LABORATOIRE DE CRYPTOGAMIE
MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
12 RUE DE BUFFON, 75005 PARIS
PUBLICATION TRIMESTRIELLE SUBVENTIONNÉE PAR LE CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
SOMMAIRE
D. DIROL. — Étude in vitro des phases initiales de dégradation du dura-
men du Pin sylvestre par le Traméte du Pin: Trametes pini (Thore)
A A EN Si
F. CANDOUSSAU & N.E. NANNENGA-BREMEKAMP. — Une nouvelle
ከ... о. ። e 201
M. BOUGEARD & I. VEGH. — Étude préliminaire sur le Cercosporidium
punctum (Lacroix) Deighton, agent de la «Cercosporidiose» du
Fenouil (Foeniculum vulgare Mill). ........ 205
G. MORENO & J.L. GARCIA-MANJON. Revision del genero Lenti-
A T E те 223
M. LOCQUIN-LINARD. — Achaetomium cristalliferum Faurel & Loc-
quin-Linard, Nouvelle espėce d'Ascomycėte (Achaetomiaceae) isolée
4 272 252 Er ee 255
J.P. SCHRANTZ. — Fructification d'un Scutellinia (Discomycéte) en
culture in vitro, en présence de bactéries. ............... qu 231
J.-M. YEN. — Etude sur les champignons parasites du sud-est asiatique.
XXXII. Treiziėme note sur les Cercospora de Malaisie, ........... 251
Analyses bibliographiques. . ...... 259
ai ората ОТЕ eee mr Re n RU 264
į
Les manuscrits doivent étre adressés à-Madame M.F. ROQUEBERT, Laboratoire de
Cryptogamie, 12 rue de Buffon, 75005 Paris.
Source : MNHN. Paris
CRYPTOGAMIIE
MYCOLOGIE
TOME 1 Fascicule 3. 1980
Ancienne Revue de Mycologie. Dirigée par Roger HEIM
COMITÉ DE LECTURE
MM. BOIDIN J. (Lyon), CAILLEUX R. (Paris), Mme CHARPENTIÉ M.J. (Paris),
MM. GAMS W. (Baarn, Hollande), JOLY P. (Paris), MANGENOT F. (Nancy),
MOUCHACCA J. (Paris), Mme NICOT J. (Paris), M. PEGLER D.N. (Kew, G.B.), Mme
PERREAU J. (Paris), Mme ROQUEBERT M.F. (Paris), M. SUTTON B.C. (Kew, G.B.)
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION: Madame J. NICOT
ADMINISTRATION : Mme LOCQUIN-LINARD M. et M. ZAMBETTAKIS Ch
SECRÉTAIRE DE RÉDACTION: Mme M.F. ROQUEBERT. ÉDITEUR: A.D.A.C.
` `9 ?
hod b Bibliothèque Centrale Muséum
i
3 3001 00227791 0
Copyright O 1980. b UM Mycologie
Source : MNHN, Paris
CRYPTOGAMIE
MYCOLOGIE
CONTENTS
(Tome I, Fasc. 3, 1980)
D. DIROL. — In vitro study of the degradation of Scots pine heartwood
ер О ЕТ 187
F. CANDOUSSAU & N.E. NANNENGA-BREMEKAMP. — A new
ота D cm Ee Ret ete UE 201
M. BOUGEARD & I. VEGH. — Preliminary study on Cercosporidium
punctum (Lacroix) Deighton, causing «cercosporidiose», a disease
of Foeniculum vulgare. 205
G. MORENO & J.L. GARCIA-MANJON. — Revision of the genus
nimas dato n Spet I M P ም ሜማማምከርም ም ም ሽምን 223
M. LOCQUIN-LINARD. — Achaetomium cristalliferum Faurel et Loc-
quin-Linard, a new species of Ascomycete (Achaetomiaceae) isolated
fromardsodue ቭዕሱ ። mi) EE 235
J.P. SCHRANTZ. — Fructification of a Scutellinia (Discomycete)
cultivated in vitro in the presence of bacteria. ................ 241
J.-M. YEN. — Study on parasitic fungi from South-East Asia. XXXII.
13th note on the Cercospora from Malaysia. ѓ E Шо 58
150110... US TS 01000259
Iniormalions e o со 264
Source : MNHN. Paris
187
ÉTUDE IN VITRO DES PHASES INITIALES DE DÉGRADATION
DU DURAMEN DE PIN SYLVESTRE PAR LE TRAMETE DU PIN:
TRAMETES PINI (THORE) FR.
par Daniele DIROL*
RÉSUMÉ. - La dégradation de la paroi cellulaire du bois parfait de Pin sylvestre par Trame
tes pini (Thore) Fr. agent de pourriture alvéolaire, est étudiée aprés des périodes d'exposi-
tion à ce champignon variant de deux à quatorze semaines. L'observation du bois montre
que le plan ligneux est trés rapidement envahi par deux sortes d'hyphes dont les plus larges
émettent des diverticules à leur extrémité ou latéralement. Ces «microhyphes» perforent
la paroi cellulaire abondamment. L'action enzymatique du champignon se manifeste égale-
ment par la formation de creux sous forme de trace d'hyphe dans le fond de la paroi.
Après six à huit semaines d'exposition commence la délignification de la paroi, laissant
en relief les microfibrilles de cellulose. L'action destructrice de ce champignon est lente
puisqu'après trois mois d'exposition la cellulose demeure intacte. Les observations sont
faites en microscopie optique et électronique à balayage.
SUMMARY. — The degradation of Scots pine heartwood cell walls by Trametes pini, a
white - pocket - rot fungus is observed after various periods of exposure from two weeks
to fourteen weeks. The observations show that two kinds of hyphae rapidly invade the
wood tissues. The larger ones grow diverticles from the tip or from the sides. Numerous
bore - holes appear resulting from the action of these «perforating hyphae». The enzymatic
action of the fungi also occurs by lysis zones along the hyphae. After six or eight weeks
of exposure the decomposition of lignin in the cell wall begins first; the microfibrils of the
cellulose are unmasked. The decay of wood by this fungus is slow since after three months
of exposure, cellulose is not yet removed. Investigations are made by light microscopy
and scanning electron microscopy.
* Centre Technique du Bois, Laboratoire de Mycologie, 10 avenue de Saint-Mandé, 75012
Paris.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog. Mycol.) TOME1 (1980).
Source : MNHN, Paris
188 D. DIROL
1. INTRODUCTION
Le Tramete du Pin : Trametes pini (Thore) Fr. — Fomes pini (Thore) Karst.
= Xanthochrous pini (Thore) Pat. — Phellinus pini (Thore ex. Fr.) Pilat, est
un champignon lignivore appartenant à la classe des Basidiomycétes, et respon-
sable de pourriture fibreuse blanche. Contrairement à Coriolus versicolor (voir
DIROL, 1976) qui dégrade simultanément les constituants de la paroi cellulaire,
ce champignon décompose en premier lieu la lignine et bien plus tardivement
les composés cellulosiques. Il dégrade le duramen de nombreux résineux (pin
sylvestre tout particuliérement), la phase finale de son action destructrice
aboutit à la formation de cavités de forme ellipsoidale de couleur blanche et
orientées selon l'axe des fibres, Pour cette raison la pourriture engendrée par
ce champignon est qualifiée de pourriture blanche alvéolaire.
Ce travail fait suite à celui effectué sur Coriolus versicolor (voir référence
plus haut) et sur Serpula lacrymans (DIROL, 1978) afin d'activer l'étude de
Pultrastructure du bois dégradé in vitro respectivement par des représentants
des trois grands types de pourriture (blanche simultanée, cubique, blanche
alvéolaire).
2. MATÉRIEL ET MÉTHODE
La méthode est la méme que celle utilisée dans les deux précédentes études.
Des cubes stériles de bois parfait (duramen) de pin sylvestre: Pinus sylvestris
(L.) sont confrontés à une culture de Trametes pini pendant des périodes s'éche-
lonnant entre deux et quatorze semaines.
Les coupes microscopiques effectuées en vue de l'observation en microscopie
optique sont colorées selon la méthode de Cartwright. Les échantillons ne sont
pas fixés et les observations en microscopie électronique à balayage sont faites
avec un microscope ISI 60.
3. PREMIERS STADES D'ALTÉRATION DU BOIS
3.1. Envahissement du plan ligneux
Après deux semaines d'exposition du bois à la culture de Trametes pini,
la colonisation du plan ligneux par les hyphes est importante tout particulière-
ment dans le bois final où les filaments mycéliens sont répartis uniformément
dans les trachéides verticales et le parenchyme des rayons ligneux. Dans le bois
initial les hyphes sont également nombreuses mais des plages du plan ligneux
sont souvent exemptes d'hyphes. Dans les fibres, les filaments de Trametes
pini ont un trajet rectiligne mais des bifurcations peuvent avoir lieu brusque-
ment; une branche de l'hyphe pénétre alors dans la paroi cellulaire perpendicu-
lairement, à la faveur de ponctuations aréolées (Pl. 1, A et C). Dans le paren-
Source : MNHN, Paris
DÉGRADATION DU PIN SYLVESTRE PAR TRAMETES PINI 189
chyme des rayons ligneux les filaments se propagent gráce aux larges ponctua-
tions simples pinotdes.
L'installation du champignon dans les éléments ligneux a donc lieu trés rapi-
dement puisqu'aprés deux semaines d'attaque, la colonisation est effective.
3.2. Description du mycélium colonisateur
Les hyphes de Trametes pini réparties uniformément dans le bois sont de
deux sortes. La picroaniline (coloration de Cartwright) colore en bleu des
hyphes fines et ramifiées. D'autres hyphes bien plus larges sont légèrement
colorées en rose par la safranine lors de la préparation des coupes destinées
à l'observation en microscopie optique. Leur diamètre est sensiblement le double
de celui des hyphes fines normales (Pl. I, A, B et C). Ces hyphes émettent
des ramifications souvent trés rapprochées formant des lacets ou circonvolutions
ainsi que des sortes de bourgeons assez courts bien visibles en microscopie
électronique (PI. 1, B),
Aprés deux semaines d'exposition les deux types d'hyphes sont trouvés
dans les mémes proportions dans le plan ligneux; de plus une sorte d'hyphe
peut «cohabiter» à côté de lautre variété dans une même fibre (Pl. I, C).
3.3. Premières manifestations enzymatiques
Après deux semaines d'exposition, des figures de dégradation de la paroi,
montrant que la phase de colonisation du bois est dépassée, apparaissent, Com-
me chez Coriolus versicolor, de nombreuses perforations des parois cellulaires
sont observées dans les trachéides verticales (Pl. I, C et D). Les enzymes capables
de dissoudre la paroi cellulaire entrent donc en action aprés seulement deux
semaines d'exposition in vitro; dans la nature le phénomène doit survenir encore
plus rapidement, le champignon n'ayant que le bois comme source de nutrition.
Aprés quatre à six semaines d'exposition, il est à remarquer que des perfo-
rations apparaissent trés fréquemment à la base des ponctuations aréolées,
souvent en plusieurs points au niveau de l'aréole (PI. II, A; Pl. IV, B). Ce phéno-
Pl. I. — Coupes radiales, A: Envahissement abondant du plan ligneux par les deux sortes
d'hyphes après deux semaines d'exposition. M.O. - B: Hyphes larges formant des boucles
sur le fond de la paroi. MEB. - C: Deux sortes d'hyphes et formation de perforations
aprés deux semaines d'exposition, MEB. - D: Hyphe créant une perforation dans la
marge d'une ponctuation aréolée aprés quatre semaines d'attaque. MEB.
Pl. Il. — Coupes radiales. A: Perforations de différents diamètres dont une créée par le di-
verticule latéral d’une hyphe large. MEB. - B: Deux perforations de diamètres différents.
Traces d'une hyphe sur le fond de la paroi cellulaire aprés six semaines d'exposition.
MEB. - C: Diverticule issu de l'apex d'une hyphe, MEB. - D: Diverticule latéral issu
d'une hyphe large. Trace d'une hyphe dans le fond de la paroi. MEB. - E: Nombreuses
perforations de tous diamètres dans le fond de la paroi d’une fibre déjà altérée aprés six
semaines d'exposition. MEB. - F: Deux types d'hyphes créant des perforations.
Source
MNHN. Paris
190 D. DIROL
Source : MNHN, Paris
DĖGRADATION DU PIN SYLVESTRE PAR TRAMETES PINI 191
Source : MNHN, Paris
192 D.DIROL
méne est rare car en général, les champignons lignivores atteignent directement
le torus en empruntant l'ouverture centrale de la chambre de la ponctuation.
Trametes pini possédant deux sortes d'hyphes, il est intéressant de déterminer
quelles sont les hyphes perforantes.
4. MISE EN ÉVIDENCE DE PHÊNOMENES ENZYMATIQUES PONCTUELS
4.1. Perforations de différents diamètres
Après quatre semaines d'exposition, le plan ligneux est hautement perforé.
Les «trous» pratiqués par les hyphes ont des diamètres fort différents; certains
sont le double d'autres (Pl. II, A, B, E et F); ce phénomène n'a pas été observé
chez Coriolus versicolor oà les diamétres des perforations sont constants, Cette
constatation suppose soit une activité enzymatique variable de l'hyphe (secrétion
plus ou moins importante d'enzymes dissolvant la paroi) ou bien une activité
perforante effectuée par des hyphes, elles-mêmes de diamètres différents, L'ob-
servation du mycélium de Trametes pini constitué d'hyphes d'épaisseurs va-
riables et de fines ramifications donne à penser qu'il est, de par son action
enzymatique,à l'origine des perforations de taille irrégulière,
4.2. Formations hyphales liées à l'activité enzymatique
La photographie F de la planche II montre que les hyphes larges hyalines
comme les plus fines sont capables de créer des perforations dans la paroi cel-
lulaire; d’où une première explication aux différences de diamétre des perfo-
rations.
Les hyphes larges perforent la paroi de façon très particulière. Il ne semble
pas qu'elles creusent la paroi directement par l'extrémité du filament mycélien,
mais qu'elles émettent à partir de l'apex un fin diverticule que LIESE et
SCHMID (1962-1966), appellent «microhyphes» (Pl. II, C et Pl. II, B et D).
Selon ces auteurs le passage hyphe à microhyphes a lieu brusquement.
De méme, toujours à partir de ces hyphes larges sont émis latéralement des
diverticules trés fins (Pl. II, D). Ces microhyphes, qu'elles soient issues de l'apex
ou latérales, sont difficilement visibles dans le lumen cellulaire car elles semblent
le plus souvent plonger perpendiculairement dans la paroi dés leur émission
(Pl. II, A, cf. — 2 — ). A ce sujet la photographie C de la planche III montre à
un trés fort grossissement la dissolution enzymatique à partir de l'apex du
filament; on devine la formation du diverticule perforant. Une fois que la micro-
Pl. III. — Coupes radiales. A: Délignification de la paroi des trachéides laissant apparaître
les microfibrilles de cellulose aprés six semaines d'exposition. MEB. - B: Franchissement
de la paroi par une hyphe à l'aide du diverticule perforant. MEB. - C: Détail de Pextré
mité d'une hyphe contre la paroi qui montre des traces de dissolution. MEB. - D:
Microhyphe et ramifications. MEB.
Source : MNHN, Paris
DÉGRADATION DU PIN SYLVESTRE PAR TRAMETES PINI 193
Source : MNHN, Paris
194 D.DIROL
hyphe terminale a pénétré dans la paroi elle trace le chemin de l'hyphe large
elle-méme qui, à son tour pénétre dans la paroi et laisse derriére elle une perfo-
ration de diamètre plus important (voir PI. III, B, le franchissement de la paroi).
A partir d'un temps d'exposition plus important (six semaines) des traces
d'hyphes (zones lytiques selon LIESE et SCHMID, 1966; LIESE, 1970) sont
observées sur le fond des parois. La photographie B de la planche II en montre
une en particulier, trés large, formant une «rigole» dans la couche bordant
le lumen cellulaire. Cette trace est également visible sur la photographie D de
la méme planche sous-jacente et plus large que l’hyphe encore présente. Ainsi,
l’activité enzymatique aurait lieu également semble-t-il par toute la surface
de l'hyphe qui se trouve de cette façon imprimée dans la paroi, altérant de ce
fait la première couche (S3) de la paroi secondaire. De l'observation de la photo-
graphie B de la planche II, on peut à la suite des constatations précédentes
sur les microhyphes, se représenter un de ces diverticules issus latéralement de
Vhyphe large dont la trace est imprimée. Ce diverticule aurait pénétré la paroi
à angle droit y créant la petite perforation,
5. LARGE DIFFUSION DE L'ACTION ENZYMATIQUE
ET DÉLIGNIFICATION PROGRESSIVE DE LA PAROI
La paroi cellulaire est formée de différentes couches constituées de cellulose
et de lignine en proportions variables.
Dans toutes les couches, la lignine se présente sous forme d'une substance
amorphe alors que la cellulose cristalline est constituée de microfibrilles à orien-
tation variable selon les couches. Les deux constituants sont intimement liés, la
lignine incrustant les microfibrilles de cellulose.
A partir de six semaines d'exposition, survient un phénomène nouveau;
les microfibrilles de cellulose sont bien visibles à partir de la lumière; l’orienta-
tion observée correspondant à la couche atteinte par l'activité destructrice du
champignon (Pl.Il, E et F). Les microfibrilles de cellulose sont démasquées
parce que la substance amorphe, qui dans du bois sain les enrobe, a disparu. Il
s'agit de la lignine qui, très rapidement est assimilée par Trametes pini. La photo-
graphie A de la planche III montre bien la disparition de cette lignine incrus-
tante par la mise en relief dans le fond des parois des trachéides, des micro-
fibrilles de cellulose. Si l'on considère plusieurs trachéides, différentes orienta-
tions sont observées indiquant que la délignification n’est pas uniquement
localisée à la couche S3 bordant la lumière.
Pl. IV, — A, coupe tangentielle, B et C, radiales. - A: Délignification des fibres montrant un
fond de paroi foncé granuleux au microscope optique, MO. - B: Ponctuation aréolée,
perforée à la base de l’aréole en plusieurs points. L’hyphe a également perforé le torus.
MEB. - C: Fibres de bois initial montrant une très grande fragilité principalement au
niveau des ponctuations aréolées. MEB.
Source : MNHN, Paris
DÉGRADATION DU PIN SYLVESTRE PAR TRAMETES PINI 195
Source : MNHN, Paris
196 D.DIROL
En microscopie optigue, cette dėlignification apparait dans le fond des
fibres sous forme de cavités sombres, assez bien delimitees, oü la structure fibril-
laire est sans orientation précise (Pl. IV, A).
Aprés des périodes d'exposition plus longues (dix à quatorze semaines), le
phénomène de dissolution de la lignine s'accentue, atteignant toutes les couches
de la paroi. Selon MEIER (1955) la lignine de la lamelle moyenne serait elle-
même atteinte, Les photographies A, B, C de la planche V montrent la progres-
sion de l'altération. Sur la premiére, différentes orientations sont visibles, bien
que la couche $7 domine, on devine la couche 5) dans une trachéide, une
formation en éventail est observée également qui pourrait être un résidu de la
couche S3. La photographie B montre une limite bois final - bois initial dans
laquelle le bois de printemps, encore envahi par les hyphes, est perforé; par
contre le bois final a la structure très perturbée des fibres délignifiées dans
laquelle la charpente cellulosique orientée est bien visible.
Il semblerait que le bois final présente une altération plus conséquente que
le bois initial, d'ailleurs cette observation a été faite par LIESE (1970). LIESE
et SCHMID (1966) observent également beaucoup plus de perforations dans
le bois final que dans le bois initial, Ce phénoméne est probablement dà à une
difference de lignification des deux types de trachéides. Cependant, aprés
14 semaines d'exposition le bois initial est abondamment perforé de larges
trous pratiqués dans la paroi et l'aréole de certaines ponctuations est trés endom-
magée. Il est bien évident que ces cellules délignifiées sont très fragiles et que
les microfibrilles de cellulose mises à nu doivent être arrachées lors de la prépa-
ration des échantillons. On arrive ainsi à des figures de dégradation extrêmes
(Pl. V, C) oà des lambeaux d'amas de microfibrilles ayant appartenu à la couche
$5 recouvrent par endroits la membrane primaire et méme la lamelle moyenne.
Ce type d'altération, bien que plus important dans le bois final, apparait égale-
ment en certaines plages du bois initial aprés quatorze semaines d'exposition
à Trametes pini.
6. DISCUSSION
Les observations faites in vitro sur du bois exposé à Trametes pini selon
des périodes s'échelonnant entre deux et quatorze semaines, ne reflètent pas
celles que l'on peut faire macroscopiquement. En effet, jusqu'à quatorze se-
maines d'exposition, rien ne laisse deviner la formation de cavités blanchâtres
fibrillaires typiques de la pourriture alvėolaire,
РІ. У. — Coupes radiales, A: Bois final dégradé après dix semaines d'exposition. Délignifi
cation de la paroi, laissant appapaitre la cellulose. MEB. - B: Limite bois final - bois
initial aprés douze semaines d'attaque, MEB. - C: Bois final dégradé aprés quatorze
semaines d'attaque, Lambeaux de couche 85, MEB.
Source : MNHN, Paris
DÉGRADATION DU PIN SYLVESTRE PAR TRAMETES PINI 197
Source : MNHN, Paris
198 D. DIROL
D'ailleurs, bien que l'organisation cellulaire du bois attaqué après quatorze
semaines soit considérablement perturbée (Pl. IV, C; Pl. V, C), l'aspect des échan-
tillons fait penser à du bois sain. Contrairement à Coriolus versicolor où trois
mois d'exposition représentait le stade ultime de l'altération, cette période
d'exposition ne peut donner lieu qu'à un début d'altération sérieuse. D'ailleurs,
NECESSANY (1963) parle de disparition de la cellulose aprés une forte attaque
(supposant donc un temps long) et MEIER (1955) fait ses observations aprés
huit mois d'exposition in vitro. Le seul indice permettant de prévoir la formation
des alvéoles fibreuses lors de cette observation des phases initiales d'altération,
semble être la délignification des fibres en certains points du plan ligneux.
Le bois dégradé par un champignon de pourriture alvéolaire paraît intact
en dehors des alvéoles. L'observation des stades initiaux montre qu'il n'en n'est
rien car de nombreuses perforations et des traces incrustantes d'hyphes sont
observées ça et là dans le plan ligneux qui n'a donc pas gardé toute son intégrité.
7. CONCLUSION
Trametes pini est un champignon lignivore capable de décomposer en premier
lieu la lignine et ensuite la cellulose.
Dans cette étude où le bois est confronté au champignon pendant au plus
quatorze semaines, nous n'avons pu observer qu'une phase de son action, c'est-à-
dire l'assimilation de la lignine. Il semblerait que les enzymes cellulolytiques
agissent bien plus tardivement; la cellulose conserve ainsi au bois une certaine
intégrité. Comparativement à Coriolus versicolor qui dégrade simultanément
la lignine et la cellulose dés six semaines d'attaque, l'action destructrice de
Trametes pini est bien plus lente.
Quelques points particuliers du systéme d'attaque sont à remarquer :
- Trametes pini envahit rapidement les éléments du plan ligneux. Les hyphes
colonisatrices sont de deux sortes : les plus larges sont capables de donner lieu
à la formation de microhyphes qui pénètrent dans la paroi cellulaire. Toutes
les hyphes du champignon peuvent créer des perforations dont les diamétres
sont différents,
- L'action lignolytique du champignon apparait assez rapidement. Vers
six semaines d'exposition les microfibrilles de cellulose sont mises à nu dans
la paroi du fait de l'assimilation par Trametes pini de la lignine incrustante,
- Enfin, par rapport aux deux champignons lignivores étudiés précédemment
(Coriolus versicolor et Serpula lacrymans) Vactivitė destructrice de ce champi-
gnon pendant les trois mois d'attaque in vitro est bien moins importante; il
semblerait que son action soit plus lente puisque seule la lignine dans le cas
présent est dégradée. La cellulose est vraisemblablement atteinte par les enzymes
du champignon bien plus tardivement et c’est après sa destruction que doivent
apparaître les formes d’altération particulières à la pourriture alvéolaire.
Source : MNHN, Paris
DĖGRADATION DU PIN SYLVESTRE PAR TRAMETES PINI 199
REMERCIEMENTS
Les documents photographiques en microscopie électronique à balayage, ont été réalisés
avec la participation technique de Françoise THOMASSIN.
BIBLIOGRAPHIE
DIROL D., 1976 — Étude in vitro de la colonisation et de la dégradation structurale du bois
de Hêtre par Coriolus versicolor (L.) Q. Revue de Mycol. 40: 295-317.
DIROL D., 1978 — Étude in vitro de la colonisation et de la dégradation structurale du bois
d'aubier de Pin sylvestre par la Mérule : Serpula lacrymans Schum. ex Fr. S,F. Gray.
Revue de Mycol. 42: 277-292.
LIESE W., 1970 — The action of fungi and bacteria during wood deterioration. B.W.P.A.
Annual convention,
LIESE W., 1970 — Ultrastructural aspects of woody tissue disintegration. Ann. Rev, of
Phytopathology. 8: 231-258.
LIESE W. und SCHMID R., 1962 — Elektronenmikroskopische Untersuchungen über
den Abbau des Holzes durch Pilze. Angew. Bot. 36: 291-298.
LIESE W. und SCHMID R., 1966 — Untersuchungen über den Zellwandabbau von Nadel-
holz durch Trametes pini, Holz als Roh- und Werkstoff. Bd 24: 454-460.
MEIER H. 1955 — Uber den Zellwandabbau durch Holzvermorschungspilze und die
submikroskopische Struktur von Fichtentracheiden und Birkenholzfasern. Holz als
Roh- und Werkstoff Bd 13: 313338.
NECESSANY V., 1963 — Veränderung der Zellwandstruktur bei Tannenholz (Abies alba
Mill.) durch Pilzeinwirkung. Holzforschung 17: 57-60.
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris
201
UNE NOUVELLE ESPECE DE DIDERMA
par Françoise CANDOUSSAU* et N.E. NANNENGA-BREMEK AMP**
RÉSUMÉ. — Sur une récolte faite dans les Pyrénées Atlantiques (Vallon d'Aspeich), par
l'un de nous (F. C.) une nouvelle espéce: Diderma subfloriformis (subgen. Leangium)
est décrite, Comparaison et discussion sont faites avec Diderma floriforme (Bull.) Pers
et Diderma rugosum (Rex) Macbr.
DIDERMA SUBFLORIFORMIS F. Candoussau et Nann.-Brem., sp. nov.
Planches I (fig. A-C) et II (fig. F-1)
Sporangia gregaria, stipitata, subglobosa vel globosa, circa 1 mm diam. et
stipite incluso usque ad 2 mm alta, pallide cinerea vel ochracea. Stipes leviter
plicatus vel angulatus, ochraceus usque ad rufus, translucidus, calcem continens,
0,7-1 mm altus. Peridium e stratis duobus arcte applicitis consistens, strato
exteriore calcareo, lucem orientem versus viso rufo, strato interiore membra-
naceo, aliquot calcem continente, rufo usque ad ochraceo. Dehiscentia in lobos
petaloideos. Columella calcarea, cylindrata, et clavata, usque ad 3/4 altitudinem
sporangii extendens, rufa et aspera. Capillitium ex filamentis flexuosis, 3-4
dichotome ramificatis, ab anastomosibus perpaucis connectis plerumque bulbis
obscuris instructis, brunneo-violaceis, gracilioribus et pallidioribus versus apicem.
Sporae 10-11 um diam., lucem orientem versus visae brunneo-violaceae in latere
uno pallidiorides, ubique dense verruculosae. Plasmodium ignotum (1).
Holotypus: F. Candoussau, 313-1 déposé à P. C. Isotypus: NENB 10.679.
sur Corylus, Vallon d'Aspeich, Pyrénées Atlantiques, leg. F, Candoussau, le
4 octobre 1977.
(1) Nous remercions Mme M.A. Bruggeman-Nannenga pour la diagnose latine.
* 22, rue Hóo-Paris, 64 Pau (France).
** Utrechtseweg 422-6865, C. P. Doorwerth (Pays-Bas).
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog. Mycol.) TOME 1 (1980).
Source : MNHN, Paris
202 F. CANDOUSSAU & N.E. NANNENGA-BREMEKAMP
Planche I. — A, B, E: Diderma subfloriformis F. Candoussau & Nann. Brem., sp. nov.,
typus, récolte 4/10/77, Vallon d'Aspeich, Pyr. Atlantiques. A, à droite: un sporange
déhiscent, à gauche: un sporange dont la columelle est dénudée, Échelle: Imm. B:une
spore observée au microscope électronique à balayage (Photo M. Chassain). Échelle
2m. E: Détail du capillitium vu au microscope électronique à balayage (Photo M. Chas-
sain), Échelle: 24m. - C, D: Diderma floriforme (Bull) Pers., récolte Buchet, juillet
1920, 17420 Saint-Palais. C: une spore vue au microscope électronique à balayage
(Photo M. Chassain). Échelle: 7Um. D: détail de capillitium vu au microscope électro
nique à balayage (Photo M. Chassain). Échelle: 7m,
Sporanges groupés, stipités, globuleux, enviton Imm de diamètre et 1,5
à 2mm de hauteur totale, presque blanc, gris påle à ocre clair, Peridium parais-
sant simple, en réalité double, la paroi externe adhérant fermement à la paroi
interne; la paroi externe se compose de granules calcaires d'environ 1,7um
de diamètre, brun-rouge à incolores, la paroi interne membraneuse, ocracée
Source : MNHN, Paris
UNE NOUVELLE ESPECE DE DIDERMA 203
РІ.2
10 um
Planche II. — F-1: Diderma subfloriformis F. Candoussau & Nann. Brem. sp. nov. Isotypus
(N.E.N.B. 10.679). F-G:6 sporanges à divers stades de développement. H: Capillitium
et 3 spores. I: 2 spores et capillitium de Diderma subfloriformis F. Candoussau & Nann
Brem. J: une spore de Diderma floriforme (Bull.) Pers. (NENB. 7024). Nann. Brem. del.
à brun-rouge, est finement ridée. A maturité le péridium s'ouvre en forme
de pétales de fleurs. Columelle cylindrique à clavulée à surface rugueuse, conte-
nant des granules calcaires, brun ocracé (fig. A, G). Stipe sillonné, atteignant
environ les 3/4 de la hauteur du sporange, 0,7-1mm de haut, teintė d'orangė
à ocracé pále, contenant quelques granules calcaires, émergeant d'un hypothallus
membraneux, translucide, teinté d'ocre et d'orangé clair, veiné, les veines se
perdant dans le stipe. Capillitium flexueux, abondant, brun foncé, à filaments
de 1,5-2um de diamétre, à branches de 1 à 3 fois dichotomiques sans cependant
se croiser, portant irréguliérement des verrues brun-foncé, allant s'amincissant
et s'éclaircissant aux extrémités, Spores, 10,5-11um de diamètre, brun foncé
en masse, brun violacé et plus pále d'un cóté sous la lumiére du microscope,
couvertes de petites verrues denses (fig. B, I). Plasmode inconnu.
Source : MNHN, Paris
204 F. CANDOUSSAU & М.Е. МАММЕМСА-ВКЕМЕКАМР
DISCUSSION
Macroscopiquement notre récolte ressemble à s'y mėprendre á Diderma
floriforme (Bull.) Pers. En étudiant et en comparant la récolte faite par Buchet
(1920) et les autres récoltes faites par l'un de nous (Nann. Brem.) (fig. D, E, J),
et en considérant les descriptions faites par MARTIN et ALEXOPOULOS
(1969) et NANNENGA BREMEKAMP (1974), nous constatons que microsco-
piquement notre récolte est différente de Diderma floriforme (Bull) Pers.,
d'une part par les spores couvertes de petites verrues réparties densément,
pas très régulièrement, d'autre part par le capillitium qui est parfois plus fle-
xueux et plus délicat (fig. C, D, J).
Diderma subfloriformis F. Candoussau & Nann. Brem. se rapprocherait de
Diderma rugosum (Rex) Macbr. macroscopiquement par son apparence de
péridium simple, et microscopiquement par son capillitium délicat, la mensura-
tion et l'ornementation des spores, ainsi que la forme clavulée de sa columelle.
Cependant notre espéce en différe par la grande taille de ses sporanges, son
péridium lisse se composant de deux membranes, et son stipe calcaire translucide
et rougeâtre.
BIBLIOGRAPHIE
MARTIN G.W. et ALEXOPOULOS C..J., 1969 — The Myxomycetes. Univ, Iowa, USA.
NANNENGA-BREMEKAMP N.E. 1974 — De Nederlandse myxomyceten. K.N.N.V.
Hoogwoud. Netherlands.
Source : MNHN, Paris
205
ĖTUDE PRĖLIMINAIRE SUR
LE CERCOSPORIDIUM PUNCTUM (LACROIX) DEIGHTON
Agent de la «Cercosporidiose» du Fenouil (Foeniculum vulgare Mill.)
par Martine BOUGEARD et 1. VEGH*
RESUME. — Le Cercosporidium punctum (Lacroix) Deighton occasionne des degäts impor-
tants sur les fenouils doux (Foeniculum vulgare spp. capillaceum var. dulce (Mill.) Thell.)
et amer (Foeniculum vulgare spp. capillaceum var. vulgare (Mill.) Thell.) cultivés pour la
production d'anéthole, essence indispensable à la fabrication des boissons anisées
La description du champignon et des symptômes a été précisée ainsi que le pouvoir
pathogène de ce parasite. Quelques aspects de la biologie du parasite ont été étudiés, er en
particulier ceux du déterminisme de la germination des conidies ainsi que de la viabilité
des stromas. Différentes méthodes d'analyse des semences ont été expérimentées afin de
pouvoir connaître le pourcentage d'infection du Cercosporidium punctum sur les semences
et l'importance de la transmission du parasite sur les fruits.
I.- INTRODUCTION
Dans tous les secteurs de son économie, la France cherche à acquérir son
indépendance maximale vis-à-vis de ses fournisseurs étrangers. Or, s'il est un
domaine où nous dépendons directement des producteurs étrangers, c'est bien
celui des produits anisés, En effet, la saveur caractéristique de ceux-ci est due
à l'anéthole que l'on ne distillait industriellement jusqu'en 1972 qu'à partir de
la Badiane. Celle-ci est le fruit du Badanier (Illicium verum) de la famille des
Magnoliacées, qui ne pousse que sous les climats chauds et humides d'Extréme-
Orient.
* Station de Pathologie Végétale, Centre National de Recherches Agronomiques, INRA,
Route de Saint-Cyr, 78000 Versailles.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog. mycol TOME I (1980)
Source : MNHN. Paris
206 M. BOUGEARD & I. VEGH
Devant les hausses du prix de l'essence de Badiane, et voulant éviter l'uti-
lisation de l'anéthole de synthése, les producteurs de boissons anisées recher.
chérent d'autres plantes susceptibles de leur fournir ce constituant essentiel.
Il apparut rapidement que le Fenouil (Foeniculum vulgare Mill.) pouvait
être une solution intéressante puisque, d'une part il a un bon rendement en
anéthole, et d'autre part sa présence à l'état sauvage en France pouvait laisser
espérer une bonne mise en exploitation. Actuellement, en France, deux sortes
de Fenouil sont utilisées pour la production d'anéthole: Fenouil doux (Foeni-
culum vulgare spp. capillaceum var. dulce (Mill. Thell.) et Fenouil amer (Foeni-
culum vulgare spp. capillaceum var. vulgare (Mill) Thell.). Nos observations
et nos essais ont été effectués sur ces deux variétés.
Dés 1974, 500 hectares de fenouils doux et amers furent mis en culture
dans les régions méridionales, Ce premier essai encourageant conduisit, les années
suivantes, à l'augmentation des surfaces. Mais aux difficultés de production,
de récolte et de distillation, s'ajoutèrent bientôt des problèmes d'ordre patholo-
gique liés à des attaques parasitaires qui limitérent l'extension de la culture.
Parmi les agents phytopathogénes en cause, le Cercosporidium punctum (La-
croix) Deighton semble tenir une place importante. Notons ici que dans notre
pays, les fenouils doux et amers peuvent étre attaqués par d'autres champignons
tels que le Plasmopara nivea (Ung.) Schroet, Leveillula taurica (Lév.) Arnaud et,
surtout, par un Phomopsis (DU MANOIR et VEGH, sous presse).
La présente étude a pour but de mieux connaître le Cercosporidium punc-
tum, ses caractéristiques morphologiques et biologiques.
II.- MATÉRIEL ET MÉTHODES
A. MATÉRIEL
Matériel végétal
Toutes les études ont été réalisées à partir des différents organes (tiges,
feuilles, semences) du Fenouil doux et du Fenouil amer cultivés en serre ou en
plein champ.
2. - Matériel fongique
N'ayant pu étre obtenu en culture pure, le champignon a été étudié sur
plante.
B. MÉTHODES
1. - Essais de mise en culture
a) A partir de spores
Étalement. — Cinquante semences de Fenouil amer infestées sont immergées
dans 5ml d'eau permutée stérile, puis agitées mécaniquement pendant 10
Source : MNHN, Paris
CERCOSPORIDIUM PUNCTUM (LACROIX) DEIGHTON 207
minutes environ. La suspension de spores obtenue est diluée selon la méthode
classique des dilutions successives et ensemencée sur malt à 1 p. cent gélosé,
Micromanipulation. — Des spores de C. punctum sont mises á germer sur
eau gélosée. On les transfére isolément à l'aide d'un micromanipulateur, au
bout de 48 heures sur malt à 1 p. cent gélosé additionné ou non de strepto-
mycine.
b) A partir de fragments de tissus
Des fragments de tissus, désinfectés ou non, porteurs de stromas ont été
déposés, sur milieu gélosé, sur boite de Pétri. Les conditions de cette tentative
d'isolement sont résumées dans le tableau I.
Bichlorure Hypochlorite
Malt de mercure sans désinfection de sodium
à 1 p. 100 à 1 p. 1000 préalable à 19
30 sec. 10 min.
Malt Bichlorure Hypochlorite
à 1 p. 100 de mercure sans désinfection de sodium
+ à 1 p. 1000 préalable AP
Streptomyeine 30 sec 10 min.
Tableau I. — Conditions de désinfection et nature du milieu utilisé pour l'isolement du
Cercosporidium punctum
2. - Étude de la germination des conidies
La germination est suivie soit en boite de Pétri, sur eau gélosée à 2 p. cent,
soit en chambre humide, sur lame plate. Pour l'observation, les spores et les
filaments germinatifs ont été colorés au bleu trypan. Nous considérons qu'une
spore a germé quand la longueur du filament germinatif est au moins égale à
la largeur de la conidie. Les spores ont été obtenues par grattage et lavage de
feuilles et de semences porteuses de conidies à l'eau permutée stérile. Pour
l'étude de la germination en présence ou en l'absence de lumiére, certaines
boites ont été recouvertes de papier opaque, alors que les autres sont exposées
à un éclairement de 2000 lux, et ceci à une température de 23°C environ.
Nous avons noté le pourcentage de germination sur des ensembles de 300 spores.
Nous avons mesuré la longueur du filament germinatif sur au moins 50 spores.
3. - Technique d'inoculation
Des inoculations sont effectuées sur des plantes au stade 4-5 feuilles cultivées
en serre. Le nombre de conidies, obtenues par agitation des organes végétaux
bien fructifiés, est ramené à 50 spores par mm. Cette suspension est soit
pulvérisée, soit déposée à l'état de gouttes sur les feuilles de Fenouil. Les plantes
sont alors recouvertes de sacs plastiques; elles resteront ainsi cinq jours en at-
mosphėre saturée. Des bassinages d'eau seront effectués tous les jours, puis
T'on notera l'évolution de la maladie.
Source : MNHN, Paris
208 M. BOUGEARD & 1. VEGH
4. - Désinfection
On procède à une désinfection superficielle, Les semences sont immergées
dans des solutions à différentes concentrations d'hypochlorite de sodium ou de
bichlorure de mercure. Pour cela elles sont enfermées dans une cage de nylon
dont on force l'immersion. En effet, les semences étant plus légères que l'eau
et présentant des reliefs à leur surface, elles ont tendance à rester à la surface
des solutions aqueuses. Cinq rinçages sont ensuite effectués après la désinfection
à l'hypochlorite de sodium et dix après celle au bichlorure de mercure.
Les semences sont disposées à raison de dix par boîte de Pétri de 10cm de
diamètre, soit sur malt à 1 p. cent soit sur papier buvard humecté par 4ml
d'eau stérile. Les semences ainsi déposées sont placées à la température de
22°C. L'analyse de l'état sanitaire se fait au bout de 3 et 7 jours.
III.- RÉSULTATS
A. L'AGENT PATHOGENE
1. -Morpbologie (in vivo)
a) Stromas
Une coupe dans les tissus nécrosés montre des amas mycéliens plus ou moins
abondants, souvent confluents, composés d'articles de couleur olivátre pále
(fig. 1). Les dimensions de ces stromas varient entre 40um et 120um (moyenne
calculée sur 100 stromas : 84,5um).
b) Conidiophores
A la surface de ces stromas brun foncé se différencient des conidiophores
groupés de façon dense (fig. 1). Ceux-ci sont de couleur brun olivátre, légére-
ment plus pâles vers l'apex. Ces conidiophores présentent des cicatrices coni-
diennes assez proéminentes, en forme d'épaule, qui leur donnent un aspect
sinueux et coudé. Ils peuvent atteindre 70um de long et leur largeur varie de
3,5 à 7,5um.
e) Conidies
Les conidies émises sont hyalines, lisses, cylindriques ou sub-cylindriques,
généralement divisées par une cloison transversale (fig. 2). Sur 200 mesures
effectuées 1 p. cent des conidies sont simples, 94 p. cent possèdent 1 cloison,
3,5 p. cent en possèdent 2 et 1,5 p. cent en ont 3. Leurs dimensions varient
Coupe d'un stroma de Cercosporidium punctum sur semence. 2: Conidies de
Gercosporidium punctum. 3:Symptómes induits par Cercosporidium punctum sur
feuilles. 4: Desséchement complet d'une feuille (avec formation de stromas) provoqué
par Cercosporidium punctum.
Source : MNHN, Paris
CERCOSPORIDIUM PUNCTUM (LACROIX) DEIGHTON 209
Source : MNHN, Paris
210 M. BOUGEARD & I. VEGH
de 22 4 54um de long par 3,5 2 6,7um de large, avec une moyenne de 37,4 x
4,8um. Nous avons mesuré la longueur des spores en fonction de leur nombre
de cloisons :
- conidies à 3 cloisons : 49,1um
- conidies á 2 cloisons : 46,6um
- conidies à 1 cloison : 36,84m
- conidies sans cloison : 36,3um
Ces spores présentent souvent un aspect quelque peu étranglé au niveau de
la cloison et on observe à l'extrémité basale un hile marquant l'ancienne zone
d'attache avec le conidiophore. Cette cicatrice est légérement proéminente et
mesure de 1 2 2um de large: à cet endroit de la conidie, la paroi semble plus
épaisse. Nous n'avons jamais observé de conidies présentant cette formation
aux deux extrémités ou naissant en courte chaînette telles que SIBILIA (1932)
en a décrit, Lorsque les conidies ont une cloison, celle-ci n'est en général pas
situe au milieu de la conidie mais légérement décalée vers la partie basale.
2. - Taxinomie et nomenclature
Le genre Cercosporidium fait partie de l'ordre des Hyphales et de la famille
des Dématiacées, malgré le stroma bien développé
Le C. punctum fut décrit sous des noms trés différents : DEIGHTON (1967)
propose plus de dix synonymes. En raison de la similitude des symptômes et
des autres caractères morphologiques, nous considérons le champignon étudié
comme appartenant à l'espèce Cercosporidium punctum, proposée par DEIGH-
TON (loc. cit.). Un stade pycnidien est signalé sur Anethum : il s'agit du Phoma
anethi (Pers. et Fr.) Sacc. Nous avons observé en 1974 un Phoma sp. sur Fenouil
amer, DEIGHTON (loc. cit.) signale que Mycosphaerella anethi Petrak constitue
probablement le stade ascosporé du Cercosporidium punctum.
3. - Répartition géographique et hôtes
Le C. punctum est largement répandu dans le monde et en particulier dans
les régions à climat chaud, comme l'Inde et le Pakistan où il occasionne de
sévères dégâts. En outre, il a été signalé sous différents noms sur Fenouil en
U.R.S.S., en Roumanie, aux Canaries, en France (sur Fenouil de Florence),
en Iran, en Italie, en Espagne et en Argentine. En France, le champignon est
connu maintenant sur les trois variétés de Fenouil : Fenouil de Florence, Fenouil
doux et Fenouil amer.
Le C. punctum attaque 3 Ombelliféres : Foeniculum vulgare, Anethum
graveolens et Petroselinum crispum. Sur ces végétaux, il a été mentionné en
Pl. IL — Fig. 5: Symptômes de Cercosporidium punctum sur tige. Fig. 6: Détail de fructi-
fication de Cercosporidium punctum sur tige. Fig. 7: Symptômes de Cercosporidium
punctum sur une ombelle. Fig. 8: Stromas de Cercosporidium punctum sur semence.
Source : MNHN, Paris
CERCOSPORIDIUM PUNCTUM (LACROIX) DEIGHTON 211
Source : MNHN, Paris
212 M. BOUGEARD & I. VEGH
Egypte, Éthiopie, France, Inde, Iran, Israél, Italie, Jamaique, Kenya, Lybie,
Pakistan et U.S.A.
B. LA MALADIE
Symptomatologie
Les premiers symptômes de la maladie apparaissent au début de la floraison,
c'est-à-dire vers le 15 juillet pour les fenouils de première année, et de façon
beaucoup plus précoce, (fin avril-début mai) pour les fenouils de seconde année.
a) Sur les limbes
Sur les segments terminaux des feuilles de la base, on observe des taches
nécrotiques très petites et brunes. Le parasite attaque tout le tour de la feuille
en provoquant un étranglement et un brunissement (fig. 3 et 4). Apparaissent
ensuite à ce niveau de petites ponctuations noires à partir desquelles se forment
des conidiophores de couleur olivátre en bouquet dense. Les taches mesurent
de 1 à 3mm environ; elles prendront une teinte gris cendré quand se formeront
les conidies, Les feuilles du bas jaunissent et se flétrissent, puis la maladie gagne
peu à peu les parties hautes de la plante.
b) Sur les gaines et les tiges
Sur les gaines ou les tiges, l’altération se présente sous forme de taches brunes,
de forme elliptique ou rectangulaire, légèrement incrustées dans le tissu (fig. 5
et 6). Ces taches peuvent atteindre plus de 10mm de long; elles sont limitées
par les côtes de la tige et des gaines.
c) Sur l'inflorescence
Au terme de l'évolution de la maladie, les rayons d’ombelles et les fruits
sont attaqués (fig. 7 et 8). Les fruits sont peu déformés si l'attaque a lieu alors
qu'ils sont déjà formés. Par contre, si l'attaque est précoce, ceux-ci sont trés
déformés; la formation de la cuticule et le développement des canaux secré-
teurs sont arrétés (SINGH, 1974).
Sur un lot de semences infectées à 40 p. cent, la maladie provoque une
diminution de poids de l'ordre de 30 p. cent (tableau II).
Poids de 100 semences infectées
Poids de 100 semences saines en g dee
p. 100 en g.
Fenouil doux Fenouil amer Fenouil doux Fenouil amer
0,728 1,136 0,467 0,895
Tableau II. — Comparaison des poids (en g) de 100 semences de Fenouil doux et de Fenouil
amer attaquées par le Cercosporidium punctum.
2. - Dénomination
Dans la littérature, on relève différents noms pour désigner cette affection
Source : MNHN. Paris
CERCOSPORIDIUM PUNCTUM (LACROIX) DEIGHTON 213
du Fenouil. Les auteurs ayant décrit le champignon comme appartenant au genre
Cercospora parlent de la Cercosporiose du Fenouil, et cette dénomination a
été reprise par la suite par d'autres auteurs, mais ne peut s'appliquer à un cham-
pignon du genre Cercosporidium. SIBILIA (loc. cit.) décrit la maladie sous le
nom de l'Anthracnose du Fenouil. Mais ce terme vague s'applique en général
aux genres Ascochyta, Colletotrichum, Gloeosporium, Marssonina, Phyllosticta,
Sphaceloma, et à leurs formes parfaites, MESSIAEN et LAFON (1970) parlent
de «Tavelure» pour décrire la maladie causée par Fusicladium depressum mais
comme dans le cas précédent, cette dénomination ne peut convenir. En anglais
le terme généralement utilisé est celui de «blight» (SINGH, 1974; PRASAD
et al. (1960) qui signifie ici dépérissement ou flétrissement, et qui semble trop
imprécis. C'est pourquoi nous proposons le nom de «Cercosporidiose» pour
désigner cette affection.
C. ISOLEMENT DU CHAMPIGNON
Quelle que soit la méthode utilisée (voir «Méthodes»), nous n'avons pu
obtenir le résultat escompté. Dans la littérature, plusieurs auteurs se sont trouvés
confrontés à ce probléme. PRASAD et al. (1960) en particulier ont tenté
par micromanipulation de transférer des spores sur différents milieux minéraux
et organiques, sans succés. SIBILIA (loc. cit.) s'est heurté lui aussi à cette
difficulté, provenant, d'aprés lui, de la présence de saprophytes au niveau des
conidiophores. Il a, malgré tout, obtenu en culture des stromas générateurs
de conidiophores et de conidies, sans qu'il y ait production de mycélium végé-
tatif «normal».
D. ÉTUDE DE LA GERMINATION DES CONIDIES
1. -Mode de germination
Une fois les conidies ensemencées, on constate une augmentation du volume,
et ceci en particulier pour la cellule basale. L'ensemble de la conidie prend alors
un aspect quelque peu étranglé au niveau de la (ou des) cloisons(s), puis elle
émet un ou plusieurs filaments germinatifs qui peuvent se cloisonner (fig. 9). Il
ne se forme jamais plus d'un filament germinatif par loge, et ainsi le nombre
de filaments émis par la conidie varie avec le nombre de cellules de celle-ci.
Les différentes loges desconidies sont capables de germer et il y a peu de varia-
tions quant à leur mode de germination. La germination de la loge apicale
s'effectue en régle générale de facon terminale, mais quelquefois latérale. Pour
ce qui est de la loge basale, l'émission du tube germinatif ne se fait jamais à
l'extrémité basale (là oà se trouve le hile) mais s'effectue de facon subterminale
ou latérale.
Sur 300 spores bicellulaires germées, on a observé que 63,5 p. cent germaient
au niveau de la loge apicale, 25,8 p. cent au niveau de la loge basale, et 10,7
p. cent au niveau des deux loges.
Source : MNHN, Paris
214 M. BOUGEARD & I. VEGH
Fig. 9. — Germination de conidies de Cercosporidium punctum aprés 48h d'incubation
sur eau gélosée, à 25°C et à l'obscurité.
A 25°C, les filaments germinatifs sont hyalins, longs de 8,5 à 62,5um, avec
une longueur moyenne de 28,3um (fig. 9). Les premières cloisons apparaissent
environ au bout de 40 heures après le début de la mise en germination. |
2. - Influence du substrat
La germination est suivie sur eau gélosée, à 1 p. cent, en boite de Pétri, et
sur eau permutée, stérile, déposée sur lame plane et lame à concavité. Nous
avons relevé le pourcentage de germination au bout de 4 heures, 8 heures, 24
heures et 48 heures (Tableau III). Les plus forts pourcentages sont obtenus
sur eau gélosée et cela au bout de 48 heures. Dans la suite de cette étude, cette
Source : MNHN. Paris
CERCOSPORIDIUM PUNCTUM (LACROIX) DEIGHTON 215
dernière méthode sera le plus fréquemment utilisée,
Temps
en heures 4 8 24 48
Substrat
Eeau permutée
sur lame plane 0 06 33 46
Eau permutėe
sur lame à concavité LŽ 150 ስክ
Eau gėlosėe 0,6 22,3 60,3 74,6
Tableau II. — Influence du substrat sur le pourcentage de germination des conidies de
Cercosporidium punctum en fonction du temps (Germination à 23°C en lumière alter
née: 16h de lumiére, 8h d’obscurité).
3. - Influence de la lumière
Des conidies de C. punctum ensemencées sur eau gélosée sont mises à germer
soit à l'obscurité continue, soit en lumière alternée (16h de lumière, 8 h d'obscu-
rité). Nous n'avons pas observé de variation significative entre les lots placés
dans des conditions différentes, et au bout de 48h, les taux de germination
étaient d'environ 75 p. cent.
4. - Influence de la température
a) Sur le taux de germination
Les essais sont réalisés sur eau gélosée et à l'obscurité pour une gamme de
température allant de 5°C à 40°C. La figure 10 montre que les spores germent
de 5°C & 35°C. La temperature optimale se situe vers 25°C, et l’on constate
que la germination est trés bonne aux températures comprises entre 15°C et
30°C. Parallėlement, nous avons cherché à savoir au bout de combien de temps
50 p. cent des spores avaient germé, et cela à différentes températures. Un gra-
phique (fig. 11) présente les résultats de cette expérience, et l'on peut observer
que c'est à la température optimale de 25°C que le temps de germination de la
moitié de la population des conidies est le plus court (24 heures).
b) Sur la longueur des filaments germinatifs
L'influence de la température sur la longueur des filaments germinatifs
est précisée par l'observation de conidies mises en germination depuis 48h à
l'obscurité, et ceci pour une grande gamme de températures. La figure 12 repro-
duit les résultats de cette expérience. Nous voyons donc que c'est aux alentours
de 25°C, température optimale pour la germination, que la longueur de filament
germinatif est maximale. De plus, nous avons remarqué qu'aux températures
extrémes, les filaments germinatifs présentaient un contour plus sinueux et
étaient nettement plus trapus qu'aux températures optimales (fig. 13).
Source - MNHN. Paris
Pourcentage moyen
100:
90
80
70
60
50
40
30
20
10
ONES NICE CONES ESO NES NEC
Température (°C )
Fig. 10. — Influence de la température sur le pourcentage de germination de Cercospori-
dium punctum aprés 48h d'incubation sur eau gélosée.
Temps (Heures)
54
s2
50
ав
46
44
42
40
зв
36
34
32
30
28
26
24
22
204 + +++ + + + + +>
E EAS
Température (*C)
Fig. 11. — Variation, en fonction de la température, du temps nécessaire à la germination
de 50 p. 100 des conidies de Cercosporidium punctum sur eau gélosée.
Source : MNHN. Paris
Longueur ( um)
30
28
26
24
22
20
18
16
|
12
0. 5. 0. 65 20 25 20 55 40
Température(*C)
Fig. 12. — Variation de la longueur des filaments germinatifs de Cercosporidium punctum
en fonction de la température aprés 48h d'incubation sur cau gélosée.
m
40 pm
Germination des conidies de Cercosporidium punctum sur eau gélosée après
cubation et à l'obscurité. - A.: à 10°C; B.: à 30°C.
Source : MNHN. Paris
218 M. BOUGEARD 8: 1. VEGH
E. ÉTUDE DE LA LONGÉVITÉ
Longévité des conidies
Nous avons cherché à savoir si des conidies âgées de quelques mois à 4 ans
étaient capables de germer. Des lots de semences datant de 1974 à 1977 sont
étudiés au préalable quant à leur pourcentage d'infection, par une analyse
de semences.
Par lavage des semences dans de l'eau permutée stérile, nous obtenons des
suspensions plus ou moins riches en conidies. Ces suspensions servent à ense-
mencer des boîtes de Pétri contenant de l’eau gélosée. Ces boîtes sont placées
à 25°C. Les observations sont faites 48 heures après la mise en germination.
Nous n'avons jamais obtenu de conidies germées, que celles-ci soient âgées
de 4 ans ou de 10 mois.
2. - Viabilité des stromas
Les semences de Fenouil des lots ágés de 1 à 4 ans sont lavėes par agitation
dans 5 bains successifs d'eau stérile afin d'éliminer toutes les conidies présentes
à la surface des fruits. Ceux-ci sont ensuite mis en chambre humide, à raison
de 200 par lot. Des observations à la loupe binoculaire sont effectuées au bout
de 4 et 7 jours.
De nouvelles conidies se sont formées sur les stromas pour les lots de se-
mences de 1977, mais aussi sur ceux de 1974. Ces conidies présentent un taux
de germination du méme ordre, Nous avons done mis en évidence que des
semences contaminées depuis 4 ans sont "ncore capables de sporuler.
F. INOCULATION
Des pulvérisations de spores ont été effectuées sur des fenouils doux et des
fenouils amers au stade 4 à 5 feuilles; parallélement, nous avons déposé sur
d'autres lots de Fenouil, des gouttes de la suspension de spores de C. punctum.
Dans les deux cas, nous avons pu reproduire la «Cercosporidiose» sur Fenouil
doux et sur Fenouil amer. Au bout d'un mois, en effet, sont apparues sur les
feuilles des taches porteuses de stromas qui ont sporulé abondamment.
G. ANALYSE DES SEMENCES
Recherche d'une méthode d'analyse
Nous avons cherché à connaître la méthode d'analyse (choix du substrat
et du désinfectant) permettant la meilleure observation du C. punctum sur
les semences.
Deux dėsinfectants sont essayés à diverses concentrations et pendant des temps
plus ou moins importants. L'hypochlorite de sodium à 1° chlorométrique fran-
çais pendant 5 et 10 minutes, à 2° chlorométrique français pendant 10 minutes
et à 10° chlorométrique français pendant 3 minutes. Le bichlorure de mercure
Source : MNHN, Paris
CERCOSPORIDIUM PUNCTUM (LACROIX) DEIGHTON 219
à 1 p. 1000 pendant 30 secondes, 1 et 2 minutes. Les résultats de cet essai
sont présentés dans le tableau IV.
Tableau IV. — Pourcentage d'infection établi sur l'observation de 200 semences en fonction
de la désinfection. - A: Désinfection à l'hypochlorite de sodium; B-Désinfection au
bichlorure de mercure à 1 p. 1000.
Е 18, 28 109
Tėmoin
A 5mn 10mn 10mn 3mn
sur malt
Fenouil gėlosė 45 165 14,0 4,5 15,5
doux sur papier
filtre 11,0 22,5 275 23,0 170
sur malt
Fenouil gélosé 13,5 245 195 150 18,0
amer sur papier
filtre 20,0 25,5 38,0 24,0 219
B Témoin 30 sec 1mn 2mn
sur malt
Fenouil gėlosė 12,0 200 215 — 230
doux sur papier
filtre 15,0 320 31,5 35,5
sur malt
Fenouil gėlosė 16,0 25,5 260 27,0
amer sur papier
filtre 17,0 36,0 41,5 38,0
1l ressort de cette expérimentation que :
- Pour des échantillons d'un méme lot, et dans différentes conditions de
désinfection, on observe mieux sur papier filtre que sur milieu gélosé la présence
du parasite.
- Le pourcentage d'infection du lot de Fenouil amer est toujours plus élevé
que celui du lot de Fenouil doux, quelles que soient les conditions de désinfec-
tion et la méthode d'analyse.
Nous pouvons dire que le lot de Fenouil amer est infecté à plus de 40 p. 100
et que celui de Fenouil doux l'est à plus de 30 p. 100, sachant que l'on considére
qu'une semence est infectée lorsqu'elle est porteuse d'au moins un stroma,
- Les concentrations à retenir ainsi que leurs temps de désinfection sont
les suivants: Hypochlorite de sodium à 1° chlorométrique français pendant
10 minutes et bichlorure de mercure à 1 p. 1000 pendant 1 et 2 minutes.
Source : MNHN, Paris
220 M. BOUGEARD & I. VEGH
2.- Analyse des différents lots
Sept lots de Fenouil ont été analysés par la méthode définie par l'étude pré-
cédente.
Deux cent semences par lot sont désinfectées par de l'hypochlorite de sodium
pendant 10 minutes, puis rincées successivement 5 fois dans l’eau stérile. Les
semences sont réparties à raison de 10 sur les disques de papier. filtre placés
dans des boites de Pétri à 20°C. Les observations sont faites au bout de trois
jours. Les résultats sont consignés dans le tableau V.
Tableau V. — Pourcentage d'infection de différents lots de Fenouil.
© Lots supposés infectés
Fenouil amer de la vallée du Rhône (1974) (1) . . . . . 26,5
Fenouil amer de la vallée du Rhône (1974) (2) . . . . 11,0
Fenouil amer de la région parisienne (1974) ...... 25,0
Fenouil amer de la Marne (1974) . 380
Fenouil doux de Eure (1976) ...... 27,5
© Lots supposés sains :
Fenouil amer des Charentes-maritimes (1977) . . . . « 8,0
Fenouil doux de l'Eure (1976) ......... አስ
Il se dégage de cette analyse l'importance des stromas comme organes de
conservation. Ceux-ci sont en effet toujours présents au bout de 4 ans et, comme
nous l'avons vu plus haut, capables de produire des conidies.
IV. - CONCLUSIONS
Au cours de cette étude sur le Cercosporidium punctum, nous nous sommes
particulièrement attachés à définir la morphologie, la symptomatologie et
certains aspects de la biologie de ce parasite. Celui-ci, susceptible d'attaquer
tous les organes aériens des fenouils doux et amer, est largement répandu en
France dans ses zones de culture.
Cette étude nous a également permis de préciser les différents aspects de la
biologie du parasite,
La germination des conidies
Les conidies sont capables de germer de 5°C a 35°C, l’optimum de tempé-
rature se situant à 25 C. Cependant, le pourcentage de germination est encore
très élevé entre 15 et 30°C, ce qui pourrait expliquer en partie l'existence
du parasite dans les différentes régions. La lumiére n'est pas indispensable
à la germination des spores. Les conidies âgées de plus de 10 mois ne sont plus
viables.
Source : MNHN, Paris
CERCOSPORIDIUM PUNCTUM (LACROIX) DEIGHTON 221
La conservation du champignon
Nous avons mis en évidence que des stromas ágés de plus de 4 ans sont
encore capables de sporuler. Le champignon peut donc de cette fagon se conser-
ver durant une longue période. Il peut ainsi être disséminé par les semences
d'où la nécessité d'utiliser des lots sains ou désinfectés avec un produit anti-
fongique actif.
Pouvoir pathogène
Des conidies pulvérisées sur Fenouil ont reproduit les symptômes de la
«Cercosporidiose», ce qui est une preuve du parasitisme du C. punctum. La
durée d'incubation dans les conditions expérimentales est d'environ trente jours.
Toutefois, ce laps de temps varie trés vraisemblablement avec les conditions
climatiques.
Cette approche de la biologie du champignon permet d'envisager de lutter
contre le parasite par le contrôle des semences et par une lutte chimique.
Analyse des semences
Parmi les méthodes d'analyse expérimentées, l'utilisation de disques de pa-
pier-filtre humectés, avec désinfection préalable des semences, permet le plus
facilement de mettre en évidence la présence de C. punctum sur semences.
Cette désinfection est effectuée à l'aide d'hypochlorite de sodium à 1° chloro-
métrique français pendant 10 minutes ou à l'aide de bichlorure de mercure
à 1 p. 1000 pendant 1 ou 2 minutes, Cette technique d'analyse donne la possi-
bilité à l'utilisateur d'employer les lots les plus sains pour ses futures cultures.
BIBLIOGRAPHIE
DEIGHTON F.C., 1967 — Studies on Cercospora and allied genera. Mycol. Pap. 112: 80 p.
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Mycol. Plant Pathol. 4 (2): 166-170.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
223
REVISION DEL GENERO LENTINUS FR. SS. LATO
EN ESPANA. II.*
G. MORENO y J.L. GARCIA-MANJON (1)
RESUMEN, — Se realiza un estudio ecologico, corologico y esporal al M.E.B. del genero
Lentinus Fr. ss. lato, en España, aportando una clave para reconocer las especies citadas
en nuestro pais. Se describe macro y microscopicamente Lentinellus vulpinus (Sow. ex Fr.)
Kühn. et Mre, nueva cita para el catalogo micologico español,
SUMMARY. — In this article a taxonomic, chorological, ecological study of the specie:
S£ Lentinus Fr. ss. lato, found in Spain is given, as well as some photographs by the S.E.M
We describe macro and microscopically Lentinellus vulpinus (Sow. ex Fr.) Kühn., asa new
record for the Spanish mycological catalogue.
RÉSUMÉ. — Étude taxonomique, bibliographique, écologique et ultrastructurale (S-E-M-
des espèces de Lentinus Fr. ss lato rencontrées en Espagne. Description macro- et micro
scopique de Lentinellus vulpinus (Sow. ex Fr.) Kühn., espèce nouvelle pour l'Espagne.
INTRODUCCION
El genero Lentinus Fr., Syst. Orbis Veg. 77, 1825, segun PILAT (1946
acogia a especies carnoso-cariaceas de morfologia variable en cuanto a form:
de sombrero y de pie, pero que poseian la caracteristica comun de tener k
arista de la lamina aserrada a dentada. Autores posteriores como KUHNER $
ROMAGNESI (1953), MALENCON & BERTAULT (1975) mantienen la sepa
racion de este genero en dos independientes Lentinus y Lentinellus, basandos
principalmente en que el primer caso las esporas son no amiloides y en el se
+ Comunicacion presentada II Simposio Asociacion de Palinologos de Lengua Española
A.P.L.E. Las Palmas de Gran Canaria, 16-21 de Diciembre 1979.
(1) Dpto. Botanica, Fac. Ciencias Biologicas, Univ. Alcala de Henares (Madrid).
CRYPTOGAMIE MYCOLOGIE (Cryptog. Mycol.) TOME I (1980).
Source : MNHN, Paris
224 G. MORENO & J.L. GARCIA MANJON
gundo son amiloides, separacion que incluso PILAT y KUHNER & ROMA-
GNESI ya nos indicaban que existia, aunque en algunas especies no es muy
factible de realizarse por presentar esporas muy pequeñas. Posteriormente
SINGER (1975) fragmenta mas el antiguo genero Lentinus, manteniendo el
genero Lentinellus y realizando nuevas combinaciones de especies de Lentinus
al genero Panus; en un principio introducia Lentinellus en la familia Tricho-
lomataceae, y Lentinus y Panus en Polyporaceae ss. Singer, basandose en que
poseen sistema dimitico (hifas generativas y esqueleticas). MAAS GESTERANUS
(1963) analiza el genero Auriscalpium y lo compara con Lentinus, y observa
la estrecha afinidad en ambas estructuras microscopicas, creando la familia
Auriscalpiaceae con especies de esporas amiloides y con hifas laticiferas o gloeo-
cistidios.
SINGER (1975) nos indica que esta nueva familia estaría intermedia entre
Aphyllophorales y Agaricales, aunque seria mas bien aphyllophoroide basandose
en que no se conocen Agaricales, con himenio irpicoide.
Segun estos datos vemos que en la actualidad aun no se ha precisado la
sistematica del genero Lentinus ss. lato.
A continuacion damos los datos obtenidos sobre la corologia, ecologia y
estudio al M.E.B. de la ornementacion esporal de este genero en España.
ESTUDIO COROLOGICO DE LAS ESPECIES
(por orden alfabetico)
Lentinellus cochleatus (Pers. ex Fr.) Karst.
Citado de Madrid, Jardin Botanico (restos leñosos enterrados?), CALONGE
(1970); de Alava, Catalogo micologico de Alava (1976); y de Navarra, Algorrieta,
sobre Fagus sylvatica, GARCIA BONA (1977).
Lentinellus ompbalodes (Fr.) Karst.
Citado en Barcelona de Manresa, Tordera, (en ramas podridas de Quercus y
Pinus), MAIRE et al. (1933), de Palautordera y San Feliu de Codinas (sin preci-
sar habitat), MAIRE (1937); en Gerona, de Solius, Floresta (en ramas podridas
de Quercus y Pinus), MAIRE et al. (1933); cerca del monastėre du Miracle,
MAIRE (1937); Tarragona, Prades, MAIRE et al. (1933), Poblete, MAIRE
(1937); en Navarra, de Aquerreta (tronco de Pinus sylvestris), GARCIA BONA
(1977); en Madrid, de la Universidad Complutense (ramas caidas y enterradas
de Pinus halepensis, Leg. G. Moreno y J.L. Garcia-Manjon, 30-XIL78, n?
herbario 3664), de Canencia (rama de Betula celtiberica, Leg. G. Moreno, 25-
X1-79, n0 herbario 3665), de la Sierra de Guadarrama (restos de Pinus sylvestris),
de El Escorial (raices de Lavandula pedunculata y Quercus rotundifolia, Leg.
G. Moreno, 9-11-76, n° herbario 719); en Avila, del Valle del Tietar (restos de
Pinus pinaster, Leg. G. Moreno, 5-VI-74, n° herbario 716); en Cadiz, de Graza-
lema (Venta del Boticario, sin precisar ecologia), MALENÇON & BERTAULT
Source : MNHN, Paris
lastims sdbsoreseg,r-opaMthforsiselepieuse, Paus ma !
aimes P taimen E eret ay
Source : MNHN. Paris
226 G. MORENO & J.L. GARCIA MANJON
(1976); en Granada, de la Sierra de Cazulas (Prados del Pinar, sobre ramas de
Pinus pinaster, y tronco y ramas de Ulex europeus, Leg. F.D. Calonge, A. Ortega
y G. Moreno, 17-X179, n9 herbario 3666; y en Mallorca, cerca de Montuiri y St.
LLoreng et Arta (en conos y restos leñosos de Pinus halepensis), MALENÇON &
BERTAULT (1972).
Lentinellus ursinus (Fr.) Kühn.
Citado en Alava, del Catalogo micologico de Alava (1976); en Navarra, de
Quinto del Real (en Fagus sylvatica), GARCIA BONA (1977).
Lentinellus vulpinus (Sow. ex Fr.) Kühn. et Mre.
Se conoce tan solo en Segovia, de El Espinar (tocon de Pinus sylvestris,
Leg. M. Garcia Rollan, 26-X-75, n° herbario 720); y en Madrid, de Cercedilla
(tocon de Pinus sylvestris, Leg. Soc. Micol. Castellana, 19-XL78, n? herbario
3667).
Lentinus adbaerens (A. & S. ex Fr.) Er,
Citado una sola vez en España peninsular, en la provincia de Cadiz, de la
Sierra del Pinar (tocon de Abies pinsapo, Leg. F.D. Calonge y G. Lopez, 26-1-
75, n9 herbario 721), MORENO (1975). En la misma localidad ha sido obser-
vado por nosotros en campañas posteriores.
Lentinus cyathiformis (Schaeff. ex Fr.) Bres.
Conocemos las citas de las provincias de Barcelona, en San Feliu de Codines,
SINGER (1934) sin precisar ecologia; y de Vizcaya, en Zalla, E. PEREZ DEL
MORAL (1979) sobre tronco de Populus sp.
Lentinus lepideus (Fr. ex Fr.) Fr.
Citado de la zona centro (material procedente de la exposicion de la Soc.
Micol. Castellana de 1979, sin precisar localidad ni habitat); en Madrid, de el
Barrio de Entrevias (sobre traviesas de ferrocarril de Pinus sp. cf., Leg, F. Gomez,
20-X-78, n° herbario 3668), de las Dehesas de Cercedilla (tocon de Pinus syl-
vestris, Leg. G. Moreno, 2-X-73, n° herbario 840), CALONGE & MORENO
(1974), de la Sierra de Guadarrama (sobre Pinus sylvestris), BENITO-MARTI-
NEZ & TORRES JUAN (1965); en Segovia (sobre Pinus sylvestris), BENITO-
MARTINEZ & TORRES-JUAN (1965); en Barcelona (tronco de Pinus hale-
pensis, Leg. A. Mena, 7-X175, n0 herbario 724); en Vizcaya, de Abadiano
(tronco de Pinus radiata), E. PEREZ DEL MORAL (1979); en Huesca, del
Valle de Aran (tronco de Pinus uncinata, Leg. E. Valdes, G. Lopez y G, Moreno,
17Х75, по herbario 723); en Avila, de Piedralaves (tronco Pinus pinaster,
Leg. J. Alonso, 17-X1-74, n0 herbario 722); y por ultimo en Lerida (sobre
Pinus uncinata), BENITO-MARTINEZ & TORRES-JUAN (1965).
anus suavissimus (Fr.) Sing.
Citado en el Catalogo micologico del Pais Vasco, sin especificar localidad
ni habitat, segun la bibliografia consultada conocemos solo esta cita de España.
Source : MNHN, Paris.
REVISION DEL GENERO LENTINUS 227
Panus tigrinus (Bull. ex Fr.) Sing.
Citado en Gerona, de Sellera, de S. Marti Sapresa i S. Julia del Llor y de
Santa Coloma de Farnes, CODINA £ FONT-QUER (1930), de Pinede de Pals
(sobre fragmento enterrado de Salix), HEIM (1934), de Breda (sobre madera
podrida), MAIRE (1937); en Alava, del Catalogo micologico de Alava (1976);
en Vizcaya, material cedido por la Peña micologica Santa Cruz, (sin especificar
localidad ni habitat); en Navarra, montes Echarri-Aranaz (sin espicificar habitat,
Leg. Peña Santa Cruz, 12-X-74, m0 herbario 3669); en Segovia, del Cañon del
Duraton, (sobre Populus sp., Leg. Hernandez-Bermejo, 25-VI1-73, nO herbario
873); en Salamanca, de orillas del rio Tormes (sobre tronco de Populus sp.,
Leg. K. Thomson, 21-X1-76, n0 herbario 725); en Cuidad Real, (del Puente
de Alarcos, Leg. J.L. GarciaManjon y M. Peinado, 5-VI-79, n0 herbario 3670).
Panus suavissimus (Fr.) Sing.
Citado en el Catalogo micologico del Pais Vasco, sin espicificar localidad ni
habitat. Tan solo conocemos esta cita de Espafia segun la bibliografia consultada.
ESTUDIO ECOLOGICO
NN ae 3 3
55222. 225 5፡ 5፡ ፤ ፤
8151111161 1181
З ТЕ РЯ БА diii
4$ 35 35 3? Sq 3o 88 dd dz
Abies pinsapo e
Betula celtiberica е
Fagus sylvatica е e
Lavandula stoechas e
Pinus sp. e e
Pinus halepensis e e
Pinus pinaster e e
Pinus radiata e
Pinus uncinata 8
Pinus sylvestris e е e
Populus sp. e e
Populus nigra e
Quercus sp. e
Quercus rotundifolia e
Salix sp. e
Ulex europaeus e
Habitat no especific. | @ | 6 | 6 о ө ө
Source : MNHN, Paris
228 G. MORENO & J.L. GARCIA MANJON
Realizamos un cuadro de doble entrada, de las citas existentes y recolectas
por nosotros efectuadas en relacion al sustrato vegetal donde desarrolla sus
cuerpos fructiferos.
Podemos observar que hay especies indiferentes al sustrato como Lentinellus
omphalodes, especies con marcada apetencia a Coniferas como Lentinus lepideus
(Pinus), Lentinus adhaerens (Abies), Lentinus vulpinus (Pinus).
Parece ser que Lentinellus cochleatus y L. ursinus, especies que no hemos
podido recolectar pero que aparecen citadas en España peninsular, se desarrollan
preferentemente sobre el genero Fagus. Marcan apetencia a caducifolios del
genero Populus, Lentinus cyathiformis, mientras que Panus tigrinus prefiere
Ta madera de los generos Salix y Populus. Panus suavissimus es una especie
que no podemos precisar su ecologia, por no estar indicada, en la unica cita
que existe de este taxon en nuestro pais.
ESTUDIO M.E.B. DE LA ORNEMENTACION ESPORAL
Lentinellus vulpinus (Sow. ex Fr.) Kühn. et Mre.
Esta especie por no estar descrita en el Catalogo micologico español, reali-
zamos su estudio completo macro y microscopico.
Carpoforos imbricados, flabeliformes a semicirculares, coriaceos, con la cuti-
cula acanalada radialmente, mas marcada hacia el margen, glabra, de coloracion
marron (descripcion realizada con material de herbario), midiendo de 3-4cm
de diametro. Carecen de pie. Laminas anchas muy dentadas, marrones amarillen-
tas cuando secas, arista ennegreciendo en la vejez. Con presencia de lamelulas.
Esporas elipticas, miden (3)-3,54,8 x 2,53,24m,, amiloides, granulosas,
ornamentacion observable a modo de finos puntos en rojo congo amoniacal,
Melzer y azul de lactofenol, dificilmente observable en agua o medios alcalinos.
Basidios tetrasporicos. Pelos marginales abundantes (tomar la precaucion si
se trabaja con material de herbario de montar la arista que es facilmente quebra-
diza y sobre todo la parte superficial que suele perderse en la madurez o trans-
porte) generalmente flexuosos, hialinos a veces ramificados de 1,5-2um de
anchura, sobresaliendo del himenio hasta 25um en longitud, variando de cilin-
draceos generalmente ensanchados inferiormente a claviformes o capitados.
Cistidios faciales muy raros, largeniformes de 15-23 x 34 x 22,5um.
Subhimenio formado de hifas generativas paralelas apretadas y con ansas
de anastomosis, no amiloides, inferiormente y entremezclados hay gloeocistidios
(+ s. v.) que corren paralelos a las hifas del subhimenio, emergiendo bruscamente
con terminaciones obtusas, son cilindricos de 5-6um de anchura, himenoforo
formado por hifas esqueleticas, fuertemente amiloides, + paralelas a las hifas
del subhimenio de 4-6 um de anchura,
Observaciones :
Autores como SINGER (1943), ROMAGNESI (1945), PILAT (1946), KUH-
Source : MNHN, Paris
REVISION DEL GENERO LENTINUS
Lam. A. — Lentinellus vulpinus (Sow. ex Fr.) Kühn. et Mre., fotos 1-6, esporas x 12000
a 15000 aprox.
Source : MNHN, Paris
G. MORENO & J.L. GARCIA MANJON
230
Lam.B.— Lentinellus omphalodes (Fr.) Karst., fotos 1-6, esporas x 7250 aprox.
Source
MNHN, Paris
REVISION DEL GENERO LENTINUS 231
Lam. C. — Lentinellus omphalodes (Fr.) Karst., fotos 1-3, esporas x 12000 aprox.; Lentinus
adhaerens (A. & S. ex Fr.) Fr., foto 4, espora x 7500 aprox.; Lentinus lepideus (Fr. ex
Fr.) Fr., foto 5, espora x 6000 aprox.; Panus tigrinus (Bull. ex Fr.) Sing., foto 6, espora
x 7250 aprox.
Source : MNHN, Paris
232 G. MORENO & J.L. GARCIA MANJON
NER & ROMAGNESI (1953), MILLER & STEWART (1971) encuentran en esta
especie esporas esfericas o subesfericas y reaccion fuertemente amiloide en las
hifas de su carne (himenoforo). MALENCON & BERTAULT (1975) encuen-
tran esporas elipsoides y carne no amiloide.
Nosotros coincidimos con este ultimo autor en la forma esporal y con el
resto de los autores en el caracter de ser fuertemente amiloide ciertas hifas de la
came. Pensamos que posiblemente al ser una especie rara aun no este bien defi-
nida su variabilidad.
La espora al M.E.B., lam. A., fotos 1-6, es de forma eliptica con granulos
(verrugas menores de 14m) cubriendo toda la superficie esporal,
Lentinellus ompbalodes (Fr.) Karst.
Espora segun las laminas B, fotos 16 y la C fotos 1-3, eliptica, formada
por crestas lineares cortas con granulos, siendo mas crestada que granulosa.
La descripcion macro y microscopica fue ya estudiada (MORENO, 1975).
Lentinus adbaerens (A. & S. ex Fr.) Fr.
Lamina C, foto 4, presenta la superficie esporal con apenas granulos, segun
observamos en el M.E.B. y estos no son observables al microscopio optico.
Su macro y microscopia fue anteriormente descrita (MORENO, 1975).
Lentinus lepideus (Fr. ex Fr.) Fr.
Lamina C, foto 5, superficie esporal totalmente lisa, la parte apical aparece
como si tuviera un falso operculo, debido posiblemente a procesos de aplasta-
miento en la metalizacion. La descripcion macro y microscopia fue ya estudiada
(CALONGE & MORENO,1974).
Panus tigrinus (Bull. ex Fr.) Sing.
Lamina C, foto 6, superficie esporal absolutamente lisa. Macro y microscopica
fue ya estudiada (MORENO, 1975).
CLAVE A NIVEL DE ESPECIE DE LOS TAXONES
DEL GENERO LENTINUS FR. SS. LATO EN ESPANA
Especies leucosporeas coriaceas, con laminas dentadas a aserradas
Lentinus ss. lato
1 Esporas amiloides ......
1 Esporas no amiloides y
2 Trama del himenoforo irregular . . .
2: Trama del himenoforo regular . . .
Se pole ee
3 Esporas con superficie ornamentada . .........:.......... 4
4 Esporas 5,5-8.(10) x 2,5-3,5um, M.E.B. crestada fundamentalmente . . . . -
e KS Lentinellus omphalodes
... Panus Fr. (7)
ን Lentinus Fr. (5)
. Lentinellus cochleatus
Source : MNHN. Paris
REVISION DEL GENERO LENTINUS 233
4” Esporas (3)-3,5-4,8 x 2,5-3,2 u, M.E.B. granulosa, . . . Lentinellus vulpinus
(L. ursinus no se ha estudiado, pare ser una especie de hayedo; mientras
que esta es de Coniferas)
5 Pleurocistidios abundantes, cilindricos, salientes de la trama
Lentinus lepideus
7 Sombrero blanquecino, con escamas marrones, olor no anisado
AGRADECIMIENTOS
Nuestro mas sincero reconocimiento al Jardin Botanico de Madrid por la utilizacion
del M.E.B. y especialmente a D. Miguel Jerez por su labor tecnica en la realizacion de las
fotografías aqui expuestas.
BIBLIOGRAFIA
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Source : MNHN. Paris
235
ACHAETOMIUM CRISTALLIFERUM Faurel et Locquin-Linard.
Nouvelle espèce d’Ascomycète (ACHAETOMIACEAE)
isolėe d'un sol aride
par Monique LOCQUIN-LINARD*
RÉSUMÉ. — Description, illustration et diagnose latine d'une nouvelle espéce isolée d'un
sol aride : Achaetomium cristalliferum caractérisée par des poils cristalliféres. Achaetomium
rai nom, nov. proposé
SUMMARY. — Description, illustration and latin diagnosis of a new species isolated from
an arid soil: Achaetomium cristalliferum characterised by crystalliferous setae. Achaeto-
mium raii nom. nov. is proposed.
L'espéce que nous décrivons a été isolée en 1969 d'un sol aride légèrement
salé prélevé à 32 km au Sud de l'oasis de Kharga-Beris, département de la Nou-
velle Vallée, Sud-Ouest de l'Égypte et donné pour étude au regretté Louis
FAUREL.
ACHAETOMIUM CRISTALLIFERUM FAUREL et LOCQUIN-LINARD, n. sp.
Diagnose latine
Ascomycetes, Chaetomiales, Achaetomiaceae. Ascocarpi singulares vel grega-
rii, superficialii, globosi, 200-300um, ostiolati, peridio pallide brunneo, plec-
tenchymatico-pseudoparenchymatico, pilis cristalliferis. Ascis fasciculatis,
cylindratis, m. sp. 50-70 x 8um, octosporis, evanescentibus. Ascosporis brunneis,
unicellularibus, late fusiformibus, 11-12 x 7-7,5um. Conidia praedita. Dilis
* Laboratoire de Cryptogamie du M.N.H.N., 12 rue de Buffon, 75005 Paris. L. A. 257.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog. Mycol.) TOME 1 (1980).
Source : MNHN. Paris
236 M. LOCQUIN-LINARD
cristalliferis distingendum. In solo paululum salso, in Aegypto, Africa. Typus :
P.C. 3252.
- Ascocarpes 200-300 um
Asques (masse sporale) 50-70 x Sum
- Ascospores (9) 1142 (15) x 77,5 (9) um
Sur milicu gélosé á 1% d'extrait de malt, à environ 30°C, la colonie atteint
un diamétre de 5 à 6cm en 3 jours. Son développement est optimal à des
températures comprises entre 28 et 35°C, Au début, la colonie est blanchátre
et duveteuse. Ses filaments mycéliens primaires, septés, ramifiés, parfois anasto-
mosés, 3 à 5um de diamètre, sont soit superficiels hyalins à paroi mince, soit
intramatricaux bruns à paroi épaisse donnant au revers de la culture une teinte
gris foncé, Les ascocarpes isolés ou groupés, apparaissent aprés une huitaine de
jours. Ce sont de petites sphères brunâtres, hérissées de poils blancs ou jaune
clair. Naissent, presque simultanément, des filaments mycéliens secondaires
rouge-brun, septés, ramifiés, anastomosés, parfois plus larges au niveau des
ramifications. Ils forment une sorte de toile lâche qui recouvre les carpes et
donne à l'ensemble une teinte lie de vin (phaeotus C1d, LOCQUIN, 1975) (8).
Un exsudat rosé peut être secrété. Dans le milieu de culture apparaissent de
nombreux cristaux hyalins, cubiques-bipyramidaux.
Entre lame et lamelle, à la même température et sur le même milieu que
précédemment, les ascospores germent après 16h d'incubation. Au niveau
du pore apparait une petite sphère qui s'allonge, se ramifie, donnant naissance
au mycélium (fig. 10). Sur des filaments mycéliens issus d'un carpe, après une
dizaine de jours, se sont développés latéralement, de petits filaments ascogènes
(fig. 1) qui, en s'enroulant sur eux-mêmes, ont formé des primordiums.
Le champignon s'est aussi très bien développé sur un milieu à base de levure
de bière.
Les ascocarpes adultes (fig. 2) superficiels, globuleux, bruns, sans col mais
avec ostiole de 20 à 40um de diamètre (Fig. 6) sont souvent groupés et noyés
dans une touffe filamenteuse, Le péridium brun clair, semi-transparent, se
compose de couches pseudoparenchymateuses et d'une couche externe plus
ou moins plectenchymateuse (fig. 4). Les extrémités libres des filaments de
cette couche constituent les poils cristalliféres caractéristiques de l'espéce
(fig. 3). Ces poils, 2-8um de diamétre, hyalins, souples, septės, peu ramifiés, à
paroi fine et lisse, s’affaissent avec l'áge. Leur paroi secrète très tôt les cristaux
en aiguilles (fig. 5).
Les asques, nombreux, octosporés, cylindriques à pied court, fasciculés
à partir de la base du carpe, sans appareil apical visible, à paroi fine et déli-
quescente se forment à partir de crochets «dangeardiens» (fig. 8). Les para-
physes fugaces disparaissent très tôt.
Les ascospores (fig. 9) non dextrinoides, unicellulaires, d'abord hyalines
puis brun foncé, largement fusiformes et plus ou moins dissymétriques, parfois
amygdaliformes ont un pore germinatif apical, une paroi lisse et épaisse. Leur
cytoplasme contient souvent une vacuole gazeuse ou «de Bary bubble», Extru-
Source : MNHN, Paris
Fig. 1 à 10: Achaetomium cristalliferum. — 1:Naissance du primordium; 2: Carpe adulte;
3: Péridium d'un carpe jeune; 4: Péridium d'un carpe adulte; 5: Poils cristalliféres du
carpe; 6: Ostiole du carpe formé par lyse des cellules péridiales; 7: Conidiophores et
conidies; 8: Asques et crochets «Dangeardiens»; 9: Ascospores avec un seul pore germi-
natif; 10: Spores germees.
Source : MNHN. Paris
238 M. LOCQUIN-LINARD
dées à maturité sous forme de goutte par l'ostiole, les ascospores restent prison-
niéres des poils (fig. 2).
La forme conidienne hyaline, très petite et fragile n'a pu être observée qu’en
culture sur lame. Les petites cellules conidiogènes de forme mal définie, peuvent
produire plusieurs conidies de 3 x 22,5 um (fig. 7).
Ce champignon a été confié à Madame MOLHO* pour l'analyse chimique
des métabolites, Les résultats de ce travail seront publiés prochainement.
Le genre Achaetomium, Achaetomiaceae Mukerji 1978 (11), placé parmi
les Chaetomiales Martin 1961 (9) par RAI et al. 1970 (19) et 1973 (14) ou
parmi les Achaetomiales Mukerji 1968 (10), créé en 1964 par RAI, TEWARI
and MUKERJI (18) avec pour espéce type A. globosum Rai et Tewari, est plus
précisément défini actuellement par des carpes souvent groupés, ostiolés, sans
fulcres, à péridium formé d'hyphes entremélées sous lesquelles peut exister
un tissu pseudoparenchymateux; des asques fasciculés, sans appareil apical
et à paroi évanescente; des ascospores plutõt unisériées, unicellulaires, lisses,
brunes, avec un seul pore germinatif.
A. cristalliferum se distingue des autres espèces du genre, principalement
par ses filaments cristallifères, filaments que l'on peut assimiler à des poils,
mais gui n'ont rien de commun avec les beaux fulcres des Chaetomium qui sont
des expansions des cellules péridiales à ornementation plus ou moins verru-
queuse, due à la rupture de la couche externe de la paroi, HAWKSWORTH
and WELLS, 1973 (5).
On trouvera dans le tableau 1 les caractères distinctifs des espèces du genre,
espèces que nous récapitulons ci-dessous :
cristalliferum Faurel et Locquin-Linard
fusisporum Rai et Chowdhery (15)
globosum Rai and Tewari (18), (21)
indicum Kulshrestha, Raychaudhuri and Khan (6)
luteum Rai and Tewari (18), (21), (22).
macrocarpum Rai and Chowdhery (16)
raii Locquin-Linard; basionyme: A. indicum Rai et Chowdery (17)
sphaerocarpum Rai et Chowdhery (16)
strumarium Rai, Tewari and Mukerji (18), (20)
sulfureum Rai and Chowdhery (15)
thielavioides v. Arx, Mukerji and Singh (4)
uniapiculatum Rai and Chowdhery (13), (14)
RBRRRRRRRRRAR
La méme épithéte indicum avait été attribuée à deux Achaetomium diffé-
rents.
* Laboratoire de Chimie appliquée aux corps organisés, M.N.H.N., 63 rue de Buffon,
75005 Paris.
Source : MNHN, Paris
ACHAETOMIUM CRISTALLIFERUM NOV. SP.
239
Caracteres
A. fisisporum
A. uniapiculatum
sphaerocarpum
A.
thielavioïdes
ለ.
sul fureum
A.
A. raii
A. globosum
A. cristalliferum
macrocarpum
A.
strumarium
А.
indicum
luteum
A
А.
Spores: long. > 15,5 рт
8 pm
larg. <
1 pore apical
1 pore subapical
2 pores
unimucronées *
globul. comprimées
latéralement
Asques claviformes
Incrustations jaunes
Carpes > 400 pm
Carpes jaunes
Poils cristalliféres
Chlamydospores
+
* Certains Ascomycétes peuvent avoir des ascospores bi- ou uni- "mucronées".
Nous préférons ce qualificatif à "apiculé"
trés précise la zone d'insertion des basidiospores.
wn apicule désignant de fagon
A. indicum Kulshreshtha et al. (Acta Bot. Indica, 1977, 5: 16, 3 fig.) ayant
l'antériorité, nous avons créé pour la seconde espèce le nouveau nom:
A. raii Locquin-Linard, nom. nov.
Basionyme : A. indicum Rai et Chowdhery (Curr. Sc., 1978, 47 (1): 23, 4 fig).
Il nous semble préférable de ne pas transférer cette dernière espèce dans le
genre Achaetomiella v. Arx, 1970 (2) bien qu'elle ait des ascospores à deux
pores germinatifs, puisque nous ne savons pas s'ils sont fonctionnels, à ce sujet
voir UDAGAWA, 1979 (22), et que l’ensemble de ses autres caractères tend à
la maintenir dans le genre Achaetomium.
Quant à A. macrosporum Rai, Wadhwani and Taweri, 1970 (19) il est devenu:
Achaetomiella macrospora (Rai, Wadhwani and Taweri) v. Arx, 1973 (3).
Nous remercions M. H. ROMAGNESI à qui nous devons le texte latin de la diagnose.
Source : MNHN. Paris
240 M. LOCQUIN-LINARD
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Source : MNHN. Paris
241
FRUCTIFICATION D'UN SCUTELLINIA (DISCOMYCETE)
EN CULTURE IN VITRO, EN PRÉSENCE DE BACTÉRIES
par J.P. SCHRANTZ*
RÉSUMÉ. — Le Scutellinia umbrarum (Fr)
produit des apothécies normales et des chlamydospores qu'en présence de deux bactéries
appartenant aui gentes eromonan et Arthrobabtes, La lamiere est indispersable la tehn.
pérature optimale est voisine de 25°. Les premiers stades du développement du flamen
ascogonial sont décrits.
Lamb. a été obtenu en culture in vitro, Il ne
SUMMARY, Scutellinia umbrarum (Fr.) Lamb. has been Obtained in culture in vitro.
Normal apothecia and chlamydospores are produced only in the presence of two bacteria:
Aeromonas sp., Arthrobacter sp. Light is indispensable, optimum temperature is towards
25°. The first developmental stages of ascogonial filament are described.
Les Ascomycétes et particuliérement les Discomycétes qui fructifient en
culture sont rares. Parmi les Scutellinia une seule espéce a produit des apothécies
en culture: le Lachnea scutellata (L.) Gill. (= Scutellinia scutellata (L. ex Fr.)
Lambotte) qui a été isolé et cultivé par GWYNNE-VAUGHAN et WILLIAMSON
(1933). Plus récemment, BERTHET (1964) a obtenu quelques germinations
des spores du S. hirta et d'autres espéces mais le mycélium est mort rapidement.
Cet auteur, qui a cultivé de nombreuses espéces de Discomycétes, n'a obtenu
de fructifications que de celles qui dans la nature, sont lignicoles ou carboni-
coles. C'est pourquoi il est arrivé à la conclusion que certains groupes naturels
sont rebelles à la culture in vitro : dans ceux-ci, dont les Scutellinia font partie,
la germination des spores et le bouturage sont impossibles ou exceptionnels.
* Université Paris VI - UER 59, Laboratoire de Biologie végétale, 77300 Fontainebleau.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog. Mycol.) TOME I (1980).
Source : MNHN, Paris
242 J.P.SCHRANTZ
A partir de sporées obtenues sur lames stériles nous avons pu isoler trois
espéces différentes de Scutellinia, L'une d'entre elles produit régulièrement
en culture in vitro, depuis trois ans, dans certaines conditions que nous avons
prėcisčes, des apothėcies normales et en méme temps des chlamydospores.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Origine de la souche et techniques de culture
Le matériel ayant servi de souche était constitué par quelques apothécies
apparues sur des fragments de bois en décomposition, mélés à du terreau, dans
une serre chaude.
La sporée est recueillie sur une lame de verre stérilisée à la flamme disposée
au-dessus d'une apothécie, en atmosphére saturée d'humidité, prés d'une source
de lumière, Les spores sont repiquées immédiatement sur le milieu de culture.
Les ensemencements, toujours plurispores, sont effectués en fioles d'erlen meyer
de 100 ml sur des milieux à 2 ou 3% d’extrait de malt solidifiés par de l'agar-
agar а raison de 2 ou 375. Certaines fioles de culture sont choisies à col large
pour permettre de planter dans le milieu une lame porte-objets en position
subverticale. On réalise ainsi des cultures sur lames qui facilitent les observations
microscopiques. L'incubation est réalisée soit simplement à la température
ambiante du laboratoire prés d'une fenétre, soit dans une étuve REALIS réglée
à 25° + 1°, La lumière y est fournie par des tubes fluorescents PHILIPS type
«blanc industrie» et la photopériode est de 12 heures.
Techniques cytologiques
Les cultures sur lames ainsi que les spores ont été colorées directement sans
fixation par le bleu coton ou par P'hématoxyline acéto-ferrique de WITTMAN
(1965). Par ailleurs des fragments de milieu portant de jeunes apothécies ont
été fixés par le liquide de Navaschine ou de Bouin et inclus à la paraffine. Puis
les coupes ont été colorées par Phématoxyline ferrique ou par le bleu alcian/
rouge nucléaire solide suivant BENES et KAMINEK (1973).
RÉSULTATS
Germination des spores
La germination est très irrégulière. Dans l'eau à 22°, entre lame et lamelle,
elle débute, dans les cas les plus favorables, aprés 24 heures, par l'émission
d'un tube germinatif en un point quelconque; le premier septum apparaît tardi-
vement. Parfois il faut attendre 10 jours pour qu'elle ait lieu. Dans les spores
fraichement récoltées le taux de germination est toujours plus élevé que dans
les sporées anciennes. Ce fait peut s'expliquer soit par la mort rapide des spores
soit par leur entrée progressive dans un état de dormance.
Source : MNHN, Paris
FRUCTIFICATION D'UN SCUTELLINIA EN CULTURE 243
Évolution des cultures
A partir de la sporée d'origine plusieurs ensemencements ont été réalisés,
Certains ont produit un mycélium pur qui est resté stérile, et d’autres un mycé-
lium contaminé par des bactéries, mais produisant de nombreuses apothécies
et des chlamydospores au bout de 2 à 3 mois. De ces dernières cultures deux
souches bactériennes* ont pu être isolées et rapportées l’une au g. Aeromonas
lautre au g. Arthrobacter. En ajoutant au milieu des antibiotiques (Pénicilline
+ Streptomycine), nous avons pu séparer le mycélium des souches fertiles
des contaminations et constater qu’il devient stérile en l'absence de bactéries.
La lumiére s'est révélée indispensable. En l'obscurité absolue, les cultures
demeurent stériles mais le mycélium se développe normalement et produit
de nombreuses fructifications 10 jours aprés le retour à la lumière. La lumière
continue empêche également la reproduction. Nous n'avons pas pour le moment
précisé les limites, mais avons seulement reconnu qu'un éclairement de 500 lux,
sous photopériode de 12 h., donne de bons résultats.
La température est également importante : 25" semble être un optimum pour
la production d'apothécies. Enfin les tentatives faites pour cultiver ce champignon
sur un milieu synthétique avec diverses sources de carbone (glucose, galactose, mal-
tose, lévulose, inuline, amidon) et diverses sources d'azote (NO3K, peptone) n'ont
pas abouti pour l'instant: la croissance du mycélium est nulle sur ces milieux, Seul
l'extrait de malt (à des doses variant entre 1 et 475 donne d'excellents résultats.
Par ailleurs nous avons constaté que les cultures pures d'Aeromonas sont
beaucoup moins développées que celles dans lesquelles la bactéries est mélée
au champignon.
Caractéres morpbologiques et cytologiques
Nous ne décrirons que les cultures fertiles, c'est-à dire celles où le champi-
gnon est mêlé aux bactéries.
1) Le mycélium
А partir de l'inoculum le mycélium et la colonie bactérienne se développent
simultanément mais le premier s'étend plus rapidement à la surface du milieu
tandis que les bactéries forment, en retrait, une colonie saillante, humide,
muqueuse, plus ou moins circulaire, de 2mm de hauteur, Sa couleur varie
du beige clair à la périphérie, à l'orange à l'intérieur. La première couleur
est due à l'Aeromonas la seconde à lArthrobacter qui contient des pigments
vraisemblablement caroténoïdes, Avant que la reproduction n’ait lieu, la surface
du milieu est totalement envahie par la colonie bactérienne, le mycélium pour-
suit son développement sur les parois du récipient et sur la lame porte objet
plantée dans le milieu, Aucun mycélium aérien n'émerge de la colonie.
* Nous remercions ici M. le Professeur J. RIVIERE de l'Institut national agronomique de
Paris-Grignon, qui a bien voulu identifier nos souches bactériennes.
Source : MNHN, Paris
244 J.P. SCHRANTZ
Le mycélium développé sur la lame est formé d'hyphes larges (7-20Hm),
renflées, ramifiées; les articles sont courts, ils contiennent de minuscules goutte-
lettes lipidiques riches en pigments caroténoïdes, particulièrement abondantes
au voisinage des fructifications. Les articles sont plurinucléés. Les parois épaisses
sont toujours accompagnées, sur leur face externe, de nombreuses bactéries
(Aeromonas uniquement) qui semblent trouver là un substrat favorable. Dans
le substrat le mycélium est peu développé; par contre il est très dense dans la
colonie bactérienne et les hyphes dressées parallèlement y prennent l'aspect
d'une palissade (fig. 1). La colonie bactérienne semble formée, outre les bacté-
ries, par un réseau de très fines fibrilles polysaccharidiques acides. Des cultures
pures d'Aeromonas et d'Arthrobacter nous ont montré que c'est le premier
qui constitue ce réseau et qui donne à la colonie son aspect saillant, humide
et muqueux.
2) Les filaments ascogoniaux
Les fructifications parfaites se développent aussi bien sur les parois du réci-
pient que dans la partie supérieure de la colonie bactérienne. Sur lame nous
avons pu suivre l'apparition et les premiers stades de l'évolution des filaments
ascogoniaux. Ceux-ci apparaissent sur des ramifications courtes de 3 articles
qui deviennent identifiables dės gue la cellule basale ou pied émet des rameaux
latéraux (fig. 2). Par la suite cette cellule basale se cloisonne en 2 ou 3 cellules
qui produisent à leur tour des ramifications très denses, masquant progressi-
vement la base du filament ascogonial (fig. 3), tandis que la partie médiane
qui comprend jusqu'à sept cellules, et l'extrémité réduite à une cellule, de-
meurent libres et sont particulièrement sidérophiles (fig. 4). Sur des préparations
vitales ces deux parties du filament ascogoníal se distinguent du reste car leur
cytoplasme est riche en globules lipidiques caroténiféres, La suite du dévelop-
pement n'a pas été étudiée dans le présent travail. Il convient néanmoins de
noter qu'aucun rapprochement ni fusion des cellules ascogoniales avec un autre
filament n'ont été observés.
3) Les chlamydospores
Le mycélium produit toujours au voisinage des ascogones des ramifications
simples, ou elles-mêmes ramifiées, de 2 ou 3 articles (fig. 5). Le dernier article
de chaque rameau se renfle, accumule des réserves et Epaissit sa paroi. Il devient
finalement une spore ovoide de 25 x 354m dont la paroi épaisse de 2um est
Pl, 1. — Fig. 1; Coupe dans une culture ágée de 9 semaines: la colonie bactérienne (b),
épaisse d'environ 1mm, est vivement colorée par le bleu alcian, le mycélium (m) y est
formé par de nombreuses hyphes dressées, de jeunes fructifications (f) se développent
en surface. Dans le substrat (s) les hyphes sont trés rares. Fixation FAA, coloration : bleu
alcian/rouge nucléaire solide, G — 50 x. - Fig. 2: Jeune filament ascogonial naissant
latéralement sur une hyphe. La cellule basale émet deux ramifications (flèches). Culture
sur lame, coloration bleu coton. G — 600 x. - Fig. 3: Filament ascogonial dont la base
est enveloppėe par les nombreux filaments recouvrants qu'elle a produits, seules la partie
médiane et l'extrémité sont libres, Culture sur lame, coloration bleu coton. G —400 x
Source : MNHN, Paris
FRUCTIFICATION D'UN SCUTELLINIA EN CULTURE 245
Source : MNHN, Paris
246 J.P. SCHRANTZ
ornée de nombreuses verrues de 2 x 3-5um (fig. 7). Cette spore contient des
globules lipidiques caroténifères, du glycogéne et de nombreux noyaux. C'est
une chlamydospore (cf. discussion) qui apparait aussi bien sur lame qu'au niveau
du mycélium submergé dans la colonie bactérienne. Nous n'avons pu obtenir
sa germination.
DISCUSSION ET CONCLUSIONS
Identification du champignon
L'identification des espèces du genre Scutellinia est particulièrement délicate.
LE GAL (1966) attribue ces difficultés «à leur très grande variabilité et à la
subtilité de leurs caractères différentiels». Cet auteur a effectué une révision
de plusieurs espèces et a été suivie par SVRCEK (1971) puis MORAVEC (1974).
À la lumière de ces travaux nous avons rapporté notre espêce au S. umbrarum
(Er.) Lamb. dont le type est l'échantillon de l'Herbier de BOUDIER et dont
les caractétes différentiels sont : poils larges et courts 400 à 600m (rarement
800 à 1000), spores courtement elliptiques, largement arrondies aux pôles,
ornées de pustules grossières souvent très inégales, presque toujours isolées,
17-26 x 13-20,5um. LE GAL ne l'a jamais récolté sur le bois, toujours sur
la terre humide. MORAVEC (1971-1974) a créé deux espèces qui ne diffèrent
du type que par la dimension des spores : S. pseudoumbrarum Mor. et S. parvi-
spora Mor. Celles des spores de l'espéce que nous cultivons (17-19-21,8 x 10-12-
14) (fig. 5) s'inscrivent dans les limites du type. Ajoutons que les caractéres
et les dimensions des échantillons obtenus aprés 3 ans de culture, sont les mémes
que ceux de la souche.
Quant aux spores de reproduction asexuée, elles sont comparables à celles
qu'ont observées GWYNNE-VAUGHAN et WILLIAMSON (1933) chez le
Scutellinia scutellata mais celles-ci ont une paroi lisse et ne sont pas pédicellées.
Comme ces auteurs nous les considérons comme des chlamydospores car elles
en possédent les caractéres qu'on leur reconnait généralement (GRIFFITHS,
1974): ce sont des spores produites de façon asexuée pouvant résulter d'une
modification d'un article d'hyphe végétative, possédant une paroi épaisse, sou-
vent verruqueuse, dont la strate interne est imprégnée de substances hydro-
phobiques et dont la fonction est essentiellement d'assurer la pérennité et non
la dissémination, Ici leur rôle apparait ambigu puisqu'elles se forment dans
Pl. Il. — Fig. 4: Bouquet de 3 filaments ascogoniaux coloré par l'hématoxyline de WITT-
MAN: le cytoplasme des cellules axiales est particulièrement sidérophile, G = 340 x.
Fig. 5: Ascospore colorée au bleu coton : l'ornementation est constituée par des puscules
grossières, inégales, isolées. G — 3400 x. - Fig. 6: Hyphes produisant, sur des ramifica-
tions, une ou plusieurs chlamydospores. Culture sur lame colorée au bleu coton, G =
200 x. - Fig. 7: Détail des chlamydospores : a paroi épaisse et sombre à maturité est
ornée de hautes verrues. Culture sur lame colorée au bleu coton. G — 500 x.
Source : MNHN, Paris
FRUCTIFICATION D'UN SCUTELLINIA EN CULTURE 247
Source : MNHN, Paris
248 J.P.SCHRANTZ
les mémes conditions gue les apothėcies mais nėanmoins leur structure ne
permet pas de les considérer autrement.
L'appareil ascogonial
Classiquement le filament ascogonial des Discomycėtes operculės comprend
3 parties: une partie basale, le pied, une partie médiane ou ascogoniale, une
partie terminale effilée, le trichogyne (CHADEFAUD, 1960, DELATTRE-
DURAND et PARGUEY-LEDUC, 1979). Le filament ascogonial du Scutellinia
umbrarum ne s'éloigne guére de ce type, néanmoins son extrémité réduite à
une seule cellule plus longue mais non effilée, peut être interprétée comme un
trichogyne avorté et non fonctionnel puisqu'aucun contact avec d'autres fila-
ments n'a été observé.
Problémes posés par la culture
Le fait que le mycélium en culture pure reste stérile et qu'il fructifie en pré-
sence des bactéries Arthrobacter et Aeromonas, indique de façon évidente
que celles-ci exercent une action stimulante sur les reproductions sexuée et
asexuée.
Des cas semblables de champignons ayant besoin pour leur fructification
de micro-organismes ont déjà été rencontrés. PARK et AGNIHORTI (1969)
ont montré l'action stimulante de plusieurs bactéries du sol et notamment
d'un Arthrobacter sur la production de carpophores par l'Agaricus bisporus
FONTANA (1971) a envisagé la possibilité d'une association entre le mycelium
du Tuber melanosporum et de 2 bacteries saprophytes (dont un Arthrobacter).
L’importance de cette association a ėtė retenue pour ameliorer les conditions
de la trufficulture (GRENTE, 1973). Cependant le mode d’action des micro-
organismes a rarement été précisé. En ce qui concerne l'Agaricus bisporus,
COUVY (1974) se demande si c'est en libérant des métabolites qu'ils induisent
la fructification ou bien si c'est au contraire en absorbant des produits du
métabolisme du champignon qui inhibent la fructification, Selon STANEK
(1972) VA. bisporus utiliserait préférentiellement des polysaccharides bacté-
riens, Ce fait a été confirmé par EDDY et JACOBS (1976).
LASIK et coll. (1979) ont isolé plusieurs espèces de Bactéries, dont un
Agrobacterium, qui accompagnent le Gaeumannomyces graminis dans la rhi-
zosphère du blé. Ils ont montré que le mycélium du champignon pousse mieux
sur un milieu contenant des polysaccharides bactériens (glucanes, mannoglu-
canes, et galactomannoglucanes) que sur des solutions de glucose de même
concentration, ou qu'en présence des polysaccharides extraits de la surface
des racines du blé.
Mais il est probable que le rôle des bactéries n’est pas limité à l'apport gluci-
dique. BROWN (1977) a montré l'effet des vitamines produites par les bactéries
de la rhizosphére sur l'apparition de la maladie causée par le G. graminis.
Pour ce qui concerne le Scutellinia umbrarum que nous cultivons, nos pre-
miéres observations, qui montrent que le mycélium et les fructifications sont
Source - MNHN. Paris
FRUCTIFICATION D'UN SCUTELLINIA EN CULTURE 249
particulièrement abondants au sein de la colonie muqueuse (formant un réseau
polysaccharidique) produite par PAeromonas, permettent d'attribuer un rôle
certain à ces métabolites bactériens, sans que l'on puisse pour le moment exclure
l'action de vitamines. Par ailleurs le fait gue PAeromonas se fixe sur les parois
du champignon et croisse davantage en sa présence peut être l'indice de l'exis.
tence d'une association À bénéfices réciproques entre les deux organismes.
D'autres recherches, en cours, visant à mettre au point un milieu synthétique,
permettront d'apporter des éléments de réponse à ces questions.
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Source : MNHN. Paris
251
ĖTUDE SUR LES CHAMPIGNONS PARASITES
DU SUD-EST ASIATIQUE
XXXII. Treiziéme note sur les Cercospora de Malaisie.
par Jo-Min YEN*
SUMMARY. — This study of six plant parasitic fungi found in Malaysia includes descrip-
tions of two new species : Cercoseptoria plumeriicola Yen, on Plumeria acuminata and
Pseudocercospora aranetae (Borl. et Rold. ex Yen) Yen, on Psophocarpus tetragonolobus.
Dans ce mémoire, nous présentons six champignons parasites récoltés par
nous-méme (1971) en Malaisie; deux de ces espéces sont nouvelles: Cerco-
septoria plumeriicola Yen, sur Plumeria acuminata et Pseudocercospora aranetae
(Borl. et Rold ex Yen) Yen, sur Psophocarpus tetragonolobus. En outre, nous
signalons deux combinaisons nouvelles. Les espéces étudiées sont les suivantes:
1. Cercoseptoria plumeriicola Yen, sp. nov. (Fig. 1)
Sur les feuilles du Plumeria acuminata (Apocynacée), a Kuala Lumpur
(For. Res. Inst.), Malaisie, leg. Jo-Min Yen (No 71344), 28 sept. 1971.
Description du champignon
Macules orbiculaires ou suborbiculaires, brun terreux à la face inférieure
brun blanchátre avec des fines lignes concentriques à la face supérieure, isolées
dispersées, mesurant 2-20mm de diamètre.
* Laboratoire de Cryptogamie, M.N.H.N., 12, rue de Buffon, 75005 Paris, — L.A. 257
(CNRS).
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog. mycol.) TOME I (1980).
Source : MNHN. Paris
252 J.-M. YEN
Fructifications amphigénes, invisibles à l'oeil nu, mais laissant voir, à la loupe,
des petits points noirs qui correspondent aux fascicules de conidiophores du
champignon. Stromas se formant au-dessous de l'épiderme, subglobuleux, brun
noir, 16-28um de diamétre, parfois atteignant 50um de large.
Conidiophores amphigénes, sortant par la déchirure de l'épiderme, groupés
en fascicules maigres ou denses, simples, brun olive pâle, érigés ou tortueux,
à membrane ondulée, O à 2 cloisons, géniculés, à apex irrégulièrement arrondi,
cicatrices d'insertion des spores indistinctes, mesurant 10-32 x 2.5-3.5um (Fig.
1, A et B).
Conidies brun olivátre pále, aciculaires ou filiformes, droites ou arquées,
divisées par 3-6 cloisons transversales, à apex conique, à base cylindrique-
tronquée, mesurant 32-75 x 1-2.5um (Fig. 1, C).
Fig. 1. — Cercoseptoria plumeriicola Yen : À, Fascicule de jeunes conidiophores et stromas;
B, Fascicule de conidiophores âgés; C, Conidies.
Caractères taxinomiques
D'après CHUPP (1953) le Cercospora plumeriae Chupp diffère de cette
espèce par la présence d'une cicatrice d'insertion nette des spores à la base
Source : MNHN, Paris
LES CERCOSPORA DE MALAISIE 253
des conidies («distinct scar of attachment at the base»). Nous considérons donc
ce champignon comme nouveau, avec la diagnose suivante :
Cercoseptoria plumeriicola Yen, sp. nov. Maculis orbicularis vel suborbicu-
laris, epiphyllo pallide brunneis, hypophyllo brunneo-albis et lineo concen-
trictis, sparsis, 2-20mm diam, Caespitulis indistinctis. Stromatibus subepidermi-
cis, subglobosis, atrobrunneis, 16-28um, raro 50um latis. Conidiophoris amphi-
phyllis, ex epidermidem rumpentibus oriundis, laxe fasciculatis, simplicibus,
pallide brunneo-olivaceis, erectis vel tortuosis, membrane undulatis, 0-2 septatis,
0-2 geniculatis, ad apicem irregulariter rotundatis, cicatricibus sporarum indis-
tinctis, 10-32 x 2.5-3.5um. Conidiis pallide olivaceo-brunneis, acicularibus vel
filiformibus, plerumque leviter curvatis, raro rectis, 3-6 septatis, ad apicem
conicis, basi cylindro-truncatis, 32-75 x 1 .5-2.5um.
Habitat in foliis vivis Plumeriae acuminatae, Kuala Lumpur (For. Res. Inst.),
Malaysia, ad Jo-Min Yen (No 71344), 28 sept. 1971,
2, Cercoseptoria polygonigena (Yen) Yen, comb. nov.
= Cercospora polygonigena Yen, Rev, de Mycol, 42: 143, 1978.
Sur les feuilles de Polygonum sp. (Polygonacée), & Bukit Timah (Hwa Chung
College), Singapour, leg. Chuan-ling Yen, 15 avril 1973.
3. Cercosporidium personatum (Berk. et Curt.) Deighton (Fig. 2)
Mycol. Papers 112 : 71,1967.
= Cladosporium personatum Berkeley et Curtis, Grevillea 3:106, 1875.
Cercospora personata (Berk. et Curt.) Ell. et Ev., J. Mycol. 1:63, 1885.
Passalora personata (Berk. et Curt.) Shakil A, Khan & M. Kamal, Pakistan
J. Sci. Res. 13 (4) : 188, 1961.
= Septogloeum arachidis Raciborski, Z. Pfl. Krankh. 8:66, 1898.
Cercospora arachidis P. Henn., Hedwigia 41, Beih. 18:18, 1902.
Perfect state: Mycosphaerella berkeleyi W.A. Jenkins, J. Agric. Res. 56:
330, 1938.
Sur feuilles d'Arachis hypogaea (Légumineuse), á Kuala Lumpur, Malaisie,
28 sept. 1971, leg. Jo-Min Yen (No 71139 bis).
Description du champignon
Macules distinctes, orbiculaires, brun noir et isolées; dispersées sur les deux
faces des feuilles parasitées, elles mesurent 0.5-3mm de diamètre,
Fructifications strictement hypogènes (jamais épigénes), invisibles à l'oeil
nu mais laissant voir, à la loupe, des petits points gris noir et veloutés, qui
correspondent à des fascicules de conidiophores fertiles.
Source : MNHN, Paris
254 J.-M. YEN
fig. 2. — Cercosporidium personatum (Berk. et Curt.) Deighton ; A, Fascicule de jeunes
conidiophores et stromas; B, Conidiophores âgés; C, Conidies fusiformes; D, Conidies
obclaviformes; E, Germination de conidie.
Stromas trés développés, composés des petites cellules brun pále (jamais
brun noir) et à membrane mince, se formant toujours au-dessous des cellules
épidermiques; ils sont subglobuleux, de 35-70um de diamétre, mais pouvant
atteindre jusqu'à 1501m de large (Fig. 2, A).
Conidiophores strictement hypophylles, groupés en fascicules toujours
trés denses, sortant par l'ostiole des stomates; simples, brun olivátre, érigés
ou flexueux et munis de 0-3 petites géniculations et de 0-1 cloison transversale,
ils ont un apex arrondi et orné d'une grande cicatrice d'insertion des spores,
brun noir. Ils mesurent 35-65 x 5-7 um (Fig. 2, A et B).
Source : MNHN. Paris
LES CERCOSPORA DE MALAISIE 255
Conidies brun olivâtre, obclaviformes-cylindriques ou fusiformes (rarement
obclaviformes), droites ou trés légèrement arquées, divisées par 3-7 cloisons
transversales, Leur apex est arrondi, leur base arrondie -subtronquée ou obconi-
quement subtronquée et ornée d’une grande cicatrice brun noir. Elles mesurent
42-73 x 6-8um (Fig. 2, C et D)
4. Pseudocercospora abelmoschi (Ell. et Ev.) Deighton (Fig. 3)
Mycol. Papers 140 : 138, 1976.
= Cercospora abelmoscbi Ell. et Ev., Journ. Inst. Jamaica 1 : 347, 1893.
Sur fevilles d'Hibiscus esculentus (Malvacée), à Podon Park, Kuala Lumpur,
Malaisie, leg. Jo-Min Yen (No 71184), 29 sept. 1971.
Fig. 3. — Pseudocercospora abelmoschi (Ell. et Ev.) Deighton; A, Fascicule de conidio-
phores; B, Jeunes conidies cylindriques; C, Conidies âgées obclaviformes.
Source - MNHN. Paris
256 J.-M. YEN
Description du champignon
Macules indistinctes; fructifications amphiphylles, disséminées en petites
taches gris foncé; stromas assez développés, globuleux ou subglobuleux, brun,
mesurant 18-404m de diamètre.
Conidiophores amphigènes, groupés en fascicules denses ou très denses,
sortant par l'ostiole des stomates, brun olivátre, toujours simples et érigés ou
légèrement flexueux. Divisés par 1-5 cloisons transversales, parfois munis d’une
géniculation et possédant un apex atténué-tronqué, dépourvu de cicatrice
épaisse d'insertion des spores, ils mesurent 35-135 x 4-5 um (Fig. 3, A).
Conidies obclaviformes ou obclaviformes-cylindriques, parfois longuement
fusiformes ou en forme de croissant, brun olivâtre pâle, légèrement arquées,
divisées par 3-7 cloisons transversales, à apex arrondi ou conique-arrondi, à base
atténuée-tronquée, mesurant 38-100 x - 5-6um (Fig. 3, B et C).
Caractéres taxinomiques
Nous avons étudié des échantillons de ce champignon récoltés à Singapour
(YEN, 1970). Leurs conidiophores ágés montrent souvent des ramifications
comme CHUPP (1953) l'a signalé: «sometimes branched». Par contre, nous
n'avons trouvé, dans le matériel de Kuala Lumpur, que des conidiophores
simples.
5. Pseudocercospora aranetae (Borl. et Rold. ex Yen) Yen, sp. nov.
(Fig. 4).
Cercospora aranetae Borl. et Rold., Araneta Journ. Agric. 11 (4): 181-188,
1964, nomen non rite publicatum (sine descriptione latina).
Sur feuilles de Psophocarpus tetragonolobus (Légumineuse) à Sungei Way,
Kuala Lumpur, Malaisie, leg. Jo-Min Yen (No 71171), ler oct. 1971.
Description du champignon
Macules indistinctes, d'abord formant des petites taches polygonales, à
contours flous, grisâtres, plus ou moins limitées par les petites nervures de la
feuille, ensuite confluentes et formant des grandes taches floues, brun rougeâtre
à la face supérieure et gris ou gris noir à la face inférieure.
Fructifications amphigènes, mais plus abondantes à la face inférieure, laissant
voir, à la loupe, un velours de teinte gris noirâtre.
Conidiophores amphiphylles, plus abondants à la face inférieure, groupés
en fascicules médiocres ou denses (4-26 individus), parfois très denses, sortant
par l'ostiole des stomates, brun clair, simples ou ramifiés, érigés ou flexueux,
à pourtours ondulés, 0 à 1 géniculation, 1 à 4 cloisons, avec constrictions au
niveau des cloisons, à apex atténué-tronqué, cicatrices d'insertion des conidies
indistinctes, 39.5-68.5 x 4-6um (Fig. 4, A et B).
Conidies brun clair, obclaviformes, droites ou arquées, divisées par 3-6 cloi-
Source : MNHN, Paris
LES CERCOSPORA DE MALAISIE 257
sons transversales, à apex conique, à base atténuée-tronquée ou obconiquement
tronquée, 42-62.5 x 3.5-4.5um (Fig. 4, C)
Fig. 4. — Pseudocercospora aranetae (Borl. et Rold. ex Yen) Yen; A, Fascicule de conidio-
phores âgés; B, Fascicule de conidiophores jeunes; C, Conidies cylindriques: D, Conidies
obclaviformes.
Diagnose latine
Pseudocercospora aranetae (Borl. et Rold. ex Yen) Yen, sp. nov. Maculis
indistinctis, primo nervis foliae limitatis, tenuis, tandem confluentibus, margine
indistinctis, supra rubro-brunneis, infra atrogriseis. Caespitulis amphigenis;
stromatibus nullis. Conidiophoris amphiphyllis, ex stomatibus oriundis, laxe
Source : ММНМ Paris
258 J.-M. YEN
vel dense (4-26) fasciculatis, pallide brunneis, simplicibus vel ramosis, erectis
vel flexuosis, membrane undulatis, 0-1 geniculatis, 1-4 septatis, ad septa saepe
constrictis, ad apicem attenuato-truncatis, cicatricibus sporarum indistinctis,
39.5-68.5 x 4-6um. Conidiis pallide olivaceo-brunneis, rectis vel curvatis, 3-6
septatis, antice conicis, inferne attenuato-truncatis vel obconico-truncatis, 42-
62.5 x 3.54.5 um.
Habitat in foliis vivis Psopbocarpi tetragonolobi, Sungei Way, Kuala Lumpur,
Malaysia, ad Jo-Min Yen (No 71171), 1er oct. 1971.
Caractéres taxinomiques
Nous avons trouvé, à Singapour, trois espéces de Cercospora parasites du
Psophocarpus tetragonolobus : Cercospora psophocarpicola Yen, Cercospora
psophocarpi Yen (= Pseudocercospora psophocarpi (Yen) Deighton) et Cerco-
spora aranetae Borl. et Rold. (= Pseudocercospora aranetae (Borl. et Rold. ex
Yen) Yen (YEN, 1967). Le Cercospora psophocarpicola Yen se caractérise
par ses conidies hyalines et aciculaires. Tandis que le Pseudocercospora psopho-
carpi (Yen) Deighton (= Cercospora psophocarpi Yen) est nettement caracté-
risé par ses conidiophores toujours continus et jamais ramifiés, et surtout, par
ses stromas très développés. Toutefois, ce matériel de Kuala Lumpur ne présente
que le Pseudocercospora aranetae (Borl. et Rold. ex Yen) Yen, qui possède
constamment des conidiophores bien ramifiés et bien cloisonnés, mais pas de
stromas.
6. Pseudocercospora pterocarpicola (Y en) Yen, comb. nov.
= Cercospora pterocarpicola Yen, Rev. de Mycol. 42: 145, 1978.
Sur feuilles de Pterocarpus indicus (Légumineuse), á Kuala Lumpur (For.
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12, Septième note sur les Cercospora de Malaisie, Cahiers du Pacifique 14: 88.
YEN J.-M., 1978 — Étude sur les champignons parasites du Sud-Est asiatique. 27. Onziéme
note sur les Cercospora de Malaisie. Revue de Mycol. 42: 143-147.
Source : MNHN. Paris
259
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
KENDRICK B., edit., 1979 — The whole Fungus. The sexual-asexual synthesis.
2 vol., 793 pp. National Museums of Canada, Ottawa.
«The whole Fungus» est aussi, comme le précise un sous-titre, «Kananaskis
II»; Kananaskis, un Centre de Recherches de l'Université de Calgary, au Canada,
dont le nom est devenu familier aux spécialistes des champignons imparfaits
depuis la publication* des comptes-rendus du 1er Colloque International qui
s'est tenu dans cette localité en 1969, sur le thème de la taxonomie des Fungi
Imperfecti.
Les travaux du colloque de 1977, rapportés dans les 800 pages de l'ouvrage
en deux volumes présenté, comme le précédent, par Bryce KENDRICK, s'ins-
crivent logiquement dans la démarche qui inspira «Kananaskis In. L'épithéte
d’«imparfait» appliquée à un champignon est peu satisfaisante pour l'esprit,
quelqu'intérét que présente l'observation de ces formes microscopiques. Les
circonstances, et la nécessité d'une spécialisation de plus en plus poussée, ont
voulu que leur étude soit peu à peu érigée en discipline indépendante, sans
relations autres qu'épisodiques avec l'étude des champignons «parfaits», princi-
palement Asco- et Basidiomycėtes. II est assez significatif que le terme de «pléo-
morphisme» introduit dés 1861 par les fréres TULASNE pour exprimer le fait
qu'un méme champignon peut présenter simultanément ou successivement
plusieurs modes de reproduction, les uns «parfaits», asco- ou basidiosporés,
les autres «imparfaits», par le moyen de conidies, ait été détourné de son sens
primitif: en mycologie médicale, un champignon «pléomorphisé» est un champi-
gnon altéré par la culture artificielle, qui a perdu la capacité de sporuler.
La finalité du colloque de Kananaskis II est précisément de rendre aux cham-
pignons leur unité, dans la diversité des expressions phénotypiques d'un même
génotype. En préalable, la nécessité d'une terminologie précise s'impose, et
tous les mycologues seront sans doute conduits à l'adopter: un champignon
n'est pas «parfait» ou «imparfait», il est un tout, il est holomorphe; la forme
de reproduction sexuée est qualifiée de téléomorphe, la forme imparfaite d’ana-
morphe. Une même espèce - une holomorphe - peut présenter à la fois une
tėlėomorphe et une ou plusieurs anamorphes, ou bien être réduite, dans les
conditions de l'observation tout au moins, à l'une ou à l'autre de ces expres-
sions. Ainsi, les Fungi Imperfecti n'ont pas d'existence «en soi», mais doivent
* B. KENDRICK edit., 1971. Taxonomy of Fungi Imperfecti, 309 p., U. Toronto Press.
Source : MNHN, Paris
260 ANALYSES BIBLIOGRAPHIOUES
étre pensés en termes d'anamorphes associées á une téléomorphe connue ou
u'il reste à découvrir; c’est dans ces relations seulement que peuvent apparaître
les véritables affinités et les rapports systématiques entre tel ou tel type d’appa-
reils conidiens.
24 auteurs parmi les plus éminents spécialistes des champignons imparfaits
et/ou des formes sexuées : Asco-, Basidio- et Zygomycétes (il n'est pas fait
mention des Oomycètes et autres Mastigomycotinés) ont collaboré à la rédaction
de l'ouvrage qui comporte, comme les compte-rendus Kananaskis I, à la fois
les textes magistraux et les discussions et commentaires qui ont suivi chacune
des 27 communications. Il ne saurait étre question d'analyser ici dans le détail
le contenu extrémement riche de ces diverses contributions: le simple rappel
du thème de chacun des chapitres occupe plus de trois pages de la postface
rédigée par KENDRICK. L'index général, volontairement réduit et, il faut le
dire, d'une efficacité limitée, s'étend sur plus de 20 pages, et les références
bibliographiques n'en couvrent pas moins de 55, en typographie serrée. C'est
dire la masse d'informations gu'apportent ces volumes.
De ces informations, certaines ont une valeur surtout documentaire : telles
sont les listes des connexions télémorphe- anamorphe recensées dans la littéra-
ture et qui concernent, d'une part les Ascomycétes unituniqués et bituniqués
(KENDRICK et DI COSMO), d'autre part les Basidiomycétes (KENDRICK et
WATLING). Ces listes ont déjà été critiquées par certains spécialistes (cf. l'ana-
lyse de Korf dans Mycologia), pour leurs lacunes et leur manque d'esprit cri-
tique; mais les auteurs eux-mémes les présentent comme une compilation (affec-
tée d'ailleurs, pour les relations Ascomycètes-Fungi Imperfecti, d’une note
codée qui exprime le degré de fiabilité de l'information), et soulignent la nécessi-
té de révisions et d'amendements ultérieurs. Telles quelles, ces pages fournissent
les documents les plus exhaustifs dont on dispose actuellement (tout particu-
liėrement pour les formes conidiennes de Basidiomycétes), et une source extrė-
mement précieuse de références.
Plus constructifs sont les chapitres consacrés à des groupes plus restreints
de champignons (Plectomycétes, Ascomycétes nectrioides entre autres), que
les auteurs connaissent parfaitement; l'analyse conjointe des formes ascosporées
et des formes conidiennes qui leur sont associées débouche alors sur des consi-
dérations phylogénétiques qui laissent entrevoir un traitement systématique
plus satisfaisant des groupes considérés. Dans cet ordre d'idées, rappelons la
publication récente dans cette Revue (HENNEBERT et BELLEMERE, in
Rev, de Mycol, 43: 1979), d'une révision exemplaire des formes conidiennes
de Discomycètes, que les circonstances n'ont pas permis aux auteurs de publier
avec les autres communications.
Outre les chapitres - les plus nombreux - qui touchent particulièrement à
la taxonomie, on retiendra les contributions fondamentales relatives au déter-
minisme de la sporulation asexuelle ou sexuelle des Ascomycètes (MULLER),
sur le pléomorphisme de certains Fungi Imperfecti, sur la classification des
champignons fossiles (PIROZYNSKI et WERESUB) et des considérations sur
l'évolution des Ascomycétes en relation avec la biogéographie (id.), sur l'écolo-
Source : MNHN. Paris
ANALYSES BIBLIOGRAPHIOUES 261
gie comparėe des anamorphes et des tėlėomorphes (collectif), Tous les chapitres
d'ailleurs mériteraient d'étre cités analysés.
Tous, en tout cas, requièrent d'être lus et médités attentivement, Ils susci-
teront sans nul doute des réflexions fructueuses, des discussions, voire des cri-
tiques qui ne peuvent être que bénéfiques pour le progrès de la mycologie
systématique. L'équipe de Kananaskis II ne refléte peut étre pas toutes les
tendances de là mycologie actuelle (tous les «ténors» de notre discipline n'y
ont point participé); elle ne peut étre que louée pour son dynamisme, son
courage -il en fallait pour aborder un si vaste sujet - et la rigueur de sa démarche.
«The whole fungus» traduit trés heureusement cet effort et son incontestable
réussite,
J. Nicot
POMERLEAU R., 1980 — Flore des champignons au Québec et régions limi-
trophes. Les Editions La Presse, Montréal, 653 p.
Le Professeur René POMERLEAU, déjà bien connu pour ses nombreux
et intéressants travaux concernant la pathologie des arbres, est un mycologue
complet,
Dans cette Flore des champignons, il apporte une description soigneuse
de plus de 1400 espèces de macromycètes qui croissent au Québec. Réunir
une telle collection de documents tiendrait de la gageure si l'on ne connaissait
l'ardeur et l'opiniâtreté au travail de leur auteur,
Une partie générale de 165 pages fournit les renseignements essentiels sur
les champignons, sans oublier les anecdotes historiques ou ethnographiques,
des conseils pratiques, etc. La mycophagie et les intoxications y ont aussi leur
place.
La partie descriptive proprement dite commence par une «clé artificielle»
pratique de détermination des genres, «d'après les traits macroscopiques ou
visibles à l'oeil nu». Vient ensuite la description des espèces fongiques groupées
par genres, familles, etc. avec de nombreuses clés systématiques. La taxonomie
et la nomenclature s'efforcent de suivre les règles internationales et quelques
mycologues frangais seront peut-étre surpris de voir reléguées à la synonymie
des désignations qu'ils ont coutume d'utiliser.
Il ne nous appartient pas de juger de la validité et des descriptions de chaque
espèce. Les spécialistes y trouveront sans nul doute matière à animer leurs
discussions.
Ce gros ouvrage est illustré de 131 planches de dessins au trait en noir et l'on
a réuni en annexe 48 grandes pages de photographies en couleurs, oeuvres de Y.
et B. T. DENIS ou de l'auteur. On regrettera probablement l'inexactitude des
couleurs de certaines reproductions; c'est là un point délicat auquel se heurtent
bien des éditeurs.
Mais on appréciera divers tableaux originaux, notamment une comparaison
des noms de couleurs en français, anglais et latin, une classification des odeurs
des champignons, un classement des espèces les plus communes selon l'appré-
Source : MNHN, Paris
262 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
ciation gustative... Un glossaire et un index bibliographique complètent cet
ouvrage.
C'est là une contribution grandiose, volumineuse, qui honore la mycologie
francophone.
Claude Moreau
ROSS 1.K., 1979 — Biology of the Fungi. Mc Graw Hill Book Co, New York,
500 p.
La plupart des précis de Mycologie destinés aux étudiants ou issus d'un
enseignement magistral sont articulés sur les grandes coupures systématiques;
l'ampleur et la diversité du monde fongique sont telles, en effet, qu'il est à la
fois logique et commode de présenter méthodiquement les principales classes
de champignons dans leurs limites imposées par des différences d'organisation
et de comportement universellement reconnues.
L'auteur du présent ouvrage ne peut échapper complétement à cette métho-
dologie; plus de 200 pages sont consacrées à la présentation des grandes di
sions systématiques, jusqu'à la classe ou l'ordre selon les cas, L'accent est porté
sur les structures et les fonctions plus que sur la diversité des formes; un grand
nombre de schémas simples, des photos suggestives, illustrent les particularités
morphologiques et les cycles de reproduction des espèces les plus représentatives.
Mais cet aspect descriptif n'est pas l'objectif principal de I. ROSS. Son propos
est avant tout de dégager les caractéristiques profondément originales du modèle
«champignon» qui s'expriment, modulées à l'infini, dans les différents types
morphologiques, les particularités structurales et fonctionnelles réalisées sous
nos yeux. Comme l'admettent aujourd'hui beaucoup de mycologues, il adopte
la classification en cinq règnes de WHITTAKER (1969), qui dégage l'autonomie
des Fungi par rapport aux végétaux; de plus, parmi les champignons au sens
large, il distingue les Gymnomyxa (Myxomycètes et groupes affines), issus
directement des Protistes, et les Pantonemomycota (Oomycétes et Hyphochy-
tridiomycétes) apparentés aux Algues vertes primitives.
Notons au passage que, bien que marginaux, les «Gymnomycétes» se voient
réserver deux chapitres importants, l'un descriptif, l'autre sur les mécanismes
de la morphogénèse, qui reflètent l'intérêt personnel de l'auteur et donnent
une image claire et expressive du groupe.
La deuxiéme section de l'ouvrage, intitulée «Développement et régulation»
aborde les problémes fondamentaux: comment «fonctionne» un champignon,
quelles particularités anatomiques, génétiques, biochimiques, propres à ce
modèle original d'organismes, conditionnent les formes et les cycles biologiques
décrits dans la première partie. Sous les rubriques : le thalle fongique; le dévelop-
pement végétatif et la multiplication; la sexualité: compatibilité, attraction,
régulation; la multicellularitė: ascocarpe et basidiocarpe, sont présentées, en
un raccourci extrémement dense, appuyé sur quelques cas bien documentés,
toutes les questions fondamentales que les progrés techniques de la microscopie
et de la biochimie ont permis récemment d'aborder, sinon de résoudre. Car,
Source : MNHN, Paris
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 263
l'auteur le souligne avec insistance, malgré des progrés rapides dans des domaines
limités et pour un nombre restreint d'organismes, les mycologues sont loin
d'appréhender dans leur intégralité et leur universalité les phénomènes qui
caractérisent la biologie propre au Champignon,
On retrouve cette même indétermination dans le chapitre le plus actuel de
la section consacrée aux rapports des champignons avec leur milieu biologique:
celui qui traite des mycovirus. Les autres chapitres sur la dispersion des spores,
la vie saprophytique, les relations parasitaires avec des végétaux ou des animaux,
et enfin les implications des champignons dans la vie et les activités humaines,
sont traités de facon plus succincte.
En résumé, nous avons apprécié l'ouvrage de 1. ROSS pour l'éclairage original
qu'il porte sur les activités vitales des champignons, considérés dans leur en-
semble, et non sous tel ou tel angle particulier intéressant les spécialistes; un
grand nombre d'informations dispersées dans de multiples publications ou déve-
loppées dans des ouvrages d'une moins large audience, sont ainsi offertes à la
réflexion du mycologue «tout venant». L'enthousiasme communicatif de l'au-
teur, qui stimule et renouvelle constamment l'intérêt, la clarté de l'exposé et
de l'illustration, font passer sur les inévitables fautes d'impression (sensibles
dans les références bibliographiques) et sur l'effort d'attention gu'impose la
lecture d'un texte aussi dense dans sa concision,
J. Nicot
LOVELOCK D.W. & GILBERT R.J., edit., 1975 — Microbial aspects of the
deterioration of materials. Soc. for Appl. Bacter. Techn. ser. n? 9, Academic
Press, London,
Bien qu’édité sous le patronage de la Société anglaise de Bactériologie appli-
quée, cet ouvrage collectif peut étre fort utile aux mycologues: les «microbes»
responsables de la détérioration de multiples matériaux sont trés souvent des
champignons, seuls ou en association avec des bactéries, actinomycètes et algues
microscopiques, C'est ainsi que le chapitre d'ouverture présente la liste des
moisissures les plus fréquemment associées à l'altération du cuir, de la pulpe
de bois, du papier, des textiles et peintures; une vingtaine d'espèces les plus
communes, parmi celles qui figurent dans les normes de qualification anglaises,
sont décrites et figurées. Les exposés suivants traitent de cas spécifiques de
biodétérioration de matériaux industriels, pour lesquels la documentation
est rare ou dispersée: métaux, laine, caoutchouc, produits pharmaceutiques;
d'autres évoquent des problèmes techniques d'actualité, tels l'altération des
revêtements de canalisations, ou celle des produits pétroliers, ou encore des
réservoirs de carburant pour l'aviation; un produit banal, le bois, est envisagé
dans un contexte particulier, celui des milieux aquatiques où les agents de
dégradation sont multiples: mollusques et crustacés, bactéries, champignons,
algues.
Tous ces chapitres sont décrits dans un souci évident d'information pratique;
ils apportent, non seulement les références fondamentales, mais aussi les tech-
Source : MNHN, Paris
264 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
niques d'étude, les milieux de culture, et parfois les mesures thérapeutiques,
qui permettent de mieux cerner les problèmes aigus de la détérioration de nos
bien de consommation par les microorganismes,
J. Nicot
INFORMATIONS
L'Institut Pasteur de Lyon organise, avec la collaboration des meilleurs
spécialistes français et étrangers, des enseignements de formation continue
ouverts aux médecins, pharmaciens, vétérinaires, ingénieurs, personnels tech-
niques, infirmiers, et de service et à toute personne qui désire acquérir des
connaissances spécialisées.
Certains de ces enseignements théoriques et pratiques sont accompagnés
de démonstrations et de fonctionnement d'appareillages et de visites d'entre-
prises. Il est possible de s'inscrire à un ou plusieurs modules. Nombre de places
limité. Renseignements, programmes détaillés et inscriptions :
INSTITUT PASTEUR DE LYON
77, rue Pasteur, 69365 Lyon Cedex 2
Tél.: (7) 872 35 09 - Poste 03 - Mme Connan
La «Mycological Society of America» celebrera le 50&me anniversaire de sa
fondation à l'Université d'Indiana (Bloomington, Indiana, USA) du 9 mai au
14 aoüt 1981. Le programme de cette réunion comprendra des conférences
et symposiums traitant du passé, du présent et de l’avenir de la mycologie,
La participation de mycologues du monde entier sera la bienvenue.
The Mycological Society of America will celebrate the 50th Anniversary
of its founding during August 9-14, 1981 at Indiana University, Bloomington,
Indiana, USA.
We anticipate that this Anniversary event will include addresses and symposia
dealing with the past, present and future of mycology and of our Society. We
would welcome contributions and attendance from our colleagues throughout
the world.
Jack D. Rogers
Chairman, Golden
EX Anniversary Commitee
MUSEUM] Mycological Society of America
„PARIS,
x
Commission paritaire 15-8-1980 N° 58611.
Dépôt légal n° 10713 - Imprimerie de Montligeon
Sorti des presses le 1* décembre 1980.
Source : MNHN, Paris
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Tome 2 1981
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Мо 2 (1942). Les matiéres colorantes des champignons, par 1.
Pastac. 88 pages : 15 F.
NO 3 (1943). Les constituants de la membrane chez les champignons
par R. Ulrich. 44 pages : 15 F.
NO 6 (1958). Essai biotaxonomique sur les Hydnės rėsupinės et les
Corticiés par J. Boidin. 390 pages, pl. et fig. : 70 F.
NO 7 (1959). Les champignons et nous (Chroniques) (II), par G.
Becker. 94 pages : 25 F.
NO 8 (1966). Catalogue de la Mycothèque de la Chaire de Crypto-
gamie du Muséum National d'Histoire Naturelle. (I) Micro-
mycétes, Macromycétes (premiére partie). 68 pages : 25 F.
NO 9 (1967). Table des Matiéres (1936-1965) 85 p. 20 F. - (1966-
1975) 40 p. 10 F.
N? 10 (1969). Le genre Panaeolus. Essai taxinomique et physiolo-
gique, par G.-M. Ola'h. 273 pages, pl. et fig. : 75 F.
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publiée sous la direction de M. Roger HEIM.
Tome 1. Les Lactario-Russulės, par Roger HEIM (1938) (épuisé).
Tome Il. Les Rhodophylles, par H. Romagnesi (1941), 164 pages,
46 fig. : 60 F.
Tome III. Les Mycénes, par Georges Métrod (1949). 144 pages,
88 fig. : 60 F.
Tome IV. Les Discomycètes de Madagascar, par Marcelle Le Gal
(1953). 465 pages, 172 fig. : 90 F.
Tome V. Les Urédinées, par Gilbert Bouriquet et J.P. Bassino
(1965). 180 pages, 97 fig., 4 pl. hors-texte : 60 F.
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12, rue de Buffon, 75005 PARIS, C.C.P. PARIS 6 193 02 K;
— par chéque bancaire établi au méme ordre.
Source : MNHN. Paris
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@ études électrophysiologiques @ cas particulier des transferts d'anions et de molécules
organiques @ localisation d'ions et aspects structuraux et moléculaires & intervention
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metabolic and other couplings, ATPases
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absorption of organic molécules
localization, molecular and structural aspect of the transfers
interference of the transmembrane transfers in other processes than absorption
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