LABORATOIRE DE CRYPTOGAMIE
MUSEUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
12 RUE DE BUFFON, 75005 PARIS
129
PUBLICATION TRIMESTRIELLE SUBVENTIONNEE PAR LEIGENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
SOMMAIRE
Marcelle LE GAL (1895-1979), par P.JOLY .................... 93
G. KILBERTUS, F. MANGENOT et D. RATKE. — L'altération des bois
d'œuvre de hêtre (Fagus silvatica L.) par Fusarium solani (Mart.) Sacc.
et Verticicladiella procera Kendrick...................... Ar Oe
H.J. BOESEWINKEL. — A note on the classification of Microsphaera
mnougeotii Lév..i eh ae e e ah . 105
B. PAPIEROK et J. COREMANS-PELSENEER. Contribution à l'étude
de Conidiobolus osmodes Dreschler (Zygomycètes Entomophthora-
ceae) agent occasionnel d’Épizooties chez les Pucerons me
SE EE SEL
R. CAILLEUX, A. DIOP, A.M. SLEZEC et P. JOLY. — чайын de la
fructification du Pleurotus eryngii en culture. ................. 119
L. GERRETTSON-CORNELL. — Notes on the morphology of some
isolates of Phytophthora from Australia, ..................... 139
A. PARGUEY-LEDUC & M.C. JANEX-FAVRE. — L'appareil apical de
deux Diatrypales : étude ultrastructurale. ...,,.......,....... 155
M.J. CHARPENTIÉ & St. MARAKIS. — La mycoflore des Caroubes,
Geräten td ee A ciue dern Mg utr QUERI EAS 165
C.V. SUBRAMANIAN & C. RAJENDRAN. — Developmental morpho-
logy of Ascomycetes. VI. Thermoascus aurantiacus. ............. 175
Les manuscrits doivent étre adressés à Madame M. F. ROQUEBERT, Laboratoire de
Cryptogamie, 12 rue de Buffon, 75005 Paris:
Source : MNHN. Paris
CRYPTOGAMIE
MYCOLOGIE
TOME 1 Fascicule 2. 1980
Ancienne Revue de Mycologie. Dirigée par Roger HEIM
COMITÉ DE LECTURE
MM. BOIDIN J. (Lyon), CAILLEUX В. (Paris), Mme CHARPENTIÉ M.J. (Paris),
MM. GAMS W. (Baarn, Hollande), JOLY P. (Paris), MANGENOT F. (Nancy),
MOUCHACCA |. (Paris), Mme NICOT 4, (Paris), M. PEGLER D.N. (Kew, G.B.), Mme
PERREAU J. (Paris), Mme ROQUEBERT M.F. (Paris), M. SUTTON B.C. (Kew, G.B.)
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION: Madame J. NICOT
ADMINISTRATION : Mme LOCQUIN-LINARD M. et M. ZAMBETTAKIS Ch
SECRÉTAIRE DE RÉDACTION: Mme M.F. ROQUEBERT. ÉDITEUR: A.D.A.C
Bibliothéque Centrale Muséum
DEAL
3 3001 00227790 2
Source : MNHN, Paris
BISLDU
jSEUM,
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PARIS
Copyright © 1980. Cryptogamie Mycologie
CRYPTOGAMIE
MYCOLOGIE
CONTENTS
(Tome I, Fasc. 2, 1980)
Marcelle LE GAL (1895-1979), by P.JOLY. «csse Кае 93
G. KILBERTUS, F. MANGENOT et D. RADTKE. — Alteration of
beech wood (Fagus silvatica) by Fusarium solani and Verticicladiella
a cb 97
H.J. BOESEWINKEL.
PA EE ee
B. PAPIEROK et J. COREMANS-PELSENEER. — Study on Conidiobolus
osmodes (Zygomycetes, о epizootic agent on
Macrosiphoniella oblonga c dese NU EU TS 1n
R. CAILLEUX, A. DIOP, A.M. SLEZEC and P. JOLY. — Fructification
variability of cultivated Pleurotus eryngii ls
L. GERRETTSON-CORNELL. — Notes on the el of some
isolates of Phytophthora from Australia. 5... nnn 139
A. PARGUEY-LEDUC & M.C. JANEX-FAVRE. — Apical apparatus of
two Diatrypales. An ultrastructural study. ...............:.::. 155
M.J. CHARPENTIÉ and St. MARAKIS. — Carob-beans mycoflora. . .... 165
C.V. SUBRAMANIAN & C. RAJENDRAN. — Developmental morpho-
logy of Ascomycetes. VI. Thermoascus aurantiacus. u... nn en. 175
Source : MNHN. Paris
Marcelle LE GAL
(1895 -1979)
Marcelle CHOQUART naquit à Amiens, le 14 février 1895. Ses études secon-
daires achevées en 1912, elle vint à Paris préparer une licence ès-Lettres qu'elle
achàve en 1915. Songeant d'abord à s'orienter vers une carriére d'enseignement,
elle part pour quelques années à New-York oà elle exerce dans une institution
privée et, en même temps, fréquente l'Université Columbia; elle y obtient le
titre de Master of Arts en 1920.
Elle revient alors en France mais ne souhaitant plus poursuivre dans cette
voie, accède sur concours à un poste de souschef de bureau au Ministère du
Commerce. Parmi ses nouveaux collègues se trouve Étienne LE GAL qu'elle
épousera en 1922.
Marcelle LE GAL abandonne peu après ses fonctions au Ministère. Elle colla-
bore aux travaux de linguistique auxquels s'adonne Étienne LE GAL et écrit
même, par amusement, quelques romans qu'elle ne prendra jamais au sérieux.
C'est seulement vers 1932 qu’elle s'oriente résolument vers la mycologie.
Très jeune, et à l'école de son père, Fernand CHOQUART qui était un bon
ste en même temps qu'un excellent dessinateur, elle s'intéresse vivement
natural
CRYPTOGAMIE MYCOLOGIE (Cryptog. mycol,) TOME 1 (1980).
Source : MNHN. Paris
94 Marcelle LE GAL
aux plantes, aux insectes et aux oiseaux, et ce goüt pour les choses de la nature
ne l'avait en réalité jamais complétement quittée lorsqu'un fait survient qui va
déterminer toute sa carrière : gourmet averti, Étienne LE GAL est pris par le
démon de la mycophagie et lentraîne cueillir des champignons dans les forêts
des alentours de Paris, Méfiante et redoutant de s'empoisonner, Marcelle LE
GAL s'adresse au Laboratoire de Cryptogamie du Muséum, d'abord pour faire
vérifier ses récoltes, puis pour apprendre à reconnaitre elle-méme les cham-
pignons.
Alors trés vite, son instinct de naturaliste ressurgit avec une vigueur nouvelle:
dès juin 1933, elle s'inscrit à la Société Mycologique de France, participe régu-
liérément à ses activités et, peu aprés, est invitée par Pierre ALLORGE à travail-
ler comme chercheur libre au Laboratoire de Cryptogamie du Muséum. Recrutée
par le Centre National de la Recherche Scientifique en 1944 comme chargée
de recherche, promue maitre de recherche en 1957, elle a réalisée toute son
ceuvre scientifique dans ce laboratoire du Muséum.
Avec l'acharnement patient et obstiné qui la caractérisait, et dont la minutie
avec laquelle elle réalisait ses dessins est le parfait reflet, Marcelle LE GAL va,
tout au long de sa carrière, centrer son activité de recherche sur le groupe des
Discomycétes.
Ne pouvant ici développer dans ses détails toute son oeuvre scientifique (1),
nous signalerons seulement, à titre d'exemple de son souci permanent d'une
observation fine et soignée, le travail sur les ornementations sporales des Discales
Operculées qui lui a permis de soutenir en 1944 sa thèse de Doctorat, travail
publié en 1947 et pour lequel l'Académie des Sciences lui attribua le Prix Mon-
tagne. La classification des Discales Operculées qu'elle propose alors, syntheti-
sant ses propres travaux avec ceux d'Émile BOUDIER et d'autres auteurs, sera
reprise sans changements notables par R.W.G. DENNIS en 1960 et en 1968 et,
si M. CHADEFAUD, en 1961, s'en écarte quelque peu, les propositions de
classification du groupe des Pezizales, faites par R. P. KORF en 1972 utiliseront
encore largement ses travaux.
Spécialiste des Discomycètes, ayant atteint une des plus hautes notoriétés
et appelée à siéger à la Commission Internationale de Nomenclature, Marcelle
LE GAL fut élue en 1954 présidente de la Société Mycologique de France,
étant la premiére femme et, jusqu'à ce jour, la seule à avoir occupé ces. fonc-
tions; de son cóté, la British Mycological Society l'a choisie comme vice-prési-
dente en 1962. Toutefois, si elle fut honorée de toute la communauté myco-
logique internationale, Marcelle LE GAL n'avait jamais été hantée par le désir
d'une carriére brillante : seul, le travail accompli avait de la valeur. C'est pour-
quoi elle s'y adonnait avec autant de rigueur, de patience et de minutie, n'hési-
tant pas, parfois, à venir chercher l'un d'entre nous et lui faire examiner une
préparation microscopique pour obtenir une confirmation de son interprétation.
(1) La liste des travaux de Marcelle LE GAL est publiée dans le Bulletin de la Société
Mycologique de France, t. 96, fase. 2 (1980).
Source - MNHN. Paris
Marcelle LE GAL. 95
Autant elle admettait volontiers l'erreur au cours des herborisations ou des
déterminations rapides, autant la crainte de l'erreur, au laboratoire, constituait
pour elle un spectre perpétuellement menagant et pouvait d'ailleurs, à l'occasion,
déclencher quelques réactions trés vives.
Il est regrettable, bien sûr, qu'elle n'ait pas formé d'élèves; elle ne l'a jamais
souhaité, préférant travailler seule. Non pas qu’elle se fut repliée sur elle-même
comme ses réactions, aisément bourrues, auraient pu le faire croire. Au contraire,
elle aimait la compagnie, accueillait toujours aimablement nos questions et se
liait facilement pour de longues conversations par ailleurs intéressantes et ins-
tructives car C'était une érudite, En réalité, je pense que la mycologie la passion-
nait et qu'il lui importait peu de passer du temps à former des élèves plutôt
qu'à l'utiliser pour son travai
Si son oeuvre fut essentiellement d'ordre morphologique, anatomique et
systématique, Marcelle LE GAL participa également à des travaux collectifs
de floristique comme en témoignent, par exemple, ses monographies régionales
sur les Discomycétes de Madagascar et de l'actuel Zaire, empreintes du méme
souci d'une étude aussi détaillée que possible de chaque matériel examiné.
Ce fut elle encore qui assura pendant longtemps le service de détermination
des champignons au Laboratoire de Cryptogamie du Muséum. Malgré ses plaintes
fréquentes sur la servitude que cela représentait, elle aimait un peu, au fond
Welle méme, ce contact avec les amateurs de champignons qui, certains lundis
matins, faisaient littéralement la queue derrière sa porte. S'ils parlaient un peu
fort, elle sortait vivement et menagait de les renvoyer, mais celui qui avait fran-
chi sa porte était accueilli très gentiment et patiemment : avec son soin habituel,
elle examinait successivement chaque échantillon en indiquant inlassablement
les principales caractéristiques à observer pour en déterminer l'espèce, s'attardait
sur un commentaire et s'assurait que son visiteur avait bien compris ses explica-
tions. Seuls, quelques-uns étaient moins bien reçus ; ceux quelle appelait les
«casseroleurs», simples mycophages qui, refusant l'effort, revenaient trop
souvent avec les mémes espéces sans les avoir reconnues.
L'expérience. qu'elle avait acquise, gräce A cette longue pratique, sur les
diverses erreurs et hésitations de ceux qui commencent à aborder la mycologie,
transparait d'ailleurs dans son ouvrage riche et original, les «Promenades myco-
logiques», publié en 1957 puis, sous une version révisée, en 1967.
Marcelle LE GAL avait entrepris une révision monographique du genre
Scutellinia qu'elle n'a malheureusement pas terminée, Lorsqu'elle prit sa retraite,
en 1960, consciente de l'énorme travail qu'il lui restait à accomplir, elle voulut
instamment étre déchargée de toutes autres tüches, en particulier du service
des déterminations, et s'y consacra entiérement. Elle y travailla encore une
douzaine d'années, accumula une somme considérable d'observations qu'elle
avait commencé à synthétiser lorsqu'en 1972, Étienne LE GAL disparut. N'ayant
pas d'enfants, ce dont elle avait toujours souffert, désorientée et sa vue commen-
kant à s'affaiblir, elle ne résista pas à cette épreuve : tout, pour elle, est soudain
devenu vain, hormis l'attente du jour où elle pourrait rejoindre dans la mort
Source -MNHN Paris.
96 Marcelle LE GAL
son compagnon d’un demi-siècle. Malgré les exhortations amicales et les tenta-
tives de réconfort, elle devait bientót se retirer définitivement à Amiens, n'em-
portant méme pas ses notes sur les Scutellinia ni la premiere rédaction partielle
de sa monographie, abandonnées dans son appartement de Paris où elle ne
revint plus. Elle décèdera à Amiens le 23 juin 1979, des suites d’une opération
de la cataracte.
Bien qu'elle ne nous ait pas livré la totalité de son oeuvre, Marcelle LE GAL
figure parmi ceux qui ont marqué d'une empreinte profonde la mycologie
du XXe siècle. Toutefois, sa personnalité était plus riche encore, Nous avons eu
l'occasion d'évoquer son érudition, fruit de ses études initiales d’une part, au
cours desquelles elle s'était particuliérement intéressée à l'histoire et à la géo-
graphie, puis de son étroite collaboration aux travaux d'Étienne LE GAL.
Mais en plus, malgré des apparences parfois un peu rudes, elle a toujours entre.
tenu au fond d'elle-même ce qui lui paraissait étre l'essentiel: sa profonde
affectivité féminine, En Marcelle LE GAL, ce n'est pas seulement la mycologue,
mais aussi l'érudite et, plus simplement, la femme dont nous déplorons la dispa.
rition.
Patrick Joly
Source : MNHN. Paris
97
L'ALTÉRATION DES BOIS D'OEUVRE DE HETRE
(FAGUS SILVATICA L.)
par Fusarium solani (Mart) Sacc. et Verticicladiella procera Kendrick
par G. KILBERTUS, F. MANGENOT, D. RADTKE*
RESUME, L'altération du bois de hétre par Fusarium solani et Verticicladiella procera
à été étudiée en microscopie électronique durant 4 semaines. Les mécanismes et les possi
bilités de biodégradation des hyphes sont déjà évidents après cette période. L'action de
V. procera se traduit essentiellement par une érosion de la surface interne des parois végé
tales, les passages de cellule à cellule se faisant par les ponctuations. F. solani est capable
en plus de perforer les parois et d'utiliser rapidement la couche Sp de ces dernières:
SUMMARY. Alteration of beech wood by Fusarium solani and Verticicladiella procera
was studied with electron microscopy for 4 weeks. Mechanisms for, and potentials of bio
degradation were evident even after this short incubation time, И. procera mainly eroded
the internal surface of cell walls; the hyphae passed from cell to cell by pits. F. solani was
able to perforate walls and to use the Sp layer.
INTRODUCTION
L'envahissement parfois rapide des bois d'eeuvre, par les microorganismes,
est en partie lié au manque de concurrents normalement présents dans
les conditions naturelles. La dégradation, en l'absence de chaines trophiques
et d'action conjuguée des germes, se traduit alors par des altérations plus ou
moins caractéristiques en fonction du champignon lignivore considéré et de la
nature du substrat envahi.
+ Université de Nancy 1. Centre de 2e Cycle, Laboratoire de Botanique et de Microbiologie,
Case Officielle n° 140, 54037 Nancy Cedex.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog. Mycol.) TOME 1 (1980).
Source : MNHN. Paris
98 KILBERTUS, F. MANGENOT, D. RADTKE
Ces modifications provoquées par l'action hyphale ne se traduisent pas seule-
ment par la métabolisation du tissu ligneux, mais également par une diminution
de la valeur marchande du produit, par suite de l'altération de la teinte par
exemple. C'est pourquoi il est trés important de connaftre les modalités d'at-
taque du bois par les microorganismes, en particulier au cours des tous premiers
stades, de facon à pouvoir les contróler ou les éviter par la suite.
Dans la présente étude, nous allons étudier en microscopie électronique
l’altération du bois d'œuvre de hêtre, sous l'influence de deux ascomycétes :
Fusarium solani et Verticicladiella procera.
MATÉRIEL ET MÉTHODES
1) Préparation des buchettes (voir schéma a)
Les buchettes de 5cm de long sur 0,8cm de large et 0,5 cm de haut, ont
été fabriquées à partir d'une planche de hêtre (Fagus silvatica L.) provenant
de la forét d'Amance (54 France).
&.Echantillon expérimental :
T O5cm Buchette
E =
5 cm
b,Methode d'incubation : 1. Buchette
2. Milieu de culture
3. Fiole de Roux
4. Coton
Source : MNHN. Paris
L'ALTÉRATION DES BOIS D'OEUVRE DE HETRE 99
2) Incubation (voir schéma b)
Deux champignons, Fusarium solani (Mart.) Sac. et Verticicladiella procera
Kendrick, sont cultivés en fioles de Roux, sur milieu malt-gélosé (15g de malt,
15g de gélose pour un litre d'eau). Lorsque le champignon a envahi uniformé-
ment la surface du milieu, on introduit aseptiquement 5 buchettes stériles par
fiole. Les durées d'incubation, à 20"C, sont respectivement de 2 et 4 semaines.
3) Études en microscopie électronique
a) Microscopie électronique à balayage
Des cubes de 0,5 cm de côté, sont préparés à partir des buchettes attaquées.
La face transversale est affinée au microtome à congélation. Les échantillons
sont ensuite fixés au glutaraldéhyde à 2% et au permanganate de potassium
à 2%. Ils sont ensuite déshydratés à l'acétone, desséchés au point critique
puis métallisés à l'or palladium,
b) Microscopie électronique à transmission
Des écailles de buchettes, prélevées dans les parties en contact avec le mycé-
lium, sont fixées sous vide à l'OsO4 à 275 durant deux heures. Aprés inclusion
dans l'épon, les coupes fines obtenues sont contrastées au citrate de plomb
(REYNOLDS, 1963).
RÉSULTATS
Les cubes témoins montrent une face transversale A, présentant de nombreux
vaisseaux et des coupes longitudinales B avec des rayons multisériés C et uni-
series D (fig. 1). Les ponctuations lenticulaires sont également trés fréquentes
(fig. 2). Ces nombreux orifices constituent autant de points de pénétration
potentiels des mycéliums dans la mesure où les conditions climatiques ambiantes
sont favorables. Le faible diamètre de ces cavités permet en outre la persistance
de tensions élevées en eau, particulièrement propices au développement des
champignons.
1) Fusarium solani
Aprés deux semaines de contact, ce champignon a colonisé les lumiéres
cellulaires des éléments ligneux (fig. 4 et 5). Durant cette méme période, il
perfore les parois en émettant des expansions latérales au niveau de la couche
So (fig. 3). Cette image semble témoigner d'une action mécanique, avec écarte-
ment des différentes couches, Déjà en 1955, MEIER avait signalé que cette
partie $5 de la paroi des tissus ligneux des feuillus était attaquée en priorité,
la dégradation se propageant vers la lamelle moyenne.
La traversée des parois peut également se réaliser selon un processus compa-
rable à celui observable sur la figure 6. L'activité enzymatique se situe à la partie
antérieure de l'hyphe, comme le prouvent les modifications ultrastructurales
constatées à ce niveau. D'autre part le diamétre de l'hyphe, initialement compris
entre 4 et 5um, passe à lum dans la zone perforée. Des modifications sem-
Source : MNHN. Paris
100 G. KILBERTUS, F. MANGENOT, D. RADTKE
blables ont été notées par BAYLISS (1908), NUTMANN (1929) et MEIER
(1955). UNLIGIL et CHAFE (1974) (étude réalisée au cours de la dégradation
du bois de Picea glauca par une pourriture molle) et MAC DONALD et MAC
NABB (1971) (traversée des parois de Ulmus carpinifolia par Ceratocystis
ulmi) ont présenté des images comparables en microscopie électronique,
Après 4 semaines d'incubation, on peut voir des altérations particulières
(fig. 7). La surface interne de la paroi devient irrégulière et se charge plus ou
moins d'éléments sphériques denses aux électrons. Dans le cas de la fig. 7, on
peut en outre observer des cloisons typiques d'ascomycétes, le pore central
étant obturé par un corps de Woronine, Enfin, la surface de l’hyphe est fréquem-
ment recouverte par des expansions fibrillaires (fig. 8 et 9).
2) Verticicladiella procera
Comme dans le cas précédent, aprés deux semaines d'incubation, le plan
ligneux est parcouru par le mycélium, mais l'invasion est plus importante (fig. 10).
Aprés quatre semaines, on rencontre fréquemment des hyphes au contact
des ponctuations (fig. 13), principales voies de passage des hyphes d'une cellule
à l'autre. Les effets de l'attaque se traduisent par une érosion de la surface
interne de la paroi végétale (fig. 11), la partie superficielle de cette dernière
devenant souvent dense aux électrons (RADTKE, 1979). À ce stade, le cyto-
plasme du champignon est dense et les différents organites intracellulaires sont
reconnaissables. L'émission de petits granules de mélanine est également consta-
tée en surface de l'hyphe (fig. 11 et 13).
Aprés cette période d'incubation, le cytoplasme a tendance à s'éclaircir.
CONCLUSIONS
Incubées dans les mémes conditions, les deux espéces fongiques utilisées
présentent un comportement différent :
- Fusarium solani, après pénétration dans le substrat, érode activement les
surfaces internes des parois végétales, au cours du cheminement des hyphes
dans les cellules, Mais cette espèce est également capable de perforer les parois
et d'utiliser rapidement la couche S2.
- Verticicladiella procera semble se déplacer préférentiellement dans la
lumiére des cellules, les passages entre ces derniéres s'effectuant par l'intermé-
diaire des ponctuations. Son activité lytique se traduit également par une érosion
de la surface interne des parois végétales.
Tous les mécanismes et possibilités de biodégradation des hyphes sont déjà
évidents après quatre semaines d'incubation. Les essais que nous avons effectués
après huit semaines (RADTKE, 1979), n’ont fait que confirmer nos premières
observations. Les modifications ultérieures ne concernent plus que l'intensité
de la pénétration du mycélium dans le bois, les modalités d’alteration restant
les mémes.
Source - MNHN. Paris
L'ALTÉRATION DES BOIS D'OEUVRE DE HETRE 101
L’observation en microscopie électronique constitue donc une technique
relativement rapide pour mettre en évidence, non seulement le potentiel enzy-
matique des souches testées, mais également leur comportement vis-a-vis des
substances protectrices, ce qui fera l'objet de nos prochaines expériences.
Nous exprimons nos remerciements à Mr M. MORELET du Laboratoire de Pathologie
forestiére du CNRF de Champenoux, qui nous a fourni les souches fongiques.
BIBLIOGRAPHIE
BAYLISS J.S., 1908 — The biology of Polystictus versicolor Fries . J. Ec. Biol. 3 :1-24.
MAC DONALD W, et MAC NABB J.R., 1970 — Fine structural observations of the growth
of Ceratocystis ulmi in Elm xylem tissue. Bio Science 20 : 19.
MEIER H., 1955 — Uber den Zellwandabbau durch Holzvermarschungspilze und die Sub-
mikroskopischestruktur von Fichtentracheiden und Birkenholzfasern. Holz als Roh
als und Werk, Heft 9.
NUTMAN F.]. 1929 — Studies on wood-destroying Fungi. 1. Polyporus hispidus Fr.
Ann. Appl. Biol. 16 : 40-64.
RADTKE D., 1979 — Décomposition du bois de Pin et de Hétre par des champignons
lignicoles. Standardisation d'une méthode d'étude. DEA Université de Nancy I, 70 p.
REYNOLDS E.S., 1963 — The use of lead citrate at high pH as an electron optique stain
in electron microscopy. J. Cell Biol. 17 :171-191,
UNLIGIL H.H. et CHAFE S.C., 1974 — Perforation hyphae of soft rot fungi in wood of
white spruce (Picea glauca (Moench.) Voss.). Wood Science and Technology, New
York 8 : 27.32.
LÉGENDES DES PLANCHES (Les échelles sont données en Jim)
РІ. 1. — 1: Cube de hêtre montrant la face transversale A, la coupe longitudinale B, les
rayons multisériés C et unisériés D. 2: Ponctuations lenticulaires dans un vaisseau de hêtre.
3: Perforation et écartement mécanique des différentes couches de la paroi cellulaire de
hêtre par les expansions émises par I'hyphe de Fusarium solani, Incubation : 2 semaines. 4:
Mycélium de Fusarium solani dans les vaisseaux de hétre. Incubation: 2 semaines. 5: Mycé-
lium de Fusarium solani cheminant dans la lumière des cellules de hêtre. Incubation: 2 semaines.
PL. IL. — 6: Perforation d’une paroi de cellule de hétre avec amincissement de l'hyphe de
Fusarium solani, Incubation: 2 semaines. 7: Mycélium de Fusarium solani au contact d'une
paroi de cellule de hêtre, La cloison de l'hyphe avec ses corps de Woronine est caractéristi-
que des ascomycétes. Erosion de la paroi, Incubation: 4 semaines. 8: Hyphes se développant
à proximité d'une ponctuation. Apparition de substances denses aux électrons à la surface
interne de la cellule de hêtre et autour de Phyphe de Fusarium solani, Incubation: 4 semaines.
9: Hyphe de Fusarium solani contenue dans une fissure provoquée par l'écartement des
cellules de hêtre. Incubation : 4 semaines.
Pl, III, ~ 10: Hyphes de Verticicladiella procera dans la lumiére des vaisseaux et des
fibres de hétre, Incubation: 2 semaines. 11; Hyphes de Verticicladiella procera à la surface
interne de la paroi cellulaire de hêtre. Erosion de cette surface. Incubation: 2 semaines. 12:
Hyphe de Verticicladiella procera dans la lumière d’une cellule de hétre, Le cytoplasme s'est
éclairci et la paroi, dense aux électrons, libère des granules de mélanine. Incubation: 8 se-
maines. 13: Mycelium de Verticicladiella procera à proximité d’une ponctuation de bois de
hêtre, Le protoplasme est dense. Incubation : 4 semaines.
Source - MNHN. Paris
Source : MNHN, Paris
Planche II
Source - MNHN. Paris
Planche III
Source : MNHN. Paris
105
A NOTE ON THE CLASSIFICATION OF
MICROSPHAERA MOUGEOTII LÉV.
par H.J. BOESEWINKEL*
SUMMARY. — A study of the conidial state of powdery mildew of Lycium chinense in
New Zealand indicates that it cannot be classified in Microsphaera as in common practice
but that it belongs in Erysiphe. A study of the type material in Paris, which includes both
the imperfect and the perfect state, confirms that the New Zealand collection is identical
with Microsphaera mougeotii and confirms DE BARY’s statement that LEVEILLE did not
provide an adequate drawing of the perithecia. The characteristics of the perithecial appen-
dages and two-spored asci do not belong in Microsphaera but fit Erysiphe. There is no need
to create a new genus to accommodate this powdery mildew on Lycium and until further
progress has been made with the classification of Erysiphaceae this species should be called
Е. mougeotii (Lév.) de By.
RÉSUMÉ. — L'étude des stades imparfaits et parfaits du type de Microsphaera mougeotii
Lev. du Muséum National d'Histoire Naturelle, Paris, confirme que la collection néo-zélan
daise sur Lycium chinense représente le stade conidien de M. mougeotii. Cette étude con-
firme aussi l'opinion de DE BARY selon laquelle le dessin des périthèces, par LEVEILLE,
est totalement insuffisant. Les caractéristiques du stade parfait, surtout des fulcres nom-
breux et des asques bispores, font appartenir l'échantillon plutôt au genre Erysiphe qu'au
genre Microsphaera.
L'étude du stade conidien en Nouvelle-Zélande montre que sa classification habituelle
dans le genre Microsphaëra n'est pas appropriée en raison de la production de conidies
en chaînes et de la présence de suçoirs arrondis, non lobés. Cependant, ces caractéristiques
sont conformes au genre Erysiphe. Comme les deux stades, parfaits et imparfaits, appar-
tiennent au genre Erysiphe, la création récente du genre Arfhrocladiella pour l'espéce sur
Lycium est inutile. Confirmant l'opinion de DE BARY, l'auteur conserve pour cette espèce
cosmopolite, le nom de E. mougeotii (Lév.) de Ву.
* Plant Health Diagnostic Station, Mt Albert Research Centre, Private Bag, Auckland,
New Zealand.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog. Mycol.) TOME1 (1980).
Source : MNHN. Paris
106 H.J. BOESEWINKEL
INTRODUCTION
The name Microsphaera mougeotii Lév. is frequently applied to a species of
powdery mildew on Lycium barbarum L., L. europaeum L, (LÉVEILLÉ, 1851),
L. ovatum Poir., L. ruthenicum Murr. (SALMON, 1900), L. chinense Mill.
(YEN and WANG, 1973) and L, rhombifolium (BLUMER, 1933, 1967). Its
classification within Microsphaera is not justified as it is based only on the charac-
teristics of the perithecial appendages which are not at all typical of that genus.
SALMON (1900) remarked that M. mougeotii differed from all other species
of the genus Microsphaera in the densely crowded, widely branched appendages
and the possession of two-spored asci. GOLOVIN (1956) placed the fungus
in Arthrocladia and mentioned that the appendages were branched regularly
with septa at the nodes reminiscent of Penicillium or Cladophora conidiophores.
VASSILKOV (1960) considered that the appendages were articulate and so
different from Microsphaera that he proposed the new genus Arthrocladiella
with the only species A. lycii (Lasch) Vassilk. In 1963 VASSILKOV changed
the name into A. mougeotii (Lév.) Vassilk, VASSILKOV did not describe
or illustrate the conidial state or the appendages which, according to DE BARY
(1870), are more densely crowded than on the illustration by LEVEILLE in
1851. Classification of Erysiphaceae is based on the morphology of the perithe-
cia and those of M. mougeotii, which were frequently found before the time
of DE BARY, have been rare during the last 100 years (DE BARY, 1870;
BLUMER, 1967). However, DE BARY (1870) noted that this species on Ly-
cium, which he referred to as Erysiphe mougeotii, can be recognised by the
well developed mycelium, the typically unlobed appressoria and the short
cylindrical conidia, While many plants are host to several species of powdery
mildew of which the imperfect states have been confused because their charac-
teristics are not well known, it is difficult to mistake E. mougeotii which is
well characterised by the features mentioned by DE BARY.
Although Lycium can be infected also by M. diffusa Cooke & Peck (SAL-
MON, 1900) and Sphaerotheca pannosa (Wallr, ex Schlecht.) Lév. (Anonymous,
1960), their imperfect states are different, M. diffusa has lobed appressoria
and larger, singly produced conidia whereas S. pannosa has longer chains of
ovoid conidia which contain conspicuous fibrosin bodies.
RESULTS AND DISCUSSION
The imperfect conidial state on Lycium chinense in New Zealand (fig. 1)
possesses the characteristics described and illustrated by DE BARY (BOESE-
WINKEL, 1979). The dense, white, amphigenous mycelium produces numerous
unlobed, nipple-shaped, appressoria of 5-7um wide. The conidiophores of
55-125 x 7.5-12um produce conidia of a characteristic shape and size in long
or short chains. The conidia are oblong-cylindric with nearly flattened ends,
less frequently ovoid or barrel-shaped, and measure (20-) 27.5 (-38) x (10-)13.7
Source : MNHN. Paris
MICROSPHAERA MOUGEOTII 107
Fig. 1. — Conidiophore of È. mougeotii on Lycium chinense in New Zealand, x 600.
(-19)um. No conspicuous fibrosin bodies are present but occasionally granular
bodies up to lum diameter can be observed. Germ tubes are produced at the
ends, less frequently at the sides of conidia and terminate in an unlobed appres-
sorium. There have been few illustrations or descriptions of the imperfect
state since DE BARY (1870). FOEX (1925) studied 3-5 celled conidiophores
and conidial germination on L. barbarum in France. HOMMA (1937) remarked
that the numerous collections on L. chinense in Japan produced conidia in
perfect chains, according to which the fungus belonged in Erysiphe rather
than in Microsphaera. JORSTAD (1962) mentioned that on L. europaeum in
the Canarian Islands the conidia are produced in a chain and the same obser-
vation was made on L. chinense in Formosa (YEN and WANG, 1973). To
remove any doubt whether the imperfect state in New Zealand belongs to M.
mougeotii Lév. and to verify DE BARY's statement that LEVEILLE provided
an inadequate illustration, I studied the type material on L. europaeum L.
which LEVEILLE collected in 1848 in Vaugirard, France and which is held
in Paris. Furthermore | examined a range of samples from France and Germany
identified by DE BARY, MAGNUS, TULASNE, HARIOT and others. The
perithecial characteristics of the type were in good condition and not entirely
like the illustration given by LÉVEILLÉ (1851) but in agreement with the
Source : MNHN. Paris
108 H.J. BOESEWINKEL
description by DE BARY (1870) and nearly like the illustration by BLUMER
(1933) (fig. 2). The perithecia are globose with a flattened base, 100-160um
wide and 100-110um high. The outer cells of the perithecial wall are 10-15um
wide. From the upper half of the perithecia 50 or more appendages arise which
1504
B
Fig. 2. — A: Perithecia drawn from the type; B: after LÉVEILLÉ.
are septate at the base, hyaline, thin-walled and 1-3, rarely 4 times dichotomous-
ly branched at about half way their length. For some unexplained reason,
LEVEILLE drew only 12 appendages. Their width was found to be greater
than suggested by the illustration of BLUMER as they are 5-7.5um wide with
occasional swollen areas of 7-8.7um wide (fig. 3). The perithecia contain about
50).
B A
| 2
Fig. 3. — A: Appendages drawn from the type; B: after LEVEILLE.
Source : MNHN, Paris
MICROSPHAERA MOUGEOTII 109
12-20 asci which produce 2 ascospores. The conidial state of the type was in
good condition and possessed mycelial cells of (25-) 37-50um long with unlobed
nipple-shaped appressoria, conidiophores producing conidia in long or short
chains and characteristic cylindrical conidia of 20-35 x 10-12.5um. These
typically shaped conidiophores of the type are identical to those present in
New Zealand (fig. 1) but cannot be recognised from the illustrations by FOEX
(1925) and YEN and WANG (1973). It is obviously difficult to draw the subtle
morphological features of the imperfect state.
According to the characteristics of the perfect state the species on Lycium
apparently does not belong in the genus Microsphaera where perithecia usually
contain fewer than 12 asci, more than 2 ascospores and where the not very
numerous appendages are branched, and often typically broadened near the tip.
The characteristics of the perfect state of M. mougeotii occur, however, in the
genus Erysiphe.
Although usually only the perfect state is used in classification of powdery
mildews, tlie imperfect states of typical representatives of a genus often have
characteristics in common which may be help in identification. Lobed appres-
soria and singly produced conidia are characteristics commonly found in species
of Microspliaera (BOESEWINKEL, 1976). As the appressoria of M. mougeotii
are never lobed (DE BARY, 1870; YEN & WANG, 1973) and the conidia
often formed in long chains (YEN & WANG, 1973) it also differs in this res-
pect from species of Microsphaera but is similar to several species of Erysiphe.
According to the characteristics of both the imperfect and perfect states, pow-
dery mildew of Lycium should be placed in Erysiphe, the appropriate name
being :
Erysiphe mougeotii (Lév.) de By, Abh. Senckenb. naturf. Ges. 7: 412, 1870.
Erysiphe lycii Lasch, Klotzsch Herb. myc. 950, 1846 (nomen nudum).
= Microsphaera mougeotii Lév., Ann. Sci. Nat., bot. 3 ser., 15: 158 and 381, 1851.
Podosphaera mougeotii (Lév.) Quél., Champ. Jur. Vosg. 3: 106, 1875.
= Microsphaera lycii (Lasch) Sace. & Roum., Michelia 2: 310, 1881.
= Arthrocladia lycii (Lasch) Golov., Pl. crypt. 10: 310, 1956.
Arthrocladiella mougeotii (Lév.) Vassilk., Bot. mater. otd. spor. rast. 16:
112, 1963.
ACKNOWLEDGEMENTS
Thanks are due to the curator of the Muséum National d'Histoire Naturelle, Paris, for
providing the type specimen and other collections; and to the curator of the Botanischen
Museum, Berlin Dahlem, for additional samples of E. mougeotii
Source : MNHN. Paris
110 H.J. BOESEWINKEL
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Source : MNHN Paris
111
Contribution à l'étude de CONIDIOBOLUS OSMODES Dreschler
(Zygomycétes ENTOMOPHTHORACEAE) agent occasionnel
d'Epizooties chez les Pucerons (Homoptéres APHIDIDAE)
par B. PAPIEROK* et J. COREMANS-PELSENEER**
RÉSUMÉ. — L'Entomophthorale Conidiobolus osmodes a été trouvée responsable d'une
épizootie dans une population du Puceron Macrosiphoniella oblonga évoluant sur Chry-
santhéme cultivé, sous tunnel de film plastique. Une des souches de ce champignon isolées
du sol quatre mois aprés la disparition des pucerons se révèle particulièrement entomo-
pathogéne au laboratoire.
SUMMARY. — The fungus Conidiobolus osmodes (Zygomycetes Entomophthoraceae)
caused an epizootic in a population of Macrosiphoniella oblonga on chrysanthemums
in a polythene tunnel. One of the strains of this fungus isolated from the soil four months
later is pathogenic for insects in the laboratory.
Isolé à l'origine de plantes en décomposition (1954), le champignon Zygo-
mycète Conidiobolus osmodes Dreschler a été retrouvé dans le sol : échantillon
de terre du littoral de la Somme, France, échantillons de terre provenant de
champs cultivés à Milmort et Villiers-PÉvéque, Belgique (COREMANS-PELSE-
NEER, 1978).
De plus, C. osmodes a été isolé, à plusieurs reprises, d'Homoptéres Aphididae
en France, Les essais d'infection expérimentale réalisés alors sur les Aphides
Sitobion avenae F. et Myzus persicae Sulz. donnèrent une mortalité par mycose
de l'ordre de 1%, confirmant ainsi l'existence d'un pouvoir entomopathogéne
* Unité de Lutte biologique contre les Insectes, Institut Pasteur, 25 rue du Dr. Roux,
F 75724 Paris Cedex 15.
** Laboratoire de Parasitologie, Faculté de Médecine, Université libre de Bruxelles, 115,
boulevard de Waterloo, B 1000 Bruxelles.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog. mycol.) TOME 1 (1980).
Source : MNHN, Paris
112 B.PAPIEROK & J. COREMANS-PELSENEER
chez ce champignon (REMAUDIERE et al., 1976b). Par la suite des taux de
mycose allant jusqu'à 20% étaient obtenus chez les Pucerons Metopolophium
dirhodum Wlk. soumis à l'infection.
La découverte sur Chrysanthème cultivé (Chrysanthemum indicum), en
novembre 1976, d’un grand nombre d'individus de Macrosiphoniella oblonga
Mordv. (Homoptéres Aphididae) tués par C. osmodes nous a amenés à préciser
les caractéristiques de la mycose et à rechercher le champignon dans le sol
une fois l'insecte-hóte disparu.
OBSERVATIONS ET RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX
1. Caractéristiques de l'épizootie à Comidiobolus osmodes
Les observations ont été réalisées en 1976 à Dechy (Nord) dans une parcelle
de chrysanthèmes cultivés de 7,50m de longueur sur 4,60m de largeur. Les
plants avaient été repiqués en pleine terre début mai et, dès la fin septembre,
un film plastique avait été tendu à une hauteur de 1 m au-dessus de la parcelle
afin de protéger les plants du vent et des premières gelées. En cas de beau temps,
le film plastique était óté dans le courant de la matinée et replacé en fin d'aprés-
midi,
Au mois d'octobre, une forte pullulation de Macrosiphoniella oblonga est
constatée sur les chrysanthémes. M. oblonga étant inféodée à Artemisia vulgaris,
sa présence sur C. indicum est tout à fait exceptionnelle, d'autant plus qu'aucun
plant d'armoise n'a été observé aux alentours de la parcelle, On pourrait trouver
sur C. indicum une espéce voisine, Macrosiphoniella persequens Wlk., qui vit
normalement sur Chrysanthemum (Tanacetum) vulgare.
Le ler novembre, on remarque de nombreux cadavres de M. oblonga fixés
par le rostre, le plus souvent à la face inférieure des feuilles. Tous présentent
les caractéristiques. d'une mycose à Entomophthorale. Certains spécimens,
de couleur brun grisâtre, sont desséchés mais la majorité, d'une couleur brun
brillant et ayant conservé leur forme, semblent de mort récente. Aucun rhizoide
n'est observé,
A l'intérieur des pucerons morts, on note la présence de nombreuses spores
de résistance à paroi très épaisse avec l'épispore finement cannelée ondulée
(diamètre moyen: 26um; extrêmes : 19,2-33,6um) (fig. 1). Des corps hyphaux
sont également observés dans certains cadavres, À la surface des pucerons frat-
chement tués, placés sur de la cellulose mouillée, apparaissent au bout de quel.
ques heures des conidiophores donnant naissance à des conidies piriformes
avec une papille basale arrondie (diamètre moyen: 25um: extrêmes, 16,0-
35,2um) (fig. 2). Les souches fongiques isolées suivant la technique décrite
par REMAUDIERE et al. (19762) poussent rapidement, plissent fortement le
milieu et exhalent une odeur caractéristique. L'agent pathogène est identifié
comme étant Conidiobolus osmodes.
A la mi-novembre, la population de M. oblonga a pratiquement disparu;
Source : MNHN, Paris
CONIDIOBOLUS OSMODES 113
Fig. 1. - Spores de résistance de Conidiobolus osmodes Dreschler. = Рів. 2. - Conidies de
C. osmodes. — Fig. 3. - Chenille saine de Galleria mellonella. — Fig. 4. - Aspect de la
chenille de G. mellonella 12h après l'infection par C. osmodes
seuls subsistent les œufs pondus par les femelles ovipares épargnées par le cham
pignon. À ce propos, on peut remarquer qu'à l'intérieur des femelles ovipares
d'Aphides tuées par une Entomophthorale, les œufs ne sont pas envahis par le
mycélium,
2. Isolement de Conidiobolus osmodes à partir du sol
La méthode d'isolement d'Entomophthorales à partir d'échantillons de sol a
déjà été décrite dans le cas de Basidiobolus Eidam (COREMANS PELSENEER,
introduite : la température d’incuba
1974). Une modification a cependant
tion des boîtes de Pétri est de 16°C au lieu de 25°C. Les contróles sont effectués
4. 7,14 et 21 jours aprés l'ensemencement.
La méthode a été appliquée à plusieurs séries d'échantillons de sols prélevés
ce : MNHN. Paris
114 B.PAPIEROK & J. COREMANS-PELSENEER
à différentes reprises après la disparition des pucerons : 19 échantillons prélevés
au total en février 1977 (dont 7 à l'extérieur de la parcelle), 8 en aoüt et dé-
cembre 1977 ainsi qu'en mai 1978 (dont 2 à l'extérieur de la parcelle).
Les résultats d'ensemble sont donnés dans le tableau I. Ils révèlent 4 mois
après l'épizootie la présence de C. osmodes dans 3 emplacements à l'intérieur
de la parcelle. Par la suite cette Entomophthorale n'a plus été retrouvée.
Tableau I
Isolement d'Entomophthorales à partir d'échantillons de sol prélevés à l'intérieur et à
l'extérieur d'une parcelle couverte ayant supporté des chrysanthémes cultivés sur lesquels
une population de Macrosiphoniella oblonga avait été décimée par Conidiobolus osmodes
en novembre 1976. (Dechy, Nord).
Date du
Eege Intérieur de la si Extérieur de la serre
et nombre de ДАН
boites de Pétri
ensemencée w Entomophthorales
par échantillon d'échantillons
5 Conidicbolus spp|
février 1977 12 1 1 Entomophthora?sn]
13 boîtes
6 2
décembre 1977
e 6 2 Conidiobolus
4 boîtes 2 eniafobolus spp,
mars 1978
6 2 Conidioholus s
20 bo: 2 Conidiobolus spp
B. ranarum = Basidiobolus ranarum Eid.
3. Infection experimentale d’Insectes avec les souches de Conidiobolus osmodes
isolées du sol.
L'action pathogéne des 3 souches de C. osmodes isolées du sol (No 1048,
1049 et 1050 de la mycothéque de l'Unité de Lutte biologique contre les In-
sectes de l’Institut Pasteur de Paris*) a été recherchée vis-à-vis du Puceron
Acyrthosiphon pisum Harr. et vis-à-vis des chenilles de Galleria mellonella L.
(Lépidoptères Pyralididae). Les deux souches No 1049 et 1050 produisant très
* Respectivement No 3150, 3156 et 3153 de la mycothéque du Laboratoire de Parasito-
logie de l'Université libre de Bruxelles.
Source : MNHN, Paris
CONIDIOBOLUS OSMODES 115
peu de conidies dans nos conditions expérimentales, les résultats donnés ci-
dessous ne concernent que la souche No 1048.
La méthode d'estimation du pouvoir pathogène vis-à-vis de A. pisum (clone
B) a été décrite récemment (PAPIEROK et WILDING, 1979). Les essais d'in-
fection ont été réalisés simultanément avec une souche de Entomophthora
obscura Hall et Dunn (No 542) sur des adultes ailés, 4 fois 5 lots de 10 pucerons
étant exposés au flux des conidies émises par des cultures durant respectivement
5, 20, 80 et 320 mn. Conidiobolus osmodes se révèle particulièrement virulent
à l'égard de A. pisum; la CL 50 est de 12,8 conidies/mm? (68,2 conidies/mm2
dans le cas de E. obscura; tableau II). La mortalité est effective dès la fin du
‘jour des pucerons en atmosphère saturée, c’est-à-dire 29 h 20 mn après le début
de l'exposition aux conidies. Au moment de la mort, le puceron conserve sa
forme et sa couleur et il n'héberge pas encore de corps hyphaux. Nous n'avons
noté aucune formation de rhizoïde. Le développement du champignon dans
l'hôte a lieu post mortem, il est également limité à la tête et au thorax.
Tableau H
oncentrations létales 50 (CL 50) d'une souche de Conidiobolus osmodes (No 1048)
du sol et d'une souche de Entomophthora obscura (No 542) vis-à-vis de Acyrtho.
siphon pisum
cu s0 1 Le 2 degrés | pente | ue
sini conidies/en? | de confiance = E жоне Care
(aver une. proba Liberté
piaite ae 35
‘an idisbolua cao 12,8 22- 18 лаг 9,17
60,2 23, D 1,96 0,22
au point 34, XË = 20,9 avec 18 degrés de Liberté.
Sur les chenilles de G. mellonella soumises à l'infection par les conidies de
C. osmodes selon la technique de KREJZOVA (1971), on note au bout de
quelques heures l'apparition de taches de mélanisation trés nombreuses et trés
intenses (fig. 3 et 4). Les chenilles infectées meurent en 24 h à 48 h. Au moment
de la mort, comme dans le cas de l'infection de A. pisum, on n'observe prati-
quement pas de développement mycélien à l'intérieur de l'insecte. Les cadavres
noircissent rapidement, se desséchent pour former finalement un «sclérote»
colonisé par le champignon. Jusqu'à présent l'étude du pouvoir pathogène
sur G. mellonella n'a pas été abordée au plan quantitatif.
DISCUSSION ET CONCLUSION
Conidiobolus osmodes, espèce originellement décrite comme saprophyte
mais dont REMAUDIERE et al. (1976 b) ont mis en évidence l’action pathogène
Source : MNHN. Paris
116 B.PAPIEROK & J. COREMANS-PELSENEER
vis-à-vis des Pucerons, est capable d'entraîner des épizooties dans les populations
aphidiennes. Cette espèce peut donc se comporter dans certaines conditions
(forte humidité notamment) comme un agent pathogène primaire. Sa rapidité
d'action vis-à-vis des Insectes suggère l'intervention de substances toxiques
émises au moment de l'infection et entraînant la mort de l'hôte avant même
que le mycélium se développe. Le comportement pathogène de C. osmodes
peut être rapproché de celui de certaines Entomophthorales telles que Ento-
mophthora virulenta Hall et Dunn et Entomophthora apiculata Thaxt., dont
les toxines ont été étudiées par plusieurs auteurs (YENDOL et al., 1968; PRA-
SERTPHON et TANADA, 1969). CLAYDON et GROVE (1978) ont montré
récemment que E. virulenta produit au moins deux substances toxiques pour
les insectes; ils en ont déterminé la nature chimique. Il est intéressant de remar-
quer que, chez la plupart des Fungi Imperfecti pathogènes d'Insectes, les toxines
jouent un rôle essentiel dans le processus infectieux, le champignon se dévelop-
pant en saprophyte aux dépens du cadavre de l'Insecte (FERRON, 1978). En
revanche, la mort des pucerons infectés par Entomophthora obscura, E. aphidis
Hofmann ou E. planchoniana Cornu, intervient seulement après le total envahis-
sement de l'hôte par le champignon : 2 à 4 jours pour la souche No 542 de E.
obscura (PAPIEROK et WILDING, 1980).
Nous avons montré par ailleurs que Conidiobolus osmodes se maintient
dans le sol pendant la mauvaise saison, sous une forme non déterminée (proba-
blement à l'état de zygospores) et qu'il conserve intacte sa potentialité entomo-
pathogène. Le rôle du sol dans la conservation des Entomophthorales pathogénes
d'Aphides a été particulièrement souligné par GUSTAFSSON (1969). LAT-
TEUR (1977) a montré que la terre provenant d’un champ ayant supporté
une culture sur laquelle une population aphidienne avait été décimée par Ento-
mophthora aphidis et E. obscura, constitue une source d’infection pour les
pucerons venant à son contact. Des pourcentages élevés de germination des
azygospores de E. obscura ont été obtenus par LATGE et al. (1978) après
stockage dans le sol pendant l'hiver. Le sol, qui est capable d'assurer la peren-
nité de l'inoculum, joue donc probablement un róle important dans le déclen-
chement et le déroulement de l'entomophthorose.
REMERCIEMENTS
Les auteurs expriment leur reconnaissance à Monsieur et Madame A. TILMANT pour
toutes les facilités qu'ils leur ont accordées dans la conduite des observations et des prélève
ments sur le terrain, à Messieurs J. FARGUES et P.H, ROBERT (INRA, La Minière) pour la
fourniture des chenilles de Galleria mellonella nécessaires aux expériences d'infection et à
Monsieur N. WILDING (Rothamsted Experimental Station, Harpenden, Grande-Bretagne)
pour son aide dans l'analyse statistique des résultats.
Source : MNHN, Paris
CONIDIOBOLUS OSMODES 117
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PAPIEROK B. et WILDING N., 1980 — Étude du comportement de plusieurs souches
de Entomophthora obscura Hall et Dunn (Zygomycétes Entomophthoraceae) vis-à-vis
des Pucerons Acyrthosiphon pisum Harr. et Sitobion avenae F, (Homoptères Aphididae)
(en préparation).
PRASERTPHON S. et TANADA Y., 1969 — Mycotoxins of entomophthoraceous fungi.
Hilgardia, 39 : 581-600.
REMAUDIERE G., KELLER S., PAPIEROK B. et LATGE J.P., 1976a — Considérations
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rosperma pathogènes d'insectes (Zygomycètes, Entomophthoraceae). Entomophaga
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REMAUDIERE G., LATGE J.P., PAPIEROK B. et COREMANS-PELSENEER J., 1976 b —
Sur le pouvoir pathogéne de quatre espéces d'Entomophthorales occasionnellement
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YENDOL W.G., MILLER E.M. et BEHNKE C.N., 1968 — Toxic substances from ento-
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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
119
VARIABILITÉ DE LA FRUCTIFICATION
DU PLEUROTUS ERYNGII EN CULTURE
par R. CAILLEUX, A. DIOP, A.M. SLEZEC et P. JOLY*
RÉSUMÉ. — On observe en culture artificielle une variabilité du taux de fertilité des souches
et de la morphologie de leurs basidiocarpes lorsqu'elles sont pleinement fertiles. Cette
variabilité s'exprime, dans les deux cas, avec des amplitudes plus ou moins grandes selon
les populations naturelles dont sont extraites les souches. En outre, le taux de fertilité
observé chez un ensemble de souches n'est pas indépendant des modalités de leur isolement
à partir de la population sauvage : il est plus faible chez celles issues de semis plurispore
que chez celles provenant de bouturages, à la suite d’un accroissement des taux d’expres
sions d’un ou plusieurs types de blocages de la fructification. On ne peut pas rejeter l'hypo-
thèse d'une intervention, à ce niveau, de recombinaisons méiotiques au cours de la forma-
tion des basidiospores mais, dans ce cas, la manifestation de blocage résulterait de processus
plus complexes qu'une simple expression de phénotype monogénique récessif.
Étroitement inféodé au Panicaut (Eryngium campestre L.) sur les racines
mortes duquel il développe ses fructifications, le Pleurotus eryngii (Fr. ex DC.)
Quél. a, en Europe occidentale du moins, une aire de répartition qui recouvre
sensiblement celle de son hóte, telle qu'elle a été précisée par TURMEL (1948).
Vers le sud, il atteint l'Afrique du nord (Maroc, Algérie, Tunisie) où il accom-
pagne pratiquement le Panicaut à sa limite méridionale extrême. Vers le nord,
il remonte jusqu'aux Pays-Bas, mais sa limite d'extension reste là nettement
en deçà de celle de son hôte qui s'étend au sud de la Grande-Bretagne et au
Jutland,
Sa présence n’est toutefois pas uniforme dans cette aire, mais fragmentée
en stations de dimensions assez restreintes, relativement stables dans l'espace
et dans le temps et souvent isolées les unes des autres. Ce morcellement géogra-
* Laboratoire de Cryptogamie du Muséum National d'Histoire Naturelle, L. A. N° 257
(C. N.R.S.), 12 rue de Buffon, 75005 Paris.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog. mycol.) Tome 1 (1980).
Source - MNHN, Paris
120 R.CAILLEUX, A. DIOP, A.M. SLEZEC, P. JOLY
phique est dû, en partie déjà, aux nombreuses discontinuités de l'aire du Pani-
caut qui découlent de ses exigences écologiques : c’est une plante de dunes
fixées, de pelouses ou de côteaux secs, ne dépassant guère 1500m d'altitude
dans nos régions. Ce morcellement est accru par le fait que, là où existent
d'assez vastes étendues peuplées d'E. campestre, les stations du Pleurote restent
localisées et séparées par des zones dans lesquelles les Panicauts demeurent
indemnes.
Une telle disjonction en petites localités stables s'accompagne naturellement
de différences plus où moins importantes dans le déroulement des processus
de fructification et dans les faciès des basidiocarpes, tant en milieu naturel
qu'au sein de souches extraites des diverses populations et cultivées en condi-
tions uniformisées. Maitrisant bien, maintenant, le cycle complet et la repro-
ductibilité des cultures de ce champignon (CAILLEUX et DIOP, 1976; 1978),
il devenait possible d'étudier cette variabilité des comportements entre popu-
lations distinctes. Pour cela, nous avons disposé d'un ensemble de souches
prélevées au sein de populations d'origines géographiques variées: Manche,
Finistère, Vallée de la Loire (Montrichard et Beaugency), Saône-et-Loire (envi-
rons de Tournus), Vaucluse (Roaix et Malaucène), Bouches-du-Rhône (Château-
renard et Massif de la Sainte-Baume) et Aveyron (environs de Millau).
Originellement, toutes ces souches sont des «souches brutes», obtenues
directement par des isolements de routine selon l'un ou l'autre des quatre
procédés les plus couramment utilisés: semis multispore (mélange de spores
haploides), boutures de fragments d'hyménophore (mélange de spores haploides
ct d'hyphes du dicaryon sauvage parental), de fragments de la chair du basidio-
carpe ou de la racine du Panicaut infectée naturellement (hyphes du dicaryon
sauvage). Par opposition, nous dénommons «souches contrôlées» celles qui
résultent de la fusion de deux haplontes issus chacun d’une basidiospore, sauvage
ou produite par une «souche brute», en culture.
Cette étude de la variabilité de la fertilité des souches et de la morphologie
des basidiocarpes a été réalisée à partir de 206 «souches brutes», qui ont été
conduites jusqu'à la fructification complète ou à l'expression de divers blocages.
Ces souches provenaient de neuf des dix populations citées (celle de Millau
n'étant pas incluse ici), représentées chacune par divers prélèvements réalisés
par des semis multispores et, chaque fois que celà a été possible, compte-tenu
du matériel de départ, un ou plusieurs types de bouturages.
Deux variables ont donc été introduites simultanément dans ce travail ; une
variable de populations (origine géographique) et une variable d’échantillon-
nage au sein de chaque population (modalité d'isolement des souches). Avant
d'entreprendre l'étude du comportement des diverses populations, il importait
done de voir, systématiquement, si les modalités de prélèvement des échantil-
lons, c'est-à-dire d'isolement des souches, exerçait ou non une influence sur
Texpression de la variabilité du développement basidiocarpique.
Enfin, parmi l'ensemble des données expérimentales, certaines constituent
en réalité des répétitions: outre des duplications de «souches brutes» (286
Source - MNHN. Paris
FRUCTIFICATION DU PLEUROTUS ERYNGII EN CULTURE 121
cultures réalisées pour 206 «souches brutes»), il faut tenir compte du fait
qu'à partir des basidiocarpes, ou couple basidiocarpe + racine infectée, il a
souvent, mais pas toujours, été effectué divers isolements par une ou plusieurs
modalités distinctes. On peut alors craindre que le poids qui leur est affecté,
dans les données originelles, puisse déformer quelque peu l'analyse; d'autre part,
les éliminer constituerait une perte d'information. Pour en tenir compte, sans
pour autant leur accorder un poids exces
en utilisant la formule :
if, nous avons effectué des analyses
= заа лв
2 3 n
i étant l'indice affecté à chaque basidiocarpe, ou couple basiciocarpe + racine
infectée, compte-tenu des n isolements répétitifs qu'il a fournis. Chaque fois
que, parmi ces n répétitions, il existe plusieurs modalités d'isolements ou des
extériorisations de comportements distincts le partage est fait proportionnelle-
ment aux nombres des répétitions de chaque sous-groupe.
VARIABILITÉ DES TAUX DE FERTILITÉ
Les résultats des essais culturaux concernant les 286 cultures, en données
originelles et en données pondérées en fonction des répétitions, sont réunis
dans le tableau I dont la simple lecture montre un taux de fertilité beaucoup
plus faible dans le cas des semis multispores que dans celui des trois types
de bouturages. Il est aisé de le confirmer par un test de x”. Pour les données
Données originelles Données pondérées
Modalités ||Yrésence| Pructifi- Présence | Fructifi-
de cation Total de cation Total
d'isolement |ijccage | normale blocage normale
Multispore 55 109 164 34,16 52,83 86,99
Chair 4 45 49
1,78 24,70 26,48
Racine o 21 21
Hyménophore |: 2 50 52 1,26 27,39 28,65
Total 61 225 286 37,20 104,92 142,02
Tab. I. — Comportement fructifère en fonction des modalités d'isolement des «souches
brutes».
Source : MNHN. Paris
122 R. CAILLEUX, A. DIOP, A.M. SLEZEC, P. JOLY
originelles, ce test indique une trés forte hétérogénéité du comportement fructi-
fére en fonction des modalités d'isolement (x^ — 27,53**). Si l'on effectue
alors les comparaisons élémentaires, on constate qu'effectivement les cultures
issues des semis multispores se différencient nettement et à la fois de celles qui
sont issues des fragments d’hyménophore (x* = 17,90**), des fragments de
chair du basidiocarpe (x? = 12,12**) et des fragments de racines infectées
(x? = 10,01**). En ce qui concerne les comparaisons élémentaires entre les
trois types de bouturages, il n'est pas possible, en raison des faibles taux d'ap-
parition de blocages, de discerner des différences de comportements; le test
de x^, d'ailleurs, n'est pas applicable en raison des valeurs trop faibles, dans
ces comparaisons élémentaires, des taux de blocage calculés à partir des totaux
marginaux,
Avec les données pondérées pour les répétitions et en regroupant, pour
simplifier, les souches issues des seuls dicaryons sauvages, c'est-à-dire les bou-
tures de fragments de chair et de racines infectées, on retrouve la très forte
hétérogénéité de comportements (x^ — 19,90**) et les souches provenant des
semis multispores se distinguent encore nettement des souches obtenues par
des boutures d'hyménophore (x^ — 12,34**) ou de chair et racines infectées
(x? — 9,93**). Les semis multispores engendrent donc des cultures dont le
taux de fertilité, par suite d'un fort accroissement de l'apparition de blocages,
est nettement inférieur (0,607 à 0,665 selon que l'on utilise les données origi-
nelles ou les données pondérées) à celui des trois autres modes d'isolements
(0,945 à 0,951).
Si l'on examine maintenant la variabilité entre des populations d'origines
géographiques distinctes, il nous faut traiter séparément celles qui ont été
prélevées par des bouturages et celles issues des semis multispores. Pour les pre-
mières, les blocages de la fructification sont rares: seules les souches issues
de deux stations en ont exprimé; quatre provenaient de Montrichard et deux
de Tournus. Ce sont d'ailleurs les deux stations pour lesquelles nous avons
pu disposer du plus grand nombre de données concernant des «souches brutes»
extraites par des bouturages divers (fragments d'hyménophore,, de chair ou
de racine): 58 isolements pour Montrichard et 29 pour Tournus, alors qu'il
n'a pu en être effectué que 19 pour Malaucène, 14 pour Roaix et deux seule-
ment pour Beaugency; les quatre autres stations (Manche, Finistère, Chateau-
renard et Massif de la Sainte Baume) n'ont pu étre représentées que par des
semis multispores. On peut donc estimer que, sur la base d'échantillons extraits
par des bouturages divers, les taux de fertilité des diverses populations apparais-
sent trés élevés; les «souches brutes» qui ne fructifient pas normalement sont
assez rares, leur mise en évidence nécessitant un échantillonnage suffisamment
important. Enfin, pour les deux stations dont l’échantillonnage a répondu à
cet impératif, les taux de fertilité sont apparus équivalents: 54/58 — 27/29 —
0,931.
Par contre, chez les «souches brutes» issues de semis multispores (Tab. II),
les taux de fertilité sont toujours beaucoup plus faibles, Si l'on met à part les
représentants des stations de Beaugency et du Massif de la Sainte-Baume qui
Source - MNHN Paris
FRUCTIFICATION DU PLEUROTUS ERYNGII EN CULTURE 123
Données ramenées Données
жеши рар Коне | en taux | originelles
Présence |Fructifi- Présence |Fructifi- |] Nombre de
de cation | Total de cation "souches
blocages | normale blocages | normale brutes"
Manche 15,613 7,783 | 23,396 0,667 0,333 (эз)
Montrichard | 5,053 | 3,895 8,948 || 0,565 0,435 (26)
Tournus 3,324 | 8,730 | 12,054 | 0,276 0,724 (25)
Roaix 1,833 5,083 6,916 0,265 0,735 (11)
Finistère 2,463 9,600 | 12,063 0,204 0,796 (25)
Maleucène, 2,833 | 12,603 15,436 0,184 0,816 (29)
Tab. II. — Comportement fructifére en fonction de l'origine géographique de «souches
brutes» issues de semis multispores.
constituent des échantillonnages à effectifs trop faibles (respectivement deux
cultures fertiles sur quatre et aucune sur deux), on constate que les proportions
des souches qui parviennent à la complète maturité sont relativement faibles
chez certaines populations (Manche et Montrichard), nettement plus élevées,
presque le double, chez les autres, mais encore nettement inférieures à celles
que l'on obtient avec des échantillonnages par bouturages. Seuls les représentants
de la station de Châteaurenard ont extériorisé un taux de fertilité de 1,000
mais l'échantillonnage est encore un peu faible (9 cultures) et il est vraisemblable
que la non-manifestation de blocages n'y soit que la conséquence d'une insuffi-
sance d'effectifs.
VARIABILITÉ DE L'ASPECT MORPHOLOGIQUE DES BASIDIOCARPES
Parmi les souches qui achèvent le cycle complet, il existe une assez grande
variabilité de la morphologie des basidiocarpes. Indépendamment de divers
faciès qui apparaissent sporadiquement et irrégulièrement, souvent d'ailleurs
sous l'influence de facteurs externes, et de faciès occasionnels que nous re-
grouperons sous la rubrique «divers» (Pl. II, fig. 6 et Pl. IV, fig. 5 et 6), il est
possible de distinguer cinq principaux types morphologiques de basidiocarpes :
Type I (PL I, fig. 1 et 2)
- Stipe régulier, cylindrique, le plus souvent inséré au centre du piléus, sauf
dans le cas de carpophores en touffe dense, où les piléus de la périphérie sont
excentrés.
Source - MNHN. Paris
124 R. CAILLEUX, A. DIOP, A.M. SLEZEC, P. JOLY
- Piléus régulier, circulaire, d'abord bombé, puis déprimé, finalement à bord
plus où moins fortement retroussé; de couleur claire, ocracé pâle, à vergetures
radiales plus foncées.
- Lames crème pâle, presque blanches, légèrement décurrentes sans former
de filets sur le stipe, très rarement anastomosées.
Type II (PL. II, fig. 1, 3 et 5)
- Stipe régulier, cylindrique à rétréci au sommet, généralement inséré au
centre du piléus.
- Piléus régulier, circulaire, d'abord plan légèrement déprimé au centre,
puis convexe plan creusé au centre, à marge arrondie (descendante) légèrement
cannelée, infundibuliforme très évasée; de couleur claire, ocre pâle roussâtre,
marge à festons plus clairs, plus ou moins évidents.
- Lames crème pâle, moyennement décurrentes, mais sans former de filets
sur le stipe, anastomoses très rares.
Type HII (PL. I, fig. 3 et 4)
- Stipe fusiforme, rarement long, insertion au piléus généralement excen
trique, méme chez les exemplaires isolés.
- Piléus d'abord convexe omboné, puis légérement déprimé, mais toujours
omboné au centre, marge rarement retroussée à la fin; le plus souvent irrégulier,
entier ou elliptique ou découpé en deux à trois larges lobes; surface parfois
localement hérissée de granulations ou de verrues charnues, de couleur foncée,
ocracé-brun; marge ornée de festons plus clairs.
- Lames plus foncées que dans les autres types, franchement crème légère-
ment ocracé; décurrentes et formant souvent des filets plus ou moins anasto-
mosés sur le stipe.
Type IV (PI. I, fig. 5 et 6)
- Stipe court, tronconique, inséré au centre du piléus.
- Piléus étroit, d'abord convexe puis plan omboné, finalement légèrement
déprimé omboné; de couleur trés claire, crème pâle, presque blanc.
- Lames presque blanches, décurrentes, souvent anastomosées en réseau
à la base.
Type V (PL I, fig. 2 et 4)
- Anomalies à caractère tératologique fréquentes.
PI. I- P. eryngii. — Typel, (or. env. de Millau). 1: basidiocarpes à pleine maturité; 2:
basidiocarpes proches de la décrépitude. - Type III, (or. env. de Roaix). 3: basidiocarpes
à pleine maturité; 4: détail de la surface d'un piléus. - Type IV, (or. env. de Malaucène).
5: basidiocarpes à pleine maturité; 6: détail de l'hyménophore.
Source - MNHN. Paris
Source : MNHN, Paris
126 R. CAILLEUX, A. DIOP, A.M. SLEZEC, P. JOLY
- Stipe court, souvent irrégulier, aplati, cannelé, fascié, éclaté, ramifié;
insertion au piléus centrale ou légérement excentrique.
- Piléus d'abord plan à marge descendante, puis déprimé à marge plus ou
moins fortement retroussée; forme souvent irréguliére, parfois divisé en larges
lobes; ocre-roussâtre à vergetures radiales plus foncées et très nettes, marge
ornée de festons plus clairs; présence fréquente d'hyménophore surnumeraire.
- Lames presque blanches, décurrentes, souvent en long filet sur le stipe;
anastomoses rares.
Lorsque les «souches brutes» sont normalement fertiles, il ne semble pas y
avoir une influence notable des modalités d'isolement sur la variabilité morpho-
logique. Les résultats de l'étude de 65 de ces souches, provenant de trois popu-
lations différentes (Montrichard, Malaucéne et Roaix) sont présentés dans le
Tableau III (en données pondérées pour les répétitions) : on peut y constater
que la fréquence d'apparition effective de chaque type morphologique pour
chacune des modalités d'isolement (chiffres droits) correspond sensiblement
: Types morphologiques
Modalités nud
d'isolement| Type II | Type III | type IV Type Y Divers
È 6,50 3,50 2,58 2,00 1,75 16,33
Multispore
(6,06) (3,17) (1,81) (2,72) (1,27) (15,03)
Lm 6,00 2,00 1,00 9,00
(6,06) (3,17) (0,90) (10,13
Ae 9,75 0,00 9,73
(8,78) (0,90) (9,68)
Hyménophore | 7:50 4,00 0,00 4,00 1,00 16,50
(7,78) (3,17) (1,81) (2,72) (1,27) | (16,75)
Lr 29,73 9,50 2,58 6,00 3,75 51,56
(28,68) (9,51) (3,62) (5,44) (4,34) || (51,59)
Tab. III. — Répartition des types de fructification en fonction des modalités d'isolement.
Pl. IL. - Р. егупей. — Type II, (or. env. de Montrichard). 1, 3, 5: basidiocarpes à pleine
maturité. - Type V, (or. env. de Malaucène). 2: basidiocarpes proches de la pleine matu-
rité; 4: basidiocarpe avec hyménophore surnuméraire. - Faciès «divers», (or. env. de
Châteaurenard). 6: basidiocarpe à chair molle et lames souvent anastomosées dans la
vallécule.
Source : MNHN, Paris
128 R. CAILLEUX, A. DIOP, A.M. SLEZEC, P. JOLY
à celle que l'on peut déduire (chiffres entre parenthéses) de l'hypothése nulle
supposant, au sein de chaque population et compte tenu de sa propre fréquence
d'apparition des types qui y sont représentés, une indépendance totale de la
variabilité morphologique par rapport aux modalités d'isolement.
En définitive, les modalités d’échantillonnage influent seulement sur le taux
d'apparition des blocages, les semis multispores l'accroissant considérablement
par rapport aux divers types de bouturages; par contre, elles ne modifient
guère l'expression de la variabilité morphologique. Compte-tenu de cette unifor-
mité de réponse des échantillons, quelles que soient les modalités de leurs
isolements, il apparaît que certaines populations extériorisent des comportements
homogènes, comme celle de Roaix dont les basidiocarpes, en culture, sont pra-
tiquement toujours de type III, ou méme celle de Montrichard dont la plupart
des basidiocarpes (0,924) sont de type Il, quelques-uns seulement de type
Séries] Racine | Stipe | Piléus : Spores I|Spores I1|SporesIIT|Spores IY|
1 * ж * * * * * *
2 * ` * * ` ° o *
3 * * * * * * *
4 * * * H * * * *
5 * * * *
6 * * * *
| SE a o * o
8 * + *
9 D * *
10 . *
п £
12 *
+ a
13 *
Tab. IV. — 0: blocage végétatif. &: blocage au niveau de la caryogamie. 6: blocage en cours de méiose. #: fructifi
cation normale
Source - MNHN. Paris
FRUCTIFICATION DU PLEUROTUS ERYNGII EN CULTURE 129
«Divers». D'autres populations, au contraire, manifestent une plus grande
variabilité, comme celle de Malaucène qui, géographiquement proche de la
station de Roaix, ne produit pas le type 111, mais un mélange des types 11 (0,345),
IV (0,179), V (0,366) et quelques formes diverses.
Ces conclusions ont pu étre confortées par une étude portant sur la popu-
lation de Tournus oà nous avons analysé les comportements de diverses «souches
brutes» issues de treize basidiocarpes ou ensembles «racine infectée + basidio-
carpe développé sur cette racine», à l'aide de series d'échantillonnages aussi
complètes que le permettait l'état du matériel d'origine : boutures de tissu de
la racine infectée, de chair du stipe et du piléus, de fragments d'hyménophore,
ainsi que semis multispores réalisés à partir de quatre dépôts successifs
spores déposées au cours des 14 premières heures de sporulation en laboratoire;
11: spores déposées de la 15e à la 19e heure; III: spores déposées de la 20e à
la 23e heure; IV: spores déposées de la 24e à la 40e heure (Tableau IV). Ces
essais ont bien confirmé l'accroissement du taux d'apparition de blocages chez
les semis multispores (4/25 = 0,160 contre 2/29 = 0,069 chez les bouturages),
mais ils font également ressortir une homogéné
éité de comportement chez les
«souches brutes» issues d'une méme entité, «basidiocarpe» ou «ensemble
racine + basidiocarpe» (Pl. II, fig. 1 à 5): la série n° 7 montre le blocage
en cours de méiose chez la plupart des souches, qu'elles soient obtenues par
bouturages ou semis multispores (Pl. IV, fig. 1 à 4):la série n9 2 a montré
systématiquement, et quel que. soit le mode d'échantillonnage, un. retard à la
fructification associé à une baisse de la fertilité.
LE DÉVELOPPEMENT BASIDIOCARPIQUE
ET SES PRINCIPAUX BLOCAGES EN CULTURE
Le développement des basidiocarpes du P. eryngii se réalise selon des proces-
sus relevant de la carpogenése «diffuse» telle qu'elle a été définie par REIJN-
DERS (1963) : schématiquement, les hyphes s’agrégent plus ou moins paralléle-
ment en un stipe cylindrique, puis divergent pour constituer le piléus à crois-
sance marginale. Toutefois, comme nous l'avons vu, si les processus de la fructi-
fication se déroulent complétement chez la plupart des «souches brutes», qui
produisent alors des basidiocarpes lamellés et fertiles, certaines de ces souches
n'achévent pas leur cycle complet,
En culture de laboratoire, aprés envahissement complet du milieu par le
mycelium dicaryotique végétatif, ouverture des bocaux et mise en place du
gobetage de vermiculite (cf. CAILLEUX et DIOP, 1976), le premier indice
macroscopique de l'induction aux processus fructiféres est la formation super-
ficielle de petits flocons assez nombreux et mal définis: c'est le stade de la
«nouaison». Certaines «souches brutes» restent totalement stériles, n'extério-
risant, même dans les conditions habituellement favorables à la poursuite nor-
male de la fructification, aucun processus de différenciation basidiocarpique ou,
au maximum, évoluent seulement jusqu'à un faciès rappelant la «nouaison»
Source - MNHN. Paris
130 R. CAILLEUX, A. DIOP, A.M, SLEZEC, P. JOLY
(Pl. V, fig. 1); puis, tout développement cesse. Ces blocages du cycle peuvent
résulter de causes diverses, que nous n'avons pas cherché à préciser ici; nous les
avons simplement regroupés sous l'expression de «blocages végétatifs».
Peu aprés le stade de la «nouaison», les primordiums apparaissent à la surface
de la culture, compacts, nombreux, isolés ou en groupes; d'abord globuleux,
ils s'allongent et s'étoffent, Chez les cultures effectuées à 14-18°C avec des
éclairements de 12h par jour, quatre jours avant la formation des premières
basidiospores (stade J-4), l'ébauche du piléus devient nettement visible mais
encore sans traces de lames, où celles-ci commençant à peine à s'ébaucher
(Pl. V, fig. 2). Le jeune primordium contient alors uniquement des filaments
bouclés et binucléés. Chez diverses «souches brutes», l'induction à la fructifi-
cation peut se réaliser de maniére apparemment normale, avec formation de
primordiums comparables à ceux des souches pleinement fertiles, et cela jus-
qu'au stade J-4 oü leur développement cesse brutalement et définitivement.
Chez certaines, au moins, de ces souches, la structure reste banale jusqu'à ce
stade J-4, avec des hyphes bouclées et binucléées, Le lendemain (stade J-3),
le primordium a poursuivi sa croissance, étant toujours constitué de filaments
bouclés et binucléés, mais les apex de certains d'entre eux se renflent, et on peut
alors y observer les premières fusions nucléaires. А се stade apparaissent çà et
là de rares cystides. Chez les primordiums des souches bloquées au stade mor-
phologique J-4, les articles des hyphes ont pris des longueurs variables, restant
binucléés et alors fins, ou devenant plurinucléés et larges. Dans les deux cas,
ils émettent souvent des diverticules latéraux à structure anormale et on n’ob-
serve aucun renflement pré-caryogamique des apex. N'ayant encore observé
aucune figure de caryogamie dans les primordiums affectés par cet arrêt total
de la croissance, nous désignons ce dernier par le terme de «blocage au niveau
de la caryogamie», sans que cela n'implique a priori de relation de cause à
effet.
Au stade J-2, le piléus est encore enroulé, mais avec des lames déjà bien déve-
loppées, sur lesquelles on retrouve un mélange des mêmes éléments que précé-
demment, associés à des figures de méiose 1 allant jusqu'au pachyténe; les
cystides, pour leur part, sont déjà abondantes. A ce stade morphologique,
certaines souches extériorisent un arrêt prématuré des processus de développe-
ment du seul piléus, alors que le stipe poursuit sa croissance (Pl. V, fig. 3 et 4).
Ce sont les «blocages en cours de méiose», qui n'inhibent pas complétement
la carpogenése, mais vont conduire à des basidiocarpes anormaux, à piléus
avorté et, pour la plupart, stériles, à l'extrémité d'un stipe parfois relativement
long.
PI. UL. - P. eryngii. — 1 à 5 : souches originaires des environs de Tournus, faciès homogène
dela série n9. 4, souches issues de: 1) bouturage de racine infectée, 2) bouturage de
la chair du chapeau, 3) bouturage de l'hyménophore, 4) semis multispore I, 5) semis
multispore III. 6: basidiocarpe sauvage «in situ» (or. env. de Montrichard).
Source - MNHN. Paris
Source : MNHN, Paris
132 R. CAILLEUX, A. DIOP, A.M. SLEZEC, P. JOLY
Au stade J-1, le piléus a déjà commencé à se dérouler; les figures de méiose
les plus avancées correspondent aux débuts de la deuxiéme division de méiose,
mais elles restent environnées de toutes les figures précédentes, y compris
les simples renflements de l'apex binucléés, Enfin, a J, le piléus est quasiment
adulte, bien que n'ayant pas encore atteint sa taille maximale, avec des figures
allant jusqu'aux fins de méiose II et à la formation des premières basidiospores,
encore assez rares; l'ensemble est toujours associé à toutes les figures précé-
dentes. Passé ce stade, le basidiocarpe va poursuivre encore sa croissance pendant
plusieurs jours, jusqu'à ce qu'il ait atteint ses dimensions maximales, et cela
avec des apparitions quotidiennes de nouvelles figures de méiose.
Sans nous attarder plus longtemps sur la description des évènements méio-
tiques, que nous développerons par ailleurs et que nous n'évoquons ici qu'à
titre de repères chronologiques permettant de situer les manifestations des prin-
cipaux blocages des processus de la fructification, il est aisé de constater que,
chez le P. eryngii, les évènements méiotiques sont «diffus», comme le sont
les autres processus ontogéniques du basidiocarpe, et non plus ou moins syn-
chrones et regroupés à des stades précis du développement comme on l'observe
chez des champignons à carpogenèse «concentrée» tels que les Coprins (PRÉ-
VOST, 1962; LU, 1967; MANACHERE, 1978; etc.).
Origine des Blocage Blocage au Blocage en Fructification|Total
souches vegetatif |niveau de la|cours de méiose| normale
caryogamie
Manche 0,283. 0,160 0,224 0,333 1,000
Montrichard 0,022 0,321 0,222 0,435 1,000
Tournus 0,031 0,081 0,164 0,724 1,000
Roaix o o 0,265 0,735 1,000
Finistère о 0,052 0,152 0,796 1,000
Malaucène o 0,065 0,119 0,816 1,000
1
Tab. V. — Taux d'apparition des divers blocages en fonction de l'origine de «souches
brutes» issues de semis multispores (données pondérées ramenées en taux)
PI. IV. - P. eryngii. — 1 à 4: souches originaires des environs de Tournus, série n? 7, mani-
festations de blocage en cours de méiose, souches issues de : 1) bouturage de l'hyméno-
phore, 2) bouturage de la chair du chapeau, 3) bouturage de la chair du pied, 4) semis
multispore. 5 et 6 : Faciès «divers», souches issues de deux semis multispores effectués
à partir de la méme sporée (or. Finistére).
Source : MNHN. Paris!
Source : MNHN. Paris
134 R. CAILLEUX, A. DIOP, A.M. SLEZEC, P. JOLY
PI. V. - P, eryngii. — Stades morphologiques de manifestation des blocages. 1:à la «nouai
son». 2:au niveau de la caryogamie, 3:en cours de méiose, 4; détail de 3.
Examinons maintenant la variabilité de l'apparition des divers types de blo
cages au sein de nos quelques populations. Dans le cas des «souches brutes»
issues de bouturages dive
nous avons vu que six seulement étaient affectées
de blocages. Quatre sont originaires de Montrichard, deux d'entre elles mani-
festent le blocage au niveau de la caryogamie, les deux autres le blocage en cours
de méiose, ce qui représente pour ces deux blocages des taux de 0,035 parmi
les représentants de cette station. Les deux dernières souches non fructifères
sont encore affectées du blocage en cours de méiose et proviennent de Tournus,
Source : MNHN, Paris
FRUCTIFICATION DU PLEUROTUS ERYNGII EN CULTURE 135
station qui extériorise alors un taux d'apparition de ce blocage un peu plus
élevé (0,069) mais dont la différence, par rapport à Montrichard ne peut étre
tenue pour significative compte-tenu des dimensions des échantillonnages.
Chez les souches issues de semis multispores pour lesquels nous avons disposé
d'un échantillonnage suffisant (Tab. V), les taux d'apparition des divers blocages
sont beaucoup plus variables, Un certain nombre d'entre eux, échelonnés de
0,022 à 0,083 ne peuvent pas étre tenus pour effectivement différents de ceux
observés dans le cas des échantillonnages par bouturages divers. Il en est de
même pour les cas où aucun blocage ne s'est manifesté, les dimensions des
échantillons ne permettant pas de conclure à une absence de possibilité d'ex-
pression des blocages concernés. En définitive, si le semis multispore réduit
systématiquement le taux de fertilité, il ne le fait en accroissant les taux de
blocage chez toutes les populations étudiées que dans le cas du blocage en cours
de méiose. L’accroissement des taux du blocage au niveau de la caryogamie
n'apparaît nettement que chez les représentants de deux populations (Manche
et Montrichard) et celui des blocages végétatifs chez une seule (Manche). La
variabilité de l'intervention du semis multispore au niveau de ces deux types
de blocages pourrait d'ailleurs étre la seule cause de l'abaissement des valeurs
des taux de fertilité des souches originaires de ces deux stations par rapport
aux taux extériorisés par les souches extraites des quatre autres (Tournus, Roaix,
Malaucène et Finistère),
Enfin, si le semis multispore amplifie dans certains cas la manifestation des
blocages, il ne les induit certainement pas. Nous avons vu que deux d'entre eux
apparaissent à de faibles taux chez les souches obtenues par des bouturages
divers lorsque l'échantillonnage est suffisamment important. Il est, de plus,
intéressant de constater que quatre des six blocages que nous avons ainsi pu
observer sont des blocages en cours de méiose, c'est-à dire les plus universelle-
ment représentés chez les semis multispores et que les deux autres sont des
blocages au niveau de la caryogamie chez deux «souches brutes» originaires
de Montrichard, station qui a produit, et de beaucoup, le plus grand nombre
de blocages de ce type en semis multispores.
DISCUSSION
Parmi les hypothéses simples capables de rendre compte du comportement
des souches issues de semis multispores par rapport à celui des souches prove-
nant de boutures, on peut penser à une intervention de recombinaisons méio-
tiques lors de la formation des basidiospores, utilisées pour constituer l'échan-
tillonnage, Toutefois, les boutures d'hyménophore, contenant un mélange
d'hyphes parentales et de basidiospores, se comportent pratiquement comme
les boutures d'hyphes parentales seules (fragments de chair du basidiocarpe ou
de racine infectée), et non comme les semis multispores, Si l'accroissement
des taux d'apparition des blocages est le résultat de recombinaisons, cela im-
plique alors une élimination quasi-systématique des noyaux recombinants
Source: MNHN. Paris
136 R. CAILLEUX, A. DIOP, A.M. SLEZEC, P. JOLY
apportés par les basidiospores, chez les boutures d'hyménophores.
Une telle élimination pourrait résulter d'une inhibition de la germination
des basidiospores par le mycélium dicaryotique parental actif, comme cela s'ob-
serve fréquemment chez divers champignons. Toutefois, lors du repiquage,
les hyphes bouturées ne reprennent pas immédiatement leur croissance et, si
des spores sont présentes sur les fragments mycéliens, l'expérience montre
qu'elles peuvent germer durant cette période de latence. Ces inhibitions peuvent
probablement jouer un róle dans une telle élimination, mais elles ne permettent
pas, à elles seules, de rendre compte du comportement des boutures d'hymé-
nium.
Lorsque plusieurs basidiospores sont mises en présence, elles germent et les
filaments auxquels elles donnent naissance établissent entre eux de nombreuses
anastomoses. On se trouve devant un phénomène de Buller complexe dans
lequel s'effectue une élimination de la plupart des noyaux avec sélection finale
d'un seul couple. Selon PREVOST (1962), l'élément déterminant de la sélection
des noyaux, dans le phénoméne de Buller, pourrait étre le degré d'hétérozygotie
globale (sur l'ensemble des génomes ou, au moins, de systèmes polygéniques
impliquant de nombreux gènes majeurs): le couple sélectionné serait celui
pour lequel les deux noyaux possèdent la plus grande hétérozygotie relative.
Dans la descendance post-méiotique d’un dicaryon, les couples de recombi-
nants possibles ne peuvent être hétérozygotes que pour les facteurs qui sont
déjà dans cet état chez le couple de noyaux parentaux : leurs degrés d'hété-
rozygotie réciproques, ou ceux de chacun d'entre eux par rapport à l'un ou
l'autre des types parentaux (le dicaryon parental existant en nombre relative-
ment important chez la bouture d'hyménophore) ne pourront étre qu'inférieurs
ou, au mieux, égaux à celui du couple parental. On peut calculer le nombre
théorique de couple de noyaux qui, chez N spores issues d'un dicaryon hétéro-
zygote pour F facteurs à ségrégation indépendante, posséderont un taux d'hété-
rozygotie égal à celui du dicaryon parental; la probabilité d'obtention de tels
couples est de :
2E NC A NC 2). — N
E N! 2F.(N—1)
2
L'introduction supplémentaire de tout facteur non indépendant, lié à l'un
quelconque des F facteurs précédents avec un taux de recombinaison k, modi-
fiant cette probabilité de [k2 + (1 — k)2], un système de P = F + L facteurs
réunis en F groupes de liaisons produira des couples de noyaux possédant
le méme degré d'hétérozygotie que le couple parental avec une probabilité de :
N [I 0-k)2] (2 Q1 - k2)?] Ik —kr)2]
2F.(N—1)
ky, kg, ky, étant les taux de recombinaison respectifs de chacundes L facteurs
par rapport à celui des F facteurs indépendants auquel il est lié.
FRUCTIFICATION DU PLEUROTUS ERYNGII EN CULTURE 137
On peut imaginer, à titre d'exemple, un systéme de 14 facteurs répartis
deux à deux en sept groupes de liaisons (le nombre chromosomique du P. eryngii
étant de l'ordre 11) avec des taux de recombinaison respectifs de 0,08, 0,12,
0,21, 0,25, 0,31, 0,35 et 0,40. La probabilité d'obtention de couples d'homo-
caryons à degré d'hétérozygotie égal à celui du cycle parental est alors de 3,5
pour 10000 spores; on voit facilement qu'elle devient trés faible dés que les
facteurs impliqués dans le phénoméne deviennent nombreux, ce qui est préci-
sément le cas du mécanisme proposé par PRÉVOST. En réalité, par rapport
à ce modèle bâti sur des confrontations bisporiques, les fusions multiples suivies
des sélections de noyaux qu'on observe chez le semis multispore tendent à
augmenter la fréquence de constitution de tels couples. Au contraire, chez le
bouturage de fragment d'hyménophore, les basidiospores ne sont pas seules
mais disséminées au sein d'une masse relativement importante d'hyphes du
dicaryon parental. Les chances de fusion d'un homocaryon recombinant avec
un partenaire suffisamment hétérozygote par rapport à lui pour que la conser-
vation de son noyau soit assurée deviennent faibles au regard de celles d'une
fusion avec le type parental. Ce dernier éliminera alors le noyau recombinant
dont le degré d'hétérozygotie par rapport aux deux noyaux parentaux est
moindre que celui existant entre eux, Si lon ajoute avantage sélectif que
constitue le nombre des cellules parentales par rapport à celui de chaque couple
éventuellement compétitif qui aurait pu se former, on conçoit que le bouturage
d'hyménophore puisse tendre à conserver le type parental, Compte-tenu des
dimensions de nos échantillonnages, il extériorise un comportement pratique
+ Formation de boucles après confrontation
— Pas de boucles après confrontation
* Fructification normale
£ Blocage au niveau de la caryogamie
< 620 619 621 623 618
De PE
issues des confronta.
é complémentaire.
Tab. VI. — Comportement fructifère des neuf «souches contrôlées»
tions de six homocaryons appartenant à deux groupes de compatibi
Source - MNHN. Paris
138 R. CAILLEUX, A. DIOP, A.M. SLEZEC, P. JOLY
ment identique à celui des boutures de chair ou de racines infectées qui, le plus
souvent, ne reproduisent que ce type parental.
Le mécanisme de sélection des noyaux proposé par PRÉVOST permettant
d'expliquer l'élimination presque systématique des noyaux recombinants chez
les boutures d'hyménophore, on ne peut pas rejeter l'hypothése d'une inter-
vention des recombinaisons méiotiques dans le comportement singulier des
semis multispores. Mais, dans ce cas, les modalités de cette intervention ne sont
certainement pas simples. A priori, les fréquences d’apparition des blocages
lorsque le semis multispore semble intervenir (0,283 pour le blocage végétatif,
0,160 et 0,321 pour celui au niveau de la caryogamie, six valeurs échelonnées
entre 0,119 et 0,265 pour celui en cours de méiose) ne sont pas trop éloignées,
dans un échantillonnage comme celui-ci, du taux théorique de manifestation
de phénotypes monogéniques récessifs dans la descendance d'un couple de
noyaux parentaux hétérozygotes pour ce caractére, L'étude de «souches contró-
lées», qui est en cours, ne permet pas de retenir actuellement cette hypothése :
à titre d'exemple, le tableau VI présente les comportements de neuf «souches
contrôlées» issues de la population de Millau: aucun des deux blocages extério-
risés ici n'apparaît avec une répartition compatible avec le schéma d'une simple
nécessité monogénique.
BIBLIOGRAPHIE
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du Pleurotus eryngii (Fr. ex DC.) Quel, Rev. de Mycol, 40 : 365-388.
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de culture non stériles et ses incidences pratiques. Rev. de Mycol. 42 :1-11.
LU B.C., 1967 — Meiosis in Coprinus lagopus :a comparative study with light and electron
microscopy. J. Cell. Sci, 2 529-536.
MANACHERE G., 1978 — Morphogenése des carpophores de Basidiomycétes supérieurs
Connaissances actuelles, Rev. de Mycol. 42 : 191-252.
PREVOST G., 1962 — Étude génétique d'un Basidiomycéti
Ann. Sc. Nat., Bot. et Biol. Vég., 12e Sér., 3 : 425-613.
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TURMEL J.M., 1948 — Répartition géographique des Eryngium. 1, Ancien Monde, Bull.
du Muséum Nat, Hist. Nat., 2e ser., 20 : 395-401.
Nous remercions ici nos collégues R. ASTIC, A. DENIS, J.C. DONADINI, G. FORTOUL,
R. FRANQUET, G. GARNIER, C. et M. MOREAU, J. NICOT, L. RIOUSSET et L. SI-
GNORET qui nous ont aimablement communiqué des sporées ou des échantillons vivants
de Pleurotes.
Source : MNHN, Paris
139
NOTES ON THE MORPHOLOGY OF SOME ISOLATES
OF PHYTOPHTHORA FROM AUSTRALIA
by L. GERRETTSON-CORNELL*
ABSTRACT. — The diagnostic importance of most morphological characteristics of 26
isolates of Phytophthora from various parts of Australia on two agar media has been dis-
cussed in this paper. Of these 13 were P. cinnamomi Rands, 9 were P. cryptogea Pethyb. &
Laff., and 4 were P. cambivora (Petri) Buism. P. cambivora appears to have been found
only 5 times in this country.
A new technique for the production of sporangia was tested and has proved highly
reliable. This study also showed the difficulty of identifying P. cambivora from its morpho-
logy in the absence of oogonia under the experimental conditions. For certain characteris-
tics, D. cambivora appeared to be closer to P. cryptogea than to P. cinnamomi.
RÉSUMÉ. La valeur systématique des caractéres morphologiques de 26 souches austra-
liennes de Phytophthora, cultivées sur deux types de milieux de culture est discutée. 13
souches appartiennent à P. cinnamomi Rands, 9 à P. cryptogea Pethyb. et Laff., et 4 à P.
cambivora (Petri) Buism. Une technique nouvelle, favorable à la production des sporanges
est proposée. Malgré la difficulté d'identifier P. cambivora en l'absence d'oogones, l'espéce
apparaît plus proche de P. cryptogea que de Р. cinnamomi.
INTRODUCTION
The present work describes most of the obvious morphological features
of a number of isolates of Phytophthora cinnamomi Rands, P. cryptogea Pethyb.
and Laff., and P. cambivora (Petri) Buism. from various parts of Australia.
The study is part of a more comprehensive research programme designed to
review the diagnostic importance of each character for Phytophthora species
in view of the existing variability and differences often established with other
descriptions.
* Forestry Commission of New South Wales, Beecroft, N. S. W., 2119, Australie.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., mycol.) TOME 1 (1980).
Source - MNHN. Paris
140 L.GERRETTSON-CORNELL
The genus Phytophthora is widespread in Australia (GERRETTSON-COR-
NELL, 1976). In New South Wales P. cinnamomi and P. cryptogea have been
frequently isolated from forest soils. P. cambivora has been detected only
4-5 times in this continent and this accounts for the low number of isolates
available for this study. A thorough study of the sexuality has not been carried
out but whenever possible the compatibility type of each isolate has been
determined.
MATERIALS AND METHODS
a) Origins of cultures
The origins of the cultures of Phytophthora used in this study are listed
in Table 1. Their identity was assessed or confirmed by the author, prior to the
beginning of this work, by using the keys of WATERHOUSE (1954, 1963),
FREZZI (1950) and various other descriptions (TUCKER, 1931; GRENTE,
1961; CHITZANIDIS and KOUYEAS, 1970). Two of the cultures were origi-
nally identified by the donors as P. drechsleri Tucker but on the basis of their
morphology could not be separated from P. cryptogea. This is in agreement
with other reported findings (BUMBIERIS, 1974; SHEPHERD, 1978 a). They
also failed to grow at 34-36°C, in contrast to the description for P. drechsleri
by WATERHOUSE (1963) and hence have been considered to be synonymous
with P. cryptogea.
b) Mycelial growth and sporangial formation
Two media were used :
1.Corn meal agar (CMA) (Oxoid, 17g/L). This medium is particularly
suitable for the production of coralloid hyphae in some Phytophthora species.
For example, during this study it was noticed that the mycelial structure of
P. cinnamomi can vary considerably between isolates and also with the type
of substrate used but tends in most cases to produce a coralloid type of growth
on CMA. Moreover, because the aerial mycelium of most Phytophthora species
on this medium is usually lacking or very poor, this enables a clear vision of the
colony by direct microscopical examination of the cultures in the plates.
2. 2% V-8 juice agar (Uncentrifuged, pH 4.5). This medium, like CMA,
enables a direct examination of cultures under the microscope and is also very
good for the production of chlamydospores, sporangia and oogonia. Moreover,
none of the present keys for the genus Phytophthora has been based on this
medium.
For each isolate on each medium, three plates were used. They were inocula-
ted centrally with a disc of agar np d nee en
darkness at 25° + 1°C. They were examined every two days during which
time they were exposed to room light.
To induce the formation of sporangia, 3 plates for each Phytophthora isolate
Source - MNHN. Paris
TABLE 1. List of isolates of Phytophthora used
Culture Species Mating Area of origin Donor Host
No. type association
8 P. cinnamomi — Al Ourimbah, N.S.W. Author E. saligna
36 4 A2 Eden, N.S.W. Author E. sieberi
эз ү А2 Sunny Corner, N.S.W.Author P. radiata
102 3 A2 Madden's Plain, Author E. gumi fera
N.S.W.
51 T A2 Wyong, N.S.W. Author E. paniculata
103 x A2 West Pennant Author E. pilularis
Hills, N.S.W.
DAR m A2 Mt. Kuringai, Walker Pimelea rosea
19881 N.S.W.
DAR » A2 Kenthurst, N.S.W. J. Walker Aetiridia
25999 ehinensis
T240 D A2 Waterfall Bay, F. Podger E. obliqua and
Tas. Pultenea
3477 » A2 Kuranda, Qld. B. Bron Rainforest soil
3392 * Al kuranda, Qld. B. Brown Rainforest soil
sc 50 e AL Manjimup, W-A. J. Titze Unknown
sc 90 ` A2 Kirrup, W.A. J. Titze E. marginata
S 111 P. drechsleri A2 Unknown, N.S.W. J. Shepherd Unknown
S 121 P. cryptogea A2 Adelaide, S.A. J. Shepherd Garden soil
31 2 A2 Gerringong, N.S.W. Author P. radiata
91 ш A2 Sunny Corner, N.S.W.Author P. radiata
104 v - West Pennant Hills, Author E. pilularis
ч.з.н.
105 = A2 West Pennant Hills, Author E. piluldris
N.S.W.
»7 A2 Adelaide, S.A. M. Bumbieris Garden soil
DAR P. drechsleri - Glen Innes, N.S.W. J. Walker Carthamus
17095 tinetoris
DAR P. cryptogea - Adelaide, S.A. J. walker Malus
24233 sylvestris
S 104 P. cambivora Al Unknown J. Shepherd Unknown
5 107 ei A2 Perth, W.A. 3. Shepherd Malus
aylvestris
#2 $ Al Wallaroo, N.S.W. Author E. paniculata
WA 1390 * Al Perth, W.A. R.F. Doepel Pyrus communis
=: Did not form oogonia.
Source : MNHN. Paris
142 L.GERRETTSON-CORNELL
of 1 week old colonies on 2% V-8 agar flooded with glass distilled water. Young
cotyledons of Eucalyptus sieberi L. Johnson, surface sterilized with 70% ethanol
for 5 to 10 seconds and then rinsed in sterile distilled water, were used. They
were floated on the water with which cultures had been flooded. These plates
were then covered with their lids and incubated at room temperature (18-30°C),
under a 40 W Grolux lamp. This new method for inducing sporangia formation
is the author’s adaption of the technique of MARKS and KASSABY (1974)
for the isolation of P. cinnamomi from soil. It has proved extremely reliable
provided the following conditions are observed :
- The test ds made at temperatures above 16°C, and preferably between
20° and 25°C, either under a Grolux lamp or in a room with natural lighting
plus 40 W, 3500 K fluorescent lamps. Exposure to light is either constant
or for 8-10 hours a day.
- Not less than 10-15 cotyledons per plate of ca. 9cm in diameter should
be used.
- Young cotyledons, preferably between 2 and 3 weeks of age are used, At
the third to fourth week and particularly at the appearance of the first pair
of leaves, the formation of sporangia may be markedly reduced, or ceases
altogether,
- It may happen, sometimes, that the water in the plates stagnates which
may inhibit the formation of sporangia. It is advisable in that case to change
the water a couple of times after 24-36 hours from the beginning of the expe-
riment.
The formation of sporangia for all isolates of Phytophthora tested was
preceded by colonization of the tissues of the host cotyledons by the mycelium
and a concomitant, gradual change in colour of the underside purple colour
of the leaves to green in 1 to 3 days.
c) Terminology
BLACKWELL's (1949) terminology has been used with some minor addi-
tions, as follows :
-Swollen hypha. It is an hypha or part of it, usually a long segment that
is markedly enlarged. It may either be uniformly or irregularly enlarged (GER-
RETTSON-CORNELL, 1979). In this category, the large branches of swollen
coralloid hyphae (fig. 1 and 2) are also included.
- Coralloid hypha. Coralloid hypha are generally branches of first and second
order and are irregularly shaped. A mycelium is coralloid if it is formed preva-
lently coralloid hyphae, either with or without swollen hyphae. Coralloid
hyphae may be single in which case they may be either alternate or opposite
or be arranged in verticils on the bearing hypha.
Coralloids hyphae may bear one and even more swelling and/or chlamydo-
spores.
- Swelling and chlamydospore. A swelling is a comparatively small portion
Source - MNHN. Paris
PHYTOPHTHORA FROM AUSTRALIA 143
of an hypha which is markedly enlarged to form a globose, subglobose, or irre-
gulaly shaped body. It cam be either sessile, terminal or intercalary, single
or in clusters. P. cinnamomi, particularly on V-8 agar, produces botryose, thin-
walled, greyish to yellow-brownish swellings, either globose, subglobose or
irregularly shaped. It is often difficult to distinguish these from the chlamy-
dospores. Chlamydospores have a septum or septa (if they are intercalary)
which separates them from the bearing hypha but this is not always easy to see.
d) Period of observation
Results of this study were collected over a period of observation of 2 weeks.
RESULTS
Mycelium
On CMA all cultures of Phytophthora exhibited a type of mycelium growth
eminently submerged into the agar with nil or very poor aerial mycelium.
Colonies of P. cinnamomi on this medium were entirely or almost entirely
coralloid. Colonies of P. cambivora were similar to P. cinnamomi although
they formed more swollen hyphae which were clustered at the edge of the
colonies or within 2-3cm round the inoculum. Large branches of markedly
swollen coralloid hyphae were observed in all isolates of P. cambivora (fig. 1,
2), In the past, the author has also observed a few of these formations in some
isolates of P. cinnamomi from Eden, N.S.W. The mycelium of P. cryptogea
was composed entirely or almost entirely of tubular hyphae, However, isolates
5121 and 104 showed the presence of many coralloid hyphae, particularly
round the inoculum,
Terminal and/or sessile swellings were numerous in P. cinnamomi but they
also occured to a lesser extent in P. cambivora and there were a few in two
isolates of P. cryptogea. A few, small clusters of intercalary swellings of the
net-like type of configuration (WATERHOUSE, 1963) were seen in four cultures
of P. cryptogea, Very few chlamydospores were formed by all isolates of P.
cinnamomi and none by P. cryptogea and P. cambivora. Neither sporangia nor
organs of fusion were formed by these Phytophthora species on corn meal
agar.
The results of the microscopical examination of 2-week-old cultures on
V-8 agar (Table 2) showed that all isolates of P. cinnamomi formed abundant
botryose swellings and chlamydospores (fig. 3, 4) whereas these were not obser-
ved în P. cryptogea and P. cambivora. Hence growth on V-8 constitutes an
important test for the identification of Phytophthora.
Table 2 also includes the mean diameter and range of the chlamydospores
of P. cinnamomi based on samples of 50 chlamydospores for each isolate.
By analysis of variance some of these values were found to be significantly
different at the 1% level which may indicate real difference among isolates
Source : MNHN, Paris
144
L. GERRETTSON-CORNELL
TABLE 2 Mycelium characteristics on 2% V8 agar
ar cag r сї cla (m) Sp оғ
P. cinnamomi
85e c ун ++ 2707-53) - -
36 MEO oe ++ 3108-51) = =
DN uc ** — 3300-56) = =
102 E ++ 37(22-59) - =
ы ж # + 35(18-49) - -
103 т ehe ЖЕ + 31(15-48) - =
DAR 19881 ++ + ++ + 44(22-55) = =
DAR 259899 a ++ ++ * — 3305-48) = -
тю ++ + ++ ++ з4(15-55) - -
мт о + + + ++ 41(16-66) - =
asi 4 LUS ++ 41(22-59) - -
SOSO ж + + + 34(15-48) E E
D. MUN E EE = 35(22-48) - -
P. eryptogea
ЕТК зро = z - Е
Ban = - - - -
31 + ES - = = -
iM eaten cm = = = 5
104 NODE 3 = - Е
105 на = - 2 - -
BTE Fa E S + ls
DAR 17095 + o E Е е o
DAR 24233 + re = = - =
P. cambivora
514 + + + - B - -
8107 re = - - *
82 SÉ cel A - Е - -
мА 1390 ++ ++ + - - - -
- : none observed : scarce
++ + abundant SH : swollen hyphae S : swellings
CH : coralloid hyphae : ántercalary
T : terminal and/or sessile Sp : sporangia
Cl : chlamydospores
Cld: chlamydospores dimensions
Of : organs of fusion
Source : MNHN. Paris
PHYTOPHTHORA FROM AUSTRALIA
145
regarding this particular characteristic, This fact shed further doubt on the value
of the character «size» in identification of species. Sporangia and oogonia
were not formed by most isolates of Phytophthora on V-8 agar over the period
of observation, Only one isolate of P. cryptogea (P 7) formed 4 sporangia.
TABLE 3. Morphological characteristics on 24 V-8, under water and sporangia
production by the cotyledon method
Sporangia
formation
А
B
Sporophore bxanching — Intercalary
c
swellings
Chlamydospores
Р. cinnamomi
8
36
93
102
51
103
DAR 19881
DAR 25999
7240
3477
3392
sc50
sc90
P. eryptogea
sni
5121
E
91
104
105
ъ7
DAR 17095
DAR 24223
P. eambivora
s104
5107
82
WA 1390
+
+
+
++
+
++
++
+
+
++
E
to
+
+
m TT
++
+
- to +
+
++
+
= to +
+
+
++
A: Sporophore unbranched
C: Proliferation through the empty sporangium.
none observed
scarce
sympodial branching
++: abundant
Source : MNHN, Paris
146 L. GERRETTSON-CORNELL
Sporangia
All isolates of Phytophthora in this study formed abundant sporangia on
eucalypt cotyledons and surrounding agar. P. cryptogea produced them more
rapidly and in the greatest quantity.
In P, cryptogea and P. cambivora, at the edge of cotyledons, large clusters
of intercalary swellings of the net-type of configuration were also formed
(fig. 5, 6,7, 8). The diameter of these swellings reached 31m. These formations
in the two species looked exactly the same. A few (3) swellings in $121 and
$ 107 exhibited dividing septa and have by definition to be regarded as chlamy-
dospores. Isolate WA 1390 differed from the other isolates of this species in
that it formed only one group of intercalary swellings on one plate. The simi-
larity between P. cryptogea and P. cambivora with regard to this characteristic
has already been reported (GERRETTSON-CORNELL, 1979). Under the
conditions of the experiment, P. cinmamomi formed large clusters of botryose
swellings and chlamydospores. On one occasion however a net-like type of
configuration was observed inside one of these large groups. It was clearly
observed to have originated by proliferation from each single swelling or chlamy-
dospore rather than being an enlargement at more or less regular intervals of
the same hypha.
Sympodial branching of the sporophore from below and proliferation through
the empty sporangium were observed in most isolates of Phytophthora. Of
the sympodial branching both close and the lax type occured, the close type
being more frequently observed in P. cryptogea. The close type also occurred
in P. cinnamomi and P. cambivora. In isolate 3477 (P. cinnamomi from Queens-
land) no branching of the sporophore was ever seen. As Table 3 clearly indicates,
branching of the sporophore cannot be regarded as a distinctive character
of identification.
Results of this work do not seem to be consistent with NEWHOOK’s et al.
(1978) new key of the genus Phytophthora on this particular aspect.
One hundred sporangia were selected for measurement from each isolate
of Phytophthora. The dimensions of these sporangia are presented in Table 4.
There were no data for isolate S 107 since this fungus died and could not
be replaced. However, it had previously been observed to be able to form spo-
rangia with the cotyledon method and large clusters of intercalary swellings.
Sporangia of all isolates of Phytophthora of this study were non-papillate
(< 24m) and had a wide pore (> 7um).
The analysis of variance of the sporangial parameters showed the existence
of highly significant (p > 0.01) difference between and within each species
of Phytophthora for these characteristics. Variation in size was also observed
in one isolate of P. cambivora whose sporangia were subsequently found to
measure 38 x 27um and 74 x 50um. This seems to be consistent with the sugges-
tion of BUMBIERIS (Pers. Comm.) that the first sporangia formed are some-
times different in size from those produced later. Further, the conditions of
Source - MNHN. Paris
TABLE 4. Mean value and range of length, breadth, Length/Breadth, and
pore diameter of the Sporangia of Phytophthora.
Species Isolate Length Breadth ув Роге diameter
но. в) (в) mei
(um) Gum) (um)
Р. cinnamomi 8 50 35 1.4 9
(24-82) (21-48) (1.1-2.1) (5-12)
36 52 35 1.5 9
(22-92) (18-53) (1.2-1.9) (5-15)
93 45 31 L5 10
(24-89) (17-56) (1.1-1.8) (7-15)
102 ei 46 T3 10
(40-73) (33-55) (1.1-1.8) (6-15)
51 52 39 1.3 10
(33-62) (26-51) (1.2-1.7) (5-15)
308 57 46 1.3 10
(26-73) (22-55) (1.1-1.7) (5-15)
DARI9881 62 аз 1.4 12
(29-81) (27-55) (1.1-2.1) (5-18)
DAR25999 55 39 1.4 9
(40-77) (27-5) (1.1-2.3) (4-15)
7240 54 38 1.4 10
(37-81) (26-55) (1.2-1.8) (7-15)
ЗАЛ Тот 38 1.4 10
(31-62) (29-62) (1.2-1.6) (5-15)
3392 57 43 1.3 10
(48-70) (33-53) (1.2-1.5) (6-15)
sc50 48 33 1.5 10
(31-71) (26-44) (1.1-2.2) (5-15)
sc90 56 38 ET 10
(37-77) (26-48) (1.2-1.7) (6-15)
P. eryptogea sin 49 36 1.4 9
(27-65) (22-45) (1.1-1.5) (в-12)
5121 48 зі 1.6 ii
(37-66) (22-38) (1.1-2.2) (8-15)
зї 47 32 23 9
(33-73) (26-40) (1.1-2.5) (5-15)
91 49 33 qus. 9
(26-66) (15-44) (1.1-2.0) (ay
104 50 34 255 10
(34-62) (22-44) (1.2-1.8) (8-12)
105 50 38 1.3 10
(26-62) (18-48) (1.1-1.6) (6-15)
»7 51 37 1.4 10
(44-66) — (26-44) (1.1-1.8) (5-13)
DAR17095 47 29 n aa
(29-70) (18-40) (1.1-2.6) (5-18)
DAR24233 52 37 1.4 10
(40-66) (29-4) (1.2-1.7) (5-15)
P. cambivora 5104 47 зї 1.5 10
(22-63) (17-41) Q.2-2.3) (7-14)
82 74 50 1.5 34
(48-95) (33-66) (1.2-2.0) (11-18)
WA1390 55 42 1.4 13
(44-77) (29-55) (1.1-1.7) (9-18)
Source - MNHN. Paris
148 L. GERRETTSON-CORNELL
experiment influence enormously the character size (LEONIAN and GEAR,
1929; TUCKER, 1931; CHITZANIDIS and KOUYEAS, 1970). Sporangia
of all isolates of P. cinnamomi, P. cryptogea and P. cambivora in this study
were non caducous and exhibited mo pedicel or this was irregular and very
difficult to measure, Of these two characters, sporangium caducity would seem
to be more stable a character than pedicel length. On the other hand AL-HEDAI-
THY & TSAO (1979) in a study with isolates of 7 species of Phytophthora
including P. cinnamomi, clearly showed that the degree of caducity alone
has questionable diagnostic value and that it should be determined only if
both the degree of caducity and uniformity in pedicel length are considered.
Sporangial germination
Over the period of observation (4-5 days from the moment cotyledons were
floated on the water covering the cultures) only the indirect type of germination
of the sporangium (i. e. by zoospores) was observed for P. cinnamomi and P.
cambivora. In P. cryptogea the indirect type was also frequent but some spo-
rangia (particularly those with a vacuole) exhibited the direct germination, i. e.
by germ tube, No vacuolated sporangia were seen to form zoospores which is
consistent with previous findings (GERRETTSON-CORNELL, 1979). P. crypto-
gea showed four different types of zoospore release, Zoospores were formed
most frequently within the sporangium and spewed out singly, in rapid succes-
sion. Quite often, as already observed in P. cinnamomi from Ourimbah State
Forest (GERRETTSON-CORNELL, 1973), the sporangium expelled the whole
protoplasm as a shapeless mass which broke into single units immediately
after release. Less frequently the protoplasm was held at the mouth of the spo-
rangium for a few seconds; from this, small portions of protoplasm separated
in regular succession from it and gave rise to one or even two zoospores. On
other occasions the sporangium expelled the protoplasm as a whole mass of
individualised cells and this moved around until it broke into groups of elements
stuck together and eventually into single units (GERRETTSON-CORNELL,
1979). On one occasion, three minutes elapsed from the moment this mass
was ejaculated and its breakup into single zoospores. In P. cinnamomi, the first
two types of zoospore formation were most frequently observed but the other
two also occured. The second and third methods seemed to occur more fre-
quently in P. cambivora.
Shape of the sporangium
Some of the final conclusions of a study designed to assess the importance
of this character in the identification of Phytophthora spp. (GERRETTSON-
CORNELL, 1980) are summarized. This work showed that although the pre-
sence of certain sporangial shapes can be more indicative of some species of
Phytophthora than others, the same shapes can be found in the latter although
to a lesser extent, Moreover, there are shapes which are common to the three
species P. cinnamomi, P. cryptogea and P, cambivora. Consequently the spo-
rangial shape cannot be considered a character of primary importance in the
identification of Phytophthora but only as a supplementary test.
Source - MNHN. Paris
PHYTOPHTHORA FROM AUSTRALIA 149
DISCUSSION
This study has shown the existence of some variability among isolates of the
same species of Phytophthora for a few characteristics such as the size of the
sporangia, the presence or absence of swellings. In general however, there was
reasonable uniformity within each species. For example, on CMA all isolates
of P. cinnamomi had a mycelium almost entirely coralloid. Other examples,
under the experimental conditions, were the general lack of chlamydospores
in P. cambivora and P. cryptogea on CMA and V-8 agar and the prevailing
incapacity to form oogonia homothallically, consistently with other people's
work (TUCKER, 1931; FREZZI, 1950; GRENTE, 1961; WATERHOUSE,
1963). This study also confirmed the occurence of homothallism in P. cambi-
vora, in the same isolate A2 already described (GERRETTSON-CORNELL,
1977).
Formation of intercalary swellings in large clusters of a net-type configuration
at the edge of cotyledons under water was confirmed in all isolates of P. cambi-
vora, These swellings were identical to those formed by P. cryptogea.
For the first time, intercalary swellings were also observed within the bo-
tryose clusters of swellings in P. cinnamomi.
Colonies of P. cinnamomi and P, cambivora on CMA appeared very similar.
The scanty aerial mycelium was formed from a few tubular hyphae whereas
the substrate mycelium was coralloid. That of P. cambivora was formed of more
flexuous hyphae and exhibited clusters of «markedly» swollen coralloid hyphae.
However these may also be found in certain isolates of P. cinnamomi. More
definite differences between P. cinnamomi and P. cambivora resulted on 2%
V-8 agar where all isolates of P. cinnamomi produced botryose, yellowish-
brownish thin-walled swellings and/or chlamydospores whilst P. cambivora
could only form, at times, a few, sparse hyaline-greyish swellings.
The mycelium of P. cryptogea on CMA varied from being formed almost
exclusively of tubular hyphae or tubular hyphae with some coralloid hyphae.
On V-8 agar, the hyphae were prevalently tubular. The presence of few, small
clusters of intercalary swellings (in some isolates), the constant absence of
porangia and oogonia, on solid media, the formation at times of few sporangia,
sparsely, non papillate, often with a central vacuole may be indicative of this
species of Phytophthora. All isolates of P. cryptogea under water and in the
presence of cotyledons were characterised by a «rich» production of clusters
of intercalary swellings.
CONCLUSIONS
The morphology of the isolates of Phytophthora has been determined and
despite the limitations imposed by the small number of P. cambivora examined,
the following characteristics under the experimental conditions used are consi-
Source : MNHN, Paris
150 L. GERRETTSON-CORNELL
dered to be of primary importance for the identification of P. cinnamomi,
P. cryptogea and P. cambivora :
1, Prevailing heterothallism, amphigenous antheridium and a prevailing
lack of sporangia on solid media.
. The oogonium wall, either smooth or bullate.
3. Lack of a papilla in the sporangium, i. e. apical hyaline thickening < 3-
3,5um thick.
4. Pore diameter > 7m,
5, Sporangia non deciduous,
6. Ability to form botryose swellings or intercalary swellings directly on
solid media or in the presence of water.
7. Presence or absence of chlamydospores.
ю
The following characteristics are considered to be of lesser importance
and are used as a supplementary test.
1. The texture of the mycelium on CMA.
2, The presence of particular predominant sporangial. shapes and the fre-
quency by which they occur.
Minimal taxonomical importance is attributed to the size of the sporangia
because of their variability. Similarly, the branching of the sporophore and
the method of release of the zoospores are features which appeared to be too
erratic to be of any taxonomical value for the identification of these Phytoph-
thora spp.
Under the conditions of experiment and by combining these observations
on CMA and V-8 media with those of WATERHOUSE (1963), the following
key for the identification of P. cinmamomi, P. cryptogea and P. cambivora
is suggested.
KEY
Sporangia and oogonia usually not formed in single culture, Sporangia formed
in the presence of liquid media, non-papillate (papilla < 3-3,5 um), pore size
> Tym, non-deciduous, Oogonia formed heterothallically, antheridium
always amphigynous.
- Sparse (sessile or terminal) and «botryose» swellings, and chlamydospores
formed. Mycelium chiefly coralloid on CMA..........- P. cinnamomi
Botryose swellings not formed, chlamydospores not formed.
Bullate as well as smooth oogonia formed in paired cultures with P, |
cambivora and P, parasitica, in particular. Mycelium, on CMA, rich |
in swollen, either coralloid or not, hyphae, Net-like clusters of inter-
calaty swellings may be formed under water with or without cotyle- |
dons. Some sessile and/or terminal swellings may be present. Sporan- |
gia may exhibit a «markedly» round apex, they may even be conical
EE ER P. cambivora
Source : MNHN, Paris
PHYTOPHTHORA FROM AUSTRALIA 151
- Mycelium composed of tubular hyphae with or without coralloid hy-
phae. Net-like clusters of intercalary swellings formed with and (but
only at times) without water. Sporangia readily formed under water,
either obpyriform and/or of various other shapes, often vacuolated. .
ER, Reg MOB Res ee cet А re 1 ae a P. cryptogea
Compared with WATERHOUSE (1963), the above key has the advantage of
not using the character «size» of the sporangia as a preliminary and important
discriminatory test. Further it refers to specific conditions of experimentation
and includes some additional characteristics such as the ability of some isolates
of P. cambivora on V-8 to form intercalary swellings under water with cotyle-
dons (and even without in some cases). Larger variation in the branching of the
sporophore was observed than that described by WATERHOUSE (1963) for
the above three species of Phytophthora.
P. cinnamomi form oogonia when paired with the opposite compatibility
type as well as with P. cambivora and P. cryptogea. Bullate oogonia in P. cambi-
vora are formed, besides with its opposite type, by pairing it with P. parasitica
and P. cinnamomi (WATERHOUSE, 1954, 1963; GRENTE, 1961; CHITZANI-
DIS and KOUYEAS, 1970; SHEPHERD, 1978 a, b). P. cryptogea yields oogonia
with its opposite compatibility type and with P. cinmamomi Al and A2. In
particular the work by SHEPHERD (1978a, b) provided detailed information
on the mating behaviour of Australian isolates of Phytophthora.
This study has shown the immense difficulty of identifying P. cambivora
when there is no possibility of mating it, and its identity could only be suspected
from the general description of the mycelium. Furthermore P. cambivora show-
ed to be closer to P. cryptogea than to P. cinnamomi. For example, they both
failed to form chlamydospores and the typical botryose swellings of P. cinna-
momi. At the same time both species were able to produce intercalary swellings
in net-like structures. Other similarities between these two Phytophthora species
with regard to the shape of the sporangium were observed (GERRETSSON-
CORNELL, 1980).
There is chaos to some extent in the genus Phytophthora. WATERHOUSE’s
Key (1963), although of great importance in the past, suffers from some limi-
tations in certain groups such as Nos 5 and 6. FREZZI’s (1950) key, although
more precise, is based only on 12 species of Phytophthora. The absence of
species such as P. cambivora in it limits its application. Furthermore the exis-
tence of isolates with characteristics of one, two and even three species of
Phytophthora recently established by the author in Australia adds new confu-
sion to that already existing. These could be hybrids or even different strains
of the same species or indicate that different sorts of grouping rather that the
present scheme based on species alone could be adopted.
Source : MNHN, Paris
152 L.GERRETTSON-CORNELL
ACKNOWLEDGEMENTS
The author is indebted to Messrs. John WALKER, Biological and Chemical Research
Institute, Rydalmere, N.S.W., D.W. EDWARDS, Group Leader, Biology and Mrs Marcia
LAMBERT, Chemistry Section for helpful comments on this paper.
Mrs. Anne MUSH is also acknowledged for her statistical work. Those who gave isolates
of Phytophthora and whom are listed in Table 1, are also kindly acknowledged.
BIBLIOGRAPHY
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Source : MNHN. Paris |
PHYTOPHTHORA FROM AUSTRALIA 153
Fig. 1, 2: Phytophthora cambivora : clusters of swollen coralloid hyphae, x 275 and
440. Fig. 3 : Р. cinnamomi : botryose swellings and chlamydospores, x 250. Fig. 4:
2 cinnamomi : chlamydospores and «small» botryose swellings, x 125
Source : MNHN, Paris
154 L. GERRETTSON-CORNELL
Fig, 5, 6: P. cryptogea : intercalary swellings, x 440 and x 275. Fig. 7, 8: P. cambi
vora : intercalary swellings, x 440.
Source : MNHN, Paris |
155
L'APPAREIL APICAL DE DEUX DIATRYPALES :
ÉTUDE ULTRASTRUCTURALE
par A. PARGUEY-LEDUC et M.C. JANEX-FAVRE*
RÉSUMÉ. — Chez le Diatrype disciformis et le Diatrypella quercina l'appareil apical des
asques est essentiellement constitué par un dóme apical. Dans son pendentif se différencie,
chez le Diatrype disciformis, un anneau inférieur (— anneau du pendentif). Celui-ci est
absent chez le Diatrypella quercina qui possède, par contre, dans le sommet de son épi-
plasme, un tractus constitué par un faisceau divergent de fibrilles groupées par deux
et rattaché à sa partie supérieure à un corps sous-apical.
ABSTRACT. — In Diatrype disciformis and Diatrypella quercina the apical apparatus
of asci is mainly constituted by a well developed apical dome. A lower ring (= anneau
du pendentif) differentiates in Diatrype disciformis; it lacks in Diatrypella quercina. The
latter species possesses in the upper epiplasm an apical tractus which is composed of diver-
gent paired fibrils and connected to a «corps sous-apical» at the top.
Chez les Pyrénomycétes à asques unituniqués, CHADEFAUD (1960) recon-
naît sept ordres: les Glomérellales, sans anneau différencié, les Diaporthales,
Sordariales et Nectriales, à anneau non amyloide, et les Diatrypales, Xylariales
ct Hyponectriales, à anneau au contraire amyloïde,
D'après les observations effectuées en microscopie photonique (CHADE-
| FAUD, 1942, 1957; PARGUEY-LEDUC, 1970), l'appareil apical des asques
| des Diatrypales est essentiellement composé d'un dôme apical, qui se prolonge
| vers le bas par un pendentif creux où peut se différencier un anneau amyloïde (=
| anneau inférieur). La partie sommitale de ce dôme forme un coussinet apical,
plus ou moins épais et différencié; au-dessous, sa partie axiale constitue un
| manubrium. Vers le bas un corps ombiliqué peut être enchâssé dans ce manu-
* Université Pierre et Marie Curie, Laboratoire de Cryptogamie, 9, Quai Saint-Bernard,
75005 Paris,
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog. mycol) TOME 1 (1980).
Source - MNHN. Paris
156 A.PARGUEY-LEDUC & M.C. JANEX-FAVRE
brium. Au sommet de l'épiplasme peuvent se différencier un corps sous-apical
puis un tractus le reliant aux ascospores.
En microscopie électronique*, à notre connaissance, l'appareil apical d'une
seule espèce, le Quaternaria quaternata, a été jusqu'ici étudié (GRIFFITHS,
1973). Cet auteur décrit, au sommet de l'asque, un épais disque de substance
granuleuse dense aux électrons qui se prolonge vers le bas par un anneau éga-
lement granuleux mais encore beaucoup plus dense; une formation claire et
granulo-fibrilleuse en forme de croissant coiffe une évagination épiplasmique.
D'aprés leur disposition, nous pensons pouvoir interpréter le disque de ce Qua-
ternaria comme un dóme apical et son anneau comme l'anneau inférieur (= ап-
neau du pendentif) de l'appareil apical des Annellascés (PARGUEY-LEDUC et
CHADEFAUD, 1963; PARGUEY-LEDUC, 1977); enfin, la formation en crois-
sant peut correspondre au corps ombiliqué reconnu en microscopie photonique.
1l nous a paru utile de compléter l'étude des asques des Diatrypales en micro-
scopie électronique en examinant ceux de deux espèces : le Diatrype disciformis
(Hoffm. ex Fr.) Fr. et le Diatrypella quercina (Pers.) Nke.
I. L'APPAREIL APICAL DES ASQUES DU DIATRYPE DISCIFORMIS
Cette espéce posséde des asques longuement pédicellés, dont la partie sporale
ne dépasse pas 25-35 x 4-Sum, ce qui rend l'observation de l'appareil apical
particulièrement délicate en microscopie photonique. Cela explique les inter-
synthétique. ai: anneau inférieur (— anneau du pendentif); cl: couronne épiplasmique
latérale; cm: évagination épiplasmique médiane; co: corps ombiliqué; cs: coussinet
apical; da : dôme apical; e: épiplasme; en: endoascus; ex: exoascus; p: pendentif; pl:
plasmalemme; pmb: pseudo-manubrium.
* Nous avons plaisir à remercier N. JAMPSIN et C. FOURNIGAULT pour leur efficace
collaboration technique.
Source : MNHN, Paris
L'APPAREIL APICAL DE DEUX DIATRYPALES 157
prétations différentes qui ont pu en étre données (CHADEFAUD, 1942, 1957;
SCHRANTZ, 1960).
D'après nos propres observations, le Lugol colore légèrement en bleu un très
mince anneau, qui est donc faiblement amyloïde, et l'encre Waterman colore
nettement le manubrium, situé au-dessous, et qui est donc de nature chitinoide.
En microscopie électronique (schéma A et fig. 1) sont reconnaissables :
1) L'anneau apical: de texture granuleuse et très opaque aux électrons
il est nettement distinct, et situé entre l'évagination épiplasmique médiane
(em) et la couronne épiplasmique latérale (el). Il est bordé extérieurement par
Fig. 1. — Coupe longitudinale du sommet d'un asque de Diatrype disciformis. (fixation
glutaraldéhyde post-osmié; coupe contrastée par l'acétate d'uranyle et le citrate de
plomb). Échelle : 0,5 4m
Source : MNHN, Paris
158 A. PARGUEY-LEDUC & M.C. JANEX-FAVRE
le pendentif (p) et représente donc uniquement l'anneau inférieur (ai) (= anneau
du pendentif
2) Les formations du dôme apical: particulièrement volumineuses, elles
comprennent :
a) un coussinet apical (es) fibrillo-granuleux, situé à la partie supérieure, immé-
diatement sous l'exoascus (ex);
b) le dôme apical proprement dit (da) lâchement fibrilleux, au-dessous. Sa partie
inférieure forme le pendentif (p) qui est en continuité avec l'endoascus
(en) et contient l'anneau;
4
Fig. 2. — Coupe longitudinale d'un asque à sommet invaginé de Diatrype disciformi
(fixation: glutaraldéhyde post-osmié; coupe contrastée par l'acétate d'uranyle et le
citrate de plomb). Échelle : 0,5 Um
Source : MNHN, Paris
L'APPAREIL APICAL DE DEUX DIATRYPALES 159
c) une cloche (apparaissant en forme de croissant en coupe), à texture
leuse relativement dense. Cette cloche est suspendue à la partie inférieure
du dóme apical par des fibrilles divergentes et son bord, aminci, tend à
s'appliquer contre la face interne de l’anneau. Cette formation représente un
pseudo-manubrium, tel que nous l'avons défini en 1979;
4) un corps ombiliqué, clair, logé dans la partie interne du pseudo-manubrium
et coiffant l'évagination épiplasmique médiane.
Dans certains asques, cette évagination est remplie par une substance trés
dense aux électrons englobant une vacuole autophagique; cette formation
correspond peut-être au corps sous-apical, mieux différencié encore chez le
Diatrypella quercina étudié plus loin.
Nous avons pu fréquemment observer des asques à sommet invaginé (fig. 2).
En réalité, il ne s’agit pas d'une véritable invagination: en effet, le volume du
dóme apical demeure inchangé et c'est l'extrémité de la paroi ascale qui se déve-
loppe progressivement vers le haut, en dépassant largement le sommet du dóme
au stade final.
II. L'APPAREIL APICAL DES ASQUES DU DIATRYPELLA QUERCINA
En microscopie photonique, cette espèce a été étudiée de façon précise par
CHADEFAUD (1957, 1960), qui reconnait dans l'appareil apical de ses asques
les formations suivantes :
- un coussinet apical;
-un manubrium bien développé, qui le prolonge vers le bas et enserre dans
sa base un corps ombiliqué;
-un corps sous-apical, logé dans la partie sommitale de l’épiplasme axial
et prolongé vers le bas par un tractus rattaché à la première ascospore. De
plus, les bords du dóme apical forment des replis internes. La coloration
par le Lugol ne révéle pas la présence d'un anneau.
En microscopie électronique sont reconnaissables (schéma B et fig. 3) :
1) Les formations du dôme apical :
a)un coussinet apical (cs) à texture réticulée, irrégulièrement délimité par
un exoascus (ex) très mince;
b) le dóme apical proprement dit (da) qui lui fait suite vers le bas. En forme
de cylindre plein dans sa moitié supérieure, il est évidé en son centre dans
sa moitié inférieure. Celle-ci, logée entre l'évagination épiplasmique médiane
(em) et la couronne épiplasmique latérale (cl) constitue le pendentif (p).
Le dôme apical présente une texture homogène : il est dans sa totalité cons-
titué par des fibrilles disposées en strates horizontales irrégulières.
Il est à remarquer que dans le dôme apical proprement dit et dans son pen-
dentif, aucune substance dense aux électrons ne se dépose sur les fibrilles et
qu’en conséquence il ne se différencie ni anneau supérieur ni anneau inférieur.
Source : MNHN Paris
160 A. PARGUEY-LEDUC & M.C. JANEX-FAVRE
Schéma B. — Coupe longitudinale du sommet d'un asque de Diatrypella quercina : schéma
synthétique, asp: ascospore; c: corps sous-apical; cl: couronne épiplasmique latérale;
cm: évagination épiplasmique médiane; co: corps ombiliqué; cs: coussinet apical; da:
dóme apical; e: épiplasme; en: endoascus; ex: exoascus; pl: plasmalemme; pmb: pseudo-
manubrium; t: tractus.
c) un pseudo-manubrium (pmb) en forme de cloche, à texture réticulée.
2) Les formations annexes de l'appareil apical Dans le sommet de l'épi-
plasme on reconnaît, comme chez le Diatrype disciformis, une couronne latérale
(cl) et une évagination médiane (cm). Celle-ci est occupée par un corps sous-
apical (c) semi-globuleux particulièrement dense aux électrons et contenant
une vacuole autophagique. Ce corps est en continuité avec le plasmalemme.
Vers le bas, il se prolonge par un tractus (t) complexe, formé de fibrilles grou-
pées par deux, très denses aux électrons. Ces fibrilles apparićes se divisent
plusieurs fois; leurs rameaux divergent dans l’épiplasme sommital et se terminent
en général au niveau de la première ascospore.
Fig. 3. — Coupe longitudinale du sommet d'un asque de Diatrypella quercina. (fixation :
glutaraldéhyde post-osmié; coupe contrastée par l’acétate d’uranyle et le-citrate de
plomb). Échelle : 0,5Um.
Source : MNHN Paris
L'APPAREIL APICAL DE DEUX DIATRYPALES 161
Source : MNHN, Paris
162 A.PARGUEY-LEDUC & M.C. JANEX-FAVRE
III. DISCUSSION ET CONCLUSIONS
Les asques des trois espéces de Diatrypales observées en microscopie élec-
tronique (Quaternaria quaternata, GRIFFITHS, 1973, Diatrype disciformis
et Diatrypella quercina) présentent des appareils apicaux trés comparables.
Les formations du dóme apical y sont prépondérantes. Le coussinet apical
présente une texture semblable chez les trois espèces. Le dôme apical propre-
ment dit, de forme identique, montre par contre une texture différente : granu-
leuse chez le Quaternaria, fibrillo-granuleuse chez le Diatrype et fibrilleuse,
avec une stratification horizontale irrégulière, chez le Diatrypella.
De plus, l'anneau inférieur, différencié dans le pendentif chez le Quaternaria
et le Diatrype, fait défaut chez le Diatrypella. Chez cette espéce en effet n'est
visible, à l'emplacement potentiel de cet anneau, que la matrice qui devrait
recevoir les dépôts.
Ainsi les observations en microscopie électronique permettent de mieux
comprendre l'organisation de l'appareil apical du Diatrype disciformis et du
Diatrypella quercina. La volumineuse masse sommitale interprétée comme un
manubrium (CHADEFAUD, 1957 et 1960; SCHRANTZ, 1960) est en fait
le dome apical. En effet, sa structure est identique à celle du pendentif, nette-
ment identifiable, qui lui fait suite vers le bas. Le pseudo-manubrium est, au
contraire, réduit à sa partie inférieure et ne perfore pas le dôme de bas en haut,
comme nous l'avions vu précédemment chez le Coniochaeta ligniaria (PARGUEY-
LEDUC et JANEX-FAVRE, 1979). Enfin, les replis des bords du dóme apical,
observés en microscopie photonique, n'ont pas été retrouvés en microscopie
électronique.
Par contre, les trois espèces étudiées présentent, comme cela avait déjà été
vu en microscopie photonique, un corps ombiliqué en forme de cloche coiffant
l'évagination épiplasmique médiane et occupant, du moins chez le Diatrype
disciformis et le Diatrypella quercina, la face interne du pseudo-manubrium.
Les formations annexes de l'appareil apical, logées dans l'épiplasme, n'ont
été observées que chez le Diatrypella, en microscopie électronique comme
en microscopie photonique (CHADEFAUD, 1957). Elles comportent un tractus,
formation déjà observée en microscopie électronique chez la Sordariale Conio-
chaeta ligniaria. Ce tractus se présente toutefois différemment : chez le Conio-
chaeta, en effet, il a la forme d’un sablier et il est constitué par des faisceaux
irréguliers de fibrilles épaisses tandis que chez le Diatrypella ses fibrilles, régu-
lièrement associées par deux, se divisent en branches divergentes à partir d’un
corps sous-apical qui occupe l'évagination épiplasmique médiane. Cette structure
n'avait pas pu être reconnue en microscopie photonique où le tractus apparais-
sait comme une masse unique effilée vers le bas. Un corps sous-apical se ren-
contre parfois également chez le Diatrype disciformis mais il est moins nette-
ment différencié que chez le Diatrypella et il ne se prolonge pas par un tractus.
L'appareil apical des asques présente donc une organisation très homogène
chez les trois espèces de Diatrypales examinées en microscopie électronique.
Source - MNHN. Paris
L'APPAREIL APICAL DE DEUX DIATRYPALES 163
Le dóme apical y est particuliérement développé, il l'est d'ailleurs également
chez les Diaporthales : Diaporthe eres étudié par GRIFFITHS (1973). L'anneau
correspond uniquement, comme chez les Xylariales (GREENHALGH et EVANS,
1967; SCHRANTZ, 1970; BECKETT et CRAWFORD, 1973; GRIFFITHS,
1973; STIERS, 1977) à l'anneau inférieur (— anneau du pendentif), mais chez
les Diatrypales, comme l'avait déjà indiqué CHADEFAUD (1973), il est trés
réduit (Quaternaria quaternata et Diatrype disciformis), et tend méme à dispa-
raître complètement (Diatrypella quercina).
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"rans.
Source - MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris
165
LA MYCOFLORE DES CAROUBES
Ceratonia siliqua L.
par M.J. CHARPENTIÉ* et St. MARAKIS**
RÉSUMÉ. — Relevé floristique portant sur 930 isolements de la mycoflore des caroubes
récoltées en Grèce, du sol sous les arbres et du sol des entrepôts. Remarques d'ordre systé-
matique et biologique sur les espèces inventoriées.
INTRODUCTION
Le caroubier est un petit arbre de la famille des Papilionacées qui se déve-
loppe sur le pourtour de la Méditerranée. Il était très cultivé autrefois par les
peuples nord-africains et est-méditerranéens tant pour l'affouragement des ani-
maux que pour l'alimentation humaine. Actuellement la culture du caroubier a
beaucoup régressé; cependant, dans certains pays tels que la Gréce, elle demeure
un appoint non négligeable pour le bétail.
Le fruit du caroubier est une gousse pendante de 12 à 20 cm, épaisse, coriace,
pourvue d’une substance pulpeuse qui sépare les graines, au nombre de 12 à
16. Par fermentation on en extrait une liqueur alcoolique et on exploite égale-
ment, en pharmacologie, les propriétés antidiarrhéiques de ce fruit.
Les premiers recensements de champignons se développant sur les caroubiers,
sont fournis par SACCARDO (1898) qui signale parmi eux Phyllosticta cerato-
niae, Septoria carrubi, Sphaerella ceratoniae. Plus récemment, quelques phyto-
pathologistes se sont intéressés aux maladies du caroubier.
* Laboratoire de Cryptogamie du M.N.H.N., 12 rue de Buffon, 75005 Paris. - L.A. 257
(C.N.R.S.).
** Calosgourou 3, T. T. 903 Patissia, Athénes, Gréce.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog. Mycol.) TOME 1 (1980).
Source : MNHN. Paris
166 M.J. CHARPENTIÉ & St. MARAKIS
Le mildiou, Oidium ceratoniae a fait l'objet d'une étude de GRANITI en
1958 qui observe que les arbres máles paraissent plus sensibles que les arbres
femelles et les hermaphrodites. MARTELLI (1961) donne un bref apergu
des symptómes de l'anthracnose du Caroubier causée par Glomerella cingulata,
et DEMETRIADES et al. (1960), s'intéressent plus particuliérement aux fruits
du Caroubier attaqués par Diplodina ceratoniae. Mais à notre connaissance,
aucun auteur jusqu'alors, n'a fait un inventaire détaillé des champignons micro-
scopiques saprophytes des Caroubes récoltées et stockées.
PANTIDOU (1973), recensant les champignons parasites, saprophytes ou
mycorhiziques des plantes de Gréce, mentionne pour Ceratonia siliqua : Coleo-
phoma oleae, Diplodia ceratoniae, Diplosclerophoma ceratoniae, Oidium cerato-
niae, Phoma ceratoniae et Septoria carrubi.
Les essais qui sont à l'origine de cet inventaire ont pour objet la production
d'une protéine fongique, obtenue par l'action des champignons microscopiques
sur les Caroubes; au cours de cette étude, 930 souches de Micromycétes ont
été isolées. L'ensemble de la mycoflore ainsi répertoriée fait l’objet d’une discus-
sion quant à sa nature et sa fréquence.
MATÉRIEL
En Grèce, la récolte des Caroubes est fixée à une date précise par le préfet
de chaque département, Les caroubes tombées à terre sont récoltées un mois
après et entreposées en vue de leur utilisation ultérieure,
Dans le cadre de ce travail, les récoltes ont été faites dans 2 lieux de Crète:
Héraclion et Réthymnon. Le premier prélèvement fait en mars 1974, est cons-
titué de 50 échantillons provenant de caroubes moisies ramassées à terre sous
les arbres, 60 échantillons à partir des caroubes stockées dans les entrepôts.
Au cours de la même récolte, 50 prélèvement sont effectués dans le sol sous
les caroubiers et 40 dans le sol des entrepôts. En novembre 1974, dans les
mêmes localités, 40 échantillons de caroubes sont prélevés sous les arbres ou
dans l'entrepót et, à partir du sol, 40 prélèvements sont effectués dans les entre-
póts et 20 sous les arbres. Une nouvelle récolte est faite au cours de l'été 1978 :
l'isolement des microorganismes est alors effectué par une méthode différente
(voir paragraphe technique).
Les échantillons de caroubes et les prélévements de sol sont placés dans des
sacs de plastique stériles et expédiés immédiatement au laboratoire pour l'iso-
lement des champignons.
TECHNIQUES
- Les prélèvements à partir du sol sous les caroubiers sont faits à une profon-
deur de 10 cm, ceux effectués dans le sol de l’entrepöt, à 5 cm de la surface.
Source - MNHN. Paris
LA MYCOFLORE DES CAROUBES 167
- Les milieux de culture et les méthodes d'isolement ont été trés diversifiés
en vue de mettre en évidence le plus grand nombre possible de microorganismes :
Czapeck agar, Czapeck enrichi en saccharose (20g), extrait de malt gélosé
à 2%, milieu gélosé à base de foin, milieu osmophile à base de canne à sucre
((NH4)2 SO4, 7,5g; NaH2 PO4, 1,5g; MgSO4 7H30, 0,45g; FeSO4 7 H20,
0,5g; KCl, 0,15g; CaClo, 0,45 g; ZnClo, 0,03 g; extrait de levure, 3g; canne à
sucre, 30g; 1 litre d'eau distillée), milieu cellulosique ((NH4)2 SO4, 0,5g;
KH PO4, 1g; KCl, 0,5g; MgSO4 7H20, 0,2 g; CaClo, 0,1 g; extrait de levure,
10g; cellulose en poudre, 10g; eau distillée, 1 litre). Les 930 souches isolées
sont ensuite entretenues sur un milieu à base d'extrait de caroube obtenu par
autoclavage à 121^ à 1 atm, pendant 45 minutes, supplémenté avec 3% de sucre
non raffiné.
ISOLEMENTS
1. A partir des caroubes moisies
4g d'échantillon de caroubes moisies sont coupés aseptiquement en mor-
ceaux de 4 à 6mm et posés dans des boites de Pétri sur lesquelles on verse
10ml de milieu à 43°C. Les boites sont mises à l'étuve à 20°, 30°, 45°, Les
isolements sont faits de 2 à 10 jours aprés, soit à partir des colonies, soit par
prélèvements directs sous la loupe binoculaire, soit par la méthode des dilutions
successives effectuées de la façon suivante: une quantité déterminée de la
culture est ajoutée à 9 ml de liquide Ringer 1/4 autoclavé, additionné de 0,01%
de Tween 80, dans des boîtes universelles. Après mixage de cette suspension
mère, des dilutions décimales sont effectuées aboutissant à un nombre de 3
à 6 colonies par boîte pour 1 ml de suspension.
2. A partir du sol
a) méthode des dilutions
A 25g de sol sec placés dans une éprouvette graduée, on ajoute un milieu
malt agar à 0,15g jusqu'à un volume de 250ml. Aprés broyage au Waring-
Blendor (50 sec.), 5 ml de cette suspension sont versés dans 45 ml d'eau gélosée
à 0,1575; cette dilution est répétée jusqu'à obtention de 3 à 6 colonies par
boîte repiquées ensuite en culture pure.
b) ensemencement direct
5 à 15mg de l'échantillon de sol additionnés d’une goutte d'eau distillée
sont placés dans une boîte de Pétri avec 10 ml de milieu de culture à 43°C.
Aprés homogénéisation des boites, celles-ci sont placées en étuve aux différentes
températures; une fois développées, les colonies formées isolément sont repi-
quées en culture pure.
c) ensemencement par pipette
25g d'échantillon de sol, placés dans un erlen de 500 ml avec 225 ml d'eau
distillée sont broyés avec un mélangeur magnétique. Pendant la durée de l'opé-
Source : MNHN. Paris
168 M.J. CHARPENTIÉ & St. MARAKIS
ration, plusieurs prélèvements sont faits avec une pipette de 1 ml dont le contenu
est versé dans 10 ml de milieu gelose.
d) isolement des hyphes
L'échantillon de sol (1 à 1/2 g) est placé dans un bécher, puis mouillé jusqu’à
saturation avec de l'eau distillée. Après 4 à 5 minutes, on fait circuler une eau
stérile courante; les parties les plus lourdes de la suspension sont décantées. 1
minute plus tard le surnageant est enlevé; cette manipulation est répétée jusqu’à
ce que la partie surnageante soit limpide. La partie inférieure, ainsi décantée
est distribuée par petites quantités dans de l'eau distillée et examinée à la loupe
pour observer les hyphes qui sont ensuite transférées avec une microaiguille
dans une goutte d’eau stérile en boîte. Les hyphes séparées les unes des autres
sont transportées sur un milieu gélosé à raison de 10 à 20 hyphes par boîte.
c) les Ascomycétes ont été mis en évidence par la méthode de désinfection
partielle (WARCUP, 1963)
Pour limiter le développement bactérien pendant les isolements, le pH des
milieux a été abaissé à 3,5 en ajoutant 5,7ml d'acide citrique à 10% pour
100 ml de milieu. Cette technique efficace présente l'inconvénient d'éliminer
aussi certains Micromycètes sensibles à un pH aussi bas. C’est pourquoi au cours
de la récolte de 1978, le développement bactérien a été contrôlé par addition
aux différents milieux de 0,5% de chloramphénicol. Il est donc probable qu'une
grande partie de la mycoflore a été mise en évidence, Notons également que
les souches ainsi isolées présentent une certaine adaptation au substrat qu’elles
contaminent; en effet, les mêmes espèces isolées de différents substrats et
cultivées sur un milieu à base d'extrait de caroube, se développent moins bien
que les espèces isolées de caroube.
RÉSULTATS
Le Tableau I présente l'inventaire des souches en fonction de l'origine du
prélèvement : caroubes moisies, sol de l'entrepót, sol sous le caroubier et ca-
roubes autoclavées réensemencées spontanément. Il indique la fréquence de
chaque espéce par rapport au nombre total de souches isolées (930) mais ne
précise par cette fréquence pour chaque origine,
Fréquence et nature des microorganismes isolés
Il apparaît très clairement que les espèces les plus fréquemment isolées
(Aspergillus niger, Penicillium frequentans, Aspergillus flavus, Paecilomyces
varioti, Penicillium expansum) sont des moisissures trés banales, ubiquistes,
qui ne présentent aucune spécificité par rapport au substrat que nous étudions
- dans la limite d'une certaine adaptation évoquée au paragraphe «milieux
utilisés» -. Signalons tout de même qu'Aspergillus flavus peut être à l’origine
de très graves accidents dans la mesure où certaines souches de cette espèce
peuvent élaborer de l'aflatoxine.
Source - MNHN, Paris
LA MYCOFLORE DES CAROUBES 169
Les espéces moins fréquentes qui contaminent 4 à 5% des lots méritent
cependant de retenir notre attention.
- Aspergillus terreus, champignon du sol, est également cité sur des graines
et sur des débris organiques en décomposition. Sa présence, à la fois sur les
gousses et dans le sol, confirme bien les données antérieures. Signalons toutefois
que dans tous les isolements observés, cette espèce présente des caractéristiques
morphologiques inhabituelles : têtes bi- ou tricéphales prenant naissance sur un
conidiophore sinueux, Les cultures elles-mêmes ne sont pas toujours typiques :
mycélium stérile abondant, aspect laineux, ocre clair plus ou moins zoné. Mais
les phialides dont certaines sont dédifférenciées en filaments, produisent des
conidies en colonnes serrées typiques du groupe ferreus. Les cas de tétes d'As-
pergillus à aspect «tératologique» sont fréquents et ont été déjà signalés par
plusieurs auteurs, cependant cette anomalie semble relativement stable puis-
qu'elle est observée durant trois mois après plusieurs repiquages successifs.
- Penicillium purpurogenum var. rubrisclerotium dont l'identification a été
confirmée par R.A. SAMSON est un champignon du sol dont la description
originale de THOM (1915), souligne le caractère bien marqué. D'après l'auteur,
il se rattache au point de vue systématique à la série purpurogenum dont il ne
diffère que par la présence de sclérotes rouge foncé ou noir. A. STOLK (1973),
comparant des souches de Penicillium purpurogenum var. rubrisclerotium
qui ont perdu, au fil des ans, la capacité de produire des sclérotes, les rapproche
plutôt de Penicillium funiculosum par l'aspect cultural laineux. Les souches
de cette espèces que nous avons isolées dégagent une odeur si forte et si carac-
téristique de pelure de pomme de terre, que nous avons gardé le nom de variété
pour les distinguer des autres espèces, Penicillium funiculosum et P. purpuro-
genum que nous avons isolées assez fréquemment. Notons enfin que Penicillium
purpurogenum var. rubrisclerotium a été mis en évidence, dans nos essais, à
la fois sur caroubes moisies, dans le sol de l'entrepót et dans le sol sous les ca-
roubiers.
C'est également le cas de Penicillium funiculosum dont la fréquence par rap-
port au nombre total d'isolements est sensiblement identique et dont la réparti-
tion se situe soit dans le sol, soit sur des débris végétaux en voie de décomposi-
tion, ce que confirment nos essais.
Penicillium purpurogenum est révélé seulement à partir du sol sous les carou-
biers; il est en effet un composant fréquent de la mycoflore des sols des régions
tempérées, tropicales et subtropicales et aussi un agent de détérioration de
nombreux substrats organiques.
Verticillium psalliotae par contre se développe généralement sur des supports
bien spécifiques. D'après GAMS (1971), il a été isolé de cultures de champi-
gnons, de rouilles, de Truffes, à partir d'insectes morts, de bouses de vaches
et de tissu enfoui dans le sol, Sa présence ne semble pas avoir été signalée sur
des grains en stockage bien qu'une espèce très proche, Verticillium fungicola
soit mentionnée souvent sur ce substrat sous le nom de Verticillium malthousei.
Dans le travail présent il a été mis en évidence à partir du sol de l’entrepöt
Source : MNHN, Paris
170 M.J. CHARPENTIÉ & St. MARAKIS
et des caroubes moisies; il est probable qu'il s'est développé d'abord sur les
caroubes qui lui offraient un substrat favorable, puis a envahi le sol de l’entrepot.
Aspergillus carbonarius appartenant au groupe niger, probablement moins
fréquent que A. niger mais trés ubiquiste, est signalé par GUPTA (1956) comme
agent de la pourriture des grains de raisin en Inde. Sa présence soit dans le sol,
soit sur des substrats divers, semble liée à des climats chauds sans que cette
condition soit nécessaire. Dans le cas des caroubes, nous l'avons isolé seulement
à partir des gousses mais avec une fréquence relativement élevée (4,2); si nous
tenons compte du fait qu'il est trés proche d’Aspergillus niger au point de vue
systématique et biologique, nous pouvons évaluer la fréquence cumulée de ces
deux espèces à 12% ce qui place les Aspergillus du groupe niger largement en
téte du cortége floristique des caroubes.
Dans le groupe des Mucorales, Mucor mucedo, Rhizopus arrhizus, Absidia
ramosa et Mucor genevensis sont recensés. Seules les deux premiéres espèces
sont relativement. fréquentes, Mucor mucedo dans le sol sous les caroubiers
et Rhizopus arrhizus sur les caroubes. Ces deux espéces trés ubiquistes à la fois
par leur répartition géographique et les substrats qu’elles envahissent, demandent
cependant une humidité relative de l'environnement et une teneur en eau du
substrat assez élevées. Absidia ramosa, hôte fréquent des graines et Mucor
genevensis, essentiellement champignon du sol, sont ici isolés du sol de l'entre-
pót avec une fréquence trés faible.
DISCUSSION
L'origine du prélévement des différentes espéces isolées nous conduit à faire
quelques remarques.
- Les espéces les plus fréquentes sont présentes à la fois sur les caroubes
moisies et dans le sol de l'entrepót (exception faite de A. niger, A. flavus et P.
expansum). Autrement dit, la micropopulation de ce sol refléte celle des carou-
bes. Par contre, la microflore du sol sous les caroubiers est sensiblement diffé-
rente de celle des caroubes bien que celles-ci séjournent un mois sur le sol avant
d'être récoltées. Les prélèvements effectués à 10cm de profondeur révèlent
une micropopulation distincte à l'exception de 3 espèces assez fréquente
Penicillium purpurogenum var. rubrisclerotium, Penicillium funiculosum et
Penicillium cyclopium.
Trois espéces seulement se sont développées sur les résidus de caroube exempts
de sucres solubles. Ces résidus obtenus par 8 autoclavages successifs, sont laissés
à l'air libre pour étre ensemencés spontanément. Parmi les nombreuses spores
susceptibles de contaminer ces résidus, seules se sont développées «in situ»,
Penicillium variabile, Penicillium chrysogenum, mutant blanc instable et Tricho-
derma harzianum. Cette dernière espèce notoirement cellulolytique a trouvé
probablement un substrat convenant ä ses aptitudes enzymatiques; Penicillium
chrysogenum quant à lui, a sans doute modifié son métabolisme momentané-
ment ce qui a entraîné une perte provisoire de sa pigmentation. Enfin Penicil-
Source - MNHN. Paris
LA MYCOFLORE DES CAROUBES 171
lium variabile dont RAPER et al. (1968) mentionnent la présence sur des papiers
humides en stockage et sur amidon, est donc apte à hydrolyser des molécules
de polysaccharides.
Des espéces cellulolytiques sont isolées également à partir des caroubes et
du sol: Aspergillus oryzae, A. terreus, Fusarium moniliforme et F. solani.
Elles prennent certainement une part active à la décomposition de la cellulose
contenue dans les gousses.
Certains micromycétes ont été mis en évidence seulement au cours des
derniers isolements effectués avec du chloramphénicol comme bactéricide :
Fusarium oxysporum var. redolens, Fusarium solani, Phoma herbarum, Mucor
mucedo, Cladosporium cladosporioides et Penicillium tardum. Puisque les iso-
lement antérieurs avaient été effectués en abaissant le pH à 3,5 à 4 en vue d'éli-
miner les bactéries, nous sommes en droit de nous demander si ces espèces sont
sensibles à des pH de cette valeur et si leur développement a pu être inhibé
en milieu franchement acide. D'après SMITH et BERRY (1975), le pH optimum
de croissance pour les micromycétes se situe entre 5 et 7, avec une tolérance
pour des pH assez bas sauf en ce qui concerne les Mucorales dont le développe-
ment est particulièrement ralenti par une diminution du pH. PANASENKO
(1967) situant entre 2 et 10 les limites de pH dans lesquelles la croissance
des micromycètes est possible, mentionne cependant que leur sporulation
et leur activité enzymatique se situent dans une fourchette beaucoup plus
étroite. Les espèces qui nous concernent, mises en évidence seulement par un
milieu faiblement acide ou proche de la neutralité, ne sont pas citées dans les
documents que nous avons consultés; il est donc difficile, en l'absence de don-
nées précises, de conclure de façon décisive. Cependant, étant donné le grand
nombre d'isolements effectués, il est probable que ces espèces se seraient mani-
festées en milieu acide au cours des isolements antérieurs, si elles n'étaient
pas sensibles à un pH bas.
- Bien que les gousses de caroube sur lesquelles ont porté nos essais consti-
tuent un support différent de celui des graines proprement dites, notamment
par la teneur en cellulose et en lignine, nous pouvons rechercher des similitudes
avec le comportement des graines stockées dégradées par les moisissures sapro-
phytes. Ces dernières ont depuis longtemps été répertoriées sur toutes sortes
de substrats, blé, maïs, avoine, haricot, lin, sorgho, pois, etc... Leur inventaire
n'est pas exhaustif, cependant certaines espèces sont particulièrement inféodées
aux graines : Alternaria, Stemphylium, Helminthosporium, Fusarium, Botrytis,
Acremoniella, pour ne citer que les genres les plus fréquents de la flore du
champ, Penicillium spp. et Aspergillus spp. pour la flore de stockage. Dans le
cadre de nos essais et bien que les gousses de caroube séjournent un mois sur
le sol et soient ensuite entreposées, nous n'avons pas cherché à étudier l'évolu-
tion de la flore en conditions de stockage. Aucune estimation quantitative
n'a d’ailleurs été faite. Il est difficile par conséquent de préciser à quel moment
de cette évolution ont été faits les prélèvements. Cependant nous remarquons
que sont encore présentes des espèces de la flore du champ : Paecilomyces
varioti, Alternaria tenuissima, Fusarium spp., ainsi que des Mucorales et égale-
Source : MNHN. Paris
172 M.J. CHARPENTIÉ & St. MARAKIS
Microflore des caroubes
Espèces C.M. SE. S.C. C.A. Fréquence
Aspergillus niger * ES 9,28
Penicillium frequentans + + 7,53
Aspergillus flavus + 6,98
Paecilomyces varioti + + 5,21
Penicillium expansum + 5,15
Aspergillus terreus + a 49
Pen. purpurogenum var.rubrisclerotium + + + 483
Verticillium psalliotae + + 4,5
Penicillium funiculosum F + + 442
Mucor mucedo + 4,31
Penicillium purpurogenum + 423
Aspergillus carbonarius sli 4,2
Fusarium moniliforme E + 4
Rhizopus arrhizus + 3,4
Penicillium cyclopium H + 3,2
Aspergillus fumigatus + 27
Alternaria tenuissima * E 26
ium variabile + E 215
Penicillium steckii E: 16
spergillus oryzae 45 1,6
ium chrysogenum + 1:95
Aspergillus repens th, 13
Fusarium solani T 1,29
ium spinulosum + 22
Penicillium cyaneofulvum + 1,1
Aspergillus candidus a 1,1
Cladosporium cladosporioides + 1,1
Fusarium oxysporum var. redolens ar 1,08
Acremonium strictum + 0,96
Cladosporium sphaerospermum + 0,86
Absidia ramosa 7 0,65
Phoma herbarum + 0,54
Mucor genevensis К 0,53
Penicillium tardum + 0,22
Trichoderma harz + х
C.M.: caroubes moisies; S.E.: sol de l'entrepót; S.C.: sol sous les caroubiers; C.A.: ca-
roubes autoclavées, réensemencées spontanément.
Source : MNHN. Paris
LA MYCOFLORE DES CAROUBES 173
ment toutes les espèces de la flore de stockage dont l'essor dépendra des condi
tions hydriques régnant dans lentrepôt. Quant au Verticillium psalliotae qui
selon nous n'a jamais été signalé sur des graines, il est probable qu'il se compor-
tera comme une espéce du champ et que ses exigences en eau et son manque
de compétitivité au plan de la sporulation, causeront sa disparition progressive
au sein des lots entreposés. Mais sa fréquence relativement importante (4,5)
sur les caroubes et dans le sol de l'entrepót, prouve qu'il est un élément non
négligeable de la mycoflore de ce fruit. Notons enfin que parmi les espèces
xérophiles seul Aspergillus repens se manifeste.
CONCLUSION
La mycoflore des gousses de caroubes révèle des similitudes trés réelles avec
celle d'autres graines déjà étudiées. Les fruits des caroubes en décomposition
offrent donc un support biochimique et biologique comparable à celui des
graines. Notons cependant qu'une espèce, Verticillium psalliotae fait exception.
La fréquence avec laquelle elle se manifeste exclut toute coincidence. Il faut
donc penser que le substrat que constituent les caroubes est favorable à ce
micromycéte, plus favorable en tout cas que celui des autres graines testées
jusqu'à ce jour.
BIBLIOGRAPHIE
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vées observées en Gréce au cours de l'année 1958. Ann. Inst. phytopath. Benaki N.S.
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Source : MNHN. Paris
175
DEVELOPMENTAL MORPHOLOGY OF ASCOMYCETES
VI. THERMOASCUS AURANTIACUS
par C. V. SUBRAMANIAN and C. RAJENDRAN*
This paper is the sixth in a series on the developmental morphology of the
Ascomycetes and deals with Thermoascus aurantiacus Miehe. The culture
used in the present study is not the type, and it was isolated from saw dust
from Parana pine; it was received from the Commonwealth Mycological Insti-
tute, Kew, England, under the No IMI 67936. This was one of the cultures
studied by APINIS (1967) along with culture No. IMI 91787 which was desi-
gnated by him as the neotype.
The fungus was grown on YpSs agar medium and the various stages of the
development of the fruit bodies were studied by making tease mounts stained
with 0.1% lactofuchsin as recommended by CARMICHAEL (1955) and sec-
tioning the materials by the paraffin method as described by JOHANSEN
(1940) and PURVIS, COLLIER and WALLS (1964). Tease mounts were also
used in the study of the anamorph. For the study of the germination of asco-
spores methods described earlier (SUBRAMANIAN and RAJENDRAN, in
press) were followed.
DESCRIPTION OF THE FUNGUS
Colonies on YpSs agar medium growing rapidly at a temperature of 38-
40°C, attaining a diameter of 7-8.cm in two or three days, white at first, later
becoming light grey-buff. Surface growth mucoraceous, becoming granular
and pale yellow, then to orange buff, bright brick-red; and finally almost brown
in age (within the next two or three days). Exudate present on the surface
of the culture as shining droplets.
Memoir No. 257 from the Centre for Advanced Study in Botany, University of Madras.
* Centre for Advanced Study in Botany, University of Madras, Madras-600 005, India.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog. Mycol.) TOME 1 (1980).
Source : MNHN. Paris.
176 C.V. SUBRAMANIAN & C. RAJENDRAN
Hyphae hyaline, closely to remotely septate, up to 154m wide (fig. 5, j, k, m,
n, q). Hyphal fusions often observed (fig. 5, 1, p). Raquette hyphae present
(fig. 5, 0). «Ascocarp» is an ascostroma. Ascostroma prosenchymatous, formed
by the aggregation of masses of narrow hyphae. Ascogonia curled, numerous
scattered within the stroma. Mature ascocarps (— ascostroma) variously shaped
mostly spherical to elongate (fig. 4, a; Pl. I, fig. 3), single or clustered or con-
fluent, light brown in colour, variable in size, up to 1.3mm x 250um, with an
outer covering composed of pseudoparenchymatous tissue of irregularly arran-
ged cells. Asci formed from croziers in groups, irregularly disposed, subglobose
to ovate, 8-spored, 8-13.5 x 7-9.5um (fig. 3, c-e). Ascospores hyaline, elliptical,
slightly rough, 4.5-6.5 x 3.5-5um (fig. 4, e, f). Gangliar conidia present, pro-
icd ue
тт
жя
EE Y
РІ. 1. — Thermoascus aurantiacus - (Échelle: 104m). Fig. 1: ascogonial curls (teased out).
Fig. 2 & 3: Stages in the development of ascostroma, Note cavity in each ascostroma
within which asci develop. Note clear pseudoparenchymatous nature of the tissue sur-
rounding the cavity in fig. 3. Fig. 4: a mature gangliar conidium.
Source - MNHN. Paris
VI. THERMOASCUS AURANTIACUS 177
duced terminally on long or short hyphal branches, single or in clusters of 2or 3,
clavate or almost subglobose, smooth, thick-walled, up to 20 x 8um.
DEVELOPMENT OF THE TELIOMORPH
The teliomorph appears 2 or 3 days after the fungus is inoculated on YpSs
agar medium and, being thermophilic, the culture needs to be incubated at a
temperature of 38-40°C. Initially, small cushion like hyphal masses (prosenchy-
matous stroma) are formed by the aggregation of groups of profusely branched
interwoven narrow hyphae produced by the ordinary vegetative mycelium
(fig. 1, a). During the process, a marked change in the appearance of the culture
is abserved - the white to light grey-buff mucoraceous mycelial colony becoming
granular and almost pale yellow.
A few deeply staining, smooth hyphal extensions now arise from some of
the hyphal branches within each of these hyphal masses and become curled
and septate; these are the ascogonia (fig. 1, bi; PI. I, fig. 1), and the hyphal
mass with the ascogonia forms the rudiment of an ascostroma (fig. 1, a). The
member of the turns in each of these ascogonial curls may vary from 13, and
these curls are arranged. somewhat. loosely, Septation of these ascogonial curls
may occur at an early stage in the development. No antheridium was seen.
Alo, no evidence of fusion between any of the ascogonial curls and the neigh-
bouring hyphae was obtained. However, in certain cases, the ascogonial curls
were found to be twisted around hyphal branches in the stroma.
With further development, the hyphae in the peripheral part of the prosen-
chymatous stroma become densely branched and knotted, tightly arranged
and finally pseudoparenchymatous, forming an outer covering (fig. 2, a; Pl. I,
fig. 2).
The next stage in development is marked by the formation of croziers and
asci. As the ascogonia develop further, protuberances arise from some of the
cells of the ascogonial curls; these protuberances elongate and become bent
to form hooklike structures, the croziers (fig. 2, b-e). Formation of two septa
divides each crozier into three cells; the basal, the penultimate and the tip
cells (fig. 2, f). In some cases, before septation occurs, each hook produces
one or two short extensions which may in turn develop into croziers (fig. 2, 8,
h). These croziers also become three-celled by septation, Invariably, the penul-
timate cell of each of these croziers proliferates to produce secondary croziers
and a repetition of this process may lead to the formation of tertiary and qua-
ternary croziers, etc. (fig. 2, i). After some time further croziers are not formed
and the penultimate cells of the croziers already formed enlarge and become
asci (fig. 2,0).
Sometimes, the protuberances produced on the ascogonial curls may not
produce croziers as described above. Instead, loop-like structures may be formed
(fig. 2, j, k) presumably by fusion of protuberances formed from adjacent cells
or one protuberance from one cell of the ascogonial coil becoming bent and
Source : MNHN, Paris.
178 C.V. SUBRAMANIAN & C. RAJENDRAN
ae
o
b
d
L
=
et
f
o
A
20р
Fig. 1. - Thermoascus aurantiacus — a, showing a stroma containing several ascogonial curls
(section); b-g, development of ascogonial curls - note in fig. a and f, vegetative hypha en-
tangled within the curl; h, a septate ascogonial curl; i, initiation of croziers from cells
of an ascogonial curl.
Source : MNHN, Paris
Молл,
Fes
i
o
h
g. 2. - Thermoascus aurantiacus — a, stroma at a later stage of development - note that
the basipetal region of stroma is more compact than before (compare fig. 1,a) - note also
loosely woven stromal hyphae and ascogonial curls and croziers (section); b-f, develop
ment of croziers; gi, production of secondary, tertiary and quaternary croziers; j-m,
another pattern of crozier formation; n-w, development of asci and ascospores.
Source : MNHN, Paris.
180 C.V. SUBRAMANIAN & C. RAJENDRAN
establishing connection with the adjacent cell. A septum now cuts the loop
into two halves; each half develops a crozier in the usual way (fig. 2, k-m).
The penultimate cell of each crozier enlarges and becomes an ascus. The tip
cell of each crozier now becomes bent down and fuses either with the basal
cell of the crozier (fig. 2, n) or the neighbouring ascogonial cell (fig. 2, p) and
the process may be repeated so that several groups of croziers and asci are seen
to develop from each ascogonial curl (fig. 2, q-w).
Finally eight ascospores become differentiated within each ascus. The asci
lie scattered irregularly throughout the central tissue of the stroma (fig. 3,
a, b).
The central system of narrow hyphae from which the ascogonial curls origi-
nally developed are seen to remain in the central part of the stroma even after
the asci develop and mature (fig. 3, a, b), though they slowly get disintegrated
in the final stage of maturation of the ascocarp.
The asci deliquesce and free the ascospores so that the ascospores from the
numerous asci now fill the central cavity of the stroma (fig. 4, a; Pl. I, fig. 3). At
this stage in the development of the stroma, the fungus colony becomes almost
brown in colour. No «ostiole» was observed.
Sometimes, as development proceeds, the individual stromata enlarge and
get pressed against each other. Their wall layers get compressed and, by the
dissolution of intervening wall layers, they merge into each other so that an
apparently large stroma may be formed by the coalescence of more than one
stroma, Such large stromata are frequently observed in somewhat aged cultures.
A section of mature stroma shows a large central cavity with ascospores
lying free within and surrounded by an irregular tissue of polyhedral cells
of somewhat two distinct zones - an inner deeply staining zone of comparatively
smaller cells, and an outer somewhat hyaline not so deeply staining zone of
larger cells; remnants of loose narrow hyphal branches are seen to project
from the outer layer of this pseudoparenchymatous tissue.
GERMINATION OF ASCOSPORES (Fig. 4, g-0)
The ascospores germinate very rapidly. Germination takes place within 6
hours of incubation on dialysis tubings placed on YpSs agar medium at a tempe-
rature of 38-40°C. During germination, a small pore is formed on one side
of the ascospore, mostly on the ventral side. Through this pore a protrusion
emerges from within and assumes a vesicular appearance; this vesicular aspect
is retained in further development. One or more extensions (germ tubes) develop
from the vesicular part and grow. These branches become septate and produce
the vegetative mycelium.
In certain cases, especially when ascospore germination was studied directly
on media (i. e., not on dialysis tubing), the ascospore swells considerably,
and one or more germ tubes emerge directly from within the ascospore. In
Source - MNHN. Paris
root
181
VI. THERMOASCUS AURANTIACUS
Fig. 3. - Thermoascus aurantiacus — a, b, section of ascostroma with central cavity and
well developed pseudoparenchymatous tissue all round - note the presence of vegetative
narrow hyphae and asci in the cavity; c, a group of asci; d, asci (? young); e, mature
asci with ascospores.
Source : MNHN, Paris.
182 C.V. SUBRAMANIAN & C. RAJENDRAN
re a
Fig. 4. - Thermoascus aurantiacus — a, mature ascostroma with ascospores within the
stromal cavity (section); b, stromatic hyphae, young stage; c, stromatic hyphae, older
stage; d, surface view of a part of ascostroma; e, mature ascospores; f, ascospores
(? young); g-0, germination of ascospores
Source : MNHN, Paris
VI. THERMOASCUS AURANTIACUS 183
20р
Fig. 5. - Thermoascus aurantiacus — a, development of gangliar conidia; j-q, variation
in the size of hyphae - note hyphal fusion in fig. | and p and raquette hypha in fig. o.
Source : MNHN, Paris.
184 C.V. SUBRAMANIAN & C. RAJENDRAN
such case, the vesicular structure is not visible outside the ascospore during
germination.
DEVELOPMENT OF THE ANAMORPH
The present. fungus was not found to produce any phialidic state. However,
the production of gangliar conidia was frequently observed in cultures grown
on YpSs agar medium.
During the formation of gangliar conidia, the terminal portion of an ordinary
vegetative hypha swells (fig, 5, a, b). The swelling increases in size as it develops
further and is then cut off by a septum separating the swelling from the sub-
tending hyphae (fig. 5, c-g). Due to further development the wall of the swelling
becomes thick, and finally this terminal swollen part becomes transformed
into a gangliar conidium (PI. 1, fig. 4). Later, from any point on the conidio-
phore one or two lateral branches arise; the terminal portion of each of these
lateral branches may also swell and become gangliar conidia (fig. 5, h, i).
TAXONOMY
The genus Thermoascus Miehe (MIEHE, 1907) is based on T. aurantiacus
Miehe. Unfortunately, no type material seems to exist and the present study
is based on IMI 67936.
The unique features of this fungus are as follows. The ascocarp is an asco-
stroma. To begin with, the ascostroma is prosenchymatous and of variable
extent (fig. 1, a). Several ascogonia develop within an ascostroma. A mature
ascocarp has a distinct and conspicuous envelope of pseudoparenchymatous
cells of variable thickness, usually 8-12 cells thick (fig. 4, a). This is what has
been usually referred to in descriptions as the peridium. However, from the
present developmental study we are inclined to believe that this pseudoparen-
chymatous tissue represents the finale in development of the ascostroma so
that we now have in place of prosenchymatous tissue a pseudoparenchymatous
one. If this interpretation is correct, then the ascocarp in this fungus lacks
a peridium sensu stricto.
No phialide state developed in culture such as has been claimed by COONEY
and EMERSON (1964). However, conidia of gangliar type were found, It is
noteworthy that MIEHE also found no phialide state associated with this fungus.
Thermoascus seems to be a good genus and must be retained. It is quite
distinct from the other genera studied by the authors. As interpreted here,
it is an ascostromatic form in which the ascocarp is without a peridium and
develops in a cavity in an ascostroma.
We are grateful to the Director, C.M.I., for the culture of Thermoascus
aurantiacus on which the present study is based.
Source : MNHN, Paris
VI. THERMOASCUS AURANTIACUS 185
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Source : MNHN, Paris -
ERRATUM :
Dans Cryptogamie - Mycologie, Tome 1, fasc. 1, page 7 (article de H. DECHARME et
M.ISSALY), la figure 1 doit être complétée de la façon suivante :
Fig. 1. — Schéma d'une colonie du champignon symbiote d'Acromyrmex octospinosus,
d'un mois sur milieu gélosé (F).
Mycélium du front de culture: zone A: colonisation du milieu, zone B: croissance du
mycélium aérien, Zone C : couche superficielle de différenciation des gongylidia. Zone D:
couche médiane d'empilement et d'entassement des structures. Zone E : couche pseudo-
stromatique.
Commission paritaire 15-8-1980 n° 58611
Dépôt légal n° 10620 - Imprimerie de Montligeon
Sorti des presses le 15 août 1980
Source : MNHN, Paris
ABONNEMENTS A CRYPTOGAMIE - MYCOLOGIE
Tome I 1980 - Tome 2 1981
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REVUE DE MYCOLOGIE
PRIX DES TOMES 1 (1942) à 43 (1979)
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(Seuls certains fascicules peuvent être vendus séparément au prix
de 35F et 45 F pour l'étranger).
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NO 2 (1942). Les matiéres colorantes des champignons, par 1.
Pastac. 88 pages : 15 F.
NO 3 (1943). Les constituants de la membrane chez les champignons
par R. Ulrich. 44 pages : 15 F
NO 6 (1958). Essai biotaxonomique sur les Hydnés résupinés et les
Corticiés par J. Boidin. 390 pages, pl. et fig. : 70 F.
NO 7 (1959). Les champignons et nous (Chroniques) (I), par G.
Becker. 94 pages : 25 F.
NO 8 (1966). Catalogue de la Mycothèque de la Chaire de Crypto-
gamie du Muséum National d'Histoire Naturelle. (1) Micro-
mycètes, Macromycètes (première partie). 68 pages : 25 F.
NO 9 (1967). Table des Matiéres (1936-1965) 85 p. 20 F. - (1966-
1975) 40p. 10 F.
NO 10 (1969). Le genre Panacolus. Essai taxinomique et physiolo-
gique, par G.-M. Ola'h. 273 pages, pl. et fig. : 75 F.
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publiée sous la direction de M. Roger HEIM.
Tome 1. Les Lactario-Russules, par Roger HEIM (1938) (épuisé).
Tome Il. Les Rhodophylles, par H. Romagnesi (1941), 164 pages,
46 fig. :60 F.
Tome III. Les Mycènes, par Georges Métrod (1949). 144 pages,
88 fig. : 60 F.
Tome IV. Les Discomycètes de Madagascar, par Marcelle Le Gal
(1953). 465 pages, 172 fig. : 90 F.
Tome V. Les Urédinées, par Gilbert Bouriquet et J.P. Bassino
(1965). 180 pages, 97 fig., 4 pl. hors-texte : 60 F.
Règlements :
— par virement postal au nom de Cryptogamie - Revue de Mycologie
12, rue de Buffon, 75005 PARIS, C.C.P. PARIS 6 193 02 K;
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Source - MNHN. Paris
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‘Universitas da Rovah et Paris Vil - 5-11 juillet 1976
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localisation- d'ions et aspects strui et moléculaires . ntervention `
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