel mushroom mycelia are
dependent on the strains and on the culture conditions. In a screening on malt extract
broth, we have noticed alternation of odorous notes during the incubation, with, in the
beginning, permanence of fruity notes.
The submerged conditions allow to grow mycelium of Morchella which amount
of total aroma is in the same order with the quantities extracted from fruiting bodies
(CT: 70-170 ppm).
Figure 6.
Chromatogram of extract of fresh morel fruiting body.
Chromatogramme d'un extrait de carpophore frais de morille
Figure 7.
Chromatogram of extract of rehydrated morel fruiting body.
Chromatogramme d'un extrait de carpophore rehydraté de morille .
Source : MNHN, Paris
74 M. BENSOUSSAN et al.
In comparison to fruiting bodies fresh or rehydrated, the mycelium appears to
contain greater quantity of 1-octen,3-ol.
ACKNOWLEDGMENT. The work was supported in part by a grant from the Ministére de
l'Enseignement Supérieur et de la Recherche (94.G.0086), Paris. The authors are grateful to Mrs V.
Says-Lesage, INRA-Clermont-Ferrand, for providing the Morchella strains.
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77
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1976... Taxonomic literature, Ed. 2. Utrecht Antwerpen Bohn, Scheltema & Holkema. Les références
devront être présentées selon les modèles suivants:
PATOUILLARD N., 1881 - Sur l'appareil conidial de Pleurotus ostreatus. Bull. Soc. Bot. France 27: 125.
HEIM R., 1957 - Les champignons d'Europe. Paris, Boubée et Cie, 2: 571 p.
MANDELS G.P., 1965 - Kinetics of fungal growth. /n: G.C. AINSWORTH & A.S. SUSSMAN, The fungi. N.Y. &
London, Academic Press, I: 599-612.
Les renvois à la liste bibliographique se feront par le nom de l'auteur et l'année de publication
(utiliser "er al." lorsque l'article est signé par plus de deux auteurs) et non par des renvois
numériques.
ILLUSTRATIONS. - Toutes les illustrations, y compris les tableaux, doivent être des originaux de
qualité suffisante pour la reproduction directe en offset. Elles devront comporter les échelles (les
grandissements x... sont prohibés), les symboles nécessaires à leur compréhension, et être numé-
rotées dans l'ordre d'appel dans le texte. Les tableaux devront étre dactylographiés clairement, sans
rature ni surcharge, en s'assurant de la qualité de la frappe. Les documents photographiques doivent
être montés par planches. Les dimensions des originaux ne devront pas excéder le triple de celle de
leur reproduction définitive (justification de la revue: 11,5 x 17,5 em) et les auteurs choisiront l'épais-
seur des traits et la taille des caractères en fonction de la réduction éventuelle. La publication de
planches en couleurs est à la charge des auteurs.
Pour diminuer les délais de parution, envoyez à la rédaction la version finale de votre article,
enregistrée sur disquette utilisable sous DOS (IBM) ou Mac Intosh; le logiciel WORD est conseillé.
Tirage à part: limités à 150, dont 25 gratuits.
Conformément à la règle, les auteurs décrivant une espèce nouvelle doivent déposer le matériel type
(échantillon sec ou culture) dans un herbier officiel: P.C. (Paris, Cryptogamie), CAB-IMI (Kew,
Surrey) ou une collection de souches: L.C.P. (Lab. Cryptogamie, Paris), CAB-IMI, CB-IMI, C.B.S
(Baarn, Hollande), etc.
Source : MNHN, Paris
INSTRUCTIONS TO AUTHORS
CRYPTOGAMIE, Mycologie publishes the results of scientific research in systematics, biology and
ecology of fungi. The journal accepts manuscripts written in French, English, German, Spanish, and
Italian.
TEXT. - Three copies of the manuscripts, typed in double-spacing on one side paper with margins of
4 cm, should be sent to the Redaction. Each typescript should include:
- the title, in the language of the manuscript, and its translation in English;
- the running title, of more than 50 letters;
- the name and first name(s) of each author, and their complete address;
- two summaries, the first in the text language, the other in French or in English, of no more than 180
words or 15 lines, pointing out the main results of the paper;
- key words, chosen by the Review Comittee;
- legends of text-figures, plates and tables should be self-explanatory, and listed together; written in
the text language, and in English or in French,
The presentation of the text should point out very clearly its subdivisions and their hierarchy, as well
as the beginning of each paragraph. The foot-notes should be numbered and collected at the end.
REFERENCES. - The references should be listed at the end of the text, arranged alphabetically and
chronologically according to the first author. The titles of the journals should be abbreviated
according to B-P-H (Botanico-Periodicum-Huntianum, Pittsburgh: Hunt Botanical Library, 1968)
and its supplement B.P.H//S. (Pittsburg, 1991); the books, cited according to F.A. Stafleu & R.S.
Cowan, 1976... Taxonomic literature. Ed. 2. Utrech/Antwerpen: Bohn, Scheltema & Holkema. In
the list of the references, the following outline should be adopted:
PATOUILLARD N., 1881 - Sur l'appareil conidial de Pleurotus ostreatus. Bull. Soc. Bot. France 27; 125.
HEIM R,, 1957 - Les champignons d'Europe. Paris, Boubée et Cie, 2: 571 p.
MANDELS G.P., 1965 - Kinetics of fungal growth. /n: G.C. AINSWORTH & A.S. SUSSMAN, The fungi. N.Y. &
London, Academic Press, І: 599-612.
The corresponding references in the text should figure by the name of the author and the year of
publication (use "et al.", for more than two authors), The numeric refer is prohibited.
ILLUSTRATIONS. - Each illustration, included tables, should be original ones, clearly drawn or
typed, and of good quality, ready for direct reproduction by offset. They should include the scale
bars, symbols necessary for their understanding, and they should be numbered consecutively,
according to the order in the text. The photographs should be mounted on light carbocard, ready for
reproduction. Originals should not be more than three times the size of the final reproduction
(11,5x17.5 cm). The authors should choose very carefully the corresponding thickness of lines, or
characters size. The publication of color plates is at the charge of the authors.
For shortening the delays of the publication, the authors should send the corrected version of their
manuscript on floppy disks (5 1/4, 3 1/2) using the DOS (IBM) or Mac Intosh format. In addition, the
use of WORD would be appreciated
Separata: not more than 150, of which 25 free copies.
Commission paritaire 16-1-1986- ?
. Sortie des pre
Éditeur : A.D.A.C. (Association d ryptogames)
Président : D. Lamy; Secrétaire : B. netière
Trésorier : B. de Reviers; Directeur de la publication : H. Causse
BIBL. DU
MUSEUM
PARIS Source : MNHN, Paris
CONTENTS
R. COURTECUISSE - Traditional mycology and new technologies: which
taxonomy for the future 7...
l
| G. DURRIEU - What statute for fungi ? .... 27
E. CHRZAVZEZ et R. AUFRÈRE - Ru study of genus Cd
myces. AE 37
|
| O. STERNER - Toxic terpenoids from higher fungi and their possible role in
chemical defence systems. .. 47
P. LE BARS et J. LE BARS - Ecotoxinogenesis of Fusarium moniliforme:
fumonisin B1 production and stability. ... 59
| M. BENSOUSSAN, E. TISSERAND, W. KABBAJI and S. ROUSSOS - Partial
| characterization of aroma produced by submerged culture of morel
: mushroom mycelium. s Ы 65
LAS ÉCUC TON ECO AUTOS er ЫН 78
Source : MNHN, Paris
SOMMAIRE
R. COURTECUISSE - Mycologie traditionnelle et nouvelles technologies: suele
taxonomie pour demain ? ...............
G. DURRIEU - Quel statut pour les champignons ? ...
E. CHRZAVZEZ et R. AUFRÉRE - Étude phylogénétique des levures du ge
Zygosaccharorayces. ...
O. STERNER - Toxic үчү from higher fungi and their ПЕЕ role in
chemical defence systems. .
P. LE BARS et J. LE BARS - Ecotoxinogénése du Fusarium тоос
enveloppe des risques des fumonisines. ....
M. BENSOUSSAN, E. TISSERAND, W. KABBAJI and S. ROUSSOS - Partial
characterization of aroma produced by соч culture of morel
mushroom mycelium. .
Instructions aux auteurs ......
Cryplogamie, Mycol. 1995, 16 (1): 1-78.
37
47
59
Pans