- 6103 8 ISSN 0181-1584
CRYPTOGAMIE
MYCOLOGIE
TOME 19 Fascicule 4 1998
^ "(73 MARS 1999
CRYPTOGAMIE
Mycologie
ANCIENNE REVUE DE MYCOLOGIE
fondée par R. Heim en 1936
Directeur de la publication : Héléne Bischler-Causse
Rédaction : Bruno DENNETIERE & Jean MOUCHACCA
ÉDITEUR : A.D.A.C. — 12 RUE BUFFON F-75005 PARIS
COMITÉ DE LECTURE
A. BELLEMERE (Paris), J. BOIDIN (Lyon), D. CHABASSE (Angers), R. COURTECUISSE
(Lille), G. DURRIEU (Toulouse), J. FAYRET (Toulouse), W. GAMS (Baarn), G. L. HENNEBERT
(Louvain-la-Neuve), P. JOLY (Paris), C. MONTANT (Toulouse), C. MOREAU (Brest),
D. N. PEGLER (Kew), M.-F. ROQUEBERT (Paris), B. SUTTON (Kew), G. TURIAN (Genéve),
D. ZICKLER (Orsay).
MANUSCRITS
Les manuscrits doivent étre adressés directement à la rédaction. La rédaction peut demander l'avis
d'un lecteur méme s'il n'appartient pas au Comité de Lecture. Bien qu'étant une revue de langue
française, les articles rédigés en anglais, allemand, italien et espagnol sont acceptés. Les disquettes de
micro-ordinateurs (PC ou Mac) sont vivement souhaitées. Les recommandations aux auteurs sont
publiées dans le fascicule 1 de chaque tome. Les auteurs recevront 25 tirés-à-part gratuits ; les
exemplaires suplémentaires seront à leur charge.
TARIFS DES ABONNEMENTS tome 19, 1998
CRYPTOGAMIE comprend trois sections : Algologie, Brtologie-Lichénologie, Mycologie
Pour une section : France : (380F ht) 387,98F ttc Étranger : 410,00 F
Pour les 3 sections : France : (1030 F ht) 1051,63 F ttc Étranger : 1130,00 F
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CRYPTOGAMIE, Mycologie est indexé par Biological Abstracts, Current Contents, Geo Abstracts,
GEOBASE, Publications bibliographiques du CNRS (Pascal)
Copyright — 1998. CRYPTOGAMIE-ADAC
Illustration de la couverture : Laboulbeniales, dessin inédit de J. Balazuc
Source : MNHN. Paris
CRYPTOGAMIE
MYCOLOGIE
TOME19 FASCICULE4 1998
CONTENTS
P. SANKARA & M. ABADIE — Puccinia arachidis Speg., parasite of Arachidis
hypogaea L. 1. Ultrastructure and germination of uredospore..........
S. UDAGAWA & H. BABA — Monascus lunisporas, a new species isolated from
mouldy feeds
P. ROBERTS — Hauerslevi a new genus in the effused Heterobasidio-
mycetes
A. BERNICCHIA & L. RYVARDEN — Neolentiporus (Basidiomycetes, Poly-
poraceae) in шоре eee ea ағ
D. C. MOSSEBO — Study of sexual polarity of Dacrymyces stillatus Nees:
Pres(Basidiomycete) 2...
New taxa and new combinations proposed in Cryptogamie-Mycologie 19(4). . . .
Bibliography
Contents of volume 222222...
Corrigendans sey ee ШҚ Қ ο οσο.
247
269
277
281
285
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Bibliothèque Centrale Muséum
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electron-lucent deposits at the inner surface of the primary spore wall adjacent to the plasma
membrane of the immature aeciospore. At the same time, endoplasmic reticulum lamellae lie with the
spore cytoplasm at close proximity of the developing spines, near the base. It appears that the skeleton.
of the spines has a microfibrillar structure developed all around a central microchannel. The rapid
and centripetal growth of the urediniospore wall encases the spines in the wall material. So, with the
aid of parietal compression and enzymatic dissolution through the microchannel, the spines progres-
sively assume a more external position. Spines finally appear at the outer surface of the spore wall.
During this process, polysaccharidic substances accumulate all over the spines. The future role of
these substances is interpreted. At the end, significative sequences of P arachidis germination are
observed after purification and isolation of urediniospores in an oil-chamber.
KEY-WORDS : Puccinia arachidis, Uredospore, Ultrastructure, spines, germination.
INTRODUCTION
La « rouille » qui s’attaque à l'Arachide, Arachis hypogaea L. est l'une des plus
importantes maladies cryptogamique sévissant sur l’arachide à travers le monde (Brom-
field, 1971. ; Hammons, 1977. ; Smith, 1984. ; Mc Donald & Subrahmanyam, 1992).
Le champignon basidiomycète, Puccinia arachidis Speg., responsable de ce fléau
réalise la totalité de son développement à l'intérieur des tissus du limbe de cette plante et
aboutit à la formation de structures particulières, les urédosores, qui apparaissent d'abord
à la surface inférieure puis à la face supérieure des feuilles (lorsque l'attaque est sévère),
sous la forme de pustules noires, pulvérulentes. A l'intérieur de ces structures sont formées
les urédospores, vecteurs incontournables de la dispersion du parasite, dont nous avons
étudié les caractéristiques au microscope électronique à balayage et à transmission.
Les urédospores de Puccinia arachidis sont des cellules douées d'un développe-
ment propre et limité dans le temps et l'espace. Elles sont physiologiquement distinctes de
la forme que prendra, par la suite, l'hyphe parasite issu de la germination, dans son
évolution à l'intérieur des tissus de l'hóte.
La présente étude s'inscrit dans le cadre de travaux plus vastes portant sur la.
mise évidence des séquences liées au processus d'infection de l'arachide et des relations qui
s'établissent entre le prédateur et la plante-hóte au titre d'un programme pluridisciplinaire
CEE СТ 920074 « Lutte contre les maladies foliaires de l'arachide en Afrique de l'Ouest ».
MATÉRIEL ET MÉTHODES
1) Matériel biologique.
Les Arachides contaminées comprennent des génotypes d' Arachis hypogaea L.
issus de la sélection de l'INERA, en particulier KH-241-D, très sensible à la rouille et de
PICRISAT avec PI 259747, semi-hative, très résistante à la rouille.
4 Les urédospores proviennent initialement des pieds d'Arachide naturellement
infectés dans les champs de la station expérimentale de Niangoloko (Burkina Faso). Ces
plantes sont contaminées au sol par des spores véhiculées par voie aérienne. Les urédos-
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RECHERCHES SUR PUCCINIA ARACHIDIS SPEG. 249
pores sont récoltées soit en masse, par microaspiration directement au niveau des urédo-
sores mürs, (pour l'étude au MET), soit à l'unité, par micromanipulation en chambre à
huile, (pour l'étude de la germination en microscopie photonique).
2) Techniques microscopiques
a) Microscopie Photonique
Les coupes semi-fines préalablement traitées au bleu de Toluidine boraté ainsi
que les chambres à huile servant à la micromanipulation au moyen d’un micromanipula-
teur pneumatique (type De Fonbrune), sont observées sur un microscope photonique
Leitz Orthomat équipé d’une caméra et d’un illuminateur UV associé au système Pleo-
mopak 3 à lame dichroique permettant l'observation des noyaux aprés traitement par le
DAPI (4'-6 Diamidino-2-Phénylindole) en tampon Mc ILVAINE.
Le milieu de base d'isolement, de purification et de germination pour les micro-
chambres de culture est constitué d'eau de pomme de terre acide préparé de la facon
suivante : 4g de pulpe sont mis à macérer 1h à 20° C puis 15 minutes à 90° C. Aprés
filtration sur laine de verre le filtrat est amené à pH 6,2 par l'acide lactique N/10. La
dilution au 1/100 est stérilisée à 110° C durant 20 minutes.
b) Microscopie électronique M.E.T.
La difficulté d'obtenir une bonne fixation des urédospores a longtemps été un
obstacle à leur étude correcte au MET. Nous avons écarté le procédé qui consiste à casser
localement la spore (Sussman et al., 1969) ainsi que l'emploi de certains fixateurs comme
le KMnO, à faible concentration (Luft, 1956) ou l'acide osmique seul et peu performant
quant à la qualité de préservation des structures intracellulaires. Dans ce travail, la double
fixation glutaraldéhyde-osmium est utilisée fondamentalement comme suit : le glutaral-
déhyde ultra-pur, froid, à 70 %, est ramené à 12 % par l'eau bi-distillée puis à 5 % par du
Ringer non salé dilué au "4. Le fixateur final est obtenu en ajoutant v/v du tampon
cacodylate 0,1 M a pH 7,2. La fixation est conduite 3 heures à 20° C. Après lavages dans le
tampon, une post-fixation par l'acide osmique à 1% dans le méme tampon est appliquée
18 h à 4° C, suivie d'une deshydratation classique par la série des alcools puis par des bains
d'oxyde de propyléne. L'imprégnation et l'inclusion se font dans la résine de Spurr (Spurr,
1969) suivie d'une polymérisation de 24 h à 68° C.
Les coupes ultrafines, exécutées sur l'ultramicrotome Ultrotome ІШ (LKB), sont
contrastées normalement par la technique à l'acétate d'uranyle et le citrate de plomb
(Reynolds, 1963). La mise en évidence des polysaccharides utilise la technique du
contraste par l'acide phosphotungstique à 1 % dans l'acide Chromique à 10% pour les
polysaccharides acides (Rambourg, 1967) et le réactif de Thiéry (Thiéry, 1967) au
thiocarbohydrazide-protéinate d'Argent pour les polysaccharides neutres.
Pour la mise en évidence des glycoprotéines des précipitations sélectives sont
opérées au moyen de lectines marquées (ConA — ferritine). La réaction classique à
l'argent-méthénamine est également utilisée.
Les observations sont faites sur le microscope électronique HITACHI HU 11 EF
du Laboratoire sous une tension de 75 Kv.
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c) Microscopie électronique MEB.
L'étude des structures spaciales (pustules en place sur le limbe et les surfaces
sporales) est réalisée sans fixation préalable, à 5 Kv sur un MEB HITACHI 5 3500 équipé
d'une platine cryogénique.
RÉSULTATS
Le massif sporogène
A l'intérieur des limbes contaminés, au niveau des auréoles jaunâtres déve-
loppées sur les feuilles atteintes, les zones sporogènes liées au développement des uré-
dosores (Pl. 1, Fig. 1) sont constituées de cellules hyphales dont la taille et la forme
varient considérablement. Ces cellules, se formant à l'abri d'un péridium, sont reliées entre
elles par un important ciment intercellulaire épais, opaque aux électrons. Au sein de ce
massif compact se différencient des cellules sporogènes bi-nucléées, caractérisées par la
densité de leur cytoplasme, un systéme vacuolaire développé et de nombreuses inclusions
lipidiques qu'on ne retrouve pas dans les hyphes différenciées normales (Pl. 1, Fig. 2). En
position intercalaire se différencient d'autres cellules pratiquement identiques mais dont la
destinée est toute différente . Par leurs sécrétions pariétales abondantes et le relargage des
constituants cellulaires au moment de leur mort précoce, elles générent un pool de
substances disponibles à l'intérieur du sac sporogene. De telles substances entrent notam-
ment dans la composition des épais ciments intercellulaires et interviennent aussi en
venant « charger » progressivement la paroi et les épines des jeunes urédospores en
formation.
L'Urédospore
L'urédospore se forme à partir d'un bourgeonnement terminal unique qui
apparait à l'extrémité de la cellule sporogéne avant de s'en séparer par la formation d'un
septum (Pl. 2, Fig. 3). Ce bourgeon naít de la croisssance réguliére de la paroi interne de la
cellule-mére, processus qui va rapidement conduire à la déchirure de la propre paroi
externe de celle-ci dont la croissance est, au contraire, discontinue. De ce fait, la paroi
sporale interne en formation se trouve étre, dés le départ, en continuité parfaite avec celle
de la cellule-mère, comme dans le cas de P. graminis var. tritici, par exemple. Les vestiges
de la paroi externe déchirée sont observables à la base des jeunes cellules sporales sous la
forme d'une pellicule (PI. 2, Fig. 4).
Un septum apparait ensuite qui individualise totalement cette nouvelle cellule de
la cellule sporogène. Au centre de ce septum, la structure d'un pore ayant servi au passage
des éléments cytoplasmiques maternels reste toujours observable, à maturité. L'épaissis-
sement annulaire, nettement visible à son niveau, constitue l'armature du futur pore
germinatif (РІ. 2, Fig. 5).
Le contenu cytoplasmique de la jeune spore devient à ce stade nettement
beaucoup plus dense que celui de la cellule sporogène. On remarque également que sa
richesse en inclusions lipidiques augmente dans le méme temps que la taille des vacuoles
Source : MNHN, Paris
RECHERCHES SUR PUCCINIA ARACHIDIS SPEG. 251
diminue, alors que cette dernière reste toujours plus importante dans la cellule sporogène.
Finalement, ces inclusions finissent par se condenser tout autour de mini-vacuoles ainsi
que l'ont déjà signalé divers auteurs comme Ehrlich & Ehrlich (1969) et Harder (1976).
Les épines sporales
Dès le début de l'individualisation de la jeune spore il se produit une différencia-
tion remarquable à l'intérieur de la paroi en formation, qui va se développer tout au long
du processus de la maturation sporale. Cette différenciation est à l'origine de l'existence de
formations épineuses, d'abord strictement considérées comme les éléments d'une orne-
mentation sporale d'un grand intérêt systématique, avant d'étre soupconnées d'intervenir
activement dans la dynamique du parasitisme en raison de propriétés physicochimiques en
cours d'exploration. Si de telles formations sont facilement observables au microscope
photonique comme au MEB (PI. 5, Fig. 17), leur structure fine, au contraire, a été depuis
un certain nombre d'années décrite avec difficulté et avec plus ou moins de précision dans
le détail chez Uromyces caladii (Moore & Mc Alear, 1961), Cronatium fusiforme (Walkins-
haw et al., 1967), Puccinia graminis (Thomas & Isaac, 1967 : Ehrlich & Ehrlich, 1969),
Melampsora lini (Littlefield & Bracker, 1971), Phragmidium (Henderson & Prentice, 1973),
Puccinia coronata (Harder, 1976) et Puccinia tuyutensis, (Baka, 1996), entre autres. Tous
les auteurs soulignent la difficulté de réaliser une bonne étude cytologique et ontogénique.
Il se trouve que l'urédospore de Puccinia arachidis nous a permis une approche fine assez
satisfaisante de ces structures problématiques
Une premiére caractéristique consiste dans leur apparition quasi synchrone sur
l'ensemble de la paroi présporale au moment de l'individualisation du septum. Nous en
avons observé les différentes étapes. Avant le cloisonnement, aucun dispositif cytoplasmi-
que particulier ne permet de prévoir la formation des initiales des épines. Seule l'arrivée, à
certains endroits, de vésicules en direction puis au contact du plasmalemme (Pl. 3, Fig. 6a)
sur tout le pourtour de la paroi primaire signifie, chez Puccinia arachidis, la mise en route
du processus de formation des épines. Il se manifeste, au départ, par une invagination du
plasmalemme au point de contact (Pl. 3, Fig. 6b). Les ébauches apparaissent, dés le début,
comme de petits troncs de cóne intrapariétaux, qui ont la méme transparence aux
électrons que la paroi primaire. Chez Puccinia arachidis, la paroi primaire (P1) intervient
directement dans leur élaboration avec le concours du plasmalemme et des éléments du RE
qui viennent se ranger parallèlement à lui (РІ. 3, Fig. 8), comme dans le cas de Phragmi-
dium (Henderson & Prentice, 1973). L'ensemble forme une sorte de « plaque » d'ancrage
basale pour la future épine (РІ. 3, Fig. 7). L'évolution de cette ébauche aboutit à des formes
coniques régulières, larges à la base et pointues au sommet. Comme dans le cas de Puccinia
graminis (Littlefield & Bracker, 1971), la structure microfibrillaire de ces ébauches est
particulièrement marquée (Pl. 3, Fig. 8) et son origine apparait étroitement liée, à travers
le plasmalemme, au réseau des microfilaments du cytosquelette. Ces épines présentent, en
outre, un microcanal central original et unique en son genre, seulement identifiable sur des
sections parfaitement médianes (PI. 3, Fig. 6d). Selon nos observations, ce canal permet-
trait la diffusion de substances issues directement du cytoplasme et nécessaires pour lyser
la partie sommitale de la paroi secondaire, d’où la formation d'un évasement à ce niveau
(РІ. 3, Fig. 7).
Au fur et à mesure que s'installe le processus de maturation de la spore,
l'accroissement centrifuge généralisé de la paroi s'intensifie tout en restant dissymétrique
dans la région des jeunes épines. Comme cela a été observé chez d'autres urédospores, un
Source : MNHN, Paris
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peu de matériel de la paroi secondaire vient s'intercaler entre le plasmalemme et l'ébauche
de l'épine. La remarquable dynamique de la croissance de la paroi secondaire qui s'établit
tout autour des épines, par contre, donne alors l'image de structures fixées au fond d'un
puits en forme d'entonnoir. Ce n'est que lorsque l'épine est totalement formée qu'elle subit
la pression combinée de l'accroissement du matériel cytoplasmique sporal, d'une part, et
de l'épaississement de la paroi en croissance, d'autre part. Les épines sont alors refoulées
progressivement vers la surface. La cavité conique supérieure issue de l'action d'enzymes
émises par le canal central se remplit de substances auxquelles viennent s'ajouter des
résidus hérités du sac sporogène (PI. 4, Fig. 10). Finalement, la pointe de l'épine finit par
émerger entraînant avec elle la pellicule externe et sa charge polysaccharidique (Pl. 4,
Fig. 11).
Les tests utilisés pour la mise en évidence des polysaccharides acides sur des
urédospores non matures confirment la présence d'un mat ériel réactif associé aux épines
sporales et faisant le lien avec les épines des urédospores voisines, avant leur dispersion (Pl.
4, Fig. 13). Il existe une grande analogie entre ces substances et celles qui servent de ciment
aux cellules sporogénes dans l'urédosore. Des glycoprotéines leur sont également associées
qui réagissent en précipitant avec les lectines exactement de la méme maniére que réagit la
charge superficielle des cuticules de la face inférieure des limbes de plantes particuliére-
ment sensibles au parasite (résultats non encore publiés).
Au terme du processus de maturation qui conduit à la spore adulte munie d'une
paroi épaisse échinulée, unistratifiée et fortement opaque aux électrons (РІ. 5, Figs. 14 à
17), il apparait qu'aucune épine érigée n'est totalement superficielle : le socle apparent qui
les supporte correspond à la trace de la « plaque » originelle, espace primitif initié par le
plasmalemme, le réticulum et la paroi primaire lors de la formation des ébauches coniques
décrites plus haut (PI. 3, Fig. 10).
La germination des urédospores
Comme dans beaucoup de cas, les spores de Puccinia arachidis ont un pouvoir de
germination qui décroit sensiblement avec le temps et les conditions physicochimiques du
milieu ambiant, de telle sorte que des sporées de quelques jours, naturellement désséchées
et fortement pigmentées, ne germent plus. En réalité, beaucoup d'urédospores germent sur
place, dans l'urédosore, lorsque ce dernier est maintenu dans des conditions d'humidité
confinée, à température normale.
Les expériences de germination réalisées en conditions normales ne permettent
pas de constater l'existence de contraintes trop excessives : plus de 50 % des urédospores
fraichement prélevées de Puccinia arachidis germent trés facilement en moins de 6 h une
fois dispersées par vaporisation sur de l'agarose non nutritive. Dans ces conditions, la
germination est souvent totale et se termine par la lyse d'un tube germinatif d'allure
frippée, non cloisonné, dont la longueur peut dépasser les 2800 um. On constate, aussi,
que le tube germinatif ne s’accroche pas au substratum et que, dans de telles conditions,
peu d'urédospores parviennent à former à l'extrémité du tube, l'appressorium, qui est
l'organe préinvasif caractéristique de ce parasite. Ce n'est plus le cas si l'on opére sur
membrane artificielle (collodion) imprégnée d'un extrait chloroformique des substances
extracuticulaires du limbe (РІ. 6, Fig. 18 d et e).
Afin de mieux l'étudier, nous avons suivi en continu le processus de germination
d'urédospores fraîches, uniques et isolées pures au micromanipulateur, hors d’atteinte des
substances inhibitrices générées par l'urédosore, d'une part, et par l'action des masses
Source : MNHN, Paris
RECHERCHES SUR PUCCINIA ARACHIDIS SPEG. 253
sporales entre elles, d'autre part. Les tests sont réalisés en microchambre de culture, sur un
milieu à base d'eau de pomme de terre acide. Dans ces conditions, on constate que la
proportion de germination peut atteindre et dépasser les 80 % ce qui n'est plus le cas si,
avant d’être isolées mécaniquement, les urédospores sont placées dans une chambre de
préhumidification, 1 h à 18° C, à la lumière du jour Rowell (1956). Utilisée dans le but de
ménager le plasmalemme et d'éviter le choc osmotique provoqué par un réhydratation
brutale (comme dans le cas des pollens de monocotylédones), cette disposition ne convient
pas aux urédospores hydrophobes de Puccinia arachidis, rejoignant ainsi les conclusions
de Wiese & Daly, 1967 et de Sood & Wiese, 1974 tirées de l'étude de Puccinia graminis var.
tritici.
Dans les conditions expérimentales de la microchambre à huile, au contraire,
quatre importants phénomènes sont observables: 1) - l'accélération de la sortie du tube par
le pore germinatif en moins de 3 h (Pl. 6, Fig 18a), 2) - la progression régulière du tube еп
direction de la phase huileuse qui circonscrit la microgoutte dans la chambre à huile (PI. 6,
Fig. 18b et c), 3) - la sortie systématique du tube germinatif de la microgoutte et la
formation, dans la phase huileuse, de la structure appressoriale qui s'individualise par une
cloison lorsque les deux noyaux aux formes allongées sont parvenus dans la région apicale
du tube germinatif (Pl. 6, Fig. 19), 4) - l'apparition finale de quatre noyaux aprés une
nouvelle mitose dans l'appressorium ainsi formé (РІ. 6, Fig. 20).
Ces événements sont, dans l'ensemble, en bonne concordance avec les résultats
de nombreux travaux antérieurs effectués sur la germination d'un certain nombre de
rouilles et tout particulièrement avec le travail de De (1986), en microscopie photonique,
sur ce méme Puccinia arachidis.
DISCUSSION
Cette étude à permis de montrer en détail les séquences encore mal connues de la
formation des urédospores chez Puccinia arachidis et d'en préciser certaines caractéristi-
ques ultrastructurales, les travaux de Mims er al. (1989) ayant porté essentiellement sur la
structure fine des éléments de Puccinia arachidis différenciés au cours de la phase d'attaque
et d'infection chez l'arachide.
Si, dans l'ensemble, les résultats correspondent assez bien à ce que l'on connait
aujourd'hui de la morphologie de diverses rouilles gráce aux travaux récents qui leur ont
été consacrés, nous disposons de quelques particularités concernant Puccinia arachidis.
Chez ce champignon, le stade aecial est actuellement le seul connu avec certitude et le
développement du parasite se réalise strictement sur Arachis hypogaea L. Les urédospores
(aeciospores) sont donc les seuls éléments de dispersion actuellement accessibles à l'expé-
rimentation. A cet égard, la présence des échinulations à la surface de la spore si elle ne
constitue pas une originalité en soi, représente cependant un élément non négligeable
d'investigation que nous avons particuliérement tenu à privilégier. L'ontogénése de ces
épines met bien en évidence à la fois la complexité et l'originalité de ces structures. Les
mécanismes décrits pour expliquer la formation des épines chez Melampsora lini (Mano-
cha & Shaw, 1967) ne s'appliquent pas exactement ici. Les épines de Puccinia arachidis
n'apparaissent pas, en effet, liées à l'existence. d'une matrice qui serait associée à la paroi
sporale secondaire, progressivement dissoute durant l'ascension de l'épine. Elles prennent
naissance à la suite de l'arrivée de vésicules au contact du plasmalemme qui s'invagine à cet
Source : MNHN, Paris
254 P. SANKARA & M. ABADIE
endroit, contrairement à ce qui a été décrit chez Phragmidium par Henderson & Prentice
(1973). On se rapproche plutôt du modèle de Puccinia sorghi bien étudié par Henderson et
al. (1972) et Rijkenberg & Truter (1974) pour lesquels l'implication de la paroi primaire est
au centre du processus d'élaboration de l'épine. En outre, c'est le matériel pariétal
interspinal directement au contact de l'épine qui est soumis à un processus de dissolution
enzymatique. En effet, dans le cas d'urédospores qui ne peuvent pas parvenir au dévelop-
pement complet, on constate qu'il existe, dans la paroi principale encore jeune, des espaces
réguliers qui correspondent à des zones de dissolution précoces dont l'origine ne peut étre
attribuée qu'aux ébauches d'épines sous-jacentes, avortées (РІ. 4, Fig. 9). D'autre part, sur
la structure méme de cette paroi secondaire compacte et naturellement opaque aux
électrons, dans laquelle Williams & Ledingham (1964) distinguent trois couches successi-
ves chez Puccinia graminis, on peut dire qu'aucune des techniques utilisées ne nous ont
permis de confirmer une telle distinction chez Puccinia arachidis. La paroi secondaire des
urédospores de ce champignon apparait parfaitement continue au stade des ébauches des
épines. Ce n'est que localement et à la verticale de ces ébauches que des phénomènes
extrêmement rapides combinant activité lytique, synthèse pariétale et poussée mécanique
vont parvenir à faire passer l'épine de sa position d'ébauche assez profondément incrustée
dans le cytoplasme sporal, à celle d'une épine totalement érigée à la surface de la paroi
secondaire de cette méme spore.
Lorsque les épines évoluent normalement, l'action du mélange PTA-Ac Chro-
mique met parfaitement en évidence l'existence, autour de chaque épine dressée, d'un halo
de substances réactives qui témoigne de l'existence du processus de dissolution du matériel
pariétal environnant (Pl. 4, Fig. 10), de telle sorte que nous considérons comme trés
important le mécanisme érectif qui conduit les épines à remonter à la surface de la paroi
secondaire et à se charger de substances actives qui interviendront par la suite dans les
phénomenes d'adhésivité cuticulaire permettant finalement l'infection de la feuille.
De leur coté, les tests de germination réalisés en chambre à huile, illustrent les
propriétés très particulières des épines et du filament germinatif des urédospores dans la
phase préparatoire à l'infection : ils s'accordent avec les recherches de Clement er al. (1994)
sur l'importance de l'hydrophobicité dans les phénomènes d'adhésivité des urédospores et
des tubes germinatifs chez Uromyces viciae-fabae.
Cette étude sur l'ontogénie sporale de Puccinia arachidis ainsi que nos observa-
tions sur les modalités particulières de la germination nous ont conduit à analyser avec
précision des structures originales et à donner une explication à la dynamique de leur
développement.
Un prochain article fera le lien avec toutes ces données en abordant, en détail, la
phase active du parasitisme de Puccinia arachidis Speg. sur Arachis hypogaea L. depuis la
formation de l'appressorium sur la feuille jusqu'à la colonisation généralisée des tissus de
l'hôte en passant par la phase cruciale de la pénétration du limbe à travers le stomate et
l'attaque des premières celulles-cibles par les cellules haustoriales.
REMERCIEMENTS : Les auteurs tiennent à remercier vivement М" M. DUMONT, photographe au
Laboratoire de Cryptogamie du Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris, pour le tirage de
l'ensemble des clichés de cet article.
Source : MNHN, Paris
RECHERCHES SUR PUCCINIA ARACHIDIS SPEG. 255
BIBLIOGRAPHIE
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PLANCHE 1 :
Fig. 1. — (Encarté). Coupe semi-fine dans un limbe (L) particulièrement contaminé. On voit deux
urédosores (S) chargés d'urédospores (Sp) respectivement sur la face supérieure et la face inférieure
du limbe. Echelle = 1 um.
Fig. 2. — Coupe fine réalisée dans un urédosore, On remarque la limite inférieure du massif cellulaire
circonscrit par un péridium (Pe). Les cellules basales, riches en vacuoles (va) dans lesquelles on
observe de fréquents lomasomes (lo), forment une sorte de stroma (Str) compact. Au centre de la
coupe, une cellule sporale (CS) et une cellule intercalaire (Ci), sont bien différentiées. On remarque
que la cellule intercalaire ne porte pas d'ébauches épineuses. C'est cette cellule qui fournit l'essentiel
des ciments intercellulaires (ce). Une jeune urédospore (SP) est en voie de maturation ; riche en
réserves elle présente à sa périphérie une couronne d'ébauches épineuses intrapariétales (Ep, astéris-
ques). Un seul noyau (N) est visible sur la coupe. (Cm), cellule mère sporogène. Echelle = 1 um.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
258 P. SANKARA & M. ABADIE
PLANCHE 2:
Fig. 3. — Détail d'une jeune urédospore avec ses ébauches d'épines (Ep) toutes au méme stade
(développement synchrone). On observe : les amas de vésicules lipidiques (vl), le septum (St) bien
formé qui l'isole de la cellule mère sporogène (CS). A la base de cette cellule on aperçoit du ciment
interstitiel (ce). Echelle : 0,5 um.
. — Détail de la pellicule (pe) correspondant à la paroi secondaire de la cellule sporogène (CS)
déchirée par le bourgeonnement initial et entrainée à l'extérieur de la paroi sporale (P2). Echelle :
0,1 um.
Fig. 5 — Séparation de l'urédospore (SP) de la cellule sporogène (CS) par le septum (St) et
conservation de la structure du pore (Po) qui deviendra le pore germinatif autour duquel on distingue
les deux parois (P1) et (P2). Echelle : 0,1 um.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
260 P. SANKARA & M. ABADIE
PLANCHE3:
Fig. 6 — Séquences ontogéniques de la formation des épines. Echelle : 0,1 um
2) Montée des vésicules (ve) au contact du plasmalemme (pm).
b) Invagination du plasmalemme (pm) entraînant la paroi primaire (P1). Apparition des
ébauches épineuses de forme conique (Ep), transparentes aux électrons avec, tout autour, un halo de
dissolution (fléches)
€) coupe légérement oblique d'un cóne épineux (Ep) en érection. On note la présence de
mucosubstances (ms).
d) coupe passant exactement par un plan longitudinal médian d'une épine au début de
son ascension avec son canal central (ca). La pellicule (pe) extérieure est soulevée.
Fig 7. — Étude détaillée de l'épine (Ep) incluse dans la paroi d'une urédospore (SP) non mature.
Noter la forme conique parfaite, la grande base assise sur le plasmalemme (pm), une paroi primaire
(P1) réduite, une paroi secondaire (P2) développée tout autour et présentant une cavité de lyse
(fiéches), centrée sur l'extrémité de l'épine qui montre bien qu'une activité enzymatique s'exerce à ce
niveau, pour préparer le passage de l'épine. La cavité est elle-même remplie de mucosubstances (ms)
de remplissage (astérisque). Echelle : 0,1 um.
Fig. 8. — Détail de la structure fibrillaire de l'épine (Ep). Les faisceaux de fibrilles (fi) émanant du
cytoplasme via le plasmalemme (pm), convergent vers la pointe de l'épine. Remarquer les alignements
du réticulum (Re). Réactif : PATag (Thiéry) suivi d’un léger contraste par l’acétate d’uranyle. Echelle :
0,1 um.
Source : MNHN Paris
RECHERCHES SUR PUCCINIA ARACHIDIS SPEG. 261
Source : MNHN, Paris
262 P. SANKARA & M. ABADIE
PLANCHE 4
Fig. 9. Structure « ajourée » d'une paroi secondaire (P2) d'urédospore au comportement anormal.
On reconnait la pellicule externe (Ре). Les zones périodiquement claires correspondent à des disso-
lutions précoces de la paroi au-dessus de l'emplacement d'ébauches épineuses avortées (fléches).
Echelle : 1 um.
Fig. 10. — Mise en évidence du matériel issu d'un processus de lyse (ly) par la formation d'un halo
réactif autour de l'épine (Ep) en érection sur son socle (so). PTA-Ac Chromique. Echelle : 0,1 um.
Fig. 11. -Epine (Ep) non complètement déployée. On remarque le voile pelliculaire (Ре) et le réseau de
fibrilles (fi) constituant le squelette de l'épine. Echelle : 0,1 um
Fig. 12. — La réaction à l'Argent-Méthénamine met en évidence la zone basale de l'épine (astéris-
ques) en continuité avec les restes de la paroi primaire (P1). Echelle : 0,1 um.
Fig. 13. — Urédospores mûres, au moment de l'ouverture de l'urédosore. Le réactif PTA-Ac
Chromique révèle la présence de substances (ms) qui relient les urédospores entre elles par l'intermé-
diaire de leurs épines. Echelle : 0,5 um.
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris
264 P. SANKARA 4 M. ABADIE
PLANCHE 5
Fig. 14. — Coupe transversale dans une urédospore (Sp) presque mûre. Les épines (Ep) sont érigées
à la surface de la paroi (P2), le cytoplasme chargé de réserves (res) et les vacuole (va) contiennent des
lomasomes (lo). On devine faiblement le noyau (N) des restes d'alignement de RE autour de
mitochondries (mi). Echelle : 0,5 um.
Fig. 15. — Détail du bouchon fibreux callosique (bc) qui obstrue le pore germinatif (pg) de
l'urédospore. Echelle : 0,5 um.
Fig. 16. — Coupe équatoriale dans une urédospore mûre (Sp). La paroi (P2) fortement opaque aux
électrons a atteint son maximum d'épaisseur. La paroi primaire (P1) est réduite à une mince couche
basale claire, difficile à distinguer du plasmalemme. Le cytoplasme fortement condensé ne présente
qu'une définition médiocre : seules sont individualisées les vésicules chargées de réserves (res), qui y
sont largement distribuées, Echelle : 0,5 um.
Fig. 17. — Encarté. Urédospore mature prélevée à la sortie d'un urédosore mûr et observée
directement au MEB équipé d'une platine cryogénique. Le réseau des épines (Ep) est parfaitement
développé et le pore germinatif (pg) bien visible. Echelle : 2,5 um
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris
266 P. SANKARA & M. ABADIE
PLANCHE 6
Fig. 18. — Les phases essentielles de la germination de la spore (Sp) observées au moyen de la
chambre à huile (CH). Echelle : 5 um
2) Germination d'une urédospore (Sp) isolée pure. Aprés 3 h, le tube germinatif (Tg) est
bien formé et s'oriente immédiatement en direction de l'interface milieu-huile.
b) Sortie du tube germinatif (Tg) de la microgoutte dans l'huile (hu).
€) Progression continue du tube (Tg) dans l'huile et formation de l'appressorium (Ap)
d et e) La méme germination réalisée sur membrane de collodion (CO) imprégnée
d'un extrait chloroformique de cuticule de limbe d'arachide. On voit la migration des deux
noyaux (N) et la formation normale d'un appressorium (Ap) aprés cloisonnement par un
petit septum (st).
Fig. 19. — Coupe dans le filament germinatif (Tg) au niveau d'un noyau (N). Echelle : 1 um
Fig. 20. — Observation des 4 noyaux nouvellement formés dans l'appressorium (Ap) par microscopie
de fluorescence au DAPI. Echelle : 5 um.
Source : MNHN, Paris
RECHERCHES SUR PUCCINIA ARACHIDIS SPEG. 267
18b 18a
hu
Source : MNHN, Paris.
ο ο TAA MR rh)
:
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* ML
d
Cryptogamie, Mycol. 1998, 19 (4): 269-276 269
MONASCUS LUNISPORAS, А NEW SPECIES
ISOLATED FROM MOULDY FEEDS
Shun-ichi UDAGAWA'* & Hiroshi BABA?
! Nodai Research Institute,
Tokyo University of Agriculture.
1-1-1, Sakuragaoka, Setagaya-ku,
Tokyo 156-8502, Japan.
? Tama Laboratory, Japan Food Research Laboratories,
6-11-10, Nagayama, Tama-shi,
Tokyo 206-0025, Japan.
* Address for correspondence: 2-12-1, Takaban, Meguro-ku, Tokyo
152-0004, Japan.
ABSTRACT : A new species of Monascus (Ascomycotina; Monascaceae), M. lunisporas is described
and illustrated. This species is characterized by its dark olive-brown ascomata with an areolate wall,
lunate ascospores and hyaline to olive-brown, often verrucose conidia. The holotype was isolated
from mouldy feeds in Tokyo. A key to Monascus species is provided.
KEY WORDS : Ascomycotina, feed, Monascus lunisporas, taxonomy.
RÉSUMÉ : Une espéce nouvelle de Monascus (Ascomycotina, Monascaceae), M. lunisporas, est
décrite et illustrée. Elle se distingue par ses ascomata brun olivacé sombre présentant une paroi
aréolée, des ascospores en forme de lune et hyalines à brun sombre et la production de conidies à paroi
souvent verruqueuse. Le matériel original a été isolé de fourrages moisis dans la ville de Tokyo. Une.
clé de détermination des espéces du genre est proposée
MOTS CLEFS : Ascomycotina, fourrage, Monascus lunisporas, taxonomie.
INTRODUCTION
The ascomycete genus Monascus is well known as the organisms used in Asia to
prepare pigmented red rice (ang-kak), fermented soybean curd, kaoliang brandy and rice
wine, and is usually placed in the Monascaceae, in the Eurotiales (Eriksson &
Hawksworth, 1993; Hawksworth et al., 1995). Members of the genus are also known as
food contaminants. As such, they are repeatedly encountered among the xerophilic fungi
isolated from various cereals and cereal products, cooked potatoes, starch, spices, dried
fish, dried fruits, crude sugar and honey (Domsch et al., 1980; Samson et al., 1996; Pitt &
Source : MNHN, Paris
270 S. UDAGAWA & H. BABA
Hocking, 1997). They are also dominant members of the mycoflora in maize, and various
feedstuffs and silage for livestock.
During our microbiological examination of causal agents associated with feed
spoilage, numerous isolates of Monascus were obtained from the dilution agar plates of
one pellet sample of feeds for racing horses. Besides strains of M. ruber van Tieghem, an
unusual member of Monascus was identified, characterized by dark-colored ascomata
with an areolate wall and lunate ascospores. This species can not be assigned to any of the
currently accepted taxa of the genus (Hawksworth & Pitt, 1983; Barnard & Cannon, 1987;
Hocking & Pitt, 1988; Cannon ег al., 1995) and is, therefore, being described as new.
MATERIAL AND METHODS
The isolate was derived from a single colony developed on potato-dextrose agar
plate by the dilution plating technique during the course of a microbiological examination
of spoilt pellet feeds for racing horses. A representative culture has been deposited at the
American Type Culture Collection, Manassas, Virginia, USA (ATCC), А dried culture to
serve as holotype has been deposited at the Natural History Museum and Institute, Chiba,
Japan (CBM). An isotype is on deposit at the “ Collections du Laboratoire de Cryptoga-
mie du Muséum National d'Histoire Naturelle, Paris, France (PC) ”.
Cultural characteristics were based on plate cultures grown on Czapek yeast
extract agar (CYA), malt extract agar (MEA), Harrold’s agar (M40Y) and 25% glycerol
nitrate agar (G25N). Plastic petri dishes, 9 cm x 15mm, were used. Culture plates were
incubated at 5°C, 25°C and 37°C in darkness. In the description, colour names and
nomenclature were taken from Kornerup & Wanscher (1978) and Rayner (1970), designa-
ted as "M" and “R” respectively. The enzyme activity tests were carried out using the
APIZYM system, following the methods of Bridge & Hawksworth (1985).
TAXONOMY
Monascus lunisporas Udagawa et Baba, sp. nov. figs. 1-9.
Coloniae in agaro maltoso modice effusae, radiatim sulcatae, tenues, ex mycelio
vegetativo submerso constantes, ascomatibus numerosis et hyphis aeriis sparsis formantes,
griseo-brunneae vel olivaceo-brunneae vel griseo-olivaceae; conidiogenesis moderata vel
conspicua; reversum olivaceo-brunneum vel griseo-olivaceum.
Mycelium ex hyphis hyalinis vel dilute olivaceo-brunneis, ramosis, septatis, tenui-
bus, levibus, 2-6(-14) um diam, saepe fasciculatis compositum. Conidia solitaria vel brevi-
catenata, hyalina vel olivaceo-brunnea, unicellularia sed interdum transverse uniseptata,
globosa vel subglobosa vel obovoidea, 6-12(-16) um diam, incrassata, levia vel saepe verru-
cosa, basi truncata.
Ascomata superficialia, dispersa, non ostiolata, valde olivaceo-brunnea, globosa,
40-90 um diam, saepe brevi-stipitata, celeriter maturescentia; peridium tenue, primo trans-
Source : MNHN, Paris.
MONASCUS LUNISPORAS 271
Fic. 1. Monascus lunisporas, SUM 3116.
A. Mature ascoma, B. Ascomatal initials and young ascoma,
C. Asci, D. Ascospores, E. Conidium formation at the tip of hyphae.
Source : MNHN, Paris
272 S. UDAGAWA & H. BABA
Fics. 2-9. Monascus lunisporas, SUM 3116.
2. Young ascomata, 3. Mature ascoma, 4. Peridium showing areolate outer layer, 5. Peridium cross
section, 6. Asci, 7. Ascospores, 8, 9. Conidium formation at the tip of hypha.
Bars: 2, 6, 7 = 10 um; 3, 4, 5, 8, 9 = 20 um.
Source : MNHN. Paris
MONASCUS LUNISPORAS 273
lucens, deinde olivaceo-brunneum vel valde olivaceo-brunneum: ex strato exteriore areolato
et strato interiore membranaceo compositum. Asci octospori, globosi vel subglobosi, 9-10
(-10.5) X 8-9 um, mature evanescentes. Ascosporae hyalinae, lunatae, interdum ellipsoideae,
5-7 х 2.5-3 um, aliquantum incrassatae, non septatae, leves.
Holotypus. SUM 3116: colonia exsiccata in cultura ex pabulo mucido. Tokyo, in
Japonia, 19.11.1998, а Н. Baba isolata et ea collectione fungorum Musei et Instituti
Historiae Naturalis Chiba (CBM) conservata.
Etymology: from Latin, /uni = crescent and spora = seed, referring to the ascospore shape.
Colonies on CYA growing restrictedly, attaining a diameter of 7-10 mm in 7 days
at 25°C, plane, thin, vegetative mycelium submerged, producing ascomata in limited
numbers and sparse aerial hyphae, more or less funiculose, Greyish Brown (M 8E3) or
Chestnut (R); conidiogenesis inconspicuous; reverse Greyish Brown to Dark Brown (M
8F3-4) or Sepia (R), with surrouding agar lightly colored.
Colonies on MEA growing rather rapidly, attaining a diameter of 18-23 mm in 7
days at 25°C, radially sulcate, thin, vegetative mycelium submerged, with surface develo-
ped numerous ascomata and sparse aerial hyphae, Greyish Brown to Olive Brown (M
5-4E3) or Grey Olivaceous (R); margins irregularly dissected, thin; conidiogenesis mode-
rate to conspicuous; soluble pigments not produced; reverse Olive Brown (M 4F4) or Grey
Olivaceous (R).
Colonies on M40Y rapidly growing, attaining a diameter of 25-26 mm in 7 days
at 25°C, plane, floccose, consisting of a thin basal felt and loose aerial hyphae, at first white
but after one week rapidly developing abundant ascomata over most of the colony surface
and becoming Olive Brown to Dark Green (M 4E3-30F5) or Olivaceous Grey (Ε):
margins more or less irregular, broad, thin; conidiogenesis prominent; reverse Dark Green
(M 29F4) or Iron Grey (R).
Colonies on G25N growing slowly, attaining a diameter of 5-7 mm in 7 days at
25°C, radially sulcate but with marginal areas usually plane and thin, somewhat funicu-
lose; ascoma formation delayed and reduced, Olive Grey (M 3E2); conidiogenesis mode-
rate; reverse Brownish Grey (M 5F2).
At 5°C, growth is nil.
At 37°C, CYA and MEA іп 7 days: colonies 6-7 mm in diameter and 11-13 mm
in diameter respectively; conidial development is sparse and ascomata are not appeared.
Mycelium composed of hyaline to pale olive-brown, branched, septate, thin-
walled, smooth, 2-6(-14) um diam hyphae, often forming bundles. Conidia formed singly
or in short basipetal chains by swelling of the apex of unmodified hyphae, hyaline to
olive-brown, one-celled, sometimes transversely 1-septate, globose to subglobose or obo-
void, 6-12(-16) um in diam, very thick-walled, smooth to often verrucose, truncated at the
base due to the formation of secession scar.
Ascomata arising singly from a central cell being a swollen lateral branch of the
hypha and around which a narrower hypha tightly coils ; ascomata superficial, scattered,
non-ostiolate, dark olive-brown, globose, 40-90 um in diam, often short-stipitate, matu-
ring rapidly; peridium thin, 3-6 um thick, formed from brown, septate, thick-walled,
ramifying hyphae 2.5-7 (-10) um wide ; peridial hyphae fuse to develop olive-brown to
dark olive-brown, polygonal plates, areolate, made of two distinct tissue layers in cross
section; peridial cells of the outer layer dark olive-brown, thick-walled, irregularly angular
in surface view, 4-10 um in diam, forming a layer 1-2 cells deep in cross section; peridial
Source : MNHN, Paris
274 S. UDAGAWA & H. BABA
cells of the inner layer hyaline to pale-colored, translucent, thin, membranous. Asci
8-spored, globose to subglobose, 9-10(-10.5) X 8-9 um, early evanescent. Ascospores
hyaline, lunate, sometimes ellipsoidal, 6-7 x 2.5-3 um, rather thick-walled, aseptate,
smooth.
Holotype. SUM 3116: dried culture derived from an isolate from mouldy feeds
for racing horse, Tokyo, Japan, 19 March 1998, collected by H. Baba. The type specimen
is deposited in the Natural History Museum and Institute, Chiba, Japan (CBM).
Note. The outstanding features of M. lunisporas are: (1) distinctly rapid growth
on MEA at 25°C, (2) dark coloration on MEA-Greyish Brown to Olive Brown ascomata
and conidial masses, and lack of soluble pigments, (3) large olive-brown ascomata with an
areolate wall, (4) hyaline lunate ascospores, and (5) often olive-brown and verrucose,
thick-walled conidia.
Since the most recent revision of the genus by Hawksworth & Pitt (1983), 7
species have been described and accepted: M. eremophilus Hocking & Pitt, M. floridanus
РЕ Cannon & Barnard, M. pallens Р.Е. Cannon, Abdullah & В.А. Abbas, M. pilosus K.
Saito ex D. Hawksw-S. Pitt, M. purpureus Went, M. ruber and M. sanguineus P.F. Cannon,
Abdullah & В.А. Abbas (Barnard & Cannon, 1987; Hocking & Pitt, 1988; Cannon et al.,
1995).
The new species apparently differs from the former in ascospore characteris-
tics as well as in areolate structure of the ascomatal wall and in conidial ornamentation.
The enzymic activity of the new species is also similar to those of M. floridanus and
M. sanguineus, but it can be distinguished from the first by lack of trypsin activity, and
from the second by weakly positive leucine of arylamidase and absence of valine aryla-
midase.
The ascospores of M. lunisporas are reminiscent of those of Xeromyces L. R.
Fraser in being crescent shape, which is another genus in the Monascaceae and has a single
species, X. bisporus L.R. Fraser (Fraser, 1953; Udagawa et al., 1986; Pitt and Hocking,
1997). Xeromyces bisporus is unique in its lowest requirement for available water (0.61 a„)
of any known organism (Pitt and Hocking, 1997). Arx (1974) considered Monascus and
Xeromyces as indistinguishable, and X. bisporus was transferred to Monascus. However, X.
bisporus is distinctive in having almost colorless, sessile ascomata, different ascomatal
initials which start as a short lateral branch of the hypha, become septate and then develop
into a central cell and four holding branches, 2-spored asci, and a Fraseriella anamorph
(Fraser, 1953; Corte, 1957).
KEY TO SPECIES OF MONASCUS
1. Ascospores lunate, 5-7 x 2.5-3 ym; ascomata dark olive-brown...... М. lunisporas
1. Ascospores ellipsoidal or broadly ellipsoidal ; ascomata hyaline or pigmented .....
2. Ascospores small, less than 5 um long.
2. Ascospores large, exceeding 5 um long гі
З. Ascomata and conidia remaining hyaline; ascospores 3.5-4х 2.5-3 um .........
MA TOR M. pallens
scospores 3.5-4.5 x (2-) 2.5-
.. M. floridanus
3. Ascomata and conidia brown to dark browi
SALE NET PO сақ дар μη μη. *
Source : MNHN, Paris.
MONASCUS LUNISPORAS 275
4. Obligately xerophilic (no growth on CYA and MEA); ascomata brownish
orange; ascospores (5-)6-7 x (5-)5.5-6.5 um ..... ` M. eremophilus
4. Not obligately xerophilic (colonies on MEA at lea attaining a diameter of 8mm
at 25°C in 7 days)
5. Ascomata and conidia remaining hyaline
5. Ascomata and conidia pigmented ...................................... 7
6. Colonies on MEA exceeding 28 mm diameter at 25°C in 7 days; ascospores
ellipsoidal, 5-7(-8.5) x 3-3.5(-4) um M. pilosus
6. Colonies on MEA not exceeding 24 mm diameter at 25°C in 7 days;
ascospores broadly ellipsoidal, (5.5-)6-7 x (4-)4.5-5 um ...... M. purpureus
7. Colonies on MEA exceeding 28 mm diameter at 25°C in 7 days; ascomata
brownish orange but soluble pigments not produced; ascospores 5-6.5(-7.5) x
(3.5-)4-4.5 um . M. ruber
7. Colonies on MEA not exceeding 12 mm diameter at 25°C in 7 days;
blood-red i; ascospores 6-7(-7.5) х 4-4,5
(-5)um . M. sanguineus
ACKNOWLEDGEMENTS: We wish to express our gratitude to Dr. J. Mouchacca for providing
some information and to Mr. S. Uchiyama for technical assistance.
RÉFÉRENCES
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Source : MNHN. Paris
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Source : MNHN. Paris
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HAUERSLEVIA : À NEW GENUS IN THE EFFUSED
HETEROBASIDIOMYCETES
Peter ROBERTS
The Herbarium, Royal Botanic Gardens,
Kew, Surrey TW9 3AE,
England
PRoberts@rbgkew.org.uk
RESUME : Le nouveau genre Hauerslevia est proposé pour Sebacina pulverulenta, une espèce
caractérisée par ses gloéocystides et ses basides non ou demi-septées.
MOTS-CLEFS : Ceratobasidales; Exidiales; Sebacina
ABSTRACT : The new genus Hauerslevia is proposed to accommodate Sebacina pulverulenta, a
characterized by its gloeocystidia and aseptate or partly-septate basidia.
KEY WORDS : Ceratobasidales; Exidiales ; Sebacina.
Hauerslev (1976) described a new and unusual, effused, basidiomycetous species
from Denmark, Sebacina pulverulenta Hauersley, having conspicuous gloeocystidia, elon-
gated basidiospores, and partly-septate basidia. Several collections of S. pulverulenta have
now been made in southern England and the Channel Islands, from which it is clear that
the species is not congeneric with S. incrustans (Pers.) Tul., the type of Sebacina Tul., but
represents a new, monotypic genus of its own.
Hauerslevia P. Roberts gen. nov.
Basidiomata resupinata, plus minusve ceracea. Hyphae perconspicuae, ca. 2.5-
4 um latae, in typo generis non fibulatae. Basidia subglobosa vel ellipsoidea (О = 1.1-1.4),
saepe lateraliter stipitata. Sterigmata 4, ab imo ad summum gradatim decrescentia, basi
contigua. Cystidia tubulosa, saepe sinuosa, granulis cyanophilis conspicuis ad apicem
іоврогае in typo generis elongatae. Typus generis : Hauerslevia pulverulenta.
Etymology : named, with kind permission, in honour of the noted Danish mycologist, K
Hauerslev.
Source : MNHN. Paris
278 P. ROBERTS
Fig. 1. Hauerslevia pulverulenta (England, P. Roberts 337). Basidiospores, three self-replicating (two
at top, one bottom right); two sections of hymenium, showing young, often papillate basidia and
cystidia with cyanophilous (dark) inclusions; individual basidia showing basally contiguous sterig-
mata.
Source : MNHN, Paris.
HAUERSLEVIA 279
Hauerslevia pulverulenta (Hauerslev) P. Roberts comb. nov. Fig. 1.
Sebacina pulverulenta Hauerslev, Friesia 11 : 99 (1976).
Basidiome: thin, effused, somewhat ceraceous, greyish. Hymenium: thin, open
textured, composed of a single layer of basidia intermixed with cystidia ing from
laterally branching hyphae. Hyphae: 2.5-4 um wide, lacking clamp-connexions; hyaline
and thin-walled, not swollen, mainly composed of long, straight, hyphal compartments.
Basidia: subglobose to ellipsoid (Q = 1.1-1.4), 9-12.5 x 8-11 um, normally with distinct,
often lateral stalk; basidia frequently have a short hyphal outgrowth and then appear
cuboid to papillate. Sterigmata: four, measuring 7-10 x 2-3.5 um, widest at the base,
sometimes swollen, closely set and contiguous towards the base. Cystidia: tubular, thin-
walled, hypha-like, often sinuous, up to 120 um long, containing conspicuous, cyanophi
lous granules towards the apex. Basidiospores: elongated (Q = 5.2-7.5), (13-)15-30 x 2.
5 um, producing secondary spores by replication. Habitat & ecology : on fallen wood;
saprotroph. Distribution: British Isles (K); Denmark (type).
Type collection : DENMARK: Stigsnaes, on bark of deciduous tree, 9 Oct. 1975, К
Hauerslev 5103, C.
Collections examined: CHANNEL ISLES: Sark, Dixcart Valley, on fallen wood, 6 Nov.
1993, P. Roberts 732, K(M) 33216; ENGLAND: Devon, Orley Common, on fallen
deciduous wood, 30 Nov. 1991, P. Roberts 337, K(M) 33214; same location and substra-
tum, 9 Dec. 1995, P. Roberts, K(M) 32878; Slapton, France Wood, on deciduous log, 28
Nov. 1992, P. Roberts 530, K(M) 33215; Slapton, Strete Gate, on fallen wood, probably
Cupressus, 10 May 1994, P. Roberts 869, K(M) 33217.
Sebacina pulverulenta was originally described within the family Tremellaceae
and characterized by having gloeocystidia, incompletely septate basidia, and "crowded"
sterigmata (Hauerslev, 1976). Oberwinkler (in litt.) has confirmed the partial septation of
the basidia, based on a re-examination of the type specimen (cited above). However, this
septation could not be clearly seen in living British collections, although some mature
basidia had divisions resembling septa between the contiguous basal parts of the sterig-
mata (Fig 1).
Comparison with Sebacina incrustans, the generic type, shows that Hauerslevia is
not closely related to Sebacina sensu stricto. Sebacina species have conspicuous, incrusting
or erect, gelatinous to cartilaginous basidiomes with septate, Exidia-like basidia, a surface
layer of branched hyphidia, and narrow, often thick-walled or dimitic hyphae in a densely
gelatinized context. Hauerslevia has an inconspicuous, waxy basidiome with globose to
cuboid basidia, no hyphidial layer, and comparatively wide, thin-walled hyphae in a
non-gelatinized context. The genus most closely resembles Ceratobasidium D. P. Rogers
(with aseptate basidia) or Ceratosebacina P. Roberts (with septate basidia). Both have a
similar hymenial structure, similar hyphae, and (apart from the sterigmata) similar basi-
dia, often laterally stalked.
The unusual sterigmata and presence of cystidia containing conspicuously
cyanophilous granules (the latter seemingly unique to Hauerslevia) warrant the creation
of a new genus. But whether Hauerslevia belongs to the Ceratobasidiales or Exidiales will
require further investigation at the ultrastructural or molecular level.
Source : MNHN. Paris
280 P. ROBERTS
RÉFÉRENCE
HAUERSKLEV K., 1976 — New and rare Tremellaceae on record from Denmark. Friesia 11:
94-115.
Source : MNHN. Paris
Cryptogamie, Mycol. 1998, 19 (4) : 281-283 281
NEOLENTIPORUS (BASIDIOMYCETES, POLYPORACEAE)
IN EUROPE
Annarosa BERNICCHIA* and Leif RYVARDEN**
* Istituto Patologia Vegetale,
Universita degli Studi di Bologna,
Via F. Re 8, 1-40126 Bologna, Italy.
** Department of Botany,
University of Oslo,
PO. Box 1045 Blindern,
N-0316 Oslo, Norway.
ABSTRACT: Neolentiporus Rajchenberg is reported from Europe based on Antrodia squamosella
Вегпіссћіа & Ryv. from Italy. The genus is characterized by a laterally stipitate basidiocarp, dimitic
hyphal system and a brown rot.
KEY WORDS: Neolentiporus, Polyporaceae, brown rot.
RÉSUMÉ: L'aire de répartition du genre Neolentiporus Rajchenberg est élargie à l'Europe, sur la
base de récoltes italiennes de Antrodia squamosella Bernicchia & уу. Le genre est caractérisé par des
basidiocarpes latéralement stipités, un système d'hyphes dimitiques et une pourriture brune.
MOTS-CLEFS: Neolentiporus, Polyporaceae, pourriture brune.
'RODUCTION
Antrodia squamosella Bernicchia & Ryv. was recently described (Bernicchia &
Ryvarden 1996 with colour pictures) based on collections from Sardinia in Italy. Later the
type locality has been visited again and more collections have been done confirming the
stipitate habitat of the basidiocarps. This has made us reconsider its taxonomic status,
especially since Rajchenberg (1995) recently described the genus Neolentiporus Rajchenb.
based on Polyporus maculatissimus Lloyd as type species.
Polyporus maculatissimus is macroscopically rather similar to Antrodia squamo-
sella sharing the same scaly to squamulose pileus surface, fairly large pores (although
smaller in 4. squamosella than in P. maculatissimus), a lateral stipe, a dimitic hyphal
system, fairly large cylindric and hyaline basidiospores and a brown rot. Thus it seems
clear that the two species should be placed in the same genus.
Source : MNHN, Paris |
282 A. BERNICCHIA & L. RYVARDEN
Р maculatissimus is restricted to Nothofagus and Eucalyptus and is known from
Tasmania, Australia and Argentine, while A. squamosella is known only from burnt
Juniperus in Italy and from Juniperus in the South of France (Rivoire, pers. comm.), thus
with a quite different ecology and distribution.
However, more important, the cystidia (see drawing in Bernicchia & Ryvarden
1996: 7) present in the hymenium of A. squamosella are absent from P. maculatissimus.
Further, the basidiospores of A. squamosella are slightly, but distinctly navicular and
wider than the cylindric and narrower basidiospores of P maculatissimus. Thus, it is
evident that A. squamosella represents a species of its own and the following combination
is proposed: Neolentiporus squamosellus (Bernicchia & Ryv.) Bernicchia & Ryv. Basionym:
Antrodia squamosella Bernicchia & Ryv. Mycol. Helvetica 8: 4, 1996.
The very restricted distribution of N. squamosellus in Europe, a continent with a
over 200 years tradition of collecting polypores, clearly indicated that it must be regarded
as a relict from times when it had a much wider distribution than today. In this connection
it may be worthwhile to mention that the boreal species Piloporia sajanensis (Parmasto)
Niemelä recently was reported from Juniperus in Sardinia, very far from the closest
localities in Sweden and Finland (Bernicchia & Ryvarden, 1997).
It may be that the high mountains of the Mediterranean have acted as a refugium
for several species that have been able to follow the vegetation as it has been forced up and
down the mountains according the changing climates during the many ice ages the last
million years. During the last 10 000 years human activities have completely changed the
vegetation of lowland southern and central Europe, especially through destruction of
many forest ecosystems. We must assume that a fairly high number of wood-inhabiting
fungi were exterminated during this process and that some species just barely survive in
small specialized and/or isolated localities.
In this connection it may be worthwhile to mention that a new species of
Echinodontium recently was discovered in Sardinia (Bernicchia & Piga, 1998). This genus,
which previously was known only from East Asia and North America, may be another
example of the pattern outlined above.
That these three species all occur on Juniperus in Italy may of course be a
coincidence, but may as well be a hint that they all flourished and had a wider distribution
in times before gymnosperms of Pinaceae and angiosperms dominated the vegetation of
Europe. Species of the older gymnosperms families like Taxaceae and Cupressaceae had at
that times probably a much more prominent role in the forest ecosystems than today.
Many polypores restricted to larger species of Juniperus follows the host genus
wherever it occurs. Illustrating examples are Pyrofomes demidofi (Lev.) Kotlaba &
Pouzar, Antrodia juniperina (Muir.) Niemelä & Ryv. and Diplomitoporus rimosus (Murr.)
Gilbn. & Ryv. which all occur in western USA, on the high mountains of Central Africa,
Central Asia and a few scattered localities in East Europe. This disjunct distribution of
such distinct species indicate a long evolutionary history through changing climates and
this may also be the case with Neolentiporus squamosellus.
ACKNOWLEDGEMENTS: Mr. M. Pieri and B. Rivoire are gratefully acknowledged for drawing
our attention to our oversight of the genus Neolentiporus Rajchenb. when describing our new species.
Source : MNHN, Paris
NEOLENTIPORUS 283
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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
Cryptogamie, Mycol. 1998, 19 (4): 285-300 285
ÉTUDE DE LA POLARITÉ SEXUELLE CHEZ .
DACRYMYCES STILLATUS Nees : Fries (BASIDIOMYCETE)
Dominique Claude MOSSEBO
Laboratoire de Mycologie,
Université de Yaoundé I,
B.P. 1456 Yaoundé,
CAMEROUN
RÉSUMÉ — Cette étude a permis de déterminer la polarité du basidiomycéte Dacrymyces stillatus.
Ce champignon saprophyte s'avère être un hétérothalle bifactoriel tétrapolaire (h IV). Il présente un
mycélium à croissance extrémement lente avec une trés grande diversité de comportements nucléaires,
tant en cultures mono- que polyspermes, ainsi que lors des croisements.
MOTS CLÉS : Basidiomycète, Dacrymyces stillatus, polarité sexuelle.
ABSTRACT — This study enabled the determination of the polarity of the basidiomycete Dacry-
myces stillatus. This saprophytic fungus proved to be of the heterothallic bifactorial tetrapolar type
(h IV). It is characterized by an extremely slow growing mycelium with a great diversity of nuclear
behaviour in monospore, polyspore cultures and in paired spores crossings.
KEY WORDS : Basidiomycete, Dacrymyces stillatus, sexual polarity.
INTRODUCTION
Depuis la découverte de l'hétérothallie chez le Basidiomycéte Coprinus fimeta-
rius par Bensaude (1917) et des mécanismes génétiques de la reproduction sexuée chez les
Basidiomycètes par Kniep (1920, 1922), l'étude de la polarité sexuelle des représentants
hétérothalles de ce groupement systématique obéit généralement à un schéma classique.
Celui-ci consiste à prélever un certain nombre de monospores d'une fructification de
l'espéce et de les croiser 2 à 2 dans toutes les combinaisons possibles. Les résultats sont
ensuite évalués et les spores regroupées dans un tableau de croisement en vue de détermi-
ner la polarité du champignon examiné.
Dacrymyces stillatus est un champignon saprophyte se développant surtout sur
bois mort d'épicéa, de pin, de hêtre et de sapin. П fait partie des Basidiomycétes dont la
polarité restait à préciser. Yen (1947, 1949) tenta cette étude mais sans obtenir de résultats
concluants. Ceci résulte probablement des caractéristiques particuliéres du champignon
ne favorisant pas une définition précise de sa polarité.
Source : MNHN, Paris
286 D. C. MOSSEBO
Ces difficultés résultent de la présence de fructifications anamorphes et téléo-
morphes (Kennedy, 1958b ; Mc Nabb, 1973 ; Reid, 1974 ; Góttel, 1983) souvent sembla-
bles et croissant parfois cóte à cóte sur le méme substrat ou fusionnant méme sur ce
dernier. L'anamorphe produit des arthrospores binucléées alors que les basidiospores,
produites par les téléomorphes et seules utiles pour l'étude de la polarité, sont des spores
uninucléées. D'autre part, l'absence de mycélium aérien dans les cultures, associée à une
absence de boucles rend obligatoire l'étude cytologique du mycélium issu des croisements.
En culture au laboratoire, le mycélium pousse toujours entièrement plongé dans le milieu
nutritif. D'autre part, le développement constant d'hyphes conidiennes uninuclées dans
tous les types de croisements entrave l'étude cytologique
L'objet de cette étude consiste en la définition d'approches adaptées aux carac-
téristiques du Dacrymyces stillatus, en vue de déterminer sa polarité.
MATÉRIELS ET MÉTHODES
Les souches utilisées lors de cette étude furent récoltées sur épicéa dans le bois de
« Schónbuch » situé derriére l'Institut Botanique de l'Université de Tübingen, RFA. Les
fructifications anamorphes et téléomorphes sont morphologiquement semblables et pous-
sent parfois cóte à cóte, les souches récoltées sont au préalable étudiées pour ne retenir que
celles issues de téléomorphes producteurs de basidiospores. Les travaux de Kennedy
(19582, b), Mc Nabb (1973) et Reid (1974) furent consultées pour l'étude systématique des
souches récoltées.
Milieu de culture
Le milieu MYP (Malt Yeast Peptone Medium de Merck) ayant relativement
assuré l'une des meilleures croissances du mycélium fut retenu : extrait de Malt, 7 g ; pep-
tone de farine de soja, | g ;extrait de levure (Difco), 0.5 g ; agar, 15g ;eau distillée, 1 000g.
Cultures mono- et polyspermes
Une fructification est fixée à l'aide de ruban adhésif au milieu du couvercle d'une
boite de pétri. Un petit morceau de papier filtre épais imbibé d'eau stérile est inséré entre
la fructification et le couvercle. Une lame porte-objet est ensuite placée au milieu de la
boite de pétri. La boite est alors incubée durant 24 h, temps necessaire à l'éjection d'une
quantité suffisante de spores sur la lame ; ces spores forment une tache jaune à jaune-
orangée plus ou moins épaisse.
Les spores sont ensuite receuillies par la méthode de dilution. Trois séries de
dilution (I, II, Ш) sont utilisées. Les colonies issues des seuils I et II, plus denses en
inoculum sporales, servent de cultures polyspermes. Les colonies issues de la dilution plus
importante du niveau III représentent des monospores ; elles sont, aprés 5 à 10 jours
d'incubation, localisées sur la surface du milieu (à l'oeil nu ou à l'aide d'une loupe
binoculaire), puis prélevées en milieu stérile. Les colonies monospores sont ensuite mises
en culture à raison d'une spore par boite de MYP.
Le mycélium de D. stillatus poussant très lentement (PI. I, fig. a et tabs. 1 et 2), les
cultures sont incubées à 20-25? C pendant 8 à 10 semaines afin d'obtenir un développe-
ment suffisant pour les croisements.
Source : MNHN, Paris.
POLARITÉ SEXUELLE CHEZ DACRYMYCES STILLATUS. 287
Croisement des monospermes
Une étude cytologique a été préalablement effectuée pour s'assurer de la nature
monocaryotique des mycéliums monospermes, choisis pour les croisements. Onze monos-
permes issus d'une fructification de la souche DM29 furent croisées 2 à 2 dans toutes les
combinaisons possibles. Huit à douze semaines de culture sont nécessaires pour que le
mycélium issu des croisements compatibles puisse se dicaryotiser.
Le Dacrymyces stillatus ne produisant pas de mycélium aérien, il a fallu, lors des
cultures en vue d'études cytologiques, limiter au maximum la production d'hyphes coni-
diennes uninucléées (РІ. I, fig. k) qui génent l'interprétation des résultats des croisements
(Yen, 1949). Ainsi, la méthode de culture sur lame proposée par Dhingra & Sinclair (1986)
a été préférée à la culture sur collodion (Kühner, 1945) dont le milieu nutritif favorisait le
développement d'hyphes conidiennes.
Méthode de culture sur lame
Une baguette de verre en forme de V stérile est placée au fond d'une boite de pétri
tapissée de papier filtre. Une lame stérile portant à chaque extrémité un carré de MYP
(1 cm de côté, 2 mm d'épaisseur) est déposée sur la baguette de verre. Des fragments
mycéliens (2 X 3 mm), prélevés sur la ligne de contact lors d'une confrontation sont
déposés sur les quatres faces latérales de chacun des cubes de MYP. Chaque bloc est
ensuite recouvert d'une lamelle stérile et le papier filtre est imbibé d'eau stérile. La boite est
incubée pendant 4 à 6 semaines. Ceci permet en raison de l'absence de milieu nutritif solide
ou liquide coulé sur la lame, de limiter la présence d'hyphes conidiennes uninucléées. La
méme technique fut utilisée pour le mycélium issu des cultures mono- et polyspermes.
Analyse cytologique du mycélium
L'analyse cytologique du mycélium est réalisée par coloration au DAPI : 4, 6 —
Diamidino — 2 — phenylindole dihydrochloride hydrate, 98 % (Brunk ег al., 1979 ; Hooley
et al., 1982 ; Raju, 1982), utilisé à la concentration de 10 mg pour 50 ml d'eau. L'obser-
vation est réalisée à l'aide d'un microscope optique équipé d'un générateur de lumiére
fluorescente.
La lame portant le mycélium libre est débarassée des 2 blocs de milieu et des
lamelles. Quelques gouttes de DAPI sont déposées sur les zones de la lame portant le
mycélium.
Mesure de la croissance mycélienne des cultures
Cette étude a été effectuée en raison de l'extrême lenteur de la croissance
mycélienne de D. stillatus et de ses conséquences sur le processus de dicaryotisation. Les
diamètres de 25 cultures monospermes et de 25 croisements représentant les différents
types de croissance observés (PI. I) sont mesurés, les moyennes des croissance calculées et
appréciées suivant l'échelle proposée par Boidin (1958).
Source : MNHN, Рагі |
288 D. C. MOSSEBO
RESULTATS
Croissance mycélienne et dicaryotisation
Les résultats des mesures effectuées indiquent que (Tabs. 1 et 2) les diamètres
moyens des cultures monospermes à 1, 2 et 3 mois sont respectivement de 0,75, 1,55 et
2.29 cm. La vitesse de croissance diminue progressivement jusqu'au 3° mois, puis chute
rapidement. En ce qui concerne les croisements, la croissance présente les mémes caracté-
ristiques : diamétres moyens 1,15, 2,59 et 3,05 cm respectivement aprés 1, 3 et 6 mois de
culture ; les vitesses de croissance sont de 11,5 mm au cours du 1* moi de culture,
7,2 mm/mois entre le 1% et le 3° mois et de 1,53 mm/mois entre le 3° et le 6° mois.
Ces données révélent une croissance régressive, surtout aprés le 3* mois, le
mycélium étant resté viable sur le milieu nutritif jusqu'à plus de 12 mois. Ces observations
placeraient Dacrymyces stillatus au bas de l'échelle proposée par Boidin (1958) avec une
croissance de type « extrémement lente ».
N° de la|Ocm [Sem |Өст |Øcm Observations
Monospore | Imois |2mois |3mois | 8 mois
1 0,6 1 15 3,5
2 0,9 1.4 2.5 4 a) Plus petits diamètres
3 0,8 1,5 3 4,5 Mycéliens:
4 0,7 L6 2.5 4 0,5 cm à 1 mois
5 1 17 21 25 1 cm à 2 mois
6 0,7 1,4 2.4 25 1,5 cm à 3 mois
i 0,5 1,4 T: 45 2,5 cm à 8 mois
8 T 16 2 4 b) Plus grands diamètres
9 0.8 22 22 45 Mycéliens:
10 L 16 25: 4 1 cm à 1 mois
п 0.6 1,5 2,6 3.5 2.2 cm à 2 mois
12 0.7 1,8 2.1 3,3 3 cm à 3 mois
13 0.8 L7 2,8 4 5 cm à 8 mois
14 0.6 18 2 32 c) Vitesse moyenne de
15 0,7 τη, 22 4 Croissance de 0 à 3 mois:
16 1 19 3 5 0,77 cm/mois ou.
17 0.9 1:2) 25 35 0,25 mm/jour
18 0.6 1,7 22 5 d) Vitesse moyenne de
19 0.6 1 18 з Croissance entre le
20 0,5 1 1,8 3:5. 3ème et le 8ème mois:
21 0,8 L4 2,5 4 0,326 cm/mois ou
22 0.8 L5 2 45 0,108 mm/jour
23 0.6 1.6 ο 4 ϱ) Vitesse moyenne de
24 0,8 19 25 4,2 croissance pendant les
25 0.8 1,5 25 4,2 les 8 mois de culture:
Moyenne 0,75 1.55 1,29 3,92ст |0,49 cm/mois ou 0,163 mm/jour
Tabl. 1. — Croissance du mycélium de 25 monospermes jusqu'au 8° mois
Ø = Diamètre de la culture monosperme exprimé en cm
Source : MNHN, Paris
POLARITÉ SEXUELLE CHEZ DACRYMYCES STILLATUS 289
N° du Gem |Ocm |Ocm |Ocm Observations
croisement |1 mois |3 mois |6 mois 12 mois
1 1 2,2 29 32 a) Plus petits Ø mycélien :
2 L2 2,5 E 3,5 0,8 cm à 1 mois
3 1 RES 3,5 4 2 cma3 mois
4 0,8 25 3,2 3,5 2,5 cm à 6 mois
5 1 3,1 3,4 3,5 2,75 cm à 12 mois
6 0,8 23 2,9 32 b) Plus grands Ø mycéliens :
Ті 1 2,8 3,1 3,5 1,7 cm à 1 mois
8 πο 3,1 Em 4 3,5 cm à 3 mois
9 L2 2,8 3,2 3,6 3,7 cm à 6 mois
10 12 3 524) 3,7 4 cm à 12 mois
11 1 2% 245, 2,75 с) Vitesse moyenne de
12 12 2:5 3,1 3,4 croissance de 0 à 1 mois:
13 11 3 3,1 3,5 1,15 cm/mois ou
14 1 2 2,8 3 0,38 mm/jour
15 Li 3,2 3,5 3,8 d) Vitesse moyenne de
16 1,3 2,6 ap 3,6 croissance entre le
17 1,1 2,7 3 32 1* et le 3"* mois:
18 12 3,1 3,5 3,8 0,72 cm/mois ou
19 14 2,6 312 3,6 0,24 mm/jour
20 ia 22 2,7 3 e) Vit. moy. de croiss. entre
21 i 2 2,65 |2,85 1634 et le 6™ mois:
22 13 2,8 3,1 3,5 0,153 cm/mois ou 0,051
23 1 2,2 2,5 2,75 mm/jour
24 1,2 22 on 2,85 f) Vit. moy. de croiss. entre
25 14 2 2,6 3 le 6™ et le 12™ mois:
Moyenne |1,15 2,59 3,05 3,37 ст 0,051 cm/mois
Tabl. 2. — Croissance de 25 croisements de spores (2 à 2) jusqu'à 12 mois
Ø = Diamètre du mycélium du croisement exprimé en cm
Comportement nucléaire du mycélium
L'analyse cytologique des monospermes utilisés lors des croisements a été
effectuée afin de s'assurer que le mycélium était parfaitement monocaryotique. Celle
effectuée sur les polyspermes était également nécessaire en raison de la grande diversité des
comportements nucléaires des mycéliums issus des croisements. Ceux-ci ne correspon-
daient à aucun des comportements décrits par Boidin (1958, 1971, 1980) et Kühner (1977).
L'étude avait donc pour objet de répertorier l'éventail des comportements susceptibles
d'étre obtenus lors des croisements et de définir des critéres permettant de déterminer le
type de compatibilité.
La planche II présente les résultats de cete analyse cytologique. Les résultats
statistiques (Tab. 3) confirment la grande diversité des comportements nucléaires du
mycélium tant en cultures mono- que polyspermes, diversité qui fut également, mais de
facon plus limitée constatée par Gilbert (1921).
Source : MNHN, Paris:
290 D. C. MOSSEBO
Ainsi seules les cultures monospermes présentant du mycélium de type F furent
retenues pour les croisements, afin d'éviter d'éventuelles confusions et autres difficultés
qu'auraient sürement induits les autres types de mycélium (D, E, СІ et G2) lors de
l'interprétation des résultats des croisements.
Types de mycéliums et comportements nucléaires
Nbre de
cultures
monospermes
Nbre de
cultures
polyspermes
A) Ensemble des hyphes parfaitement
dicaryotique. Toutes les cellules observées ou
presque sonta2N(N+N) |
B) Hyphes avec une grande majorité d'articles à
ММ, mais présentant occasionnellement
quelques rares articles uninucléés (à 1N) sur les
mêmes hyphes
0
C) Hyphes présentant une alternance plus ou
moins régulière d'articles à N+N et à IN sur
leur longueur
13
D) Hyphes avec une forte majorité d'articles à IN
mais avec çà et là quelques rares articles à N+N
sur le même hyphe
23
E) Hyphes présentant plusieurs articles (à IN)
dont le noyau est en division (noyau
probablement en anaphase) en alternance avec
des articles à noyau stable ou en interphase
F) Hyphes restées entièrement à l'état
monocaryotique parfait avec tous leurs articles à
IN
110
G) - Hyphes présentant une répartition très
irrégulière (G1) des noyaux dans les articles.
Nombre de noyaux variant de 0, 1,2,3,4,5
par cellule et parfois difficile à estimer.
- Plusieurs hyphes fusionnées en masse (G2)
avec le nombre de noyaux par cellule difficile
à dénombrer.
Total de cultures examinées
Tabl. 3. — Comportement nucléaire du mycélium de Dacrymyces stillatus en cultures mono- et
polyspermes
Source : MNHN, Paris
POLARITÉ SEXUELLE CHEZ DACRYMYCES STILLATUS
Types de compatibilité en cultures polyspermes
291
Les caractéristiques des comportements nucléaires des mycéliums en cultures
polyspermes sont résumées dans le tableau 4.
Type de T
mycélium B С D G, GI ou
des croisements G2
(tiré du Tableau
2)
Type de *oul* | bout | Vou-
compatibilité en en en
correspondant fonction | fontion | fonction =
du du du
ANIN) | %(N+N) | %(N+N)
Tabl. 4. — Types de compatibilité des croisements de cultures polyspermes.
NB : %(N+N) est le pourcentage de dicaryons estimé dans l'échantillon de mycélium prélevé de la
culture ou du croisement. (+) = compatible ; (1*, 1, 17) = semi-compatible, (-) = incompatible
Comportement de type A : Compte tenu de la rareté du mycélium parfaitement
dicaryotique de type A dans les échantillons analysés (Tab. 3), il a été admis que toute
culture dont le mycélium présentait un taux de dicaryons > 75 % représentait un croise-
ment compatible de type А, B# dans le cas où Dacrymyces stillatus serait tétrapolaire ou
de type A# dans le cas où il serait bipolaire.
Si le taux de dicaryons [n(N+N)] pour un croisement compatible a été ainsi
ramené à n(N+N) 2 75 %, pour le cas particulier de Dacrymyces stillatus [au lieu de
n(N+N) = 100% en régle générale], c’est pour la raison essentielle que la croissance
extrêmement lente du mycélium perturbait le processus de dicaryotisation ; ce retard
rendait ainsi certaines cellules anormalement anucléées, binucléées ou multinucléées alors
que d'autres qui étaient sensées se dicaryotiser restaient haploides.
Comportement de type B : Pour le mycélium de type B, quand n(N+N) > 75 %,
le mycélium est considéré comme représentant un croisement compatible (+) de type Ast,
B# ou Ast comme pour le comportement de type A. Si par contre 50 % < n(N--N) < 75 %,
le croisement est considéré comme semi-compatible de type 1” et résultant d'un croise-
ment hétérocaryotique de type A=, B#, mais jamais АЖ, B= et cela en raison de l'absence
des boucles chez D. stillatus, des rôles respectifs des facteurs d'incompatibilité A et B dans
le processus de dicaryotisation et des caractéristiques des différents types d' hétérocaryons.
(Casselton, 1978 ; Esser Karl, 1976, 1986 ; Janzen & Wessels, 1970 ; Marchant & Wessels,
1974 ; Raper & Flexer, 1971 ; Swiezynski & Day, 1960a, b ; Wessels, 1966, 1974).
Comportement de type C : Le mycélium de type C montre une alternance assez
régulière entre cellules à IN et 2N(N--N) sur les mêmes hyphes. En raison de l'absence de
boucles chez D. stillatus, ce mycélium ne peut représenter qu'un croisement semi-
compatible de type L ou L.
Celui-ci résulte comme pour le type B d'un croisement hétérocaryotique de type
Аз, B# où le pourcentage de cellules dicaryotisées [n(N+N) = 50 % pour -L et n(N+N)
< 50 % pour 17 dépend exclusivement du + bon déroulement de la migration nucléaire,
commandée par le facteur d'incompatibilité B quand B#.
Source : MNHN. Paris
292 D. C. MOSSEBO
Comportement de type D : Le mycélium de type D est un mycélium constitué en
forte majorité de cellules restées haploides (à 1N) et de quelques rares cellules à 2N(N+N)
sur les mémes hyphes.
Quand 0% < n(N+N) < 5%, le mycélium est considéré comme issu d'un
croisement incompatible (-) de type A=, B= en cas de tétrapolarité ou A= en cas de
bipolarité, ceci en raison du très faible taux ( < 5 %) de cellules binucléées. Les mêmes
proportions de cellules dicaryotiques sont observées dans certaines cultures monospermes
(PL II, fig. D et Tab. 3).
Quand n(N+N) > 5 %, le mycélium est considéré comme issu d’un croisement
semi-compatible de type 1: résultant cette fois-ci d'un croisement hétérocaryotique de type
АЯ, B=, mais non A=, B# (comme dans le type C) où la différence d'alléles (B#) du facteur
d'incompatibilité B aurait sans aucun doute produit un taux de dicaryons nettement plus
élevé.
Comportement de type E: Le mycélium de type E présente des noyaux en
division dans les vieilles cellules intercalaires ; ceci est une caractéristique exceptionnelle,
propre à D. stillatus. Ces noyaux en division restent cependant un phénoméne marginal,
car rarement observés. Le mycélium de type E est de ce fait considéré comme issu d'une
légère variation du type normal F (ci-dessous), due à des facteurs restant à déterminer.
Ainsi, les croisements où ce mycélium fut identifié furent considérés comme des croise-
ments incompatibles de type A=, B= ou A= comme en Е.
Comportement de type F : Le mycélium de type F reste parfaitement monoca-
ryotique avec toutes les cellules à IN. Sa présence dans un croisement signifit un croise-
ment parfaitement incompatible (-) de type A=, B= ou A= suivant que l'espéce est
tétrapolaire ou bipolaire.
Comportement de type G : Les mycéliums de type СІ et G2 présentent un
comportemment nucléaire tout à fait singulier ; celui-ci est marqué par une répartition trés
irrégulière des noyaux dans les cellules où leur nombre est par ailleurs trés difficile à esti-
mer. En plus de l'effet de la mauvaise croissance du mycélium, cette caryologie particulière
serait également le résultat de fusions répétées entre certaines cellules haploides, ceci en
l'absence d'un élément régulateur (tel A # et/ou B # en cas de tétrapolarité ou A # en cas
de bipolarité) des mouvements nucléaires entre cellules fusionnées. Les mycéliums de type
СІ et G2 présents dans un croisement traduisent de ce fait un croisement incompatible de
type A=, B= ou A= suivant que l'espéce est tétrapolaire ou bipolaire.
Résultats des croisements effectués
Les résultats des croisements sont résumés dans le tableau 5 et la polarité des
souches est précisée dans le tableau 6.
Dans le tableau de polarité, nous avons regroupé certains croisements [(3 х 5),
(6 x 8), (8 x 11), (1 x 10), (1 x 6)] d'apparence hétérocaryotique [marqués (2) dans le
Tabl. 6], plutôt dans le groupe des croisements compatibles. Cette démarche est surtout
due au fait que ces croisements présentaient (comme certains autres marqués du signe *),
un mycélium à croissance fortement retardée et limitée (PI. I, fig. h) ou avec un diamètre
intermédiaire entre ceux des figures f et h de la planche I. Ces croisements ont toujours
produit le méme type de mycélium dont le diamétre moyen n'excédait jamais 1.25 cm et
cela quel que soit le temps de culture, alors que la moyenne générale est d'environ 2.6 cm
aprés 3 mois. Il a donc été estimé que si malgré un si grand retard de croissance, ces
croisements avaient pu produire un taux de dicaryons > 50 %, ce taux aurait été sans nul
doute beaucoup plus élevé, si les causes de l'inhibition de croissance pouvaient étre
éliminées ; celles-ci demeurent encore inconnues
Source : MNHN, Paris
POLARITÉ SEXUELLE CHEZ DACRYMYCES STILLATUS 293
Tabl. 5. — Croisements des souches de Dacrymyces stillatus.
Les chiffres désignent les pourcentages (%) de cellules dicaryotiques estimés dans les croisements
compatibles (+) et semi-compatibles(.L) ou le % de cellules monocaryotiques dans les croisements
incompatibles (-). Ceux des croisements incompatibles (-) sans indications de % sont ceux dont le
nombre de cellules monocaryotiques (à IN) était 0 % < n (NN) € 5 %.
(*) désigne les croisements présentant un mycélium à croissance exeptionnellement lente et fortement
limitée du type h ou intermédiaire entre f et h de la planche I.
Le croisement 9 x 11 de type A2B2 x AIBI (A#, B#) qui devait en principe être
compatible (signe + ou 2) n'a, et à la suite de trois tentatives, produit qu'un
mycélium haploide. Ceci est une défaillance de compatibilité déjà signalée et expliquée par
plusieurs auteurs (Brunswik, 1924; Chow, 1934; Kniep, 1923; Quinthanilha, 1933 ;
Raper & Raper, 1964 ; Vandendries, 1924, 19302, b).
Source : MNHN. Paris:
294 D. C. MOSSEBO
Tabl. 6. — Polarité des souches de Dacrymyces stillatus.
2 = Croisement compatible (+) à mycélium dicaryotique ; (2) = Croisement à mycélium d'apparence
hétérocaryotique (1). ; 1 = Croisement incompatible (-) à mycélium monocaryotique. ; (*) = Croise-
ment présentant un mycélium à croissance exceptionnellement lente et fortement limitée du type de la
fig. h ou intermédiaire entre les types de la fig. f et la fig. h de la planche I. ; D = Défaillance de
compatibilité.
Pôles des monospermes : AIBI = (7, 4, 10, 6, 11} ; AIB2 = |2,5); A2BI = {3} ; A2B2 = (9,8, 1}
Source : MNHN. Paris
POLARITÉ SEXUELLE CHEZ DACRYMYCES STILLATUS 295
DISCUSSION
Dacrymyces stillatus est, de par les pôles identifiés, une espèce hétérothalle
tétrapolaire (h IV). Ce résultat est en corrélation avec la multiplicité des types de mycé-
liums produits lors des croisements. Celle-ci pouvait déjà laisser entrevoir un schéma
bifactoriel tétrapolaire avec la présence de deux facteurs d'incompatibilité A et B. Ces
facteurs seraient théoriquement issus d'au moins 4 types de mycélium produits par les
croisements de types (АЯ, B#); (АЯ, B=); (A=, B#) et (A=,B=). Chaque type de
mycélium présente une cytologie et un comportement nucléaire différent contrairement à
un schéma unifactoriel (A) bipolaire ; ce dernier n'aurait en principe produit que 2 types
de croisements, à savoir les croisements compatibles [(+), (A#)] à mycélium dicaryotique et
les croisements incompatibles [(-), (A=)] à mycélium monocaryotique. Cette dernière
éventualité est très peu vraisemblable au vu des résultats obtenus.
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Planche I : Types de croissance mycélienne identifiés lors des cultures monospermes (fig. a à d) et lors des
croisements par paires (fig. e à i). Culture polysperme (fig. j). Conidies (fig. k) sur hyphes.
NB: Les figures a à d d'une part et eà i d'autre part correspondent à des cultures agées de 12 semaines.
fig. a: Mycélium à croissance optimale d'une monosperme. ; fig. b : Mycélium à croissance éparse et
quelque peu retardée et limitée. : fig. c : Mycélium à croissance trés retardée et trés limitée par rapport
au normal (fig. a).: fig. d : Mycélium à croissance assez retardée et surtout avec une surface
mycélienne rugueuse. : fig. e : Croisement avec croissance optimale du mycélium des deux monosper-
mes croisées. : fig. f : Croisement avec croissance moyenne du mycélium des deux monospermes. ;
fig. g : Croisement où l'une des deux monospermes (celle de gauche) présente un mycélium à
croissance normale alors que celui de l'autre monosperme connait une forte inhibition de croissance.
Les deux flèches de la photo montrent les limites du mycélium à croissance inhibée. ; fig. h :
Croisement montrant une très forte inhibition de croissance des deux monospermes croisées, sembla-
ble à celle du mycélium de la monosperme de droite de la fig. g. : fig. i: Croisement où le mycélium des
deux monospermes croisées présente les mêmes caractéristiques que celui de la fig. d. : fig. j : Une
culture polysperme de Dac es stillatus. ; fig. k : Ultrastructure de la surface d'une culture
mycélienne (sur milieu synthétique MYP) présentant des conidies. Celles-ci se détacheront à máturité
du mycélium pour produire des hyphes conidiennes uninucléées.
Source : MNHN, Paris
POLARITÉ SEXUELLE CHEZ DACRYMYCES STILLATUS 297
Source : MNHN, Paris
D. C. MOSSEBO
Planche II : Types de comportements nucléaires identifiés en cultures mono- (fig. D à G) et polyspermes
(fig. A à G). Coloration au DAPI.
fig. А: Hyphes du mycélium parfaitement dicaryotique. Toutes les cellules observées ou presque sont
à 2N (NN). ; fig. B : Hyphes présentant une grande majorité d'articles à 2N (N+N) avec quelques
articles à IN. : fig. С: Hyphes présentant une alternance plus ou moins régulière d'articles à 2N
(N*N)età IN. ; fig. D : Hyphes avec une majorité d'articles à IN (monocaryons),mais avec quelques
rares articles à 2N (N+N) sur la méme hyphe. ; fig. E : Hyphes avec des noyaux en division (noyaux
probablement en anaphase : voir flèches sur image) en alternance avec des articles uninucléés (à IN)
à noyaux stables, probablement en interphase. ; fig. F : Hyphes monocaryotiques avec des articles à
IN. ; fig. G: — G1 : Hyphes présentant une répartition très irrégulière des noyaux ; leur nombre (x)
par cellule est variable. — G2: Hyphes parfois fusionnées en masse compacte avec une répartition trés
irrégulière des noyaux dans les cellules. Le nombre de noyau (x) par cellule est variable.
Source : MNHN,
300 D. C. MOSSEBO
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New taxa and new combinations proposed in Cryptogamie-Mycologie 19(4)
New taxa :
New genus :
Hauerslevia P. Roberts (Type : H. pulverulenta (Hauersl.) P. Roberts — Bas. Sebacina
pulverulenta Hauersl. 271
New species :
Monascus lunisporas Udagawa & Baba ........................................ 269
New combination :
Hauerslevia pulverulenta (Hauersl.) P. Roberts (Bas: Sebacina pulverulenta
Hauer Anie teen НАНЫМ лт км етеп кет өза тм 277
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
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Naturali. Monografia, Museo Regionale di Scienze Naturali, Torino 23 : 388 pp. ISBN
88-86041-19-5. Prix L 140.000 (+ frais de port).
Cet ouvrage purement taxonomique, rédigé en langue espagnole, traite de 201 espèces de
micromycétes dématiés produisant des conidies enteroblastiques (tretique et phialidique) observées à
Cuba. Ce document a finalement vu le jour, aprés neuf années d'attente pour des raisons économi-
ques locales, grâce à la générosité de collègues italiens. Ceci explique sa diffusion par le Musée
régional des sciences naturelles de la ville de Turin.
Aprés une introduction (4 pp.) passant en revue les aspects historiques de la mycologie
cubaine et des objectifs fixés pour l'ouvrage, on trouve un court texte de remerciements et les
abréviations utilisées. Vient ensuite une clé dichotomique des genres considérés. La partie taxonomi-
que proprement dite, demeure le corps de l'ouvrage (344 рр.) : elle est suivie par un chapitre
bibliographique (6 pp.), un index des illustrations et un répertoire des genres et espéces abordés.
Dans la partie taxonomique, les noms scientifiques sont accompagnés par une citation de (s)
l'auteur et lieu de publication, accompagnée d'une liste des synonymes afférents. Pour chaque genre
abordé, une description morphologique est fournie avec une clef d'identification des espèces respec-
tives traitées. Pour chaque taxon considéré, les auteurs proposent une description morphologique
succincte mais suffisamment détaillée, associée à des informations sur l'habitat et la répartition du
champignon, ainsi que les caractéristiques des spécimens examinés. L'histoire taxonomique de
l'espèce est ensuite commentée, grâce à une analyse approfondie des publications afférentes intégrant
les titres les plus récents. Tous les taxons sont illustrés par de remarquables dessins au trait dont la
plupart sont des originaux.
L'ouvrage proposé se distingue par des qualités marquantes de présentation tant au niveau
du papier utilisé, choix du caractere d'impression, format sélectionné et de disposition aérée du texte
avec doubles interlignes entre les paragraphes. Il en résulte une grande visibilité de lecture, une
particularité majeure pour des textes devant étre lentement parcourus. L'iconographie proposée est
d'une trés grande qualité ; elle témoigne du souci des auteurs de fournir des dessins reproduisant
fidèlement les structures conidiogènes des espèces abordées. Ces dessins sont d'une beauté attractive
et de dimensions appropriées : ils reflètent le degré de compréhension des auteurs des mécanismes de
reproduction de ces dématiées tropicaux, acquis à travers un examen prolongé de leurs structures au
simple microscope photonique. Enfin, les statuts taxonomiques des binômes traités ne souffre de
critique, en dépit des faibles moyens bibliographiques dont disposent les mycologues cubains sur leur
lieu de travail.
Cet ouvrage de qualité sur la taxonomie d'un petit groupe de champignons témoigne du
niveau exceptionnel de maitrise de cette discipline par ses auteurs ; il refléte également l'intérét
marquant que portent A. Mercado Sierra et J. Mena Portales à l'étude morphologique de ces
micromycétes. Quant à l'auteur non cubain de cet ouvrage, nul besoin de souligner son haut degré de
compétence dans le domaine des champignons conidiens. Il est d'ailleurs regrettable que Vera
Holubocha Jechova qui a apporté un concours notable à la mycologie cubaine, ne soit parmi nous
pour se féliciter de la parution de cet ouvrage.
Ce document est sans conteste dans la ligne droite des précédents ‘mycological papers’ des
spécialistes britanniques sur les hyphomycètes tropicaux ; leur réalisation, restés pour longtemps
l'apanage de ces mycologues, s'est arrêtée depuis quelques années après la disparition d'illustres
Source : MNHN, Paris
304 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
chercheurs tels que M. B Ellis. La publication par les collègues cubains d’un document de stature
comparable est un événement majeur qui mérite d’être longuement soulignée. D'ailleurs, il n'a y a
nullement lieu de préciser que certains hyphomycétes revétent une grande importance économique, en
raison de leur impact en agriculture, procédés industriels, santé humaine et animale et en tant
qu'agents de détérioration et de dégradation de produits naturels. Tout document synthétique sur la
taxonomie de ces micromycétes est attendu avec impatience.
Cette analyse ne peut être close sans porter un hommage particulier à la ténacité, l'assiduité
et le haut degré de professionnalisme des présents auteurs cubains ; cet hommage tire son origine de
leurs conditions particulières tiers-mondistes de travail, liées à la situation économique dégradée de ce
pays. Tout mycologue intéressé par les champignons dématiés est suffisamment informé, de l'environ-
nement difficile dans lequel évolue nos collègues cubains ; d'ailleurs chacun lente, à sa maniére,
d'apporter un concours pour en atténuer l'impact.
Il reste à espérer que la parution de cet ouvrage sera un déclic pour promouvoir des
recherches similaires, non seulement dans la région des Caraïbes ou en Amérique du Sud, mais
surtout dans les régions tropicales d'Afrique ; pour ces dernieres, les rares mycological papers qui leur
furent consacrés témoignent des richesses floristiques exceptionnelles qui restent à découvrir.
Jean MOUCHACCA
MINTER A.W. & DUKLA I.O., 1996 — Fungi of Ukraine: a preliminary check-list. CAB
International, Wallingford, UK. Pour commander, s'adresser au Dr. D. W. Minter, CABI
Bioscience, Bakeham Lane, EGHAM TW20 9TY, UK, FAX + 44 (0)1784 470 909 ; e-mail :
d.minter@cabi.org. ISBN 0 85199 168 8. 361 pp. Prix £ 33, £US 55.50.
Cette liste critique ‘préliminaire’ des champignons de l'Ukraine est tout simplement un chef
d'oeuvre en la matière. Ce qualificatif était prévisible au regard des travaux similaires réalisés par cet
auteur durant ces dernières années dans le domaine de la "technologie de l'information’, une
appellation permettant d'éviter le terme simple mais déconsidéré de ‘compilation critique des
données’.
L'ouvrage est le résultat d'une collaboration active entre le précédent International Myco-
logical Institute, maintenant un institut du CABI Bioscience, et l'Institut Botanique M.G. Kholodny
de l'Académie des Sciences de l'Ukraine. Les premières visites respectives vont générer l’idée de cette
liste critique informatisée ; sa réalisation va se concrétiser grâce aux moyens financiers accordés dans
le cadre des projets DARWIN Initiatives. Ce financement tire son origine du budget dégagé, outre
manche, pour l'étude de la biodiversité dans le cadre de la convention de Rio. C'est une contribution
significative à notre connaissance de la diversité et la distribution des champignons en Ukraine.
La source principale des informations rapportées dans cet ouvrage est l' Herbier Mycologi-
que de l'Institut Kholodny. Ces informations furent complétées par des données publiées, récoltes
récentes et autres collections de références. Le nombre ahurissant d'unités d'informations traitées
souligne l'importance du document proposé : prés de 80 000 données furent saisies pour rendre
compte de la distribution spatiale et temporelle d'organismes vivants en Ukraine. Plus de la moitié de
ces saisies concernent des champignons, le reste se rapporte aux plantes hôtes associées et, à un degré
nettement moindre, à des espéces animales. Si l'on exclut les synonymes, la masse des informations
relatives aux champignons, concerne 5227 taxons de rang spécifique et sous spécifique. Ces taxons
représentent 1100 genres appartenant à 261 familles, 76 ordres, 8 classes, 8 divisions et trois royaumes.
Cette masse de données a été synthétisée pour produire une liste des champignons observés
en Ukraine. Les données liées à chaque binôme proposent les informations suivantes : nom du
champignon, auteur et lieu de la première publication, des précisions sur le degré d'abondance, date
de la premiere récolte en Ukraine, répartition locale selon les régions administratives, organismes
associés (avec indication de phytopathologie), une liste des numéros des spécimens de références et
quelquefois des cultures vivantes disponibles, et, enfin, des citations bibliographiques afférentes à
l'espéce traitée. Le statut taxonomique de chaque binóme est précisé et, si nécessaire, les synonymes
Source : MNHN, Paris.
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 305
sont également indiqués. Plus important, ce type d'information est doublement référencé permettant
ainsi de retrouver n'importe quel binôme à partir d’une information taxonomique, liée à une étape
particulière de son histoire. Il va de soit que les binómes rapportés sont en totale conformité avec la
récente huitième édition du Dictionary of Fungi.
La liste proprement dite représente presque le corps de l'ouvrage. Elle s'accompagne d’une
introduction explicative trés pédagogique sur l'histoire de la mycologie en Ukraine, l'utilité de réaliser
des listes critique pour les besoins de la biodiversité, la technologie employée pour le traitement de
l'information : choix des critéres, modes de saisie, classement des informations, algorithmes sélection-
nés, etc. On trouve également un index taxonomique, une liste par localités administratives, un
répertoire des organismes et substrats associés et, enfin, un index des mémes champignons mais
classés, de maniére traditionnelle, en deutéromycétes, champignons lichénisants ou non lichénisants.
L'ouvrage se termine par une bibliographie relativement fournie.
Cette liste critique exhaustive représente, sans conteste, un document de base pour les
recherches mycologiques futures non seulement en Ukraine, mais aussi pour l'ensemble des pays
limitrophes. Le document traite des trois royaumes dans lesquels les organismes traditionnellement
considérés comme champignons (y compris les lichens) sont maintenant intégrés. Ces microorga-
nisms s'avérent associés à prés de 1700 espéces végétales et animales. Ce document est surtout le
premier a être publié en latin plutôt qu'en alphabet cyrillique. Ce choix de langage favorise ainsi
l'utilisation du texte par des chercheurs appartenant à des pays autres que ceux de l'Europe de l'Est.
Dans ces pays, l’utilisation continue de la langue cyrillique entravait la diffusion de l'information au
delà des frontières.
Avec l'intérêt mondial actuellement porté au développement de bases de données des
groupes d'organismes à l'échelle régionale ou globale, telles que celles envisagées dans les projets
relatifs à la BIODIVERSITE, la réalisation de cette liste critique pour l'Ukraine mérite d’être
largement soulignée. Ce document est à considérer comme un modèle pour ce genre de réalisation.
Il reste, néanmoins, une étape importante à accomplir, afin que les informations contenues
dans cet imposant ouvrage recoivent toute leur crédibilité scientifique : réexaminer le méme matériel
pour confirmation des binómes indiqués sur les pochettes des spécimens saisis : un travail de longue
haleine mais qui ne sera probablement jamais réalisé dans sa globalité, mais indéniablement par
touches successives. Les chercheurs susceptibles d'exploiter les données synthétisées dans ce livre ne
doivent surtout pas perdre de vue cette précaution élémentaire.
Jean MOUCHACCA
NATARAYAN K. & KOLANDAVELU K., 1998 — Resupinate Aphyllophorales of Tamil-
nadu, India. Centre of Advanced Studies in Botany, University of Madras, 133 pp. Prix Rs.
200 (Indie), US $ 30 (USA).
Cet ouvrage d'identification décrit et illustre 82 espèces réparties en 48 genres, eux-mêmes
issus de 8 familles appartenant au groupe controversé des ‘Aphyllophorales résupin
Une courte introduction rappelant au lecteur l'historique de l'étude des Aphyllophorales
résupinés en Inde et dans le nord-ouest de l'Himalaya, permet aux auteurs de justifier de l'intérêt de
leur travail, dans une région oubliée des mycologues. Suit ensuite un intéressant tableau intégrant les
espèces récoltées en Inde et leur localisation, à travers une analyse bibliographique, dans les différen-
tes autres régions tropicales et subtropicales du monde. Si cette analyse apparait fondée, de nombreux
travaux fondamentaux en sont manifestement absents. Par exemple, nous n'avons trouvé dans cet
Ouvrage aucune référence aux travaux du spécialiste frangais J. BOIDIN, auteur de trés nombreux
articles concernant les aphyllophorales résupinés tropicaux et subtropicaux.
La partie taxonomique comprend ensuite des clés dichotomiques des familles, des genres et
des espèces. Claires et concises, elles permettent d'évoluer rapidement au sein de cet ouvrage. Seul
regret, les clés ne renvoient jamais aux pages de description, ce qui oblige systématiquement à
consulter l'index en fin d'ouvrage.
Source : MNHN, Paris
306 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
Les descriptions des espèces sont complètes et les dessins bien réalisés quoique, malheureu-
sement, d'une échelle un peu trop réduite. En conclusion, il s'agit d'un ouvrage bien réalisé qui, s'il
n'est que le résultat d'études préliminaires de ces groupes compliqués en Inde, devra être cité en
référence dans toute étude future des aphyllophorales résupinés en région tropicale et subtropicale.
G. EYSSARTIER.
KIFFER E. & MORELET M., 1997 — Les Deutéromycètes. Classification et clés d'iden-
tification générique. INRA Edition, Paris, 306 p, 13pl.
sur la classification et l'identification de l'ensemble des
Voici enfin un livre, en frangais
Deutéromycétes.
Dans cet ouvrage qui se veut pratique et pédagogique, les auteurs proposent une synthése
personnalisée des différents systémes utilisés jusqu'ici (Saccardo, Hughes, Barron, Kendrick) enrichis
des données ultrastructurales acquises plus récemment. Ils proposent un système taxonomique unifié
intégrant Hyphomycétes et Coelomycétes basé sur la morphologie de l'appareil conidien et la
conidiogenése, les caractères sporaux étant pris en compte au niveau générique, voire spécifique. Ce
n'est pas le moindre mérite de cet ouvrage que de proposer une mise à jour contemporaine de données
plus ou moins éparses, organisées en un système de classification des Deutéromycètes, cohérent,
clairement expliqué dans le détail
Dans une introduction conséquente (37 pages) les auteurs exposent les principes et les défini-
tions des caractères utilisés dans la systématique adoptée ainsi que les différents types de conidies, où
l'on retrouve, bien sur, la grande coupure entre thalloconidies (chlamydospores, arthroconidies et
arthroconidies méristématiques, conidies holothalliques) et les « conidies vraies » ou blastoconidies
(acroblastospores, sympodulospores, botryoblastospores, porospores, aleuriospores, annellospores,
phialospores) puis les groupes de Deutéromycétes correspondants aux types de conidiogenèse.
Aux 8 groupes proposés par Hughes (1953) basés sur les modes de conidiogenèse, les auteurs
en substituent 13 : Arthrosporés, Arthrosporés méristématiques, Aleuriosporés et Monoblastospo-
rés, Acroblastosporés, Annellophorés et Annelloblastosporés (annellosporés holoblastiques), Sym-
podulosporés, Botryoblastosporés, Porosporés, Phialosporés, Annélidés (annellosporés entéroblasti-
ques) et Deutéromycétes basauxiques, successivement traités en 12 chapitres. Chacun d'eux
comprend une définition du type de conidiogenése abordé, avec explication précise des termes utilisés
par les auteurs pour les caractériser, des schémas explicatifs et l'exposé de quelques résultats
ultrastructuraux lorsqu'ils existent ; suit une clef dichotomique de détermination incluant hyphales et
conidiomatales. Le chapitre se termine par un tableau récapitulatif comprenant, pour chaque genre,
le nombre d'espèces, la répartition géographique succincte, les substrats, les téléomorphes, une
bibliographie additionnelle complétant la bibliographie générale et enfin l'existence, ou non, de
travaux de biologie moléculaire, simplement évoquée par une croix. En regard de ces tableaux, une
planche de dessins, trés schématiques, illustre chaque genre mentionné dans la clef.
Ce livre est le résultat d'un travail d'analyse et de synthése considérables. La remarquable
volonté des auteurs d'établir un systéme aussi complet que possible appuyé sur des caractéres
descriptifs trés précisément définis, les conduit à utiliser une terminologie qui risque de ne pas étre
rapidement assimilable par les utilisateurs non spécialistes. Certaines distinctions subtiles, en parti-
culier entre les annellospores et les annélides, ne sont pas toujours perceptibles au microscope
photonique et il est difficile de trancher. Dans un souci didactique louable les auteurs ont abondam-
ment illustré l'ouvrage de schémas explicatifs et descriptifs des genres. Ces derniers aideront-ils
l'utilisateur non spécialiste à reconnaître le Deutéromycète qu'il souhaite identifier ?
En résumé, E. KIFFER et M. MORELET ont réalisé un ouvrage passionnant qui propose
une synthése des données et concepts actuels en un systéme de classification cohérent permettant
l'identification des nombreux genres pris en compte, qui stimulera des observations plus minutieuses,
et servira de référence dans le domaine de l'identification des Deutéromycètes.
М.Е ROQUEBERT
Source : MNHN, Paris.
Cryptogamie, Mycol. 1998, 19 (4) : 307-310
TABLE DU TOME 19
ABADIE M. — voir SANKARA P. & ABADIE M.
ALTÉS A. — voir OCHOA C. et al.
BABA H. — voir UDAGAWA S. & BABA H.
BANARES A. — voir ESTEVE-RAVENTOS Е et al.
BELTRÁN E. — voir ESTEVE-RAVENTOS F. et al.
BERNICCHIA A. & RYVARDEN L. — nau Es: Polyporaceae)
in Europe . M NE cc A NN
BESSIERE J.-M. — voir RAPIOR S. et al.
BIDAUD A. — voir ORTEGA A. et al.
BOIDIN J. & GILLES G. — Contribution à l'étude des genres Dendrocorticium, Dendro-
dontia et Dentocorticium (Basidiomycotina) . . .
BOUTEVILLE R. — voir NEZZAR-HOCINE H. et al.
BREHERET S. — voir RAPIOR S. et al.
BRHADA F. — voir EL AISSAMI A. et al.
CALONGE Е D. & PEGLER D. М. — Zelleromyces hispanicus sp. nov. (Russulales, Elas-
momycetaceae), an orange-red species possibly related to Lactarius aurantiacus
CALONGE F. D. — voir MORENO-ARROYO B. et al.
CASTRO CERCEDA L. — voir CASTRO ORTIZ A. et al.
CASTRO ORTIZ А., INFANTE GARCÍA-PANTALEÓN E, GOMEZ ARJONA J. &
CASTRO CERCEDA L. — Amanita lactea Malengon, Romagn. & Reid, an infre-
quent species in the Iberian peninsula. New chorological contributions ...... 2
CHEVALIER G. — voir NEZZAR-HOCINE H. et al.
COLLADO J. — voir PLATAS С. et al.
DARGENT R. — voir PLATAS G. et al.
181
99
203
Source : MNHN, Paris
308 TABLE DU TOME 19
DECOCK С. & RYVARDEN L. — MEM straminellus comb. nov., and a note on
Peren-niporia stipitata 171
DIEZ J. — voir WANG Y. et al.
DIEZ M. T. — voir PLATAS С. et al.
DI MASSIMO G. — voir WANG Y. et al.
EL AISSAMI A., BRHADA F. & LAHLOU H. — Effet de l'adaptation à la luzerne d'un
isolat de Verticillium dahliae (d'origine tomate) sur la synthèse im vitro de ses
enzymes pectocellulolytiques ............................... 2 ie 207
ES-SGAOURI A. — voir KOULALI et al
ESTEVE-RAVENTOS F, BANARES A., BELTRÁN E. & RODRIGUEZ J. L. — Estu-
dio micológico de la reserva de la biosfera « El Canal y los Tiles » (La Palma,
Islas Canarias). IV Agaricomycetidae (3* parte). Género Inocybe . . . и 121
FOURRÉ G. — voir WANG Y. et al.
GAITIS F. — Response of Aspergillus carbonarius to Tween 80. Mycelial growth, protein,
RNA and chitin content ..…................ Να φις λος “25
GARCÍA-MONTERO L. G. — voir WANG Y. et dl.
GILLES G. — voir BOIDIN J. & GILLES G.
GOMEZ J. — voir MORENO-ARROYO B. er αἱ
GOMEZ ARJONA J. — voir CASTRO ORTIZ A. et αἱ
GUIMBERTEAU J. — voir NEZZAR-HOCINE H. et al.
INFANTE GARCÍA-PANTALEÓN F. — voir CASTRO ORTIZ A. et al
KAISER P. — Sur les relations entre un basidiomycète de rond de sorcière, Leucopaxillus
giganteus, la microflore du sol et les végétaux supérieui MR nm
KOULALI L., ES-SGAOURI A. & DARGENT R. — Influence de la monensine sur l'ultra-
structure et la composition biochimique des fractions pariétales du Botrytis
cinerea... 298545 ME Ж 1 ; е
KREISEL Н. — voir OCHOA C. et al.
ТАНОО Н. — voir EL AISSAMI A. et al.
MAHIQUES К. — voir ORTEGA A. et al.
ΜΑΝΙΟΝ J. L. — voir WANG Y. et al.
MILHAU M. — voir RAPIOR S. et al.
MORENO G. — voir WANG Y. et al.
MORENO G. — voir OCHOA C. et al.
Source : MNHN, Paris.
TABLE DU TOME 19
MORENO-ARROYO B., GOMEZ J. & CALONGE F. D. — Zellerornyces giennensis
sp. nov. (Russulales), a gasteroid fungus from the southern of Spain. . .
MOSSEBO D. C. — Étude de la polarité sexuelle chez Dac
(Basidiomycète) . .. με.
yces stillatus Nees : Fries
NEZZAR-HOCINE Н., BOUTEVILLE R. 1, GUIMBERTEAU J, PERRIN R. &
CHEVALIER G. — La macroflore fongique de Cedrus atlantica (Endl.)
Manetti ex Carrière II — Les champignons ectomycorhiziens d'une cédraie du
massif du Djurdjura (Algérie) ..….....................
OCHOA C., MORENO G., ALTES А. & KREISEL H. — Calvatia pygmaea M UN
cetes) in the deserts of Baja California Sur (Mexico). .
ORTEGA A., MAHIQUES R. & BIDAUD A. — Contribucion al estudio del genero Cor-
tinarius еп España peninsular. II parte : Algunas especies interesantes del sub-
genero Telamonia 2 И
PEGLER D. №. — voir CALONGE F. D. & PEGLER D. М.
PELÁEZ F. — voir PLATAS С. et al.
PELISSIER Y. — voir RAPIOR S. et al.
PERREAU J. — Patrick JOLY (6 novembre 1932-22 octobre 1997)...
PERRIN R. — voir NEZZAR-HOCINE H. et al.
PLATAS G., PELÁEZ Е, COLLADO J., VILLUENDAS G. & DIEZ M. T. — Scree-
ning of antimicrobial activities by aquatic hyphomycetes cultivated on various
μα εἰς κι μι μμ te ο din
RANKOVIC B. — Populations of fungi іп some reservoirs in Serbia . .
RAPIOR S, BREHERET S, TALOU Т. PELISSIER Y., MILHAU М. & BESSIERE
J-M. — Volatile components of fresh Agrocybe aegerita and Tricholoma
sulfureum. . .... T LO MM εις Tri Bog cede
RIOUSSET G. — voir WANG Y. et al.
RIOUSSET L. J. — voir WANG Y. et al.
ROBERTS P. — Hauerslevia : a new genus in the effused Heterobasidiomycetes
RODRIGUEZ J. L. — voir ESTEVE-RAVENTOS F. et al.
RYVARDEN L. — The genus Aleurocystis
RYVARDEN L. — voir DECOCK C. & RYVARDEN L.
RYVARDEN L. voir BERNICCIA A. & RYVARDEN L.
SANKARA P & ABADIE M. — Recherche sur Puccinia arachidis Speg., р:
d' Arachidis hypogaea L. I. Ultrastructure et germination de l'urédospore
309
107
285
139
207
33
79
277
247
Source : MNHN, Paris
310 TABLE DU TOME 19
TALOU T. — voir RAPIOR S. er al.
UDAGAWA S. & BABA H. — Monascus lunisporas, a new species isolated from
mouldy ёа = 269
VERBEKEN A. & VESTERHOLT J. — A new Lactarius species from Scandinavia in the
section Dapetes.... CRY
VESTERHOLT J. — voir VERBEKEN A. & VESTERHOLT J.
VILLUENDAS G. — voir PLATAS G. et al.
WANG Y, MORENO G., RIOUSSET L. J., MANJON J. L., RIOUSSET G.,
FOURRE G., DI MASSIMO G., GARCIA-MONTERO L. G. & DIEZ J.
— Tuber pseudoexcavaturn sp. nov. a new species from China commercialised
in Spain, France and Italy with additional comments on Chinese truffles. . 113
New taxa and new combinations proposed in Cryptogamie-Mycologie 19........ 163, 235, 301
Instrüctions BUX AUTEURS e E HUE IM LUE SAGE WAR 165
Analyses bibliogta phiques?, «Sco Ue eave cater. carne cus Renee a 1 237,303
аб а онла, 22-2 54277 307
Source : MNHN, Paris
311
CORRIGENDA
T. Wang, G. Moreno, L. J. Riousset, J. L. Manjon, б. Riouset, б. Fourré, б. Di Massimo,
L. G. Garcia-Montero & J. Diez.
Tuber pseudoexcavatum sp. nov. a new species from china commercialised in Spain, France and Italy,
with additional comments on chinese truffles.
Cryptogamie, Mycologie 19 (1-2) : 113-
on p. 114, ligne n° 7:
two chinese truffle species which had been marketed in France, one is Tuber sinense Тао &
Liu...
should instead be :
two chinese truffle species which had been marketed in france, one is Tuber indicum Cooke
& Massee.
Source : MNHN. Paris
Commission paritaire 16-4-1986 - N° 58611 - Dépôt légal 1“ trimestre 1999 - Imprimerie F. Paillart
_ Sortie des presses le 19 février 1999 - Imprimé en France
Éditeur : A.D.A.C. (Association des Amis des Cryptogames)
Président : D. Lamy ; Secrétaire : B. Dennetière
Trésorier : M"* E. Bury ; Directeur de la publication : H. Causse
Source : MNHN. Paris
SI
Société Française de Systématique «m
La Société Française de Systématique réunit les systématiciens ou les personnes
intéressées par la Systématique et les informe en publiant un Bulletin. Elle convie ses
membres à des colloques annuels transdisciplinaires, au cours desquels les systématiciens
et d'autres scientifiques peuvent s'exprimer et débattre
Cotisation annuelle: 100F
Demande d'adhésion à adresser au:
Secrétariat de la Société Francaise de Systématique, 45 rue Buffon, F-75005 Paris.
CCP 7-367-80 D PARIS.
La Société édite aussi la série Biosystema.
Prix ТТС du Biosystema (France, Etranger): 150 FF, membre SFS : 100 FF.
Biosystema 1 - Introduction à la systématique zoologique - (Concepts. Principes, Méthodes) par
L. Matile. P. Tassy & D. Goujet. 1987.
Biosystema 2 - Systématique Cladistique - Quelques textes fondamentaux. Glossaire. Traduction
et adaptation de D. Goujet, L. Matile, P. Janvier & J.P. Hugot. 1988
Biosystema 3 - La systématique et l'évolution de Lamarck aux théoriciens modernes. par
S. Lovtrup. 1988.
Biosystema 4 - L'analyse cladistique: probléme et solutions heuristiques informatisées, par
M. d'Udekem-Gevers. 1990.
Biosystema 5 - Les introuvables de J.B. Lamarck- Discours d'ouverture du cours de zoologie et
articles du Dictionnaire d'Histoire naturelle. Edition préparée par D. Goujet. 1990.
Biosystema 6 - Systématique et Ecologie, par R. Barbault, Cl. Combes, F. Renaud, М. Le Brun
& A. Dubois. Edition coordonnée par J.P. Hugot. 1991
Biosystema 7 - Systématique et Biogéographie Historique. Textes historiques et
méthodologiques. Traduction et adaptation de P. Janvier, L. Matile & Th. Bourgoin.
1991.
Biosystema 8 - Systématique et Société. Edition coordonnée par G. Pasteur. 1993.
Biosystema 9 - Les Monocotylédones, par J. Mathez. 1993.
Biosystema 10 - Systématique botanique : problèmes actuels. Edition coordonnée par O. Poncy.
1993.
Biosystema 11 - Systématique et Phylogénie: modèles d'évolution biologique. Edition
coordonnée par P. Tassy et H. Lelièvre. 1994.
Biosystema 12 - Phylsyst: logiciel de reconstruction phylogénétique, par I. Bichindaritz,
S. Potter & B. Sigwalt *. 1994.
Biosystema 13 - Systématique et Biodiversité. Edition coordonnée par Th. Bourgoin. 1996. 4
Biosystema 14 - Systématique et Informatique. Edition coordonnée par J. Lebbe, en préparation.
Le Conseil de la SFS. ХП 1995
Source : MNHN, Paris
SOMMAIRE
P. SANKARA & M. ABADIE — Recherche sur Puccinia arachidis Speg.
rasite d'Arachidis hypogaea L. I. Ultrastructure et germination de
uci
S. UDAGAWA & H. BABA — Monascus lunisporas, a new species isolated from
mouldy feeds .
P. ROBERTS — Hauerslevia
: a new genus in the effused Heterobasidio-
A. BERNICCHIA & L. RYVARDEN — Neolentiporus (Basidiomycetes, Poly-
pormcene) HUBBIODe 52 04 cans uh ο eae EN
D. C. MOSSEBO — Étude de la polarité sexuelle chez Dacrymyces stillatus
Nees : Fries (Basidiomycete)
New taxa and new combinations proposed in Cryptogamie-M ycologie 19(4)
Analyses bibliographiques
Table du tome 19.
Cryptogamie, Mycol. 1998, 19 (4) : 247-310
247
269
277