Meco SB
CRYPTOGAMIE
MYCOLOGIE
TOME 19 Fascicule 1-2 1998
? JUIL. 1998
CRYPTOGAMIE
Mycologie
ANCIENNE REVUE DE MYCOLOGIE
fondée par R. Heim en 1936
Directeur de la publication : Helene Bischler-Causse
Rédaction : Bruno DENNETIERE & Jean MOUCHACCA
EDITEU! .D.A.C. — 12 RUE BUFFON F-75005 PARIS
COMITÉ DE LECTURE
A. BELLEMERE (Paris). J. BOIDIN (Lyon), D. CHABASSE (Angers), К. COURTECUISSE
(Lille), G. DURRIEU (Toulouse), J. FAYRET (Toulouse), W. GAMS (Baarn), С. L. HENNEBERT
(Louvain-la-Neuve), P. JOLY (Paris), C. MONTANT (Toulouse), C. MOREAU (Brest),
D. N. PEGLER (Kew), M.-F. ROQUEBERT (Paris), B. SUTTON (Kew), G. TURIAN (Genéve),
D. ZICKLER (Orsay).
MANUSCRITS
Les manuscrits doivent être adressés directement à la rédaction. La rédaction peut demander l'avis
d'un lecteur même s'il n'appartient pas au Comité de Lecture. Bien qu'étant une revue de langue
française, les articles rédigés en anglais, allemand, italien et espagnol sont acceptés. Les disquettes de
micro-ordinateurs (PC ou Mac) sont vivement souhaitées. Les recommandations aux auteurs sont
publiées dans le fascicule 1 de chaque tome. Les auteurs recevront 25 tirés-à-part gratuits ; les
exemplaires suplémentaires seront à leur charge.
TARIFS DES ABONNEMENTS tome 19, 1998
CRYPTOGAMIE comprend trois sections : Algologie, Brtologie-Lichénologie, Mycologie
Pour une section : France : (380 F ht) 387,98 F ttc Étranger : 410,00 F
Pour les 3 sections : France : (1030 F ht) 1051,63 F ttc Etranger : 1130,00 F
Paiement par chèque bancaire ou postal à l'ordre de
A.D.A.C. — CRYPTOGAMIE (CCP La Source 34 764 05 S)
adressé à : A.D.A.C. 12 rue Buffon, F-75005 Paris
CRYPTOGAMIE, Mycologie est indexé par Biological Abstracts, Current Contents, Geo Abstracts,
GEOBASE, Publications bibliographiques du CNRS (Pascal).
Copyright — 1998. CRYPTOGAMIE-ADAC
Illustration de la couverture : Laboulbeniales, dessin inédit de J. Balazuc
Source : MNHN, Paris
CRYPTOGAMIE
MYCOLOGIE
TOME 19 FASCICULE 1-2 1998
CONTENTS
J. PERREAU — Patrick JOLY (6 novembre 1932-22 octobre 1997) ............
S. RAPIOR, S. BREHERET, T. TALOU, Y. PELISSIER, M. MILHAU &
J.-M. BESSIERE — Volatile gc of fresh Agrocybe aegerita and
Tricholoma sulfureum
F. GAITIS — Response of Aspergillus carbonarius to Tween 80. My
protein, RNA and chitin content
G. PLATAS, F. PELÁEZ, J. COLLADO, G. VILLUENDAS & M. T. DÍEZ
Screening of antimicrobial activities by aquatic hyphomycetes cultivated
on various nutrient sources .....................
lial growth,
Р. KAISER — Relations of Leucopaxillus giganteus, enia of fairy rings,
with soil microflora and grassland plants . .
Y. KOULALI, A. ES-SGAOURI & R. DARGENT — Effects of monensin on
ultrastructure and chemical composition parietal fractions of Botrytis
CITAR eoo t nee bs Std bn cin УДК ТӘ poe dc
B. RANKOVIC — Populations of fungi in some reservoirs in Serbia...........
A. VERBEKEN & J. VESTERHOLT — A new Lactarius species from Scandi-
naviain the section Dapetes ................... А
L. RYVARDEN — The genus Aleurocystis .....:...........
F. D. CALONGE & D. N. PEGLER — Zelleromyces hispanicus Sp. nov.
(Russulales, Elasmomycetaceae), an orange-red [Usu p ly related
to Lactarius aurantiacus о.
B. MORENO-ARROYO, J. GOMEZ & F. D. CALONGE — Zelleromyces gien-
nensis sp. nov. (Russulales), a gasteroid fungus from the southern
of Spain.
Y. WANG, G. MORENO, L. J. RIOUSSET, J. L. MANJON, G. RIOUSSET,
G. FOURRE, G. DI MASSIMO, L. G. GARCIA- MONTERO &
1. DIEZ — Tuber pseudoexcavatum sp. nov. a new species from China
commercialised in Spain, France and Italy with additional comments
on Chinesetruflles reader 2 аА
Bibliothèque Centrale Muséum
(|
00048124 3
33
45
63
79
87
93
99
107
Source : MNHN, Paris
F. ESTEVE-RAVENTÓS, À. BANARES, E. BELTRÁN & J. L. RODRÍGUEZ
— Mycological study of the biosphere reserve « El Canal y los Tiles »
(La Palma, Canary Islands). IV. Agaromycetidae (part. 3). Genus
Inocybe. use 121
C. OCHOA, G. MORENO, A. ALTÉS & H. KREISEL — Calvatia pygmaea
(Gasteromycetes) in the deserts of Baja California Sur (Mexico) ..... a
H. NEZZAR-HOCINE, R. J. BOUTEVILLE, J. GUIMBERTEAU, К. PERRIN
& G. CHEVALIER — Macrofungal flora associated with Cedrus
atlantica (Endl.) Manetti ex Carriére II — Ectomycorrhizal fungi in a
cedar plantation (Djurjura mountains, Algeria) ....................... 139
New taxa and new combinations proposed in Cryptogamie-Mycologie 191-2)... 163
Instructions to authors... 165
Source : MNHN. Paris
Cryptogamie, Mycol, 1998, 19 (1-2) : 1-14 1
Patrick JOLY
(6 novembre 1932-22 octobre 1997)
Emporté par une implacable maladie, Patrick JOLY s'est éteint le 22 octobre
1997 à Paris, non loin du Laboratoire de Cryptogamie du Muséum National d'Histoire
Naturelle oü, pendant prés de quarante années, il a travaillé comme chercheur en phyto-
pathologie et mycologie. Directeur de Recherche au C.N.R.S., ayant exercé différentes
fonctions administratives et d'enseignement, ayant également participé à l'activité de
plusieurs Sociétés scientifiques, il avait dans des horizons trés divers, bien au delà du cadre
de la Biologie végétale, de nombreux collègues et amis qui appréciaient son acuité d'esprit,
sa vaste culture tout comme son inalterable affabilité. Tous ont ressenti sa disparition avec
une peine sincère.
Patrick JOLY est né le 6 novembre 1932 à Villemomble (Seine-Saint-Denis),
localité de l'est parisien moins urbanisé qu'aujourd'hui, dans une famille d'imprimeurs
liée aux milieux des arts, notamment la musi Ses études au Lycée Montaigne lui
apportent, en plus des connaissances qu'il doit déjà à son entourage, une solide formation
tant littéraire que scientifique. Il a toutefois une prédilection pour les Sciences Naturelles,
en particulier la Botanique à laquelle un oncle l'a initié. C'est ainsi que, après avoir obtenu
en 1950 la deuxième partie du baccalauréat, section Sciences Expérimentales, et sur le
conseil de l'un de ses professeurs, il prépare — et réussit en juin 1951 —, le concours
d'entrée à l'Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Grignon. Trois ans plus tard
exactement, il quittera cet établissement avec le diplôme d'Ingénieur Agricole. Dès ce
moment, il se fixe un objectif : travailler sur la génétique des végétaux.
Source : MNHN, Paris
n
PATRICK JOLY
A Grignon cependant, il commence à découvrir le monde des champignons en
suivant les cours de J. MONTEGUT et les excursions sur le terrain que celui-ci dirige. Pour
effectuer le stage de fin d'études demandé par М. GUILLEMAT, phytopathologiste à
l'Ecole, le jeune homme est présenté par son ancien professeur de classe supérieure au
Lycée Louis-le-Grand, M. CAZALAS qui avait été éléve du botaniste et mycologue
Fernand MOREAU, au fils de ce dernier, phytopathologiste au Laboratoire de Cryptoga-
mie du Muséum. Claude MOREAU et Mireille MOREAU, son épouse, accueillent
l'étudiant et lui proposent d’ examiner le comportement en culture d'un Hyphomycète
parasite de plantes, l’ Alternaria dauci f. sp. solani. Patrick JOLY démontre que, sur milieu
artificiel, ce champignon perd rapidement ses capacit sporuler et que l'inhibition de
germination in vitro de ses spores ne peut donc pas — contrairement à ce qu'avangait
l'américain Mac CALLAN — être utilisée comme test d'évaluation de l'efficacité du
pouvoir fongicide de substances chimiques.
Dans le temps méme oü, en juin 1954, il achéve un Mémoire sur ce sujet, Patrick
JOLY entre au Laboratoire de Cryptogamie dirigé par Roger HEIM, pour y préparer une
thése de Doctorat au titre de Boursier du Muséum. Il passe les trois certificats d'Etudes
Supérieures (Physiologie Générale, Botanique, Géologie) nécessaires pour obtenir la
Licence és Sciences Naturelles, avant de partir au service militaire qui dure alors plus de
deux ans. Envoyé dix-sept mois en Algérie, plus précisément en Kabylie, il s'attache,
malgré les hostilités, à récolter de nombreux échantillons de champignons parasites de
végétaux. A son retour au Laboratoire, début 1959, il obtient gráce à l'appui de R. HEIM
un poste au C.N.R.S et peut se consacrer à des recherches sur les Alternaria et genres
voisins, alliant avec méthode, prélévements sur le terrain, essais culturaux, patientes
ions au microscope et minutieuses vérifications dans les ouvrages de la bibliothe-
que qu'il connaissait mieux que personne.
Souhaitant préciser chez ces champignons une systématique jusque-là presque
uniquement basée sur l'aspect morphologique des spores pluriloculaires, Patrick JOLY
introduit dans son travail l'analyse de criteres physiologiques et biologiques ; il consi-
dére par exemple le taux de sporulation, la vitesse de croissance du mycélium ou les
liens étroits existant entre le métabolisme, de l'azote par exemple, et le pouvoir patho-
gene. Utilisant la méthode hématimétrique avec une rigueur accrue pour évaluer les
quantités de spores produites par chaque culture, il réalise également de véritables
dissections de spores vivantes afin d' examiner les modalités des inhibitions de la germi-
nation entre loges d'une méme spore. Il méne à bien ces délicates expérimentations grâce,
en particulier, aux techniques de micromanipulation apprises, à l'Institut Pasteur de Paris,
auprés de P. DE FONBRUNE qui les a perfectionnées. Accompagnés de dessins finement
réalisés, les résultats des observations font l'objet de toute une série de publications dont
une These de Doctorat d'Etat intitulée « Le genre Alternaria ». Celle-ci, reprise pour
l'essentiel dans un ouvrage édité par Paul LECHEVALIER, est brillamment soutenue le
24 janvier 1964 à la Faculté des Sciences d'Orsay, devant un jury composé des Professeurs
G. MANGENOT, M. CHADEFAUD, J. CHEVAUGEON et R. HEIM. Ce travail
succede à celui de P NEERGAARD paru en 1945 et devient aussitót une référence sur
le sujet. Mais le jeune chercheur, toujours sensible à ce qui touche au domaine des livres
et aux techniques d'édition, sera surtout fier — il aimait à le rappeler — de voir son
DE article imprimé dans les pages du Bulletin de la Société Mycologique de France,
en Ў
D'autres Micromycètes attirent l'attention de Patrick JOLY et le conduisent à
effectuer différents travaux de Mycologie appliquée. Il publie ainsi des relevés floristiques
de certaines régions de France, d'Europe centrale et de zones tropicales, également des
Source : MNHN, Paris
PATRICK JOLY $
révisions critiques chez des champignons parasites des palmiers, d'arbres fruitiers ou de
diverses plantes cultivées, décrivant par exemple avec P. COUR le Cercospora selaginella-
rum, agent d'une maladie des sélaginelles dans les serres du Muséum et du Phytotron à
Gif-sur-Yvette. Il aborde aussi quelques problémes plus importants, tels ceux concernant
les pourritures des bananes entre la récolte et la consommation, ou encore les pourritures
noires des agrumes. Dans cette optique, il analyse les modalités de succession des semi-
saprophytes ou des parasites impliqués dans les « flores primitives », originaires des
plantations, et les « flores normales de dégradation », intervenant lors du transport, pour
déterminer l'efficacité des moyens de prévention et de lutte.
Avec cette premiére partie de son activité scientifique consacrée à l'examen de
divers « Fungi imperfecti », Patrick JOLY se trouve d'emblée confronté au probléme de la
classification naturelle des champignons. Vers le milieu de notre siecle s'est justement
dessinée une modification profonde des orientations de recherches en Mycologie.
Jusqu'alors essentiellement descriptives et morphologiques, les études laissent une place
de plus en plus large aux données biologiques et à leur interprétation statistique. Dés le
début de sa carriére, Patrick JOLY sait donc que la systématique présente un double róle :
d'un côté, c'est un moyen d'étude qui permet — théoriquement du moins — l'identifica-
tion des spécimens ; d'un autre côté, sa mission est de séparer et classer les organismes,
selon leurs affinités réelles, en faisant appel à toutes les données que peut procurer
l'ensemble des disciplines biologiques. En effet, les caractères morphologiques, éminem-
ment variables en fonction du mode de vie de chaque individu, non seulement ne peuvent
plus suffire pour la délimitation et la classification naturelle des espèces mais constituent
trop souvent, du fait de convergences, une source d’erreur et de confusion. Tendre vers une
meilleure compréhension des mécanismes intimes de la vie des champignons et de leur
fonctionnement par l’utilisation de méthodes expérimentales plus dynamiques, représente
le plan directeur des recherches de Patrick JOLY.
Ses idées se sont centrées sur deux thèmes principaux, notion d'espèce et
interactions hôtes-parasites, que ce soit en phytopathologie ou, plus largement, en myco-
logie, car il disait lui-même n’avoir eu aucun mal à passer de l'une à l'autre. Suivant, dans
une époque où le champ des connaissances n’était pas si cloisonné que maintenant,
l'exemple de ses Maîtres, il s'intéresse en effet trés tôt, aux Macromycètes. Dès 1959, il
rédige de petits articles destinés au grand public et profite de son séjour au Viêt-Nam pour
récolter Xylaires, Bolets, Amanites, Russules ou Lentins dans les pinèdes du Lang-Bian
afin d'apporter des renseignements supplémentaires sur la répartition géographique des
espéces fongiques. Quels que soient les champignons. Micro- ou Macromycétes, dont ils
traitent, ses travaux ont pour finalité de contribuer à l'amélioration des connaissances en
systématique. Ils lui vaudront des distinctions honorifiques tels que le Prix du Conseil de
la Société Botanique de France en 1968 et le Prix MONTAGNE décerné par l'Académie
des Sciences en 1978 tandis que l'année suivante lui sera remise la Médaille de vermeil de
l'Académie d'Agriculture.
Dans la deuxiéme phase de ses travaux, Patrick JOLY apporte une contribu-
tion à l'application de méthodes de traitement numérique des informations systéma-
tiques. Avec différentes collaborations dont celle de son épouse Françoise, physicienne,
il considére des groupes trés polymorphes : champignons isolés des sols désertiques,
espéces fongiques de la flore séminicole des haricots cultivés, Ustilaginales et méme
Hépatiques du genre Calypogeia. Le but à atteindre, aprés voir affecté à chacun des
caracteres disponibles un indice proportionnel à la quantité d'information qu'il renferme,
est de réaliser une synthése de toutes les données connues sur les organismes pris en
Source : MNHN, Paris
4 PATRICK JOLY
Patrick JOLY (au centre), en octobre 1959 dans la forêt de Fontainebleau, lors des cueillettes destinées
au Salon du Champignon organisé par le Laboratoire de Cryptogamie
compte et, par des calculs appropriés, de mettre en évidence la distinction d’ensembles
naturels et l'appréciation de leurs affinités, voire de leur hiérarchisation. A la lumière de
ces indications qui portent sur des comportements écophysiologiques (réaction à l'éclai-
rement ou à la température, halophilie, osmophilie, etc...), Patrick JOLY tire une conclu-
sion en analysant la signification de ces « caractéres » en systématique supra-spécifique
et évalue les limites de leur utilisation pour la classification. Paru en 1977, l'article qui
expose ces résultats, est particuliérement révélateur d'une pensée douée d'un pouvoir aigu
d’abstraction et de généralisation, comme l'exige justement la construction de la systema-
tique.
A partir de 1980, il aborde la troisieme partie de ses recherches avec l'étude des
populations chez des Basidiomycètes, les Pleurotes. En collaboration avec Roger
CAILLEUX, mais aussi avec le concours de botanistes, il considére les Pleurotes des
Ombelliféres. Très voisines les unes des autres mais inféodées, dans la nature, à des espèces
différentes comme le Panicaut (Eryngium campestre), la Férule ou les Laserpitium, ces
formes gardent leurs caractéristiques en culture artificielle. Tant sur la base des morpho-
logies basidiocarpiques, des particularités culturales, du polymorphisme enzymatique et
des caryotypes que sur celle des spécificités pathogénes, Patrick JOLY et Roger
CAILLEUX reconnaissent chez ces champignons quatre entités dont l'ensemble est
Source : MNHN, Paris
PATRICK JOLY
interprétable en terme d'éco — ou coeno-espèce. Ils montrent aussi que l'effet pathogene
des Pleurotes des Ombelliféres reléve du modele des pourridiés perthotrophiques, car dans
la nature, ces champignons sont des parasites agressifs, tuant leur hóte et fructifiant
ensuite sur les racines mortes. Leurs observations les conduisent cependant à mieux définir
les relations de co-adaptation, aux confins de la symbiose, entre populations du champi-
gnon et populations de plantes-hótes qui profitent dans une certaine mesure de la présence
du parasite. En effet, les Pleurotes attaquent moins facilement les Eryngium adultes mais y
provoquent une stérilité du pollen : l'augmentation du taux de fécondation croisée chez les
plantes encore résistantes est ainsi favorisée et induit une amélioration de la quantité de
graines qui germent et donnent des plantes vigoureuses. Ce processus contribue donc au
renouvellement des Panicauts et à la pérennité de la station.
Par la suite et toujours avec Roger CAILLEUX, Patrick JOLY s'intéresse à la
délimitation des espéces chez des Pleurotes saprophytes du groupe Pleurotus pulmonarius
/ ostreatus dont les basidiocarpes sont d'habitus et de morphologie presque semblables,
poussant quelquefois sur les mêmes essences. Il étudie les conditions d'apparition dans la
nature et les caractéristiques des souches en culture, comme la croissance mycélienne et la
thermotolérance. Ces observations sont complétées par l'analyse de la structure génétique
chez des populations de ces champignons. L'existence de deux espèces distinctes est ainsi
confirmée : de plus, des indications originales sont apportées sur les phénomènes de
rupture de phase entre l'équilibre endémique et le déséquilibre épidémique qui surviennent
au niveau des populations locales de ces Pleurotes lignicoles.
Tous ces travaux ont été réalisés dans le cadre d'une carrière de chercheur au
Centre National de la Recherche Scientifique. Attaché de Recherche en 1960, chargé en
1964, Patrick JOLY devient maître de Recherche en janvier 1969 et sera directeur de
Recherche au début de 1984. A partir de 1972, il se voit d’abord confier la direction de
l'Equipe de Recherche n° 120 du C.N.R.S. implantée au Laboratoire de Cryptogamie du
Muséum, puis de 1976 à 1983, celle de l'équipe « Spore, sporogenèse, sporulation » du
Laboratoire associé au C.N.R.S. n° 257. En méme temps, il dirige trois Thèses de 3° cycle
et, en 1984, la These d'Etat de M.-C. BOISSELIER qui traite de la variabilité génétique
chez les Pleurotes des Ombellifères.
Mais parallèlement, il assume de multiples responsabilités de gestion de la
recherche. Secrétaire de la Section 20 (Biologie et Physiologie Végétales) du Comité
National de la Recherche Scientifique (C.N.R.S.) de 1971 à 1975, il est élu président de la
Section 27 de ce méme Comité pour la période 1976-1980, tout en étant également
vice-président du Comité National des Sciences Biologiques. Il est par ailleurs membre de
divers Conseils comme le Conseil Supérieur des Univer (Sciences Biologiques), pré-
sident du Comité Consultatif du Cours de Mycologie Médicale de l'Institut Pasteur dés
1979 : il fait aussi partie du Jury d'Agrégation de Pharmacie (1983) et, depuis 1985, du
Jury des concours de recrutement en Sciences Pharmaceutiques des Personnels de l'Ensei-
gnement Supérieur.
Nombreux sont ceux qui ont bénéficié de son enseignement à l'occasion de
cours. Ainsi, lors de ses missions botaniques au Viét-Nam (1962 et 1967), Patrick JOLY est
chargé d'un cours de Mycologie et de Pathologie Végétale à l'Ecole Supérieure Agrono-
mique, Forestiére et Vétérinaire de Saigon ainsi que d'un enseignement de 3° cycle à la
Faculté des Sciences de cette méme ville. A Paris, à la demande de E MARIAT et G.
SEGRÉTAIN, puis de C. de BIÈVRE, il participe de 1976 à 1997 au Cours de Mycologie
Médicale de l'Institut Pasteur. Pendant plusieurs années, il expose le probléme des
champignons vénéneux ; sans retenir l'aspect anthropomorphique de la consommation de
certaines espèces, il s'attache surtout à la signification botanique de l'existence de subs-
Source : MNHN, Paris
6 PATRICK JOLY
tances qui, élaborées par le métabolisme fongique, ont une action toxique vis-à-vis de
l'organisme animal. Ensuite, il présente dan s leçons les caractères généraux des
champignons et insiste sur la diversité et l'originalité des cycles de reproduction. Ce thème
sera repris pour une série de conférences données au Muséum, lors d’un enseignement sur
la systématique.
En outre, son activité s’est étendue au développement de structures fédératives
faisant intervenir des Laboratoires de différentes Universités, du Muséum, de l'Institut
Pasteur ou de ’I.N.R.A. Ces projets ont concerné tant la mise en place d'une Banque de
souches fongiques dans le cadre de la Collection Nationale de Cultures de Microorganis-
mes que l'élaboration d'un programme d'ensemble sur la Systématique végétale. Toute-
fois, certaines circonstances survenues dans une période de remaniement des dispositions
administratives de la Recherche ne lui ont pas permis de réaliser ce qu'il avait souhaité
Source : MNHN, Paris
PATRICK JOLY 7
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Premières lignes du manuscrit de l'« Hommage à André Maublanc », rédigé par Patrick JOLY en 1981.
pour le Laboratoire de Cryptogamie ; il en fut légitimement affecté et par la suite,
privilégia ses recherches.
Chercheur infatigable, organisé et méthodique, Patrick JOLY reste malgré ses
multiples obligations, d’une disponibilité d'esprit à toute épreuve. Qui d'entre nous au
Laboratoire n'a pas frappé inopinément, au 4* étage, à la porte de son petit bureau éclairé
par une lucarne grande ouverte sur le ciel, pour demander un renseignement ? Abandon-
nant aussitót les feuilles qu'il vient de couvrir d'une écriture serrée, il pose sa cigarette et,
avec un sourire, assure qu'il reprendra aisément le fil de ses pensées. Attentif aux problè-
mes qui lui sont posés, il suggére une idée, donne un conseil, trouve une solution. Lors des
collaborations, où d'ailleurs il prend en général plus que sa part de travail, on reconnait les
signes de sa curiosité intellectuelle, de son immense mémoire, de sa vive imagination
tempérée par une prudence reflechie. Souvent, au cours de la rédaction, pour préciser un
terme ou affiner une idée, sont abordées des questions d'étymologie ou d'évolution des
concepts en systématique. Car, si les controverses nomenclaturales, qu'il qualifie volon-
tiers de débats procéduriers, ne lui importent guére, l'histoire des sciences par contre le
passionne.
Dans ce domaine, Patrick JOLY publie quelques études. Avec J. SEMAL et
D. LAMY, il analyse des documents permettant de mieux définir les étapes de liden-
tification du Phytophthora infestans, responsable de l'épidémie qui ravagea les cultures
de pommes de terre en Europe, en 1845. Il a l'occasion de s'intéresser à un herbier
Source : MNHN, Paris
8 PATRICK JOLY
mycologique étiqueté selon la nomenclature d’Adanson, aux champignons en cire venant
de Vienne et surtout, aux magnifiques velins de la collection « ancienne » de champi-
gnons — ce qui l'amène à réaliser un tableau comparatif des concepts génériques chez
les champignons, de Tournefort à Micheli. Mais il a également un regard personnel
sur les développements de la Biologie végétale et de la « Cryptogamie » depuis la fin du
XIXème siècle : aussi bien dans les milieux agronomiques qu'au Muséum, à l'Institut
Pasteur ou à la Société Mycologique de France, il rencontre tous les professeurs qui ontété
les acteurs de cette évolution. Il leur voue une profonde estime et les écoute attentivement
parler de leur vie, de leur expérience, de leurs travaux. Quel plaisir alors d'entendre Patrick
JOLY rapporter ces souvenirs et raconter des anecdotes qui faisaient revenir au siécle
dernier : on se retrouvait au temps du chimiste Michel-Eugene CHEVREUL, mort plus
que centenaire en 1889 et qu'avait connu le biologiste Gabriel BERTRAND — né en 1867
et disparu en 1962 — ou à celui des naturalistes-voyageurs ! Plus pratiquement, la
collection de portraits de cryptogamistes, au Laboratoire, doit sa mise en place à cet
attachement que Patrick JOLY témoignait aux traditions et aux documents anciens. Par
contre lui-méme, à moins d'étre dans un groupe, n'aimait guére étre photographié et
surtout pas dans l'attitude qu'il jugeait trop conventionnelle, du scientifique devant son
microscope.
Avec la personnalité et l'érudition qui sont les siennes, Patrick JOLY ne peut
manquer de souhaiter partager son savoir et faire découvrir le monde des champignons. Il
assure cette mission de diffusion des connaissances à tous les niveaux et de toutes les
fagons. Ce sont des informations données sur le terrain, à l'occasion de nombreuses
conférences ou lors d'expositions mycologiques, en particulier au moment du Salon du
Champignon, au Muséum, auquel il apporta un concours actif pendant plus de vingt-cinq
ans. Ce sont aussi des articles destinés au grand public, des clés pratiques de détermination
ou des synthèses plus ardues, publiées dans Г Encyclopaedia Universalis ; des chapitres
d'ouvrages réservés aux spécialistes ou des livres, intitulés « Les Champignons » ou
« Guide des Champignons », plusieurs fois réédités et qui représentent de véritables petits
traités de Mycologie.
Une large part du temps de Patrick JOLY est également consacrée aux activités
d'associations scientifiques où il trouve une atmosphère à la fois savante et amicale qui
lui plait. S'il est ainsi membre d'un certain nombre d'entre elles — Société Botanique
de France dés le 9 décembre 1955, Naturalistes Parisiens parmi lesquels il est introduit par
A. MAUBLANC, Société Frangaise de Phytopathologie que fonde G. VIENNOT-
BOURGIN en 1971, Société Frangaise de Systématique — c'est à la Société Mycolo-
gique de France oü il est présenté par C. et M. MOREAU, qu'ira son attachement le
plus profond. Il lui marquera en vérité un dévouement absolu, depuis son admission, à
l'Assemblée générale du 2 mars 1959, jusqu'à la limite de ses forces, en fin d'été 1997.
Elu au Conseil d'Administration en 1963 à la place de P. GUINIER, il entre au Bureau
l'année suivante en tant qu'archiviste-bibliothécaire adjoint. Devenu à partir de 1966
secrétaire chargé du Bulletin, il veut bien, à la suite du décès de Р. OSTOYA pour qui il
avait la plus grande admiration, exercer durant quelques mois, en 1969-1970, les fonc-
tions de secrétaire général intérimaire, avant que H. ROMAGNESI n'en prenne la
responsabilité ; puis il assure la présidence de 1985 à 1988, dans une période difficile pour
la Société qui doit trouver un local pour son siège social et enfin, le titre de Membre
d'Honneur lui est conféré par le Conseil d'Administration, le 20 janvier 1996. Aucune
tâche, si considérable ou fastidieuse soit-elle, ne le décourage : rédaction des rapports
sur les sessions annuelles, correction d'épreuves, et surtout, mise en pages du Bulletin.
En tant que directeur de la publication depuis 1971, il tient à faire profiter la S.M.F. de
Source : MNHN, Paris.
PATRICK JOLY 9.
tout son savoir concernant les règles typographiques ou la composition en imprimerie.
Connaissant admirablement la Société, sa gestion, ses statuts mais aussi son histoire, il
aura à cœur pour célébrer le Centenaire, en 1984, de réunir articles et documents photo-
graphiques sur les nombreux mycologues qui, de près ou de loin, ont participé à la vie de
cette association où lui-même a tant œuvré avec une persévérante attention et un parfait
désintéressement.
Sens du devoir, fermeté de convictions mais grande tolérance pour les idées des
autres, vivacité de l'intelligence, tels étaient quelques uns des traits marquants de la
personnalité de Patrick JOLY. Réservé et tellement sociable, perspicace et indulgent,
réfléchi et si enjoué, une lueur amusée passerait dans son regard, saisissant tout le
paradoxe à vouloir donner les multiples facettes de son caractère. Tous ceux qui l'ont bien
connu, se souviendront de sa modestie réelle et de la qualité de son amitié.
J. PERREAU
LISTE DES PUBLICATIONS DE PATRICK JOLY
1954 — Alternaria dauci (Kühn) Groves & Skolko f. sp. solani (ЕЙ. & Mart.) Neergaard et son
utilisation comme test de fongicides, Rapport bibliographique, Ecole Nat. d'Agriculture.
Grignon, 5 juin 1954, 43 p. dactylogr.
1959 — Variations morphologiques et notion d'espèce chez le genre Alternaria (Nees) Wiltshire.
Bull. Soc. Mycol. France, 75, 2 : 149-158.
1959 — Russules et Lactaires. Rustica, n? 38 : 1364.
1959 — Les Cèpes. Rustica, n° 41 : 1472-1473.
1959 — Les champignons : les plus redoutables ennemis des arbres. Science et Nature, n° 35 :
4-7.
1959 — Une importante manifestation mycologique et phytopathologique : le Salon du Champi-
gnon. Fruits d'Outre-Mer, 14, 10 : 431-432.
1960 — Attention aux champignons des arbres. Rustica, n° 9 : 332
1960 — Les Levures. Rustica, n° 24 : 928.
1960 — Champignons d'été. Rustica, n° 31 : 1176.
1960 — Sur les causes d'erreurs dans l'emploi de la méthode hématimétrique pour évaluer le taux de
sporulation chez les champignons. Bull. Soc. Mycol. France, 76, 3 : 275-290.
1960 — Les champignons des prés. Rustica, n° 41 : 1586.
1960 — Champignons d'hiver. Rustica, n° 49: 1928.
1961 — Micromycètes récoltés en Tchécoslovaquie au cours de la II* Session Européenne de
Mycologie. Bull. Soc. Mycol, France, 77, | : 68-76.
1961 — Un champignon étrange : La Truffe. Rustica, n° 15: 517.
1961 — Le genre Sphaerodothis Shear. Bull. Res. Counc. Israël. Sect. D : Bot., 10 : 187-193.
1961 — Les poisons des champignons. Rustica, n° 19 : 650.
1961 — Les Chanterelles. Rustica, n° 24 : 819.
33.
1961 — Champignons : formes et couleurs (version française de l'ouvrage de Kleijn). Paris, Horizons
de France, 1961, 143 p.
1961 — Espèces nouvelles ou intéressantes de la flore des bananes. Revue de Mycologie, 26, 2 : 89-99.
1961 — Les flores de dégradation des bananes. Revue de Mycologie, 26, 2 : 101-117.
1961 — Champignons aux formes étranges : Les Pézizes. Rustica, n° 29 : 1019
1961 — Les champignons des forêts de feuillus. Rustica, n° 37 : 1306.
1961 — L'automne, saison des champignons. Rustica, n° 38 : 1321
Source : MNHN, Paris
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PATRICK JOLY
Recherches sur le Thielaviopsis paradoxa-musarum Mitch. Bull. Soc. Mycol. France, 77,
3:219-228.
Les champignons des bois de Résineux. Rustica, n° 43 : 1510.
Les Polypores. Rustica, n° 47 : 1654-1655
Recherches sur les genres Alternaria et Stemphylium. 1. — Rapports entre la nutrition
azotée, le pH et la vie anaérobie. Revue de Mycologie, 26, 4 : 243-257.
Champignons : formes et couleurs. 2° éd. Paris, Horizons de France éd., 143 p.
Les pourritures des bananes au cours du transport et en mürisserie. Fruits d'Outre-Mer, 17,
1:23-31.
Recherches sur les genres Alternaria et Stemphylium. 11. — Nutrition carbonée. Bull. Soc.
Mycol. France, 78, 1 : 80-91
Recherches sur les genres Alternaria et Stemphylium. Ш. — Action de la lumière et des
ultra-violets. Revue de Mycologie, 27, 1 : 1-16.
Rapport sur le Congrés de Montluçon (1961). Bull. Soc. Mycol, France, 78,2: XXXIII -
LIII
Recherches sur les genres Alternaria et Stemphylium. IV. — Action des blessures mécani-
ques. Revue de Mycologie, 27, 3 : 165-167.
Rapport sur le Congrès de Font-Romeu — Perpignan (1962). Bull. Soc. Mycol. France, 78,
4: LXXIII-XCIX.
Les pourritures des bananes. Cameroun Agric., Past. et Forest., n° 55 : 26-30.
Le genre Alternaria. Recherches physiologiques, biologiques et systématiques, (Thèse de
Doctorat és Sciences, Université de Paris, Faculté des Sciences d'Orsay, 24 janvier 1964).
Données récentes sur la génétique des champignons supérieurs (Ascomycétes et Basidio-
mycétes). Revue de Mycologie, 29, 1-2 : 115-186.
Recherches sur la nature et le mode de formation des spores chez le genre Torula. Bull. Soc.
Mycol. France, 80, 2 : 186-196.
Le genre Alternaria. Recherches physiologiques, biologiques et systématiques. Encyclopédie
Mycologique, Paris, Lechevalier, XXXIII, 250 p.
Sur quelques Bolétales de la Flore du Viét-Nam. Bull. Soc. Mycol. France, 80, 4 : 385-395 (1.
PERREAU et P. JOLY).
Clé de détermination des espèces les plus communes du genre Alternaria (Nees) Wiltsh.
emend. Joly. Revue de Mycologie, 29 (paru 1965), 5 : 348-351.
Sur quelques Champignons foliicoles du Kentia forsteriana. Revue de Mycologie, 30, 1-2 :
42-51
Deux champignons nouveaux des iles Comores. Revue de Mycologie, 30, 3 : 133-140.
Recherches sur la germination des spores du Trichothecium roseum Link ex Fr. C. R. Acad.
Sci., Paris, 260 : 2887-2890.
Eléments de la flore mycologique du Viét-Nam (Seconde contribution). Bull. Soc. Mycol.
France, 81, 2 : 269-287, pl. IV.
A propos de Pullularia pullulans (de Bary) Berkhout. Bull. Soc. Mycol. France, 81, 3 :
402-420.
Un parasite nouveau des Sélaginelles : Cercospora selaginellarum. Revue de Mycologie, 30
(paru 1966), 4 : 225-230 (P. COUR et P. JOLY)
Champignons observés sur inflorescences de Panicum maximum Jacq. Cahiers de la
Maboké, 3, 2 : 137-138.
Les cortéges de champignons parasites dans les maladies des plantes. Science-Progrés, La
Nature, n° 3366 : 380-385.
Liste des espèces récoltées au cours du Congrés, in Le Congrès de la S.M.F. à Saint-Die (4-
11 septembre 1965). Bull. Soc. Mycol. France, 81, 4 : LVI-LXXII.
Un grand explorateur botaniste : Eugene Poilane (1888-1964). Revue de Mycologie, 30 (paru
1966), 5 : 303-306, pl. IIT.
L'écologie des champignons : mœurs étranges ou habitat rationnel ? Science et Nature,
n? 77:2-11.
Source- MNHN, Paris
PATRICK JOLY 11
1966 — Champignons : formes et couleurs. 3° éd. Paris, Horizons de France, 143 p.
1966 — Recherches sur les inhibitions de la germination observées dans les semis multispores du
Trichothecium roseum. Revue de Mycologie, 31, 3
1966 — Recherches sur la germination des spores du Trichothecium roseum Link ex Fr. — III.
Influence de l'âge des spores, Bull. Soc. Mycol. France, 82, 4 : 582-599.
1966 — Liste des espèces récoltées au cours du Congrés, in Le Congrés de la S.M.F. à Paris (4-11
septembre 1966). Bull. Soc. Mycol. France, 82, 4 : XXXV-XLIV.
1966 — Les modes d'intervention des champignons dans les maladies cryptogamiques. Agriculture,
n° 293 : 317-319
1967 — Les pourritures des Agrumes provoquées par les Alternaria. Fruits d'Outre-Mer, 21, 2 :
89-95
1967 — Key for determination of the most common species of the genus Alternaria. Plant Disease
Repertorium, 51, 4 : 296-298.
1967 — A propos du développement fongicole du Nectria purtonii (Grev.) Berk. Bull. Soc Mycol.
France, 83, 1 : 198-210.
1967 — Les polypores et le schizophylle. In: G. VIENNOT-BOURGIN, Les champignons parasites
des arbres fruitiers à noyau, Paris, Ponsot : 119-127.
1967 — Clés des principales Amanites de la flore française. Revue de Mycologie, 32, 2 : 162-175.
1968 — Eléments de la flore mycologique du Viét-Nam. III. Troisième contribution : A propos de
quelques Xylarias. Revue de Mycologie, 33, 2-3 : 155-207.
1968 — Eléments de la flore mycologique du Viet-Nam. IV. La flore des pinèdes du plateau du
Lang-Bian. Bull. Soc. Mycol. France, 84, 4 : 529-565.
1969 — Essais d'application de méthodes de traitement numérique des informations systématiques
1. — Etude du groupe des Alternaria sensu lato. Bull. Soc. Mycol. France, 85, 2 : 213-233,
1969 — Ascomycètes. Encyclopaedia universalis, 2 : 545-549
1969 — Essais d'application de méthodes de traitement numérique des informations systématiques.
II. Etude des espèces européennes, africaines et sud-américaines de Calypogeia. Rev, Bryol.
et Lichen., 36 (1968-1969), 3-4 : 691-714 (H. BISCHLER et P. JOLY).
1969 — Essais d'application de méthodes de traitement numérique des informations systématiques.
Ш. Etude de l'action des variations du pH sur le développement de quelques champignons
des sols désertiques. Bull. Soc. Mycol. France, 85, 4 : 503-526 (J. MOUCHACCA et P.
JOLY)
1970 — Essais d'application de méthodes de traitement numérique des informations systématiques.
ТУ. Sur l'éventualité de l'intervention d'un espace libre de Donnan cellulaire dans l'absorp-
tion des cations par les champignons. Bull. Soc. Mycol. France, 86, 3 : 765-792 (P. JOLY, F.
JOLY et J. MOUCHACCA).
1970 — Essais d'application de méthodes de traitement numérique des informations systématiques.
V. Etude de l'action des fortes concentrations de NaCl sur le développement de quelques
champignons des sols désertiques. Bull. Soc. Mycol. France, 86, 4 : 883-910 (J. MOU-
CHACCA, P. JOLY et F. JOLY),
1971 — A propos d'Alternaria macrospora Zim., parasite des feuilles de cotonnier (G hirsutum L.)
Coton et Fibres tropicales, 26, 2 : 259-262 (P. JOLY et R. LAGIERE),
1971 — Essais d'application de méthodes de traitement numérique des informations systématiques.
VI. Etude cinétique de la croissance mycélienne chez les champignons. Bull. Soc. Mycol.
France, 87, 57-674 (P. JOLY, F. JOLY et BUI-THU-CUC).
1971 — Mycoses des végétaux. Encyclopaedia universalis, 11 : 499-504.
1972 — Application de traitements numériques à la systématique des Ustilaginales. I. Le genre
Melanotaenium. Bull. Soc. Mycol. France, 88, 193-208 (C. ZAMBETTAKIS et P.
JOLY).
1972 — Essais d'application de méthodes de traitement numérique des informations systématiques.
VII. — Etude de la flore seminicole des haricots cultivés. Bull. Soc. Mycol. France, 88,
3-4 : 315-325 (P. JOLY et L. KANSOU).
1972 — Les Champignons. Paris, Hatier, « Collection Couleurs de la Nature ». 256 p.
Source : MNHN, Paris
12 PATRICK JOLY
1973 — Application de traitements numériques à la systématique des Ustilaginales. IL. Le genre
Tolyposporium. Bull. Soc. Mycol. France, 89, 1 : 83-97 (C. ZAMBETTAKIS et P. JOLY)
1973 — Pilze. Stuttgart, Belser Verlag, 255 p.
1973 — Le monde des champignons. Science et Nature, n° 119 : 9-14.
1974 — Etude de la mycoflore des sols arides de l'Egypte. 1. Le genre Penicillium. Revue d Ecologie
et de Biologie du Sol (devenue European Journal of Soil Biology), 11 : 67-88 (1. MOU-
CHACCA et P. JOLY).
1974 — Paddestoelen in kleuren. Wageningen, Zomer & Kenning Boeken, 255 p.
1975 — Application de traitements numériques à la systématique des Ustilaginales. III. Le genre
Thecaphora. Bull. Soc. Mycol. France, 91, 1 : 71-88 (C. ZAMBETTAKIS et P. JOLY).
1976 — Mycologie et Pathologie forestières (L. LANIER, P. JOLY, P. BONDOUX et A. BELLE-
MERE). Tome II — Pathologie forestière. Paris, Masson, 478 p.
1976 — Etude de la mycoflore des sols arides de l'Egypte. II. Le genre Aspergillus. Revue d' Ecologie
et de Biologie du Sol (devenue European Journal of Soil Biology), 13 : 293-313 (1. MOU-
CHACCA et P. JOLY)
1976 — Les champignons vénéneux. Revue de Mycologie, 40, 2 : 185-201
1977 — A propos du Cortinaire couleur de rocou (Cortinarius orellanus Fr). Bull. Soc. Mycol.
France, 93, 2 : (135)-(136) (P. JOLY et J. PERREAU).
1977 — Sur quelques champignons sauvages consommés au Viét-Nam. In : Travaux dédiés à G.
Viennot-Bourgin. Paris, Société Française de Phytopathologie : 159-168 (Р. JOLY et J.
PERREAU).
1977 — La signification des « caractéres » en systématique supra-spécifique : Exemple des caracté-
res écophysiologiques en mycologie. Revue de Mycologie, 41, 3 : 339-348.
1978 — Aspect botanique du probléme des toxines fongiques : exemple des toxines neurologiques et
neuro-végétatives. In : Champignons toxiques. Paris, Masson, Collection de Médecine
Legale et Toxicologique, n° 106 : 129-134.
1978 — Mycologie et Pathologie forestières (L. LANIER, P. JOLY, P. BONDOUX et A. BELLE-
MÈRE). Tome I — Mycologie forestière. Paris, Masson, 487 p.
1979 — Composition en acides gras des lipides totaux des spores de quelques Discomycétes. Bull
Soc. Mycol, France, 95, 2 : 83-88 (L.M. MELÉNDEZ-HOWELL, J-C. KADER et P.
JOLY).
1980 — Marcelle LE GAL (1895-1979). Cryptogamie, Mycol., 1, 2 : 93-96.
1980 — Variabilité de la fructification du Pleurotus eryngii en culture, Cryptogamie, Mycol., 1, 2 :
119-138 (R. CAILLEUX, A. DIOP, A.-M. SLEZEC et P. JOLY).
1980 — Roger HEIM (1900-1979). Bull. Soc. Bot, France, 127, Lettres bot., 2 : 201-204.
1981 — Relations d'interfertilité entre quelques représentants des Pleurotes des Ombelliferes. Bull.
Soc. Mycol. France, 97, 2 : 97-124 (R. CAILLEUX, A. DIOP et P. JOLY)
1981 — Hommage à André MAUBLANC (1880-1958). Introduction aux Tables des volumes 71 à
90. Bull. Soc. Mycol. France, 97, 4 : Ш -VITI (non signé).
1982 — Etude de l'Herbier de Camille Montagne relatif au Phytophthora infestans (Mont.) de Bary
(= Botrytis infestans Mont.). Bull. Rech. Agron. Gembloux, 17 (paru 1983), 3 : 295-305 (J.
SEMAL, P. JOLY et D. LAMY).
1983 — L'épidémie de « maladie des pommes de terre » causée en Europe en 1845 par le Phy-
tophthora infestans (Mont.) de Bary : les faits et les auteurs. Annales de Gembloux, 89 :
79-99 (J. SEMAL, P. JOLY et D. LAMY).
1983 — Etude d'une station de Pleurotus eryngii DC ex Fr. : peuplement de Panicauts et peuplement
de Pleurotes. Bull, Soc. Mycol. France, 99,2: 157-202 (R. CAILLEUX, M.-T. CERCEAU-
LARRIVAL, J.-L. HAMEL et P. JOLY).
1984 — Ascomycétes. Encyclopaedia universalis, 2° édit., 2 : 837-841.
1984 — Basidiomycètes. Encyclopaedia universalis, 2° édit., 3 : 324-330
1984 — Champignons. Encyclopaedia universalis, 2* édit., 4 : 592-599, 2 pl. coul.
1984 — Les Champignons. Paris, Hatier, « Collection Guide Point Vert », 119 p.
Source : MNHN, Paris.
PATRICK JOLY 13
1984 — Les vélins de la collection « ancienne » de champignons et la « méthode nouvelle » de
classification des plantes. Bull. Soc. Mycol. France, 100, 3 : 1-10, Atlas, pl. 235 et 236.
1985 — Etude de quelques stations de Pleurotus eryngii du sud-est de la France : représentativité du
modèle de Montrichard. Bull. Soc. Mycol. France, 101, 1 : 61-91 (R. CAILLEUX, M.-T.
CERCEAU-LARRIVAL et P. JOLY)
1985 — Communication sur un ensemble de champignons desséchés, étiquetés d'après la nomen-
clature de Michel Adanson. Extrait du compte rendu des séances. Bull. Soc. Mycol, France,
101, 3: (51)-52).
1985 — René DUJARRIC DE LA RIVIÈRE, mycologue. In: Hommage à René DUJARRIC DE
LA RIVIÈRE. Preyssac d’Excideuil, Impr. de l'Eperon : 41-44.
1985 — Mycoses des végétaux. Encyclopaedia universalis, 2° édit., 12 : 849-851.
1986 — Les classifications botaniques. In : L'ordre et la diversité du vivant : Quel statut scientifique
pour les classifications biologiques ? Paris, Fayard, « Fondation Diderot, Nouvelle Ency-
clopédie des Sciences et des Techniques » : 52-67.
1986 — Conservation et instabilité des souches de champignons filamenteux ; impact de la cryocon-
servation. Bull. Soc. bot. France, 133, Actualités bot., 3 : 105-124 (J. DUPONT, P. JOLY,
M.-F. ROQUEBERT et C. DE BIEVRE).
1986 — Festival d'Automne. L'Univers du Vivant, n° 14 : 78-79.
1986 — Georges VIENNOT-BOURGIN (17 avril 1906 — 8 février 1986). Cryptogamie, Mycol., 7,
2:95-102
1986 — Guide des Champignons. Paris, Hatier, « Collection Guide de la nature », 254 p.
1987 — Etude de quelques stations italiennes de Pleurotus eryngii : progression mycélienne et
structure des populations. Cryptogamie, Mycol.. 8, 1 : 101-124 (R. CAILLEUX et P.
JOLY).
1987 — Hommage au chanoine Hubert BOURDOT [Congrès de la Société Mycologique de France
à Montluçon (Allier) (11-19 octobre 1986)]. Bull. Soc. Mycol. France, 103, 3 : (46)-(49).
1987 — Etude de quelques stations italiennes du Pleurote de la Férule. Bull. Soc. Mycol. France, 103,
4:315-346 (R. CAILLEUX et P. JOLY).
1988 — Les Pleurotes des Ombelliferes : modèle de « pourridié naturel » et d’ « espèce mycologi-
que » chez les Basidiomycétes « symbiotiques » — I. Effet pathogène. Bull. Soc. Mycol.
France, 104, 2 : 79-108 (R. CAILLEUX et P. JOLY).
1989 — Les Pleurotes des Ombelliféres : modèle de « pourridié naturel » et d’ « espèce mycologi-
que » chez les Basidiomycétes « symbiotiques » — II. Co-adaptation et équilibre endémi-
que. Bull. Soc. Mycol. France, 105, 1 : 7-27 (R. CAILLEUX, P. JOLY, M.-Th. CERCEAU-
LARRIVAL, LP. BOIVIN et P. CALLAC)
1989 — Charalambos ZAMBETTAKIS (20 juillet 1917 — 17 mai 1989). Bull. Soc. Mycol. France,
105, 4 : 295-307 (P. JOLY et D. LAMY).
1989 — « La collection viennoise de champignons en cire, donnée au Muséum National d'Histoire
Naturelle en 1812 ou 1813». Texte dactylographié, non signé, s.l.n.d. (ca 1989) : 5 +
XVI p.
1990 — Flux géniques par fusions de Buller dans une population de Pleurotus eryngii. Bull. Soc.
Mycol. France, 106, 2 : 85-106 (R. CAILLEUX et P. JOLY).
1990 — La stérilité mále pathologique, élément de la co-adaptation entre populations de champi-
gnons et de plantes-hötes : modèle des Pleurotes des Ombelliféres. Bull. Soc. bot. France,
137, Actualités bot., 2 : 71-85 (P. JOLY, К. CAILLEUX et M.-Th. CERCEAU).
1991 — Guide des Champignons. Paris, Hatier, « Collection Guide de la Nature », 254 p.
1991 — L'œuvre mycologique de Jean-Henri Fabre. In : Les champignons de Jean-Henri Fabre, C.
CAUSSANEL Ed., Paris, Citadelles, (L'art et la nature) : 83-121.
1993 — Pleurotus ostreatus (Jacq. : Fr.) Kummer et P pulmonarius (Fr.) Quél. : Etudes préliminaires.
Bull. Soc. Mycol. France, 109, 1 : 27-41 (R. CAILLEUX et P. JOLY).
1993 — Etude de quelques stations épidémiques de Pleurotus pulmonarius. Bull. Soc. Mycol. France,
109, 4: 199-221 (R. CAILLEUX et P. JOLY).
Source : MNHN, Paris
14 PATRICK JOLY
1994 — Etude de quelques stations endémiques de Pleurotus ostreatus. Bull. Soc. Mycol. France,
110, 4: 231-242 (R. CAILLEUX et P. JOLY),
1995 — Georges BECKER (7 février 1905 — 10 septembre 1994). Bull. Soc. Mycol. France, 111,
2: 83-90.
Les reproductions photographiques ont été réalisées par M. Dumont-Vialatte, Photographe au
Laboratoire de Cryptogamie ( M.N.H.N.), que nous remercions pour son concours.
Source : MNHN, Paris
Cryptogamie, Mycol. 1998, 19 (1-2) : 15-23 15
VOLATILE COMPONENTS OF FRESH
AGROCYBE AEGERITA AND TRICHOLOMA SULFUREUM
Sylvie RAPIOR™, Sophie BREHERET?, Thierry TALOU®,
Yves PELISSIER®, Michel MILHAU" and Jean-Marie BESSIERE®
“Laboratoire de Botanique, Phytochimie et Mycologie, Université Montpellier I,
Faculté de Pharmacie, 15 av. Charles Flahault, 34060 Montpellier cedex 2, France
Fax number: 33 (0) 467 411 940
E-mail: rapior@pharma.univ-montpl.fr
PLaboratoire de Chimie agro-industrielle, Institut National Polytechnique de Toulouse,
Ecole Nationale Supérieure de Chimie, 118 route de Narbonne, 31077 Toulouse cedex, France
“Laboratoire de Pharmacognosie, Université Montpellier I, Faculté de Pharmacie,
15 av. Charles Flahault, 34060 Montpellier cedex 2, France
"Laboratoire de Chimie appliquée, École Nationale Supérieure de Chimie,
8 rue de l'École Normale, 34296 Montpellier cedex 5, France
+ Address for correspondence.
ABSTRACT: Two fresh wild mushrooms Agrocybe aegerita and Tricholoma sulfureum were investi-
gated for volatile components by headspace concentration, organic solvent extraction and water-
distillation using Gas Chromatography/Mass Spectrometry. Thirty-one and forty-two volatile cons-
tituents were identified from À. aegerita and T. sulfureum, respectively. C, derivative (3-octanone),
phenylethyl derivatives (2-phenylethanal, 2-phenylacetamide, 2-phenylcrotonaldehyde) and mono-
terpenes («-pinene, linalool were the main volatile components of fresh A. aegerita. 3-Hydroxy-
butan-2-one and 2-methylbutanol could have a role in the lees of wines flavour of this species. Cy
compound (1-octen-3-ol), benzene derivatives (ethylbenzene, styrene, xylene), monoterpenes (limo-
nene, linalool) and indole derivatives were the major volatile compounds of T. sulfureum. Indole and
3-formylindole could be responsible for the gas-like odour of Т. sulfureum. Comparison of extraction
methods reveals large qualitative and quantitative differences in volatile metabolites for both fresh
species,
KEY WORDS INDEX: Mushroom; Basidiomycotina; Volatile components; Agrocybe aegerita;
Tricholoma sulfureum; Solvent extraction; Dynamic headspace concentration; Water distillation.
RESUME: Les composés volatils de deux champignons sauvages frais, Agrocybe aegerita et Tricho-
loma sulfureum ont été étudiés par concentration des effluves, extraction par solvant et hydrodistilla-
tion, et identifiés par Chromatographie en phase Gazeuse couplée à la Spectrométrie de Masse. A.
aegerita et T. sulfureum présentent respectivement 31 et 42 composés volatils. L’octan-3-one, le
2-phényléthanal, le 2-phénylacétamide, le 2-phénylcrotonaldéhyde ainsi que les monoterpènes
(z-pinéne, linalol) sont les principaux composés des sporophores d'A. aegerita. La 3-hydroxybutan-
2-one et le 2-méthylbutanol pourraient jouer un rôle dans l'odeur de lie de vin de ce champignon frais.
Par ailleurs, l’oct-1-èn-3-ol, les dérivés benzéniques (éthylbenzéne, styréne, xylène), les monoterpénes
(limonène, linalol) et les dérivés indoliques sont les composés volatils majoritaires de 7. sulfureum.
L'indole et le 3-formylindole pourraient être responsables de l'odeur de gaz d'éclairage de 7.
sulfureum.
Source
MNHN, Paris
16 S. RAPIOR et al.
INTRODUCTION
For ages, mycologists have been sniffing to their specimens for determining
species. Considering the unique and subtle odours of mushrooms and because more and
more industries are turning to a search for novel sources for natural aroma components,
general reviews on mushroom flavour (Claus, 1978; Maga, 1981; Mau et al., 1994; Rapior
et al., 1998) and studies relative to specific mushroom odours have been reported such as
the anise-like aroma of Hydnellum suaveolens (Wood et al., 1988; Solberg, 1989) and
Clitocybe odora (Breheret et al., 1996), the almond-like odour of Agaricus augustus (Wood
et al., 1990), the sweet odour of Hebeloma sacchariolens (Wood et al., 1992), the cucumber
odour of some Tricholomataceae and Entolomataceae species (Wood er al., 1994), the
garlic-like aroma of Marasmius alliaceus (Rapior et al., 1997a) and the coal-tar odour of
Tricholoma inamoenum (Watson et al., 1986).
Although the fresh mushrooms have characteristic aroma properties, few
published studies exist on comparative methods for the volatile composition of headspace
concentrate, solvent extract and distillate from edible and non-edible species (Vidal ег al.
1986; Buchbauer er al., 1993). Comparison of volatile components from headspace
concentrate and distillate was also reported by a few authors (Sulkowska & Kaminski,
1977; Yajima er al., 1981; Charpentier et al., 1986). Moreover, correlation between the
odour and the profile of volatile components has been given little attention so far (Watson
et al., 1986; Rapior et al., 1997a).
Only one study and none on volatile constituents was reported for odorous
Agrocybe aegerita (Takama et al., 1979) and Tricholoma sulfureum mushrooms, respecti-
vely. This paper focuses both on the extraction of volatile metabolites from fresh wild
basidiocarps of A. aegerita and T. sulfureum by dynamic headspace concentration,
organic solvent extraction and water-distillation, and identification of volatile substances
using Gas Chromatography-Mass Spectrometry (GC/MS).
MATERIALS AND METHODS
Mushroom material
The fruit bodies representing a combination of young and old sporophores from
two wild mushrooms, Agrocybe aegerita (Brig.) Fayod (= Agrocybe cylindracea, Poplar
field cap) and Tricholoma sulfureum (Bull.:Fr.) Kummer (Gasworks Knight-cap) were
collected in Fall 1996 in the South of France. A. aegerita is an edible mushroom with a
fruity-wine flavour and T. sulfureum has a characteristic nauseating smell of gas (Cour-
tecuisse & Duhem, 1994 ; Læssoe er al., 1996). The fresh material was brushed clean of
forest debris and treated immediately after collection.
Source : MNHN, Paris
AGROCYBE AEGERITA AND TRICHOLOMA SULFUREUM AROMAS 17
Solvent extraction
The volatile components from 250 g of small mushroom cubes (approximately
100 mm?) were extracted with 400 ml of dichloromethane in 500 ml sealed Erlenmeyer
flask (Rapior et al., 1996, 1997b). After maceration for seven days, the organic layer was
separated and traces of water remoyed with anhydrous sodium sulfate as a drying agent.
The dichloromethane extract was then filtered through a glass funnel with Whatman n°1
filter paper and concentrated to 1 ml into a bottle with teflon lined cap using a nitrogen
stream.
Dynamic headspace concentration
Fresh chopped mushrooms, i.e., 45 g of A. aegerita and 13 g of Т. sulfureum were
placed in a glass cell (0.25 1 capacity) directly connected to a dynamic headspace concen-
trator (CHISA device-SGE). Volatile components were concentrated on Tenax trap with
astripping gas (Helium) with a constant flow rate set close to 30 ml/min for 20 min at room
temperature. Samples were desorbed with a headspace injector (CHISA device-SGE)
directly connected to the analytical column. The temperature of desorption was 210°C;
the volatile components were cryofocused at -20°C in the column head before to be
injected directly in the column (Breheret er al., 1997).
Water-distillation
The finely chopped fresh materials, i.e., 50 g of A. aegerita and 300 g of Т.
sulfureum, were water-distilled in an original glass apparatus for 4 h. The condensed
water-distillates were extracted with dichloromethane and the solvent then removed in
vacuo (Pélissier et al., 1995).
Gas Chromatography-Mass Spectrometry
Analyses were carried out using a gas chromatograph (5892-Hewlett-Packard)
and a mass selective detector (5971-Hewlett-Packard) with a potential of 70 eV for
ionization by electron impact.
Solvent extraction and water-distillation analyses were performed by a 25
m X 0.23 mm х 0.13 um dimethylpolysiloxane OPTIMA 1 (M-N) fused silica capillary
column. The carrier gas was helium with a constant flow rate set close to 0.6 ml/mm. The
injector and detector temperatures were 200°C and 220°C, respectively. The column was
temperature programmed as follows: 60°C (2 min) to 200°C (4°C/min).
, Headspace analyses were performed by a 50 m x 0.22 mm X 1 um dimethylpo-
lysiloxane BP1 (SGE) fused silica capillary column. The carrier gas was helium and the
pressure was fixed at 22 psi. The detector temperature was 250°C. The column was
temperature programmed as follows: 50°C to 220°C (3°C/min).
Source - MNHN. Paris
18 S. RAPIOR et al.
Volatile component identification
The volatile constituents were identified by matching their mass spectra and
retention indices with reference libraries (Stenhagen er al, 1976; Jennings & Shibamato,
1980; Adams, 1989; MacLafferty & Stauffer, 1989) and our own data bank.
RESULTS AND DISCUSSION
Volatile components of A. aegerita
The Су derivatives are the major volatile compound of fresh А. aegerita from
headspace concentrate, organic extract and water-distillate. 3-Octanone (fungal-fruity
odour) is the major component and l-octen-3-ol (fungal odour) belongs to the minor
fraction in the three extracts (Table 1) as described for A. bisporus headspace extract
(Fischer & Grosch, 1987). These results are not in agreement with those reported by
Takama et al. (1979) twho described the volatile 1-octen-3-ol as the main volatile compo-
nent of A. aegerita organic extracts.
The phenylethyl derivatives, ie, 2-phenylethanal (floral-green odour),
2-phenylacetamide and 2-phenylcrotonaldehyde represented more than 24 % of the vola-
tile fraction from the extract. Monoterpenes such as 2-pinene (resineous odour) in
headspace concentrate and linalool (fresh odour) in both extract and distillate were
detected at low levels (Breheret er al., 1997).
3-Hydroxybutan-2-one and 2-methylbutanol with their respective etherous-
fruity and dairy notes were detected at high levels in the dynamic headspace concentrate of
A. aegerita. Thus, these volatile constituents seemed to have a role in the lees of wine
aroma of fresh A. aegerita.
Volatile components of T. sulfureum
The C, compounds are also the main volatile metabolites of fresh 7. sulfureum
from headspace concentrate, solvent extract and water-distillate. The major volatile
component is l-octen-3-ol in all extracts (Table 2).
The benzene derivatives (ethylbenzene, styrene, xylene, propenylbenzene) repre-
sented ca.5% of the volatile fraction from headspace extract.
Monoterpenes i.e., «-pinene, sabinene, B-pinene and p-cymene were detected in
headspace concentrate. Limonene and linalool were identified in the three extracts (Bre-
heret et al., 1997).
Both indole and 3-formylindole were identified in the dichloromethane extract.
Indole (animal odour) that was also detected in the water-distillate, is probably responsible
for the town gas odour of T. sulfureum. Indeed, this volatile constituent was previously
reported by Hilber (1968) for T. inamoenum (Fr.) Quél., a mushroom described as having
a smell of illuminating gas (Moser, 1983). On the other hand, a mixture of benzaldehyde,
1-octen-3-ol and phenylacetaldehyde could also be the basic components of the repulsive
"coal tar" aroma of T. sulfureum as described for T. inamoenum by Watson et al. (1986)
using sensory tests.
Source : MNHN, Paris
AGROCYBE AEGERITA AND TRICHOLOMA SULFUREUM AROMAS
19
BPI column Optima 1 column
Volatile RE Headspace RE Solvent Steam
Compounds Sample? Extract Distillate
3-Hydroxybutan-2-one 707 16.1 715 02
2-Methylbutanol 720 4.8 722 02
Octene 785 78 789 03
Ethylbenzene 850 2.1
p- and/or m-Xylene 860 03
Styrene 878 18 859 2.8 0.5
o-Xylene 883 0.1
a-Pinene 938 03
Benzaldehyde 938 0.8 02
1-Octen-3-one 958 0.9 20
1-Octen-3-ol 965 0.1 966 0.5 03
3-Octanone 966 64.5 962 47.9 37.6
3-Octanol 980 07 983 63 26.2
p-Cymene 1020 03
2-Phenylethanal 1024 1.1 0.8
Limonene 1028 0.1
(E)-2-Octenal 1038 0.1 02
(E)-2-Octenol 1056 19 11.1
Octanol 1060 46
Linalool 1095 2.0 09
2-Phenylethanol 1106 11.0 8.7
(E)-Non-2-enal 1136 0.1
2-Phenylcrotonaldehyde 1250 14
Undecan-2-one 1293 0.1
QE 4Z)-Decadienal 1304 0.1 02
2-Phenylacetamide 1330 11.5
(2E,4B)-Decadienal 1345 03 0.7
4-Hydroxybenzaldehyde 1400 1.1
3-Formylindole 1675 10.3
Tetradecanol 1676 03 0.1
Pentadecan-2-one 1695 10 02
“Different retention indices due to the GC column used; "Relative percentage of the identified
volatile based on the GC/MS chromatographic area
Table 1. Volatile composition (percentage) of three extracts from A. aegerita
Source : MNHN, Paris
20 S. RAPIOR er al.
ВР1 column Optima 1 column
Volatile RI“ Headspace RP Solvent Steam
Compounds Sample^ Extract Distillate
Hexan-2-ol 781 0.4
Octene 785 3.9 789 0.1
(Z)-1,3-Octadiene 817 3.0 823 0.1
Ethylbenzene 850 1.7
p — and/or m-Xylene 860 07
Styrene 878 22 959 0.2 0.5
o-Xylene 883 02
2-Propenylbenzene 934 02
Benzaldehyde 938 3.7 6.2
a-Pinene 938 0.4
Camphene 953 0.1
1-Octen-3-one 956 0.8 958 cal 5.3
1-Octen-3-ol 965 64.2 966 43.3 50.7
3-Octanone 966 11.5 962 0.2 0.8
Sabinene 972 0.1
B-Pinene 979 0.1
3-Octanol 980 2.6 980 0.3 0.5
2-Pentylfurane 986 0.1
p-Cymene 1022 0.1
B-Phellandrene 1028 0.6 1025 0.5
Limonene 1028 0.6 1026 0.6 1.4
2-Phenylethanal 1028 02 0.2
Benzyl alcohol 1035 2.0 0.5
(E)-2-Octenol 1049 0.5 1056 35
Octanol 1052 0.7 1060 0.4 1.9
(E)-Oct-3-en-1-ol 1062 37,
Linalool 1084 0.8 1095 0.2 0.4
Undecene 1084 0.1
Nonan-2-one 1090 0.1
2-Phenylethanol 1106 29 i
1,3-Undecadiene 1136 2.0
Decan-2-one 1191 0.1
2-Phenylcrotonaldehyde 1250 0.7
(E)-2-Decenal 1253 0.5 1.2
Undecan-2-one 1293 0.1
Indole 1320 3.4 15.8
2-Phenylacetamide 1330 24.1
Gamma-nonalactone 1355 0.5
4-Hydroxybenzaldehyde 1416 5.1
Benzopyrrolidone 1452 1.8
Nerolidol 1565 0.2
_3-Formylindole 1675 1.8
“Different retention indices due to the GC column used; "Relative percentage of the identified
volatile based on the GC/MS chromatographic area
Table 2. Volatile composition (percentage) of three extracts from T. sulfureum
Source : MNHN, Paris
AGROCYBE AEGERITA AND TRICHOLOMA SULFUREUM AROMAS 21
Effect of extraction method on volatile composition
Three main isolation techniques were used, i.e., dynamic headspace concentra-
tion, liquid solid extraction into a organic solvent and water-distillation for the investiga-
tion of volatile substances from fresh A. aegerita and T. sulfureum. Only the volatile
components unambigously identified by both GC and MS methods are reported in Tables
l and 2.
The organic extracts from fresh mushrooms contained many primary and
secondary metabolites such as lipids, sterols and fatty acids (Regerat ег al., 1976; De
Simone et al., 1979; Senatore et al., 1988; Bonzom et al., 1995). Tables 1 and 2 list the
volatilizable metabolites detected in our GC/MS experiments at 200°C (injector tempera-
ture) from the organic solvent extracts. The water-distillate of fresh mushrooms contained
both low and high volatile metabolites of fresh mushrooms. The headspace concentrates
contained only volatile components with low volatility indice at room temperature. Thus,
only the most volatile constituents of fresh mushrooms are detected at high levels in the
headspace concentrates. It is why low molecular weight benzene derivatives, i.e., ethylben-
zene, xylenes and styrene as well as monoterpenes are commonly identified in headspace
extracts and more rarely reported in solvent extracts and distillates from fresh mushrooms.
Consequently, the volatile composition of mushroom extracts and water-
distillates is close to the genuine composition of volatile constituents in fresh mushrooms.
Indeed, the major volatile components of solvent extracts are similar to those of water-
distillates as reported in Tables 1 and 2. Therefore, qualitative differences appeared for
some aliphatic alcohols; 3-octanol, (E)-2-octenol and octanol levels are much lower in the
extracts of both fresh mushrooms studied than in the water-distillates. These C, derivati-
ves could be present in a linked form in mushrooms; water-distillation should be then
responsible for the free aliphatic alcohols formation as already reported by Cravo et al.
(1993).
In conclusion, many volatile secondary metabolites are produced by mus-
hrooms. The volatile composition of A. aegerita and T. sulfureum is directly dependent of
theextraction process as already described for other mushroom species (Charpentier et al.,
1986; Vidal er al., 1986). Thus, the headspace concentrates, organic extracts and water-
distillates of A. aegerita and Т. sulfureum are attractive natural resources for aroma
application in food, pharmacy and cosmetic industries.
ACKNOWLEDGMENTS: F. Gasc (glass-blower) is gratefully acknowledged for helpful
conception and realization of well-adapted water-distillation apparatus.
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RESPONSES OF ASPERGILLUS CARBONARIUS TO TWEEN 80.
MYCELIAL GROWTH, PROTEIN, RNA AND CHITIN CONTENT.
Fragiskos GAITIS
University of Athens, Institute of General Botany,
Pan/polis, Ilisia 157 84, Athens Greece.
*This paper is dedicated to my Professor Dr S. Marakis
ABSTRACT : Studies were carried out to investigate the effects of the surfactant Tween 80 on spore
germination, mycelial growth and form of Aspergillus carbonarius and its protein, RNA and chitin
content. The presence of increasing (0.2-1.1%) Tween 80 concentrations in the medium: a) reduced
the spore germination time from 24h (in the control) to 3h, b) reduced hyphal diameter and chitin
content while hyphal branching frequency was increased resulting in the formation of soft, loose and
large pellets and c) increased the mycelium dry weight while its protein and RNA content (%) was
reduced.
KEY WORDS: Tween 80, germination, hyphal growth unit (G), Aspergillus carbonarius
RÉSUMÉ: Des études, concernant les effets du Tween 80 sur la germination des spores, la forme et la
croissance du mycélium d' Aspergillus carbonarius, ainsi que sur son contenu en proteines, RNA et
chitine, ont été enreprises. Des concentrations croissantes de Tween 80 ont pour conséquences : a) une
réduction du temps de germination des spores de 24h à 3h ; b) une diminution du diamétre des hyphes
et du contenu du mycélium en chitine, ainsi qu'une augmentation de la fréquence des ramifications
ayant pour conséquence la formation de « pellets » láches, de grande taille ; c) l'augmentation du
poids sec de mycélium et une diminution du contenu (en %) du mycélium en protéines et en RNA
MOTS CLEFS: Tween 80, germination, unité de croissance hyphale (G), Aspergillus carbona-
rius.
INTRODUCTION
Several organic compounds [aliphatic acids (mainly unsaturated), alcohols,
aldehydes and surfactants] have been found to affect growth, mycelial form and enzyme
production (amylase, cellulase, sucrase, ligninase etc.) of many fungi (Takahashi er al.,
1960; Fries, 1973; Rao & Rao, 1975; Panda et al., 1987; Asther et al., 1987; Marakis, 1988;
Gomez-Alarcon et al., 1989).
Source : MNHN, Paris
26 F. GAITIS
Surfactants, in general, such as Tween 20, Tween 80 etc., modify protein-lipid
interactions, solubilize specific proteins and lipids from membranes, lower the surface
tension of liquids and alter membrane permeability (Helenius & Simons, 1974).
Since sorbitan polyoxyethylene monooleate (Tween 80) is of great importance in
various fungal biotechnological processes because it can stimulate and increase the
production and activity of several enzymes (Asther et al., 1987; Gomez-Alarcon et al.,
1989) or increase alcohol volumetric productivity in a continuous alcohol fermentation
(Torrico & Acevedo, 1988) and as a basic constituent of detergents thrown in the
environment (seas, rivers etc.) might affect fungal growth, a study of Tween 80 effects on
fungal growth physiology is needed.
Important parameters of fungal growth are: a) the spore germination time, since
it determines the lag phase time, b) the morphological form of the mycelium because from
changes in the morphology, a whole range of biochemical changes and alterations of
culture physical properties take place and c) the protein content, since the produced
biomass could be used as animal feed (Marakis, 1988).
To the best of our knowledge there is very little information concerning the
effects of Tween 80 on fungal growth physiology. Marakis (1988) observed an increase in
mycelium dry weight and total mycelial protein as well as the uptake rate of the carbon and
nitrogen sources when Tween 80 (2.5 g/litre) was added in culture media of Rhizopus
nigricans and Penicillium frequentans. So far, studies reported by others focus to Tween 80
effects on enzymic productions or activities. Asther et al. (1987) showed ligninase produc-
tion by Phanerochaete chrysosporium INA-12 when Tween 80 was supplemented to the
culture medium. Gomez-Alarcon et al. (1989) showed a beneficial effect of Tween 80 in
increasing yields of various extracellular enzymes of Pycnoporus cinnabarinus.
The aim of this study was to investigate some biochemical and morphological
changes induced in Aspergillus carbonarius growing under high Tween 80 concentra-
tions.
MATERIALS AND METHODS
Microorganism:
A strain of Aspergillus carbonarius (Bainier) Thom isolated from carob bean
storehouse soil (Gaitis, 1995) was used.
Media g I"
Components* M T T, Tm T TU
Sucrose 20 = 20 20 20 20
Tween 80 = 10 2 5 8 m
* All media contained (g I): (NH;);SO;: 5; KCl: 0.5; MgSO;.7H;0: 0.5; K;HPO,: 1; FeSO,.7 HO:
0.01.
Table 1. Culture media (g I) used for cultivation of A. carbonarius.
Source : MNHN. Paris
Cryptogamie, Mycol. 1998, 19 (1-2) : 25-33 27
Culture media:
For the batch cultures six media were used (Table 1). The pH was adjusted at
5.0-5.5. All culture media were sterilized by autoclaving (15 min, 121°C).
Inoculum preparation:
Peripheral growth zone spores from Czapek-Dox agar cultures were obtained
after 5 days of incubation at 30°C. Spores were suspended in quater-strength Ringer’s
solution for 1 min in a Waring blender.
Batch cultivation:
А. carbonarius was grown in three 100 ml Erlenmeyer flasks containing 30 ml of
medium. These flasks were inoculated with 3x10? spores ml" of medium and incubated at
30°C for 7 days on a rotary shaker (160 rpm).
Spore germination:
Spores were considered to be germinated when their germ tube lengths were
one-half of the spore diameter.
Harvesting and drying of biomass:
For the protein, chitin and RNA determination the mycelial mats were harvested
by filtration through Whatman No 1 filter paper. Then they were thoroughly washed twice
with 25 ml distilled water and freese-dried to a constant weight.
Microscopic observations:
Measurements of hyphal diameter and branching frequency: For microscopic
observations, pellets from the cultures were filtered, washed and resuspended for 5 min at
20°C in 0.5N NaOH to separate hyphal clumps. Then the separated hyphae of pellets were
placed on slides and measurements were made using a calibrated eyepiece in a Zeiss light
microscope (Katz et al., 1972; Morrison & Righelato, 1974).
The hyphal growth unit (G) was determined by the procedure of Trinci (1974):
G= Total length of mycelium (um)
Number of tips
Analytical methods:
— Mycelium chitin was determined according to Plassard et al. (1982) method
based on the determination of glycosamine by HNO, transforming it into 2:52
anhydromannose; this compound reacts with the 3-methyl-2-benzothiazolone hydrazone
Source : MNHN. Paris
28 F. GAITIS
hydrochloride (MBTH) producing, in the presence of ferric chloride solution an intense
blue colour best absorbed at 653nm.
— The RNA concentration was determined by measuring the absorbance at
260nm of a previously HCIO, extracted and KOH digested mycelium (Benthin er al.,
1991).
— Protein content was estimated by the method of Gorsuch & Norton (1969).
Statistical analysis:
The data were calculated as the arithmetic mean of 10 replications + standard
error of the mean.
RESULTS AND DISCUSSION
Tween 80 effects on the spore germination time, hyphal diameter, hyphal growth
unit and morphology of Aspergillus carbonarius are shown in Table 2.
No mycelial growth in medium T, which contained Tween 80 as sole carbon
source, was observed. This means that A. carbonarius cannot utilize Tween 80 as carbon
source. Our data are in agreement with those of Marakis (1988) and Fries (1973), who
reported that the presence of small amounts of aliphatic fatty acids, aldehydes etc.,
promoting mycelium growth, could not act as nutrients.
Spore germination:
Spore germination time in media containing Tween 80 was 8 times shorter
compared to that in medium M without this surfactant. This promotion is probably due to
the ability of Tween 80 to promote both uptake and exit of compounds from the cell
through modification of plasma membrane permeability (Reese & Maguire, 1969; Mara-
kis, 1988).
Media Spore Length of G Hyphal diame- Mycelium form
germination (um) ter (mm)
time (h) (um) Od ue
M 24.00 С 127213 6.6+0.1 10+0.26
T, 3.00 880418 3440.1 3140.14
TE 3.00 87.4418 3440.1 =2.50 + 0.12
Ts 3.00 633417 28+02 70+0.15
TE 3.00 64.0+1.2 2840.1 loose-large
floculent masses
Table 2. Effects of Tween 80 on spore germination time, hyphal growth unit (G), hyphal diameter and
macroscopic morphology of mycelium (pelletal, filamentous) of A. carbonarius cultured in synthetic
liquid media with or without Tween 80.
Source : MNHN, Paris
Cryptogamie, Mycol. 1998, 19 (1-2) : 25-33 29
Mycelial growth:
Mycelium dry weight was increased by 5-20% (depending on Tween 80 concen-
tration) compared to the dry weight of medium M (Table 3). Biomass increase might
happen because of the alteration of the cell wall permeability resulting in a better nutrient
inwards defusion.
The percentage of protein and RNA content was reduced by the presence of
Tween 80 as compared to medium M (Table 3). The reduction of the percentage of protein
and RNA content cannot be explained as a block of the proteinsynthetic ability of A.
carbonarius, but it is most likely that proteins are reduced through solubilization by Tween
80 treatment (Helenius & Simons, 1974). However, this reduction might be due to the
distribution of the same amount of proteins and RNA into greater amounts of produced
mycelial biomass.
Mycelium morphology:
Hyphal growth unit (G), hyphal diameter, pellet character and chitin content of
A. carbonarius were affected by Tween 80 (Tables 2. Thus:
a) The G length measured on young mycelia early in the growth phase and in
hyphae in the center and periphery of the pellets after 7 days of incubation, were found to
be almost unchanged. The length of G ranged between 64.0 to 112.7 um. A reduction of
G length in media T,-T,, with increasing Tween 80 concentrations, was observed. Marakis
(1988) found higher G lengths of P. frequentans and R. nigricans in the presence of Tween
80. Thus, the G length should depend on fungal strain and culture conditions.
b) The hyphal diameter was reduced by the presence of increasing concentra-
tions of Tween 80 (3.4-2.8 um) as compared to that of medium M (6.6 um). This hyphal
thinning can be attributed to the reduction of the chitin content, since the cell wall of A
carbonarius belongs to the chitin-glucan group (Bartnicki-Garcia, 1968). In the presence
of Tween 80 the hyphal chitin content was lower (4-72%) compared to that determined in
hyphae grown in medium M. Chitin content reduction is possibly due to Tween 80 effect on
chitin synthetase synthesis or activity.
i Chitin content
TEL Do ayee у
lium
M 190.02: 4.8 33.8 290.0 2.6
T, 200.04: 2.4 25.0 278.5 1.6
T; 208.0 + 23.9 244 271.4 17
т, 212.8+4.2 24.1 214.3 1.9
T4 229.5 5.7 24.0 169.0 19
Table 3. Tween 80 effects on mycelium dry weight, protein, RNA and chitin contents of A. carbonarius
cultured in synthetic liquid media with or without Tween 80.
c) The mycelium in medium M formed dense compact regular pellets (Fig. 1А),
whereas under the presence of Tween 80 (media T,-T,) pellets were soft, irregularly shaped
and aggregated into loose large floculent masses as shown in Fig. 1B. It is noticeable that
Source : MNHN. Paris
30 F. GAITIS
Fig. 1 — Tween 80 effects on Aspergillus carbonarius. A. Dense, compact, regular pellets produced in
medium M. B. Soft, loose, irregularly shaped pellets produced in medium Т. Bar = 2mm.
autolytic process was not observed in the pellet center and consequently no proteins were
determined in the culture filtrate.
The reduction of the hyphal diameter resulted in the breakage of hyphae which
does not favor the formation of dense compact pellets. Our results, concerning the pellet
formation, are not in agreement with those of Righelato (1975) and Marakis (1988)
probably because they did not take into acount the hyphal diameter, a factor that can alter
the hyphal mechanical resistance (rigidity). It is known that the cell wall of the most fungi
Source : MNHN. Paris
Cryptogamie, Mycol. 1998, 19 (1-2) : 25-33 31
is built up of interwoven microfibrils of chitin cemented by an amorphous matrix material.
This structure affords a hyphal rigidity. So, when the skelletal component of the hyphae is
reduced, the hyphal rigidity may become weaker resulting in an easier hyphal breakage
during agitation of the culture (Gaitis & Marakis, 1994).
CONCLUSION
The reduction of the time needed for spore germination of A. carbonarius in the
presence of Tween 80, is a very important result from a practical point of view, since it
might contribute to the confrontation of problems (eg. production cost) due to a long lag
phase of fungal spores used for the production of a fungal product with biotechnological
processes.
The effect of Tween 80 on the germination time of fungal spores, should alert
those scientists who are concerned with fungal growth for continuing the use of this
surfactant as a soaking agent for the production of inoculum of spores since, even in very
low amounts, it reduces the lag phase and generally affects the fungal growth (mycelium
production and morphology, protein and RNA content etc.).
The presence of Tween 80 seriously affected the mycelium morphology, which is
of considerable importance to the overall physicochemical environment within the fer-
menter, affecting this way the quality and production cost of a microbial product. So, the
desirable mycelial form could be defined by addition or not of a proper amount of Tween
80 in culture medium.
ACKNOWLEDGEMENTS: The author would like to thank Dr G. Ouzounidou for encouragement
and suggestions in preparing the manuscript.
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Cryptogamie, Mycol. 1998, 19 (1-2) : 33-43 33
SCREENING OF ANTIMICROBIAL ACTIVITIES
BY AQUATIC HYPHOMYCETES CULTIVATED
ON VARIOUS NUTRIENT SOURCES.
G. PLATAS, F. PELÁEZ, J. COLLADO, G. VILLUENDAS and M. T. DÍEZ
Centro de Investigación Básica
Merck, Sharp & Dohme de Espana, S. A.
Josefa Valcárcel, 38-28027 Madrid (Spain)
Fax 34 1 3210 614
gonzalo-platas@merck.com
ABSTRACT, — Twenty-six strains belonging to 19 species of aquatic hyphomycetes isolated from
freshwater streams in Spain were tested for antimicrobial activities after cultivation on 24 different
solid media. Fifteen of these cultures produced antibacterial activities and 8 produced antifungal
activities in at least one medium. The most succesful media were those with a low nitrogen/carbon
ratio. The ecological and biotechnological implications of these results are discussed.
KEY WORDS : antibacterials, antifungals, ingoldian fungi, production media.
RESUME. — Trente six souches de 19 espèces d’hyphomycetes aquatiques, isolées de rivières
d'Espagne, ont été testées pour leur activité antimicrobienne sur 24 milieux de culture différents.
Quinze de ces souches présentent une activité antimicrobienne et 8 une activité antifongique, sur au
moins un milieu. Les meilleurs milieux sont ceux présentant le plus faible rapport azote/carbone. Les
implications écologiques et biotechnologiques de ces résultats sont discutées.
MOTS CLEFS : antibactérien, antifongique, ingoldien, milieu
INTRODUCTION
The significant nutritional and environmental differences between aquatic and
terrestrial habitats could select for the development of secondary metabolic pathways in
aquatic fungi, that differ from those of other fungi. During this last decade, surveys of
différent aquatic habitats for novel secondary metabolite producers, have resulted in the
identification of several species of fungi that synthesize previously undiscovered biologi-
cally active compounds. Some examples of the organisms isolated from different aquatic
sources are Microascus longirostris Zukal (Yu et al., 1996) directly isolated from water;
Source : MNHN. Paris
34 G. PLATAS et al.
marine animal parasites or commensals like Phoma sp. (Sugano et al., 1991); fungi isolated
from seaweeds like Leptosphaeria sp. (Takahashi er al., 1995a, 1995b), Asteromyces
cruciatus F. et F. Moreau ex Hennebert (Shin & Fenical, 1987); or endophytes like
Leptosphaeria obiones (Crouan & Crouan) Saccoro (Poch & Gloer, 1989b) and Helicascus
kanaloanus Kohlmeyer (Poch & Gloer, 1989a). Most of these organisms were isolated
from marine samples, although only some could be considered true marine fungi.
However, other aquatic ecosystems have been less reported or investigated as
sources for potential producers of biologically active natural products. This is the case for
freshwater habitats and aquatic hyphomycetes, a taxonomically and phylogenetically
heterogeneous group of fungi that constitute the dominant group of organisms colonizing
deciduous leaves and submerged woods in freshwater courses. It has been reported that
this group of organisms is able to produce substances with biotechnological applications,
such as enzymes (xylanases, pectinases, proteases, etc.) (Suberkropp, 1992). Nevertheless,
although some ecological evidence suggests that members of this group produce diffusible
inhibitory substances (Shearer & Zare-Maivan, 1988; Fisher & Anson, 1983), only two
active compounds have been fully characterized up to date : kirschsteinin, a cytotoxic
compound isolated from Kirschteiniothelia elaterascus Shearer (Poch & Gloer, 1992), and
anguillosporal, an antibacterial and antifungal compound isolated from Anguillospora
longissima (Sacc. & Syd) Ingold (Harrigan et al., 1995).
Also, the ecological characteristics shared by these aquatic hyphomycetes could
make them share their metabolic response to different growth conditions, in spite of their
phylogenetic heterogeneity. The goal of the present work is to determine the influence of
nutrients on the production of antimicrobial activities by these fungi. The information
obtained from these experiments is expected to be applicable to the design of production
media to be included in a screening of natural products from aquatic fungi. With this
purpose, we selected for this study 26 fungal strains, belonging to 19 species of aquatic
hyphomycetes isolated from freshwater streams in several locations in Spain.
To study the influence of nutrients on the production of diffusible antimicrobial
compounds, the fungi were grown on 24 different agar media formulated with complex
sources commonly used in fungal fermentations. The choice of using these complex
sources for this experiment, instead of chemically defined media, is because they usually
produce a better yield of secondary metabolites. The production of antimicrobial activi-
ties against a representative bacterium (Bacillus subtilis), and a representative fungus
(Aspergillus fumigatus) was evaluated after two and four weeks of incubation.
MATERIALS AND METHODS
Fungal strains :
The aquatic hyphomycetes used for this study (Table 1) were monosporic isolates
collected from different freshwater streams in Spain, stored at CIBE (Centro de Investi-
gación Básica Espana) culture collection. The selection of the cultures to be studied was
performed to achieve both a large number of species and a high range of taxonomic
variability, as it is shown by the identified teleomorphs.
Source : MNHN, Paris
35
ANTIMICROBIAL ACTIVITIES BY AQUATIC HYPHOMYCETES
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Source : MNHN. Paris
36 С. PLATAS et al.
Cultural conditions :
Plugs of actively growing fungal mycelia, grown on potato dextrose agar (Difco)
(0.5 mm?), were placed on the surface of 9 cm diameter Petri dishes containing 20 ml of
medium composed by 1% nutrient and 2% agar. Duplicates of these plates were incubated
for 2 and 4 weeks respectively at 22°C. The complex nutrient sources tested were : yellow
corn meal (Quaker), corn steep liquor (Roquette), pharmamedia (Traders Protein), malt
extract, casein hydrolysate, peptonized milk (Oxoid), molasses (Riverton), soy meal,
carboxymethylcellulose (Sigma), tomato paste (HUNBS), yeast extract, tryptone, bacio-
peptone, beef extract, brain heart infusion, casamino acids, skim milk, potato dextrose
broth (Difco), amicase, ardamine, N-Z-Amine E, Hy-Soy (Sheffield), soluble starch (USB)
and oat meal (Santivery). k
Antimicrobial activity assays :
Antibacterial assay. The antibacterial assay Petri dishes were prepared with
10 ml of melted nutrient agar (Difco) inoculated with Bacillus subtilis (0.5 ml of a spore
suspension (Difco) per 1 liter of melted nutrient agar (Difco) cooled at 45°C)
Antifungal assay : The antifungal Petri dishes were prepared with 10 ml of
melted YNB-D medium (dextrose 1%, yeast nitrogen base (Difco) 0.7% and agar 1.5%),
cooled at 45°C and inoculated with a titrated spore suspension of Aspergillus fumigatus
Fres. ATCC 13073. The final concentration of spores was 5 x 10° spores/liter.
To perform the antimicrobial tests, 8 mm diameter agar plugs were cut from
plates with hyphomycetes after 2 and 4 weeks of incubation, and placed over the surface of
the assay plates, and were incubated overnight at 37°C. The diameter of the inhibition
zone around each agar plugs was recorded.
RESULTS
Fifteen strains, belonging to 11 fungal species, produced antibacterial activity
under at least, one cultivation condition (Table 2). The production of antifungal activities
was not as frequent, being observed in 8 strains belonging to 6 fungal species (Table 3).
Both antibacterial and antifungal activities were detected with 5 strains :Dendrospora
tenella, Gyoerffyella sp., Tumularia aquatica ED 31 and FP 148 and Varicosporium elodeae
FP 2. In one case, Gyoerffyella sp., the inhibition of both target strains was detected under
the same cultural conditions, suggesting the presence of a single activity with both
antibacterial and antifungal properties, or a common stimulation of the production of
several agents. The tested strains of A. acuminata, A. tetracladia, Fillosporella sp., H.
stellata, T. curvisporum and T. splendens, did not produce antimicrobial activities in the
conditions studied.
The data suggest that both types of antimicrobial activities are released at
different incubation times; 77% of the 63 antifungal activities were detected at 2 weeks,
being 35 activities detected both at 2 and 4 weeks. However, only 48% of the 82 antibac-
terial activities detected were shown at 2 weeks, being 30 of them also observed at 4 weeks.
Assuming that the detection of these antimicrobial activities at 2 time periods is due to the
Source : MNHN. Paris
2f
ANTIMICROBIAL ACTIVITIES BY AQUATIC HYPHOMYCETES
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Source : MNHN. Paris
С. PLATAS et al.
38
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Source : MNHN. Paris
39
ANTIMICROBIAL ACTIVITIES BY AQUATIC HYPHOMYCETES
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Source : MNHN. Paris
40 С. PLATAS et al.
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Antibacterial activities
Antifungal activities
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Dairy
derived
sources
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Number of strains
Figure 1. — Number of hyphomycete strains having antimicrobial activities when cultured in a single
nutrient.
action of the same active agent(s), this result could suggest either that the antimicrobial
compounds produced were relatively stable, or that they were being continuously synthe-
sized along the whole course of the incubation
Although the production of antimicrobial activities in all the hyphomycetes
tested is not induced by a given complex source, some of them, such as potato dextrose,
molasses, malt extract and soluble starch, were especially useful (Fig. 1). These media
share a low nitrogen/carbon ratio, characteristic of traditional fungal media. Nevertheless,
other nutrient sources with a higher nitrogen /carbon balance such as beef extract or skim
milk also supported the production of biological activities in a considerable number of
strains.
Source : MNHN, Paris
ANTIMICROBIAL ACTIVITIES BY AQUATIC HYPHOMYCETES 41
The conditions and ability for the production of antimicrobial activities varied
among strains of the same species. For example, in the three strains of A. crassa, the
number of sources that stimulate the production of the antibacterial activity in FP 48, FP
154 and FP 216 were 6, 12 and 1, respectively.
The production of antimicrobial agents in response to the different media by the
aquatic hyphomycetes studied, was very variable. For instance, 7. setigerum and T. elegans
produced antibacterial activities only under one condition. Dendrospora tenella, Flagel-
lospora sp., Gyoerffvella sp. and И elodeae ЕР 2 produced these activi in carbohydrate
enriched media such as malt extract, molasses and soluble starch. Finally, some fungi such
as H. lugdunensis or species of the genus Tumularia produced antimicrobial activity when
grown in several sources with no related ingredients.
DISCUSSION
The production of diffusible antibiotic substances is a widely distributed cha-
racteristic among fungi. Although it is difficult to infer the role of these compounds in
natural environments or if they occur at all, they could provide an ecological advantage in
the immediate micro habitats of the producer organisms by defending its nutritional or
positional resources from other competitors. Theoretically, this statement may be less
applicable to aquatic environments, because of the ecological ineffectiveness of a com-
pound that is constantly removed by water. Therefore, although aquatic hyphomycetes
most likely persist in twigs and leaves that are exposed to terrestrial environments, the
ecological preeminence of a fungus able to produce antibiotics in aquatic systems is not so
obvious. In any case, the ability of several aquatic hyphomycetes to produce these
compounds has been shown previously (Shearer & Zare-Maivan, 1988; Fisher & Anson,
1983), and has been also extensively observed in this work.
The substrates inhabited by this group of fungi, deciduous leaves and submerged
woods, due to their lignin enriched composition are hypothetically more susceptible to
fungal rather than to bacterial colonization. For that reason, as the major competitors of
these organisms in nature should be other fungi, aquatic hyphomycetes would be expected
to produce a fungal rather than a bacterial inhibition. However, in the survey presented in
this work, from 19 fungal species tested, 11 appear to produce bacterial inhibition and
only 6 produce antifungal compounds. Although the extrapolation of these observations
to the real interactions of these fungi in natural environments could be undoubtfully
questioned, these data may suggest the importance of bacterial-fungal interactions in the
colonized wood habitat. The release of an antibacterial agent could limit the consumption
by bacteria of the sugars and other nutrients liberated by the extracellular enzymatic
machinery of the fungi (cellulases, xylanases, pectinases, etc.).
Antifungal agents not only interfere with the growth of other hyphomycetes but
also affect the viability of yeasts. Yeasts, like bacteria, are commonly found in freshwater
courses, have high growth rates, and could behave as opportunistic commensals of the
substances liberated by them. It has been reported that wood blocks colonized by
Tumularia aquatica (syn. Massarina aquatica) were able to inhibit the growth of the yeast
Sporobolomyces roseus (Fisher & Anson, 1983). The 2 different strains of Tumularia
aquatica studied in this work also produced an antifungal activity that caused the
inhibition of Candida albicans (data not shown), together with an antibacterial agent,
whose production did not always coincide with the detection of the antifungal activity.
Source : MNHN, Paris
42 С. PLATAS et al.
Heliscus lugdunensis, a species from submerged twigs and leaves, produced an
antifungal activity Shearer & Zare-Maivan (1988), studying the in vitro interactions
among different fungi from freshwater habitats, have suggested that this species might not
be able to inhibit growth of invading species or to defend captured resources. We observed
antifungal activities in the two H. lugdunensis strains studied, FP 138 and FP 373. These
data do not agree with the above mentioned suggestion, perhaps because their competition
experiments were performed on corn meal agar, medium in which we were also unable to
detect the antifungal activity produced by this organism (Table 3). Also, it has to be
considered that the production of the antifungal agent shows strain-to-strain variations,
as evidenced by the fact that from the sixteen cases in which an antifungal activity
appeared, only 8 were common between both isolates. The potentially different suscepti-
bility of A. fumigatus and the aquatic hyphomycetes studied by Shearer & Zare-Maivan to
the antifungal compound, could also contribute to explain the different results.
As mentioned above, 5 strains inhibited both target organisms. However, the
number of these antimicrobial activities could be higher, because the detection of an
antimicrobial activity is related to the concentration tested and, also, to the susceptibility
of the target strain to the active agent(s). As an example, anguillosporal from Anguillos-
pora longissima (Sacc. & Syd.) Ingold (Harrigan et al., 1995) is able to inhibit both bacteria
and fungi, with MIC values of 4 ug/ml against Staphylococcus aureus and 58 ug/ml against
Candida albicans. The ecological impact of a broad spectrum antibiotics in natural
conditions is unknown. However, in terms of metabolic economy, it may be considered
that the synthesis of a general inhibitor could be less expensive than the production of
several specific compounds.
This work has also shown the heterogenous behavior of this group of fungi with
regards to the conditions required for antibiotic production. Based on this aspect, the
hyphomycetes studied could be divided in four groups : i) fungi producing the antimicro-
bial activity selectively in media with a very low nitrogen/carbon balance (malt extract,
molasses, soluble starch or potato dextrose), such as D. tenella, Gyoerffyella sp., V. elodeae
FP 2, and Flagellospora sp.; ii) fungi that produce the antimicrobial activity only in media
with a high nitrogen/carbon balance, (A. crassa FP 216, ED 61 and Hyphomycete 1); iii)
fungi whose antimicrobial activity production is less dependent of the nitrogen/carbon
balance like, Н. lugdunensis, T. aquatica, T. tuberculata, A. crassa FP 48, FP 154 and M.
aquatica ; iv) finally those fungi that produce their antimicrobial activities specifically in
plant derivatives such as pharmamedia or corn steep liquor, (T: setigerum, T. elegans and
V. elodeae FP 164). The observation of these activities in these non-overlapping circums-
tances could be related to the presence of specific precursors of the active substance(s) in
these media, as it was reported for the synthesis of penicillin G by Penicillium chrysogenum
(Mead & Stack, 1948).
The production of the antimicrobial activity was neither associated with the
growth level of the fungi on each specific substrate, nor with the ability to synthesize
degrading enzymes such as cellulases or proteases (data not shown). However, these
optimum conditions for antibiotic production could be hypothetically related to the
degree of specificity of fungi for colonizing a given substrate, or for determining their role
during the ecological succession of fungi in the decomposition of the plant substrates.
This work has shown that aquatic hyphomycetes are a potential source of
uncharacterized bioactive compounds. To obtain a maximum information on the meta-
bolic potential of these fungi, several media with different nitrogen/carbon balance should
be applied, rather than different media with a low nitrogen/carbon balance, as it has been
traditionally used (Poch & Gloer, 1992; Harrigan et al., 1995). Other physical variables not
Source : MNHN. Paris
ANTIMICROBIAL ACTIVITIES BY AQUATIC HYPHOMYCETES 43
considered in this work, such as temperature or pH, might also influence the production of
these still uncharacterized compounds.
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SUR LES RELATIONS 1
ENTRE UN BASIDIOMYCETE DE ROND DE SORCIERE,
LEUCOPAXILLUS GIGANTEUS, LA MICROFLORE DU SOL
ET LES VEGETAUX SUPERIEURS.
Paul KAISER *
INA-PG
Microbiologie
78850 THIVERVAL-GRIGNON
FRANCE
* adresse actuelle : 12 bis rue de Porto-Riche 92190 MEUDON
ABSTRACT : Leucopaxillus giganteus developped as fairy rings in an acid grassland. According to
the climatic conditions the spreading of the fairy ring ranged from 25 to 60 cm each year and occured
at the end of the winter and the early spring. Fructification occured between september and october.
Mycelium grew around the stolons and the roots of the grassand plants which were destroyed. The
pH of the invaded soil raised due to a high ammonia level but the content of organic carbon and the
CIN ratio was lowered. The Leucopaxillus mycelium enhanced the mineralization of organic carbon
and nitrogen, the decomposed organic matter was partially humified. Concerning enzymatic activities
of the invaded soil a decrease of the urease and an enhancement of the desaminases and pectinases
activities was noticed. Supplementation in glucose or reducing sugars from root exsudates specifically
stimulated the oxygen uptake of the invaded soil. In the latter the moulds were in great part eliminated
but the number of the other soil microorganisms was only weakly affected. In vitro the Leucopaxillus
mycelium inhibited the growth of bacteria and actinomycetes but not the moulds. Mycelium growth
of Leucopaxillus on sterile and non sterile soil showed that the microflora exerted a strong inhibitory
action against the Leucopaxillus. The inhibition diminished at low temperature. In pure culture
Leucopaxillus mycelium developped well at +4° C whereas the major part of moulds and bacteria did
not. It appeared that the Leucopaxillus needed two conditions for growth in soil : A biological void
and an adapted nutrient. Low temperatures of the winter create the biological void. Root exsudates
and bacterial polysaccharides of the roots could be the nutrient. /n vitro the Leucopaxillus developped
on bacterial mats but not on mould mats. It used well semi-synthetic media for growth. Best nitrogen
sources were peptones, numerous simple sugars and polysaccharides could be used.
KEY WORDS : Leucopaxillus giganteus, soil biochemistry and microbiology, Phanerogams.
RESUME : Leucopaxillus giganteus se développe en cercles dans une prairie acide où il avance de
20-60 cm chaque année. il croit autour des racines des phanérogames qui sont détruits et augmente la
minéralisation du carbone et de l'azote organique. Les moisissures du sol sont, en grande partie,
éléminées alors qu'in vitro, ce sont les bactéries et les actinomycètes qui sont inhibés. La microflore du
sol exerce une action inhibitrice sur le développement du Leucopaxillus et celui-ci ne peut se propager
qu'à la fin de l'hiver quand il ya un vide biologique. Le basidiomycète se multiplie bien au laboratoire
sur des milieux peptonés semi-synthétiques et utilise une grande variété de glucides.
MOTS CLE
S : Leucopaxillus giganteus, biochimie et microbiologie du sol, Phanérogames.
Source : MNHN. Paris
46 P. KAISER
INTRODUCTION
Il n'existe pas un mycologue qui n'ait observé, ici ou là, la forme annulaire
qu'affectent quantité de mycéliums de champignons supérieurs, les uns dans les prés,
visibles de tout temps à cause de l’herbe plus verte ou morte qui les dessine et, ceux des
forêts, décelables au moment de la production de sporophores (Becker, 1990). Pour
Fenwick (1976), les cercles peuvent être causés par 50 espèces de champignons. Très tôt, les
mycologues se sont intéressés à la physiologie de ces anneaux (« ronds de sorcières »).
Molliard (1910, 1925) mesurait l'accumulation d'ammoniaque dans la zone de croissance
de Marasmius oreades (Bolt. : Fr.) Fr. et indiquait son rôle phytotoxique.
Hollande (1945) étudie la clitocybine, antibiotique excrété par Leucopaxillus
giganteus (Leysser : Fr.) Singer (Clitocybe maxima) et constate que ce champignon
détermine, dans les prairies alpines de 900 à 1400 mètres, la formation d’anneaux dont
l'herbe est morte et peu putrescible. 11 pense que le champignon, en se développant, tue
l'herbe et doit élaborer un principe actif inhibant la multiplication des microbes nécessai-
res à la putréfaction des végétaux.
Couderchet (1967) reprend le travail sur un anneau dû à Lepista personata (Fr. :
Fr.) W. Smith et constate une accumulation d’ammoniaque dans la zone dénudée, une
élimination des moisissures et une inhibition des bactéries nitrifiantes.
Norstadt et al. (1973) notent la pauvreté de l'activité uréase d'un sol infesté de
Marasmius oreades. Ces résultats prouvent que la multiplication d’un champignon supé-
rieur provoque des changements physico-chimiques du sol, entraînant des variations
importantes de la croissance herbacée et microbienne.
D'autre part, comme l’a montré Gramss (1981, 1985), les Basidiomycètes subis-
sent, de la part du sol, un fort antagonisme.
Nous avons repris ces recherches sur deux anneaux dûs à Leucopaxillus giganteus
situés dans une prairie acide de Jouy en Josas aux Metz (Yvelines) en analysant, d'une part
l'effet du Basidiomycète sur l'évolution physico-chimique et microbiologique du sol
infesté et, d'autre part, l'impact de la microflore autochtone sur sa croissance.
MATÉRIELS ET MÉTHODES
- Dénombrement des groupes microbiens du sol : Pochon & Tardieux (1962).
— Analyses physico-chimiques :
pH : 5 g de sol + 5 g d'eau distillée ; mélange et mesure au ph-metre.
C, N : Doseur automatique Hewlett-Packard
NH4+ : méthode colorimétrique de Hoffmann & Teicher (1961).
МОЗ — : méthode à l'acide chromotropique selon Sims & Jackson (1971).
Humidité : balance à humidité
Acides humiques : selon Pochon & Tardieux (1962).
HCN : papiers filtres imprégnés d'une solution contenant du carbonate de soude
à 2,5 % et de l'acide picrique à 0,5 % (réactif de Guignard in Lebeau & Hawn (1963).
Source : MNHN, Paris
LEUCOPAXILUS GIGANTEUS 47
— Enzymes :
Uréase, Désaminases : méthode de Hoffmann & Teicher (1961).
Phosphatase : méthode de Hoffman (1967).
Pectinases : méthode de Kaiser & Monzon (1972).
— Respiration :
CO2 in situ : méthode de Bachelier (1973).
Absorption de l'oxygène : Appareil de Warburg selon Umbreit et al. (1964).
— Antagonisme de la terre : technique de Pink (1961)
— Activité antagoniste : Leucopaxillus giganteus est cultivé sur boîtes de gélose malt-
peptone (extrait de malt : 10 g/l ; bactopeptone Difco : 2 g/l). Des carrés de mycélium de 1
cm de côté sont découpés et placés sur des géloses asparagine-glucose (Pochon & Tar-
dieux, 1962) préalablement ensemencées avec des souches pures ou des suspensions-
dilutions de terre.
— Culture de Leucopaxillus giganteus :
Milieu semi synthétique : eau déminéralisée 11 ; phosphate monopotassique 1g ;
sulfate de magnésium 0,5g ; chlorure de calcium 0,1g ; chlorure de sodium 0,1g ; solution
d'oligoéléments 5ml ; solution de vitamines 0,5ml ; bactopeptone (Difco) 5g ; pH 6,0. Les
glucides sont ajoutés à raison de 2g/l.
Solution d'oligoéléments (en g/l) : éthylénediaminetrétacétate sel disodique 1,7 ;
sulfate de fer ferreux 1,0 ; sulfate de manganèse 0,3 ; acide borique 0,1 ; sulfate de zinc
0,05 ; sulfate de cuivre 0,05 ; molybdate d'ammonium 0,05 ; nitrate de cobalt 0,05 ; sulfate
de cadmium 0,05
Solution de vitamines (en mg/100ml) : B12 2 ; thiamine 100 ; biotine 2 ; panto-
thénate de calcium 2.
— Milieu pour plantules (en mg/l) : nitrate de calcium 750 ; nitrate de potassium 450 ;
sulfate de magnésium 260 ; phosphate monopotassique 136 ; solution d'oligoéléments
(ci-dessus) 10ml.
= Préparation des sucres réducteurs provenant de la rhizosphere des plantes de prairies :
Les racines et le sol rhizosphérique attenant sont lavés dans un mélange éthanol-
eau (30 : 70).
Le liquide de lavage est clarifié par centrifugation puis concentré. Il est alors
passé sur résine cationique, puis sur résine anionique. Le liquide résiduel contenant les
sucres est concentré à sec puis repris par 2ml d'eau distillée. Les sucres réducteurs sont
dosés par la méthode de Somogyi-Nelson (Nelson, 1944).
RÉSULTATS ET DISCUSSION
Description de la prairie
. , П s’agit d'une prairie à sol acide, (voir tableau 1 pour les données physico-
chimiques) régulièrement tondue et comportant de nombreux types de plantes herbacées.
Source : MNHN, Paris
48 P. KAISER
Fig. 1 — « Rond de sorcière » à Leucopaxillus giganteus dans une prairie acide de Jouy en Josas (78)
au mois de septembre.
Nous y avons déterminé : Festuca rubra, Holcus lanatus, Agrostis vulgaris et A. stolonifera,
Anthoxanthum odoratum pour les Graminées ; Lotus corniculatus, Orobus tuberosus, Tri-
folium spp. pour les Légumineuses ; Hieracium pilosella, Achillea millefolium, Centaurea
jacea, Chrysanthemum segetum, Picris hieracioides pour les Composées ; Plantago lanceo-
lata, Carex glauca, Luzula campestris, Calluna vulgaris, Brunella vulgaris pour ne nommer
que les principales espèces d’autres familles.
Croissance in situ de Leucopaxillus giganteus
Dans le sol, le nouveau mycélium apparait début mars, à la fin de l'hiver. Soit il
est déjà visible macroscopiquement au niveau des stolons et des radicelles, soit le sol
autour des racines se décolore, ce qui annonce son apparition massive. À cette époque, les
plantes ne sont pas encore détruites. Le mycélium croît à 5-10 cm de la zone de dévelop-
pement de l’année précédente, laissant intacte une bande de prairie entre l’ancienne et la
nouvelle zone. Nous n'avons pu trouver de mycélium reliant ces deux zones. Au cours du
mois d'avril, le dépérissement des plantes de prairies envahies par le mycélium se manifeste
sous forme de plaques jaunes, irrégulieres et discontinues, disposées en une ligne presque
droite ou un léger arc de cercle dont il est difficile d'évaluer le diamètre. Les plaques de
pelouse détruite ont une largeur de 15 à 30 cm, parfois 50 cm lorsque le printemps est froid
et humide et une longueur comprise entre 15 et 100 cm (figure 1).
Source : MNHN. Paris
LEUCOPAXILUS GIGANTEUS 49
Fig. 2 — Profil du terrain au niveau de la couronne mycéfienne en avril. A gauche, terre témoin ; à
droite, terre envahie par le mycelium du Zeucopaxillus giganteus. Les stolons et radicelles des plantes
sont enrobés de mycélium, la terre est décolorée.
En mai, les plantes envahies meurent et on remarque que le mycélium a poussé
dans la zone des stolons et des radicelles sur quelques cms de profondeur (figure 2).
La terre envahie est décolorée par rapport à la terre non colonisée. Les stolons et
racines des plantes sont complètement pourris, l'écorce est digérée, brune ; il ne subsiste
qu'un cylindre central. Stolons et racines ont été pratiquement asphyxiés par l'important
développement du mycélium qui les recouvre d'un dense feutrage blanc. C'est seulement
plus tard, dans le courant du printemps, que le mycélium colonise les couches profondes
(15 cm) du sol. La production de sporophores a lieu en septembre ou octobre. Les
sporophores se situent alors à la périphérie des zones dénudées (figure 1) ; l'année suivante,
elles seront recolonisées ; d'abord, par les plantes tragantes en surface : Hieracium pilo-
sella, Achillea millefolium puis, progressivement, par des plantes à racines plus profondes.
Le mycélium disparait petit à petit des zones qu'il a colonisées et la végétation devient
luxuriante.
Notre champignon fait chaque année une avancée centrifuge comprise entre 25
et 60 cm. Couderchet (1967) note une avancée moyenne annuelle de 50 cm en 12 ans avec
Lepista personata mais la distance entre la 11* et 12* année est de 130 cm. Pour Agaricus
arvensis J. C. Sch. : Fr., Edwards (1984) donne une moyenne de 42 à 49 cm par an. Ces trois
espèces présentent une progression comparable et irrégulière d'une année à l'autre. Dans
le cas de Lepista personata, Couderchet (1967) a nettement observé la prolifération cen-
Source : MNHN. Paris
50 P. KAISER
Leucopaxillus Témoin
72 T 73 72
pH 5,1 5,0 4,5 4,4
C% 42 4,8 5,2 5,5
N% 0,15 0,45 0,08 0,33
CN 28 10,6 65 16,6
ac. humiques g/Kg 10,5 2 78 E
N-NO3 mg/100g 1,6 = 0,5 E
N-NH4 mg/100g 42
Tableau 1 — Analyses physico-chimiques de la terre à Leucopaxillus giganteus et de la terre témoin en
novembre 1972 et 1973.
trifuge du mycélium à la surface de la terre, reliant ainsi l'ancien cercle au nouveau. Nous
n'avons jamais pu relever un tel phénomène : avec Leucopaxillus, aucun mycélium n'appa-
raît entre l’ancien et le nouveau cercle, que ce soit en profondeur ou en surface. Il est donc
possible que ce champignon progresse grâce à ses spores. Toohey (1983), qui a observé
31 espèces de champignons de ronds de sorcière, pense que les spores sont responsables de
la formation de nouvelles colonies. Cependant, une fois en janvier, nous avons décelé, à un
endroit situé en bordure de l’ancien cercle, un développement de mycélium juste au niveau
des stolons et des racines. Shantz et Piemeisel (1917) ont reconnu trois types d’anneaux
selon leur action sur les Phanérogames. Le type 1, auquel appartient Leucopaxillus,
comprend les mycéliums tuant ou endommageant sérieusement la végétation. Leucopaxil-
lus a une affinité particulière pour les racines et les stolons qu'il colonise en premier. On
peut sûrement le classer comme un pathogène des plantes de prairies. Gramss (1981)
constate la dépendance de quelques Basidiomycètes vis-à-vis des racines des plantes
cultivées et Poppe (1970/1971) (in Gramss, 1981) suggère que les racines vivantes des
végétaux de prairie constituent une niche écologique pour le développement du mycélium
des espèces d’ Agaricus. Smith (1980) considère Marasmius oreades comme un parasite des
racines.
Analyse physico-chimique de la terre des anneaux
La zone externe (T) non envahie a été comparée à l’anneau envahi par le
mycélium de Leucopaxillus giganteus (Lg) (analyses effectuées en novembre, tableau 1).
Nous mesurons dans la zone Lg une élévation du pH, düe à une forte augmen-
tation du taux d'azote ammoniacal. Aussi, le taux d'azote total dans Lg est-il plus élevé et
le rapport C/N plus bas. Dans la zone à mycélium, il y a un peu moins de carbone
organique mais davantage d’acides humiques. La minéralisation accentuée du carbone et
de l'azote dans la zone à Lg va de pair avec une humification accentuée de la matière
organique décomposée. Grunda (1976) a noté, pour d’autres Basidiomycètes, une éléva-
tion du taux des acides humiques. Ces résultats démontrent aussi que la décoloration de la
terre par Leucopaxillus n’est pas le résultat d’une élimination des acides humiques. Elle
dépendrait de l'excrétion d’acides organiques par Leucopaxillus. Nous avons vérifié que
l'acide citrique décolore les acides humiques et que Leucopaxillus excrète des acide
Source : MNHN. Paris
LEUCOPAXILUS GIGANTEUS 51
LG
Uréase (ugN-NHa/g terre/heure) 33
désaminase (ugN-NH4/g terre/heure)
Aspartate 0
Proline 2]
Glycine 0,4
Glutamate 1,6
Leucine 1,9
Alanine 3,1
Arginine 2,6
Ornithine 17
Phosphatase acide (ug phenol/g terre/heure 30
Pectinelyase (ug sucres réducteurs/g/heure)
novembre 52
mai 120
Tableau 2 — Activité enzymatique des sols à Leucopaxillus giganteus (Lg) et témoin (T) en novembre
1972.
organiques dans les milieux de culture au laboratoire : les milieux sont fortement acidifiés
apres la culture. Plusieurs auteurs dont Edwards (1984) et Couderchet (1967) mentionnent
une décoloration de la terre envahie par le mycélium des Basidiomycètes. Dès 1910,
Molliard relate une forte augmentation de l'ammoniaque dans les zones à mycélium de
Marasmius, fait confirmé par Couderchet (1967) pour le Lepista. Cet auteur note aussi une
augmentation de l'azote nitrique, ce que nous avons également observé. La diminution de
la matiére organique a été établie par Edwards (1984) sur des anneaux à Agaricus et
confirme nos données. Grunda (1976), en comparant le sol témoin avec des sols envahis
par trois types de Basidiomycétes, constate un abaissement du pH et du taux de calcium,
une élévation du taux de N, P, K solubles alors que Fisher (1977) montre une diminution
de N et P extractibles dans les sols oà Marasmius oreades est passé. On peut donc conclure
que le développement massif des mycéliums de Basidomycétes stimule fortement la
minéralisation du carbone et de l'azote organiques du sol. Dans notre cas, une partie de la
matiére organique décomposée est humifiée.
Nous avons dosé l'activité de quelques enzymes (tableau 2). La terre à Lg
contient moins d'uréase, ce qu'ont déjà constaté Norstadt et al. (1973) pour les anneaux à
Marasmius oreades. L'urée ne semble pas constituer un bon substrat azoté pour ces
champignons. Par contre, la terrre à Lg est plus riche en désaminases diverses, excepté
pour la glycine-désaminase. Les acides aminés constituent donc de bonnes sources d'azote
pour Lg et sont facilement minéralisés, d'ou le taux élevé en ammoniaque retrouvé dans les
anneaux.
Les enzymes pectinolytiques (pectinelyase) ainsi que la phosphatase acide refle-
tent l'activité biologique globale (Kaiser & Monzon de Asconegui, 1972 ; Domsch et al.,
1979). Elles ont une activité sensiblement égale pour les terres à Lg et le témoin. On
remarque cependant une activité plus forte pour Lg en mai et moindre en novembre. Nous
avons mesuré la respiration des deux terres au moyen de deux méthodes : le dégagement de
gaz carbonique et l'absorption de l'oxygène. Dans l'ensemble, le taux de CO2 dégagé
s'élève pendant l'été et diminue au fur et à mesure que la saison se refroidit, puis le
dégagement reprend vers le printemps. En début d'été, la respiration est semblable dans la
Source : MNHN. Paris
52 Р. KAISER
DATE Lg
18 juillet 635
20 septembre 469
9 novembre 127
13 mars
Tableau 3 — Dégagement de gaz carbonique en mg de C-CO2/m2/heure dans les anneaux de
Leucopaxillus giganteus (Lg) et dans les terres témoin (T) en 1973 et 1974.
terre à Leucopaxillus et la terre témoin mais, à la fin de la saison, le dégagement devient
trois fois plus intense dans l'anneau à Leucopaxillus (tableau 3). Edwards (1984) a décrit
un phénomene similaire pour Agaricus arvensis. Ces mesures indiquent que la minéralisa-
tion du carbone organique est plus intense dans les anneaux à Leucopaxillus, ce qui
ressortait déjà au vu des valeurs de carbone organique mesurées dans ces terres (voir plus
haut). L'absorption de l'oxygene ne va pas dans le méme sens que celui du dégagement de
СО? mais les dosages ont été réalisés à une époque différente. Dans l'ensemble, la terre à
Leucopaxillus absorbe beaucoup moins d’oxygene que la terre témoin (tableau 4). Avec
l'addition de glucose, l'absorption d’oxygene se trouve fortement stimulée pour la terre à
Leucopaxillus et, dans des proportions moindres, pour la terre témoin : par exemple, en
novembre où l'absorption est particulièrement faible, l'addition de glucose l'augmente de
10 fois dans le cas de Leucopaxillus et seulement de 1.4 fois avec le témoin. En juin,
l'augmentation est de 4,5 fois pour Leucopaxillus et de 1,8 avec pour le témoin. Les sucres
réducteurs extraits des exsudats de racines de prairie ont un effet identique. On peut donc
penser que, par rapport à la terre témoin, la terre à Leucopaxillus contient une plus forte
biomasse, celle-ci souffrant d'un manque de glucides aisément assimilables, surtout à la fin
del'automne. Ce fait a été confirmé par des analyses radio-respirométriques effectuées раг
le professeur J. Mayaudon (Communication personnelle). Ce dernier a mélangé aux deux
sols prélevés en septembre du glucose UI4C et 114C. L'activité du sol à Leucopaxillus n'est
que de 2 à 3 % par rapport aux 100 % du sol témoin. Ces différences expliqueraient en
partie l'envahissement progressif du Leucopaxillus dans la prairie. On sait, en effet, que les
racines des végétaux supérieurs excrétent des sucres et des acides aminés en fortes
quantités, spécialement au printemps et lors des fortes luminosités (Vancura & Kunc,
1988). Le Leucopaxillus profiterait de ces excrétions radicellaires pour avancer dans la
prairie. Sullia (1973) a montré que des extraits racinaires stimulaient fortement la crois-
sance des moisissures rhizosphériques.
Novembre Juin
Ë 20 86
Lg 3,6 24
T + 4 mg de glucose 30 161
Lg + 4 mg de glucose 36 108
T +4 mg de sucres réducteurs* - 121
Lg + 4 mg de sucres réducteurs* E 66
* sucres réducteurs issus des exudats de racines de prairie
Tableau 4 — Absorption de l'oxygène en yl dO2/g de terre/heure dans les anneaux de Leucopaxillus
giganteus (Lg) et dans le témoin (T) en 1973 et 1974.
Source : MNHN, Paris
LEUCOPAXILUS GIGANTEUS 53
[ Novembre | Novembre Février M Juin
| 197 1973 1974 1974 1974
Moisissures
Lg 0,8 30 1 80 30
T 280 4300 350 290 1400
Actinomycètes
Lg 800 900 50 2900 2000
Ih 1100 3300 2400 3200 29000
Bacteries
Lg 750 1000 1900 19000 16000
T 300 2600 625 7100 108000
Tableau 5 — Analyse microbiologique de la terre envahie par Leucopaxillus giganteus (Lg) et de la
terre témoin (T). Nombre de moisissures, d'actinomycétes et de bactéries en milliers/g de terre, en
1972, 1973 et 1974.
Analyse microbiologique de la terre des anneaux
Nous avons calculé le nombre de différents groupements de microbes du sol
selon la méthode de Pochon et Tardieux (1962). Deux échantillons sont prélevés: l'un dans
la zone dénudée à Leucopaxillus, l'autre dans la terre témoin externe où le Basidiomycète
n'a jamais poussé (Tableau 5).
Les moisissures subissent le recul le plus net. Elles se trouvent en nombre très
inférieur dans la zone à Leucopaxillus mais ne disparaissent jamais complètement. Il
subsiste des Trichoderma viride, des Mucor, des Fusarium (F. culmorum) et d’autres
espèces. D'amples variations de nombre dépendent de l'année du prélèvement et de la
saison. Warcup (1951) et Couderchet (1967) ont constaté le même phénomène pour
d'autres Basidiomycètes. Comment les moisissures sont-elles éliminées ? Certainement
pas par une substance inhibitrice comme la clitocybine puisque Hollande (1949) la déclare
inactive sur les moisissures mais de préférence, comme le pense Couderchet, par compé-
tition nutritionnelle.
Le nombre d'Actinomycétes connait de profondes fluctuations suivant les pré-
lévements. Ils sont légèrement inhibes, sauf une fois en février où la zone à Leucopaxillus
n'en possède presque plus et en mai où les deux valeurs sont égales.
L'ensemble des bactéries hétérotrophes aérobies subit, en général, une faible
baisse dans les anneaux, excepté deux fois, en février et en mai, quand il y a stimulation.
Peut-étre est-ce dü, en février, à la suppression de l'action antagoniste exercée par les
Actinomycétes. Couderchet (1967) note également une inhibition, plutot indirecte, du
Lepista sur la microflore bactérienne et, selon Melin er al. (1947), certaines espéces de
Marasmius sont des producteurs actifs de substances antibactériennes.
Antagonisme du Leucopaxillus giganteus in vitro et in vivo
L'activité antibiotique de Leucopaxillus giganteus (s. n. Clitocybe gigantea
variété candida) a été démontrée, dés 1945, par Hollande (1945, 1947) puis par Riviere er
al. (1947). Ce champignon produit un antibiotique à large spectre puisqu'il inhibe et tue
toutes les souches de bactéries Gram- et Gram- ainsi que le bacille tuberculeux.
Source : MNHN. Paris
54 P. KAISER
Souches testées diamètre d'inhibition (mm)
Klebsiella pneumoniae 16 net
Escherichia coli 548 14 net.
Bacillus mycoides T4 16 net
|Micromonospora globosa lére lecture 25 net
2nde lecture 12 peu net
Actinomycète n°1 lere lecture 23 net
2nde lecture 15 peu net
Actinomycéte n°2 19 net
Actinomycéte n°3 26 net
Actinomycète n°6 21 net
Penicillium sp. 0
Penicillium sp.2 10u0
Mucor sp. 20u0
Trichoderma sp. il 1
Tableau 6 — Activité antagoniste de Leucopaxillus giganteus sur diverses souches de bactéries,
d'Actinomycétes ou de moisissures. Diamètre de la zone d'inhibition en mm.
Nous avons prouvé à nouveau, avec une culture pure de Leucopaxillus provenant
de spores, que ce champignon est antagoniste d'une grande variété de bactéries Gram+ et
Gram — et de diverses souches d' Actinomycétes (tableau 6 et figure 3). La souche isolée de
spores est beaucoup plus active que celle provenant d'un fragment du chapeau. Nous
avons de méme trouvé une action antagoniste avec du mycélium prélevé in situ, dans la
terre de prairie. Le Basidiomycete semble trés peu actif sur les moisissures, voire méme
sans effet ; pour Hollande (1945), la clitocybine n'a aucune action sur elles. Avec plusieurs
souches, nous avons observé une absence ou un trés léger antagonisme.
La terre envahie par le mycélium du Leucopaxillus est exempte d'activité anta-
goniste. Selon la technique de Pink (1961), la terre a été séchée, broyée et placée dans de
petits cylindres, en surface de la gélose. Nous avons élué avec des tampons de pH acides et
alcalins : aucune activité antagoniste ne fut décelée autour des cylindres. Ce résultat
concorde avec celui obtenu par Riviere er al. (1947) : aprés absorption sur charbon,
alumine ou différentes argiles, pas un procédé d'élution ne permet de récupérer la clitocy-
bine ; cet échec tiendrait à une dénaturation de la protéine. On peut donc penser que, dans
le sol in situ, seuls sont inhibés ou tués les bactéries ou les Actinomycétes qui se trouvent
directement au contact du mycélium. A l'intérieur des grains de terre dépourvus de
mycélium du Basidiomycéte, une activité bactérienne normale est à prevoir.
Causes de la toxicité du Basidiomycète sur les phanérogames de la prairie.
Le Leucopaxillus fait partie du groupe des basidiomycetes qui detruisent les
phanérogames des prairies (groupe 1) et nous nous sommes demandé quels facteurs
léthaux pouvaient étre en cause. Deux expériences ont été réalisées. Dans la premiére, nous
avons mélangé en quantités égales des extraits de terre envahis par le Leucopaxillus avec du
liquide de culture du cresson et mesuré la croissance de celui-ci aprés 8 jours. Nous n'avons
constaté aucune inhibition des plantules qui ont un bel aspect et des racines normalement
Source : MNHN, Paris
LEUCOPAXILUS GIGANTEUS 55
Fig. 3 — Antagonisme exercé par le mycélium de Leucopaxillus giganteus sur la microflore du sol de
prairie, Deux carrés de mycélium (en noir) ont ё г une boîte de milieu gélosé, ensemencée
par 0,1 ml d'une dilution 10" de sol de prairie. Autour des carrés de mycélium, on distingue nettement
une zone de 3-4 cm de diamètre dépourvue de colonies microbiennes.
développées. 11 n'y a donc pas de produits phytotoxiques dans ces extraits. Par contre, si
on cultive le Leucopaxillus sur un milieu à base de peptone et que le liquide soit mélangé au
milieu pour plantules, la croissance des racines de cresson est fortement inhibée (racines
brunes, courtes ou inexistantes) et la hauteur des plantules réduite de moitié ; des produits
Phytotoxiques sont alors presents dans le liquide de culture du Leucopaxillus. 11 у aurait
plusieurs causes à la mortalité des phanérogames : 1) une asphyxie des plantes (comme-
nous l'avons vu plus haut, le mycélium recouvre densément stolons et racines) ; 2) une
Source : MNHN, Paris
56 P. KAISER
[= profondeur (em) humidité (%)
Lg 0-2 154
DES 252
7-10 23
T 0-2 24,5
7-10 18,8
Tableau 7 — Humidité (%) en fonction de la profondeur dans le sol à Leucopaxillus giganteus (Lg) et
le sol témoin (T).
dessiccation de la terre envahie par le mycélium, d'oà un manque d'eau pour la plante.
Nous avons fait une mesure d’humidite du sol, début juin (tableau 7). La surface de la terre
envahie par le Leucopaxillus est desséchée par rapport à la terre témoin.
La dessiccation par la multiplication du mycélium a été rapportée par presque
tous les auteurs. Edwards (1984) et Couderchet (1967) pensent que la mortalité des
phanérogames vient en partie du manque d'eau. Des substances toxiques interviendraient
aussi, comme le cyanure d'hydrogéne excrété par le Marasmius oreades (Lebeau & Hawn,
1963 ; Smith, 1980). Nous n'avons pas pu en mettre en évidence dans la terre envahie par
le mycélium de notre champignon. Par contre, ce dernier en dégage lorsqu'il est cultivé au
laboratoire sur des milieux peptonés. Le Leucopaxillus excréte la clitocybine qui exerce une
action nécrosante sur les tissus (Rivière et al., 1947) ; or, les stolons et les racines des
phanérogames sont recouverts directement par le mycélium du Leucopaxillus et, par
conséquent, soumis à l'action nécrosante de la clitocybine. Reste l'ammoniaque, accumulé
dans les anneaux. Maze (1925 in Molliard, 1925) indique que des teneurs de 10,5 mg
d'azote ammoniacal / 100 mg de terre intoxiquent le mais. Nos résultats sont bien
supérieurs à ces données. Au mois de juin, nous avons dose l'azote ammoniacal suivant la
profondeur de l'échantillon (tableau 8). La teneur maximale en ammoniaque se situe dans
la couche superficielle, là où se trouve la densité maximale de racines, de s
mycélium. L'ammoniaque libéré par le Leucopax illus expliquerait donc, à lui seul, l'action
léthale du Leucopaxillus sur les phanérogames ; c'est aussi l'avis de Couderchet (1967). En
résumé, plusieurs causes peuvent déterminer la mort des phanérogames : l'asphyxie, la
dessiccation, la clitocybine, l'ammoniaque.
Développement du Leucopaxillus giganteus en laboratoire
Développement sur milieu terre
Deux souches sont isolées : l'une à partir de spores, l'autre à partir d'un morceau
de sporophore de Leucopaxillus. Les deux souches ont été cultivées sur gélose malt-
peptone et entretenues sur ce milieu. A partir de cultures en boites, on preleve des
morceaux de 1,5 cm de côté qui servent a inoculer les Erlenmeyers contenant de la terre ou
des racines de plantes de la prairie. La terre subit trois traitements : stérilisation à
l'autoclave, stérilisation et réinoculation avec une suspension-dilution de terre au 1/10,
terre non traitée. La terre est incubée à 18° et à 4° С. Les morceaux de mycélium sont
placés au centre de l'Erlenmeyer à la surface de la terre et les résultats de la croissance notés
aprés 15 jours, 1, 2, 4 mois d'incubation. Le mycélium du Leucopaxillus se développe trés
bien sur la terre stérile. On obtient un développement maximalen un mois, à 18° C. A 4° С,
Source : MNHN, Paris
LEUCOPAXILUS GIGANTEUS 57
Profondeur (cm
Tableau 8— Quantité d'azote ammoniacal (mg/100g de terre) en fonction de la profondeur dans le sol
à Leucopaxillus giganteus (Lg) et le sol témoin (T).
la croissance se révèle beaucoup plus lente et n'atteint pas encore le développement
maximal aprés 4 mois d'incubation. Sur racines stériles, la croissance est plus abondante.
Par contre, sur terre ou racines non stériles ou sur terre stérile réinoculée, elle s'avére nulle
à 18° C et faible ou trés faible à 4° C (figures 4, 5). Des résultats similaires sont obtenus
lorsque l'inoculum provient d'une culturesur terre à + 4? C. Nous avons fait varier les
substrats et les conditions d'incubation en utilisant, par exemple, des blocs de pelouses
incubés à l'air ou en sacs plastiques et à différentes températures mais les résultats étaient
identiques. On peut donc conclure que le mycélium de Leucopaxillus subit, de la part de la
microflore du sol, un fort antagonisme, lequel est atténué à basse température oü le
Leucopaxillus trouve une moindre résistance. Cela se confirme par le fait qu'à 4? C, seule
une faible proportion de moisissures, isolées du sol témoin, pousse correctement (4
souches sur 24) alors que le Leucopaxillus croit à cette température. Dans les tests
d'antagonisme, il peut méme chevaucher le mycélium de quelques moisissures avant méme
qu'elles puissent apparaitre.
Gramss (1981) a lui aussi décrit cet antagonisme du sol vis-à-vis des Basidiomy-
cètes. Sur 17 terres étudiées, 15 inhibent complètement le développement des mycéliums et
dans les 2 terres non inhibitrices, les Agaricus refusent de se multiplier. Les autres
Basidiomycètes croissent grâce à la présence de plantes cultivées bien déterminées. Selon
Gramss (1985), l'inhibition de la croissance des Basidiomycétes serait düe à des composés
volatils provenant de la décomposition des végétaux supérieurs. Boyle (1995) a montré
qu'il fallait éliminer les moisissures par du Bénomyl pour réussir l'introduction d'un
Basidiomycéte. D'après Kackley et al. (1989), le Bénomyl n'influence pas le développe-
ment des Basidiomycètes à rond de sorcière.
Développement sur milieux de culture semi-synthétiques et synthétiques
A partir du milieu de Zscheile (1951), nous avons composé un milieu simple (voir
matériel et méthode) dans lequel nous avons estimé les meilleures sources d'azote et de
carbone par pesée du mycélium (résultats non figurés).
Source d'azote : L'azote organique complexe (peptones) fournit la meilleure
source d'azote. La bactopeptone (Difco) dont on ne connait pas le procédé de fabrication
est la meilleure peptone. Sur peptone de caséine, le milieu a tendance à brunir. D'autres
Sources d'azote peuvent servir comme le glutamate mais l'alanine, l'asparagine ou le
chlorure d'ammonium constituent des sources d'azote médiocres.
Source de carbone : Le Leucopaxillus utilise une grande variété de glucides sur
milieu peptone. Il croit sur : glucose, galactose, fructose, xylose, saccharose, maltose,
lactose, cellobiose, mannitol, amidon pectine, CMC, inuline. La croissance, partiellement
inhibée par le lactose, l'est fortement par l'arabinose bien que ces deux sucres soient
utilisés. Le Leucopaxillus ne digére pas la cellulose, l’alcalilignine ni l'acide humique.
Source : MNHN. Paris
“48°C 18°C
Terre stérile
Terre sterite |
reensemencee
Fig. 4 — Croissance du mycélium de Leucopaxillus giganteus à 18° C sur la terre de prairie stérile (à
gauche) et non stérile (à droite).
4°C
4°C &*‹
Terre stérite КО Terre sterite Hl Terre non sterite
AR reensemencee
we
x
Fig. 5 — Croissance du mycélium de Leucopaxillus giganteus à 4° С
sur la terre de prairie stérile (à
gauche) et non stérile (à droite),
Source : MNHN, Paris
LEUCOPAXILUS GIGANTEUS 59
Mathur (1970) démontre que Marasmius oreades, en culture pure non agitée, assimile des
fractions d'humus provenant de sources très différentes. La croissance est très stimulee (+
50 %) par le bouillon de carottes ; Hollande (1945) avait déjà noté ce fait. En présence de
glucides, les milieux sont acidifiés, excepté pour le saccharose, l'inuline, le mannitol, la
CMC.
Leucopaxillus utilise le dextrane, un polyoside bactérien. Nous avons réussi le
développement du Leucopaxillus à la surface de tapis bactériens incubés à basse tempé-
rature. Les bactéries, isolées de la rhizosphére du sol témoin, avaient été cultivées sur un
milieu pauvre en azote organique ou avec de l'azote ammoniacal. Or, 80 % des bactéries de
la rhizosphére sont capsulées et synthétisent des polyosides (Webley et al., 1965). Par
contre, le Leucopaxillus refuse de croitre sur tapis de moisissure.
Une bonne croissance s'effectue sur milieu malt-peptone liquide ou gélosé. Elle
est inhibée par l'azoture de sodium (0,1 g/l-1) et le bicarbonate de sodium (2 g/l).
Discussions et conclusions
La multiplication du mycélium de Leucopaxillus giganteus dans le sol d'une
prairie est limitée dans le temps : de la fin de l'hiver jusqu'au début du printemps.
L'avancement du mycélium en forme d'anneaux s'effectue irréguliérement et la progres-
sion est d'autant plus forte que la saison est froide et humide. Sa multiplication va
entrainer un certain nombre de modifications : mort des phanérogames, élimination des
moisissures, hausse du pH par production d'ammoniaque, stimulation de plusieurs enzy-
mes et accélération de la minéralisation du carbone et de l'azote organiques. Ces pertur-
bations, communes à d'autres Basidiomycétes se développant en cercle dans les prairies,
ont été décrites par plusieurs auteurs (Couderchet, 1967 ; Edwards, 1984). Les cultures de
Leucopaxillus sur terre au laboratoire révélent qu'en présence de la microflore naturelle du
sol, le mycélium du Basidiomycéte a beaucoup de mal à s'imposer et ne peut croitre, de
facon limitée, qu'à basse température. Ces observations in vivo et in vitro laissent penser
que le Leucopaxillus profite d'un vide biologique pour dominer la microflore au repos. En
effet, il se multiplie assez bien à basse température, ce qui n'est pas le cas de la majorité des
moisissures et des bactéries de ce sol. En hiver, le Leucopaxillus supplanterait les moisis-
sures avant méme que ces dernières ne se développent. Boyle (1995) a montré qu'il fallait
éliminer les moisissures pour réussir l'introduction d'un Basidiomycete. Mais intervient
aussi le facteur nutritionnel : l'observation in situ nous montre un mycélium collé à la
surface des stolons et des racines qui doit tirer parti des exsudats radicellaires et des
polysaccharides bactériens, faits corroborés par les expériences in vitro : sa respiration est
fortement stimulée par des extraits radicellaires sucrés et il peut croitre à la surface de tapis
bactériens. Pourrait-il s'imposer grâce à son antibiotique, la clitocybine ? Pas complète-
ment, car celle-ci n'a de prise que sur les bactéries et les actinomycètes, non sur les
moisissures. Pourtant, ce sont précisément ces derniéres qui sont éliminées lors de l'avan-
cement, les bactéries et les actinomycétes souffrant moins de sa présence. Nous n'avons pas
Observé de mycélium reliant l'ancien cercle au nouveau ; sans doute la progression
s'effectue-t-elle grâce aux spores. En conclusion, on ne sait pas encore exactement com-
ment le Basidiomycéte s'impose temporairement dans le sol de prairie mais on constate
qu'il a besoin, pour ce faire, d'un vide biologique et d'un nutriment approprié.
Source : MNHN, Paris
60 P. KAISER
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INFLUENCE DE LA MONENSINE SUR
L’ULTRASTRUCTURE ET LA COMPOSITION BIOCHIMIQUE
DES FRACTIONS PARIETALES DU BOTRYTIS CINEREA.
YAHYA КОША, ABBES ES-SGAOURI! et ROBERT DARGENT?(*)
‘Laboratoire de Biologie et Physiologie Végétales,
Faculté des Sciences I — Ain Chock,
Université Hassan II, Km 8, Route El Jadida,
B.P. 5366 Maarif, Casablanca, Maroc.
?Laboratoire de Mycologie Végétale,
Université Paul Sabatier, 118, Route de Narbonne,
31062 Toulouse CEDEX, France
(*). Auteur à qui faire parvenir toute correspondance.
RÉSUMÉ : Les effets de la monensine sur la morphogenése et la composition chimique des
différentes fractions pariétales du Botrytis cinerea ont été étudiées. Cet ionophore inhibe la croissance,
modifie l'ultrastructure et induit des variations dans la proportion des différents monomeres qui se
traduisent par la diminution des oses neutres et des acides aminés et l'augmentation du phosphore
inorganique et des oses aminés (chitine) en particulièr dans la fraction 4. Ces modifications montrent
que la monensine affecte le trafic vésiculaire ainsi que les enzymes responsables de la synthèse
pariétale et donc d'une croissance normale.
MOTS CLEFS : Borrytis cinerea ; Monensine ; Ultrastructure ; Fractions pariétales.
SUMMARY : The effects of monensin on morphogenesis and chemical composition of wall frac-
tions of Botrytis cinerea were studied. The ionophore inhibits the fungal growth, modifies the
ultrastructure and induces modifications of various monomers. We observed the decrease of neutral
sugars, amino acids and uronic acids, and an increase of inorganic phosphorus and amino sugars
(chitin) specially in fraction F4. These results show that monensin affects the vesicular traffic and
enzymes responsible for normal wall synthesis and therefore normal growth.
KEY WORDS : Botrytis cinerea ; Monensin ; Ultrastructural ; Wall fractions.
INTRODUCTION
Les champignons filamenteux ont un mode de croissance apicale caractérisé par
une distribution polarisée des différents systemes endomembranaires (Wessels, 1986).
Source : MNHN. Paris
64 Y. KOULALI er al.
L'insertion de façon continue de nouveaux matériaux dans la paroi cellulaire au niveau de
l'apex, assure la croissance de l'hyphe fongique (Prosser & Trinci, 1979 ; Gooday & Trinci,
1980). De plus, les précurseurs pariétaux, les enzymes et leurs substances régulatrices sont
transportés à l'apex dans des vésicules golgiennes, suivant des processus sécrétoires trés
organisés (Cabib ег al., 1979 ; Gooday, 1983). La monensine, ionophore carboxylique qui
se lie aux ions Na*, K* et à des protons (Pressman & Fahim, 1982) provoque la vacuoli-
sation de l'appareil de Golgi et modifie ainsi les processus sécrétoires aussi bien chez les
cellules animales que végétales (Mollenhauer et al., 1990 ; Calzoni et al., 1993 ; Ciampo-
lini et al., 1993 : Kimura et al., 1993 ; Hoffmann-Benning et al., 1994 ; Bou-Gharios et al.,
1994).
Des travaux ont montré que les champignons sont sensibles à la monensine (Liu,
1982). L'ionophore a une influence sur la morphogenése fongique (Poli et al., 1986 ; Sewall
et al., 1986 ; Pancaldi er al., 1994). П inhibe la croissance et la biosynthese des lipides
(Weete et al., 1989 ; Fonvieille et al., 1991) ainsi que la sécrétion des cutinases chez
Fusarium solani (Podila et al. 1995). Dans un précédent travail (Koulali er al., 1992,
1996a,b), nous avons montré que la monensine modifie la composition globale des parois,
du plasmalemme ainsi que la sécrétion et la structure des exopolysaccharides de champi-
gnons appartenant à différents groupes taxonomiques. Dans le présent travail nous
décrirons les effets de la monensine sur la croissance, l'ultrastructure et la composition des
différentes fractions pariétales du Botrytis cinerea.
MATERIEL ET METHODES
Matériel biologique
Botrytis cinerea Pers. provient du Centraal Bureau voor Schimmelcultures,
Baarn (Pays-Bas).
"Techniques générales
Le milieu expérimental de culture a été décrit antérieurement par Thomas
(1972). Ce milieu liquide a été mis dans des fioles de Roux à section trapézoidale à raison
de 100 ml par fiole puis sterilise à l'autoclave à 110° C pendant 20 min. Les ensemence-
ments ont été faits à partir d'une suspension mycélienne issue de précultures âgées de 6
jours, broyées stérilement à l’ultra turax pendant 30 secondes.
Préparation de la monensine
A partir d'une solution mère de monensine dissoute dans l'éthanol à 90°
(50 ug/ ul), nous avons effectué des dilutions de telle manière à obtenir la concentration de
10 pg/ml. La monensine est ajoutée aseptiquement au milieu de culture avant l'ensemen-
cement.
Source : MNHN. Paris
MONENSINE ET PAROIS DU BOTRYTIS CINEREA 65
Conditions de développement
Les cultures en condition statique sont mises à incuber à 24° C et à l'obscurité.
Mesure de la croissance
La détermination de ce paramètre est réalisée par la technique des masses sèches.
A intervalles réguliers, le mycélium est desséché à 80° C jusqu’à masse constante (24 h).
Les résultats représentent la moyenne des masses obtenues à partir de cinq erlenmeyers de
culture récupérées tous les 2 jours.
Techniques microscopiques
Afin d’avoir des hyphes facilement orientables et dans le but d'obtenir des coupes
ultrafines passant au niveau des zones apicales, nous avons repris une technique décrite par
Dargent (1977). L'inoculum de B. cinerea est déposé sur un film de cellophane recouvrant
un milieu nutritif gélosé (avec et sans monensine). Quand la culture, dont l’äge n'excéde
jamais 48 heures, a atteint le développement souhaité, nous découpons délicatement le film
de cellophane en suivant rigoureusement les bords de la colonie. Ensuite, nous plongeons
très rapidement l'ensemble cellophane, filaments mycéliens dans une solution de glutaral-
déhyde à 3 % dans un tampon cacodylate 0,1 M, pH 7,2 évitant ainsi les risques d'artéfacts
au niveau des zones apicales des filaments. Aprés post-fixation dans le tétroxyde
d'osmium, les échantillons sont deshydratés dans l'alcool. A la fin de la déshydratation,
nous découpons de petits carrés d’1 mm2 environ, en ayant soin de ne prendre que la zone
terminale des hyphes. Ces carrés, aprés imprégnation dans l'Epon 812 ou le Spurr sont
déposés à plat dans une goutte de résine fraiche, à la surface d'une gélule tronquée. Aprés
polymérisation, des coupes longitudinales passant dans les zones apicales des filaments
sont obtenues sur ultramicrotome Reichert OMU3. Comprises entre 400 et 800 À elles
sont recueillies soit sur des grilles en cuivre de 200 mesh et soumises à la double coloration
acétate d'uranyle-citrate de plomb, soit sur des grilles en or et soumises à la coloration de
Thiery (1967) pour la mise en évidence des groupements vic-glycol.
Les fractions pariétales sont mises en suspension aqueuse par passage rapide aux
ultrasons et une goutte est disposée sur une grille en cuivre de 200 mesh. Un ombrage
Re au platine est effectué sous un angle d’environ 10 degrés sous un évaporateur rotatif
iber.
Toutes les observations sont faites avec un microscope Philips EM 301 travaillant
sous une tension de 80 KV.
Préparation du complexe WGA-or colloidal et marquage cytochimique
L'or colloïdal (Au17) a été préparé selon la méthode de Geoghegan & Ackerman
(1977). La WGA (IBF) a été conjuguée à la suspension d'or colloidal suivant la technique
décrite par Roberts er al. (1983). Pour le marquage cytochimique, les coupes sont montées
sur grilles en or ou nickel. Ces grilles sont d'abord déposées sur une goutte de tampon
phosphate (P.B.S.) 0,05 M, pH 7,0, puis mises sur le complexe WGA-or colloidal durant
des temps variables de 20 minutes à 2 heures. Aprés incubation, les coupes soigneusement
Source : MNHN, Paris
66 Y. KOULALI et al.
lavées dans du tampon P.B.S. et dans de l'eau distillée sont soumises à la double coloration
acétate d'uranyle-citrate de plomb. Pour démontrer la spécificité du marquage, plusieurs
témoins sont réalisés :
— incubation des coupes avec le complexe WGA-or colloidal préalablement
neutralisé avec le N-N'-N" triacétylchitotriose (2mM).
— incubation des coupes avec le complexe albumine-or à la place du complexe
lectine-or.
— incubation des coupes avec l'or colloidal seul.
Isolement, purification et fractionnement des parois
L'isolement et la purification des parois ont été décrits antérieurement (Koulali
et al., 1992). Le fractionnement est réalisé selon la méthode de Mahadevan & Tatum
(1965) par traitement successifs aux alcalis et aux acides résumés dans la Fig. 1.
Techniques biochimiques
L'hydrolyse des fractions pariétales en vue de l'analyse des oses neutres a été
réalisée à l'aide d’H,SO, 22 N pendant 5 min à 50° C et d'H,SO, 2 N pendant 15 há
100° C (Harris & Taber, 1973). Les oses neutres totaux ont été dosés par la méthode à
l'anthrone (Mokrash, 1954), par celle au phénol sulfurique (Hodge & Hofreiter, 1962), ou
par celle des oses réducteurs selon Somogyi (1952). Le dosage des acides uroniques a été
effectué à partir du méme hydrolysat selon la méthode de Blumenkrantz & Asboe-Hansen
(1973).
En vue de l'analyse des oses aminés, les fractions pariétales ont été hydrolysées à
l'HCI 6 N pendant 6 hä 100° C. Les hydrolysats ont été récupérés par filtration, évaporés
à sec et repris plusieurs fois par l'eau distillée jusqu'à élimination complete de l'acide. Le
dosage des oses aminés a été effectué en utilisant la méthode d'Elson-Morgan modifiée
(Tracey, 1955). Le dosage des acides aminés totaux provenant d'une hydrolyse à l'HCI 6 N
pendant 15 h à l'étuve, à 100° C, a été réalisé selon la méthode de Spies (1957).
RESULTATS
Dans des expériences préliminaires, nous avons déterminé la tolérance de plu-
sieurs espéces de champignons vis-à-vis de la monensine et constaté que le B. cinerea était
l'une des espéces les plus sensibles à cet effecteur. La concentration de 10 ug/ml de
monensine, seulement fongistatique, représente la concentration minimale qui donne le
maximum d'effets (Koulali, 1992).
Evaluation de la croissance :
Nous avons étudié la croissance du B. cinerea sur milieu synthétique dans lequel
nous avons ajouté de la monensine à la concentration de 10 ug/ml. Durant cette expé-
Source : MNHN, Paris
MONENSINE ET PAROIS DU BOTRYTIS CINEREA 67
200 mg de Parois lyophilisées.
NaOH 2N
Température ambiante.
Durée : 16 heures
Centrifugation
Culot Sürnageant
H2SO4 IN Addition de SOA(NH4)2
ретше 90°С saturé à 60% ou 2 volumes.
urée : 16 heures D'éthanol 95°
Précipité centrifugé,
Centrifugation.
remis en suspension dans
H20, dialyse et Iyophilise =
Fraction 1
Surnageant Culot
Hydroxyde de barium 2 lavages avec NaOH 2N
pH = Température ambiante
Durée : 30 minutes
Précipité centrifugé Centrifugation.
Culot Suinageant
z Addition de 2 volumes
Surnageant = d'ethanol 95°
Fraction 2
Remis en suspension dans
ité centrifugé,
H20, dialysé et lyophilisé = remis en suspension dans
Fraction 4 H20, dialysé et lyophilisé =
Fraction 3
Fig. 1 : Fractionnement des parois selon Mahadevan & Tatum (1965)
rience, nous avons pris soin de réaliser deux contrôles : le milieu synthétique avec le solvant
(10 ul d'éthanol) et le milieu synthétique seul. Toutefois, comme la présence du solvant
wentraine aucune modification de la croissance et qu'il y a une grande similarité entre les
masses sèches obtenues en fonction du temps, nous ne donnerons qu’une courbe témoin.
La figure 2 résume les résultats obtenus. Nous constatons que la courbe témoin est
Caractéristique des courbes de croissance fongique : (i) une phase de latence n'excédant
jamais plus de 48h; (ii) une croissance exponentielle caractérisée par un important
accroissement de la masse, le maximum de croissance étant atteint au 12° jour de culture ;
(iii) enfin un état stationnaire, caractérisé par une masse de matière sèche stable.
Source : MNHN, Paris
68 Y. KOULALI et al.
500
400 ]
E |
2
©
=
æ 300]
JF
ч
=
o
© J
а 200 —— Témoin
E 4 ——e— 10yg/ml de monensine
2
100
0 2 4 6 8 COIN ъё 18
jours
Fig. 2 : Effet de la monensine sur la croissance du B. cinerea
Fig. 3. — Organisation cytologique des zones apicales en croissance du Botrytis cinerea.
a-b-d-e : glutaraldéhyde-tétroxyde d’osmium ; acétate d’uranyle-citrate de plomb ;
с: glutaraldéhyde-tétroxyde d’osmium ; acide périodique-thiocarbo-hydraside-protéinate d'argent.
a — Coupe longitudinale passant dans la zone nucléaire d'une hyphe témoin. La Paroi (P) est
transparente aux électrons et le plasmalemme est rectiligne (PI). Le cytoplasme renferme des noyaux
(N), des mitochondries (M) et du réticulum endoplasmique (RE). Dans cette zone apparaissent les
premières vacuoles (Va). Echelle : 1 u.
b— Coupe transversale passant dans la zone apicale en croissance d'une hyphe témoin. La Paroi (Р)
est limité extérieurement par un réseau fibrillaire d'exopolysaccharides plus ou moins dense aux
électrons (flèche). Echelle : 0,1 u.
c— Coupe longitudinale passant dans la zone apicale en croissance d'une hyphe témoin. La détection
des polysaccharides par le test de Thiery montre une réaction intense au niveau de la paroi (P) et du
plasmalemme (Pl). Echelle : 0,5 p.
d-e — Coupes transversales passant dans les zones apicales en croissance d'une hyphe se développant
en présence de monensine à la concentration de 10 ug/ml. La paroi (P), limitée extérieurement par des
exopolysaccharides (flèche), est plus épaisse et apparait constituée de deux couches. Le plasmalemme
(PI) est fortement festonné et les mitochondries (M) ont une matrice dense aux électrons. On note
l'apparition trés rapide de grandes vacuoles (Va). Des lomasomes (Lo) et des structures lytiques
(double flèches), séquestrant des territoires cytoplasmiques, peuvent s’observer. Echelle : 0,5 н.
Source : MNHN, Paris
MONENSINE ET PAROIS DU BOTRYTIS CINEREA 69
Source : MNHN. Paris
70 Y. KOULALI er al.
À. bisexualis | В. cinerea | S. rolfsii il
témoin Monensine |
[fractions Monensine | témoin | Monensine | témoin
F1 22,64 17,57 20,21 14,46 31,48 25,96
F2 22,81 35,90 37,64 34,66 32,02 42,84
F3 26,54 20,20 21,23 20,68 12,62 8,58
F4 28,01 26,33 21,27 30,20 23,88 22,61
Tableau 1 : Pourcentage des fractions pariétales en présence et en absence de monensine
La présence de monensine diminue fortement le développement mycélien. Les
pourcentages d’inhibition sont compris entre 93 % (12° jour : maximum de croissance) et
100 %.
Morphologie ultrastructurale
Les coupes ont été réalisées dans les parties apicales des hyphes. Sur milieu
témoin, le diamètre des hyphes varie entre 2,5 et 3 y et l'épaisseur de la paroi n'excède pas
800 A° (Fig. 3,a). La paroi apparaît amorphe, dépourvue de stratification apparente,
faiblement contrastée aux électrons après la double coloration acétate d'uranyle-citrate de
plomb. Elle possède extérieurement un fin réseau fibrillaire d’exopolysaccharides plus
dense aux électrons (Fig. 3,b). La réaction de Thiery donne un résultat positif et uniforme
pour l'ensemble. Le plasmalemme est régulier et le cytoplasme renferme les différents
systémes endomembranaires (Fig. 3,c).
En présence de monensine (Fig. 3,d-e), le diamétre des hyphes est legerement
plus large (de 3,5 à 5,5 u) et la paroi est plus épaisse (2 000 A°). Elle apparait constituée de
deux couches : la couche interne étant plus contrastée que la couche externe. Un réseau
fibrillaire d'exopolysaccharides limite extérieurement la paroi. Le plasmalemme apparait
festonné et le cytoplasme vacuolisé renferme les différents systemes membranaires : les
mitochondries étant dans ces conditions culturales plus petites et à matrice plus dense aux
électrons aprés coloration acétate d’uranyle-citrate de plomb.
Sur les coupes traitées par le complexe WGA-or colloidal, nous constatons, sur
micrographies d'hyphes cultivées en absence ou en présence de monensine, un marquage
régulier, homogène au niveau de la paroi, plus dense en présence de l'ionophore. Aucun
marquage n'est observé de facon significative au niveau du cytoplasme (Fig. 4,a-b-c).
Enfin la spécificité du marquage est confirmée par les témoins : aprés inhibition avec le
М-ММ triacétylchitotriose aucun marquage n'étant noté (Fig. 4,0).
Composition chimique des fractions pariétales :
Le fractionnement est réalisé par traitement successifs aux alcalis et aux acides
selon Mahadevan & Tatum (1965) et la composition de chaque fraction est déterminée
aprés hydrolyse.
Quatre fractions sont obtenues à partir des parois purifiées (tableau 1) :
— une fraction Fl extraite par NaOH 2N, précipitée par l'éthanol. Aprés dialyse
et lyophilisation, elle représente 20,21 % des parois témoins. En présence de monensine le
Source : MNHN, Paris
MONENSINE ET PAROIS DU BOTRYTIS CINEREA 71
pourcentage de cette fraction, par rapport au poids total des parois lyophilisées, subit une
diminution importante de 28,45 %.
— une fraction F2 acido-soluble, neutralisée et lyophilisée, qui représente
37,64 % des parois témoins et qui subit une diminution d'environ 8 % en présence de
l'ionophore.
— une seconde extraction alcaline du résidu conduit à la fraction F3 ; la
précipitation par l'éthanol de cet extrait aboutit à l'obtention d'une quantité de matériel
représentant après dialyse et lyophilisation 21,23 % des parois normales. La présence de
monensine ne modifie pas le pourcentage de cette fraction.
— une fraction F4 résistante aux traitements par les alcalis et les acides repré-
sente aprés dialyse et lyophilisation 21,27 % des parois témoins : la présence de la
monensine entraînant une augmentation de cette fraction de 42 %.
La composition de ces différentes fractions a été analysée et les résultats obtenus
sont rapportés dans le tableau 2.
En se basant sur les résultats exprimés en pourcentage du poids de la fraction
lyophilisée (%*), des parois non traitées par la monensine, la fraction F1 renferme
essentiellement des oses neutres (38 %) et du phosphore (11 %) ; les fractions F2 et F3 des
oses neutres (respectivement 9 % et 54%); enfin dans la fraction F4 on trouve du
phosphore (33 %), de la glucosamine (environ 20 %) et des acides aminés (environ 20 %).
La présence de monensine n'entraine pas de grandes variations.
[ Fat Freien? ТТЫ Freien Tar
Constituants témoin _ | Monensinc émoin _] Monensine moin _ | Monensine sémoin_ | Monensine 3émeim — | Monensine
fous 33 — — $5 — 50 — E mee 7 ser
| 7% ВЯ 3a o а гыш AAA
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[Phosphore 10.94 D 165 153 476 164 3329 2060
i 2n in iR оз iol s | $m жы | um ng
NOTA ls este sont exprimés en pourcentage du poids de la fraction ораде (4) ou en pourcentage du poids des parois yophilisécs (2)
Тош = pourcentage du constituant dans les parois totales
Tableau 2 : Variations de la compositions des différentes fractions extraites des parois de B. cinerea
Par contre les résultats exprimés en pourcentage du poids des parois lyophilisées
(%**), montrent que, dans les parois témoins, les oses neutres se rencontrent au niveau des
fractions F1 et F3 (respectivement 7,8 et 11,4 %), les oses aminés (4 %), les acides aminés
(20 %) et le phosphore (33%) dans la fraction F4. En présence de monensine, les
proportions des différents monomères restent plus ou moins identiques dans les fractions
El, F2 et F3, alors que dans la fraction F4, on note, mis à part les acides aminés, une
augmentation des différents constituants.
La précipitation éthanolique des fractions F1 et F3 extraites par la soude, laisse
Supposer qu'il s'agit de polysaccharides liés à des protéines. La fraction F4 est la partie
chitine de la paroi : en effet on sait que le polymére de la n-acétylglucosamine se caractérise
par son insolubilité dans les acides et les bases dilués. Enfin, concernant le phosphore
présent en abondance dans les parois du B. cinerea, ‘| subit une augmentation en présence
de momensine.
Enfin, en méme temps que nous avons vérifié la pureté des fractions, nous avons
comparé leur aspect ultrastructural aprés ombrage rotatif au platine. Les micrographies
choisies comme illustration représentent les parois totales ainsi que la fraction 4 (Fig.
4e-f). N'ayant pas constaté de différences significatives entre les différentes fractions
Source : MNHN, Paris
Fig. 4 a-d — Détection de la chitine par le marquage cytochimique WGA-or colloidal
glutaraldéhyde-tétroxyde d'osmium ; WGA-Aul7 ; acétate d’uranyle-citrate de plomb ;
e-f — Aspect morphologique des parois : ombrage rotatif au platine.
a — Parois (P) d'une hyphe non traitée par la monensine. Aucun marquage n'est observé de façon
significative au niveau du cytoplasme : les grains étant localisés au niveau de la paroi. Echelle : 0,5 p.
b-c — Parois (P) d'une hyphe traitée par la monensine. Nous notons une augmentation du marquage
par rapport aux parois non traitées par l'ionophore. A comparer avec la Fig, 4,a. Echelle : b = 0,5 н;
c=0,25 pi
€ — Paroi (P) d'une hyphe non traité par la monensine, aprés inhibition avec le N-N’-N” triacétyl-
chitotriose, Aucun marquage n'est noté de facon significative, confirmant ainsi la spécificité du
marquage. Echelle : 0,5 p.
f — Aspect de parois totales obtenues à partir d’une culture témoin âgée de 5 jours. Echelle : 0,5 p.
е — Aspect fibrillaire de la fraction F4 de parois obtenues à partir d'une culture se développant sur
milieu témoin. Echelle : 0,5 н.
Source : MNHN, Paris
MONENSINE ET PAROIS DU BOTRYTIS CINEREA HS
pariétales témoin et expérience, nous ne donnerons pour illustration que les parois
témoins. Les parois totales présentent un fond homogene granuleux dans lequel nous
distinguons plus ou moins nettement des fibrilles enchevétrées (Fig. 4,e) alors que la
fraction F4 se caractérise par une texture fibrillaire plus nette correspondant aux fibres de
chitine (Fig. 4,f).
Pour les temps d'exposition étudiés, la monensine à la concentration de 10 ug/ml
n'a jamais eu un effet létal sur le B. cinerea : champignon filamenteux se caractérisant par
un appareil de Golgi atypique. Elle inhibe sa croissance plus intensément en condition
statique qu'en agitée : le pourcentage d’inhibition compris entre 93 et 100 % en culture
Statique, ne dépassant pas les 80 % en culture agitée (Koulali er al., 1996a). Ce résultat
est en accord avec des travaux antérieurs obtenus chez d’autres champignons appar-
tenant à des groupes taxonomiques différents : cette diminution de la croissance pou-
vant résulter d'une inhibition de la synthèse des stérols (Weete et al., 1989). En outre,
Pancaldi er al. (1994) constatent que la monensine provoque l'inhibition de la croissance
chez la forme levure du Candida albicans. Dans des travaux précédents, nous avons mon-
tré que, chez I’ Achlya bisexualis, le site d'action de la monensine est l'appareil de Golgi et
que sa présence dans le milieu de culture a un impact négatif sur la composition et le
fonctionnement des différents systémes endomembranaires impliqués dans les processus
sécrétoires, et donc dans les mécanismes de croissance (Koulali, 1992 ; Кошай er al.,
1996b).
L'examen comparatif en microscopie électronique de coupes en présence ou en
absence de monensine fait apparaitre des différences tant au niveau du complexe
plasmalemme-paroi que des cytomembranes. En présence de monensine les parois appa-
raissent plus épaisses et le plasmalemme est fortement festonné, des structures lomasomi-
ques lui étant associées. Concernant les systémes endomembranaires, les variations
S'observent au niveau de l'appareil vacuolaire plus important et des mitochondries plus
petites et à matrice dense aux électrons. Ces observations ultrastructurales que nous avons
réalisées sur l'influence de la monensine sur des zones apicales en croissance n'avaient à
notre connaissance, jamais été entreprises sur des champignons filamenteux. Cependant,
ces résultats peuvent être reliés à ceux obtenus par Poli et al. (1986) sur des blastospores de
Candida albicans qui montrent que la monensine affecte la synthèse de la chitine et ainsi
augmente l'épaisseur de la paroi. De leur cóté, Sewall er al. (1986) ont constaté une
vacuolisation importante lors de la formation des zoogametes et des zoospores chez
Allomyces macrogynus. De plus chez I’ Achlya bisexualis nous avons montré que la monen-
sine provoque des modifications au niveau des saccules golgiens qui gonflent puis se
disloquent : les dictyosomes perdant leur aspect morphologique classique (Koulali, 1992).
Enfin, en ce qui concerne les mitochondries nos résultats sont en accord avec ceux obtenus
par Mollenhauer et al. (1981, 1983, 1990), sur des cellules animales, puis Cunninghame &
Hall (1986), Rudolph & Schnepf (1988) et Ciampolini et al. (1993), sur des cellules
végétales, qui notent une altération des mitochondries accompagée d'une matrice dense
aux électrons.
Source : MNHN, Paris
74 Y. KOULALI er al.
Les parois du B. cinerea témoins (c’est à dire en absence de monensine) cons
tuées en majorité par des oses neutres (25 %), se caractérisent aussi par la présence d’oses
aminés (5 %), d'acides aminés (environ 7 %), de phosphore en quantité relativement élevée
(environ 10 %) et d'acides uroniques en quantité peu importante ne dépassent pas les
2,5%. Elles sont classées dans le groupe chitine-glucane (Bartnicki-Garcia, 1968). La
présence de l'ionophore dans le milieu de culture n'entraine que des variations quantita-
tives dans la proportion des différents monomères se traduisant par une importante
diminution du rapport (oses neutres acides uroniques)/oses aminés. Nous notons
également une diminution des taux des acides aminés et une augmentation du phosphore
inorganique.
Nos résultats concernant le fractionnement des parois témoins se rapprochent de
ceux trouvés par d'autres auteurs. Chez les espéces de type chitine-glucane, la fraction F4,
résistante aux traitements par les alcalis et les acides, représente toujours la partie chitine
de la paroi. Ceci a été montré chez Neurospora crassa (Mahadevan & Tatum, 1965),
Aspergillus niger (Johnston, 1965), Mucor mucedo (El Mougith et al., 1988) et Aspergillus
fumigatus (Hearn & Sietsma, 1994 ; Ghfir, 1995). Ces mêmes auteurs ont constaté que les
autres fractions (non résistantes aux différents traitements), sont constituées en grande
partie par des glucanes.
La présence de la monensine dans les milieux de culture se traduit par des
variations au niveau de la composition chimique des différentes fractions pariétales. Dans
la fraction 4, nous notons une augmentation des oses aminés (donc de chitine), confirmant
nos résultats sur les parois totales (Koulali er al., 1992). Cette augmentation qui a été aussi
constatée par Poli er al. (1986), Pancaldi et al. (1994) chez Candida albicans, serait le
résultat d'une perturbation de l'enzyme intervenant dans sa synthése, la chitine synthé-
tase : la monensine transforme la forme inactive de l'enzyme en forme active et en agissant
sur le trafic vésiculaire, provoque un déséquilibre avec prédominance des facteurs activa-
teurs sur les facteurs inhibiteurs. Il est possible que les modifications importantes du taux
de Na+ et de K+ dans les cellules, conduit à l’activation des proenzymes par des
mécanismes différents de ceux intervenant dans le trafic vésiculaire normal (Poli et al.,
1986).
La monensine provoque la diminution des oses neutres au niveau des fractions
Fl et F3 (fractions riches en glucanes chez le témoin). Ce résultat corrobore les obser-
vations précedemment obtenus sur la composition globale des parois fongiques (Kou-
lali et al., 1992) et peut étre mis en relation avec les travaux de Rudolph & Schnepf (1988)
qui ont montré que chez Funaria hygrometrica le nombre de rosettes impliquées dans
la synthése de la cellulose diminue trés rapidement en présence de monensine. Moore
et al. (1991), ont constaté que la monensine inhibe le transport de l'hémicellulose neutre
vers la paroi. De leur cóté, Zhang er al. (1993) dans une culture de sycomore constatent
que la monensine inhibe la synthése de la cellulose. Plus récemment, Satia-Jeunemaitre
et al. (1994) ont montré que la biosynthése et/ou la transformation des polysaccha-
rides dans une culture cellulaire de sycomore sont affectés par l'ionophore. Enfin, Goubet
et al. (1994) ont rapporté que chez le lin, la monensine induit une augmentation de
l'activité de la glucane synthase II, par contre elle provoque la diminution de la glucane
synthase I et de la galactane synthase, enzymes impliqués dans la synthése de la paroi
cellulaire.
La présence de monensine dans le milieu de culture provoque une diminution des
acides aminés (donc de protéines) dans les différentes fractions pariétales, confirmant ainsi
les résultats antérieurs obtenus aussi bien chez les champignons (Podila er a/., 1995) que
chez les végétaux supérieurs. Melroy & Jones (1986) chez Hordeum vulgare et Sticher &
Source : MNHN, Paris
MONENSINE ET PAROIS DU BOTRYTIS CINEREA 75
Jones (1988) chez Zea mais constatent une inhibition de la sécrétion de l'amylase en
présence de la monensine.
Enfin, la monensine accroit fortement la quantité de phosphore dans la fraction
4, Nous n'avons pas recherché sous quelle forme le phosphore était présent dans ces parois,
ni la nature des liaisons éventuelles avec les autres polymères. Datema et al. (1977) pensent
qu'il s'agit de polyphosphates de poids moléculaire élevé. L'accroissement de leur propor-
tion doit modifier la structure de cette fraction pariétale.
En conclusion, nous avons montré que la monensine a un effet inhibiteur sur la
croissance fongique. Elle provoque des variations dans la composition chimiques des
fractions pariétales fongiques. L'ensemble de ces modifications doit étre mis en relation
avec les changements qui se manifestent au niveau des dictyosomes et des phénomènes
sécrétoires, comme cela a été observé chez d'autres espèces végétales (Shannon & Steer
1984 ; Rudolph & Schnepf 1988 ; Moore et al., 1991) et chez des champignons à appareil
de Golgi typique (Koulali, 1992). Une étude cinétique sur les variations provoquées par la
monensine sur les dictyosomes est actuellement en cours.
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POPULATIONS OF FUNGI IN SOME RESERVOIRS
IN SERBIA
Branislav RANKOVIC
Faculty of Science, University of Kragujevac, Yugoslavia
ABSTRACT : The paper presents results of mycological studies conducted in the three larger
reservoirs in Serbia (Celije, Grosnica and Gruza), which have different hydrological and production
characteristics, These studies were conducted during all seasons of 1996. The quantitative analysis of
fungal communities showed that the average number of their spores in these reservoirs was between
2000 and 4990 per liter of water. The highest number of spores was found in eutrophic reservoir of
Gruža and the lowest identified in oligo-mesotrophic reservoir of Ćelije. Number of spores was
higher in the water samples taken near the bottom of the lakes and in littoral zone rich with
macrovegetation, than in the middle water layers. In these reservoirs 45. species were identified out of.
384 isolates, The most dominant genera were Aspergillus, Penicillium, Cladosporium, Fusarium,
Phoma, Rhizopus and Verticillium. The autochthonous aquatic fungal community was composed of
the following species: Achlya americana, Achlya racemosa, Catenaria sp., Dictyuchus sterile, Pythium
ultimum, Saprolegnia ferax, Saprolegnia hypogyna and Saprolegnia monica.
KEY WORDS : allochthonous and autochthonous aquatic fungi, reservoir.
RESUME : Le présent article résume les études mycologiques réalisées sur les trois plus impportants
réservoirs de Serbie (Celije, Groënica et Gruza), qui possèdent des caractéristiques hydrologiques
différentes. Ces études ont été effectuées durant l'année 1996. Les analyses quantitatives des commu-
nautés fongiques indiquent que le nombre moyen de spores par litre d'eau est compris entre 2000 et
4990 ; la valeur la plus élevée correspondant au réservoir eutrophique de GruZa et la plus basse au
reservoir oligo-mésotrophique de Ćelije. Le nombre de spores est plus important dans les échantillons
prélevés à proximité du fond du lac et dans la frange littorale riche en macrovégétation, que dans les
prélévements effectués en moyenne profondeur. Dans ces réservoirs 45 espéces ont été identifiées sur
un total de 384 isolats. Les genres dominants sont : Aspergillus, Penicillium, Cladosporium, Fusarium,
Phoma, Rhizopus et Verticillium. La communauté fongique aquatique autochtone était constituée des
espèces suivantes : Achlya americana, Achlya racemosa, Catenaria sp., Dictyuchus sterile, Pythium
ultimum, Saprolegnia ferax, Saprolegnia hypogyna et Saprolegnia monica.
MOTS CLÉS : champignons aquatiques allochtones et autochtones, réservoirs.
INTRODUCTION
Aquatic fungi play important role in the transformation processes of organic
matter (Park, 1972a) in biohydrocenoses. They affect the numbers of other hydrobionates
(algae, protozoans, insects etc.) causing their epiphytocia and accumulation of dead
Source : MNHN, Paris
80 B. RANKOVIC
organic matter in ecosystem (Sen, 1988a, 1988b). They participate in destruction of
autochthonous and allochthonous organic matter, providing food for some invertebrates
and fish (Bärlocher, 1980, 1981) and also cause the water self-cleaning processes (Hynes er
al., 1974). The fungi have not been extensively studied in the aquatic ecosystems of Serbia
(Rankovié ег al., 1994; Vukojevié & Franié-Mihajlovié, 1994; Comié et al., 1995). The
important role played by the aquatic fungi as structural and functional components of
biohydrocenoses, as well as the fact that their research in Serbia is just beginning, have
motivated us to conduct these studies. ,
The studies were conducted іп the three larger reservoirs in Serbia (Celije,
Grosnica and Gruza), which have different hydrological and production characteristics.
These reservoirs belong to different classification types (Selesi, 1989; Martinović-
Vitanovié & Kalafatié, 1990; Rankovic er al., 1994). Accordingly, reservoir Celije belongs
to oligotrophic-mesotrophic type, reservoir Grosnica belongs to mesotrophic type and
reservoir Gruža belongs to eutrophic type. The qualitative and quantitative composition
of the allochthonous and autochthonous fungal communities, distribution of isolates
obtained and seasonal dynamics were monitored in the period of study.
MATERIALS AND METHODS
During 1996, water samples were collected from the reservoirs during all seasons
of the year (March-M, June-J, August-A, October-O) on 4-5 sites in the central parts of
the reservoirs. The samples were taken from the layer near the bottom of the reservoirs
(L1), middle layer (L2) in the central parts of the reservoirs and from the area near the
shore which was full of plants at 20-30 cm depth (L3). Water samples were collected with
a 2 liter Ruttner sampler. Water samples were processed during the same day of their
collection using the dilution plate technique, adding 2 ml of water on Malt-agar culture
medium in Petri dish with three repetitions. The quantity of fungal spores was determi-
ned by the number of the grown colonies. These were then isolated in pure cultures using
standard mycological methods and replating on the selective culture media. AII cultures
were incubated at 25C (+ 2) under day-night light exposure. Stock cultures are kept in the
culture collection of the Faculty of Science, University of Kragujevac.
The autochthonous, aquatic fungi were studied by direct microscopic examina-
tion of the water and material collected by a baiting method with seeds of Canabis sativa,
cellophane and nail pieces (Arnold, 1968). The isolated species were identified using
following literature: Middleton (1943), Raper & Thom (1949), Cooke (1963), Raper &
Fennel (1965), Coker (1969), Seymour (1969), Gilman (1971), Barnet & Hunter (1972),
Batko (1975) etc.
CHARACTERISTICS OF RESERVOIRS
Celije reservoir is located on the river Rasina, 30 km away from the city of
Kruševac. Constructed in 1979, it has a drainage basin of 598 km2 and the reservoir itself
has a surface of 60 km2, a volume of around 60 х 10° m* and maximum depth of 40 m
The current purpose of Celije reservoir is to supply only the city of Kruševac with drinking
Source : MNHN, Paris
POPULATIONS OF FUNGI IN SOME RESERVOIRS IN SERBIA 81
water, however it will soon be used for the same purpose serving the neighbouring cities:
Paracin, Cuprija and Jagodina. Based on the level of primary organic production and
analysis of plankton species as indicators of trophic conditions, it can be concluded that
the lake belongs to the mesotrophic type (Selesi, 1989; Ranković er al., 1992).
Grosnica lake was made in 1931 by building a dam on the Groënica river, right
affluent of Lepenica river. It is located in the vicinity of Kragujevac and is used for
supplying this city with water. Initial volume of the lake was 1.7 х 10%m?, The dam height
was increased by 7 m in 1962, thus increasing the lake volume to 3.1 x 105 m?. The total
dam lenght is 138 m, and its height is 50 m. Based on the indicators of water trophic
conditions, it can be concluded that the lake belongs to the mesotrophic type.
Gruža reservoir was constructed in 1983 by building a dam 26 m high in the
middle part of the Gruza river drainage basin. Its basic purpose is to supply drinking
water for Kragujevac, Kraljevo and surrounding places. The reservoir is located at an
altitude of 238-269 m. Its total volume in the period of investigation was 64,6 x 10° m?
and the surface area was 934 ha. Gruza reservoir has a drainage basin of 318 km, and
maximum depth of 31 m. Based on the level of primary organic production and analysis
of plancton species as indicators of trophic conditions, it can be concluded that the lake
belongs to the eutrophic type (Martinovié-Vitanovié & Kalafatic, 1990).
RESULTS AND DISCUSSION
Qualitative and quantitative composition of the fungal community
Having analized the fungal community density in the studied reservoirs during
the first season, the following conclusions were reached (Tab. 1). Average number of spores
in the water of different reservoirs varied significantly. Results of the statistical analysis
show that the greatest average number of spores (4990 in one liter of water) was found in
the eutrophic Gruza reservoir at the location (L3), and the lowest one (2000 in one liter of
water) was found in the oligo-mesotrophic Celije reservoir at the location (L2). The
greatest quantity of spores was found in the coastal areas rich with macrophytes (L3).
Number of spores in all reservoirs is higher in the lower water layers (near the bottom —
L1) than in the middle water layers in the central parts of the lakes (L2). Increase of the
spore number at the lower water layers of the reservoirs (L1) is the result of flushing the
sediments from the bottom. Very high number of spores was observed at the lower water
layers of Gruza reservoir (L1), probably as a result of the fact that at the bottom of this
reservoir there is a high quantity of silt rich with organic compounds, suitable for growth
of some fungi.
By monitoring the seasonal dynamics of the number of spores, it can be
observed that it is the highest in the water samples taken in March and October. This can
lead to the assumption that the increased number of fungi in this period is related to
atrophy of macrophytic vegetation as well as with inflow of soil fungi into the lakes in the
period of stream torrents. Besides, in the fall and winter periods, due to greater and more
frequent movements of water flows, higher number of fungi from the silty bottom of lakes
can enter the free water flows. The highest number of spores was observed in March on all
locations of the studied reservoirs (Tab. 2). The maximum average number of spores was
found on the location (L3) of Gruža reservoir (8320 spores/l of water). The minimum
Source : MNHN, Paris
B. RANKOVIC
RESERVOIR | AVERAGE NUMBER OF SPORES/LITER OF WATER
L1 12 L3
Сеше 2700 2000 2400
Groënica 3300 2250 4050
Gruza 4100 3700 4990
RESERVOIR
4
CELIJE
Table 1. Number of fungal spores in the water of reservoirs in Serbia
Sampling
location
Average number of spores/one liter of water
AUGUST
L3 3724
318
2840
2718
Y
GROSNICA
L4 6245
714
3166
3075
Table 2. Seasonal dynamics of the number of spores in the water of reservoirs in Serbia
Source : MNHN, Paris
FUNGAL SPECIES
CELNE
+ Sampling period - M = March; J = June; A = August; О = October А
+ LI, L2, L3 are water samples taken from different water layers (see “Material and methods")
Table 3. The composition and dynamics of fungal communities in reservoirs in Serbia
No] GROSNICA | GRUZA
1[12]13[11]12[1з ирот
1 Ареа spinosa Lendn AJA
2.Alternaria alternata (Ег) Keiss. J зо[м [о M
3/Aspergillus amstelodami (Mang) Thom et Ch. M M
4 Aspergillus candidus Link ex Fr. M M M
5 Aspergillus flavus Link ex Fr. ЈА ГА [A JAO A ЈА [А TATA
6 Aspergillus fumigatus Fres. ОТА А ЈА
7 Aspergillus niger van Tieghem M M
8 Aspergillus oryze (Ahlburg) Cohn o M
8 Aspergillus sp. M
10 Aureobasidium pullulans (de Bary) A А [о АО o
11 [Botrytis cinerae Pers. ex Fr. M M o[o о
12.|Candida albicana (Robin) Berkhout o o
13 |Chloridium chlamydosporis Hughes M o
| 14 |Chaetomium globosum Kunze ex Fr. M MIA
15|Cladosporium carpophilum Thum. o o =
16 |Cladosporium cladosporoides (Fres) de Vries M JIA A
17.[Cladosporium herbarium (Pers) Link ex Fr. м|м[м|м MJ
18 |Cladosporium variabile (Coke) de Vries. MO
[19/Cladosporium sp. | M M
20 |Epicoccum purpurascens Ehrenb. ex Schecht AO| A [о [о [AO] A [ao
21 Fusarium aquaeductum (Каб) Sacc. мә|м|м
22 Fusarium heterosporum Ness. M M J o
23 Fusarium moniliforme Sheldon M
24 |Fusarium sporotrichiella Bilai o[o
s |Geotrichum candidum Link J JA| J =
26 Hansenula anomala (Hansen) Н. et Р. Sydow ajojo o
27 Mortierella sp. A
28 |Mucor mucedo L ex Fr. мо|м|м]|м]|м [мо[м | M |мо
bs jucor hiemalis Wehmer A| J |м |м [м
30 Paecilomyces varioti Bainier M M MJ
31 [Penicillium brevi-compactum Dierex Mi] J | J
32 |Penicillium citrinum Thom A A
33 Penicillium cyclopium Zukal A AJAJAJA] A [JA [JA
34 ¡Penicillium expansum Link A
35./Penieillium funiculosum Thom MJ |MJ| J [JA
36.Penicillium thomi Maire A M
37 [Penicillium verrucosum aojo fofa A |АО[АО|О
var. cyclopium (West) Samson
38 |Phoma herbarum West. ER 2
39 Phoma sp. M M[o м |м |M
Е Rhizopus nigricans Enr. JA А
41 |Trichoderma virida Pers. ex S. Е. Gray o
42 |Trichoderma sp. M M
43 verticillium lateritium Berk. ES = 9
44 |Verticillium tenerum (Nees:Pers) Link © M
[45]ўелїейййт sp. pal pel
Source : MNHN, Paris
84 B. RANKOVIC
v Y
FUNGAL SPECIES ÉELNE GROSNICA GRUZA
RESERVOIR
RESERVOIR | RESERVOIR
L2 | L3 | LI
Li | L2 |L3
chlya americana Humph AO A | JA | MI | M! | AO.
‚Hchlya racemosa Hild.
Catenaria sp.
Dietyuchus sterile Coker MJ | JA | AO | AO | MJ МА
5|Pythium ultimum Trow MJ} J | O | O |AO|AO
\Saprolegnia ferax (Gguith) Thuret M
¡Saprolegnia hypogyna Pringsh AO A [АО
¡Saprolegnia monica Pringsh. A AO
Note,
+ Sampling period - M = March; J = June; A = August; О = October
+ L1, L2, L3 are water samples taken from different water layers (see “Material and methods")
Table 4. The composition and dynamics of autochthonous aquatic fungal communities in reservoirs
in Serbia
average number of spores was recorded in June in all reservoirs, while the lowest one was
found on the location (L2) Celije reservoir (251 spores/l of water). Seasonal dynamics of
fungi was most prominent in the water samples taken from Gruža reservoir.
Qualitative composition of species is shown in Tab. 3. In the water samples taken
from these reservoirs, 45 species were identified out of 384 isolates. It should be observed
that most of them are found rarely or only once and that only representatives of some
genera had a relatively high degree of mass presence. These fungi primarily belong to the
genera Aspergillus and Penicillium. They are dominant in all investigations of studied
reservoirs. Besides, the following genera of fungi are also frequently found: Cladosporium,
Fusarium, Phoma, Rhizopus, Mucor and Verticillium. High resemblance in the fungal
species composition was previously found in Skadar lake (Ristanovié, 1973), where species
of genus Penicillium were dominant, as well as in the water of Vlasina lake (Vukojevié et
al., 1994).
Number of fungal species in the water samples taken from the studied reservoirs
does not vary greatly. The greatest number of species was found in Gruža reservoir (33)
Source : MNHN. Paris |
POPULATIONS OF FUNGI IN SOME RESERVOIRS IN SERBIA 85
while the lowest number of species was found in Celije reservoir (24), which can be related
to the trophic condition of reservoii
Fungi isolated from the water samples taken from the reservoirs were in confor-
mance with ecological classification of aquatic heterotrophic microorganisms (Park,
1972a) and they belong to the category of transitional, accidental microorganisms and
probably migrants. The latter are characterized by periodic and sporadic activity. Transi-
tional and accidental organisms can develop sporadic activity or have a lack of it. Park
(1972b) indicates the possibility of the soil fungi participation in microbiological processes
in waters. Besides, living capacity of some soil fungi (species of genera Fusarium, Botrytis
and Chaetomium) in sea and river water was experimentally proven (Alton, 1985). Thus,
depending on the trophyc conditions of the lake, along with the typical aquatic
(autochthonous) fungi, the soil fungi can also participate in the microbiological processes
present in the lake ecosystems.
Qualitative composition of the autochthonous fungal community
Out of biphlagelatic series of this group of fungi, this paper included 8 species
which belong to the Saprolegniales and Peronosporales orders. The distribution results
related to this group of microorganisms are given below (Tab. 4).
Most of the identified species belong to the order Saprolegniales and the
dominant genera are Achlya and Saprolegnia. These species were isolated from most of the
samples taken in the studied reservoirs. They were also found as dominant in the waters of
American lake Blelham Tarn (Dick, 1966) and Skadar lake in Macedonia (Ristanovic,
1973). The highest number of species (8) was identified in Gruza reservoir, while the lowest
number (5) was found in Celije reservoir, indicating that the trophic conditions of the
reservoir probably affects the number of these fungi. The significant number of samples
contained fungi belonging to the genera Dictyuchus and Pythium, while Catenar
located only in one sample taken from Gruza reservoir. By monitoring the seasonal
dynamics, no regularity in fungal distribution in the studied reservoirs was found. In
general, sporadic nature of the aquatic fungi distribution was prominent in some parts of
the reservoirs, with their more significant presence in the coastal parts rich in macrovege-
tation.
Mycological studies of reservoirs are important both from the mycological and
ecological aspects, since presence of certain species can be the indicator of the water
quality level.
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Source : MNHN, Paris
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A NEW LACTARIUS SPECIES FROM SCANDINAVIA
IN THE SECTION DAPETES
Annemieke VERBEKEN' and Jan VESTERHOLT?
! Univ. Gent, Vakgroep Biologie — Lab. Plantkunde
Ledeganckstraat 35 — B-9000 Gent — Belgium
e-mail: mieke.verbeken@rug.ac.be
? Botanical Museum — Gothersgade 130 — DK-1123 — Denmark
RÉSUMÉ: Lactarius fennoscandicus nov. sp. est décrite de Suéde et de Finlande dans la section
Dapetes. Cette espéce, mycorrhizique avec Picea, est caractérisée par un chapeau habituellement
fortement zone, avec des nuances lilas-gris mélangées d'une couleur brun-orange, par endroits
verdátre, par le latex vivement orange, changeant tardivement en rougeátre et par les spores nettement
petites.
MOTS CLÉS: Lactarius fennoscandicus nov. sp., section Dapetes, ectomycorhize, Picea, Scandi-
navie,
ABSTRACT: Lactarius fennoscandicus nov. sp. is decribed from Sweden and Finland as a Picea-
associated member of the section Dapetes, characterized by a usually strongly zonate cap, with lilac
greyish tinges mixed with brownish orange, and locally greenish, by a bright orange milk which is
slowly reddening and by remarkably small spores.
KEY WORDS: Lactarius fennoscandicus nov. sp., section Dapetes, ectomyrrhiza, Picea, Scandinavia.
DESCRIPTION
Lactarius fennoscandicus Verbeken & Vesterholt, nov. 5р.
L. deterrimus affinis, а дио їтргїтїз differt pileo saepe valde zonato umbra
lilacino-griseaque, sporis parvioribus (7.5-8.0 X 6.0-6.5 um) et cheilocystidiis rarioribus
parvioribusque. Holotypus: Sweden. Siljanfors, in rich mixed forest, under Picea, acid soil,
with Sphagnum and Vaccinium, 31.08.97, leg. Morten Christensen, Verbeken 97-530 (holo-
type GENT, isotypus C).
Pileus 32-80 mm diam., convex and very slightly depressed to infundibuliform;
margin bent downwards; surface greasy, sticky, slightly viscid, strongly and densely
zonate, especially in older specimens, with 4-5 broad zones composed of watery spots at
the outside and some smaller zones at the inside, besides some very narrow and dense
Source : MNHN, Paris
88 A. VERBEKEN & J. VESTERHOLT
zones at the extreme margin; center and inner zones brownish vinaceous (8E4) to dark
brick-coloured (8E5) or cinnamon (6CD6) ; zones further out fawn (7Е5) to clay-buff
(6D4-5), greyish brown (6E4) or paler, sometimes more olivaceous, between the zones
greyish pink (6B2) to greyish pink (6B3-4), or clay-buff (5C3-4, 6C3-4), locally green to
blueish green and with a greyish lilac tinge as a whole. Stipe 40-110 x 10-24 mm, cylindric
to subclavate, broader near the base; surface dry, soft, slightly pruinose, cotton-like, dull,
pale salmon (6A2) to salmon (6A3), pinkish buff (5A3), saffron (5A5-6), greyish brown
(6D3) or clay buff (5C4), sometimes whitish at extreme apex, sometimes with some
ochraceous orange or dirty green spots or scrobicules. Lamellae decurrent, medium
crowded to rather crowded, with a lot of short lamellulae, fragile, thin, paper-like, saffron
(5A6) to peach (6A6) or ochraceous orange (6B7), turning greyish green (26E5-6) when
bruised; edge entire, ochraceous (5B7). Context moderately firm to rather soft, hollow in
the stipe, white to (pale) cream-coloured (4A2-3), ochraceous orange near the stipitipellis
(6B7), with a central whitish part, sometimes changing to blueish green (23-24C4) under
the pileipellis, not reacting with KOH, SF and FeSO,; smell not particular, sometimes
reminding carots; taste first mild but then bitter and bad, sometimes only slightly bitter
anda bit carot-like. Latex rather scarce, bright orange, carot, changing to green, then dirty,
dark greenish grey.
Spores [80,4] ellipsoid, sometimes subglobose, 6.8-7.5-8.1-9.3 x 5.6-6.1-6.5-
7.0 um, Q = 1.11-1.22-1.26-1.38; ornamentation composed of narrow ridges and some
rounded warts, forming an incomplete reticulum; ridges sometimes composed of separa-
tely visible warts; plage not or weakly distally amyloid. Basidia 42-50(60) x 10-11 um,
subcylindric to subelavate, 4-spored. Pseudopleurocystidia very abundant, mostly not
emergent, often branching and irregularly shaped, 2-5 um diam. Macropleurocystidia
extremely rare, 50-55 х 7-8 um, subfusiform, with narrowing or moniliform apex, with
needle-like content, thin-walled. Lamella-edge sterile with rare cheilocystidia; marginal
cells 8-15 x 4-6 um, subclavate or subcylindric, hyaline and thin-walled; cheilocystidia
15-25 x 4-6 um, subfusiform to fusiform, with acutely tapering apex, with needle-like
content, thin-walled. Pileipellis an ixocutis, about 50-100 um thick, composed of rather
thin (2-4 um diam.) hyphae, which are shrinkled and gelatinizing in the upper layer.
The description is based on Heilmann-Clausen 97-119, 97-183, Verbeken 97-530 and
Vesterholt 95-330 (colour codes after Kornerup & Wanscher, 1978).
Examined material and distribution
Sweden. Dalarna, Siljanfors S of Mora, in rich mixed forest, under Picea, acid
soil, with Sphagnum and Vaccinium, 31.08.97, leg. Morten Christensen, Verbeken 97-530
(holotype GENT, isotypus C) and Heilmann-Clausen 97-119 (C, GENT). Jämtland, Fors
par., Reva, at Indalsälven, 23.08.95, Vesterholt 95-330 (C, GENT). Jämtland, Bracke,
Gimän, in moist forest with mosses under Picea, 05.09.1997, Heilmann-Clausen 97-183 (C,
GENT).
Finland, Pohjois-Hame, Aänekoski, Parantala, 21-08-86, Vesterholt 86-482 (C).
Hitherto only known from Sweden and Finland but probably more widespread
in subboreal and boreal forests.
Source : MNHN. Paris
A NEW LACTARIUS SPECIES FROM SCANDINAVIA 89
DISCUSSION
Prospecting the Scandinavian woods, one is immediately struck by the enormous
macroscopic variety observed in milkcaps of the section Dapetes Fr. growing with Picea,
as illustrated by Korhonen (1984, sub L. deterrimus Gröger). Some of these have caps
which are more zonate and more lilac greyish than we know them to be in the typical Z.
deterrimus collections from central Europe. These differently coloured Nordic collections
showed to have clearly different spores than those of L. deterrimus, and are proposed here
asa new species as no other taxon could be traced matching the characters described here.
We do not exclude, however, that besides those two Picea-associates, more undescribed
species of this group occur in the Nordic Picea-forests.
Lactarius deterrimus and L. fennoscandicus are the only two European Dapetes,
up to now known, growing with Picea. Both species seem closely related but Lactarius
fennoscandicus is more obviously zonate while L. deterrimus is often totally azonate or
only zonate near the margin. A greyish lilac shade all over the cap with some clearly lilac
tinged zoned is typical for Lactarius fennoscandicus, while L. deterrimus has a major
orange cap. It should be noted that cap — and stipe-colour are variable characters in both
species, varying strongly also depending on the age of the basidiocarps. Macroscopically,
it reminds also some forms of Lactarius quieticolor Romagn. (syn.:L. hemicyaneus
Romagn., L. pinastri Romagn.). Only the microscopy can provide decisive answer (figs.
1-2): the spores іп L. fennoscandicus (average 7.5-8.0 X 6.0-6.5 um) are clearly smaller
than those from L. deterrimus (average 9.5 X 7.5 um). Cheilocystidia almost completely
lack in Lactarius fennoscandicus while they are moderately abundant in L. deterrimus. The
few cheilocystidia observed in L. fennoscandicus are distinctly smaller than in L. deterri-
mus. Lactarius sanguineovirescens Fillion has similar (but slightly larger) spores as L.
fennoscandicus, but differs by the context which is changing scarlet after 5 minutes and
purple after 15 minutes. Furthermore, the species is growing on acid soils, associated with
Pinus (Fillion, 1989).
Because in many descriptions of Dapetes-taxa the distinctive characters of
closely related taxa are not emphasized and because an illustrated comparison of the
spores, which is often their visiting-card, is lacking, we provide here spore-drawings of the
accepted taxa in northern and western Europe (fig. 2a-h).
A coloured photograph of Lactarius fennoscandicus will be published in Fungi
of Northern Europe, vol. 2 (in prep.). Some plates of Lactarius deterrimus given by
Korhonen (1984: 108-109; labelled 2758, 4882) most probably refer also to the species
described here.
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Methuen, 252 p.
Source : MNHN, Paris
90 A. VERBEKEN & J. VESTERHOLT
Fig. 1. Lactarius fennoscandicus. a. basidia, b. macrocheilocystidia, c. marginal cells, d. macropleu-
rocystidium, e. pseudopleurocystidia, f. section through the pileipellis, halfway the radius (all from
type; bar = 10 um),
Source : MNHN, Paris
Fig. 2. Spores. a. Lactarius salmonicolor (Walleyn 570), b. L. deliciosus (Van de Kerckhove 330), с. L.
sanguifluus (Walleyn 555), d. L. semisanguifluus (type), е. L. quieticolor (Walleyn 425), f. L. deterrimus
(Verbeken 93-65), g. L. sanguineovirescens (isotype), h. L. fennoscandicus (type)
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
Cryptogamie, Mycol. 1998, 19 (1-2) : 93-97 93
THE GENUS ALEUROCYSTIS
LEIF RYVARDEN
Botany Department, University of Oslo
PO. Box 1045, Blindern
N-0314 OSLO, NORWAY
ABSTRACT: The genus Aleurocystis is discussed and the two accepted species are described and
illustrated.
KEY WORDS: Aleurocystis, Basidiomycetes, Corticiaceae.
RESUME: Le genre Aleurocystis est discuté et les deux espèces connues sont décrites et illustrées.
MOTS CLÉS: Aleurocystis, Basidiomycetes, Corticiaceae.
INTRODUCTION
During work with a synopsis of the genus A/eurodiscus (Nunez & Ryvarden,
1997), the name Aleurocystis G. Cunn. several times were mentioned in connection with
the definition or delimitation of Aleurodiscus J. Schroet. A search in the literature revealed
that there never had been a comprehensive treatment of species, correctly or wrongly,
assigned to Aleurocystis. Thus, it seemed desirable to give a survey of this highly charac-
teristic tropical genus, especially since the almost complete lack of manuals for corticoid
fungi is a severe restriction for closer studies of these fungi.
ALEUROCYSTIS G. Cunn.
Trans. Roy. Soc. New Zeal. 84: 234, 1956.
Basidiocarp cupulate to resupinate, pale yellow to ocher, annual, gelatinous and
tough when fresh, horny and dense when dry, hyphal system monomitic, generative
hyphae with clamps, thick-walled in the subiculum and straight to branched, gelatinized in
KOH, basidia clavate with 4 sterigmata, metuloid cystidia present, thick-walled, encrusted
at least in the upper part, in age also in lower part and more elongated, projecting to
enclosed in old basidial layers, paraphysoid hyphae in some cases coming close to
dendrohyphidia present in the hymenium, unbranched to slight branched, basidiospores
smooth, large, thin-walled and non-amyloid, on dead hardwoods, two species, one pan-
tropical, the other tropical America.
Source : MNHN, Paris
94 L. RYVARDEN
Type species: Aleurodiscus capensis Lloyd.
Remarks : The genus is probably not related to Aleurodiscus, but specimens are frequently
collected and determined as belonging to that genus because of the discoid, scutellate
basidiocarp with large basidiospores. The non-amyloid basidiospores and the metuloids
will however, immediately exclude it from Aleurodiscus where such characters are unk-
nown.
It may be that the genus is related to Cytidia and similar genera with which it
shares the same type of semigelatinous cupulate basidiocarps and large basidiospores
even if this of course may be a result of convergence. It is well known that basidiomycetes
that produce basidiocarps in exposed environments as still attached dry branches, have
large basidiospores (Ryvarden, 1991). The reason for this is unknown, but as the pheno-
mena occur in several distant groups, it must have an adaptive value. The metuloid cystidia
in Aleurocystis will however separate the genus from Cytidia Quel. and Auriculariopsis
(Lev.) Maire species of which are rather similar to Aleurocystis species in the field.
Whether such metuloid cystidia indicate a different origin from that of the other
genera, is debatable as there are many corticoid genera where such organs occur without
being taken into account in the definition of the genus. Good examples are Gloeocystidiel-
lum Donk, Hyphoderma Wallroth, Peniophora Cooke and Phlebia Fr. In these genera
presence or absence of thick-walled metuloid cystidia are only used as a practical and
pragmatic tool for separation of species.
KEY TO SPECIES
1. Pantropical species, dendrohyphidia present, spores subglobose, 18-22 х 15-
УИЙН eos A. hakgallae
1. American species, dendrohyphidia absent, spores oblong el ipsoid, 20-25 x 12-14 um.
A. magnispora
Aleurocystis hakgallae (Berk. & Broome) G. Cunn. Fig. 1
Trans. Roy. Soc. New Zeal. 84: 235, 1956.
Corticium hakgallae Berk. & Broome, J. Linn. Soc. 14: 72,1873.
Cytidia cornea Lloyd, Lloyd Mycol. Notes. 47: 656, 1917.
Aleurodiscus capensis Lloyd, Lloyd Mycol. Notes 62: 930, 1920.
Basidiocarps annual, cupulate to discoid, separable, gelatinous and waxy when
fresh, horn to cartilaginous and dense when dry, margin curled and turned inward when
dry, slightly lifted when fresh, abhymenial surface smooth or with a few scattered hyaline
hairs, hymenial surface pale yellow becoming whiter by age, smooth, hymenial layers deep
and continuous, sterile subiculum thin and white.
Conidial stage cupulate to disciform, 2-7 mm in diameter, dorsally attached,
lower surface smooth, pale buff to tan or slightly tuberculate, margin distinct and raised,
outer surface cream to tan, finely tomentose, context dense to cream with numerous
groups of condiospores, globose, thick-walled, smooth, non-amyloid, walls up to 3 um
thick, 17-20 um in diameter.
Hyphal system monomitic; generative hyphae with clamps, thin-walled in the
subhymenium, but rapidly gelatinized in KOH and difficult to separate in sections, richly
branched, 4-8 um wide, in the subiculum thick-walled and branched, 3-10 um wide in the
subiculum.
Source : MNHN, Paris
THE GENUS ALEUROCYSTIS 95
Fig. 1. Aleurocystis hakgallae A) Basidiocarp in section and from above, B) Part of hymenium,
©) Dendrohyphidia, D) Cystidium, E) Basidiospores. From the holotype of Aleurodiscus capensis.
Cystidia present, conical, coarsely encrusted at least in upper part, in lower parts
of the hymenial layers encrusted in longer sections, conical to club like in the subhyme-
nium, thick-walled, projecting to embedded in many layers 50-150 um long, 10-14 um
wide in the middle, usually tapering towards the base.
Source : MNHN. Paris
96 L. RYVARDEN
Dendrohyphidia present, hyphoid and with few blunt and short side branches,
up to 65 um long.
Basidia clavate, 4-sterigmata, 60-90 х 14-20 um, with a basal clamp.
Basidiospores subglobose, hyaline, smooth, negative in Melzers reagent,
16-22 x 14-17 um.
Habitat. On dead hardwoods.
Distribution. Pantropical, but not commo
Remarks. The species reminds about a id Aleurodiscus or Cytidia, but
separated easily from these genera by the combination of non-amyloid spores and
metuloids cystidia. In the field it may be mistaken for a small jelly fungus because of its
gelatinous to waxy consistency.
Specimens studied: South Africa, al, 1917, P. van der Byl no 34029, holotype
of Aleurodiscus capensis Lloyd (BPI); Brazi Rio Grande do Sul. S. Leopoldo, 1930, J.
Rick (K); South Africa, Stellenbosch, 1916, A.V. Duthie 154, holotype of Cytidia cornea
LLoyd (BPI); Malawi, Mulanje Mts. Lichenya hut. 9. March 1973, R. 11355 (O).
Aleurocystis magnispora (Burt) Lemke Fig. 2
Can J. Bot. 42: 760, 1964.
Stereum magnisporum Burt, Ann. Mo. Bot. Gard. 7: 207, 1920.
Cytidia magnispora (Burt.) Welden, Mycologia 50: 305, 1958.
Basidiocarps annual, cupulate to more widely effused with distinct lifted margin
at least in dry condition, reminding about a thin Stereum basidiocarp, separable, gelat
nous and waxy when fresh, horn to cartilaginous and dense when dry, up to 800 pm thick,
abhymenial surface smooth or minutely tomentose, hymenial surface smooth to slightly
tuberculate or undulating, deep ochraceous to buff, subiculum thin and white.
Hyphal system monomitic; generative hyphae with clamps, thin-walled in the
subhymenium, but rapidly gelatinized in KOH and difficult to separate in sections, richly
branched, 4-8 jm wide, in the subiculum thick-walled and branched, often with apparent
simple septa because the clamp connections are gelatinized, in swollen parts up to 20 um
wide.
Cystidia present, conical, coarsely encrusted, at least in upper part, in lower
parts of the hymenial layers encrusted in longer sections, conical to club like in the
subhymenium, thick-walled, projecting to embedded in many layers, 50-100 um long,
15-20 um wide in the middle, usually tapering towards the base.
Dendrohyphidia absent.
Basidia clavate, 4-sterigmata, 60-90 x 14-20 pm, with a basal clamp.
Basidiospores ellipsoid, hyaline, smooth, negative in Melzers reagent,
13-15 x 22-25 um.
Habitat. On dead hardwoods.
Distribution. Neotropical, but rare, we have seen specimens from Colombia, and
Jamaica.
Remarks. The species comes close to 4. hakgallae, but is separated partly by
distribution, but above all by far more ellipsoid spores and the lack of dendrohyphidia.
Specimens studied: Jamaica, Chester Vale, WA. & E. L. Murrill 328, holotype
(NY); Colombia, Bogota, Cundinmarcha, 16 km west on road to Medellin, 2700 m.a.s.l
3. June 1978 Ryv. 15573 (O).
Source : MNHN, Paris
THE GENUS ALEUROCYSTIS 97
eo
$
10pm
Fig. 2. Aleurocystis magnispora A) Cystidia, B) Basidiospores, C) Generative hyphae from the
subiculum. From Ryvarden 15573.
LITERATURE CITED
NUNEZ M. & RYVARDEN L., 1997 — The genus Aleurodiscus (Basidiomycotina). Synopsis
Fungorum 12: 1-164.
RYVARDEN L., 1991 — Genera of polypores. Synopsis Fungorum. 5: 1-363.
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris
Cryptogamie, Mycol. 1998, 19 (1-2): 99-105 99
ZELLEROMYCES HISPANICUS SP. NOV. (RUSSULALES,
ELASMOMYCETACEAE), AN ORANGE-RED SPECIES
POSSIBLY RELATED TO LACTARIUS AURANTIACUS
F. D. CALONGE! & D. N. PEGLER?
'Real Jardin Botánico, C. S. I. C., Plaza de Murillo 2, 28014 Madrid, Spain.
?The Herbarium, Royal Botanic Gardens, Kew, Richmond, Surrey TW9 3AB, UK.
SUMMARY: Zelleromyces hispanicus is proposed and described as a new species, together with
details on the ecology, morphology, anatomy and related taxa. The possible phylogenetic links with
Lactarius aurantiacus are discussed.
KEY WORDS: Elasmomycetaceae, Zelleromyces hispanicus, taxonomy, ecology, Spain.
RESUMEN : Se describe Zelleromyces hispanicus como especie nueva para la ciencia y se aportan
datos sobre su ecología, morfología y parentesco con especies próximas. Se propone una hipótesis
sobre su posible relación filogenética con Lactarius aurantiacus.
PALABRAS CLAVE: Elasmomycetaceae, Zelleromyces hispanicus, taxomonía, ecología, España.
RESUME : Zelleromyces hispanicus est proposé comme une espèce nouvelle, avec commentaires sur
l'ecologie, morphologie et relations aux espèces alliées. Les possibles affinités phylogenetiques avec
Lactarius aurantiacus sont discutés ici.
MOTS-CLÉS: Elasmomycetaceae, Zelleromyces hispanicus, taxonomie, ecologie, Espagne.
INTRODUCTION
The genus Zelleromyces was described by Singer & Smith (1960) asa member of
the ‘astrogastraceous series’, now generally referred to as the gasteroid Russulales. Itis
characterized by astipitate gasterocarps, with an enclosed gleba, a laticiferous system
producing latex and basidiospores which are both statismosporic and orthotropic with an
amyloid ornamentation. It was based upon the type species Z. cinnabarinus Sing. & A. H.
Sm., from Louisiana, U.S.A., and five other North American species were included in the
original publication. Additional accounts by Beaton er al. (1984), Malengon (1975), Pegler
& Young (1979) and Tao et al. (1993) have raised the number of species to around thirteen
worldwide. Pegler & Young (1979) placed the genus in Elasmomycetaceae, separating it
Source : MNHN. Paris
100 F. D. CALONGE & D. N. PEGLER
from Martellia Mattir., on the basis of the production of latex, although the two genera
are similar in other respects, each include species with spores having either a reticulate or
spinose ornamentation, Subsequently Beaton er al. (1984) restricted Zelleromyces to the
reticulate-spored species.
The genus has not hitherto been recorded from Spain, so that the following
account represents the first record for the country. The collections studied have been
deposited in Madrid (MA-Fungi) and Kew (KJ.
DESCRIPTION
Zelleromyces hispanicus Calonge & Pegler, sp. nov.
Gasterocarpus 2-5 cm latus, subglobosus vel lobatus, tuberoideus, sessilis, ad basim
depressus. Peridium aluta laeve, glabrum. Latex albidus. Gleba pallide aurantiaca, in
sicco rosea alutacea, loculis irregulariter dispersitis. Columella nulla vel rudimentaria.
Sporae statismosporicae, orthotropicae, 9-12 (-14) x 8-10 um, subglobosae vel late ovoi-
deae, hyalinae, tenuitunicatae, grosse reticulatae amyloideae. basidia 25-35 х 5-12 um
eylindrico-clavata, 2- vel 4- sporigera. Cystidia 20-40 x 8-10 um, lageniformia. Trama
liymenophoralis cum hyphae afibulatae, hyalinae, elementis laticiferis instructa; sphaerocytis
carens. Peridiopellis pseudoparenchymatica.
Madrid, Cercedilla, Dehesas, subhypogeus, subter Pinus sylvestris, 27-XI- 1996,
legit F. D. Calonge & C. Garcia Ruz, MA-Fungi 37498 (holotypus); K( М) 54685.
Gasterocarp sessile, subhypogeous, 2-5 cm diam., tuberoid, globose to ellipsoid,
with a depressed base surrounding the point of attachment. Peridium smooth, matt,
orange when fresh drying reddish brown. Gleba pale cream drying yellowish pink, laby-
rinthoid; latex present, whitish, unchanging. Glebal locules irregularly arranged, partially
filled. Columella absent or rudimentary; stipe absent; sterile base poorly developed. Odour
aromatic; taste sweetish, astringent to somewhat hot. Peridiopellis very thin, 100-200 um
thick, made of two layers: the outer one pseudoparenchymatous, with isodiametric
elements, 10-20 um diam. with brownish vacuolar pigment; some crystals and residual soil
debris are also observed (fig.1a). Inner layer made of gelatinizing, agglutinated hyphae,
hyaline, septate and clampless (fig. 1b). Basidia 25-35 x 5-12 um, cylindrico-clavate, 2-4
sterigmata 5-8 um long (fig. 2a). Basidiospores 9-12 (-14) x 8-10 um, including reticulum,
subglobose to broadly ovoid, hyaline, with an ornamentation of continuous or interrup-
ted ridges forming an incomplete reticulum, overlaid strongly amyloid myxosporium
(figs. 3-4). Sphaerocytes absent. Cystidia present, proyecting beyond hymenial elements,
20-40 x 8-10 um, lageniform, hyaline, thin-walled, with guttulate bodies irregular in size
(fig. 2b). Laticiferous elements present 2-8 um diam., vermiform, aseptate, branching,
thin-walled, with strongly refractive yellowish amber contents, scattered throughout the
hymenophoral tramal plates (fig. 1c). Hymenophoral trama made of hyaline hyphae,
3-6 um diam., thin-walled, branching, septate, clampless (fig. 1d).
Specimens examined: Spain, Madrid, Cercedilla, Dehesas, in granitic soil under
Pinus sylvestris, also with associated scattered bushes of Adenocarpus, Citisus, Crataegus,
Rosa, Rubus and abundant basidiomata of Lactarius aurantiacus; 27-X1-1996, coll. F. D.
Calonge & C. Garcia Ruz, MA-Fungi 37498 (holotype), K(M)54685; 23-X1-1996, coll. J.
Source : MNHN, Paris
ZELLEROMYCES HISPANICUS SP. NOV. 101
Daniel & J. M. Santos, MA-Fungi 37497, K(M)54685; 16-X1-1997, coll. R. Cifuentes,
MA-Fungi 38311.
DISCUSSION
The genus Zelleromyces demonstrates a cosmopolitan distribution, at least as far
as the temperate-subtropical regions are concerned. The species, however, tend to be
localised. The only European species hitherto described, Z. stephensii (Berk.) A. Н. Sm.,
is only rarely found, but is known from the Czech Republic, England (type locality),
France, Germany, Italy and Switzerland. The bright orange to reddish brown colouration
of the peridium strongly suggests the present species but the spore ornamentation is
consistently verrucose to spinose, and lacking any reticulation. Other red species include
Z. josserandii Malengon, from Morocco with a brick red to tawny red peridium and, like
Z. hispanicus, is associated with Pinus (also Cedrus and Fagus) but the subreticulate spores
are significantly smaller, 8.6-11 x 7.2-8.6 um, cystidia are lacking and the peridiopellis is a
subepithelium. In North America, Z. gardneri (Zeller & Dodge) Singer & A.H. Sm., from
California, and Z. ravenelii (Berk. & M. A. Curtis) Singer. & A. H. Sm., from the eastern
United States, are similar in many features but have cream-coloured to brown gastero-
carps. Zelleromyces daucinus Beaton, Pegler & Young, from Victoria State, Australia, is a
carrot red species but has smaller spores, lacks cystidia and has an epithelial peridiopellis.
Perhaps, the type species, Z. cinnabarinus Singer. & A. Н. Sm., from Louisiana, U. S. A.,
most closely approaches to Z. hispanicus, having a cinnabar red gasterocarp, spores of
comparable size, range and ornamentation, and the development of hymenial cystidia, but
sphaerocytes are present and the peridiopellis is subepithelial.
Zelleromyces hispanicus differs from all the above species most noticeably in the
complete absent of sphaerocytes, both in the peridiopellis and in the context giving a
homoiomerous structure, yet the laticiferous system, the latex, and the amyloidity of the
spores indicates the species is correctly placed amongst the genera of the Russulales,
within the family Elasmomycetacae. Y
Hydnangium aurantiacum R. Heim & Malengon was described (Heim er
al.,1934) as a subhypogeous fungus from Montserrat, north of Barcelona, in the Catalan
region of Spain. The yellowish orange pigmentation of the peridium suggested to these
authors a relationships with Stephanospora carotaecolor (Berk. & Br.) Pat. Following an
extensive search , the type collection of H. aurantiacum was located at Paris (PC) and it has
been possible to make a comparison with Z. hispanicus. The peridiopellis is pseudo-
prosenchymatous, very thin, 20-50 um thick, discontinuous or lacking, the basidiospores
do not have an amyloid myxosporium, as originally described, and the short, truncate
cusporial ridges remain isolated and do not anastomose, Combining the characteristics of
the spore with the additional micro-characters of the presence of clamp-connexions and
the absence of laticiferous hyphae, eliminates H. aurantiacum from both, Elasmomyce-
laceae and Russulales. Svrcek (1958) placed H. aurantiacum within Octaviania Vittad.
(= Octavianina Kuntze), but the nature of the spore ornament precludes this possibility.
Heim er al.(1934) were probably correct in comparing the species with Stephanospora Pat.
(Stephanosporaceae Oberw. & E. Horak), even though the basidiospore lacks the peri-
appendicular corolla found in S. carotaecolor. Comparison can be made with S. flava
(Rodway) Trappe & Pfister from Tasmania and Australia; S. penangensis Corner &
Source : MNHN, Paris
102 F. D. CALONGE & D. N. PEGLER
Hawker from Malaysia and $. redolens (С. Cunn.) E. Horak from New Zealand, all of
which have spores lacking a corolla.
Growing in close proximity to the Zelleromyces gasterocarps were large numbers
of the agaricoid species, Lactarius aurantiacus (Pers.: Fr.) Gray, with similar orange to
tawny pigmentation. Further similarities in the structure of the pileipellis, the latex and
laticiferous system, and the presence of lageniform cystidia could suggest that there may
be a close relationship between the two species. There are marked differences in spore
form, however, which may be due to the ballistospory or otherwise of the two species. In
Z. hispanicus the spore are truly statismosporic in form, radially symmetrical, lacking a
suprahilar plage and larger. Lactarius aurantiacus spores, on the other hand, are typically
ballistosporic in form, bilaterally symmetrical, with an applanate, inamyloid suprahilar
plage, and measuring 7-11x 6-9 um (figs. 5-6). It remains to be determined whether or not
the two species are phyletically linked.
ACKNOWLEDGEMENTS: The authors are grateful to Mr. M. Jerez for valuable SEM
assistance. FDC acknowledges the financial support received from the DGES and CSIC,
under research project no. PB 95-0129-003-01; and to Monsieur le Directeur Alain Couté
and Mr. Gérard Mascarell from the Herbier de Cryptogamie (PC), their great help sending
us on loan the type of Hydnangium aurantiacum.
REFERENCES
BEATON G., PEGLER D. N. & YOUNG T. W. K., 1984 — Gasteroid Basidiomycota of Victoria
State, Australia 2. Russulales. Kew bulletin 39: 669-698.
HEIM R., FONT-QUER P. & CODINA J., 1934 — Fungi Iberici. Observations sur la flore
mycologique Catalane. Treballs del museu de ciencies naturals de Barcelona 15, sér. bot. no.
3: 3-146, pl. 1-4; figs. 1-22.
MALENÇON G., 1975 — Champignons hypogés du Nord de l'Afrique II. Basidiomycetes. Revue de
mycologie 39: 279-306.
PEGLER D. N. & YOUNG T. W. K., 1979 -The gasteroid Russulales. Transactions of the british
mycological society 72 (3): 353-388, 134 figs.
SINGER R. & SMITH A. H., 1960— Studies in secotiaceous fungi IX. The astrogastraceous series.
Memoirs of the Torrey botanical club 21: 1-112.
SVRCEK, M., 1958 — Octaviania Vitt. In Pilat, A. Gasteromycetes. Flora CSR B-1: 189-202. Praha.
TAO, K., CHANG, M. C. & LIU, B. (1993). [New species and new records of hypogeous fungi from
China IV]. Acta mycologica sinica 12: 103-106.
Source : MNHN, Paris
ZELLEROMYCES HISPANICUS SP. NOV.
Fig. 1. Zelleromyces hispanicus (MA-Fungi 37498, holotype). Di
hymenophoral trama anatomy: a, pseudoparenchymatous peridio
context of hyaline, gelatinized hyphae; c, 1
hyphae lacking clamp-connexions.
2
agram of peridial, context and
pellis with, vacuolar pigment; 5,
; laticiferous element; d, hymenophoral trama with septate
Fig. 2. Zelleromyces hispanicus (MA-Fungi 37498, holotype). a, bi — and tetrasporic basidia; 5,
Projecting, lageniform hymenial cystidia.
Source : MNHN, Paris
104
F. D. CALONGE & D. N. PEGLER
15KU
хт. 590
Figs. 3-4. Zelleromyces hispanicus (MA-Fungi 37498, holotype), basidiospores.
Source : MNHN. Paris
ZELLEROMYCES HISPANICUS SP. NOV. 105
280516
Figs. 5-6. Lactarius aurantiacus (MA-Fungi 37499), basidiospores.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
Cryptogamie, Mycol, 1998, 19 (1-2) : 99-111 107
ZELLEROMYCES GIENNENSIS SP. NOV. (RUSSULALES),
A GASTEROID FUNGUS FROM THE SOUTH OF SPAIN
B. MORENO-ARROYO !, J. GOMEZ ? & ED. CALONGE ?
1. Depto. de Biologia y Ecologia, Facultad de Ciencias,
Universidad de Cérdoba,
Avda. San Alberto Magno, s/n,
14004 Córdoba, Spain
2, Asociación Micológica de las Sierras Subbéticas,
Mesones,4. 14800 Priego, Córdoba, Spain.
3. Real Jardin Botänico, CSIC, Plaza de Murillo, 2
28014 Madrid, Spain.
SUMMARY :Zelleromyces giennensis is proposed and described as a new species, including data on
its taxonomy, ecology, morphology, anatomy and relationships with related species.
KEY WORDS : Russulales, Elasmomycetaceae, Zelleromyces giennensis, taxonomy, ecology, Spain.
RESUMEN : Se propone Zelleromyces giennensis como especie nueva para la ciencia, y se aportan
datos sobre su taxonomia, ecologia, morfologia, anatomia, asi como semejanzas y diferencias con
especies pröximas,
PALABRAS CLAVE: Russulales, Elasmomycetaceae, Zelleromyces giennensis, taxonomía, ecología,
Espana.
RESUME :Zelleromyces giennensis est proposé comme nouvelle espèce, avec l'apport de données sur
la taxonomie, l'écologie, la morphologie, l'anatomie et les relations avec les taxa proches.
MOTS-CLEFS : Russulales, Elasmomycetaceae, Zelleromyces giennensis, taxonomie, ecologie, Espa-
gne.
INTRODUCTION
In previous papers (Calonge & Pegler, 1998; Moreno-Arroyo et al. 1998a, b) has
been discussed the possible delimitation of the genus Zelleromyces Singer & A. H. Sm., in
relation to Martellia Mattir. and Gymnomyces Massee & Rodway, and the key proposed by
Beaton et al.(1984) is considered as the most suitable one to separate the genera of
Elasmomycetaceae. The number of Zelleromyces species already described reaches the
figure of 15, from which only two have been previously recorded in Spain, Z. hispanicus
Calonge & Pegler (Calonge & Pegler, 1998) and Z. meridionalis Calonge, Moreno-Arroyo
Source : MNHN, Paris
108 B. MORENO-ARROYO, J. GOMEZ & F. D. CALONGE
& Gömez (Moreno-Arroyo et al. 1998a). The material studied here is preserved in Madrid
(MA-Fungi) and in the personal senior author’s herbarium (BM).
DESCRIPTION
Zelleromyces giennensis, Moreno-Arroyo, Gómez & Calonge sp. nov. (Figs. 1-4)
Etym.:giennensis, belonging to the province of Jaen, S. Spain.
Gasterocarpus 1-2.5 cm latus, subglobosus, vel lobatus, sessilis. Peridium album, deinde
alutaceis, laeve, glabrum. Gleba alba, deinde alutacea, loculis irregulariter elongatis. Colu-
mella nulla. Sporae statismosporicae, 10-13 х 7-9 um, ovoideae vel ellipsoideae, reticulatae
amyloideae. Basidia 30-45 x 6-10 um, cylindrica, 1-sporigera. Cystidia nulla. Trama hyme-
nophoralis cum hyphae afibulatae, hyalinae. Peridium cum elementis laticiferis instructa.
Sphaerocystis carens. Epicutis in trichodermium. Peridiopellis pseudoprosenchymatica.
Hispania, Giennen, La Aliseda, subhypogeus, subter Pinus halepensis, 28-11-1994, legit J.
Gómez et B. Moreno, MA-Fungi 38674 ( Holotypus); BM 213.
Gasterocarp 1-2.5 cm diam., subglobose, somewhat lobed, sessile (Fig. 1). Peridium
whitish drying pale yellowish, smooth, matt. Gleba white drying yellowish, labyrinthoid,
with locules irregularly arranged, empty or partially filled. Columella absent. Basidiospo-
res 10-13 x 7-9 um (incl. orn.), ellipsoid, rarely ovoid (Figs. 2-4), hyaline, with a myxos-
porium of continuous or interrupted ridges forming an incomplete reticulum (Figs. 3-4),
strongly amyloid. Basidia 30-45 x 6-10 um, cylindrical, 1-spored. Sterigma 3-5 um long.
Subhymenium pseudoparenchymatous. Cystidia absent. Hymenophoral trama made of
hyaline hyphae, 3-6 um diam., gelatinized, thin-walled, septate, clampless. Peridiopellis
150-200 рт, pseudoprosenchymatous, with gelatinized, agglutinated hyphae. Epicutis a
trichodermium, with hyaline hyphae, 4-5 um diam., septate, gelatinized. Laticiferous
elements, 5-8 um diam., only present in the peridium. Sphaerocysts absent.
Material studied: Spain, Jaen, La Aliseda, 600 m, subhypogeous, under Pinus halepensis,
30 basidiomata forming colonies, 28-11-1994, legit J. Gómez & B. Moreno, MA-Fungi
38674 (Holotypus); BM 213.
DISCUSSION
Zelleromyces giennensis is a well-defined species with a series of characters not
found in any other described taxon of this genus. Basidiospores subreticulate, ellipsoid;
peridium with laticiferous hyphae; epicutis a trichodermium; basidia 1-spored, and colu-
mella, cystidia and sphaerocysts absent.
Other species with ellipsoid spores are: Z. cinnabarinus Singer & A. H. Sm.,
which has a cinnabar red peridium when fresh and broader spores (14-17 x 11-13 um); Z.
oregonensis Singer & A. H. Sm., with spiny spores (Singer & Smith, 1960). Zelleromyces
gardneri (Zeller & Dodge) Singer & A. Н. Sm., has spores similar to 7. giennensis, ellipsoid
to ovoid, but shows a dendroid columella (Singer & Smith, 1960). Another Mediterranean
species close to our material is Z. josserandi Malengon (Malençon, 1975), but with spores
ovoid, basidia 4-spored and basidioma broader, 2-4 cm diam. The remaining species of
Zelleromyces are remote from Z. giennensis, considering the taxonomic features.
Source : MNHN, Paris
ZELLEROMYCES GIENNENSIS SP. NOV. 109
Again, we have had difficulties in finding the appropriate genus for our collec-
tions, as commented upon in previous occasions (Moreno-Arroyo er al., 1998a, b).
However, the presence of reticulate spores, laticiferous hyphae in the peridium and absence
of sphaerocysts induced us to include it within Zelleromyces, following Beaton et al. (1984)
and Zhang & Yu (1990).
Zelleromyces giennensis seems to be a Mediterranean species associated with
Pinus halepensis, being the third of a series of species recently found in Spain: Z. hispanicus
Calonge & Pegler (Calonge & Pegler, 1998) growing under Pinus sylvestris and 7.
meridionalis Calonge, Moreno-Arroyo & Gómez (Moreno-Arroyo et al., 1998a) which
grows under Quercus ilex subsp. ballota. It is expected that these fungi are widespread in
our region and that new gasteroid Russulales will be found in future, as the attention and
effort put in this subject is increased.
ACKNOWLEDGEMENTS: We express our gratitude to Dr. G. López González for
critical comments and to Mr. M. Jerez for valuable SEM assistance. One of us (FDC)
acknowledges the financial support received from the DGES and CSIC, under research
project
no. PB 95-0129-003-01.
REFERENCES
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State, Australia 2. Russulales. Kew bulletin 39: 669-698.
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Source : MNHN, Paris
110 B. MORENO-ARROYO, J. GOMEZ & F. D. CALONGE
Fig. 1. — Zelleromyces giennensis, Basidiomata showing peridium and gleba. MA-Fungi 38674
Fig. 2. — Zelleromyces giennensis. Basidiospores observed under the LM, after treatment with КОН.
A typical subreticulate, amyloid myxosporium can be distinguished. MA-Fungi 38674.
Source : MNHN. Paris
ZELLEROM YCES GIE!
ENSIS SP. NOV. 111
Figs. 3-4, — Zelleromyces giennensis. Basidiospores observed under SEM at different magnification
to see in more detail the subreticulate myxosporium. MA-Fungi 38674.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
Cryptogamie, Mycol. 1998, 19 (1-2) : 113-120 113
TUBER PSEUDOEXCAVATUM sp. nov.
NEW SPECIES FROM CHINA COMMERCIALISED IN SPAIN,
FRANCE AND ITALY WITH ADDITIONAL COMMENTS
ON CHINESE TRUFFLES
Y. WANG ', G, MORENO ?, L. J. RIOUSSET *, J.L. MANJÖN ?, G. RIOUSSET °,
G. FOURRÉ *, G. DI MASSIMO * L.G. GARCIA-MONTERO ? & J. DÍEZ ?
1. Systematic Mycology and Lichenology Laboratory,
Beijing, China;
present address: New Zealand for Crop & Food Research Institute Limited.
Invermay Agricultural Centre,
Mosgiel, New Zealand.
2. Dpto. Biologia Vegetal, Facultad de Ciencias,
Universidad de Alcalä,
28871 Alcalä de Henares, Madrid, Spain.
3. 7, Allée Jousé d’Arbaud,
13910 Maillane. France.
4. 152 rue Jean Jaurès, 79000 Niort. France.
5. Dpto. Biologia Vegetale,
Universitä degli Studi di Perugia,
Borgo XX Giugno 74, 06100 Perugia, Italy.
ABSTRACT: A new Tiber species is described from China which has been commercialised in Spain,
France, and Italy. Tuber pseudoexcavatum is described and illustrated and additional comments on
Chinese truffles are presented.
KEY WORDS : Tuber pseudoexcavatum, taxonomy, truffle market, legislation, Spain, France, China.
RÉSUMÉ: Des espèces de Tuber de Chine, commercialisées en Espagne et en France ont été étudiées.
Une nouvelle espèce, Т; pseudoexcavatum est proposée et entièrement décrite. Les truffes chinoises
sont commentées.
MOTS CLEES : Tuber pseudoexcavatum, taxonomie, marché de la truffe, législation, Espagne,
France, Chine.
In Southwest China many truffle species have been commercially collected as
food stuffs for a long time. Truflles are indeed an important resource in some regions of
China. In particular, the large ascocarps of Tuber sinense (up to 10 cm in diam or more) are
very abundant, while 7! pseudoexcavatum and other species are more rare and have much
smaller ascocarps.
Source : MNHN, Paris
114 Y. WANG et al.
The 1990's have seen the appearance of Chinese truffles at European markets
particularly, Tuber indicum (Manjón et al., 1995; Fourré et al., 1996). In 1994, massive
amounts of imported Chinese truffles began to arrive at French markets. This stimulated
the French authors to investigate the identity of a number of Chinese Tuber species. In
1995 Н. G. Fourré contacted and communicated with Dr. Wang Yun, a Chinese mycolo-
gist working on Chinese truffles in New Zealand. J. L. Riousset recognized that there were
two Chinese truffle species which had been marketed in France, one is Tuber sinense Tao &
Liu which is similar to T. melanosporum Vitt. and the other which was undescribed was
similar to T. excavatum Vitt. (Fourré, pers. comm 1995).
Some weeks later L.J. & С. Riousset received imported Chinese truffles from
various French merchants. Most of these specimens were identified as Tuber indicum
Cooke & Massee, but other specimens defied identification. These unidentifiable speci-
mens were brown in color, subglobose and deeply excavate and also had eight ascospores
per asci. In became apparent that it was a new species conspecific with the new species that
Dr. Wang found in Huidong Sichuan of China.
L. J. Riousset has concluded that this undescribed Tuber species is commonly
imported into France under the name Tuber indicum Cooke & Massee.
A similar story has been revealed for this species in Spain. Chinese truffles were
first imported into Spanish markets in 1994 and their quantities has increased since.
Interestingly most of these specimens imported in Spain came from France. As happened
in France some of these Chinese truffles were identified as T. indicum (Manjón & al., 1995)
and others were considered by the Spanish as a new species. When Dr. Moreno discussed
the new species with Dr. L.J. & С. Riousset and G. Fourré, they agreed that both Spain and
France had the same undescribed species which Dr. Yun had provisionally named Tuber
pseudoexcavatum.
The presence of Tuber indicum Cooke & Massee in Italian markets has been
confirmed by Montecchi (1996).
MATERIAL AND METHODS
Ascocarps were collected from pine forest soils in Huidong, Sichuan, China and
also in markets in Spain and France. Ascocarps were dried at room temperature and
deposited in herbariums as listed.
Scanning electron photomicrographs were made with a Zeiss DSM-950 micros-
cope. Spore samples were rehydrated with 100% ammonium hydroxide for 30 min, then
dehydrated in aqueous ethanol solutions (70%) for 1-1.5 h, before fixation in formaldehyde
dimetilacetal, (after inmmersion in acetone for at least 2 h). Ascopores were subsequently
critical point dried, mounted onto an aluminium stub, and coated with gold-palladium in
a Polaron E-5000 sputter coater for 120 sec at 1.4 kV and 18 mA (argon atmosphere)
creating a metal coating approximately 500 Ä thick. Light photomicrographs were
made with a Nikon Labophot microscope equipped with an automatic photographic
system.
Source : MNHN. Paris
TUBER PSEUDOEXCAVATUM et al. 115
DESCRIPTION
Tuber pseudoexcavatum Wang, С. Moreno, L. J. Riousset, J. L. Manjón & С. Riousset, sp.
nov. (Figs. 1-3)
Diagnosis: Ascocarpa subglobosa penitus excavata, usque ad 3,5 cm in diam, brunnea,
verrucosa. Peridium bistratum, 290-470 mm crassum. Epicutis cellulis inflatis usque ad
20 mm, brunneis, subcutis hyphis hyalinis, intertextis, 3-5 mm in diam. Gleba solida alba
demum canobruneola, venis albis. Asci sporis 1-8, subglobosis vel irregularis. Ascosporae
ellipsoideae, (23-) 24-28 (-35) x (17-) 18-19 (22-) um, spinoreticulatae.
Habitat in soils sylvarum montis usque ad 2000-2300 m supra mare, Sichuan
provincia, 26 November 1989, Y. Wang & D. Ch Zhang, paratypus IFS89911. Imported
from China: Yunnan, January 1995, L. J. Riousset Herbarium 01 14 03 95 holotypus,
isotypus in AH 18387.
Etymology: pseudoexcavatum in reference to the similarity of this species to Tuber exca-
vatum.
Ascocarp subglobose, deeply excavate, brown to brown-orange, up to 3.5 cm in
diam, with a coarsely warted surface.
Peridium 290-500 um thick, composed of distinct outer and inner layers. Outer
layer, 190-350 um thick (including warts), the outmost 3-5 layers of cells, subglobose,
brown-red, 10-20 um of diam, thick-walled (1-3 um); just below these dark outermost cells
lie pale subglobose cells which become smaller when they are closer to the inner layer
(Figs. la, 1b). Inner layer 100-140 um thick, composed of hyaline, filamentous interwoven
hyphae, 3-9 um in diam, thin-walled.
Gleba solid, white in youth but becoming gray-brown as spores mature, marbled
with meandering, white veins of hyaline, interwoven hyphae, 3-5 um in diam. Odour soft.
Asci subglobose, reniform or irregular, sometimes with short remains of cro-
ziers, 45-70 x 60-85 (-105) um, with 1-8 clustered ascospores, inamyloid, indehiscent,
randomly embedded in gleba tissue. (Figs. 1d-h). 4
Ascospores ellipsoid, spinoreticulatae, variable in size, depending on the number
of ascospores within an ascus (23-) 24-28 (-35) x 16-19 (-22) um (excluding the ornamen-
lation), on the average, (21-) 24-30 (-35) x 16-22 pm (l-spored asci), (23-) 25-30
(-34) X (17-) 18-20 (-22) um (2-spored asci). Young ascospores hyaline, smooth, becoming
dark brown, spinoreticulatae when mature. Spines up to 5 (-8) um tall and 1-2 mm thick at
the base, hyaline in the youth becoming brown to dark brown, with broad basal connec-
tions tending to form a reticulation composed of variable meshes (Figs. 1d-h), but
homogeneous in all the spore surfaces (Figs. 2a-f).
Habitat: in calcareous soils at 3-10 cm in depth under Pinus yunnanensis Franch
at elevations of 2000-2300 m, fruiting from August to November.
Material studied: Tuber pseudoexcavatum. collected from pine forest soils in Huidong,
Sichuan, China, 26 November 1989, deposited in the Herbarium of Institute of Forestry
& Soil Sciences. IFS 89912, IFS 89913, IFS 89914, IFS 89916, IFS 89919, IFS 89920, IFS
89922, leg. A.P. Li & Y..W. Li. IFS 89911, IFS 89910, IFS 89915, IFS 89917, IFS 89918;
imported from China, January 1995, AH 18384 and AH 18385; imported from China:
from pine forest soils in Yunnan, January 1995, L. J. Riousset Herbarium 01 14 03 95
holotypus, isotypus in AH. 18387.
Source : MNHN, Paris
116 Y. WANG et al.
Material studied of other species: Tuber pseudohimalayense. Probably imported
from China, in January of 1995. AH 18331 holotypus. Tuber himalayense isotypus
AH 18383. Tuber indicum : Probably imported from China, in January of 1995. AH 18329
Remarks: Tuber pseudoexcavatum is characterized by ascocarps which are
subglobose, deeply excavate, brown to brown-orange, with a coarsely warted surface, and
asci with 1-8 ascospores with spinoreticulatae ornamentation.
There are two other Tuber species with excavated ascocarps, T. excavatum Vitt.
and Tuber mesentericum Vitt. The former differs by the smooth ascocarp surface, (1)3-5(6)
spores per ascus and reticulated spores without spines. While 7: mesentericum has dark
black ascocarps, 1-5 (-6) spores per ascus and reticulated spores without spines.
Other Chinese Tuber species are T. sinense Tao & Liu (Tao & Liu, 1989), 7:
gigantisporum Wang & Li (Wang & Li, 1991), T indicum Cooke & Massee (Cooke &
Massee, 1892), Т: himalayense Zhang & Minter (Zhang & Minter, 1988) and. T: pseudohi-
malayense G. Moreno, Manjón, Diez & Garcia-Montero (Moreno & al. 1997). Tuber
pseudoexcavatum differs from these other Chinese species by the excavated ascocarp and
the 8-spored asci.
ACKNOWLEDGMENTS
We express our gratitude to Dr. M.A. Castellano for the scientific suggestions
and comments, and review of English manuscript. We also thank the “Servicio de
Microscopía Electrónica" of the University of Alcalá for their aid with the S.E.M. We
thank A. Montecchi for his valuable comments and suggestions. We are especially grateful
to Mr. J. Cunill for providing some of the specimens studied. We thank Francesco Meotto,
Centro di Studio sullo Micologia del Terreno C.N.R. de Torino (Italy) for loan of the
isotype of Tuber himalayense. Finally we are grateful for the financial support of the
Project to the INIA (SC94-129), DGICYT (PB95-0165) and to the Fundación Caja de
Madrid. The senior author thanks the Systematic Mycology and Lichenology Laboratory.
Beijing, China for financial support.
LITERATURE CITED
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Source : MNHN. Paris
Fig. 1. — Tuber pseudoexcavatum (Holotypus): a-b. ascocarps and glebal detail; c. detail of the
external peridium; d. thick-walled, globose cells of the external peridium; e. plectenquimatic cells of
the internal peridium. Bars: a, b = 1 cm; c = 100 um ; d, e = 5 pm.
Source : MNHN, Paris
TUBER PSEUDOEXCAVATUM et al. 119
Fig. 2. — Tuber pseudoexcavatum (Holotypus): a-c. asci with 3, 5, 6 and 8 ornamentated ascospores;
d-f. SEM micrographs of ascospores, showing the detail of the ornamentation. Bars : a-c = 10 um;
d-f = 5 um
Source : MNHN. Paris
120 Y. WANG et al.
Fig. 3. — Tuber pseudoexcavatum (AH 1838: ascocarp and detail of the gleba; b. detail of the
external peridium; c. thick-walled, globose cells of the external peridium; d. cells plectenquimatic of
the internal peridium; e-g. asci with 1 and 2 ascospores; f, h-j. ascospores with spines with broad basa
connections to form a reticulum; k-m. SEM micrographs of ascospores, showing the detail of
ornamentation. Bars : a = 1 cm ; b = 100 um ; c-g = 10 um; h-m = 5 um.
Source : MNHN, Paris
Cryptogamie, Mycol. 1998, 19 (1-2) : 121-129 121
ESTUDIO MICOLÖGICO DE LA RESERVA DE LA BIOSFERA
“EL CANAL Y LOS TILES” (LA PALMA, ISLAS CANARIAS).
IV. AGARICOMYCETIDAE (3° parte). GÉNERO INOCYBE.
F. ESTEVE-RAVENTÖS!, À. BAÑARES”, E. BELTRÁN! & J.L. RODRÍGUEZ?
"Autor para la correspondencia
‘Dpto. de Biología Vegetal (Botánica)
Universidad de Alcalá de Henares.
28.871 Alcalá de Henares. Madrid
"Organismo Autónomo de Parques Nacionales.
Parque Nacional del Teide. Apdo. 1.047.
Santa Cruz de Tenerife.
?Dpto. de Biología Vegetal (Botánica).
Universidad de La Laguna. Santa Cruz de Tenerife.
RESUMEN — En el presente trabajo se dan a conocer ocho especies del género Inocybe (Fr.)Fr.
recolectadas en la Reserva MAB “El Canal y Los Tiles”, constituyendo siete de ellas nuevas citas para
el Archipiélago Canario. De éstas, se ofrece una descripción, ilustración microscópica y algunos
omentarios.
\BSTRACT — A list of eight Inocybe (Fr.)Fr. species collected in the МАВ Reserve “El Canal y Los
Tiles" is presented; seven of them are new to the Canary Islands. Descriptions, microscopic illustra-
ions and some comments are given.
KEY WORDS — Inocybe, Agaricales, taxonomy, Canary Islands, Spain.
INTRODUCCIÖN
El presente trabajo constituye la cuarta aportaciön al estudio de los hongos
Superiores de la Reserva de la Biosfera “El Canal y Los Tiles" (La Palma), el cual se
enmarca en un estudio más amplio de la flora criptogámica de dicha zona. El Proyecto ha
sido subvencionado por la Dirección General de Investigación Científica y Técnica del
Ministerio de Educación y Ciencia (DGICYT, n? PB-87/1.004).
Source : MNHN, Paris
122 F. ESTEVE-RAVENTÓS et al.
Esta comunicación complementa dos aportaciones al estudio de los Agaricales
de la Reserva (Bañares et al., 1992; 1994), habiéndose proporcionado en la primera de ellas
una descripción de las características generales de la zona de estudio. En esta ocasión, la
totalidad de las especies estudiadas corresponden al género Inocybe (Fr.)Fr. subg. Inocybe,
recolectados en bosque de pinar mixto, una comunidad ecotónica de Cisto-Pinion cana-
riensis Rivas Goday & Esteve ex Sunding y el fayal-brezal (Fayo-Ericion arboreae Ober-
dorfer), en ocasiones con abundancia local de Cistus symphytifolius Lam. en el sotobos-
que, el cual protagoniza junto a Pinus canariensis Chr. Sm. ex DC., las etapas mas genuinas
del pinar.
Se adicionan un total de 8 especies al catálogo de la mencionada Reserva,
constituyendo 7 de ellas nuevas citas para el Archipiélago Canario, de las cuales ofrecemos
una breve descripción e iconografía microscópica. A pesar de que con anterioridad se han
publicado diversos trabajos que hacen referencia al género /nocybe en Canarias (Beltrán &
Wildpret, 1975; Höiland, 1979; Bañares, 1988), el presente trabajo demuestra el potencial
florístico que este género micorrizógeno aporta al pinar canario.
MATERIALES Y MÉTODOS
Las preparaciones microscópicas han sido realizadas en agua destilada y KOH
5%, fotografiadas en un microscopio modelo BHC (Olympus) con contraste de fase y
sistema fotográfico incorporado. La película utilizada fue Kodak 5053 TMY 400 asa.
El material estudiado se encuentra depositado en el Herbario TFC Mic., de la
Universidad de La Laguna y un duplicado del mismo se encuentra en el Herbario AH, de
la Universidad de Alcalá de Henares.
Localidades estudiadas
El material ha sido recolectado en las dos localidades de la zona de estudio que
describimos a continuación, a las cuales se hace referencia mediante su correspondiente
numeración al tratar cada una de las especies. En el apartado de especies dominantes sólo
citamos aquellas que muestran una cobertura importante en el sector.
I. Casa del Monte
Altitud: 1.300 m s.m. Exposición: NW. Pendiente: 30%
Fisonomía de la vegetación: Pinar mixto (pinar con fayal-brezal) en suelo ácido.
Especies dominantes: Pinus canariensis, Erica arborea L., Myrica faya Ait.,
Dryopteris oligodonta (Desv.)Pic.-Serm.
1I. Canal de Marcos y Corderos
Altitud: 1.250 m s.m. Exposición: W-NW. Pendiente: 076
Fisonomía de la vegetación: Pinar mixto con jara, en suelo ácido.
Especies dominantes: Pinus canariensis, Cistus cf. symphytifolius, Erica arborea,
Myrica faya.
Source : MNHN, Paris
ESTUDIO MICOLÖGICO DE LA RESERVA DE LA BIOSFERA 123
RESULTADOS
Inocybe cincinnata (Fr. Fr.) Quél., Mém. Soc. Emul. Montbéliard, ser. IL, 5: 179 (1872).
(Fig. 1)
= Inocybe phaeocomis (Pers.)Kuyper
= Inocybe cincinnatula Kühner
Material estudiado. — 11: 30-11-1991 (TFC Mic. 6.348)
Pileo de 1-1,5 cm de diämetro, pardo oscuro, convexo, subumbonado, fibriloso-
escuamuloso. Läminas pardas con reflejos violäceos, de arista concolor. Estipite de 12-30
х 2-3 mm, pardo oscuro con reflejos violäceos, cilindrico, provisto de fibrillas pardo-
en la base. Esporas de 9-10 x 4,2-5,5 um, subamigdaliformes, de ápice obtuso a
subcónico. Basidios claviformes, tetraspóricos. Pleurocistidios de 67-78 x 13,5-17 um,
fusiformes, cristalíferos, con paredes de -2 uim, incoloras en amoniaco. Arista formada рог
idios ausentes o sólo en la 1/10 parte apical. Pelos caulocistidioides claviformes,
presentes en el ápice.
Observaciones. — Se reporta por primera vez en el Archipiélago Canario.
Siguiendo a Heim (1931), nuestro material por su color coincide con /. obscura (Pers.)
Gillet var. purpurea R. Heim, especie que Kuyper (1986) sitúa como sinónimo de 1.
amethystina Kuyper (= I. obscura s. Konrad & Maubl., s. Bres.). No obstante, siguiendo al
autor holandés, la presencia de un pileo escuamuloso, estipite con fibrillas pardo oscuras
y arista laminal parda corresponden a /. phaeocomis, especie que debe en la actualidad
denominarse /. cincinnata (Fr.: Fr.) Quél. (Kuyper, 1989).
Inocybe cf. hirtella Bres., Fungi trident. 1: 52 (1881). (Figs. 2-3) А
Material estudiado. — I: 2-11-1989 (TFC Mic. 6.331), 4-12-1990 (ТЕС Mic.
6.352).
Pileo de 1,5-2 cm de diämetro, de tonos leonados, mamelonado y escuamuloso.
Estipite de 50-60 x 2,5 mm, concolor al pileo, sub-bulboso. Esporas de 8,5-9,5 x 4,8-
5,5 um, amigdaliformes, de ápice redondeado. Basidios claviformes, tetraspöricos. Pleu-
rocistidios pequeños, de -42 x 15-17 um, fusiformes a sublageniformes, cristalíferos;
paredes de -2,5 um, amarillentas en amoniaco. Caulocistidios semejantes a los pleurocis-
tidios, muy abundantes en toda la superficie del estipite. ү А =
Observaciones. — Las caracteristicas resenadas nos inclinan a identificar nuestro
material con la especie de Bresadola; a pesar de ello no hemos creido conveniente su
confirmación por carecer de datos sobre el olor de los carpoforos. Con anterioridad,
Héiland (1979) cita 7. hirtella f. tetraspora Kühner (= 1. hirtella var. hirtella) para la Isla de
La Palma, en häbitat similar.
Inocybe leptocystis С.Е. Atk., Amer. J. Bot. 5: 212 (1918). (Figs. 4-5)
= Inocybe hygrophila J. Favre
Material estudiado. — I: 2-2-1991 (TFC Mic. 6.369).
Source : MNHN, Paris
124 Е ESTEVE-RAVENTÓS et al.
Pileo de 1-3 cm de diämetro, marrön-ocräceo, umbonado y escuamuloso en
carpóforos maduros. Estipite de 30 x 2,5-3 mm, blanquecino a ocräceo, liso a débilmente
fibriloso, sub-bulboso. Esporas de 8,8-9,5 x 5,2-5,5 um, amigdaliformes, de ápice indis-
tintamente cónico, rara vez subpapilado. Basidios claviformes, tetraspóricos. Pleurocisti-
dios de 55-78 x 12-18 um, claviformes a subutriformes, capitados, de paredes muy
delgadas (« 0,5 um), con exudados resinosos internos y externos, excepcionalmente con
cristales en la parte apical. Caulocistidios ausentes o reducidos a pelos caulocistidioides en
la 1/10 parte apical.
Observaciones. — Se reporta por primera vez para el Archipiélago Canario.
Algunos carpóforos exhiben constantemente pleurocistidios utriformes bastante estre-
chos (aproximadamente x 12 um) así como paredes ligeramente engrosadas; no obstante
corresponden al rango de mediciones e ilustraciones de Horak & Stangl (1980) y Stangl
(1989). Otras especies próximas como /. obscurobadia (J.Favre) Grund & D.E. Stuntz, /.
melanopus D.E. Stuntz o 1. albovelutipes Stangl nunca presentan exudados externos sobre
los cistidios, los cuales no son tan distintamente capitados.
Inocybe muricellata Bres., Ann. Mycol. 3: 160 (1905)
= Inocybe scabelliformis Malengon (?)
= Inocybe scabella (Fr.) Kummer, s. Kühner
Material estudiado. — I: 7-11-1991 (TFC Mic. 6.356). II: 7-11-1991 (TFC Mic.
6.354).
Pileo de 1,5-2,5 cm de diämetro, marrön-ocräceo, convexo, umbonado a veces,
fibriloso-escuamuloso. Estipite largo, de 40-75 x 3-5 mm, blanquecino con tonalidades
rosadas, subbulboso, pruinoso en toda su superficie, con tomento blanco en la base.
Esporas de 9,3-12 x 5,5-6,3 um, subamigdaliformes, de äpice cónico. Basidios claviformes,
tetraspóricos. Pleurocistidios de 58-70 x 13-20 um, lageniformes a fusiformes, a veces
cilindricos, cristalíferos, de paredes gruesas (-2,7 um), desde apenas amarillentas hasta
intensamente amarillas en amoniaco. Queilocistidios semejantes a los pleurocistidios.
Caulocistidios igualmente semejantes, presentes hasta media altura, mezclados con cau-
loparacistidios.
Observaciones. — Se reporta por primera vez para el Archipiélago Canario.
Parte de nuestro material (TFC Mic. 6.354) coincide con la descripción de 1. scabelliformis
Malengon (Malencon & Bertault, 1970), ya que sus paredes cistidiales no se tornan
amarillas en amoniaco. No obstante, seguimos a Kuyper (1986) quien incluye a este taxon
como sinónimo de /. muricellata Bres.
Con anterioridad, Cool (1924) cita 1. cf. scabella Fr. para la isla de Tenerife; no
obstante, la inexistencia de material de herbario nos impide saber si se trata de la misma
especie. El taxon de Fries constituye un nomen dubium, interpretado de diferentes formas
por los autores europeos (Kuyper, op. cit.: 234).
Inocybe obscurobadia (J. Favre) Grund & D.E. Stuntz, Mycologia 69: 407 (1977). (Fig. 6)
= Inocybe tenuicystidiata Horak & Stangl
= Inocybe leptocystis G.F. Atk., s. Kühner
Material estudiado. — I: 30-11-1991 (TFC Mic. 6.339)
Source : MNHN, Paris
ESTUDIO MICOLÖGICO DE LA RESERVA DE LA BIOSFERA 125
Pileo de 2-2,5 cm de diämetro, marrön, convexo y subumbonado, fibriloso-
subescuamuloso radialmente; disco mas oscuro y liso. Estipite largo, de 70-85 x 5-6 mm,
ocráceo-blanquecino, sub-bulboso, longitudinalmente fibriloso, pruinoso en la parte
apical. Olor espermático cuando fresco. Esporas de 7,5-9,5 x 4-5 um, subamigdaliformes
a veces con ápice sub-papilado y depresión suprahilar. Basidios claviformes, tetraspóricos.
Pleurocistidios de 50-85 x 10,5-12,2 (-18) um, con la parte superior de 7-8,5 um de ancho,
cilindricos, fusiformes a sublageniformes, con un cuello alargado, a veces flexuoso, rara
vez más o menos utriformes, escasamente cristaliferos; pared estrecha (-0,6 um) con
tonalidad amarillenta. Queilocistidios semejantes a los pleurocistidios. Caulocistidios
ausentes. Pelos mas o menos filamentosos o esferopedunculados presentes en el ápice del
estípite.
Observaciones. — Se reporta por primera vez para el Archipielago Canario.
Nuestro material coincide perfectamente con la descripción de Kuyper (1986) a excepción
de la ausencia de tonalidades rojizas en el estípite, carácter que este autor cita como
inconstante para la especie. El verdadero /. leptocystis G.F. Atk. también presente en la
ona de estudio, de cistidios característicamente utriformes, constituye una denominación
incorrecta de /. obscurobadia, que los autores europeos han dado constantemente a la
especie de Favre.
Inocybe posterula (Britzelm.) Sacc., Syll. Fung. 5: 778 (1887). (Fig. 7)
Inocybe xanthodisca Kühner
Inocybe geophylla (Fr.: Fr.)Kummer var. lutescens Gillet
Mat estudiado. — I: 2-12-1989 (TFC Mic. 6.330), 4-12-1990 (TFC Mic.
».360), 30-11-1991 (TFC Mic. 6.367).
Pileo de 3-6 cm de diámetro, blanquecino-crema, umbonado a sub-umbonado,
liso y brillante, radialmente fibriloso; el disco ocre-leonado a menudo con una débil
tonalidad anaranjada, algo tomentoso a sub-escamoso, a veces agrietado. Estipite de
30-75 x 4-10 mm, blanquecino (mas claro que el pileo), cilíndrico o algo ensanchado en la
base, fibriloso-pruinoso en el ápice; cortina presente. Olor espermático. Esporas de 8,5-9,3
х 4,7-5,4 um, más o menos elipsoidales a subamigdaliformes, de ápice obtuso a subcónico.
Basidios claviformes, tetraspóricos. Pleurocistidios de 47-52 x 11,7-17 um, fusiformes a
ublageniformes, cristaliferos, de paredes no muy gruesas (1,7-2,3 um), amarillentas en
moniaco. Queilocistidios semejantes a los pleurocistidios. Caulocistidios igualmente
semejantes, presentes en la 1/6 parte apical.
Observaciones. — Se reporta por primera vez para el Archipiélago Canario. En
la zona de estudio, /. posterula es abundante en años lluviosos, especialmente en noviem-
bre, Cabe destacar que el material estudiado exhibe el píleo con tonalidades anaranjadas
єп la zona discal y los dios presentan paredes algo mas amarillentas a lo señalado
habitualmente en la bibliografía.
Inocybe pudica Kühner, Ann. Sci. Franche-Comté 2: 26 (1947). (Figs. 8-10)
= Inocybe whitei (Berk. & Broome)Sacc., s. Kuyper , "
Material estudiado. — I: 28-1-1989 (TFC Mic. 6.336), 4-12-1990 (TFC Mic.
6.357), 2-2-1991 (TFC Mic. 6.353).
Source : MNHN, Paris
126 Е ESTEVE-RAVENTÓS et al.
Pileo de 2-2,5 cm de diámetro, blanquecino, volviéndose anaranjado-rojizo en la
madurez, al principio hemisferico y obtuso con el márgen inflexo, después mas o menos
aplanado; revestimiento del píleo seco, liso, a veces fisurado hacia el disco. Láminas
blanquecinas, después ocráceas hasta anaranjadas-rojizas. Estipite de 35-55 x 2,5-6 mm,
concolor al pileo en la madurez, aunque menos coloreado, algo ensanchado en la base,
pruinoso-fibriloso en el extremo apical (1/6); cortina presente en ejemplares inmaduros.
Esporas de 8,5-9,5 x 4,5-5 um, elipsoidales, alargadas, con el ápice obtuso. Basidios
claviformes, tetraspóricos, raramente bispóricos o monospóricos. Pleurocistidios cortos,
de 43-50 x 17-21 um, fusiformes, cristaliferos, de paredes más o menos anchas (2,5-3 um),
apenas amarillentas. Queilocistidios semejantes a los pleurocistidios. Caulocistidios pre-
sentes en el 1/3 apical mezclados con cauloparacistidios y pelos caulocistidioides, no
eristaliferos.
Observaciones. — Se reporta por primera vez para el Archipiélago Canario.
Nuestro material coincide muy bien con la especie de Kühner, que Kuyper (1986) consi-
dera coespecifica con /. whitei; es interesante resaltar que nuestras recolectas presentan
carpóforos con dimensiones algo reducidas [pileo de 20-25 mm de diámetro frente a 22-35
mm y estípite de 35-55 x 2,5-6 mm frente a 40-81 x 2,5-8 mm resenado por Kuyper (op.
cit.)] y esporas con tendencia a presentar ápice subcónico, más alargadas y estrechas
(8,5-9,5 х 4,5-5 um frente а 8,1-9,1 х 4,7-5,2 um resenadas por el autor holandés),
probablemente debido a la presencia de basidios trispóricos, bispóricos y monospóricos
Inocybe subporospora Kuyper, Persoonia suppl. 3: 95 (1986). (Fig. 11)
= Inocybe tarda Kühner var. sabulosa Beller & Bon
Material estudiado. — II: 4-12-1990 (TFC Mic. 6.363).
Pileo de 2-2,5 cm de diámetro, pardo-marrön, fibroso radialmente, no rimoso,
liso cuando jóven, en ejemplares maduros provisto de escuámulas recurvadas. Estipite de
40-50 x 3 mm, blanquecino, pardo-rosado en la parte superior, no bulboso, pruinoso en el
1/3 apical. Esporas de 8,5-9,5 x 5-5,5 um, amigdaliformes, con el ápice mas o menos
redondeado y provistas de un diminuto poro germinativo. Basidios claviformes, tetras-
póricos, Pleurocistidios cortos, de 47-50 x 12-17 um, anchamente fusiformes a subutrifor-
mes, cristaliferos, con paredes de -3 um, incoloras en amoniaco. Queilocistidios semejan
tes a los pleurocistidios. Caulocistidios presentes en el 1/3 apical.
Observaciones. — Se reporta por primera vez para el Archipielago Canaric
Nuestro material coincide con la descripción original de I. subporospora; asimism«
coincide con el holótipo de /. tarda var. sabulosa (estudiado por el primer autor), aunque
los cistidios de nuestro material son algo mas estrechos (x 12-17 um frente a 14-22 um). /
nitidiuscula (Britzelm.)Sacc., ampliamente citada para Canarias, constituye una especie de
macroscopía semejante a /. subporospora, aunque de cistidios lageniformes de mayor
tamaño (50-90 x 13-22 um) y esporas sin poro germinativo evidente. La bibliografía
consultada menciona constantemente /. subporospora asociado a coníferas en suelos
particularmente arenosos; no obstante, en la zona de estudio no existe este tipo de suelo.
Source : MNHN, Paris
ESTUDIO MICOLÖGICO DE LA RESERVA DE LA BIOSFERA 127
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Source : MNHN. Paris
Fig. 1. Inocybe cincinnata (Fr.: Fr.) Quél., TFC Mic. 6.348: pleurocistidio y esporas. Figs. 2-3. I. cf.
hirtella Bres., TFC Mic. 6.352: 2, pleurocistidio; 3, esporas. Figs. 4-5. I. leptocystis G.F. Atk., TFC
Mic. 6.369: 4, pleurocistidio; 5, pleurocistidio y esporas. Barra — 10 um.
Fig. 1. Inocybe cincinnata (Fr.: Fr.) Quél., TFC Mic. 6.348: pleurocystidium and spores. Figs. 2-3. 1. cf.
hirtella Bres., TFC Mic. 6.352: 2, pleurocystidium; 3, spores. Figs. 4-5. Z. leptocystis G.F. Atk., TFC
Mic. 6.369: 4, pleurocystidium; 5, pleurocystidium and spores. Bar = 10 um.
Source : MNHN, Paris
Fig. 6. Inocybe obscurobadia (J. Favre) Grund & D.E. Stuntz, TFC Mic. 6.339: pleurocistidio y
esporas, Fig. 7. I. posterula (Britzelm.) Sacc., TFC Mic. 6.367: pleurocistidio. Figs. 8-10: I. pudica
Kühner, TFC Mic. 6.357: 8, esporas; 9, pleurocistidio; 10, pleurocistidio. Fig. 11. Z subporospora
Kuyper, TFC Mic. 6.363: pleurocistidio. Barra = 10 um.
Fig. 6. Inocybe obscurobadia (J. Favre) Grund & D.E. Stuntz, TFC Mic. 6.339: pleurocys
Spores. Fig. 7. 1. posterula (Britzelm.) Sacc., TFC Mic. 6.367: pleurocystidium. Figs. 8-10: I. pudica
Kühner, TEC Mic. 6.357: 8, spores: 9, pleurocystidium; 10, pleurocystidium. Fig. 11. Z. subporospora
Kuyper, TFC Mic. 6.363: pleurocystidium. Bar = 10 рт.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
Cryptogamie, Mycol. 1998, 19 (1-2) : 131-137 131
CALVATIA PYGMAEA (GASTEROMYCETES)
IN THE DESERTS OF BAJA CALIFORNIA SUR (MEXICO)
Carlos OCHOA ', Gabriel MORENO ?, Alberto ALTES ? & Hanns KREISEL °
! Laboratorio de Micología, Facultad de Ciencias, Universidad Autónoma de Baja California,
1880 Ensenada, Baja California, México.
2 Departamento de Biología Vegetal (Botánica), Universidad de Alcalá,
28871 Alcalá de Henares, Madrid, Spain.
3 Institut for Mikrobiologie, Ernst-Moritz-Arndt-Universität, Ludwig-Jahn-Str. 15a,
D-17487 Greifswald, Germany.
RÉSUMÉ — Lanopila pygmaea, une espéce uniquement connue par la description originelle de
l'Argentine et de la Bolivie, a été récoltée 90 ans plus tard dans des aires désertiques de Baja California
Sur (Mexique). Sa combinaison avec le genre Calvatia est proposée. Des photomicrographies au
microscope optique et microscope électronique à balayage sont incluses.
MOTS CLEFS — Calvatia, Lanopila, Gasteromycetes, chorologie, taxonomie.
ABSTRACT — Lanopila pygmaea, a species only known by the original description from Argentina
ind Bolivia, has been collected 90 years later in arid areas of Baja California Sur (Mexico). Its
ombination with the genus Calvalia is proposed. Photomicrographs under LM and SEM are
ncluded.
KEY WORDS — Calvatia, Lanopila, Gasteromycetes, chorology, taxonomy.
INTRODUCTION
In January of 1996 two of us (C.O. and С.М.) carried out an exploration of 15
days in desertic areas of Baja California peninsula, in company with members of the
University of Baja California and the University of Alcalá, within a research project with
the aim to compare mediterranean areas of Spain with Baja California peninsula. A large
explored part is rich in Cactaceae. The important fungal diversity in these areas, mainly
Myxomycetes, Gasteromycetes, and Agaricales, is very interesting from the point of view
of the adaption to extreme hydric situations. At first we expected only scarce collections,
but with respect to the groups mentioned above it was quite different: the diversity of
Gasteromycetes was exceptionally rich and Myxomycetes were abundant.
Source : MNHN. Paris
132 C. OCHOA et al.
In this paper we describe one species, Lanopila pygmaea R.E. Fr., which has not
been collected again after its discovery by Fries (1909), and propose the combination of
this taxon to the genus Calvatia.
MATERIALS AND METHODS
The studied specimens are deposited in the herbarium of the University of
Alcalá, Spain (AH), in the herbarium of the University of. Baja California, Mexico
(BCMEX), and in the personal herbarium of H. Kreisel, Greifswald, Germany.
Colour was determined with Locquin's (1975) Natural Color Guide, and the
code is given in parentheses. Scanning Electron Microscope (SEM) photographs were
made according to Moreno er al. (1995).
DESCRIPTION
Calvatia pygmaea (R.E. Fr.) Kreisel, G. Moreno, C. Ochoa & Altés comb. nov.
(Figs. 1-30)
Basionym: Lanopila pygmaea R.E. Fr., Arkiv Bot. 8(11): 16-17. 1909.
Material studied: MEXICO: Baja California Sur, Vizcaino, km 12 Vizcain Bahía Tortugas, under
Vien valida Brandegee and Opuntia molesta Brandegee, leg. С. Moreno, C. Ochoa, C. Шапа, M
Lizárraga, R. Galán & N. Ayala, 26.1.1996, AH 18358 (dupl. in herb. К. 1). Baja California Sur,
ar Loreto, in vegetation of Cactaceae with O. molesta, leg C. Ochoa, б. Moreno. С. Шапа, M
Lizarraga, R. Galán & М. Ayala, 31.1.1996, AH 21501 (dupl. in BCMEX 5481). ARGENTINA: Prov.
Jujuy. Pampa Blanca, dry sandy soil in thorny bush vegetation, leg RE. Fries, 23.V.1901, R.E. Fries
65u, S (LECTOTYPE of Lanopila pygmaea), BOLIVIA: Bolivia australis, Tarija, оп rather dry sandy
ground under Acacia shrubs, leg. R.E. Fries, 11.1902, R.E. Fries 277a, S (SYNTYPE of L. pygmaea).
The Mexican specimens present the following features: Basidiocarps 14-25 mm
diam., globose, subglobose, or irregularly globose (tuberiform) (Figs. 1-2), separating
from the basal mycelium at maturity. Exoperidium about 0.1 mm thick, membranaceous,
disrupting in plaques (Fig. 1), glabrous, colour silvery to silvery grey, finally silvery brown.
Endoperidium 0.1-0.3 mm thick, pruinate, tomentose to velutinous, breaking irregularly
at the apex (Fig. 2), colour brown to greyish brown (D6f, ESf, K4f). Gleba dark brown
(A2c). Subgleba absent.
Spores 6-8 um diam., globose, ochraceous, with thick wall in LM, smooth, with
a small hyaline apiculus 1-2 um long (Figs. 10-12); under SEM the spores are perfectly
smooth (Figs. 17-21). Capillitium abundant, 3-7.5 um diam., thick walled (wall 1-2 um
thick), without pores, branched (Fig. 4), septate (breaking at the septa), frequently
sinuose, ochraceous yellow to yellowish brown, with a few narrow and long end branches
which sometimes originate from the septa (Fig. 3). Septa are infrequent or very rare.
variable in broadth, slightly or nearly not inflated (Figs. 6-9, 15-16). Exoperidium not
Source : MNHN, Paris
CALVATIA PYGMAEA COMB. NOV. 133
much differentiated, formed by subglobose cells and cylindric appressed filaments (struc-
ture epidermoidea). Endoperidium consisting of cylindric filaments, 5-8 um diam., inter-
mixed, ramified, septate, thick walled (wall 1-3 pm thick), brown, similar to the capillitial
hyphae.
Remarks: Calvatia pygmaea belongs to Calvatia section Lanopila (Fr.) Kreisel,
by lack of subgleba and imperforate capillitium (Kreisel, 1994). Within this section, C.
pygmaea is unique by its smooth spores even under SEM.
Calvatia pachyderma (Peck) Morgan (another species of Calvatia with smooth
spores) differs by its larger size (77-170 mm diam.), thicker endoperidium (1-4 mm thick),
capillitium with frequent small pores, and smaller spores of 4-5 um diam. (Moreno et al.,
1996).
Calvatia complutensis G. Moreno, Kreisel & Altés differs by its larger size (23-70
mm diam.), exoperidium not membranaceous and not rupturing in plaques, capillitium
with medium size pores, and smaller spores of (3.2-)4.8-5.6(-6.4) um diam., smooth or
nearly smooth under LM, but rugose to slightly verruculose under SEM (Moreno et al.,
1996).
Two other species with smooth spores are Lanopila radloffiana Verwoerd and
Calvatia diguetii Hariot & Pat. According to our data, only the type collection of both
species is known. The former was described from subtropical areas in South Africa
(Bottomley, 1948) and the latter from the Californian coasts (Hariot & Patouillard, 1904).
Nevertheless, we have not been able to obtain this type material of L. radloffiana on loan,
but it has been described as having small spores of 3.4-3.8 um diam. (smaller than those of
C. pygmaea). In the case of C. diguetii we can confirm the larger size of the basidiocarps
(40-60 mm diam.), the presence of septate, very pitted capillitum, and smaller spores
(3-4 um diam.).
The type material studied of Calvatia pygmaea (S) consists of three complete
basidiocarps and one fragment, measuring 7.5-10 mm diam. Macro — and microscopic
characters coincide with the material from Baja California Sur (Figs. 22-30). This species
was known only by the description of the type by Fries (1909), based on specimens from
Bolivia and Argentina. This author did not indicate which of the two collections should be
considered as type. Therefore we select as lectotype the collection R.E. Fries 65a from
Argentina, which plainly coincides with the original diagnosis. The syntype R.E. Fries
(S) from Bolivia, one basidiocarp studied by one of us (H.K.) in 1989, has the same
ACKNOWLEDGEMENTS: We wish to express our gratitude to the herbarium S for the loan of type
Material, The assistance of LA. Pérez and A. Priego with the SEM has been invaluable. Dr Ochoa
Wishes to thank ro the University of Alcalá de Henares for granting him a Visiting Professorship
during 1994, This research has been partially funded by Project DGICYT 95-0129 and by the
Programa de Cooperación con Iberoamérica, Ministerio de Educación y Ciencia, Spain.
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Source : MNHN. Paris
CALVATIA PYGMAEA COMB. NOV. 135
c NE & / NE
1: Basidiocarps (AH 18358). 2: asidiocarps (AH 21501). 3-9:
Calvatia pygmaea.
on (AH 18358). 10-12: Smooth spores (AH
perforate capillitium showing septa and ramificati
58). Bars: 1, 2 = 10 mm; 3-12 = 10 um.
Im
18
MNHN, Paris
136
С. OCHOA et al.
Figs. 13-21 — Calvatia pygmaea. 13-16: Capillitium under SEM with septa (AH 18358). 17-20: Spores
smooth under SEM (AH 18358). 21: Spore smoot!
h under SEM (AH 21501). Bars: 13 = 20 um; 14 =
Source : MN
CALVATIA PYGMAEA COMB. NOV.
137
Oum: 15, 16 = 5 um; 17-20 = 2 um; 21 = 1 um.Figs. 22-30 — Calvatia pygmaea R.E. Fries 65a
(Lectotype, S). 22-23: Basidiocarps. 24-26: Imperforate capillitium under SEM. 27-30: Spores smooth
in under SEM. Bars: 2 10 mm; 24-26 = 5 mm; 27 = 10 um; 28-30 = 2 mm
Source : MNHN. Paris
Cryptogamie, Mycol. 1998, 19 (1-2) : 139-161 139
LA MACROFLORE FONGIQUE DE CEDRUS ATLANTICA
(ENDL.) MANETTI EX CARRIERE
II — LES CHAMPIGNONS ECTOMYCORHIZIENS
D'UNE CEDRAIE
DU MASSIF DU DJURDJURA (ALGERIE)
H. NEZZAR-HOCINE!, R. J. BOUTEVILLE?,
J. GUINBERTEAU ?, R. PERRIN * et G. CHEVALIER *
! Université Mouloud Mammeri, Unité de Recherches en Biologie et Agro-Foresterie,
route de Hasnaoua, 15000 Tizi-Ouzou (Algérie). Fax : (+213) 3 21 86 81
2 12, rue Jules Guesde, 63400 Chamaliéres (France).
3 INRA, Station de Recherches sur les champignons, Domaine de la Grande-Ferrade,
71 avenue Edouard Bourleaux, B.P. 81, 33883 Villenave-d’Ornon Cedex (France).
Fax : (+ 33) 5 56 84 31 78. E — mail : guinberteau @ bordeaux.inra.Fr.
‘INRA, Station de Recherches sur la Flore Pathogène dans le sol, 17 rue Sully, 21031 Dijon Cedex
(Fance). Fax : (+ 33) 3 80 63 30 26. E — mail : perrin @ bordeaux.inra.fr.
5 INRA, Station d’Amelioration des Plantes, Unité de Pathologie végétale et de Mycologie,
Domaine de Crouelle, 63039 Clermont-Ferrand Cedex 2 (France). Fax : (+ 33) 4 73 62 44 59
E — mail : Chevalier @ clermont.inra.fr.
RÉSUMÉ — Les données sur les champignons mycorhiziens du cèdre de l'Atlas sont rares. Une
‘tude a été réalisée à la cédraie d'Ighil-Inguel, station de Tala-Guilef (massif du Djurdjura, Algérie).
Une attention particulière a été accordée aux champignons mycorhiziens susceptibles de contracter
¡ne association avec le cèdre au stade juvénile. Sur une centaine d'espèces identifiées (appartenant à
48 genres), 71 espèces appartenant à 29 genres sont connues comme ectomycorhiziennes ; la plupart
font partie des familles des Cortinariaceae, Tricholomataceae et Russulaceae. Sur les 71 espèces, 40
sont signalées pour la premiere fois en Algérie. Parmi les 193 espèces mycorhiziennes différentes
levées en Algérie, au Maroc et en France, dans les différentes études réalisées jusqu'ici, 23 espèces
rouvées au cours de notre étude sont signalées pour la première fois sous cèdre. La flore myco-
rhizienne du cèdre de l'Atlas semble correspondre principalement aux genres Cortinarius, Inocybe,
Russula et Tricholoma. Les genres Hebeloma, Hygrophorus and Ramaria sont assez bien représentés.
MOTS CLEFS — mycorhiziens, Algérie, Cedrus
sociated with Cedrus atlantica is scarce. The
antica forest of Ighil-Inguel (Tala-Guilef
as paid to those mycorrhizal fungi able
а hundred fungal species identified
MARY — Information about mycorrhizal fungi as:
appearance of fruit bodies was monitored in the C. at
station, Djurdjura mountains, Algeria). Particular attention ws
1o initiate a symbiotic association with young cedar. Of about
Auteur correspondant
Source : MNHN. Paris
140 P KAISER
(corresponding to 48 different genera), 71 species belonging to 29 genera are ectomycorrhizal. Most
of them are members of the Cortinariaceae, Tricholomataceae and Russulaceae families. Out of the 71
species, 40 were observed for the first time in Algeria. Out of the 193 mycorrhizal species observed in
Algeria, Morocco and France, in the different studies made so far, 23 were monitored for the first time
in this study under cedar. The mycorrhizal flora of Cedrus atlantica appears to consist mainly of
species belonging to genera Cortinarius, Inocybe, Russula and Tricholoma. The genera Hebeloma,
Hygrophorus and Ramaria are also represented
KEY WORDS — mycorrhizal, Algeria, Cedrus
INTRODUCTION
Compte tenu de l'importance de la symbiose mycorhizienne pour les essences
forestiéres, de nombreux chercheurs, tels Trappe (1962), Singer (1975), Miller (1982a et b),
Harley & Smith (1983), ont établi des listes de champignons mycorhiziens associés à
différentes essences. Ces listes ont été constituées à partir d'observations effectuées direc-
tement sur le terrain ou de travaux de synthèse au laboratoire. Le recensement mycologi-
que d'un peuplement donné permet d'inventorier les champignons saprophytes, parasites
et mycorhiziens. En éliminant les saprophytes et les parasites, on peut dresser une liste des
espéces mycorhiziennes pour une plante-hóte donnée. Cette étape est trés importante dans
l'élaboration d'un programme de mycorhization contrólée, car elle permet de disposer
d'isolats qui serviront à sélectionner les associations mycorhiziennes les plus intéressantes
pour le développement de la plante.
Les données concernant les champignons mycorhiziens associés au cèdre de
l'Atlas sont rares. Dans les différents travaux réalisés sur la macroflore du cèdre de l'Atlas,
aussi bien au Maroc (Maire & Werner, 1937; Malengon & Bertault, 1970b, 1975 ;
Bertault, 1964, 1965, 1978a et b), qu'en Algérie (Maire, 1914, 1927 ; Nezzar-Hocine el al.,
1996b ) et en France (Coulon & Riousset 1967 ; Mousain, in Toth, 1988 ; Riousset &
Riousset, 1991), le caractére mycorhizien des espéces n'est pas mentionné ; seules sont
signalées les espéces caractéristiques d'une station déterminée ou spécifiques du cédre.
Le Poutre (1961), dans son étude sur les conditions édaphiques de la régénéra-
tion des cédraies marocaines, ne mentionne le caractére mycorhizogene que de cinq
espèces. Dans une synthèse bibliographique établie en 1962, et concernant 280 espèces
d'arbres, Trappe cite 525 espéces de champignons susceptibles d'étre ectomycorhiziens ; 5
seulement concernent le cédre de l'Atlas, dont 4 espéces déjà citées par Le Poutre. Dans
une étude bibliographique sur les champignons mycorhiziens des conifères de France,
Pradon (1994) mentionne seulement 5 espèces de champignons mycorhiziens sous Cedrus.
Le nombre de champignons cités dans l'ensemble des travaux effectués jusqu'ici reste donc
trés limité. Dans la synthèse bibliographique de Meyer (1973), le cèdre de l'Atlas n'est pas
mentionné parmi les essences à ectomycorhizes les plus importantes dans le bassin
méditerranéen.
Jusqu'à présent, aucune étude approfondie n'avait été entreprise sur les champi-
gnons mycorhiziens des cédraies algériennes. Les premiers travaux sur la symbiose myco-
rhizienne du cédre de l'Atlas dans le massif du Djurdjura (Algérie), effectués par Hocine
et al. (1990, 1994), ont montré une grande richesse de la macroflore fongique, une large
diversité des types mycorhiziens et un potentiel ectomycorhizien du sol de cédraie trés
élevé (Nezzar-Hocine er al., 1995). L'objectif de cet article est, d'une part de faire un
Source : MNHN, Paris
Cryptogamie, Mycol. 1998, 19 (1-2): 139-161 141
inventaire des champignons mycorhiziens d’une cédraie représentative d'Algérie, d'autre
part d'établir une comparaison avec l'ensemble des champignons mycorhiziens répertoriés
sous le cédre de l'Atlas, aussi bien dans son aire d'origine (Algérie, Maroc) qu'en France.
MATERIEL ET METHODES
1. Site d'étude et époque de prélèvement
Les champignons mycorhiziens ont été récoltés dans la cédraie d'Ighil-Inguel
(station de Tala-Guilef), à 1600 m d'altitude, dans un site qui a été consacré spécialement
à l'étude de la macroflore fongique (Nezzar-Hocine et al., 1996b). La description détaillée
de ce site a été donnée par Nezzar-Hocine et al. (1996b). La station de Tala-Guilef (1450
mètres d'altitude moyenne) se caractérise par un climat méditerranéen à variante froide et
humide. Les caractéristiques climatiques de la station ont été fournies par Abdesselam
(1995).
Les relevés de champignons ont été effectués sur environ un hectare, de part et
d'autre de la ligne des crétes dite « des millénaires » qui sépare les versants nord et sud de
la cédraie. Les versants sont caracterises par des peuplements trés diversifies, depuis de
jeunes régénérations jusqu'à des arbres dits « millénaires ». En réalité ces arbres n'ont pas
mille ans, mais de 400 à 450 ans (Toth, comm. pers.), si l'on se refere aux mémes spécimens
existant au Maroc. La collecte des champignons a été faite durant 4 années consécutives,
À raison de deux sorties par saison, de l'automne 1989 au printemps 1993.
2. Identification des champignons
Les champignons mycorhiziens ont été identifiés par l'examen des caractères
macroscopiques des sporophores, d'aprés les principaux ouvrages de Maire (1928),
Malencon & Bertault (1970b, 1975), de Bertault (1978a et b), ainsi que ceux de Kühner &
Romagnesi (1974) et de Bon (1984, 1991). Des études microscopiques ont été réalisées sur
les revétements et les spores des échantillons appartenant à des genres ou complexes
spécifiques renfermant des espèces difficiles à séparer (Cortinarius, Hebeloma, Inocybe,
Russula...). La classification et la nomenclature des espèces sont celles adoptées par
Courtecuisse (1994). Nous avons également utilisé la liste des noms valides de Bertea er al.
(1989).
RESULTATS
1. Inventaire des espéces mycorhiziennes
L'inventaire de la macroflore fongique de la cédraie d'Ighil-Inguel a révélé une
grande richesse en espèces mycorhiziennes. Sur une centaine d'espèces identifiées réparties
en 48 genres (Nezzar-Hocine er al., 1996b), au total 71 espèces sont susceptibles d’être
mycorhiziennes (tableaux 1 et 3).
Source : MNHN, Paris
ALGERIE MAROC FRANCE
кише rar Rens, nase | pres | Ашны | ame | pair | ман. | Amer
К régions [amres région Lubéron] Venen ion
Amanitaceae
Amanita
IA. ceciliae (Bk. & Br.) Boudier ex. Bas B
(A. inaurata = A. strangulata)
[A gemmata (Paulet) Bertillon B.M&B
la. gemmata f. amici (Gill) Gilb. Мав
А. muscaria (L. : Fr.) Hook. ъмав Dur.
|А. ovoidea (Bull. : Fr. ) Link L
А. rubescens (Pers. : Fr.) S. F. Gray 6 мав | Mas
A. vaginata (Bull. : Fr.) Vitt. L g
Bankeraceae "
Hydnellum
IH. ferrugineum (Fr. : Fr.) Karsten (= Calodon f.) R
Boletaceae
Boletus
IB. erythropus Pers.(= Tubiporus e.) ea ® Maw
|B. luridus Sch. : Fr. L T
Chalciporus
IC. amarellus (Quél.) Bataille (= Boletus a.) ©
Leccinum
IL. crocipodium (Letellier) Wat.
(= L tesselatum = L. nigrescens) (= Boletus ^ E
lerocipodius)
Suillus
. collinitus (Fr.) O. Kuntze (= S. fluryi = B. collinitus)] © ri L
|5. luteus (L. : Fr.) Roussel CE
|S. placidus (Bonorden) Sing. с
Xerocomus
г chrysenteron (Bull.) Quél. ers M L Dur
г subtomentosus (L. : Fr.) Quél. GL мав
(= Boletus subtomentosus L. : Fr.)
Clavariadelphaceae
Clavariadelphus
IC. truncatus (Quél.) Donk (= Clavaria truncata Quél.)| © Маз
Clavulinaceae
Clavulina
IC. cristata (Holmsk. : Fr) Schroet. Е
(= Clavaria с. Holmsk. : Fr.) (= Ramaria с.)
Cortinariaceae
Cortinarius
IC. anserinus (Vel.) Henry (= C. amoenolens ) jan
С. anomalus (Fr. : Fr.) Fr. Maw
IC. aurasiacus***Pat. ss. Malç. & Bert. c мау,
IC. argentatus ( Pers. : Fr.) Fr. МАН
IC. azureus Fr. маз.
Мав
C. brunneus (Pers. : Fr.) Fr. с мав | M&W
IC. caerulescens (Sch.)Fr. Maire
мав
rous (Pers. : Fr.) S.F. Gray а M
(С. calochrous f. violascens Henry MED
Source : MNHN, Paris
ALGERIE MAROC FRANCE
Familles / genres / espèces Moyen
Айз | Djurdjura | Aures | Аша, Rif, | Peut | Mont | Auses
теа régions | Aures |Lubéron| Vemoux| régions
régions
Cortinarius
(C. candelaris Fr. мав
IC. castaneus (Bull. : Fr.) Fr. A
IC. cedretorum***Maire GTI] c | mas] мау
мавр
С. cedretorum***Maire var. typicus Maire мау
|C. claricolor (Fr.) Fr. ст мам
|С. cotoneus Fr. мав
|C. duracinus Fr. ст| о [man] Maw.
| Мав
(С dionysae Henry. Мав
issimus Henry (= C. auroturbinatus pp.) s
(C. glaucopus (Sch : Fr) Fr. мав
|C_herculeus ***Malençon G M&BP | MR | M |L Dur.
(С. infractus (Pers. : Fr.) Fr. ст мав | мав | R
(C. infractus (Pers. : Fr.) Fr. ssp. obscurocyaneus Maire
(Secretan ex Schroeter) garnier Tas BR
|C. multiformis (Er.—) Fr. M&B
[C_ochropallidus Henry мав
\C.odorifer Britz. © [мав [| мав
C orichalceus (Batsch) Fr. © мав
|C. prasinus (Sch.) Fr. мав
(С sodagnitus Henry мав
(C. turmalis Fr. var. cedretorum Heim Heim.
| тм&в
(С. uraceus Fr. M&B
(C. variecolor (Pers. : Fr.) Fr. мав
C. venetus (Fr. Fr. мав
Galerina
(6 badipes (Ес) Kühn. мав | мав
15. cedretorum ***Maire (Singer) c
| Hebeloma
Н. inij (Bull) Quél S
¡EL eburneum*** Malencon 9 Мав ы M
H. edurum Métr. & Bon s
|. fastibile (Pers. : Fr.) Kumm. (= H. sordidum Maire)| CT | © [мав | mew si
H. mesophaeum (Pers.) Quél. 9 МЕР us
E pallidum Malengon MEE
IH. sinapizans (Paulet) Gill. ч мав |M|M]t
H. strophosum (Fr.) Sacc. ss Lange NES,
ІН. versipelle (Fr.) Gill 9 el
[ Inocybe
{aurantiifolia *** Beller 9 Е
|. brunnea Quél. MEN
|. dolichospora Malengon MER
|. geophylla (Fr... : Fr.) Kumm. c MEO TIMENE
grammopodia Malençon weg
|. hirtella Bres. E Men
kuehneri St. & Ves. s
= 1. eutheles (Berk. & Вг.) Quél.)
|. lucifuga (Fr. : Fr.) Kumm. ie
itid Britz.) Sacc. (= I. friesii Heim) Ei
is Atk. s
Source : MNHN. Paris
1
ALGERIE MAROC FRANCE
ао Atlas | Djurdjura | Autres Moyen Petit- | Mont- | Autres
tien régions | Айы. Rif, |Luberon] Ventoux} régions
es régi
Inocybe
orbata Malengon мав
Г pisciodora Donad. & Riouss. R
. queletii Konr. M&B мам
мав
[_rufula Malengon мав
| rimosa (Bull : Fr.) Kumm. (=1. fastigiata (Sch) | Ст| б [мав
[Quél.)
roseipes Malençon Мав
| sambucina (Fr. : Fr.) Quél. Мав
scabelliformis*** Malengon мав
Kühn. rj
tenebrosa Quél. R
г tristis Malç. & Bert. Мав
г xanthodisca Kühn. к
Gautieraceae
Gautiera |
. pseudovestita Malengon 1 мав |
IG. trabutii ***(Chatin) Pat. тыс M&W,
M&B |
Geastraceae |
Geastrum
IG. coronatum Pers. : Pers. (= G. limbatum Fr.) Guin
|G. melanocephalum (Czern.) Stanek f. R |
Imelanocephalum
(= Trichaster melanocephalum Czern.)
Geaster
IG. triplex Junghuhn ч мав | к
(G. berkeleyi Маззее L
IG. sessile (Sow.) Pour. (= G. fimbriatum) RM L
Gomphaceae |
Gomphus |
IG. clavatus (Pers. : Fr.) S.F. Gray ч мав |
(= Меугорһуйит clavatum) |
ee = маз, T
Er (Duf.) Maire (= Cantharellus crassipes ES N 4 pe |
Gomphidiaceae |
Chroogomphus |
IC. rutilus (Sch. : Fr.) О.К. Mill. M ]
Helvellaceae |
Paxina |
|Р. acetabulum (L. Fr.) O. Kuntze а MEW
(= Acetabula vulgaris = Helvella a.) |
Hygrophoraceae
Cuphophyllus
IC. virgineus (Wülf. : Fr.) Kovalenko M Мав [мав
(= С. niveus= Hygrophorus п.)
Hygrocybe
IH. conicus (Scop. : Fr.) Kummer M
IH. fornicata (Fr.) Sing. R
IH. persistens (Britz.) Sing. (= H. acutoconicus var мав
langei (Kühner) М.Воп
Source : MNHN. Paris
Familles / genres / espèces
ALGERIE
MAROC
FRANCE
Atlas
tellien
Djurdjura | Autres
régions
Peut
Lubéron]
Mont- | Autres
Ventoux| régions
Hygrophorus
|н. carneogriseus Malengon
Maire
мав
мав
IH. chrysodon (Batsch : Fr.) Fr.
ст
lH. conicus Scop. : Fr.
|H. eburneus (Bull. : Fr.) Fr.
IH. eburneus (Bull. : Fr.) Fr. var. cossus (Sow. : Fr.)
[Quélet
IH. marzuolus (Fr. : Fr) Bres.
Bok &
Mor. in
Тар.
Kraft in
Тар.
ІН. persoonii Arnolds (= H. dichrous)
IH. pudorinus (Fr. : Fr.) Fr.
IH. purpurascens (Alb. & Schw. : Fr.) Fr.
M&w
M&B
IH. purpurascens var. cedretorum*** Maire
IH. russula (Sch. : Fr.) Quél. var. cedretorum
++ Maire
Hymenogastraceae
Hymenogaster
IH. bulliardii Vitt.
Hysterangiaceae
Hysterangium
IH. rickeni Soncher
Melanogasteraceae
Melanogaster
broomeanus (Berk.)Tul.
ambiguus (Vitt.) Tul.
Morchellaceae
Morchella
M. conica Pers. : Fr.
маз
costata (Vent.) Pers.
маз
intermedia Boud.
М. rigida (Krombl.) Bond.
Maire
. umbrina Boudier
Maire
elata Fr. : Fr.
Maw
Otideaceae
Otidea
10. onotica (Pers. : Fr.) Fuckel
Tarzetta
Т. catinus (Holmskj. : Fr.) Korf & Rogers
(= Pustularia с.) (= Р. ochracea у
Hypotarzetta
IH. insignis (Berthet & Riouss.) Бопай,
| Pustularia i.) (= Tarzetta i.)
M&B
1970)
Pisolithaceae
Pisolithus
IP. arrhizus (Scop.) S. Rauchert (= P. Tinctorius
(Pers.) Desm.)
Pezizaceae
Sarcosphaera
IS. crassa (Santi & Steudel) Pouzar (= S. coronaria)
Source : MNHN. Paris
ALGERIE MAROC FRANCE
каше кага аро миш | туман» | Ашин | Addit | raie | мәш | Аш
tellien régions [Autres régions Lubéron| Ventoux| régions
Pyronemataceae
Geopora
|G. sumneriana *** (Cooke) De la Torre тє] c Maw | R 1. Dur.
(= Sepultaria s.) SRE
‘Ramariaceae
Ramaria
IR. cedretorum*** (Maire) Malengon (= Clavariella c.)| € мавр.
(= С. cedretorum var. eucedretorum Werner)
IR. aurea (Sch.) Quél (= Clavaria aurea) ci s Maw
IR. botrytis (Pers. : Fr.) Rick. (= Clavaria botrytis) st] s MEW
IR. flaccida (Fr. : Fr.) (= Clavaria f.) R
IR flava (Sch. : Fr.) Quél. (= Clavaria f.)
(ER. flavicolor) (= Clavariella f.) | р
IR. formosa (Pers. : Fr.) Quél. (= Clavaria f.) AL © Мав
IR. mairei Donk (= R. pallida) Maw
IR. myceliosa (Peck.) Corn. R
(= Clavaria corrugata Karst.)
IR. nigrescens (Brinkm.) Donk R
IR. ochraceovirens (Junghuhn) Donk Maw | R
(= Е. abietina auct. pp.)
Rhizopogonaceae
Rhizopogon
IR. vulgaris (Vitt.) Lange M. (= К. provincialis Тш) [мев © мав
Russulaceae
Lactarius
IL chrysorrheus Fr. M
IL. fuliginosus (Fr. : Fr.) Fr. L
|2. mitissimus (Fr. : Fr.) Fr. а ы
|. vellereus (Fr. : Fr.) Fr. G
IL. sanguifluus (Paul. : Fr) Fr. L “m|
Russula
[К астойа Romagn. Б
IR. adusta (Pers. : Fr) Fr. c в м [t
|R. alutacea (Pers. : Fr.) Fr. var. brunneola Bert. Е
. albonigra (Krombh.) Fr. в
IR. amara Kucera (= R. caerulea) c
IR. anthracina Romag. var. carneifolia Romag. B
[R_azurea Bres. а B
IR, delica Fr. сє s м [ът
IR. densifolia (Secr.) ex. Gill. >
IR. grisea (Pers.) Fr. c
IR. integra (L.) Fr (= К. polychroma Sing. ex. Hora) c
IR. krombholzii R. Shaffer (= К. atropurpurea) L g L
IR. nigricans (Bull. >) Fr. S
„ochroleuca (Hall.) Pers. 9
IR. drimeia Cooke (-R. cf. sardonia) M
W. G. Smith s
IR. sublaevispora (Romag. ) Romag. ex. Bon B
IR. subterfucata Romag. (= R. basifurcata) з
IR. torulosa Bres. а м
Source : MNHN. Paris
ALGERIE MAROC FRANCE
Familles / genres / espèces Moyen
Aulas | Djurdjura | Régions | Аша, Rit, | peut. | Mont. | Autres
vein non {Autres région] Lubéron| Ventoux| régions
précisées
Russula
IR. turci Bres. Pa C.
T в в
мав
Sarcoscyphaceae
Neournula
|. poucherti (Berthet & Riousset) Paden (= Urnula p.) R
Sclerodermataceae
Scleroderma
IS. verrucosum (Bull. : Pers.) Pers. мав с Мав
Strobilomycetaceae
Strobilomyces
IS. strobilaceus (Scop. : Fr.) Berk. (= S. floccopus) G
Thelephoraceae
Boletopsis
IB. leucomelaena (Pers.) Fayod g maw [eu] M
[B. grisea (Peck) Bond. & Sing. (= Polyporus griseus MaB, P
[Peck)
Tuberaceae
Tuber
|T. stirpe borchii Vitt. G
IT. borchii Vitt. R
Т. maculatum Vitt. R
IT. nitidum Vitt. к
Tricholomataceae
Callistosporium
IC. olivascens (Boudier) Bon таа
Laccaria
IL. laccata (Scop. : Fr.) Cooke ЄТ] s
Lyophyllum
pa (Fr. : Fr.) Sing. (= L. aggregatum ss. Kaas х)
(=L. aggregatum f. typicus Kühn. & Romagn.)
Г та Kreis. a мав] мав M
(= L. infumatum (Bres.) Kühn.)
IL fumosum (Pers. : Fr.) Kühn. & Romagn. ex Orton ©
(= L aggregatum var. fumosum) (= 1. cinerascens)
IL. semitale (Fr.) Kühn. ман
Т. огез Kühn. & Romagn. Мав
Rugosomyces
LR. onychinum (Fr.) Raith. мав | мав
IR. cerinus (Pers. : Fr.) Bon E
Tephrocybe
IT. anthracophila (Lasch) Orton (= Lyophyllum MEE
arbonarium)
IT. ozes(Fr.) мав
Tricholoma
Т. alboconicum Lange IE
Т. auratum Gill. (Т. equestre pp) Mer HE E
IT. atrosquamosum (Chev. > ) Sacc. МЕР МЕ
IT. caligatum (Viv.) Rick. € ° мав N
Abou
Source : MNHN. Paris
148 Р. KAISER
ALGERIE MAROC FRANCE
коше еи pie Atlas | Djurdjura | Autres Moyen Petit- | Mont- | Autres
tellien Régions | Atlas, Rif, |Lubéron| Venioux| Régions
ne
Tricholoma
Т. cedrorum *** Maire Ge M&W
мав,
IT. equestre (L. : Fr.) Kumm. (= Т. flavovirens ) ст мав | маз
IT. fulvum (Bull : Fr.) Saccardo Г
(= Т. flavobrunneum (Fr.) Kumm.)
[Т. gausapatum (Fr. : Fr.) Quél. ст
IT. josserandii Bon (= T. groanense Viola ) E R
IT. orirubens Quél. мав | мав
3 W.
IT. pessundatum (Fr. : Fr.) Quél. MAY т
IT. portentosum (Fr. : Fr.) Quél. cupro
IT. pseudonictitans Bon. G
IT. saponaceum (Fr. : Fr.) Kumm. c G мав | M | M
IT. saponaceum (Fr. : Fr.) Kumm f. nympharum MAD
IT. squarrulosum. Bres. © MaW
IT. stans (Fr.) Sacc. c
IT. ustale (Fr. : Fr.) Kumm.
IT. terreum (Sch. : Fr.) Kumm. Gel © [mas] mes | Ra | M] 5
IT. tridentinum *** Sing. var. cedretorum Bon G RM] M | Dur
Fungi imperfecti
ICenococcum graniforme (Sow.) Ferd. & Wing. G ‘Abou.
(= С. geophilum)
Tableau 1 : Champignons présumés ectomycorhiziens, récoltés sous Cedrus atlantica.
1 — Cédraies d'Algérie — Atlas tellien : C, T, Maire (1914, 1927, 1928) (C : Chréa ; T : Teniet-El-
Had) ;e, M.A.R.A. (1992) (Chréa) ; Duf., Dufour (1889) (Teniet-El-Had) ; L, Lanier (1994) (Chréa) ;
M & B, Malengon & Bertault (1970b, 1975) ; Pat., Patouillard (1897, 1903, in Maire, 1914) —
Djurdjura : G, Nezzar-Hocine et al. (1996b), Maire (1927) ; — Autres régions : M & B, Malengon &
Bertault (1970b, 1975).
2.— Cédraies du Maroc — Abou., Abourouh (1990, 1995) ; B, Bertault (1964, 1965, 19782) ; M & B,
Malengon & Bertault (1970b, 1975) ; M & W, Maire & Werner (1937) ; P, Le Poutre (1961).
3 — Cédraies de France — Petit-Lubéron : R, Riousset & Riousset (1991) ; M, Mousain (comm.
pers.) — Mont-Ventoux : M, Mousain (in Toth, 1988) ; Bidaud (1990) -Autres régions : Bokor &
Mor., Bokor & Moreau (1962, in Trappe, 1964) ; Durr., Durrieu (comm. pers.) For. et Nev., Forte &
Neville (1994) ; Guin., Guinberteau (comm. pers.) ; Kraft (1962 in Trappe, 1964) ; L, Lanier (1994) ;
Prad., Pradon (1994).
*** : espèces spécifiques.
soulignees : espèces signalées pour la première fois en Algérie.
en caractéres gras et soulignées : espéces signalées pour la premiére fois en Algérie et ne figurant dans
aucun inventaire des champignons des cédraies.
Source : MNHN. Paris
Cryptogamie, Mycol. 1998, 19 (1-2): 139-161 149
Sur les 48 genres inventoriés (Nezzar-Hocine et al., 1996b), 31 se retrouvent dans
la liste donnée par Trappe (1962), 21 dans celle de Miller (1982a et b), 23 dans celle de
Harley & Smith (1983) et 20 dans celle de Mosse ег al. (1981). Quelques genres (Agaricus,
Calvatia, Lycoperdon, Clitocybe) cités par ces auteurs ont, par la suite, été reconnus comme
non mycorhiziens. Sans tenir compte de la liste de Trappe, qui renferme de nombreux
genres qui n'ont pas été retenus comme mycorhiziens, au total 29 genres sur 48 sont donc
susceptibles de l'être : 24 d’après les listes de Miller, Harley & Smith et Mosse et al., plus 5
d’apres Guinberteau (comm. pers.) : Chalciporus, Gomphus, Morchella, Paxina, Sarcos-
phaera. Les listes de Miller, Harley & Smith et Mosse et al. ont 17 genres en commun. La
majorité des espéces appartiennent à la classe des Homobasidiomycètes, avec 13 ordres et
20 familles. La famille des Boletaceae comprend le plus grand nombre de genres (5) ; 3
appartiennent aux Cortinariaceae et aux Tricholomataceae ; les autres familles ne renfer-
ment que 1 à 2 genres. Le plus grand nombre d'espéces observées a été relevé chez les Corti-
nariaceae (20 espéces), les Tricholomataceae (12 espéces) et les Russulaceae (11 espèces).
La répartition des espèces par famille et par genre est représentée dans la figure 1.
Parmi les 71 espèces mycorhiziennes de la cédraie, un grand nombre sont
comestibles, telles : Hygrophorus chrysodon, H. russula, Morchella costata, Ramaria botry-
tis, R. flava, Russula delica, В. alutacea, Paxina acetabulum, Sarcosphaera crassa, Tricho-
loma portentosum, « merveilleux comestible » selon Marchand (1971), T. terreum, 7.
caligatum. Cette dernière espèce est très voisine du « Matsu-take », sinon identique
(Durrieu, 1993); les Japonais récoltaient, il y a peu de temps encore, dans la cédraie
d'Ighil-Inguel, T. caligatum qu'ils appréciaient beaucoup.
2. Espéces mycorhiziennes spécifiques du cédre
La cédraie d'Ighil-Inguel présente une grande richesse en espéces mycorhizien-
nes spécifiques du cédre. Nous en avons rencontré 8, sur un total de 18 especes réputées
spécifiques, dont 15 mycorhiziennes (tableau 1). Des especes comme Cortinarius cedreto-
rum, absent dans les inventaires effectués en France, Inocybe aurantifolia, cité par Riousset,
Table 1: Fungal species collected under Cedrus atlantica which have been reported as ectomycorrhizal.
| — Algeria Atlas cedar forests — Tellien Atlas : C, T, Maire (1914, 1927, 1928) (C : Chréa ; T :
Teniet-El-Had) ; e, M.A.R.A. (1992) (Chréa) ; Duf., Dufour (1889) (Teniet-El-Had) ; L, Lanier
(1994) (Chréa) ; M & B, Malengon & Bertault (1970b, 1975) ; Pat., Patouillard (1897, 1903, in Maire,
1914) — Djurdjura : G, Nezzar-Hocine el al. (1996b) ; Maire (1927) — The others localizations : M
& B, Malengon & Bertault (1970b, 1975).
2 — Morocco Atlas cedar forests — Abou., Abourouh (1990, 1995) ;. B, Bertault (1964, 1965,
19782) : M & B, Malengon & Bertault (1970b, 1975) ; M & W, Maire & Werner (1937) ; P, Le Poutre
(1961).
3— French Atlas cedar forests — Petit-Lubéron : R, Riousset & Riousset (1991) ; M, Mousain (pers.
comm.) — Mont-Ventoux : M, Mousain (in Toth, 1988) — The others localizations : Bidaud (1990) ;
Bjór.& Mor., Björkman & Moreau (1962, in Trappe, 1964) ; Durrieu (pers. comm.) For. & Nev., Forte
& Neville (1994) ; Guin, Guinberteau (pers. comm.) ; Kraft (1962 in Trappe, 1964) ; L, Lanier (1994) ;
Prad., Pradon (1994).
*** : specific species
underlined : species reported for the first time in Algeria.
in heavy type and underlined : species reported for the first time in Algeria and never previously
mentioned in mycological surveys of Atlas cedar forests.
Source : MNHN, Paris
150 P. KAISER
- NE Cortinariaceae e "тола ie citri
ie iss
Es
4 Tricholomataceae
SEE Russulaceae
eo rrophoracege
* PP Ramariaceae Boletaceae
Amanitaceae
, | Cortinarius 7]
Inset Tricholoma Russula
Hebeloma
% d'espèces par genre
Hygrophorus Ramaria
б Suillus Amanita
Figure 1 : Répartition des espèces mycorhiziennes dans toutes les cédraies inventoriées et dans celle
d’Ighil-Inguel par familles (a) et par genres (b).
Figure 1 : Distribution of mycorrhizal species according to families (a) and to genera (b) in cedar
forest of Ighil-Inguel and elsewhere in North Africa and in France.
Hygrophorus russula var. cedretorum et Hebeloma eburneum, absents dans toutes les
cédraies inventoriées par les autres auteurs, se développent à Ighil-Inguel.
3. Evolution du cortège fongique
La limitation de la zone d'étude à un hectare et le nombre restreint de prospec-
tions ne nous ont pas permis d'avoir une idée complete de l'évolution du cortége myco-
rhizien en fonction de l’âge du peuplement. L'observation de 36 espèces mycorhiziennes
récoltées, en décembre 1991, au niveau de la « créte des millénaires » (tableau 2) nous a
cependant fourni un exemple de distribution de champignons (figure 2). La plupart des
espéces n'étaient présentes qu'à un seul exemplaire sur la parcelle d'étude. Seul Cortinarius
stirpe duracinus formait des peuplements abondants. Les inocybes étaient également
fréquents, mais sans former de peuplements abondants.
Tout au long de nos relevés, nous avons constaté que la diversité des espéces
fongiques sous les jeunes peuplements était moindre que celle observée sous les arbres
âgés. Il est difficile de donner un âge précis aux arbres à proximité desquels les champi-
gnons ont fructifié. Par ailleurs, la forte densité du peuplement végétal au niveau du site
d'étude et le mélange des jeunes peuplements aux arbres äges ne permettent généralement
pas d'établir une relation entre tel carpophore et tel ou tel arbre. En conséquence, nous
avons surtout considéré les espéces fongiques présentes dans les jeunes peuplements. Ces
espéces sont peu nombreuses ; nous en avons récolté 9 (7 sont présentées dans le tableau
2) ; elles appartiennent aux genres Hebeloma, Hygrophorus, Inocybe, Laccaria, Sclero-
derma et Tricholoma ; deux autres espéces ont été identifiées par la morphologie des
Source : MNHN, Paris
Cryptogamie, Mycol. 1998, 19 (1-2): 139-161 151
1. Hebeloma sordidum 19. Inocybe subbrunnea
2. Inocybe kuehneri 20. Cortinarius duracinus
3. Hygrophorus chrysodon 21. Inocybe rimosa
4. Tricholoma tridentinum var. cedretorum | 22. Ramaria botrytis
5. Cortinarius cedretorum 23. Inocybe spp.
6. Russula delica 24. Inocybe spp.
7. Hebeloma crustuliniforme. 25. Inocybe nitidiuscula
8. roderr TT] т 26. Катагїа flavicolor
9. Hebeloma spp. 27. Lyophyllum fumosum
10. Inocybe spp. 28. Cortinarius herculeus
11. Lyophyllum decastes 29. Cortinarius calochrous
12. Russula nigricans. 30. Tricholoma caligatum
13. Tricholoma josserandii 31. Xerocomus chrysenteron
14. Inocybe spp. 32. Cortinarius elegantissimus
15. Cortinarius castaneus 33. Russula subfoetens
16. Tricholoma portentosum 34. Hygrophorus eburneus
17. Tricholoma saponaceum 35. Hygrophorus russula var.cedretorum
18. Hebeloma versipelle 36. Hebeloma eburneum
Tableau 2 : Espèces récoltées à la cédraie d’Ighil-Inguel, en décembre 1991 et mentionnées à la
figure 2.
Souligné : espèces trouvées dans les jeunes peuplements
Table 2 : Fungal species collected in the Ighil-Inguel cedar forest, December 1991 (see figure 2).
Underlined : species collected under young stands of Cedrus atlantica.
mycorhizes présentes (Cenococcum graniforme et Tuber stirpe borchii). Les espèces présen-
tes sous les arbres âgés offrent en effet moins d'intérét en tant qu'espéces potentiellement
utilisables pour la mycorhization contrólée, car il n'est pas sür qu'elles soient capables de
mycorhizer des plants jeunes.
DISCUSSION
1. Richesse en espéces mycorhiziennes
Nous avons répertorié, dans la cédraie d'Ighil-Inguel, beaucoup plus d'espéces
mycorhiziennes que ne l'ont fait les autres auteurs au niveau d'une seule cédraie : au total
Source : MNHN, Paris
152 P. KAISER
7 ж
Figure 2 : Distribution de quelques espèces de champignons mycorhiziens sur la « crête des millénai-
res » (Tala-Guilef, décembre 1991) (с espèces trouvées en plusieurs endroits).
Figure 2 : Occurrence of some mycorrhizal species along the «crest of the thousand years»
(Tala-Guilef, December 1991) (с species found in several places)
71 espèces, appartenant à 29 genres. Certaines listes de champignons supposés myco-
rhiziens établies par divers auteurs peuvent paraître moins complètes que d’autres, ou
même contradictoires, si Гоп ne tient pas compte des remaniements effectués plus tard
dans la classification des champignons supérieurs. Ainsi le genre Xerocomus ne figure-
pas dans la liste de Miller (1982a) et le genre Tuber est-il absent de celle de V & Smith
(1983) ; le genre Chalciporus est absent de toutes les listes. Selon Harley (1969), la majorité
des espéces mycorhiziennes sont des Basidiomycétes de la famille des Agaricaceae (au sens
large et non au sens actuel) et de celle des Boletaceae. En fait, de nombreux Ascomycètes
sont également mycorhiziens.
Sur les 71 espèces mycorhiziennes de la cédraie d’Ighil-Inguel, 40 espèces sont
signalées pour la première fois en Algérie (sur un total de 117 espèces mycorhiziennes
relevées dans l’ensemble des cédraies algériennes). Parmi les 193 espèces mycorhiziennes
(30 familles, 47 genres) différentes relevées en Algérie, au Maroc et en France, dans les
différentes études réalisées jusqu'ici, 23 espèces (14 genres) trouvées au cours de notre
étude sont signalées pour la première fois sous C. atlantica.
Dans notre étude bibliographique, nous avons relevé pour l'ensemble des
cédraies d'Algérie un total de 117 espèces mycorhiziennes appartenant à 24 familles et 37
genres, contre 105 espèces (20 familles, 30 genres) dans les cédraies du Maroc. Au Maroc,
Abourouh (1990, 1995) relève, d’après Malençon & Bertault (1970b, 1975) et d’autres
auteurs, 75 espèces appartenant à 14 genres susceptibles de former des mycorhizes avec le
cèdre. Il observe aussi deux types de mycorhizes, attribuées à Cenococcum graniforme et
probablement à Tricholoma caligatum (Abourouh, 1990, 1995). Dans les cédraies du Midi
de la France, qui ne sont pas pures, Riousset & Riousset (1991) ont répertorié plus de 350
espèces, dont ils considèrent 63 comme caractéristiques. Selon nous, 60 sont mycorhizien-
nes dont 18 familles et 30 genres.
Lorsque l'on compare les différents relevés, on constate qu'environ la moitié des
espèces ne se trouvent que dans une seule des sept aires géographiques mentionnées au
tableau 1. Ce chiffre relativement faible peut s’expliquer par le fait que la plupart des
relevés n’ont été effectués que pendant une seule année (Mousain, in Toth, 1988), ou bien
Source : MNHN, Paris
Cryptogamie, Mycol. 1998, 19 (1-2): 139-161 153
ont été effectués pendant plusieurs années mais sur une surface limitée (Nezzar-Hocine,
1996b).
Les espèces qui sont présentes à la fois dans les cédraies du Maghreb et de la
France sont des espèces spécifiques ; Geopora sumneriana se retrouve dans toutes les
stations, sauf au Mont-Ventoux, et Cortinarius herculeus ne figure pas dans les listes de
Maire, car il n'a été décrit que plus tard. D'autres espèces, non spécifiques cette fois, sont
présentes dans toutes les stations de France et dans celles du Maghreb, comme Tticholoma
terreum. Boletopsis leucomelaena est absent uniquement dans les inventaires de Maire.
Certaines espèces sont présentes dans au moins une cédraie en Algérie, au Maroc et en
France : Inocybe geophylla, I. fastibile (dans toutes les cédraies du Maghreb), Lyophyllum
decastes, L. deliberatum, Hebeloma mesophaeum, H. sinapizans (dans toutes les cédraies de
France). Les espèces nouvellement décrites (Berthet & Riousset, 1963 ; Capellano &
Riousset, 1968 ; Forte & Neville, 1994) se trouvent rarement citées par d'autres auteurs
que ceux qui les ont décrites. Gomphus sipes (Dufour) Maire qui a été trouvé pour la
première fois en 1888, dans la forêt de Teniet-El-Had, par Dufour (1889) qui l'a nommé
Cantharellus crassipes, puis par Maire (1914) et par Malençon (1957), n'a été signalé
depuis qu'en 1994, dans une cédraie du sud de la France (Forte & Neville). Deux autres
exemples sont ceux d' Hypotarzetta insignis (= Pustularia i.) décrit par Berthet & Riousset
(1963), signalé plus tard au Maroc par Malençon & Bertault (1970a) et de Geastrum
melanocephalum, décrit par Capellano & Riousset (1968) ; depuis, ces espèces n'ont été
mentionnées dans aucune autre cédraie.
Le nombre important de champignons mycorhiziens que nous avons obtenu
peut s'expliquer par le fait que nous avons effectué davantage de relevés que les autres
auteurs et que nous avons eu à notre disposition des listes de champignons plus completes
et plus récentes, beaucoup d'espèces rencontrées à l'époque de Maire n'étant pas encore
décrites. Enfin, notre recherche était orientée surtout sur les champignons mycorhiziens.
Le nombre d'espéces mycorhiziennes relevées dans les différentes cédraies étu-
diées reste évidemment inférieur au nombre réel, en particulier parce que les champignons
hypogés n'ont pas été pris en considération, à l'exception de quelques Melanogaster et
Tuber (Riousset & Riousset, 1991). La plupart des espèces identifiées dans notre étude
appartiennent à des familles bien connues pour leur caractére mycorhizien : Cortinaria-
ceae, Russulaceae, Tricholomataceae (cette derniére famille comprenant également des
espéces saprophytes). Nous n'avons observé que peu d'espéces des familles des Amanita-
ceae (espèces surtout printanières), des Boletaceae et des Hygrophoraceae (famille réputée
plutót septentrionale), connues pour étre également ectomycorhiziennes. A.
Si beaucoup de bolets et lactaires sont associés au meleze, le cortége mycorhizien
du cédre de l'Atlas semble étre caractérisé par la présence des cortinaires, inocybes,
russules et tricholomes (figure 1b). Ces genres sont les plus riches en espèces ; ils comptent
à eux seuls 46% de l'ensemble des espèces relevées dans toutes les cédraies (42 % à
Ighil-Inguel). Ces mémes genres représentent 50 % des espéces relevées dans les cédraies
du Maroc et 30 % de celles relevées dans les cédraies du Midi de la France. Il faut ajouter
les hebelomes, les hygrophores et les ramaires qui sont assez bien représentés (15 % de
l'ensemble des espéces) б ,
Le cortege de champignons mycorhiziens de la cédraie d'Ighil-Inguel n'est pas
moins diversifié que celui de foréts à base d'autres résineux ou de feuillus Comme le
rappellent Singer & Modess (1965, in Singer, 1969), le pourcentage de champignons
mycorhiziens, par rapport à celui de l'ensemble de la macroflore fongique. dépend des
conditions édaphiques et climatiques, mais aussi du nombre d'espèces d'arbres-hótes dans
une communauté. Le nombre d'espéces fongiques mycorhiziennes est constant pour une
Source : MNHN, Paris
154 P KAISER
Nombre
Nombre d'espèces d'espèces
Situation Auteurs mycorhiziennes
géographique différentes,
total mycorhiziennes | toutes études
confondues
Nezzar- 100 71
Hocine et al. 43.
Maire 2
Atlas 117
tellien
ALGERIE Teniet -El
Had
Mal. & Bert
Autres régions Maire
Maire & Wer.
MAROC Moyen Atlas, Mal. & Bert 190 73 105 105
Rif, Autres régions Bertault 13
Autres* 9
Riousset. 63 31 H9
Petit- & Riousset. |
FRANCE Lubéron Mousain 25 8
Mont-Ventoux Mousain 39 19 20
Bidaud 1 60
Autres Lanier 30 17 19
régions Autres ** 5 =
TOTAL lL +700 1 383 193
Tableau 3 : Nombre d'espéces inventoriées dans les différentes cédraies du Maghreb et de la France.
Souligné : espèces trouvées dans les jeunes peuplements
Table 3: Number of species reported from different Atlas cedar forests localized in Algeria, Morocco
and France.
Underlined : species collected under young stands of Cedrus atlantica.
Source : MNHN, Paris
Cryptogamie, Mycol. 1998, 19 (1-2): 139-161 155
association donnée. Pour le cèdre de l'Atlas, Bouteville estime ce nombre à une centaine
environ.
Comme le fait remarquer Durrieu (1993), la grande diversité de la flore ectomy-
corhizienne s'exprime, bien sûr, au niveau d'un peuplement, mais aussi au niveau d'un seul
individu. Il cite Becker (1956) qui a observé neuf espèces de champignons fructifiant
simultanément autour d'un pin sylvestre et Ford er al. (1980) qui signalent au pied d'un
même bouleau, des champignons de quatre espèces différentes. Chez le cèdre de l'Atlas et
dans le site d’étude d’Ighil-Inguel, la diversité est moins grande; 1 à 3 espèces au
maximum ont été observées sous un même arbre (Nezzar-Hocine er al., 1996b). De plus les
fructifications n'étaient pas abondantes. Il faut rappeler que trois des quatre années
(1989/1992) durant lesquelles les prospections ont été effectuées à Ighil-Inguel ont été
considérées par Abdesselam (1995) comme des années présentant un déficit hydrique,
seule l’année 1990/91 pouvant être considérée comme moyenne. Ces conditions climati-
ques n’ont sans doute pas permis le développement optimal des mycéliums dans le sol ni
la formation massive de sporophores (Nezzar-Hocine et al., publication en cours).
La richesse des cédraies de France et du Maghreb en espéces mycorhiziennes
(193) s'accompagne aussi d'une grande diversité dans les genres (47) et les familles (30).
Parmi les espéces rencontrées en cédraie, certaines sont signalées par Malengon
& Bertault (1970b, 1975) comme fréquentes (Inocybe geophylla, Hygrophorus purpuras-
cens, Lyophyllum carbonarium, Tricholoma equestre) ; d'autres sont communes dans tou-
tes les cédraies à l'automne (Cortinarius candelaris, Lyophyllum aggregatum var. typicum,
Tricholoma cedrorum) ou au printemps (Cortinarius aurasiacus, Hygrophorus chrysodon,
H. purpurascens, Inocybe brunnea, Lyophyllum aggregatum, Russula densifolia, R. turci, R.
sublaevispora). Tricholoma pessundatum est considéré comme l'une des l'espéce les plus
communes et peut-être les plus précoces et les plus abondantes dans le Moyen Atlas. C.
duracinus, commun dans les cédraies du Moyen Atlas et du Rif, est la seule espéce à avoir
fructifié en abondance à Ighil-Inguel. Certaines espéces sont peu fréquentes : Hygrophorus
carneogriseus, Gomphus crassipes, Lyophyllum onychinum ; d'autres sont plutót rares
(Inocybe queletii, I. orbata). Malengon & Bertault (1970b) expliquent que l'apparition
irréguliére de certaines espéces ou leur rareté sont trés liées aux conditions climatiques :
des espéces comme Cortinarius prasimus et Russula anthracina var. carneifolia (Bertault,
19782) n'ont été observées qu'une seule fois en trente cinq ans !
Un grand nombre d'espéces associées à Quercus ilex au Maroc (Maire & Werner,
1937 ; Malengon & Bertault, 1970b, 1975), ou à Quercus spp. (Trappe, 1962) sont égale-
ment associées au cédre de l'Atlas. La présence d'espéces fongiques communes aux deux
essences peut s'expliquer par le fait que, dans leur aire naturelle, différents Quercus (en
particulier Q. ilex) occupent le méme étage géographique que le cédre de l'Atlas ; c'est le
cas de la forét du Djurdjura (Tala-Guilef). Les espéces mycorhiziennes de la cédraie
d'Ighil-Inguel communes à celles de la chénaie (chénes zeen et liége) de Beni-Ghorbi
(Yakouren) sont au nombre de 6 : Amanita rubescens, Cortinarius calochrous, Ramaria
aurea, Scleroderma verrucosum, Tricholoma saponaceum et T. terreum (Zemmouri, 1984).
Parmi la flore fongique du cédre, un grand nombre d'espéces saprophytes ou
mycorhiziennes sont de bons comestibles. En plus de celles rencontrées à la cédraie
d'Ighil-Inguel, nous pouvons citer : Amanita gemmata, A. ovoidea, Cortinarius multifor-
mis, C. variecolor, Clavariadelphus truncatus, Morchella conica, Tricholoma equestre,
« comestible de premiere qualité » (Marchand, 1971), « estimé et recherché » (Malengon
& Bertault, 1975), T. squarulosum, un des meilleurs comestibles de son groupe, 7: oriru-
bens, T. portentosum, Russula grisea, R. integra, Suillus luteus, etc...
Source : MNHN, Paris
156 P. KAISER
2. Espèces mycorhiziennes spécifiques
Certaines espèces (14) sont fidèlement associées au cèdre. Elles appartiennent
aux genres Cortinarius (C. aurasiacus, C. cedretorum, C. herculeus), Galerina (G. cedreto-
rum), Gautiera (С. trabutii), Geopora (С. sumneriana), Hebeloma (Н. eburneum), Hygro-
phorus (Н. russula var. cedretorum, Н. purpurascens Var. cedretorum), Inocybe (1. aurantü-
folia, I. scabeliformis), Ramaria cedretorum, Tricholoma (T. cedrorum, T. tridentinum var.
cedretorum). Parmi ces espéces, 8 se retrouvent à Ighil-Inguel. Pour l'instant nous n'avons
répertorié aucune espéce de russule spécifique du cédre, bien que le genre Russula soit bien
représenté dans les cédraies du Maghreb.
Tout comme d'autres auteurs, nous n'avons pas rencontré certaines espéces
spécifiques décrites par Maire (1914, 1928), telles Galerina cedretorum et Hygrophorus
purpurascens var. cedretorum. Des especes comme Cortinarius aurasiacus Pat., Tricholoma
cedrorum Maire, Gautiera trabutii (Chatin) Pat. et Clavaria cedretorum n'ont été citées que
par Maire et Malengon (C. cedretorum l'a également été par Le Poutre). Ces espéces
spécifiques, rares, peu décrites dans les ouvrages de mycologie, sont donc difficiles à
identifier. D'autres espéces récemment décrites sont encore peu connues. Parmi les espéces
non identifiées récoltées dans la cédraie d'Ighil-Inguel, certaines pourraient étre des
espèces intéressantes et /ou spécifiques.
La faible quantité d'espéces symbiotes spécifiques du cédre (quinze seulement)
semble étre une caractéristique générale de la symbiose ectomycorhizienne. Pour d'autres
essences, le nombre d'espéces spécifiques est encore moins important. Le Tacon er al.
(1984) relévent 7 espéces pour Quercus robur, 7 pour Fagus sylvatica et 8 pour Betula
verrucosa.
La majorité des symbiotes ectomycorhiziens du cèdre acceptent un large spectre
d'hôtes. Certaines espèces trouvées en association avec le cèdre de l'Atlas en Algérie
semblent être communes à un grand nombre de conifères et de feuillus ; c'est le cas de
Boletus erythropus Pers., Xerocomus chrysenteron (Bull.) Quél., L. laccata (Scop. : Fr.)
Cooke et H. crustuliniforme (Bull.) Quél. La plupart des champignons mycorhiziens
récoltés dans la cédraie d’Ighil-Inguel sont des espèces communément associées à de
nombreuses essences forestières feuillues et/ou résineuses (Nezzar-Hocine er al., 1996b).
3. Evolution du cortège mycorhizien
Comme de nombreux auteurs l'ont signalé à propos d'autres essences forestières,
le cortège fongique du cèdre de l'Atlas se diversifie progressivement au cours du temps. Les
anglo-saxons Mason et al. (1982 et 1983) ont différencié les champignons mycorhiziens en
«early-stage species » (espéces capables de produire des sporophores sur des arbres
jeunes) et « late-stage species » (espéces ne produisant des sporophores que sur des arbres
adultes). Ainsi, le genre Tricholoma est en général considéré comme produisant des
champignons de stade tardif (Deacon et al., 1983 ; Mason et al., 1983 ; Fleming et al.,
1986 ; Chu-Chou & Grace, 1988). T. pessundatum, sous P. pinaster, est plutôt considéré
comme champignon de stade intermédiaire que comme champignon de stade adulte
(Guinberteau e? al., 1987). Pourtant, dans la cédraie d’Ighil-Inguel, certains tricholomes
S'associent aussi bien avec des jeunes cèdres qu'avec les cèdres âgés. L'association myco-
rhizienne a méme pu étre obtenue en conditions gnotoxéniques avec un isolat de Tricho-
loma tridentinum var. cedretorum (Nezzar-Hocine et al., 1998).
Source : MNHN, Paris
Cryptogamie, Mycol. 1998, 19 (1-2): 139-161 157
Nos observations concordent avec celles de nombreux auteurs qui soulignent
que le nombre d'espèces fongiques susceptibles de s'associer avec de jeunes plants est
faible, en général de 2 à 6 (Fassi & Fontana, 1966 ; Mason et al., 1982 ; Fox, 1983 ; Le
Tacon et al., 1984 ; Garbaye et al., 1986 ; Chu-Chou & Grace, 1988). Généralement, la
biodiversité fongique augmente avec l’âge du peuplement (Thoen, 1980 ; Le Tacon et al.,
1984 ; Al-Abras, 1985 ; Guinberteau, 1987).
A partir d'observations sur le terrain et d'essais de mycorhization réalisés avec le
cèdre de l'Atlas (Hocine et al., 1991 ; Hocine er al., 1994 ; Hocine, in Mousain 1996 ;
Nezzar-Hocine et al., 1996a et b), on peut dresser une liste de champignons susceptibles
d’être utilisés dans des programmes de mycorhization contrôlée. П s'agit d'espèces appar-
tenant aux genres, Cenococcum, Hebeloma, Inocybe, Laccaria, Hygrophorus, Scleroderma,
Thelephora, Tricholoma et Tuber.
Cette succession dans le temps du cortège fongique s'accompagne également
d'une répartition non aléatoire des espèces (Becker, 1956 ; Ford et al., 1980), en relation
avec un déplacement et une progression centrifuge, le long des racines, des sites de
fructification de chaque espèce en fonction du temps (Guinberteau, 1987). Pour notre
part, nous n'avons pas pu suivre cette évolution, compte tenu du faible nombre d'années
d'observations (4). Notre étude doit donc étre poursuivie, car une meilleure connaissance
de la structure spatiale des mycéliums des champignons mycorhizogènes doit permettre de
mieux comprendre leur écologie et le type de relations qu'ils entretiennent avec les autres
organismes de l'écosystéme (Durrieu, 1993).
CONCLUSION
La flore fongique mycorhizienne du cédre de l'Atlas est trés riche en espéces,
puisqu'elle compte 193 espéces différentes, sur plus de 700 espéces répertoriées dans les
différentes cédraies d'Algérie, du Maroc et de France.
Le cortege mycorhizien de la cédraie d’Ighil-Inguel est également trés important.
Nous avons répertorié beaucoup plus d'espéces mycorhiziennes que ne l'on fait les autres
auteurs, puisque 71 espéces appartenant à 29 genres ont pu étre relevées sur un site trés
ité. Sur un total de 117 espèces mycorhiziennes répertoriées dans les cédraies d'Algérie,
40 d'entre elles sont signalées pour la premiere fois dans ce pays ; 23 espéces n'avaient
encore jamais été observées sous Cedrus atlantica. La diversité du cortége mycorhizien du
cédre se retrouve également dans les cédraies du Maroc, mais apparait plus limitée dans
celles du Midi de la France. ae
La majorité des espéces de la cédraie d’Ighil-Inguel sont des Homobasidiomy-
cètes, avec 13 ordres et 20 familles. Les familles qui renferment le plus grand nombre
d'espèces, que ce soit à Ighil-Inguel ou dans les autres cédraies du Maghreb et de la France,
sont, par ordre decroissant, les Cortinariaceae, les Tricholomataceae et les Russulaceae.
Les Hygrophoraceae, les Boletaceae et les Ramariaceae sont également bien représentés.
Parmi les champignons mycorhiziens relevés, il existe toute une gamme d'excellents
comestibles. M 4
La cédraie d’Ighil-Inguel compte 8 espéces mycorhiziennes spécifiques du cèdre,
sur les 14 espèces signalées dans l'ensemble des cédraies étudiées. — t
La diversité des especes fongiques sous les jeunes regénérations est moindre que
celle observée sous les arbres âgés. Les espèces des jeunes régénérations appartiennent aux
genres Cenococcum, Hebeloma, Hygrophorus, Inocybe, Laccaria, Scleroderma, Tricholoma
Source : MNHN, Paris
158 P. KAISER
et Tuber.
Malgré les difficultés liées à l'instabilité de la taxonomie et de la nomenclature
des champignons supérieurs, cette étude nous a permis, d'une part de réactualiser les listes
anciennes de Maire et de Werner à diffusion trés limitée et de rassembler les différentes
especes citées par Malengon et Bertault en un seul document, d'autre part d'établir une
liste de symbiotes du cèdre, parmi lesquels pourront être choisis les futurs candidats à des
essais de mycorhization contrólée.
REMERCIEMENTS : Nous remercions le Dr. R. Courtecuisse, de la Faculté
des Sciences Biologiques et Pharmaceutiques de l'Université de Lille 2, le Professeur G.
Durrieu, du Laboratoire Botanique et Forestier de l'Université Paul Sabatier, le Dr. J.J.
Guillaumin, de l'Unité de Pathologie végétale et de Mycologie de l'INRA de Clermont-
Ferrand, d'avoir bien voulu accepter de lire notre manuscrit et de l'enrichir par leurs
remarques et leurs suggestions.
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Source : MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris
163
New taxa and new combinations proposed in Cryptogamie-Mycologie 19(1-2)
New taxa :
Lactarius fennoscandicus Verbeken & Vesterholt..….............................. 87
Zelleromyces hispanicus Calonge & Pegler о 100
Zelleromyces giennensis Moreno-Arroyo, Gömez & Calonge 108
Tuber pseudoexcavatum Wang, С. Moreno, L. J. Riousset, J. L. Manjón &
[cuba rene КАПАСКА а inne ob onen 115
New combinations :
Calvatia pygmaea (R. E. Fr.) Kreisel, G. Moreno, C. Ochoa & Altes (bas. :
Danopila pygmaea) Vie cae ae ee oe 132
Cryptogamie, Mycologie is accredited with the International Association for Plant Taxo-
nomy for the purpose of registration of new names of fungi
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris
165
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des autorités taxinomiques. Un fascicule du journal pourra étre consulté à titre d'exemple pour
une plus ample information sur les conventions suivies par la revue. Les légendes des figures et
des tableaux (dans la langue du manuscrit et en anglais) doivent étre explicites.
RÉFÉRENCES. — La liste bibliographique devra se faire par ordre alphabétique des auteurs et
chronologique par auteurs sans tenir compte des auteurs secondaires. Les titres des périodiques
devront être cités en entier ; les ouvrages seront cités selon F.A. Stafleu & R.S. Cowan, 1976. Л
Taxonomie literature. Ed. 2. Utrecht/Antwerpen : Bohn, Scheltema & Holkema. Les references
devront être présentées selon les modèles suivants (noter que les noms des auteurs Chinois sont
écrits en entier et dans le style du changement national effectué en Chine en 1987 ; par ex. Chang
C.F. devient Zhang Jungfu)
Source : MNHN, Paris
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Les renvois à la liste bibliographique se feront par le nom de l'auteur et l’année de publication ;
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Source : MNHN, Paris
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INSTRUCTIONS TO AUTHORS
Cryptogamie, Algologie; Cryptogamie, Bryologie-Lichénologie; and Cryptogamie, Mycologie pub-
lish original papers, and reviews, on the systematics, biology and ecology of eryptogams (algae;
bryophytes and lichens; and fungi, respectively). Manuscripts written in French, English, German,
Italian and Spanish are considered providing suitable referees fluent in the language of the
manuscript are available. Authors not writing in their first language should have manuscripts
checked for grammar and syntax by a suitable person before submission. There are no page limits
for papers. Publication will be facilitated if authors check carefully that the manuscript and
illustrations meet the requirements outlined below.
Papers are reviewed by referees in whose field the paper lies. The choice of reviewers is at the
discretion of the Editor. Final responsibility for the publication of papers rests with the Editor.
Manuscripts that do not conform to instructions which follow will be returned for correction prior
to review. On acceptance, papers become the copyright of the journal.
TEXT. — Manuscripts should be submitted to the Editor in triplicate, including the original copy.
All parts of the manuscript must be typed double-spaced (including references and legends), on
one side of the paper, with left margin of 4 cm. To minimize delays in publication, authors should
send the final version of their manuscripts on floppy disks (5 1/4, 3 1/2) using the DOS (IBM) or
Macintosh format. In addition, the use of MS WORD would be appreciated.
Each manuscript should include, in order:
— A title page containing the title of the paper and, if necessary, its English translation; the
complete name and address of each author (including, as much as possible, fax number and e-mail
address), and author to whom correspondence should be sent; a running title of less than
50 letters, and a list of key words;
— Two abstracts, the first in French (if necessary, some help can be provided by the Editorial
Office), the second in English (a third one in the language of the text is accepted), each of no more
than 180 words or 15 lines, summarizing the major results of the paper;
The main text, followed by references, legends for figures, and tables, in that order.
The text should normally be divided into sections (e.g. Introduction, Materials and
Methods, Results, Discussion, Acknowledgements, References) appropriate to the nature of the
paper. Indent the first line of all paragraphs. Symbols, units and nomenclature should conform
to international usage. The SI system should be used throughout. The first mention of the Latin
name of a species in the text should be accompanied by the nomenclatural authorities. Consult
the current issue of the Journal for style of headings, sub-headings and other conventions.
Legends for figures, plates and tables should be self-explanatory, and written in the language of
the text and in English if it is not the language used for the text.
REFERENCES. — References should be arranged alphabetically and then chronologically by
author. Journals titles should be cited in full; and books, cited according to F.A. Stafleu & R.S.
Cowan, 1976..., Taxonomic literature. Ed. 2. Utrecht/Antwerpen: Bohn, Scheltema & Holkema.
Conventions of style are provided in the following examples (note that names of Chinese authors
are written in full and listed in the style in accordance with the national change made in China
in 1987; e.g. Chang C.F. becomes Zhang Junfu):
AJISAKA T., NORO T., TRONO Jr. G.C., YOUNG-MENG CHIANG & YOSHIDA T., 1994 — Several
Sargassum species (subgenus Sargassum) in East Asia with furcately branching leaves. In: Abbott LA. (ed),
Taxonomy of Economic Seaweeds. TV. La Jolla, California Sea Grant College, University of California, pp. 9-
2.
ALBRECHT A. & REISE K., 1994 — Effects of Fucus vesiculosus covering intertidal mussel beds in the
Wadden Sea. Helgoländer Meeresuntersuchungen 48 (2-3): 243-256.
Source : MNHN. Paris
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MAGGS С.А. & HOMMERSAND M.H., 1993 — Seaweeds of the British Isles. 1 Rhodophyta. Part 3A
Ceramiales. London, HMSO Books, The Natural History Museum, 464 p.
MONTAGNE C., 1838 — Centurie des plantes cellulaires exotiques nouvelles. Annales des Sciences Naturelles,
Botanique, ser. 2, 9: 38-57.
In the text, references should be cited by the name of the author and the year of publication; use
"et al.”, for more than two authors, and use “£” between two authors (e.g. Montagne, 1838;
Mages & Hommersand, 1993; Ajisaka er al., 1994).
ILLUSTRATIONS. — All illustrations should be mounted on white light-weight carbocard, with
author's names and figure numbers on the verso. Each line drawing should be original, clearly
drawn with black India ink, and of good quality; letters and numerals must be made with a
lettering device (not with a type writer). Originals should not be more than three times the size
of the final reduction (12.5 х 18 cm). Both drawings and tables should be ready for direct
reproduction by offset. Authors should choose very carefully the thickness of lines, and character
sizes, corresponding to final reduction. Three copies of all photographic illustrations (or an
original and to laser photocopies) are required. Photographic figures should be ready for
same-size reproduction: maximum page size is 12.5 х 18 cm. All figures should include scale bars
and symbols necessary for their understanding, and they should be numbered consecutively,
according to the order cited in the text. Color plates will be published only at the authors expense.
PROOFS. — Proofs should be checked and returned by airmail (if necessary, by fax) to the Editor
within 48 hours of receipt. At this stage, corrections should be restricted to those arising from
typesetting errors, If changes to illustrations are necessary at proof stage, new originals would
have to be supplied and the cost for re-photographing will be charged to author at the discretion
of the Editor. If proofs are not returned promptly, the article will be published without the
author's corrections.
REPRINTS: not more than 150, of which 25 are free copies. Reprint orders are enclosed with
proofs.
Cryptogamie
Association des Amis des Cryptogames
(ADAC), Muséum National d'Histoire Natu-
relle, Laboratoire de Cryptogamie (PC), 12, rue
Buffon 75005 Paris France
Director of the journal: Héléne Causse-Bischler
Cryptogamie, Algologie - Editor: Bruno de
Reviers
Tel. (33) 1 40 79 31 98 - Fax (33) 1 40 79 35 94
- E-mail reviers@mnhn.fr
Cryptogamie, Bryologie-Lichénologie - Editor:
Denis Lamy
Tel. (33) 1 40 79 31 84 - Fax (33) 1 40 79 35 94
- E-mail lamy@mnhn.fr
Cryptogamie, Mycologie - Editor: Bruno Den-
netière
Tel. (33) 1 40 79 31 87 - Fax (33) 1 40 79 35 94
- E-mail cryplich@mnhn.fr
Source : MNHN. Paris
Commission paritaire 16-4-1986 - N° 58611 - Dépôt légal 3° trimestre 1998 - Imprimerie F. Paillart
__ Sortie des presses le 16 juillet 1998 - Imprimé en France
Éditeur : A.D.A.C. (Association des Amis des Cryptogames)
Président : D. Lamy ; Secrétaire : B. Dennetiére
Trésorier : M™ E. Bury ; Directeur de la publication : H. Causse
Source : MNHN. Paris
=]
Société Française de Systématique =
La Société Française de Systématique réunit les systématiciens ou les personnes
intéressées par la Systématique et les informe en publiant un Bulletin. Elle convie ses
membres à des colloques annuels transdisciplinaires, au cours desquels les systématiciens
et d'autres scientifiques peuvent s'exprimer et débattre
Cotisation annuelle: 100F
Demande d'adhésion à adresser au:
Secrétariat de la Société Frangaise de Systématique, 45 rue Buffon, F-75005 Paris.
CCP 7-367-80 D PARIS.
La Société édite aussi la série Biosystema.
Prix TTC du Biosystema (France, Etranger): 150 FF, membre SFS : 100 FF.
Biosystema 1 - Introduction à la systématique zoologique - (Concepts. Principes, Méthodes) par
L. Matile, P. Tassy & D. Goujet. 1987.
Biosystema 2 - Systématique Cladistique - Quelques textes fondamentaux. Glossaire. Traduction
et adaptation de D. Goujet, L. Matile, P. Janvier & J.P. Hugot. 1988
Biosystema 3 - La systématique et l'évolution de Lamarck aux théoriciens modernes. par
S. Lovtrup. 1988.
Biosystema 4 - L'analyse cladistique: probléme et solutions heuristiques informatisées, par
M. d'Udekem-Gevers. 1990.
Biosystema 5 - Les introuvables de J.B. Lamarck- Discours d'ouverture du cours de zoologie et
articles du Dictionnaire d'Histoire naturelle. Edition préparée par D. Goujet. 1990.
Biosystema 6 - Systématique et Ecologie, par R. Barbault, Cl. Combes, F. Renaud, N. Le Brun
& A. Dubois. Edition coordonnée par J.P. Hugot. 1991.
Biosystema 7 - Systématique et Biogéographie Historique. Textes historiques et
méthodologiques. Traduction et adaptation de P. Janvier, L. Matile & Th. Bourgoin.
1991.
Biosystema 8 - Systématique et Société. Edition coordonnée par G. Pasteur. 1993.
Biosystema 9 - Les Monocotylédones, par J. Mathez. 1993.
Biosystema 10 - Systématique botanique : problémes actuels. Edition coordonnee par O. Poncy.
1993.
Biosystema 11 - Systématique et Phylogénie: modéles d'évolution biologique. Edition
coordonnée par P. Tassy et H. Lelièvre. 1994.
Biosystema 12 - Phylsyst: logiciel de reconstruction phylogénétique, par l. Bichindaritz,
S. Potter & B. Sigwalt *. 1994.
Biosystema 13 - Systematique et Biodiversité. Edition coordonnée par Th. Bourgoin. 1996.
Biosystema 14 - Systématique et Informatique. Edition coordonnée par J. Lebbe, en préparation.
Le Conseil de la SFS. ХП 1995
Source : MNHN. Paris
SOMMAIRE
J. PERREAU — Patrick JOLY (6 novembre 1932-22 octobre 1997) .............
S. RAPIOR, S. BREHERET, T. TALOU, Y. PELISSIER, M. MILHAU &
J.-M. BESSIERE — Volatile components of fresh Agrocybe aegerita and
Tricholoma SUH UE Peer cay, tne a LE CREE, RUE
F. GAITIS — Response of Aspergillus carbonarius to Tween 80, rite growth,
protein, RNA and chitin content... . EH AS MÉLANGE
G. PLATAS, F. PELÁEZ, J. COLLADO, G. VILLUENDAS & M. T. DÍEZ —
Screening of antimicrobial activities by agis hyphomycetes S den
on various nutrient sources .
Р. KAISER — Sur les relations entre un baii de rond de sorciére, Leuco-
paxillus giganteus, la microflore du sol et les végétaux supérieurs .......
Y, KOULALI, A. ES-SGAOURI & К. DARGENT — Influence de la monen-
sine sur l'ultrastructure et la composition biochimique des fractions
pariétales du Botrytis cinerea ..-. 2o OPES
B. RANKOVIC — Populations of fungi in some reservoirs in Serbia .. .
A. VERBEKEN & J. VESTERHOLT — A new Lactarius species from Scandi
havia iit the-section Dapielas., iissa teenz e none y N ere doa Vr rte
L. RYVARDEN — The genus Aleurocystis «~. >i- eee T TTE
F. D. CALONGE & D. N. PEGLER — Zelleromyces mos sp. nov. (Russu-
lales, Elasmomycetaceae), an bip akg species possibly related to
Lactarius aurantiacus... «ss.
B. MORENO-ARROYO, J. GOMEZ & F. D. CALONGE — Zelleromyces gien-
nensis sp. nov. (Russulales), a gasteroid fungus from the southern
of Spain...
Y. WANG, G. MORENO, L. J. RIOUSSET, J. L. MANIÓN, G. RIOUSSET,
G. FOURRE, G. DI MASSIMO, L. G. GARCÍA-MONTERO &
J. DIEZ — Tuber pseudoexcavatum sp. nov. a new species from China
commercialised in Spain, France ап Italy with additional comments
on Chinese truffles ........ Mans ne BE EC Ia i6 d TER EL S
F. ESTEVE-RAVENTÓS, Á. BANARES, E. BELTRÁN & J. L. L RODRÍGUEZ
— Estudio micológico de la reserva de la biosfera « El Canal y los Tiles »
(La TURA Islas Canarias). IV. Agaricomycetidae (3* parte). Género.
Inocybe. . 2 APE MO Ev DONS RL AT APTE
C. OCHOA, б. MORENO, A. ALTES & Н. KREISEL — Calvaria pemaet
(Gasteromycetes) in the deserts of Baja California Sur (Mexico) ..
H, NEZZAR-HOCINE, R. J. BOUTEVILLE, J. GUIMBERTEAU, R. PERRIN
& б. CHEVALIER — La macroflore fongique de Cedrus atlantica
(Endl.) Manetti ex Carriére I1 — Les NL UM air
d'une cédraie du massif du Djurdjura (Algérie) . - +
New taxa and new combinations proposed in Cryptogamie-Mycologie 19(1-2). . -
Instructions aux auteurs.
Cryptogamie, Mycol. 1998, 19 (1-2): 1-168
15
25
33
45
63
87
93
107
113
121