RYPTOGAMIE
MYCOLOGIE
TOME 3 Fascicule 3 1982
SOMMAIRE
M. CHADEFAUD. — Les principaux SSC ascocarpes : leur organisation
et leur évolution. III. 199
A. DAVID et B. DEQUATRE. — Polyporus tunetanus (Pat.) Sacc. & D.
Sacc. : une Polyporacée méridionale peu connue ................ 237
J.-P. CHAUMONT et J. SIMERAY. — Les propriétés antifongiques de
225 Basidiomycètes et Ascomycètes vis-à-vis de 7 champignons patho-
EE 249
A. BELLEMERE & J. HAFELLNER. — Étude ultrastructurale des asques
bituniqués de l’Hysterographium fraxini (Pers. ex Fr.) de Not. (Asco-
mycétes, Hystériales) : développement de la paroi et déhiscence ..... 261
Analyses bibliographigues 7... re nc A E 297
Les manuscrits doivent étre adressés à Madame M.F. ROQUEBERT, Laboratoire de
Cryptogamie, 12 rue de Buffon, 75005 Paris
Source : MNHN. Paris
CRYPTOGAMIIE
MYCOLOGIE
TOME 3 Fascicule 3 1982
Ancienne Revue de Mycologie. Dirigée par Roger HEIM
Bibliothèque Centrale Muséum
Il
COMITÉ DE LECTURE 3.3001 00227799 3
MM. BOIDIN, J. (Lyon), CAILLEUX, R. (Paris), Mme CHARPENTIÉ, M.J. (Paris),
MM. GAMS, W. (Baarn, Hollande), JOLY, P. (Paris), MANGENOT, F. (Nancy),
MOREAU, CI. (Brest), MOUCHACCA, J. (Paris), Mme NICOT, J. (Paris), M. EE
D.N. (Kew, G.B.), Mme PERRFAU, J. (Paris), Mme ROQUEBERT M.F. (Paris),
M. SUTTON, B.C. (Kew, G.B.)
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION: Madame J. NICOT
ADMINISTRATION : Mme LOCQUIN-LINARD M. et M. ZAMBETTAKIS Ch
SECRÉTAIRE DE RÉDACTION: Mme M.F. ROQUEBERT. ÉDITEUR: A.D.A.C
Copyright © 1982. Cryptogamie Mycologie \
Source :MNHN. Paris
CRYPTOGAMIE MYCOLOGIE
CONTENTS
(Tome 3, Fasc. 2, 1982)
M. CHADEFAUD. — Ascocarps organisation and evolution. (Il) ...... 199
A. DAVID et B. DEQUATRE. — Polyporus tunetanus (Pat.) Sacc. & D.
Sacc. : a scarce Polyporaceae from southern countries ............ 237
J.P. CHAUMONT et J. SIMERAY. — Antifungal properties of 225 Basi-
diomycetes and Ascomycetes against 7 phytopathogens cultivated
BE NO nei ROADS 249
A. BELLEMERE & J. HAFELLNER. — Ultrastructural study of bituni-
cate asci in Hysterographium fraxini (Pers. ex Fr.) de Not. (Ascomy
cete, Hysteriales) : wall development and dehiscence ............. 261
EE 297
Source : MNHN. Paris
199
LES PRINCIPAUX TYPES D'ASCOCARPES :
LEUR ORGANISATION ET LEUR ÉVOLUTION
Troisiéme partie :
LES PYRÉNOCARPES
par Marius CHADEFAUD*
RÉSUMÉ. — En partant des Dothiora et en utilisant, comme pour les Discocarpes (2ème
partie), les notions de gynocarpe et de carpocentre, on peut distinguer, du point de vue
ontogénique :
1) Les Pyrénocarpes des Pyrénomycétes ascoloculaires, savoir : A. des Dothidea aux
Mycosphaerella: types dothidéens et mycosphaerelliens; B. des Dothidella aux Microthyria-
cées : types pléosporiens (Dothidella; Botryosphaeria et Cucurbitaria; Leptosphaeria et
Pleospora; Hystériacées) et type astérinien.
2) Les Pyrénocarpes des Pyrénomycètes ascohyméniaux : A. type para-ascothécien
non nectrioide (Bertia); B.type para-ascothóécien nectrioide (Nectriales); C. types eu-
ascothéciens (— sphaeriacéens) des Xylariales, Diatrypales, Diaporthales et Sordariales,
3) Les Pyrénomycétes périsporiés et plectascés, résultant d'une évolution régressive à
partir d'Ascoloculaires ou d'Ascohyméniaux.
SUMMARY. — Using the ideas of gynocarp and carpocentrum, as for the discocarps (cf.
second part) one may distinguish, from the ontogenical point of view, from Dothiora :
1) Pyrenocarps of ascolocular Pyrenomycetes : A. from Dothidea to Mycosphaerella
dothidean and mycosphacrellean types; B. from Dothidella to Microthyriaceae : pleospo-
rean types (Dothidella; Botryosphaeria and Cucurbitaria; Leptosphaeria and Pleospora;
Hysteriaceae) and asterinean type.
2) Pyrenocarps of ascohymenial Pyrenomycetes : A. non nectrioid para-ascothecian
type (Bertia); B. nectrioid para-ascothecian type (Nectriales); C. eu-ascothecian (= sphac-
riacean) types of Xylariales, Diatrypales, Diaporthales and Sordariales.
3) Perisporiacean and plectasceous Pyrenomycetes, resulting from a regressive evolution
from Ascolocular or Ascohymeniales.
* Laboratoire de Cryptogamie, Université Paris VI, 9 Quai St.-Bernard, 75005 Paris (France)
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 3 (1982).
a Source : MNHN. Paris
200 M. CHADEFAUD
1. — DONNÉES PRÉLIMINAIRES
Couramment appelés périthéces (l. sensu), les pyrénocarpes sont les fructi-
fications à asques des Pyrénomycétes, lesquels forment un groupe complexe
et polyphylétique. Ils ne sont ouverts à maturité que par un ostiole étroit en
forme de pore ou de fente. Chez diverses espèces, qualifiées de Périsporiées,
ils ne s'ouvrent pas du tout : les ascospores sont libérées par la destruction de
leur paroi. Chez d'autres, périsporiées ou non, qualifiées de Plectascées, les
asques y sont disposés sans ordre défini.
En 1951, LUTTRELL (195142) a distingué et défini les divers types de pé
thèces observables chez ces Champignons. En 1960, nous nous sommes inspiré
de cet excellent travail, mais ici nous nous placerons d'un autre point de vue :
comme pour les discocarpes, nous partirons des Dothiora (cf. 1ère partie, fig. 4,
À et B), eux-mêmes comparés aux pachy-acervules des Coryneum et des formes
analogues (id., C), et nous essayerons de ranger les gynocarpes des divers Pyré-
nomycétes en les enchainant les uns aux autres, Mais nous ne pourrons pas le
faire comme s'ils appartenaient à une série évolutive unique, car il nous faudra
distinguer :
1. les Pyrénomycétes ascoloculaires, ou Loculoascomycétes, dont les carpo-
centres sont comparables à ceux des Discomycètes non parathéciens, et logés
directement dans une cavité, ou locule à asques, du gynocarpe : types dothidéen
et mycosphaerellien, puis types pléosporien et astérinien.
2. les Pyrénomycétes ascohyméniaux, ou Pyrénomycètes ascothéciens dont
les carpocentres dérivent d'un appareil arbusculaire ou glomérulaire, qui produit
autour d'eux une ascothécie : types Bertia, et Coronophora (?) et types nectrioi-
des, qui ne sont encore que pré-ascothéciens, puis types sphaeriacéens, qui sont
typiquement ascothéciens. Comme on l'a vu à propos des Discomycétes Pézi-
zéens operculés, il semble y avoir une parenté entre les Ascothéciens et ceux-ci.
3. enfin, les types périsporiés et plectascés qui selon nous sont le résultat
d'évolutions régressives (CHADEFAUD, 1960) et qui ne seront étudiés que
sommairement dans le présent mémoire.
Concernant les asques, sauf exception, les Ascoloculaires sont bituniqués-
nassascés (avec nasse apicale pas toujours distincte); les Ascohyméniaux sont
unituniqués-annellascés (avec anneau apical amyloide ou chitinoide, mais
pas toujours différencié (cf. CHADEFAUD, 1960, et cf. 2ème partie, fig. 3).
Il. ~ PYRENOMYCETES ASCOLOCULAIRES (= NON ASCOTHECIENS)
A) DES DOTHIDEA AUX MYCOSPHAERELLACEES :
types A = types dothidéen et mycosphaerellien.
Ascoloculaires à carpocentres non arbusculaires ou glomérulaires, sans péri-
locule.
Source : MNHN. Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET ÉVOLUTION (III) 201
— Pyrénomycétes bituniqués des familles des Dothidéacées, Pringsheimiaces et
Mycosphaerellacées, dans lesquelles le carpocentre est réduit à un nodule portant
un bouquet d'asques. sans filaments interascaux. Des Dothidéacées aux Myco-
sphaerellacées. évolution régressive, extreme chez celles-ci
a) Dothidea (fig. 1, A à E)
Gynocarpe encore semblable à celui des Dorhiora, avec l'aspect d'un petit
stroma noir rond et plat, à structure encore nettement palissadique, et compre-
nant un socle (réceptacle) para-plectenchymateux, plus ou moins distinct, puis
Fig. 1. — Gynocarpes des Dorhidea (A à E) et du Pringsheimia sepincola (F) (schémas,
d'aprés LUTTRELL, 1951b et PARGUEY-LEDUC, 1966). A. Dothidea : ascocarpe. De
bas en haut, réceptacle (socle) piectenchymateux: partie basale de l'enveloppe palissa-
dique; couche carpocentrale. avec locules à asques: partie tectale de l'enveloppe: B
Dothidea tetraspora : couche carpocentrale avec sporulation (abortive) dans toutes ses
cellules: loculocentres autour des ascogones: C. Dothidea puceinioides (— collecta) : id...
mais sporulation (abortive) seulement dans les loculocentres, autour des ascogones; D.
File de cellules carpocentrales (ou loculocentrales) avec sporulation (abortive) produisant
des cellules nourriciéres; E. Locule à asques : bouquet d'asques sur un petit massif
sporophytique; F. Pringsheimia : couche carpocentrale réduite à des catpocentres sépa-
rés. complétement transformés chacun en un loculocentre (en général, un seul carpo-
centre par gynocarpe).
Source : MNHN, Paris
202 M. CHADEFAUD
trois couches palissadiques qui sont : les couches tectale et basale de l'enveloppe
gynocarpique, mélanisées, et entre les deux, la couche carpocentrale hyaline.
Filaments palissadiques coalescents, traversant ces trois couches (fig. 1, A).
Dans la couche tectale, formation de petits centres spermogoniaux dont
les cellules, par une sporulation endogéne (fig. 1, D) produisent et émettent
des spores spermatogénes, qui ensuite bourgeonnent les spermaties (probable-
ment non fonctionnelles).
Dans la couche carpocentrale, complexe fertile femelle représenté par des
ascogones séparés, isolés ou groupés par deux, uninucléés chez le D. tetraspora,
et pourvus chacun d'un trichogyne cloisonné transversalement (cf. LUTTRELL,
1951 b, puis PARGUEY-LEDUC, 1966).
Chez le D. tetraspora, selon PARGUEY-LEDUC, toutes les cellules de cette
couche sont le siège d'une sporulation endogene abortive (fig. 1, B et D), don-
nant des cellules nourricières au lieu de spores. Autour des ascogones, ces cellules
jouent effectivement un rôle nourricier, pour les ascogones eux-mêmes et les
appareils sporophytiques qu'ils engendrent. Elles constituent ainsi un centre
nourricier qui est un centre loculaire, dont la lyse produit une locule à asques,
logeant l'appareil sporophytique et les asques. Cette locule n'est pas entourée
d'une périlocule (fig. 1, E).
Chez le D. puccinioides (— D. collecta), sans doute plus évolué, c'est seule-
ment dans les centres loculaires que, selon LUTTRELL (1951 b), se produit la
sporulation abortive donnant les cellules nourriciéres (fig. 1, C).
b) Pringsheimia (fig. 1, F)
Chez ces Champignons, l'évolution régressive ainsi amorcée est poussée plus
loin. D'abord, au lieu d'une couche carpocentrale continue, il s'est formé plu-
ieurs carpocentres séparés, logés chacun dans un épaississement du gynocarpe,
qui constitue un périthéce. Ensuite, le gynocarpe s'est réduit, de facon à ne plus
contenir qu'un seul carpocentre (rarement plusieurs), donc à la fin une seule
locule. Selon PARGUEY-LEDUC (1966) celle-ci est tout-à-fait comparable à
celle des Dothidea.
c) Mycosphaerella (fig. 2
Chez les Mycosphaerellacées, l'évolution régressive a été poussée encore
beaucoup plus loin, jusqu'à un point extréme. On peut la décrire ainsi : 1.
gynocarpes devenus trés petits, de facon à constituer chacun un seul périthéce,
uniloculaire: 2. disparition de la couche tectale; réduction de la couche carpo-
centrale à un système de filaments séparés, portés par la couche basale; 3.
redressement des bords de la couche basale, la transformant en une coupe à
orifice très étroit, constituant la paroi du périthèce et son ostiole. Dans le péri-
théce ainsi constitué, les filaments représentant le carpocentre peuvent étre
aussi bien pendants que dressés; sur le fond, au centre, sont insérés un ou plu-
sieurs ascogones, généralement pourvus de trichogynes (fig. 2, A à C).
Les filaments pendants ne doivent pas être homologués aux pseudo-para-
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET EVOLUTION (III) 203
physes, également pendantes, des Pyrénomycétes ascoloculaires, qui dépendent
de la périlocule et non du gynocarpe. Chez le M. maculiformis, ils sont nom-
breux et serrés; leur ensemble rappelle ainsi le tissu carpocentral paraphysoide
des Dothiora.
GO |
Fig. 2. — Gynocarpes des Mycosphaerella (d'aprés HIGGINS, 1929 et 1936 et BARR, 1958;
interprétation personnelle). A à C. Du type Dothidea au type Mycosphaerella : réduc-
tion à un carpocentre unique; suppression de la partie tectale de l'enveloppe; réduction
de la palissade carpocentrale à un simple systéme de filaments séparé: formation
arbusculaire (— dendroide) du gynocarpe; en C: transformation en un périthéce (schéma);
D. Primordium arbusculaire (M. personata, conidiocarpe; cf. stade B); E. Primordium
glomérulaire (M. bolleana, gynocarpe).
D'autre part, pour la formation de la paroi périthéciale, c’est-à-dire de la
couche basale du gynocarpe, la structure palissadique, primitive, a été remplacée
par une structure arbusculaire (= dendroide), schématisée par la fig. 2, D.
Toutefois, cette structure elle-méme n'est pas toujours reconnaissable, de sorte
que le primordium du perithece peut étre plus ou moins glomérulaire (fig. 2, E).
Chez certaines espéces, à cóté des gynocarpes existent des androcarpes, qui
sont des spermogonies productrices de spermaties. Chez le M. tulipiferae, selon
HIGGINS (1936) ils sont organisés comme les gynocarpes, mais leurs filaments
carpocentraux sont spermatogènes : leur cellules produisent des spermaties, à
peu prés comme celles des centres spermogoniaux des Dothidea : par un mode
endogène il s'y forme des spores spermatogènes, qui ensuite bourgeonnent les
spermaties. Celles-ci seraient fonctionnelles chez le M. tulipiferae.
La structure arbusculaire des gynocarpes préfigure celle, également arbuscu-
laire, du carpocentre des Pyrénomycétes ascothéciens.
Source : MNHN, Paris
204 M. CHADEFAUD
B) DES DOTHIDELLA AUX MICROTHYRIACEES :
types B — types pléosporiens (B1) et astériniens (B2).
Pyrénomycètes ascoloculaires à carpocentres pourvus d'une périlocule er, en
principe, de pseudo-paraphyses.
Bi. Types pléosporiens, à tectum gynocarpique non radiaire : Dothidella;
Botryospbaeria et Cucurbitaria; Leptospbaeria et Pleospora; Hystériacées.
Carpocentres non arbusculaires ni glomérulaires: périlocule à pseudo-para-
physes; enveloppe gynocarpique complète, avec tectum non radiaire et plancher;
gynocarpe le plus souvent subdivisé en pyrénosphéres uniloculaires, ou réduits
à une telle pyrénosphére, qui est un périthéce.
Gynocarpe en principe palissadique, mais diversement modifié ox réduit
chez les formes évoluées; - carpocentre entouré ou non d'une enveloppe carpo-
centrale, qui remplace l'enveloppe gynocarpique chez certaines formes évoluées;
- périlocule composée d’une cloche sus-hyméniale et d'un ménisque sous-hymé-
nial; - sommet de la cloche méristématique engendrant, d'une part un appareil
ostiolaire (col, ostiole, périphyses), d'autre partdes pseudo- paraphyses à déve-
loppement descendant (donc pendantes); -asques bituniqués, à nasse apicale
pas toujours distincte, plus ou moins nettement disposes en un hymenium;
- pas de vraies paraphyses.
Évolution jalonnée par les genres et espéces suivants, auxquels s'ajoutent
les Hystériacées :
a) Dothidella (=
Cette espèce illustre ce qu'a pu être le passage des types A, notamment celui
du Pringsheimia sepincola, aux types B. En effet : 1. comme chez le Pringshei-
mia, elle « pour gynocarpe un disque stromatique noir et palissadique, contenant
des carpocentres séparós. Toutefois, ceux-ci sont plus nombreux; il y en a
toujours plusieurs au lieu d'un seul; 2. de chaque carpocentre dérive une locule
à asques, mais elle est entourée d'une périlocule, comportant une cloche, d'où
pendent des pseudo-paraphyses et un ménisque, portant l'appareil sporophytique
et les asques.
Ainsi, si on laisse de côté le nombre des carpocentres, et donc des locules,
le Dothidella diffère surtout du Pringsheimia par la formation de cette périlo-
cule, et des pseudo-paraphyses, qui en dépendent, et c'est par là qu'il est du type
B, au lieu du type A.
Dans le détail, chaque carpocentre est constitué, d'abord (fig. 3, A), par
un tissu nourricier paraphysoïde (filaments verticaux parallèles), dont la partie
périphérique devient la périlocule, tandis que la résorption de la partie centrale
donne la locule à asques (id., B).
Yystrema) ulmi (fig. 3)
Une organisation analogue, avec gynocarpe également palissadique, a été
décrite par PARGUEY-LEDUC (1966), chez le Coleroa chaeromium, le Stig
matea robertiani et le Microthelia fusispora, espèces chez lesquelles, toutefois,
Source : MNHN, Paris
ASCOCARBES : ORGANISATION ET EVOLUTION (III) 205
les gynocarpes, trés réduits, renferment chacun un unique carpocentre, puis se
renflent pour former un périthéce, contenant la locule dérivée de celui-ci.
Chez le Stigmatea et le Coleroa, ce périthéce est globuleux; il est conique chez
le Microthelia.
Fig. 3. — Gynocarpes du Dothidella ulmi (fig. demi-schématique; d'aprés PARGUEY-
LEDUC, 1966). A. Stade jeune : gynocarpe (g) palissadique; carpocentre (cp) avec
enveloppe périloculaire, entourant un loculocentre composé de paraphysoides verticaux,
à róle nourricier; cloche tectale (cl) déjà distincte; B. Stade plus agé : loculocentre
résorbé, remplacé par une locule à asques; enveloppe périloculaire avec cloche (cl) et
ménisque (m); pseudo-paraphyses (sp) produites par la cloche; appareil sporophytique
(en noir) sur le ménisque.
b) Les Botryosphaeria et Cucurbitaria (fig. 4)
Genres dans lesquels on observe une évolution assez complexe des gyno-
carpes, qui a abouti à des ascocarpes de types différents, avec cette particularité
que cette évolution s'est manifestée, non seulement selon les espéces, mais
aussi parfois dans chacune d'elles, alors pourvue d'ascocarpes différents les
uns des autres. Cette particularité a beaucoup compliqué la systématique; elle
a en effet parfois conduit à considérer comme espéces distinctes des formes qui,
en réalité, n'étaient que celles d'une espéce unique : v. à ce sujet PARGUEY-
LEDUC, 1966, p. 575-577. Laissant de cóté les problémes taxinomiques ainsi
posés, voici les stades principaux de l'évolution des Botryosphaeria et Cucurbita
ria, présentés de la façon suivante :
1. Stade probablement primordial, encore analogue à celui du Dothidella
ulmi : gynocarpe palissadique noir, contenant des carpocentres séparés; tissu
carpocentral composé de cellules nourriciéres, dérivées de cellules de la palissade
Source : MNHN, Paris
206 M. CHADEFAUD
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Fig. 4. — Gynocarpes des Botryosphaeria et Cucurbitaria. A. Botryosphaeria dothidea :
gynocarpe palissadique, carpocentre, ascogones et trichogynes (en A1); locule à asques,
cloche (d) et ménisque (m). pseudo-paraphyses et appareil sporophytique (en noir, en
A2) (schémas d'aprés PARGUEY-LEDUC, 1966); B. Botryosphaeria melanops : récep-
tacle (r) (socle), gynocarpe (g) palissadique, locules à asques (avec périlocules): C. Bo-
tryosphaeria berengeriana : réceptacle (r) (peu net), gynocarpe (g) palissadique, pyréno-
sphéres (py) pédicellées (schéma, d'aprés MÜLLER et von ARX, 1950); D. Cucurbi-
taria berberidis : réceptacle (r) et pyrénosphére (py) pédicellée; carpocentre (cp) en
formation dans le sommet de la pyrénosphére (schéma, d'aprés PARGUEY-LEDUC,
1966); E. Physalospora : pyrénosphère apostromienne (schéma)
Source : MNHN. Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET ÉVOLUTION (III) 207
par une «sporulation abortive» (cf. Dothidea; ces cellules perdent leur paroi,
toutefois elles ne se divisent pas); ensuite, transformation de chaque carpocentre
en une locule à asques, avec périlocule typique (cloche, pseudo-paraphyses, et
ménisque). Sous le gynocarpe palissadique, pas de receptacle plectenchymateux.
Ce stade est observable chez le Botryosphaeria dothidea (fig. 4, A1 et A2)
(cf. PARGUEY-LEDUC, 1966) chez lequel : 1. le gynocarpe est garni de saillies
coniques, contenant chacune le sommet d'un carpocentre; 2. des locules pycni-
diennes (à spermaties?) sont intercalées entre les locules à asques.
2. Stade semblable au précédent, mais gynocarpe palissadique porté par un
réceptacle plectenchymateux: carpocentres, puis locules, dans le gynocarpe.
Observable chez le Botryosphaeria melanops (fig. 4, B).
3. Comme au stade précédent, gynocarpe palissadique sur un réceptacle
(plus ou moins épais), mais en outre subdivisé en colonnes devenant chacune
une pyrénosphére, soit sessile, soit pédicellée; dans chaque pyrénosphére, un
carpocentre, puis une locule à asques. La formation de la pyrénosphére résulte
de la croissance en diamétre de la partie sommitale, ou sub-sommitale, de la
colonne palissadique; cette croissance y fait disparaitre cette structure, qui
devient plectenchymateuse. Observable chez :
- le Botryosphaeria berengeriana (fig. 4, C), à pyrénosphéres assez longue-
ment pédicellées, et parfois plus ou moins coalescentes (MÜLLER et v. ARX,
1950). Leur coalescence raméne, partiellement, au cas du B. melanops, chez
lequel elles ne sont pas individualisées;
— le Cucurbitaria berberidis (fig. 4, D), à pyrénosphères très brièvement
pédicellées (PARGUEY-LEDUC, 1966). Sauf au début, le pédicelle n'est presque
pas distinct; chaque pyrénosphére prend alors la forme d'une masse globuleuse,
mais c'est dans la partie sommitale de cette masse que se forme le carpocentre.
Elle représente donc la pyrénosphére proprement dite, à laquelle le pedicelle
sous-jacent est incorporé.
4. Enfin, au dernier stade, une évolution régressive a fait disparaitre le récep-
tacle et le gynocarpe palissadique; ne subsistent que les pyrénosphères, globu-
leuses et non distinctement pédicellées, produites directement par le mycélium.
Ce stade est celui ;
— du Cucurbitaria laburni, à périthéces encore groupés en amas, qui ances-
tralement ont dà étre produits chacun par un gynocarpe palissadique;
— des Physalospora, à périthèces épars, aujourd'hui considérés comme des
Botryosphaeria évolués (P. affinis, gregaria, betulina, festucae, etc.) (Fig. 4, E)
En 1960, nous avions donné une nomenclature selon laquelle les Dothidella,
Botryosphaeria dothidea et B. melanops auraient été «endostromiens» (carpo-
centres dans le stroma gynocarpique); -les B. berengeriana et C. berberidis
auraient été «ectostromiens» (carpocentres dans des pyrénosphères portées par
le stroma et extérieurs à celui-ci); - et les Physalospora «apostromiens» (pyré-
nosphéres sans stroma producteur). A ce dernier stade, l'ascocarpe est un péri-
théce, au sens usuel.
Source - MNHN. Paris
208 M. CHADEFAUD
c) Les Leptosphaeria et Pleospora (fig. 5 et 6)
Évolution comparable à celle des Botryosphaeria et Cucurbitaria mais plus
poussée, aboutissant, du moins en apparence, au stade «apostromien», et en
outre doublée d'une évolution du «primordium» à partir duquel se forme
chacune des pyrénosphères (= des périthèces*).
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Fig. 5. — Gynocarpes de Leptosphaería. A. L. sambuci : gynocarpe palissadique, avec
l'emplacement du futur carpocentre; B. L. acuta : réceptacle (socle). pyrénosphére,
carpocentre avec cloche et pseudo-paraphyses, ménisque et appareil sporophytique
(en noir), col avec périphyses: C. L. rusci : gynocarpe palissadique (colonne palissadique
(gp) se transformant en un carpocentre nu (cp); D. Id. : stade plus avancé : carpocentre
nu, avec cloche et pseudo-paraphyses, et ménisque transformé en une enveloppe carpo
centrale (non gynocarpique): appareil sporophytique en noir.
(schémas d'aprés PARGUEY-LEDUC, 1960 et 1966)
* Les Pleospora, et surtout les Leptosphaeria, sont polyphylétiques, et on sait que le g
Leptosphaeria a êté démembré
Source : MNHN. Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET ÉVOLUTION (III) 209
1. Pour les périthéces, on trouve, en effet :
au départ de l’évolution, chez le Leptosphaeria sambuci (selon PARGUEY-
LEDUC, 1966) une organisation rappelant le Botryosphaeria dothidea, donc
aussi le Dothidella : petit gynocarpe palissadique contenant un carpocentre,
puis une locule à asques avec périculole typique, à pseudo-paraphyses (fig. 5, A).
ensuite, chez le L. doliolum (d'aprés les dessins de MÜLLER, 1950) une
organisation comparable à celle du Cucurbitaria berberidis : mince réceptacle
(= socle) plectenchymateux portant une pyrénosphere palissadique, contenant
un carpocentre, puis une locule à asques avec périlocule typique à pseudo-para-
physes. La pyrénosphere est sessile, mais séparée du réceptacle par un sillon
circulaire, et sa partie apicale, formant le col du périthéce, perd la structure
palissadique pour devenir plectenchymateuse.
Chez le L. acuta, dont la structure est analogue (selon PARGUEY-LEDUC,
1966) c'est la totalité de la paroi périthéciale qui est ainsi plectenchymateuse :
la structure ancestrale palissadique a disparu (fig. 5, B).
Chez ces deux espéces, au cours du développement, réceptacle et perithece
forment d'abord une masse unique; ils ne deviennent distincts que secondai-
rement.
enfin, chez la plupart des espéces, telles que le L. appendiculata, les
périthéces sont de méme entiérement plectenchymateux, mais le réceptacle
demeure tout-à-fait indistinct.
Ce dernier cas est aussi celui des Pleospora, ainsi que des Didymospheria
(selon PARGUEY-LEDUC, 1966) des Sporormia (selon MORISSET, 1963),
etc. Toutefois, chez le Pleospora herbarum, les dessins de PARGUEY-LEDUC
(1966) montrent que le carpocentre se différencie dans la région apicale du
jeune périthéce globuleux (fig. 6, A). Cela rappelle le Cucurbitaria berberidis,
et semble montrer que, comparativement à ce dernier, seule cette partie a la
valeur d'une pyrénosphére, sous laquelle le reste du périthéce peut représenter
son pédicelle et le récaptacle générateur.
2. Chez quelques espéces telles que le Leptosphaeria rusci, une surévolution
a cependant conduit à des pyrénosphéres différentes de celles des Botryosphae-
ria et Cucurbitaria, non seulement parce qu'elles naissent directement du mycé-
lium (cf. Physalospora), mais en outre parce qu'elles demeurent incomplétes,
presque réduites à un carpocentre.
Chez le L. rusci, en effet, chacune d'elles est d'abord constituée par un petit
faisceau palissadique, sans doute homologue à celui qui forme chacune des
pyrénosphères pédicellées du Botryosphaeria berengeriana, mais ensuite tout
ce faisceau, sauf son sommet, se transforme en un carpocentre. Celui-ci s'entoure
d'une enveloppe carpocentrale qui, formée aux dépens de ses cellules périphé-
riques, remplace l'enveloppe des pyrénosphéres normales, dépendante du gyno-
carpe. Ensuite il devient un carpocentre normal, et à pseudo-paraphyses (fig. 5,
Cet D).
Une évolution régressive analogue, mais moins radicale, s'est produite chez
le Leptosphaeria michotii, et aussi chez le Venturia myrtilli, espéces étudiées
Source - MNHN. Paris
210 M. CHADEFAUD
Fig. 6. — Gynocarpe (A), primordiums (B et C) et pyrénosphére hystérioide (D). A. Pleo
‘spora herbarum : gynocarpe avec carpocentre dans sa partie supérieure (cf. Cucurbitaria
berberidis (fig. 4, D); carpocentre avec cloche et pseudo-paraphyses, ménisque et appareil
sporophytique (en noir) (schéma d'aprés PARGUEY-LEDUC, 1966); B. Primordium
avec axe fusiforme et glomérule de filaments latéraux (schéma); C. Primordium réduit
à un axe globuleux (Leptosphaeria typhae); D. Hystériacée : pyrénosphère vue de face,
avec zones d'accroissement en longueur (z et z’) et fente de déhiscence; coupe de cette
pyrénosphére, avec cloche, pseudo-paraphyses et ménisque (schéma d'aprés LUTTRELL,
1953)
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET EVOLUTION (III) 211
par PARGUEY-LEDUC (1966).
3. En ce qui concerne le primordium des périthéces, au cours de l'évolution,
le gynocarpe palissadique primitif a été remplacé par une formation «stromato-
glomérulaire». Cela rappelle le cas des Mycosphaerella (v. fig. 2), mais le méca-
nisme évolutif semble avoir été différent. Il ne peut d'ailleurs guére étre qu'íma-
giné; faute de mieux. il semble pouvoir étre présenté ainsi (fig. 6) : un trongon
d'une hyphe. qui peut en étre l'extrémité, se renfle et, par des bipartitions de
ses cellules se transforme en un axe parenchymateux, fusiforme ou globuleux;
de cet axe naissent des filaments latéraux, qui l'enveloppent en se pelotonnant;
on obtient ainsi un primordium à axe parenchymateux et enveloppe gloméru-
laire (fig. 6. B).
On peut penser qu'axe et filaments latéraux forment l'équivalent d'un appa-
reil arbusculaire, rappelant un peu celui des Mycosphaerella (cf. fig. 2). Mais
on peut aussí remarquer que l'axe parenchymateux rappelle les macroconidies
cloisonnées «en mur» (= dictyospores) de divers Imperfecti : Alternaria, Macro-
sporium, Peyronellaea, etc.; les filaments latéraux seraient alors comparables à
des filaments germinatifs. Quoi qu'il en soit, il est assez probable que, fondamen-
talement, de l'axe dérivait le carpocentre de la pyrénosphére, tandis que le pe-
loton recouvrant (grossi ou non d'hyphes végétatives) en donnait l'enveloppe.
Mais en fait, selon les-espèces, il y a eu des variantes, savoir : 1. axe et peloton
tous les deux normalement développés, ce qui est le cas sans doute fondamental
(L. michotii L. appendiculata); 2. axe seul présent, dont la partie interne donne
le carpocentre, tandis que la partie externe forme la paroi de la pyrénosphére :
L. typhae (fig. 6, C), Pleospora herbarum, Sporormia leporina; 3. axe indistinct,
peloton seul nettement présent, dont la partie interne donne le carpocentre
et la partie externe l'enveloppe (L. typharum, L. acuta, ...).
On remarquera que dans le cas fondamental (1) l'enveloppe est encore gyno-
carpique. tandis que dans le cas sans peloton (2) c'est en réalité une enveloppe
carpocentrale, formée par la partie externe du carpocentre dérivé de l'axe,
Quant au troisiéme cas, on en retrouvera un équivalent chez les Pyrénomycétes
ascohyméniaux (= Pyrénomycètes ascothéciens).
d) Les Hystériacées, a lirelles
Chez elles aussi, le gynocarpe se réduit à une pyrénosphére, sans pédicelle ni
stroma palissadique générateur, mais cette pyrénosphére s'accroit selon un de
ses diamètres, par le jeu de zones d'accroissement situées aux extrémités de
celui-ci. Elle devient ainsi une lirelle, de forme elliptique allongée, dont la
déhiscence s'effectue par une fente, située le long du grand axe de l'ellipse
(fig. 6, D). Là encore, du carpocentre dérive une locule à asques avec périlocule
comprenant une cloche, des pseudo-paraphyses et un ménisque (LUTTRELL,
1953).
On notera ici que la morphologie elliptique, avec fente de déhiscence, due à
deux zones d’accroissement diamétralement opposées, se retrouve dans d'autres
groupes, par le fait d'une évolution convergente; Pléosporacées du genre Rhopo-
graphus; Hypodermales des genres Hypoderma, Lophodermium et Clithris;
Source : MNHN. Paris
212 M. CHADEFAUD
Pyrénolichens du genre Opegrapha; Discolichens du genre Graphis, etc. Chez
ceux-ci, les ascocarpes (— lirelles) peuvent être ramifiés, par suite du fonctionne-
ment de plusieurs zones de croissance sur leurs bords.
B2. Type astérinien, à tectum gynocarpique pourvu d'une structure radiaire
(fig. 7, A).
Ce type est réalisé d'une facon imparfaite chez les Stigmatéacées (genre Stig-
matea), plus parfaite chez les Microthyriacées (genres Parmularia, Microthyrium,
etc...) qui sont toutes &piphytes ou parasites de végétaux.
Enveloppe gynocarpique à tectum radiaire noir, encore pourvue d'un plan-
cher chez les Stigmatéacées, mais non chez les Microthyriacées; périlocule com-
posée, comme dans le type B1, d'une cloche sus-hyméniale génératrice de pseu-
do-paraphyses et d'un ménisque sous-hyménial, mais celui-ci existe seulement
chez les Stigmatéacées, non chez les Microthyriacées; pas de paraphyses vraies;
asques bituniqués.
Parenté possible (?) avec le type B1, suggérée par :
1. Certains Leptosphaeria, par ex. L. acuta, dont l'enveloppe gynocarpique
(paroi des périthéces) comporte une couche externe noire, à structure radiaire,
préfigurant peut-être (7) le tectum radiaire du type astérinien;
2. Les Leptosphaeria rusci et michotii et le Venturia myrtilli, chez lesquels
cette enveloppe se réduit, au cours du développement, à son tectum (trés réduit)
et n'a donc plus de plancher, comme celle des Microthyriacées (cf. fig. 5, Cet D).
Fig. 7. — Pyrénocarpes du type astérinien (I) : A. Portion d'un tectum radiaire; B à E.
Évolution du Parmularia styracis (B) au Parmulina asterophora (C), puis au Cycloschizon
alixiae (D), enfin au Microthyrium microscopicum ou au Myiocopron smilacis (E);
F. Évolution par condensation à partir du type pluriloculaire ancestral : coupe trans-
versale d'une locule de Parmularía ou de Parmulina (schéma); G. Coupe d'un Micro
thyrium ou d'un Myiocopron
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET ÉVOLUTION (III) 215
Évolution chez les Microthyriacées, épiphytes sur des plantes le plus souvent
des régions humides, tropicales ou parfois montagnardes (cf. ARNAUD, 1918
et 1931, et CHADEFAUD, 1960) :
a) Parmularia, Parmulina, Cycloschizon, Microthyrium et Myiocopron
(fig. 7)
Gynocarpes discoides, engendrés par un mycélium interne, mais externes
par rapport à l'hóte, et en principe pluriloculaires, constitués par une columelle
centrale, qu'entoure un cycle de carpocentres, puis de locules à asques, allongés
radialement. Marge du gynocarpe en principe lobée (un lobe par carpocentre);
locules sans appareil ostiolaire, s'ouvrant chacune par une fente radiale (fig. 7).
Cette structure est typiquement réalisée chez le Parmularia styracis (fig. 7,
B). Chez le Parmulina asterophora, les extrémités proximales des locules sont
réunies en un anneau entourant la columelle (id., C). Chez le Cycloschizon
alixiae ne subsiste que cet anneau (id., D). Chez le Microthyrium microscopi-
cum et le Myocopron smilacis, il n'y a plus de columelle : la locule annulaire
est donc transformée en une locule ronde, unique, s'ouvrant par un pore arrondi
lid., E). Il y a ainsi condensation d'une structure pluriloculaire radiaire en une
structure uniloculaire.
Chez le Parmularia, le Parmulina et le Cycloschizon, dans les locules, les
asques sont dressés; chez le Microthyrium et leMyiocopron, ils sont couchés,
leurs sommets dirigés vers le centre du gynocarpe, et dans celui-ci la columelle
est remplacée par un faisceau de pseudo-paraphyses (fig, 7, F et G). Chez le
Microthyrium au mycélium interne s'ajoute un mycélium externe.
b) Rhipidocarpon, Balansina, Lembosia, Aulographum (fig. 8)
Au lieu d'une condensation de la structure pluriloculaire radiaire en une
structure uniloculaire, il y a chez ces genres une subdivision du gynocarpe
pluriloculaire en pyrenospheres uniloculaires allongées, s'ouvrant par une fente
longitudinale, à la fagon des lirelles des Hystériacées. De plus, il y a addition,
puis substitution d'un mycélium externe au mycélium interne, et dés lors les
pyrénosphères lirelliformes sont engendrées par le mycélium externe, sous celui-
ci. Il y a là une adaptation probable aux climats humides.
Chez le Rhipidocarpon javanicum (fig. 8, A), la structure discoïde plurilo-
culaire ancestrale est encore très reconnaissable, mais le disque gynocarpique
radiaire est subdivisé en secteurs séparés. Ces secteurs sont engendrés par un
stroma interne qui, produit par le mycélium interne, équivaut peut-être (?)
au réceptacle d'espèces du type B1, telles que les Botryosphaeria melanops
et berengeriana (cf. fig. 4). Pas de mycélium externe.
Chez le Balansina dothidea, le gynocarpe discoide est subdivisé en pyréno-
sphére lirelliformes, encore disposees en un cycle radiaire (fig. 8, B). Chez le
Lembosia rubiacearum, elles sont encore groupées, mais disposées sans ordre
üd., C). Chez d’Aulographum hederae des feuilles mortes du Lierre, elles sont
dispersées (id., D).
Source : MNHN, Paris
214 M. CHADEFAUD
Fig. 8. — Pyrénocarpes du type astérinien (Il). Evolution du Rhipidocarpon javanicum (A)
au Balansina dothidea (B), puis au Lembosia rubiacearum (C) et à l'Aulographum hederae
(D). Évolution par dislocation et dispersion du type pluriloculaire ancestral.
c) Types plus ou moins voisins du type B2.
Dans le type Elsinoe, il n’y a pas de locules dans le gynocarpe : les asques se
developpent directement dans le tissu gynocarpique (Atichia, Elsinoe, Myrian-
gium ..) ce qui peut être l'indice d'un type primitif, à rapprocher de celui des
Dothiora, ou au contraire le résultat d'une évolution régressive très poussée.
D'autre part, selon JANEX-FAVRE (1970), on pourrait rapprocher des Micro-
thyriacées les Champignons des Lichens Verrucariens du genre Arthopyrenia,
car chez l'A. fallax : 1. chaque périthéce (7 pyrénosphére) se développe à partir
d'un gynocarpe discoide, lenticulaire (mais sans tectum radiaire); 2. ce gyno-
carpe n'a pas de plancher, et le carpocentre, puis la locule à asques, n'ont pas
de ménisque sous-hyménial; 3. dans la locule, les asques sont disposés en un
cycle, et ils sont bituniqués. Toutefois, le périthéce des Verrucariens a une
structure particulière, avec manchon pleural sans doute parathécioïde, ce qui
en fait un discocarpe sub-parathécien périthécioide, à rapprocher des discocarpes
parathéciens typiques des Lichens lécanoriens (cf. 2éme partie, fig. 17).
HI. — PYRÉNOMYCETES ASCOHYMÉNIAUX
(= PARA-ASCOTHÉCIENS ET ASCOTHÉCIENS)
Ces Pyrénomycétes sont caractérisés (PARGUEY-LEDUC et JANEX-FAVRE,
1981) par :
1. l'existence d'une ascothécie (fig. 9, A) , enveloppe particulière, d'origine
carpocentrale. dans laquelle sont situés l'appareil sporophytique et les asques
(cf. CHADEFAUD, 1960)". Cette ascothécie peut étre elle-méme, soit logée
= Cette ascothecie est l'équivalent de ce que MOREAU (1953) nomme lagynie.
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET EVOLUTION (III) 215
ar
Fig. 9. — Organisation des pyrénocarpes ascothéciens. A. Pyrénocarpe adulte : g, gyno-
carpe; py, pyrénosphére; th, ascothécie; cp, carpocentre (en voie de résorption): as,
asques, sur le plancher (= ménisque) de la périlocule; B. Ébauche arbusculo-glomérulaire
d'une ascothécie du Thielavia terricola : ar, partie arbusculaire; gl, partie glomérulaire
contenant l'appareil ascogonial.
dans le gynocarpe, lui-méme parfois réduit à des pyrénosphéres, soit nue sur le
mycélium, le gynocarpe faisant défaut. En raison de son origine carpocentrale,
elle est comparable à l'«enveloppe carpocentrale» de certains des Ascoloculaires.
Elle n'est pas encore typique chez les Para-Ascothéciens; elle l'est, au contraire.
mais avec des variantes, chez les Ascothéciens proprement dits, ou Sphaeriacéens.
2. L'origine du carpocentre à partir d'une formation arbusculo-glomérulaire
qui, développée dans un gynocarpe, ou à nu sur le mycélium, comprend (fig. 9,
B) un filament axial et des rameaux latéraux nés sur le flanc de celui-ci. Le
filament axial est le pédicelle d'un appareil ascogonial : ascogone et son tricho-
gyne. Les filaments latéraux du bas sont des filaments recouvrants : de leur
ensemble dérive la paroi de l'ascothécie (qui peut étre grossie de filaments
mycéliens). Les filaments latéraux du sommet s'enroulent pour former un
glomérule, qui entoure l'appareil ascogonial et représente le carpocentre propre-
ment dit. Mais il y a des variantes : selon les groupes, il y a prédominance, soit
des filaments recouvrants, soit du glomérule, lequel peut méme seul exister.
A propos des Pézizéens operculés on a vu (cf. 2ème partie, fig. 22, C et 23)
Source : MNHN, Paris
216 M. CHADEFAUD
que cette structure arbusculo-glomérulaire est déjà réalisée chez ces Discomy-
cétes, auxquels les Sphaeriacéens sont probablement apparentés. Chez un Oper-
culé comme l'Anthracobia nitida, on trouve en effet un filament axial, qui est
le pédicelle de l'appareil ascogonial, et des filaments latéraux, dont ceux du bas
sont des filaments recouvrants, tandis que ceux du haut forment un carpocentre,
garni d'un appareil parathécial (cf. 2éme partie, fig. 22, C), done approximati-
vement le méme schéma que chez les Pyrénomycétes ascothéciens,
D'autre part, la comparaison des Ascothéciens avec les Ascoloculaires conduit
à noter que. chez ceux-ci, il y a d'abord formation de l'ébauche périthéciale,
avec son carpocentre, puis de l'appareil ascogonial dans ce dernier, tandis que
chez les Ascothéciens l'ordre est inverse : d'abord l'appareil ascogonial avec son
pédicelle (= filament axial), ensuite l'ascothécie et le carpocentre, formé par
les filaments latéraux nés du pédicelle ascogonial. Cependant, chez les premiers
Ascoloculaires, tels les Dothidea, les ascogones se forment aussi avant les carpo-
centres, différenciés ensuite autour d'eux (cf. fig. 1).
Quant aux asques, ils sont unituniqués et, sauf chez les Bertia, pourvus d'un
pendentif annulaire, dans lequel peut se différencier un anneau, chitinoïde ou
amyloïde, et auquel peut être suspendu, chez les Sphaeriacéens, un tractus
apical. Ce tractus est, lui aussi, l'indice d’une parenté possible des Sphaeriacéens
avec les Pézizéens Operculés.
Enfin, concernant l'origine phylogénétique possible du type ascothécien, on
notera que : - 1. elle a dû être polyphylétique : ainsi, notamment par leurs
asques, les Bertia sont si différents des aûtres qu'ils doivent appartenir à un
phylum different; - 2. que d'après l'ontogénie des mêmes Bertia, et de Nec-
triales, il se peut qu’au cours de l'évolution ce type se soit substitué à un type
ascoloculaire ancestral.
Nous distinguerons : 1. les Para-Ascothéciens non nectrioides (g. Bertia);
2. les Para-Ascothéciens nectrioides (Nectriales); 3. les Ascothéciens typiques
ou Sphaeriacéens.
A) PARA-ASCOTHÉCIENS NON NECTRIOIDES : le Bertia moriformis
Classée parmi les Coronophorales*, cette espèce a été étudiée par LUC
(1952), puis PARGUEY-LEDUC (1967 a). Selon les dessins de celle-ci (fig. 10) :
- 1. ses périthéces sont des pyrénosphéres, composées d'abord d'une enveloppe
gynocarpique palissadique, à cortex noir, et d'un petit carpocentre primaire,
comparable aux carpocentres des Ascoloculaires; - 2. ensuite, ils sont le siège
du développement d'une ébauche d'ascothécie, nettement arbusculaire, qui
fait disparaître le carpocentre primaire; - 3. finalement, de cette ébauche dérive
une ascothécie pourvue d'une paroi et d'un appareil ostiolaire avec périphyses,
* Mais les périthéces du Coronophora gregaria sont d'un type différent (cf. PARGUEY-
LEDUC, 1967 a).
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET EVOLUTION (III 217
et contenant, de haut en bas, un carpocentre formé de cellules nourriciéres
(carpocentre secondaire), rapidement résorbées, un appareil sporophytique garni
d'asqueset un. ménisque sous-hyménial. Ni pseudo-paraphyses ni paraphyses.
Les asques sont d'un type particulier (cf. CHADEFAUD, 1960). La substi-
tution d'une ascothécie au carpocentre primaire suggére une origine phylo-
génétique à partir d'un type ascoloculaire ancestral. Parallélement, les asques
sont d'abord bituniqués, comme ceux des Ascoloculaires, puis deviennent
unituniqués comme ceux des Ascothéciens.
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Fig. 10. — Pyrénocarpe para-ascothécien non nectrioide du Berfia moriformis. A. Gyno
ide palissadique uniloculaire g, avec carpocentre primaire cp1; B. Jeune
ascothécie, dérivée d'un appareil arbusculaire et comprenant (de bas en haut) : sa paroi
(ch); le plancher (ménisque m) de la périlocule d'un carpocentre secondaire (cp2); un
jeune appareil sporophytique (sy), au stade pro-sporophytique, le tout inclus dans le
gynocarpe (g); C. Pyrénocarpe (= périthèce) adulte : gynocarpe (g), paroi de l'ascothécie
(th), avec du sommet appareil ostiolaire et periphyses; locule (1) contenant les asques
insérés sur le plancher (ménisque) de la périlocule, servant de sous-hyménium (schémas
d'aprés PARGUEY-LEDUC, 1966).
B) PARA-ASCOTHÉCIENS NECTRIOIDES : les Nectriales.
Les périthéces nectrioides sont charnus et de couleur claire. On en trouve
non seulement chez les Nectriales, mais aussi dans des groupes trés différents :
Source - MNHN, Paris
218 M. CHADEFAUD
Pleosporales nectrioides (telles les Letendrea), Polystigmales, Hyponectriales,
Clavicipitales. Les Nectriales vraies sont les Nectria, Gibberella, Hypomyces,
etc. Elles ont été étudiées par PARGUEY-LEDUC (1967 a). Chez le Nectria
cinnabarina, par exemple, on trouve (fig, 11) : 1. un gynocarpe stromatoide,
demi-sphérique et érumpent, formé d'une couche palissadique entre un plancher
et un tectum plectenchymateux; sa surface porte une couche de filaments coni-
diogènes: 2, sous le tectum, les ébauches de plusieurs ascothécies, qui ensuite
Fig, 11. — Pyrénocarpes para-ascothéciens des Nectriales, A. Nectria cinnabarina :g, gyno
carpe stromatoide; py, pyrénosphéres contenant chacune une ascothécie; B. N. coccinea:
ascothécies, sortant du gynocarpe, au lieu de se loger dans des pyrénosphéres; C. N.
cinnabarina: g, gynocarpe stromatoide palissadique, avec base bg, tectum tg, palissade
de filaments conidiogénes (p) sur le tectum et ébauches d'ascothécies sous-celui-ci;
D. N. coccinea : ébauche arbusculaire d'un carpocentre, avec appareil ascogonial ac au
sommet de son axe: E. N. cinnabarina : ascogone et son trichogyne; F. id. : carpocentre
cp, avec son plafond (= cloche cl) produisant des pseudo-paraphyses et son plancher
(= ménisque m) portant l’appareil sporophytique (en noir); py, pyrénosphére; G. Id.
jeune ascothécie, avec sa paroi (th); sp : pseudo-paraphyses (dessins ou schémas d'aprés
STRIKMANN et CHADEFAUD, 1961 et PARGUEY-LEDUC, 1967 b).
se logent dans des excroissances du cortex, constituant chacune une pyréno-
sphère; 3. dans chaque ébauche d’ascothécie, une formation arbusculaire,
avec filament axial et rameaux latéraux, et au sommet du filament axial un
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET ÉVOLUTION (111) 219
appareil ascogonial (mais en fait cette formation est surtout très nette chez le
Nectria coccinea); 4. autour de l'appareil ascogonial, la transformation du som-
met de la formation arbusculaire en un carpocentre nourricier (carpocentre
secondaire, par comparaison avec le Bertia; lui aussi est surtout net chez le N.
coccinea); et en même temps celle des autres rameaux en une paroi ascothéciale;
5. à la fin, aux dépens de cette paroi, la différenciation d'un ménisque sous-
hyménial et d'une cloche sus-hyméniale, comparables à ceux des Ascoloculaires.
La cloche produit l'appareil ostiolaire, avec ses périphyses, et des pscudo-para-
physes; le ménisque devient pointu vers le bas.
L'ascothécie a donc encore des caractéres comparables à ceux de la périlocule
entourant le carpocentre des Ascoloculaires, et cela suggère une évolution à
partir d'un type ascoloculaire ancestral, à la fagon de ce qui parait probable
pour le Bertia. Comme celui-ci, les Nectriales ne sont donc que des Para-Ascothé-
ciens, encore proches des Ascoloculaires.
L'ontogénie du Gibberella pulicaris est analogue; chez le Necrria coccinea,
au lieu de se loger dans des pyrénosphères engendrées par le gynocarpe stroma-
toide, les ascothécies sortent de celui-ci, en traversant son cortex; chez les
Hypocrea, elles demeurent incluses dans ce gynocarpe: enfin, chez le Nectria
episphaeria, ce gynocarpe stromatoide fait défaut, et elles sont produites direc
tement par le mycélium.
D'autre part, l'ébauche des ascothécies n'est pas toujours arbusculaire, et elle
peut rappeler celle observable chez des Sphaeriacéens; elle est hélicoidale chez
l'Hypomyces aurantius, ce qui rappelle les Sordariales (et ne doit pas être prise
pour le filament ascogonial proprement dit); elle est purement glomérulaire chez
le Nectria episphaeria, ce qui rappelle les Xylariales. Il doit donc y avoir eu un
certain parallélisme évolutif entre les Nectriales et les Sphaeriacéens.
Quant aux asques, ils sont du type unituniqué annellascé, à anneau chiti
noide, comme chez les Sordariales, mais l'anneau apical n'est pas toujours
bien différencié, il peut faire défaut, et l'anneau du Nectriella rousseliana est en
partie amyloide, ce qui rappelle les Xylariales. 11 n'y a pas de tractus apical.
C) ASCOTHÉCIENS TYPIQUES OU SPHAERIACÉENS
Diaporthales et Sordariales, à anneau apical chitinoide (comme chez les
Nectriales); Diatrypales et Xylariales, à anneau amyloide. Dans ces quatre
ordres, certaines espéces ont, dans leurs asques, un tractus apical semblable à
celui des Ostropales et des Pézizéens operculés (v. 2ème partie, fig. 19).
a) Le gynocarpe de ces Pyrénomycètes est, en principe, stromatoide (=
ascostroma), palissadique et pourvu d'un cortex noir, sous lequel se forment
les ascothécies, mais une évolution, observable dans tous les groupes, a conduit
à sa réduction à une pyrénosphére, puis à sa suppression, les ascothécies étant
alors produites directement par le mycélium. Une pareille évolution s'est pro-
duite aussi, comme on l'a vu, dans les autres groupes de Pyrénomycetes. Elle
est illustrée par les exemples suivants (fig. 12 à 15).
Source - MNHN, Paris
220 M. CHADEFAUD
SULL
E
S
Fig. 12. — Gynocarpes des Xylariales. A. Hypoxylon howeianum : gynocarpe stromatoide
érumpent et palissadique, à tectum garni de filaments conidiogénes, et contenant des
ébauches d'ascothécies sous son cortex; B. H. fuscum : gynocarpe globuleux, formé de
couches concentriques palissadiques; C. H. serpens : gynocarpe aplati et verruqueux,
avec une ascothécie dans chaque verrue; D. Rosellinia aquila : gynocarpe réduit à l'un
des éléments verruqueux de I'H. serpens; structure palissadique nette entre sa base et
son tectum, celui-ci garni de filaments conidiogénes; E. Hypocopra sp. : gynocarpe
analogue, mais réduit à son tectum; F. Nummularia bulliardi : gynocarpe aplati, sous un
ectostroma caduc (es); G. Xylaria hypoxylon : gynocarpe dressé, pédicellé, à sommet
conidiogéne ramifié et caduc, homologue à l'ectostroma du Nummularia.
1. Xylariales.
Chez l'Hypoxylon howeianum (fig. 12, A), gynocarpe encore nettement
palissadique, à ascothécies nombreuses, avec tectum garni, au début, d'une
couche de filaments conidiogénes dressés; - chez I'H. fuscum (id., B), gynocarpe
globuleux, formé de couches palissadiques concentriques; - chez l'H. serpens
(id., C), gynocarpe aplati, mais verruqueux, avec une ascothécie dans chaque
vertue; - chez les Rosellinia (id., D), gynocarpe réduit à une pyrénosphére
qui équivaut à l'une des verrues de l'A. serpens"; tectum garni de filaments
conidiogènes, puis couche palissadique contenant l'ascothécie et base épaisse
non palissadique; - chez les Hypocopra (id., E), pyrénosphére réduite à son
tectum; - chez les Nummularia (id., F), gynocarpe aplati, à ascothécies nom-
breuses, disposées en une seule couche; il est développé sous un «ectostroma»
* On pourrait dire : gynocarpe subdivisé en pyrénosphères séparées.
Source - MNHN. Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET EVOLUTION (III) 221
conidiogène (non figuré); - chez les Xylaria (id., G) au contraire, il est dressé
et pédonculé, à ascothécies multiples, avec chez le X. hypoxylon un «ecto-
stroma» conidiogène ramifié, qui tombe quand les ascothécies se développent.
2. Diatrypales.
Chez les Eutypa (fig. 13, A), gynocarpe aplati, à tectum noir et ascothécies
nombreuses, disposées en une seule couche, mais la structure palissadique n'a
pas été conservée; - chez le Diatrypella quercina (id., B), le gynocarpe est sub-
globuleux; - chez le Quaternaria quaternata (id., C), il ne contient que quatre
ou cing ascothécies; - chez le Diatrype disciformis (id., D et E) (et d'autres),
il se forme comme celui des Nummularia, sous un «ectostroma» conidiogene
caduc, en partie palissadique.
E
A
es
EES
DBOOSOEONG
DIE,
Fig. 13. — Gynocarpes de Diatrypales. A. Eutypa sp. : type eutypoide, gynocarpe stroma-
toide aplati, peu différencié par rapport aux tissus de l'hôte, contenant sous son tectum
des ascothécies disposées en une seule couche. Tectum d'abord creusé de locules pycni-
diennes (non figures); B. Diatrypella quercina : gynocarpe sub-globuleux, mieux diffé-
rencié, à base trés épaisse délimitée par un liseré noir (In); C. Quaternaria quaternata :
gynocarpe entier, contenant quatre ascothécies; D. Diatrype disciformis : g ynocarpe
sous un ectostroma conidiogéne caduc (es) (cf. Nummularia, fig. 12, F); E. Id. : Bord
de l'ectostroma. Structure palissadique (pq) et filaments conidiogénes (c).
3. Diaporthales.
On retrouve chez elles d'abord le type eutypoide (fig. 14, A) avec tectum
développé en premier, et alors creusé de locules conidiogènes (= locules pycni-
diennes), puis le type valsoide (B, cf. Valsa nivea), conique, à tectum garni de
filaments conidiogénes ou creusé d'une cavité pycnidienne, et au-dessous un
cycle d'ascothécies couchées, dont les cols convergent vers le centre du gyno-
carpe (id., C); ensuite une évolution régressive, qui a supprimé le gynocarpe
(id, D, a) puis dispersé les ascothécies (id., D, b), lesquelles ont été progressive-
Source : MNHN. Paris
222 M. CHADEFAUD
Chez certaines espèces à ascothécies dispersées,
ment redressées (id., D, c et d). s
à un «clypeus» noir
le gynocarpe (?) est réduit, autour de chacune d'elles,
(Hypospila pustulata, id., E).
La disparition du gynocarpe chez certaines
cée chez certaines Diatrypales, chez lesquelles
tissus de l'hôte. Les gynocarpes ainsi presque indiffére
être encore délimités dans le bois de l'hôte, par un liseré brun (cf. Diatrypella
quercina (Fig. 13, B) et Valsa nivea)
des Diaporthales est déjà annon-
il ne se distingue presque plus des
nciés peuvent toutefois
Fig. 14, — Gynocarpes de Diaporthales. A. Valsa sp. : type eutypoide (cf. Eutypa, fig. 13,
A). Gynocarpe stromatoide aplati, dont le tectum forme un ectostroma (es) et le reste
un entostroma (ts); ectostroma développé le premier, et alors creusé de locules pycni
diennes (le), émettant des conidiospores; ensuite, développement de l'entostroma,
contenant une couche d'ascothécies (th); B. Valsa sp., cf. nivea : type valsoide. Gyno-
carpe stromatoïde conique, à base et tectum épais; tecrum conidiogéne, soit par un
revêtement de filaments conidiogènes, soit dans une locule pyenidienne (non figure);
base épaisse, délimitée ou non par un liseré brun, et contenant un cycle d'ascothécies
(th), celles-ci couchées de telle façon que leurs cols soient réunis au centre du gynocarpe;
C. Coupe transversale d'un stroma valsoïde; D. Évolution supprimant le gynocarpe,
à partir du type valsoide : a, Pleuroceras cordiana, ascothécies encore groupées en un
cycle; b, Plagiosphaeria moravica, ascothécies éparses, mais encore couchées; c, Gäu
mannomyces graminis, et d, Gnomonia, redressement progressif des ascothécies éparses,
au cours de l'évolution. Cf. la séparation et la dispersion des éléments du gynocarpe chez
les Astériniens (fig. 8); E. Hypospila pustulata : ascothécie dans un clypeus; F. Valsa sp.
ascothécie jeune. g, gynocarpe; th : paroi ascothéciale; cp, carpocentre; ac, appareil
ascogonial (= hyphe de Woronin)
4. Sordariales.
Chez les Lusiosphaeria (fig. 15, A et B) le gynocarpe est encore trés développé,
Source : MNHN, Paris
ASCOCARBES : ORGANISATION ET EVOLUTION (III)
sous la forme d'une pyrénosphére contenant une seule ascothécie. Mais chez
les Sordaria (id., C et D) et la plupart des autres espèces, le gynocarpe a au
contraire été supprimé : chaque périthèce se réduit à une ascothécie, à nu sur
le mycélium.
Fig. 15. — Gynocarpes de Sordariales. À. Lasiosphaeria ovina : gynocarpe développé en
une pyrénosphére à cortex noir, contenant l'ébauche glomérulaire d'une ascothécie (th);
B. Id; : pyrénocarpe adulte. g, gynocarpe; eth, paroi de l'ascothécie; m, ménisque
formé par le plancher de la périlocule et sous-hyménium paraphysogene; as, asques et
paraphyses; C. Gelasinospora calospora : primordium hélicoidal d'une ascothécie;
pas de gynocarpe; D. /d., ascothécie jeune. eth, sa paroi; cp, carpocentre formé de
cellules nourriciéres; ac, appareil ascogonial (— hyphe de Woronin). (D'aprés PARGUEY-
LEDUC, 1967 b).
Ce qui précède donne lieu aux remarques suivantes :
1) Le gynocarpe stromatoide (= ascostroma) des Xylariales (Hypoxylon,
Rosellinia, etc...) comprenant une couche palissadique sous un tectum conidio
gene, avec formation des ascothécies sous le tectum (fig. 12. A à D), est sem
blable à celui du Nectria cinnabarina (fig. 11, C), mais aussi à celui des Pyréno-
mycètes les moins évolués (Dothidea, fig, 1), Mais, chez ceux-ci, il se forme
sous le tectum seulement des carpocentres, tandis que chez les Xylariales et le
Nectria, ils sont contenus chacun dans une ascothécie, Il y a là les termes ex-
trêmes de l'évolution qui a conduit au type ascothécien.
2) Le tectum des gynocarpes des divers Sphaeriacéens est en principe coni-
difère : avant que se forment les ascothécies, sa surface se garnit d'une couche
de filaments conidiogénes, comme chez le Nectria cinnabarina (fig. 11. C).
ou bien il se creuse de locules pycnidiennes (fig. 14, A). Or là encore, une fonc-
tion d'abord conidioséne du tectum s'observe déià chez les Pvrénomvceéres
Source : MNHN, Paris
224 M. CHADEFAUD
les moins évolués : les Dothidea (fig. 1).
3) Cette fonction aboutit chez certaines espéces à la transformation du
tectum en un ectostroma conidiogéne caduc, développé avant le gynocarpe
F; Diatrype, fig. 13, D et E). Chez le
cet ectrostroma est représenté par le
proprement dit (Nummularia, fig. 1
Xylaria hypoxylon, à gynocarpe dressé
sommet ramifié et caduc de celui-ci (Fig. 13, G)
4) Enfin, le gynocarpe des Sphaeriacéens, quand il est valsoide (fig. 14, B
et C) rappelle (par convergence) celui des Astériniens (fig. 8, B et C); comme
ce dernier, en évoluant, il s'est réduit à ses éléments, séparés et épars (fig. 8, D).
Mais cela a été le résultat d'une évolution régressive du gynocarpe qui, déjà peu
distinct des tissus de l'hóte chez les Diatrype, ne se differencie plus du tout
chez les espèces à ascothécies éparses dans ces tissus. La suppression du gyno-
carpe a donné des espéces «apostromiennes», à périthàces réduits à une asco-
thécie. De tels périthèces sont toutefois encore logés dans ou sous un «clypeus».
chez quelques espèces (Hypospila, fig. 14, E).
b) Les ascothécies des Sphaeriacéens, à l'état jeune, dérivent d’une ébauche
qui est encore parfois arbusculo-glomérulaire, où du moins de la partie supé-
rieure glomérulaire d'une telle ébauche (Thielavia, fig, 9, B), mais qui est en
général purement glomérulaire (fig. 16). Elle est alors formée d'un axe ascogo-
nial, généralement hélicoidal (id., A et B), autour duquel se pelotonnent des
filaments recouvrants, nés de sa base. A ses débuts, le tout peut encore rappeler
un appareil arbusculaire réduit à son sommet (id, C), mais le plus souvent
cela même n'est pas reconnaissable (id., D, E, F).
Trés tót se différencient la paroi ou enveloppe de l'ascothécie et son carpo-
centre, avec dans celui-ci l'appareil ascogonial, formé d'un ou plusieurs asco-
gones, en principe pourvus de trichogynes (fonctionnels?). Quand il y a un seul
ascogone, il est spiralé ou arqué (fig. 14, F et fig. 15, D); malgré cela, il ne dérive
pas directement du filament axial de l'ébauche, lui aussi hélicoïdal; il provient
de la partie terminale de celui-ci. Dans certains cas, seule cette partie s'entoure
de filaments recouvrants : cela donne une ébauche glomérulaire à pédicelle
helicoidal (FAYRET et PARGUEY-LEDUC, 1975 : Gnomonia leptostyla).
Un filament hélicoidal n'est donc pas forcément un ascogone.
Le carpocentre peut être «diaporthéen», et alors formé par un plectenchyme
nourricier, qui se résorbe au cours du développement de l'appareil sporophytique
(fig. 16, D) : c'est là sa structure primitive, mais ensuite une évolution régressive
l'a conduit au type «diatrypéen», réduit à un réseau, parfois très lâche, de fila-
ments rappelant les paraphysoides des Discomycétes (fig. 16, E), et finalement
au type «xylarien», où ce réseau lui-même n'existe plus (id., F). En gros, le type
diaporthéen est celui des Diaporthales et Sordariales, le type diatrypéen celui
des Diatrypales (et de quelques Xylariales, telles que l'Hypoxylon rubiginosum
et le Xylaria hypoxylon), le type xylarien celui des Xylariales (et déjà de quel
ques Diatrypales, comme le Diatrype disciformis). On suit ainsi une évo-
lution allant des Diaporthales aux Xylariales, mais elle comporte toutefois
quelques irrégularités : ainsi, déjà chez quelques Sordariales (des genres
Source - MNHN. Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET ÉVOLUTION (IIl 225
Chaetomium et Triangularia), une évolution accélérée a considerablement
réduit ou supprimé le tissu carpocentral.
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2)
Fig. 16. — Primordiums et carpocentres des Sphaeriacéens. A. Gelasinospora calospora
et B. Sordaria macrospora : primordiums hélicoidaux encore sans filaments recouvrants;
C. Gelasinospora calospora : primordium hélicoïdal avec filaments recouvrants; ensemble
arbusculaire; D, Bombardia lunata : carpocentre diaporthéen (tn, tissu nourricier); hyphe
de Woronin en noir; E. Eutypa lata : carpocentre diatrypéen (re, réseau carpocentral);
F. Hypoxylon sp. : carpocentre xylarien, réduit à l'hyphe de Woronin (eth, enveloppe
ascothéciale).
En règle générale, l'évolution régressive du carpocentre a été plus ou moins
compensée par une épaisseur plus grande de l'enveloppe. Dans le carpocentre,
ou à sa place, l'appareil ascogonial, puis le jeune appareil sporophytique, sont
depuis longtemps connus sous le nom d'hyphe de Woronin.
c) Dans les ascothécies adultes (fig. 17) :
- l'enveloppe ascothéciale, souvent épaisse, comporte généralement un
cortex, que peut doubler un plectenchyme sous-cortical. Ce cortex existe même
chez des espèces dont les ascothécies sont incluses dans des formations gyno-
carpiques (ascostroma ou pyrénosphères) Il fait toutefois défaut chez le Crypto-
sphaeria eunomia, et il est réduit à sa partie supérieure chez l'Hypoxylon cocci-
neum.
Source : MNHN, Paris
226 M. CHADEFAUD
os — pe
Fig. 17. — Ascothécie adulte (schéma). co, cortex; pco, plectenchyme sous-cortical; eth,
enveloppe ascothéciale os, appareil ostiolaire; pe, périphyses; v, voüte sous-ostiolaire
(formée de périphyses); pl. paraphyses. pm, paraphyses secondaires extra-hyméniales;
m, menisque; sy, appareil sporophytique.
2. le carpocentre s'entoure d'un appareil périloculaire comportant, comme
celui des Ascoloculaires évolués, une cloche sus-hyméniale (= dôme ou cône
sus-hyménial) et un ménisque (ou disque) sous-hyménial. Comme le carpocentre
lui-méme, ces formation ont naturellement subi une évolution régressive : encore
nettes chez les Sordariales, les Diaporthales et quelques Diatrypales (Crypto-
sphaeria eunomia), elles sont réduites chez les autres Diatrypales, les autres
Xylariales et les Chaetomium, où seul le ménisque est encore plus ou moins
distinct.
3. sur le ménisque, ou sur un sous-hyménium porté par celuici, se déve-
loppent des paraphyses qui, avec les asques, forment un hyménium. C'est à lui
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET ÉVOLUTION (III)
que les Ascohyméniaux doivent leur nom. Il est en principe fortement concave,
en forme de coupe, de sorte que les asques et les paraphyses convergent vers
l'axe de l'ascothécie (fig. 18, A). Mais chez les Melanospora et Thielavia, alliés
aux Sordariales, on note des variantes remarquables (id., B et C) (cf. DOGUET,
1955a et 1956), ce qui a donné : la transformation progressive du ménisque
en un disque plan, avec asques et paraphyses parallèles et verticaux (fig. 18, D),
puis sa transformation en une masse convexe, qui est devenue un nodule pédi
cellé, avec hyphes ascogènes, asques et paraphyses en un bouquet divergent
(fig. 18, E), enfin sa réduction à ce nodule, situé au milieu du carpocentre
g. 18, F). Cette dernière disposition pourrait conduire au type plectascé
(asques sans ordre dans la cavité ascothéciale).
Il n'y a pas de pseudo-paraphyses, mais les flancs de la cavité ascothéciale
peuvent porter des paraphyses secondaires, extra-hyméniales, rappelant, du
Fig. 18. — Évolution de l'hyménium des Sphaeriacéens. A à C. Melanospora parasitica, M.
zamiae, M. ornata : évolution du type concave au type fortement convexe. D : M. sp.,
hyménium sur base plane; E. M. ornata, base en forme de bouton pédicellé; F. Thielavia
setosa, bouton central sans pédicelle; évolution vers un type plectascé (d'après DO:
GUET, 1956)
Source : MNHN, Paris
228 M. CHADEFAUD
moins par leur situation, les paraphyses pleurales des Lichens Verrucariens (cf.
2è partie, fig. 15) mais non les paraphyses secondaires des Discomycètes para-
théciens, qui sont produites par l'appareil parathécial. Elles peuvent être en
continuité avec les périphyses du canal ostiolaire.
Enfin, il n’y a pas de paraphyses dans l'hyménium de la plupart des espéces
è carpocentre diaporthéen (Sordaria macrospora, Pleurage, Gelasinospora...)
et chez d’autres espèces les paraphyses sont évanescentes.
4. Au sommet de l’ascothécie se développe un appareil ostiolaire, qui toute-
fois fait défaut chez les espéces périsporiées (Erysiphales, Eurotiales...).
Cet appareil est traversé par un canal ostiolaire, dont la formation est schizo-
gène chez les Diaporthales et les Xylariales, lysigène chez les Ophiostomatacées,
proches des Diaporthales. Il est garni de periphyses, et il sert à la sortie des
ascospores, parfois des asques, qui alors n'émettent qu'ensuite leur spores.
Au début, à la base du canal ostiolaire, entre celui-ci et la cavité ascothéciale,
les périphyses peuvent former une voüte, qui ensuite se résorbe, du moins
en son centre : Eutypa scabrosa, Cryptosphaeria eunomia, Chaetoceratostoma
longirostre... D'autre part, on a déjà vu qu'il peut y avoir continuité entre le
systéme des périphyses et celui des paraphyses extra-hyméniales. Chez les
Nectria. il s'agit d'une continuité entre les périphyses et les pseudo-paraphyses,
ce qui indique que les périphyses peuvent étre homologues à des pseudo-para-
physes (?).
Quant à son mode de formation, l'appareil ostiolaire pourrait, théoriquement,
être composé de trois appareils concentriques, savoir (fig. 19) : un appareil
interne, né du sommet de la cloche périloculaire; un appareil externe, né du
plectenchyme sous-cortical; un appareil intermédiaire, né de l'enveloppe propre-
ment dite. L'appareil interne est celui des Ascoloculaires (Pleospora, etc...),
chez lesquels le sommet de la cloche se transforme en un méristéme apical,
qui engendre vers le bas les pseudo-paraphyses, et vers le haut l'appareil ostio-
faire. Chez les Ascohyméniaux, c'est au contraire l'appareil intermédiaire qui
prédomine, et l'appareil interne fait le plus souvent défaut. Toutefois, selon
PARGUEY-LEDUC (1967 b), on trouve chez les Sordariales la série évolutive
suivante :
— chez le Sordaria macrospora et l'Helminthosphaeria clavariarum, comme
chez les Ascoloculaires, l'appareil interne existe seul. Il dérive du cóne sus-
hyménial et est garni de périphyses;
— chez le Bombardia lunata et le Triangularia bambusae, on trouve à la fois
l'appareil interne et l'appareil intermédiaire, avec également des périphyses.
Il en va de même chez le Ceratocystis moniliformis, dont l'appareil interne
est toutefois très réduit, tandis que l'appareil intermédiaire forme un long col
(MOREAU et MOREAU, 1952). Cela conduit au Chaetoceratostoma longirostre ,
chez lequel l'appareil intermédiaire, formant aussi un long col, existe seul (DO-
GUET, 1955 b).
— chez le Gelasinospora calospora, les Melanospora, le Chaetomium globo-
Source : MNHN. Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET ÉVOLUTION (III) 229
Fig. 19. — L’appareil ostiolaire des ascothécies. co, cortex; pco, plectenchyme sous-corti-
cal; eth, enveloppe ascothéciale; cl, cloche sus-hyméniale; oi, appareil ostiolaire interne;
ot, appareil intermédiaire; oe, appareil externe; w. couronne ostiolaire (— couronne
parathéciale).
sum et le Chaetomidium fimeti, l'appareil intermédiaire est également seul
présent, mais il est rudimentaire chez le Ch. fimeti, qui est périsporié;
— enfin, chez le Chaetomium senegalensis, existent à la fois l'appareil inter-
médiaire et l'appareil externe.
Chez les Diatrypales : Eutypa lata et E. scabrosa, on ne trouve que l'appareil
intermédiaire, garni de périphyses.
Ces divers appareils sont en principe composés de filaments verticaux dont
les extrémités, recourbées vers l'axe du canal constituent les périphyses. Au
sommet, ces filaments peuvent former une couronne ostiolaire, qu'on peut
comparer à la couronne parathéciale des Discomycétes. Cette comparaison
conduit à penser que l'appareil ostiolaire des ascothécies peut étre l'équivalent
d'un appareil parathécial. Cela renforce l'idée d'une sorte de parenté entre
Pyrénomycétes ascothéciens et Discomycétes parathéciens.
Nous pouvons reprendre à ce sujet ce qui a été dit à la fin de l'étude des
discocarpes, concernant les homologies entre les discocarpes des Pézizéens
operculés et les pyrénocarpes des Sphaeriacéens (v. 2è partie, fig. 23). Ainsi
que le montre la fig. 20, on a :
— chez les Pézizéens, un carpocentre réduit, entouré d'une enveloppe para-
théciale également réduite, portant un appareil ogival filamenteux;
Source : MNHN, Paris
230 M. CHADEFAUD
Fig. 20. — Ascothécie sphaeriacéenne et ébauche de l'pothécie pézizéenne (schémas
comparatifs). cp, carpocentre; ac, appareil ascogonial; og, appareil ogival (de l'apothé-
cie); ap, appareil parathécioïde (ou parathécial) de l'apothécie; eth, enveloppe ascothé-
ciale; os, appareil ostiolaire (de l'ascothécie).
— chez les Sphaeriacéens, un carpocentre au contraire d'abord volumineux
(mais se réduisant ensuite à son enveloppe périloculaire : cloche et ménisque),
entouré d'une enveloppe ascothéciale, qui chez beaucoup porte au sommet
un appareil ostiolaire filamenteux.
d'oà il résulte que l'appareil ostiolaire des Sphaeriacéens semble homo-
logue a l'appareil ogival des Pézizéens.
Chez ceux-ci, l'apothécie se développe à partir de l'appareil ogival (cf. 28
partie, fig. 23 et 24) tandis que chez les Sphaeriacéens, le périthéce est essentiel-
lement constitué par l'enveloppe ascothéciale : cette apothécie et ce périthèce
ne semblent donc pas homologues. Par contre, une homologie paraît possible
entre l'enveloppe «parathéciale» (réduite) des Pézizéens et l'enveloppe ascothé-
ciale (beaucoup plus importante) des Sphaeriacéens.
Ces homologies se situent dans l'hypothèse d'un phylum (complexe) compre-
nant les Léotiens, les Ostropiens, les Pézizéens operculés et les Pyrénomycétes
Source : MNHN, Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET ÉVOLUTION (III) 231
ascothéciens, ayant en commun un certain type d'asques, pouvant posséder
un tractus apical, et comprenant donc à la fois des Discomycétes et des Pyréno-
mycétes (cf. 2é partie, fig. 19).
IV. PYRÉNOMYCÈTES PÉRISPORIÉS ET PLECTASCÉS
Ainsi qu'on l'a vu , et en accord avec les idées de CAIN (1959) nous ne
pensons pas que les ascocarpes périsporiés ou plectascés, ou les deux à la fois,
soient primitifs. II nous paraît plutôt que leurs caractères résultent d’une évolu-
tion régressive, qui d'ailleurs a frappé aussi leurs asques, assez généralement
globuleux, à paroi mince, voire évanescente, sans appareil apical distinct. Cela
conduit à distinguer :
1. les Discomycétes périsporiés ou/et plectascés : Tubérales, seulement
périsporiées, et Elaphomycétales, à la fois périsporiées et plectascées. Nous
avons rappelé plus haut, à propos des discocarpes, comment on doit interpréter
ceux des Tubérales;
2. les Pyrénomycètes périsporiés ou/et plectascés, au sujet desquels nous
allons brièvement résumer ce que nous en avons dit dans notre ouvrage de
1960 (pages 652 à 669). D'après cet ouvrage, il y a parmi ces Pyrénomycètes :
a) des espèces ascoloculaires, par exemple les Preussia, qui sont proches des
Sporormia (CHADEFAUD, PARGUEY-LEDUC et BOUDIN, 1966);
b) en plus grand nombre, des espèces ascohyméniales, dont les pyrénocarpes
(= périthèces) sont des ascothécies, dérivées d'un filament axial ascogonial
entouré de filaments recouvrants, et parfois développées dans un gynocarpe,
bien plus souvent nues sur le mycélium. Ainsi sont :
I. Les Erysiphales, périsporiées, mais non plectascées, qui rappellent les
Microthyriacées, mais sont ascohyméniales, tandis que cellesci sont ascolocu-
laires, de sorte que leurs ressemblances doivent être le résultat d'une convergence,
non d’une véritable parenté. Chez les Méliolacées, les ascothécies se forment
dans un gynocarpe, qui ensuite les enveloppe. Chez les Erysiphacées ce gyno-
carpe fait défaut, et l'évolution régressive a conduit à des espèces chez certaines
desquelles il n'y a plus qu'un seul asque par ascothécie.
Il. Les Plectascales (I. sensu), au contraire plectascées, mais sans être pour
autant toutes périsporiées. Elles semblent apparentées aux Diaporthales ou aux
Sordariales, et peuvent être classées ains
— carpocentre du type «diaporthéen», c'est-à-dire essentiellement constitué
par un tissu nourricier d'origine carpocentrale : Thiélaviacées, Ophiostomatacées,
et Chaetomiacées;
— carpocentre du type «eurotien», ne comportant pas de tissu nourricier.
Celuici est remplacé par un systéme d'hyphes centripétes qui, nées de la paroi
ascothéciale, rappellent un peu, par leur disposition, des paraphyses : Eurotiacées
Source : MNHN, Paris
232 M. CHADEFAUD
et Gymnoascacées.
Chez ces divers Champignons, les ascothécies sont produites directement
par le mycélium: il n'y a pas de gynocarpe.
1. Chez les Thiélaviacées, proches des Sordariales du genre Melanospora,
elles sont complétement closes, sans appareil ostiolaire. A l'intérieur, la structure
plectascée résulte de ce que les hyphes ascogénes et les asques sont disposés
en un bouquet rayonnant autour d'un nodule central, cela en vertu d'une évo-
lution qui a débuté chez les Melanospora (DOGUET, 1955 a, 1956; v. fig. 18);
2. Chez les Ophiostomatacées, il y a au contraire un appareil ostiolaire,
formant un long col. Elles sont proches des Cératostomatacées, qui ont un pareil
col mais ne sont pas encore plectascées, et dont les asques sont encore allongés,
avec appareil apical du méme type que celui des Diaporthales, et des ascospores
allantoides (genres Ceratostoma et Ceratosphaeria). Mais elles sont plus évoluées
(régressivement) : asques globuleux, sans appareil apical; ascospores encore
allantoïdes chez quelques espèces, globuleuses, à paroi bivalve, chez les autres
(ce qui rappelle les Eurotiacées). Dans leurs ascothécies, il y a encore un mé-
nisque sous-hyménial; il porte des files centripétes de cellules ascogenes;
3. Les Chaetomiacées ne sont pas (ou pas encore) plectascées, et seules
certaines sont périsporiées, mais la plupart ont, comme les Ophiostomatacées,
des asques globuleux, à paroi mince et fugace. Dans leurs ascothécies, les fila-
ments recouvrants donnent une paroi externe garnie de fulcres, une paroi interne et
un carpocentre formé d'un tissu nourricier. Dans celui-ci se développe l'appareil
sporophytique. Les ascospores, globuleuses, unicellulaires et brunes, à périspore
muqueuse, rappellent celles de diverses Sordariacées;
4. Les Eurotiacées (g. Microascus, Magnusia, Cephalotheca, Eurotium,
Monascus et all.) sont caractérisées par leur appareil nourricier, décrit plus haut,
qui remplace le carpocentre et témoigne d'une évolution régressive plus poussée
que celle des familles précédentes, auxquelles elles semblent cependant appa-
rentées, car : 1, les Monascus ont encore un col plus ou moins long, rappelant
celui des Ophiostomatacées, mais toutefois ce col peut faire défaut, etil n'y a
alors pas même un ostiole; 2. les Magnusia ont des fulcres, comparables à ceux
des Chaetomium: 3. chez une partie des Eurotium, les ascospores sont bivalves,
ce qui rappelle celles de certaines des Ophiostomatacées.
Leurs ascothécies (= périthèces) ont pour primordium un filament ascogonial
généralement hélicoïdal, associé chez divers Eurotium à un filament parasco-
gonial (= mâle, non fonctionnel) et entouré de filaments recouvrants. Chez les
Microascus, ceux-ci naissent du mycélium; ils composent peut-être en réalité
un gynocarpe rudimentaire (2). Les filaments recouvrants donnent la paroi
ascothéciale qui, généralement noire, a au contraire des couleurs plus ou moins
vives chez divers Eurotium : cela a fait penser à une parenté avec les Nectriales,
mais il s'agit plutôt d’une convergence. Comme on l'a vu, la face interne de cette
paroi engendre le tissu nourricier eurotien, qui n'est pas sans rappeler un système
de paraphyses. Dans ce tissu se développent les filaments ascogénes, dont chaque
Source : MNHN. Paris
ASCOCARPES : ORGANISATION ET EVOLUTION (III) 233
cellule engendre une dangeardie ascogéne en crochet, ou devient directement
un asque (cf. Ophiostomatacées).
Chez certains Eurotium, le développement des ascothécies présente des
caractéres singuliers (EMMONS, 1935). Ainsi : chez l’E, stipitatum, le filament
ascogonial hélicoidal s'allonge au sommet en un filament dressé, dont l'extré-
mité se ramifie et produit un bouquet de filaments secondaires, qui ensuite
devient l'ascothécie; - chez un autre Eurotium, du type brefeldianum, il n'y a
pas de filament ascogonial; le mycélium produit directement un filament dressé,
dont les ramifications forment l'ascothécie. Il y a là l'indice d'une évolution
régressive, mais ces Eurotium devraient faire l'objet d'une étude cytologique
approfondie;
5. Les Gymnoascacées différent des Eurotiacées par leurs ascothécies, dont
la paroi, souvent garnie de fulcres, ce qui rappelle les Chaetomiacées, est non
pas ferme, mais formée par un ensemble floconneux d’hyphes distinctes.
Nous terminons ici ce mémoire sur les ascocarpes, en laissant de côté les types
secondaires qui, en général insuffisamment connus, sont de ce fait, pour le
moment, peu significatifs. Malgré cela nous pensons que notre exposé, en dépit
de ses imperfections, pourra être utile pour un perfectionnement de la sys-
tématique des Ascomycétes et l'étude de leur phylogénie. Mais pour cela il devra
être complété par des recherches approfondies sur les fructifications conidio-
genes (mucédies, acervules, sporodochies, pycnides) et surtout sur leur répar-
tition en fonction des appareils ascogénes et des asques. Il faudrait aussi ne pas
limiter la connaissance de ceux-ci à leur morphologie (forme générale, appareil
apical), mais étudier en outre la structure fine et la biochimie de leurs parois (cf.
BELLEMERE et LETROUIT-GALINOU, 1981, puis BOISSIERE, 1982, pour
les asques des Lichens PARGUEY-LEDUC et JANEX-FAVRE, 1982, pour les
asques des Pyrénomycètes), ainsi que l’évolution physiologique et la biochimie
de leur contenu (cf. une étude préliminaire par CHADEFAUD, 1969). Un très
long travail reste donc encore à faire.
L'idée de ce mémoire m'a été inspirée par Madame LETROUIT; d'autre part, Mesdames
PARGUEY et JANEX m'ont beaucoup aidé pour sa mise au point. Que toutes trois trouvent
ici mes remerciements.
Source : MNHN, Paris
234 M. CHADEFAUD
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2,7
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237
POLYPORUS TUNETANUS (PAT.) SACC. & D. SACC. :
UNE POLYPORACÉE MÉRIDIONALE PEU CONNUE
par A. DAVID et B. DEQUATRE*
RÉSUMÉ. — Polyporus tunetanus (Pat.) Sacc. et D. Sacc. est un polypore comestible
croissant sur les souches calcinées d'Arbutus unedo (arbousier) oà il apparait 2 à 4 jours
aprés le passage de l'incendie et sans qu'une pluie paraisse nécessaire à sa venue, Présent
en Corse, en Espagne, en Tunisie où il fut découvert par PATOUILLARD, ses aires de
localisation sont cependant restreintes. Aprés avoir rappelé ses particularités écologiques,
les auteurs étudient la morphologie et l'anatomie des carpophores, la sexualité, les carac-
téres biologiques et microscopiques du mycélium. La position taxinomique de l'espéce est
discutée.
SUMMARY. — Polyporus tunetanus (Pat.) Sacc. & Sacc. is an edible polypore, growing
on Arbutus unedo L. stumps, where it appears within 4 days of a fire. It occurs in Corsica,
Spain and Tunisia, where it was discovered by PATOUILLARD, with limited distribution.
An account of the ecology, anatomy, morphology, and sexuality is provided, together
with the biological and microscopical characters of the mycelium. The taxonomic position
is discussed.
Il y a quelques années, la lecture d'un court article de CODINA VINAS
(1925) attira notre attention sur Polyporus tunetanus. L'espéce nous était
inconnue et ne figurait ni dans l'ouvrage de BOURDOT et GALZIN ni dans
ceux de DOMANSKI ou de BONDARTCEV. Par contre, elle était citée par
PILAT en synonymie de Polyporus arcularius (Batsch.) Pilat. PATOUILLARD
(1902) indique comme support et lieu de récolte : «commun sur les souches
de bruyéres et d'arbousiers, au bord des chemins. El Feidja'». Avril. CODINA
1. Tunisie.
* Laboratoire de Mycologie associé au CNRS, LA 44, Université Claude Bernard (Lyon I),
43 Bd du 11 novembre 1918, F 69622 Villeurbanne.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 3 (1982).
Source : MNHN. Paris
238 A. DAVID & B. DEQUATRE
VINAS apporte des précisions : «dans mon pays?, ce champignon est connu
depuis longtemps sous le nom de Socarell qui dérive du catalan «socarrat» .
allusion à sa station sur les souches brülées de l'arbousier (Arbutus unedo).
Il est recherché comme bon comestible à tel point méme que quelques monta-
gnards, aux veilles de la fête locale de leur village ou d'un village voisin, mettent
le feu dans les lieux plantés d'arbousiers...; s'il ne survient pas de pluie, ils ar-
En aoüt 1977 un de nos collégues, B. VOIRIN,
rosent les souches brülése».
deux spécimens récoltés sur arbou-
nous rapporta de la région de Bastia (Corse)
siers brûlés. Selon ses dires, ce champignon est bien connu et apprécié de la
population locale qui le récolte par dizaines de kilogrammes après les incendies
de maquis suivis de pluie. Madame D. VIALE, conseillère biologique pour la
Corse, conteste ce dernier point et nous écrit : «ce champignon pousse après
le feu, en l'absence de pluie, sur la souche de l’arbousier incendié» Madame
CONRAD de Bastia précise «sur les souches encore chaudes voire brülantes».
En Espagne, P. tunetanus a été signalé en Catalogne (région de la Sellera)
et en Biscaye (environs de Bilbao); en Corse, il semble se limiter au Cap Corse;
en Afrique du Nord, PATOUILLARD l'a découvert dans le Nord Tunisien,
région la plus humide du Maghreb. Ainsi, bien qu’abondant la oi il végéte,
P. tunetanus apparaît localisé dans des aires restreintes, conséquence probable
d'exigences climatiques assez strictes. Notons d'ailleurs qu'il n'a jamais été signa-
lé dans le sud de la France où l’arbousier est très commun et les incendies de
foréts fréquents.
Dans ce travail, les spécimens étudiés viennent de Corse et d'Espagne. Bien
que les carpophores nous soient parvenus en mauvais état, nous avons pu obtenir
facilement des cultures mycéliennes par bouturage; ces cultures ont trés rapi-
dement donné naissance à des carpophores fertiles ce qui a permis de recueillir
des sporées et d'entreprendre l'étude complète de Polyporus tunetanus.
Vu le mauvais état des carpophores reçus de Corse et d’Espagne, il ne nous
est pas possible de donner une description détaillée de spécimens frais. Nous
décrirons donc cette espèce d'après nos exsiccata, les carpophores nés des mycé-
liums en culture et d'après les observations de PATOUILLARD.
DESCRIPTION DES CARPOPHORES
Polyporus tunetanus Pat.) Sacc. & D. Sacc. apud Sacc., Syll. Fung. 17 : 106 (1905)
Melanopus tunetanus Pat. in Bull. Soc. mycol. Fr. 18 : 50 (1902).
Carpophores stipités, mésopodes, plus rarement pleuropodes. Chapeau
convexe ou cyathiforme de 3 à 10 cm de diamètre, ocracé pâle, parfois tacheté
2. Catalogne (Espagne).
PL. I. — Carpophore de Polyporus tunetanus (Pat.) Sacc. À et B : récolte LY-AD 3563, x
125. C : récolte LY-AD 3597, réduit du tiers. D : carpophore obtenu en culture pure
(récolte LY-AD 3417) x 1,
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN, Paris
240 A. DAVID & B. DEQUATRE
Pores blancs ou alutacés, anguleux, 2 par mm, ou allongés
1:2 x 0,51 mm, s%étendant jusque sous la marge et décurrents sur le pied oà
ils sont presque lamelleux; dissépiments minces, entiers Ou subdentés. Chair
ferme, épaisse et blanche; tubes longs de 1,5-5mm. Stipe long de 512 cm,
épais de 0,6-1,2 cm.
d'écailles plus foncées.
Mitisme : P. tunetanus est une espéce amphimitique (espèce dont la chair est
constituée essentiellement d'hyphes génératrices et conjonctives), ce caractére
étant particulièrement bien visible dans le stipe: cependant on note une certaine
complexité dans l'anatomie du carpophore (Fig. 1 AJ.
Dans le chapeau, quatre zones de textures différentes peuvent étre diffé-
renciées :
a) le revêtement constitué de plusieurs couches d'hyphes bouclées étroite-
ment accolées entre elles, de faible calibre (x 2-5um) à paroi mince, à articles
courts, bien ramifiées et anastomosées. Ces hyphes sont enrobées dans une
substance incolore parsemée de granulations réfringentes.
b) une zone celluleuse lâche formant environ les 3/4 de la chair; elle com-
prend des hyphes génératrices bouclées à paroi mince, très irrégulières, avec
RE nombreux articles renflés, souvent globuleux (x 2,5-18(20um). Ces hyphes
ntation parallèle à la surface du chapeau. La texture
peu cohérentes, ont une orie:
e lacunes donnent à cette zone une consistance
assez lâche et la présence d
molle, spongieuse (Fig. 2, A).
c) une zone composite où l'on trouve quelques hyphes renflées, des hyphes
génératrices ordinaires à paroi mince (x 2-74m), des hyphes arbusculeuses à
paroi épaisse portant de nombreuses ramifications latérales ou terminales.
Ges ramifications, tortueuses et non cloisonnées, sont elles-mêmes trés ramifiées,
parfois buissonnantes (Fig. 2, B).
d) enfin, au contact des tubes une seconde zone celluleuse formée d'hyphes
renflées ici bien cohérentes, étroitement accolées et parallèles entre elles. Sur
exsiccata, la zone celluleuse lâche est tendre et d'aspect poreux; les deux der-
nières zones de texture plus serrée ont un aspect dense, uni et sont plus fermes
au toucher.
Dissépiments : ik sont constitués essentiellement d'hyphes génératrices
bouclées à paroi mince, soit régulières (x 3-6um), soit trés irrégulières (hyphes
renflées) à article terminal souvent globuleux (x 3-15um). En dessous de l'hymé-
nium, les hyphes sont plus étroites (x 1,5-3,54m) et disposées parallèlement
à la surface. En plus petit nombre, on note la présence d’hyphes gréles (x 1,5-
3um) tortueuses, a paroi fortement épaissie et non cloisonnées.
Stipe : C'est à la base du pied que la différenciation des hyphes est plus
marquée. Du revêtement à la moelle, on distingue trois zones :
1) une zone superficielle (a*) de faible épaisseur formée d'hyphes génératrices
bouclées très étroitement accolées entre elles et unies par un ciment presque
incolore semé de granules réfringents. Ces hyphes ont une paroi mince et des
articles courts. Elles sont irrégulières, étroites (x 2-5um) bien ramifiées et anasto-
mosées. Les hyphes de surface portent fréquemment des ramifications à paroi
Source : MNHN. Paris
POLYPORUS TUNETANUS 241
yf
Fig. 1. — A : Coupe schématique du carpophore; a et a’ : revétements du chapeau et du
pied; b : zone celluleuse lîche du chapeau; c et c' : zones avec hyphes arbusculoides du
chapeau et du pied; d : zone celluleuse dense du chapeau; d' : zone intermédiaire du
pied; e : tubes. — B : Basides et basidioles. — C : Spores.
Source : MNHN. Paris
POLYPORUS TUNETANUS 243
épaissie, non cloisonnées, simples ou parfois bifurquées, souvent dressées. Ce
sont ces éléments qui forment les poils du stipe.
2) une zone intermédiaire (d') formée d'hyphes génératrices trés irrégulières
souvent de fort calibre (x 4-18um), à paroi mince ou modérément épaissie,
encore étroitement accolées et disposées parallèlement à l'axe du pied; les
cloisons transversales bouclées sont très espacées. De nombreuses ramifications
latérales et même des extrémités d'hyphes sont très étroites (x 1-3um) très
sinueuses et non cloisonnées (Fig. 3-A). Sur les exsiccata ces deux zones péri-
phériques ont une couleur sombre et une consistance dure, cornée.
3) la zone centrale (c’) ou moelle (qui conserve une teinte claire sur les
exsiccata) a une consistance moins dure que les zones périphériques du fait
de sa structure très lâche, À mesure que l'on s'éloigne de la périphérie les grosses
hyphes génératrices sont de plus en plus espacées tandis que leurs ramifications
latérales, gréles, flexueuses, en majorité ramifiées, sont plus nombreuses et oc-
cupent un espace plus important. De nombreuses extrémités d’hyphes généra-
trices ont une morphologie identique à ces ramifications latérales. La multipli-
cation des ramifications et leur enchevétrement donnent naissance à des forma-
tions arbusculoides caractéristiques (Fig. 3-B). La majorité des hyphes montre
ici un fort épaississement pariétal. Les grandes hyphes génératrices ont souvent
des cloisons très espacées et sont toujours bouclées. Les hyphes gréles, qu’elles
soient peu ramifiées ou arbusculeuses, ne sont jamais cloisonnées. Dans la partie
moyenne et supérieure du pied, la disposition des hyphes génératrices princi-
pales, de la périphérie à la moelle, est semblable à celle observée à la base du
pied. Par contre chez certains spécimens les hyphes gréles y sont peu nombreuses
et les formations arbusculeuses peu développées; l'épaississement pariétal est
modéré et n'affecte qu'un petit nombre d'hyphes; dans les exsiccata correspon-
dants, le pied est généralement creux à ce niveau. Basides claviformes et élan-
cées, 18-27 x 4,5-6um, à quatre stérigmates (fig. 1-B). Spores cylindriques,
(5,5)-6-8 x 2-3um, à paroi mince, hyaline (fig. 1-C). Sporée blanche.
Habitat : sur souches fraîchement brûlées d'arbousiers (Arbutus unedo),
printemps-été.
Répartition : espéce assez peu connue, récoltée jusqu'à ce jour en Corse,
en Espagne, en Afrique du Nord (Tunisie).
Récoltes : France LY-AD 3417 sur Arbutus unedo fraîchement brulé, région
de Bastia, Corse, juillet 1977, leg. B. Voirin. LY-AD 3563, idem, avril 1978.
Espagne LY-AD 3561 sur vieux débris, environs de Bilbao, mars 1978, leg.
Mr. Mendoza. LY-AD 3597, idem, septembre 1978, leg. J.M. Ruiz.
Certaines récoltes se distinguent des autres par une plus grande richesse en
hyphes conjonctives dans le chapeau et surtout dans le pied; c'est le cas de
la récolte LY-AD 3561 dont le mycélium en culture montre des fibres très
abondantes. Au contraire les carpophores de la récolte LY-AD 3417 renferment
beaucoup moins d'hyphes conjonctives et dans le mycélium correspondant
les fibres sont assez rares, dispersées.
Source : MNHN. Paris
DESCRIPTION DU MYCELIUM
rment en
Source : MNHN. Paris
POLYPORUS TUNETANUS 245
Polarité : l'espéce s'est révélée tétrapolaire : (LY-AD - 3417)
A,B, 1-2-4-5-7 A3B 3-8
A, Bz 10-11 A2B, 6-9
Polysperme :
- croissance trés rapide (boite de Pétri de 9cm de diamètre recouverte
en huit jours)
- aspect : marge régulière abrupte. Mycélium d'aspect différent selon les
souches. Des quatre souches étudiées, deux (LY-AD 3417 de Corse et LY-AD
3597 d'Espagne) ont un mycélium appliqué, blanc, avec des zones d'étendue
et de forme variables plus épaisses, cotonneuses, feutrées. Dès la première
semaine, amorce de carpophore sous forme de stipes blancs de 2 mm de diamétre
qui se développent normalement si l'on prend soin d’enlever le couvercle de
la boite de Pétri. La gélose ne se colore pas. La souche LY-AD 3563 (Corse)
donne rapidement naissance à une fine peau brun rouge, d'abord cireuse mate
car recouverte d’un fin duvet blanc. Cette peau coriace mais souple est facile-
ment détachable du milieu. La gélose se colore fortement en brun et les carpo-
phores se développent rarement. La souche LY-AD 3561 (Espagne) présente
un aspect intermédiaire entre les deux types précédents. Dans tous les cas,
odeur nulle,
microscopie : les zones de mycélium blanc et appliqué sont formées
d'hyphes génératrices, x 2-6(9)um, assez régulières et de fibres étroites, x 1-
2,5um, trés flexueuses, souvent ramifiées. Ces dernières deviennent trés nom-
breuses dans les plaques blanches cotonneuses où l'on observe des hyphes
irrégulières présentant de nombreux renflements et nodules. Présence d'amas
de cristaux en aiguilles de couleur brune. La croute brunátre se forme à partir
d’hyphes generatrices dont les parois s'épaississent réguliérement et se chargent
de pigments. Ces hyphes donnent naissance à de courtes ramifications souvent
pleines, irrégulières, plus ou moins coralloïdes qui s'intriquent étroitement
les unes dans les autres de sorte que les éléments de cette peau coriace sont
très difficiles à dissocier.
— cytologie : les hyphes sont constituées d'articles binucléés.
— oxydases :
gaiacol 0,2766 EHE ESSERE Tyrosinase —, 2,5
2%0 +++ ,15 Paracrésol —,
ac. gallique 444441455
Comportement nucléaire : normal; la spore uninucléée germe en un mycélium
composé d'articles uninucléés et le diplonte est régulièrement binucléé.
Code : selon NOBLES (1965) modifié par J. BOIDIN (1966)
2-3-8-11-32-36-37-38-39-41-48-54-60-61.
Tests d'intercompatibilité : Nos quatre souches du Polyporus tunetanus sont
interfertiles; les confrontations entre leurs mycéliums monospermes se sont
Source - MNHN. Paris
246 A. DAVID & B. DEQUATRE
révélées toutes positives et les mycéliums dicaryotiques nés de ces confrontations
ont donné naissance à des carpophores fertiles. Dans son ouvrage PILAT (1936)
synonymise P. tunetanus et P. arcularius. Or ces deux espéces, qui ont des
caractéres physionomiques bien distincts, montrent des comportements nuclé-
aires différents : la premiere a un comportement normal, la seconde un compor-
tement hétérocytique, c'est-à-dire que les articles du mycélium primaire sont
cénocytiques alors que le diplonte est encore régulièrement binucléé. Il n'est
donc pas étonnant que les confrontations faites entre leurs mycéliums mono-
spermes respectifs soient négatives.
DISCUSSION
Le genre Polyporus a été subdivisé en sous-genres (Leucoporus, Melanopus,
Polyporus) par POUZAR (1972). Cet auteur en a étudié l'amyloidie et montré
que tous les représentants du sousgenres Leucoporus (brumalis, anisoporus,
ciliatus ... tricholoma) présentaient à la base du pied des hyphes superficielles
dont la couche interne de la paroi était distinctement amyloïde. JAHN (1980)
décrit chez D. arcularius (= anisoporus) dans la région inférieure du contexte,
une couche coriace «consisting mainly of rather thin, shortly branched and
very densely interwoven binding hyphae ...» Il la retrouve dans P, brumalis,
ciliatus, et meridionalis. Il semble donc que le sous-genre Leucoporus soit
caractérisé par des hyphes à paroi amyloide situées à la base du pied et par une
couche coriace dans le contexte du chapeau. Cette dernière couche existe
bien chez P. tunetanus mais nous n'avons pu retrouver les hyphes à paroi amy-
loïde décrites dans P. arcularius. La raison en est peut-étre que dans nos exsic-
cata la base du stipe n'est pas noire ou roux noire comme le signale PATOUIL-
LARD : or c'est dans cette zone que se trouve les éléments amyloides. L'étude
cytologique des mycéliums n’apporte aucun élément permettant de préciser
la position de P. tunetanus à l'intérieur du genre Polyporus. En effet, les espèces
regroupées dans le sous-genre Leucoporus ont des comportements nucléaires
variés (DAVID et ROMAGNÉSI, 1972).
Signalons la faculté qu'a P. tunetanus de produire d'abondants carpophores
fertiles au laboratoire en culture pure, caractère que l'on retrouve chez des
représentants du sous-genre Leucoporus tel que P. arcularius et P. brumalis.
REMERCIEMENTS
Nous tenons à exprimer notre reconnaissance à notre collègue B. VOIRIN qui le premier
nous rapporta de Corse des spécimens de P. tunetanus ainsi qu'à Mrs. MENDOZA et RUIZ
de Bilbao pour l'envoi de récoltes fraiches. Mesdames VIALE et CONRAD nous ont aima-
blement communiqué divers renseignements sur les conditions de fructification de cette
espèce : qu'elles en soient très sincérement remerciées.
Source : MNHN, Paris
POLYPORUS TUNETANUS 247
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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
249
LES PROPRIÉTÉS ANTIFONGIQUES
DE 225 BASIDIOMYCETES ET ASCOMYCETES
VIS-A-VIS DE 7 CHAMPIGNONS PATHOGENES
CULTIVÉS IN VITRO
par JP. CHAUMONT et J. SIMERAY *
avec la collaboration technique de G. MARÉCHAL
RÉSUMÉ. — Les extraits aqueux de carpophores ou d'ascocarpes de 225 champignons
ont été soumis à des tests en vue de mettre en évidence leurs propriétés antifongiques vis-
à-vis de souches pathogènes cultivées in vitro. 67 espèces ont été retenues pour leur pouvoir
inhibiteur à l'égard de champignons phytopathogènes. Certains genres de Basidiomycètes
sont riches en taxons doués de propriétés fongistatiques : Boletus, Hebeloma, Collybia,
Tricholoma, Cortinarius, Lactarius. Chez les Ascomycètes, Daldinia concentrica se comporte
aussi de façon remarquable.
D'autres espéces empéchent la germination de spores d' Aspergillus fumigatus (Cortinarius
orellanus, Tricholoma ustaloides), alors que le développement de colonies de Candida
albicans est inhibé surtout par des extraits d’Albatrellus pes-caprae, Bulgaria inquinans et
Tricholoma saponaceum
SUMMARY. — Antifungal properties, in vitro, are investigated in aqueous extracts of 225
mushrooms. Among them, 67 species of Basidiomycetes are more or less active against
phytopathogens specially in the genus : Boletus, Hebeloma, Collybia, Tricholoma, Corti
narius and Lactarius. The Ascomycete Daldinia concentrica is also fongistatic.
Other species are antibiotic against human pathogens as, for instance, Cortinarius orellanus
or Tricholoma ustaloides with Aspergillus fumigatus. Like wise, spread of Candida albicans
is prevented by extracts of Albatrellus pes-caprae, Bulgaria inquinans and Tricholoma
saponaceum. Our work will be extended with the extraction and the endeavour of charac-
terization of active products.
* Laboratoire de Botanique et de Cryptogamie, Faculté de Médecine et de Pharmacie,
Place St Jacques, 25030 Besançon Cedex
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.), TOME 3 (1982).
Source : MNHN, Paris
250 J.P. CHAUMONT & J. SIMERAY
Depuis la découverte de la pénicilline, de trés nombreux travaux ont été faits
en vue de mettre en évidence de nouveaux antibiotiques d'origine naturelle.
Les Cryptogames et plus particulièrement les champignons ont été très largement
prospectés. Ainsi, en ce qui concerne les Basidiomycétes, plusieurs chercheurs
(MATHIESON, 1946; HERVEY, 1947) et, en France, (ODDOUX, 1958) ont
constaté que de nombreuses espéces possédaient des propriétés antimicrobiennes
décelées dans les carpophores ou à partir de cultures mycéliennes. La recherche
de principes actifs antibactériens a fait l'objet de travaux trés importants et a
permis l'obtention de modéles moléculaires de nature très variée (ANKE, 1978).
Les efforts déployés dans le même sens pour lutter contre les champignons
pathogènes ont été moins poussés. Pourtant, ceux-ci jouent un rôle de plus
en plus important dans notre environnement. Ainsi, par exemple, les maladies
jatrogènes où une levure est incriminée sont en progression; de méme le manque
d'aération dans les serres, dans un souci d'économie d'énergie, entraîne parfois
une pullulation d'espèces fongiques pathogènes. Les recherches de nouvelles
substances anticryptogamiques d'origine naturelle méritent d'être développées.
Nous avons donc entrepris d'étudier les propriétés fongistatiques d'un grand
nombre d'extraits de carpophores de Basidiomycètes et de quelques ascocarpes
d'Ascomycétes (tableau II) vis-vis d'une part de champignons filamenteux
phytopathogénes ou parasites de l'homme et, d'autre part, vis-à-vis d'une levure
pathogéne de l'homme (tableau 1).
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Préparation des extraits
Les espéces identifiées (KUHNER et ROMAGNESI, 1974; MOSER, 1978),
et débarrassées de débris de terre, de végétaux ou d'autres corps étrangers, sont
rapidement broyées dans un appareil Waring Blendor avec quatre fois leur poids
d'eau distillée. Seuls, sont utilisés des exemplaires matures en sporulation. Après
centrifugation des extraits obtenus. le surnageant est filtré sur filtre Millipore
de 0,45 micron de maniére à obtenir des solutions aqueuses stériles.
Mise en évidence des propriétés fongistatiques
Les souches de champignons phytopathogénes sont cultivées sous forme
mycélienne, en boîte de Pétri, sur gélose au malt à 20°C. Les suspensions de
levures et les conidiophores d'Aspergillus sont étalées sur milieu de Sabouraud
additionné de chloramphénicol et cultivées à 37°C.
On dépose les extraits aqueux à étudier dans les puits creusés dans la gélose.
L'effet fongistatique se manifeste suivant les souches, soit par des inhibitions
de croissance, soit par des échecs à la germination de spores, qui se traduisent
dans tous les cas, autour des dépôts d'extraits, par des zones dépourvues de
culture d'au moins 10 mm de diamètre.
Source : MNHN, Paris
PROPRIÉTÉS ANTIFONGIQUES DE CHAMPIGNONS.
Ces techniques couramment ut
251
ées dans nos laboratoires (CHAUMONT
et coll. 1977, 1978 et SIMERAY et CHAUMONT, 1981) ne sont pas vraiment
quantitatives mais seulement destinées à mettre en évidence des propriétés
inhibitrices.
RÉSULTATS ET DISCUSSION
L'examen du tableau Il nous indique que sur 225 extraits, 67, soit prés
de 30%, inhibent la croissance d'un minimum de deux souches de champignons.
TABLEAU I : Souches pathogènes soumises aux tests
I Cytospora sp. Be Pharm, 4012
sur noisetier
Il Fusarium oxysporum Be Pharm. 4004
sur melon
Ill Graphium ulmi Be Pharm. 4037
sur orme
IV Rhizoctonia solani Be Pharm, 4007
sur conifere
v Stereum purpureum Be Pharm. 4094
sur pêcher
VI Candida albicans Be Pharm. 3001
VII Aspergillus fumigatus Be Pharm. 2005
Action sur les souches phytopathogenes
Les extraits actifs ne se répartissent pas, généralement, au hasard dans la
classification, mais nous verrons que certains groupes fournissent beaucoup
plus d'extraits actifs que d'autres.
TABLEAU II : Résultats des tests antifongiques
L'origine des souches numérotées de I à VII est donnée dans le tableau I
ASCOMYCETES
Discomycètes
Bulgaria inquinans Pers. ex Fr.
Helvella crispa (Scop.) Fr.
Helvella elastica Bull. ex F
Helvella lacunosa Afz. ex Fr.
(A : actif;
: sans action)
VI vu
Source : MNHN. Paris
252 J.P. CHAUMONT & J. SIMERAY
Leotia lubrica Pers.
Pyrénomycétes
Daldinia concentrica (Bolt.) Not.
Xylaria hypoxylon (L. ex Fr.) Grev.
BASIDIOMYCETES
Tremellales
Guepinia helvelloides Fr.
Aphyllophorales
Albatrellus pes-caprae (Pers. ex Fr.) Pouz
Byssomerulius corium (Fr.) Parm.
Cantharellus cinereus Pers. ex Fr.
Cantharellus lutescens Pers. ex Fr.
Cantharellus tubaeformis Bull. ex Fr.
Clavaria vermicularis Sow ex Fr.
Clavariadelphus pistillaris (Fr.) Donk.
Clavulina cinerea Bull. ex Fr.
Clavulina cristata Holmsk ex Fr.
Cotylidia pannosa (Sow.) Reid.
Daedaleopsis confragosa (Bolt. ex Fr.) Schroet.
istulina hepatica Schaeff. ex Fr.
Fomes fomentarius (L. ex Fr.) Fr.
forme inzengae (De Not.) Erb.
Ganoderma applanatum (Pers. ex SF. Gray) Pat.
Grifola frondosa (Dicks. ex Fr.) Gray
Hydnum repandum L. ex Fr.
Hydnum rufescens Pers.
Inonotus hispidus (Bull. ex Fr.) Karst.
Laetiporus sulphureus (Bull. ex Fr.) Morr.
Piptoporus betulinus (Bull. ex Fr.) Karst.
Polyporus brumalis Pers. ex Fr.
Ramaria botrytis (Fr.) Rick.
Ramaria formosa (Fr.) Quel.
Ramaria stricta Pers. ex Fr.
Trametes hirsuta (Walf. ex Fr.) Pilat
Trametes versicolor (L. ex Fr.) Pilat
Tyromyces caesius (Schrad. ex Fr.) Murr.
Boletales
Boletus albidus Roques
Boletus edulis Bull. ex Fr.
Boletus erythropus Fr.
Boletus luridus Schff. ex Fr.
Boletus speciosus Frost.
Chroogomphus rutilus (Schf. ex Fr.) Müller
Gomphidius glutinosus (Schff.) Fr.
Gomphidius roseus (L.) Fr.
Leccinium aurautiacum (Bull. ex St. Am) Gray
Leccinium carpini Schulz ex Pers.
Leccinium crocipodium (Letellier) Watling
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Source : MNHN. Paris
PROPRIÉTÉS ANTIFONGIQUES DE CHAMPIGNONS
Leccinium duriusculum Fr.
Paxillus atrotomentosus (Batsch.) Fr.
Paxillus involutus (Batsch) Fr.
Strobilomyces floccopus Karst
Suillus luteus (L. ex Fr.) Gray
Xerocomus badius Fr.
Xerocomus chrysenteron Quel.
Xerocomus subtomentosus Fr. ex L.
Agaricales
Agaricus macrosporus (Moll. ex Schff.) Pilat
Agaricus silvicola ( Vitt.) Sacc.
Agaricus xanthodermus Gen.
Amanita citrina (Schff.) Gray
Amanita fulva (Schff.) ex Pers.
Amanita muscaria L. ex Fr.
Amanita phalloides Vaill. ex Fr.
Amanita porphyria A.S.
Amanita rubescens Pers. ex Fr.
Amanita spissa (Fr.) Kumm.
Armillariella mellea (Vahl. ex Fr.) Karst.
Clitocybe clavipes Fr. ex Pers,
Clitocybe hydrogramma (Fr. ex Bull.) Singer
Clitocybe odora Fr.
Clitocybe pityophila Fr. ex Secr.
Clitocybe vibecina Fr.
Clitopilus prunulus Scp. ex Fr.
Collybia bresadolae Kühn. Romagn.
Collybia butyracea Bull.
Collybia confluens Pers,
Collybia distorta Fr.
Collybia dryophila (Bull. ex Fr.) Kumm.
Collybia maculata (Alb. et Schw. ex Fr.) Quel.
Collybia peronata Boet.
Coprinus comatus (Fr.) Gray
Coprinus micaceus Fr. ex Bull.
Cortinarius anomalus Fr.
Cortinarius bolaris Pers. ex Fr.
Cortinarius bulliardi Pers.
Cortinarius camphoratus Fr.
Cortinarius cinnamomeus Fr.
Cortinarius cotoneus Fr.
Cortinarius claricolor Fr.
Cortinarius claricolor Fr. var. turmalis Fr.
Cortinarius delibutus Fr.
Cortinarius hinnuleus Sow.
Cortinarius humicola Quel.
Cortinarius infractus Fi
Cortinarius largus Fr.
Cortinarius mucifluus Fr.
Cortinarius orellanus Fr.
Cortinarius orichalceus Batsch
var. odorifer Britz.
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Source : MNHN. Paris
254 J.P. CHAUMONT & J. SIMERAY
Cortinarius paleaceus Weinm.
Cortinarius praestans (Corda) Gill
Cortinarius purpurascens Fr.
Cortinarius suillus Fr.
Cortinarius triumphans Fr.
Cortinarius variecolor Pers.
Cortinarius vibratilis Fr.
Cortinarius violaceus Fr. ex L.
Entoloma lividum Quel.
Entoloma nidorosum (Fr.) Quel.
Entoloma rhodopolium (Fr.) Kumm.
Hebeloma edurum Metr.
Hebeloma radicosum Bull. ex Fr.
Hebeloma sacchariolens Quel.
Hebeloma sinapizans (Paul ex Fr.) Gill.
Hygrocybe chlorophana (Fr.) Karst.
Hygrocybe quieta K.
Hygrophorus agathosmus Fr.
Hygrophorus chrysodon Batsch.
Hygrophorus cossus Fr.
Hygrophorus eburneus Fr. ex Bull.
Hygrophorus mesotephrus Bk.
Hygrophorus nemoreus (Lasch.) Fr.
Hygrophorus pudorinus Quel.
Hygrophorus russula Sch.
Hygrophoropsis aurantiaca Fr.
Hypholoma capnoides Fr.
Hypholoma fasciculare (Fr. ex Huds.) Kumm.
Hypholoma sublateritium (Fr.) Quel.
Inocybe asterospora Quel.
Inocybe bongardii Fr.
Inocybe corydalina Quel.
Inocybe geophylla Sow.
Kuehneromyces mutabilis Schff. ex Fr.
Laccaria amethystina (Boet. ex Hook.) Murr.
Laccaria laccata (Scop. ex Fr.) Berk. et Br.
Lentinellus cochleatus Pers. ex Fr.
Lepiota acutesquamosa Weinm.
Lepiota clypeolaria Bull.
Lepista inversa (Scop. ex Fr.) Pat.
Lepista irina (Fr.) Bigelow
Lepista gibba (Pers. ex Fr.) Kumm.
Lepista luscina (Fr.) Sing
Lepista nebularis (Fr.) Harmaja
Leucoagaricus pudicus (Bull. ex Quel.) Bon
Leucopaxillus giganteus (Fr. ex Sow.) Sing.
Limacella guttata (Fr.) Kon. et Maubl.
Lyophyllum aggregatum (Schff. ex Fr.) Kühn.
Macrolepiota excoriata (Schff. ex Fr.) Wass.
Marasmiellus ramealis Bull. ex Fr.
Marasmius foetidus Sow.
Mycena galericulata Fr. ex Scop.
Mycena inclinata Fr.
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Source : MNHN. Paris
PROPRIÉTÉS ANTIFONGIQUES DE CHAMPIGNONS
Mycena maculata Karst.
Mycena polygramma Fr. ex Bull.
Mycena pura (Pers. ex Fr.) Kumm.
Omphallotus illudens (Schw.) Brsky. ex Bisl.
Oudemansiella radicata Rehl.
Panellus stypticus Bull. ex Fr.
Pholiota lenta (Pers. ex Fr.) Sing.
Pleurotus dryinus Pers. ex Fr.
Psathyrella appendiculata Fr.
Psathyrella cotonea Quel.
Psathyrella pyrrhotricha (Holmsk.) Mos.
Rozites caperata (Pers. ex Fr.) Karst
Stropharia aeruginosa (Curt. ex Fr.) Quel.
Tricholoma albobrunneum Rick.
Tricholoma album Fr. ex Schaeff.
Tricholoma bufonium (Pers. ex Fr.) Gill.
Tricholoma columbetta Fr.
Tricholoma orirubens Quel.
Tricholoma portentosum Fr.
Tricholoma saponaceum Fr.
Tricholoma sejunctum Fr. ex Sow.
Tricholoma sulphureum Bull.
richoloma terreum (Schaeff. ex Fr.) Kumm.
Tricholoma vaccinum (Pers. ex Fr.) Kumm
Tricholoma virgatum (Fr. ex Fr.) Kumm.
Tricholoma ustaloides Rom.
Tricholomopsis rutilans (Schaeff. ex Fr.) Sing.
Asterosporales
Lactarius acris Bolt. ex Fr.
Lactarius badiosanguineus Kühn. Rom.
Lactarius blennius Fr.
Lactarius camphoratus Bull.
Lactarius controversus Pers.
Lactarius deliciosus L.
Lactarius deterrimus Cròger
Lactarius flueus Kn. Neuh
Lactarius fuliginosus Fr.
Lactarius mitissimus Er.
Lactarius necator Karst.
Lactarius pallidus Pers.
Lactarius pterosporus Rom.
Lactarius picinus Fr.
Lactarius piperatus (L. ex Fr.) S.F. Gray
Lactarius quietus Fr.
Lactarius rufus Scop
Lactarius semisanguineus Brig.
Lactarius scrobiculatus Scop.
Lactarius subdulcis Fr.
Lactarius tabidus Fr.
Lactarius uvidus Fr.
Lactarius vellereus Fr.
Lactarius volemus Fr.
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255
Source : MNHN Paris
256 J.P. CHAUMONT & J. SIMERAY
I TO ITE VIVI
Russula anthracina Rom.
Russula cyanoxantha Schaeff.
Russula delica Fr.
Russula densifolia Secr.
Russula emetica Schaeff.
Russula fellea Fr.
Russula foetens Pers. ex Fr.
Russula fragilis Pers. ex Fr
Russula illota Rom. Hi — en
Russula laurocerasi Melz. var. fragrans Rom.
Russula lepida Fr.
Russula mairei Singer var. fageticola Melz. EM
Russula nigricans Fr.
Russula ochroleuca Fr.
Russula olivacea Fr.
Russula queletii Fr.
Russula torulosa Bres
Russula xerampelina Schaeff. ex Fr.
Gastéromycètes
Anthurus archeri (Bk.) Fisch.
Calvatia excipuliformis Scop. ex Pers. A E A aM
Lycoperdon perlatum Pers. ui eid hermits rete ae
Lycoperdon pyriforme Schaeff. ex Pers. ere Ee" më m Em. SE e
Phallus impudicus L. ex Pers. EE M
Scleroderma verrucosum Pers.
Le nombre d'Ascomycétes testés est trop faible pour pouvoir tirer des con.
clusions significatives. Nous remarquons seulement l'action inhibitrice marquée
de Daldinia concentrica sur divers espèces.
Les Aphyllophorales fournissent assez peu de résultats positifs. Les Clavaires
semblent pourtant faire exception à cette régle.
Les Bolétales donnent de nombreux extraits actifs, dont certains (Boletus
edulis) peuvent déjà étre considérés comme de puissants antifongiques.
Chez les Agaricales, les résultats différent selon les groupes, Le genre Hebe-
loma retient particulièrement notre attention puisque toutes les espèces soumises
à nos tests présentent un spectre d'activité antifongique étendu qui à notre
connaissance n'avait nullement été signalé. Certains groupes renferment un
pourcentage non négligeable d'espèces douées de propriétés fongistatiques.
Ce sont pour ne citer que les principaux, les tribus des Collybiées, des Tricholo-
mées et le genre Cortinarius. Enfin la croissance de toutes les souches est per-
turbée par des extraits d’Amanita phalloides.
Chez les Astérosporales, les Lactaires et les Russules semblent posséder des
propriétés très différentes : ces dernières renferment peu d'espèces actives
alors que c'est l'inverse chez les lactaires où plusieurs espèces réparties dans
des tribus bien distinctes montrent un pouvoir inhibiteur marqué vis-à-vis
des champignons pathogènes. Ainsi les Fuliginosi et les Dapetes semblent réunir
Source : MNHN. Paris
PROPRIÉTÉS ANTIFONGIQUES DE CHAMPIGNONS 257
beaucoup d'espéces remarquables, par contre, dans d'autres groupes tels que
les Piperati, des espèces voisines (L. piperatus et L. vellereus) ont un comporte-
ment différent vis-à-vis des souches pathogènes en culture,
Les tests positifs sont rares avec les Gastéromycètes, mais compte-tenu
du faible nombre d'échantillons examinés, les résultats ne sont guére signifi
catifs.
Action sur les champignons pathogènes de l'homme
— Aspergillus fumigatus
Seuls, Cortinarius orellanus, Tricholoma ustaloides et à un degré moindre
Albatrellus pes-caprae et Guepinia helvelloides, s'avèrent par leurs extraits
aqueux, capables d'inhiber la germinaiton de spores d'Aspergillus fumigatus.
— Candida albicans
Si nos travaux antérieurs ont montré que de nombreux Phanérogames inhi-
baient le développement in vitro, de cultures de Candida, il n'en est pas de même
dans le cas présent puisque les résultats obtenus sont décevants, la majorité
des espèces étant inactives sur la souche de levure utilisée. Il n'a guère été dé-
nombré plus de deux pour cent d'extraits inhibiteurs parmi lesquels il faut ranger
en ordre d'importance décroissante : Albatrellus pes-caprae, Bulgaria inquinans,
Tricholoma saponaceum, Fistulina hepatica, Collybia maculata et Inocybe
geophylla. Comme nous l'avons déjà démontré avec des extraits de Phanéro-
games, les levures, d'une part et les champignons à thalle filamenteux, d'autre
part, se comportent d'une manière différente vis-à-vis des fongistatiques. Rare-
ment une espèce est active sur les deux types de champignons.
CONCLUSIONS
Les résultats obtenus confirment, pour un certain nombre d'espèces, les
données recueillies dans la littérature : ainsi, des substances douées de propriétés
antifongiques avaient déjà été isolées de Marasmiellus ramealis (TURNER,
1971), de Psathyrelles (KAVANAGH et coll., 1952) et de certaines Clavaires
(FALCK, 1923). Nous avons pu retrouver chez ces mémes espéces, un pouvoir
antagoniste vis-à-vis de nos souches.
Pour d'autres champignons, déjà connus pour leurs propriétés antibacté-
riennes (ISONO et SUSUKI, 1960, HEILBRONNER et SCHMID, 1954) nous
avons mis en évidence des activités antifongiques : Lepista nebularis et Lactarius
deliciosus
Inversement, des taxons réputés antibactériens (ANKE, travaux non publiés,
BOWERS et coll. 1953), sont totalement inactifs sur la croissance de nos cul-
tures : Lycoperdon pyriforme, Piptoporus betulinus.
Signalons encore les résultats négatifs obtenus avec Omphalotus illudens,
pourtant connu pour ses propriétés dues aux illudines (MAC MORRSI et AN-
Source : MNHN. Paris
258 J.P. CHAUMONT & J. SIMERAY
CHEL, 1965 et WALSER et HEINSTEIN, 1973). Nos échantillons apparte-
naïentils à une race chimique particulière dépourvue de ces composés? Ou
bien une confusion avaitelle été commise entre Omphalotus illudens et Ompha-
lotus olearius ?
Ce screening a surtout permis de mettre en évidence une activité fongistatique
à partir d'espèces chez qui de telles propriétés étaient jsuqu’à présent inconnues,
comme Bulgaria inquinans, Daldinia concentrica, Amanita phalloides, plusieurs
Bolets, des Cortinaires et des Hébélomes.
Actuellement, l'extraction et la caractérisation de composés fongistatiques
est en cours sur plusieurs espéces, au laboratoire.
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Zei
ÉTUDE ULTRASTRUCTURALE DES ASQUES BITUNIQUÉS
DE L’HYSTEROGRAPHIUM FRAXINI (PERS. ex FR.) de NOT.
(ASCOMYCETES, HYSTERIALES) :
DEVELOPPEMENT DE LA PAROI ET DEHISCENCE
par A. BELLEMERE* et J. HAFELLNER**
RÉSUMÉ. — L'ultrastructure de la paroi latérale et apicale des asques de type bituniqué de
PHysterographium fraxini est étudiée au cours de leur développement. Des figures de
déhiscence de type Jack in the box (— fissituniqué) sont analysées. La paroi ascale comporte
quatre couches a, b, c, d. La couche profonde (d), développée tardivement, s'amincit avant
la déhiscence; son róle fonctionnel est souligné. Elle seule s'évagine à la déhiscence; elle
correspond donc à l'endotunica. Plusieurs processus indépendants interviennent dans l'édi.
fication de l'appareil apical; celui-ci régresse avant la déhiscence. La comparaison du schéma
structural de l'apex avec celui du type Placynthium permet d'établir un lien entre la struc-
ture des asques de type bituniqué et ceux de type Lecanora (— type archéascé). La structure
en bandes (— «banded pattern») de la paroi profonde n'intervient pas dans la déhiscence
fissituniquée mais caractérise le mode d’épaississement de l'endotunica; elle n'est pas propre
aux asques bituniqués. A la déhiscence l'évagination de l'endotunica s'effectue par le jeu
d'une mince strate périphérique de l'endotunica, Patag —. La présence d'une différenciation
apicale de l'exotunica et son comportement à la déhiscence sont mentionnées. La déhis
cence est comparée à celle des asques de type Peltigera et Rhizocarpon, Les termes «asque
bituniqué», «exoascus», «endoascus», «exotunica», «endotunica» ainsi que la valeur taxo-
nomique de la déhiscence de type fissituniqué sont brièvement discutés.
ZUSAMMENFASSUNG. — Die Ultrastruktur der seitlichen und apikalen Partien der
bitunicaten Ascuswand von Hysterographium fraxini werden im Laufe ihrer Entwicklung
studiert. Abbildungen, die die Öffnungsweise des Ascus vom Jack in the box - Typ (=
fissitunicat) zeigen, werden analysiert. Die Ascuswand wird aus den 4 Schichten a, b, c, d
aufgebaut. Die innerste Schicht (d) entwickelt sich spät und wird vor der Sporenabgabe
wieder dünner; die funktionelle Bedeutung der Schicht d wird betont, denn sie allein wird
bei der Öffnung des Ascus vorgestreckt und entspricht somit der Endotunica. Mehrere
* Laboratoire de Mycologie, École Normale Supérieure de Saint-Cloud, Grille d'Honneur,
Parc de Saint-Cloud, F 92211, Saint-Cloud.
** Institut für Botanik der Karl-Franzens-Universität, Holteigasse 6, A-8010, Graz, Austria.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., Mycol.) TOME 3 (1982).
Source : MNHN. Paris
262 A. BELLEMERE & J. HAFELLNER
unabhängige Strukturbildungsprozesse haben Anteil am Aufbau des Apikalapparates; dieser
wird vor der Sporenabgabe kleiner. Der Vergleich des Strukturschemas der Ascusspit?®
Wat dem vom blacynthium-Typ lässt einem ein Verbindungsglied zwischen der Struktur
der Asci vom bitunicaten Typ und der vom Lecanora-Typ (type archéascé) annehmen, Das
gebinderte Muster (banded pattern) der inneren Wandschicht steht nicht im Zusammenhang
BU der fissitunicaten Offnungsweise sondern ist ein Charakteristikum der Art der Ver
dickang der Endotunica. Dieses gebanderte Muster ist keine Eigentümlichkeit der bitum?
Caron Asci allein. Bei der Offnung des Ascus fungiert eine dünne periphere, Patag — negative
Schicht der Endotunica als Gleitschicht, die das Vortreten der Endotunica ermöglicht
Eine apikale Differenzierung der Exotunica wird erwähnt; jene ist auch nach der Öffnung
des Ascus erkennbar. Die Öffnungsweise des Ascus wird verglichen mit der der Asci vom
Peltigera-Typ und Rhizocarpon-Typ. Die Termini «bitunicater Ascus», , Exoascus», «endo-
ascus», «Exotunica» und «Endotunica» sowie der taxonomische Wert des fissitunicaten
Typs der Ascusöffnung werden diskutiert
SUMMARY. — The ultrastructural characters of the lateral and apical part of the ascus
wall are studied during the development of the bitunicate asci in Hystcrographium fraxini
Ultrastructural features of the Jack in the box(— fissitunicate) type of dehiscence are dis
cussed. Four layers (a, b, c, d) are recognized in the ascus wall. The internal layer (d), is
late developed and become thinner before the dehiscence time; its functional importance
is emphasized. This layer only is evaginated at the dehiscence; so it corresponds to the
endotunica, Apical structure of the ascus wall results of several independant processes and
decline before dehiscence. The comparison of the structural scheme of the apex with
the Plycynthiun type leads to assume an effective link between the bitunicate type of
asi and the Lecawora type (— archaeasce type). The «banded pattern» of the inner layer
ofthe wall has no part in the fissitunicate dehiscence but is a characteristic of the thickening
process of this layer; it is not restricted to bitunicate asci. During the dehiscence the gliding
SF the evaginated endotunica occurs in a thin peripherical underlayer of the endotunica
which does not react with the Patag test. An apical differenciation of the exotunica is
mentioned: it is still recognizable after the dehiscence of the ascus. Comparisons are made
with the dehiscence in the Peltigera and Rhizocarpon types of asci. The terms «bitunicate
ascus», kexoascus», «endoascus», exotunica», «endotunica» as well as the taxonomical
value of the fissitunicate type of dehiscence are briefly discussed.
Les documents ultrastructuraux relatifs a la paroi des asques bituniqués,
sensu LUTTRELL (1951), sont peu nombreux (SCHRANTZ, 1970; FURTADO
et OLIVE, 1970; REYNOLDS, 1971; BELLEMERE, 1971; GRIFFITHS in
BECKETT et al., 1974; TYSON et GRIFFITHS, 1976; PARGUEY-LEDUC,
1977; PARGUEY-LEDUC et JANEX-FAVRE, 1982). Des asques considérés
comme des variantes du type bituniqué ont été étudiés chez des Lichens par
HONEGGER (1978, c et 1980). Le présent travail compléte et précise les
données ultrastructurales concernant les asques de l'Hysterographium fraxini
(BELLEMERE, 1971 et 1975) et étudie leur déhiscence.
I. — MATÉRIEL ET MÉTHODES
Les ascocarpes d'Hysterographium fraxini récoltés sur rameaux morts de
iéne [Auriac l'Église, Cantal, France, altitude 600 m, 3.11.74) sont étudiés
Source : MNHN. Paris
HYSTEROGRAPHIUM FRAXINI 263
par les méthodes classiques de la microscopie électronique par transmission
(c& BELLEMERE, 1975) : fixation par le glutaraldehyde, post-fixation par
le tétrosyde d'osmium, inclusion dans l'araldite ou la résine de SPURR (1969),
coupes ultrafines à l'aide d'un ultramicrotome Reichert OMU 5, coloration
des coupes par la technique de THIERY (1967), qui révéle certains. polysac
charides, examen au moyen d'un microscope électronique Jeol JEM 7 sous
tension de 80kV.
Il. — RÉSULTATS
L'ultrastructure de la paroi latérale et apicale a été examinée au cours de
plusieurs stades du développement de l'asque
A) Le jeune asque uninucléé, avant la fin de son allongement
(PI. 1; Fig. 3-A, 4-A)
1) La paroi ascale
La mince paroi latérale du jeune asque (« lum) comporte déjà plusieurs
couches de structure différente (PL. 1-B, C; Fig, 3-A). Elles sont dénommées
a à d, de l'extérieur vers l'intérieur, selon la terminologie de BELLEMERE
(1971). Celle-ci a été modifiée à la suite des études de développement faites
dans le présent travail et en tenant compte des donneés acquises récemment
chez divers Discomycètes, lichénisants ou non (BELLEMERE et LETROUIT.
GALINOU, 1981, 1982; HAFELLNER et BELLEMERE, 1982 a, b, c; BELLE-
MERE et HAFELLNER, 1982). Par rapport au schéma initial l'importance des
couches b et d a été réduite au profit de la couche c dont la structure est consi,
dérée comme plus complexe. On distingue ainsi dans la paroi :
- une couche a, externe, mince, Patag +, en continuité avec le gélin interascal,
- une couche b, sousjacente, non réactive au test de Thiéry; elle passe le plus
souvent inaperçue car elle est très mince,
- une couche c, de texture finement granuleuse, assez réactive au test de
Thiéry, qui comporte trois sous-couches inégalement denses et sombres. La
sous-couche externe cı, très mince, est faiblement Patag +. La sous-couche
intermédiaire cz, à peine plus épaisse, est claire. La sous-couche profonde c3.
la plus développée et la plus réactive, est moins dense dans sa partie médiane.
Il arrive fréquemment, à ce stade comme aux suivants, que la sous-couche
c2 s'épaississe localement de façon importante dans certaines parties de la paroi
latérale de l'asque (Pl. I-A).
- la couche profonde de la paroi, couche d, d'aspect plus clair que la couche
c est très mince et pas encore distinctement stratifiée quand le jeune asque
est encore court (Pl. I-B, C).
2) L'apex du jeune asque
Au sommet du jeune asque, en forme de dôme largement surbaissé, la paroi
est plus mince que sur le flanc (# 0,5um) et sa structure est légèrement diffé.
Source : MNHN, Paris
264 A. BELLEMERE & J. HAFELLNER
rente (Pl. I-A; Fig. 4-A). La couche d, d'épaisseur irrégulière, est extrêmement
mince. C'est la sous-couche c3, un peu plus réactive que dans la paroi latérale,
qui forme l'essentiel de la paroi car les sous-couches ci et ca sont très réduites.
Sous le gélin, la couche a est mal individualisée; la couche b, reconnaissable à
son aspect clair, est formée d'une juxtaposition de trés petits éléments subsphé-
riques, Patag —.
B) Le jeune asque avant l'apparition des ébauches sporales
(Pl. I; Fig. 3-B, 4-B).
Quand l'asque s'allonge sa paroi latérale devient épaisse (au moins 2um).
La couche d s'y est considérablement développée, de façon un peu irrégulière,
et sa texture devient nettement fibrillo-lamelleuse; sa strate la plus externe,
non polysaccharidique, apparaît sur les coupes comme un liséré clair contrastant
avec la base sombre de la sous-couche c (Pl. II-C; Fig. 3-B).
A l'apex de l'axe, la couche d, bien qu'importante, est un peu moins épaisse
que sur le flanc. Une coupe longitudinale, légèrement latérale, révèle la présence,
dans la partie profonde de cette couche, de fibrilles ou de fins tubules contigus,
à paroi Patag +, disposés perpendiculairement au plasmalemme (PI. II-A, B).
Cet aspect résulte de la section longitudinale tangentielle d’une couronne de
fibrilles qui s'ébauche dans la paroi apicale de l'asque et prendra tout son déve-
loppement au stade suivant (Fig. 4-B).
C) peste A ascospores encore jeunes et non cloisonnées
(stades primaire et secondaire)
(PL. III, IV; Fig. 3-C, 4-C).
L'épaisseur de la paroi latérale de l'asque s'est accrue; elle dépasse 3um à
la suite du développement de la couche d, maintenant épaisse de plus de 2um
(Fig. 3C). Sur les sections transversales des asques, les nombreuses strates
concentriques de cette couche, alternativement claires et sombres, présentent
la structure en bandes (= «banded pattern») signalée par REYNOLDS (1971)
chez le Limacinula theae et retrouvée depuis chez les asques bituniqués avec
plus ou moins de netteté (cf. PARGUEY-LEDUC et JANEX-FAVRE, 1982)
(Pl. III-B). Dans les sections longitudinales axiales la structure en bandes n'est
pas observée (Pl. III-A, IV). Dans ces deux types de sections une mince sous-
couche submédiane très claire bordée sur chacune de ses faces par une strate
étroite Patag -- est bien distincte dans la couche d (PI. III, IV).
L'apex de l'asque présente une structure remarquable. Une coupe pratique-
ment axiale permet de constater que les lamelles fibrilleuses alternativement
claires et sombres de la couche d se rebroussent vers le bas tout autour du
sommet de l'épiplasme (Pl. I-A, IV). Elles forment ainsi une sorte de coupole
lamelleuse qui s'achéve vers le bas en une couronne de fibrilles perpendiculaires
au plasmalemme; a sa base, celle-ci est légèrement saillante dans l'épiplasme.
Sur sa face interne, comme sur sa face externe, cette couronne de fibrilles porte
des ramifications sinueuses; dans les sections longitudinales, celles-ci donnent
Source : MNHN. Paris
HYSTEROGRAPHIUM FRAXINI 265
un aspect plus ou moins granuleux à la partie profonde de la couche d au voisi-
nage de l'apex. Cet aspect n'est pas trés affirmé du cóté interne de la coupole
car la ramification est faible et relativement ordonnée; il apparait beaucoup
plus nettement du cóté externe oü les ramifications sont nombreuses et régu-
liéres (Fig. 1, 4-C).
Fig. 1. — Schéma structural semi-perspectif du rebroussement des fibrilles de la couche
profonde de la paroi ascale autour de la chambre oculaire. Dans le pendentif (p) les
fibrilles rebroussées, orthogonales au plasmalemme, forment une couronne (cr), inéga-
lement ramifiée sur ses deux faces. Au-dessus de la couronne les fibrilles sont arquées
en coupole (cp).
Fig. 1. — Halbperspektivisches Strukturschema der dem Ascusfuss zugekehrten Fibrillen
in der innersten Schicht der Ascuswand rund um die «chambre oculaire». Im nach
unten hängenden Ringwulst (p) bilden die zurückgebürsteten Fibrillen, die normal zum
Plasmalemma stehen, eine Corona (cr), ungleich verzweigt auf den beiden Seiten. Über
der Corona sind die Fibrillen zu einer Kuppel zusammengebogen.
D) L'asque à ascospores cloisonnées avec périspore différenciée
(Pl. V à VII; Fig. 3-D).
1) La paroi de l'asque.
Lorsque, dans les ascospores, la périspore commence à prendre de l'impor-
tance et à devenir Patag +, et alors qu'apparaissent les premiéres cloisons trans-
versales, trés minces, la paroi de l'asque est encore peu modifiée : son épaisseur
est à peine réduite et sa structure reste inchangée (Pl. V; Fig. 3-D).
Plus tard, au cours de la maturation des ascospores, la paroi s'amincit très
Source : MNHN. Paris
266 A. BELLEMERE & j. HAFELLNER
nettement. L'ensemble des couches a et c s'y modifie peu, son aspect reste
le méme et son épaisseur se réduit à peine. La couche d s'amincit réguliérement
de façon importante, tandis que sa texture fibrillolamelleuse s'efface peu à
peu.
Ainsi, à l'apparition des cloisons longitudinales des ascospores, la couche d
est déjà nettement moins épaisse, mais sa stratification reste distincte (Pl. VI-
B; Fig. 3-E).
Quand les ascospores se sont nettement cloisonnées en spores secondaires
mais que celles-ci sont encore contigués, la stratification de la couche d s'estom-
pe (Pl. VII-A, B; Fig. 3-F); seule la sous-couche claire qui borde la couche d
vers l'extérieur reste relativement distincte.
Lorsque les ascospores sont pratiquement müres et que de larges méats
séparent leurs spores secondaires, la paroi ascale devient trés mince (Pl. VII-C;
Fig. 3-G). La couche d n'est pratiquement pas plus épaisse que la couche c;
son aspect lamelleux a disparu; sa strate externe claire n'est plus distincte. Dans
la sous-couche cs la partie médiane devient plus claire, les bordures sont au
contraire plus sombres.
2) L'apex de l'asque.
Quand les spores secondaires des ascospores ne sont pas encore nettement
délimitées, la paroi apicale de l'asque est plus épaisse que la paroi latérale. La
couche d, encore stratifiée, s'amincit dans sa partie interne (Pl. VI-A; Fig. 4-D).
La couronne de fibrilles qui entoure le sommet de l'épiplasme est un peu moins
saillante vers le bas. Les aires granuleuses, qui, sur les coupes longitudinales
correspondent aux ramifications latérales de ces fibrilles, sont un peu plus
étendues que précédemment. Dans certaines régions de la couche d, la réacti-
vité d'ensemble devient plus faible et les structures, fibrillaires ou granulaires,
s'effacent. A l'apex de Vasque cette dédifférenciation est nette dans toute
l'épaisseur de la couche d, mais elle ne se manifeste que dans la partie profonde
de cette couche au-dessous de la région de structure granuleuse qui correspond
aux ramifications externes de la couronne apicale de fibrilles (Pl. IV-B)
Lorsque les méats qui séparent les spores secondaires des ascospores de-
viennent importants, l'amincissement de la paroi se confirme (Pl. VII-A, B;
Fig. 4-E). La stratification de la couche d devient indistincte. Des éléments de
la couronne de fibrilles qui entoure le sommet de l'épiplasme sont cependant
encore présents. Les zones dédifférenciées de la paroi apicale, plus nettement
distinctes, sont aussi plus étendues.
La déhiscence de l'asque
(PI. VIII, IX; Fig. 2, 3-G)
Sur une coupe longitudinale axiale d'un asque ayant subi la déhiscence de
type Jack in the box, on observe que l'ensemble de la paroi s'est considérable-
ment épaissi (PI. VIII, IX-A).
Sur la partie non évaginée de la paroi, on reconnait nettement, vers l'exté-
Source : MNHN. Paris
HYSTEROGRAPHIUM FRAXINI 267
rieur, la couche a, externe, restée mince, trés réactive au test de Thiéry, qui est
en continuité avec le gélin interascal polysaccharidique. Sous la couche a, une
couche claire, qui est assez épaisse (moins qu'il n'y parait sur la Pl. VIII oà
la coupe est légérement oblique) et devient à peine distincte au sommet de la
partie non évaginée, correspond probablement à la sous-couche ca: son aspect
rappelle en effet celui des épaississements occasionnels de cette sous-couche
observés sur des asques immatures (Pl. I-A; Pl. III-B; PI. V). Elle recouvre une
couche Patag +, finement granuleuse, dont l'aspect est celui de la sous-couche
ca. La couche b, les souscouches c, et ca. qui étaient très minces dans l’asque
non ouvert, sont difficilement distinctes mais elles paraissent cependant conser-
ver leur individualité (Pl. IX-B). Au sommet de la partie non évaginée, la paroi,
un peu plus dense, est recourbée vers l'intérieur et présente sur les coupes une
remarquable section en crochet dont l'ossature est constituée essentiellement
par la couche c (Pl. IX-B).
Fig. 2. — Schéma de la partie supérieure de l'asque aprés sa déhiscence. L'endotunica
(couche d), épaissie, est évaginée. L'exotunica (couches a +b + c) est aussi épaissie:
la couche c est plus dense vers l'apex. Le glissement s'effectue au niveau de la strate
claire externe de d (se) distincte de la strate claire médiane (sm). L'épiplasme est trés
réduit.
Fig. 2. — Schema des oberen Teils des Ascus nach der Sporenabgabe. Die Endotunica
(Schicht d) ist verdickt und vorgestreckt. Die Exotunica (Schicht a +b + c) ist ebenfalls
verdickt; die Schicht c ist ausserdem der Asucsspitze zu dichter. Als Gleitfläche fungiert
die helle, äussere Unterschicht von d (se), deutlich geschieden von der hellen, medianen
Unterschicht (sm). Nur noch wenig Epiplasma ist vorhanden
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris
HYSTEROGRAPHIUM FRAXINI 269
La séparation entre la partie évaginée et la partie non évaginée de l'asque se
fait au-dessous de la sous-couche sombre c3, au niveau d'une strate claire,
mal délimitée, mais cependant distincte, qui correspond à la sous-couche claire
bordant la couche d vers l'extérieur (Fig. 2, 3.)
La partie évaginée de la paroi ascale correspond donc à l'ensemble de la
couche d. Sa trés fine stratification qui contraste avec la texture granuleuse de
la partie non évaginée, s'accorde avec la structure présentée par la couche d dans
les asques immatures, d'autant plus qu'elle est parcourue par une fine lamelle
submédiane, d'aspect clair, comme l'est la couche d avant la déhiscence de
l'asque.
C'est donc entre les couches c et d de la paroi, au niveau d'une mince strate
claire bordant vers l'extérieur la couche d, que s'effectue le glissement entre
la partie évaginée et la partie non évaginée de la paroi au moment de la déhis-
cence Jack in the box.
II. — DISCUSSION
Dans la discussion, le terme de «bituniqué» sera utilisé dans le sens original
de LUTTRELL (1951) et non dans le sens élargi d’ERIKSSON (1981). En
d’autres termes, on restreindra ici le terme de «bituniqué» aux asques dont la
paroi épaisse, non amyloïde, est stratifiée et dont la déhiscence est de type
Jack in the box (INGOLD, 1933) (= fissituniqué sensu DUGHI, 1957; —
physoclastic sensu FURTADO et OLIVE, 1970 : 806).
On envisagera successivement les caractéristiques de la paroi ascale, de l'appa-
reil apical, et de la déhiscence.
A) La paroi latérale de l'asque.
1) Structure générale de la paroi.
Les observations en microscopie électronique montrent que sur toute la
surface de l'asque la paroi est constituée de quatre couches a, b, c, d. La couche
a, externe, mince, Patag + est solidaire du gélin interascal. La couche b, toujours
Fig. 3.— Schéma récapitulatif des variations d'épaisseur et de structure de diverses couches
de la paroi de l'asque au cours du développement de celui-ci (A, asque uninucléé encore
court; B, asque allongé, aux environs de la méiose; C, début de différenciation des asco-
spores D, début de cloisonnement des ascospores; E, ascospores à spores secondaires
individualisées; F, après la déhiscence).
Fig. 3. Zusammenfassendes Schema der Veränderungen in der Dicke und Struktur der
diversen Ascuswandschichten im Zuge der Entwicklung (A, Ascus einkernig, noch kurz;
B, Ascus verlängert, etwa im Stadium der Meiose; C, Beginn der Ascosporendifferen-
zierung; D, Beginn der Sporenseptierung; E, Ascosporen mit ausdifferenzierten Sekun-
darsporen; F, nach der Sporenabgabe)
Source : MNHN. Paris
270 A. BELLEMERE & J. HAFELLNER
trés fine et souvent difficile à déceler est Patag —. La couche c, plus épaisse,
assez granuleuse, faiblement Patag + comporte plusieurs strates. La couche d
est bien développée sur toute la surface de l'asque. Elle s'épaissit tardivement;
de ce fait, elle a parfois été appelée secondaire (= secondary wall) (REYNOLDS,
1971). Ce terme ne semble pas exact chez l'Hysrerographium fraxini où il n'a
pas été observé de jeune stade à paroi homogène contrairement à ce qu'ont
signalé PARGUEY-LEDUC et JANEX-FAVRE (1982) chez d'autres asques
bituniqués: ici la couche d parait en effet exister d'emblée sous la forme d'un
étroit espace membranaire Patag —. La texture fibrillo-lamellaire de la couche
d a été mentionnée en microscopie photonique par FUNK er SHOEMAKER
(1967); elle est bien constitutive et ne résulte pas d’artefacts comme a pu l'envi-
sager REYNOLDS (1971). Chez l'Hysterographium fraxini, comme chez d'autres
asques bituniqués, la couche d n'est pas homogéne. On y observe en particulier
une mince strate périphérique Patag —, au niveau de laquelle s'effectue le glisse-
ment de l'endotunica sur l'exotunica lors de la déhiscence. Chez divers asques
bituniqués PARGUEY-LEDUC et JANEX-FAVRE (1982) constatent que cette
strate apparaît à la suite d’une dédifférenciation, à caractère lytique, d’une
partie de la couche d; sa formation n'a pas été observée ici. La couche d est
également parcourue par une autre mince strate claire en position submédiane.
Cette strate reste bien distincte après la déhiscence dans la partie évaginée
de la paroi ascale (Pl. VIII, IX); dans les coupes, elle apparait souvent plus
nettement que la strate claire périphérique souvent difficile à déceler (cf. FUR-
TADO et OLIVE, 1970, fig. 23; GRIFFITHS in BECKETT et al., 1974, fig.
289).
2) Variations de l'épaisseur de la paroi au cours du développement des asques.
L'épaisseur de la paroi ne reste pas constante au cours du développement
de Vasque (cf. BELLEMERE, 1971; MULLER, 1981). Elle passe par un maxi-
mum avant la maturation des ascospores, se réduit avant la déhiscence et s'am-
plifie de nouveau aprés celle-ci. Ces variations sont liées essentiellement à celles
de la couche profonde de la paroi (= couche d). En effet, les couches a et b
sont toujours trés minces. L'épaisseur de la couche c reste assez constante
sauf avant la déhiscence où elle se réduit sensiblement (environ 0,3um au lieu
de 0,6um en moyenne). Aprés la déhiscence la couche c est fortement épaissie.
La couche d est trés mince quand l'asque est encore court (0,3um environ);
puis son épaisseur s'accroit beaucoup quand l'asque s'est allongé et que les
ascospores sont jeunes (elle dépasse 2 um). Elle s'amincit de nouveau pendant
la maturation des spores et n'a plus que lum d'épaisseur avant la déhiscence.
Au moment du Jack in the box, elle subit un important gonflement (son épais-
seur dépasse Sum).
3) Valeur structurale de la couche profonde de la paroi (couche d).
D'aprés les observations en microscopie photonique, il est admis que la
déhiscence Jack in the box résulte d'un glissement de l'endoascus sur l'exoascus.
Il n'a cependant pas été absolument démontré que les termes endoascus et
Source : MNHN, Paris
HYSTEROGRAPHIUM FRAXINI 271
Wäi
A
Fig. 4. — Schéma récapitulatif sommaire des modifications de la structure de la paroi dans
la région apicale de l'asque au cours du développement de celui-ci. (A, asque uninuch
encore court; B, asque aux environs de la méiose; C, asque a ascospores en début de diffé
renciation; D, asque à ascospores en début de cloisonnement; È, asque à ascospores a
spores secondaires individualisées).
Fig. 4. — Zusammenfassendes Schema aller Strukturveränderungen im apikalen Bereich
der Ascuswand im Zuge ihrer Entwicklung (A, Ascus einkernig, noch kurz: B, Ascus etwa
im Stadium der Meiose; C, Beginn der Ascosporendifferenzierung; D, Ascus mit Asco
sporen am Beginn der Querwandbildung; E, Ascus mit Ascosporen, die sich zu Sekundär.
sporen differenziert haben).
exoascus recouvrent exactement les mêmes entités pariétales selon qu'il s'agit
d'un asque ouvert ou d'un asque immature. L'exoascus n'est en effet défini,
Source : MNHN. Paris
272 A. BELLEMERE & J. HAFELLNER
pratiquement, que par sa réfringence. Or, celle de la couche c de la paroi pourrait
bien se modifier, en totalité ou en partie, aprés la déhiscence; la microscopie
électronique montre en effet que la texture de cette couche varie lors de cette
dernière. Puisque l'on dispose maintenant de précisions ultrastructurales, il paraît
souhaitable, afin d'éviter des ambiguités ou des confusions, de réserver les termes
d'exoascuset d'endoascus aux observations en microscopie photonique en leur
conservant leur sens habituel (cf. CHADEFAUD, 1960) et d'utiliser, en micro-
scopie électronique, ceux d'ectotunica et d'endotunica qui jusque là ont été
moins employés. L'endotunica est alors formée par la couche d de la paroi,
qui est seule évaginée à la déhiscence chez les asques bituniqués typiques.
L'exotunica comprend l'ensemble des couches a+b-+e de la paroi. L'hypothèse
selon laquelle la strate claire observée dans la paroi est bien à l'origine du Jack
in the box (SCHRANTZ, 1970; REYNOLDS, 1971; PARGUEY-LEDUC et
JANEX-FAVRE, 1982) se trouve confirmée par l'étude ultrastructurale de la
déhiscence de l'asque chez l'Hysterographium fraxini. Toutefois, on a. vu, ci-
dessus, que deux minces strates claires peuvent étre décelées dans l'endotunica
(couche d), l'une périphérique et l'autre submédiane. La distinction entre
l'exotunica et l'endotunica ne peut donc être valablement faite qu'après les
avoir observées conjointement dans une méme coupe et avoir effectué si possible
une étude du développement de la paroi. En raison de la méconnaissance à la
fois de l'emplacement de la couche de glissement à la déhiscence et de l'exis-
tence simultanée de ces deux minces strates claires au niveau de l'endotunica,
la délimitation de l'exotunica est restée assez incertaine et les observateurs
ont souvent intégré sa partie profonde à l'endotunica. Ainsi, BELLEMERE
(1971) a appelé, à tort, endoascus externe l'ensemble formé par la partie externe
de la couche d et la couche c; GRIFFITHS in BECKETT et al. (1974, fig. 289),
étend l'endoascus à une partie de l’exoascus; HONEGGER (1978 b, 1978 c,
1980) chez des Lichens à déhiscence en rostre, considére que la partie extensible
de la paroi n'est qu'une partie de la paroi profonde.
Puisque l'endotunica doit étre limitée à la couche d, il en résulte que chez
les Unituniqués dont la couche d est réduite, l'endotunica est en général très
mince et l'exotunica, complexe, constitue alors l'essentiel de la paroi,
4) Importance fonctionnelle de l'endotunica.
L'importante variation de l'épaisseur de la couche d (endotunica) au cours
du développement de l’asque a une signification fonctionnelle. Pendant les
tout premiers stades du développement des ascospores cette couche s'épaissit
en se chargeant de réserves. Ultérieurement celles-ci seront utilisées au cours de
la maturation des spores. La structure fibrillo-lamellaire de la couche d intervient
sans doute dans ce processus de stockage. La maturation des ascospores des
asques bituniqués est ainsi rendue plus indépendante des conditions aléatoires
du milieu, Le développement d'une couche d, épaisse, et stratifiée pourrait
donc avoir une signification plus écologique que systématique. Dans ces condi-
tions, on peut concevoir que la couche d puisse être épaissie chez les asques de
types structuraux trés différents : Discomycétes Operculés (Sarcoscypha, Thele-
Source : MNHN, Paris
HYSTEROGRAPHIUM FRAXINI 273
bolaceae : cf. van BRUMMELEN, 1981), Discomycètes Inoperculés (Rhabdo-
cline : cf. BELLEMERE, 1977), Loculoascomycétes, divers Lichens (Diploschis-
tes : cf. BELLEMERE, 1977), Megalospora, Brigantiaea et Letrouitia (HAFELL-
NER et BELLEMERE, 1982 a, b, c).
5) Remarques à propos de l'exotunica,
Chez l'Hysterographium fraxini, les trois couches atb+c (exotunica) qui
restent solidaires après la déhiscence de l'asque constituent un ensemble cohé-
rent, dont les caractéristiques se modifient peu au cours du développement,
et qui pourrait par suite avoir une signification systématique plus grande que
la couche d (endotunica). La couche b, non polysaccharidique (sans doute
protéique) semble en étre la composante essentielle bien que son extréme
minceur et son absence de réactivité la rende souvent difficile à déceler. On la
retrouve en effet chez différents types d'asques avec de semblables caractéris-
tiques alors que la couche a et le gélin ainsi que la couche c, ont un aspect
plus variable, acquis peutétre au cours de l'évolution. L'aspect pluristratifié
de la couche c observé ici et chez divers Lichens (HAFELLNER et BELLEMERE,
1982a, b, c) pourrait, en particulier, résulter d'une longue évolution et étre
un indice d'ancienneté.
B) La paroi apicale de l'asque.
1) Structure de la paroi à l'apex de l'asque.
La structure de l'apex de l'asque sera interprétée selon la terminologie de
CHADEFAUD (1973), avec les précisions apportées au niveau ultrastructural,
par BELLEMERE et LETROUIT (1981).
Chez l'Hysterographium fraxini l'épaississement de la paroi ascale, constitué
par la couche d (— endotunica), est maximal un peu au-dessous de l'apex où
il forme un bourrelet sous-apical de texture trés nettement fibrillo-lamellaire.
A lapex, l'endotunica est un. peu moins développée et, comme on l'a vu
les fibrilles de sa partie profonde se rebroussent vers l'intérieur en une sorte
de couronne au-dessus de laquelle les fibrilles de la région axiale sont disposées
en coupole. Par sa structure et sa position autour de la chambre oculaire, la
couronne de fibrilles subaxiale a valeur de pendentif, saillant à sa base dans
l'épiplasme et séparé du bourrelet sous-apical par un sillon annulaire. La partie
interne de la coupole surplombant la chambre oculaire correspond au corps
axial
Cette interprétation de l'apex des asques de l'Hysterographium fraxini permet
de rapprocher ceux-ci du type Placynthium (BELLEMERE et LETROUIT-
GALINOU, 1981 : 62, 67) chez lequel le pendentif, flanqué du bourrelet sous-
apical (Fig. 5-B), est coiffé d'une coupole de fibrilles qui entoure le corps axial
(Fig. 5-B). Certes, dans le type Placynthium la paroi latérale de l'asque est plus
mince que chez l'Hysterographium fraxini et la texture des différents éléments
constitutifs de l'apex n'est pas la méme. Ainsi, les fibrilles de la coupole sont
polysaccharidiques, le bourrelet sous-apical est lamelleux et le corps axial d'as-
Source : MNHN, Paris
274 A. BELLEMERE & J. HAFELLNER
Fig. 5. — Schéma structural comparé de l'apex de l'asque de l'Hysterographium fraxini
(A) et du Placynthium nigrum (B) (a, b, c, d, couches de la paroi ascale; bs, bourrelet
sous apical; ca, corps axial, co, chambre oculaire, p, pendentif).
Fig. 5. — Vergleichende Strukturschemata der Ascusspitzen von Hysterographium fraxini
(A) und Placynthium nigrum (B) (Abkürzungen. wie bei den Tafeln verwendet).
pect faiblement stratifié; mais chez les deux types d'asques le plan structural
de l'apex est fondamentalement le même (Fig. 5-A, B). Puisque le type Placyn-
thium est voisin de celui des Lécanorales les plus classiques (type Lecanora =
type Parmelia = asques archéascés) (BELLEMERE et LETROUIT-GALINOU,
1981. 1982) la structure des asques de l'Hysterographium fraxini peut être
rapprochée de celle des asques des Lécanorales. Or, cette structure se retrouve
chez divers asques bituniqués ainsi qu'en témoignent les observations en mi-
croscopie photonique de CHADEFAUD (1969 ; 1042) et celles en microscopie
électronique de FURTADO et OLIVE (1970, fig, 23) mentionnant l'existence
d'une sorte de coupole dense à la base du dóme apical du Leptosphaerulina
australis, ainsi que celles de BELLEMERE (1971, fig. 4) indiquant une modi-
fication de structure de la couche d à l'apex des asques du Rhytidhysterium
(= Tryblidiella) rufulum et rapprochant ceux-ci du type archéascé Il de CHADE-
FAUD et al. (1968). Par suite, la parenté entre les asques bituniqués et les
asques des Lécanorales (asques archéascés) soupconnée depuis longtemps (CHA-
DEFAUD, 1973: LETROUIT-GALINOU, 1973) se trouve bien établie.
2) Modalités de l'édification des structures apicales de l'asque.
Ces modalités n'ont pas été suivies dans leurs détails cytologiques. Il résulte
cependant de ce qui précède qu'au moins deux processus fondamentaux inter-
viennent positivement dans l'édification des structures apicales de l'asque chez
l'Hysterographium fraxini : l'épaississement de la couche d de la région sous-
Source : MNHN. Paris
HYSTEROGRAPHIUM FRAXINI 275
apicale de Vasque et la différenciation d'un pendentif dans la région apicale
par développement basipète d'une couronne de fibrilles. Ces deux processus
sont pour une part antagonistes car l'épaississement de la paroi est moins impor.
tante vers l'apex. A ces deux processus s'adjoint un processus régressif : la
dédifférenciation du corps axial (partie interne de la couronne de fibrilles
apicales) et de la partie profonde de l'endotunica autour du pendentif. Chez
les Lécanorales, un autre processus positif participe à la formation de l'appareil
apical ; l'individualisation d'éléments fibrilleus polysaccharidiques dans le
bourrelet sous-apical et une partie du pendentif, Tous ces processus sont proba-
blement communs aux différents types d'asques, avec pour chaque cas une
importance relative et des rapports chronologiques différents. Ainsi, comme on
l'a vu chez l'Hysterographium fraxini, un ou plusieurs de ces processus peuvent
faire défaut, Ainsi encore, chez les Annellascés par exemple l'épaississement
sous-apical est généralement absent, le pendentif (dont la différenciation basi-
pète a été reconnue par CHADEFAUD dés 1973 : 154) est assez bien développé
et la différenciation polysaccharidique du pendentif est importante. ll en résulte
que plusieurs types de microstructures, chacune en rapport avec l'un de ces
processus, pourraient intervenir de façon plus ou moins simultanée dans les
échanges entre l'épiplasme et la paroi au cours des transformations de la paroi
sommitale durant le développement des asques.
3) Importance fonctionnelle de l'appareil apical de l'asque.
La disposition orthogonale des fibrilles de la couronne par rapport au plasma-
lemme, ainsi que leur ramification en un système tridimensionnel vers l'intérieur
et lextérieur de li coupole, suggérent que ces fibrilles puissent exercer un
contrôle sur les échanges entre l'épiplasme et la paroi apicale de l'asque è la
manière des bandes de Caspary de l'endoderme des plantes feuillées. Par ex
tension on peut supposer que, d'une façon générale, le pendentif des asques
joue un rôle fonctionnel important à cet égard.
4) Modifications de l'apex de l'asque avant la déhiscence,
A lapproche de la déhiscence la couche d s'amincit dans le sommet de
Vasque. Elle perd sa réactivité au test Patag et prend un aspect homogène dans
la partie tout à Fait apicale de celui-ci. Une dédifférenciation analogue affecte
la partie profonde de la couche d sur le flanc de la partie supérieure de l'épi
plasme au voisinage d'une zone annulaire où persistent de fins granules Patag +
(PL. VI). De telles modifications de l'appareil apical des asques bituniqués avant
leur déhiscence ne semblent pas avoir été signalées jusqu'à présent. Toutefois.
l'existence à un stade assez âgé d'une zone granuleuse Patag + dans la région
sous-apicale de l'asque a été observée chez le Rliyridliysterium (— Tryblidiella
rufula (BELLEMERE, 1971, fig. 4-5. où certe zone est appelée strate d3). Des
processus de régression d'un type analogue ont été également rencontrés chez
le Lecunidion atratum | BELLEMERE et al., 1982).
La dédifférenciation de la partie apicale des asques bituniqués avant leur
déhiscence qui jusque-là. était insoupconnée pose le probléme des relations
Source : MNHN, Paris
276 A. BELLEMERE & J. HAFELLNER
entre ces asques et ceux chez lesquels une régression de la paroi apicale a été
observée au cours de leur maturation, en particulier avec le genre Dactylospora
où se forme une cavité irrégulière dans la paroi de l'apex avant la déhiscence
(BELLEMERE et HAFELLNER, 1982). Il peut s'agir d'une simple convergence
car chez les Ductylospora la régression de l'apex est différente (formation
d'une cavité irrégulière dans la paroi apicale) et la déhiscence est aussi d'un
tout autre type que le Jack in the box. Toutefois, une certaine analogie de
structure et de réactivité de la couche c de la paroi, sont peut être l'indice d'une
éventuelle relation avec les asques bituniques. Ce probleme ne peut être actuelle-
ment resolu.
C) La déhiscence de l'asque.
Ainsi qu'on l'a vu, la déhiscence Jack in the box (= fissituniqué) de l'Hystero-
graphium. fraxini consiste en une évagination de la couche d (endotunica),
une légère rétractation de l'ensemble des couches atb+c (exotunica) et un
gonflement de la paroi, aussi bien dans sa partie évaginée que dans sa partie
rétractée. Elle a pour effet de permettre la libération des ascospores bien
au-dessus du sommet de l’hyménium, Elle est une autre illustration du role
biologique fondamental de la couche d de la paroi chez les asques bituni-
qués.
1) Signification de la structure en bandes («banded pattern» de REYNOLDS,
1971).
Il est généralement admis depuis les observations de REYNOLDS (1971)
sur les asques du Limacinula theae que Vallongement de la paroi évaginée des
asques bituniqués lors de-la déhiscence Jack in the box dépend de la structure
particulière de la couche profonde de la paroi des asques bituniqués («banded
pattern» = structure en bandes — structure en accordéon). REYNOLDS constate,
en effet, que les fibrilles de cette couche, qui sont en principe paralléles à la
paroi, présentent en fait des rebroussements vers l'extérieur; ceux-ci régulière-
ment disposés, donnent sur les coupes un aspect de bandes transversales étroites
et denses alternant avec des bandes plus larges et plus láches.
Chez l'Hysterographium fraxini la structure en bandes n'a été observée
qu'à des stades où les ascospores sont en voie de formation ou encore jeunes.
Elle n'est plus visible à l'approche de la déhiscence lorsque la couche d, forte-
ment amincie a perdu son aspect fibrillo-lamellaire. Chez d'autres asques bitu-
niqués les illustrations d'une structure en bandes publiées par les auteurs se
rapportent également à des asques encore dépourvus de spores, ou dont les
spores sont jeunes, et elles concernent, en général, la région du bourrelet apical
où la couche d est la plus épaisse (REYNOLDS, 1971, fig. 4-8; BELLEMERE,
1971, fig. 4, 6, 7; GRIFFITHS in BECKETT et al., 1974, fig. 289; HONEGGER
1978 b, pl. 6-A, fig. 2a, 3, 4a, 5 c).
La structure en bandes cessant d'être décelable quand la maturation de
lasque s'avance, elle n'intervient donc pas directement dans la déhiscence
Source : MNHN. Paris
HYSTEROGRAPHIUM FRAXINI 277
de l'asque. Par contre, elle paraît être associée à l'épaississement de la couche
d de la paroi ascale qui est contemporaine de l'individualisation des ascospores,
puisqu'elle est d'autant plus nette que la couche d est épaissie. Cependant la
structure en bandes a été observée après la déhiscence, dans la partie profonde
non évaginée de la paroi chez les asques du Rhizocarpon atroflavescens ssp.
pulverulentum qui s'ouvrent en formant une sorte de rostre court (HONEGGER,
1980; fig. 5 a, c). On pourrait admettre que, chez cette espèce, la déhiscence
reste limitée précisément parce que la structure en bandes ne se déplisse pas
Mais on peut objecter à cela que si cette structure reste présente à la déhiscence
chez ce Rhizocarpon c’est que la paroi de l'asque ne s'amincit pas à l'approche
de celle-ci et conserve en quelque sorte son caractère juvénile jusqu’à la déhis-
cence. Alors la persistance de la structure en bandes constitue une entrave à
l'allongement de l'endotunica et la déhiscence de type Jack in the box ne peut
se produire. C'est seulement dans la partie sommitale de l'asque, au voisinage
des différenciations amyloides apicales, là où il n'y a pas de structure en bandes,
que l'allongement de l’endotunica est possible. Si cette interprétation est exacte
l'hypothèse de la liaison de la structure en bandes avec l'épaississement de l'endo-
tunica se trouve renforcée ainsi que celle de son absence d'intervention active
dans la déhiscence de type Jack in the box pour laquelle elle serait au contraire
une entrave.
Il faut remarquer, d'autre part, que la structure en bandes n'est pas propre
aux asques bitunigués. On l’observe en effet, comme on vient de le voir, chez
le Rhizocarpon atroflavescens ssp. pulverulentum, mais aussi dans des asques
de type archéascé à bourrelet sous-apical bien développé tel que le Physcia
stellaris (HONEGGER, 1978 a, fig. 8, 11, 12; 1978 b, Pl, 2 a). Nous l'avons
rencontré chez les asques du Catolechia wahlenbergii (BELLEMERE et HA-
FELLNER, 1982 b)ainsi que chez diverses Lecideaceae et chez des Biatorella.
Chez toutes ces espéces la structure en bandes ne s'observe que chez les asques
encore jeunes, et cesse d'être distincte lorsque l'épaississement apical de la paroi
se différencie et que, par exemple, des fibrilles polysaccharidiques y apparaissent,
comme c'est généralement le cas chez les Lecanorales. Cette structure passe
probablement inapergue chez les asques dont l'épaississement apical de l'endo-
tunica est faible même s’il se différencie peu. En d'autres termes, c'est en raison
de l'important développement du bourrelet sous-apical et de la quasi absence
de différenciation polysaccharidique dans celui-ci que la structure en bandes
est spécialement distincte chez les asques bituniqués. Mais c'est à tort qu'on
l'a considérée comme une de leur caractéristiques. La structure en bandes est
sans doute associée, d'une façon générale, à l'épaississement de l’endotunica.
Elle est d'autant plus nette que celui-ci est important et ne subit pas de diffe-
renciation; elle est par contre d'autant moins perceptible que cet épaississement
est faible et que des différenciations y apparaissent précocement.
D'un autre point de vue, les observations faites sur l'Hysterographium fraxini
montrent que la structure en bandes n'est pas distincte sur des coupes bien
axiales alors que chez cette espèce, comme chez les autres asques bituniqués,
elle est nette sur des coupes transversales où sur des coupes longitudinales
Source : MNHN. Paris
278 A. BELLEMERE & J. HAFELLNER
Fig. 6. — Schéma interprétatif de la structure en bandes de la paroi de l'asque de l'Hystero-
‘graphium fraxini (A, hypothèse de bandes longitudinales; B, hypothèses de bandes
hélicoidales).
Fig. 6. — Interpretationsschema der Bandenstruktur der Ascuswand von Hysterographium
fraxini (A, Hypothese longitudinaler Banden; B, Hypothese schraubenfórmiger Banden).
obliques ou tangentielle (Pl. III-B, IV-A) (REYNOLDS, 1971, fig. 5 et 8; GRIF-
FITHS in BECKETT et al., 1974, fig. 289; HONEGGER, 1978 b, pl. 5-F et 1980,
fig. 2 à 4; PARGUEY-LEDUC et JANEX-FAVRE, 1982, fig. 15 à 20). Par
suite, il faut admettre que la couche d est formée de bandes, rayonnant autour
de l'épiplasme, dont la structure est homogéne dans des plans radiaux et qui
sont alternativement les unes larges et láches, les autres plus étroites et denses
(Fig. 6-A). Les coupes transversales montrent que ces derniéres correspondent
à de légères saillies de l'épiplasme vers l'extérieur formant autant de cannelures
longitudinales dans la paroi ascale. Les bandes láches sont constituées par un
empilement radial de fibrilles disposées plus ou moins tangentiellement avec
une face convexe vers l'intérieur. Les bandes denses correspondent à un certain
rebroussement de ces fibrilles vers l'extérieur, relativement réduit, accompagné
d'un rapprochement; chez l'Hysterographium fraxini, ce dernier paraît moins
important que chez divers Pyrénomycétes à asques bituniqués (cf. PARGUEY-
LEDUC et JANEX-FAVRE, 1982).
1l est probable que les bandes longitudinales radiales de la paroi des asques
bituniqués sont en fait disposées selon des hélices trés láches dont l'axe est
celui de l'asque et dont le pas est important puisque sur les coupes longitudinales
axiales la structure lamelleuse de l'endotunica ne parait pas perturbée sur une
assez grande longueur de l’asque (PI. III, VI; fig. 6-B). Les cannelures de la face
Source : MNHN. Paris
HYSTEROGRAPHIUM FRAXINI 279
interne de la paroi ont, bien entendu, cette méme disposition. A la suite de ce
qu'on a vu plus haut sur les parentés possibles entre les asques bituniqués et
d'autres asques à endotunica épaisse on peut penser que ce modèle de structure
pariétale des asques ne se limite pas aux seuls asques bituniqués et que sa portée
est plus générale.
2) Le mécanisme de la déhiscence.
On a vu plus haut que la structure en bandes n'intervient pas dans la déhis-
cence de type Jack in the box mais le mécanisme de celle-ci reste à élucider.
Les études ultrastructurales n'indiquent pas qu'il y ait, comme le pensent divers
auteurs (cf, PARGUEY-LEDUC, 1977) un gonflement préalable de l'endotunica
par hydratation qui provoquerait la rupture de l'exotunica, En effet la paroi
est mince à ce stade et aucune figure d'asques à spores très âgées ne montre
d'ébauche d'un gonflement progressif. Celui-ci doit donc être brutal. Cette
soudaineté se conçoit mieux si l’on admet que la rupture préalable de la partie
ascale de l'exotunica provoque la disparition du contrôle des échanges osmo-
tiques entre la paroi et l’épiplasme au niveau du résidu de pendentif, Alors la
paroi et l’épiplasme dans son entier s’imbibent brutalement. Ce sont les carac-
téres physico-chimiques de la strate de glissement qui permettent l'extension de
l'endotunica. L'absence de réactivité de cette strate au test Patag indique que
des polysaccharides ne sont pas fondamentalement en cause et qu'il faut plutôt
envisager la modification de structures protéiques (ou peut-être lipo-protéiques)
La structure particuliére de la partie sommitale de l'exotunica est un autre
argument en faveur de l'intervention de celle-ci dans la déhiscence Jack in the
box. On a vu en effet que, dés les plus jeunes stades du développement de
l'asque, la couche c de la paroi présente, à ce niveau, une spécificité de structure
(Pl. 1); celle-ci persiste à la base de l'évagination de l'endotunica oà la couche c
restée mince, devenue dense et fortement Patag +, constitue l'ossature d'un
étroit rebord circulaire et est sans doute à l'origine de la rupture «en opercule»
de l'exotunica constatée parfois dans la déhiscence de type Jack in the box
(PARGUEY-LEDUC, 1977). Elle peut étre rapprochée de ce que l'on sait de
lapex des asques operculés (van BRUMMELEN, 1981) et de la structure de
lépaulement des asques des Teloschistaceae (BELLEMERE et LETROUIT-
GALINOU, 1982); elle attire l'attention sur le róle éventuel de la partie sommi-
tale de l'exotunica dans les processus de déhiscence des asques.
3) Relations entre la déhiscence fissituniquée et d'autres types de déhiscence
des asques.
Des études ultrastructurales effectuées récemment chez des Lichens ont
conduit HONEGGER (1978 b, c; 1980) à considérer que la déhiscence des
asques du Peltigera canina et du Rhizocarpon atroflavescens subsp. pulverulen-
tum étaient des variantes du type bituniqué. Chez cette dernière espèce les
figures de HONEGGER (1980) indiquent que la rupture de la paroi interne et
le faible glissement qu'elle provoque à la déhiscence se font sur le méme empla-
cement que chez l'Hysterographium fraxini, entre l’endotunica et l’exotunica.
Source : MNHN, Paris
280 A. BELLEMERE & J. HAFELLNER
Mais il n'y a pas, comme nous l'avons vu, de véritable Jack in the box, car la
paroi de l'asque de ce Rhizocarpon reste épaisse et conserve un caractére juvénile
qui ne permet pas l’allongement de l’endotunica à la déhiscence.
La figure de déhiscence de l’asque du Peltigera canina donnée par HONEG-
GER. (1978 b, Pl. 7-B) est tout à fait analogue à celle de l'Hysterographium
fraxini. L'exoascus rétracté a méme structure; une couche de glissement appa-
remment située au même emplacement dans la paroi fonctionne de façon ana-
logue à celle de l'Hysterographium en provoquant un Jack in the box typique
que la présence d'un bouchon apical amyloïde n’affecte pas. Du strict point de
vue de la déhiscence l'asque du Peltigera canina se comporte donc comme un
asque bituniqué typique et non comme une variante de celui-ci; il ne semble
donc pas nécessaire de qualifier le type Peltigera de semi-fissitunique (cf. ERIKS-
SON 1981 : 19). Par la présence d'une structure en bandes dans leur paroi les
asques de ces deux espéces ont été placés prés des asques de type bituniqué
par HONEGGER (1980) mais considérés comme des variantes de ce type
pour deux raisons différentes : le Peltigera pour une raison structurale (présence
d’un pendentif amyloide), le Rhizocarpon pour une raison fonctionnelle (déhis-
cence réduite à une sorte de rostre). C'est que le terme de bituniqué, au sens de
CHADEFAUD (1973) et de LETROUIT-GALINOU (1973), est défini à la fois
par des caractères structuraux (asque à paroi épaisse, non amyloïde, à dôme
apical non amyloïde, et généralement pourvu d'une nasse apicale) et des carac-
téres fonctionnels (asque à déhiscence de type Jack in the box = fissituniqué).
Pour éviter des confusions, il serait nécessaire, d’une part, de restreindre le
terme de bituniqué soit à son sens structural soit à son sens fonctionnel, et,
d'autre part, de définir les types d’asques à la fois par leur plan structural et par
leur mode de déhiscence et non pas seulement par l’un ou l’autre de ces carac-
téres; ceux-ci, comme on vient de le voir, peuvent en effet être relativement
indépendants. De la sorte les asques de l'Hysterographium fraxini sont à la fois
bituniqués (au sens structural de ce terme) et à déhiscence fissituniquée (= Jack
in the box). On a vu plus haut que les données dont on dispose actuellement in-
diquent qu'une parenté existe entre ce type d'asque et celui des Lécanorales
(= type archéascé). Des investigations fines restent à faire pour savoir si les
asques bituniqués - fissituniqués forment une unité taxonomique anciennement
individualisée ou s'ils se placent sur divers rameaux, issus d’une souche à l'origine
non fissituniquée, chez lesquels la déhiscence de type Jack in the box est appa-
rue de facon indépendante, à la suite de modifications de composition chimique
et de structure dans certaines parties de la couche profonde de la paroi ascale.
REMERCIEMENTS
Nous sommes heureux de remercier trés vivement ceux qui, par leur assistance technique
compétente, ont contribué à la réalisation de ce travail : M.C. Malherbe et H. Chacun pour
la microscopie électronique, T. Casses pour les dessins, E. Letalnet et E. Vast pour les photo-
graphies ainsi que M. André et E. Rodier pour la frappe du manuscrit.
Source : MNHN. Paris
HYSTEROGRAPHIUM FRAXINI 281
BIBLIOGRAPHIE
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Source : MNHN. Paris
HYSTEROGRAPHIUM FRAXINI 283
ABREVIATIONS DES PLANCHES
(Toutes les photographies ont été obtenues aprés la réaction Patag)
a couche a cp coupole coiffant la chambre oculaire
b couche b cr couronne
bs bourrelet sous-apical d couched
cı sous-couche cy è épiplasme
c2 sous-couche ca P pendentif
c3 souscouche c3 r — rebord de l'exoascus
ca corps axial se strate externe claire de la couche d
co chambre oculaire sm strate submédiane de la couche d.
IN DEN ABBILDUNGEN VERWENDETE ABKURZUNGEN
a — Schichta cp die «chambre oculaire» überdeckende Kuppel
b — Schichtb cr — Corona, d.i. ein Fibrillenkranz
bs subapikales, ringförmiges Polster d Schicht d
c, Unterschicht cı * — Epiplasma
cz Unterschicht cz p nach unten hangender Ringwulst
c3 Unterschicht cz T — Aussenseite des Exoascus
ca axialer Körper se äussere helle Unterschicht der Schicht d
co «chambre oculaire» sm submediane helle Unterschicht der Schicht d
LÉGENDES DES PLANCHES
LEGENDEN ZU DEN TAFELN
PI. I. — A : Apex d'un jeune asque avant les divisions nucléaires. Au-dessus de l'épaule-
ment la structure de la paroi est un peu différente. Sur le flanc de l'asque la sous-couche ca
est localement épaissie. — B, C : paroi de l'asque. B, stade un peu plus allongé que A.; C,
stade un peu plus allonge que B (glycogéne épiplasmique plus abondant).
Tafel I. — Spitze eines jungen Ascus vor den intraascalen Kernteilungen. Im Bereich
der apikalen Rundung ist die Struktur der Wand etwas verschieden. Seitlich ist die Unter-
schicht cq lokal verdickt. — B, C : Ascuswand. B : Ascus in einem etwas gestreckteren
Stadium als in Abb. A; C : etwas gestreckter als in Abb. B (epiplasmatisches Glykogen
reichlicher).
PI. II. — A : Coupe longitudinale paraxiale à l'apex d'un asque peu avant l'individuali-
sation des spores. La coupe intéresse les fibrilles de la base de la coupole qui entoure le
sommet de l'épiplasme (x). La strate claire submédiane de la couche d est distincte (flèche),
la strate claire externe de d à l'origine de la déhiscence fissituniquée l'est moins (double
flèche). — B : Détail de A. — C : Structure de la paroi latérale de l'asque au méme stade
que A. La couche d constitue l'essentiel de la paroi.
Tafal II. — A : Achsenparalleler Längsschnitt durch die Spitze eines Ascus kurz vor der
Ausbildung der Ascosporen. Der Schnitt berührt die Fibrillen an der Basis der Kuppel, die
das Epiplasma oben einhüllt (x). Die helle, submediane Unterschicht der Schicht d ist deut-
lich sichtbar (Pfeil), die helle, äussere Unterschicht von d, mit der die fissitunicate Öff-
nungsweise ursächlich zusammenhängt, weniger (Doppelpfeil). — B : Detail von A. — C :
Source : MNHN, Paris
284 A. BELLEMERE & J. HAFELLNER
Struktur der seitlichen Ascuswand im gleichen Stadium wie Abb. IIA. Die Schicht d macht
mengenmissig den Hauptanteil der Wand aus.
PI. II. — A : Coupe longitudinale axiale de l'apex d'un asque contenant de jeunes
spores. Noter la coupole fibrillo-lamelleuse coiffant la chambre oculaire et formant le pen-
dentif. La couche à a une texture granuleuse autour du pendentif (flèche). — B : Coupe
transversale dans un asque au même stade que À. Noter la strate claire submédiane de d
et la strate claire externe de d (double flèche) au niveau de laquelle se produira la déhiscence
fissituniquée. Noter aussi la structure en accordéon de la couche d (xx) et l'épaississement
local de la sous-couche c2 (x).
Tafel HI. — A : Axialer Längsschnitt der Spitze eines junge Sporen enthaltenden Ascus.
Man beachte die fibrillär-lamelläre Kuppel, die die «chambre oculaire» überdeckt und den
Ringwulst bildet. Die Schicht d hat um den Ringwulst herum eine körnige Textur (Pfeil).
— B : Querschnitt durch einen Ascus im gleichen Stadium wie Abb III A. Man beachte
die helle, submediane Unterschicht von d sowie die helle, äussere Unterschicht von d, auf
deren Niveau die fissitunicate Öffnung des Ascus ablaufen wird. Man beachte auch die
Ziehharmonika-Struktur der Schicht d (xx) und die lokale Verdickung der Unterschicht
ca (x).
PI. IV. — Coupe longitudinale axiale de l'apex d'un asque contenant de jeunes spores
(Détail de IIIA). Noter la strate claire submédiane de la couche d et la strate claire externe
de d à l'origine de la déhiscence fissituniquée.
Tafel IV. — Axialer Längsschnitt der Spitze eines junge Sporen enthaltenden Ascus
(Detail von IIIA). Man beachte die helle, submediane Unterschicht von d und die helle,
äussere Unterschicht von d, mit der die fissitunicate Öffnungsweise ursächlich zusammen-
hängt.
PI. V. — Coupe transversale d'un asque dont les ascospores commencent à se différen-
cier. La strate claire submédiane de la couche d et la strate claire périphérique de d sont
distinctes. Noter l'épaississement local de la sous-couche c3 (x).
Tafel V. — Querschnitt durch einen Ascus, dessen Ascosporen sich zu differenzieren be-
ginnen. Die helle, submediane Unterschicht von d sowie die helle, periphere Unterschicht
von d sind deutlich erkennbar. Man beachte die lokale Verdickung der Unterschicht cz (x).
PI. VI. — À : Coupe longitudinale subaxiale d’un asque dont les ascospores commencent
à se cloisonner. La coupe passe par la couronne sous-apicale granuleuse (croix). Sur le
flanc de l'asque la partie profonde de la couche d commence à perdre sa différenciation
(double flèche). — B : Structure de la paroi latérale de l'asque au même stade de déve-
loppement. Dans la couche d, amincie, la stratification fine est moins nette. — C : Coupe
longitudinale paraxiale de l'apex d'un asque dont les spores commencent à se cloisonner.
La couche d encore nettement stratifiée est amincie à l'apex. Sa réactivité et sa dedifferen-
cation sont moindres dans sa partie profonde, à l'apex (fléche) et sur le flanc de l'asque
(double fléche), au-dessous d'une couronne sous-apicale de texture granuleuse.
Tafel VI. — A : Subaxialer Längsschnitt eines Ascus im Stadium beginnender Quer-
wandbildung in den Ascosporen. Der Schnitt geht durch die subapikale, körnige Corona
(x). Seitlich beginnt der innere Teil der Schicht d seine Textur zu verlieren (Doppelfeil). —
B : Struktur der seitlichen Ascuswand im gleichen Entwicklungsstadium. In der dünner
gewordenen Schicht d ist die feine Schichtung weniger deutlich. — C : Achsenparalleller
Längsschnitt einer Ascusspitze im Stadium beginnender Querwandbildung in den Sporen.
Die Schicht d,noch deutlich geschichtet, ist an der Ascusspitze dünner geworden. Die
Source : MNHN. Paris
HYSTEROGRAPHIUM FRAXINI 285
Reaktivität und Strukturänderung ist in den tiefliegenden Schichten der Ascusspitze weniger
stark (Pfeil), ebenso seitlich in der Ascuwand (Doppelfeil) unter einer ringförmigen, sub-
apikalen Zone granulärer Textur
PI. VII. A, B. C : Structure comparée de la paroi de l'asque au cours de la maturation
des ascospores (même échelle pour les trois figures). — A : Les spores secondaires des
ascospores ont encore une paroi assez mince. — B : Les spores secondaires à parois plus
épaisses ne sont pas encore séparées par de larges méats. — C : Les spores secondaires sont
séparées par de larges méats. L'épaisseur de la couche d se réduit fortement tandis que la
stratification disparaît. — D : Coupe paraxiale de l'apex d'un asque dont les ascospores ont
des spores secondaires bien individualisées. La coupe passe par la base de la coupole de
fibrilles perpendiculaires au plasmalemme (x) qui est encore perceptible ainsi que, de part
et d'autre (xx), une portion granuleuse de la couche d. La stratification de la couche d n'est
plus distincte. La strate claire externe de la couche d où se produira la déhiscence fissi
tuniquée est bien nette. — E : Coupe subaxiale de l'apex d'un asque à un stade légèrement
postérieur au précédent. La perte de différenciation d'une partie de la couche d est percep
tible à l'apex (fléche) et sur le flanc de l'asque (double flèche).
Tafel VII. — A, B, C : Strukturvergleich der Ascuswand im Laufe der Sporenreifung
(für die 3 Abbildungen gilt derselbe Massstab). — A : Die Sekundarsporen der Ascosporen
haben noch eine ziemlich dünne Wand. — B : Die Sekundärsporen, nun schon mit dickeren
Wänden, sind noch nicht durch breite, interzelluläre Gänge getrennt. — C : Die Sekundär
sporen sind durch breite, interzellulare Gänge getrennt. Die Dicke der Schicht d nimmt
stark ab und ihre Schichtung verschwindet. — D : Achsenparalleller Längsschnitt der Spitze
eines Ascus, dessen Ascosporen bereits Sekundärsporen ausgebildet haben. Der Schnitt
geht durch die Basis der Kuppel aus normal zum Plasmalemma stehenden Fibrillen (x), die
auch beiderseits eines körnigen Teils der Schicht d nochmals erkennbar sind (xx). Die
Schichtung der Schicht d ist nicht mehr deutlich, wohl aber die helle, äussere Unterschicht,
wo die fissitunicate Öffnung des Ascus ablaufen wird. — E : Subaxialer Längsschnitt durch
die Spitze eines Ascus in einem etwas späteren Stadium als Abb. VIID. Der Verlust der
normalen Struktur in einem Teil der Schicht d, in der Spitze (Pfeil) und an der Flanke
(Doppelpfeil) ist erkennbar
Pl, VIII. — Coupe longitudinale du sommet d'un asque après sa déhiscence. La partie
dévaginée ne comporte que la couche d (endotunica) dans laquelle la partie interne est
bien distincte de la partie externe grâce à la strate claire submédiane de la couche d. L'exo-
tunica est épaissie en particulier au niveau de la sous-couche c3. Le rebord réactif du som-
met de l'exoascus, replié, est très net. Le glissement s'effectue au niveau de la strate claire
externe de la couche d.
Tafel VIII. — Längsschnitt durch die Spitze eines Ascus nach der Sporenabgabe. Der
vorgestreckte Teil (Endotunica) besteht nur aus der Schicht d, in der der innere Teil dank
der hellen, submedianen Unterschicht sehr deutlich vom äusseren abgesetzt ist. Die Exo-
tunica ist verdickt, insbesondere auf dem Niveau der Unterschicht cz. Die reaktive, äussere
Grenzschicht an der Spitze des Ascus ist umgeschlagen und deutlich sichtbar. Als Gleit
schicht fungiert die helle, äussere Unterschicht von d
Pl. IX. — A : Coupe longitudinale du sommet d’un asque apres sa dehiscence (detail
de la PI. VII). Noter le rebord formé par le sommet de l'exotunica au contact de la partie
évaginée de l'asque. La strate claire submediane de l'endotunica est nette. — B : Coupe
longitudinale du sommet de l'exotunica aprés la dehiscence de l'asque. Dans la paroi laté-
rale, les strates a, b, c1, c2, c3 peuvent être discernées. Noter la différenciation de c3 au
contact de l'endotunica dévaginée (fléche).
Source : MNHN. Paris
286 A. BELLEMERE & J. HAFELLNER
Tafel IX. — A : Lángsschnitt durch die Spitze eines Ascus nach der Sporenabgabe
(Detail von Abb. VIII). Man beachte den Rand, gebildet durch den obersten Teil der Exo-
tunica, im Kontakt mit dem vorgestreckten Teil des Ascus. Die helle, submediane Unter-
schicht der Endotunica ist deutlich. — B : Längsschnitt durch den oberen Rand der Exo-
tunica nach der Sporenabgabe. In der seitlichen Wand können die Schichten a, b, cı, c2,
und cs erkannt werden. Man beachte die Differenzierung von c3 im Kontakt mit der vor-
gestreckten Endotunica (Pfeil).
Source : MNHN. Paris
Planche I
Source : MNHN, Paris
Planche lI
‘Source : MNHN. Paris
Planche III
Source : MNHN. Paris
290 A. BELLEMERE & J. HAFELLNER
Planche IV
Source : MNHN. Paris
HYSTEROGRAPHIUM FRAXINI 291
Planche V
Source : MNHN. Paris
Planche VI
Source : MNHN. Paris
Planche VII
Source : MNHN. Paris
Planche VIII
Source : MNHN. Paris
Planche IX
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN. Paris
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
MARCH A.L., et MARCH K.G., 1982 — The mushroom basket. Meridian Hill
Publ., Bailey U.S.A., 160 p.
Un petit livre agréable, proposé aux amateurs de champignons d'Amérique
du Nord. A côté d'un choix d'espèces comestibles sommairement illustrées,
on trouve les chroniques habituelles : dangers et symptômes d'intoxication,
recettes de cuisine. Un chapitre est consacré à la place des champignons dans
les us et coutumes de différents pays.
SAMUELS G.C. 1981 — An annotated index to the mycological writing of
Franz PETRAK. Vol. 1 : A. et B. Wellington (New Zealand), D.S.LR. Science
Information Division.
L'œuvre monumentale de PETRAK (et PETRAK et SYDOW) compte quel-
ques 420 publications soit sous forme d'articles originaux soit sous forme de
listes de specimens récoltés ou reçus par l'auteur. Au total 20000 genres et
espèces, parfois nouveaux. ont ainsi été publiés dans des revues diverses souvent
difficilement accessibles.
Ce nouvel index regroupe les genres et espèces cités par PETRAK au cours
de sa carrière scientifique (à l'exception des «PETRAK: lists» déjà publiées
par le C.M.I. dans les «Index of fungi»
Le premier volume (237 pages) regroupe les genres commengant par les
lettres A et B et sera suivi de 9 autres. Pour chaque taxon on trouve plusieurs
rubriques: «references», mentionnant la ou les publications originales de PETRAK,
«annotation» renvoyant à des monographies ou descriptions récentes, aux syno-
nymies et aux connections holomorphiques, «substrate», «exsiccata» donnant
le nom de la collection où figure l'échantillon et son numéro de référence.
Enfin, un index des espéces et des substrats, qui sera cumulatif pour les volumes
suivants, compléte ce premier volume.
M.F. Roquebert
WICKLOW D.T. et CARROLL G.C., 1981 — The fungal community. Its orga-
nization and role in the Ecosystem. Mycological series, vol. 2. Dekker, N.Y.,
855 pages.
En réunissant les articles de spécialistes en écologie et de mycologues inté-
ressés par ces problèmes, WICKLOW et CARROLL ont souhaité faire un rappro-
chement entre les données d'écologie des champignons et les théories générales
Source : MNHN. Paris
298 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
de l'écologie. Mais la disproportion quantitative des résultats acquis à ce jour
dans les deux domaines fait qu'il s'agit plutót d'un livre d'écologie générale
illustré d'exemples choisis dans le domaine des champignons.
Il est composé de 41 articles groupés autour de 8 thèmes : contribution de
l'écologie fongique à la genése de la théorie écologique, théorie de la niche
et principe de l'exclusion compétitive, méthodes quantitatives utilisées pour
l'étude des populations et des communautés fongiques, types d'interactions
fongiques qui déterminent la structure des communautés, mécanismes de déve-
loppement de la communauté et ses variations en réponse à des perturbations
écologiques, rôle des champignons dans les écosystémes... Enfin, à titre d'exem-
ple de recherches conjuguées entre les deux domaines, les résultats portant
sur les champignons aquatiques (Hyphomycétes aeroaquatiques, aquatiques
lignicoles, Hyphomycètes aquatiques des litières) montrent incontestablement
l'intérêt et la richesse de telles investigations.
L'hétérogénéité des sujets traités dans les chapitres reflète l'état actuel des
recherches dans le domaine de l'écologie fongique. Cet ouvrage aidera certaine-
ment les mycologues désireux d'intégrer leurs résultats dans les schémas de
l'écologie générale; il permettra sans doute aussi aux écologistes d'apprécier
le róle des champignons dans la vérification des théories écologiques.
M.F. Roquebert
Van der PLAATS-NITERINK A.J., 1981 — Monograph of the gerus Pythium
Studies in Mycology n° 21, C.B.S., Baarn, Hollande.
FURTADO J.S., 1981 — Taxonomy of Amauroderma (Basidiomycetes, Poly-
poraceae). Memoirs of the New York Botanical Garden, vol. 34, 110 p., 41
fig. (7 dessins et 34 pl. phot.).
Entre autres publications, J.S. FURTADO a écrit plusieurs articles au sujet
de ces champignons à consistance ligneuse ou subéreuse, dont la configuration
basidiosporale se montre si caractéristique et qui font partie des Aphyllopho-
rales où ils sont regroupés en une famille des Ganodermes comprenant princi-
palement les genre Ganoderma et Amauroderma. Avec cet opuscule consacré
aux Amauroderma, l'auteur reprend les éléments de sa thése de doctorat réalisée
voici quelques années et qui, dactylographiée en un nombre limité d'exemplaires,
n'avait pas eu la diffusion qu'elle méritait. C'est donc un petit ouvrage qui,
exposant les résultats d’une étude déjà ancienne, se révèle toutefois d’un intérêt
certain, car il est actuellement le seul à analyser presque intégralement une
coupure dont la taxonomie a subi, en près d'un siècle, bien des remaniements.
En effet, à partir de sa séparation des Ganoderma en tant que sous-genre, puis
de son élévation au rang générique, seize ans plus tard, en 1905, le genre Amau-
roderma s'est vu diversement interprété, allant jusqu’à réunir, de façon dispa-
Source : MNHN, Paris
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES 299
rate, une cinquantaine d'espèces. Une révision critique s'imposait; elle a d'ailleurs
été menée à bien si l'on considére l'éclaircissement notable apporté par les con-
clusions de J.S. FURTADO.
Ainsi, dans cette monographie qui n'est cependant pas exhaustive puisque
certains représentants, africains particulièrement, n'y sont pas mentionnés,
l'auteur décrit les 25 espèces qu'il tient comme valables et en rejette autant qui
se rattachent à d'autres genres. La partie principale du travail qui se termine
par une abondante liste bibliographique et un index, apparaît constituée de ce
fait par l'analyse détaillée de ces espèces. Pour chacune, éventuellement pour
ses variétés, sont énumérés les caractères macro- et microscopiques dont on
retrouve les plus marquants sur les planches de photographies; sont indiquées
également distribution géographique, origine des spécimens examinés, synony-
mies, diverses remarques sur les confusions possibles entre espèces se ressem-
blant, Auparavant, l'introduction présente les méthodes d'observation employées
et précise, dessins à l'appui, les caractères morphologiques offerts par les basidio-
carpes. Les Amaurodermes sont des champignons à croûte terne, luisante chez
certains, à chair påle ou sombre, mais tous stipités et exclusivement intertro-
picaux, tandis que le genre Ganoderma existe jusqu’à des latitudes élevées.
Parmi diverses particularités, la constitution de la chair, la structure des revête-
ments, la forme et les dimensions des basidiospores, le diamètre des pores se
montrent essentiels pour la distinction des espèces et servent de base à deux
clés d'identification établies spécialement pour la publication de ce mémoire.
D'autre part, l'historique de la position taxonomique du genre ayant été retracé
dans ses variations selon les différents systèmes de classification des Aphyllo-
phorales élaborés depuis le début du siècle, l'auteur propose sa conception
personnelle : il maintient seulement deux genres, Ganoderma et Amauroderma,
dans une famille des Ganodermataceae, bien que le titre annonce «Polypora-
ceae» où. pendant longtemps en effet, les Ganodermoïdeae étaient demeurés
au rang de sous-famille,
Il s'agit là d’une mesure de réunification comme on en voit peu de nos
jours où l'on assiste plutôt à un émiettement taxonomique de plus en plus
accentué; elle forme contraste avec l'opinion d'autres mycologues qui préfèrent
continuer à individualiser les petits genres Humplireya, Haddowia et Magoderna
créés par STEYAERT, en raison notamment de l'ornementation des basidio-
spores. A ce sujet, on aurait d’ailleurs vivement souhaité que J.S. FURTADO
apportát. en complément des descriptions et des photographies en microscopie
photonique. des documents obtenus en microscopie électronique à transmission
et à balayage. La succession pariétale basidiosporique chez les Amauroderma
aurait pu être utilement comparée à celle, bien étudiée, des basidiospores de
Ganodermes; épaisseur et intensité de la pigmentation mises à part, on aurait
probablement constaté qu’elles relevaient du même type structural, fréquent
chez de nombreux Holobasidiomycètes. Par contre, l'examen par balayage de
la configuration ornementale exosporique se serait peut-être révélé plus riche
d'informations. sinon pour étayer certaines distinctions spécifiques, du moins
pour rendre évident le lien qui existe entre tous les aspects depuis la nappe
Source : MNHN. Paris
300 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
fovéolaire jusqu'aux piliers isolés ou aux cótes longitudinales, permettant alors
de justifier seulement un fractionnement au niveau sous-générique. Mais de
telles considérations feront sans doute l’objet de prochains travaux.
J. Perreau
R.A, SAMSON, E.S. HOEKSTRA, C.A.N. van OORSCHOT, 1981 — Introduc-
tion to food-borne fungi. C.B.S. Ed., Baarn, Hollande. 247 pages, 87 pl.
Bénéfiques ou nuisibles, les champignons des denrées alimentaires jouent un
róle considérable dans l'économie. A ce titre, ils sont, pour nombre de micro-
biologistes, objet de recherches sur le plan de l'écologie, de l'identification ou
de la production de métabolites. Voici enfin un guide pratique de mycologie
qui leur sera d'une aide précieuse.
Les auteurs présentent une sélection des espéces les plus courantes (les plus
fréquemment adressées au CBS pour identification), appartenant aux Zygo-
mycètes, Ascomycètes, Deutéromycètes et Levures. Pour chacun de ces groupes
on trouve une clef générique basée sur la morphologie, les genres les plus impor-
tants numériquement (Aspergillus, Penicillium, Fusarium) étant traités comme
un ensemble, avec caractéres généraux (morphologiques et culturaux) et clef
de détermination spécifique. Pour chaque espèce on dispose, à cóté d'une des-
cription assez brève mais précise, de quelques indications concernant l'habitat
ou. lorsque l'organisme l'impose, d'une brève discussion concernant par exemple,
les exigences culturales particuliéres ou les controverses systématiques.
Mais il faut surtout mentionner l'abondance des planches photo pour en
marquer l'utilité et en admirer la qualité exceptionnelle. En effet, en regard
de chaque description spécifique, on dispose de la planche correspondante
illustrant l'aspect de la culture et l'aspect morphologique sous des angles et à
des grossissements différents, ou encore les aliments pollués par le champignon
en question. Cette riche documentation photographique n'exclut pas la présence
de dessins au trait chaque fois que quelques indications complémentaires pa-
raissent nécessaires à une meilleure compréhension de l'organisme. On ne trou-
vera, et nous le déplorons, que trés peu de références bibliographiques dans
cette première partie descriptive. les plus générales (une soixantaine environ)
étant regroupées à la fin.
La deuxième partie, moins volumineuse, est composée de six chapitres où
sont exposés les méthodes de mise en évidence et de quantification des champi-
gnons. les principaux toxinogènes connus, les procédés de détection chimique
des mycotoxines. l'utilisation des fermentations dans la fabrication des aliments...
Chacun d'eux est un bilan des techniques et des connaissances actuelles concer-
nant principalement les toxines et les fermentations.
Ce livre. simple et clair. sera sans aucun doute une aide efficace pour les
chercheurs non spécialistes en. systématique et confrontés au probléme de la
pollution fongique des aliments. Et ce n'est pas le moindre mérite des auteurs
que d'avoir su appliquer leur grande compétence à l'élaboration d'un ouvrage
de ce type.
M.F. Roquebert
Depot légal n? 11530 dag SE Monligeon
Sorti de presses le 15 dégembre 1982
V7
Source : MNHN. Paris
ABONNEMENTS A CRYPTOGAMIE - MYCOLOGIE
Tome 4, 1983
France . .
"Etranger ..
REVUE DE MYCOLOGIE
Prixdes Tomes1à 43: France: 120 F Etranger : 130 F
Collections complètes: — réduction de 20 46 par tome.
Prix du fascicule séparé : France : 35°F Étranger :45 F
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE
Prix des Tomes 1 et 2 : France: 170 F Étranger : 200F
Prix du fascicule séparé : France : 50 F Étranger : 60 F
MÉMOIRES HORS-SÉRIE DISPONIBLES
NO 2 (1942). Les matières colorantes des champignons, par I.
Pastac. 88 pages : 15 F.
NO 3 (1943). Les constituants de la membrane chez les champignons
par R. Ulrich. 44 pages : 15 F.
NO 6 (1958). Essai biotaxonomique sur les Hydnés résupinés et les
Corticiés par J. Boidin. 390 pages, pl. et fig. : 70 F.
No 7 (1959). Les champignons et nous (Chroniques) (II), par G.
Becker. 94 pages : 25 F.
No 8 (1966). Catalogue de la Mycothéque de la Chaire de Crypto-
gamie du Muséum National d'Histoire Naturelle. () Micro-
mycêtes, Macromycètes (première partie). 68 pages : 25 F.
No 9 (1967). Table des Matières (1936-1965) 85 p. 20 F. - (1966-
1975) 40 p. 10 F.
N° 10 (1969). Le genre Panacolus. Essai taxinomique et physiolo-
gique, par G.-M. Ola'h. 273 pages, pl. et fig. : 75 F.
FLORE MYCOLOGIQUE DE MADAGASCAR ET DÉPENDANCES,
publiée sous la direction de M. Roger HEIM.
Tome |. Les Lactario-Russulés, par Roger HEIM (1938) (épuisé).
Tome II. Les Rhodophylies, par H. Romagnesi (1941), 164 pages,
46 fig. : 60 F.
Tome Ill. Les Mycénes, par. Georges Métrod (1949). 144 pages,
88 fig. :60 F.
Tome IV. Les Discomycétes de Madagascar, par Marcelle Le Gal
(1953). 465 pages, 172 fige: 90 F.
Tome V. Les Urédinées, par, Gilbert Bouriquet et J.P. Bassino
(1965). 180 pages, 97 fig., 4 pl. hors-texte : 60 F.
Reglements :
^ "d o3
— par virement postal au nom de Cryptogamie - Revue de Mycologie
12, rue de Buffon, 75005 PARIS, C.C.P. PARIS 6 193 02 K;
— par chéque bancaire établi au méme ordre.
Source : MNHN, Paris.
COLLOQUE INTERNATIONAL
du CNRS N° 258
ECHANGES IONIQUES TRANSMEMBRANAIRES
CHEZ LES VEGETAUX
TRANSMEMBRANE IONIC EXCHANGES IN PLANTS
org. : G. Ducet, R. Heller, M. Thellier
Universités de Rouen et Paris VII - 5-11 juillet 1976
© analyse des modèles théoriques @ recherche des couplages métaboliques ou autres
€ études électrophysiologiques & cas particulier des transferts d'anions et de molécules
organiques @ localisation d'ions et aspects structuraux et moléculaires @ intervention
d'échanges ioniques dans les regulations intercellulaires
© kinetic and thermodynamic considerations, model systems
€ metabolic and other couplings, ATPases
€ particular features of anionic transfers
€ electrophysiology of the ionic transfer
@ absorption of organic molécules
€ localization, molecular and structural aspect of the transfers
interference of the transmembrane transfers in other processes than absorption
ion exchanges in cell organites
(69 communications dont 64 en anglais et 5 en francais)
21 x 29, 7 - 608 pages - broché 180F
286 fig. - 89 tabl. - 30 phot.
ISBN 2-222-02021-2
(co-édition CNRS-Université de Rouen)
Editions du CNR
15 quai Anatole France. 75700 Paris
CCP Paris 9061-11 - Tél. 555.92 25
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