LABORATOIRE DE CRYPTOGAMIE
i MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
12 RUE DE BUFFON, 75005 PARIS
PUBLICATION TRIMESTRIELLE SUBVENTIONNEE PAR LE CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
SOMMAIRE
F. GOURBIERE. — Utilisation de sucres et de ae par la о
d’Abies alba Mill. 1. Mucorales. . 3
A. POULARD & L. SIMON. — La microflore levurienne du vignoble
STRATE CANS E p E EE MM 13
A. PARGUEY-LEDUC & M.C. JANEX-FAVRE. — Etude ultrastructu-
rale des asques et des ascospores de Truffes du genre Tuber. I. Les
Eques E EOS Re E NE UU 37
G. VIENNOT-BOURGIN. — Un nouveau Puccinia à spores «diorchi-
Hsc EN S NN. IN MEET 55
J. PELHATE. — Mycoflore seminicole des m; II. Conservation en
Re : а
C.V. SUBRAMANIAN & C. RAJENDRAN. — de P
logy of Ascomycetes. VII Fennellia flavipes. ................. 85
ANALYSES BIBIJOGRAPATOURS Li a m TM ERE 101
Les manuscrits doivent être adressés à Madame M.F. ROQUEBERT, Laboratoire de
Cryptogamie, 12 rue de Buffon, 75005 Paris.
Source : MNHN. Paris
CRYPTOGAMIE
MYCOLOGIE
TOME 2 Fascicule 1. 1981
Ancienne Revue de Mycologie. Dirigee par Roger HEIM
COMITE DE LECTURE
MM. BOIDIN J. (Lyon), C UX R. (Paris), Mme CHARPENTIE M.J. (Paris)
MM. GAMS W. (Baarn inde), JOLY P. (Paris), MANGENOT F. (Nancy)
MOUCHACCA J. (Paris), Mme NICOT J. (Paris), M. PEGLER D.N. (Kew, G.B.), Mme
PERREAU J. (Paris), Mme ROQUEBERT M.F. (Paris), M. SUTTON B.C. (Kew, G.B.)
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION: Madame J. NICOT
ADMINISTRATION : Mme LOCQUIN-LINARD M. et M. ZAMBETTAKIS Ch
SECRÉTAIRE DE RÉDACTION: Mme М.Е. ROQUEBERT. ÉDITEUR : A.D.A.C
Bibliothèque Centrale Muséum
HI
zZ 0227793 6
Copyright © 1981. Cryptogamie Mycologie
Source : MNHN. Paris
CRYPTOGAMIE
MYCOLOGIE
CONTENTS
(Tome 2, Fasc. 1, 1981)
F. GOURBIERE. — Utilization of sugars and polyols by Abies alba
Hay co flore A 3
A. POULARD & L. SIMON. — Nantes country vineyard yeasts. ...... 13
A. PARGUEY-LEDUC & M.C. JANEX-FAVRE. — Ultrastructural
studies of asci and ascospores in Truffles (g. Tuber). 1. The asci. .... 37
G. VIENNOT-BOURGIN. — A new Puccinia with «diorchidioid» teleu-
a Enea eat eet 55
J. PELHATE. — Mycoflora of corn grains. II. Keeping of corn cobs. ... 61
C.V. SUBRAMANIAN & C. RAJENDRAN. — Developmental morpho-
logy of Ascomycetes. VII Fennellia flavipes. ................. 85
BIBLIOGRAPHY ee ee a 101
Source : MNHN. Paris
UTILISATION DE SUCRES ET DE POLYOLS
PAR LA MYCOFLORE D’ABIES ALBA MILL. 1. MUCORALES
par F. GOURBIERE*
RESUME. — Utilisation de 25 sucres et polyols par 12 Mucorales de la litiére d'Abies alba
Mill. Conséquences écologiques possibles des différences observées, en particulier entre
les Mortierella subg. Micromucor (M. ramanniana, ...) et les Mortierella subg. Mortierella
(M. parvispora, pulchella, ...).
SUMMARY. — Utilization of 25 sugars and polyols by 12 Mucorales from Abies alba
Mill. litter. Ecological significance of observed differences, especially between Mortierella
subg. Micromucor (M. ramanniana, ...) and Mortierella subg. Mortierella (M. parvispora,
pulchella,
Les microflores fongiques jouent un réle important dans la dégradation des
débris végétaux. De nombreux travaux se sont attachés à décrire les successions
de microorganismes colonisant ces substrats mais peu de recherches ont été
menées dans le but de comprendre les mécanismes de ces successions et leur
place exacte dans le processus de dégradation.
L'étude de la nutrition in vitro des champignons peut contribuer à la compré-
hension de leur róle; méme si l'on ne doit pas en attendre l'explication immé-
diate des faits observés dans la nature, du moins peut on espérer mettre en évi-
dence des groupes physiologiques et les comparer aux groupes successionnels.
Cette comparaison entre la distribution dans le temps des espéces et leurs
aptitudes physiologiques peut être conduite à la lumière de deux hypothèses,
en partie complémentaires, mais aussi partiellement contradictoires.
* Laboratoire d'Écologie Végétale, Université Lyon I, Bat. 741, 43 Bd du 11 novembre
1918, 69622 Villeurbanne Cedex, France.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog. Mycol.) TOME 2 (1981).
Source : MNHN. Paris
4 F. GOURBIERE
1 - Les groupes successionnels sont des groupes nutritionnels homogènes,
c’est-à-dire qu’à un moment donné les colonisateurs présents utilisent le même
type de substrat puis, celui-ci épuisé, d’autres champignons prennent la relève
pour dégrader une autre fraction du matériel végétal (dégradation séquentielle
du substrat).
2- Un groupe nutritionnel est forme d’un ensemble d'espèces vivant dans un
même milieu, donc en état de compétition. Dans ces conditions leur coexistence
implique au contraire leur différenciation nutritionnelle, chacun exploitant
une fraction différente du matériel végétal.
Reconnaissons que cette problématique est destinée à l'analyse du type de
résultats présentés ici, mais lors d'une synthèse écologique il faudrait tenir
compte d’autres facteurs de ségrégation des espèces (topographiques, saison-
niers...).
Nous avons pour notre part étudié les microflores fongiques associées A la
dégradation des aiguilles de Sapin (GOURBIERE, 1980) et nous abordons ici
l'étude de leur nutrition, en occurence l'utilisation de carbohydrates simples:
sucres et polyols.
Ce premier travail portant sur les Mucorales permettra de savoir si un groupe
relativement bien défini au point de vue systématique et successionnel est
homogène sur le plan nutritionnel vis-à-vis des substrats étudiés. Choix d'autant
plus justifié que ces champignons sont réputés étre des «sugars fungi» secon-
daires, utilisant les composés simples libérés du substrat par d'autres décompo-
seurs.
I, — MATÉRIEL ET MÉTHODE
A.- MATÉRIEL
Les souches étudiées ont été isolées de la litiére d'Abies alba dans notre
station (GOURBIERE, 1979). Nous avons suivi GAMS (1977) pour la systé-
matique du genre Mortierella en donnant toutefois la synonymie avec le travail
de ZYCHA et al. (1969). Toutes les identifications ont été confirmées par le
CentraalBureau voor Schimmelcultures (Baarn). Les numéros de souches sont
ceux de notre mycothéque.
Famille Mucoraceae :
Mucor hiemalis Wehmer (A8)
Absidia coerulea Bainier (A13)
Famille Mortierellaceae
subg. Micromucor
Mortierella isabellina Oudemans (A26)
Mortierella ramanniana (Moeller) Linnemann (A36)
Source - MNHN. Paris
MYCOFLORE D'ABIES ALBA. 1. MUCORALES 5
Mortierella ramanniana var. angulispora (Naumov) Linnemann (A7)
subg. Mortierella
section alpina
Mortierella alliacea Linnemann (A40)
section bygropbila :
Mortierella bainieri Costantin (A41)
Mortierella hyalina (Harz) W. Gams (= M. hygrophila Linnemann)
(A37)
section stylospora :
Mortierella verticillata Linnemann (= M. marburgensis Linnemann)
(A25)
section spinosa
Mortierella pulchella Linnemann (A2)
Mortierella parvispora Linnemann (A35)
Mortierella exigua Linnemann (A62)
B.- MÉTHODE
1. Milieu de culture
(NH4)2504 . .
KH2PO4 +...
ксі .
MgSO4, 7 H30
CaCl, 2 H20
yeast-extract «DIFCO» .......... 0,58
glucose
етсен ее ME 100 ml
Le pH du milieu est de 5,1. Les autres sucres et polyols (produits PROLABO
où ROTH) sont dosés de façon à apporter la méme quantité de carbone (4g
par litre).
Pratiquement ce milieu est préparé en deux fractions (sels et extrait „de
levure d'une part, sucre d'autre part) stérilisées séparément 15 minutes à 120°C,
puis réunies aseptiquement pour reconstituer 20 ml de milieu par tube de 22
x 220 mm.
2. Inoculum et culture
L'inoculum est préparé à partir d’une culture de 15 jours sur extrait de malt
liquide (2%) dans un tube incliné contenant une dizaine de billes de verre (1mm
de diamètre). Une simple agitation rapide au Vortex permet d'obtenir une sus-
pension (spores + mycélium) servant d’inoculum à raison de 0,5 ml par tube.
Les tubes (3 par essai) sont inclinés pour obtenir une surface de culture
maximale et incubés à 20 + 1°C à la lumière diffuse. Cette variante de la culture
en surface sur milieu liquide non agité s'est révélée bien adaptée à la réalisation
Source : MNHN. Paris
6 F. GOURBIERE
d'un grand nombre d'essais et comparable aux expériences classiques en erlen-
meyers.
3. Détermination du poids sec
Le mycélium est recueilli par filtration sur filtre Durieux n? III (5,5cm de
diamètre) pesé au préalable (après dessiccation à l’étuve). L'ensemble est lavé,
séché à l'air puis à l'étuve à 75°C pendant 12 h. Les pesées sont faites après
refroidissement des filtres au dessicateur. La précision est de 0,1 mg.
C.- INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS
La inéthodologie idéale consisterait à optimier le milieu (pH et source azotée
en particulier) pour chaque espèce et à rechercher pour chaque substrat le temps
optimum de culture. Le choix plus ou moins arbitraire d’un milieu et d'un temps
de culture conduit à s'écarter du poids maximal de mycélium formé, ce qui
pose des problémes d'interprétation souvent exprimés en terme de bonnes ou
mauvaises sources de carbone. Nous avons accordé quelque attention à ce
probléme.
1. Précision des mesures
Nous avons calculé l'écart type pour chaque essai (3 répétitions) et nous
pouvons en tirer les conclusions suivantes :
- l'intervalle de confiance au risque 0,05 (2 écarts type) est presque toujours
inférieur à 10 mg (6 exceptions sur 312 essais),
- il est le plus souvent (277 essais sur 312) inférieur à 5 mg, soit une erreur
relative de 10% sur un essai positif de 50mg et de 100% sur un essai négatif de
5 mg (l'écart type ne semble pas dépendre beaucoup de la valeur de l'essai).
2. Croissance sur glucose (Tab. 1)
Jours de culture OS CE TS a b
M. isabellina 79 6 63 62 61 0,79 038
M. ramanniana 38 64 65 62 60 096 03
M. ram. var. angulispora 49 71 70 67 63 094 0,34
M. hiemalis 31 32 38 41 43 096 0,20
A. coerulea 64 63 59 61 61 095 0,30
M. alliacea 45 50 45 37 37 074 0,24
M. bainieri 54 62 56 51 49 082 029
M. hyalina 44 42 37 25 39 0,80. 0,21
M. verticillata 45 4 4 43 42 092 022
M. pulchella 28 4 5 51 50 097 0,25
M. parvispora 52 61 62 58 52 093 0,30
M. exigua 2 18 26 27 зо 092 044
Tableau 1. — Croissance sur glucose. Poids sec en mg pour 200mg de substrat apporté. a:
rapport poids sec à 28 jours/poids sec maximum. b: rapport poids sec maximum/poids
de substrat apporté.
Source : MNHN, Paris
MYCOFLORE D’ABIES ALBA. 1. MUCORALES 7
Crest elle qui a servi de test pour le choix du milieu et du temps de culture.
Le rapport poids sec maximum/poids de matière organique fournie (210 mg)
est compris entre 0,20 et 0,38 (sauf pour M. exigua : 0,14). PERLMAN (1965)
donne des valeurs de 0,20 à 0,40 pour le rapport poids de mycélium formé/
poids de matière organique utilisée (donc à priori supérieur au précédent).
Le milieu utilisé semble donc satisfaisant, sauf pour une espèce.
3. Temps de culture
Le tableau 1 montre que, compte tenu de la précision des mesures, le maxi-
mum de croissance est atteint en 14 jours (sauf à nouveau pour M. exigua). Nous
avons toutefois retenu une incubation plus longue (28 jours) pour tenir compte
d'éventuels phénomènes d'adaptation enzymatique ou de croissance plus lente
que sur glucose. Le rapport poids de mycélium à 28 jours/poids maximum de
mycélium formé (toujours supérieur à 0,75) montre que lon n’a pas, dans le
cas présent, à craindre des phénoménes d’autolyse trop importants.
4. Signification des résultats
Pour interpréter les poids de mycélium formés sur les différents substrats
nous avons retenu les critères suivants :
- 0-9 mg: pas d'utilisation du substrat (154 cas)
- 9 -14mg : substrat probablement non utilisé (6 cas)
- 15- 19 mg : substrat probablement utilisé (7 cas)
- 20 et plus : substrat utlilisé (133 cas).
On constate que fort heureusement les valeurs ambigués sont restées rares
et dans la discussion seul le cas du ribose sera exclu, les résultats étant par trop
incertains.
Il est à noter que si 4 des valeurs intermédiaires sont isolées, les autres se
regroupent sur trois substrats: D-arabinose (3), D-ribose (5) et glycérol (2)
un peu marginaux: le D-arabinose n'est pas un isomére naturel, le D-ribose
est un constituant d'acides nucléiques et le glycérol de glycérides.
II. — RÉSULTATS ET DISCUSSION
Des conclusions définitives nécessiteraient l'étude de plusieurs souches de
chaque espèce et l’extension à d’autres espèces. Toutefois certaines hypothèses
peuvent être proposées, d'autant plus que les espèces voisines présentent des
comportements similaires.
Toutes les Mucorales étudiées utilisent les hexoses glucose, fructose, mannose,
galactose, les disaccharides maltose et tréhalose et le glycérol (exception de
M. exigua qui n’utilise pas le galactose et le tréhalose). L'érythritol et l'inositol
ne sont jamais utilisés.
Source : MNHN, Paris
8 F. GOURBIERE
Ber CAP NES
E oRBon dem dm m c d
ЕРЛЕР ee S
ая ez
témoin 4 4 4 3 4 2 2 2 2 3 4 3
monosaccharides
glucose 62 62 67 41 61 36 51 35 43 51 58 26
fructose 63 66 66 41 65 38 57 38 39 52 60 22
mannose 65 61 61 45 60 40 56 37 42 EL 58 30
galactose 68 63 62 47 61 39 48 31 41 38 54 3
L-sorbose 44 50 56 4 T 4 3 4 3 5 3 3
L-rhamnose 68 56 72 4 8 4 3 4 5 5 5 4
xylose 63 53 52 54 46 4 1 4 1 4 3 1
L-arabinose 62 54 46 41 6 3 4 1 4 1 3 2
D-arabinose 34 20 15 19 1 4 3 4 4 3 4 1
ribose 50 39 22 50 19 5 21 п п 22 19 13
disaccharides
maltose 54 63 62 27 27 39 57 22 20 42 23 25
tréhalose 65 65 6l 42 30 41 46 38 42 50 58 2
lactose 64 54 67 4 6 2 В 4 3 6 5 1
cellobiose 62 67 63 32 38 4 4 5. 9 6 Z 2
saccharose 7 58 66 4 5 3 4 2 3 6 4 2
mölibiose 3 58 61 5 4 3 4 7 5 7
trisaccharides
raffinose 3 60 66 = 4 4 4 4 4 3 4
melezitose 68 51 SA 16 D 3 3 4 u 8 5
polyols
glycérol 53 62 67 20 17 30 30 42 38 46 56 17
erythritol 3 7 7 5 12 4 4 4 4 2 4 7
ribitol 67 59 5 51 $ 3 3 5 3 3 3 3
glucitol 67 60 71 5 59 4 5: 5 3 5 5 4
mannito] 67 64 62 5 66 3 4 6 5 4 4 3
galactitol 62 10 4 7 3 4 6 4 5 4 1
inositol Ф 4 6 4 6 3: 4 2 3 3 5 2
Tableau 2. — Croissance sur différents sucres et polyols. Poids sec à 28 jours de culture
pour 200mg de substrat (glucitol = sorbitol, ribitol = adonitol, galactitol =dulcitol).
Source : MNHN. Paris
MYCOFLORE D’ABIES ALBA. 1. MUCORALES 9
Les autres substrats permettent de distinguer deux groupes de champignons:
- les espéces du sous-genre Mortierella n’utilisant aucun autre substrat,
- les espéces du sous-genre Micromucor utilisant tous les autres substrats
sauf le galactitol qui n'est utilisé que par M. isabellina, qui en revanche n’utilise
pas le saccharose, le mélibiose et le raffinose.
Notons que l'utilisation de ces trois derniers sucres est liée, les deux disaccha-
rides étant des produits d’hydrolyse du raffinose. De nombreux cas semblables
ont été analysés chez les levures (BARNETT, 1976).
Les deux représentants de la famille des Mucoraceae apparaissent intermé-
diaires entre les deux sous-genres de Mortierellaceae. Il faudrait tester d’autres
souches et d'autres espéces avant de conclure.
stades de décomposition Lo г F1 F2
M. ramanniana 0 0 162 238
M. ram. var. angulispora 0 0 08 0
M. isabellina 0 0 0,8 0
M. hiemalis 04 2,6 8,6 9,3
A. coerulea 0 07 0,3 32
M. parvispora 0 0,7 47 222
M. pulchella 0 1,7 11,6 2,6
M. verticillata 0 0 0 5,1
M. hyalina 0 0 0 22
M. alliacea 0 0 03 1,0
M. bainieri 0 0,3 1,0 0,7
M. exigua 0 0,3 0 0
Tableau 3. — Pourcentage d'aiguilles d'Abies alba Mill. colonisées par chaque espèce en
fonction du stade de décomposition de l'aiguille (d'après GOURBIERE 1974, 1975, 1979).
D’après nos travaux antérieurs (GOURBIERE 1974, 1975, 1979) les Muco-
rales étudiées paraissent avoir une distribution semblable dans la Sapinière
(Tab. 3). Absentes de la phyllosphére vivante et sénescente, elles apparaissent
dans la litiére et atteignent leur maximum dans la couche de fermentation (F1
et surtout F2). Il existe peut-être des variations saisonnières (M. ramanniana
espèce du printemps, M. hiemalis d'automne) mais nos résultats à ce sujet
devraient être vérifiés. Après stérilisation superficielle des aiguilles, ces espèces
ne sont plus isolées (résultats à paraître), ce qui laisse supposer que ce sont
des colonisateurs externes, comme l'ont déjà montré PARKINSON et al. (1967)
chez Pinus nigra.
Nous admettrons toutefois la coexistence réelle de ces espèces, ce qui est
le cas dans la plupart des prélèvements (GOURBIERE, 1979). Dans ces condi-
tions nos deux hypothèses de départ semblent vérifiées, mais à des niveaux
différents.
En effet, d'une part le groupe des Mucorales est bien différencié en deux
(au moins) groupes, l'un trés riche (Micromucor), l'autre trés pauvre (Mortie-
Source : MNHN, Paris
10 F. GOURBIERE
rella) en possibilités nutritionnelles. Toutefois comme ce schéma devrait con-
duire à l'élimination du plus pauvre si les sucres étaient le seul point de compé-
tition, il est probable que sur d'autres plans, la situation doit étre inversée en
faveur des espèces du sous-genre Mortierella. La faiblesse numérique des espèces
intermédiaires fait penser à un phénomène d'exclusion par les deux ensembles
extrêmes.
Mais par ailleurs, à l'intérieur de chaque groupe nutritionnel, la concurrence
apparaît réelle et efficace, ne laissant la place qu'à une espèce principale. Ceci
est très net pour les Micromucor où le groupe est dominé massivement par M.
ramanniana var, ramanniana. Chez les Mortierella c'est M. parvispora qui est
largement dominant, l’autre espèce abondante M. pulchella étant d'ailleurs
légèrement décalée dans le temps (maximum en F 1).
La signification des espèces mineures dominées, mais de capacités nutrition-
nelles identiques aux espèces dominantes pose un problème. Peut être s'agit-il
de «contaminations» venues de microsites voisins : racines (les Mucorales sont
abondantes sur les racines de Pinus (KUHLMAN, 1969) ou humus (PARKIN-
SON et al. (1967) ont trouvé des différences assez nettes entre Mucorales de la
litière, de l’humus et des horizons minéraux d'un sol sous Pinus nigra).
II. — CONCLUSIONS
La démarche commencée dans cette note apparaît prometteuse, une diffé-
renciation nutritionnelle très nette ayant pu être mise en évidence dans un
groupe de champignons que l'analyse des successions faisait considérer comme
homogéne. Le cas est d'autant plus intéressant que la microflore étudiée est
très générale dans les litières de conifères (voir par exemple PARKINSON et
al. (1967), SODERSTROM et BAATH (1978)) et que les groupes nutritionnels
mis en évidence y sont toujours représentés, avec des différences spécifiques
dont la signification est à rechercher.
La suite de nos recherches étendra ces résultats à d’autres constituants de
la microflore et à d'autres types d'activité. Toutefois les informations obtenues
sur les Mucorales nous engagent à rechercher dés maintenant une explication
écologique aux différences nutritionnelles observées dans ce groupe.
Ce travail a été réalisé dans le cadre de l'Équipe de Recherches associée au CNRS 848
«Écologie microbienne».
Nous remercions tout particulièrement Mme Colette MOULIN pour sa collaboration
technique au cours de ces travaux.
Source : MNHN, Paris
MYCOFLORE D’ABIES ALBA. 1. MUCORALES 11
BIBLIOGRAPHIE
BARNETT J.A., 1976 — The utilization of sugars by yeasts. Advan. Carbohydrate Chem.
Biochem. 32: 125-234.
GAMS W., 1977 — A key to the species of Mortierella. Persoonia 9 : 381-391.
GOURBIERE F., 1974 — Les champignons microscopiques lies aux aiguilles de Sapin
(Abies alba Mill.). 2. Variations saisonniéres de la microflore des aiguilles tombantes.
Bull. Soc. mycol. Fr. 90 : 325-333.
GOURBIERE F. 1975 — Les champignons microscopiques liés aux aiguilles de Sapin
(Abies alba Mill.). 3. Microflore des aiguilles vivantes. Bull. Soc. mycol. Fr. 91: 429-441.
GOURBIERE F., 1979 — Les champignons microscopiques liés aux aiguilles de Sapin
(Abies alba Mill.). 4. Microflore de la litière. Bull. Soc. mycol. Fr. 95: 23-33.
GOURBIERE F., 1980 — Les champignons microscopiques liés aux aiguilles de Sapin
(Abies alba Mill.). 5. Synthése des études précédentes. Bull. Soc. mycol. Fr. 96: 35-42.
KUHLMAN E.G. 1969 — Mucorales isolated from Pine root bark and wood. Cam. J.
Bot. 47: 1719-1723.
PARKINSON D. and BALASOORIYA I., 1967 — Studies on fungi in a pinewood soil.
I, Nature and distribution of fungi in the different soil horizons. Rev. Ecol. Biol. Sol.
4: 463-478.
PERLMAN D., 1965 — The chemical environment for fungal growth. 2. Carbon sources.
In «The Fungi, an advanced treatise», AINSWORTH G.C. and A.S. SUSSMAN ed.,
Academic Press, New York and London, vol. 1: 479-489.
SODERSTROM B.E. and BAATH E., 1978 — Soil microfungi in three Swedish coniferous
forests. Holarctic Ecology 1: 62-72.
Source : MNHN. Paris
13
LA MICROFLORE LEVURIENNE DU VIGNOBLE NANTAIS
par A. POULARD et L. SIMON*
RÉSUMÉ. — Au cours des années 1976 et 1977, 748 souches de levures représentant 14
genres (6 ascosporogénes et 8 non ascosporogénes) et 40 espéces, ont été isolées dans les
principales zones viticoles de la région nantaise; parmi celles-ci, ont été mises en évidence
des levures rarement signalées dans la littérature cenologique et appartenant au groupe 3 de
BRECHOT : Aureobasidium pullulans, Endomycopsis vini, Pichia rhodanensis, Pichia vini,
Rhodotorula pilimanae, Torulopsis gropengiesseri, Trichosporon cutaneum. Nous avons
en outre isolé deux espèces inconnues jusqu'à ce jour dans les écosystèmes viticoles : Tricho-
sporon penicillatum et Exophiala jeanselmei.
Le genre Saccharomyces est toujours dominant, comme dans toutes les fermentations
classiques. La succession des espèces au cours de la fermentation alcoolique s'établit comme
suit: Metschnikowia pulcherrima, Kloeckera apiculata, Saccharomyces ellipsoideus, Saccha-
romyces bayanus; elle est en tout point comparable à celle de la microflore des regions
situées à la limite nord de la culture de la vigne (Touraine, Franconie, Slovaquie, Allemagne
de l'Est).
En 1976, année chaude et sèche, les espéces fermentatives sont trés abondantes dans
les jus et moûts de raisin; l'année 1977, froide et humide, a favorisé la colonisation par des
levures à caractère oxydatif dominant.
INTRODUCTION
Le contrôle scientifique et technique d’une région viticole implique une
connaissance parfaite des processus de la vinification et, en particulier, de la
omposition de la microflore levurienne autochtone qui conditionne, non
seulement les différentes étapes de la fermentation alcoolique, mais est parfois
responsable au chai, d'accidents fermentaires redoutables pour le producteur.
Des études ont été progressivement réalisées dans ce domaine de recherche
pour différentes régions viticoles.
* Laboratoire de Biologie Végétale, U.E.R. des Sciences de la Nature, Le Petit Port, 44300
Nantes
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog. Mycol.) TOME 2 (1981).
Source : MNHN. Paris
14 A.POULARD & L. SIMON
DESCOFFRE (1904) a été l'un des premiers à s'intéresser à l'origine et
au mode de dissémination de la microflore levurienne de la région des Charentes.
Plus tard, BIDAN et ANDRÉ (1954) ont repris les études microbiologiques
entreprises par PASTEUR (1864) sur les vins jaunes du Jura. Dans le vignoble
bordelais, les travaux de DOMERCQ (1956) ont permis d'améliorer les connais-
sances concernant les levures responsables des différentes étapes de la vinifi-
cation. Les études de GALZY (1958) et celles de CAZES (1961) se rapportent
respectivement aux levures du Languedoc et du vignoble de Gaillac; BRECHOT
et coll. ont recensé successivement les espèces du Beaujolais (1962) et de la ré-
gion champenoise (1968) tandis que celles des vins de Clairette de Die ont été
isolées par BIDAN (1969). La microflore des jus et moûts de Nord du Roussillon
a été identifiée par ROSET (1970), celle des vins doux naturels a été mise
en évidence un peu plus tardivement par SAPIS-DOMERCQ et GUITTARD
(1976). Les crus de Rivesaltes (GUITTARD, 1973) et du vignoble de Cognac
(CASTELLI, 1971; PARK, 1974) ont fait l'objet d'études microbiologiques
et écologiques approfondies; en Touraine et dans la région de Chinon, des re-
cherches comparables ont été également effectuées par CUINIER (1978, a et b).
Les premiers travaux microbiologiques concernant le Vignoble nantais sont
anciens (RENAUD, 1941) et malgré quelques études commencées en 1975
par CUINIER (travaux de PI.T.V., non publiés), la flore levurienne de cette
région demeurait encore pratiquement inconnue; les recherches que nous avons
entreprises en 1976 ont permis la détermination qualitative et la répartition
quantitative des espèces fermentaires et oxydatives de ce vignoble (POULARD,
1979).
Il. — LE VIGNOBLE
D'une superficie de 22 165 ha, il est essentiellement localisé au Sud et Sud
Est de la Loire Atlantique où il constitue un paysage de réelle monoculture;
les principales zones viticoles occupent des sols bruns lessivés ou du sols d’allu-
vions fluviatiles.
L'encépagement est varié, composé essentiellement de 4 cépages nobles
(Muscadet, Gros Plant, Gamay, Cabernet) ainsi que de nombreux hybrides
provisoirement autorisés; le Muscadet, principale production, est récolté sur
les zones de Sèvre et Maine, des Côteaux de la Loire et dans certains terroirs
des Cöteaux d’Herbauges.
III. — MATÉRIEL ET TECHNIQUES
Des prélèvements de jus et moüts ont été effectués, au cours des vendanges
de 1976 et 1977, dans les trois principales régions viticoles de Loire-Atlantique:
Source : MNHN. Paris
LES LEVURES DU VIGNOBLE NANTAIS 15
Sévre et Maine, Coteaux de la Loire, Pays de Retz; deux stations expérimentales,
situées au Landreau, et géographiquement implantées au milieu des vignobles
ont été choisies pour le Sèvre et Maine; une station (Oudon) a été retenue
pour les Côteaux de la Loire et cing stations (Le Pellerin, Les Moutiers, Roche-
servière, Corcoué (1) et (2)) ont fait l'objet de recherches pour le Pays de Retz,
de superficie plus étendue et d'une plus grande diversité en vins. Des préléve-
ments-témoins ont été effectués, au laboratoire, sur une vigne exempte de
traitements fongicides.
Dix sept échantillons de moüts provenant des cépages blancs de Muscadet
et Gros Plant et des cépages rouges de Gamay Beaujolais, Cabernet Sauvignon,
Grolleau, Plantet et Baco n° 1 ont été prélevés dans 11 exploitations viticoles
dont la localisation est précisée sur la figure 1.
ILLE ET VILAINE
MORBIHAN
ATLANTIQUE
MAINE
ET
De Pellerin NODE
<
&
Les Moutiers Corcoué
oP mS nor
Y Фоо
3 *
`
viii `
Rochsservière 3
SS.
`
VENDEE
Fig. 1.— Stations de prélèvements et nature des échantillons. - GP: Gros Plant; GL: Gamay;
GY: Grolleau; MS: Muscadet; CS: Cabernet Sauvignon; BR: Baco rouge; PT: 5455.
Source : MNHN, Paris
16 A. POULARD & L. SIMON
Les prélévements aseptiques de jus de raisin ont été effectués, au cours
du pressurage, le jour de la vendange; ceux de moûts ont été effectués réguliè-
rement dans le temps, au cours de la fermentation, à la partie supérieure des
cuves ou au robinet du dégustateur. Après homogénéisation des prélèvements,
le dénombrement des souches de levures vivantes a été effectué selon la tech-
nique de S. DOMERCQ (1967).
L'identification des espéces a nécessité de nombreux tests morphologiques
et physiologiques (LODDER, 1970; DE HOOG et Coll., 1977...)*. Les espèces
identifiées ont été réparties en trois groupes principaux selon les caractères
proposés par BRECHOT en 1962:
- Groupe 1: levures sporogènes à caractère fermentatif dominant (Saccharo-
myces),
- Groupe 2: levures apiculées sporogénes et anascosporogénes (Hanseniaspora,
Kloeckera).
- Groupe 3: levures sporogènes et anascosporogénes à caractère oxydatif
dominant (Aureobasidium, Rhodotorula, Torulopsis).
IV. — CARACTERES CLIMATIQUES
Les données climatiques des deux années au cours desquelles nous avons
réalisé notre travail sont trés différentes et ont affecté de facon importante
le cycle végétatif de la vigne ainsi que la fructification et la qualité de la récolte.
L'année 1976 a été exceptionnellement chaude et séche, les durées d'insolation
mensuelles observées durant la période végétative représentent au minimum
250 heures; à l'inverse, l'année 1977 a bénéficié de peu d'ensoleillement; notons
en particulier que durant le mois de juin, la durée d'insolation mensuelle a été
inférieure de 150 heures à celle de l'année précédente mais, en fin de matu-
ration et jusqu'à la récolte, l'ensoleillement a été important ce qui a eu pour
effet de réduire les invasions par le Botrytis cinerea (POULARD, 1979).
L'année 1976 a été caractérisée par une grande sécheresse: les températures
trés élevées, alliées à de faibles précipitations durant le cycle végétatif, ont
entraîné des vendanges très précoces. A l'inverse, l'année 1977 a été marquée
par des gelées importantes (fin mars) qui ont anéanti de nombreux bourgeons
à fruit, et des précipitations qui ont accompagné, durant l'été, le cycle végétatif
et reproducteur de la vigne; les vendanges ont débuté avec plus d'un mois de
retard par rapport à celles de l'année précédente. D'une maniére générale, on
peut observer, d'une année à l'autre, des variations considérables de pluviométrie
se chiffrant autour de 200 à 250 mm d'eau selon les stations (POULARD,
1979).
* Pour le détail de ceux-ci, voir le chapitre «Matériel et Techniques» (POULARD, 1979).
Source : MNHN, Paris
LES LEVURES DU VIGNOBLE NANTAIS
V. — RESULTATS EXPERIMENTAUX
1. LES ESPECES DES JUS ET MOUTS DE CEPAGES BLANCS
TABLEAU I
Microflore des jus et moûts de Muscadet de Sévre et Maine
SEVRE ET MAINE
Station du Landreau
1976 1977
Saccharomyces ellipsoideus 7 Saccharomyces ellipsoideus
Kloeckera apiculata 4 Kloeckera apiculata
Saccharomyces bayanus 4 Metschnikowia pulcherrima
Aureobasidium pullulans 3 Saccharomyces bayanus
Saccharomyces rosei 2 Aureobasidium pullulans
Torulopsis candida 2 Trichosporon cutaneum
Torulopsis gropengiesseri 1 Saccharomyces chevalieri
Kloeckera javanica 1 — Saccharomyces uvarum
Rhodotorula glutinis 1^ Saccharomyces rosei
Hanseniaspora uvarum
Candida krusei
Candida valida
Torulopsis candida
Torulopsis colliculosa
Rhodotorula glutinis
TABLEAU 2
Microflore des jus et moats de Muscadet des Coteaux de la Loire
COTEAUX DE LA LOIRE
Station d’Oudon
1976
Saccharomyces ellipsoideus 22
Kloeckera apiculata
Saccharomyces bayanus
Saccharomyces rosei
Saccharomyces chevalieri
Saccharomyces italicus
Kloeckera javanica
Saccharomyces exiguus
Rhodotorula glutinis
Torulopsis colliculosa
Saccharomyces diastaticus
CRE
1977
Saccharomyces ellipsoideus
Saccharomyces uvarum
Kloeckera apiculata
Metschnikowia pulcherrima
Hanseniaspora uvarum
Torulopsis lactis-condensi
Saccharomyces rosei
Exophiala jeanselmei
Rhodotorula glutinis
Aureobasidium pullulans
Trichosporon cutaneum
неее
HK KKK NHS
17
Source : MNHN. Paris
18
A.POULARD & L. SIMON
Microflore des jus et moüts de Muscadet des Cöteaux d’Herbauges
TABLEAU 3
COTEAUX D'HERBAUGES
Station de Corcoue
1976
Saccharomyces ellipsoideus
Kloeckera apiculata
Hanseniaspora uvarum
Torulopsis colliculosa
Metschnikowia pulcherrima
Saccharomyces rosei
Saccharomyces uvarum
Saccharomyces italicus
Kloeckera javanica
Torulopsis candida
Candida sorbosa
1977
11 Saccharomyces ellipsoideus
10 Hanseniaspora uvarum
3 Metschnikowia pulcherrima
3 Saccharomyces rosei
3 Kloeckera apiculata
2 Kloeckera javanica
2 Saccharomyces chevalieri
1 Torulopsis colliculosa
1 Pichia rhodanensis
1
1
TABLEAU 4
Microflore des jus et moûts de Muscadet : Vigne témoin
LABORATOIRE : Vigne expérimentale
1976
Saccharomyces rosei
Saccharomyces ellipsoideus
Kloeckera apiculata
Pichia membranaefaciens
Rhodotorula glutinis
Rhodotorula rubra
Aureobasidium pullulans
Microflore des jus et moûts de Gros Plant du Sèvre et Maine
1976
Saccharomyces ellipsoideus
Saccharomyces rosei
Kloeckera apiculata
Saccharomyces uvarum
Saccharomyces bayanus
Metschnikowia pulcherrima
Saccharomyces capensis
10
Saccharomyces italicus
7 Saccharomyces chevalieri
2 Metschnikowia pulcherrima
2 Kluyveromyces veronae
1 Candida krusei
1 Candida intermedia
Ё
TABLEAU 5
SEVRE ET MAINE
Kee RANE
Station du Landreau
1977
Saccharomyces ellipsoideus
Saccharomyces uvarum
Saccharomyces bayanus
Saccharomyces chevalieri
Kloeckera apiculata
Hanseniaspora uvarum
Aureobasidium pullulans
Trichosporon penicillatum
Torulopsis candida
Source : MNHN. Paris
Fees MEN DR Ge
MON MRC
LES LEVURES DU VIGNOBLE NANTAIS
TABLEAU 6
Microflore des jus et moúts de Gros Plant des Cóteaux d’Herbauges
COTEAUX D'HERBAUGES
Station du Pellerin
1976
Saccharomyces ellipsoideus
Saccharomyces rosei
Saccharomyces chevalieri
Saccharomyces uvarum
Saccharomyces exiguus
Metschnikowia pulcherrima
Kloeckera apiculata
Hanseniaspora uvarum
Saccharomyces ellipsoideus
Kloeckera apiculata
Hanseniaspora uvarum
Saccharomyces rosei
Saccharomyces uvarum
Candida valida
Metschnikowia pulcherrima
Kloeckera javanica
1976
Saccharomyces ellipsoideus
Metschnikowia pulcherrima
Saccharomyces chevalieri
Saccharomyces bailii
Saccharomyces capensis
Torulopsis candida
Saccharomyces italicus
Saccharomyces diastaticus
Saccharomyces globosus
Candida intermedia
Kloeckera apiculata
е
1977
Saccharomyces ellipsoideus
Kloeckera apiculata
Hanseniaspora uvarum
Aureobasidium pullulans
Saccharomyces bayanus
Saccharomyces chevalieri
Kleockera africana
Kloeckera javanica
Metschnikowia pulcherrima
Pichia vini
Rhodotorula rubra
Station de Corcoué
10
3
NNNNA
Saccharomyces ellipsoideus
Saccharomyces bayanus
Hanseniaspora uvarum
Kloeckera apiculata
Metschnikowia pulcherrima
Saccharomyces rosei
Saccharomyces uvarum
Saccharomyces chevalieri
Kloeckera africana
Aureobasidium pullulans
Torulopsis candida
TABLEAU 7
Microflore des jus et moûts de Gros Plant du Pays de Retz
PAYS DE RETZ
ESSE M ie
Station des Moutiers
1977
Saccharomyces ellipsoideus
Saccharomyces chevalieri
Rhodotorula glutinis
Exophiala jeanselmei
Hanseniaspora uvarum
Ree eee
Pe dee ong Ree lon
18
10
19
Source : MNHN. Paris
20 A. POULARD & L. SIMON
Dans sept caves des principales zones productrices de vins blancs secs du
département, nous avons isolé 498 souches de levures et organismes levuri-
formes dont nous communiquons, sous forme de tableaux, la nature et la répar-
tition selon l'année de récolte et le cépage cultivé; les tableaux 1 à 4 présentent,
pour chaque station de prélèvement, l'inventaire des espèces et le nombre de
souches identifiées dans les échantillons de Muscadet; les tableaux 5 à 7 pré-
sentent l'inventaire des espèces identifiées dans les échantillons de Gros Plant.
2. LES ESPECES DES JUS ET MOUTS DE CÉPAGES ROUGES ET ROSÉS
250 cultures pures ont été obtenues à partir de 10 échantillons de jus et
moúts issus de 6 caves. L’inventaire des espèces est fourni, comme pour le para-
graphe précédent, sous forme de tableaux précisant à la fois l'origine, la répar-
tition et le nombre de souches. Les tableaux 8 à 11 présentent pour chaque
station l'inventaire des espèces et le nombre de souches isolées dans les cépages
rouges ou rosés de Cabernet, Gamay, Plantet, Grolleau ou Baco. Notons que
les vinifications en rosé (cépages Gamay-Beaujolais et Grolleau) ont été effec-
tuées dans les caves des stations d’Oudon et du Pellerin.
TABLEAU 8
Microflore des jus et moûts de Cabernet - Sauvignon rouge de Sèvre et Maine
SEVRE ET MAINE
Station du Landreau
1976 1977
Saccharomyces chevalieri 4 Saccharomyces ellipsoideus 11
Saccharomyces ellipsoideus 3 Saccharomyces chevalieri 5
Saccharomyces rosei 3 Saccharomyces bayanus 3
Metschnikowia pulcherrima 3 — Hanseniaspora uvarum 3
Saccharomyces uvarum 1 Saccharomyces diastaticus 1
Saccharom yces bayanus 1 Saccharomyces rose 1
Aureobasidium pullulans 1 Candida sake 1
Candida krusei 1
Candida intermedia 1
TABLEAU 9
Microflore des jus et moüts de Gamay, Plantet et Grolleau du Pays de Retz
PAYS DE RETZ
Station des Moutiers Gamay
1976 1977
Saccharomyces rosei 12 Saccharomyces ellipsoideus 27
Saccharomyces ellipsoideus 2 Hanseniaspora uvarum 6
Torulopsis candida 2 Metschnikowia pulcherrima 4
Source : MNHN. Paris
LES LEVURES DU VIGNOBLE NANTAIS
Station des Moutiers
1976
Torulopsis gropengiesseri
Saccharomyces chevalieri
Rhodotorula rubra
Metschnikowia pulcherrima
Station de Rocheserviére
Saccharomyces ellipsoideus
Saccharomyces italicus
Saccharomyces chevalieri
Kloeckera apiculata
Metschnikowia pulcherrima
Saccharomyces rosei
Rhodotorula rubra
Torulopsis colliculosa
Brettanomyces intermedius
Station du Pellerin
Saccharomyces ellipsoideus
Saccharomyces rosei
Saccharomyces heterogenicus
Candida valida
RR Ny y
Gamay
1977
Saccharomyces bayanus
Kloeckera apiculata
Aureobasidium pullulans
Saccharomyces chevalieri
Saccharomyces diastaticus
Saccharomyces uvarum
Endomycopsis vini
Rhodotorula pilimanae
Plantet N (rouge)
Hanseniaspora uvarum
Saccharomyces ellipsoideus
Saccharomyces bayanus
Metschnikowia pulcherrima
Aureobasidium pullulans
Kloeckera apiculata
Grolleau (rosé)
TABLEAU 10
Microflore des jus et moûts de Gamay (rosé) des Coteaux de la Loire
COTEAUX DE LA LOIRE
Station d’Oudon
1976
Saccharomyces ellipsoideus
Kloeckera apiculata
Metschnikowia pulcherrima
Saccharomyces bayanus
Saccharomyces chevalieri
Candida valida
Saccharomyces rosei
Aureobasidium pullulans
Kloeckera javanica
Hanseniaspora valbyensis
RK RRR EUR A
1977
Saccharomyces ellipsoideus
Metschnikowia pulcherrima
Hanseniaspora uvarum.
Saccharomyces bayanus
Saccharomyces chevalieri
Saccharomyces italicus
Aureobasidium pullulans
Saccharomyces rosei
KOR Rt
Mew OS
ROS NS hg À 6
21
Source : MNHN. Paris
22 A.POULARD & L. SIMON
TABLEAU 11
Microflore des jus et moüts de Васо № 1 de la vigne témoin
LABORATOIRE : Vigne expérimentale
1976
Saccharomyces ellipsoideus 6 Saccharomyces italicus 1
Kloeckera apiculata 5 Candida krusei 1
Saccharomyces rosei 2 Aureobasidium pullulans 1
3. REPARTITION DES ESPECES SELON LA CLASSIFICATION DE BRECHOT
ll nous a semblé intéressant de comparer, pour chaque station de prélèvement
et en fonction de l'année, les pourcentages des souches isolées pour chaque
groupe de levures et de préciser pour chacun de ceux-ci l'espèce dominante
du milieu (Tableau 12).
Les espèces du groupe 1
Des différences quantitatives et parfois qualitatives ont été observées pour
la microflore des jus de raisin et des moûts de deux récoltes successives.
En 1976, les espèces sont généralement plus nombreuses qu'en 1977: Saccha-
romyces ellipsoideus est, le plus souvent, l'espèce dominante, mais a été supplan-
tée en 1976, dans les jus et moûts de raisin rouge par Saccharomyces chevalieri
(Le Landreau) et par Saccharomyces rosei (Les Moutiers).
Dans les jus et moûts du cépage Muscadet, on observe pour les différentes
stations un pourcentage de levures inférieur (37,5% à 71%) à celui des jus
et moûts de raisin rouge (38,4% à 84%). Saccharomyces ellipsoideus demeure
l'espèce dominante des moûts à l'exception de ceux de la station d'Oudon où
il est en compétition avec Saccharomyces uvarum qui le supplante et réalise
la phase de fin de fermentation. A la station de Corcoué 2, on rencontre les
pourcentages les plus faibles du groupe (42% et 37,5%).
Dans les jus et moûts de Gros Plant, les levures du groupe 1 sont toujours
bien représentées (45,1% à 89,4% des souches), Saccharomyces ellipsoideus
est toujours l'espèce prépondérante. Les caves les plus riches en espèces de ce
groupe sont celles du Landreau et des Moutiers (74,1% à 87,2%); la station
de Corcoué 1 montre le pourcentage levurien le plus faible, notamment en 1976
(45,1%).
Tableau 12
Comparaison des pourcentages des souches de chaque groupe dans les jus et moüts en 1976
<t1977. À gauche de chaque pourcentage, est notée l'espèce dominante du groupe.
Source : MNHN, Paris
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(8
Source : MNHN. Paris
24 A. POULARD & L. SIMON
Les espéces du groupe 2
Comme pour le groupe précédent, il existe, selon les stations, des différences
d'ordre qualitatif et quantitatif dans la répartition des levures apiculées,
Dans les jus et moüts de cépages rouges, Kloeckera sp. est remarqué en 1976
à Oudon et Rocheserviére; l'année suivante Hanseniaspora sp. domine trés
largement la microflore du groupe 2 dans toutes les stations. Les levures de
ce groupe sont absentes des moüts du Landreau et des Moutiers en 1976, mais
sont très abondantes dans les moüts de Plantet vinifié à Rocheserviére en 1977.
Dans les Muscadet, les levures du groupe 2 sont bien représentées (16% à
38,2% des souches). Kloeckera sp, est toujours présente, sauf à la station de
Corcoué 2 où, en 1977, domine Hanseniaspora uvarum. Dans cette dernière
station, le pourcentage des espèces de ce groupe présente la valeur la plus forte.
Dans les jus et moûts de Gros Plant, la proportion des souches varie entre
2,8% et 41,8%. Comme dans les jus et moüts de raisin rouge, Kloeckera sp.
est mieux représentée en 1976 tandis que l'inverse est observé pour Hansenia-
spora sp. La station des Moutiers est particuliérement pauvre en levures de ce
groupe (2,8% à 3,2%), celle de Corcoué 1 en est bien pourvue (19,6% à 41,8%).
Les espèces du groupe 3
Ces espèces levuriennes sont très diverses mais leur pourcentage reste classi-
quement faible, L'espèce principale, Metschnikowia pulcherrima, colonise les
jus et moûts de cépages rouges, sauf aux Moutiers en 1976 et au Landreau en
1977, où elle est respectivement remplacée par Torulopsis sp. et Candida sp.
Dans les jus et moûts de cépages blancs elle entre en concurrence, ou est tota-
lement supplantée par Aureobasidium, Torulopsis, Rhodotorula ou Candida
(jus et moúts de Muscadet, Le Landreau, Oudon 1976, Corcoué 2 1976) ou par
Exophiala et Rhodotorula (jus et moüts de Gros Plant, les Moutiers 1977).
Les pourcentages des souches de ce groupe sont relativement importants
dans les stations suivantes: Le Landreau (rouges, 33,6% en 1976), Muscadet
(28% en 1976, 41,6% en 1977), Oudon (rouges, 29,6% en 1977), Muscadet
(29,7% en 1977).
4. MICROFLORE DES JUS ET MICROFLORE DES MOUTS
Les cépages blancs
Les résultats concernant le nombre de souches observées pour chaque espéce
levurienne, la moyenne des pourcentages, et leur répartition dans les jus (avant
fermentation) ou dans les moüts (pendant la fermentation) ont été rapportés
dans le tableau 13.
- 20 espèces ont été isolées dans les jus de raisin mais parmi celles-ci, les
espèces du groupe 3 de BRECHOT sont les mieux représentées du point de
vue de la diversité. Par leur nombre, les souches de Saccharomyces ellipsoideus
(22,9% de Vensemble des souches), S. rosei (13%), Kloeckera apiculata (15,3%)
Source : MNHN. Paris
TABLEAU 13
Répartition des levures dans les jus et moüts de raisin blanc
GRouPE l
Saccharomyces ellipsoideus
Saccharomyces rosei
Saccharomyces chevalieri
Saccharomyces bayanus
Saccharomyces uvarum
Saccharomyces italicus
Saccharomyces capensis
Saccharomyces bailit
Saccharomyces diastaticus
Saccharomyces eziguua
Saccharomyces globosus
GROUPE 2
Kloeckera apiculata
Kloeckera javanica
Kloeckera africana
Hansentacpora uvarun
GROUPE 3
Aureobasidium pullulans
Candida intermedia
Candida krusei
Candida sorbosa
Candida valida
Ezophiala jeanselmei
Kluyveromyces veronae
Metschnikowia pulcherrima
Pichia membranaefaciens
Pichia rhodanensis
Pichia vini
Rhodotorula glutinis
Rhodotorula rubra
Zorulopsis candida
Torulopsis collieulosa
Torulopsis gronengiessert
Torulopets lactis-Condensí
Trichosporon eutaneum
Trichosporon pentcillatun
AVANT FERMENTATION FERMENTATION
Nombre de| Moyenne [Nombre de] Moyenne
souches des souches des
observées 2 observées z
25 22,9 162 43,3
21 13,0 14 4,5
E 38 21 3
o o 24 6,9
1 0,6 18 5,5
1 0,5 4 0,8
П 0,9 3 0,8
o o 3 0,7
o o 2 0,3
1 0,7 1 0,1
o o 1 0,2
23 15,3 42 11,0
6 3,4 4 0,9
o o 2 0,3
8 6,1 19 4,9
7 4,9 6 d
1 0,9 1 0,3
1 0,8 1 0,3
o o 1 0,2
o o 4 1,0
o o 2 0,2
o o 1 0,3
14 14,2 14 3,9
o o 2 0,6
o o 1 o,
o o 1 0,1
4 2 3 0,7
2 1,5 o o
3 2,4 6 1,9
4 3,0 2 0,5
1 0,5 o o
2 1,9 o o
o o B 0,8
o o 1 0,3
Source : MNHN. Paris
26 A.POULARD & L. SIMON
et Metschnikowia pulcherrima (14,2%) dominent le milieu.
Parmi les espèces rencontrées de façon sporadique, on note Hanseniaspora
uvarum (6,1%), Kloeckera javanica (3,4%), divers Torulopsis (7,9%) et Aureo-
basidium pullulans (5%).
- 31 espèces ont été isolées au cours des fermentations alcooliques, amorcées
le plus souvent par des levures à faible pouvoir alcoogène parmi lesquelles nous
avons noté des levures apiculées (Kl. apiculata, 11%, Hanseniaspora uvarum,
(4,9%) et Metschnikowia pulcherrima, moins abondante que dans les jus de
raisin (3,9%); ces espéces sont accompagnées par divers Torulopsis (T. candida,
T. colliculosa) et par Aureobasidium pullulans. Les stades fermentaires suivants
sont assurés par Saccharomyces ellipsoideus (43,3%), S. chevalieri (5,3%), S
uvarum (5,5%) et S. bayanus (6,9%); 5. rosei est rencontré moins fréquemment
(4,5%) que dans les jus de raisin; ces espèces représentent 65% des souches
isolées au cours de la fermentation alcoolique.
Les levures à caractère oxydatif dominant appartiennent aux genres Candida
(1,9%: C. intermedia, C. krusei, C. sorbosa, C. valida), Pichia (1,1%: P. membra-
naefaciens, P. vini, P. rhodanensis), parfois Rhodotorula (0,7%: Rh. glutinis)
et Exophiala (0,2%: E. jeanselmei).
Les cépages rouges
Le tableau 14 présente la liste des espèces levuriennes rencontrées dans les
jus de raisin et moûts en fermentation, leur importance numérique et leur
répartition.
- Les espèces isolées dans les jus de raisin sont nombreuses (15) et assez
équitablement représentatives des trois groupes de BRECHOT. Saccharomyces
ellipsoideus et Metschnikowia pulcherrima sont les espèces les plus fréquentes
(19,3% et 18,6%), puis viennent Kloeckera apiculata, Hanseniaspora uvarum
et Aureobasidium pullulans (9,9% à 11,1%). Les pourcentages des divers Toru-
lopsis (T. candida, T. colliculosa, T. gropengiesseri) sont voisins de ceux qui
ont été rencontrés dans les jus de raisins blancs (8,575); par contre, Saccharo-
myces rosei est nettement moins bien représenté (3,4%).
- Dans les moüts en fermentation, on observe une plus grande variété d'es-
péces; la diversité des levures du groupe 3 est moins importante que dans les
moûts de vins blancs; on remarque le faible pourcentage des levures apiculées
Hanseniaspora uvarum (7,58%) représente l'espèce dominante; Aureobasi-
dium pullulans n'est apparu qu'épisodiquement et les levures du genre Torulopsis
sont absentes: Candida valida, C. intermedia et C. sake représentent 3,94%
de l'ensemble des souches isolées dans les moûts mais n'ont pas été identifiées
dans les jus.
Les levures rencontrées au cours de la phase tumultueuse de la fermentation
alcoolique appartiennent essentiellement à 5 espèces, Saccharomyces ellipsoi-
deus, S, bayanus, S. chevalieri, S. italicus et S. rosei qui constituent à elles seules
73% de la population totale.
Source: MNHN. Paris
LES LEVURES DU VIGNOBLE NANTAIS 27
TABLEAU 14
Repartition des levures dans les jus et moüts de raisin rouge
AVANT FERMENTATION FERMENTATION
Nombre de| Moyenne |Nombre de| Moyenne
souches des souches des
observées 1 observées 1,
Groupe 1
Saccharomyces ellipsotdeus п 1935 79 BS
Saccharomyces roset 2 3,4 2T 18,9
jaecharomyces chevalieri 5 8,4 14 6,8
‚charomyces bayanus o o 13 6,9
Saccharomyces italicus o o 6 855
Saccharomyces uvarum 1 1,6 1 0,2
jaccharomyces diastaticus о o 2 0,6
'accharomyces heterogenicu: 0 о 1 0,7
Groupe 2
Kloeckera apiculata 7 9,9 9 515
Kloeckera javanica 1 0,8 o o
ianseniaspora uvarım 6 1124 17 D
eniaspora valbyensis 1 0,8 0 0
Groupe 3
Aureobasidium pullulans 6 10,7 0,4
tanomyces intermedius 0 1 0,6
Candida intermedia о 1 0,9
candida krusei 2 0 о
Jandida sake o 1 0,4
vandida valida 0 3 SS)
indomycopsis vini 0 1 0,2
Metschnikowia pulcherrima 12 13 6,1
lotorula pilimanae o 1 0,2
Rhodotorula rubra 1 1 0,6
Torulopsis candida 2 о o
Torulopsis colliculosa 1 o o
orulopsis gropengiessert 1 o 0
L
Source : MNHN. Paris
28 A.POULARD & L. SIMON
D'autres levures ont été rencontrées d'une maniére sporadique: c'est le
cas de S. uvarum, S. diastaticus et S. heterogenicus. La microflore du groupe 3
est plus riche en espéces mais quantitativement plus réduite que dans les jus
de raisin où les Candida sont accompagnées de Rhodotorula rubra, Rh. pili-
manae et Brettanomyces intermedius. Le genre Pichia n'a pas été décelé.
Diverses levures sont spécifiques de la microflore des cépages rouges : Saccha-
romyces heterogenicus, Hanseniaspora valbyensis, Brettanomyces intermedius,
Endomycopsis vini, Rhodotorula pilimanae.
D'autres espèces sont particulières aux jus et moûts de raisin blanc : Saccha-
romyces bailii, S. capensis, S. exiguus, S. globosus, Kloeckera africana, Candida
sorbosa, Exophiala jeanselmei, Kluyveromyces veronae, Pichia membranae-
faciens, Pichia rhodanensis, P. vini, Torulopsis lactis-condensi, Trichosporon
cutaneum, T. penicillatum.
VI. — DISCUSSION
Au cours des recherches entreprises sur le vignoble nantais 748 souches,
reprósentant 40 espéces levuriennes, ont été isolées (Tableau 15). Parmi les
14 genres identifiés, 6 sont ascosporogénes (Endomycopsis, Hanseniaspora,
Kluyveromyces, Metschnikowia, Pichia, Saccharomyces) et 8 non ascosporo-
gènes (Aureobasidium, Brettanomyces, Candida, Exophiala, Kloeckera, Rhodo-
torula, Torulopsis, Trichosporon).
Le genre Saccharomyces est dominant comme dans toute fermentation
de type classique; 12 espèces ont été identifiées, soit 62,5% de l'ensemble
des souches, Saccharomyces ellipsoideus représente, à lui seul, 37% des indi
dus; cette levure elliptique peut être accompagnée de 5 autres espèces impor-
tantes: S. rosei (8,5%), S, chevalieri (5,6%), S. bayanus (575), S. uvarum (2,8%),
S. italicus (1,475). L'association Kloeckera sp. (ou Hanseniaspora sp.) et Metschni-
howia pulcherrima est remarquable en début de fermentation alcoolique.
Des différences qualitatives et quantitatives apparaissent entre les espéces
principales du groupe 1 selon les années de recherche; d'une maniére générale
remarquée dans 5075 des stations, ce type de microflore est plus abondant en
1976, surtout en ce qui concerne les jus et moüts de Muscadet; cette dissem-
blance est atténuée pour les cépages rouges et le Gros Plant où les pourcentages
apparaissent globalement plus élevés. Saccharomyces ellipsoideus, l'espèce domi-
nante des moúts, a été supplantée en 1976, au Landreau, par S. chevalieri et
aux Moutiers par S. rosei; en 1977, S. ellipsoideus assure, conjointement avec
S. uvarum, la fermentation des moûts de Muscadet,
Les levures du groupe 2 peuvent être absentes des moûts (Le Landreau et
les Moutiers, 1976, rouges) ou présentes: les espèces prépondérantes sont,
dans ce cas, Kloeckera apiculata et Hanseniaspora uvarum. En 1976, la première
de ces deux espèces est identifiée dans toutes les stations de prélèvement, son
Source : MNHN, Paris
LES LEVURES DU VIGNOBLE NANTAIS 29
TABLEAU 15
Répartition des espéces et nombre des souches lévuriennes isolées en 1976 et 1977
Nombre de|Présence LEVURES Nombre de [Présence
, rapportée à rapportée
VURES ASCOSPOROGENES | ches [1000 soumes. NON ASCOSPOROGENES | souches NO00 souche:
vint 1 1,3 \Aunsobaeidium pulZulane, n 28,1
intermedius 1
spora uvarum 50 66,8 |érettanomyo i
? 9
8
à
в batt
3
1
1
1
1
2
7
4 5,3
1
i
7
2
2
з
1
3
1
1
»ourcentage est élevé dans les Muscadet (20-36,8%) mais plus faible dans les
ros Plant et les rouges (à l'exception des moüts de Corcoué 1 et Oudon);
association Kloeckera apiculata et Hanseniaspora uvarum n'a été observée que
ins une station (Le Pellerin, Gros Plant). En 1977, Hanseniaspora uvarum
omine d'une maniére significative dans les moûts de cépages rouges élaborés
: n'existe, en ce qui concerne les cépages blancs, que dans ceux du Muscadet
Jorcoué) et du Gros Plant (Le Landreau, Les Moutiers, Corcoué 1) ou elle
t associée à Kloeckera apiculata dans ce dernier cas.
De nombreuses espéces à faible pouvoir fermentaire ou à métabolisme
trictement oxydatif, appartenant aux genres Candida, Pichia et Rhodotorula
groupe 3) ont été fréquemment trouvées dans les jus de raisin avant fermen-
ition. Dans plusieurs cas, nous avons mis en évidence la présence de levures
ares (POULARD et SIMON, 1980) ou encore jamais signalées dans les jus et
notits de raisin: Pichia rhodanensis (Corcoué, 1977), Pichia vini (Le Pellerin,
1977), Endomycopsis vini (Les Moutiers, 1977), Exophiala jeanselmei (Oudon,
es Moutiers, 1977), Rhodotorula pilimanae (Les Moutiers, 1977), Torulopsis
ropengiesseri (Le Landreau, Les Moutiers, 1976), Trichosporon cutaneum
Oudon, Le Landreau, 1977), Trichosporon penicillatum (Le Landreau, 1977).
Source : MNHN. Paris
30 A.POULARD & L.SIMON
L'association fréquente d’Aureobasidium pullulans, de Trichosporon peni-
cillatum et T. cutaneum a été remarquée en 1977.
Selon la méthode de regroupement, proposée par BRECHOT (1962) les
748 souches isolées dans le vignoble sont réparties comme suit :
Groupe 1 : 62,8% Groupe 2 : 19,3% Groupe 3 : 17,8%
La valeur du rapport groupe 2/groupe 1 x 100 est un indice, classiquement
utilisé en cenologie, qui permet de comparer les vignobles français les uns par
rapport aux autres; les valeurs observées décroissent généralement en fonction
de la septentrionalité des vignobles (BRECHOT, 1962); dans la région nantaise,
la valeur de ce rapport s'élève à 30,7%: nous le comparerons, en fin de chapitre,
avec ceux qui ont été obtenus par CUINIER dans la région, et par d'autres
auteurs dans d'autres vignobles francais ou étrangers.
A) Les travaux régionaux précédant notre étude
88 levures appartenant à 8 genres différents ont été isolées en 1975 par CUI-
NIER et coll. (1980) à partir de fermentations aseptiques réalisées au Labora
toire; les espèces les mieux représentées sont Metschnikowia pulcherrima (23,8%
de l'ensemble des souches) et Kloeckera apiculata (30,4%). Une troisième
espèce dominante, Saccharomyces ellipsoideus est mise en évidence dans des
moûts vinifiés en grand volume à la propriété. Les résultats que nous avons
obtenus à partir de moûts des vendanges de raisin blanc, sont en a
ceux de cet auteur; la réprésentation numérique des Saccharomyces est, en
particulier, tout à fait homologue; 15 espèces levuriennes sont communes à
nos deux recherches.
cord avec
Metschnikowia pulcherrima, Saccharomyces bayanus, S. ellipsoideus, S.
chevalieri, S. globosus, S. italicus, S. rosei, Kloeckera apiculata, Aureobasidium
pullulans, Brettanomyces intermedius, Candida sake, C. sorbosa, Rhodotorula
glutinis, Rh. rubra, Torulopsis candida.
Notons qu'Aureobasidium pullulans a été isolé par CUINIER et coll. uni
quement à partir d'épicarpes de raisin; nous l'avons remarqué, en plus, dans
les moûts issus de plusieurs terroirs (SIMON et POULARD, 1979). L'inter-
vention des Torulopsis dans les processus fermentaires (à l'exception de celle
de T. ernobii et de T. lactis-condensi) s'est produite durant les deux années
(Tableau 16), mais ni CUINIER, ni nous-méme, n'avons observé Torulopsis
stellata parmi la microflore du vignoble.
TABLEAU 16
Présence des Torulopsis dans le vignoble en fonction des années
CUINIER et coll. POULARD
Torulopsis candida 1975-1976-1977 1976-1977
Torulopsis colliculosa 1975 1976-1977
Torulopsis ernobii 1976
Torulopsis gropengiesseri 1975 1976
Torulopsis lactis-condensi 1977
Source : MNHN. Paris
LES LEVURES DU VIGNOBLE NANTAIS 31
Si CUINIER et coll. ont mis en évidence plusieurs espéces que nous n’avons
pas rencontrées, nous avons, par contre, isolé le cortège suivant :
Saccharomyces uvarum, S. capensis, S. bailii, S. diastaticus, Kloeckera java-
nica, Hanseniaspora uvarum, Candida intermedia, C. krusei, C. valida, Exophiala
jeanselmei, Kluyveromyces veronae, Pichia membranaefaciens, P. rhodanensis,
P. vini, Torulopsis lactis-condensi, Trichosporon cutaneum, T. penicillatum.
Il existe donc quelques différences entre les résultats de notre étude et ceux
de CUINIER et coll.
- d'ordre quantitatif concernant la composition de la microflore et le nombre
les souches du groupe 1; en année chaude (1976), nous avons isolé 11 espéces
lont 5 seulement ont été remarquées en 1977; les résultats de CUINIER appa-
aissent plus constants au cours des deux années d’étude;
- d'ordre qualitatif pour le groupe 2: nous avons isolé Kloeckera javanica
^t Hanseniaspora uvarum, non observées par cet auteur;
d'ordre générique dans la composition du groupe 3: nous avons isolé
es genres Exophiala, Kluyveromyces et Trichosporon.
Ces differences sont vraisemblablement en rapport avec les techniques de
ravail que nous avons l'un et l’autre adoptées; comme nous l'avons remarqué
récédemment, CUINIER a étudié des fermentations aseptiques en petit volume
: nous avons, nous-méme, opéré sur de grands volumes, dans les conditions
le la pratique viticole.
B) Les travaux réalisés dans les vignobles septentrionaux
ll nous a paru intéressant de comparer nos résultats avec ceux qui ont été
btenus par divers auteurs, dans des vignobles situés à la limite Nord de la
ulture de la vigne: Touraine, Champagne, Allemagne (Franconie), Tchecoslo-
iquie (Skalika-Zahorie, Bohème, Slovaquie), République Démocratique Alle-
iande (Saale-Unstrutt).
Dans la region champenoise, BRECHOT (1968) a isole, au cours de 4 anndes
uccessives, 511 souches de levures à partir de moüts de Chardonnay (Cramant)
Pinot Noir (Verzenay). La fermentation est généralement amorcée par divers
orulopsis (T. candida, T. dattila, T. stellata) auxquels succèdent des levures
métabolisme alcoogène plus élevé (Saccharomyces ellipsoideus, S. florentinus);
loeckera apiculata n'est intervenu qu'au cours des années chaudes et Metschni-
»wia pulcherrima est absente.
Dans la région de Chinon, CUINIER et GUERINEAU (1978) ont travaillé
partir d'échantillons recueillis dans deux types de cuves (bois et acier) et
nt isolé 32 espéces de levures. L'importance du pourcentage de Saccharomyces
varum (2995), la faible représentation de S. ellipsoideus et la présence de
:ombreuses levures à métabolisme oxydatif dominant ont été remarquées par
es auteurs; de façon exceptionnelle, Metschnikowia pulcherrima a pu être
identifiée jusqu'au 9ème jour de fermentations lentes; Saccharomyces bayanus
: été isolé dans les deux types de cuves en fin de phase fermentaire.
Source - MNHN. Paris
32 A.POULARD & L. SIMON
En Allemagne du Sud, I. BENDA (1964) a observé sur les raisins et dans
les moúts la prédominance de levures à faible pouvoir fermentaire (Tableau 17);
l'auteur signale aussi l'important pourcentage de l'association Metschnikowia
pulcherrima - Kloeckera apiculata (75% des souches fermentatives). Saccharo-
myces ellipsoideus, S. rosei et S. uvarum représentent les principales espèces
du genre; la proportion des Torulopsis varie de 7 à 10% selon les années; au
cours des deux années de recherche effectuées par l'auteur, 1133 souches d'Au-
reobasidium pullulans (= Dematium pullulans) ont été isolées dans les moüts
en fermentation.
TABLEAU 17
Pourcentage de quelques espèces levuriennes isolées dans les régions viticoles septentrionales
Les colonies établies de la gauche vers la droite respectent la continentalité de plus en plus
grande des vignobles
z 3 4 5 + 7 RFI
France а REA Ücheensuovaavır RDA,
A E n "m з 54,6 n? m "m
Études effectuées par 1: Poulard (1976-77); 2: Cuinier (1978); 3: Brechot (1968); 4: Benda
(1964); 5-6-8: Minarik (1971); 7: Laho (1970).
LAHO et coll. (1970) ont isolé plus de 3700 souches de levures dans diffé-
rentes régions viticoles de la Slovaquie. Metschnikowia pulcherrima (9,2%) et
Kloeckera apiculata (13,7%) assurent toujours le début de la fermentation
alcoolique (Tableau 17); parmi les nombreuses espèces qui accompagnent
Saccharomyces ellipsoideus (64,4%), on remarque S. bayanus (5,2%) et S.
uvarum (3,1%).
La microflore des régions viticoles périphériques de Tchécoslovaquie (Skalica-
Zahorie, Bohème) et de la République Démocratique Allemande (Saale-Unstrutt)
a été étudiée par MINARIK (1971). Ces régions, comme les zones citées ci-
dessus, sont caractérisées par des conditions climatiques extrêmes pour la culture
de la vigne, oà l'association Metschnikowia pulcherrima - Kloeckera apiculata -
Saccharomyces ellipsoideus régne et engendre la fermentation spontanée des
moüts; c'est en RDA (Saale-Unstrutt) que Metschnikowia pulcherrima atteint
son pourcentage le plus élevé (19,8%) (Tab. 17).
Source : MNHN. Paris
LES LEVURES DU VIGNOBLE NANTAIS 33
Nos travaux, en accord avec ceux de CUINIER, montrent bien que les regions
de la Loire, situées à la limite Nord de la culture de la vigne, possèdent une
microflore caractérisée par la présence de Metschnikowia pulcherrima et Kloec-
kera apiculata associées de façon constante au départ des fermentations. Cette
association rappelle celle des vignobles septentrionaux (à l'exception de ceux
de la région champenoise) oà Metschnikowia pulcherrima -Kloeckera apiculata -
Saccharomyces ellipsoideus réalisent les phénomènes fermentaires.
La richesse en espèces de la microflore oxydative (notamment en 1977)
ct la présence d’Aureobasidium pullulans dans de nombreux terroirs soulignent
une certaine similitude entre la composition floristique des moûts nantais et
celle d'autres vins des pays de Loire (CUINIER et coll, loc. cit.) et de Franconie
I, BENDA, 1964). Au cours des années 1976 et 1977, nous avons isolé plusieurs
souches de cette espèce dans le sol des vignobles, les fleurs de vigne, les moüts en
fermentation, puis dans les vins embouteillés (SIMON et POULARD, 1979).
ete espèce avait été remarquée par CUINIER et coll, (1980) sur les épicarpes
des raisins de 3 terroirs situés sur des aires d’appellations (A.O.C. Vouvray,
^.O.C. Touraine, A.O.C. Montlouis) où elle représentait 23% des souches; dans
le terroir de Montlouis, Aureobasidium pullulans était accompagné de Trichospo-
»n cutaneum que nous avons, nous-méme, identifié dans les moüts des stations
lu Landreau et d’Oudon, Plus tard, les mêmes auteurs, ont isolé cette espèce
nouveau sur des épicarpes de raisins récoltés dans une vigne du Loir et Cher.
Les valeurs du rapport (R) proposé par BRECHOT (1962) que nous avons
itées précédemment, permettent de comparer entre elles 3 series de vignobles
éaniques, continentaux et méridionaux :
Vignobles océaniques Vignobles continentaux Vignobles méridionaux
Bordelaist R=58,2 Beaujolais R=13,4 Baixas R
Cognac R=25,1 Champagne R=11,6 Banyuls R
Nantais R=30,7 Chinonais R= 9 Régions
italiennes*
Les valeurs les plus fortes caractérisent les vignobles où l'influence océanique
rédomine (Bordelais, Nantais, Cognac); la valeur observée dans les régions
taliennes (76,4%) doit être interprétée, les prélèvements n'ayant pas toujours
té effectués systématiquement durant la phase tumultueuse de la fermentation
CASTELLI, 1974). Les valeurs notées dans les vignobles continentaux et meri-
lionaux sont plus faibles; ceci permet de constater, comme on pouvait s'y
tendre, que la microflore du vignoble nantais est d’un type océanique classique
sù R présente une valeur élevée dûe à une forte proportion de la microflore
lu groupe 1.
Nous remercions Mademoiselle R, REBERTEAU de sa collaboration technique,
valeurs calculées par BRECHOT,
Source : MNHN, Paris
34 A. POULARD & L. SIMON
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LES LEVURES DU VIGNOBLE NANTAIS 35
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Source : MNHN. Paris
37
ETUDE ULTRASTRUCTURALE DES ASQUES
ET DES ASCOSPORES DE TRUFFES DU GENRE TUBER
1. LES ASQUES
par A.PARGUEY-LEDUC et M.C. JANEX-FAVRE*
RÉSUMÉ. — L'organisation des asques présente une grande homogénéité chez les espèces
de Truffes étudiées (Tuber aestivum, T. bituminatum, T. dryophilum, T. excavatum, T.
melanosporum, T. mesentericum, T. rufum). Les caractéres les plus originaux de ces asques
sont: - leur forme globuleuse; - l'existence de polarités successives dans la répartition de
leurs constituants internes; - le mode de délimitation individuel de leurs ascospores; - la
présence d'un sac post-sporal autour de ces ascospores.
SUMMARY. — Ultrastructural studies of asci and ascospores in Truffles (g. Tuber). 1.
The asci — In the species of Tuber here studied (Tuber aestivum, T, bituminatum, T.
Iryophilum, T. excavatum, T. melanosporum, T. mesentericum, T. rufum), the ascus
organization is homogeneous, The most original features of the asci are : - a globular shape;
successive polarities in the components distribution; - individual process of ascospore
delimitation; - occurence of a post-sporal membrane surrounding the ascospores.
Ayant eu la possibilité d'effectuer des observations chez diverses Truffes
du g. Tuber (Tuber aestivum, T. bituminatum, T. dryophilum, T. excavatum,
T. melanosporum, T. mesentericum, T. rufum), nous nous proposons, au terme
de notre étude - dont certains résultats ont déjà été publiés (JANEX-FAVRE
et PARGUEY-LEDUC, 1976; PARGUEY-LEDUC et JANEX-FAVRE, 1977
a et b; JANEX-FAVRE, 1977; JANEX-FAVRE et PARGUEY-LEDUC, 1980) -
de comparer ces diverses espèces entre elles, quant à la structure de leurs asques
et de leurs ascospores, en microscopie électronique.
* Laboratoire de Cryptogamie, Université Pierre et Marie Curie; 9 quai Saint-Bernard,
75005 Paris.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog. Mycol.) TOME 2 (1981).
Source : MNHN. Paris
38 A. PARGUEY-LEDUC & M.C. JANEX-FAVRE
1. FORMATION DES ASQUES
Les asques se forment à l'extrémité de filaments ascogènes dicaryotiques
dont la cellule terminale se transforme en cellule ascogéne. Selon la rógle, celle-ci
forme un bec, puis une anse (fig. 1 et 2) par laquelle le noyau du bec va rejoindre
celui de la cellule sous-jacente (= cellule-pied). Cette dernière, ainsi que le bec,
a un contenu très clair et trés vacuolisé. Au contraire, la cellule pro-ascale
terminale apparait beaucoup plus sombre. Elle renferme, outre ses deux noyaux,
diverses inclusions, réparties irróguliérement, parmi lesquelles des vacuoles,
peu nombreuses et de taille inégale, quelques globules lipidiques et des vesicules
à contenu moyennement dense aux électrons. Sur les cloisons séparant la cellule
pro-ascale du bec ou du pied sont parfois visibles des corps synaptiques très
denses aux électrons (fig. 2). La paroi de la cellule pro-ascale, peu épaisse,
comporte un exoascus mince et sombre et un endoascus plus épais et plus clair.
Ensuite la cellule pro-ascale commence à s'élargir et une zonation horizontale
de ses constituants apparaît, variable selon les espèces. Chez le Tuber rufum
(fig. 3) la partie sommitale de la cellule pro-ascale est essentiellement occupée
par de nombreuses et volumineuses mitochondries à longues crêtes parallèles.
Sa partie moyenne contient des éléments du réseau endoplasmique. Sa partie
basale renferme les deux noyaux, des vacuoles, petites et plus ou moins con-
fluentes, et des globules lipidiques. D’autres vacuoles sont réparties dans tout
le volume de la cellule pro-ascale, De volumineux lomasomes y sont également
visibles. Chez le Tuber excavatum (fig. 4) la partie sommitale de la cellule
pro-ascale, beaucoup plus claire, est pratiquement remplie de très volumineuses
vacuoles,
2. L'ASQUE AVANT L'ASCOSPOROGENESE
a) L’élargissement de la cellule pro-ascale s'étant poursuivi, le jeune asque
devient approximativement globuleux (fig. 5 et 6), avec un pied, plus ou moins
marqué selon les espèces. Les deux noyaux du dicaryon fusionnent en un noyau
unique, diploïde, situé au sein d'une zone cytoplasmique périnucléaire assez
dense aux électrons. En dehors de cette zone la polarité de répartition des consti-
tuants disparait; les vacuoles se dispersent dans tout le volume de l'asque: entre
elles sont reconnaissables des rosettes de glycogène.
b) Par la suite, une accumulation continue de glycogène se produit dans
Vasque, au détriment des vacuoles (fig. 7). Les rosettes présentent souvent
une disposition rayonnante autour des plages vacuolisées. En méme temps
la paroi ascale s'épaissit, sans que sa constitution soit modifiée (fig. 8).
c) Ensuite le noyau de fusion migre dans la partie sommitale de Vasque
(fig. 9). Corrélativement une nouvelle polarité de répartition des constituants
s'établit. Les vacuoles se localisent principalement autour du noyau, dans le tiers
supérieur de l’asque, tandis que le glycogène est très abondant dans tout le reste
de Pasque.
Source - MNHN. Paris
ULTRASTRUCTURE DES ASQUES DU G. TUBER 39
d) Le noyau de fusion subit une première division (fig. 10). Les deux noyaux
qui en résultent, entourés d'une zone péri-nucléaire commune, se situent tout
au sommet de l'asque, trés prés du plasmalemme. Corrélativement apparaît
dans chaque vacuole un volumineux globule, très dense aux électrons (= sans
doute un granule métachromatique).
De plus, chez quelques espéces (Tuber aestivum, T. rufum, et surtout T.
mesentericum) il se forme au sommet de l’asque une calotte apicale : différenciée
: partir de lomasomes, cette calotte double intérieurement, à trés faible dis-
tance, le plasmalemme sommital. Elle est constituée de deux feuillets, très
proches l'un de l'autre mais bien distincts sur ses bords oà ils s'écartent, ce qui
leur donne, en coupe, l'aspect d'une ampoule (fig. 10, 11 et 12).
3. L'ASQUE AU MOMENT DE L'ASCOSPOROGENESE
Les futurs noyaux sporaux sont formés à la suite d'une ou de deux divisions
iucléaires supplémentaires. Ils se répartissent dans toute la zone sommitale,
à se localisent les vacuoles à précipités. Entourés chacun d'une zone périnu-
cléaire propre, ils demeurent proches du plasmalemme (fig. 13).
Lors de l'ascosporogénése, un sac pro-sporal se forme autour de chacun de
es noyaux. Il est constitué par un simple feuillet issu d’un lomasome générateur,
lifférencié sur le trajet du plasmalemme (fig. 14). La transformation du sac
pro-sporal en paroi ascosporale, puis l'évolution de celle-ci seront détaillées
lans la seconde partie de ce travail.
4. L'ASQUE AU STADE SUB-ADULTE
Après leur délimitation, les ascospores, au nombre de trois à cing, se re-
soupent au centre de l'asque, où elles sont entourées par un sac post-sporal.
Déjà observée chez le Tuber aestivum et le Tuber rufum (PARGUEY-LEDUC
et JANEX-FAVRE, 1977 a) cette formation trés originale a été retrouvée chez
toutes les espèces examinées (fig. 15 19).
Le sac post-sporal (flèches) sépare l'épiplasme en deux régions concentriques,
d'aspect très différent, la région interne, qui contient les ascospores, appa-
raissant généralement plus claire que la région externe. Cette dernière contient
essentiellement du glycogène, qui tend d’ailleurs à disparaître au cours de la
maturation de Vasque. L’épiplasme interne, dépourvu de glycogène, renferme
des éléments du réticulum endoplasmique et des masses irrégulières, opaques
aux électrons, qui sont probablement constituées par des substances en voie
de lyse (fig. 17).
5. L'ASQUE ADULTE
A l'état adulte, l'asque demeure limité par une paroi peu épaisse, formée
Source : MNHN. Paris
40 A.PARGUEY-LEDUC & M.C. JANEX-FAVRE
de deux couches dont l'externe (= exoascus) tend à disparaître.
En méme temps que le volume des ascospores augmente le sac post-sporal,
qui les contient, doit également s’accroitre; il se trouve ainsi progressivement
repoussé vers la périphérie de l'asque. L’accroissement du sac résulte de l'incor-
poration d'éléments du réseau endoplasmique (fig. 20).
Le sac post-sporal présente fréquemment, sur sa face externe, des globules
de taille variable, moyennement denses aux électrons et irrégulièrement répartis
(fig. 15, 17 et 21). Sur les coupes traitées par la technique de Thiéry (fig. 21)
la surface de ces globules est soulignée par un liseré plus opaque aux électrons.
Ces globules semblent se former à l’intérieur de certaines ampoules du réseau
endoplasmique puis s'accoler au sac et le traverser (fig. 22). Ils peuvent demeurer
indépendants (fig. 21) ou confluer entre eux et former une masse sphérique,
parfois trés volumineuse (fig. 17).
Lorsque les asques commencent à dégénérer, alors que le sac demeure très
net, des résidus de la lyse des divers constituants se groupent sur la face externe
de celui-ci (fig. 18 et 23); ils s'ajoutent ainsi aux globules précédemment décrits.
CONCLUSION
Chez les Truffes, l'organisation de l'asque présente une grande homogénéité.
Si certains de ses caractères sont ceux de la majorité des Ascomycètes, d'autres,
par contre, sont originaux. Parmi ces derniers, on doit noter :
1) La forme globuleuse du corps de l’asque.
Caractéristique de quelques Tubérales, du genre Tuber en particulier, elle
n'est pas réalisée d'emblée. En effet la cellule pro-ascale issue, de façon classique,
d'une dangeardie ascogéne, est primitivement cylindrique et elle ne se renfle
que secondairement, au moment de la fusion des noyaux du dicaryon.
2) La polarité dans la répartition des constituants internes (schémas).
La cellule pro-ascale présente une zonation horizontale, qui disparait dans
le jeune asque, au moment de la fusion des noyaux, mais réapparaít aprés
la migration du noyau de fusion au sommet de l'asque. Deux zones superposées
sont alors remarquablement distinctes. La zone sommitale renferme le noyau
de fusion, entouré par un cytoplasme à nombreuses petites vacuoles. Dans la
zone inférieure s'accumulent des réserves, sous forme de rosettes de glycogene
tassées les unes contre les autres.
Une polarité différente s'établit après la migration des ascospores vers le
centre de Vasque et la formation du sac post-sporal. Les constituants sont
alors répartis en zones concentriques. De l'extérieur vers l'intérieur de l'asque se
succèdent: la paroi ascale, l'épiplasme externe, le sac post-sporal et l'épiplasme
interne.
Source : MNHN. Paris
Evolution des asques de Truffes: modifications de la polarité des constituants. — A,
cellule pro-ascale & zonation horizontale; B, jeune asque au moment de la fusion des
noyaux: disparition de la polarité; С, asque uninucléé: zonation horizontale; D, asque au
moment de l'ascosporogénése: zonation identique (n: noyau; ss: sac pro-ascal); E, asque
adulte à zonation concentrique (asp: ascospore; ee: épiplasme externe; ei: épiplasme
interne; gl: globule du sac; sps: sac Do
Source : MNHN. Paris
42 A.PARGUEY-LEDUC & M.C. JANEX-FAVRE
3. Le mécanisme de l'ascosporogénése.
1l présente des caractéres remarquables. Les divisions du noyau de l'asque
donnant les futurs noyaux sporaux se produisent toujours dans la zone sommi-
tale de l'asque, lorsque se sont formés dans les vacuoles les précipités métachro-
matiques. Ensuite, contrairement à ce qui se passe classiquement chez les Eu-
Ascomycétes, les ascospores sont délimitées, non pas à partir d'une vésicule
ascale, mais individuellement, comme c'est le cas chez les Hémi-Ascomycétes.
En effet chaque futur noyau sporal est entouré par un sac pro-sporal, qui est
formé par des diverticules issus de lomasomes et devient ensuite la paroi pri-
mordiale d'une ascospore.
Au stade adulte les asques ne renferment jamais huit ascospores mais un
nombre inférieur, variable et allant de un à cinq, rarement six.
4. La présence d'un sac post-sporal.
Fine membrane développée autour de l'ensemble des ascospores aprés leur
regroupement au centre de l'asque, cette formation est tout à fait originale.
Elle partage l'épiplasme en deux régions trés différentes, l'externe contenant
les réserves, principalement sous forme de glycogène et l'interne, oà se trouve
le réticulum endoplasmique. L'origine du sac post-sporal n'a pu être déterminée,
mais le réseau endoplasmique joue un róle important dans l'accroissement de
ce sac et la formation de ses globules.
REMERCIEMENTS
Nous remercions vivement R. CAILLEUX, G. CHEVALIER, B. DARCHEN, H. FRO-
CHOT, F. MAGNE et G. MALENÇON de nous avoir procuré et déterminé les Truffes
utilisées pour ce travail, et nous avons plaisir à rappeler la précieuse collaboration technique
de C. BIDOUX, C. FOURNIGAULT et N. JAMPSIN.
BIBLIOGRAPHIE
JANEX-FAVRE M.C. et PARGUEY-LEDUC A., 1976 — La formation des ascospores
chez deux Truffes: Tuber rufum Pico et Tuber aestivum Vitt. (Tubéracées). C. R. Acad.
Sc. Paris, 283: 1173-1175.
JANEX-FAVRE M.C., 1977 — La paroi des ascospores du Tuber rufum Pico. Bull. Soc.
Mycol. Fr. 93: 407-424.
JANEX-FAVRE M.C. et PARGUEY-LEDUC A., 1980 — Formation et évolution des
ascospores du Tuber mesentericum Vitt. Bull. Soc. Mycol. Fr. 96: 225-237.
PARGUEY-LEDUC A. et JANEX-FAVRE M.C., 1977a — L'organisation des asques de
deux Truffes: Tuber rufum Pico et Tuber aestivum Vitt. Rev. de Mycol. 41: 1-32.
PARGUEY-LEDUC A. et JANEX-FAVRE M.C., 1977b — L’ornementation des ascospores
chez le Tuber aestivum Vitt. Société française de Phytopathologie, Travaux dédiés à
G. VIENNOT-BOURGIN, 307-323.
Source : MNHN. Paris
ULTRASTRUCTURE DES ASQUES DU G. TUBER 43
LEGENDES DES FIGURES
Pour toute cette étude nous avons utilisé la double fixation par le glutaraldéhyde, puis
étroxyde d'osmium; les coupes ont été contrastées par Pacétate d'uranyle et le citrate
ie plomb, ou traitées par la technique de Thiery (fig. 12, 14 et 21).
Fig. 1 et 2. — Formation des asques au moyen de dangeardies ascogènes: cellule pro-
scale binucléée, cellule-pied et bec. 1: Tuber mesentericum. 2: Tuber melanosporum.
chelle : 1 Um.
Fig. 3 et 4. — Évolution de la cellule pro-ascale: élargissement et zonation horizontale
es constituants internes. 3: Tuber rufum. 2: Tuber excavatum. Échelle : 1 m.
Fig. 5 et 6. — Jeune asque globuleux; en 5 sont encore visibles la cellule-pied et le bec.
Tuber melanosporum. 6: Tuber dryophilum. Échelle : 1 um.
Fig. 7 et 8. — Jeune asque, au moment de l'accumulation du glycogène; en 8, détail
: la paroi ascale : exoascus, endoascus et plasmalemme distincts. 7: Tuber rufum, échelle:
uum. 8: Tuber bituminatum, échelle 0,54m.
Fig. 9 et 10. — Jeune asque, avec zonation horizontale de son contenu. En 9: noyau
e fusion dans la zone sommitale vacuolisée, surmontant la zone à glycogène. En 10: le
»yau s'est divisé, les vacuoles contiennent chacune un globule dense aux électrons; la ca-
tte apicale est visible. 9: Tuber aestivum. 10: Tuber mesentericum. Échelle: 2m.
Fig. 11 et 12. — Details de la calotte apicale. 11: Tuber rufum; 12: Tuber mesenteri-
m. Échelle: 0,5 um.
Fig. 13. — Asque au moment de l'ascosporogénése: à gauche de la photo, ascospore
voie de délimitation par un sac pro-sporal encore ouvert. Tuber mesentericum. Échelle:
im,
Fig. 14. — Formation du sac pro-sporal a partir d’un diverticule issu d'un lomasome et
tige vers un noyau. Tuber aestivum. Échelle: 0,54m.
Fig. 15. — Le sac post-sporal (flèche) sépare l’épiplasme externe, bourré de glycogène,
l'épiplasme interne, dans lequel est visible une ascospore en voie de maturation. Tuber
elanosporum. Échelle : 2 Him.
Fig. 16 et 17. — Détails du sac post-sporal (flèches). En 17, les constituants épiplas-
iques sont bien visibles ainsi qu'un volumineux globule sur la face externe du sac. 16:
uber rufum; 17: Tuber aestivum. Echelle: 1pm.
Fig. 18 et 19. — Détail du sac post-sporal (fléches), montrant des résidus de lyse accu-
iulés sur sa face externe. 18: Tuber bituminatum; 19: Tuber dryophilum. Echelle: 1m.
Fig. 20 et 21. — Details du sac post-sporal. En 20, accolement d'éléments du réseau
idoplasmique, permettant l'allongement du sac. En 21, mise en évidence de la structure
s globules associés au sac. 20: Tuber rufum; 21: Tuber melanosporum. Échelle: 0,54m.
Fig. 22 et 23. — Détails du sac post-sporal. En 22, participation des ampoules du réseau
idoplasmique à la formation des globules du sac. En 23, le sac post-sporal demeure par-
aitement visible alors que l'épiplasme a dégénéré. 22: Tuber rufum; 23: Tuber melanospo-
«m. Échelle: 0,54m.
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris
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Source : MNHN, Paris
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55
UN NOUVEAU PUCCINIA A SPORES «DIORCHIDIOIDES»
par G. VIENNOT-BOURGIN*
RÉSUMÉ. — Différents types d'anomalies de structure ont été signalés et figures pour les
réleutospores des espèces du genre Puccinia. Une conformation diorchidioïde permet de
caractériser plusieurs d'entre elles vivant aux dépens de Graminées de régions tropicales.
Ce fait est confirmé par la description du Puccinia cyphochlaenae sp. nov. découvert
& Madagascar sur Cyphochlaena madagascariensis Hack.
ABSTRACT. — A new species of Puccinia with diorchidioid teleutospores, discovered
in Madagascar island living on Cyphochlaena madagascariensis (Graminea) is described
as P. cyphochlaenae.
La reconnaissance d'une espèce du genre Puccinia parmi les Urédinées ou
rouilles des végétaux, fait appel à un certain nombre de caractères formels qui
ne sont toutefois perceptibles dans leur totalité que lorsque l'on se trouve en
présence d'une espéce eu-cyclique, autoxéne ou hétéroxéne. On constate tout
d'abord la présence d'un Aecidium qui comporte des spermogonies hypophylles
ou amphigànes en situation subépidermique, ventrues ou piriformes, à ostiole
prononcé mais étroit. La formation des écidies, qui intervient ensuite, débute
sous l'épiderme rapidement rompu en méme temps que l'enveloppe péridiale
du conceptacle. Celui-ci, plus ou moins inclus dans l'hóte, cratériforme, puis
en cuvette, délimité par une collerette provenant de la lacération du péridium,
est écidioide lorsqu'il produit des écidiospores disposées en chaînes: il est urédi-
noide si ces spores se forment à l'extrémité d'un pédicelle.
Les sores A urédospores et a téleutospores, punctiformes, naviculaires ou en
tablettes plus ou moins confluentes, se constituent sous l'épiderme. Ils sont
précocement déhiscents pour les sores à urédospores monocellulaires; ils restent
souvent clos ou seulement fissurés s'ils produisent les téleutospores portées
* Laboratoire de Cryptogamie du M.N.H.N., 12 rue Buffon, 75005 Paris.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog. Mycol.) TOME 2 (1981).
Source : MNHN. Paris
56 С. VIENNOT-BOURGIN
par un pedicelle axial, cylindrique, rigide (rarement flexueux), constituées
de deux probasides superposées, séparées par une cloison transversale, chaque
cellule présentant un pore germinatif.
Dans de nombreux cas, cette définition du genre Puccinia ne se vérifie que
de façon fortuite. C’est ainsi que, lorsqu'il s’agit d’une espèce eu-cyclique auto-
xène, le temps nécessaire à l'apparition des formes évolutives successives est
bien souvent tel qu'au moment de l'achévement du cycle, marqué par la présence
des teleutospores, les écidies, et parfois aussi les sores à urédospores sont flétris
ou devenus infertiles. Lorsque dans les conditions naturelles se développe une
espèce eu-cyclique hétéroxène, la nécessité d'affirmer la présence de l'hôte
écidien, différent de l'hôte télien, complique singulièrement l'établissement
du cycle. Mais cependant, la coexistence des deux plantes-hôtes apporte une
certitude quant à la détermination de l'espèce, celle-ci ayant été préalablement
définie à la suite d’une infection expérimentale devenue positive.
On sait aussi que, en dehors des eu-cycliques autoxénes ou hétéroxènes
appartenant au genre Puccinia il en est un grand nombre qui se comportent
en opsis-cylindriques par absence de stade urédospore ou encore en brachy-
cycliques par suite du manque d'écidies et d’urédospores. Les seuls éléments
de détermination certaine sont alors constitués par l'observation structurale
de la teleutospore.
Inversement, a défaut de la perception des téleutospores, qu’elle appartienne
au genre Puccinia ou à tout autre genre de Pucciniacées, l'Urédinée est, selon
les cas, rangée parmi les Aecidium ou les Uredo.
La présence de deux cellules unies en une téleutospore est la caractéristique
essentielle des Puccinia.
Cependant pour un nombre appréciable d'espèces, se manifestent des ano-
malies de structure qui constituent, en raison de leur constance, des éléments
de détermination spécifique complémentaires. Ces anomalies ont été signalées,
À diverses reprises, par de nombreux mycologues. C'est ainsi qu'on a décrit,
mélées à des téleutospores normales de Puccinia, des spores monocellulaires
comparables à celles d'un Uromyces, désignées sous le nom de mésospores,
des spores que nous désignerons phragmidioides constituées par 3 ou plus de
3 cellules superposées, rappelant ainsi la conformation des Phragmidium. Enfin
on a défini des spores diorchidioides dont la septation est longitudinale comme
chez les Diorchidium.
Les mésospores sont sans doute les plus fréquemment observées et signalées
dans les diagnoses. Pour une espéce donnée elles possédent les caractéristiques
reconnues par l'examen des spores normales bicellulaires : structure, ornemen-
tation et couleur de l'exospore, conformation de l'apex. Seules les dimensions
sporales ne sont pas comparables (FISCHER, 1904, ARTHUR, 1934). Elles
S'observent constamment pour le Puccinia porri (Sow.) Wint. des Allium, de
méme que pour le Puccinia hordei Otth des Hordeum. En ce qui concerne la
première espèce, GAUMANN (1959) précise que près de 100% des téleutospores
sont monocellulaires si bien que la distinction entre ce Puccinia et Uromyces
Source : MNHN. Paris
PUCCINIA CYPHOCHLAENAE SP. NOV. 57
ambiguus (DC.) Lév. n'est pas réalisable immédiatement, ceci d'autant plus que
ces deux Urédinées possèdent des hôtes communs : Allium scorodoprasum L.,
A. sphaerocephalum L. ou A. ursinum L. On doit alors faire appel à d’autres
caracteres distinctifs; les urédospores du P. porri sont plus grosses (28-32 x 21-
284m) que celles de PU. ambiguus (20-27 x 17-20um). De plus le pédicelle
de la téleutospore du Puccinia est ordinairement caduc tandis que pour l’Uro-
myces il est persistant, pouvant atteindre 30m de longueur.
Pour le Puccinia hordei = P. simplex (Koern.) Erikss. et Henn. qui est une
espéce hétéroxéne eu-cyclique, dont l'haplonte se constitue sur de nombreuses
espèces de Liliacées du genre Ornithogalum tandis que le dicaryophyte est
hébergé par des Hordeum spontanés et cultivés, la proportion de mésospores
est également très élevée. Elle peut atteindre plus de 80% sur Hordeum vulgare
L. en Israel (mai 1961) tandis qu'en Europe moyenne ce pourcentage varie
entre 40 et 9975 (observations personnelles). Une corrélation morphologique
peut, de ce fait, être établie entre ce Puccinia et Uromyces mysticus Arthur
= U. jacksonii Arth. = U. hordeastri Guyot décrit sur les Hordeum spontanés
tant aux États-Unis qu’en Europe ou au Moyen-Orient (VIENNOT-BOURGIN,
1958).
Des mésospores, peu nombreuses mais constantes, ont été remarquées pour
in grand nombre de Puccinia vivant aux dépens des plantes les plus diverses.
Citons celles du Puccinia obscura Schroet. des Luzula, du P. striiformis Westend.
»u du P. recondita Rob. ex Desm. vivant sur les Triticum etc.
Ajoutons que la germination des mésospores peut étre obtenue dans les
mémes conditions et dans une proportion identique à celle des spores norma-
lement constituées.
L'exemple du P. tasmanica Diet. ou rouille australienne de plusieurs espèces
le Composées du genre Senecio occupe une position intermédiaire entre les
'uccinia mésosporés et ceux dont certaines téleutospores sont constituées par
lus de deux cellules superposées correspondant ainsi au type phragmidioïde,
n effet, aux dépens du Senecio vulgaris L., en particulier, on constate, dans
ine proportion cependant toujours réduite, des téleutospores anormales, les
ines monocellulaires (de 2 à 875), les autres formées de trois cellules sensible-
nent équivalentes (de 2 à 3%).
Parmi les Puccinia européens, il est de nombreux exemples d'espèces à spores
»hragmidioides. FISCHER (1904) en a observé pour le P, thalictri Chev. sur
Thalictrum flavum L. Après cet auteur, GAUMANN (1959) en signale pour
primulae (DC.) Duby sur Primula acaulis Jacq. Nous en avons nous-même
onstaté pour P. albescens (Grev.) Plowr. sur Adoxa moschatellina L., asperu-
ae-odoratae Wurth sur Asperula odorata L., P, bulbocastani (Cum.) Fck. sur
3unium alpinum Waldst. et Kit., malvacearum Mont. sur Althaea hirsuta L.,
Lavatera arborea L. et Malva rotundifolia L. Ce dernier exemple est particu-
ièrement intéressant du fait que cette anomalie s'observe sur des spores préle-
ées sur les plantes-hôtes très diverses récoltées dans des localités éloignées
jui impliquent des conditions écologiques dissemblables. La présence de telles
spores peut être ainsi considérée comme un caractère spécifique.
Source : MNHN. Paris
58 G. VIENNOT-BOURGIN
Le terme de «diorchidioide» désigne une conformation comparable à celle
des téleutospores du genre Diorchidium décrit par KALCHBRENNER (1882)
avec D. woodii Kalchb. et Cke pour espéce-type. Cette spore est constituée
de deux cellules sensiblement égales, symétriques par rapport à une cloison
strictement verticale dans le prolongement du pédicelle. Selon CUMMINS
(1971), le cycle des Diorchidium est généralement celui d'une Urédinée eu-
cyclique autoxène qui débute par l'apparition d’un stade écidien dont les sper-
mogonies sont subcuticulaires (et non subépidermiques comme chez les Pucci-
nia).
Les Diorchidium appartiennent aux régions tropicales; on en connait actuel-
lement (selon AINSWORTH, 1971) 12 espèces inféodées pour la plupart à des
Légumineuses.
Des téleutospores de type diorchidioïde ont été signalées et figurées par
FISCHER (1904) pour le Puccinia dubyi Müll. Arg. qui est un micro-Puceinia
parasite des Androsace en zones alpines. C'est également à FISCHER que
l'on doit l'observation de téleutospores diorchidioides pour le Triphragmium
ulmariae (Schum.) Wint. sur Spiraea ulmaria L. Dans une importante monogra-
phie des Puccinia decrites sur des Gramindes de la tribu des Panicées, RAMA-
CHAR et CUMMINS (1965), s'appuyant principalement sur l'orientation de la
cloison qui sépare les deux cellules de la téleutospore donnent deux exemples du
passage nécessaire dans le genre Puccinia d'une espéce d'abord décrite comme un
Diorchidium. C'est le cas de D. orientale P. et H. Syd. et Buttl. sur Panicum
(1907) devenu P. orientalis (P. et H. Syd.) Arth. et Cumm. (1936), et de D.
flaccidum Berk. et Br. (1898) — D. levigatum Syd. (1907) sur Oplismenus qui a
été rétabli dans sa dénomination première: P. flaccida Berk. et Br. (1873). Par
ailleurs la présence de téleutospores diorchidioides est une caractéristique du P.
nyasaensis Cumm. (1956) sur Panicum pectinatum Rendle au Malawi (ancien-
nement Nyassaland).
A ces exemples de Puccinia presentant des teleutospores diorchidioides,
nous ajoutons celui d’une espéce nouvelle que nous décrivons sous le nom de
Р. cyphochlaenae sp. nov. en provenance de l’île de Madagascar, récoltée a plu-
sieurs reprises par J. BOSSER sur une Graminée endémique: Cyphochlaena
madagascariensis Hack., en sous-bois de forêt tropophile. Les caractéristiques
morphologiques de ce Puccinia sont les suivantes :
urédosores: sores hypophylles, trés petits, punctiformes ou cratériformes,
ou faiblement cupulés, épars, jaune-orangé;
urédospores: globuleuses, fortement échinulées-verruculeuses, brun-fauve,
paroi de lum d'épaisseur, 3-4 pores germinatifs; dimensions moyennes : 17-23um.
téleutosores : sores hypophylles, petits, ovalaires, disposés sans ordre, ou en
séries orbiculaires, précocement déhiscents, pulvérulents, brun-roux foncé.
téleutospores : nées solitaires sur un long pedicelle persistant, hyalin, attei-
gnant 50um; formées de 2 cellules inégalement adhérentes entre elles séparées
par une cloison verticale (rarement horizontale); apex très épaissi (2,5 à 3,2um);
un pore germinatif par loge.
Source : MNHN. Paris
PUCCINIA CYPHOCHLAENAE SP. NOV. 59
Fig. l.— A: Fragment de Cyphochlaena porteur de sores à téleutospores. — B : Différents
aspects des téleutospores; on remarquera que la jonction des deux cellules constitutives
n'est pas constante.
Source : MNHN. Paris
60 G. VIENNOT-BOURGIN
Dimensions de chaque cellule : 20-32 x 10-16um! .
La diagnose latine de cette nouvelle espéce s'établit comme suit :
Uredosoris hypophyllis, minutis, lenticularis, punctiformis, sparsis, dehis-
centis, pulverulentis, fulvis. Uredosporis globosis, echinulatis-verruculosis;
membranis subflavis, 1um crassis; poris germinationis 3-4 sparsis. Teleutosoris
atri-brunneis, amphigenis, punctiformis v. oblongis, late dehiscentis. Teleuto-
sporis 2 cellularibus, membranis levibus, castaneo-brunneis, 1,5-2,5um crassa;
ad apicem 3-6um transversali vel longitudinali 1- septatis; quaque cellula: 20-
32 x 10-16um. Poro germinationis singulo ad apicem vel juxta apicem cellulae
sito instructa dilatato. Pedicello persistenti, hyalino, 20-50um longo.
Hab. in foliis Cyphochlaenae madagascariensis Hack., forét du Zombitsy,
Sakaraha, février 1963, n° 17-705, leg. J. BOSSER (specimen typicum). Mon-
tagne des français (Nord Madagascar), 13 avril 1970, n° 20.168.
En terminant il doit être précisé que, à ce jour, aucune espèce d’Urédinée
n’a été signalée sur Cyphochlaena.
BIBLIOGRAPHIE
AINSWORTH G.C., 1971 — Dictionary of the fungi. Commonwealth mycol. Institute, Kew.
ARTHUR J.C., 1934 — Manual of the rusts in United States and Canada. Purdue Research
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CUMMINS G.B., 1971 — The rusts fungi of Cereals, Grasses and Bamboos. Springer Edit.
Berlin, Heidelberg, New York.
FISCHER E., 1904 — Die Uredineen der Schweiz. Berne.
GAUMANN E., 1959 — Die Rostpilze Mitteleuropas. Beitr. Kryptogamenflora d. Schweiz
12. Verlag Biichler Bern, 1407 S.
RAMACHAR P. and CUMMINS G.B., 1965 — The species of Puccinia on the Paniceae.
Mycopathologia and Mycologia applicata 25 : 5-60.
VIENNOT-BOURGIN G., 1958 — Contribution à la connaissance des champignons de
PIran. Ann. Epiphyties : 97-120.
1. Nous remercions J. BOSSER du Laboratoire de Phanérogamie du Muséum d'Histoire
naturelle qui nous a confié l'étude de cette Urédinée jointe à ses nombreuses récoltes
botaniques en provenance de Madagascar. Nous adressons également nos vifs remerciements
au Professeur G.B. CUMMINS (Tucson, Arizona) qui a examiné ce parasite et nous a fait
bénéficier de sa grande expérience relative aux Urédinées graminicoles.
Source : MNHN. Paris
61
MYCOFLORE SEMINICOLE DES MAIS
II. CONSERVATION EN EPIS
par J. PELHATE*
RESUME. — La conservation des mais en épis peut encore constituer la premiére étape
transitoire du stockage. Le procédé traditionnel consiste simplement en un séchage complé-
mentaire, très graduel, à l'air libre; dans ces conditions, l'incidence déterminante du climat -
Humidité Relative notamment - sur le comportement du complexe grain mycoflore en
limite l'application pratique.
Toutefois, les cortèges floristiques très cosmopolites ne varient guère d'une région à
l'autre; quelques entités écologiques constantes définissent ainsi une phytocénose très
caractéristique : Fusarium spp. et Epicoccum purpurascens au titre de la flore du champ,
Cladosporium spp., Mucorales et Trichoderma spp. pour la flore intermédiaire, Penicillium
spp. conventionnellement rapportés à la flore «de stockage», Des variantes qualitatives ou
«faciès» consistent en substitutions d'espèces à l'intérieur de ces groupes élémentaires et les
fluctuations quantitatives sont régies par les paramètres de l'environnement.
La dynamique des espèces dominantes est interprétée comme la colonisation progressive
des épis démunis de leurs spathes au moment de la récolte. L'installation simultanée des
flores du champ et intermédiaire ne constitue guère qu'une seule séquence tant que la
siccité relative des grains ne favorise électivement les espèces plus xérophiles dites «de sto-
ckage» (Penicillium spp. et Aspergillus spp.).
Mots clés: conservation des grains, cribs, écologie des moisissures, stockage, mais (Zea
mays), épis:
SUMMARY. — Keeping unshelled corn in cribs can constitute a temporary stage of storage.
The technique essentially consists in a complementary outdoor drying; consequently its
applying is limited by climatic incidence - namely Relative Humidity - on the grain +
mycoflore behaviour.
However, ubiquitous series of constant ecological groups lead to an homogeneous
typical phytocenosis: Fusarium spp. and Epicoccum purpurascens as field fungi, Cladospo-
rium spp., Mucorales and Trichoderma spp. as intermediate flora, Penicillium spp. named
storage fungi; qualitative changes of which consist in substitution of similar species and
quantitative fluctuations are governed by environment parameters.
* Laboratoire d’Agrobiologie, Faculté des Sciences et Techniques, 29283 Brest Cédex.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE(Cryptog., Mycol.) TOME 2 (1981).
Source : MNHN. Paris
62 J. PELHATE
Dynamics of the most important agents is regarded as a gradual colonization of husked
ears after harvest time. Simultaneous contamination by field and intermediate flora consists
of a single sequence before grains become dry enough for storage fungi interference.
Key words : corn (Zea mays), cribs, grain storage, mold ecology, unshelled maize.
INTRODUCTION
Les contröles phytosanitaires ponctuels, effectués sur mais-grains les plus
divers par leur provenance ou leur conditionnement antérieur, conduisent a
des cortéges floristiques plus ou moins complexes dont l'apparentement ou sim-
plement linterprétation ne sont pas toujours évidents (KOEHLER, 1938;
LICHTWARDT et al., 1958; QASEM et CHRISTENSEN, 1958, 1960; LAGRAN-
DEUR et POISSON, 1968; NOBLE et RICHARDSON, 1968; GILL, 1969;
MISLIVEC et TUITE, 1970; BOTHAST et al., 1973; CAHAGNIER et POISSON,
1973; PELHATE, 1973; ZENTENI-ZEVADA et ULLOA, 1977). Aussi, la
meilleure approche au déterminisme écologique suppose-t-elle la délimitation
de séquences respectives auxquelles peut-être soumis le complexe grain-micro-
flore aprés récolte (PELHATE, 1979).
Le maintien des mais en épis constitue une premiére étape - d'ailleurs facul-
tative et transitoire - du stockage. Bien que le procédé soit encore largement
utilisé en régions maïsicoles traditionnelles, il n'a guère suscité d'études systé-
matiques; fondé sur l'empirisme, il a pour but la surmaturation de la céréale
par un séchage complémentaire d'épis le plus souvent dépouillés de leurs spathes.
Les réalisations techniques ne varient guére: cages grillagees fixes, de grande
contenance tout en restant étroites, et vulgarisées sous le terme de «cribs»
(GRATAUD et JAUBOURG, 1979); éléments plus réduits, amovibles et super-
posables (RICHEY et PEART, 1973; GRATAUD et al., 1979 a); meules plus
compactes sur pilotis (POINTEL, 1969)... Les mêmes préoccupations inspirent
d’ailleurs les stockeurs: maintenir la récolte en plein air, à l'abri cependant
des pluies, des prédateurs animaux et, indirectement sans doute, des micro-
organismes.
Nous considérons, en la présente étude, les contaminations fongiques et
les comportements de maïs en cribs, au cours de plusieurs campagnes et en
diverses régions de France.
MATÉRIEL ET TECHNIQUES
A. ÉCHANTILLONNAGE DES MAÏS
Entre autres récoltes contrôlées, nous retiendrons celles de trois provenances,
soit deux régions maïsicoles traditionnelles : le Sud-Ouest (Pyrénées-atlantiques)
et la Limagne (Puy-de-Dôme); une zone de culture marginale: la Bretagne
Source : MNHN. Paris
MYCOFLORE SEMINICOLE DES MAIS 63
(Ille-et-Vilaine).
Les observations portent sur les années 1974 à 1980.
En chaque crib, ont été effectués 5 à 6 prélévements mensuels depuis la
récolte (septembre à novembre) jusqu'à l'utilisation des grains (février à avril);
mais l'un des stocks pourra étre suivi pendant deux années consécutives.
Ces prélévements supposent un échantillonnage diversifié pour tenir compte
de l'inévitable hétérogénéité des récoltes en épis, de par leur nature (degré de
maturité, subsistance partielle des spathes) ou l'environnement (localisation
précise dans la masse ou à la périphérie du stock, orientation par rapport au
vent ou a Pinsolation...). Le prélévement élémentaire (ou échantillon propre-
ment dit) comporte 10 épis.
Au cours des divers:s campagnes, environ 500 échantillons seront examinés.
B. INVENTAIRE DE LA MYCOFLORE
L'isolement des espèces procède de techniques antérieurement mises en
oeuvre et, en particulier, lors de la prospection sur épis avant récolte (PELHATE,
1979).
Pour Pensemencement direct, en chaque condition de milieu nutritif, 50
grains sont prélevés individuellement, pour moitié, respectivement au sommet
et à la base de chaque épis ou bien ils proviennent d’un mélange après égrenage.
Parallèlement, la même quantité de grains subit, avant ensemencement sur milieu
gélosé, une désinfection superficielle (NaOCI à 0,5% de chlore) pendant 5
minutes, suivie de 3 rinçages à l’eau stérile et d’une déshydratation à l'alcool;
cette méthode a pour but de recenser les contaminations internes des grains
par rapport à leur flore totale.
Notons qu'il n'est pas procédé à un inventaire quantitatif par numération
de «germes», celle-ci s'étant révélée peu fidèle pour traduire l'essor d'espèces
colonisatrices et hétérogènes (thalles respectivement mycéliens ou sporulés).
Deux milieux de culture sont essentiellement utilisés: extrait de malt (2%)
gélosé et ce même substrat additionné de NaCl (675); éventuellement, le premier
est rendu plus sélectif par adjonction d’antibiotiques (streptomycine et pénicil-
line d’une part, actidione d’autre part).
Une seule température d’incubation a été retenue (22°C) pour une durée
d'incubation d'environ 1 semaine.
C. TENEUR EN EAU DES ÉPIS
Les épis sont dissociós en grains (reliquats aprés prélévement pour ense-
mencement) et rafles. Aprés un préséchage à 40°C pendant 24 h, les grains sont
maintenus à 130°C pendant 36h (AFNOR, 1976), les rafles à 105'C jusqu'à
poids constant.
Source : MNHN. Paris
64
J. PELHATE
Les teneurs en eau sont exprimées en % de la substance humide,
RESULTATS
A. RELEVES FLORISTIQUES
Après identification, les espèces fongiques sont inventoriées sur chaque échan-
tillon. Leur fréquence correspond au nombre d’épis par échantillon (échelle de
1 à 10) ou au pourcentage d'échantillons pollués en cas de contrôles plus nom-
breux; leur abondance correspond toujours au pourcentage de grains contaminés.
Pour comparaison d'échantillons diversifiés par leur provenance ou leur condi-
tionnement, les inventaires de fin de stockage sont rapportés au tableau 1.
Les fig. 1 et 2 précisent respectivement la fréquence et l'abondance des espéces
recensées sur 26 échantillons.
DISTRIBUTION DES ESPECES
A. flavus
A.niger
A.ochraceus
A.versicolor
E.herbariorum
P.brevicompactum|
P.claviforme
P.thonii
P.variabile
P. viridicatun
A.lichtheimii
A.pullulans
G. candidum
M.circinelloides
f.griseo-cyanus
P.chrysogenum
P. frequentans
P. funiculosum
P.granulatum
4
Flore
A de stockage
© intermédiaire
B du champ
HISTOGRAMME
FREQUENCE
gea e Lm уау
P. cyclopium
* P.puberulum 4
P.variotii @ | Chaetomium spp. P.janthinellum p iferum
A [T.cladosportoides |
S. racemosum Hyalodendron sp] |P.oxalicum — 4 Mose den
T.elegans G.simplex 4 P.spinulosum — | [P-pulvillorum À M.hiemalis $
T. roseum M.racemosus H.acremonioides | [Rhodotorua sp. | |R.stolonifer
V. tenerum Papulaspora sp. | [Trichoderma spp] [V.lecanii 9 [A.tenuissima
A.montagnei A.strictum A.alternata F-oraminearum | [E-purpurascens 4
" * 9 [F.sacchari var.
B.cinerea F.culmorum K-oryzae ит |F:poae
0à20 21à 40 41 à 60 61 à 80 81 à 100% des échantillons
Fig. 1. — Fréquence des espèces (pollution totale).
Les espèces recensées sur 26 échantillons (13 cribs de 3 régions x 2 répétitions) sont
distribuées en 5 classes ou degrés de présence. La courbe unimodale atteste l'homogé-
néité du cortége floristique.
DEGRES DE PRESENCE
Source : MNHN. Paris
CONTAMINATION PROVENANCES
(des grains) © O
D
ze
)
Sf Pyrénées "
A 5 Atlantiques Puy-de-Dome
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À FLORE DU CHAMP
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FLORE INTERMEDIAIRE Е
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FLORE DE STOCKAGE
Fig. 2. — Abondance relative des principaux constituants de la mycoflore.
Le regroupement des espèces en entités écologiques replacées elles-mêmes en leur caté-
gories (flore du champ, intermédiaire et de stockage) souligne l'analogie des cortèges
ne présentant, selon les 3 provenances, que des variantes.
Source : MNHN. Paris
66 J. PELHATE
B. DYNAMIQUE DES FLORES
La fig. 3 permet de suivre la succession floristique sur un crib d’Ille-et-Vilaine,
pendant deux années consécutives (1975-1977). La colonisation plus habituelle
CONTAMINATIONS
4 (%des grains)
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101 | |
Fig. 3. — Succession floristique au cours de 2 années.
Crib d'Ille-et-Vilaine (1975-1977). Noter le comportement original de la flore au cours
de la 2ème année de stockage, en fonction de la siccité des grains.
Source : MNHN. Paris
MYCOFLORE SEMINICOLE DES MAIS 67
des grains en épis (pollution totale et contamination interne) par les constituants
essentiels de la mycoflore est traduite sur la fig. 4 (exemple choisi dans la méme
région).
DISCUSSION, CONCLUSIONS
A. MYCOFLORE CARACTERISTIQUE DES MAIS EN CRIBS
1.- Cortèges cosmopolites
L'ensemble des inventaires répartis dans le temps et dans l’espace ne révèle
que moins d’une centaine d’espèces soit, essentiellement, les éléments présents
au moment de la récolte (CAHAGNIER et POISSON, 1973; HESSELTINE
et BOTHAST, 1977; PELHATE, 1979) et facilement répartis en leurs catégories
antérieurement définies : flores du champ, intermédiaire et «de stockage», encore
que cette derniére ne répond plus strictement à la définition qu'on en donne
généralement (tableau 1).
La flore du champ, bien que peu spécifique du mais, reste trés peu diversifiée;
on y remarque, par ordre d'importance décroissante, les Fusarium spp., l'Epi-
coccum purpurascens, puis quelques espèces secondaires comme le Botrytis
cinerea, le Khuskia oryzae, etc.
Mais l'incidence des diverses espèces ne transparaît qu'en leur appliquant
respectivement les critères de fréquence (fig. 1) et d'abondance (fig. 2). Ainsi,
les agents les plus fidèles comme Alternaria tenuissima, Epicoccum purpurascens
ou Fusarium poae n’atteignent-ils jamais une grande abondance; le premier
exemple est, a ce titre, le plus démonstratif, en comparant le mais aux céréales
«petits grains» (MACHACEK et al., 1951; CHRISTENSEN, 1972); et nous
en avons proposé une interpretation (PELHATE, 1979). Au contraire, des
espèces à répartition plus localisée, soit les Fusarium spp. autres que l'espèce
précitée, l’Acremonium strictum..., representent des variantes floristiques
précisément en raison de leur grande abondance. Enfin, d'autres éléments de
fréquence moyenne ont un développement très fluctuant selon les conditions
de l'environnement; tel est le cas de Botrytis cinerea et Khuskia oryzae.
La flore intermédiaire constitue une gamme plus importante mais que l'on
peut encore réduire à un nombre limité d'entités par affinité écologique :
- les Cladosporium spp. (principalement C. cladosporioides) dominent, du
moins en début de stockage, et leur cosmopolitisme reste inégalable;
- les Mucorales comportent plusieurs espèces dont les deux plus fidèles
sinon constantes et parfois abondantes (Rhizopus stolonifer et Mucor hiemalis);
tandis que les autres restent secondaires (M. racemosus) ou sporadiques même
(Absidia lichtheimii, M. circinelloides, Syncephalastrum racemosus et Thamni-
dium elegans);
- les éléments «divers» regroupent une dizaine d'espèces qui, avec le genre
Source : MNHN. Paris
68 J. PELHATE
ñ
Tableau 1. — Inventaire floristique en fin de stockage
Provenances А en E Puy-de-Dôme is
Nombre d'échantillons (2x6) (2x5) (2x2)
Espèces a wb) [a b(b) a b(b)
FLORE DU CHAMP
Acremonium strictum W.GAMS - ? 70 |+ (12,5)| - Е
Alternaria tenuissima(NEES ex FR.)WILT. | 92 + (5,7) | 80} + (3,2) | 100| + (4,
Alternaria alternata(FR. )KEISS. 42 | + (2,8) | 50| 2 (0,4) | 25| 2? (0,
Apiospora montagnei SACC. 17 | + (iz) | 20| + (0,5) | - -
Botrytis cinerea PERS. _| 8 | 0,400) = = 50| 6,5(2,2)
Epicoccum purpurascens EHR.ex SCHL. 100 | 14,6(4,9) | 90 | 8,0(1,4) | 100 | 32,8(21
Fusarium culmorum(W.6.SMITH)SACC. = - 20 | 1,3(0,2) | 100 | 51,5(26
Fusarium graminearum SCHW. 100 | 23,4(15,8)| 40 |17,4(4,1) | - =
Fusarium poae(PECK)WOLL. 83 | + (3,2) | 70 | 3,2(0,8) | 100] + (5,
A o E = | -
Khuskia oryzae HUDSON 83 | ?(5.)| 10| ? (0 25| 1
FLORE INTERMEDIAIRE
Absidia lichtheimii(LUc.et COST.)LEND.) | 17 | 0,400) | - - - -
Aureobasidium pullulans(DE BARY)ARNAUD | 25 + (2,5) | - E E =
Cladosporium) ee 100 | 76,0(0,5) [100 |92,5(1,2) | 100 | 57,5(3,
Chaetomium spp. 33 | 21,6) | 30] 2 (1,3) | 50) 201,
Geotrichum candidum LINK var | - 25| « (0)
Hyalodendron sp. | +w |- = 25| + (0)
Gonatobotrys simplex CORDA 8| + (0) | 50| 8,5(0) - -
Harzia acremonioides (HARZ)COST. 67 |_8,3(0) | 30 | 5,4(0) 50 | 6,2(0)
ree aa aS cyane SCHIPPER Е m i
Mucor hiemalis WEHMER 83 | 15,6(5,4) | 70 | 7,4(3,2) | 100 | 35,2(5,
Mucor racemosus FR. 33 | 2,6(0) | 20| 0,80) 25| 7,50
Paecilomyces variotii BAINÍER 17 | 0,6(0,2) | - - 25| 0,200
Papulaspora sp. 25 | 4,1(0) | 30| 5,2(0) 25| 3,800
Rhizopus stolonifer(EHRENB.ex FR.)LIND |100 | 8,6(0,3) | 70 | 4,7(0) | 100| 7,4%
Rhodotorula sp. 100 | + (0) | 50) + (0) 3 =
Syncephalastrum racemosum COHN ex SCHROET.| 8 | 0,2(0) | - - = =
Thamnidium elegans LINK ex WALLR. 8} 0,4(0) | 10| 0,6(0) 25 | 0,3(0
Trichoderma spp. 92 | 12,8(0,4) | 30] 3,1(0) 25 | 3,2(0
Trichothecium roseum LINK = - - - 25| 1,2(0
Verticillium lecanii(ZIMM. JVIEGAS se | 8,6(0) | 60 | 12,5(0) 75 | 14,2(0)
Verticillium tenerum(NEES ex PERS.) LĪNK + (1,2) | - - - -
Source : MNHN. Paris]
MYCOFLORE SEMINICOLE DES MAIS 69
Pyrénées- A Meet
Р N -de-
rovenances ие Puy-de-Döme ar
Nombre d'échantillons (2x6) (2x5) (2x2)
Espèces
FLORE"DE STOCKAGE" |
Aspergillus flavus LINK
Aspergillus niger VAN TIEGHEM
b(b) b(b)
1,2(0,4) | 10. | 0,3(0) - -
0,8(0,2) | 10 | 0,2(0) - -
- 10 | 0,8(0,)) | 50| 3,4(1,2)
- 20 | 0,4(0,2)| - -
- 40 | 4,200) - -
Aspergillus ochraceus WILHELM
Aspergillus versicolor(VUILL.)TIR.
Eurotium herbariorum MALL.et CAIN
Penicillium brevi-compactum DIERCKS
Penicillium claviforme BAINIER
Penicillium chrysogenum THOM
5,6(0,4) 4,4(0,31
Penicillium eyclopium WESTL,
+ P. puberulum BAINIER
, 13,5(2,6) 24,5(7,3)
Penicillium frequentans WESTL. (0 2,6(0) - -
Penicillium funiculosum THOM 11,6(1,3) | 30 | 2,3(0) - -
Penicillium granulatum BAÍNIER 2,70) | 20 | 1,2(0) 25| 0,4(0)
Penicillium janthinellum BIOURGE 17,5(3,7) | 40 | 3,2(0,2) | - -
Penicillium oxalicum CURRIE et THOM 6,6(1,2) | 60 | 4,7(0,8) | - | -
Penicillium pulvillorum TURFITT 12,8(2,5) | 70 | 9,8(1,2)| 50| 4,0(0,5)
Penicillium spinulosum THOM 2,3(0,2) | 50 | 5,5(0,4) | 100| 53,2(1,8)
Penicillium stoloniferum THOM 9,4(0,6) | 90 | 27,5(2,3) | 100| 64,7(5,8)
Penicillium thomii MATRE )
Penicillium variabile SOPP )
Penicillium viridicatum WESTL
Observations effectuées en mars-avril 1979 à raison de 2 prélévements par crib (centre et
périphérie). Chaque prélévement de 10 épis est égrené et homogénéisé. - Pour chaque espèce
recensée, lire : colonne a: la fréquence (% d'échantillons pollués); colonne b(b): l'abondance
(% des grains respectivement concernés par pollution totale ou par contamination interne).
?: présence vraisemblable mais non confirmée; +: présence difficile à chiffrer; -: non observé.
Trichoderma, se comportent en épiphytes superposables aux espèces du champ;
toutefois, leur comportement écologique propre peut en expliquer la répartition
originale; ainsi les Trichoderma spp. (T. viride Pers. ex S. F. Gray, T. harzianum
Rifai et T. koningii Oud. notamment) caractérisent-ils, par leur abondance
relative, un faciès assez particulier au Sud-Ouest français. À l'inverse, le Verti-
cillium lecanii est largement représenté dans les trois régions prospectées. Les
levures, abondantes au moment de la récolte (CAHAGNIER et POISSON, 1973;
PELHATE, 1979) sont vite masquées par les espèces filamenteuses à croissance
rapide; par suite, il ne subsiste guère que Aureobasidium pullulans et Rhodoto-
rula sp. On interprète plus difficilement une certaine régularité des Chaetomium
spp. (C. dolichotrichum Ames, C. funicolum Cooke, C. globosum Kunze) cepen-
dant réduits à l'état de traces.
Source : MNHN. Paris
70 J. PELHATE
- enfin, les autres constituants se developpent d’autant mieux que la désorp-
tion hydrique des grains est plus lente et, par suite, l'installation des espéces
dites de stockage est différée.
Ces espèces intermédiaires constituent un ensemble très caractéristique des
maïs conservés en cribs et nous en donnons une illustration graphique sur
planches hors texte.
La flore de stockage ne comporte guère que des Penicillium spp. dont les
deux espèces majeures recensées au moment de la récolte se succèdent très
généralement : P. stoloniferum puis P. cyclopium; mais la siccité oscillante des
grains entraine une diversification avec notamment l'interposition du P. spinu-
losum ou méme la dominance du P. janthinellum, à telle enseigne que l'une
CONTAMINATION
(%des grains)
P stoloniferum
totale
- нев
t
ipurpurasi
AE.
5
E
Fig. 4. — Dynamique des principaux constituants de la mycoflore.
Observation en Ille-et-Vilaine (campagne 1978-79). Noter le maintien des espéces pré-
installées (flores du champ et flore intermédiaire) et la superposition tardive de la flore
de stockage.
Source : MNHN. Paris
MYCOFLORE SEMINICOLE DES MAIS 71
et l’autre espèce ont une valeur de faciès pour les provenances III et I respecti-
vement (fig. 2). Le P. funiculosum peut accompagner la seconde espèce. Le
P. pulvillorum. plus réguliérement présent s'impose aussi par sa relative abon-
dance. Le P. frequentans et le P. oxalicum perdent en fréquence, le P. chryso-
genum en abondance; d'autres, enfin, restent rares (P. brevicompactum, P.
claviforme, P. thomii, P. viridicatum).
Les Aspergillus spp. - et notamment les A. gr. glaucus (— E. herbariorum) -
insignifiants à la récolte (TUITE, 1961), n’interviennent que faiblement dans
les limites habituelles du temps de conservation; par contre, un stock a pu
révéler, au cours de la deuxiéme année, une importante invasion (fig. 3).
En résumé, le contróle systématique de mais en épis révéle une flore carac-
téristique bien que constituée d'espéces cosmopolites; son homogénéité est
révélée par la distribution statistique des espéces (fig. 1) ou par leur abondance
relative (fig. 2). On se trouve donc en présence d'une association ou phytocénose
susceptible de variantes qualitatives - «faciés» - et de fluctuations quantitatives;
les premiéres consistent en la substitution d'espéces à l'intérieur des genres
(Fusarium, Penicillium) ou de genres comme Trichoderma à l'intérieur d'entités
plus larges (flore intermédiaire); les secondes sont l'expression du déterminisme
écologique qu'une étude dynamique permet de mieux analyser.
2.- Dynamique de la flore
La sélection des espèces et leur dominance éventuelle (fig. 4) sont régies
par le jeu de paramètres écologiques qui relèvent aussi bien de l'environnement
que d'interrelations spécifiques.
L'incidence des premiers - paramétres physiques - peut étre analysée à travers
les données météorologiques :
- les humidités relatives afférentes à la période habituelle de conservation,
d'une part, leur répercussion sur les courbes de désorption des grains (HUB-
BARD et al., 1957), d'autre part, sont rapportées pour les régions concernées
(fig. 5); les 3 régimes climatiques différent suffisamment entre eux (courbes
enveloppantes) pour qu'on puisse comparer les possibilités de séchage des
épis et de limitation de la mycoflore soumise à désorption (PELHATE, 1978;
SPILLANE et PELHATE, 1978). En premiére approximation, les teneurs en
eau des grains restent pendant plusieurs mois au-dessus des seuils requis pour la
croissance des champignons (PELHATE, 19684) et les rafles d'épis, relais
possibles pour diverses espéces, se revelent plus humides encore. Ce sont donc
les espèces hygrophiles, inscrites à la flore du champ et à la flore intermédiaire,
qui vont étre électivement favorisées. En réalité, elles colonisent d'autant plus
activement le substrat qu'elles sont. pré-installées et que les épis démunis de
leurs spathes au moment de la récolte constituent un libre champ d’invasion.
Ce n’est donc qu'après quelques mois de stockage (soit février, mars ou avril
selon les stations respectives) que les teneurs en eau deviendront insuffisantes
pour ces espèces colonisatrices alors dépassées par la flore de stockage plus
compétitive, soit essentiellement les Penicillium spp. (P. stoloniferum et. D.
Source : MNHN. Paris
72 J. PELHATE
cyclopium pour ne citer que les deux espèces majeures). Dans le cas plus rare
d’une conservation prolongée, on a pu noter, au cours de la deuxième année,
l'envahissement du stock par les Aspergillus glaucus (fig. 3). Cette présélection
trés large de la flore par l’hygrométrie est parachevée par l'effet température
puis, en dernier ressort par les interactions spécifiques.
- les températures différentielles expliquent largement les faciès floristiques
plus où moins régionaux. L'explication en est facilitée à l'examen de la fig. 6.
Considérant, pour chaque station représentative d’une région prospectée, les
amplitudes thermiques, il est possible de tracer, pour les espèces majeures,
les courbes théoriques de croissance en fonction des températures moyennes.
Il apparaît ainsi qu'en I, station la plus chaude, le Fusarium sacchari (accom-
pagné du F. graminearum et, parfois, de Trichoderma spp.) et le Penicillium
janthinellum, espèces les plus thermopréférentes dans leur entité respective,
prennent un essor précoce et décisif; mais le F. sacchari sera stoppé en période
hivernale tandis que le P. janthinellum et d’autres Penicillium spp. seront indi-
rectement favorisés. Il en résulte un équilibre final entre les Fusarium spp.
(F. sacchari et F. graminearum) toujours abondants, les éventuels Trichoderma
spp. et les Penicillium spp. (dont P. janthinellum). En station 11, climatiquement
plus contrastée, les températures, encore élevées en début de stockage, favo-
risent divers Fusarium spp. (dont F. sacchari) qui céderont bientöt la place
aux Penicillium spp. (P. stoloniferum accompagné de P. cyclopium) eux-mémes
inhibés par le froid hivernal; le faciès floristique s'en trouve simplifié et les
taux de contamination des grains atténués. En station Ill, les éléments domi-
nants: Fusarium culmorum et Epicoccum purpurascens pour la flore du champ,
Mucorales de la flore intermédiaire, Penicillium stoloniferum, P. spinulosum
et P. cyclopium au titre des espéces de stockage poursuivent leur croissance
tout au cours du stockage; le faciés de Bretagne est alors caractérisé par des
taux élevés de ces divers constituants.
- les interactions spécifiques interviennent enfin, de facon plus complexe,
dans la dynamique des cortéges floristiques. Nous avons noté antérieurement
le privilège inhérent aux «premiers occupants» sans méconnaitre toutefois
l'effet thermique sur les taux de croissance, atouts dans la compétition. L'ap-
titude compétitive intrinsèque transparaît pourtant chez certaines espèces
tandis qu’elle manque chez d’autres (PELHATE, 1968 b). C'est ainsi, par exem-
ple, que nous n’avons pas considéré, pour comparaison des faciès régionaux,
les Cladosporium spp. toujours fréquents mais dont l'abondance relative n’est
que le reflet d'une compétition active d’autres éléments (flore du champ re-
couvrante, flore de stockage inhibitrice). On comprendra encore qu'à exigences
Fig.5.— Humidité relative et courbes de désorption des grains.
L'équilibre hydrique entre l'ambiance et la teneur en eau des grains entraine un décalage
des courbes de désorption pour les 3 stations représentatives des régions considérées.
Source : MNHN. Paris
MYCOFLORE SEMINICOLE DES MAIS 73
HUMIDITES RELATIVES(%)
(moyennes mensuelles)
TEMPS
IX x XI XII 1 Ш u (mois)
Source : MNHN. Paris
CROISSANCES (mm/jour)
$ TEMPERATURES MOYENNES
4 4 (maximales -minimales)
PAU- UZEIN.
CLERMONT- AULNAT.
X RENNES -S' JACQUES
e
z To
El c NM a 5 >
à д
а
(mois)
Source : MNHN. Paris
MYCOFLORE SEMINICOLE DES MAIS 75
comparables en eau et en température, les Penicillium spp. mésophiles (P. stolo-
niferum, P. pulvillorum ou P. spinulosum) Vemportent sur des Aspergillus
spp. (A. versicolor...) moins compétitifs. Mais, au sein méme d'identités éco-
logiques, existent des rapports concurrence ou dépendance plus subtils comme
ceux qui régissent la succession déjà évoquée: P. stoloniferum, P. spinulosum
et P. cyclopium, ou l'association étroite: Fusarium culmorum et Epicoccum
purpurascens.
Ainsi, l'aptitude compétitive peut-elle surpasser les influences d’autres para-
métres essentiels. Tel est le cas plus général d'espéces intermédiaires épiphytes,
aux exigences diversifiées mais cependant capables d'occuper la méme niche
écologique en se superposant notamment à la flore du champ.
En résumé, la dynamique des cortéges consiste en une colonisation active
d'un substrat réceptif, par la flore pré-installée; elle ne comporte guére qu'une
seule séquence tant que la siccité du grain ne vient limiter cette flore primaire
hygrophile au profit de la flore de stockage mésophile À xérophile. La série
dynamique ne présente d'ailleurs pas, en amont comme en aval, de délimi-
tation bien précise. En effet, le cortège d'espèces préexiste, pour l'essentiel,
au moment de la récolte; et celle-ci ne constitue aucune rupture de l'équilibre
floristique sur maïs récoltés immatures, à l'inverse de la plupart des autres
grains. Au terme du stockage, cette flore primaire a pu être limitée par le jeu
de paramètres climatiques à variation continue tandis que la longévité relative
des espèces (PELHATE, 1969) accentue le caractère très graduel de l’atténuation
(fig. 3 et 4).
Le schéma moyen de ce dynamisme est traduit sur la figure 7.
B. VALIDITÉ DU PROCÉDÉ DE STOCKAGE
- Fondement biologique
L'appréciation objective d'un tel procédé traditionnel et consacré par l'empi-
risme ne peut guére appeler que des critéres biologiques, savoir : l'intervention
de micro-organismes. Or, il parait, a priori, curieux de stabiliser des grains ne
comportant pas moins de 30 à 35% d’eau (STOLOFF et al., 1975) alors que
les seuils hydriques requis par les champignons spoliateurs se situent de 13 à
25% selon les espéces et les substrats (GUILBOT et POISSON, 1963; PELHATE,
1968a; CHRISTENSEN, 1974). Cette disparité entre la disponibilité en eau
du substrat et la demande des épiphytes apporte sans doute un premier élément
Fig. 6. — Croissances comparées des espèces majeures en 3 stations.
Pour chaque région, l'amplitude thermique est délimitée par les moyennes mensuelles
maximales et minimales (zone en grisé). Les courbes de croissance théorique des espèces
dominantes (rapportée aux moyennes compensées : maximales + minimales) y sont super-
posables. ee
Source : MNHN. Paris
FLORE DU_CHAMPI
Fusarium
graminearu
poae
epicoccum py, o,
x : Le,
nium Stric fas, %
wo Ч >
FLORE INTERMEDIAIRE \
ciadosporium sp,
S.
%
werticilliUM fegg,
i
REGRESSIVE
SERIE
Penicillium
stoloniferum
pinulosum }
Y janthinehum
cyclopium
pulvillorum
oxalicum
! Aspergillus spp.
FLORE DE STOCKAGE 1
GRADIENTS
< thermique |]
hydrique `
Fig. 7. — Interprétation générale de la dynamique des flores.
La désorption graduelle des grains conduit à une série régressive (avec apparition aléa-
toire des espèces xérophiles). La flore initiale puis les gradients thermique et hydrique
expliquent les faciès régionaux.
Source : MNHN. Paris
MYCOFLORE SEMINICOLE DES MAIS ИТ
Че réponse (PELHATE, 1968 c). En effet, la distinction unanimement reconnue
entre flore du champ et flore de stockage (CHRISTENSEN, 1957) doit plutôt
reposer sur le comportement différentiel des champignons face à l'activité
de l'eau que sur leur simple origine. Ainsi, la première, flore du champ à ten-
dance parasitaire, peut seule surmonter la résistance active de la plante et infec-
ter éventuellement les grains immatures; la seconde, flore de stockage saprophyte
par définition, ne peut contaminer ces grains qu'à un stade latent corrélatif
d'une insuffisante siccité leur faisant perdre la résistance active (PELHATE,
1968 d). L'état de sécurité du caryopse réside précisément dans le compromis
entre une forte humidité le rendant résistant vis-à-vis d'espèces parasites hygro-
philes et la faible teneur interdisant la croissance des espèces de stockage méso-
philes 4 xérophiles. Dès lors, le risque subsiste en présence d'espèces intermé-
diaires antérieurement reconnues (PELHATE, 1968) et dont la réalité se trouve
ici confirmée. Sans doute, ces mêmes espèces ont-elles été mentionnées au titre
des «advanced decay fungi», comme partie intégrante de la flore du champ
(CHRISTENSEN et KAUFMAN, 1965). Toutefois, le concept de «flore inter-
médiairey semble préférable lorsqu'il regroupe indistinctement des especes
du champ et des éléments réputés de stockage. Dans ces conditions, la sécurité
des grains n'est plus évidente d'autant que les conditions hydriques changent
graduellement en cours de conservation.
Le succès présumé du procédé repose encore sur l'atténuation progressive
des espéces soumises au régime de désorption hydrique. Comme nous l'avons
vérifié en divers essais (PELHATE, 1978; SPILLANE et PELHATE, 1978),
il suffit qu’un cortège floristique, complexe par définition, soit soumis à des
variations continues de l'environnement, c'est-à-dire à des conditions progressi-
vement suboptimales puis défavorables, pour que ses constituants soient succes-
sivement limités, sinon dans leur développement, du moins dans leur activité
dégradante; et s'ils subsistent à la mesure de leur survie, ils s’opposent préci-
sément à l'installation d'espèces qui devraient théoriquement occuper la niche
écologique modifiée; ainsi de proche en proche, chaque agent peut-il éliminer
son successeur habituel ou en différer l'intervention. On parle alors de succession
ou série dynamique «régressive» qui inverse l'ordre habituel «progressif» et
commandé par l'effet de masse; celui-ci consiste en l'intégration des résultantes
métaboliques (accumulation d'eau et de calories, de gaz carbonique... et, corré-
lativement, рее d’oxygene...); tandis que, dans le cas présent, ces effets sont
dissipés et ne modifient pas la niche écologique (voir fig. 7). Ce sont alors
essentiellement les espèces épiphytes superposables aux éléments colonisateurs
qui vont intervenir, comme l'inventaire général l'a révélé. Et, si un contaminant
atteint cependant le grain, il y reste généralement superficiel en raison des
barrières structurales que constituent les téguments, du moins lorsque la récolte
mécanisée en a conservé la stricte intégrité. Le meilleur comportement des
grains en épis réside aussi dans le fait que les hiles, voie préférentielle de péné-
tration des thalles fongiques, ne sont pas directement accessibles; seules les
espèces à infection généralisée peuvent alors les atteindre en empruntant l’axe
de l’épi (Fusarium spp., Khuskia oryzae notamment).
Source : MNHN. Paris
78 J. PELHATE
Des incertitudes subsistent donc. En particulier, l'élimination ou la répression
mutuelles d'espéces n'excluent pas le (ou les) premiers(s) occupant(s) qui peu-
vent être d'actifs colonisateurs comme les Fusarium spp. et, parfois, l'Epicoccum
purpurascens, des Penicillium spp... C'est pourquoi une réduction sensible de
la teneur en eau des grains, en début de stockage, est un facteur de réussite.
Inversement, lorsque l'évapo-transpiration est ralentie par environnement clima-
tique ou par confinement des épis au centre des stocks et que les températures
basses ne concourent pas à inhiber les champignons, la spoliation est inévitable.
C'est rappeler la grande incidence des paramètres climatiques inéluctables et
l'hétérogénéité résultante des produits contrólés. Et si l'amélioration technique
des structures (caractéristiques des cribs) peut étre envisagée, le procédé ne
restera pas moins aléatoire en zones maisicoles du nord et de l'ouest de notre
pays.
2.- Imperfections et risques
Quelle que soit la destinée des grains - consommation ou semences - l'enva-
hissement par les moisissures compromet gravement leur qualité (CHRISTEN-
SEN, 1957; PELHATE et GALLOU, 1979). Plus précisément, pour les mais
en cribs, on peut craindre une baisse de qualité technologique et l'émission
de toxines par les espéces majeures: Fusarium spp. et Penicillium spp. Des
enquétes conduites en France (GRATRAUD et al., 1968b; GAY, 1980) ont
révélé que la zéaralénone engendrée par les premiéres méritait seule attention,
surtout aprés les automnes pluvieux, mais que les taux de toxine atteignaient
rarement les seuils de tolérance. Parallélement, nos observations sur semences
montrent clairement l'effet dépressif puis létal même des secondes espèces
s'ajoutant souvent à l'infection fusarienne.
Il en résulte, en conséquence, une certaine déconsidération des récoltes
maintenues en cribs, même de façon transitoire; et les contrôles microbio-
logiques corroborent souvent les moindres qualités technologiques ou biolo-
giques des grains et semences respectivement. Il reste que des impératifs écono-
miques actuels, sous l'angle du gain d'énergie, feront maintenir le procédé;
cet intérêt immédiat va-t-il alors susciter des améliorations techniques?
REMERCIEMENTS
Il nous est agréable de remercier les Producteurs et les Organismes Stockeurs de maïs
qui ont bien voulu, pour la présente étude, procéder à des prélèvements et envois réguliers
d'échantillons. Nous sommes aussi reconnaissant aux Stations de météorologie qui nous
ont aimablement communiqué les données climatiques utiles.
Source : MNHN. Paris
MYCOFLORE SEMINICOLE DES MAIS 79
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MYCOFLORE SEMINICOLE DES MAIS 81
Planches 1 à 4. — 1: Absidia lichtheimii (Lucet et Cost.) Lendner, A: aspect général des
sporocystes; B: détail. — 2: Aureobasidium pullulans (de Bary) Arnaud, aspects bourgeon-
nant et fumagoide du thalle. — 3: Chaetomium dolichotrichum Ames, A: aspect général
du périthéce; В: asques et ascospores. — 4: Cladosporium spp.; A: C. cladosporioides
(Fres.) de Vries; B: C. herbarum (Pers.) Link ex Fr.
Source : MNHN. Paris
82 J. PELHATE
es 5 à 8.— 5:Geotrichum candidum Link, thalle arthrosporé
orda; A: aspect cultural; B: appareil sporifére. — 7: Harzia
ect cultural; B: thalle sporulé (macroconidies); C: microc
le sporule.
Source : MNHN. Paris
MYCOFLORE SEMINICOLE DES MAIS 83
Planches 9 à 12. — 9: Mucor spp., sporocystes; A: M. circinelloides van Tiegh. f. griseo-
cyanus Schipper; B: M. hiemalis Wehmer; C: M. racemosus Fr. — 10: Papulaspora sp.,
A: aspect cultural; B: mycélium et microsclérotes. — 11: Trichoderma spp., aspect cultural
et appareils sporifères; A: T. koningii Oud.; B: T. viride Pers. ex Fres. — 12: Trichothe
cium roseum Link, A: aspect cultural; B: Thalle sporulé.
Source : MNHN. Paris
84 J. PELHATE
Planches 13 à 16. — 13: Verticillium lecanii (Zimm.) Viegas, A: aspect cultural; B:
appareil sporifére. — 14: Verticillium tenerum (Nees ex Pers.) Link; A: aspect cultural;
B: appareil sporifére. — 15: Rhizopus stolonifer (Ehrenb. ex Fr.) Lind., A : aspect cultural;
halle stolonifère; C: sporocystes. — 16: A: Syncephalastrum racemosum Cohn et Schroet.
«mésosporanges»; B: Thamnidium elegans Link ex Wallr, sporocyste et «sporangioles».
Source : MNHN. Paris
85
DEVELOPMENTAL MORPHOLOGY OF ASCOMYCETES
VII. FENNELLIA FLAVIPES
par C. V. SUBRAMANIAN and C, RAJENDRAN*
This paper is the seventh in a series on the developmental morphology of
Ascomycetes and deals with Fennellia flavipes Wiley & Simmons. The culture
used in the present study is the type and it was received from Dr. E.G. SIM-
MONS, Department of Botany, University of Massachussetts, Amherst, USA,
under the N° QM 9131.
The fungus was grown on malt extract agar medium and the various stages
of the teliomorph development were studied by making tease mounts stained
with 0.1% lactofuchsin as recommended by CARMICHAEL (1955) and sec-
tioning the material by the paraffin method as described by JOHANSEN (1940)
and PURVIS, COLLIER and WALLS (1964). For the study of the anamorph,
RIDDELL’s (1950) slide culture technique was used and the fungus was stained
with 0.5% solution of trypan blue in lactophenol (BOOTH, 1971) for 15 mi-
nutes.
DESCRIPTION OF THE FUNGUS
Colonies on malt extract agar at room temperature (23-25°C) attaining a
diameter of 6cm in 20 days, Lemon chrome in colour, consisting of a basal
felt with a few radiating sectors. Exudate present.
Hyphae more or less hyaline to pale yellow, branched, variable in thickness,
remotely to closely septate. Racquette hyphae present. Hyphal fusions often
noticed between ordinary hyphae, or narrow hyphae, or between ordinary
Memoir N° 258 from the Centre for Advanced Study in Botany, University of Madras.
* Centre for Advanced Study in Botany, University of Madras, Madras-600 005, India.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog. Mycol.) TOME 2 (1981).
Source : MNHN. Paris
86 C.V. SUBRAMANIAN & C. RAJENDRAN
Y JS
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a: early stage in the development of a stroma (section); b-h:
cogonium; i: section of a stroma showing ascogonia
stages in the development of an
Fig. 1. — Fennellia flavipes.
stages in the development of the as
and development of Hülle cells in the periphery; j-m::
ascocarp (sections) - note the ascogonium in the centre.
Source : MNHN. Paris
VII. FENNELLIA FLAVIPES 87
Fig. 2. — Fennellia flavipes. a-z’: stages in the development of Hülle cells.
Source : MNHN. Paris
88 C.V. SUBRAMANIAN & C. RAJENDRAN
hyphae and racquette hyphae. Ascocarps developing within ascostroma. Asco-
stroma globose to elongate, prosenchymatous, enveloped by masses of Hülle
cells, up to 600 x 850um. Hülle cells rounded to elongate, Pinard yellow to
Empire yellow in colour, up to 22.5um long, 481m broad (Fig. 2, az). Asco-
gonia produced within stroma, 1-15 in number, globose to subglobose or some-
times elongate, each with a short stalk and a straight, septate trichogyne-like
extension up to 50um long; globose ascogonia 7-8um in diameter; elongate
ascogonia up to 20m long and 5.0-7.5um wide (Fig. 1, c-h; Plate I, 1). Mature
ascocarps 60-160um long and 50-100um broad, each with a peridium consisting
of a few layers of thin walled narrow cells. Asci formed from croziers, in groups,
irregularly disposed, globose to subglobose, thin-walled, mostly with 4 asco-
spores each, occasionally with eight, 10-12.5um in diameter (Fig. 5, il). Asco-
spores hyaline to pale yellow, globose to subglobose, smooth, 6-8 x 5-7um,
each with an inconspicuous equatorial groove, tending to stick together in
groups (Fig. 6, c & d). Conidial heads radiate to loosely columnar (Fig. 7, v;
Plate 1, 8), white or nearly so. Phialophores up to 900um long and normally
5-8um wide, smooth, subhyaline with an apical vesicle. Vesicles globose to sub-
globose, and phialides. Metulas mostly 4-6um long. Phialides produced in groups
of a few at the tip of each metula, mostly 5-9 x 2.5-3.04m. Conidia typically
dry, globose, smooth, 2.5-3.5um in diameter and catenate (Fig. 7, w). Gangliar
conidia present, globose, produced singly or in groups from normal hyphae or
racquette hyphae.
DEVELOPMENT OF THE TELIOMORPH
The development of the teliomorph is observed in 4-5 days old cultures on
malt extract agar medium, and is marked by the production of a prosenchyma-
tous stroma, formed by the aggregation of a group of profusely branched inter-
woven system of narrow hyphae produced from the vegetative mycelium (Fig.1,
a).
A few short, erect, setose hyphal branches develop within the stroma. These
branches grow to a length of around 40-60um and develop a few septa (Fig. 1,
b). These hyphal branches are wider below and gradually taper above to a
pointed tip. The lowest cell of each of these hyphae swells and becomes a glo-
bose to subglobose or elongate structure, the ascogonium (Fig. 1, c-h; Plate I:
1). The basal part of the setose structure becomes the stalk, while the terminal
portion remains as a pointed free end of the ascogonium. Several ascogonia
are produced within a stroma; they do not appear at the same time, but succes-
sively and in an irregular manner. Hyphal branches may arise from the stalk of
each ascogonium and the basal part of its setose portion (Fig. 1, g). No anthe-
ridium was observed.
As the ascogonia develop within the stromatic tissue, the hyphal branches
at the peripheral region of the stroma develop intercalary or terminal sw ellings
(Fig. 1, i Fig. 2, ac, fi). Each of these swollen hyphal portions fully expands
and, in due course, develops a thick wall layer enclosing a central lumen; these
Source : MNHN. Paris
Fig. 3. — Fennellia flavipes. a: stroma containing young ascocarps (section) - note the cons-
picuous development of Hülle cells all around; b: a septate ascogonium, ascogenous hy-
phae and croziers; c, d: ascogenous hyphae; e: developing ascocarp showing ascogenous
hyphae around ascogonium - note multilayered ascocarp wall (section); f: a portion of
a septate ascogenous hypha - note the enlarged cell.
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90 C.V.SUBRAMANIAN & C. RAJENDRAN
become the characteristic Hülle cells (Fig. 2, j-z). Sometimes, before or during
the formation of these hyphal swellings, hyphal fusions appear to occur between
adjacent hyphae so that a hyphal network is formed (Fig. 2, d & e). Swellings
may then develop at regular or irregular intervals on these hyphae. Each swelling
develops in a Hiille cell. The characteristically thick wall of the Hiille cell is
apparently laid down centripetally, but the mechanism of wall formation is not
fully understood. The shape of the Hülle cells varies from globose to elongate
or sometimes irregular, and the Hülle cells form branched chains (Fig. 2, az).
Collectively, the Hülle cells constitute a covering for the stroma (Fig. 3, a).
The next stage in the development leads to the formation of the ascocarps
within the stroma. As Hiille cells formation proceeds in the peripheral part
of the stroma, the ascogonia produced within the stromatic tissue attain their
characteristic shape and size. The hyphae surrounding each ascogonium now
branch more densely and develop more septa. They also appear now more
compactly arranged around each ascogonium than before and form a thick,
several-layered outer covering around the ascogonium (Fig. 1, j-m; Plate 1, 4).
In the formation of this dense covering, the lateral branches produced from
the stalk and the terminal portion of the ascogonium may also participate.
There is continuous addition of Hiille cells all round. The size of the developing
ascocarps within the stroma increases, followed by increase in thickness of
the wall layers of the ascocarps. A section of the stroma at this stage shows
several scattered young ascocarps in various stages of development enveloped
by the fully developed Hülle cells (Fig. 3, a; Plate I, 3).
During the further development of the ascocarps, each ascogonium is cut
off into two or three cells by the formation of one or two septa (Fig. 3, b).
From any point on each of these cells, groups of hook-like structures (the
croziers) and also a few narrow, thin and elongated hyphae (the ascogenous
hyphae) develop (Fig. 3, b). Later, the ascogenous hyphae assume a curious
aspect, being wider here and narrower there, become profusely branched, and grow
around the ascogonium (Fig. 3, c-f). As the growth of the ascogenous hyphae
around the ascogonium proceeds, the croziers produced directly from the
ascogonium may also proliferate further to produce secondary or tertiary
croziers, etc. (Fig. 5, a). Now the inner wall layers of the ascocarps slowly
disintegrate resulting in the formation of a cavity around the ascogonium.
Within this cavity the ascogenous hyphae grow further and crozier formation
continues (Fig. 4, a & b; Plate I, 5 & 6).
Finally a stage is reached when there is no further extension or branching
of the ascogenous hyphal system. At this stage, the ascogonium which lies
embedded within the weft of the ascogenous hyphae slowly disintegrates.
Certain portions of the ascogenous hyphae now become swollen and are cut off
into individual cells by the formation of septa (Fig. 3, f). From each of these
cells, another group of croziers develops, the morphology of which is the same
as that of those produced directly from the ascogonium (Fig. 5, b).
The next stage in the development of the ascocarp leads to the formation
of asci. Asci are produced either from croziers formed directly from the asco-
Source : MNHN. Paris
root
Fig. 4, — Fennellia flavipes. a: later stage in the development of ascocarps within a stroma
(section); b: ascocarp showing ascogenous hyphae in the central part.
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92 C.V. SUBRAMANIAN & C. RAJENDRAN
gonium or from croziers formed from the ascogenous hyphae; from both these
groups of croziers, asci appear to be produced more or less at the same time.
By septation, each crozier is divided into three cells: the basal, the penultimate
and the tip cell (Fig. 5, c). The penultimate cell of the crozier enlarges and
becomes the young ascus (Fig. 5, d-f). No case of fusion between the basal
and the tip cells of the crozier was observed. The young ascus usually has a
large vacuole in or about the centre, so that the protoplasm is confined to the
periphery of the ascus (i. e., close to the ascus wall). Later, 4 or 8 ascospores
become differentiated within each ascus.
Since a group of asci develops from each group of croziers (Fig. 5, i), the asci
developing from different groups of croziers naturally lie scattered irregularly
throughout the central cavity of the ascocarp (Fig. 5, h). The tip cell of each
crozier usually remains attached to the related ascus even after its maturation,
giving the appearance of a stalk (Fig. 5, j & k). The asci are thick-walled when
young, thin-walled at maturity. Finally, the asci deliquesces so that the asco-
spores get released into the central cavity of the ascocarp. No ostiole was obser-
ved for the ascocarp.
As these developments occur, the stroma (with its Hülle cells covering)
attains its final size and characteristic shape. Concurrently, the individual asco-
carps within the stroma enlarge further and, at maturity, get pressed against
each other so that their wall layers get compressed and the ascocarps coalesce;
as a result, it might appear as if two neighbouring ascocarps have common
wall layers. A section of the mature stroma at this stage may show several
mature ascocarps united and surrounded by Hülle cells (Fig. 6, a; Plate 1, 7);
and each ascocarp having a peridium of a few layers of thin-walled elongated
narrow cells (Fig. 6, b).
Ascospore germination was not observed in spite of repeated study.
DEVELOPMENT OF THE ASPERGILLUS STATE
The development of the Aspergillus state starts with the production of
phialophores. The phialophores arise as small protuberances from specialized
hyphal cells, the foot cells (Fig. 7, a). The phialophore grows to varying lengths
before forming a vesicle at its tip. As growth ceases, the apex of the phialophore
swells to form a globose to subglobose vesicle (Fig. 7, c). The wall of the phialo-
phore and the vesicle increases in thickness. Occasionally, the phialophore
may develop a few septa. The mature phialophores are simple, erect or slightly
bent and thick-walled.
When the vesicle has attained its final size and shape, minute protuberances
arise from its surface (Fig. 7, d) possibly synchronously. Each protuberance
swells and elongates and is cut off from the vesicle by a septum (Fig. 7, e).
The protuberances elongate further (Fig. 7, f) and a second septum now cuts
off each of them into an apical and a basal cell (Fig. 7, g). The basal cell corres-
ponds to the metula; the apical cell is the phialide. A second phialide is now
produced as a lateral extension from the metula just below the septum separa-
Source : MNHN, Paris
VII. FENNELLIA FLAVIPES
Fig. 5. — Fennellia flavipes. a: development of croziers from ascogonium; b: development
of a group of croziers from an ascogenous hypha; c-f: ascus development by crozier for-
Pm cR qu uu m uu UD
the persistent tip cell of the crozier; h: ascocarp with developing asci (section); i: group
of asci; j-l: mature asci.
Source : MNHN. Paris
nool
dor
Fig. 6. — Fennellia flavipes. a: mature stroma with a group of several ascocarps (section); b:
single ascocarp enlarged to show ascospores, multilayered peridium and Hülle cells (sec
tion); c: ascospores tending to stick together in clumps; d: mature ascospores:
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VII. FENNELLIA FLAVIPES 95
Fig. 7
and phialides; i-k: development of the first conidium
in fig. i and development of a second phialide on metula in fig. k; Lu: development of
Fennellia flavipes. a-h: development of phialophore, terminal vesicle, metulae
note rupture of phialide wall
basipetal chain of conidia - note distinct isthmus between adjacent conidia; v: a mature
phialophore with a conidial head; w: a chain of conidia.
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris
VII. FENNELLIA FLAVIPES 97
rating it from the first phialide; this phialide is eventually cut off by a septum
(Fig. 7, h & k). This process is repeated so that several phialides are borne on
each metula.
The development of the first phialide from each of the metulae on a vesicle
appears to be synchronous; similarly, the development of the second phialide
from each of the metulae, in most cases, also appears to be synchronous.
The conidia develop as follows: the initial of the first conidium appears as
a small protuberance at the apex of each phialide (Fig. 7, i). The protuberance
increases in size and becomes the initials of the first conidium. During further
development the wall of the protuberance which is continuous with that of the
phialide wall breaks at a presumably weak point located between the swollen
tip and the body of the phialide (Fig. 7, & К). Аз the first conidium is diffe-
rentiated, a second conidium initial appears below the first conidium (Fig. 7,
1), a third one below the second, and so on, so that a basipetal chain of conidia
is produced (Fig. 7, m-u). Each conidium in the chain is separated from adja-
cent conidia by an isthmus. The isthmi are small and sometimes inconspicuous.
The first formed conidium in a chain, usually has the part of the wall of the
protuberance within which it has first differentiated as an inconspicuous cap
enveloping it (Fig. 7, j). The region of the break of the wall of the protuberance
corresponds in diameter to the width of the open end of the phialide itself,
as this is the region where it got broken off from the phialide apex. No colla-
rette is observed at the open and of the phialide.
TAXONOMY
The genus Fennellia Wiley and Simmons (WILEY & SIMMONS, 1973) is
based on F. flavipes Wiley and Simmons. The development of the teliomorph
and anamorph of this fungus was studied from type material. The results pre-
sented here are the first detailed account of the developmental morphology
of this species.
The ascocarps develop within a mass of loosely interwoven narrow hyphae.
This mass of loosely interwoven hyphae is interpreted here as an ascostroma
which is prosenchymatous. The ascocarps are found to occur in groups enve-
loped by numerous Hiille cells which collectively constitute a hard, thick outer
covering. Each ascocarp has its own pseudoparenchymatous peridium of 2-4
layers of cells. In its structure, therefore, this fungus is unique among the species
Plate 1. — Fennellia flavipes. 1: stages in the development of ascogonia, x 1400. 2: sectional
view of 2 mature ascogonia in a stroma, x 1050. 3: stroma containing young ascocarps
(section), x 110. 4: stages in the development of ascocarps in a stroma (section). Note
ascogonium in ¿he centre in each ascocarp, x 1420. 5: a portion of a stroma (enlarged)
showing developing ascocarps, x 960. 6: a stroma containing young ascocarps (section).
Note the conspicuous development of Hülle cells all around, x 180. 7; mature stroma
with a group of several ascocarps (section) with free ascospores within, x 330. 8:a typi-
cal mature phialophore showing the conidial head, x 440.
Source : MNHN. Paris
98 C.V. SUBRAMANIAN & C. RAJENDRAN
we have discussed so far. The initiation of the ascocarp is by the development
of several scattered ascogonia within the distinct mass of hyphae (i. e. the stro-
ma) already referred to. The ascogonia are peculiar, globose to subglobose or
sometimes elongate, each with a short stalk and a straight, septate trichogyne-
like extension (Fig. 1, c-f). As far as we know, such ascogonia have not been
reported for any of the teliomorph of Aspergillus and so are interesting, Each
ascocarp is the product of development of one ascogonium. The asci are pro-
duced from croziers on ascogenous hyphae which have a characteristic morpho-
logy (Fig. 3, c & d). Croziers have also been seen on what appear to be very short
ascogenous hyphae arising from the ascogonium. Croziers may also arise directly
from the ascogonium.
The developmental morphology of the anamorph of Fennellia flavipes has
been studied in detail here and it is a good Aspergillus.
The conspicuous presence of Hülle cells in Fennellia flavipes at once recalls
the genus Emericella Berk. and Br. in which also the ascocarps are enmeshed
by Hülle cells. Unfortunately, Emericella was not investigated by the author.
No detail account of the developmental morphology of the type species, Emeri-
cella variecolor Berk. and Br., is available for comparison. Therefore, we have
to rely entirely on informations available in EIDAM’s (EIDAM, 1883) paper
on E. nidulans Eidam. From this observations, it would appear that the ascocarp
in E. nidulans has a pseudoparenchymatous peridium and the asci are globose
to subglobose, avanescent and scattered within the ascocarp. In these features,
Fennellia flavipes resembles Emericella nidulans. However, from EIDAM's
description, the ascogonia in Emericella nidulans are not globose. The difficulty
is: for a proper comparison with Emericella, we must have complete informa-
tions on the developmental morphology of its type species, E. variecolor. Un-
fortunately, as already indicated, no such information is available. If the asco-
gonium in E. variecolor proves to be similar to that in Fennellia flavipes and,
additionally, the ascocarps are found to develop in groups or singly in a stroma
becoming finally collectively or singly enclosed in an envelope of Hiille cells,
the basic similarity in developmental morphology between Fennellia and Emeri-
cella would be complete. At present, however, we need further informations
on important features of the developmental morphology of Emericella variecolor
to find support for this possible conclusion (though the ascospores of E. varie-
color are quite distinct from those of F. flavipes in that they are crested in the
former, but only grooved in the latter).
We are grateful to Dr. E.G. Simmons for the type culture of Fennellia flavipes on which
the present study is based,
Source : MNHN. Paris
VII. FENNELLIA FLAVIPES 99
REFERENCES
BOOTH C., 1971 — Methods in Microbiology, vol. 4, New York.
CARMICHAEL J.W., 1955 — Lacto-fuchsin:a new medium for mounting fungi. Mycologia
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EIDAM E., 1883 — Zur Kenntnis der Entwicklung beiden Ascomyceten. 111, Sterigmato-
cystis nidulans n. sp. Beitr. Biol. Pfl. 3: 392-411
JOHANSEN D.A., 1940 — Plant Microtechnique, McGraw Hill Book Company, Inc.,
New York and London, 524 p.
PURVIS M.J., COLLIER D.C. & WALLS D., 1964 — Laboratory Techniques in Botany.
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cultures. Mycologia 42: 265-270.
WILEY B.J. & SIMMONS E.G., 1973 — New species and a new genus of Plectomycetes
with Aspergillus states. Mycologia 65: 934-938.
Source : MNHN. Paris
101
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
PITT J.L, 1979 — The genus Penicillium and its Teleomorphic States Eupenicil-
lium and Talaromyces. Academic Press, London, 634 p.
137 espèces reconnues en 1949 par RAPER et THOM dans le classique
«Manual of the Penicillia»; 113 taxa nouveaux recensés entre 1949 et 1968
(KULIK M.M., 1968 - A compilation of descriptions of new Penicillium species.
Agric. Handbook n? 351, U.S. Dpt. Agr.); le nombre de créations progressant
d’année en année; de multiples synonymies; la persistance dans la littérature
de dénominations désuètes comme «Penicillium glaucum», telle est la situation
qui s'offrait jusqu'ici au chercheur confronté à la détermination d'un Penicillium.
Au cours de la derniére décade, la révision d'un certain nombre de groupes
a été entreprise de facon méthodique par les spécialistes du C.B.S. de Baarn
(cf. STOLK, SAMSON, SCOTT...) en particulier celle des Penicillium ascosporés
rapportés à trois genres d'Eurotiales: Eupenicillium, Talaromyces et Hami-
gera. Ces travaux sont conduits de façon classique, par l'examen de nombreuses
souches cultivées sur les milieux standard: Czapek-Dox et malt-agar. C'est une
simplification appréciée des utilisateurs; mais ces publications dispersées dans
plusieurs revues, ne constituent pas une monographie du genre, et elles sont
encore loin d'en couvrir toutes les espéces.
L'auteur de la «somme» qui nous est maintenant proposée s'est imposé à
notre attention dés 1973 par un article* qui laissait préssentir une conception
différente de la classification des Penicillium. J.I. PITT, en effet, met l'accent
sur des caractéres physiologiques jusqu'alors sous-estimés, et principalement
sur la capacité de développement du champignon à des températures et des
teneurs en eau du milieu qui s'écartent des conditions optimales de croissance.
Cette publication préliminaire fait ressortir un rapport certain entre la végétation
des souches de Penicillium dans ces conditions particuliéres, et leur attribution
à l'une ou l'autre des sections ou sous-sections de Raper et Thom; en d'autres
termes, l'auteur reconnait une corrélation entre la morphologie des appareils
conidiens (degré de ramification) et le comportement de la moisissure en culture,
en particulier sa tendance à l'osmophilie. A ce titre, les critères physiologiques
choisis méritent d'étre retenus, à cóté des caractéres morphologiques, comme
* PITT J.1., 1973 — An appraisal of identification methods for Penicillium species: novel
taxonomic criteria based on temperature and water relations. Mycologia 45: 1135-1157
Source : MNHN. Paris
102 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
une aide à l'identification des espèces de Penicillium et pour une meilleure
compréhension de leurs affinités réelles, Par ailleurs, les limites entre espéces
sont mieux définies si l’on prend en compte un plus grand nombre de caractères.
Sur ces bases, l’auteur n’admet plus que 150 espèces, qu’il répartit en trois
genres. Deux sont des Ascomycètes eurotiacés dont la forme imparfaite (ana-
morphe) est de type Penicillium: Eupenicillium Ludwig (37 espéces) et Talaro-
myces Benjamin (16 espéces dont 4 nouvelles); le nom de Penicillium est réservé
aux formes dépourvues de stade ascosporé, soit 97 espéces dont une dizaine
sont nouvelles pour la science.
En ce qui concerne les Eupenicillium les conclusions de PITT sont, sur le
fond, en accord avec celles des spécialistes du C.B.S. Quant a la forme, on voit
apparaitre dans la série «javanica», en application rigoureuse des lois internatio-
nales qui régissent la double nomenclature, des changements de dénomination
spécifique déroutants. Ainsi Eupenicillium javanicum (van Beyma) Stolk et
Scott a pour anamorphe, non pas Penicillium javanicum qui est son nom d’ori-
gine, mais P. indonesiae Pitt sp. nov. La même politique s'affirme plus loin dans
la nomenclature des formes conidiennes de Talaromyces. Ce légalisme aboutit
à une singulière confusion, qui ne facilite pas la tâche de l'utilisateur.
Pour les Talaromyces l’auteur innove, non seulement dans la nomenclature,
mais aussi dans sa conception du genre. Il conteste en effet la coupure fondée
sur la disposition des asques (isolés ou en chaînes) qui conduit STOLK et SAM-
SON (1971) à distinguer, à côté des Talaromyces, le genre Hamigera. Ce rejet
a cependant peu de répercussions dans le présent ouvrage, qui traite seulement
des Talaromyces à forme conidienne Penicillium; or Pauteur exclut de ce genre
le P. avellaneum, anamorphe de l'espèce type d'Hamigera, pour en faire par
ailleurs le type de Merimbla gen. nov. (PITT, 1979); seul Hamigera striata
Stolk et Samson est ici transféré dans le genre Talaromyces.
C'est dans le traitement des Penicillium s. str. que s'exprime davantage
l'originalité de l'ouvrage. L'auteur propose un découpage en quatre sous-genres,
fondés essentiellement sur la morphologie du pinceau conidiogène. A l'intérieur
des sous-genres, la reconnaissance des espèces groupées sur la base de similarités
morphologiques en sections et séries, repose essentiellement sur l'observation
macroscopique des colonies, dans des conditions de culture non seulement
précises mais variées. Le diamètre des colonies (mesuré à 7 jours) exprime
la capacité de la souche à se développer, d’une part dans des conditions «nor-
matives»: à 25°C sur milieu de Czapek enrichi à l'extrait de levure (CYA) et
sur malt-agar (MEA); d’autre part à la même température sur un milieu hyper-
tonique à 25% de glycérol (G25N); enfin sur CYA à deux températures limites:
5°C et 37°C. La morphologie microscopique et les caractères biométriques
interviennent en dernier lieu dans la description des espèces.
Ainsi la démarche de l’auteur est sensiblement la même que celle de RAPER
et THOM; les conditions de culture sont, pour une part, comparables. Mais
la hiérarchie des caractères est interprétée différemment, de sorte que la classi-
fication apparaît, au premier abord, profondément modifiée.
Source : MNHN. Paris
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 103
Les sous-genres Aspergilloides, à phialides insérées directement sur le stipe,
et les Biverticillium, où un verticille de métules s'interpose entre le stipe et
les phialides étirées, correspondent sensiblement aux sections «Monoverticillatay
et «Biverticillata symmetrica» de RAPER et THOM. Le sous-genre Furcatum
regroupe les espèces régulièrement ou irrégulièrement biverticillées, mais à phia-
lides ventrues et (secondairement) à croissance plus rapide que celle des Biverti-
cillium sur un milieu hypertonique a 25% de glycérol; chez RAPER et THOM,
on trouve ces espèces dispersées parmi les sections et sous-sections: Divaricata,
Velutina, quelques Monoverticillata ramigena, et même Biverticillata symmetrica
(ser. herquei). Sans nul doute, la définition de ce sous-genre et plus particu-
ligrement de la section divaricatum, à pinceaux irréguliers, est opportune;
la difficulté d'attribution des souches aux catégories «divariqués» ou «ramifiés»
se trouve heureusement levée.
Le sous-genre Penicillium, le plus vaste et le plus diversifié, accueille toutes
les espèces à pinceau dissymétrique compact, de structure complexe (trois
niveaux de ramification et parfois plus), c’est a dire la plupart des Assymetrica
du «Manual». Mais les critéres retenus pour diviser le sous-genre en sections
et sous-sections, et parvenir à des «séries» d'un petit nombre d'espéces similaires,
sont autres que ceux adoptés aux mêmes fins par RAPER et THOM. Comme
SAMSON et al. (1976), PITT accorde un intérét mineur à la texture des colo-
nies, qui fonde la division classique en velutina, funiculosa et fasciculata. Les
sections sont ici définies par les particularités microscopiques de l'appareil
conidien.
А l'exception de quelques espèces assignées aux sections cylindrosporum
(P. italicum et aff.), Inordinate et Coronatum (chacune une seule espèce), tous
les Penicillium sous-genre Penicillium possédent un méme type de pinceau à
conidies sphériques ou ellipsoides portées par des phialides ampulliformes;
en outre, la plupart se développent bien sur milieu hypertonique; aucun
ne pousse à 37°C. La section Penicillium qui englobe ces formes typique-
ment représentatives du genre est la plus vaste, avec 16 espèces groupées en
quatre séries seulement (au lieu de 11 séries chez THOM et RAPER). Les espèces
sont définies en termes plus larges mais plus homogènes que dans le «Manual»
et, en principe, leur identification devrait être plus aisée. Malheureusement,
les synonymies reconnues par l'auteur ne sont pas exactement celles qu'ad-
mettent SAMSON et al. et, dans un certain nombre de cas, il faudra faire un
choix inconfortable entre la révision proposée par les spécialistes néerlandais
et celle de PITT. Celui-ci convient d'ailleurs que le sous-genre reste «taxonomi-
quement difficile»; à ce propos, on lira avec profit le chapitre final intitulé
«Polyglotta», où il envisage en premier lieu «ce qu'il faut faire lorsque les clés
ne marchent pas».
Une remarque encore sur la nomenclature. L'auteur, soucieux de traditions
authentiques, s'est intéressé aux espèces proposées au début du siècle par le
belge DIERCKX, et remarquablement analysées par son disciple BIOURGE
(1923). Il est ainsi amené à reconnaître dix des espèces «dierckxiennes» qui,
dans quelques cas, ont la priorité sur des binômes universellement adoptés
Source : MNHN. Paris
104 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
dès les premiers travaux de THOM. Ainsi réapparaît fort heureusement le P.
griseo-fulvum (P. patulum Bain.) déjà réhabilité par SAMSON et al.; mais le P.
cyclopium Westl., une des espèces les plus répandues et les plus fréquemment
citées, s'efface en faveur d'un P. aurantio-griseum Dierckx au nom beaucoup
moins évocateur. On pourra regretter aussi la disparition de P. frequentans, P.
nigricans et quelques autres qui nous étaient devenus familiers.
En marge du traitement taxinomique des Penicillium qui fait l'objet principal
de cet ouvrage, il faut souligner l'intérét des informations qui concernent l'éco-
loge et la physiologie de ces moisissures, leur présence dans l'alimentation
humaine et leur toxicité potentielle. On appréciera aussi la table qui résume
clairement la capacité de croissance des 150 espèces dans les conditions définies
dans le texte, le glossaire des termes spécifiques, ainsi que les index et la biblio-
graphie qui complètent le volume. Enfin une typographie aérée, un plan rigou-
reusement établi pour chaque description d'espèce, sont des attraits non négli-
geables.
La présente monographie comble un vide de trente ans et, ce titre, elle
était vivement attendue, S'imposera-t-elle désormais comme le système de réfé-
rence fondamental pour la détermination des Penicillium? Au premier abord, la
méthode parait trés contraignante, avec ses trois milieux de culture et ses trois
températures d'incubation; et les changements de nomenclature ont de quoi
déconcerter ou irriter. Mais, à notre avis, il vaut largement la peine d'essayer. Il
est indispensable, certes, d'expérimenter consciencieusement le «système», sans
en négliger aucune étape; sans préjugés aussi, et sans lui demander plus qu’il
n'a la prétention de fournir, c'est à dire un outil commode pour l'attribution
d'une dénomination spécifique à une souche particuliére de Penicillium. L’au-
teur lui-même reconnaît ce que cette démarche comporte toujours de subjec-
tivité : «... Penicillium species, like beauty, lie in the eye of the beholder».
J. Nicot
K.T. VAN WARMELO and B.C. SUTTON, 1981 — Coelomycetes VII -Stegon-
sporium. Mycological Papers n° 145, C.M.I, Ed., Kew, 45 p., 13 pl.
Révision du genre Stegonsporium qui se voit limité à deux espèces: S. pyri-
forme (Hoffm. ex Fr.) Cda et S. acerinum Peck. Les autres représentants du
groupe sont répartis dans les genres Stigmina Sacc., Myxocyclus Riess., Cory-
neum Niess, Camarosporium Schulz (avec trois combinaisons nouvelles), Trim-
matostroma Cda, Dictyodesmium Hughes, Neohendersonia Petrak, Stigmella
Lév., Shearia Petrak., Thyrostromella Höhn., Melanconium Link. ex Fr., Cama-
rosporellum Tassi. Deux nouveaux genres: Stegonsporiopsis et Kaleidosporium
sont proposés. М.Е. В.
Commission paritaire 15-8-1980 N° 58611
Dépôt légal n° 10894 - Imprimerie de Montligeon
Sorti des presses le 15 mai 1981
Source : MNHN. Paris
ABONNEMENTS A CRYPTOGAMIE - MYCOLOGIE
Tome 2 1981
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NO 2 (1942). Les matières colorantes des champignons, par 1.
Pastac. 88 pages : 15 F.
NO 3 (1943). Les constituants de la membrane chez les champignons
par R. Ulrich. 44 pages : 15 F.
NO 6 (1958). Essai biotaxonomique sur les Hydnés résupinés et les
Corticiés par J. Boidin. 390 pages, pl. et fig. : 70 F.
NO 7 (1959). Les champignons et nous (Chroniques) (II), par G.
Becker. 94 pages :25 F.
№ 8 (1966). Catalogue de la Mycothèque de la Chaire de Crypto-
gamie du Muséum National d'Histoire Naturelle. (1) Micro-
mycètes. Macromycètes (première partie). 68 pages : 25 Е.
NO 9 (1967). Table des Matières (1936-1965) 85 p. 20 F. - (1966-
1975) 40р. 10Е.
№ 10 (1969). 1е genre Panaeolus. Essai taxinomique et physiolo-
gique, par G.-M. Ola'h. 273 pages, pl. et fig. : 75 F.
FLORE MYCOLOGIQUE DE MADAGASCAR ET DEPENDANCES,
publiée sous la direction de M. Roger HEIM.
Tome 1. Les Lactario-Russulés, par Roger HEIM (1938) (épuisé).
Tome Il. Les Rhodophylles, par H. Romagnesi (1941), 164 pages,
46 fig. : 60 F.
Tome Ill. Les Mycénes, par Georges Métrod (1949). 144 pages,
88 fig. : 60 F.
Tome IV. Les Discomycètes de Madagascar, par Marcelle Le Gal
(1953). 465 pages, 172 fig. : 90 F.
Tome V. Les Urédinées, par Gilbert Bouriquet et J.P. Bassino
(1965). 180 pages, 97 fig., 4 pl. hors-texte : 60 F.
Réglements :
— par virement postal au nom de Cryptogamie - Revue de Mycologie
12, rue de Buffon, 75005 PARIS, C.C.P. PARIS 6 193 02 K;
— par chèque bancaire établi au même ordre.
Source : MNHN. Paris
COLLOQUE INTERNATIONAL
du CNRS N° 258
ÉCHANGES IONIQUES TRANSMEMBRANAIRES
CHEZ LES VÉGÉTAUX
TRANSMEMBRANE IONIC EXCHANGES IN PLANTS
org. : G. Ducet, R. Heller, M. Thellier
Universités de Rouen et Paris VII - 5-11 juillet 1976
- € analyse des modéles théoriques 6 recherche des couplages métaboliques ou autres
@ études électrophysiologiques @ cas particulier des transferts d'anions et de molécules
Organiques € localisation d'ions et aspects structuraux et moléculaires @ intervention
d'échanges ioniques dans les régulations intercellulaires
kinetic and thermodynamic considerations, mode! systems
metabolic and other couplings, ATPases
particular features of anionic transfers
electrophysiology of the ionic transfer n
absorption of organic molécules Е
localization, molecular and structural aspect of the transfers
interference of the transmembrane transfers in other processes than absorption .
© ion exchanges in cell organites
(69 communications dont 64 en anglais et 5 en français) с
21 x 29, 7 - 608 pages - broché _ 180Е 2
286 fig. 89 tabl. - 30 phot.
ISBN 2.222-02021-2
(co-édition CNRS-Université de Rouen)
Editions du CNRS}
15 quai Anatole France. 75700 Paris
CCP Paris 9061-11 - Tel 555.92 25
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